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Liste
751
p. 2078-2084
BENEFICES DONNEZ par le Roy.
Début :
Le 25. Juillet, la Coadjutorerie de l'Abbaye de Notre Dame de Meaux, [...]
Mots clefs :
Abbaye, Diocèse, Évêque, Roi, Paris, Rouen, Vicaire général, Abbé commandataire, Ordre de Cîteaux
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texteReconnaissance textuelle : BENEFICES DONNEZ par le Roy.
BENEFICES DONNEZ
par le Roy.
E 25. Juillet , la Coadjutorerie de
LAbbaye de Notre - Dame de Meaux ,
en faveur de la Dame de Bonnardy ,
Prieure
SEPTEMBRE. 1733. 2079
Prieure perpetuelle du Convent de Mondenis
, du consentement de la Dame
Pajot, Abbesse de cette Abbaye.
L'Abbaye de Chazeaux , à Lyon , vacante
par le décès de la Dame de Silvecanne
, en faveur de la Dame de Beaumont
, Prieure des Religieuses Benedicfines
de Cognac.
;
L'Abbaye Réguliere de Barbery , vacante
par la démission de Dom Fitsharbert
, en faveur de Dom Lambelin , Prieur
de l'Abbaye de Royaumont.
L'Abbaye de S. Paul de Besançon ;
vacante par le décès de M. de Beauffremont
, en faveur de M. Boisot.
L'Abbaye de S. Taurin , vacante par
le décès de M. le Normant , Evêque d'Evreux
, en faveur de M. d'Harcourt ,
Doyen de Notre- Dame de Paris.
L'Abbaye de S. Liguaire , vacante par
le décès du dernier Titulaire Comman
dataire , en faveur de M. de Foudras
Evéque de Poitiers .
L'Abbaye Royale du Lis , prés de Me
lun , Diocèse de Sens , vacante par là
mort de Madame d'Apremont , a été
donnée à Madame ... Crapadot ,
Prieure des Benedictines de Provins.
Le 28. Août , le Roy a nommé , aux
Archevêchez et Evêchez suivans.
H vi A
2080 MERCURE DE FRANCE
A l'Archevêché de Rouen , vacant du
18. Avril dernier , par la mort de Louis
de la Vergne de Tressan , l'Evêque et
Comte de Châlons , premier Aumônier
de la Reine , à la charge de 5800. livres
de pension . Il se nomme Nicolas de Saulx
de Tavanes , est né le 19.Septembre 1650 .
et a été d'abord Chanoine de S. Jean ,
et Comte de Lyon. Il fut député de la
Province de Sens à l'Assemblée generale
du Clergé de France de 1715. et Promoteur
de cette Assemblée , reçû Docteur
en Théologie de la Faculté de Paris ,
le 18. Mars 1716. pourvû de l'Abbaye
du Mont S. Benoît , Ordre de S. Augustin
, Diocèse de Besançon , le 23. Octobre
1717. et étant Vicaire Général dé
Pontoise , le Roy le nomma le 8. Janvier
1721 à l'Evêché de Châlons , Com.
té- Pairie de France. Il fut Sacré le 9.
Novembre suivant dans l'Eglise des
Théatins à Paris , par l'ancien Evêque
de Fréjus , aujourdhui Cardinal , assisté
des Evêques d'Avranches et de Mirepoix,
et le 11. du même mois il prêta Serment .
de fidelité entre les mains du Roy , en
présence du Duc d'Orleans Régent. Il
prit séance au Parlement en qualité de
Pair de France , après avoir prêté le Serment
accoûtumé >, le 4. Décembre, 1721.
assista
SEPTEMBRE . 1733 208r
assista au Sacre du Roy le 25. Octobre
1722. y réprésentant l'Evêque Duc de
Langres , absent ; donna la Bénediction
Nuptiale au Duc et à la feüe Duchesse
d'Orleans , dans son Château de Sarry ,
le 14. Juillet 1724. obtint le 12. Mars
1725. l'Abbaye de S. Michel en Thiera
che , Ordre de S. Benoît , Diocèse de
Laon ; fut nommé au mois de May suivant
premier Aumônier de la Reine , et
fut député de la Province de Reims à
l'Assemblée generale du Clergé , tenue
en la même année à Paris . Il est fils de
Charles-Marie de Saulx , Comte de Ta
vannes et de Beaumont , Grand- Bailly
de Dijon , et Lieutenant Général au Gou
vernement de Bourgogne , mort le 28.
Juin 1793. âgé de 54. ans , et de feüe
D. Marie Catherine d'Aguesseau , mortë
le 25. Janvier 1729. âgée de 66. ans ,
soeur de Henry- François d'Aguesseau ,
Chancelier de France.
I A l'Evêché de Metz , Suffragant de
Tréves , vacant du 28. Novembre 1732.
par le décès de Henry- Charles du Cambour
, Duc de Coiflin , Pair de France ,
Evêque Comte de Noyon , Claude de
5. Simon , né le 20. Septembre 1695. à
ว่า charge de 10300. livres de pension
legnel fut nommé Abbé Commandataire
de
2082 MERCURE DE FRANCE
de l'Abbaye de Jumieges , Ordre S.Benoît,
Diocèse de Rouen , le 20. Janvier 116.
et Evêque- Comte de Noyon , Pair de
France , au mois de Juillet 1731. Il fut
sacré le 15. Juin 1732. dans l'Eglise du
Noviciat des Dominicains à Paris , par
1'Archevêque de Rouen , assisté des Evê
ques d'Usés et de Bayeux , et il préta
Serment et prit séance au Parlement dé
Paris , en qualité de Pair de France , le
12. Janvier 1733. Il est fils de feu Titus-
Eustache de S. Simon , Seigneur de Falvy
sur Somme , Capitaine au Régiment des
Gardes Françoises , et Brigadier des Armées
du Roy , mort le premier Septembre
1712. âgé de 58. ans , et de D. Claire
Eugenie d'Hauterive , de Villesecq .
A l'Evêché de Châlons , Comté- Pairie
de France , Suffragant de Reims , vacant
par la tranflation du dernier Titulaire
à Rouen , Claude Antoine de Choiseul ;
Prêtre du Diocèse de Langres , né le
premier Novembre 1697 Licentié en
Théologie de la Faculté de Paris , de la
Maison et Societé de Navarre , et Vicaire
General de Gabriel Florent de Choiseul ,
Evêque de Mendes , son oncle. Il fur
fait Aumônier du Roy au mois de Juil
let 1728. assista à l'Assemblée du Clergé
de France , tenue en 1736. en qualité de
l'un
武
SEPTEMBRE. 1733. 2083
l'un des Députez de la Province d'Albi,
et obtint au mois de Jain de la même
année , l'Abbaye de N. D. de Bolbonne
Ordre de Cîteaux , Diocèse de Mirepoix
, qui fut préconisée et proposée pour
lui à Rome par le Cardinal Ottoboni
les 2. Octobre 1730. et 21. May 1731. Ik
est fils de feu Antoine Cleriadus de Choi
şeul- Beaupré , Seigneur d'Aillecourt , ap
pellé le Comte de Choiseul , Lieutenant
General au Gouvernement de Champagne
, Bailly de Chaumont et de Vitry ;
et Lieutenant Géneral des Armées du
Roy , mort le 19. Avril 1726. âgé de
62 ans , er de D. Anne - Françoise de
Barillon de Morangis , sa veuve.
A l'Evêché de Noyon , Comté- Pairie
de France , Suffragant de Reims , vacant
par la tranflation du dernier Titulaire
celui de Metz , Jean - François de la
Cropte de Bourzac , Prêtre du Diocèse de
Paris, d'une Famille noble de la Province
du Limosin , Vicaire Géneral de Limoges
, et nommé au mois d'Octobre 1729 .
Abbé Commandataire de l'abbaye de
S. Martial de Limoges , qui fut préconisée
et proposée pour lui à Rome le 23 .
Décembre 1729. et le 24. Juillet 1730 .
A celui d'Amiens , Suffragant de Keims,'
vacant du 20. Janvier 1733. par la mort
de
2084 MERCURE DE FRANCE
de Pierre Sabatier , Louis- François- Gabriel
d'Orleans de la Motte , Prêtre , Vi
caire Génerál du Diocèse de Senez , nommé
à cette Place par l'Archevêque d'Embrun
, au lieu de Jean d'Yse de Saleon ,
devenu Evêque d'Agen , et reconnu en
cette qualité par le Chapitre de Senez ,
le 27. Juin 1729. l'Abbaye de Sellieres ,
Ordre de Citeaux , Diocèse de Troyes ,
lui fut donnée au mois de Décemb. 173 1 .
Et à l'Evêché d'Evreux , Suffragant de
Rouen , vacant du 7. May dernier , par
le décès de Jean le Normant , Pierre-
Jules - Cesar de Rochechouart , Prêtre
du Diocèse d'Orleans , Vicaire Géneral
de ce Diocèse , et Prieur Commandataire
de S. Lo de Rolien , pourvû de ce Bénefice
au mois de Décembre 1724. fils
de Louis de Rochechouart , Seigneur.de
Montigny et du Monceau en Beauce ,
de même Maison que les Ducs de Mortemart
, et d'Elizabeth de Cugnac de
Joui , sa femme.
par le Roy.
E 25. Juillet , la Coadjutorerie de
LAbbaye de Notre - Dame de Meaux ,
en faveur de la Dame de Bonnardy ,
Prieure
SEPTEMBRE. 1733. 2079
Prieure perpetuelle du Convent de Mondenis
, du consentement de la Dame
Pajot, Abbesse de cette Abbaye.
L'Abbaye de Chazeaux , à Lyon , vacante
par le décès de la Dame de Silvecanne
, en faveur de la Dame de Beaumont
, Prieure des Religieuses Benedicfines
de Cognac.
;
L'Abbaye Réguliere de Barbery , vacante
par la démission de Dom Fitsharbert
, en faveur de Dom Lambelin , Prieur
de l'Abbaye de Royaumont.
L'Abbaye de S. Paul de Besançon ;
vacante par le décès de M. de Beauffremont
, en faveur de M. Boisot.
L'Abbaye de S. Taurin , vacante par
le décès de M. le Normant , Evêque d'Evreux
, en faveur de M. d'Harcourt ,
Doyen de Notre- Dame de Paris.
L'Abbaye de S. Liguaire , vacante par
le décès du dernier Titulaire Comman
dataire , en faveur de M. de Foudras
Evéque de Poitiers .
L'Abbaye Royale du Lis , prés de Me
lun , Diocèse de Sens , vacante par là
mort de Madame d'Apremont , a été
donnée à Madame ... Crapadot ,
Prieure des Benedictines de Provins.
Le 28. Août , le Roy a nommé , aux
Archevêchez et Evêchez suivans.
H vi A
2080 MERCURE DE FRANCE
A l'Archevêché de Rouen , vacant du
18. Avril dernier , par la mort de Louis
de la Vergne de Tressan , l'Evêque et
Comte de Châlons , premier Aumônier
de la Reine , à la charge de 5800. livres
de pension . Il se nomme Nicolas de Saulx
de Tavanes , est né le 19.Septembre 1650 .
et a été d'abord Chanoine de S. Jean ,
et Comte de Lyon. Il fut député de la
Province de Sens à l'Assemblée generale
du Clergé de France de 1715. et Promoteur
de cette Assemblée , reçû Docteur
en Théologie de la Faculté de Paris ,
le 18. Mars 1716. pourvû de l'Abbaye
du Mont S. Benoît , Ordre de S. Augustin
, Diocèse de Besançon , le 23. Octobre
1717. et étant Vicaire Général dé
Pontoise , le Roy le nomma le 8. Janvier
1721 à l'Evêché de Châlons , Com.
té- Pairie de France. Il fut Sacré le 9.
Novembre suivant dans l'Eglise des
Théatins à Paris , par l'ancien Evêque
de Fréjus , aujourdhui Cardinal , assisté
des Evêques d'Avranches et de Mirepoix,
et le 11. du même mois il prêta Serment .
de fidelité entre les mains du Roy , en
présence du Duc d'Orleans Régent. Il
prit séance au Parlement en qualité de
Pair de France , après avoir prêté le Serment
accoûtumé >, le 4. Décembre, 1721.
assista
SEPTEMBRE . 1733 208r
assista au Sacre du Roy le 25. Octobre
1722. y réprésentant l'Evêque Duc de
Langres , absent ; donna la Bénediction
Nuptiale au Duc et à la feüe Duchesse
d'Orleans , dans son Château de Sarry ,
le 14. Juillet 1724. obtint le 12. Mars
1725. l'Abbaye de S. Michel en Thiera
che , Ordre de S. Benoît , Diocèse de
Laon ; fut nommé au mois de May suivant
premier Aumônier de la Reine , et
fut député de la Province de Reims à
l'Assemblée generale du Clergé , tenue
en la même année à Paris . Il est fils de
Charles-Marie de Saulx , Comte de Ta
vannes et de Beaumont , Grand- Bailly
de Dijon , et Lieutenant Général au Gou
vernement de Bourgogne , mort le 28.
Juin 1793. âgé de 54. ans , et de feüe
D. Marie Catherine d'Aguesseau , mortë
le 25. Janvier 1729. âgée de 66. ans ,
soeur de Henry- François d'Aguesseau ,
Chancelier de France.
I A l'Evêché de Metz , Suffragant de
Tréves , vacant du 28. Novembre 1732.
par le décès de Henry- Charles du Cambour
, Duc de Coiflin , Pair de France ,
Evêque Comte de Noyon , Claude de
5. Simon , né le 20. Septembre 1695. à
ว่า charge de 10300. livres de pension
legnel fut nommé Abbé Commandataire
de
2082 MERCURE DE FRANCE
de l'Abbaye de Jumieges , Ordre S.Benoît,
Diocèse de Rouen , le 20. Janvier 116.
et Evêque- Comte de Noyon , Pair de
France , au mois de Juillet 1731. Il fut
sacré le 15. Juin 1732. dans l'Eglise du
Noviciat des Dominicains à Paris , par
1'Archevêque de Rouen , assisté des Evê
ques d'Usés et de Bayeux , et il préta
Serment et prit séance au Parlement dé
Paris , en qualité de Pair de France , le
12. Janvier 1733. Il est fils de feu Titus-
Eustache de S. Simon , Seigneur de Falvy
sur Somme , Capitaine au Régiment des
Gardes Françoises , et Brigadier des Armées
du Roy , mort le premier Septembre
1712. âgé de 58. ans , et de D. Claire
Eugenie d'Hauterive , de Villesecq .
A l'Evêché de Châlons , Comté- Pairie
de France , Suffragant de Reims , vacant
par la tranflation du dernier Titulaire
à Rouen , Claude Antoine de Choiseul ;
Prêtre du Diocèse de Langres , né le
premier Novembre 1697 Licentié en
Théologie de la Faculté de Paris , de la
Maison et Societé de Navarre , et Vicaire
General de Gabriel Florent de Choiseul ,
Evêque de Mendes , son oncle. Il fur
fait Aumônier du Roy au mois de Juil
let 1728. assista à l'Assemblée du Clergé
de France , tenue en 1736. en qualité de
l'un
武
SEPTEMBRE. 1733. 2083
l'un des Députez de la Province d'Albi,
et obtint au mois de Jain de la même
année , l'Abbaye de N. D. de Bolbonne
Ordre de Cîteaux , Diocèse de Mirepoix
, qui fut préconisée et proposée pour
lui à Rome par le Cardinal Ottoboni
les 2. Octobre 1730. et 21. May 1731. Ik
est fils de feu Antoine Cleriadus de Choi
şeul- Beaupré , Seigneur d'Aillecourt , ap
pellé le Comte de Choiseul , Lieutenant
General au Gouvernement de Champagne
, Bailly de Chaumont et de Vitry ;
et Lieutenant Géneral des Armées du
Roy , mort le 19. Avril 1726. âgé de
62 ans , er de D. Anne - Françoise de
Barillon de Morangis , sa veuve.
A l'Evêché de Noyon , Comté- Pairie
de France , Suffragant de Reims , vacant
par la tranflation du dernier Titulaire
celui de Metz , Jean - François de la
Cropte de Bourzac , Prêtre du Diocèse de
Paris, d'une Famille noble de la Province
du Limosin , Vicaire Géneral de Limoges
, et nommé au mois d'Octobre 1729 .
Abbé Commandataire de l'abbaye de
S. Martial de Limoges , qui fut préconisée
et proposée pour lui à Rome le 23 .
Décembre 1729. et le 24. Juillet 1730 .
A celui d'Amiens , Suffragant de Keims,'
vacant du 20. Janvier 1733. par la mort
de
2084 MERCURE DE FRANCE
de Pierre Sabatier , Louis- François- Gabriel
d'Orleans de la Motte , Prêtre , Vi
caire Génerál du Diocèse de Senez , nommé
à cette Place par l'Archevêque d'Embrun
, au lieu de Jean d'Yse de Saleon ,
devenu Evêque d'Agen , et reconnu en
cette qualité par le Chapitre de Senez ,
le 27. Juin 1729. l'Abbaye de Sellieres ,
Ordre de Citeaux , Diocèse de Troyes ,
lui fut donnée au mois de Décemb. 173 1 .
Et à l'Evêché d'Evreux , Suffragant de
Rouen , vacant du 7. May dernier , par
le décès de Jean le Normant , Pierre-
Jules - Cesar de Rochechouart , Prêtre
du Diocèse d'Orleans , Vicaire Géneral
de ce Diocèse , et Prieur Commandataire
de S. Lo de Rolien , pourvû de ce Bénefice
au mois de Décembre 1724. fils
de Louis de Rochechouart , Seigneur.de
Montigny et du Monceau en Beauce ,
de même Maison que les Ducs de Mortemart
, et d'Elizabeth de Cugnac de
Joui , sa femme.
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Résumé : BENEFICES DONNEZ par le Roy.
En juillet 1733, plusieurs bénéfices ecclésiastiques ont été attribués par le roi. La coadjutorerie de l'Abbaye de Notre-Dame de Meaux a été accordée à la Dame de Bonnardy, Prieure. La Dame Pajot, Abbesse de l'Abbaye de Mondenis, a consenti à la nomination de la Dame de Bonnardy comme Prieure perpétuelle de ce couvent. L'Abbaye de Chazeaux à Lyon, vacante après le décès de la Dame de Silvecanne, a été donnée à la Dame de Beaumont, Prieure des Religieuses Bénédictines de Cognac. L'Abbaye Régulière de Barbery, vacante par la démission de Dom Fitsharbert, a été attribuée à Dom Lambelin, Prieur de l'Abbaye de Royaumont. L'Abbaye de Saint-Paul de Besançon, vacante après le décès de M. de Beauffremont, a été donnée à M. Boisot. L'Abbaye de Saint-Taurin, vacante après le décès de M. le Normant, Évêque d'Évreux, a été attribuée à M. d'Harcourt, Doyen de Notre-Dame de Paris. L'Abbaye de Saint-Liguaire, vacante après le décès du dernier Titulaire Commandataire, a été donnée à M. de Foudras, Évêque de Poitiers. L'Abbaye Royale du Lis, près de Melun, vacante après la mort de Madame d'Apremont, a été attribuée à Madame Crapadot, Prieure des Bénédictines de Provins. Le 28 août 1733, le roi a nommé plusieurs évêques. Nicolas de Saulx de Tavannes a été nommé à l'Archevêché de Rouen, vacant depuis le 18 avril 1733. Claude de Saint-Simon a été nommé à l'Évêché de Metz, vacant depuis le 28 novembre 1732. Claude Antoine de Choiseul a été nommé à l'Évêché de Châlons. Jean-François de la Cropte de Bourzac a été nommé à l'Évêché de Noyon. Louis-François-Gabriel d'Orléans de la Motte a été nommé à l'Évêché d'Amiens. Pierre-Jules-César de Rochechouart a été nommé à l'Évêché d'Évreux.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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752
p. 2120-2134
CONJECTURES sur une Gravûre antique, qu'on croit avoir servi d'Amulete ou de Préservatif contre les Rats.
Début :
Depuis que les hommes, foibles par eux-mêmes, et malheureusement [...]
Mots clefs :
Rats, Rat, Animaux, Gravure antique, Préservatif, Amulette, Apollon, Guerre, Coq, Pauvres, Autel, Ténédos, Temple, Médailles, Peuples
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texteReconnaissance textuelle : CONJECTURES sur une Gravûre antique, qu'on croit avoir servi d'Amulete ou de Préservatif contre les Rats.
CONJECTURES sur une Gravûre
antique , qu'on croit avoir servi d'Amulete
an de Préservatif contre les Rats:
D
Epuis que
les hommes , foibles par
cux- mêmes , et malheureusement
esclaves de leur cupidité ,se furent écartez
de la vraye Religion
, ils eurent recours
à des Divinitez
arbitraires
ausquelles ils
assignetent
des fonctions
à proportion
de leurs besoins . Elles étoient chargées de
les garantir
de tout ce qui pouvoit leur
nuire. Les Nations entieres livrées à la superstition
la plus grossiere
, attribuerent
à
des Talismans
,à des Amuletes,à des Pierres
gravées
OCTOBRE. 1733 2123
gravées , des Vertus occultes et prétendues
efficaces contre les malheurs et les
maladies qui les menaçoient , et contre
les Animaux et les Insectes qui leur faisoient
la guerre. La multitude si aisée à
séduire par les apparences les plus foibles
d'un merveilleux , dont elle est.
toujours avide, s'empressoit d'attester les
effets de ces prétendus préservatifs. De
là ces Monumens de leur crédulité se
multiplierent à l'infini , et plusieurs d'entre'eux
se sont conservez jusqu'à nous.
C'est dans cette Classe que j'ai crû devoir
ranger la Gravûre singuliere qu'un
illustre Magistrat ( a ) vient d'ajouter à
la magnifique collection de tout ce que
' Antiquité peut fournir de plus rare et
de plus curieux en fait de Médailles et
de Gravûres antiques . C'est une Agathe
Sardonyx rouge et blanche , gravée en
relief , plus remarquable par la singu
larité du Type , que par la beauté du
Dessein et la délicatesse du travail . Elle
représente un Autel ou Cippus , sur lequel
on voit un Rat qu'un Cocq prend
par la queue pour l'attirer à soy et pour
le faire tomber au bas de l'Autel . Il paroît
résister ; et il semble tenir quelque
(a ) M. LE BRET , Premier Président , Inten--
ant et Commandant pour S. M. en Provence.
A. Y chose
2122 MERCURE DE FRANCE
chose à la bouche avec ses deux pattes.
De l'autre côté un autre Cocq tient un
second Rat de la même façon. Il a été
mis hors de combat , et amené par force au
pied de l'Autel . On lit au haut CYCKhne
BOHOI , et au bas ou à l'Exergue KPA-
ΤΟΥΜΕ. (4)
HNEBOHOT
ΚΡΑΤΟΥ ΜΕ
Grandeur
de
la Pierre
(a) On atrouvé à propos de faire graver ici sur la
même Planche le Dessein d'une Cornaline du Ca
binet de M. le P. Président Bon , de Montpellier ,
enchassée dans une Bague d'or antique , dont le Type
est singulier et a du rapport avec l'Agathe du Ca
binet de M. le Bret.
OCTOBR E. 1733
2123
C'est en supposant que cette Gravûre
est incontestablement antique , que je me
suis déterminé à en donner l'explication.
Je n'ose cependant rien prononcer à cet
égard. Qui ne sçait les moyens dont on
s'est servi et dont on se sert encore de
nos jours , pour en imposer aux Antiquaires
, et combien il est mal- aisé d'établir
, sur tout en fait de Pierres gravées ,
des preuves d'Antiquité qui ne puissent
être contestées et renduës problématiques?
Je crois pouvoir regarder cette Pierre
comme un Préservatif ou Amulete pour
détruire les Rats qui infectent si souvent
les Campagnes et les Maisons. L'Autel
est dédié à Apollon , les deux Cocqs en
font foy. Pausanias , in Eliac. Cap. xxv.
assure que cet Oiseau domestique , qui
annonce l'arrivée du jour , lui est consacré
; ainsi (a) ne faisons aucune difficulté
de le regarder comme un des attributs
de cette Divinité , qui sous le
nom d'Apollon Smynthien , ( b ) avoit
(a) Nostras hasce Gemmulas percurrendo , em
ferè omnes ad Mithram et solem spectare inveniniemus.
Fabretti , c. 7. pag. 531 ... Gallum inter
solaria animantia reposuit Antiquitas . Ibid .
(b) ΙΕΡΟΝ ΑΠΟΛΛΩΝΟΣ ΣΜΙΝΘΕΩΣ . Cujus
nominis Etymon deducit à Muribus . Strabo. L. 13
Apollo Sminthiorum pernicies Murium Arnob.
advers. Gentes. L. 3.P. 15No
A vi
Ran
2124 MERCURE DE FRANCE .
un Temple dans l'Ifle de Tenedos :
>
C'est sans doute en memoire de ce
culte que les Puples de Tenedos firent
frapper deux Médailles , l'une rapportée
par Goltzius où se voyent deux Rats
à côté d'une Hâche à doublé tranchant;
et l'autre où l'on voit la tête radiée d'A
pollon avec un Mulot ou Rat de Campagne
, et lå Hache ou Bipennis de Tenedos
au revers . Ce sont- là des symboles
caracteristiques de la Divinité Tutelaire.
de
Cette Ifle , et de l'inflexiblé séverité
de ceux qui y administroient la Justice.
Elien raconte que les Rats faisoient de
si grands dégâts dans les champs des
Troyens.ct des Eoliens , que l'on eut
recours à l'Oracle de Delphes , qui re
pondit que ces Peuples en seroient dêlivrez
s'ils sacrifioient à Apollon Smynthien.
Ce Dieu avoit aussi un Temple
scus le même nom dans la Ville de Chry
sa , qui étoit située dans la Troade , presque
vis - à- vis l'Ifle de Tenedos. On y
voyoit la Staruë d'Apollon avec un Rat
à ses pieds. C'étoit l'Ouvrage du fameux
Scopas de Paros. Ce fut en mémoire d'un
évenement assez singulier , que je crois
devoir rapporter
.
Certains Peuples (a) de l'Ifle de Crete
(a) Strab. L. XIII. Vide G. Cuperi , Mónu
vinren
OCTOBRE. TOB 1733. 22 J
vinrent aborder dans cette contrée , cherchant
à s'y établir. Incertains du lieu
où i´s devoient fixer leur demeure, ils s'adresserent
à l'Oracle , qui leur dit de
s'arrêter dans l'endroit où les Enfans de
la Terre viendroient les attaquer. Pendant
la nuit une prodigieuse multitude
de Rats survint près de la Ville d'Amaxitus
, et rongea les cordes de leurs Arcs ,
feurs Harnois et autres ustanciles de cuir.
Ce peuple crédule , jugeant l'Oracle accompli
, s'établit précisément dans cet
endrait.Un ancien Auteur, cité par Stra
bon , prétend qu'il y avoit un grand
nombre de Rats aux environs de ce
Temple , et qu'on les y regardoit avec
une espece de vénération . Chrises , dont
parle Homere au commencement de l'Iliade
, en étoit le Sacrificateur , et c'é oit
lui , sans doute , qui en dirigeoit le culte
dans la Ville de Chrysa.
ment. Antiq. post Harpocratem p. 209.nummum.
refert in quo conspicitur Apollo laurea coronatus ,.
in altera vero area , idem Deus stans , Arcum
manu tenens , pharetra à terga pendente et ab an-·
teriore corporis parte АПOÂúÑƆƐ , cam_litteris ›
ΣΔΕ , a posteriore vero nota aliqua e : ΤΜΙΘΕΩΣ,
infra vero ΑΛΕΞΑΝΔΡΕΩΝ .... Μ ΔΡ ..
Lege EXAMANAPON . Sic et ex alio simili nummo
apud March. Scipionem Maffeium in Verona il
lustrata , pag. 355
Le
2126 MERCURE DE FRANCE
Le Scholiaste d'Homere, raporte L.I.de
l'Iliade , qu'Apollon envoya une prodigieuse
quantité de Rats dans les Champs
de Crinis , son Prêtre , qui avoit encouru
son indignation.Ces Animaux ravagerent
tous ses fruits. Le Dieu s'appaisa , se mit
en devoir de les détruire , et les tua tous
en effet à coups de fleches. Ce fut en
reconnoissance que Crinis fit bâtir un
Temple à Apollon sous le nom de Smynthien.
-
Les deux Rats représentez sur cette
Pierre , sont de pauvres victimes dévoüées
à la colere d'Apollon. Ils publient
eux mêmes leur défaite. L'un d'eux
réduit aux abois par les violens efforts
de son Adversaire , s'écrie CYCKHNEBOHO
I. CONTUBERNALIS SUCCURRE
A l'aide Camarade . Le Rat enlevé par
l'autre Cocq , n'a pas la force de lui répondre
autrement que par ce mot KPA-
ΤΟΥΜΕ , mis pour ΚΡΑΤΟΥΜΕΘΑ., par
une abreviation forcée put-être par le
défaut de la couche blanche , qui seule
pouvoit donner aux Caracteres le relief
nécessaire pour les faire paroître. VINCIMUR
; C'est fait de nous , nous sommes
vaincus. On peut dire aussi , si l'on veut,
que le Graveur , trop servilement attaché
à certaine prononciation locale , a
mis
OCTOBR E. 1733. 2127
mis ΚΡΑΤΟΥΜΕ pour ΚΡΑΤΟΥΜΑΙ , qui
signitie VINCOR , je suis vaincu ; en ce
cas - là c'est un des Rats qui parle , comme
se trouvant hors d'état de secourir
son Camarade , qui reclame son assistance.
Je sçais qu'on pourroit objecter quelqu'autre
défaut dans la construction de
cette Légende , et dire qu'il devroit y
avoir BOHOEI , au lieu de BOHOI ; mais
sans vouloir entrer dans une discussion
grammaticale , qui n'est gueres de mon
ressort,il me seroit aisé de citer d´s exemples
dans les ( a ) Inscriptions Grecques
sur les Médailles et Gravures antiques, où
l'Epsilon se trouve supprimé . D'ailleurs il
me paroît qu'on peut aussi attribuer cette
omission à l'ignorance ou au peu d'exactitude
du Graveur , sur tout dans les Monumens
postérieurs au siécle d'Auguste.
Ce qu'il y a de positif, c'est que les Grecs
modernes ont conservé cette prononciation
qui pouvoit avoir lieu anciennement
dans certains Païs de la Grece.
Le Pois a fait graver une Agathe Onyx,
qui a quelque rapport avec celle que je
viens d'expliquer. On y voit un Cocq ,
un Rat et une Corbeille ouverte , avec le
mot Aprilis.
( a) Fabretti , pag. 740. n. 802.
Les
2128 MERCURE DE FRANCE
Les Rats que nous regardons avec me
pris , et que nous nous contentons de li
vrer à l'antipathie de certains animaux
d'une espece differente , étoient redoutables
dans divers Païs. Nous en avons un
témoignage précis dans l'Ecriture Sainte,
au 1 Liv. des Rois , où il est dit : Il sortit
tout d'un coup des Champs et des Villages
une multitude de Rats , et on vit dans
toute la Ville une confusion de mourans
et de morts. Les Philistins ne furent délivrez
de cette espece de fléau , que lorsqu'ils
eurent renvoyé l'Arche du Seigneur
avec cinq Rats d'or , selon le nombre de
feurs Provinces .
Les gros Rats s'étoient tellement empa
rez de l'Isle de ( a ) foura , qui est le lieu
le plus sterile et le plus désagréable de
tout l'Archipel , qu'ils obligerent les habitans
de l'abandonner , et s'il en faut
croire Théophraste , ces pauvres bêtes au
défaut de tout autre aliment , se virent
obligées de ronger le Fer , tel qu'il est
lorsqu'il sort des Mines. •
Les Romains tiroient des présages de la
vûë de ces animaux . Pline , liv. 8. ch.57.
nous apprend que de son temps la rencon
tre d'un Rat blanc étoit de bon Augure:
La Guerre des Marses ,selon le même
{ 3 ) ΓΥΑΡΟΣ,
Au
OCTOBRE. 1733. 2129
Auteur , fut annoncée par l'événement
bizaree que je vais raconter.Les Boucliers,
qui étoient à Lanuvium , se trouverent
rongez par les Rats ; et delà il fut conclu
qu'il se préparoit quelque funeste évenement
pour la République. La Guerre survint
bien tôt après; il n'en fallut pas
d'a
vantage pour justifier les frivoles conjectures
d'un Peuple superstitieux.
Ciceron , qui sur ces matieres pensoit
bien différemment de la multitude,se
moque avec esprit de la crédulité des Romains.
» Les Aruspices , dit- il liv. 11. de
Divinat. criérent au miracle , sur ce
que les Rats avoient rongé les Boucliers
» de Lanuvium , peu de temps avant la
» Guerre des Marses , comme s'il étoit
» bien important de sçavoir qu'un ani-
» mal , occupé nuit et jour à ronger tout
» ce qui se présente à lui , se fut attaché
» à des Boucliers, plutôt qu'à toute autre
» chose. En suivant leurs fausses idées ,
» ai- je dû craindre pour le sort de Rome,
lorsque les Rats ont rongé chez moi le
» Livre de la République de Platon , et
» s'ils eussent attaqué le Traité d'Epicure
sur la volupté , serois - je plus raison-
» nable de prédire sur cet événement la
>> cherté de toutes les Denrées qui se ven-
» dent au marché ?.
Pline
2130 MERCURE DE FRANCE
Pline rapporte , liv. 10. chap . 65. des
choses qui me paroissent incroïables sur
la prodigieuse propagation des Rats ; et
c'est en conséquence qu'il prétend qu'ils
parurent autrefois en si grand nombre
dans certain Païs de la Grece , qu'après en
avoir ravagé les moissons , ils en firent
déserter les habitans. ( a ) Un Auteur du
siécle passé prétend qu'à peu près la même
avanture est arrivée en Angleterre ,
en la Province d'Essex , en 1580 et 1648.
C'est dans de telles circonstances que les
Peuples ont pû recourir à des moyens
surnaturels pour être délivrez d'une engeance
si pernicieuse .
Gregoire de Tours , cet Historien qu'on
accuse , peut- être , avec raison , d'avoir.
inséré dans son Ouvrage un grand nombre
de faits fabuleux et d'opinions populaires
, ausquelles il paroît ajouter foy,fait
mention , liv . 8. ch. 14. de son Histoire
de deux figures de Bronze , trouvées à
Paris , vers la fin du sixième siècle , l'une
représentoit un Serpent , et l'autre un
Loir, qui est une espece de Rat velu , qui
habite dans les Bois . A peine furent - elles
enlevées de l'endroit où l'on prétendoit
qu'elles avoient une vertu de Talisman
( a ) Childreyus , lib. de Mirab . Natura in Anglia
Citat, in Ephem . Erud. ann. 1667. pag.113 ,
pour -
OCTOBRE . 1732. 2137
pour éloigner de la contrée les animaux
qu'elles représentoient , qu'on vit paroître
un nombre infini de Serpens et de
Loirs dans la Ville et dans les Campagnes
voisines.
Quoique l'Histoire que je vais rapporter
, ait l'air d'une Fable , elle convient
trop à mon sujet pour la passer sous silence.
La voici telle qu'on la trouve chez
les Centuriateurs de Magdebourg , vol. 3 .
Cent. 10 ch. 10.
Hatton , surnommé Bonosus , de Moine
de Fulde devint Archevêque de Mayence.
Il étoit dur envers les Pauvres , et au
lieu de les secourir pendant la famine , il
leur fit sentir les effets les plus cruels de
son avarice . Il fit assembler quantité de
Pauvres dans une Grange où il les fit brûler
, en disant que c'étoit une engeance
inutile, et qui n'étoit bonne qu'à manger
le pain necessaire aux autres. Fruges con
sumere nati. Il en fut bien- tôt puni. Les
Rats l'assaillirent de tous côtez et lui déclarerent
une guerre mortelle. Il eût beau
se retirer dans une Tour , bâtie au milieu
du Rhin , qu'on appelle encore à present
la Tour des Rats . ( Mausthuun ) Les Rats
l'y suivirent et passerent le Fleuve à la
nage ; ils entrerent dans la Tour , et firent
mourir l'Archevêque . On ajoute
qu'a2132
MERCURE DE FRANCE
qu'après la mort de ce Prélat, ces animaux
devenus les Instrumens de la Justice divine.
, rongerent tout jusqu'à son nom ,
qui étoit gravé sur le Marbre ou Ecrit
dans les Registres publics.
M. de Thou , liv. 5. pag 161. de son
Histoire , prétend que Barthelemi Chasseneuz
, devenu ensuite premier Président
du Parlement de Provence , se trouvant à
Autun , les habitans de quelques Villages
des environs demanderent qu'il plût à
l'Evêque Diocésain d'excommunier les
Rats qui désoloient cette contrée ; que ce
fameux Jurisconsulte se chargea de la défense
de ces animaux , et représenta que
le terme qui leur avoit été accordé étoit
trop court , d'autant mieux qu'ils risquoient
de se mettre en chemin , tous les
Chats des Villages voisins étant aux
aguets pour les arrêter en passant™, sur
quoi Chasseneuz obrint un plus long délai
pour venir répondre à la citation .
Quelques- uns révoquent en doute un
fait si singulier ; mais il me paroît que
le témoignage d'un Auteur aussi grave ,
et d'ailleurs presque contemporain , doit
prévaloir sur tout ce qu'on peut avancer
pour le détruire dans toutes ses circonstances
, d'autant mieux que la premiere
conOCTOBRE.
1733. 2133
consultation de ( a ) Chassencuz roule sur
tout ce qui s'observoit de son temps en
Bourgogne , au sujet de l'excommunication
des Animaux et des Insectes nuisi
bles , ausquels il assure qu'on donnoit un
Avocat pour les deffendre. Il y fait mention
de tout ce qui s'y pratiquoit de son
temps , avant que de proceder à leur excommunication
; et c'est peut être ce détail
qui a donné lieu à M, de Thou de
dire que Chasseneuz avoit rempli les
fonctions de leur Avocat en pareille occasion
.
Je dois parler aussi d'un Préservatif
contre les Rats , pieusement introduit
dans un siècle plein d'ignorance , par les
Moines de S. Hubert , dans les Ardennes.
On suppose que dans le Territoire de
cette Abbaye on ne voit aucun Rat ; et
on attribuë çette singularité aux mérites
de S. V lalric , Evêque d'Ausbourg ( b ) ,
( a ) Nonnulla Animalia immunda in formam
murium urbanorum existentia Grisei coloris , à nemoribus
circum vicinis exeuntia... Post modum
distribuitur Advocatus pro consilio dictorum Animalium
, qui respondet pradictam maledictionem ,
Anathematisationem , et Excommunicationem fieri
non debere, &c. Barth. à Chassaneo,Cons. 1.p.17.
(b ) Joan. Eusebius Nierem Bergius de Miracul
Nat. in Europâ . lib. 2. cap. 6. , ... Effecis
idem Episcopus (S. Udalricus) ut nulli magni Mu.
dont
2134 MERCURE DE FRANCE
dont cette Eglise possede les Reliques .
On rapporte à ce sujet des pratiques superstieuses
et des usages indécens ( c) qui
font tort à la Religion , qui leur sert de
prétexte ; et qu'on auroit dû abolir dans
un siècle aussi éclairé que le nôtre.
antique , qu'on croit avoir servi d'Amulete
an de Préservatif contre les Rats:
D
Epuis que
les hommes , foibles par
cux- mêmes , et malheureusement
esclaves de leur cupidité ,se furent écartez
de la vraye Religion
, ils eurent recours
à des Divinitez
arbitraires
ausquelles ils
assignetent
des fonctions
à proportion
de leurs besoins . Elles étoient chargées de
les garantir
de tout ce qui pouvoit leur
nuire. Les Nations entieres livrées à la superstition
la plus grossiere
, attribuerent
à
des Talismans
,à des Amuletes,à des Pierres
gravées
OCTOBRE. 1733 2123
gravées , des Vertus occultes et prétendues
efficaces contre les malheurs et les
maladies qui les menaçoient , et contre
les Animaux et les Insectes qui leur faisoient
la guerre. La multitude si aisée à
séduire par les apparences les plus foibles
d'un merveilleux , dont elle est.
toujours avide, s'empressoit d'attester les
effets de ces prétendus préservatifs. De
là ces Monumens de leur crédulité se
multiplierent à l'infini , et plusieurs d'entre'eux
se sont conservez jusqu'à nous.
C'est dans cette Classe que j'ai crû devoir
ranger la Gravûre singuliere qu'un
illustre Magistrat ( a ) vient d'ajouter à
la magnifique collection de tout ce que
' Antiquité peut fournir de plus rare et
de plus curieux en fait de Médailles et
de Gravûres antiques . C'est une Agathe
Sardonyx rouge et blanche , gravée en
relief , plus remarquable par la singu
larité du Type , que par la beauté du
Dessein et la délicatesse du travail . Elle
représente un Autel ou Cippus , sur lequel
on voit un Rat qu'un Cocq prend
par la queue pour l'attirer à soy et pour
le faire tomber au bas de l'Autel . Il paroît
résister ; et il semble tenir quelque
(a ) M. LE BRET , Premier Président , Inten--
ant et Commandant pour S. M. en Provence.
A. Y chose
2122 MERCURE DE FRANCE
chose à la bouche avec ses deux pattes.
De l'autre côté un autre Cocq tient un
second Rat de la même façon. Il a été
mis hors de combat , et amené par force au
pied de l'Autel . On lit au haut CYCKhne
BOHOI , et au bas ou à l'Exergue KPA-
ΤΟΥΜΕ. (4)
HNEBOHOT
ΚΡΑΤΟΥ ΜΕ
Grandeur
de
la Pierre
(a) On atrouvé à propos de faire graver ici sur la
même Planche le Dessein d'une Cornaline du Ca
binet de M. le P. Président Bon , de Montpellier ,
enchassée dans une Bague d'or antique , dont le Type
est singulier et a du rapport avec l'Agathe du Ca
binet de M. le Bret.
OCTOBR E. 1733
2123
C'est en supposant que cette Gravûre
est incontestablement antique , que je me
suis déterminé à en donner l'explication.
Je n'ose cependant rien prononcer à cet
égard. Qui ne sçait les moyens dont on
s'est servi et dont on se sert encore de
nos jours , pour en imposer aux Antiquaires
, et combien il est mal- aisé d'établir
, sur tout en fait de Pierres gravées ,
des preuves d'Antiquité qui ne puissent
être contestées et renduës problématiques?
Je crois pouvoir regarder cette Pierre
comme un Préservatif ou Amulete pour
détruire les Rats qui infectent si souvent
les Campagnes et les Maisons. L'Autel
est dédié à Apollon , les deux Cocqs en
font foy. Pausanias , in Eliac. Cap. xxv.
assure que cet Oiseau domestique , qui
annonce l'arrivée du jour , lui est consacré
; ainsi (a) ne faisons aucune difficulté
de le regarder comme un des attributs
de cette Divinité , qui sous le
nom d'Apollon Smynthien , ( b ) avoit
(a) Nostras hasce Gemmulas percurrendo , em
ferè omnes ad Mithram et solem spectare inveniniemus.
Fabretti , c. 7. pag. 531 ... Gallum inter
solaria animantia reposuit Antiquitas . Ibid .
(b) ΙΕΡΟΝ ΑΠΟΛΛΩΝΟΣ ΣΜΙΝΘΕΩΣ . Cujus
nominis Etymon deducit à Muribus . Strabo. L. 13
Apollo Sminthiorum pernicies Murium Arnob.
advers. Gentes. L. 3.P. 15No
A vi
Ran
2124 MERCURE DE FRANCE .
un Temple dans l'Ifle de Tenedos :
>
C'est sans doute en memoire de ce
culte que les Puples de Tenedos firent
frapper deux Médailles , l'une rapportée
par Goltzius où se voyent deux Rats
à côté d'une Hâche à doublé tranchant;
et l'autre où l'on voit la tête radiée d'A
pollon avec un Mulot ou Rat de Campagne
, et lå Hache ou Bipennis de Tenedos
au revers . Ce sont- là des symboles
caracteristiques de la Divinité Tutelaire.
de
Cette Ifle , et de l'inflexiblé séverité
de ceux qui y administroient la Justice.
Elien raconte que les Rats faisoient de
si grands dégâts dans les champs des
Troyens.ct des Eoliens , que l'on eut
recours à l'Oracle de Delphes , qui re
pondit que ces Peuples en seroient dêlivrez
s'ils sacrifioient à Apollon Smynthien.
Ce Dieu avoit aussi un Temple
scus le même nom dans la Ville de Chry
sa , qui étoit située dans la Troade , presque
vis - à- vis l'Ifle de Tenedos. On y
voyoit la Staruë d'Apollon avec un Rat
à ses pieds. C'étoit l'Ouvrage du fameux
Scopas de Paros. Ce fut en mémoire d'un
évenement assez singulier , que je crois
devoir rapporter
.
Certains Peuples (a) de l'Ifle de Crete
(a) Strab. L. XIII. Vide G. Cuperi , Mónu
vinren
OCTOBRE. TOB 1733. 22 J
vinrent aborder dans cette contrée , cherchant
à s'y établir. Incertains du lieu
où i´s devoient fixer leur demeure, ils s'adresserent
à l'Oracle , qui leur dit de
s'arrêter dans l'endroit où les Enfans de
la Terre viendroient les attaquer. Pendant
la nuit une prodigieuse multitude
de Rats survint près de la Ville d'Amaxitus
, et rongea les cordes de leurs Arcs ,
feurs Harnois et autres ustanciles de cuir.
Ce peuple crédule , jugeant l'Oracle accompli
, s'établit précisément dans cet
endrait.Un ancien Auteur, cité par Stra
bon , prétend qu'il y avoit un grand
nombre de Rats aux environs de ce
Temple , et qu'on les y regardoit avec
une espece de vénération . Chrises , dont
parle Homere au commencement de l'Iliade
, en étoit le Sacrificateur , et c'é oit
lui , sans doute , qui en dirigeoit le culte
dans la Ville de Chrysa.
ment. Antiq. post Harpocratem p. 209.nummum.
refert in quo conspicitur Apollo laurea coronatus ,.
in altera vero area , idem Deus stans , Arcum
manu tenens , pharetra à terga pendente et ab an-·
teriore corporis parte АПOÂúÑƆƐ , cam_litteris ›
ΣΔΕ , a posteriore vero nota aliqua e : ΤΜΙΘΕΩΣ,
infra vero ΑΛΕΞΑΝΔΡΕΩΝ .... Μ ΔΡ ..
Lege EXAMANAPON . Sic et ex alio simili nummo
apud March. Scipionem Maffeium in Verona il
lustrata , pag. 355
Le
2126 MERCURE DE FRANCE
Le Scholiaste d'Homere, raporte L.I.de
l'Iliade , qu'Apollon envoya une prodigieuse
quantité de Rats dans les Champs
de Crinis , son Prêtre , qui avoit encouru
son indignation.Ces Animaux ravagerent
tous ses fruits. Le Dieu s'appaisa , se mit
en devoir de les détruire , et les tua tous
en effet à coups de fleches. Ce fut en
reconnoissance que Crinis fit bâtir un
Temple à Apollon sous le nom de Smynthien.
-
Les deux Rats représentez sur cette
Pierre , sont de pauvres victimes dévoüées
à la colere d'Apollon. Ils publient
eux mêmes leur défaite. L'un d'eux
réduit aux abois par les violens efforts
de son Adversaire , s'écrie CYCKHNEBOHO
I. CONTUBERNALIS SUCCURRE
A l'aide Camarade . Le Rat enlevé par
l'autre Cocq , n'a pas la force de lui répondre
autrement que par ce mot KPA-
ΤΟΥΜΕ , mis pour ΚΡΑΤΟΥΜΕΘΑ., par
une abreviation forcée put-être par le
défaut de la couche blanche , qui seule
pouvoit donner aux Caracteres le relief
nécessaire pour les faire paroître. VINCIMUR
; C'est fait de nous , nous sommes
vaincus. On peut dire aussi , si l'on veut,
que le Graveur , trop servilement attaché
à certaine prononciation locale , a
mis
OCTOBR E. 1733. 2127
mis ΚΡΑΤΟΥΜΕ pour ΚΡΑΤΟΥΜΑΙ , qui
signitie VINCOR , je suis vaincu ; en ce
cas - là c'est un des Rats qui parle , comme
se trouvant hors d'état de secourir
son Camarade , qui reclame son assistance.
Je sçais qu'on pourroit objecter quelqu'autre
défaut dans la construction de
cette Légende , et dire qu'il devroit y
avoir BOHOEI , au lieu de BOHOI ; mais
sans vouloir entrer dans une discussion
grammaticale , qui n'est gueres de mon
ressort,il me seroit aisé de citer d´s exemples
dans les ( a ) Inscriptions Grecques
sur les Médailles et Gravures antiques, où
l'Epsilon se trouve supprimé . D'ailleurs il
me paroît qu'on peut aussi attribuer cette
omission à l'ignorance ou au peu d'exactitude
du Graveur , sur tout dans les Monumens
postérieurs au siécle d'Auguste.
Ce qu'il y a de positif, c'est que les Grecs
modernes ont conservé cette prononciation
qui pouvoit avoir lieu anciennement
dans certains Païs de la Grece.
Le Pois a fait graver une Agathe Onyx,
qui a quelque rapport avec celle que je
viens d'expliquer. On y voit un Cocq ,
un Rat et une Corbeille ouverte , avec le
mot Aprilis.
( a) Fabretti , pag. 740. n. 802.
Les
2128 MERCURE DE FRANCE
Les Rats que nous regardons avec me
pris , et que nous nous contentons de li
vrer à l'antipathie de certains animaux
d'une espece differente , étoient redoutables
dans divers Païs. Nous en avons un
témoignage précis dans l'Ecriture Sainte,
au 1 Liv. des Rois , où il est dit : Il sortit
tout d'un coup des Champs et des Villages
une multitude de Rats , et on vit dans
toute la Ville une confusion de mourans
et de morts. Les Philistins ne furent délivrez
de cette espece de fléau , que lorsqu'ils
eurent renvoyé l'Arche du Seigneur
avec cinq Rats d'or , selon le nombre de
feurs Provinces .
Les gros Rats s'étoient tellement empa
rez de l'Isle de ( a ) foura , qui est le lieu
le plus sterile et le plus désagréable de
tout l'Archipel , qu'ils obligerent les habitans
de l'abandonner , et s'il en faut
croire Théophraste , ces pauvres bêtes au
défaut de tout autre aliment , se virent
obligées de ronger le Fer , tel qu'il est
lorsqu'il sort des Mines. •
Les Romains tiroient des présages de la
vûë de ces animaux . Pline , liv. 8. ch.57.
nous apprend que de son temps la rencon
tre d'un Rat blanc étoit de bon Augure:
La Guerre des Marses ,selon le même
{ 3 ) ΓΥΑΡΟΣ,
Au
OCTOBRE. 1733. 2129
Auteur , fut annoncée par l'événement
bizaree que je vais raconter.Les Boucliers,
qui étoient à Lanuvium , se trouverent
rongez par les Rats ; et delà il fut conclu
qu'il se préparoit quelque funeste évenement
pour la République. La Guerre survint
bien tôt après; il n'en fallut pas
d'a
vantage pour justifier les frivoles conjectures
d'un Peuple superstitieux.
Ciceron , qui sur ces matieres pensoit
bien différemment de la multitude,se
moque avec esprit de la crédulité des Romains.
» Les Aruspices , dit- il liv. 11. de
Divinat. criérent au miracle , sur ce
que les Rats avoient rongé les Boucliers
» de Lanuvium , peu de temps avant la
» Guerre des Marses , comme s'il étoit
» bien important de sçavoir qu'un ani-
» mal , occupé nuit et jour à ronger tout
» ce qui se présente à lui , se fut attaché
» à des Boucliers, plutôt qu'à toute autre
» chose. En suivant leurs fausses idées ,
» ai- je dû craindre pour le sort de Rome,
lorsque les Rats ont rongé chez moi le
» Livre de la République de Platon , et
» s'ils eussent attaqué le Traité d'Epicure
sur la volupté , serois - je plus raison-
» nable de prédire sur cet événement la
>> cherté de toutes les Denrées qui se ven-
» dent au marché ?.
Pline
2130 MERCURE DE FRANCE
Pline rapporte , liv. 10. chap . 65. des
choses qui me paroissent incroïables sur
la prodigieuse propagation des Rats ; et
c'est en conséquence qu'il prétend qu'ils
parurent autrefois en si grand nombre
dans certain Païs de la Grece , qu'après en
avoir ravagé les moissons , ils en firent
déserter les habitans. ( a ) Un Auteur du
siécle passé prétend qu'à peu près la même
avanture est arrivée en Angleterre ,
en la Province d'Essex , en 1580 et 1648.
C'est dans de telles circonstances que les
Peuples ont pû recourir à des moyens
surnaturels pour être délivrez d'une engeance
si pernicieuse .
Gregoire de Tours , cet Historien qu'on
accuse , peut- être , avec raison , d'avoir.
inséré dans son Ouvrage un grand nombre
de faits fabuleux et d'opinions populaires
, ausquelles il paroît ajouter foy,fait
mention , liv . 8. ch. 14. de son Histoire
de deux figures de Bronze , trouvées à
Paris , vers la fin du sixième siècle , l'une
représentoit un Serpent , et l'autre un
Loir, qui est une espece de Rat velu , qui
habite dans les Bois . A peine furent - elles
enlevées de l'endroit où l'on prétendoit
qu'elles avoient une vertu de Talisman
( a ) Childreyus , lib. de Mirab . Natura in Anglia
Citat, in Ephem . Erud. ann. 1667. pag.113 ,
pour -
OCTOBRE . 1732. 2137
pour éloigner de la contrée les animaux
qu'elles représentoient , qu'on vit paroître
un nombre infini de Serpens et de
Loirs dans la Ville et dans les Campagnes
voisines.
Quoique l'Histoire que je vais rapporter
, ait l'air d'une Fable , elle convient
trop à mon sujet pour la passer sous silence.
La voici telle qu'on la trouve chez
les Centuriateurs de Magdebourg , vol. 3 .
Cent. 10 ch. 10.
Hatton , surnommé Bonosus , de Moine
de Fulde devint Archevêque de Mayence.
Il étoit dur envers les Pauvres , et au
lieu de les secourir pendant la famine , il
leur fit sentir les effets les plus cruels de
son avarice . Il fit assembler quantité de
Pauvres dans une Grange où il les fit brûler
, en disant que c'étoit une engeance
inutile, et qui n'étoit bonne qu'à manger
le pain necessaire aux autres. Fruges con
sumere nati. Il en fut bien- tôt puni. Les
Rats l'assaillirent de tous côtez et lui déclarerent
une guerre mortelle. Il eût beau
se retirer dans une Tour , bâtie au milieu
du Rhin , qu'on appelle encore à present
la Tour des Rats . ( Mausthuun ) Les Rats
l'y suivirent et passerent le Fleuve à la
nage ; ils entrerent dans la Tour , et firent
mourir l'Archevêque . On ajoute
qu'a2132
MERCURE DE FRANCE
qu'après la mort de ce Prélat, ces animaux
devenus les Instrumens de la Justice divine.
, rongerent tout jusqu'à son nom ,
qui étoit gravé sur le Marbre ou Ecrit
dans les Registres publics.
M. de Thou , liv. 5. pag 161. de son
Histoire , prétend que Barthelemi Chasseneuz
, devenu ensuite premier Président
du Parlement de Provence , se trouvant à
Autun , les habitans de quelques Villages
des environs demanderent qu'il plût à
l'Evêque Diocésain d'excommunier les
Rats qui désoloient cette contrée ; que ce
fameux Jurisconsulte se chargea de la défense
de ces animaux , et représenta que
le terme qui leur avoit été accordé étoit
trop court , d'autant mieux qu'ils risquoient
de se mettre en chemin , tous les
Chats des Villages voisins étant aux
aguets pour les arrêter en passant™, sur
quoi Chasseneuz obrint un plus long délai
pour venir répondre à la citation .
Quelques- uns révoquent en doute un
fait si singulier ; mais il me paroît que
le témoignage d'un Auteur aussi grave ,
et d'ailleurs presque contemporain , doit
prévaloir sur tout ce qu'on peut avancer
pour le détruire dans toutes ses circonstances
, d'autant mieux que la premiere
conOCTOBRE.
1733. 2133
consultation de ( a ) Chassencuz roule sur
tout ce qui s'observoit de son temps en
Bourgogne , au sujet de l'excommunication
des Animaux et des Insectes nuisi
bles , ausquels il assure qu'on donnoit un
Avocat pour les deffendre. Il y fait mention
de tout ce qui s'y pratiquoit de son
temps , avant que de proceder à leur excommunication
; et c'est peut être ce détail
qui a donné lieu à M, de Thou de
dire que Chasseneuz avoit rempli les
fonctions de leur Avocat en pareille occasion
.
Je dois parler aussi d'un Préservatif
contre les Rats , pieusement introduit
dans un siècle plein d'ignorance , par les
Moines de S. Hubert , dans les Ardennes.
On suppose que dans le Territoire de
cette Abbaye on ne voit aucun Rat ; et
on attribuë çette singularité aux mérites
de S. V lalric , Evêque d'Ausbourg ( b ) ,
( a ) Nonnulla Animalia immunda in formam
murium urbanorum existentia Grisei coloris , à nemoribus
circum vicinis exeuntia... Post modum
distribuitur Advocatus pro consilio dictorum Animalium
, qui respondet pradictam maledictionem ,
Anathematisationem , et Excommunicationem fieri
non debere, &c. Barth. à Chassaneo,Cons. 1.p.17.
(b ) Joan. Eusebius Nierem Bergius de Miracul
Nat. in Europâ . lib. 2. cap. 6. , ... Effecis
idem Episcopus (S. Udalricus) ut nulli magni Mu.
dont
2134 MERCURE DE FRANCE
dont cette Eglise possede les Reliques .
On rapporte à ce sujet des pratiques superstieuses
et des usages indécens ( c) qui
font tort à la Religion , qui leur sert de
prétexte ; et qu'on auroit dû abolir dans
un siècle aussi éclairé que le nôtre.
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Résumé : CONJECTURES sur une Gravûre antique, qu'on croit avoir servi d'Amulete ou de Préservatif contre les Rats.
Dans l'Antiquité, les superstitions et l'utilisation de talismans et d'amulettes étaient courantes pour se protéger contre divers maux, y compris les rats. Les hommes, éloignés de la véritable religion, recouraient à des divinités arbitraires pour se garantir des dangers. Les nations attribuaient des vertus occultes à des objets gravés, croyant qu'ils pouvaient les protéger contre les malheurs et les animaux nuisibles. Une gravure antique, une agate sardonyx rouge et blanche, représente un autel avec des rats et des coqs. Cette gravure est considérée comme un préservatif ou amulette contre les rats. Les coqs, dédiés à Apollon, sont représentés en train de capturer les rats, symbolisant la protection divine. Apollon, sous le nom de Smynthien, était connu pour protéger contre les rats, comme le montrent divers récits et monuments anciens. Les rats ont causé des ravages dans l'histoire, comme dans les champs des Troyens et des Éoliens, ou sur l'île de Foura. Les Romains tiraient des présages de la vue de ces animaux, et des auteurs comme Cicéron et Pline ont commenté la superstition entourant les rats. Des figures de bronze trouvées à Paris étaient censées protéger contre les serpents et les loirs. Des événements historiques impliquent des rats. Un archevêque, après avoir fait brûler des pauvres en les qualifiant d' 'engeance inutile', fut puni par des rats qui l'attaquèrent et le tuèrent, même après qu'il se soit réfugié dans une tour sur le Rhin, connue sous le nom de 'Tour des Rats'. Après sa mort, les rats détruisirent toute trace de son nom. Jacques Auguste de Thou mentionne que Barthélemi Chasseneuz, futur premier Président du Parlement de Provence, défendit des rats à Autun. Les habitants avaient demandé à l'évêque d'excommunier les rats qui ravageaient la région. Chasseneuz obtint un délai supplémentaire pour les rats afin qu'ils puissent répondre à la citation, arguant que les chats des villages voisins étaient prêts à les attaquer. Les moines de Saint-Hubert dans les Ardennes prétendaient que les rats étaient absents de leur territoire grâce aux mérites de Saint-Udalric, évêque d'Augsbourg. Cette pratique est critiquée pour ses aspects indécents et superstitieux.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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753
p. 2184-2185
PSEAUME PREMIER. Beatus vir, qui non abiit in consilio impiorum, &c.
Début :
Heureux qui dans son Dieu met sa félicité, [...]
Mots clefs :
Impie, Dieu, Lever, Psaume
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PSEAUME PREMIER. Beatus vir, qui non abiit in consilio impiorum, &c.
PSEAUME PREMIER .
Beatus vir , qui non abiit in consilio
impiorum , & c.
Heure
Eureux qui dans son Dieu met sa félicité ,
Qui ne marche jamais dans le sentier du vice ,
Et qui fuit la societé ,
Des Ministres de l'injustice ;
Qui n'a point soutenu dans la Chaire d'erreur ,
Les dogmes empestez d'une morale impie ;
Mais qui sur la Loi du Seigneur ,
Regle tous les jours de sa vie.
L'Eternel benira ses soins et sa Maison."
Tel qu'un arbre arrosé d'une Onde vive et pure ,
Chargé de fruit en la saison,
Le Juste ornera la Nature.
Que deviendront l'impie et le voluptueux ?
Ils seront dispersez ainsi que la poussiere ,
Qu'un tourbillon impetueux ,
Enleve du sein de la Terre.
Dieu leur a préparé des tourmens éternels ;
On ne les verra point devant sa face auguste ,
i
Lever
OCTOBRE . 1733 2185
Lever leurs regards criminels ,
Ni s'asseoir à côté du Juste.
La foudre va partir ; ô regrets superflus !
Enfant d'iniquité , tu n'as plus de puissance
Frémis .. c'en est fait , il n'est plus ,
Le Ciel a vangé l'innocence..
C. FAVART.
Beatus vir , qui non abiit in consilio
impiorum , & c.
Heure
Eureux qui dans son Dieu met sa félicité ,
Qui ne marche jamais dans le sentier du vice ,
Et qui fuit la societé ,
Des Ministres de l'injustice ;
Qui n'a point soutenu dans la Chaire d'erreur ,
Les dogmes empestez d'une morale impie ;
Mais qui sur la Loi du Seigneur ,
Regle tous les jours de sa vie.
L'Eternel benira ses soins et sa Maison."
Tel qu'un arbre arrosé d'une Onde vive et pure ,
Chargé de fruit en la saison,
Le Juste ornera la Nature.
Que deviendront l'impie et le voluptueux ?
Ils seront dispersez ainsi que la poussiere ,
Qu'un tourbillon impetueux ,
Enleve du sein de la Terre.
Dieu leur a préparé des tourmens éternels ;
On ne les verra point devant sa face auguste ,
i
Lever
OCTOBRE . 1733 2185
Lever leurs regards criminels ,
Ni s'asseoir à côté du Juste.
La foudre va partir ; ô regrets superflus !
Enfant d'iniquité , tu n'as plus de puissance
Frémis .. c'en est fait , il n'est plus ,
Le Ciel a vangé l'innocence..
C. FAVART.
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Résumé : PSEAUME PREMIER. Beatus vir, qui non abiit in consilio impiorum, &c.
Le Psaume Premier oppose l'homme vertueux aux impies. L'homme vertueux trouve sa béatitude en Dieu et évite les voies du vice. Il ne fréquente pas les injustes ni ne soutient les erreurs morales. Il régit sa vie selon la loi du Seigneur et reçoit ainsi les bénédictions divines. Il est comparé à un arbre fertile et bien arrosé, symbolisant la prospérité et la justice. En revanche, les impies et les voluptueux sont comparés à la poussière dispersée par un tourbillon. Dieu leur réserve des tourments éternels, et ils ne pourront jamais se tenir devant Lui. La justice divine triomphera, et les injustes seront punis. Le texte se conclut par une mise en garde solennelle aux enfants d'iniquité, annonçant leur chute imminente et la vengeance céleste en faveur de l'innocence.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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754
p. 2264-2265
ITALIE.
Début :
Les Cardinaux Lercari, Caraffe et Guadagni, que le Pape a nommez pour donner leur avis [...]
Mots clefs :
Pape, Cardinaux, Électeur palatin, Imposition
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
ITALIEM
Es . Cardinaux Lercari , Caraffe et Guadagni ,
que le Pape a nommez pour donner leur avis
sur la permission que l'Electeur Palatin a demandée
, d'établir une imposition sur les Ecclesiastiques
de ses Etats , afin de les faire contribuer
aux frais des réparations de quelques -unes
de ses Places , ont décidé que le Clergé de l'Electorat
payeroit cette contribution en forme de
don gratuit. Le Pape , en conféquence de cette.
déliberation , doit envoyer un Bref à l'Electeur
Palatin pour autoriser cette imposition où don
gratuit.
Les Cardinaux Davia , Georges Spinola , Spinola
de sainte Agnès , Falconien , Corsini , Gua
dagni , et Mosca , que le Pape avait nommez
pour
OCTOBRE. 1733. 2265
pour examiner de quelle maniere on pourroit
remedier aux abus ausquels les aziles , tant des
Eglises que des Palais des Ministres Etrangers ,
donnent lieu , ont reglé que l'azile des Eglises
pour les homicides , ne pourra durer que trois .
jours , après lequel temps il sera permis de se
saisir de leur personne et de les mettre entre les :
mains de la Justice. Le Cardinal Corsini a été
chargé d'écrire aux Ministres Etrangers qui résident
en cette Ville , pour les prier de ne pas
souffrir qu'aucune personne accusée de crimes ,
dont la punition importe à la sûreté publique ,
trouve le moyen en se retirant dans leurs Palais
d'éluder la juste rigueur des Loix.
Suivant le rapport des Capitaines des divers
Bâtimens arrivez à Venise depuis peu des Côtes
d'Afrique , Dgianum-Codja , Capitan- Pacha
de l'Empire Othoman , a escorté jusqu'à Alger
fes trois Vaisseaux de l'Escadre Algerienne , qui
étoient à la Rade de Mosconisy ; ce sont les
seuls qui ayent pû se sauver de la tempête qu'elle
essuya le premier du mois d'Avril dernier.
Dans le Consistoire du 28. du mois dernier ,
le Pape nomma Cardinaux , Jean- Baptiste Spino
la , Génois , Vice- Camerlingue , Gouverneur de
Rome , Protonotaire Apostolique , et Consulteur
du S. Office , et Marcel Pasteri , natif d'Ariano,
dans le Royaume de Naple , Archevêque de Nazianze
, Auditeur de Sa Sainteté , et Dataire de
la Pénitencerie ..
Es . Cardinaux Lercari , Caraffe et Guadagni ,
que le Pape a nommez pour donner leur avis
sur la permission que l'Electeur Palatin a demandée
, d'établir une imposition sur les Ecclesiastiques
de ses Etats , afin de les faire contribuer
aux frais des réparations de quelques -unes
de ses Places , ont décidé que le Clergé de l'Electorat
payeroit cette contribution en forme de
don gratuit. Le Pape , en conféquence de cette.
déliberation , doit envoyer un Bref à l'Electeur
Palatin pour autoriser cette imposition où don
gratuit.
Les Cardinaux Davia , Georges Spinola , Spinola
de sainte Agnès , Falconien , Corsini , Gua
dagni , et Mosca , que le Pape avait nommez
pour
OCTOBRE. 1733. 2265
pour examiner de quelle maniere on pourroit
remedier aux abus ausquels les aziles , tant des
Eglises que des Palais des Ministres Etrangers ,
donnent lieu , ont reglé que l'azile des Eglises
pour les homicides , ne pourra durer que trois .
jours , après lequel temps il sera permis de se
saisir de leur personne et de les mettre entre les :
mains de la Justice. Le Cardinal Corsini a été
chargé d'écrire aux Ministres Etrangers qui résident
en cette Ville , pour les prier de ne pas
souffrir qu'aucune personne accusée de crimes ,
dont la punition importe à la sûreté publique ,
trouve le moyen en se retirant dans leurs Palais
d'éluder la juste rigueur des Loix.
Suivant le rapport des Capitaines des divers
Bâtimens arrivez à Venise depuis peu des Côtes
d'Afrique , Dgianum-Codja , Capitan- Pacha
de l'Empire Othoman , a escorté jusqu'à Alger
fes trois Vaisseaux de l'Escadre Algerienne , qui
étoient à la Rade de Mosconisy ; ce sont les
seuls qui ayent pû se sauver de la tempête qu'elle
essuya le premier du mois d'Avril dernier.
Dans le Consistoire du 28. du mois dernier ,
le Pape nomma Cardinaux , Jean- Baptiste Spino
la , Génois , Vice- Camerlingue , Gouverneur de
Rome , Protonotaire Apostolique , et Consulteur
du S. Office , et Marcel Pasteri , natif d'Ariano,
dans le Royaume de Naple , Archevêque de Nazianze
, Auditeur de Sa Sainteté , et Dataire de
la Pénitencerie ..
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Résumé : ITALIE.
En octobre 1733, le Pape a nommé plusieurs cardinaux pour traiter divers sujets. Les cardinaux Lercari, Caraffe et Guadagni ont examiné la demande de l'Électeur Palatin d'imposer une taxe sur les ecclésiastiques pour financer des réparations militaires. Ils ont décidé que le clergé paierait cette contribution sous forme de don gratuit, avec autorisation papale par un bref. Les cardinaux Davia, Georges Spinola, Spinola de sainte Agnès, Falconien, Corsini, Guadagni et Mosca ont réglementé les abus liés aux asiles dans les églises et les palais des ministres étrangers, limitant l'asile pour homicides à trois jours. Le cardinal Corsini a informé les ministres étrangers de ne pas protéger les criminels. Par ailleurs, des rapports de navires à Venise ont mentionné que Dgianum-Codja, Capitan-Pacha de l'Empire Ottoman, a escorté des vaisseaux algériens jusqu'à Alger après une tempête en avril. Lors du consistoire du 28 septembre, le Pape a nommé Jean-Baptiste Spinola et Marcel Pasteri comme cardinaux, détaillant leurs fonctions et origines.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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755
p. 2291-2296
RECEPTION faite à S. A. S. Madame la Duchesse du Maine, par la Ville de Dreux. Extrait d'une Lettre de M. Clement, Receveur des Tailles de l'Election de Dreux.
Début :
Son Altesse Sérénissime partit d'Anet avec la Princesse sa fille, accompagnée [...]
Mots clefs :
Dreux, Hôtel de ville, Duchesse du Maine, Princesse, Officiers, Église, Jeunes gens, Honneur, Bourgeoisie, Officiers
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RECEPTION faite à S. A. S. Madame la Duchesse du Maine, par la Ville de Dreux. Extrait d'une Lettre de M. Clement, Receveur des Tailles de l'Election de Dreux.
RECEPTIONfaite à S. A.S. Madame
La Duchesse du Maine , par la Ville de
Dreux. Extrait d'une Lettre de M. Clement
, Receveur des Tailles de l'Election
de Dreux.
Save
On Altesse Sérénissime partit d'Anet
ec la Princesse sa fille , accompagnée
d'un grand nombre de personnes du
premier rang , le 23. Septembre dernier ,
er arriva ici sur les 4. heures du soir ;
elle fut saluée à une lieüe de la Ville
par une Compagnie de jeunes Gens qui
s'étoient réunis pour aller au - devant
d'Elle , ayant un Trompette à leur tête ;:
ils étoient parfaitement bien montez
er la maniere dont ils avoient orné leurs
chevaux donnoit un air de galanterie à
cette Troupe, qui satis fit beaucoup S.A.S.
Ils la suivirent jusqu'à Dreux autour de
sa Caleche , laquelle étoit précedée par
les Officiers de sa Maison , et suivie des
Carosses des personnes qui l'accompa
groient.
y
Avant que d'entrer dans la Ville , le
Maire et les autres Officiers de la Ville ,
Hvj por
2192 MERCURE DE FRANCE
portant le Dais sous lequel S. A. S. de- ´
voit marcher jusqu'à l'Eglise , eurent
l'honneur de la complimenter et de fui
présenter avec les Clefs de la Ville , les
présens ordinaires de vins exquis et de
Confitures seches.-
S. A. S. entra dans Dreux , au milieu
d'un concours de peuple extraordinaire
et au bruit des Tambours et de
toutes les Cloches. Elle s'arrêta encore
pour recevoir les complimens du Bailliage
et des autres Corps de Judicature ;
elle répondit aux Harangues avec cette
dignité et cette délicatesse d'esprit si
connues de tous ceux qui ont l'honneur
de l'approcher. Elle fut conduite après
ces cérémonies à l'Eglise principale qui
est située sur le lieu le plus éminent de
la Ville où est aussi le Château des
anciens Comtes de Dreux .
La Princesse trouva sur son passage
toute la Bourgeoisie en haye et sous les
armes ; et de distance en distance elle
passoit sous des Arcs de Triomphes ,
dont la décoration exprimoit la joye qui
devoit regner dans une pareille Fête.
