Résultats : 9567 texte(s)
Détail
Liste
1651
p. 240-277
LES ROCHES DE SALISBURY. ALLEGORIE.
Début :
Cette Isle noble antique renommée, [...]
Mots clefs :
Jeune roi, Albion, Noble, Palais, Prince Artus, Paix, Sage, Chevalier, Débats, Sang, Éclat, Roches, Salisbury, Peuple, Vieillard, Coeur, Amour, Justice, Lumière
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LES ROCHES DE SALISBURY. ALLEGORIE.
LES ROCHES
DE SALISBURY.
ALLEGORIE.
CEtte Ille noble antique
renommée ,
Qui de Neptune à tel point
fut aimée
Qu'un de fes Fils voulut s'y
renfermer ,
Et de fon nom , Albion la
nommer.
Mainte merveille en fon
fein fait reluire
Qu'en ces vers - cy je ne
pretend
GALANT. 241
pretend déduire
Par le menus les Chroni
queurs paffés
En leurs recueils le deduifent
affez ;
Pour le prefent fuffit d'en
citer une
Sans plus , mais qui peut
mieux
qu'aucune ;
Paffer pour rare & que je
garentis
Sur le rapport de ces recuëils
gentils ;
Ge font ces Rocs autre
ment gons de pierre
Qu'on voir femez en cette
noble terre
Mars
1714.
!
X
242 MERCURE
Tout au travers d'un
champ vert & fleury
Que gens du lieu nomment
Saliſbury , ci să
Et que Merlin jadis par
fon genie
Fit transporter des mar
ches d'Ibernie ,
Car tels Rochers ne fcauroient
bonnement
Se trouver la fors par ensachantement.
of C
Orifmoterés qu'entre ces
roches nües , ⠀
Quia pars magie en ces
lieux font venuës
X
GALANT 243
S'en trouvent fept , trois
de
chacune part
Une au deffus , le tout fait
popar tel art
Qu'il
reprefente une porte
effective ,
Porte vraïment bien faite
& bien naïve
Mais c'eft le tout , car qui
voudroit y voir i
Tours & Châtels , doit
Cailleurs fe pourvoir ,
Et ne fçait-on encor pour
Do quel office
Ce haut Portail eft là fans
médifice.
Mais ces fecrets arcanes
X ij]
244 MERCURE
& facrés
Ja ne font faits pour eftre
penetrés ,
Fors de ceux- là que
lance autorife ,
vail-
A pour chaffer vertueufe
entrepriſe
L'Epée au poing , fendant
juſqu'au talons ..
Traitres , Geans , Endriaques
felons
Tant que pareux foit mis
hors de fervage ,
Quelque Empereur ou Roy
de franc lignage ,
Entre ceux- là eftoit prifé
jadis ,
GALANT 245
Agefilan , Florifel , Amadis
,
Et maints encor de qui
Dieu
par fa grace
Jufques à nous a conſervé
la
race ,
Temoin celuy que je vas
publier ,
Sage entre tous , & difcret
Chevalier
Qui merita par fa force invincible
D'eftre introduit dans la
grote invifible ;
Si le tient-on iffu felon la
chair
De Palmerin le Chevalier
X iij
246 MERCURE
fans Pair ,
Iceluy preux vers les roches
décrites
Alloit chantant les vertus
& merites ,
Du Prince Artus , des bons
tant regretté ,
Et recitoit fur fon Luth
argenté
Celui plaintif. O Rives
Britanniques !
O Roy dompteur des Saxons
tyraniques
Si comme on dit par don
furnaturels
Tu dois revoir ce monde
temporel ,
GALANT. 247
Et revenir chaffer hors de
nos terres
Rebellions , debats , troubles
& Guerres .
Que tardes- tu viens revoir
ton Palais
viens de prifon tirer la
douce paix ,
Qui t'as helas ! defolée &
chetive
Chez faction languit tousjours
plaintive.
Ainfi chantoit le Chevalier
dolentejust
Lors fur lui fembla, qu'une
voix l'appellant
X iiij
248 MERCURE
Par fon vrai nom lui parla
de la forte ,
Si les efprits qui gardent
cette porte
En paroiffant n'effarou
chent
tes yeux
,
Tu peux entrer , le Pala
din joyeux
A qui frayeur n'entra ja
mais dans l'ame ,
Prend fon Ecu , fe commande
à ſa Dame
Approche , arrive , & Demons
de hurler
De tempefter , crier fiffler,
voler
,
Mais pour néant car fans
GALANT . 249
merite ni doute
Le Champion pourſuit toujours
fa route
Si qu'euffiez vû tous ces
diables cadets
Larves , Lutins , Lemures,
farfaders
Spectres volans , Tene
brions , Genies ,
En moins de rien ceffer
leurs lytanies ,
& s'éclipfer à tout leur cas
rillon
Comme étourneaux devant
l'émerillon :
Eux départis , ô merveille
imprevuë !
50 MERCURE
2 La terre s'ouvre & ne s'of
fre à la vûë
Qu'un antre noir
mé caverneux ,
en
fu
Ou d'un Bandon l'éclat
fuligineux
Semble éclairer par fes
lueurs funebres
L'affreux manoir du Prince
des Tenebres ;
A la clarté du flambeau
ftygial
Par cent degrés le Che-
> valier loyal
Defcend au creux de la
fpelunque obfcure ..
Et trouve enfin pour l'hif
1
GALANT. __258
toire conclure ,
Un huis fermé qui s'ouvre
fur l'inftant
Et lúi decouvre un Palais
éclatant ;
Palais , non pas ? mais gro
te emerveillable
Tel que l'oeil ne voit onc
de femblable ,
Et que jamais fage n'ob
tint pour don
Telle demeure , hormis
Apollidon.
Car c'eft Illec que la troupe
de Gnomes
Dòminateurs des terref
trés royaumes
252 MERCURE
A raffemblé
pour
prince honorer
leur
Tout ce qui peut fon féjour
decorer ,
Ambre Corail , yvoire ;
marguerites ,
Perles , faphirs , hyacintes ,
Chrifolites
Riches métaux , bronze
Corinthien ,,
Jaſpe , porphire , & marbre
Phrygien ,
Sans oublier mainte belle
efcarboucle
Et
diamans
proprement
mis en boucle
Tout à l'entour , de qui
GALANT.
253
l'éclat riant
Pâlir feroit le Soleil d'Orient.
Or entendes qu'en ce lieu
de lumiere
Où l'art encore ſurpaſſe
la matiere
Brille fur tant de rubis
eftoilé
Un fiége d'or finement
cizelé ,
Ou repofoit le tres noble
Prophete
Qui cette Grote a choifi
pour retraite
Et fut jadis fous le Roy
254 MERCURE
Pendragon
Des Enchanteurs clame le
Bien
Parangon ,
paroiffoit iceluy
grand prud- homme ,
Prince de ceux que fage on
renomme
Tant à le voir fembloit
homme de biens
Vieillard honneſte & de
noble maintien ,
Si qu'eux, voyans feulealment
fon viſager 20
Euffent pour chef accepté
cettuy fage ,
Qui tout a l'heure en fon
féant dreffé VA
GALANT . 255
Ayant trois fois eternué
touffé ,
Les yeux luifans comme
12 deux Girandoles
Au Damoifel addreffa fes
paroles.
Je fuis Merlin qu'en vulpingaire
fermon
0: 0
Vos
vieuxconteurs pre
chent né du
démon ,
Attribuant par
malice grof
-1997
fiere
L'extraction des enfans de
lumiere ,
A la vertu de cet efprit
In enam vilain
Qui de l'Enfer fut créé
ม
256 MERCURE
Châtelain ,
J'ay visité la haut vos Colonies
,
Suivant les us de nous autres
Genies ,
Er fut long -tems Prophete
en Albion
Dont je plorai l'inique
oppreflion ,
Quand Vortiger dans le
fein Britanique
Eut attiré le ferpent Germanique
,
O mon païs ! ô peuples redoutés.
Deffiés -vous de ferpens allaités
.
Aux
GALANT. 257
Aux bords Germains , fuïés
leur
parentage,
Car c'eft d'iceux qu'eft né
vôtre éclavage ;
Je difparus dans ce conflict
amer 霉
Et par mon art tranſporté
d'outre mer
Ces hauts rochers qui fervent
de barriere ,
A cette grotte où bornant
ma carriere ,
Demogorgon
nôtre Roy
fouverain
,
Me fit ſeigneur du peuple
foûterrain.
C'eſt cette gent , dont l'eſ,
Mars 1714. Y
238 MERCURE
prit tutelaire
Va parcourant vôtre mon--
de populaire : -
Où je l'envoye en invifibles
corps ,
Examiner les troubles &
difcors ,
Qui , par l'engin du pere
de l'impofture,
Vont affligéant l'humaine
créature.
Par eux à donc m'ont efté
raportés.
Tous vos débats , maux &
calamités :
Qui par revolte & rufes infernales
,
GALANT 252
Ont affolé vos Provinces
natales .
Si que la Paix onques n'y
peut meurir ,
Tant qu'y verrés iniquités
Aleurir ,
Car ne croyés pouvoir par
smot vartifices
Paix rétablir fans l'aide de
juſtice ,
Par qui d'abord détruire
100% vous convient ,
L'enchantement ou fraude
2 la détient ,
Fraude fans qui rebelle féabpillonie
o
N'ût engendré fuperbe ty-
Y ij
260 MERCURE
rannie :
Et faction mere de tous les
maux ,
Qui font fortis des palais
infernaux ;
Or puis qu'en toy n'eft encore
effacée
La fouvenance & memoire
paffée
Du Prince Artus lá merveille
des Rois .
Je veux du fort t'interpreter
les loix ,
Et t'expliquer les divins ca
racteres
qui font enclos au livre des
myfteres.
GALANT . 261
Ces mots finis le vieillard
s'arrefta
Puis fe fignant quelques
mots marmota ,
En feüillerant fon grand
antiphonaire
Ou par comment & glofe
interlinaire
Se touche au doigt & fe
montre éclairci
Tout l'avenir , lors , pour
fuivit ainsi ,
Ce brave Roy de qui l'ar
dente efpée
Au fang Germain tant de
fois fut trempée
262 MERCURE
De fes hauts faits le monde
récreant ,
Ufurpateurs eut mis tous à
néant
Si d'Atropos la colere felone
N'uft d'Albion renversé la
Colonne
Ah male- mort ! tes larroneffes
mains
Nous ont tollu le plus grand
des humains
Et rien n'y font ceux -là
dont le bon zele
Dans les hauts Cieux comme
Enoch le récele
Doit quelque jour à les oüir
GALANT . 263
narrer
H reviendra fon pays bien
heurer
;
Tous ces rebus d'antiques
propheties
Ne font qu'amas de vieilles
faceties ,
Dont le droit fens &
myftere caché
Eft fans emblême en ce li
vre epluché.
De ce bon Roy l'heroïque.
lignée
Au fond des bois reduite.
& confignée
Donna long- tems aux fi
264 MERCURE
deles Gallois
Chefs Souverains & magnanimes
Rois ,
Tant qu'une Soeur de ces
genereux
Princes
Dont le Germain
detenoit
les Provinces
Le Grand Walter en fes
Alancs enfánta
Qui leur vrai fang chez les
Pictes porta
,
Icy d'Artus fa tige eſt mipartie
Entre les Rois de l'antique
Scotie
Puis fe rejoint dans le fang
bien-aimé
Du
GALANT . 265:
Du bon Henry le fage furnommé
Qui s'uniffant à la royale
race
Dupreux Walter fçut enfuivre
la trace
Des Rois Bretons , dans la
double union
De l'Albanie au regne d'Albion
;
Or entend moy quoique
maint docte livre
ي ف
Conte qu'un jour Artus
doive revivre ,
Pour le deftin de voſtre Ifle
amenderA
CA
Si ne devés ce difcours re-
Z
Mars
1714.
266 MERCURE
garder
Que comme un type ou
fermon prothetique
Qui vous décrit l'evenement
implique
D'un jeune Roy de fon
fang defcendu
Qui par juftice à fon peuple
rendu ,
Doit extirper difcordes inteftines
Guerre ; debats , fcandales ,
& rapines ,
Si que pourrés par lui re-
9 voir encor
En Albion triompher l'âge
d'or
GALANT. 267
Et retourner profperité richeffe
Dilection , paix , amour &
lieffe .
Il de nos bords en naiſſant
diſparu
Terres & Meres dès l'enfance
à couru
Et s'eft appris par épreuve
importune
A fupporter l'une & l'autre
fortune
,
Afin qu'un jour par fon
exemple inftruit
De tout le mal qu'impieté
produit
Juftice & droit à tous il
Zij
168 MERCURE
fache rendre
Aider le foible & l'opprimé
deffendre ,
La noble Fée & le fage
Devin
Qui de ce Prince ont par
vouloir divin
J'ufqu'à ce jour regi la
deftinée
Ja des long- tems fa nail
fance ont ornée
L'une des dons qui le Corps
font chérir
L'autre de ceux qui font
l'ame fleurir
Tant qu'à le voir on ne
peut prefque dire
GALANT 269
Lequel en lui plus de tendreffe
infpire ,
Grace ou vertu ne qui
reüffit mieux
A l'admirer ou le coeur ou
les yeux
.
Déja le Dieu qui les combats
décide
De prés a vû comment ce
jeune Alcide
Sçait manier javelines &
dards
Ecus , haubergs , lances &
braquemars
Et méprifer dans le Champ
de Batailles
Z iij
270 MERCURE
Repos oififs , perils & funerailles
Dont aisément fe peut
imaginer
Comme en fon tems il
Laura gouverner
Ses ennemis , fi quelqu'un
s'en efcrime
Non pas les fiens ; car fon
coeur magnanime
Ne connoiftra pour fes
vrais ennemis
Que ceux du peuple en fa
garde remis
Auffi dans peu ce peu ple
refractaire
GALANT . 271
Reparera fa coulpe involontaire
Et pour bien toft faction
enterrer
Ce jeune Roy n'aura qu'à
ſe montrer ;
Car quel efprit tant foit - il
intraitable
Et fors iffu de manoir delectable
D'entendement , pourroit à
fon aſpect
N'eftre fajfi d'amour & de
respect ,
Eftil Lyon , Tigre ou Serpent
d'Affrique
Qui contemplant le regard
272 MERCURE
heroyque
Le noble éclat de fa douce
fierté
Qui fur ce front rempli de
Majefté
Marque fi bien ce qu'il eft ,
& doit eftre
Ne s'amollit , & reconnut
fon maiſtre
Partant croyés que contre
fes regards
Point ne tiendront les gen
tils Leopards
>
Tous feront bons tous
feront beaux & fages
GALANT . 173
Antiques
moeurs
il reffufci
tera
Gloire & vertu triompher
il fera ,
Que dirai je plus , il ferme
ra le Temple
Du vieux Janus , pour eſtre
à fon exemple
Des bons l'amour
& des
méchans
Feffroy
Finalement
ce legitime
Roy
Fera par tout fleurir paix
& juſtice
Juftice & paix , meres de
tout délice ,
Sans qui richeſſe , honneur
274 MERCURE
profperité
Fait plus de mal que
& pauvreté.
honte
Alors banquets & feltins
domeſtiques
Dances , chanfons , & pe
nices ruftiques ,
Tournois , Behours
tous autres ébats
>
&
Retournent
francs de
noifes & débats ,
Et durera cette joye eftablie
En Albion jufqu'au retour
d'Elic ;
O de tous biens principe &
fondement
GALANT. 275
O Lots en terre & non
point autrement ,
Repos , douceur , allegref
fe , innocence
Deduit , foulas , defir , &
joüiffance
Levés vos coeurs & tendés
vos efprits
Peuples heureux à ſes ordres
preſcrits
Par le vouloir de la Fée
immortelle
Qui vos deftins a pris en fa
tutelle
A tant fe tut le vieillard
nompareil
Lors s'inclina le Chevalier
276 MERCURE
vermeil ,
Qui méditant en extafe
profonde
Le grand Oracle , & myſ
tere où le fonde
Tout gentil coeur ami de
fon devoir
Fut transferé par magique
pouvoir
Dans le Palais de la haute
Pairie
Palais ou git tout l'art de
faërie
Comme celuy qui fait par
fa fplendeur
De toute l'lfle admirer la
grandeur ,.
GALANT . 277
Mais qui pourtant quoy
qu'il joigne & raffemble
De ce Climâ : tous les Sages
enſemble
Si ne reluit , & n'a d'éclat
en foy
Que par le Trofne & les
yeux de fon Roy,
DE SALISBURY.
ALLEGORIE.
CEtte Ille noble antique
renommée ,
Qui de Neptune à tel point
fut aimée
Qu'un de fes Fils voulut s'y
renfermer ,
Et de fon nom , Albion la
nommer.
Mainte merveille en fon
fein fait reluire
Qu'en ces vers - cy je ne
pretend
GALANT. 241
pretend déduire
Par le menus les Chroni
queurs paffés
En leurs recueils le deduifent
affez ;
Pour le prefent fuffit d'en
citer une
Sans plus , mais qui peut
mieux
qu'aucune ;
Paffer pour rare & que je
garentis
Sur le rapport de ces recuëils
gentils ;
Ge font ces Rocs autre
ment gons de pierre
Qu'on voir femez en cette
noble terre
Mars
1714.
!
X
242 MERCURE
Tout au travers d'un
champ vert & fleury
Que gens du lieu nomment
Saliſbury , ci să
Et que Merlin jadis par
fon genie
Fit transporter des mar
ches d'Ibernie ,
Car tels Rochers ne fcauroient
bonnement
Se trouver la fors par ensachantement.
of C
Orifmoterés qu'entre ces
roches nües , ⠀
Quia pars magie en ces
lieux font venuës
X
GALANT 243
S'en trouvent fept , trois
de
chacune part
Une au deffus , le tout fait
popar tel art
Qu'il
reprefente une porte
effective ,
Porte vraïment bien faite
& bien naïve
Mais c'eft le tout , car qui
voudroit y voir i
Tours & Châtels , doit
Cailleurs fe pourvoir ,
Et ne fçait-on encor pour
Do quel office
Ce haut Portail eft là fans
médifice.
Mais ces fecrets arcanes
X ij]
244 MERCURE
& facrés
Ja ne font faits pour eftre
penetrés ,
Fors de ceux- là que
lance autorife ,
vail-
A pour chaffer vertueufe
entrepriſe
L'Epée au poing , fendant
juſqu'au talons ..
Traitres , Geans , Endriaques
felons
Tant que pareux foit mis
hors de fervage ,
Quelque Empereur ou Roy
de franc lignage ,
Entre ceux- là eftoit prifé
jadis ,
GALANT 245
Agefilan , Florifel , Amadis
,
Et maints encor de qui
Dieu
par fa grace
Jufques à nous a conſervé
la
race ,
Temoin celuy que je vas
publier ,
Sage entre tous , & difcret
Chevalier
Qui merita par fa force invincible
D'eftre introduit dans la
grote invifible ;
Si le tient-on iffu felon la
chair
De Palmerin le Chevalier
X iij
246 MERCURE
fans Pair ,
Iceluy preux vers les roches
décrites
Alloit chantant les vertus
& merites ,
Du Prince Artus , des bons
tant regretté ,
Et recitoit fur fon Luth
argenté
Celui plaintif. O Rives
Britanniques !
O Roy dompteur des Saxons
tyraniques
Si comme on dit par don
furnaturels
Tu dois revoir ce monde
temporel ,
GALANT. 247
Et revenir chaffer hors de
nos terres
Rebellions , debats , troubles
& Guerres .
Que tardes- tu viens revoir
ton Palais
viens de prifon tirer la
douce paix ,
Qui t'as helas ! defolée &
chetive
Chez faction languit tousjours
plaintive.
Ainfi chantoit le Chevalier
dolentejust
Lors fur lui fembla, qu'une
voix l'appellant
X iiij
248 MERCURE
Par fon vrai nom lui parla
de la forte ,
Si les efprits qui gardent
cette porte
En paroiffant n'effarou
chent
tes yeux
,
Tu peux entrer , le Pala
din joyeux
A qui frayeur n'entra ja
mais dans l'ame ,
Prend fon Ecu , fe commande
à ſa Dame
Approche , arrive , & Demons
de hurler
De tempefter , crier fiffler,
voler
,
Mais pour néant car fans
GALANT . 249
merite ni doute
Le Champion pourſuit toujours
fa route
Si qu'euffiez vû tous ces
diables cadets
Larves , Lutins , Lemures,
farfaders
Spectres volans , Tene
brions , Genies ,
En moins de rien ceffer
leurs lytanies ,
& s'éclipfer à tout leur cas
rillon
Comme étourneaux devant
l'émerillon :
Eux départis , ô merveille
imprevuë !
50 MERCURE
2 La terre s'ouvre & ne s'of
fre à la vûë
Qu'un antre noir
mé caverneux ,
en
fu
Ou d'un Bandon l'éclat
fuligineux
Semble éclairer par fes
lueurs funebres
L'affreux manoir du Prince
des Tenebres ;
A la clarté du flambeau
ftygial
Par cent degrés le Che-
> valier loyal
Defcend au creux de la
fpelunque obfcure ..
Et trouve enfin pour l'hif
1
GALANT. __258
toire conclure ,
Un huis fermé qui s'ouvre
fur l'inftant
Et lúi decouvre un Palais
éclatant ;
Palais , non pas ? mais gro
te emerveillable
Tel que l'oeil ne voit onc
de femblable ,
Et que jamais fage n'ob
tint pour don
Telle demeure , hormis
Apollidon.
Car c'eft Illec que la troupe
de Gnomes
Dòminateurs des terref
trés royaumes
252 MERCURE
A raffemblé
pour
prince honorer
leur
Tout ce qui peut fon féjour
decorer ,
Ambre Corail , yvoire ;
marguerites ,
Perles , faphirs , hyacintes ,
Chrifolites
Riches métaux , bronze
Corinthien ,,
Jaſpe , porphire , & marbre
Phrygien ,
Sans oublier mainte belle
efcarboucle
Et
diamans
proprement
mis en boucle
Tout à l'entour , de qui
GALANT.
253
l'éclat riant
Pâlir feroit le Soleil d'Orient.
Or entendes qu'en ce lieu
de lumiere
Où l'art encore ſurpaſſe
la matiere
Brille fur tant de rubis
eftoilé
Un fiége d'or finement
cizelé ,
Ou repofoit le tres noble
Prophete
Qui cette Grote a choifi
pour retraite
Et fut jadis fous le Roy
254 MERCURE
Pendragon
Des Enchanteurs clame le
Bien
Parangon ,
paroiffoit iceluy
grand prud- homme ,
Prince de ceux que fage on
renomme
Tant à le voir fembloit
homme de biens
Vieillard honneſte & de
noble maintien ,
Si qu'eux, voyans feulealment
fon viſager 20
Euffent pour chef accepté
cettuy fage ,
Qui tout a l'heure en fon
féant dreffé VA
GALANT . 255
Ayant trois fois eternué
touffé ,
Les yeux luifans comme
12 deux Girandoles
Au Damoifel addreffa fes
paroles.
Je fuis Merlin qu'en vulpingaire
fermon
0: 0
Vos
vieuxconteurs pre
chent né du
démon ,
Attribuant par
malice grof
-1997
fiere
L'extraction des enfans de
lumiere ,
A la vertu de cet efprit
In enam vilain
Qui de l'Enfer fut créé
ม
256 MERCURE
Châtelain ,
J'ay visité la haut vos Colonies
,
Suivant les us de nous autres
Genies ,
Er fut long -tems Prophete
en Albion
Dont je plorai l'inique
oppreflion ,
Quand Vortiger dans le
fein Britanique
Eut attiré le ferpent Germanique
,
O mon païs ! ô peuples redoutés.
Deffiés -vous de ferpens allaités
.
Aux
GALANT. 257
Aux bords Germains , fuïés
leur
parentage,
Car c'eft d'iceux qu'eft né
vôtre éclavage ;
Je difparus dans ce conflict
amer 霉
Et par mon art tranſporté
d'outre mer
Ces hauts rochers qui fervent
de barriere ,
A cette grotte où bornant
ma carriere ,
Demogorgon
nôtre Roy
fouverain
,
Me fit ſeigneur du peuple
foûterrain.
C'eſt cette gent , dont l'eſ,
Mars 1714. Y
238 MERCURE
prit tutelaire
Va parcourant vôtre mon--
de populaire : -
Où je l'envoye en invifibles
corps ,
Examiner les troubles &
difcors ,
Qui , par l'engin du pere
de l'impofture,
Vont affligéant l'humaine
créature.
Par eux à donc m'ont efté
raportés.
Tous vos débats , maux &
calamités :
Qui par revolte & rufes infernales
,
GALANT 252
Ont affolé vos Provinces
natales .
Si que la Paix onques n'y
peut meurir ,
Tant qu'y verrés iniquités
Aleurir ,
Car ne croyés pouvoir par
smot vartifices
Paix rétablir fans l'aide de
juſtice ,
Par qui d'abord détruire
100% vous convient ,
L'enchantement ou fraude
2 la détient ,
Fraude fans qui rebelle féabpillonie
o
N'ût engendré fuperbe ty-
Y ij
260 MERCURE
rannie :
Et faction mere de tous les
maux ,
Qui font fortis des palais
infernaux ;
Or puis qu'en toy n'eft encore
effacée
La fouvenance & memoire
paffée
Du Prince Artus lá merveille
des Rois .
Je veux du fort t'interpreter
les loix ,
Et t'expliquer les divins ca
racteres
qui font enclos au livre des
myfteres.
GALANT . 261
Ces mots finis le vieillard
s'arrefta
Puis fe fignant quelques
mots marmota ,
En feüillerant fon grand
antiphonaire
Ou par comment & glofe
interlinaire
Se touche au doigt & fe
montre éclairci
Tout l'avenir , lors , pour
fuivit ainsi ,
Ce brave Roy de qui l'ar
dente efpée
Au fang Germain tant de
fois fut trempée
262 MERCURE
De fes hauts faits le monde
récreant ,
Ufurpateurs eut mis tous à
néant
Si d'Atropos la colere felone
N'uft d'Albion renversé la
Colonne
Ah male- mort ! tes larroneffes
mains
Nous ont tollu le plus grand
des humains
Et rien n'y font ceux -là
dont le bon zele
Dans les hauts Cieux comme
Enoch le récele
Doit quelque jour à les oüir
GALANT . 263
narrer
H reviendra fon pays bien
heurer
;
Tous ces rebus d'antiques
propheties
Ne font qu'amas de vieilles
faceties ,
Dont le droit fens &
myftere caché
Eft fans emblême en ce li
vre epluché.
De ce bon Roy l'heroïque.
lignée
Au fond des bois reduite.
& confignée
Donna long- tems aux fi
264 MERCURE
deles Gallois
Chefs Souverains & magnanimes
Rois ,
Tant qu'une Soeur de ces
genereux
Princes
Dont le Germain
detenoit
les Provinces
Le Grand Walter en fes
Alancs enfánta
Qui leur vrai fang chez les
Pictes porta
,
Icy d'Artus fa tige eſt mipartie
Entre les Rois de l'antique
Scotie
Puis fe rejoint dans le fang
bien-aimé
Du
GALANT . 265:
Du bon Henry le fage furnommé
Qui s'uniffant à la royale
race
Dupreux Walter fçut enfuivre
la trace
Des Rois Bretons , dans la
double union
De l'Albanie au regne d'Albion
;
Or entend moy quoique
maint docte livre
ي ف
Conte qu'un jour Artus
doive revivre ,
Pour le deftin de voſtre Ifle
amenderA
CA
Si ne devés ce difcours re-
Z
Mars
1714.
266 MERCURE
garder
Que comme un type ou
fermon prothetique
Qui vous décrit l'evenement
implique
D'un jeune Roy de fon
fang defcendu
Qui par juftice à fon peuple
rendu ,
Doit extirper difcordes inteftines
Guerre ; debats , fcandales ,
& rapines ,
Si que pourrés par lui re-
9 voir encor
En Albion triompher l'âge
d'or
GALANT. 267
Et retourner profperité richeffe
Dilection , paix , amour &
lieffe .
Il de nos bords en naiſſant
diſparu
Terres & Meres dès l'enfance
à couru
Et s'eft appris par épreuve
importune
A fupporter l'une & l'autre
fortune
,
Afin qu'un jour par fon
exemple inftruit
De tout le mal qu'impieté
produit
Juftice & droit à tous il
Zij
168 MERCURE
fache rendre
Aider le foible & l'opprimé
deffendre ,
La noble Fée & le fage
Devin
Qui de ce Prince ont par
vouloir divin
J'ufqu'à ce jour regi la
deftinée
Ja des long- tems fa nail
fance ont ornée
L'une des dons qui le Corps
font chérir
L'autre de ceux qui font
l'ame fleurir
Tant qu'à le voir on ne
peut prefque dire
GALANT 269
Lequel en lui plus de tendreffe
infpire ,
Grace ou vertu ne qui
reüffit mieux
A l'admirer ou le coeur ou
les yeux
.
Déja le Dieu qui les combats
décide
De prés a vû comment ce
jeune Alcide
Sçait manier javelines &
dards
Ecus , haubergs , lances &
braquemars
Et méprifer dans le Champ
de Batailles
Z iij
270 MERCURE
Repos oififs , perils & funerailles
Dont aisément fe peut
imaginer
Comme en fon tems il
Laura gouverner
Ses ennemis , fi quelqu'un
s'en efcrime
Non pas les fiens ; car fon
coeur magnanime
Ne connoiftra pour fes
vrais ennemis
Que ceux du peuple en fa
garde remis
Auffi dans peu ce peu ple
refractaire
GALANT . 271
Reparera fa coulpe involontaire
Et pour bien toft faction
enterrer
Ce jeune Roy n'aura qu'à
ſe montrer ;
Car quel efprit tant foit - il
intraitable
Et fors iffu de manoir delectable
D'entendement , pourroit à
fon aſpect
N'eftre fajfi d'amour & de
respect ,
Eftil Lyon , Tigre ou Serpent
d'Affrique
Qui contemplant le regard
272 MERCURE
heroyque
Le noble éclat de fa douce
fierté
Qui fur ce front rempli de
Majefté
Marque fi bien ce qu'il eft ,
& doit eftre
Ne s'amollit , & reconnut
fon maiſtre
Partant croyés que contre
fes regards
Point ne tiendront les gen
tils Leopards
>
Tous feront bons tous
feront beaux & fages
GALANT . 173
Antiques
moeurs
il reffufci
tera
Gloire & vertu triompher
il fera ,
Que dirai je plus , il ferme
ra le Temple
Du vieux Janus , pour eſtre
à fon exemple
Des bons l'amour
& des
méchans
Feffroy
Finalement
ce legitime
Roy
Fera par tout fleurir paix
& juſtice
Juftice & paix , meres de
tout délice ,
Sans qui richeſſe , honneur
274 MERCURE
profperité
Fait plus de mal que
& pauvreté.
honte
Alors banquets & feltins
domeſtiques
Dances , chanfons , & pe
nices ruftiques ,
Tournois , Behours
tous autres ébats
>
&
Retournent
francs de
noifes & débats ,
Et durera cette joye eftablie
En Albion jufqu'au retour
d'Elic ;
O de tous biens principe &
fondement
GALANT. 275
O Lots en terre & non
point autrement ,
Repos , douceur , allegref
fe , innocence
Deduit , foulas , defir , &
joüiffance
Levés vos coeurs & tendés
vos efprits
Peuples heureux à ſes ordres
preſcrits
Par le vouloir de la Fée
immortelle
Qui vos deftins a pris en fa
tutelle
A tant fe tut le vieillard
nompareil
Lors s'inclina le Chevalier
276 MERCURE
vermeil ,
Qui méditant en extafe
profonde
Le grand Oracle , & myſ
tere où le fonde
Tout gentil coeur ami de
fon devoir
Fut transferé par magique
pouvoir
Dans le Palais de la haute
Pairie
Palais ou git tout l'art de
faërie
Comme celuy qui fait par
fa fplendeur
De toute l'lfle admirer la
grandeur ,.
GALANT . 277
Mais qui pourtant quoy
qu'il joigne & raffemble
De ce Climâ : tous les Sages
enſemble
Si ne reluit , & n'a d'éclat
en foy
Que par le Trofne & les
yeux de fon Roy,
Fermer
Résumé : LES ROCHES DE SALISBURY. ALLEGORIE.
Le texte décrit les Roches de Salisbury, une île antique et noble, aimée par Neptune et nommée Albion par l'un de ses fils. Cette île est célèbre pour ses merveilles, notamment des rochers transportés par Merlin depuis les marches d'Ibernie. Ces rochers forment une porte mystérieuse dans un champ vert et fleuri près de Salisbury, gardée par des esprits et des démons. Seule une personne vertueuse et autorisée peut franchir cette porte. Un chevalier nommé Palmerin se rend à ces rochers et chante les vertus du prince Arthur. Une voix l'invite à entrer, et il découvre une grotte éclairée par un flambeau funèbre menant à un palais éblouissant décoré de pierres précieuses et de métaux rares. Dans ce palais repose Merlin, le prophète. Merlin explique qu'il a été prophète en Albion et a transporté les rochers pour protéger l'île. Il révèle également que l'île est affligée par des troubles et des révoltes, et que seule la justice peut rétablir la paix. Merlin prophétise le retour d'un jeune roi de la lignée d'Arthur, qui apportera justice et paix en Albion. Ce roi, élevé par une fée et un devin, est destiné à gouverner avec sagesse et à triompher de ses ennemis. Son règne verra le retour de la prospérité, de la paix et de l'amour. Après cette révélation, Merlin se tait, et le chevalier est transporté dans le palais de la haute pairie, où il contemple l'art de la féerie.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
1652
p. 96-102
LES DELICES de la vie champêtre. Ode anacreontique. Par Monsieur de B....
Début :
Le faste & le luxe pompeux [...]
Mots clefs :
Amour, Bergers, Délices, Amant, Vie champêtre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LES DELICES de la vie champêtre. Ode anacreontique. Par Monsieur de B....
LES DELICES
de la vie champêtre.
Ode anacreontique.
Par Monfieur le B....
LE fafte & le luxe pompeux
Ne brillent point dans les
afyles ;
Nous y vivons toûjours
heureux ,
Toûjours contens, toûjours
tranquiles.
De la fortune nos defirs
Nc
GALANT.
97
Ne briguent jamais les careffes
;
Nos bergers font nos plaifirs
,
Et nos troupeaux font nos
richeffes .
N'est- ce pas nous qui tous
les ans
,
Cheris de Flore & de Pomone
,
Goûtons les premiers des
prefens
Et du printemps & de l'automne
?
Exempts de tous les foins
Avril
1714
I
98
MERCURE
TARQUE
fâcheux ,
Sans ambition , fans envie ,
Parmi les ris , les chants ,
les jeux
Nous paffons une douce
vie.
Tantôt au bord d'un clair
ruiffeau ,
Tantôt à l'ombre d'une
treille ,
Où nous joüons du chalumeau
,
Où nous careffons la bouteille.
Conftans fous l'amoureuſe
loy ,
LYON
DE
ندینش
BIBLIOTHE
THÈQUE
GALANT.
Diſcrets , reconnoiffam ;
finceres ,
Rien ne nous fait trahir la
foy
Que nous jurons à nos ber
geres.
Rien tandis que nous fommeillons
,
Ne nous réveille en ces bocages
,
Que l'aurore par les rayons,
Ou les oifeaux par leurs ramages.
TELA VILLE
De mets fomptueux , delig
cats
I ij
100 MERCURE
Nos tables ne font point
couvertest:
Mais du tombeau par nos
repas
Les portes ne font point ou
vertes,
On boit , on aime en liberté
Dans ces agreables
retraites
;
Môtre vin n'eſt pas frelaté ,
Nos belles ne font point
coquettes
. ano
Jamais d'un trait envenimé
Le Dieu de l'amour ne nous
frape ;
GALANT. 10г
Ici jamais amant aimé
N'a befoin de l'art d'Efcu
lape.
