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Détail
Liste
751
p. 1389-1390
Traité des Benefices Ecclesiastiques, [titre d'après la table]
Début :
TRAITÉ DES BENEFICES ECCLESIASTIQUES, dans lequel on concilie la [...]
Mots clefs :
Bénéfices ecclésiastiques, Recueil, Édits, Ordonnances, Déclarations, Matières bénéficiales, Préface
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texteReconnaissance textuelle : Traité des Benefices Ecclesiastiques, [titre d'après la table]
ORAITE' DES BENEFICES ECCLESIASTI
QUES dans lequel on concilie la
discipline de l'Eglise avec les usages du
Royaume de France , et le Recueil des
Edits , Ordonnances , Déclarations et
Arrêts de Reglement, concernant les matieres
Beneficiales et autres , qui y ont
raport. Par M. P... G.... trois tomes
in 4 le premier 700 pag. sans la Préface.
Le second 720. Le troisiéme 650. A Pa-.
ris chez Langlois , la veuve Mazieres , et
J. B. Garnier. 1734.
Cet Ouvrage n'est pas trop susceptible
d'un Extrait , et d'ailleurs la matiere,
II. Vol.
dont
1390 MERCURE DE FRANCE
dont il traite , n'est pas de notre compé
tence. Mais en attendant que les Journaux
des Sçavans en rendent compte au
Public , nous avertissons qu'on trouvera
dans la Préface de l'Auteur des Remarques
fort judicieuses sur les Casuistes et
les Jurisconsultes , qui ont écrit sur lë
même sujet que ce Traité est une compilation
très méthodique et très - bien
faite des dix - sept volumes de M. du
Perray , et d'un Traité imprimé à Paris
en 1721. auxquels on a ajouté cinq ou
six Questions , qui sont presque toutes
neuves un court Supplément et une
Table fort ample : Que le Recueil des
Edits , Ordonnances , Declarations . &c .
tient la moitié du second volume et tout
le troisiéme ร
que c'est la plus grande
Collection , qui ait encore paru sur cette
matiere ; qu'elle est terminée par deux
Tables très - commodes pour trouver d'abord
les pièces , dont on aura besoin .
Enfin si l'utilité , le bon style , l'exactitude
, la méthode et les recherches sçavantes
sont un pronostic sûr pour un
Ouvrage , on doit certainement très bien
augurer du succès de celui - ci , qui nous
paroît même nécessaire à tous ceux , qui
ont besoin d'étudier les matieres Beneficiales.
QUES dans lequel on concilie la
discipline de l'Eglise avec les usages du
Royaume de France , et le Recueil des
Edits , Ordonnances , Déclarations et
Arrêts de Reglement, concernant les matieres
Beneficiales et autres , qui y ont
raport. Par M. P... G.... trois tomes
in 4 le premier 700 pag. sans la Préface.
Le second 720. Le troisiéme 650. A Pa-.
ris chez Langlois , la veuve Mazieres , et
J. B. Garnier. 1734.
Cet Ouvrage n'est pas trop susceptible
d'un Extrait , et d'ailleurs la matiere,
II. Vol.
dont
1390 MERCURE DE FRANCE
dont il traite , n'est pas de notre compé
tence. Mais en attendant que les Journaux
des Sçavans en rendent compte au
Public , nous avertissons qu'on trouvera
dans la Préface de l'Auteur des Remarques
fort judicieuses sur les Casuistes et
les Jurisconsultes , qui ont écrit sur lë
même sujet que ce Traité est une compilation
très méthodique et très - bien
faite des dix - sept volumes de M. du
Perray , et d'un Traité imprimé à Paris
en 1721. auxquels on a ajouté cinq ou
six Questions , qui sont presque toutes
neuves un court Supplément et une
Table fort ample : Que le Recueil des
Edits , Ordonnances , Declarations . &c .
tient la moitié du second volume et tout
le troisiéme ร
que c'est la plus grande
Collection , qui ait encore paru sur cette
matiere ; qu'elle est terminée par deux
Tables très - commodes pour trouver d'abord
les pièces , dont on aura besoin .
Enfin si l'utilité , le bon style , l'exactitude
, la méthode et les recherches sçavantes
sont un pronostic sûr pour un
Ouvrage , on doit certainement très bien
augurer du succès de celui - ci , qui nous
paroît même nécessaire à tous ceux , qui
ont besoin d'étudier les matieres Beneficiales.
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Résumé : Traité des Benefices Ecclesiastiques, [titre d'après la table]
L'ouvrage 'Oraité des bénéfices ecclésiastiques' compile les disciplines de l'Église et les usages du Royaume de France en trois tomes : 700, 720 et 650 pages. Publié à Paris en 1734 par Langlois, la veuve Mazieres et J. B. Garnier, il n'est pas destiné à être extrait. La préface contient des remarques sur les casuistes et les jurisconsultes ayant traité du même sujet. L'ouvrage synthétise les dix-sept volumes de M. du Perray et un traité de 1721, enrichis de nouvelles questions, d'un supplément et d'une table ample. Le second tome et le troisième sont dédiés aux édits, ordonnances, déclarations et arrêts concernant les matières bénéficiales. Cette collection est présentée comme la plus complète publiée à ce jour, facilitée par deux tables pour retrouver les pièces nécessaires. L'ouvrage est loué pour son utilité, son style, son exactitude, sa méthode et ses recherches savantes, en faisant une référence essentielle pour l'étude des bénéfices ecclésiastiques.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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752
p. 1391
« CATALOGUE des Archevêchez, Evêchez, Abbayes et Prieurez de Nomination Royale, [...] »
Début :
CATALOGUE des Archevêchez, Evêchez, Abbayes et Prieurez de Nomination Royale, [...]
Mots clefs :
Nomination royale, Évêchés
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texteReconnaissance textuelle : « CATALOGUE des Archevêchez, Evêchez, Abbayes et Prieurez de Nomination Royale, [...] »
CATALOGUE des Archevêchez
Evêch z , Abbayes et Prieurez de Nomination
Royale , leur revenu , charges
déduites ; la Taxe de Rome , les Evêchez
situez en pays d'obédience ceux qui
sont du ressort de la Legation d'Avignon ;
le nom des Titulaires , et la date de leur
Nomination en l'état qu'ils se trouvent
au 15 de May 1734. A Paris , chez Langlois
, Imprimeur Libraire , rue S. Etienne
d'Egrès , au Bon Pasteur. 1734. in 8 .
Ce Recueil , dont voici la seconde Fdition
considerablement augmentée et plus
correcte , est très secourable pour avoir
la connoissance la plus juste des Benefices
que l'on ait cüe jusqu'à présent.
Evêch z , Abbayes et Prieurez de Nomination
Royale , leur revenu , charges
déduites ; la Taxe de Rome , les Evêchez
situez en pays d'obédience ceux qui
sont du ressort de la Legation d'Avignon ;
le nom des Titulaires , et la date de leur
Nomination en l'état qu'ils se trouvent
au 15 de May 1734. A Paris , chez Langlois
, Imprimeur Libraire , rue S. Etienne
d'Egrès , au Bon Pasteur. 1734. in 8 .
Ce Recueil , dont voici la seconde Fdition
considerablement augmentée et plus
correcte , est très secourable pour avoir
la connoissance la plus juste des Benefices
que l'on ait cüe jusqu'à présent.
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Résumé : « CATALOGUE des Archevêchez, Evêchez, Abbayes et Prieurez de Nomination Royale, [...] »
Le document 'CATALOGUE des Archevêchez, Evêch z, Abbayes et Prieurez de Nomination Royale' du 15 mai 1734 détaille les revenus et charges des évêchés, abbayes et prieurés en France. Il inclut la taxe de Rome et distingue les évêchés en fonction de leur obédience. Il liste les titulaires et leurs dates de nomination. Publié à Paris par Langlois, il vise à fournir une connaissance précise des bénéfices ecclésiastiques.
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753
p. 1400-1401
Bibliotheque Raisonnée, &c. [titre d'après la table]
Début :
BIBLIOTHEQUE RAISONNÉE des Ouvrages des Sçavans de l'Europe, Tome [...]
Mots clefs :
Poésies, Abbé Chaulieu, Marquis de La Fare, Docteur Mandeville
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texteReconnaissance textuelle : Bibliotheque Raisonnée, &c. [titre d'après la table]
BIBLIOTHEQUE RAISON NE'E
des Ouvrages des Sçavans de l'Europe ,
Tome 8. premiere et seconde Partie
année 1732. A Amsterdam chez les
Wetsteins et Smith. in 12.
>
Cet Ouvrage se soutient toujours avec
la même élegance , la même force , la
,
II. Vol.
même
JUIN.
1734. 1401
C
même érudition , et la même finesse de
style : pour en convenir on n'a qu'à lire
l'Extrait qui est à l'ouverture du Livre
que nous annonçons . C'est la nouvelle
Edition faite à la Haye en 1731. des
Poësies de l'Abbé de Chaulien et du
Marquis de la Fare.
On apprend dans l'article des Nouvelles
Litteraires que le Docteur Mandeville
a publié à Londres un Ouvrage
Anglois sous ce titre : Recherches sur l'origine
de l'Honneur et sur l'utilité du Christianisme
dans la Guerre. Par l'Auteur de
la Fable des Abeilles . in 8 .
des Ouvrages des Sçavans de l'Europe ,
Tome 8. premiere et seconde Partie
année 1732. A Amsterdam chez les
Wetsteins et Smith. in 12.
>
Cet Ouvrage se soutient toujours avec
la même élegance , la même force , la
,
II. Vol.
même
JUIN.
1734. 1401
C
même érudition , et la même finesse de
style : pour en convenir on n'a qu'à lire
l'Extrait qui est à l'ouverture du Livre
que nous annonçons . C'est la nouvelle
Edition faite à la Haye en 1731. des
Poësies de l'Abbé de Chaulien et du
Marquis de la Fare.
On apprend dans l'article des Nouvelles
Litteraires que le Docteur Mandeville
a publié à Londres un Ouvrage
Anglois sous ce titre : Recherches sur l'origine
de l'Honneur et sur l'utilité du Christianisme
dans la Guerre. Par l'Auteur de
la Fable des Abeilles . in 8 .
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Résumé : Bibliotheque Raisonnée, &c. [titre d'après la table]
La 'Bibliothèque Raisonnée', publiée en 1732 à Amsterdam, compile des ouvrages savants européens. Le tome 8 est loué pour son élégance et son érudition. Il inclut des poésies de l'Abbé de Chaulien et du Marquis de la Fare. Les Nouvelles Littéraires mentionnent un ouvrage du Docteur Mandeville, auteur de 'La Fable des Abeilles'.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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754
p. 1442-1445
Benediction de Drapeaux, et Discours, &c. [titre d'après la table]
Début :
On nous écrit de Valence en Dauphiné, qu'on y benit dans la Cathédrale [...]
Mots clefs :
Valence, Dieu, Drapeaux, Combattre, Religion, Cérémonie
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texteReconnaissance textuelle : Benediction de Drapeaux, et Discours, &c. [titre d'après la table]
On nous a écrit de Valence en Dauphiné
, qu'on y benit dans la Cathédrale
le 15 Juin les Drapeaux du Régiment de
M. d'Antin de Saint- Pée : M. Millon
Evêque de Valence , qui fit la ceremonie
, la termina par le Discours suivant.
C'est une cérémonie aussi ancienne que
la Religion , que les plus braves Guer
riers se sont fait dans tous les tens un
devoit de remplir , d'apporter aux pieds
des Autels les Drapeaux et les Etendarts,
pour reconnoître que c'est là le Tribunal
d'où Dieu préside souverainement à la
Justice redoutable que les Nations et les
Rois de la terre se font à eux -mêmes; que
si ce sont les hommes qui livrent les batailles
, c'est de lui que nous recevons la
victoire ; et qu'à moins qu'il ne purifie
par sa grace les mains de ceux qui combattent
; tous les lauriers qui croissent
sous leurs pas , ne sont que des feuilles
steriles qui ne produisent point de fruits
d'immortalité.
II. Vol. Pénetrez
JUIN. 1734 .
1443
Pénetrez de ces sentimens , avec quelle
joie ne vous voyons -nous pas assemblez
dans ce saint Temple , pour y adorer en
esprit et en verité le Dieu qui se qualific
par excellence le Dieu des Armées le
prendre à témoin , et renouveller en sa
présence de la maniere la plus solemnelle ;
les engagemens que vous avez contractez
de combattre et de mourir , s'il le faut ,
pour la gloire du Roi et l'honneur de la
Patrie ?
Vous êtes tous sortis , MESSIEURS ;
d'une Nation guerriere , dont le propre
est de se présenter avec confiance , et de
combattre encore avec plus de valeur.Nés
du goût et des talens pour la guerre , les
premiers bruits qui s'en sont répandus
vous ont arrachez du repos de vos familles
, dans le sein desquelles la plus longue
paix n'a pu amollir votre courage ; vous
avez accepté des Emplois que vous honorez
, mais qui vous honoreront à leur
tour , par la maniere dont vous les remplirez.
Tout ce que nous voyons en vous ,
cette contenance noble et assurée , cet
air de guerre , cette impatience de pouvoir
faire partie de ces Armées brillantes
et formidables , qui répandent déja la
terreur dans le coeur de ceux qui ont
II. Vol. troublé
F444 MERCURE DE FRANCE
troublé la tranquilité de l'Europe ; cette
exactitude et cette severité de discipline ,
qui fut toujours le caractere des Troupes
victorieuses ; tout nous découvre pour
vous une carriere remplie de succez et de
triomphes.
Pour vous les attirer , faites vous aujourd'hui
une loi de remplir avec exactitude
dans le tumulte des armes , les devoirs
paisibles de la Religion ; supportez
en esprit de pénitence les fatigues et les
travaux militaires ; n'envisagez qu'avec
douleur les maux qu'entraînent toujours
sur les Peuples les Guerres même les plus
justes ? regardez vos soldats comme vos
freres , bien loin d'affoiblir par- là la
subordination , vous l'affermirez davantage
ne prêtez que des mains chrétiennes
au Dieu des Batailles. Dans l'ardeur
qui vous anime pour combattre , n'offenle
Dieu des combats , et ne vous
rendez pas indignes par vos infidelitez de
vaincre les ennemis que vous aurez le
courage d'attaquer : ne vous présentez
jamais à aucune action , sans avoir imploré
le secours d'en haut. L'Ecriture
nous apprend que Judas Machabie n'étoir
jamais plus terrible dans le combat ,
qu'en sortant de la priere ; et malgré les
préjugez de votre Etat , vous éprouvesez
pas
-
II. Vol. rez
JUIN. 1734
1445
rez que le Soldat le plus fidele à Dieu , est
aussi dans l'occasion le plus courageux.
Dans ces dispositions , recevez avec
confiance ces premiers Drapeaux de la
main de l'Eglise ; sous les ordres du
Héros qui vous commande , ils vous
conduiront sûrement à la gloire.
Pour nous , MESSIEURS , nous ne
vous oublierons point dans nos Sacrifi-
⚫ces:en attendant que vous ayez part à nos
Cantiques de joie et à nos actions de graces
, vous en aurez à nos pricres . Vous
combattrez dans la plaine ; les yeux attachez
sur vous,nous leverons les yeux vers
la montagne ; et tandis que nos Armes
victorieuses mettront à contribution les-
Terres des Philistins , et qu'elles renverseront
leurs remparts , nous ne cesserons
de demander à Dieu qu'il répande sur le
Royaume et sur ceux qui le défendent ,
ses plus abondantes benedictions .
, qu'on y benit dans la Cathédrale
le 15 Juin les Drapeaux du Régiment de
M. d'Antin de Saint- Pée : M. Millon
Evêque de Valence , qui fit la ceremonie
, la termina par le Discours suivant.
C'est une cérémonie aussi ancienne que
la Religion , que les plus braves Guer
riers se sont fait dans tous les tens un
devoit de remplir , d'apporter aux pieds
des Autels les Drapeaux et les Etendarts,
pour reconnoître que c'est là le Tribunal
d'où Dieu préside souverainement à la
Justice redoutable que les Nations et les
Rois de la terre se font à eux -mêmes; que
si ce sont les hommes qui livrent les batailles
, c'est de lui que nous recevons la
victoire ; et qu'à moins qu'il ne purifie
par sa grace les mains de ceux qui combattent
; tous les lauriers qui croissent
sous leurs pas , ne sont que des feuilles
steriles qui ne produisent point de fruits
d'immortalité.
II. Vol. Pénetrez
JUIN. 1734 .
1443
Pénetrez de ces sentimens , avec quelle
joie ne vous voyons -nous pas assemblez
dans ce saint Temple , pour y adorer en
esprit et en verité le Dieu qui se qualific
par excellence le Dieu des Armées le
prendre à témoin , et renouveller en sa
présence de la maniere la plus solemnelle ;
les engagemens que vous avez contractez
de combattre et de mourir , s'il le faut ,
pour la gloire du Roi et l'honneur de la
Patrie ?
Vous êtes tous sortis , MESSIEURS ;
d'une Nation guerriere , dont le propre
est de se présenter avec confiance , et de
combattre encore avec plus de valeur.Nés
du goût et des talens pour la guerre , les
premiers bruits qui s'en sont répandus
vous ont arrachez du repos de vos familles
, dans le sein desquelles la plus longue
paix n'a pu amollir votre courage ; vous
avez accepté des Emplois que vous honorez
, mais qui vous honoreront à leur
tour , par la maniere dont vous les remplirez.
Tout ce que nous voyons en vous ,
cette contenance noble et assurée , cet
air de guerre , cette impatience de pouvoir
faire partie de ces Armées brillantes
et formidables , qui répandent déja la
terreur dans le coeur de ceux qui ont
II. Vol. troublé
F444 MERCURE DE FRANCE
troublé la tranquilité de l'Europe ; cette
exactitude et cette severité de discipline ,
qui fut toujours le caractere des Troupes
victorieuses ; tout nous découvre pour
vous une carriere remplie de succez et de
triomphes.
Pour vous les attirer , faites vous aujourd'hui
une loi de remplir avec exactitude
dans le tumulte des armes , les devoirs
paisibles de la Religion ; supportez
en esprit de pénitence les fatigues et les
travaux militaires ; n'envisagez qu'avec
douleur les maux qu'entraînent toujours
sur les Peuples les Guerres même les plus
justes ? regardez vos soldats comme vos
freres , bien loin d'affoiblir par- là la
subordination , vous l'affermirez davantage
ne prêtez que des mains chrétiennes
au Dieu des Batailles. Dans l'ardeur
qui vous anime pour combattre , n'offenle
Dieu des combats , et ne vous
rendez pas indignes par vos infidelitez de
vaincre les ennemis que vous aurez le
courage d'attaquer : ne vous présentez
jamais à aucune action , sans avoir imploré
le secours d'en haut. L'Ecriture
nous apprend que Judas Machabie n'étoir
jamais plus terrible dans le combat ,
qu'en sortant de la priere ; et malgré les
préjugez de votre Etat , vous éprouvesez
pas
-
II. Vol. rez
JUIN. 1734
1445
rez que le Soldat le plus fidele à Dieu , est
aussi dans l'occasion le plus courageux.
Dans ces dispositions , recevez avec
confiance ces premiers Drapeaux de la
main de l'Eglise ; sous les ordres du
Héros qui vous commande , ils vous
conduiront sûrement à la gloire.
Pour nous , MESSIEURS , nous ne
vous oublierons point dans nos Sacrifi-
⚫ces:en attendant que vous ayez part à nos
Cantiques de joie et à nos actions de graces
, vous en aurez à nos pricres . Vous
combattrez dans la plaine ; les yeux attachez
sur vous,nous leverons les yeux vers
la montagne ; et tandis que nos Armes
victorieuses mettront à contribution les-
Terres des Philistins , et qu'elles renverseront
leurs remparts , nous ne cesserons
de demander à Dieu qu'il répande sur le
Royaume et sur ceux qui le défendent ,
ses plus abondantes benedictions .
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Résumé : Benediction de Drapeaux, et Discours, &c. [titre d'après la table]
Le 15 juin 1734, à Valence en Dauphiné, les drapeaux du régiment de M. d'Antin de Saint-Pée ont été bénis dans la cathédrale par M. Millon, l'évêque de Valence. Lors de la cérémonie, l'évêque a souligné l'importance historique et religieuse de bénir les drapeaux, une tradition aussi ancienne que la religion. Cette bénédiction permet aux guerriers de reconnaître la souveraineté de Dieu sur la justice et la victoire. L'évêque a rappelé que, bien que les hommes livrent les batailles, la victoire vient de Dieu, et que sans Sa grâce, leurs succès seront stériles. L'évêque a exhorté les soldats à être pénétrés de ces sentiments et à adorer Dieu avec joie et sincérité. Il a loué leur courage et leur dévouement, notant qu'ils étaient prêts à combattre pour la gloire du roi et l'honneur de la patrie. Il a également souligné leur discipline et leur ardeur au combat, prédisant une carrière remplie de succès et de triomphes. Pour attirer ces succès, l'évêque a conseillé aux soldats de respecter les devoirs religieux même au milieu des combats, de supporter les fatigues militaires avec pénitence, et de considérer leurs camarades comme des frères. Il les a encouragés à prier avant chaque action et à rester fidèles à Dieu, rappelant l'exemple de Judas Maccabée, qui était plus terrible au combat après la prière. Enfin, l'évêque a remis les drapeaux bénis aux soldats, leur assurant que sous les ordres de leur héros, ils seraient conduits à la gloire. Il a promis de les inclure dans ses prières et ses sacrifices, demandant à Dieu de bénir le royaume et ceux qui le défendent.
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755
p. 1445-1449
MORTS.
Début :
Les Chanoines Réguliers de l'Abbaye de sainte Genevieve respectueusement attachés à la [...]
Mots clefs :
Mademoiselle de Beaujolais, Abbaye de Sainte-Geneviève, Autel, Louis de Bréhan de Plélo, Argent, Blanc, Roi, Satin, Chanoines réguliers, Maison d'Orléans
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS.
MORT S.
Es Chanoines Réguliers de l'Abbaye de sainte
Genevieve respectueusement attachés à la
Maison d'Orleans , dont ils ressentent continuellement
la puissante protection , se sont portez
d'eux-mêmes à cétebrer up Service solemnel
II Vol. pour
$446 MERCURE DE FRANCE
pour
le repos de l'ame de Mademoiselle d'O:-
leans de Beaujolois Princesse du Sang. Rien n'a
été omis de ce qui peut rendre auguste une tel
cérémonie ,
- Le frontispice de l'Eglise étoit tendu de banc;
on avoit placé au milieu un grand écusson en
losange haut de 15 pieds , aux Armes de la Maison
d'Orleans. Toute l'Eglise étoit tendue en
blanc depuis le haut jusqu'en bas , avec des
Armoiries de distance en distance . Un Catafalque
placé dans le Choeur au-dessus du Tombeau de
Clovis , comprenoit differentes pieces , qui chacune
avoit leur beauté; une Estrade à quatre gradins
chargée de chandeliers et de girandoles d'argent
, conduisoit à une Représentation couverte
d'un poële de satin blanc bordé d'hermine , avec
une Croix de moëre d'argent . A l'extremité de
la Représentation se voyoit sur un carreau de satin
à glands d'argent , la Couronne de Princesse,
couverte d'un crêpe blanc. Un dais suspendu à la
voûte surmonté d'aigrettes blanches très- fines ,
servoit de couronnement ; il étoit de satin blanc
orné de grandes crépines d'argent en festons.
Des quatre angles sortoient d'amples rideaux
aussi de satin blanc avec des franges d'argent ,
soutenus et relevez en festons par des cordons t
grosses houpes d'argent.
L'Autel étoit des mieux ordonné ; un somptueux
dais de velours noir semé de larmes en relief
, s'élevoit au - dessus : les Trophées de la
Mort brodez sur la queue du dais , contenoient
une grande Croix de même travail, Venoit ensuite
une distribution de chandeliers entremêlés
de girandolles au bas étoit le Retable orné de
cartouches en broderie , et plusieurs rangs de
chandeliers d'argent.
II. Vol. L'Autel
JUIN 1734 1447
L'Autel n'ayant pu être ainsi disposé sans
ane espece de charpente qui paroissoit par derriere
, on eut soin de la couvrir d'un très-beau
morceau de broderie en velours noir , qui représentoit
les symboles du Jugement dernier , et un
Ange embouchant la trompette. Les Tribunes
étoient pareillement garnies de girandoles.
Les préparatifs achevés , les Chanoines Réguliers
chanterent ks Vigiles le Mercredi au
soir 9. Juin ; S. M. C. la Reine d'Espagne et
Monseigneur le Duc d'Orleans y assisterent. Le
Lendemain Jeudi , la Messe fut célebrée par l'Abbé
en habits Pontificaux ; les Ministres étoient
revêtus d'Ornemens magnifiques , soit Tuniques,
soit Chappes. Le Choeur avoit aussi ses Officiers
egalement revêtus.
Le concours fut grand au Service . Pour éviter
la confusion et le tumulte , les Suisses du Palais
Royal garderent les Portes.
Plusieurs Prélats , des Generaux d'Ordre , des
Ecclésiastiques de tous les Corps , quantité de
Noblesse , de Dames de la premiere distinction
et des Magistrats invitez par les Chanoines Réguliers
, assisterent au Service , et furent placez
sur des sieges de deuil préparez à cet effet , tant
sur une estrade qu'on avoit dressé dans l'avant-
Sanctuaire , que dans le Choeur et le rond- point.
La présence de la Reine d'Espagne et de Monseigacur
le Duc d'Orleans augmentoit le lustre de
cette pieuse cérémonie . A côtéde S. A. R. étoient
les principaux Officiers de la Maison d'Orleans ,
et derriere , les Aumôniers en rochet , manteau
et bonnet quarré.
Le Comte de Bonamour Colonel au service
du Roi d'Espagne , et Capitaine dans le Régiment
des Gardes Walones , qui a été tué le 25
II. Vol. Maj
1448 MERCURE DE FRANCE
Mai dernier à la Journée de Bitonte dans le
Royaume de Naples , se nommoit Louis Germain
de Talhoët , et étoit d'une ancienne Noblesse
de la Province de Bretagne.
>
Louis- Robert- Hyppolite de Brehan Comte de
Plelo , ci -devant Mestre de Camp d'un Régiment
de Dragons , et auparavant Sous Lieutenant
des Gendarmes de Flandres , et Ambassadeur
du Roi en Dannemarck depuis 1729 , a été
tué le 27 Mai dernier à l'âge d'environ 35 ans ,
à l'attaque des retranchements de l'Armée Moscovite
assiegeant Dantzick. Il commandoit la
premiere colonne du Secours François destiné
pour cette Ville assiégée . Après avoir forcé les
barricades et penetré jusques dans les retranchements
il y a été frappé de plusieurs coups , ralliant
ses Troupes qui plioient sous le nombre et
le grand feu des. Moscovites. Il étoit fils deJean-
François de Brehan Comte de Mauron, et petitfils
de Maurille de Brehan Comte de Mauron , et
de Plelo , et de Louise de Quelen. Son bisayeul
étoit Louis de Brehan Baron de Château Brehan,
du Plessis , Mauron , Galinée , &c . Chevalier
de l'Ordre du Roi , Gentilhomme ordinaire de
sa Chambre , Maréchal de ses Camps et Armées,
tué aux guerres d'Allemagne en 1634. Le nom
de Brehan est un des plus nobles et des plus anciens
de la Bretagne , vraye Race d'ancienne Noblesse
de Chevalerie , et qui dans l'onzième et
douzième siecle tenoit rang parmi les anciens Barons
du Pays avant la Réduction faite en 1451 .
Louise Phelypeaux sa veuve , est fille de feu
Louis Phelypeaux Marquis de la Vrilliere , Ministre
et Secretaire d'Etat , et de Françoise de
Mailli , aujourd'hui Duchesse de Mazarin , et
Dame d'atour de la Reine , dont il laisse plu-
II. Vol. sicurs
JUI N. 1734.
1
1449
sieurs enfans en bas âge , ausquels le Roi a accordé
dix mille livres de pension .
Le premier Jun 1734 Nicolas-Simon - Jude
de Beauvau de Craon , Sous - Diacre , natif de
Lunéville en Lorraine , l'un des fils de Marc de
Beauvau Marquis de Craon et de Harouel , Prince
du Saint Empire , Grand d'Espagne de la
premiere classe , Conseiller d'Etat , et Grand
Ecuyer du Duc de Lorraine , et de Dame Anne
Marguerite de Liguiville Dame d'honneur de la
Duchesse de Lorraine , mourut de la petite ve
role à Rome à l'âge d'environ 24 ans.
Le 11 Juin 1734 Jacques- André de Mortani
( ou de Mortaigne en François ) Lieutenant Generaldes
Armées du Roi , mourut à Charlev ille
âgé de 84 ans. Il étoit Hongrois de nation , et
avoit été d'abord Lieutenant -Colonel du Régi
ment du Prince Administrateur de Wirtemberg.
Etant entré au Service de France , il fut fait Colonel
d'un Régiment de Hussarts en 169 ;, Chevalier
de l'Ordre Militaire de S. Louis en 1703
Brigadier le 10 Février 1704 , Maréchal de
Camp le 29 Mars 1710 , et Lieutenant- Gene
ral le, 30 Mars 1720.
Es Chanoines Réguliers de l'Abbaye de sainte
Genevieve respectueusement attachés à la
Maison d'Orleans , dont ils ressentent continuellement
la puissante protection , se sont portez
d'eux-mêmes à cétebrer up Service solemnel
II Vol. pour
$446 MERCURE DE FRANCE
pour
le repos de l'ame de Mademoiselle d'O:-
leans de Beaujolois Princesse du Sang. Rien n'a
été omis de ce qui peut rendre auguste une tel
cérémonie ,
- Le frontispice de l'Eglise étoit tendu de banc;
on avoit placé au milieu un grand écusson en
losange haut de 15 pieds , aux Armes de la Maison
d'Orleans. Toute l'Eglise étoit tendue en
blanc depuis le haut jusqu'en bas , avec des
Armoiries de distance en distance . Un Catafalque
placé dans le Choeur au-dessus du Tombeau de
Clovis , comprenoit differentes pieces , qui chacune
avoit leur beauté; une Estrade à quatre gradins
chargée de chandeliers et de girandoles d'argent
, conduisoit à une Représentation couverte
d'un poële de satin blanc bordé d'hermine , avec
une Croix de moëre d'argent . A l'extremité de
la Représentation se voyoit sur un carreau de satin
à glands d'argent , la Couronne de Princesse,
couverte d'un crêpe blanc. Un dais suspendu à la
voûte surmonté d'aigrettes blanches très- fines ,
servoit de couronnement ; il étoit de satin blanc
orné de grandes crépines d'argent en festons.
Des quatre angles sortoient d'amples rideaux
aussi de satin blanc avec des franges d'argent ,
soutenus et relevez en festons par des cordons t
grosses houpes d'argent.
L'Autel étoit des mieux ordonné ; un somptueux
dais de velours noir semé de larmes en relief
, s'élevoit au - dessus : les Trophées de la
Mort brodez sur la queue du dais , contenoient
une grande Croix de même travail, Venoit ensuite
une distribution de chandeliers entremêlés
de girandolles au bas étoit le Retable orné de
cartouches en broderie , et plusieurs rangs de
chandeliers d'argent.
II. Vol. L'Autel
JUIN 1734 1447
L'Autel n'ayant pu être ainsi disposé sans
ane espece de charpente qui paroissoit par derriere
, on eut soin de la couvrir d'un très-beau
morceau de broderie en velours noir , qui représentoit
les symboles du Jugement dernier , et un
Ange embouchant la trompette. Les Tribunes
étoient pareillement garnies de girandoles.
Les préparatifs achevés , les Chanoines Réguliers
chanterent ks Vigiles le Mercredi au
soir 9. Juin ; S. M. C. la Reine d'Espagne et
Monseigneur le Duc d'Orleans y assisterent. Le
Lendemain Jeudi , la Messe fut célebrée par l'Abbé
en habits Pontificaux ; les Ministres étoient
revêtus d'Ornemens magnifiques , soit Tuniques,
soit Chappes. Le Choeur avoit aussi ses Officiers
egalement revêtus.
Le concours fut grand au Service . Pour éviter
la confusion et le tumulte , les Suisses du Palais
Royal garderent les Portes.
Plusieurs Prélats , des Generaux d'Ordre , des
Ecclésiastiques de tous les Corps , quantité de
Noblesse , de Dames de la premiere distinction
et des Magistrats invitez par les Chanoines Réguliers
, assisterent au Service , et furent placez
sur des sieges de deuil préparez à cet effet , tant
sur une estrade qu'on avoit dressé dans l'avant-
Sanctuaire , que dans le Choeur et le rond- point.
La présence de la Reine d'Espagne et de Monseigacur
le Duc d'Orleans augmentoit le lustre de
cette pieuse cérémonie . A côtéde S. A. R. étoient
les principaux Officiers de la Maison d'Orleans ,
et derriere , les Aumôniers en rochet , manteau
et bonnet quarré.
Le Comte de Bonamour Colonel au service
du Roi d'Espagne , et Capitaine dans le Régiment
des Gardes Walones , qui a été tué le 25
II. Vol. Maj
1448 MERCURE DE FRANCE
Mai dernier à la Journée de Bitonte dans le
Royaume de Naples , se nommoit Louis Germain
de Talhoët , et étoit d'une ancienne Noblesse
de la Province de Bretagne.
>
Louis- Robert- Hyppolite de Brehan Comte de
Plelo , ci -devant Mestre de Camp d'un Régiment
de Dragons , et auparavant Sous Lieutenant
des Gendarmes de Flandres , et Ambassadeur
du Roi en Dannemarck depuis 1729 , a été
tué le 27 Mai dernier à l'âge d'environ 35 ans ,
à l'attaque des retranchements de l'Armée Moscovite
assiegeant Dantzick. Il commandoit la
premiere colonne du Secours François destiné
pour cette Ville assiégée . Après avoir forcé les
barricades et penetré jusques dans les retranchements
il y a été frappé de plusieurs coups , ralliant
ses Troupes qui plioient sous le nombre et
le grand feu des. Moscovites. Il étoit fils deJean-
François de Brehan Comte de Mauron, et petitfils
de Maurille de Brehan Comte de Mauron , et
de Plelo , et de Louise de Quelen. Son bisayeul
étoit Louis de Brehan Baron de Château Brehan,
du Plessis , Mauron , Galinée , &c . Chevalier
de l'Ordre du Roi , Gentilhomme ordinaire de
sa Chambre , Maréchal de ses Camps et Armées,
tué aux guerres d'Allemagne en 1634. Le nom
de Brehan est un des plus nobles et des plus anciens
de la Bretagne , vraye Race d'ancienne Noblesse
de Chevalerie , et qui dans l'onzième et
douzième siecle tenoit rang parmi les anciens Barons
du Pays avant la Réduction faite en 1451 .
Louise Phelypeaux sa veuve , est fille de feu
Louis Phelypeaux Marquis de la Vrilliere , Ministre
et Secretaire d'Etat , et de Françoise de
Mailli , aujourd'hui Duchesse de Mazarin , et
Dame d'atour de la Reine , dont il laisse plu-
II. Vol. sicurs
JUI N. 1734.
1
1449
sieurs enfans en bas âge , ausquels le Roi a accordé
dix mille livres de pension .
Le premier Jun 1734 Nicolas-Simon - Jude
de Beauvau de Craon , Sous - Diacre , natif de
Lunéville en Lorraine , l'un des fils de Marc de
Beauvau Marquis de Craon et de Harouel , Prince
du Saint Empire , Grand d'Espagne de la
premiere classe , Conseiller d'Etat , et Grand
Ecuyer du Duc de Lorraine , et de Dame Anne
Marguerite de Liguiville Dame d'honneur de la
Duchesse de Lorraine , mourut de la petite ve
role à Rome à l'âge d'environ 24 ans.
Le 11 Juin 1734 Jacques- André de Mortani
( ou de Mortaigne en François ) Lieutenant Generaldes
Armées du Roi , mourut à Charlev ille
âgé de 84 ans. Il étoit Hongrois de nation , et
avoit été d'abord Lieutenant -Colonel du Régi
ment du Prince Administrateur de Wirtemberg.
Etant entré au Service de France , il fut fait Colonel
d'un Régiment de Hussarts en 169 ;, Chevalier
de l'Ordre Militaire de S. Louis en 1703
Brigadier le 10 Février 1704 , Maréchal de
Camp le 29 Mars 1710 , et Lieutenant- Gene
ral le, 30 Mars 1720.
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Résumé : MORTS.
En juin 1734, les Chanoines Réguliers de l'Abbaye de Sainte-Geneviève ont organisé une cérémonie funéraire en mémoire de Mademoiselle d'Orléans de Beaujolais, Princesse du Sang. Cette cérémonie, marquée par une grande solennité, a vu la décoration somptueuse de l'église avec des écussons, des armoiries et un catafalque richement orné. La Reine d'Espagne et le Duc d'Orléans ont assisté aux vigiles et à la messe, accompagnés de nombreux prélats, ecclésiastiques, nobles et magistrats. La présence de Suisses du Palais Royal a assuré le maintien de l'ordre durant l'événement. Le texte mentionne également plusieurs décès notables. Le Comte de Bonamour a été tué lors de la bataille de Bitonte. Louis-Robert-Hyppolite de Brehan, Comte de Plelo, est mort lors de l'attaque des retranchements de l'armée moscovite assiégeant Dantzick. Nicolas-Simon-Jude de Beauvau de Craon, Sous-Diacre, est décédé de la petite vérole à Rome. Enfin, Jacques-André de Mortani, Lieutenant Général des Armées du Roi, est mort à Charleville à l'âge de 84 ans.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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756
p. 1455-1456
« Le 23 Juin 1734. Edme Pourchot, Licentié ès Droits, Ancien Recteur et Syndic de l'Université [...] »
Début :
Le 23 Juin 1734. Edme Pourchot, Licentié ès Droits, Ancien Recteur et Syndic de l'Université [...]
Mots clefs :
Évêque de Bayonne, Pierre Guillaume de La Vieuxville, Faculté de Paris, Roi, Diocèse, Marquis, Église cathédrale
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le 23 Juin 1734. Edme Pourchot, Licentié ès Droits, Ancien Recteur et Syndic de l'Université [...] »
Le 23 Juin 1734, Edme Pourchot , Licentié
ès Droits , Ancien Recteur et Syndic de l'Unis
versité de Paris , Professeur Emérité , et Doyen
de la Tribu de Sens , mourut âgé d'environ 83
ans , s'étant acquis dans son tems par son habileté
beaucoup de réputation.
Le 24 Juin 1734. Charles- Henri - Phelipeaux
de Pontchartrain , Prêtre du Diocèse de Paris ,
Abbé Commandataire de l'Abbaye de Royaumont
, Ordre de Citeaux , Diocèse de Beauvais
depuis le 26 Novembre 1728.Docteur en Théolo
gie de la Faculté de Paris du à Avril 1732. et
nommé à l'Evêché de Blois , le 23 Mai dernier,
mourut à Paris d'une Rougeole rentrée , âgé
d'environ 18 ans , et le lendemain son corps fat
porté à S. Germain l'Auxerrois , où il fut inhu
mé da nsla sépulture de sa famille. Il étoit fils de
Jerôme Phelypeaux , Comte de Pontchartrain ,.
et de Palluau , Marquis de Chefboutonne et de
Châteauneuf sur Cher , Commandeur des Ordres
Roi , et ci-devant Sécretaire d'Etat , et de
feue Dame Christine- Eleonore de Royè de la
Rochefoucault de Roacy , sa premiere femme ,
morte le 23 Juin 1708.
Le 24 Juin 1734. est né François- Louis - Ga
briel , fils premier né de Josepb Antoine Four-
Bier , Marquis de Wargemont , Seigneur de Sorel
, Drouil , Wanel , &c . Mestre de Camp de
Cavalerie , et Enseigne de la Compagnie des
Gendarmes de la Garde du Roi , et de Dame
Bonne Gabrielle de S. Chamant , mariez le ro
Mars de l'année derniere , ainsi qu'il a été rapporté
dans le Mercure du mois de Mars 1733 .
pag. 609. Cet enfant a été baptisé par le Curé
primitif des Paroisses de Villenoxe et d'Ival ,
et a eu pour parein et mareinè M. de Warge-
II. Vol.
I iiij
mont,
456 MERCURE DE FRANCE
mont › son ayeul paternel , et Dame Marie-
Louise Larcher , son ayeule maternelle , veuve
d'Antoine Galliot de S. Chamant , Marquis de
Montaiguillon , Seigneur de Villenoxe , Grand
Bailli de Sezanne en Brie , Lieutenant des Gardes
du Corps du Roi Maréchal de Camp de
ses Armées , et Gouverneur de Puy - Laurensen
Languedoc , mort le 18 Juin 1731 .
