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6251
p. 1223-1224
RUSSIE.
Début :
La Czarine a abandonné à la Duchesse de Meckelbourg sa [...]
Mots clefs :
Russie, Tsarine
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texteReconnaissance textuelle : RUSSIE.
RUSSIE.
A Czarine a abandonné à la Duchesse de
Meckelbourg sa sœur, la pension qui lui a été constituée sur le Duché de Curlande pour son
douaire et les autres droits qu'elle peut avoir sur
ce Duché.
S. M. Cz. a fait choisir dans ses Régimens.
d'Infanterie 30. Soldats des plus grands et des
mieux faits , pour envoyer au Roy de Prusse ,
qui les lui avoit demandés pour ses grands Gre nadiers.
Il a été résolu dans le dernier Conseil de
guerre , d'entretenir 4000. hommes dans les Provinces cedées par la Couronne de Suede , y
compris les Troupes qui sont en quartier dans la
Curlande , et qui resteront malgré les représen
rations du Roy et de la République de Pologne..
Le nouveau Serment qu'on fait prêter dans les
Provinces , par rapport aux dispositions secrettes.
de la Czarine , pour la succession au Trône , cause
bien des mécontentemens , et on a envoyé ordie aux Commandans et aux Gouverneurs de faire
arrêter tous ceux qui refuseront d'obéir, de quelque
rang et de quelque condition qu'ils puissent être..
On ne parle plus du Traité particulier de Com
merce qu'on disoit avoir été signé avec le Roy de Perse , mais on a sçû que ce Prince avoit faite
assurer tous les Marchands Moscovites qui sont
dans ses Etats , qu'il confirmeroit les Privileges.
que Roy son pere leur avoit accordez ; qu'om ne leveroit dorénavant sur leurs Marchandises
que les anciens droits d'Entrée et de sortie , et
qu'il avoit fait choix d'un des principaux Offi ciers de sa Cour, pour l'envoyer en Ambassade:
le.
I.. Vol Hy Come
1224 MERCURE DE FRANCE
complimenter la Czarine sur son avenement au Trône.
Les Ambassadeurs de la Chine qu'on attendoit
depuis long-temps , arriverent à Petersbourg le
5. de May. Le 7 ils y firent leur Entrée publique
et le 8. ils eurent leur premiere Audience publique de S. M. Cz.
A Czarine a abandonné à la Duchesse de
Meckelbourg sa sœur, la pension qui lui a été constituée sur le Duché de Curlande pour son
douaire et les autres droits qu'elle peut avoir sur
ce Duché.
S. M. Cz. a fait choisir dans ses Régimens.
d'Infanterie 30. Soldats des plus grands et des
mieux faits , pour envoyer au Roy de Prusse ,
qui les lui avoit demandés pour ses grands Gre nadiers.
Il a été résolu dans le dernier Conseil de
guerre , d'entretenir 4000. hommes dans les Provinces cedées par la Couronne de Suede , y
compris les Troupes qui sont en quartier dans la
Curlande , et qui resteront malgré les représen
rations du Roy et de la République de Pologne..
Le nouveau Serment qu'on fait prêter dans les
Provinces , par rapport aux dispositions secrettes.
de la Czarine , pour la succession au Trône , cause
bien des mécontentemens , et on a envoyé ordie aux Commandans et aux Gouverneurs de faire
arrêter tous ceux qui refuseront d'obéir, de quelque
rang et de quelque condition qu'ils puissent être..
On ne parle plus du Traité particulier de Com
merce qu'on disoit avoir été signé avec le Roy de Perse , mais on a sçû que ce Prince avoit faite
assurer tous les Marchands Moscovites qui sont
dans ses Etats , qu'il confirmeroit les Privileges.
que Roy son pere leur avoit accordez ; qu'om ne leveroit dorénavant sur leurs Marchandises
que les anciens droits d'Entrée et de sortie , et
qu'il avoit fait choix d'un des principaux Offi ciers de sa Cour, pour l'envoyer en Ambassade:
le.
I.. Vol Hy Come
1224 MERCURE DE FRANCE
complimenter la Czarine sur son avenement au Trône.
Les Ambassadeurs de la Chine qu'on attendoit
depuis long-temps , arriverent à Petersbourg le
5. de May. Le 7 ils y firent leur Entrée publique
et le 8. ils eurent leur premiere Audience publique de S. M. Cz.
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Résumé : RUSSIE.
Le texte relate plusieurs événements politiques en Russie. La Czarine a cédé à la Duchesse de Meckelbourg, sa sœur, la pension et les droits sur le Duché de Curlande. Le roi de Prusse a reçu 30 soldats russes pour ses grenadiers. Un conseil de guerre a décidé de maintenir 4 000 hommes dans les provinces cédées par la Couronne de Suède, malgré les objections du roi de Pologne. Un nouveau serment, lié aux dispositions secrètes de la Czarine pour la succession au trône, a provoqué des mécontentements et des arrestations. Un traité de commerce avec le roi de Perse n'est plus mentionné, mais ce dernier a assuré la protection des marchands russes et confirmé leurs privilèges. Un officier persan a été choisi pour une ambassade en Russie. Le roi de Volhy Come a envoyé des compliments à la Czarine pour son avènement. Les ambassadeurs de la Chine, attendus depuis longtemps, sont arrivés à Petersbourg le 5 mai et ont eu leur première audience publique avec la Czarine le 8 mai.
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6252
p. 1224
DE POLOGNE.
Début :
Les Lettres de Mittau portent que le bruit y couroit [...]
Mots clefs :
Pologne, Princesse grosse
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texteReconnaissance textuelle : DE POLOGNE.
DE POLOGNE.
Es Lettres de Mittau portent que le bruit y
LEScouroit que la Princesse Epouse du Duc Fer- dinand de Curlande , étoit grosse , mais que le
Prince son Epoux ne l'avoit pas encore déclaré
publiquement..
Il y a eu une émotion populaire à Bichow , à
l'occasion d'une Eglise des Grecs , dont les Catholiques de cette Ville se sont emparez. Les deux
partis ayant pris les armes , il y a eu plusieurs .
personnes de tuées de part et d'autre..
Le Roy a fait dresser un compte exact de tou
tes les sommes qu'il a tirées des Etats d'Allemagne pour les besoins de ce Royaume , ce qui fait croire que S. M. s'est proposée d'en demander le
remboursement à la République..
OFF
Es Lettres de Mittau portent que le bruit y
LEScouroit que la Princesse Epouse du Duc Fer- dinand de Curlande , étoit grosse , mais que le
Prince son Epoux ne l'avoit pas encore déclaré
publiquement..
Il y a eu une émotion populaire à Bichow , à
l'occasion d'une Eglise des Grecs , dont les Catholiques de cette Ville se sont emparez. Les deux
partis ayant pris les armes , il y a eu plusieurs .
personnes de tuées de part et d'autre..
Le Roy a fait dresser un compte exact de tou
tes les sommes qu'il a tirées des Etats d'Allemagne pour les besoins de ce Royaume , ce qui fait croire que S. M. s'est proposée d'en demander le
remboursement à la République..
OFF
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Résumé : DE POLOGNE.
En Pologne, des rumeurs évoquent la grossesse de la Princesse de Curlande. À Bichow, des violences ont éclaté entre catholiques et grecs orthodoxes pour une église, causant plusieurs morts. Le Roi a dressé un inventaire des sommes levées en Allemagne pour le Royaume, envisageant un remboursement par la République.
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6253
p. 1224-1226
ALLEMAGNE.
Début :
On assure que les Concurrens pour l'Evêché et Electorat [...]
Mots clefs :
Allemagne, Mayence, Empereur, Impératrice
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texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
Nassure que les Concurrens l'Evêché pour et Electorat de Mayence sont , l'Electeur de
Treves , l'Evêque de Wurtzbourg et de Bamberg
son neveu , et le Comte de Brettenach , Chanoine de Mayence, Cette Election est fixée au 9. du mois de Juin.
On écrit de Belgrade , que M. de la Torre ,
Evêque de cette Ville , avoit pris possession le- I. Vol. premier
JUIN. 7732 1225
premier May de cet Evêché nouvellement érigé: qu'il avoit celebré la Messe dans la nouvelle
Eglise Cathédrale , et que sa reception s'étoit faite au bruit d'une salve generale de l'Artillerie et
d'une décharge de la Mousqueterie des Régimens
de Marulli et de Ligneville.
Le Duc de Lorraine , qui prêta Serment le 22 .
de May, entre les mains de l'Empereur , en qualité de Viceroy d'Hongrie et des autres Provinces qui en relevent, ayant pris congé de L.M.Imp.
partit le 28. au matin pour aller faire sa priere à
l'Eglise de Marienzell en Stirie , d'où il se rendra
au neuf Schomborn , Terre qui appartient à l'Evêque de Ramberg er de Wurtzbourg ; et après
y avoir passé quelques jours , il ira a Presbourg
prendre possession de sa Viceroyauté.
Le Comte de Corsinski , Chambellan de l'Empereur et Premier Conseiller de la Cour de Bo--
heme , a été nommé pour assister en qualité de Commissaire de l'Empereur à l'Election de l'Evêque de Breslaw , qui doit se faire le 14. de
Juin. Celle de l'Evêque de Worms est fixée au 18. du même mois.
L'Imperatrice Amélie ayant prié l'Empereurde la dispenser d'accepter la Régence de la Ville
de Vienne , que S. M. Im. lui avoit offerte pen dant son absence , l'Empereur l'a donnée à l'Archiduchesse Marie-Magdeleine sa sœur , et il a
nommé le Cardinal Archevêque de Vienne et le
Comte de Kevenbuller , pour l'aider de leurs conseils.
*
On mande de Dusseldorp , que tous les Com
mandeurs qui ont voix déliberative dans le Chapitre de l'Ordre Teutonique , avoient été invitez
à se rendre incessamment à Mergeinthem pours assister à l'Election d'un Grand-Maître de cer
1 Vol Hv Ordre
1226 MERCURE DE FRANCE
Ordre, et que les Maisons de Baviere et Palatine
agissoient de concert pour faire élire le Prince Théodore de Baviere.
L'Empereur et l'Imperatrice partirent le 274 May, vers les 5. heures du matin du Château de
Laxembourg , pour se rendre aux Bains de Carelsbadt : L. M. Imp. dînerent à Hollabrun , et coucherent à Pulcaw : le 28. elles dînèrent à
Frotting et coucherent à Zlabrig , le 29 elles coucherent à Tabor , et arriverent le 30. à Prague , où elles ont passé trois jours ; ensuite elles:
ont continué leur voyage pour Carelsbadt , où,
après avoir séjourné 15. jours , elles reviendront
à Prague , d'où l'on croit qu'elles se rendront à
Lintz, pour y recevoir l'hommage de l'Archidu ché d'Autriche.
Un Courier arrivé de Gennes , a apporté à
Vienne la nouvelle de l'entiere réduction des Rebelles de l'Ile de Corse.
Les dernieres Lettres reçûës de Constantinople,
portent que M. Dahlman , Résident de l'Empe
reur , y avoir eu une Audience du Tetferdar , qui exerce la Charge de G. V. jusqu'à l'arrivée du
Pacha de Babylone , que ce Premier Ministre l'avoit assuré que Sa Hautesse persistoit toûjours dans la résolution de vivre en bonne intelligence
avec S. M. Im. et qu'elle avoit donné ordre à un
de ses Ecuyers de faire conduire à Vienne les qua
tre plus beaux Chevaux de son Ecurie , pour en
faire présent à l'Empereur. On a appris depuis,
qu'en vertu des ordres du G. S. le Gouverneur de
Nizza avoit fait couper la tête au Consul Turc
parti de Vienne depuis quelques mois,
Nassure que les Concurrens l'Evêché pour et Electorat de Mayence sont , l'Electeur de
Treves , l'Evêque de Wurtzbourg et de Bamberg
son neveu , et le Comte de Brettenach , Chanoine de Mayence, Cette Election est fixée au 9. du mois de Juin.
On écrit de Belgrade , que M. de la Torre ,
Evêque de cette Ville , avoit pris possession le- I. Vol. premier
JUIN. 7732 1225
premier May de cet Evêché nouvellement érigé: qu'il avoit celebré la Messe dans la nouvelle
Eglise Cathédrale , et que sa reception s'étoit faite au bruit d'une salve generale de l'Artillerie et
d'une décharge de la Mousqueterie des Régimens
de Marulli et de Ligneville.
Le Duc de Lorraine , qui prêta Serment le 22 .
de May, entre les mains de l'Empereur , en qualité de Viceroy d'Hongrie et des autres Provinces qui en relevent, ayant pris congé de L.M.Imp.
partit le 28. au matin pour aller faire sa priere à
l'Eglise de Marienzell en Stirie , d'où il se rendra
au neuf Schomborn , Terre qui appartient à l'Evêque de Ramberg er de Wurtzbourg ; et après
y avoir passé quelques jours , il ira a Presbourg
prendre possession de sa Viceroyauté.
Le Comte de Corsinski , Chambellan de l'Empereur et Premier Conseiller de la Cour de Bo--
heme , a été nommé pour assister en qualité de Commissaire de l'Empereur à l'Election de l'Evêque de Breslaw , qui doit se faire le 14. de
Juin. Celle de l'Evêque de Worms est fixée au 18. du même mois.
L'Imperatrice Amélie ayant prié l'Empereurde la dispenser d'accepter la Régence de la Ville
de Vienne , que S. M. Im. lui avoit offerte pen dant son absence , l'Empereur l'a donnée à l'Archiduchesse Marie-Magdeleine sa sœur , et il a
nommé le Cardinal Archevêque de Vienne et le
Comte de Kevenbuller , pour l'aider de leurs conseils.
*
On mande de Dusseldorp , que tous les Com
mandeurs qui ont voix déliberative dans le Chapitre de l'Ordre Teutonique , avoient été invitez
à se rendre incessamment à Mergeinthem pours assister à l'Election d'un Grand-Maître de cer
1 Vol Hv Ordre
1226 MERCURE DE FRANCE
Ordre, et que les Maisons de Baviere et Palatine
agissoient de concert pour faire élire le Prince Théodore de Baviere.
L'Empereur et l'Imperatrice partirent le 274 May, vers les 5. heures du matin du Château de
Laxembourg , pour se rendre aux Bains de Carelsbadt : L. M. Imp. dînerent à Hollabrun , et coucherent à Pulcaw : le 28. elles dînèrent à
Frotting et coucherent à Zlabrig , le 29 elles coucherent à Tabor , et arriverent le 30. à Prague , où elles ont passé trois jours ; ensuite elles:
ont continué leur voyage pour Carelsbadt , où,
après avoir séjourné 15. jours , elles reviendront
à Prague , d'où l'on croit qu'elles se rendront à
Lintz, pour y recevoir l'hommage de l'Archidu ché d'Autriche.
Un Courier arrivé de Gennes , a apporté à
Vienne la nouvelle de l'entiere réduction des Rebelles de l'Ile de Corse.
Les dernieres Lettres reçûës de Constantinople,
portent que M. Dahlman , Résident de l'Empe
reur , y avoir eu une Audience du Tetferdar , qui exerce la Charge de G. V. jusqu'à l'arrivée du
Pacha de Babylone , que ce Premier Ministre l'avoit assuré que Sa Hautesse persistoit toûjours dans la résolution de vivre en bonne intelligence
avec S. M. Im. et qu'elle avoit donné ordre à un
de ses Ecuyers de faire conduire à Vienne les qua
tre plus beaux Chevaux de son Ecurie , pour en
faire présent à l'Empereur. On a appris depuis,
qu'en vertu des ordres du G. S. le Gouverneur de
Nizza avoit fait couper la tête au Consul Turc
parti de Vienne depuis quelques mois,
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Résumé : ALLEMAGNE.
Le texte relate divers événements politiques et religieux en Allemagne et dans les territoires voisins. À Mayence, l'élection de l'Évêque et Électeur est prévue pour le 9 juin, avec plusieurs concurrents, dont l'Électeur de Trèves et les évêques de Wurtzbourg et de Bamberg. À Belgrade, M. de la Torre a pris possession de l'Évêché le 1er mai. Le Duc de Lorraine, après avoir prêté serment comme Viceroy d'Hongrie le 22 mai, se rendra à Presbourg pour prendre possession de sa viceroyauté. Le Comte de Corsinski est nommé commissaire impérial pour l'élection de l'Évêque de Breslau le 14 juin, et celle de l'Évêque de Worms est fixée au 18 juin. L'Imperatrice Amélie a décliné la Régence de Vienne, attribuée à l'Archiduchesse Marie-Magdeleine. L'Empereur et l'Imperatrice ont quitté le Château de Luxembourg le 27 mai pour se rendre aux Bains de Carlsbad, passant par Prague. Des nouvelles de Gênes signalent la réduction des rebelles en Corse. À Constantinople, M. Dahlman a reçu l'assurance de bonne intelligence avec l'Empereur. Le Gouverneur de Nice a exécuté le Consul Turc parti de Vienne.
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6254
p. 1227-1230
ITALIE.
Début :
Sur la fin du mois dernier, un Notaire Apostolique alla [...]
Mots clefs :
Italie, Rebelles, Cardinal
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
ITALIE.
noUr la fin du mois dernier ,un Notaire AposStolique tolique alla au Convent de sainte Praxede , notifier au Cardinal Coscia , avec les formalitez or
dinaires , un Decret du Pape , par lequel il lui est .
deffendu de sortir de son Appartement jusqu'à ce
que son affaire soit entierement terminée. Malgré,
ces formalitez il reçoit les visites de plusieurs
personnes de consideration , et quelques Cardinaux l'ont vû même incognito.
Le Prince Jacques Sobieski , pere de la Princes ,
se, Epouse du Chevalier de S. George , a fait remettre au Mont de Pieté , des Joyaux de prix.
sur lesquels il a emprunté cent mille écus qui lui.
étoient necessaires pour rentrer dans quelquesunes de ses Terres en Pologne.
Le Pape a approuvé avec beaucoup de plaisir la proposition que lui a faite la Princesse Clementine Sobieska , de faire venir de Paris six Religieuses Ursulines , pour rétablir leur Regle dans les
Communautez Religieuses du même Ordre qui
sont à Rome.
!
7 .
Dans le Consistoire secret que le Pape tint le Avril , Le Cardinal Otthoboni proposa l'Evêché de Noyon pour l'Abbé de S. Simon , après
quoi il préconisa l'Evêque d'Arras pour l'Abbaye de S. Vincent de Laon..
Le bruit court que le Cardinal Coscia paroîtra
dans peu en habit court et sans cortege devant la .
Congregation de Nonnullis pour y etre interrogé,
et que quelques jours après son affaire sera terminée.
Le Pape a résolu d'employer à l'ornement de la:
Chapelle de sa Famille qu'il fait rebâtir dans l'EI. Vol.
glise
1228 MERCURE DE FRANCE
glise de S. Jean de Latran , les belles Colomnes de
Marbre antique qu'on conservoit au Capitole, et
l'Urne de Porphire de l'Eglise de la Rotonde , qui
servoit a l'ancien Temple du Pantheon .
Le 17. du mois dernier le Capitaine Angelotti ,
Fermier du Tabac , fit present au Pape d'un Es--
turgeon que S. S. envoia sur le champ au Duc
de S. Aignan , Ambassadeur du Roy très Chré- tien.
Le même Duc de S. Aignan a deffendu depuis
peu aux Ecclesiastiques qui desservent l'Eglise de S. Louis des François, d'y donner azile à qui que ce soit pour des crimes capitaux .
On écrit de Florence que le 25. Avril au soir ,
le Cardinal de Polignac alla à l'Audience de l'Infant Don Carlos , chez lequel il fut reçû dans
l'Antichambre par le Marquis de Villafuerte.
S. A. R. le traita avec toutes les marques de distinction imaginables, et le soir il lui envoya 50.-
Bassins de rafraîchissemens.
Le 26. Son Eminence alla au Palais du Grand
Duc ; il fut reçû à la Porte par le Chevalier Billotti , dans l'Antichambre , par le Comte Pesenti ,
les Gardes étant en haye et sous les Armes. Le
Grand Duc, après s'être entretenu avec lui pen--
dant plus d'une demie heure , le fit reconduire
dans ses Carosses au Palais de l'Envoyé de France , où on lui présenta de la part de ce Prince '
19. Corbeilles de rafraîchissemens.
Le 275 ce Cardinal visita l'Electrice Douairiere Palatine.
On a appris depuis peu que ce Cárdinal étoit
parti de Florence , et qu'il étoit arrivé à Bologne,
où il avoit été traité magnifiquement par le Cardi nal Grimaldi , Légat de cette Ville , et que S. E. atriva le 19. May à Venise , où il avoit pris son Vol logement
JUIN. 17227 1229
logement dans le Palais de l'Ambassadeur der France.
Les Lettres de Florence ajoûtent que le Corps
de S. Zenobe y avoit été exposé pendant trois
jours à la veneration des Fidelles , à l'occasion dela maladie qui regnoit parmi les Bestiaux , et qui
diminue. considerablement depuis qu'il a tombé
de la pluye. Les Sauterelles font actuellement.
de grands ravages dans les Plaines de Pise. L'Ar
chevêque de cette Ville a ordonné des Prieres pu
bliques à ce sujet.
Le 21. May, il y eut à Livourne une Tempête
terrible , qui endommagea plusieurs Vaisseaux ,
et on ressentit l'après- midi six secousses de
Tremblement de terre , qui obligerent les habicans de se retirer à la campagne ; elles ne cause--
rent pas beaucoup de dommage.
On mande de Gennes , que les Rebelles avoient enfin déterminé leurs Chefs à se soumettre à la
République de Gennes ; qu'ils avoient donné des
ôtages,et qu'on étoit convenu de s'assembler dans
la Ville de Corte , Place située sur une Montagne
au milieu de l'Isle , près de la Riviere de Golo.
Les dernieres nouvelles reçues confirment les
premiers avis qu'on avoit eus de la résolution
prise par la plus grande partie des Rebelles, de se
soumettre à la République. M. de Rivarole qui a
été envoyé dans cette Isie en qualité de Com- missaire General , Y étant arrivé le 10. de May ,
et s'étant trouvé incommodé , le Prince Louis
de Wirtemberg alla le voir , et il eut avec lui
une longue Conference sur les moyens de réduire
les Rebelles , qui préviennent actuellement par:
leur soumission, ce qu'on pouvoit faire contre.
cux. Leurs Chefs Ciaccaldi , Çiafferi et Raffalli ,
sont venus se rendre ôtages pour tous ceux qui I. Vola par
T230 MERCURE DE FRANCE
par leurs conseils avoient pris les armes , e
M. de Rivarole les a envoyez dans un Château
où ils font gardez. Cette démarche des Chefs des Rebelles a été suivie d'un grand empressement
de la part des Peuples qui habitent en deçà des
Montagnes , à quitter les armes pour mériter leur
pardon , et il y a lieu de croire que tous les Re- belles qui sont au- delà des Montagnes , pren
dront bientôt le même parti. Le Prince de Culm- bach marche avec trois Bataillons et 200. Hussarts pour s'avancer de ce côté-là , et se joindre
aux Troupes de la République , commandées.
par le Colonel Vela , lequel depuis qu'il a défait
un Corps de Rebelles près de Calcatoggio , en
voit arriver à son Camp un grand nombre qui viennent. implorer la clémence de la République.
On a appris aussi que le Prince de Wirtemberg
étant persuadé que tous les Rebelles rentreront incessamment dans leur devoir , se disposoit à
s'embarquer vers le 15..de Juin pour retourner à
Gennes avec toutes les Troupes Imperiales qu'il commande.
On écrit de Naples , que l'un des Tigres que
L'Envoyé de Tunis conduisoit à Vienne pour
la Menagerie de l'Empereur , a rompu sa chaîne
et s'est échapé : on a appris depuis qu'il faisoit
beaucoup de ravage du côté du Milanez.
noUr la fin du mois dernier ,un Notaire AposStolique tolique alla au Convent de sainte Praxede , notifier au Cardinal Coscia , avec les formalitez or
dinaires , un Decret du Pape , par lequel il lui est .
deffendu de sortir de son Appartement jusqu'à ce
que son affaire soit entierement terminée. Malgré,
ces formalitez il reçoit les visites de plusieurs
personnes de consideration , et quelques Cardinaux l'ont vû même incognito.
Le Prince Jacques Sobieski , pere de la Princes ,
se, Epouse du Chevalier de S. George , a fait remettre au Mont de Pieté , des Joyaux de prix.
sur lesquels il a emprunté cent mille écus qui lui.
étoient necessaires pour rentrer dans quelquesunes de ses Terres en Pologne.
Le Pape a approuvé avec beaucoup de plaisir la proposition que lui a faite la Princesse Clementine Sobieska , de faire venir de Paris six Religieuses Ursulines , pour rétablir leur Regle dans les
Communautez Religieuses du même Ordre qui
sont à Rome.
!
7 .
Dans le Consistoire secret que le Pape tint le Avril , Le Cardinal Otthoboni proposa l'Evêché de Noyon pour l'Abbé de S. Simon , après
quoi il préconisa l'Evêque d'Arras pour l'Abbaye de S. Vincent de Laon..
Le bruit court que le Cardinal Coscia paroîtra
dans peu en habit court et sans cortege devant la .
Congregation de Nonnullis pour y etre interrogé,
et que quelques jours après son affaire sera terminée.
Le Pape a résolu d'employer à l'ornement de la:
Chapelle de sa Famille qu'il fait rebâtir dans l'EI. Vol.
glise
1228 MERCURE DE FRANCE
glise de S. Jean de Latran , les belles Colomnes de
Marbre antique qu'on conservoit au Capitole, et
l'Urne de Porphire de l'Eglise de la Rotonde , qui
servoit a l'ancien Temple du Pantheon .
Le 17. du mois dernier le Capitaine Angelotti ,
Fermier du Tabac , fit present au Pape d'un Es--
turgeon que S. S. envoia sur le champ au Duc
de S. Aignan , Ambassadeur du Roy très Chré- tien.
Le même Duc de S. Aignan a deffendu depuis
peu aux Ecclesiastiques qui desservent l'Eglise de S. Louis des François, d'y donner azile à qui que ce soit pour des crimes capitaux .
On écrit de Florence que le 25. Avril au soir ,
le Cardinal de Polignac alla à l'Audience de l'Infant Don Carlos , chez lequel il fut reçû dans
l'Antichambre par le Marquis de Villafuerte.
S. A. R. le traita avec toutes les marques de distinction imaginables, et le soir il lui envoya 50.-
Bassins de rafraîchissemens.
Le 26. Son Eminence alla au Palais du Grand
Duc ; il fut reçû à la Porte par le Chevalier Billotti , dans l'Antichambre , par le Comte Pesenti ,
les Gardes étant en haye et sous les Armes. Le
Grand Duc, après s'être entretenu avec lui pen--
dant plus d'une demie heure , le fit reconduire
dans ses Carosses au Palais de l'Envoyé de France , où on lui présenta de la part de ce Prince '
19. Corbeilles de rafraîchissemens.
Le 275 ce Cardinal visita l'Electrice Douairiere Palatine.
On a appris depuis peu que ce Cárdinal étoit
parti de Florence , et qu'il étoit arrivé à Bologne,
où il avoit été traité magnifiquement par le Cardi nal Grimaldi , Légat de cette Ville , et que S. E. atriva le 19. May à Venise , où il avoit pris son Vol logement
JUIN. 17227 1229
logement dans le Palais de l'Ambassadeur der France.
Les Lettres de Florence ajoûtent que le Corps
de S. Zenobe y avoit été exposé pendant trois
jours à la veneration des Fidelles , à l'occasion dela maladie qui regnoit parmi les Bestiaux , et qui
diminue. considerablement depuis qu'il a tombé
de la pluye. Les Sauterelles font actuellement.
de grands ravages dans les Plaines de Pise. L'Ar
chevêque de cette Ville a ordonné des Prieres pu
bliques à ce sujet.
Le 21. May, il y eut à Livourne une Tempête
terrible , qui endommagea plusieurs Vaisseaux ,
et on ressentit l'après- midi six secousses de
Tremblement de terre , qui obligerent les habicans de se retirer à la campagne ; elles ne cause--
rent pas beaucoup de dommage.
On mande de Gennes , que les Rebelles avoient enfin déterminé leurs Chefs à se soumettre à la
République de Gennes ; qu'ils avoient donné des
ôtages,et qu'on étoit convenu de s'assembler dans
la Ville de Corte , Place située sur une Montagne
au milieu de l'Isle , près de la Riviere de Golo.
Les dernieres nouvelles reçues confirment les
premiers avis qu'on avoit eus de la résolution
prise par la plus grande partie des Rebelles, de se
soumettre à la République. M. de Rivarole qui a
été envoyé dans cette Isie en qualité de Com- missaire General , Y étant arrivé le 10. de May ,
et s'étant trouvé incommodé , le Prince Louis
de Wirtemberg alla le voir , et il eut avec lui
une longue Conference sur les moyens de réduire
les Rebelles , qui préviennent actuellement par:
leur soumission, ce qu'on pouvoit faire contre.
cux. Leurs Chefs Ciaccaldi , Çiafferi et Raffalli ,
sont venus se rendre ôtages pour tous ceux qui I. Vola par
T230 MERCURE DE FRANCE
par leurs conseils avoient pris les armes , e
M. de Rivarole les a envoyez dans un Château
où ils font gardez. Cette démarche des Chefs des Rebelles a été suivie d'un grand empressement
de la part des Peuples qui habitent en deçà des
Montagnes , à quitter les armes pour mériter leur
pardon , et il y a lieu de croire que tous les Re- belles qui sont au- delà des Montagnes , pren
dront bientôt le même parti. Le Prince de Culm- bach marche avec trois Bataillons et 200. Hussarts pour s'avancer de ce côté-là , et se joindre
aux Troupes de la République , commandées.
par le Colonel Vela , lequel depuis qu'il a défait
un Corps de Rebelles près de Calcatoggio , en
voit arriver à son Camp un grand nombre qui viennent. implorer la clémence de la République.
On a appris aussi que le Prince de Wirtemberg
étant persuadé que tous les Rebelles rentreront incessamment dans leur devoir , se disposoit à
s'embarquer vers le 15..de Juin pour retourner à
Gennes avec toutes les Troupes Imperiales qu'il commande.
On écrit de Naples , que l'un des Tigres que
L'Envoyé de Tunis conduisoit à Vienne pour
la Menagerie de l'Empereur , a rompu sa chaîne
et s'est échapé : on a appris depuis qu'il faisoit
beaucoup de ravage du côté du Milanez.
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Résumé : ITALIE.
En début d'année 1722, plusieurs événements marquants se sont produits en Italie et dans les régions voisines. À Rome, le Cardinal Coscia est confiné dans son appartement par décret papal, mais continue de recevoir des visites influentes. Le Prince Jacques Sobieski a emprunté de l'argent en mettant en gage des joyaux pour récupérer ses terres en Pologne. Le Pape a approuvé l'arrivée de religieuses ursulines de Paris afin de restaurer leur règle à Rome. Lors d'un consistoire secret, le Cardinal Otthoboni a proposé des nominations ecclésiastiques, et le Cardinal Coscia doit bientôt comparaître devant la Congrégation de Nonnullis pour être interrogé. Le Pape prévoit d'utiliser des colonnes de marbre antique et une urne de porphyre pour orner la chapelle de sa famille dans l'église de Saint-Jean-de-Latran. Le Duc de Saint-Aignan, ambassadeur du roi de France, a reçu un esturgeon du Pape et a interdit aux ecclésiastiques de l'église Saint-Louis-des-Français de donner asile à des criminels. À Florence, le Cardinal de Polignac a été reçu par l'Infant Don Carlos et le Grand-Duc, qui l'ont honoré de diverses marques de distinction. Le Cardinal s'est ensuite rendu à Bologne et Venise. À Florence, le corps de Saint-Zénobe a été exposé pour prier contre une maladie affectant le bétail, et des prières publiques ont été ordonnées à Pise pour contrer les ravages des sauterelles. À Livourne, une tempête et des tremblements de terre ont causé des dommages. En Corse, les rebelles se sont soumis à la République de Gênes, et leurs chefs ont été emprisonnés. Le Prince de Wurtemberg et le Prince de Culmbach dirigent les troupes pour maintenir l'ordre. À Naples, un tigre s'est échappé de sa chaîne, causant des ravages près de Milan.
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6255
p. 1230-1232
D'ESPAGNE.
Début :
La plus grande partie des Troupes qui doivent être embarquées [...]
Mots clefs :
Espagne, Ligne
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texteReconnaissance textuelle : D'ESPAGNE.
DE SPAGNE,
Lêtre embarquées sur la Flote du Ray,est ar- A plus grande partie des Troupes qui doivent
rivée à Alicante, ainsi que l'Artillerie qu'on avoit
embarquée à Barcelone ; mais on doute que l'embarquement general puisse se faire au commencement de ce mois , comme la Cour Pavoit réI. Vol solu...
JUIN. 1732. 123.1
solu, parce qu'on n'a pas encore assez rassemblé
de Bâtimens de transport , quoiqu'on ait arrêté
tous les Navires étrangers qui étoient dans le
Port. On croit que tout cet armement est destiné
à faire le Siege d'Oran.
D'autres Lettres d'Alicante portent qu'ony avoit
commencé à embarquer so. Pieces de gros Canon et 30. Mortiers , qu'il y étoit arrivé de Cadix 44. Bâtimens de transport ; qu'il y en avoit
près de 150. dans les autres Ports , et que ce
nombre n'étant pas suffisant , on y avoit envoyé
ordre d'arrêter tous les Vaisseaux étrangers , et
même ceux qui étaient chargez.
Le bruit court qu'on va fortifier par de nouveaux Ouvrages la Ligne que le Roy a fait faire
en-deçà de Gibraltar , pour empêcher la contrebande des Marchandises. d'Angleterre dans l'interieur du Royaume , et qu'on va élever à l'une
des extrémitez de cette Ligne un nouveau Mole
qui s'étendra jusques dans la Baye , et dont l'Artillerie pourra incommoder les murailles de la
Ville , en cas de guerre.
Le Roya chargé son nouvel Agent à Londres,
de demander à la Compagnie de la Mer du Sud,
un compte general du droit particulier que S. M.
s'est réservé par le Traité de l'Assicute , sur les
profits que cette Compagnie peut faire par som
commerce dans les Ports Espagnols de l'Amerique.
,
Le 18. Avril , un Pinque venant de Livourne ,
arriva à Barcelonne ; il fut attaqué le 16. au matin , entre les Côtes de France et d'Espagne par
un Vaisseau Corsaire de 16 Pieces de Canon ,
de dix Pierriers et de 110. hommes d'équipage
parmi lesquels il y avoit trois ou quatre Renegats. Les deux Bâtimens ayant commencé à se
I. Vol. Canonner,
1232 MERCURE DE FRANCE
-
canonner , M. Ant. Ferrer, Capitaine du Pinque,
apperçut environ à deux lieues en Mer la Capi
tane des quatre Galeres du Roy, qui revenoit desMers d'Italie , laquelle étoit commandée par le
Lieutenant General Don Michel Reggio. Ce General , de son côté, ayant reconnu que le Corsaire donnoit la chasse au Pinque Espagnol , fit
force de Voiles et de Rames pour le secourir , er
Payant joint en moins d'une demie heure , il fir
une décharge de toute son Artillerie sur le Vaisseau Corsaire , dont le Capitaine fut tué avec sixhommes de l'Equipage : le Lieutenant s'étant sauvé dans la Chaloupe avec 20. Soldats , le Vaisseau se rendit. On y trouva 87. Maures , parmi
Jesquels il y en avoit 22. de blessez , et 14. Es--
claves Chrétiens ; sçavoir 8. du Royaume de Va
lence , et 6. de Catalogue , qui furent mis en li berté
Lêtre embarquées sur la Flote du Ray,est ar- A plus grande partie des Troupes qui doivent
rivée à Alicante, ainsi que l'Artillerie qu'on avoit
embarquée à Barcelone ; mais on doute que l'embarquement general puisse se faire au commencement de ce mois , comme la Cour Pavoit réI. Vol solu...
JUIN. 1732. 123.1
solu, parce qu'on n'a pas encore assez rassemblé
de Bâtimens de transport , quoiqu'on ait arrêté
tous les Navires étrangers qui étoient dans le
Port. On croit que tout cet armement est destiné
à faire le Siege d'Oran.
D'autres Lettres d'Alicante portent qu'ony avoit
commencé à embarquer so. Pieces de gros Canon et 30. Mortiers , qu'il y étoit arrivé de Cadix 44. Bâtimens de transport ; qu'il y en avoit
près de 150. dans les autres Ports , et que ce
nombre n'étant pas suffisant , on y avoit envoyé
ordre d'arrêter tous les Vaisseaux étrangers , et
même ceux qui étaient chargez.
Le bruit court qu'on va fortifier par de nouveaux Ouvrages la Ligne que le Roy a fait faire
en-deçà de Gibraltar , pour empêcher la contrebande des Marchandises. d'Angleterre dans l'interieur du Royaume , et qu'on va élever à l'une
des extrémitez de cette Ligne un nouveau Mole
qui s'étendra jusques dans la Baye , et dont l'Artillerie pourra incommoder les murailles de la
Ville , en cas de guerre.
Le Roya chargé son nouvel Agent à Londres,
de demander à la Compagnie de la Mer du Sud,
un compte general du droit particulier que S. M.
s'est réservé par le Traité de l'Assicute , sur les
profits que cette Compagnie peut faire par som
commerce dans les Ports Espagnols de l'Amerique.
,
Le 18. Avril , un Pinque venant de Livourne ,
arriva à Barcelonne ; il fut attaqué le 16. au matin , entre les Côtes de France et d'Espagne par
un Vaisseau Corsaire de 16 Pieces de Canon ,
de dix Pierriers et de 110. hommes d'équipage
parmi lesquels il y avoit trois ou quatre Renegats. Les deux Bâtimens ayant commencé à se
I. Vol. Canonner,
1232 MERCURE DE FRANCE
-
canonner , M. Ant. Ferrer, Capitaine du Pinque,
apperçut environ à deux lieues en Mer la Capi
tane des quatre Galeres du Roy, qui revenoit desMers d'Italie , laquelle étoit commandée par le
Lieutenant General Don Michel Reggio. Ce General , de son côté, ayant reconnu que le Corsaire donnoit la chasse au Pinque Espagnol , fit
force de Voiles et de Rames pour le secourir , er
Payant joint en moins d'une demie heure , il fir
une décharge de toute son Artillerie sur le Vaisseau Corsaire , dont le Capitaine fut tué avec sixhommes de l'Equipage : le Lieutenant s'étant sauvé dans la Chaloupe avec 20. Soldats , le Vaisseau se rendit. On y trouva 87. Maures , parmi
Jesquels il y en avoit 22. de blessez , et 14. Es--
claves Chrétiens ; sçavoir 8. du Royaume de Va
lence , et 6. de Catalogue , qui furent mis en li berté
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Résumé : D'ESPAGNE.
En juin 1732, des troupes et de l'artillerie destinées à la flotte du Ray sont arrivées à Alicante, mais l'embarquement est retardé par le manque de bâtiments de transport, malgré l'arrêt des navires étrangers. Cet armement vise probablement le siège d'Oran. Des lettres d'Alicante signalent l'embarquement de pièces d'artillerie et de mortiers, ainsi que l'arrivée de bâtiments de transport de Cadix et d'autres ports. Des ordres ont été donnés pour arrêter tous les vaisseaux étrangers, même ceux chargés. Des rumeurs mentionnent la fortification de la ligne défensive près de Gibraltar pour empêcher la contrebande de marchandises anglaises. Un nouveau môle pourrait être construit pour protéger la baie et incommoder les murailles de la ville en cas de guerre. Le roi d'Espagne a chargé son nouvel agent à Londres de demander à la Compagnie de la Mer du Sud un compte général des droits réservés par le traité de l'Asiento sur les profits réalisés dans les ports espagnols d'Amérique. Le 18 avril, un pinque venant de Livourne a été attaqué par un vaisseau corsaire entre les côtes de France et d'Espagne. La capitane des galères royales, commandée par le lieutenant général Don Michel Reggio, a capturé le vaisseau corsaire. À bord, on a trouvé des Maures et des esclaves chrétiens, qui ont été libérés.
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6256
p. 1232-1233
GRANDE BRETAGNE.
Mots clefs :
Grande-Bretagne, Chambre des communes
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texteReconnaissance textuelle : GRANDE BRETAGNE.
GRANDE BRETAGNE.
A Compagnie de la Mer du Sud a reçû de- Seville la Scedule du Roy d'Espagne pour le
départ du Vaisseau qu'elle envoye tous les ans à
la Mer du Sud , et ce sera le Prince Guillaume ,
dont le nom est changé en celui de Royale Caroline , qui fera cette année le voyage ; on commencera incessamment à le charger , et il aura
pour Leste 80. Tonneaux de fer.
Le Comte d'Albemarle doit partir incessam- ment pour Gibraltar , où l'on envoyera dans peu
quelques Régimens de l'établissement d'Irlande
pour renforcer la Garnison de cette Place et de
celle de Port Mahon.
La Chambre des Communes ayant entendu le
rapport des affaires de la charitable corporation
et reconnu que plusieurs Commissaires , Assis- I. Vol tans
JUIN. 1732. 1233
tans ou Agens de cette Compagnie, avoient malversé, a passé un Bill , par lequel il est deffendu au Chevalier Rob. Sutton , au Chevalier Baronet
Archibard Grant , à M. Denis Bond et à plusieurs autres, de sortir du Royaume pendant l'espace d'un an , ou jusqu'à la fin de la prochaine
Session du Parlement , leur ordonnant de four--
nir un Etat de leurs Biens et de leurs Effets , avec
deffenses d'en rien aliéner sans permission. Ce
Bill ayant été porté à la Chambre des Pairs , on
en a fait les deux premieres lectures.
Le Chevalier Sutton a obtenu depuis de la
Chambre des Pairs , la permission de faire en-,
rendre ses Avocats pour sa justification , avant
que cette Chambre fit la derniere lecture du Bill ,
qui lui deffend de sortir du Royaume pendant un
an. It a communiqué aussi à la même Chambre
des Lettres de Rome, par lesquelles il a appris
qu'on y avoit arrêté et conduit au Château Saint
Ange , M. Jean Tompson , cy- devant Caissier
de la charitable Corporation , et qui s'étoit sauvé
d'Angleterre avec une grande quantité d'Effets ap
partenans à cette Compagnie.
La Chambre des Communes ayant lû depuis
la Traduction qu'elle a fait faire d'une Lettre da.
sieur Belloni , Banquier de Rome , contenant des
propositions faites par le même Jean Tompson ,
prisonnier à Rome, a déclaré que c'étoit un Libelle insolent et audacieux , tendant à en imposer au Parlement et à la Nation ; et comme tel 2
elle l'a condamné à être brulé p
A Compagnie de la Mer du Sud a reçû de- Seville la Scedule du Roy d'Espagne pour le
départ du Vaisseau qu'elle envoye tous les ans à
la Mer du Sud , et ce sera le Prince Guillaume ,
dont le nom est changé en celui de Royale Caroline , qui fera cette année le voyage ; on commencera incessamment à le charger , et il aura
pour Leste 80. Tonneaux de fer.
Le Comte d'Albemarle doit partir incessam- ment pour Gibraltar , où l'on envoyera dans peu
quelques Régimens de l'établissement d'Irlande
pour renforcer la Garnison de cette Place et de
celle de Port Mahon.
La Chambre des Communes ayant entendu le
rapport des affaires de la charitable corporation
et reconnu que plusieurs Commissaires , Assis- I. Vol tans
JUIN. 1732. 1233
tans ou Agens de cette Compagnie, avoient malversé, a passé un Bill , par lequel il est deffendu au Chevalier Rob. Sutton , au Chevalier Baronet
Archibard Grant , à M. Denis Bond et à plusieurs autres, de sortir du Royaume pendant l'espace d'un an , ou jusqu'à la fin de la prochaine
Session du Parlement , leur ordonnant de four--
nir un Etat de leurs Biens et de leurs Effets , avec
deffenses d'en rien aliéner sans permission. Ce
Bill ayant été porté à la Chambre des Pairs , on
en a fait les deux premieres lectures.
Le Chevalier Sutton a obtenu depuis de la
Chambre des Pairs , la permission de faire en-,
rendre ses Avocats pour sa justification , avant
que cette Chambre fit la derniere lecture du Bill ,
qui lui deffend de sortir du Royaume pendant un
an. It a communiqué aussi à la même Chambre
des Lettres de Rome, par lesquelles il a appris
qu'on y avoit arrêté et conduit au Château Saint
Ange , M. Jean Tompson , cy- devant Caissier
de la charitable Corporation , et qui s'étoit sauvé
d'Angleterre avec une grande quantité d'Effets ap
partenans à cette Compagnie.
La Chambre des Communes ayant lû depuis
la Traduction qu'elle a fait faire d'une Lettre da.
sieur Belloni , Banquier de Rome , contenant des
propositions faites par le même Jean Tompson ,
prisonnier à Rome, a déclaré que c'étoit un Libelle insolent et audacieux , tendant à en imposer au Parlement et à la Nation ; et comme tel 2
elle l'a condamné à être brulé p
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Résumé : GRANDE BRETAGNE.
En juin 1732, la Compagnie de la Mer du Sud a reçu le calendrier du roi d'Espagne pour le départ annuel du vaisseau vers la Mer du Sud. Le vaisseau, nommé Prince Guillaume et rebaptisé Royale Caroline, transportera 80 tonneaux de fer. Le Comte d'Albemarle doit partir pour Gibraltar afin de renforcer les garnisons de Gibraltar et de Port Mahon avec des régiments d'Irlande. La Chambre des Communes a découvert des malversations impliquant plusieurs commissaires et agents de la charitable corporation. Un bill a été adopté, interdisant à des individus comme le Chevalier Robert Sutton, le Chevalier Archibald Grant et M. Denis Bond de quitter le Royaume pendant un an ou jusqu'à la fin de la prochaine session parlementaire. Ils doivent fournir un état de leurs biens et ne peuvent les aliéner sans permission. Ce bill a été lu deux fois à la Chambre des Pairs. Le Chevalier Sutton a obtenu la permission de présenter ses avocats pour sa justification avant la dernière lecture du bill. Il a également communiqué des lettres de Rome indiquant l'arrestation de M. Jean Tompson, ancien caissier de la charitable corporation, qui s'était enfui d'Angleterre avec des biens de la compagnie. La Chambre des Communes a condamné une lettre de M. Belloni, banquier de Rome, comme un libelle visant à tromper le Parlement et la Nation, et a ordonné sa destruction.
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6257
p. 1234-1236
Voyage de la Reine à Chartres, [titre d'après la table]
Début :
La Reine, qui depuis la Naissance de Monseigneur le Dauphin, [...]
Mots clefs :
Reine, Naissance, Chartres, Versailles
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Voyage de la Reine à Chartres, [titre d'après la table]
FRANCE,
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c.
LdeMonseigneur le Dauphin , desiA Reine , qui depuis la Naissance
roit d'en aller rendre ses actions de graces à Dieu , dans l'Eglise Cathedrale de
Chartres , dediée à la sainte Vierge , partit de Versailles le 26 du mois dernier
pour se rendre à Chartres , étant accompagnée de Mademoiselle de Clermont ,
Surintendante de sa Maison , des Dames
de sa Cour et de ses principaux Officiers.
Elle arriva le même jour au Château de
Rambouillet , où S. M. fut reçue par le
Comte et la Comtesse de Toulouse.
Le 27 la Reine , après avoir entendu
la Messe dans la Chapelle du Château,
partit pour Maintenon , où le Duc de
Noailles la reçut : S. M. y dîna , et arriva
à Chartres vers les sept heures du soir.
Le Marquis d'Armenonville , Gouverneur et Grand- Bailly de la Ville , accom
pagné des Maire et Echevins , complimenta la Reine à la porte de la Ville et
lui en presenta les clefs. Les rues par lesI. Vol quelles
JUIN. 1732 1235
quelles S. M. passa étoient tapissées , et
la Bourgeoisie y étoit rangée en haye et
sous les armes. La Reine alla descendre à
l'Eglise Cathédrale , devant laquelle S. M.
trouva les Gardes Françoises et Suisses en
haye et sous les armes. L'Evêque de Chartres , revêtu de ses habits pontificaux, et
à la tête des Chanoines en chappe , reçut
la Reine à la porte de l'Eglise , avec les
céremonies accoutumées ; et après l'avoir
complimentée, et lui avoir présenté l'eau
bénite , la conduisit dans le Chœur,
On chanta le Te Deum après lequel la
Reine fut accompagnée par l'Evêque et
par le Chapitre jusqu'à l'Evêché où S. M.
a logé.
Le 28 , la Reine fut conduite par l'Evêque et par le Chapitre à l'Eglise Cathé
drale et ensuite à la Chapelle basse dédiée
à la sainte Vierge. S. M. y entendit la
Messe, et y communia par les mains de
l'Abbé de S. Hermine son Aumônier en
quartier.
Le même jour , la Reine retourna à
l'Eglise Cathédrale , où S. M. entendit la
Messe qui fut célébrée par l'Evêque , pendant laquelle on chanta un Motet en Musique. Après la Messe , la Reine s'approcha de l'Autel où l'Evêque lui fit voir
toutes les Reliques et les présens que les
I. Vol. Rois
1236 MERCURE DE FRANCE
Rois et les Reines de France ont faits à
l'Eglise de Chartres : S. M. alla ensuite
faire sa priere à la Chapelle de la Vierge ,
où elle retourna le soir après avoir assisté
au Salut et reçu la bénédiction du S. Sacrement qui fut donnée par l'Evêque.
Le mêmejour , la Reine alla au Monastere des Religieuses Carmelites et à celui
des Religieuses de la Visitation. Le soir,
pendant le souper de la Reine , on tira
un grand nombre de boëtes et de fusées
dans le jardin de l'Evêché. Il y eut , comme le jour précedent , des illuminations
dans toute la Ville ; et pendant le sejour
que la Reine y a fait , le peuple a donné par des acclamations continuelles , des
marques de son respect et de son amour
pour S. M.
Le 29 , la Reine après avoir entendu la
Messe dans la Chapelle basse , partit de
Chartres : S. M. dîna à Maintenon , coucha à Rambouillet et le lendemain elle
arriva à Versailles vers les cinq heures du
soir
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c.
LdeMonseigneur le Dauphin , desiA Reine , qui depuis la Naissance
roit d'en aller rendre ses actions de graces à Dieu , dans l'Eglise Cathedrale de
Chartres , dediée à la sainte Vierge , partit de Versailles le 26 du mois dernier
pour se rendre à Chartres , étant accompagnée de Mademoiselle de Clermont ,
Surintendante de sa Maison , des Dames
de sa Cour et de ses principaux Officiers.
Elle arriva le même jour au Château de
Rambouillet , où S. M. fut reçue par le
Comte et la Comtesse de Toulouse.
Le 27 la Reine , après avoir entendu
la Messe dans la Chapelle du Château,
partit pour Maintenon , où le Duc de
Noailles la reçut : S. M. y dîna , et arriva
à Chartres vers les sept heures du soir.
Le Marquis d'Armenonville , Gouverneur et Grand- Bailly de la Ville , accom
pagné des Maire et Echevins , complimenta la Reine à la porte de la Ville et
lui en presenta les clefs. Les rues par lesI. Vol quelles
JUIN. 1732 1235
quelles S. M. passa étoient tapissées , et
la Bourgeoisie y étoit rangée en haye et
sous les armes. La Reine alla descendre à
l'Eglise Cathédrale , devant laquelle S. M.
trouva les Gardes Françoises et Suisses en
haye et sous les armes. L'Evêque de Chartres , revêtu de ses habits pontificaux, et
à la tête des Chanoines en chappe , reçut
la Reine à la porte de l'Eglise , avec les
céremonies accoutumées ; et après l'avoir
complimentée, et lui avoir présenté l'eau
bénite , la conduisit dans le Chœur,
On chanta le Te Deum après lequel la
Reine fut accompagnée par l'Evêque et
par le Chapitre jusqu'à l'Evêché où S. M.
a logé.
Le 28 , la Reine fut conduite par l'Evêque et par le Chapitre à l'Eglise Cathé
drale et ensuite à la Chapelle basse dédiée
à la sainte Vierge. S. M. y entendit la
Messe, et y communia par les mains de
l'Abbé de S. Hermine son Aumônier en
quartier.
Le même jour , la Reine retourna à
l'Eglise Cathédrale , où S. M. entendit la
Messe qui fut célébrée par l'Evêque , pendant laquelle on chanta un Motet en Musique. Après la Messe , la Reine s'approcha de l'Autel où l'Evêque lui fit voir
toutes les Reliques et les présens que les
I. Vol. Rois
1236 MERCURE DE FRANCE
Rois et les Reines de France ont faits à
l'Eglise de Chartres : S. M. alla ensuite
faire sa priere à la Chapelle de la Vierge ,
où elle retourna le soir après avoir assisté
au Salut et reçu la bénédiction du S. Sacrement qui fut donnée par l'Evêque.
Le mêmejour , la Reine alla au Monastere des Religieuses Carmelites et à celui
des Religieuses de la Visitation. Le soir,
pendant le souper de la Reine , on tira
un grand nombre de boëtes et de fusées
dans le jardin de l'Evêché. Il y eut , comme le jour précedent , des illuminations
dans toute la Ville ; et pendant le sejour
que la Reine y a fait , le peuple a donné par des acclamations continuelles , des
marques de son respect et de son amour
pour S. M.
Le 29 , la Reine après avoir entendu la
Messe dans la Chapelle basse , partit de
Chartres : S. M. dîna à Maintenon , coucha à Rambouillet et le lendemain elle
arriva à Versailles vers les cinq heures du
soir
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Résumé : Voyage de la Reine à Chartres, [titre d'après la table]
En juin 1732, la Reine de France entreprit un voyage à Chartres. Le 26 juin, elle quitta Versailles avec Mademoiselle de Clermont et sa cour, s'arrêtant d'abord au Château de Rambouillet où elle fut reçue par le Comte et la Comtesse de Toulouse. Le lendemain, elle se rendit à Maintenon, accueillie par le Duc de Noailles, avant d'arriver à Chartres en soirée. À Chartres, elle fut accueillie par le Marquis d'Armenonville, le Maire et les Échevins, qui lui remirent les clefs de la ville. Les rues étaient décorées et la bourgeoisie était en armes. La Reine se rendit à la cathédrale, où elle fut reçue par l'Évêque de Chartres et les Chanoines, et un Te Deum fut chanté. Elle logea à l'Évêché. Le 28 juin, elle assista à la messe, communia, visita les reliques et les présents royaux, pria à la chapelle de la Vierge et visita les monastères des Carmélites et des Visitandines. Des feux d'artifice et des illuminations eurent lieu en son honneur. Le 29 juin, après la messe, elle quitta Chartres pour revenir à Versailles, en passant par Maintenon et Rambouillet.
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6258
p. 1236-1241
« Le 30 May, vers les 7. heures du soir, le [...] »
Début :
Le 30 May, vers les 7. heures du soir, le [...]
Mots clefs :
Roi, Messe, Château, Musique, Procession, Fête de la Pentecôte, Fête-Dieu
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texteReconnaissance textuelle : « Le 30 May, vers les 7. heures du soir, le [...] »
Le 30 May , vers les 7. heures du soir ,
le Roi arriva du Château de Compiegne
à Versailles ; S. M. en partit le trois de
ce mois pour retourner à Compiegne.
Le 1.de ce mois , l'Abbé de S. Simon 'D
I. Vol. nommé
JUIN. 1732. 1237
nommé par le Roi à l'Evêché de Noyon ,
fut sacré dans l'Eglise du Noviciat des
Dominicains : la Céremonie fut faite par
l'Archevêque de Rouen , assisté de l'Evêque d'Uzés, et de l'Evêque de Bayeux.
Le Roi Stanislas et la Reine son Epouse , qui ont passé quelque tems à Versailles avec la Reine , en partirent le 23.
pour retourner au Château de Chambort.
M. de Gasville , Intendant de la Généralité de Rouen , ayant demandé au Roi
la permission de se retirer , S. M. a nommé pour le remplacer dans cette Intendance , M. de la Bourdonnaye Me des
Requêtes.