Parmi nous l'amant & l'é
poux
Brûlent des ardeurs les plus
belles
;
L'amour n'y voit point de
jaloux ,
L'hymen n'y fait pas d'infi
delles.
Nos bergers ne font point
de choix
Que l'inconftance defayouë
,
I iij
102 MERCURE
Et les delices de nos bois
Valent bien celles de Capouë
.
de la vie champêtre.
Ode anacreontique.
Par Monfieur le B....
LE fafte & le luxe pompeux
Ne brillent point dans les
afyles ;
Nous y vivons toûjours
heureux ,
Toûjours contens, toûjours
tranquiles.
De la fortune nos defirs
Nc
GALANT.
97
Ne briguent jamais les careffes
;
Nos bergers font nos plaifirs
,
Et nos troupeaux font nos
richeffes .
N'est- ce pas nous qui tous
les ans
,
Cheris de Flore & de Pomone
,
Goûtons les premiers des
prefens
Et du printemps & de l'automne
?
Exempts de tous les foins
Avril
1714
I
98
MERCURE
TARQUE
fâcheux ,
Sans ambition , fans envie ,
Parmi les ris , les chants ,
les jeux
Nous paffons une douce
vie.
Tantôt au bord d'un clair
ruiffeau ,
Tantôt à l'ombre d'une
treille ,
Où nous joüons du chalumeau
,
Où nous careffons la bouteille.
Conftans fous l'amoureuſe
loy ,
LYON
DE
ندینش
BIBLIOTHE
THÈQUE
GALANT.
Diſcrets , reconnoiffam ;
finceres ,
Rien ne nous fait trahir la
foy
Que nous jurons à nos ber
geres.
Rien tandis que nous fommeillons
,
Ne nous réveille en ces bocages
,
Que l'aurore par les rayons,
Ou les oifeaux par leurs ramages.
TELA VILLE
De mets fomptueux , delig
cats
I ij
100 MERCURE
Nos tables ne font point
couvertest:
Mais du tombeau par nos
repas
Les portes ne font point ou
vertes,
On boit , on aime en liberté
Dans ces agreables
retraites
;
Môtre vin n'eſt pas frelaté ,
Nos belles ne font point
coquettes
. ano
Jamais d'un trait envenimé
Le Dieu de l'amour ne nous
frape ;
GALANT. 10г
Ici jamais amant aimé
N'a befoin de l'art d'Efcu
lape.
Parmi nous l'amant & l'é
poux
Brûlent des ardeurs les plus
belles
;
L'amour n'y voit point de
jaloux ,
L'hymen n'y fait pas d'infi
delles.
Nos bergers ne font point
de choix
Que l'inconftance defayouë
,
I iij
102 MERCURE
Et les delices de nos bois
Valent bien celles de Capouë
.
Fermer
Résumé : LES DELICES de la vie champêtre. Ode anacreontique. Par Monsieur de B....
Le texte 'Les Délices de la vie champêtre' est une ode qui exalte la vie simple et heureuse à la campagne. Les habitants des campagnes vivent heureux, contents et tranquilles, sans ambition ni envie. Ils trouvent leurs plaisirs dans leurs bergers et leurs troupeaux, et profitent des fruits des saisons. Exempts de soucis, ils passent leur temps entre rires, chants et jeux, souvent au bord d'un ruisseau ou à l'ombre d'une treille. Ils sont fidèles à leurs bergères et rien ne les réveille dans les bocages, sauf l'aurore ou les oiseaux. Leur table n'est pas chargée de mets somptueux, mais ils mangent et boivent en liberté. L'amour y est sincère et sans jalousie, et les bergers ne changent pas facilement d'affection. Les délices de leurs bois valent bien celles de Capoue.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
1653
p. 129-132
ENIGME.
Début :
Voici deux soeurs des plus aimables, [...]
Mots clefs :
Rose et le lis
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGM E.
Voici deux foeurs des
plus aimables ,
Dont l'une eft Reine ,
Z l'autre Roys
Leurs appasfont divins ,
fi l'on en croit les
し
130 MERCURE
fables ,
Et fans eux , ou fans
leurs femblables
,
Vousquipouvez de bonne
foy
A mille coeurs donner la
loy ,
Jeunes beautez ( que de
deuil de larmes ! )
Vous n'auriez pas la
moitié de vos charmes
.
:
En faveur de leurs
grands attraits
GALANT . 131
On les aime par toute
terre ,
L'une furtout en France,
5 l'autre en Angleterre
,
Et ces Etats en ontgrand
nombre de
portraits
Des plus riches des
mieux faits.
Le Roy fe foûtient de
lui- même ,
Il eft grand , droit
vigoureux i
La Reine eft foible &
132 MERCURE
tendre , merite
qu'on l'aimes
Auffi fon air eft amoureux
:
Mais la belle a des gardes
Arme de bonnes hallebardes
,
Pour la défendre , ou la
vanger
De l'étourdi qui la veut
outrager.
Voici deux foeurs des
plus aimables ,
Dont l'une eft Reine ,
Z l'autre Roys
Leurs appasfont divins ,
fi l'on en croit les
し
130 MERCURE
fables ,
Et fans eux , ou fans
leurs femblables
,
Vousquipouvez de bonne
foy
A mille coeurs donner la
loy ,
Jeunes beautez ( que de
deuil de larmes ! )
Vous n'auriez pas la
moitié de vos charmes
.
:
En faveur de leurs
grands attraits
GALANT . 131
On les aime par toute
terre ,
L'une furtout en France,
5 l'autre en Angleterre
,
Et ces Etats en ontgrand
nombre de
portraits
Des plus riches des
mieux faits.
Le Roy fe foûtient de
lui- même ,
Il eft grand , droit
vigoureux i
La Reine eft foible &
132 MERCURE
tendre , merite
qu'on l'aimes
Auffi fon air eft amoureux
:
Mais la belle a des gardes
Arme de bonnes hallebardes
,
Pour la défendre , ou la
vanger
De l'étourdi qui la veut
outrager.
Fermer
1654
p. 133-135
Autre Enigme.
Début :
Quiconque s'est servi de moy, [...]
Mots clefs :
Éventail
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Autre Enigme.
Autre
Enigme.
Quiconque s'eftfervi de
moy ,
Scait combien à prefent
utile eft mon employ.
Mon corps eft fimple &
froid autant qu'on
le peut être ;
Il est pourvû de plufieurs
bras ,
Dont le nombre ne doit
faire aucun embarras
.
134 MERCURE
Qu'il fuffife
au lecteur
qui cherche
à meconnoître
Que demoyfans cela on
feroit peu de cas.
Il nefaut point que l'on
s'étonne
Si ce que je n'ai pas ,
quand on veut je
le donne :
De moy-mêmeje ne puis
rien ,
Parle fecours d'autrui je
rends le mien utile
Et je ne fais ni mal ni
bien
GALANT . 135
Tandis qu'on me laiſſe
inutile.
Enigme.
Quiconque s'eftfervi de
moy ,
Scait combien à prefent
utile eft mon employ.
Mon corps eft fimple &
froid autant qu'on
le peut être ;
Il est pourvû de plufieurs
bras ,
Dont le nombre ne doit
faire aucun embarras
.
134 MERCURE
Qu'il fuffife
au lecteur
qui cherche
à meconnoître
Que demoyfans cela on
feroit peu de cas.
Il nefaut point que l'on
s'étonne
Si ce que je n'ai pas ,
quand on veut je
le donne :
De moy-mêmeje ne puis
rien ,
Parle fecours d'autrui je
rends le mien utile
Et je ne fais ni mal ni
bien
GALANT . 135
Tandis qu'on me laiſſe
inutile.
Fermer
1655
p. 135-144
LA FONTAINE de Jouvence.
Début :
Jupiter qui de l'empirée [...]
Mots clefs :
Pluton, Neptune, Jeunesse, Fontaine de jouvence
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LA FONTAINE de Jouvence.
LA FONTAINE
de Jouvence .
Jupiter qui de l'empirée
Avoit chaffé Saturne &
Rhée ;
Qui par un attentat doublement
criminel
S'étoit faifi fur eux du trôné
paternel ,
Et qui, fuivant le cours de
fa bonne fortune ,
136
MERCURE
Soûmettoit en tyran tout le
monde à fes loix ,
Se vit enfin forcé
par
ton & Neptune
Plu-
De le partager entre eux
trois.
Neptune pour fon lot cut le
fceptre aquatique
,
Et regna fur toutes les mers.
Pluton , content du fien ,
prit le titre emphatique
De grand Monarque des
enfers.
Jupiter , pour fon droit d'aîneffe
,
Eut le refte de l'univers ,
Et feignit même avec adref
Le De
GALANT. 137
De s'en voir fans chagrin
dépouillé des deux
tiers.
Cependant , en fecret outré
de cette perte ,
De ceux qui la caufoient il
vouloit
fe vanger
.
Mais quoy les attaque .
tous deux à force
ouverte
Il y trouvoit trop de danger.
Ainfi recourant à la rufe ,
Il flate Neptune , l'abuſe ,
Et , d'accord avec lui , fait
l'établiſſement
De laFontaine de Jouvence.
M Avril 1714.
138 MERCURE
Cette fource d'abord parut
fans
confequence ,
On s'en loua partout , &
l'on crut feulement
Que propice
à la race humaine
,
Il lui faifoit ce nouveau
don :
Mais elle étoit un fruit de
fon adroite haine ,
Il fe vangeoit par elle , &
par elle Pluton
Eût infenfenfiblement vû
ſaper & détruire
Le fondement de fon em.
pire ;
Car l'homme , quoique né
GALANT. - 139
נ
3
mortel ,
S'y dépouilloir de fa vieilleſſe
,
Et trouvoit dans fes eaux
une verte jeuneſſe
Qui le rendoit comme éternel
:
De forte qu'à la fin les droits
de ce Monarque
Se trouvant affoiblis par le
peu de mourans
Et par l'oifiveté de la fatale
barque ,
Il eût été facile au vainqueur
des Geans
De reprendre fur lui , fans
ſujets , ſans finance ,
Mij
140 MERCURE
Ce
que la feule violence
Avoit arraché de fa main.
Pluton détruit , Neptune
en vain
Eût voulu faire refiftance
;
Ses Monftres marins , fes
Tritons ,
Ses
rochers
menaçans , fes
abimes
profonds
L'auroient vû forcer de lui
rendre
Ces humides Eftats qu'ils
n'auroient pû défendre.
Mais Pluton s'étant apperçû
GALANT. 141
1
Du tort que fon Royaume
avoit déja reçû
De cette fameuſe fontaine
,
Confulta le prudent Minos.
Vôtre Majefté foûterraine ,
Répondit il en peu
mots ,
de
Sçait que jamais un Dieu
n'eft en droit de défaire
Ce qu'une autre Deïté
fait ,
Et qu'il peut feulement en
détruire l'effet ,
Ainfi pour vous tirer d'af
faire ,
142 MERCURE
Mon avis eft , grand Roy,
qu'il ſeroit à propos
De commettre au plus vîte
un dragon à la garde
De ces rajeuniffantes eaux.
Alors je ne crois pas que
quelqu'un fe hazarde
D'en approcher encor ;
la peur qu'on en
aura
Surmontera bientôt celle
de la vieilleſſe ,
Et quelque attrait qu'ait la
jeuneffe ,
Tel qui courroit aprés fur
ſes pas reviendra.
Ce confeil étoit falutaire ;)
GALANT.
143
Le fage Pluton le fuivit ,
Et les hommes enfin que la
frayeur faifit ,
Moururent comme à l'ordinaire.
Ce monftre affreux les fit
trembler
;
Les infirmitez du vieil âge
Leur parurent bien moins
funeftes que la rage ,
Et trouvant à s'en confoler
Par cette conduite prudente
1
I Qui fuit , ou que
les
ans ,
donnent
On les vit , même en che144
MERCURE
veux blancs ,
Sortir d'une façon riante
De la jeuneffe petulante.
Mais le beau fexe moins
poltron ,
Alla toûjours à la fontaine ,
Et de cet infernal dragon
Sans craindre la brûlante
haleine ,
Crut qu'il valoit autant s'expoſer
à perir ,
Que voir , même avant fon
autonne ,
Refroidir les amans que ſon
printemps lui donne ,
lui feul peut retenir.
de Jouvence .
Jupiter qui de l'empirée
Avoit chaffé Saturne &
Rhée ;
Qui par un attentat doublement
criminel
S'étoit faifi fur eux du trôné
paternel ,
Et qui, fuivant le cours de
fa bonne fortune ,
136
MERCURE
Soûmettoit en tyran tout le
monde à fes loix ,
Se vit enfin forcé
par
ton & Neptune
Plu-
De le partager entre eux
trois.
Neptune pour fon lot cut le
fceptre aquatique
,
Et regna fur toutes les mers.
Pluton , content du fien ,
prit le titre emphatique
De grand Monarque des
enfers.
Jupiter , pour fon droit d'aîneffe
,
Eut le refte de l'univers ,
Et feignit même avec adref
Le De
GALANT. 137
De s'en voir fans chagrin
dépouillé des deux
tiers.
Cependant , en fecret outré
de cette perte ,
De ceux qui la caufoient il
vouloit
fe vanger
.
Mais quoy les attaque .
tous deux à force
ouverte
Il y trouvoit trop de danger.
Ainfi recourant à la rufe ,
Il flate Neptune , l'abuſe ,
Et , d'accord avec lui , fait
l'établiſſement
De laFontaine de Jouvence.
M Avril 1714.
138 MERCURE
Cette fource d'abord parut
fans
confequence ,
On s'en loua partout , &
l'on crut feulement
Que propice
à la race humaine
,
Il lui faifoit ce nouveau
don :
Mais elle étoit un fruit de
fon adroite haine ,
Il fe vangeoit par elle , &
par elle Pluton
Eût infenfenfiblement vû
ſaper & détruire
Le fondement de fon em.
pire ;
Car l'homme , quoique né
GALANT. - 139
נ
3
mortel ,
S'y dépouilloir de fa vieilleſſe
,
Et trouvoit dans fes eaux
une verte jeuneſſe
Qui le rendoit comme éternel
:
De forte qu'à la fin les droits
de ce Monarque
Se trouvant affoiblis par le
peu de mourans
Et par l'oifiveté de la fatale
barque ,
Il eût été facile au vainqueur
des Geans
De reprendre fur lui , fans
ſujets , ſans finance ,
Mij
140 MERCURE
Ce
que la feule violence
Avoit arraché de fa main.
Pluton détruit , Neptune
en vain
Eût voulu faire refiftance
;
Ses Monftres marins , fes
Tritons ,
Ses
rochers
menaçans , fes
abimes
profonds
L'auroient vû forcer de lui
rendre
Ces humides Eftats qu'ils
n'auroient pû défendre.
Mais Pluton s'étant apperçû
GALANT. 141
1
Du tort que fon Royaume
avoit déja reçû
De cette fameuſe fontaine
,
Confulta le prudent Minos.
Vôtre Majefté foûterraine ,
Répondit il en peu
mots ,
de
Sçait que jamais un Dieu
n'eft en droit de défaire
Ce qu'une autre Deïté
fait ,
Et qu'il peut feulement en
détruire l'effet ,
Ainfi pour vous tirer d'af
faire ,
142 MERCURE
Mon avis eft , grand Roy,
qu'il ſeroit à propos
De commettre au plus vîte
un dragon à la garde
De ces rajeuniffantes eaux.
Alors je ne crois pas que
quelqu'un fe hazarde
D'en approcher encor ;
la peur qu'on en
aura
Surmontera bientôt celle
de la vieilleſſe ,
Et quelque attrait qu'ait la
jeuneffe ,
Tel qui courroit aprés fur
ſes pas reviendra.
Ce confeil étoit falutaire ;)
GALANT.
143
Le fage Pluton le fuivit ,
Et les hommes enfin que la
frayeur faifit ,
Moururent comme à l'ordinaire.
Ce monftre affreux les fit
trembler
;
Les infirmitez du vieil âge
Leur parurent bien moins
funeftes que la rage ,
Et trouvant à s'en confoler
Par cette conduite prudente
1
I Qui fuit , ou que
les
ans ,
donnent
On les vit , même en che144
MERCURE
veux blancs ,
Sortir d'une façon riante
De la jeuneffe petulante.
Mais le beau fexe moins
poltron ,
Alla toûjours à la fontaine ,
Et de cet infernal dragon
Sans craindre la brûlante
haleine ,
Crut qu'il valoit autant s'expoſer
à perir ,
Que voir , même avant fon
autonne ,
Refroidir les amans que ſon
printemps lui donne ,
lui feul peut retenir.
Fermer
Résumé : LA FONTAINE de Jouvence.
Le texte narre une légende concernant Jupiter, Neptune et Pluton. Après avoir renversé Saturne et Rhée, Jupiter partage le monde avec ses frères : Neptune reçoit les mers, Pluton les enfers et Jupiter le reste de l'univers. Insatisfait de cette répartition, Jupiter complote en secret pour se venger. Il crée la Fontaine de Jouvence avec Neptune pour affaiblir Pluton, car cette fontaine rend les hommes éternellement jeunes, réduisant ainsi le nombre de morts et affaiblissant l'empire de Pluton. Ce dernier, conscient du danger, consulte Minos qui lui conseille de placer un dragon pour garder la fontaine. La peur du dragon incite les hommes à accepter leur mortalité naturelle. Cependant, les femmes, moins effrayées, continuent de chercher la fontaine malgré le danger.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
1656
p. 203-204
Parodie de l'Egnigme [sic], dont le mot est les Echecqs.
Début :
Je suis un Corps qui n'ay ni pieds ni mains, [...]
Mots clefs :
Échecs
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Parodie de l'Egnigme [sic], dont le mot est les Echecqs.
Parodie de l'Egnigme ,
dont le mot eſt
les
Echecqs
.
fe fuis un Corps qui
n'aynipieds ni mains,
Fay le ventre farci d'individus
humains ,
Je retourne avec eux dans
le fein de ma Mere
Lorfque je ne leur fuis nullement
necessaire
.
Les pauvres tres -fouvent
méprifent ma beauté,
204 MERCURE
Les
riches avec
moy fe
piquent
d'inconftance
Quand on me
prend en
liberté,
On n'a pas décente preftance.
dont le mot eſt
les
Echecqs
.
fe fuis un Corps qui
n'aynipieds ni mains,
Fay le ventre farci d'individus
humains ,
Je retourne avec eux dans
le fein de ma Mere
Lorfque je ne leur fuis nullement
necessaire
.
Les pauvres tres -fouvent
méprifent ma beauté,
204 MERCURE
Les
riches avec
moy fe
piquent
d'inconftance
Quand on me
prend en
liberté,
On n'a pas décente preftance.
Fermer
1657
p. 217-225
LA FRANCE AU ROY SUR LA PAIX Faite au mois de Mars 1714.
Début :
GRAND ROY, dont le pouvoir, la profonde sagesse, [...]
Mots clefs :
Paix, Empire, Roi, Gloire, Villars
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LA FRANCE AU ROY SUR LA PAIX Faite au mois de Mars 1714.
LA FRANCE
AU ROY
SUR LA PAIX
Faite au mois de Mars 1714.
**
I
GRAND ROY , dont
le pouvoir , la profonde : T
fageffe ,
"
Malgré tes envieux , me
redonnent la Paix ,
Sincerement unie avec A
cette Déeffe ,
Avril 1714
. T
218 MERCURE
Serre fi bien nos noeuds ,
qu'ils durent à jamais ,
米米
Fais plus : pour mieux joüir
du doux fruit de tes
peines ,
Précipite , à l'inſtant , la
Difcorde aux Enfers ,
Puiffe t'elle y gémir fous
les plus dures chaînes ,
Tandis que tu feras l'amour
de l'Univers !
Ses lâches favoris , liguez
contre sta gloire ,
"2
Auroient pû m'accabler
d'un Monde d'Ennemis ,
GALANT. 219
Si
Villars ,
qu'accompagne
en tous lieux la Victoire ,
Ne les eût diviſez , batus ,
pris , ou foûmis
.
**
Attentif à ta voix , guidé
par tes Oracles
Inftruit par tes projets fi
prudemment
dictez ,
Chaque jour , fa valeur en
fantoit les Miracles ,
Qui font & fon triomphe ';
& mes
profpéritez...
Bior
**
A peine , Denain pris , il
Tij
220 MERCURE
court forcer Marchiennes
i
S'empare de Douay , du
Quefnoy , de Bouchain ,
Pouffe les Efcadrons , qui
bloquoient Valenciennes
Et fait fuir , à la fois ,
& Batave , & Germain,
**
L'affreux Hyver l'arrefte
& fon Armée altiére ,
Avide de la Gloire , & craignant
le repos ,
En murmure ; & l'on void
par cette audace fiére ,
GALANT. 221
Que de tous mes foldats il
a fait des Héros.
Une treve furvient , la Paix
fuit .
L'Allemagne
La refuſe ; & l'Anglois l'en
follicite en vain :
Elle veut éprouver le fort
d'une Campagne
,
Et fe croid forte affez , pour
deffendre le Rhin.
20
A.
L'actif Villars y vole : il fe
faifit de Spire ,
Arbore mes Drapeaux
Tiij
222 MERCURE
I
fur le fort de Manheim ,
Attaque , prend Landau
défole tout l'Empire ,
Se porte fous Mayence ,
& fait trembler le Mein,
3
Keiferloutre eft repris ;
tandis que l'on s'apprefte
,
Pour couronner fonfront
de plus brillans lauriers 】
A faire de Fribourg l'importante
conquefte ,
Quoy qu'il foit foûtenu par
cent milles Guerriers.
GALANT. 223
un
Vaubonne oppofe
Camp , il le force , il
l'en chaffe
Marche , affiége , fait tefte
à mes fiers Ennemis ,
Qui loin de tout rifquer ,
pour fauver cette place ,
Confentent qu'en fes mains
tous les forts foient remis .
బల
Ainfi Fribourg réduit
tout l'Empire & fes
Princes
N'ayant
plus de barriere
à
mettre entre eux & moy ,
Dans la crainte de voir en-
T iiij
224 MERCURE
vahir leurs Provinces ,
Te demandent la Paix ,
pour calmer leur effroy.
En Vainqueur modéré , tu
la rends à la Terre ,
Et pour combler Villars
d'un bonheur fouverain ,
Tu veux , puifque fon bras
a terminé la Guerre ,
Que la Paix foit encor l'ou
vrage de fa main.
20
Chargé luy feul , Grand
Roy , de cet honneur
infigne ,
GALANT. 225
Il la traite , & l'acheve, en
Héros Glorieux ;
,
Plus d'un de tes ſujets pouvoit
en eſtre digne
Mais perfonne à mon gré,
n'eût pû la faire mieux.
AU ROY
SUR LA PAIX
Faite au mois de Mars 1714.
**
I
GRAND ROY , dont
le pouvoir , la profonde : T
fageffe ,
"
Malgré tes envieux , me
redonnent la Paix ,
Sincerement unie avec A
cette Déeffe ,
Avril 1714
. T
218 MERCURE
Serre fi bien nos noeuds ,
qu'ils durent à jamais ,
米米
Fais plus : pour mieux joüir
du doux fruit de tes
peines ,
Précipite , à l'inſtant , la
Difcorde aux Enfers ,
Puiffe t'elle y gémir fous
les plus dures chaînes ,
Tandis que tu feras l'amour
de l'Univers !
Ses lâches favoris , liguez
contre sta gloire ,
"2
Auroient pû m'accabler
d'un Monde d'Ennemis ,
GALANT. 219
Si
Villars ,
qu'accompagne
en tous lieux la Victoire ,
Ne les eût diviſez , batus ,
pris , ou foûmis
.
**
Attentif à ta voix , guidé
par tes Oracles
Inftruit par tes projets fi
prudemment
dictez ,
Chaque jour , fa valeur en
fantoit les Miracles ,
Qui font & fon triomphe ';
& mes
profpéritez...
Bior
**
A peine , Denain pris , il
Tij
220 MERCURE
court forcer Marchiennes
i
S'empare de Douay , du
Quefnoy , de Bouchain ,
Pouffe les Efcadrons , qui
bloquoient Valenciennes
Et fait fuir , à la fois ,
& Batave , & Germain,
**
L'affreux Hyver l'arrefte
& fon Armée altiére ,
Avide de la Gloire , & craignant
le repos ,
En murmure ; & l'on void
par cette audace fiére ,
GALANT. 221
Que de tous mes foldats il
a fait des Héros.
Une treve furvient , la Paix
fuit .
L'Allemagne
La refuſe ; & l'Anglois l'en
follicite en vain :
Elle veut éprouver le fort
d'une Campagne
,
Et fe croid forte affez , pour
deffendre le Rhin.
20
A.
L'actif Villars y vole : il fe
faifit de Spire ,
Arbore mes Drapeaux
Tiij
222 MERCURE
I
fur le fort de Manheim ,
Attaque , prend Landau
défole tout l'Empire ,
Se porte fous Mayence ,
& fait trembler le Mein,
3
Keiferloutre eft repris ;
tandis que l'on s'apprefte
,
Pour couronner fonfront
de plus brillans lauriers 】
A faire de Fribourg l'importante
conquefte ,
Quoy qu'il foit foûtenu par
cent milles Guerriers.
GALANT. 223
un
Vaubonne oppofe
Camp , il le force , il
l'en chaffe
Marche , affiége , fait tefte
à mes fiers Ennemis ,
Qui loin de tout rifquer ,
pour fauver cette place ,
Confentent qu'en fes mains
tous les forts foient remis .
బల
Ainfi Fribourg réduit
tout l'Empire & fes
Princes
N'ayant
plus de barriere
à
mettre entre eux & moy ,
Dans la crainte de voir en-
T iiij
224 MERCURE
vahir leurs Provinces ,
Te demandent la Paix ,
pour calmer leur effroy.
En Vainqueur modéré , tu
la rends à la Terre ,
Et pour combler Villars
d'un bonheur fouverain ,
Tu veux , puifque fon bras
a terminé la Guerre ,
Que la Paix foit encor l'ou
vrage de fa main.
20
Chargé luy feul , Grand
Roy , de cet honneur
infigne ,
GALANT. 225
Il la traite , & l'acheve, en
Héros Glorieux ;
,
Plus d'un de tes ſujets pouvoit
en eſtre digne
Mais perfonne à mon gré,
n'eût pû la faire mieux.
Fermer
Résumé : LA FRANCE AU ROY SUR LA PAIX Faite au mois de Mars 1714.
En mars 1714, une paix est signée, célébrant les exploits militaires du maréchal de Villars au service du roi de France. Le roi exprime sa gratitude pour la paix retrouvée et loue la valeur de Villars, qui a divisé, battu et soumis les ennemis. Villars a mené plusieurs campagnes victorieuses, prenant des villes comme Denain, Douay, Bouchain et Landau, et repoussant les forces ennemies. Malgré une trêve et les tentatives de paix refusées par l'Allemagne et l'Angleterre, Villars a continué ses offensives, forçant les ennemis à demander la paix. Le roi, reconnaissant les mérites de Villars, lui confie la tâche d'achever la paix, soulignant que personne n'aurait pu mieux accomplir cette mission.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
1658
p. 225-227
PRIERE DE LA FRANCE à Dieu pour le Roy.
Début :
DIEU Puissant, quand LOUIS, dans cette horrible Guerre, [...]
Mots clefs :
Dieu, Roi, France, Prière
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PRIERE DE LA FRANCE à Dieu pour le Roy.
PRIERE DE LA FRANCE
à Dieu pour le Roy.
DIEU Puiffant , quand
LOUIS , dans cette
horrible Guerre
Combatoit pour ton culte
& l'intereft des ROYS ,
Quand de fon Sang Auguſ226
MERCURE
te il fouftenoit les droits ,
Pourquoy , contre luy feul ,
armer toute la Terre ?
Pourquoy .. mais puifqu'ainfi
tes ordres l'ont
permis
>
Sans doute , tu voulois éprouver
fa conſtance ;
Il n'a pas murmuré contre
ta Providence
,
De tant d'heureux fuccez ,
qu'ont eu fes Ennemis.
Seigneur avec la Paix
que ta bonté me donne ,
Conferve moy mon Roy ,
protege fa Couronne
Et de fa pieté récompenſe
GALANT. 227
les foins
En prolongeant fes jours ,
de dix luftres au moins.
à Dieu pour le Roy.
DIEU Puiffant , quand
LOUIS , dans cette
horrible Guerre
Combatoit pour ton culte
& l'intereft des ROYS ,
Quand de fon Sang Auguſ226
MERCURE
te il fouftenoit les droits ,
Pourquoy , contre luy feul ,
armer toute la Terre ?
Pourquoy .. mais puifqu'ainfi
tes ordres l'ont
permis
>
Sans doute , tu voulois éprouver
fa conſtance ;
Il n'a pas murmuré contre
ta Providence
,
De tant d'heureux fuccez ,
qu'ont eu fes Ennemis.
Seigneur avec la Paix
que ta bonté me donne ,
Conferve moy mon Roy ,
protege fa Couronne
Et de fa pieté récompenſe
GALANT. 227
les foins
En prolongeant fes jours ,
de dix luftres au moins.
Fermer
Résumé : PRIERE DE LA FRANCE à Dieu pour le Roy.
Une prière pour le roi Louis demande la protection divine durant une guerre. Elle reconnaît les efforts du roi pour défendre le culte et les intérêts royaux, malgré les attaques adverses. La prière implore Dieu de prolonger la vie du roi de dix lustres pour ses actions pieuses.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
1659
p. 266-271
NARCICE. FABLE.
Début :
Jadis vivoit au pied du Mont Parnasse [...]
Mots clefs :
Narcisse, Coeur, Nymphes, Berger, Beau, Amour
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : NARCICE. FABLE.
NARCICE
FABLE.
Adis vivoit au pied du
Mont Parnaffe
Un Berger plus beau que
le jour ,
Qui préferoit le plaifir de
GALANT. 267
la
Chaffe
Aux tendres douceurs de
l'Amour.
C'eftoit en vain que Nymphes
& Bergeres
Abandonnoient le foin de
leurs affaires ,
Pour aller groffirfa Cours
Carplutoft avec un crible
On euft deffeché la Mer,
Que porté cet Infenfible ,
En charmant tout , à fe
Laiffercharmer.
a
C'eftoit enfin une chofe im
poffible ,
Z
ij
268 MERCURE
Temoin l'avanture d'Echo.
Cette Nymphe trop fufceptible
,
Avoit de
l'embonpoint , les
yeux vifs , le teint beau,
L'air enchanté , la taille
faite à peindre ,
A la voir on euft
aiſement
Juré qu'ellen'auroitjamais
lieu de fe plaindre
De la cruauté d'un Amant.
Cependant de fonfort admirezl'injustice,
GALANT . 269
Elle fecha furfespieds de
douleur
,
Devoirnoftre Berger
ciffe
Nar
Luy refufer l'empire defon
coeur .
Auffi ne tarda-t ilguére
D'enpayerlafolle encheres
Carunjourqu'ilrefvoitfur
les bords d'un Ruiffeau
Aux cruels effets de fes
charmes ,
Quiportant dans les coeurs.
de charmantes allarmes,
Mettoient pourtant les
Z iij
270 MERCURE
Nymphes au tombeau ,
Il apperceut fa figure dans
l'eau.
A cette veuë ilfentit dans
fon ame
Naître des mouvemens de
tendreffe de flame.
Ilfe méconnut & foudain
De la raifon ayant perdus
Pufage,
Dans les convulfions d'une
amoureuse rage
Ilplongea tout veftu (fans
doute dans fonfein ,
Amour, tu mis ce funefte
GALANT . 271
deffein )
Defirant de jouir par un
prompt Mariage
De fa froide & mouvante
Image.
C'est ainsi que noftre Blondin
Périt à la fleur de fon age,
Pour avoi, eu le coeur trop
libertin.
Quiconque l'imite eft peu
Jage ,
Et court rifque d'avoir un
Semblable deftin.
FABLE.
Adis vivoit au pied du
Mont Parnaffe
Un Berger plus beau que
le jour ,
Qui préferoit le plaifir de
GALANT. 267
la
Chaffe
Aux tendres douceurs de
l'Amour.
C'eftoit en vain que Nymphes
& Bergeres
Abandonnoient le foin de
leurs affaires ,
Pour aller groffirfa Cours
Carplutoft avec un crible
On euft deffeché la Mer,
Que porté cet Infenfible ,
En charmant tout , à fe
Laiffercharmer.
a
C'eftoit enfin une chofe im
poffible ,
Z
ij
268 MERCURE
Temoin l'avanture d'Echo.
Cette Nymphe trop fufceptible
,
Avoit de
l'embonpoint , les
yeux vifs , le teint beau,
L'air enchanté , la taille
faite à peindre ,
A la voir on euft
aiſement
Juré qu'ellen'auroitjamais
lieu de fe plaindre
De la cruauté d'un Amant.
Cependant de fonfort admirezl'injustice,
GALANT . 269
Elle fecha furfespieds de
douleur
,
Devoirnoftre Berger
ciffe
Nar
Luy refufer l'empire defon
coeur .
Auffi ne tarda-t ilguére
D'enpayerlafolle encheres
Carunjourqu'ilrefvoitfur
les bords d'un Ruiffeau
Aux cruels effets de fes
charmes ,
Quiportant dans les coeurs.
de charmantes allarmes,
Mettoient pourtant les
Z iij
270 MERCURE
Nymphes au tombeau ,
Il apperceut fa figure dans
l'eau.
A cette veuë ilfentit dans
fon ame
Naître des mouvemens de
tendreffe de flame.
Ilfe méconnut & foudain
De la raifon ayant perdus
Pufage,
Dans les convulfions d'une
amoureuse rage
Ilplongea tout veftu (fans
doute dans fonfein ,
Amour, tu mis ce funefte
GALANT . 271
deffein )
Defirant de jouir par un
prompt Mariage
De fa froide & mouvante
Image.
C'est ainsi que noftre Blondin
Périt à la fleur de fon age,
Pour avoi, eu le coeur trop
libertin.
Quiconque l'imite eft peu
Jage ,
Et court rifque d'avoir un
Semblable deftin.
Fermer
Résumé : NARCICE. FABLE.
Le texte présente la fable de 'Narcisse', un berger vivant au pied du Mont Parnasse, passionné par la chasse et indifférent aux charmes amoureux. Plusieurs nymphes et bergères tentèrent de capter son attention sans succès. La fable met en scène Écho, une nymphe séduisante, qui fut également rejetée par Narcisse. Un jour, en se penchant sur un ruisseau, Narcisse aperçut son reflet et en tomba amoureux, incapable de se reconnaître. Il plongea dans l'eau et se noya, désirant épouser son image. La fable conclut que quiconque imite Narcisse risque de subir un destin similaire en raison de son cœur libertin.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
1660
p. 193-195
ENIGME.
Début :
Sans Corps & sans Couleur je raisonne sur tout, [...]
Mots clefs :
Fable
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGME.
Sans Corps & ſans
Couleur je raisonne
fur tout ,
May 1714. R
194 MERCURE
Toûjours Misterieuse , ou
Simple oufigurée ;
Des animaux, des fleurs
dont la terre estparée ,
Les difcours par mon Art
ont fait un nouveau
:
goût.
Fayfait mille tableaux, où
j'aydepeint leshommes :
La nature a formé mes
traits & mes craiyons ,
Je luy dois les comparaifons
7
Qui nous peignent tels que
noussommes.
GALANT. 125
Mais en vain lesſçavans
qui travaillent fur
mays meling
Employent mon fecours
pour démasquer le
vice,
Chacun mefent,m'avoue,
&l'on a l'injustice
De nourrir les défauts
qu'on reconnoitroit enfoy.
Sans Corps & ſans
Couleur je raisonne
fur tout ,
May 1714. R
194 MERCURE
Toûjours Misterieuse , ou
Simple oufigurée ;
Des animaux, des fleurs
dont la terre estparée ,
Les difcours par mon Art
ont fait un nouveau
:
goût.