Les Chanoines de la Collegiale vinrent
la recevoir et la conduisirent jusqu'à
leur Eglise , où elle arriva environnée
de tous les Corps de la Ville . Après
s'être
1
OCTOBRE . 1733. 2193
·
s'être placée au milieu du Choeur , on
chanta le Te Deum , qui fut précédé
d'th Motet , dont l'execution parut satisfaire
S. A. S. Après les cérémonies de
l'Eglise, elle fut conduite dans une grande
Salle du Château , où l'on avoit élevé
un Théatre. Elle vit représenter par des
jeunes gens choisis de la Ville , la Tragédie
d'Oedipe , de M. de Voltaire , qui
fut suivie de Momus Fabuliste , de M.Fuzelier
. Ces deux Pieces furent assez bien
représentéss pour mériter les éloges de
S. A. S. Dans l'intervalle des deux Pieces
il y eut une petit Divertissement en Musique
, qui fut parfaitement executé et
dont voici les paroles.
Volez plaisir's heureux , enchantez nos esprits ,
Sçavantes filles du Permesse ,
Protegez nos Jeux et nos Ris ;
Quepartout on y reconnoisse,
Le goût et la délicatesse
Que vous ne prodiguez qu'à vos seuls Favoris
Volez plaisirs heureux , enchantez nos esprits.
La Fille de Condé vient embellir ces Rives ,
Druides accourez , vous , Nimphes fugitives ,
Qui vous ressouvenez d'avoir vû dans ces Lieux,
Briller ses illustres Ayeux ,
Aux accens de ma voix soyez plus attentives.
Celebrez ce jour prétieux,
L'ai
2294 MERCURE DE FRANCE
L'aimable esperance
Soutient nos désirs ,
Puissent nos plaisirs '
Et notre constance •
Fixer sa présence ;
Soyons les Rivaux ,
Des charmes de Sceaux .
La brillante Aurore
Montre ici ses feux ,
La naissante Flore
Y charme les yeux ;
Zéphir qui l'adore
La suit en ces lieux ,
Et les rend encore
Plus délicieux.
Chantons et repetons sans esse ,
Velez , plaisirs , &c..
Après la Comédie , S. A. S. fue
conduite , au bruit des Tambours , dans
la Maison la plus riante et la plus commode
de toute la Ville , où son logement
étoit préparé ; elle retrouva sur
son passage la Bourgeoisie sous les arfaisant
une double haye. Elle vit
avec plaisir les illuminations ingénieuses
dont tous les Habitans avoient orné leurs
Maisons. La Princesse passa sous de nouveaux
-Arcs de -Triomphe , que les Offciens
OCTOBRE..
ciers de Ville avoient eu
illuminer avec beauboup d'are
Elle se mit à table , et dans le meme
temps on servit par son ordre , un grand
soupé à l'Hôtel de Ville , où les Officiers
de Ville et tous les Corps de Judicatute
furent invitez . Après le souper on com
mença le Bal , que S. A. S. voulut bien
honorer de sa présence. Les Dames de
la Ville et des environs y vinrent en
Masque , habillées avec beaucoup de goût
et de magnificence. Les Danses durerent
jusqu'à quatre heures du matin , que la
Princesse et les Dames qui l'accompagnoient
, se retirerent. Le Bal cessé , tou
te la Bourgeoisie continua de monter la
Garde chez elle , et n'a point cessé jusqu'à
son départ de lui donner des mar
ques de son respect et de son attache
ment.
Le lendemain 24. S. A. S. fut occupée
à visiter les Eglises et les Monasteres de
cette Ville , laissant partout des marques
de sa libéralité. Elle vint ensuite
à l'Hôtel de Ville , les Officiers la complimenterent
de nouvean , et eurent
T'honneur de lui présenter une Collation
composée des plus beaux fruits de
La saison . La Princesse revint chez elle
où le divertissement déja donné fut exé,
cutê
CURE DE FRANCE
T
eau , accompagné de beaud'autre
Musique, S. A. S. retourna
à Anet le 25 , marquant une extrême
satisfaction d'avoir trouvé dans la
Ville de Dreux tous les coeurs si remplis
de respect et d'amour pour elle.
La compagnie de jeunes gens qni avoit
été audevant de la Princesse , se trouva
dans le même équipage à la Porte de la
Ville , dans le dessein de l'accompagner
jusqu'à Anet. S. A.S. leur sçût bon gré de
cette disposition et leur permit seulement
de la conduire à une lieuë de la Ville . Ils
revinrent à Dreux , où après avoir fait uu
grand souper dans l'Hôtel de Ville , ils
donnerent le Bal aux Dames , pour ter
miner cette galante fête .
La Duchesse du Maine , par la Ville de
Dreux. Extrait d'une Lettre de M. Clement
, Receveur des Tailles de l'Election
de Dreux.
Save
On Altesse Sérénissime partit d'Anet
ec la Princesse sa fille , accompagnée
d'un grand nombre de personnes du
premier rang , le 23. Septembre dernier ,
er arriva ici sur les 4. heures du soir ;
elle fut saluée à une lieüe de la Ville
par une Compagnie de jeunes Gens qui
s'étoient réunis pour aller au - devant
d'Elle , ayant un Trompette à leur tête ;:
ils étoient parfaitement bien montez
er la maniere dont ils avoient orné leurs
chevaux donnoit un air de galanterie à
cette Troupe, qui satis fit beaucoup S.A.S.
Ils la suivirent jusqu'à Dreux autour de
sa Caleche , laquelle étoit précedée par
les Officiers de sa Maison , et suivie des
Carosses des personnes qui l'accompa
groient.
y
Avant que d'entrer dans la Ville , le
Maire et les autres Officiers de la Ville ,
Hvj por
2192 MERCURE DE FRANCE
portant le Dais sous lequel S. A. S. de- ´
voit marcher jusqu'à l'Eglise , eurent
l'honneur de la complimenter et de fui
présenter avec les Clefs de la Ville , les
présens ordinaires de vins exquis et de
Confitures seches.-
S. A. S. entra dans Dreux , au milieu
d'un concours de peuple extraordinaire
et au bruit des Tambours et de
toutes les Cloches. Elle s'arrêta encore
pour recevoir les complimens du Bailliage
et des autres Corps de Judicature ;
elle répondit aux Harangues avec cette
dignité et cette délicatesse d'esprit si
connues de tous ceux qui ont l'honneur
de l'approcher. Elle fut conduite après
ces cérémonies à l'Eglise principale qui
est située sur le lieu le plus éminent de
la Ville où est aussi le Château des
anciens Comtes de Dreux .
La Princesse trouva sur son passage
toute la Bourgeoisie en haye et sous les
armes ; et de distance en distance elle
passoit sous des Arcs de Triomphes ,
dont la décoration exprimoit la joye qui
devoit regner dans une pareille Fête.
Les Chanoines de la Collegiale vinrent
la recevoir et la conduisirent jusqu'à
leur Eglise , où elle arriva environnée
de tous les Corps de la Ville . Après
s'être
1
OCTOBRE . 1733. 2193
·
s'être placée au milieu du Choeur , on
chanta le Te Deum , qui fut précédé
d'th Motet , dont l'execution parut satisfaire
S. A. S. Après les cérémonies de
l'Eglise, elle fut conduite dans une grande
Salle du Château , où l'on avoit élevé
un Théatre. Elle vit représenter par des
jeunes gens choisis de la Ville , la Tragédie
d'Oedipe , de M. de Voltaire , qui
fut suivie de Momus Fabuliste , de M.Fuzelier
. Ces deux Pieces furent assez bien
représentéss pour mériter les éloges de
S. A. S. Dans l'intervalle des deux Pieces
il y eut une petit Divertissement en Musique
, qui fut parfaitement executé et
dont voici les paroles.
Volez plaisir's heureux , enchantez nos esprits ,
Sçavantes filles du Permesse ,
Protegez nos Jeux et nos Ris ;
Quepartout on y reconnoisse,
Le goût et la délicatesse
Que vous ne prodiguez qu'à vos seuls Favoris
Volez plaisirs heureux , enchantez nos esprits.
La Fille de Condé vient embellir ces Rives ,
Druides accourez , vous , Nimphes fugitives ,
Qui vous ressouvenez d'avoir vû dans ces Lieux,
Briller ses illustres Ayeux ,
Aux accens de ma voix soyez plus attentives.
Celebrez ce jour prétieux,
L'ai
2294 MERCURE DE FRANCE
L'aimable esperance
Soutient nos désirs ,
Puissent nos plaisirs '
Et notre constance •
Fixer sa présence ;
Soyons les Rivaux ,
Des charmes de Sceaux .
La brillante Aurore
Montre ici ses feux ,
La naissante Flore
Y charme les yeux ;
Zéphir qui l'adore
La suit en ces lieux ,
Et les rend encore
Plus délicieux.
Chantons et repetons sans esse ,
Velez , plaisirs , &c..
Après la Comédie , S. A. S. fue
conduite , au bruit des Tambours , dans
la Maison la plus riante et la plus commode
de toute la Ville , où son logement
étoit préparé ; elle retrouva sur
son passage la Bourgeoisie sous les arfaisant
une double haye. Elle vit
avec plaisir les illuminations ingénieuses
dont tous les Habitans avoient orné leurs
Maisons. La Princesse passa sous de nouveaux
-Arcs de -Triomphe , que les Offciens
OCTOBRE..
ciers de Ville avoient eu
illuminer avec beauboup d'are
Elle se mit à table , et dans le meme
temps on servit par son ordre , un grand
soupé à l'Hôtel de Ville , où les Officiers
de Ville et tous les Corps de Judicatute
furent invitez . Après le souper on com
mença le Bal , que S. A. S. voulut bien
honorer de sa présence. Les Dames de
la Ville et des environs y vinrent en
Masque , habillées avec beaucoup de goût
et de magnificence. Les Danses durerent
jusqu'à quatre heures du matin , que la
Princesse et les Dames qui l'accompagnoient
, se retirerent. Le Bal cessé , tou
te la Bourgeoisie continua de monter la
Garde chez elle , et n'a point cessé jusqu'à
son départ de lui donner des mar
ques de son respect et de son attache
ment.
Le lendemain 24. S. A. S. fut occupée
à visiter les Eglises et les Monasteres de
cette Ville , laissant partout des marques
de sa libéralité. Elle vint ensuite
à l'Hôtel de Ville , les Officiers la complimenterent
de nouvean , et eurent
T'honneur de lui présenter une Collation
composée des plus beaux fruits de
La saison . La Princesse revint chez elle
où le divertissement déja donné fut exé,
cutê
CURE DE FRANCE
T
eau , accompagné de beaud'autre
Musique, S. A. S. retourna
à Anet le 25 , marquant une extrême
satisfaction d'avoir trouvé dans la
Ville de Dreux tous les coeurs si remplis
de respect et d'amour pour elle.
La compagnie de jeunes gens qni avoit
été audevant de la Princesse , se trouva
dans le même équipage à la Porte de la
Ville , dans le dessein de l'accompagner
jusqu'à Anet. S. A.S. leur sçût bon gré de
cette disposition et leur permit seulement
de la conduire à une lieuë de la Ville . Ils
revinrent à Dreux , où après avoir fait uu
grand souper dans l'Hôtel de Ville , ils
donnerent le Bal aux Dames , pour ter
miner cette galante fête .
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Résumé : RECEPTION faite à S. A. S. Madame la Duchesse du Maine, par la Ville de Dreux. Extrait d'une Lettre de M. Clement, Receveur des Tailles de l'Election de Dreux.
Le 23 septembre, la Duchesse du Maine, accompagnée de la Princesse sa fille et de nombreuses personnalités, arriva à Dreux vers 16 heures. Elle fut accueillie à une lieue de la ville par une compagnie de jeunes gens bien montés et galamment vêtus, qui la suivirent jusqu'à Dreux. À l'entrée de la ville, le maire et les officiers municipaux lui présentèrent les clés de la ville, des vins et des confitures, et la conduisirent sous un dais jusqu'à l'église principale. La Duchesse fut acclamée par une foule nombreuse et reçut les compliments des autorités locales. Après un Te Deum à l'église, elle assista à des représentations théâtrales au château, incluant 'Œdipe' de Voltaire et 'Momus Fabuliste' de Fuzelier, entrecoupées de musique. Le soir, elle fut conduite à sa résidence, où elle admira les illuminations et les arcs de triomphe. Un grand souper et un bal masqué suivirent, durant lesquels la Duchesse dansa jusqu'à quatre heures du matin. Le lendemain, elle visita les églises et monastères de la ville, distribuant des marques de sa libéralité. Elle quitta Dreux le 25 septembre, satisfaite de l'accueil reçu, et fut escortée par les jeunes gens jusqu'à une lieue de la ville. Ces derniers organisèrent un souper et un bal pour clôturer la fête.
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756
p. 2353-2360
ODE Sur l'Ouvrage des six jours.
Début :
Que vois-je ? quel pompeux Spectacle [...]
Mots clefs :
Lumière, Auteur, Univers, Dieu, Plaines, Ouvrage, Astre, Oiseaux, Terre, Puissance
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texteReconnaissance textuelle : ODE Sur l'Ouvrage des six jours.
ODE
Sur l'Ouvrage des six jours .
Ue vois-je ? quel pompeux Spectacle
Enchante mes regards surpris ?
Qui produit ce nouveau Miracle ,
Qui vient de charmer mes esprits ?
D'une masse informe et grossiere
Sort un Océan de lumiere ,
Qui doit éclairer l'Univers,
Le néant enfante la Terre ,
* Que la lumiere soit faite: et elle futfaite.Geni
Chap . premier.
B Et
2354 MERCURE DE FRANCE
Et tout ce que son sein enserre ?
Se soutient au milieu des Airs,
2
De quelle admirable structure ,
Paroît ce Pavillon ( 4) voûté ?
Il enveloppe la Nature ,
Dans sa sublime immensité.
Des Eaux séparant la matiere
Il lui sert de forte barriere
Contre leurs rapides efforts ;
Tel l'écueil en Mer orageuse
Arrête la vague orgueilleuse ,
Qui viendroit inonder nos bords,
Quelle brillante broderie , (")
Par son azur resplendissant ,
De cette liquide Prairie , (c)
Décore le pourpris naissant ?
Dans la nuit la plus effroyable ,
J'apperçois un nombre innombrable
D'Astres féconds et radieux ,
Dont les influences fertiles ,
(a ) Le Firmament.
(b ) Les Etoiles .
(c ) Le Firmament,
TomNOVEMBRE.
1733. 2358.
Tombant sur les terres stériles ,
Font germer des dons précieux .
1
Dès
que le sommet des Montagnes ,
Des feux de l'Aurore est doré ,
Je vois luire dans les Campagnes
Un Globe de flamme entouré. (a)
Ce superbe et grand Luminaire ,
Prétant sa chaleur salutaire ,
Annonce le jour aux Mortels.
Et dans sa carriere féconde ,
Décrit le vaste tour du Monde ,
Par ses mouvemens éternels.
Mais la nuit de ses voiles sombres ;
A peine couvre l'Univers ,
Qu'un Astre (6) dissipant les ombres .
Va prendre l'Empire des Airs.
Toujours fixe en son inconstance ,
Il doit ses rayons , sa puissance ,
Aux feux d'un Astre (c) plus brillant ;
Et sa lumiere bienfaisante ,
Guidant ma démarche tremblanté ,
Assure mon corps chancelant.
(a ) Le Soleil.
( b ) La Lune .
(c ) La Lune emprimio salumiere du Soleil,
Bij J'ad2356
MERCURE DE FRANCE
J'admire ces Plaines (a) profondes ,
Qui dans leurs immenses Bassins ,
Roulent de mugissantes Ondes ,
Jusques au bord de leur confins ;
Leur orgueil se brise au Rivage ;
Elles ne portent point leur rage ,
Au-delà des termes reglez ;
De cet humide et large espace ,
Les vens agitent la surface
Par des sifflements redoublez .
諾
Mais quelle Nation barbare ;
Habitera cet Element ?
A qui donner cette Eau bizarre
Et ce Monde si véhément ?
Un Peuple (6 ) muet et sauvage ;
Qui ne vit que de brigandage ,
Remplira ces affreux climats.
Dans ce grand et profond abyme ;
Du fort le foible est la victime ,
Après de funestes combats. (c)
Qu'à son gré ces Races féroces
S'abandonnent à leur fureur ;
( a ) La Mer ,
( b ) Les Poissons.
(c) Leurs guerres
Loin
NOVEMBRE . 1733 2357
Loin d'ici ces Monstres atroces ;
Evitons ce lieu plein d'horreur.
Entrons dans ces Plaines (a ) fleuries
Parcourons ces vertes Prairies ,
Qui tiennent nos yeux enchantez.
Cueillons ces Fruits que nous présente ;
Leur fécondité complaisante ,
Et jouissons de leurs bontez.
M
Je découvre d'autres merveilles
Et j'entens .... mais quel bruit ? quels sons &
Les Oiseaux frappent mes oreilles
Par leurs admirables Chansons.
Quelle charmante Symphonie ;
Quelle douce et tendre harmonie ,
Sort de ce foible et petit Corps ? (6)
A cette charmante Musique ,
Qui surpasse le son lyrique ,
Mille voix joignent leurs accords.
潞
Lorsque , ramenant la froidure
Tous les Aquilons frémissans , `
Vont dépouiller de leur verdure ;
Nos Bois tristes et languissans ;
Ceux-cy ( c) s'assemblant sua la Rive }
(a ) La Terrejonchée de fleurs.
(b ) Le Rossignol.
(c) Les Oiseaux de passage.
Bij D'une
1
2338 MERCURE DE FRANCE
D'une aîle prompte et fugitive ,
Vont sur des bords plus gracieux ;
Telle on voit la fleche empennée,
Sans être en chemin détournée ,
Traverser la Plaine des Cieux.
Enfin je poursuis et j'avance ,
Jusques dans le sein des Forêts
J'y vois une rustique engeance,
Que je perce d'un de mes traits.
Sa peau me sert de couverture ,
Je prens sa chair pour nourriture ,
Bien-tôt se présente un Ruisseau ;
11 tombe du haut des Montagnes ,
Et serpentanr dans les Campagnes
M'invite à boire de son cau.
Grand Dieu , que tes Oeuvres sont hellesà
Vous qui jouissez du bonheur
Des félicitez immortelles ,
Louez à jamais le Seigneur ;
Ce Seigneur , qui d'une parole
A créé l'un et l'autre Pole ,
Et le vaste Empire des Mers.
Par une éternelle priere ,
Louez l'Auteur de la Lumiere ,
Loüez l'Auteur de l'Univers.
Mais
NOVEMBR E. 1733 2355
Mais qui de toutes ces richesses ,
Doit être le dispensateur ?
Qui sera comblé des largesses
D'un si prodigue Bienfaicteur
De ces biens quel sera le Maître
C'est Adam , je le vois paroître ,
Il naît (a) de la terre formé.
Vers le Ciel il leve la tête.
Pour le distinguer de la bête ,
Dieu l'a de son souffle animé,
a
Pour partager le cours durable ,
De ses jours calmes et sereins ,
S'offre une Compagne ( 6) agréable ;
Qui doit seconder ses desseins:
Dieu rend communes leurs années,
En unissant leurs destinées ,
Par de mutuelles amours ;
Ah ! dans ce beau lieu ( c) de Plaisance ,
Une vive reconnoissance ,
Dans leurs coeurs doit vivre toujours
諾
Dans cette source de délices ,
Heureux Couple , vivez en paix.
>
T
(a ) Création de l'homme.
(b ) La femme.
(C) Le Paradis Terrestre.
Biiij
Offrez
1366 MERCURE DE FRANCE
Offrez vos coeurs en sacrifices ,
A l'Auteur de tant de bienfaits.
Respectez ses Loix adorables ,
Ne portez point des mains coupables,
Sur les Fruits d'un Arbre fatal .
Fuyez la voix enchanteresse ,
Qui surprenant votre foiblesse ,
yous feroit commertre le mal.
M
L'Eternel , après ces Miracles ,
Que d'un seul mot il a produits ,
Approuve en ses divins Oracles ,
Des Ouvrages si bien construits.
Il contemple leur excellence ,
Laissant reposer sa puissance ,
Pour benir ces Etres parfaits.
Et voulant que l'Homme et les Anges,
A l'envy chantent ses loüanges ,
Consacre ce jour à jamais .
Aubry de Trungy
Sur l'Ouvrage des six jours .
Ue vois-je ? quel pompeux Spectacle
Enchante mes regards surpris ?
Qui produit ce nouveau Miracle ,
Qui vient de charmer mes esprits ?
D'une masse informe et grossiere
Sort un Océan de lumiere ,
Qui doit éclairer l'Univers,
Le néant enfante la Terre ,
* Que la lumiere soit faite: et elle futfaite.Geni
Chap . premier.
B Et
2354 MERCURE DE FRANCE
Et tout ce que son sein enserre ?
Se soutient au milieu des Airs,
2
De quelle admirable structure ,
Paroît ce Pavillon ( 4) voûté ?
Il enveloppe la Nature ,
Dans sa sublime immensité.
Des Eaux séparant la matiere
Il lui sert de forte barriere
Contre leurs rapides efforts ;
Tel l'écueil en Mer orageuse
Arrête la vague orgueilleuse ,
Qui viendroit inonder nos bords,
Quelle brillante broderie , (")
Par son azur resplendissant ,
De cette liquide Prairie , (c)
Décore le pourpris naissant ?
Dans la nuit la plus effroyable ,
J'apperçois un nombre innombrable
D'Astres féconds et radieux ,
Dont les influences fertiles ,
(a ) Le Firmament.
(b ) Les Etoiles .
(c ) Le Firmament,
TomNOVEMBRE.
1733. 2358.
Tombant sur les terres stériles ,
Font germer des dons précieux .
1
Dès
que le sommet des Montagnes ,
Des feux de l'Aurore est doré ,
Je vois luire dans les Campagnes
Un Globe de flamme entouré. (a)
Ce superbe et grand Luminaire ,
Prétant sa chaleur salutaire ,
Annonce le jour aux Mortels.
Et dans sa carriere féconde ,
Décrit le vaste tour du Monde ,
Par ses mouvemens éternels.
Mais la nuit de ses voiles sombres ;
A peine couvre l'Univers ,
Qu'un Astre (6) dissipant les ombres .
Va prendre l'Empire des Airs.
Toujours fixe en son inconstance ,
Il doit ses rayons , sa puissance ,
Aux feux d'un Astre (c) plus brillant ;
Et sa lumiere bienfaisante ,
Guidant ma démarche tremblanté ,
Assure mon corps chancelant.
(a ) Le Soleil.
( b ) La Lune .
(c ) La Lune emprimio salumiere du Soleil,
Bij J'ad2356
MERCURE DE FRANCE
J'admire ces Plaines (a) profondes ,
Qui dans leurs immenses Bassins ,
Roulent de mugissantes Ondes ,
Jusques au bord de leur confins ;
Leur orgueil se brise au Rivage ;
Elles ne portent point leur rage ,
Au-delà des termes reglez ;
De cet humide et large espace ,
Les vens agitent la surface
Par des sifflements redoublez .
諾
Mais quelle Nation barbare ;
Habitera cet Element ?
A qui donner cette Eau bizarre
Et ce Monde si véhément ?
Un Peuple (6 ) muet et sauvage ;
Qui ne vit que de brigandage ,
Remplira ces affreux climats.
Dans ce grand et profond abyme ;
Du fort le foible est la victime ,
Après de funestes combats. (c)
Qu'à son gré ces Races féroces
S'abandonnent à leur fureur ;
( a ) La Mer ,
( b ) Les Poissons.
(c) Leurs guerres
Loin
NOVEMBRE . 1733 2357
Loin d'ici ces Monstres atroces ;
Evitons ce lieu plein d'horreur.
Entrons dans ces Plaines (a ) fleuries
Parcourons ces vertes Prairies ,
Qui tiennent nos yeux enchantez.
Cueillons ces Fruits que nous présente ;
Leur fécondité complaisante ,
Et jouissons de leurs bontez.
M
Je découvre d'autres merveilles
Et j'entens .... mais quel bruit ? quels sons &
Les Oiseaux frappent mes oreilles
Par leurs admirables Chansons.
Quelle charmante Symphonie ;
Quelle douce et tendre harmonie ,
Sort de ce foible et petit Corps ? (6)
A cette charmante Musique ,
Qui surpasse le son lyrique ,
Mille voix joignent leurs accords.
潞
Lorsque , ramenant la froidure
Tous les Aquilons frémissans , `
Vont dépouiller de leur verdure ;
Nos Bois tristes et languissans ;
Ceux-cy ( c) s'assemblant sua la Rive }
(a ) La Terrejonchée de fleurs.
(b ) Le Rossignol.
(c) Les Oiseaux de passage.
Bij D'une
1
2338 MERCURE DE FRANCE
D'une aîle prompte et fugitive ,
Vont sur des bords plus gracieux ;
Telle on voit la fleche empennée,
Sans être en chemin détournée ,
Traverser la Plaine des Cieux.
Enfin je poursuis et j'avance ,
Jusques dans le sein des Forêts
J'y vois une rustique engeance,
Que je perce d'un de mes traits.
Sa peau me sert de couverture ,
Je prens sa chair pour nourriture ,
Bien-tôt se présente un Ruisseau ;
11 tombe du haut des Montagnes ,
Et serpentanr dans les Campagnes
M'invite à boire de son cau.
Grand Dieu , que tes Oeuvres sont hellesà
Vous qui jouissez du bonheur
Des félicitez immortelles ,
Louez à jamais le Seigneur ;
Ce Seigneur , qui d'une parole
A créé l'un et l'autre Pole ,
Et le vaste Empire des Mers.
Par une éternelle priere ,
Louez l'Auteur de la Lumiere ,
Loüez l'Auteur de l'Univers.
Mais
NOVEMBR E. 1733 2355
Mais qui de toutes ces richesses ,
Doit être le dispensateur ?
Qui sera comblé des largesses
D'un si prodigue Bienfaicteur
De ces biens quel sera le Maître
C'est Adam , je le vois paroître ,
Il naît (a) de la terre formé.
Vers le Ciel il leve la tête.
Pour le distinguer de la bête ,
Dieu l'a de son souffle animé,
a
Pour partager le cours durable ,
De ses jours calmes et sereins ,
S'offre une Compagne ( 6) agréable ;
Qui doit seconder ses desseins:
Dieu rend communes leurs années,
En unissant leurs destinées ,
Par de mutuelles amours ;
Ah ! dans ce beau lieu ( c) de Plaisance ,
Une vive reconnoissance ,
Dans leurs coeurs doit vivre toujours
諾
Dans cette source de délices ,
Heureux Couple , vivez en paix.
>
T
(a ) Création de l'homme.
(b ) La femme.
(C) Le Paradis Terrestre.
Biiij
Offrez
1366 MERCURE DE FRANCE
Offrez vos coeurs en sacrifices ,
A l'Auteur de tant de bienfaits.
Respectez ses Loix adorables ,
Ne portez point des mains coupables,
Sur les Fruits d'un Arbre fatal .
Fuyez la voix enchanteresse ,
Qui surprenant votre foiblesse ,
yous feroit commertre le mal.
M
L'Eternel , après ces Miracles ,
Que d'un seul mot il a produits ,
Approuve en ses divins Oracles ,
Des Ouvrages si bien construits.
Il contemple leur excellence ,
Laissant reposer sa puissance ,
Pour benir ces Etres parfaits.
Et voulant que l'Homme et les Anges,
A l'envy chantent ses loüanges ,
Consacre ce jour à jamais .
Aubry de Trungy
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Résumé : ODE Sur l'Ouvrage des six jours.
Le poème 'ODE' relate la création du monde en six jours, selon la Genèse. Le premier jour, la lumière est créée, distinguant le jour de la nuit. Le deuxième jour, les cieux sont formés, séparant les eaux supérieures des eaux inférieures. Le troisième jour, les terres émergent et se couvrent de végétation. Le quatrième jour, le Soleil, la Lune et les étoiles sont placés dans le ciel pour réguler le temps. Le cinquième jour, les poissons et les oiseaux sont créés. Le sixième jour, les animaux terrestres et l'homme apparaissent. Adam, le premier homme, est façonné à partir de la terre et animé par le souffle divin. Ève, sa compagne, lui est donnée pour partager sa vie. Le poème se conclut par une exhortation à louer Dieu pour ses œuvres et à respecter ses lois, en évitant la tentation du mal. Dieu contemple ses créations avec satisfaction et consacre ce jour de création à jamais.
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757
p. 2369-2380
MEMOIRE sur la question proposée dans le Mercure de Juin 1733. seconde Partie, pag. 1410.
Début :
La question est proposée en ces termes : Si les Musiciens peuvent et doivent [...]
Mots clefs :
Musique, Plain-chant, Goût, Musiciens, Composition, Règles, Ouvrages, Office, Offices, Anciens, Nouveaux, Chant ecclésiastique, Maîtres, Antiphonaire
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texteReconnaissance textuelle : MEMOIRE sur la question proposée dans le Mercure de Juin 1733. seconde Partie, pag. 1410.
MEMOIRE sur la question proposée
dans le Mercure de Juin 1733. seconde
Partie , pag. 1410.
LA
A question est proposée en ces teres
mes : Si les Musiciens peuvent et doivent
être écoutez, et suivis dans les raisonnemens
qu'ils tiennent sur le Plain - chant
ou chant d'Eglise , s'ils sont en état de raisonner
et d'être crûs sur les manieres dont il
est varié dans les Eglises différentes ; et s'ils
en sont juges tout- à -fait compétens et irréfragables
? S'il n'y a pas deux extrêmitez à
éviter ; l'une de ne les croire juges en rien
l'autre de les crcire juges en tout , et en quoi
donc ils peuvent être consultez et écoutez ?
>
Il ne me seroit pas aisé de répondre à
toutes les parties de cette question . Je ne
suis pas instruit de tous les raisonnemens
que tiennent les Musiciens sur le Plainchant.
Il peut y en avoir de mauvais , il
peut aussi y en avoir de bons ; il y a quel-'
que chose que je n'entends pas bien dans
ce qui suit , s'ils sont en état de raisonner
et d'être crûs sur les différentes maniéres
dont il est varié dans les différentes Eglises.
Je m'en tiendrai donc à la derniere partie
de la question , que je réduits à ces
ter
2370. MERCURE DE FRANCE
termes fort simples , jusqu'à quel point on
doit déférer à l'autorité des Musiciens en
matiére de Chant Ecclesiastique ?
C'est un préjugé presque universellement
répandu , que la science du Plainchant
est inséparable de celle de la Musique
, et que tout homme qui est assez
hable pour réussir dans la composition
des Piéces de Musique d'Eglise , réussira
à plus forte raison à composer du Plainchant,
qui est sans comparaison plus simple
et plus aisé ; ainsi dès qu'il s'agit de
mettre en chant de nouveaux Offices , it
est ordinaire qu'on en charge quelques
Musiciens , et qu'on adopte leurs Ouvrages
sans beaucoup d'examen : Je dis sansbeaucoup
d'examen, mais je pourrois dire
absolument , sans examen ; car on croit
ne pouvoir rien faire de mieux , que de
s'en rapporter entierement au goût et au
jugement de ce qu'on appelle les Gens
du métier.
A la faveur de ce préjugé , les Musi
ciens se sont emparez presque par tout du
Chant Ecclésiastique,ils l'ajustent à leurs
idées ; ils changent , ils ajoûtent , ils retranchent
tout ce qu'il leur plaît , et leur
goût décide seul dans les choses mêmes
où les régles et les usages de l'antiquité
devroient seuls être écoutez et suivis.
Pour
NOVEMBRE. 1733. 2371.
Pour sçavoir si le préjugé commun est
bien fondé , il n'y a qu'à prendre la pluspart
des Chants nouveaux , qui sont de
la composition des Musiciens , et examinet
s'ils sont selon les regles et dans le
goût de l'ancien Plain- chant , ou Chant
Grégorien ; car c'est à ces deux choses ,
les regles et le goût, qu'il faut faire attention
dans l'examen des Ouvrages de
Plain chant ; et c'est sur ce pied là qu'on
doit juger de leur mérite.
Premiérement , les regles de la composition
y sont elles exactement suivies &
Conserve t on à chaque Ton ses proprié
tez? Y fait-on sentir la différence du Ton
Plagal ou Pair , d'avec l'Authente ou Impair
? Les chûtes et les repos quadrent-ils
avec la ponctuation? Les Antiennes et lest
Modes de psalmodie sont- ils en proportion
réciproque ? Le Chant est - il varié
selon la diversité des Piéces et selon ce qui
est propre à chacune? Y voit- on une dif
férence bien marquée , non seulement entre
les Antiennes et les Répons , entre
les Chants de la Messe et ceux des autres
Offices ; mais encore entre les diverses ,
Parties de la Messe , dont chacune a sa
propriété , et, pour ainsi dire , son gé
nie particulier
Secondement , la Mélodie de ces nouvelles
SEA
372 MERCURE DE FRANCE
velles Piéces est- elle dans le goût de l'antiquité
et dans celui des Chants modernes
, dont les Auteurs se sont attachez à
prendre pour modéles les Ouvrages des
anciens Maîtres ? A- t'elle la gravité , la
simplicité , la modestie , la douceur que
tout le monde admire dans les Chants
des Offices du Saint Sacrement , ( 1 ) de la
Trinité , et dans plusieurs autres ? Du
moins en approche - t-elle ? Et peut - on
dire, en comparant ces nouvelles compositions
avec les anciennes, que quoiqu'elles
leur soient inférieures en beauté, il paroît
néanmoins que leurs Auteurs ont
travaillé dans le même goût.
Voilà , si je ne me trompe , les princi
pés suivant lesquels nous devons juger
des nouveaux Ouvrages de Plain- chant.
Si tous , ou du moins la plûpart , y sont
conformes; je souscris au sentiment commun
; et je reconnois avec plaisir que la
composition du Plain - chant ne peut- être
dans de meilleures mains que dans celles
de nos Musiciens. Si au contraire ces Ouvrages
montrent le plus souvent dans
leurs Auteurs une ignorance inexcusable
( 1 )Je regarde principalement eet Office comme
il est aujourd'hui dans l'Antiphonaire de Paris , où
l'on a été attentif à faire quadrer les repos des
Chant avec la ponctuation de la Lettre.
ou
NOVEMBRE . 1733. 2371
ou un mépris formel des régles ; si j'y vol
regner une dépravation de goût, qui tend
évidemment à faire disparoître des Offices
divins l'ancien Chant Grégorien , pour
y substituer une composition guindée et
bizarre , qui n'est ni Plain- chant ni Musique
; j'en conclurai que c'est mal-à- propos
qu'on défére sans discernement une
autorité absolue aux Musiciens dans cesmatieres,
Qu'on prenne donc les Offices
propres
de la Paroisse de S. Eustache , du Séminaire
des Bons Enfans , de S. Etienne du
Mont , les nouveaux Chants qu'on a
insérez dans le Rituel de Paris , l'Office
des Morts du prétendu nouveau Manuel
de Beauvais , dont le Chant est d'un
tres-habile Maître de Musique . Qu'on
prenne l'Antiphonaire de l'Ordre de Cluny
, qui est de la composition de Nivers,
le Graduel du même Ordre , qu'on imprime
actuellement ; les nouvelles Hymnes
de l'Antiphonaire , et plusieurs Proses
du Graduel de Rouen, Qu'on examine
, sans prévention , tous ces Ouvrages
de Plain - chant moderne , et qu'on les
compare avec l'ancien Chant ; je m'assure
qu'il n'y a personne parmi ceux qui s'y
connoissent tant soit peu , à qui la diffe
rence , ou plutôt l'opposition de l'un à
Pau2374
MERCURE DE FRANCE
l'autre ne saute aux yeux . Les uns pêchent
contre les régles , les autres contre le bon
goût , plusieurs contre les deux ensémble.
Il me seroit aisé de justifier par des
exemples ce que j'avance ; mais ces sortes
de démonstrations ne peuvent se faire
qu'en représentant les Piéces mêmes , qui
ne peuvent entrer icy . J'y renvoye donc
ceux qui sçavent les régles et qui ont étudié
le vrai caractére du Plain- chant.
Il paroît d'abord étonnant que des
gens nourris dès l'enfance dans l'étude et
dans l'exercice du Chant , contribuent
plus que tous les autres à le gâter. Cependant
rien n'est plus vrai , et il n'est pas ,
ce me semble , bien difficile d'en appercevoir
les raisons ; elles se tirent du génie
même de la Musique moderne et de l'éducation
qu'on donne aux Enfans de
Choeur dans les Maîtrises ou Ecoles de
Chant , d'où sont sortis la plupart des
Musiciens.
Le Plain- chant et la Musique ont les
mêmes principes , et , pour ainsi dire , la
même origine et le même berceau ; mais
à cela près , ils se ressemblent fort peu ,
sur tout dans ces derniers temps , où la
Musique , qui autrefois ne différoit guére
du Plain-chant que par la mesure et
l'harmonie , est aussi différente d'ellemême
NOVEMBRE . 1733. 2375
même, que la seroit une femme, qui après
avoir paru dans le monde , vétuë et coëffée
très- simplement et avec une contenance
modeste et sérieuse , se montreroit
parée de riches étoffes , la tête chargée
des ornemens les plus recherchez , avec
-la démarche affectée , et les airs enjouez
-d'une Coquette.
Doit-on être surpris que des Gens qui
sont élevez dans l'estime et dans le goût
-d'une telle Musique , qui passent toute
leur jeunesse à l'étudier , et à s'y perfectionner
; qui enchérissént les uns sur les
autres pour trouver de nouveaux raffinemens
dans cet Art ; doit - on , ' dis -je , être
surpris que de telles gens ne puissent
communément revenir à cette noble sim,
plicité , qui fait le caractére essentiel du
Plain - chant. Les idées de Musique dont
ils sont pleins , se présentent à chaque
moment ; tout se montre à eux sous cette
forme. S'ils s'abandonnent à leur génie ,
ils ne peuvent produire qu'un Chant
musical . S'ils font effort pour se contraindre
, leur composition se sent presque pár
tour de la gêne où est leur esprit , elle
est dure , inégale et n'a rien de cet air
aisé , simple et naturel , qu'on admire
dans les Chants anciens ; marchant sans
régle , sans dessein, sans autre art qu'une
froide
1376 MERCURE DE FRANCE
•
froide expression , qui consiste le plus
souvent à appliquer au hazard certains
tons sur certaines paroles , sans s'embar
rasser de l'effet que cela peut produire ,
avec ce qui peut précéder ou ce qui suit.
Je m'imagine voir un Cheval fougueux
à qui l'on tient la bride courte ; son allure
n'a rien de réglé , il va à droit , à gau
che , il avance , il recule , parce qu'il est
contraint et qu'on ne lui permet pas de
suivre sa fougue. Une imagination livrée
de longue main à ses caprices et exercée ,
pour ainsi dire , à des sauts périlleux , se
trouve à la gêne , lorsqu'on veut la faire
marcher d'un pas égal dans un chemin
droit et uni; elle s'échappe , malgré qu'on
en ait , ou , si elle est retenuë , tous ses
mouvemens sont forcez et de mauvaise
grace.
D'ailleurs les Musiciens sçavent peu les
regles et les respectent encore moins ; ils
les sçavent peu , parce qu'on n'a pas eu
soin de les en instruire, et qu'eux- mêmes
tout occupez de leur grand objet qui est
la Musique , négligent de les apprendre.
Il y a à la tête de l'Antiphonaire Parisien
plusieurs observations tres-utiles , sur tout
en ce qui regarde les usages de l'Eglise de
Paris ; mais il y a tres - peu de gens , même
parmi les Maîtres , qui prennent la peine
de
NOVEMBRE. , 1733. 2377
de les lire. Celui qui a composé le Chant
du Propre de S. Germain l'Auxerrois ,
està Paris depuis près de trente ans, chargé
d'apprendre le Chant aux Enfans , et c'est
peut-être le plus sçavant Musicien qu'il
yait en France. Il ne paroît pas cependant
qu'il ait jamais lû les observations
dont je parle ; ou , s'il les a lûës , il s'est
peu soucié de les réduire en pratique ;
car ces Messieurs traitent le Plain- chant
cavalierement , et ne se mettent pas fort
en peine de marcher sur les traces des anciens
Maîtres. Ils cherchent de nouvelles
routes et des beautez d'un autre genre ;
et dédaignant d'être de bons et de judicieux
imitateurs , ils deviennent de mauvais
originaux.
Il y a donc peu de Musiciens , même
parmi les Maîtres , à qui on puisse confier
sûrement la composition du Chant
Ecclésiastique ; et un homme tel que feu
M. l'Abbé Chastelain , Auteur de l'Antiphonaire
Parisien , qui avec quelque
teinture de Musique , a bien étudié et
médité les bons Ouvrages de Plain- chant,
et qui s'est rempli des justes et nobles
idées des anciens Maîtres , est plus capaẻ
ble de faire d'excellentes compositions
dans ce genre , que plusieurs de ceux qui
passent pour les meilleurs Musicien ,
C Ja
2378 MERCURE DE FRANCE
4
ges
Je ne prétens pas , au reste , les récuser
absolument pour juges dans cette matiére;
et je suis bien éloigné de penser qu'il
ne doivent pas être consultez ; ils sentent.
parfaitement les beautez d'une Piéce de
Chant ; ils ne sont pas moins que nous ,
passionnez admirateurs des bons Ouvraanciens
et modernes . L'Office du saint
Sacrement , l'ancien Office de la Trinité ;
le Chant Parisien de l'Hymne Deus tuorum
militum , celui du dernier Répons de
l'Office nocturne du Samedi Saint ; l'Antienne
, Qui docti fuerint ; les Répons de
l'Office des Morts ; les Hymnes O quam
glorifica . Ave maris stella.Ut queant laxis;
les Proses Veni sancte Spiritus. Mittit ad
Virginem , et plusieurs autres Piéces les
charment et les enlevent, J'ai oui dire
que le fameux Lully ne trouvoit rien de
plus beau ni de plus touchant que la
modulation si simple de la Préface de la
Messe . La bénédiction du Cierge Paschal
, selon l'usage de Rouen , paroissoit
à un habile Organiste de la Cathédrale
de cette Ville un chef d'oeuvre inimitable.
J'ajoûte que la Musique donne à co
Messieurs une grande délicatesse de dis
cernement pour appercevoir dans ur-
Piéce , de petites négligences qui échaj:
pent à d'autres moins habiles qu'eux da
la science des sons, }
NOVEMBRE . 1733. 2379
Ils sont donc en état de juger par le
sentiment et le goût du mérite d'une
Piéce ; et par conséquent on doit les consulter
pour ce qui regarde la mélodie et
profiter de leurs avis.
Je suis même persuadé qu'il y a des
Musiciens , dont l'heureux génie réünit
ensemble le goût du Plain - chant et celui
de la Musique, sans mélange et sans confusion
. Il est bien sûr qu'avec la connoissance
de l'histoire du Chant et des anciens
usages, et l'attention aux Régles, de
tels Musiciens feroient de très - beaux
Ouvrages dans le genre de Chant Ecclésiastique.
Mais je persiste à croire que la qualité
de Musicien et d'habile Musicien , ne
donne point par elle- même à ceux de cette
profession la capacité de bien composer
en Plain- chant , ni le droit de juger
souverainement de ces matiéres. Qu'ils
donnent leurs avis , à la bonne heure ,
sur les compositions des autres , pour ce
qui ne dépend que d'un certain goût que
la Musique peut donner.Mais on ne peut,
sans risque d'altérer le Chant Ecclésiastique,
ni leur abandonner la composition
des nouveaux Offices , ni s'en rapporter à
leur jugement dans les choses qui dépendent
de la connoissance des régles et des
Cij
usi2330
MERCURE DE FRANCE
usages ; à moins qu'ils n'ayent fait preuve
qu'ils sçavent ces régles , qu'ils les respectent,
et qu'ils sont capables d'une compo
sition sage , modeste , grave , conforme
au génie et au goût des Anciens.
Par M ***
dans le Mercure de Juin 1733. seconde
Partie , pag. 1410.
LA
A question est proposée en ces teres
mes : Si les Musiciens peuvent et doivent
être écoutez, et suivis dans les raisonnemens
qu'ils tiennent sur le Plain - chant
ou chant d'Eglise , s'ils sont en état de raisonner
et d'être crûs sur les manieres dont il
est varié dans les Eglises différentes ; et s'ils
en sont juges tout- à -fait compétens et irréfragables
? S'il n'y a pas deux extrêmitez à
éviter ; l'une de ne les croire juges en rien
l'autre de les crcire juges en tout , et en quoi
donc ils peuvent être consultez et écoutez ?
>
Il ne me seroit pas aisé de répondre à
toutes les parties de cette question . Je ne
suis pas instruit de tous les raisonnemens
que tiennent les Musiciens sur le Plainchant.
Il peut y en avoir de mauvais , il
peut aussi y en avoir de bons ; il y a quel-'
que chose que je n'entends pas bien dans
ce qui suit , s'ils sont en état de raisonner
et d'être crûs sur les différentes maniéres
dont il est varié dans les différentes Eglises.
Je m'en tiendrai donc à la derniere partie
de la question , que je réduits à ces
ter
2370. MERCURE DE FRANCE
termes fort simples , jusqu'à quel point on
doit déférer à l'autorité des Musiciens en
matiére de Chant Ecclesiastique ?
C'est un préjugé presque universellement
répandu , que la science du Plainchant
est inséparable de celle de la Musique
, et que tout homme qui est assez
hable pour réussir dans la composition
des Piéces de Musique d'Eglise , réussira
à plus forte raison à composer du Plainchant,
qui est sans comparaison plus simple
et plus aisé ; ainsi dès qu'il s'agit de
mettre en chant de nouveaux Offices , it
est ordinaire qu'on en charge quelques
Musiciens , et qu'on adopte leurs Ouvrages
sans beaucoup d'examen : Je dis sansbeaucoup
d'examen, mais je pourrois dire
absolument , sans examen ; car on croit
ne pouvoir rien faire de mieux , que de
s'en rapporter entierement au goût et au
jugement de ce qu'on appelle les Gens
du métier.
A la faveur de ce préjugé , les Musi
ciens se sont emparez presque par tout du
Chant Ecclésiastique,ils l'ajustent à leurs
idées ; ils changent , ils ajoûtent , ils retranchent
tout ce qu'il leur plaît , et leur
goût décide seul dans les choses mêmes
où les régles et les usages de l'antiquité
devroient seuls être écoutez et suivis.
Pour
NOVEMBRE. 1733. 2371.
Pour sçavoir si le préjugé commun est
bien fondé , il n'y a qu'à prendre la pluspart
des Chants nouveaux , qui sont de
la composition des Musiciens , et examinet
s'ils sont selon les regles et dans le
goût de l'ancien Plain- chant , ou Chant
Grégorien ; car c'est à ces deux choses ,
les regles et le goût, qu'il faut faire attention
dans l'examen des Ouvrages de
Plain chant ; et c'est sur ce pied là qu'on
doit juger de leur mérite.
Premiérement , les regles de la composition
y sont elles exactement suivies &
Conserve t on à chaque Ton ses proprié
tez? Y fait-on sentir la différence du Ton
Plagal ou Pair , d'avec l'Authente ou Impair
? Les chûtes et les repos quadrent-ils
avec la ponctuation? Les Antiennes et lest
Modes de psalmodie sont- ils en proportion
réciproque ? Le Chant est - il varié
selon la diversité des Piéces et selon ce qui
est propre à chacune? Y voit- on une dif
férence bien marquée , non seulement entre
les Antiennes et les Répons , entre
les Chants de la Messe et ceux des autres
Offices ; mais encore entre les diverses ,
Parties de la Messe , dont chacune a sa
propriété , et, pour ainsi dire , son gé
nie particulier
Secondement , la Mélodie de ces nouvelles
SEA
372 MERCURE DE FRANCE
velles Piéces est- elle dans le goût de l'antiquité
et dans celui des Chants modernes
, dont les Auteurs se sont attachez à
prendre pour modéles les Ouvrages des
anciens Maîtres ? A- t'elle la gravité , la
simplicité , la modestie , la douceur que
tout le monde admire dans les Chants
des Offices du Saint Sacrement , ( 1 ) de la
Trinité , et dans plusieurs autres ? Du
moins en approche - t-elle ? Et peut - on
dire, en comparant ces nouvelles compositions
avec les anciennes, que quoiqu'elles
leur soient inférieures en beauté, il paroît
néanmoins que leurs Auteurs ont
travaillé dans le même goût.
Voilà , si je ne me trompe , les princi
pés suivant lesquels nous devons juger
des nouveaux Ouvrages de Plain- chant.
Si tous , ou du moins la plûpart , y sont
conformes; je souscris au sentiment commun
; et je reconnois avec plaisir que la
composition du Plain - chant ne peut- être
dans de meilleures mains que dans celles
de nos Musiciens. Si au contraire ces Ouvrages
montrent le plus souvent dans
leurs Auteurs une ignorance inexcusable
( 1 )Je regarde principalement eet Office comme
il est aujourd'hui dans l'Antiphonaire de Paris , où
l'on a été attentif à faire quadrer les repos des
Chant avec la ponctuation de la Lettre.
ou
NOVEMBRE . 1733. 2371
ou un mépris formel des régles ; si j'y vol
regner une dépravation de goût, qui tend
évidemment à faire disparoître des Offices
divins l'ancien Chant Grégorien , pour
y substituer une composition guindée et
bizarre , qui n'est ni Plain- chant ni Musique
; j'en conclurai que c'est mal-à- propos
qu'on défére sans discernement une
autorité absolue aux Musiciens dans cesmatieres,
Qu'on prenne donc les Offices
propres
de la Paroisse de S. Eustache , du Séminaire
des Bons Enfans , de S. Etienne du
Mont , les nouveaux Chants qu'on a
insérez dans le Rituel de Paris , l'Office
des Morts du prétendu nouveau Manuel
de Beauvais , dont le Chant est d'un
tres-habile Maître de Musique . Qu'on
prenne l'Antiphonaire de l'Ordre de Cluny
, qui est de la composition de Nivers,
le Graduel du même Ordre , qu'on imprime
actuellement ; les nouvelles Hymnes
de l'Antiphonaire , et plusieurs Proses
du Graduel de Rouen, Qu'on examine
, sans prévention , tous ces Ouvrages
de Plain - chant moderne , et qu'on les
compare avec l'ancien Chant ; je m'assure
qu'il n'y a personne parmi ceux qui s'y
connoissent tant soit peu , à qui la diffe
rence , ou plutôt l'opposition de l'un à
Pau2374
MERCURE DE FRANCE
l'autre ne saute aux yeux . Les uns pêchent
contre les régles , les autres contre le bon
goût , plusieurs contre les deux ensémble.
Il me seroit aisé de justifier par des
exemples ce que j'avance ; mais ces sortes
de démonstrations ne peuvent se faire
qu'en représentant les Piéces mêmes , qui
ne peuvent entrer icy . J'y renvoye donc
ceux qui sçavent les régles et qui ont étudié
le vrai caractére du Plain- chant.
Il paroît d'abord étonnant que des
gens nourris dès l'enfance dans l'étude et
dans l'exercice du Chant , contribuent
plus que tous les autres à le gâter. Cependant
rien n'est plus vrai , et il n'est pas ,
ce me semble , bien difficile d'en appercevoir
les raisons ; elles se tirent du génie
même de la Musique moderne et de l'éducation
qu'on donne aux Enfans de
Choeur dans les Maîtrises ou Ecoles de
Chant , d'où sont sortis la plupart des
Musiciens.
Le Plain- chant et la Musique ont les
mêmes principes , et , pour ainsi dire , la
même origine et le même berceau ; mais
à cela près , ils se ressemblent fort peu ,
sur tout dans ces derniers temps , où la
Musique , qui autrefois ne différoit guére
du Plain-chant que par la mesure et
l'harmonie , est aussi différente d'ellemême
NOVEMBRE . 1733. 2375
même, que la seroit une femme, qui après
avoir paru dans le monde , vétuë et coëffée
très- simplement et avec une contenance
modeste et sérieuse , se montreroit
parée de riches étoffes , la tête chargée
des ornemens les plus recherchez , avec
-la démarche affectée , et les airs enjouez
-d'une Coquette.
Doit-on être surpris que des Gens qui
sont élevez dans l'estime et dans le goût
-d'une telle Musique , qui passent toute
leur jeunesse à l'étudier , et à s'y perfectionner
; qui enchérissént les uns sur les
autres pour trouver de nouveaux raffinemens
dans cet Art ; doit - on , ' dis -je , être
surpris que de telles gens ne puissent
communément revenir à cette noble sim,
plicité , qui fait le caractére essentiel du
Plain - chant. Les idées de Musique dont
ils sont pleins , se présentent à chaque
moment ; tout se montre à eux sous cette
forme. S'ils s'abandonnent à leur génie ,
ils ne peuvent produire qu'un Chant
musical . S'ils font effort pour se contraindre
, leur composition se sent presque pár
tour de la gêne où est leur esprit , elle
est dure , inégale et n'a rien de cet air
aisé , simple et naturel , qu'on admire
dans les Chants anciens ; marchant sans
régle , sans dessein, sans autre art qu'une
froide
1376 MERCURE DE FRANCE
•
froide expression , qui consiste le plus
souvent à appliquer au hazard certains
tons sur certaines paroles , sans s'embar
rasser de l'effet que cela peut produire ,
avec ce qui peut précéder ou ce qui suit.
Je m'imagine voir un Cheval fougueux
à qui l'on tient la bride courte ; son allure
n'a rien de réglé , il va à droit , à gau
che , il avance , il recule , parce qu'il est
contraint et qu'on ne lui permet pas de
suivre sa fougue. Une imagination livrée
de longue main à ses caprices et exercée ,
pour ainsi dire , à des sauts périlleux , se
trouve à la gêne , lorsqu'on veut la faire
marcher d'un pas égal dans un chemin
droit et uni; elle s'échappe , malgré qu'on
en ait , ou , si elle est retenuë , tous ses
mouvemens sont forcez et de mauvaise
grace.
D'ailleurs les Musiciens sçavent peu les
regles et les respectent encore moins ; ils
les sçavent peu , parce qu'on n'a pas eu
soin de les en instruire, et qu'eux- mêmes
tout occupez de leur grand objet qui est
la Musique , négligent de les apprendre.
Il y a à la tête de l'Antiphonaire Parisien
plusieurs observations tres-utiles , sur tout
en ce qui regarde les usages de l'Eglise de
Paris ; mais il y a tres - peu de gens , même
parmi les Maîtres , qui prennent la peine
de
NOVEMBRE. , 1733. 2377
de les lire. Celui qui a composé le Chant
du Propre de S. Germain l'Auxerrois ,
està Paris depuis près de trente ans, chargé
d'apprendre le Chant aux Enfans , et c'est
peut-être le plus sçavant Musicien qu'il
yait en France. Il ne paroît pas cependant
qu'il ait jamais lû les observations
dont je parle ; ou , s'il les a lûës , il s'est
peu soucié de les réduire en pratique ;
car ces Messieurs traitent le Plain- chant
cavalierement , et ne se mettent pas fort
en peine de marcher sur les traces des anciens
Maîtres. Ils cherchent de nouvelles
routes et des beautez d'un autre genre ;
et dédaignant d'être de bons et de judicieux
imitateurs , ils deviennent de mauvais
originaux.
Il y a donc peu de Musiciens , même
parmi les Maîtres , à qui on puisse confier
sûrement la composition du Chant
Ecclésiastique ; et un homme tel que feu
M. l'Abbé Chastelain , Auteur de l'Antiphonaire
Parisien , qui avec quelque
teinture de Musique , a bien étudié et
médité les bons Ouvrages de Plain- chant,
et qui s'est rempli des justes et nobles
idées des anciens Maîtres , est plus capaẻ
ble de faire d'excellentes compositions
dans ce genre , que plusieurs de ceux qui
passent pour les meilleurs Musicien ,
C Ja
2378 MERCURE DE FRANCE
4
ges
Je ne prétens pas , au reste , les récuser
absolument pour juges dans cette matiére;
et je suis bien éloigné de penser qu'il
ne doivent pas être consultez ; ils sentent.
parfaitement les beautez d'une Piéce de
Chant ; ils ne sont pas moins que nous ,
passionnez admirateurs des bons Ouvraanciens
et modernes . L'Office du saint
Sacrement , l'ancien Office de la Trinité ;
le Chant Parisien de l'Hymne Deus tuorum
militum , celui du dernier Répons de
l'Office nocturne du Samedi Saint ; l'Antienne
, Qui docti fuerint ; les Répons de
l'Office des Morts ; les Hymnes O quam
glorifica . Ave maris stella.Ut queant laxis;
les Proses Veni sancte Spiritus. Mittit ad
Virginem , et plusieurs autres Piéces les
charment et les enlevent, J'ai oui dire
que le fameux Lully ne trouvoit rien de
plus beau ni de plus touchant que la
modulation si simple de la Préface de la
Messe . La bénédiction du Cierge Paschal
, selon l'usage de Rouen , paroissoit
à un habile Organiste de la Cathédrale
de cette Ville un chef d'oeuvre inimitable.
J'ajoûte que la Musique donne à co
Messieurs une grande délicatesse de dis
cernement pour appercevoir dans ur-
Piéce , de petites négligences qui échaj:
pent à d'autres moins habiles qu'eux da
la science des sons, }
NOVEMBRE . 1733. 2379
Ils sont donc en état de juger par le
sentiment et le goût du mérite d'une
Piéce ; et par conséquent on doit les consulter
pour ce qui regarde la mélodie et
profiter de leurs avis.
Je suis même persuadé qu'il y a des
Musiciens , dont l'heureux génie réünit
ensemble le goût du Plain - chant et celui
de la Musique, sans mélange et sans confusion
. Il est bien sûr qu'avec la connoissance
de l'histoire du Chant et des anciens
usages, et l'attention aux Régles, de
tels Musiciens feroient de très - beaux
Ouvrages dans le genre de Chant Ecclésiastique.
Mais je persiste à croire que la qualité
de Musicien et d'habile Musicien , ne
donne point par elle- même à ceux de cette
profession la capacité de bien composer
en Plain- chant , ni le droit de juger
souverainement de ces matiéres. Qu'ils
donnent leurs avis , à la bonne heure ,
sur les compositions des autres , pour ce
qui ne dépend que d'un certain goût que
la Musique peut donner.Mais on ne peut,
sans risque d'altérer le Chant Ecclésiastique,
ni leur abandonner la composition
des nouveaux Offices , ni s'en rapporter à
leur jugement dans les choses qui dépendent
de la connoissance des régles et des
Cij
usi2330
MERCURE DE FRANCE
usages ; à moins qu'ils n'ayent fait preuve
qu'ils sçavent ces régles , qu'ils les respectent,
et qu'ils sont capables d'une compo
sition sage , modeste , grave , conforme
au génie et au goût des Anciens.
Par M ***
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Résumé : MEMOIRE sur la question proposée dans le Mercure de Juin 1733. seconde Partie, pag. 1410.
Le texte discute de la question de savoir si les musiciens doivent être écoutés et suivis dans leurs raisonnements sur le plain-chant ou chant d'Église. L'auteur reconnaît qu'il n'est pas suffisamment informé pour répondre à toutes les parties de la question et se concentre sur la portée de l'autorité des musiciens en matière de chant ecclésiastique. Le mémoire critique un préjugé selon lequel la science du plain-chant est inséparable de celle de la musique. Les musiciens sont souvent chargés de composer de nouveaux offices sans examen approfondi, car on croit qu'ils sont les mieux placés pour cette tâche. Cependant, l'auteur affirme que les musiciens modifient souvent le chant ecclésiastique selon leurs propres idées, au détriment des règles et des usages anciens. Pour évaluer la validité de ce préjugé, l'auteur propose d'examiner les chants nouveaux composés par les musiciens en fonction des règles et du goût de l'ancien plain-chant grégorien. Il souligne l'importance de respecter les propriétés de chaque ton, la ponctuation, la proportion des antiennes et des modes de psalmodie, ainsi que la variété du chant selon les pièces et les offices. L'auteur conclut que si les nouveaux ouvrages de plain-chant respectent ces principes, il reconnaîtra l'autorité des musiciens. Sinon, il estime que leur autorité ne doit pas être déférée sans discernement. Il cite plusieurs exemples de chants modernes qui montrent une ignorance des règles ou un mépris des traditions. Le mémoire explique également que les musiciens, formés dans la musique moderne, ont du mal à revenir à la simplicité du plain-chant. Leur éducation et leur goût pour la musique moderne influencent leurs compositions, les rendant souvent guindées et bizarres. Enfin, l'auteur reconnaît que certains musiciens peuvent avoir un goût pour le plain-chant et la musique, et qu'ils peuvent être consultés pour juger de la mélodie. Cependant, il insiste sur le fait que la qualité de musicien ne garantit pas automatiquement une compétence en matière de plain-chant.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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758
p. 2391-2393
LE PASSAGE DE LA MER ROUGE. CANTATE.
Début :
Seigneur, le Peuple qui t'adore, [...]
Mots clefs :
Mer, Force, Passage de la mer Rouge, Onde, Éternel, Vengeur, Israël, Pharaon
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LE PASSAGE DE LA MER ROUGE. CANTATE.
LE PASSAGE DE LA MER ROUGE.
CANTATE. *
Seigneur , le Peuple qui t'adore ,
Sous le joug de l'Egypte a trop long- tems gémi
Tonne , frappe , poursuis .... une autre playe
encore ,
A presser son départ force son ennemi,
Mais bien- tôt Pharaon sent renaître sa rage ,
Et pour le rendre à l'esclavage ,
* On a composé cette Cantate , pour faire naître
ceux qui peuvent mieux travailler en ce genre ,
l'idée de renoncer enfin à ces sujets frivoles ou dangereux
sur lesquels ils s'exercent, et de choisir parmi
tant de grands sujets qu'offrent les Livres Sacrez ;
le génie et les moeurs y trouveroient également leur
avantage.
I
2392 MERCURE DE FRANCE
Il marche , il passeroit et les Monts et les Mers
Israël poursuivi , ne voit point de retraite ;
Il redouble ses pas , l'Onde s'offre et l'arrête . . .
Ciel , sans ton prompt secours il rentre dans
les fers.
O force puissante
Qui soumet les eaux !
La Mer mugissante ,
Arrête ses flots.
Dans la Plaine humide ,
L'immortelle main ,
A l'Hébreu timide ,
Ouvre un sûr chemin.
O force puissante , &c.
Pharaon le voit trop , et même encore en douto.
Sont- ils donc sans retour sortis de mes liens ?
Ah ! je les poursuivrai par cette même route ;
Il dit , et sur leurs pas il marche avec les siens.
Signale , Ange vengeur , ta droite meurtriere ;
Nuages , cachez la lumiere ;
Brillez , Eclairs ; gronde , Tonnere affreux;
Aquilons , déployez vos fureurs vagabondes ,
Mer , souleve tes Ondes ;
Périssez , Tyrans des Hébreux ....
Quel désespoir ! quel bruit épouventable
De vagues en courroux , de perçantes clameurs ↑
1
NOVEMBRE. 1733 2393
Ils sont tous engloutis dans l'abyme effroyable;
Israël est vengé de ses fiers oppresseurs.
Louons l'Eternel ,
Chantons sa victoire ;
Quel Vainqueur mortel ,
Egale sa gloire ?
Quel ami sensible ,
A rien de si doux ?
Quel vengeur terrible ;
Frappe de tels coups ?
L'Onde coule en vain ;
Son amour l'enchaîne :
Il parle , et soudain ,
Elle sert sa haîne.
Louons l'Eternel , & c.
Par M. l'Abbé S.
CANTATE. *
Seigneur , le Peuple qui t'adore ,
Sous le joug de l'Egypte a trop long- tems gémi
Tonne , frappe , poursuis .... une autre playe
encore ,
A presser son départ force son ennemi,
Mais bien- tôt Pharaon sent renaître sa rage ,
Et pour le rendre à l'esclavage ,
* On a composé cette Cantate , pour faire naître
ceux qui peuvent mieux travailler en ce genre ,
l'idée de renoncer enfin à ces sujets frivoles ou dangereux
sur lesquels ils s'exercent, et de choisir parmi
tant de grands sujets qu'offrent les Livres Sacrez ;
le génie et les moeurs y trouveroient également leur
avantage.
I
2392 MERCURE DE FRANCE
Il marche , il passeroit et les Monts et les Mers
Israël poursuivi , ne voit point de retraite ;
Il redouble ses pas , l'Onde s'offre et l'arrête . . .
Ciel , sans ton prompt secours il rentre dans
les fers.
O force puissante
Qui soumet les eaux !
La Mer mugissante ,
Arrête ses flots.
Dans la Plaine humide ,
L'immortelle main ,
A l'Hébreu timide ,
Ouvre un sûr chemin.
O force puissante , &c.
Pharaon le voit trop , et même encore en douto.
Sont- ils donc sans retour sortis de mes liens ?
Ah ! je les poursuivrai par cette même route ;
Il dit , et sur leurs pas il marche avec les siens.
Signale , Ange vengeur , ta droite meurtriere ;
Nuages , cachez la lumiere ;
Brillez , Eclairs ; gronde , Tonnere affreux;
Aquilons , déployez vos fureurs vagabondes ,
Mer , souleve tes Ondes ;
Périssez , Tyrans des Hébreux ....
Quel désespoir ! quel bruit épouventable
De vagues en courroux , de perçantes clameurs ↑
1
NOVEMBRE. 1733 2393
Ils sont tous engloutis dans l'abyme effroyable;
Israël est vengé de ses fiers oppresseurs.
Louons l'Eternel ,
Chantons sa victoire ;
Quel Vainqueur mortel ,
Egale sa gloire ?
Quel ami sensible ,
A rien de si doux ?
Quel vengeur terrible ;
Frappe de tels coups ?
L'Onde coule en vain ;
Son amour l'enchaîne :
Il parle , et soudain ,
Elle sert sa haîne.
Louons l'Eternel , & c.
Par M. l'Abbé S.
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Résumé : LE PASSAGE DE LA MER ROUGE. CANTATE.
La cantate 'Le Passage de la Mer Rouge' exhorte les artistes à privilégier des sujets tirés des Livres Sacrés plutôt que des thèmes frivoles ou dangereux. Elle narre l'exode des Israélites hors d'Égypte, poursuivis par Pharaon. Bloqués par la mer, Dieu ouvre un passage à travers les eaux, permettant aux Israélites de traverser. Pharaon, doutant de leur fuite, les poursuit mais est englouti avec son armée par les flots soulevés par Dieu. La cantate célèbre la puissance divine et la délivrance des Hébreux, invitant à louer l'Éternel pour sa victoire et son amour.
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Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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759
p. 2416-2419
AUTRE.
Début :
Lecteur, quant à tes yeux Logogryphe s'expose, [...]
Mots clefs :
Miracle
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AOTRE.
1
Ecteur , quant à tes yeux Logogryphe s'ex
pose ,
Calcul chiffré ne convient pas ;
Trop- tôt il méne à dévoiler la chose ;
Sous des traits mieux cachez , bannissant tel fa
tras ,
Ce m'est un jeu de voir ton embarras ,
Soixante et plus , icy feront ma glose ,
Opérons ; pour premier aspect ,
Sept Lettres de mon tout comprennent la struc
ture ;
Je dois dans mon entier , confondre l'impos
ture ,
Inspirer dans les coeurs la crainte et le respect.
Quoi de plus? je pourrois sur maint autre avane
tage ,
Me dire l'Instrument qu'en main prend l'Eter
nel ,
Pour assurer un culte à l'immortel ,
Mais je t'aide , Lecteur , à faire mon partage.
Cherche en moi , l'objet seul qui doit guider tes
voeux •
Ce qui peut dissiper l'humeur mélancholique ,
Triple Ton , d'usage en Musique ,
Espece de cri douloureux.
Le nom d'un jeune temeraire,
Fange et vil rebut d'un tonneau j
Triste gîte dans un Vaisseau ,
C&
NOVEMBRE. 1733. 241%
Ce qui du bien , toujours est le contraire.
Lieu que fait parcourir un genereux dessein
Nombre connu mot de tendresse ,
›
>
Soit d'un enfant , soit pour une maîtresse,
Belle saison , commun refrein.
Particule latine , et pour lors conjonctive ,
Espace dominant , qu'on voit sur l'eau de loin ,
Chose utile que forme ufe Mouche avec soin ,
Du volatille une prérogative .
Ville d'Egypte , autre en Artois ,
Temps désirable , après rude Tempête ,
Le nom d'un Saint , dont Avril fait la Fêter
Le même est chez l'Orfévre un poids.j
Femelle d'Animal féroce 2
Etre immortel qui meut de notre corps ,
Jusques dans leurs Replis , les plus secrets Rea
sorts;
Fruit,dans les jeunes coeurs, d'ordinaire précoce
Terme que du François jargon
Maints Sçavans , voulurent exclure ,
Restant malgré leurs soins , il peut contr'eu
donclure ,
Les taxer de peu de raison.
Enfant de douleur ou de joye ,
Objet à cultiver , plus précieux que l'or ,
Pour le besoin , le plus rare Thrésor ,
Quand secret ou chagrin , dans son sein se dé◄
playe ·
Instrument qui jadis , fuueste au genre humain
Fai2118
MERCURE DE FRANCE
Faisoit d'un tendre Enfant l'appanage en la Fable;
Il sçut par ce secours se rendre redoutable ,
Et jamais ne frapper envain .
>
Un vice loin duquel la raison fait retraitte ,
De la brutalité puisqu'il est le portrait ;
Double sujet de crainte , après quelque méfait ,
Ce dont peut-être icy l'oreille est satisfaite.
Matiere dure , Outil rongéant le fer ,
Femme qui fut le prix d'un long servage
L'ordinaire attribut d'un Page ,
Un Oiseau d'eau , Poisson de Mer,
"Aspreté , dure au goût , mais au coeur bienfai
sante ;
Le nom de plus d'une beauté ,
Au même point brillante qualité ,
Qui fait priser le Vin, rend l'Onde transparentes
Acte qui re devroit toujours être odieux ,
Moyen de désarmer la divine justice ,
Jeu de violent exercice ,
Mélange coloré de Métal précieux.
Simbole de douceur , Element qui fait vivre
Autre , dont l'instabilité ,
Peint l'humaine fortune et sa légéreté ;
Grace , qu'un criminel avec cris doit poursui
vre.
Chose picquante ; icy s'offrent encor deux sens
Ville lointaine , et Normande mesure ;
Instrument propre à repousser l'injure ;
Autre
NOVEMBRE. 1733 2419
Autre de forme et d'emplois différens .
Montagne où résidoit jadis un S. Prophéte ,
Pour l'eau , sorte de réservoir ,
Imposteur , chargé du pouvoir
De restaurer la Loy que Mahom avoit faite.
Saint , qu'on invoque pour les yeux ,
Sujet , hélas ! trop illusoire
De vanité , de ridicule gloire ;
Herbe de forte odeur , Ordre Religieux ;
Meuble de Voyageur , Province de l'Asie , . .
Par un plus long détail accroître ton tourment
,
Seroit assez , Lecteur , ma fantaisie •
Je me tais ... mais ...j'insiste encor pour un
moment.
Puis-je , en effet , mieux finir qu'en nom
mant ,
Celle qui du Démon brava la Tyrannie ,
Que la France et ses Rois , pour Patrone on
choisie.
L. H. D.
1
Ecteur , quant à tes yeux Logogryphe s'ex
pose ,
Calcul chiffré ne convient pas ;
Trop- tôt il méne à dévoiler la chose ;
Sous des traits mieux cachez , bannissant tel fa
tras ,
Ce m'est un jeu de voir ton embarras ,
Soixante et plus , icy feront ma glose ,
Opérons ; pour premier aspect ,
Sept Lettres de mon tout comprennent la struc
ture ;
Je dois dans mon entier , confondre l'impos
ture ,
Inspirer dans les coeurs la crainte et le respect.
Quoi de plus? je pourrois sur maint autre avane
tage ,
Me dire l'Instrument qu'en main prend l'Eter
nel ,
Pour assurer un culte à l'immortel ,
Mais je t'aide , Lecteur , à faire mon partage.
Cherche en moi , l'objet seul qui doit guider tes
voeux •
Ce qui peut dissiper l'humeur mélancholique ,
Triple Ton , d'usage en Musique ,
Espece de cri douloureux.
Le nom d'un jeune temeraire,
Fange et vil rebut d'un tonneau j
Triste gîte dans un Vaisseau ,
C&
NOVEMBRE. 1733. 241%
Ce qui du bien , toujours est le contraire.
Lieu que fait parcourir un genereux dessein
Nombre connu mot de tendresse ,
›
>
Soit d'un enfant , soit pour une maîtresse,
Belle saison , commun refrein.
Particule latine , et pour lors conjonctive ,
Espace dominant , qu'on voit sur l'eau de loin ,
Chose utile que forme ufe Mouche avec soin ,
Du volatille une prérogative .