Le 1. de ce mois , Fête de la Pentecôte
le Roi revêtu du grand Collier de l'Ordre du S. Esprit , se rendit à 3. heures du
matinà la Chapelle du Chateau de Versailles , oùS. M. entendit la Messe, et communia les mains de l'Abbé de Suze par
Aumônier du Roy en quartier. l'Evêque
de Perigueux prêta Serment de fidelité
entre les mains du Roy pendant, cette
Messe , après laquelle S. M. toucha un
grand nombre de Malades.
Le même jour , les Chevaliers , Com
I. Vol.
mandeurs
1238 MERCURE DE FRANCE
mandeurs , et Officiers de l'Ordre du S.
Esprit , s'étant rendus vers les 11. heures
du matin dans le Cabinet du Roi , S. M.
tint un Chapitre , dans lequel le Prince
de Conti fut nommé Chevalier. Le Roi
alla ensuite à la Chapelle , étant précedé
du Duc d'Orleans , du Duc de Bourbon
du Comte de Charolois , du Comte de
Clermont , du Duc du Maine , du Prince de Dombes , du Comte d'Eu , du Comte de Toulouse et des Chevaliers , Commandeurs et Officiers de l'Ordre. Le Roi,
devant lequel les deux Huissiers de la
Chambre portoient leurs Masses , étoit
en Manteau , le Collier de l'Ordre par
dessus , ainsi que les Chevaliers. S. M.
entendit la Grand- Messe qui fut célébrée.
par l'Abbé Brosseau , Chapelain ordinaire
de la Chapelle de Musique, et chantée
par la Musique. La Reine accompagnée
des Dames de sa Cour , assista à la même Messe dans sa Tribune.
L'après midy , L. M. entendirent le
Sermon du P. Hericourt , Religieux
Théatin , et ensuite les Vêpres chantées
par la Musique.
Le 2. après la Messe du Roi , le Duc
de Chartres reçut dans la Chapelle du
Château les Céremonies du Baptême , et
il fut nommé Louis-Philippe par le Roi
1. Vol. et
JUI N. 1732. 1239
et la Reine qui furent ses Parain et Maraine. Cette Ceremonie fut faite par
l'Abbé de Bellefons , Aumônier du Roi
en quartier , en présence du Curé de la
Paroisse du Château,
7
Le 12. de ce mois jour de la Fête- Dieu ,
le Roi accompagné du Duc d'Orleans
du Duc de Bourbon , du Prince de Dombes , du Comte d'Eu et du Comte de
Toulouse , se rendit à 1o. heures du matin à l'Eglise de l'Abbaye Royale de saint
Corneille de Compiegne , où S. M. assista à l'Office , à la Grand- Messe , à laquelle
l'Evêque de Soissons officia pontificalement, et ensuite à la Procession. Le R. P.
Dom Jean-Baptiste Alaydon , Superieur
Général de la Congrégation de S. Maur, à
la tête du Clergé de la Ville , eut l'honneur de recevoir et de complimenter le
Roi à l'entrée de l'Eglise. La Cour témoigna être également satisfaite et édifiée de
la dignité avec laquelle les Religieux de
cette Abbaye font l'Office divin et les
ceremonies.
Le jour de la Fête-Dieu , la Procession
de la Paroisse de Versailles , vint , suivant l'usage , à la Chapelle du Château ,
où la Reine s'étoit rendue dans sa Tri1. Vol. I bune.
4240 MERCURE DE FRANCE
bune. S. M. y reçut la bénédiction du
S. Sacrement et , entendit la Messe ensuite. Monseigneur le Dauphin , Monseigneur le Duc d'Anjou et Mesdames de
France , virent passer la Procession des
fenêtres de l'Apartement du Cardinal de
Fleury. Le soir , ainsi que pendant toute
l'Octave , la Reine assista au Salut dans
La Chapelle.
T
Les.Deputez du Parlement qui avoient
reçu les ordres du Roi le 16. de ce mois,
se rendirent le lendemain à Compiegne ,
et M. Portail , Premier Président , étant
à leur tête , ils furent conduits et présentez avec les cérémonies accoutumées à
l'Audience de S. M. qui leur declara sa
volonté
Les Dimanches et les Fêtes , le Roi asşiste au Service Divin le matin et l'aprèsmidy; le Jeudy S. M. ne sort point ; elle
voit jouer à la paume les quatre Maîtres
de Paris qui ont été mandez à Compie
gne ; les autres jours il y a jeu et chasse ,
du Cerfet du Sanglier , alternativement.
Ontrouve cette année une grande quantité de Cerfs et de Biches dans la Forêt
de Compiegne ; on en voit jusqu'à trente
en troupes,ce qui fait que le Roi en prend
Д. Vol. sou-
JUIN 1732 1241
souvent deux de suite. Le soir S.M. soupe avec les Seigneurs de sa Cour.
Le sieur Dedelay de la Garde , Secretaire du Roi et Payeur des rentes , a été
nommé Fermier Géneral à la place de
feu M. de Salins. Ce choix a été univer
sellement approuvé.
Le 19 Juin dernier jour de l'octave
de la Fête- Dieu , les Comédiens Italiens
firent construire un Reposoir à l'entrée
de la rue Françoise à l'occasion de la Procession de la Paroisse S. Sauveur qui passe par le bout de cette rue. Ce Reposoir
étoit orné de riches Tapisseries , décoré
et illuminé d'une maniere très- brillante.
Un chœur de Musique composé de plus
de cinquante personnes , s'étoit rendu
avant la Procession à l'Eglise de S. Sauveur où l'on chanta une Messe solemnelle
en Musique , après laquelle les mêmes
Musiciens se rendirent au Reposoir et se
placerent sur des Tribunes construites exprès à droite et à gauche ; on y chanta
dans le tems que la procession s'y arrêta ,
un tres-beau Motet à grand chœur, con
le Roi arriva du Château de Compiegne
à Versailles ; S. M. en partit le trois de
ce mois pour retourner à Compiegne.
Le 1.de ce mois , l'Abbé de S. Simon 'D
I. Vol. nommé
JUIN. 1732. 1237
nommé par le Roi à l'Evêché de Noyon ,
fut sacré dans l'Eglise du Noviciat des
Dominicains : la Céremonie fut faite par
l'Archevêque de Rouen , assisté de l'Evêque d'Uzés, et de l'Evêque de Bayeux.
Le Roi Stanislas et la Reine son Epouse , qui ont passé quelque tems à Versailles avec la Reine , en partirent le 23.
pour retourner au Château de Chambort.
M. de Gasville , Intendant de la Généralité de Rouen , ayant demandé au Roi
la permission de se retirer , S. M. a nommé pour le remplacer dans cette Intendance , M. de la Bourdonnaye Me des
Requêtes.
Le 1. de ce mois , Fête de la Pentecôte
le Roi revêtu du grand Collier de l'Ordre du S. Esprit , se rendit à 3. heures du
matinà la Chapelle du Chateau de Versailles , oùS. M. entendit la Messe, et communia les mains de l'Abbé de Suze par
Aumônier du Roy en quartier. l'Evêque
de Perigueux prêta Serment de fidelité
entre les mains du Roy pendant, cette
Messe , après laquelle S. M. toucha un
grand nombre de Malades.
Le même jour , les Chevaliers , Com
I. Vol.
mandeurs
1238 MERCURE DE FRANCE
mandeurs , et Officiers de l'Ordre du S.
Esprit , s'étant rendus vers les 11. heures
du matin dans le Cabinet du Roi , S. M.
tint un Chapitre , dans lequel le Prince
de Conti fut nommé Chevalier. Le Roi
alla ensuite à la Chapelle , étant précedé
du Duc d'Orleans , du Duc de Bourbon
du Comte de Charolois , du Comte de
Clermont , du Duc du Maine , du Prince de Dombes , du Comte d'Eu , du Comte de Toulouse et des Chevaliers , Commandeurs et Officiers de l'Ordre. Le Roi,
devant lequel les deux Huissiers de la
Chambre portoient leurs Masses , étoit
en Manteau , le Collier de l'Ordre par
dessus , ainsi que les Chevaliers. S. M.
entendit la Grand- Messe qui fut célébrée.
par l'Abbé Brosseau , Chapelain ordinaire
de la Chapelle de Musique, et chantée
par la Musique. La Reine accompagnée
des Dames de sa Cour , assista à la même Messe dans sa Tribune.
L'après midy , L. M. entendirent le
Sermon du P. Hericourt , Religieux
Théatin , et ensuite les Vêpres chantées
par la Musique.
Le 2. après la Messe du Roi , le Duc
de Chartres reçut dans la Chapelle du
Château les Céremonies du Baptême , et
il fut nommé Louis-Philippe par le Roi
1. Vol. et
JUI N. 1732. 1239
et la Reine qui furent ses Parain et Maraine. Cette Ceremonie fut faite par
l'Abbé de Bellefons , Aumônier du Roi
en quartier , en présence du Curé de la
Paroisse du Château,
7
Le 12. de ce mois jour de la Fête- Dieu ,
le Roi accompagné du Duc d'Orleans
du Duc de Bourbon , du Prince de Dombes , du Comte d'Eu et du Comte de
Toulouse , se rendit à 1o. heures du matin à l'Eglise de l'Abbaye Royale de saint
Corneille de Compiegne , où S. M. assista à l'Office , à la Grand- Messe , à laquelle
l'Evêque de Soissons officia pontificalement, et ensuite à la Procession. Le R. P.
Dom Jean-Baptiste Alaydon , Superieur
Général de la Congrégation de S. Maur, à
la tête du Clergé de la Ville , eut l'honneur de recevoir et de complimenter le
Roi à l'entrée de l'Eglise. La Cour témoigna être également satisfaite et édifiée de
la dignité avec laquelle les Religieux de
cette Abbaye font l'Office divin et les
ceremonies.
Le jour de la Fête-Dieu , la Procession
de la Paroisse de Versailles , vint , suivant l'usage , à la Chapelle du Château ,
où la Reine s'étoit rendue dans sa Tri1. Vol. I bune.
4240 MERCURE DE FRANCE
bune. S. M. y reçut la bénédiction du
S. Sacrement et , entendit la Messe ensuite. Monseigneur le Dauphin , Monseigneur le Duc d'Anjou et Mesdames de
France , virent passer la Procession des
fenêtres de l'Apartement du Cardinal de
Fleury. Le soir , ainsi que pendant toute
l'Octave , la Reine assista au Salut dans
La Chapelle.
T
Les.Deputez du Parlement qui avoient
reçu les ordres du Roi le 16. de ce mois,
se rendirent le lendemain à Compiegne ,
et M. Portail , Premier Président , étant
à leur tête , ils furent conduits et présentez avec les cérémonies accoutumées à
l'Audience de S. M. qui leur declara sa
volonté
Les Dimanches et les Fêtes , le Roi asşiste au Service Divin le matin et l'aprèsmidy; le Jeudy S. M. ne sort point ; elle
voit jouer à la paume les quatre Maîtres
de Paris qui ont été mandez à Compie
gne ; les autres jours il y a jeu et chasse ,
du Cerfet du Sanglier , alternativement.
Ontrouve cette année une grande quantité de Cerfs et de Biches dans la Forêt
de Compiegne ; on en voit jusqu'à trente
en troupes,ce qui fait que le Roi en prend
Д. Vol. sou-
JUIN 1732 1241
souvent deux de suite. Le soir S.M. soupe avec les Seigneurs de sa Cour.
Le sieur Dedelay de la Garde , Secretaire du Roi et Payeur des rentes , a été
nommé Fermier Géneral à la place de
feu M. de Salins. Ce choix a été univer
sellement approuvé.
Le 19 Juin dernier jour de l'octave
de la Fête- Dieu , les Comédiens Italiens
firent construire un Reposoir à l'entrée
de la rue Françoise à l'occasion de la Procession de la Paroisse S. Sauveur qui passe par le bout de cette rue. Ce Reposoir
étoit orné de riches Tapisseries , décoré
et illuminé d'une maniere très- brillante.
Un chœur de Musique composé de plus
de cinquante personnes , s'étoit rendu
avant la Procession à l'Eglise de S. Sauveur où l'on chanta une Messe solemnelle
en Musique , après laquelle les mêmes
Musiciens se rendirent au Reposoir et se
placerent sur des Tribunes construites exprès à droite et à gauche ; on y chanta
dans le tems que la procession s'y arrêta ,
un tres-beau Motet à grand chœur, con
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Résumé : « Le 30 May, vers les 7. heures du soir, le [...] »
En juin 1732, le roi séjourna à Versailles du 30 mai au 3 juin, avant de retourner au Château de Compiègne. Le 1er juin, l'Abbé de Saint-Simon fut nommé et sacré évêque de Noyon par l'archevêque de Rouen, assisté des évêques d'Uzès et de Bayeux. Le roi Stanislas et la reine quittèrent Versailles le 23 juin pour le Château de Chambord. M. de Gasville, intendant de la généralité de Rouen, fut remplacé par M. de la Bourdonnaye. Le 1er juin, jour de la Pentecôte, le roi, portant le grand collier de l'Ordre du Saint-Esprit, assista à la messe et communia. L'évêque de Périgueux prêta serment de fidélité, et le roi toucha un grand nombre de malades. Le prince de Conti fut nommé chevalier de l'Ordre du Saint-Esprit lors d'un chapitre royal. Le duc de Chartres reçut les cérémonies du baptême et fut nommé Louis-Philippe par le roi et la reine. Le 12 juin, jour de la Fête-Dieu, le roi se rendit à l'abbaye royale de Saint-Corneille de Compiègne pour l'office et la procession. La reine reçut la bénédiction du Saint-Sacrement à la chapelle du château de Versailles. Les députés du Parlement reçurent les ordres du roi et se rendirent à Compiègne pour une audience. Le roi participait aux services divins les dimanches et fêtes, jouait à la paume le jeudi, et chassait les autres jours. Une grande quantité de cerfs et de biches fut observée dans la forêt de Compiègne. Le sieur Dedelay de la Garde fut nommé fermier général à la place de M. de Salins. Le 19 juin, les comédiens italiens construisirent un reposoir pour la procession de la paroisse Saint-Sauveur, orné de riches tapisseries et illuminé de manière brillante.
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6259
p. 1242
BOUQUET, A Mlle...... qui ne sçauroit souffrir l'odeur des Fleurs.
Début :
Aimbale Iris, c'est demain votre Fête, [...]
Mots clefs :
Amour, Bouquet, Fleurs, Iris
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : BOUQUET, A Mlle...... qui ne sçauroit souffrir l'odeur des Fleurs.
A Mile
Ne dites
BOUQUET,
qui ne sçauroit souffrir
l'odeur des Fleurs.
AImable Iris , c'est demain votre Fête ,
Je veux vous donner un Bouquet ;
pas : les Fleurs me font mal à la tête ,
Je n'en veux point ; voyez dequoi le mien est fait.
Ce n'est point un Bouquet dont l'odeur s'évas
pore,
Iris , ce sont des Fleurs du Dieu qu'on nomme Amour ,
C'est vous qui les faites éclore ,
C'est moi qui leur donne le jour.
Que dis-je qu'ai- je fait ? cet avèu vous offense ,
Amour , fatal Amour , pourquoi me trahis- tu
Eh , ne pouvois- tu donc rester dans le silence ,
Ou faire que d'Iris , tu fusses mieux reçu ?
Mais je vois un souris qui dissipe mes craintes ,
Allez, mes Vers , produisez-vous ,
Dites-lui que mon cœur sent les vives atteintes
D'un feu ..paix ! gardez-vous d'alllumer son couroux.
Ne dites
BOUQUET,
qui ne sçauroit souffrir
l'odeur des Fleurs.
AImable Iris , c'est demain votre Fête ,
Je veux vous donner un Bouquet ;
pas : les Fleurs me font mal à la tête ,
Je n'en veux point ; voyez dequoi le mien est fait.
Ce n'est point un Bouquet dont l'odeur s'évas
pore,
Iris , ce sont des Fleurs du Dieu qu'on nomme Amour ,
C'est vous qui les faites éclore ,
C'est moi qui leur donne le jour.
Que dis-je qu'ai- je fait ? cet avèu vous offense ,
Amour , fatal Amour , pourquoi me trahis- tu
Eh , ne pouvois- tu donc rester dans le silence ,
Ou faire que d'Iris , tu fusses mieux reçu ?
Mais je vois un souris qui dissipe mes craintes ,
Allez, mes Vers , produisez-vous ,
Dites-lui que mon cœur sent les vives atteintes
D'un feu ..paix ! gardez-vous d'alllumer son couroux.
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Résumé : BOUQUET, A Mlle...... qui ne sçauroit souffrir l'odeur des Fleurs.
Le locuteur adresse un poème à Iris pour sa fête, exprimant son aversion pour les fleurs mais offrant un bouquet symbolisant l'amour. Il craint d'offenser Iris mais voit son sourire dissiper ses craintes. Il met en garde les vers de ne pas révéler ses sentiments.
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6260
p. 1243-1244
BENEFICES DONNEZ.
Début :
Le Roy a nommé à l'Evêché de Lodève, l'Abbé [...]
Mots clefs :
Bénéfices, Ordres
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : BENEFICES DONNEZ.
BENEFICES DONNEZ
E Roy a nommé à l'Evêché de LodeLELve,l'Abbé deSouliac ,Grand Vicai >
res de l'Evêque de Périgueux.
S. M. a donné l'Abbaye de S. Gilles ,
Ordre de S. Benoît , Diocèse de Nismes ,
à l'Evêque de Nísmies.
Celle de Nants , Ordre de S. Benoît ,
Diocèse de Vabres , à l'Evêque de Gap.
Celle de Mazun , Ordre de Citeaux ,
Diocèse de Viviers, à l'Evêque d'Orange.
Celle de Fontdouce , Ordre de S. Benoît , Diocèse de Xaintes , à l'Abbé de
Coulanges , Grand-Vicaire de l'Evêque
de S. Paul-Trois- Châteaux.
Celle de S. Sauveur de Lodève , Ordre
de S. Benoît , à l'Abbé le Noir , Théologal de l'Eglise Cathedrale de Montpellier.
Celle de S. Jacques de Provins , Ordre
de S. Augustin , Diocèse de Sens, àl'Abbé
Mercier , Chanoine de la Ste Chapelle
de Paris.
Celle de Mauleon , Ordre de S. Auguftin , Diocèse de la Rochelle, à l'Abbé
de la Garde Jasier , Chanoine de l'Eglise
Cathédrale de S. Malo.
Celle de S. Gilbert, Ordre de PrémonI. Vol. I iij tré,
1244 MERCURE DE FRANCE
tré , Diocèse de Clermont , à l'Abbé de
Lisle du Guast , Chanoine de l'Eglise Ca
thédrale de Chartres.
Celle de Notre Dame de Vielmeur
Ordre de S. Benoît , Diocèse de Castres
à la Dame d'Espinouse.
Celle de Ste Geneviève de Chaillot,
lez - Paris , Ordre de S. Augustin , à la
Dame de Tournefort.
L'Abbaye de S. Savin , Ordre de S.Benoît , Diocèse de Poitiers ; à l'Abbé de la..
Richardie, Grand-Vicaire de l'Evêque de
Noyon.
Le Prieuré de S. Robert de Cornillon
Ordre de S. Augustin , Diocèse de Gre
noble , à l'Evêque de Grenoble.
E Roy a nommé à l'Evêché de LodeLELve,l'Abbé deSouliac ,Grand Vicai >
res de l'Evêque de Périgueux.
S. M. a donné l'Abbaye de S. Gilles ,
Ordre de S. Benoît , Diocèse de Nismes ,
à l'Evêque de Nísmies.
Celle de Nants , Ordre de S. Benoît ,
Diocèse de Vabres , à l'Evêque de Gap.
Celle de Mazun , Ordre de Citeaux ,
Diocèse de Viviers, à l'Evêque d'Orange.
Celle de Fontdouce , Ordre de S. Benoît , Diocèse de Xaintes , à l'Abbé de
Coulanges , Grand-Vicaire de l'Evêque
de S. Paul-Trois- Châteaux.
Celle de S. Sauveur de Lodève , Ordre
de S. Benoît , à l'Abbé le Noir , Théologal de l'Eglise Cathedrale de Montpellier.
Celle de S. Jacques de Provins , Ordre
de S. Augustin , Diocèse de Sens, àl'Abbé
Mercier , Chanoine de la Ste Chapelle
de Paris.
Celle de Mauleon , Ordre de S. Auguftin , Diocèse de la Rochelle, à l'Abbé
de la Garde Jasier , Chanoine de l'Eglise
Cathédrale de S. Malo.
Celle de S. Gilbert, Ordre de PrémonI. Vol. I iij tré,
1244 MERCURE DE FRANCE
tré , Diocèse de Clermont , à l'Abbé de
Lisle du Guast , Chanoine de l'Eglise Ca
thédrale de Chartres.
Celle de Notre Dame de Vielmeur
Ordre de S. Benoît , Diocèse de Castres
à la Dame d'Espinouse.
Celle de Ste Geneviève de Chaillot,
lez - Paris , Ordre de S. Augustin , à la
Dame de Tournefort.
L'Abbaye de S. Savin , Ordre de S.Benoît , Diocèse de Poitiers ; à l'Abbé de la..
Richardie, Grand-Vicaire de l'Evêque de
Noyon.
Le Prieuré de S. Robert de Cornillon
Ordre de S. Augustin , Diocèse de Gre
noble , à l'Evêque de Grenoble.
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Résumé : BENEFICES DONNEZ.
Le document relate diverses nominations et attributions de bénéfices ecclésiastiques. Le roi a nommé l'Abbé de Souliac, Grand Vicaire de l'Évêque de Périgueux, à l'Évêché de Lodève. Plusieurs abbayes ont été attribuées à divers évêques et abbés. L'Abbaye de Saint-Gilles, dans le Diocèse de Nîmes, a été donnée à l'Évêque de Nîmes. L'Abbaye de Nants, dans le Diocèse de Vabres, a été attribuée à l'Évêque de Gap. L'Abbaye de Mazun, dans le Diocèse de Viviers, a été donnée à l'Évêque d'Orange. L'Abbaye de Fontdouce, dans le Diocèse de Saintes, a été attribuée à l'Abbé de Coulanges, Grand-Vicaire de l'Évêque de Saint-Paul-Trois-Châteaux. L'Abbaye de Saint-Sauveur de Lodève a été donnée à l'Abbé le Noir, Théologal de l'Église Cathédrale de Montpellier. L'Abbaye de Saint-Jacques de Provins, dans le Diocèse de Sens, a été attribuée à l'Abbé Mercier, Chanoine de la Sainte Chapelle de Paris. L'Abbaye de Mauleon, dans le Diocèse de la Rochelle, a été donnée à l'Abbé de la Garde Jasier, Chanoine de l'Église Cathédrale de Saint-Malo. L'Abbaye de Saint-Gilbert, dans le Diocèse de Clermont, a été attribuée à l'Abbé de Lisle du Guast, Chanoine de l'Église Cathédrale de Chartres. L'Abbaye de Notre-Dame de Vielmeur, dans le Diocèse de Castres, a été donnée à la Dame d'Espinouse. L'Abbaye de Sainte-Geneviève de Chaillot, près de Paris, a été attribuée à la Dame de Tournefort. L'Abbaye de Saint-Savin, dans le Diocèse de Poitiers, a été donnée à l'Abbé de la Richardie, Grand-Vicaire de l'Évêque de Noyon. Enfin, le Prieuré de Saint-Robert de Cornillon, dans le Diocèse de Grenoble, a été attribué à l'Évêque de Grenoble.
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6261
p. 1245-1247
EXTRAIT d'une Lettre écrite de Joigny, le 10 Juin 1732. au sujet du Jeu de l'Arquebuse.
Début :
Les Chevaliers du Jeu de l'Arquebuse de la Ville [...]
Mots clefs :
Jeu de l'Arquebuse, Joigny, Prix
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texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'une Lettre écrite de Joigny, le 10 Juin 1732. au sujet du Jeu de l'Arquebuse.
EXTRAITd'une Lettre écrite de Joigny,
le 10 Juin 1732. au sujet du Jeu de l'Atquebuse.
Es Chevaliers du Jeu de l'Arquebuse
Lde laville de Joigny,au nombre de
plus de 50. sans parler des Chevaliers
d'honneur , tirerent le grand Prix , appellé Loyseau, ces Fêtes dernieres, en présence d'un prodigieux nombre de Spec- 1
tateurs , de toutes qualitez, accourus des
Villes et lieux circonvoisins... Il y avoit
I. Vol.
I iiij huit
1245 MERCURE DE FRANCE
huit ans que ce Prix , qui consiste ordinairement en argenterie , n'avoit été tiré.
~ Il fut tiré à la Butte , à 52 toises de distance , sur un rond de 4 pouces de diametre , avec des Fuzils , à Canons non marmettez , rayez , ni virolez , non plus qu'à
lunettes.
Les Armes furent chargées en présence
du Commissaire , qui prend garde qu'aucun Chevalier ne charge son arme de
doubles Balles, ou ramées. On continua le
Jeu jusqu'au 8 du courant , que l'Oyseau
fut mis à bas. On proclama le Roy au son
des Tambours , des Fiffres, et par une décharge des Armes de la Compagnie , et
des Boëtes de la Ville.
Ce Chevalier vainqueur m'arrête icy s
son mérite personnel et son adresse à tirer,
demandent une distinction particuliere.
On pourroit dire de lui ce qu'un Auteur
de la vie d'Alexandre rapporte d'un Soldat de l'Armée de ce Prince , qui tiroit
à coup sûr des Fléches , entre les doigts
de la main de ses camarades , sans jamais.
les offenser.
Je me persuade que l'on n'a pas encore
vû dans aucun Jeu de l'Arquebuse du
Royaume un mêmeChevalier 4 fois Roy.
Celui dont je parle, a mis 4 fois l'Oyseau
I. Vol.
â
JUIN 1732. 1247
à bas , son nom est M. Platard , aujourd'hui Maire de Joigny , &c.
le 10 Juin 1732. au sujet du Jeu de l'Atquebuse.
Es Chevaliers du Jeu de l'Arquebuse
Lde laville de Joigny,au nombre de
plus de 50. sans parler des Chevaliers
d'honneur , tirerent le grand Prix , appellé Loyseau, ces Fêtes dernieres, en présence d'un prodigieux nombre de Spec- 1
tateurs , de toutes qualitez, accourus des
Villes et lieux circonvoisins... Il y avoit
I. Vol.
I iiij huit
1245 MERCURE DE FRANCE
huit ans que ce Prix , qui consiste ordinairement en argenterie , n'avoit été tiré.
~ Il fut tiré à la Butte , à 52 toises de distance , sur un rond de 4 pouces de diametre , avec des Fuzils , à Canons non marmettez , rayez , ni virolez , non plus qu'à
lunettes.
Les Armes furent chargées en présence
du Commissaire , qui prend garde qu'aucun Chevalier ne charge son arme de
doubles Balles, ou ramées. On continua le
Jeu jusqu'au 8 du courant , que l'Oyseau
fut mis à bas. On proclama le Roy au son
des Tambours , des Fiffres, et par une décharge des Armes de la Compagnie , et
des Boëtes de la Ville.
Ce Chevalier vainqueur m'arrête icy s
son mérite personnel et son adresse à tirer,
demandent une distinction particuliere.
On pourroit dire de lui ce qu'un Auteur
de la vie d'Alexandre rapporte d'un Soldat de l'Armée de ce Prince , qui tiroit
à coup sûr des Fléches , entre les doigts
de la main de ses camarades , sans jamais.
les offenser.
Je me persuade que l'on n'a pas encore
vû dans aucun Jeu de l'Arquebuse du
Royaume un mêmeChevalier 4 fois Roy.
Celui dont je parle, a mis 4 fois l'Oyseau
I. Vol.
â
JUIN 1732. 1247
à bas , son nom est M. Platard , aujourd'hui Maire de Joigny , &c.
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Résumé : EXTRAIT d'une Lettre écrite de Joigny, le 10 Juin 1732. au sujet du Jeu de l'Arquebuse.
Le 10 juin 1732, à Joigny, plus de 50 Chevaliers du Jeu de l'Arquebuse ont participé à une compétition pour le grand Prix Loyseau, un trophée d'argenterie non attribué depuis huit ans. La compétition s'est tenue à la Butte, à 52 toises de distance, sur une cible de 4 pouces de diamètre, avec des fusils non modifiés. Les armes ont été chargées sous surveillance pour garantir l'équité. La compétition a duré jusqu'au 8 juin, date à laquelle l'oiseau cible a été abattu. La victoire a été proclamée par des tambours, des fifres et une salve d'armes. Le vainqueur, M. Platard, maire de Joigny, a été distingué pour son adresse exceptionnelle, remportant le prix pour la quatrième fois, un exploit rare dans les jeux de l'Arquebuse du royaume. Sa précision a été comparée à celle d'un soldat de l'armée d'Alexandre.
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6262
p. 1248-1251
CEREMONIE singuliere, faite dans l'Eglise Cathedrale d'Auxerre.
Début :
MR le Comte de Chastellux, Brigadier des Armées du Roy, [...]
Mots clefs :
Cérémonie, Auxerre, Chastellux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CEREMONIE singuliere, faite dans l'Eglise Cathedrale d'Auxerre.
CEREMONIE singuliere , faite
dans l'Eglise Cathedrale d'Auxerre.
Ma
R le Comte de Chastellux , Brigadier des Armées du Roy, Capitaine.
des Gens d'armes de Flandres , a pris possession le 2 de ce mois de Juin, de la Dignité de premier Chanoine héréditaire de
l'Eglise d'Auxerre , attachée à ceux de sa
Maison, qui sont Seigneurs Haut-Justiciers
de la Terre et Seigneurie de . Chastellux.
Cette Cérémonie fut faite avec beaucoup
d'éclat , et attira une foule prodigieuse
de monde dans la Cathedrale.
Il y avoit 84ans que M.son pere CesarPhilippe de Chastellux avoit été reçu .
On a commencé, suivant l'usage, par lä
faire prêter en Chapitre le serment en ces
termes: Nous,Guillaume - Antoine. Seigneur
Haut-Justicier de la Terre, Justice & Seigneurie de Chastellux , promettons vivre et
continuer en l'exercice de la Religion Catho-..
lique , Apostolique et Romaine , et que se...
rons bons et loyaux à l'Eglise et aux Duyen,
Changings , et Chapitre de l'Eglife Cathé 1. Vol.
drale
JUIN. 1732. 1249
drale de S. Etienne d'Auxerre , et aiderons
de tout notre pouvoir à garder et deffendre les
Droits, Terres , et Possessions et autres revenus appartenans à l'Eglise et ausdits
Doyen , Chanoines, et Chapitre , pourchasserons le bien , honneur et profit d'icelle Eglise, et desdits Doyen, Chanoines, et Chapitre,
et éviterons leur dommage de tout notre loyal
pouvoir. Ensuite il s'est présenté à la grande porte du Choeur, sous le Jubé,pendant
L'Office de Tierce , en habit Militaire
botté , éperonné , revétu d'un Surplis , le
Baudrier , avec l'Epée par dessus , Gánté
des deux mains , ayane sur le bras gauche
une Aumusse,et sur le Poing un Faucon,
tenant de la main droite un Chapeau bordé, couvert d'une plume blanche.Il a été
ainsi conduit en sa place , qui est dans les
hautes - Chaires , du côté droit , entre
celle du Pénitencier et celle du Sou- Chantre.
Cette ceremonie s'est trouvée convenir
avec l'Office des Fêtes de la Pentecôte.On
avoit depuis quelques temps destiné la 3ª
Fête pour la solemnité d'une Translation i
de Reliques de S. Prix et de ses Compagnons ; elle se fit après que M. l'Evêque
d'Auxerre eut prêché sur ce sujet. La
Grande Messe fut suivie de la Procession,
où M. l'Evêque officia . M. le Comte de
1. Vol. I vj Chas
1250 MERCURE DE FRANCE
Chastellux y assista à son rang de premier Chanoine, avec les mêmes véremens
que la veille d'après midi ; il parut à Vêpres en sa place , sans autre distinction du
reste des Laïques que son Aumusse Canoniale sur le bras , parce que selon le titre
il lui est loisible d'assister à l'Office sans
Surplis , ou avec un Surplis ; mais il doit
toûjours avoir une Aumusse , se confor
mer au surplus pour se découvrir et recouvrir , se lever et s'asseoir &c. au
reste du Clergé.
L'origine de ce droit est de l'année 1423.
pendant laquelle Claude de Beauvoir
Seigneur de Chastellux , à l'aide de ses
parens , alliez et amis , ainsi qu'il est rapporté dans les Chartes , ayant chassé des
Brigans qui occupoient la Ville de Cravan,
appartenante au Chapitre d'Auxerre ; il
y fut ensuite assiegé par des Troupes reglées ; il soutint le Siege pendant cinq
semaines , après lesquelles ayant été secouru il fit une sortie , aida à défaire les
Assiegeans, et fit prisonnier le Connétable
d'Ecosse , leur General. La Ville étant délivrée , il la remit sans aucun dédommagement entre les mains du Chapitre d'Auxerre , lequel , en reconnoissance , lui ac
corda et à ceux de sa posterité , posses
seurs de la Terre , Justice et Seigneuri
་
I. Vol. d
JUIN. 1732. 1251
de Chastellux, le droit dont il a été parlé,
et celui d'assister au Choeur avec ses habits de guerre et ceux d'Eglise.
Claude de Beauvoir est le même qui
avoit été fait Maréchal de France en 1418.
et qui prêta serment en cette qualité le
6 Juin de cette année. Il est enterré dans
l'Eglise d'Auxerre avec Georges de Beauvoir, son frere , Amiral de France. Ses
descendans, en droite ligne, ont joïi jusqu'à present de ce droit. En 1683. le Roy
Louis XIV. passant par Auxerre , y fut
reçû par M. l'Evêque et le Chapitre en
Corps. M.le Comte de Chastellux , pere,
étoit parmi les Chanoines avec l'habillement qui a été décrit. Sa Majesté fut trèsattentive à cette distinction. Elle témoigna qu'elle la trouvoit très-honorable.
Tout ce qui est ici rapporté est tiré des
Chartes du Chapitre de l'Eglise d'Auxerre,.
des Registres du Parlement de Paris , et de
Monstrelet , Historien.
On prie la Personne qui a envoyé ce Memoire, d'apprendre au Public s'il y a Jans
I'Histoire quelque vestiged'un pareil usageCEREMONIE singuliere , faite
dans l'Eglise Cathedrale d'Auxerre.
Ma
R le Comte de Chastellux , Brigadier des Armées du Roy, Capitaine.
des Gens d'armes de Flandres , a pris possession le 2 de ce mois de Juin, de la Dignité de premier Chanoine héréditaire de
l'Eglise d'Auxerre , attachée à ceux de sa
Maison, qui sont Seigneurs Haut-Justiciers
de la Terre et Seigneurie de . Chastellux.
Cette Cérémonie fut faite avec beaucoup
d'éclat , et attira une foule prodigieuse
de monde dans la Cathedrale.
Il y avoit 84ans que M.son pere CesarPhilippe de Chastellux avoit été reçu .
On a commencé, suivant l'usage, par lä
faire prêter en Chapitre le serment en ces
termes: Nous,Guillaume - Antoine. Seigneur
Haut-Justicier de la Terre, Justice & Seigneurie de Chastellux , promettons vivre et
continuer en l'exercice de la Religion Catho-..
lique , Apostolique et Romaine , et que se...
rons bons et loyaux à l'Eglise et aux Duyen,
Changings , et Chapitre de l'Eglife Cathé 1. Vol.
drale
JUIN. 1732. 1249
drale de S. Etienne d'Auxerre , et aiderons
de tout notre pouvoir à garder et deffendre les
Droits, Terres , et Possessions et autres revenus appartenans à l'Eglise et ausdits
Doyen , Chanoines, et Chapitre , pourchasserons le bien , honneur et profit d'icelle Eglise, et desdits Doyen, Chanoines, et Chapitre,
et éviterons leur dommage de tout notre loyal
pouvoir. Ensuite il s'est présenté à la grande porte du Choeur, sous le Jubé,pendant
L'Office de Tierce , en habit Militaire
botté , éperonné , revétu d'un Surplis , le
Baudrier , avec l'Epée par dessus , Gánté
des deux mains , ayane sur le bras gauche
une Aumusse,et sur le Poing un Faucon,
tenant de la main droite un Chapeau bordé, couvert d'une plume blanche.Il a été
ainsi conduit en sa place , qui est dans les
hautes - Chaires , du côté droit , entre
celle du Pénitencier et celle du Sou- Chantre.
Cette ceremonie s'est trouvée convenir
avec l'Office des Fêtes de la Pentecôte.On
avoit depuis quelques temps destiné la 3ª
Fête pour la solemnité d'une Translation i
de Reliques de S. Prix et de ses Compagnons ; elle se fit après que M. l'Evêque
d'Auxerre eut prêché sur ce sujet. La
Grande Messe fut suivie de la Procession,
où M. l'Evêque officia . M. le Comte de
1. Vol. I vj Chas
1250 MERCURE DE FRANCE
Chastellux y assista à son rang de premier Chanoine, avec les mêmes véremens
que la veille d'après midi ; il parut à Vêpres en sa place , sans autre distinction du
reste des Laïques que son Aumusse Canoniale sur le bras , parce que selon le titre
il lui est loisible d'assister à l'Office sans
Surplis , ou avec un Surplis ; mais il doit
toûjours avoir une Aumusse , se confor
mer au surplus pour se découvrir et recouvrir , se lever et s'asseoir &c. au
reste du Clergé.
L'origine de ce droit est de l'année 1423.
pendant laquelle Claude de Beauvoir
Seigneur de Chastellux , à l'aide de ses
parens , alliez et amis , ainsi qu'il est rapporté dans les Chartes , ayant chassé des
Brigans qui occupoient la Ville de Cravan,
appartenante au Chapitre d'Auxerre ; il
y fut ensuite assiegé par des Troupes reglées ; il soutint le Siege pendant cinq
semaines , après lesquelles ayant été secouru il fit une sortie , aida à défaire les
Assiegeans, et fit prisonnier le Connétable
d'Ecosse , leur General. La Ville étant délivrée , il la remit sans aucun dédommagement entre les mains du Chapitre d'Auxerre , lequel , en reconnoissance , lui ac
corda et à ceux de sa posterité , posses
seurs de la Terre , Justice et Seigneuri
་
I. Vol. d
JUIN. 1732. 1251
de Chastellux, le droit dont il a été parlé,
et celui d'assister au Choeur avec ses habits de guerre et ceux d'Eglise.
Claude de Beauvoir est le même qui
avoit été fait Maréchal de France en 1418.
et qui prêta serment en cette qualité le
6 Juin de cette année. Il est enterré dans
l'Eglise d'Auxerre avec Georges de Beauvoir, son frere , Amiral de France. Ses
descendans, en droite ligne, ont joïi jusqu'à present de ce droit. En 1683. le Roy
Louis XIV. passant par Auxerre , y fut
reçû par M. l'Evêque et le Chapitre en
Corps. M.le Comte de Chastellux , pere,
étoit parmi les Chanoines avec l'habillement qui a été décrit. Sa Majesté fut trèsattentive à cette distinction. Elle témoigna qu'elle la trouvoit très-honorable.
Tout ce qui est ici rapporté est tiré des
Chartes du Chapitre de l'Eglise d'Auxerre,.
des Registres du Parlement de Paris , et de
Monstrelet , Historien.
On prie la Personne qui a envoyé ce Memoire, d'apprendre au Public s'il y a Jans
I'Histoire quelque vestiged'un pareil usage
dans l'Eglise Cathedrale d'Auxerre.
Ma
R le Comte de Chastellux , Brigadier des Armées du Roy, Capitaine.
des Gens d'armes de Flandres , a pris possession le 2 de ce mois de Juin, de la Dignité de premier Chanoine héréditaire de
l'Eglise d'Auxerre , attachée à ceux de sa
Maison, qui sont Seigneurs Haut-Justiciers
de la Terre et Seigneurie de . Chastellux.
Cette Cérémonie fut faite avec beaucoup
d'éclat , et attira une foule prodigieuse
de monde dans la Cathedrale.
Il y avoit 84ans que M.son pere CesarPhilippe de Chastellux avoit été reçu .
On a commencé, suivant l'usage, par lä
faire prêter en Chapitre le serment en ces
termes: Nous,Guillaume - Antoine. Seigneur
Haut-Justicier de la Terre, Justice & Seigneurie de Chastellux , promettons vivre et
continuer en l'exercice de la Religion Catho-..
lique , Apostolique et Romaine , et que se...
rons bons et loyaux à l'Eglise et aux Duyen,
Changings , et Chapitre de l'Eglife Cathé 1. Vol.
drale
JUIN. 1732. 1249
drale de S. Etienne d'Auxerre , et aiderons
de tout notre pouvoir à garder et deffendre les
Droits, Terres , et Possessions et autres revenus appartenans à l'Eglise et ausdits
Doyen , Chanoines, et Chapitre , pourchasserons le bien , honneur et profit d'icelle Eglise, et desdits Doyen, Chanoines, et Chapitre,
et éviterons leur dommage de tout notre loyal
pouvoir. Ensuite il s'est présenté à la grande porte du Choeur, sous le Jubé,pendant
L'Office de Tierce , en habit Militaire
botté , éperonné , revétu d'un Surplis , le
Baudrier , avec l'Epée par dessus , Gánté
des deux mains , ayane sur le bras gauche
une Aumusse,et sur le Poing un Faucon,
tenant de la main droite un Chapeau bordé, couvert d'une plume blanche.Il a été
ainsi conduit en sa place , qui est dans les
hautes - Chaires , du côté droit , entre
celle du Pénitencier et celle du Sou- Chantre.
Cette ceremonie s'est trouvée convenir
avec l'Office des Fêtes de la Pentecôte.On
avoit depuis quelques temps destiné la 3ª
Fête pour la solemnité d'une Translation i
de Reliques de S. Prix et de ses Compagnons ; elle se fit après que M. l'Evêque
d'Auxerre eut prêché sur ce sujet. La
Grande Messe fut suivie de la Procession,
où M. l'Evêque officia . M. le Comte de
1. Vol. I vj Chas
1250 MERCURE DE FRANCE
Chastellux y assista à son rang de premier Chanoine, avec les mêmes véremens
que la veille d'après midi ; il parut à Vêpres en sa place , sans autre distinction du
reste des Laïques que son Aumusse Canoniale sur le bras , parce que selon le titre
il lui est loisible d'assister à l'Office sans
Surplis , ou avec un Surplis ; mais il doit
toûjours avoir une Aumusse , se confor
mer au surplus pour se découvrir et recouvrir , se lever et s'asseoir &c. au
reste du Clergé.
L'origine de ce droit est de l'année 1423.
pendant laquelle Claude de Beauvoir
Seigneur de Chastellux , à l'aide de ses
parens , alliez et amis , ainsi qu'il est rapporté dans les Chartes , ayant chassé des
Brigans qui occupoient la Ville de Cravan,
appartenante au Chapitre d'Auxerre ; il
y fut ensuite assiegé par des Troupes reglées ; il soutint le Siege pendant cinq
semaines , après lesquelles ayant été secouru il fit une sortie , aida à défaire les
Assiegeans, et fit prisonnier le Connétable
d'Ecosse , leur General. La Ville étant délivrée , il la remit sans aucun dédommagement entre les mains du Chapitre d'Auxerre , lequel , en reconnoissance , lui ac
corda et à ceux de sa posterité , posses
seurs de la Terre , Justice et Seigneuri
་
I. Vol. d
JUIN. 1732. 1251
de Chastellux, le droit dont il a été parlé,
et celui d'assister au Choeur avec ses habits de guerre et ceux d'Eglise.
Claude de Beauvoir est le même qui
avoit été fait Maréchal de France en 1418.
et qui prêta serment en cette qualité le
6 Juin de cette année. Il est enterré dans
l'Eglise d'Auxerre avec Georges de Beauvoir, son frere , Amiral de France. Ses
descendans, en droite ligne, ont joïi jusqu'à present de ce droit. En 1683. le Roy
Louis XIV. passant par Auxerre , y fut
reçû par M. l'Evêque et le Chapitre en
Corps. M.le Comte de Chastellux , pere,
étoit parmi les Chanoines avec l'habillement qui a été décrit. Sa Majesté fut trèsattentive à cette distinction. Elle témoigna qu'elle la trouvoit très-honorable.
Tout ce qui est ici rapporté est tiré des
Chartes du Chapitre de l'Eglise d'Auxerre,.
des Registres du Parlement de Paris , et de
Monstrelet , Historien.
On prie la Personne qui a envoyé ce Memoire, d'apprendre au Public s'il y a Jans
I'Histoire quelque vestiged'un pareil usageCEREMONIE singuliere , faite
dans l'Eglise Cathedrale d'Auxerre.
Ma
R le Comte de Chastellux , Brigadier des Armées du Roy, Capitaine.
des Gens d'armes de Flandres , a pris possession le 2 de ce mois de Juin, de la Dignité de premier Chanoine héréditaire de
l'Eglise d'Auxerre , attachée à ceux de sa
Maison, qui sont Seigneurs Haut-Justiciers
de la Terre et Seigneurie de . Chastellux.
Cette Cérémonie fut faite avec beaucoup
d'éclat , et attira une foule prodigieuse
de monde dans la Cathedrale.
Il y avoit 84ans que M.son pere CesarPhilippe de Chastellux avoit été reçu .
On a commencé, suivant l'usage, par lä
faire prêter en Chapitre le serment en ces
termes: Nous,Guillaume - Antoine. Seigneur
Haut-Justicier de la Terre, Justice & Seigneurie de Chastellux , promettons vivre et
continuer en l'exercice de la Religion Catho-..
lique , Apostolique et Romaine , et que se...
rons bons et loyaux à l'Eglise et aux Duyen,
Changings , et Chapitre de l'Eglife Cathé 1. Vol.
drale
JUIN. 1732. 1249
drale de S. Etienne d'Auxerre , et aiderons
de tout notre pouvoir à garder et deffendre les
Droits, Terres , et Possessions et autres revenus appartenans à l'Eglise et ausdits
Doyen , Chanoines, et Chapitre , pourchasserons le bien , honneur et profit d'icelle Eglise, et desdits Doyen, Chanoines, et Chapitre,
et éviterons leur dommage de tout notre loyal
pouvoir. Ensuite il s'est présenté à la grande porte du Choeur, sous le Jubé,pendant
L'Office de Tierce , en habit Militaire
botté , éperonné , revétu d'un Surplis , le
Baudrier , avec l'Epée par dessus , Gánté
des deux mains , ayane sur le bras gauche
une Aumusse,et sur le Poing un Faucon,
tenant de la main droite un Chapeau bordé, couvert d'une plume blanche.Il a été
ainsi conduit en sa place , qui est dans les
hautes - Chaires , du côté droit , entre
celle du Pénitencier et celle du Sou- Chantre.
Cette ceremonie s'est trouvée convenir
avec l'Office des Fêtes de la Pentecôte.On
avoit depuis quelques temps destiné la 3ª
Fête pour la solemnité d'une Translation i
de Reliques de S. Prix et de ses Compagnons ; elle se fit après que M. l'Evêque
d'Auxerre eut prêché sur ce sujet. La
Grande Messe fut suivie de la Procession,
où M. l'Evêque officia . M. le Comte de
1. Vol. I vj Chas
1250 MERCURE DE FRANCE
Chastellux y assista à son rang de premier Chanoine, avec les mêmes véremens
que la veille d'après midi ; il parut à Vêpres en sa place , sans autre distinction du
reste des Laïques que son Aumusse Canoniale sur le bras , parce que selon le titre
il lui est loisible d'assister à l'Office sans
Surplis , ou avec un Surplis ; mais il doit
toûjours avoir une Aumusse , se confor
mer au surplus pour se découvrir et recouvrir , se lever et s'asseoir &c. au
reste du Clergé.
L'origine de ce droit est de l'année 1423.
pendant laquelle Claude de Beauvoir
Seigneur de Chastellux , à l'aide de ses
parens , alliez et amis , ainsi qu'il est rapporté dans les Chartes , ayant chassé des
Brigans qui occupoient la Ville de Cravan,
appartenante au Chapitre d'Auxerre ; il
y fut ensuite assiegé par des Troupes reglées ; il soutint le Siege pendant cinq
semaines , après lesquelles ayant été secouru il fit une sortie , aida à défaire les
Assiegeans, et fit prisonnier le Connétable
d'Ecosse , leur General. La Ville étant délivrée , il la remit sans aucun dédommagement entre les mains du Chapitre d'Auxerre , lequel , en reconnoissance , lui ac
corda et à ceux de sa posterité , posses
seurs de la Terre , Justice et Seigneuri
་
I. Vol. d
JUIN. 1732. 1251
de Chastellux, le droit dont il a été parlé,
et celui d'assister au Choeur avec ses habits de guerre et ceux d'Eglise.
Claude de Beauvoir est le même qui
avoit été fait Maréchal de France en 1418.
et qui prêta serment en cette qualité le
6 Juin de cette année. Il est enterré dans
l'Eglise d'Auxerre avec Georges de Beauvoir, son frere , Amiral de France. Ses
descendans, en droite ligne, ont joïi jusqu'à present de ce droit. En 1683. le Roy
Louis XIV. passant par Auxerre , y fut
reçû par M. l'Evêque et le Chapitre en
Corps. M.le Comte de Chastellux , pere,
étoit parmi les Chanoines avec l'habillement qui a été décrit. Sa Majesté fut trèsattentive à cette distinction. Elle témoigna qu'elle la trouvoit très-honorable.
Tout ce qui est ici rapporté est tiré des
Chartes du Chapitre de l'Eglise d'Auxerre,.
des Registres du Parlement de Paris , et de
Monstrelet , Historien.
On prie la Personne qui a envoyé ce Memoire, d'apprendre au Public s'il y a Jans
I'Histoire quelque vestiged'un pareil usage
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Résumé : CEREMONIE singuliere, faite dans l'Eglise Cathedrale d'Auxerre.
Le 2 juin 1732, le Comte de Chastellux, Brigadier des Armées du Roy et Capitaine des Gens d'armes de Flandres, a pris possession de la dignité de premier Chanoine héréditaire de l'Église d'Auxerre. Cette cérémonie, qui a eu lieu 84 ans après celle de son père, César-Philippe de Chastellux, a été marquée par un grand éclat et une affluence considérable. Le Comte a prêté serment en Chapitre, promettant de vivre selon la Religion Catholique, Apostolique et Romaine, et de défendre les droits et possessions de l'Église d'Auxerre. Vêtu d'un habit militaire et d'un surplis, il a été conduit à sa place dans les hautes-chaires du chœur. Cette cérémonie coïncidait avec les fêtes de la Pentecôte et la translation des reliques de Saint Prix et de ses compagnons. Le Comte a assisté à la Grande Messe, à la procession et aux vêpres, conformément à ses privilèges héréditaires. Ces privilèges remontent à 1423, lorsque Claude de Beauvoir, Seigneur de Chastellux, avait libéré la ville de Cravan des brigands et avait été récompensé par le Chapitre d'Auxerre. Claude de Beauvoir, Maréchal de France en 1418, est enterré dans l'Église d'Auxerre avec son frère Georges, Amiral de France. En 1683, Louis XIV avait remarqué cette distinction lors de son passage à Auxerre. Les informations rapportées proviennent des chartes du Chapitre de l'Église d'Auxerre, des registres du Parlement de Paris et de l'historien Monstrelet.
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6263
p. 1251-1253
SUR LE MOIS D'AVRIL.
Début :
Dans une Cabane champêtre, [...]
Mots clefs :
Avril, Saison, Retraites
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUR LE MOIS D'AVRIL.
SUR LE MOIS D'AVRIL.
Dansune Cabane champêtre ,
Doux Avril , agréable mois ,
1. Vol.
Ton
1252 MERCURE DE FRANCE
Ton huitiéme jour me vit naître
L'an de Grace mil sept cens trois.
O que le temps s'écoule vite !
Qu'il sert peu de le regretter !.
Que rarement on en profite ,
Comme on devroit en profiter,!
Pour rajeunir Vertumne et Flore ,
Enfin , je te vois revenir ;
Beau Mois, n'aurois- tu point encore ,
Le pouvoir de me rajeunir ?
Tun'as point ce pouvoir , sans doute ,
Et mes desirs sont superflus ;
Je me trouve au bout d'une route
Par où je ne passerai plus.
M
Adieu , florissante Jeunesse
Adieu, Saison pleine d'attraits.
Que n'a-t'on assez de sagessé ,
Pour t'abandonner sans regrets ?
Mille disgraces sont voisines ,
De tes passageres faveurs
Si l'on connoissoit tes épines
On cueilliroit peu de tes fleurs.
M
Cependant l'aimable Zephire,
Rappelle la Mere d'Ļtis. --- ་་
ᏗᏤ . Déja
JUIN 1732% 1253
Déja plus d'un riche Navire ,
Fend l'Onde calme de Thétis ;..
Deja Cerès couvrant la Terre ,
Fait esperer d'amples moissons ;
Bientôt par une feinte guerre ,
Mars instruira ses. Nourrissons.
Sfc
Dans nos Retraites bocageres ,
Les jeux de Márs sont étrangers.
Chanter , danser , plaire aux Bergeres ,.
C'est la Milice des Bergers, .
Jadis , comme eux , j'aimois à suivre z
Mes tendres inclinations ;
Aujourd'hui mon ame se livre ,
A de tristes refléxions.
Charmes séduisans de la vie ,
Dis-je , Plaisirs , Jeux, Ris , Amours ,
Vous me donnez bien quelque envie ,
Mais helas? vous êtes trop courts.
Dela pus longue jouissance ,
En vain l'espoir vient, me flåter ;
Je renonce à tout quand je pense ,
Qu'un jour il faudra tout quitter.
F. M. F
Dansune Cabane champêtre ,
Doux Avril , agréable mois ,
1. Vol.
Ton
1252 MERCURE DE FRANCE
Ton huitiéme jour me vit naître
L'an de Grace mil sept cens trois.
O que le temps s'écoule vite !
Qu'il sert peu de le regretter !.
Que rarement on en profite ,
Comme on devroit en profiter,!
Pour rajeunir Vertumne et Flore ,
Enfin , je te vois revenir ;
Beau Mois, n'aurois- tu point encore ,
Le pouvoir de me rajeunir ?
Tun'as point ce pouvoir , sans doute ,
Et mes desirs sont superflus ;
Je me trouve au bout d'une route
Par où je ne passerai plus.
M
Adieu , florissante Jeunesse
Adieu, Saison pleine d'attraits.
Que n'a-t'on assez de sagessé ,
Pour t'abandonner sans regrets ?
Mille disgraces sont voisines ,
De tes passageres faveurs
Si l'on connoissoit tes épines
On cueilliroit peu de tes fleurs.
M
Cependant l'aimable Zephire,
Rappelle la Mere d'Ļtis. --- ་་
ᏗᏤ . Déja
JUIN 1732% 1253
Déja plus d'un riche Navire ,
Fend l'Onde calme de Thétis ;..
Deja Cerès couvrant la Terre ,
Fait esperer d'amples moissons ;
Bientôt par une feinte guerre ,
Mars instruira ses. Nourrissons.
Sfc
Dans nos Retraites bocageres ,
Les jeux de Márs sont étrangers.
Chanter , danser , plaire aux Bergeres ,.
C'est la Milice des Bergers, .
Jadis , comme eux , j'aimois à suivre z
Mes tendres inclinations ;
Aujourd'hui mon ame se livre ,
A de tristes refléxions.
Charmes séduisans de la vie ,
Dis-je , Plaisirs , Jeux, Ris , Amours ,
Vous me donnez bien quelque envie ,
Mais helas? vous êtes trop courts.
Dela pus longue jouissance ,
En vain l'espoir vient, me flåter ;
Je renonce à tout quand je pense ,
Qu'un jour il faudra tout quitter.
F. M. F
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Résumé : SUR LE MOIS D'AVRIL.