Fayfait mille tableaux, où
j'aydepeint leshommes :
La nature a formé mes
traits & mes craiyons ,
Je luy dois les comparaifons
7
Qui nous peignent tels que
noussommes.
GALANT. 125
Mais en vain lesſçavans
qui travaillent fur
mays meling
Employent mon fecours
pour démasquer le
vice,
Chacun mefent,m'avoue,
&l'on a l'injustice
De nourrir les défauts
qu'on reconnoitroit enfoy.
Fermer
1661
p. 195-198
AUTRE.
Début :
Quoyque je sois de matiere insensible, [...]
Mots clefs :
Ongle
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
Quoyque je fois de matiere
infenſible,
Rij
196 MERCURE
؟
Rien n'est pourtantplus
... ſenſible que moy.
Utile quelquefois ,&quelquefois
nuisible ,
On me fait exercerpartout
le même employ.
Chaque humain a vingt
fois maforme & mafi-
Figure ? )
Les anneaux de l'Hymen
me paſſent ſur le corps,
Ce n'est enfin qu'aprés de
violents efforts ,
Que l'on me vost ſouvent
tomber par avanture.
GALANT. 197
Quelquefois d'un rubis que
jeporte à l'envers ,
Famuſe les appas que mon
maistre respecte,
Le Poëte avec moy fait &
defait ſes Vers ,
Au lit, debout, j'attaque ,
j'écrase l'infecte.
Jesuis court, je suis long,
foible, dur, haut&bas :
Fefers petits&grands des
piedsjusqu'à la teste .
La place où je me mets
n'est souvent quere
bonneste ,
Riij
198 MERCURE
Enfin vous me voyez &
ne me voyez pas..
Quoyque je fois de matiere
infenſible,
Rij
196 MERCURE
؟
Rien n'est pourtantplus
... ſenſible que moy.
Utile quelquefois ,&quelquefois
nuisible ,
On me fait exercerpartout
le même employ.
Chaque humain a vingt
fois maforme & mafi-
Figure ? )
Les anneaux de l'Hymen
me paſſent ſur le corps,
Ce n'est enfin qu'aprés de
violents efforts ,
Que l'on me vost ſouvent
tomber par avanture.
GALANT. 197
Quelquefois d'un rubis que
jeporte à l'envers ,
Famuſe les appas que mon
maistre respecte,
Le Poëte avec moy fait &
defait ſes Vers ,
Au lit, debout, j'attaque ,
j'écrase l'infecte.
Jesuis court, je suis long,
foible, dur, haut&bas :
Fefers petits&grands des
piedsjusqu'à la teste .
La place où je me mets
n'est souvent quere
bonneste ,
Riij
198 MERCURE
Enfin vous me voyez &
ne me voyez pas..
Fermer
1662
p. 253-266
RÉPONSE DU P. DUC. à une piece faite par un inconnu, qu'on lui attribuoit.
Début :
Maître Clement de Cahors en Querci [...]
Mots clefs :
Zèle, Cahors en Quercy, Clément Marot
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RÉPONSE DU P. DUC. à une piece faite par un inconnu, qu'on lui attribuoit.
REʼPONSE DU P. DUC .
à une piece faite par un inconnu
, qu'on lui attribuoit .
M Aître Clement de Cahors
en Querci
N'eſt le Clement qui vous
met en fouci.
Froid rimailleur , quand
m'imputez l'Epître
Où l'on a pris le texte que
4
voici
254 MERCURE
Maître Clement de Cahors
en Querci ,
Oncques ne fut faite fur
mon pupitre ,
Et lourdement vous errez
en ceci :
Mais n'êtes pas grand Clerc
fur ce chapitre.
Trop bien je veux vous
faire celle- ci ,
Afin qu'au moins puiffiez
dire à bon titre
Qu'en ai fait une où l'on
debute ainſi ,
Maître Clement de Cahors
en Querci..
GALANT. 255
En quelque lieu qu'il giſe
le pauvre homme ,
Je le croy mal : mais fort
peu vous en chaut
Que dans ſon gîte il ait
froid , il air chaud ,
Pour ce fouci n'en perdrez
vôtre ſomme.
↑ Quel Clement donc vous
: fait crier ſi haut ?
Bien le voyons, c'eſt leClement
de Rome ,
Le vrai Clement , Vicaire
du Trés-haut.
Il a parlé , ſa Bulle vous affomme
,
Eftes encore étourdi de
l'aſſaut ;
256 MERCURE
Crieztoûjours, cela foulage
en ſomme :
En pareil cas crioit bien
fort auffi
Maître Clement de Cahors
enQuerci.
Il a grand tort pourtant ,
& c'eſt dommage
Qu'il ait frapé fur vous
rudement ; ...
fi
Plus il n'aura le Pontife
८ Clement
Aprés tel coup vos voeux
ni vôtre hommage.
Si le teniez le mettriez en
cages
Du
GALANT. 257
Du moins faut- il impitoyablement
Contre ſon nom déployer
vôtre rage ,
Le tout par zele. On ſçait
aflez comment
Dans votre argot s'appelle
cet uſage :
A
C'eſt ſoûtenir l'Egliſe avec
courage.
Tel en ſon temps la ſoûtenoit
auffi
Maître Clement de Cahors
enQuerci.
Mais ce grand zele , & l'i
gnorez peut être ,
May 1714 Y
238 MERCURE
Grands zelateurs , eſt ſujet
à retour ;
En maint pays maintefois
à ſon maître
Zele pareil a joüé mauvais
tour;
Il ſent par trop le foufre &
le falpêtre.
Maudit celui qui maudit
le Grand Prêtre ,
C'eſtſe jetterdans la gueule
du four.
Or quand bien même il
pourroit quelque jour
De vôtre corps quelque
phenix renaî re ,
Il eſt toûjours fâcheux d'ê
GALANT. 159
tre rouſſi,
Comme pour fait ſemblable
penſa l'être 1.
Maître Clement de Cahors
en Querci.
Comme un Docteur il ci .
toit les ſaints Peres ,
Et déchiroit l'Egliſe àbelles
dents.
Vous l'imitez , dangereuſes
viperes ,
Dans vos écrits aigredoux
&mordans :
N'en ſuis ſurpris , vous êtes
tous comperes ,
Vrais Pharifiens , reſte de
Yij
260 MERCURE
Proteftans ,
Blancs au dehors , & tout
noirs au dedans.
Onn'eſt plus dupes ,& vos
mines auſteres
Ne peuvent plus nous voiler
vos myſteres.
Levez le maſque , & fauvez-
vous d'ici
,
Comme le fit allantjoindre
fes freres
MaîtreClement de Cahors
enQuerci.
Où nous fauver ? Et faut-il
vous le dire
Droit à Geneve , on vous y
GALANT. 261
tend les bras ;
Des gens de bien là vous
pourrez médire
En liberté , Cardinaux &
Prelats,
Papes & Rois , Princes &
Potentats ,
Tous paſſeront par vôtre
aigre fatire ,
Même les Saints ne s'en ſauveront
pas.
Partez ſans plus , la palme
du martyre ,
Saints Confeſſeurs à vingtquatre
carats ,
N'eſt pas la gloire où vôtre
coeur afpire ,
4
262 MERCURE
Comme en ſon temps n'y
pretendoit auſſi
MaítreClement de Cahors
enQuerci.
Aqui parlai-je ? A gens de
vôtre clique.ne
Vile canaille ,&l'égout du
parti ,
C'eſt à vous ſeuls que va
cette replique.
Les gens d'honneur de vôtre
République ,
Loin d'approuver (bien en
fuis averti )
De vosécrits la rage frenetique
,
GALANT. 263
A vos fureurs donnent le
: démenti
Je parle à vous , rimailleur
apprenti ,
Vuide de ſens comme de
poëtique
Vous ſuivez mal vôtre maî
tre en ceci ,
Et ce n'eſt pas fur ce ton
que s'explique
Maître Clement de Cahors
Fen Querci.
17
Mais à quoy bon fur ce
propos m'étendre ?
Si quelque auteur vous a
fait la leçon ,
264 MERCURE 1
Etoit- ce à moy qu'il faloit
vous en prendre?
Vous me direz : A la ca
dence ', au ton
Nous avons crû vous voir
* & vous entendre ;
Maître Clement a fondé le
foupçon.
Fort bien , Meſſieurs , vous
vouliez vous défendre,
Et cependant j'en paye la
façon.
Or n'allez pas vous y laiſſer
ſurprendre ,
Et notez bien comme j'habille
ici ,
Pour
GALANT. 265
Pour vous payer comptant
& vous le rendre ,
Maître Clement de Cahors
en Querci.
Saints partiſans de la grace
nouvelle ,
Vivons en paix , je ſuis de
11.07 3. bon accord ,
Et je ne veux ni noiſe , ni
querelle ;
Il ne faut point éveiller
A
chat qui dort ,
Quand on l'éveille il égratigne
ou mord.
Juſqu'à preſent j'ai moderé
mon zcle :
May1714.
Z
266
MERCURE
Mais
qui
viendra
mattal
Y
laiſſera
quelque
plume
quer
dans
mon
fort
Au
Je
ne
vous
crains
vous
ni
premier
coup
crierai
de
l'aîle;
haro
d'abord,
Et
m'en
ſera
gerant
pour
votre
ſequelle
Maître
Clement
de
Cahors
ce
coup.ci
en
Querci
.
Jem'imagine
que
tout
ce
qui
s'appelle
ceremo
nie
dans
le
monde
à une piece faite par un inconnu
, qu'on lui attribuoit .
M Aître Clement de Cahors
en Querci
N'eſt le Clement qui vous
met en fouci.
Froid rimailleur , quand
m'imputez l'Epître
Où l'on a pris le texte que
4
voici
254 MERCURE
Maître Clement de Cahors
en Querci ,
Oncques ne fut faite fur
mon pupitre ,
Et lourdement vous errez
en ceci :
Mais n'êtes pas grand Clerc
fur ce chapitre.
Trop bien je veux vous
faire celle- ci ,
Afin qu'au moins puiffiez
dire à bon titre
Qu'en ai fait une où l'on
debute ainſi ,
Maître Clement de Cahors
en Querci..
GALANT. 255
En quelque lieu qu'il giſe
le pauvre homme ,
Je le croy mal : mais fort
peu vous en chaut
Que dans ſon gîte il ait
froid , il air chaud ,
Pour ce fouci n'en perdrez
vôtre ſomme.
↑ Quel Clement donc vous
: fait crier ſi haut ?
Bien le voyons, c'eſt leClement
de Rome ,
Le vrai Clement , Vicaire
du Trés-haut.
Il a parlé , ſa Bulle vous affomme
,
Eftes encore étourdi de
l'aſſaut ;
256 MERCURE
Crieztoûjours, cela foulage
en ſomme :
En pareil cas crioit bien
fort auffi
Maître Clement de Cahors
enQuerci.
Il a grand tort pourtant ,
& c'eſt dommage
Qu'il ait frapé fur vous
rudement ; ...
fi
Plus il n'aura le Pontife
८ Clement
Aprés tel coup vos voeux
ni vôtre hommage.
Si le teniez le mettriez en
cages
Du
GALANT. 257
Du moins faut- il impitoyablement
Contre ſon nom déployer
vôtre rage ,
Le tout par zele. On ſçait
aflez comment
Dans votre argot s'appelle
cet uſage :
A
C'eſt ſoûtenir l'Egliſe avec
courage.
Tel en ſon temps la ſoûtenoit
auffi
Maître Clement de Cahors
enQuerci.
Mais ce grand zele , & l'i
gnorez peut être ,
May 1714 Y
238 MERCURE
Grands zelateurs , eſt ſujet
à retour ;
En maint pays maintefois
à ſon maître
Zele pareil a joüé mauvais
tour;
Il ſent par trop le foufre &
le falpêtre.
Maudit celui qui maudit
le Grand Prêtre ,
C'eſtſe jetterdans la gueule
du four.
Or quand bien même il
pourroit quelque jour
De vôtre corps quelque
phenix renaî re ,
Il eſt toûjours fâcheux d'ê
GALANT. 159
tre rouſſi,
Comme pour fait ſemblable
penſa l'être 1.
Maître Clement de Cahors
en Querci.
Comme un Docteur il ci .
toit les ſaints Peres ,
Et déchiroit l'Egliſe àbelles
dents.
Vous l'imitez , dangereuſes
viperes ,
Dans vos écrits aigredoux
&mordans :
N'en ſuis ſurpris , vous êtes
tous comperes ,
Vrais Pharifiens , reſte de
Yij
260 MERCURE
Proteftans ,
Blancs au dehors , & tout
noirs au dedans.
Onn'eſt plus dupes ,& vos
mines auſteres
Ne peuvent plus nous voiler
vos myſteres.
Levez le maſque , & fauvez-
vous d'ici
,
Comme le fit allantjoindre
fes freres
MaîtreClement de Cahors
enQuerci.
Où nous fauver ? Et faut-il
vous le dire
Droit à Geneve , on vous y
GALANT. 261
tend les bras ;
Des gens de bien là vous
pourrez médire
En liberté , Cardinaux &
Prelats,
Papes & Rois , Princes &
Potentats ,
Tous paſſeront par vôtre
aigre fatire ,
Même les Saints ne s'en ſauveront
pas.
Partez ſans plus , la palme
du martyre ,
Saints Confeſſeurs à vingtquatre
carats ,
N'eſt pas la gloire où vôtre
coeur afpire ,
4
262 MERCURE
Comme en ſon temps n'y
pretendoit auſſi
MaítreClement de Cahors
enQuerci.
Aqui parlai-je ? A gens de
vôtre clique.ne
Vile canaille ,&l'égout du
parti ,
C'eſt à vous ſeuls que va
cette replique.
Les gens d'honneur de vôtre
République ,
Loin d'approuver (bien en
fuis averti )
De vosécrits la rage frenetique
,
GALANT. 263
A vos fureurs donnent le
: démenti
Je parle à vous , rimailleur
apprenti ,
Vuide de ſens comme de
poëtique
Vous ſuivez mal vôtre maî
tre en ceci ,
Et ce n'eſt pas fur ce ton
que s'explique
Maître Clement de Cahors
Fen Querci.
17
Mais à quoy bon fur ce
propos m'étendre ?
Si quelque auteur vous a
fait la leçon ,
264 MERCURE 1
Etoit- ce à moy qu'il faloit
vous en prendre?
Vous me direz : A la ca
dence ', au ton
Nous avons crû vous voir
* & vous entendre ;
Maître Clement a fondé le
foupçon.
Fort bien , Meſſieurs , vous
vouliez vous défendre,
Et cependant j'en paye la
façon.
Or n'allez pas vous y laiſſer
ſurprendre ,
Et notez bien comme j'habille
ici ,
Pour
GALANT. 265
Pour vous payer comptant
& vous le rendre ,
Maître Clement de Cahors
en Querci.
Saints partiſans de la grace
nouvelle ,
Vivons en paix , je ſuis de
11.07 3. bon accord ,
Et je ne veux ni noiſe , ni
querelle ;
Il ne faut point éveiller
A
chat qui dort ,
Quand on l'éveille il égratigne
ou mord.
Juſqu'à preſent j'ai moderé
mon zcle :
May1714.
Z
266
MERCURE
Mais
qui
viendra
mattal
Y
laiſſera
quelque
plume
quer
dans
mon
fort
Au
Je
ne
vous
crains
vous
ni
premier
coup
crierai
de
l'aîle;
haro
d'abord,
Et
m'en
ſera
gerant
pour
votre
ſequelle
Maître
Clement
de
Cahors
ce
coup.ci
en
Querci
.
Jem'imagine
que
tout
ce
qui
s'appelle
ceremo
nie
dans
le
monde
Fermer
Résumé : RÉPONSE DU P. DUC. à une piece faite par un inconnu, qu'on lui attribuoit.
Le Père Duc répond à une pièce anonyme qui lui est attribuée. Il nie en être l'auteur et critique l'inconnu qui lui impute cette œuvre. Pour illustrer son point, il mentionne Maître Clément de Cahors en Quercy, une figure historique impliquée dans des controverses similaires. Le Père Duc souhaite clarifier la situation afin de mettre fin aux accusations injustes. Il accuse l'inconnu de mal interpréter les événements et de manquer de clarté. Il souligne que Maître Clément de Cahors a soutenu l'Église avec zèle, mais que ce zèle peut parfois se retourner contre celui qui l'exerce. Le Père Duc met en garde contre les dangers de maudire les autorités religieuses et compare les écrits de l'inconnu à ceux de Maître Clément, qu'il décrit comme aigres et mordants. Le Père Duc invite l'inconnu à se rendre à Genève, où il pourra critiquer librement les autorités religieuses sans crainte. Il exprime son souhait de vivre en paix et d'éviter les querelles, tout en se réservant le droit de réagir si nécessaire. Il mentionne à nouveau Maître Clément de Cahors pour illustrer son point et exprime sa volonté de modérer son zèle, tout en se tenant prêt à défendre ses positions si besoin.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
1663
p. 169-214
De la Necessité de la Critique, ou le Grand Prevost du Parnasse.
Début :
On gronde contre la Satire, [...]
Mots clefs :
Parnasse, Auteur, Critique, Muses, Ombre, Auteurs, Censeurs, Virgile, Malherbe, Quinault, Prévôt, Bigarrure, Prévôt du Parnasse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De la Necessité de la Critique, ou le Grand Prevost du Parnasse.
De la Neceffité de la
Critique , ou le Grand
• Prevoſt du Parnaſſe.
On gronde contre la
Satire,
Et Cotin dit qu'on a rai-
F
fon;
Mais quoique Cotin puis ,
Sedire
Juin 1714. P
170 MERCURE
Dans l'étrangedemanделі-
fon ६
Qu'en noſtre Siecle on a
d'écrire
Il nous faut ce contre-poifon.
Ecrire en Vers' berire
Den Pr
Au temps passé, c'estoit un
fa
Art,
e
Au temps preſent , c'est
autre chose , RRR
Tant bien que mal à tout
hazard,
GALANT. 171
Rime qui veut , qui veut
compose
Se dit habile, ou le fuppose
,
Entre au Chorus , ou chan
te àpart
Eft pour un tiers ou pour
un quart
Fournit le texte en fait la
glofe,
Et tout le monde en veut
Sa part.
Dites - nous , Muses,
d'où peut naistre
Pij
172 MERCURE
Cette heureuse fecondité,
Eft- on sçavant quand on
veut l'estre ,
Cela n'a pas toûjours esté.
Il en coûtoit à nos Ancestres
,
Ce ne fut pas pour eux un
jeu,
Ce qui coûtoit à ces grands
Maistres
D'où vient nous coûte-tilfi
ة ي ح
peu.
Vanitéfotte, qui preſume
GALANT. 173
Par un aveugle &fol orgüeil
Defon esprit &desa plu
me:
Voilà d'abord le grand écuril.
Itcm, leTempledeMe
moire ,
C'est un tres- dangereux appas;
Mais en grifonnant pour
L'encre toûjours ne coule
la gloire ,
pas;
Piij
174 MERCURE
Et quelquefois avient le
cas ,
Que l'on caſſeſon écritoire.
1
:
Item ,foit à bon titre ,
ou non ,
On dit mes oeuvres , mon
Libraire ,
Et l'on voit en gros caractere
Afficher son Livre&fon
Nom:
Item , chacun asa folie
;
GALANT. 175
Item , aujourd'huy tout est
bon
Et tout oworage se publie
Ce qu'un hommea rêvé la
Ce qu'il a dit àſaſervan-
Cequ'ilfait entre ſept
buit ,
Qu'on l'imprime & melte
en vente ,
L'ouvrage trouve du debit;
Et quelquefois ,ſans qu'il
s'en vente ,
Piiij
176 MERCURE
L'Auteury gagne un bon
habit.
Item , quand on ne sçait
mieux faire ,
Onforge , on ment dans un
écrit.
Item, on nesçauroitſe taire,
Et nous avons tous trop
d'esprit.
Autre grand Item , ilfaut
vivre
Voilà comment fefait un
Livre.
De-lànous viennent à
foifon
GALANT. 177
Maigres livrets de toute
forte ; 1
Ils n'ont ny rime ny rai-
Son ,
Cela se vend toûjours ,
qu'importe
Tous lesſujetsfontpresque
ufez
Et tous les titres épuiſez ,
Fuſques à des contes de
Fée,
Dont on afait long- temps
Trophée ;
Le desordre croit tous les
jours
178 MERCURE
Je crie & j'appelle au fecours,
Quand viendra- t'il quelque
Critique
Pourreformer untel abus ,
Et purger noftre Republique
De tant d'Ecrivains de bibus?
A l'esprit d'un Cenfeur
farouche,
Qui fçait faire valoir fes
droits ,
Un pauvre Auteur craindra
la touche,
GALANT. 179
Et devant que d'ouvrir la
bouche
I penſera plus de deux
fois.
Je touche une facheuse
corde,
Et crois déja de tous cof
tez
Entendré à ce funeste exorde
,
Nombre d'Auteurs épouvantez
Crier tout baut , mifericorde!
180 MERCURE
Soit fait , Meffieurs , j'en
fuis d'accord;
Mais quand le Public en
furie
Contre vous &vos oeuvres
crie
Mifericorde encore plus
fort ,
Que luy répondre ,je vous
prie?
C'est un mal je ne dis
pas non ,
Qu'un Cenfeur rigide &
fevere
GALANT. 181
Qui le prend fur le plus
haut ton ,
Qu'on hait , & pourtant
qu'on revere :
Mais si c'est un mal, c'est
Souvent
Un mal pour nous bien neceffaire
;
Un Critique au Paysscavant
Fait le métier de Commif-
Saire.
Bornonsnousfans aller
plus loin
1
182 MERCURE
T
A la feule gent Poëtique
Plus que tout autre elle a
besoin
Pour Commiſſaire d'un
Critique.
Les Poëtesfont infolents
Etſouvent les plus miferables
Se trouvent les plus intraitables
Fiers de leurs prétenduës
talents
Ils prendront le pas au
Parnaffe
GALANT. 183
Et fur Virgile &(ur Horace
S'il n'est des Cenfeurs vigilants
Pour chaßer ces paffe-vollants,
Et marquer à chacun fa
place.
D'abordces petits avortons
Viennent se couler à tâtons;
Ils sont soumis , humbles ,
dociles.
184 MERCURE
Souples a prenare les lecons
Des Horaces & des Virgiles,
Etdevantdes Auteurs habiles
Sontmuetscomme des poif
fons ;
Mais quand enfin cette
vermine
Sur le Parnaße a pris racine
,
Elle s'amente&forme un
corps
Quiserevolte&semutine;
Dés
GALANT. 185
Dès qu'une fois elle domine
Adieu Virgile نب fes
conforts
Dans quelque coin on les
confine ,
Et fi Phoebus faisoit la
mine
Luy-même on le mettroit
dehars.
Comment Ronsard &
Sa Pleyade, ??
Dont un temps le regne a
Juin 1714 .
186 MERCURE
Nous l'avoient - ils defiguré
Dans leur grotesque mafcarade?
Plus bigarre qu'un Arlequin
,
Affublé d'un vieux cafaquin
Fait àpeu prés à la Françoise
is d'étoffe antique
autoife;
as goust, fans air , le
tout enfin
Brodé de grec &delatin
GALANT.187
C'estoit dans ce bel équipa
ge
Qu Apollon noir comme
un lutin
Se faisoit par tout rendre
hommage;
Mais après un long efclavage
Enfin Malherbe en eut pities
Et l'ayant pris en amitié
Lui débarboüilla le vifage
Et le remit ſur un bon
pied
Qij
188 MERCURE
Renvoyant à lafriperie
Ses haillons &fa broderie.
Alors dans le facré
Vallon
On décria la vieille moda
Et Malherbe fous Apollon
Fit publier un nouveau
Code,
Deffendant ces vieux paf-
Sements ,
Qu'avec de grands empref-
Sements
GALAN 189
On alloit chercher piece à
piece
Au Latium & dans la
Grece
Ronfard en fut triste &
marri ,
Perdant beaucoup àce déori
Cependant tout changea
deface
Sur l'Helicon & le Par
naße
C'estoit un air de propreté
:
199 MERCURE
Plein de grandeur de
nobleffe ;
Rien defade ni d'affecté
N'en alteroit la dignité
Le bon goût & la politeffe
Brilloient dans lafimplicite
Laiſſant la frivole parure
Aux fades Heros de Romans
On emprunte de la natu
re
Ses plus fuperbes ornemens:
GALANT.191
Vous cuffiez vù les jours
de festes
Phæbus &les neufDoctes
Soeurs
N'employerpourorner leur
testes
Que des lauriers meſlezde
fleurs
Mais cette mode trop unie
Ennuya bien-toſtnosFran-
Au mépris des nouvelles
Ils revinrent à leurgenie
192 MERCURE
Et reclamerent tous leurs
droits
Nous aimons trop la bigarure
;
Je ne puis le dire aßez
baut,
Voilà nostre premier deffaut
Et c'est depuis long-temps
qu'il dure :
Ildureraj'ensuis garant,
Quoique le bon goût en
murmure;
Si l'on le quitte , on le reprends
&
Même
GALANT. 193
Même en dépit de la
Cenfure :
On veut du rare, du nou
veau,
27197
Letoutfans regle ,&fans
mesure ,
On outre , on caffe le pin
ceau;
Mais à charger trop le
tableau,
On vient àgâter la peina
gater la pein
ture malind
Et voulant le portrait trop
bears ८
Juin 1714. RS
194 MERCURE
On fait grimacer la figure.
:
Spit Poëtes foit Orateurs
,
C'est là qu'en font bien des
Auteurs.
Nous nous mettons à la
torture
Pour alambiquer un écrit;
Nous voulons par tout de
Kefprit
Du brillant de l'enlumi-
стике сто
C'est un abus , ne forçons
rien,
GALANT. 195
Laifſſons travailler la nature
Etfans effort nous ferons
bien:
Il en coûte pour l'ordinaire
Par cet enteſtement fatal
Plus à certains pourfaire
mal
Qu'il n'en coûteroit pour
bienfaire.
Me voila dans unfort
beau champ
Rij
196 MERCURE
Mais je préche & peut
estre ennui-je
Comme bien d'autres en
consid
prêchant ,
Jefinis donc & je m'of
Suye.
១
Bel exemplefans meflatter
Si l'on vouloit en profiter.
Or durant cette mala-
છ???????????? die
Dont l'Helicon , fut infec
djtás zamb aliors :
On bannit lafimplicité
GALANT 197
Sous Malherbe tant ap
plaudies 20
Pointe's, équivoques dans
Et jeux de mots vinrent
On vit l'affemblage grotes-
Da ferieux & du burles
-
Le Phoebus , le:Galima-
--sanciovint amoy 20
Parurent avec aßurance ,
Et comme fi l'on n'estoit
pas
R iij
198. MERCURE
Affezfol , quand on veut
en France
Onfut avec avidité
Chercherjusques dans l'Italic
Desfecours dont par cha-
Elle aſſiſta noſtrefolies
Apollonfe tuoit en vain
De faire mainte remon-
Nos gens fuivoient toujours
leur train
Et tout alloit en décadence.
:
L
NOUSTHEQUE DE
199
Mais quand ce Dien
plein de prudence
*
1893*
Eut pris Boileau pourfon
Preap
Combien d'Auteurs firent
lepaut
On voyoit détaler en bande
Tous ces Meffieurs de
contrebande :
Chapelain couvertde lau
riers
Sauta luy-même des pre
miers ,
Et perdit , dit-on , dans la
crotte
Riiij
200 MERCURE
Etfa perruque &sa calottes
Il crioit prestà trébucher
Sauvez l'honneur de la
Pucelle
Mais Boileau plus dur
qu'un rocher
Neust pitié ni de luy ni
d'elle.
Pradon voulant parlementer
Fit d'abord de la resistan
ce
Et parut quelque temps
luter,
CALANT. 2010
Même en Poëte d'importance;
It appella de la Sentence
Mais ilfallut toûjoursfau
ters
Et l'on n'apoint jugé l'inf
tance:
Sous le manteau de Regulus
On eut épargnésa perfonne
Mais le pauore homme
n'avoit plus 1
Que lejuſte-au-corpsd'Antigone.
202 MERCURE
Quinaut par la foule
emporté,
Quinaut même fit la culbute
Mais un appel interjetté
Le vangea bien-toft defa
chute :
On vit les Muses en rumeur
A l'envi prendre en main
Sa cause,
Quelques gens de mauvaiſe
humeur
Vouloient pouffer plas loin
la chofe
GALANT.203.
Infiftant qu'on fit au plum
toft
Le procés au pauore Prevost.
Mais Pæbus d'une
oeiltade fiere
Les rejettant avec mépris
Leurdit d'un tonferme&
favere
Paix canailles de beaux
-
Qui n'avez fait icy que
braires Aoim C
204 MERCURE
Sifur Quinaut on s'estmé
pris
Fy veilleray, c'est mon
affaire:
Quant à vous perdez tout
Et ne me rompez plus la
teste
Mon Prevost afaitfon de-
Ainsi se calma la tem-
1
Et Quinaut s'estant pre-
Dansses griefsfut écouté;
GALANT. 205
On declara vu la requeſte ,
Bien appellé comme d'a-
છછછછ????????????
Dont le Prevost resta
camus
Il fut mêmeſur le Parnaf-
-ind
Regléfans contestation
Qu'auprès d'Orphée &
250 Pd Amphion 2.200 25
Il iroit reprendresa place ;
Et puis Phoebus d'un air
humain
Lui mit fa propre Lyre en
main
206 MERCURE
Non que la fienne fut u-
See
Maispar un noble&fier
dedain
De la voir à tort méprifee
En tombant il l'avoit brifée
On enfit recueillir foudain
Tous les morceaux juſques
au moindre
Mais on les recücillit en
vain
い
Et l'on ne pût bien les
rejoindre
GALANT. 207
Tel fut le destin de Quinaut
,
Seuldetous, oùle Commis
faire,
Ason égard un peu corfaire
Sefoit trouvé pris en défaut
Sur tout le refte irreprochable
Faifantfachargeavechauteur
A tout mauvais & fot
Auteur
:
Ilfut Prevoſtinexorable ,
208 MERCURE
Il est bien vray qu'en fa
vieilleße
Illaißa tout àl'abandon ,
Etfitfa charge avec molleffe
Quand on eft vieux on dewient
bon,
Un reste de terreur empreinte
Retenoit pourtant les efprits
Et l'on ne penſoit qu'avec
crainte
Aufort de tant d' Auteurs
profcrits
Dans
GALANT 209
Dans cette violteßaine.s
puiſſante
Son ombre encore queña
Arrestoit les plus reso
33Ram? AO[
Mais cette ombre fiere&
Gette ombre même , helas!
Cependant dans cet in-
Tout degenere & deperit
Et faute dhura Prevost
qu'on craigne
Juin 1714.
S
210 MERCURE
Chacun fur pied de bel ef
stealing
prit
Arbore déja fon enseigne.
Les Cotins bravant les
- Vardards 201 offer
De tous cotez semble re-
Et comme en un temps de
! 2.pardons is
On voit hardiment repa-
Les Pelletiers, les Pra-
Le mal plus loin va fe
répandre NO
GALANT
Si l'on n'y met ordre au
Muses,ſongez à vous deffendreout
it
Au ſpecifique un bon Pre-
Un bon Prevost ; mais où
le prendre
Je pourrois, s'il m'étoitpermis
,
En nommer un digne de
Par fes foins en honneur
Et plus grand qu'il n'é-
Sij
212 MERCURE
toit peut- estre
Homere affezle fait connoistre
Il a tous les talents qu'il
Pour un employ fi neceffaire
Je ne luy vois qu'un feul
défaut
C'est que ce métier falutaires
De blâmer ce qui doit dẻ
plaire sio srio) 25 I
De reprendre & n'épar
Agner riemiang anly 11
GALANT 213
Cemétier qu'ilferoitfi-bien
Il ne voudra jamais le
faire
Attaqué par maint trait
si falon
Jamais contre le noir frelon
Iln'employaſes nobles veilles
Et comme le Roy des a
beilles
Il fut toûjours fans aiguillon.
Ason défaut cherchez
sinquelqu'autre
១៧-០៣
214 MERCURE
Qui plus bardy , qui moins
humain,
Pour vostre gloire , &pour
la nostre
Ofe à l'oeuvre mettre la
Du Parnaße arbitre fuprême;
Si vous prifez mon Zele
extrême , 29
Faites le voir en mexauçant
polling
Helas! peut estre en vous
Fais-je des veux contre
may-même.
Critique , ou le Grand
• Prevoſt du Parnaſſe.
On gronde contre la
Satire,
Et Cotin dit qu'on a rai-
F
fon;
Mais quoique Cotin puis ,
Sedire
Juin 1714. P
170 MERCURE
Dans l'étrangedemanделі-
fon ६
Qu'en noſtre Siecle on a
d'écrire
Il nous faut ce contre-poifon.
Ecrire en Vers' berire
Den Pr
Au temps passé, c'estoit un
fa
Art,
e
Au temps preſent , c'est
autre chose , RRR
Tant bien que mal à tout
hazard,
GALANT. 171
Rime qui veut , qui veut
compose
Se dit habile, ou le fuppose
,
Entre au Chorus , ou chan
te àpart
Eft pour un tiers ou pour
un quart
Fournit le texte en fait la
glofe,
Et tout le monde en veut
Sa part.
Dites - nous , Muses,
d'où peut naistre
Pij
172 MERCURE
Cette heureuse fecondité,
Eft- on sçavant quand on
veut l'estre ,
Cela n'a pas toûjours esté.
Il en coûtoit à nos Ancestres
,
Ce ne fut pas pour eux un
jeu,
Ce qui coûtoit à ces grands
Maistres
D'où vient nous coûte-tilfi
ة ي ح
peu.
Vanitéfotte, qui preſume
GALANT. 173
Par un aveugle &fol orgüeil
Defon esprit &desa plu
me:
Voilà d'abord le grand écuril.
Itcm, leTempledeMe
moire ,
C'est un tres- dangereux appas;
Mais en grifonnant pour
L'encre toûjours ne coule
la gloire ,
pas;
Piij
174 MERCURE
Et quelquefois avient le
cas ,
Que l'on caſſeſon écritoire.
1
:
Item ,foit à bon titre ,
ou non ,
On dit mes oeuvres , mon
Libraire ,
Et l'on voit en gros caractere
Afficher son Livre&fon
Nom:
Item , chacun asa folie
;
GALANT. 175
Item , aujourd'huy tout est
bon
Et tout oworage se publie
Ce qu'un hommea rêvé la
Ce qu'il a dit àſaſervan-
Cequ'ilfait entre ſept
buit ,
Qu'on l'imprime & melte
en vente ,
L'ouvrage trouve du debit;
Et quelquefois ,ſans qu'il
s'en vente ,
Piiij
176 MERCURE
L'Auteury gagne un bon
habit.
Item , quand on ne sçait
mieux faire ,
Onforge , on ment dans un
écrit.
Item, on nesçauroitſe taire,
Et nous avons tous trop
d'esprit.
Autre grand Item , ilfaut
vivre
Voilà comment fefait un
Livre.
De-lànous viennent à
foifon
GALANT. 177
Maigres livrets de toute
forte ; 1
Ils n'ont ny rime ny rai-
Son ,
Cela se vend toûjours ,
qu'importe
Tous lesſujetsfontpresque
ufez
Et tous les titres épuiſez ,
Fuſques à des contes de
Fée,
Dont on afait long- temps
Trophée ;
Le desordre croit tous les
jours
178 MERCURE
Je crie & j'appelle au fecours,
Quand viendra- t'il quelque
Critique
Pourreformer untel abus ,
Et purger noftre Republique
De tant d'Ecrivains de bibus?
A l'esprit d'un Cenfeur
farouche,
Qui fçait faire valoir fes
droits ,
Un pauvre Auteur craindra
la touche,
GALANT. 179
Et devant que d'ouvrir la
bouche
I penſera plus de deux
fois.
Je touche une facheuse
corde,
Et crois déja de tous cof
tez
Entendré à ce funeste exorde
,
Nombre d'Auteurs épouvantez
Crier tout baut , mifericorde!