L'Evêque de Bayonne qui est mort après une
longue maladie à Paris , le 30 Juin 1734. dans
la sa année de son âge , se nommoit Pierre-
Guillaume de la Vieuxville , et étoit fils de feu
Joseph-Guillaume de la Vieuxville , Marquis de
Maulle , Maître des Requêtes ordinaire de l'Hôtel
du Roi , et Sécretaire des Commandemens ,
Maisons et Finances de la Duchesse de Bourgogne
, mort le 21 Août 1700. à l'âge de 52
ans et de Marie Luillier . Il fut d'abord reçu
Archidiacre de Dunois , en l'Eglise de Chartres ,
le 17 Septembre 1708. Docteur en Théologie
de la Faculté de Paris , le 30 Juillet 1710. Vicaire
General de Chartres la même année
ensuite Archidiacre de Pincerais dans la même
Eglise , le 19 Fevrier 1716. puis Doyen de l'Eglise
Cathédrale de Nantes en 1721. aussi Vicaire
General du Diocèse de Nantes , l'un des Dépu
tez du deuxième Ordre de la Province de Tours
à l'Assemblée Generale du Clergé tenuë à Paris
en 1725. et enfin nommé à l'Evêché de Bayonne
le 27 Mars 1728 , et sacré le 22 Août suivant
dans l'Eglise Cathédrale de Meaux , par
le Cardinal de Bissy , assisté des Evêques d'Angers
et d'Europée , Coadjuteur d'Orleans. Le
Roi lui donna au mois de Novembre 1731.
l'Abbaye de la Honce , Ordre de Prémontré ,
Diocèse de Bayonne ; mais il s'en étoit démis
au mois de Decembre dernier,
ès Droits , Ancien Recteur et Syndic de l'Unis
versité de Paris , Professeur Emérité , et Doyen
de la Tribu de Sens , mourut âgé d'environ 83
ans , s'étant acquis dans son tems par son habileté
beaucoup de réputation.
Le 24 Juin 1734. Charles- Henri - Phelipeaux
de Pontchartrain , Prêtre du Diocèse de Paris ,
Abbé Commandataire de l'Abbaye de Royaumont
, Ordre de Citeaux , Diocèse de Beauvais
depuis le 26 Novembre 1728.Docteur en Théolo
gie de la Faculté de Paris du à Avril 1732. et
nommé à l'Evêché de Blois , le 23 Mai dernier,
mourut à Paris d'une Rougeole rentrée , âgé
d'environ 18 ans , et le lendemain son corps fat
porté à S. Germain l'Auxerrois , où il fut inhu
mé da nsla sépulture de sa famille. Il étoit fils de
Jerôme Phelypeaux , Comte de Pontchartrain ,.
et de Palluau , Marquis de Chefboutonne et de
Châteauneuf sur Cher , Commandeur des Ordres
Roi , et ci-devant Sécretaire d'Etat , et de
feue Dame Christine- Eleonore de Royè de la
Rochefoucault de Roacy , sa premiere femme ,
morte le 23 Juin 1708.
Le 24 Juin 1734. est né François- Louis - Ga
briel , fils premier né de Josepb Antoine Four-
Bier , Marquis de Wargemont , Seigneur de Sorel
, Drouil , Wanel , &c . Mestre de Camp de
Cavalerie , et Enseigne de la Compagnie des
Gendarmes de la Garde du Roi , et de Dame
Bonne Gabrielle de S. Chamant , mariez le ro
Mars de l'année derniere , ainsi qu'il a été rapporté
dans le Mercure du mois de Mars 1733 .
pag. 609. Cet enfant a été baptisé par le Curé
primitif des Paroisses de Villenoxe et d'Ival ,
et a eu pour parein et mareinè M. de Warge-
II. Vol.
I iiij
mont,
456 MERCURE DE FRANCE
mont › son ayeul paternel , et Dame Marie-
Louise Larcher , son ayeule maternelle , veuve
d'Antoine Galliot de S. Chamant , Marquis de
Montaiguillon , Seigneur de Villenoxe , Grand
Bailli de Sezanne en Brie , Lieutenant des Gardes
du Corps du Roi Maréchal de Camp de
ses Armées , et Gouverneur de Puy - Laurensen
Languedoc , mort le 18 Juin 1731 .
L'Evêque de Bayonne qui est mort après une
longue maladie à Paris , le 30 Juin 1734. dans
la sa année de son âge , se nommoit Pierre-
Guillaume de la Vieuxville , et étoit fils de feu
Joseph-Guillaume de la Vieuxville , Marquis de
Maulle , Maître des Requêtes ordinaire de l'Hôtel
du Roi , et Sécretaire des Commandemens ,
Maisons et Finances de la Duchesse de Bourgogne
, mort le 21 Août 1700. à l'âge de 52
ans et de Marie Luillier . Il fut d'abord reçu
Archidiacre de Dunois , en l'Eglise de Chartres ,
le 17 Septembre 1708. Docteur en Théologie
de la Faculté de Paris , le 30 Juillet 1710. Vicaire
General de Chartres la même année
ensuite Archidiacre de Pincerais dans la même
Eglise , le 19 Fevrier 1716. puis Doyen de l'Eglise
Cathédrale de Nantes en 1721. aussi Vicaire
General du Diocèse de Nantes , l'un des Dépu
tez du deuxième Ordre de la Province de Tours
à l'Assemblée Generale du Clergé tenuë à Paris
en 1725. et enfin nommé à l'Evêché de Bayonne
le 27 Mars 1728 , et sacré le 22 Août suivant
dans l'Eglise Cathédrale de Meaux , par
le Cardinal de Bissy , assisté des Evêques d'Angers
et d'Europée , Coadjuteur d'Orleans. Le
Roi lui donna au mois de Novembre 1731.
l'Abbaye de la Honce , Ordre de Prémontré ,
Diocèse de Bayonne ; mais il s'en étoit démis
au mois de Decembre dernier,
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Résumé : « Le 23 Juin 1734. Edme Pourchot, Licentié ès Droits, Ancien Recteur et Syndic de l'Université [...] »
Le 23 juin 1734, Edme Pourchot, licencié ès droits, ancien recteur et syndic de l'Université de Paris, décéda à environ 83 ans. Le 24 juin 1734, Charles-Henri-Phelipeaux de Pontchartrain, prêtre du diocèse de Paris et abbé commandataire de l'abbaye de Royaumont, mourut à Paris à environ 18 ans des suites d'une rougeole. Son corps fut inhumé le lendemain à Saint-Germain l'Auxerrois. Il était fils de Jérôme Phelypeaux, comte de Pontchartrain, et de Christine-Éléonore de Royè de la Rochefoucault. Le même jour, naquit François-Louis-Gabriel, fils de Joseph-Antoine Fourbier, marquis de Wargemont, et de Bonne Gabrielle de Saint Chamant. L'évêque de Bayonne, Pierre-Guillaume de la Vieuxville, décéda à Paris le 30 juin 1734 à 52 ans après une longue maladie. Il avait occupé plusieurs postes ecclésiastiques, dont celui d'archidiacre de Dunois et de Pincerais, et avait été nommé à l'évêché de Bayonne le 27 mars 1728.
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757
p. 1466-1470
ARRESTS NOTABLES.
Début :
ARREST du Parlement, du 16. Avril 1734. contre deux Ecrits, &c. [...]
Mots clefs :
Cour, Roi, Écrits, Église, Temps, Nouvelles, Procureur général du roi, Avignon, Grand escalier, Chapeaux, Castor, Rang des capitaines, Régiments de hussards
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ARRESTS NOTABLES.
ARRESTS NOTABLES.
RREST du Parlement , du 16. Avril 1734.
contre deux Ecrits , &c. ARRE
Ce jour , les Gens du Roi sont entrés , et Maítre
Pierre Gilbert de Voisins , Avocat dudit Scigneur
Roi , portant la parole , ont dit :
Que c'est avec regret qu'ils interrompent les
Occupations de la Cour , pour lui parler de ce
qui peut encore avoir rapport aux dernieres affaires
de l'Eglise persuadés que rien n'est plus
désirable que de les voir se calmer et s'assoupir
de plus en plus par la moderation et le silence.
Mais que c'est par ce motif même qu'il se
creyent obligés d'avoir l'honneur de lui rendre
compte de deux Ecrits , qui , quoique de tems
differens , se répandent ensemble aujourd'hui , et
sont capables de causer de nouvelles inquiétudes
et de nouveaux inconveniens dans le public .
Que l'un est une instruction sur l'obéissance ditë
aux décisions de l'Eglise , par demandes et pat réponses
, imprimée depuis peu de tems sans marque
d'année , aussi bien que sans nom d'Auteur
ni d'Imprimeur : Et l'autre un Ouvrage qui porte
pour titre : Replique aux Tolerans de ce tems ,
imprimé à ce qu'il paroît à Avignon dès 1719 .
mais dont ils apprennent que des Exemplaires se
sont répandus: nouvellement à Paris.
Qu'indépendamment de ce qu'on pourroit
d'ailleurs reprendre avec justice dans ces deux
Ouvrages , c'est assez d'observer que l'esprit de
séparation et de schisme tant de fois reprimé par
II. Vel. les
JUIN. 1734. 1467
les Arrêts de la Cour , s'y déclare et y regne
ouvertement : et que pour s'épargner d'en dire
davantage , ils se contenteront de rapporter ce
qu'on lit à la page 240. du dernier , dans un
endroit où l'Auteur répond à l'Objection qu'il
s'étoit faite pea auparavant , que plusieurs grands
Prélats de France communiquent , non seulement
avec les Communicateurs des Heretiques , mais en
core avec les Heretiques mêmes , c'est-à- dire , ( ce
sont ses termes ) avec les Appellans et Opposans ,
du principe qu'il a établi , dit - il , il suit que
puisque les Papes déchoient du Papar , et les Eve
ques de l'Episcopat et de tonte Jurisdiction spirituelle
dans l'Eglise , suivant le Cardinal du Perron....
suivant le Pape Celestin , S. Augustin , S. Jerôme
et plusieurs autres Peres citéspar Bellarmin , on ne
peut pas douter que tous les autres Superieurs Ecclesiastiques
ou Reguliers , Generaux , Provinciaux,
Locaux , ne déchoient de mêmè de leur autorité ,
dignité et Jurisdiction, et que par consequent ils ne
doivent être regardés qu'avec horreur et execration
de tous les bons et vrais Catholiques .
C
2
Que sur l'un et l'autre Ouvrage ils ont pris les
Conclusions par écrit qu'ils laissent à la Cour ,
avec un Exemplaire de chacun,
Les Gens du Roi retirés :
Va l'Ecrit imprimé sans privilege ni permission,
intitulé : Instruction sur l'obéissance dûé aux
décisions de l'Eglise , ensemble l'autre Ecrit intitulé
: Replique aux Tolerans de ce tems , à Avignon
, chez Joseph Chastel 1729. et les Conclusions
par écrit du Procureur Genéral du Roi. La
matiere sur ce mise en délibération :
La Cour , faisant droit sur les Conclusions
du Procureur General du Roi , ordonne que lesdirs
Ecrits seront lacérés et brûlés en la Cour di
11. Vol. Palais
Palais , au pied du grand Escalier d'icelui par l'Executeurde
la Haute-Justice: Enjoint à tous ceux
qui eu auroient des Exemplaires de les apporter
au Greffe de la Cour pour, y être supprimés. Fait
inhibitions et défenses à tous Imprimeurs,Libraites
,
Colpolteurs et autres de quelque état et con-
-
dition qu'ils soient, d'en vendre
,
débiter ou autrement
distribuer
,
à peine de proceder contre
eux extraordinairement
; qu'il sera en outre informé
à la requête du Procureur Central du Roi
pardevaht Me. Anne-Louis Pinon
,
Conseiller,
pour les témoins qui pourroient être entendus
dans cette Ville
, et pardevant les Officiers de
Police des lieux
, pour les témoins qui seroient
esdits lieux
,
à la diligence de ses Substituts esdits
Sièges ; contre les Auteurs et les distributeurs
desdits Ecrits, pour les informations faites, rapportées
et communiquées au Procureur General
du Roi
,
être par la Cour ordonné ce qu'il appartiendra.
Ordonne que copies collationnées du
présent Arrêt s ront envoyées
,
&c.
Et ledit jour Vendredi seize Avril mil sept cent
trmte-qutltre :ë:['heuree de îri'di
, en execution de
1'Arrêt ci-dessus lesdits Ecrits y mentionnés ortt
été lacérés et jettes au feu au bas du grand Escalier
du Palais j par VExecuteur de la Haute-Justice
,
en presence de nous Marie DagobertYsabeau,
,
l'un
des trois premiers et principaux Commis pour la
Grand'Chambre
,
assiste de deux Huissiers de ladite
Cour. Signé, Y S A B E A U...t.,
ARREST du 18. Avril, qui ordonne que les
Chapeaux appeliez Demi-Castors, Vigognes ou
,Dauphins, Demi-Vigognes et Chapeaux de poil,
payèrent pour droits de sortie aux Bureaux des
cinq grosses Fermes, 40. sols de la douzaine *
'Pour les Provinces réputées étrangères, et 2.0.
sols pour l'Etranger et les Villes ce Marseille,
Bayonne et Dunkerque.
Ee que les Chapeaux de Castor et les Cha";
peaux de Feutre
,
continueront de payer les droits
de sortie
,
conformément au Tarif de 1664- ct
aux Arrêts du Conseil des %. Avril et 3. Octo-5
bre 1701.
!
EDIT DU ROY, donné à Versailles au mois,
d'Avril L734. Registré en Parlement le 1. Juin
suivant
, portant réunion des Jurisdictions de la
Prévôté de la Ville de Clermont, et de la Prevôté
Foraine du Comté de Clermont en Beau-,
voisis, à celle du Bailliage de ladite Ville.
Trois nouvelles Ordonnances du Roy du 1r;
May, ia première, pour regler le Rang des Capitaines
des vingt Compagrfies.de Cavalerie et
des 60.Compagniesde Dragons de nouvelle levée.
-La secomie*-, pmrr regler-te Rang des Capitaines
des quinze Bataillons de nouvelle levée.
Et la troisième
, pour regler le Rang des Capitaines
et Lieutenant des Bataillons de Mil-içe.
^
t ^ f
ARR.EST idu 13. May , • qui ordonne qu'en
payant par le Clergé du Comté de Bourgogne la , somme de livres.par chacune année ,
tous ses biens demeureront déchargez de l'execution
de la Déclaration du 17. Novembre 1733.
concernant la lévée du Dixiéme.
:.,ORDONNANCE DU ROY J du 31. May,
portant augmentation-dans les Régimens de
IJuss.trts de R'a-ttky e{Berchîny
,
qui sont à son
aërvice
, par laquelle S. M. ordonne ,qu'il sera
1470 MERCURE DE FRANCE
1
levé incessamment huit Compagnies nouvelles ,
pour former un troisiéme Escadron à chacun
desdits Régimens , chaque Compagnie composée
du Capitaine , un Lieutenant , un Cornette , un
Maréchal des Legis , trois Brigadiers , quarante
- six Hussarts , et un Trompette.
Qu'il sera pareillement levé dix hommes
d'augmentation en chacune des seize Compagnies
desdits Régimens qui sont sur pied , pour les
mettre de quarante à cinquante hommes , com-
રે
pris trois Brigadiers , sans les Officiers.
Que la solde desdits Brigadiers et Hussards
leur sera payée , à mesure qu'ils arriveront aux
Régimens ou quartiers qui leur seront désignez;
et que les Officiers des nouvelles Compagnies
recevront leurs appointemens , à commencer du
jour qu'il y aura vingt hommes à pied ou dix à
cheval , au quartier d'assemblée , en passant présens
aux Revues des Commissaires des guerres
proposez à cet effet.
RREST du Parlement , du 16. Avril 1734.
contre deux Ecrits , &c. ARRE
Ce jour , les Gens du Roi sont entrés , et Maítre
Pierre Gilbert de Voisins , Avocat dudit Scigneur
Roi , portant la parole , ont dit :
Que c'est avec regret qu'ils interrompent les
Occupations de la Cour , pour lui parler de ce
qui peut encore avoir rapport aux dernieres affaires
de l'Eglise persuadés que rien n'est plus
désirable que de les voir se calmer et s'assoupir
de plus en plus par la moderation et le silence.
Mais que c'est par ce motif même qu'il se
creyent obligés d'avoir l'honneur de lui rendre
compte de deux Ecrits , qui , quoique de tems
differens , se répandent ensemble aujourd'hui , et
sont capables de causer de nouvelles inquiétudes
et de nouveaux inconveniens dans le public .
Que l'un est une instruction sur l'obéissance ditë
aux décisions de l'Eglise , par demandes et pat réponses
, imprimée depuis peu de tems sans marque
d'année , aussi bien que sans nom d'Auteur
ni d'Imprimeur : Et l'autre un Ouvrage qui porte
pour titre : Replique aux Tolerans de ce tems ,
imprimé à ce qu'il paroît à Avignon dès 1719 .
mais dont ils apprennent que des Exemplaires se
sont répandus: nouvellement à Paris.
Qu'indépendamment de ce qu'on pourroit
d'ailleurs reprendre avec justice dans ces deux
Ouvrages , c'est assez d'observer que l'esprit de
séparation et de schisme tant de fois reprimé par
II. Vel. les
JUIN. 1734. 1467
les Arrêts de la Cour , s'y déclare et y regne
ouvertement : et que pour s'épargner d'en dire
davantage , ils se contenteront de rapporter ce
qu'on lit à la page 240. du dernier , dans un
endroit où l'Auteur répond à l'Objection qu'il
s'étoit faite pea auparavant , que plusieurs grands
Prélats de France communiquent , non seulement
avec les Communicateurs des Heretiques , mais en
core avec les Heretiques mêmes , c'est-à- dire , ( ce
sont ses termes ) avec les Appellans et Opposans ,
du principe qu'il a établi , dit - il , il suit que
puisque les Papes déchoient du Papar , et les Eve
ques de l'Episcopat et de tonte Jurisdiction spirituelle
dans l'Eglise , suivant le Cardinal du Perron....
suivant le Pape Celestin , S. Augustin , S. Jerôme
et plusieurs autres Peres citéspar Bellarmin , on ne
peut pas douter que tous les autres Superieurs Ecclesiastiques
ou Reguliers , Generaux , Provinciaux,
Locaux , ne déchoient de mêmè de leur autorité ,
dignité et Jurisdiction, et que par consequent ils ne
doivent être regardés qu'avec horreur et execration
de tous les bons et vrais Catholiques .
C
2
Que sur l'un et l'autre Ouvrage ils ont pris les
Conclusions par écrit qu'ils laissent à la Cour ,
avec un Exemplaire de chacun,
Les Gens du Roi retirés :
Va l'Ecrit imprimé sans privilege ni permission,
intitulé : Instruction sur l'obéissance dûé aux
décisions de l'Eglise , ensemble l'autre Ecrit intitulé
: Replique aux Tolerans de ce tems , à Avignon
, chez Joseph Chastel 1729. et les Conclusions
par écrit du Procureur Genéral du Roi. La
matiere sur ce mise en délibération :
La Cour , faisant droit sur les Conclusions
du Procureur General du Roi , ordonne que lesdirs
Ecrits seront lacérés et brûlés en la Cour di
11. Vol. Palais
Palais , au pied du grand Escalier d'icelui par l'Executeurde
la Haute-Justice: Enjoint à tous ceux
qui eu auroient des Exemplaires de les apporter
au Greffe de la Cour pour, y être supprimés. Fait
inhibitions et défenses à tous Imprimeurs,Libraites
,
Colpolteurs et autres de quelque état et con-
-
dition qu'ils soient, d'en vendre
,
débiter ou autrement
distribuer
,
à peine de proceder contre
eux extraordinairement
; qu'il sera en outre informé
à la requête du Procureur Central du Roi
pardevaht Me. Anne-Louis Pinon
,
Conseiller,
pour les témoins qui pourroient être entendus
dans cette Ville
, et pardevant les Officiers de
Police des lieux
, pour les témoins qui seroient
esdits lieux
,
à la diligence de ses Substituts esdits
Sièges ; contre les Auteurs et les distributeurs
desdits Ecrits, pour les informations faites, rapportées
et communiquées au Procureur General
du Roi
,
être par la Cour ordonné ce qu'il appartiendra.
Ordonne que copies collationnées du
présent Arrêt s ront envoyées
,
&c.
Et ledit jour Vendredi seize Avril mil sept cent
trmte-qutltre :ë:['heuree de îri'di
, en execution de
1'Arrêt ci-dessus lesdits Ecrits y mentionnés ortt
été lacérés et jettes au feu au bas du grand Escalier
du Palais j par VExecuteur de la Haute-Justice
,
en presence de nous Marie DagobertYsabeau,
,
l'un
des trois premiers et principaux Commis pour la
Grand'Chambre
,
assiste de deux Huissiers de ladite
Cour. Signé, Y S A B E A U...t.,
ARREST du 18. Avril, qui ordonne que les
Chapeaux appeliez Demi-Castors, Vigognes ou
,Dauphins, Demi-Vigognes et Chapeaux de poil,
payèrent pour droits de sortie aux Bureaux des
cinq grosses Fermes, 40. sols de la douzaine *
'Pour les Provinces réputées étrangères, et 2.0.
sols pour l'Etranger et les Villes ce Marseille,
Bayonne et Dunkerque.
Ee que les Chapeaux de Castor et les Cha";
peaux de Feutre
,
continueront de payer les droits
de sortie
,
conformément au Tarif de 1664- ct
aux Arrêts du Conseil des %. Avril et 3. Octo-5
bre 1701.
!
EDIT DU ROY, donné à Versailles au mois,
d'Avril L734. Registré en Parlement le 1. Juin
suivant
, portant réunion des Jurisdictions de la
Prévôté de la Ville de Clermont, et de la Prevôté
Foraine du Comté de Clermont en Beau-,
voisis, à celle du Bailliage de ladite Ville.
Trois nouvelles Ordonnances du Roy du 1r;
May, ia première, pour regler le Rang des Capitaines
des vingt Compagrfies.de Cavalerie et
des 60.Compagniesde Dragons de nouvelle levée.
-La secomie*-, pmrr regler-te Rang des Capitaines
des quinze Bataillons de nouvelle levée.
Et la troisième
, pour regler le Rang des Capitaines
et Lieutenant des Bataillons de Mil-içe.
^
t ^ f
ARR.EST idu 13. May , • qui ordonne qu'en
payant par le Clergé du Comté de Bourgogne la , somme de livres.par chacune année ,
tous ses biens demeureront déchargez de l'execution
de la Déclaration du 17. Novembre 1733.
concernant la lévée du Dixiéme.
:.,ORDONNANCE DU ROY J du 31. May,
portant augmentation-dans les Régimens de
IJuss.trts de R'a-ttky e{Berchîny
,
qui sont à son
aërvice
, par laquelle S. M. ordonne ,qu'il sera
1470 MERCURE DE FRANCE
1
levé incessamment huit Compagnies nouvelles ,
pour former un troisiéme Escadron à chacun
desdits Régimens , chaque Compagnie composée
du Capitaine , un Lieutenant , un Cornette , un
Maréchal des Legis , trois Brigadiers , quarante
- six Hussarts , et un Trompette.
Qu'il sera pareillement levé dix hommes
d'augmentation en chacune des seize Compagnies
desdits Régimens qui sont sur pied , pour les
mettre de quarante à cinquante hommes , com-
રે
pris trois Brigadiers , sans les Officiers.
Que la solde desdits Brigadiers et Hussards
leur sera payée , à mesure qu'ils arriveront aux
Régimens ou quartiers qui leur seront désignez;
et que les Officiers des nouvelles Compagnies
recevront leurs appointemens , à commencer du
jour qu'il y aura vingt hommes à pied ou dix à
cheval , au quartier d'assemblée , en passant présens
aux Revues des Commissaires des guerres
proposez à cet effet.
Fermer
Résumé : ARRESTS NOTABLES.
Le 16 avril 1734, les Gens du Roi ont interrompu les activités du Parlement pour dénoncer deux écrits jugés perturbateurs. Le premier, intitulé 'Instruction sur l'obéissance due aux décisions de l'Église', a été imprimé sans autorisation et sans nom d'auteur. Le second, 'Réplique aux Tolérants de ce temps', imprimé à Avignon en 1719, circulait à nouveau à Paris. Ces écrits étaient accusés de promouvoir un esprit de séparation et de schisme au sein de l'Église, comme le montrait un extrait de la page 240 du second ouvrage. La Cour a ordonné la destruction de ces écrits et interdit leur distribution. Des enquêtes ont été lancées pour identifier les auteurs et les distributeurs. Les écrits ont été lacérés et brûlés au Palais le 16 avril 1734.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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758
p. 2853-2857
AUTRE.
Début :
Sur onze pieds, je me présente à toi, [...]
Mots clefs :
Camerlingue
760
p. 2191-2192
AUTRE.
Début :
De sçavoir qui je suis, il est presque impossible ; [...]
Mots clefs :
Ange
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTR E.
E sçavoir qui je suis , il est presque impossible
; DE
Cher Lecteur , ma figure est toujours invisible.'
1. 2. 3. 4. ainsi je suis Etre sans corps ,
Entre ceux qui jamais n'iront aux sombres bords;
Je suis d'un Souverain le Ministre fidelle;
Je conserve son oeuvre et l'ai sous ma tutelle.
2. 1 3. 4. alors j'ai l'Empire des Eaux ;
Je suis un naturel à tous les animaux ;
Tous se jettent sur moi , ce n'est que par adresse;
Si pour me posseder l'homme vainc sa foiblesse
D I'
2192 M ER CURE DE FRANCE
1. 2. 8 l'heureux tems des souhaits empressés ! -
Mais à peine ête vous que vous disparoissés .
1. 2. 4. je crains d'avoir ta ressemblance ;
Toujours honni , bartu , modele d'ignorance ,
Voilà comme on te traite , état triste et fâcheux;
On accable , dit - on , toujours le malheureux.
34. 1. 2. on peut croire que j'ai la forme
De ces Monstres anciens et de grandeur énorme,
I. 3. 4. je cours si vîte que le vent ;
Aussi tôt que je nais, je cherche le néant ;
Je vole avec plaisir pour la belle Jeunesse ;
D'un pas précipité j'emporte la vieillesse ;
Dans une affliction je suis trop ennuyeux ,
Je m'écoule trop tôt pour tout esprit joyeuz
2. 4. en bon Latin je sers de particule ;
Mais si l'on ajoûtoit espece de virgule ,
Je suis ce qui jadis n'avoit pas existé ;
Je vois enfin le jour pour un temps limité,
3. 1. 2. je me prête et remplis la mesure ,
Lorsque je suis gonflé , l'on connoît ma figure
Tel a voulu m'avoir qui n'est pas le premier,
Lecteur , pour deviner ne sois pas le dernier,
E sçavoir qui je suis , il est presque impossible
; DE
Cher Lecteur , ma figure est toujours invisible.'
1. 2. 3. 4. ainsi je suis Etre sans corps ,
Entre ceux qui jamais n'iront aux sombres bords;
Je suis d'un Souverain le Ministre fidelle;
Je conserve son oeuvre et l'ai sous ma tutelle.
2. 1 3. 4. alors j'ai l'Empire des Eaux ;
Je suis un naturel à tous les animaux ;
Tous se jettent sur moi , ce n'est que par adresse;
Si pour me posseder l'homme vainc sa foiblesse
D I'
2192 M ER CURE DE FRANCE
1. 2. 8 l'heureux tems des souhaits empressés ! -
Mais à peine ête vous que vous disparoissés .
1. 2. 4. je crains d'avoir ta ressemblance ;
Toujours honni , bartu , modele d'ignorance ,
Voilà comme on te traite , état triste et fâcheux;
On accable , dit - on , toujours le malheureux.
34. 1. 2. on peut croire que j'ai la forme
De ces Monstres anciens et de grandeur énorme,
I. 3. 4. je cours si vîte que le vent ;
Aussi tôt que je nais, je cherche le néant ;
Je vole avec plaisir pour la belle Jeunesse ;
D'un pas précipité j'emporte la vieillesse ;
Dans une affliction je suis trop ennuyeux ,
Je m'écoule trop tôt pour tout esprit joyeuz
2. 4. en bon Latin je sers de particule ;
Mais si l'on ajoûtoit espece de virgule ,
Je suis ce qui jadis n'avoit pas existé ;
Je vois enfin le jour pour un temps limité,
3. 1. 2. je me prête et remplis la mesure ,
Lorsque je suis gonflé , l'on connoît ma figure
Tel a voulu m'avoir qui n'est pas le premier,
Lecteur , pour deviner ne sois pas le dernier,
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761
p. 2863-2864
LOGOGRYPHE.
Début :
Je renferme en mon sein un nom de consequence, [...]
Mots clefs :
Église
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LOGOGRYPHE.
LOGOGRYPHE.
E renferme en mon sein un nom de conse→→
quence
Et celle qui le porte est digae qu'on l'encense ;
Mon nom est compris dans le sien :
Des Mortels je suis le soutien.
De l'Ame elle est la nourriture ,
Je ne suis que celle du corps ;
Elle est la source des trésors.
Je ne suis point de pareille structure
Quoi qu'avec du raport dans nos proprietést
Faut-il en dire davantage ?
Quand j'ai changé de forme , on m'aime en du
laitage..
Pour donner plus de jour à ces obscurités
On trouve en moi le nom d'un fameux Person
nage ,
eut de l'avenir la science en partage .
On trouve aussi le nom d'un Saint dans mon
entier ,
Mest le chef d'un mois dans le Calendrier.
Que de mon -tout on change en N IS ,
Me transposant je puis flater votre apetit
Quand je suis de bon acabit :
II. Va Bacchus
2864 MERCURE DE FRANCE
Bacchus joint avec moi, nous chassons la tristesse,
De
e mon nom converti qu'on change l'N en E ,
On me métamorphose en Poëme.
D'un Amant qui n'est pas aimé
Je dépeins la langueur et la tendresse extrême-
Par 2. §. 3. x . 6. une tragique more
Finit mon déplorable sort.
f. 3. 2. 4. et 6. je deviens une Ville
Très ancienne et de renom.
Mêmes chifres formant mon nom ,
Les buveurs délicats me trouvent fort utile.
1. 3. 2. 4. et 6. les Villes et les Forts
De ceux qui mont formé redoutent les eforts.
Pris dans un autre séns , les gens de tout étage
De moi ne peuvent se passer ,
Et je leur suis utile en toute sorte d'âge ;
Je suis propre à les délasser.
Je sers dans le Palais d'endroit où l'on préside
Quand je suis composé , dans Rome je reside .
Qu'on joigne 5. 3. 2. je deviens le rebut
De beaucoup de fiqueurs ; pour venir à mon but,
J'ay du chemin encore à faire .
Unissant 1. 2. 5. je suis fort nécessaire
Aux mets les plus délicieux.
Par 5. 3. 1. je suis un nom très glorieur
Passant pour tête couronnée.
Des Eaux je suis environnée
Joignant 3. 1. 5. 6. ce dernier mot , Lecteur,
Finira mon petit labeur.
E renferme en mon sein un nom de conse→→
quence
Et celle qui le porte est digae qu'on l'encense ;
Mon nom est compris dans le sien :
Des Mortels je suis le soutien.
De l'Ame elle est la nourriture ,
Je ne suis que celle du corps ;
Elle est la source des trésors.
Je ne suis point de pareille structure
Quoi qu'avec du raport dans nos proprietést
Faut-il en dire davantage ?
Quand j'ai changé de forme , on m'aime en du
laitage..
Pour donner plus de jour à ces obscurités
On trouve en moi le nom d'un fameux Person
nage ,
eut de l'avenir la science en partage .
On trouve aussi le nom d'un Saint dans mon
entier ,
Mest le chef d'un mois dans le Calendrier.
Que de mon -tout on change en N IS ,
Me transposant je puis flater votre apetit
Quand je suis de bon acabit :
II. Va Bacchus
2864 MERCURE DE FRANCE
Bacchus joint avec moi, nous chassons la tristesse,
De
e mon nom converti qu'on change l'N en E ,
On me métamorphose en Poëme.
D'un Amant qui n'est pas aimé
Je dépeins la langueur et la tendresse extrême-
Par 2. §. 3. x . 6. une tragique more
Finit mon déplorable sort.
f. 3. 2. 4. et 6. je deviens une Ville
Très ancienne et de renom.
Mêmes chifres formant mon nom ,
Les buveurs délicats me trouvent fort utile.
1. 3. 2. 4. et 6. les Villes et les Forts
De ceux qui mont formé redoutent les eforts.
Pris dans un autre séns , les gens de tout étage
De moi ne peuvent se passer ,
Et je leur suis utile en toute sorte d'âge ;
Je suis propre à les délasser.
Je sers dans le Palais d'endroit où l'on préside
Quand je suis composé , dans Rome je reside .
Qu'on joigne 5. 3. 2. je deviens le rebut
De beaucoup de fiqueurs ; pour venir à mon but,
J'ay du chemin encore à faire .
Unissant 1. 2. 5. je suis fort nécessaire
Aux mets les plus délicieux.
Par 5. 3. 1. je suis un nom très glorieur
Passant pour tête couronnée.
Des Eaux je suis environnée
Joignant 3. 1. 5. 6. ce dernier mot , Lecteur,
Finira mon petit labeur.
Fermer
762
p. 917
AUTRE.
Début :
Du haut jusques en bas je ne suis qu'une Gueule, [...]
Mots clefs :
Tour des couvents
763
p. 83
LOGOGRYPHUS.
Début :
Integer, in Coelis habito, cum nomine magno, [...]
Mots clefs :
Angélus
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LOGOGRYPHUS.
LOGOGRYPHUS:
INteger , in Coelis habito
Nteger , in Calis habito , cum nomime
magno ,
Cor de ventre trahas, Anglia terra mea est :
Invenies animal , nec fallor ) mite , qui
tum :
Et tibi parebit foemina , sed vetula.
INteger , in Coelis habito
Nteger , in Calis habito , cum nomime
magno ,
Cor de ventre trahas, Anglia terra mea est :
Invenies animal , nec fallor ) mite , qui
tum :
Et tibi parebit foemina , sed vetula.
Fermer
764
p. 296
AUTRE.
Début :
Toi qui sçais ton plein-chant dans un dégré suprême, [...]
Mots clefs :
Lazare
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
Oi qui sçais ton plein- chant dans un dégrė
suprême , 7
Cite-moi , cher Lecteur , un Saint du Paradis ,
Dont le nom en Latin , que l'on chante en Cas
rême
Fait de ton st, re, mi , trois sons bien accomplis.
Oi qui sçais ton plein- chant dans un dégrė
suprême , 7
Cite-moi , cher Lecteur , un Saint du Paradis ,
Dont le nom en Latin , que l'on chante en Cas
rême
Fait de ton st, re, mi , trois sons bien accomplis.
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765
p. 874-894
ÉLOGE DE M. DE SENECÉ.
Début :
Antoine Bauderon de Senecé nâquit à Mâcon le 27. Octobre 1643. de [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ÉLOGE DE M. DE SENECÉ.
ÉLOGE DE M. DE SENECÉ.
Antoine Bauderon de Senecé nâquit à Mâcon le 27. Octobre 1643. de
Brice Bauderon de Senecé , Lieutenant
Général au Bailliage et Siege Présidial de
la même Ville , et de D ... ... Grillet.
Son Pere, le troisième de sa Famille, qui
en ligne directe étoit revêtu de cete
Charge , ne négligea rien pour lui don-
ner une excellente éducation , et pour le
mettre en état de lui succeder un jour.
On ne pouvoit guere travailler sur un
meilleur fonds , cet Enfant étant né avec
Les qualités d'esprit les plus heureuses ,
et
sçavant.
MAY.
1737-
875
et avec les talens les plus avantageux ;
cultivé d'ailleurs par un Pere vertueux et
Dès l'âge de treize ans , ayant achevé
les Etudes ordinaires au College des Je-
suites de Mâcon , il fut envoyé à Paris ,
où il fit un nouveau Cours de Philoso
phie : Il en soutint des Theses publiques
avec un aplaudissement général sur la
fin de sa quatorziéme année. Revenu
à Mâcon , il employa deux années en-
tieres à profiter des leçons et des exem-
ples d'un Pere , qui n'oublioit rien pour
le formerà l'Etude et à la Vertu.
Il fut ensuite renvoyé à Paris pour l'E-
tude des Loix. Il s'y apliqua , fut reçû
Avocat , et suivit le Barreau pendant
quelque temps : mais ce n'étoit
son penchant le plus naturel.
pas là
Cependant , pressé par une Famille ,
qui l'aimoit tendrement , il revint à Mâ-
çon , où quelque temps après son arrivée,
le feu de la jeunesse l'entraîna dans une
malheureuse Affaire , nommée dans le
monde Affaire d'honneur. Elle fut suivie
d'un combat de quatre contre quatre , dans
laquelle l'un des Combattans succomba,
et plusieurs furent blessés. Notre jeune
Homme obligé de se retirer , alla cher-
cher un azile à la Cour de Savoye , où
son
876 MERCURE DE FRANCE
son esprit , sa dépense et ses talens lui
eurent bien-tôt acquis des Amis de dis
tinction .
Mais ,s'il est vrai qu'un malheur en at-
tire souvent un autre , cette situation
douce et agréable en aparence , fut bien-
tôt fatale à notre François réfugié . Il
devint Amoureux d'une, Dlle de la pre-
miere qualité , qui le reçut bien et le
préféra à plusieurs autres , qui préten-
doient à l'honneur de son Alliance. La
Dlle avoit plusieurs Freres , qui étoient
Amis de notre Aspirant , et qui eurent
d'abord ses recherches pour agréables ..
Cette derniere circonstance n'étoit ,
par malheur , fondée que sur une équi➡
voque de nom , au sujet de celui de Se-
necé. La Terre ainsi apellée , située entre
Tournus et Châlons , étoit alors dans
la Maison de Foix : Ces Messieurs le cru-
rent être de la même Maison ; mais M.de
Senecé qui ne vouloit tromper personne,
encore moins celle qui étoit la plus in-
reressée , avoit dès le commencement
déclaré son véritable état à la Dlle , la-
quelle n'ayant d'égard qu'au mérite de
son Amant , exigea de lui de laisser ses
Freres dans la favorable prévention où
ils étoient.
: Ceux-ci en sortirent bien-tôt par les
recherches
+
1
"A
A
MAY.
1737:
877
recherches qu'ils se crurent obligés de
faire avant que de rien conclure. Instruits
de la verité , ils donnerent dans un tra-
vers. Au lieu de prendre les mesures or-
dinaires pour s'oposer à ce Mariage , ils
entrerent dans un esprit de ressentiment,
dont la Dlle prévit et prévint les suites,
en priant M. de Senecé de disparoître
pour quelque temps : mais les Freres ani-
més et instruits du départ , eurent la
foiblesse de faire trouver des gens sur sa
route pour lui faire un mauvais pârti,
Il fallut battailler , l'Amant malheureux
s'en tira heureusement, et tout de suite il
se retira à Madrid , où il resta jusqu'à la
nouvelle de l'accommodement de sa
pre.
miere Affaire , que M. son Pere lui don
na , avec ordre de revenir.
De retour à Mâcon , ce Pere qui lui
destinoit toujours sa Charge , le renvoya
bien- tôt à Paris dans la vûë de le perfec-
tionner dans l'Etude des Loix, et dans les
autres connoissances , que le commerce
des Livres et la fréquentation du Barreau
pouvoient lui acquerir.
Mais l'essor
qu'il avoit pris , et le grand monde qu'il
avoit fréquenté lui avoient donné du
dégoût pourice genre d'Etude. L'amour
des plaisirs et de la liberté l'entraîna
bien- tôt du côté d'une jeune et brillante .
Cour
878 MERCURE DE FRANCE
Cour , dans laquelle il se fit des Amis
distingués. Il se flata qu'avec un pareil
secours et avec ses talens , il pouroit
faire une fortune fort au- dessus de celle
que sa Famille lui présentoit.
Rempli des ces idées , en attendant la
premiere occasion d'acquerir une Char-
ge à la Cour , il crut devoir fixer sa si-
tuation hors de la Province par un en
gagement. Il épousa à Paris , du consen-
tement de son Pere , la Dlle de Blaisy
Fille de M. de Burnot , Seigneur de Blai-
sy , Intendant de la Maison de la Du-
chesse d'Angoulême. Le Pere ne consti-
tua à son Fils que le moins qu'il pou-
- voit lui donner , la tendresse Paternelle
étoit fort ralentie à l'égard de ce Fils
par un second Mariage , dont il y avoit
des Enfans , et pour n'avoir pas suivi
ses volontés sur le choix d'une Profes
sion.
Peu de temps après l'occasion tant dé
sirée se présenta : M. de Senecé traita en
1673. de la Charge de Premier Valet de
Chambre de la Reine , avec M. de Visé.
Avant que de rien conclure , il fit un
Voyage à Mâcon pour obtenir l'agré-
ment et quelque suplément de finance
qui lui manquoit , de M. son Pere. Ce-
lui-ci profita de l'occasion pour faire avec -
toute
MAY.
1737.