Le poème 'Sur le mois d'avril', publié dans le Mercure de France en 1732, est écrit par un auteur né le 8 avril 1703. Il exprime sa nostalgie face à la fugacité de la jeunesse et regrette de n'avoir pas su en profiter pleinement. Le poète accueille le retour du mois d'avril, mais reconnaît que celui-ci ne peut le rajeunir. Il admet être au bout d'une route qu'il ne parcourra plus et dit adieu à la jeunesse et à ses attraits. Il met en garde contre les disgrâces accompagnant les faveurs passagères de la jeunesse. Le poème évoque également l'arrivée du printemps, avec Zephir rappelant Thétis, et la reprise des activités agricoles et militaires. Dans les retraites champêtres, les bergers chantent, dansent et plaisent aux bergères. L'auteur contraste son passé, où il suivait ses inclinations, avec son présent marqué par des réflexions tristes. Il trouve les charmes de la vie séduisants mais éphémères et renonce à toute jouissance durable en pensant à l'inévitable départ.
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6264
p. 1254-1258
ARREST Notable rendu au Parlement de Dijon, les Chambres consultées, le 21. Avril 1732. Par lequel il a été jugé que les Enfans étant sous la puissance paternelle, ne peuvent faire aucune disposition de derniere volonté, sans la permission de leurs Pere, au profit d'autres personnes.
Début :
Quoique le Parlement de Besançon, sur le fondement de plusieurs [...]
Mots clefs :
Dijon, Parlement, Pères et fils, Dernière volonté, Testament
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ARREST Notable rendu au Parlement de Dijon, les Chambres consultées, le 21. Avril 1732. Par lequel il a été jugé que les Enfans étant sous la puissance paternelle, ne peuvent faire aucune disposition de derniere volonté, sans la permission de leurs Pere, au profit d'autres personnes.
AREST Notable rendu au Parlement
de Dijon , les Chambres consultées , le
21. Avril 1732: Par lequel il a étéjugé
que les Enfans étant sous la puissance
paternelle , ne peuvent faire aucune disposition de derniere volonté , sans la per
mission de leurs Peres , au profit d'autres
personnes..
Q
Uoique le Parlement de Besançon ,
ur le fondement de plusieurs Certificats d'Usage , eût en 1703. dans un
Procès évoqué du Parlement de Dijon ,
decidé la Question, en faveur de la li
berté des Fils de Famille , neanmoins cette
même difficulté s'étant présentée au Parlement de Dijon en 1726. Par Arrêt rendu en la Chambre des Enquêtes , au rapporr de M. Bazin , puîné , le 19. Juillet
de la même année , il fut jugé qu'un Fils
de Famille n'avoit pû, faire une donation
à cause de mort au profit de son frere ,
sans le consentement de son pere.
Cer Arrêt fit grand bruit dans toute la
Province. D'un côté , le celebre Magistrat (a) qui présidoit en cette Chambre ,
daigna lui-même le faire imprimer avec
une Dissertation sçavante , où toutes les
(a) M. le President Bouhier , de l'Académie Françoise.
I. Vol. raisons
JUI N. 1732. 1255
raisons , soins et autoritez pour et contre sont rapportées avec beaucoup de
netteté et de précision.
D'autre côté , un ancien et habile Avo
cat (b) du même Parlement , donna aussi
au Public ses Refléxions contraires au
sentiment du Magistrat qui étoit de l'avis
de l'Arrêt de 1726. ce qui occasionna
plusieurs autres Ecrits très - curieux de
part et d'autre.
Comme cette diversité d'Arrêt et d'O
pinions , sembloit laisser sur ce point la
Jurisprudence incertaine , la même Ques
tion a encore été depuis peu soumise à la dé--
cision du Parlement de Dijon. Voici le Fait Jacques Roux, fils de MeBenici le Fait.
Roux,
Avocat en la Cour , et demeurant en la
Ville de Châlons sur Saône , étant en
âge de puberté , et prêt à faire Profession
Religieuse au Monastere des Carmes de
Dijon , fit un Testament olographe le
17. Juillet 1727. revêtu de la superscrip
tion de Rey , Notaire en la même Ville,
assisté de deux Témoins , suivant la Coû
tume ; par lequel il institua son pere en
( b) M. Raviot , qui vient de mettre au jour un Recueil d'Arrêts rendus au Parlement de
Dijon, avec un ample Commentaire en 1. vol. in
folio , chez Arnault , Jean-Baptiste Augé, Imprimeur Libraire près les Jesuites,
1. Vol.
sa
1236 MERCURE DE FRANCE
sa légitime , se réserva une pension annuelle de la somme de 30 livres , et
laissa le reste de ses biens à Jeanne Roux
sa sœur , Hospitaliere à Châlons.
2
Le Testateur ayant fait Profession , et
son pere étant mort quelques années après ,
Jeanne Roux fit paroître le Testament
de son frere , et se pourvut à la Chancel
lerie de Châlons , tant pour en faire or
donner la publication , que pour être en
voyée en consequence en possession des
biens du Testateur. En effet par Sentence
rendue contradictoirement avec Guillaume Roux , son frere , Geneviève Roux
sa sœur ,femme de Me Jacques Gagnare
Conseiller au Bailliage de Châlons , et
encore le même Gagnare , en qualité de
Tuteur de Jeanne Roux , sa Niece ; le
15. Mars 1731. l'Heritiere instituée fut
envoyée par provision et à caution , en
possession des biens de Jacques Roux ;
et avant que fai e droit sur la conversion
en définitive , ou sur la révocation de la
provision , il fut ordonné que Jeanne
Roux communiqueroit à ses Parties le
Testament dont il étoit question, pour ensuite être ordonné ce qu'il appartiendroit.
Après cette communication , Guillaume Roux , aquiesça au Jugement , pour
cequi la concernoit. Mais Geneviève Roux
1. Vol. et
JUIN. 1732. 1257
et son Mari soutinrent que le Testament
étoit nul , pour avoir été fait par JacquesRoux, sans la permission de son pere ,
quoiqu'elle fût necessaire , suivant les Atrêts de la Cour, quand la disposition étoit
faite au profit d'un autre que du pere.
Néanmoins par une seconde Sentence de
la Chancellerie du 7. Juin suivant , la
possession provisionnelle , accordée par
le premler Jugement ; fut convertie en .
définitive.
Geneviève Roux et son mari , interjet
terent appel de ces deux Sentences à la
Cour , où la cause a été plaidée pendant
trois Audiances par Mes Mency et Prinsset , Avocats des Parties..
Comme le précis des raisons et autoritez employées d'une et d'autre part
excederoient sans doute les bornes prescrités pour un simple Extrait , nous nous
contenterons de renvoyer les Curieux
aux Ecrits que le Magistrat et l'Avocat
dont nous avons parlé plus haut , ont
rendus publics par l'impression, et qui se
trouvent à Dijon , chez Antoine Defay ,
Imprimeur et Libraire , ruë Portelle. Nous
observerons seulement que M. Thierry
Avocat General , conclut avec beaucoup
de solidité à la réformation des Sentences
er à la cassation du Testament de Jac
ques Roux.
1258 MERCURE DE FRANCE.
La Cour desirant rendre sur cette Question un Arrêt solemnel , toutes les Chambres consultées , ordonna le 21. Janvier
1732. que les Pieces seroient mises sur le
Bureau pour être fait droit aux Parties ,
ainsi qu'il appartiendroit.
Et depuis l'affaire ayant été examinée
au rapport de M. Lantin , après que les
Chambres ont été consultées : La Cour
a mis l'appellation et ce dont étoit appel
au neants et par nouveau jugement , sans
s'arrêter au Testament de Frere Jacques
Roux , qui demeure cassé et annullé ,
a ordonné que sa succession sera regléc
ab intestat , tous dépens compensez. Le
Lundi 21. Avril 1732.
XXXXXXX: FEFF
de Dijon , les Chambres consultées , le
21. Avril 1732: Par lequel il a étéjugé
que les Enfans étant sous la puissance
paternelle , ne peuvent faire aucune disposition de derniere volonté , sans la per
mission de leurs Peres , au profit d'autres
personnes..
Q
Uoique le Parlement de Besançon ,
ur le fondement de plusieurs Certificats d'Usage , eût en 1703. dans un
Procès évoqué du Parlement de Dijon ,
decidé la Question, en faveur de la li
berté des Fils de Famille , neanmoins cette
même difficulté s'étant présentée au Parlement de Dijon en 1726. Par Arrêt rendu en la Chambre des Enquêtes , au rapporr de M. Bazin , puîné , le 19. Juillet
de la même année , il fut jugé qu'un Fils
de Famille n'avoit pû, faire une donation
à cause de mort au profit de son frere ,
sans le consentement de son pere.
Cer Arrêt fit grand bruit dans toute la
Province. D'un côté , le celebre Magistrat (a) qui présidoit en cette Chambre ,
daigna lui-même le faire imprimer avec
une Dissertation sçavante , où toutes les
(a) M. le President Bouhier , de l'Académie Françoise.
I. Vol. raisons
JUI N. 1732. 1255
raisons , soins et autoritez pour et contre sont rapportées avec beaucoup de
netteté et de précision.
D'autre côté , un ancien et habile Avo
cat (b) du même Parlement , donna aussi
au Public ses Refléxions contraires au
sentiment du Magistrat qui étoit de l'avis
de l'Arrêt de 1726. ce qui occasionna
plusieurs autres Ecrits très - curieux de
part et d'autre.
Comme cette diversité d'Arrêt et d'O
pinions , sembloit laisser sur ce point la
Jurisprudence incertaine , la même Ques
tion a encore été depuis peu soumise à la dé--
cision du Parlement de Dijon. Voici le Fait Jacques Roux, fils de MeBenici le Fait.
Roux,
Avocat en la Cour , et demeurant en la
Ville de Châlons sur Saône , étant en
âge de puberté , et prêt à faire Profession
Religieuse au Monastere des Carmes de
Dijon , fit un Testament olographe le
17. Juillet 1727. revêtu de la superscrip
tion de Rey , Notaire en la même Ville,
assisté de deux Témoins , suivant la Coû
tume ; par lequel il institua son pere en
( b) M. Raviot , qui vient de mettre au jour un Recueil d'Arrêts rendus au Parlement de
Dijon, avec un ample Commentaire en 1. vol. in
folio , chez Arnault , Jean-Baptiste Augé, Imprimeur Libraire près les Jesuites,
1. Vol.
sa
1236 MERCURE DE FRANCE
sa légitime , se réserva une pension annuelle de la somme de 30 livres , et
laissa le reste de ses biens à Jeanne Roux
sa sœur , Hospitaliere à Châlons.
2
Le Testateur ayant fait Profession , et
son pere étant mort quelques années après ,
Jeanne Roux fit paroître le Testament
de son frere , et se pourvut à la Chancel
lerie de Châlons , tant pour en faire or
donner la publication , que pour être en
voyée en consequence en possession des
biens du Testateur. En effet par Sentence
rendue contradictoirement avec Guillaume Roux , son frere , Geneviève Roux
sa sœur ,femme de Me Jacques Gagnare
Conseiller au Bailliage de Châlons , et
encore le même Gagnare , en qualité de
Tuteur de Jeanne Roux , sa Niece ; le
15. Mars 1731. l'Heritiere instituée fut
envoyée par provision et à caution , en
possession des biens de Jacques Roux ;
et avant que fai e droit sur la conversion
en définitive , ou sur la révocation de la
provision , il fut ordonné que Jeanne
Roux communiqueroit à ses Parties le
Testament dont il étoit question, pour ensuite être ordonné ce qu'il appartiendroit.
Après cette communication , Guillaume Roux , aquiesça au Jugement , pour
cequi la concernoit. Mais Geneviève Roux
1. Vol. et
JUIN. 1732. 1257
et son Mari soutinrent que le Testament
étoit nul , pour avoir été fait par JacquesRoux, sans la permission de son pere ,
quoiqu'elle fût necessaire , suivant les Atrêts de la Cour, quand la disposition étoit
faite au profit d'un autre que du pere.
Néanmoins par une seconde Sentence de
la Chancellerie du 7. Juin suivant , la
possession provisionnelle , accordée par
le premler Jugement ; fut convertie en .
définitive.
Geneviève Roux et son mari , interjet
terent appel de ces deux Sentences à la
Cour , où la cause a été plaidée pendant
trois Audiances par Mes Mency et Prinsset , Avocats des Parties..
Comme le précis des raisons et autoritez employées d'une et d'autre part
excederoient sans doute les bornes prescrités pour un simple Extrait , nous nous
contenterons de renvoyer les Curieux
aux Ecrits que le Magistrat et l'Avocat
dont nous avons parlé plus haut , ont
rendus publics par l'impression, et qui se
trouvent à Dijon , chez Antoine Defay ,
Imprimeur et Libraire , ruë Portelle. Nous
observerons seulement que M. Thierry
Avocat General , conclut avec beaucoup
de solidité à la réformation des Sentences
er à la cassation du Testament de Jac
ques Roux.
1258 MERCURE DE FRANCE.
La Cour desirant rendre sur cette Question un Arrêt solemnel , toutes les Chambres consultées , ordonna le 21. Janvier
1732. que les Pieces seroient mises sur le
Bureau pour être fait droit aux Parties ,
ainsi qu'il appartiendroit.
Et depuis l'affaire ayant été examinée
au rapport de M. Lantin , après que les
Chambres ont été consultées : La Cour
a mis l'appellation et ce dont étoit appel
au neants et par nouveau jugement , sans
s'arrêter au Testament de Frere Jacques
Roux , qui demeure cassé et annullé ,
a ordonné que sa succession sera regléc
ab intestat , tous dépens compensez. Le
Lundi 21. Avril 1732.
XXXXXXX: FEFF
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Résumé : ARREST Notable rendu au Parlement de Dijon, les Chambres consultées, le 21. Avril 1732. Par lequel il a été jugé que les Enfans étant sous la puissance paternelle, ne peuvent faire aucune disposition de derniere volonté, sans la permission de leurs Pere, au profit d'autres personnes.
Le document traite d'une affaire juridique concernant la validité des testaments des enfants sous l'autorité paternelle. En 1732, le Parlement de Dijon a statué que les enfants ne peuvent pas faire de testament sans l'autorisation de leurs pères. Cette décision a été confirmée malgré une précédente décision du Parlement de Besançon en 1703, qui avait favorisé la liberté des fils de famille. En 1726, le Parlement de Dijon avait déjà confirmé la nécessité du consentement paternel dans une affaire similaire. L'affaire en question implique Jacques Roux, un avocat de Châlons-sur-Saône, qui avait rédigé un testament en 1727, léguant ses biens à sa sœur Jeanne Roux. Après la mort de leur père, Jeanne Roux a tenté de faire valider ce testament. Cependant, sa sœur Geneviève Roux et son mari ont contesté sa validité, arguant du manque de consentement paternel. Malgré une première décision en faveur de Jeanne Roux, Geneviève Roux a fait appel. Le Parlement de Dijon, après consultation des Chambres et examen des pièces, a cassé et annulé le testament de Jacques Roux le 21 avril 1732. Il a ordonné que la succession soit réglée ab intestat, c'est-à-dire sans testament. Cette décision a mis fin à la controverse juridique sur la validité des dispositions testamentaires des enfants sous l'autorité paternelle.
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6264
6265
p. 1258-1160
MORTS NAISSANCE, &c.
Début :
François de Carbonieres, Chevalier, Marquis de la Capelle-Biron, de [...]
Mots clefs :
Veuve, Seigneur
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texteReconnaissance textuelle : MORTS NAISSANCE, &c.
MORTS NAISSANCES, &c.
Rançois de Carbonieres , Chevalier ,
- >
Georis et du Freche , Comte de Rabas ,
Seigneur du Pain , mourut le 27. May
âgé de 75. ans environ.
Pierre -Jean- Martin de Berulle , Abbé
de l'Abbaye de Lezat , Ordre de S. Benoît , Diocèse de Rieux , mourut à Paris.
le 29. de Juin , âgé de 43. ans.
Charles-Hubert de Mesgrigni, ChevaI. Vola lier
JUIN.. 1732 1259
lier, Marquis de Mesgrigni et de Vandeuvre , Baron de l'Orme , Vicomte de Bridiers , Seigneur de Rhodes , &c. Conseiller de la Grand'Chambre du Parlement,
mourut le 30. du même mois.
D. Catherine- Elizabeth de Manneville
veuve de Charles de Tilly , Marquis de
Blaru, Lieutenant de Roy de l'Isle de France , mourut le 12. Juin , âgée de 68. ans.
D. Marie - Françoise - Celeste de Voyer
de Paulmy, veuve de M. Charles-YvesJacques , Comte de la Riviere , Gouverneur de S. Brieux , mourut à Paris le 12.
de Juin , âgée de 70 ans.
: D.Marie de Méelz,veuve de JeanBaptiste Piquot Ecuyer, Seigneur du Housset ;
Maréchal des Logis de la Maison du Roi ,
mourut le 13. Juin.
Frere François de Comenge , GrandCroix et Hospitalier de l'Ordre de S. Jean
de Jerusalem , Commandeur de Chantraine et Vaillantpont , Abbé de l'Abbaye.
de Notre Dame de Lauroux , Ordre de
Citeaux , Diocèse d'Angers , mourut à
Paris le 16. dans la 73. année de son âge.
D. Henriette Faideau , Epouse d'Arnauld-Paul de Fieubet , Enseigne des
Gendarmes de la Garde , accoucha le 26.
Mai d'un fils qui fut nommé GaspardLouis , par Louis- Gaspard de Fieuber ,
1. Vol.
Con-
་ 60 MERCURE DE FRANCE
Conseiller au Parlement et par D. MarieLouise Croiset , veuve d'Henry Faideau,
President au Parlement.
, D. Marie Louise de Vaudrey , Epouse
de Claude-Alexandre Barberot de Travaux , accoucha le 8. de Juin d'une fille
qui fut nommée Charlotte Eleonor- Loui
se, par Louis-Henri d'Auber Daubœuf.
Chevalier de S. Louis , Capitaine de Cavalerie , et par D. Eleonor- Charlotte de
Sandresleben , Princesse de WittembergMontbelliard , Epouse de S. A. S. Geor
ge Leopold de Wittemberg - Montbelliard.
D. Louise- Genevieve Pajot , Epouse de
Pierre Maximilien Pajot, Seigneur de Villeperrot , Brigadier des Armées du Roi ,
Colonel du Regiment de Beauvoisis , Chevalier de S. Louis , accoucha le 4. Juin
d'une fille qui fut nommée CharlotteLouise , par Charles - Christophle Pajot.,
Conseiller Secretaire du Roi , &c. et par
D. Anne-Marie Pajot , épouse de ClaudeJoseph le Jai , Gouverneur de la ville
d'Aire , Chevalier de S. Louis.
Rançois de Carbonieres , Chevalier ,
- >
Georis et du Freche , Comte de Rabas ,
Seigneur du Pain , mourut le 27. May
âgé de 75. ans environ.
Pierre -Jean- Martin de Berulle , Abbé
de l'Abbaye de Lezat , Ordre de S. Benoît , Diocèse de Rieux , mourut à Paris.
le 29. de Juin , âgé de 43. ans.
Charles-Hubert de Mesgrigni, ChevaI. Vola lier
JUIN.. 1732 1259
lier, Marquis de Mesgrigni et de Vandeuvre , Baron de l'Orme , Vicomte de Bridiers , Seigneur de Rhodes , &c. Conseiller de la Grand'Chambre du Parlement,
mourut le 30. du même mois.
D. Catherine- Elizabeth de Manneville
veuve de Charles de Tilly , Marquis de
Blaru, Lieutenant de Roy de l'Isle de France , mourut le 12. Juin , âgée de 68. ans.
D. Marie - Françoise - Celeste de Voyer
de Paulmy, veuve de M. Charles-YvesJacques , Comte de la Riviere , Gouverneur de S. Brieux , mourut à Paris le 12.
de Juin , âgée de 70 ans.
: D.Marie de Méelz,veuve de JeanBaptiste Piquot Ecuyer, Seigneur du Housset ;
Maréchal des Logis de la Maison du Roi ,
mourut le 13. Juin.
Frere François de Comenge , GrandCroix et Hospitalier de l'Ordre de S. Jean
de Jerusalem , Commandeur de Chantraine et Vaillantpont , Abbé de l'Abbaye.
de Notre Dame de Lauroux , Ordre de
Citeaux , Diocèse d'Angers , mourut à
Paris le 16. dans la 73. année de son âge.
D. Henriette Faideau , Epouse d'Arnauld-Paul de Fieubet , Enseigne des
Gendarmes de la Garde , accoucha le 26.
Mai d'un fils qui fut nommé GaspardLouis , par Louis- Gaspard de Fieuber ,
1. Vol.
Con-
་ 60 MERCURE DE FRANCE
Conseiller au Parlement et par D. MarieLouise Croiset , veuve d'Henry Faideau,
President au Parlement.
, D. Marie Louise de Vaudrey , Epouse
de Claude-Alexandre Barberot de Travaux , accoucha le 8. de Juin d'une fille
qui fut nommée Charlotte Eleonor- Loui
se, par Louis-Henri d'Auber Daubœuf.
Chevalier de S. Louis , Capitaine de Cavalerie , et par D. Eleonor- Charlotte de
Sandresleben , Princesse de WittembergMontbelliard , Epouse de S. A. S. Geor
ge Leopold de Wittemberg - Montbelliard.
D. Louise- Genevieve Pajot , Epouse de
Pierre Maximilien Pajot, Seigneur de Villeperrot , Brigadier des Armées du Roi ,
Colonel du Regiment de Beauvoisis , Chevalier de S. Louis , accoucha le 4. Juin
d'une fille qui fut nommée CharlotteLouise , par Charles - Christophle Pajot.,
Conseiller Secretaire du Roi , &c. et par
D. Anne-Marie Pajot , épouse de ClaudeJoseph le Jai , Gouverneur de la ville
d'Aire , Chevalier de S. Louis.
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Résumé : MORTS NAISSANCE, &c.
Le document relate les décès et naissances survenus en juin 1732. Parmi les décès notables, Georis et du Freche, Comte de Rabas, Seigneur du Pain, est décédé le 27 mai à 75 ans. Pierre-Jean-Martin de Bérulle, Abbé de l'Abbaye de Lezat, est mort à Paris le 29 juin à 43 ans. Charles-Hubert de Mesgrigny, Marquis de Mesgrigny et de Vandeuvre, est décédé le 30 juin. D'autres décès incluent ceux de D. Catherine-Elisabeth de Manneville, veuve de Charles de Tilly, le 12 juin à 68 ans, et de D. Marie-Françoise-Celeste de Voyer de Paulmy, veuve de Charles-Yves-Jacques, Comte de la Rivière, également le 12 juin à 70 ans. Frère François de Comenge, Grand-Croix et Hospitalier de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem, est mort à Paris le 16 juin à 73 ans. En ce qui concerne les naissances, D. Henriette Faideau a accouché le 26 mai d'un fils nommé Gaspard-Louis. D. Marie-Louise de Vaudrey a donné naissance le 8 juin à une fille nommée Charlotte-Éléonore-Louise. D. Louise-Geneviève Pajot a accouché le 4 juin d'une fille nommée Charlotte-Louise.
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6266
p. 1160
« Le second Volume de ce mois est actuellement sous Presse [...] »
Début :
Le second Volume de ce mois est actuellement sous Presse [...]
Mots clefs :
Second volume
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texteReconnaissance textuelle : « Le second Volume de ce mois est actuellement sous Presse [...] »
Le second Volume de ce mois est actuel
lement sous Presse et paroîtra incessamment.
lement sous Presse et paroîtra incessamment.
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6267
s. p.
TABLE.
Début :
PIECES FUGITIVES. L'Ambition, Ode, 1049 Réponse de M. Meynier [...]
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texteReconnaissance textuelle : TABLE.
TA BL È.
FUGITIVES. L'Ambition , Ode, 1049
PRéponse.de M. Meynier à M. Bouguer , 1053
Ode à Madame la Princesse de Conty , 1076
Lettre à l'occasion de l'Ecrit sur Ste Cecile, 1081
La Fuite du Monde , Ode 1088 Troisiéme Lettre d'un Professeur sur le Bureau
Typographique , 1092
Louanges de la Vie Rustique , Imitation d'Ho- race ,
1109 Reflexions sur la bizarrerie de quelques Usages ,
1114
Proserpine ou le Fleuve d'oubli , Cantate , 1126
Memoire sur la Teigne des feuilles , &c. 1128
Paraphrase sur le premier Chapitre des Lamen- tations ,
Fable , Imitation , &c.
Lettre sur une Inscription antique
Les Critiques du Mercure , Poëme,
1136
1138
1141
1148 Metrometre , Machine pour mesurer le temps en
Musique , &c.
Enigme , Logogryphes , &c.
1151
1155 Nouvelles Litteraires , des Beaux Arts , &c. Memoires pour servir à l'Histoire des Hommes
Illustres , &c.
La Verité fabuliste ,
Epitres Heroïques d'Ovide , &c.
Nouvelles Estampes ,
1158
1174 1180
1183
1189 Ibid
1192
1193
1196
La Bibliotheque des Enfans ,
Portrait de Puget ,
Chansons notées ,
Spectacles ,
Le Balet des Sens , Extrait ,
Les Sermens Indiscrets , et le Procès des Sens. Pic
ces nouvelles , 1210
Nouvelles Etrangeres , de Turquie et Perse , 1211
Lettre écrite de Constantinople , contenant diverses Nouvelles ,
De Russie , Pologne , Allemagne ,
Italie , Espagne et Grande Bretagne ,
1212
1223
1227
France , Voyage de la Reine à Chartres , 1234 Bouquet à Mite 1242 Benefices donnez , 11243 Bouquet à Antoine * * *
1244
Jeu de l'Arquebuse à Joigny > 1245 Vers au Chevalier * * * 1247
Ceremonie singuliere à Auxerre , 1248 Vers sur le mois d'Avril , 1258
Arrêt Notable du Parlement de Dijon , 1254
FUGITIVES. L'Ambition , Ode, 1049
PRéponse.de M. Meynier à M. Bouguer , 1053
Ode à Madame la Princesse de Conty , 1076
Lettre à l'occasion de l'Ecrit sur Ste Cecile, 1081
La Fuite du Monde , Ode 1088 Troisiéme Lettre d'un Professeur sur le Bureau
Typographique , 1092
Louanges de la Vie Rustique , Imitation d'Ho- race ,
1109 Reflexions sur la bizarrerie de quelques Usages ,
1114
Proserpine ou le Fleuve d'oubli , Cantate , 1126
Memoire sur la Teigne des feuilles , &c. 1128
Paraphrase sur le premier Chapitre des Lamen- tations ,
Fable , Imitation , &c.
Lettre sur une Inscription antique
Les Critiques du Mercure , Poëme,
1136
1138
1141
1148 Metrometre , Machine pour mesurer le temps en
Musique , &c.
Enigme , Logogryphes , &c.
1151
1155 Nouvelles Litteraires , des Beaux Arts , &c. Memoires pour servir à l'Histoire des Hommes
Illustres , &c.
La Verité fabuliste ,
Epitres Heroïques d'Ovide , &c.
Nouvelles Estampes ,
1158
1174 1180
1183
1189 Ibid
1192
1193
1196
La Bibliotheque des Enfans ,
Portrait de Puget ,
Chansons notées ,
Spectacles ,
Le Balet des Sens , Extrait ,
Les Sermens Indiscrets , et le Procès des Sens. Pic
ces nouvelles , 1210
Nouvelles Etrangeres , de Turquie et Perse , 1211
Lettre écrite de Constantinople , contenant diverses Nouvelles ,
De Russie , Pologne , Allemagne ,
Italie , Espagne et Grande Bretagne ,
1212
1223
1227
France , Voyage de la Reine à Chartres , 1234 Bouquet à Mite 1242 Benefices donnez , 11243 Bouquet à Antoine * * *
1244
Jeu de l'Arquebuse à Joigny > 1245 Vers au Chevalier * * * 1247
Ceremonie singuliere à Auxerre , 1248 Vers sur le mois d'Avril , 1258
Arrêt Notable du Parlement de Dijon , 1254
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Résumé : TABLE.
Le document présente une liste chronologique d'œuvres littéraires et d'événements couvrant la période de 1049 à 1258. Les entrées incluent divers genres tels que des poèmes, des lettres, des mémoires, des cantates, des fables, des épîtres, des nouvelles littéraires, des articles sur les beaux-arts, des portraits, des chansons, des spectacles, des nouvelles étrangères et des comptes rendus d'événements divers. Parmi les œuvres notables figurent les odes 'Fugitives' (1049) et 'La Fuite du Monde' (1088), la lettre 'Troisième Lettre d'un Professeur sur le Bureau Typographique' (1092), et le mémoire 'Mémoire sur la Teigne des feuilles' (1128). Le document mentionne également des événements spécifiques comme le 'Voyage de la Reine à Chartres' (1234) et des cérémonies à Auxerre (1248). Les dernières entrées concernent des vers, des arrêts du Parlement de Dijon, et des jeux comme le 'Jeu de l'Arquebuse à Joigny' (1245).
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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6268
s. p.
Errata de May.
Début :
PAGE 904. ligne 23. écrit, lisez crut. Ibid. l. 29. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Errata de May.
Errata de May.
Age 904. ligne 23. écrit , lisez crut.
PAIbid. 1. 29. sennan , 1. sennen.
Age 904. ligne 23. écrit , lisez crut.
PAIbid. 1. 29. sennan , 1. sennen.
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6269
s. p.
Fautes à corriger dans ce Livre.
Début :
Page 1063. ligne 22. n'ôteroit, lisez notteroit. P. 1068. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Fautes à corriger dans ce Livre.
Fautes à corriger dans ce Livre.
Page 1063. ligne 22. n'ôteroit , lisez notteroit. P. 1068. I. 24. mature , l. mâture.
P. 1084. 1. 12. Italie. Placez après ce mot` la let- trine (a).
P. III. l. 10. s'arrête , l. s'arrache.
P. 1134.1. 17. filiore , I. filiere.
P. 1137. 1. 23. heureux , l. Heureuse.
P. 1138. 1. 6. quêtoient , . guétoient.
P. 1146. 1. 4. de his in , lisez de his qui in.
P. 1188. 1. 9. Catalogne , 1. Cologne.
P. 1207 1. 21. Lardamie , I. Laodamic.
P. 1222. 1. 2. Cavée , 1. Canéc.
Page 1063. ligne 22. n'ôteroit , lisez notteroit. P. 1068. I. 24. mature , l. mâture.
P. 1084. 1. 12. Italie. Placez après ce mot` la let- trine (a).
P. III. l. 10. s'arrête , l. s'arrache.
P. 1134.1. 17. filiore , I. filiere.
P. 1137. 1. 23. heureux , l. Heureuse.
P. 1138. 1. 6. quêtoient , . guétoient.
P. 1146. 1. 4. de his in , lisez de his qui in.
P. 1188. 1. 9. Catalogne , 1. Cologne.
P. 1207 1. 21. Lardamie , I. Laodamic.
P. 1222. 1. 2. Cavée , 1. Canéc.
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6270
s. p.
« La Chanson notée doit regarder la page 1192. [...] »
Début :
La Chanson notée doit regarder la page 1192. [...]
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texteReconnaissance textuelle : « La Chanson notée doit regarder la page 1192. [...] »
La Chanson notée doit regarder la page 1192.
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6271
s. p.
AVIS.
Début :
L'ADRESSE generale est à Monsieur MOREAU, Commis au Mercure, [...]
Mots clefs :
Commis, Libraires
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texteReconnaissance textuelle : AVIS.
AVIS.
L'ADRESSE
'ADRESSE generale eft à
Commis au
>
Mercure vis - à - vis la Comedie Francoife , à Paris. Ceux qui pour leur commodité voudront remettre leurs Paquets cachetez aux Libraires qui vendent le Mercure, à Paris , peuvent fe fervir de cette voye
pour les faire tenir.
Onprie très-inftamment , quand on adreſſe
des Lettres ou Paquets par la Pofte , d'avoir
foin d'en affranchir le Port , comme cela s'eft
toujours pratiqué , afin d'épargner , à nous
le déplaifir de les rebuter , & à ceux qui
les envoyent , celui , non-feulement de ne
pas voir paroître leurs Ouvrages mais
même de les perdre , s'ils n'en ont pas gardé
de copie.
Les Libraires des Provinces & des Pays
Etrangers , où les Particuliers qui fouhaiteront avoir le Mercure de France de la pre- miere main , & plus promptement , n'auront
qu'à donner leurs adreffes à M. Moreau,
qui aura foin de faire leurs Paquets fans
perte de temps, & de les faire porter fur
L'heure à la Pofte , ou aux Meffageries qu'on
Bui indiquera.
PRIX XXX. SOLS.
L'ADRESSE
'ADRESSE generale eft à
Commis au
>
Mercure vis - à - vis la Comedie Francoife , à Paris. Ceux qui pour leur commodité voudront remettre leurs Paquets cachetez aux Libraires qui vendent le Mercure, à Paris , peuvent fe fervir de cette voye
pour les faire tenir.
Onprie très-inftamment , quand on adreſſe
des Lettres ou Paquets par la Pofte , d'avoir
foin d'en affranchir le Port , comme cela s'eft
toujours pratiqué , afin d'épargner , à nous
le déplaifir de les rebuter , & à ceux qui
les envoyent , celui , non-feulement de ne
pas voir paroître leurs Ouvrages mais
même de les perdre , s'ils n'en ont pas gardé
de copie.
Les Libraires des Provinces & des Pays
Etrangers , où les Particuliers qui fouhaiteront avoir le Mercure de France de la pre- miere main , & plus promptement , n'auront
qu'à donner leurs adreffes à M. Moreau,
qui aura foin de faire leurs Paquets fans
perte de temps, & de les faire porter fur
L'heure à la Pofte , ou aux Meffageries qu'on
Bui indiquera.
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Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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6272
p. 1291-1294
LA FAUSSE INCONSTANCE, mise en Musique, par M. de Brie. CANTATE, à voix seule.
Début :
Le Berger Palemon en proïe à sa douleur, [...]
Mots clefs :
Tristes, Berger, Palemon, Amour
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texteReconnaissance textuelle : LA FAUSSE INCONSTANCE, mise en Musique, par M. de Brie. CANTATE, à voix seule.
LA FAUSSE INCONSTANCE,
mise en Musique , par M. de Brie.
CANTATE, à voix seule.
LE Berger Palemon en proïe à sadouleur ,
Par ses Discours plaintifs , exprimoit son mal- heur.
Ovous à qui mes cris pourront se faire entendre ,
Apprenez , apprenez , trop crédules amantes
Que mes tristes regrets et mes gemissemens›
Sont les fruits d'un amour trop tendre
H. Vol. Bvj, Que
1292 MERCURE DE FRANCE
Que l'exemple d'un malheureux
Puisse vous garentir des tourmens amoureux !
Amants , amants, brisez vos chaînes ,
Eteignez de folles ardeurs ;
De l'amour les fausses douceurs ,
Causent de veritables peines,
粥
C'est pour enflammer nos cœurs
Qu'avec vous il badine ;
De lui n'attendez point de fleurs ,
Qui ne vous cachent quelque épine :
De lui n'attendez point de fleurs ,
Que vous n'arrosiez de vos pleurs.
M
Par son mérite et sa tendresse ,
La jeune Amarillis avoit sçu me charmer
Mais cette infidele maîtresse ,
S'est lassée enfin de m'aimer.
Depuis son changement , je languis , je m'af
flige ,
Et mon troupeau que je néglige
N'entend plus mes tendres Chansons :
Je dors bien moins que je ne veille ;
Et ma Musette à mon oreille ,
Ne rend plus que de tristes , sons..
II.Vol. No
JUIN. 1732. 1293
Ne vous plaignez plus que vos belles
Refusent de vous soulager ;
Ha ! ne vaut - il pas mieux les éprouver cruelles ,
Que de les voir changer.
Vous avez au moins l'esperance ,
De les attendrir quelque jour ;
Mais j'ai perdu toute assurance
De recouvrer jamais l'objet de mon amou
M
Tandis que par ces tristes plaintes ,
Le Berger Palemon aux Bergers d'alentour ,
Du Dieu que l'on appelle Amour
Inspire les plus vives craintes ,
Quel objet vient s'offrir à ses regards surpris
C'est la charmante Amarillis.
Il reconnoit cette Bergere ·
Qu'il accusoit d'être legere :
Mais elle n'avoit feint un si prompt changement ,
Que pour éprouver son amant,
De Palémon elle couronne
La rare fidelité.
Bien-tôt le Berger lui pardonne ,
Et consent d'oublier son infidelité.
C'est une galante industrie
11. Köl. Que
1294 MERCURE DE FRANCE
De sçavoir à propos irriter un Amant :
Une petite broüillerie ,
Procure le plaisir du racommodement.
P .... r.
mise en Musique , par M. de Brie.
CANTATE, à voix seule.
LE Berger Palemon en proïe à sadouleur ,
Par ses Discours plaintifs , exprimoit son mal- heur.
Ovous à qui mes cris pourront se faire entendre ,
Apprenez , apprenez , trop crédules amantes
Que mes tristes regrets et mes gemissemens›
Sont les fruits d'un amour trop tendre
H. Vol. Bvj, Que
1292 MERCURE DE FRANCE
Que l'exemple d'un malheureux
Puisse vous garentir des tourmens amoureux !
Amants , amants, brisez vos chaînes ,
Eteignez de folles ardeurs ;
De l'amour les fausses douceurs ,
Causent de veritables peines,
粥
C'est pour enflammer nos cœurs
Qu'avec vous il badine ;
De lui n'attendez point de fleurs ,
Qui ne vous cachent quelque épine :
De lui n'attendez point de fleurs ,
Que vous n'arrosiez de vos pleurs.
M
Par son mérite et sa tendresse ,
La jeune Amarillis avoit sçu me charmer
Mais cette infidele maîtresse ,
S'est lassée enfin de m'aimer.
Depuis son changement , je languis , je m'af
flige ,
Et mon troupeau que je néglige
N'entend plus mes tendres Chansons :
Je dors bien moins que je ne veille ;
Et ma Musette à mon oreille ,
Ne rend plus que de tristes , sons..
II.Vol. No
JUIN. 1732. 1293
Ne vous plaignez plus que vos belles
Refusent de vous soulager ;
Ha ! ne vaut - il pas mieux les éprouver cruelles ,
Que de les voir changer.
Vous avez au moins l'esperance ,
De les attendrir quelque jour ;
Mais j'ai perdu toute assurance
De recouvrer jamais l'objet de mon amou
M
Tandis que par ces tristes plaintes ,
Le Berger Palemon aux Bergers d'alentour ,
Du Dieu que l'on appelle Amour
Inspire les plus vives craintes ,
Quel objet vient s'offrir à ses regards surpris
C'est la charmante Amarillis.
Il reconnoit cette Bergere ·
Qu'il accusoit d'être legere :
Mais elle n'avoit feint un si prompt changement ,
Que pour éprouver son amant,
De Palémon elle couronne
La rare fidelité.
Bien-tôt le Berger lui pardonne ,
Et consent d'oublier son infidelité.
C'est une galante industrie
11. Köl. Que
1294 MERCURE DE FRANCE
De sçavoir à propos irriter un Amant :
Une petite broüillerie ,
Procure le plaisir du racommodement.
P .... r.
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Résumé : LA FAUSSE INCONSTANCE, mise en Musique, par M. de Brie. CANTATE, à voix seule.
La cantate 'La Fausse Inconstance' de M. de Brie narre l'histoire de Palémon, un berger qui exprime sa douleur et son malheur face à l'infidélité apparente de sa bien-aimée, Amarillis. Palémon met en garde contre les tourments de l'amour et exhorte les amantes crédules à briser leurs chaînes. Charmé par le mérite et la tendresse d'Amarillis, il souffre de son infidélité supposée, négligeant son troupeau et trouvant plus de réconfort dans sa musette. Il partage sa douleur avec les bergers alentour, inspirant la crainte de l'amour. Amarillis réapparaît et révèle qu'elle avait feint son infidélité pour tester la fidélité de Palémon. Reconnaissant sa fidélité, elle le couronne et lui pardonne. Palémon pardonne à son tour son infidélité. La cantate conclut que provoquer une petite brouille peut procurer le plaisir du raccommodement.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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6273
p. 1294-1306
QUATORZIÈME LETTRE sur le Systeme du Bureau Typographique et sur le choix d'un Précepteur, pour la premiere éducation d'un Enfant.
Début :
VOICI, Monsieur, une objection que l'on ne m'auroit [...]
Mots clefs :
Bureau typographique, Bibliothèque des enfants, Éducation, Précepteur, Système, Méthode, A, Bé, Cé Typographique, Maîtres
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texteReconnaissance textuelle : QUATORZIÈME LETTRE sur le Systeme du Bureau Typographique et sur le choix d'un Précepteur, pour la premiere éducation d'un Enfant.
QUATORZIEME LETTRE
sur le Systeme du Bureau Typographique
et sur le choix d'un Précepteur, pour la
premiere éducation d'un Enfant.
Oici , Monsieur , une objection que l'on ne
m'auroit peut- être pas faite , si l'on avoit
pris la peine de lire attentivement les dernieres
Lettres sur le Systême du Bureau Typographi
que , et si l'on avoit un peu parcouru la Brochure qui se vend chez Pierre Witte , ruë S. Jacques,
à l'Ange Gardien , intitulée : Réponse de M. Perquis , Maitre de Philosophie , d'Humanitez et de
Typographie, à la Lettre d'un Professeur anonime
de l'Université de Paris , inserée dans le Mercure
du mois de Février 1731.
Si ce Sisteme , m'a- t'on dit , étoit aussi utile que vous le publiez depuis près de deux ans , lès
Parens et les Maîtres se feroient un plaisir et mê- me un devoir de le suivre pour la premiere institution des enfans de trois à sept et à huit ans ,
cependant les Maîtres sont effrayez à la vûë de cette Machine , et l'on dit que du grand nombre de personnes qui ont lû vos Lettres , qui ont en--
tendu parler de ce Sisteme , ou qui ont vu des Bureaux et même l'exercice de cette Méthode , il
y en a peu qui ayent mis leurs enfans aux Clas- IT. Vol
JUIN. 1732. 1295
ses du Bureau Typographique , il faut donc conclure , a-t'on poursuivi , que ce nouveau Sistême
n'est point aussi utile que vous le prétendez , ni
au-dessus de la Méthode vulgaire.
Voilà , Monsieur , ce que nos Critiques appellent une Démonstration , car ce mot est devenu aujourd'hui si commun , qu'on l'employe
hardiment pour les matieres les plus probléma- tiques ; vous trouvez des Ecrivains de parti ,
acharnez les uns contre les autres qui se flattent
d'avoir procedé à la maniere des Géometres dans
toutes leurs disputes , et l'on peut dire qu'en supposant la verité de leurs principes contestez, bien
des Auteurs , comme Spinosa , ont effectivement suivi la Méthode des Géometres. Venons au fait.-
pour
être
être
Pour répondre à cette prétendue Démonstration , je dis , 1 °. que les Maîtres vulgaires s'opposeront toujours à toutes les Méthodes qui feront:
connoître au Public leur ignorance ou leur pré--
vention , et que leur opposition aveugle et témeraire augmentera toujours le mépris dû à leurs
vaines déclamations. 2°. Qu'un sistème peut
fort utile et meilleur qu'un autre , sans obtenir
néanmoins la préference , parce qu'il ne suffit pas
qu'une chose soit bonne en elle- même recherchée , il faut encore que l'on soit persuadé
de cette bonté , et ce deffaut de persuasion qui
vient d'une infinité de causes , ne diminuë en rien
la bonté réelle de cette même chose. Un exemple
sensible rendra ce raisonnement plus clair. Que
diroit-on à un Chinois qui feroit cette difficulté ,
si une telle Loi , une telle Coutume , et une telle.
Religion , étoient les meilleures du monde , les
Souverains et les Peuples de la Terre se feroient
un plaisir et même un devoir de les pratiquer dèsqu'on leur en parleroit , cependant ils ne le font
II. Vol pase;
1296 MERCURE DE FRANCE
pas ; donc cette Loi , cette Coûtume et cette Religion , ne sont point les meilleures du monde. Le
Lecteur sensé et judicieux , n'a pas besoin qu'on
lui fasse voir la fausseté et le sophisme dans un
pareil raisonnement.
3. Je dis qu'aucun Journal n'a encore parlé
du Bureau Typographique , parce que les Lettres.
insérées dans les Mercures , n'ont encore été ni
affichées , ni mises en vente chez des Libraires.
Je dis que peu de gens lisent les Journaux, la plûpart même des Lecteurs passent les matieres ou
Ies Pieces qu'ils n'entendent point, et qu'ils trouvent toûjours trop longues , de même que celles
où ils ne prennent aucune part. Ceux qui ont lu les Lettres sur le sistème du Bureau , ou qui em
ont entendu parler , ne sont pas tous dans le cas
d'avoir de petits enfans , et quand ce peu de Lecteurs auroit excité la curiosité des autres , ce premier empressement est bien - tôt ralenti par le torrent des embarras du siecle , ou par le flux et
reflux de mille affaires domestiques, Tel Pere
avoit voulu d'abord donner un Bureau à ses enfans , qui ensuite en a été détourné par la mere.
trop œconome ou trop allarmée en fait d'éducation ; tels parens ont proposé l'experience du Bureau, qui en ont été détournez par les Précep
teurs ; c'est ainsi que beaucoup de gens, d'ailleurs
pleins de mérite et bien intentionnez , se laissent
quelquefois mener en aveugles.
4°. Je dis que de tous ceux qui ont vu le Bu
reau , il n'y a personne qui , du moins exterieument et en apparence , n'en ait reconnu l'utilités.
je ne dois pas même en excepter notre Critique.
M. G. quelque mal qu'il ait crû avoir interêt d'en
dire ailleurs. Le Bureau peut se vanter d'avoir à la Cour , à la Ville et dans les Provinces , un grand
II.. Vol. nombre.
JUIN 1732. 1297
nombre d'illustres Partisans dont le témoignage
autentique fera toujours mépriser les mauvaises critiques , malgré le mérite de leurs Auteurs, -
5. Je dis que quand il n'y auroit encore qu'u ne trentaine d'enfans de l'un ou de l'autre sexe
exercez par le sistème du Bureau , ce seroit toûjours beaucoup qu'en si peu de temps , malgré le préjugé vulgaire , malgré les affiches et les vaines.
promesses de plusieurs Charlatans en menuë Litterature , qui dégoutent et indisposent le Public
malgré les Critiques anonimes et celle de M. G.
malgré les calomnies et les faux rapports des
Maîtres et des Précepteurs prévenus ou passion
nez contre le sistème Typographique , ce seroit,
dis-je , toûjours beaucoup d'avoir autant d'enfans connus , exercez et montrez selon cette nouvelle
maniere d'enseigner les premiers élemens des
Lettres..
6º.Je dis que le préjugé , l'ignorance , la paresse,
L'indifference , l'interêt , l'envie et la mauvaisefoi ,
peuvent arrêter pour quelque temps les progrès du
Bureau Typographique ; et afin que mes Critiques
ne blâment point l'emploi de pareils termes , je.
leur déclare que par le mot préjugé , j'entens le ju- les Maîtres por- gement vague et indéterminé que tent par tradition et sans examen en faveur de la
Méthode vulgaire contre toutes les nouvelles
Méthodes ; les trois quarts des Maîtres , pour le
moins , sont dans ce préjugé et presque tous les
parens. Par le mot ignorance , j'entens la privation des connoissances grammaticales necessaires
pour l'intelligence de la doctrine typographique
ou des sons de la Langue Françoise et de la vraye dénomination des Lettres , pour la prompte et fa
cile sillabisation ; nos Critiques et bien d'autres
sont dans cette ignorance. Par le mot paresse ,
II.. Vel j'entens
1298 MERCURE DE FRANCE
j'entens l'aversion et l'éloignement qu'un Maître
fait souvent paroître quand il s'agit de travailler
avec un enfant; cela regarde le plus grand nombre des Précepteurs. Par indifference , j'entens le
caractere de certains Maîtres mercenaires , plus -
occupez , de pane lucrando , que de puero instiuendo. Par interêt , j'entens le motif de certains
Auteurs qui craignent mal à propos que le systême du Bureau ne nuise à la vente de leurs perites Brochures. Par envie, j'entens les sentimens
jaloux de ceux qui ne voudroient jouir que de
leur propre gloire , et même aux dépens de ce lle
des autres. Par mauvaisefoy, j'entens le caractere et le sentiment de ceux qui persuadez de la
bonté et de l'utilité du systême , cachent ce sentiment et agissent contre la vérité connue, poussez par diverses passions, qu'ils n'oseroient avoüer
devant les hommes, et qu'ils ont la malice d'entretenir devant Dieu. Tous ces injustes motifs de
critique , peuvent se rencontrer dans la même
personne ; on pourroit même les désigner , à lamauvais foy près , dont Dieu seul est le juge.
7°. Je dis que l'ortographe passagere dont on
a fait l'essai et dont on a rendu compte dans la
neuvième Lettre sur le sistême du Bureau , je dis
que cette ortographe passagere d'épfant et des
sons ou de l'oreille , peut avoir éloigné bien des
gens , du systême Typographique , ce que n'auroit peut- être pas fait l'ortographe permanente
d'homme , des yeux et de l'usage. Quoiqu'on cut
facilement prévu que cela pourroit arriver ainsi ,
on a été cependant obligé de suivre son Plan
pour mettre le Lecteur bien intentionné , au fait
des sons de la Langue , et en état de mieux juger
du systême ; et cela au hazard de déplaire aux
Lecteurs prévenus qu'on pourroit un peu comII. Vol. parer
JUIN. 1299 1732.
parer à celui qui aima mieux perdre la valeur d'une Lettre de Change , que d'en faire usage ,
malgré l'ortographe singuliere de cette Lettre ,
ou au malade qui refusa tout soulagement , faute
de parfaite guérison.
9
8. J'ajouterai que la saison de l'hyver , propre à faire Recruë de Soldats, ne l'est guere pour
celle des enfans du Bureau. Le froid en fait differer l'exercice , le Printems en paroît la premiere
saison ; outre cela les objets frivoles qu'on donne ordinairement pour étrennes aux petits enfans
dans le commencement de l'année , les occupent
si fort , qu'il seroit pour lors assez inutile de leur
donner un Bureau. Les parens , les amis , les domestiques, tous à l'envi , présentent à l'enfant
bien des niaiseries, plus nuisibles que profitables.
Une Classe de Bureau pour étrennes amuseroit et
instruiroit l'enfant ; mais les parens en general
aiment mieux se prêter au torrent du préjugé
vulgaire,et ausystême ou au jeu des Marionettes,
dont ils font souvent eux-mêmes leur amusement.
9. Oserois- je dire que le prix d'un Bureau
arrête bien des gens riches , dans l'esprit desquels l'argent tient souvent la place de fils aîné
et quelquefois celle de fils unique , même à la
vue d'une nombreuse famille. Dix Pistoles pour
la suite des quatre Classes du Bureau peuvent pa-- roître une somme non seulement à de riches
Bourgeois , mais encore à certaines personnes qui
ne dépensent guere moins de cent francs par jour
pour leur table et pour leur écurie. C'est aux
parens à s'examiner là- dessus devant Dieu et devant les hommes.
,
10°. Il faut convenir que la disette des Maîtres qui veuillent s'asservir au systême du Buseau , en arrétera toûjours les progrès ; mais
II. Vol.
c'est
1300 MERCURE DE FRANCE
c'est faute d'entendre leur véritable interêt qu'ils
refusent d'apprendre et de pratiquer cette métho
de. Elle les feroit rechercher et préferer aux
Maîtres vulgaires ; enfin elle assureroit aux Maîtres externes un nombre de meilleures Maisons
et donneroit aux Précepteurs le choix des meilleurs Elèves. Je dois ajouter icy qu'un mois de
Leçons tipographiques , mettra facilement une
Gouvernante , un Domestique en état de montrer les premieres Classes du Bureau , en atten- dant que l'on donne à l'enfant un Précepteur, ou
bien un Maître -externe.
Q
11 Pour derniere réponse, je donnerai à mon
tour un argument qu'on pourra opposer à celui
de nos critiques. Le voici : Si les Professeurs , les
Régens , les Préfets , ni les Maîtres ne peuvent
pas détruire les preuves qui font voir les avan
tages du Bureau typographique sur la Méthode
vulgaire ; il faut conclure en faveur du Bureau.
Or est-il que ces MM) n'ont pu jusqu'icy prouver l'infériorité du Bureau , ni la supériorité de
la Méthode vulgaire ; donc en faveur de la verité , et pour le bien de la cause des enfans , on
peut, par provision et hardiment predire que les Maîtres ne viendront jamais à bout de prouver l'excellence de leur Méthode vulgaire, contre
celle du Bureau. On doit donc aussi conclure en
faveur du Bureau , contre les mauvaises critiques, C'est au Public à décider , en attendant le
jugement des Commissaires que l'Université de
Paris, et les Académies pourroient nommer dans
la suite , pour l'examen de ce systême.
Je conclus, après toutes ces réfléxions, que les
parens bien intentionnez et curieux de trouver un
bon Précepteur pour leurs petits enfans , ne sauroient mieux faire que de l'éprouver , par le
1. Vel. moyen
JUIN. 1732. 1301
moïen du Bureau tipographyque ; ce sera la
vraie Pierre de touche , en fait de Pédagogie , er l'on peut assurer , sans témérité, que tout Maître
qui refusera aux parens de suivre la Méthode du
Bureau , pour un enfant de trois à sept et à huit
ans , donnera contre lui des préjugez suffisans
pour le refuser lui- même ; et l'on voit par là
que l'épreuve du Maître par celle du Bureau, sera
toujours d'une grande utilité et d'un grand secours pour les parens capables ou incapables de
faire par eux-mêmes choix d'un bon Maître,
>
Les Précepteurs qui refuseront de suivre le systême du Bureau , aux parens qui le leur propos seront , seront obligez de dire pourquoi ? Or ces
Précepteurs , ou ils connoissent le Bureau , ou ils
ne le connoissent pas ; s'ils ne le connoissent
point , et que sans examen ils refusent d'en
faire usage , ils se rendront suspects de préjugé ,
ou d'ignorance , ou de paresse , ou d'indifference; qualitez suffisantes pour refuser ces Précepteurs , dans la plupart desquels on trouvera ordinairement un esprit vain , superficiel , aigre,
indocile , impatient ; un esprit mercenaire , qui
fuit la peine , qui craint le travail , et sur tout
qui redoute l'examen.
Si les Précepteurs au contraire , en refusant absolument de suivre la Méthode du Bureau tipographyque , disent que c'est par connoissance
de cause ; il est juste de les entendre et de répondie à leurs difficultez; ce sera là un des plus surs moyens pour juger de leur maniere de penser , de
parler , et de raisonner. Qualitez rares mais essentielles pour la bonne et la noble éducation.
Cette opposition , d'ailleurs soutenuë de bonne
foy et avec quelque apparence de fondement, ne
peut que faire honneur à l'adversaire , qui se dé11. Vol. clarera
302 MERCURE DE FRANCE
4
clarera contre le systême du Bureau , sans - renoncer à un plus grand examen de cette Methode , ni au dessein de la suivre ; supposé qu'elle se
trouvât la meilleure, L'Auteur , au reste offre
d'intervenir avec plaisir , dans le differend , lorsque les parens témoigneront le désirer , pour le bien de leurs enfans et de la cause publique.
›
Mais si le Maîrre, simple latiniste, plein de luimême, se trouve un esprit faux , incapable de
justesse dans le raisonnement , un esprit sans méthode , enfin un esprit qui ne voye que par les
yeux du préjugé vulgaire , et qui sans vouloir raisonner, soûtienne obstinément que le systême
du Bureau est frivole ; il sera aisé de s'appercevoir qu'un tel caractere n'est pas le meilleur que
l'on puisse désirer pour élever un enfant , et c'est
un grand avantage que de pouvoir s'en assurer
dès le premier jour , sans s'exposer si souvent
à essayer de nouveaux Précepteurs ; car ce frequent changement de Maître , est ordinairement
un obstacle à l'avancement de l'enfant , et le Bureau préviendra quelquefois cetinconvenient.
Les parens qui aiment à se déterminer par rai.
son plutôt que par coutume, remarqueront bientôt dans le monde que les partisans du Bureau
sont ordinairementou personnes d'ordre ou gens
d'esprit Philosophique , aimant le bien public ;
et qu'au contraire ceux qui se déclarent contre le
Bureau ne sont que de simples latinistes , tres- indifferens sur le bien et le mieux , et la plupart incapables d'analiser les idées et de suivre.
avec honneur , le moindre raisonnement. Or si
la chose est , comme j'ose le dire, et comme chacun peut s'en convaincre lui-même , avec les critiques qu'il trouvera dans son chemin ; n'est-ce
pas un grand avantage pour les dignes parens es
D
JUIN. 1732.