Ville d'Egypte , autre en Artois ,
Temps désirable , après rude Tempête ,
Le nom d'un Saint , dont Avril fait la Fêter
Le même est chez l'Orfévre un poids.j
Femelle d'Animal féroce 2
Etre immortel qui meut de notre corps ,
Jusques dans leurs Replis , les plus secrets Rea
sorts;
Fruit,dans les jeunes coeurs, d'ordinaire précoce
Terme que du François jargon
Maints Sçavans , voulurent exclure ,
Restant malgré leurs soins , il peut contr'eu
donclure ,
Les taxer de peu de raison.
Enfant de douleur ou de joye ,
Objet à cultiver , plus précieux que l'or ,
Pour le besoin , le plus rare Thrésor ,
Quand secret ou chagrin , dans son sein se dé◄
playe ·
Instrument qui jadis , fuueste au genre humain
Fai2118
MERCURE DE FRANCE
Faisoit d'un tendre Enfant l'appanage en la Fable;
Il sçut par ce secours se rendre redoutable ,
Et jamais ne frapper envain .
>
Un vice loin duquel la raison fait retraitte ,
De la brutalité puisqu'il est le portrait ;
Double sujet de crainte , après quelque méfait ,
Ce dont peut-être icy l'oreille est satisfaite.
Matiere dure , Outil rongéant le fer ,
Femme qui fut le prix d'un long servage
L'ordinaire attribut d'un Page ,
Un Oiseau d'eau , Poisson de Mer,
"Aspreté , dure au goût , mais au coeur bienfai
sante ;
Le nom de plus d'une beauté ,
Au même point brillante qualité ,
Qui fait priser le Vin, rend l'Onde transparentes
Acte qui re devroit toujours être odieux ,
Moyen de désarmer la divine justice ,
Jeu de violent exercice ,
Mélange coloré de Métal précieux.
Simbole de douceur , Element qui fait vivre
Autre , dont l'instabilité ,
Peint l'humaine fortune et sa légéreté ;
Grace , qu'un criminel avec cris doit poursui
vre.
Chose picquante ; icy s'offrent encor deux sens
Ville lointaine , et Normande mesure ;
Instrument propre à repousser l'injure ;
Autre
NOVEMBRE. 1733 2419
Autre de forme et d'emplois différens .
Montagne où résidoit jadis un S. Prophéte ,
Pour l'eau , sorte de réservoir ,
Imposteur , chargé du pouvoir
De restaurer la Loy que Mahom avoit faite.
Saint , qu'on invoque pour les yeux ,
Sujet , hélas ! trop illusoire
De vanité , de ridicule gloire ;
Herbe de forte odeur , Ordre Religieux ;
Meuble de Voyageur , Province de l'Asie , . .
Par un plus long détail accroître ton tourment
,
Seroit assez , Lecteur , ma fantaisie •
Je me tais ... mais ...j'insiste encor pour un
moment.
Puis-je , en effet , mieux finir qu'en nom
mant ,
Celle qui du Démon brava la Tyrannie ,
Que la France et ses Rois , pour Patrone on
choisie.
L. H. D.
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760
p. 2435-2438
Systême tiré de l'Ecriture Sainte sur la durée du Monde &c. [titre d'après la table]
Début :
SYSTEME tiré de l'Ecriture Sainte, sur la Durée du Monde, depuis le premier [...]
Mots clefs :
Semaines, Années, Monde, Avènement de Jésus-Christ, Repos, Durée, Fin du monde
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Systême tiré de l'Ecriture Sainte sur la durée du Monde &c. [titre d'après la table]
SYSTEME tiré dell'Ecriture Sainte
sur la Durée du Monde , depuis le preşiler
Avénement de J. C. -jusqu'à là fin
Brj dés
2436 MERCURE DE FRANCE
des siècles. A Paris chez Huart , rue
S. Jacques in 12. 1733 .
Le dessein de l'Auteur est de nous
apprendre combien d'années le Monde
doit encore durer d'ici au Jugement
dernier. Avant que d'entrer en matiere
il examine une difficulté qu'il prévoit
que le titre de son Livre pourra faire
naître dans l'esprit des Lecteurs. Comment
entreprendre de fixer le nombre des années
de la Durée du Monde , après que J. C.
a prononcé que personne , si ce n'est le Pere
Céleste , ne sçait ni le jour ni l'heure de son
dernier Avénement ? Il fait voir que cette
parole exclut seulement une connoissance
absolument certaine du dernier jour ,
et qu'elle n'ôte à personne la liberté des
conjectures , fondées sur le Texte Sacré ;
et il prouve par l'exemple de plusieurs
Peres , qu'il a toujours été permis dans
l'Eglise d'user de cette liberté.
Il propose ensuite son Systême qui
'donne au Monde 2401. ans de durée
depuis le premier Avénement de J. C.
jusqu'au second. Voici comme il raisonne
pour appuyer cette conjecture. » La
» fin du Monde est le commencement
>> du grand repos dans lequel Dieu doït
>> entrer et faire entrer ses Elûs par le
ia second Avénement de J. C. et ce repos
NOVEMBRE. 1733 2437
celui
que
que
le pre-
» pos , aussi bien
» mier Avénement
a procuré aux ames
» fidelles dans la Loy de grace , étoit
» figuré par les différents Sabbats , ou
» repos des Juifs. Or ces repos , dont
» l'observance
étoit plus rigoureusement
» commandée
aux Juifs , terminoient
» pour la plupart le nombre septénai-
» re , soit de jours , soit de semaines ,
>> soit de mois , soit d'années , soit de » semaines d'années . Il faut donc
que
ce nombre mystérieux
de sept se retrouve
dans la chose figurée , comme
dans la figure ; c'est -à- dire , que le repos
et du premier et du second Avéhement
de J. C. vienne à la suite d'une
révolution
d'années , formé par le nombre
septénaire , depuis une certaine époque
et cette révolution
doit être égale
pour le , premier et pour le second Avés
nement. L'Auteur
prend pour premiere
époque le Déluge , ou plutôt la seconde
année après le Déluge , et comptant
delà jusqu'à la 37. année de J. C. inclusivement
, cet espace lui donne selón
le calcul de quelques Chronologistes
,
2401 ans, qui fone 343 semaines d'années.
Il réduit ces 343 semaines en d'au»
tres semaines , dont chacune est de sepa
semaines d'années. Sept semaines d'années.
2438 MERCURE DE FRANCE
nées font 49. ans. Ainsi une Semaine
composée de sept de ces semaines , fera
343. ans. Il fait ensuite sept semaines
de 343. ans chacune , ce qui lui donne
2401. ans. De toutes ces suppositions il
conclut qu'à compter depuis la 37. an
née de J. C. exclusivement jusqu'au
grand et éternel repos , qui doit commencer
à son second Avenement
doit y avoir 2401. ans. A ce compte,
la fin du Monde n'arrivera que d'ici à
700. ans .
sur la Durée du Monde , depuis le preşiler
Avénement de J. C. -jusqu'à là fin
Brj dés
2436 MERCURE DE FRANCE
des siècles. A Paris chez Huart , rue
S. Jacques in 12. 1733 .
Le dessein de l'Auteur est de nous
apprendre combien d'années le Monde
doit encore durer d'ici au Jugement
dernier. Avant que d'entrer en matiere
il examine une difficulté qu'il prévoit
que le titre de son Livre pourra faire
naître dans l'esprit des Lecteurs. Comment
entreprendre de fixer le nombre des années
de la Durée du Monde , après que J. C.
a prononcé que personne , si ce n'est le Pere
Céleste , ne sçait ni le jour ni l'heure de son
dernier Avénement ? Il fait voir que cette
parole exclut seulement une connoissance
absolument certaine du dernier jour ,
et qu'elle n'ôte à personne la liberté des
conjectures , fondées sur le Texte Sacré ;
et il prouve par l'exemple de plusieurs
Peres , qu'il a toujours été permis dans
l'Eglise d'user de cette liberté.
Il propose ensuite son Systême qui
'donne au Monde 2401. ans de durée
depuis le premier Avénement de J. C.
jusqu'au second. Voici comme il raisonne
pour appuyer cette conjecture. » La
» fin du Monde est le commencement
>> du grand repos dans lequel Dieu doït
>> entrer et faire entrer ses Elûs par le
ia second Avénement de J. C. et ce repos
NOVEMBRE. 1733 2437
celui
que
que
le pre-
» pos , aussi bien
» mier Avénement
a procuré aux ames
» fidelles dans la Loy de grace , étoit
» figuré par les différents Sabbats , ou
» repos des Juifs. Or ces repos , dont
» l'observance
étoit plus rigoureusement
» commandée
aux Juifs , terminoient
» pour la plupart le nombre septénai-
» re , soit de jours , soit de semaines ,
>> soit de mois , soit d'années , soit de » semaines d'années . Il faut donc
que
ce nombre mystérieux
de sept se retrouve
dans la chose figurée , comme
dans la figure ; c'est -à- dire , que le repos
et du premier et du second Avéhement
de J. C. vienne à la suite d'une
révolution
d'années , formé par le nombre
septénaire , depuis une certaine époque
et cette révolution
doit être égale
pour le , premier et pour le second Avés
nement. L'Auteur
prend pour premiere
époque le Déluge , ou plutôt la seconde
année après le Déluge , et comptant
delà jusqu'à la 37. année de J. C. inclusivement
, cet espace lui donne selón
le calcul de quelques Chronologistes
,
2401 ans, qui fone 343 semaines d'années.
Il réduit ces 343 semaines en d'au»
tres semaines , dont chacune est de sepa
semaines d'années. Sept semaines d'années.
2438 MERCURE DE FRANCE
nées font 49. ans. Ainsi une Semaine
composée de sept de ces semaines , fera
343. ans. Il fait ensuite sept semaines
de 343. ans chacune , ce qui lui donne
2401. ans. De toutes ces suppositions il
conclut qu'à compter depuis la 37. an
née de J. C. exclusivement jusqu'au
grand et éternel repos , qui doit commencer
à son second Avenement
doit y avoir 2401. ans. A ce compte,
la fin du Monde n'arrivera que d'ici à
700. ans .
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Résumé : Systême tiré de l'Ecriture Sainte sur la durée du Monde &c. [titre d'après la table]
Le texte décrit l'ouvrage 'SYSTEME tiré dell'Ecriture Sainte' publié en 1733 à Paris. L'auteur y développe sa théorie sur la durée du monde depuis la première venue du Christ jusqu'à la fin des siècles. Il aborde la difficulté posée par la parole de Jésus-Christ, qui affirme que seul le Père connaît le jour et l'heure du Jugement dernier. L'auteur soutient que cette parole n'exclut pas les conjectures basées sur les textes sacrés, citant des exemples de Pères de l'Église ayant utilisé cette liberté. L'auteur propose que le monde doit durer 2401 ans depuis la première venue du Christ jusqu'à la seconde. Il associe cette durée à la fin du monde et au commencement du grand repos divin et des élus, symbolisé par les sabbats juifs. Ces sabbats, souvent terminés après des périodes de sept jours, semaines, mois ou années, suggèrent une révolution septénaire. L'auteur choisit comme point de départ la seconde année après le Déluge et compte jusqu'à la 37ème année du Christ, totalisant 2401 ans selon certains chronologistes. Il divise ces années en semaines d'années et conclut que la fin du monde surviendra dans environ 700 ans.
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761
p. 2490-2491
ITALIE.
Début :
Le Pape a écrit au Roi de Pologne pour le féliciter sur son Avénement au Trône, et il a [...]
Mots clefs :
Pape, Pologne, Congrégation
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
ITALIE.
E Pape a écrit au Roi de Pologne pour le féliciter
sur son Avénement au Trône , et il a
-envoyé ordre à M. Paulucci , son Nonce à Warsovie
, de se rendre à Dantzick auprès de S. M. P.
* Dans l'Assemblée de la Congrégation de Nonmullis
, qui se tint le 16 Octobre , il fut résolu
qu'on donneroit un mois à M. Coscia , Evêque
de Targa , pour répondre aux accusations formées
contre lui , et qu'il seroit constitué prisonnier
au Château de S. Ange jusqu'à la fin de
son Procès. On assure que le Cardinal son frete
est déterminé à se soumettre au jugement prononcé
par cette Congrégation, et qu'il acquitera
incessamment une partie des sommes au payement
desquelles il a été condamné.
La Congrégation établie pour examiner les
moyens de terminer les differens qui sont entre la
Cour de Rome et celle de Lisbonne , s'assembla
le 24. Octobre , et il y fut résolu qu'on accorderoit
au Roi de Portugal 4. pour 100. sur le
produit
NOVEMBRE. 1733. 2491
produit des Expéditions que la Datterie délivreroit
pour les Sujets de S. M. et que cet argent seroit
employé à faire rebâtir l'Eglise de S. Antoine
de la Nation Portugaise.
On a appris d'Ancone que le 19. et le 20 d'Octobre
, on y avoit senti deux nouvelles secousses
de tremblement de terre , qui avoient été très
violentes , et renversé plusieurs maisons tant de
la Ville que des environs.
On a appris à Genes le 10. de ce mois , par
L'Equipage d'un Bâtiment venu de Tunis , que
quelques jours avant son départ de ce Port , il y
étoit entré un Vaisseau Anglois , dont l'Equipa
ge s'érant soulevé contre son Commandant l'avoit
massacré , et avoit pris la résolution de courir
sur les Chrétiens ; que ces Pirates avoient fait
diverses prises assez considérables , et qu'ils s'étoient
empatés d'une Galiotte Venitienne , dont
ils avoient égorgé le Capitaine et tous les Matelots
ét à bord de laquelle ils avoient trouvé une som
me considérable d'argent ; qu'ils s'étoient rendus
ensuite à Tunis pour se mettre sous la protection
du Bey ; que le plus grand nombre avoit embrassé
le Mahométisme , et que celui , qu'ils avoient élu
pour leur Chef, avoit fait mettre aux fers ceux
qui avoient refusé de suivre l'exemple de leurs
camarades.
E Pape a écrit au Roi de Pologne pour le féliciter
sur son Avénement au Trône , et il a
-envoyé ordre à M. Paulucci , son Nonce à Warsovie
, de se rendre à Dantzick auprès de S. M. P.
* Dans l'Assemblée de la Congrégation de Nonmullis
, qui se tint le 16 Octobre , il fut résolu
qu'on donneroit un mois à M. Coscia , Evêque
de Targa , pour répondre aux accusations formées
contre lui , et qu'il seroit constitué prisonnier
au Château de S. Ange jusqu'à la fin de
son Procès. On assure que le Cardinal son frete
est déterminé à se soumettre au jugement prononcé
par cette Congrégation, et qu'il acquitera
incessamment une partie des sommes au payement
desquelles il a été condamné.
La Congrégation établie pour examiner les
moyens de terminer les differens qui sont entre la
Cour de Rome et celle de Lisbonne , s'assembla
le 24. Octobre , et il y fut résolu qu'on accorderoit
au Roi de Portugal 4. pour 100. sur le
produit
NOVEMBRE. 1733. 2491
produit des Expéditions que la Datterie délivreroit
pour les Sujets de S. M. et que cet argent seroit
employé à faire rebâtir l'Eglise de S. Antoine
de la Nation Portugaise.
On a appris d'Ancone que le 19. et le 20 d'Octobre
, on y avoit senti deux nouvelles secousses
de tremblement de terre , qui avoient été très
violentes , et renversé plusieurs maisons tant de
la Ville que des environs.
On a appris à Genes le 10. de ce mois , par
L'Equipage d'un Bâtiment venu de Tunis , que
quelques jours avant son départ de ce Port , il y
étoit entré un Vaisseau Anglois , dont l'Equipa
ge s'érant soulevé contre son Commandant l'avoit
massacré , et avoit pris la résolution de courir
sur les Chrétiens ; que ces Pirates avoient fait
diverses prises assez considérables , et qu'ils s'étoient
empatés d'une Galiotte Venitienne , dont
ils avoient égorgé le Capitaine et tous les Matelots
ét à bord de laquelle ils avoient trouvé une som
me considérable d'argent ; qu'ils s'étoient rendus
ensuite à Tunis pour se mettre sous la protection
du Bey ; que le plus grand nombre avoit embrassé
le Mahométisme , et que celui , qu'ils avoient élu
pour leur Chef, avoit fait mettre aux fers ceux
qui avoient refusé de suivre l'exemple de leurs
camarades.
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Résumé : ITALIE.
En octobre 1733, le Pape a félicité le Roi de Pologne pour son avènement au trône et a envoyé son nonce à Dantzig pour le rencontrer. La Congrégation de Nonmullis a accordé un mois à M. Coscia, évêque de Targa, pour répondre aux accusations contre lui et l'a maintenu prisonnier au Château Saint-Ange jusqu'à la fin de son procès. Le cardinal, frère de M. Coscia, a accepté de se soumettre au jugement de la Congrégation et de payer une partie des sommes pour lesquelles il a été condamné. Le 24 octobre, une réduction de 4 pour 100 sur les produits des expéditions délivrées par la Datérie a été accordée au Roi de Portugal pour financer la reconstruction de l'église Saint-Antoine de la Nation Portugaise. À Ancone, des secousses sismiques violentes ont détruit plusieurs maisons les 19 et 20 octobre. À Gênes, un équipage venu de Tunis a rapporté qu'un vaisseau anglais, dont l'équipage s'était mutiné, avait massacré son commandant et s'était attaqué aux chrétiens, se réfugiant à Tunis sous la protection du Bey. La majorité des mutins avait embrassé l'islam, les autres ayant été mis aux fers.
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762
p. 2509-2511
REMERCIMENT de M. de Senecé, pour une Visite reçûë de M. l'Evêque de Mâcon.
Début :
Debout, debout, grosse Dormeuse, [...]
Mots clefs :
Grosse dormeuse, Muse, Debout, Jean-Antoine du Cerceau
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : REMERCIMENT de M. de Senecé, pour une Visite reçûë de M. l'Evêque de Mâcon.
REMERCIMENT de M. de Senecé,
pour une Visite reçue de M. l'Evêque
de Mâcon.
Debout , debout , grosse Dormeuse ;
Debout , vous qui devriez briller ,
1510 MERCURE DE FRANCE
Et choisir pour vous habiller , ·
La mode la plus fastueuse ,
Vous ronflez sur votre oreiller ,
Comme une vieille raffoleuse !
Debout , debout ; grosse dormeuse.
C'est à vous queje parle; entendez - vous ma voix
Vous , Muse , en qui j'ai confiance ,
Qui m'avez si souvent prêté votre assistance ,
Pour chanter les Héros et celebrer les Rois ?
C'est sur un grand Prélat que se fixe mon
choix.
Est-il plus beau sujet pour vous mettre en dépense
?
Mais mon instance a peu d'effet ;
L'Ingrare à ses faveurs mettant ici le terme,
Ouvre ses yeux , puis les refeime ,
Et retombe sur son chevet,
C'est un meuble fort inutile ,
Qu'une Muse en caducité ;
Sa foiblesse la rend paresseuse , indocile
Et de son indolence elle fait vanité.
Essayons toutes - fois si nous pourrons sans elle ,
Donner quelque coup de pinceau ,
Qui soit témoin de notre zele ,
Et digne d'un ami du fécond Du Cerceau.
Quand je vous vis entrer , Prélat incomparable ,
Dans le sombre réduit de mon Appartement ,
Je crus voir du Soleil un rayon favorable ,
Dorc
7
43 NOVEMBRE
. 1733. ifit
Dorer tous les recoins de l'obscur Logement.
Qui ne seroit charmé de voir la politesse ,
La douceur , l'éloquence et l'aimable entretien ,
Qui sans se dégrader , s'ajuste à la foiblesse ,
Et pour l'encourager në lui reproche rien ?
Qui ne sentiroit pas la puissante énergie
Si propre à réunir les coeurs evenimez ,
Qui fait
par sa seciette et divine magie
Embrasser l'Appellant avec les Intimez ?
La fierre Garnison * qui marche sans Trom
: pettes ,
Dès que vous paroissez a mis les armes bas ;
Et nos pauvres Etats déchargez de leurs dettes
Ont repris du courage au seul nom de Valras .
De plus rares talens, dont j'ai peine à me taire ,
J'oserois bien peut - être entamer le discours ,
Mais que puis - je tenter , Rimeur nonagenaire ,
Sans avoir ni Phébus , ni Muse à mon secours?
pour une Visite reçue de M. l'Evêque
de Mâcon.
Debout , debout , grosse Dormeuse ;
Debout , vous qui devriez briller ,
1510 MERCURE DE FRANCE
Et choisir pour vous habiller , ·
La mode la plus fastueuse ,
Vous ronflez sur votre oreiller ,
Comme une vieille raffoleuse !
Debout , debout ; grosse dormeuse.
C'est à vous queje parle; entendez - vous ma voix
Vous , Muse , en qui j'ai confiance ,
Qui m'avez si souvent prêté votre assistance ,
Pour chanter les Héros et celebrer les Rois ?
C'est sur un grand Prélat que se fixe mon
choix.
Est-il plus beau sujet pour vous mettre en dépense
?
Mais mon instance a peu d'effet ;
L'Ingrare à ses faveurs mettant ici le terme,
Ouvre ses yeux , puis les refeime ,
Et retombe sur son chevet,
C'est un meuble fort inutile ,
Qu'une Muse en caducité ;
Sa foiblesse la rend paresseuse , indocile
Et de son indolence elle fait vanité.
Essayons toutes - fois si nous pourrons sans elle ,
Donner quelque coup de pinceau ,
Qui soit témoin de notre zele ,
Et digne d'un ami du fécond Du Cerceau.
Quand je vous vis entrer , Prélat incomparable ,
Dans le sombre réduit de mon Appartement ,
Je crus voir du Soleil un rayon favorable ,
Dorc
7
43 NOVEMBRE
. 1733. ifit
Dorer tous les recoins de l'obscur Logement.
Qui ne seroit charmé de voir la politesse ,
La douceur , l'éloquence et l'aimable entretien ,
Qui sans se dégrader , s'ajuste à la foiblesse ,
Et pour l'encourager në lui reproche rien ?
Qui ne sentiroit pas la puissante énergie
Si propre à réunir les coeurs evenimez ,
Qui fait
par sa seciette et divine magie
Embrasser l'Appellant avec les Intimez ?
La fierre Garnison * qui marche sans Trom
: pettes ,
Dès que vous paroissez a mis les armes bas ;
Et nos pauvres Etats déchargez de leurs dettes
Ont repris du courage au seul nom de Valras .
De plus rares talens, dont j'ai peine à me taire ,
J'oserois bien peut - être entamer le discours ,
Mais que puis - je tenter , Rimeur nonagenaire ,
Sans avoir ni Phébus , ni Muse à mon secours?
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Résumé : REMERCIMENT de M. de Senecé, pour une Visite reçûë de M. l'Evêque de Mâcon.
M. de Senecé exprime sa gratitude pour la visite de l'Évêque de Mâcon. Il s'adresse à sa Muse, qu'il décrit comme paresseuse et indocile, ce qui l'empêche de célébrer pleinement les mérites de l'Évêque. Malgré cette difficulté, il loue la politesse, la douceur, l'éloquence et l'aimable entretien de l'Évêque. Il souligne également l'impact positif de ce dernier sur les États, qui ont retrouvé courage grâce à lui. L'auteur reconnaît les talents rares de l'Évêque mais se sent incapable de les décrire pleinement sans l'aide de sa Muse et de Phébus.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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763
p. 2516-2519
Cérémonie remarquable. [titre d'après la table]
Début :
Le Mardi 10 Novembre, le R. P. D. Jean-Hilaire Tripret, Prieur du Monastere [...]
Mots clefs :
Religieux, Fondation, Parlement, Cérémonie, Président, Monastère, Bonnets, Saint-Martin-des-Champs
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Cérémonie remarquable. [titre d'après la table]
Le Mardi 10 Novembre , le R. P. D.
Jean -Hilaire Tripret, Prieur du Monastere
de S. Martin des Champs de cetre
Ville ,se transporta à l'Hôtel de M. le
Premier Président du Parlement , et eut
l'honneur de lui présenter , selon la coûttume
, deux Bonnets de Palais , avec la
cérémonie et la formule usitées dans l'Acte
dont nous allons parler. Le méme ReliNOVEMBRE.
1733. 2517
ligieux alla tout de suite chez le Premier
Huissier du Parlement , et lui presenta
une paire de Gands et une Ecritoire.
Cette ceremonie se pratique annuellement
, pour satisfaire à l'Acte d'une Fondation
solemnelle , faite en faveur du
Monastere de S. Martin des Champs, par
Philippe , Seigneur de Morviller, de Clary
et de Charenton , Premier President
du Parlement , et par Dame Jeanne du
Drac , son Epouse , le 4 Decembre 1426.
confirmée et homologuée par Arrêt de la
Cour , du même jour , qui commence
ainsi : HENRICUS , Dei Gratia , Francorum
et Anglia Rex , & c.
Le premier article de cette Fondation
porte , que lesdits Fondateurs et chacun
d'eux pourront être ( si bon leur semble ) enserrez
et sépulturez en ladite Eglise et Monastere
de S. Martin des Champs , en la
Chapelle de S. Nicolas , & c.
Dans les 14 et 15 articles on lit ce qui
suit. Item : » Que chacun an , la veuille
» de la Fête Monsieur S. Martin d'Hy-
» ver , au matin avant midi , sera fait
présent à Monseigneur le Premier Pré-
» sident de Parlement, qui pour le temps
» sera , par le Maire desdits Religieux ,
» Prieur et Convent dudit S. Martin , et
»par un d'iceux Religieux , de deux
Bonnets
2518 MERCURE DE FRANCE
» Bonnets à oreilles , l'un double, et l'autre
sengle , en disant telles paroles :
Monseigneur , Messire PHILIPPE DE MORVILLER
, en son vivant , Premier Président
en Parlement , fonda en l'Eglise et Monas- :
tere Monsieur S. Martin des Champs , à
Paris , une Messe perpetuelle , et certain
autre Service divin ; et ordonna pour la mé«
moire et conservation de ladicte Fondation :
éue donné et présenté chacun an à ce jour,
à Monseigneur le Premier President de Par
lement, qui pour le temps seroit,par le Maire
desdits Religieux et un d'iceux Religieux , ce
don et present , lequel il vous plaise prendre.
en gré. » Et sera ledit don et présent desdits
Bonnets du prix de vingt sols Parisis
, eu égard à là monnoye de present ,
» ayant cours.
»
Item. » Et avec ce sera fait don et pré- .
sent audit jour , par ledict Maire desdits :
Religieux et un d'iceux Religieux , au
» premier Huissier de Parlement , qui
pour le temps sera , de ungs Gands et
>> une Escriptoire , en disant : Sire , Messire
PHILIPPE DE MORVILLER , en son vivant
, Premier Président en Parlement,fon
da en l'Eglise et Monastere de Monsieur ‹
S. Martin des Champs , uunnee Messe Messe perpetuelle
, et certain autre Service divin , et ore
denna pour la mémoire et conservation de
las
NOVEMBRE. 1733. 2519:
"
ladite Fondation, être donné et presenté chacun
an , à ce jour , au premier Huissier de
Parlement , qui pour le temps seroit ,, par le
Maire Religieux , et un d'iceux Religieux ,
ce don et présent , lequel vous plaise prendre
en gré. Lesquelles paroles seront
» baillées par escrit au dessus nommez
» Maire , et Religieux , et sera le don et
» present desdits Gands et Escriptoire , de
douze sols parisis , en regard à la mon-
» noye ayant cours de présent.
A la suite de l'Arrêt , dans lequel toute
la Fondation est rapportée , sont aussi
les Lettres d'approbation et de consentement
de l'Abbé de Cluny , Superieur
General , et plusieurs autres Actes qui
regardent cette Fondation , laquelle fut
faite pour la somme de seize cent livres
tournois , une fois payée , &c. Les Originaux
sont conservez dans les Archives
du Monastete , et exactement imprimez
dans un Ouvrage curieux , devenu rare ,
qui en contient l'Histoire. Il nous a été
tres obligeamment communiqué par les
Religieux de S. Martin des Champs. En
voici le titre : MARTINIANA, id est, Littera
Tituli , Carta , Privilegia , &c. Monasterii
seu Prioratûs Conventualis S. MARTINI
Campis, Parisiis, Ordin , Clun . & C. 1.vol,
8. Parisiis, 1606,
Jean -Hilaire Tripret, Prieur du Monastere
de S. Martin des Champs de cetre
Ville ,se transporta à l'Hôtel de M. le
Premier Président du Parlement , et eut
l'honneur de lui présenter , selon la coûttume
, deux Bonnets de Palais , avec la
cérémonie et la formule usitées dans l'Acte
dont nous allons parler. Le méme ReliNOVEMBRE.
1733. 2517
ligieux alla tout de suite chez le Premier
Huissier du Parlement , et lui presenta
une paire de Gands et une Ecritoire.
Cette ceremonie se pratique annuellement
, pour satisfaire à l'Acte d'une Fondation
solemnelle , faite en faveur du
Monastere de S. Martin des Champs, par
Philippe , Seigneur de Morviller, de Clary
et de Charenton , Premier President
du Parlement , et par Dame Jeanne du
Drac , son Epouse , le 4 Decembre 1426.
confirmée et homologuée par Arrêt de la
Cour , du même jour , qui commence
ainsi : HENRICUS , Dei Gratia , Francorum
et Anglia Rex , & c.
Le premier article de cette Fondation
porte , que lesdits Fondateurs et chacun
d'eux pourront être ( si bon leur semble ) enserrez
et sépulturez en ladite Eglise et Monastere
de S. Martin des Champs , en la
Chapelle de S. Nicolas , & c.
Dans les 14 et 15 articles on lit ce qui
suit. Item : » Que chacun an , la veuille
» de la Fête Monsieur S. Martin d'Hy-
» ver , au matin avant midi , sera fait
présent à Monseigneur le Premier Pré-
» sident de Parlement, qui pour le temps
» sera , par le Maire desdits Religieux ,
» Prieur et Convent dudit S. Martin , et
»par un d'iceux Religieux , de deux
Bonnets
2518 MERCURE DE FRANCE
» Bonnets à oreilles , l'un double, et l'autre
sengle , en disant telles paroles :
Monseigneur , Messire PHILIPPE DE MORVILLER
, en son vivant , Premier Président
en Parlement , fonda en l'Eglise et Monas- :
tere Monsieur S. Martin des Champs , à
Paris , une Messe perpetuelle , et certain
autre Service divin ; et ordonna pour la mé«
moire et conservation de ladicte Fondation :
éue donné et présenté chacun an à ce jour,
à Monseigneur le Premier President de Par
lement, qui pour le temps seroit,par le Maire
desdits Religieux et un d'iceux Religieux , ce
don et present , lequel il vous plaise prendre.
en gré. » Et sera ledit don et présent desdits
Bonnets du prix de vingt sols Parisis
, eu égard à là monnoye de present ,
» ayant cours.
»
Item. » Et avec ce sera fait don et pré- .
sent audit jour , par ledict Maire desdits :
Religieux et un d'iceux Religieux , au
» premier Huissier de Parlement , qui
pour le temps sera , de ungs Gands et
>> une Escriptoire , en disant : Sire , Messire
PHILIPPE DE MORVILLER , en son vivant
, Premier Président en Parlement,fon
da en l'Eglise et Monastere de Monsieur ‹
S. Martin des Champs , uunnee Messe Messe perpetuelle
, et certain autre Service divin , et ore
denna pour la mémoire et conservation de
las
NOVEMBRE. 1733. 2519:
"
ladite Fondation, être donné et presenté chacun
an , à ce jour , au premier Huissier de
Parlement , qui pour le temps seroit ,, par le
Maire Religieux , et un d'iceux Religieux ,
ce don et présent , lequel vous plaise prendre
en gré. Lesquelles paroles seront
» baillées par escrit au dessus nommez
» Maire , et Religieux , et sera le don et
» present desdits Gands et Escriptoire , de
douze sols parisis , en regard à la mon-
» noye ayant cours de présent.
A la suite de l'Arrêt , dans lequel toute
la Fondation est rapportée , sont aussi
les Lettres d'approbation et de consentement
de l'Abbé de Cluny , Superieur
General , et plusieurs autres Actes qui
regardent cette Fondation , laquelle fut
faite pour la somme de seize cent livres
tournois , une fois payée , &c. Les Originaux
sont conservez dans les Archives
du Monastete , et exactement imprimez
dans un Ouvrage curieux , devenu rare ,
qui en contient l'Histoire. Il nous a été
tres obligeamment communiqué par les
Religieux de S. Martin des Champs. En
voici le titre : MARTINIANA, id est, Littera
Tituli , Carta , Privilegia , &c. Monasterii
seu Prioratûs Conventualis S. MARTINI
Campis, Parisiis, Ordin , Clun . & C. 1.vol,
8. Parisiis, 1606,
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Résumé : Cérémonie remarquable. [titre d'après la table]
Le 10 novembre 1733, le Père Jean-Hilaire Tripret, Prieur du Monastère de Saint-Martin-des-Champs à Paris, effectua une cérémonie annuelle. Il se rendit d'abord à l'Hôtel du Premier Président du Parlement pour lui offrir deux Bonnets de Palais. Ensuite, il se dirigea chez le Premier Huissier du Parlement pour lui présenter une paire de gants et une écritoire. Cette tradition commémore une fondation solennelle établie le 4 décembre 1426 par Philippe, Seigneur de Morviller, et Dame Jeanne du Drac, son épouse, tous deux Premier Président du Parlement. Cette fondation, confirmée par un arrêt de la Cour le même jour, permet aux fondateurs d'être inhumés dans la Chapelle de Saint-Nicolas du Monastère. Les articles 14 et 15 de la fondation stipulent que chaque année, à la veille de la fête de Saint-Martin, le Prieur et un religieux doivent offrir les Bonnets au Premier Président et les gants ainsi que l'écriture à l'Huissier, accompagnés de formules spécifiques. Les dons sont évalués à vingt sols pour les Bonnets et douze sols pour les gants et l'écriture. Les documents originaux de cette fondation sont conservés dans les archives du Monastère et ont été imprimés dans un ouvrage intitulé 'Martiniana' publié en 1606.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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764
p. 2520
« Le 12 de ce mois, l'ouverture du Parlement se fit avec les cérémonies accoûtumées, [...] »
Début :
Le 12 de ce mois, l'ouverture du Parlement se fit avec les cérémonies accoûtumées, [...]
Mots clefs :
Évêque d'Agde, Diocèse, Fontenelles
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le 12 de ce mois, l'ouverture du Parlement se fit avec les cérémonies accoûtumées, [...] »
Le 12 de ce mois , l'ouverture du Parlement
se fit avec les cérémonies accoûtumées
, par une Messe solemnelle , célébrée
pontificalement dans la Grande Salle
du Palais , par l'Evêque d'Agde , et à
laquelle M. Portail , Premier Président
et les Chambres assistérent.
>
Le 22 de ce mois , Messire François
d'Andigné , du Diocèse d'Angers , Evêque
d'Acqs ( nommé à cet Evêché le s
Avril dernier ) fut sacré dans la Chapelle
du Seminaire de S. Sulpice à Paris
par Melchior de Polignac , Cardinal Prêtre
du Titre de Sainte Marie aux Anges ,
aux Thermes de Dioclétien , Archevêque
d'Auch , són Métropolitain , assisté de
Michel Celse Roger de Rabutin , Comte
de Bussy , Evêque de Luçon , et de Clau
de- Louis de la Chastre , Evêque d'Agde.
Le nouvel Evêque d'Acqs étoit cy- deyant
Doyen de l'Eglise , et Vicaire General
du Diocèse de Luçon . Il est Abbé
Commandataire de l'Abbaïe de Fontenelles
, O. S. A. D. de Fontenelles depuis
1726. Ce Prélat prêta serment entre les
mains du Roy.
se fit avec les cérémonies accoûtumées
, par une Messe solemnelle , célébrée
pontificalement dans la Grande Salle
du Palais , par l'Evêque d'Agde , et à
laquelle M. Portail , Premier Président
et les Chambres assistérent.
>
Le 22 de ce mois , Messire François
d'Andigné , du Diocèse d'Angers , Evêque
d'Acqs ( nommé à cet Evêché le s
Avril dernier ) fut sacré dans la Chapelle
du Seminaire de S. Sulpice à Paris
par Melchior de Polignac , Cardinal Prêtre
du Titre de Sainte Marie aux Anges ,
aux Thermes de Dioclétien , Archevêque
d'Auch , són Métropolitain , assisté de
Michel Celse Roger de Rabutin , Comte
de Bussy , Evêque de Luçon , et de Clau
de- Louis de la Chastre , Evêque d'Agde.
Le nouvel Evêque d'Acqs étoit cy- deyant
Doyen de l'Eglise , et Vicaire General
du Diocèse de Luçon . Il est Abbé
Commandataire de l'Abbaïe de Fontenelles
, O. S. A. D. de Fontenelles depuis
1726. Ce Prélat prêta serment entre les
mains du Roy.
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Résumé : « Le 12 de ce mois, l'ouverture du Parlement se fit avec les cérémonies accoûtumées, [...] »
Le 12 du mois, l'ouverture du Parlement eut lieu avec une messe solennelle. Le 22, François d'Andigné fut sacré Évêque d'Acqs à Paris. La cérémonie fut présidée par Melchior de Polignac, assisté de Michel Celse Roger de Rabutin et Claude-Louis de la Chastre. François d'Andigné, ancien Doyen de Luçon, prêta serment au Roi.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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765
p. 2587-2609
DES HIEROGLYPHES, et de leurs usages dans l'Antiquité. Discours où l'on fait voir qu'ils sont l'origine de tous les Monstres et de tous les Animaux chimeriques dont les Anciens nous ont parlé. Par M. Beneton de Perrin.
Début :
Les premiers hommes, avec la seule faculté du langage par les organes [...]
Mots clefs :
Hiéroglyphes, Figures, Hiéroglyphe, Marques, Hommes, Animaux, Religion, Écriture, Sciences, Marque, Monstres, Caractères, Homme, Figure, Chevaux, Terre, Explication, Connaissance , Symbole, Poètes
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texteReconnaissance textuelle : DES HIEROGLYPHES, et de leurs usages dans l'Antiquité. Discours où l'on fait voir qu'ils sont l'origine de tous les Monstres et de tous les Animaux chimeriques dont les Anciens nous ont parlé. Par M. Beneton de Perrin.
DES HIEROGLYPHES , et de
leurs usages dans l'Antiquité. Discours
où l'on fait voir qu'ils sont l'origine de
tous les Monstres et de tous les Animaux
chimeriques dont les Anciens nous ont
parlé. Par M. Beneton de Perrin .
Es premiers hommes , avec la seule
Lfaculté du langage par les organes
de la voix , auroient manqué de moyens
pour s'entretenir absents les uns des
-autres , et n'auroient pû avoir commerce
entre eux que difficilement, Pour remedier
à ces inconveniens , ils inventerent
des figures et convinrent qu'elles serviroient
à représenter leurs pensées , pour
ne les découvrir qu'à ceux qui en auroient
l'intelligence. Les actions et les
passions étant des accidens qui agitent
également la Nature et les hommes ;
ces figures emblêmatiques servirent d'a
bord à exprimer les unes et les autres
de ces choses , et formerent par-là un
langage muet , qui montroit le coeur
de l'homme aux yeux sans le secours
de la parole.
Les Grecs nommerent ces figures Hie-
1. Vol.
roglyphes
2588 MERCURE DE FRANCE
rogliphes , des mots Ιερος et γλύφος , com .
me qui diroit Sacra Sculptura , parce que
ce furent les Prêtres qui les premiers s'en
servirent pour écrire sur la Religion , et
envelopper par là les Mysteres. Le Pere
Kirker dérive le terme d'Hierogliphe des
mots da T. espos na gaúços , ce qui revient
assez à ce que j'ai dit qu'ils servoient
à une Ecriture sacrée , faite pour
être gravée ou taillée sur le bois ou sur
la pierre , Quasi sacra scalpendo ; les Hierogliphes
se multiplierent à mesure que
Part de parler se perfectionna et que les
Sciences se formerent.
Je les distingue en deux classes ; sçavoir
, les Hierogliphes animez , qui se
représentoient sous des formes de bêtes
soit Quadrupedes , Reptiles , Oiseaux ,
"Poissons et Plantes vegétatives , et les
Hierogliphes inanimez , qu'il faut plutôt
nommer Hierogrammes , parce qu'ils n'étoient
que des figures que les hommes
se firent à leur fantaisie , la plupart desquelles
formerent les Lettres qu'on nomma
Alphabetiques , en s'en servant pour
une autre Ecriture que le Hierogliphique
, comme j'aurai occasion de le faire
voir dans la suite. Les Chaldéens ayant
les premiers observé les Cieux et considere
l'ordre que semblent garder entre
I. Vol. elles
DECEMBRE. 1733. 2589
elles les Etoilles rassemblées , comme par
pelotons , dans ce vaste espace , ils tracerent
des figures dans le même arrangement
, et comme dans les choses mises
en confusion , on croit voir tout ce
qu'on a dessein d'y voir ; ils crurent
avoir remarqué dans ces assemblages d'Etoilles
, des formes distinctes d'hommes ,
d'oiseaux et d'animaux , ce qui leur fit
donner à ces amas ou conjonctions d'Astres
, les noms de Sagittaire , de Vierge ,
de Cigne , d'Ours , de Chien , &c. les
marquant des mêmes figures sur leurs
Tables Astronomiques.
>
Les Grecs nommerent aussi beaucoup
'de Constellations , les appellant du nom
de leurs Héros , et sur tout de ceux qui
se distinguerent dans l'Expedition de la
Colchide , sous le nom d'Argonautes
parce que ces Braves ayant été les
miers hommes qui eussent osé s'exposer
en pleine Mer , et ne se guidant que
par les Etoilles , les Poëtes jugerent qu'u
ne pareille hardie se méritoit que ces
Etoilles portassent leurs noms .
pre-
Les Astres une fois personnifiez , firent
naître l'Idolatrie ; on adora non - seulement
l'Astre en original , que l'on croyoit
influer sur un Pays ; mais encore sa figure
taillée et son Symbole ou Hiero-
I. Vol
C gliphes
2890 MERCURE DE FRANCE
gliphes, devinrent une chose respectable.
On alla même encore plus loin dans la
Deification des Corps de l'Univers ; car
la Terre étant deifiée comme les autres
Corps , on partagea sa divinité pour mul
tiplier les Dieux. Chacune de ces productions
eut séparément cet avantage , et
furent symbolisées par de nouveaux Hicrogliphes
, ce qui augmenta considerablement
et le nombre des cultes et celui
des figures.
Enfin le comble de l'Idolatrie fut qu'on
déïfia les hommes , regardant comme
des Dieux les Héros et les Inventeurs des
Sciences et des Arts. Alors on acheva de
faire porter aux Astres les noms des
personnes illustres , et confondant l'homme
et l'Astre , on honora le tout ensemble
sous la Statue ou le Hierogliphe
qui désignoit également ces deux choses
confonduës.
Par exemple , la Lyre , le Serpent ,
le Centaure , étoient des Signes Celestes ,
ces mêmes Signes ou Hierogliphes , désignoient
un Apollon , Pere prétendu
des Poëtes et des Musiciens ; un Esculape ,
Pere de la Médecine , et un Neptune ,
qui le premier dompta des Chevaux pour
s'en servir à la guerre et à la Chasse.
Mais ce qui embroüilla beaucoup la
I, Vol, signifi
DECEMBRE. 1733. 259%
signification des Hierogliphes , et quit
commença à en rendre l'explication malaisée
, c'est que tous les Personnages qui
réüssissoient dans les Sciences , et qui par
conséquent marchoient sur les traces de
ces hommes déïfiez pour en avoir été
les Inventeurs , se disoient leurs Enfans ;
de bons Poëtes et Musiciens étoient dits
Enfans d'Apollon ; un bon Médecin se
disoit fils d'Esculape , et d'habiles Cavaliers
se mettoient au nombre des descendans
de Neptune , le dompteur de
Chevaux. On qualifioit d'Enfans de Vulcain
tous ceux qui travailloient à forger
les Armes et les Outils pour l'Agriculture.
La Fable ne donne qu'un oeil aux
Cyclopes , pour signifier que les Ouvriers
qui travailloient aux Mines dans les en
trailles de la Terre , séjour continuellement
ténebreux , ne joüissoient que
d'un des deux avantages communs aux
autres hommes qui voyent alternativement
la luraiere du Soleil après l'obscu
rité de la nuit ; d'habiles Pilotes et Mariniers
étoient considerez comme fils
d'Eole et de l'Ocean.
Toutes ces personnes désignoient leur
Art sous un Hierogliphe , lequel souvent
les désignoit aussi eux - mêmes. La marque
étoit relative à la Profession et à
1. Vol. Cij l'Ou2592
MERCURE DE FRANCE
l'Ouvrier , et ces deux qualitez à la Divinité
Protectrice de l'Ouvrage , celafait
qu'un même Hierogliphe pouvoit signifier
trois choses bien differentes , une Sacrée ,
comme marque du Dieu d'un Art ; unc
Méchanique , comme marque de l'Art
même ; enfin une simple marque d'Ouvrier
Ainsi le même Hierogliphe qui
désignoit un Dieu , se mettoit souvent
sur le Tombeau d'un homme , pour montrer
la Profession dont il avoit été . Je
me servirai pour donner de cela un exem
ple sensible , d'un usage observé égale
ment par les Payens et par les premiers
Chrétiens en enterrant leurs Morts , les
uns mettoient souvent une hache sur
leurs Tombeaux , ce qui ne désignoit
pas toujours que celui qui étoit renfermé ||
dedans eût été un Ouvrier , ce pouvoit
être une personne de consideration qui
avoit eu pour Patron quelque Dieu Protecteur
d'un Art ou d'une Science , et
la hache étoit alors le Hierogliphe du
Dieu et non pas celui du Mort . Voilà
selon moi , ce qu'on doit entendre par
les Tombeaux érigez Sub ascia. Pan étoit
le Dieu des Campagnes , on n'enterroit
que là ; il a pû se faire que la hache ou
le hoyau , Instrumens propres à couper
les bois ou à remuer les terres
1. Vel
?
>
ont été
Les
DECEMBRE. 1733 2393
les Symboles des Dieux Champêtres , et
én mettant les Morts sous la protection
de ces Dieux , on mettoit leur Symbole
sur les Tombeaux .
A l'égard des Chrétiens , ils gravoient
une Pale sur les Sépulchres de feurs Martyrs
; ce Hierogliphe avoit une double
signification , l'une de passion , qui étoft
la gloire que s'étoient procuré ces Saints
par la souffrance , et l'autre de Religion , *
qui faisoit connoître celle dont ces illustres
avoient été les soutiens .
La représentation de differentes choses
par le même Hierogliphe , est ce qui
rend aujourd'hui presque impossible l'explication
des Monumens écrits avec ces ·
figures.
Comme je m'étendrai plus sur les Hierogliphes
que sur les Hierogrammes
quoique le mêlange des uns avec les
autres servit à fournir plus de moyens
d'exprimer ce qu'on avoit à faire sentir ;
je ne puis m'empêcher de faire une reflexion
qui tombe également sur tou
tes ces marques , c'est qu'il seroit à
souhaiter que les personnes qui s'appliquent
à les étudier , s'attachassent
bien à distinguer les deux especes dont
je parle , et les differents sujets ausquels
elles convenoient. Chacune de
1. Vol. Cij nos
2594 MERCURE DE FRANCE
nos Sciences a ses termes propres , il
en devoit être de même des Sciences
anciennes qui devoient par la même
Taison avoir aussi leurs marques propres.
Je ne dis pas que l'attention que
j'exige des Etudians en Hierogliphes fût
suffisante pour les conduire à une entiere
connoissance de ces figures énig .
matiques , on sçait assez que les Prêtres
et les Philosophes qui se servirent d'elles
depuis que l'on eut les Caracteres alphabetiques
, ne le faisoient que pour ca
cher une partie des choses dont ils ne
vouloient pas que le commun du peuple
fût instruit , mais du moins pár la
distinction des Hierogliphes on pourroit
en apprendre assez pour distinguer dans
les Monumens qui en sont chargez , ce qui
est de sacré d'avec ce qui est de prophane,
on tiendroit par là en bride les Charlatans
de la Litterature , qui trouvant
dans ces Monumens tout ce que leur
imagination y veut mettre , ne font
qu'embrouiller l'Histoire , loin de l'éclaircir
, et ils se trouveroient par ce
moyen hors d'état d'en imposer et d'ébloüir
les ignorans .
Revenons presentement à l'objet prin
cipal de cet Ouvrage , qui est de montrer
qu'entre toutes ces figures dont les
1. Vol. hommes
DECEMBRE. 1733. 2595
hommes se servirent pour expliquer leurs
connoissances , celles qui représentoient
des Animaux de differente nature , devinrent
dans les siecles où l'intelligence
de ces figures se trouva perduë, des Monstres
que l'ignorance fit croire avoir été
ou être existans. Je pense neanmoins que
dès - lors les Sçavans qui voulurent se mêler
de l'explication de ces Emblêmes , le
firent à l'avanture , et n'ont pas eu sur
cela plus d'avantage que ceux qui ont
voulu marcher sur leurs traces dans des
temps posterieurs , tels qu'Horus Apollo,
Pierrius Valerianus , les sieurs Langlois ,
et Dinet , et les Peres Kirker et Caussini
qui ont donné de ces Explications autant
justes qu'il est possible de le faire
dans une matiere aussi obscure ;il ne faut
pas douter que ce nombre infini de marques
de choses , tant animées qu'inanimées
qui se trouvent rangées dans un si bel ordre
sur les vieux Monumens Egyptiens , ne
contiennent des narrations bien suivies
sur differentes choses dont il falloit être
Instruit , tout s'écrivoit ainsi , et la connoissance
de la Religion , des Sciences ,
et de l'Histoire , ne se conservoit que
par le moyen de cette écriture figurée ,
la preuve de cela s'en peut tirer ( selon
moi ) de ce que dans ces longues nar-
L. Vol Ciiij rations
2596 MERCURE DE FRANCE
rations , certains Caracteres y sont répétez
souvent , et d'autres moins ; il y en
a même qui sont uniques , ou qui ne se.
trouvent répétez que deux ou trois fois
dans une longue Inscription ; ce qui devoit
faire la même chose que ce qu'on
peut remarquer dans notre écriture , où
nous avons des Lettres , comme les cinq
Voyelles qui reviennent souvent, pendant
que les K , les X , les Y , et les Z , y pa
roissent bien moins.
Il y avoit des Hyerogliphes qui contenoient
seuls un sens complet , ou une
pensée entiere; d'autres qui étoient d'abréviation
, et d'autres qui pouvoient ne former
que des demi mots et des mots dont
il étoit nécessaire de joindre plusieurs
ensemble,pour en former une expression
ou un sens déterminés de même que nous
employons en écrivant plusieurs mots ,
composés de différentes syllabes , pour
former une Phrase parfaite. J'ai fait cette
remarque en étudiant avec un peu d'attention
l'Obélisque Pamphile , que nous
a donné le Pere Kirker.
On y voit de fréquentes répétitions de
bras posez en fasce , les uns à mains ouvertes
, et les autres à poing fermé ; beaucoup
de signes en ziguezagues ; des Enfans
assis sur leur cul , le Panier de Séra-
1. Vol.
pis
DECEMBRE . 1733 . 2597
pis sur la tête , de Serpents , d'Anubis, de
Cynocéphales , &c. pendant qu'entre toutes
ces marques , souvent répétées , on ne
trouve qu'un seul sautoir , un seul tourteau
, qui est chargé d'une Croix pattée ,
quelques Etoiles , mais en petit nombre ;
tout cela donne lieu de conjecturer que
cet Obélisque contient des Enseignemens
de plusieurs natures , tant de Religion ,
de Science , que de Politique ; et que
chacune de ces choses avoit ses figures
propres à sonexpression ; ce qui fait que
les unes de ces figures paroissent souvent
dans un endroit , et bien moins dans un
autre , où il s'en trouve d'autres qui n'avoient
point encore paru.
Souvent pour donner à un Hyerogli
phe la force d'exprimer une action complete
, ou une pensée entiere , on étoit
obligé de le faire d'un composé de différens
membres d'animaux , et alors cette
figure devenoit monstrueuse ; tels étoient
les Hyérogliphes d'hommes à tête de
Chien , d'Oyseaux à face humaine , de
Corps à plusieurs têtes , et de têtes à plusieurs
visages ; ce dernier qui servit aux
Romains à symboliser leur Dieu Janus
étoit donc un Hyerogliphe plus ancien
qu'eux , il représentoit chez les Perses
Orimase et Arimane , et chez les Egyp-
1. Vola Cv tiens
2598 MERCURE DE FRANCE
tiens Osiris et Tiphon , c'est -à- dire , les
deux principes que les premiers Philosophes
admettoient pour Auteurs de toutes
choses , bonnes et mauvaises.
A l'égard des Hyerogrammes ou marques
fantasques , les plus simples comme
Le Cercle , le Triangle , le Quarré , le
Chevron, la Croix droite et la Croix panchée
composerent dans la suite les Caracteres
Litteraires , comme l'Omicron
le Delta , le Mi , l'Alpha, le Tau , le Chi
et autres , dont on se servit en quittant
P'Ecriture Hyerogliphique. Celle qui étoit
composée de Lettres , paroissant plus aisée
et plus propre à lier les pensées , et
à les produire dans un Discours suivi .
Je me sers de l'exemple des Caracteres
Grecs , parce que c'est par les Grecs que
nous avons la premiere connoissance de
T'usage que les Egyptiens faisoient de
leurs Hyerogliphes.
Les Hiérogrammes joints aux Hyerogliphes
, ne laissoient pas dans les temps où
l'on n'eut que cette sorte d'Ecriture
d'expliquer assez parfaitement les choses
dont les hommes 'devoient être instruits,
le faisant seulement plus en abrégé que
ne le fait l'Ecriture courante , ainsi il faut
croire que l'Ecriture figurée a toujours
été plus difficile à expliquer , sur tout l'étude
des Hyerogliphes Monstres deman-
1. Vol.
doit
DECEMBRE. 1733 2559
doit une grande attention et une grande
connoissance, puisqu'un seul pouvoit renfermer
un mystere de Religion , ou la
maniere de réussir dans un Ouvrage scientifique
, au lieu qu'il auroit fallu plusieurs
Hyérogrammes pour enseigner ces
choses ; cependant ces marques- cy firent
évanouir les autres ; kes Arabes , Mahométans
, à qui la Religion ne permettoit
pas d'écrire avec des figures d'hommes
et d'animaux , ne conserverent que les
Hyérogrammes, et quoiqu'ils eussent des
Caracteres Litteraires , ils se servirent des
premiers pour l'expression plus abrégée
et plus simple de leurs opérations Philosophiques
et Chimiques , continuant
par- là de faire de ces marques le même
usage qu'en faisoient les Egyptiens , qui
étoit de montrer par elles , la maniere de
décomposer et de recomposer les Corps
élémentaires. Ces mêmes marques ont
passé jusqu'à nos Phisiciens , qui les emploient
aux mêmes usages.
Le monde et toutes les sciences qu'on
peut acquerir se symbolisoient sous un
Hyerogliphe de figure tres bizare. C'étoit
un Globe avec des aîles , et des Serpens
autour de son Disque ; ce qui fait appeller
ce Hyérogliphe par le Pere Kirker :
Ali-Sphero Serpenti formem. On le voit
I. Vola
C vj paz
2600 MERCURE DE FRANCE
ན
paroître au haut de presque tous les
Obélisques , et on le mettoit là , comme
un titre , qui annonçoit que tout le Discours
qui alloit suivre , n'étoit que pour
instruire des choses connues dans l'Univers
, dont ce Globe volant étoit le type,
du mouvement , er des actions qui agitent
eet Univers .
Les Phéniciens , les Egyptiens et les
Chinois sont les premiers peuples qui firent
usage des Hyerogliphes , et qui leur
donnerent l'arrangement méthodique
dont je viens de parler , les divisant par
Classes , pour s'en servir aux différentes
applications qu'ils avoient à en faire s
leur figure fut d'abord fort simple dans
les premiers temps ; le trafic ne se faisoit
que par l'échange des Denrées; pour
le faire ( quand on n'étoit pas present )
on n'avoit d'autres moyens que d'envoyer
la figure gravée sur quelque chose
de ce qu'on vouloit vendre , et de ce
qu'on vouloit en retour. Un homme ,
par exemple , qui vouloit vendre un
Boeuf pour des Moutons , envoyoit à un
autre homme la figure d'autant de Moutons
qu'il prétendoit en avoir pour l'échange
du Boeuf, l'échange des Oyseaux
et des fruits de la terre se faisoit de même;
un Arbre se désignoit par un Arbre,
J.Val
DECEMBR E. 1733 . 260
et une personne qui auroit voulu faire
couper des Bois , en envoyoit l'ordre par
un Arbre renversé . On verra facilement
par ces seuls exemples, comment un hom
me pouvoit faire sçavoir ses volontez à
un autre , par le moyen des Hyérogli
phes, qui furent les premieres Monnoyes,
quoiqu'il n'eussent point de valeur en
eux-mêmes ; les accidens avoient leur
marque , la maladie avoit la sienne , une
personne qui vouloit faire consulter le
mal dont elle étoit affligée , envoyoit au
Médecin le symbole general de la maladie
, auquel étoit joint le symbole particulier
de la partie du corps qui étoit affectée
; si c'étoit le coeur , on mettoit un
coeur , et un oeil , ou un pied , si c'érbit
l'oeil ou le pied qui fut malade. Cela se
fait encore à peu près de même chez les
Chinois , qui ont beaucoup de Caracteres
figurez pour les mêmes choses , qu'ils
ont besoin d'exprimer.
Suivant l'explication qu'un de nos Académiciens
a donnée de la Fable des Gorgones
, il paroît que ce n'est qu'une action
de commerce que P'on avoit mis par
écrit en Hyérogliphes , et qu'après qu'on
eut perdu l'intelligence de ces marques,
en voyant des Yeux , des Dents , des Serpens
, qui n'étoient que la Relation du
LVel
voya
2602 MERCURE DE FRANCE
yoyage et l'énumération
des Marchandises
qu'une Flotte , partant de la Mer Méditerranée
, avoit rapporté des Terres situées
sur la Mer Océane , où le commerce
l'avoit attiré. On a cru que c'étoit
toute autre chose : et sur cela les Poëtes
composerent une Fiction Historique , où
de ces Gorgones , qui n'étoient que des
Vaisseaux revenus , chargez de Diamans ',
de Poudre d'or , et de Dents d'Eléphans ;
ils en firent des Filles horribles , qui
avoient la tête pleine de Serpens .
Parmi les Hyérogliphes il y en avoit
de plus simples les uns que les autres ;
les simples étoient les figures naturelles ,
véritables , et sans exagération ; au lieu
que les autres étoient des figures de pure
imagination; c'est ceux - cy qui ont donné
naissance à certains monstres qui ne
peuvent point avoir existé ; plusieurs
choses ont pû occasionner l'invention de
ces figures si extraordinaires ; par exemple
, un Chef de Nation qui vainquoit
différens ennemis , marquoit son triomphe
par une Bête allégorique , à qui on
donnoit autant de têtes que ce Chef avoit
terrassé de Peuples, ennemis. Voilà d'où
viennent les ( 1 ) Amphisbenes , les Cerbe-
( 1 ) Serpent qui pique par les deux extrémitez de
son corps.
1. Vol. ECS,
DECEMBRE. 1733 280g.
res et les Hydres , représentez avec 2 , 3 ,
et jusqu'à 7 têtes.
Apollon fut surnommé Pythiep , pour
avoir tué , disent les Mythologues , le Ser
pent Python , Monstre affreux qui s'étoie
formé du Limon échauffé , que les eaux
du Déluge avoient laissé sur la terre d'Egypte
; mais il est plus croyable que cette
Fable est une allégorie d'un effet naturel
que le Soleil opére tous les ans par sa
chaleur , qui desseche le Limon du Nil
et que les Rayons de l'astre sont les Flé
ches qui détruisent une pourriture , qui
infecteroit la terre sans ce secours annuel,
auquel on donna un mérite particulier
la premiere fois qu'on remarqua ce salutaire
effet , wu , en grec , signifie putrefaction
.
J'ai déja dit qu'entre les Hyérogliphes il
y en avoit de plus propres les uns que
les autres à caractériser certaines choses,
ainsi en suivant ce principe , la Religion
devoit avoir les siens , et les actions et
passions humaines les leurs ; ce que je
viens de remarquer des Gorgones , et de
ces guerriers symbolisés par des Monstres
suffira pour faire voir quels pouvoient
être les Hyérogliphes d'actions. Passons
présentement à la connoissance de quelques-
uns de ceux de passion , pour venir
I. Vol.
enfin
2604 MERCURE DE FRANCE
enfin à connoître quels étoient ceux de
Religion .
Il faut distinguer les passions humaines
en actives et en passives ; c'est nous
qui agissons dans les unes et nous recevons
l'action dans les autres les premiers
se symbolisoient par des marques fort
simples et les secondes par de plus composées,
un seul exemple suffira pour preu
ve de ce qu'étoient les dernieres , qui fera
l'explication du Hyérogliphe de la fortune
; cette Divinité fantasque , qui malgré
ses caprices , a toujours été l'objet
des désirs de tous les hommes , elle se
symbolisoit diversement selon le gout, le
sexe , l'âge et la condition de ses adorateurs
; on la faisoit tantôt homme , tantôt
femme , tantôt vieille et tantôt jeune,
en l'invoquant sous des noms qui avoient
rapport à ces changemens de figures.
>
Comme fortune aimée , fortuna primis
genia , elle étoit proprement le hazard
que quelques Philosophes soutenoient
avoir seul servi au débrouillement duz
Cahos . Les autres surnoms de la fortune
étoient , fortuna obsequens , l'obéissante
patrone des gens heureux ; privata , la
médiocre , qui est celle qui contente les
Sçavans ; fortuna mulier et virgo ; celle des
femmes et des filles,fortuna virilis;celle des
I, Vol
hom
DECEMBRE . 1733. 2605
hommes qui se représentoit de sexe mas
culin , il y avoit même la fortune des
vieillards , représentée avec une longue
barbe , et celle-cy étoit sans doute de
toutes les fortunes celle qu'on honoroit
le plus tard .
Cette Divinité se représentoit en general
avec tout l'appareil significatif des
effets que ses caprices produisoient dans
le monde , montée sur une roue, avec des
aîles sur le dos , un bandeau sur les yeux,
ses cheveux assemblez sur le devant de
la tête , et chauve par derriere , tout cela
pour montrer son instabilité , son inconstance
, son aveuglement dans la dispensation
de ses dons , et la difficulté de
la ratraper quand elle nous a tourné le
dos ; on lui mettoit aussi un Globe en
une main , et un Gouvernail ou une Corne
d'abondance en l'autre , pour mon
trer qu'elle gouverne le Monde , et y répand
les biens à sa volonté , ce qui étoit
encore signifié par un Soleil et une Lune
qui accompagnoient sa tête ; enfin cette
Deïté , qui est , pour ainsi dire, l'ame du
monde , pouvoit- elle manquer d'être fi
gurée par un Hierogliphe des plus composez
? C'est peut- être celui qui donna
l'idée de faire les figures panthées dont
je parlerai bien-tôt.
1. Vet. Quan
2606 MERCURE DE FRANCE
:
Quant aux Hierogliphes des passions
actives qui sont au - dedans de nous - mê
mes , ils étoient tous simples quand on
n'avoit à lés représenter que chacun séparément
; la Genisse , l'Agneau , la Colombe
, la Tourterelle , & c. marquoient
la pureté , l'innocence , l'amitié et la
constance. La virginité paroissoit sous la
marque d'une fille échevelée , vétuë de
blanc , les Vertus étoient symbolisées par
des Animaux de figures aimables , et les
vices , au contraire , étoient figurez par
des Animaux affreux , dont la seule vûe
causoit de l'horreur ; la Religion Chrétienne
a conservé ces usages , on a dé
signé les pechez capitaux par les plus
hideuses bêtes que nous connoissions , à
l'imitation des Anciens qui inventerent
des Monstres qui n'existoient point, pour
dépeindre les vices avec des couleurs plus
effrayantes.
Ils imaginerent un Basilic qui tuë de
son regard ; un Serpent qui empoisonne
de son écume toutes les herbes où il se
traîne; une infinité d'autres bêtes affreuses
étoient les Symboles des deffauts les plus
nuisibles à la Societé , comme la calomnie
, le mensonge et d'autres ; l'Hiene
étoit la marque de la cruauté ; et comme
les femmes ne sont pas exemptes de ce
I. Vol. vice
DECEMBRE . 1733. 2607
vice , on fit cet Animal hermaphrodite.
Toutes ces Images que je viens de représenter
, étoient simples ; mais quand
il falloit caracteriser en un même Symbole
plusieurs vices ou plusieurs vertus ,
il falloit bien composer un Hierogliphe
dans lequel les Symboles particuliers de
toutes ces choses entrassent , et cela formoit
des Panthées de passions , semblables
aux Panthées sacrez.
L'Antiquité eut des Héros et des braves
, qui ainsi que nos Chevaliers Errans
du temps de Charlemagne , se dévoüoient
à passer leur vie en courant le Monde
pour secourir les foibles et purger la Terre
des brigands , qui en étoient les veritables
Monstres ; tels furent parmi les
Gercs Hercule , Thesée , Jason , Persée ,
et autres. Je métonne que les Auteurs
zelez pour la gloire de notre ancienne
Chevalerie , ayent borné son origine
aux Chevaliers Romains , et qu'ils ne
l'ayent pas remontée jusqu'aux demi-
Dieux de la Grece , nos vieux Romanciers
leur en avoient donné l'ouverture ,
par le merveilleux qu'ils ont répandu sur
les avantures de nos valeureux Paladins ,
Renaud , Roland et Amadis , en leur
fournissant à point nommé des montures
diaboliques pour les conduire plus
par
B.I. Vel
prem
2303 MERCURE DE FRANCE
promptement vers les Géants qu'ils devoient
exterminer , à l'exemple des Poëtes
Grecs qui trouvoient des Pégases pour
en fournir fort à propos aux Deffenseurs
des Dames , télles qu'Andromede et Hésione.
Michel de Cervantes et Rabelais , pour
se mocquer des idées folles des Auteurs
de Romans , ont imaginé les Oriflants ,
les Hippogriphes et les Chevillards , don't
ils ont parlé , l'un dans son Don Quichote
, et l'autre dans son Gargantua .
›
Ce sont ces Chevaux ailez de la Fable
qui ont pû persuader qu'il y avoit des
Licornes ( autres animaux aussi fabuleux )
il est aisé de voir de quelle source partoit
cette fausse persuasion . L'Yvoire venoir
, à ce qu'on disoit d'une Corne de
bête qui se trouvoit en Afrique et
Pline dans son Histoire Naturelle ( L. 8.
C. 21. ) admet des Chevaux volants et
des Chevaux à Cornes , à qui il donne
également le nom de Pégase , et les fait
trouver en Ethiopie , Pays voisin des
Monts Athlas , où Persée eut occasion
de se servir d'un de ces Chevaux . Æthiopia
generat , multaque alia Monstro similia
Pennatos equos et Cornibus armatos
quos Pegasos vocant ; ce Passage ne m'empêchera
pas de conclure que , puisque
I. Vol. los
DECEMBRE . 1733. 2609
tes Pégases sont chimeriques , les Licornes
ne le sont pas moins , et la description
que continue d'en faire le méme
Auteur , achevera de prouver que ces
Animaux ne doivent être regardez que
comme des chimeres , ou plutôt ce sont
des Hierogliphes qui ont eu cette forme
, la Licorne a pû êrre une image
Panthée propre à désigner la fécondité
cu les perfections dans le genre animal ,,
elle avoit le corps d'un Cheval , la tête
d'un Cerf , les pieds d'Elephant , sa
queue d'un Sanglier , avec une corne de
deux coudées de long , placée au milieu
du front.
"
L'Auteur promet la suite.
leurs usages dans l'Antiquité. Discours
où l'on fait voir qu'ils sont l'origine de
tous les Monstres et de tous les Animaux
chimeriques dont les Anciens nous ont
parlé. Par M. Beneton de Perrin .
Es premiers hommes , avec la seule
Lfaculté du langage par les organes
de la voix , auroient manqué de moyens
pour s'entretenir absents les uns des
-autres , et n'auroient pû avoir commerce
entre eux que difficilement, Pour remedier
à ces inconveniens , ils inventerent
des figures et convinrent qu'elles serviroient
à représenter leurs pensées , pour
ne les découvrir qu'à ceux qui en auroient
l'intelligence. Les actions et les
passions étant des accidens qui agitent
également la Nature et les hommes ;
ces figures emblêmatiques servirent d'a
bord à exprimer les unes et les autres
de ces choses , et formerent par-là un
langage muet , qui montroit le coeur
de l'homme aux yeux sans le secours
de la parole.
Les Grecs nommerent ces figures Hie-
1. Vol.
roglyphes
2588 MERCURE DE FRANCE
rogliphes , des mots Ιερος et γλύφος , com .
me qui diroit Sacra Sculptura , parce que
ce furent les Prêtres qui les premiers s'en
servirent pour écrire sur la Religion , et
envelopper par là les Mysteres. Le Pere
Kirker dérive le terme d'Hierogliphe des
mots da T. espos na gaúços , ce qui revient
assez à ce que j'ai dit qu'ils servoient
à une Ecriture sacrée , faite pour
être gravée ou taillée sur le bois ou sur
la pierre , Quasi sacra scalpendo ; les Hierogliphes
se multiplierent à mesure que
Part de parler se perfectionna et que les
Sciences se formerent.
Je les distingue en deux classes ; sçavoir
, les Hierogliphes animez , qui se
représentoient sous des formes de bêtes
soit Quadrupedes , Reptiles , Oiseaux ,
"Poissons et Plantes vegétatives , et les
Hierogliphes inanimez , qu'il faut plutôt
nommer Hierogrammes , parce qu'ils n'étoient
que des figures que les hommes
se firent à leur fantaisie , la plupart desquelles
formerent les Lettres qu'on nomma
Alphabetiques , en s'en servant pour
une autre Ecriture que le Hierogliphique
, comme j'aurai occasion de le faire
voir dans la suite. Les Chaldéens ayant
les premiers observé les Cieux et considere
l'ordre que semblent garder entre
I. Vol. elles
DECEMBRE. 1733. 2589
elles les Etoilles rassemblées , comme par
pelotons , dans ce vaste espace , ils tracerent
des figures dans le même arrangement
, et comme dans les choses mises
en confusion , on croit voir tout ce
qu'on a dessein d'y voir ; ils crurent
avoir remarqué dans ces assemblages d'Etoilles
, des formes distinctes d'hommes ,
d'oiseaux et d'animaux , ce qui leur fit
donner à ces amas ou conjonctions d'Astres
, les noms de Sagittaire , de Vierge ,
de Cigne , d'Ours , de Chien , &c. les
marquant des mêmes figures sur leurs
Tables Astronomiques.
>
Les Grecs nommerent aussi beaucoup
'de Constellations , les appellant du nom
de leurs Héros , et sur tout de ceux qui
se distinguerent dans l'Expedition de la
Colchide , sous le nom d'Argonautes
parce que ces Braves ayant été les
miers hommes qui eussent osé s'exposer
en pleine Mer , et ne se guidant que
par les Etoilles , les Poëtes jugerent qu'u
ne pareille hardie se méritoit que ces
Etoilles portassent leurs noms .
pre-
Les Astres une fois personnifiez , firent
naître l'Idolatrie ; on adora non - seulement
l'Astre en original , que l'on croyoit
influer sur un Pays ; mais encore sa figure
taillée et son Symbole ou Hiero-
I. Vol
C gliphes
2890 MERCURE DE FRANCE
gliphes, devinrent une chose respectable.
On alla même encore plus loin dans la
Deification des Corps de l'Univers ; car
la Terre étant deifiée comme les autres
Corps , on partagea sa divinité pour mul
tiplier les Dieux. Chacune de ces productions
eut séparément cet avantage , et
furent symbolisées par de nouveaux Hicrogliphes
, ce qui augmenta considerablement
et le nombre des cultes et celui
des figures.
Enfin le comble de l'Idolatrie fut qu'on
déïfia les hommes , regardant comme
des Dieux les Héros et les Inventeurs des
Sciences et des Arts. Alors on acheva de
faire porter aux Astres les noms des
personnes illustres , et confondant l'homme
et l'Astre , on honora le tout ensemble
sous la Statue ou le Hierogliphe
qui désignoit également ces deux choses
confonduës.
Par exemple , la Lyre , le Serpent ,
le Centaure , étoient des Signes Celestes ,
ces mêmes Signes ou Hierogliphes , désignoient
un Apollon , Pere prétendu
des Poëtes et des Musiciens ; un Esculape ,
Pere de la Médecine , et un Neptune ,
qui le premier dompta des Chevaux pour
s'en servir à la guerre et à la Chasse.
Mais ce qui embroüilla beaucoup la
I, Vol, signifi
DECEMBRE. 1733. 259%
signification des Hierogliphes , et quit
commença à en rendre l'explication malaisée
, c'est que tous les Personnages qui
réüssissoient dans les Sciences , et qui par
conséquent marchoient sur les traces de
ces hommes déïfiez pour en avoir été
les Inventeurs , se disoient leurs Enfans ;
de bons Poëtes et Musiciens étoient dits
Enfans d'Apollon ; un bon Médecin se
disoit fils d'Esculape , et d'habiles Cavaliers
se mettoient au nombre des descendans
de Neptune , le dompteur de
Chevaux. On qualifioit d'Enfans de Vulcain
tous ceux qui travailloient à forger
les Armes et les Outils pour l'Agriculture.