180 MERCURE
Soit fait , Meffieurs , j'en
fuis d'accord;
Mais quand le Public en
furie
Contre vous &vos oeuvres
crie
Mifericorde encore plus
fort ,
Que luy répondre ,je vous
prie?
C'est un mal je ne dis
pas non ,
Qu'un Cenfeur rigide &
fevere
GALANT. 181
Qui le prend fur le plus
haut ton ,
Qu'on hait , & pourtant
qu'on revere :
Mais si c'est un mal, c'est
Souvent
Un mal pour nous bien neceffaire
;
Un Critique au Paysscavant
Fait le métier de Commif-
Saire.
Bornonsnousfans aller
plus loin
1
182 MERCURE
T
A la feule gent Poëtique
Plus que tout autre elle a
besoin
Pour Commiſſaire d'un
Critique.
Les Poëtesfont infolents
Etſouvent les plus miferables
Se trouvent les plus intraitables
Fiers de leurs prétenduës
talents
Ils prendront le pas au
Parnaffe
GALANT. 183
Et fur Virgile &(ur Horace
S'il n'est des Cenfeurs vigilants
Pour chaßer ces paffe-vollants,
Et marquer à chacun fa
place.
D'abordces petits avortons
Viennent se couler à tâtons;
Ils sont soumis , humbles ,
dociles.
184 MERCURE
Souples a prenare les lecons
Des Horaces & des Virgiles,
Etdevantdes Auteurs habiles
Sontmuetscomme des poif
fons ;
Mais quand enfin cette
vermine
Sur le Parnaße a pris racine
,
Elle s'amente&forme un
corps
Quiserevolte&semutine;
Dés
GALANT. 185
Dès qu'une fois elle domine
Adieu Virgile نب fes
conforts
Dans quelque coin on les
confine ,
Et fi Phoebus faisoit la
mine
Luy-même on le mettroit
dehars.
Comment Ronsard &
Sa Pleyade, ??
Dont un temps le regne a
Juin 1714 .
186 MERCURE
Nous l'avoient - ils defiguré
Dans leur grotesque mafcarade?
Plus bigarre qu'un Arlequin
,
Affublé d'un vieux cafaquin
Fait àpeu prés à la Françoise
is d'étoffe antique
autoife;
as goust, fans air , le
tout enfin
Brodé de grec &delatin
GALANT.187
C'estoit dans ce bel équipa
ge
Qu Apollon noir comme
un lutin
Se faisoit par tout rendre
hommage;
Mais après un long efclavage
Enfin Malherbe en eut pities
Et l'ayant pris en amitié
Lui débarboüilla le vifage
Et le remit ſur un bon
pied
Qij
188 MERCURE
Renvoyant à lafriperie
Ses haillons &fa broderie.
Alors dans le facré
Vallon
On décria la vieille moda
Et Malherbe fous Apollon
Fit publier un nouveau
Code,
Deffendant ces vieux paf-
Sements ,
Qu'avec de grands empref-
Sements
GALAN 189
On alloit chercher piece à
piece
Au Latium & dans la
Grece
Ronfard en fut triste &
marri ,
Perdant beaucoup àce déori
Cependant tout changea
deface
Sur l'Helicon & le Par
naße
C'estoit un air de propreté
:
199 MERCURE
Plein de grandeur de
nobleffe ;
Rien defade ni d'affecté
N'en alteroit la dignité
Le bon goût & la politeffe
Brilloient dans lafimplicite
Laiſſant la frivole parure
Aux fades Heros de Romans
On emprunte de la natu
re
Ses plus fuperbes ornemens:
GALANT.191
Vous cuffiez vù les jours
de festes
Phæbus &les neufDoctes
Soeurs
N'employerpourorner leur
testes
Que des lauriers meſlezde
fleurs
Mais cette mode trop unie
Ennuya bien-toſtnosFran-
Au mépris des nouvelles
Ils revinrent à leurgenie
192 MERCURE
Et reclamerent tous leurs
droits
Nous aimons trop la bigarure
;
Je ne puis le dire aßez
baut,
Voilà nostre premier deffaut
Et c'est depuis long-temps
qu'il dure :
Ildureraj'ensuis garant,
Quoique le bon goût en
murmure;
Si l'on le quitte , on le reprends
&
Même
GALANT. 193
Même en dépit de la
Cenfure :
On veut du rare, du nou
veau,
27197
Letoutfans regle ,&fans
mesure ,
On outre , on caffe le pin
ceau;
Mais à charger trop le
tableau,
On vient àgâter la peina
gater la pein
ture malind
Et voulant le portrait trop
bears ८
Juin 1714. RS
194 MERCURE
On fait grimacer la figure.
:
Spit Poëtes foit Orateurs
,
C'est là qu'en font bien des
Auteurs.
Nous nous mettons à la
torture
Pour alambiquer un écrit;
Nous voulons par tout de
Kefprit
Du brillant de l'enlumi-
стике сто
C'est un abus , ne forçons
rien,
GALANT. 195
Laifſſons travailler la nature
Etfans effort nous ferons
bien:
Il en coûte pour l'ordinaire
Par cet enteſtement fatal
Plus à certains pourfaire
mal
Qu'il n'en coûteroit pour
bienfaire.
Me voila dans unfort
beau champ
Rij
196 MERCURE
Mais je préche & peut
estre ennui-je
Comme bien d'autres en
consid
prêchant ,
Jefinis donc & je m'of
Suye.
១
Bel exemplefans meflatter
Si l'on vouloit en profiter.
Or durant cette mala-
છ???????????? die
Dont l'Helicon , fut infec
djtás zamb aliors :
On bannit lafimplicité
GALANT 197
Sous Malherbe tant ap
plaudies 20
Pointe's, équivoques dans
Et jeux de mots vinrent
On vit l'affemblage grotes-
Da ferieux & du burles
-
Le Phoebus , le:Galima-
--sanciovint amoy 20
Parurent avec aßurance ,
Et comme fi l'on n'estoit
pas
R iij
198. MERCURE
Affezfol , quand on veut
en France
Onfut avec avidité
Chercherjusques dans l'Italic
Desfecours dont par cha-
Elle aſſiſta noſtrefolies
Apollonfe tuoit en vain
De faire mainte remon-
Nos gens fuivoient toujours
leur train
Et tout alloit en décadence.
:
L
NOUSTHEQUE DE
199
Mais quand ce Dien
plein de prudence
*
1893*
Eut pris Boileau pourfon
Preap
Combien d'Auteurs firent
lepaut
On voyoit détaler en bande
Tous ces Meffieurs de
contrebande :
Chapelain couvertde lau
riers
Sauta luy-même des pre
miers ,
Et perdit , dit-on , dans la
crotte
Riiij
200 MERCURE
Etfa perruque &sa calottes
Il crioit prestà trébucher
Sauvez l'honneur de la
Pucelle
Mais Boileau plus dur
qu'un rocher
Neust pitié ni de luy ni
d'elle.
Pradon voulant parlementer
Fit d'abord de la resistan
ce
Et parut quelque temps
luter,
CALANT. 2010
Même en Poëte d'importance;
It appella de la Sentence
Mais ilfallut toûjoursfau
ters
Et l'on n'apoint jugé l'inf
tance:
Sous le manteau de Regulus
On eut épargnésa perfonne
Mais le pauore homme
n'avoit plus 1
Que lejuſte-au-corpsd'Antigone.
202 MERCURE
Quinaut par la foule
emporté,
Quinaut même fit la culbute
Mais un appel interjetté
Le vangea bien-toft defa
chute :
On vit les Muses en rumeur
A l'envi prendre en main
Sa cause,
Quelques gens de mauvaiſe
humeur
Vouloient pouffer plas loin
la chofe
GALANT.203.
Infiftant qu'on fit au plum
toft
Le procés au pauore Prevost.
Mais Pæbus d'une
oeiltade fiere
Les rejettant avec mépris
Leurdit d'un tonferme&
favere
Paix canailles de beaux
-
Qui n'avez fait icy que
braires Aoim C
204 MERCURE
Sifur Quinaut on s'estmé
pris
Fy veilleray, c'est mon
affaire:
Quant à vous perdez tout
Et ne me rompez plus la
teste
Mon Prevost afaitfon de-
Ainsi se calma la tem-
1
Et Quinaut s'estant pre-
Dansses griefsfut écouté;
GALANT. 205
On declara vu la requeſte ,
Bien appellé comme d'a-
છછછછ????????????
Dont le Prevost resta
camus
Il fut mêmeſur le Parnaf-
-ind
Regléfans contestation
Qu'auprès d'Orphée &
250 Pd Amphion 2.200 25
Il iroit reprendresa place ;
Et puis Phoebus d'un air
humain
Lui mit fa propre Lyre en
main
206 MERCURE
Non que la fienne fut u-
See
Maispar un noble&fier
dedain
De la voir à tort méprifee
En tombant il l'avoit brifée
On enfit recueillir foudain
Tous les morceaux juſques
au moindre
Mais on les recücillit en
vain
い
Et l'on ne pût bien les
rejoindre
GALANT. 207
Tel fut le destin de Quinaut
,
Seuldetous, oùle Commis
faire,
Ason égard un peu corfaire
Sefoit trouvé pris en défaut
Sur tout le refte irreprochable
Faifantfachargeavechauteur
A tout mauvais & fot
Auteur
:
Ilfut Prevoſtinexorable ,
208 MERCURE
Il est bien vray qu'en fa
vieilleße
Illaißa tout àl'abandon ,
Etfitfa charge avec molleffe
Quand on eft vieux on dewient
bon,
Un reste de terreur empreinte
Retenoit pourtant les efprits
Et l'on ne penſoit qu'avec
crainte
Aufort de tant d' Auteurs
profcrits
Dans
GALANT 209
Dans cette violteßaine.s
puiſſante
Son ombre encore queña
Arrestoit les plus reso
33Ram? AO[
Mais cette ombre fiere&
Gette ombre même , helas!
Cependant dans cet in-
Tout degenere & deperit
Et faute dhura Prevost
qu'on craigne
Juin 1714.
S
210 MERCURE
Chacun fur pied de bel ef
stealing
prit
Arbore déja fon enseigne.
Les Cotins bravant les
- Vardards 201 offer
De tous cotez semble re-
Et comme en un temps de
! 2.pardons is
On voit hardiment repa-
Les Pelletiers, les Pra-
Le mal plus loin va fe
répandre NO
GALANT
Si l'on n'y met ordre au
Muses,ſongez à vous deffendreout
it
Au ſpecifique un bon Pre-
Un bon Prevost ; mais où
le prendre
Je pourrois, s'il m'étoitpermis
,
En nommer un digne de
Par fes foins en honneur
Et plus grand qu'il n'é-
Sij
212 MERCURE
toit peut- estre
Homere affezle fait connoistre
Il a tous les talents qu'il
Pour un employ fi neceffaire
Je ne luy vois qu'un feul
défaut
C'est que ce métier falutaires
De blâmer ce qui doit dẻ
plaire sio srio) 25 I
De reprendre & n'épar
Agner riemiang anly 11
GALANT 213
Cemétier qu'ilferoitfi-bien
Il ne voudra jamais le
faire
Attaqué par maint trait
si falon
Jamais contre le noir frelon
Iln'employaſes nobles veilles
Et comme le Roy des a
beilles
Il fut toûjours fans aiguillon.
Ason défaut cherchez
sinquelqu'autre
១៧-០៣
214 MERCURE
Qui plus bardy , qui moins
humain,
Pour vostre gloire , &pour
la nostre
Ofe à l'oeuvre mettre la
Du Parnaße arbitre fuprême;
Si vous prifez mon Zele
extrême , 29
Faites le voir en mexauçant
polling
Helas! peut estre en vous
Fais-je des veux contre
may-même.
Fermer
Résumé : De la Necessité de la Critique, ou le Grand Prevost du Parnasse.
Le texte 'De la Nécessité de la Critique, ou le Grand Prevost du Parnasse', publié en juin 1714 dans le Mercure, traite de l'importance de la critique littéraire. Il souligne la nécessité de la satire et de la critique dans un contexte où l'écriture poétique est accessible à tous, souvent sans respect des règles de l'art. Le texte déplore la publication et la vente d'œuvres de qualité médiocre et appelle à une réforme par l'intervention d'un critique sévère. Il rappelle l'évolution de la poésie française, marquée par des périodes de décadence et de renouveau. Des figures littéraires comme Malherbe et Boileau sont mentionnées pour leur rôle dans la réforme de la poésie. Le texte évoque également des auteurs tels que Ronsard, Chapelain, Pradon, et Quinaut, illustrant les conflits et les jugements critiques qui ont façonné la littérature. Le texte se conclut par un appel à trouver un nouveau 'Prevost' capable de purger la littérature des mauvais auteurs et de rétablir des standards de qualité. Il exprime le souhait de voir un critique sévère et juste, capable de blâmer ce qui doit l'être, mais aussi de reconnaître les véritables talents.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
1664
p. 215-216
DÉPIT.
Début :
Je ne scay si c'est une varieté ou non, de mettre / Mes foibles yeux ont pû trouver des charmes [...]
Mots clefs :
Variété
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DÉPIT.
Je ne ſçay ſi c'eſt une
varieté ou non , de mettre
des Vers à la fuite d'une
Piece de Poësie , de quelque
genre different que
l'un & l'autre puiſſe eſtre ;
mais je ſçay bien qu'un
jeune homme tres-amoureux
& malheureuſement
brouillé avec la Maîtreffe,
me preſſe de gliſſer ce dépit
dans mon Mercure.
この
216. MERCURE
1
PIT
Mes foibles yeux ont
Et
er des
ont pu troucharmes
50
Un'altmirer que vou? O
১
موت
Er you? Rypbirfaticur des plait !
fps tas plus doux, zinen
-Man caur vous raconductos
terty go wipe GIUGNE
Mais la raison diffipant Mad
Homi ab Song 771
Melaiffee enfin aapppercevoir
Empeg sund 24,2nd
१९
ma vie
beaux jours
s de 1
Sont ceux que j'ay paffez , Cli
mene,ſans vous voir.
varieté ou non , de mettre
des Vers à la fuite d'une
Piece de Poësie , de quelque
genre different que
l'un & l'autre puiſſe eſtre ;
mais je ſçay bien qu'un
jeune homme tres-amoureux
& malheureuſement
brouillé avec la Maîtreffe,
me preſſe de gliſſer ce dépit
dans mon Mercure.
この
216. MERCURE
1
PIT
Mes foibles yeux ont
Et
er des
ont pu troucharmes
50
Un'altmirer que vou? O
১
موت
Er you? Rypbirfaticur des plait !
fps tas plus doux, zinen
-Man caur vous raconductos
terty go wipe GIUGNE
Mais la raison diffipant Mad
Homi ab Song 771
Melaiffee enfin aapppercevoir
Empeg sund 24,2nd
१९
ma vie
beaux jours
s de 1
Sont ceux que j'ay paffez , Cli
mene,ſans vous voir.
Fermer
Résumé : DÉPIT.
Un jeune homme amoureux demande à l'auteur d'exprimer son dépit après une dispute dans une publication nommée 'Mercure'. Le texte inclut des fragments de vers incohérents en diverses langues. L'auteur conclut que ses plus beaux jours sont ceux passés sans voir cette personne.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
1665
p. 268-269
Madrigal sur l'Autheur [titre d'après la table]
Début :
Je mettrois volontiers icy toute la Lettre que [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Madrigal sur l'Autheur [titre d'après la table]
Je mettrois volontiers
icy toute la Lettre que
jay receuë de Mr Anceau
, fi je n'apprehendois
pasque plufieurs perſonnes
qui m'ont écrit à peu
prés comme luy , ne me
ſcuſſent mauvais gré de
lapréference , ou plutoft
icy toute la Lettre que
jay receuë de Mr Anceau
, fi je n'apprehendois
pasque plufieurs perſonnes
qui m'ont écrit à peu
prés comme luy , ne me
ſcuſſent mauvais gré de
lapréference , ou plutoft
Fermer
1666
p. 272-273
Explication de la premiere Enigme.
Début :
La Fable qu'Esope conta [...]
Mots clefs :
Fable
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Explication de la premiere Enigme.
Explication de la premiere
Enigme.
La Fable qu'Eſope conta
ADame Aminte la facha
Parce qu'il demasqua fon
vive
La comparant à l'Ecreviffe.
Maintes Amintes aujourd'huy
Semblable aux Damesde
Thrace
Se rueroient fortement fur
luy ,
GALANT
Sans respecter boffe ny
face
Tel ne craint point un fon
femblable
Qui au lieu de comparai
fans
DeSymbololeess&&ddee LLeeççoonnss
Donne à deviner le mot
FableAJ
Enigme.
La Fable qu'Eſope conta
ADame Aminte la facha
Parce qu'il demasqua fon
vive
La comparant à l'Ecreviffe.
Maintes Amintes aujourd'huy
Semblable aux Damesde
Thrace
Se rueroient fortement fur
luy ,
GALANT
Sans respecter boffe ny
face
Tel ne craint point un fon
femblable
Qui au lieu de comparai
fans
DeSymbololeess&&ddee LLeeççoonnss
Donne à deviner le mot
FableAJ
Fermer
1667
p. 273-275
ENIGME.
Début :
Autre nouvelle. Un Laquais vient de m'apporter un paquet / Je suis aussi poli, mais plus blanc que l'yvoire, [...]
Mots clefs :
Pot de chambre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
Autre nouvelle. Un
Laquais vient de m'apporter
un paquet où je
trouve une longue lettre
&une courte Enigme :
274 MERCURE
on me recommande l'une
& l'autre , mais je m'en
tiens à l'Enigme, àla confideration
de Mr D. L.
qui me l'envoye.
1
ENIGME.
Jeſuis auſſipoli , mais plus
blanc que l'yvoire ,
Fapproche quelquefois de
la virginité , A
Jesuis un peu fragile , &
neſuispoint tenté ,
Souvent me fait la cour
quifouvent aime à boire.
GALANT. 275
Je suis plus recherché du
genre moins buveur
En mon employ ſervile on
me guide à l'honneur ,
Une jeune beauté frémiroit
dans fon ame
Augeste d'un brutal qui
s'approche de moy.
Fene fuis pointſenſible aux
faveurs d'un grand Roy ,
Fe rougis quelquefois de
২ celles d'une Dame.
Laquais vient de m'apporter
un paquet où je
trouve une longue lettre
&une courte Enigme :
274 MERCURE
on me recommande l'une
& l'autre , mais je m'en
tiens à l'Enigme, àla confideration
de Mr D. L.
qui me l'envoye.
1
ENIGME.
Jeſuis auſſipoli , mais plus
blanc que l'yvoire ,
Fapproche quelquefois de
la virginité , A
Jesuis un peu fragile , &
neſuispoint tenté ,
Souvent me fait la cour
quifouvent aime à boire.
GALANT. 275
Je suis plus recherché du
genre moins buveur
En mon employ ſervile on
me guide à l'honneur ,
Une jeune beauté frémiroit
dans fon ame
Augeste d'un brutal qui
s'approche de moy.
Fene fuis pointſenſible aux
faveurs d'un grand Roy ,
Fe rougis quelquefois de
২ celles d'une Dame.
Fermer
1668
p. 275-280
ENIGME.
Début :
Si l'on m'en avoit envoyé encore une, j'aurois / Nous sommes trois compagnons [...]
Mots clefs :
Seringue
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
Si l'on m'en avoit envoyé
encore une , j'aurois
refervé celle- cy pour un
276 MERCURE
autre mois ; mais on ne
la pas fait ,& je n'ay pas
le temps d'attendre qu'on
le faffe.
XENIGME
2 i
Noussommes trois compagnons
M
Qui de fort prés nous joignons,
Composant un tout femelle
De taille telle que telle ,
Et qu'on ne peut définir
Parce qu'aller & venir
Défigurent un peusa taille
GALANT. 277
Qui franchement n'est rien
qui vaille ,
L'un de nous est fort mal
coëffé
L'autre est un peu mieux
etoffe
Le troifiéme par avanture
dont le beau sexe eft cum
rieux
Eft par fois parfumé ,
blanc , poli , gracieux,
Pour luy plaire par fon
allure,
Quelquefois de mille
beautez
278 MERCURE
Il est temoin , mais non
pas oculaire ,
De ce qu'il ne voit point
un peu vous vous
doutez
Lesçavoir mieux n'est pas
trop neceffaire,
Pour deviner l'Enigme
en question
Mais procedons à la conclufion
1
Tantoſt l'un de nous trois
des deux autres s'arrasche
Celuy-cy dans l'autre ſe
GALANT . 279
LIM cache 3
Et se recache aprés dans
un plaisant reduit
Et quand l'autre est cacké
dans celuy qui le ſuit
Tous trois nous nous cachons
ensemble
Dans un autre réduit
qu'on cache aprés auffi
Qui sommes nous , que
vous en femble
Quel mot feul fait en racourcy
Des maſles Compagnons
que cette Enigme indi
280 MERCURE !
que
Le nom unique.
encore une , j'aurois
refervé celle- cy pour un
276 MERCURE
autre mois ; mais on ne
la pas fait ,& je n'ay pas
le temps d'attendre qu'on
le faffe.
XENIGME
2 i
Noussommes trois compagnons
M
Qui de fort prés nous joignons,
Composant un tout femelle
De taille telle que telle ,
Et qu'on ne peut définir
Parce qu'aller & venir
Défigurent un peusa taille
GALANT. 277
Qui franchement n'est rien
qui vaille ,
L'un de nous est fort mal
coëffé
L'autre est un peu mieux
etoffe
Le troifiéme par avanture
dont le beau sexe eft cum
rieux
Eft par fois parfumé ,
blanc , poli , gracieux,
Pour luy plaire par fon
allure,
Quelquefois de mille
beautez
278 MERCURE
Il est temoin , mais non
pas oculaire ,
De ce qu'il ne voit point
un peu vous vous
doutez
Lesçavoir mieux n'est pas
trop neceffaire,
Pour deviner l'Enigme
en question
Mais procedons à la conclufion
1
Tantoſt l'un de nous trois
des deux autres s'arrasche
Celuy-cy dans l'autre ſe
GALANT . 279
LIM cache 3
Et se recache aprés dans
un plaisant reduit
Et quand l'autre est cacké
dans celuy qui le ſuit
Tous trois nous nous cachons
ensemble
Dans un autre réduit
qu'on cache aprés auffi
Qui sommes nous , que
vous en femble
Quel mot feul fait en racourcy
Des maſles Compagnons
que cette Enigme indi
280 MERCURE !
que
Le nom unique.
Fermer
1669
p. 118-144
APOLOGIE D. P. D. C. par lui-même.
Début :
Qui fit des vers, des vers encor fera ; [...]
Mots clefs :
Vers, Auteur, Poésie, Rimes, Marot, Censeurs, Temps, Muse, Dieu, Lyre, Auteurs, Odes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : APOLOGIE D. P. D. C. par lui-même.
APOLOGIE D. P. D. C.
par /ui-m?rtle.
Qui Se des vers, des vers
encor fera;
C'est le moulin qui moulut&
moudra.
Contre l'étoile il n'est dé-
pit qui tienne,
Et je me cabre en vain contre
la mienne;
Malgré mes soins, ma Muse
prend l'essor
J'ai fait des , vers, & j'en
refais encor.
Que deleçons,&mêmeà
juste titre,
Ai-jeessuyé pourtant sur
cechapitre !
Aigres censeurs me l'ont
tant reproché,
Tant vrais amis m'ont sur
cela prêche:
Héquoy toûjours des vers?
êtes-vous sage?
Ah renoncez à ce vain badinage,
Occupez-vous, grave &
solide auteur,
D'un plus utile, & plus noble
labeur,
Et pour charmer nos coeurs
& nos oreilles,
Tournez ailleurs vos talens
& vos veilles.
Combien de fois, touché
derepentir,
Me suis- je vu prêt à me
convertir,
Honteux,' confus de mes
rimes passées,
Rimes
(Urïtep,cent fois par mes pkurs cffacecs?
J'avois jurecent fois d'un
coeur contr,
De ne tracer vers, ni grand ;, ni petit: Juré
:
àcent,fois, je l'avouë ma honte,
J'eus beau, jurer,Apol-
Ion nen tint conu
Fe.
Tyrancruel?il rit de nos
sermens,
Comme l'amour rit de
lemceeturxodveys ,aaimpeannitsen.t Je me trouvai penitent
infidèle,
En vray relais , embarque
de plus bel-
- le,
D'un nouveau feu je me
sentis bruler,
- -. Et malgré moy je vois
des vers couler.
Dans cet état de contrainte
cruelle,
- Plaignez-moy - vous dont
j'honore le zele,
Sages amis oJ , , j'écoute vos
leçons:
Mais j'en reviens toujours
à mes chan.
sons.
Pour vous, Censeurs, qui
de mes foibles rimes
Osez par tout me faire
autant de cri-
- mes
Exorcisez le démon qui
m'obsède
Ou , par pitié souffrez que
je lui cede.
Mais quoy rimer ainsi que
je l'ay fait,
Est-ce après tout un si
grave forfait ?
Vous écrivez ce qu'il
vous plaît en pro- se prof.,)
N'osay
- je en vers faire
la mêmechose?
Un sentiment par lui-meme
estimé
Est-il mauvais quand il
devient riméJ
Et dans des vers, d'ailleurs
- pleins d'innocence
L'ordre, le tour met -il
quelque indecence?
Censeurs malins) & peutêtre
jaloux,
Sidans mes vers j'offense
autre que vous,
Si la vertu, si l'austere
sagesse
- 1 » Y rrouve rien qui Ierfleureoulablesse,
Si froid auteur j'ennuie
enmesécrits
Condamnez-moy
,
j'ai tort,
& j'y souscris
:
Mais qu^rtd suivant uRç
injuste maxime,
Precisément sur ce point
- que je rime
Vous prétendrez me faire
mon procez,
Vous le ferez sans fruit &-
,
sans succez.
Or, rimez donc, dit cet
ami fidele:
Mais quel auteur prenezvous
pour modèle?
C'est une honte, y penfezvous,
Marot ?
Homme verreux & digne
du garrot,
Et dont jadis la Muse
évaporée
A grande peine échappa
la bourée : Défaites-vous de ce stile
badin,
Et laissant là Marot avec
dédain,
Dà'unlv'Ooldlegeer,elevezvous ; Pièce si noble & sifort à
,
la mode,
: Et dont le. chant h,ardi,
mélodieux, ,,', CharmelesRois,& Charme: les,Rois, &
touche jusqu'aux
Dieux.
Quiparle ainsicertes ne
connoît gueres
De l'Helicon lés loix &
les
mystees
; Esclaves nez du Dieu ca- ,.pricieux,
Dont le pouvoir règle
tout en ces lieux,.
Nous n'avons pas de
choixdans son Empire
, * Et nous chantons selon
qu'il nousinspire,'
Sans consultersur cela
nosfouhaitsy
Ce Dieu dispense à-
son
gré des bienfaits,
Donne à chacun en1le
faisant Poète
A l'un la lyre,àl'autrela
trcJmpette,1
A celuy-cichauffelebfbi
dequin,
Elevel'autre au Cothurne
f
diviny
Accorde à tel la force &
l'énergie,
Reduit tel autre à la tendre
etegie;
Dans lasatyre il rend l'unsans
égal,
Et borne l'autre au imple
•
Madrigal.
DDeetotouuss cc'eess' dons ',MMaarroott
n'eut en partage
Qu'un élégant & naïf ba-
¡ dinage,
Et si j'en aiquelque chose
hérité
Cest , un vernis de sa naïveté.
Sans m'égarer dansdes
routes sublimes,
De ce vernis je colore mes
rimes,
Et de ce simple & naïf
coloris
Mes-petits vers ont tire
tout leur prix.
Par ce recours,emprunte
si ma Mufe
Ne charme pas, pour le
moins elle amufe
»
Et per le
vray
qu'elle
joint au plaisant,
Quelquefois même instruit
en amusant.
e m'en tiens là sans toucher
à la lyre,
Qu'au Dieu des vers il
plut de m'interdire.
Pour ses cheris il reserve
ce don.
Laissons c hanter sur ce
sublimeton
Rousseau, la Mothe, &
tel autre génie
Qui de la lyre a conçu
l'harmonie,
Et n'allons pas, Poëtes
croassans,
De leurs concerts troubler
les doux accens.
De nos François, je ne
sçaurois m'en taire,
C'est la folie & l'écuëil
ordinaire;
Sriédanus unn gienere un auteur
D'imitateurs un nuage grossît.
Vous les voyez bienrôt,
quoy qu'il en coûre,
En vrais moutons suivre
la même route,
intrer en lice, & courant
au hazard
,
Le disputer presque aux
maîtres de l'art.
Depuis le. temps la Mothe
* que ta plume
Sçut nous donner d'Ol
des un beau volume,
Combien d'auteurs qupietans
sur tes
droits, - Au ton de l'Ode ont ajuste
leur voix?
Plus d'autres vers , tout
chez eux devient
Odes,
Et déformais comme autant
de pagodes,
A ce seul point fixez également,
Ils nont plus tousqu'-
un meAme mouvement.
Je ris de voir leurs Muses
pulmoniques,
Impudemment pour Odes
pindariques
, Nous fredonner sur des
tons presque usez
Des Madrigaux en tfrophes
divisez.
Que dans son volle Poëce
-;Ss'éegagrea,re, Tout est permis en invo..t
quant Pindare,
De ce démon tout paroîc
possedé,
Et le Parnasse est d'Odes
inondé.
Irois-je encor me perdant
dans la nuë
De ces Meilleurs augmenter
la cohuë?
Non, j'aime mieux avec
moins de fracas
Me contenter d'un étage
plus bas.
Quant: à Maroc, il me
plaît, je ravÓuë, j
Pour bon Poëte en tout
v lieux on leloue,
Je le voudrois encorfromme,
de' bien,
Et me déplaît qu'ilfût un
peu vaurien,
Vous,l'imitez, telqu'il est.
je limitey',
Dans.son.stile, oui,mais
non dans sa conduite
Et n'a-t-il pas ce Lstile
quoyque yieuXj
Je ne sçai quoyde fin,de
gracieux?
Depuis longtemps Marot
plaît,
plait, on le goutc,
Si je fais mal en marchant
sur saroute,
se fuis helas ! par un pareil
endroit
Bien plus coupable encor
que l'on ne croit.
Tant que je puis, avec la
même audace
rose imiter Virgile, Homere,
Horace,
Grecs & Romains,auteurs
qui dans leurs temps
Vecûrent tous Payens &
mecrcans.
Si je le fais sans en être
blâmable,
Pourquoy me rend-il plus
coupable?
Un Heretique est» il pis
qu'un Payen?
Marot du moins, Maroc
éroit Chrétien.
Qu'on le condamne & que
l'on se recrie
Et sur l'erreur & sur rido.
latrie,
J'en fais de même, Se ma
foy. ni mes moeurs
Ne prendront rien jamais
de tels auteurs:
Mais pourcet art, cette
noble sinesse
Prisée- en France, à Rome
&dans la Grece ,
Puissaijehelas, ! puissài-je
': ren mes écrits
Suivre deloin ces merveil- leuxesprits,
Et recueillant des beautez
chez eux nées,
• Mais dans leurs vers trop
souventprofanées,
Sur des meilleurs & plus
dignes sujets
D'un pinceau chaste en répandre
les traits.
Tel au printemps qu'on
,
voit la fage abeille,
En voltigeant sur la rose
vermeille,
Laisser l'épine, & du suc,
de la fleur
Tirer pour nous un miel
plein de douceur. ',-
Sur ces leçons que l'abeille
lui donne
A petit bruit ma Muse se
\) façonne,
Et d'un auteur dontelle
prend le ton,- N'imire rien quece qu'il
ade bon.
Qu'il soit méchant/celerar,
hypocrite
De ses talens sans risque
l'on profite,
Et n'y pûc-onreüssir qu'à
demi,
Toûjours autant de pris sur
l'ennemi.
Désormais donc sur Marot qu'on (e taise,
Je n'en prends point de
teinture mauvaise,
Qu'on me laisse avec foin
éIlcremer,
Et que sans trouble on me
laisse rimer;
J'y suis fort sobre, & quoique
l'on en dise
y Je n'en fais pas métier &
marchandée.
A ces petits) mais doux
amusemens,
Ce que j'ai mis quelquefois
demomens, Qu'on les rassemble en heures&
journées,
- Ne fera pas six mois dans
uneannee.
C" peu de remps n'est point
un
-
temps perdu,
L'esprir ne peur toujours
être tendu,
L'un se repose, un autre se
promene,
Fais-je pis qu'eux en exerçantmaveine?
rj
Las d'un travail plus noble
& pluschrétien, Je fais des vers quand d'autrès
ne font rien.
Changeant de grain la terre
le repose,
En travaillant je fais la même
choie.
Ce changement de travail
& d'employ
Fut de tout temps un vrai
repos pour moy.
Personne enfin n'est parfait
dans la vie,
J'aime à rimer quand il
m'en prend envie.
De maints défauts dont je
suis luriné
Pour , mon malheur c'est le
plus obUine,
Défaut pourtant,qui quoyque
l'onen gronde,
Ne déplaît pas pourtant à
tout le monde.
Je me fuis vü par tels rers
dénigré,
Dont en bon lieu l'on m'a
fçû quelque gré.
Si j'ose même ici pour ma
défense
Sur ce point-là dire ce que
je pense
Tel me censure & me
damne bien haut
Qui dans son coeur m'absout
de ce défaut.
par /ui-m?rtle.
Qui Se des vers, des vers
encor fera;
C'est le moulin qui moulut&
moudra.
Contre l'étoile il n'est dé-
pit qui tienne,
Et je me cabre en vain contre
la mienne;
Malgré mes soins, ma Muse
prend l'essor
J'ai fait des , vers, & j'en
refais encor.
Que deleçons,&mêmeà
juste titre,
Ai-jeessuyé pourtant sur
cechapitre !
Aigres censeurs me l'ont
tant reproché,
Tant vrais amis m'ont sur
cela prêche:
Héquoy toûjours des vers?
êtes-vous sage?
Ah renoncez à ce vain badinage,
Occupez-vous, grave &
solide auteur,
D'un plus utile, & plus noble
labeur,
Et pour charmer nos coeurs
& nos oreilles,
Tournez ailleurs vos talens
& vos veilles.
Combien de fois, touché
derepentir,
Me suis- je vu prêt à me
convertir,
Honteux,' confus de mes
rimes passées,
Rimes
(Urïtep,cent fois par mes pkurs cffacecs?
J'avois jurecent fois d'un
coeur contr,
De ne tracer vers, ni grand ;, ni petit: Juré
:
àcent,fois, je l'avouë ma honte,
J'eus beau, jurer,Apol-
Ion nen tint conu
Fe.
Tyrancruel?il rit de nos
sermens,
Comme l'amour rit de
lemceeturxodveys ,aaimpeannitsen.t Je me trouvai penitent
infidèle,
En vray relais , embarque
de plus bel-
- le,
D'un nouveau feu je me
sentis bruler,
- -. Et malgré moy je vois
des vers couler.
Dans cet état de contrainte
cruelle,
- Plaignez-moy - vous dont
j'honore le zele,
Sages amis oJ , , j'écoute vos
leçons:
Mais j'en reviens toujours
à mes chan.
sons.
Pour vous, Censeurs, qui
de mes foibles rimes
Osez par tout me faire
autant de cri-
- mes
Exorcisez le démon qui
m'obsède
Ou , par pitié souffrez que
je lui cede.
Mais quoy rimer ainsi que
je l'ay fait,
Est-ce après tout un si
grave forfait ?
Vous écrivez ce qu'il
vous plaît en pro- se prof.,)
N'osay
- je en vers faire
la mêmechose?
Un sentiment par lui-meme
estimé
Est-il mauvais quand il
devient riméJ
Et dans des vers, d'ailleurs
- pleins d'innocence
L'ordre, le tour met -il
quelque indecence?