879
toute la Famille , un dernier effort sur
l'esprit de son Fils au sujet de la Charge
de Lieutenant Général ,dont il le croyoit
très capable. Mais il n'y eut pas moyen
de lui faire changer d'objet. De retour à
Paris , M. de Senecé emprunta de ses
Amis ce qu'il lui falloit , conclut le mar
ché et entra chés la Reine en la qualité
que nous avons dite.
Il fut extrémement goûté à la Cour ; il
s'y fit des Amis de distinction , et des
Protecteurs puissans : On peut dire qu'il
le méritoit ; mais cette situation agréa-
ble , cette Fortune, aparente ne furent
pas d'une longue durée. La Reine très-
satisfaite de ses Services , et qui l'hono-
roit de beaucoup de bonté , vint à mou◄
rir au bout de dix ans ; et c'est le plus
grand malheur qui pouvoit arriver à son
zelé Domestique.
On suprime ici tout le détail de ce
malheur et de ses suites , pour n'en mar-
quer qu'une ou deux circonstances . Sça-
voir , que son Pere en mourant ne lui
donna d'autre part dans ses biens , que
ce qu'il lui avoit constitué en le mariant;
c'est à dire , une petite Terre de 3000.
livres de rente , auprès de Mâcon , nom-
mée Condemines. De plus, une riche Tan-
te , Sœur de la D. sa Mere , er Epouse
C
du
880 MERCURE DE FRANCE
du Premier Président du Présidial , en
mourant sans Enfans , ne fit aucune
mention de lui dans son Testament.
On suprime aussi l'indifférence, ordi-
naire aux Gens de Cour dans la disgra-
ce , qu'eurent à son égard ceux que
nous avons apellé ci- dessus Amis de dis-
tinction et Protecteurs puissans , dans
les différentes occasions qui se présente-
rent de le servir et de le dédommager,
La seule Duchesse d'Angoulême se mon-
tra sensible et bienfaisante. M. de Sene-
cé trouva chés cette Princesse , pour lui
et pour sa Famille , une retraite honora-
ble et utile ; ensorte que tant qu'elle vê-
cut,il ne fut presque exposé à aucune dé-
pense.
Mais après la mort de la Princesse ,
il fut obligé de revenir dans sa Province ,
dont on peut dire qu'il fit les délices , et
en particulier de la Ville de Mâcon ,
tout le monde étant charmé de posseder
un Sujet orné de tant de bonnes quali
tés , de celles principalement qui font
l'honnête Homme , et en même temps
les charmes de la societé.
La mort d'une Epouse chérie , qui lui
fut enlevée en 1685. à l'âge seulement
de 33. ans , Mere de huit Enfans , ré-
veilla en lui les idées de la Cour ; la ten-
tation
MAY.
1737.
831
tation d'y aller encore chercher Fortune,
le reprit. Mais son Voyage et un assés
long séjour furent inutiles ; ils ne le fu-
rent pas pour le guérir enfin de ces idées -
de grandeur et de ces espérances Aateu-
ses , dont il s'étoit presque toujours rem-
pli.
De retour pour la derniere fois dans
sa Patrie , il ne s'occupa plus que de Re-
ligion , de soins domestiques , et de Lit-
terature , sans rien perdre de cette gaye-
té et de cette joye innocente qui le fai-
soit désirer par tout , et qu'il apelloit le
Baume de la vie , l'Elixir de la sancé.
C'est dans cette situation que nous avons
commencé à connoître M. de Senecé
il y a environ quinze ans , à l'occasion
d'abord de quelques Poësies de sa façon,
qui ont paru dans le Mercure de France.
Il y a eu ensuite entre nous un commer-
çe réglé de Littérature , dont nous avons
profité , et qui a continué jusqu'à ses
derniers jours.
Il y avoit sans doute à profiter avec un
Ami de cet âge et de cette capacité . Il
ne vouloit point au reste qu'on le loüât ,
ni qu'on fit trop valoir ses Pieces . Au-
tant ennemi des Eloges outrés , que de
la critique amere , il censuroit agréable-
ment ce premier défaut dans le Mercu-
Cij
re
882 MERCURE DE FRANCE
re de l'un de nos Prédécesseurs , Ami
de l'Auteur , il crut lui devoir un avis
utile sur cet article. Il s'en acquita par
une Epître de sa façon , dont on ne sera
peut
être pas
fâché de voir ici quelque
chose , outre que c'est une Piecedes plus
fugitives , et que nous tenons de sa
main.
V... quand Jupiter des biens fit le partage,
Les Muses à ses dons eurent petite part :
Un peu de liberté fut tout leur Apanage ;
Elles l'ont bien gardée, et s'en servent sans fard.
J'en ai ma portion , moi , leur Eleve indignes
Mon esprit en tout temps marcha d'un pas égal,
Il tient en main la régle , et mesure la ligne ,
Prêt à la condamner quand elle y répond mal,
Je blamois hautement , fondé sur ce Principe ,
Tes aplaudissemens communs et prodigués ;
Faut-il qu'un tel esprit ( disois- je ) se dissipe
A donner au Public des Eloges brigués ?
Quoi ! par une lumiere et si vive et si pure
Les Bons et les Pervers seront- ils réjouis ?
C'est-là tout ce que
fait l'Auteur de la Nature
Et que font après lui le Soleil et LOUIS ,
LOUIS
MAY.
1737.
883
LOUIS et le Soleil sont en droit de le faire ,
Et c'est de leur grandeur l'illustre fonction :
Mais V... plus borné , doit en Juge sévere ,
Du bien avec le mal faire distinction.
Ses Volumes moins gros , seroient plus sûrs de
plaire ;
Suprimant les Ecrits d'an misérable Auteur ,
Il pouroit épargner du papier au Libraire ,
A lui des soins , enfin du dégoût au Leeteur.
Mon esprit contre toi murmuroit de la sorte :
Mais mon cœur depuis peu l'en a désavoüé.
Tu viens de m'oposer une raison plus forte ;
Qu'as-tu fait pour cela,V... ? Tu m'as loüé &c
Nous omettons le reste : cet échan
tillon suffira pour montrer le caractere
de notre Ami , par raport à la flaterie
qu'il ne pouvoit souffrir , et à la censu-
re , qui chés lui n'étoit jamais austere ni
farouche.
Nous avons dit qu'il ne pouvoit souf-
frir les louanges outrées , encore moins
les louanges personnelles . C'est dans cet
esprit qu'il nous a toujours refusé un pe-
tit détail sur sa vie et sur ses Ouvrages ,
qu'on lui a souvent demandé pour en
faire un jour honneur à sa Mémoire : voici
€ iij
seulo
884 MERCURE DE FRANCE
seulement ce que l'amitié ou l'importu
nité lui permirent de nous écrire le 21 .
Octobre 1735.
20
» Vous voulez me prendre par mon
propre interêt , par la proposition que
vous me faites de vous donner quel-
ques Memoires de ma vie , qui n'est
» pas si obscure que l'on n'y trouvât
» sujet de faire un petit Roman ; mais j'ai
>> renoncé à cette vanité , et il me suffit
» que l'on sçache qu'après avoir couru
le Monde dans ma jeunesse et avoir
» fait quelque figure à la Cour du Duc
» de Savoye , Charles- Emanuël second
>
23 je me suis attaché à celle de la Prin-
» cesse d'Angoulême , où je me suis ma-
» rié ,, et qui m'a servi d'échelle pour
»monter à la Cour de la Reine Marie-
» Therèse, Epouse de LOUIS LE GRAND ;
échelle qui s'est rompue sous mes pieds,
et où je me suis brisé le col par la mort
» de cette Princesse , étant demeuré sans
>> Charge et sans récompense . Je me suis
>> ensuite retiré dans mon Pays natal , où
»je me suis consolé du mieux que j'ai
» pû avec les Muses , qui ne m'ont point
» abandonné jusqu'à l'âge de quatre- vingt
» treize ans.Pour mon Pere , vous ne pou
» vez en dire trop de bien , qu'oiqu'il
» m'ait fort maltraité , et donné tous ses
>> biens
MAY.
17377
885
» biens à des filles d'un second lit. A cela
» près , c'étoit un homme illustre par ses
» mœurs , sa justice et son éloquence
» dont il a donné des preuves autenti-
tiques dans un beau volume de Ha
rangues, &c.Voilà assés parler des miens
» et de moi.
Cependant la longue carriere de M.
de Senecé s'avançoit et n'étoit pas loin
de son terme. Ses Lettres devenoient
moins fréquentes , mais elles étoient
morales , chrétiennes , édifiantes. Ceile
sur tout qu'il nous écrivit le six Dé-
cembre 1735. marquoit un fond de
Religion et de résignation , capable de
faire plaisir à de véritables Amis. C'étoit
dans la circonstance d'une maladie , qui
ne fut cependant pas la derniere. » J'at-
tends patiemment , disoit - il ,
l'heure
» qu'il plaira à Dieu de me marquer pour
» lui aller rendre mes comptes qui ne
» sont pas en trop bon état , &c. La
Lettre étoit accompagnée d'un Cantique
de sa façon sur le sujet de ces mêmes
Comptes , où il paroissoit encore du feu
et du génie , mais bien plus encore de
pieté et de confiance en la bonté divine .
La Piece finissoit par une invocation pa-
thétique adressée à la sainte Vierge. » J'ai
»fait , ajoûtoit-il , ce petit Morceau dans
C iiij
» l'un
886 MERCURE DE FRANCE
» l'un des plus grands accès de ma ma-
>> ladie , où pour l'ordinaire on ne songe
כג
pas à faire des Vers; mais j'ai éprouvé en
» cette occasion la vérité du Proverbe
»qui dit que la Mort est un Echo de la
» vie. En tout cas , ce que je vous envoye
» servira à vous faire faire quelques re-
fléxions chrétiennes. Les Gens de Let-
tres , si remplis de differentes idées
>
» ont besoin que quelquesfois on les
"
rapelle à Dieu par des refléxions sé-
» rieuses. Je vous demande pardon de
» faire ici le Prédicateur , contre ma coû-
» tume ; mais les aproches de la mort
"Ouvrent souvent les yeux les plus aveu-
» gles, et j'espere que vous me pardonne-
» rez l'effet d'une conversion qui est dans
» sa premiere ferveur, et que je voudrois
» pouvoir étendre sur tous mes Amis, par
» mi lesquels je vous considere tout des
» premiers , &c. Enfin , comme s'il pré-
voyoit que c'étoit- là la derniere Lettre
qu'il devoit nous écrire , il la chargea de
ses complimens ou plutôt de ses adieux
pour quelques Amis particuliers , qui
sont aussi les nôtres. Il saluoit et mora-
lisoit en ces termes l'un de ces Messieurs
qui aime beaucoup les Spectacles. » Fai-
» tes mes complimens à M. L. C. et di-
» tes- lui que j'ai bien du déplaisir qu'un
» bel
MAY.
» de Thalie.
1737.
887
bel Esprit comme le sien meure dans
l'hérésie des favoris de Melpomene et
Depuis l'Epoque que nous venons de
marquer , c'est-à - dire la fin de l'année
1735. qui fut aussi la fin de notre com-
merce Litteraire , M. de Senecé , de qui
nous avions quelquefois indirectement
des nouvelles, soigneux de nous informer
de son état , tourna toutes ses pensées du
côté du Ciel. Accablé enfin par le poids
de l'âge , éprouvé par de plus fréquentes
infirmités , mais consolé et fortifié par
de solides esperances , il expira douce-
ment entre les bras d'un digne Fils , le
premier jour de l'année 1737. âgé de
93. ans , deux mois et quelques jours.
Nous n'aurions rien à ajoûter à ce
que nous venons de dire , et que nous
avons crû devoir à la memoire de M. de
Senccé , si une nouvelle instruction , qui'
vient de nous arriver , ne nous enga-
geoit de joindre ici quelques circonstan
ces particulieres qui regardent sa Famille
et sa Personne ; rien n'est à négliger dans
P'Histoire des Hommes de Lettres.
On a marqué cy -dessus qu'il étoit fils,
petit-fils et arriere petit- fils de trois Lieu
tenans Generaux au Bailliage et Siege
Présidial du Mâconois. Ils furent tous
C
trois
888 MERCURE DE FRANCE
trois très- distingués dans la Province par
leur mérite personnel et par la maniere
noble dont ils y vivoient. Ils étoient issus
d'une très- ancienne Famille originaire
de la Ville de Paray le Monial , dans le
Charolois , à 12. lieues de Mâcon , où
l'un de leurs Ancêtres vint s'établir il Y
a plus de deux cens ans.
La probité et la Litterature sont com-
me héréditaires dans cette Famille. Mais
aucun ne se distingua davantage , et ne
joignit plus d'excellentes qualités à celles
que nous venons de dire , que Brice Bau-
que
deron de Senecé , Pere de celui que nous
regretons.
Il fut Auteur de plusieurs
Ouvrages estimés , et consommé sur tout
dans les sciences de son Etat. Le Conseil
et le Parlement , bien instruits de son
integrité et de ses lumieres , l'ont sou-
vent employé dans des affaires de consé-
quence , délicates et épineuses , commis-
sions dont il s'est acquité avec un aplau-
dissement general , et qui lui ont acquis
un honneur infini . Enfin il eut le bon-
heur dans les Troubles de la minorité du
Roy Louis XIV. de servir utilement son
Maître , moins par l'autorité de sa Char-
ge , que par la vivacité de son zele et
par la force de son éloquence , qui retine
a Ville de Mâcon , prête à tomber en-
tre
MAY.
1737.
889
tre les mains des Factieux , dans son de-
voir , et fit perdre à ceux-cy toute es-
perance pour le succès d'un projet qui
étoit apuyé de la force des Armes. La
Cour très satisfaite de sa conduite , lui
fit expedier des Lettres de Conseiller d'E-
tat , datées du 31. Juillet 1651. Il re-
çut aussi de la Cour de grands Eloges
sur sa sage conduite à la tenue des Grands
Jours dans la Ville de Clermont , où il
fut mandé et où il donna encore de gran-
des marques de zele et d'attachement
pour les interêts du Roy.Il mourut à Mâ-
con le 3. Octobre 1698. âgé de 88, ans ,
après y avoir exercé pendant quarante an-
nées la premiere Magistrature.Ona obinis
qu'il avoit un grand talent pour la Poë-
sie Latine et Françoise , dont il faisoit
quelquefois ses amusemens pour se dé-
lasser.
M. de Senecé son Fils , qui fait le su-
jet de cet Eloge , a eû , comme nous l'a-
vons dit , deux Fils de son Mariage. L'aî-
né entra de bonne heure dans le Service.
Il n'avoit que 18. ans lorsqu'il fut blessé à
la Bataille de Nervinde. Il fut aussi-tôt
fait Capitaine au Régiment de Piémont
où il continua de servir avec distinction
jusqu'à l'âge de 23. ans , qu'il fut tué
dans un combat qui se donna auprès de
C vi
Tour-
80 MERCURE DE FRANCE
Tournay. Il marchoit déja sur les traces
de son digne Pere , aimant les Lettres et
écrivant fort bien en Vers et en Prose.
Son Frere puisné prit aussi le parti des´
Armes , mais la mort de l'aîné ne permit
pas à ce tendre Pere de lui laisser suivre
son inclination , ne voulant pas d'ailleurs
risquer la seule personne qui pouvoit
donner des Héritiers à son nom . Dieu
en a disposé autrement ; car ce Fils uni--
que , marié depuis 20. ans n'a aujour-
d'hui de plusieurs Enfans qui lui sont nés,
que deux filles fort jeunes.
De six Filles que M. de Senecé avoir
aussi eûes de son Mariage, l'aînée mourut
peu après le décès de la Dame sa Mere ;
les quatre suivantes sont actuellement
Religieuses en differens Monasteres , et
la derniere est mariée à M. de la Salle
Gentilhomme du Mâconois , d'une bon-
me et ancienne Maison , originaire d'Au-
vergne. Un fils unique sorti de ce Ma--
riage , Capitaine dans le Régiment d'In-
fanterie d'Anjou , a été tué en Italie à
la Bataille de Guastalla, dans sa premiere
jeunesse.
Ainsi d'un assés grand nombre d'En-
fans et de petits- Enfans , il n'est resté à
M. de Senecé que le seul Fils dont nous
venons de parler , et que la Providence:
Luk
MAY.
1737.
891
lai avoit conservé pour être sa consola-
tion et son soutien dans le reste d'une
longue carriere. Nous sçavons qu'il s'en
est acquité dignement. C'est par ce cher
Fils , homme de Lettres et d'un mérite
distingué , que nous avons été informés
des principales circonstances de la Vie
de cet illustre Pere . L'une des plus im-
portantes , sans doute , est que depuis
quelques années il avoit de grands sen-
timens de pieté , parlant sans cesse de
Religion, souvent apliqué à lire et à mé-
diter la Sainte Ecriture. De là cet esprit
de patience et de résignation aux ordres
de Dieu dans les differentes tribulations
qui ont affligé sa vieillesse .
On ne peut pas trop dire que cette vertu
ait cú sa récompense dès cette vie , car nous
aprenons de la même source que de tous
les Seigneurs qui , l'avoient connu à la
Cour , et qui l'avoient , pour ainsi dire
accablé d'offres de service , & c. aucun
ne s'est souvenu de lui dans l'occa-
sion. Un grand Ministre , né pour le
bonheur general du Royaume et pour
relever la vertu abattuë et affligée , lui
a seul conservé l'honneur de ses bon-
nes graces , et lui a donné des secours
effectifs par diverses gratifications , et par
deux differentes pensions obtenues de
la
892 MERCURE DE FRANCE
la bonté du Roy. Par là
cer illustre'
Bienfaiteur l'a empêché d'avoir une
vieillesse nécessiteuse et l'a mis en état
de passer ses dernieres années dans une
douce tranquillité. Ces derniers termes
sont les mêmes dont M. de Condemines,
son digne Fils , s'est servi pour nous
instruire et pour exprimer sa reconnois-
sance. Condemines est le nom de sa Ter-
re, et presque le seul bien qui lui reste ;
» mais Dieu qui fait tout pour le mieux,
» nous dit- il fort chrétiennement
en
» me faisant décheoir des esperances d'u
> ne fortune considerable , m'a doüé
,
» d'un esprit tranquille et sans passion ,
qui me fait vivre content dans ma mé-
» diocrité.
Nous finirons par ce qui nous reste
à dire sur les Ouvrages de M. de Senecé,
qui a brillé , sur tout , par le talent de
la Poësie Françoise et Latine. Nous em-
prunterons pour cela les termes de M.
Titon du Tillet , qui après avoir déja
parlé de lui dans son Parnasse François,
nous a fait l'honneur de nous écrire à
l'occasion de sa mort ; nous, ajoûte-
rons ici le précis de sa Lettre.
" Je viens , M. d'aprendre la mort de
» M. de Senecé , Doyen de nos Poëtes
» François. Comme je m'interesse infini-
» menc
MAY.
1737.
893
» ment à la gloire de tous les Hommes
» celebres qu'a produits la France , et
>> plus particulierement à ceux qui doi-
» vent augmenter le nombre des Habi-
» tans du Parnasse François , je me sens
» obligé de vous annoncer la perte que
» nous faisons de cet Homme illus-
» tre , pour en faire part au Public dans
votre Journal , en attendant que je
» puisse moi- même rendre justice à sa
>> memoire dans le Suplément de la Vie
» de nos celebres Poëtes , &c. que je ras-
» semble sur le Parnasse François , que
» j'ai fait élever en Bronze, à mesure que
» la mort nous les enleve , & c.
>>
" Je lui dois d'ailleurs de la recon-
noissance par l'amitié dont il m'a ho-
» noré pendant quatre ou cinq ans , que
» nous avons été en commerce ensemble,
» et par le beau présent qu'il m'a faiɛ
» du gros volume manuscrit in 4°. de ses
» Poësies , non imprimées , dont j'espere
>> enrichir
le Public par l'impression.
» Ce Manuscrit est rempli d'un grand
1
» nombre de Morceaux interessants ,
où
>> l'on trouve de l'élevation , de la grace
» et sur tout cet élégant badinage , dont
» peu de gens sont capables, et que notre
» Auteur possedoit en Homme d'un es-
*
» prit supérieur , qui connoissoit d'ail-
»leurs
894 MERCURE DE FRANCE
» leurs à fond la Cour et la Ville , & c.
» On a imprimé un Recueil d'Epi-
grammes et d'autres Pieces de M. de
» Senecé , avec un Traité sur la compo-
» sition de l'Epigramme , 1. vol. in 12,
» d'environ 5oo. pages. A Paris , chés
» F. Giffart , 1717.
Il y a aussi quantité de bonnes Pieces
de sa façon , imprimées dans le Mercu-
re Galant et dans le Mercure de France ,
qui étant recueillies , formeroient un
juste volume.
Je finis ( c'est toujours M. Titon du
Tillet qui parle ) en joignant à ma Let-
» tre une Piece de Vers de M. l'Abbé-
Poncy de Neuville , connu par divers
» Ouvrages qui lui ont fait honneur , et.
» dont sept ont remporté des Prix de Poë-
» sie à l'Académie des Jeux Floraux de
>> Toulouse.
Antoine Bauderon de Senecé nâquit à Mâcon le 27. Octobre 1643. de
Brice Bauderon de Senecé , Lieutenant
Général au Bailliage et Siege Présidial de
la même Ville , et de D ... ... Grillet.
Son Pere, le troisième de sa Famille, qui
en ligne directe étoit revêtu de cete
Charge , ne négligea rien pour lui don-
ner une excellente éducation , et pour le
mettre en état de lui succeder un jour.
On ne pouvoit guere travailler sur un
meilleur fonds , cet Enfant étant né avec
Les qualités d'esprit les plus heureuses ,
et
sçavant.
MAY.
1737-
875
et avec les talens les plus avantageux ;
cultivé d'ailleurs par un Pere vertueux et
Dès l'âge de treize ans , ayant achevé
les Etudes ordinaires au College des Je-
suites de Mâcon , il fut envoyé à Paris ,
où il fit un nouveau Cours de Philoso
phie : Il en soutint des Theses publiques
avec un aplaudissement général sur la
fin de sa quatorziéme année. Revenu
à Mâcon , il employa deux années en-
tieres à profiter des leçons et des exem-
ples d'un Pere , qui n'oublioit rien pour
le formerà l'Etude et à la Vertu.
Il fut ensuite renvoyé à Paris pour l'E-
tude des Loix. Il s'y apliqua , fut reçû
Avocat , et suivit le Barreau pendant
quelque temps : mais ce n'étoit
son penchant le plus naturel.
pas là
Cependant , pressé par une Famille ,
qui l'aimoit tendrement , il revint à Mâ-
çon , où quelque temps après son arrivée,
le feu de la jeunesse l'entraîna dans une
malheureuse Affaire , nommée dans le
monde Affaire d'honneur. Elle fut suivie
d'un combat de quatre contre quatre , dans
laquelle l'un des Combattans succomba,
et plusieurs furent blessés. Notre jeune
Homme obligé de se retirer , alla cher-
cher un azile à la Cour de Savoye , où
son
876 MERCURE DE FRANCE
son esprit , sa dépense et ses talens lui
eurent bien-tôt acquis des Amis de dis
tinction .
Mais ,s'il est vrai qu'un malheur en at-
tire souvent un autre , cette situation
douce et agréable en aparence , fut bien-
tôt fatale à notre François réfugié . Il
devint Amoureux d'une, Dlle de la pre-
miere qualité , qui le reçut bien et le
préféra à plusieurs autres , qui préten-
doient à l'honneur de son Alliance. La
Dlle avoit plusieurs Freres , qui étoient
Amis de notre Aspirant , et qui eurent
d'abord ses recherches pour agréables ..
Cette derniere circonstance n'étoit ,
par malheur , fondée que sur une équi➡
voque de nom , au sujet de celui de Se-
necé. La Terre ainsi apellée , située entre
Tournus et Châlons , étoit alors dans
la Maison de Foix : Ces Messieurs le cru-
rent être de la même Maison ; mais M.de
Senecé qui ne vouloit tromper personne,
encore moins celle qui étoit la plus in-
reressée , avoit dès le commencement
déclaré son véritable état à la Dlle , la-
quelle n'ayant d'égard qu'au mérite de
son Amant , exigea de lui de laisser ses
Freres dans la favorable prévention où
ils étoient.
: Ceux-ci en sortirent bien-tôt par les
recherches
+
1
"A
A
MAY.
1737:
877
recherches qu'ils se crurent obligés de
faire avant que de rien conclure. Instruits
de la verité , ils donnerent dans un tra-
vers. Au lieu de prendre les mesures or-
dinaires pour s'oposer à ce Mariage , ils
entrerent dans un esprit de ressentiment,
dont la Dlle prévit et prévint les suites,
en priant M. de Senecé de disparoître
pour quelque temps : mais les Freres ani-
més et instruits du départ , eurent la
foiblesse de faire trouver des gens sur sa
route pour lui faire un mauvais pârti,
Il fallut battailler , l'Amant malheureux
s'en tira heureusement, et tout de suite il
se retira à Madrid , où il resta jusqu'à la
nouvelle de l'accommodement de sa
pre.
miere Affaire , que M. son Pere lui don
na , avec ordre de revenir.
De retour à Mâcon , ce Pere qui lui
destinoit toujours sa Charge , le renvoya
bien- tôt à Paris dans la vûë de le perfec-
tionner dans l'Etude des Loix, et dans les
autres connoissances , que le commerce
des Livres et la fréquentation du Barreau
pouvoient lui acquerir.
Mais l'essor
qu'il avoit pris , et le grand monde qu'il
avoit fréquenté lui avoient donné du
dégoût pourice genre d'Etude. L'amour
des plaisirs et de la liberté l'entraîna
bien- tôt du côté d'une jeune et brillante .
Cour
878 MERCURE DE FRANCE
Cour , dans laquelle il se fit des Amis
distingués. Il se flata qu'avec un pareil
secours et avec ses talens , il pouroit
faire une fortune fort au- dessus de celle
que sa Famille lui présentoit.
Rempli des ces idées , en attendant la
premiere occasion d'acquerir une Char-
ge à la Cour , il crut devoir fixer sa si-
tuation hors de la Province par un en
gagement. Il épousa à Paris , du consen-
tement de son Pere , la Dlle de Blaisy
Fille de M. de Burnot , Seigneur de Blai-
sy , Intendant de la Maison de la Du-
chesse d'Angoulême. Le Pere ne consti-
tua à son Fils que le moins qu'il pou-
- voit lui donner , la tendresse Paternelle
étoit fort ralentie à l'égard de ce Fils
par un second Mariage , dont il y avoit
des Enfans , et pour n'avoir pas suivi
ses volontés sur le choix d'une Profes
sion.
Peu de temps après l'occasion tant dé
sirée se présenta : M. de Senecé traita en
1673. de la Charge de Premier Valet de
Chambre de la Reine , avec M. de Visé.
Avant que de rien conclure , il fit un
Voyage à Mâcon pour obtenir l'agré-
ment et quelque suplément de finance
qui lui manquoit , de M. son Pere. Ce-
lui-ci profita de l'occasion pour faire avec -
toute
MAY.
1737.
879
toute la Famille , un dernier effort sur
l'esprit de son Fils au sujet de la Charge
de Lieutenant Général ,dont il le croyoit
très capable. Mais il n'y eut pas moyen
de lui faire changer d'objet. De retour à
Paris , M. de Senecé emprunta de ses
Amis ce qu'il lui falloit , conclut le mar
ché et entra chés la Reine en la qualité
que nous avons dite.
Il fut extrémement goûté à la Cour ; il
s'y fit des Amis de distinction , et des
Protecteurs puissans : On peut dire qu'il
le méritoit ; mais cette situation agréa-
ble , cette Fortune, aparente ne furent
pas d'une longue durée. La Reine très-
satisfaite de ses Services , et qui l'hono-
roit de beaucoup de bonté , vint à mou◄
rir au bout de dix ans ; et c'est le plus
grand malheur qui pouvoit arriver à son
zelé Domestique.
On suprime ici tout le détail de ce
malheur et de ses suites , pour n'en mar-
quer qu'une ou deux circonstances . Sça-
voir , que son Pere en mourant ne lui
donna d'autre part dans ses biens , que
ce qu'il lui avoit constitué en le mariant;
c'est à dire , une petite Terre de 3000.
livres de rente , auprès de Mâcon , nom-
mée Condemines. De plus, une riche Tan-
te , Sœur de la D. sa Mere , er Epouse
C
du
880 MERCURE DE FRANCE
du Premier Président du Présidial , en
mourant sans Enfans , ne fit aucune
mention de lui dans son Testament.
On suprime aussi l'indifférence, ordi-
naire aux Gens de Cour dans la disgra-
ce , qu'eurent à son égard ceux que
nous avons apellé ci- dessus Amis de dis-
tinction et Protecteurs puissans , dans
les différentes occasions qui se présente-
rent de le servir et de le dédommager,
La seule Duchesse d'Angoulême se mon-
tra sensible et bienfaisante. M. de Sene-
cé trouva chés cette Princesse , pour lui
et pour sa Famille , une retraite honora-
ble et utile ; ensorte que tant qu'elle vê-
cut,il ne fut presque exposé à aucune dé-
pense.
Mais après la mort de la Princesse ,
il fut obligé de revenir dans sa Province ,
dont on peut dire qu'il fit les délices , et
en particulier de la Ville de Mâcon ,
tout le monde étant charmé de posseder
un Sujet orné de tant de bonnes quali
tés , de celles principalement qui font
l'honnête Homme , et en même temps
les charmes de la societé.
La mort d'une Epouse chérie , qui lui
fut enlevée en 1685. à l'âge seulement
de 33. ans , Mere de huit Enfans , ré-
veilla en lui les idées de la Cour ; la ten-
tation
MAY.
1737.
831
tation d'y aller encore chercher Fortune,
le reprit. Mais son Voyage et un assés
long séjour furent inutiles ; ils ne le fu-
rent pas pour le guérir enfin de ces idées -
de grandeur et de ces espérances Aateu-
ses , dont il s'étoit presque toujours rem-
pli.
De retour pour la derniere fois dans
sa Patrie , il ne s'occupa plus que de Re-
ligion , de soins domestiques , et de Lit-
terature , sans rien perdre de cette gaye-
té et de cette joye innocente qui le fai-
soit désirer par tout , et qu'il apelloit le
Baume de la vie , l'Elixir de la sancé.
C'est dans cette situation que nous avons
commencé à connoître M. de Senecé
il y a environ quinze ans , à l'occasion
d'abord de quelques Poësies de sa façon,
qui ont paru dans le Mercure de France.
Il y a eu ensuite entre nous un commer-
çe réglé de Littérature , dont nous avons
profité , et qui a continué jusqu'à ses
derniers jours.
Il y avoit sans doute à profiter avec un
Ami de cet âge et de cette capacité . Il
ne vouloit point au reste qu'on le loüât ,
ni qu'on fit trop valoir ses Pieces . Au-
tant ennemi des Eloges outrés , que de
la critique amere , il censuroit agréable-
ment ce premier défaut dans le Mercu-
Cij
re
882 MERCURE DE FRANCE
re de l'un de nos Prédécesseurs , Ami
de l'Auteur , il crut lui devoir un avis
utile sur cet article. Il s'en acquita par
une Epître de sa façon , dont on ne sera
peut
être pas
fâché de voir ici quelque
chose , outre que c'est une Piecedes plus
fugitives , et que nous tenons de sa
main.
V... quand Jupiter des biens fit le partage,
Les Muses à ses dons eurent petite part :
Un peu de liberté fut tout leur Apanage ;
Elles l'ont bien gardée, et s'en servent sans fard.
J'en ai ma portion , moi , leur Eleve indignes
Mon esprit en tout temps marcha d'un pas égal,
Il tient en main la régle , et mesure la ligne ,
Prêt à la condamner quand elle y répond mal,
Je blamois hautement , fondé sur ce Principe ,
Tes aplaudissemens communs et prodigués ;
Faut-il qu'un tel esprit ( disois- je ) se dissipe
A donner au Public des Eloges brigués ?
Quoi ! par une lumiere et si vive et si pure
Les Bons et les Pervers seront- ils réjouis ?
C'est-là tout ce que
fait l'Auteur de la Nature
Et que font après lui le Soleil et LOUIS ,
LOUIS
MAY.
1737.
883
LOUIS et le Soleil sont en droit de le faire ,
Et c'est de leur grandeur l'illustre fonction :
Mais V... plus borné , doit en Juge sévere ,
Du bien avec le mal faire distinction.
Ses Volumes moins gros , seroient plus sûrs de
plaire ;
Suprimant les Ecrits d'an misérable Auteur ,
Il pouroit épargner du papier au Libraire ,
A lui des soins , enfin du dégoût au Leeteur.
Mon esprit contre toi murmuroit de la sorte :
Mais mon cœur depuis peu l'en a désavoüé.
Tu viens de m'oposer une raison plus forte ;
Qu'as-tu fait pour cela,V... ? Tu m'as loüé &c
Nous omettons le reste : cet échan
tillon suffira pour montrer le caractere
de notre Ami , par raport à la flaterie
qu'il ne pouvoit souffrir , et à la censu-
re , qui chés lui n'étoit jamais austere ni
farouche.
Nous avons dit qu'il ne pouvoit souf-
frir les louanges outrées , encore moins
les louanges personnelles . C'est dans cet
esprit qu'il nous a toujours refusé un pe-
tit détail sur sa vie et sur ses Ouvrages ,
qu'on lui a souvent demandé pour en
faire un jour honneur à sa Mémoire : voici
€ iij
seulo
884 MERCURE DE FRANCE
seulement ce que l'amitié ou l'importu
nité lui permirent de nous écrire le 21 .
Octobre 1735.
20
» Vous voulez me prendre par mon
propre interêt , par la proposition que
vous me faites de vous donner quel-
ques Memoires de ma vie , qui n'est
» pas si obscure que l'on n'y trouvât
» sujet de faire un petit Roman ; mais j'ai
>> renoncé à cette vanité , et il me suffit
» que l'on sçache qu'après avoir couru
le Monde dans ma jeunesse et avoir
» fait quelque figure à la Cour du Duc
» de Savoye , Charles- Emanuël second
>
23 je me suis attaché à celle de la Prin-
» cesse d'Angoulême , où je me suis ma-
» rié ,, et qui m'a servi d'échelle pour
»monter à la Cour de la Reine Marie-
» Therèse, Epouse de LOUIS LE GRAND ;
échelle qui s'est rompue sous mes pieds,
et où je me suis brisé le col par la mort
» de cette Princesse , étant demeuré sans
>> Charge et sans récompense . Je me suis
>> ensuite retiré dans mon Pays natal , où
»je me suis consolé du mieux que j'ai
» pû avec les Muses , qui ne m'ont point
» abandonné jusqu'à l'âge de quatre- vingt
» treize ans.Pour mon Pere , vous ne pou
» vez en dire trop de bien , qu'oiqu'il
» m'ait fort maltraité , et donné tous ses
>> biens
MAY.
17377
885
» biens à des filles d'un second lit. A cela
» près , c'étoit un homme illustre par ses
» mœurs , sa justice et son éloquence
» dont il a donné des preuves autenti-
tiques dans un beau volume de Ha
rangues, &c.Voilà assés parler des miens
» et de moi.
Cependant la longue carriere de M.
de Senecé s'avançoit et n'étoit pas loin
de son terme. Ses Lettres devenoient
moins fréquentes , mais elles étoient
morales , chrétiennes , édifiantes. Ceile
sur tout qu'il nous écrivit le six Dé-
cembre 1735. marquoit un fond de
Religion et de résignation , capable de
faire plaisir à de véritables Amis. C'étoit
dans la circonstance d'une maladie , qui
ne fut cependant pas la derniere. » J'at-
tends patiemment , disoit - il ,
l'heure
» qu'il plaira à Dieu de me marquer pour
» lui aller rendre mes comptes qui ne
» sont pas en trop bon état , &c. La
Lettre étoit accompagnée d'un Cantique
de sa façon sur le sujet de ces mêmes
Comptes , où il paroissoit encore du feu
et du génie , mais bien plus encore de
pieté et de confiance en la bonté divine .
La Piece finissoit par une invocation pa-
thétique adressée à la sainte Vierge. » J'ai
»fait , ajoûtoit-il , ce petit Morceau dans
C iiij
» l'un
886 MERCURE DE FRANCE
» l'un des plus grands accès de ma ma-
>> ladie , où pour l'ordinaire on ne songe
כג
pas à faire des Vers; mais j'ai éprouvé en
» cette occasion la vérité du Proverbe
»qui dit que la Mort est un Echo de la
» vie. En tout cas , ce que je vous envoye
» servira à vous faire faire quelques re-
fléxions chrétiennes. Les Gens de Let-
tres , si remplis de differentes idées
>
» ont besoin que quelquesfois on les
"
rapelle à Dieu par des refléxions sé-
» rieuses. Je vous demande pardon de
» faire ici le Prédicateur , contre ma coû-
» tume ; mais les aproches de la mort
"Ouvrent souvent les yeux les plus aveu-
» gles, et j'espere que vous me pardonne-
» rez l'effet d'une conversion qui est dans
» sa premiere ferveur, et que je voudrois
» pouvoir étendre sur tous mes Amis, par
» mi lesquels je vous considere tout des
» premiers , &c. Enfin , comme s'il pré-
voyoit que c'étoit- là la derniere Lettre
qu'il devoit nous écrire , il la chargea de
ses complimens ou plutôt de ses adieux
pour quelques Amis particuliers , qui
sont aussi les nôtres. Il saluoit et mora-
lisoit en ces termes l'un de ces Messieurs
qui aime beaucoup les Spectacles. » Fai-
» tes mes complimens à M. L. C. et di-
» tes- lui que j'ai bien du déplaisir qu'un
» bel
MAY.
» de Thalie.
1737.
887
bel Esprit comme le sien meure dans
l'hérésie des favoris de Melpomene et
Depuis l'Epoque que nous venons de
marquer , c'est-à - dire la fin de l'année
1735. qui fut aussi la fin de notre com-
merce Litteraire , M. de Senecé , de qui
nous avions quelquefois indirectement
des nouvelles, soigneux de nous informer
de son état , tourna toutes ses pensées du
côté du Ciel. Accablé enfin par le poids
de l'âge , éprouvé par de plus fréquentes
infirmités , mais consolé et fortifié par
de solides esperances , il expira douce-
ment entre les bras d'un digne Fils , le
premier jour de l'année 1737. âgé de
93. ans , deux mois et quelques jours.
Nous n'aurions rien à ajoûter à ce
que nous venons de dire , et que nous
avons crû devoir à la memoire de M. de
Senccé , si une nouvelle instruction , qui'
vient de nous arriver , ne nous enga-
geoit de joindre ici quelques circonstan
ces particulieres qui regardent sa Famille
et sa Personne ; rien n'est à négliger dans
P'Histoire des Hommes de Lettres.
On a marqué cy -dessus qu'il étoit fils,
petit-fils et arriere petit- fils de trois Lieu
tenans Generaux au Bailliage et Siege
Présidial du Mâconois. Ils furent tous
C
trois
888 MERCURE DE FRANCE
trois très- distingués dans la Province par
leur mérite personnel et par la maniere
noble dont ils y vivoient. Ils étoient issus
d'une très- ancienne Famille originaire
de la Ville de Paray le Monial , dans le
Charolois , à 12. lieues de Mâcon , où
l'un de leurs Ancêtres vint s'établir il Y
a plus de deux cens ans.
La probité et la Litterature sont com-
me héréditaires dans cette Famille. Mais
aucun ne se distingua davantage , et ne
joignit plus d'excellentes qualités à celles
que nous venons de dire , que Brice Bau-
que
deron de Senecé , Pere de celui que nous
regretons.
Il fut Auteur de plusieurs
Ouvrages estimés , et consommé sur tout
dans les sciences de son Etat. Le Conseil
et le Parlement , bien instruits de son
integrité et de ses lumieres , l'ont sou-
vent employé dans des affaires de consé-
quence , délicates et épineuses , commis-
sions dont il s'est acquité avec un aplau-
dissement general , et qui lui ont acquis
un honneur infini . Enfin il eut le bon-
heur dans les Troubles de la minorité du
Roy Louis XIV. de servir utilement son
Maître , moins par l'autorité de sa Char-
ge , que par la vivacité de son zele et
par la force de son éloquence , qui retine
a Ville de Mâcon , prête à tomber en-
tre
MAY.
1737.
889
tre les mains des Factieux , dans son de-
voir , et fit perdre à ceux-cy toute es-
perance pour le succès d'un projet qui
étoit apuyé de la force des Armes. La
Cour très satisfaite de sa conduite , lui
fit expedier des Lettres de Conseiller d'E-
tat , datées du 31. Juillet 1651. Il re-
çut aussi de la Cour de grands Eloges
sur sa sage conduite à la tenue des Grands
Jours dans la Ville de Clermont , où il
fut mandé et où il donna encore de gran-
des marques de zele et d'attachement
pour les interêts du Roy.Il mourut à Mâ-
con le 3. Octobre 1698. âgé de 88, ans ,
après y avoir exercé pendant quarante an-
nées la premiere Magistrature.Ona obinis
qu'il avoit un grand talent pour la Poë-
sie Latine et Françoise , dont il faisoit
quelquefois ses amusemens pour se dé-
lasser.