La Fable ne donne qu'un oeil aux
Cyclopes , pour signifier que les Ouvriers
qui travailloient aux Mines dans les en
trailles de la Terre , séjour continuellement
ténebreux , ne joüissoient que
d'un des deux avantages communs aux
autres hommes qui voyent alternativement
la luraiere du Soleil après l'obscu
rité de la nuit ; d'habiles Pilotes et Mariniers
étoient considerez comme fils
d'Eole et de l'Ocean.
Toutes ces personnes désignoient leur
Art sous un Hierogliphe , lequel souvent
les désignoit aussi eux - mêmes. La marque
étoit relative à la Profession et à
1. Vol. Cij l'Ou2592
MERCURE DE FRANCE
l'Ouvrier , et ces deux qualitez à la Divinité
Protectrice de l'Ouvrage , celafait
qu'un même Hierogliphe pouvoit signifier
trois choses bien differentes , une Sacrée ,
comme marque du Dieu d'un Art ; unc
Méchanique , comme marque de l'Art
même ; enfin une simple marque d'Ouvrier
Ainsi le même Hierogliphe qui
désignoit un Dieu , se mettoit souvent
sur le Tombeau d'un homme , pour montrer
la Profession dont il avoit été . Je
me servirai pour donner de cela un exem
ple sensible , d'un usage observé égale
ment par les Payens et par les premiers
Chrétiens en enterrant leurs Morts , les
uns mettoient souvent une hache sur
leurs Tombeaux , ce qui ne désignoit
pas toujours que celui qui étoit renfermé ||
dedans eût été un Ouvrier , ce pouvoit
être une personne de consideration qui
avoit eu pour Patron quelque Dieu Protecteur
d'un Art ou d'une Science , et
la hache étoit alors le Hierogliphe du
Dieu et non pas celui du Mort . Voilà
selon moi , ce qu'on doit entendre par
les Tombeaux érigez Sub ascia. Pan étoit
le Dieu des Campagnes , on n'enterroit
que là ; il a pû se faire que la hache ou
le hoyau , Instrumens propres à couper
les bois ou à remuer les terres
1. Vel
?
>
ont été
Les
DECEMBRE. 1733 2393
les Symboles des Dieux Champêtres , et
én mettant les Morts sous la protection
de ces Dieux , on mettoit leur Symbole
sur les Tombeaux .
A l'égard des Chrétiens , ils gravoient
une Pale sur les Sépulchres de feurs Martyrs
; ce Hierogliphe avoit une double
signification , l'une de passion , qui étoft
la gloire que s'étoient procuré ces Saints
par la souffrance , et l'autre de Religion , *
qui faisoit connoître celle dont ces illustres
avoient été les soutiens .
La représentation de differentes choses
par le même Hierogliphe , est ce qui
rend aujourd'hui presque impossible l'explication
des Monumens écrits avec ces ·
figures.
Comme je m'étendrai plus sur les Hierogliphes
que sur les Hierogrammes
quoique le mêlange des uns avec les
autres servit à fournir plus de moyens
d'exprimer ce qu'on avoit à faire sentir ;
je ne puis m'empêcher de faire une reflexion
qui tombe également sur tou
tes ces marques , c'est qu'il seroit à
souhaiter que les personnes qui s'appliquent
à les étudier , s'attachassent
bien à distinguer les deux especes dont
je parle , et les differents sujets ausquels
elles convenoient. Chacune de
1. Vol. Cij nos
2594 MERCURE DE FRANCE
nos Sciences a ses termes propres , il
en devoit être de même des Sciences
anciennes qui devoient par la même
Taison avoir aussi leurs marques propres.
Je ne dis pas que l'attention que
j'exige des Etudians en Hierogliphes fût
suffisante pour les conduire à une entiere
connoissance de ces figures énig .
matiques , on sçait assez que les Prêtres
et les Philosophes qui se servirent d'elles
depuis que l'on eut les Caracteres alphabetiques
, ne le faisoient que pour ca
cher une partie des choses dont ils ne
vouloient pas que le commun du peuple
fût instruit , mais du moins pár la
distinction des Hierogliphes on pourroit
en apprendre assez pour distinguer dans
les Monumens qui en sont chargez , ce qui
est de sacré d'avec ce qui est de prophane,
on tiendroit par là en bride les Charlatans
de la Litterature , qui trouvant
dans ces Monumens tout ce que leur
imagination y veut mettre , ne font
qu'embrouiller l'Histoire , loin de l'éclaircir
, et ils se trouveroient par ce
moyen hors d'état d'en imposer et d'ébloüir
les ignorans .
Revenons presentement à l'objet prin
cipal de cet Ouvrage , qui est de montrer
qu'entre toutes ces figures dont les
1. Vol. hommes
DECEMBRE. 1733. 2595
hommes se servirent pour expliquer leurs
connoissances , celles qui représentoient
des Animaux de differente nature , devinrent
dans les siecles où l'intelligence
de ces figures se trouva perduë, des Monstres
que l'ignorance fit croire avoir été
ou être existans. Je pense neanmoins que
dès - lors les Sçavans qui voulurent se mêler
de l'explication de ces Emblêmes , le
firent à l'avanture , et n'ont pas eu sur
cela plus d'avantage que ceux qui ont
voulu marcher sur leurs traces dans des
temps posterieurs , tels qu'Horus Apollo,
Pierrius Valerianus , les sieurs Langlois ,
et Dinet , et les Peres Kirker et Caussini
qui ont donné de ces Explications autant
justes qu'il est possible de le faire
dans une matiere aussi obscure ;il ne faut
pas douter que ce nombre infini de marques
de choses , tant animées qu'inanimées
qui se trouvent rangées dans un si bel ordre
sur les vieux Monumens Egyptiens , ne
contiennent des narrations bien suivies
sur differentes choses dont il falloit être
Instruit , tout s'écrivoit ainsi , et la connoissance
de la Religion , des Sciences ,
et de l'Histoire , ne se conservoit que
par le moyen de cette écriture figurée ,
la preuve de cela s'en peut tirer ( selon
moi ) de ce que dans ces longues nar-
L. Vol Ciiij rations
2596 MERCURE DE FRANCE
rations , certains Caracteres y sont répétez
souvent , et d'autres moins ; il y en
a même qui sont uniques , ou qui ne se.
trouvent répétez que deux ou trois fois
dans une longue Inscription ; ce qui devoit
faire la même chose que ce qu'on
peut remarquer dans notre écriture , où
nous avons des Lettres , comme les cinq
Voyelles qui reviennent souvent, pendant
que les K , les X , les Y , et les Z , y pa
roissent bien moins.
Il y avoit des Hyerogliphes qui contenoient
seuls un sens complet , ou une
pensée entiere; d'autres qui étoient d'abréviation
, et d'autres qui pouvoient ne former
que des demi mots et des mots dont
il étoit nécessaire de joindre plusieurs
ensemble,pour en former une expression
ou un sens déterminés de même que nous
employons en écrivant plusieurs mots ,
composés de différentes syllabes , pour
former une Phrase parfaite. J'ai fait cette
remarque en étudiant avec un peu d'attention
l'Obélisque Pamphile , que nous
a donné le Pere Kirker.
On y voit de fréquentes répétitions de
bras posez en fasce , les uns à mains ouvertes
, et les autres à poing fermé ; beaucoup
de signes en ziguezagues ; des Enfans
assis sur leur cul , le Panier de Séra-
1. Vol.
pis
DECEMBRE . 1733 . 2597
pis sur la tête , de Serpents , d'Anubis, de
Cynocéphales , &c. pendant qu'entre toutes
ces marques , souvent répétées , on ne
trouve qu'un seul sautoir , un seul tourteau
, qui est chargé d'une Croix pattée ,
quelques Etoiles , mais en petit nombre ;
tout cela donne lieu de conjecturer que
cet Obélisque contient des Enseignemens
de plusieurs natures , tant de Religion ,
de Science , que de Politique ; et que
chacune de ces choses avoit ses figures
propres à sonexpression ; ce qui fait que
les unes de ces figures paroissent souvent
dans un endroit , et bien moins dans un
autre , où il s'en trouve d'autres qui n'avoient
point encore paru.
Souvent pour donner à un Hyerogli
phe la force d'exprimer une action complete
, ou une pensée entiere , on étoit
obligé de le faire d'un composé de différens
membres d'animaux , et alors cette
figure devenoit monstrueuse ; tels étoient
les Hyérogliphes d'hommes à tête de
Chien , d'Oyseaux à face humaine , de
Corps à plusieurs têtes , et de têtes à plusieurs
visages ; ce dernier qui servit aux
Romains à symboliser leur Dieu Janus
étoit donc un Hyerogliphe plus ancien
qu'eux , il représentoit chez les Perses
Orimase et Arimane , et chez les Egyp-
1. Vola Cv tiens
2598 MERCURE DE FRANCE
tiens Osiris et Tiphon , c'est -à- dire , les
deux principes que les premiers Philosophes
admettoient pour Auteurs de toutes
choses , bonnes et mauvaises.
A l'égard des Hyerogrammes ou marques
fantasques , les plus simples comme
Le Cercle , le Triangle , le Quarré , le
Chevron, la Croix droite et la Croix panchée
composerent dans la suite les Caracteres
Litteraires , comme l'Omicron
le Delta , le Mi , l'Alpha, le Tau , le Chi
et autres , dont on se servit en quittant
P'Ecriture Hyerogliphique. Celle qui étoit
composée de Lettres , paroissant plus aisée
et plus propre à lier les pensées , et
à les produire dans un Discours suivi .
Je me sers de l'exemple des Caracteres
Grecs , parce que c'est par les Grecs que
nous avons la premiere connoissance de
T'usage que les Egyptiens faisoient de
leurs Hyerogliphes.
Les Hiérogrammes joints aux Hyerogliphes
, ne laissoient pas dans les temps où
l'on n'eut que cette sorte d'Ecriture
d'expliquer assez parfaitement les choses
dont les hommes 'devoient être instruits,
le faisant seulement plus en abrégé que
ne le fait l'Ecriture courante , ainsi il faut
croire que l'Ecriture figurée a toujours
été plus difficile à expliquer , sur tout l'étude
des Hyerogliphes Monstres deman-
1. Vol.
doit
DECEMBRE. 1733 2559
doit une grande attention et une grande
connoissance, puisqu'un seul pouvoit renfermer
un mystere de Religion , ou la
maniere de réussir dans un Ouvrage scientifique
, au lieu qu'il auroit fallu plusieurs
Hyérogrammes pour enseigner ces
choses ; cependant ces marques- cy firent
évanouir les autres ; kes Arabes , Mahométans
, à qui la Religion ne permettoit
pas d'écrire avec des figures d'hommes
et d'animaux , ne conserverent que les
Hyérogrammes, et quoiqu'ils eussent des
Caracteres Litteraires , ils se servirent des
premiers pour l'expression plus abrégée
et plus simple de leurs opérations Philosophiques
et Chimiques , continuant
par- là de faire de ces marques le même
usage qu'en faisoient les Egyptiens , qui
étoit de montrer par elles , la maniere de
décomposer et de recomposer les Corps
élémentaires. Ces mêmes marques ont
passé jusqu'à nos Phisiciens , qui les emploient
aux mêmes usages.
Le monde et toutes les sciences qu'on
peut acquerir se symbolisoient sous un
Hyerogliphe de figure tres bizare. C'étoit
un Globe avec des aîles , et des Serpens
autour de son Disque ; ce qui fait appeller
ce Hyérogliphe par le Pere Kirker :
Ali-Sphero Serpenti formem. On le voit
I. Vola
C vj paz
2600 MERCURE DE FRANCE
ན
paroître au haut de presque tous les
Obélisques , et on le mettoit là , comme
un titre , qui annonçoit que tout le Discours
qui alloit suivre , n'étoit que pour
instruire des choses connues dans l'Univers
, dont ce Globe volant étoit le type,
du mouvement , er des actions qui agitent
eet Univers .
Les Phéniciens , les Egyptiens et les
Chinois sont les premiers peuples qui firent
usage des Hyerogliphes , et qui leur
donnerent l'arrangement méthodique
dont je viens de parler , les divisant par
Classes , pour s'en servir aux différentes
applications qu'ils avoient à en faire s
leur figure fut d'abord fort simple dans
les premiers temps ; le trafic ne se faisoit
que par l'échange des Denrées; pour
le faire ( quand on n'étoit pas present )
on n'avoit d'autres moyens que d'envoyer
la figure gravée sur quelque chose
de ce qu'on vouloit vendre , et de ce
qu'on vouloit en retour. Un homme ,
par exemple , qui vouloit vendre un
Boeuf pour des Moutons , envoyoit à un
autre homme la figure d'autant de Moutons
qu'il prétendoit en avoir pour l'échange
du Boeuf, l'échange des Oyseaux
et des fruits de la terre se faisoit de même;
un Arbre se désignoit par un Arbre,
J.Val
DECEMBR E. 1733 . 260
et une personne qui auroit voulu faire
couper des Bois , en envoyoit l'ordre par
un Arbre renversé . On verra facilement
par ces seuls exemples, comment un hom
me pouvoit faire sçavoir ses volontez à
un autre , par le moyen des Hyérogli
phes, qui furent les premieres Monnoyes,
quoiqu'il n'eussent point de valeur en
eux-mêmes ; les accidens avoient leur
marque , la maladie avoit la sienne , une
personne qui vouloit faire consulter le
mal dont elle étoit affligée , envoyoit au
Médecin le symbole general de la maladie
, auquel étoit joint le symbole particulier
de la partie du corps qui étoit affectée
; si c'étoit le coeur , on mettoit un
coeur , et un oeil , ou un pied , si c'érbit
l'oeil ou le pied qui fut malade. Cela se
fait encore à peu près de même chez les
Chinois , qui ont beaucoup de Caracteres
figurez pour les mêmes choses , qu'ils
ont besoin d'exprimer.
Suivant l'explication qu'un de nos Académiciens
a donnée de la Fable des Gorgones
, il paroît que ce n'est qu'une action
de commerce que P'on avoit mis par
écrit en Hyérogliphes , et qu'après qu'on
eut perdu l'intelligence de ces marques,
en voyant des Yeux , des Dents , des Serpens
, qui n'étoient que la Relation du
LVel
voya
2602 MERCURE DE FRANCE
yoyage et l'énumération
des Marchandises
qu'une Flotte , partant de la Mer Méditerranée
, avoit rapporté des Terres situées
sur la Mer Océane , où le commerce
l'avoit attiré. On a cru que c'étoit
toute autre chose : et sur cela les Poëtes
composerent une Fiction Historique , où
de ces Gorgones , qui n'étoient que des
Vaisseaux revenus , chargez de Diamans ',
de Poudre d'or , et de Dents d'Eléphans ;
ils en firent des Filles horribles , qui
avoient la tête pleine de Serpens .
Parmi les Hyérogliphes il y en avoit
de plus simples les uns que les autres ;
les simples étoient les figures naturelles ,
véritables , et sans exagération ; au lieu
que les autres étoient des figures de pure
imagination; c'est ceux - cy qui ont donné
naissance à certains monstres qui ne
peuvent point avoir existé ; plusieurs
choses ont pû occasionner l'invention de
ces figures si extraordinaires ; par exemple
, un Chef de Nation qui vainquoit
différens ennemis , marquoit son triomphe
par une Bête allégorique , à qui on
donnoit autant de têtes que ce Chef avoit
terrassé de Peuples, ennemis. Voilà d'où
viennent les ( 1 ) Amphisbenes , les Cerbe-
( 1 ) Serpent qui pique par les deux extrémitez de
son corps.
1. Vol. ECS,
DECEMBRE. 1733 280g.
res et les Hydres , représentez avec 2 , 3 ,
et jusqu'à 7 têtes.
Apollon fut surnommé Pythiep , pour
avoir tué , disent les Mythologues , le Ser
pent Python , Monstre affreux qui s'étoie
formé du Limon échauffé , que les eaux
du Déluge avoient laissé sur la terre d'Egypte
; mais il est plus croyable que cette
Fable est une allégorie d'un effet naturel
que le Soleil opére tous les ans par sa
chaleur , qui desseche le Limon du Nil
et que les Rayons de l'astre sont les Flé
ches qui détruisent une pourriture , qui
infecteroit la terre sans ce secours annuel,
auquel on donna un mérite particulier
la premiere fois qu'on remarqua ce salutaire
effet , wu , en grec , signifie putrefaction
.
J'ai déja dit qu'entre les Hyérogliphes il
y en avoit de plus propres les uns que
les autres à caractériser certaines choses,
ainsi en suivant ce principe , la Religion
devoit avoir les siens , et les actions et
passions humaines les leurs ; ce que je
viens de remarquer des Gorgones , et de
ces guerriers symbolisés par des Monstres
suffira pour faire voir quels pouvoient
être les Hyérogliphes d'actions. Passons
présentement à la connoissance de quelques-
uns de ceux de passion , pour venir
I. Vol.
enfin
2604 MERCURE DE FRANCE
enfin à connoître quels étoient ceux de
Religion .
Il faut distinguer les passions humaines
en actives et en passives ; c'est nous
qui agissons dans les unes et nous recevons
l'action dans les autres les premiers
se symbolisoient par des marques fort
simples et les secondes par de plus composées,
un seul exemple suffira pour preu
ve de ce qu'étoient les dernieres , qui fera
l'explication du Hyérogliphe de la fortune
; cette Divinité fantasque , qui malgré
ses caprices , a toujours été l'objet
des désirs de tous les hommes , elle se
symbolisoit diversement selon le gout, le
sexe , l'âge et la condition de ses adorateurs
; on la faisoit tantôt homme , tantôt
femme , tantôt vieille et tantôt jeune,
en l'invoquant sous des noms qui avoient
rapport à ces changemens de figures.
>
Comme fortune aimée , fortuna primis
genia , elle étoit proprement le hazard
que quelques Philosophes soutenoient
avoir seul servi au débrouillement duz
Cahos . Les autres surnoms de la fortune
étoient , fortuna obsequens , l'obéissante
patrone des gens heureux ; privata , la
médiocre , qui est celle qui contente les
Sçavans ; fortuna mulier et virgo ; celle des
femmes et des filles,fortuna virilis;celle des
I, Vol
hom
DECEMBRE . 1733. 2605
hommes qui se représentoit de sexe mas
culin , il y avoit même la fortune des
vieillards , représentée avec une longue
barbe , et celle-cy étoit sans doute de
toutes les fortunes celle qu'on honoroit
le plus tard .
Cette Divinité se représentoit en general
avec tout l'appareil significatif des
effets que ses caprices produisoient dans
le monde , montée sur une roue, avec des
aîles sur le dos , un bandeau sur les yeux,
ses cheveux assemblez sur le devant de
la tête , et chauve par derriere , tout cela
pour montrer son instabilité , son inconstance
, son aveuglement dans la dispensation
de ses dons , et la difficulté de
la ratraper quand elle nous a tourné le
dos ; on lui mettoit aussi un Globe en
une main , et un Gouvernail ou une Corne
d'abondance en l'autre , pour mon
trer qu'elle gouverne le Monde , et y répand
les biens à sa volonté , ce qui étoit
encore signifié par un Soleil et une Lune
qui accompagnoient sa tête ; enfin cette
Deïté , qui est , pour ainsi dire, l'ame du
monde , pouvoit- elle manquer d'être fi
gurée par un Hierogliphe des plus composez
? C'est peut- être celui qui donna
l'idée de faire les figures panthées dont
je parlerai bien-tôt.
1. Vet. Quan
2606 MERCURE DE FRANCE
:
Quant aux Hierogliphes des passions
actives qui sont au - dedans de nous - mê
mes , ils étoient tous simples quand on
n'avoit à lés représenter que chacun séparément
; la Genisse , l'Agneau , la Colombe
, la Tourterelle , & c. marquoient
la pureté , l'innocence , l'amitié et la
constance. La virginité paroissoit sous la
marque d'une fille échevelée , vétuë de
blanc , les Vertus étoient symbolisées par
des Animaux de figures aimables , et les
vices , au contraire , étoient figurez par
des Animaux affreux , dont la seule vûe
causoit de l'horreur ; la Religion Chrétienne
a conservé ces usages , on a dé
signé les pechez capitaux par les plus
hideuses bêtes que nous connoissions , à
l'imitation des Anciens qui inventerent
des Monstres qui n'existoient point, pour
dépeindre les vices avec des couleurs plus
effrayantes.
Ils imaginerent un Basilic qui tuë de
son regard ; un Serpent qui empoisonne
de son écume toutes les herbes où il se
traîne; une infinité d'autres bêtes affreuses
étoient les Symboles des deffauts les plus
nuisibles à la Societé , comme la calomnie
, le mensonge et d'autres ; l'Hiene
étoit la marque de la cruauté ; et comme
les femmes ne sont pas exemptes de ce
I. Vol. vice
DECEMBRE . 1733. 2607
vice , on fit cet Animal hermaphrodite.
Toutes ces Images que je viens de représenter
, étoient simples ; mais quand
il falloit caracteriser en un même Symbole
plusieurs vices ou plusieurs vertus ,
il falloit bien composer un Hierogliphe
dans lequel les Symboles particuliers de
toutes ces choses entrassent , et cela formoit
des Panthées de passions , semblables
aux Panthées sacrez.
L'Antiquité eut des Héros et des braves
, qui ainsi que nos Chevaliers Errans
du temps de Charlemagne , se dévoüoient
à passer leur vie en courant le Monde
pour secourir les foibles et purger la Terre
des brigands , qui en étoient les veritables
Monstres ; tels furent parmi les
Gercs Hercule , Thesée , Jason , Persée ,
et autres. Je métonne que les Auteurs
zelez pour la gloire de notre ancienne
Chevalerie , ayent borné son origine
aux Chevaliers Romains , et qu'ils ne
l'ayent pas remontée jusqu'aux demi-
Dieux de la Grece , nos vieux Romanciers
leur en avoient donné l'ouverture ,
par le merveilleux qu'ils ont répandu sur
les avantures de nos valeureux Paladins ,
Renaud , Roland et Amadis , en leur
fournissant à point nommé des montures
diaboliques pour les conduire plus
par
B.I. Vel
prem
2303 MERCURE DE FRANCE
promptement vers les Géants qu'ils devoient
exterminer , à l'exemple des Poëtes
Grecs qui trouvoient des Pégases pour
en fournir fort à propos aux Deffenseurs
des Dames , télles qu'Andromede et Hésione.
Michel de Cervantes et Rabelais , pour
se mocquer des idées folles des Auteurs
de Romans , ont imaginé les Oriflants ,
les Hippogriphes et les Chevillards , don't
ils ont parlé , l'un dans son Don Quichote
, et l'autre dans son Gargantua .
›
Ce sont ces Chevaux ailez de la Fable
qui ont pû persuader qu'il y avoit des
Licornes ( autres animaux aussi fabuleux )
il est aisé de voir de quelle source partoit
cette fausse persuasion . L'Yvoire venoir
, à ce qu'on disoit d'une Corne de
bête qui se trouvoit en Afrique et
Pline dans son Histoire Naturelle ( L. 8.
C. 21. ) admet des Chevaux volants et
des Chevaux à Cornes , à qui il donne
également le nom de Pégase , et les fait
trouver en Ethiopie , Pays voisin des
Monts Athlas , où Persée eut occasion
de se servir d'un de ces Chevaux . Æthiopia
generat , multaque alia Monstro similia
Pennatos equos et Cornibus armatos
quos Pegasos vocant ; ce Passage ne m'empêchera
pas de conclure que , puisque
I. Vol. los
DECEMBRE . 1733. 2609
tes Pégases sont chimeriques , les Licornes
ne le sont pas moins , et la description
que continue d'en faire le méme
Auteur , achevera de prouver que ces
Animaux ne doivent être regardez que
comme des chimeres , ou plutôt ce sont
des Hierogliphes qui ont eu cette forme
, la Licorne a pû êrre une image
Panthée propre à désigner la fécondité
cu les perfections dans le genre animal ,,
elle avoit le corps d'un Cheval , la tête
d'un Cerf , les pieds d'Elephant , sa
queue d'un Sanglier , avec une corne de
deux coudées de long , placée au milieu
du front.
"
L'Auteur promet la suite.
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Résumé : DES HIEROGLYPHES, et de leurs usages dans l'Antiquité. Discours où l'on fait voir qu'ils sont l'origine de tous les Monstres et de tous les Animaux chimeriques dont les Anciens nous ont parlé. Par M. Beneton de Perrin.
Le texte 'Des hiéroglyphes, et de leurs usages dans l'Antiquité' de M. Beneton de Perrin explore l'origine et l'évolution des hiéroglyphes. Les premiers hommes, limités par la communication orale, inventèrent des figures pour représenter leurs pensées, appelées hiéroglyphes. Ces figures servaient à exprimer les actions et les passions, formant un langage muet. Les Grecs nommèrent ces figures hiéroglyphes, dérivant du terme 'sacra sculptura' car les prêtres les utilisaient pour écrire sur la religion et envelopper les mystères. Les hiéroglyphes se multiplièrent avec le perfectionnement du langage et des sciences. Ils sont distingués en deux classes : les hiéroglyphes animés, représentant des formes de bêtes ou de plantes, et les hiéroglyphes inanimés, ou hiérogrammes, qui étaient des figures fantaisistes formant souvent les lettres alphabétiques. Les Chaldéens, observant les cieux, traçaient des figures correspondant aux constellations, nommant des amas d'étoiles comme le Sagittaire ou la Vierge. Les Grecs nommèrent également des constellations d'après leurs héros, notamment les Argonautes. Cette personnification des astres conduisit à l'idolatrie, où les figures taillées et les symboles hiéroglyphiques devinrent respectables. L'idolatrie s'intensifia avec la déification des hommes illustres, comme Apollon ou Esculape, et des arts qu'ils inventèrent. Les hiéroglyphes devinrent complexes, signifiant parfois trois choses différentes : sacrée, mécanique, et personnelle. Par exemple, une hache sur un tombeau pouvait désigner un ouvrier ou une personne protégée par un dieu. Les hiéroglyphes étaient utilisés pour conserver la connaissance de la religion, des sciences et de l'histoire. Leur interprétation est rendue difficile par le mélange des hiéroglyphes et des hiérogrammes. Le texte souligne l'importance de distinguer ces figures pour éviter les erreurs historiques et les interprétations trompeuses. Les hiéroglyphes représentaient des concepts complexes et des principes philosophiques, comme Orimase et Arimane chez les Perses, et Osiris et Tiphon chez les Égyptiens, symbolisant les forces du bien et du mal. Les hiérogrammes, des marques plus simples comme le cercle, le triangle, et la croix, ont évolué pour former des caractères littéraires utilisés dans l'écriture courante. Les hiéroglyphes étaient utilisés pour représenter des idées abstraites et des concepts religieux, souvent difficiles à interpréter et nécessitant une grande connaissance pour être compris. Les Arabes, en raison de leurs restrictions religieuses, ont conservé les hiérogrammes pour des usages philosophiques et chimiques, une pratique adoptée par les physiciens modernes. Le texte mentionne également un hiéroglyphe particulier, un globe ailé avec des serpents, souvent trouvé sur les obélisques, symbolisant l'univers et ses mouvements. Les Phéniciens, les Égyptiens et les Chinois sont cités comme les premiers peuples à avoir utilisé les hiéroglyphes de manière méthodique. Les hiéroglyphes étaient utilisés pour diverses applications, comme le commerce et la médecine. Par exemple, une figure d'un animal ou d'une partie du corps pouvait indiquer une maladie ou une demande de traitement. Les hiéroglyphes étaient également utilisés pour représenter des passions humaines, des vertus et des vices, souvent symbolisés par des animaux. Le texte explore également les hiéroglyphes liés à la fortune, représentée par une divinité capricieuse et instable, souvent figurée avec une roue, des ailes et un bandeau sur les yeux. Les passions actives et passives étaient symbolisées par des marques simples ou composées, respectivement. Enfin, le texte compare les héros grecs, comme Hercule et Thésée, aux chevaliers errants de la chevalerie médiévale, notant les similitudes dans leurs quêtes pour secourir les faibles et combattre les monstres.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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765
766
p. [2]621-2624
ODE. Tirée du Pseaume 129. De profundis, &c.
Début :
De ce sacré séjour, demeure respectable, [...]
Mots clefs :
De profundis, Dieu, Douleur, Nuit, Psaume
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ODE. Tirée du Pseaume 129. De profundis, &c.
OD E.
Tirée du Pseaume 129. De profundis, & c .
DEE ce sacré séjour, demeure respectable ,
Ou réside à jamais , ton . Thrône redoutable ,
Monarque tout puissant , jette sur moi les yeux ,
D'un coupable mortel entens la voix plaintive ,
Et prêtant à mes cris une oreille attentive ,
Dol
Déco DY .
2622 MERCURE DE FRANCE
Délivre moi des maux que je souffre en ces
lieux .
-
諾
Ministres du Seigneur, Troupe pure et fidelle .
Qui sans cesse adorez sa Puissance immortelle ,
Joignez vos saints Concerts à mes tristes accens
;
Humblement prosternez devant ce Dieu terrible
,
Qui releve le foible et confond l'invincible ,
Offrez- lui ma priere , offrez - lui mon encens.
Que ne puis - je , ô mon Dieu ,
Carriere ,
terminer ma
Que ne puis-je forcer la puissante Barriere
Qui tient' mes pas
fixez dans ce lieu de douleur t
Que ne puis-je, élancé vers la Cité celeste ›
De mes liens de chair, quittant le poids funeste
Aller jouir en paix de l'éternel bonheur !
諾
Si dans ce jour fatal , horrible , épouventable
Où tu nous jugeras en Juge inéxorable ,
Tu péses l'homme au poids de son iniquités
Si, saisi de respect à ta présence auguste ,
Le serviteur fidele et l'homine le plus juste
Doivent trembler d'effroi devant ta Majesté..
洽
1. Val.
Quel
DECEMBR E. 1733 . 2623
Quel Mortel répassant le nombre de ses criines
,
Et voyant sous ses pieds les ténébreux abîmes
Pourra souffrir l'éclat de ton juste courroux
Qui sera mon appuy , si ta bonté propice ,
Ne fait taire en ce jour ta sévére justice ,
Et de tes traits vangeurs , ne détourne les coups?
M.
Séduit par le Tyran de la nuit éternelle ,
Qui nous déclare à tous une guerre mortelle.
De tes commandemens j'ai violé les loix ; .-
Par des discours menteurs , j'ai noirci l'inno
cence ,
Et du vice orgueilleux , approuvant la licence ,
A le vanter par tout , j'ai consacré ma voix.
Je pleure mes péchez ; je gémis de mes crimes ;
Tu déployois déja des tourmens légitimes ,
Si je n'eusse , grand Dieu , reclamé ton secours
Pénétré de douleur,d'avoir pû te déplaire ,
Et d'avoir mérité ta puissante colere .
De mes iniquitez je déteste le cours .
Dès que la nuit obscure , étend ses voiles somebres
,
Et couvre l'Univers de ses épaisses ombres , »
Io Vol Dvi
Par
2624 MERCURE DE FRANCE
Par mes gemissemens j'exprime mes douleuss ,
Le Soleil aux Humains , ramenant la lumiere ,
Recommence le cours de sa vaste Carriere ,
Et me retrouve encore inondé de mes pleurs ...
Mon espoir est en vous , Seigneur , votre teme
I dresse ,
Rassure mes esprits , et soutient ma foiblesse
Contre tous les efforts de mes sens révoltez ,
Pour vaincre mes désirs , pour dompter mes car
prices ,
J'irai vous présenter mes humbles Sacrifices ,
Et de votre clémence implorer les bontez.
AUBRY DE TRUNG Y.
Tirée du Pseaume 129. De profundis, & c .
DEE ce sacré séjour, demeure respectable ,
Ou réside à jamais , ton . Thrône redoutable ,
Monarque tout puissant , jette sur moi les yeux ,
D'un coupable mortel entens la voix plaintive ,
Et prêtant à mes cris une oreille attentive ,
Dol
Déco DY .
2622 MERCURE DE FRANCE
Délivre moi des maux que je souffre en ces
lieux .
-
諾
Ministres du Seigneur, Troupe pure et fidelle .
Qui sans cesse adorez sa Puissance immortelle ,
Joignez vos saints Concerts à mes tristes accens
;
Humblement prosternez devant ce Dieu terrible
,
Qui releve le foible et confond l'invincible ,
Offrez- lui ma priere , offrez - lui mon encens.
Que ne puis - je , ô mon Dieu ,
Carriere ,
terminer ma
Que ne puis-je forcer la puissante Barriere
Qui tient' mes pas
fixez dans ce lieu de douleur t
Que ne puis-je, élancé vers la Cité celeste ›
De mes liens de chair, quittant le poids funeste
Aller jouir en paix de l'éternel bonheur !
諾
Si dans ce jour fatal , horrible , épouventable
Où tu nous jugeras en Juge inéxorable ,
Tu péses l'homme au poids de son iniquités
Si, saisi de respect à ta présence auguste ,
Le serviteur fidele et l'homine le plus juste
Doivent trembler d'effroi devant ta Majesté..
洽
1. Val.
Quel
DECEMBR E. 1733 . 2623
Quel Mortel répassant le nombre de ses criines
,
Et voyant sous ses pieds les ténébreux abîmes
Pourra souffrir l'éclat de ton juste courroux
Qui sera mon appuy , si ta bonté propice ,
Ne fait taire en ce jour ta sévére justice ,
Et de tes traits vangeurs , ne détourne les coups?
M.
Séduit par le Tyran de la nuit éternelle ,
Qui nous déclare à tous une guerre mortelle.
De tes commandemens j'ai violé les loix ; .-
Par des discours menteurs , j'ai noirci l'inno
cence ,
Et du vice orgueilleux , approuvant la licence ,
A le vanter par tout , j'ai consacré ma voix.
Je pleure mes péchez ; je gémis de mes crimes ;
Tu déployois déja des tourmens légitimes ,
Si je n'eusse , grand Dieu , reclamé ton secours
Pénétré de douleur,d'avoir pû te déplaire ,
Et d'avoir mérité ta puissante colere .
De mes iniquitez je déteste le cours .
Dès que la nuit obscure , étend ses voiles somebres
,
Et couvre l'Univers de ses épaisses ombres , »
Io Vol Dvi
Par
2624 MERCURE DE FRANCE
Par mes gemissemens j'exprime mes douleuss ,
Le Soleil aux Humains , ramenant la lumiere ,
Recommence le cours de sa vaste Carriere ,
Et me retrouve encore inondé de mes pleurs ...
Mon espoir est en vous , Seigneur , votre teme
I dresse ,
Rassure mes esprits , et soutient ma foiblesse
Contre tous les efforts de mes sens révoltez ,
Pour vaincre mes désirs , pour dompter mes car
prices ,
J'irai vous présenter mes humbles Sacrifices ,
Et de votre clémence implorer les bontez.
AUBRY DE TRUNG Y.
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Résumé : ODE. Tirée du Pseaume 129. De profundis, &c.
Le poème est une supplique adressée à Dieu, où le narrateur se présente comme un pécheur en quête de miséricorde. Il exprime ses souffrances et demande à être délivré de ses maux. Le narrateur appelle également les ministres du Seigneur à prier avec lui pour que Dieu entende ses prières. Il aspire à quitter ses liens terrestres pour accéder au bonheur céleste. Le jour du jugement dernier est évoqué, où chaque homme sera jugé selon ses péchés. Le narrateur reconnaît ses fautes, ayant été séduit par le mal et violé les commandements divins. Il pleure ses erreurs et implore l'aide de Dieu pour échapper à ses tourments. Le narrateur décrit ses nuits de gémissements et ses jours de douleur, mais place son espoir en Dieu, qui le rassure et soutient sa faiblesse. Il promet d'offrir des sacrifices et d'implorer la clémence divine.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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767
p. 2629-2632
LETTRE écrite le 30. Novembre 1733. au sujet de l'Ouvrage de M. Michel, intitulé, Systême Chronologique &c.
Début :
Je porte, Monsieur, à votre Tribunal un Procès Litteraire dans lequel le [...]
Mots clefs :
P. Tournemine, M. Michel, Histoire, Édition, Ouvrage, Dissertations , Système chronologique, Bible
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE écrite le 30. Novembre 1733. au sujet de l'Ouvrage de M. Michel, intitulé, Systême Chronologique &c.
LETTRE écrite le 35. Novembre 1733.
au fujet de l'Ouvrage de M. Michel™,
intitulé , Systême Chronologique &c.
JE porte ,Monsieur , à votre Tribunal
un Procès Litteraire dans lequel lè
principal interessé ne veut point entrer ;
mais tout Homme de Lettres , tout Lecteur
est partie à son défaut. La discussion
dé ce Procès n'est pas difficile , l'exposi
tion du fait le décide.
J'ay lû avec plaisir dans l'ouvrage de
M. Michel , intitulé Systême Chronologique
sur les trois Textes de la Bible qui a paru
cette année , les principes Chronologiques
de l'Auteur : il fait sentir que le
calcul trop abregé des Juifs ne s'accorde ,
ni avec la vraisemblance , ni avec les
Monumens Historiques les moins contestés
, qu'il faut avoir recours aux Textes
Grecs et Samaritains pour les années écoulées
depuis le Déluge jusqu'à l'Epoque
d'Abraham , que cette methode autori-
I. Vol.
sec
2630 MERCURE DE FRANCE
sée par les Saints Peres , et suivie par de
fameux Interprétes et d'habiles Chronologistes
, est la seule qui réunisse l'Histoire
Profane à l'Histoire Sacrée. Mon
plaisir a fort augmenté quand j'ay trouvé
à la page onzième une voie de conciliation
de la Vulgate avec le Grec et le Samaritain
, indiquée, qui conserve à la Vulgate
toute son authorité .
Dans ce commencement de l'ouvrage
de M. Michel , la justesse des conjectures
est appuyée par une érudition choisie . La
marge est chargée d'un grand nombre de
citations. J'y ai cherché la citation des
Memoires de Trevoux , ou des Dissertations
chronologiques du R. P. Tournemine
, et je l'ay cherchée en vain , elle y
manque.
Cependant , Monsieur , la voie de conciliation
entre les trois Textes a été proposée
par le P. Tournemine , il y a trente
ans dans les Mémoires de Trevoux de mil
sept cent trois , au mois de Mars et au mois
d'Août ; il ne se contente pas de la proposer
, cette conjecture ingenieuse , il
l'établit par des preuves ausquelles il est
difficile de resister.
En mil sept cent six M. du Hamel , ce
sçavant Universel , Philosophe , Mathématicien
, Théologien , Interpréte de l'E-
1. Vol. criture
DECEMBRE. 1733. 2651
criture , versé dans toutes les Sciences
adopta avec éloge le sentiment du Pere
Tournemine dans sa belle Edition de la
Bible.
En mil sept cent dix- neuf, le P. Tournemine
expliqua encore plus cette voie de
conciliation dans ses Dissertations chronologiques
latines , jointes à la nouvelle
Edition de Menochius. Ses découvertes
sur l'Histoire d'Egypte , des Assiriens ,
des Médes , de Cyrus , de Judith et d'Ester
sur l'origine des Lacédémoniens ,
sur plusieurs Propheties , entr'autres sur
les semaines de Daniel , sur l'année de la
Naissance de Jesus Christ , contenues
dans ces Dissertations , ont été goutées et
adoptées par d'habiles Critiques.
-
En mil sept cent vingt deux la seconde
Edition des Dissertations du P. Tournemine
parut à Venise. Un docte Italien , attaqua
la voie de conciliation proposée par
ce Pere en mil sept cent vingt-huit. M.
l'Abbé Biacca , fameux Académicien de
Rome , la justifia dans son Trattenimento
istorico Cronologico . Sa Critique judicieuse,
nette , précise , a obtenu les suffrages de
toute l'Italie sçavante.
En mil sept cent vingt-neuf , M. Len
glet du Fresnoy, dans la nouvelle Edition
de sa Méthode pour étudier l'Histoire
I. Vol. Livre
2632 MERCURE DE FRANCE
+
Livre nécessaire à tous ceux qui veulent
la sçavoir , déja traduit en Allemand , en
Espagnol , en Italien , en Anglois , suit
et dévelope le sensiment du P. Tournemine
avec cette clarté et cet ordre qui
fait le caractere et le succès de ses Ou
vrages.
Enfin en mil sept cent trente-deux , la
sçavante Academie d'Angleterre qui s'applique
à éclaircir l'Histoire Universelle ,
et qui en fournit d'excellens materiaux ,
a cité le P. Tournemine et préferé son
sentiment aux autres. On a traduit en
François cet Ouvrage curieux .
Si l'idée , les preuves, les raisonnemens;
les citations que le P. Tournemine a pu
bliés, il y a trente ans , étoient venus dans
l'esprit de M. Michel , la rencontre seroit
merveilleuse , unique ; elle est in
croïable , et pour justifier M. Michel il
faut rejetter la faute de la citation omise
sur le Copiste ou sur l'Imprimeur..
au fujet de l'Ouvrage de M. Michel™,
intitulé , Systême Chronologique &c.
JE porte ,Monsieur , à votre Tribunal
un Procès Litteraire dans lequel lè
principal interessé ne veut point entrer ;
mais tout Homme de Lettres , tout Lecteur
est partie à son défaut. La discussion
dé ce Procès n'est pas difficile , l'exposi
tion du fait le décide.
J'ay lû avec plaisir dans l'ouvrage de
M. Michel , intitulé Systême Chronologique
sur les trois Textes de la Bible qui a paru
cette année , les principes Chronologiques
de l'Auteur : il fait sentir que le
calcul trop abregé des Juifs ne s'accorde ,
ni avec la vraisemblance , ni avec les
Monumens Historiques les moins contestés
, qu'il faut avoir recours aux Textes
Grecs et Samaritains pour les années écoulées
depuis le Déluge jusqu'à l'Epoque
d'Abraham , que cette methode autori-
I. Vol.
sec
2630 MERCURE DE FRANCE
sée par les Saints Peres , et suivie par de
fameux Interprétes et d'habiles Chronologistes
, est la seule qui réunisse l'Histoire
Profane à l'Histoire Sacrée. Mon
plaisir a fort augmenté quand j'ay trouvé
à la page onzième une voie de conciliation
de la Vulgate avec le Grec et le Samaritain
, indiquée, qui conserve à la Vulgate
toute son authorité .
Dans ce commencement de l'ouvrage
de M. Michel , la justesse des conjectures
est appuyée par une érudition choisie . La
marge est chargée d'un grand nombre de
citations. J'y ai cherché la citation des
Memoires de Trevoux , ou des Dissertations
chronologiques du R. P. Tournemine
, et je l'ay cherchée en vain , elle y
manque.
Cependant , Monsieur , la voie de conciliation
entre les trois Textes a été proposée
par le P. Tournemine , il y a trente
ans dans les Mémoires de Trevoux de mil
sept cent trois , au mois de Mars et au mois
d'Août ; il ne se contente pas de la proposer
, cette conjecture ingenieuse , il
l'établit par des preuves ausquelles il est
difficile de resister.
En mil sept cent six M. du Hamel , ce
sçavant Universel , Philosophe , Mathématicien
, Théologien , Interpréte de l'E-
1. Vol. criture
DECEMBRE. 1733. 2651
criture , versé dans toutes les Sciences
adopta avec éloge le sentiment du Pere
Tournemine dans sa belle Edition de la
Bible.
En mil sept cent dix- neuf, le P. Tournemine
expliqua encore plus cette voie de
conciliation dans ses Dissertations chronologiques
latines , jointes à la nouvelle
Edition de Menochius. Ses découvertes
sur l'Histoire d'Egypte , des Assiriens ,
des Médes , de Cyrus , de Judith et d'Ester
sur l'origine des Lacédémoniens ,
sur plusieurs Propheties , entr'autres sur
les semaines de Daniel , sur l'année de la
Naissance de Jesus Christ , contenues
dans ces Dissertations , ont été goutées et
adoptées par d'habiles Critiques.
-
En mil sept cent vingt deux la seconde
Edition des Dissertations du P. Tournemine
parut à Venise. Un docte Italien , attaqua
la voie de conciliation proposée par
ce Pere en mil sept cent vingt-huit. M.
l'Abbé Biacca , fameux Académicien de
Rome , la justifia dans son Trattenimento
istorico Cronologico . Sa Critique judicieuse,
nette , précise , a obtenu les suffrages de
toute l'Italie sçavante.
En mil sept cent vingt-neuf , M. Len
glet du Fresnoy, dans la nouvelle Edition
de sa Méthode pour étudier l'Histoire
I. Vol. Livre
2632 MERCURE DE FRANCE
+
Livre nécessaire à tous ceux qui veulent
la sçavoir , déja traduit en Allemand , en
Espagnol , en Italien , en Anglois , suit
et dévelope le sensiment du P. Tournemine
avec cette clarté et cet ordre qui
fait le caractere et le succès de ses Ou
vrages.
Enfin en mil sept cent trente-deux , la
sçavante Academie d'Angleterre qui s'applique
à éclaircir l'Histoire Universelle ,
et qui en fournit d'excellens materiaux ,
a cité le P. Tournemine et préferé son
sentiment aux autres. On a traduit en
François cet Ouvrage curieux .
Si l'idée , les preuves, les raisonnemens;
les citations que le P. Tournemine a pu
bliés, il y a trente ans , étoient venus dans
l'esprit de M. Michel , la rencontre seroit
merveilleuse , unique ; elle est in
croïable , et pour justifier M. Michel il
faut rejetter la faute de la citation omise
sur le Copiste ou sur l'Imprimeur..
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Résumé : LETTRE écrite le 30. Novembre 1733. au sujet de l'Ouvrage de M. Michel, intitulé, Systême Chronologique &c.
La lettre, datée du 35 novembre 1733, traite de l'ouvrage de M. Michel intitulé 'Système Chronologique', qui porte sur les textes bibliques. L'auteur de la lettre apprécie les principes chronologiques de M. Michel, qui critique le calcul des Juifs et propose d'utiliser les textes grecs et samaritains pour les périodes antérieures à Abraham. Cette approche est soutenue par les Saints Pères et des chronologistes renommés. L'auteur note une voie de conciliation entre la Vulgate, le grec et le samaritain à la page onze de l'ouvrage. Cependant, il souligne l'absence de citations des Mémoires de Trevoux ou des dissertations chronologiques du Père Tournemine, qui avait proposé cette conciliation trente ans auparavant. Le Père Tournemine avait établi cette conjecture avec des preuves solides, et elle avait été adoptée par des savants comme M. du Hamel et l'Abbé Biacca. La lettre mentionne également que des critiques et des académies, y compris l'Académie d'Angleterre, avaient validé les travaux du Père Tournemine. L'auteur conclut que la similitude entre les idées de M. Michel et celles du Père Tournemine est trop grande pour être une coïncidence, suggérant une possible omission de citation.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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768
p. 2712-2713
ALLEMAGNE.
Début :
Il a parû à Vienne sur la fin du mois dernier, un Decret, par lequel l'Empereur impose une [...]
Mots clefs :
Empereur, Clergé, Protestants
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
La parû à Vienne sur la fin du mois dernier ,
un Decret , par lequel l'Empereur impose une
axe sur tous les biens fonds dans ses Etats héeditaires.
Les Protestans qui sont établis dans la hautë ,
sutriche et qui demandoient depuis long- temps
J.Vol.
DECEMBRE . 1733. 2713
la liberté d'en sortir , ont obtenu la permission
de se retirer en Hongrie ou en Transylvanie.
On leve actuellement deux Régimens de Dragons
, deux de Hussarts et huit d'Infanterie ,
dont quatre seront composez d'Allemans , deux
de Napolitains , et deux de Hongrois.
Le Clergé de la Basse Autriche doit fournir à
l'Empereur un don gratuit de deux millions ; on
compte que celui du Clergé de la Haute Autri
che sera de 600000. florins , et que quelques
Ordres Religieux en donneront 400000.
La parû à Vienne sur la fin du mois dernier ,
un Decret , par lequel l'Empereur impose une
axe sur tous les biens fonds dans ses Etats héeditaires.
Les Protestans qui sont établis dans la hautë ,
sutriche et qui demandoient depuis long- temps
J.Vol.
DECEMBRE . 1733. 2713
la liberté d'en sortir , ont obtenu la permission
de se retirer en Hongrie ou en Transylvanie.
On leve actuellement deux Régimens de Dragons
, deux de Hussarts et huit d'Infanterie ,
dont quatre seront composez d'Allemans , deux
de Napolitains , et deux de Hongrois.
Le Clergé de la Basse Autriche doit fournir à
l'Empereur un don gratuit de deux millions ; on
compte que celui du Clergé de la Haute Autri
che sera de 600000. florins , et que quelques
Ordres Religieux en donneront 400000.
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Résumé : ALLEMAGNE.
En décembre 1733, un décret impérial a imposé une taxe sur les biens fonciers dans les États héréditaires de l'Empereur. Les protestants de Haute-Autriche ont obtenu la permission de se retirer en Hongrie ou en Transylvanie. Huit régiments, dont quatre allemands, deux napolitains et deux hongrois, ont été levés. Le clergé de Basse-Autriche a dû donner deux millions de florins à l'Empereur. Le clergé de Haute-Autriche et certains ordres religieux ont contribué respectivement 600 000 et 400 000 florins.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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769
p. 2713-2714
ITALIE.
Début :
Le 24. Novembre, il parut à Rome un Bref par lequel le Pape accorde un Jubilé pour [...]
Mots clefs :
Empereur, Royaume de Naples, Subsides, Jubilé
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
ITALIE.
E 24. Novembre , il parut à Rome an Bref
Lpar lequel le Pape accorde un Jubilé pour
tous les Fideles de l'un et l'autre sexe de cette
Ville , qui pendant l'une des deux premieres se
maines de l'Avent , jeûneront le Mercredy , le
Vendredy et le Samedy , et qui - après s'étre
Confessez et avoir communié , visiteront au
moins une fois les Eglises de Saint Pierre
du Vatican , de S. Jean de Latran et de sainte
Marie Majeure , et feront quelques aumônes aux
vres , pour obtenir du Ciel l'extirpation de
ésie , la conversion des Infidelles er la Paix
Surope.
apprend de Venise , que l'Agent de la Czaen
cette Ville , avoit fait partir plusieurs
Ouvriers en Etoffes de Laine et de Soye pour
Petersbourg , et qu'il avoit eu ordre d'engager
des Families dont les Chefs soient en état d'éta →
blir diverses Manufactures dans les principales
Villes de Moscovie.
Le Comte de Froulay , Ambassadeur de France
auprès de la République ; arriva à Venise
I.
au
Да. Vol. Hiij com
2714 MERCURE DE FRANCE
commencement de ce mois , sur une Galere
de l'Etat de Genes,
On mande de Naples , que le Corps de Ville
s'étant assemblé le 11. de Novembre pour déliberer
sur les subsides demandez par l'Empereur ,
a résolu de lui accorder un million de florins , et
on a chargé un certain nombre des principaux
Bourgeois de chaque quartier de regler la répartition
de cette somme sur les habitans .
Le Prince de Sant-Angelo Impériali, Régent de
la Cour de la Vicairerie , a proposé à l'Empereur
de permettre à tous ceux qui ont été bannis du
Royaume de Naples, pour quelque cause que ce
soit , d'y revenir , à condition que chacun d'eux
payera une somme proportionnée à la faute pour
laquelle il a été condamné au bannissement , et
on prétend que ce projet , s'il est executé , produira
deux millions de ducats .
On a publié un Decret de S. M. I. par lequel
il est ordonné à tous les Seigneurs et Gentils
hommes qui ont des Charges ou des biens fonds
dans le Royaume , et qui sont absents , d'y ve
nir résider , sous peine de saisie de leurs revenus.
La Noblesse de cet Etat a offert à l'Empereur
de lui fournir 800. chevaux.pour la remonte de
sa Cavalerie.
Les dernieres Lettres de Naples , portent que
le Conseil Collateral attend la réponse de l'Empereur
aux Remontrances faites à S. M. I. sur
Timpuissance où ce Royaume se trouve de payer
les subsides demandez .
Il a été proposé aux plus fameux Négocians
de cette Ville , de fournir à l'Empereur des secours
d'argent , mais les offres qu'ils ont faites
jusqu'à present , ne produisent pas une somme
considerable,
E 24. Novembre , il parut à Rome an Bref
Lpar lequel le Pape accorde un Jubilé pour
tous les Fideles de l'un et l'autre sexe de cette
Ville , qui pendant l'une des deux premieres se
maines de l'Avent , jeûneront le Mercredy , le
Vendredy et le Samedy , et qui - après s'étre
Confessez et avoir communié , visiteront au
moins une fois les Eglises de Saint Pierre
du Vatican , de S. Jean de Latran et de sainte
Marie Majeure , et feront quelques aumônes aux
vres , pour obtenir du Ciel l'extirpation de
ésie , la conversion des Infidelles er la Paix
Surope.
apprend de Venise , que l'Agent de la Czaen
cette Ville , avoit fait partir plusieurs
Ouvriers en Etoffes de Laine et de Soye pour
Petersbourg , et qu'il avoit eu ordre d'engager
des Families dont les Chefs soient en état d'éta →
blir diverses Manufactures dans les principales
Villes de Moscovie.
Le Comte de Froulay , Ambassadeur de France
auprès de la République ; arriva à Venise
I.
au
Да. Vol. Hiij com
2714 MERCURE DE FRANCE
commencement de ce mois , sur une Galere
de l'Etat de Genes,
On mande de Naples , que le Corps de Ville
s'étant assemblé le 11. de Novembre pour déliberer
sur les subsides demandez par l'Empereur ,
a résolu de lui accorder un million de florins , et
on a chargé un certain nombre des principaux
Bourgeois de chaque quartier de regler la répartition
de cette somme sur les habitans .
Le Prince de Sant-Angelo Impériali, Régent de
la Cour de la Vicairerie , a proposé à l'Empereur
de permettre à tous ceux qui ont été bannis du
Royaume de Naples, pour quelque cause que ce
soit , d'y revenir , à condition que chacun d'eux
payera une somme proportionnée à la faute pour
laquelle il a été condamné au bannissement , et
on prétend que ce projet , s'il est executé , produira
deux millions de ducats .
On a publié un Decret de S. M. I. par lequel
il est ordonné à tous les Seigneurs et Gentils
hommes qui ont des Charges ou des biens fonds
dans le Royaume , et qui sont absents , d'y ve
nir résider , sous peine de saisie de leurs revenus.
La Noblesse de cet Etat a offert à l'Empereur
de lui fournir 800. chevaux.pour la remonte de
sa Cavalerie.
Les dernieres Lettres de Naples , portent que
le Conseil Collateral attend la réponse de l'Empereur
aux Remontrances faites à S. M. I. sur
Timpuissance où ce Royaume se trouve de payer
les subsides demandez .
Il a été proposé aux plus fameux Négocians
de cette Ville , de fournir à l'Empereur des secours
d'argent , mais les offres qu'ils ont faites
jusqu'à present , ne produisent pas une somme
considerable,
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Résumé : ITALIE.
Le 24 novembre, un bref papal annonça un Jubilé à Rome pour les fidèles pratiquant le jeûne, la confession, la communion, la visite de trois églises spécifiques et les aumônes. Ces actions visaient à éradiquer la peste, convertir les infidèles et instaurer la paix en Europe. À Venise, l'agent du tsar envoya des ouvriers et reçut l'ordre d'engager des familles pour établir des manufactures en Moscovie. Le Comte de Froulay, ambassadeur de France, arriva à Venise début novembre. À Naples, le corps de ville accorda un million de florins à l'Empereur et chargea des bourgeois de répartir cette somme. Le Prince de Sant-Angelo Impériali proposa de permettre aux bannis de revenir en payant une somme proportionnée à leur faute. Un décret impérial ordonna aux seigneurs absents de revenir résider dans le royaume. La noblesse offrit 800 chevaux pour la cavalerie impériale. Le Conseil Collateral attendait la réponse de l'Empereur aux remontrances sur les subsides. Des négociations avec les négociants pour fournir des secours d'argent à l'Empereur étaient en cours, mais les offres restaient modestes.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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770
p. 2728-2730
« Le 20. de ce mois, 4. Dimanche de l'Avent, le Roy entendit dans la [...] »
Début :
Le 20. de ce mois, 4. Dimanche de l'Avent, le Roy entendit dans la [...]
Mots clefs :
Musique, Motet, De La Lande, Fête, Concert
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le 20. de ce mois, 4. Dimanche de l'Avent, le Roy entendit dans la [...] »
E 20. de ce mois , 4. Dimanche de
l'Avent , le Roy entendit dans la
Chapelle du Château , la Messe chantée
par la Musique . L'après midy , S. M.
assista à la Prédication du P. Couvrigny,
de la Compagnie de Jesus .
Le 7. du mois dernier , le Prince de
Monico , envoya ses ordres au Chevalier
de Grimaldy , Gouverneur de cette Prin
cipauté , pour y faire déclarer Souverain
M. son Fils Aîné , Honoré de Grimaldy ;
il a eu ensuite l'honneur de le P ésenser
à Versailles le 14. de ce mois à Leurs
Majestez ; et lui ayant donné le nom de
Prince de Monaco , il a repris , avec la
permission du Roy , celui de Duc de
Valentinois , Pair de France , se conservant
en même temps la qualité de Prin
ce Administrateur de Monaco , pendant
la minorité de M. son Fils.
1. Vol. Le
DECEMBRE. 1733. 2729
Le 5. Décembre , les Comédiens Italiens
représenterent à la Cour les Deux
Arlequins , et la Parodie nouvelle d'Hypolite
et Aricie.
Le 1. ils représenterent pour la premiere
fois devant Monseigneur le Dauphin
, une petite Comédie intitulée , le
Tuteur trompé , composée de Scenes détachées
très - comiques , qui divertirent
beaucoup ce Prince .
Le 12. ils joüerent devant la Reine
la Double Inconstance , ct les Paysans de
Qualité. Cette derniere Piece fut suivie
d'un Divertissement dans lequel la
Dlle Roland dansa avec applaudissement.
,
Le 8. Décembre , Fête de la Vierge ,
il y eut Concert Spirituel au Château
des Tuilleries , on y chanta le Motet
Exultate just , de la composition du
sieur Bordier , Maître de Musique de
F'Eglise des Saints Innocents , qui fut
très-bien executé et fort applaudi. La
Dlle Petitpas et le sieur Jeliot , chanterent
un nouveau Motet à deux voix , du
sieur du Bousset , avec beaucoup de précision
; après plusieurs Concerto , executez
par les meilleurs Symphonistes , le Concert
fut terminé par un Motet de M. de
la Lande.
I. Vol.
2730 MERCURE DE FRANCE
Le 24. et le 25. veille et Fête de Noel,
on chanta differens Motets de M. de la
Lande , et un autre nouveau de la com
position de l'Abbé Blanchard , Maître de
Musique de l'Eglise de Besançon , qui
fut très- goûté et fort applaudi par une
très -nombreuse Assemblée. La Dlle Er
remens chanta le Motet Usquequo , de
M. Mouret , avec autant de goût que de
précision , ainsi que la Dlle Petitpas dans
celui de Jubilate du sieur le Maire . On
joua une suite d'Airs des plus beaux Noels
et de Symphonie Pastorales , executée
par les sieurs Charpentier et Danguy ,
sur la Musette et la Vielle ,accompagnez
de toute la Symphonie . Et après deux
Sonates , jouées par les sieurs Blavet et
le Clair , le Concert finit par le Motet
Exultate justi de M. de la Lande .
l'Avent , le Roy entendit dans la
Chapelle du Château , la Messe chantée
par la Musique . L'après midy , S. M.
assista à la Prédication du P. Couvrigny,
de la Compagnie de Jesus .
Le 7. du mois dernier , le Prince de
Monico , envoya ses ordres au Chevalier
de Grimaldy , Gouverneur de cette Prin
cipauté , pour y faire déclarer Souverain
M. son Fils Aîné , Honoré de Grimaldy ;
il a eu ensuite l'honneur de le P ésenser
à Versailles le 14. de ce mois à Leurs
Majestez ; et lui ayant donné le nom de
Prince de Monaco , il a repris , avec la
permission du Roy , celui de Duc de
Valentinois , Pair de France , se conservant
en même temps la qualité de Prin
ce Administrateur de Monaco , pendant
la minorité de M. son Fils.
1. Vol. Le
DECEMBRE. 1733. 2729
Le 5. Décembre , les Comédiens Italiens
représenterent à la Cour les Deux
Arlequins , et la Parodie nouvelle d'Hypolite
et Aricie.
Le 1. ils représenterent pour la premiere
fois devant Monseigneur le Dauphin
, une petite Comédie intitulée , le
Tuteur trompé , composée de Scenes détachées
très - comiques , qui divertirent
beaucoup ce Prince .
Le 12. ils joüerent devant la Reine
la Double Inconstance , ct les Paysans de
Qualité. Cette derniere Piece fut suivie
d'un Divertissement dans lequel la
Dlle Roland dansa avec applaudissement.
,
Le 8. Décembre , Fête de la Vierge ,
il y eut Concert Spirituel au Château
des Tuilleries , on y chanta le Motet
Exultate just , de la composition du
sieur Bordier , Maître de Musique de
F'Eglise des Saints Innocents , qui fut
très-bien executé et fort applaudi. La
Dlle Petitpas et le sieur Jeliot , chanterent
un nouveau Motet à deux voix , du
sieur du Bousset , avec beaucoup de précision
; après plusieurs Concerto , executez
par les meilleurs Symphonistes , le Concert
fut terminé par un Motet de M. de
la Lande.
I. Vol.
2730 MERCURE DE FRANCE
Le 24. et le 25. veille et Fête de Noel,
on chanta differens Motets de M. de la
Lande , et un autre nouveau de la com
position de l'Abbé Blanchard , Maître de
Musique de l'Eglise de Besançon , qui
fut très- goûté et fort applaudi par une
très -nombreuse Assemblée. La Dlle Er
remens chanta le Motet Usquequo , de
M. Mouret , avec autant de goût que de
précision , ainsi que la Dlle Petitpas dans
celui de Jubilate du sieur le Maire . On
joua une suite d'Airs des plus beaux Noels
et de Symphonie Pastorales , executée
par les sieurs Charpentier et Danguy ,
sur la Musette et la Vielle ,accompagnez
de toute la Symphonie . Et après deux
Sonates , jouées par les sieurs Blavet et
le Clair , le Concert finit par le Motet
Exultate justi de M. de la Lande .
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Résumé : « Le 20. de ce mois, 4. Dimanche de l'Avent, le Roy entendit dans la [...] »
En décembre 1733, plusieurs événements marquants eurent lieu à la cour. Le 20 décembre, le roi assista à une messe chantée et écouta une prédication du Père Couvrigny. Le 7 décembre précédent, le Prince de Monaco avait ordonné au Chevalier de Grimaldi de déclarer son fils aîné, Honoré de Grimaldi, souverain de la principauté. Honoré fut présenté au roi et à la reine à Versailles le 14 décembre, où il reçut le titre de Prince de Monaco. Son père reprit alors le titre de Duc de Valentinois, Pair de France, tout en conservant la qualité de Prince Administrateur pendant la minorité de son fils. Les comédiens italiens se produisirent à plusieurs reprises à la cour, jouant des pièces comme 'Les Deux Arlequins' et 'Le Tuteur trompé'. Le 12 décembre, ils interprétèrent 'La Double Inconstance' et 'Les Paysans de Qualité' devant la reine, suivi d'un divertissement où la demoiselle Roland dansa. Le 8 décembre, un concert spirituel eut lieu au château des Tuileries, avec des motets de Bordier, du Bousset et de la Lande. Les 24 et 25 décembre, divers motets de la Lande et de l'Abbé Blanchard furent chantés, accompagnés de noëls et de symphonies pastorales exécutés par Charpentier et Danguy. Le concert se termina par le motet 'Exultate justi' de la Lande.
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771
p. 2730-2731
Service pour les Musiciens morts, [titre d'après la table]
Début :
Le 14. Décembre, les Maîtres de Musique et Musiciens de Paris, firent celebrer [...]
Mots clefs :
Musique, Église, Organiste, Musiciens, Défunts
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Service pour les Musiciens morts, [titre d'après la table]
Le 14. Décembre , les Maîtres de Musique
et Musiciens de Paris , firent celebrer
dans l'Eglise des Peres de l'Oratoire
de la ruë S. Honoré , le Service annuel et
solemnel accoûtumé pour leurs Confreres
deffunts dans le courant de cette année ;
il s'y trouva environ 250. Musiciens ,
tous excellens Sujets pour la voix et les
Instrumens , qui executerent dans la
plus grande perfection , plusieurs Mor-
I. Vol.
ceaux
DECEMBR E. 1733. 2731
ceaux de Musique de la composition du
sieur Bordier , Maître de Musique de
l'Eglise des Saints Innocents , qu'il fit
executer lui- même. Il y eut une Assemblée
des plus nombreuses et quantité de
personnes de consideration .
Les Deffunts pour la mémoire desquels
le Service a été fait , sont , les sieurs
BOSSEL , Curé de S. Jean le Rond ; d'ANDRIEU
, Prêtre , Organiste de S. Barthé
lemy ; COUPERIN , Organiste du Roy et
de l'Eglise de S. Gervais ; LISORE' , Organiste
de l'Abbaye de S. Denis , Mo-
REAU DE S. CYR , BOIVIN , LE JEUNE ,
DE LA LANDE , JOSEPH , DE La Motte ,
et EMANUEL OUDART.
et Musiciens de Paris , firent celebrer
dans l'Eglise des Peres de l'Oratoire
de la ruë S. Honoré , le Service annuel et
solemnel accoûtumé pour leurs Confreres
deffunts dans le courant de cette année ;
il s'y trouva environ 250. Musiciens ,
tous excellens Sujets pour la voix et les
Instrumens , qui executerent dans la
plus grande perfection , plusieurs Mor-
I. Vol.
ceaux
DECEMBR E. 1733. 2731
ceaux de Musique de la composition du
sieur Bordier , Maître de Musique de
l'Eglise des Saints Innocents , qu'il fit
executer lui- même. Il y eut une Assemblée
des plus nombreuses et quantité de
personnes de consideration .
Les Deffunts pour la mémoire desquels
le Service a été fait , sont , les sieurs
BOSSEL , Curé de S. Jean le Rond ; d'ANDRIEU
, Prêtre , Organiste de S. Barthé
lemy ; COUPERIN , Organiste du Roy et
de l'Eglise de S. Gervais ; LISORE' , Organiste
de l'Abbaye de S. Denis , Mo-
REAU DE S. CYR , BOIVIN , LE JEUNE ,
DE LA LANDE , JOSEPH , DE La Motte ,
et EMANUEL OUDART.
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Résumé : Service pour les Musiciens morts, [titre d'après la table]
Le 14 décembre 1733, les Maîtres de Musique et Musiciens de Paris ont organisé un service annuel et solennel en mémoire de leurs confrères décédés au cours de l'année. Cet événement s'est déroulé dans l'église des Pères de l'Oratoire de la rue Saint-Honoré. Environ 250 musiciens, tous excellents dans le chant et les instruments, ont interprété plusieurs morceaux composés par le sieur Bordier, Maître de Musique de l'Église des Saints-Innocents, qui a dirigé l'exécution. L'assemblée était nombreuse et comprenait de nombreuses personnes de considération. Les défunts honorés étaient les sieurs Bossel, Curé de Saint-Jean-le-Rond ; d'Andrieu, Prêtre et Organiste de Saint-Barthélemy ; Couperin, Organiste du Roi et de l'Église de Saint-Gervais ; Lisore, Organiste de l'Abbaye de Saint-Denis ; Moreau de Saint-Cyr, Boivin, Le Jeune, De La Lande, Joseph, De La Motte et Emanuel Oudart.
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772
p. 2737-2739
BENEFICES ACCORDEZ par le Roy le 13. Décembre 1733.
Début :
L'Abbaye Commendataire de S. Sever, vacante par le décès de M. la Grange, en faveur [...]
Mots clefs :
Décès, Prêtre, Vicaire, Démission, Évêque, Abbaye
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texteReconnaissance textuelle : BENEFICES ACCORDEZ par le Roy le 13. Décembre 1733.
BENEFICES ACCORDEZ
par le Roy le 13. Décembre 1733 .
L'Abbaye Commandataire de S. Sever , vacante
par le décès de M. la Grange , en fa
veur de M. de Chamillart.
Celle de Bonneval , vacante par le décès de
M. de Tressan , Archevêque de Rouen , en faveur
de M. de Jumillac , Prêtre et Grand-Vicaire
de Chartres.
Celle de l'Espau , vacante par le décès de M. de
Tressan , Archevêque de Rouen , en faveur de
M. du Hardaż d'Hauteville , Bachelier en Théologie.
Celle de Fontmorigny , vacante par le décès
de M. de Viantais , en faveur de M. Bernard
Couet , Prêtre et Vicaire General de Paris .
Celle de la Chapelle aux Planchers , vacante par
le décès de M. de Viantais , en faveur de M. Fusée
de Voisenon , Prêtre et Doyen de la Cathédrale
de Boulogne.
Celle d'Echalis , vacante par le décès de M. de
Courtenay , en faveur de M. de S. Julien de
S. Pierre.
Celle de S. Pierre d'Auxerre , vacante par le
décès de M. de Courtenay , en faveur de M. de
Ja Chabrerie , Prêtre et Chanoine de Perigueux.
Celle de Dalon , vacante par le décès de M. de
Vignau , en faveur de M. Certain , Prêtre ,
teur de Sorbonne.
Celle de Turpenay , vacante par le décès de
M. de Vignau , en faveur de-M. de Vienay.
en
Celle de la Clarté-Dieu , Ordre de Citeaux .
vacante par le décès de M. de la Hartelloire ,
faveur de M. de Giry de S. Cyr , Prêtre, Vicaire
General de Tours
I. Vol. I iij Celle
2738 MERCURE DE FRANCE
Celle du Jard , vacante par le décès du M. de
Longueruë , en faveur de M. Chaumont de la
Galezieres :
? Celle de Sept- Fontaines vacante par le décès
de M. de Longuerue , en faveur de M. du Resnel.
Celle de Simorre , vacante par le décès de
M. du Puget , en faveur de M. Xavier-Joseph du
Puget.
Celle de Sauve- Majeur , vacante par le décès
de M. Charpin de S. Romans , en faveur de
M. Charpin de Fougerolles , à la charge des
pensions créées sur ladite Abbaye.
Celle d'Essommes , vacanté par le décès de
M. Néel , en faveur de M. Néel , prêtre , Conseiller
au Parlement de Rouen.
Celle de Silly , vacante par la démission pure
et simple de M. Néel , en faveur de M. du Barail .
Celle de la Honce , vacante par la démission
pure et simple de M. de la Vieuville , Evêque de
Bayonne , en faveur de M. Dartaguierte , Prêtre
Vicaire General de Bayonne.
Celle de la Frenade , vacante par la démission
pure et simple de M. Savalerie , en faveur de
M. de Grossoles.
Celle de S. André de Vienne , vacante par le
décès dé M Sicault , Evêque de Sinope , en faveur
de M. Vayre.
Celle de Donlieu , vacante par le décès de
M. Sicault , Evêque de Sinope , en faveur de
M. de la Rocheaymon .
Celle de Landais , vacante par le décès de
M. Herault , en faveur de M. Jacquemet Gautier
, Prêtre et Grand- Vicaire de Bourges ; à la
charge d'ane pension annuelle et viagere de deux
mille livres , en faveur de M. Jean Paignon ,
Chanoine de S. Marcel à Paris.
I. Vol Le
DECEMBRE. 1733 2739
Le Prieuré Commandataire , Conventuel et
Electif de S. Just vacant par le décès de M, de
Gamaches , en faveur de M. Louis Français de
Mornay , ancien Evêque de Quebec.
L'Abbaye de Vernaison à Valence , vacante par
le décès de la Dame de Bayanne , en faveur de
Madame de Langon.
Le Prieuré Conventuel et Electif de Vausse ,
vacant par la démission de M. Petitbenoist , en
faveur de M. Hyacinte Petitbenoist .
Le Prieuré Conventuel et Electif de Prevessin ,
vacant par le décès de M. le Grand , en faveur
de M. de Carrion.
par le Roy le 13. Décembre 1733 .
L'Abbaye Commandataire de S. Sever , vacante
par le décès de M. la Grange , en fa
veur de M. de Chamillart.
Celle de Bonneval , vacante par le décès de
M. de Tressan , Archevêque de Rouen , en faveur
de M. de Jumillac , Prêtre et Grand-Vicaire
de Chartres.
Celle de l'Espau , vacante par le décès de M. de
Tressan , Archevêque de Rouen , en faveur de
M. du Hardaż d'Hauteville , Bachelier en Théologie.
Celle de Fontmorigny , vacante par le décès
de M. de Viantais , en faveur de M. Bernard
Couet , Prêtre et Vicaire General de Paris .