Censeurs malins) & peutêtre
jaloux,
Sidans mes vers j'offense
autre que vous,
Si la vertu, si l'austere
sagesse
- 1 » Y rrouve rien qui Ierfleureoulablesse,
Si froid auteur j'ennuie
enmesécrits
Condamnez-moy
,
j'ai tort,
& j'y souscris
:
Mais qu^rtd suivant uRç
injuste maxime,
Precisément sur ce point
- que je rime
Vous prétendrez me faire
mon procez,
Vous le ferez sans fruit &-
,
sans succez.
Or, rimez donc, dit cet
ami fidele:
Mais quel auteur prenezvous
pour modèle?
C'est une honte, y penfezvous,
Marot ?
Homme verreux & digne
du garrot,
Et dont jadis la Muse
évaporée
A grande peine échappa
la bourée : Défaites-vous de ce stile
badin,
Et laissant là Marot avec
dédain,
Dà'unlv'Ooldlegeer,elevezvous ; Pièce si noble & sifort à
,
la mode,
: Et dont le. chant h,ardi,
mélodieux, ,,', CharmelesRois,& Charme: les,Rois, &
touche jusqu'aux
Dieux.
Quiparle ainsicertes ne
connoît gueres
De l'Helicon lés loix &
les
mystees
; Esclaves nez du Dieu ca- ,.pricieux,
Dont le pouvoir règle
tout en ces lieux,.
Nous n'avons pas de
choixdans son Empire
, * Et nous chantons selon
qu'il nousinspire,'
Sans consultersur cela
nosfouhaitsy
Ce Dieu dispense à-
son
gré des bienfaits,
Donne à chacun en1le
faisant Poète
A l'un la lyre,àl'autrela
trcJmpette,1
A celuy-cichauffelebfbi
dequin,
Elevel'autre au Cothurne
f
diviny
Accorde à tel la force &
l'énergie,
Reduit tel autre à la tendre
etegie;
Dans lasatyre il rend l'unsans
égal,
Et borne l'autre au imple
•
Madrigal.
DDeetotouuss cc'eess' dons ',MMaarroott
n'eut en partage
Qu'un élégant & naïf ba-
¡ dinage,
Et si j'en aiquelque chose
hérité
Cest , un vernis de sa naïveté.
Sans m'égarer dansdes
routes sublimes,
De ce vernis je colore mes
rimes,
Et de ce simple & naïf
coloris
Mes-petits vers ont tire
tout leur prix.
Par ce recours,emprunte
si ma Mufe
Ne charme pas, pour le
moins elle amufe
»
Et per le
vray
qu'elle
joint au plaisant,
Quelquefois même instruit
en amusant.
e m'en tiens là sans toucher
à la lyre,
Qu'au Dieu des vers il
plut de m'interdire.
Pour ses cheris il reserve
ce don.
Laissons c hanter sur ce
sublimeton
Rousseau, la Mothe, &
tel autre génie
Qui de la lyre a conçu
l'harmonie,
Et n'allons pas, Poëtes
croassans,
De leurs concerts troubler
les doux accens.
De nos François, je ne
sçaurois m'en taire,
C'est la folie & l'écuëil
ordinaire;
Sriédanus unn gienere un auteur
D'imitateurs un nuage grossît.
Vous les voyez bienrôt,
quoy qu'il en coûre,
En vrais moutons suivre
la même route,
intrer en lice, & courant
au hazard
,
Le disputer presque aux
maîtres de l'art.
Depuis le. temps la Mothe
* que ta plume
Sçut nous donner d'Ol
des un beau volume,
Combien d'auteurs qupietans
sur tes
droits, - Au ton de l'Ode ont ajuste
leur voix?
Plus d'autres vers , tout
chez eux devient
Odes,
Et déformais comme autant
de pagodes,
A ce seul point fixez également,
Ils nont plus tousqu'-
un meAme mouvement.
Je ris de voir leurs Muses
pulmoniques,
Impudemment pour Odes
pindariques
, Nous fredonner sur des
tons presque usez
Des Madrigaux en tfrophes
divisez.
Que dans son volle Poëce
-;Ss'éegagrea,re, Tout est permis en invo..t
quant Pindare,
De ce démon tout paroîc
possedé,
Et le Parnasse est d'Odes
inondé.
Irois-je encor me perdant
dans la nuë
De ces Meilleurs augmenter
la cohuë?
Non, j'aime mieux avec
moins de fracas
Me contenter d'un étage
plus bas.
Quant: à Maroc, il me
plaît, je ravÓuë, j
Pour bon Poëte en tout
v lieux on leloue,
Je le voudrois encorfromme,
de' bien,
Et me déplaît qu'ilfût un
peu vaurien,
Vous,l'imitez, telqu'il est.
je limitey',
Dans.son.stile, oui,mais
non dans sa conduite
Et n'a-t-il pas ce Lstile
quoyque yieuXj
Je ne sçai quoyde fin,de
gracieux?
Depuis longtemps Marot
plaît,
plait, on le goutc,
Si je fais mal en marchant
sur saroute,
se fuis helas ! par un pareil
endroit
Bien plus coupable encor
que l'on ne croit.
Tant que je puis, avec la
même audace
rose imiter Virgile, Homere,
Horace,
Grecs & Romains,auteurs
qui dans leurs temps
Vecûrent tous Payens &
mecrcans.
Si je le fais sans en être
blâmable,
Pourquoy me rend-il plus
coupable?
Un Heretique est» il pis
qu'un Payen?
Marot du moins, Maroc
éroit Chrétien.
Qu'on le condamne & que
l'on se recrie
Et sur l'erreur & sur rido.
latrie,
J'en fais de même, Se ma
foy. ni mes moeurs
Ne prendront rien jamais
de tels auteurs:
Mais pourcet art, cette
noble sinesse
Prisée- en France, à Rome
&dans la Grece ,
Puissaijehelas, ! puissài-je
': ren mes écrits
Suivre deloin ces merveil- leuxesprits,
Et recueillant des beautez
chez eux nées,
• Mais dans leurs vers trop
souventprofanées,
Sur des meilleurs & plus
dignes sujets
D'un pinceau chaste en répandre
les traits.
Tel au printemps qu'on
,
voit la fage abeille,
En voltigeant sur la rose
vermeille,
Laisser l'épine, & du suc,
de la fleur
Tirer pour nous un miel
plein de douceur. ',-
Sur ces leçons que l'abeille
lui donne
A petit bruit ma Muse se
\) façonne,
Et d'un auteur dontelle
prend le ton,- N'imire rien quece qu'il
ade bon.
Qu'il soit méchant/celerar,
hypocrite
De ses talens sans risque
l'on profite,
Et n'y pûc-onreüssir qu'à
demi,
Toûjours autant de pris sur
l'ennemi.
Désormais donc sur Marot qu'on (e taise,
Je n'en prends point de
teinture mauvaise,
Qu'on me laisse avec foin
éIlcremer,
Et que sans trouble on me
laisse rimer;
J'y suis fort sobre, & quoique
l'on en dise
y Je n'en fais pas métier &
marchandée.
A ces petits) mais doux
amusemens,
Ce que j'ai mis quelquefois
demomens, Qu'on les rassemble en heures&
journées,
- Ne fera pas six mois dans
uneannee.
C" peu de remps n'est point
un
-
temps perdu,
L'esprir ne peur toujours
être tendu,
L'un se repose, un autre se
promene,
Fais-je pis qu'eux en exerçantmaveine?
rj
Las d'un travail plus noble
& pluschrétien, Je fais des vers quand d'autrès
ne font rien.
Changeant de grain la terre
le repose,
En travaillant je fais la même
choie.
Ce changement de travail
& d'employ
Fut de tout temps un vrai
repos pour moy.
Personne enfin n'est parfait
dans la vie,
J'aime à rimer quand il
m'en prend envie.
De maints défauts dont je
suis luriné
Pour , mon malheur c'est le
plus obUine,
Défaut pourtant,qui quoyque
l'onen gronde,
Ne déplaît pas pourtant à
tout le monde.
Je me fuis vü par tels rers
dénigré,
Dont en bon lieu l'on m'a
fçû quelque gré.
Si j'ose même ici pour ma
défense
Sur ce point-là dire ce que
je pense
Tel me censure & me
damne bien haut
Qui dans son coeur m'absout
de ce défaut.
Fermer
Résumé : APOLOGIE D. P. D. C. par lui-même.
L'auteur exprime sa passion inébranlable pour l'écriture poétique, malgré les critiques et les conseils de ses amis et censeurs. Ces derniers lui reprochent de gaspiller son temps avec des 'vains badinages' et lui suggèrent de se consacrer à des œuvres plus utiles et nobles. L'auteur avoue avoir souvent été tenté d'abandonner la poésie, mais il se retrouve toujours attiré par elle, se décrivant comme un 'pénitent infidèle' incapable de résister à l'inspiration poétique. L'auteur reconnaît les critiques sur la qualité de ses rimes mais défend son droit de s'exprimer en vers, comparant cela à l'écriture en prose. Il affirme que ses vers sont innocents et ne contiennent rien de répréhensible. Il mentionne également qu'il n'a pas choisi Marot comme modèle, bien qu'il admire son style badin et élégant. Il se compare à une abeille qui butine les fleurs pour en tirer du miel, imitant les grands auteurs sans en copier les défauts. L'auteur conclut en affirmant qu'il écrit des vers pour se détendre et se reposer, sans que cela nuise à ses autres activités. Il reconnaît avoir un défaut, mais ce défaut n'est pas universellement condamné. Il finit par dire qu'il aime rimer quand il en a envie, malgré les critiques.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
1670
p. 251-257
LES DEUX FORTUNES. FABLE.
Début :
Deux hommes voyageants un jour, [...]
Mots clefs :
Fortune, Savoir
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LES DEUX FORTUNES. FABLE.
LES DEUX FORTUNES.
FABLE.
DEux hommes voyageants
un jour,
- Enchemintrouvèrent Mercure,
Ce Dieu les attendoit au
bout d'un carrefour,
Sous son immortelle figure.
Les voiladevant luy dans
une humble posture:
Levez-vous, leur dit il,&
me faites sçavoir
En quel lieu vous allez, quel
desseinestlevostre?
Nous allons
,
dirent ils, à
Preneste pour voir
Quel doit estre le fort & de
l'un, & de l'autre.
Vous pouvez, leur répond
leDieu,
Le sçavoir aisement sans aller
à Preneste,
Sans partir mesme de ce
lieu.
Car je fuis envoyé de la
voute celeste
Par le maistre absolu du deC.
tin des humains,
Pour vous faire sçavoir que
de vostre fortune
Il remet le choix dans vos
mains.
Mais comme la race morcelle.,
Connoist deux fortunes
pour elle,
Et que les deux differents
noms,
Dont parmi vous on les appelle,
Ne sont pas ceux dont nous
usons.
Pour choisir avec connoifsance
,
Ecoutez de toutes les deux
La veritable difference.
La mauvaise fortune a des
dehors fascheux,
Aux méprix elle est exposée,
Et la vie avec elle est dure ôc
mal aisée;
Mais ce quelle a d'avance
geux
C'est qu'elle forme à lafa-,
gesse
;
Que pour la temperance, &I
pour la fermeté
C'efl: une excellente mai-f
trefle,
Qu'elle est contraire à lamolesTe,
Etquelle aime la vérité.
Quant à l'autre fortune à
qui lemonde donne
Le nom favorable de bon*
ne,
Elle a d'agreables dehors.
Elle dispose des trésors
,
Et l'abondancel'environne.
A sa fuite font les plaisirs,
Rien ne s'oppose à ses desirs>
Par tout elle a la préseance,
Autour d'elle tout est fournis;
Mais par malheur en recompense,
Elle est sujette à l'arrogance
, Elle n'a point de vrais amis,
D'ordinaire enfin pour tout
dire,
EUe n'a point de favoris
Dont le coeur ne devienne
pire.
Je n'en veux point estre à
ce prix
Dit l'un des voyageurs; l'autre dit au contraire,
J'en veux bien courir le hasard
, ---
Et des biens, & des maux du
choix qu'ils sçavent faire:
Ils eurent chacun d'eux
dans la suite leur part.
Mercure de leur choixchargéde
rendre compte,
,
Fend lesairs, & d'une aile
prompte
Enporte la nouvelle aux
Çieux,
deux,
Le bruit en mesmetemps
s'en répandentous lieux,
Et divers jugements des
choix divers se firent.
A l'un les Mortels applaudirent,
L'autre sur approuvé des
Dieux.
Laine.
FABLE.
DEux hommes voyageants
un jour,
- Enchemintrouvèrent Mercure,
Ce Dieu les attendoit au
bout d'un carrefour,
Sous son immortelle figure.
Les voiladevant luy dans
une humble posture:
Levez-vous, leur dit il,&
me faites sçavoir
En quel lieu vous allez, quel
desseinestlevostre?
Nous allons
,
dirent ils, à
Preneste pour voir
Quel doit estre le fort & de
l'un, & de l'autre.
Vous pouvez, leur répond
leDieu,
Le sçavoir aisement sans aller
à Preneste,
Sans partir mesme de ce
lieu.
Car je fuis envoyé de la
voute celeste
Par le maistre absolu du deC.
tin des humains,
Pour vous faire sçavoir que
de vostre fortune
Il remet le choix dans vos
mains.
Mais comme la race morcelle.,
Connoist deux fortunes
pour elle,
Et que les deux differents
noms,
Dont parmi vous on les appelle,
Ne sont pas ceux dont nous
usons.
Pour choisir avec connoifsance
,
Ecoutez de toutes les deux
La veritable difference.
La mauvaise fortune a des
dehors fascheux,
Aux méprix elle est exposée,
Et la vie avec elle est dure ôc
mal aisée;
Mais ce quelle a d'avance
geux
C'est qu'elle forme à lafa-,
gesse
;
Que pour la temperance, &I
pour la fermeté
C'efl: une excellente mai-f
trefle,
Qu'elle est contraire à lamolesTe,
Etquelle aime la vérité.
Quant à l'autre fortune à
qui lemonde donne
Le nom favorable de bon*
ne,
Elle a d'agreables dehors.
Elle dispose des trésors
,
Et l'abondancel'environne.
A sa fuite font les plaisirs,
Rien ne s'oppose à ses desirs>
Par tout elle a la préseance,
Autour d'elle tout est fournis;
Mais par malheur en recompense,
Elle est sujette à l'arrogance
, Elle n'a point de vrais amis,
D'ordinaire enfin pour tout
dire,
EUe n'a point de favoris
Dont le coeur ne devienne
pire.
Je n'en veux point estre à
ce prix
Dit l'un des voyageurs; l'autre dit au contraire,
J'en veux bien courir le hasard
, ---
Et des biens, & des maux du
choix qu'ils sçavent faire:
Ils eurent chacun d'eux
dans la suite leur part.
Mercure de leur choixchargéde
rendre compte,
,
Fend lesairs, & d'une aile
prompte
Enporte la nouvelle aux
Çieux,
deux,
Le bruit en mesmetemps
s'en répandentous lieux,
Et divers jugements des
choix divers se firent.
A l'un les Mortels applaudirent,
L'autre sur approuvé des
Dieux.
Laine.
Fermer
Résumé : LES DEUX FORTUNES. FABLE.
Dans la fable 'Les Deux Fortunes', deux voyageurs rencontrent Mercure, qui leur offre de choisir leur fortune sans se rendre à Preneste. Mercure distingue deux types de fortunes : la mauvaise, qui, bien que difficile, enseigne la patience, la fermeté et la vérité, et la bonne, qui procure des plaisirs et des richesses mais peut mener à l'arrogance et à l'absence d'amis sincères. Le premier voyageur refuse la bonne fortune, tandis que le second l'accepte. Mercure rapporte leurs choix aux cieux, où les avis divergent : les mortels approuvent le premier choix, tandis que les dieux approuvent le second.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
1671
p. 270-274
LE CYGNE FABLE ALLEGORIQUE.
Début :
La Gent Cygne, & la Gent Heronne, [...]
Mots clefs :
Cygne, Roi, Gloire, Paix, Plaisir
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LE CYGNE FABLE ALLEGORIQUE.
LE CYGNE
FABLE ALLEGORIQUE.
LA Gent Cygne, & la
GentHèronne,
Pour un canal à sable d'or
Contestoient; la pesche estoitbonne;
Chacun vouloit avoir &
poisons,& trésor.
La guerre se declare
,
&!
tambours, & trompettes
Des Combats donnentle
signal;
Troupes bien lestes
,
bien!
& completres,
Desja des deux costez suivent
leur General.
Mais le Roy Cygne, habile
entre tous les Monarques,
A connoistre ses gents, à les
bien employer,
Se servoit d'un Hector,vray
substitut des Parques,
Ne tout exprés pour guerroyer.
L'Hector Cygne aux Herons
livre mainte bataille;
lJeoint eunsembrle rufe, & va- Les surprend, en pieces les
taille,
Est blessé cependant: Vulcain
de sa tenaille
N'avoit pas travaillé le harnois
du seigneur,
Mais au combat rentré, de
victoire en victoire,
Il reduit les Herons à souhaiter
la paix.
Le Roy Cygne consent à
combler leurs souhaits;
C'est son Hector qui traite;
& pourcomble de gloire
Il est tout à la fois & le
triomphateur,
Et l'heureux pacificateur.
Ainsi par cette paix insigne,
Où le Heron se vit fournis,
Le canal reste au peuple
--
Cygne,
D'ailleurs quittes & bons
amis.
Quant au Cygne guerrier,
ses faits,sa grandeur,
d'ame
»
Eurent leur prix, Apollon
le reclame,
D'olive & de laurier le couronne
à plaisir ;
De plus luy fait un doux
loisir.
Le voila transporté sur les
bords du Permesse,
Où tout est charmé de ses
fons.
La troupe desneuf soeurs
autour de luy s'empresse
Il rend caresse , pour caresse;
Leur plaisir est sa gloire &
le sien leurs chansons.
FABLE ALLEGORIQUE.
LA Gent Cygne, & la
GentHèronne,
Pour un canal à sable d'or
Contestoient; la pesche estoitbonne;
Chacun vouloit avoir &
poisons,& trésor.
La guerre se declare
,
&!
tambours, & trompettes
Des Combats donnentle
signal;
Troupes bien lestes
,
bien!
& completres,
Desja des deux costez suivent
leur General.
Mais le Roy Cygne, habile
entre tous les Monarques,
A connoistre ses gents, à les
bien employer,
Se servoit d'un Hector,vray
substitut des Parques,
Ne tout exprés pour guerroyer.
L'Hector Cygne aux Herons
livre mainte bataille;
lJeoint eunsembrle rufe, & va- Les surprend, en pieces les
taille,
Est blessé cependant: Vulcain
de sa tenaille
N'avoit pas travaillé le harnois
du seigneur,
Mais au combat rentré, de
victoire en victoire,
Il reduit les Herons à souhaiter
la paix.
Le Roy Cygne consent à
combler leurs souhaits;
C'est son Hector qui traite;
& pourcomble de gloire
Il est tout à la fois & le
triomphateur,
Et l'heureux pacificateur.
Ainsi par cette paix insigne,
Où le Heron se vit fournis,
Le canal reste au peuple
--
Cygne,
D'ailleurs quittes & bons
amis.
Quant au Cygne guerrier,
ses faits,sa grandeur,
d'ame
»
Eurent leur prix, Apollon
le reclame,
D'olive & de laurier le couronne
à plaisir ;
De plus luy fait un doux
loisir.
Le voila transporté sur les
bords du Permesse,
Où tout est charmé de ses
fons.
La troupe desneuf soeurs
autour de luy s'empresse
Il rend caresse , pour caresse;
Leur plaisir est sa gloire &
le sien leurs chansons.
Fermer
Résumé : LE CYGNE FABLE ALLEGORIQUE.
La fable allégorique 'Le Cygne' relate une dispute entre les cygnes et les hérons pour un canal à sable d'or riche en poissons et en trésors. Une guerre éclate, marquée par des tambours et des trompettes. Le roi cygne, connu pour son habileté à utiliser ses sujets, désigne Hector, un guerrier valeureux, pour mener les batailles. Malgré ses blessures, Hector remporte plusieurs victoires, forçant les hérons à demander la paix. Le roi cygne accepte et nomme Hector négociateur, le rendant ainsi triomphateur et pacificateur. La paix est conclue, et le canal reste aux cygnes, tandis que les deux parties deviennent amies. En récompense, Apollon couronne Hector d'olive et de laurier, lui offrant un doux loisir sur les bords du Permesse, entouré et honoré par les neuf sœurs (les Muses), trouvant sa gloire dans leur plaisir et leurs chansons.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
1672
p. 274-275
AU ROY EIPGRAMME.
Début :
Grand Roy que l'Europe revere, [...]
Mots clefs :
Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AU ROY EIPGRAMME.
AU ROY
EIPCRAMME.
GRand Roy que l'Europe
revere,
Villars a fait pour vous d'une
bouche sincere
Un discours éloquent, fin,
juste, bien suivi,
Plus on le lit, plus on l'admire,
En un mot, Grand Roy,
c'est tout dire,
Villars vous a loüé, comme
il vous a servi.
DE LAMONOYE.
EIPCRAMME.
GRand Roy que l'Europe
revere,
Villars a fait pour vous d'une
bouche sincere
Un discours éloquent, fin,
juste, bien suivi,
Plus on le lit, plus on l'admire,
En un mot, Grand Roy,
c'est tout dire,
Villars vous a loüé, comme
il vous a servi.
DE LAMONOYE.
Fermer
1673
p. 278-279
ENVOY.
Début :
Il joint à ces vers une prose fort coulante & fort / Nous estions ce matin sur l'Enigme premiere [...]
Mots clefs :
Pot de chambre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENVOY.
Il joint à ces vers une
prose fort coulante & fort
vive, à laquelle il ajouste
cet Envoy sur le mot de la
ppremieare Esnigmse déu mo.is
E N V O Y.
NOus eflions ce matin
sur l'Enigme premiere
Cinq ousix reiflus afournirla
Carriéré:
Chacun defin cossés'alambiquoittefpnt>
Quand tout d)un coup
jimjnteaussi fine que
l'ambre
Se leve brufiJuement, f5
courant a fin lit s
Adroitement du pied range
jon P
prose fort coulante & fort
vive, à laquelle il ajouste
cet Envoy sur le mot de la
ppremieare Esnigmse déu mo.is
E N V O Y.
NOus eflions ce matin
sur l'Enigme premiere
Cinq ousix reiflus afournirla
Carriéré:
Chacun defin cossés'alambiquoittefpnt>
Quand tout d)un coup
jimjnteaussi fine que
l'ambre
Se leve brufiJuement, f5
courant a fin lit s
Adroitement du pied range
jon P
Fermer
1674
p. 280-283
ENIGME.
Début :
L'Enigme suivante est de la belle image .... / La main qui nous fait nous destine [...]
Mots clefs :
Ciseaux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
L'Enigme suivante est de
la
labelle image
ENIGME.
LA main qui nous fait
nous destine
Amilleusagesdifférents,
Ellenous1 cuit, nous b7 at)
noustrempe f5 nous
rafine,
Pour nousfaireservir aux
petits comme aux
grands.
Nous femmes enfants de
laterre*
On nous arracie de [es
flancs:
Souvent notre merea la
guerre
Oste la vie a bien desgens.
Noussommes longs, aigus)
larges ,grands f5
petits,
Nousservons deux un mêmemaijîrey
1Et noussommes tous deux peut-estre
Leplusutiledes outils.
(,'estde nous que sifertla
hainede la Parque
Pour abbreger le fort des
malheureux mortels,
Enfin c'est nous (Ourvent
quon trattte de cruels,
Quandïimplacablemort
s'empare d'un Monarque.
AUTRE
la
labelle image
ENIGME.
LA main qui nous fait
nous destine
Amilleusagesdifférents,
Ellenous1 cuit, nous b7 at)
noustrempe f5 nous
rafine,
Pour nousfaireservir aux
petits comme aux
grands.
Nous femmes enfants de
laterre*
On nous arracie de [es
flancs:
Souvent notre merea la
guerre
Oste la vie a bien desgens.
Noussommes longs, aigus)
larges ,grands f5
petits,
Nousservons deux un mêmemaijîrey
1Et noussommes tous deux peut-estre
Leplusutiledes outils.
(,'estde nous que sifertla
hainede la Parque
Pour abbreger le fort des
malheureux mortels,
Enfin c'est nous (Ourvent
quon trattte de cruels,
Quandïimplacablemort
s'empare d'un Monarque.
AUTRE
Fermer
1675
p. 283-285
AUTRE Du bel emplastre, qui fait plus de vers qu'un autre n'en peut lire.
Début :
Je suis & j'ay tousjours esté, de l'aveu des mortels, [...]
Mots clefs :
Tête
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE Du bel emplastre, qui fait plus de vers qu'un autre n'en peut lire.
AUTRE
Du bel emplastre, qui fait
plus devers qu'un autre
n'en peut lire.
J Efùis e5 faytousjours
esté, de laves des
mortels,
Le plus bel ornement du
monde,
Ma figure est ovale ou
ronde
Et les Lumainsf Jouvent
m'ont dressé des Autels.
Jefuis de tous leursJoins le
redoutablearbitre
Sages ou criminels pAr
moy>
Je leursfais en tout temps
laloy,
Et c'ejl enfin a moy quç
chacun doitJon titre.
Je fais mouvoir tous les ressorts
Des loix f5 de la Politique
Etcess par moyquesans
efforts
Tout le mondes'explique.
On me voit souventchanceler
Et tout J'ordre de mes
organes
Est enveloppéde membranes
Quon peut aisément é.
branler.
Du bel emplastre, qui fait
plus devers qu'un autre
n'en peut lire.
J Efùis e5 faytousjours
esté, de laves des
mortels,
Le plus bel ornement du
monde,
Ma figure est ovale ou
ronde
Et les Lumainsf Jouvent
m'ont dressé des Autels.
Jefuis de tous leursJoins le
redoutablearbitre
Sages ou criminels pAr
moy>
Je leursfais en tout temps
laloy,
Et c'ejl enfin a moy quç
chacun doitJon titre.
Je fais mouvoir tous les ressorts
Des loix f5 de la Politique
Etcess par moyquesans
efforts
Tout le mondes'explique.
On me voit souventchanceler
Et tout J'ordre de mes
organes
Est enveloppéde membranes
Quon peut aisément é.
branler.
Fermer
1676
p. 149-174
LE TOMBEAU DE BOILEAU. SATYRE.
Début :
Quelle sombre tristesse attaque tes esprits ? [...]
Mots clefs :
Boileau, Auteur, Poète, Horace, Université, Barbin, Public
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LE TOMBEAU DE BOILEAU. SATYRE.
LE TOMBEAU
DE BO 1LEAU,
SATYRE.
Quellesombre tristesse attaque
tes esprits ?
Lechagrinsurtonfront est
gravépar replis,
Qu'as-tufait de ceteint où
lajeunesse brille?
Jetevois plusrêveurqu'un
enfantd famille,
Qui courant vainement,
cherche depuis unmois
Quelque bonneUsurier
qui prête audeniertrois.
Ou qu'un tuteur tremblant
qui voit leverles
lustres
Pour éclairerbien-tostses
fittira illustres.
Quandle Partere en main
tient lesifflettoutprest,
Et luy va sansappel prononcersonArrest.
Ma douleur,cher Ami,
paroît avecjustice,
Cen'est pointen cejourun
effetdecaprice;
Mepompeuxattiraild'un
funesteConfvoy
Vientdesaisirmon coeurde
douleur&d'effroy,
Mesyeux ont vu passer
danslaplaceprochaine
DesMenins de la Mort
une troupe inhumaine;
De Pedans mal peignez,
un bataillon crotté,
Descendoit à paslents à
l'Université.
Leurs longs manteaux de
, :, àterre, A leurs crespesflottans les
mntsfaisoientlagutr*
rt';
Et chacun à la main avott
pïûpowjkitâbeau,
V#Umttj*di*:-?vertpour
orner untombeau,
J'ay vû parmi Içs rangs
malgréI4fouleextre*
me
Dc'"ml!inl Auteur dolent
lafaceseche&blefme.
fyey#Grecs& denxiLa*
tins escortotent le cereueil,
Et le mouchoirenmain
Barbinmenoitle deuil
pour qui crois-tu que nur*
che une telle ~oronnance.?
Ce lugubre appareil, cette
noire affluence?
D'unPoëte deffuntplains
lefunestesort,
l'Université pleure
, (7:
Despreauxestmort.
Ilestmort, c'enestfait,sa
Satyre ~T/~
Enfant infortuné d'une
plume infidelle,
Dont la Ville,&la Cour
ontfaitsipeu decas,
L'avoit déjà conduitaux
-
portes dutrépas.
Quandles cruelsefets d'une
derniere rage
L'ontfaitenfinpartirpour
cederniervoyage,
Ilcroyoit qu'Hipocrene,&
," sonpluspurcristal
Nedevoitquepour luy couleràpleincanal;
Mais apprenant qu'un au*
tre anime par lagloire
Avoit beureusementdans
Il sasourceose boire , frémit,&perce du fini
mortedépit,
Par l'ordred'Apollonilva
semettre 414 lit.
Tu ris: de tous les maux
déchaînezsur la terre
Pour livreraux Auteurs
une cruelle guerre:
Sçàis-tu bienque l'envieest
le plus dangereux?
Ils n'ontpoint d'antidoteÀ
ce poison affreux.
Un Poete aisement aidé
par lanature
Souffrelafaim,lafoif., le
Soleil
,
la fro dure,
Porte,sansmurmurer,dix
ans le même habit>-
N'a que les quatre murs
l'hiverpour tour deht*-
D'unGrand qui le nourrit ilsouffrelessaccades,
Son dosmêmeendurci si
, fait aux bastonnadesJ-'
Mais voit-ilsur lesrangs
quelqu'un se presenter,,
Et cüeillirdes lauriersqu'il
croitjcuL meriter.
Au bon goustà venirsoudainilenappelle,
AusieclepervertisaMuse
faitquerelle*
Achaque coin de ruèïlcrie,
-JO temps! omoeurs!
Lepoison cependant,augmentesesardeurs^
Etles dépits cruels ,les noires
jalousies
,
Fontàlafin l'effetdevingt
apoplexies.
quehérofiss,jourlleCini. ours leCini.
Dontun triste cercueilgardeàpresentlesos
Maissesentant voisin de l'infernalerive,
Et toutprest d'exalerson
amefugitive,
Il demandaparggrarâccee,,,&&
dunefablevoix
D'embrasser se-ç enfant
pourladernierefois.
Deux valetsaussi-tostses
dignesSecretaires I
Apportentprés de luy des
milliersd'exemplaires.
Lelitpar trop chargégemit j
souslespacquets,
Etl'Auteurmoribond dit
cesmotsparhocquets. 0 vous, mes tristes vers,
dignes objets d'envie,
JVJ)IN dont fattenst*hon~
., nveuired'u.n,e lfeéccoonnddér
PMiffitZJ-rzJOUJ:échAJler.m
naufragedesjins, Etbraverajamais £ignorance
,&Letemps,
jfenevous'verrayplus,déjà lamorthideuse
Autour de mon chevetétend
uneaile affreuse;
JMaisjt meurssans regret
dans
1
untemps dépravé;
> .- f-
Oùle mauvaisgoustregne,
&va lefront levé.
*QnlePublicsngrat,tnjidele,
perfide).
T,rouveMA veine usee, dl monstileinsipide
Moy,qui me,crusfadisa
Régnierpréfère.
Que dirontnosNeveux!
Regnardm'etfcomparé,
•Luyqùifendantdixansdu
Couchant
CouchantaL'Aurore
Errachez le Lapon&ramachezle
Maure.
Luy quinesçutjamaisnyle
Grecnyl'Hebreu.
Qui jcuajour&nuit,fîF
grandchcre&bonfeu;
Est- ce ainsi qu'autrefois
dansmavieillesouspente
Allâ,irombi-e- lueur d'une
lampe puante J'appris j pour mes pechez,
l'artdefairedesvers,
Feuilletantlesreplis de cent
Bouquinsdivers? ,
N'est-ce doncqu'enbuvant
que l'on imite Horace?
Par dessentiers defleurs , monte-t-onauParnasse?
Ce Regnardcependantvoit
éclatersestraits.
Quand mes derniers écrits
font en proye aux laquais\
0rage, ôdesespoir, ôvieillesse
ennemie!
Aprés tant de travaux
surlafin de ma vie
Par un nouvel Athlète on
meverra vaincu
Etjevis. Nonje meurs.. fayde)atropvécu,
ji ces mots bégayez, que la ".:
fureurinfvire,
Bbileaufermelesyeux,pen-
-
chela teste,expire.
Le bruit decette mort dans
lepaysLatin
Se répandaussî-lost&vole
chezBarbin.
La
, dans l'enfoncement
d'unearriere^boutique,
Safemmeétaleenvainson
embonpointantique,>
Etfaisant le débit de cent livresmauvais , Amuseun cercle entier des ,oisifs du Palais,
Là le vieux Presidenta
toujoursessceances,
Là le jeune, Avocat vient
prendreseslicences
Et le blond Senateur en
quittant leBarreau,
Vientpeignersaperruque,
&prendreson chapeau;
C'est là que le Chanoine au
sortirduservice,
Vientenaumusse encore a~
cheversonoffice.
Etqu'on voitàmidy maint
Auteur du menu
Surle projet d'un Livre
emprunterun écu.
Dansce Licée étroit cette
mortimprévue
Fut par les assistansdiversement
reçûë.
Acasteensoupira
3
le Li- braireengemt, -Crispe en eut l'oeil humide,
& Perraultensount;•-
Pendant qu'on doute encor
de la triste nouvelle
Arijitarrivéenpleurs, (:l,
suruneescabelle
Au milieu du Perron se
plaçanttristement.
Lut
-
au Cercle ces mots
extraits duTestament
EnThonneur d'Apollon à
jamaisjesouhaite
\Auxyeux de l'Universvi-
-
vre&mourirPoète,
J'en eustoute ma'V«,(9'
t'air,&lemaintien,
JMais desirantmourir en
Poëtechrestien
Je declare au Publicqueje
veux que l'on rende,
[Ce qu'à bon droitsurmoy
Juvenal redemande,
Quandmon Livreseroitré-
--
4-r- duitàdixfeüillets,
Jeveuxreflitusr les larcins
quej'ayfaits.
Si de cesvolshonteuxl'audaceefloitpunie,
Vne rame àla mainj'auroisfini
mavie,
Las d'estre simpleauteur
entésurdu Latin,
Tour imposerauxsots je
tradmfois Longin.
Maisj'avoue en mourant
quejel'ay mis en masque,
., Etque j'entendsleGrec,
aussipeu que le Basque,
Sur tout de noirs remords
mon espritagité,
Faitamandehonorable au
beau Sexe irrité,
jiu milieu des Pedans
nourrytoute mavie
J'ignoraylebeau monde,&
, lagalanterie, i
Et le coeur d'une Irispleine
demille attraits 4
Est
Estune terreaustralleoùje
n'allayjamais.
Jelaiseà mon valet dequoi
lever boutique
Des restes méprisezd'une
- Ode Pindarique,
Qu'on vit à sa naissance
expirerdans Paris:
On le verroitbien-tostrouler
en chevaux gis,
Si le langage obscuremploïé
dans cette Ode
Pouvoit unjourenfin devenirà
la mode.
Item, mais à ce mot chez
l'HorlogeurleRoux,
.La Pendulles'émeut,sonne
-
&frappedixcoups,
Alidoraussi-tost rempli
d'impatience
D'undélaicriminelaccuse
l'ajfifiance,
Faitvoir queletempspres-
,. se , & qu'il faut en
, granddeüil
Dans une heure au plus
tardescorterlecercüeil,
Il dit,&dans l'instanton
vitla Compagnie
Se lever bruspuementpour
la Ceremonie,
L'un court chezson Ami9
l'autre chez, un Frippier
Endosser l'attirail d'un
nouvel heritier,
Perrin d'un vieil bahut
d'oùpenduneserrure,
Tirasonjustaucorpsfaitau
deüil de Voiture,
Dont le coude entr'ouvert
reçut plus d'un échec
Envoulantle vêtir, tant il
se trouvasec.