M. de Senecé son Fils , qui fait le su-
jet de cet Eloge , a eû , comme nous l'a-
vons dit , deux Fils de son Mariage. L'aî-
né entra de bonne heure dans le Service.
Il n'avoit que 18. ans lorsqu'il fut blessé à
la Bataille de Nervinde. Il fut aussi-tôt
fait Capitaine au Régiment de Piémont
où il continua de servir avec distinction
jusqu'à l'âge de 23. ans , qu'il fut tué
dans un combat qui se donna auprès de
C vi
Tour-
80 MERCURE DE FRANCE
Tournay. Il marchoit déja sur les traces
de son digne Pere , aimant les Lettres et
écrivant fort bien en Vers et en Prose.
Son Frere puisné prit aussi le parti des´
Armes , mais la mort de l'aîné ne permit
pas à ce tendre Pere de lui laisser suivre
son inclination , ne voulant pas d'ailleurs
risquer la seule personne qui pouvoit
donner des Héritiers à son nom . Dieu
en a disposé autrement ; car ce Fils uni--
que , marié depuis 20. ans n'a aujour-
d'hui de plusieurs Enfans qui lui sont nés,
que deux filles fort jeunes.
De six Filles que M. de Senecé avoir
aussi eûes de son Mariage, l'aînée mourut
peu après le décès de la Dame sa Mere ;
les quatre suivantes sont actuellement
Religieuses en differens Monasteres , et
la derniere est mariée à M. de la Salle
Gentilhomme du Mâconois , d'une bon-
me et ancienne Maison , originaire d'Au-
vergne. Un fils unique sorti de ce Ma--
riage , Capitaine dans le Régiment d'In-
fanterie d'Anjou , a été tué en Italie à
la Bataille de Guastalla, dans sa premiere
jeunesse.
Ainsi d'un assés grand nombre d'En-
fans et de petits- Enfans , il n'est resté à
M. de Senecé que le seul Fils dont nous
venons de parler , et que la Providence:
Luk
MAY.
1737.
891
lai avoit conservé pour être sa consola-
tion et son soutien dans le reste d'une
longue carriere. Nous sçavons qu'il s'en
est acquité dignement. C'est par ce cher
Fils , homme de Lettres et d'un mérite
distingué , que nous avons été informés
des principales circonstances de la Vie
de cet illustre Pere . L'une des plus im-
portantes , sans doute , est que depuis
quelques années il avoit de grands sen-
timens de pieté , parlant sans cesse de
Religion, souvent apliqué à lire et à mé-
diter la Sainte Ecriture. De là cet esprit
de patience et de résignation aux ordres
de Dieu dans les differentes tribulations
qui ont affligé sa vieillesse .
On ne peut pas trop dire que cette vertu
ait cú sa récompense dès cette vie , car nous
aprenons de la même source que de tous
les Seigneurs qui , l'avoient connu à la
Cour , et qui l'avoient , pour ainsi dire
accablé d'offres de service , & c. aucun
ne s'est souvenu de lui dans l'occa-
sion. Un grand Ministre , né pour le
bonheur general du Royaume et pour
relever la vertu abattuë et affligée , lui
a seul conservé l'honneur de ses bon-
nes graces , et lui a donné des secours
effectifs par diverses gratifications , et par
deux differentes pensions obtenues de
la
892 MERCURE DE FRANCE
la bonté du Roy. Par là
cer illustre'
Bienfaiteur l'a empêché d'avoir une
vieillesse nécessiteuse et l'a mis en état
de passer ses dernieres années dans une
douce tranquillité. Ces derniers termes
sont les mêmes dont M. de Condemines,
son digne Fils , s'est servi pour nous
instruire et pour exprimer sa reconnois-
sance. Condemines est le nom de sa Ter-
re, et presque le seul bien qui lui reste ;
» mais Dieu qui fait tout pour le mieux,
» nous dit- il fort chrétiennement
en
» me faisant décheoir des esperances d'u
> ne fortune considerable , m'a doüé
,
» d'un esprit tranquille et sans passion ,
qui me fait vivre content dans ma mé-
» diocrité.
Nous finirons par ce qui nous reste
à dire sur les Ouvrages de M. de Senecé,
qui a brillé , sur tout , par le talent de
la Poësie Françoise et Latine. Nous em-
prunterons pour cela les termes de M.
Titon du Tillet , qui après avoir déja
parlé de lui dans son Parnasse François,
nous a fait l'honneur de nous écrire à
l'occasion de sa mort ; nous, ajoûte-
rons ici le précis de sa Lettre.
" Je viens , M. d'aprendre la mort de
» M. de Senecé , Doyen de nos Poëtes
» François. Comme je m'interesse infini-
» menc
MAY.
1737.
893
» ment à la gloire de tous les Hommes
» celebres qu'a produits la France , et
>> plus particulierement à ceux qui doi-
» vent augmenter le nombre des Habi-
» tans du Parnasse François , je me sens
» obligé de vous annoncer la perte que
» nous faisons de cet Homme illus-
» tre , pour en faire part au Public dans
votre Journal , en attendant que je
» puisse moi- même rendre justice à sa
>> memoire dans le Suplément de la Vie
» de nos celebres Poëtes , &c. que je ras-
» semble sur le Parnasse François , que
» j'ai fait élever en Bronze, à mesure que
» la mort nous les enleve , & c.
>>
" Je lui dois d'ailleurs de la recon-
noissance par l'amitié dont il m'a ho-
» noré pendant quatre ou cinq ans , que
» nous avons été en commerce ensemble,
» et par le beau présent qu'il m'a faiɛ
» du gros volume manuscrit in 4°. de ses
» Poësies , non imprimées , dont j'espere
>> enrichir
le Public par l'impression.
» Ce Manuscrit est rempli d'un grand
1
» nombre de Morceaux interessants ,
où
>> l'on trouve de l'élevation , de la grace
» et sur tout cet élégant badinage , dont
» peu de gens sont capables, et que notre
» Auteur possedoit en Homme d'un es-
*
» prit supérieur , qui connoissoit d'ail-
»leurs
894 MERCURE DE FRANCE
» leurs à fond la Cour et la Ville , & c.
» On a imprimé un Recueil d'Epi-
grammes et d'autres Pieces de M. de
» Senecé , avec un Traité sur la compo-
» sition de l'Epigramme , 1. vol. in 12,
» d'environ 5oo. pages. A Paris , chés
» F. Giffart , 1717.
Il y a aussi quantité de bonnes Pieces
de sa façon , imprimées dans le Mercu-
re Galant et dans le Mercure de France ,
qui étant recueillies , formeroient un
juste volume.
Je finis ( c'est toujours M. Titon du
Tillet qui parle ) en joignant à ma Let-
» tre une Piece de Vers de M. l'Abbé-
Poncy de Neuville , connu par divers
» Ouvrages qui lui ont fait honneur , et.
» dont sept ont remporté des Prix de Poë-
» sie à l'Académie des Jeux Floraux de
>> Toulouse.
Fermer
766
p. 916-929
LETTRE de M. Le Beuf, Chanoine d'Auxerre, à M. Clerot, Avocat au Parlement de Roüen.
Début :
Il me paroît, Monsieur, par les lettres que vous avez écrites depuis un an à [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE de M. Le Beuf, Chanoine d'Auxerre, à M. Clerot, Avocat au Parlement de Roüen.
LETTRE de M. Le Beuf, Chanoine
d'Auxerre, à M. Clerot, Avocat au
Parlement de Roüen.
Il me paroît, Monsieur, par les lettres
que vous avez écrites depuis un an à
M. D. L. R. que vous vous êtes apliqué à
l'Histoire de Rouen et des environs, et que
vous en sçavez parfaitement les Anti-
quités. Le trait que vous venez de nous
donner de St Romain , votre Evêque (a)
m'a fait songer à vous communiquer
une découverte que j'ai faite par hazard
ces jours derniers. Je cherchois dans un
Pays fort éloigné d'ici , et même hors du
Royaume , ( b ) un monument que je
(a ) Mercure de Décembre 1736..
(b) A P'.bbaye de Saint-Gal en Suisse?
croyois
MAY.
$737.
917
croyois pouvoir donner dans mon Histoi-
re d'Auxerre, sur le jugement qu'en avoit
porté l'Auteur de l'Histoire literaire
de la France , Tome 2. p. 261. J'ai été frus-
tré de mon esperance ; il s'est trouvé que
ce Manuscrit dont on a donné communi-
cation fortvolontiers , est un monument
qui ne peut convenir qu'à l'Histoire de
Rouen , ou à l'Histoire Litteraire des
Gaules , ou bien dans un Recuëil tel
que la Bibliotheque des Pères et autres
Auteurs Ecclesiastiques. Je vous apten-
drai ce que c'est avec bien du plaisir.
C'est un Ouvrage de S. Victrice , votre
Evêque. S. Victrice de Rouen , parmi
les Auteurs Ecclesiastiques , est une es-
pece de Phénomene Litteraire. On sça-
voit seulement qu'il avoit écrit quelques
Lettres à S. Paulin de Nole , mais ces
Lettres étoient perduës. L'Ouvrage done
je veux vous parler est beaucoup plus
qu'une Lettre: c'est un Traité qu'il com-
posa à la louange des Saints dont il re
gur des Reliques , qui lui furent en-
voyées d'Italie , et dont plusieurs étoient
venuës de plus loin . Il porte la parole à ces
Saints presque d'un bout à l'autre.
Il nous aprend dans cet Ouvrage qu'il
étoit dans la Grande-Bretagne , dont les
Evêques l'avoient apellé, pour les aider
dans
918 MERCURE DE FRANCE
dans leur Ministere , ( a ) lorsque le Por
teur de ces Reliques , nommé Elien ,
étoit en chemin pour Roüen ; que ce
Porteur ne l'ayant point trouvé dans sa
Ville Episcopale , prit la route de la
Grande Bretagne , dans laquelle il le
rencontra à quarante mille seulement du
lieu d'où il venoit , ou du Port où il
avoit débarqué. Ensorte , dit - il , que les
Reliques vinrent deux fois dans la Ville
de Rouen. Les apostrophes en forme d'ac-
tions de graces , qu'il fait à saint Am-
broise , alors vivant, à un Evêque nom-
mé Théodule , à un autre nommé Eus-
et à d'autres , indiquent de
tathius , et à d'autres
quelles Eglises d'Italie lui venoient ces
précieux restes. Vous trouverez les noms
de ces Evêques à la fin de la Lettre du
Concile de Milan de l'an 390. contre
Jovinien et ses Adhérans. T. 2. Concil.
Labb. Col. 1027. Ces Reliques étoient
de S. Jean- Baptiste , S. Jean l'Evange
liste , S. André , S. Thomas , S. Luc ;
S. Gervais , S. Protais ,
et S. Nazaire , de
( a ) Usserius , ni Harpsfeldius , ni Alfordus ,
Historiens modernes de l'Eglise d'Angleterre, n'ont
point connu ce fait. Gildas ,
et depuis lui Bede
marquent que l'Arianisme trouva des fauteurs
dans la Grande Bretagne , et Usserius croit que
cefut vers l'an 3·80,
Milan :
MAY.
1737.
919
Milar : (a) S. Agricole et S. Procule de
Boulogne; Ste Euphemie, de Calcedoine;
S. Antonin , de Plaisance ; Ss . Saturnin
et Trajan , de Macedoine ; Ss. Mutius
Alexandre , Datysus ou Dathus , Cyn-
dée ou Chyndée , Ste Kogate, Ste Léoni-
de , Ste Anastasie , et Ste Anatocle. ( b )
Il paroît par ses expressions que ce n'é-
toient point des Ossemens de ces Saints ,
au moins quart à la plûpart , mais seu-
lement du Sang , ou de la terre détrem-
pée de leur Sang. Aussi S. Victrice s'é-
tend-il beaucoup à prouver que ce peu
équivaloit en vertu au Corps entier ,
puisqu'on ne peut pas partager le mérite
des Saints , que le Sang est le comple-
ment et la perfection de tous les mem-
bres , et que ces Reliques , toutes mo
diques qu'elles paroissent , sont enam-
mées d'une ardeur divine , qui les ren-
dent aussi puissantes en petite portion
que dans une plus grande. Quoiqu'il
qualifie cet amas de Reliques du nom
( a ) S. Paulin fit mettre sous l'Autel de l'E-
glise de S. Felix de Nole des Reliques des princi-
paux de tous ces Saints , ainsi qu'il paroit par son
Poëme 24. Vers 406. et suivans.
( b ) S. Victrice raporte , sur la fin de son Ou-
vrage , quelques actions de ces Saintes , peu con
ques d'ailleurs.
de
920 MERCURE DE FRANCE
de Troupe de Saints , par raport au nom-
bre dont il y en avoir , le Vase qui les
contenoit n'étoit cependant tout au plus
qu'une espece de Reliquaire portatif que
les Anciens apelloient Philactere , et qu'ils
attachoient au col . Mais l'Ecrit de S Vic-
trice prouve que dès lors on faisoit des
réjouissances pour ces sortes de recep-
zions. Il fait à cette occasion une des-
cription du Peuple de sa Ville , dans la
quelle il s'étend beaucoup sur l'état des
Vierges et des Veuves , afin de donner
par là des preuves de son unité de senti-
mens avec les Eglises d'Italie , qui avoient
condamné nouvellement Jovinien enne-
mi de l'état de Virginité.
Il y fait aussi une longue profession de
foy sur le Mystere de la Trinité , prin
cipalement sur la Divinité de J. C. qui
étoit aparemment combattue alors dans
les Gaules par quelques Ariens , depuis
la liberté que l'Empereur Gratien avoit
donnée en 378.
La 370. Lettre de Saint Paulin de No-
le , qui est adressée à ce même Saint
Victrice , paroît y'avoir raport. Ce que
j'ai encore bien remarqué , c'est qu'il sem
ble que Saint Paulin cût reçû de Vic-
trice un exemplaire de cet Ouvrage , par
la maniere dont il lui parle dans sa pre-
miere
M A Y.
1737.
921
miere Lettre qui est la 18c.) sur la nou-
velle face qu'avoit reprise la Ville de
Rouen sous son Gouvernement (num.s )
il le félicite sur ce qu'une Ville si éloi-
gnée , étoit enrichie de tant de Mémoires
de Saints Apôtres , qui sembloient de-
meurer avec lui pour cooperer à ses tra-
vaux , et être honorés par son Clergé et
son Peuple. Par le moyen de l'Ouvrage
de Saint Victrice , cet endroit de Saint
Paulin qui étoit assés obscur en lui - mê-
me , reçoit une certaine clarté qui fait
honneur à la Ville de Rouen . L'état des
Vierges et des Veuves y est dépeint avec
les mêmes couleurs que dans l'Ecrit de
Saint Victrice.
C'est à vous , Monsieur , à m'apren
dre maintenant s'il y eut dès le quatrié
me siecle à Rouen , une Eglise dédiée
sous l'Invocation de quelques Saints de
Milan ; car Saint Victrice dir que les fon-
demens des Bâtimens étoient déja jettés,
qu'il falloit maintenant ériger les Aurels.
Je ne sçaurois entendre à la lettre le
passage d'Orderic , qui dit que Saint Mel-
lon , votre premier Evêque avoit été in-
humé in Crypta Basilica S. Gervasii. Il
veut dire aparemment dans une Crypte
sur laquelle fut bâtie depuis l'Eglise de
Saint Gervais. Son témoignage prouve
assés
922 MERCURE DE FRANCE
assés que l'Eglise de Saint Gervais , qui
est aux Fauxbourg Occidental de votre
Ville , passoit de son temps pour être
très anciene. Le titre d'Abbaye qu'elle
avoit au XIe. siecle , la belle Crypte
qu'on y voit,sont autant d'indices de son
antiquité. Je croirois volontiers que ç'au-
roit été là que Saint Victrice déposa les
Reliques qu'on lui aporta de Milan , et
que ce fut la premiere Eglise Cimeteriale
du Clergé de Rouen. Vous pouvez re-
former mes conjectures , si elles font
fausses. Je ne suis jamais descendu dans la
Crypte de Saint Gervais , pour juger du
temps de son édifice.
Ce furent sans doute , les fruits que
Saint Victrice fit dans le temps qu'il
passa sur les côtes , qu'on apelle aujour-
d'hui le Pontieu et le Boulenois, qui en-
gagerent les Evêques de la Grande Breta-
gne à l'apeller dans leur Isle. Si la re-
marque de Scaliger sur le mot de Nervi-
ci litioris , au lieu duquel il voudroit qu'on
lût Ebruicani littoris , étoit mieux apuyée,
il sembleroit que ce seroit aux environs
d'York que Saint Victrice auroit été
évangeliser.
Si le Public souhaite que l'opuscule de
votre S.Evêque paroisse en entier, il fera
facile de le donner avec quelques notes.
11
MAY.
1737
923
Test tiré d'un Manuscrit de mille ans ,suc
lequel un Auteur de sept ou huit cent
ans a voulu faire des remarques qui sont
souvent fausses . J'oublicis de vous dire
que S. Victrice se nomme lui- même dans
ce petit Ouvrage. On y verra avec satis-
faction une nouvelle preuve de l'anti-
quité des pratiques de l'Eglise Catholi-
que , exprimées dans le langage du qua-
triéme siecle. Je ne sçai si ce Traité ne
seroit point celui de Laude generali om-
nium Maryrum , que Gennade a attribué
à Saint Paulin , et lequel ne se retrouve
plus. Le Copiste du Manuscrit de mille
ans avoit cru que cet Ouvrage de Vic-
trice , étoit de Saint Ambroise , et lui
avoit donné mal à propos ce titre , Inci-
pit Liber ejusdem ( Ambrosii ) de Laude
Sanctorum.
Les Historiens de votre premier Evê-
que Saint Mellon , le font Breton de nais-
sance , et quelques Auteurs comme Pos-
sevin lui attribuent des Homelies . J'a-
prehende qu'il n'y ait un peu de confu-
sion , au moins quant au dernier chef ,
et que les prétendues Homelies de Saint
Mellon ou Mellaine de la Grande Bre-
tagne , ne soient le Traité de Saint Vic-
trice , qui est assés en style de discours
public. On a cru jusqu'ici que Saint Vie-
trice
924 MERCURE DE FRANCE
trice étoit né ou dans l'Artois ou dans
Le Pays Boulenois ; mais l'endroit de la
18e. Epitre de Saint Paulin , sur lequel
uniquement cela est fondé , peut prouver
également , et même encore mieux , que
c'étoit dans la Grande Bretagne qu'il
avoit pris naissance. Te in lucem populi
sui de extimo , ou extremo orbis eduxit Do-
minus. En ce cas Saint Victrice dut natu-
rellement être porté à ſecourir sa Patrie.
Je vous suis très- obligé,M.du petit mot
que vous avez marqué dans votre Dis-
sertation par raport à mon sentiment sur
la signification du mot Dunum. Je trou-
ve encore de temps en temps ( sans les
chercher ) des exemples de Lieux situés
sur des Montagnes ou à mi- côte , ou au
bas de quelque Montagne considérable
dont le nom latin se termine par ce cé-
lebre mot , dont la signification m'avoit
été contestée par le R. P. du Plessis . Une
personne qui a vu le Village de Senuc
au Diocèse de Rheims , où fut marty-
rifé Saint Oricle , par les Vandales du
cinquième siecle , m'a assuré que ce Vil-
lage nommé en latin Sindunum , est à
mi-côte sur une Montagne. C'est un Lieu
fameux dans l'Histoire de l'Abbaye de
Saint Kemi de Rheims. Staonne qui est
au même Diocese dans le Pays Rethelois,
se
"
MAY.
1737.
925
se dit en latin Stadonum ou Stadunum.
Le P. Mabillon nous fait en deux mots
dans sa Diplomatique la Discription de
sa situation , in edito colle , dit -il , dua-
bus à Mosomago leugis LeVillage de Bran
don au Diocèse de Mâcon est fort connu
par les Titres de l'Abbaye de Cluny , dont
il est peu éloigné. Ces Titres latins du
Monastere qui sont du onzième et dou-
ziéme siecle , l'apellent Brancidunum et
Brancedunum
:
la Montagne auprès de
laquelle il est situé , est si considéra-
ble qu'elle est même figurée dans quel-
ques Cartes. Dun au Diocèse de Rheims
est dans le même cas. Le Prieuré
nommé Artun ou Artas , est situé sur
une hauteur à quelques lieuës de Lyon ;
Aussi les Titres de Cluny que l'on peut
voir cités dans le P. Mabillon ,T. 4. An-
nal. pag. 104. l'apellent ils Artedunum.
A Saverdun au Comté de Foix , il y a la
haute et la basse Ville , ce qui supose une
Montagne. L'Histoire des Evêques du
Mans , recueillie au neuviéme siecle ou
environ , fiit souvent mention d'un Lieu
qu'elle apelle Baladon ou Baladun . Or je
sçais par une personne qui a passé dans ce
Bourg du Pays du Maine , qu'il est situé
sur une Montagne ronde , seule et isolée
comme la Ville de Laon. Le Château est
ац
926 MERCURE DE FRANCE
au sommet,et l'on voit de là tous les Pays
voisins en rond. On l'apelle aujourd'hui
Bâlon . Une Montagne que D. Duplessis
peut voir de sa fenêtre , est celle de Meu-
don. Le Village est à la verité dans le
bas de cette Montagne comme à Bran-
don , et en d'autres Endroits; mais cela ne
change point le fond de la chose : les Châ-
teaux Seigneuriaux par où ces Villages
ont commencé étoient en haut. Or je
suis persuadé que le vrai nom Latin de
cette Montagne est Modunum ou Moldy--
"num. J'en tire la preuve du Pouiller de
l'Evêché de Paris , écrit au commence-
ment du treiziéme siecle , dont voici le
contenu au feuillet 4. Ecclesiæ pertinentes
ad donationem Episcopi in Decanatu Cas-
tri-Fortis. Ecclesia de Issiaco , Ecclesia de
Modun , Ecclesia de Seva , Ecclesia de
Columbis , Ecclesia de Rodolio. Quoique
nous prononcions aujourd'hui Meudon ,
il n'en est pas moins veritable , qu'au
treiziéme siecle et auparavant on pronon-
çoit Modun. Je n'omettrai point de vous
parler du célebre Monastere de Redon
en Bretagne Les Montagnes auprès des-
quelles il est, valent bien celle de Meudon .
Un ancien Auteur dont l'Ouvrage se lit
au second Tome du quatriéme siecle Be-
nedictin , pag. 189. Pa dit situé juxia
sinung
dun ,
MAY.
1737.
927
sinum duorum fluminum , montibus proce
ritate fua polo vicinus : et fondé in verti-
ce Bellimontis : Et à la page 210. il dit
At ubi de cacumine montis descenderunt qui
Monasterio imminet. Cette Description
représente ce Lieu ,comme si on le voyoit.
Les Rochers très-élevés que l'Historien
de la Vie de Saint Martin , dit être au-
dessus de Marmoutiers , proche Tours,
suffisent par la même raison , pour avoir
fait donner à cette Ville le nom de Ca
sarodunum.
Si l'argument que D. Duplessis a tiré
de votre Ruisseau du Pays de Caux eût
valu quelque chose , et qu'on eût peu di-
re qu'une preuve que Dun ne signifioit
pas Montagne chés les Celtes , c'est que
ce nom se trouve donné à une eau cou-
lante , on eut pû dire également qu'il
ne signifie ni Vallée ni Montagne , puis-
qu'on trouve des noms d'hommes qui
finissoient également par Dunus. J'en
aperçois dans les mêmes Pays , où Dun
étoit employé pour signifier une Mon-
tagne. A Arles ou à Aix il y eut un Evê-
que apellé Chadunau septiéme siecle.
En Espagne un Capitaine de Tortose
au neuviéme siecle , se nommoit Abai-
( Duchêne Tom. 2. pag. 292. ) Au
Hist. de l'Abbaye Saint Denis , page 28.
E
dixième
924 MERCURE DE FRANCE
trice étoit né ou dans l'Artois ou dans
Le Pays Boulenois ; mais l'endroit de la
18e. Epitre de Saint Paulin , sur lequel
uniquement cela est fondé , peut prouver
également , et même encore mieux , que
c'étoit dans la Grande Bretagne qu'il
avoit pris naissance. Te in lucem populi
sui de extimo , ou extremo orbis eduxit Do-
minus. En ce cas Saint Victrice dut natu-
rellement être porté à ſecourir sa Patrie.
Je vous suis très- obligé, M.du petit mot
que vous avez marqué dans votre Dis-
sertation par raport à mon sentiment sur
la signification du mot Dunum. Je trou
ve encore de temps en temps ( sans les
chercher ) des exemples de Lieux situés
sur des Montagnes ou à mi- côte , ou au
bas de quelque Montagne considérable
dont le nom latin se termine par ce cé-
lebre mot , dont la signification m'avoit
été contestée par le R. P. du Plessis . Une
personne qui a vu le Village de Senuc
au Diocèse de Rheims , où fut marty-
rifé Saint Oricle , par les Vandales du
cinquième siecle , m'a assuré que ce Vil-
lage nommé en latin Sindunum , est à
mi-côte sur une Montagne. C'est un Lieu
fameux dans l'Histoire de l'Abbaye de
Saint Kemi de Rheims. Staonne qui est
au même Diocèse dans le Pays Rethelois,
se
་
MAY.
1737.
925
se dit en latin Stadonum ou Stadunum.
Le P. Mabillon nous fait en deux mots
dans sa Diplomatique la Discription de
sa situation , in edito colle , dit-il , dua-
bus à Masomago lengis LeVillage de Bran-
don au Diocèse de Mâcon est fort connu
par les Titres de l'Abbaye de Cluny , dont
il est peu éloigné. Ces Titres latins du
Monastere qui sont du onzième et dou-
ziéme siecle , l'apellent Brancidunum et
Brancedunum la Montagne auprès de
laquelle il est situé , est si considéra-
ble qu'elle est même figurée dans quel-
ques Cartes. Dun au Diocèse de Rheims
est dans le même cas, Le Prieuré
nommé Artun ou Artas , est situé sur
une hauteur à quelques lieuës de Lyon ;
Aussi les Titres de Cluny que l'on peut
voir cités dans le P. Mabillon ,T. 4. An-
nal. pag. 104. l'apellent ils Artedunum.
A Saverdun au Comté de Foix , il y a la
haute et la basse Ville, ce qui supose une
Montagne. L'Histoire des Evêques du
Mans , recueillie au neuviéme siecle ou
environ ,fiitsouvent mention d'un Lieu
qu'elle apelle Baladon ou Baladun. Or je
sçais par une personne qui a passé dans ce
Bourg du Pays du Maine , qu'il est situé
sur une Montagne ronde , seule et isolée
comme la Ville de Laon. Le Château est
au
926 MERCURE DE FRANCE
au sommet,et l'on voit de là tous les Pays
voisins en rond. On l'apelle aujourd'hui
Bâlon . Une Montagne que D. Duplessis
peut voir de sa fenêtre , est celle de Meu-
don. Le Village est à la verité dans le
bas de cette Montagne comme à Bran-
don , et en d'autres Endroits ; mais cela ne
change point le fond de la chose : les Châ-
teaux Seigneuriaux par où ces Villages
ont commencé étoient en haut. Or je
suis persuadé que le vrai nom Latin de
cette Montagne est Modunum ou Moldy--
"num. J'en tire la preuve du Pouiller de
l'Evêché de Paris , écrit au commence-
ment du treiziéme siecle , dont voici le
contenu au feuillet 4. Ecclesiæ pertinentes
ad donationem Episcopi in Decanatu Cas-
tri-Fortis. Ecclesia de Issiaco , Ecclesia de
Modun , Ecclesia de Seva , Ecclesia de
Columbis , Ecclesia de Rodolio. Quoique
nous prononcions aujourd'hui Meudon ,
il n'en est pas moins veritable , qu'au
treiziéme siecle et auparavant on pronon-
çoit Modun. Je n'omettrai point de vous
parler du célebre Monastere de Redon
en Bretagne : Les Montagnes auprès des-
quelles il est,valent bien celle de Meudon .
Un ancien Auteur dont l'Ouvrage se lit
au second Tome du quatriéme siecle Be
nedictin , pag. 189. l'a dit situé juxia
sinung
"
MAY.
1737.
927
sinum duorum fluminum , montibus proce
ritatefua polo vicinus : et fondé in verti-
ce Bellimontis : Et à la page 210. il dit ,
At ubi de cacumine montis descenderunt qui
Monasterio imminet. Cette Description
représente ce Lieu ,comme si on le voyoit.
Les Rochers très -élevés que l'Historien
de la Vie de Saint Martin , dit être au-
3
dessus de Marmoutiers , proche Tours,
suffisent par la même raison , pour avoir
fait donner à cette Ville le nom de Ca
sarodunum.
Si l'argument que D. Duplessis a tiré
de votre Ruisseau du Pays de Caux eût
valu quelque chose , et qu'on eût peu di-
re qu'une preuve que Dun ne signifioit
pas Montagne chés les Celtes , c'est que
ce nom se trouve donné à une eau cou-
lante , on eut pû dire également qu'il
ne signifie ni Vallée ni Montagne , puis-
qu'on trouve des noms d'hommes qui
finissoient également par Dunus. J'en
aperçois dans les mêmes Pays , où Dun
étoit employé pour signifier une Mon-
tagne. A Arles ou à Aix il y eut un Evê-
que apellé Chadunau septième siecle.
En Espagne un Capitaine de Tortose
E
•
au neuviéme siecle , se nommoit Abai-
dun , ( Duchêne Tom. 2. pag. 292, ) Au
* Hist. de l'Abbaye Saint Denis , page 28 .
dixième
928 MERCURE DE FRANCE
dixiéme siecle, un Evêque de Lindisfarne
en Angleterre , portoit le nom d'Aldun
( Tom. 4. Annal. Bened. pag. 96. ) Dira-
t'on à cause de ces trois exemples , que
Dun signifie un homme ? Et parce que
voilà trois personnes de l'antiquité qui
l'ont eu dans leur nom , seroit-on bien
venu à dire que ce n'étoit pas un nom
de chose ? On feroit très-mal fondé à
tirer cette conclusior . Bucanan m'a pa-
ru aussi très-formel dans son Histoire
d'Ecosse , en faveur de mon interpreta-
tation. Au feüillet 5. de l'Edition de
1583. il dit : Secat regionemfluvius unus
qui memoratu sit dignus Carron , juxta
quem aliquot vetusta funt monumenta. Ad
lavam Carrontis duo terreni funt tumuli ha
minum operâ ( ut res indicat ) adificati ;
vulgo Duni pacis appellari. Voilà des émi-
nences de Terre , qu'en Ecosse on apelle
Duns-Bei , pour dire Montagne de paix.
Il dit plus bas , cujus pacis monumentum
bi colles effent , quod illic terminum fue
ditionis Romani statuissent. Si Bucanan
peut faire foy pour le Celtique qui avoit
pénétréjusques dans l'Ecosse , le Pere Lo-
bineau peut être écouté pour ce qui est
du Celtique des Gaules. Ce Sçavant His-
torien de Bretagne , pag 6. de la Préface
de ces preuves , nous insinue à la verité
qu'en
MAY.
1737.
929
qu'en Breton , Dordon signifie eau pro-
fonde ; mais aussi-tôt il ajoûte que
che
Uche
et Dun marquent aussi en Breton des
hauts lieux , des éminences. Je tiens
(comme vous voyez ) la promesse que
jai faite à M. Maillart de ramasser tous
les témoignages qui se présenteroient
pour fortifier l'ancien sentiment. Nous
verrons quelles observations Dom Du-
Plessis fera sur tout cela dans l'Histoire
de votre Diocése. Je suis , & c.
A Paris le 10. Février 1737.
d'Auxerre, à M. Clerot, Avocat au
Parlement de Roüen.
Il me paroît, Monsieur, par les lettres
que vous avez écrites depuis un an à
M. D. L. R. que vous vous êtes apliqué à
l'Histoire de Rouen et des environs, et que
vous en sçavez parfaitement les Anti-
quités. Le trait que vous venez de nous
donner de St Romain , votre Evêque (a)
m'a fait songer à vous communiquer
une découverte que j'ai faite par hazard
ces jours derniers. Je cherchois dans un
Pays fort éloigné d'ici , et même hors du
Royaume , ( b ) un monument que je
(a ) Mercure de Décembre 1736..
(b) A P'.bbaye de Saint-Gal en Suisse?
croyois
MAY.
$737.
917
croyois pouvoir donner dans mon Histoi-
re d'Auxerre, sur le jugement qu'en avoit
porté l'Auteur de l'Histoire literaire
de la France , Tome 2. p. 261. J'ai été frus-
tré de mon esperance ; il s'est trouvé que
ce Manuscrit dont on a donné communi-
cation fortvolontiers , est un monument
qui ne peut convenir qu'à l'Histoire de
Rouen , ou à l'Histoire Litteraire des
Gaules , ou bien dans un Recuëil tel
que la Bibliotheque des Pères et autres
Auteurs Ecclesiastiques. Je vous apten-
drai ce que c'est avec bien du plaisir.
C'est un Ouvrage de S. Victrice , votre
Evêque. S. Victrice de Rouen , parmi
les Auteurs Ecclesiastiques , est une es-
pece de Phénomene Litteraire. On sça-
voit seulement qu'il avoit écrit quelques
Lettres à S. Paulin de Nole , mais ces
Lettres étoient perduës. L'Ouvrage done
je veux vous parler est beaucoup plus
qu'une Lettre: c'est un Traité qu'il com-
posa à la louange des Saints dont il re
gur des Reliques , qui lui furent en-
voyées d'Italie , et dont plusieurs étoient
venuës de plus loin . Il porte la parole à ces
Saints presque d'un bout à l'autre.
Il nous aprend dans cet Ouvrage qu'il
étoit dans la Grande-Bretagne , dont les
Evêques l'avoient apellé, pour les aider
dans
918 MERCURE DE FRANCE
dans leur Ministere , ( a ) lorsque le Por
teur de ces Reliques , nommé Elien ,
étoit en chemin pour Roüen ; que ce
Porteur ne l'ayant point trouvé dans sa
Ville Episcopale , prit la route de la
Grande Bretagne , dans laquelle il le
rencontra à quarante mille seulement du
lieu d'où il venoit , ou du Port où il
avoit débarqué. Ensorte , dit - il , que les
Reliques vinrent deux fois dans la Ville
de Rouen. Les apostrophes en forme d'ac-
tions de graces , qu'il fait à saint Am-
broise , alors vivant, à un Evêque nom-
mé Théodule , à un autre nommé Eus-
et à d'autres , indiquent de
tathius , et à d'autres
quelles Eglises d'Italie lui venoient ces
précieux restes. Vous trouverez les noms
de ces Evêques à la fin de la Lettre du
Concile de Milan de l'an 390. contre
Jovinien et ses Adhérans. T. 2. Concil.
Labb. Col. 1027. Ces Reliques étoient
de S. Jean- Baptiste , S. Jean l'Evange
liste , S. André , S. Thomas , S. Luc ;
S. Gervais , S. Protais ,
et S. Nazaire , de
( a ) Usserius , ni Harpsfeldius , ni Alfordus ,
Historiens modernes de l'Eglise d'Angleterre, n'ont
point connu ce fait. Gildas ,
et depuis lui Bede
marquent que l'Arianisme trouva des fauteurs
dans la Grande Bretagne , et Usserius croit que
cefut vers l'an 3·80,
Milan :
MAY.
1737.
919
Milar : (a) S. Agricole et S. Procule de
Boulogne; Ste Euphemie, de Calcedoine;
S. Antonin , de Plaisance ; Ss . Saturnin
et Trajan , de Macedoine ; Ss. Mutius
Alexandre , Datysus ou Dathus , Cyn-
dée ou Chyndée , Ste Kogate, Ste Léoni-
de , Ste Anastasie , et Ste Anatocle. ( b )
Il paroît par ses expressions que ce n'é-
toient point des Ossemens de ces Saints ,
au moins quart à la plûpart , mais seu-
lement du Sang , ou de la terre détrem-
pée de leur Sang. Aussi S. Victrice s'é-
tend-il beaucoup à prouver que ce peu
équivaloit en vertu au Corps entier ,
puisqu'on ne peut pas partager le mérite
des Saints , que le Sang est le comple-
ment et la perfection de tous les mem-
bres , et que ces Reliques , toutes mo
diques qu'elles paroissent , sont enam-
mées d'une ardeur divine , qui les ren-
dent aussi puissantes en petite portion
que dans une plus grande. Quoiqu'il
qualifie cet amas de Reliques du nom
( a ) S. Paulin fit mettre sous l'Autel de l'E-
glise de S. Felix de Nole des Reliques des princi-
paux de tous ces Saints , ainsi qu'il paroit par son
Poëme 24. Vers 406. et suivans.
( b ) S. Victrice raporte , sur la fin de son Ou-
vrage , quelques actions de ces Saintes , peu con
ques d'ailleurs.
de
920 MERCURE DE FRANCE
de Troupe de Saints , par raport au nom-
bre dont il y en avoir , le Vase qui les
contenoit n'étoit cependant tout au plus
qu'une espece de Reliquaire portatif que
les Anciens apelloient Philactere , et qu'ils
attachoient au col . Mais l'Ecrit de S Vic-
trice prouve que dès lors on faisoit des
réjouissances pour ces sortes de recep-
zions. Il fait à cette occasion une des-
cription du Peuple de sa Ville , dans la
quelle il s'étend beaucoup sur l'état des
Vierges et des Veuves , afin de donner
par là des preuves de son unité de senti-
mens avec les Eglises d'Italie , qui avoient
condamné nouvellement Jovinien enne-
mi de l'état de Virginité.
Il y fait aussi une longue profession de
foy sur le Mystere de la Trinité , prin
cipalement sur la Divinité de J. C. qui
étoit aparemment combattue alors dans
les Gaules par quelques Ariens , depuis
la liberté que l'Empereur Gratien avoit
donnée en 378.
La 370. Lettre de Saint Paulin de No-
le , qui est adressée à ce même Saint
Victrice , paroît y'avoir raport. Ce que
j'ai encore bien remarqué , c'est qu'il sem
ble que Saint Paulin cût reçû de Vic-
trice un exemplaire de cet Ouvrage , par
la maniere dont il lui parle dans sa pre-
miere
M A Y.
1737.
921
miere Lettre qui est la 18c.) sur la nou-
velle face qu'avoit reprise la Ville de
Rouen sous son Gouvernement (num.s )
il le félicite sur ce qu'une Ville si éloi-
gnée , étoit enrichie de tant de Mémoires
de Saints Apôtres , qui sembloient de-
meurer avec lui pour cooperer à ses tra-
vaux , et être honorés par son Clergé et
son Peuple. Par le moyen de l'Ouvrage
de Saint Victrice , cet endroit de Saint
Paulin qui étoit assés obscur en lui - mê-
me , reçoit une certaine clarté qui fait
honneur à la Ville de Rouen . L'état des
Vierges et des Veuves y est dépeint avec
les mêmes couleurs que dans l'Ecrit de
Saint Victrice.
C'est à vous , Monsieur , à m'apren
dre maintenant s'il y eut dès le quatrié
me siecle à Rouen , une Eglise dédiée
sous l'Invocation de quelques Saints de
Milan ; car Saint Victrice dir que les fon-
demens des Bâtimens étoient déja jettés,
qu'il falloit maintenant ériger les Aurels.
Je ne sçaurois entendre à la lettre le
passage d'Orderic , qui dit que Saint Mel-
lon , votre premier Evêque avoit été in-
humé in Crypta Basilica S. Gervasii. Il
veut dire aparemment dans une Crypte
sur laquelle fut bâtie depuis l'Eglise de
Saint Gervais. Son témoignage prouve
assés
922 MERCURE DE FRANCE
assés que l'Eglise de Saint Gervais , qui
est aux Fauxbourg Occidental de votre
Ville , passoit de son temps pour être
très anciene. Le titre d'Abbaye qu'elle
avoit au XIe. siecle , la belle Crypte
qu'on y voit,sont autant d'indices de son
antiquité. Je croirois volontiers que ç'au-
roit été là que Saint Victrice déposa les
Reliques qu'on lui aporta de Milan , et
que ce fut la premiere Eglise Cimeteriale
du Clergé de Rouen. Vous pouvez re-
former mes conjectures , si elles font
fausses. Je ne suis jamais descendu dans la
Crypte de Saint Gervais , pour juger du
temps de son édifice.
Ce furent sans doute , les fruits que
Saint Victrice fit dans le temps qu'il
passa sur les côtes , qu'on apelle aujour-
d'hui le Pontieu et le Boulenois, qui en-
gagerent les Evêques de la Grande Breta-
gne à l'apeller dans leur Isle. Si la re-
marque de Scaliger sur le mot de Nervi-
ci litioris , au lieu duquel il voudroit qu'on
lût Ebruicani littoris , étoit mieux apuyée,
il sembleroit que ce seroit aux environs
d'York que Saint Victrice auroit été
évangeliser.