1303
pour le public d'avoir un moyen si simple et si
propre à développer l'intérieur des Maîtres les plus dissimulez , qui se présenteront pour la pre- miere institution de l'enfance.
Je ne prétens pas , au reste , conclure qu'un
Maître qui offre de se soumettre au systême du
Bureau devienne par-là et sur le champ un bon
Précepteur ; mais je veux seulement dire qu'entre deux hommes de Lettres , à peu près d'égale réputation , en fait de Pédagogie, on doit toujours préferer l'esprit doux , docile , bien intentionné,
méthodique, qui se prétera volontiers et sans répugnance à l'exercice du Bureau, et qui en hom- me d'honneur et de bien , par ses discours et par
sa complaisance litteraire,prouvera qu'il ne craint
pas le travail , et qu'il est capable d'affection et d'attachement pour l'enfant dont on veut bien
d'abord lui confier la premiere éducation,
5
On pourra aussi trouver des Maîtres d'ailleurs
tres-capables , qui pleins d'eux- mêmes et de la Méthode vulgaire , diront qu'il est possible que
le Bureau soit bon et utile , mais que leur répu- tation étant faite , ils n'ont pas besoin d'entrer
dans le détail de ce systême, et qu'ils s'en tiennent à leur maniere d'enseigner , sans vouloir
être remis à l'A , Bé, Cé Tipographyque. Or ne
peut-on pas encore dire , sans témérité , que ces Maîtres , quelque habiles qu'ils soient dans le
Grec et dans le Latin ; que ces Maîtres , dis-je ,
en craignant la peine et le travail , donnent parlà contr'eux, des préjugez suffisans pour leur refuser la préférence sur les autres Maîtres ? Car
c'est déja un grand préjugé contre un Précep- teur que de vouloir d'abord canoniser son indifference, sa paresse , et son peu de goût litteraire ,
en refusant de lire une Méthode qui fait quelque
11. Vol. bruit
1304 MERCURE DE FRANCE
bruit dans le monde , et qui , selon l'expression
d'un grand homme, annonce une révolution dans l'éducation des enfans.
Enfin il y a des Maîtres bien intentionnez , qui
feroient volontiers usage du Bureau s'ils en comprenoient le systême , mais ils s'en font d'abord une épouvantail et tâchent adroitement de
détourner les parens qui en voudroient faire l'expérience.
Je n'ai rien à dire contre la prudence de ces
Maîtres , si ce n'est qu'ils apprendroient facilement le systême , dès que sans prévention , et à
l'exemple des autres , ils en voudroient faire l'essai ; les enfans donneront aux Maîtres le temps
necessaire pour cette étude ; comme les Ecoliers
de certains Colleges , donnent aux Regens des
Basses classes, le temps de se rendre capables des
plus hautes. Le Maître apprendra le sistème Ty ,
pographique en le mostrant à l'enfant , après
avoir un peu raisonné et conferé avec quelque
Maître de Typographie , et après avoir vú travailler quelque Enfant sur la Table de son Bureau. Ce sera toujours un grand préjugé contre
un Précepteur s'il trouve pénible et difficile un
petit exercice d'enfant. Un Maître qui craint ce
petit travail , fait voir sans y prendre garde, qu'il
est occupé à chercher du pain , plutôt qu'à le
gagner.
On trouvera au surplus facilement de bons
Maîtres quand les parens connoîtront le prix de l'éducation , qu'ils ne regarderont pas un Precep
teur comme un simple domestique , indigne de manger à leur table , à propos de quoi il n'est
pas mal de rapporter ici ce que le Maréchal
de Villeroy dit autrefois à l'occasion d'un Prési- dent à Mortier, dont le fils ne mangeoit pomt
II. Vol. avec
JUIN 1732. 1305
avec son Précepteur : Je ne voudrois point , dit le
Maréchal , donner à mon fils un homme que je ne
croirois pas digne de manger à matable. Il est visible qu'un Maître , Précepteur , ou Gouverneur
qui ne mangera pas avec son Eleve , ei sera
bientôt méprisé. Enfin les parens trouveront un
bon Précepteur quand ils seront dans le dessein
de le dédommager du sacrifice qu'il aura fait de
sa liberté , de son tems , et de la meilleure partie de ses années.
D'où vient qu'on est si libéral à l'égard d'un
Cuisinier, envers un Maître de Musique et d'Ins- trument, à l'égard d'un Maître à Danser , même
avec un dresseur de Chiens , et qu'on leur donne
volontiers pour un seul mois la somme qu'on
marchande quelquefois pour six mois de simple
pédagogic
Doit- on être surpris après cela si les bons Précepteurs sont rares, et si l'on voit manquer tant
d'éducations. Je l'ai dit bien des fois , c'est souvent la faute des parens , des domestiques et des
Maîtres , plutôt que celle des enfans. Et c'est sur
cette matiere qu'on pourroit donner bien des gemissemens. Trop de gens pensent sur cet article commeM. G. Ce Regent suppose que le moindre
secours du plus petit Maître d'Ecole d'un Maître
d'unmédiocre sçavoir et d'une médiocre exaatitude;
que ce moindre secours suffit pour montrer
lire aux petits enfans.
כי Voici ce qu'on lit là- dessus , dans la Réponse,
du M. Perquis à un critique anonime. Jem'é3 tonne, M. que citant quelquefoisQuintilien quand
→ vous croyez qu'il vous estfavorable , vous n'ayez
» pas remarqué qu'il condamne ceux qui ne pren- nent d'abord que de petits Maîtres pour don-
"ner,disent-ils, les principes des sciences , au lieu
II.Vel C » de
1396 MERCURE DE FRANCE
3
9
??
de choisir les plus habiles , et d'imiter Philippe,
qui ne voulut pas permettre qu'un autre qu'Aristote montrat à lire à Alexandre , parce qu'il
étoit persuadé que la perfection dépendoit deces
» commencemens.Ne faut- il pas parler et raison-
» ner avec un petit enfant ? Or, pour me servir
de l'expression de M. le Févre , si le Maitre est
≫ unâne , que voulez-vous qu'un âne fasse , sinon
» un âne comme lui.S.Jérôme a fair la même remarque ,il pensoit autrement que vous , et le
moindre Lecteur s'appercevra que Philippe ,
Quintilien et S. Jérôme se seroient accommo
dez du Bureau Typographique , plutôt que de
so, voire A, Bé , Cé Vulgaire , et de votre Maitre
d'un médiocre sçavoir et d'une médiocre exactitude , ou enfin du moindre secours du plus petit- Maître d'Ecole.
"
33
Je repeterai encore ici que si on ne goute point
la Méthode du Bureau Typographique , je m'en
étonne , et que si on la goute , je m'en étonne de
même.
sur le Systeme du Bureau Typographique
et sur le choix d'un Précepteur, pour la
premiere éducation d'un Enfant.
Oici , Monsieur , une objection que l'on ne
m'auroit peut- être pas faite , si l'on avoit
pris la peine de lire attentivement les dernieres
Lettres sur le Systême du Bureau Typographi
que , et si l'on avoit un peu parcouru la Brochure qui se vend chez Pierre Witte , ruë S. Jacques,
à l'Ange Gardien , intitulée : Réponse de M. Perquis , Maitre de Philosophie , d'Humanitez et de
Typographie, à la Lettre d'un Professeur anonime
de l'Université de Paris , inserée dans le Mercure
du mois de Février 1731.
Si ce Sisteme , m'a- t'on dit , étoit aussi utile que vous le publiez depuis près de deux ans , lès
Parens et les Maîtres se feroient un plaisir et mê- me un devoir de le suivre pour la premiere institution des enfans de trois à sept et à huit ans ,
cependant les Maîtres sont effrayez à la vûë de cette Machine , et l'on dit que du grand nombre de personnes qui ont lû vos Lettres , qui ont en--
tendu parler de ce Sisteme , ou qui ont vu des Bureaux et même l'exercice de cette Méthode , il
y en a peu qui ayent mis leurs enfans aux Clas- IT. Vol
JUIN. 1732. 1295
ses du Bureau Typographique , il faut donc conclure , a-t'on poursuivi , que ce nouveau Sistême
n'est point aussi utile que vous le prétendez , ni
au-dessus de la Méthode vulgaire.
Voilà , Monsieur , ce que nos Critiques appellent une Démonstration , car ce mot est devenu aujourd'hui si commun , qu'on l'employe
hardiment pour les matieres les plus probléma- tiques ; vous trouvez des Ecrivains de parti ,
acharnez les uns contre les autres qui se flattent
d'avoir procedé à la maniere des Géometres dans
toutes leurs disputes , et l'on peut dire qu'en supposant la verité de leurs principes contestez, bien
des Auteurs , comme Spinosa , ont effectivement suivi la Méthode des Géometres. Venons au fait.-
pour
être
être
Pour répondre à cette prétendue Démonstration , je dis , 1 °. que les Maîtres vulgaires s'opposeront toujours à toutes les Méthodes qui feront:
connoître au Public leur ignorance ou leur pré--
vention , et que leur opposition aveugle et témeraire augmentera toujours le mépris dû à leurs
vaines déclamations. 2°. Qu'un sistème peut
fort utile et meilleur qu'un autre , sans obtenir
néanmoins la préference , parce qu'il ne suffit pas
qu'une chose soit bonne en elle- même recherchée , il faut encore que l'on soit persuadé
de cette bonté , et ce deffaut de persuasion qui
vient d'une infinité de causes , ne diminuë en rien
la bonté réelle de cette même chose. Un exemple
sensible rendra ce raisonnement plus clair. Que
diroit-on à un Chinois qui feroit cette difficulté ,
si une telle Loi , une telle Coutume , et une telle.
Religion , étoient les meilleures du monde , les
Souverains et les Peuples de la Terre se feroient
un plaisir et même un devoir de les pratiquer dèsqu'on leur en parleroit , cependant ils ne le font
II. Vol pase;
1296 MERCURE DE FRANCE
pas ; donc cette Loi , cette Coûtume et cette Religion , ne sont point les meilleures du monde. Le
Lecteur sensé et judicieux , n'a pas besoin qu'on
lui fasse voir la fausseté et le sophisme dans un
pareil raisonnement.
3. Je dis qu'aucun Journal n'a encore parlé
du Bureau Typographique , parce que les Lettres.
insérées dans les Mercures , n'ont encore été ni
affichées , ni mises en vente chez des Libraires.
Je dis que peu de gens lisent les Journaux, la plûpart même des Lecteurs passent les matieres ou
Ies Pieces qu'ils n'entendent point, et qu'ils trouvent toûjours trop longues , de même que celles
où ils ne prennent aucune part. Ceux qui ont lu les Lettres sur le sistème du Bureau , ou qui em
ont entendu parler , ne sont pas tous dans le cas
d'avoir de petits enfans , et quand ce peu de Lecteurs auroit excité la curiosité des autres , ce premier empressement est bien - tôt ralenti par le torrent des embarras du siecle , ou par le flux et
reflux de mille affaires domestiques, Tel Pere
avoit voulu d'abord donner un Bureau à ses enfans , qui ensuite en a été détourné par la mere.
trop œconome ou trop allarmée en fait d'éducation ; tels parens ont proposé l'experience du Bureau, qui en ont été détournez par les Précep
teurs ; c'est ainsi que beaucoup de gens, d'ailleurs
pleins de mérite et bien intentionnez , se laissent
quelquefois mener en aveugles.
4°. Je dis que de tous ceux qui ont vu le Bu
reau , il n'y a personne qui , du moins exterieument et en apparence , n'en ait reconnu l'utilités.
je ne dois pas même en excepter notre Critique.
M. G. quelque mal qu'il ait crû avoir interêt d'en
dire ailleurs. Le Bureau peut se vanter d'avoir à la Cour , à la Ville et dans les Provinces , un grand
II.. Vol. nombre.
JUIN 1732. 1297
nombre d'illustres Partisans dont le témoignage
autentique fera toujours mépriser les mauvaises critiques , malgré le mérite de leurs Auteurs, -
5. Je dis que quand il n'y auroit encore qu'u ne trentaine d'enfans de l'un ou de l'autre sexe
exercez par le sistème du Bureau , ce seroit toûjours beaucoup qu'en si peu de temps , malgré le préjugé vulgaire , malgré les affiches et les vaines.
promesses de plusieurs Charlatans en menuë Litterature , qui dégoutent et indisposent le Public
malgré les Critiques anonimes et celle de M. G.
malgré les calomnies et les faux rapports des
Maîtres et des Précepteurs prévenus ou passion
nez contre le sistème Typographique , ce seroit,
dis-je , toûjours beaucoup d'avoir autant d'enfans connus , exercez et montrez selon cette nouvelle
maniere d'enseigner les premiers élemens des
Lettres..
6º.Je dis que le préjugé , l'ignorance , la paresse,
L'indifference , l'interêt , l'envie et la mauvaisefoi ,
peuvent arrêter pour quelque temps les progrès du
Bureau Typographique ; et afin que mes Critiques
ne blâment point l'emploi de pareils termes , je.
leur déclare que par le mot préjugé , j'entens le ju- les Maîtres por- gement vague et indéterminé que tent par tradition et sans examen en faveur de la
Méthode vulgaire contre toutes les nouvelles
Méthodes ; les trois quarts des Maîtres , pour le
moins , sont dans ce préjugé et presque tous les
parens. Par le mot ignorance , j'entens la privation des connoissances grammaticales necessaires
pour l'intelligence de la doctrine typographique
ou des sons de la Langue Françoise et de la vraye dénomination des Lettres , pour la prompte et fa
cile sillabisation ; nos Critiques et bien d'autres
sont dans cette ignorance. Par le mot paresse ,
II.. Vel j'entens
1298 MERCURE DE FRANCE
j'entens l'aversion et l'éloignement qu'un Maître
fait souvent paroître quand il s'agit de travailler
avec un enfant; cela regarde le plus grand nombre des Précepteurs. Par indifference , j'entens le
caractere de certains Maîtres mercenaires , plus -
occupez , de pane lucrando , que de puero instiuendo. Par interêt , j'entens le motif de certains
Auteurs qui craignent mal à propos que le systême du Bureau ne nuise à la vente de leurs perites Brochures. Par envie, j'entens les sentimens
jaloux de ceux qui ne voudroient jouir que de
leur propre gloire , et même aux dépens de ce lle
des autres. Par mauvaisefoy, j'entens le caractere et le sentiment de ceux qui persuadez de la
bonté et de l'utilité du systême , cachent ce sentiment et agissent contre la vérité connue, poussez par diverses passions, qu'ils n'oseroient avoüer
devant les hommes, et qu'ils ont la malice d'entretenir devant Dieu. Tous ces injustes motifs de
critique , peuvent se rencontrer dans la même
personne ; on pourroit même les désigner , à lamauvais foy près , dont Dieu seul est le juge.
7°. Je dis que l'ortographe passagere dont on
a fait l'essai et dont on a rendu compte dans la
neuvième Lettre sur le sistême du Bureau , je dis
que cette ortographe passagere d'épfant et des
sons ou de l'oreille , peut avoir éloigné bien des
gens , du systême Typographique , ce que n'auroit peut- être pas fait l'ortographe permanente
d'homme , des yeux et de l'usage. Quoiqu'on cut
facilement prévu que cela pourroit arriver ainsi ,
on a été cependant obligé de suivre son Plan
pour mettre le Lecteur bien intentionné , au fait
des sons de la Langue , et en état de mieux juger
du systême ; et cela au hazard de déplaire aux
Lecteurs prévenus qu'on pourroit un peu comII. Vol. parer
JUIN. 1299 1732.
parer à celui qui aima mieux perdre la valeur d'une Lettre de Change , que d'en faire usage ,
malgré l'ortographe singuliere de cette Lettre ,
ou au malade qui refusa tout soulagement , faute
de parfaite guérison.
9
8. J'ajouterai que la saison de l'hyver , propre à faire Recruë de Soldats, ne l'est guere pour
celle des enfans du Bureau. Le froid en fait differer l'exercice , le Printems en paroît la premiere
saison ; outre cela les objets frivoles qu'on donne ordinairement pour étrennes aux petits enfans
dans le commencement de l'année , les occupent
si fort , qu'il seroit pour lors assez inutile de leur
donner un Bureau. Les parens , les amis , les domestiques, tous à l'envi , présentent à l'enfant
bien des niaiseries, plus nuisibles que profitables.
Une Classe de Bureau pour étrennes amuseroit et
instruiroit l'enfant ; mais les parens en general
aiment mieux se prêter au torrent du préjugé
vulgaire,et ausystême ou au jeu des Marionettes,
dont ils font souvent eux-mêmes leur amusement.
9. Oserois- je dire que le prix d'un Bureau
arrête bien des gens riches , dans l'esprit desquels l'argent tient souvent la place de fils aîné
et quelquefois celle de fils unique , même à la
vue d'une nombreuse famille. Dix Pistoles pour
la suite des quatre Classes du Bureau peuvent pa-- roître une somme non seulement à de riches
Bourgeois , mais encore à certaines personnes qui
ne dépensent guere moins de cent francs par jour
pour leur table et pour leur écurie. C'est aux
parens à s'examiner là- dessus devant Dieu et devant les hommes.
,
10°. Il faut convenir que la disette des Maîtres qui veuillent s'asservir au systême du Buseau , en arrétera toûjours les progrès ; mais
II. Vol.
c'est
1300 MERCURE DE FRANCE
c'est faute d'entendre leur véritable interêt qu'ils
refusent d'apprendre et de pratiquer cette métho
de. Elle les feroit rechercher et préferer aux
Maîtres vulgaires ; enfin elle assureroit aux Maîtres externes un nombre de meilleures Maisons
et donneroit aux Précepteurs le choix des meilleurs Elèves. Je dois ajouter icy qu'un mois de
Leçons tipographiques , mettra facilement une
Gouvernante , un Domestique en état de montrer les premieres Classes du Bureau , en atten- dant que l'on donne à l'enfant un Précepteur, ou
bien un Maître -externe.
Q
11 Pour derniere réponse, je donnerai à mon
tour un argument qu'on pourra opposer à celui
de nos critiques. Le voici : Si les Professeurs , les
Régens , les Préfets , ni les Maîtres ne peuvent
pas détruire les preuves qui font voir les avan
tages du Bureau typographique sur la Méthode
vulgaire ; il faut conclure en faveur du Bureau.
Or est-il que ces MM) n'ont pu jusqu'icy prouver l'infériorité du Bureau , ni la supériorité de
la Méthode vulgaire ; donc en faveur de la verité , et pour le bien de la cause des enfans , on
peut, par provision et hardiment predire que les Maîtres ne viendront jamais à bout de prouver l'excellence de leur Méthode vulgaire, contre
celle du Bureau. On doit donc aussi conclure en
faveur du Bureau , contre les mauvaises critiques, C'est au Public à décider , en attendant le
jugement des Commissaires que l'Université de
Paris, et les Académies pourroient nommer dans
la suite , pour l'examen de ce systême.
Je conclus, après toutes ces réfléxions, que les
parens bien intentionnez et curieux de trouver un
bon Précepteur pour leurs petits enfans , ne sauroient mieux faire que de l'éprouver , par le
1. Vel. moyen
JUIN. 1732. 1301
moïen du Bureau tipographyque ; ce sera la
vraie Pierre de touche , en fait de Pédagogie , er l'on peut assurer , sans témérité, que tout Maître
qui refusera aux parens de suivre la Méthode du
Bureau , pour un enfant de trois à sept et à huit
ans , donnera contre lui des préjugez suffisans
pour le refuser lui- même ; et l'on voit par là
que l'épreuve du Maître par celle du Bureau, sera
toujours d'une grande utilité et d'un grand secours pour les parens capables ou incapables de
faire par eux-mêmes choix d'un bon Maître,
>
Les Précepteurs qui refuseront de suivre le systême du Bureau , aux parens qui le leur propos seront , seront obligez de dire pourquoi ? Or ces
Précepteurs , ou ils connoissent le Bureau , ou ils
ne le connoissent pas ; s'ils ne le connoissent
point , et que sans examen ils refusent d'en
faire usage , ils se rendront suspects de préjugé ,
ou d'ignorance , ou de paresse , ou d'indifference; qualitez suffisantes pour refuser ces Précepteurs , dans la plupart desquels on trouvera ordinairement un esprit vain , superficiel , aigre,
indocile , impatient ; un esprit mercenaire , qui
fuit la peine , qui craint le travail , et sur tout
qui redoute l'examen.
Si les Précepteurs au contraire , en refusant absolument de suivre la Méthode du Bureau tipographyque , disent que c'est par connoissance
de cause ; il est juste de les entendre et de répondie à leurs difficultez; ce sera là un des plus surs moyens pour juger de leur maniere de penser , de
parler , et de raisonner. Qualitez rares mais essentielles pour la bonne et la noble éducation.
Cette opposition , d'ailleurs soutenuë de bonne
foy et avec quelque apparence de fondement, ne
peut que faire honneur à l'adversaire , qui se dé11. Vol. clarera
302 MERCURE DE FRANCE
4
clarera contre le systême du Bureau , sans - renoncer à un plus grand examen de cette Methode , ni au dessein de la suivre ; supposé qu'elle se
trouvât la meilleure, L'Auteur , au reste offre
d'intervenir avec plaisir , dans le differend , lorsque les parens témoigneront le désirer , pour le bien de leurs enfans et de la cause publique.
›
Mais si le Maîrre, simple latiniste, plein de luimême, se trouve un esprit faux , incapable de
justesse dans le raisonnement , un esprit sans méthode , enfin un esprit qui ne voye que par les
yeux du préjugé vulgaire , et qui sans vouloir raisonner, soûtienne obstinément que le systême
du Bureau est frivole ; il sera aisé de s'appercevoir qu'un tel caractere n'est pas le meilleur que
l'on puisse désirer pour élever un enfant , et c'est
un grand avantage que de pouvoir s'en assurer
dès le premier jour , sans s'exposer si souvent
à essayer de nouveaux Précepteurs ; car ce frequent changement de Maître , est ordinairement
un obstacle à l'avancement de l'enfant , et le Bureau préviendra quelquefois cetinconvenient.
Les parens qui aiment à se déterminer par rai.
son plutôt que par coutume, remarqueront bientôt dans le monde que les partisans du Bureau
sont ordinairementou personnes d'ordre ou gens
d'esprit Philosophique , aimant le bien public ;
et qu'au contraire ceux qui se déclarent contre le
Bureau ne sont que de simples latinistes , tres- indifferens sur le bien et le mieux , et la plupart incapables d'analiser les idées et de suivre.
avec honneur , le moindre raisonnement. Or si
la chose est , comme j'ose le dire, et comme chacun peut s'en convaincre lui-même , avec les critiques qu'il trouvera dans son chemin ; n'est-ce
pas un grand avantage pour les dignes parens es
D
JUIN. 1732.
1303
pour le public d'avoir un moyen si simple et si
propre à développer l'intérieur des Maîtres les plus dissimulez , qui se présenteront pour la pre- miere institution de l'enfance.
Je ne prétens pas , au reste , conclure qu'un
Maître qui offre de se soumettre au systême du
Bureau devienne par-là et sur le champ un bon
Précepteur ; mais je veux seulement dire qu'entre deux hommes de Lettres , à peu près d'égale réputation , en fait de Pédagogie, on doit toujours préferer l'esprit doux , docile , bien intentionné,
méthodique, qui se prétera volontiers et sans répugnance à l'exercice du Bureau, et qui en hom- me d'honneur et de bien , par ses discours et par
sa complaisance litteraire,prouvera qu'il ne craint
pas le travail , et qu'il est capable d'affection et d'attachement pour l'enfant dont on veut bien
d'abord lui confier la premiere éducation,
5
On pourra aussi trouver des Maîtres d'ailleurs
tres-capables , qui pleins d'eux- mêmes et de la Méthode vulgaire , diront qu'il est possible que
le Bureau soit bon et utile , mais que leur répu- tation étant faite , ils n'ont pas besoin d'entrer
dans le détail de ce systême, et qu'ils s'en tiennent à leur maniere d'enseigner , sans vouloir
être remis à l'A , Bé, Cé Tipographyque. Or ne
peut-on pas encore dire , sans témérité , que ces Maîtres , quelque habiles qu'ils soient dans le
Grec et dans le Latin ; que ces Maîtres , dis-je ,
en craignant la peine et le travail , donnent parlà contr'eux, des préjugez suffisans pour leur refuser la préférence sur les autres Maîtres ? Car
c'est déja un grand préjugé contre un Précep- teur que de vouloir d'abord canoniser son indifference, sa paresse , et son peu de goût litteraire ,
en refusant de lire une Méthode qui fait quelque
11. Vol. bruit
1304 MERCURE DE FRANCE
bruit dans le monde , et qui , selon l'expression
d'un grand homme, annonce une révolution dans l'éducation des enfans.
Enfin il y a des Maîtres bien intentionnez , qui
feroient volontiers usage du Bureau s'ils en comprenoient le systême , mais ils s'en font d'abord une épouvantail et tâchent adroitement de
détourner les parens qui en voudroient faire l'expérience.
Je n'ai rien à dire contre la prudence de ces
Maîtres , si ce n'est qu'ils apprendroient facilement le systême , dès que sans prévention , et à
l'exemple des autres , ils en voudroient faire l'essai ; les enfans donneront aux Maîtres le temps
necessaire pour cette étude ; comme les Ecoliers
de certains Colleges , donnent aux Regens des
Basses classes, le temps de se rendre capables des
plus hautes. Le Maître apprendra le sistème Ty ,
pographique en le mostrant à l'enfant , après
avoir un peu raisonné et conferé avec quelque
Maître de Typographie , et après avoir vú travailler quelque Enfant sur la Table de son Bureau. Ce sera toujours un grand préjugé contre
un Précepteur s'il trouve pénible et difficile un
petit exercice d'enfant. Un Maître qui craint ce
petit travail , fait voir sans y prendre garde, qu'il
est occupé à chercher du pain , plutôt qu'à le
gagner.
On trouvera au surplus facilement de bons
Maîtres quand les parens connoîtront le prix de l'éducation , qu'ils ne regarderont pas un Precep
teur comme un simple domestique , indigne de manger à leur table , à propos de quoi il n'est
pas mal de rapporter ici ce que le Maréchal
de Villeroy dit autrefois à l'occasion d'un Prési- dent à Mortier, dont le fils ne mangeoit pomt
II. Vol. avec
JUIN 1732. 1305
avec son Précepteur : Je ne voudrois point , dit le
Maréchal , donner à mon fils un homme que je ne
croirois pas digne de manger à matable. Il est visible qu'un Maître , Précepteur , ou Gouverneur
qui ne mangera pas avec son Eleve , ei sera
bientôt méprisé. Enfin les parens trouveront un
bon Précepteur quand ils seront dans le dessein
de le dédommager du sacrifice qu'il aura fait de
sa liberté , de son tems , et de la meilleure partie de ses années.
D'où vient qu'on est si libéral à l'égard d'un
Cuisinier, envers un Maître de Musique et d'Ins- trument, à l'égard d'un Maître à Danser , même
avec un dresseur de Chiens , et qu'on leur donne
volontiers pour un seul mois la somme qu'on
marchande quelquefois pour six mois de simple
pédagogic
Doit- on être surpris après cela si les bons Précepteurs sont rares, et si l'on voit manquer tant
d'éducations. Je l'ai dit bien des fois , c'est souvent la faute des parens , des domestiques et des
Maîtres , plutôt que celle des enfans. Et c'est sur
cette matiere qu'on pourroit donner bien des gemissemens. Trop de gens pensent sur cet article commeM. G. Ce Regent suppose que le moindre
secours du plus petit Maître d'Ecole d'un Maître
d'unmédiocre sçavoir et d'une médiocre exaatitude;
que ce moindre secours suffit pour montrer
lire aux petits enfans.
כי Voici ce qu'on lit là- dessus , dans la Réponse,
du M. Perquis à un critique anonime. Jem'é3 tonne, M. que citant quelquefoisQuintilien quand
→ vous croyez qu'il vous estfavorable , vous n'ayez
» pas remarqué qu'il condamne ceux qui ne pren- nent d'abord que de petits Maîtres pour don-
"ner,disent-ils, les principes des sciences , au lieu
II.Vel C » de
1396 MERCURE DE FRANCE
3
9
??
de choisir les plus habiles , et d'imiter Philippe,
qui ne voulut pas permettre qu'un autre qu'Aristote montrat à lire à Alexandre , parce qu'il
étoit persuadé que la perfection dépendoit deces
» commencemens.Ne faut- il pas parler et raison-
» ner avec un petit enfant ? Or, pour me servir
de l'expression de M. le Févre , si le Maitre est
≫ unâne , que voulez-vous qu'un âne fasse , sinon
» un âne comme lui.S.Jérôme a fair la même remarque ,il pensoit autrement que vous , et le
moindre Lecteur s'appercevra que Philippe ,
Quintilien et S. Jérôme se seroient accommo
dez du Bureau Typographique , plutôt que de
so, voire A, Bé , Cé Vulgaire , et de votre Maitre
d'un médiocre sçavoir et d'une médiocre exactitude , ou enfin du moindre secours du plus petit- Maître d'Ecole.
"
33
Je repeterai encore ici que si on ne goute point
la Méthode du Bureau Typographique , je m'en
étonne , et que si on la goute , je m'en étonne de
même.
Fermer
Résumé : QUATORZIÈME LETTRE sur le Systeme du Bureau Typographique et sur le choix d'un Précepteur, pour la premiere éducation d'un Enfant.
La quatorzième lettre aborde le système du Bureau Typographique et le choix d'un précepteur pour l'éducation des jeunes enfants. L'auteur répond à une objection selon laquelle, si ce système était aussi utile que prétendu, plus de parents et de maîtres l'adopteraient. Il explique que les maîtres s'opposent souvent aux nouvelles méthodes par ignorance ou prévention. La bonté d'un système ne dépend pas seulement de sa qualité intrinsèque, mais aussi de la persuasion des gens quant à cette bonté. L'auteur mentionne que peu de journaux ont parlé du Bureau Typographique, car les lettres insérées dans les Mercures n'ont pas été largement diffusées. De plus, beaucoup de lecteurs ne lisent pas les journaux ou passent les sujets qu'ils ne comprennent pas. Ceux qui ont vu le Bureau en ont reconnu l'utilité, y compris les critiques. Cependant, des facteurs comme le préjugé, l'ignorance, la paresse, l'indifférence, l'intérêt, l'envie et la mauvaise foi peuvent freiner les progrès du système. L'auteur ajoute que l'orthographe passagère utilisée dans les lettres pourrait avoir éloigné certains lecteurs. Il note également que la saison hivernale n'est pas propice à l'enseignement avec le Bureau Typographique, et que le prix de ce dernier peut dissuader certains parents. La disette de maîtres formés à ce système en freine également l'adoption. Le texte distingue deux types de précepteurs : ceux qui refusent la méthode par connaissance de cause et ceux qui la rejettent par orgueil ou paresse. Les premiers méritent d'être entendus et peuvent contribuer à un débat constructif. Les seconds sont décrits comme des latinistes simples, incapables de raisonnement juste et méthodique, et leur caractère est jugé inapproprié pour l'éducation des enfants. Les parents sont encouragés à observer les partisans du Bureau, souvent des personnes d'ordre ou des philosophes, et à éviter ceux qui s'y opposent par indifférence ou incapacité. Il est souligné l'importance de choisir des précepteurs dociles, méthodiques et bien intentionnés, capables de s'adapter à la méthode du Bureau. Les maîtres réticents à adopter la méthode sont invités à l'étudier pour le bien des enfants. Le texte critique la sous-estimation des précepteurs par les parents, comparée à la générosité accordée à d'autres professionnels comme les cuisiniers ou les maîtres de danse. Enfin, il rappelle l'importance de choisir des précepteurs compétents dès le début de l'éducation, citant des autorités comme Quintilien, Philippe et Jérôme, qui prônaient l'excellence dès les premiers apprentissages.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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6274
p. 1306-1312
SONGE. ODE.
Début :
O toy, dont l'aimbale puissance, [...]
Mots clefs :
Songe, Sommeil, Chimères, Félicité, Lointaines plages
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SONGE. ODE.
SONG E.
O D E.
Toy, dont l'aimable puissance
Egale le sort des humains ,
Doux sommeil , viens par ta présence
Bannir mes maux et mes chagrins ;
Offre moi sous ces verts feuillages' ,
II.Vol Tos
JUIN.
1732 1307 Tes plus séduisantes images ,
Sois favorable à mes désirs ;
Puisqu'icy bas tout est mensonge,
Qu'importe que ce soit en songe
Que mon cœur goute des plaisirs ?
C'en est fait , d'aimables chimeres,
M'ont enyvré de leur poison ;
Loin de moi donc , Regles séveres ,
Que nous impose la raison.
Mon cœur sans trouble et sans allarmes ,
Va s'abandonner aux doux charmes ,
Que le sommeil offre à mes yeux.
Je cede , au beau feu qui m'embrase ;
Monté sur l'agile Pégaze ,.
Je parcours la terre et les cieux.
M
Où suis je ! mais qui pourra croire¿
Qu'au ciel j'aye été transporté
Les Dieux avec toute leur gloire .
S'offrent à mon œil enchanté ;
Jupiter , cet être immuable ,
Tenant son Sceptre redoutable ;
De ses regards parcourt les airs ;
Viens , Mortel , viens dans mon empire
II. Vol.
Cij M
1308 MERCURE DE FRANCE
Me dit-il , avec un sourire ,
Qui fait tressaillir l'Univers.
M
C'est dans ces beaux lieux que réside
L'agréable félicité;
Le monde n'a rien de solide
Loin de moi tout est vanité.
;
C'est en vain que dans la richesse ,
Dans la gloire , dans la molesse ,
L'homme cherche de vrais plaisirs
Ces biens ne sont qu'une chimere ;
Et bien loin de me satisfaire ,
Ne font qu'augmenter mes désirs.
M
Que la terre qui dans l'air roble
Paroft méprisable à mes yeux !
Ce n'est qu'une petite Boule ,
Quej'apperçois du haut des Cieux.
Ces Riches , ces vastes Royaumes,
combattent de vains fantômes
fin que tout leur soit soumis ,
Me paroissent un peu de sable ,
Ou pour un Rien qui les accable
Disputent des viles fourmis.
9
II. Vel ye
JUIN. 1732 1309
Je sors du séjour du tonnerré
Plein de l'éclat des immortels ,
Pour aller encor sur la terre
Visiter les foibles Mortels.
Je vous vois campagnes cheries
Où brillent mille Pierreries
Trésor que le Soleil produit ;
Je vais jusques dans l'Hémisphere ,
Où du jour regne la lumiere ,
Lorsque sur nous régné la nuit.
021.
Lorsqu'en cherchant de nouveaux mondes ,
Je vole sur le sein des Mers ,
Neptune souleve ses Ondes;
La Tempête trouble les airs ;
Le jour se dérobe à ma vûëling
Les éclairs seuls fendant la nueodd
M'apprennent quels sont mes dangers ,
Mais la main d'un Dieu juste et sage,
Me fait survivre à mon naufrage;
J'arrive en des bords étrangers.
6
20
Quels lieux , l'horreur de la nature
S'offrent à mes tristes regards !
Comment en tracer la peinture
L'effroi regne de toutes parts.
ALL II, Vol.
Errant Ciij
310 MERCURE DE FRANCE
Errant dans ces lointaines plages ,
J'apperçois encor des Sauvages ,
Plus affreux même que les lieux ,
Je les rends à ma voix dociles
At bien- tôt dans ces champs tranquiles,
Je fais naître des jours heureux..
•
Aux sons éclatans de ma Lyre ,
J'entraîne les Rochers, les Bois ;
Je vois mille murs se construire ,
La Pierre s'arrange à mon choix
Par tout regne la politesse ;
Ce peuple rempli d'allegresse
Me prend pour un des immortels ,
Les Dieux avec l'aimable Astrée,
Vont quitter la voute ašurée ,
Jaloux du bonheur des mortels.
Que vois-je ? la Mere des Graces ;
Junon , Pallas s'offre à mes yeux
Mercure vole sur leurs traces ,
Et me donne un fruit précieux.
Juge cette Troupe immortelle ,
Prononce quelle est la plus belle ,
Me dit-il , aimable Berger ;
Viens- en combler une de gloire
II. Vol. Sois
JUIN. 1732. 1321
Sois l'arbitre d'une victoire,
Dont les Dieux ne peuvent juger.
#
Que ne puis-je , aimables Déesses ;
Vous faire vaincre toutes trois
Par vos beautez enchanteresses,
Vous merités toutes ma voix:
Charmé de vos yeux que j'adore ,
Plus je regarde , plus j'ignore"
Aqui je dois donner le prix ;
Mais enfin Venus vous surpasse ;
Peut-on voir sa riante face >
Sans en être d'abort épris ?
Que de plaisirs , que de délices ;
Déja s'emparent de mon cœur !
Venus , par des regards propices ,
Me reconnoit pour son vainqueur,
Quelquefois avec la Déesse ;
Caché sous une Nuë épaisse ,
O Dieux , vous en êtes jaloux';
Je quitte l'amour pour la guerre
Maintenant armé d'un tonnérre
Je fais redouter mon courroux.
Fier vainqueur , nouvel Alexandre , '
II. Vola Ciiij Je
1312 MERCURE DE FRANCE
Je répands en tous lieux l'horreur ;
Les Etats , les Villes en cendre ,
Aux Humains vantent ma valeur ;
L'Univers ,... helas ! la lumiere ,
Me forçant d'ouvrir la paupiere ,
Me rejette en un trouble affreux
Je retombe dans ma tristesse :
Que ne puis-je dormir sans cesse ,
Puisqu'en dormant je suis heureux !
;
B. L. de Pailleres.
O D E.
Toy, dont l'aimable puissance
Egale le sort des humains ,
Doux sommeil , viens par ta présence
Bannir mes maux et mes chagrins ;
Offre moi sous ces verts feuillages' ,
II.Vol Tos
JUIN.
1732 1307 Tes plus séduisantes images ,
Sois favorable à mes désirs ;
Puisqu'icy bas tout est mensonge,
Qu'importe que ce soit en songe
Que mon cœur goute des plaisirs ?
C'en est fait , d'aimables chimeres,
M'ont enyvré de leur poison ;
Loin de moi donc , Regles séveres ,
Que nous impose la raison.
Mon cœur sans trouble et sans allarmes ,
Va s'abandonner aux doux charmes ,
Que le sommeil offre à mes yeux.
Je cede , au beau feu qui m'embrase ;
Monté sur l'agile Pégaze ,.
Je parcours la terre et les cieux.
M
Où suis je ! mais qui pourra croire¿
Qu'au ciel j'aye été transporté
Les Dieux avec toute leur gloire .
S'offrent à mon œil enchanté ;
Jupiter , cet être immuable ,
Tenant son Sceptre redoutable ;
De ses regards parcourt les airs ;
Viens , Mortel , viens dans mon empire
II. Vol.
Cij M
1308 MERCURE DE FRANCE
Me dit-il , avec un sourire ,
Qui fait tressaillir l'Univers.
M
C'est dans ces beaux lieux que réside
L'agréable félicité;
Le monde n'a rien de solide
Loin de moi tout est vanité.
;
C'est en vain que dans la richesse ,
Dans la gloire , dans la molesse ,
L'homme cherche de vrais plaisirs
Ces biens ne sont qu'une chimere ;
Et bien loin de me satisfaire ,
Ne font qu'augmenter mes désirs.
M
Que la terre qui dans l'air roble
Paroft méprisable à mes yeux !
Ce n'est qu'une petite Boule ,
Quej'apperçois du haut des Cieux.
Ces Riches , ces vastes Royaumes,
combattent de vains fantômes
fin que tout leur soit soumis ,
Me paroissent un peu de sable ,
Ou pour un Rien qui les accable
Disputent des viles fourmis.
9
II. Vel ye
JUIN. 1732 1309
Je sors du séjour du tonnerré
Plein de l'éclat des immortels ,
Pour aller encor sur la terre
Visiter les foibles Mortels.
Je vous vois campagnes cheries
Où brillent mille Pierreries
Trésor que le Soleil produit ;
Je vais jusques dans l'Hémisphere ,
Où du jour regne la lumiere ,
Lorsque sur nous régné la nuit.
021.
Lorsqu'en cherchant de nouveaux mondes ,
Je vole sur le sein des Mers ,
Neptune souleve ses Ondes;
La Tempête trouble les airs ;
Le jour se dérobe à ma vûëling
Les éclairs seuls fendant la nueodd
M'apprennent quels sont mes dangers ,
Mais la main d'un Dieu juste et sage,
Me fait survivre à mon naufrage;
J'arrive en des bords étrangers.
6
20
Quels lieux , l'horreur de la nature
S'offrent à mes tristes regards !
Comment en tracer la peinture
L'effroi regne de toutes parts.
ALL II, Vol.
Errant Ciij
310 MERCURE DE FRANCE
Errant dans ces lointaines plages ,
J'apperçois encor des Sauvages ,
Plus affreux même que les lieux ,
Je les rends à ma voix dociles
At bien- tôt dans ces champs tranquiles,
Je fais naître des jours heureux..
•
Aux sons éclatans de ma Lyre ,
J'entraîne les Rochers, les Bois ;
Je vois mille murs se construire ,
La Pierre s'arrange à mon choix
Par tout regne la politesse ;
Ce peuple rempli d'allegresse
Me prend pour un des immortels ,
Les Dieux avec l'aimable Astrée,
Vont quitter la voute ašurée ,
Jaloux du bonheur des mortels.
Que vois-je ? la Mere des Graces ;
Junon , Pallas s'offre à mes yeux
Mercure vole sur leurs traces ,
Et me donne un fruit précieux.
Juge cette Troupe immortelle ,
Prononce quelle est la plus belle ,
Me dit-il , aimable Berger ;
Viens- en combler une de gloire
II. Vol. Sois
JUIN. 1732. 1321
Sois l'arbitre d'une victoire,
Dont les Dieux ne peuvent juger.
#
Que ne puis-je , aimables Déesses ;
Vous faire vaincre toutes trois
Par vos beautez enchanteresses,
Vous merités toutes ma voix:
Charmé de vos yeux que j'adore ,
Plus je regarde , plus j'ignore"
Aqui je dois donner le prix ;
Mais enfin Venus vous surpasse ;
Peut-on voir sa riante face >
Sans en être d'abort épris ?
Que de plaisirs , que de délices ;
Déja s'emparent de mon cœur !
Venus , par des regards propices ,
Me reconnoit pour son vainqueur,
Quelquefois avec la Déesse ;
Caché sous une Nuë épaisse ,
O Dieux , vous en êtes jaloux';
Je quitte l'amour pour la guerre
Maintenant armé d'un tonnérre
Je fais redouter mon courroux.
Fier vainqueur , nouvel Alexandre , '
II. Vola Ciiij Je
1312 MERCURE DE FRANCE
Je répands en tous lieux l'horreur ;
Les Etats , les Villes en cendre ,
Aux Humains vantent ma valeur ;
L'Univers ,... helas ! la lumiere ,
Me forçant d'ouvrir la paupiere ,
Me rejette en un trouble affreux
Je retombe dans ma tristesse :
Que ne puis-je dormir sans cesse ,
Puisqu'en dormant je suis heureux !
;
B. L. de Pailleres.
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Résumé : SONGE. ODE.
Le poème 'SONG E. O D E.' a été écrit en juin 1732. Le narrateur y invoque le sommeil pour échapper à ses maux et chagrins, espérant voir ses désirs réalisés en rêve. Il souhaite s'abandonner aux charmes du sommeil, monté sur Pégase, pour explorer la terre et les cieux. Dans son rêve, il est transporté au ciel où il rencontre les dieux, dont Jupiter. Ce dernier lui parle de la vanité des biens terrestres et de la véritable félicité. Le narrateur contemple ensuite la terre depuis les cieux, méprisant les richesses et les royaumes. Il visite diverses régions, affrontant des tempêtes et des dangers, mais survit grâce à la protection divine. Il rencontre des sauvages qu'il apaise avec sa lyre, construisant des villes et apportant la civilisation. Les dieux, jaloux du bonheur des mortels, lui demandent de juger de leur beauté. Le narrateur choisit Vénus, mais est ensuite forcé de quitter l'amour pour la guerre, devenant un conquérant redouté. Finalement, il se réveille, regrettant de ne pouvoir dormir éternellement pour rester heureux.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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6275
p. 1312-1326
NOUVELLE Maniere de construire de grosses Horloges, non-seulement plus simples que celles que l'on a faites jusqu'à present, mais encore d'un meilleur usage et à meilleur marché. Memoire lû à la Société des Arts le 29. Mars dernier, par M. Julien le Roy, Horloger du Roy et de la même soiciété.
Début :
Quand on s'applique à consider une Machine à dessein [...]
Mots clefs :
Société des arts, Julien Leroy, Machine, Horloge, Cage, Balancier, Roues, Bascule, Axe, Poids
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texteReconnaissance textuelle : NOUVELLE Maniere de construire de grosses Horloges, non-seulement plus simples que celles que l'on a faites jusqu'à present, mais encore d'un meilleur usage et à meilleur marché. Memoire lû à la Société des Arts le 29. Mars dernier, par M. Julien le Roy, Horloger du Roy et de la même soiciété.
NOUVELLE Maniere de construire de
grosses Horloges , non- seulement plus simples que celles que l'on a faites jusqu'à
present, mais encore d'un meilleur usage
et à meilleur marché. Memoire la à la
Societé des Arts le 23. Mars dernier,
par M.Julien le Roy, Horloger du Roy.
et de la même Societé.
Q
Uand on s'applique à considerer une
Machine à dessein de la perfectionner , il n'est guere en notre pouvoir de
nous former des idées pour réussir dans
le projet et dans l'execution , et cela à
cause que nous ne pouvons nous repré- senter les idées que nous n'avons jamais II. Vol. euës
JUIN. 1732. 1313
eues ; au contraire , il est très- aisé de nous
rappeller celles dont nous avons déja eu
la connoissance ; de- là vient qu'il est si
aisé de copier la plupart des Machines
et qu'il est si difficile et si rare d'en inventer de nouvelles..
>
Si notre imagination et nos lumieres
ne peuvent pas toûjours nous fournir des
idées neuves et de quelque usage , et que
ce soit presque toûjours le hazard qui
nous les fasse appercevoir , on ne doit
point être surpris si les progrès des Arts
sont si lents , puisque ces mêmes progrès
sont le plus souvent l'ouvrage du hazard,
que la refléxion met en œuvre. Cette nouvelle construction est un exemple sensible de ce que je viens d'avancer , elle est
si simple et si avantageuse , qu'on doit
être surpris qu'elle ait échappé à tant
d'habiles Horlogers qui ont travaillé et
médité avant moi sur cette matiere.
proQuoiqu'il soit aisé d'appercevoir tous
les avantages qui se trouvent réunis
par la nouvelle maniere , je ne la
poserai qu'après avoir donné une description en abregé de celle qui est en usage afin qu'on soit en état de les comparer l'une avec l'autre , et de juger laquelle
mérite la préference.
>
II. Vol. C v Des-
1314 MERCURE DE FRANCE
Description en abregé d'une grosse Horloge
telle que celle de l'Hôtel de Ville ou de
S. Paul, de Paris.
Le Corps de l'Horloge est composé
d'une Cage qui contient huit Roiies ,
quatre pour le Mouvement , et quatre
pour la Sonnerie, il y a de plus la Détente , la Bascule , la Verge des Palettes et
le Volant.
Les Roues duMouvement sont la grande Roue , la Roue du Remontoir , la
Roie moyenne et la Roiie de rencontre.
Les Roues de la sonnerie sont la grande
Roiie , celle du Remontoir , la Roue
moyenne ou de Cercle , et la Roue de
Compte.
La Bascule est faite à peu près comme
le fleau d'une balance , elle sert à élever
un Marteau plus ou moins gros , selon
la cloche sur laquelle il doit frapper.
La Détente est composée de son Arbre
et de trois branches , dont la premiere se
nommePied de- Biche , à cause qu'elle est
brisée par le bout , une cheville attachée
à la croisée de la grande Roue du Mouvement sert à lever le Pied- de- Biche à
toutes les heures pour faire sonner l'Hor
loge.
La deuxième branche se nomme le Coq ;
II. Vol son
JUIN. 1732.
*
1315
son usage est d'arrêter la sonnerie immé--
diatementaprès que les heures ont sonné.
La troisiéme branche dont le bout est
formé en crochet , s'appelle Compteur ,
elle s'appuye sur la Roue de Compte , à
la circonference de laquelle il y a des entailles distantes les unes des autres , suivant les nombres naturels 1.2.3.jusqu'à 12.
Tant que le Compteur s'appuye sur la circonference de la Roue de Compte, l'Horloge continuë de sonner jusqu'à ce que
ce même Compteur soit entré dans l'une des douze entailles de ladite Roüe. Je ne
décrirai point les Pignons ou Lenternes ,
parce que leur usage est assez connu.
La Cage est composée de onze pieces ;
sçavoir , de quatre Pilliers , de deux Chas
sis , l'un superieur et l'autre inferieur ,
lesquels je nommerai dans la suite ( Pa
rallelogramme rectangle , ) et de cinq"
Montans. Chaque Chassis ou Rectangle
a une mortoise ou entaillé à chacun de
ses Angles propres pour recevoir d'autres mortoises ou entailles , faites auxi
extremitez de chaque Pillier ; desorte
que les Pilliers s'enclavent dans les deux
Rectangles , au moyen de quatre clavettes
qui servent à serrer le Rectangle superieur contre les Pilliers. Au milieu de
chaque Rectangle est placée une traverse
14 Volo Cvj. qui
1316 MERCURE DE FRANCE
qui sert à affermir le Montant du milieu.
Deux autres Montans sont placez au
milieu des petits côtez des Rectangles ;
desorte que ces trois Montans sont placez
sur la même ligne et vis-à- vis les úns des
autres leur usage , est de soutenir les
Roues de la sonnerie et celles du Mouvêment.
Le quatriéme Montant est placé sur
l'un des deux grands côtez des Rectangles ; son usage est de soutenir la Roue de
Compte et le Pignon qui la fait tourner.
La Verge des Palettes est soutenuë par
deux Coqs , à une distance convenable
de la Roue de rencontre ; l'un de ces
Coqs soutient aussi la Verge du Pendule.
Le cinquiéme Montant est opposé au
Montant qui porte la Roue de Compte ;
son usage est de porter la Roue de Cadran et l'Etoile qui doit la faire tourner.
Je finis cette Description par le Volant,
c'est un Arbre qui porte un Pignon à
l'un de ses bouts , et à l'autre il y a un
Pivot qui débordé le Montant du côté
de la sonnerie ; sur ce Pivot tournent
deux Palettes de taule , lesquelles sont
plus ou moins grandes , suivant qu'on
veut faire sonner l'Horloge plus vite ou
plus lentement.
"
II. Vol. Now-
JUIN. 1732. 13177
Nouvelle construction de grosses Horloges ,
dans lesquelles tous les Arbres des Roues.
sont placez sur un Rectangle posé hori- sontalement.
Pour distinguer les deux constructions,
je nommerai celle qui est en usage , Horloge Verticale , à cause que les Roiies y
sont placées entre des plans verticaux , et
la nouvelle horisontale , à cause , que ses
Roues sont placées sur un Parallelograme rectangle , posé horisontalement.
En posant toutes les Roües sur un Rec--
tangle , de onze pieces , dont la Cage est
composée dans la construction ordinaire,
j'en supprime dix , et je ne retiens que le
Rectangle inferieur , que je fais un peu
plus grand , en donnant seulement plus
de longueur aux deux petits côtez ; ce
Rectangle , quoique plus grand , sera plus
aisé à faire que dans la construction verticale , parce qu'on le fera toûjours de
quatre pieces , sans que pour cela il en
soit moins solide. Il n'en est pas de même dans la construction ordinaire , car
on est obligé de faire ce Rectangle d'une
seule piece , afin de lui donner toute la
solidité qu'il doit avoir. Les dix Pieces
supprimées par la nouvelle construction,
sont les quatre Pilliers , les cinq Montans,
11. Vol. Je
1218 MERCURE DEFRANCE
le Cercle ou Chassis superieur , toutes ces
pieces sont non-seulement difficiles à faire
par elles-mêmes , mais encore difficiles à
ajuster pour les faire cadrer avec solidité
et précision , les unes avec les autres.
Outre la suppression des pieces dont
je viens de parler , il y a encore une diminution d'ouvrage assez considerable
dans les Chappes des Remontoirs et dans
les Coqs qui soutiennent la verge des
palettes ; desorte que dans l'Horloge ho
risontale composée de roues de même
grandeur, il y aura environ un tiers moins
d'ouvrages que dans le Vertical ; d'où il §
s'ensuit que le premier ne coûtera que
deux mille livres , lorsque le dernier en couteroit trois.
ཏི
Non-seulement la nouvelle Horloge
est plus simple, mais encoreelle est meil
leure et de plus longue durée que l'an
cienne, à cause que les frottemens y sont considerablement diminuez , et c'est ce
que jespere démontrer par le Problêmequi suit, et que j'appliquerai à la nouvelle construction.
Problême de Mécanique.
Une rone étant donnée avec son tambour
on Cilindre de même diametre , dont l'Arbre sera posé horisontalement, trouver deux
M. Vola points
JUIN. 17320 1373
points à la circonference de la roue , ausquels on・puisse placer un pignon , de telle
sorte que dans l'un l'action d'un poids ap
pliqué au cilindre par le moyen d'une cor- de soit zero sur l'arbre de la roue ,
et
dans l'autre que l'action de ce même poids
soit double de sa pesanteur sur le même
arbre.
.
passer une
Je suppose que la roue A. B. est don
née et que son Arbre est posé horisontalement; si par le centre et la circonfes
rence de cette Rože , on fait
ligne horisontale prolongée de part et
d'autre je dis que cette ligne conpera la circonference de la Rone aux deux points.
requis par les conditions du Problême.
FIG. I. Il est évident que les cordes
qui soutiennent des poids sont toûjours
Verticales , donc la corde A. C. qui soutient le poids P. est perpendiculaire à la -
ligne horizontale. B.
Ayant supposé le diametre du Tambour ;
égal au diametre de la Roue , je puis ap pliquer la corde à la circonference de la
Roue , sans rien changer à la proposi
tion.
FIG. II. La Róüe A. B. ayant son
point d'appui sur le pignon D. et au
point S. il s'ensuit necessairement que
l'action du poids P. sera zero sur l'Axe
Ila Vol de
1320 MERCURE DE FRANCE
de la Roüe , puisque la ligne de direction de la corde passe par le point S.
point d'appui de la Roue.
FIG. III. La même Roue A. B. ayant
son point d'appui sur le même Pignon
D. transporté au côté opposé , il s'ensuivra necessairement que l'action du
poids P. ( sur l'Arbre de la Roüe ) sera
du double de sa pesanteur; cela est évident, puisque la ligne S. A. est double
de la ligne S. E. ce qu'il falloit démontrer..
Premier Corolaire.
Il suit évidemment de ce qui vient
d'être démontré , que le Pignon étant
placé dans un point quelconque de la
demi-circonference A. A. l'action du poids.
sur l'Axe E. sera toûjours moindre que
sa pesanteur absoluë.
Au contraire le Pignon étant placé
dans un point quelconque de la demi- cir
conference opposée , l'action du poids sur
l'Axe E. sera plus grande que sa pesanteur absolue , d'où il suit encore qu'on
doit toûjours faire passer la corde entre
l'Axe du Pignon et celui de la Roüe , et
perpendiculairement à un plan qui passeroit par les deux Axes. Cette disposition de la corde est si avantageuse, qu'on
doit la mettre en usage , non seulement:
II. Vol. dans.
JUIN. 1732 1327
Fig.10.
€
E
Fig.2.
B
B E
Fig.3.
B
E
A
A
dans les Horloges et les pendules à poids,.. mais encore dans toutes les Machines à
II. Vol.
roles
322 MERCURE DE FRANCE
roües et à poids , excepté celles qui n'ont
qu'un ressort simple , enfermé dans un barillet , comme sont les Pendules à ressort
Deuxième Corolaire.