Celle de la Chapelle aux Planchers , vacante par
le décès de M. de Viantais , en faveur de M. Fusée
de Voisenon , Prêtre et Doyen de la Cathédrale
de Boulogne.
Celle d'Echalis , vacante par le décès de M. de
Courtenay , en faveur de M. de S. Julien de
S. Pierre.
Celle de S. Pierre d'Auxerre , vacante par le
décès de M. de Courtenay , en faveur de M. de
Ja Chabrerie , Prêtre et Chanoine de Perigueux.
Celle de Dalon , vacante par le décès de M. de
Vignau , en faveur de M. Certain , Prêtre ,
teur de Sorbonne.
Celle de Turpenay , vacante par le décès de
M. de Vignau , en faveur de-M. de Vienay.
en
Celle de la Clarté-Dieu , Ordre de Citeaux .
vacante par le décès de M. de la Hartelloire ,
faveur de M. de Giry de S. Cyr , Prêtre, Vicaire
General de Tours
I. Vol. I iij Celle
2738 MERCURE DE FRANCE
Celle du Jard , vacante par le décès du M. de
Longueruë , en faveur de M. Chaumont de la
Galezieres :
? Celle de Sept- Fontaines vacante par le décès
de M. de Longuerue , en faveur de M. du Resnel.
Celle de Simorre , vacante par le décès de
M. du Puget , en faveur de M. Xavier-Joseph du
Puget.
Celle de Sauve- Majeur , vacante par le décès
de M. Charpin de S. Romans , en faveur de
M. Charpin de Fougerolles , à la charge des
pensions créées sur ladite Abbaye.
Celle d'Essommes , vacanté par le décès de
M. Néel , en faveur de M. Néel , prêtre , Conseiller
au Parlement de Rouen.
Celle de Silly , vacante par la démission pure
et simple de M. Néel , en faveur de M. du Barail .
Celle de la Honce , vacante par la démission
pure et simple de M. de la Vieuville , Evêque de
Bayonne , en faveur de M. Dartaguierte , Prêtre
Vicaire General de Bayonne.
Celle de la Frenade , vacante par la démission
pure et simple de M. Savalerie , en faveur de
M. de Grossoles.
Celle de S. André de Vienne , vacante par le
décès dé M Sicault , Evêque de Sinope , en faveur
de M. Vayre.
Celle de Donlieu , vacante par le décès de
M. Sicault , Evêque de Sinope , en faveur de
M. de la Rocheaymon .
Celle de Landais , vacante par le décès de
M. Herault , en faveur de M. Jacquemet Gautier
, Prêtre et Grand- Vicaire de Bourges ; à la
charge d'ane pension annuelle et viagere de deux
mille livres , en faveur de M. Jean Paignon ,
Chanoine de S. Marcel à Paris.
I. Vol Le
DECEMBRE. 1733 2739
Le Prieuré Commandataire , Conventuel et
Electif de S. Just vacant par le décès de M, de
Gamaches , en faveur de M. Louis Français de
Mornay , ancien Evêque de Quebec.
L'Abbaye de Vernaison à Valence , vacante par
le décès de la Dame de Bayanne , en faveur de
Madame de Langon.
Le Prieuré Conventuel et Electif de Vausse ,
vacant par la démission de M. Petitbenoist , en
faveur de M. Hyacinte Petitbenoist .
Le Prieuré Conventuel et Electif de Prevessin ,
vacant par le décès de M. le Grand , en faveur
de M. de Carrion.
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Résumé : BENEFICES ACCORDEZ par le Roy le 13. Décembre 1733.
Le 13 décembre 1733, le roi a attribué plusieurs abbayes et prieurés devenus vacants à la suite de décès ou de démissions. Parmi les abbayes concernées figurent Saint-Sever, Bonneval, l'Espau, Fontmorigny, la Chapelle aux Planchers, Échalis, Saint-Pierre d'Auxerre, Dalon, Turpenay, la Clarté-Dieu, le Jard, Sept-Fontaines, Simorre, Sauve-Majeur, Essommes, Silly, la Honce, la Frenade, Saint-André de Vienne, Donlieu et Landais. Les nouveaux bénéficiaires incluent M. de Chamillart, M. de Jumillac, M. du Hardas d'Hauteville, M. Bernard Couet, M. Fusée de Voisenon, M. de Saint-Julien de Saint-Pierre, M. de Ja Chabrerie, M. Certain, M. de Viennay, M. de Giry de Saint-Cyr, M. Chaumont de la Galazière, M. du Resnel, M. Xavier-Joseph du Puget, M. Charpin de Fougerolles, M. Néel, M. du Barail, M. Dartaguierte, M. de Grossoles, M. Vayre, M. de la Rocheaymon et M. Jacquemet Gautier. De plus, le prieuré de Saint-Just a été attribué à M. Louis Français de Mornay, l'abbaye de Vernaison à Madame de Langon, le prieuré de Vausse à M. Hyacinte Petitbenoist et le prieuré de Prévessin à M. de Carrion.
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773
p. 2739-2740
LETTRE DU ROY, écrite à M. l'Archevêque de Paris, pour faire chanter le Te Deum, en actions de graces des benedictions que Dieu a répanduës sur les Entreprises du Roy.
Début :
MON COUSIN, l'Europe est informée des justes motifs qui m'ont forcé à prendre les [...]
Mots clefs :
Dieu, Cousin, Lettre, Roi, Archevêque de Paris, Sujets, Chanter
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE DU ROY, écrite à M. l'Archevêque de Paris, pour faire chanter le Te Deum, en actions de graces des benedictions que Dieu a répanduës sur les Entreprises du Roy.
LETTRE DU ROY , écrite à
M. l'Archevêque de Paris , pour faire
chanter le Te Deum , en actions de
graces des benedictions que Dieu a répandues
sur les Entreprises du Roy.
"
་
Mo
ON COUSIN , l'Europe est informée
des justes motifs qui m'ont forcé à prendre les
Armes; je retrouve dans mes Sujets. cette même are
deur que leur ont inspiré dans tous les temps la gloire
de cette Couronne et l'interét de l'Etat ; mais com
me c'est au Dieu des Armées que je dois le succès
heureux qu'il a bien voulu accorder à la droiture et
au desinteressement de mes intentions ; comblé de
ses bienfaits , et mettant toute ma confiance en son
bras tout puissant , je desire que tous mes Sujets
s'unissent avec moi pour lui rendre les Actions de
graces qui lui sont duës , et implorer la continuation
de sa divine protection ; e'est dans cette vûë que je
vous écris cette Lettre pour vous dire que mon intention
est que vous fassiez chanter le Te Deum.
I. Vol. I 1 ) dans
2740 MERCURE DE FRANCE
dans votre Eglise Métropolitaine et autres de votre
Diocèse avec les solemnitez requises , et que vous
invitiez tous ceux qu'il conviendra d'y assister . Sur
ceje prie Dieu qu'il vous ait , mon Cousin , en sa
sainte et digne garde. Ecrite à Versailles le 21. Décembre
1733. Signé , LOUIS , et plus bas ,
PHELY PEAUX.
Et au dos est écrit : A mon Cousin l'Archevêque
de Paris, Pair de France , Commandeur de
mes Ordres .
M. l'Archevêque de Paris , pour faire
chanter le Te Deum , en actions de
graces des benedictions que Dieu a répandues
sur les Entreprises du Roy.
"
་
Mo
ON COUSIN , l'Europe est informée
des justes motifs qui m'ont forcé à prendre les
Armes; je retrouve dans mes Sujets. cette même are
deur que leur ont inspiré dans tous les temps la gloire
de cette Couronne et l'interét de l'Etat ; mais com
me c'est au Dieu des Armées que je dois le succès
heureux qu'il a bien voulu accorder à la droiture et
au desinteressement de mes intentions ; comblé de
ses bienfaits , et mettant toute ma confiance en son
bras tout puissant , je desire que tous mes Sujets
s'unissent avec moi pour lui rendre les Actions de
graces qui lui sont duës , et implorer la continuation
de sa divine protection ; e'est dans cette vûë que je
vous écris cette Lettre pour vous dire que mon intention
est que vous fassiez chanter le Te Deum.
I. Vol. I 1 ) dans
2740 MERCURE DE FRANCE
dans votre Eglise Métropolitaine et autres de votre
Diocèse avec les solemnitez requises , et que vous
invitiez tous ceux qu'il conviendra d'y assister . Sur
ceje prie Dieu qu'il vous ait , mon Cousin , en sa
sainte et digne garde. Ecrite à Versailles le 21. Décembre
1733. Signé , LOUIS , et plus bas ,
PHELY PEAUX.
Et au dos est écrit : A mon Cousin l'Archevêque
de Paris, Pair de France , Commandeur de
mes Ordres .
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Résumé : LETTRE DU ROY, écrite à M. l'Archevêque de Paris, pour faire chanter le Te Deum, en actions de graces des benedictions que Dieu a répanduës sur les Entreprises du Roy.
Le roi Louis XV adresse une lettre à l'Archevêque de Paris, datée du 21 décembre 1733. Il y expose les raisons justes qui l'ont conduit à prendre les armes et exprime sa reconnaissance envers ses sujets pour leur soutien à la gloire de la Couronne et à l'intérêt de l'État. Louis XV attribue le succès de ses actions à Dieu et appelle ses sujets à Lui rendre grâce et à implorer Sa protection. Il ordonne à l'Archevêque de faire chanter le Te Deum dans l'église métropolitaine de Paris et dans les autres églises du diocèse, avec les solennités appropriées, et d'inviter les personnes concernées à y assister. La lettre est signée par Louis XV et contresignée par Phely Peaux.
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774
p. 2740-2741
Mandement du même Archevêque, [titre d'après la table]
Début :
Le lendemain M. l'Archevêque donna sur ce sujet un Mandement dont voici la teneur. [...]
Mots clefs :
Mandement, Sainte Marie-Madeleine, Saint-Séverin, Diocèse, Doyens ruraux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Mandement du même Archevêque, [titre d'après la table]
Le lendemain M. l'Archevêque donna sur ce
sujet un Mandement dont voici la teneur .
CH
HARLES- Gaspard- Guillaume de Vintimille
des Comtes de Marseille du Luc ,
par la misericorde Divine et par la grace du Saint
Siege Apostolique, Archevêque de Paris , Duc de
S. Cloud , Pair de France , Commandeur de l'Ordre
du S. Esprit , &c. Aux Archiprêtrrs de Sainte
Marie- Magdelaine et de S.Severin , et aux Doyens
Ruraux de notre Diocèse , Salut et benediction.
Le Roy convaincu , mes très - chers Freres , que
c'est à Dieu seul qu'il doit rapporter les avantages
et les prosperitez de son Regne , veut que nous rendions
de solemnelles actions de graces des évenemens
glorieux arrivez dans le cours de cette année et de
la benediction que le Seigneur a répanduë sur les
Armes de S. M. et sur celles de ses Alliez ,
Ces prémices heureuses nous font esperer que celui
par qui les Rois regnent , continuera de faire
éclater se protection sur ce grand Royaume , et de
manifester de plus en plus par des succès la justice
d'uneguerre que notre anguste Monarque n'a point
entreprise par le dessein ambitieux de faire des conquêtes
, mais par le seul motif de soutenir la dignité
de sa Couronne et la liberté d'une République
qui luifut toujours chere.
DECEMBRE. 1733. 2740
En marquant au Seigneur votre reconnoissance
pour les bienfaits signalez dont sa divine bonté.
nous a favorisez , demandez -lui avec ardeur qu'il
conserve long-temps un Prince né pour le bonheur
de ses Sujets , dont les intentions sont si pures ; et
qu'après l'avoir comblé de gloire pendant le cours de
la Guerre , il lui fasse goûter et à ses Peuples , les
fruits d'une Paix solide et durable , qui fait tout
P'objet des veux de S. M.
A ces causes , après en avoir conferé avec nos venerables
Freres les Doyen , Chanoines et Chapitre
de notre Eglise Métropolitaine nous ordonnons
que demain Mercredi 23. du présent mois , le Te
Deum sera chanté dans notredite Eglise Métropo
litaine . en actions de graces des Benedictions que,
Dieu a répandues sur les Entreprises du Roy ; Dimanche
27. du courant , dans toutes les Abbayes ,
Chapitres , Paroisses et Convens , exempts et non
exempts dela Ville et Fauxbourgs , et dans toutes les
autres Eglises de notre Diocèse le Dimanche après ,
la reception du présent Mandement. Si mandors ...
aux Archipretres de sainte Marie-Magdelaine et
S. Severin de notifier notre present Mandement à¸
tous Abbez , Prieurs , Curez , Superieurs et Sip?-
rieures de la Ville et desdits Fauxbourgs , et eux2
Doyens Ruraux de l'envoyer aux Curez de la
Campagne , Supérieurs et Superieures des Commu-..
nautez exemptes et non exemptes , à ce qu'ils n'er
ignorent , et qu'ils l'observent et fassent observer,
les personnes qui leur sont scumises . Donné à
Paris en notre Paluis Archiepiscopal le 22. de
Décembre 1733. Signé CHARLES , Arche
vêque de Paris , &c.
sujet un Mandement dont voici la teneur .
CH
HARLES- Gaspard- Guillaume de Vintimille
des Comtes de Marseille du Luc ,
par la misericorde Divine et par la grace du Saint
Siege Apostolique, Archevêque de Paris , Duc de
S. Cloud , Pair de France , Commandeur de l'Ordre
du S. Esprit , &c. Aux Archiprêtrrs de Sainte
Marie- Magdelaine et de S.Severin , et aux Doyens
Ruraux de notre Diocèse , Salut et benediction.
Le Roy convaincu , mes très - chers Freres , que
c'est à Dieu seul qu'il doit rapporter les avantages
et les prosperitez de son Regne , veut que nous rendions
de solemnelles actions de graces des évenemens
glorieux arrivez dans le cours de cette année et de
la benediction que le Seigneur a répanduë sur les
Armes de S. M. et sur celles de ses Alliez ,
Ces prémices heureuses nous font esperer que celui
par qui les Rois regnent , continuera de faire
éclater se protection sur ce grand Royaume , et de
manifester de plus en plus par des succès la justice
d'uneguerre que notre anguste Monarque n'a point
entreprise par le dessein ambitieux de faire des conquêtes
, mais par le seul motif de soutenir la dignité
de sa Couronne et la liberté d'une République
qui luifut toujours chere.
DECEMBRE. 1733. 2740
En marquant au Seigneur votre reconnoissance
pour les bienfaits signalez dont sa divine bonté.
nous a favorisez , demandez -lui avec ardeur qu'il
conserve long-temps un Prince né pour le bonheur
de ses Sujets , dont les intentions sont si pures ; et
qu'après l'avoir comblé de gloire pendant le cours de
la Guerre , il lui fasse goûter et à ses Peuples , les
fruits d'une Paix solide et durable , qui fait tout
P'objet des veux de S. M.
A ces causes , après en avoir conferé avec nos venerables
Freres les Doyen , Chanoines et Chapitre
de notre Eglise Métropolitaine nous ordonnons
que demain Mercredi 23. du présent mois , le Te
Deum sera chanté dans notredite Eglise Métropo
litaine . en actions de graces des Benedictions que,
Dieu a répandues sur les Entreprises du Roy ; Dimanche
27. du courant , dans toutes les Abbayes ,
Chapitres , Paroisses et Convens , exempts et non
exempts dela Ville et Fauxbourgs , et dans toutes les
autres Eglises de notre Diocèse le Dimanche après ,
la reception du présent Mandement. Si mandors ...
aux Archipretres de sainte Marie-Magdelaine et
S. Severin de notifier notre present Mandement à¸
tous Abbez , Prieurs , Curez , Superieurs et Sip?-
rieures de la Ville et desdits Fauxbourgs , et eux2
Doyens Ruraux de l'envoyer aux Curez de la
Campagne , Supérieurs et Superieures des Commu-..
nautez exemptes et non exemptes , à ce qu'ils n'er
ignorent , et qu'ils l'observent et fassent observer,
les personnes qui leur sont scumises . Donné à
Paris en notre Paluis Archiepiscopal le 22. de
Décembre 1733. Signé CHARLES , Arche
vêque de Paris , &c.
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Résumé : Mandement du même Archevêque, [titre d'après la table]
Le 22 décembre 1733, Charles-Gaspard-Guillaume de Vintimille, Archevêque de Paris, publia un mandement suite aux succès militaires de l'année. Le roi attribua ces victoires à Dieu et souhaita exprimer sa gratitude. Les succès étaient vus comme une preuve de la protection divine et de la justesse de la guerre menée pour défendre la dignité royale et la liberté d'une république chère au monarque. L'archevêque ordonna que le Te Deum soit chanté le 23 décembre dans l'église métropolitaine et le 27 décembre dans toutes les églises du diocèse pour remercier Dieu et prier pour la paix. Le mandement fut adressé aux archiprêtres, doyens ruraux et autres responsables religieux afin qu'ils diffusent et respectent ces instructions.
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775
p. 2741-2743
Te Deum, chantez, [titre d'après la table]
Début :
En conséquence de la Lettre du Roy, pour faire rendre à Dieu des actions de graces solemnelles [...]
Mots clefs :
Roi, Te Deum, Dieu, Église, Actions de grâce, Abbaye de Saint-Germain-des-Prés, Henri-Pons de Thiard de Bissy
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Te Deum, chantez, [titre d'après la table]
En conséquence de la Lettre du Roy , pou
faire rendre à Dieu des actions de
pelles de Benedictions qu'il a répandues le
I. Vol. Lore
2742 MERCURE
DE FRANCE
1
Entreprises de S. M. et des heureux succès de seg
Armes , on chanta à Paris , le 23 , après midy
dans l'Eglise Métropolitaine , le Te Deum , auquel
M. P'Archevêque officia Pontificalement.
Le Chancelier de France et le Garde des Sceaux ,
accompagnez de plusieurs Conseillers d'Etat et
Maîtres des Requêtes , y assisterent , ainsi que le
Parlement , la Chambre des Comptes , la Cour
des Aydes et le Corps de Ville , qui y avoient été
invitez de la part du Roy , par le Marquis de
Brézé , Grand- Maître des Ceremonies.
Le 23 Décembre , le Cardinal de Bissy , Abbé
de S. Germain des Prez , donna aussi un Mandement
, qui contenoit ce qui suit :
HENRY DE THIARD DE BISSY ,
par la grace de Dieu , et du Saint Siége Apostolique,
Cardinal dela sainte Eglise Romaine, du Titre
de S. Bernard , Evêque de Meaux , Comman-
Yeur de l'Ordre du S. Esprit , Abbé Commandataire
de l'Abbaye Royale de S. Germain des Prez :
A tous ceux qui sont soumis à notre Jurisdiction :
SALUT ET BENEDICTION : Toute l'Europe est téshoin
des mesures pacifiques que Sa Majesté Tres-
Chrêtienne a prises pour maintenir la tranquillité
•publique , pour ôtor tout prétexte de jalousie aux
Princes ses Voisins , et pour procurer un juste équili
bre dans les Etats. Dieu qui connoît la droiture du
soeur de notre pieux Monarque , a beni ses entreprises.
Dès que ses Drapeaux ont paru dans les Pais
Ennemis , la Victoire a suivi leur arrivée. Les
Canquêtes déja faites nous sont un présage beuneux
de celles qui par la protection de Dieu , suirent
de près. Ne differons donc pas d'en rendre nos
tres-humbles actions de graces à la Majesté Divi-
I. Vol.
DECEMBRE . 1733 743
-
se. Réunissons nos coeurs et nos esprits pour implorer
son secours tout puissant . A ces causes , Nous
ordonnons que Samedi , 26 du présent mois , à l'is- "
sue des Vepres , le Te Deum sera chanté dans notre
Eglise Abba iale , en actions de graces des Bénédictions
que Dieu a répandues sur les entreprises
du Roy. Donné à Paris , en notre Palais Abbatial
, le 23 Decembro 1733. Signé , HENRY ,
Cardinal de Bissy.
Le Samedi 26 , seconde fête de Noël , en conséquence
de ce Mandement , on chanta dans l’Eglise
de l'Abbaye S. Germain le Te Deum , avec
beaucoup de solemnité, suivi du Pseaume Exaudiat
, et des autres Prieres accoutumées. Les Of
ficiers de la Justice de l'Abbaye , et plusieurs Personnes
distinguées assisterent à cette Cérémonie,
pendant laquelle on fit plusieurs décharges de
Coulevrines, et de Boëtes ; placées dans les Cours
et dans les Jardins. Le soir il y eut des Feux et
des Illuminations , tant dans la Cour et les Bâ-'
timens du Palais Abbatial , que dans la Cour et
dans l'Enclos extérieur du Monastere.
Le 23. pendant la Messe du Roy , on chanta
dans la Chapelle du Château de Versailles , le Te
Deum , pour remercier Dieu des heureux succès
des Armes de S. M.
faire rendre à Dieu des actions de
pelles de Benedictions qu'il a répandues le
I. Vol. Lore
2742 MERCURE
DE FRANCE
1
Entreprises de S. M. et des heureux succès de seg
Armes , on chanta à Paris , le 23 , après midy
dans l'Eglise Métropolitaine , le Te Deum , auquel
M. P'Archevêque officia Pontificalement.
Le Chancelier de France et le Garde des Sceaux ,
accompagnez de plusieurs Conseillers d'Etat et
Maîtres des Requêtes , y assisterent , ainsi que le
Parlement , la Chambre des Comptes , la Cour
des Aydes et le Corps de Ville , qui y avoient été
invitez de la part du Roy , par le Marquis de
Brézé , Grand- Maître des Ceremonies.
Le 23 Décembre , le Cardinal de Bissy , Abbé
de S. Germain des Prez , donna aussi un Mandement
, qui contenoit ce qui suit :
HENRY DE THIARD DE BISSY ,
par la grace de Dieu , et du Saint Siége Apostolique,
Cardinal dela sainte Eglise Romaine, du Titre
de S. Bernard , Evêque de Meaux , Comman-
Yeur de l'Ordre du S. Esprit , Abbé Commandataire
de l'Abbaye Royale de S. Germain des Prez :
A tous ceux qui sont soumis à notre Jurisdiction :
SALUT ET BENEDICTION : Toute l'Europe est téshoin
des mesures pacifiques que Sa Majesté Tres-
Chrêtienne a prises pour maintenir la tranquillité
•publique , pour ôtor tout prétexte de jalousie aux
Princes ses Voisins , et pour procurer un juste équili
bre dans les Etats. Dieu qui connoît la droiture du
soeur de notre pieux Monarque , a beni ses entreprises.
Dès que ses Drapeaux ont paru dans les Pais
Ennemis , la Victoire a suivi leur arrivée. Les
Canquêtes déja faites nous sont un présage beuneux
de celles qui par la protection de Dieu , suirent
de près. Ne differons donc pas d'en rendre nos
tres-humbles actions de graces à la Majesté Divi-
I. Vol.
DECEMBRE . 1733 743
-
se. Réunissons nos coeurs et nos esprits pour implorer
son secours tout puissant . A ces causes , Nous
ordonnons que Samedi , 26 du présent mois , à l'is- "
sue des Vepres , le Te Deum sera chanté dans notre
Eglise Abba iale , en actions de graces des Bénédictions
que Dieu a répandues sur les entreprises
du Roy. Donné à Paris , en notre Palais Abbatial
, le 23 Decembro 1733. Signé , HENRY ,
Cardinal de Bissy.
Le Samedi 26 , seconde fête de Noël , en conséquence
de ce Mandement , on chanta dans l’Eglise
de l'Abbaye S. Germain le Te Deum , avec
beaucoup de solemnité, suivi du Pseaume Exaudiat
, et des autres Prieres accoutumées. Les Of
ficiers de la Justice de l'Abbaye , et plusieurs Personnes
distinguées assisterent à cette Cérémonie,
pendant laquelle on fit plusieurs décharges de
Coulevrines, et de Boëtes ; placées dans les Cours
et dans les Jardins. Le soir il y eut des Feux et
des Illuminations , tant dans la Cour et les Bâ-'
timens du Palais Abbatial , que dans la Cour et
dans l'Enclos extérieur du Monastere.
Le 23. pendant la Messe du Roy , on chanta
dans la Chapelle du Château de Versailles , le Te
Deum , pour remercier Dieu des heureux succès
des Armes de S. M.
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Résumé : Te Deum, chantez, [titre d'après la table]
Le 23 décembre 1733, un Te Deum fut chanté à Paris dans l'Église Métropolitaine pour célébrer les succès militaires du roi. Cette cérémonie, dirigée par l'Archevêque, réunit des dignitaires tels que le Chancelier de France, le Garde des Sceaux, des Conseillers d'État, et des représentants du Parlement. Le même jour, le Cardinal de Bissy, Abbé de Saint-Germain-des-Prés, publia un mandement louant les mesures pacifiques du roi et ses victoires militaires. Il ordonna un Te Deum le 26 décembre dans l'église abbatiale, qui fut chanté avec solennité, accompagné de prières et de salves d'artillerie. Le soir, des feux et des illuminations eurent lieu dans les cours et bâtiments du Palais Abbatial et du monastère. Par ailleurs, un Te Deum fut également chanté dans la chapelle du Château de Versailles pendant la messe du roi.
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776
p. 2806-2808
NOEL, Pour les Dames Religieuses de Notre-Dame de Perpignan.
Début :
Paroissez, jours si salutaires, [...]
Mots clefs :
Cieux, Dieu, Dames religieuses, Chanter, Allégresse, Beaux jours
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texteReconnaissance textuelle : NOEL, Pour les Dames Religieuses de Notre-Dame de Perpignan.
NOEL ,
Pour les Dames Religieuses de Notre-
Dame de Perpignan.
P
Aroissez , jours si salutaires ,
Jours , qui devez nous rendre heureux ;
Beaux jours , tant prédits à nos Petes
Secondez l'ardeur de nos voeux ;
Venez , volez , et que sans cesse
Vos douceurs regnent en tous lieux ;
Beaux jours , répandez l'allégresse ,
Et sur la terre et dans les Cieux.
Paroissez , &c.
›
Mais , quel enchantement ! quel éclat ! quelle
Aurore !
Mille et mille rayons dorent tous ces Côteaux;
Ciel ! quels feux apperçois- je encore !
II. Vol. Dans
DECEMBRE. 1733 . 280
Dans la nuit , un Soleil brille dans nos Ha
meaux ,
Quels sons harmonicux ! une Troupe Angeli
que
Des plus aimables chants , fair retentir les Airs
Qu'on est charmé de ses Concers !
Elle annonce par ce Cantique ,
Un Kédempteur à l'Univers.
» Chantez , Mortels , chantez Victoire ;
Un Dieu se fait Homme pour vous ;
» Célébrez sans cesse sa gloire ;
. L'Enfer va ceder à ses coups.
» Non , non , vous n'aurez plus de Guerre,
» Vos maux finissent pour jamais ,
» L'Eternel n'a plus de Tonnerre ,
"3 Quand son cher Fils donne la Paix,
» Chantez , Mortels , & c .
Mais qu'apperçois- je , 6 Ciel le Messie ado
rable
Parmi deux animaux.
Un Roy dans une Etable
A peine couvert de Jambeaux.
Quoi ! la Souveraine Puissance ,
Quoi ? ce Dieu si grand , si parfait ,
Sur le Foin , aujourd'hui , soupire après le Lait .
Dont l'homme a besoin dans l'Enfance !
II.Vol Cij Cieux
2808 MERCURE DE FRANCE
Cieux , Terre , tout s'unit pour loüer ce Sanyeur
,
Et tes Filles a , Sion , par la grace épurées -
Font retentir ces lieux des louanges sacrées ,
Que les coeurs attendris , donnent au Redempteur
,
Hautbois , Clairons , tendre Musette ,
Célébrez un Dieu plein d'amour ,
Trompette, sonnez en ce jour ,
De l'Empire infernal annoncez la défaite.
Du Dieu qui vienr briser nos fers ,
Chantons la gloire , et la tendresse ;
Livrons- nous tous à l'allégresse ,
Enfin les Cieux nous sont ouverts.
a Les Dames Religieuses..
P.. R. F. Controlleur au Bureau Général
du Tabac à Perpignan.
La Musique est celle de la Cantate, les Jardins
e Sceaux , &c.
Pour les Dames Religieuses de Notre-
Dame de Perpignan.
P
Aroissez , jours si salutaires ,
Jours , qui devez nous rendre heureux ;
Beaux jours , tant prédits à nos Petes
Secondez l'ardeur de nos voeux ;
Venez , volez , et que sans cesse
Vos douceurs regnent en tous lieux ;
Beaux jours , répandez l'allégresse ,
Et sur la terre et dans les Cieux.
Paroissez , &c.
›
Mais , quel enchantement ! quel éclat ! quelle
Aurore !
Mille et mille rayons dorent tous ces Côteaux;
Ciel ! quels feux apperçois- je encore !
II. Vol. Dans
DECEMBRE. 1733 . 280
Dans la nuit , un Soleil brille dans nos Ha
meaux ,
Quels sons harmonicux ! une Troupe Angeli
que
Des plus aimables chants , fair retentir les Airs
Qu'on est charmé de ses Concers !
Elle annonce par ce Cantique ,
Un Kédempteur à l'Univers.
» Chantez , Mortels , chantez Victoire ;
Un Dieu se fait Homme pour vous ;
» Célébrez sans cesse sa gloire ;
. L'Enfer va ceder à ses coups.
» Non , non , vous n'aurez plus de Guerre,
» Vos maux finissent pour jamais ,
» L'Eternel n'a plus de Tonnerre ,
"3 Quand son cher Fils donne la Paix,
» Chantez , Mortels , & c .
Mais qu'apperçois- je , 6 Ciel le Messie ado
rable
Parmi deux animaux.
Un Roy dans une Etable
A peine couvert de Jambeaux.
Quoi ! la Souveraine Puissance ,
Quoi ? ce Dieu si grand , si parfait ,
Sur le Foin , aujourd'hui , soupire après le Lait .
Dont l'homme a besoin dans l'Enfance !
II.Vol Cij Cieux
2808 MERCURE DE FRANCE
Cieux , Terre , tout s'unit pour loüer ce Sanyeur
,
Et tes Filles a , Sion , par la grace épurées -
Font retentir ces lieux des louanges sacrées ,
Que les coeurs attendris , donnent au Redempteur
,
Hautbois , Clairons , tendre Musette ,
Célébrez un Dieu plein d'amour ,
Trompette, sonnez en ce jour ,
De l'Empire infernal annoncez la défaite.
Du Dieu qui vienr briser nos fers ,
Chantons la gloire , et la tendresse ;
Livrons- nous tous à l'allégresse ,
Enfin les Cieux nous sont ouverts.
a Les Dames Religieuses..
P.. R. F. Controlleur au Bureau Général
du Tabac à Perpignan.
La Musique est celle de la Cantate, les Jardins
e Sceaux , &c.
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Résumé : NOEL, Pour les Dames Religieuses de Notre-Dame de Perpignan.
Le poème célèbre la naissance du Christ, destiné aux Dames Religieuses de Notre-Dame de Perpignan. Il commence par une invocation aux jours salutaires et heureux, appelant à l'allégresse sur terre et dans les cieux. Une scène nocturne est décrite, où un soleil brille, accompagné de chants angéliques annonçant la venue d'un rédempteur pour l'univers. Les mortels sont invités à chanter la victoire et la gloire de Dieu, qui se fait homme pour apporter la paix et mettre fin aux guerres. Le texte évoque ensuite la naissance du Messie dans une étable, entouré d'animaux, soulignant la souveraineté et la perfection de Dieu malgré sa naissance humble. Le poème se termine par une célébration de la victoire de Dieu sur l'enfer, avec des instruments de musique et des louanges sacrées, exprimant la joie et l'allégresse de la rédemption. La musique mentionnée est celle de la cantate des Jardins de Sceaux. Le poème est signé par P. R. F., contrôleur au Bureau Général du Tabac à Perpignan.
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777
p. 2834-2835
BALADE, en l'honneur de l'Immaculée Conception de la Sainte Vierge, qui a remporté le prix au dernier Palinod, à Caën. Le sujet est le Laurier, vainqueur du Tonnerre.
Début :
Descends de ton sacré Parnasse, [...]
Mots clefs :
Laurier, Immaculée Conception de la Vierge, Palinod, Caen, Arbre, Foudre
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texteReconnaissance textuelle : BALADE, en l'honneur de l'Immaculée Conception de la Sainte Vierge, qui a remporté le prix au dernier Palinod, à Caën. Le sujet est le Laurier, vainqueur du Tonnerre.
BALADE, en l'honneur de l'Immaculée
Conception de la Sainte Vierge , qui a
remporté le prix au dernier Palinod , à
Caën. Le sujet est le Laurier , vain
queur du Tonnerre.
Descends de ton sacré Parnasse ,
Vien me seconder , Dieu des Vers ;
Du Laurier les charmes divers
Flatent ma Poëtique audace.
Soutien ton vol ambitieux ,
Muse commence la carriere ,
Et chante en ce jour glorieux ,
L'Arbre que la Foudre révére.
Tandis que les Vents et la Glace ;
Ravagent ce vaste Univers ,
Ciel ! que le vainqueur des Hyvers
II. Vol. Nous
DECEMBRE. 1733. 2835.
Nous montre d'appas et de grace !
C'est toi , Soleil officieux ,
Qui par quelque secret Mystere ;
Fais toujours briller à nos yeux ,
L'Arbre que la Foudre révére.
Jeunes Fleurs , dont l'Eclat surpasse
Celui des plus brillans Eclairs ,
Cedes au Héros de mes Airs ,
Le moindre souffle vous efface ;
En butte aux Orages affreux , j
Par un fortuné caractere ,
Il est en tout temps , en tous lieux ;
L'Arbre que la Foudre révére.
Allusion.
Vous , qui par un destin heureux ,
Des Enfers bravez la colere ,
N'êtes - vous pas Reine des Cieux ,
L'Arbre que la Foudre révére ?
Par M. HARD O Ü I N.
Conception de la Sainte Vierge , qui a
remporté le prix au dernier Palinod , à
Caën. Le sujet est le Laurier , vain
queur du Tonnerre.
Descends de ton sacré Parnasse ,
Vien me seconder , Dieu des Vers ;
Du Laurier les charmes divers
Flatent ma Poëtique audace.
Soutien ton vol ambitieux ,
Muse commence la carriere ,
Et chante en ce jour glorieux ,
L'Arbre que la Foudre révére.
Tandis que les Vents et la Glace ;
Ravagent ce vaste Univers ,
Ciel ! que le vainqueur des Hyvers
II. Vol. Nous
DECEMBRE. 1733. 2835.
Nous montre d'appas et de grace !
C'est toi , Soleil officieux ,
Qui par quelque secret Mystere ;
Fais toujours briller à nos yeux ,
L'Arbre que la Foudre révére.
Jeunes Fleurs , dont l'Eclat surpasse
Celui des plus brillans Eclairs ,
Cedes au Héros de mes Airs ,
Le moindre souffle vous efface ;
En butte aux Orages affreux , j
Par un fortuné caractere ,
Il est en tout temps , en tous lieux ;
L'Arbre que la Foudre révére.
Allusion.
Vous , qui par un destin heureux ,
Des Enfers bravez la colere ,
N'êtes - vous pas Reine des Cieux ,
L'Arbre que la Foudre révére ?
Par M. HARD O Ü I N.
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Résumé : BALADE, en l'honneur de l'Immaculée Conception de la Sainte Vierge, qui a remporté le prix au dernier Palinod, à Caën. Le sujet est le Laurier, vainqueur du Tonnerre.
Le texte est une balade dédiée à l'Immaculée Conception de la Sainte Vierge, lauréate du dernier Palinod à Caen. Le sujet central est le laurier, symbolisé comme le vainqueur du tonnerre. Le poète sollicite l'inspiration divine pour célébrer les vertus de cet arbre, révéré par la foudre. Le laurier est décrit comme résistant aux vents, à la glace et aux orages, contrairement aux jeunes fleurs qui sont facilement détruites. Le texte fait également référence à une figure qui brave la colère des Enfers, suggérant qu'il s'agit de la reine des cieux et de l'arbre révéré par la foudre. L'auteur de ce texte est M. Hardouin.
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778
p. 2835-2843
LETTRE sur les Bains de Toul et les Valantines de Metz.
Début :
Vous m'avez demandé, M. si dans les Statuts du Chapitre d'une [...]
Mots clefs :
Bains de Toul, Valentines de Metz, Cathédrale, Statuts, Diocèse, Auxerre, Metz, Toul, Ville, Église
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE sur les Bains de Toul et les Valantines de Metz.
LETTRE sur les Bains de Toul et les
Valantines de Metz.
V *
Ous m'avez demandé , M. si dans
les Statuts du Chapitre d'une
Cathedrale où l'Alleluia étoit autrefois
enterré réellement par les Enfans de
Le Chapitre de Toul en Lorraine.
II.Vol.
Dvj Choeur
2836 MERCURE DE FRANCE
Choeur , le Samedy du Dimanche dans la
Septuagesime , il n'y auroit point d'autres
pratiques aussi capables de faire connoître
la grossiereté de certains siécles , que
l'étoit celle là . Il y a long- tems que vous
me pressez là- dessus : mais comme it auroit
fallu suivre ces Statuts presque d'un bout
à l'autre et que vous parler de quantité
de choses qui sont traitées dans le glossaire
de M. Du Cange , sur la foi de quelques
autres monumens de pareille espece,
j'ai crû ne devoir m'attacher aujourd'hui
qu'au zele qu'il paroît qu'on prenoit
dans le quinziéme siécle , à distinguer la
fête de Pâques par un concours general
de tout le Clergé dans la Cathedrale.
Il falloit dans cette Eglise que tout le
Clergé se trouvât à Matines à l'heure de
l'Aurore , ad laudem Refurrectionis Domini
quam in aurora dieifactam credimus extitisses
non - seulement l'Evêque et tous les Chinoines
aussi - bien que les Habituez du
Choeur y étoient tenus étroitement les 3.
fêtes d'après Pâques,mais encore tous les
Curez de la ville ; et ce à quoi vous ne
vous attendez peut être pas , c'est que
les Abbayes éloignées de cinq, dix , quinze
lieües et même davantage , devoient aussi
y envoyer de leur part , de même que cxaines
Egli es Collegiales qui avoient des
II. Vol. maisons
DECEMBRE. 1733 2837
maisons d'Hospice dans la Ville Episcopale.
Ce concours general se faisoit ad ser
viendum Ecclesia in Laudem resurrectionis,
et Cathedralis Ecclesia honorem ac reverentiam,
comme le disent les mêmes Statuts ,
jusques-là on ne voit rien que de loiable
, rien qui ne ressente la grandeur du
Mistere qu'on celebroit , et qui ne fasse
voir la subordination des Eglises du Diocèse
à l'Eglise Cathedrale. Les Evêques
introduisant des Reguliers dans les Eglises
subordonnées aux Cathedrales , les soumettoient
aux mêmes obligations ausquelles
ctoient tenus ceux qui avoient occupé
ces Eglises avant eux.
Ici ( a ) au huitiéme siécle, ce devoir
étoit partagé durant toute l'année ; toutes
les Communautez et Paroisses du Dio .
cèfe devoient rendre service à l'Eglise.
Cathedrale , chacune pendant une femaine:
les Paroisses les plus éloignées durant
l'Eté ; les moins éloignées , dans les sai-
(a)La Charte d'Alain , Evêque d'Auxerre ,
de l'an 1163. touchant l'introduction des Chanoines
Reguliers de Saint Satur en Berry , dans
P'Eglise de S. Amatre , ancienne Abbaye , soumise
à la Cathédrale d'Auxerre , porte cette réserve
: Salvis institutionibus que sunt inter Ecclesiam
S. Amatoris et beati Stephani , qui est l
Cathédrale.
II. Vol
S
2838 MERCURE DE FRANCE
sons où les jours sont plus courts ; et les
maisons de Clercs ou de Moines , durant
les six mois des plus petits jours. Voyez
le Pere Labbe. T. 1. Bibl . nova mss . p .
428. ou plutôt le Pere Martene. De ana
tiqua Disciplina in Div. Off. page 11. où
vous trouverez le mois de Septembre
rempli comme les autres , et non pas
vuide comme l'a representé le Fere Lab.
par l'inadvertance de ses Copistes : ce
qui a trompé d'abord Dom Mabillon
qui a écrit que les Vendanges pouvoient
avoir fait suspendre alors ces devoirs de
POffice divin. ( a )
be
Nous ne sçavons pas combien cet usage
dura . Mais au dixiéme siécle c'étoit
aux Fêtes de la Pentecôte que de tout le
Diocèse , les Curez devoient venir rendre
leurs devoirs à la Cathedrale , accompagnez
de leurs peuples, sans que les
plus éloignez comme sont ceux de dixhuit
et dix- neuf lieues en fussent exceptez.
( b ) Nous ne voyons d'autre puni
*
( a ) Sac. iij Bened.
(b ) C'étoit aussi dans le temps des grands
jours , sçavoir , le Dimanche d'après la Trinité ,
que tous les Curez du Diocèse de Tréguier en
Bretagne devoient venir avec leurs. Peuples à la
Cathédrale pour honorer S. Tugal. Cet usage
s'observoit encore au xiv . Siecle , et il Y avoit
trente sols d'amende contre les négligens . Statuta
ynod. Trecor. t. 4. Thess. Anecdat, pag. 1104.
"
DECEMBRE 1733 , 2839
*
tion presente contre les Abbez et les Pretres
qui seroient négligens à s'acquitter
de ce devoir Cathédratique , qu'une privation
de vin qui leur étoit imposée pendant
quarante jours. C'est ce qu'on appelleroit
aujourd'hui une Pénitence, et qui
seroit une rude mortification . Mais vous
allez voir ce qu'on faisoit à Toul. Il n'est
pas dit que ceux qui refusoient de venir
à l'Office de la Cathédrale , ou qui s'y
rendoient tard et avec répugnance , fussent
privez de vin ; je lis seulement dans
le trente-deuxième Statut de la Collection
, approuvée en 1497 , qu'on leur
faisoit boire de l'eau : Et comment.
Les Soudiacres , et les petits Chanoines
se faisant prêter main- forte par les Domestiques
des Chanoines dignitaires étoient
chargez de les arrêter et de les jetter
dans l'eau, ( apparemment de la Moselle
qui passe au bas de la Ville) prenant
cependant la précaution de ne les pas
noyer. Autre restriction : C'est que si c'é
toit une personne de mérite ou de conséquence
qui eut manqué à ce devoir , elle
pouvoit se liberer de cette inmersion ,
pour la somme de deux sols . C'étoit une
espece de rachat , qui pourroit- être ajou
té à ceux dont M. du Cange a parlé dan
son Glossaire.Le texte latin vous prou
II. Vol.
2840 MERCURE DE FRANCE
ra que je n'ai point employé d'expression
qui n'y fut contenue. Il vous paroîtra
peu sérieux , mais il n'en est pas
moins véritable ; et après l'Extrait du Ĉérémonial
de Viviers , que je viens de lire
dans la nouvelle édition du Glossaire , au
mot Kalenda , la gothicité de cet usage
du quinziéme siécle me paroît devoir
encore le ceder à ceux qui se lisent dans
ce Cérémonial , qui est du quatorziéme.
Si aliqui ex prætactis vel contumaciâ ant
torpentiâ defecerit,projiciundus est in aquam,
non periculosè tamen , in signum baptismatis
Christi , quod Apostoli post ejus resurrectionem
ferventi animo predicaverent.Tamen si
ex prænominatis aliquæfuerint honeste persone
, admittantur ad gratiosam redemptionem
non excedentem duos solidos cursibiles , nisi
suâ liberalitate absque aliquâ coactione amplius
conferre voluerint. Et ista redemptiones
Maranciis Ecclesia ...
Il manque icy quelque mot dans ma
copie.
Suntque hujusmodi poena executores Subdiaconi
feriati et Canonici minores cum familiis
Canonicorum dignitates obtinentium ,
sed non impetuosè cum armis aut violentiis
periculosis , imo sub honestis persuasionibus
et moderaminibus virium ne inde scandala
contingant , &c.
II. Vol. I
DECEMBRE. 1733. 284Y
Il paroît que ce Bain ne se faisoit point
malgré les personnes qui devoient le su
bir , et qu'on tâchoit de persuader ceux
qui étoient dans le cas , de s'y prêter de
bonne grace ; mais l'allusion au Baptême
de N. S. me paroît icy hors de son lieu
En un mot , il falloit là comme icy, quelque
chose à Pâques pour divertir ; et je
vois par ce qui suit , que les Laïques
couroient aux Bains de Toul , comme à
la Pelote d'Auxerre , dont il a été ample
ment parlé dans le Mercure du mois de
May , de l'an 1726.
Je vous avois promis aussi , M. l'interprétation
du mot de Valentina, que vous
dites être de la compétence du Glossai
re. Je ne le trouve que dans des Statuts
Synodaux du Diocèse de Metz , rédigez
dans le siecle dernier . Je lis cette deffense
à la page 109. du Recueil imprimé à
Metz en 1699. Parochi vehementer horten
tur Parochianos suos ut abstineant ... àà pi
blicis saltationibus et nescio quibus pravis
consuetudinibus que vulgò Valentine nuncupantur.
Un Sçavant personnage de la
Ville de Metz (a ) de qui je tenois l'explication
des Fêtes du Tonnerre , marquées
dans les mèmes Statuts , m'en
( a ) M. l'Abbé Brayer , Chanoine de la Ca
thedrale , et Vic. Gen. de M. l'Evêque.
IL. Vol.
don
donna l'an 1729, une inrerprétation,que
revient assez à ce qui précédé immédiat
tement dans l'acide à éclaircir
t
sinon
qu'il faudroic substituer le terme de Pri.
vutisï celui de Publicis;et par ce moyen
on comprendroit assez le rapport que
peuvent avoir les mauvaises coutumes
que ces Statuts combattent, avec lesifolations
, contre lesquelles les Saints Evêques
,
les Capitulaires de nos Rois,ettant
de Synodes se sont élevez. On remarque
même que dans la vie de S. Eloy
,
écrite:
par S. Ouen, elles sont appelléesValLutiones.
Maisd'autres voudront peutêtre:
qu il y ait eu à Merz
, comme à Turin il
line Maison de plaisance, appellée III
Vtzlntin et que c'est de là que soient
t venus les Valentins et les Valentines. *
M. l'Abbé Chatelin, Chanoine dei
Paris
,
qui se faisoit expliquer toutes leSt
curiositez d'Italie dans les Voyages qu'il
y a faits, marque dans son Bimestre de:
Janvier et Février
,
à la page £45, que
le Valentin.. situé aux Portes de Turin,a
été ainsi nommé,de ce que les Promo
nades y recommencent vers la S.Valentin,
au 14 Février; auquel temps le plus
souvent les beaux jours recommencent i
paraître en Iralie.La différence du climat
empêcIhe d.e cVroireoquleplaumêimse rsaiseon
avoir donné lieu auxValentinesde
letz, et quand même on envisageroit la
Valentin au 14Février, telle qu'elle
trouvoit réellement avant la suppresen
de dix jours faite au Calendrier l'an
82. La température de la Lorraine est
core trop peu échauffée en ce temps-là
,ur admettre les promenades. Peut être
faut-il considérer en tout cela la Fête
S.Valentin,que comme concourante le
Ut; souvent avec le temps que précéde le
arême, auquel
,
si les promenades ne
ne pas communes, les divertissemens
doublent dans l'intérieur des maisons.
vous laisse le maître de choisir laquelil
vous plaira de ces conjectures, et je
s, &c.
A Auxerre, ce ro Mars 1735.
Valantines de Metz.
V *
Ous m'avez demandé , M. si dans
les Statuts du Chapitre d'une
Cathedrale où l'Alleluia étoit autrefois
enterré réellement par les Enfans de
Le Chapitre de Toul en Lorraine.
II.Vol.
Dvj Choeur
2836 MERCURE DE FRANCE
Choeur , le Samedy du Dimanche dans la
Septuagesime , il n'y auroit point d'autres
pratiques aussi capables de faire connoître
la grossiereté de certains siécles , que
l'étoit celle là . Il y a long- tems que vous
me pressez là- dessus : mais comme it auroit
fallu suivre ces Statuts presque d'un bout
à l'autre et que vous parler de quantité
de choses qui sont traitées dans le glossaire
de M. Du Cange , sur la foi de quelques
autres monumens de pareille espece,
j'ai crû ne devoir m'attacher aujourd'hui
qu'au zele qu'il paroît qu'on prenoit
dans le quinziéme siécle , à distinguer la
fête de Pâques par un concours general
de tout le Clergé dans la Cathedrale.
Il falloit dans cette Eglise que tout le
Clergé se trouvât à Matines à l'heure de
l'Aurore , ad laudem Refurrectionis Domini
quam in aurora dieifactam credimus extitisses
non - seulement l'Evêque et tous les Chinoines
aussi - bien que les Habituez du
Choeur y étoient tenus étroitement les 3.
fêtes d'après Pâques,mais encore tous les
Curez de la ville ; et ce à quoi vous ne
vous attendez peut être pas , c'est que
les Abbayes éloignées de cinq, dix , quinze
lieües et même davantage , devoient aussi
y envoyer de leur part , de même que cxaines
Egli es Collegiales qui avoient des
II. Vol. maisons
DECEMBRE. 1733 2837
maisons d'Hospice dans la Ville Episcopale.
Ce concours general se faisoit ad ser
viendum Ecclesia in Laudem resurrectionis,
et Cathedralis Ecclesia honorem ac reverentiam,
comme le disent les mêmes Statuts ,
jusques-là on ne voit rien que de loiable
, rien qui ne ressente la grandeur du
Mistere qu'on celebroit , et qui ne fasse
voir la subordination des Eglises du Diocèse
à l'Eglise Cathedrale. Les Evêques
introduisant des Reguliers dans les Eglises
subordonnées aux Cathedrales , les soumettoient
aux mêmes obligations ausquelles
ctoient tenus ceux qui avoient occupé
ces Eglises avant eux.
Ici ( a ) au huitiéme siécle, ce devoir
étoit partagé durant toute l'année ; toutes
les Communautez et Paroisses du Dio .
cèfe devoient rendre service à l'Eglise.
Cathedrale , chacune pendant une femaine:
les Paroisses les plus éloignées durant
l'Eté ; les moins éloignées , dans les sai-
(a)La Charte d'Alain , Evêque d'Auxerre ,
de l'an 1163. touchant l'introduction des Chanoines
Reguliers de Saint Satur en Berry , dans
P'Eglise de S. Amatre , ancienne Abbaye , soumise
à la Cathédrale d'Auxerre , porte cette réserve
: Salvis institutionibus que sunt inter Ecclesiam
S. Amatoris et beati Stephani , qui est l
Cathédrale.
II. Vol
S
2838 MERCURE DE FRANCE
sons où les jours sont plus courts ; et les
maisons de Clercs ou de Moines , durant
les six mois des plus petits jours. Voyez
le Pere Labbe. T. 1. Bibl . nova mss . p .
428. ou plutôt le Pere Martene. De ana
tiqua Disciplina in Div. Off. page 11. où
vous trouverez le mois de Septembre
rempli comme les autres , et non pas
vuide comme l'a representé le Fere Lab.
par l'inadvertance de ses Copistes : ce
qui a trompé d'abord Dom Mabillon
qui a écrit que les Vendanges pouvoient
avoir fait suspendre alors ces devoirs de
POffice divin. ( a )
be
Nous ne sçavons pas combien cet usage
dura . Mais au dixiéme siécle c'étoit
aux Fêtes de la Pentecôte que de tout le
Diocèse , les Curez devoient venir rendre
leurs devoirs à la Cathedrale , accompagnez
de leurs peuples, sans que les
plus éloignez comme sont ceux de dixhuit
et dix- neuf lieues en fussent exceptez.
( b ) Nous ne voyons d'autre puni
*
( a ) Sac. iij Bened.
(b ) C'étoit aussi dans le temps des grands
jours , sçavoir , le Dimanche d'après la Trinité ,
que tous les Curez du Diocèse de Tréguier en
Bretagne devoient venir avec leurs. Peuples à la
Cathédrale pour honorer S. Tugal. Cet usage
s'observoit encore au xiv . Siecle , et il Y avoit
trente sols d'amende contre les négligens . Statuta
ynod. Trecor. t. 4. Thess. Anecdat, pag. 1104.
"
DECEMBRE 1733 , 2839
*
tion presente contre les Abbez et les Pretres
qui seroient négligens à s'acquitter
de ce devoir Cathédratique , qu'une privation
de vin qui leur étoit imposée pendant
quarante jours. C'est ce qu'on appelleroit
aujourd'hui une Pénitence, et qui
seroit une rude mortification . Mais vous
allez voir ce qu'on faisoit à Toul. Il n'est
pas dit que ceux qui refusoient de venir
à l'Office de la Cathédrale , ou qui s'y
rendoient tard et avec répugnance , fussent
privez de vin ; je lis seulement dans
le trente-deuxième Statut de la Collection
, approuvée en 1497 , qu'on leur
faisoit boire de l'eau : Et comment.
Les Soudiacres , et les petits Chanoines
se faisant prêter main- forte par les Domestiques
des Chanoines dignitaires étoient
chargez de les arrêter et de les jetter
dans l'eau, ( apparemment de la Moselle
qui passe au bas de la Ville) prenant
cependant la précaution de ne les pas
noyer. Autre restriction : C'est que si c'é
toit une personne de mérite ou de conséquence
qui eut manqué à ce devoir , elle
pouvoit se liberer de cette inmersion ,
pour la somme de deux sols . C'étoit une
espece de rachat , qui pourroit- être ajou
té à ceux dont M. du Cange a parlé dan
son Glossaire.Le texte latin vous prou
II. Vol.
2840 MERCURE DE FRANCE
ra que je n'ai point employé d'expression
qui n'y fut contenue. Il vous paroîtra
peu sérieux , mais il n'en est pas
moins véritable ; et après l'Extrait du Ĉérémonial
de Viviers , que je viens de lire
dans la nouvelle édition du Glossaire , au
mot Kalenda , la gothicité de cet usage
du quinziéme siécle me paroît devoir
encore le ceder à ceux qui se lisent dans
ce Cérémonial , qui est du quatorziéme.
Si aliqui ex prætactis vel contumaciâ ant
torpentiâ defecerit,projiciundus est in aquam,
non periculosè tamen , in signum baptismatis
Christi , quod Apostoli post ejus resurrectionem
ferventi animo predicaverent.Tamen si
ex prænominatis aliquæfuerint honeste persone
, admittantur ad gratiosam redemptionem
non excedentem duos solidos cursibiles , nisi
suâ liberalitate absque aliquâ coactione amplius
conferre voluerint. Et ista redemptiones
Maranciis Ecclesia ...
Il manque icy quelque mot dans ma
copie.
Suntque hujusmodi poena executores Subdiaconi
feriati et Canonici minores cum familiis
Canonicorum dignitates obtinentium ,
sed non impetuosè cum armis aut violentiis
periculosis , imo sub honestis persuasionibus
et moderaminibus virium ne inde scandala
contingant , &c.
II. Vol. I
DECEMBRE. 1733. 284Y
Il paroît que ce Bain ne se faisoit point
malgré les personnes qui devoient le su
bir , et qu'on tâchoit de persuader ceux
qui étoient dans le cas , de s'y prêter de
bonne grace ; mais l'allusion au Baptême
de N. S. me paroît icy hors de son lieu
En un mot , il falloit là comme icy, quelque
chose à Pâques pour divertir ; et je
vois par ce qui suit , que les Laïques
couroient aux Bains de Toul , comme à
la Pelote d'Auxerre , dont il a été ample
ment parlé dans le Mercure du mois de
May , de l'an 1726.
Je vous avois promis aussi , M. l'interprétation
du mot de Valentina, que vous
dites être de la compétence du Glossai
re. Je ne le trouve que dans des Statuts
Synodaux du Diocèse de Metz , rédigez
dans le siecle dernier . Je lis cette deffense
à la page 109. du Recueil imprimé à
Metz en 1699. Parochi vehementer horten
tur Parochianos suos ut abstineant ... àà pi
blicis saltationibus et nescio quibus pravis
consuetudinibus que vulgò Valentine nuncupantur.
Un Sçavant personnage de la
Ville de Metz (a ) de qui je tenois l'explication
des Fêtes du Tonnerre , marquées
dans les mèmes Statuts , m'en
( a ) M. l'Abbé Brayer , Chanoine de la Ca
thedrale , et Vic. Gen. de M. l'Evêque.
IL. Vol.
don
donna l'an 1729, une inrerprétation,que
revient assez à ce qui précédé immédiat
tement dans l'acide à éclaircir
t
sinon
qu'il faudroic substituer le terme de Pri.
vutisï celui de Publicis;et par ce moyen
on comprendroit assez le rapport que
peuvent avoir les mauvaises coutumes
que ces Statuts combattent, avec lesifolations
, contre lesquelles les Saints Evêques
,
les Capitulaires de nos Rois,ettant
de Synodes se sont élevez. On remarque
même que dans la vie de S. Eloy
,
écrite:
par S. Ouen, elles sont appelléesValLutiones.
Maisd'autres voudront peutêtre:
qu il y ait eu à Merz
, comme à Turin il
line Maison de plaisance, appellée III
Vtzlntin et que c'est de là que soient
t venus les Valentins et les Valentines. *
M. l'Abbé Chatelin, Chanoine dei
Paris
,
qui se faisoit expliquer toutes leSt
curiositez d'Italie dans les Voyages qu'il
y a faits, marque dans son Bimestre de:
Janvier et Février
,
à la page £45, que
le Valentin.. situé aux Portes de Turin,a
été ainsi nommé,de ce que les Promo
nades y recommencent vers la S.Valentin,
au 14 Février; auquel temps le plus
souvent les beaux jours recommencent i
paraître en Iralie.La différence du climat
empêcIhe d.e cVroireoquleplaumêimse rsaiseon
avoir donné lieu auxValentinesde
letz, et quand même on envisageroit la
Valentin au 14Février, telle qu'elle
trouvoit réellement avant la suppresen
de dix jours faite au Calendrier l'an
82. La température de la Lorraine est
core trop peu échauffée en ce temps-là
,ur admettre les promenades. Peut être
faut-il considérer en tout cela la Fête
S.Valentin,que comme concourante le
Ut; souvent avec le temps que précéde le
arême, auquel
,
si les promenades ne
ne pas communes, les divertissemens
doublent dans l'intérieur des maisons.
vous laisse le maître de choisir laquelil
vous plaira de ces conjectures, et je
s, &c.
A Auxerre, ce ro Mars 1735.
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Résumé : LETTRE sur les Bains de Toul et les Valantines de Metz.
La lettre aborde les pratiques religieuses et les coutumes anciennes dans les diocèses de Toul et de Metz. À Toul, au quinzième siècle, la fête de Pâques était marquée par un concours général du clergé dans la cathédrale. Tous les membres du clergé, y compris les curés de la ville et les abbés des environs, devaient se réunir à Matines à l'aube. Les abbayes éloignées et les églises collégiales avec des maisons d'hospice dans la ville épiscopale devaient également envoyer des représentants. Cette pratique visait à honorer la résurrection du Christ et à montrer la subordination des églises du diocèse à la cathédrale. Les évêques introduisaient des réguliers dans les églises subordonnées aux cathédrales, les soumettant aux mêmes obligations que celles imposées aux précédents occupants. Au huitième siècle, ce devoir était partagé tout au long de l'année, chaque communauté et paroisse servant l'église cathédrale pendant une semaine. Les paroisses les plus éloignées servaient pendant l'été, tandis que les moins éloignées servaient pendant les saisons où les jours étaient plus courts. Au dixième siècle, les curés de tout le diocèse devaient venir rendre hommage à la cathédrale lors des fêtes de la Pentecôte, accompagnés de leurs paroissiens, sans exception pour les plus éloignés. Les sanctions pour les absents ou les retardataires incluaient la privation de vin pendant quarante jours ou, à Toul, l'immersion dans l'eau de la Moselle. Les personnes de mérite pouvaient se racheter en payant deux sols. La lettre mentionne également les 'Valentines' de Metz, des coutumes publiques de danse et de divertissement interdites par les statuts synodaux du diocèse. L'origine de ces fêtes est incertaine, mais elles pourraient être liées à la Saint-Valentin ou à des maisons de plaisance. La lettre se conclut par une réflexion sur les divertissements à Pâques et les curiosités locales.
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779
p. 2854
« ABREGÉ HISTORIQUE ET CHRONOLOGIQUE de l'Ordre du S. Esprit, [...] »
Début :
ABREGÉ HISTORIQUE ET CHRONOLOGIQUE de l'Ordre du S. Esprit, [...]
Mots clefs :
Noms, Surnoms
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texteReconnaissance textuelle : « ABREGÉ HISTORIQUE ET CHRONOLOGIQUE de l'Ordre du S. Esprit, [...] »
BREGE ' HISTORIQUE ET CHRONOLOGIQUE
de l'Ordre du S. Esprit ,
contenant les noms , sur- noms , qualitez
de tous les Chevaliers , Commandeurs
et Officiers , depuis son Institution jusqu'à
ce jour. A Paris , chez Pierre Gandonin
, Quay des Augustins , 1734. in 16.
de l'Ordre du S. Esprit ,
contenant les noms , sur- noms , qualitez
de tous les Chevaliers , Commandeurs
et Officiers , depuis son Institution jusqu'à
ce jour. A Paris , chez Pierre Gandonin
, Quay des Augustins , 1734. in 16.
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780
p. 2871-2872
Tous les Ouvrages d'Origène, &c. [titre d'après la table]
Début :
ΩΡΙΓΕΝΟΥΣ ΤΑ ΕΥΡΙΣΚΟΜΕΝΑ ΠΑΝTA Origenis Opera omnia, &c. Tout ce [...]
Mots clefs :
Origène
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texteReconnaissance textuelle : Tous les Ouvrages d'Origène, &c. [titre d'après la table]
ΩΡΙΓΕΝΟΥΣ ΤΑ ΕΥΡΙΣΚΟΜΕΝΑ ΠΑΝ
TA Origenis Opera omnia , &c . Toni ce
qu'on a pu recouvrer d'Ouvrage d'Origéne ,
en Grec , ou seulement en Latin , &c. Par
·D, Charles de la Ruë , Religieux Benedic-
11. Vol. tin
2872 MERCURE DE FRANCE
•
tin de la Congregation de S.Maur. A Paris,
chez Jacques Vincent 1733 , in fol. second
vol. de 334 pag.
C'est la suite de la nouvelle Edition des
Ouvrages d'Origene , dont nous avons
donné le Plan dans le premier volume du
Mercure de Juin dernier. Il y a un fort
bel Extrait de ce second Tome , dans le
Journal des Sçavans , du mois de Decembre
1733.
TA Origenis Opera omnia , &c . Toni ce
qu'on a pu recouvrer d'Ouvrage d'Origéne ,
en Grec , ou seulement en Latin , &c. Par
·D, Charles de la Ruë , Religieux Benedic-
11. Vol. tin
2872 MERCURE DE FRANCE
•
tin de la Congregation de S.Maur. A Paris,
chez Jacques Vincent 1733 , in fol. second
vol. de 334 pag.
C'est la suite de la nouvelle Edition des
Ouvrages d'Origene , dont nous avons
donné le Plan dans le premier volume du
Mercure de Juin dernier. Il y a un fort
bel Extrait de ce second Tome , dans le
Journal des Sçavans , du mois de Decembre
1733.
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Résumé : Tous les Ouvrages d'Origène, &c. [titre d'après la table]
Le document présente 'TA Origenis Opera omnia' de Charles de la Ruë, bénédictin de Saint-Maur, qui rassemble les œuvres d'Origène en grec ou latin. Le second volume, de 334 pages, a été publié à Paris en 1733. Un extrait a paru dans le Journal des Sçavans de décembre 1733.
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781
p. 2927-2928
Nouveaux Tableaux de l'Ordre du S. Esprit, aux Grands Augustins de Paris, [titre d'après la table]
Début :
L'Ordre du S. Esprit vient de faire exécuter les Ouvrages ordonnez par délibération [...]
Mots clefs :
Ordre du Saint-Esprit, Tableaux, Monastère
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouveaux Tableaux de l'Ordre du S. Esprit, aux Grands Augustins de Paris, [titre d'après la table]
L'Ordre du S. Esprit vient de faire
exécuter les Ouvrages ordonnez par délibération
de Chapitre et Assemblées de
Commissaires , pour établir dans le Monastere
des Grands Augustins de Paris où
se sont faites les premieres Cérémonies
des Monumens de sa grandeur, aussi honorables
pour les Maisons Illustres du
Royaume,qu'interressans et curieux pour
les Etrangers. Ces Monumens sont :
1. Cinq grands Tableaux représentant
chacun une cérémonie de cet Ordre ,
sous les cinq Grands- Maîtres , qui ont re
gné depuis sa fondation ; sçavoir , Henry
III. fondateur , Henry IV. Louis XIII .
Louis XIV. et Louis XV. Ces Tableaux
ont été placez dans le Choeur de l'Eglise
de ce Monastere , et accompagnez de
Pilastres et autres Ornemens qui réünissent
une noble simplicité , avec beaucoup
de magnificence. Les habiles Maîtres, Auteurs
de ces Tableaux , sont les Srs Cham,
pagne , de Troyes , et Vanloo .
2º . On a décoré les deux Salles de co
II. Vol. Hiiij Me12928
292 MERCURE
DE FRANCE
Monastére , affectées à l'Ordre du S. Esprit
, de Boiserie , Sculpture, et Dorure ,
convenables à la dignité du sujet , autant
que l'étendue de ces Salles l'a permis.
On y verra par rang de receptions les
Portraits en Buste , avec les Armes et principales
qualitez de tous les Cardinaux ,
Prélats , Commandeurs et Chevaliers reçûs
dans cet Ordre , depuis son établissement
, jusqu'à ce jour. On avertit les
Maisons auxquelles on a demandé ceux de
ces Portraits qui manquent , de les fournir
le plutôt qu'elles pourront , et en attendant
ces Places resteront vuides.
On est redevable de l'exécution de ces
Ouvrages à la vigilance de M. l'Abbé de
Pomponne, Commandeur et Chancelier
des Ordres du Roy , et Conseiller d'Etat
ordinaire , et aux soins de M. le Marquis
de Breteuil , Commandeur et Prevôt ,
Maître des Cérémonies des mêmes Ordres
.
Ceux qui voudront voir ces Salles, s'adresseront
au R. P. Bouge, Religieux Augustin
, chargé par l'Ordre du ŠS.. Esprit ,
de les tenir ouvertes, et d'y accompagner
les Curieux tous les Mercredy et Jeudy
de chaque semaine , fête ou non fête , depuis
onze heures et demi du matin , jusqu'à
quatre heures après midi.
exécuter les Ouvrages ordonnez par délibération
de Chapitre et Assemblées de
Commissaires , pour établir dans le Monastere
des Grands Augustins de Paris où
se sont faites les premieres Cérémonies
des Monumens de sa grandeur, aussi honorables
pour les Maisons Illustres du
Royaume,qu'interressans et curieux pour
les Etrangers. Ces Monumens sont :
1. Cinq grands Tableaux représentant
chacun une cérémonie de cet Ordre ,
sous les cinq Grands- Maîtres , qui ont re
gné depuis sa fondation ; sçavoir , Henry
III. fondateur , Henry IV. Louis XIII .
Louis XIV. et Louis XV. Ces Tableaux
ont été placez dans le Choeur de l'Eglise
de ce Monastere , et accompagnez de
Pilastres et autres Ornemens qui réünissent
une noble simplicité , avec beaucoup
de magnificence. Les habiles Maîtres, Auteurs
de ces Tableaux , sont les Srs Cham,
pagne , de Troyes , et Vanloo .
2º . On a décoré les deux Salles de co
II. Vol. Hiiij Me12928
292 MERCURE
DE FRANCE
Monastére , affectées à l'Ordre du S. Esprit
, de Boiserie , Sculpture, et Dorure ,
convenables à la dignité du sujet , autant
que l'étendue de ces Salles l'a permis.
On y verra par rang de receptions les
Portraits en Buste , avec les Armes et principales
qualitez de tous les Cardinaux ,
Prélats , Commandeurs et Chevaliers reçûs
dans cet Ordre , depuis son établissement
, jusqu'à ce jour. On avertit les
Maisons auxquelles on a demandé ceux de
ces Portraits qui manquent , de les fournir
le plutôt qu'elles pourront , et en attendant
ces Places resteront vuides.
On est redevable de l'exécution de ces
Ouvrages à la vigilance de M. l'Abbé de
Pomponne, Commandeur et Chancelier
des Ordres du Roy , et Conseiller d'Etat
ordinaire , et aux soins de M. le Marquis
de Breteuil , Commandeur et Prevôt ,
Maître des Cérémonies des mêmes Ordres
.
Ceux qui voudront voir ces Salles, s'adresseront
au R. P. Bouge, Religieux Augustin
, chargé par l'Ordre du ŠS.. Esprit ,
de les tenir ouvertes, et d'y accompagner
les Curieux tous les Mercredy et Jeudy
de chaque semaine , fête ou non fête , depuis
onze heures et demi du matin , jusqu'à
quatre heures après midi.
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Résumé : Nouveaux Tableaux de l'Ordre du S. Esprit, aux Grands Augustins de Paris, [titre d'après la table]
L'Ordre du Saint-Esprit a entrepris des travaux dans le monastère des Grands Augustins à Paris, conformément à une délibération du Chapitre et des Assemblées de Commissaires. Ces travaux visent à établir des monuments célébrant la grandeur de l'Ordre et honorant les maisons illustres du royaume, tout en intéressant les étrangers. Les monuments comprennent cinq grands tableaux, chacun représentant une cérémonie de l'Ordre sous les cinq Grands-Maîtres successifs : Henri III, Henri IV, Louis XIII, Louis XIV et Louis XV. Ces tableaux, réalisés par les maîtres Champagne de Troyes et Vanloo, sont placés dans le chœur de l'église du monastère et accompagnés de pilastres et autres ornements alliant simplicité et magnificence. Deux salles du monastère, dédiées à l'Ordre du Saint-Esprit, ont été décorées de boiseries, sculptures et dorures. Elles présentent les portraits en buste des cardinaux, prélats, commandeurs et chevaliers reçus dans l'Ordre depuis sa fondation, par ordre de réception. Les maisons concernées sont invitées à fournir les portraits manquants. L'exécution de ces travaux est attribuée à la vigilance de l'abbé de Pomponne, Commandeur et Chancelier des Ordres du Roi, et aux soins du marquis de Breteuil, Commandeur et Prévôt, Maître des Cérémonies des mêmes Ordres. Les visiteurs peuvent accéder à ces salles les mercredis et jeudis de chaque semaine, de onze heures et demie du matin à quatre heures de l'après-midi, sous la guidance du religieux augustin Bouge.
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782
p. 110-112
« HISTOIRE de l'Empire des Chérifs en Afrique, sa Description Géographique [...] »
Début :
HISTOIRE de l'Empire des Chérifs en Afrique, sa Description Géographique [...]
Mots clefs :
Compagnie de Jésus, Histoire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « HISTOIRE de l'Empire des Chérifs en Afrique, sa Description Géographique [...] »
HISTOIRE de l'Empire des Chérifs
en Afrique, sa Description Géogra-..
phique et Historique ; la Relation de la
prise d'Oran , par Philippe V. Roy d'Es
pagne , avec l'abrégé de la Vie de M. de
Sancta Cruz , & c . ornée d'un Plan tresexact
de la Ville d'Oran , et d'une Carte
de l'Empire des Chérifs . Par M. . . chez
Prault , Quai de Gévres , 1733. 2 vol. in
12.
HISTOIRE des Découvertes et Conquêtes
des Portugais dans le nouveau
mons
JANVIER 1734:
Monde , avec des figures en taille - douces
Par le R. P. Joseph- François l' Affitau , de
la Compagnie de Jesus . A Paris , chez
Saugrain pere, Quay des Augustins , et Jean-
Baptiste Coignard fils , rue S. Jacques , 20
vol. in 4.
HISTOIRE D'OSMAN , premier du nom ,
Empereur des Turcs , et de l'Impératri
ce Aphendina - Astuda. Par Madame de
Games ; chez le même, 2. vol.in 12. 1734.
HISTOIRE D'ESTEVANILLE GONZALES
surnommé le Garçon de bonne humeur,
tirée de l'Espagnol . Par M. le Sage. Chez
le même. 1734. in 12.
LES PETITS SOUPERS DE L'ETE',ou Avantures
Galantes , avec l'origine des Fées.
Par Madame Durand. 1733. chez le mê
me. in 12.
: DE LA CONNOISSANCE et de l'amour de
N. S. Jesus Christ. Par le R. P. J. B. de
Bélingan , de la Compagnie de Jesus . A
Paris , quay des Augustins , chez Roslin
fils. 1734. in 12.
TRAITE' du vrai mérite de l'Homme
considéré dans tous les âges , et dans toutès
les conditions; avec des Principes d'é-
F iiij ca
112 MERCURE DE FRANCE
ducation , propres à former les jeunes gens
à la vertu. Chez Saugrain , au Palais.