Si le Public souhaite que l'opuscule de
votre S.Evêque paroisse en entier, il fera
facile de le donner avec quelques notes.
11
MAY.
1737
923
Test tiré d'un Manuscrit de mille ans ,suc
lequel un Auteur de sept ou huit cent
ans a voulu faire des remarques qui sont
souvent fausses . J'oublicis de vous dire
que S. Victrice se nomme lui- même dans
ce petit Ouvrage. On y verra avec satis-
faction une nouvelle preuve de l'anti-
quité des pratiques de l'Eglise Catholi-
que , exprimées dans le langage du qua-
triéme siecle. Je ne sçai si ce Traité ne
seroit point celui de Laude generali om-
nium Maryrum , que Gennade a attribué
à Saint Paulin , et lequel ne se retrouve
plus. Le Copiste du Manuscrit de mille
ans avoit cru que cet Ouvrage de Vic-
trice , étoit de Saint Ambroise , et lui
avoit donné mal à propos ce titre , Inci-
pit Liber ejusdem ( Ambrosii ) de Laude
Sanctorum.
Les Historiens de votre premier Evê-
que Saint Mellon , le font Breton de nais-
sance , et quelques Auteurs comme Pos-
sevin lui attribuent des Homelies . J'a-
prehende qu'il n'y ait un peu de confu-
sion , au moins quant au dernier chef ,
et que les prétendues Homelies de Saint
Mellon ou Mellaine de la Grande Bre-
tagne , ne soient le Traité de Saint Vic-
trice , qui est assés en style de discours
public. On a cru jusqu'ici que Saint Vie-
trice
924 MERCURE DE FRANCE
trice étoit né ou dans l'Artois ou dans
Le Pays Boulenois ; mais l'endroit de la
18e. Epitre de Saint Paulin , sur lequel
uniquement cela est fondé , peut prouver
également , et même encore mieux , que
c'étoit dans la Grande Bretagne qu'il
avoit pris naissance. Te in lucem populi
sui de extimo , ou extremo orbis eduxit Do-
minus. En ce cas Saint Victrice dut natu-
rellement être porté à ſecourir sa Patrie.
Je vous suis très- obligé,M.du petit mot
que vous avez marqué dans votre Dis-
sertation par raport à mon sentiment sur
la signification du mot Dunum. Je trou-
ve encore de temps en temps ( sans les
chercher ) des exemples de Lieux situés
sur des Montagnes ou à mi- côte , ou au
bas de quelque Montagne considérable
dont le nom latin se termine par ce cé-
lebre mot , dont la signification m'avoit
été contestée par le R. P. du Plessis . Une
personne qui a vu le Village de Senuc
au Diocèse de Rheims , où fut marty-
rifé Saint Oricle , par les Vandales du
cinquième siecle , m'a assuré que ce Vil-
lage nommé en latin Sindunum , est à
mi-côte sur une Montagne. C'est un Lieu
fameux dans l'Histoire de l'Abbaye de
Saint Kemi de Rheims. Staonne qui est
au même Diocese dans le Pays Rethelois,
se
"
MAY.
1737.
925
se dit en latin Stadonum ou Stadunum.
Le P. Mabillon nous fait en deux mots
dans sa Diplomatique la Discription de
sa situation , in edito colle , dit -il , dua-
bus à Mosomago leugis LeVillage de Bran
don au Diocèse de Mâcon est fort connu
par les Titres de l'Abbaye de Cluny , dont
il est peu éloigné. Ces Titres latins du
Monastere qui sont du onzième et dou-
ziéme siecle , l'apellent Brancidunum et
Brancedunum
:
la Montagne auprès de
laquelle il est situé , est si considéra-
ble qu'elle est même figurée dans quel-
ques Cartes. Dun au Diocèse de Rheims
est dans le même cas. Le Prieuré
nommé Artun ou Artas , est situé sur
une hauteur à quelques lieuës de Lyon ;
Aussi les Titres de Cluny que l'on peut
voir cités dans le P. Mabillon ,T. 4. An-
nal. pag. 104. l'apellent ils Artedunum.
A Saverdun au Comté de Foix , il y a la
haute et la basse Ville , ce qui supose une
Montagne. L'Histoire des Evêques du
Mans , recueillie au neuviéme siecle ou
environ , fiit souvent mention d'un Lieu
qu'elle apelle Baladon ou Baladun . Or je
sçais par une personne qui a passé dans ce
Bourg du Pays du Maine , qu'il est situé
sur une Montagne ronde , seule et isolée
comme la Ville de Laon. Le Château est
ац
926 MERCURE DE FRANCE
au sommet,et l'on voit de là tous les Pays
voisins en rond. On l'apelle aujourd'hui
Bâlon . Une Montagne que D. Duplessis
peut voir de sa fenêtre , est celle de Meu-
don. Le Village est à la verité dans le
bas de cette Montagne comme à Bran-
don , et en d'autres Endroits; mais cela ne
change point le fond de la chose : les Châ-
teaux Seigneuriaux par où ces Villages
ont commencé étoient en haut. Or je
suis persuadé que le vrai nom Latin de
cette Montagne est Modunum ou Moldy--
"num. J'en tire la preuve du Pouiller de
l'Evêché de Paris , écrit au commence-
ment du treiziéme siecle , dont voici le
contenu au feuillet 4. Ecclesiæ pertinentes
ad donationem Episcopi in Decanatu Cas-
tri-Fortis. Ecclesia de Issiaco , Ecclesia de
Modun , Ecclesia de Seva , Ecclesia de
Columbis , Ecclesia de Rodolio. Quoique
nous prononcions aujourd'hui Meudon ,
il n'en est pas moins veritable , qu'au
treiziéme siecle et auparavant on pronon-
çoit Modun. Je n'omettrai point de vous
parler du célebre Monastere de Redon
en Bretagne Les Montagnes auprès des-
quelles il est, valent bien celle de Meudon .
Un ancien Auteur dont l'Ouvrage se lit
au second Tome du quatriéme siecle Be-
nedictin , pag. 189. Pa dit situé juxia
sinung
dun ,
MAY.
1737.
927
sinum duorum fluminum , montibus proce
ritate fua polo vicinus : et fondé in verti-
ce Bellimontis : Et à la page 210. il dit
At ubi de cacumine montis descenderunt qui
Monasterio imminet. Cette Description
représente ce Lieu ,comme si on le voyoit.
Les Rochers très-élevés que l'Historien
de la Vie de Saint Martin , dit être au-
dessus de Marmoutiers , proche Tours,
suffisent par la même raison , pour avoir
fait donner à cette Ville le nom de Ca
sarodunum.
Si l'argument que D. Duplessis a tiré
de votre Ruisseau du Pays de Caux eût
valu quelque chose , et qu'on eût peu di-
re qu'une preuve que Dun ne signifioit
pas Montagne chés les Celtes , c'est que
ce nom se trouve donné à une eau cou-
lante , on eut pû dire également qu'il
ne signifie ni Vallée ni Montagne , puis-
qu'on trouve des noms d'hommes qui
finissoient également par Dunus. J'en
aperçois dans les mêmes Pays , où Dun
étoit employé pour signifier une Mon-
tagne. A Arles ou à Aix il y eut un Evê-
que apellé Chadunau septiéme siecle.
En Espagne un Capitaine de Tortose
au neuviéme siecle , se nommoit Abai-
( Duchêne Tom. 2. pag. 292. ) Au
Hist. de l'Abbaye Saint Denis , page 28.
E
dixième
924 MERCURE DE FRANCE
trice étoit né ou dans l'Artois ou dans
Le Pays Boulenois ; mais l'endroit de la
18e. Epitre de Saint Paulin , sur lequel
uniquement cela est fondé , peut prouver
également , et même encore mieux , que
c'étoit dans la Grande Bretagne qu'il
avoit pris naissance. Te in lucem populi
sui de extimo , ou extremo orbis eduxit Do-
minus. En ce cas Saint Victrice dut natu-
rellement être porté à ſecourir sa Patrie.
Je vous suis très- obligé, M.du petit mot
que vous avez marqué dans votre Dis-
sertation par raport à mon sentiment sur
la signification du mot Dunum. Je trou
ve encore de temps en temps ( sans les
chercher ) des exemples de Lieux situés
sur des Montagnes ou à mi- côte , ou au
bas de quelque Montagne considérable
dont le nom latin se termine par ce cé-
lebre mot , dont la signification m'avoit
été contestée par le R. P. du Plessis . Une
personne qui a vu le Village de Senuc
au Diocèse de Rheims , où fut marty-
rifé Saint Oricle , par les Vandales du
cinquième siecle , m'a assuré que ce Vil-
lage nommé en latin Sindunum , est à
mi-côte sur une Montagne. C'est un Lieu
fameux dans l'Histoire de l'Abbaye de
Saint Kemi de Rheims. Staonne qui est
au même Diocèse dans le Pays Rethelois,
se
་
MAY.
1737.
925
se dit en latin Stadonum ou Stadunum.
Le P. Mabillon nous fait en deux mots
dans sa Diplomatique la Discription de
sa situation , in edito colle , dit-il , dua-
bus à Masomago lengis LeVillage de Bran-
don au Diocèse de Mâcon est fort connu
par les Titres de l'Abbaye de Cluny , dont
il est peu éloigné. Ces Titres latins du
Monastere qui sont du onzième et dou-
ziéme siecle , l'apellent Brancidunum et
Brancedunum la Montagne auprès de
laquelle il est situé , est si considéra-
ble qu'elle est même figurée dans quel-
ques Cartes. Dun au Diocèse de Rheims
est dans le même cas, Le Prieuré
nommé Artun ou Artas , est situé sur
une hauteur à quelques lieuës de Lyon ;
Aussi les Titres de Cluny que l'on peut
voir cités dans le P. Mabillon ,T. 4. An-
nal. pag. 104. l'apellent ils Artedunum.
A Saverdun au Comté de Foix , il y a la
haute et la basse Ville, ce qui supose une
Montagne. L'Histoire des Evêques du
Mans , recueillie au neuviéme siecle ou
environ ,fiitsouvent mention d'un Lieu
qu'elle apelle Baladon ou Baladun. Or je
sçais par une personne qui a passé dans ce
Bourg du Pays du Maine , qu'il est situé
sur une Montagne ronde , seule et isolée
comme la Ville de Laon. Le Château est
au
926 MERCURE DE FRANCE
au sommet,et l'on voit de là tous les Pays
voisins en rond. On l'apelle aujourd'hui
Bâlon . Une Montagne que D. Duplessis
peut voir de sa fenêtre , est celle de Meu-
don. Le Village est à la verité dans le
bas de cette Montagne comme à Bran-
don , et en d'autres Endroits ; mais cela ne
change point le fond de la chose : les Châ-
teaux Seigneuriaux par où ces Villages
ont commencé étoient en haut. Or je
suis persuadé que le vrai nom Latin de
cette Montagne est Modunum ou Moldy--
"num. J'en tire la preuve du Pouiller de
l'Evêché de Paris , écrit au commence-
ment du treiziéme siecle , dont voici le
contenu au feuillet 4. Ecclesiæ pertinentes
ad donationem Episcopi in Decanatu Cas-
tri-Fortis. Ecclesia de Issiaco , Ecclesia de
Modun , Ecclesia de Seva , Ecclesia de
Columbis , Ecclesia de Rodolio. Quoique
nous prononcions aujourd'hui Meudon ,
il n'en est pas moins veritable , qu'au
treiziéme siecle et auparavant on pronon-
çoit Modun. Je n'omettrai point de vous
parler du célebre Monastere de Redon
en Bretagne : Les Montagnes auprès des-
quelles il est,valent bien celle de Meudon .
Un ancien Auteur dont l'Ouvrage se lit
au second Tome du quatriéme siecle Be
nedictin , pag. 189. l'a dit situé juxia
sinung
"
MAY.
1737.
927
sinum duorum fluminum , montibus proce
ritatefua polo vicinus : et fondé in verti-
ce Bellimontis : Et à la page 210. il dit ,
At ubi de cacumine montis descenderunt qui
Monasterio imminet. Cette Description
représente ce Lieu ,comme si on le voyoit.
Les Rochers très -élevés que l'Historien
de la Vie de Saint Martin , dit être au-
3
dessus de Marmoutiers , proche Tours,
suffisent par la même raison , pour avoir
fait donner à cette Ville le nom de Ca
sarodunum.
Si l'argument que D. Duplessis a tiré
de votre Ruisseau du Pays de Caux eût
valu quelque chose , et qu'on eût peu di-
re qu'une preuve que Dun ne signifioit
pas Montagne chés les Celtes , c'est que
ce nom se trouve donné à une eau cou-
lante , on eut pû dire également qu'il
ne signifie ni Vallée ni Montagne , puis-
qu'on trouve des noms d'hommes qui
finissoient également par Dunus. J'en
aperçois dans les mêmes Pays , où Dun
étoit employé pour signifier une Mon-
tagne. A Arles ou à Aix il y eut un Evê-
que apellé Chadunau septième siecle.
En Espagne un Capitaine de Tortose
E
•
au neuviéme siecle , se nommoit Abai-
dun , ( Duchêne Tom. 2. pag. 292, ) Au
* Hist. de l'Abbaye Saint Denis , page 28 .
dixième
928 MERCURE DE FRANCE
dixiéme siecle, un Evêque de Lindisfarne
en Angleterre , portoit le nom d'Aldun
( Tom. 4. Annal. Bened. pag. 96. ) Dira-
t'on à cause de ces trois exemples , que
Dun signifie un homme ? Et parce que
voilà trois personnes de l'antiquité qui
l'ont eu dans leur nom , seroit-on bien
venu à dire que ce n'étoit pas un nom
de chose ? On feroit très-mal fondé à
tirer cette conclusior . Bucanan m'a pa-
ru aussi très-formel dans son Histoire
d'Ecosse , en faveur de mon interpreta-
tation. Au feüillet 5. de l'Edition de
1583. il dit : Secat regionemfluvius unus
qui memoratu sit dignus Carron , juxta
quem aliquot vetusta funt monumenta. Ad
lavam Carrontis duo terreni funt tumuli ha
minum operâ ( ut res indicat ) adificati ;
vulgo Duni pacis appellari. Voilà des émi-
nences de Terre , qu'en Ecosse on apelle
Duns-Bei , pour dire Montagne de paix.
Il dit plus bas , cujus pacis monumentum
bi colles effent , quod illic terminum fue
ditionis Romani statuissent. Si Bucanan
peut faire foy pour le Celtique qui avoit
pénétréjusques dans l'Ecosse , le Pere Lo-
bineau peut être écouté pour ce qui est
du Celtique des Gaules. Ce Sçavant His-
torien de Bretagne , pag 6. de la Préface
de ces preuves , nous insinue à la verité
qu'en
MAY.
1737.
929
qu'en Breton , Dordon signifie eau pro-
fonde ; mais aussi-tôt il ajoûte que
che
Uche
et Dun marquent aussi en Breton des
hauts lieux , des éminences. Je tiens
(comme vous voyez ) la promesse que
jai faite à M. Maillart de ramasser tous
les témoignages qui se présenteroient
pour fortifier l'ancien sentiment. Nous
verrons quelles observations Dom Du-
Plessis fera sur tout cela dans l'Histoire
de votre Diocése. Je suis , & c.
A Paris le 10. Février 1737.
Fermer
767
p. [9]36-937
« DE L'AMOUR DE DIEU, ses Motifs, ses Qualités, ses Effets. Par le R. P. [...] »
Début :
DE L'AMOUR DE DIEU, ses Motifs, ses Qualités, ses Effets. Par le R. P. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « DE L'AMOUR DE DIEU, ses Motifs, ses Qualités, ses Effets. Par le R. P. [...] »
DE L'AMOUR DE DIEU, ses Motifs, ses Qualités, ses Effets. Par le R. P.
ses
MAY.
1737.
937
Pallu , de la Compagnie de Jesus. A Pa-
ris , chès Marc Bordelet , rue S. Jacques ,
vis -à-vis le College des Jesuites , à Saint
Ignace. 1737. in- 12.
ses
MAY.
1737.
937
Pallu , de la Compagnie de Jesus. A Pa-
ris , chès Marc Bordelet , rue S. Jacques ,
vis -à-vis le College des Jesuites , à Saint
Ignace. 1737. in- 12.
Fermer
768
p. 963-967
Imitation de N. S. J. Ch. [titre d'après la table]
Début :
IMITATION de Notre Seigneur Jesus-Christ, traduite et revûë sur l'ancien [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Imitation de N. S. J. Ch. [titre d'après la table]
IMITATION de Notre Seigneur Jesus-Christ,
traduite et revûë sur l'ancien
original françois , d'où l'on a tiré un
Chapitre qui manque dans les autres Edi-
tions . Par M. l'Abbé Lenglet Dufresnoy ;
nouvelle Edition , in- 12. àParis , chés Án-
dré Cailleau, Quay des Augustins. 1737.
Cette nouvelle Edition de l'Imitation
de J.C.n'est pas un Ouvrage du caractere
des autres Livres de ce genre. Le hazard
fit trouver à M. l'Abbé Lenglet , lors
qu'il étoit en Flandres , quelques impri-
més gothiques , sous le titre de l'internelle
Consolation , ou de la Confolation interieu-
A l'inspection du Livre il remarqua
que
964 MERCURE DE FRANCE
que c'étoit celui de l'Imitation de J. C.
sous un autre nom , et dans un autre
ordre. Il n'en fallut pas d'avantage pour
exciter sa curiosité et pour l'animer à
faire quelques recherches , qui lui réüs-
sirent. Il remarqua non- seulement dans
ees anciens exemplaires beaucoup de
différences essentielles , mais il observa
même qu'il y avoit au Livre premier un
Chapitre entier,qui manquoit dans tou-
tes les Imitations ordinaires. De retour
à Paris , il continua ses recherches , et
trouva dans la célébre Bibliotheque de
l'Abbaye de Saint Germain des Prés
d'autres Exemplaires imprimés de ce
même Livre , et toujours sous le même
titre. M. l'Abbé Lenglet se détermina
donc à faire imprimer dans les Pays Bas
en 1731. une Edition nouvelle de l'Imi-
tation de J. C. avec ce nouveau Chapitre ,
qui fait le XXVIe, du premier Livre. Il
donne aujourd'hui de nouveau cette mê
me Edition qu'il a revûë exactement sur
ces Originaux. C'est une obligation que
Fon a aux recherches de cet Auteur.
La Préface de M. l'Abbé Lenglet , qui
est curieuse et instructive , tend à prou-
ver que l'original de l'Imitation de Jesus-
Christ , est françois , & que le latin n'en
est qu'une Traduction , qui a même
quel
MAY.
1737.
965
quelquefois abregé les paroles du premier
Auteur. M. l'Abbé Lenglet jerte les yeux
sur Gerson , Chancelier de l'Eglise et de
l'Université de Paris , au commencement
du XVe. siecle pour lui attribuer cette
pieuse production. Il a scrupuleusement
examiné toutes les Editions antiques du
François qui lui sont tombées entre les
mains , et pas une n'a marqué que ce fût
une Traduction . Elles font seulement
connoître que c'est un Livre nouvelle-
ment imprimé et corrigé. Cependant
c'étoit une gloire que nos anciens ne lais
soient point échaper ; ils préferoient la
qualité de Traducteur à celle d'Auteur,
qui leur paroissoit moins sçavante .
Le nouvel Editeur croit par- là qu'il
peut concilier les deux Traditions
•
dont l'une donne ce Livre à Gerson et
Pautre à Thomas à Kempis. Gerson aura
fait le Livre en François et Thomas à
Kempis l'aura traduit en Latin , en l'ac-
commodant néanmoins à la vie Religieu
se ; au lieu que l'Auteur original ne par-
le dans tout son Livre que des Chrétiens
en général. Ainsi les deux Traditions
sont également recevables , mais cepen-
dant à différens égards. En ce cas , l'E-
dition de Bresse en Italie de 1435. qui,
la premiere, attribue ce Livre à Gerson ,
n'a
966 MERCURE DE FRANCE
n'a pas moins raison que celle d'Aus-
bourg de 1475. et une autre de 1485. qui
la donnent à Thomas à Kempis ; à l'un
comme Auteur , et à l'autre comme Tra
ducteur.
Notre nouvel Editeur à raison de s'é-
tonner que tant de personnes habiles ,
les Naudés , les Frontons , les Launois , et
même les Dupins , ayant traité cette fa-
meuse controverse sur l'Auteur de ce
Livre , pas un n'ait d'écouvert cet Ou-
vrage François imprimé tant de fois . Il
est hors de doute qu'il auroit fait chan-
ger le systême de la dispute.
Mais quand le célébre Gerson auroit-il
fait cet Ouvrage ? Ce seroit sans doute
dans sa retraite. Cet illustre Théolo-
gien qui avoit assisté au Concile de Cons-
tance , ne revint plus à Paris , il voya-
gea et se retira ensuite à Lyon , où il me-
na une vie obscure et pénitente , et il y
mourut l'an 1429. Ce seroit là sansdoute,
qu'il auroit fait ce Livre pour raprocher
les maximes de la Vie Intérieure , de la
Vie commune de Jesus- Christ et de ses
Apôtres,
Pour marquer ce qu'on doit penser de
cette nouvelle Traduction , on se con-
tentera de marquer ici ce qu'en dit M..
l'Abbé de Marcilli , Docteur de la Mai-
son
MAY.
1737.
967
son et Societé de Sorbonne , dans son
Aprobation , que » la beauté du style ,
» la noblesse des expressions n'ôte rien à
» la simplicité convenable à un Ouvrage
» de ce genre , et lui donne un nouveau
» mérite au - dessus de celles qui ont paru
»jusques à présent . Le Traducteur habi-
le a le talent de rendre plus sensibles.
» les pensées de l'Auteur en quelques en-
» droits , qui avoient besoin d'être éclair-
>> cis : mais la découverte qu'il a faite d'un
>>
Chapitre , qui manquoit au premier
» Livre , enrichit sa Traduction d'un
» morceau excellent. Les personnes qui
» ont le vrai goût de la pieté ( que nul
>>Livre n'est plus capable de leur inspirer
» que celui de l'Imitation de J. C. ) sçau- .
>> ront bon gré à M. Lenglet et de sa re-
» cherche et de cette addition.
M. l'Abbé Lenglet voulant faire voir
le caractere de l'Auteur original , a mis le
XVIe. Chapitre du premier Livre dans
notre vieux Gaulois , tel qu'il l'a trouvé
dans ses Exemplaires.
traduite et revûë sur l'ancien
original françois , d'où l'on a tiré un
Chapitre qui manque dans les autres Edi-
tions . Par M. l'Abbé Lenglet Dufresnoy ;
nouvelle Edition , in- 12. àParis , chés Án-
dré Cailleau, Quay des Augustins. 1737.
Cette nouvelle Edition de l'Imitation
de J.C.n'est pas un Ouvrage du caractere
des autres Livres de ce genre. Le hazard
fit trouver à M. l'Abbé Lenglet , lors
qu'il étoit en Flandres , quelques impri-
més gothiques , sous le titre de l'internelle
Consolation , ou de la Confolation interieu-
A l'inspection du Livre il remarqua
que
964 MERCURE DE FRANCE
que c'étoit celui de l'Imitation de J. C.
sous un autre nom , et dans un autre
ordre. Il n'en fallut pas d'avantage pour
exciter sa curiosité et pour l'animer à
faire quelques recherches , qui lui réüs-
sirent. Il remarqua non- seulement dans
ees anciens exemplaires beaucoup de
différences essentielles , mais il observa
même qu'il y avoit au Livre premier un
Chapitre entier,qui manquoit dans tou-
tes les Imitations ordinaires. De retour
à Paris , il continua ses recherches , et
trouva dans la célébre Bibliotheque de
l'Abbaye de Saint Germain des Prés
d'autres Exemplaires imprimés de ce
même Livre , et toujours sous le même
titre. M. l'Abbé Lenglet se détermina
donc à faire imprimer dans les Pays Bas
en 1731. une Edition nouvelle de l'Imi-
tation de J. C. avec ce nouveau Chapitre ,
qui fait le XXVIe, du premier Livre. Il
donne aujourd'hui de nouveau cette mê
me Edition qu'il a revûë exactement sur
ces Originaux. C'est une obligation que
Fon a aux recherches de cet Auteur.
La Préface de M. l'Abbé Lenglet , qui
est curieuse et instructive , tend à prou-
ver que l'original de l'Imitation de Jesus-
Christ , est françois , & que le latin n'en
est qu'une Traduction , qui a même
quel
MAY.
1737.
965
quelquefois abregé les paroles du premier
Auteur. M. l'Abbé Lenglet jerte les yeux
sur Gerson , Chancelier de l'Eglise et de
l'Université de Paris , au commencement
du XVe. siecle pour lui attribuer cette
pieuse production. Il a scrupuleusement
examiné toutes les Editions antiques du
François qui lui sont tombées entre les
mains , et pas une n'a marqué que ce fût
une Traduction . Elles font seulement
connoître que c'est un Livre nouvelle-
ment imprimé et corrigé. Cependant
c'étoit une gloire que nos anciens ne lais
soient point échaper ; ils préferoient la
qualité de Traducteur à celle d'Auteur,
qui leur paroissoit moins sçavante .
Le nouvel Editeur croit par- là qu'il
peut concilier les deux Traditions
•
dont l'une donne ce Livre à Gerson et
Pautre à Thomas à Kempis. Gerson aura
fait le Livre en François et Thomas à
Kempis l'aura traduit en Latin , en l'ac-
commodant néanmoins à la vie Religieu
se ; au lieu que l'Auteur original ne par-
le dans tout son Livre que des Chrétiens
en général. Ainsi les deux Traditions
sont également recevables , mais cepen-
dant à différens égards. En ce cas , l'E-
dition de Bresse en Italie de 1435. qui,
la premiere, attribue ce Livre à Gerson ,
n'a
966 MERCURE DE FRANCE
n'a pas moins raison que celle d'Aus-
bourg de 1475. et une autre de 1485. qui
la donnent à Thomas à Kempis ; à l'un
comme Auteur , et à l'autre comme Tra
ducteur.
Notre nouvel Editeur à raison de s'é-
tonner que tant de personnes habiles ,
les Naudés , les Frontons , les Launois , et
même les Dupins , ayant traité cette fa-
meuse controverse sur l'Auteur de ce
Livre , pas un n'ait d'écouvert cet Ou-
vrage François imprimé tant de fois . Il
est hors de doute qu'il auroit fait chan-
ger le systême de la dispute.
Mais quand le célébre Gerson auroit-il
fait cet Ouvrage ? Ce seroit sans doute
dans sa retraite. Cet illustre Théolo-
gien qui avoit assisté au Concile de Cons-
tance , ne revint plus à Paris , il voya-
gea et se retira ensuite à Lyon , où il me-
na une vie obscure et pénitente , et il y
mourut l'an 1429. Ce seroit là sansdoute,
qu'il auroit fait ce Livre pour raprocher
les maximes de la Vie Intérieure , de la
Vie commune de Jesus- Christ et de ses
Apôtres,
Pour marquer ce qu'on doit penser de
cette nouvelle Traduction , on se con-
tentera de marquer ici ce qu'en dit M..
l'Abbé de Marcilli , Docteur de la Mai-
son
MAY.
1737.
967
son et Societé de Sorbonne , dans son
Aprobation , que » la beauté du style ,
» la noblesse des expressions n'ôte rien à
» la simplicité convenable à un Ouvrage
» de ce genre , et lui donne un nouveau
» mérite au - dessus de celles qui ont paru
»jusques à présent . Le Traducteur habi-
le a le talent de rendre plus sensibles.
» les pensées de l'Auteur en quelques en-
» droits , qui avoient besoin d'être éclair-
>> cis : mais la découverte qu'il a faite d'un
>>
Chapitre , qui manquoit au premier
» Livre , enrichit sa Traduction d'un
» morceau excellent. Les personnes qui
» ont le vrai goût de la pieté ( que nul
>>Livre n'est plus capable de leur inspirer
» que celui de l'Imitation de J. C. ) sçau- .
>> ront bon gré à M. Lenglet et de sa re-
» cherche et de cette addition.
M. l'Abbé Lenglet voulant faire voir
le caractere de l'Auteur original , a mis le
XVIe. Chapitre du premier Livre dans
notre vieux Gaulois , tel qu'il l'a trouvé
dans ses Exemplaires.
Fermer
769
p. 970-982
Lettre sur le Passage du Roy et de la Reine de Pologne, par la Champagne, [titre d'après la table]
Début :
LETTRE écrite par M. *** à M. *** au sujet du Passage du Roy et de la Reine de [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Lettre sur le Passage du Roy et de la Reine de Pologne, par la Champagne, [titre d'après la table]
LETTRE écrite par M. *** à M. ***
au sujet du Passage du Roy et de la Reine de
Pologne par la Champagne , en allant prendre
possession de leurs Etats de Lorraine. A Chaalons
chés
res
MAY.
1737
971
chés Seneuze , 1737. brochure in 4. de 12. pa-
ges. La Lettre est datée du 25. Avril.
L'Ecrivain déclare dabord avec modestie qu'on
ne doit s'atacher qu'à la vérité d.s faits qu'il ra-
porte et non à la délicatesse du stile. Il commen-
ce ainsi sa narration. Le Roy de Pologne partit
de Meudon en poste le premier Avril , ce Prince
n'a séjourné en aucun endroit , il vint coucher à
Mont-Saint- Pere, Terre limitrophe de cette Pro-
vince , qui apartient à M. Paris du Vernay.
De Mont-Saint-Pere,le Roy de Pologne se ren-
dit à Epernay , il fit l'honneur à M. d'Aubigny,
Lieutenant General et Subdelegué de M. l'Inten-
dant , de dîner chés lui.
Le Roy fit aussi l'honneur à M. de Saint Clair,
Chevalier de S. Louis , Exempt des Gardes du
Corps , Gendre de M. d'Aubigni , de le faire
manger à sa table. La Bourgeoisie qui étoit sous
ler Armes , bordoit les rues, et monta la garde
chés le Roy jusqu'au départ de Sa Majesté
Elle fut escortée d'abord par la Maréchaussée ;
une Compagnie du Régiment de Pont , Cavale
rie , qui est en quartier dans le Village d'Athie ,
conduisit ce Prince jusqu'à Jalon , une autre du
mêine Régiment releva cette premiere , ct l'accom-
pagna jusqu'à Aulnay; les Diles de ce Lieu , vétuës
galamment , et M. le Curé ensuite , complimen-
terent S. M. Voici l'un et l'autre de ces Compli
mens , et les Réponses du Roy de Pologne ; Pune
de ces Dlles s'étant avancée , dit avec beaucoup
de grace , en lui présentant le vin d'honneur .
SIRE , nous vous offrons au nom de nos Pe-
>
defoibles marques de leurs respects , nous ac-
compagnons notre offrande de vœux sinceres que
nous faisons pour votre santé puissiez- vous SIRE
Lorsque nous serons ayeules , recevoir de notre pos
terit
972 MERCURE DE FRANCE
terité les mêmes hommages , et voir la vôtre faire
le bonheur de l'Europe.
Le Roy de Pologne aplaudit en souriant à la
saillie de cette jeune personne , il lui souhai
ta l'accomplissement de ses désirs , dans les-
quels il lui dit qu'il se trouvoit fort interessé
ces Dlles s'étant éloignées , M. le Dieu , Curé
d'Aulnay, âgé de près de 80. ans, s'avança et dit.
SIRE , il y a long- temps que je vis, mais dans
le cours de mes années , je n'ai pas eû un jour si
flateur l'ai le bonheur de voir un grand Roy que
son Héroisme fait respecter de toutes les Nations
un Roy tojours égal à lui- même , malgré le concours
des évenemens les plus marqués , c'est le vrai ca-
ractere de la vertu ; nos vœux , SIRE , ont déja
été plusieurs fois portés jusqu'au Trône du Roy des
Rois pour la conservation et la prospérité de V. M.
Les François , SIRE , et moi en particulier , s'y
interessent sincerement et relativement à votre Per
sonne sacrée , et par reconnoissance pour le don que
le Ciel nous a fait de Monseigneur le Dauphin vo-
tre petit-Fils , qui assure le repos de cet Empire
je redoublerai mes prieres , SIRE , pour qu'une
parfaite sécurité pendant une longue suite d'années
vous conduise à la vie éternelle.
Le Roy parut satisfait de ce Compliment , il
en remercia fort gracieusement M. le Curé, et le
conjura de se ressouvenir de la promesse qu'il
lui faisoit de prier Dieu pour lui,
A la sortie du Bac d'Aulnay , de l'autre côté
de la Riviere de Marne, le Roy de Pologne trous
va une Brigade de la Maréchaussée qui l'escorta
jusqu'à Chaalons ; en chemin il trouva une au-
tre Compagnie du même Régiment de Pont, qui
augmenta l'escorte ; S. M. arriva en cette Ville
sur les quatre heures , précedé d'un nouveau dé-
tachement
MAY.
1737.
973
tachement de la Maréchaussée , commandé par
le Prévôt Géneral , et de deux Chaises de poste ,
dans lesquelles il y avoit deux Seigneurs de sa
Maison , plusieurs de ses Officiers suivoient à
cheval , le Carosse de M. de Beaupré , qui étoit
allé au- devant de S. M. venoit après , un troi-
siéme Escadron du Régiment de Pont fermoit la
marche. Le Roy passa au milieu d'une foule de
Peuple accourue de toutes parts pour voir S. M.
laquelle pour répondre à cet empressement,bais-
sa les glaces de sa Chaise et ordonna à son Pos-
tillon d'aller au petit pas.
De Chaalons, S. M. se rendit à Sary, Château
de M. l'Evêque, situé à l'extremité du Jard, pro-
menade la plus belle qu'il y ait dans aucune Vil-
le de France ; ce Château est très -beau et très-
commode ; on le concevra aisément en se rapel-
lant que les Evêques de Chaalons y ont toujours
reçu les Princes et Princesses du Sang, M. le Duc
d'Orleans et M. le Duc y ont été mariés .
M. l'Evêque , accompagné du Marquis de
Choiseul , Lieutenant Général de la Province ,
de l'Abbé de Saint Mémie , ses Freres , et des
Personnes les plus distinguées de Chaalons , re-
çut S. M. à la descente de sa Chaise ; ce Prélat
comptoit que le Roy de Pologne lui feroit l'hon-
neur de souper et coucher chés lui , mais com-
me il étoit encore de bonne heure , ce Prince
jugea à propos de ne s'arrêter qu'environ uns
heure, et d'aller à Saint Dizier
3
après avoir em-
brassé M. l'Evêque et lui avoir témoigné com-
bien il étoit sensible à sa politesse ; S. M. em-
brassa pareillement M. l'Intendant , et lui té-
moigna qu'elle étoit très-contente des attentions
qu'il avoit eues pour lui dans son Département.
L'Evêque de Chaalons présenta au Roy son
Neveu,
974 MERCURE DE FRANCE
Neveu , fils du Marquis de Choiseul , en lui di-
sant ,
qu'étant né en Lorraine il étoit du nom-
bre de ses Sujets , ce jeune Seigneur , qui joint à
une phisionomie des plus heureuses , beaucoup
d'esprit et de graces, servoit alors à boire à S.M.
qui avec cette douce et noble affabilité qui releve
toutes ses actions , dit, en mettant la main sur
l'épaule de cet aimable Enfant , J'en prends pos-
session avec bien du plaisir.
Les Officiers de Ville de Chaalons s'étant ren
dus à Sary , furent introduits auprès de S. M.
par M. l'Evêque , ils présenterent à ce Prince le
vin d'honneur, qu'il accepta ; ces Mrs et les Per
sonnes de consideration qui s'étoient rendus à
Sary , furent invités par M. l'Evêque d'y rester
au soupé, qui étoit destiné pour S. M. De Sary ,
le Roy se rendit à Saint Dizier , & c .
La Reine de Pologne partit de Meudon le 3.
Avril et arriva à 7 heures du soir au Château de
Congy, qui apartient à M,de Chasot , Président
à Mortier au Parlement de Metz ; Ș. A. S. Ma-
demoiselle de Clermont y logea en 1725 , lors-
qu'elle alla à Strasbourg pour le Mariage de la
Reine. M. l'Intendant reçut la Reine de Pologne
à la descente de son Carosse , que tous les Habi-
tans de ce Lieu entouroient ; les femmes offri-
rent leur présent à S. M. qui consistoit en un
Mouton orné d'une infinité de rubans, & c. sur les
huit heures la R. de P. soupa à son petit couverts
on ne fera point le détail des differens mets qui
furent servis avec une délicatesse et une attention
infinies de la part de M.l'Intendant , qui fit aussi
servir à soupé aux Seigneurs et Dames de la sui-
te de S. M.
Le lendemain la Reine de Pol. après avoir en
tendu la Messe , partit pour Sary. Elle alla dîner
au
MAY.
1737.
975
u Château de Reineville , à cinq lieues de Chaa-
lons . M. de Beaupré avoit cû soin que tout y
für en abondance; l'Evêque s'y étant aussi rendu,
i's reçurent S. M. à la descente de son Ca-
rosse ; plusieurs femmes en habit des bonnes Fê.
tes , présenterent à la Reine un Lapin blanc ,
orné de rubans , &c.
La Reine étant partie de Reineville de bonne
heure, arriva à Chaalons vers les 5. heures , et se
rendit ensuite au Château de Sary , où elle a sé-
journé. Son Entrée en cette Ville fut fort belle ,
plusieurs Brigades de Maréchaussées , comman-
dées par le Prévôt Géneral , étoient de la suite ;
deux Compagnies du Régiment de Pont et les
Pages de S. M. environnoient son Carosse ; M.
l'Evêque et M. l'Intendant précedoient , chacun
dans leur Chaise de poste , afin de recevoir S. M.
à Sary , cinq Carosses à six chevaux , dans les-
quels étoient les Dames et Seigneurs de la suite
de la Reine , & c. La Compagnie de l'Arquebuse
de Chaalons étoit sous les Armes à l'entrée de la
Ville , les Milices Bourgeoises bordoient les rues
jusqu'à la porte de la superbe Promenade dont on
a parlé.
S.M. fut reçue à Sary par les mêmes Personnes
qui s'y étoient trouvées lors du passage du Roy;
l'Evêque de Chaalons et le Marquis de Choi-
seul , curent l'honneur de lui présenter la main.
S. M. soupa à son petit couvert et se coucha
de bonne heure.
Le lendemain elle entendit la Messe à 11. heu-
res dans la Chapelle du Château , les Officiers de
Ville furent présentés à S. M. par le Marquis de
Choiseul, ils lui offrirent dans une corbeille très-
galamment ornée toutes sortes de confitures
seches.
G La
976 MERCURE DE FRANCE
La Reine dîna à son petit couvert à midy ;
elle reçut sur les cinq heutes les respects du R.P.
Baltus , Recteur des jésuites de Chaalons , &c.
Lorsque la Reine de Pologne eut fait ses dé-
pêches pour le Roy son Epoux , elle en chargea
le Marquis de Choiseul , et nomma en même-
temps Mad. son Epouse Dame de son Palais ;
M. de Choiseul en remercia S. M. dans des ter-
mes pleins de reconnoissance; il partit à l'instang
pour Luneville.
Le 7. Avril 5. M. entendit la Messe à dix heu
res , dîna une heure après à son petit couvert et
partit à midy.
On ne peut rien dire de plus obligeant que ce
que la Reine dit à l'Evêque , sur la réception
que lui a fait ce Prélat ; il fut remercié aussi par
la Comtesse de Linange et par les autres Sei-
gneurs et Dames de la Cour.
M. de Beaupré monra dans sa Chaise de poste
pour préceder S. M. à Vitry ; elle y arriva à 6.
heures du soir , escortée par un détachement de
la Maréchaussée.
L'élite de la Milice Bourgeoise sous les Armes
avec des cocardes blanches , formoit une double
haye dans les rues , jusqu'au logement de la Rei-
ne; le Marquis de Vilaine , Gouverneur de la
Ville étoit à la tête. S M. fut reçûë à la descen-
te de son Carosse par M. de la Galaiziere , In-
tendant de Lorraine et de Bar , qui lui donna la
main jusques dans son Apartement.
Les Maire et Echevins , qui furent présentés
par M. l'Intendant , offrirent leurs présens à la
Reine , ils furent très - bien reçus
elle admit en-
suite à son Audience plusieurs Officiers des Trou-
pes du Roy , elle en reconnut quelques- uns , et
leur donna des témoignages de son souvenir;le P.
Prieur
MAY.
1737.
977
Brieur de la Charité de cette Ville fut aussi ad-
mis à rendre ses respects à la Reine , il lui pré-
senta un Ananas d'une prodigieuse grosseur.