Pradon, leseul Pradon eut
assez de courage
D'entrerchez, un Drapier
-
&d'un humble langage
., Pour quatre aulnes de drap
estimezvingtecus
Proposer un Billet signé
Germanicus.
Enfin midy sonnant cette
lugubre escorte
S'estsaisie aujourd'huy du
Deffuntsursaporte,
Et promenant ses os de
quartieren quartier
Le conduit au Parnasse en
songitedernier;
C'est-laqu'on va porterses
funebres reliques
Dansla cave marquée aux
Auteurssatiriques.
Là, sur un marbre offert
aux yeux de l'Univers
Encaractere d'or ongrave
ra ces vers.
Cy gist Maître Boileau
qui vécut de médire,
Et qui mourut aussiparun
traitdesatire:
Le coup qu'il assenaluyfut
enfinrendu.
Sipar malheur unjourson
livre estoitperdu,
A le chercher bien loin
Passant ne t'ernbataj^
se.
Tu le retrouveras tout entier
dans Horace.
DE BO 1LEAU,
SATYRE.
Quellesombre tristesse attaque
tes esprits ?
Lechagrinsurtonfront est
gravépar replis,
Qu'as-tufait de ceteint où
lajeunesse brille?
Jetevois plusrêveurqu'un
enfantd famille,
Qui courant vainement,
cherche depuis unmois
Quelque bonneUsurier
qui prête audeniertrois.
Ou qu'un tuteur tremblant
qui voit leverles
lustres
Pour éclairerbien-tostses
fittira illustres.
Quandle Partere en main
tient lesifflettoutprest,
Et luy va sansappel prononcersonArrest.
Ma douleur,cher Ami,
paroît avecjustice,
Cen'est pointen cejourun
effetdecaprice;
Mepompeuxattiraild'un
funesteConfvoy
Vientdesaisirmon coeurde
douleur&d'effroy,
Mesyeux ont vu passer
danslaplaceprochaine
DesMenins de la Mort
une troupe inhumaine;
De Pedans mal peignez,
un bataillon crotté,
Descendoit à paslents à
l'Université.
Leurs longs manteaux de
, :, àterre, A leurs crespesflottans les
mntsfaisoientlagutr*
rt';
Et chacun à la main avott
pïûpowjkitâbeau,
V#Umttj*di*:-?vertpour
orner untombeau,
J'ay vû parmi Içs rangs
malgréI4fouleextre*
me
Dc'"ml!inl Auteur dolent
lafaceseche&blefme.
fyey#Grecs& denxiLa*
tins escortotent le cereueil,
Et le mouchoirenmain
Barbinmenoitle deuil
pour qui crois-tu que nur*
che une telle ~oronnance.?
Ce lugubre appareil, cette
noire affluence?
D'unPoëte deffuntplains
lefunestesort,
l'Université pleure
, (7:
Despreauxestmort.
Ilestmort, c'enestfait,sa
Satyre ~T/~
Enfant infortuné d'une
plume infidelle,
Dont la Ville,&la Cour
ontfaitsipeu decas,
L'avoit déjà conduitaux
-
portes dutrépas.
Quandles cruelsefets d'une
derniere rage
L'ontfaitenfinpartirpour
cederniervoyage,
Ilcroyoit qu'Hipocrene,&
," sonpluspurcristal
Nedevoitquepour luy couleràpleincanal;
Mais apprenant qu'un au*
tre anime par lagloire
Avoit beureusementdans
Il sasourceose boire , frémit,&perce du fini
mortedépit,
Par l'ordred'Apollonilva
semettre 414 lit.
Tu ris: de tous les maux
déchaînezsur la terre
Pour livreraux Auteurs
une cruelle guerre:
Sçàis-tu bienque l'envieest
le plus dangereux?
Ils n'ontpoint d'antidoteÀ
ce poison affreux.
Un Poete aisement aidé
par lanature
Souffrelafaim,lafoif., le
Soleil
,
la fro dure,
Porte,sansmurmurer,dix
ans le même habit>-
N'a que les quatre murs
l'hiverpour tour deht*-
D'unGrand qui le nourrit ilsouffrelessaccades,
Son dosmêmeendurci si
, fait aux bastonnadesJ-'
Mais voit-ilsur lesrangs
quelqu'un se presenter,,
Et cüeillirdes lauriersqu'il
croitjcuL meriter.
Au bon goustà venirsoudainilenappelle,
AusieclepervertisaMuse
faitquerelle*
Achaque coin de ruèïlcrie,
-JO temps! omoeurs!
Lepoison cependant,augmentesesardeurs^
Etles dépits cruels ,les noires
jalousies
,
Fontàlafin l'effetdevingt
apoplexies.
quehérofiss,jourlleCini. ours leCini.
Dontun triste cercueilgardeàpresentlesos
Maissesentant voisin de l'infernalerive,
Et toutprest d'exalerson
amefugitive,
Il demandaparggrarâccee,,,&&
dunefablevoix
D'embrasser se-ç enfant
pourladernierefois.
Deux valetsaussi-tostses
dignesSecretaires I
Apportentprés de luy des
milliersd'exemplaires.
Lelitpar trop chargégemit j
souslespacquets,
Etl'Auteurmoribond dit
cesmotsparhocquets. 0 vous, mes tristes vers,
dignes objets d'envie,
JVJ)IN dont fattenst*hon~
., nveuired'u.n,e lfeéccoonnddér
PMiffitZJ-rzJOUJ:échAJler.m
naufragedesjins, Etbraverajamais £ignorance
,&Letemps,
jfenevous'verrayplus,déjà lamorthideuse
Autour de mon chevetétend
uneaile affreuse;
JMaisjt meurssans regret
dans
1
untemps dépravé;
> .- f-
Oùle mauvaisgoustregne,
&va lefront levé.
*QnlePublicsngrat,tnjidele,
perfide).
T,rouveMA veine usee, dl monstileinsipide
Moy,qui me,crusfadisa
Régnierpréfère.
Que dirontnosNeveux!
Regnardm'etfcomparé,
•Luyqùifendantdixansdu
Couchant
CouchantaL'Aurore
Errachez le Lapon&ramachezle
Maure.
Luy quinesçutjamaisnyle
Grecnyl'Hebreu.
Qui jcuajour&nuit,fîF
grandchcre&bonfeu;
Est- ce ainsi qu'autrefois
dansmavieillesouspente
Allâ,irombi-e- lueur d'une
lampe puante J'appris j pour mes pechez,
l'artdefairedesvers,
Feuilletantlesreplis de cent
Bouquinsdivers? ,
N'est-ce doncqu'enbuvant
que l'on imite Horace?
Par dessentiers defleurs , monte-t-onauParnasse?
Ce Regnardcependantvoit
éclatersestraits.
Quand mes derniers écrits
font en proye aux laquais\
0rage, ôdesespoir, ôvieillesse
ennemie!
Aprés tant de travaux
surlafin de ma vie
Par un nouvel Athlète on
meverra vaincu
Etjevis. Nonje meurs.. fayde)atropvécu,
ji ces mots bégayez, que la ".:
fureurinfvire,
Bbileaufermelesyeux,pen-
-
chela teste,expire.
Le bruit decette mort dans
lepaysLatin
Se répandaussî-lost&vole
chezBarbin.
La
, dans l'enfoncement
d'unearriere^boutique,
Safemmeétaleenvainson
embonpointantique,>
Etfaisant le débit de cent livresmauvais , Amuseun cercle entier des ,oisifs du Palais,
Là le vieux Presidenta
toujoursessceances,
Là le jeune, Avocat vient
prendreseslicences
Et le blond Senateur en
quittant leBarreau,
Vientpeignersaperruque,
&prendreson chapeau;
C'est là que le Chanoine au
sortirduservice,
Vientenaumusse encore a~
cheversonoffice.
Etqu'on voitàmidy maint
Auteur du menu
Surle projet d'un Livre
emprunterun écu.
Dansce Licée étroit cette
mortimprévue
Fut par les assistansdiversement
reçûë.
Acasteensoupira
3
le Li- braireengemt, -Crispe en eut l'oeil humide,
& Perraultensount;•-
Pendant qu'on doute encor
de la triste nouvelle
Arijitarrivéenpleurs, (:l,
suruneescabelle
Au milieu du Perron se
plaçanttristement.
Lut
-
au Cercle ces mots
extraits duTestament
EnThonneur d'Apollon à
jamaisjesouhaite
\Auxyeux de l'Universvi-
-
vre&mourirPoète,
J'en eustoute ma'V«,(9'
t'air,&lemaintien,
JMais desirantmourir en
Poëtechrestien
Je declare au Publicqueje
veux que l'on rende,
[Ce qu'à bon droitsurmoy
Juvenal redemande,
Quandmon Livreseroitré-
--
4-r- duitàdixfeüillets,
Jeveuxreflitusr les larcins
quej'ayfaits.
Si de cesvolshonteuxl'audaceefloitpunie,
Vne rame àla mainj'auroisfini
mavie,
Las d'estre simpleauteur
entésurdu Latin,
Tour imposerauxsots je
tradmfois Longin.
Maisj'avoue en mourant
quejel'ay mis en masque,
., Etque j'entendsleGrec,
aussipeu que le Basque,
Sur tout de noirs remords
mon espritagité,
Faitamandehonorable au
beau Sexe irrité,
jiu milieu des Pedans
nourrytoute mavie
J'ignoraylebeau monde,&
, lagalanterie, i
Et le coeur d'une Irispleine
demille attraits 4
Est
Estune terreaustralleoùje
n'allayjamais.
Jelaiseà mon valet dequoi
lever boutique
Des restes méprisezd'une
- Ode Pindarique,
Qu'on vit à sa naissance
expirerdans Paris:
On le verroitbien-tostrouler
en chevaux gis,
Si le langage obscuremploïé
dans cette Ode
Pouvoit unjourenfin devenirà
la mode.
Item, mais à ce mot chez
l'HorlogeurleRoux,
.La Pendulles'émeut,sonne
-
&frappedixcoups,
Alidoraussi-tost rempli
d'impatience
D'undélaicriminelaccuse
l'ajfifiance,
Faitvoir queletempspres-
,. se , & qu'il faut en
, granddeüil
Dans une heure au plus
tardescorterlecercüeil,
Il dit,&dans l'instanton
vitla Compagnie
Se lever bruspuementpour
la Ceremonie,
L'un court chezson Ami9
l'autre chez, un Frippier
Endosser l'attirail d'un
nouvel heritier,
Perrin d'un vieil bahut
d'oùpenduneserrure,
Tirasonjustaucorpsfaitau
deüil de Voiture,
Dont le coude entr'ouvert
reçut plus d'un échec
Envoulantle vêtir, tant il
se trouvasec.
Pradon, leseul Pradon eut
assez de courage
D'entrerchez, un Drapier
-
&d'un humble langage
., Pour quatre aulnes de drap
estimezvingtecus
Proposer un Billet signé
Germanicus.
Enfin midy sonnant cette
lugubre escorte
S'estsaisie aujourd'huy du
Deffuntsursaporte,
Et promenant ses os de
quartieren quartier
Le conduit au Parnasse en
songitedernier;
C'est-laqu'on va porterses
funebres reliques
Dansla cave marquée aux
Auteurssatiriques.
Là, sur un marbre offert
aux yeux de l'Univers
Encaractere d'or ongrave
ra ces vers.
Cy gist Maître Boileau
qui vécut de médire,
Et qui mourut aussiparun
traitdesatire:
Le coup qu'il assenaluyfut
enfinrendu.
Sipar malheur unjourson
livre estoitperdu,
A le chercher bien loin
Passant ne t'ernbataj^
se.
Tu le retrouveras tout entier
dans Horace.
Fermer
Résumé : LE TOMBEAU DE BOILEAU. SATYRE.
Le poème 'Le Tombeau de Boileau' évoque la mort du poète Nicolas Boileau. Le narrateur exprime une profonde tristesse et décrit Boileau comme un homme accablé par les soucis et les chagrins. Il compare Boileau à un enfant cherchant un usurier ou à un tuteur anxieux. Le narrateur révèle avoir vu des figures symbolisant la mort, notamment des pédants mal vêtus descendant à l'Université, parmi eux Boileau, accompagné de figures grecques et latines. Le poème détaille la douleur du narrateur, qui attribue la mort de Boileau à une 'funeste Convoy' et à une vision de la mort approchant. Boileau croyait que son inspiration poétique ne tarirait jamais, mais apprenant qu'un autre poète avait réussi, il mourut de dépit. Le texte souligne les difficultés des poètes, confrontés à l'envie, la faim, la soif, et l'ingratitude du public. Le poème se termine par la description des réactions diverses à la mort de Boileau dans le milieu littéraire parisien. Des figures comme Acaste, Crispe, Perrault, et Ariste réagissent différemment à la nouvelle. Boileau, dans son testament, exprime son désir de mourir en poète chrétien et demande pardon pour ses erreurs. Il avoue ignorer le grec et le latin, et exprime des remords envers le beau sexe. Le poème se conclut par la procession funéraire de Boileau, conduit au Parnasse où ses reliques seront inhumées. Une épitaphe gravée en caractères d'or résumera sa vie et sa mort : 'Cy gist Maître Boileau qui vécut de médire, Et qui mourut aussiparun traitdesatire.'
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
1677
p. 210-215
RÉPONSE à Mr le Marquis de la R.....
Début :
Demeurez dans vôtre Hermitage, [...]
Mots clefs :
Ermitage, Coeur, Dame
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RÉPONSE à Mr le Marquis de la R.....
RE'PONSE
à Mr le Marquis delaR.
"si
Demeurez dans vôtre Hermita-
S?>
Je crains le dangereuxhommage
Qu'avecque trop de foin vous
m'offreztoutlesans;
Pour la tendresse il n'est point
d'â e • Vous lesentez&jelesens,
Cecy n'est point un badinage. 8
Vous de retour nos coeurssimpathisans
L'homme prudent, lafillesage,
Toutpeut estreseroitnaufrage,
Demeurez dansvostreHermita- ge.
Le traître Amour qui vous en-
N7\. Te doit pas estre mépri;s(é/
) Avec luy naturalisé,
Les belles deson appanage
Vous ont dans tous les temps si
bienfavorisé
> Que toutde vous mefaitombra- -Demeurez diansvostre Hermitaff-
Vous parlezuncertain langage
Quiporte au coeur, qui faitpenser
,
Et quisembleestre un surprésagep
Que de ses traits- le Dieuvolage
A
Est prest encore à me blesser:
Demeurez dans voAt Hermita-
SAh!
s'ilavait cet avantage!
Duséjour de ¡thttWtUfP.'X
Que penseroit Dame dont les attraits
Auroientsoûmis le coeur le plus
sauvage:
Dame, dont les beaux Versne
périrontjamais
Et dont le nomest tout mon beri-
Car voussçavez que pas un de
ses traits
Negist en mes écrits, non plus
qu'en monvisage,
Et que je n'ay pour toutpartage
Que lesyeux doux qu'ellem'a
faits;
Pour ne lespointmettre en usage,
Demeurez dansvoftreHermtfa»
&
à Mr le Marquis delaR.
"si
Demeurez dans vôtre Hermita-
S?>
Je crains le dangereuxhommage
Qu'avecque trop de foin vous
m'offreztoutlesans;
Pour la tendresse il n'est point
d'â e • Vous lesentez&jelesens,
Cecy n'est point un badinage. 8
Vous de retour nos coeurssimpathisans
L'homme prudent, lafillesage,
Toutpeut estreseroitnaufrage,
Demeurez dansvostreHermita- ge.
Le traître Amour qui vous en-
N7\. Te doit pas estre mépri;s(é/
) Avec luy naturalisé,
Les belles deson appanage
Vous ont dans tous les temps si
bienfavorisé
> Que toutde vous mefaitombra- -Demeurez diansvostre Hermitaff-
Vous parlezuncertain langage
Quiporte au coeur, qui faitpenser
,
Et quisembleestre un surprésagep
Que de ses traits- le Dieuvolage
A
Est prest encore à me blesser:
Demeurez dans voAt Hermita-
SAh!
s'ilavait cet avantage!
Duséjour de ¡thttWtUfP.'X
Que penseroit Dame dont les attraits
Auroientsoûmis le coeur le plus
sauvage:
Dame, dont les beaux Versne
périrontjamais
Et dont le nomest tout mon beri-
Car voussçavez que pas un de
ses traits
Negist en mes écrits, non plus
qu'en monvisage,
Et que je n'ay pour toutpartage
Que lesyeux doux qu'ellem'a
faits;
Pour ne lespointmettre en usage,
Demeurez dansvoftreHermtfa»
&
Fermer
Résumé : RÉPONSE à Mr le Marquis de la R.....
Dans une lettre adressée au Marquis de la R., l'auteur exprime ses inquiétudes et ses sentiments. Il conseille au marquis de rester dans son ermitage pour éviter les dangers d'un hommage trop fréquent. L'auteur reconnaît la tendresse partagée et l'importance de la prudence pour éviter un naufrage. Il mentionne le pouvoir de l'amour et les beautés qui ont toujours favorisé le destinataire. L'auteur exprime sa peur d'être blessé par les traits de l'amour et évoque les attraits d'une dame dont les vers ne périront jamais. Cette dame inspire tous les écrits et le visage de l'auteur, qui n'a pour tout partage que les doux yeux qu'elle lui a faits. L'auteur conclut en répétant son conseil de rester dans l'ermitage pour ne pas mettre ces yeux en danger.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
1678
p. 217-218
SONNET.
Début :
Autre Piece. C'est un Sonnet en Bouts-rimez qu'un Amant / Malgré ma Muse & l'almanach, [...]
Mots clefs :
Sonnet, Fête, Amant, Maîtresse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SONNET.
Autre Piece. etefi un Sonnet
en Bouts-rimez qu'un Amant
envoye à sa Maistresse
,
qui
luy avoit demandé un Bou-
,
quet en vers le jour de sa Fête.
SONNET.
MaigrémaMuse&l' almanach ,
Vous voulez qu'il soit vôtre fête,
Etquebien ou mal je m' apprête
A rimer ab hoc & ab hac-
Sile coeur ne m'eut fait tic tac,
Je n'avois plus de rime prête
Et je la cherchois dans ma tête
Lorsqu'un de mes doigts a fait
crac,
Oüy ma muse étoit si rebelle
Que si vous n'eussiez été bellea
J'étais au bout de mon rollet*
ilpaypenrécenttoisenrevange
en Bouts-rimez qu'un Amant
envoye à sa Maistresse
,
qui
luy avoit demandé un Bou-
,
quet en vers le jour de sa Fête.
SONNET.
MaigrémaMuse&l' almanach ,
Vous voulez qu'il soit vôtre fête,
Etquebien ou mal je m' apprête
A rimer ab hoc & ab hac-
Sile coeur ne m'eut fait tic tac,
Je n'avois plus de rime prête
Et je la cherchois dans ma tête
Lorsqu'un de mes doigts a fait
crac,
Oüy ma muse étoit si rebelle
Que si vous n'eussiez été bellea
J'étais au bout de mon rollet*
ilpaypenrécenttoisenrevange
Fermer
Résumé : SONNET.
Un amant compose un sonnet pour la fête de sa maîtresse, évoquant les difficultés rencontrées. Il souligne l'importance de son inspiration et de la beauté de sa maîtresse pour trouver des rimes. Le poème se termine par une allusion à une plume prenant sa revanche, symbolisant un renouveau.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
1679
p. 218-220
Réponse d'un Gascon à un Cartel.
Début :
Je n'aurois pas manqué de mettre à la suite de ce Sonnet / Vous estes, Monsieur, si peu de chose, que n'estoit l'insolence [...]
Mots clefs :
Gascon, Sonnet
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Réponse d'un Gascon à un Cartel.
Je n'aurois pas manqué de
mettre à lasuite de ce Sonnet
deux autres Sonnets qu'on
m'a envoyez à la loüange de
Mr le Maréchal de Villars.
La Poësie en est belle, les expressions
en font nobles & les
chûtes magnifiques ; mais il y
a des fautes de quantité dans
lesixiéme & le dixieme vers
du premier, & dans le cinquiéme
du second. Si ccluy
à qui elles font échappées,
veut prendre la peine de corriger
ces deux Pieces, & de
me les renvoyer, je lesrendray
publiques.
Pour ne rien omettre de ce
qui peut faire plaisir aux Lecteurs
,
je cherche de tous les
costez,tout ce qui peut contribuerà
leur satisfaction, je
reçois & je lis tout ce qu'on
m'envoye
,
je choisis aprés,
heureux si mon choix peut
plaire. Iln'y a pas jusqu'à clef
Gafconnadcs donc je veux
quelquefois les amuser. En
voicy une toute nouvelle.
Réponse d'un Gascon à un
Carcel.
Vous estes, Monsieur ,sipeude
chose
, que n'estoit l'insolence
- de vas parolesje ne me souviendroisjamais
de vous. Le present
porteur vous dira le lieu où je
suisavecdeuxépées
3
dont vous
- aurez le choix; si vous ave.,-<'
l'assurance d'y venir, je vous
épargneray lapeine de vous en
retourner.
mettre à lasuite de ce Sonnet
deux autres Sonnets qu'on
m'a envoyez à la loüange de
Mr le Maréchal de Villars.
La Poësie en est belle, les expressions
en font nobles & les
chûtes magnifiques ; mais il y
a des fautes de quantité dans
lesixiéme & le dixieme vers
du premier, & dans le cinquiéme
du second. Si ccluy
à qui elles font échappées,
veut prendre la peine de corriger
ces deux Pieces, & de
me les renvoyer, je lesrendray
publiques.
Pour ne rien omettre de ce
qui peut faire plaisir aux Lecteurs
,
je cherche de tous les
costez,tout ce qui peut contribuerà
leur satisfaction, je
reçois & je lis tout ce qu'on
m'envoye
,
je choisis aprés,
heureux si mon choix peut
plaire. Iln'y a pas jusqu'à clef
Gafconnadcs donc je veux
quelquefois les amuser. En
voicy une toute nouvelle.
Réponse d'un Gascon à un
Carcel.
Vous estes, Monsieur ,sipeude
chose
, que n'estoit l'insolence
- de vas parolesje ne me souviendroisjamais
de vous. Le present
porteur vous dira le lieu où je
suisavecdeuxépées
3
dont vous
- aurez le choix; si vous ave.,-<'
l'assurance d'y venir, je vous
épargneray lapeine de vous en
retourner.
Fermer
Résumé : Réponse d'un Gascon à un Cartel.
Le texte aborde la réception et la publication de poèmes à la louange du Maréchal de Villars. L'auteur mentionne deux sonnets dont la poésie est belle, les expressions nobles et les chutes magnifiques, mais qui contiennent des fautes de quantité dans certains vers. Il invite l'auteur des sonnets à les corriger pour qu'ils puissent être publiés. L'auteur du texte cherche à satisfaire ses lecteurs en recevant et en lisant tout ce qui lui est envoyé, choisissant ensuite les pièces qui pourraient leur plaire. Il inclut également des éléments divertissants, comme des clefs gaillardes, pour amuser les lecteurs. Le texte se conclut par une énigme ou une devinette intitulée 'Réponse d'un Gascon à un Carcel'.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
1680
p. 222-225
AIR A BOIRE.
Début :
On mettra toûjours les paroles de chaque Air d'abord sans Musique, / Il n'est point icy bas de plaisir sans chagrin : [...]
Mots clefs :
Plaisir, Chagrin, Musique, Destin, Paroles
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AIR A BOIRE.
On mettra toujours lesparoles
de chaqueAird'abordsansMufique,&
dans la feüille suivante
, les paroles avec U Note ,
afin que si lafeuille volante de
la Musique embarasse ceux qui
ne sisoucient point àu chant,
ilspuissent la décoller & que les
paroles ressent. La Musique de
celle cy est de Ad* Dubrteuil.
AIR A BOIRE.
Il n'est point icy bas de plaisir
sans chagrin:
C'est un Arrest du Destin.
Quand mon oeilse delecte à voir
ce jus divin,
Mon gosiers'impatiente,
Ma soifredouble & me tour,
mente,
Etlors qu'en avallant mon gasier
se contente,
Mon oeil voit à regretdisparoître
levin.
Il n'est point icy bas deplaisirsans
chagrin.
-C'est un Arrest du Destin.
Ab ! goûtons icy bas un plaisir
Bravons l'Arrest du Destin.
Voicy deux rouges bords que Bac-
, cus mepresentey
En buvant l'un,je voyl'autre
tout plein,
Mon gosiersedelccte,&mmoeil
se contente.
Ab ! je goûte icy bas un plaisir
sans chagrin,
Malgrél'ArretduDestin.
de chaqueAird'abordsansMufique,&
dans la feüille suivante
, les paroles avec U Note ,
afin que si lafeuille volante de
la Musique embarasse ceux qui
ne sisoucient point àu chant,
ilspuissent la décoller & que les
paroles ressent. La Musique de
celle cy est de Ad* Dubrteuil.
AIR A BOIRE.
Il n'est point icy bas de plaisir
sans chagrin:
C'est un Arrest du Destin.
Quand mon oeilse delecte à voir
ce jus divin,
Mon gosiers'impatiente,
Ma soifredouble & me tour,
mente,
Etlors qu'en avallant mon gasier
se contente,
Mon oeil voit à regretdisparoître
levin.
Il n'est point icy bas deplaisirsans
chagrin.
-C'est un Arrest du Destin.
Ab ! goûtons icy bas un plaisir
Bravons l'Arrest du Destin.
Voicy deux rouges bords que Bac-
, cus mepresentey
En buvant l'un,je voyl'autre
tout plein,
Mon gosiersedelccte,&mmoeil
se contente.
Ab ! je goûte icy bas un plaisir
sans chagrin,
Malgrél'ArretduDestin.
Fermer
Résumé : AIR A BOIRE.
Le texte présente une méthode de présentation des paroles et de la musique dans des feuilles volantes. Les paroles apparaissent d'abord sans musique, permettant de détacher la feuille musicale. La musique de l'air 'AIR A BOIRE' est composée par Ad* Dubrteuil. Cet air reflète la nature éphémère des plaisirs, soulignant que tout plaisir est accompagné de chagrin. Il décrit la frustration de boire du vin et encourage à profiter des plaisirs malgré cette fatalité.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
1681
p. 282-283
Les Cizeaux & la Teste.
Début :
J'étais occupé de cette reflexion, lorsque j'ai receu de / De vos Enigmes de Juillet [...]
Mots clefs :
Tête, Ciseaux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Les Cizeaux & la Teste.
J'étois occupé de cette reflexion
,
lorsque j'ay receu de
mon amy de Rouen cet crk-r
voy sur les Enigmes du mois
passé.
Les Ciseaux &la Tiste.
DevosEnigmesdeJuillet
Nom dévoilent tout lese-
- cret.
Jesuis leMitoyen de l'Ange&
de la BJl:>
le suis aussi de tout mon
coeur
Et vostre amy- Mercure
? & *&ofîrtjtrviftur^
,
lorsque j'ay receu de
mon amy de Rouen cet crk-r
voy sur les Enigmes du mois
passé.
Les Ciseaux &la Tiste.
DevosEnigmesdeJuillet
Nom dévoilent tout lese-
- cret.
Jesuis leMitoyen de l'Ange&
de la BJl:>
le suis aussi de tout mon
coeur
Et vostre amy- Mercure
? & *&ofîrtjtrviftur^
Fermer
1682
p. 287-289
AUTRE.
Début :
La voix mourante me fait naistre, [...]
Mots clefs :
Silence
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
La voix mouvantemefait
nai(ire,
Ftpuis n-edisipe aujftoft,
Jpelnue sfuiisoriefnl,:m,ais bien
J'empêche quelque chose
de(ire.
On ne me <voitt>oes ,st ne dis
motr
Aux yeuxrjeneffauroit
JMroiflre,"-
Par moy l'on ne freut reconnoifire
L'habile homme d'avec le
fit.
Ceriiftt*smoyquiprfuade
Juispropre pourmmalade,
fais lesjmrsles,-
nuits- Qui
0!.i suis-je ?esprits que
l'onadmire,
Je ne suis pasce quejefuis,
Sifay pouvoir devons le
dirs.
La voix mouvantemefait
nai(ire,
Ftpuis n-edisipe aujftoft,
Jpelnue sfuiisoriefnl,:m,ais bien
J'empêche quelque chose
de(ire.
On ne me <voitt>oes ,st ne dis
motr
Aux yeuxrjeneffauroit
JMroiflre,"-
Par moy l'on ne freut reconnoifire
L'habile homme d'avec le
fit.
Ceriiftt*smoyquiprfuade
Juispropre pourmmalade,
fais lesjmrsles,-
nuits- Qui
0!.i suis-je ?esprits que
l'onadmire,
Je ne suis pasce quejefuis,
Sifay pouvoir devons le
dirs.
Fermer
1683
p. 350-351
A MADAME V. ** Par Mr. M. en luy envoyant un Bouquet de Fleurs artificielles fait avec des Plumes. BOUQUET.
Début :
La jeune Flore est en courroux, [...]
Mots clefs :
Bouquet
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A MADAME V. ** Par Mr. M. en luy envoyant un Bouquet de Fleurs artificielles fait avec des Plumes. BOUQUET.
A MADAME V.**
Par Mr. M. en luy envoyant
un Bouquet de Fleurs artifidélits
faitavec des Plumes.
BOU-QUET.
Lajeune Flore est en
courroux,
BelleLisette
, contre Vous;
Desesjardinselleferme la
forte;
Et même Pomone aujour-
- d'huy
Me refuse on plus beau
fruit,
Quele grand Diable Us
emporte: Jamais ne leur feray la
cour,
J'aime bien mieux le Dieu
d'amour,
C'estun wmsnt que j'accoutume
Abienfairelepoliçon;
Hvitavecmoysansfaçon,
En badinant jeluy tire une
plume,
Et decetteplumej'ay fait,
Belle Lisette, ce Bouquet
Par Mr. M. en luy envoyant
un Bouquet de Fleurs artifidélits
faitavec des Plumes.
BOU-QUET.
Lajeune Flore est en
courroux,
BelleLisette
, contre Vous;
Desesjardinselleferme la
forte;
Et même Pomone aujour-
- d'huy
Me refuse on plus beau
fruit,
Quele grand Diable Us
emporte: Jamais ne leur feray la
cour,
J'aime bien mieux le Dieu
d'amour,
C'estun wmsnt que j'accoutume
Abienfairelepoliçon;
Hvitavecmoysansfaçon,
En badinant jeluy tire une
plume,
Et decetteplumej'ay fait,
Belle Lisette, ce Bouquet
Fermer
Résumé : A MADAME V. ** Par Mr. M. en luy envoyant un Bouquet de Fleurs artificielles fait avec des Plumes. BOUQUET.
Monsieur M. envoie à Madame V. un bouquet de fleurs artificielles en plumes. Il explique que Flore, Lisette et Pomone n'ont pas voulu lui offrir leurs fruits. Il préfère le dieu de l'amour et crée des bouquets en lui tirant des plumes. Le bouquet envoyé est le résultat de cette pratique.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
1684
p. 352-356
PRO PACE. ODE.
Début :
J'ay reçû de M. Hemart de Sens, l'Ode qui suit, elle me / JAM satis nostras tremefecit Urbes [...]
Mots clefs :
Paix
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PRO PACE. ODE.
J'ayreçude MHemartde
Sens, l'Ode qui fuit, elleme
paroîtbellemais cela ne fuf
iît pas pour ceux qui connoissent
mieuxquemoy, les beautez
de la LangueLatine, leur
affaire est d'en juger, & la
mienne desonger à leur don- -
ner quelques fois des choses j
qui puissent leur plaire.
PROPACE
s O DE,
JAMsatisnostrastremesfecitUrbes
:
Impii
Impii Martis furor: in
* remotas :::'Li.'> -
Exeat Gentes; redeant&
- almæ
FoederaPacis.
Rumpat obtufos generofus
enses *
Gallus, &camposEquites
relinquant, -1.1
Militescédant; vigeatque
pleno
Copia cornu.
Audior. durum fugat
ipseMarrem
Jupiter, pulchræ micat
eccecoelo --
Iridis vultus, variosque
vestit
Illa colores.
Hue ades, Virgo! fi- luittubarum
Clangor, & Belli cecidit
tumultus;
Te vocant omnes, proce-
--
res, fenesque, Se .1
Læta juventus.
Tu fugas nupes,celeresqueventos;
Te timent fluctusmaris,&
procellæ;
?ace tu Gallossocias, Iberos,
::" V
Pace Bricannos.
Hîc te in umbrosisnumerosa
campis
iTuiba Nympharumcanit,
r
atque ludens
Colligic flores, redimitquenexis*
Tempora sertis
:
Tolle nunc felix super l. astrafrontem
Gallia ;Se colles Senonum
resultent
C- a9 (ntibus. Sed tu, L0.0.
, DOICE,multos
Viveper annos.
Sens, l'Ode qui fuit, elleme
paroîtbellemais cela ne fuf
iît pas pour ceux qui connoissent
mieuxquemoy, les beautez
de la LangueLatine, leur
affaire est d'en juger, & la
mienne desonger à leur don- -
ner quelques fois des choses j
qui puissent leur plaire.
PROPACE
s O DE,
JAMsatisnostrastremesfecitUrbes
:
Impii
Impii Martis furor: in
* remotas :::'Li.'> -
Exeat Gentes; redeant&
- almæ
FoederaPacis.
Rumpat obtufos generofus
enses *
Gallus, &camposEquites
relinquant, -1.1
Militescédant; vigeatque
pleno
Copia cornu.
Audior. durum fugat
ipseMarrem
Jupiter, pulchræ micat
eccecoelo --
Iridis vultus, variosque
vestit
Illa colores.
Hue ades, Virgo! fi- luittubarum
Clangor, & Belli cecidit
tumultus;
Te vocant omnes, proce-
--
res, fenesque, Se .1
Læta juventus.
Tu fugas nupes,celeresqueventos;
Te timent fluctusmaris,&
procellæ;
?ace tu Gallossocias, Iberos,
::" V
Pace Bricannos.
Hîc te in umbrosisnumerosa
campis
iTuiba Nympharumcanit,
r
atque ludens
Colligic flores, redimitquenexis*
Tempora sertis
:
Tolle nunc felix super l. astrafrontem
Gallia ;Se colles Senonum
resultent
C- a9 (ntibus. Sed tu, L0.0.
, DOICE,multos
Viveper annos.
Fermer
Résumé : PRO PACE. ODE.
Le poème 'Ode' exprime l'admiration de son auteur pour la langue latine et reconnaît la compétence des connaisseurs de cette langue pour juger ses œuvres. L'ode appelle à la paix et à la fin des conflits. Elle décrit la fureur de Mars, le dieu de la guerre, et souhaite son départ pour rétablir la paix. Jupiter est évoqué, chassant la dureté avec l'arc-en-ciel, symbole de paix. La déesse de la paix est invitée à mettre fin aux tumultes de la guerre et est acclamée par les citoyens, les vieillards et la jeunesse. Elle chasse les nuages et les vents rapides, et est crainte par les flots de la mer et les tempêtes. La paix apaise les Gaulois, les Ibères et les Bretons. Le poème se termine par une invocation à la paix pour qu'elle règne sur les collines des Senons et pour que la douce France vive de nombreuses années.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
1685
p. 95-97
L'Acrostiche de LOUIS LE GRAND, où le surnom de Grand se trouve dans chaque vers.
Début :
Le plus grand des Guerriers & les plus grand des Rois [...]
Mots clefs :
Louis le Grand, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : L'Acrostiche de LOUIS LE GRAND, où le surnom de Grand se trouve dans chaque vers.
L'Acrostiche de LOUIS LE
:
GRAND , où le ſurnom
de Grand se trouve dans
chaque wersd
Leplus granddes Guerriers
& le plus grand des Rois
Offre aux yeux un grand
and
Saint dans ungrand
Politique ,
ف
Un grand zele pour Dieu
dans une ame heroïque:
Il eſt dans un grand hom96
MERCURE
me un grand appui
des loix ;
Son grand coeur eft clement,
ſon bras eſt pacifique.