1734. in 12.
RE'FLEXIONS instructives et morales
sur l'Apocalypse. Par M.l'Abbé Genreau,
Curé de N. D. de Dijon . A Paris , ruë
S. Severin , chez d'Houri. in 12. de 636
pages.
PENSE'ES MORALES ET CHRE'TIENNES
sur le Texte de la Genéze , dédiées à M.
le Duc d'Orleans . Par M.l'Abbé le Mere.
A Rouen , chez Charles Frrrand , ruë et
vis- à- vis S.Lo. 1733. 2 vol.in 12. de plus
de 1000 pages.
en Afrique, sa Description Géogra-..
phique et Historique ; la Relation de la
prise d'Oran , par Philippe V. Roy d'Es
pagne , avec l'abrégé de la Vie de M. de
Sancta Cruz , & c . ornée d'un Plan tresexact
de la Ville d'Oran , et d'une Carte
de l'Empire des Chérifs . Par M. . . chez
Prault , Quai de Gévres , 1733. 2 vol. in
12.
HISTOIRE des Découvertes et Conquêtes
des Portugais dans le nouveau
mons
JANVIER 1734:
Monde , avec des figures en taille - douces
Par le R. P. Joseph- François l' Affitau , de
la Compagnie de Jesus . A Paris , chez
Saugrain pere, Quay des Augustins , et Jean-
Baptiste Coignard fils , rue S. Jacques , 20
vol. in 4.
HISTOIRE D'OSMAN , premier du nom ,
Empereur des Turcs , et de l'Impératri
ce Aphendina - Astuda. Par Madame de
Games ; chez le même, 2. vol.in 12. 1734.
HISTOIRE D'ESTEVANILLE GONZALES
surnommé le Garçon de bonne humeur,
tirée de l'Espagnol . Par M. le Sage. Chez
le même. 1734. in 12.
LES PETITS SOUPERS DE L'ETE',ou Avantures
Galantes , avec l'origine des Fées.
Par Madame Durand. 1733. chez le mê
me. in 12.
: DE LA CONNOISSANCE et de l'amour de
N. S. Jesus Christ. Par le R. P. J. B. de
Bélingan , de la Compagnie de Jesus . A
Paris , quay des Augustins , chez Roslin
fils. 1734. in 12.
TRAITE' du vrai mérite de l'Homme
considéré dans tous les âges , et dans toutès
les conditions; avec des Principes d'é-
F iiij ca
112 MERCURE DE FRANCE
ducation , propres à former les jeunes gens
à la vertu. Chez Saugrain , au Palais.
1734. in 12.
RE'FLEXIONS instructives et morales
sur l'Apocalypse. Par M.l'Abbé Genreau,
Curé de N. D. de Dijon . A Paris , ruë
S. Severin , chez d'Houri. in 12. de 636
pages.
PENSE'ES MORALES ET CHRE'TIENNES
sur le Texte de la Genéze , dédiées à M.
le Duc d'Orleans . Par M.l'Abbé le Mere.
A Rouen , chez Charles Frrrand , ruë et
vis- à- vis S.Lo. 1733. 2 vol.in 12. de plus
de 1000 pages.
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Résumé : « HISTOIRE de l'Empire des Chérifs en Afrique, sa Description Géographique [...] »
Le document recense des publications historiques et littéraires parues entre 1733 et 1734. Parmi elles, 'Histoire de l'Empire des Chérifs' décrit la géographie et l'histoire de cet empire africain, ainsi que la prise d'Oran par Philippe V, roi d'Espagne. Cet ouvrage inclut un plan détaillé de la ville d'Oran et une carte de l'Empire des Chérifs. 'Histoire des Découvertes et Conquêtes des Portugais dans le nouveau monde', écrit par le Père Joseph-François Lafitau, est illustré de figures en taille-douce. Le document mentionne également des biographies comme 'Histoire d'Osman, premier du nom, Empereur des Turcs' par Madame de Gamès, et 'Histoire d'Estevanille Gonzales surnommé le Garçon de bonne humeur' traduit par M. le Sage. Des œuvres littéraires et morales sont également listées, telles que 'Les Petits Soupers de l'Été' par Madame Durand. Des traités éducatifs et religieux comme 'Traité du vrai mérite de l'Homme' et 'Réflexions instructives et morales sur l'Apocalypse' par l'Abbé Genreau sont également présents. Enfin, le document liste des œuvres de réflexion morale et chrétienne, comme 'Pensées morales et chrétiennes sur le Texte de la Genèse' dédiées au Duc d'Orléans.
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783
p. 123-127
« Simart, Libraire, donnera dans le mois de Mars prochain un Recüeil des Lettres de Madame [...] »
Début :
Simart, Libraire, donnera dans le mois de Mars prochain un Recüeil des Lettres de Madame [...]
Mots clefs :
Académie royale de peinture et de sculpture, Physique nouvelle en dialogues, Marquise de Sévigné, Académie des Jeux floraux, Dictionnaire des termes de pratique, Peintre, Lettres, Pellegrini, Boucher, Louis de Boullogne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Simart, Libraire, donnera dans le mois de Mars prochain un Recüeil des Lettres de Madame [...] »
Simart , Libraire , donnera dans le mois de
Mars prochain un Recueil des Lettres de Madame
la Marquire de Sevigné , en quatre Volumes in
12. Il y a à la tête un beau Portrait de cette
Illustre Auteur. On n'a rien oublié pour rendre
cette Edition parfaite , soit par rapport aux
Caracteres et au papier , soit par le soin qu'on a
pris de collationner exactement chaque Lettre
sur l'original.
Il a paru au commencement de l'Année deraiere
un nouveau Recueil des Piéces de Poësie et
d'Eloquence , présentées à l'Académie des Jeux
Floraux les Prix des Années 1729. et 1730. pour
imprimé à Toulouze , chez le Camus . On trouve
à la page 231. une Imitation en vers François
de la premiere Elégie des Tristes d'Ovide , commençant
par ce vers : Ouvrage infortuné , fruis
amer de mes larmes , &c . Mais ce qui a surpris le
plus , c'est qu'on lit dans l'Avertissement qui est
au-devant , que M. F.... Conseiller du Roy
Commissaire de la Marine au Département de
Toulon, s'est déclaré l'Auteur de cette Piéce. Il y
>
lic
224 MERCURE DE FRANCE
lieu de croire que cet Article y a été inseré sang
sa participation . Car on sçait que la même imisation
avoit déja paru dès 1727. au Tome III.
Pag. 363. de la continuation des Mémoires de
Littérature , qui s'imprime à Paris chez Simart
laquelle y avoit été donnée sous le nom de M.
Le P. B. L'Auteur de ces Mémoires l'appelle un
des plus grands et des plus sçavans Magistrats du
Royaume; et l'on a appris qu'en effet c'étoit M.
le Président Bouhier qui fut reçu la même année
à l'Académie Françoise. Dans cette nouvelle
Edition il y a quelques changemens , mais de peu
d'importance , qui n'empêchent pas qu'on ne
reconnoisse aisément que c'est la même Piéce
qu'on auroit mieux fait de laisser dans l'état où
l'Auteur l'avoit mise.
Le Pere Regnault J. qui a donné ici une nou
velle Edition de ses Entretiens Physiques , ou de
la Physique nouvelle en Dialogues , réimprimée à
Amsterdam , et traduite en Anglois à Londres ,
va donner l'origine ancienne de la Physique nouvelle.
L'Ouvrage est fait en forme d'entretiens par
Lettres ; et il s'imprime chez Jacques Clousier.
C'est un parallele de l'ancienne Physique et de la
Physique nouvelle , où l'on se propose de montrer
, sur tout , trois choses.
1. Ce que la Physique nouvelle a de la Physique
ancienne.
2. Le dégré de perfection de la Physique nouvelle
sur la Physique ancienne .
3. Comment la Physique est parvenue à ce
dégré de perfection .
Il a paru au commencement de cet année un
Rouvel Ouvrage de M. Claude-Joseph De Ferriere,
Doyca
JANVIER 1734. 125
,
Doyen des Docteurs Régens de la Faculté de
Droits de Paris . Ce Livre à pour titre : Nouvelle
Introduction à la Pratique ou Dictionnaire des
termes de Pratique , de Droit , d'Ordonnances et do
Coutumes , avec les Jurisdictions de France. Il est
en deux Volumes in quarto , et se vend à Paris ;
ehez Michel Brunet , et Claude Prudhomme , en la
grande Salle du Palais . Cet Ouvrage avoit déja
paru sous le titre d'Introduction à la Pratique ,
en deux Volumes in douze. Les réimpressions
qui en ont été faites , dans les tems qu'il n'étoit
qu'un simple projet , font assez connoître de
quelle utilité doit être celui qui paroît aujourd'hui
avec des augmentations si considérables ,
que l'Auteur a crû devoir faire ajouter à son titre
celui de Dictionnaire ; ensorte que c'est plutôt
un nouvel Ouvrage qu'une réimpression de celui
qui avoit paru jusqu'à présent.
On a réimprimé depuis peu à Londres , avec
un Apendix d'Edouard Baynard , Membre du
College des Médecins , l'Histoire des Bains froids.
tant anciens que modernes ; par le Chevalieg
Jean Floyer, 2 Vol . in 8.
Ambroise Haude , Libraire du Roy de Prusse
et de l'Académie des Sciences à Berlin, avertit les
Gens de Lettres qu'il imprime par souscription
un Ouvrage important , qui a pour titre La
Chronologie de l'Histoire Sainte et des Historiens
Profanes , qui la concernent , depuis la sortie d'Eypte
jusqu'à la Captivité de Babylone. Par Alphonse
de Vignoles , 2. Vol. 4. On distribue le
Programme dans plusieurs grandes Villes de
l'Europe, chez les principaux Libraires, et à Paris
chez Briasson , lesquels recevront les Souscrip
cione
126 MERCURE DE FRANCE
tions jusqu'à la fin d'Avril 1734. On promet que
l'Ouvrage sera achevé d'imprimer au commencement
d'Octobre de cette même année 1734. Le
prix pour le papier ordinaire sera de huit florins
de Hollande , et pour le grand papier de
onze florins.
&
Le 31. de Décembre dernier M. Pellegrini .
Peintre Venitien, fut reçu de l'Académie Royale
de Peinture et de Sculpture , sur un Tableau
qu'il lui a envoyé. Le Sujet est allégorique: c'est
la Modestie qui présente l'Ouvrage de ce Peintre
à l'Académie , sous la figure de la Peinture , avee
le Génie de la France qui écrit le jugemeut
qu'elle en fait. M.Pellegrini avoit été agréé dès le
tems qu'il vint à Paris , où il peignit la Galerie de
la Banque.
Le même jour M. Cars de Paris , un de nos
meilleurs Graveurs , Graveur en Taille - douce
ayant presenté les Portraits de Mrs Sebastien
Bourdon Peintre , et Michel Anguier , Sculpteur,
tous deux de l'Académie, qu'il a gravez d'après
Mrs Rigaud et Revel, fut aussi reçu Académicien,
Le 30 Janvier M. Boucher , Peintre , digne
Eleve de M. le Moine , déja connu par quantité
d'Ouvrages qui font honneur à la feinture et à
ses heureux talens , fut reçu à l'Académie d'une
voix unanime sur un Tableau en large , représentant
Renaud et Armide dans les plaisirs , avec
un fond de Paysage , orné d'Architecture , les
figures sont demi nature.
Un autre excellent Sujet fut reçu le même
jour , sur les Portraits en hauteur jusqu'aux genoux
, de Mrs Galoche Peintre , et le Moine pere,
Sculpteur , c'est M. Tocquet qui a de grands talens
pour le Portrait.
JANVIER.
127 1724.
Eleve de feu M. Boul- M. Verdot , Peintre
longne Paîné , étant mort depuis peu Professeur
ałe l'Académie , M. Noël Coypel a été nommé
par l'Academie pour remplir cette place , er
M. du Mont le Romain , a été nommé Adjoin
Professeur .
La perte que cette Académie à faite depuis
peu de M. de Boullongne son Directeur , et premier
Peintre du Roy , n'a apporté aucun changement
; il n'a pas plû à S. M. de nommer de
Premier Peintre , et l'Académie n'a point éû dẹ
Directeur. Sur l'avis de M. Rigault , un des plus
dignes de remplir cette place , l'Académie a délibéré
que les quatre Recteurs feroient chacun
pendant trois mois les fonctions de Directeur.
Ce que cette Illustre Académie vient de faire
et qui a encore été generalement approuvé , c'est
l'Election d'Academicien Honoraire et Amateur,
de M. de Boullogne , Conseiller au Parlement
de Metz , Premier Commis des Finances , et fils
de feu M. de Boullongne , Premier Peintre du
Roy , dont nous avons parlé dans le premier
Volume du Mercure de Décembre dernier
page 2663.
Mars prochain un Recueil des Lettres de Madame
la Marquire de Sevigné , en quatre Volumes in
12. Il y a à la tête un beau Portrait de cette
Illustre Auteur. On n'a rien oublié pour rendre
cette Edition parfaite , soit par rapport aux
Caracteres et au papier , soit par le soin qu'on a
pris de collationner exactement chaque Lettre
sur l'original.
Il a paru au commencement de l'Année deraiere
un nouveau Recueil des Piéces de Poësie et
d'Eloquence , présentées à l'Académie des Jeux
Floraux les Prix des Années 1729. et 1730. pour
imprimé à Toulouze , chez le Camus . On trouve
à la page 231. une Imitation en vers François
de la premiere Elégie des Tristes d'Ovide , commençant
par ce vers : Ouvrage infortuné , fruis
amer de mes larmes , &c . Mais ce qui a surpris le
plus , c'est qu'on lit dans l'Avertissement qui est
au-devant , que M. F.... Conseiller du Roy
Commissaire de la Marine au Département de
Toulon, s'est déclaré l'Auteur de cette Piéce. Il y
>
lic
224 MERCURE DE FRANCE
lieu de croire que cet Article y a été inseré sang
sa participation . Car on sçait que la même imisation
avoit déja paru dès 1727. au Tome III.
Pag. 363. de la continuation des Mémoires de
Littérature , qui s'imprime à Paris chez Simart
laquelle y avoit été donnée sous le nom de M.
Le P. B. L'Auteur de ces Mémoires l'appelle un
des plus grands et des plus sçavans Magistrats du
Royaume; et l'on a appris qu'en effet c'étoit M.
le Président Bouhier qui fut reçu la même année
à l'Académie Françoise. Dans cette nouvelle
Edition il y a quelques changemens , mais de peu
d'importance , qui n'empêchent pas qu'on ne
reconnoisse aisément que c'est la même Piéce
qu'on auroit mieux fait de laisser dans l'état où
l'Auteur l'avoit mise.
Le Pere Regnault J. qui a donné ici une nou
velle Edition de ses Entretiens Physiques , ou de
la Physique nouvelle en Dialogues , réimprimée à
Amsterdam , et traduite en Anglois à Londres ,
va donner l'origine ancienne de la Physique nouvelle.
L'Ouvrage est fait en forme d'entretiens par
Lettres ; et il s'imprime chez Jacques Clousier.
C'est un parallele de l'ancienne Physique et de la
Physique nouvelle , où l'on se propose de montrer
, sur tout , trois choses.
1. Ce que la Physique nouvelle a de la Physique
ancienne.
2. Le dégré de perfection de la Physique nouvelle
sur la Physique ancienne .
3. Comment la Physique est parvenue à ce
dégré de perfection .
Il a paru au commencement de cet année un
Rouvel Ouvrage de M. Claude-Joseph De Ferriere,
Doyca
JANVIER 1734. 125
,
Doyen des Docteurs Régens de la Faculté de
Droits de Paris . Ce Livre à pour titre : Nouvelle
Introduction à la Pratique ou Dictionnaire des
termes de Pratique , de Droit , d'Ordonnances et do
Coutumes , avec les Jurisdictions de France. Il est
en deux Volumes in quarto , et se vend à Paris ;
ehez Michel Brunet , et Claude Prudhomme , en la
grande Salle du Palais . Cet Ouvrage avoit déja
paru sous le titre d'Introduction à la Pratique ,
en deux Volumes in douze. Les réimpressions
qui en ont été faites , dans les tems qu'il n'étoit
qu'un simple projet , font assez connoître de
quelle utilité doit être celui qui paroît aujourd'hui
avec des augmentations si considérables ,
que l'Auteur a crû devoir faire ajouter à son titre
celui de Dictionnaire ; ensorte que c'est plutôt
un nouvel Ouvrage qu'une réimpression de celui
qui avoit paru jusqu'à présent.
On a réimprimé depuis peu à Londres , avec
un Apendix d'Edouard Baynard , Membre du
College des Médecins , l'Histoire des Bains froids.
tant anciens que modernes ; par le Chevalieg
Jean Floyer, 2 Vol . in 8.
Ambroise Haude , Libraire du Roy de Prusse
et de l'Académie des Sciences à Berlin, avertit les
Gens de Lettres qu'il imprime par souscription
un Ouvrage important , qui a pour titre La
Chronologie de l'Histoire Sainte et des Historiens
Profanes , qui la concernent , depuis la sortie d'Eypte
jusqu'à la Captivité de Babylone. Par Alphonse
de Vignoles , 2. Vol. 4. On distribue le
Programme dans plusieurs grandes Villes de
l'Europe, chez les principaux Libraires, et à Paris
chez Briasson , lesquels recevront les Souscrip
cione
126 MERCURE DE FRANCE
tions jusqu'à la fin d'Avril 1734. On promet que
l'Ouvrage sera achevé d'imprimer au commencement
d'Octobre de cette même année 1734. Le
prix pour le papier ordinaire sera de huit florins
de Hollande , et pour le grand papier de
onze florins.
&
Le 31. de Décembre dernier M. Pellegrini .
Peintre Venitien, fut reçu de l'Académie Royale
de Peinture et de Sculpture , sur un Tableau
qu'il lui a envoyé. Le Sujet est allégorique: c'est
la Modestie qui présente l'Ouvrage de ce Peintre
à l'Académie , sous la figure de la Peinture , avee
le Génie de la France qui écrit le jugemeut
qu'elle en fait. M.Pellegrini avoit été agréé dès le
tems qu'il vint à Paris , où il peignit la Galerie de
la Banque.
Le même jour M. Cars de Paris , un de nos
meilleurs Graveurs , Graveur en Taille - douce
ayant presenté les Portraits de Mrs Sebastien
Bourdon Peintre , et Michel Anguier , Sculpteur,
tous deux de l'Académie, qu'il a gravez d'après
Mrs Rigaud et Revel, fut aussi reçu Académicien,
Le 30 Janvier M. Boucher , Peintre , digne
Eleve de M. le Moine , déja connu par quantité
d'Ouvrages qui font honneur à la feinture et à
ses heureux talens , fut reçu à l'Académie d'une
voix unanime sur un Tableau en large , représentant
Renaud et Armide dans les plaisirs , avec
un fond de Paysage , orné d'Architecture , les
figures sont demi nature.
Un autre excellent Sujet fut reçu le même
jour , sur les Portraits en hauteur jusqu'aux genoux
, de Mrs Galoche Peintre , et le Moine pere,
Sculpteur , c'est M. Tocquet qui a de grands talens
pour le Portrait.
JANVIER.
127 1724.
Eleve de feu M. Boul- M. Verdot , Peintre
longne Paîné , étant mort depuis peu Professeur
ałe l'Académie , M. Noël Coypel a été nommé
par l'Academie pour remplir cette place , er
M. du Mont le Romain , a été nommé Adjoin
Professeur .
La perte que cette Académie à faite depuis
peu de M. de Boullongne son Directeur , et premier
Peintre du Roy , n'a apporté aucun changement
; il n'a pas plû à S. M. de nommer de
Premier Peintre , et l'Académie n'a point éû dẹ
Directeur. Sur l'avis de M. Rigault , un des plus
dignes de remplir cette place , l'Académie a délibéré
que les quatre Recteurs feroient chacun
pendant trois mois les fonctions de Directeur.
Ce que cette Illustre Académie vient de faire
et qui a encore été generalement approuvé , c'est
l'Election d'Academicien Honoraire et Amateur,
de M. de Boullogne , Conseiller au Parlement
de Metz , Premier Commis des Finances , et fils
de feu M. de Boullongne , Premier Peintre du
Roy , dont nous avons parlé dans le premier
Volume du Mercure de Décembre dernier
page 2663.
Fermer
Résumé : « Simart, Libraire, donnera dans le mois de Mars prochain un Recüeil des Lettres de Madame [...] »
Le texte présente plusieurs publications et événements littéraires et artistiques. Simart, Libraire, prévoit de publier un recueil des lettres de Madame la Marquise de Sévigné en quatre volumes, incluant un portrait de l'auteur et une édition soignée. À Toulouse, un nouveau recueil des pièces de poésie et d'éloquence, présentées à l'Académie des Jeux Floraux pour les années 1729 et 1730, a été imprimé. Ce recueil contient une imitation en vers français de la première élégie des Tristes d'Ovide, dont l'auteur est contesté. Le Père Regnault prépare une nouvelle édition de ses Entretiens Physiques, comparant l'ancienne et la nouvelle physique. Claude-Joseph de Ferrière a publié une 'Nouvelle Introduction à la Pratique', un dictionnaire des termes juridiques. À Londres, l'Histoire des Bains froids de Jean Floyer a été réimprimée avec un appendice. Alphonse de Vignoles travaille sur une 'Chronologie de l'Histoire Sainte', dont la souscription est ouverte jusqu'à avril 1734. L'Académie Royale de Peinture et de Sculpture a accueilli plusieurs nouveaux membres, dont Pellegrini, Cars, Boucher et Tocquet. L'Académie a également nommé Noël Coypel et du Mont le Romain comme professeurs, et élu M. de Boullogne comme académicien honoraire.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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784
p. 155-156
ITALIE.
Début :
Le 16. de ce mois, les Expeditionnaires Apostoliques présenterent au Pape, suivant l'usage, [...]
Mots clefs :
Comte, Pape, Église de Saint-Georges, Pompeo Aldrovandi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
ITALIE.
E 16. de ce mois , les Expeditionnaires Apos
toliques présenterent au Pape , suivant l'usage
, cent écus d'or dans un Calicé , étant conduits
à l'Audiance par le Cardinal Gentille , Prodataire,
et ils complimenterent S. S. par un Dis-
Hij cours
156 MERCURE DE FRANCE
cours Latin , que M. Pierre Bernardini prononça,
Le Pape , à la sollicitation de M Akovrandi
a ordonné que les rues de Rome fussent éclairées
pendant la nuit , et l'on prétend que la Chambre
Apostolique est chargée de fournir les fonds
nécessaires pour cette dépense.
Le Chevalier de S. Georges a donné à l'Eglise.
des douze Apôtres et à celle de S. Georges , les
Actions que la Duchesse de Modêne , son Ayeu
le , lui avoit laissées sur le Mont dé Pieté ,
condition que l'on dira tous les ans douze Mes
ses dans la premiere de ces deux .. Eglises le 31 .
Décembre , jour de la Naissance du Prince son
Fils Aîné, et un pareil nombre dans la seconde, le
23. Avril , jour de la Fête du Saint , à laquelle elle
a été dédiée , pour attirer sur les Princes ses en
fans , les benedictions du Ciel .
On écrit de Sicile , que le Comte de Sastago
Vice. Roy de cette Ifle , doit prendre les mesures
nécesaires pour mettre en état de deffense les
Villes de Messine.de Siracuse et de Trapana ,
et qu'il étoit dans la résolution d'abandonner le
reste de l'fle en cas que les Troupes des Puissancs
Alliées y fassent une descente.
Les Lettres de Livourne du 19. Janvier , por
tent que le Comte de Charni devoit marcher le
lendemain avec un corps considerable de Trou
pes Espagnoles , pour mettre des Garnisons dans
quelques Places de la Principauté de Piambino ,et
pour s'assurer d'Orbitello et du Fort de S Philippe
, dans le Sienois. Ces Lettres ajoûtent que
le Comte de Montemar se disposoit à le suivrs
avec le reste de l'Armée pour entrer dans le
Royaume de Naples.
E 16. de ce mois , les Expeditionnaires Apos
toliques présenterent au Pape , suivant l'usage
, cent écus d'or dans un Calicé , étant conduits
à l'Audiance par le Cardinal Gentille , Prodataire,
et ils complimenterent S. S. par un Dis-
Hij cours
156 MERCURE DE FRANCE
cours Latin , que M. Pierre Bernardini prononça,
Le Pape , à la sollicitation de M Akovrandi
a ordonné que les rues de Rome fussent éclairées
pendant la nuit , et l'on prétend que la Chambre
Apostolique est chargée de fournir les fonds
nécessaires pour cette dépense.
Le Chevalier de S. Georges a donné à l'Eglise.
des douze Apôtres et à celle de S. Georges , les
Actions que la Duchesse de Modêne , son Ayeu
le , lui avoit laissées sur le Mont dé Pieté ,
condition que l'on dira tous les ans douze Mes
ses dans la premiere de ces deux .. Eglises le 31 .
Décembre , jour de la Naissance du Prince son
Fils Aîné, et un pareil nombre dans la seconde, le
23. Avril , jour de la Fête du Saint , à laquelle elle
a été dédiée , pour attirer sur les Princes ses en
fans , les benedictions du Ciel .
On écrit de Sicile , que le Comte de Sastago
Vice. Roy de cette Ifle , doit prendre les mesures
nécesaires pour mettre en état de deffense les
Villes de Messine.de Siracuse et de Trapana ,
et qu'il étoit dans la résolution d'abandonner le
reste de l'fle en cas que les Troupes des Puissancs
Alliées y fassent une descente.
Les Lettres de Livourne du 19. Janvier , por
tent que le Comte de Charni devoit marcher le
lendemain avec un corps considerable de Trou
pes Espagnoles , pour mettre des Garnisons dans
quelques Places de la Principauté de Piambino ,et
pour s'assurer d'Orbitello et du Fort de S Philippe
, dans le Sienois. Ces Lettres ajoûtent que
le Comte de Montemar se disposoit à le suivrs
avec le reste de l'Armée pour entrer dans le
Royaume de Naples.
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Résumé : ITALIE.
En Italie, le 16 du mois, les expéditionnaires apostoliques ont offert cent écus d'or au Pape, accompagnés par le Cardinal Gentille. Pierre Bernardini a prononcé un discours en latin. Le Pape a ordonné l'éclairage nocturne des rues de Rome, financé par la Chambre Apostolique, à la demande de M. Akovrandi. Le Chevalier de Saint-Georges a fait don des actions héritées de la Duchesse de Modène au Mont de Piété et à deux églises, avec la condition de célébrer des messes annuelles en mémoire du Prince son fils aîné et de Saint Georges. En Sicile, le Comte de Sastago, Vice-Roi, prépare la défense des villes de Messine, Syracuse et Trapani, envisageant d'abandonner le reste de l'île en cas d'invasion des troupes alliées. Des lettres de Livourne datées du 19 janvier indiquent que le Comte de Charni devait marcher avec des troupes espagnoles pour garnir des places dans la Principauté de Piombino et sécuriser Orbitello et le Fort de Saint-Philippe en Siennois. Le Comte de Montemar se préparait à le suivre avec le reste de l'armée pour entrer dans le Royaume de Naples.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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785
p. 176-179
RÉPONSE à la Lettre d'un Evêque sur la nomination de l'Abbé de la Motte à l'Evêché d'Amiens.
Début :
MONSEIGNEUR, Jamais empressement ne fut ni plus juste, ni plus [...]
Mots clefs :
Abbé de La Motte, Église, Diocèse, Carpentras, Évêché, Épiscopat, Amiens
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RÉPONSE à la Lettre d'un Evêque sur la nomination de l'Abbé de la Motte à l'Evêché d'Amiens.
REPONSE à la Lettre d'un Evêque sur
la nomination de l'Abbé de la Motte à
l'Evêché d'Amiens,
MONSEIGNEUR ,
que
Jamais empressement ne fut ni plus
juste , ni plus loü ble
celui
> que
vous avez , de connoître le sujet que la
Providence vient de vous associer à l'Episcopat.
Messire Louis - François Gabriel d'Or
leans la Motte nâquit à Carpentras le 13 .
Janvier de l'an 1683. de Joseph d'Orleans ,
Chevalier , Seigneur de la Motte , et de
Dame Marthe- Ursule de Blégiers - d'Antelon.
( a) La nature et la grace s'unirent
en lui pour en faire un modéle dans l'Etat
qu'il embrassa. Né de parents également
distinguez par leur noblesse et par leur
vertu, il en fit d'abord les délices. L'Education
qu'on lui donna fut digne de lui
(a) La Maison d'Orleans la Mothe originaire de
Vicence eft transplantée depuis plus de 300. ans dans
le Comté Venaissin , où elle a toujours tenu rang
parmi la principale Noblesse.
et
JANVIER: 1734: 177
et toûjours soutenue par des progrès préle
maturez en science et en vertu . Parvenu
de bonne heure au dégré de Docteur en
Theologie , Clement XI. ce grand Pape ,
nomma pour être Chanoine Theologal
de l'Eglise Cathedrale de Carpentras.'
(a ) M. l'Abbé de la Motte en voye d'instruire
et d'édifier , s'y porta dès- lors avec
cette application et ce zele qui lui acquirent
l'estime et la veneration publique .
Les Conferences en forme d'instructions
qu'il fit dans son Eglise , lui attirerent des
auditeurs en foule de tous les Ordres de
la Ville : à ces Conferences familieres , il
en fit succeder sur la Theologie qu'il donna
chez lui aux Ecclefiastiques du Diocese.
Dans les intervalles que la Chaire et
le Choeur lui laissoient , M. l'Abbé de la
Motte ouvroit sa maison à tout le monde.
L'orphelin et la veuve y trouvoient un
pere et un protecteur , les affligez un consolateur
, les riches de sages conseils , les
pauvres des charitez en abondance et sans
reserve ; on le vit souvent s'épuiser et se
dépouiller lui- même pour revêtir J. C.
dans la personne de ses Pauvres.
il a ra
Eloquent jusques à convaincre ,
mené au sein de l'Eglise des personnes in-
( a ) Cefut en 1708. qu'ilfucceda à Louis Anif
Son
I fectées
MERCURE DE FRANCE
1
fectées du Calvinisme, ( a ) Des personnes
du monde et du cloître , des Communautez
entieres lui doivent leur établissement
et leur perfection ( b )
Par cette confiance que des jours fi
remplis lui mériterent , M. l'Abbé de la
Motte devint le reconciliateur des familles
divisées , et l'arbitre de leurs differends ;
il fut député par son Chapitre en qualité
de Theologien au Concile Provincial d'Avignon
tenu en 1725. il fut cheri , il fue
respecté des siens , de ses confreres ; deses
compatriotes et si l'occasion d'operer
un plus grand bien hors de sa parrie , l'en
fit éloigner ; que de larmes , que de regrets
ont suivi cette absence ! M. l'Archevêque
d'Arles , ce Prélat fi recommandable
par sa pieté voulu partager avec lui
les soins de l'Episcopat , il le fit son Grand
Vicaire et Official Métropolitain , il le
nomma pour assister en qualité de son
Theologien au Concile d'Ambrun , où
M. l'Abbé de la Motte donna des preu.
ves de son sçavoir et de son zele . Le Roi
ayant nommé M. de Salcon à l'Evêché
d'Agen , M. de la Motte fur choisi pour
lui succeder en l'administration du Diocese
de Senez . Ses travaux , ses heureux
( a )Des Dames de condition du Diocèse d'Apt.
(b ) A Carpentras , à l'Isle , ¿c,
succès
JANVIER. 1734- 179
> succès sont connus de vous Monseigneur
, et le sont de toute l'Eglise de
France. Jusqu'ici , Monseigneur , vous
reconnoissés une conduite sur laquelle
Dieu a versé ses benedictions , une conduite
digne de l't piscopat , il ne manquoit
à Monsieur l'Abbé de la Motte que d'en
être revetu. Digne du Diocèse auquel Sa
Majefté , ( par le juste discernement qui
l'a guidé par tout , ) vient de le donner ;
il ne nous reste qu'à souhaitter , qu'il vive
long tems pour la consolation d'un Eglise
illustre par sa foi et par sa régularité ,
et pour l'édification du Clergé de Franc .
J'ai l'honneur d'être avec respect , etc.
P. C.
De Paris 25. Octobre 1733 .
la nomination de l'Abbé de la Motte à
l'Evêché d'Amiens,
MONSEIGNEUR ,
que
Jamais empressement ne fut ni plus
juste , ni plus loü ble
celui
> que
vous avez , de connoître le sujet que la
Providence vient de vous associer à l'Episcopat.
Messire Louis - François Gabriel d'Or
leans la Motte nâquit à Carpentras le 13 .
Janvier de l'an 1683. de Joseph d'Orleans ,
Chevalier , Seigneur de la Motte , et de
Dame Marthe- Ursule de Blégiers - d'Antelon.
( a) La nature et la grace s'unirent
en lui pour en faire un modéle dans l'Etat
qu'il embrassa. Né de parents également
distinguez par leur noblesse et par leur
vertu, il en fit d'abord les délices. L'Education
qu'on lui donna fut digne de lui
(a) La Maison d'Orleans la Mothe originaire de
Vicence eft transplantée depuis plus de 300. ans dans
le Comté Venaissin , où elle a toujours tenu rang
parmi la principale Noblesse.
et
JANVIER: 1734: 177
et toûjours soutenue par des progrès préle
maturez en science et en vertu . Parvenu
de bonne heure au dégré de Docteur en
Theologie , Clement XI. ce grand Pape ,
nomma pour être Chanoine Theologal
de l'Eglise Cathedrale de Carpentras.'
(a ) M. l'Abbé de la Motte en voye d'instruire
et d'édifier , s'y porta dès- lors avec
cette application et ce zele qui lui acquirent
l'estime et la veneration publique .
Les Conferences en forme d'instructions
qu'il fit dans son Eglise , lui attirerent des
auditeurs en foule de tous les Ordres de
la Ville : à ces Conferences familieres , il
en fit succeder sur la Theologie qu'il donna
chez lui aux Ecclefiastiques du Diocese.
Dans les intervalles que la Chaire et
le Choeur lui laissoient , M. l'Abbé de la
Motte ouvroit sa maison à tout le monde.
L'orphelin et la veuve y trouvoient un
pere et un protecteur , les affligez un consolateur
, les riches de sages conseils , les
pauvres des charitez en abondance et sans
reserve ; on le vit souvent s'épuiser et se
dépouiller lui- même pour revêtir J. C.
dans la personne de ses Pauvres.
il a ra
Eloquent jusques à convaincre ,
mené au sein de l'Eglise des personnes in-
( a ) Cefut en 1708. qu'ilfucceda à Louis Anif
Son
I fectées
MERCURE DE FRANCE
1
fectées du Calvinisme, ( a ) Des personnes
du monde et du cloître , des Communautez
entieres lui doivent leur établissement
et leur perfection ( b )
Par cette confiance que des jours fi
remplis lui mériterent , M. l'Abbé de la
Motte devint le reconciliateur des familles
divisées , et l'arbitre de leurs differends ;
il fut député par son Chapitre en qualité
de Theologien au Concile Provincial d'Avignon
tenu en 1725. il fut cheri , il fue
respecté des siens , de ses confreres ; deses
compatriotes et si l'occasion d'operer
un plus grand bien hors de sa parrie , l'en
fit éloigner ; que de larmes , que de regrets
ont suivi cette absence ! M. l'Archevêque
d'Arles , ce Prélat fi recommandable
par sa pieté voulu partager avec lui
les soins de l'Episcopat , il le fit son Grand
Vicaire et Official Métropolitain , il le
nomma pour assister en qualité de son
Theologien au Concile d'Ambrun , où
M. l'Abbé de la Motte donna des preu.
ves de son sçavoir et de son zele . Le Roi
ayant nommé M. de Salcon à l'Evêché
d'Agen , M. de la Motte fur choisi pour
lui succeder en l'administration du Diocese
de Senez . Ses travaux , ses heureux
( a )Des Dames de condition du Diocèse d'Apt.
(b ) A Carpentras , à l'Isle , ¿c,
succès
JANVIER. 1734- 179
> succès sont connus de vous Monseigneur
, et le sont de toute l'Eglise de
France. Jusqu'ici , Monseigneur , vous
reconnoissés une conduite sur laquelle
Dieu a versé ses benedictions , une conduite
digne de l't piscopat , il ne manquoit
à Monsieur l'Abbé de la Motte que d'en
être revetu. Digne du Diocèse auquel Sa
Majefté , ( par le juste discernement qui
l'a guidé par tout , ) vient de le donner ;
il ne nous reste qu'à souhaitter , qu'il vive
long tems pour la consolation d'un Eglise
illustre par sa foi et par sa régularité ,
et pour l'édification du Clergé de Franc .
J'ai l'honneur d'être avec respect , etc.
P. C.
De Paris 25. Octobre 1733 .
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Résumé : RÉPONSE à la Lettre d'un Evêque sur la nomination de l'Abbé de la Motte à l'Evêché d'Amiens.
Louis-François Gabriel d'Orléans la Motte, né à Carpentras le 13 janvier 1683, est issu d'une famille noble et vertueuse. Éduqué dignement, il obtint le titre de Docteur en Théologie et fut nommé Chanoine Théologal de l'Église Cathédrale de Carpentras par Clément XI. Reconnu pour son zèle et son application, il attirait une foule d'auditeurs lors de ses conférences et instructions théologiques. Sa charité envers les pauvres et les affligés était également notable. En 1708, il réussit à convertir des personnes au catholicisme et à réconcilier des familles divisées. En 1725, il fut député au Concile Provincial d'Avignon et nommé Grand Vicaire et Official Métropolitain par l'Archevêque d'Arles. Le Roi le choisit pour administrer le Diocèse de Senez après la nomination de M. de Salcon à l'Évêché d'Agen. Ses travaux et succès sont reconnus dans toute l'Église de France. Sa conduite, bénie par Dieu, le rend digne de l'épiscopat, justifiant ainsi sa nomination à l'évêché d'Amiens.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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786
p. 179-180
LETTRE DU ROY, dattée de Marly le 10. Janvier 1734. écrite à M. l'Archevêque de Paris, pour faire chanter le Te Deum, en actions de graces de la Prise du Château de Milan.
Début :
MON COUSIN, la conquête du Château de Milan, augmente encore la gloire [...]
Mots clefs :
Prise du château de Milan, Lettre, Roi, Chanter, Te Deum
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE DU ROY, dattée de Marly le 10. Janvier 1734. écrite à M. l'Archevêque de Paris, pour faire chanter le Te Deum, en actions de graces de la Prise du Château de Milan.
LETTRE DU ROY , dattée de
Marly le 10. Janvier 1734. écrite à
M. l'Archevêque de Paris , pour faire
chanter le Te Deum , en actions de
graces de la Prise du Château de Milan.
Mc
ON COUSIN, la conquête du Châ→
teau de Milan , augmente encore la gloire
de mes Armes en Italie , cette Place connue dans
toute l'Europe pour une des mieux fortifiées ,
s'est rendue le 30. du mois dernier , après 13 .
jours de tranchée ouverte , en six semaines de
temps tout le Pays qui est entre des Rivieres du
Tesin et de l'Oglio a été soumis par mes Trou
I ij pes
180 MERCURE DE FRANCE
pes unies à celles de mon Frere et Oncle le Roy
de Sardaigne . C'est à Dieu que je dois rapporter
des succès si rapides ; c'est lui qui a donné à
mes Soldats la force de surmonter les obstacles
des chemins et de la saison , et qui les soutient
encore dans une nouvelle entreprise qui est commencée.
Tant de faveurs exigent que je continue
à lui rendre des actions de graces des marques
de la Protection qu'il ne cesse de m'accorder. Je
yous écris donc cette Lettre pour vous dire que
mon intention est que vous fassiez chanter le
Te Deum dans votre Eglise Métropolitaine et
autres de votre Diocèse , avec les solemnitez requises,
et que vous y invitiez tous ceux à qui il
Conviendra d'y assister . Sur ce je prie Dieu qu'il
yous ait , mon Cousin , en sa sainte et digne
garde , &c.
Marly le 10. Janvier 1734. écrite à
M. l'Archevêque de Paris , pour faire
chanter le Te Deum , en actions de
graces de la Prise du Château de Milan.
Mc
ON COUSIN, la conquête du Châ→
teau de Milan , augmente encore la gloire
de mes Armes en Italie , cette Place connue dans
toute l'Europe pour une des mieux fortifiées ,
s'est rendue le 30. du mois dernier , après 13 .
jours de tranchée ouverte , en six semaines de
temps tout le Pays qui est entre des Rivieres du
Tesin et de l'Oglio a été soumis par mes Trou
I ij pes
180 MERCURE DE FRANCE
pes unies à celles de mon Frere et Oncle le Roy
de Sardaigne . C'est à Dieu que je dois rapporter
des succès si rapides ; c'est lui qui a donné à
mes Soldats la force de surmonter les obstacles
des chemins et de la saison , et qui les soutient
encore dans une nouvelle entreprise qui est commencée.
Tant de faveurs exigent que je continue
à lui rendre des actions de graces des marques
de la Protection qu'il ne cesse de m'accorder. Je
yous écris donc cette Lettre pour vous dire que
mon intention est que vous fassiez chanter le
Te Deum dans votre Eglise Métropolitaine et
autres de votre Diocèse , avec les solemnitez requises,
et que vous y invitiez tous ceux à qui il
Conviendra d'y assister . Sur ce je prie Dieu qu'il
yous ait , mon Cousin , en sa sainte et digne
garde , &c.
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Résumé : LETTRE DU ROY, dattée de Marly le 10. Janvier 1734. écrite à M. l'Archevêque de Paris, pour faire chanter le Te Deum, en actions de graces de la Prise du Château de Milan.
Le roi Louis XV informe l'archevêque de Paris, par une lettre du 10 janvier 1734, de la prise du château de Milan le 30 décembre précédent. Cette victoire a été obtenue après 13 jours de tranchées et six semaines de campagne, durant lesquelles les troupes françaises, alliées à celles du roi de Sardaigne, ont soumis la région entre les rivières du Tessin et de l'Oglio. Louis XV attribue ces succès à la protection divine et au courage de ses soldats, qui ont surmonté les difficultés des chemins et de la saison. Il ordonne que le Te Deum soit chanté dans l'église métropolitaine et dans les autres églises du diocèse, avec les solennités appropriées, et invite toutes les personnes concernées à y assister. La lettre se conclut par une prière pour la protection divine de l'archevêque.
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787
p. 180-182
Mandement sur ce sujet, [titre d'après la table]
Début :
Le 12. M. l'Archevêque destina sur ce sujet un Mandement, dont voici la teneur. [...]
Mots clefs :
Paix, Archevêque, Mandement, Paris, Roi, Dieu
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Mandement sur ce sujet, [titre d'après la table]
Le 12. M. l'Archevêque destina sur ce sujet
un Mandement , dont yoici la teneur.
Harles-Gaspard - Guillaume de Vintimille
séricorde Divine , et par la grace du S. Siége
Apostolique , Archevêque de Paris , Duc de Saint
Cloud , Fair de France , Commandeur de l'Ordre
du S. Esprit, &c. Aux Archiprêtres de Sainte
Marie Magdelaine et de Saint Severin , et aux
Doyens Ruraux de notre Diocèse : Salut et Benedition
. Dieų , mes très- chers Freres , par la
prise du Château de Milan , vient encore de se
déclarer en faveur du Roy et de ses Alliez.
-
Quelques louanges qui soient dûes à la valeur
des Troupes , à la capacité des Generaux de Sa
Majesté , au courage et à l'activité de ses Alliez ;
ce n'est point aux moiens humains , mais à la
Providence de celui qui regle à son gré le sort
des
JANVIER 1734. 181
des Armes et des Empires , qui éleve et qui abbaisse
les Thrones , comme il lui plaît , que le
Roy attribue tant de succès inesperez ; et quelques
glorieux que soient ces évenemens, ils n'affoiblissent
point son amour pour la paix.
Entrez donc dans les sentimens de Religion et
dans les vues pacifiques d'un Roy , selon le coeur
de Dieu , qui rend hommage à la Majesté Divine
, de tout ce qui lui arrive d'heureux , et qui
tout occupé du bonheur de ses Peuples, sera toujours
prêt à préferer leur repos à sa propre gloire.
Venez , à son exemple , reconnoître au pied
des Autels , les graces et les bienfaits du Dieu qui
protege la France : * Demandez - lui ardemment
que les succès d'une Guerre juste et necessaire
nous conduisent à une prompte paix , plus dési
rable que les victoires , et pour laquelle Dieu
nous ordonne de recourir à lui , parce que c'est
de la paix de l'Etat que dépendent notre paix et
notre tranquillité.
A ces causes , après en avoir conféré avec nos
venrables Freres les Doyen , Chanoines et Cha
pitre de notre Eglise Metropolitaine : Nous or
donnons qu'après demain Jeudi , 14 du present
mois , le Te Deum sera chanté dans notredite
Eglise Métropolitaine , en actions de graces de la
prise du Château de Milan : Dimanche 17 da
courant dans toutes les Abbayes , Chapitres, Pa
roisses et Couvens , exempts et non exempts , de
la Ville et Fauxbourgs ; et dans toutes les autres
Eglises de notre Diocèse , le Dimanche après la reception
du present Mandement . Si mandons aux
* Quarite pacem civitatis ad quam transmigrare
vos feci , et orate pro ea ad Dominum, quia in pace
illius erit pax vobis. Jerem. 29.7·
I iij
Ar❤
182 MERCURE DE FRANCE
Archiprêtres de sainte Marie- Magdelaine et S.Severin
de notifier notre present Mandement à tous
Abbez Prieurs , Curez , Superieurs et Superieures
de la Ville et desdirs Fauxbourgs ; et aux Doyens
Ruraux de l'envoyer aux Curez de la Campagne ,
Superieurs et Superieures des Communautez ,
exemptes et et non exemptes , à ce qu'ils n'en
ignorent , et qu'ils l'observent et fassent observer
par les personnes qui leur sont soumises.
Donné à Paris , en notre Palais Archiepiscopal
le 12 Janvier 1734. Signé, CHARLES , Archevêque
de Paris , c.
un Mandement , dont yoici la teneur.
Harles-Gaspard - Guillaume de Vintimille
séricorde Divine , et par la grace du S. Siége
Apostolique , Archevêque de Paris , Duc de Saint
Cloud , Fair de France , Commandeur de l'Ordre
du S. Esprit, &c. Aux Archiprêtres de Sainte
Marie Magdelaine et de Saint Severin , et aux
Doyens Ruraux de notre Diocèse : Salut et Benedition
. Dieų , mes très- chers Freres , par la
prise du Château de Milan , vient encore de se
déclarer en faveur du Roy et de ses Alliez.
-
Quelques louanges qui soient dûes à la valeur
des Troupes , à la capacité des Generaux de Sa
Majesté , au courage et à l'activité de ses Alliez ;
ce n'est point aux moiens humains , mais à la
Providence de celui qui regle à son gré le sort
des
JANVIER 1734. 181
des Armes et des Empires , qui éleve et qui abbaisse
les Thrones , comme il lui plaît , que le
Roy attribue tant de succès inesperez ; et quelques
glorieux que soient ces évenemens, ils n'affoiblissent
point son amour pour la paix.
Entrez donc dans les sentimens de Religion et
dans les vues pacifiques d'un Roy , selon le coeur
de Dieu , qui rend hommage à la Majesté Divine
, de tout ce qui lui arrive d'heureux , et qui
tout occupé du bonheur de ses Peuples, sera toujours
prêt à préferer leur repos à sa propre gloire.
Venez , à son exemple , reconnoître au pied
des Autels , les graces et les bienfaits du Dieu qui
protege la France : * Demandez - lui ardemment
que les succès d'une Guerre juste et necessaire
nous conduisent à une prompte paix , plus dési
rable que les victoires , et pour laquelle Dieu
nous ordonne de recourir à lui , parce que c'est
de la paix de l'Etat que dépendent notre paix et
notre tranquillité.
A ces causes , après en avoir conféré avec nos
venrables Freres les Doyen , Chanoines et Cha
pitre de notre Eglise Metropolitaine : Nous or
donnons qu'après demain Jeudi , 14 du present
mois , le Te Deum sera chanté dans notredite
Eglise Métropolitaine , en actions de graces de la
prise du Château de Milan : Dimanche 17 da
courant dans toutes les Abbayes , Chapitres, Pa
roisses et Couvens , exempts et non exempts , de
la Ville et Fauxbourgs ; et dans toutes les autres
Eglises de notre Diocèse , le Dimanche après la reception
du present Mandement . Si mandons aux
* Quarite pacem civitatis ad quam transmigrare
vos feci , et orate pro ea ad Dominum, quia in pace
illius erit pax vobis. Jerem. 29.7·
I iij
Ar❤
182 MERCURE DE FRANCE
Archiprêtres de sainte Marie- Magdelaine et S.Severin
de notifier notre present Mandement à tous
Abbez Prieurs , Curez , Superieurs et Superieures
de la Ville et desdirs Fauxbourgs ; et aux Doyens
Ruraux de l'envoyer aux Curez de la Campagne ,
Superieurs et Superieures des Communautez ,
exemptes et et non exemptes , à ce qu'ils n'en
ignorent , et qu'ils l'observent et fassent observer
par les personnes qui leur sont soumises.
Donné à Paris , en notre Palais Archiepiscopal
le 12 Janvier 1734. Signé, CHARLES , Archevêque
de Paris , c.
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Résumé : Mandement sur ce sujet, [titre d'après la table]
Le 12 janvier 1734, l'Archevêque de Paris, Charles-Gaspard-Guillaume de Vintimille, a publié un mandement célébrant la prise du Château de Milan. Ce succès est attribué à la Providence divine plutôt qu'aux efforts humains. Le Roi exprime sa gratitude envers Dieu et son désir de paix, malgré les victoires militaires. L'Archevêque appelle les fidèles à reconnaître les bienfaits de Dieu et à prier pour une paix rapide. Il ordonne que le Te Deum soit chanté dans l'église métropolitaine le 14 janvier et dans toutes les églises du diocèse le dimanche suivant la réception du mandement. Les archiprêtres et les doyens ruraux doivent notifier ce mandement à tous les ecclésiastiques et communautés religieuses pour assurer son observation.
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788
p. 182
« Le 14, après midi, on chanta dans l'Eglise Métropolitaine, le Te Deum, en [...] »
Début :
Le 14, après midi, on chanta dans l'Eglise Métropolitaine, le Te Deum, en [...]
Mots clefs :
Prise du château de Milan, Te Deum, Église métropolitaine
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texteReconnaissance textuelle : « Le 14, après midi, on chanta dans l'Eglise Métropolitaine, le Te Deum, en [...] »
Le 14 , après midi , on chanta dans
l'Eglise Métropolitaine , le Te Deum , en
actions de graces de la prise du Château
de Milan, et l'Archevêque de Paris y of
ficia pontificalement. Le Chancelier de
France et le Garde des Sceaux , accompa
gnez de plusieurs Conseillers d'Etat et
Maîtres des Requêtes , y assisterent , ainsi
que le Parlement , la Chambre des
Comptes , la Cour des Aydes, et le Corps
de Ville , qui y avoient été invitez en la
maniere accoutumée .
Le soir il y eur des Feux de joïe et d'autres
marques de réjouissances dans toutes
les rues de la Ville.
l'Eglise Métropolitaine , le Te Deum , en
actions de graces de la prise du Château
de Milan, et l'Archevêque de Paris y of
ficia pontificalement. Le Chancelier de
France et le Garde des Sceaux , accompa
gnez de plusieurs Conseillers d'Etat et
Maîtres des Requêtes , y assisterent , ainsi
que le Parlement , la Chambre des
Comptes , la Cour des Aydes, et le Corps
de Ville , qui y avoient été invitez en la
maniere accoutumée .
Le soir il y eur des Feux de joïe et d'autres
marques de réjouissances dans toutes
les rues de la Ville.
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Résumé : « Le 14, après midi, on chanta dans l'Eglise Métropolitaine, le Te Deum, en [...] »
Le 14 juillet, un Te Deum fut chanté à l'Église Métropolitaine pour célébrer la prise du Château de Milan. L'Archevêque de Paris officia. Des personnalités officielles, dont le Chancelier de France et des Conseillers d'État, assistèrent à la cérémonie. En soirée, des feux de joie et des réjouissances eurent lieu dans les rues.
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789
p. 182-183
Mandement du Cardinal de Bissi, et Te Deum sur le même sujet, [titre d'après la table]
Début :
Le 15. on chanta pareillement le Te Deum, avec beaucoup de solemnité, dans l'Eglise [...]
Mots clefs :
Église, Abbaye royale de Saint-Germain-des-Prés, Cardinal de Bissy, Te Deum
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texteReconnaissance textuelle : Mandement du Cardinal de Bissi, et Te Deum sur le même sujet, [titre d'après la table]
Le 15.on chanta pareillement le Te Deum ,
avec beaucoup de solemnité , dans l'Eglise
de l'Abbaye Royale de S. Germain , en
con
JANVIER. 1734
183
conséquence d'un Mandement du Cardinal
de Bissy , dont voici la teneur :
Henry de Thiard de Bissy , par le grace de
Dieu , et du S. Siege Apostolique, Cardinal de la
farnte Eglise Romaine , du Titre de S. Bernard,
Evêque de Meaux , Commandeur de l'Orûre du
S. Esprit , Abbé Commandataire de l'Abbaye
Royale de S. Germain des Prez : A tous ceux qui
sont soumis à notre Jurisdiction : Salut e Benediction
. Le Seigneur , Dieu des Armées , a répandu
ses nouvelles Benedictions sur les Armes
du Roy , et sur celles de ses Augustes Alliez.
Milan , une des principales Villes d'Italie ,
ouvert ses Portes aux approches de l'Armée
Royale Son Château , après 13 -jours de tranchées
, a été forcé de se rendre, Tout le Païs
renfermé entre les Rivieres du Tessin et de l'Oglio
est à present soumis à la Puissance de Sa
Majesté. Un cours si heureux et si rapide de tant
de succès , exige de nous la plus vive reconnoissance
envers le Souverain Arbitre des Etats qui
fait pancher la Victoire où il lui plaît , et qui
dispose de tout l'Univers avec poids , sagesse et
mesure. Continuons à faire des voeux les plus ardens
pnur la prosperité de notre auguste Monarque
, qui n'attaque ses ennimis que pour procurer
à l'Europe une Paix solide , et pour maintenir
les différens Princes qui y regnent dans leurs
juftes et légitimes droits. A ces causes : Nous
ordonnons que Vendredy , 15 du présent mois ,
à l'issue des Vêpres , le Te Deum sera chanté
dans notre Eglise Abbatiale , en actions de graces
des Benedictions que Dieu a répandues sur les
Armes du Roy. Donné à Paris , dans notre Pa-
Tais Abbatial , ce 13 Janvier 1734.
Signê, HENRY , Cardinal de Bissy.
avec beaucoup de solemnité , dans l'Eglise
de l'Abbaye Royale de S. Germain , en
con
JANVIER. 1734
183
conséquence d'un Mandement du Cardinal
de Bissy , dont voici la teneur :
Henry de Thiard de Bissy , par le grace de
Dieu , et du S. Siege Apostolique, Cardinal de la
farnte Eglise Romaine , du Titre de S. Bernard,
Evêque de Meaux , Commandeur de l'Orûre du
S. Esprit , Abbé Commandataire de l'Abbaye
Royale de S. Germain des Prez : A tous ceux qui
sont soumis à notre Jurisdiction : Salut e Benediction
. Le Seigneur , Dieu des Armées , a répandu
ses nouvelles Benedictions sur les Armes
du Roy , et sur celles de ses Augustes Alliez.
Milan , une des principales Villes d'Italie ,
ouvert ses Portes aux approches de l'Armée
Royale Son Château , après 13 -jours de tranchées
, a été forcé de se rendre, Tout le Païs
renfermé entre les Rivieres du Tessin et de l'Oglio
est à present soumis à la Puissance de Sa
Majesté. Un cours si heureux et si rapide de tant
de succès , exige de nous la plus vive reconnoissance
envers le Souverain Arbitre des Etats qui
fait pancher la Victoire où il lui plaît , et qui
dispose de tout l'Univers avec poids , sagesse et
mesure. Continuons à faire des voeux les plus ardens
pnur la prosperité de notre auguste Monarque
, qui n'attaque ses ennimis que pour procurer
à l'Europe une Paix solide , et pour maintenir
les différens Princes qui y regnent dans leurs
juftes et légitimes droits. A ces causes : Nous
ordonnons que Vendredy , 15 du présent mois ,
à l'issue des Vêpres , le Te Deum sera chanté
dans notre Eglise Abbatiale , en actions de graces
des Benedictions que Dieu a répandues sur les
Armes du Roy. Donné à Paris , dans notre Pa-
Tais Abbatial , ce 13 Janvier 1734.
Signê, HENRY , Cardinal de Bissy.
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Résumé : Mandement du Cardinal de Bissi, et Te Deum sur le même sujet, [titre d'après la table]
Le 15 janvier 1734, un Te Deum fut chanté solennellement à l'Église de l'Abbaye Royale de Saint-Germain-des-Prés, conformément à un mandement du Cardinal de Bissy daté du 13 janvier. Ce mandement célébrait les récentes victoires militaires du roi de France et de ses alliés. Milan, une ville majeure d'Italie, avait été conquise après la reddition de son château, et la région entre les rivières Tessin et Oglio était désormais sous la domination française. Le Cardinal de Bissy exprimait sa reconnaissance envers Dieu pour ces succès et appelait à prier pour la prospérité du monarque, qui combattait pour une paix durable en Europe et pour la défense des droits légitimes des princes. Le Te Deum fut chanté en actions de grâce pour les bénédictions divines accordées aux armes du roi.
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790
p. 203-208
ELOGE de Madame de Bethune d'Orval, Abbesse de l'Abbaye Royale de N. D. du Val de Giff, Diocèse de Paris.
Début :
Depuis que nous avons publié la mort de cette illustre Dame dans [...]
Mots clefs :
Abbesse, Béthune d'Orval, Abbaye du Val-de-Gif, Mort, Piété, Religieuse, Gouvernement, Montglat, Amour, Mérite, Vertus
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ELOGE de Madame de Bethune d'Orval, Abbesse de l'Abbaye Royale de N. D. du Val de Giff, Diocèse de Paris.
ELOGE de Madame de Bethune d'Or
val , Abbesse de l'Abbaye Royale de N.
D. du Val de Giff , Diocèse de Paris.
D nous
Epuis que nous avons publié la
mort de cette illustre Dame dans
le premier volume du Mercure de Décembre
dernier , nous avons eu communication
d'une Lettre , qui a été écrite
sur ce sujet par la Dame Prieure et Communauté
de la même Abbaye . Cette
Lettre nous a paru si édifiante et si digne
de considération en toute maniere ,
que nous avons crû devoir en raporter
du moins les traits les plus marquez , pour
rendre à la mémoire d'une Personne si
respectable une partie des devoirs que le
Public est en droit d'exiger de nous en
certaines occasions.
D. Anne Eleonor - Marie de Bethune
d'Orval, étoit fille de François de Bethu-
* Duc d'Orval , Pair de France
Chevalier des Ordres du Roy , Lieutenant
General de ses Armées , et du Pays Charne
,
"
* Le Duc d'Orval êtoit fils de Maximilien de
Bethune , Duc du Sully Pair et Maréchal de
France &c. Ministre d'Etat &c. et de Rachel de
Cachefilet , sa seconde femme.
A iiij train ,
204 MERCURE DE FRANCE
train , Premier Ecuyer de la Reine Anne
d'Autriche , et de Dame Anne de Harville
de Palaiseau .
Ce fut une de ces Ames privilegiées
sur lesquelles une Providence attentive
veille dès le berceau , et dont elle dirige
tous les pas vers le terme heureux qu'elle
leur a destiné dès l'Eternité . Elle fut
dérobée au monde avant qu'elle pût en
éprouver la corruption : dès l'âge de trois
ans,le Seigneur prit soin de la cacher dans
l'Abbaye de Royal- Lieu , comme dans
un azile assuré pour son innocence. Elle
y fut élevée sous les yeux de Madame
deVaucelas sa Tante qui en étoit Abbesse ;
et la premiere attention qu'on cut sur
cette jeune Plante , fût de lui interdire
avec une severité qui pouvoit paroître
excessive , toute délicatesse , toute marque
extérieure de distinction , tout ce
qui peut flater ce fond d'orgueil et d'amour
de nous-mêmes avec lequel nous
naissons tous et que nous portons jusqu'au
tombeau. Mais on ne négligea pas
de cultiver les heureuses dispositions
qu'on trouva dans son esprit , et on eût
soin de l'orner de toutes les connoissances
qui convenoient à son sexe , en même
tems qu'on s'appliquoit à répandre dans
son coeur les semences d'une pieté d'autant
FEVRIER 1734. 205
cant plus solide qu'elle seroit plus éclairée.
Elle n'hésita point sur le parti qu'elle
devoit prendre dès qu'elle en fût
en fût capable.
Tout ce que l'éclat de sa naissance
et plus encore ses qualitez personnelles ,
pouvoient lui promettre dans le monde ,
devint pour elle la matiere d'un sacrifice
très volontaire , et coûta peu à son coeur
déja détaché de tout.
Dès l'âge de quatorze ans elle entra au
Noviciat , et elle prit l'habit de Novice,
à quinze. Son année d'épreuve n'étoit pas
achevée lorsque Madame de Vaucelas fût
transferée à une autre Abbaye. Elle se
sépara de sa chere Tante sans s'ébranler,
et pouvant la suivre par toute sorte de
raisons , elle se fixa à Royal - Lieu , Maison
où Dieu l'avoit prévenuë de ses Bénédictions
, par la Profession Religieuse qu'elle
fit à seize ans entre les mains de la nouvelle
Abbesse.
Elle ne pensoit qu'à se sanctifier dans
l'état de simple Religieuse , ne prévoyant
rien qui peut l'obliger d'en sortir, Mais
Dieu avoit d'autres desseins sur elle . Son
mérite lui fit tort , quelque soin qu'elle
prit de le cacher: elle fut mise à de grandes
épreuves ; il fallut l'arracher enfin
d'une Maison qu'elle avoit choisie par
préférence à tout et de laquelle elle étoit
tendrement aimée. AT
1
206 MERCURE DE FRANCE
Elle se retira dans l'Abbaye de S. Pierre
de Reims auprès de Madame sa Soeur
qui en étoit Abbesse . Elle Y porta l'édiy
fication et l'exemple de toutes les vertus
Chrétiennes et Religieuses. Sa retraite
dans cette Abbaye fût de cinq années.
Cependant Madame de Clermont
Monglat , Abbesse de * Giff , voulant se
décharger d'un fardeau sous lequel ses
infirmitez et encore plus son humilité
la faisoient gémir , chercha avec soin un
sujet propre à la remplacer , et à affermir
l'ouvrage de l'étroite Observance de la
Regle de S. Bencft ,'elle le trouva dans
Madame de Bethune d'Orval ,
Teile fut la vocation de cette digne
Religieuse , âgée alors de vingt- neuf ans .
Nulle considération humaine n'y eût part;
et il parut bien - tôt que Dieu avoit béni
des veues aussi pures que celles de Madame
de Monglat , et que la nouvelle
Abbesse étoit pour le Monastere de Giff
un don de sa Miséricorde .
La mort de Madame de Monglat , qui
survecût près de quinze ans à sa demis-
Cette Abaye est nommée dans les anciens
Titres. Beata Maria Valis de Giffo . Maurice de
Sully Evêque de Paris , la fonda vers l'an 1140 .
sur la petite Riviere d'Yvette , à cinq lieues de
Paris. sion ,
FEVRIER 1734. 207
sion , ne fit que mettre dans un plus
grand jour le merite deMadame d'Orval,
er justifier de plus en plus le choix qu'elle
en avoit fait pour la remplacer. Il faudroit
entreprendre d'écrire un volume
entier pour donner l'Histoire de sa vie
et de son gouvernement avec le détail
qu'elle merite ce gouvernement a été
de quarante sept ans , pendant lesquels
la résidence de la pieuse Abbesse dans
son Monastere , n'a été interrompuë
qu'une seule fois pour peu de tems , et par
ordre exprès de M. l'Archevêque de
Paris.
4
Qu'il nous soit permis du moins pour
ne point excéder nos bornes , de tracer
ici en deux mots son caractere . Une pieté
tendre , mais éclairée et sans petitesse ;
une humilité profonde mais sans pussillanimité
, un amour universel de la penitence,
mais sans ostentation ; une charité
inépuisable , mais sins acception de
personnes ; un amour de l'Ordre et de
la Regle ferme , mais sans dureté une
regularité toujours égale et toujours
sourenue , un don d'exhorter et d'instruire
peu communj appuyé d'un exemple
encore plus éloquent er plus efficace :
ajoûtons qu'une politesse simple et
noble accompagnoit toutes ces grandes
vertus.
,
A vj
Arri
208 MERCURE DE FRANCE
Arrive à la fin de sa carriere , et étant
au lit de la mort , elle dit à ses filles
qu'elle pouvoit s'appliquer ce que S. Jean
dit de J. C. que les ayant aimées pendant
sa vie , elle les aimoit jusqu'à la fin , surquoi
elle leur fit un Discours digne de sa
grande pieté et de sa parfaite charité.
Elle a conservé jusqu'au dernier soupir
tout son jugement et sa présence d'esprit,
et elle en a fait un excellent usage, pour
mettre à profit ces momens d'autant plus
précieux qu'ils touchent à l'Eternité . Son
extréme patience dans une oppression longue
et très penible, la pieté avec laquelle
elle reçut encore une fois le S. Viatique ,
quelques heures avant sa mort, et un dernier
effort qu'elle fit après cette action
ne pouvant presque plus parler , pour
demander que la Communauté récitât
Hymne d'Actions de graces , pour celle
qu'elle venoit de recevor ,
terminerent
enfin une vie sainte et riche en vertus et
enbonnes oeuvres. Elle expira doucement
au milieu de ses Filles le soir du 28 de
Novembre dernier dans la soixanteseizième
année de son âge, la soixantiéme
de sa Profession Religieuse , et la qua
rante-septiéme de son gouvernement.
val , Abbesse de l'Abbaye Royale de N.
D. du Val de Giff , Diocèse de Paris.
D nous
Epuis que nous avons publié la
mort de cette illustre Dame dans
le premier volume du Mercure de Décembre
dernier , nous avons eu communication
d'une Lettre , qui a été écrite
sur ce sujet par la Dame Prieure et Communauté
de la même Abbaye . Cette
Lettre nous a paru si édifiante et si digne
de considération en toute maniere ,
que nous avons crû devoir en raporter
du moins les traits les plus marquez , pour
rendre à la mémoire d'une Personne si
respectable une partie des devoirs que le
Public est en droit d'exiger de nous en
certaines occasions.
D. Anne Eleonor - Marie de Bethune
d'Orval, étoit fille de François de Bethu-
* Duc d'Orval , Pair de France
Chevalier des Ordres du Roy , Lieutenant
General de ses Armées , et du Pays Charne
,
"
* Le Duc d'Orval êtoit fils de Maximilien de
Bethune , Duc du Sully Pair et Maréchal de
France &c. Ministre d'Etat &c. et de Rachel de
Cachefilet , sa seconde femme.
A iiij train ,
204 MERCURE DE FRANCE
train , Premier Ecuyer de la Reine Anne
d'Autriche , et de Dame Anne de Harville
de Palaiseau .
Ce fut une de ces Ames privilegiées
sur lesquelles une Providence attentive
veille dès le berceau , et dont elle dirige
tous les pas vers le terme heureux qu'elle
leur a destiné dès l'Eternité . Elle fut
dérobée au monde avant qu'elle pût en
éprouver la corruption : dès l'âge de trois
ans,le Seigneur prit soin de la cacher dans
l'Abbaye de Royal- Lieu , comme dans
un azile assuré pour son innocence. Elle
y fut élevée sous les yeux de Madame
deVaucelas sa Tante qui en étoit Abbesse ;
et la premiere attention qu'on cut sur
cette jeune Plante , fût de lui interdire
avec une severité qui pouvoit paroître
excessive , toute délicatesse , toute marque
extérieure de distinction , tout ce
qui peut flater ce fond d'orgueil et d'amour
de nous-mêmes avec lequel nous
naissons tous et que nous portons jusqu'au
tombeau. Mais on ne négligea pas
de cultiver les heureuses dispositions
qu'on trouva dans son esprit , et on eût
soin de l'orner de toutes les connoissances
qui convenoient à son sexe , en même
tems qu'on s'appliquoit à répandre dans
son coeur les semences d'une pieté d'autant
FEVRIER 1734. 205
cant plus solide qu'elle seroit plus éclairée.
Elle n'hésita point sur le parti qu'elle
devoit prendre dès qu'elle en fût
en fût capable.
Tout ce que l'éclat de sa naissance
et plus encore ses qualitez personnelles ,
pouvoient lui promettre dans le monde ,
devint pour elle la matiere d'un sacrifice
très volontaire , et coûta peu à son coeur
déja détaché de tout.
Dès l'âge de quatorze ans elle entra au
Noviciat , et elle prit l'habit de Novice,
à quinze. Son année d'épreuve n'étoit pas
achevée lorsque Madame de Vaucelas fût
transferée à une autre Abbaye. Elle se
sépara de sa chere Tante sans s'ébranler,
et pouvant la suivre par toute sorte de
raisons , elle se fixa à Royal - Lieu , Maison
où Dieu l'avoit prévenuë de ses Bénédictions
, par la Profession Religieuse qu'elle
fit à seize ans entre les mains de la nouvelle
Abbesse.
Elle ne pensoit qu'à se sanctifier dans
l'état de simple Religieuse , ne prévoyant
rien qui peut l'obliger d'en sortir, Mais
Dieu avoit d'autres desseins sur elle . Son
mérite lui fit tort , quelque soin qu'elle
prit de le cacher: elle fut mise à de grandes
épreuves ; il fallut l'arracher enfin
d'une Maison qu'elle avoit choisie par
préférence à tout et de laquelle elle étoit
tendrement aimée. AT
1
206 MERCURE DE FRANCE
Elle se retira dans l'Abbaye de S. Pierre
de Reims auprès de Madame sa Soeur
qui en étoit Abbesse . Elle Y porta l'édiy
fication et l'exemple de toutes les vertus
Chrétiennes et Religieuses. Sa retraite
dans cette Abbaye fût de cinq années.
Cependant Madame de Clermont
Monglat , Abbesse de * Giff , voulant se
décharger d'un fardeau sous lequel ses
infirmitez et encore plus son humilité
la faisoient gémir , chercha avec soin un
sujet propre à la remplacer , et à affermir
l'ouvrage de l'étroite Observance de la
Regle de S. Bencft ,'elle le trouva dans
Madame de Bethune d'Orval ,
Teile fut la vocation de cette digne
Religieuse , âgée alors de vingt- neuf ans .
Nulle considération humaine n'y eût part;
et il parut bien - tôt que Dieu avoit béni
des veues aussi pures que celles de Madame
de Monglat , et que la nouvelle
Abbesse étoit pour le Monastere de Giff
un don de sa Miséricorde .
La mort de Madame de Monglat , qui
survecût près de quinze ans à sa demis-
Cette Abaye est nommée dans les anciens
Titres. Beata Maria Valis de Giffo . Maurice de
Sully Evêque de Paris , la fonda vers l'an 1140 .
sur la petite Riviere d'Yvette , à cinq lieues de
Paris. sion ,
FEVRIER 1734. 207
sion , ne fit que mettre dans un plus
grand jour le merite deMadame d'Orval,
er justifier de plus en plus le choix qu'elle
en avoit fait pour la remplacer. Il faudroit
entreprendre d'écrire un volume
entier pour donner l'Histoire de sa vie
et de son gouvernement avec le détail
qu'elle merite ce gouvernement a été
de quarante sept ans , pendant lesquels
la résidence de la pieuse Abbesse dans
son Monastere , n'a été interrompuë
qu'une seule fois pour peu de tems , et par
ordre exprès de M. l'Archevêque de
Paris.
4
Qu'il nous soit permis du moins pour
ne point excéder nos bornes , de tracer
ici en deux mots son caractere . Une pieté
tendre , mais éclairée et sans petitesse ;
une humilité profonde mais sans pussillanimité
, un amour universel de la penitence,
mais sans ostentation ; une charité
inépuisable , mais sins acception de
personnes ; un amour de l'Ordre et de
la Regle ferme , mais sans dureté une
regularité toujours égale et toujours
sourenue , un don d'exhorter et d'instruire
peu communj appuyé d'un exemple
encore plus éloquent er plus efficace :
ajoûtons qu'une politesse simple et
noble accompagnoit toutes ces grandes
vertus.
,
A vj
Arri
208 MERCURE DE FRANCE
Arrive à la fin de sa carriere , et étant
au lit de la mort , elle dit à ses filles
qu'elle pouvoit s'appliquer ce que S. Jean
dit de J. C. que les ayant aimées pendant
sa vie , elle les aimoit jusqu'à la fin , surquoi
elle leur fit un Discours digne de sa
grande pieté et de sa parfaite charité.