A huit heures S. M. soupa à son petit couvert,
il y cut cinq autres tables , dont l'une étoit de
30. couverts , et les autres de 25. et 20. qui fu-
sent servies avec une propreté et une délicatessé
qui passe tout ce qu'on peut imaginer.
L'attention de M. l'Intendant ne se borna pas
aux Personnes de distinction , il voulut que gé-
neralement tous les gens de la snite se ressentis-
sent de sa magnificence ; on cur servit un sou◄
pé convenable et force vin de Champagne.
Le lendeman , jour du départ , S. M. alla en-
tendre la Messe à sept heures à la Collégiale, elle
fut reçue à l'entrée de la principale porte par le
Chapitre , qui lui avoit fait préparer un tapis de
pied et un careau sur lequel la Reine se mit à
genoux pour baiser la Croix , qui lui fut présentée
par le Doyen , S. M. s'étant levée elle reçut l'Eau
benite ; ensuite le Doyen prononça ce Discours .
MADAME ,
Le Chapitre de l'Eglise Royale de cette Ville
rend avec un respectueux empressement ses très-
humbles devoirs à V.M.Nous allons , MADAME,
célebrer les saints Misteres pour demander à Dieu
la conservation de V. M. et le bonheur de toute la
Famille Royale , c'est aux seules Prieres que se ter
minent dans le Temple du Seigneur les Camplimens
des Ministres du Roy des Rois.
La Reine salua le Clergé qui l'accompagna
jusqu'à son Prie- Dieu , M. l'Intendant,donnoit
la main à S. M. La Messe finie , le Doyen à la
droite de la Reine , précedé de tout le Chapitre,
la conduisit jusqu'à son Carosse . M. l'Intendant
continua de donner la main à S. M. Au milieu
G ij
.
de
·
978 MERCURE DE FRANCE
de la Nef , elle eut la bonté de se tourner
du côté du Doyen , et lui dit : M. je vous
remercie et toute votre Compagnie , de la réception
gracieuse que vous m'avezfaite. Le Doyen lui ré-
pondit : MADA ME , nous désirons ardemment
que les Prieres que nous venons de faire pour V.M.
soient exaucées, nous avons prié de tout notre cœur.
Ensuite la Reine monta en Carosse pour se
rendre à S. Dizier , escortée par un détachement
de Maréchaussée , un instant après M. l'Inten-
dant partit en paste , afin de préceder S. M.
S. M. arriva le 11. sur les midy à S. Dizier ,
escortée d'un détachement de la Maréchaussée
de l'Arquebuse et les Milices Bourgeoises bor-
doient les rues ; cette Princesse logea au Château
que M. de Beaupré avoit fait meubler. Les Maire.
et Echevins qu'il présenta à la Reine , lui offri
rent leurs présens , et furent reçus très-gracieu-
sement.
S. M. dina à son petit couvert , elle fut servie
comme si elle cût mangé en public ;
il y eug
plusieurs autres tables également bien servies par
les soins de M. de Beaupré , S. M. partit à trois
heures pour aller coucher à Bar. Elle témoigna
à M. de Beaupré combien elle étoit satisfaite de
ses attentions , &c. Tous les Seigneurs et Dames
de sa Cour le complimenterent dans des termes
remplis de reconnoissance. Il a suivi S. M. jus◄
qu'à Bar.
Dès qu'on fut assuré que la Reine de Pologne
étoit arrivée sur la Frontiere de ses nouveaux
Etats, une nombreuse Compagnie de Chevaliers
proprement vétus d'un uniforme blanc avec pa-
remens rouges , alla à sa rencontre et revint le
même jour , marchant devant le Carosse de
S. M. au bruit des Instrumens Militaires,
Sur
MAY.
1737-
979
Sur le chemin , à quelque distance de Bar-le-
Duc , la Reine trouva une Compagnie de jeunes
Gens à pied , qui avoient passé la nuit sous des
Tentes , en attendant son arrivée. Cette Compa-
gnie formée à son honneur , lui servit d'escorte.
Lorsque la Reine arriva aux portes de la Ville,
elle y trouva environ trois mille Bourgeois qui
étoient rangés sous des Drapeaux magnifiques,
et qui la suivirent jusques au Château.
En entrant dans cette Place , elle fut compli-
mentée par M. le Commandant , et en avançant
un peu plus loin , elle parut agréablement sur-
prise d'un Spectacle que présentoit à ses yeux la
Jeunesse du College des Jésuites. Ces jeunes Gens
etoient partie à pied et partie à cheval . Ceux des
Classes inférieures , au nombre de quarante ,
étoient à pied , habillés à la Polonoise , ayans
tous un habit d'écarlate bordé de fourures d'her
mine,et sur l'habillement des écharpes de prix . Hs
avoient des bonnets rouges qui cachoient entie
rement leurs cheveux , et dont la pointe garnie
d'une frange d'argent , s'élevoit au - dessus d'une
fourure très- propre. Devant eux pendoient de
petits coutelas , et ils tenoient à la main des
Etendards très riches , les uns aux Armes de Pos
logne , de Leczinski , les autres aux Armes de
Lorraine et de Bar.
Ceux des Classes supérieures étoient à cheval
au nombre de 24. botés à la Połonoise , habillés
comme les autres d'écarlate , et portant des bon-
nets de même , mais ayant tous le Sabre à la
main.
Ces deux Corps étoient rangés dans la cour inte
rieure du Château sur deux lignes, en demi cercle,
ayant à une extremité leur Tambour , habillé à
la Romaine , et à une autre deux Clercs , dong
Giij
l'un
980 MERCURE DE FRANCE
P'un étoit à cheval , représentant tous les Clercs-
du College , et l'autre à pied , en manteau long,
qui se disposoit à parler. A leurs côtés étoient
Mrs les Militaires de la Garde , présentant les
Armes.
Aussi- tôt que la Reine fut près de ces jeunes:
Gens ainsi disposés , les premiers baisserent leurs
Erendarts pour la saluer ; ce qui se fit avec beau-
coup d'ordre et au grand contentement de S. M.
La Reine inonta ensuite dans son Apartement,
introduite par M. le Chancelier et Garde des
Sceaux , précedée de quelques - uns des Polonois,
qui portoient des Etendarts aux Armes de Bar.
Après que M. le Chancelier eut fait son com-
pliment , un Ecolier eut aussi l'honneur de com
plimenter Sa Majesté au nom du College..
La Reine répondit avec bonté : Je suis très-
sensible à votre Compliment , je vous en remercie ,
mais je veux voir encore une fois la Jeunesse Po-
lonoise.
Sur cela on donna ordre à cette Jeunesse de se
rendre dans l'Apartement de S. M. et là ces jeu-
nes Gens passant tous devant elle , les uns après-
les autres , ils eurent l'honneur de la saluer de
rechef avec l'Etendart.
Ils sortirent ensuite deux à deux et revinrent
avec les Cavaliers Polonois au College. Peu de
temps après le Canon du Château se fit entendre;
on ne doit pas oublier ici la maniere gracieuse
dont S. M. remercia la Noblesse et toutes les
Compagnies de cette Ville , qui étoient dans les
différentes Chambres de son Apartement , &c..
Elle leur témoigna qu'elle étoit très- satisfaite de.
leur zele et de tout ce qu'on faisoit pour elle .
Sur le soir , vers les huit heures , le Château
et toute la Ville étant illuminés , on tira un très-
beau
MAY.
1737.
981
beau Feu d'artifice , qu'on avoit artistement pla
cé sur un bâtiment à deux étages , orné de De-
vises à l'honneur du Roy et de la Reine , et sur-
monté d'une Renommée , qui tenoit d'ung main
les Armes de Pologne et de l'autre sa Trompete .
Après quoi la Reine se mit à table , et comme
elle a un grand fond de pieté et de religion, inal-
gré toutes ses fatigues et la délicatesse de son
tempérament , elle ne prit qu'une simple colla-
tion
Alors les Dames curent l'honneur de lui
faire la réverence, et en furent très gracieusement
reçûës.
Le lendemain 12. Avril , S. M. entendit la
Messe dans la Chapelle du Château , où elle fut
complimentée par le Doyen de certe Eglise.
Après avoir oui la Messe , elle monta dans
son Carosse. Aussi -tôt la Jeunesse Polonoise
qui avoit repris son premier poste , se mit en
marche sur deux lignes , ceux qui étoient à che-
val , marchant immédiatement devant le Caros-
se de la Reine , et ceux qui étoient à pied mar-
chant à la tête avec leurs Etendarts. Les autres
Carosses suivoient , bordés de la nouvelle Com-
pagnie à pied, et suivis d'une partie de la Bour-
geolie , tap iis que l'autre bordoit les rues .
On marcha dans cet ordre jusques hors de la
Ville, &c. La Reine fut de nouveau complimentée
au nom des Ecoliers Elle eur la bonté de dire plus
sieurs fois qu'elle étoit très- contente, et que ceux
qui étoient à pied pouvoient s'en retourner , ce
qu'ils firent à la suite de la Bourgeoisie.
Pour les autres qui étoient à cheval , ils eurent
l'honneur de marcher devant le Carosse de S. M.
jusqu'à la premiere Bourgade. La Compagnie
des Chevaliers qui avoient attendu la Reine ,
continua à l'accompagner jusques vers Ligny au
Giiij
bruig
982 MERCURE DE FRANCE
bruit des Trompettes et des Timbales. Ensuite
S. M. les remercia de la maniere du monde la
plus obligeante.
au sujet du Passage du Roy et de la Reine de
Pologne par la Champagne , en allant prendre
possession de leurs Etats de Lorraine. A Chaalons
chés
res
MAY.
1737
971
chés Seneuze , 1737. brochure in 4. de 12. pa-
ges. La Lettre est datée du 25. Avril.
L'Ecrivain déclare dabord avec modestie qu'on
ne doit s'atacher qu'à la vérité d.s faits qu'il ra-
porte et non à la délicatesse du stile. Il commen-
ce ainsi sa narration. Le Roy de Pologne partit
de Meudon en poste le premier Avril , ce Prince
n'a séjourné en aucun endroit , il vint coucher à
Mont-Saint- Pere, Terre limitrophe de cette Pro-
vince , qui apartient à M. Paris du Vernay.
De Mont-Saint-Pere,le Roy de Pologne se ren-
dit à Epernay , il fit l'honneur à M. d'Aubigny,
Lieutenant General et Subdelegué de M. l'Inten-
dant , de dîner chés lui.
Le Roy fit aussi l'honneur à M. de Saint Clair,
Chevalier de S. Louis , Exempt des Gardes du
Corps , Gendre de M. d'Aubigni , de le faire
manger à sa table. La Bourgeoisie qui étoit sous
ler Armes , bordoit les rues, et monta la garde
chés le Roy jusqu'au départ de Sa Majesté
Elle fut escortée d'abord par la Maréchaussée ;
une Compagnie du Régiment de Pont , Cavale
rie , qui est en quartier dans le Village d'Athie ,
conduisit ce Prince jusqu'à Jalon , une autre du
mêine Régiment releva cette premiere , ct l'accom-
pagna jusqu'à Aulnay; les Diles de ce Lieu , vétuës
galamment , et M. le Curé ensuite , complimen-
terent S. M. Voici l'un et l'autre de ces Compli
mens , et les Réponses du Roy de Pologne ; Pune
de ces Dlles s'étant avancée , dit avec beaucoup
de grace , en lui présentant le vin d'honneur .
SIRE , nous vous offrons au nom de nos Pe-
>
defoibles marques de leurs respects , nous ac-
compagnons notre offrande de vœux sinceres que
nous faisons pour votre santé puissiez- vous SIRE
Lorsque nous serons ayeules , recevoir de notre pos
terit
972 MERCURE DE FRANCE
terité les mêmes hommages , et voir la vôtre faire
le bonheur de l'Europe.
Le Roy de Pologne aplaudit en souriant à la
saillie de cette jeune personne , il lui souhai
ta l'accomplissement de ses désirs , dans les-
quels il lui dit qu'il se trouvoit fort interessé
ces Dlles s'étant éloignées , M. le Dieu , Curé
d'Aulnay, âgé de près de 80. ans, s'avança et dit.
SIRE , il y a long- temps que je vis, mais dans
le cours de mes années , je n'ai pas eû un jour si
flateur l'ai le bonheur de voir un grand Roy que
son Héroisme fait respecter de toutes les Nations
un Roy tojours égal à lui- même , malgré le concours
des évenemens les plus marqués , c'est le vrai ca-
ractere de la vertu ; nos vœux , SIRE , ont déja
été plusieurs fois portés jusqu'au Trône du Roy des
Rois pour la conservation et la prospérité de V. M.
Les François , SIRE , et moi en particulier , s'y
interessent sincerement et relativement à votre Per
sonne sacrée , et par reconnoissance pour le don que
le Ciel nous a fait de Monseigneur le Dauphin vo-
tre petit-Fils , qui assure le repos de cet Empire
je redoublerai mes prieres , SIRE , pour qu'une
parfaite sécurité pendant une longue suite d'années
vous conduise à la vie éternelle.
Le Roy parut satisfait de ce Compliment , il
en remercia fort gracieusement M. le Curé, et le
conjura de se ressouvenir de la promesse qu'il
lui faisoit de prier Dieu pour lui,
A la sortie du Bac d'Aulnay , de l'autre côté
de la Riviere de Marne, le Roy de Pologne trous
va une Brigade de la Maréchaussée qui l'escorta
jusqu'à Chaalons ; en chemin il trouva une au-
tre Compagnie du même Régiment de Pont, qui
augmenta l'escorte ; S. M. arriva en cette Ville
sur les quatre heures , précedé d'un nouveau dé-
tachement
MAY.
1737.
973
tachement de la Maréchaussée , commandé par
le Prévôt Géneral , et de deux Chaises de poste ,
dans lesquelles il y avoit deux Seigneurs de sa
Maison , plusieurs de ses Officiers suivoient à
cheval , le Carosse de M. de Beaupré , qui étoit
allé au- devant de S. M. venoit après , un troi-
siéme Escadron du Régiment de Pont fermoit la
marche. Le Roy passa au milieu d'une foule de
Peuple accourue de toutes parts pour voir S. M.
laquelle pour répondre à cet empressement,bais-
sa les glaces de sa Chaise et ordonna à son Pos-
tillon d'aller au petit pas.
De Chaalons, S. M. se rendit à Sary, Château
de M. l'Evêque, situé à l'extremité du Jard, pro-
menade la plus belle qu'il y ait dans aucune Vil-
le de France ; ce Château est très -beau et très-
commode ; on le concevra aisément en se rapel-
lant que les Evêques de Chaalons y ont toujours
reçu les Princes et Princesses du Sang, M. le Duc
d'Orleans et M. le Duc y ont été mariés .
M. l'Evêque , accompagné du Marquis de
Choiseul , Lieutenant Général de la Province ,
de l'Abbé de Saint Mémie , ses Freres , et des
Personnes les plus distinguées de Chaalons , re-
çut S. M. à la descente de sa Chaise ; ce Prélat
comptoit que le Roy de Pologne lui feroit l'hon-
neur de souper et coucher chés lui , mais com-
me il étoit encore de bonne heure , ce Prince
jugea à propos de ne s'arrêter qu'environ uns
heure, et d'aller à Saint Dizier
3
après avoir em-
brassé M. l'Evêque et lui avoir témoigné com-
bien il étoit sensible à sa politesse ; S. M. em-
brassa pareillement M. l'Intendant , et lui té-
moigna qu'elle étoit très-contente des attentions
qu'il avoit eues pour lui dans son Département.
L'Evêque de Chaalons présenta au Roy son
Neveu,
974 MERCURE DE FRANCE
Neveu , fils du Marquis de Choiseul , en lui di-
sant ,
qu'étant né en Lorraine il étoit du nom-
bre de ses Sujets , ce jeune Seigneur , qui joint à
une phisionomie des plus heureuses , beaucoup
d'esprit et de graces, servoit alors à boire à S.M.
qui avec cette douce et noble affabilité qui releve
toutes ses actions , dit, en mettant la main sur
l'épaule de cet aimable Enfant , J'en prends pos-
session avec bien du plaisir.
Les Officiers de Ville de Chaalons s'étant ren
dus à Sary , furent introduits auprès de S. M.
par M. l'Evêque , ils présenterent à ce Prince le
vin d'honneur, qu'il accepta ; ces Mrs et les Per
sonnes de consideration qui s'étoient rendus à
Sary , furent invités par M. l'Evêque d'y rester
au soupé, qui étoit destiné pour S. M. De Sary ,
le Roy se rendit à Saint Dizier , & c .
La Reine de Pologne partit de Meudon le 3.
Avril et arriva à 7 heures du soir au Château de
Congy, qui apartient à M,de Chasot , Président
à Mortier au Parlement de Metz ; Ș. A. S. Ma-
demoiselle de Clermont y logea en 1725 , lors-
qu'elle alla à Strasbourg pour le Mariage de la
Reine. M. l'Intendant reçut la Reine de Pologne
à la descente de son Carosse , que tous les Habi-
tans de ce Lieu entouroient ; les femmes offri-
rent leur présent à S. M. qui consistoit en un
Mouton orné d'une infinité de rubans, & c. sur les
huit heures la R. de P. soupa à son petit couverts
on ne fera point le détail des differens mets qui
furent servis avec une délicatesse et une attention
infinies de la part de M.l'Intendant , qui fit aussi
servir à soupé aux Seigneurs et Dames de la sui-
te de S. M.
Le lendemain la Reine de Pol. après avoir en
tendu la Messe , partit pour Sary. Elle alla dîner
au
MAY.
1737.
975
u Château de Reineville , à cinq lieues de Chaa-
lons . M. de Beaupré avoit cû soin que tout y
für en abondance; l'Evêque s'y étant aussi rendu,
i's reçurent S. M. à la descente de son Ca-
rosse ; plusieurs femmes en habit des bonnes Fê.
tes , présenterent à la Reine un Lapin blanc ,
orné de rubans , &c.
La Reine étant partie de Reineville de bonne
heure, arriva à Chaalons vers les 5. heures , et se
rendit ensuite au Château de Sary , où elle a sé-
journé. Son Entrée en cette Ville fut fort belle ,
plusieurs Brigades de Maréchaussées , comman-
dées par le Prévôt Géneral , étoient de la suite ;
deux Compagnies du Régiment de Pont et les
Pages de S. M. environnoient son Carosse ; M.
l'Evêque et M. l'Intendant précedoient , chacun
dans leur Chaise de poste , afin de recevoir S. M.
à Sary , cinq Carosses à six chevaux , dans les-
quels étoient les Dames et Seigneurs de la suite
de la Reine , & c. La Compagnie de l'Arquebuse
de Chaalons étoit sous les Armes à l'entrée de la
Ville , les Milices Bourgeoises bordoient les rues
jusqu'à la porte de la superbe Promenade dont on
a parlé.
S.M. fut reçue à Sary par les mêmes Personnes
qui s'y étoient trouvées lors du passage du Roy;
l'Evêque de Chaalons et le Marquis de Choi-
seul , curent l'honneur de lui présenter la main.
S. M. soupa à son petit couvert et se coucha
de bonne heure.
Le lendemain elle entendit la Messe à 11. heu-
res dans la Chapelle du Château , les Officiers de
Ville furent présentés à S. M. par le Marquis de
Choiseul, ils lui offrirent dans une corbeille très-
galamment ornée toutes sortes de confitures
seches.
G La
976 MERCURE DE FRANCE
La Reine dîna à son petit couvert à midy ;
elle reçut sur les cinq heutes les respects du R.P.
Baltus , Recteur des jésuites de Chaalons , &c.
Lorsque la Reine de Pologne eut fait ses dé-
pêches pour le Roy son Epoux , elle en chargea
le Marquis de Choiseul , et nomma en même-
temps Mad. son Epouse Dame de son Palais ;
M. de Choiseul en remercia S. M. dans des ter-
mes pleins de reconnoissance; il partit à l'instang
pour Luneville.
Le 7. Avril 5. M. entendit la Messe à dix heu
res , dîna une heure après à son petit couvert et
partit à midy.
On ne peut rien dire de plus obligeant que ce
que la Reine dit à l'Evêque , sur la réception
que lui a fait ce Prélat ; il fut remercié aussi par
la Comtesse de Linange et par les autres Sei-
gneurs et Dames de la Cour.
M. de Beaupré monra dans sa Chaise de poste
pour préceder S. M. à Vitry ; elle y arriva à 6.
heures du soir , escortée par un détachement de
la Maréchaussée.
L'élite de la Milice Bourgeoise sous les Armes
avec des cocardes blanches , formoit une double
haye dans les rues , jusqu'au logement de la Rei-
ne; le Marquis de Vilaine , Gouverneur de la
Ville étoit à la tête. S M. fut reçûë à la descen-
te de son Carosse par M. de la Galaiziere , In-
tendant de Lorraine et de Bar , qui lui donna la
main jusques dans son Apartement.
Les Maire et Echevins , qui furent présentés
par M. l'Intendant , offrirent leurs présens à la
Reine , ils furent très - bien reçus
elle admit en-
suite à son Audience plusieurs Officiers des Trou-
pes du Roy , elle en reconnut quelques- uns , et
leur donna des témoignages de son souvenir;le P.
Prieur
MAY.
1737.
977
Brieur de la Charité de cette Ville fut aussi ad-
mis à rendre ses respects à la Reine , il lui pré-
senta un Ananas d'une prodigieuse grosseur.
A huit heures S. M. soupa à son petit couvert,
il y cut cinq autres tables , dont l'une étoit de
30. couverts , et les autres de 25. et 20. qui fu-
sent servies avec une propreté et une délicatessé
qui passe tout ce qu'on peut imaginer.
L'attention de M. l'Intendant ne se borna pas
aux Personnes de distinction , il voulut que gé-
neralement tous les gens de la snite se ressentis-
sent de sa magnificence ; on cur servit un sou◄
pé convenable et force vin de Champagne.
Le lendeman , jour du départ , S. M. alla en-
tendre la Messe à sept heures à la Collégiale, elle
fut reçue à l'entrée de la principale porte par le
Chapitre , qui lui avoit fait préparer un tapis de
pied et un careau sur lequel la Reine se mit à
genoux pour baiser la Croix , qui lui fut présentée
par le Doyen , S. M. s'étant levée elle reçut l'Eau
benite ; ensuite le Doyen prononça ce Discours .
MADAME ,
Le Chapitre de l'Eglise Royale de cette Ville
rend avec un respectueux empressement ses très-
humbles devoirs à V.M.Nous allons , MADAME,
célebrer les saints Misteres pour demander à Dieu
la conservation de V. M. et le bonheur de toute la
Famille Royale , c'est aux seules Prieres que se ter
minent dans le Temple du Seigneur les Camplimens
des Ministres du Roy des Rois.
La Reine salua le Clergé qui l'accompagna
jusqu'à son Prie- Dieu , M. l'Intendant,donnoit
la main à S. M. La Messe finie , le Doyen à la
droite de la Reine , précedé de tout le Chapitre,
la conduisit jusqu'à son Carosse . M. l'Intendant
continua de donner la main à S. M. Au milieu
G ij
.
de
·
978 MERCURE DE FRANCE
de la Nef , elle eut la bonté de se tourner
du côté du Doyen , et lui dit : M. je vous
remercie et toute votre Compagnie , de la réception
gracieuse que vous m'avezfaite. Le Doyen lui ré-
pondit : MADA ME , nous désirons ardemment
que les Prieres que nous venons de faire pour V.M.
soient exaucées, nous avons prié de tout notre cœur.
Ensuite la Reine monta en Carosse pour se
rendre à S. Dizier , escortée par un détachement
de Maréchaussée , un instant après M. l'Inten-
dant partit en paste , afin de préceder S. M.
S. M. arriva le 11. sur les midy à S. Dizier ,
escortée d'un détachement de la Maréchaussée
de l'Arquebuse et les Milices Bourgeoises bor-
doient les rues ; cette Princesse logea au Château
que M. de Beaupré avoit fait meubler. Les Maire.
et Echevins qu'il présenta à la Reine , lui offri
rent leurs présens , et furent reçus très-gracieu-
sement.
S. M. dina à son petit couvert , elle fut servie
comme si elle cût mangé en public ;
il y eug
plusieurs autres tables également bien servies par
les soins de M. de Beaupré , S. M. partit à trois
heures pour aller coucher à Bar. Elle témoigna
à M. de Beaupré combien elle étoit satisfaite de
ses attentions , &c. Tous les Seigneurs et Dames
de sa Cour le complimenterent dans des termes
remplis de reconnoissance. Il a suivi S. M. jus◄
qu'à Bar.
Dès qu'on fut assuré que la Reine de Pologne
étoit arrivée sur la Frontiere de ses nouveaux
Etats, une nombreuse Compagnie de Chevaliers
proprement vétus d'un uniforme blanc avec pa-
remens rouges , alla à sa rencontre et revint le
même jour , marchant devant le Carosse de
S. M. au bruit des Instrumens Militaires,
Sur
MAY.
1737-
979
Sur le chemin , à quelque distance de Bar-le-
Duc , la Reine trouva une Compagnie de jeunes
Gens à pied , qui avoient passé la nuit sous des
Tentes , en attendant son arrivée. Cette Compa-
gnie formée à son honneur , lui servit d'escorte.
Lorsque la Reine arriva aux portes de la Ville,
elle y trouva environ trois mille Bourgeois qui
étoient rangés sous des Drapeaux magnifiques,
et qui la suivirent jusques au Château.
En entrant dans cette Place , elle fut compli-
mentée par M. le Commandant , et en avançant
un peu plus loin , elle parut agréablement sur-
prise d'un Spectacle que présentoit à ses yeux la
Jeunesse du College des Jésuites. Ces jeunes Gens
etoient partie à pied et partie à cheval . Ceux des
Classes inférieures , au nombre de quarante ,
étoient à pied , habillés à la Polonoise , ayans
tous un habit d'écarlate bordé de fourures d'her
mine,et sur l'habillement des écharpes de prix . Hs
avoient des bonnets rouges qui cachoient entie
rement leurs cheveux , et dont la pointe garnie
d'une frange d'argent , s'élevoit au - dessus d'une
fourure très- propre. Devant eux pendoient de
petits coutelas , et ils tenoient à la main des
Etendards très riches , les uns aux Armes de Pos
logne , de Leczinski , les autres aux Armes de
Lorraine et de Bar.
Ceux des Classes supérieures étoient à cheval
au nombre de 24. botés à la Połonoise , habillés
comme les autres d'écarlate , et portant des bon-
nets de même , mais ayant tous le Sabre à la
main.
Ces deux Corps étoient rangés dans la cour inte
rieure du Château sur deux lignes, en demi cercle,
ayant à une extremité leur Tambour , habillé à
la Romaine , et à une autre deux Clercs , dong
Giij
l'un
980 MERCURE DE FRANCE
P'un étoit à cheval , représentant tous les Clercs-
du College , et l'autre à pied , en manteau long,
qui se disposoit à parler. A leurs côtés étoient
Mrs les Militaires de la Garde , présentant les
Armes.
Aussi- tôt que la Reine fut près de ces jeunes:
Gens ainsi disposés , les premiers baisserent leurs
Erendarts pour la saluer ; ce qui se fit avec beau-
coup d'ordre et au grand contentement de S. M.
La Reine inonta ensuite dans son Apartement,
introduite par M. le Chancelier et Garde des
Sceaux , précedée de quelques - uns des Polonois,
qui portoient des Etendarts aux Armes de Bar.
Après que M. le Chancelier eut fait son com-
pliment , un Ecolier eut aussi l'honneur de com
plimenter Sa Majesté au nom du College..
La Reine répondit avec bonté : Je suis très-
sensible à votre Compliment , je vous en remercie ,
mais je veux voir encore une fois la Jeunesse Po-
lonoise.
Sur cela on donna ordre à cette Jeunesse de se
rendre dans l'Apartement de S. M. et là ces jeu-
nes Gens passant tous devant elle , les uns après-
les autres , ils eurent l'honneur de la saluer de
rechef avec l'Etendart.
Ils sortirent ensuite deux à deux et revinrent
avec les Cavaliers Polonois au College. Peu de
temps après le Canon du Château se fit entendre;
on ne doit pas oublier ici la maniere gracieuse
dont S. M. remercia la Noblesse et toutes les
Compagnies de cette Ville , qui étoient dans les
différentes Chambres de son Apartement , &c..
Elle leur témoigna qu'elle étoit très- satisfaite de.
leur zele et de tout ce qu'on faisoit pour elle .
Sur le soir , vers les huit heures , le Château
et toute la Ville étant illuminés , on tira un très-
beau
MAY.
1737.
981
beau Feu d'artifice , qu'on avoit artistement pla
cé sur un bâtiment à deux étages , orné de De-
vises à l'honneur du Roy et de la Reine , et sur-
monté d'une Renommée , qui tenoit d'ung main
les Armes de Pologne et de l'autre sa Trompete .
Après quoi la Reine se mit à table , et comme
elle a un grand fond de pieté et de religion, inal-
gré toutes ses fatigues et la délicatesse de son
tempérament , elle ne prit qu'une simple colla-
tion
Alors les Dames curent l'honneur de lui
faire la réverence, et en furent très gracieusement
reçûës.
Le lendemain 12. Avril , S. M. entendit la
Messe dans la Chapelle du Château , où elle fut
complimentée par le Doyen de certe Eglise.
Après avoir oui la Messe , elle monta dans
son Carosse. Aussi -tôt la Jeunesse Polonoise
qui avoit repris son premier poste , se mit en
marche sur deux lignes , ceux qui étoient à che-
val , marchant immédiatement devant le Caros-
se de la Reine , et ceux qui étoient à pied mar-
chant à la tête avec leurs Etendarts. Les autres
Carosses suivoient , bordés de la nouvelle Com-
pagnie à pied, et suivis d'une partie de la Bour-
geolie , tap iis que l'autre bordoit les rues .
On marcha dans cet ordre jusques hors de la
Ville, &c. La Reine fut de nouveau complimentée
au nom des Ecoliers Elle eur la bonté de dire plus
sieurs fois qu'elle étoit très- contente, et que ceux
qui étoient à pied pouvoient s'en retourner , ce
qu'ils firent à la suite de la Bourgeoisie.
Pour les autres qui étoient à cheval , ils eurent
l'honneur de marcher devant le Carosse de S. M.
jusqu'à la premiere Bourgade. La Compagnie
des Chevaliers qui avoient attendu la Reine ,
continua à l'accompagner jusques vers Ligny au
Giiij
bruig
982 MERCURE DE FRANCE
bruit des Trompettes et des Timbales. Ensuite
S. M. les remercia de la maniere du monde la
plus obligeante.
Fermer
770
p. 985
Académie Royale de Soissons, &c. [titre d'après la table]
Début :
Le Lundi 29. Avril, l'Académie Royale de Soissons, tint son Assemblée publique dans le [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Académie Royale de Soissons, &c. [titre d'après la table]
Le Lundi 29. Avril, l'Académie Royale de
Soissons, tint son Assemblée publique dans le
Palais Episcopal. M. Vernier, Directeur de cette
Académie , en fit l'ouverture par un sçavant Dis-
Cours , après lequel on fit la lecture de la Dis-
sertation qui avoit remporté le Prix , dont le
Sujet étoit : L'Epoque de l'établissement de la Re-
ligion Chrétienne dans le Soissonnois , et les progrès`
du Christianisme dans le même Pays , avec le nom
des premiers Evêques de Soissons et la durée de leur
Episcopat jusqu'à la fin du quatrieme siecle Cette
Dissertation fut déclarée être de M. le Beuf,
Chanoine et Sous- Chantre de l'Eglise d'Auxerre,
qui étoit présent à l'Assemblée. M. l'Evêque ,
Instituteur de ce Prix , lui remit une Médaille
d'or toute semblable à celle dont nous avons fait
la description dans les années précedentes, excep-
té que dans l'Exergue on lit M. DCC. XXXVII.
Soissons, tint son Assemblée publique dans le
Palais Episcopal. M. Vernier, Directeur de cette
Académie , en fit l'ouverture par un sçavant Dis-
Cours , après lequel on fit la lecture de la Dis-
sertation qui avoit remporté le Prix , dont le
Sujet étoit : L'Epoque de l'établissement de la Re-
ligion Chrétienne dans le Soissonnois , et les progrès`
du Christianisme dans le même Pays , avec le nom
des premiers Evêques de Soissons et la durée de leur
Episcopat jusqu'à la fin du quatrieme siecle Cette
Dissertation fut déclarée être de M. le Beuf,
Chanoine et Sous- Chantre de l'Eglise d'Auxerre,
qui étoit présent à l'Assemblée. M. l'Evêque ,
Instituteur de ce Prix , lui remit une Médaille
d'or toute semblable à celle dont nous avons fait
la description dans les années précedentes, excep-
té que dans l'Exergue on lit M. DCC. XXXVII.
Fermer
771
p. 1022-1026
ITALIE.
Début :
Le 5. Avril on publia à Rome le Decret pour la Canonisation de la Bienheureuse Catherine [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
ITALIE.
Le 5. Avril on publia à Rome le Decret pour
la Canonisation de la Bienheureuse Catherine
Tine Fieschi de Genes , dont la Cérémonie a dů
se faire le 28. ainsi que celle de la Canonisation
des Bienheureux Vincent et Regis ; et de la
Bienheureuse Falconieri.
La correspondance étant rétablie entre les
Cours de Vienne et de Madrid , le Cardinal
'Aquaviva , chargé des affaires du Roy d'Espa-
gne auprès du Saint Siege , envoya le 7. Avril
dernier complimenter à cette occasion le Car
dinal del Giudice.
La Congrégation des Rites a décidé que dans
La Cérémonie de la Canonisation des Bienheu-
eux Vincent et Regis , ce premier auroit la
préséance
MAY.
1737.
préséance comme Fondateur d'Ordre.
1023
Le Comte Trivelli, célebre Poëte , et Jean-
Baptiste Jacoboni , Prêtre , Auteurs des Satyres
répandues à Rome depuis quelque temps contre
le S. Siege, et contre les Personnes les plus con-
siderables , ont été condamnés à mort , le pre-
mier eut la tête tranchée dans la Place du Pont
Saint-Ange , le 23. Février dernier. Il reconnue
en mourant le mauvais usage qu'il avoit fait de
ses talens. Le Pere Santo Canale , Jesuite , qui
Pexhorta à la mort , eut bien de la peine à lui
faire entendre raison sur la Religion , voulant
mourir dans les sentimens de libertinage dans
lesquels il avoit vêcu , et il ne se rendit aux vives
instances de son Confesseur que peu de tems
avant qu'on le menât au suplice. It donna des
marques d'un sincere repentir , et mourut avec
beaucoup de fermeté et de résignation , Le Prêtre
Jacoboni fut condamné au même suplice ; on
2 commué sa peine en celle des Galeres , le Car
dinal Guadagni , l'un des plus maltraités dans
ees Satyres , ayant vivement et généreusement
sollicité pour lui sauver la vie.
. En conséquence de l'ordre envoyé par l'Em-
pereur au Comte de Traun , de prendre posses
sion des Duchés de Parme et de Plaisance , au
nom de S. M. Imp. ce Comte se rendit le 16.
du mois passé à Parme. Le Prince de Lobkowitz
qui y commande , alla au devant de lui à quel-
ques mille de la Ville , et les Députés des Ma-
gistrats le reçûrent hors des Portes. Lorsque le
Comte de Traun entra dans la Ville , il fut sa-
lué par une triple décharge de l'Artillerie des
remparts. Ayant été conduit par le Prince de
Lobkowitz et par les Députés des Magistrats au
Palais qu'on avoit préparé pour le racevoir , il
I
yfur
1024 MERCURE DE FRANCE
y fut complimenté par le Clergé , par la No-
blesse et par les Tribunaux, et l'aprèsmidi il re
çût , au nom de l'Empereur , le serment de f
delité des Habitans. Il communiqua aux Magis
trats les résolutions de S. M. Imp. par raport à
l'administration des affaires de ce Duché et au
Gouvernement de cette Ville , dans laquelle elle
se propose d'établir une Junte semblable à celle
qui vient d'être établie à Mantoüe.
On aprend de Turin que le 21. Avril , jour
fixé pour P'Entrée de la Reine dans cette Capi
tale , leurs Majestés étant parties du Château de
Ja Venerie vers les sept heures du soir , trouve-
rent sur leur chemin le Régiment Royal Pié
mont Cavalerie , et les deux Régimens de Dra-
gons du Roy et de la Reine , qui les accompa
gnerent pendant la marche le long de la Rive
du Pô , oposée à celle par laquelle leurs Majes
és passerent pour se rendre à Turiu ; on avoit
allumé des feux de distance en distance , et la
Maison de Plaisance de la Reine , bâtie sur la
Montagne vis à-vis la Porte du Pô, étoit enție-
rement illuminée.
L'arrivée du Roy et de la Reine fut annon-
cée au Peuple par une triple Salve de 150. pic-
ces de Canon , placées sur les remparts de la
Ville et de la Citadelle , et leurs Majestés ayant
été reçûës à la Porte du Pô par les Magistrats ,
et par le Corps de Ville , la marche de l'Entrée
commença par une Troupe de 200. Marchands
à cheval , ayant à leur tête le Vicaire de la Ville.
Cinq Carosses du Roy , attelés de six Chevaux ,
précédoient celui du Corps, qui éton escorté
par un détachement des Gardes , et dans lequel
leurs Majestés étoient seules avec le Duc de
Savoye,
Le
MAY.
1737.
1025
Le Roy et la Reine étoient suivis de cinq au-
tres Carosses attelés aussi de six chevaux , après
lesquels marchoient trois Escadrons des Gardes
du Corps , et les quinze Escadrons de Cavale-
rie et de Dragons qui étoient venus de la Ve-
nerie avec leurs Majestés.
La ruë du Pô étoit bordée des deux côtés jus-
qu'au Palais du Duc de Savoye par la Bourgeoi-
sie qui étoit en haye sous les armes ; chaque
Corps de Métier étant distingué par des unifor-
mes et des Drapeaux differens. Deux Bataillone
du Regiment des Gardes à pied, deux du Regi-
ment de Rhebinder , et deux de celui de Lom."
bardie , bordoient le reste du chemin depuis le
Palais du Duc de Savoye jusqu'au Palais Royal,
lequel étoit illuminé ainsi que celui du Duc de
Savoye , et toutes les Places publiques , selon
l'ordre de leur Architecture. Toutes les ruës
étoient aussi illuminées,et il y avoit aux premier,"
second et troisième étages de toutes les mai-
sons , cinq lumieres à chaque croisée, Cette il-
lumination formoit un spectacle que la seule
Ville de Turin est capable de fournir à cause de
la régularité de ses Bâtimens,
.
tiré vis-à-vis ce Palais.
t.
Leurs Majestés , en arrivant au Palais ,
trouverent les Ministres étrangers , et les Sei
gneurs et Dames de la Cour. La Reine après s'ê- Ÿ
tre reposée quelque temps, alla au Palais du Duc
de Savoye pour voir un feu d'artifice qui fut
Le lendemain S. M. reçut les complimens
des Ministres étrangers , des Ministres d'Etat
et de la principale Noblesse , qui fut admise à
lui baiser la main.
7
Le Palais du Roy , celui du Duc de Savoye ,
les Places publiques , et toutes les Maisons de la
I ij
Ville
1026 MERCURE DE FRANCE
Ville ont été illuminées pendant quatre nuits
consecutives de la même maniere qu'ils l'avoient
été le jour de l'Entrée de la Reine;
Le 5. Avril on publia à Rome le Decret pour
la Canonisation de la Bienheureuse Catherine
Tine Fieschi de Genes , dont la Cérémonie a dů
se faire le 28. ainsi que celle de la Canonisation
des Bienheureux Vincent et Regis ; et de la
Bienheureuse Falconieri.
La correspondance étant rétablie entre les
Cours de Vienne et de Madrid , le Cardinal
'Aquaviva , chargé des affaires du Roy d'Espa-
gne auprès du Saint Siege , envoya le 7. Avril
dernier complimenter à cette occasion le Car
dinal del Giudice.
La Congrégation des Rites a décidé que dans
La Cérémonie de la Canonisation des Bienheu-
eux Vincent et Regis , ce premier auroit la
préséance
MAY.
1737.
préséance comme Fondateur d'Ordre.
1023
Le Comte Trivelli, célebre Poëte , et Jean-
Baptiste Jacoboni , Prêtre , Auteurs des Satyres
répandues à Rome depuis quelque temps contre
le S. Siege, et contre les Personnes les plus con-
siderables , ont été condamnés à mort , le pre-
mier eut la tête tranchée dans la Place du Pont
Saint-Ange , le 23. Février dernier. Il reconnue
en mourant le mauvais usage qu'il avoit fait de
ses talens. Le Pere Santo Canale , Jesuite , qui
Pexhorta à la mort , eut bien de la peine à lui
faire entendre raison sur la Religion , voulant
mourir dans les sentimens de libertinage dans
lesquels il avoit vêcu , et il ne se rendit aux vives
instances de son Confesseur que peu de tems
avant qu'on le menât au suplice. It donna des
marques d'un sincere repentir , et mourut avec
beaucoup de fermeté et de résignation , Le Prêtre
Jacoboni fut condamné au même suplice ; on
2 commué sa peine en celle des Galeres , le Car
dinal Guadagni , l'un des plus maltraités dans
ees Satyres , ayant vivement et généreusement
sollicité pour lui sauver la vie.