Le plus grand des mortels,
&le plus merveilleux ,
Eft humble
, autant que
grand , & confond l'orgüeilleux.
Grand de corps , grand
d'eſprit , grand par fes
faits fublimes, :
Rendu grand ici - bas par
des ſoinsmagnanimes ,
Aux
7
GALANT.
97
Aux Cieux plus grand un
jour par les routes qu'il
prend.
N'est - ce pas à bon droit
qu'il eſt ſurnommé
GRAND ?
Digne & grand nom , regnez
par tout comme
en ſes rimes.
MESSANGES.
6.
:
GRAND , où le ſurnom
de Grand se trouve dans
chaque wersd
Leplus granddes Guerriers
& le plus grand des Rois
Offre aux yeux un grand
and
Saint dans ungrand
Politique ,
ف
Un grand zele pour Dieu
dans une ame heroïque:
Il eſt dans un grand hom96
MERCURE
me un grand appui
des loix ;
Son grand coeur eft clement,
ſon bras eſt pacifique.
Le plus grand des mortels,
&le plus merveilleux ,
Eft humble
, autant que
grand , & confond l'orgüeilleux.
Grand de corps , grand
d'eſprit , grand par fes
faits fublimes, :
Rendu grand ici - bas par
des ſoinsmagnanimes ,
Aux
7
GALANT.
97
Aux Cieux plus grand un
jour par les routes qu'il
prend.
N'est - ce pas à bon droit
qu'il eſt ſurnommé
GRAND ?
Digne & grand nom , regnez
par tout comme
en ſes rimes.
MESSANGES.
6.
Fermer
Résumé : L'Acrostiche de LOUIS LE GRAND, où le surnom de Grand se trouve dans chaque vers.
Le texte est un acrostiche dédié à Louis XIV, surnommé 'Louis le Grand'. Il le décrit comme un grand guerrier et roi, dévot et héroïque. Louis est présenté comme un homme d'État juste, clément et pacifique, humble malgré sa grandeur. Le poème loue ses actions sublimes et sa magnificence physique et spirituelle, justifiant ainsi son surnom.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
1686
p. 145-168
VERSION paraphrasée de la 29e. Ode du 3e. Livre d'Horace adressée à Mecenas, qui commence par Tyrrhena Regum progenies, &c.
Début :
J'ay attendu longtemps ce mois cy quelque nouvelle / Grand & fameux neveu de ces illustres Rois, [...]
Mots clefs :
Horace, Poésie, Livre d'Horace, Malheur, Temps, Eaux, Repos
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : VERSION paraphrasée de la 29e. Ode du 3e. Livre d'Horace adressée à Mecenas, qui commence par Tyrrhena Regum progenies, &c.
J'ay attendu longtemps ce
mois cy quelque nouvelle
piece de Poësie , mais on n'a
pas jugé à propos de m'en faire
preſent. Lindifference des
Auteurs m'a determiné à parcourir
tous mes papiers poury
chercher quelque choſe qui
pût faire plaifir aux Lecteurs.
J'y ay enfin trouvé une verſion
paraphrafée de la 29.
Ode du troifiéme Livre d'Horace
qui n'a jamais été imprimée
, je l'ay lûë & examinéc
avec beaucoup d'attention .Je
l'ay même montrée à d'excellents
Critiques qui à quelque
Septembre 1714. N
146 MERCURE
petite choſe prés , en ont
trouvé la Poësie , & les penſéesbelles.
Leur temoignage
m'adeterminé à la donner , &
je ſuis perfuadé que ceux qui
la liront ne feront pas plus
difficiles qu'eux.
:
GALANT 147
VERSION
C
paraphrafée de la 29. Ode
du 3. Livre d'Horace addreſſée
à Mecenas , qui
commence par Tyrrhena
Regum progenies , .
Grand&fameux neven
de ces illuftres Rois ,
Qu'autrefois la Toscane a
reconnu pour maiſtres ,
Noble &digne heritier de
ces nobles ancestres ,
Nij
148 MERCURE
Dont un peuple puiſſant a
reveré les loix ,
Quitte pour aujourd'huy
ces éclatantes marques
Et cet appareilglorieux ,
Qui fait bien connoiſtre à
:
nosyeux ,
Que tu fors du fang des
Monarques ,
Et vienssçavoir par mon
moyen
و
Jusqu'on vont les plaiſirs
d'un ſimple Citoyen.
CecharmantTrooly dont
۱
GALANT . 149
les fuperbes eaux
ой
Baignent de flots d'argent
cent baſſins de Porphyre ;
Ces jardinssomptueuх ,
l'oeil furpris admire
D'an art entreprenant
prodiges nouveaux ,
Cispalais enchantez , ces
pompeux édifices
les
Ont aßezoccupé tesſens :
Viens-t'en dans ces lieux
innocens
Gouter d'innocentes delices:
Tu n'es pas plus grand
qu'Apollon ,
1
Niij
ISO MERCURE
Qui fait bien cet honneur
àmonhumble vallon.
Tu trouveras mon vin
fur mon buffet placé ,
Ce vin que m'a rendu ma
premiere cuvée ,
Quepourtoyſeulement mes
Joins ont refervée ,
Et que j'ay fait garder
dans un autre glacé:
Tu verras fur mon linge
une moiſſon deroſes ,
Et tu trouveras ,ſi tu veux,
Pourl'usage de tes cheveux
GALANT. 151
De bien plus excellentes
chofes ;
Carj'ay de ces parfumsfi
A
doux
Que l'Orient vaincu ne
produit que pour nous.
C'est la diverſitéqui ſoutient
le plaiſir ;
Le trop de bonne chere en
fait perdre l'envie ,
D'un dégoust infaillible elle
eft toûjours ſuivie,
Et l'excés du bien mêmeen
ofte le defir. ما
N iiij
152 MERCURE
Sans or & fans azur ;
fans pourpre &Sans
peinture
Un repas ferviproprement
Dans un licu qui n'a d'ornement
,
Que des beautez de la
nature ,
•Sçait bien mieux charmer
lesSoucis ,
Que ces pompeux feſtins ,
८ ou les Rois font affis.
Quitte doncpour ceſoir le
tumulte & le bruit ;
GALANT. 153
Laifle de trop de biens l'abondance
importune ;
Laiſſe dans ton palais ta
gloire&tafortune ;
Etfois abſent de Rome au
moins pour une nuit.
Ceffe de contempler dans
Sagrandeurfublime
Cette Reine de l'univers ,
Qui fur tant de peuples
divers .
Levefon orgueilleuse cime ,
Et qui par ses vastes
projets
Dans tous les Potentats ne
154 MERCURE
voit que desſujets.
ॐ
Déja la canicule élance
fon ardeur ;
Des feux dufier Lion la
force eſt aſſemblée;
Dugrand aftré du jour la
flamme estredoublée ;
Et l'air eft allumé parsa
vive fplendeur.
Le burger entouré de brebis
Languiſſantes ,
Va chercher le ſecours des
eaux ,
Où ces arbres , dont les
GALANT.155
rameaux
Font des ombres rafrai
chiffantes ,
Mais qui dans cet embra-
Sement
Nefont pas agitez, d'un
zephirſeulement.
Elevé cependant au ſupréme
pouvoir ,
Et malgré ce haut rang
étouffé dans la preffe
D'un amas defâcheux qui
t'affiegentfans ceſſe ,
Etqui viennent te rendre
136 MERCURE
un importun devoir ,
Tu trouve le repos indigne
d'un grand homme :
L'Etat occupe tous tes
Joins ;
Ettafantéte touche moins,
Que ne fait l'intereſt de
Rome ,
Pourqui tu redoute l'effort
Des Parthes revoltez ou
des peuples du Nort.
Mais de grace dy moy ,
quefert d'entretenir
Deces évenemens lacrainGALANT
157
te anticipée ,
Si cette crainte eſt vaine ,
& peut- être trompée,
Puiſque c'est à Dieu feul
desçavoir l'avenir,
Ces fuccés éloignezSous
une nuit obscure ,
Parfa prudence font cachez,
Et lorſqu'il nous voit empêchez
A craindre une perte future
,
Il rit des choses d'icy bas ,
Où tel pleure un malheur
158 MERCURE
qu'il nefentirapas..
ॐ
Gardons bien noftreesprit
de s'échapperſi loin ,
Bornons tous nosfoucis à
lachoſe preſente ,
1
Et croyons que fans fruit
nôtre coeurſe tourmente
Pourunfauxavenir, d'un
veritableſoin ;
Aille comme il pourra , le
temps qui nous doit
fuivre ,
Ces chagrinsſontpour nos
neveux ,
GALANT. 159
Etles maux qui viendront
fur eux ,
Quand nous aurons ceffé
de vivre ,
Enrien neferoient amoindris
Par la compaſſion de nos
coeurs attendris.
ॐ
Ainsique nous voyons un
grandfleuve en repos ,
Dormir comme un étang
dans l'enclos defesrives,
Puis tout à coup laſſé de
voirſes eaux captives ,
160 MERCURE
S'élever, s'elargır, &pouffermilleflots:
Ilparoift une mer , &fon
ravage étrange
Entraine troupeaux &
maisons ;
De mêmeenchan De même en changeantfes -
faisons,
Le temps fait qu'un
Se change,
état
Et mêle en ſes divers effets
Le tumulte au repos & la
guerre à la paix.
ॐ
Ce
GALANT. 161
Ce changement de temps
peut troubler nos plaiſirs ;
Mais celuy-là fans doute.
en éprouve un extrême ,
Qui tout autant qu'il peut
Jerenferme enſoy-même ,
Et qui de ce qu'il tient contentefes
defirs.
Le beau temps d'aujourd'huy
comble toutefa
joye ;
Que demain le Ciel foit
changé
Que de noirs nuages chargé
,
Septembre 1714. Ο
162 MERCURE
Il éclate , il tonne , il foudroye
;
Leſage ignore ce malheur ,
Et jusqu'à ce qu'il souffre ,
épargnefa douleur.
Bien moinss'aviſe-t'ilpar
des crisfuperflus
De rappeller àſoy la difgrace
paffée ,
Bien moins occupe-t'ilfon
coeur&Sapensée
Aluy rendre preſents des
maux qui neſont plus ,
Ilfçait qu'un fiecle entier
GALANT. 163
de troubles & d'allarmes
Ne fera pas revivre un
mort ,
Ilſçait que les arrests du.
fort
S'executent malgré nos lar
mes ,
Et que même une Deité
Nepeut pas empêcher qu
un malheur n'ait esté.
Lafortunefeplaît àfrap
per de grands coups
Enſes jeux infolens elle est
opiniâtre ;
O ij
164 MERCURE
Elle estsouvent contraire
àqui plus l'idolâtre ,
Etson visage est traître ,
alors qu'ilfemble doux :
Ellefait de grands dons ,
mais leur peu de durée
Afflige noftre ambition ;
Bienſouvent la poſſeſſion
En eft courie & mal af-
Seurée
Et ce que je tiens desa
main
Un autre le tiendra peuteſtre
dés demain.
ॐ
GALANT. 165
Je nesuis point ingrat des
biens qu'elle m'afaits ;
Je vante ſes faveurs , je
l'en aime , & l'en lovë ,
Sur tout quand àmaporte
ellefixefa roue ,
Etſemble vouloir rire au
gré de mesfouhaits.
Maisfitoft quejeſens qu'
elle ébranle fon aisle ,
Pour voler en d'autres
quartiers ,
Je mediſpoſe volontiers
Aluy rendre ce qui vienm
d'elle
166 MERCURE
Et ne demeure revêtu
Quedu manteau certainde
ma propre vertu.
* Quand je ferois privé de
tout autreſoutien ;
Jamais la pauvreté n'étonneroit
mon ame ,
Et je n'y connois rien qui
foit digne de blâme ,
Quand on se peut vanter
qu'on est hommede bien :
Je la tiens preferable aux
richeſſes lointaines,
Qui viennent des bords
GALANT. 167
estrangers ,
Qu'on chercheavec tant de
dangers
Par des routes ſi peu certaines,
Où l'on reclameſiſouvent
L'indulgence desflots&la
faveur du vent.
*
Armezdoncvosfureurs
contre l'air& les eaux ,
Aquilons inhumains, fiers
Auteurs des naufrages,
Vous aurez tout loiſir de
former vos orages ,
168 MERCURE
Avant que d'abimer ny
moy ny mes Vaiffeaux,
Quand je m'embarqueray
fur le fameux Egée
Zephire les careffera ,
Luyfoutmes voiles enflera ,
Ma Barquefera chargée :
Toutfera calme aux environs
,
Et Pollux & Castor tien-
C dront mes avirons.
mois cy quelque nouvelle
piece de Poësie , mais on n'a
pas jugé à propos de m'en faire
preſent. Lindifference des
Auteurs m'a determiné à parcourir
tous mes papiers poury
chercher quelque choſe qui
pût faire plaifir aux Lecteurs.
J'y ay enfin trouvé une verſion
paraphrafée de la 29.
Ode du troifiéme Livre d'Horace
qui n'a jamais été imprimée
, je l'ay lûë & examinéc
avec beaucoup d'attention .Je
l'ay même montrée à d'excellents
Critiques qui à quelque
Septembre 1714. N
146 MERCURE
petite choſe prés , en ont
trouvé la Poësie , & les penſéesbelles.
Leur temoignage
m'adeterminé à la donner , &
je ſuis perfuadé que ceux qui
la liront ne feront pas plus
difficiles qu'eux.
:
GALANT 147
VERSION
C
paraphrafée de la 29. Ode
du 3. Livre d'Horace addreſſée
à Mecenas , qui
commence par Tyrrhena
Regum progenies , .
Grand&fameux neven
de ces illuftres Rois ,
Qu'autrefois la Toscane a
reconnu pour maiſtres ,
Noble &digne heritier de
ces nobles ancestres ,
Nij
148 MERCURE
Dont un peuple puiſſant a
reveré les loix ,
Quitte pour aujourd'huy
ces éclatantes marques
Et cet appareilglorieux ,
Qui fait bien connoiſtre à
:
nosyeux ,
Que tu fors du fang des
Monarques ,
Et vienssçavoir par mon
moyen
و
Jusqu'on vont les plaiſirs
d'un ſimple Citoyen.
CecharmantTrooly dont
۱
GALANT . 149
les fuperbes eaux
ой
Baignent de flots d'argent
cent baſſins de Porphyre ;
Ces jardinssomptueuх ,
l'oeil furpris admire
D'an art entreprenant
prodiges nouveaux ,
Cispalais enchantez , ces
pompeux édifices
les
Ont aßezoccupé tesſens :
Viens-t'en dans ces lieux
innocens
Gouter d'innocentes delices:
Tu n'es pas plus grand
qu'Apollon ,
1
Niij
ISO MERCURE
Qui fait bien cet honneur
àmonhumble vallon.
Tu trouveras mon vin
fur mon buffet placé ,
Ce vin que m'a rendu ma
premiere cuvée ,
Quepourtoyſeulement mes
Joins ont refervée ,
Et que j'ay fait garder
dans un autre glacé:
Tu verras fur mon linge
une moiſſon deroſes ,
Et tu trouveras ,ſi tu veux,
Pourl'usage de tes cheveux
GALANT. 151
De bien plus excellentes
chofes ;
Carj'ay de ces parfumsfi
A
doux
Que l'Orient vaincu ne
produit que pour nous.
C'est la diverſitéqui ſoutient
le plaiſir ;
Le trop de bonne chere en
fait perdre l'envie ,
D'un dégoust infaillible elle
eft toûjours ſuivie,
Et l'excés du bien mêmeen
ofte le defir. ما
N iiij
152 MERCURE
Sans or & fans azur ;
fans pourpre &Sans
peinture
Un repas ferviproprement
Dans un licu qui n'a d'ornement
,
Que des beautez de la
nature ,
•Sçait bien mieux charmer
lesSoucis ,
Que ces pompeux feſtins ,
८ ou les Rois font affis.
Quitte doncpour ceſoir le
tumulte & le bruit ;
GALANT. 153
Laifle de trop de biens l'abondance
importune ;
Laiſſe dans ton palais ta
gloire&tafortune ;
Etfois abſent de Rome au
moins pour une nuit.
Ceffe de contempler dans
Sagrandeurfublime
Cette Reine de l'univers ,
Qui fur tant de peuples
divers .
Levefon orgueilleuse cime ,
Et qui par ses vastes
projets
Dans tous les Potentats ne
154 MERCURE
voit que desſujets.
ॐ
Déja la canicule élance
fon ardeur ;
Des feux dufier Lion la
force eſt aſſemblée;
Dugrand aftré du jour la
flamme estredoublée ;
Et l'air eft allumé parsa
vive fplendeur.
Le burger entouré de brebis
Languiſſantes ,
Va chercher le ſecours des
eaux ,
Où ces arbres , dont les
GALANT.155
rameaux
Font des ombres rafrai
chiffantes ,
Mais qui dans cet embra-
Sement
Nefont pas agitez, d'un
zephirſeulement.
Elevé cependant au ſupréme
pouvoir ,
Et malgré ce haut rang
étouffé dans la preffe
D'un amas defâcheux qui
t'affiegentfans ceſſe ,
Etqui viennent te rendre
136 MERCURE
un importun devoir ,
Tu trouve le repos indigne
d'un grand homme :
L'Etat occupe tous tes
Joins ;
Ettafantéte touche moins,
Que ne fait l'intereſt de
Rome ,
Pourqui tu redoute l'effort
Des Parthes revoltez ou
des peuples du Nort.
Mais de grace dy moy ,
quefert d'entretenir
Deces évenemens lacrainGALANT
157
te anticipée ,
Si cette crainte eſt vaine ,
& peut- être trompée,
Puiſque c'est à Dieu feul
desçavoir l'avenir,
Ces fuccés éloignezSous
une nuit obscure ,
Parfa prudence font cachez,
Et lorſqu'il nous voit empêchez
A craindre une perte future
,
Il rit des choses d'icy bas ,
Où tel pleure un malheur
158 MERCURE
qu'il nefentirapas..
ॐ
Gardons bien noftreesprit
de s'échapperſi loin ,
Bornons tous nosfoucis à
lachoſe preſente ,
1
Et croyons que fans fruit
nôtre coeurſe tourmente
Pourunfauxavenir, d'un
veritableſoin ;
Aille comme il pourra , le
temps qui nous doit
fuivre ,
Ces chagrinsſontpour nos
neveux ,
GALANT. 159
Etles maux qui viendront
fur eux ,
Quand nous aurons ceffé
de vivre ,
Enrien neferoient amoindris
Par la compaſſion de nos
coeurs attendris.
ॐ
Ainsique nous voyons un
grandfleuve en repos ,
Dormir comme un étang
dans l'enclos defesrives,
Puis tout à coup laſſé de
voirſes eaux captives ,
160 MERCURE
S'élever, s'elargır, &pouffermilleflots:
Ilparoift une mer , &fon
ravage étrange
Entraine troupeaux &
maisons ;
De mêmeenchan De même en changeantfes -
faisons,
Le temps fait qu'un
Se change,
état
Et mêle en ſes divers effets
Le tumulte au repos & la
guerre à la paix.
ॐ
Ce
GALANT. 161
Ce changement de temps
peut troubler nos plaiſirs ;
Mais celuy-là fans doute.
en éprouve un extrême ,
Qui tout autant qu'il peut
Jerenferme enſoy-même ,
Et qui de ce qu'il tient contentefes
defirs.
Le beau temps d'aujourd'huy
comble toutefa
joye ;
Que demain le Ciel foit
changé
Que de noirs nuages chargé
,
Septembre 1714. Ο
162 MERCURE
Il éclate , il tonne , il foudroye
;
Leſage ignore ce malheur ,
Et jusqu'à ce qu'il souffre ,
épargnefa douleur.
Bien moinss'aviſe-t'ilpar
des crisfuperflus
De rappeller àſoy la difgrace
paffée ,
Bien moins occupe-t'ilfon
coeur&Sapensée
Aluy rendre preſents des
maux qui neſont plus ,
Ilfçait qu'un fiecle entier
GALANT. 163
de troubles & d'allarmes
Ne fera pas revivre un
mort ,
Ilſçait que les arrests du.
fort
S'executent malgré nos lar
mes ,
Et que même une Deité
Nepeut pas empêcher qu
un malheur n'ait esté.
Lafortunefeplaît àfrap
per de grands coups
Enſes jeux infolens elle est
opiniâtre ;
O ij
164 MERCURE
Elle estsouvent contraire
àqui plus l'idolâtre ,
Etson visage est traître ,
alors qu'ilfemble doux :
Ellefait de grands dons ,
mais leur peu de durée
Afflige noftre ambition ;
Bienſouvent la poſſeſſion
En eft courie & mal af-
Seurée
Et ce que je tiens desa
main
Un autre le tiendra peuteſtre
dés demain.
ॐ
GALANT. 165
Je nesuis point ingrat des
biens qu'elle m'afaits ;
Je vante ſes faveurs , je
l'en aime , & l'en lovë ,
Sur tout quand àmaporte
ellefixefa roue ,
Etſemble vouloir rire au
gré de mesfouhaits.
Maisfitoft quejeſens qu'
elle ébranle fon aisle ,
Pour voler en d'autres
quartiers ,
Je mediſpoſe volontiers
Aluy rendre ce qui vienm
d'elle
166 MERCURE
Et ne demeure revêtu
Quedu manteau certainde
ma propre vertu.
* Quand je ferois privé de
tout autreſoutien ;
Jamais la pauvreté n'étonneroit
mon ame ,
Et je n'y connois rien qui
foit digne de blâme ,
Quand on se peut vanter
qu'on est hommede bien :
Je la tiens preferable aux
richeſſes lointaines,
Qui viennent des bords
GALANT. 167
estrangers ,
Qu'on chercheavec tant de
dangers
Par des routes ſi peu certaines,
Où l'on reclameſiſouvent
L'indulgence desflots&la
faveur du vent.
*
Armezdoncvosfureurs
contre l'air& les eaux ,
Aquilons inhumains, fiers
Auteurs des naufrages,
Vous aurez tout loiſir de
former vos orages ,
168 MERCURE
Avant que d'abimer ny
moy ny mes Vaiffeaux,
Quand je m'embarqueray
fur le fameux Egée
Zephire les careffera ,
Luyfoutmes voiles enflera ,
Ma Barquefera chargée :
Toutfera calme aux environs
,
Et Pollux & Castor tien-
C dront mes avirons.
Fermer
Résumé : VERSION paraphrasée de la 29e. Ode du 3e. Livre d'Horace adressée à Mecenas, qui commence par Tyrrhena Regum progenies, &c.
L'auteur découvre une paraphrase de la 29ème Ode du troisième Livre d'Horace dédiée à Mécène et décide de la publier après l'avoir examinée et soumise à des critiques en septembre 1714. Cette ode oppose la vie simple et innocente d'un citoyen aux plaisirs éphémères des monarques, encourageant Mécène à privilégier des joies modestes comme un bon vin et des roses fraîches. Elle met en garde contre l'excès et prône la modération. L'ode aborde également les soucis liés au pouvoir et les dangers menaçant Rome, incitant à profiter du présent sans se préoccuper de l'avenir incertain. La vie est comparée à un fleuve alternant entre repos et tumultes, soulignant que ceux qui savourent le moment présent sont moins affectés par les revers. Le texte réfléchit sur la fortune et la vertu, décrivant la fortune comme capricieuse et imprévisible. L'auteur exprime sa gratitude pour les faveurs de la fortune mais préfère la vertu à la richesse incertaine. Il conclut en invoquant les vents pour protéger ses navires lors de son voyage sur la mer Égée, espérant un trajet calme sous la protection des dieux.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
1687
p. 182-186
PROLOGUE DES FESTES DU COURS.
Début :
PRÈS de la plus superbe Ville [...]
Mots clefs :
Dieu, Amour, Dieux, Paix, Amour, Nuit
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PROLOGUE DES FESTES DU COURS.
PROLOGUE
DES FESTES
DU COURS.
CHOREDA.
PRE'Sde la plus fuperbe Ville
Quecouvre lavoute des
Cieux ,
Dans un séjour délicieux
Quebaigne une eau pure & tranquile,
Lieu charmant&digne desDieux
L'amour a choiſiſon azile.
GALANT . 183
CYNOEDOR.
Tandis que l'horreurde la Guerre
Mettoit enfeu toute la Terre ,
Cesont ces beaux Lieux que la Paix
Avoit choisi pourfon Palais.
ENSEMBLE
Les foins du plus grand Roi du
monde
Ont mis Bellone dans les fers
Et parſaſageſſe profonde
La Paix pourson séjour a le vaſte
Univers
ENSEMBLE
5
Les Ris, lesfeux , viennentprendre
la place ,
184 MERCURE
Qu'elle occupoitdans ces heureux
Climats,
Favoris du Dieu de la Thrace ,
Venez , volez , accourezfur leurs
pas,
Qu'ici le plaisir vous délaße
Dela fatigue des Combats;
Etque l'Amourluy même en chaffe
Tout ce qui ne luy convient pas.
CHOREDA.
Venus vousappe lle
Dans ce beau réduit ,
Plein d'ardeur pour elle
Le Dieu Mars lafuit
Et prés de vos belles
L'Amourvous conduit,
Son Flambeau vous luit;
Diſcrets &fidelles
Venez-ySans bruit.
T
CYNOEDOR .
GALANT . 185
CYNOE DOR.
Venus en colere
A dit à l'Amour ,
Qu'en certain mystere
On craint le grand jour;
Fadisà Cythere
Enflagrant délit
Phoebus la furprit ,
L'Amourpour luyplaire
Prend ici la nuit.
CHOREDA.
Ici Venus veille -
Pour ces Favoris ,
LeDieu de la treille
ہک
Endort les Maris ,
Tous les Dieux ensemble
Prêtent leurfecours
Septembre 1714.
186 MERCURE
Au Dieu des Amours ,
Pour ceux qu'il affemble
Cettenuit au Cours .
ENSEMBLE .
Tous les Dieux ensemble
Prêtent leur fecours
Au Dieu des Amours
Pour ceux qu'il affemble
Cette nuit au Cours.
Fin du Prologue.
DES FESTES
DU COURS.
CHOREDA.
PRE'Sde la plus fuperbe Ville
Quecouvre lavoute des
Cieux ,
Dans un séjour délicieux
Quebaigne une eau pure & tranquile,
Lieu charmant&digne desDieux
L'amour a choiſiſon azile.
GALANT . 183
CYNOEDOR.
Tandis que l'horreurde la Guerre
Mettoit enfeu toute la Terre ,
Cesont ces beaux Lieux que la Paix
Avoit choisi pourfon Palais.
ENSEMBLE
Les foins du plus grand Roi du
monde
Ont mis Bellone dans les fers
Et parſaſageſſe profonde
La Paix pourson séjour a le vaſte
Univers
ENSEMBLE
5
Les Ris, lesfeux , viennentprendre
la place ,
184 MERCURE
Qu'elle occupoitdans ces heureux
Climats,
Favoris du Dieu de la Thrace ,
Venez , volez , accourezfur leurs
pas,
Qu'ici le plaisir vous délaße
Dela fatigue des Combats;
Etque l'Amourluy même en chaffe
Tout ce qui ne luy convient pas.
CHOREDA.
Venus vousappe lle
Dans ce beau réduit ,
Plein d'ardeur pour elle
Le Dieu Mars lafuit
Et prés de vos belles
L'Amourvous conduit,
Son Flambeau vous luit;
Diſcrets &fidelles
Venez-ySans bruit.
T
CYNOEDOR .
GALANT . 185
CYNOE DOR.
Venus en colere
A dit à l'Amour ,
Qu'en certain mystere
On craint le grand jour;
Fadisà Cythere
Enflagrant délit
Phoebus la furprit ,
L'Amourpour luyplaire
Prend ici la nuit.
CHOREDA.
Ici Venus veille -
Pour ces Favoris ,
LeDieu de la treille
ہک
Endort les Maris ,
Tous les Dieux ensemble
Prêtent leurfecours
Septembre 1714.
186 MERCURE
Au Dieu des Amours ,
Pour ceux qu'il affemble
Cettenuit au Cours .
ENSEMBLE .
Tous les Dieux ensemble
Prêtent leur fecours
Au Dieu des Amours
Pour ceux qu'il affemble
Cette nuit au Cours.
Fin du Prologue.
Fermer
Résumé : PROLOGUE DES FESTES DU COURS.
Le texte décrit une fête célébrée dans un lieu idyllique, baigné par une eau pure et tranquille, où l'amour a trouvé refuge. Pendant que la guerre dévastait la Terre, la paix a élu domicile dans ces beaux lieux, permettant aux fêtes du roi de triompher et à la paix de régner sur l'univers. Les rires et les feux ont remplacé la guerre dans ces climats heureux. Mercure invite les favoris du dieu de la Thrace à se détendre après les combats, tandis que Vénus appelle les galants à la rejoindre discrètement. Cynoedor révèle que Vénus, en colère, a ordonné à l'amour de se manifester la nuit pour éviter d'être surprise par Phoebus. Vénus protège ses favoris en endormant les maris avec l'aide du dieu de la treille, et tous les dieux soutiennent le dieu des amours pour cette nuit de fête.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
1688
p. 187-197
DIVERTISSEMENT DES MASQUES.
Début :
Qu'un Bal au Cours sous ce feüillage [...]
Mots clefs :
Amour, Amours, Époux, Amant, Femme
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DIVERTISSEMENT DES MASQUES.
DIVERTISSEMENT
DES MASQUES,
CAIR.
V'un Bal au Cours Sous st
fevillage
Estun aimable amusement :
La Coquette ,& laplusfage
Iviennent également
Ecouter le doux langage
D'unjeune& nouvelAmant.
Qu'un Bak au Cours ,&c.
Iln'est dans aucun bocage
Siſeau de qui le ramage
Soit plus doux &plus charmant
;
188 MERCURE
Que le séduisant langage
D'unjeune & nouvel Amant.
Qu'un Bal au Cours , &c.
La liberté regne en ces lieux ,
On n'y craint point la médiſance.
LesJaloux & les ennuyeux
Ifont dupez par l'apparence.
DesArgus les plus curieux ,
Ony trompe la vigilance.
Folispropos , discours joyeux
S'y débitent fans confequence.
L'Amourpoury combler nos voeux
Eft avec nous d'intelligence .
Telyveut trop ouvrir les yeux
Qui voit souvent plus qu'il ne
pense.
د
GALANT. 189
AIR,
PI
quêtes nouvelles
our faire au Cours des con-
L'Amour attire tout Paris ;
Au clair de la Lune les Belles
Changent souvent de Favoris ,
Et nefontgueres plusfidelles
Aleurs Amans qu'à leurs Maris
AIR.
eunes Fillettes
Jeunes Dijj mulez
Les ardeursfecrettes
Dont vous brûlez ;
Quand fous fon Empire
LeDieu des Amours
A sçû vous réduire ;
Cachez bien toûjours
190 MERCURE
Cequ'il vous inspire
Oufifonmartire
Vousforce à le dire,
Laiſſezvous conduire
Aux Fêtes du Cours.
4
AIR..
Beantezqui voulez qu'on vous
aime,
Pourquoi vous défendre d'aimer :
Il estmal aisé d'allumer
Les Feux d'amourfans en brûler
Loi-même
Branles en Contre-danfe.
AvCours aprés la danse
Pour les tendres Amans
Il estfans confequence
D'agréablesmomens
GALANT. 191 :
L'Amourpour écarter tout ce qui
les traverse
Amuseles Mamans
Long-tems ;
Il endort les Maris
Rigris,
Et le Diable les berce..
1
Au Bal du Cours lesDames
Dans la belle Saison ,
Duſuccés de leursflames
Caufoientfur le gazon ,
Entr'elles les Amours troquerent
Leur chaußure.
Etcechangement -là
Prouva
A bon nombre d'Epoux
Faloux
Quelle étoit leur Coeffure.
192 MERCURE
Icimaint agréable
Tout rempli de Bachus,
Vient aufortir de table
Faire inſulte à Venus.
L'Amour toujours au guet prompt
àvangersa mere ,
Aprés deux ou trois tours
De Cours
Leurdécochant un trait
Lesfait
Tomber dans quelqu'orniere.
Perfecuteurs des Dames
Jaloux trop curieux ,
Laißezen paix les ames
Dans ces aimab es lieux :
De ſoins & deſoucis dégageant
nospensées ,
Sans nous priver dujour
L'Amour
GALANT. 193
L'Amour
Nous rend comme les Dieux
Heureux
Dans les Champs Elifees.
Aſſis prés desa femme
In Avocat au Cours ,
Méconnoissant la Dame
Lui contafes amours;
Elle pour profiter de fon erreur
extrême
En tira de l'argent :
Comptant ,
Et le pauvre Avocat
Bien fat
Sefit cocu lui-même.
Unejeune coquette
Septembre 1714 . R
194 MERCURE
Femme d'un Orlogeur ,
Acertaine amourette
Ayant livré ſon coeur ,
Tandis qu'à travailler chez tuy
l'Epoux demeure ,
La Belle &son Galant
Souvent
S'en vont au Cours exprés
Aufrais
Du BergerSonner l'heure.
Amans dans les Ruelles
Nepaſſez plus vos jours ,
Il est des nuits plus belles
Pour vous aux Bals du Cours ,
L'Amour vous offre ici des conquétés
aisées ,
Enfaveur de la Paix
Ses Traits
GALANT. 194
Ne forment que des noeuds
Heureux
Dans les Champs Elisées.
D'une aimable Grisette,
Certain vieux Brocanteur
Par contrat fit emplette
Sans s'aßurer du coeur
.ינ
L'exemple d'un Epoux dont toute
Lafortune,
Venoit de trafiquer
Troquer,
Fit qu'elle trafiqua
Troqua ....
Au Cours , au clair de Lune.
Une Fille sçavante
En l'art de Cupidon ,
Rij
194 MERCURE
Deſes droits jouiſſante
En uſoitbien dit- on , Mal instruit defesfeux , un Tuteur
mal habile
La crût au Cours la nuit
Et prit
Sa Femme & Son Rival
Au lieudefa Pupille.
થોડાક લો છો ??????????
<
Le Démon de la Dancel
Pourflaterfes defirs, ban
De toutesapuissanceonport
Travailleà vosplaisirs
Deſes empreſſemens il ne veut
pourfalaire
Que l'honneur de pouvoir
Vous voir
En foule ici témoins
Des Soins
Qu'il prendra pour vous plaire.
GALANT. 197
Voilà ce qu'il y a de plus
comique dans la Picce. Mais
ce qu'il y a de meilleur à la
rête de cet Ouvrage c'eſt une
Epître en grands& petits vers
dediée au Prince Royal &
Electoral de Saxe.
DES MASQUES,
CAIR.
V'un Bal au Cours Sous st
fevillage
Estun aimable amusement :
La Coquette ,& laplusfage
Iviennent également
Ecouter le doux langage
D'unjeune& nouvelAmant.
Qu'un Bak au Cours ,&c.
Iln'est dans aucun bocage
Siſeau de qui le ramage
Soit plus doux &plus charmant
;
188 MERCURE
Que le séduisant langage
D'unjeune & nouvel Amant.
Qu'un Bal au Cours , &c.
La liberté regne en ces lieux ,
On n'y craint point la médiſance.
LesJaloux & les ennuyeux
Ifont dupez par l'apparence.
DesArgus les plus curieux ,
Ony trompe la vigilance.
Folispropos , discours joyeux
S'y débitent fans confequence.
L'Amourpoury combler nos voeux
Eft avec nous d'intelligence .
Telyveut trop ouvrir les yeux
Qui voit souvent plus qu'il ne
pense.