Il suit encore que l'Axe de la Roue sera
plus ou moins chargé par le poids , suivant le diametre du Cilindre ; desorte
que la corde passant entre les deux Axes ,
celui de la grande Roue sera toûjours
chargé d'une quantité plus petite que la
totalité du poids au contraire , en fai
sant passer la corde du côté opposé , l'Axe
de la Roüe sera toûjours chargé d'une
plus grande quantité que la totalité du
poids.
Comme dans l'Horloge horisontale les
'Axes des Roues sont dans la situation requise par le Problême , il s'ensuivra necessairement que le frottement sur les
Pivots des grandes Roues , sera moins
grand qu'en toute autre position. Cette´
circonstance seule est plus que suffisante
pour rendre la nouvelle construction ab
solument préferable à l'ancienne ; car il
ya de grosses Horloges dont chaque
poids est de mille à douze cens livres
pesant , plus ou moins , selon leur grosseur; il est aisé de s'imaginer que de tels
poids doivent produire de grands frotte1. Vol. mens
JUIN. 1732 13238
mens , et parconsequent une usure continuelle , laquelle détruisant sans cesse
les rapports des engrenages des grandes
Roues d'avec les Roues moyennes , oblige
à des réparations fréquentes , comme de
faire remonter les grandes Roües en rebouchant les troux de leurs Pivots.
de
L'Horloge horisontale ne sera nulle
ment sujette aux réparations que je viens
remarquer , on pourra même l'incliner de quelques degrez, afin que les poids
dirigeant toujours les grandes Roues vers
les Roues moyennes , ils rétablissent sans
cesse l'usure causée par le frottement des
dents des grandes Roües.
Par ce qui vient d'être dit , on doit remarquer que la nouvelle Horloge étant
moins sujette à l'usure, il en coûtera moins
pour l'entretien ; par exemple , si une
Horloge ordinaire coûte par an cent liv.
d'entretien , celle-·cy: n'en coûtera pas -
cinquante:
J'ajoûterai encore qu'elle sera incom--
parablement plus aisée à nettoyer , à cause qu'on pourra démonter les Routes les
unes après les autres ; au lieu que dans
l'ordinaire on est obligé de déplacer trois
Roues et le Montant tout à la fois ; on
est encore obligé de soutenir toutes ces
Pieces avec la main , et dans le même
11. Vol. -temps
1324 MERCURE DE FRANCE
temps , ce qui est assez difficile sur tout
pour les grandes Horloges dont les premieres Roües seules avec leurs fusées , pe
sent quelquefois jusqu'à deux cens livres
desorte qu'il faut plusieurs hommes pour
en démonter une.
Remarques.
La solution du Problême est exactement vraye dans le cas où le Pignon est
dans un repos absolu , mais lorsqu'il tourne , le frottement diminue sur l'Axe de
là Roue , à mesure que la vitesse du Piè
gnon est augmentée.
Comme cette circonstance ne touche
aucun des avantages réunis dans la position horisontale , j'ai négligé d'y avoir
égard dans la résolution du Problême ,
afin de le simplifier ; cependant je croi
qu'il est à propos de mettre sous les yeux
la question dont il s'agit , quoiqu'elle ne
soit ici que de pure curiosité.
10. Je suppose que la résistance du
Pignon est zero , et que le poids qui le
fait tourner au moyen de la Rouie , tombe aussi vite qu'il le feroit , s'il tomboit
dans l'air libre.
2°. Je suppose qu'un poids tombant
dans l'air libre , a une vitesse uniforme
et que cette vitesse est égale à celle du
5
II. Vol son ,
JUIN. 1732. 1325
son, laquelle parcourt environ 90. toises
par seconde.
39, Je suppose que le Pignon appliqué
à la Roue de sonnerie fait un tour en
deux secondes, et que le même Pignon
appliqué au mouvement, fait son tour en un demi quart d'heure.
par
En place des differentes résistances que
le Pignon oppose à être mû , je substi
tuerai la suite les espaces parcourus
par le poids , il est évident que cette substitution ne changera rien à l'état de la
proposition.
Or si le poids appliqué à la Roiie de
sonnerie parcourt trois pouces en deux
secondes , et si tombant dans l'air libreil parcourt dans le même temps 180..
toises , on aura par le calcul 30 égal à la
diminution du frottement sur l'Axe de
la Roue de sonnerie.
Si le poids appliqué à la Roue du
mouvement , parcourt trois pouces en
un demi quart d'heure , tombant dans
l'air libre , il parcourra dans le même
temps 13500. toises , ce qui donnera par
le calcul 972200 égal à la diminution du
frottement sur la Roue du mouvement.
3
Comme il est évidemment très-avantageux de faire les Horloges aux quarts ,
suivant la nouvelle construction , j'ai crû
11. Vol qu'il
326 MERCURE DE FRANCE
2 qu'il étoit inutile d'en faire un article
separé , à cause qu'il est très-aisé de s’imaginer que pour faire une Horloge aux
quarts , suivant la construction horisontale , il ne faut que le seul Chassis inferieur d'une Horloge aux quarts , mais un
peu plus grand que dans la construction
ordinaire , et placer toutes les Roües dessus , comme dans l'Horloge simple, D'ail
leurs ceux qui souhaiteront avoir des instructions plus particulieres ou faire faire
de ces sortes d'Ouvrages , pourront en
voir un Modele , ( rue Bribouché ) chez
M. Roussel , qui est très habile Horloger er generalement versé dans tout ce
qui concerne les Horloges dont je viens
de parler.
grosses Horloges , non- seulement plus simples que celles que l'on a faites jusqu'à
present, mais encore d'un meilleur usage
et à meilleur marché. Memoire la à la
Societé des Arts le 23. Mars dernier,
par M.Julien le Roy, Horloger du Roy.
et de la même Societé.
Q
Uand on s'applique à considerer une
Machine à dessein de la perfectionner , il n'est guere en notre pouvoir de
nous former des idées pour réussir dans
le projet et dans l'execution , et cela à
cause que nous ne pouvons nous repré- senter les idées que nous n'avons jamais II. Vol. euës
JUIN. 1732. 1313
eues ; au contraire , il est très- aisé de nous
rappeller celles dont nous avons déja eu
la connoissance ; de- là vient qu'il est si
aisé de copier la plupart des Machines
et qu'il est si difficile et si rare d'en inventer de nouvelles..
>
Si notre imagination et nos lumieres
ne peuvent pas toûjours nous fournir des
idées neuves et de quelque usage , et que
ce soit presque toûjours le hazard qui
nous les fasse appercevoir , on ne doit
point être surpris si les progrès des Arts
sont si lents , puisque ces mêmes progrès
sont le plus souvent l'ouvrage du hazard,
que la refléxion met en œuvre. Cette nouvelle construction est un exemple sensible de ce que je viens d'avancer , elle est
si simple et si avantageuse , qu'on doit
être surpris qu'elle ait échappé à tant
d'habiles Horlogers qui ont travaillé et
médité avant moi sur cette matiere.
proQuoiqu'il soit aisé d'appercevoir tous
les avantages qui se trouvent réunis
par la nouvelle maniere , je ne la
poserai qu'après avoir donné une description en abregé de celle qui est en usage afin qu'on soit en état de les comparer l'une avec l'autre , et de juger laquelle
mérite la préference.
>
II. Vol. C v Des-
1314 MERCURE DE FRANCE
Description en abregé d'une grosse Horloge
telle que celle de l'Hôtel de Ville ou de
S. Paul, de Paris.
Le Corps de l'Horloge est composé
d'une Cage qui contient huit Roiies ,
quatre pour le Mouvement , et quatre
pour la Sonnerie, il y a de plus la Détente , la Bascule , la Verge des Palettes et
le Volant.
Les Roues duMouvement sont la grande Roue , la Roue du Remontoir , la
Roie moyenne et la Roiie de rencontre.
Les Roues de la sonnerie sont la grande
Roiie , celle du Remontoir , la Roue
moyenne ou de Cercle , et la Roue de
Compte.
La Bascule est faite à peu près comme
le fleau d'une balance , elle sert à élever
un Marteau plus ou moins gros , selon
la cloche sur laquelle il doit frapper.
La Détente est composée de son Arbre
et de trois branches , dont la premiere se
nommePied de- Biche , à cause qu'elle est
brisée par le bout , une cheville attachée
à la croisée de la grande Roue du Mouvement sert à lever le Pied- de- Biche à
toutes les heures pour faire sonner l'Hor
loge.
La deuxième branche se nomme le Coq ;
II. Vol son
JUIN. 1732.
*
1315
son usage est d'arrêter la sonnerie immé--
diatementaprès que les heures ont sonné.
La troisiéme branche dont le bout est
formé en crochet , s'appelle Compteur ,
elle s'appuye sur la Roue de Compte , à
la circonference de laquelle il y a des entailles distantes les unes des autres , suivant les nombres naturels 1.2.3.jusqu'à 12.
Tant que le Compteur s'appuye sur la circonference de la Roue de Compte, l'Horloge continuë de sonner jusqu'à ce que
ce même Compteur soit entré dans l'une des douze entailles de ladite Roüe. Je ne
décrirai point les Pignons ou Lenternes ,
parce que leur usage est assez connu.
La Cage est composée de onze pieces ;
sçavoir , de quatre Pilliers , de deux Chas
sis , l'un superieur et l'autre inferieur ,
lesquels je nommerai dans la suite ( Pa
rallelogramme rectangle , ) et de cinq"
Montans. Chaque Chassis ou Rectangle
a une mortoise ou entaillé à chacun de
ses Angles propres pour recevoir d'autres mortoises ou entailles , faites auxi
extremitez de chaque Pillier ; desorte
que les Pilliers s'enclavent dans les deux
Rectangles , au moyen de quatre clavettes
qui servent à serrer le Rectangle superieur contre les Pilliers. Au milieu de
chaque Rectangle est placée une traverse
14 Volo Cvj. qui
1316 MERCURE DE FRANCE
qui sert à affermir le Montant du milieu.
Deux autres Montans sont placez au
milieu des petits côtez des Rectangles ;
desorte que ces trois Montans sont placez
sur la même ligne et vis-à- vis les úns des
autres leur usage , est de soutenir les
Roues de la sonnerie et celles du Mouvêment.
Le quatriéme Montant est placé sur
l'un des deux grands côtez des Rectangles ; son usage est de soutenir la Roue de
Compte et le Pignon qui la fait tourner.
La Verge des Palettes est soutenuë par
deux Coqs , à une distance convenable
de la Roue de rencontre ; l'un de ces
Coqs soutient aussi la Verge du Pendule.
Le cinquiéme Montant est opposé au
Montant qui porte la Roue de Compte ;
son usage est de porter la Roue de Cadran et l'Etoile qui doit la faire tourner.
Je finis cette Description par le Volant,
c'est un Arbre qui porte un Pignon à
l'un de ses bouts , et à l'autre il y a un
Pivot qui débordé le Montant du côté
de la sonnerie ; sur ce Pivot tournent
deux Palettes de taule , lesquelles sont
plus ou moins grandes , suivant qu'on
veut faire sonner l'Horloge plus vite ou
plus lentement.
"
II. Vol. Now-
JUIN. 1732. 13177
Nouvelle construction de grosses Horloges ,
dans lesquelles tous les Arbres des Roues.
sont placez sur un Rectangle posé hori- sontalement.
Pour distinguer les deux constructions,
je nommerai celle qui est en usage , Horloge Verticale , à cause que les Roiies y
sont placées entre des plans verticaux , et
la nouvelle horisontale , à cause , que ses
Roues sont placées sur un Parallelograme rectangle , posé horisontalement.
En posant toutes les Roües sur un Rec--
tangle , de onze pieces , dont la Cage est
composée dans la construction ordinaire,
j'en supprime dix , et je ne retiens que le
Rectangle inferieur , que je fais un peu
plus grand , en donnant seulement plus
de longueur aux deux petits côtez ; ce
Rectangle , quoique plus grand , sera plus
aisé à faire que dans la construction verticale , parce qu'on le fera toûjours de
quatre pieces , sans que pour cela il en
soit moins solide. Il n'en est pas de même dans la construction ordinaire , car
on est obligé de faire ce Rectangle d'une
seule piece , afin de lui donner toute la
solidité qu'il doit avoir. Les dix Pieces
supprimées par la nouvelle construction,
sont les quatre Pilliers , les cinq Montans,
11. Vol. Je
1218 MERCURE DEFRANCE
le Cercle ou Chassis superieur , toutes ces
pieces sont non-seulement difficiles à faire
par elles-mêmes , mais encore difficiles à
ajuster pour les faire cadrer avec solidité
et précision , les unes avec les autres.
Outre la suppression des pieces dont
je viens de parler , il y a encore une diminution d'ouvrage assez considerable
dans les Chappes des Remontoirs et dans
les Coqs qui soutiennent la verge des
palettes ; desorte que dans l'Horloge ho
risontale composée de roues de même
grandeur, il y aura environ un tiers moins
d'ouvrages que dans le Vertical ; d'où il §
s'ensuit que le premier ne coûtera que
deux mille livres , lorsque le dernier en couteroit trois.
ཏི
Non-seulement la nouvelle Horloge
est plus simple, mais encoreelle est meil
leure et de plus longue durée que l'an
cienne, à cause que les frottemens y sont considerablement diminuez , et c'est ce
que jespere démontrer par le Problêmequi suit, et que j'appliquerai à la nouvelle construction.
Problême de Mécanique.
Une rone étant donnée avec son tambour
on Cilindre de même diametre , dont l'Arbre sera posé horisontalement, trouver deux
M. Vola points
JUIN. 17320 1373
points à la circonference de la roue , ausquels on・puisse placer un pignon , de telle
sorte que dans l'un l'action d'un poids ap
pliqué au cilindre par le moyen d'une cor- de soit zero sur l'arbre de la roue ,
et
dans l'autre que l'action de ce même poids
soit double de sa pesanteur sur le même
arbre.
.
passer une
Je suppose que la roue A. B. est don
née et que son Arbre est posé horisontalement; si par le centre et la circonfes
rence de cette Rože , on fait
ligne horisontale prolongée de part et
d'autre je dis que cette ligne conpera la circonference de la Rone aux deux points.
requis par les conditions du Problême.
FIG. I. Il est évident que les cordes
qui soutiennent des poids sont toûjours
Verticales , donc la corde A. C. qui soutient le poids P. est perpendiculaire à la -
ligne horizontale. B.
Ayant supposé le diametre du Tambour ;
égal au diametre de la Roue , je puis ap pliquer la corde à la circonference de la
Roue , sans rien changer à la proposi
tion.
FIG. II. La Róüe A. B. ayant son
point d'appui sur le pignon D. et au
point S. il s'ensuit necessairement que
l'action du poids P. sera zero sur l'Axe
Ila Vol de
1320 MERCURE DE FRANCE
de la Roüe , puisque la ligne de direction de la corde passe par le point S.
point d'appui de la Roue.
FIG. III. La même Roue A. B. ayant
son point d'appui sur le même Pignon
D. transporté au côté opposé , il s'ensuivra necessairement que l'action du
poids P. ( sur l'Arbre de la Roüe ) sera
du double de sa pesanteur; cela est évident, puisque la ligne S. A. est double
de la ligne S. E. ce qu'il falloit démontrer..
Premier Corolaire.
Il suit évidemment de ce qui vient
d'être démontré , que le Pignon étant
placé dans un point quelconque de la
demi-circonference A. A. l'action du poids.
sur l'Axe E. sera toûjours moindre que
sa pesanteur absoluë.
Au contraire le Pignon étant placé
dans un point quelconque de la demi- cir
conference opposée , l'action du poids sur
l'Axe E. sera plus grande que sa pesanteur absolue , d'où il suit encore qu'on
doit toûjours faire passer la corde entre
l'Axe du Pignon et celui de la Roüe , et
perpendiculairement à un plan qui passeroit par les deux Axes. Cette disposition de la corde est si avantageuse, qu'on
doit la mettre en usage , non seulement:
II. Vol. dans.
JUIN. 1732 1327
Fig.10.
€
E
Fig.2.
B
B E
Fig.3.
B
E
A
A
dans les Horloges et les pendules à poids,.. mais encore dans toutes les Machines à
II. Vol.
roles
322 MERCURE DE FRANCE
roües et à poids , excepté celles qui n'ont
qu'un ressort simple , enfermé dans un barillet , comme sont les Pendules à ressort
Deuxième Corolaire.
Il suit encore que l'Axe de la Roue sera
plus ou moins chargé par le poids , suivant le diametre du Cilindre ; desorte
que la corde passant entre les deux Axes ,
celui de la grande Roue sera toûjours
chargé d'une quantité plus petite que la
totalité du poids au contraire , en fai
sant passer la corde du côté opposé , l'Axe
de la Roüe sera toûjours chargé d'une
plus grande quantité que la totalité du
poids.
Comme dans l'Horloge horisontale les
'Axes des Roues sont dans la situation requise par le Problême , il s'ensuivra necessairement que le frottement sur les
Pivots des grandes Roues , sera moins
grand qu'en toute autre position. Cette´
circonstance seule est plus que suffisante
pour rendre la nouvelle construction ab
solument préferable à l'ancienne ; car il
ya de grosses Horloges dont chaque
poids est de mille à douze cens livres
pesant , plus ou moins , selon leur grosseur; il est aisé de s'imaginer que de tels
poids doivent produire de grands frotte1. Vol. mens
JUIN. 1732 13238
mens , et parconsequent une usure continuelle , laquelle détruisant sans cesse
les rapports des engrenages des grandes
Roues d'avec les Roues moyennes , oblige
à des réparations fréquentes , comme de
faire remonter les grandes Roües en rebouchant les troux de leurs Pivots.
de
L'Horloge horisontale ne sera nulle
ment sujette aux réparations que je viens
remarquer , on pourra même l'incliner de quelques degrez, afin que les poids
dirigeant toujours les grandes Roues vers
les Roues moyennes , ils rétablissent sans
cesse l'usure causée par le frottement des
dents des grandes Roües.
Par ce qui vient d'être dit , on doit remarquer que la nouvelle Horloge étant
moins sujette à l'usure, il en coûtera moins
pour l'entretien ; par exemple , si une
Horloge ordinaire coûte par an cent liv.
d'entretien , celle-·cy: n'en coûtera pas -
cinquante:
J'ajoûterai encore qu'elle sera incom--
parablement plus aisée à nettoyer , à cause qu'on pourra démonter les Routes les
unes après les autres ; au lieu que dans
l'ordinaire on est obligé de déplacer trois
Roues et le Montant tout à la fois ; on
est encore obligé de soutenir toutes ces
Pieces avec la main , et dans le même
11. Vol. -temps
1324 MERCURE DE FRANCE
temps , ce qui est assez difficile sur tout
pour les grandes Horloges dont les premieres Roües seules avec leurs fusées , pe
sent quelquefois jusqu'à deux cens livres
desorte qu'il faut plusieurs hommes pour
en démonter une.
Remarques.
La solution du Problême est exactement vraye dans le cas où le Pignon est
dans un repos absolu , mais lorsqu'il tourne , le frottement diminue sur l'Axe de
là Roue , à mesure que la vitesse du Piè
gnon est augmentée.
Comme cette circonstance ne touche
aucun des avantages réunis dans la position horisontale , j'ai négligé d'y avoir
égard dans la résolution du Problême ,
afin de le simplifier ; cependant je croi
qu'il est à propos de mettre sous les yeux
la question dont il s'agit , quoiqu'elle ne
soit ici que de pure curiosité.
10. Je suppose que la résistance du
Pignon est zero , et que le poids qui le
fait tourner au moyen de la Rouie , tombe aussi vite qu'il le feroit , s'il tomboit
dans l'air libre.
2°. Je suppose qu'un poids tombant
dans l'air libre , a une vitesse uniforme
et que cette vitesse est égale à celle du
5
II. Vol son ,
JUIN. 1732. 1325
son, laquelle parcourt environ 90. toises
par seconde.
39, Je suppose que le Pignon appliqué
à la Roue de sonnerie fait un tour en
deux secondes, et que le même Pignon
appliqué au mouvement, fait son tour en un demi quart d'heure.
par
En place des differentes résistances que
le Pignon oppose à être mû , je substi
tuerai la suite les espaces parcourus
par le poids , il est évident que cette substitution ne changera rien à l'état de la
proposition.
Or si le poids appliqué à la Roiie de
sonnerie parcourt trois pouces en deux
secondes , et si tombant dans l'air libreil parcourt dans le même temps 180..
toises , on aura par le calcul 30 égal à la
diminution du frottement sur l'Axe de
la Roue de sonnerie.
Si le poids appliqué à la Roue du
mouvement , parcourt trois pouces en
un demi quart d'heure , tombant dans
l'air libre , il parcourra dans le même
temps 13500. toises , ce qui donnera par
le calcul 972200 égal à la diminution du
frottement sur la Roue du mouvement.
3
Comme il est évidemment très-avantageux de faire les Horloges aux quarts ,
suivant la nouvelle construction , j'ai crû
11. Vol qu'il
326 MERCURE DE FRANCE
2 qu'il étoit inutile d'en faire un article
separé , à cause qu'il est très-aisé de s’imaginer que pour faire une Horloge aux
quarts , suivant la construction horisontale , il ne faut que le seul Chassis inferieur d'une Horloge aux quarts , mais un
peu plus grand que dans la construction
ordinaire , et placer toutes les Roües dessus , comme dans l'Horloge simple, D'ail
leurs ceux qui souhaiteront avoir des instructions plus particulieres ou faire faire
de ces sortes d'Ouvrages , pourront en
voir un Modele , ( rue Bribouché ) chez
M. Roussel , qui est très habile Horloger er generalement versé dans tout ce
qui concerne les Horloges dont je viens
de parler.
Fermer
Résumé : NOUVELLE Maniere de construire de grosses Horloges, non-seulement plus simples que celles que l'on a faites jusqu'à present, mais encore d'un meilleur usage et à meilleur marché. Memoire lû à la Société des Arts le 29. Mars dernier, par M. Julien le Roy, Horloger du Roy et de la même soiciété.
M. Julien le Roy, horloger du Roi et membre de la Société des Arts, propose une nouvelle méthode de construction des grandes horloges, plus simple, efficace et économique que les précédentes. Il souligne la difficulté d'innovation dans les arts mécaniques, souvent due au manque d'imagination et à la dépendance au hasard. Les grandes horloges traditionnelles, comme celles de l'Hôtel de Ville ou de Saint-Paul à Paris, sont composées de huit roues (quatre pour le mouvement et quatre pour la sonnerie) et divers mécanismes tels que la bascule, la détente, la verge des palettes et le volant. La nouvelle méthode, appelée 'horloge horizontale', simplifie cette structure en supprimant dix des onze pièces de la cage traditionnelle, ne conservant que le rectangle inférieur. Cette simplification réduit les frottements et l'usure, augmentant ainsi la durée de vie de l'horloge et diminuant les coûts d'entretien. La disposition horizontale des roues minimise les forces de frottement, comme démontré par un problème de mécanique. L'horloge horizontale est également plus facile à démonter et à nettoyer, facilitant les réparations et l'entretien. Le Roy affirme que cette nouvelle méthode est préférable à l'ancienne, tant en termes de coût que de durabilité. L'auteur reconnaît avoir simplifié le problème en négligeant certains avantages de la position horizontale. Il présente plusieurs hypothèses pour résoudre ce problème : la résistance du pignon est nulle, un poids tombant dans l'air libre a une vitesse uniforme de 90 toises par seconde, et le pignon appliqué à la roue de sonnerie fait un tour en deux secondes, tandis que celui appliqué au mouvement fait un tour en un demi-quart d'heure. Il substitue les différentes résistances du pignon par les espaces parcourus par le poids, ce qui ne change pas l'état de la proposition. Il calcule la diminution du frottement sur l'axe de la roue de sonnerie et sur la roue du mouvement. Il conclut qu'il est avantageux de construire des horloges aux quarts selon la nouvelle méthode horizontale et fournit des informations sur où obtenir des instructions ou des modèles de ces horloges.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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6275
6276
p. 1331-136
EXTRAIT du Memoire sur les Tartres Solubles, lû à la derniere Assemblée publique de l'Académie Royale des Sciences, par M. Duhamel du Monceau.
Début :
On sçait que le Tartre est une incrustation saline, qui [...]
Mots clefs :
Sel, Tartre, Soluble, Craie, Académie royale des sciences, Duhamel du Monceau
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT du Memoire sur les Tartres Solubles, lû à la derniere Assemblée publique de l'Académie Royale des Sciences, par M. Duhamel du Monceau.
EXTRAIT du Memoire sur les Tartres
Solubles , lû à la derniere Assemblée publique de l'Académie Royale des Sciences,
par M.Duhamel du Monceau.
O
Nsçait que leTartre est une incrustation saline , qui s'attache aux parois interieures des vaisseaux qu'on emplit de vin.
•
Beaucoup d'Auteurs donnent une maniere de purifier ce Sel , pour l'avoir en
II. Vol.
Dij beaux
1332 MERCURE DE FRANCE
beaux Cristaux ; mais il s'en faut beaucoup que par leur procedé on parvienne
à en avoir d'aussi beaux que ceux qu'on
nous apporte de Montpellier. M. Fize
de la Societé Royale de Montpellier , a
envoyé à l'Académie des Sciences , un
fort beau Memoire, dans lequel il détaille d'une maniere fort circonstanciée ,
tout ce qu'on pratique aux environs de
cetteVille pour y préparer ces beaux Cristaux de Tartre , qui se distribuent presque par tout le Royaume.
Ir paroît que le procedé en usage auprès de Montpellier , differe de celui qui
est rapporté dans les Auteurs , principa
lement par une Terre blanche qu'on mêle
avec le Sel crud, apparamment pour lui
ôter une graisse surabondante et grossiere,
qui altere la beauté de ce Sel.
M. Duhamel , tant pour s'assurer de
la maniere dont cette Terre agissoit sur
le Sel , que dans le dessein de trouver des Terres pour substituer à celle de Montpellier , s'est proposé de traiter le Tartre
avec un grand nombre de Terres ; mais
dans l'execution des experiences qu'il
avoit prémeditées , il fut très- surpris de
voir plusieurs sortes de Terres décomposer , pour ainsi dire , le Tartre , et en faire un vrai Sel soluble , au lieu de le purifier simplement,
Ce
JUIN. 173.2. 1333
Ce Phénomene , à quoi il avoue qu'il
ne s'attendoit pas , lui fit quitter son objet , et il ne travailla presque plus qu'à
rendre le Tartre soluble par des Terres
alcalines, ce qu'on n'avoit fait jusqu'à present que par des Sels Alcalis.
Pendant que M. Duhamel étoit occupé à cette recherche , M. Grosse , faisant
attention aux differentes métamorphoses
que prend le Cristal de Tartre , suivant
les differens Sels Alcalis , avec lesquels
on le joint , fut tenté d'essayer ce que
produiroit le mélange du Sel de Tartre
avec les Terres Alcalines , et ainsi les deux
Académiciens entreprirent , sans le sçavoir , la même recherche.
Au retour des Vacances , ayant appris
P'un et l'autre qu'ils avoient embrassé le
même objet , ils se communiquerent leur
travail sans réserve , et ils eurent le plaisir
réciproque de trouver une conformité
parfaite dans leurs découvertes ; ce qui
les détermina à suivre leurs recherches ,
de concert, pour n'en faire qu'un seul et
même Ouvrage ; et cela a donné lieu à un
Memoire très-considerable , dont M. D.
a lû un abregé à la derniere Assemblée
publique de l'Académie , et dont nous
allons essayer de donner une idée.
Tout le monde sçait que le Cristal.de
II. Vol. Diij Sel
334 MERCURE DE FRANCE
Sel n'est pas soluble dans l'eau ; mais lors
qu'on mêle ce Sel essentiel Acide avec le
Sel Alcali de Tartre , il en résulte un Sel
moyen qui se fond aisément dans l'eau
et qu'on appelle Sel Vegetal.
M. Bolduc fit voir l'année derniere å
l'Académie , que si l'on employe au lieu
du Sel Tartre , le Sel Alcali fixe de la
Soude , on obtient un Sel particulier tout
à- fait semblable au fameux Sel de la Rochelle ou de Seignet.
M. le Febvre , Médecin d'Uzès , et Cofrespondant de l'Académie , est encore.
parvenu à rendre soluble ce même Cristal de Tartre, d'une maniere tout-à- fait
singuliere , par le moyen du Borax , qui
est , à la verité , un Sel Alcali , comme
M. Lémery l'a depuis démontré dans un
Mémoire qu'il a lû à l'Académie.
Enfin M" D. et G. viennent aussi de
rendre ce Sel essentiel par l'alliage de la
Terre , de la Chaux ou de la Craye , ou
des yeux d'Ecrevisse , ou des Écailles.
d'Huitres , ou enfin d'autres Alcalis térreux.
Ainsi ces Académiciens ont fait jouer
à ces Terres Alcalines tout le reste des
Sels Alcalis , et qui plus est , ils démontrent que ces substances agissent ici
comme Terres,et non pas par aucuns Sels
11. Vol. fixes
JUIN. 1732 1335 1
fixes qu'elles contiennent , et ils rapportent beaucoup d'experiences qui confirment le sentiment de ceux qui soutiennent que les Sels fixes agissent simplement par leurs Terres ; mais les bornes
d'un Extrait sont trop resserrées pour
entreprendre de détailler les experiences
qui servent de baze à ces principes , ainsi
nous nous contenterons de rapporter en
peu de mots , comme ces M" s'y sont pris
pour rendre le Sel soluble par la Craye.
Ils ont mit dans une Bassine , avec quafre à cinq livres d'eau , une demie livre
de Craye de Champagne pulverisée , et
Forsque l'eau a commencé à bouillir , ils
ont jetté sur cette bouillie claire , une
livre et demie de Cristal de Sel en poudre , ce qui a excité une violente fermentation , pendant laquelle tout le Tartre
s'est fondu et la Craye a disparu entierement ; desorte que tout a passé par le
papier gris , et la liqueur filtrée a donné
de beaux Cristaux de Tartre soluble , qui
se fondent aisément dans l'eau froide , qui
brulent sur la pelle rouge , qui font un
vrai Sel neutre , et qui ont un goût pres
que semblable au Sel de la Rochelle.
Cependant par une décomposition fort
jolie , dont ils donnent la pratique dans
leur Memoire , ils sont parvenus à retiII. Vol.
D iiij rer
1336 MERCURE DE FRANCE
rer la Craye et le Tartre, tels que chacune de ses substances étoit avant d'avoir
été employée ; ainsi les prodigieux changemens qui sont arrivez au Sel dans cette
operation , ne peuvent être légitimement
attribucz qu'à l'alliage d'un peu de la Terre de la Craye.
Entre les Terres qu'ils ont employées ,
il y en a beaucoup qui n'ont pas rendu le
Sel soluble , mais qui ont été utilement
employées pour le dégraisser. La Terre de
Montpellier , dont nous avons parlé , la
Terre qu'on employe dans les raffineries
de Sucre , la Terre grasse ordinaire , la
Craye de Brianson , &c. ont été de cette
nature.
Or comme il est bon de sçavoir distinguer les Terres qui peuvent décomposer le Sel , d'avec celles qu'on doit employer pour le purifier , ils proposent un
moyen très-facile , qui peut être employé
comme une Pierre de touche, pour faire cette distinction ; c'est de verser sur ces
Terres du Vinaigre distillé , car celles qui
seront dissoutes par cet Acide , rendront
infailliblement le Sel soluble , au lieu que
les autres ne l'altereront point du tout ;
elles se chargeront seulement d'une huille
grossiere , qui altere la blancheur de ce
Sel.
11
Solubles , lû à la derniere Assemblée publique de l'Académie Royale des Sciences,
par M.Duhamel du Monceau.
O
Nsçait que leTartre est une incrustation saline , qui s'attache aux parois interieures des vaisseaux qu'on emplit de vin.
•
Beaucoup d'Auteurs donnent une maniere de purifier ce Sel , pour l'avoir en
II. Vol.
Dij beaux
1332 MERCURE DE FRANCE
beaux Cristaux ; mais il s'en faut beaucoup que par leur procedé on parvienne
à en avoir d'aussi beaux que ceux qu'on
nous apporte de Montpellier. M. Fize
de la Societé Royale de Montpellier , a
envoyé à l'Académie des Sciences , un
fort beau Memoire, dans lequel il détaille d'une maniere fort circonstanciée ,
tout ce qu'on pratique aux environs de
cetteVille pour y préparer ces beaux Cristaux de Tartre , qui se distribuent presque par tout le Royaume.
Ir paroît que le procedé en usage auprès de Montpellier , differe de celui qui
est rapporté dans les Auteurs , principa
lement par une Terre blanche qu'on mêle
avec le Sel crud, apparamment pour lui
ôter une graisse surabondante et grossiere,
qui altere la beauté de ce Sel.
M. Duhamel , tant pour s'assurer de
la maniere dont cette Terre agissoit sur
le Sel , que dans le dessein de trouver des Terres pour substituer à celle de Montpellier , s'est proposé de traiter le Tartre
avec un grand nombre de Terres ; mais
dans l'execution des experiences qu'il
avoit prémeditées , il fut très- surpris de
voir plusieurs sortes de Terres décomposer , pour ainsi dire , le Tartre , et en faire un vrai Sel soluble , au lieu de le purifier simplement,
Ce
JUIN. 173.2. 1333
Ce Phénomene , à quoi il avoue qu'il
ne s'attendoit pas , lui fit quitter son objet , et il ne travailla presque plus qu'à
rendre le Tartre soluble par des Terres
alcalines, ce qu'on n'avoit fait jusqu'à present que par des Sels Alcalis.
Pendant que M. Duhamel étoit occupé à cette recherche , M. Grosse , faisant
attention aux differentes métamorphoses
que prend le Cristal de Tartre , suivant
les differens Sels Alcalis , avec lesquels
on le joint , fut tenté d'essayer ce que
produiroit le mélange du Sel de Tartre
avec les Terres Alcalines , et ainsi les deux
Académiciens entreprirent , sans le sçavoir , la même recherche.
Au retour des Vacances , ayant appris
P'un et l'autre qu'ils avoient embrassé le
même objet , ils se communiquerent leur
travail sans réserve , et ils eurent le plaisir
réciproque de trouver une conformité
parfaite dans leurs découvertes ; ce qui
les détermina à suivre leurs recherches ,
de concert, pour n'en faire qu'un seul et
même Ouvrage ; et cela a donné lieu à un
Memoire très-considerable , dont M. D.
a lû un abregé à la derniere Assemblée
publique de l'Académie , et dont nous
allons essayer de donner une idée.
Tout le monde sçait que le Cristal.de
II. Vol. Diij Sel
334 MERCURE DE FRANCE
Sel n'est pas soluble dans l'eau ; mais lors
qu'on mêle ce Sel essentiel Acide avec le
Sel Alcali de Tartre , il en résulte un Sel
moyen qui se fond aisément dans l'eau
et qu'on appelle Sel Vegetal.
M. Bolduc fit voir l'année derniere å
l'Académie , que si l'on employe au lieu
du Sel Tartre , le Sel Alcali fixe de la
Soude , on obtient un Sel particulier tout
à- fait semblable au fameux Sel de la Rochelle ou de Seignet.
M. le Febvre , Médecin d'Uzès , et Cofrespondant de l'Académie , est encore.
parvenu à rendre soluble ce même Cristal de Tartre, d'une maniere tout-à- fait
singuliere , par le moyen du Borax , qui
est , à la verité , un Sel Alcali , comme
M. Lémery l'a depuis démontré dans un
Mémoire qu'il a lû à l'Académie.
Enfin M" D. et G. viennent aussi de
rendre ce Sel essentiel par l'alliage de la
Terre , de la Chaux ou de la Craye , ou
des yeux d'Ecrevisse , ou des Écailles.
d'Huitres , ou enfin d'autres Alcalis térreux.
Ainsi ces Académiciens ont fait jouer
à ces Terres Alcalines tout le reste des
Sels Alcalis , et qui plus est , ils démontrent que ces substances agissent ici
comme Terres,et non pas par aucuns Sels
11. Vol. fixes
JUIN. 1732 1335 1
fixes qu'elles contiennent , et ils rapportent beaucoup d'experiences qui confirment le sentiment de ceux qui soutiennent que les Sels fixes agissent simplement par leurs Terres ; mais les bornes
d'un Extrait sont trop resserrées pour
entreprendre de détailler les experiences
qui servent de baze à ces principes , ainsi
nous nous contenterons de rapporter en
peu de mots , comme ces M" s'y sont pris
pour rendre le Sel soluble par la Craye.
Ils ont mit dans une Bassine , avec quafre à cinq livres d'eau , une demie livre
de Craye de Champagne pulverisée , et
Forsque l'eau a commencé à bouillir , ils
ont jetté sur cette bouillie claire , une
livre et demie de Cristal de Sel en poudre , ce qui a excité une violente fermentation , pendant laquelle tout le Tartre
s'est fondu et la Craye a disparu entierement ; desorte que tout a passé par le
papier gris , et la liqueur filtrée a donné
de beaux Cristaux de Tartre soluble , qui
se fondent aisément dans l'eau froide , qui
brulent sur la pelle rouge , qui font un
vrai Sel neutre , et qui ont un goût pres
que semblable au Sel de la Rochelle.
Cependant par une décomposition fort
jolie , dont ils donnent la pratique dans
leur Memoire , ils sont parvenus à retiII. Vol.
D iiij rer
1336 MERCURE DE FRANCE
rer la Craye et le Tartre, tels que chacune de ses substances étoit avant d'avoir
été employée ; ainsi les prodigieux changemens qui sont arrivez au Sel dans cette
operation , ne peuvent être légitimement
attribucz qu'à l'alliage d'un peu de la Terre de la Craye.
Entre les Terres qu'ils ont employées ,
il y en a beaucoup qui n'ont pas rendu le
Sel soluble , mais qui ont été utilement
employées pour le dégraisser. La Terre de
Montpellier , dont nous avons parlé , la
Terre qu'on employe dans les raffineries
de Sucre , la Terre grasse ordinaire , la
Craye de Brianson , &c. ont été de cette
nature.
Or comme il est bon de sçavoir distinguer les Terres qui peuvent décomposer le Sel , d'avec celles qu'on doit employer pour le purifier , ils proposent un
moyen très-facile , qui peut être employé
comme une Pierre de touche, pour faire cette distinction ; c'est de verser sur ces
Terres du Vinaigre distillé , car celles qui
seront dissoutes par cet Acide , rendront
infailliblement le Sel soluble , au lieu que
les autres ne l'altereront point du tout ;
elles se chargeront seulement d'une huille
grossiere , qui altere la blancheur de ce
Sel.
11
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Résumé : EXTRAIT du Memoire sur les Tartres Solubles, lû à la derniere Assemblée publique de l'Académie Royale des Sciences, par M. Duhamel du Monceau.
Le 'Mémoire sur les Tartres' présenté par M. Duhamel du Monceau à l'Académie Royale des Sciences aborde la purification du tartre, une incrustation saline présente dans les vaisseaux de vin. Plusieurs méthodes ont été proposées pour obtenir des cristaux de tartre, mais celles de Montpellier sont particulièrement reconnues. Le procédé de Montpellier utilise une terre blanche pour éliminer la graisse du sel. M. Duhamel a expérimenté avec diverses terres pour purifier le tartre et a découvert que certaines terres alcalines peuvent le rendre soluble, contrairement à la simple purification. M. Grosse, intéressé par les métamorphoses du cristal de tartre, a également commencé des recherches similaires. Les deux académiciens ont collaboré après avoir découvert qu'ils travaillaient sur le même sujet, menant à un mémoire conjoint. Le texte explique que le cristal de tartre n'est pas soluble dans l'eau, mais devient soluble lorsqu'il est mélangé avec des sels alcalins, formant un sel végétal. Différents sels et substances, comme la soude, le borax, la chaux, la craie, et des alcalis terreux, ont été utilisés pour rendre le tartre soluble. Les académiciens ont démontré que ces substances agissent comme des terres et non par leurs sels fixes. Le mémoire détaille également une méthode pour distinguer les terres capables de décomposer le tartre de celles utilisées pour le purifier, en utilisant du vinaigre distillé comme pierre de touche.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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6277
p. 1337-13[4]4
ODE SACRÉE, Tirée du Pseaume 113, In Exitu Israël, &c.
Début :
Irrité par la barbarie, [...]
Mots clefs :
Dieu, Seigneur, Psaume, Israël, Voeux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ODE SACRÉE, Tirée du Pseaume 113, In Exitu Israël, &c.
DE SA CREE,
Tirée du Pseaume 113 , In Exitu Israël, &c.
IRrité Rrité par la barbarie ,
D'un Peuple idolâtre et cruel ,
Le Seigneur , aux Fils d'Israël ,
Promit leur ancienne Patrie.
Alors , sous un Chef redouté ,
De Jacob la féconde Race ,
Brisa par une sainte audace ,
Les fers de sa Captivité.
Heureuses Plaines de Judée ,
Le Ciel daigna vous confier ,
La gloire de sanctifier ,
La Troupe qu'il avoit guidée ;
Votre bonheur fut résolu ,
Quand l'Etre par qui tout respire ,
Soumit vos guerets à l'Empire ,
Du Peuple qu'il avoit élû.
Mais en la présence terrible ,
Du Dieu qui créa l'Univers ,
Combien de prodiges divers !
La Mer même y parut sensible ;;
IL Vol. D V Son
1338 MERCURE DE FRANCESon vaste sein s'épouventa ;
Ses flots fuyoient d'un cours rapide,
Tandis que le Jourdain timide ,
Jusqu'à sa source remonta.
On vous vit , superbes Montagnes
On vous vit , steriles Côteaux ,
Aussi legers que les Troupeaux ,
Qui bondissent dans les Campagnes.
O! Mer, qui te fit reculer 2
O! Jourdain , pourquoi sur tes Rives ,
Vit- on les ondes fugitives ,
Vers leur origine couler ?.
Monts sacrez , Collines tranquiles ,,
Apprenez -nous quel changement s
Vous imprime le mouvement ,.
Des animaux les plus agiles ;,
L'Etre Eternel se découvroit ;
La Terre cessa d'être stable ,
A l'aspect du Dieu redoutable ,
Du Dieu que Jacob adoroit.
C'est lui dont la bonté presente ,
Aux cœurs qui sçavent le chercher ,
Change le sterile Rocher ,
En une Source bienfaisante ;
La pierre obéit à sa voix;'
II Vol. M
༣ JUIN 1732 1339 .
Il parle et soudain l'Onde coule ,
'Au gré de cette ingrate foule ,
Qui murmure contre ses Loix.
Seigneur, aux yeux des foibles hommes ;
Quand tu fais briller ta splendeur ,
L'immensité de ta grandeur ,
Nous instruit du peu que nous sommes :
Sage Auteur de notre raison "
Inspire-nous toûjours de croire
Qu'il ne nous est point dû de gloire ;
Qu'il n'en appartient qu'à ton Nom.
Fais que malgré leur arrogance
Les Humains puissent concevoir ,
La verité de ton pouvoir "
Et les trésors de ta clémence ;
Que les. Infideles privez ,
Des avantages de ton culte
N'osent plus dire avec insulte 9
Quel est le Dieu que vous servez ?
Le Dieu qui reçoit notre hommage ,
'Assis sur la Voute des cieux ,
'Attache ŝans cesse ses yeux ,
1
Sur l'homme , son plus cher ouvrage ;
Aux tendres soins de sa bonté ,
Le Monde entier doit sa naissance ,
IL. Vol Et D vj
1340 MERCURE DE FRANCE
Et, pour limite , sa puissance ,
Ne connoît que sa volonté.
Flatez d'esperances frivoles ,
Chaque jour on voit des Mortels,
Dresser, à l'envi , des Autels ,
A de chimeriques Idoles ;
Quelle honte pour les Humains
D'adorer un Métail sordide !
De fléchir un genoüil timide ,
Devant l'ouvrage de leurs mains.
Vainement l'Ouvrier habile,
Prête une bouche à ces faux Dieux
En vain le ciseau sur leurs yeux ,
Taille une paupiere immobile ;
On ne verra point à des sons
Ceder leurs levres inflexibles ,
Ni leurs yeux devenir sensibles ,
Au Soleil dont nous jouissons.
Tel qui veut chanter les merveilles ,
Des Dieux qu'il se fait à son choix,
Ose-t'il penser que sa voix ,
Percera leurs sourdes oreilles ?
Ces vains fantômes de l'erreur ,
Honorez d'un Peuple crédule ,
Dans le moment que l'encens brule ,
Ignorent quelle en est l'odeur.
II. Vol. Sans
JUIN. 1732. 1347
Sans cesse ma raison demande ,
Si jamais leurs pieds agiront ,
Ou si leurs mains discerneront ,
Le prix d'une riche Guirlande ;
Ont-ils quelques droits sur nos jours.
Quand leur silence opiniâtre ,
Résiste aux cris de l'Idolâtre,
Qui les appelle à son secours.
•
Malheur à l'aveugle qui compte,
Sur un Métail inanimé ;
Puisse celui qui l'a forme,
De son Dieu partager la honte!
Puissent tous ceux de qui l'encens,
Indignement se prostituë ,
Devant une froide Statuë,
Perdre l'usage de leurs sens !
Aux pieds du vrai Dieu prosternée,
La sage Maison d'Israël ,
Fonda sur son bras immortel ,
Tout l'espoir de sa destinée.
Par quel secours , par quel appui ,
Le Seigneur , prodigue pour elle ,
A-t'il récompensé le zele ,
Des cœurs qui n'invoquoient que lui ?
Avec la même confiance ,
II.Vol.
Les
1342 MERCURE DE FRANCE
Les Fils illustres d'Aaron ,
En la grandeur de son saint nom ,
Mettant leur plus ferme esperance ;
Par mille bienfaits répandus ,
A chaque instant Dieu se déclare
Le Protecteur de la Thiare ,
Dontil couronne leurs vertus,
Qu'ils sont forts , malgré leur foiblesse
Ceux qui porte au fond du cœur ,
Cette humble crainte du Seigneur
D'où naît la plus haute sagesse ;
Tous ces illustres Combattans ,
Pour prix d'une fidelle attente
Reçoivent la grace constante ,
Qui les soutient dans tous les temps.
".
Mais dans notre triste carriere ,
Nous-mêmes n'éprouvons nous pas
Que le Seigneur à tous nos pas
Prête sa divine lumiere ?
Loin que nos vœux soient oubliez
Tout nous apprend que sa Justice ,
Abeni l'ardent SacrificeDe nos desirs humilicz.
Ainsi d'un secours efficace ,
Israël mérita le don…
II. Vale Ainsi
JUIN. 173.20 7343 Ainsi le Pontife Aaron ,
L'obtint pour son Auguste Race;
Ainsi le Dieu de Verité ,
Soutient par les graces qu'il donne ,
Et la Houlette et la Couronne
De qui craint sa Divinité.
Puisse-t'il, ce Dieu favorable
A qui vous adressez vos vœux
Et sur vous et sur vos neveux
Répandre sa grace ineffable !
Soyez tous benis, du Seigneur,
Dont la voix commande au Tannerre,
Er #
que le Ciel avec la Terre,
Reconnoît pour son Créateur.
Lorsqu'il se proposa lui- même ,
De regler le Monde à son gré,
Au-dessus du Ciel azuré ,
Il plaça son. Trône suprême.
Le Firmament fut son séjour ,
Et la Terre obscure où nous sommes
Devint le partage des hommes,
Qu'avoit enfantez son amour.
Dieu puissant , Souverain des Anges,.
Les Humains plongez par le sort ,
Dans les tenebres de la mort ,
Ne publieront point tes louanges ;
IL. Vob Tom
1334 MERCURE DE FRANCE 4
Ton nom ne sera point chanté ,
Par ces ames infortunées ,
Que tajustice a condamnées ,
Agémir loin de ta clarté,
Mais nous , qui jouissons encore
Du Soleil , que tu fais mouvoir ,
Seigneur , pour benir ton pouvoir ,
Nous sçavons devancer l'Aurore :
Tous nos vœux seront satisfaits,
Des jours que ta bonté nous laisse
Si nous les consacrons sans cesse ,
Au souvenir de tes bienfaits
Tirée du Pseaume 113 , In Exitu Israël, &c.
IRrité Rrité par la barbarie ,
D'un Peuple idolâtre et cruel ,
Le Seigneur , aux Fils d'Israël ,
Promit leur ancienne Patrie.
Alors , sous un Chef redouté ,
De Jacob la féconde Race ,
Brisa par une sainte audace ,
Les fers de sa Captivité.
Heureuses Plaines de Judée ,
Le Ciel daigna vous confier ,
La gloire de sanctifier ,
La Troupe qu'il avoit guidée ;
Votre bonheur fut résolu ,
Quand l'Etre par qui tout respire ,
Soumit vos guerets à l'Empire ,
Du Peuple qu'il avoit élû.
Mais en la présence terrible ,
Du Dieu qui créa l'Univers ,
Combien de prodiges divers !
La Mer même y parut sensible ;;
IL Vol. D V Son
1338 MERCURE DE FRANCESon vaste sein s'épouventa ;
Ses flots fuyoient d'un cours rapide,
Tandis que le Jourdain timide ,
Jusqu'à sa source remonta.
On vous vit , superbes Montagnes
On vous vit , steriles Côteaux ,
Aussi legers que les Troupeaux ,
Qui bondissent dans les Campagnes.
O! Mer, qui te fit reculer 2
O! Jourdain , pourquoi sur tes Rives ,
Vit- on les ondes fugitives ,
Vers leur origine couler ?.
Monts sacrez , Collines tranquiles ,,
Apprenez -nous quel changement s
Vous imprime le mouvement ,.
Des animaux les plus agiles ;,
L'Etre Eternel se découvroit ;
La Terre cessa d'être stable ,
A l'aspect du Dieu redoutable ,
Du Dieu que Jacob adoroit.
C'est lui dont la bonté presente ,
Aux cœurs qui sçavent le chercher ,
Change le sterile Rocher ,
En une Source bienfaisante ;
La pierre obéit à sa voix;'
II Vol. M
༣ JUIN 1732 1339 .
Il parle et soudain l'Onde coule ,
'Au gré de cette ingrate foule ,
Qui murmure contre ses Loix.
Seigneur, aux yeux des foibles hommes ;
Quand tu fais briller ta splendeur ,
L'immensité de ta grandeur ,
Nous instruit du peu que nous sommes :
Sage Auteur de notre raison "
Inspire-nous toûjours de croire
Qu'il ne nous est point dû de gloire ;
Qu'il n'en appartient qu'à ton Nom.
Fais que malgré leur arrogance
Les Humains puissent concevoir ,
La verité de ton pouvoir "
Et les trésors de ta clémence ;
Que les. Infideles privez ,
Des avantages de ton culte
N'osent plus dire avec insulte 9
Quel est le Dieu que vous servez ?
Le Dieu qui reçoit notre hommage ,
'Assis sur la Voute des cieux ,
'Attache ŝans cesse ses yeux ,
1
Sur l'homme , son plus cher ouvrage ;
Aux tendres soins de sa bonté ,
Le Monde entier doit sa naissance ,
IL. Vol Et D vj
1340 MERCURE DE FRANCE
Et, pour limite , sa puissance ,
Ne connoît que sa volonté.
Flatez d'esperances frivoles ,
Chaque jour on voit des Mortels,
Dresser, à l'envi , des Autels ,
A de chimeriques Idoles ;
Quelle honte pour les Humains
D'adorer un Métail sordide !
De fléchir un genoüil timide ,
Devant l'ouvrage de leurs mains.
Vainement l'Ouvrier habile,
Prête une bouche à ces faux Dieux
En vain le ciseau sur leurs yeux ,
Taille une paupiere immobile ;
On ne verra point à des sons
Ceder leurs levres inflexibles ,
Ni leurs yeux devenir sensibles ,
Au Soleil dont nous jouissons.
Tel qui veut chanter les merveilles ,
Des Dieux qu'il se fait à son choix,
Ose-t'il penser que sa voix ,
Percera leurs sourdes oreilles ?
Ces vains fantômes de l'erreur ,
Honorez d'un Peuple crédule ,
Dans le moment que l'encens brule ,
Ignorent quelle en est l'odeur.
II. Vol. Sans
JUIN. 1732. 1347
Sans cesse ma raison demande ,
Si jamais leurs pieds agiront ,
Ou si leurs mains discerneront ,
Le prix d'une riche Guirlande ;
Ont-ils quelques droits sur nos jours.
Quand leur silence opiniâtre ,
Résiste aux cris de l'Idolâtre,
Qui les appelle à son secours.
•
Malheur à l'aveugle qui compte,
Sur un Métail inanimé ;
Puisse celui qui l'a forme,
De son Dieu partager la honte!
Puissent tous ceux de qui l'encens,
Indignement se prostituë ,
Devant une froide Statuë,
Perdre l'usage de leurs sens !
Aux pieds du vrai Dieu prosternée,
La sage Maison d'Israël ,
Fonda sur son bras immortel ,
Tout l'espoir de sa destinée.
Par quel secours , par quel appui ,
Le Seigneur , prodigue pour elle ,
A-t'il récompensé le zele ,
Des cœurs qui n'invoquoient que lui ?
Avec la même confiance ,
II.Vol.
Les
1342 MERCURE DE FRANCE
Les Fils illustres d'Aaron ,
En la grandeur de son saint nom ,
Mettant leur plus ferme esperance ;
Par mille bienfaits répandus ,
A chaque instant Dieu se déclare
Le Protecteur de la Thiare ,
Dontil couronne leurs vertus,
Qu'ils sont forts , malgré leur foiblesse
Ceux qui porte au fond du cœur ,
Cette humble crainte du Seigneur
D'où naît la plus haute sagesse ;
Tous ces illustres Combattans ,
Pour prix d'une fidelle attente
Reçoivent la grace constante ,
Qui les soutient dans tous les temps.
".
Mais dans notre triste carriere ,
Nous-mêmes n'éprouvons nous pas
Que le Seigneur à tous nos pas
Prête sa divine lumiere ?
Loin que nos vœux soient oubliez
Tout nous apprend que sa Justice ,
Abeni l'ardent SacrificeDe nos desirs humilicz.
Ainsi d'un secours efficace ,
Israël mérita le don…
II. Vale Ainsi
JUIN. 173.20 7343 Ainsi le Pontife Aaron ,
L'obtint pour son Auguste Race;
Ainsi le Dieu de Verité ,
Soutient par les graces qu'il donne ,
Et la Houlette et la Couronne
De qui craint sa Divinité.
Puisse-t'il, ce Dieu favorable
A qui vous adressez vos vœux
Et sur vous et sur vos neveux
Répandre sa grace ineffable !
Soyez tous benis, du Seigneur,
Dont la voix commande au Tannerre,
Er #
que le Ciel avec la Terre,
Reconnoît pour son Créateur.
Lorsqu'il se proposa lui- même ,
De regler le Monde à son gré,
Au-dessus du Ciel azuré ,
Il plaça son. Trône suprême.
Le Firmament fut son séjour ,
Et la Terre obscure où nous sommes
Devint le partage des hommes,
Qu'avoit enfantez son amour.
Dieu puissant , Souverain des Anges,.
Les Humains plongez par le sort ,
Dans les tenebres de la mort ,
Ne publieront point tes louanges ;
IL. Vob Tom
1334 MERCURE DE FRANCE 4
Ton nom ne sera point chanté ,
Par ces ames infortunées ,
Que tajustice a condamnées ,
Agémir loin de ta clarté,
Mais nous , qui jouissons encore
Du Soleil , que tu fais mouvoir ,
Seigneur , pour benir ton pouvoir ,
Nous sçavons devancer l'Aurore :
Tous nos vœux seront satisfaits,
Des jours que ta bonté nous laisse
Si nous les consacrons sans cesse ,
Au souvenir de tes bienfaits
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Résumé : ODE SACRÉE, Tirée du Pseaume 113, In Exitu Israël, &c.