. En conséquence de l'ordre envoyé par l'Em-
pereur au Comte de Traun , de prendre posses
sion des Duchés de Parme et de Plaisance , au
nom de S. M. Imp. ce Comte se rendit le 16.
du mois passé à Parme. Le Prince de Lobkowitz
qui y commande , alla au devant de lui à quel-
ques mille de la Ville , et les Députés des Ma-
gistrats le reçûrent hors des Portes. Lorsque le
Comte de Traun entra dans la Ville , il fut sa-
lué par une triple décharge de l'Artillerie des
remparts. Ayant été conduit par le Prince de
Lobkowitz et par les Députés des Magistrats au
Palais qu'on avoit préparé pour le racevoir , il
I
yfur
1024 MERCURE DE FRANCE
y fut complimenté par le Clergé , par la No-
blesse et par les Tribunaux, et l'aprèsmidi il re
çût , au nom de l'Empereur , le serment de f
delité des Habitans. Il communiqua aux Magis
trats les résolutions de S. M. Imp. par raport à
l'administration des affaires de ce Duché et au
Gouvernement de cette Ville , dans laquelle elle
se propose d'établir une Junte semblable à celle
qui vient d'être établie à Mantoüe.
On aprend de Turin que le 21. Avril , jour
fixé pour P'Entrée de la Reine dans cette Capi
tale , leurs Majestés étant parties du Château de
Ja Venerie vers les sept heures du soir , trouve-
rent sur leur chemin le Régiment Royal Pié
mont Cavalerie , et les deux Régimens de Dra-
gons du Roy et de la Reine , qui les accompa
gnerent pendant la marche le long de la Rive
du Pô , oposée à celle par laquelle leurs Majes
és passerent pour se rendre à Turiu ; on avoit
allumé des feux de distance en distance , et la
Maison de Plaisance de la Reine , bâtie sur la
Montagne vis à-vis la Porte du Pô, étoit enție-
rement illuminée.
L'arrivée du Roy et de la Reine fut annon-
cée au Peuple par une triple Salve de 150. pic-
ces de Canon , placées sur les remparts de la
Ville et de la Citadelle , et leurs Majestés ayant
été reçûës à la Porte du Pô par les Magistrats ,
et par le Corps de Ville , la marche de l'Entrée
commença par une Troupe de 200. Marchands
à cheval , ayant à leur tête le Vicaire de la Ville.
Cinq Carosses du Roy , attelés de six Chevaux ,
précédoient celui du Corps, qui éton escorté
par un détachement des Gardes , et dans lequel
leurs Majestés étoient seules avec le Duc de
Savoye,
Le
MAY.
1737.
1025
Le Roy et la Reine étoient suivis de cinq au-
tres Carosses attelés aussi de six chevaux , après
lesquels marchoient trois Escadrons des Gardes
du Corps , et les quinze Escadrons de Cavale-
rie et de Dragons qui étoient venus de la Ve-
nerie avec leurs Majestés.
La ruë du Pô étoit bordée des deux côtés jus-
qu'au Palais du Duc de Savoye par la Bourgeoi-
sie qui étoit en haye sous les armes ; chaque
Corps de Métier étant distingué par des unifor-
mes et des Drapeaux differens. Deux Bataillone
du Regiment des Gardes à pied, deux du Regi-
ment de Rhebinder , et deux de celui de Lom."
bardie , bordoient le reste du chemin depuis le
Palais du Duc de Savoye jusqu'au Palais Royal,
lequel étoit illuminé ainsi que celui du Duc de
Savoye , et toutes les Places publiques , selon
l'ordre de leur Architecture. Toutes les ruës
étoient aussi illuminées,et il y avoit aux premier,"
second et troisième étages de toutes les mai-
sons , cinq lumieres à chaque croisée, Cette il-
lumination formoit un spectacle que la seule
Ville de Turin est capable de fournir à cause de
la régularité de ses Bâtimens,
.
tiré vis-à-vis ce Palais.
t.
Leurs Majestés , en arrivant au Palais ,
trouverent les Ministres étrangers , et les Sei
gneurs et Dames de la Cour. La Reine après s'ê- Ÿ
tre reposée quelque temps, alla au Palais du Duc
de Savoye pour voir un feu d'artifice qui fut
Le lendemain S. M. reçut les complimens
des Ministres étrangers , des Ministres d'Etat
et de la principale Noblesse , qui fut admise à
lui baiser la main.
7
Le Palais du Roy , celui du Duc de Savoye ,
les Places publiques , et toutes les Maisons de la
I ij
Ville
1026 MERCURE DE FRANCE
Ville ont été illuminées pendant quatre nuits
consecutives de la même maniere qu'ils l'avoient
été le jour de l'Entrée de la Reine;
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772
p. 1149-1157
La Religion ou Théologie des Turcs, [titre d'après la table]
Début :
GANNEAU débite un Livre intitulé la Religion ou Théologie des [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : La Religion ou Théologie des Turcs, [titre d'après la table]
GANNEAU débite un Livre intitulé
la Religion ou Théologie des
Turcs , par Echialle Moufti , avec la Pro-
fession de Foy de Mahomet , Fils de Pir
Ali, en deux Volumes in- 12 . A Bruxelles,
chés François Foppens. M. DCC. IV.
Cet Ouvrage est divisé en trois Par-
ties ; les deux premieres ne contiennent
que des Traditions extravagantes de dif-
ferens Docteurs Mahometans sur l'état
de l'Homme à l'agonie , après la mort
jusqr ' au Jugement dernier , et au Ju-
gement dernier; des Descriptions imagi-
naires de ce redoutable jour , du Para-
dis et de l'Enfer ; le tout composé à des-
sein d'épouvanter les Pécheurs , et prin-
1. Vol.
Evi
cipalement
(1150 MERCURE DE FRANCE
cipalement les Peuples qui ne sont pas
soumis à l'Alcoran , qui seuls sont me-
nacés de peines éternelles , desquelles
tous les Mahometans sont exempts par
le privilege de leur Religion . La Traduc-
tion en est assés exacte , à cela près que
le Traducteur a un peu adouci les ex-
travagances les plus outrées de l'original,
qui multiplie tous les biens et les maux
par le nombre de 70000. qui lui est fá-
vori. Par exemple ,
il y a des endroits
dans ce Livre , où , en faisant la descrip
tion de certains Anges , l'Auteur dit que
leurs têtes touchent le Ciel Empirée , et
de leurs pieds est à l'Orient du Ciel ,
l'autre à son Occident ; que du bout
2
leurs pieds le centre de la Terre ; qu'un *
d'une de leurs aîles à celui de l'autre il y
x
2-7000 . années de chemin ; qu'ils ont
76000. têtes ; à chaque rête 70000. bou--
chés dans chaque bouche 70000. lan-
gues
;
que toutes ces langues ne sont
occupées nuit et jour qu'à louer leur
Créateur , et que chacune de ces langues
rend à Dieu autant de louange à chaque
instant , que tous les Peuples de la terre -
lui en poutoient rendre en 70000. an
nées.s
Toutes ces Opinions ; au reste
I -Vol
ne
sont point de foy chés les Mahometans ;
elles
JUIN.
1737.
HIST
elles sont reçûës du plus grand nombre,
mais les Sçavans de cette Religion les re-
jettent , parce qu'elles ne sont pas fon
dées sur l'Alcoran , et ce n'est pas un pè-
ché de n'y point ajoûter foy,
Ce que tous les Mahometans sont obli-
gés en conscience de croire , est renfer-
mé dans la troisiéme Partie de cet Ou-
vrage , qui est le Testament de Maho-
met , Fils de Pir Ali , qui contient sa
+
Profession de Foy en abregé , dans la
quelle il n'a obmis aucun point essentiel
de la Foy Mahometane. Il la commence
comme tout Traité de Théologie , par
l'idée de Dieu en 7. Chapitres. Il pro-
fesse son Unité , et pour détruire la Tri-
nité , il soûtient dans le premier Chap
que Dieu n'a point de Compagnon , et
pour nier la Divinité de J. C. il professe
que Dieu n'a ni engendré ,
"
ni été en-
gendré. Au reste il a de l'Etre supréme
à peu près la même idée que nous.
De l'idée de Dieu , l'Auteur, Chapitre
VIII. passe aux Anges, qu'il croit com-
posés de matiere subtile. Il reconnoît
104. Livres Divins publiés dans le Monde
par differens Prophetes , mais il n'en
nomme que quatre, Chap. I X sçavoir ;
Vol
43
l'Ancien Testament les Pseaumes , l'E-
vangile et l'Alcoran , le dernier de tous
ว
152 MERCURE DE FRANCE
et le plus parfait ; il assure même , Ch.
VI. que ce Livre est incrée et éternel .
L'Auteur traite de la Prédestination
dans plusieurs differens Chapitres de son
Ouvrage; mais tout ce qu'il en raporte est
toujours fondé sur le même principe ,
qui est que Dieu est Auteur du bien et
du mal , Chap. IV. Dieu a créé , dit-il ,
Chap. VII. les bonnes œuvres et les pe-
chés , le bien et le mal. Dieu a créé tous
les pechés et les crimes , et les a inscrits
dans le Livre du Destin , Chap . XXII.
parce que , dit-il tout de suite, Dieu fait
ce qu'il veut , et agit selon ses Decrets ,
et il ne se passe rien qui ne soit entiere-
ment conforme à ses Decrets et Volonté.
De-là , Ch. IV. il tire des conséquences
nécessaires ; c'est que Dieu n'a point sou
haité le salut des Réprouvés; qu'il ne peut
être offensé , Chap. I. par les crimes , ni
glorifié par les bonnes œuvres , d'autant
que c'est lui , dit-il, Ch. VII. qui a créé les
bonnes œuvres et les pechés ,le bien er le
mal. On doit conclure de cette Doctrine,
que l'Homme ne peut ni mériter , ni dé-
mériter ; aussi Dieu , Chap. XVIII . dis-
posera- t-il , à sa volonté , des actions des
Hommes au jour du Jugement , ôtant
aux Réprouvés leurs bonnes œuvres ,
pour les donner aux Elûs , et rendant en
I. V
échange
JUIN.
'1737.
1153
échange aux Reprouvés les pechés que
les Elûs auront commis. Pour les Elûs
,
ils sont aisés à connoître ; ce sont les
Mahometans , car il n'y a point de pe-
ché irrémissible , Chap. XXVIII. que
celui de ne pas croire à Mahomet ; et
pourvû qu'il reste à un Mahometan à la
mort autant de foy qu'un atôme , fut il
d'ailleurs coupable d'un nombre infini
de crimes les plus atroces , il souffrira
tout au plus en Enfer une espace de temps
proportionné à ses pechés , et à la fin
Il sera sauvé, Chap . XIX. L'Auteur se
reprend même un peu après , Chapitre
XXVI. et paroît douter que les Maho-
metans soient punis dans l'autre monde
des pechés dont ils n'auront paspas fait
pe-
nitence. Au reste la penitence des Ma-
hometans n'a rien de difficile , elle con-
siste seulement , Chap. L X. à se repen-
tir des pechés qu'ils ont commis , parce
qu'ils ont mérité les peines de l'Enfer.
L'Auteur traite des Prophetes , et en
particulier de Mahomet, de ses Miracles,
de sa Naissance et de sa Mort ; des trois
premiers Caliphes qui lui ont succedé ;
ensuite il passe aux Quatre Fins de
l'Homme , et vient à la Foy Mahome-
tane , qui consiste à croire en Dieu seul
et à Mahomet, Pour ce qui est de la Re-
I. Vol.
ligion
154 MERCURE DE FRANCE
ligion , il suffit de la sçavoir en abregé
Chap. XXIV . sans en raisonner ni
chercher à en donner de preuve claire
et évidente. Ce n'est pas en faire l'élo-
ge;
l'Auteur en reduit les devoirs essen-
tiels à six ; sçavoir , Recevoir l'Alcoran;
-P
Reciter tous les jours la Profession de
Foy; ( Il n'y a point de Dieu que Dieu ;
Mahomet est son Prophete ) et faire les
cinq Prieres ; Observer les Ablutions ;
Jeûner la Lune du Ramazan ; donner
aux Pauvres la Dixme de son revenu ;
et faire le Pèlerinage de la Mecque, Chap.
XXXVIII Mais de ces six Devoirs l'Au
teur paroît donner la préference à l'Ablu-
tion , en disant: L'essentiel du Mahome-
tisme consiste principalement dans la pu
reté du Corps. Chap. LXXXV.Les Sçavans,
sans mépriser ce point de la Loy , le font
consister dans la pureté de l'Ame : mais
c'est ici l'opinion commune. Cet Auteur,
en parlant de l'Ablution
LXXXVIII.
•
Chapitre
établit les mérites ou
démérites des Femmes , ce qui supose
nécessairement leur salut ou leur dam
nation , et qui détruit l'opinion qu'on a
en Europe,que les Mahometans excluent
les Femmes du Paradis. Un Mahometan
peut apostasier sans renier formellement
sa Religion; on apelle cela tomber dans
I¿Vol .
l'infidelité
#
JUIN
1737
Iss
Finfidelité ; c'est, comme nous dirions,
devenir Payen , être excommunié. Ea
cet état ses exercices de Religion sont
sans mérite ; son mariage est nul ; le de-
voir en est illicite; il n'est pas permis à
un autre de manger d'un animal que cet
Apostat auroit égorgé; toutes ses bonnes
euvres passées sont détruites , et pour
comble de maux , il est permis de le tuer.
L'Apostat , Chap: LXVI. en est quitte
cependant pour demander pardon à Dieu
de son Apostasie, et reciter la Profession
de Foy ; après quoi il se remarie avec sa
Femme , ou avec ses Femmes , s'il ena
plusieurs , et recommence le Pelerinage
de la Mecque , quoiqu'il l'eût déja fait.
L'Auteur cite 51. façons d'apostasier
ainsi ; et entr'autres nier la Prédestina-
tion formelle , c'est apostasier ; douter
de la verité d'un passage de l'Alcoran ,
c'est apostasier ; dire , en parlant de
Dieu , le Dieu qui est au Ciel, c'est apos
tasier. Mais ce qui paroît singulier , c'est
que , Chap. LXVII. dire que les Juifs
sont meilleurs que les Chrétiens
c'est
apostasier ; parce qu'un Juif a plus de
malice que tous les Chrétiens ensem-
ble. On trouve dans tout l'Ouvrage de
beaux principes de Morale , et un en-
trautres bien surprenant dans un Turt,
I. Vol.
Chap .
1156 MERCURE DE FRANCE
Chap. XXXIV. c'est qu'il est défendu
de tirer l'épée contre son Prince légiti
me, quelque cruel et Tyran qu'il puisse
être. Il dit aussi , Chap. XXIX. qu'il ne
faut décider du bon ni du mauvais sort
d'aucune Personne morte, excepté des Pro-
phetes, et de certains fameux Reprouvés,
desquels il donne pour exemple , deux
Persecuteurs de Mahomet. L'Auteur avan-
ce aussi plusieurs autres principes de Mo-
rale qui ne sont pas à suivre. Il prétend,
par exemple , Chap. L. qu'il est permis
de desirer les biens et les dignités que
possedent les gens qui en font mauvais
usage.
Il avance aussi , Chap. LII. qu'on
peut hair non seulement le peché , mais
encore le Pecheur à cause de ses pechés.
Au reste l'Auteur adopte les rêveries
des autres Mahometans à la lettre. Il
prétend Chap. XI que l'Antechrist est
venu du temps de Mahomet , qui l'a
fait releguer dans un desert à l'extrémité
du Monde, où il doit rester lié jusqu'au
jour du Jugement qu'il reparoîtra pour
être tué par J. C.
L'Auteur ordonne de son enterrement,
les cérémonies qu'il veut qu'on y obser
ve , et les aumônes qu'il veut qu'on y
fasse ; il donne ensuite des Regles pour
1.Vola
JUIN.
1737.
1157
la Priere en général , et l'explication des
principales Prieres ; et finit par recom-
mander à ses Enfans et à ses Freres d'at-
tendre leur fortune de Dieu , et de ne la
jamais acheter par des bassesses.
Cette troisiéme Partie mérite d'être
lûë par les Personnes qui veulent con-
noître la Religion Mahometane ; le Tex-
te en est correct , mais on se croit obligé
d'avertir que les Notes n'en sont pas
exactes ; le Traducteur paroît avoir tra-
vaillé sur un sujet dans lequel il n'étoit
pas si bien versé que dans la connoissan-
ce de la Langue.
la Religion ou Théologie des
Turcs , par Echialle Moufti , avec la Pro-
fession de Foy de Mahomet , Fils de Pir
Ali, en deux Volumes in- 12 . A Bruxelles,
chés François Foppens. M. DCC. IV.
Cet Ouvrage est divisé en trois Par-
ties ; les deux premieres ne contiennent
que des Traditions extravagantes de dif-
ferens Docteurs Mahometans sur l'état
de l'Homme à l'agonie , après la mort
jusqr ' au Jugement dernier , et au Ju-
gement dernier; des Descriptions imagi-
naires de ce redoutable jour , du Para-
dis et de l'Enfer ; le tout composé à des-
sein d'épouvanter les Pécheurs , et prin-
1. Vol.
Evi
cipalement
(1150 MERCURE DE FRANCE
cipalement les Peuples qui ne sont pas
soumis à l'Alcoran , qui seuls sont me-
nacés de peines éternelles , desquelles
tous les Mahometans sont exempts par
le privilege de leur Religion . La Traduc-
tion en est assés exacte , à cela près que
le Traducteur a un peu adouci les ex-
travagances les plus outrées de l'original,
qui multiplie tous les biens et les maux
par le nombre de 70000. qui lui est fá-
vori. Par exemple ,
il y a des endroits
dans ce Livre , où , en faisant la descrip
tion de certains Anges , l'Auteur dit que
leurs têtes touchent le Ciel Empirée , et
de leurs pieds est à l'Orient du Ciel ,
l'autre à son Occident ; que du bout
2
leurs pieds le centre de la Terre ; qu'un *
d'une de leurs aîles à celui de l'autre il y
x
2-7000 . années de chemin ; qu'ils ont
76000. têtes ; à chaque rête 70000. bou--
chés dans chaque bouche 70000. lan-
gues
;
que toutes ces langues ne sont
occupées nuit et jour qu'à louer leur
Créateur , et que chacune de ces langues
rend à Dieu autant de louange à chaque
instant , que tous les Peuples de la terre -
lui en poutoient rendre en 70000. an
nées.s
Toutes ces Opinions ; au reste
I -Vol
ne
sont point de foy chés les Mahometans ;
elles
JUIN.
1737.
HIST
elles sont reçûës du plus grand nombre,
mais les Sçavans de cette Religion les re-
jettent , parce qu'elles ne sont pas fon
dées sur l'Alcoran , et ce n'est pas un pè-
ché de n'y point ajoûter foy,
Ce que tous les Mahometans sont obli-
gés en conscience de croire , est renfer-
mé dans la troisiéme Partie de cet Ou-
vrage , qui est le Testament de Maho-
met , Fils de Pir Ali , qui contient sa
+
Profession de Foy en abregé , dans la
quelle il n'a obmis aucun point essentiel
de la Foy Mahometane. Il la commence
comme tout Traité de Théologie , par
l'idée de Dieu en 7. Chapitres. Il pro-
fesse son Unité , et pour détruire la Tri-
nité , il soûtient dans le premier Chap
que Dieu n'a point de Compagnon , et
pour nier la Divinité de J. C. il professe
que Dieu n'a ni engendré ,
"
ni été en-
gendré. Au reste il a de l'Etre supréme
à peu près la même idée que nous.
De l'idée de Dieu , l'Auteur, Chapitre
VIII. passe aux Anges, qu'il croit com-
posés de matiere subtile. Il reconnoît
104. Livres Divins publiés dans le Monde
par differens Prophetes , mais il n'en
nomme que quatre, Chap. I X sçavoir ;
Vol
43
l'Ancien Testament les Pseaumes , l'E-
vangile et l'Alcoran , le dernier de tous
ว
152 MERCURE DE FRANCE
et le plus parfait ; il assure même , Ch.
VI. que ce Livre est incrée et éternel .
L'Auteur traite de la Prédestination
dans plusieurs differens Chapitres de son
Ouvrage; mais tout ce qu'il en raporte est
toujours fondé sur le même principe ,
qui est que Dieu est Auteur du bien et
du mal , Chap. IV. Dieu a créé , dit-il ,
Chap. VII. les bonnes œuvres et les pe-
chés , le bien et le mal. Dieu a créé tous
les pechés et les crimes , et les a inscrits
dans le Livre du Destin , Chap . XXII.
parce que , dit-il tout de suite, Dieu fait
ce qu'il veut , et agit selon ses Decrets ,
et il ne se passe rien qui ne soit entiere-
ment conforme à ses Decrets et Volonté.
De-là , Ch. IV. il tire des conséquences
nécessaires ; c'est que Dieu n'a point sou
haité le salut des Réprouvés; qu'il ne peut
être offensé , Chap. I. par les crimes , ni
glorifié par les bonnes œuvres , d'autant
que c'est lui , dit-il, Ch. VII. qui a créé les
bonnes œuvres et les pechés ,le bien er le
mal. On doit conclure de cette Doctrine,
que l'Homme ne peut ni mériter , ni dé-
mériter ; aussi Dieu , Chap. XVIII . dis-
posera- t-il , à sa volonté , des actions des
Hommes au jour du Jugement , ôtant
aux Réprouvés leurs bonnes œuvres ,
pour les donner aux Elûs , et rendant en
I. V
échange
JUIN.
'1737.
1153
échange aux Reprouvés les pechés que
les Elûs auront commis. Pour les Elûs
,
ils sont aisés à connoître ; ce sont les
Mahometans , car il n'y a point de pe-
ché irrémissible , Chap. XXVIII. que
celui de ne pas croire à Mahomet ; et
pourvû qu'il reste à un Mahometan à la
mort autant de foy qu'un atôme , fut il
d'ailleurs coupable d'un nombre infini
de crimes les plus atroces , il souffrira
tout au plus en Enfer une espace de temps
proportionné à ses pechés , et à la fin
Il sera sauvé, Chap . XIX. L'Auteur se
reprend même un peu après , Chapitre
XXVI. et paroît douter que les Maho-
metans soient punis dans l'autre monde
des pechés dont ils n'auront paspas fait
pe-
nitence. Au reste la penitence des Ma-
hometans n'a rien de difficile , elle con-
siste seulement , Chap. L X. à se repen-
tir des pechés qu'ils ont commis , parce
qu'ils ont mérité les peines de l'Enfer.
L'Auteur traite des Prophetes , et en
particulier de Mahomet, de ses Miracles,
de sa Naissance et de sa Mort ; des trois
premiers Caliphes qui lui ont succedé ;
ensuite il passe aux Quatre Fins de
l'Homme , et vient à la Foy Mahome-
tane , qui consiste à croire en Dieu seul
et à Mahomet, Pour ce qui est de la Re-
I. Vol.
ligion
154 MERCURE DE FRANCE
ligion , il suffit de la sçavoir en abregé
Chap. XXIV . sans en raisonner ni
chercher à en donner de preuve claire
et évidente. Ce n'est pas en faire l'élo-
ge;
l'Auteur en reduit les devoirs essen-
tiels à six ; sçavoir , Recevoir l'Alcoran;
-P
Reciter tous les jours la Profession de
Foy; ( Il n'y a point de Dieu que Dieu ;
Mahomet est son Prophete ) et faire les
cinq Prieres ; Observer les Ablutions ;
Jeûner la Lune du Ramazan ; donner
aux Pauvres la Dixme de son revenu ;
et faire le Pèlerinage de la Mecque, Chap.
XXXVIII Mais de ces six Devoirs l'Au
teur paroît donner la préference à l'Ablu-
tion , en disant: L'essentiel du Mahome-
tisme consiste principalement dans la pu
reté du Corps. Chap. LXXXV.Les Sçavans,
sans mépriser ce point de la Loy , le font
consister dans la pureté de l'Ame : mais
c'est ici l'opinion commune. Cet Auteur,
en parlant de l'Ablution
LXXXVIII.
•
Chapitre
établit les mérites ou
démérites des Femmes , ce qui supose
nécessairement leur salut ou leur dam
nation , et qui détruit l'opinion qu'on a
en Europe,que les Mahometans excluent
les Femmes du Paradis. Un Mahometan
peut apostasier sans renier formellement
sa Religion; on apelle cela tomber dans
I¿Vol .
l'infidelité
#
JUIN
1737
Iss
Finfidelité ; c'est, comme nous dirions,
devenir Payen , être excommunié. Ea
cet état ses exercices de Religion sont
sans mérite ; son mariage est nul ; le de-
voir en est illicite; il n'est pas permis à
un autre de manger d'un animal que cet
Apostat auroit égorgé; toutes ses bonnes
euvres passées sont détruites , et pour
comble de maux , il est permis de le tuer.
L'Apostat , Chap: LXVI. en est quitte
cependant pour demander pardon à Dieu
de son Apostasie, et reciter la Profession
de Foy ; après quoi il se remarie avec sa
Femme , ou avec ses Femmes , s'il ena
plusieurs , et recommence le Pelerinage
de la Mecque , quoiqu'il l'eût déja fait.
L'Auteur cite 51. façons d'apostasier
ainsi ; et entr'autres nier la Prédestina-
tion formelle , c'est apostasier ; douter
de la verité d'un passage de l'Alcoran ,
c'est apostasier ; dire , en parlant de
Dieu , le Dieu qui est au Ciel, c'est apos
tasier. Mais ce qui paroît singulier , c'est
que , Chap. LXVII. dire que les Juifs
sont meilleurs que les Chrétiens
c'est
apostasier ; parce qu'un Juif a plus de
malice que tous les Chrétiens ensem-
ble. On trouve dans tout l'Ouvrage de
beaux principes de Morale , et un en-
trautres bien surprenant dans un Turt,
I. Vol.
Chap .
1156 MERCURE DE FRANCE
Chap. XXXIV. c'est qu'il est défendu
de tirer l'épée contre son Prince légiti
me, quelque cruel et Tyran qu'il puisse
être. Il dit aussi , Chap. XXIX. qu'il ne
faut décider du bon ni du mauvais sort
d'aucune Personne morte, excepté des Pro-
phetes, et de certains fameux Reprouvés,
desquels il donne pour exemple , deux
Persecuteurs de Mahomet. L'Auteur avan-
ce aussi plusieurs autres principes de Mo-
rale qui ne sont pas à suivre. Il prétend,
par exemple , Chap. L. qu'il est permis
de desirer les biens et les dignités que
possedent les gens qui en font mauvais
usage.
Il avance aussi , Chap. LII. qu'on
peut hair non seulement le peché , mais
encore le Pecheur à cause de ses pechés.
Au reste l'Auteur adopte les rêveries
des autres Mahometans à la lettre. Il
prétend Chap. XI que l'Antechrist est
venu du temps de Mahomet , qui l'a
fait releguer dans un desert à l'extrémité
du Monde, où il doit rester lié jusqu'au
jour du Jugement qu'il reparoîtra pour
être tué par J. C.
L'Auteur ordonne de son enterrement,
les cérémonies qu'il veut qu'on y obser
ve , et les aumônes qu'il veut qu'on y
fasse ; il donne ensuite des Regles pour
1.Vola
JUIN.
1737.
1157
la Priere en général , et l'explication des
principales Prieres ; et finit par recom-
mander à ses Enfans et à ses Freres d'at-
tendre leur fortune de Dieu , et de ne la
jamais acheter par des bassesses.
Cette troisiéme Partie mérite d'être
lûë par les Personnes qui veulent con-
noître la Religion Mahometane ; le Tex-
te en est correct , mais on se croit obligé
d'avertir que les Notes n'en sont pas
exactes ; le Traducteur paroît avoir tra-
vaillé sur un sujet dans lequel il n'étoit
pas si bien versé que dans la connoissan-
ce de la Langue.
Fermer
773
p. 1158
« LETTRES de M. B....... sur differens sujets de Morale et de Pieté. A [...] »
Début :
LETTRES de M. B....... sur differens sujets de Morale et de Pieté. A [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « LETTRES de M. B....... sur differens sujets de Morale et de Pieté. A [...] »
LETTRES de M. B....... sur differens
sujets de Morale et de Pieté. A
Paris , chés Charles Osmont , ruë Saint
Jacques , à l'Olivier , 1737. in 12.
sujets de Morale et de Pieté. A
Paris , chés Charles Osmont , ruë Saint
Jacques , à l'Olivier , 1737. in 12.
Fermer
774
p. 1203-1208
ITALIE.
Début :
Le 5 du mois dernier, jour que le Pape avoit marqué pour la prise de possession de la dignité [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
ITALIE.
Le 5 du mois dernier, jour que le Pape avoit
marqué pour la prise de possession de la dignité
de Sénateur de Rome par le Comte de
Bielk , ce Comte revétu de son habit de Sénateur
qui consiste en une Soutane de Satin cramoisi
et une longue Robe de Brocard d'or , et accom-
pagné de M. Capograssi , son Maître de Cham-
bre , se rendit du Capitole au Palais du Quiri
nal dans un Carosse attelé de six chevaux et
suivi de deux autres Carosses. Ayant été reçu
avec les ceremonies accoûtumées par M. Lazare
Palavicini , Archevêque de Thebes , Maître de
Chambre de Sa Sainteté , il fut introduit dans la
chambre du Pape par Mrs Jean- Baptiste Gam-
barucci , Archevêque d'Amasie , et Ignace Reali ,
premiers Maîtres des Ceremonies ; et après qu'il
cut fait trois génuflexions et baisé les pieds de Sa
I. Vol.
Sainteté
1204 MERCURE DE FRANCE
Sainteté , il prêta le Serment de fidelité. Le Pape
mit ensuite un Sceptre d'yvoire entre les mains
du nouveau Sénateur en disant , Accipe Sceptrum
et esto Senator Urbis.
Le Comte de Bielk reçut la Benediction de Sa
Sainteté, et il se retira , étant reconduit par le
Maître de Chambre. Lorsqu'il fut dans la Cour
du Palais , le Marquis François Ortieri , Grand-
Ecuyer du Pape , lui présenta de la part de Sa
Sainte
un très- beau Cheval blanc , couvert
d'une Housse de velours cramoisi , relevée d'une
riche broderie d'or , avec les étriers d'argent
sur lequel le nouveau Sénateur monta pour
aller
à la Place Barberine , où l'attendoit sous les ar
mes la Milice Bourgeoise , composée de quator-
ze Compagnies chacune de quarante
hom-
mes , et d'où il continua sa marche dans l'ordre
suivant : Le Barigel du Capitole à cheval , à la
tête de ses Sbirres ; M. Felix Gama , Capitaine
des Connétables et des Milices des quartiers de
la Ville, suivi de deux Pages , qui portoient dea
Ecussons aux Armes du Comte de Bielk ; les 14.
Compagnies de la Milice Bourgeoise , précedées
chacune de ses Tambours et de son Enseigne , et
entre les sept premieres Compagnies et les sept
dernieres M. Antoine Gai portant l'Etendart du
Peuple Romain ; le Maître d'Hôtel et l'Ecuyer
du Sénateur ; vingt Mules avec des couvertures
à ses Armes et dix Chevaux de selle avec de ma-
gnifiques Housses , conduits chacun par un Pal-
frenier , portant sur sa Casaque et à son bonnes
les Armes de Bielk ; la Compagnie des Chevau
Legers de la Garde du Pape. Les Palfreniers des
Cardinaux , montés sur des Mules et portant les
chapeaux de leurs Maîtres attachés sur leurs
épaules ; les 14. Huissiers des Tribunaux Capi
I. Vol.
tolins ;
JUI N.
I. Val.
1737.
1205
tolins ; un grand nombre de Gentilshommes des
Cardinaux ; quatre tambours de la Livrée du
Peuple Romain , laquelle est d'écarlate avec des
galons d'or , et quatre Trompettes à cheval avec
la même Livrée. Ils étoient suivis par deux Pa-
ges , dont l'un portoit la Cornette du Peuple
Romain , et l'autre un Etendart aux Armes de
Bielk. Derriere eux marchoient les Caporioni ou
Chefs des Quartiers, précedés de deux Tambours
aux Livrées du Peuple Romain ; les Suisses de la
Garde du Pape , ayant à leur tête le Chevalier
Jean- François- Leopold Phiffer d'Althissoffen ,
Chevalier de l'Ordre de S. Jean de Jerusalem ,
leur Commandant ; deux Pages , dont celui qui
étoit à droite portoit l'épée haute , et celui qui
étoit à gauche avoit sur ses épaules le Chapeau
du Sénateur , couvert de Brocard d'or et doublé
de velours cramoisi ; les Palfreniers du Comte
de Bielk , vétus de Livrées d'écarlate avec des
galons d'or , et ayant des Plumets bleu et or
sur leurs chapeaux et les Serviteurs du Peuple
Romain , tenant en main des Piques dorées.
Le Comte de Bielk venoit ensuite, étant pré-
cedé de M. François Gaëtan Diversini , Maître-
des Céremonies , et suivi des deux Juges Collate-
raux , et de tous les Officiers des Tribunaux Ca-
pitolins. La marche étoit fermée par les trois
Carosses de ce Comte , et par un grand nombre
d'autres Carosses de Cortege , qui avoient été
envoyés par les Cardinaux , et par la plupart
des Personnes de distinction. "
Lorsque la Cavalcade entra dans le Cours , on
At une Salve generale de l'Artillerie du Château
Saint Ange , et en arrivant au Capitole , elle fut
saluée par une décharge generale de la Mous-
queterie de toute la Milice de la Ville : on tira
ausse
1206 MERCURE DE FRANCE
aussi un grand nombre de Boëtes , et les Clo-
ches de toutes les Eglises sonnerent.
Le nouveau Senateur, étant descendu de Che-
val à l'Eglise de Sainte Marie d'Ara Coeli , qui
apartient au Peuple Romain , fut réçû à ia porte
par les Superieurs de l'Ordre des Freres Mineurs
de l'Observance , et il alla faire sa priere devant
le Saint Sacrement , et baiser le Grand Autel.
Il se rendit ensuite au Capitole , ayant trou-
vé en chemin les Conservateurs
Prieur du Peuple Romain ,
et le
revétus de Robes
de brocard d'or , lesquels , après l'avoir com
plimenté , le conduisirent dans la grande Salle ,
qui étoit ornée avec beaucoup de magnificence.
Le Comte de Biex prit place à son Tribunal
ayant les Conservateurs et le Prieur du Peuple
Romain à ses côtés , et en face les Caporivons
et les autres Officiers du Capitole, et après avoir
remis au Marquis Emile Massimi, Premier Con-
servateur , le Bref de Sa Sainteté , lequel fut l
à haute voix par le Greffier du Senat , il jura de
faire observer les Statuts de Rome.
Il accompagna ensuite les Conservateurs jus-
qu'à la porte de la grand Salle , et quand il fus
tourné dans son Apartement, il reçut les com-
plimens accoûtumés de la part des Cardinaux
ainsi que de celle des Ministres Etrangers et de
la Noblesse.
Le Pape a accordé au Comte de Bielk la per-
mission d'avoir le Dais et la Cloche, même dans
les occasions où il ne sera pas accompagné par
les Conservateurs du Capitole , distinction dont
n'avoient point joüi ses Prédecesseurs.
On aprend de Rome que la corespondance est
entierement retablie entre les Ministres des Cours
de Vienne et de Madrid , et que le Cardinal
I. Vol.
Cienfuegos
JUIN.
ont rendu visite.
1737.
1207
Cienfuegos , ayant envoyé complimenter à ce
sujet les Cardinaux Belluga et Aquaviva , ils lui
On assure que le Roy des deux Siciles a accor
dé l'Exequatur des Bulles des Prelats nommés
par le Pape,ce qui donne lieu de regarder comme
Prochaine ia conclusion de l'accommodement
de leurs Majestés Catholique et Sicilienne avec
le Saint Siege.
Quelques Cardinaux ayant refusé d'accorder
au Comte de Bielk les honneurs du Dais et du
Son de la Cloche , quoiqu'il les eût reçûs chés
le Cardinal Doyen , ce Comte a discontinué de
rendre ses visites au Sacré College.
Le Cardinal Coscia a obtenu la permission
d'aller encore cette année prendre les Bains d'Is-
chia , et il est parti pour s'y rendre.
Le 11. May , le Pere I defonse de la Presenta-
tion , natif de Prague , fut élû Général de l'Or-
dre des Religieux Carmes Déchaussés dans le
Chapitre qu'ils tinrent dans leur Couvent de
Sainte Therese et de S. Jean de la Croix.
Les Clercs Réguliers de la Congregation de
la Divine Providence , ont élû le Pere André
Bolognetti pour leur Général.
Les Lettres de Genes de la fin du mois der-
nier portent que 13. Barques , à bord desquelles
étoient des Troupes et des Munitions , mirent au
même mois à la voile pour l'Isle de Corse
Į. Vol.
>
sous l'escorte de deux Galeres , qui , à leur re-
tour , devoient donner la chasse aux Corsaires
de Barbarie , dont un a enlevé , il y a quelque
temps , un Bâtiment chargé de 100. muids de
Farine
et qui étoit destiné pour la Bastie.
M. Rivarola a mandé au Senat que les Re-
belles ayant été avertis que le Gouverneur de
Calenzano
1208 MERCURE DE FRANCE
Calenzano devoit faire sortir un détachement de
la Garnison de cette Place , pour enlever des
Bestiaux qu'ils faisoient paître dans les prairies
voisines , ils avoient posté en embuscade 300.
Hommes qui avoient surpris ce détachement ,
et qu'il y avoit cu 60. Genois de tués ou faits
prisonniers en cette occasion.
On a apris en même temps qu'il y avoit eu
dans les environs de la Bastie , un violent oura-
gan , accompagné de grêle d'une telle grosseur,
que la plupart des Vignes avoient été ruinées, et
que plusieurs Bestiaux avoient été tués dans la
campagne.
Le 5 du mois dernier, jour que le Pape avoit
marqué pour la prise de possession de la dignité
de Sénateur de Rome par le Comte de
Bielk , ce Comte revétu de son habit de Sénateur
qui consiste en une Soutane de Satin cramoisi
et une longue Robe de Brocard d'or , et accom-
pagné de M. Capograssi , son Maître de Cham-
bre , se rendit du Capitole au Palais du Quiri
nal dans un Carosse attelé de six chevaux et
suivi de deux autres Carosses. Ayant été reçu
avec les ceremonies accoûtumées par M. Lazare
Palavicini , Archevêque de Thebes , Maître de
Chambre de Sa Sainteté , il fut introduit dans la
chambre du Pape par Mrs Jean- Baptiste Gam-
barucci , Archevêque d'Amasie , et Ignace Reali ,
premiers Maîtres des Ceremonies ; et après qu'il
cut fait trois génuflexions et baisé les pieds de Sa
I. Vol.
Sainteté
1204 MERCURE DE FRANCE
Sainteté , il prêta le Serment de fidelité. Le Pape
mit ensuite un Sceptre d'yvoire entre les mains
du nouveau Sénateur en disant , Accipe Sceptrum
et esto Senator Urbis.
Le Comte de Bielk reçut la Benediction de Sa
Sainteté, et il se retira , étant reconduit par le
Maître de Chambre. Lorsqu'il fut dans la Cour
du Palais , le Marquis François Ortieri , Grand-
Ecuyer du Pape , lui présenta de la part de Sa
Sainte
un très- beau Cheval blanc , couvert
d'une Housse de velours cramoisi , relevée d'une
riche broderie d'or , avec les étriers d'argent
sur lequel le nouveau Sénateur monta pour
aller
à la Place Barberine , où l'attendoit sous les ar
mes la Milice Bourgeoise , composée de quator-
ze Compagnies chacune de quarante
hom-
mes , et d'où il continua sa marche dans l'ordre
suivant : Le Barigel du Capitole à cheval , à la
tête de ses Sbirres ; M. Felix Gama , Capitaine
des Connétables et des Milices des quartiers de
la Ville, suivi de deux Pages , qui portoient dea
Ecussons aux Armes du Comte de Bielk ; les 14.
Compagnies de la Milice Bourgeoise , précedées
chacune de ses Tambours et de son Enseigne , et
entre les sept premieres Compagnies et les sept
dernieres M. Antoine Gai portant l'Etendart du
Peuple Romain ; le Maître d'Hôtel et l'Ecuyer
du Sénateur ; vingt Mules avec des couvertures
à ses Armes et dix Chevaux de selle avec de ma-
gnifiques Housses , conduits chacun par un Pal-
frenier , portant sur sa Casaque et à son bonnes
les Armes de Bielk ; la Compagnie des Chevau
Legers de la Garde du Pape. Les Palfreniers des
Cardinaux , montés sur des Mules et portant les
chapeaux de leurs Maîtres attachés sur leurs
épaules ; les 14. Huissiers des Tribunaux Capi
I. Vol.
tolins ;
JUI N.