Elle a conservé jusqu'au dernier soupir
tout son jugement et sa présence d'esprit,
et elle en a fait un excellent usage, pour
mettre à profit ces momens d'autant plus
précieux qu'ils touchent à l'Eternité . Son
extréme patience dans une oppression longue
et très penible, la pieté avec laquelle
elle reçut encore une fois le S. Viatique ,
quelques heures avant sa mort, et un dernier
effort qu'elle fit après cette action
ne pouvant presque plus parler , pour
demander que la Communauté récitât
Hymne d'Actions de graces , pour celle
qu'elle venoit de recevor ,
terminerent
enfin une vie sainte et riche en vertus et
enbonnes oeuvres. Elle expira doucement
au milieu de ses Filles le soir du 28 de
Novembre dernier dans la soixanteseizième
année de son âge, la soixantiéme
de sa Profession Religieuse , et la qua
rante-septiéme de son gouvernement.
Fermer
Résumé : ELOGE de Madame de Bethune d'Orval, Abbesse de l'Abbaye Royale de N. D. du Val de Giff, Diocèse de Paris.
Le texte rend hommage à Madame de Bethune d'Orval, Abbesse de l'Abbaye Royale de Val-de-Giff, dans le Diocèse de Paris. Après l'annonce de sa mort dans le Mercure de Décembre précédent, les auteurs reçoivent une lettre de la Dame Prieure et de la Communauté de l'Abbaye, qu'ils résument pour honorer sa mémoire. Madame Anne Éléonore-Marie de Bethune d'Orval était la fille de François de Bethune, Duc d'Orval, Pair de France, et de Dame Anne de Harville de Palaiseau. Son grand-père paternel était Maximilien de Bethune, Duc de Sully, Maréchal de France et Ministre d'État. Dès son jeune âge, elle fut placée à l'Abbaye de Royal-Lieu, où elle fut élevée par sa tante, Madame de Vaucelas, Abbesse de l'Abbaye. Elle y reçut une éducation basée sur la simplicité et la piété, tout en cultivant ses dispositions naturelles. À l'âge de quatorze ans, elle entra au Noviciat et prit l'habit de Novice à quinze ans. Elle fit sa Profession Religieuse à seize ans. Bien qu'elle souhaitât rester simple Religieuse, elle fut nommée Abbesse de l'Abbaye de Saint-Pierre de Reims, puis de l'Abbaye de Val-de-Giff à l'âge de vingt-neuf ans. Son gouvernement dura quarante-sept ans, caractérisé par une piété tendre et éclairée, une humilité profonde, une charité inépuisable, et un amour de l'Ordre et de la Règle. À sa mort, le 28 novembre, elle conserva jusqu'au dernier moment son jugement et sa présence d'esprit. Elle reçut le Saint Viatique avec piété et demanda à la Communauté de réciter un Hymne d'Actions de grâces. Elle s'éteignit à l'âge de soixante-six ans, après soixante ans de Profession Religieuse et quarante-sept ans de gouvernement.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
791
p. 244-250
ELOGE Historique de M. l'Abbé le Grand ; par le R. Pere Bougerel, Prêtre de l'Oratoire. Abregé de cet Eloge.
Début :
Joachim le Grand, nâquit à Saint Lo, Diocèse de Coutances, en Basse Normandie, [...]
Mots clefs :
Histoire, Joachim Legrand, Oratoire, Éloge, Abbé, Roi, Paris, Docteur, Succession, Espagne, Mort
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ELOGE Historique de M. l'Abbé le Grand ; par le R. Pere Bougerel, Prêtre de l'Oratoire. Abregé de cet Eloge.
ELOGE Historique de M. l'Abbé le
Grand ; par le R. Per: Bougerel , Prêtre
de l'Oratoire. Abregé de cet Eloge .
Ji
Oachim le Grand, nâquit à Saint Lo ,
Diocèse de Coutances , en Basse Normandie
, le 6 Février 1653. Il étudia la
Philo- [
FEVRIER. 1734. 245
Philosophie à Caen , sous le celebre Pierre
Cailly, et eut pour condisciple Pierre-
François de la Tour , mort depuis peu
General de l'Oratoire ; leur union a duré
autant que leur vie.
Il entra dans cette Congrégation en
1671. Il y étudia les Belles-Lettres et la
Théologie. Il en sortit en 1676. et s'attacha
à l'étude de l'Histoire par le conseil
du Pere le Cointe , et par la facilité
qu'il eut de consulter les Manuscrits
de la Bibliotheque du Roy, dont M.Thevenot
avoit alors la garde .
Le P. le Cointe étant décédé en 1681 .
il fit son Eloge , et ensuite celui de l'Abbé
de Maroles. Ces Eloges parurent dans
le Journal des Sçavans , Février et Avril
de la même année. L'Abbé le Grand fut
ensuite chargé successivement de l'éducation
du Marquis de Vins , et de celle
du Duc d'Etrées , sans aucun dérangement
dans le Plan de ses études d'Histoire
et de Critique.
Il eut en 1685. une conférence avec le
Docteur Burnet , depuis Evêque de Salisburi
, qui étoit venu à Paris , au sujet
de son Histoire de la Reformation d'Angletere
; dans laquelle l'Abbé le Grand
fit paroître beaucoup de capacité et beaucoup
d'amour pour la verité . Cette ma-
C tie246
MERCURE DE FRANCE
tiere l'engagea depuis à composer un
Ouvrage considérable sous ce titre : Histoire
du Divorce d'Henry VIII. Roy d'Angleterre
, et de Catherine d'Aragon ; la Def
fense de Sanderus , et la Réfutation des deux
premiers Livres de l'Histoire de la Réforma
tion de M. Burnet , et les Preuves. 3. vol
in 12.Paris , chez Martin et Boudot, 1688 .
Le Docteur Burnet ayant fait une courte
Critique en forme de Lettre de cette
Histoire, mais peu mesurée , par rapport
à son Auteur , l'Abbé le Grand se contenta
de publier de nouveau cette Lettre
avec un Avertissement à la tête , et quelques
Remarques au bas des pages .
L'année suivante 1689. le même Docteur
B... publia une Critique de l'Histoire
des Variations,ce qui donna lieu à l'Abbé
le Grand de lui adresser trois Lettres ,
sur les Variations , sur la Réformation et sur
l'Histoire du Divorce , lesquelles furent
imprimées à Paris en 1691. précédées
d'une Préface remplie d'Observations.
sur l'Histoire des Eglises Réformées , de
M. Basnage .
L'année suivante l'Abbé d'Estrées ayant
été nommé Ambassadeur en Portugal , il
choisit l'Abbé le Grand pour Secretairede
l'Ambassade . Celui- cy profita de l'occasion
pour acquerir de grandes connoissanFEVRIER.
1734. 247
sances sur les vastes Païs que les Portugais
appellent leurs Conquêtes.
De retour en France en 1697. il fit un
voyage en Bourgogne et en Dauphiné ,
pour recueillir les Memoires necessaires à
la composition de l'Histoire de ces Provinces.
Il fit imprimer en 1701. sa Traduction
de l'Histoire de l'Isle de Ceylan , du Capitaine
Jean de Ribeyro , à laquelle il ajouta
beaucoup de choses de son propre fonds:
Ouvrage qu'il dédia à la Comtesse d'Ericeyra.
En 1702 , 1703 et 1794 , notre Sçavant
fut encore employé en qualité de Secre
taire d'Ambassade , sous celles du Cardinal
et de l'Abbé d'Estrées en Espagne.Sur
la fin de la même année 1704. il fut choisi
pour être Secretaire general des Ducs et
Pairs de France , Emploi qui n'avoit point
été rempli depuis la mort de M. le Laboureur
, arrivée en 1675.
Sa profonde capacité dans l'Histoire et
dans le Droit Public , la justesse et la solidité
de ses vûës , dont il avoit donné .
des preuves en différentes occasions , déterminerent
M. le Marquis de Torcy , Ministre
d'Etat , de l'attacher au travail des
Affaires Etrangeres , dès l'année 1705. en
quoi il réussit si - bien que pendant les 10
Cij ang
248 MERCURE DE FRANCE .
années qui s'écoulerent jusqu'à la mort
du feu Roy , il n'y eut point d'Affaires
de conséquence , ausquelles l'Abbé le
Grand n'ait eu part , et sur lesquelles il
n'ait écrit. Voici les titres de quelquesuns
de ces Ecrits qui ont paru dans le
public.
Memoire , touchant la succession à la
Couronne d'Espagne . 1711. Reflexions sur
la Lettre à un Milord , sur la necessité et la
justice de l'entiere restitution de la Monarchie
d'Espagne , &c. 1711. Discours sur ce
qui s'est passé dans l'Empire , au sujet de
la succession d'Espagne . L'Allemagne menacée
d'être bientôt réduite en Monarchie
absoluë. Lettre de M. D. à M. le Docteur
M. touchant le Royaume de Bohéme.
Les autres Ouvrages sur ces matieres ;
qui n'ont pas été imprimez , concernent
Les Assemblées des Etats Generaux. Les
Régences. L'habileté à succeder à la Couronne;
et toutes les grandes Questions que
les Evenemens du dedans et du dehors du
Royaume lui ont donné lieu d'examiner
pendant plus de trente ans.
Il fut choisi en 172c . pour travailler à
l'Inventaire du Trésor des Chartres , travail
lié naturellement avec ses Etudes , et
auquel il se livra avec tout le zele possible
, ce qui ne l'empêcha pas de mettre
la
FEVRIER. 1734. 249
la derniere main à l'Histoire de Louis
XI. son Ouvrage favori ; il est intitulé :
Histoire et Vie de Louis XI.Roy de France,
avec les Preuves , et est resté Manuscrit
tout approuvé.
Il publia en 1728. la Relation Historique
d' Abissinie , du R. P. Jérôme Lobo , de
la Compagnie de Jesus , traduite du Portugais
en François , &c. 1. vol . 4. Paris ,chez
la veuve Coutelier . Il y en a un fort bel
Extrait dans le Journal des Sçavans , des
mois de Septembre et d'Octobre de la
même année 1728. ce qui dispense d'entrer
là - dessus dans aucun détail .
Il publia presque en même temps un
autre Ouvrage , qui a pour titre : De la
Succession à la Couronne de France , pour
les Agnats , ( c'est- à dire , pour la succession
Masculine directe. ) vol . 12. Paris ,
chez Martin et Guérin.
Le Marquis de Vins étant mort au mois
de Février 1732. l'Abbé le Grand , qui
lui étoit particulierement attaché , et qui
connoissoit son mérite , fit imprimer son
éloge dans le Mercure du mois de Mars
suivant.Il ne lui survécut pas long- tems ;
une seconde attaque d'Apoplexie l'enleva
le 1 de May 1733. chez Mrs Clairambault
, Généalogistes des Ordres du
Roy , ses anciens Amis et ses Exécuteurs
C iij tes250
MERCURE DE FRANCE
testamentaires. Il étoit âgé de 80 ans et 3
mois. Il fut inhumé simplement et sans
cérémonie , dans le Cimetiere de S. Joseph
, Paroisse de S. Eustache , ainsi qu'il
l'avoit ordonné .
Tous ceux qui l'ont particulierement
connu , conviennent que c'étoit un Homme
plein d'honneur , de probité , et de
religion , et des plus habiles du Royaume
sur le Droit Public, d'une vaste érudition
et d'une sagacité admirable.
Grand ; par le R. Per: Bougerel , Prêtre
de l'Oratoire. Abregé de cet Eloge .
Ji
Oachim le Grand, nâquit à Saint Lo ,
Diocèse de Coutances , en Basse Normandie
, le 6 Février 1653. Il étudia la
Philo- [
FEVRIER. 1734. 245
Philosophie à Caen , sous le celebre Pierre
Cailly, et eut pour condisciple Pierre-
François de la Tour , mort depuis peu
General de l'Oratoire ; leur union a duré
autant que leur vie.
Il entra dans cette Congrégation en
1671. Il y étudia les Belles-Lettres et la
Théologie. Il en sortit en 1676. et s'attacha
à l'étude de l'Histoire par le conseil
du Pere le Cointe , et par la facilité
qu'il eut de consulter les Manuscrits
de la Bibliotheque du Roy, dont M.Thevenot
avoit alors la garde .
Le P. le Cointe étant décédé en 1681 .
il fit son Eloge , et ensuite celui de l'Abbé
de Maroles. Ces Eloges parurent dans
le Journal des Sçavans , Février et Avril
de la même année. L'Abbé le Grand fut
ensuite chargé successivement de l'éducation
du Marquis de Vins , et de celle
du Duc d'Etrées , sans aucun dérangement
dans le Plan de ses études d'Histoire
et de Critique.
Il eut en 1685. une conférence avec le
Docteur Burnet , depuis Evêque de Salisburi
, qui étoit venu à Paris , au sujet
de son Histoire de la Reformation d'Angletere
; dans laquelle l'Abbé le Grand
fit paroître beaucoup de capacité et beaucoup
d'amour pour la verité . Cette ma-
C tie246
MERCURE DE FRANCE
tiere l'engagea depuis à composer un
Ouvrage considérable sous ce titre : Histoire
du Divorce d'Henry VIII. Roy d'Angleterre
, et de Catherine d'Aragon ; la Def
fense de Sanderus , et la Réfutation des deux
premiers Livres de l'Histoire de la Réforma
tion de M. Burnet , et les Preuves. 3. vol
in 12.Paris , chez Martin et Boudot, 1688 .
Le Docteur Burnet ayant fait une courte
Critique en forme de Lettre de cette
Histoire, mais peu mesurée , par rapport
à son Auteur , l'Abbé le Grand se contenta
de publier de nouveau cette Lettre
avec un Avertissement à la tête , et quelques
Remarques au bas des pages .
L'année suivante 1689. le même Docteur
B... publia une Critique de l'Histoire
des Variations,ce qui donna lieu à l'Abbé
le Grand de lui adresser trois Lettres ,
sur les Variations , sur la Réformation et sur
l'Histoire du Divorce , lesquelles furent
imprimées à Paris en 1691. précédées
d'une Préface remplie d'Observations.
sur l'Histoire des Eglises Réformées , de
M. Basnage .
L'année suivante l'Abbé d'Estrées ayant
été nommé Ambassadeur en Portugal , il
choisit l'Abbé le Grand pour Secretairede
l'Ambassade . Celui- cy profita de l'occasion
pour acquerir de grandes connoissanFEVRIER.
1734. 247
sances sur les vastes Païs que les Portugais
appellent leurs Conquêtes.
De retour en France en 1697. il fit un
voyage en Bourgogne et en Dauphiné ,
pour recueillir les Memoires necessaires à
la composition de l'Histoire de ces Provinces.
Il fit imprimer en 1701. sa Traduction
de l'Histoire de l'Isle de Ceylan , du Capitaine
Jean de Ribeyro , à laquelle il ajouta
beaucoup de choses de son propre fonds:
Ouvrage qu'il dédia à la Comtesse d'Ericeyra.
En 1702 , 1703 et 1794 , notre Sçavant
fut encore employé en qualité de Secre
taire d'Ambassade , sous celles du Cardinal
et de l'Abbé d'Estrées en Espagne.Sur
la fin de la même année 1704. il fut choisi
pour être Secretaire general des Ducs et
Pairs de France , Emploi qui n'avoit point
été rempli depuis la mort de M. le Laboureur
, arrivée en 1675.
Sa profonde capacité dans l'Histoire et
dans le Droit Public , la justesse et la solidité
de ses vûës , dont il avoit donné .
des preuves en différentes occasions , déterminerent
M. le Marquis de Torcy , Ministre
d'Etat , de l'attacher au travail des
Affaires Etrangeres , dès l'année 1705. en
quoi il réussit si - bien que pendant les 10
Cij ang
248 MERCURE DE FRANCE .
années qui s'écoulerent jusqu'à la mort
du feu Roy , il n'y eut point d'Affaires
de conséquence , ausquelles l'Abbé le
Grand n'ait eu part , et sur lesquelles il
n'ait écrit. Voici les titres de quelquesuns
de ces Ecrits qui ont paru dans le
public.
Memoire , touchant la succession à la
Couronne d'Espagne . 1711. Reflexions sur
la Lettre à un Milord , sur la necessité et la
justice de l'entiere restitution de la Monarchie
d'Espagne , &c. 1711. Discours sur ce
qui s'est passé dans l'Empire , au sujet de
la succession d'Espagne . L'Allemagne menacée
d'être bientôt réduite en Monarchie
absoluë. Lettre de M. D. à M. le Docteur
M. touchant le Royaume de Bohéme.
Les autres Ouvrages sur ces matieres ;
qui n'ont pas été imprimez , concernent
Les Assemblées des Etats Generaux. Les
Régences. L'habileté à succeder à la Couronne;
et toutes les grandes Questions que
les Evenemens du dedans et du dehors du
Royaume lui ont donné lieu d'examiner
pendant plus de trente ans.
Il fut choisi en 172c . pour travailler à
l'Inventaire du Trésor des Chartres , travail
lié naturellement avec ses Etudes , et
auquel il se livra avec tout le zele possible
, ce qui ne l'empêcha pas de mettre
la
FEVRIER. 1734. 249
la derniere main à l'Histoire de Louis
XI. son Ouvrage favori ; il est intitulé :
Histoire et Vie de Louis XI.Roy de France,
avec les Preuves , et est resté Manuscrit
tout approuvé.
Il publia en 1728. la Relation Historique
d' Abissinie , du R. P. Jérôme Lobo , de
la Compagnie de Jesus , traduite du Portugais
en François , &c. 1. vol . 4. Paris ,chez
la veuve Coutelier . Il y en a un fort bel
Extrait dans le Journal des Sçavans , des
mois de Septembre et d'Octobre de la
même année 1728. ce qui dispense d'entrer
là - dessus dans aucun détail .
Il publia presque en même temps un
autre Ouvrage , qui a pour titre : De la
Succession à la Couronne de France , pour
les Agnats , ( c'est- à dire , pour la succession
Masculine directe. ) vol . 12. Paris ,
chez Martin et Guérin.
Le Marquis de Vins étant mort au mois
de Février 1732. l'Abbé le Grand , qui
lui étoit particulierement attaché , et qui
connoissoit son mérite , fit imprimer son
éloge dans le Mercure du mois de Mars
suivant.Il ne lui survécut pas long- tems ;
une seconde attaque d'Apoplexie l'enleva
le 1 de May 1733. chez Mrs Clairambault
, Généalogistes des Ordres du
Roy , ses anciens Amis et ses Exécuteurs
C iij tes250
MERCURE DE FRANCE
testamentaires. Il étoit âgé de 80 ans et 3
mois. Il fut inhumé simplement et sans
cérémonie , dans le Cimetiere de S. Joseph
, Paroisse de S. Eustache , ainsi qu'il
l'avoit ordonné .
Tous ceux qui l'ont particulierement
connu , conviennent que c'étoit un Homme
plein d'honneur , de probité , et de
religion , et des plus habiles du Royaume
sur le Droit Public, d'une vaste érudition
et d'une sagacité admirable.
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Résumé : ELOGE Historique de M. l'Abbé le Grand ; par le R. Pere Bougerel, Prêtre de l'Oratoire. Abregé de cet Eloge.
L'abbé Joachim le Grand naquit à Saint-Lô, en Basse-Normandie, le 6 février 1653. Il étudia la philosophie à Caen sous la direction de Pierre Cailly et entra dans la Congrégation de l'Oratoire en 1671. Après des études en Belles-Lettres et en Théologie, il se consacra à l'histoire grâce au conseil du Père le Cointe et à l'accès aux manuscrits de la Bibliothèque du Roi. En 1681, il écrivit des éloges pour le Père le Cointe et l'abbé de Maroles, publiés dans le *Journal des Sçavans*. Il fut ensuite chargé de l'éducation du Marquis de Vins et du Duc d'Etrées, tout en poursuivant ses recherches historiques. En 1685, il eut une conférence avec le Docteur Burnet sur l'*Histoire de la Réformation d'Angleterre*, ce qui le conduisit à écrire *Histoire du Divorce d'Henry VIII*. En 1689, il publia trois lettres en réponse aux critiques de Burnet sur son ouvrage. En 1690, il devint secrétaire de l'ambassade en Portugal, puis en Espagne de 1702 à 1704. De retour en France, il fut nommé secrétaire général des Ducs et Pairs de France et travailla aux Affaires Étrangères à partir de 1705. Ses écrits incluent des mémoires sur la succession à la Couronne d'Espagne et des réflexions sur la monarchie. En 1726, il travailla à l'inventaire du Trésor des Chartes et acheva l'*Histoire de Louis XI*. Il publia également des traductions et des ouvrages sur la succession à la Couronne de France. L'abbé le Grand mourut le 1er mai 1733 à l'âge de 80 ans et fut inhumé simplement au cimetière de Saint-Joseph. Il était reconnu pour son honneur, sa probité, sa religion et son érudition en droit public.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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792
p. 299-301
« OBSERVATIONS sur les Arrêts remarquables du Parlement de Toulouse, recueillis [...] »
Début :
OBSERVATIONS sur les Arrêts remarquables du Parlement de Toulouse, recueillis [...]
Mots clefs :
Parlement de Toulouse, Arrêts, Carême, Légumes, Herbages
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texteReconnaissance textuelle : « OBSERVATIONS sur les Arrêts remarquables du Parlement de Toulouse, recueillis [...] »
BSERVATIONS sur les Arrêts remarquables
du Parlement de Toulouse
, recueillis par M. Jean de Catellan ,
Conseiller au même Parlement, enrichies
des Artêts nouveaux , rendus sur les mê
mes matieres Par Gabriel de Vedel, Ecuyer,
Docteur et Avocat au Parlement de Toulouse
. A Toulouse , de l'Imprimerie de N.
Caranove , à la Bible d'or , et se vendent
chez Etienne Manavit et Jean - François
Foret, à la Couronne d'or. 1733. in 4.2 vol .
Tom. 1. de 372 pages ; et le second de
292.
SANCTI Aurelii Augustini Hipponensis
Episcopi, Epistolæ dur , recens in Germania
repertæ , Notis criticis , historicis ,
chronologicisque illustratæ , ac juxta novissimam
Editionem omnium ejusdemi
S. Doctoris Operum , à Benedictinis , è
Congregatione S. Mauri concinnatam
tersæ atque adornate opera et studio
D ... ejusdem Congregationis Presbyteri.
Fol. Parisiis apud viduam Raymun-
E iiij di
300 MERCURE DE FRANCE
di Mazieres , et J. Baptistam Garnier.
1734.
TRAITE' DES ALIMENS DE CARESME , OÙ
l'on explique les différentes qualitez des
Légumes , des Herbages , des Racines, des
Fruits , des Poissons , des Amphibies, des
Assaisonnemens , des Boissons même les
plus en usage , comme de l'Eau , du Vin,
de la Bierre , du Cidre , du Thé, du Caffé
, du Chocolat , et où l'on éclaircit plusieurs
questions importantes sur l'abstinence
et sur le jeûne, tant par rapport au
Carême, que par rapport à la santé.Par M.
Andry, Docteur , Regent de la Faculté
de Médecine à Paris , Lecteur et Professeur
Royal. 2 vol . in 12. 4 liv.ruë S.Jac
ques , chez le Mercier.
REGIME DU CARESME , consideré par
rapport à la nature du corps et des alimens,
en trois parties , où l'on examine
le sentiment de ceux qui prétendent que
les alimens maigres sont plus convenables
à l'Homme que la viande , où l'on
traite à ce sujet de la qualité et de l'usage
des Légumes , des Herbages , des Racines
, du Fruit, du Poisson , &c . et où l'on
éclaircit plusieurs questions touchant
l'abstinence et le jeûne , suivant les principes
FEVRIER . 1734. 3ст
cipes de la Physique et de la Médecine ;
entr'autres,si l'on doit défendre en Carême
l'usage de la Macreuse et du Tabac.
Par le même , chez le même Libraire , in
12 , 2 liv.
INSTRUCTIONS Chrétiennes et Morales
sur les Sacremens ; avec quelques Ins-
Tructions sur les Indulgences et Jubilez ;
et les bons usages des Maladies . A Paris ,
rue S. Jacques , chez J. B. Delespine fils ,
1734. in 12.
du Parlement de Toulouse
, recueillis par M. Jean de Catellan ,
Conseiller au même Parlement, enrichies
des Artêts nouveaux , rendus sur les mê
mes matieres Par Gabriel de Vedel, Ecuyer,
Docteur et Avocat au Parlement de Toulouse
. A Toulouse , de l'Imprimerie de N.
Caranove , à la Bible d'or , et se vendent
chez Etienne Manavit et Jean - François
Foret, à la Couronne d'or. 1733. in 4.2 vol .
Tom. 1. de 372 pages ; et le second de
292.
SANCTI Aurelii Augustini Hipponensis
Episcopi, Epistolæ dur , recens in Germania
repertæ , Notis criticis , historicis ,
chronologicisque illustratæ , ac juxta novissimam
Editionem omnium ejusdemi
S. Doctoris Operum , à Benedictinis , è
Congregatione S. Mauri concinnatam
tersæ atque adornate opera et studio
D ... ejusdem Congregationis Presbyteri.
Fol. Parisiis apud viduam Raymun-
E iiij di
300 MERCURE DE FRANCE
di Mazieres , et J. Baptistam Garnier.
1734.
TRAITE' DES ALIMENS DE CARESME , OÙ
l'on explique les différentes qualitez des
Légumes , des Herbages , des Racines, des
Fruits , des Poissons , des Amphibies, des
Assaisonnemens , des Boissons même les
plus en usage , comme de l'Eau , du Vin,
de la Bierre , du Cidre , du Thé, du Caffé
, du Chocolat , et où l'on éclaircit plusieurs
questions importantes sur l'abstinence
et sur le jeûne, tant par rapport au
Carême, que par rapport à la santé.Par M.
Andry, Docteur , Regent de la Faculté
de Médecine à Paris , Lecteur et Professeur
Royal. 2 vol . in 12. 4 liv.ruë S.Jac
ques , chez le Mercier.
REGIME DU CARESME , consideré par
rapport à la nature du corps et des alimens,
en trois parties , où l'on examine
le sentiment de ceux qui prétendent que
les alimens maigres sont plus convenables
à l'Homme que la viande , où l'on
traite à ce sujet de la qualité et de l'usage
des Légumes , des Herbages , des Racines
, du Fruit, du Poisson , &c . et où l'on
éclaircit plusieurs questions touchant
l'abstinence et le jeûne , suivant les principes
FEVRIER . 1734. 3ст
cipes de la Physique et de la Médecine ;
entr'autres,si l'on doit défendre en Carême
l'usage de la Macreuse et du Tabac.
Par le même , chez le même Libraire , in
12 , 2 liv.
INSTRUCTIONS Chrétiennes et Morales
sur les Sacremens ; avec quelques Ins-
Tructions sur les Indulgences et Jubilez ;
et les bons usages des Maladies . A Paris ,
rue S. Jacques , chez J. B. Delespine fils ,
1734. in 12.
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Résumé : « OBSERVATIONS sur les Arrêts remarquables du Parlement de Toulouse, recueillis [...] »
Le document présente plusieurs ouvrages publiés au XVIIIe siècle. En 1733, Jean de Catellan et Gabriel de Vedel ont compilé des arrêts remarquables du Parlement de Toulouse en deux volumes totalisant 664 pages, disponibles à Toulouse chez Étienne Manavit et Jean-François Foret. En 1734, une édition des lettres de Saint Augustin, annotées par un prêtre bénédictin de la Congrégation de Saint-Maur, a été publiée à Paris chez la veuve Raymond Mazieres et J. Baptistam Garnier. Le document mentionne également deux traités de M. Andry, docteur à la Faculté de Médecine de Paris, sur les aliments de Carême. Le premier, publié en 1734, traite des qualités des légumes, fruits, poissons et boissons, ainsi que des questions sur l'abstinence et le jeûne, disponible chez le Mercier à Paris. Le second examine les aliments maigres et leur convenance par rapport à la viande, également disponible chez le même libraire. Enfin, un ouvrage sur les instructions chrétiennes et morales concernant les sacrements, les indulgences, les jubilés et les bons usages des maladies a été publié en 1734 à Paris chez J. B. Delespine fils.
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793
p. 318-322
Supplement à la Collation des Conciles du P. Labbe, &c. [titre d'après la table]
Début :
PROJET d'un Supplément à la Collection des Conciles du PERE LABBE, qui doit [...]
Mots clefs :
Conciles, Père Labbe, Notes, Savants, Hardouin, Recueil, Compilateurs
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Supplement à la Collation des Conciles du P. Labbe, &c. [titre d'après la table]
PROJET d'un Supplément à la Collection
des Conciles du PERE LABBE , qui doit
s'imprimer incessamment , à Paris , chez Briasson
, Libraire , rue S, Jacques , à la Science ; et
à Geneve , chez Fabri et Barrillot.
Plusieurs Sçavans se sont appliquez à donner
des Collections de Conciles ; mais malgré leurs
soins , ils n'ont pû tout découvrir. C'est en profitant
du travail de chaque Compilateur , que le
dernier a donné la plus ample Collection . Merlin
se chargea le premier d'une entreprise si impor
-tante ; Crabbe vint après et augmenta le Recueil
de son Prédecesseur , et Crabbe fut suivi par Surius
, qui fit de nouvelles découvertes. Celui- cy
fut ensuite surpassé par Binius ; mais le P. Labbe
effaça tous ces Compilateurs , en donnant en
1671. la plus ample de toutes les collections.
Outre ses recherches particulieres , il se servit
utilement de quelques Ecrivains , tels qu’Uchelli ,
Marca , &c. qui avoient inseré des Conciles dans
leurs Ouvrages.
Depuis 1671. quelques Auteurs , comme Cotelier
, Bollandus , &c . ont publié des Monumens
Ecclesiastiques , et parmi ceux- là , les Actes de
divers Conciles. D'autres ont mis au jour des
collections de Conciles ; Baluze , outre le recueil
des Conciles de la Gaule Narbonnoise , publié
en 1668. a imprimé en 1683. un premier Tome
d'une nouvelle Collection des Conciles avec des
notes , et en a inseré quelques - uns dans ses Miscellanées.
Le Cardinal d'Aguirre a publié la Collection
la plus ample et la plus curieuse des Conciles
d'Espagne. Le P. Bessin a recueilli ceux de
la Province de Normandie. Avec tant de secours
il a été facile au P. Hardoüin de donner une plus
ample Edition des Conciles ; il l'auroit renduë
plus
FEVRIER 1734. 319
plus parfaite, si , aux Conciles qui lui ont été envoyez
de differents endroits de l'Europe , et à
ceux qu'il a extraits de ces sçavans Compilateurs,
il avoit pris la peine de joindre les Conciles inserez
dans divers Auteurs Ecclesiastiques ; en
quoi il eût imité le docte P. Labbe.
Enfin , M. Coleti vient de publier à Venise la
plus ample de toutes les Collections de Conciles.
Il a adopté avec raison celle du P. Labbe ,
ajoûté les Conciles publiez par le P. Hardouin
et profité des recherches particulieres de ce fameux
Ecrivain. Il a aussi recueilli les Conciles
et les Statuts Synodaux que le P. Martene et
quelques autres Sçavans ont insérez dans leurs
vastes Collections de Pieces.
Malgré toutes ces recherches , je puis assurer
qu'on peut faire de nouvelles Additions. J'ai ramassé
un nombre considerable de Conciles et
de Synodes , ou inconnus jusqu'à présent , ou
non encore imprimez , ou qui jusqu'ici n'ont
point été inserez dans les Collections de Conciles
. A l'égard des Synodes , je ne donnerai aucun
de ceux qui ont paru depuis l'an 130. conformément
au Projet du P. Labbe.
Ces Additions considerables m'ont déterminé
à publier un Supplement ; et comme l'Edition
des Conciles du P. Labbe est la plus répanduë ,
je me suis proposé de recueillir tous les Conciles
publiez par le P. Hardouin et par M. Coleti , et
de les joindre à ceux que j'ai moi- même décou
verts. Tous ces Actes seront accompagnez de
Notes pour l'intelligence du Texte , et même de
Variantes, tirées des Manuscrits et des Imprimez.
Ces divers morceaux composeront la premiere
Partie de ce Supplément. Il y aura une Table
exacte des Matieres qui y seront contenuës.
Fij Mais
320 MERCURE DE FRANCE
Mais j'aurois crû ne donner qu'un Supplement
impartait à la Collection des Conciles du P.Labbe
, si je m'étois borné à ce Recueil. J'ai done
cherché à le rendre plus utile , en rectifiant et en
réformant la Collection entiere. Pour cela , sans
prétendre m'ériger en Censcur de tous les Compilateurs
de Conciles , je me suis attaché à épurer
le Texte , à revoir et corriger plusieurs endroits
des Versions , à suppléer à ceux qui étoient
omis et qui se trouvent dans les Manuscrits ou
dans les premieres Editions ; enfin à rétablir cer-,
tains termes ausquels on en a substitué d'étran
gers. J'ai collationné à ce sujet les Imprimez avec
ce que j'ai pu voir de Manuscrits. J'ai même
étendu mes soins jusqu'à corriger les fautes d'impression
, qui , comme on sçait , rendent souvent
le sens inintelligible. C'est par ces seuls moyens.
qu'on peut trouver la véritable leçon des Textes
et rendre utiles les Pieces qu'on donne au Public.
Outre ce pénible travail , j'ai composé des Notes
sur les endroits difficiles. La plupart des Col
lecteurs en ont promis ; celles du P. Labbe n'ont
point vu le jour , quoiqu'il y renvoye le Lecteur.
Le P. Sirmond , qui étoit plus en état que
personne de faire des Notes , en a mis d'excelÎentes
dans son Recueil des Conciles de France.
Le P. Labbe et le P. Hardouin les ont transportées
dans leurs Collections.On trouve très- peu de
Notes dans les autres Compilateurs de Conciles
et de Synodes. Le P. Hardouin , convaincu de la
nécessité de faire des remarques , a crú y pouvoir
suppléer par une Table fort ample et fort détaillée
des Matieres contenuës dans sa Collection ; mais
cette Table n'a servi qu'à faire regretter les Notes ..
Ce que je me propose principalement d'éclaircir.
regarde le temps et le Lieu où les Conciles ont
été
FEVRIER . 1734. 321
été assemblez ; ce qui y a donné occasion et les
difficu tez qu'on rencontre dans les Canons et
qui ont exercé la critique des gens habiles . J'ai
profité de leur travail , et j'y ai joint mes remarques
pariculieres.
Pour applanir, autant qu'il est possible , toutes
sortes de difficultez , j'ai fait une Liste alphabe
tique de certains mots inconnus , barbares ét
obscurs , qui sont dans les Actes et dans les Pieces
originales des Conciles , j'indique les pages
des differentes Collections où ils se trouvent ; etje
fixe le sens de la plupart dans l'explication que
je donne ou que je tire des Dissertations des Sçavans.
Les premiers Editeurs ont eu soin de marquer
dans des Préfaces ou à la marge , les Archives et
les Bibliotheques d'où ils avoient tiré les Actes
qu'ils donnoient au Public . Ils en assuroient parlà
l'autenticité , et mettoient le Lecteur en état
de consulter les sources où ils avoient puisé ,
mais cette attention si nécessaire a été négligée
par leurs Successeurs ; ainsi pour réparer cette
omission , j'ai composé une Liste de tous les
Conciles inserez dans les diverses Collections , à
laquelle j'ai joint le nom des Bibliotheques d'ou
ils ont été tirez.
Cet amas de Corrections , de Variantes , de
Notes et de Catalogues , formera la seconde Partie
de ce Supplément . Quoiqu'en la composant
j'aye eu principalement en vue la collection.du
P. Labbe , et que pour cela j'aye rangé toutes
ces differentes Remarques suivant l'ordre des
Tomes et des pages de la Collection de ce sçavant
Jesuite ; cependant pour rendre mon Supplément
atile à ceux qui ont toute autre Collection , comme
celle de Crabbe , de Surius , de Nicolini , de
Fiij Binhos
322 MERCURE DE FRANCE
Binius , du P. Hardouin , &c . j'ai également eu
soin d'indiquer les pages de ces divers Recueils ,
où se trouve chaque Concile , auquel par conséquent
doivent se rapporter les Notes , corrections
et les Variantes. Je me ferai un plaisir de
profiter des lumieres que les Sçavans voudront
bien me communiquer , et qu'ils auront la bonté
d'envoyer aux Libraires qui se chargent d'imprimer
ce Supplement.
Je dois avertir que pour ne pas faire acheter
de nouveau les Collections particulieres imprimées
en France , les Libraires s'abtiendront d'idserer
dans ce Supplément le Volume publié par
M. Baluze , sous le titre de : Nova Collectio Coneiliorum.
Si cependant les Sçavans sont d'un autre
avis , ces Libraires s'y conformeront.
On imprimera ce Supplément de même forme ,
grandeur et caractere que les Conciles du F. Labbe,
et on n'en tirera qu'un petit nombre d'Exemplaires,
sur le prix desquels on accordera un benefice à ceux
qui en retiendront par avance.
On n'en imprimera aucun en grand Papier , qua
pour ceux qui les demanderont.
des Conciles du PERE LABBE , qui doit
s'imprimer incessamment , à Paris , chez Briasson
, Libraire , rue S, Jacques , à la Science ; et
à Geneve , chez Fabri et Barrillot.
Plusieurs Sçavans se sont appliquez à donner
des Collections de Conciles ; mais malgré leurs
soins , ils n'ont pû tout découvrir. C'est en profitant
du travail de chaque Compilateur , que le
dernier a donné la plus ample Collection . Merlin
se chargea le premier d'une entreprise si impor
-tante ; Crabbe vint après et augmenta le Recueil
de son Prédecesseur , et Crabbe fut suivi par Surius
, qui fit de nouvelles découvertes. Celui- cy
fut ensuite surpassé par Binius ; mais le P. Labbe
effaça tous ces Compilateurs , en donnant en
1671. la plus ample de toutes les collections.
Outre ses recherches particulieres , il se servit
utilement de quelques Ecrivains , tels qu’Uchelli ,
Marca , &c. qui avoient inseré des Conciles dans
leurs Ouvrages.
Depuis 1671. quelques Auteurs , comme Cotelier
, Bollandus , &c . ont publié des Monumens
Ecclesiastiques , et parmi ceux- là , les Actes de
divers Conciles. D'autres ont mis au jour des
collections de Conciles ; Baluze , outre le recueil
des Conciles de la Gaule Narbonnoise , publié
en 1668. a imprimé en 1683. un premier Tome
d'une nouvelle Collection des Conciles avec des
notes , et en a inseré quelques - uns dans ses Miscellanées.
Le Cardinal d'Aguirre a publié la Collection
la plus ample et la plus curieuse des Conciles
d'Espagne. Le P. Bessin a recueilli ceux de
la Province de Normandie. Avec tant de secours
il a été facile au P. Hardoüin de donner une plus
ample Edition des Conciles ; il l'auroit renduë
plus
FEVRIER 1734. 319
plus parfaite, si , aux Conciles qui lui ont été envoyez
de differents endroits de l'Europe , et à
ceux qu'il a extraits de ces sçavans Compilateurs,
il avoit pris la peine de joindre les Conciles inserez
dans divers Auteurs Ecclesiastiques ; en
quoi il eût imité le docte P. Labbe.
Enfin , M. Coleti vient de publier à Venise la
plus ample de toutes les Collections de Conciles.
Il a adopté avec raison celle du P. Labbe ,
ajoûté les Conciles publiez par le P. Hardouin
et profité des recherches particulieres de ce fameux
Ecrivain. Il a aussi recueilli les Conciles
et les Statuts Synodaux que le P. Martene et
quelques autres Sçavans ont insérez dans leurs
vastes Collections de Pieces.
Malgré toutes ces recherches , je puis assurer
qu'on peut faire de nouvelles Additions. J'ai ramassé
un nombre considerable de Conciles et
de Synodes , ou inconnus jusqu'à présent , ou
non encore imprimez , ou qui jusqu'ici n'ont
point été inserez dans les Collections de Conciles
. A l'égard des Synodes , je ne donnerai aucun
de ceux qui ont paru depuis l'an 130. conformément
au Projet du P. Labbe.
Ces Additions considerables m'ont déterminé
à publier un Supplement ; et comme l'Edition
des Conciles du P. Labbe est la plus répanduë ,
je me suis proposé de recueillir tous les Conciles
publiez par le P. Hardouin et par M. Coleti , et
de les joindre à ceux que j'ai moi- même décou
verts. Tous ces Actes seront accompagnez de
Notes pour l'intelligence du Texte , et même de
Variantes, tirées des Manuscrits et des Imprimez.
Ces divers morceaux composeront la premiere
Partie de ce Supplément. Il y aura une Table
exacte des Matieres qui y seront contenuës.
Fij Mais
320 MERCURE DE FRANCE
Mais j'aurois crû ne donner qu'un Supplement
impartait à la Collection des Conciles du P.Labbe
, si je m'étois borné à ce Recueil. J'ai done
cherché à le rendre plus utile , en rectifiant et en
réformant la Collection entiere. Pour cela , sans
prétendre m'ériger en Censcur de tous les Compilateurs
de Conciles , je me suis attaché à épurer
le Texte , à revoir et corriger plusieurs endroits
des Versions , à suppléer à ceux qui étoient
omis et qui se trouvent dans les Manuscrits ou
dans les premieres Editions ; enfin à rétablir cer-,
tains termes ausquels on en a substitué d'étran
gers. J'ai collationné à ce sujet les Imprimez avec
ce que j'ai pu voir de Manuscrits. J'ai même
étendu mes soins jusqu'à corriger les fautes d'impression
, qui , comme on sçait , rendent souvent
le sens inintelligible. C'est par ces seuls moyens.
qu'on peut trouver la véritable leçon des Textes
et rendre utiles les Pieces qu'on donne au Public.
Outre ce pénible travail , j'ai composé des Notes
sur les endroits difficiles. La plupart des Col
lecteurs en ont promis ; celles du P. Labbe n'ont
point vu le jour , quoiqu'il y renvoye le Lecteur.
Le P. Sirmond , qui étoit plus en état que
personne de faire des Notes , en a mis d'excelÎentes
dans son Recueil des Conciles de France.
Le P. Labbe et le P. Hardouin les ont transportées
dans leurs Collections.On trouve très- peu de
Notes dans les autres Compilateurs de Conciles
et de Synodes. Le P. Hardouin , convaincu de la
nécessité de faire des remarques , a crú y pouvoir
suppléer par une Table fort ample et fort détaillée
des Matieres contenuës dans sa Collection ; mais
cette Table n'a servi qu'à faire regretter les Notes ..
Ce que je me propose principalement d'éclaircir.
regarde le temps et le Lieu où les Conciles ont
été
FEVRIER . 1734. 321
été assemblez ; ce qui y a donné occasion et les
difficu tez qu'on rencontre dans les Canons et
qui ont exercé la critique des gens habiles . J'ai
profité de leur travail , et j'y ai joint mes remarques
pariculieres.
Pour applanir, autant qu'il est possible , toutes
sortes de difficultez , j'ai fait une Liste alphabe
tique de certains mots inconnus , barbares ét
obscurs , qui sont dans les Actes et dans les Pieces
originales des Conciles , j'indique les pages
des differentes Collections où ils se trouvent ; etje
fixe le sens de la plupart dans l'explication que
je donne ou que je tire des Dissertations des Sçavans.
Les premiers Editeurs ont eu soin de marquer
dans des Préfaces ou à la marge , les Archives et
les Bibliotheques d'où ils avoient tiré les Actes
qu'ils donnoient au Public . Ils en assuroient parlà
l'autenticité , et mettoient le Lecteur en état
de consulter les sources où ils avoient puisé ,
mais cette attention si nécessaire a été négligée
par leurs Successeurs ; ainsi pour réparer cette
omission , j'ai composé une Liste de tous les
Conciles inserez dans les diverses Collections , à
laquelle j'ai joint le nom des Bibliotheques d'ou
ils ont été tirez.
Cet amas de Corrections , de Variantes , de
Notes et de Catalogues , formera la seconde Partie
de ce Supplément . Quoiqu'en la composant
j'aye eu principalement en vue la collection.du
P. Labbe , et que pour cela j'aye rangé toutes
ces differentes Remarques suivant l'ordre des
Tomes et des pages de la Collection de ce sçavant
Jesuite ; cependant pour rendre mon Supplément
atile à ceux qui ont toute autre Collection , comme
celle de Crabbe , de Surius , de Nicolini , de
Fiij Binhos
322 MERCURE DE FRANCE
Binius , du P. Hardouin , &c . j'ai également eu
soin d'indiquer les pages de ces divers Recueils ,
où se trouve chaque Concile , auquel par conséquent
doivent se rapporter les Notes , corrections
et les Variantes. Je me ferai un plaisir de
profiter des lumieres que les Sçavans voudront
bien me communiquer , et qu'ils auront la bonté
d'envoyer aux Libraires qui se chargent d'imprimer
ce Supplement.
Je dois avertir que pour ne pas faire acheter
de nouveau les Collections particulieres imprimées
en France , les Libraires s'abtiendront d'idserer
dans ce Supplément le Volume publié par
M. Baluze , sous le titre de : Nova Collectio Coneiliorum.
Si cependant les Sçavans sont d'un autre
avis , ces Libraires s'y conformeront.
On imprimera ce Supplément de même forme ,
grandeur et caractere que les Conciles du F. Labbe,
et on n'en tirera qu'un petit nombre d'Exemplaires,
sur le prix desquels on accordera un benefice à ceux
qui en retiendront par avance.
On n'en imprimera aucun en grand Papier , qua
pour ceux qui les demanderont.
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Résumé : Supplement à la Collation des Conciles du P. Labbe, &c. [titre d'après la table]
Le texte annonce la publication d'un supplément à la collection des conciles du Père Labbe, qui sera imprimé à Paris et à Genève. Plusieurs savants ont travaillé sur des collections de conciles, mais celle du Père Labbe, publiée en 1671, est la plus complète. Depuis, d'autres auteurs comme Cotelier, Bollandus, Baluze, le Cardinal d'Aguirre, le Père Bessin, le Père Hardouin et M. Coleti ont également publié des collections ou des actes de conciles. L'auteur du texte affirme avoir découvert un nombre considérable de conciles et de synodes inconnus ou non encore imprimés. Il prévoit de publier un supplément à la collection du Père Labbe, incluant les conciles publiés par le Père Hardouin et M. Coleti, ainsi que ceux qu'il a lui-même découverts. Ce supplément comprendra des notes et des variantes tirées de manuscrits et d'imprimés. L'auteur a également rectifié et réformé la collection entière, épuré le texte, corrigé des versions, et ajouté des notes sur les endroits difficiles. Il a composé une liste alphabétique de mots inconnus et obscurs, ainsi qu'une liste des conciles avec les bibliothèques d'où ils ont été tirés. Le supplément sera organisé pour être utile à ceux possédant différentes collections de conciles. Les libraires imprimeront le supplément dans le même format que les conciles du Père Labbe, avec un nombre limité d'exemplaires.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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794
p. 380-381
TRADUCTION de la Lettre du Nonce Apostolique, au Roy de Pologne.
Début :
Les troubles violents dont le Royaume est affligé sont tels, qu'ils ne me permettent pas [...]
Mots clefs :
Apostolique, Pologne, Exposer, Lettres, Charge, Ministère, Témoigner
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texteReconnaissance textuelle : TRADUCTION de la Lettre du Nonce Apostolique, au Roy de Pologne.
TRADUCTION de la Lettre du
Nonce Apostolique , au Roy de Pologne.
Es troubles violents dont le Royaume est
Laffligé sont tels , qu'ils ne me permettent pas
à moins que de m'exposer à beaucoup de dangers ,
d'aller présenter mes respects à V. M. et lui
remettre en même - temps les Lettres de notre
Très -Saint Pere en J. C. Monseigneur Clémentissime
FEVRIER 1734- 381
tissime , par lesquelles il félicite V. M. sur son
heureuse Election au Trône de Pologne , et répond
à celles que V. M. lui avoit écrites au sujet
de cet Evenement tant desiré . N'ayant donc
pû aller en personne , comme je le souhaitois
avec ardeur , et les Commissions dont j'avois été
chargé de la part de S. S. ayant été executées par
le Ministere de M. le Marquis de Monti , Ambassadeur
Extraordinaire de S. M. T. C. ainsi
que son Excellence m'en a assuré par les Lettres
que j'en ai reçûes avant hier seulement . V. M,
me permettra de lui témoigner par la présente
et respectueuse Lettre , combien je desire de voir
cesser les obstacles et les périls du voyage , afin
d'aller auprès de V. M. exposer plus au long les
sentimens du Souverain Pontife pour Elle , et
y faire les fonctions de mon Ministere , ce que
je regarde comme infiniment honorable et heureux
pour moi. Je ne puis m'empêcher de me
servir de l'occasion que me fournit l'Emploi
Apostolique dont je suis chargé , pour témoigner
à V.M. la joye que je ressens en mon particulier,
et d'être bien persuadé que je demande avec instance
au Pere de Misericorde , qu'il daigne benir
le commencement de votre Regue pour l'aug
mentation de la Religion Orthodoxe , et pour
bonheur de la celebre Nation que vous gouvernez.
J'espere que le Ciel exaucera mes voeux , et
que V. M. voudra bien agréer le parfait dévouement
avec lequel je suis , & c . Fait à Warsovie
le 3. Décembre 1733. Signé Camille Palucci .
Nonce Apostolique , au Roy de Pologne.
Es troubles violents dont le Royaume est
Laffligé sont tels , qu'ils ne me permettent pas
à moins que de m'exposer à beaucoup de dangers ,
d'aller présenter mes respects à V. M. et lui
remettre en même - temps les Lettres de notre
Très -Saint Pere en J. C. Monseigneur Clémentissime
FEVRIER 1734- 381
tissime , par lesquelles il félicite V. M. sur son
heureuse Election au Trône de Pologne , et répond
à celles que V. M. lui avoit écrites au sujet
de cet Evenement tant desiré . N'ayant donc
pû aller en personne , comme je le souhaitois
avec ardeur , et les Commissions dont j'avois été
chargé de la part de S. S. ayant été executées par
le Ministere de M. le Marquis de Monti , Ambassadeur
Extraordinaire de S. M. T. C. ainsi
que son Excellence m'en a assuré par les Lettres
que j'en ai reçûes avant hier seulement . V. M,
me permettra de lui témoigner par la présente
et respectueuse Lettre , combien je desire de voir
cesser les obstacles et les périls du voyage , afin
d'aller auprès de V. M. exposer plus au long les
sentimens du Souverain Pontife pour Elle , et
y faire les fonctions de mon Ministere , ce que
je regarde comme infiniment honorable et heureux
pour moi. Je ne puis m'empêcher de me
servir de l'occasion que me fournit l'Emploi
Apostolique dont je suis chargé , pour témoigner
à V.M. la joye que je ressens en mon particulier,
et d'être bien persuadé que je demande avec instance
au Pere de Misericorde , qu'il daigne benir
le commencement de votre Regue pour l'aug
mentation de la Religion Orthodoxe , et pour
bonheur de la celebre Nation que vous gouvernez.
J'espere que le Ciel exaucera mes voeux , et
que V. M. voudra bien agréer le parfait dévouement
avec lequel je suis , & c . Fait à Warsovie
le 3. Décembre 1733. Signé Camille Palucci .
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Résumé : TRADUCTION de la Lettre du Nonce Apostolique, au Roy de Pologne.
Le Nonce Apostolique adresse une lettre au Roi de Pologne le 3 décembre 1733, expliquant que les troubles violents dans le Royaume l'empêchent de se rendre en personne pour présenter ses respects et remettre les lettres du Pape. Ces lettres félicitent le Roi pour son élection au trône de Pologne et répondent à celles que le Roi avait envoyées. Les commissions du Nonce ont été exécutées par le Marquis de Monti, Ambassadeur Extraordinaire. Le Nonce exprime son désir de rencontrer le Roi pour exposer les sentiments du Souverain Pontife. Il témoigne sa joie et prie pour le succès du règne du Roi, afin d'augmenter la Religion Orthodoxe et le bonheur de la nation polonaise. Le Nonce conclut en espérant que ses vœux seront exaucés et en réaffirmant son dévouement.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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795
p. 388-394
« Le premier de ce mois, la Reine entendit la Messe dans la Chapelle [...] »
Début :
Le premier de ce mois, la Reine entendit la Messe dans la Chapelle [...]
Mots clefs :
Roi, Reine, Château de Versailles, Officiers, Duc, Concert, Te Deum, Chanter, Messe, Cierge, Chasser, Château de Tortone, Château de Milan, Opéra, Motets
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texteReconnaissance textuelle : « Le premier de ce mois, la Reine entendit la Messe dans la Chapelle [...] »
LE
E premier de ce mois ' , la Reine
entendit la Messe dans la Chapelle
du Château de Versailles , et S. M. y
comFEVRIER
1734. 389
communia
par les mains du Cardinal de
Fleury son Grand Aumonier.
Le même jour M. Gilbert , Recteur de
l'Université , accompagné des Doyens
des Facultez et des Promoteurs des Nations
, eut l'honneur , suivant l'ancien
usage , de présenter un Cierge au Roy ',
et un à la Reine .
Le même jour , le Pere Braban , Commandeur
du Couvent du Marais des
Religieux de la Mercy , accompagné de
trois Religieux de cette Maison eut
l'honneur de présenter un Cierge à la
Reine,pour satisfaire à une condition de
leur Etablissement fait à Paris en l'année
1615. par la Reine Marie de Medicis.
Le 2 Février >, Fête de la Purification
de la Ste Vierge , les Chevaliers , Commandeurs
, et Officiers de l'Ordre du
S. Esprit , s'étant assemblez dans le
Cabinet du Roy , S. M. se rendit à la
Chapelle,étant précédé du Duc d'Orleans
du Duc de Bourbon , du Prince de Conty ,,
du Duc du Maine , du Comte d'Eu , du
Comte de Toulouse , et des Chevaliers
Commandeurs et Officiers de l'Ordre..
Le Roy assista à la Bénédiction des
I Cier390
MERCURE DE FRANCE
Cierges , à la Procession et à la Grand'
Messe qui fut célébrée par l'Archevêque
de Vienne , Prélat Commandeur de
l'Ordre. Après la Messe , S. M. fut reconduite
à son Appartement avec les
cérémonies ordinaires. La Reine entendit
la même Messe dans sa Tribune.
L'après midy , L. M. entendirent le
Sermon du Pere Tainturier , de la Compagnie
de Jesus , et ensuite les Vêpres
qui furent chantées par la Musique.
›
Le 4 , le Roy partit du Château de
la Meute pour aller chasser à Ecoüen ,
Maison de M. le Duc qui s'y étoit rendu
le jour précédent pour y recevoir S. M.
Il y eut une batue considérable où l'on
prit toute sorte de Gibier ; le Roy dina
et soupa dans le Château avec quantité
de Seigneurs de sa Cour ; S. M. y dîna
encore le lendemain , et partit l'après midy
pour aller coucher au Château de
Versailles .
• Le II le Duc de la Tremoüille
Premier Gentilhomme
de la Chambre du
Roy , arriva de l'Armée d'Italie , et apporta
à S. M. la nouvelle de la Prise du
Château de Tortone,
HoFEVRIER
1734 391
Honoré Armand ' , Marquis de Villars ,
né le 4. Octobre 1702. Mestre de Camp
d'un Régiment de Cavalerie , et Gouverneur
de Provence , en survivance du
Maréchal Duc de Villars son Pere 2
été fait Brigadier des Armées du Roy.
C'est lui qui a apporté au Roy le 4.
Janvier dernier la nouvelle de la réduc
tion du Château de Milan.
>
Le 23 de ce mois ,l'ouverture solemnelle
de l'Assemblée generale du Clergé de
France se fit dans l'Eglise des GrandsAugustins,
par laMesse du S.Esprit, à laquelle
les Prélats et les autres Députez qui composent
l'Assemblée,communiérent ; l'Archevêque
de Paris y officia pontificalement
, et l'Evêque de Bazas y prêcha
avec beaucoup d'éloquence .
Le 2. Février , Fête de la Chandeleur , il
Yeut un Concert Spirituel au Château
des Thuilleries , M. Mouret y fit chanter le
Credidi propter ,, Motet de M. de la Lande , qui
fut suivi d'un autre de la composition de M. de
Monteclair, les Dlles Erremens et Petitpas chanterent
différents récits avec applaudissement, et
après plusieurs Concerto très - bien exécutez , le
Concert fut terminé par le Te Deum de M. de
la Lande.
Le 3
il y eut
un
Concert
à Versailles
. On
y
chanta
devant
la Reine
le
Prologue
, et le
pre-
I ij ,
392 MERCURE
DE FRANCE
·
mier Acte de l'Opéra d'Hipolite et Aricie , qui
fut continué le 8 et le to , dont l'exécution fut
très brillante. Les Dlles Pelissier et Petitpas
jouerent les principaux rolles , et le Sr Jeliot
chanta avec succès celui d'Hipolite ; la Dlle Rømeau
, épouse de l'Auteur de la Musique , doubla
le rolle d'Aricie ; la Reine loua beaucoup
sa voix et son gout pour le chant.
Le 13 la Cour étant à Marly , la Reine entendit
le Prologue et le premier Acte de l'Opéra
de Callirhoé , de la composition de M. Destouches,
Sur- Intendant de la Musique du Roy , qui
fut continué le 15 et le 17. La Dlle d'Aigremont
chanta le principal rolle d'une maniere
très touchante , et le Sr Chassé celui de Corésus
avec beaucoup de sentiment ; le St Jeliot rendit
le rolle d'Agenor avec tout le gout possible
; sa belle voix fait beaucoup de plaisir , de
même que les Choeurs et toutes les Simphonies.
Le 20 on chanta
l'Opéra
d'Issé
, du même
'Auteur
. Il fut continué
le 22 et le 27. La
Dlle
le Maure
fit le rolle
d'Issé
, et la Dile
Petitpas
celui
de Doris
. Les Srs Chassé
et Tribou
furent
très applaudis
dans
les rolles
d'Hylas
et de Philemon
, le reste
de l'Opéra
fut
zendu
avec
toute
la précision
et la vivacité
dont
il est susceptible
.
Nous avons appris un peu tard , par rapport
au Mercure de Janvier , qui étoit déja imprimé,
que le 1.0. du même mois le Te Deum en actions
de graces pour l'heureux succès des Armes dų
Roy , fut chanté solemnellement à Aix , dans
1'Eglise Métropolitaine S. Sauveur. Le Parlement
, la Cour des Comptes et des Aydes , les
Trésoriers
FEVRIER 1734. 393
Trésoriers de France , les Officiers de lá Sénechaussée
, et les Consuls et Officiers de Ville
assisterent à cette ceremonie. Après le Te Deum ,
les Consuls et leurs Officiers se rendirent à la
grande Place des Prescheurs , où ils allumerent
le Feu de joye qui y avoit été dressé .
M. le Bret , Premier Président du Parlement ,
Intendant et Commandant de la Province , donna
un magnifique soupé à la Compagnie respectable
, dont il est le digne Chef.
Le Dimanche suivant M. de la Vieuville , Brigadier
des Armées du Roy d'Espagne , Colonel
des Carabiniers , qui ont séjourné à Aix pendant
quelque temps , fit chanter par les Musiciens
qui marchent toujours à sa suite , un Te Deum
de la composition de M. l'Abbé Pellegrin , connu
par ses excellens Motets . On avoit choisi
cette Ceremonie l'Eglise des Dominicains , qui
est fort vaste. M. l'Archevêque y officia .
pour
M. le Bret , qui avoit été prié d'y assister , s'y
rendit , précedé de ses Gardes , accompagné des
Consuls et de toute la Noblesse ; toutes les Dames
y avoient été invitées , ainsi l'Assemblée
fut très -belle et très - nombreuse. Pendant le Te
Deum on fit une triple salve de Boëtes , et les Carabiniers
qui étoient en bataille sur la même
Place , firent trois décharges de Mousqueterie.
Après la Ceremonie les Dames se rendirent à
l'Hôtel de Ville où il y eut un Concert qui fut
très- bien executé par les mêmes Musiciens de
M. de la Vieuville . Au Concert succeda un fort
beau Soupé , et au Soupé le Bal , qui dura jusqu'au
jour. Toute cette Fête est dûë au même
M.de la Vieuville , dont on loue beaucoup la magnificence,
la politesse et le goût pour les Beaux-
Arts.Le même jour Mile Bret avoit donné à dîné
I iij -ma394
MERCURE DE
FRANCE
magnifiquement à tous les Officiers
Espagnols
qui se trouvoient dans cette Ville.
E premier de ce mois ' , la Reine
entendit la Messe dans la Chapelle
du Château de Versailles , et S. M. y
comFEVRIER
1734. 389
communia
par les mains du Cardinal de
Fleury son Grand Aumonier.
Le même jour M. Gilbert , Recteur de
l'Université , accompagné des Doyens
des Facultez et des Promoteurs des Nations
, eut l'honneur , suivant l'ancien
usage , de présenter un Cierge au Roy ',
et un à la Reine .
Le même jour , le Pere Braban , Commandeur
du Couvent du Marais des
Religieux de la Mercy , accompagné de
trois Religieux de cette Maison eut
l'honneur de présenter un Cierge à la
Reine,pour satisfaire à une condition de
leur Etablissement fait à Paris en l'année
1615. par la Reine Marie de Medicis.
Le 2 Février >, Fête de la Purification
de la Ste Vierge , les Chevaliers , Commandeurs
, et Officiers de l'Ordre du
S. Esprit , s'étant assemblez dans le
Cabinet du Roy , S. M. se rendit à la
Chapelle,étant précédé du Duc d'Orleans
du Duc de Bourbon , du Prince de Conty ,,
du Duc du Maine , du Comte d'Eu , du
Comte de Toulouse , et des Chevaliers
Commandeurs et Officiers de l'Ordre..
Le Roy assista à la Bénédiction des
I Cier390
MERCURE DE FRANCE
Cierges , à la Procession et à la Grand'
Messe qui fut célébrée par l'Archevêque
de Vienne , Prélat Commandeur de
l'Ordre. Après la Messe , S. M. fut reconduite
à son Appartement avec les
cérémonies ordinaires. La Reine entendit
la même Messe dans sa Tribune.
L'après midy , L. M. entendirent le
Sermon du Pere Tainturier , de la Compagnie
de Jesus , et ensuite les Vêpres
qui furent chantées par la Musique.
›
Le 4 , le Roy partit du Château de
la Meute pour aller chasser à Ecoüen ,
Maison de M. le Duc qui s'y étoit rendu
le jour précédent pour y recevoir S. M.
Il y eut une batue considérable où l'on
prit toute sorte de Gibier ; le Roy dina
et soupa dans le Château avec quantité
de Seigneurs de sa Cour ; S. M. y dîna
encore le lendemain , et partit l'après midy
pour aller coucher au Château de
Versailles .
• Le II le Duc de la Tremoüille
Premier Gentilhomme
de la Chambre du
Roy , arriva de l'Armée d'Italie , et apporta
à S. M. la nouvelle de la Prise du
Château de Tortone,
HoFEVRIER
1734 391
Honoré Armand ' , Marquis de Villars ,
né le 4. Octobre 1702. Mestre de Camp
d'un Régiment de Cavalerie , et Gouverneur
de Provence , en survivance du
Maréchal Duc de Villars son Pere 2
été fait Brigadier des Armées du Roy.
C'est lui qui a apporté au Roy le 4.
Janvier dernier la nouvelle de la réduc
tion du Château de Milan.
>
Le 23 de ce mois ,l'ouverture solemnelle
de l'Assemblée generale du Clergé de
France se fit dans l'Eglise des GrandsAugustins,
par laMesse du S.Esprit, à laquelle
les Prélats et les autres Députez qui composent
l'Assemblée,communiérent ; l'Archevêque
de Paris y officia pontificalement
, et l'Evêque de Bazas y prêcha
avec beaucoup d'éloquence .
Le 2. Février , Fête de la Chandeleur , il
Yeut un Concert Spirituel au Château
des Thuilleries , M. Mouret y fit chanter le
Credidi propter ,, Motet de M. de la Lande , qui
fut suivi d'un autre de la composition de M. de
Monteclair, les Dlles Erremens et Petitpas chanterent
différents récits avec applaudissement, et
après plusieurs Concerto très - bien exécutez , le
Concert fut terminé par le Te Deum de M. de
la Lande.
Le 3
il y eut
un
Concert
à Versailles
. On
y
chanta
devant
la Reine
le
Prologue
, et le
pre-
I ij ,
392 MERCURE
DE FRANCE
·
mier Acte de l'Opéra d'Hipolite et Aricie , qui
fut continué le 8 et le to , dont l'exécution fut
très brillante. Les Dlles Pelissier et Petitpas
jouerent les principaux rolles , et le Sr Jeliot
chanta avec succès celui d'Hipolite ; la Dlle Rømeau
, épouse de l'Auteur de la Musique , doubla
le rolle d'Aricie ; la Reine loua beaucoup
sa voix et son gout pour le chant.
Le 13 la Cour étant à Marly , la Reine entendit
le Prologue et le premier Acte de l'Opéra
de Callirhoé , de la composition de M. Destouches,
Sur- Intendant de la Musique du Roy , qui
fut continué le 15 et le 17. La Dlle d'Aigremont
chanta le principal rolle d'une maniere
très touchante , et le Sr Chassé celui de Corésus
avec beaucoup de sentiment ; le St Jeliot rendit
le rolle d'Agenor avec tout le gout possible
; sa belle voix fait beaucoup de plaisir , de
même que les Choeurs et toutes les Simphonies.
Le 20 on chanta
l'Opéra
d'Issé
, du même
'Auteur
. Il fut continué
le 22 et le 27. La
Dlle
le Maure
fit le rolle
d'Issé
, et la Dile
Petitpas
celui
de Doris
. Les Srs Chassé
et Tribou
furent
très applaudis
dans
les rolles
d'Hylas
et de Philemon
, le reste
de l'Opéra
fut
zendu
avec
toute
la précision
et la vivacité
dont
il est susceptible
.
Nous avons appris un peu tard , par rapport
au Mercure de Janvier , qui étoit déja imprimé,
que le 1.0. du même mois le Te Deum en actions
de graces pour l'heureux succès des Armes dų
Roy , fut chanté solemnellement à Aix , dans
1'Eglise Métropolitaine S. Sauveur. Le Parlement
, la Cour des Comptes et des Aydes , les
Trésoriers
FEVRIER 1734. 393
Trésoriers de France , les Officiers de lá Sénechaussée
, et les Consuls et Officiers de Ville
assisterent à cette ceremonie. Après le Te Deum ,
les Consuls et leurs Officiers se rendirent à la
grande Place des Prescheurs , où ils allumerent
le Feu de joye qui y avoit été dressé .
M. le Bret , Premier Président du Parlement ,
Intendant et Commandant de la Province , donna
un magnifique soupé à la Compagnie respectable
, dont il est le digne Chef.
Le Dimanche suivant M. de la Vieuville , Brigadier
des Armées du Roy d'Espagne , Colonel
des Carabiniers , qui ont séjourné à Aix pendant
quelque temps , fit chanter par les Musiciens
qui marchent toujours à sa suite , un Te Deum
de la composition de M. l'Abbé Pellegrin , connu
par ses excellens Motets . On avoit choisi
cette Ceremonie l'Eglise des Dominicains , qui
est fort vaste. M. l'Archevêque y officia .
pour
M. le Bret , qui avoit été prié d'y assister , s'y
rendit , précedé de ses Gardes , accompagné des
Consuls et de toute la Noblesse ; toutes les Dames
y avoient été invitées , ainsi l'Assemblée
fut très -belle et très - nombreuse. Pendant le Te
Deum on fit une triple salve de Boëtes , et les Carabiniers
qui étoient en bataille sur la même
Place , firent trois décharges de Mousqueterie.
Après la Ceremonie les Dames se rendirent à
l'Hôtel de Ville où il y eut un Concert qui fut
très- bien executé par les mêmes Musiciens de
M. de la Vieuville . Au Concert succeda un fort
beau Soupé , et au Soupé le Bal , qui dura jusqu'au
jour. Toute cette Fête est dûë au même
M.de la Vieuville , dont on loue beaucoup la magnificence,
la politesse et le goût pour les Beaux-
Arts.Le même jour Mile Bret avoit donné à dîné
I iij -ma394
MERCURE DE
FRANCE
magnifiquement à tous les Officiers
Espagnols
qui se trouvoient dans cette Ville.
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Résumé : « Le premier de ce mois, la Reine entendit la Messe dans la Chapelle [...] »
En février 1734, plusieurs événements significatifs se déroulèrent à la cour de France. Le 1er février, la Reine participa à la messe dans la Chapelle du Château de Versailles et communia. M. Gilbert, Recteur de l'Université, et le Père Braban, Commandeur du Couvent du Marais, offrirent des cierges au Roi et à la Reine. Le 2 février, à la fête de la Purification de la Sainte Vierge, les Chevaliers de l'Ordre du Saint-Esprit se rassemblèrent pour la bénédiction des cierges, une procession et une grand-messe célébrée par l'Archevêque de Vienne. Le Roi et la Reine furent reconduits à leurs appartements avec les cérémonies ordinaires. Le 4 février, le Roi partit chasser à Écouen, où il fut accueilli par le Duc. Le 11 février, le Duc de la Trémoille arriva de l'armée d'Italie et annonça la prise du Château de Tortone. Le 23 février, l'Assemblée générale du Clergé de France s'ouvrit solennellement à l'Église des Grands-Augustins, avec une messe du Saint-Esprit et un sermon de l'Évêque de Bazas. Des concerts spirituels furent organisés le 2 février aux Tuileries et le 3 février à Versailles, avec des motets et des opéras interprétés par des musiciens renommés. La Reine assista à des représentations d'opéras tels que 'Hippolyte et Aricie', 'Callirhoé' et 'Issé' au Château de Versailles et à Marly. Le 10 janvier, un Te Deum fut chanté à Aix pour célébrer les succès des armes du Roi, suivi de feux de joie et de réceptions. Le même jour, M. de la Vieuville organisa un Te Deum et un concert à Aix, avec un souper et un bal.
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796
p. 394-395
A MME D'ORMESSON, Au sujet du Pain-Beni qu'elle a rendu le jour de Noël
Début :
Dans ce Temple quelle allegresse ? [...]
Mots clefs :
Pain bénit, Vertus, Coeur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A MME D'ORMESSON, Au sujet du Pain-Beni qu'elle a rendu le jour de Noël
A
MME
D'ORMESSON ,
Au sujet du Pain . Beni qu'elle a rendus
le jour de Noël.
17
Dans ce Temple quelle
allegresse:
Quels appareils dignes des Cieux !
A son air grave et
gracieux ,
On juge que c'est la Sagesse
Qui vient se rendre en ces saints Lieux
Four
prodiguer avec
largesse ,
Au Très- Haut des dons
précieux ;
Que vois-je ? les Vertus dont elle est le modelle
Font un cercle aimable près d'elle
Mais , crainte
d'ébloüir nos yeux ,
Elle emprunte les traits d'une illustre Mortelle
Aux celestes Loix très-fidelle ,
Qui dévoue aux Autels et son coeur et ses voeux,
Et dont enfin l'ame est si belle ,
Que sous ce voile
merveilleux ,
On y reconnoît
l'Immortelle.
L'innocence et la chasteté
De ses moeurs furent le partage ,
gage,
Délices d'un Epoux dont la fidelité ,
Est d'un parfait amour l'inviolable
Opposée à la vanité ,
Sans dessein de
prendre
avantage
Du
FEVRIER. 1734 395
·
Du rang et de la dignité ,
Du luxe et de l'éclat elle ignore l'usage ,
Fervente à l'Oraison , prudente en son ménage,
La noblesse de coeur , jointe à la charité ,
Est un bien qu'elle a d'heritage ,
Qu'elle aspire à laisser à sa Posterité ;
Les vertus de son Sang en rendent témoignage,
Qù trouver un plus heureux choix ›
Une Ancelle plus agréable ;
Et d'une candeur plus affable ,
Et plus digne de plaire au grand Maître des Rois
Que le Ciel avec joye accueille son hommage ;
Il en connoît la pureté ,
Et que l'humble devoir où son zele l'engage ,
Part du sein de la Pieté ,
Mais de s'étendre davantage ,
C'est blesser son humilité .
MME
D'ORMESSON ,
Au sujet du Pain . Beni qu'elle a rendus
le jour de Noël.
17
Dans ce Temple quelle
allegresse:
Quels appareils dignes des Cieux !
A son air grave et
gracieux ,
On juge que c'est la Sagesse
Qui vient se rendre en ces saints Lieux
Four
prodiguer avec
largesse ,
Au Très- Haut des dons
précieux ;
Que vois-je ? les Vertus dont elle est le modelle
Font un cercle aimable près d'elle
Mais , crainte
d'ébloüir nos yeux ,
Elle emprunte les traits d'une illustre Mortelle
Aux celestes Loix très-fidelle ,
Qui dévoue aux Autels et son coeur et ses voeux,
Et dont enfin l'ame est si belle ,
Que sous ce voile
merveilleux ,
On y reconnoît
l'Immortelle.