Le poème relate l'exode des Israélites hors d'Égypte et leur traversée miraculeuse de la mer Rouge. Dieu, irrité par la barbarie d'un peuple idolâtre et cruel, promet aux Israélites leur ancienne patrie. Sous la conduite d'un chef redouté, les Israélites brisent les fers de leur captivité par une sainte audace. Les plaines de Judée sont confiées à la gloire de sanctifier le peuple guidé par Dieu. La mer Rouge et le Jourdain accomplissent des prodiges, comme reculer et remonter à leur source, tandis que les montagnes et les collines se comportent comme des troupeaux légers. Ces événements miraculeux montrent la puissance de Dieu, qui change les rochers en sources bienfaisantes et fait couler l'eau au gré d'une foule ingrate. Le poème exalte la grandeur de Dieu, qui surveille constamment l'homme, son ouvrage le plus cher. Il critique l'adoration des idoles et des faux dieux, incapables de réagir ou d'agir. La Maison d'Israël, prosternée devant le vrai Dieu, fonde son espoir sur son bras immortel. Les fils d'Aaron mettent leur confiance en Dieu, qui les récompense par mille bienfaits. Le texte se conclut par une prière pour que Dieu répande sa grâce sur les fidèles et leurs descendants, reconnaissant son pouvoir sur le ciel et la terre.
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6278
p. 1367-1368
ENIGME.
Début :
Tres-petit habitant d'un humide terroir, [...]
Mots clefs :
Limaçon
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGM E.
TRes-petit habitant d'un humide terroir
Où la bienfaisante nature ,
Me fait naitre avec mon Manoir ,
Et me fournit ma nourriture ,
J'en sors plusieurs fois tous les ans ,
Et quoique mes pas soient fort_lents ,
J'en laisse la trace à mesure ,
Que je promene dans les champs
Mon corps à grotesque figure.
On m'aime assez pourtant ; je sers à des repass
Fort souvent on m'en trouve digne. , -
Sur tout quand je viens d'une vigne ;
De moi , le Gascon fait grand cas.
audessus de ma tête . Je porte
Lecteurs en cet endroit , il faut que je m'arrête ;
II. Vol.
car
1358 MERCURE DE FRANCE
Car j'aurois le malheur de ne vous plaire pas ;
Mais seroit-ce un grand mal que de vous l'oser
dire ?
Si vous me ressemblez, vous ne devez qu'en rire.
TRes-petit habitant d'un humide terroir
Où la bienfaisante nature ,
Me fait naitre avec mon Manoir ,
Et me fournit ma nourriture ,
J'en sors plusieurs fois tous les ans ,
Et quoique mes pas soient fort_lents ,
J'en laisse la trace à mesure ,
Que je promene dans les champs
Mon corps à grotesque figure.
On m'aime assez pourtant ; je sers à des repass
Fort souvent on m'en trouve digne. , -
Sur tout quand je viens d'une vigne ;
De moi , le Gascon fait grand cas.
audessus de ma tête . Je porte
Lecteurs en cet endroit , il faut que je m'arrête ;
II. Vol.
car
1358 MERCURE DE FRANCE
Car j'aurois le malheur de ne vous plaire pas ;
Mais seroit-ce un grand mal que de vous l'oser
dire ?
Si vous me ressemblez, vous ne devez qu'en rire.
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6279
p. 1368-1369
LOGOGRYPHE.
Début :
Je suis un tout, composé de six pieces [...]
Mots clefs :
Procès
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LOGOGRYPHE.
OGOGRYPHE.
E suis un tour , composé de six pieces»
Mais un tout des plus déplaisans ,
Mon Pere le souci , ma mere la tristesse ,
M'ont enfanté pour tourmenter les gens.
Ami Lecteur , si tu n'as rien à faire ,
Tu peux me retourner et me mettre en mor¬~
ceaux ,
3.
Tu trouveras dequoi te satisfaire ,
En combinant avec choix mes Lambeaux..
2. 4. forme un animal immonde ,
4. 3. 2. aux Cerfs je cause grande peur ,
2. 3. 6. §. je suis une agréable fleur.
2. 3. 4. un corps dur qui résiste à la sonde.
6. 3. 4. on me voit tantôt dans un plein champ ,
Pour maltraiter sa mere , être utile à l'enfant.
Tantôt sous une autre figure ,
D'un gris vétu , j'exhausse la Stature ,
3. 2. je suis un Métal précieux.
4. 3. 2. 2. 6. je suis tantôt aux Cieux.
II. Vol. Tantôt
JUIN. 1732. 13
Tantôt en Terre ; icy je suis terrestre
Et dans les Cieux je suis celeste. (
Tu peux encore en plus d'une façon
Diviser, rassembler , arranger mes parties.
Je vais finir ce détail ennuyeux ,
Mais reçois en passant cette utile.Leçon :
Ami Lecteur , pour vivre en homme sage ,
Evite-moi , mais si tu ne le peux ,
Deffend moi de ton mieux , me perdre , c'est
dommage
Non. Fuis-moi, tu seras mille fois plus heureux
F. R. M.
E suis un tour , composé de six pieces»
Mais un tout des plus déplaisans ,
Mon Pere le souci , ma mere la tristesse ,
M'ont enfanté pour tourmenter les gens.
Ami Lecteur , si tu n'as rien à faire ,
Tu peux me retourner et me mettre en mor¬~
ceaux ,
3.
Tu trouveras dequoi te satisfaire ,
En combinant avec choix mes Lambeaux..
2. 4. forme un animal immonde ,
4. 3. 2. aux Cerfs je cause grande peur ,
2. 3. 6. §. je suis une agréable fleur.
2. 3. 4. un corps dur qui résiste à la sonde.
6. 3. 4. on me voit tantôt dans un plein champ ,
Pour maltraiter sa mere , être utile à l'enfant.
Tantôt sous une autre figure ,
D'un gris vétu , j'exhausse la Stature ,
3. 2. je suis un Métal précieux.
4. 3. 2. 2. 6. je suis tantôt aux Cieux.
II. Vol. Tantôt
JUIN. 1732. 13
Tantôt en Terre ; icy je suis terrestre
Et dans les Cieux je suis celeste. (
Tu peux encore en plus d'une façon
Diviser, rassembler , arranger mes parties.
Je vais finir ce détail ennuyeux ,
Mais reçois en passant cette utile.Leçon :
Ami Lecteur , pour vivre en homme sage ,
Evite-moi , mais si tu ne le peux ,
Deffend moi de ton mieux , me perdre , c'est
dommage
Non. Fuis-moi, tu seras mille fois plus heureux
F. R. M.
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6280
p. 1369-1370
AUTRE LOGOGRIPHE.
Début :
Mon nom sous six Lettres compris, [...]
Mots clefs :
Clovis
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE LOGOGRIPHE.
UTRE LOGOGRIPHE
Monnom sous six Lettres compris,
Se peut diversement combiner et construire ;
On y trouve mieux qu'en LOUISA
(Soit dit , sans prétendre détruireCe qu'un Auteur disoit jadis , )
L'Instrument dont la Mécanique
Se sert bien pour les presser corps.
4. 3. 2. humain , qui me mets. en pratique
Si l'on te prend tremble pour lors ,
Voici ce queje pronostique ;
Tu mourras sur la rouë , ou seras étranglé ;
2. 3. 5. ainsi l'a réglé ;
2
II. Vol. Dans
1370 MERCURE DE FRANCE
Dans 1. 2. 3. et 6. contre ma violence
Le fruit n'est pas toûjours en assurauce.
De 2. 5. 6. un Ecusson orné ,
N'annonce pas une valeur commune.
Alorgner l'1. 3. 2. d'une piquante Brune ,
Mon plaisir n'est jamais borné..
3. 6. nourrit un animal fidele.
Le Monde au vrai Chrétien paroît 4. 5.
deux.
3. 1. adieux à l'homme de Ruelle ,
Occupa très-souvent un Romain belliqueux.
6. 3. 2.6.ct 5. sont connus en Musique ,
Et bien ailleurs en sens très - different.
5. 2. ou 6. 3. §. à Thersite s'applique ,
Comme il se dit d'Achille et du Dieu son parent.
4
P. D. F.
Monnom sous six Lettres compris,
Se peut diversement combiner et construire ;
On y trouve mieux qu'en LOUISA
(Soit dit , sans prétendre détruireCe qu'un Auteur disoit jadis , )
L'Instrument dont la Mécanique
Se sert bien pour les presser corps.
4. 3. 2. humain , qui me mets. en pratique
Si l'on te prend tremble pour lors ,
Voici ce queje pronostique ;
Tu mourras sur la rouë , ou seras étranglé ;
2. 3. 5. ainsi l'a réglé ;
2
II. Vol. Dans
1370 MERCURE DE FRANCE
Dans 1. 2. 3. et 6. contre ma violence
Le fruit n'est pas toûjours en assurauce.
De 2. 5. 6. un Ecusson orné ,
N'annonce pas une valeur commune.
Alorgner l'1. 3. 2. d'une piquante Brune ,
Mon plaisir n'est jamais borné..
3. 6. nourrit un animal fidele.
Le Monde au vrai Chrétien paroît 4. 5.
deux.
3. 1. adieux à l'homme de Ruelle ,
Occupa très-souvent un Romain belliqueux.
6. 3. 2.6.ct 5. sont connus en Musique ,
Et bien ailleurs en sens très - different.
5. 2. ou 6. 3. §. à Thersite s'applique ,
Comme il se dit d'Achille et du Dieu son parent.
4
P. D. F.
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6281
p. 1370
LOGOGRYPHUS.
Début :
Incubuit terris per me genus omne malorum, [...]
Mots clefs :
Eva
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LOGOGRYPHUS.
I Ncubuit terrisper me genus omne malorum,
Ex
me, si vertas , omnibus orta salus.
I Ncubuit terrisper me genus omne malorum,
Ex
me, si vertas , omnibus orta salus.
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6282
p. 1371-1375
Bibliotheque Raisonnée, &c, [titre d'après la table]
Début :
BIBLIOTHEQUE RAISONNÉE des Ouvrages des Sçavans de l'Europe, pour [...]
Mots clefs :
Bibliothèque raisonnée des ouvrages des savants, L'État et les Délices de la Suisse, Traités géographiques et historiques, Entendement humain, Dissertation sur le Thé
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texteReconnaissance textuelle : Bibliotheque Raisonnée, &c, [titre d'après la table]
IBLIOTHEQUE RAISONNE'E des Ouvrages des Sçavans de l'Europe , pour
les mois de Janvier , Fevrier , Mars ,
Avril, May et Juin 1730 Tome quatriéme, premiere et seconde Partie. A Amsterdam , chez les Westeins et Shmit , 1730.
in 12.
Voicy quelques Titres de Livres dont
les Extraits sont très bien faits dans ce
Journal.
·
L'ETAT ET LES DELICES DE LA SUISSE
6 >
en forme de Relation Critique , par plu
sieurs Auteurs celebres , enrichis de figures en Tailles douces , dessinées sur les
lieux , et de Cartes Géographiques trèsexactes , en 4. volumes in 12. A Amsterdam , chez les Westeins et Smit , 1730.
TRAITEZ GEOGRAPHIQUES ET HISTO
RIQUES , pour faciliter l'intelligence de
l'Ecriture Sainte ; par divers Auteurs celebres. A la Haye , chez G. Vander Poël,
1730. 2. vol. in 12 d'environ 750. pages.
II. Vol. ESSAY
37% MERCURE DE FRANCE
,
ESSAY PHILOSOPHIQUE sur la formation"
des Sels et des Cristaux , et sur la géne
ration et le Méchanisme organique des
Plantes et des Animaux , à l'occasion de
la Pierre Belennite , et de la Pierre Lenticulaire. Avec un Mémoire sur la Théorie de la Terre. Par M. Bourguet. A
Amsterdam, chez Franç. Honoré , 17 : 9 .
in 12. de 220. pages pour l'Ouvrage , et
44. pour l'Epitre et la Préface.
ESSAY PHILOSOPHIQUE,Concernant
l'Entendement humain , où l'on montre
quelle est l'étendue de nos connoissances
certaines , et la maniere dont nous y parvenons. Par M. Locke. Traduit de l'Anglois par M. Coste. Seconde Edition , revûë, corrigée et augmentée de quelques
Additions importantes de l'Auteur , qui
n'ont paru qu'après sa mort , et de quelques Remarques du Traducteur. A Ams
terdam, chez Pierre Mortier, 1729. in 4..
595. pour le corps de l'Ouvrage, et 46.
pour les Prefaces , &c. et la Table des
Chapitres , sans compter l'Epitre dédicatoire et la Table des Matieres.
On apprend dans les Nouvelles Litteraires ; Article de Londres , qu'on y a
imprimé en Anglois , chez Gyles , DisH.Vol. sertation
JUIN. 17320 1373:
sertation sur le Thé , où l'on explique sa
nature et ses proprietez , par plusieurs
nouvelles experiences ; et l'on démontre
par des principes philosophiques, les divers
effets qu'il produit sur des temperamens
differens. On y a ajoûté l'Histoire naturelle du Thé ; la découverte de plusieurs
fraudes qui se commettent en le préparant un Discours sur les vertus de la
Sauge et de l'eau ; et un Trairé où l'on
Lecherche les raisons pourquoi les mêmes
viandes ne conviennent pas également à
toutes sortes de temperamens. Par Thom.
Short , Docteur en Medecine. In 4.
les mois de Janvier , Fevrier , Mars ,
Avril, May et Juin 1730 Tome quatriéme, premiere et seconde Partie. A Amsterdam , chez les Westeins et Shmit , 1730.
in 12.
Voicy quelques Titres de Livres dont
les Extraits sont très bien faits dans ce
Journal.
·
L'ETAT ET LES DELICES DE LA SUISSE
6 >
en forme de Relation Critique , par plu
sieurs Auteurs celebres , enrichis de figures en Tailles douces , dessinées sur les
lieux , et de Cartes Géographiques trèsexactes , en 4. volumes in 12. A Amsterdam , chez les Westeins et Smit , 1730.
TRAITEZ GEOGRAPHIQUES ET HISTO
RIQUES , pour faciliter l'intelligence de
l'Ecriture Sainte ; par divers Auteurs celebres. A la Haye , chez G. Vander Poël,
1730. 2. vol. in 12 d'environ 750. pages.
II. Vol. ESSAY
37% MERCURE DE FRANCE
,
ESSAY PHILOSOPHIQUE sur la formation"
des Sels et des Cristaux , et sur la géne
ration et le Méchanisme organique des
Plantes et des Animaux , à l'occasion de
la Pierre Belennite , et de la Pierre Lenticulaire. Avec un Mémoire sur la Théorie de la Terre. Par M. Bourguet. A
Amsterdam, chez Franç. Honoré , 17 : 9 .
in 12. de 220. pages pour l'Ouvrage , et
44. pour l'Epitre et la Préface.
ESSAY PHILOSOPHIQUE,Concernant
l'Entendement humain , où l'on montre
quelle est l'étendue de nos connoissances
certaines , et la maniere dont nous y parvenons. Par M. Locke. Traduit de l'Anglois par M. Coste. Seconde Edition , revûë, corrigée et augmentée de quelques
Additions importantes de l'Auteur , qui
n'ont paru qu'après sa mort , et de quelques Remarques du Traducteur. A Ams
terdam, chez Pierre Mortier, 1729. in 4..
595. pour le corps de l'Ouvrage, et 46.
pour les Prefaces , &c. et la Table des
Chapitres , sans compter l'Epitre dédicatoire et la Table des Matieres.
On apprend dans les Nouvelles Litteraires ; Article de Londres , qu'on y a
imprimé en Anglois , chez Gyles , DisH.Vol. sertation
JUIN. 17320 1373:
sertation sur le Thé , où l'on explique sa
nature et ses proprietez , par plusieurs
nouvelles experiences ; et l'on démontre
par des principes philosophiques, les divers
effets qu'il produit sur des temperamens
differens. On y a ajoûté l'Histoire naturelle du Thé ; la découverte de plusieurs
fraudes qui se commettent en le préparant un Discours sur les vertus de la
Sauge et de l'eau ; et un Trairé où l'on
Lecherche les raisons pourquoi les mêmes
viandes ne conviennent pas également à
toutes sortes de temperamens. Par Thom.
Short , Docteur en Medecine. In 4.
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Résumé : Bibliotheque Raisonnée, &c, [titre d'après la table]
Le document est une bibliothèque raisonnée des ouvrages des savants d'Europe pour les mois de janvier à juin 1730, publiée en deux parties à Amsterdam par les Westeins et Schmit. Il présente plusieurs titres notables, dont 'L'État et les Délices de la Suisse' en quatre volumes, enrichi de figures et de cartes géographiques. Un autre ouvrage mentionné est 'Traitez Géographiques et Historiques' pour faciliter l'intelligence de l'Écriture Sainte, publié en deux volumes à La Haye. Le document cite également un 'Essay Philosophique sur la formation des Sels et des Cristaux' par M. Bourguet, ainsi qu'un 'Essay Philosophique concernant l'Entendement humain' de M. Locke, traduit par M. Coste. Enfin, les Nouvelles Littéraires rapportent la publication en anglais d'une dissertation sur le thé, expliquant sa nature et ses propriétés, ainsi que des discussions sur les vertus de la sauge et les compatibilités alimentaires selon les tempéraments, par le Docteur Thomas Short.
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6283
p. 1375-1377
LIVRES que Cavelier, Libraire, ruë S. Jacques à Paris, a nouvellement reçus des Pays Etrangers.
Début :
Histoire de Suede, avant et depuis la fondation de la [...]
Mots clefs :
Cavelier, Libraire, Livres des pays étrangers
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texteReconnaissance textuelle : LIVRES que Cavelier, Libraire, ruë S. Jacques à Paris, a nouvellement reçus des Pays Etrangers.
LIVRES que Cavélier , Libraire , rue
S. Jacques à Paris,, a nouvellement reçûs
des Pays Etrangers.
Histoire de Suede , avant et depuis la fondation de la Monarchie , par le Baron
de Puffendorf, nouvelle Edition , continuée jusqu'à l'année 1730. 3. vol.
in 12. Amst. 1732.
La Vie de Mahomet , traduite et compidée de l'Alcoran , des Traditions authentiques de la Sunna , et des meilleurs Auteurs Arabes. Par J. Gagnier ,
2, vol. in 12. fig. Amst, 1732.
Bibliotheque Italique , ou Histoire Litteaire de l'Italie , Septembre, Octobre,
11. Vol. No-
1374 MERCURE DE FRANCE
Novembre et Décembre 173 1. in 8.
Genève , Tome XII.
›
Journal Litteraire , année 1731. Tome
XVIII. seconde Partie , in 8. La Haye.
Traité de l'organe de l'Ouye , contenant la
structure les usages et les maladies
de toutes les parties de l'Oreille. Par
M. Duverney , in 12. fig. Leyde , 1731.
Eutropii Breviarium Hist. Romana, cum
Metaphrosi , Græca Pacanii et Notis
variorum , recensuit Havercampus ,
in 8. Lug. Bat. 1729.
Hippocratis Aphorismi , Gr. Lat. cum Notis Almeloveen , in 24. Lug. Bat. 1732.
Bohnii ( Jo ) de renuntiatione vulnerum
lethalium , in 8. Amst. 1732.
Ridley ( Hen. ) Anatomia Cerebri , come
plectens Méchanismum etPhisiologiam
simulque nova quædam inventa ex
Anglico in Latinum tranflata , in 8.
fig. Lug. Bat. 1725.
Torsi ( Fr. ) Therapeutice specialis ad Ficbres Periodicas perniciosas. Editio al
tera auctior , in 4. Mutinæ , 1730.
Tentamina Experimentorum naturalium
captorum in Academia del Clemento
ex Italico in Latinum conversa , quibus nova Experimenta addidit Musschenbrack , in 4. fig. Lug. Bat. 1731.
Verbejen ( Phil. ) Corporis Humani AnaII. Vol. tomia
JUIN. 17328 1375
tomia, Editio nova novis observ. aucta,
2. vol. in 8. Amst. 1731. cum figuris.
Mazino ( Jo. Bapt. ) Mechanices Morborum desumptæ à motu sanguinis
Solidorum , et Febrium , in 4.3 . vol.
offembaci , 1731.
Keilii ( Jacob) Tentamina Medico- Phfsica V. de velocitate Sanguinis , de vi
Cordis, de Secretione animali, de Motu
musculari , & . in 4. Lug. Bat. 1730.
Vaillant ( Sebast. ) Botanicon Parisiense ,
in 8. Lug. Bat. 1723 .
}
Theses varia Medica , Preside Alberti ;
No. 57.in 4.
Les Metamorphoses d'Ovide , traduites en
François , avec des Remarques et des
Explications historiques ; par l'Abbé
Banier , 3. vol. in 12. fig. Amst. 1732.
Journal Litteraire. Année 1732. Tome
XIX. Premiere Partie , in 8. La Haye.
Bibliotheque Raisonnée des Ouvrages des
Sçavans de l'Europe , Octobre , Novembre et Decembre 1731. in 8.-Amst.
Acta Eruditorum. Anno 1731. publicata
in 4. Lipsia.
Entretien instructif d'un Pere avec son Fils
sur les premiers Principes de la Religion et de la Morale , ou Cathéchisme
raisonné ; traduit de l'Anglois , in 12.
Amst. 1732
11. Vol. Bi-
137% MERCURE DE FRANCE
Bibliotheque raisonnée des Ouvrages des
Sçavans de l'Europe , Janvier , Fevrier,
Mars 1732. Tome VIII. Premiere Partie , in 8. Amst.
Bibliotheque Germanique , ou Histoire Litteraire des Pays du Nord , Année 1732.
Tome 23. in 8. Amst.
Schulfens ( Alb. ) Animadversiones Philologica et Criticæ in loca vet. Testamenti , in 8. Amst. 1732.1
Newton (Isaac ) Arithmetica , sive de
Compositione etResolutione Arithmetica , liber 4. Lug. Bat. 1732. fig.
Horssii ( Jac. ) Paradisus Anime Christianæ ,in 8. Col. Agr. fig. 1732.
Codex Medicamentarius , seu Pharmacopola , Parisiensis in 4. Parisiis , apud
Cavelier, 1732. via Jacobea. Nota. Ce
Livre, quia été travaillé pendant longtemps par M" de la Faculté de Paris
et attendu avec impatience , paroît depuis peu de jours , à la satisfaction des
Connoisseurs en Pharmacie.
Traité complet de Chirurgie , contenant des Observations et Reflexions sur toutes
les maladies Chirurgicales et sur la maniere de les traiter. Par M. Manquest
de la Motte , Chirurgien Juré à Valognes , et Chirurgien de l'Hôpital des
Troupes du Roy, en basse Normandie,
M.II. Vol.
JUIN. 17327 1377
et établi dans ce lieu , 4. vol. in 12.
AParis , chezCavelier, rue S. Jacques,
1732. Le débit de la premiere Edition
de ce Livre et l'estime que les Con--
noisseurs enfont , ont porté le Libraire
à en donner une seconde Edition que
l'Auteur a corrigée et augmentée de
nouvelles Observations très - interessantes.
La Science des Négocians et Teneurs de
Livres , ou Instruction generale pour
tout ce qui se pratique dans les Comptoirs des Négocians , tant pour les af
faires de Banque ,. que pour les Marchandises , et chez les Financiers pour
les Comptes. Par M. de la Porte. Nouvelle Edition , augmentée , in 8. Paris,
1732. Chez le même.
S. Jacques à Paris,, a nouvellement reçûs
des Pays Etrangers.
Histoire de Suede , avant et depuis la fondation de la Monarchie , par le Baron
de Puffendorf, nouvelle Edition , continuée jusqu'à l'année 1730. 3. vol.
in 12. Amst. 1732.
La Vie de Mahomet , traduite et compidée de l'Alcoran , des Traditions authentiques de la Sunna , et des meilleurs Auteurs Arabes. Par J. Gagnier ,
2, vol. in 12. fig. Amst, 1732.
Bibliotheque Italique , ou Histoire Litteaire de l'Italie , Septembre, Octobre,
11. Vol. No-
1374 MERCURE DE FRANCE
Novembre et Décembre 173 1. in 8.
Genève , Tome XII.
›
Journal Litteraire , année 1731. Tome
XVIII. seconde Partie , in 8. La Haye.
Traité de l'organe de l'Ouye , contenant la
structure les usages et les maladies
de toutes les parties de l'Oreille. Par
M. Duverney , in 12. fig. Leyde , 1731.
Eutropii Breviarium Hist. Romana, cum
Metaphrosi , Græca Pacanii et Notis
variorum , recensuit Havercampus ,
in 8. Lug. Bat. 1729.
Hippocratis Aphorismi , Gr. Lat. cum Notis Almeloveen , in 24. Lug. Bat. 1732.
Bohnii ( Jo ) de renuntiatione vulnerum
lethalium , in 8. Amst. 1732.
Ridley ( Hen. ) Anatomia Cerebri , come
plectens Méchanismum etPhisiologiam
simulque nova quædam inventa ex
Anglico in Latinum tranflata , in 8.
fig. Lug. Bat. 1725.
Torsi ( Fr. ) Therapeutice specialis ad Ficbres Periodicas perniciosas. Editio al
tera auctior , in 4. Mutinæ , 1730.
Tentamina Experimentorum naturalium
captorum in Academia del Clemento
ex Italico in Latinum conversa , quibus nova Experimenta addidit Musschenbrack , in 4. fig. Lug. Bat. 1731.
Verbejen ( Phil. ) Corporis Humani AnaII. Vol. tomia
JUIN. 17328 1375
tomia, Editio nova novis observ. aucta,
2. vol. in 8. Amst. 1731. cum figuris.
Mazino ( Jo. Bapt. ) Mechanices Morborum desumptæ à motu sanguinis
Solidorum , et Febrium , in 4.3 . vol.
offembaci , 1731.
Keilii ( Jacob) Tentamina Medico- Phfsica V. de velocitate Sanguinis , de vi
Cordis, de Secretione animali, de Motu
musculari , & . in 4. Lug. Bat. 1730.
Vaillant ( Sebast. ) Botanicon Parisiense ,
in 8. Lug. Bat. 1723 .
}
Theses varia Medica , Preside Alberti ;
No. 57.in 4.
Les Metamorphoses d'Ovide , traduites en
François , avec des Remarques et des
Explications historiques ; par l'Abbé
Banier , 3. vol. in 12. fig. Amst. 1732.
Journal Litteraire. Année 1732. Tome
XIX. Premiere Partie , in 8. La Haye.
Bibliotheque Raisonnée des Ouvrages des
Sçavans de l'Europe , Octobre , Novembre et Decembre 1731. in 8.-Amst.
Acta Eruditorum. Anno 1731. publicata
in 4. Lipsia.
Entretien instructif d'un Pere avec son Fils
sur les premiers Principes de la Religion et de la Morale , ou Cathéchisme
raisonné ; traduit de l'Anglois , in 12.
Amst. 1732
11. Vol. Bi-
137% MERCURE DE FRANCE
Bibliotheque raisonnée des Ouvrages des
Sçavans de l'Europe , Janvier , Fevrier,
Mars 1732. Tome VIII. Premiere Partie , in 8. Amst.
Bibliotheque Germanique , ou Histoire Litteraire des Pays du Nord , Année 1732.
Tome 23. in 8. Amst.
Schulfens ( Alb. ) Animadversiones Philologica et Criticæ in loca vet. Testamenti , in 8. Amst. 1732.1
Newton (Isaac ) Arithmetica , sive de
Compositione etResolutione Arithmetica , liber 4. Lug. Bat. 1732. fig.
Horssii ( Jac. ) Paradisus Anime Christianæ ,in 8. Col. Agr. fig. 1732.
Codex Medicamentarius , seu Pharmacopola , Parisiensis in 4. Parisiis , apud
Cavelier, 1732. via Jacobea. Nota. Ce
Livre, quia été travaillé pendant longtemps par M" de la Faculté de Paris
et attendu avec impatience , paroît depuis peu de jours , à la satisfaction des
Connoisseurs en Pharmacie.
Traité complet de Chirurgie , contenant des Observations et Reflexions sur toutes
les maladies Chirurgicales et sur la maniere de les traiter. Par M. Manquest
de la Motte , Chirurgien Juré à Valognes , et Chirurgien de l'Hôpital des
Troupes du Roy, en basse Normandie,
M.II. Vol.
JUIN. 17327 1377
et établi dans ce lieu , 4. vol. in 12.
AParis , chezCavelier, rue S. Jacques,
1732. Le débit de la premiere Edition
de ce Livre et l'estime que les Con--
noisseurs enfont , ont porté le Libraire
à en donner une seconde Edition que
l'Auteur a corrigée et augmentée de
nouvelles Observations très - interessantes.
La Science des Négocians et Teneurs de
Livres , ou Instruction generale pour
tout ce qui se pratique dans les Comptoirs des Négocians , tant pour les af
faires de Banque ,. que pour les Marchandises , et chez les Financiers pour
les Comptes. Par M. de la Porte. Nouvelle Edition , augmentée , in 8. Paris,
1732. Chez le même.
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Résumé : LIVRES que Cavelier, Libraire, ruë S. Jacques à Paris, a nouvellement reçus des Pays Etrangers.
Le document énumère une série de livres récemment reçus par Cavélier, libraire à Paris, en provenance de divers pays étrangers. Ces ouvrages couvrent plusieurs domaines, notamment l'histoire, la littérature, la médecine et les sciences. Parmi les titres historiques, on trouve 'Histoire de Suede' rédigée par le Baron de Puffendorf et 'La Vie de Mahomet' traduite par J. Gagnier. La collection 'Bibliotheque Italique' est également mentionnée, comprenant plusieurs volumes. Dans le domaine scientifique, des ouvrages tels que 'Traité de l'organe de l'Ouye' par M. Duverney et 'Anatomia Cerebri' par Hen. Ridley sont listés. Le document mentionne aussi des traductions et des éditions révisées de classiques anciens, comme les 'Aphorismi' d'Hippocrate et le 'Breviarium Hist. Romana' d'Eutrope. Des ouvrages de botanique, de médecine et de philosophie sont également présents, tels que 'Botanicon Parisiense' de Sebast. Vaillant et 'Tentamina Medico-Physica' de Jacob Keilii. Enfin, le document fait référence à des publications périodiques et des traités pratiques, comme 'La Science des Négocians' par M. de la Porte.
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6284
p. 1377-1379
« DISCOURS sur les Vies des Saints de l'Ancien Testament. [...] »
Début :
DISCOURS sur les Vies des Saints de l'Ancien Testament. [...]
Mots clefs :
Vies des Saints, Scanderberg, Aventures choisies, La théorie de la manoeuvre des vaisseaux, Fables d'Esope, Triomphe de l'Amour, Pharsamon, La fidelité récompensée, Osman, Melisthène
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texteReconnaissance textuelle : « DISCOURS sur les Vies des Saints de l'Ancien Testament. [...] »
Ancien Testament. A Paris , ruë saint
Jacques , chez Osmont et Henry , 1732.
6. vol. in 12.
SCANDERBERG , ou les Avantures du
Prince d'Albanie. Ruë S. Jacques et an
Palais , chez Delespine et Dupuis , 1732.
2. vol. in 12. de 769. pages les 2. vol.
AVANTURES CHOISIES , Contenant l'AII. Vol. F. mous
1378 MERCURE DE FRANCE
mour innocent persecuté , l'Esprit folet,
ou le Sylphe amoureux , le Cœur volant
ou l'Amant étourdi , et la belle Avanturiere. A Paris , chez Pierre Prault , Quay
de Gesures , 1732.
LA THEORIE DE LA MANOEUVRE DES
VAISSEAUX , réduite en pratique , ou les
principes et les regles pour naviguer le
plus avantageusement qu'il est possible.
Par M. Pitot , de l'Académie Royale des
Sciences. Rue S. Jacques , chez Cl. Jombert,
1731. in 4,0 de 119. pages.
NOUVEAU RECUEIL DES FABLES D'ESOPE , mises en François avec le sens moral , en quatre Vers , et des figures à chaque Fable. Dédié à la Jeunesse, Nouvelle Edition , augmentée des Quatrains de
M. de Benserade. A Paris , chez P. Prauli,
Quay de Gesvres , 1731. in 12. de 442.
pages , contenant 223. Fables.
LE TRIOMPHE DE L'AMOUR , Comédie
de M. de Mux, représentée par les
Comédiens Italiens , au mois de Mars dernier. Chez le même Libraire , 1732. in 12.
de 144. pages.
Cette Piece est en Prose et en trois Acces , nous en avons donné l'Extrait et
II. Vol. rap
JUIN. 17322 1 1379
rapporté le Jugement du Public quand
elle a paru.
PHARSAMON , ou les nouvelles Folies
Romanesques , du même Auteur ; chez
le même Libraire , 2. vol. in 12. sous presse.
LA FIDELITE RECOMPENSE'E ,
Histoire Portugaise , 17 32. in 12. Chez
le même Libraire.
HISTOIRE D'OSMAN , Empereur des
Turcs. Chez le même. in 12. sous presse.
ELOGE DE LA FOLIE. Chez le même ;
1731. in 12. avec fig.
MELISTHENE, ou l'Illustre Persan. Nouvelle , par M. de P ... Chez le même,
1732. in 12. de 265. pages.
Jacques , chez Osmont et Henry , 1732.
6. vol. in 12.
SCANDERBERG , ou les Avantures du
Prince d'Albanie. Ruë S. Jacques et an
Palais , chez Delespine et Dupuis , 1732.
2. vol. in 12. de 769. pages les 2. vol.
AVANTURES CHOISIES , Contenant l'AII. Vol. F. mous
1378 MERCURE DE FRANCE
mour innocent persecuté , l'Esprit folet,
ou le Sylphe amoureux , le Cœur volant
ou l'Amant étourdi , et la belle Avanturiere. A Paris , chez Pierre Prault , Quay
de Gesures , 1732.
LA THEORIE DE LA MANOEUVRE DES
VAISSEAUX , réduite en pratique , ou les
principes et les regles pour naviguer le
plus avantageusement qu'il est possible.
Par M. Pitot , de l'Académie Royale des
Sciences. Rue S. Jacques , chez Cl. Jombert,
1731. in 4,0 de 119. pages.
NOUVEAU RECUEIL DES FABLES D'ESOPE , mises en François avec le sens moral , en quatre Vers , et des figures à chaque Fable. Dédié à la Jeunesse, Nouvelle Edition , augmentée des Quatrains de
M. de Benserade. A Paris , chez P. Prauli,
Quay de Gesvres , 1731. in 12. de 442.
pages , contenant 223. Fables.
LE TRIOMPHE DE L'AMOUR , Comédie
de M. de Mux, représentée par les
Comédiens Italiens , au mois de Mars dernier. Chez le même Libraire , 1732. in 12.
de 144. pages.
Cette Piece est en Prose et en trois Acces , nous en avons donné l'Extrait et
II. Vol. rap
JUIN. 17322 1 1379
rapporté le Jugement du Public quand
elle a paru.
PHARSAMON , ou les nouvelles Folies
Romanesques , du même Auteur ; chez
le même Libraire , 2. vol. in 12. sous presse.
LA FIDELITE RECOMPENSE'E ,
Histoire Portugaise , 17 32. in 12. Chez
le même Libraire.
HISTOIRE D'OSMAN , Empereur des
Turcs. Chez le même. in 12. sous presse.
ELOGE DE LA FOLIE. Chez le même ;
1731. in 12. avec fig.
MELISTHENE, ou l'Illustre Persan. Nouvelle , par M. de P ... Chez le même,
1732. in 12. de 265. pages.
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Résumé : « DISCOURS sur les Vies des Saints de l'Ancien Testament. [...] »
Le document répertorie des publications parues à Paris entre 1731 et 1732. Parmi les ouvrages notables, l'Ancien Testament, édité par Osmont et Henry en 1732, compte six volumes in-12. 'Scanderbeg, ou les Aventures du Prince d'Albanie', édité par Delespine et Dupuis en 1732, comprend deux volumes in-12 totalisant 769 pages. 'Aventures Choisies', publié par Pierre Prault en 1732, inclut des récits comme 'Le Mercure de France' et 'Le Cœur volant ou l'Amant étourdi'. 'La Théorie de la Manœuvre des Vaisseaux' par M. Pitot, membre de l'Académie Royale des Sciences, est paru en 1731 chez Cl. Jombert, en un volume in-4 de 119 pages. 'Nouveau Recueil des Fables d'Ésope', édité par P. Prault en 1731, contient 223 fables en un volume in-12 de 442 pages. 'Le Triomphe de l'Amour', une comédie de M. de Mux, a été représentée par les Comédiens Italiens en mars 1732 et publiée en un volume in-12 de 144 pages. D'autres œuvres mentionnées incluent 'Pharsamon, ou les nouvelles Folies Romanesques', 'La Fidélité Recompensée', 'Histoire d'Osman, Empereur des Turcs', 'Éloge de la Folie' et 'Mélisthène, ou l'Illustre Persan'. Certaines publications étaient en cours d'impression ou récemment parues.
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6285
p. 1379-1388
Discours lûs à l'Académie Françoise, &c. [titre d'après la table]
Début :
M. l'Abbé Terrasson ayant été lû par l'Académie [...]
Mots clefs :
Abbé Terrasson, Académie française, Académie des sciences, Académie des belles-lettres, Langue, Éloquence, Académicien, Archevêque de Sens
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texteReconnaissance textuelle : Discours lûs à l'Académie Françoise, &c. [titre d'après la table]
M. l'Abbé Terrasson ayant été élû par
l'Académie Françoise , à la place du feu
Comte de Morville , y prit séance le Jeudi 29. May , et prononça un Discours ,
auquel M. l'Archevêque de Sens répondit au nom de l'Académie. Ils parlerent
tous deux , sans doute , avec éloquence ;
cela est également aisé à croire et à dire;
mais ce qui est très - difficile , c'est
d'extraire de ces Discours ce qui peut en
II. Vol.
Fij donner
180 MERCURE DE FRANCE
donner une juste idée , sans que les Lecteurs et les Auteurs y perdent.
L'Abbé Terrasson , loue d'abord d'une
maniere assez neuve, et sans pousser la modestie tropioin sur le choix desa personne,
'Académie Françoise, celle des Sciences et
des Belles Lettres, et le Cardinal de Richedieu. C'est , sans doute , une des plus grandes preuves de son intelligence , dit-il ,d'avoir conçu qu'il feroit sortir tous les genres
de Literature du soin qu'il prendroit d'abord
de la Langue. Il a senti que cet objet general
qu'on croyoit borné à la superficie des choses,
Jes embrassoit toutes. L'Académie des Sciences , fondée la premiere , r'auroit peut- être
donné lieu , ni à celle qui cultive l'érudition
litteraire , ni à la vôtre. Mais la vôtre s'ézant remplie dès ses commencemens d'excellens hommes de tout ordre, a fait comprendre
qu'il pouvoit seformer diverses Compagnies
d'habiles gens , qui sçachant toutes qu'elles
toient instituées sur votre modele , non- seulement porteroient au plus haut point leur
valent propre, mais s'efforceroient encore de
préter aux matieres les plus épineuses , cette
clarté et cette élegance dont vous leur avez
donné Pexemple.
On auroit en tort de craindre que la po
Litesse du style , à laquelle vos prédecesseurs
s'appliquoient avestant de soin , ne fit pré
ferer JI, Vol.
JUIN. 1732. #381*
ferer l'agrément à la solidité du Discours.
L'Experience a fait voir que le choix des
paroles amenoit celui des pensées , que l'éloquence ne plaisoit principalement que par
les choses , et que le pouvoir bien approfondi
des mots mis en leur place , n'étoit le plus
souvent que le pouvoir des idées et des rai.
sons mises dans leur ordre , &c.
Nous sentons que la difficulté d'abreger
augmente à mesure que nous avançons ,
par le danger presque inévitable de ne pas
alterer un Discours ou plutôt un précisdéja réduit avec beaucoup d'art , aux plus
justes bornes de l'éloquence ; en décom
posant , pour ainsi-dire , un morceau si
bien ordonné , tâchons de conserver lestraits heureux ,les expressions fines et déficates , et les pensées solides et brillantes,
L'Abbé Terrasson termine l'Eloge de
Louis XIV. par les instructions que ce
grand Prince donna à son Petit- Fils , et
poursuit ainsi. Mais quel sera l'Instituteur
du Roy Enfant , capable de faire germer le
fruit renfermé dans cette importante Leçon ?
où le Ministre capable de la suivre sous ses
yeux , lorsqu'elle sera devenue l'inclination
et la volonté propre du Roy , plus avancé
en âge ? Nous sommes trop heureux , Messieurs , que ces deux fonctions se soient suivies dans un seul homme ; et vous êtes , josé
II. Vol. Fiij Le
1382 MERCURE DE FRANCE
le dire, trop glorieux que cet homme unique soit un de vous , &c.
Les travauxguerriers ont un grand éclat,
et quand ils ne seroient pas toujours suivis
du succès , l'entreprise seule accroît sagloire...
L'entretien d'une longue Paix , bien plus
difficile que les conquêtes et les conventions
les plus avantageuses , n'a aucun terme où
le Ministre recueille la gloire de ses efforts ,
parce qu'ils ne finissent jamais , leur durée
mêne les prive de ces acclamations et de ces
triomphes , dont on fixe le jour ; et qu'une
sage politique autorise pour animer les hommes ordinaires. Disons encore que l'abondance procurée aux Citoyens n'est un objet
quepourceuxqui veulent le voir , et qu'ainsi
l'héroïsme de l'administration consiste à entreteniret à faire croître le bonheur des Peuples
au milieu de leur insensibilité , et sur tout
àpréparer la continuation de ce bonheurpar
un partage de sa propre autorité , d'autant
plus genereux , que l'on choisit un plus digne Associé.
Le nouvel Académicien passe ensuite
à l'hommage dû à la memoire de M. le
Comte de Morville ; il en parle ainsi :
Né avec des inclinations vertueuses , il ent
de bonne heure cette bienseance , cette décence
qui sauve à laJeunesse ces dérangemens d'esprit et de mœurs , que le Public pardonne
II. Vol. encore
JUIN. 1732. 1383
encore plus volontiers à l'âge , lorsqu'il les
voit , que l'homme fait ne se les pardonne
à lui-même , lorsqu'il s'en ressouvient. Il
n'avoit parû jeune que par des amusemens
ingenieux et par ces graces de l'esprit qui
l'ont suivi jusques dans l'exercice des talens
superieurs et des grands emplois. Entré dans
Les fonctions publiques par cette partie de la
Magistrature qui demande une comparaison
continuelle des Loix primitives et generales
avec les circonstances présentes et particulieres , une équité severe dans le principe, et
une indulgence dans l'application ; une place
enfin plus propre que toutes les autres à faire
sentir que les interêts des Princes et des Sujets ne sont que la même chose ...
Sur son Ambassade et ses négociations,
POrateur ajoûte : Mais quel effort de génie
y réussira mieux que cet esprit d'insinuation , tiré plutôt de la douceur du caractere ,
que d'une adresse étudiée. M. de Morville
fut ami des Hollandois , et leur fit aimer les
François en sa personne. Cefut aussi ce qui
engagea le Prince Regent , Grand- Maître
lui- même en l'art de gagner les coeurs , à lui
confier à son retour cette partie du Ministere , qui est en quelque sorte une naviga-nego.
tion continue .... Plein degoût pour toutes
les belles choses , il passoit agréablement des
objets qui occupent les Académies des Gens 11. worpent Vol.
Fij de
1384 MERCURE DE FRANCE
de Lettres , aux objets que cultivent les Académies qui tirent leur nom des Beaux Arts.
M. l'Archevêque de Sens répondit en
ces termes :
MONSIEUR ,
Il est glorieux , sans doute , d'être adopté
parmi nous par un concours rapide de tous
les suffrages. Mais c'est une autre sorte de
gloire qui n'est pas moins douce , d'avoir das
Rivaux et de l'emporter sur eux , la difficulté et l'incertitude rendent le succès plus
interessant ; et si un Concurrent d'un mérite connu a balancé les voix , la préference a quelque chose de bien flateur. C'est
ce qui vous est arrivé , Monsieur ; un Concurrent aimé de plusieurs , et estimé de tous:
par des Ouvrages connus , &c...... Le
Discours éloquent que vous venez de prononcer honore notre choix en même temps
qu'il justifie votre ambition.
L'éloquent Prélat parle ensuite des Ouvrages du nouvel Académicien , qui lui
ont frayé depuis long temps la route vers
l'Académie : Grande érudition , dit-il , stile
élegant , goût délicat , et surtout une justesse
de raison et de Philosophie , superieure au
goût , au stile et à l'érudition , &c....
Viennent ensuite les Eloges dûs à la Dissertation sur Homere et à l'Histoire de
11. Vol. Sethos
JUIN. 1752. 1385
Sethos. Celle- cy en mérite particulierement ,
dit l'Orateur , par le dessein que vous vous
y êtes proposé , non d'amuser,
non , mais d'instruire le Lecteur et deformer ses moeurs. Dans
ce siecle , livré peut être plus qu'aucun aux
bagatelles indécentes , aux liberte amüsantes , aux Satyres qui n'épargnent ni les hommes ni les Dieux , on est heureux de trouver encore quelques Ecrivains aussi sages
qu'ingénieux , qui veüillent bien s'étudier à
déguiser adroitement , sous ce frivole qu'on recherche et dont on ne s'amuse que trop; des
Leçons utiles de probité, de Religion , de mo- destie et de desinteressement.
Sur l'amitié et l'estime que l'Abbé Terrasson a mérité de ses Confreres dans l'A--
cadémie des Sciences , l'Archevêque de
Sens ajoûte L'Académie Françoise ne fait
pas moins de cas de la vertu et de la probité;
elle compte ces qualitez au nombre de celles
qu'elle cherche dans ceux dont ellefait choix.
Ciceron mettoit la probité au nombre des
qualitez de l'Orateur , il la plaçoit même la
premiere. L Académie Françoise adopte saz
maxime en imitant son éloquence , elle - méprise les talens quelques brillans qu'ils soient
si ce lustre leur manque ; et malgré les mur
mures du vulgaire , ces Ecrivains dont la
plume impie , médisante ou impure , attiroit
de frivoles applaudissemens, sont parmi nous
méconnus ou détestez. FY C'est
1386 MERCURE DE FRANCE
>
C'est par les vertus , si je l'ose dire , de societé et de commerce , que vous nous devez
dédommager de la perte que nous avonsfaite
de M. le C. de M. dont vous prenez la place. C'est par cet endroit seul que l'Académie a besoin d'être consolée , d'être dédomagée ; car pour la réputation et la gloire que
ses vertus lui ont acquise parmi nous , elle
subsistera toute entiere , et la mort n'ôte rien
ni à lui , ni à nous. C'est le privilege des
Societez comme la nôtre de s'enrichir chaque
jour de leurs propres pertes , et de conserver
à jamais la gloire dont chacun de ses Membres l'enrichit en y entrant.
A40. ans , M. de Morville avoit déja
épuisé tous les degrez de lafortune et tous ses
revers………. Orateur , Magistrat , Ambassadeur , Secretaire d'Etat , Ministre de la
Marine, Ministre des Affaires Etrangeres
enfin simple particulier 5 toujours égal dans
ces divers états , et toujours aimé.
>
On peutjuger de M. le C. de M. par les
négociations plus importantes et plus difficiles , dont il fut charge au bout de deux ans
en qualité de Plénipotentiaire au Congrès de
Cambray. Là , se conduisoit cette négocia
tion singuliere , qui sera un Problême pour
les siécles à venir: négociation qui sans paroître rien décider , opéroit dans toute l'Europe une paix plus durable que celle qui est
II. Vol. fixée
JUIN. 1732 1337
3
fixée par des Traitez, et qui prolongée pendant plusieurs années , suspenduë ensuite
transferée à Soissons , separée enfin comme
hazard , se trouve en apparence sans '
conclusion , et cependane sans rupture.
par
Ministre secret sans être rusé , caressant
sans s'avilir , franc et sincere sans imprudence , grave sans être fier : c'est trop pen
dire qu'il gagna l'estime de tant d'hommes
choisis de toutes les Nations , elle alloitjusqu'à la confiance et à l'amitié : et tous se sont
fait un plaisir de lui en conserver les marques , lorsque la Fortune toujours legere dans
ses caresses, s'offensa de ce qu'il sembloit vouloir la fixerpar l'égalité de son humeur et de
son caractere.
Elle lui préparoit une chûte aussi rapide
que son élevation , lorsqu'il sçût la prevenir
par une retraite genereuse , honoré de l'estime
et des graces de son Maître. Il n'avoit pas
couru après lafortune , elle étoit venuë comme d'elle-même s'effrir à lui , il lui ôta leplai- .
sir de consommer sur lui sa legereté ; il renonça de lui-même à son Empires et il montra:
par son choix qu'on peut être heureux sans
ses caresses , content sans ses trésors, et grand
sans ses bienfaits , & c.
Les Dignitez l'élevent au- dessus de nous ,
dit l'Orateur , en parlant du Cardinal de
Fleury , mais sa modestie len raproche, elle
II. Vola F vj lui
1388 MERCURE DE FRANCE
lui fait oublier tout ce que son rang a de
grandeu , et le plus puissant des Sujets est
aujourd'hui le plus simple , le plus modeste ,
le plus affable.
Et en parlant de notre Auguste Monarque: Heureux son peuple, si malgré le penchant qui le porte à murmurer toujours , à
critiquer et à se plaindre , il sçait connoître le
bonheur qu'il a d'obéir à un Roiffable dans
sa Cour, pacifique dans ses desseins , religieux dans ses devoirs , chaste dans ses plaisirs , moderé dans tous ses desirs.
l'Académie Françoise , à la place du feu
Comte de Morville , y prit séance le Jeudi 29. May , et prononça un Discours ,
auquel M. l'Archevêque de Sens répondit au nom de l'Académie. Ils parlerent
tous deux , sans doute , avec éloquence ;
cela est également aisé à croire et à dire;
mais ce qui est très - difficile , c'est
d'extraire de ces Discours ce qui peut en
II. Vol.
Fij donner
180 MERCURE DE FRANCE
donner une juste idée , sans que les Lecteurs et les Auteurs y perdent.
L'Abbé Terrasson , loue d'abord d'une
maniere assez neuve, et sans pousser la modestie tropioin sur le choix desa personne,
'Académie Françoise, celle des Sciences et
des Belles Lettres, et le Cardinal de Richedieu. C'est , sans doute , une des plus grandes preuves de son intelligence , dit-il ,d'avoir conçu qu'il feroit sortir tous les genres
de Literature du soin qu'il prendroit d'abord
de la Langue. Il a senti que cet objet general
qu'on croyoit borné à la superficie des choses,
Jes embrassoit toutes. L'Académie des Sciences , fondée la premiere , r'auroit peut- être
donné lieu , ni à celle qui cultive l'érudition
litteraire , ni à la vôtre. Mais la vôtre s'ézant remplie dès ses commencemens d'excellens hommes de tout ordre, a fait comprendre
qu'il pouvoit seformer diverses Compagnies
d'habiles gens , qui sçachant toutes qu'elles
toient instituées sur votre modele , non- seulement porteroient au plus haut point leur
valent propre, mais s'efforceroient encore de
préter aux matieres les plus épineuses , cette
clarté et cette élegance dont vous leur avez
donné Pexemple.
On auroit en tort de craindre que la po
Litesse du style , à laquelle vos prédecesseurs
s'appliquoient avestant de soin , ne fit pré
ferer JI, Vol.
JUIN. 1732. #381*
ferer l'agrément à la solidité du Discours.
L'Experience a fait voir que le choix des
paroles amenoit celui des pensées , que l'éloquence ne plaisoit principalement que par
les choses , et que le pouvoir bien approfondi
des mots mis en leur place , n'étoit le plus
souvent que le pouvoir des idées et des rai.
sons mises dans leur ordre , &c.
Nous sentons que la difficulté d'abreger
augmente à mesure que nous avançons ,
par le danger presque inévitable de ne pas
alterer un Discours ou plutôt un précisdéja réduit avec beaucoup d'art , aux plus
justes bornes de l'éloquence ; en décom
posant , pour ainsi-dire , un morceau si
bien ordonné , tâchons de conserver lestraits heureux ,les expressions fines et déficates , et les pensées solides et brillantes,
L'Abbé Terrasson termine l'Eloge de
Louis XIV. par les instructions que ce
grand Prince donna à son Petit- Fils , et
poursuit ainsi. Mais quel sera l'Instituteur
du Roy Enfant , capable de faire germer le
fruit renfermé dans cette importante Leçon ?
où le Ministre capable de la suivre sous ses
yeux , lorsqu'elle sera devenue l'inclination
et la volonté propre du Roy , plus avancé
en âge ? Nous sommes trop heureux , Messieurs , que ces deux fonctions se soient suivies dans un seul homme ; et vous êtes , josé
II. Vol. Fiij Le
1382 MERCURE DE FRANCE
le dire, trop glorieux que cet homme unique soit un de vous , &c.
Les travauxguerriers ont un grand éclat,
et quand ils ne seroient pas toujours suivis
du succès , l'entreprise seule accroît sagloire...
L'entretien d'une longue Paix , bien plus
difficile que les conquêtes et les conventions
les plus avantageuses , n'a aucun terme où
le Ministre recueille la gloire de ses efforts ,
parce qu'ils ne finissent jamais , leur durée
mêne les prive de ces acclamations et de ces
triomphes , dont on fixe le jour ; et qu'une
sage politique autorise pour animer les hommes ordinaires. Disons encore que l'abondance procurée aux Citoyens n'est un objet
quepourceuxqui veulent le voir , et qu'ainsi
l'héroïsme de l'administration consiste à entreteniret à faire croître le bonheur des Peuples
au milieu de leur insensibilité , et sur tout
àpréparer la continuation de ce bonheurpar
un partage de sa propre autorité , d'autant
plus genereux , que l'on choisit un plus digne Associé.
Le nouvel Académicien passe ensuite
à l'hommage dû à la memoire de M. le
Comte de Morville ; il en parle ainsi :
Né avec des inclinations vertueuses , il ent
de bonne heure cette bienseance , cette décence
qui sauve à laJeunesse ces dérangemens d'esprit et de mœurs , que le Public pardonne
II. Vol. encore
JUIN. 1732. 1383
encore plus volontiers à l'âge , lorsqu'il les
voit , que l'homme fait ne se les pardonne
à lui-même , lorsqu'il s'en ressouvient. Il
n'avoit parû jeune que par des amusemens
ingenieux et par ces graces de l'esprit qui
l'ont suivi jusques dans l'exercice des talens
superieurs et des grands emplois. Entré dans
Les fonctions publiques par cette partie de la
Magistrature qui demande une comparaison
continuelle des Loix primitives et generales
avec les circonstances présentes et particulieres , une équité severe dans le principe, et
une indulgence dans l'application ; une place
enfin plus propre que toutes les autres à faire
sentir que les interêts des Princes et des Sujets ne sont que la même chose ...
Sur son Ambassade et ses négociations,
POrateur ajoûte : Mais quel effort de génie
y réussira mieux que cet esprit d'insinuation , tiré plutôt de la douceur du caractere ,
que d'une adresse étudiée. M. de Morville
fut ami des Hollandois , et leur fit aimer les
François en sa personne. Cefut aussi ce qui
engagea le Prince Regent , Grand- Maître
lui- même en l'art de gagner les coeurs , à lui
confier à son retour cette partie du Ministere , qui est en quelque sorte une naviga-nego.
tion continue .... Plein degoût pour toutes
les belles choses , il passoit agréablement des
objets qui occupent les Académies des Gens 11. worpent Vol.
Fij de
1384 MERCURE DE FRANCE
de Lettres , aux objets que cultivent les Académies qui tirent leur nom des Beaux Arts.
M. l'Archevêque de Sens répondit en
ces termes :
MONSIEUR ,
Il est glorieux , sans doute , d'être adopté
parmi nous par un concours rapide de tous
les suffrages. Mais c'est une autre sorte de
gloire qui n'est pas moins douce , d'avoir das
Rivaux et de l'emporter sur eux , la difficulté et l'incertitude rendent le succès plus
interessant ; et si un Concurrent d'un mérite connu a balancé les voix , la préference a quelque chose de bien flateur. C'est
ce qui vous est arrivé , Monsieur ; un Concurrent aimé de plusieurs , et estimé de tous:
par des Ouvrages connus , &c...... Le
Discours éloquent que vous venez de prononcer honore notre choix en même temps
qu'il justifie votre ambition.
L'éloquent Prélat parle ensuite des Ouvrages du nouvel Académicien , qui lui
ont frayé depuis long temps la route vers
l'Académie : Grande érudition , dit-il , stile
élegant , goût délicat , et surtout une justesse
de raison et de Philosophie , superieure au
goût , au stile et à l'érudition , &c....