د
GALANT. 189
AIR,
PI
quêtes nouvelles
our faire au Cours des con-
L'Amour attire tout Paris ;
Au clair de la Lune les Belles
Changent souvent de Favoris ,
Et nefontgueres plusfidelles
Aleurs Amans qu'à leurs Maris
AIR.
eunes Fillettes
Jeunes Dijj mulez
Les ardeursfecrettes
Dont vous brûlez ;
Quand fous fon Empire
LeDieu des Amours
A sçû vous réduire ;
Cachez bien toûjours
190 MERCURE
Cequ'il vous inspire
Oufifonmartire
Vousforce à le dire,
Laiſſezvous conduire
Aux Fêtes du Cours.
4
AIR..
Beantezqui voulez qu'on vous
aime,
Pourquoi vous défendre d'aimer :
Il estmal aisé d'allumer
Les Feux d'amourfans en brûler
Loi-même
Branles en Contre-danfe.
AvCours aprés la danse
Pour les tendres Amans
Il estfans confequence
D'agréablesmomens
GALANT. 191 :
L'Amourpour écarter tout ce qui
les traverse
Amuseles Mamans
Long-tems ;
Il endort les Maris
Rigris,
Et le Diable les berce..
1
Au Bal du Cours lesDames
Dans la belle Saison ,
Duſuccés de leursflames
Caufoientfur le gazon ,
Entr'elles les Amours troquerent
Leur chaußure.
Etcechangement -là
Prouva
A bon nombre d'Epoux
Faloux
Quelle étoit leur Coeffure.
192 MERCURE
Icimaint agréable
Tout rempli de Bachus,
Vient aufortir de table
Faire inſulte à Venus.
L'Amour toujours au guet prompt
àvangersa mere ,
Aprés deux ou trois tours
De Cours
Leurdécochant un trait
Lesfait
Tomber dans quelqu'orniere.
Perfecuteurs des Dames
Jaloux trop curieux ,
Laißezen paix les ames
Dans ces aimab es lieux :
De ſoins & deſoucis dégageant
nospensées ,
Sans nous priver dujour
L'Amour
GALANT. 193
L'Amour
Nous rend comme les Dieux
Heureux
Dans les Champs Elifees.
Aſſis prés desa femme
In Avocat au Cours ,
Méconnoissant la Dame
Lui contafes amours;
Elle pour profiter de fon erreur
extrême
En tira de l'argent :
Comptant ,
Et le pauvre Avocat
Bien fat
Sefit cocu lui-même.
Unejeune coquette
Septembre 1714 . R
194 MERCURE
Femme d'un Orlogeur ,
Acertaine amourette
Ayant livré ſon coeur ,
Tandis qu'à travailler chez tuy
l'Epoux demeure ,
La Belle &son Galant
Souvent
S'en vont au Cours exprés
Aufrais
Du BergerSonner l'heure.
Amans dans les Ruelles
Nepaſſez plus vos jours ,
Il est des nuits plus belles
Pour vous aux Bals du Cours ,
L'Amour vous offre ici des conquétés
aisées ,
Enfaveur de la Paix
Ses Traits
GALANT. 194
Ne forment que des noeuds
Heureux
Dans les Champs Elisées.
D'une aimable Grisette,
Certain vieux Brocanteur
Par contrat fit emplette
Sans s'aßurer du coeur
.ינ
L'exemple d'un Epoux dont toute
Lafortune,
Venoit de trafiquer
Troquer,
Fit qu'elle trafiqua
Troqua ....
Au Cours , au clair de Lune.
Une Fille sçavante
En l'art de Cupidon ,
Rij
194 MERCURE
Deſes droits jouiſſante
En uſoitbien dit- on , Mal instruit defesfeux , un Tuteur
mal habile
La crût au Cours la nuit
Et prit
Sa Femme & Son Rival
Au lieudefa Pupille.
થોડાક લો છો ??????????
<
Le Démon de la Dancel
Pourflaterfes defirs, ban
De toutesapuissanceonport
Travailleà vosplaisirs
Deſes empreſſemens il ne veut
pourfalaire
Que l'honneur de pouvoir
Vous voir
En foule ici témoins
Des Soins
Qu'il prendra pour vous plaire.
GALANT. 197
Voilà ce qu'il y a de plus
comique dans la Picce. Mais
ce qu'il y a de meilleur à la
rête de cet Ouvrage c'eſt une
Epître en grands& petits vers
dediée au Prince Royal &
Electoral de Saxe.
Fermer
Résumé : DIVERTISSEMENT DES MASQUES.
Le texte décrit les bals et les divertissements au Cours comme des lieux de rassemblement social où la liberté prédomine. Ces événements permettent de duper les médisants et les jaloux grâce aux apparences. Les jeunes amants y trouvent un langage doux et charmant, et l'amour y est omniprésent, facilitant les rencontres et les échanges galants. Les femmes y changent fréquemment de favoris et ne montrent pas plus de fidélité à leurs amants qu'à leurs maris. Les jeunes filles sont encouragées à dissimuler leurs ardeurs secrètes et à participer aux fêtes du Cours. La beauté y incite à aimer, et les moments tendres y sont nombreux. L'amour y adoucit les maris rigides et berce les couples. Les dames y célèbrent leurs succès amoureux et parfois trompent leurs époux. Le texte relate plusieurs anecdotes spécifiques, comme celle d'un avocat trompé par sa femme ou d'une jeune coquette ayant une amourette avec un galant. Les bals offrent des conquêtes faciles grâce à la paix et à l'amour qui y règnent. Des exemples de trahisons et de malentendus y sont également mentionnés, tels que celui d'un brocanteur trompé ou d'un tuteur mal avisé. Enfin, le texte loue le démon de la danse pour ses efforts à satisfaire les désirs des participants.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
1689
p. 241-243
ENVOY sur le mot de la derniere Enigme du mois passé.
Début :
À Quelques Dames du quartier [...]
Mots clefs :
Silence
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENVOY sur le mot de la derniere Enigme du mois passé.
ENVΟΥ
ſur le mot de la derniere
Enigme du mois paffé.
AQuelques Dames dis
quartierSeptembre 1714.
X
242 MERCURE
Je lûsbier leMercure der
nier ;
L'Enigme vint ; les Da-
mes affemblées
De devinerle motſefirent
nn honneur ;
Et toutes s'empreſſant de
dire leurs pensées,
Firent naître à l'envy l'é-
clatante rumeur
De tant de voix entrecou-
pées,
Quependantquelquetems,
jecrus
Que l'on alloit deviner en
GALANT 24元
chorus .
MesDames ,fans tirer,
leur dis-je , à confe
29407
quence
७
Accordez-moyde grace,un
momentd'audiance:
0prodige étonnant, lebeau
Fort bien repris-je alors
le mot se trouvera
Dans le filence.
ſur le mot de la derniere
Enigme du mois paffé.
AQuelques Dames dis
quartierSeptembre 1714.
X
242 MERCURE
Je lûsbier leMercure der
nier ;
L'Enigme vint ; les Da-
mes affemblées
De devinerle motſefirent
nn honneur ;
Et toutes s'empreſſant de
dire leurs pensées,
Firent naître à l'envy l'é-
clatante rumeur
De tant de voix entrecou-
pées,
Quependantquelquetems,
jecrus
Que l'on alloit deviner en
GALANT 24元
chorus .
MesDames ,fans tirer,
leur dis-je , à confe
29407
quence
७
Accordez-moyde grace,un
momentd'audiance:
0prodige étonnant, lebeau
Fort bien repris-je alors
le mot se trouvera
Dans le filence.
Fermer
Résumé : ENVOY sur le mot de la derniere Enigme du mois passé.
En septembre 1714, des dames tentent de résoudre une énigme du Mercure. Leur effervescence crée une rumeur bruyante. L'auteur demande le silence pour trouver le mot. Le texte souligne leur engagement et utilise un style poétique.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
1690
p. 244-245
ENIGME.
Début :
L'Auteur de l'Enigme suivante dit, que pour établir sa / Bien des gens se passent de moy, [...]
Mots clefs :
Mouchoir
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
L'Auteur de l'Enigme fuivante
dit , que pour établir ſa
réputation , il eft bien aiſe
qu'on ſcache que c'eſt luy qui
La faite.
ENIGME.
Bien des gens ſe paſſent
de moy
Cependantjeſuis neceſſaire.
Ceux qui vous diront le
GALANT. 245
e
contraire
Nefontpas gens de grand
alloy.
Jene plais guere à la jeuneffe
,
Ala bien elever , lorſque
l'on s'intereffe ,
On la reprend ſouvent à
mon ſujet .
L
Selon l'occaſion, j'ayla gau
che , ou la droite ,
C'en est aßez , j'ay fini
mon projet ;
Si vous me devinez , vous
Jerezbien adroite.
dit , que pour établir ſa
réputation , il eft bien aiſe
qu'on ſcache que c'eſt luy qui
La faite.
ENIGME.
Bien des gens ſe paſſent
de moy
Cependantjeſuis neceſſaire.
Ceux qui vous diront le
GALANT. 245
e
contraire
Nefontpas gens de grand
alloy.
Jene plais guere à la jeuneffe
,
Ala bien elever , lorſque
l'on s'intereffe ,
On la reprend ſouvent à
mon ſujet .
L
Selon l'occaſion, j'ayla gau
che , ou la droite ,
C'en est aßez , j'ay fini
mon projet ;
Si vous me devinez , vous
Jerezbien adroite.
Fermer
1691
p. 246-247
ENIGME.
Début :
L'Auteur de celle-cy dit qu'il est si jaloux de sa réputation / Je suis un enfant de la terre [...]
Mots clefs :
Pierre à fusil
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
L'Auteur de celle - cy dit
qu'il eſt ſi jaloux de la réputation,
qu'il eſt bien aiſe qu'on
ne ſcache pas que c'eſt luy qui
l'a faite.
ENIGME.
FEfuis un enfant de la
terre
Que l'on forme à coups de
C
marteau ,
On me politſous le ciſeau ,
Et je fais à l'acier une immortelle
guerre.
Promethée ou Deucalion
GALANT. 247
M'arracherent jadis du
fein de la matiere ,..
Et tirerent de moy , dit- on ,
L'origine de la lumiere.
Je nesçay guere à quoy reffemble
ma couleur :
Mon pere est un brutal
dont la main me déchire ,
Et c'eſt de mon être qu'on
tire
L'experience , l'art , l'éclat
&la chaleur.
qu'il eſt ſi jaloux de la réputation,
qu'il eſt bien aiſe qu'on
ne ſcache pas que c'eſt luy qui
l'a faite.
ENIGME.
FEfuis un enfant de la
terre
Que l'on forme à coups de
C
marteau ,
On me politſous le ciſeau ,
Et je fais à l'acier une immortelle
guerre.
Promethée ou Deucalion
GALANT. 247
M'arracherent jadis du
fein de la matiere ,..
Et tirerent de moy , dit- on ,
L'origine de la lumiere.
Je nesçay guere à quoy reffemble
ma couleur :
Mon pere est un brutal
dont la main me déchire ,
Et c'eſt de mon être qu'on
tire
L'experience , l'art , l'éclat
&la chaleur.
Fermer
1692
p. 248-250
CHANSON dont les paroles sont de .. & la Musique de M. Dubreuïl Vignancourt.
Début :
Un prélude pour annoncer une Chanson faite sur une / Le changement, Iris, vous est si doux, [...]
Mots clefs :
Coquette, Savants
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CHANSON dont les paroles sont de .. & la Musique de M. Dubreuïl Vignancourt.
Un prélude pour annoncer
uneChanſon faite ſur une
coquette doit-il être bien ſerieux.
Non : Il n'en faut pas
même là deſſus , difent les
connoiffeurs ; comme les coquettes
ne gardent aucune
meſure avec leurs Amants , il
ne faut ni ſcrupule , ni ceremonie
pour les chanter.
۱
on
ane t
as
es
C
7
GALANT. 249
CHANSON
dont les paroles ſont de ..
& la Muſique de M. Dubreüil
de Vignancourt .
Le changement , Iris ,
vous eftfi doux
Que lorsqu'on est bienavec
vous,
ی
On n'ofe s'en donner la
gloire :
Celisy qui ſçait vous arrefter
,
Asi peu de temps pour le
croire ,
250 MERCURE
Qu'il n'en a pas pour s'en
venter.
Voicy bien d'autres nouvelles
, Mefficurs ,
Sçavants contre Sçavants , Ercteurs
contre Lecteurs
Combattent à l'envy pour le
choix des Autheurs .
uneChanſon faite ſur une
coquette doit-il être bien ſerieux.
Non : Il n'en faut pas
même là deſſus , difent les
connoiffeurs ; comme les coquettes
ne gardent aucune
meſure avec leurs Amants , il
ne faut ni ſcrupule , ni ceremonie
pour les chanter.
۱
on
ane t
as
es
C
7
GALANT. 249
CHANSON
dont les paroles ſont de ..
& la Muſique de M. Dubreüil
de Vignancourt .
Le changement , Iris ,
vous eftfi doux
Que lorsqu'on est bienavec
vous,
ی
On n'ofe s'en donner la
gloire :
Celisy qui ſçait vous arrefter
,
Asi peu de temps pour le
croire ,
250 MERCURE
Qu'il n'en a pas pour s'en
venter.
Voicy bien d'autres nouvelles
, Mefficurs ,
Sçavants contre Sçavants , Ercteurs
contre Lecteurs
Combattent à l'envy pour le
choix des Autheurs .
Fermer
Résumé : CHANSON dont les paroles sont de .. & la Musique de M. Dubreuïl Vignancourt.
Le texte discute de la composition d'une chanson dédiée à une coquette, estimant qu'un prélude sérieux est inutile. Il mentionne une chanson de M. Dubreüil de Vignancourt, vantant la douceur d'être avec Iris et critiquant Celisy. Des disputes entre savants et érudits concernent le choix des auteurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
1693
p. 165-166
Vers presentez au Roy. [titre d'après la table]
Début :
Quel cortege brillant ! quelle foule nombreuse ! [...]
Mots clefs :
Louis XIV, Roi, Concert
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Vers presentez au Roy. [titre d'après la table]
Quel cortege brillant ! quelle
foule nombreuſe !!
Grand Roy , jamais la Cour ne
parut plus pompeuſe ,
Et jamais nul concert flotant
au gré de l'eau
N'offrit à nos regards de ſpectacle
fi beau.
L'ardeur qu'on a de voir tant
de magnificence ,
De Princes étrangers attire
une affluence;
Et ces Heros ſuivant leur inclination
,
1
166 MERCURE
Joignent à nos reſpects leur
admiration.
Charmez que ta douceur aft
terminé la guerre ,
Ils ont volé vers toy pour foüir
:
de la paix.
GrandRoy , qu'elle dure àjamais,
Et que le reſte de la terre
Ne parle plusque des bienfaits
Dont tu vas combler tes ſujets.
PRIERE.
Ciel ! maître des deſtinées ,
Prête à Lours ton ſecours ,
Et pour prolonger ſes jours ,
Retranche de nos années.
Je fuis,Mademoiselle
vôtre, &c.
Rendons maintenant , s'il
vous plaît , Meſſieurs , la converſation
generale.
foule nombreuſe !!
Grand Roy , jamais la Cour ne
parut plus pompeuſe ,
Et jamais nul concert flotant
au gré de l'eau
N'offrit à nos regards de ſpectacle
fi beau.
L'ardeur qu'on a de voir tant
de magnificence ,
De Princes étrangers attire
une affluence;
Et ces Heros ſuivant leur inclination
,
1
166 MERCURE
Joignent à nos reſpects leur
admiration.
Charmez que ta douceur aft
terminé la guerre ,
Ils ont volé vers toy pour foüir
:
de la paix.
GrandRoy , qu'elle dure àjamais,
Et que le reſte de la terre
Ne parle plusque des bienfaits
Dont tu vas combler tes ſujets.
PRIERE.
Ciel ! maître des deſtinées ,
Prête à Lours ton ſecours ,
Et pour prolonger ſes jours ,
Retranche de nos années.
Je fuis,Mademoiselle
vôtre, &c.
Rendons maintenant , s'il
vous plaît , Meſſieurs , la converſation
generale.
Fermer
Résumé : Vers presentez au Roy. [titre d'après la table]
À la cour d'un grand roi, une scène grandiose et festive attire des princes étrangers. La foule admire la pompe et loue le roi pour avoir mis fin à la guerre et apporté la paix. Les sujets espèrent des bienfaits durables et prient pour la longue vie du roi. La conversation générale reprend ensuite.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
1694
p. 177-182
ODE.
Début :
Amour étant sur le sein de Venus [...]
Mots clefs :
Amour, Vénus, Épouse, Enfant, Yeux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ODE.
ODE.
Amour étant ſur leſein de
Venus
D'Agesilas vit l'Epouse
n'a quere ,
Et luy trouvant des graces
tant &plus
Vola vers elle , en disant
c'estmamere.
Piquée au vif, la Reine de
Cithere
178 MERCURE
Voulut d'abord frapper le
deferteur ,
Luy prompt ſe ſauve aux
cheveux de la belle,
Lafetapit , Venus entre en
fureur ,
Et nepouvant ſouffrir qis
unemortelle
Ofe luy faire un ſiſanglant
affront ,
Luy faute aux yeux dans
l'excés de farage,
Et luy portant les ongles
au visage ,
Luy defigure&la jouë&
lefront ,
)
GALANT. 179
Nyplus ny moins qu'aprés
un grand orage ,
Dans un parterre on voit
- roses&lys
En maint endroitspar la
grelle meurtris.
Lepauvre amour caufe de
cet outrage ,
Menoit grand deüil , perçoit
l'air deſes cris ;
Mais quand Venus aprés
ce bel ouvrage
S'enfut partie , &qu'il vit
le ravage
Qu'elle avoit fait , ce fut
encore pis.
180 MERCURE
Saifi d'horreur de l'affreuſe
vengeance ,
Il en fremit , bien avisé
pourtant ,
Pas ne s'en tint à longue
doleance,
Mù de pitié , l'officieux
enfant
Prés de la Dame uſe de
doux langage ,
La rafraîchit du vent de
Son plumage ,
D'un doigt leger en quiſe
depinceau
Ilapplanit les fillons de la
peau
GALANT. 181
Puis appellantpar un dira
nier remede
Lespetits Dieux ſesfreres
àfon aide ,
Artiſtement les niche dans
les trous
Qu'avoitcreuſez,la Déeſſe
en courroux.
Quile croiroit ! o curefans
pareille ?
Laimable Epouse aux
yeux defon Epoux
Plus que jamais parut
fraîche &vermeille ,
Et pour furcroît de bon
beur mit au jour
182 MERCURE .
Un bel enfant tout femblable
à l' Amour.
Amour étant ſur leſein de
Venus
D'Agesilas vit l'Epouse
n'a quere ,
Et luy trouvant des graces
tant &plus
Vola vers elle , en disant
c'estmamere.
Piquée au vif, la Reine de
Cithere
178 MERCURE
Voulut d'abord frapper le
deferteur ,
Luy prompt ſe ſauve aux
cheveux de la belle,
Lafetapit , Venus entre en
fureur ,
Et nepouvant ſouffrir qis
unemortelle
Ofe luy faire un ſiſanglant
affront ,
Luy faute aux yeux dans
l'excés de farage,
Et luy portant les ongles
au visage ,
Luy defigure&la jouë&
lefront ,
)
GALANT. 179
Nyplus ny moins qu'aprés
un grand orage ,
Dans un parterre on voit
- roses&lys
En maint endroitspar la
grelle meurtris.
Lepauvre amour caufe de
cet outrage ,
Menoit grand deüil , perçoit
l'air deſes cris ;
Mais quand Venus aprés
ce bel ouvrage
S'enfut partie , &qu'il vit
le ravage
Qu'elle avoit fait , ce fut
encore pis.
180 MERCURE
Saifi d'horreur de l'affreuſe
vengeance ,
Il en fremit , bien avisé
pourtant ,
Pas ne s'en tint à longue
doleance,
Mù de pitié , l'officieux
enfant
Prés de la Dame uſe de
doux langage ,
La rafraîchit du vent de
Son plumage ,
D'un doigt leger en quiſe
depinceau
Ilapplanit les fillons de la
peau
GALANT. 181
Puis appellantpar un dira
nier remede
Lespetits Dieux ſesfreres
àfon aide ,
Artiſtement les niche dans
les trous
Qu'avoitcreuſez,la Déeſſe
en courroux.
Quile croiroit ! o curefans
pareille ?
Laimable Epouse aux
yeux defon Epoux
Plus que jamais parut
fraîche &vermeille ,
Et pour furcroît de bon
beur mit au jour
182 MERCURE .
Un bel enfant tout femblable
à l' Amour.
Fermer
Résumé : ODE.
Le poème relate une dispute entre Vénus et Amour. Attiré par la beauté de l'épouse d'Agesilas, Amour se présente à elle en se prétendant son fils. Vénus, offensée, décide de punir Amour, qui se réfugie auprès de la femme. Dans un accès de rage, Vénus aveugle Amour et lui lacère le visage. Horrifié, Amour est ensuite consolé par Mercure. Ce dernier apaise la douleur de l'épouse d'Agesilas en utilisant le vent de son plumage et lisse sa peau avec ses doigts. Il convoque également ses frères, les petits dieux, pour réparer les dommages causés par Vénus. Grâce à ces soins, l'épouse d'Agesilas retrouve une apparence fraîche et vermeille et donne naissance à un enfant beau comme Amour.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
1695
p. 272-275
CHANSON.
Début :
Colin dormant sur le bord d'un ruisseau [...]
Mots clefs :
Amour, Bergères
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CHANSON.
CHANSON.
Colin dormant fur le bord
d'un ruiſſeau
Fit unfonge agreable :
Des Bergeres de ſon Ha
meau
Catin la plus aimable
Leſerroit dansses bras :
Et pleine de l'amour dont
il brûloit pour elle ,
Ah ! Colin , luy disoit la
belle,
Ne te réveille pas.
ATREGUE
DEL
BIBL
LYON E
*1893
*
GALANT. 273
L'Auteur de cette Chanfon
a fait une demic douzaine de
couplets ſur le même air ; il
m'a promis qu'il me les donneroit
quand il ſeroit las de
les garder ; mais c'eſt pure malice
, & bien dommage qu'il
nous laiſſe au milieu du fonge
de Colin. Si cependant quelqu'un
veut prendre ſa place ,
il ſera toûjours bien receu ,
lorſqu'il m'apportera quelques
Chanſons à la louange
de la Catin de Mathanafius ,
ou de celle qui luy plaira.
Colin dormant fur le bord
d'un ruiſſeau
Fit unfonge agreable :
Des Bergeres de ſon Ha
meau
Catin la plus aimable
Leſerroit dansses bras :
Et pleine de l'amour dont
il brûloit pour elle ,
Ah ! Colin , luy disoit la
belle,
Ne te réveille pas.
ATREGUE
DEL
BIBL
LYON E
*1893
*
GALANT. 273
L'Auteur de cette Chanfon
a fait une demic douzaine de
couplets ſur le même air ; il
m'a promis qu'il me les donneroit
quand il ſeroit las de
les garder ; mais c'eſt pure malice
, & bien dommage qu'il
nous laiſſe au milieu du fonge
de Colin. Si cependant quelqu'un
veut prendre ſa place ,
il ſera toûjours bien receu ,
lorſqu'il m'apportera quelques
Chanſons à la louange
de la Catin de Mathanafius ,
ou de celle qui luy plaira.
Fermer
Résumé : CHANSON.
La chanson 'Colin dormant' décrit le rêve de Colin, amoureux d'une bergère de son hameau. Dans ce rêve, elle lui demande de ne pas se réveiller. L'auteur a écrit plusieurs couplets sur ce thème mais n'a pas partagé la suite. Il regrette cette absence et invite à composer de nouvelles chansons à la louange de la bergère ou d'une autre personne.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
1696
p. 276-277
ENIGME.
Début :
Je regne également sur la terre & sur l'onde, [...]
Mots clefs :
Air
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGME.
FEregne également fur la
terre &ſur l'onde,
Etjeſuis neceſſaire en tout
temps en tous lieux :
Tout agitpar moy fous les
Creux
د
Etj'emplis tout le Monde.
Il n'estrien icy bas qui ne
Soitſous ma loy ,
Rien ne peut vivreſans la
prendre ,
GALANT. 277
Sije differois de la rendre
On auroit peu de temps à
Jeplaindre demoy.
*
Jenesuis point une Divinité
7
Mon Empire est pourtans
fenfible :
Enfin jefuis ,&j'ay tou
jours esté
De couleur invisible.
FEregne également fur la
terre &ſur l'onde,
Etjeſuis neceſſaire en tout
temps en tous lieux :
Tout agitpar moy fous les
Creux
د
Etj'emplis tout le Monde.
Il n'estrien icy bas qui ne
Soitſous ma loy ,
Rien ne peut vivreſans la
prendre ,
GALANT. 277
Sije differois de la rendre
On auroit peu de temps à
Jeplaindre demoy.
*
Jenesuis point une Divinité
7
Mon Empire est pourtans
fenfible :
Enfin jefuis ,&j'ay tou
jours esté
De couleur invisible.
Fermer
1697
p. 278-280
AUTRE.
Début :
Je donne matiere à chercher [...]
Mots clefs :
Énigme
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
FEdonne matiere à chera
1.
cher
A tous les efprits que j'oca
сире
Bienſouvent ils enfont la
dupe ,
Et jeſuis ſouvent loin ,
quand on croit me
toucher.
L'embarras feul est mon
partage,
GALANT . 279.
Je me maſque communement
,
Et c'est dans un obscur
langage
Quejeprend mon déguiſen
ment.
Toûjours d'un accès difficile
,
Je ne me montre qu'à l'ha
bile ,
Unignorant n'estpas mon
fait;
Mais quand de m'attraperunesprit
a l'adreſſe ,
280 MERCURE
Fôte le voile , l'erreurceffe ,
Etje me montre traitpour
trait.
FEdonne matiere à chera
1.
cher
A tous les efprits que j'oca
сире
Bienſouvent ils enfont la
dupe ,
Et jeſuis ſouvent loin ,
quand on croit me
toucher.
L'embarras feul est mon
partage,
GALANT . 279.
Je me maſque communement
,
Et c'est dans un obscur
langage
Quejeprend mon déguiſen
ment.
Toûjours d'un accès difficile
,
Je ne me montre qu'à l'ha
bile ,
Unignorant n'estpas mon
fait;
Mais quand de m'attraperunesprit
a l'adreſſe ,
280 MERCURE
Fôte le voile , l'erreurceffe ,
Etje me montre traitpour
trait.
Fermer
1698
p. 10-16
AUX MUSES, SUR LA PAIX. Par Mademoiselle Deshoulieres.
Début :
Par exemple, je vais donner indiffereemment au / [...]
Mots clefs :
Paix, Muses, Louis XIV, Héros
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUX MUSES, SUR LA PAIX. Par Mademoiselle Deshoulieres.
Par exemple , je vais don- ..
ner indifferemment au
GALANT. I
monde les vers que Mademoiſelle
Deshoulieres vous
adreſſe ſur la Paix, quoique
je ſente à merveille le merite
du genie qui les a enfantez
:mais je ſuis homme
de parole , & l'on fe moqueroit
de moy , fi , à fon
occafion , apres les injures
que je viens de vous dire ,
je me raccommodois ſi aifément
avec vous.
12 MERCURE
ン
*******
AUX MUSES ,
SUR LA ΡΑΙΧ.
Par Mademoiselle Deshoulieres.
DEs facrez bords que le
Permeſſe arrofe,
Muſes , tranſportez -moy
dans ces lieux enchantez
,
Où Louis , au milieu de .
cent Divinitez ,
A l'ombre des lauriers repofe.
Secondez mes defirs , ve
GALANT . 13
nez, ſçavantes Soeurs ,
Venez d'un air riant &
pretendre
Enrichir mon eſprit d'une
moiſſon de fleurs ;
Venez , hâtez vous de répandre
Sur mes foibles chanſons
vos divines faveurs .
Sans vous oſerois - je pretendre
A l'honneur de chanter la
paix ,
Que Louis dans le cours
de ſes vaſtes projets .
Al'univers a voulu rendre ,
Et que ſes glorieux travaux
(
14 MERCURE
Du celeſte ſejour ont forcé
de deſcendre, 22
Malgré les vains efforts de
ſes fameux rivaux ?
Jaloux du Heros dont l'hiſtoire
Adéja conſacré la rapide
valeur,
Ils avoient confpiré d'abaiſſer
ſa grandeur ;
Ils avoient feduit la victoire,
Qui tant&tantde fois couronna
ce vainqueur.
Pour remplir des deſtins
l'arrêt irrevocable,
Elle revient à lui , vole , &
GALANT. 15
Slance fes traits
Sur cette ligue formidable,
Qui de l'Europe entiere avoit
banni la paix.
Accoûtuméeàmarcher devant
elle
SouslesordresdeceHeros,
Ellereprend ſa place , & la
fiere Immortelle ,
Jalouſe de ſes droits , ansho
tui nonce le repos ,
Que Lours triomphant
rappelle.
De nos malheurs les four-
20oces vont tarir ,
De mille biens la paix fera
ſuivie,
16 MERCURE
Les plaiſirs , les beaux arts
vont revivre & fleurir ,
De nouveaux dons la terre
eſt prête à le couvrir :
Maispour nous ſatisfaire au
gré de nôtre envie ,
Sous les yeux de monRoy
puiſſe croître & meûrir
L'auguſte rejetton d'une ſi
belle tige.
201
Dans l'ardeur que pour lui
nôtre tendreſſe exige ,
Puiſſent les Immortels accorder
à nos voeux
De longs jours à Louis ,&
de longs jours heureux.
ner indifferemment au
GALANT. I
monde les vers que Mademoiſelle
Deshoulieres vous
adreſſe ſur la Paix, quoique
je ſente à merveille le merite
du genie qui les a enfantez
:mais je ſuis homme
de parole , & l'on fe moqueroit
de moy , fi , à fon
occafion , apres les injures
que je viens de vous dire ,
je me raccommodois ſi aifément
avec vous.
12 MERCURE
ン
*******
AUX MUSES ,
SUR LA ΡΑΙΧ.
Par Mademoiselle Deshoulieres.
DEs facrez bords que le
Permeſſe arrofe,
Muſes , tranſportez -moy
dans ces lieux enchantez
,
Où Louis , au milieu de .
cent Divinitez ,
A l'ombre des lauriers repofe.
Secondez mes defirs , ve
GALANT . 13
nez, ſçavantes Soeurs ,
Venez d'un air riant &
pretendre
Enrichir mon eſprit d'une
moiſſon de fleurs ;
Venez , hâtez vous de répandre
Sur mes foibles chanſons
vos divines faveurs .
Sans vous oſerois - je pretendre
A l'honneur de chanter la
paix ,
Que Louis dans le cours
de ſes vaſtes projets .
Al'univers a voulu rendre ,
Et que ſes glorieux travaux
(
14 MERCURE
Du celeſte ſejour ont forcé
de deſcendre, 22
Malgré les vains efforts de
ſes fameux rivaux ?
Jaloux du Heros dont l'hiſtoire
Adéja conſacré la rapide
valeur,
Ils avoient confpiré d'abaiſſer
ſa grandeur ;
Ils avoient feduit la victoire,
Qui tant&tantde fois couronna
ce vainqueur.
Pour remplir des deſtins
l'arrêt irrevocable,
Elle revient à lui , vole , &
GALANT. 15
Slance fes traits
Sur cette ligue formidable,
Qui de l'Europe entiere avoit
banni la paix.
Accoûtuméeàmarcher devant
elle
SouslesordresdeceHeros,
Ellereprend ſa place , & la
fiere Immortelle ,
Jalouſe de ſes droits , ansho
tui nonce le repos ,
Que Lours triomphant
rappelle.
De nos malheurs les four-
20oces vont tarir ,
De mille biens la paix fera
ſuivie,
16 MERCURE
Les plaiſirs , les beaux arts
vont revivre & fleurir ,
De nouveaux dons la terre
eſt prête à le couvrir :
Maispour nous ſatisfaire au
gré de nôtre envie ,
Sous les yeux de monRoy
puiſſe croître & meûrir
L'auguſte rejetton d'une ſi
belle tige.
201
Dans l'ardeur que pour lui
nôtre tendreſſe exige ,
Puiſſent les Immortels accorder
à nos voeux
De longs jours à Louis ,&
de longs jours heureux.
Fermer
Résumé : AUX MUSES, SUR LA PAIX. Par Mademoiselle Deshoulieres.
Un homme écrit à une correspondante pour expliquer qu'il ne publiera pas les vers de Mademoiselle Deshoulières sur la paix, bien qu'ils soient méritants, afin d'éviter l'incohérence après avoir récemment critiqué cette dernière. Il souligne qu'il est homme de parole et ne veut pas prêter à rire. Le poème de Mademoiselle Deshoulières, 'Aux Muses, Sur la Paix', invite les Muses à la transporter dans un lieu enchanté où Louis XIV repose sous les lauriers, entouré de divinités. Elle demande leur aide pour enrichir son esprit et chanter la paix instaurée par Louis XIV grâce à ses actions glorieuses. Le poème décrit la Victoire revenant à Louis malgré les rivaux jaloux, rétablissant ainsi la paix en Europe. Cette paix mettra fin aux malheurs, fera renaître les plaisirs et les arts, et permettra à la terre de produire de nouvelles richesses. Enfin, elle souhaite longévité et bonheur à Louis XIV et à son héritier.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
1699
p. 337-338
BOUQUET.
Début :
Je le voy bien ; il faut devancer vostre feste, [...]
Mots clefs :
Muse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : BOUQUET.
BOUQUET.
Jele voy bien ; ilfaut devancer
2 vostre feste ,
f
Le tribut queje rends à voſtre ai-
L
mable foeur ,
De vos tranquiles jours troubleroit
La douceur ,
Et vous mettroit Martel en teste.
Je n'ofe condamner ce mouvement
jaloux ,
Puisque c'est moy qui lefais naître;
Mais est-ce par mes vers que vous
devez connoistre
Lesfentimens que j'ay pour vous.
Novembre 1714. Ff
338 MERCURE
Souffrez que je vous deſabuse ,
Parunsimple regardje m'explique
bien mieux ,
Etle langage dema Muse
Nevautpas celuy de mesyeux.
Jele voy bien ; ilfaut devancer
2 vostre feste ,
f
Le tribut queje rends à voſtre ai-
L
mable foeur ,
De vos tranquiles jours troubleroit
La douceur ,
Et vous mettroit Martel en teste.
Je n'ofe condamner ce mouvement
jaloux ,
Puisque c'est moy qui lefais naître;
Mais est-ce par mes vers que vous
devez connoistre
Lesfentimens que j'ay pour vous.
Novembre 1714. Ff
338 MERCURE
Souffrez que je vous deſabuse ,
Parunsimple regardje m'explique
bien mieux ,
Etle langage dema Muse
Nevautpas celuy de mesyeux.
Fermer
Résumé : BOUQUET.
En novembre 1714, l'auteur du poème 'Bouquet' souhaite préserver la tranquillité de son destinataire. Il craint que ses vers ne suscitent des soupçons injustifiés. Il préfère exprimer ses sentiments par un regard plutôt que par l'écriture, estimant que ses yeux transmettent mieux ses émotions que ses poèmes.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
1700
p. 346
CHANSON.
Début :
Oüy, je suis inconstant, adorable Climene, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CHANSON.
CHANSON.
Oüy ,jesuis inconstant ,adorable
Climene,
Mais quoyque cet aveu dût me
rendre odieux ,
N'en foyez pas plus inhumaine ,
Jen'avoispas vů vos beaux jeux.
C'est trop vous laiſſer en balance,
Je crains trop d'être malheureux s
Ah ! sçavez-vous quelle est mon
inconstance ,
Festois indifferent , & je suis
amoureux .
Oüy ,jesuis inconstant ,adorable
Climene,
Mais quoyque cet aveu dût me
rendre odieux ,
N'en foyez pas plus inhumaine ,
Jen'avoispas vů vos beaux jeux.
C'est trop vous laiſſer en balance,
Je crains trop d'être malheureux s
Ah ! sçavez-vous quelle est mon
inconstance ,
Festois indifferent , & je suis
amoureux .
Fermer