L'innocence et la chasteté
De ses moeurs furent le partage ,
gage,
Délices d'un Epoux dont la fidelité ,
Est d'un parfait amour l'inviolable
Opposée à la vanité ,
Sans dessein de
prendre
avantage
Du
FEVRIER. 1734 395
·
Du rang et de la dignité ,
Du luxe et de l'éclat elle ignore l'usage ,
Fervente à l'Oraison , prudente en son ménage,
La noblesse de coeur , jointe à la charité ,
Est un bien qu'elle a d'heritage ,
Qu'elle aspire à laisser à sa Posterité ;
Les vertus de son Sang en rendent témoignage,
Qù trouver un plus heureux choix ›
Une Ancelle plus agréable ;
Et d'une candeur plus affable ,
Et plus digne de plaire au grand Maître des Rois
Que le Ciel avec joye accueille son hommage ;
Il en connoît la pureté ,
Et que l'humble devoir où son zele l'engage ,
Part du sein de la Pieté ,
Mais de s'étendre davantage ,
C'est blesser son humilité .
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Résumé : A MME D'ORMESSON, Au sujet du Pain-Beni qu'elle a rendu le jour de Noël
Le texte est un poème ou une prose poétique célébrant les vertus et les actions de Mme d'Ormesson, à l'occasion de la distribution de pains bénits le jour de Noël. Cette femme incarne la sagesse et la générosité, offrant des dons précieux au Très-Haut. Elle est comparée à une figure céleste tout en apparaissant comme une mortelle fidèle aux lois divines. Ses vertus incluent l'innocence, la chasteté, la fidélité et l'absence de vanité. Elle est décrite comme humble, fervente en prière, prudente dans sa gestion domestique et noble de cœur. Ses actions charitables et sa dévotion sont reconnues et appréciées par le Ciel. Le texte se termine en soulignant l'humilité de la femme, évitant ainsi de blesser cette qualité.
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Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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797
p. 413-416
SAMSON. POEME HÉROIQUE.
Début :
Je chante ce Héros, qu'aima la Main céleste, [...]
Mots clefs :
Dieu, Amour, Samson, Force, Bras, Triompher, Peuple, Main
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SAMSON. POEME HÉROIQUE.
SAM SO N.
POEME HEROIQUE.
E chante ce Héros , qu'atma la
Main céleste ,
Pour rendre aux Philistins son pouvoir
manifeste ;
Qui sçut triompher seul , d'un Peuple de Guerriers
;
Mais qui vit par l'amour , flétrir tous ses Lauriers.
A ij
Sévere
414 MERCURE DE FRANCE
Saisi d'un saint remors , ah !dit- il au Seigneur ,
Daigne encore une fois armer mon bras vengeur.
Il dit, et dans l'instant dispersant leurs cohortes ,
A leurs yeux étonnez il enleve leurs Portes ;
Tout tremble devant lui ; tel l'Aquilon bruïant ,
Dépouille les Forêts , et triomphe en fuïant.
Heureux , si désormais rebelle à la tendresse ,
Son coeur n'eut plus senti cette indigne foiblesse .
Mais il voulut envain fuir le funeste écueil ,
Où sa force devoit rencontrer son cercueil ;
L'ingrate Dalila , cette beauté cruelle
Que le secours de l'art rend encore plus belle ,
Se montre , le ravit , et l'enflame soudain`;
L'amour est dans ses yeux , la haine est dans son
sein
Les soupirs , les regards par des langues muettes
,
Sont autant pour l'amour d'éloquents interpretés;
Samson brule , languit , soupire , est généreux ,
Et son Amante alors médite un coup affreux .
Moins cruelles cent fois , les Sirenes perfides ,
Par leurs concerts trompeurs , deviennent homicides.
L'Amour paroît enfin couronner ses ardeurs ;
Mais c'est du crime seul qu'il reçoit des faveurs.
Dans les heureux instans que ce Dieu seul fait
naître ,
Et qu'on ne peut sans lui,ni sentir, ni connoître,
Enyvré du poison dont il est enchanté ,
SouMARS.
1734.
415
Soumis au joug des sens , et de la volupté ,
Il révele à regret à sa perfide Amante
Ce qui donne à son bras cette force étonante ,
Que l'on vit triompher en tout tomps ', en tour
lieu 1
Des ennemis cruels d'Israël et de Dieu.
Pour comble de malheurs le perfide Morphée ,
Acheve de l'Amour le funeste Trophée ,
Et Dalila trahit , et livre à des Bourreaux
Ce trop crédule Amant qu'abusent les Pavots.
Envain il compte encor triompher de leur rage ,
Quand la force n'est plus,à quoi sert le courage ?
Vaincu , désespéré , privé de la clarté ,
Il gémit sous le joug de la captivité.
Mais Dieu, qui de nos coeurs sçait pénétrer l'écorce
,
Connut son repentir , et lui rendit sa force .
Samson sentit dans peu son bras victorieux
En état de venger Israël et les Cieux.
Cependant de Dagon la fête se prépare ;
Ce vil Dieu de Métal , habitant du Ténare ;
Déja l'on méne en pompe aux pieds de ce Démon
L'Encensoir à la main , le malheureux Samson .
Seigneur , dit - il , permets qu'à la fois je t'immole
,
Et le Peuple idolatre , et le Temple , et l'idole.
Dieu l'entend , lui répond , et l'exauce soudain
Rien ne résiste plus à l'effort de sa main.
A iiij
Du
416 MERCURE DE FRANCE
Du Ciel en même- temps part et gronde la Four
dre;
Le Temple de Dagon tombe , réduit en poudre
Et Samson triomphant dans les bras de la mort
Venge son Dieu , son Peuple , et couronne son
sort.
Par M. de S....
POEME HEROIQUE.
E chante ce Héros , qu'atma la
Main céleste ,
Pour rendre aux Philistins son pouvoir
manifeste ;
Qui sçut triompher seul , d'un Peuple de Guerriers
;
Mais qui vit par l'amour , flétrir tous ses Lauriers.
A ij
Sévere
414 MERCURE DE FRANCE
Saisi d'un saint remors , ah !dit- il au Seigneur ,
Daigne encore une fois armer mon bras vengeur.
Il dit, et dans l'instant dispersant leurs cohortes ,
A leurs yeux étonnez il enleve leurs Portes ;
Tout tremble devant lui ; tel l'Aquilon bruïant ,
Dépouille les Forêts , et triomphe en fuïant.
Heureux , si désormais rebelle à la tendresse ,
Son coeur n'eut plus senti cette indigne foiblesse .
Mais il voulut envain fuir le funeste écueil ,
Où sa force devoit rencontrer son cercueil ;
L'ingrate Dalila , cette beauté cruelle
Que le secours de l'art rend encore plus belle ,
Se montre , le ravit , et l'enflame soudain`;
L'amour est dans ses yeux , la haine est dans son
sein
Les soupirs , les regards par des langues muettes
,
Sont autant pour l'amour d'éloquents interpretés;
Samson brule , languit , soupire , est généreux ,
Et son Amante alors médite un coup affreux .
Moins cruelles cent fois , les Sirenes perfides ,
Par leurs concerts trompeurs , deviennent homicides.
L'Amour paroît enfin couronner ses ardeurs ;
Mais c'est du crime seul qu'il reçoit des faveurs.
Dans les heureux instans que ce Dieu seul fait
naître ,
Et qu'on ne peut sans lui,ni sentir, ni connoître,
Enyvré du poison dont il est enchanté ,
SouMARS.
1734.
415
Soumis au joug des sens , et de la volupté ,
Il révele à regret à sa perfide Amante
Ce qui donne à son bras cette force étonante ,
Que l'on vit triompher en tout tomps ', en tour
lieu 1
Des ennemis cruels d'Israël et de Dieu.
Pour comble de malheurs le perfide Morphée ,
Acheve de l'Amour le funeste Trophée ,
Et Dalila trahit , et livre à des Bourreaux
Ce trop crédule Amant qu'abusent les Pavots.
Envain il compte encor triompher de leur rage ,
Quand la force n'est plus,à quoi sert le courage ?
Vaincu , désespéré , privé de la clarté ,
Il gémit sous le joug de la captivité.
Mais Dieu, qui de nos coeurs sçait pénétrer l'écorce
,
Connut son repentir , et lui rendit sa force .
Samson sentit dans peu son bras victorieux
En état de venger Israël et les Cieux.
Cependant de Dagon la fête se prépare ;
Ce vil Dieu de Métal , habitant du Ténare ;
Déja l'on méne en pompe aux pieds de ce Démon
L'Encensoir à la main , le malheureux Samson .
Seigneur , dit - il , permets qu'à la fois je t'immole
,
Et le Peuple idolatre , et le Temple , et l'idole.
Dieu l'entend , lui répond , et l'exauce soudain
Rien ne résiste plus à l'effort de sa main.
A iiij
Du
416 MERCURE DE FRANCE
Du Ciel en même- temps part et gronde la Four
dre;
Le Temple de Dagon tombe , réduit en poudre
Et Samson triomphant dans les bras de la mort
Venge son Dieu , son Peuple , et couronne son
sort.
Par M. de S....
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Résumé : SAMSON. POEME HÉROIQUE.
Le poème héroïque 'Samson' relate l'histoire de Samson, un héros choisi par Dieu pour combattre les Philistins. Doté d'une force surhumaine, Samson parvient à vaincre seul un peuple de guerriers. Cependant, son amour pour Dalila, une femme cruelle, le conduit à sa perte. Dalila, utilisant ses charmes et sa ruse, découvre le secret de la force de Samson et le trahit, le livrant à ses ennemis. Capturé et aveuglé, Samson est soumis à la captivité. Repentant, il prie Dieu qui lui rend sa force. Lors d'une fête en l'honneur du dieu Dagon, Samson demande à Dieu de lui permettre de détruire le temple et les idolâtres. Sa prière exaucée, il abat le temple, se vengeant ainsi de ses ennemis et mourant en martyr.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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798
p. 451-460
LETTRE de M... à Madame de ... au sujet d'une Idylle sur la Naissance de Jesus Christ, divisée en trois Entrées, mise en Musique par M. Bouvart, et chantée par les Dlles élevées dans la Communauté de l'Enfant Jesus, le 14. Février 1734. dédiée à M. le Curé de S. Sulpice, imprimée à Paris, chez Thibout, 1734. Broch. in 4. de 16 pages.
Début :
Je sçai, Madame, que vous vous interessez pour tout ce qui regarde la [...]
Mots clefs :
Idylle, Naissance de Jésus-Christ, M. Bouvart, Communauté de l'Enfant Jésus, Anges, Bergers, Dieu, Naissance, Gloire, Choeur d'anges, Démons, Univers, Jésus, Enfant, Vers, Adorer, Musique
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE de M... à Madame de ... au sujet d'une Idylle sur la Naissance de Jesus Christ, divisée en trois Entrées, mise en Musique par M. Bouvart, et chantée par les Dlles élevées dans la Communauté de l'Enfant Jesus, le 14. Février 1734. dédiée à M. le Curé de S. Sulpice, imprimée à Paris, chez Thibout, 1734. Broch. in 4. de 16 pages.
LETTRE de M... à Madame de ...
au sujet d'une Idylle sur la Naissance
de Jesus Christ , divisée en trois Entrées,
mise en Musique par M. Bouvart , et
chantée par les Dlles élevées dans la
Communauté de l'Enfant Jesus , le 14 .
Février 1734. dédiée à M. le Curé de
S. Sulpice , imprimée à Paris chez
Thibout , 1734. Broch. in 4. de 16 pages.
J
>
E sçai , Madame , que vous vous in
teressez pour tout ce qui regarde la
Pieté et la Religion ; j'ai crû que vous
ne seriez pas fâchée que je vous fisse
part d'une Idylle sur la Naissance de
N. S. Jesus - Christ , mise en Musique , et
que les Dlles élevées dans la Maison de
l'Enfant Jesus ont chantée ces jours passez
avec tout l'applaudissement possible ;
Vous voyez que M. le Curé de S. Sulpice,
en procurant à ces Dlles une éducation
qui lui fait tant d'honneur , ne se sert.
que de moyens dignes de sa pieté et propres
à former leur coeur et leur esprit
à la vertu et au culte de Dieu . Voici
une idée de ce petit Poëme , dont il n'a
été tiré que peu d'Exemplaires.
L'Idylle
452 MERCURE DE FRANCE
L'Idylle a trois Parties ou Entrées.
La premiere a pour objet l'Empire du
Démon dans le Monde et sur les hommes
jusqu'à la Naissance du Sauveur
qu'un Ange annonce au Démon avec
la destruction, de son Empire. La seconde
, représente les Bergers tout occuppez
à rendre leurs hommages au Sauveur
, dont un Choeur d'Anges vient de
leur apprendre la Naissance. Et la troisiéme
représente l'Adoration des Rois
Mages .
Satan ouvre la premiere Entrée , en
invitant les Démons à se réjouir de la
victoire qu'ils ont remportée sur l'hom
me , et à détruire cet Ouvrage de Dieu
qui est la cause de tous leurs maux. Il
s'exprime en ces termes.
O vous , de mes fureurs Ministres redoutables ,
Vous qui fites trembler les Cieux ,
Vous , des Mortels ennemis implacables ,
Démons , faites briller votre zele à mes yeux.
Les Démons s'unissent à lui pour chanter
leur victoire sur l'homme qu'ils ont
soumis au peché et à la mort. Satan poursuit
en déclarant que c'est pour avoir
refusé d'adorer un Mortel que toute leur
gloire a été changée en une nuit éternelle
; il continue :
Périsse
MARS 1734. 453
Périsse la Race execrable
Qui fut la source de nos maux ;
Ne nous lassons jamais de troubler son repos;
Plus que nous , rendons- la coupable.
Le Choeur des Démons répete les mêmes
Vers. Les Démons font ensuite une
énumeration des maux et des punitions
qu'ils ont attirés sur l'homme ,jusqu'à
faire repentir Dieu de l'avoir créé ; Sa- ,
tan leur ordonne ensuite de se répandre
par tout l'Univers et d'accroître encore
leur Empire et les maux du Genre humain
: en voici les paroles.
Volez de toutes parts , sortez de vos abîmes ;
Dispersez-vous dans les airs ,
Et remplissez l'Univers
De malheurs , de trouble et de crimes.
Les Démons répondent par les mêmes
Vers : Volons de toutes parts , & c, et ils
s'y disposent en effet lorsqu'un Ange ,
précede d'une Symphonie de triomphe ,
les arrête et leur annonce la Naissance
du Sauveur qui doit détruire leur Empire
, rétablir la paix dans l'Univers et
se faire adorer des Nations . Sitan se retire
en prononçant ce blasphême.
Non, non , il veut en vain détruire ma puissance;
454 MERCURE DE FRANCE
En vain il veut sauver les Humains de nos coups;
Eux -mêmes, plus ingrats, plus perfides que nous,
Signaleront bien - tôt leur desobéissance ;
Et seront les premiers à braver son courroux.
Après quoi Satan et ses Démons se
retirent , tandis que l'Ange de Paix conjure
le Liberateur des hommes , qui ne
descend que pour les sauver , de détourner
de dessus eux les malheurs dont ils
sont menacez , et de ne frapper de ses
coups que les têtes superbes de leurs jaloux
ennemis.
Un Choeur d'Anges termine cette Entrée
par ces Vers .
Le Sauveur vient de naître.
Que les Enfers , que la Terre et les Cieux ,
Que tout s'empresse à reconnoître
Cet Enfant glorieux.
La deuxième Entrée est composée de
quatre Bergers , de deux Bergeres , d'un
Choeur de Bergers et d'un Choeur d'Anges.
Les Bergers commencent et se déclarent
mutuellement la surprise où ils
sont de voir la Nature toute changée ;
la nuit éclairée , les agrémens du Printemps
et de l'Automne réunis dans la
saison de Hyver . Les quatre Bergers
s'écrient ensemble :
Comme
MARS. 1734. 455
Comme vous , chers amis , je ne sçaurois comprendre
Le prodige nouveau qui vient frapper nos yeux.
Ces effets surprenans doivent nous faire attendre
Le plus rare bienfait des Cieux.
Ils entendent en effet une Symphonie ,
suivie bien- tôt d'un Choeur d'Anges qui
rendent gloire à Dieu et qui annoncent
la Paix à la Terre , en publiant l'auguste
Naissance du Fils du Très - Haut . La Crêche
paroît en même - temps , et les Bergers
s'entredeniandent quel est cet admirable
Enfant qu'ils apperçoivent couché
dans la Crêche . Ils apprennent d'un
Ange que c'est le Fils de Dieu , le Messie
tant desiré , qui vient porter lui- même
la peine de mort que méritent les hommes.
Il les exhorte ensuite à venir lui
rendre leurs respects.
Bergers , empressez-vous , hâtez - vous d'adores
Celui qui vient vous retirer
D'un triste esclavage.
Sous ces rustiques toîts abbaissant son pouvoir,
C'est de vous qu'il veut recevoir
Le premier hommage.
Le Choeur des Anges et celui des Bergers
répetent :
Ac456
MERCURE DE FRANCE
Accourons , * accourons, hâtons- nous d'adorer
Celui qui vient nous retirer , &c .
Les Bergers et les Bergeres expriment
ensuite leur joye et leurs voeux , et ne
veulent plus chanter que ce Liberateur ,
qui fera desormais l'objet de leursChants,
&c . et ils lui offriront des Sacrifices proportionnez
à leur pouvoir . Cette Entrée
finit par ces Vers d'un Choeur d'Anges
et des Bergers .
'Animons - nous de nouvelles ardeurs
Ne cessons point de chanter la victoire
•
Du Dieu dont la bonté vient finir nos malheurs
;
Que par tout l'Univers on celebre sa gloire ,
Qu'il triomphe de tous les coeurs .
Les trois Mages marquent leur étonnement
, en ouvrant la troisiéme Entrée , de
ne plus voir l'Astre qui les avoit conduits
et qui leur avoit fait esperer de pouvoir
adorer le vrai Dieu devenu Enfant , ils
ajoûtent tous trois :
Mais ici rien ne se présente
Qui puise découvrir sa demeure brillante ;
Les Anges disent , accourez , bátez- vous.& c .
Les Anges disent , animez- vous .
Ni
MARS. 1734. 457
Ni Temple , ni Palais ne s'offrent à nos yeux ;
La pauvreté regne en tous lieux.
Un Ange leur découvre ce Mystere
par ces Vers.
Le Maître tout-puissant de la Terre et de l'Onde,
Par son humilité profonde ,
Vient confondre à jamais les Mortels orgueilleux,
Et dans l'état le plus vil à leurs yeux ,
Il est plus grand que tous les Rois duMonde,
La Crêche reparoît , et les Mages témoignent
qu'ils croyent aux paroles de
l'Ange et au Mystere qu'il leur annonce.
L'Ange leur adresse ensuite ces paroles .
Que ce Dieu si charmant de ses divine's flâmes ,
Embraze désormais vos ames ;
Qu'il regne sur vos coeurs ; qu'à l'envi les Mortels
De toutes parts lui dressent des Autels .
Les Choeurs des Anges et des Rois répetent
la même chose. Chacun des Rois
fait son présent et explique les rapports
qu'il a avec les Mysteres de l'Homme-
Dieu. Après quoi un Ange chante cette
Cantatille pour exhorter les Rois à publier
la gloire de leur Liberateur.
Que tout reconnoisse la gloire
C Du
458
MERCURE
DE
FRANCE
Du seul Maître de l'Univers
Il a remporté la victoire
Sur le Monde et sur les Enfers.
Descendez de vos Trônes ,
Kois , abbaissez vos Sceptres à ses piedss
Si devant lui vous vous humiliez
Il affermira vos Couronnes .
Que tout reconnoisse , &c .
Un autre Ange ajoûte :
Rois fortunez , dont Jesus a fait choix .
Four venir les premiers adorer sa Puissance ;
Avec nous unissez vos voix .
Allez dans l'Univers annoncer la Naissance ,
Et la gloire du Roy des Rois.
Le Choeur des Anges et des Rois finie
lá Piece en répetant ces derniers Vers :
-
Allons dans l'Univers annoncer là Naissance
Et la gloire du Roy des Rois..
Voilà , Madame une idée de cette
Idylle , dont l'Auteur est M. Morand
d'Arles , dont on a vû plusieurs Pieces
dans differens Mercures ; vous connoissez
, sans doute , M. Bouvard , qui a mis
ces Vers en Musique ; il est très - connu
* Les Anges disent , allez , &c.
par
MARS 1734.
459
par beaucoup d'Ouvrages ; l'Opera de
Meduse , de sa composition , eut un
grand succès dans sa nouveauté en 1702.
Il doit , dit- on , être repris l'Automne
prochain. Cet Auteur a cessé depuis
long-temps de travailler pour le Théatre,
et il s'est livré à des occupations plus
Religieuses. Il a fait voir dans cette Idylle
que la Musique n'est jamais plus susceptible
de force et de grandeur que
lorsqu'elle est employée à accompagner
les louanges du Seigneur ; et l'on a admiré
avec justice , que n'ayant que de jeunes
filles à faire chanter , et par consequent
que des voix presque égales , il ait pû
faire des Chours aussi beaux et aussi
travaillez que ceux dont cet Ouvrage est
rempli .
Je n'ai pas besoin , Madame , de vous
parler de l'illustre Pasteur auquel cette
Idylle est dédiée , et de vous informer
du mérite d'un homme universellement
estimé et respecté. Vous sçavez qu'entre
les beaux Etablissemens auxquels sa charité
est occupée tous les jours , celui de
l'Enfant Jesus , où trente Demoiselles de
condition sont élevées de- même qu'à
S. Cyr , tient, sans doute, le second rang,
pour ne rien dire de plus. Permettezmoi
de transcrire ici ce qu'en dit l'Epitre
Cij
Dé
460 MERCURE DE FRANCE
Dédicatoire qui est à la tête de ce petit
Ouvrage. La Maison de l'Enfant Jesus
» attire déja les voeux d'un nombre in-
>> fini de Familles , à qui la fortune n'a
» laissé pour tout bien que le souvenir
» de leur gloire passée. C'est-là , sur tout,
>> que l'on découvre toute l'étenduë de
»ce vaste Génie, qui vous faisant embras-
» ser les plus grandes choses , ne vous
» laisse pas pourtant dédaigner d'entrer
» dans les plus petites . C'est de-là que
» de jeunes Dlles , élevées suivant leur
» naissance , apprennent à préferer les
abbaissemens et l'humilité de la Reli
» gion , au vain éclat et aux fausses gran-
» deurs du Monde , et à n'employer les
» talens dont le Ciel a pû les orner , qu'à
» la gloire du souverain Maître. C'est- là
» que la Poësie et la Musique sanctifiées ,
paroissent dans le même esprit de ceux
» qui ne les ont inventez que pour mieux
celebrer la Grandeur du Très- Haut. Je
suis , Madame , avec respect , &c.
A Paris le 24. Février 1734.
au sujet d'une Idylle sur la Naissance
de Jesus Christ , divisée en trois Entrées,
mise en Musique par M. Bouvart , et
chantée par les Dlles élevées dans la
Communauté de l'Enfant Jesus , le 14 .
Février 1734. dédiée à M. le Curé de
S. Sulpice , imprimée à Paris chez
Thibout , 1734. Broch. in 4. de 16 pages.
J
>
E sçai , Madame , que vous vous in
teressez pour tout ce qui regarde la
Pieté et la Religion ; j'ai crû que vous
ne seriez pas fâchée que je vous fisse
part d'une Idylle sur la Naissance de
N. S. Jesus - Christ , mise en Musique , et
que les Dlles élevées dans la Maison de
l'Enfant Jesus ont chantée ces jours passez
avec tout l'applaudissement possible ;
Vous voyez que M. le Curé de S. Sulpice,
en procurant à ces Dlles une éducation
qui lui fait tant d'honneur , ne se sert.
que de moyens dignes de sa pieté et propres
à former leur coeur et leur esprit
à la vertu et au culte de Dieu . Voici
une idée de ce petit Poëme , dont il n'a
été tiré que peu d'Exemplaires.
L'Idylle
452 MERCURE DE FRANCE
L'Idylle a trois Parties ou Entrées.
La premiere a pour objet l'Empire du
Démon dans le Monde et sur les hommes
jusqu'à la Naissance du Sauveur
qu'un Ange annonce au Démon avec
la destruction, de son Empire. La seconde
, représente les Bergers tout occuppez
à rendre leurs hommages au Sauveur
, dont un Choeur d'Anges vient de
leur apprendre la Naissance. Et la troisiéme
représente l'Adoration des Rois
Mages .
Satan ouvre la premiere Entrée , en
invitant les Démons à se réjouir de la
victoire qu'ils ont remportée sur l'hom
me , et à détruire cet Ouvrage de Dieu
qui est la cause de tous leurs maux. Il
s'exprime en ces termes.
O vous , de mes fureurs Ministres redoutables ,
Vous qui fites trembler les Cieux ,
Vous , des Mortels ennemis implacables ,
Démons , faites briller votre zele à mes yeux.
Les Démons s'unissent à lui pour chanter
leur victoire sur l'homme qu'ils ont
soumis au peché et à la mort. Satan poursuit
en déclarant que c'est pour avoir
refusé d'adorer un Mortel que toute leur
gloire a été changée en une nuit éternelle
; il continue :
Périsse
MARS 1734. 453
Périsse la Race execrable
Qui fut la source de nos maux ;
Ne nous lassons jamais de troubler son repos;
Plus que nous , rendons- la coupable.
Le Choeur des Démons répete les mêmes
Vers. Les Démons font ensuite une
énumeration des maux et des punitions
qu'ils ont attirés sur l'homme ,jusqu'à
faire repentir Dieu de l'avoir créé ; Sa- ,
tan leur ordonne ensuite de se répandre
par tout l'Univers et d'accroître encore
leur Empire et les maux du Genre humain
: en voici les paroles.
Volez de toutes parts , sortez de vos abîmes ;
Dispersez-vous dans les airs ,
Et remplissez l'Univers
De malheurs , de trouble et de crimes.
Les Démons répondent par les mêmes
Vers : Volons de toutes parts , & c, et ils
s'y disposent en effet lorsqu'un Ange ,
précede d'une Symphonie de triomphe ,
les arrête et leur annonce la Naissance
du Sauveur qui doit détruire leur Empire
, rétablir la paix dans l'Univers et
se faire adorer des Nations . Sitan se retire
en prononçant ce blasphême.
Non, non , il veut en vain détruire ma puissance;
454 MERCURE DE FRANCE
En vain il veut sauver les Humains de nos coups;
Eux -mêmes, plus ingrats, plus perfides que nous,
Signaleront bien - tôt leur desobéissance ;
Et seront les premiers à braver son courroux.
Après quoi Satan et ses Démons se
retirent , tandis que l'Ange de Paix conjure
le Liberateur des hommes , qui ne
descend que pour les sauver , de détourner
de dessus eux les malheurs dont ils
sont menacez , et de ne frapper de ses
coups que les têtes superbes de leurs jaloux
ennemis.
Un Choeur d'Anges termine cette Entrée
par ces Vers .
Le Sauveur vient de naître.
Que les Enfers , que la Terre et les Cieux ,
Que tout s'empresse à reconnoître
Cet Enfant glorieux.
La deuxième Entrée est composée de
quatre Bergers , de deux Bergeres , d'un
Choeur de Bergers et d'un Choeur d'Anges.
Les Bergers commencent et se déclarent
mutuellement la surprise où ils
sont de voir la Nature toute changée ;
la nuit éclairée , les agrémens du Printemps
et de l'Automne réunis dans la
saison de Hyver . Les quatre Bergers
s'écrient ensemble :
Comme
MARS. 1734. 455
Comme vous , chers amis , je ne sçaurois comprendre
Le prodige nouveau qui vient frapper nos yeux.
Ces effets surprenans doivent nous faire attendre
Le plus rare bienfait des Cieux.
Ils entendent en effet une Symphonie ,
suivie bien- tôt d'un Choeur d'Anges qui
rendent gloire à Dieu et qui annoncent
la Paix à la Terre , en publiant l'auguste
Naissance du Fils du Très - Haut . La Crêche
paroît en même - temps , et les Bergers
s'entredeniandent quel est cet admirable
Enfant qu'ils apperçoivent couché
dans la Crêche . Ils apprennent d'un
Ange que c'est le Fils de Dieu , le Messie
tant desiré , qui vient porter lui- même
la peine de mort que méritent les hommes.
Il les exhorte ensuite à venir lui
rendre leurs respects.
Bergers , empressez-vous , hâtez - vous d'adores
Celui qui vient vous retirer
D'un triste esclavage.
Sous ces rustiques toîts abbaissant son pouvoir,
C'est de vous qu'il veut recevoir
Le premier hommage.
Le Choeur des Anges et celui des Bergers
répetent :
Ac456
MERCURE DE FRANCE
Accourons , * accourons, hâtons- nous d'adorer
Celui qui vient nous retirer , &c .
Les Bergers et les Bergeres expriment
ensuite leur joye et leurs voeux , et ne
veulent plus chanter que ce Liberateur ,
qui fera desormais l'objet de leursChants,
&c . et ils lui offriront des Sacrifices proportionnez
à leur pouvoir . Cette Entrée
finit par ces Vers d'un Choeur d'Anges
et des Bergers .
'Animons - nous de nouvelles ardeurs
Ne cessons point de chanter la victoire
•
Du Dieu dont la bonté vient finir nos malheurs
;
Que par tout l'Univers on celebre sa gloire ,
Qu'il triomphe de tous les coeurs .
Les trois Mages marquent leur étonnement
, en ouvrant la troisiéme Entrée , de
ne plus voir l'Astre qui les avoit conduits
et qui leur avoit fait esperer de pouvoir
adorer le vrai Dieu devenu Enfant , ils
ajoûtent tous trois :
Mais ici rien ne se présente
Qui puise découvrir sa demeure brillante ;
Les Anges disent , accourez , bátez- vous.& c .
Les Anges disent , animez- vous .
Ni
MARS. 1734. 457
Ni Temple , ni Palais ne s'offrent à nos yeux ;
La pauvreté regne en tous lieux.
Un Ange leur découvre ce Mystere
par ces Vers.
Le Maître tout-puissant de la Terre et de l'Onde,
Par son humilité profonde ,
Vient confondre à jamais les Mortels orgueilleux,
Et dans l'état le plus vil à leurs yeux ,
Il est plus grand que tous les Rois duMonde,
La Crêche reparoît , et les Mages témoignent
qu'ils croyent aux paroles de
l'Ange et au Mystere qu'il leur annonce.
L'Ange leur adresse ensuite ces paroles .
Que ce Dieu si charmant de ses divine's flâmes ,
Embraze désormais vos ames ;
Qu'il regne sur vos coeurs ; qu'à l'envi les Mortels
De toutes parts lui dressent des Autels .
Les Choeurs des Anges et des Rois répetent
la même chose. Chacun des Rois
fait son présent et explique les rapports
qu'il a avec les Mysteres de l'Homme-
Dieu. Après quoi un Ange chante cette
Cantatille pour exhorter les Rois à publier
la gloire de leur Liberateur.
Que tout reconnoisse la gloire
C Du
458
MERCURE
DE
FRANCE
Du seul Maître de l'Univers
Il a remporté la victoire
Sur le Monde et sur les Enfers.
Descendez de vos Trônes ,
Kois , abbaissez vos Sceptres à ses piedss
Si devant lui vous vous humiliez
Il affermira vos Couronnes .
Que tout reconnoisse , &c .
Un autre Ange ajoûte :
Rois fortunez , dont Jesus a fait choix .
Four venir les premiers adorer sa Puissance ;
Avec nous unissez vos voix .
Allez dans l'Univers annoncer la Naissance ,
Et la gloire du Roy des Rois.
Le Choeur des Anges et des Rois finie
lá Piece en répetant ces derniers Vers :
-
Allons dans l'Univers annoncer là Naissance
Et la gloire du Roy des Rois..
Voilà , Madame une idée de cette
Idylle , dont l'Auteur est M. Morand
d'Arles , dont on a vû plusieurs Pieces
dans differens Mercures ; vous connoissez
, sans doute , M. Bouvard , qui a mis
ces Vers en Musique ; il est très - connu
* Les Anges disent , allez , &c.
par
MARS 1734.
459
par beaucoup d'Ouvrages ; l'Opera de
Meduse , de sa composition , eut un
grand succès dans sa nouveauté en 1702.
Il doit , dit- on , être repris l'Automne
prochain. Cet Auteur a cessé depuis
long-temps de travailler pour le Théatre,
et il s'est livré à des occupations plus
Religieuses. Il a fait voir dans cette Idylle
que la Musique n'est jamais plus susceptible
de force et de grandeur que
lorsqu'elle est employée à accompagner
les louanges du Seigneur ; et l'on a admiré
avec justice , que n'ayant que de jeunes
filles à faire chanter , et par consequent
que des voix presque égales , il ait pû
faire des Chours aussi beaux et aussi
travaillez que ceux dont cet Ouvrage est
rempli .
Je n'ai pas besoin , Madame , de vous
parler de l'illustre Pasteur auquel cette
Idylle est dédiée , et de vous informer
du mérite d'un homme universellement
estimé et respecté. Vous sçavez qu'entre
les beaux Etablissemens auxquels sa charité
est occupée tous les jours , celui de
l'Enfant Jesus , où trente Demoiselles de
condition sont élevées de- même qu'à
S. Cyr , tient, sans doute, le second rang,
pour ne rien dire de plus. Permettezmoi
de transcrire ici ce qu'en dit l'Epitre
Cij
Dé
460 MERCURE DE FRANCE
Dédicatoire qui est à la tête de ce petit
Ouvrage. La Maison de l'Enfant Jesus
» attire déja les voeux d'un nombre in-
>> fini de Familles , à qui la fortune n'a
» laissé pour tout bien que le souvenir
» de leur gloire passée. C'est-là , sur tout,
>> que l'on découvre toute l'étenduë de
»ce vaste Génie, qui vous faisant embras-
» ser les plus grandes choses , ne vous
» laisse pas pourtant dédaigner d'entrer
» dans les plus petites . C'est de-là que
» de jeunes Dlles , élevées suivant leur
» naissance , apprennent à préferer les
abbaissemens et l'humilité de la Reli
» gion , au vain éclat et aux fausses gran-
» deurs du Monde , et à n'employer les
» talens dont le Ciel a pû les orner , qu'à
» la gloire du souverain Maître. C'est- là
» que la Poësie et la Musique sanctifiées ,
paroissent dans le même esprit de ceux
» qui ne les ont inventez que pour mieux
celebrer la Grandeur du Très- Haut. Je
suis , Madame , avec respect , &c.
A Paris le 24. Février 1734.
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Résumé : LETTRE de M... à Madame de ... au sujet d'une Idylle sur la Naissance de Jesus Christ, divisée en trois Entrées, mise en Musique par M. Bouvart, et chantée par les Dlles élevées dans la Communauté de l'Enfant Jesus, le 14. Février 1734. dédiée à M. le Curé de S. Sulpice, imprimée à Paris, chez Thibout, 1734. Broch. in 4. de 16 pages.
La lettre de M... à Madame de... décrit une idylle sur la Naissance de Jésus-Christ, composée en trois parties et mise en musique par M. Bouvart. Cette idylle a été interprétée par les demoiselles de la Communauté de l'Enfant Jésus le 14 février 1734 et dédiée à M. le Curé de Saint-Sulpice. L'œuvre a été imprimée à Paris chez Thibout en 1734 sous forme de brochure in-4 de 16 pages. L'idylle se structure en trois sections. La première partie relate la domination du Démon sur les hommes jusqu'à la venue du Sauveur, annoncée par un ange. La seconde partie met en scène les bergers rendant hommage au Sauveur, dont la naissance est proclamée par un chœur d'anges. La troisième partie illustre l'adoration des Rois Mages. L'auteur de l'idylle est M. Morand d'Arles, et la musique a été composée par M. Bouvart, célèbre pour son opéra 'Méduse'. L'œuvre souligne la puissance de la musique lorsqu'elle est utilisée pour louer le Seigneur. La lettre met également en lumière le mérite de M. le Curé de Saint-Sulpice et l'éducation pieuse des demoiselles de la Maison de l'Enfant Jésus.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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798
LETTRE de M... à Madame de ... au sujet d'une Idylle sur la Naissance de Jesus Christ, divisée en trois Entrées, mise en Musique par M. Bouvart, et chantée par les Dlles élevées dans la Communauté de l'Enfant Jesus, le 14. Février 1734. dédiée à M. le Curé de S. Sulpice, imprimée à Paris, chez Thibout, 1734. Broch. in 4. de 16 pages.
799
p. 461-464
ODE TIRÉE DU CANTIQUE D'HABACUC, Domine, audivi auditionem tuam et timui, &c.
Début :
L'ai-je bien entendu ! quelle horrible Sentence [...]
Mots clefs :
Habacuc, Cantique, Ennemi, Mort, Ennemis, Mer, Regards, Voix, Maux, Seigneur
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texteReconnaissance textuelle : ODE TIRÉE DU CANTIQUE D'HABACUC, Domine, audivi auditionem tuam et timui, &c.
ODE
TIRE'E DU CANTIQUE D'HABACUĆ ,
Domine, audivi auditionem tuam
et timui , & c.
L'Ai- je bien entendu ! quelle horrible Sentence
Vient émouvoir mes sens ! quelle sinistre voix !
Ah! pardonne, Seigneur ; differe ta vengeance ;
Sois touché de mes pleurs pour la derniere foist
Où t'alloit emporter un Jugement funeste ! ´´.
Pour quel forfait le glaive armoit- il ton courroux?
Pouvois -tu l'immoler , ce déplorable reste
D'un Peuple que tu mis à couvert de tes coups.
'Armé pour sa deffense , il est tems de paroître ,
Vainement Babylone oppose ses Remparts ;
Combats , triomphe , cours ; Seigneur , fais- toi
connoître ;
Que dis-je? tu le peux d'un seul de tes regards.
Tel jadis tu parus , quand éclatant de gloire ,
Tu trainois à ton Char tes Ennemis vaincus ;
Les Echos du Pharam témoins de ta victoire ,
Du bruit de tes Exploits furent soudain émûs.
C iij
Le
462 MERCURE DE FRANCE
Le Soleil , à l'aspect de ta face brillante ,
Dans un nuage épais renferma sa splendeur ;
Les Foudres qui partoient de ta main menaçante ,
Terrassant l'Ennemi , rassuroient le vainqueur.
La Mort devant ton Char précipitoit ses traces ;
Le carnage et l'horreur suivoient ses tristes pas ;
L'Enfer à tes côtez , vengeur de tes disgraces ,
Portoit, selon ton ordre , à chacun le trépas .
Tu fixes tes regards ; tu parlas ; et la Terre
Reçoit , en frémissant , ton ordre souverains
Elle obéit , s'entr'ouvre , et bien - tôt le Tonnerre
Force tes Ennemis à rentrer dans son sein.
Tout fléchit devant toi , les Vallons et les Plaines
Aux Monts les plus chenus , se virent égalez ;
La Mer retint ses flots , les Fleuves, les Fontaines ,
Vers leurs Sources soudain fuyrent épouvantez.
L'Aveugle Egyptien , le blasphême à la bouche ,
Fut contraint de ceder aux efforts de ton bras;
Le sacrilege Chef d'une Race farouche ,
Abandonna son Camp au gré de tes Soldats .
Le Soleil dans les flots va finir sa carriere ;
La nuit confond déja ton Peuple dans l'oubli
Ти
MARS 1734 .
Tu tonnes . . . des Eclairs la bleuâtre lumiere ...
Guide le coup mortel qui frappe l'Ennemi.
La Mer entend ta voix ; son Onde menaçante
Attend pour s'écarter un seul de tes regards ;
Tu la fixes ; bien -tôt étonnée et tremblante ,
Elle forme en son sein deux humides remparts.
Ton Peuple craint les flots ; ta présence l'anime;
Il franchit des sentiers aux Mortels inconnus ;
L'Ennemi court , s'élance , il chancelle ; il s'abîme
,
La Mer gronde , se joint, et l'Ennemi n'est plus.
Mais ce jour a jamais marqué pour ta clémence,
Que d'horreurs, que de maux doivent le préceder !
Tu m'en as revelé la funeste science ,
Dieu Puissant , et je tremble à m'en persuader.
mort , vien de mes ans terminer la misere ;
Douce Mort hâte- toi de m'unir au Seigneur ;
Dérobez -moi, Tombeaux , aux traits de sa colere,
J'en connois la justice et j'en prévois l'horreur .
Tous les maux à la fois regneront sur la Terre
Une éternelle mort dévorera son sein
Nos Champs ensanglantez des fureurs de la guerre
Du triste Moissonneur tromperont le dessein .
C iiij
Les
464 MERCURE DE FRANCE
Les Fleuves tariront ; l'Astre qui nous éclaire
Refusera ses feux à nos Arbres naissants ;
Les Troupeaux périront sous la dent meurtriere
Des Lions affamez et des Ours dévorants.
Mais pourquoi t'affliger,ô mon ame ? qu'importe?
Pourquoi t'abandonner aux plus vives douleurs ?
Espere au Tout-Puissant ; crains - tu que sa main
forte ,
Ne puisse t'affranchir des plus pressans malheurs?
O Dieu , parmi les maux que ton bras nous
prépare ,
Ma voix ne cessera d'éxalter tes bienfaits ;
Israël dans les fers d'un Ennemi barbare
Connoîtra que c'est toi qui punis ses forfaits.
Oui c'est toi... quel rayon vient éclairer mon
ame !
Quel tumulte , quel bruit se répand dans les airs !
Les Remparts ennemis sont en proye à la flâme
Israël a brisé la honte de ses fers.
Releve- toi , Sion , mille cris de victoire
Annoncent la grandeur du Dieu de tes Ayeux ,
Vante à tout l'Univers sa puissance et sa gloire ,
Et que son nom soit craint de tes derniers Neveux.
Par M. R. Billard de Marseille.
TIRE'E DU CANTIQUE D'HABACUĆ ,
Domine, audivi auditionem tuam
et timui , & c.
L'Ai- je bien entendu ! quelle horrible Sentence
Vient émouvoir mes sens ! quelle sinistre voix !
Ah! pardonne, Seigneur ; differe ta vengeance ;
Sois touché de mes pleurs pour la derniere foist
Où t'alloit emporter un Jugement funeste ! ´´.
Pour quel forfait le glaive armoit- il ton courroux?
Pouvois -tu l'immoler , ce déplorable reste
D'un Peuple que tu mis à couvert de tes coups.
'Armé pour sa deffense , il est tems de paroître ,
Vainement Babylone oppose ses Remparts ;
Combats , triomphe , cours ; Seigneur , fais- toi
connoître ;
Que dis-je? tu le peux d'un seul de tes regards.
Tel jadis tu parus , quand éclatant de gloire ,
Tu trainois à ton Char tes Ennemis vaincus ;
Les Echos du Pharam témoins de ta victoire ,
Du bruit de tes Exploits furent soudain émûs.
C iij
Le
462 MERCURE DE FRANCE
Le Soleil , à l'aspect de ta face brillante ,
Dans un nuage épais renferma sa splendeur ;
Les Foudres qui partoient de ta main menaçante ,
Terrassant l'Ennemi , rassuroient le vainqueur.
La Mort devant ton Char précipitoit ses traces ;
Le carnage et l'horreur suivoient ses tristes pas ;
L'Enfer à tes côtez , vengeur de tes disgraces ,
Portoit, selon ton ordre , à chacun le trépas .
Tu fixes tes regards ; tu parlas ; et la Terre
Reçoit , en frémissant , ton ordre souverains
Elle obéit , s'entr'ouvre , et bien - tôt le Tonnerre
Force tes Ennemis à rentrer dans son sein.
Tout fléchit devant toi , les Vallons et les Plaines
Aux Monts les plus chenus , se virent égalez ;
La Mer retint ses flots , les Fleuves, les Fontaines ,
Vers leurs Sources soudain fuyrent épouvantez.
L'Aveugle Egyptien , le blasphême à la bouche ,
Fut contraint de ceder aux efforts de ton bras;
Le sacrilege Chef d'une Race farouche ,
Abandonna son Camp au gré de tes Soldats .
Le Soleil dans les flots va finir sa carriere ;
La nuit confond déja ton Peuple dans l'oubli
Ти
MARS 1734 .
Tu tonnes . . . des Eclairs la bleuâtre lumiere ...
Guide le coup mortel qui frappe l'Ennemi.
La Mer entend ta voix ; son Onde menaçante
Attend pour s'écarter un seul de tes regards ;
Tu la fixes ; bien -tôt étonnée et tremblante ,
Elle forme en son sein deux humides remparts.
Ton Peuple craint les flots ; ta présence l'anime;
Il franchit des sentiers aux Mortels inconnus ;
L'Ennemi court , s'élance , il chancelle ; il s'abîme
,
La Mer gronde , se joint, et l'Ennemi n'est plus.
Mais ce jour a jamais marqué pour ta clémence,
Que d'horreurs, que de maux doivent le préceder !
Tu m'en as revelé la funeste science ,
Dieu Puissant , et je tremble à m'en persuader.
mort , vien de mes ans terminer la misere ;
Douce Mort hâte- toi de m'unir au Seigneur ;
Dérobez -moi, Tombeaux , aux traits de sa colere,
J'en connois la justice et j'en prévois l'horreur .
Tous les maux à la fois regneront sur la Terre
Une éternelle mort dévorera son sein
Nos Champs ensanglantez des fureurs de la guerre
Du triste Moissonneur tromperont le dessein .
C iiij
Les
464 MERCURE DE FRANCE
Les Fleuves tariront ; l'Astre qui nous éclaire
Refusera ses feux à nos Arbres naissants ;
Les Troupeaux périront sous la dent meurtriere
Des Lions affamez et des Ours dévorants.
Mais pourquoi t'affliger,ô mon ame ? qu'importe?
Pourquoi t'abandonner aux plus vives douleurs ?
Espere au Tout-Puissant ; crains - tu que sa main
forte ,
Ne puisse t'affranchir des plus pressans malheurs?
O Dieu , parmi les maux que ton bras nous
prépare ,
Ma voix ne cessera d'éxalter tes bienfaits ;
Israël dans les fers d'un Ennemi barbare
Connoîtra que c'est toi qui punis ses forfaits.
Oui c'est toi... quel rayon vient éclairer mon
ame !
Quel tumulte , quel bruit se répand dans les airs !
Les Remparts ennemis sont en proye à la flâme
Israël a brisé la honte de ses fers.
Releve- toi , Sion , mille cris de victoire
Annoncent la grandeur du Dieu de tes Ayeux ,
Vante à tout l'Univers sa puissance et sa gloire ,
Et que son nom soit craint de tes derniers Neveux.
Par M. R. Billard de Marseille.
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Résumé : ODE TIRÉE DU CANTIQUE D'HABACUC, Domine, audivi auditionem tuam et timui, &c.
Le texte est une ode extraite du Cantique d'Habacuc, qui exprime la peur et la supplication face à la vengeance divine. Le narrateur, après avoir entendu une sentence terrible, implore Dieu de retarder sa vengeance et de pardonner. Il s'interroge sur la raison pour laquelle le glaive est levé contre un peuple déjà éprouvé et espère que Dieu se manifestera pour défendre son peuple contre Babylone. Le narrateur rappelle la puissance divine en évoquant les victoires passées où Dieu a terrassé ses ennemis et commandé aux éléments naturels. Il décrit les signes de la colère divine, tels que la mer qui s'ouvre et les montagnes qui s'abaissent. L'ode se conclut par une acceptation des maux à venir, mais aussi par une espérance en la clémence divine et la libération d'Israël de ses oppresseurs. Le peuple est appelé à se relever et à proclamer la grandeur et la puissance de Dieu.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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800
p. 485-493
LETTRE du S. de l'Eglise d'Auxerre, à M.... Chanoine de l'Eglise de C. touchant les traditions populaires, au sujet de l'occurrence de la Fête de Pâques, au 25 Avril.
Début :
Vous êtes, sans doute, informé, Monsieur, des Traditions, qui courent [...]
Mots clefs :
Traditions populaires, Fête de Pâques, Dieu, Saint Jean, Tables, Intervalle, Fête-Dieu, Peuple, Litanies, Origine
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE du S. de l'Eglise d'Auxerre, à M.... Chanoine de l'Eglise de C. touchant les traditions populaires, au sujet de l'occurrence de la Fête de Pâques, au 25 Avril.
LETTRE du S. de l'Eglise d'Auxerre
à M.... Chanoine de l'Eglise de C.
touchant les traditions populaires, au sujet
de Poccurrence de la Fête de Pâques , an
25 Avril.
V
Ous êtes , sans doute , informé ;;
Monsieur , des Traditions , qui
courent parmi le Peuple , touchant les
années où la Fête de Pâques arrive le 25
Avril , telle que sera l'année prochaine
1734. Il résulte de cette occurrence qu'en
ces années là , la Fête- Dieu se trouve le
24 Juin jour de la Nativité de S. Jean-
D iij
Bap486
MERCURE DE FRANCE
Baptiste , et c'est par rapport à cette .
rencontre qu'il est né un certain Proverbe
touchant la fin du Monde. Pour
en faire voir l'illusion , il me semble qu'il
suffit d'en découvrir l'origine ou plutôt
la
nouveauté.Chacun sçait que la Solemnité
de la Fête Dieu n'a commencé qu'au
treizième siècle . A vant ce tems- là , Pâques
arrivoit quelquefois le 25 Avril, et laNativité
de S. Jean se célébroit le 24 Juin en
son véritable jour sans être transferée . Ce
n'est donc que depuis qu'on a prévû
qu'on seroit obligé de déplacer S. Jean
pour y mettre le Messie dont il a été le
Précurseur , qu'on peut avoir imaginé
une pareille opinion ; et probablement
elle ne s'est formée qu'à la fin du treiziéme
siécle ou durant le quatorziéme,; en effet
comme on fut près de deux cent- cinquante
ans sans voir arriver Pâques le 25
Avril , la rareté de l'éyenement aura pû
porter à inventer quelques dictons làdessus
. Et comme les Tables Pascales
n'étoient point entre les mains de tout
le monde , et qu'on se contentoit d'attacher
chaque année au Cierge Pascal la
Table des Fêtes mobiles de l'année seulement,
peu de personnes étoient en état
de prévoir quand Pâques arriveroit le 23
Avril , et le plus grand nombre ignoroit
comMARS
1734. 487
combien de fois cette Fête étoit arrivée
ce jour -là depuis l'établissement duChristianisme.
Pour mettre donc au fait le
Public de cette connoissance , qu'il étoit
difficile d'avoir communément avant l'origine
de l'Impression , il est bon de
jeter la vue sur les Tables Chronologiques
que nous ont données M. Robert
dans sa Gaule Chrétienne, et M.du Cange
dans son Glossaire de la basse Latinité. Je
les ai examinées, et principalement la nouvelle
Edition qui vient d'être publiée
par deux sçavans Benedictins. Quoiqu'il
y soit resté quelques fautes que l'Imprimeur
n'a pû apparemment éviter dans
une si grande multitude de chiffres et
de Lettres initiales , je ne laisserai
tabler dessus et de représenter combien
de fois la Fête de Pâques est arrivée le
25. Avril depuis l'origine de la Religion
que nous professons . Ces Tables nous
apprennent que cette rencontre s'est déja
trouvée treize fois , et les voicy.
L'an 45. de Jesus- Christ.
pas
de
L'an 140.
L'an 1014.
L'an 1109 .
L'an 387.
L'an 482.
L'an 1204.
L'an 1415.
L'an 577
L'an , 672 .
L'an 1546.
L'an 919. L'an 1666.
Dirij Vous
488 MERCURE DE FRANCE
Vous reconnoîtrez par la vérification
que vous en pouvez faire , que j'ai regardé
avec raison comme des fautes d'impression
dans la derniere Edition de ces
Tables , que Pâques ait été marqué pour
les années 137. et 1022. ans au 25. Avril ,
au lieudu 25. Mars ; c'est ce qui est rendu
sensible par la Lettre Dominicale qui
convient à ces mêmes années ; vous avouerez
aussi qu'à l'année 672. ces mêmes
Tables contiennent une faute toute contraire
, mettant cette Fête au 25. Mars
au licu du 25. Avril . Mais ceci soit dit
en passant. Revenons au fait et instruisons
le vulgaire. On fut depuis l'an 1204.
jusqu'à l'an 1451. sans voir celebrer la
Fête de Pâques le 25. Avril , c'est- àdire
à peu près deux siecles et demi. Environ
dans le tiers de cet intervalle la
Fête- Dieu fut établie dans les Eglises
d'Occident. Alors il n'y avoit personne
sur terre qui pût avoir vû l'an 1204. et
l'on ne prévoyoit point que de long-temps
l'occurrence pût arriver que cette nouvelle
Fête fit cesser celle de S. Jean ; le
Peuple en conclut aisément que ce ne
seroit qu'à la fin du Monde , et il fut
facile d'imaginer des mysticitez sur cette
rencontre, toute fortuite qu'elle est . Telle
est , selon ma pensée , l'origine de l'idée
роры-
MAR S. 1734. 489
populaire sur la concurrence des deux
Fêtes. Quoiqu'il ne soit pas tout- à - fait
si rare de voir arriver Pâques le 24 Avril ,
et parconséquent la Fête Dieu le 23 .
Juin , veille de la S. Jean , les Peuples
n'ont laissé d'inventer aussi un proverbe
à ce sujet , et de dire en ces sortes
de rencontres :
pas
·
Quand Jeanfait jeûner Dieu ,
La Paix regne en tout lieu.
Mais la fausseté de cet axiome vul
gaire a été si palpable de nos jours , qu'on
doit conclure que la Tradition n'est pas
mieux fondée d'un côté que d'un autre.
Qui, en effet, peut assurer qu'on jouissoit
d'une paix universelle l'an 1707. auquel
Jean fit jeûner Dieu , c'est à dire, que la
Fête de S. Jean étant arrivée le second
Vendredi d'après la Pentecôte , il fallut
observer le jeûne ( du moins en certains
Pays ) le jour précedent , qui étoit le
Jeudi de la grande Solemnité de la Fête-
Dieu ? Il est également faux de dire que
la paix regnât en tout lieu l'an 1639.
qui étoit dans le même cas. Et si l'on
vouloit prendre la peine de remonter à
toutes les années où se trouvent de telles
concurrences , pour une qu'on remarqueroit
avoir été paisible en France , on ers
D v trou-
*
490 MERCURE DE FRANCE
trouveroit trois autres qui auroient été
tumultueuses dans le Royaume , ou ailleurs.
Il en est de ces traditions comme
de celle qui courut sur la fin du dixiéme
siécle ; on croyoit alors que lorsque la
Fête de l'Annonciation arriveroit le Vendredy
Saint , le monde finiroit. Richard ,
Abbé de Saint- Benoît sur Loire , ordonna
à Abbon l'un de ses Religieux d'écrire
là - dessus , pour désabuser le Peuple qui
croyoit que dès que l'on compteroit l'an
mille , le Jugement viendroit . Ce fut en
992 que l'Annonciation arriva le Ven
dredy- Saint , et elle étoit déja arrivée le
mêmejour onze ans auparavant.
Si le peuple étoit capable d'entrer dans
des examens de Chronologie , il verroit
que tous les changemens annuels de la
solemnité Pascale sont appuyez sur certaines
révolutions reglées , et sont déterminés
par le cours des astres à un certain
intervalle que l'intervalle ordinaire
entre deux Pâques du 25 Avril est
de 95 ans mais qu'après que cet intervalle
a eu lieu trois fois , il en faut admettre
un de 247 ans , après quoi suit
encore à trois reprises d'intervalle de 95
ans , avant que celui de 247 ans revienne.
C'est ce qui paroît dans l'extrait des
Tables que je vous ai representé ci- dessus.
De
MARS 1734. 491
De l'année 45 de Jesus- Christ à l'année
140 , il y a 95 ans. De l'année 145 à
celle de 387 , il y a 247 ans. De 387 à
482 il y a 95 ans. De 482 à 577 il y a
95 ans, De 577 à 672 il y a pareillement
95 ans. Mais de 672 à 919 il y a 247 ans.
Après cela on compte comme on a déja
fait deux fois ; de 919 à 1014 , il y a 95
ans. De 1014 à 1109 aussi 95 ans ; et de
1109 à 1204 pareille quantité de 95 ans.
Suit le grand intervalle de 247 ans depuis
l'an 1204 jusqu'à l'an 1451. Et enfin
de 1451 à 1546 il y a 95 ans. On auroit
continué encore deux fois 95 ans sans
la réforme du Calendrier qui fût faite à
Rome en 1582 , par laquelle on retrancha
tout à coup dix jours du mois
d'Octobre de cette année- là ; c'est ce qui
fit
que la premiere Pâque du 25 Avril au
lieu de revenir l'an 1641 ar bout de 95
ans , n'est arrivée que 25 ns après ,
c'est-à- dire au bout de 120
is après la
précédente ; et la seconde Pâques du
même 25 Avril , au lieu d'être differée
jusqu'en 1736 au bout de 95 ans reïterez ,
a été fixée à l'an 1734. après lequel temis
je ne sçai en quelle année elle reviendra .
Vous avez dû apprendre par le Journal
des Scavans du présent mois de May à
l'article des Nouvelles Litteraires de
#
D vj
Flo-
༥
492 MERCURE DE FRANCE
Florence ; qu'un Curé du Diocèse de
Pistoye en Italie , ptétend démontrer
dans un nouveau Traité sur la Fête de
Pâques , que la Réformation Grégoriene
a besoin d'être reformée elle -même
à cause des erreurs qu'elle contient par
rapport à la Fête de Pâques . Attendons
que cet Ouvrage soit venu jusqu'à nous
pour juger de ces erreurs , et si le calcul
Grégorien des Clefs de la Fête de
Pâques est sujet à des inconvéniens prévus.
>
Il n'est pas à souhaitter pour la tranquillité
des Rubriquaires Ecclesiastiques
que la Fête de Pâques revienne souvent
le 25 Avril . Vous scavez que c'est un
jour qui a été chargé successivement de
deux différentes cérémonies , toutes les
deux incompatibles avec cette Fête : Premierement
on y établit à Rome une Procession
de pénitence qui a été reçûe dans
presque toutes les Eglises de l'Occident ;
et que depuis ce tems - là on y aussi attaché
la Fête de l'Evangeliste S. Marc. A
l'égard de la premiere , je croi que vous
ne doutez point , non plus. que moi ,
ce que je tiens de feu M. l'Abbé Chastelain
, Chanoine de N. D. de Paris , que
le
25 Avril avoit été consacré cbez les
Payens par des Processions pour les biens
de
de
MARS 1734: 497
de la Terre ; ce qu'ils appelloient les Robigales
ou les Ambarvales , ( circonstarce
ignorée par M. Baillet , ) et qu'en
mémoire de cela on éloigne encore à
Rome le moins qu'il est possible du 25.
Avril les Litanies Chrétiennes qui y ont
été substituées. Je ne puis vous entrete
nir cette fois- cy de la raison qui a fait
tourner l'annonce de cette Procession ,
de la maniere dont elle l'est dans les
Brefs d'Auxerre , que l'on a tâché depuis
quinze ans de rendre les plus curieux et
les plus instructifs de tout le Royaume .
En attendant que je m'étende là - dessus
dans un petit Traité sur les Processions
du Paganisme , observez , s'il vous plaît ,
que c'est avec prudence que , si l'on n'a
pas fixé les Litanies Romaines plus avant
dans l'année que le 25. Avril , c'a été
vrai - semblablement de crainte qu'elles ne
concourussent quelquefois avec les Litaniès
Gallicanes , appellées Rogations , qui
peuvent arriver le 27. 28. et 19. Avril
lorsque Pâques a été le 22. Mars ; et parce
que l'Eglise de Rome a été bien aise
que les Litanies fussent toujours célebrées
les premieres.
Ce 28. May 1733 .
à M.... Chanoine de l'Eglise de C.
touchant les traditions populaires, au sujet
de Poccurrence de la Fête de Pâques , an
25 Avril.
V
Ous êtes , sans doute , informé ;;
Monsieur , des Traditions , qui
courent parmi le Peuple , touchant les
années où la Fête de Pâques arrive le 25
Avril , telle que sera l'année prochaine
1734. Il résulte de cette occurrence qu'en
ces années là , la Fête- Dieu se trouve le
24 Juin jour de la Nativité de S. Jean-
D iij
Bap486
MERCURE DE FRANCE
Baptiste , et c'est par rapport à cette .
rencontre qu'il est né un certain Proverbe
touchant la fin du Monde. Pour
en faire voir l'illusion , il me semble qu'il
suffit d'en découvrir l'origine ou plutôt
la
nouveauté.Chacun sçait que la Solemnité
de la Fête Dieu n'a commencé qu'au
treizième siècle . A vant ce tems- là , Pâques
arrivoit quelquefois le 25 Avril, et laNativité
de S. Jean se célébroit le 24 Juin en
son véritable jour sans être transferée . Ce
n'est donc que depuis qu'on a prévû
qu'on seroit obligé de déplacer S. Jean
pour y mettre le Messie dont il a été le
Précurseur , qu'on peut avoir imaginé
une pareille opinion ; et probablement
elle ne s'est formée qu'à la fin du treiziéme
siécle ou durant le quatorziéme,; en effet
comme on fut près de deux cent- cinquante
ans sans voir arriver Pâques le 25
Avril , la rareté de l'éyenement aura pû
porter à inventer quelques dictons làdessus
. Et comme les Tables Pascales
n'étoient point entre les mains de tout
le monde , et qu'on se contentoit d'attacher
chaque année au Cierge Pascal la
Table des Fêtes mobiles de l'année seulement,
peu de personnes étoient en état
de prévoir quand Pâques arriveroit le 23
Avril , et le plus grand nombre ignoroit
comMARS
1734. 487
combien de fois cette Fête étoit arrivée
ce jour -là depuis l'établissement duChristianisme.
Pour mettre donc au fait le
Public de cette connoissance , qu'il étoit
difficile d'avoir communément avant l'origine
de l'Impression , il est bon de
jeter la vue sur les Tables Chronologiques
que nous ont données M. Robert
dans sa Gaule Chrétienne, et M.du Cange
dans son Glossaire de la basse Latinité. Je
les ai examinées, et principalement la nouvelle
Edition qui vient d'être publiée
par deux sçavans Benedictins. Quoiqu'il
y soit resté quelques fautes que l'Imprimeur
n'a pû apparemment éviter dans
une si grande multitude de chiffres et
de Lettres initiales , je ne laisserai
tabler dessus et de représenter combien
de fois la Fête de Pâques est arrivée le
25. Avril depuis l'origine de la Religion
que nous professons . Ces Tables nous
apprennent que cette rencontre s'est déja
trouvée treize fois , et les voicy.
L'an 45. de Jesus- Christ.
pas
de
L'an 140.
L'an 1014.
L'an 1109 .
L'an 387.
L'an 482.
L'an 1204.
L'an 1415.
L'an 577
L'an , 672 .
L'an 1546.
L'an 919. L'an 1666.
Dirij Vous
488 MERCURE DE FRANCE
Vous reconnoîtrez par la vérification
que vous en pouvez faire , que j'ai regardé
avec raison comme des fautes d'impression
dans la derniere Edition de ces
Tables , que Pâques ait été marqué pour
les années 137. et 1022. ans au 25. Avril ,
au lieudu 25. Mars ; c'est ce qui est rendu
sensible par la Lettre Dominicale qui
convient à ces mêmes années ; vous avouerez
aussi qu'à l'année 672. ces mêmes
Tables contiennent une faute toute contraire
, mettant cette Fête au 25. Mars
au licu du 25. Avril . Mais ceci soit dit
en passant. Revenons au fait et instruisons
le vulgaire. On fut depuis l'an 1204.
jusqu'à l'an 1451. sans voir celebrer la
Fête de Pâques le 25. Avril , c'est- àdire
à peu près deux siecles et demi. Environ
dans le tiers de cet intervalle la
Fête- Dieu fut établie dans les Eglises
d'Occident. Alors il n'y avoit personne
sur terre qui pût avoir vû l'an 1204. et
l'on ne prévoyoit point que de long-temps
l'occurrence pût arriver que cette nouvelle
Fête fit cesser celle de S. Jean ; le
Peuple en conclut aisément que ce ne
seroit qu'à la fin du Monde , et il fut
facile d'imaginer des mysticitez sur cette
rencontre, toute fortuite qu'elle est . Telle
est , selon ma pensée , l'origine de l'idée
роры-
MAR S. 1734. 489
populaire sur la concurrence des deux
Fêtes. Quoiqu'il ne soit pas tout- à - fait
si rare de voir arriver Pâques le 24 Avril ,
et parconséquent la Fête Dieu le 23 .
Juin , veille de la S. Jean , les Peuples
n'ont laissé d'inventer aussi un proverbe
à ce sujet , et de dire en ces sortes
de rencontres :
pas
·
Quand Jeanfait jeûner Dieu ,
La Paix regne en tout lieu.
Mais la fausseté de cet axiome vul
gaire a été si palpable de nos jours , qu'on
doit conclure que la Tradition n'est pas
mieux fondée d'un côté que d'un autre.
Qui, en effet, peut assurer qu'on jouissoit
d'une paix universelle l'an 1707. auquel
Jean fit jeûner Dieu , c'est à dire, que la
Fête de S. Jean étant arrivée le second
Vendredi d'après la Pentecôte , il fallut
observer le jeûne ( du moins en certains
Pays ) le jour précedent , qui étoit le
Jeudi de la grande Solemnité de la Fête-
Dieu ? Il est également faux de dire que
la paix regnât en tout lieu l'an 1639.
qui étoit dans le même cas. Et si l'on
vouloit prendre la peine de remonter à
toutes les années où se trouvent de telles
concurrences , pour une qu'on remarqueroit
avoir été paisible en France , on ers
D v trou-
*
490 MERCURE DE FRANCE
trouveroit trois autres qui auroient été
tumultueuses dans le Royaume , ou ailleurs.
Il en est de ces traditions comme
de celle qui courut sur la fin du dixiéme
siécle ; on croyoit alors que lorsque la
Fête de l'Annonciation arriveroit le Vendredy
Saint , le monde finiroit. Richard ,
Abbé de Saint- Benoît sur Loire , ordonna
à Abbon l'un de ses Religieux d'écrire
là - dessus , pour désabuser le Peuple qui
croyoit que dès que l'on compteroit l'an
mille , le Jugement viendroit . Ce fut en
992 que l'Annonciation arriva le Ven
dredy- Saint , et elle étoit déja arrivée le
mêmejour onze ans auparavant.
Si le peuple étoit capable d'entrer dans
des examens de Chronologie , il verroit
que tous les changemens annuels de la
solemnité Pascale sont appuyez sur certaines
révolutions reglées , et sont déterminés
par le cours des astres à un certain
intervalle que l'intervalle ordinaire
entre deux Pâques du 25 Avril est
de 95 ans mais qu'après que cet intervalle
a eu lieu trois fois , il en faut admettre
un de 247 ans , après quoi suit
encore à trois reprises d'intervalle de 95
ans , avant que celui de 247 ans revienne.
C'est ce qui paroît dans l'extrait des
Tables que je vous ai representé ci- dessus.
De
MARS 1734. 491
De l'année 45 de Jesus- Christ à l'année
140 , il y a 95 ans. De l'année 145 à
celle de 387 , il y a 247 ans. De 387 à
482 il y a 95 ans. De 482 à 577 il y a
95 ans, De 577 à 672 il y a pareillement
95 ans. Mais de 672 à 919 il y a 247 ans.
Après cela on compte comme on a déja
fait deux fois ; de 919 à 1014 , il y a 95
ans. De 1014 à 1109 aussi 95 ans ; et de
1109 à 1204 pareille quantité de 95 ans.
Suit le grand intervalle de 247 ans depuis
l'an 1204 jusqu'à l'an 1451. Et enfin
de 1451 à 1546 il y a 95 ans. On auroit
continué encore deux fois 95 ans sans
la réforme du Calendrier qui fût faite à
Rome en 1582 , par laquelle on retrancha
tout à coup dix jours du mois
d'Octobre de cette année- là ; c'est ce qui
fit
que la premiere Pâque du 25 Avril au
lieu de revenir l'an 1641 ar bout de 95
ans , n'est arrivée que 25 ns après ,
c'est-à- dire au bout de 120
is après la
précédente ; et la seconde Pâques du
même 25 Avril , au lieu d'être differée
jusqu'en 1736 au bout de 95 ans reïterez ,
a été fixée à l'an 1734. après lequel temis
je ne sçai en quelle année elle reviendra .
Vous avez dû apprendre par le Journal
des Scavans du présent mois de May à
l'article des Nouvelles Litteraires de
#
D vj
Flo-
༥
492 MERCURE DE FRANCE
Florence ; qu'un Curé du Diocèse de
Pistoye en Italie , ptétend démontrer
dans un nouveau Traité sur la Fête de
Pâques , que la Réformation Grégoriene
a besoin d'être reformée elle -même
à cause des erreurs qu'elle contient par
rapport à la Fête de Pâques . Attendons
que cet Ouvrage soit venu jusqu'à nous
pour juger de ces erreurs , et si le calcul
Grégorien des Clefs de la Fête de
Pâques est sujet à des inconvéniens prévus.
>
Il n'est pas à souhaitter pour la tranquillité
des Rubriquaires Ecclesiastiques
que la Fête de Pâques revienne souvent
le 25 Avril . Vous scavez que c'est un
jour qui a été chargé successivement de
deux différentes cérémonies , toutes les
deux incompatibles avec cette Fête : Premierement
on y établit à Rome une Procession
de pénitence qui a été reçûe dans
presque toutes les Eglises de l'Occident ;
et que depuis ce tems - là on y aussi attaché
la Fête de l'Evangeliste S. Marc. A
l'égard de la premiere , je croi que vous
ne doutez point , non plus. que moi ,
ce que je tiens de feu M. l'Abbé Chastelain
, Chanoine de N. D. de Paris , que
le
25 Avril avoit été consacré cbez les
Payens par des Processions pour les biens
de
de
MARS 1734: 497
de la Terre ; ce qu'ils appelloient les Robigales
ou les Ambarvales , ( circonstarce
ignorée par M. Baillet , ) et qu'en
mémoire de cela on éloigne encore à
Rome le moins qu'il est possible du 25.
Avril les Litanies Chrétiennes qui y ont
été substituées. Je ne puis vous entrete
nir cette fois- cy de la raison qui a fait
tourner l'annonce de cette Procession ,
de la maniere dont elle l'est dans les
Brefs d'Auxerre , que l'on a tâché depuis
quinze ans de rendre les plus curieux et
les plus instructifs de tout le Royaume .
En attendant que je m'étende là - dessus
dans un petit Traité sur les Processions
du Paganisme , observez , s'il vous plaît ,
que c'est avec prudence que , si l'on n'a
pas fixé les Litanies Romaines plus avant
dans l'année que le 25. Avril , c'a été
vrai - semblablement de crainte qu'elles ne
concourussent quelquefois avec les Litaniès
Gallicanes , appellées Rogations , qui
peuvent arriver le 27. 28. et 19. Avril
lorsque Pâques a été le 22. Mars ; et parce
que l'Eglise de Rome a été bien aise
que les Litanies fussent toujours célebrées
les premieres.
Ce 28. May 1733 .
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Résumé : LETTRE du S. de l'Eglise d'Auxerre, à M.... Chanoine de l'Eglise de C. touchant les traditions populaires, au sujet de l'occurrence de la Fête de Pâques, au 25 Avril.
La lettre du Seigneur de l'Église d'Auxerre, adressée à un chanoine de l'Église de C., traite des traditions populaires liées à la fête de Pâques tombant le 25 avril, comme ce sera le cas en 1734. Cette coïncidence fait que la Fête-Dieu se trouve le 24 juin, jour de la Nativité de Saint Jean-Baptiste, ce qui a donné lieu à un proverbe sur la fin du monde. L'auteur précise que cette croyance est récente, car la Fête-Dieu n'a été instituée qu'au treizième siècle. Avant cette période, Pâques pouvait tomber le 25 avril sans conflit avec la fête de Saint Jean-Baptiste. L'auteur examine les tables chronologiques pour montrer que cette coïncidence s'est produite treize fois depuis l'origine du christianisme. Il mentionne des erreurs dans les tables imprimées et corrige les dates. Il note également que la rareté de cette occurrence a pu encourager la création de dictons populaires. L'auteur souligne que la Fête-Dieu a été établie environ deux siècles et demi après la dernière occurrence de Pâques le 25 avril, ce qui a conduit à des interprétations mystiques. La lettre mentionne également un proverbe lié à la coïncidence entre la Fête-Dieu et la veille de la Saint Jean, mais elle conteste sa validité en citant des exemples de périodes tumultueuses. L'auteur conclut en expliquant les cycles réguliers des dates de Pâques, influencés par les révolutions astrales, et mentionne la réforme du calendrier grégorien qui a modifié ces cycles. Il exprime également son inquiétude concernant les cérémonies incompatibles avec Pâques tombant le 25 avril, comme les processions de pénitence et la fête de Saint Marc.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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