Viennent ensuite les Eloges dûs à la Dissertation sur Homere et à l'Histoire de
11. Vol. Sethos
JUIN. 1752. 1385
Sethos. Celle- cy en mérite particulierement ,
dit l'Orateur , par le dessein que vous vous
y êtes proposé , non d'amuser,
non , mais d'instruire le Lecteur et deformer ses moeurs. Dans
ce siecle , livré peut être plus qu'aucun aux
bagatelles indécentes , aux liberte amüsantes , aux Satyres qui n'épargnent ni les hommes ni les Dieux , on est heureux de trouver encore quelques Ecrivains aussi sages
qu'ingénieux , qui veüillent bien s'étudier à
déguiser adroitement , sous ce frivole qu'on recherche et dont on ne s'amuse que trop; des
Leçons utiles de probité, de Religion , de mo- destie et de desinteressement.
Sur l'amitié et l'estime que l'Abbé Terrasson a mérité de ses Confreres dans l'A--
cadémie des Sciences , l'Archevêque de
Sens ajoûte L'Académie Françoise ne fait
pas moins de cas de la vertu et de la probité;
elle compte ces qualitez au nombre de celles
qu'elle cherche dans ceux dont ellefait choix.
Ciceron mettoit la probité au nombre des
qualitez de l'Orateur , il la plaçoit même la
premiere. L Académie Françoise adopte saz
maxime en imitant son éloquence , elle - méprise les talens quelques brillans qu'ils soient
si ce lustre leur manque ; et malgré les mur
mures du vulgaire , ces Ecrivains dont la
plume impie , médisante ou impure , attiroit
de frivoles applaudissemens, sont parmi nous
méconnus ou détestez. FY C'est
1386 MERCURE DE FRANCE
>
C'est par les vertus , si je l'ose dire , de societé et de commerce , que vous nous devez
dédommager de la perte que nous avonsfaite
de M. le C. de M. dont vous prenez la place. C'est par cet endroit seul que l'Académie a besoin d'être consolée , d'être dédomagée ; car pour la réputation et la gloire que
ses vertus lui ont acquise parmi nous , elle
subsistera toute entiere , et la mort n'ôte rien
ni à lui , ni à nous. C'est le privilege des
Societez comme la nôtre de s'enrichir chaque
jour de leurs propres pertes , et de conserver
à jamais la gloire dont chacun de ses Membres l'enrichit en y entrant.
A40. ans , M. de Morville avoit déja
épuisé tous les degrez de lafortune et tous ses
revers………. Orateur , Magistrat , Ambassadeur , Secretaire d'Etat , Ministre de la
Marine, Ministre des Affaires Etrangeres
enfin simple particulier 5 toujours égal dans
ces divers états , et toujours aimé.
>
On peutjuger de M. le C. de M. par les
négociations plus importantes et plus difficiles , dont il fut charge au bout de deux ans
en qualité de Plénipotentiaire au Congrès de
Cambray. Là , se conduisoit cette négocia
tion singuliere , qui sera un Problême pour
les siécles à venir: négociation qui sans paroître rien décider , opéroit dans toute l'Europe une paix plus durable que celle qui est
II. Vol. fixée
JUIN. 1732 1337
3
fixée par des Traitez, et qui prolongée pendant plusieurs années , suspenduë ensuite
transferée à Soissons , separée enfin comme
hazard , se trouve en apparence sans '
conclusion , et cependane sans rupture.
par
Ministre secret sans être rusé , caressant
sans s'avilir , franc et sincere sans imprudence , grave sans être fier : c'est trop pen
dire qu'il gagna l'estime de tant d'hommes
choisis de toutes les Nations , elle alloitjusqu'à la confiance et à l'amitié : et tous se sont
fait un plaisir de lui en conserver les marques , lorsque la Fortune toujours legere dans
ses caresses, s'offensa de ce qu'il sembloit vouloir la fixerpar l'égalité de son humeur et de
son caractere.
Elle lui préparoit une chûte aussi rapide
que son élevation , lorsqu'il sçût la prevenir
par une retraite genereuse , honoré de l'estime
et des graces de son Maître. Il n'avoit pas
couru après lafortune , elle étoit venuë comme d'elle-même s'effrir à lui , il lui ôta leplai- .
sir de consommer sur lui sa legereté ; il renonça de lui-même à son Empires et il montra:
par son choix qu'on peut être heureux sans
ses caresses , content sans ses trésors, et grand
sans ses bienfaits , & c.
Les Dignitez l'élevent au- dessus de nous ,
dit l'Orateur , en parlant du Cardinal de
Fleury , mais sa modestie len raproche, elle
II. Vola F vj lui
1388 MERCURE DE FRANCE
lui fait oublier tout ce que son rang a de
grandeu , et le plus puissant des Sujets est
aujourd'hui le plus simple , le plus modeste ,
le plus affable.
Et en parlant de notre Auguste Monarque: Heureux son peuple, si malgré le penchant qui le porte à murmurer toujours , à
critiquer et à se plaindre , il sçait connoître le
bonheur qu'il a d'obéir à un Roiffable dans
sa Cour, pacifique dans ses desseins , religieux dans ses devoirs , chaste dans ses plaisirs , moderé dans tous ses desirs.
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Résumé : Discours lûs à l'Académie Françoise, &c. [titre d'après la table]
Le 29 mai, l'Abbé Terrasson a été élu à l'Académie Française pour succéder au Comte de Morville. Lors de sa prise de fonction, Terrasson a prononcé un discours, auquel l'Archevêque de Sens a répondu au nom de l'Académie. Terrasson a loué l'Académie Française, ainsi que les Académies des Sciences et des Belles-Lettres, et a souligné l'importance de la langue dans la littérature. Il a également rendu hommage au Cardinal de Richelieu et a mentionné que l'Académie Française, grâce à ses membres éminents, a servi de modèle à d'autres institutions. Dans son discours, Terrasson a terminé par un éloge de Louis XIV, mentionnant les instructions données par le roi à son petit-fils. Il a ensuite rendu hommage à la mémoire du Comte de Morville, le décrivant comme un homme vertueux et distingué, ayant excellé dans divers rôles publics, notamment en tant que magistrat, ambassadeur et ministre. Morville était apprécié pour son esprit d'insinuation et sa capacité à gagner les cœurs. L'Archevêque de Sens a répondu en félicitant Terrasson pour son élection et en soulignant la difficulté et l'honneur de surpasser des concurrents de mérite. Il a également loué les œuvres de Terrasson, notamment son érudition, son style élégant et sa justesse de raison. L'Archevêque a mentionné la Dissertation sur Homère et l'Histoire de Sethos, saluant l'ambition de Terrasson d'instruire et de former les mœurs des lecteurs. L'Archevêque a souligné l'importance de la vertu et de la probité au sein de l'Académie Française, imitant Cicéron en plaçant la probité au premier rang des qualités de l'orateur. Il a conclu en soulignant que l'Académie se console de la perte de Morville grâce aux vertus de ses nouveaux membres.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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6286
p. 1388
« Le 24 Mai, l'Académie Royale des Sciences, proceda à l'élection [...] »
Début :
Le 24 Mai, l'Académie Royale des Sciences, proceda à l'élection [...]
Mots clefs :
Académie royale des sciences, Élection
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le 24 Mai, l'Académie Royale des Sciences, proceda à l'élection [...] »
Le 24 Mai , l'Académie Royale des
Sciences , proceda à l'élection de deux
Sujets , pour remplir la place d'Associélibre , vacante par la mort de M. Chirac,
Premier Médecin du Roi ; la pluralité
des suffrages tomba sur M. Chicoyneau ,
aujourd'hui Premier Médecin de S. M.
et sur M. de Gamaches , Chanoine Régulier de Sainte Croix de la Bretonerie , ct
Vicaire General de son Ordre en France.
Le 30 du même mois , le Comte de
Maurepas écrivit à l'Académie que le Roi
avoit accepté ces deux Sujets pour remplir cette seule place , sans que cela pût
tirer à conséquence pour l'avenir.
Sciences , proceda à l'élection de deux
Sujets , pour remplir la place d'Associélibre , vacante par la mort de M. Chirac,
Premier Médecin du Roi ; la pluralité
des suffrages tomba sur M. Chicoyneau ,
aujourd'hui Premier Médecin de S. M.
et sur M. de Gamaches , Chanoine Régulier de Sainte Croix de la Bretonerie , ct
Vicaire General de son Ordre en France.
Le 30 du même mois , le Comte de
Maurepas écrivit à l'Académie que le Roi
avoit accepté ces deux Sujets pour remplir cette seule place , sans que cela pût
tirer à conséquence pour l'avenir.
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Résumé : « Le 24 Mai, l'Académie Royale des Sciences, proceda à l'élection [...] »
Le 24 mai, l'Académie Royale des Sciences élit M. Chicoyneau et M. de Gamaches pour remplacer M. Chirac, Premier Médecin du Roi. Le 30 mai, le Comte de Maurepas annonce que le Roi accepte ces deux candidats pour une seule place vacante, sans créer de précédent.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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6287
p. 1388-1389
Dame de Bologne qui prend les Grades de Docteur, [titre d'après la table]
Début :
Voici un Evenement qui fait autant d'honneur à notre [...]
Mots clefs :
Beau sexe, Laure Bassi, Degré de Docteur, Université
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texteReconnaissance textuelle : Dame de Bologne qui prend les Grades de Docteur, [titre d'après la table]
oici un Evenement qui fait autant
11. Vol. d'hon-
JUIN. 1732. 1389-*
d'honneur à notre siecle , qu'il est flateur
pour le beau Sexe , lequel, par les préjugez de l'éducation , connoît rarement
les forces de son esprit et toute. l'étenduë de ses lumieres. On apprend par les
Lettres d'Italie, que le 10. du mois dernier
une Bourgeoise de la Ville de Boulogne ,
nommée Laure Bassi , v reçût le degré de
Docteur , en présence du Sénat , du Cardinal de Polignac , de deux Evêques , de la
principale Noblesse et du Corps des Doce
teurs de l'Université. Ces Lettres ajoûtent
que cette personne excelle en tous genres
d'érudition , et qu'elle joint à cela un tour
d'esprit extrémement vif et agréable ,
avec une memoire si exacte sur tous les
faits qu'elle a une fois lûs , qu'il n'y a
personne en, Italic qui puisse lui disputer
ce talent. Les Gonfalonniers et les Anciens de Boulogne lui ont donné un repas magnifique , auquel ils avoient invité tout ce qu'il y avoit de plus distingué.
dans la Ville.
Dans le dernier siecle Mesdemoiselles
Cornaro et Patin , donnerent le même.
spectacle , ayant reçû le même Grade dans
PUniversité de Padoüie.
11. Vol. d'hon-
JUIN. 1732. 1389-*
d'honneur à notre siecle , qu'il est flateur
pour le beau Sexe , lequel, par les préjugez de l'éducation , connoît rarement
les forces de son esprit et toute. l'étenduë de ses lumieres. On apprend par les
Lettres d'Italie, que le 10. du mois dernier
une Bourgeoise de la Ville de Boulogne ,
nommée Laure Bassi , v reçût le degré de
Docteur , en présence du Sénat , du Cardinal de Polignac , de deux Evêques , de la
principale Noblesse et du Corps des Doce
teurs de l'Université. Ces Lettres ajoûtent
que cette personne excelle en tous genres
d'érudition , et qu'elle joint à cela un tour
d'esprit extrémement vif et agréable ,
avec une memoire si exacte sur tous les
faits qu'elle a une fois lûs , qu'il n'y a
personne en, Italic qui puisse lui disputer
ce talent. Les Gonfalonniers et les Anciens de Boulogne lui ont donné un repas magnifique , auquel ils avoient invité tout ce qu'il y avoit de plus distingué.
dans la Ville.
Dans le dernier siecle Mesdemoiselles
Cornaro et Patin , donnerent le même.
spectacle , ayant reçû le même Grade dans
PUniversité de Padoüie.
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Résumé : Dame de Bologne qui prend les Grades de Docteur, [titre d'après la table]
En juin 1732, Laure Bassi, une bourgeoise de Bologne, a reçu le titre de Docteur en présence de nombreuses personnalités, dont le Sénat, le Cardinal de Polignac, deux évêques, la principale noblesse et le corps des docteurs de l'Université. Cet événement a mis en lumière les capacités intellectuelles des femmes, souvent sous-estimées. Les lettres d'Italie soulignaient son excellence en érudition, son esprit vif et agréable, ainsi que sa mémoire exceptionnelle. Les autorités de Bologne lui ont offert un repas magnifique en son honneur, auquel étaient invités les personnalités les plus distinguées de la ville. Au siècle précédent, les demoiselles Cornaro et Patin avaient également reçu le même grade à l'Université de Padoue.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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6288
p. 1390-1395
LETTRE écrite de Sens le 10. Mai 1732. à l'occasion d'une grosse Horloge nouvellement construite dans cette Ville.
Début :
Je serai charmé, Monsieur, si je puis satisfaire votre curiosité [...]
Mots clefs :
Horloge, Sens, M. le Faucheur, Pilastre, Cage, Cadran
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE écrite de Sens le 10. Mai 1732. à l'occasion d'une grosse Horloge nouvellement construite dans cette Ville.
LETTRE écrite de Sens le ro. Mai
1732 à l'occafion d'une grosse Horloge
nouvellement construite dans cette Ville.
E serai charmé , "Monsieur , si je puis:
satisfaire votre curiosité , en vous donnant une simple idée de notre nouvelleHorloge de Sens , et si vous trouvez du
raport avec ce qu'on vous en a.dejà dit ;
* je ne doute point que vous ne continuïez
d'admirer ce bel Ouvrage , dont le merite consiste plus dans une juste proportion de toutes les parties , et dans une
soigneuse recherche de l'Art , pour la
perfection et la durée d'une Horloge de
clocher , que dans une multiplicité de
machines , qui sont ou doivent être regardées comme étrangeres à l'horlogerie.
L'auteur ( M. le Faucheur , Maître
Horloger de Paris , rue de la Verrerie au
Roi de France ) s'est principalement at
taché , dans sa composition , à pouvoir
satisfaire les personnes les plus difficiles
à l'égard de la mesure du tems , qui est ,
selon moi , tout ce qu'on doit exiger ; elle
marque le tems vrai , et le tems moyen
par son grand cadran qui orne toute la
fate du portail de notre Eglise Cathe
dr ale.
11. Koh L'Hor
JUIN. 1732. 1393
L'Horloge a été placée à la fin de l'année derniere dans le même lieu qu'étoit
l'ancienne la cage est tres- propre , chaque pilastre est orné d'une base et
d'un chapiteau d'Architecture
:
-
avec و
un vase au dessus. Les roues sont
aussi de cuivre , et tres fortes , bien
écrouées , tournées et polies sur leurs arbres , dont les pivots , pignons et lanternes sont d'acier , tournés , finis et finis et po
lis avec tout le soin possible , pour éviter les frotemens et pour donner une
plus grande facilité à toutes les piéces de mouvoir.
- L'échapement , aussi bon qu'ingénieux,
est à rocher , composé de deux leviers ,
chacun sur une verge, ou arbre different,
faisant un angle d'environ 45. degrez ;.
ces deux leviers ou palettes , qui portent
près de 5. pouces et demi de longueur ,
agissent l'un après l'autre par le moyen
de deux portions de roues qui engren
nent l'une dans l'autre ; l'arbre d'un de.
ces leviers porte la fourchette ; la longueur du Pendule est de plus de six pieds
et la lentille pese environ 30. livres ,.
avec une suspension tres solide et naturelle , sans que l'on ressente de dureté
dans les vibrations ; cet échapement est
tres-doux et marche avec tres-peu de
II. Vol. poids3
1393 MERCURE DE FRANCE
poids ; la piéce va également avec différentes pesanteurs , c'est- à- dire , depuis 14.
livres jusqu'à plus de 100. Je puis l'assurer, en ayant vu faire l'expérience dans
le tems que M. le Faucheur la regioit
ce qui est une preuve évidente que les
frottemens ne produiront aucune varia
tion par la régularité de celle- cy ; puisque differentes forces ne produisent au
cun effet sur le Pendule.
Le mouvement peut aller plus de 100 heures sans le remonter ; il conduit 4
Cadrans à la fois dont le principal est
éloigné de 150. pieds au moins ; et quoique les conduites fassent beaucoup d'équerre ou angle , excepté celles de naissance ; il n'y a ni roues ni molertes , afin
d'éviter le jeu qu'elles donneroient à l'Eguille par leur multiplication ; ce sont
deux demi Cercles rivez sur les Tringles
qui portent dans leur section les Pivots
d'une Croix , et qui tournent à chaque
Angle , sans prendre aucun jeu ; ce qu'on
ne peut pas éviter avec les engrenages.
Le grand Cadran est curieux par sa
construction nouvelle et solide , par sa
grandeur et par ses effets ; il est de treize
pieds et demi de diamettre ; les heures:
sont d'une composition d'Email- et de
Fayence , en 12 cartouches et 12. autres
LI. Vol. petits
JUIN.. 1732. 1397
petits pour les demies ; les chiffres sont
bleus sur fond blanc et portent près de
30. pouces ; chaque Cartouche est armé -
de fer et retenu par des vis et des écrous dés
tout le reste est à jour rempli d'ornemens
de Serrurerie et Fleurons de Cuivre doré;
le fond du milieu est de même matiere
pour résister aux injures du temps. On
peint dessus un Paysage et des Montagnes en lointain , au-dessus desquelles
paroît la Lune , qui a 2. pieds de diamétre et marque ses differentes faces , et son
quantiéme , avec beaucoup de régularité,
faisant sa révolution en 29. jours et demi
45. minutes.
Au- dessous de ce grand Cadran , entre
les deux Tours , il y a une grande Ro--
sette , et de chaque côté deux especes de
Vitraux , dans lesquels on a fait au milieu une ouverture perpendiculaire d'en
viron 13. à 14. pieds de hauteur , sur
4. pouces de largeur pour passer un arbre de fer , qui porte un Soleil de Cuivre
doré, lequel parcourant dans une année
cette ouverture , marque d'un côté à chaque jour,l'heure qu'il se leve et se couche,
et de l'autre côté Equation de l'Horloge ; c'est- à- dire , les avances ou retards.
que fait chaque jour le Soleil en passant par le Meridien ; ce qui fait la
II. Vol. diffe
1394 MERCURE DE FRANCE
difference du temps vrai et du temps
moyen; la quadrature qui fait mouvoir tout
cela est très-curieuse ; ce sont deux grands
Leviers de fer qui portent d'un bout une
portion de Cercle , et de l'autre bout une
Poulie de Métail , qui , en appuyant sur
une Courbe fixée à la grande Roüe an-.
nuelle , donne chaque jour les variations
solaires pour l'Equation d'un côté , et le
lever et le coucher de l'autre. Cette Roue
annuelle a 4 pieds 2. pouces de diamétre.
les Mois et les Signes sont marquez sur son
Cercle , divisez par quantiéme et par degrez ; ainsi on peut voir dans quel Signe
entre le Soleil et à quel degré de hauteur il est chaque jour.
Afin de soulager le Mouvement de
l'Horloge dans la conduite de ces differentes Machines , il y a un Rouleau sur
F'arbre de la roue annuelle , avec un poids
qui fait marcher toute la quadrature et les
conduites , ainsi le Mouvement n'a aucune peine et va avec très - peu de poids:-
car avec 60. livres moufflées , il a marché
très- régulierement pendant quatre mois,
quoiqu'il menât toutes les conduites des
Cadrans et la quadrature de la Lune ,
qui est fort pesante ; enfin il faut avoüer
que tout est bien ajusté et bien libre , il
y a plusieurs grandes Poulies jointes aux II. Vol. Leviers
JUIN. 17321 1393
Leviers dont je ne vous parle point , pour
abreger.
Je puis dire,à la loüange de M* Baudry,
notre Maire de Ville , et de Mr ses Col
legues , que nous verrons peu de leur
successeurs, chercher avec autant de soin,
les commoditez et l'embellissement de la
Ville qu'ils l'ont fait dans cette occasion ,
sans qu'il en coûte rien au public. Je suis,
Monsieur , &c.
1732 à l'occafion d'une grosse Horloge
nouvellement construite dans cette Ville.
E serai charmé , "Monsieur , si je puis:
satisfaire votre curiosité , en vous donnant une simple idée de notre nouvelleHorloge de Sens , et si vous trouvez du
raport avec ce qu'on vous en a.dejà dit ;
* je ne doute point que vous ne continuïez
d'admirer ce bel Ouvrage , dont le merite consiste plus dans une juste proportion de toutes les parties , et dans une
soigneuse recherche de l'Art , pour la
perfection et la durée d'une Horloge de
clocher , que dans une multiplicité de
machines , qui sont ou doivent être regardées comme étrangeres à l'horlogerie.
L'auteur ( M. le Faucheur , Maître
Horloger de Paris , rue de la Verrerie au
Roi de France ) s'est principalement at
taché , dans sa composition , à pouvoir
satisfaire les personnes les plus difficiles
à l'égard de la mesure du tems , qui est ,
selon moi , tout ce qu'on doit exiger ; elle
marque le tems vrai , et le tems moyen
par son grand cadran qui orne toute la
fate du portail de notre Eglise Cathe
dr ale.
11. Koh L'Hor
JUIN. 1732. 1393
L'Horloge a été placée à la fin de l'année derniere dans le même lieu qu'étoit
l'ancienne la cage est tres- propre , chaque pilastre est orné d'une base et
d'un chapiteau d'Architecture
:
-
avec و
un vase au dessus. Les roues sont
aussi de cuivre , et tres fortes , bien
écrouées , tournées et polies sur leurs arbres , dont les pivots , pignons et lanternes sont d'acier , tournés , finis et finis et po
lis avec tout le soin possible , pour éviter les frotemens et pour donner une
plus grande facilité à toutes les piéces de mouvoir.
- L'échapement , aussi bon qu'ingénieux,
est à rocher , composé de deux leviers ,
chacun sur une verge, ou arbre different,
faisant un angle d'environ 45. degrez ;.
ces deux leviers ou palettes , qui portent
près de 5. pouces et demi de longueur ,
agissent l'un après l'autre par le moyen
de deux portions de roues qui engren
nent l'une dans l'autre ; l'arbre d'un de.
ces leviers porte la fourchette ; la longueur du Pendule est de plus de six pieds
et la lentille pese environ 30. livres ,.
avec une suspension tres solide et naturelle , sans que l'on ressente de dureté
dans les vibrations ; cet échapement est
tres-doux et marche avec tres-peu de
II. Vol. poids3
1393 MERCURE DE FRANCE
poids ; la piéce va également avec différentes pesanteurs , c'est- à- dire , depuis 14.
livres jusqu'à plus de 100. Je puis l'assurer, en ayant vu faire l'expérience dans
le tems que M. le Faucheur la regioit
ce qui est une preuve évidente que les
frottemens ne produiront aucune varia
tion par la régularité de celle- cy ; puisque differentes forces ne produisent au
cun effet sur le Pendule.
Le mouvement peut aller plus de 100 heures sans le remonter ; il conduit 4
Cadrans à la fois dont le principal est
éloigné de 150. pieds au moins ; et quoique les conduites fassent beaucoup d'équerre ou angle , excepté celles de naissance ; il n'y a ni roues ni molertes , afin
d'éviter le jeu qu'elles donneroient à l'Eguille par leur multiplication ; ce sont
deux demi Cercles rivez sur les Tringles
qui portent dans leur section les Pivots
d'une Croix , et qui tournent à chaque
Angle , sans prendre aucun jeu ; ce qu'on
ne peut pas éviter avec les engrenages.
Le grand Cadran est curieux par sa
construction nouvelle et solide , par sa
grandeur et par ses effets ; il est de treize
pieds et demi de diamettre ; les heures:
sont d'une composition d'Email- et de
Fayence , en 12 cartouches et 12. autres
LI. Vol. petits
JUIN.. 1732. 1397
petits pour les demies ; les chiffres sont
bleus sur fond blanc et portent près de
30. pouces ; chaque Cartouche est armé -
de fer et retenu par des vis et des écrous dés
tout le reste est à jour rempli d'ornemens
de Serrurerie et Fleurons de Cuivre doré;
le fond du milieu est de même matiere
pour résister aux injures du temps. On
peint dessus un Paysage et des Montagnes en lointain , au-dessus desquelles
paroît la Lune , qui a 2. pieds de diamétre et marque ses differentes faces , et son
quantiéme , avec beaucoup de régularité,
faisant sa révolution en 29. jours et demi
45. minutes.
Au- dessous de ce grand Cadran , entre
les deux Tours , il y a une grande Ro--
sette , et de chaque côté deux especes de
Vitraux , dans lesquels on a fait au milieu une ouverture perpendiculaire d'en
viron 13. à 14. pieds de hauteur , sur
4. pouces de largeur pour passer un arbre de fer , qui porte un Soleil de Cuivre
doré, lequel parcourant dans une année
cette ouverture , marque d'un côté à chaque jour,l'heure qu'il se leve et se couche,
et de l'autre côté Equation de l'Horloge ; c'est- à- dire , les avances ou retards.
que fait chaque jour le Soleil en passant par le Meridien ; ce qui fait la
II. Vol. diffe
1394 MERCURE DE FRANCE
difference du temps vrai et du temps
moyen; la quadrature qui fait mouvoir tout
cela est très-curieuse ; ce sont deux grands
Leviers de fer qui portent d'un bout une
portion de Cercle , et de l'autre bout une
Poulie de Métail , qui , en appuyant sur
une Courbe fixée à la grande Roüe an-.
nuelle , donne chaque jour les variations
solaires pour l'Equation d'un côté , et le
lever et le coucher de l'autre. Cette Roue
annuelle a 4 pieds 2. pouces de diamétre.
les Mois et les Signes sont marquez sur son
Cercle , divisez par quantiéme et par degrez ; ainsi on peut voir dans quel Signe
entre le Soleil et à quel degré de hauteur il est chaque jour.
Afin de soulager le Mouvement de
l'Horloge dans la conduite de ces differentes Machines , il y a un Rouleau sur
F'arbre de la roue annuelle , avec un poids
qui fait marcher toute la quadrature et les
conduites , ainsi le Mouvement n'a aucune peine et va avec très - peu de poids:-
car avec 60. livres moufflées , il a marché
très- régulierement pendant quatre mois,
quoiqu'il menât toutes les conduites des
Cadrans et la quadrature de la Lune ,
qui est fort pesante ; enfin il faut avoüer
que tout est bien ajusté et bien libre , il
y a plusieurs grandes Poulies jointes aux II. Vol. Leviers
JUIN. 17321 1393
Leviers dont je ne vous parle point , pour
abreger.
Je puis dire,à la loüange de M* Baudry,
notre Maire de Ville , et de Mr ses Col
legues , que nous verrons peu de leur
successeurs, chercher avec autant de soin,
les commoditez et l'embellissement de la
Ville qu'ils l'ont fait dans cette occasion ,
sans qu'il en coûte rien au public. Je suis,
Monsieur , &c.
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Résumé : LETTRE écrite de Sens le 10. Mai 1732. à l'occasion d'une grosse Horloge nouvellement construite dans cette Ville.
La lettre du 17 mai 1732 relate la construction d'une nouvelle horloge à Sens, réalisée par M. le Faucheur, Maître Horloger de Paris. Cette horloge se distingue par sa juste proportion des parties et sa recherche de perfection et de durée. Elle indique à la fois le temps vrai et le temps moyen grâce à un grand cadran situé sur le portail de l'église cathédrale. Installée à la fin de l'année précédente, l'horloge remplace une ancienne horloge au même emplacement. La cage de l'horloge est soignée, avec des pilastres ornés de bases et de chapiteaux architecturaux, et des vases au-dessus. Les roues sont en cuivre, robustes et bien polies, avec des pivots, pignons et lanternes en acier pour minimiser les frottements. L'échapement, de type à rocher, est composé de deux leviers agissant l'un après l'autre, assurant une marche douce et régulière. Le pendule mesure plus de six pieds et pèse environ 30 livres, avec une suspension solide et naturelle. L'horloge peut fonctionner plus de 100 heures sans remontage et conduit quatre cadrans simultanément, dont le principal est éloigné de 150 pieds. Le grand cadran, de treize pieds et demi de diamètre, est remarquable par sa construction solide et ses ornements. Il affiche les heures en émail et faïence, avec des chiffres bleus sur fond blanc. Une rosace et des vitraux encadrent un arbre de fer portant un soleil doré, marquant l'heure de lever et de coucher du soleil ainsi que l'équation de l'horloge. La quadrature, composée de deux grands leviers, permet de suivre les variations solaires et la position du soleil dans les signes zodiacaux. Un rouleau avec un poids soulage le mouvement de l'horloge, permettant une marche régulière avec peu de poids. La lettre loue également M. Baudry, le maire de Sens, et ses collègues pour leur soin apporté à l'embellissement de la ville sans coût pour le public.
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6289
p. 1396-1398
Estampes nouvelles de sainte Sophie, &c. [titre d'après la table]
Début :
Le sieur Surugue, Graveur du Roy, à Paris, ruë des [...]
Mots clefs :
Estampe, Sainte Sophie, Mosquée, Constantinople
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texteReconnaissance textuelle : Estampes nouvelles de sainte Sophie, &c. [titre d'après la table]
Le sieur Surugue , Graveur du Roy ,
à Paris , rue des Noyers , vient de graver
en une feuille , l'élevation en Perspective
de la principale Face de la Mosquée de
sainte Sophie de. Constantinople , avec
tous ses Accompagnemens, Galeries, Minarez , &c. ce qui fait un Morceau trescurieux .
Tout le monde sçait que ce superbe
Temple a été bâti originairement parl'Empereur Justin , en l'honneur de la Sagesse
Eternelles maisqu'il fut beaucoup amplifié,
enrichi, et orné par Justinien , en l'année
$37.1Les Turcs en ont fait leur principalo
Mosquée, et n'ont point changé son nom,
SelonM.Thevenot,l'un de nos plus habiles
Voyageurs ; ce Vaisseau a 114 pas de longueur , sur so de largeur. L'Edifice dans
euvreest quarré en dehors, et presque tout
rond en dedans. Il y a quatre principales
Portes qui conduisent àun grand vestibule
en portique , qui s'étend le long de toute la face. On trouve ensuite sept Portes
II. Vol. quis
JUI N. 17328 1397
1
qui conduisent à une espece de Nef, et
ensuite neuf autres portes de Bronze,
dontla principale est fort grande , et c'est
par là qu'on entre dans la Mosquée.
Il y a au milieu un superbe Dôme, plus
grand en hauteur et en largeur que celui de S.Pierre de Rome. Sa Voute est faite en
forme de demi globe , et fort surbaissée,
ce qui la rend unique dans son espece. Il
y a aussi un Porche , qui regne tout àutour en dedans ; lequel porte une Galerie voutée , dont la largeur est de 30
pas , soutenue de 60 Colonnes de Marbre,
de Jappe , de Porphyre , &c. lesquelles
portentencore d'autres Galeries. On monte jusqu'à la derniere , par un dégré assez
aisé. On voit dans cette Mosquée le Tombeau d'un Empereur Chrétien , qu'on
croit être un des Constantins, et on montre une Pierre quarrée , creusée en petit
Bassin , dans laquelle les Turcs croient
que la Sainte Vierge lavoit les Langes du
Messie. Ils ont un grand respect pour cette Pierre , qu'ils disent avoir été apportée
de Judée.
L'interieur de ce Temple é oit autrefois tres- enrichi et peint d'un Mosaïque,
que les Turcs n'ont qu'à demi effacé. En
dehors sont 4 Minarets ou Clochers fort
auts et délicz ; au sommet desquels il y
II.Vol.
1398 MERCURE DE FRANCE
a des Balcons , d'où les Officiers de la
Mosquée appellent le peuple à la priere.
C'estsur le modele de sainte Sophie, que les
Empereurs Turcs ont fait bâtir les 6 ou 7
autres Mosquées Royales qu'on voit à
Constantinople , mais qui sont bien inferieures.
Des Voyageurs distinguez ont donné
divers desseins , qui ont été gravez de l'interieur et de l'exterieur de cet Edifice .
entre autres , Grelot et Corneille le Bruyn ;
mais on n'avoit point encore vû sa Face ,
si exactement et si nettement representée
que dans l'Estampe nouvellement gravée
par le St Surugue.
La Mosquée de Ste Sophie , a dit-on
été peinte par Bibiano, Peintre fort renommé pour ces sortes de représentations.
à Paris , rue des Noyers , vient de graver
en une feuille , l'élevation en Perspective
de la principale Face de la Mosquée de
sainte Sophie de. Constantinople , avec
tous ses Accompagnemens, Galeries, Minarez , &c. ce qui fait un Morceau trescurieux .
Tout le monde sçait que ce superbe
Temple a été bâti originairement parl'Empereur Justin , en l'honneur de la Sagesse
Eternelles maisqu'il fut beaucoup amplifié,
enrichi, et orné par Justinien , en l'année
$37.1Les Turcs en ont fait leur principalo
Mosquée, et n'ont point changé son nom,
SelonM.Thevenot,l'un de nos plus habiles
Voyageurs ; ce Vaisseau a 114 pas de longueur , sur so de largeur. L'Edifice dans
euvreest quarré en dehors, et presque tout
rond en dedans. Il y a quatre principales
Portes qui conduisent àun grand vestibule
en portique , qui s'étend le long de toute la face. On trouve ensuite sept Portes
II. Vol. quis
JUI N. 17328 1397
1
qui conduisent à une espece de Nef, et
ensuite neuf autres portes de Bronze,
dontla principale est fort grande , et c'est
par là qu'on entre dans la Mosquée.
Il y a au milieu un superbe Dôme, plus
grand en hauteur et en largeur que celui de S.Pierre de Rome. Sa Voute est faite en
forme de demi globe , et fort surbaissée,
ce qui la rend unique dans son espece. Il
y a aussi un Porche , qui regne tout àutour en dedans ; lequel porte une Galerie voutée , dont la largeur est de 30
pas , soutenue de 60 Colonnes de Marbre,
de Jappe , de Porphyre , &c. lesquelles
portentencore d'autres Galeries. On monte jusqu'à la derniere , par un dégré assez
aisé. On voit dans cette Mosquée le Tombeau d'un Empereur Chrétien , qu'on
croit être un des Constantins, et on montre une Pierre quarrée , creusée en petit
Bassin , dans laquelle les Turcs croient
que la Sainte Vierge lavoit les Langes du
Messie. Ils ont un grand respect pour cette Pierre , qu'ils disent avoir été apportée
de Judée.
L'interieur de ce Temple é oit autrefois tres- enrichi et peint d'un Mosaïque,
que les Turcs n'ont qu'à demi effacé. En
dehors sont 4 Minarets ou Clochers fort
auts et délicz ; au sommet desquels il y
II.Vol.
1398 MERCURE DE FRANCE
a des Balcons , d'où les Officiers de la
Mosquée appellent le peuple à la priere.
C'estsur le modele de sainte Sophie, que les
Empereurs Turcs ont fait bâtir les 6 ou 7
autres Mosquées Royales qu'on voit à
Constantinople , mais qui sont bien inferieures.
Des Voyageurs distinguez ont donné
divers desseins , qui ont été gravez de l'interieur et de l'exterieur de cet Edifice .
entre autres , Grelot et Corneille le Bruyn ;
mais on n'avoit point encore vû sa Face ,
si exactement et si nettement representée
que dans l'Estampe nouvellement gravée
par le St Surugue.
La Mosquée de Ste Sophie , a dit-on
été peinte par Bibiano, Peintre fort renommé pour ces sortes de représentations.
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Résumé : Estampes nouvelles de sainte Sophie, &c. [titre d'après la table]
Le sieur Surugue, graveur du Roi à Paris, a récemment gravé une perspective de la principale façade de la mosquée Sainte-Sophie de Constantinople, incluant ses galeries et minarets. Sainte-Sophie, initialement construite par l'empereur Justin en l'honneur de la Sagesse Éternelle, fut amplifiée et enrichie par Justinien en 537. Les Turcs en firent leur principale mosquée sans changer son nom. L'édifice mesure 114 pas de longueur sur 50 de largeur, est carré à l'extérieur et presque rond à l'intérieur. Il possède quatre portes principales menant à un vestibule en portique, suivi de sept puis neuf portes de bronze. Au centre se trouve un dôme plus grand que celui de Saint-Pierre de Rome, en forme de demi-globe surbaissé. Une galerie voûtée, soutenue par 60 colonnes de marbre, de jaspe et de porphyre, entoure l'intérieur. La mosquée abrite le tombeau d'un empereur chrétien et une pierre creusée en bassin, vénérée par les Turcs. L'intérieur, autrefois richement décoré de mosaïques, a été partiellement effacé par les Turcs. Quatre minarets élevés permettent aux officiers d'appeler à la prière. Sainte-Sophie a servi de modèle pour d'autres mosquées royales à Constantinople, bien que celles-ci soient inférieures. Plusieurs voyageurs, dont Grelot et Corneille le Bruyn, ont dessiné l'édifice, mais la gravure de Surugue est la plus précise. La mosquée a été peinte par Bibiano, renommé pour ses représentations.
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6290
p. 1398-1400
Perspective à la Bibliotheque Ste. Geneviéve, [titre d'après la table]
Début :
La Bibliotheque de l'Abbaye de Ste Geneviéve a été [...]
Mots clefs :
Bibliothèque de l'Abbaye de Sainte Geneviève, Armoires, Décoration
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texteReconnaissance textuelle : Perspective à la Bibliotheque Ste. Geneviéve, [titre d'après la table]
La Bibliotheque de l'Abbaye de Ste Geneviéve a été depuis peu considérablement augmentée dans son Bâtiment. Ce
Vaisseau est dans sa construction aujourd'hui partagé en quatre Parties , qui forment une croisée , éclairée au milieu d'une
grande Lanterne, qui donne beaucoup de
lumiere. La partie de la croisée , du côté de la Cour se trouve directement sous
le Clocher de l'Eglise de Ste Geneviève ,
et elle est plus courte que les trojs autres
Parties.
II. Vol. Pour
JUIN. 1732. 1399
Pour faire disparoître cette irrégularité,
on a eu recours au prestige de la Peinture,
et M. Jacques de la Jouë , Peintre ordinaire du Roy, en son Académie Royale ,
y a si heureusement employé la Magie de
son Art , que tous les yeux y sont nonseulement trompez , mais encore extremement satisfaits. Ce morceau fait beau-
-coup d'honneur au génie et au Pinceau de
M. de la Jouë , dont les talens sont assez connus. Tâchons de donner une idée de
Let Ouvrage , que les Curieux vont voir
avec empressement.
La décoration de la Bibliotheque est
d'une Menuiserie uniforme dans son Architecture ; les Armoires sont de 15 pieds
de large sur toute la hauteur ; entre chacune il y a une croisée ; et à chaque côté
de ces Armoires est une Guesne de Menuiserie qui en marque la séparation
portant sont Buste en Marbre blanc , et
representant des Sçavans et Hommes Illustres , tant anciens que modernes.
C'est cette même décoration et dans le
même alignement que l'on a suivi dans
les deux côtez de la Perspective en plate
Peinture, au fond de laquelle on voit un
Salon ovale , éclairé par une grande croisée dans le milieu , et deux issuës de GalLeries , qui partent à droite et à gauche.
II. Vol.
Ce
400 MERCURE DE FRANCE
Ce Salon est feint de Menuiserie , orné
de Panaches , de Colonnes et Pilastres ,
avec des Armoires garnies de Livres , &c.
A l'entrée du Salon,il y a deux Consoles,
surmontées de deux Urnes de Marbre antique ; sur le devant est une Sphere , representant le Sistême de Copernic , montée sur un pied de Bronze , un peu caché
par son Rideau verd jetté négligemment. La Sphere avec son pied porte environ 6 pieds. Tout d'ouvrage a 24 pieds de
large , sur 18 de haut.
Vaisseau est dans sa construction aujourd'hui partagé en quatre Parties , qui forment une croisée , éclairée au milieu d'une
grande Lanterne, qui donne beaucoup de
lumiere. La partie de la croisée , du côté de la Cour se trouve directement sous
le Clocher de l'Eglise de Ste Geneviève ,
et elle est plus courte que les trojs autres
Parties.
II. Vol. Pour
JUIN. 1732. 1399
Pour faire disparoître cette irrégularité,
on a eu recours au prestige de la Peinture,
et M. Jacques de la Jouë , Peintre ordinaire du Roy, en son Académie Royale ,
y a si heureusement employé la Magie de
son Art , que tous les yeux y sont nonseulement trompez , mais encore extremement satisfaits. Ce morceau fait beau-
-coup d'honneur au génie et au Pinceau de
M. de la Jouë , dont les talens sont assez connus. Tâchons de donner une idée de
Let Ouvrage , que les Curieux vont voir
avec empressement.
La décoration de la Bibliotheque est
d'une Menuiserie uniforme dans son Architecture ; les Armoires sont de 15 pieds
de large sur toute la hauteur ; entre chacune il y a une croisée ; et à chaque côté
de ces Armoires est une Guesne de Menuiserie qui en marque la séparation
portant sont Buste en Marbre blanc , et
representant des Sçavans et Hommes Illustres , tant anciens que modernes.
C'est cette même décoration et dans le
même alignement que l'on a suivi dans
les deux côtez de la Perspective en plate
Peinture, au fond de laquelle on voit un
Salon ovale , éclairé par une grande croisée dans le milieu , et deux issuës de GalLeries , qui partent à droite et à gauche.
II. Vol.
Ce
400 MERCURE DE FRANCE
Ce Salon est feint de Menuiserie , orné
de Panaches , de Colonnes et Pilastres ,
avec des Armoires garnies de Livres , &c.
A l'entrée du Salon,il y a deux Consoles,
surmontées de deux Urnes de Marbre antique ; sur le devant est une Sphere , representant le Sistême de Copernic , montée sur un pied de Bronze , un peu caché
par son Rideau verd jetté négligemment. La Sphere avec son pied porte environ 6 pieds. Tout d'ouvrage a 24 pieds de
large , sur 18 de haut.
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Résumé : Perspective à la Bibliotheque Ste. Geneviéve, [titre d'après la table]
La Bibliothèque de l'Abbaye de Sainte-Geneviève a été agrandie et restructurée. Le bâtiment est organisé en quatre parties formant une croisée éclairée par une grande lanterne centrale. La section côté cour est plus courte et se trouve sous le clocher de l'église de Sainte-Geneviève. Pour dissimuler cette irrégularité, Jacques de la Jouë a utilisé la peinture trompe-l'œil. La décoration de la bibliothèque est uniforme, avec des armoires de 15 pieds de large sur toute la hauteur, séparées par des croisées et des guênes de menuiserie. Entre ces armoires, des bustes en marbre blanc représentent des savants et hommes illustres, anciens et modernes. Au fond, une perspective en plate peinture montre un salon ovale éclairé par une grande croisée et flanqué de deux galeries. Ce salon, feint de menuiserie, est orné de panaches, colonnes, pilastres et armoires garnies de livres. À l'entrée du salon, deux consoles surmontées d'urnes de marbre antique encadrent une sphère représentant le système de Copernic, montée sur un pied de bronze et mesurant environ 6 pieds. L'ensemble de l'œuvre mesure 24 pieds de large sur 18 pieds de haut.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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6291
p. 1400-1404
Embellisemens faits à Notre-Dame de Paris, [titre d'après la table]
Début :
On sçait que l'Eglise de Notre-Dame de Paris [...]
Mots clefs :
Église de Notre-Dame de Paris, Chapitre, Louis XIV, Cardinal de Noailles, Voûte, Tableaux
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texteReconnaissance textuelle : Embellisemens faits à Notre-Dame de Paris, [titre d'après la table]
On sçait que l'Eglise de Notre- Dame
de Paris est en possession d'attirer l'admitation de tous les habitans de cette
grande Ville et des Etrangers ; mais depuis que son illustre Chapitre a fait mettre , pour ainsi dire , la derniere main à
ce superbe Edifice , en achevant ce que
LOUIS XIV. et le feu Cardinal de Noailles
avoient commencé avec tant de zele et de
magnificence , on peut dire qu'elle paroît
dans tout son éclats car cette belle et vas
te Fabrique semble sortir des mains de
l'Ouvrier. Nous croyons faire plaisir au
public de lui donner icy une idée en racourci de ces travaux, en attendant qu'ils
soient achevez, et qu'on puisse entrer dans
un plus grand détail,
II. Vol.
Sans
JUI N. 1732 1401
Sans entrer dans le détail de la premiere origine et des differentes fondations .
de cette Eglise, bâtie dans un goût Gothique , mais des plus majestueux dans sa
simplicité;nous dirons que ce grand Vaisseau a été commencé par Maurice de Sully , Evêque de Paris , vers le milieu du
12 siécle. La premiere pierre fut mise avec
beaucoup de solemnité, par le Pape Alexandre III . alors refugié en France, lequel
fit ensuite consacrer le Grand Autel l'an
1182. par Henry, Legat Apostolique.
Ce ne fut que bien avant dans le 13
siecle que ce vaste bâtiment fut achevé ;
sa longueur est de 65 toises , sa largeur
de 24, et sa hauteur de 17 , sous clef :
il est soutenu par 20 gros Pilliers. Les
deux grosses Tours quarrées, qui s'élevent
sur le frontispice , ont 34 toises de hauteur.
LOUIS XIII. ayant résolu d'orner cette
Eglise , en conséquence d'un vœu solemnel qui interressoit tout le Royaume ; on
devoit construire un Maître-Autel , qui
répondit à sa beauté ; ce qui n'a été exécuté que par LOUIS XIV. Ce Prince est
allé au-delà des intentions de Louis le ™
Juste son Pere. On peut voir la description qui en a été faite dans Felibien,Ger
main Brice , et Piganiol de Laforce.
11. Vol G Le
402 MERCURE DE FRANCE
Le Cardinal de Noailles , Archevêque
de Paris , voulant seconder de si pieux
desseins , se proposa de continuer les décorations de ce Temple. Il commença
par la construction de la Chapelle de la
Vierge , dont l'Autel est tout de Marbre ,
avec des Colonnes enrichies d'ornemens
de Bronze doré ; il la benit le 6 de May
1719.11 fit ensuite construire la Chapellle
de S.Denys, autrement dite des Martyrs,
de la même maniere que celle de la Vierge , et dela même simétrie.
La Voute du milieu de la Croisée dépérissant de jour en jour, et la Fléche qui
est au dessus, menaçant ruine, il employa
de grandes sommes pour l'entiere réparation de l'une et de l'autre , aussi - bien que
pour la Couverture en-Plomb, dont il'a fait
refaire à neufla plus grande partie, sous la
conduite de l'Abbé de la Croix , Chanoi- ;
ne,qui s'est toujours fait un devoir de Religion d'être le Coopérateur de tant de
pieux travaux.Il a aussi présidé au rétablissementde la grande Roze qui est ducôté
de l'Archevêché ; on prétend que cette ·
seule partie a coûté près de 80000 liv. Ce
fut Claude Pinet , Appareilleur , qui executa cette entreprise en 1727. sous les ofdresde M.de Bosfrant, Architecte du Roy.
Le Cardinal de Noailles a fait aussi tra11.1.2.
vailler
JUIN. 1732. 1403
vailler à la construction d'une grande.
partie de la Chapelle , destinée pour la
Sépulture de sa Famille.
On fait monter toutes les dépenses que
le Cardinal de Noailles a faites, soit pour
les réparations ou embellissemens , à des
sommes très considérables ; et ceux qui
les estiment le moins,les portent à plus de
300000 liv.
• C'est que marcher sur ses traces ,
pour
le Chapitre s'est déterminé à achever les
réparations et les embellissemens de cette
Eglise. Il a fait reblanchir tout le dedans
par le moyen d'Echaffaurs volants , dont
P'invention hardie a été d'un tres-grand
secours ; il a fait mettre tous les Vitraux
dela Nef en Verres blancs , et réparé la
Rose du dessus de l'Orgue , qui est d'un
travail aussi ingénieux que délicat. C'est
aussi au même Chapitre que l'Orgue doit
sa parfaite restauration , et une augmen-.
tion de 1400 Tuyaux , ce qui va faire un
des Orgues les plus parfaits , et le plus
fort qu'il y ait en Europe. Le St François
Thierry a été choisi comme le plus habile
Facteur pour ces sortes d'Ouvrages , et le
S Calvieres pour le toucher; on sçait qu'il
est un des plus habiles Organistes de ce
temps.
C'est aussi aux soins , et au zéle du mêII. Vol. Gij me
1404 MERCURE DE FRANCE
me Chapitre ( a ) , qu'on est redevable de
la restauration et du nettoyement des Tableaux de cette Eglise, qui étoient depuis
long-temps dans un fort mauvais état.
Le St Gregoire, Peintre, Eleve de M² Res
tout , qui a été choisi pour cela , s'en est
acquitté avec un succès merveilleux les
deux Certificats cy - joints en font foy.
C'est aussi lui qui a donné un nouvel
arrangement à ces mêmes Tableaux,
dont les sujets , tirez de l'Evangile et des
Actes des Apôtres, étoient confondus ensemble.Il a rangé tous les sujets de l'Evangile à main gauche, en entrant dans la
Nef par le grand Portail, et les Actes des
Apôtres , à droite.
de Paris est en possession d'attirer l'admitation de tous les habitans de cette
grande Ville et des Etrangers ; mais depuis que son illustre Chapitre a fait mettre , pour ainsi dire , la derniere main à
ce superbe Edifice , en achevant ce que
LOUIS XIV. et le feu Cardinal de Noailles
avoient commencé avec tant de zele et de
magnificence , on peut dire qu'elle paroît
dans tout son éclats car cette belle et vas
te Fabrique semble sortir des mains de
l'Ouvrier. Nous croyons faire plaisir au
public de lui donner icy une idée en racourci de ces travaux, en attendant qu'ils
soient achevez, et qu'on puisse entrer dans
un plus grand détail,
II. Vol.
Sans
JUI N. 1732 1401
Sans entrer dans le détail de la premiere origine et des differentes fondations .
de cette Eglise, bâtie dans un goût Gothique , mais des plus majestueux dans sa
simplicité;nous dirons que ce grand Vaisseau a été commencé par Maurice de Sully , Evêque de Paris , vers le milieu du
12 siécle. La premiere pierre fut mise avec
beaucoup de solemnité, par le Pape Alexandre III . alors refugié en France, lequel
fit ensuite consacrer le Grand Autel l'an
1182. par Henry, Legat Apostolique.
Ce ne fut que bien avant dans le 13
siecle que ce vaste bâtiment fut achevé ;
sa longueur est de 65 toises , sa largeur
de 24, et sa hauteur de 17 , sous clef :
il est soutenu par 20 gros Pilliers. Les
deux grosses Tours quarrées, qui s'élevent
sur le frontispice , ont 34 toises de hauteur.
LOUIS XIII. ayant résolu d'orner cette
Eglise , en conséquence d'un vœu solemnel qui interressoit tout le Royaume ; on
devoit construire un Maître-Autel , qui
répondit à sa beauté ; ce qui n'a été exécuté que par LOUIS XIV. Ce Prince est
allé au-delà des intentions de Louis le ™
Juste son Pere. On peut voir la description qui en a été faite dans Felibien,Ger
main Brice , et Piganiol de Laforce.
11. Vol G Le
402 MERCURE DE FRANCE
Le Cardinal de Noailles , Archevêque
de Paris , voulant seconder de si pieux
desseins , se proposa de continuer les décorations de ce Temple. Il commença
par la construction de la Chapelle de la
Vierge , dont l'Autel est tout de Marbre ,
avec des Colonnes enrichies d'ornemens
de Bronze doré ; il la benit le 6 de May
1719.11 fit ensuite construire la Chapellle
de S.Denys, autrement dite des Martyrs,
de la même maniere que celle de la Vierge , et dela même simétrie.
La Voute du milieu de la Croisée dépérissant de jour en jour, et la Fléche qui
est au dessus, menaçant ruine, il employa
de grandes sommes pour l'entiere réparation de l'une et de l'autre , aussi - bien que
pour la Couverture en-Plomb, dont il'a fait
refaire à neufla plus grande partie, sous la
conduite de l'Abbé de la Croix , Chanoi- ;
ne,qui s'est toujours fait un devoir de Religion d'être le Coopérateur de tant de
pieux travaux.Il a aussi présidé au rétablissementde la grande Roze qui est ducôté
de l'Archevêché ; on prétend que cette ·
seule partie a coûté près de 80000 liv. Ce
fut Claude Pinet , Appareilleur , qui executa cette entreprise en 1727. sous les ofdresde M.de Bosfrant, Architecte du Roy.
Le Cardinal de Noailles a fait aussi tra11.1.2.
vailler
JUIN. 1732. 1403
vailler à la construction d'une grande.
partie de la Chapelle , destinée pour la
Sépulture de sa Famille.
On fait monter toutes les dépenses que
le Cardinal de Noailles a faites, soit pour
les réparations ou embellissemens , à des
sommes très considérables ; et ceux qui
les estiment le moins,les portent à plus de
300000 liv.
• C'est que marcher sur ses traces ,
pour
le Chapitre s'est déterminé à achever les
réparations et les embellissemens de cette
Eglise. Il a fait reblanchir tout le dedans
par le moyen d'Echaffaurs volants , dont
P'invention hardie a été d'un tres-grand
secours ; il a fait mettre tous les Vitraux
dela Nef en Verres blancs , et réparé la
Rose du dessus de l'Orgue , qui est d'un
travail aussi ingénieux que délicat. C'est
aussi au même Chapitre que l'Orgue doit
sa parfaite restauration , et une augmen-.
tion de 1400 Tuyaux , ce qui va faire un
des Orgues les plus parfaits , et le plus
fort qu'il y ait en Europe. Le St François
Thierry a été choisi comme le plus habile
Facteur pour ces sortes d'Ouvrages , et le
S Calvieres pour le toucher; on sçait qu'il
est un des plus habiles Organistes de ce
temps.
C'est aussi aux soins , et au zéle du mêII. Vol. Gij me
1404 MERCURE DE FRANCE
me Chapitre ( a ) , qu'on est redevable de
la restauration et du nettoyement des Tableaux de cette Eglise, qui étoient depuis
long-temps dans un fort mauvais état.
Le St Gregoire, Peintre, Eleve de M² Res
tout , qui a été choisi pour cela , s'en est
acquitté avec un succès merveilleux les
deux Certificats cy - joints en font foy.
C'est aussi lui qui a donné un nouvel
arrangement à ces mêmes Tableaux,
dont les sujets , tirez de l'Evangile et des
Actes des Apôtres, étoient confondus ensemble.Il a rangé tous les sujets de l'Evangile à main gauche, en entrant dans la
Nef par le grand Portail, et les Actes des
Apôtres , à droite.
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Résumé : Embellisemens faits à Notre-Dame de Paris, [titre d'après la table]
La cathédrale Notre-Dame de Paris est renommée pour son architecture imposante et attire tant les Parisiens que les visiteurs étrangers. Le chapitre de la cathédrale a récemment terminé des travaux de restauration et d'embellissement, initiés par Louis XIV et le cardinal de Noailles. La construction de la cathédrale a été commencée par Maurice de Sully au milieu du XIIe siècle et consacrée en 1182 par le pape Alexandre III. Elle mesure 65 toises de longueur, 24 de largeur et 17 de hauteur sous clef, et est soutenue par 20 piliers. Les deux tours du frontispice atteignent 34 toises de hauteur. Louis XIII avait prévu d'orner l'église, mais c'est Louis XIV qui a réalisé ce projet. Le cardinal de Noailles a poursuivi les décorations en construisant la chapelle de la Vierge et celle de Saint-Denis, en réparant la voûte et la flèche, et en refaisant la couverture en plomb. Il a également restauré la grande rose et construit une chapelle pour la sépulture de sa famille. Les dépenses du cardinal pour les réparations et embellissements sont estimées à plus de 300 000 livres. Le chapitre de la cathédrale a continué les travaux en reblanchissant l'intérieur, en réparant les vitraux et la rose au-dessus de l'orgue, et en restaurant l'orgue en ajoutant 1400 tuyaux. Les tableaux de l'église, restaurés par le peintre Saint Grégoire, ont été réorganisés pour séparer les sujets de l'Évangile et des Actes des Apôtres.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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6292
p. 1405-1406
« On croit ne devoir pas obmettre que c'est aux [...] »
Début :
On croit ne devoir pas obmettre que c'est aux [...]
Mots clefs :
Travaux, Exécution
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texteReconnaissance textuelle : « On croit ne devoir pas obmettre que c'est aux [...] »
On croit ne devoir pas obmettre que c'est aux
soins & à l'activité de Mr l'Abbé Collin , Trésorier de l'Eglise , que l'on doir la prompte et la II. Vola G iiij parfaite
1406 MERCURE DE FRANCE .
parfaite exécution de tous les travaux dont on
vient de parler
soins & à l'activité de Mr l'Abbé Collin , Trésorier de l'Eglise , que l'on doir la prompte et la II. Vola G iiij parfaite
1406 MERCURE DE FRANCE .
parfaite exécution de tous les travaux dont on
vient de parler
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6293
p. *1406-1406
« M. Petit, ancien Chirurgien Major des Gardes du Corps du [...] »
Début :
M. Petit, ancien Chirurgien Major des Gardes du Corps du [...]
Mots clefs :
Remède, Maladie vénériennes
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texteReconnaissance textuelle : « M. Petit, ancien Chirurgien Major des Gardes du Corps du [...] »
M. Petir , ancien Chirurgien Major des Gar
des du Corps du Roy , Compagnie de CharIost , nous prie d'annoncer au public , que par
son application et une longue experience , il assure être parvenu à guérir les Maladies Veneriennes , tant celles qui auroient été manquées ,
que celles qu'on traite pour la premiere fois. Le
Remede dont il se sert , agit par les sueurs en
dormant , procurant le sommeil , et n'excite aucun accident sensible , n'assujettit presque
cun regime , et laisse la liberté au Malade d'agir dans ses affaires.
à auIl demeure à Paris , ruë des Saints Peres , à l'Hô- tel de Brissac.
des du Corps du Roy , Compagnie de CharIost , nous prie d'annoncer au public , que par
son application et une longue experience , il assure être parvenu à guérir les Maladies Veneriennes , tant celles qui auroient été manquées ,
que celles qu'on traite pour la premiere fois. Le
Remede dont il se sert , agit par les sueurs en
dormant , procurant le sommeil , et n'excite aucun accident sensible , n'assujettit presque
cun regime , et laisse la liberté au Malade d'agir dans ses affaires.
à auIl demeure à Paris , ruë des Saints Peres , à l'Hô- tel de Brissac.
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Résumé : « M. Petit, ancien Chirurgien Major des Gardes du Corps du [...] »
M. Petir, ancien Chirurgien Major des Gardes du Corps du Roi, propose un remède pour les maladies vénériennes. Son traitement, efficace même après des échecs précédents, agit par les sueurs nocturnes et n'impose presque aucun régime. Il permet de continuer les activités quotidiennes. M. Petir réside à Paris, rue des Saints Pères, à l'Hôtel de Brissac.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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6294
p. 1406-1407
SPECTACLES.
Début :
Le Samedi 28 de ce mois, on remit au Théatre [...]
Mots clefs :
Athalie, Tragédie, Racine, Zaïre, Voltaire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SPECTACLES.
SPECTACLE S.
E Samedi 28 de ce mois , on remit au
Théatre François, la Tragedie d'Athalie, de Racine, dont le Public voit les Re
presentations avec beaucoup de plaisir.
La Dile Balicours y joue le principal Rôle.
Les Diles Duclos , Dangeville la jeune , et
Gossin, ceux de Josabet , de Zacharie , et
de Salomitk Ceux du Grand- Prêtre, d'Abner, de Mathan , &c. sont remplis par
les S Dufresne , Granval , le Grand , &c.
La jeune Dle la Traverse yjouë fort bien
celui de Foas.
II. Vol. Tout
JUIN. 173201487
$
Tout le monde sçait que les deux Tra
gedies d'Esther et d'Athalie , dont les sujets sont tirez de l'Ecriture Sainte , sont
les derniers Ouvrages de leur illustrè Auteur. Illes composa sous le regne de Louis
XIV. pour les Demoiselles de la Maison
Royale de S. Cyr , qui les représenterent
avec beaucoup d'intelligence , avec les
Chours. Athalie parut pour la première
fois sur le Théatre François , le 3 Mars
1716 , pendant le Carême ; on en retrancha les Chours. Elle eut un succès prodigieux . Me Desmares y joüoit le principal Rôle ; le S Beaubourg celui du GrandPrêtre ; et le S Ponteuil celui de Mathan.
Le 30 de ce mois , les Comédiens
François lûrent dans leur assemblée une
Tragédie nouvelle , intitulée Zaïre , de
la composition de Mr de Voltaire , qu'il
a faite , dit - on , en trois semaines , sans
qu'elle se sente de ce court espace de
temps. Oh assure au contraire qu'elle est
extrémement travaillée , pleine d'esprit
et de sentimens , et écrite dans la plus
grande élégance. C'est un sujet tiré de
I'Histoire des Croisades , &c. ,
Cette Piece sera jouée le mois prochain;
nous en rendrons compte exactement.
E Samedi 28 de ce mois , on remit au
Théatre François, la Tragedie d'Athalie, de Racine, dont le Public voit les Re
presentations avec beaucoup de plaisir.
La Dile Balicours y joue le principal Rôle.
Les Diles Duclos , Dangeville la jeune , et
Gossin, ceux de Josabet , de Zacharie , et
de Salomitk Ceux du Grand- Prêtre, d'Abner, de Mathan , &c. sont remplis par
les S Dufresne , Granval , le Grand , &c.
La jeune Dle la Traverse yjouë fort bien
celui de Foas.
II. Vol. Tout
JUIN. 173201487
$
Tout le monde sçait que les deux Tra
gedies d'Esther et d'Athalie , dont les sujets sont tirez de l'Ecriture Sainte , sont
les derniers Ouvrages de leur illustrè Auteur. Illes composa sous le regne de Louis
XIV. pour les Demoiselles de la Maison
Royale de S. Cyr , qui les représenterent
avec beaucoup d'intelligence , avec les
Chours. Athalie parut pour la première
fois sur le Théatre François , le 3 Mars
1716 , pendant le Carême ; on en retrancha les Chours. Elle eut un succès prodigieux . Me Desmares y joüoit le principal Rôle ; le S Beaubourg celui du GrandPrêtre ; et le S Ponteuil celui de Mathan.
Le 30 de ce mois , les Comédiens
François lûrent dans leur assemblée une
Tragédie nouvelle , intitulée Zaïre , de
la composition de Mr de Voltaire , qu'il
a faite , dit - on , en trois semaines , sans
qu'elle se sente de ce court espace de
temps. Oh assure au contraire qu'elle est
extrémement travaillée , pleine d'esprit
et de sentimens , et écrite dans la plus
grande élégance. C'est un sujet tiré de
I'Histoire des Croisades , &c. ,
Cette Piece sera jouée le mois prochain;
nous en rendrons compte exactement.
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Résumé : SPECTACLES.
Le 28 juin 1732, la tragédie 'Athalie' de Racine a été représentée au Théâtre François, rencontrant un grand succès auprès du public. Les rôles principaux étaient interprétés par la Dile Balicours (Athalie), les Diles Duclos, Dangeville la jeune, et Gossin (Josabet, Zacharie, et Salomith), ainsi que les S Dufresne, Granval, et le Grand (Grand-Prêtre, Abner, Mathan, etc.). La jeune Dile la Traverse jouait également bien le rôle de Foas. 'Athalie' et 'Esther', tirées de l'Écriture Sainte, sont les derniers ouvrages de Racine, composés pour les Demoiselles de la Maison Royale de Saint-Cyr sous le règne de Louis XIV. 'Athalie' a été jouée pour la première fois le 3 mars 1716, sans les chœurs, et a connu un succès prodigieux. Les rôles principaux étaient tenus par Me Desmares (Athalie), le S Beaubourg (Grand-Prêtre), et le S Ponteuil (Mathan). Le 30 juin, les Comédiens Français ont lu une nouvelle tragédie de Voltaire intitulée 'Zaïre', écrite en trois semaines. Cette pièce, tirée de l'Histoire des Croisades, est décrite comme extrêmement travaillée, pleine d'esprit et de sentiments, et écrite avec élégance. Elle sera jouée le mois suivant.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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6295
p. 1408-1417
LES SERMENS INDISCRETS, Comédie en Prose et en cinq Actes, de M. de Marivaux, representée pour la premiere fois au Théatre François, le 8 Juin.
Début :
Cette Piéce a d'abord éprouvé le sort de beaucoup [...]
Mots clefs :
Les Serments Indiscrets, Marivaux, Théâtre-Français, Damis, Lisette, Actes
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texteReconnaissance textuelle : LES SERMENS INDISCRETS, Comédie en Prose et en cinq Actes, de M. de Marivaux, representée pour la premiere fois au Théatre François, le 8 Juin.
LES SERMENS INDISCRETS
Comédie en Prose et en cing Actes , de
M. de Marivaux , representée pour la
premierefois au Théatre François , le &
Juin.
9
Cette Piéce a d'abord éprouvé le sort de
beaucoup d'autres; la premiere Représentation fût des plus tumultueuses , peutêtre auroit-elle été écoutée plus tranquille
ment , si elle avoit été donnée tout autre
jour qu'un Dimanche le Parterre des
jours de Fête est ordinairement plus impatient et plus turbulent que les autres ;
'Auteur en fit la triste expérience , et
quoique son dernier Acte fut le plus
beau , comme on l'a reconnu dans les
Représentations suivantes , on ne laissa
pas aux Acteurs la liberté de l'achever ;
le plus grand deffaut qu'on trouve dans
toute la Piéce , c'est de n'avoir pas assez.
d'action et trop d'esprit. Voici ce qui
concerne l'action..
Lucile , fille de M. Orgon , doit être mariée à Damis , fils de M. Ergaste. Ils ne se
sont jamais vûs , et d'ailleurs ils ont tous
deux une égale aversion pour le mariage.
Lucile paroît d'abord , écrivant une Lettre , qu'elle charge Lisette , sa Suivante
II. Vol. de
JUIN. 1732. 1409 •
de remettre entre les mains de Damis ,
dès qu'il sera arrivé. Lisette qui craint
que le changement d'état de sa Maîtresse
ne lui fasse perdre l'empire qu'elle a pris
sur elle , la confirme dans le dessein qu'elle a de ne perdre aucun engagement , et
de jouir autant qu'elle pourra de sa precieuse liberté..
Damis arrivé , Lucile se retire à son apa
proche , Lisette demeure pour s'acquitter de la commission que sa Maîtresse lui
a donnée. Elle est ravie d'apprendre que
le futur époux n'a pas moins d'aversion
pour tout ce qui s'appelle engagement ,
que sa future ; elle agit en Plénipotentiaire , et fait entendre à Damis que sa
Maîtresse se trouve heureusement dans
les mêmes dispositions que lui..
2
Lucile qui a écouté la conversation de
Damis et de Lisette , vient confirmer les
articles du Traité. Dámis la trouve si
belle , qu'il commence à se repentir en
secret de la résolution qu'il a formée
sans connoissance de cause ; la même cho--
se se passe à peu près dans le cœur de Lucile ; mais elle le cache avec plus de soin.-
Lisette qui a interêt à les faire perseverer
tous deux dans leur premiere résolution ,
les lie par un serment indiscret, et pourtant
réciproque. Damis , devenu jaloux aussi--
11. Vol, - Gay τον
1410 MERCURE DE FRANCE
•
tôt qu'amoureux , s'imagine que Lucile
n'auroit pas l'aversion qu'elle vient de lui
témoigner pour le mariage , si son cœur
n'avoit point d'engagement pour un autre que lui. Il craindroit de la rendre
malheureuse, s'il rompoit le serment qu'il
vient de lui faire , de rompre le mariage
que leurs Peres ont projetté sans les avoir
consultez ; c'est donc par probité qu'il
veut être fidele à son serment ; mais cette
probité se trouve un peu en deffaut dans
les nouvelles mesures qu'ils prennent
pour l'éxécution de leur dessein. Damis
promet de feindre de l'amour pour Phenice , stir cadette de Lucile ; on n'a pas
trouvé que cette feinte fût assez dans les
régles de l'honneur dont il paroît qu'il
se pique.
Le feint attachement de Damis pour
Phenice embarasse et afflige également
M. Orgon , et M. Ergaste ; le premier
est pere de Lucile et de Phenice , et l'autre eft pere de Damis. Frontin , qui s'est
acquis la même autorité sur Damis que
Lisette sur Lucile , se lie d'interêt avec
cette Suivante , et tous deux par le même motif se promettent de ne rien négli
ger pour empêcher le mariage de Damis
et de Lucile. Phenice , pour se disculper
envers sa sœur , vient dire à Frontin
II. Vol. en
JUIN 1732. 1411
en présence de Lisette , qu'elle ne veut
point absolument que Damis continue à
s'attacher à elle. Lisette se sert d'un artifice qui produit dans l'esprit de Phénice
l'effet qu'elle s'en eft promis. Elle lui dit
assez désobligemment qu'il n'y a point
de beauté qui ne doive baisser le pavillon devant celle de sa Maîtresse. Phenice
en a un dépit qu'elle ne peut dissimuler ,
et fait entendre, en se retirant,qu'on pourroit se repentir de l'injure qu'on vient
de lui faire. L'attachement que Damis
affecte pour Phenice , dérange le projet
d'hymen , dont M. Orgon et M. Ergaste
s'étoient flattez ; mais ils en forment un
nouveau pour se dédommager du mauvais succès du premier ; il n'y a , se disent-ils , pour former l'alliance que nous
avons concertée ensemble , qu'à changer
d'objet , et qu'à marier Damis avec Phenice , puisque leurs cœurs sont fait l'un
pour Fautre. Ce dernier projet n'est pas
plutôt arrangé qu'on travaille à le mettre
en éxécution. Damis et Lucile en sont
également allarmez ; Lucile par fierté le
fait moins paroître que son Amant, mais
elle en témoigne assez pour faire entendre à Lisette qu'elle est disgraciée , et
qu'elle pourroit bien être chassée. Frontin n'est point déconcerté , surtout de- H.Vol. G vj puis
1412 MERCURE DE FRANCE
2
puis qu'Ergaste lui a dit d'un ton ferme
que si son fils ne répare les chagrins qu'il
lui a causez par une prompte obéissance ,
il le punira , lui Frontin , des mauvais
conseils qu'il donne à son fils. Il lui commande de fui dire qu'il ne le verra jamais,,
et qu'il le desheritera , s'il n'épouse Phénice au deffaut de Lucile. Tous ces inconvéniens que Lisette et Frontin n'avoient pas prévus dans leur premiere
conspiration , les déterminent à changer
de batterie, et à contribuer de leur mieux
à ce même hymen qu'ils ont voulu empêcher ,, de sorte que cette même Lisette
qui avolt dit à M. Orgon , que Damis er
Lucile avoient un égal éloignement l'un
pour l'autre, est la plus ardente à faire
entendre tout le contraire ; elle fait plus
elle assûre Damis de l'amour que Lucile·
a pour lui. Damis doute de son bonheur ;.
Lisette acheve de le persuader. Frontin
lui porte un coup mortel , en lui disant
que son pere veut absolument qu'il épouse Phénice sur peine d'exheredation . II
ne sçait comment se tirer d'embarras avec
cette derniere , à qui Frontin et Lisette
ont déja annoncé qu'elle ne sert que de
prétexte ; elle en a d'abord été picquée au
-vif; mais pour son bonheur, ne s'étant pas
engagée trop avant avec ce feint Amant
·
11. Kol qui
JUIN 1732. 1413
Y
qui la joue , elle borne sa vengeance à lui
fire peur de l'hymen que son pere luiordonne. La scene qu'elle a avec lui fait
naître des incidens très- comiques. Elle lui
parle d'abord de son mariage avec lui comme d'une affaire conclue. Damis
loin d'en paroître embarrassé , lui dit
que c'est à elle à parer un coup si fatal'
-puisqu'elle lui à déja fait connoître
que son cœur est engagé ailleurs ;-
Phenice lui répond avec la même fer- meté affectée qu'elle ne lui a pas
dit alors ses véritables sentimens ; que
cet engagement prétendu dont elle lui
a parlé n'étoit qu'un prétexte pour ne
point déranger ce que son pere avoit réglé ; mais que depuis qu'elle a sçû qu'on
a résolu toute autre chose , elle n'a pas
Balancé à suivreson devoir , età le suivre
sans répugnance. Damis qui s'imagine.
qu'elle joue au plus fin avec lui , et qu'elle veut qu'il se charge lui-même de la
rupture de ce mariage , lui proteste qu'il
obeïra à son pere , et qu'il ne veut pas
courir le risque d'être desherité , en s'opposant à un établissement pour lequel il
ne se sent nulle répugnance. Pour le lui
mieux persuader, il lui dit qu'il n'est plus
temps de feindre , et qu'il l'aime veritablement il se jette à ses pieds pour
A
:
El Vol micux
1414 MERCURE DE FRANCE
mieux achever de la tromper et pour la
remercier de son obéissance à son pere;
M. Orgon et M. Ergaste le surprennent
dans cette posture suppliante ; ils en sont
charmez , et ne doutant point qu'ils ne
s'aiment , ils les quittent pour aller faire dresser le Contrat. Cet incident est suivi
d'un autre , qui fait encore plus de peine
à Damis ; il cesse de feindre, et suppliant.
Phénice de le tirer d'un si mauvais pas
il lui baise la main avec transport. Lucile arrive sur le champ , Damis se retire tout confus , la vindicative Phénice
jouit malignement de la jalousie de sa
sœur ; et après en avoir essuyé de vifs
reproches , elle se retire très - satisfaite
d'elle- même. Lisette vient porter un dernier coup à la jalousie de Lucile ; elle lui
avoue qu'elle s'est mépris: quand elle a
crû que Damis l'aimoit , et qu'elle a voulu le luii persuader; elle convient que Phénice en est aimée , et cet adroit mensonge n'est que pour l'obliger à lui avoüer
qu'elle aime Damis ; cet aveu décisif arrive enfin , il est même suivi d'une prie
re que sa Maîtresse est forcée de lui faire ,
d'aller trouver Damis , et de lui faire entendre qu'il estaimé , sans pourtant qu'il
paroisse qu'elle lui en ait fait confidence ,
encore moins qu'elle l'ait chargée de faire
11. Vol. une
JUIN. 1732. 1415
une démarche si humiliante pour sa fierté. Si l'Auteur eût encore voulu multiplier les incidens ingénieux , son esprit
n'eut pas manqué de ressources ; mais il
falloit enfin dénouer sa Piéce voici
comment il s'y prend dans son dernier
Acte.
Lucile , toujours persuadée que Damis
aime sa sœur , n'a point d'autre ressource
que de s'opposer à leur hymen ; elle se
plaint amérement à son pere de ce qu'il
lui fait l'injure de marier sa cadette avant
elle ; M. Orgon lui represente en bon pere l'injustice de sa plainte , d'autant mieux
qu'il n'a tenu qu'à elle d'accepter Damis
pour époux , et que Phénice ne reçoit sa
main qu'à son refus ; cette remontrance ,
toute juste qu'elle est , ne calme point
Lucile , elle dit à son pere qu'après l'affront qu'elle va essuyer , elle n'a point
d'autre parti à prendre qu'une clôture
éternelle. Phénice vient toute disposée à
finir le cours de sa petite vengeance ; l'amitié qu'elle a pour sa sœur ne peut souffrir qu'elle porte plus loin le ressentiment
qu'elle doit avoir du personnage qu'on
lui a fait jouer , en la faisant servir de
prétexte ; elle dit à Lucile qu'elle lui cede de bon cœur ce Damis avec qui il ne
tiendroit qu'à elle d'être unie ; l'esprit de
II. Vol. Lucile
1416 MERCURE DE FRANCE
Lucile est aigrie à un tel point , qu'elle
donne un mauvais sens à tout ce que sa
sœur lui peut dire de plus obligeant ;
Orgon ne sçachant plus comment mettre
d'accord ses deux filles , les quitte dans le
dessein d'achever le mariage concerté entre son ami Ergaste et lui , ce qui déses-
-pere de plus en plus la jalouse Lucile
elle accable sa sœur de reproches , dont
cette sœur maltraitée ne peut lui faire
sentir l'injustice. Damis arrive enfin , il
veut se retirer par respect , Phénice lui dic
d'approcher er lui ordonne de rendre
Hommage à son vainqueur , en se jettant
aux genoux de Lucile; cette scene qu'on
n'avoit point vûë à la premiere Représentation est jouée par ces trois Acteurs avec
toute la finesse et toute la précision qu'on
peut souhaitter au théatre ; Phénice rem
plit la fonction de médiatrice avec une
grace géneralement applaudie. Orgon et
Ergaste arrivent dans le dessein dé conclure le mariage entre Damis et Phénice ,
et sont agréablement surpris d'un changement auquel ils n'osoient s'attendre ,.
et qui remet toutes choses dans l'ordre
qu'ils s'étoient d'abord prescrit. Voilà
quelle est cette piéce qui a paruë d'abord
si mal reçûë , et qu'on n'a cessé d'applau--
dir depuis la seconde Représentation ; on
11.Vol. ne
JUIN. 17328 1417
ne désespere pas qu'elle n'ait dans la suite le sort de tant d'autres dont les commencemens ont été malheureux. Tous les
gens qui en jugent sans prévention conviennent qu'elle leur fait plaisir ; il est
vrai qu'ils souhaiteroient qu'il y eut plus
de consistance dans l'action , et moins.
d'expressions un peu trop recherchées.
dans le Dialogue ; en un mot, que l'esprit de l'Auteur fut moins abondant ;
c'est un défaut que d'avoir trop d'esprit ,
mais c'est un excès dont le reproche a
toujours quelque chose de flateur , et dont
on a bien de la peine à se corriger au
reste, on n'a guére mis au Théatre François de Piéce mieux jouée que celle-ci
le sieur Quinault l'aîné , la Elle Quinault,
sa sœur , parfaitement secondée des Dlle
Dangeville et Gossin , et de leurs autres
camarades , y brillent à qui mieux mieux,
et remplissent l'attente des Spectateurs
les plus difficiles et les plus délicats.
Comédie en Prose et en cing Actes , de
M. de Marivaux , representée pour la
premierefois au Théatre François , le &
Juin.
9
Cette Piéce a d'abord éprouvé le sort de
beaucoup d'autres; la premiere Représentation fût des plus tumultueuses , peutêtre auroit-elle été écoutée plus tranquille
ment , si elle avoit été donnée tout autre
jour qu'un Dimanche le Parterre des
jours de Fête est ordinairement plus impatient et plus turbulent que les autres ;
'Auteur en fit la triste expérience , et
quoique son dernier Acte fut le plus
beau , comme on l'a reconnu dans les
Représentations suivantes , on ne laissa
pas aux Acteurs la liberté de l'achever ;
le plus grand deffaut qu'on trouve dans
toute la Piéce , c'est de n'avoir pas assez.
d'action et trop d'esprit. Voici ce qui
concerne l'action..
Lucile , fille de M. Orgon , doit être mariée à Damis , fils de M. Ergaste. Ils ne se
sont jamais vûs , et d'ailleurs ils ont tous
deux une égale aversion pour le mariage.
Lucile paroît d'abord , écrivant une Lettre , qu'elle charge Lisette , sa Suivante
II. Vol. de
JUIN. 1732. 1409 •
de remettre entre les mains de Damis ,
dès qu'il sera arrivé. Lisette qui craint
que le changement d'état de sa Maîtresse
ne lui fasse perdre l'empire qu'elle a pris
sur elle , la confirme dans le dessein qu'elle a de ne perdre aucun engagement , et
de jouir autant qu'elle pourra de sa precieuse liberté..
Damis arrivé , Lucile se retire à son apa
proche , Lisette demeure pour s'acquitter de la commission que sa Maîtresse lui
a donnée. Elle est ravie d'apprendre que
le futur époux n'a pas moins d'aversion
pour tout ce qui s'appelle engagement ,
que sa future ; elle agit en Plénipotentiaire , et fait entendre à Damis que sa
Maîtresse se trouve heureusement dans
les mêmes dispositions que lui..
2
Lucile qui a écouté la conversation de
Damis et de Lisette , vient confirmer les
articles du Traité. Dámis la trouve si
belle , qu'il commence à se repentir en
secret de la résolution qu'il a formée
sans connoissance de cause ; la même cho--
se se passe à peu près dans le cœur de Lucile ; mais elle le cache avec plus de soin.-
Lisette qui a interêt à les faire perseverer
tous deux dans leur premiere résolution ,
les lie par un serment indiscret, et pourtant
réciproque. Damis , devenu jaloux aussi--
11. Vol, - Gay τον
1410 MERCURE DE FRANCE
•
tôt qu'amoureux , s'imagine que Lucile
n'auroit pas l'aversion qu'elle vient de lui
témoigner pour le mariage , si son cœur
n'avoit point d'engagement pour un autre que lui. Il craindroit de la rendre
malheureuse, s'il rompoit le serment qu'il
vient de lui faire , de rompre le mariage
que leurs Peres ont projetté sans les avoir
consultez ; c'est donc par probité qu'il
veut être fidele à son serment ; mais cette
probité se trouve un peu en deffaut dans
les nouvelles mesures qu'ils prennent
pour l'éxécution de leur dessein. Damis
promet de feindre de l'amour pour Phenice , stir cadette de Lucile ; on n'a pas
trouvé que cette feinte fût assez dans les
régles de l'honneur dont il paroît qu'il
se pique.
Le feint attachement de Damis pour
Phenice embarasse et afflige également
M. Orgon , et M. Ergaste ; le premier
est pere de Lucile et de Phenice , et l'autre eft pere de Damis. Frontin , qui s'est
acquis la même autorité sur Damis que
Lisette sur Lucile , se lie d'interêt avec
cette Suivante , et tous deux par le même motif se promettent de ne rien négli
ger pour empêcher le mariage de Damis
et de Lucile. Phenice , pour se disculper
envers sa sœur , vient dire à Frontin
II. Vol. en
JUIN 1732. 1411
en présence de Lisette , qu'elle ne veut
point absolument que Damis continue à
s'attacher à elle. Lisette se sert d'un artifice qui produit dans l'esprit de Phénice
l'effet qu'elle s'en eft promis. Elle lui dit
assez désobligemment qu'il n'y a point
de beauté qui ne doive baisser le pavillon devant celle de sa Maîtresse. Phenice
en a un dépit qu'elle ne peut dissimuler ,
et fait entendre, en se retirant,qu'on pourroit se repentir de l'injure qu'on vient
de lui faire. L'attachement que Damis
affecte pour Phenice , dérange le projet
d'hymen , dont M. Orgon et M. Ergaste
s'étoient flattez ; mais ils en forment un
nouveau pour se dédommager du mauvais succès du premier ; il n'y a , se disent-ils , pour former l'alliance que nous
avons concertée ensemble , qu'à changer
d'objet , et qu'à marier Damis avec Phenice , puisque leurs cœurs sont fait l'un
pour Fautre. Ce dernier projet n'est pas
plutôt arrangé qu'on travaille à le mettre
en éxécution. Damis et Lucile en sont
également allarmez ; Lucile par fierté le
fait moins paroître que son Amant, mais
elle en témoigne assez pour faire entendre à Lisette qu'elle est disgraciée , et
qu'elle pourroit bien être chassée. Frontin n'est point déconcerté , surtout de- H.Vol. G vj puis
1412 MERCURE DE FRANCE
2
puis qu'Ergaste lui a dit d'un ton ferme
que si son fils ne répare les chagrins qu'il
lui a causez par une prompte obéissance ,
il le punira , lui Frontin , des mauvais
conseils qu'il donne à son fils. Il lui commande de fui dire qu'il ne le verra jamais,,
et qu'il le desheritera , s'il n'épouse Phénice au deffaut de Lucile. Tous ces inconvéniens que Lisette et Frontin n'avoient pas prévus dans leur premiere
conspiration , les déterminent à changer
de batterie, et à contribuer de leur mieux
à ce même hymen qu'ils ont voulu empêcher ,, de sorte que cette même Lisette
qui avolt dit à M. Orgon , que Damis er
Lucile avoient un égal éloignement l'un
pour l'autre, est la plus ardente à faire
entendre tout le contraire ; elle fait plus
elle assûre Damis de l'amour que Lucile·
a pour lui. Damis doute de son bonheur ;.
Lisette acheve de le persuader. Frontin
lui porte un coup mortel , en lui disant
que son pere veut absolument qu'il épouse Phénice sur peine d'exheredation . II
ne sçait comment se tirer d'embarras avec
cette derniere , à qui Frontin et Lisette
ont déja annoncé qu'elle ne sert que de
prétexte ; elle en a d'abord été picquée au
-vif; mais pour son bonheur, ne s'étant pas
engagée trop avant avec ce feint Amant
·
11. Kol qui
JUIN 1732. 1413
Y
qui la joue , elle borne sa vengeance à lui
fire peur de l'hymen que son pere luiordonne. La scene qu'elle a avec lui fait
naître des incidens très- comiques. Elle lui
parle d'abord de son mariage avec lui comme d'une affaire conclue. Damis
loin d'en paroître embarrassé , lui dit
que c'est à elle à parer un coup si fatal'
-puisqu'elle lui à déja fait connoître
que son cœur est engagé ailleurs ;-
Phenice lui répond avec la même fer- meté affectée qu'elle ne lui a pas
dit alors ses véritables sentimens ; que
cet engagement prétendu dont elle lui
a parlé n'étoit qu'un prétexte pour ne
point déranger ce que son pere avoit réglé ; mais que depuis qu'elle a sçû qu'on
a résolu toute autre chose , elle n'a pas
Balancé à suivreson devoir , età le suivre
sans répugnance. Damis qui s'imagine.
qu'elle joue au plus fin avec lui , et qu'elle veut qu'il se charge lui-même de la
rupture de ce mariage , lui proteste qu'il
obeïra à son pere , et qu'il ne veut pas
courir le risque d'être desherité , en s'opposant à un établissement pour lequel il
ne se sent nulle répugnance. Pour le lui
mieux persuader, il lui dit qu'il n'est plus
temps de feindre , et qu'il l'aime veritablement il se jette à ses pieds pour
A
:
El Vol micux
1414 MERCURE DE FRANCE
mieux achever de la tromper et pour la
remercier de son obéissance à son pere;
M. Orgon et M. Ergaste le surprennent
dans cette posture suppliante ; ils en sont
charmez , et ne doutant point qu'ils ne
s'aiment , ils les quittent pour aller faire dresser le Contrat. Cet incident est suivi
d'un autre , qui fait encore plus de peine
à Damis ; il cesse de feindre, et suppliant.
Phénice de le tirer d'un si mauvais pas
il lui baise la main avec transport. Lucile arrive sur le champ , Damis se retire tout confus , la vindicative Phénice
jouit malignement de la jalousie de sa
sœur ; et après en avoir essuyé de vifs
reproches , elle se retire très - satisfaite
d'elle- même. Lisette vient porter un dernier coup à la jalousie de Lucile ; elle lui
avoue qu'elle s'est mépris: quand elle a
crû que Damis l'aimoit , et qu'elle a voulu le luii persuader; elle convient que Phénice en est aimée , et cet adroit mensonge n'est que pour l'obliger à lui avoüer
qu'elle aime Damis ; cet aveu décisif arrive enfin , il est même suivi d'une prie
re que sa Maîtresse est forcée de lui faire ,
d'aller trouver Damis , et de lui faire entendre qu'il estaimé , sans pourtant qu'il
paroisse qu'elle lui en ait fait confidence ,
encore moins qu'elle l'ait chargée de faire
11. Vol. une
JUIN. 1732. 1415
une démarche si humiliante pour sa fierté. Si l'Auteur eût encore voulu multiplier les incidens ingénieux , son esprit
n'eut pas manqué de ressources ; mais il
falloit enfin dénouer sa Piéce voici
comment il s'y prend dans son dernier
Acte.
Lucile , toujours persuadée que Damis
aime sa sœur , n'a point d'autre ressource
que de s'opposer à leur hymen ; elle se
plaint amérement à son pere de ce qu'il
lui fait l'injure de marier sa cadette avant
elle ; M. Orgon lui represente en bon pere l'injustice de sa plainte , d'autant mieux
qu'il n'a tenu qu'à elle d'accepter Damis
pour époux , et que Phénice ne reçoit sa
main qu'à son refus ; cette remontrance ,
toute juste qu'elle est , ne calme point
Lucile , elle dit à son pere qu'après l'affront qu'elle va essuyer , elle n'a point
d'autre parti à prendre qu'une clôture
éternelle. Phénice vient toute disposée à
finir le cours de sa petite vengeance ; l'amitié qu'elle a pour sa sœur ne peut souffrir qu'elle porte plus loin le ressentiment
qu'elle doit avoir du personnage qu'on
lui a fait jouer , en la faisant servir de
prétexte ; elle dit à Lucile qu'elle lui cede de bon cœur ce Damis avec qui il ne
tiendroit qu'à elle d'être unie ; l'esprit de
II. Vol. Lucile
1416 MERCURE DE FRANCE
Lucile est aigrie à un tel point , qu'elle
donne un mauvais sens à tout ce que sa
sœur lui peut dire de plus obligeant ;
Orgon ne sçachant plus comment mettre
d'accord ses deux filles , les quitte dans le
dessein d'achever le mariage concerté entre son ami Ergaste et lui , ce qui déses-
-pere de plus en plus la jalouse Lucile
elle accable sa sœur de reproches , dont
cette sœur maltraitée ne peut lui faire
sentir l'injustice. Damis arrive enfin , il
veut se retirer par respect , Phénice lui dic
d'approcher er lui ordonne de rendre
Hommage à son vainqueur , en se jettant
aux genoux de Lucile; cette scene qu'on
n'avoit point vûë à la premiere Représentation est jouée par ces trois Acteurs avec
toute la finesse et toute la précision qu'on
peut souhaitter au théatre ; Phénice rem
plit la fonction de médiatrice avec une
grace géneralement applaudie. Orgon et
Ergaste arrivent dans le dessein dé conclure le mariage entre Damis et Phénice ,
et sont agréablement surpris d'un changement auquel ils n'osoient s'attendre ,.
et qui remet toutes choses dans l'ordre
qu'ils s'étoient d'abord prescrit. Voilà
quelle est cette piéce qui a paruë d'abord
si mal reçûë , et qu'on n'a cessé d'applau--
dir depuis la seconde Représentation ; on
11.Vol. ne
JUIN. 17328 1417
ne désespere pas qu'elle n'ait dans la suite le sort de tant d'autres dont les commencemens ont été malheureux. Tous les
gens qui en jugent sans prévention conviennent qu'elle leur fait plaisir ; il est
vrai qu'ils souhaiteroient qu'il y eut plus
de consistance dans l'action , et moins.
d'expressions un peu trop recherchées.
dans le Dialogue ; en un mot, que l'esprit de l'Auteur fut moins abondant ;
c'est un défaut que d'avoir trop d'esprit ,
mais c'est un excès dont le reproche a
toujours quelque chose de flateur , et dont
on a bien de la peine à se corriger au
reste, on n'a guére mis au Théatre François de Piéce mieux jouée que celle-ci
le sieur Quinault l'aîné , la Elle Quinault,
sa sœur , parfaitement secondée des Dlle
Dangeville et Gossin , et de leurs autres
camarades , y brillent à qui mieux mieux,
et remplissent l'attente des Spectateurs
les plus difficiles et les plus délicats.
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Résumé : LES SERMENS INDISCRETS, Comédie en Prose et en cinq Actes, de M. de Marivaux, representée pour la premiere fois au Théatre François, le 8 Juin.
La pièce 'Les Sermens indiscrets' est une comédie en prose et en cinq actes de Marivaux, représentée pour la première fois au Théâtre Français le 6 juin. La première représentation fut tumultueuse en raison de l'impatience et de la turbulence du public un dimanche. La pièce a été critiquée pour manquer d'action et avoir trop d'esprit. L'intrigue principale concerne Lucile, fille de M. Orgon, et Damis, fils de M. Ergaste, qui doivent se marier malgré leur aversion mutuelle pour le mariage. Lucile écrit une lettre à Damis, confiée à sa suivante Lisette. Damis exprime également son aversion pour le mariage à Lisette. Lucile, ayant entendu la conversation, confirme leur accord. Lisette les lie par un serment réciproque de ne pas se marier. Damis, jaloux, feint d'aimer Phénice, la sœur cadette de Lucile, pour éviter le mariage. Cette feinte complique les plans des pères, qui décident alors de marier Damis à Phénice. Lisette et Frontin, le valet de Damis, initialement opposés au mariage, changent de stratégie pour éviter les conséquences. Phénice, initialement utilisée comme prétexte, se venge en jouant avec les sentiments de Damis. La pièce se dénoue lorsque Lucile, jalouse, s'oppose au mariage de Damis et Phénice. Phénice cède finalement Damis à Lucile, révélant ainsi la vérité. Les pères, agréablement surpris, concluent le mariage entre Lucile et Damis. La pièce, mal reçue initialement, a été applaudie par la suite. Les acteurs, notamment le sieur Quinault l'aîné, la demoiselle Quinault, la demoiselle Dangeville et Gossin, ont été particulièrement applaudis.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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6296
p. 1417-1422
EXTRAIT du Procès des Sens.
Début :
Cette Comédie en un Acte en Vers est une forme [...]
Mots clefs :
Comédie, Extrait, Procès des Sens
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT du Procès des Sens.
EXTRAITdu Procès des Sens.
Cette Comédie en un Acte en Vers est
une forme de Critique nouvelle , risquée:
heureusement sur un Théatre qui n'avoit
encore rien donné dans ce goût-là ; l'Auteur ne doit pas se repentir de cet essai 2
11. Vol. puis-
1418 MERCURE DE FRANCE
puisque le Public , loin de le regarder
comme une témerité , l'a honoré de ses
applaudissemens. Le Ballet des Sens a
donné occasion à la Comédie, où les Sens
personifiés sur la Scene Françoise , font
de courtes et justes Analyses des Entrées
qu'on leur a assignées sur la Scene Lyrique.
L'action du Procès des Sens se passe
dans les Jardins d'Hebé , où le Goût
trouve l'Amour établi Juge de la contestation par un Edit de Jupiter , apporté
par Mercure. L'Amour demande au Goût
quel sujet a pû brouiller les Sens ; le Goût
lui répond que l'Opera s'étant avisé de
leur faire chanter des Brunettes , et danser des Musettes , cela a occasionné cent
discours partiaux sur leurs prééminences ,
qui ont semé la division entr'eux . Il lui
rapporte de suite les décisions d'un Abbé d'un Caissier et d'un Gascon , et
ajoûte :
Seigneur Amour , Voilà
Comme tous cinq on nous balote.
L'Amour réplique :
Tous cinq , calculez bien , qui de cinq ôte deux ,
Reste trois en Eté ce nombre est plus heu- reux.
11. Vol. Ah!
A
JUIN... 17326 1479
Ah ! dit le Goût ,
Vous voulez badiner sur le Goût et l'Ouic
Que l'on a retranchés dans le nouveau Ballet ;
Quant à l'Acte du Goût qui pour moi pa- roîtra
Quand les jours baisseront , à moins que d'être souche ,
De mon retranchement rien l'on ne conclura ,
Sinon que l'Opera
Me garde pour la bonne bouche.
Un petit Amour vient annoncer l'Odorat , qui paroît chargé de fleurs , et se
caracterise par sa délicatesse sur lesOdeurs,
l'Ouie et la Vue le suivent de près. L'Amour se place sur son Tribunal , et les
Sens plaident alternativement leur cause :
nous ne donnerons pour échantillon des
traits de critique , que celui qui tombe
sur l'Acte où triomphe la Dlle le Maure.
L'Amour Chantant , ( dit l'Amour declamant )
Devroit être honteux ,
De son avanture nouvelle ,
Et ne pas s'en vanter comme il fait ; elle est
belle;
L'Opera complaisant détache son bandeau ,
Disant pour raison de son zele ,
Que son illuminé nouveau
II. Vol.
Va
#420 MERCURE DE FRANCE
*Varégler sa main témeraire,
C'est pour le bien descœurs que le Destin l'éclaire,
Quel usage fait- il de ce don précieux ?
De quoi s'occupe - t ilen ouvrant ses beaux
yeux ?
Semblable à l'Ecolier qui sort de la jaquette
• Il vole du facile an superficiel ,
Et le premier regard que notre Bambin jette ,
C'est pour admirer l'Arc- en- Ciel
Et se coiffer d'une Grisette.
Kris, Grisette !
La Vue.
L'Amour
Et qui pis est soubrette.
Dans le fort de la plus vive dispute des
Sens ; le Sens commun arrive ; le Public a
trouvé qu'il parle comme il doit parler.
Décision très glorieuse pour l'Auteur.
Voici la définition du bon Sens tel qu'il
la fait lui-même.
Sans éclat j'illumine
Mais j'illumine nettement ;
Je n'aventure rien; à pas lents je chemine ,..
Mais je chemine sûrement
Le Sens commun n'a pas toujours de grace fine
2. Vers du Balle
II. Vol. Le
JUIN. 1732. 1420
Mais il y a du solide , il pense éxactement
Enfin il est le jugement,
Il est l'esprit sensé que le vrai détermine ,
Que le Bon touche fortement ;
;
Et par fois l'Esprit vif n'est dans son enjou
ment
Que la sotise qui badine,
Le Sens commun expose qu'il craint
que les Sens ne s'approprient ses droits.en
détaillant les leurs. Sa Requête n'est pas
malfondée , tant sur le Théatre que dans
les conversations les plus éclairées ; il n'est
que trop ordinaire de confondre les opérations de l'Esprit avec celies des Sens.
Le Toucher qui s'est amusé , suivant sa
coûtume , ne paroît qu'après la sortie du
Sens commun et passe son tems et le
reste de l'Audience à badiner ; l'Amour
leve le siége , et finit par un compliment
dû aux Spectateurs , où il les invite à
faire durer le Procès des Sens , et à lui
rêter leurs lumieres pour lejuger bien.
La Dile Dangeville la jeune , qui remplit le Rôle de l'Amour , le joue avec
cette figure aimable et piquante , qui fait
si grand plaisir aux yeux , et avec toutes
les graces , la finesse et la legereté imaginable. Elle est très-bien secondée par les
II.Vol sieurs
122 MERCURE DE FRANCE
Srs Dangeville l'Oncle , Poissons, Montmesnil , qui y jouent les Rôles du Toucher , du Goût et du bon Sens , et par
ses autres Camarades , car la Piéce est
très-bien et très- vivement jouée.
Cette Comédie en un Acte en Vers est
une forme de Critique nouvelle , risquée:
heureusement sur un Théatre qui n'avoit
encore rien donné dans ce goût-là ; l'Auteur ne doit pas se repentir de cet essai 2
11. Vol. puis-
1418 MERCURE DE FRANCE
puisque le Public , loin de le regarder
comme une témerité , l'a honoré de ses
applaudissemens. Le Ballet des Sens a
donné occasion à la Comédie, où les Sens
personifiés sur la Scene Françoise , font
de courtes et justes Analyses des Entrées
qu'on leur a assignées sur la Scene Lyrique.
L'action du Procès des Sens se passe
dans les Jardins d'Hebé , où le Goût
trouve l'Amour établi Juge de la contestation par un Edit de Jupiter , apporté
par Mercure. L'Amour demande au Goût
quel sujet a pû brouiller les Sens ; le Goût
lui répond que l'Opera s'étant avisé de
leur faire chanter des Brunettes , et danser des Musettes , cela a occasionné cent
discours partiaux sur leurs prééminences ,
qui ont semé la division entr'eux . Il lui
rapporte de suite les décisions d'un Abbé d'un Caissier et d'un Gascon , et
ajoûte :
Seigneur Amour , Voilà
Comme tous cinq on nous balote.
L'Amour réplique :
Tous cinq , calculez bien , qui de cinq ôte deux ,
Reste trois en Eté ce nombre est plus heu- reux.
11. Vol. Ah!
A
JUIN... 17326 1479
Ah ! dit le Goût ,
Vous voulez badiner sur le Goût et l'Ouic
Que l'on a retranchés dans le nouveau Ballet ;
Quant à l'Acte du Goût qui pour moi pa- roîtra
Quand les jours baisseront , à moins que d'être souche ,
De mon retranchement rien l'on ne conclura ,
Sinon que l'Opera
Me garde pour la bonne bouche.
Un petit Amour vient annoncer l'Odorat , qui paroît chargé de fleurs , et se
caracterise par sa délicatesse sur lesOdeurs,
l'Ouie et la Vue le suivent de près. L'Amour se place sur son Tribunal , et les
Sens plaident alternativement leur cause :
nous ne donnerons pour échantillon des
traits de critique , que celui qui tombe
sur l'Acte où triomphe la Dlle le Maure.
L'Amour Chantant , ( dit l'Amour declamant )
Devroit être honteux ,
De son avanture nouvelle ,
Et ne pas s'en vanter comme il fait ; elle est
belle;
L'Opera complaisant détache son bandeau ,
Disant pour raison de son zele ,
Que son illuminé nouveau
II. Vol.
Va
#420 MERCURE DE FRANCE
*Varégler sa main témeraire,
C'est pour le bien descœurs que le Destin l'éclaire,
Quel usage fait- il de ce don précieux ?
De quoi s'occupe - t ilen ouvrant ses beaux
yeux ?
Semblable à l'Ecolier qui sort de la jaquette
• Il vole du facile an superficiel ,
Et le premier regard que notre Bambin jette ,
C'est pour admirer l'Arc- en- Ciel
Et se coiffer d'une Grisette.
Kris, Grisette !
La Vue.
L'Amour
Et qui pis est soubrette.
Dans le fort de la plus vive dispute des
Sens ; le Sens commun arrive ; le Public a
trouvé qu'il parle comme il doit parler.
Décision très glorieuse pour l'Auteur.
Voici la définition du bon Sens tel qu'il
la fait lui-même.
Sans éclat j'illumine
Mais j'illumine nettement ;
Je n'aventure rien; à pas lents je chemine ,..
Mais je chemine sûrement
Le Sens commun n'a pas toujours de grace fine
2. Vers du Balle
II. Vol. Le
JUIN. 1732. 1420
Mais il y a du solide , il pense éxactement
Enfin il est le jugement,
Il est l'esprit sensé que le vrai détermine ,
Que le Bon touche fortement ;
;
Et par fois l'Esprit vif n'est dans son enjou
ment
Que la sotise qui badine,
Le Sens commun expose qu'il craint
que les Sens ne s'approprient ses droits.en
détaillant les leurs. Sa Requête n'est pas
malfondée , tant sur le Théatre que dans
les conversations les plus éclairées ; il n'est
que trop ordinaire de confondre les opérations de l'Esprit avec celies des Sens.
Le Toucher qui s'est amusé , suivant sa
coûtume , ne paroît qu'après la sortie du
Sens commun et passe son tems et le
reste de l'Audience à badiner ; l'Amour
leve le siége , et finit par un compliment
dû aux Spectateurs , où il les invite à
faire durer le Procès des Sens , et à lui
rêter leurs lumieres pour lejuger bien.
La Dile Dangeville la jeune , qui remplit le Rôle de l'Amour , le joue avec
cette figure aimable et piquante , qui fait
si grand plaisir aux yeux , et avec toutes
les graces , la finesse et la legereté imaginable. Elle est très-bien secondée par les
II.Vol sieurs
122 MERCURE DE FRANCE
Srs Dangeville l'Oncle , Poissons, Montmesnil , qui y jouent les Rôles du Toucher , du Goût et du bon Sens , et par
ses autres Camarades , car la Piéce est
très-bien et très- vivement jouée.
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Résumé : EXTRAIT du Procès des Sens.
Le texte présente une critique de la comédie en un acte en vers intitulée 'Le Procès des Sens'. Cette œuvre, bien que risquée, a été bien accueillie par le public, qui l'a applaudie. L'action se déroule dans les jardins d'Hébé, où l'Amour, désigné juge par Jupiter, doit trancher une dispute entre les Sens. Cette querelle a été déclenchée par une représentation d'opéra où les Sens ont été mis en scène de manière controversée. Les Sens, personnifiés, plaident leur cause devant l'Amour. Le Goût explique que l'opéra a semé la division en faisant chanter et danser des personnages inappropriés. L'Amour suggère de réduire les Sens à trois pour simplifier la situation. Les Sens de l'Odorat, de l'Ouïe et de la Vue interviennent tour à tour, critiquant notamment une performance de la demoiselle Le Maure. Au cœur de la dispute, le Sens commun arrive et expose sa définition : il éclaire nettement et sûrement, sans éclat superflu. Il craint que les Sens ne s'approprient ses droits et rappelle l'importance de distinguer les opérations de l'esprit de celles des Sens. Le Toucher, dernier à intervenir, passe son temps à badiner. La pièce est jouée avec succès par des acteurs renommés, notamment la demoiselle Dangeville dans le rôle de l'Amour, qui est saluée pour son interprétation pleine de grâce et de finesse. L'Amour conclut en invitant le public à prolonger le débat et à partager leurs lumières pour juger la pièce.
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6297
p. 1422
« Le 30. Juin, les Comédiens Italiens remirent au Théatre la [...] »
Début :
Le 30. Juin, les Comédiens Italiens remirent au Théatre la [...]
Mots clefs :
Comédiens-Italiens, Colombine, Avocat pour ou Contre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le 30. Juin, les Comédiens Italiens remirent au Théatre la [...] »
Le 30. Juin , les Comédiens Italiens remirent au Théatre la Comédie de Colombine , Avocat Pour et Contre , en Prose et
en trois Actes , représentée dans sa nouveauté par les anciens Comédiens Italiens
en 1685. La De Roland , nouvelle Danseuse Italienne , dont on a parlé, y debuta.
pour la premiere fois par le Rôle de Colombine , qu'elle joua avec assez d'intelligence , ayant été applaudie du Public.
en trois Actes , représentée dans sa nouveauté par les anciens Comédiens Italiens
en 1685. La De Roland , nouvelle Danseuse Italienne , dont on a parlé, y debuta.
pour la premiere fois par le Rôle de Colombine , qu'elle joua avec assez d'intelligence , ayant été applaudie du Public.
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6298
p. 1422-1423
TURQUIE, ET PERSE, &c.
Début :
On mande de Constantinople que le Grand-Seigneur avoit fait [...]
Mots clefs :
Constantinople, Traité de paix
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texteReconnaissance textuelle : TURQUIE, ET PERSE, &c.
TURQUIE , ET PERSE , &c.
Nmande de Constantinople que le GrandSeigneur avoit fait changer la Garde et les
Officiers qui étoient dans le vieux Serrail auprès
du Sultan son Oncle , déposé l'année derniere
que Sa Hautesse avoit reçû d'Ispaham la ratifi- cation du Traité de Paix conclu avec le Roi de
Perse , et qu'elle avoit envoyé au Gouverneur de
Tauris un ordre particulier signé de sa main de remettre cette Place aux Perfans.
Les Lettres de Barbarie portent qu'on étoit à
II. Vol.
Alger
JUIN. 17320 1423
Alger dans une grande consternation au sujet de l'armement qui s'est fait en Espagne ; que les
Algériens avoient envoyé leurs femmes , leurs
enfans et leurs meilleurs effets dans les Montagnes , et que la Régence avoit député à Cons-.
tantinople pour demander du secours au GrandSeigneur.
Nmande de Constantinople que le GrandSeigneur avoit fait changer la Garde et les
Officiers qui étoient dans le vieux Serrail auprès
du Sultan son Oncle , déposé l'année derniere
que Sa Hautesse avoit reçû d'Ispaham la ratifi- cation du Traité de Paix conclu avec le Roi de
Perse , et qu'elle avoit envoyé au Gouverneur de
Tauris un ordre particulier signé de sa main de remettre cette Place aux Perfans.
Les Lettres de Barbarie portent qu'on étoit à
II. Vol.
Alger
JUIN. 17320 1423
Alger dans une grande consternation au sujet de l'armement qui s'est fait en Espagne ; que les
Algériens avoient envoyé leurs femmes , leurs
enfans et leurs meilleurs effets dans les Montagnes , et que la Régence avoit député à Cons-.
tantinople pour demander du secours au GrandSeigneur.
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Résumé : TURQUIE, ET PERSE, &c.
À Constantinople, le Grand-Seigneur a remplacé la garde du sultan et ratifié un traité de paix avec la Perse, ordonnant la remise de Tauris aux Persans. En Algérie, l'armement espagnol provoque la consternation. Les Algériens ont évacué leurs familles et biens, et la Régence d'Alger a demandé de l'aide à Constantinople.
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6299
p. 1423
RUSSIE.
Début :
Le Chef de l'Ambassade de la Chine qui fait [...]
Mots clefs :
Académie des sciences
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texteReconnaissance textuelle : RUSSIE.
RUSSIE.
E Chef de l'Ambassade de la Chine qui faitLa Petersbourg une dépense beaucoup plus considérable que les 300 Rubles que la Czarine
lui fait donner par ſemaine , a soin de faire écrire la description de tout ce qu'il y voit de plus
curieux , et S. M. Cz. lui a fait présent d'un Plan des Fortifications de cette Ville. Il a assisté
à deux Assemblées de l'Académie des Sciences ,
dont on lui a fait voir le Cabinet des Machines
er des Curiositez naturelles , et le grand Globe
Terrestre qu'on a fait venir de Hollande.
E Chef de l'Ambassade de la Chine qui faitLa Petersbourg une dépense beaucoup plus considérable que les 300 Rubles que la Czarine
lui fait donner par ſemaine , a soin de faire écrire la description de tout ce qu'il y voit de plus
curieux , et S. M. Cz. lui a fait présent d'un Plan des Fortifications de cette Ville. Il a assisté
à deux Assemblées de l'Académie des Sciences ,
dont on lui a fait voir le Cabinet des Machines
er des Curiositez naturelles , et le grand Globe
Terrestre qu'on a fait venir de Hollande.
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Résumé : RUSSIE.
En Russie, l'ambassadeur de Chine à Saint-Pétersbourg dépasse les 300 roubles hebdomadaires alloués par la tsarine. Il décrit les éléments remarquables observés et reçoit un plan des fortifications de la ville. Il assiste à deux réunions de l'Académie des Sciences, où il voit le cabinet des machines, des curiosités naturelles et un globe terrestre des Pays-Bas.
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6300
p. 1423-1424
DE POLOGNE.
Début :
Ce ne sont point les Catholiques de Bichow qui se [...]
Mots clefs :
Pologne, Comte de Sapicha
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE POLOGNE.
DE POLOGNE.
E ne sont point les Catholiques de Bichow
Cqui se sont emparez par force de l'Eglise
des Grecs de cette Ville , comme le bruit s'en
étoit répandu d'abord : les Grecs au contraire ,
sont les premiers auteurs du tumulte dont nous
avons parlé , et on a pris contre eux des mesures
pour les punir de cette violence .
Le Comte de Sapicha , fils unique du Palatin
de Poldachie , qui étoit venu passer quelques
jours à Warsovie, où il étoit logé dans le Palais de la Comtesse de Wiloposka , se tua au commencement de ce mois d'un coup de pistolet ,
sans qu'on ait pû découvrir le sujet de son désespoir.
Le bruit qui s'étoit répandu de la grossesse de
I.Vola la
7424 MERCURE DE FRANCE
laPrincesse épouse du Duc Ferdinand deCurlan.·
de , étoit sans fondement
E ne sont point les Catholiques de Bichow
Cqui se sont emparez par force de l'Eglise
des Grecs de cette Ville , comme le bruit s'en
étoit répandu d'abord : les Grecs au contraire ,
sont les premiers auteurs du tumulte dont nous
avons parlé , et on a pris contre eux des mesures
pour les punir de cette violence .
Le Comte de Sapicha , fils unique du Palatin
de Poldachie , qui étoit venu passer quelques
jours à Warsovie, où il étoit logé dans le Palais de la Comtesse de Wiloposka , se tua au commencement de ce mois d'un coup de pistolet ,
sans qu'on ait pû découvrir le sujet de son désespoir.
Le bruit qui s'étoit répandu de la grossesse de
I.Vola la
7424 MERCURE DE FRANCE
laPrincesse épouse du Duc Ferdinand deCurlan.·
de , étoit sans fondement
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Résumé : DE POLOGNE.
En Pologne, les Grecs ont provoqué un tumulte à Bichow et des mesures punitives ont été prises. Le Comte de Sapicha s'est suicidé à Varsovie, au Palais de la Comtesse de Wiloposka. Les rumeurs sur la grossesse de la Princesse, épouse du Duc Ferdinand de Curlan, sont infondées.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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