I. Val.
1737.
1205
tolins ; un grand nombre de Gentilshommes des
Cardinaux ; quatre tambours de la Livrée du
Peuple Romain , laquelle est d'écarlate avec des
galons d'or , et quatre Trompettes à cheval avec
la même Livrée. Ils étoient suivis par deux Pa-
ges , dont l'un portoit la Cornette du Peuple
Romain , et l'autre un Etendart aux Armes de
Bielk. Derriere eux marchoient les Caporioni ou
Chefs des Quartiers, précedés de deux Tambours
aux Livrées du Peuple Romain ; les Suisses de la
Garde du Pape , ayant à leur tête le Chevalier
Jean- François- Leopold Phiffer d'Althissoffen ,
Chevalier de l'Ordre de S. Jean de Jerusalem ,
leur Commandant ; deux Pages , dont celui qui
étoit à droite portoit l'épée haute , et celui qui
étoit à gauche avoit sur ses épaules le Chapeau
du Sénateur , couvert de Brocard d'or et doublé
de velours cramoisi ; les Palfreniers du Comte
de Bielk , vétus de Livrées d'écarlate avec des
galons d'or , et ayant des Plumets bleu et or
sur leurs chapeaux et les Serviteurs du Peuple
Romain , tenant en main des Piques dorées.
Le Comte de Bielk venoit ensuite, étant pré-
cedé de M. François Gaëtan Diversini , Maître-
des Céremonies , et suivi des deux Juges Collate-
raux , et de tous les Officiers des Tribunaux Ca-
pitolins. La marche étoit fermée par les trois
Carosses de ce Comte , et par un grand nombre
d'autres Carosses de Cortege , qui avoient été
envoyés par les Cardinaux , et par la plupart
des Personnes de distinction. "
Lorsque la Cavalcade entra dans le Cours , on
At une Salve generale de l'Artillerie du Château
Saint Ange , et en arrivant au Capitole , elle fut
saluée par une décharge generale de la Mous-
queterie de toute la Milice de la Ville : on tira
ausse
1206 MERCURE DE FRANCE
aussi un grand nombre de Boëtes , et les Clo-
ches de toutes les Eglises sonnerent.
Le nouveau Senateur, étant descendu de Che-
val à l'Eglise de Sainte Marie d'Ara Coeli , qui
apartient au Peuple Romain , fut réçû à ia porte
par les Superieurs de l'Ordre des Freres Mineurs
de l'Observance , et il alla faire sa priere devant
le Saint Sacrement , et baiser le Grand Autel.
Il se rendit ensuite au Capitole , ayant trou-
vé en chemin les Conservateurs
Prieur du Peuple Romain ,
et le
revétus de Robes
de brocard d'or , lesquels , après l'avoir com
plimenté , le conduisirent dans la grande Salle ,
qui étoit ornée avec beaucoup de magnificence.
Le Comte de Biex prit place à son Tribunal
ayant les Conservateurs et le Prieur du Peuple
Romain à ses côtés , et en face les Caporivons
et les autres Officiers du Capitole, et après avoir
remis au Marquis Emile Massimi, Premier Con-
servateur , le Bref de Sa Sainteté , lequel fut l
à haute voix par le Greffier du Senat , il jura de
faire observer les Statuts de Rome.
Il accompagna ensuite les Conservateurs jus-
qu'à la porte de la grand Salle , et quand il fus
tourné dans son Apartement, il reçut les com-
plimens accoûtumés de la part des Cardinaux
ainsi que de celle des Ministres Etrangers et de
la Noblesse.
Le Pape a accordé au Comte de Bielk la per-
mission d'avoir le Dais et la Cloche, même dans
les occasions où il ne sera pas accompagné par
les Conservateurs du Capitole , distinction dont
n'avoient point joüi ses Prédecesseurs.
On aprend de Rome que la corespondance est
entierement retablie entre les Ministres des Cours
de Vienne et de Madrid , et que le Cardinal
I. Vol.
Cienfuegos
JUIN.
ont rendu visite.
1737.
1207
Cienfuegos , ayant envoyé complimenter à ce
sujet les Cardinaux Belluga et Aquaviva , ils lui
On assure que le Roy des deux Siciles a accor
dé l'Exequatur des Bulles des Prelats nommés
par le Pape,ce qui donne lieu de regarder comme
Prochaine ia conclusion de l'accommodement
de leurs Majestés Catholique et Sicilienne avec
le Saint Siege.
Quelques Cardinaux ayant refusé d'accorder
au Comte de Bielk les honneurs du Dais et du
Son de la Cloche , quoiqu'il les eût reçûs chés
le Cardinal Doyen , ce Comte a discontinué de
rendre ses visites au Sacré College.
Le Cardinal Coscia a obtenu la permission
d'aller encore cette année prendre les Bains d'Is-
chia , et il est parti pour s'y rendre.
Le 11. May , le Pere I defonse de la Presenta-
tion , natif de Prague , fut élû Général de l'Or-
dre des Religieux Carmes Déchaussés dans le
Chapitre qu'ils tinrent dans leur Couvent de
Sainte Therese et de S. Jean de la Croix.
Les Clercs Réguliers de la Congregation de
la Divine Providence , ont élû le Pere André
Bolognetti pour leur Général.
Les Lettres de Genes de la fin du mois der-
nier portent que 13. Barques , à bord desquelles
étoient des Troupes et des Munitions , mirent au
même mois à la voile pour l'Isle de Corse
Į. Vol.
>
sous l'escorte de deux Galeres , qui , à leur re-
tour , devoient donner la chasse aux Corsaires
de Barbarie , dont un a enlevé , il y a quelque
temps , un Bâtiment chargé de 100. muids de
Farine
et qui étoit destiné pour la Bastie.
M. Rivarola a mandé au Senat que les Re-
belles ayant été avertis que le Gouverneur de
Calenzano
1208 MERCURE DE FRANCE
Calenzano devoit faire sortir un détachement de
la Garnison de cette Place , pour enlever des
Bestiaux qu'ils faisoient paître dans les prairies
voisines , ils avoient posté en embuscade 300.
Hommes qui avoient surpris ce détachement ,
et qu'il y avoit cu 60. Genois de tués ou faits
prisonniers en cette occasion.
On a apris en même temps qu'il y avoit eu
dans les environs de la Bastie , un violent oura-
gan , accompagné de grêle d'une telle grosseur,
que la plupart des Vignes avoient été ruinées, et
que plusieurs Bestiaux avoient été tués dans la
campagne.
Fermer
775
p. 1208-1217
Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Début :
SA MAJESTÉ a accordé au Marquis d'Havrincourt , Mestre de Camp-Lieutenant [...]
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texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
SA MAJESTÉ a accordé au Marquis
d'Havrincourt , Mestre de Camp-Lieutenant
du Régiment des Cuirassiers
du Roy , le Gouvernement d'Hesdin ,
vacant par la démission du Marquis
d'Havrincourt , son Pere.
M. de Chavigny , que le Roy a nom-
mé son Envoyé Extraordinaire auprès
du Roy de Dannemare , a pris congé de
S. M. et il est parti pour se rendre à
Coppenhague.
Le Marquis de Souvré , Maître de la
1. Vol.
Garde-
JUIN.
1737.
1209
Garde-Robe du Roy , et qui a été nom-
mê par S. M. pour aller à Luneville com-
plimenter le Roy de Pologne sur son ar-
rivée en Lorraine , s'est acquitté de cette
commission , et il a eu l'honneur d'en
rendre compte au Roy.
Le 29. Avril,il y eut Concert chés la Reine,M.
Destouches Sur-Intendant de la Musique du Roy,
y fit chanter le Prologue et le premier Acte de
son Opera de Callirhoé, qu'on continua le 6. et
le 8. May ; les principaux Rôlles furent exécu-
tés par les Diles d'Aigremont, Deschamps et Ma-
thieu , et par les sieurs d'Angerville et Jeliot.
Le 13. le 18. et le 20. on concerta l'Opera
d'Iphigenie, dont le premier Rôlle fut chanté par
la Dile d'Aigremont , et celui d'Electre par la
Dile Mathieu ; ceux d'Oreste , de Thoas et de
Pilade , par les sieurs d'Angerville , Petillot et
du Bourg .
Le 22. et le 27. on donna à la Reine l'Opera
d'Armide ; la Dlle Antier remplit parfaitement
bien le premier Rôlle , et les autres furent chan-
tés par les sieurs Petillot et d'Angerville , avec la
même précision.
Le 30. May , Fête de l'Ascension , il y eut
Concert Spirituel au Château des Tuilleries , ou
l'on chanta un très-beau Motet ( Diligam te )
de feu M. Gillet , Maître de Musique de la Ca-
thedrale de Toulouse ; il fut suivi d'une nou-
velle suite de Symphonie , du sieur Aubert, très-
bien executée et fort aplaudie. Le sieur Buffar-
ì
din de Marseille , Ordinaire de la Musique du
Roy de Pologne ,
pour
la
Electeur de Saxe
executa
premiere fois un Concerto de Flûte qui
1. Vol.
fur
1210 MERCURE DE FRANCE
fut generalement aplaudi. Le Concert fut termi-
né par le Cantate , Motet du sieur Cheron, Or-
dinaire de l'Académie Royale de Musique.
Le 9. Juin , Fête de la Pentecôte , on executa
au même Concert une autre suite de Sympho
nie du sieur Aubert , qui fut suivie d'un Moter
de M. Gervais , Maître de Musique de la Cha-
pelle du Roy. La Dile Hottererre joûa un Con-
certo avec les mêmes aplaudisssmens dont le Pu-
blic l'a déja honorée. Le Te Deum de M. de la
Lande ter mina le Concert.
Le 20 jour de la Fête Dieu , on chanta le
Pange lingua du même Auteur , qui fut suivi da
petit Motet O Jesu , de M. Destouches , Sur-In-
tendant de la Musique du Roy. Le sieur Angelo
Valoti , nouveau Violon Italien , executa un
Concerto au gré du Public , et la Dile Regnaut
chanta pour la première fois dans le dernier
Moret le Recit Qui annuntiat avec aplaudisse-
ment.
Le 23 , May, les Superieurs des Religieux Be-
nedictins de la Congregation de 5. Maur se ren-
dirent à l'Abbaye de S. Germain -des- Prés pour
l'élection du Superieur Général , et ouvrirent
le matin leur Assemblée par une Messe solem-
nelle du S. Esprit. L'après- dinée , sur les deux
heures , les mêmes Superieurs assemblés élûrent,
au premier Scrutin , pour Général ,
le R. P.
Dom René Laneau. Ce Religieux avoit été con-
secutivement Assistant de trois Généraux´, et
depuis la mort du R. P. Dom Claude Dupré ,
dernier Général , il gouvernoit la Congregation
sous le nom de Vicaire Général. La joye qui
étoit marquée sur tous les visages , pendant la
Cérémonie de la Proclamation ,
fir connoître à
seux du dehors , qui y ont assisté , que ce R,
I. Vol.
Pere
1
JUIN.
tous ses Confreres.
•
1737
1211
Pere a également les cœurs et la véneration de
Le Cardinal de Fleury alla le 3. Juin au Jar-
din Royal, accompagné du Comte de Maurepas
et de M. Orry , Controlleur Général des Finan
ces , pour voir les augmentations et , les repara-
sions faites et à faire. M. Dufay , Intendant de
ce Jardin , reçût S. E. qui parut trés-satisfaite
du bon ordre qu'elle y trouva , de la beauté des
Serres , et du nombre prodigieux de Plantes
étrangeres dont ce Jardin est presentement
xempli.
Le 8. Juin , veille de la Fête de la Pen
tecôte , le Roy revêtu du Grand Collier
de l'Ordre du S. Esprit , se rendit à la
Chapelle du Château de Versailles , où
S. M. communia par les mains de l'Ar-
chevêque de Vienne , Premier Aumô-
nier de S. M. Le Roy toucha ensuite un
grand nombre de Malades.
Pendant la Messe , que le Roy enten-
dit , après avoir communié , l'Evêque
d'Acqs prêta serment de fidelité entre
les mains de S. M. L'après-midi le Roy
assista aux premieres Vêpres.
Le 9. jour de la Fête , les Chevaliers ,
Commandeurs , et Officiers de l'Ordre
du S. Esprit , s'étant rendus vers les 11.
heures du matin dans le Cabinet du Roy,
S.M. tint un Chapitre,dans lequel le Prin-
ce Vaïny , qui avoit été proposé le 1. du
I.Vol.
H
mois
1212 MERCURE DE FRANCE
mois de Janvier dernier, pour être nom-
mé Chevalier, fut admis après que l'Ab..
bé de Pomponne , Chancelier des Ordres
du Roy , eut raporté qu'il avoit satisfait
à ce qui est porté par les Statuts. Le Cha-
pitre étant fini , le Roy se rendit à la
Chapelle du Château , étant précédé du
Duc d'Orleans , du Duc de Bourbon, du
Comte de Clermont , du Prince de Con-
ty , du Prince de Dombes , du Comte
d'Eu , et des Chevaliers, Commandeurs
et Officiers de l'Ordre. Le Roy, devant
lequel les deux Huissiers de la Chambre
portoient leurs Masses , étoit en Man-
reau , le Collier de l'Ordre par- dessus ,
ainsi
que
les Chevaliers. Le Cardinal de
Polignac et le Cardinal de Bissy mar-
choient derriere S. M. Le Roy entendi
la Grande Messe , chantée par la Musi-
que , à laquelle l'Archevêque de Vien-
ne ,
Prelat , Commandeur de l'Ordre du
Saint Esprit , officia Pontificalement.
La Reine , Monseigneur le Dauphin
et Mesdames de France , entendirent la
même Messe dans la Tribune.
L'après midi , le Roy entendit le Ser-
mon du Pere Dureau , Cordelier, et en-
suite les Vêpres , qui furent chantées par
la Musique , et auxquelles le même Pre-
lat officia. La Reine assista aux Vêpres
dans la Tribune,
Le
JUIN.
1737.
1213
Le 11. Don Louis d'Acunha, Ambassa
deur du Roy de Portugal, cut sa premiere
Audience particuliere du Roy. Il eut en-
suite Audience de la Reine , de Monsei
gneur le Dauphin et de Mesdames de
France , et il fut conduit à ces Audien-
ces par M. de Verneüil , Introducteur
des Ambassadeurs.
Le 10. les Députés des Etats de Bour-
gogne eurent Audience du Roy.Ils furent
presentés par le Duc de Bourbon, Gouver
neur de la Province , et par le Comte de
S. Florentin, Secretaire d'Etat, et conduits
en la maniere accoûtumée par le Marquis
de Dreux, Grand Maître des Cérémonies,
et par M.Desgranges Maître des Cérémo-
nies. La Députation étoit composée de
l'Abbé Gagne de Perigny,Abbé de Châtil-
lon sur Seine , pour le Clergé , qui por-
ta la parole; du Comte de la Tournelle, *
pour la Noblesse, de M.Pourcher, Dépu-
té du Tiers- Etat , et de M. Perchet , Sin-
dic Général de la Province. Ces Députés
eurent ensuite Audience de la Reine , de
Monseigneur le Dauphin et de Mesda-
mes de France.
Le 16. le Chevalier Venier , Ambas-
* Son Bisayeul a eu l'honneur de se trouver trois
fois à la tête de la Noblesse de cette Province en la
même qualité.
1. Vol.
Hij
sadeur
1214 MERCURE DE FRANCE
sadeur ordinaire de la Republique de
Venise , fit son Entrée publique en cette
Ville
le Maréchal de Biron et Mon-
sieur de Verneuil, Introducteur des Am-
bassadeurs , allerent le prendre dans les
Carosses de leurs Majestés au Convent
de Picpus , d'où la Marche se fit en cet
ordre. Le Carosse de l'Introducteur ;
ceux du Maréchal de Biron , précédés
de son Ecuyer et de deux Pages à che-
val; un Suisse de l'Ambassadeur à che
val , sa livrée à pied , quatre de ses Offi-
ciers , deux Ecuyers et six Pages à che-
val ; le Carosse du Roy , aux côtés du-
quel marchoient la livrée du Maréchal
de Biron et celle de M. de Verneü ; le
Carosse de la Reine ; celui de Madame
la Duchesse d'Orleans ; ceux du Duc
d'Orleans , de la Duchesse de Bourbon
Douairiere , du Duc et de la Duchesse de
Bourbon , du Comte de Charolois , du
Comte de Clermont , de la Princesse de
Conty, premiere Doüairiere , de la Prin-
cesse de Conty , seconde Doüairiere , du
Prince de Conty , de la Duchesse du
Maine, du Prince de Dombes, du Com-
te d'Eu , du Comte et de la Comtesse
de Toulouse , et celui de M. Amelot
Ministre et Secretaire d'Etat , ayant le
Département des Affaires étrangeres . Les
1. Vol.
quatro
JUIN.
1737.
1218
quatre Carosses de l'Ambassadeur mar
choient ensuite à une distance de trente
Ou quarante pas. Lorsque l'Ambassadeur
fut arrivé à son Hôtel , il fut compli-
menté de la part du Roy par le Duc de
Rochechouart , Premier Gentilhomme
de la Chambre de S. M. de la part de la
Reine , par le Comte de Tessé , son pre-
mier Ecuyer , et de la part de Madame la
Duchesse d'Orleans , par le Marquis de
Crevecœur , Premier Ecuyer de S. A. R.
Le 18. le Prince de Lambesc et M, de
Verneuil , Introducteur des Ambassa-
deur , allerent prendre l'Ambassadeur
en son Hôtel dans les Carosses du Roy
et de la Reine , et ils le conduisirent à
Versailles , où il eut sa premiere Au-
dience publique du Roy : il trouva àson
passage, dans l'Avant-cour du Château
les Compagnies des Gardes Françoises et
Suisses sous les Armes , les Tambours
apellant ; dans la Cour les Gardes de la
Porte et ceux de la Prevôté de l'Hôtel
sous les Armes à leurs postes ordinaires
et sur l'Escalier , les Cent - Suisses en ha
bits de cérémonie , la Hallebarde à la
main. Il fut reçû en dedans de la Sale
des Gardes par le Duc de Bethune , Ca
pitaine des Gardes du Corps , qui étoient
en haye et sous les Armes. Après l'Au-
I.Vol.
Hiij
dience
121 MERCURE DE FRANCE
dience du Roy , l'Ambassadeur fut con-
duit à l'Audience de la Reine et à celle
de Monseigneur le Dauphin par le Prin-
ce de Lambèse , et par M. de Verneuil
Introducteur des Ambassadeurs. Il fut
conduit ensuite à celle de Mesdames de
France ; et après avoir été traité par les
Officiers du Roy, il fut reconduit à Pa-
ris dans les Carosses de leurs Majestés
avec les cérémonies accoûtumées.
Le 20. Fête du S. Sacrement , le Roy
se rendit à l'Eglise de la Paroisse du Châ-
teau de Versailles , où S. M. entendit la
Grande Messe , après avoir assisté à la
Procession , qui , suivant l'usage , alla à
La Chapelle.
La Reine s'y rendit lorsque la Proces-
sion y arriva. Monseigneur le Dauphin
et Mesdames de France virent passer la
Procession.
Le 27. May , on chanta au Concert
de la Reine un Divertissement intitulé
le Triomphe de la Paix , dont les Paroles
sont de M. Morand , et la Musique de
M. Mathieu , Ordinaire de la Musique
du Roy. Il fut chanté par les Dlles Ma-
hieu , d'Aigremont et Deschamps , et reçut
beaucoup d'aplaudissement.
Le 29. May et le premier Juin , on
1. Vel.
chanta
JUIN.
1737.
1217
chanta devant la Reine le Ballet du Triom-
phe de l'Harmonie , dont on vient de don-
ner l'Extrait ; les Dlles Pellissier et Erre-
mens, et le sieur Chassé exécuterent avec
succès les Rôles qui les concernoient.
Les. et le 12 Juin S.M. entendit l'Opera
de Telemaque , mis en Musique par M.
Destouches , Sur- Intendant de la Musique
du Roy , les Diles Antier et Mathieu
chanterent les Rôles de Calypso et d'Eu
charis , avec autant de goût que de pré .
cision . Les sieurs Petillot et d'Angerville
remplirent ceux de Telemaque et d'Adras-
te. Le reste de l'Opera fut exécuté d'une
façon très-brillante. La Reine eut la bonté
d'en marquer sa satisfaction à l'Auteur.
Le 17. S. M. voulut entendre , pour
la seconde fois , le Divertissement du
Triopmhe de la Paix , et en parut aussi
contente que la premiere. On parlera
plus au long de ce Divertissement.
SA MAJESTÉ a accordé au Marquis
d'Havrincourt , Mestre de Camp-Lieutenant
du Régiment des Cuirassiers
du Roy , le Gouvernement d'Hesdin ,
vacant par la démission du Marquis
d'Havrincourt , son Pere.
M. de Chavigny , que le Roy a nom-
mé son Envoyé Extraordinaire auprès
du Roy de Dannemare , a pris congé de
S. M. et il est parti pour se rendre à
Coppenhague.
Le Marquis de Souvré , Maître de la
1. Vol.
Garde-
JUIN.
1737.
1209
Garde-Robe du Roy , et qui a été nom-
mê par S. M. pour aller à Luneville com-
plimenter le Roy de Pologne sur son ar-
rivée en Lorraine , s'est acquitté de cette
commission , et il a eu l'honneur d'en
rendre compte au Roy.
Le 29. Avril,il y eut Concert chés la Reine,M.
Destouches Sur-Intendant de la Musique du Roy,
y fit chanter le Prologue et le premier Acte de
son Opera de Callirhoé, qu'on continua le 6. et
le 8. May ; les principaux Rôlles furent exécu-
tés par les Diles d'Aigremont, Deschamps et Ma-
thieu , et par les sieurs d'Angerville et Jeliot.
Le 13. le 18. et le 20. on concerta l'Opera
d'Iphigenie, dont le premier Rôlle fut chanté par
la Dile d'Aigremont , et celui d'Electre par la
Dile Mathieu ; ceux d'Oreste , de Thoas et de
Pilade , par les sieurs d'Angerville , Petillot et
du Bourg .
Le 22. et le 27. on donna à la Reine l'Opera
d'Armide ; la Dlle Antier remplit parfaitement
bien le premier Rôlle , et les autres furent chan-
tés par les sieurs Petillot et d'Angerville , avec la
même précision.
Le 30. May , Fête de l'Ascension , il y eut
Concert Spirituel au Château des Tuilleries , ou
l'on chanta un très-beau Motet ( Diligam te )
de feu M. Gillet , Maître de Musique de la Ca-
thedrale de Toulouse ; il fut suivi d'une nou-
velle suite de Symphonie , du sieur Aubert, très-
bien executée et fort aplaudie. Le sieur Buffar-
ì
din de Marseille , Ordinaire de la Musique du
Roy de Pologne ,
pour
la
Electeur de Saxe
executa
premiere fois un Concerto de Flûte qui
1. Vol.
fur
1210 MERCURE DE FRANCE
fut generalement aplaudi. Le Concert fut termi-
né par le Cantate , Motet du sieur Cheron, Or-
dinaire de l'Académie Royale de Musique.
Le 9. Juin , Fête de la Pentecôte , on executa
au même Concert une autre suite de Sympho
nie du sieur Aubert , qui fut suivie d'un Moter
de M. Gervais , Maître de Musique de la Cha-
pelle du Roy. La Dile Hottererre joûa un Con-
certo avec les mêmes aplaudisssmens dont le Pu-
blic l'a déja honorée. Le Te Deum de M. de la
Lande ter mina le Concert.
Le 20 jour de la Fête Dieu , on chanta le
Pange lingua du même Auteur , qui fut suivi da
petit Motet O Jesu , de M. Destouches , Sur-In-
tendant de la Musique du Roy. Le sieur Angelo
Valoti , nouveau Violon Italien , executa un
Concerto au gré du Public , et la Dile Regnaut
chanta pour la première fois dans le dernier
Moret le Recit Qui annuntiat avec aplaudisse-
ment.
Le 23 , May, les Superieurs des Religieux Be-
nedictins de la Congregation de 5. Maur se ren-
dirent à l'Abbaye de S. Germain -des- Prés pour
l'élection du Superieur Général , et ouvrirent
le matin leur Assemblée par une Messe solem-
nelle du S. Esprit. L'après- dinée , sur les deux
heures , les mêmes Superieurs assemblés élûrent,
au premier Scrutin , pour Général ,
le R. P.
Dom René Laneau. Ce Religieux avoit été con-
secutivement Assistant de trois Généraux´, et
depuis la mort du R. P. Dom Claude Dupré ,
dernier Général , il gouvernoit la Congregation
sous le nom de Vicaire Général. La joye qui
étoit marquée sur tous les visages , pendant la
Cérémonie de la Proclamation ,
fir connoître à
seux du dehors , qui y ont assisté , que ce R,
I. Vol.
Pere
1
JUIN.
tous ses Confreres.
•
1737
1211
Pere a également les cœurs et la véneration de
Le Cardinal de Fleury alla le 3. Juin au Jar-
din Royal, accompagné du Comte de Maurepas
et de M. Orry , Controlleur Général des Finan
ces , pour voir les augmentations et , les repara-
sions faites et à faire. M. Dufay , Intendant de
ce Jardin , reçût S. E. qui parut trés-satisfaite
du bon ordre qu'elle y trouva , de la beauté des
Serres , et du nombre prodigieux de Plantes
étrangeres dont ce Jardin est presentement
xempli.
Le 8. Juin , veille de la Fête de la Pen
tecôte , le Roy revêtu du Grand Collier
de l'Ordre du S. Esprit , se rendit à la
Chapelle du Château de Versailles , où
S. M. communia par les mains de l'Ar-
chevêque de Vienne , Premier Aumô-
nier de S. M. Le Roy toucha ensuite un
grand nombre de Malades.
Pendant la Messe , que le Roy enten-
dit , après avoir communié , l'Evêque
d'Acqs prêta serment de fidelité entre
les mains de S. M. L'après-midi le Roy
assista aux premieres Vêpres.
Le 9. jour de la Fête , les Chevaliers ,
Commandeurs , et Officiers de l'Ordre
du S. Esprit , s'étant rendus vers les 11.
heures du matin dans le Cabinet du Roy,
S.M. tint un Chapitre,dans lequel le Prin-
ce Vaïny , qui avoit été proposé le 1. du
I.Vol.
H
mois
1212 MERCURE DE FRANCE
mois de Janvier dernier, pour être nom-
mé Chevalier, fut admis après que l'Ab..
bé de Pomponne , Chancelier des Ordres
du Roy , eut raporté qu'il avoit satisfait
à ce qui est porté par les Statuts. Le Cha-
pitre étant fini , le Roy se rendit à la
Chapelle du Château , étant précédé du
Duc d'Orleans , du Duc de Bourbon, du
Comte de Clermont , du Prince de Con-
ty , du Prince de Dombes , du Comte
d'Eu , et des Chevaliers, Commandeurs
et Officiers de l'Ordre. Le Roy, devant
lequel les deux Huissiers de la Chambre
portoient leurs Masses , étoit en Man-
reau , le Collier de l'Ordre par- dessus ,
ainsi
que
les Chevaliers. Le Cardinal de
Polignac et le Cardinal de Bissy mar-
choient derriere S. M. Le Roy entendi
la Grande Messe , chantée par la Musi-
que , à laquelle l'Archevêque de Vien-
ne ,
Prelat , Commandeur de l'Ordre du
Saint Esprit , officia Pontificalement.
La Reine , Monseigneur le Dauphin
et Mesdames de France , entendirent la
même Messe dans la Tribune.
L'après midi , le Roy entendit le Ser-
mon du Pere Dureau , Cordelier, et en-
suite les Vêpres , qui furent chantées par
la Musique , et auxquelles le même Pre-
lat officia. La Reine assista aux Vêpres
dans la Tribune,
Le
JUIN.
1737.
1213
Le 11. Don Louis d'Acunha, Ambassa
deur du Roy de Portugal, cut sa premiere
Audience particuliere du Roy. Il eut en-
suite Audience de la Reine , de Monsei
gneur le Dauphin et de Mesdames de
France , et il fut conduit à ces Audien-
ces par M. de Verneüil , Introducteur
des Ambassadeurs.
Le 10. les Députés des Etats de Bour-
gogne eurent Audience du Roy.Ils furent
presentés par le Duc de Bourbon, Gouver
neur de la Province , et par le Comte de
S. Florentin, Secretaire d'Etat, et conduits
en la maniere accoûtumée par le Marquis
de Dreux, Grand Maître des Cérémonies,
et par M.Desgranges Maître des Cérémo-
nies. La Députation étoit composée de
l'Abbé Gagne de Perigny,Abbé de Châtil-
lon sur Seine , pour le Clergé , qui por-
ta la parole; du Comte de la Tournelle, *
pour la Noblesse, de M.Pourcher, Dépu-
té du Tiers- Etat , et de M. Perchet , Sin-
dic Général de la Province. Ces Députés
eurent ensuite Audience de la Reine , de
Monseigneur le Dauphin et de Mesda-
mes de France.
Le 16. le Chevalier Venier , Ambas-
* Son Bisayeul a eu l'honneur de se trouver trois
fois à la tête de la Noblesse de cette Province en la
même qualité.
1. Vol.
Hij
sadeur
1214 MERCURE DE FRANCE
sadeur ordinaire de la Republique de
Venise , fit son Entrée publique en cette
Ville
le Maréchal de Biron et Mon-
sieur de Verneuil, Introducteur des Am-
bassadeurs , allerent le prendre dans les
Carosses de leurs Majestés au Convent
de Picpus , d'où la Marche se fit en cet
ordre. Le Carosse de l'Introducteur ;
ceux du Maréchal de Biron , précédés
de son Ecuyer et de deux Pages à che-
val; un Suisse de l'Ambassadeur à che
val , sa livrée à pied , quatre de ses Offi-
ciers , deux Ecuyers et six Pages à che-
val ; le Carosse du Roy , aux côtés du-
quel marchoient la livrée du Maréchal
de Biron et celle de M. de Verneü ; le
Carosse de la Reine ; celui de Madame
la Duchesse d'Orleans ; ceux du Duc
d'Orleans , de la Duchesse de Bourbon
Douairiere , du Duc et de la Duchesse de
Bourbon , du Comte de Charolois , du
Comte de Clermont , de la Princesse de
Conty, premiere Doüairiere , de la Prin-
cesse de Conty , seconde Doüairiere , du
Prince de Conty , de la Duchesse du
Maine, du Prince de Dombes, du Com-
te d'Eu , du Comte et de la Comtesse
de Toulouse , et celui de M. Amelot
Ministre et Secretaire d'Etat , ayant le
Département des Affaires étrangeres . Les
1. Vol.
quatro
JUIN.
1737.
1218
quatre Carosses de l'Ambassadeur mar
choient ensuite à une distance de trente
Ou quarante pas. Lorsque l'Ambassadeur
fut arrivé à son Hôtel , il fut compli-
menté de la part du Roy par le Duc de
Rochechouart , Premier Gentilhomme
de la Chambre de S. M. de la part de la
Reine , par le Comte de Tessé , son pre-
mier Ecuyer , et de la part de Madame la
Duchesse d'Orleans , par le Marquis de
Crevecœur , Premier Ecuyer de S. A. R.
Le 18. le Prince de Lambesc et M, de
Verneuil , Introducteur des Ambassa-
deur , allerent prendre l'Ambassadeur
en son Hôtel dans les Carosses du Roy
et de la Reine , et ils le conduisirent à
Versailles , où il eut sa premiere Au-
dience publique du Roy : il trouva àson
passage, dans l'Avant-cour du Château
les Compagnies des Gardes Françoises et
Suisses sous les Armes , les Tambours
apellant ; dans la Cour les Gardes de la
Porte et ceux de la Prevôté de l'Hôtel
sous les Armes à leurs postes ordinaires
et sur l'Escalier , les Cent - Suisses en ha
bits de cérémonie , la Hallebarde à la
main. Il fut reçû en dedans de la Sale
des Gardes par le Duc de Bethune , Ca
pitaine des Gardes du Corps , qui étoient
en haye et sous les Armes. Après l'Au-
I.Vol.
Hiij
dience
121 MERCURE DE FRANCE
dience du Roy , l'Ambassadeur fut con-
duit à l'Audience de la Reine et à celle
de Monseigneur le Dauphin par le Prin-
ce de Lambèse , et par M. de Verneuil
Introducteur des Ambassadeurs. Il fut
conduit ensuite à celle de Mesdames de
France ; et après avoir été traité par les
Officiers du Roy, il fut reconduit à Pa-
ris dans les Carosses de leurs Majestés
avec les cérémonies accoûtumées.
Le 20. Fête du S. Sacrement , le Roy
se rendit à l'Eglise de la Paroisse du Châ-
teau de Versailles , où S. M. entendit la
Grande Messe , après avoir assisté à la
Procession , qui , suivant l'usage , alla à
La Chapelle.
La Reine s'y rendit lorsque la Proces-
sion y arriva. Monseigneur le Dauphin
et Mesdames de France virent passer la
Procession.
Le 27. May , on chanta au Concert
de la Reine un Divertissement intitulé
le Triomphe de la Paix , dont les Paroles
sont de M. Morand , et la Musique de
M. Mathieu , Ordinaire de la Musique
du Roy. Il fut chanté par les Dlles Ma-
hieu , d'Aigremont et Deschamps , et reçut
beaucoup d'aplaudissement.
Le 29. May et le premier Juin , on
1. Vel.
chanta
JUIN.
1737.
1217
chanta devant la Reine le Ballet du Triom-
phe de l'Harmonie , dont on vient de don-
ner l'Extrait ; les Dlles Pellissier et Erre-
mens, et le sieur Chassé exécuterent avec
succès les Rôles qui les concernoient.
Les. et le 12 Juin S.M. entendit l'Opera
de Telemaque , mis en Musique par M.
Destouches , Sur- Intendant de la Musique
du Roy , les Diles Antier et Mathieu
chanterent les Rôles de Calypso et d'Eu
charis , avec autant de goût que de pré .
cision . Les sieurs Petillot et d'Angerville
remplirent ceux de Telemaque et d'Adras-
te. Le reste de l'Opera fut exécuté d'une
façon très-brillante. La Reine eut la bonté
d'en marquer sa satisfaction à l'Auteur.
Le 17. S. M. voulut entendre , pour
la seconde fois , le Divertissement du
Triopmhe de la Paix , et en parut aussi
contente que la premiere. On parlera
plus au long de ce Divertissement.
Fermer
776
p. 1217-1237
MORTS, NAISSANCES, Et Mariages.
Début :
Le 28. Mars D. Henriette-Louise de Beauvau, veuve depuis le 10. Juin 1727. de Henri [...]
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texteReconnaissance textuelle : MORTS, NAISSANCES, Et Mariages.
MORTS, NAISSANCES,
Et Mariages.
Le 28. Mars D. Henriette-Louise de Beauvau, veuve depuis le 10. Juin 1727. de Henri
de Choiseul-la Riviere , apellé le Marquis de
Choiseul , Comte de la Riviere , Chevigny ,
I. Vol .
Hiiij
1218 MERCURE DE FRANCE
et Couloutre , Vicomte de Bouconville , Ba
ron de Lux , Seigneur de Giry , Chassy , Briga-
dier des Armées du Roy, ancien Mestre de Camp
du Regiment de la Reine Cavalerie, avec lequet
elle avoit été mariée le 28. Avril 1711. mou-
rut à Paris , âgée d'environ 51. ans. Elle étoit
Fille puinée de Gabriel - Henri de Beauvau ,
Marquis de Montgauger , Comte de Crissé ,
ci- devant Capitaine des Gardes de feu Phi-
lipe , Fils de France , Duc d'Orleans , et de feuë
Marie- Angelique de Saint André , sa premiere
Femme. Elle laisse pour Fils unique César - Ga-
briel de Choiseul- la- Riviere, Comte de la Rivie-
re , apellé le Marquis de Choiseul , né le 14.
Août 1712. Mestre de Camp de Cavalerie, Sous-
Lieutenant de la Compagnie des Chevau Le-
gers Dauphins , du 25. Mars 1734. et aupara➡
vant Cornette de celle des Chevau - Legers de
Berri , dont le mariage avec Marie de Champa-
gne de Villaines est raporté dans le Mercure du
mois de May 1732. p. 1022.
Le 31. D. Louise - Henriette - Françoise de
Lorraine ,Duchesse Douairiere de Bouillon , Fille
aînée d'Anne- Marie- Joseph de Lorraine , Com .
re et Prince de Guise sur Moselle , et de feuë D.
Marie-Louise- Christine de Castille
·
Heritiere de Montjeu , morte le 11.Janv. 1736.
mourut à Paris , après une longue maladie de
poitrine , âgée de 30. ans. Elle avoit été mariée
le 21. Mars 1725. avec Emmanuel - Théodose
de la Tour , Duc de Bouillon , Vicomte de Tu-
renne, Duc d'Albret,et de Châteauthierry, Com-
te d'Auvergne , d'Evreux et du bas Armagnac ,
Baron de la Tour et de Mongaçon , &c. Pair ,
et ci -devant Grand Chambellan de France, Gou-
verneur et Lieutenant General du haut et bas
I. Vel,
Jeannin,
Auvergne
JUIN.
née le 20. Décembre 1728.
1737.
1219
Auvergne , mort le 17. May 1730. Elle étois
sa quatriéme Femme. Elle laisse de lui une Fille,
Le 1. Avril Jean- Luc, de Lauzieres, Marquis
deThemines- Cardailhac, Mestre de Camp de Ca-
valerie, par Brevet du premier Décembre 1718.
Gouverneur des Ville et Château de Dommes
en Perigord , par Provisions du 1. Juin 1721.
et Gentilhomme de la Chambre du Duc d'Or- .
leans , par autres Provisions du 5. Mars 1724.
mourut à Paris , âgé de 63. ans. Il avoit été
Chevalier de l'Ordre de S. Jean de Jerusalem ,
dont il quitta la Croix , lorsqu'il se maria le
13. Novembre 1730. avec Angelique - Sophie
d'Hautefort , Fille de feu Charles-Louis d'Hau-
tefort, Marquis de Surville , Lieutenant General
des Armées du Roy , et de Louise de Crevant-
d'Humieres. Le Duc d'Orleans lui accorda alors
une pension de 4000. livres pour le dédomma-
ger de la perte d'une de 3000. livres qui lui
avoit été accordée sur l'Evêché de Perigueux. le
11. Janvier 1721. Il étoit Fils puiné de feu
Henri de Lauzieres , Seigneur de Saint Beaulize,
et du Bosc , et de Marie de Nogaret de Tre-
lans. Le Duc d'Estrées , dernier mort , lui avoit
fait une donation entrevifs de plusieurs Terres
et Seigneuries provenantes de la Maison de Lau-
zieres-Themines , le 11. May 1721. Elles lai
furent disputées par les Soeurs du Donataire ,
mais il fut confirmé dans la proprieté , posses-
sion et jouissance de ces Terres , par Arrêt
contradictoire du Parlement de Toulouse du 29.
May 1728 .
Le 3. D. Cecile- Catherine de Falconis , Dame
d'Auvilliers , Veuve d'Antoine d'Amanzé, Com-
se de Choffailles en Mâconnois , Seigneur d'Ar-
I. Vel
Hr singes
1220 MERCURE DE FRANCE
singes , de Vize , de Ballemont , de Saint Ger-
main de la Montagne, &c. avec lequel elle avoit
été mariée le 17. Juin 1705. mourut à Paris ,
âgée d'environ fr. ans, laissant un Fils âgé de 20.
ans › et une Fille plus jeune. Elle étoit Fille de
Pierre -Louis de Falconis , Seigneur d'Auvilliers-
et de Lierval , mort le 17. Mars 1692. et d'Eli-
zabeth de Monthelon , morte au mois de Jan-
vier 1729.
Le 4. Leonor-Hubert de Grivel , Marquis
d'Ouroy , Colonel d'un Regiment d'Infanterie
de son nom , ci- devant de Vendôme par Com--
mission du 27. Juin 1726. Fils aîné de Paul
de Grivel
?
Comte d'Ouroüer , en
1
Berri
qu'on prononce Ouroy) de Grossauve, &c..
autrefois Mestre de Camp- Lieutenant du Regi-
ment d'Anjou Cavalerie , et de feuë Dame Mar-
guerite-Françoise le Bourgoing de Faulin , dont
on a annoncé la mort dans le Mercure du mois.
de May 1736. p. 1032. mourut à Paris , âgé
de 28. ans , et sans avoir été marié.
Le 9: Nicolas-Simon Arnauld , Marquis de
Pomponne , de Palaiseau et de Champlant , Bri--
gadier des Armées du Roy , ci- devant Lieute-
nant General , et Commandant pour S. M. au
Gouvernement de l'Isle de France et Soisson-
nois, mourut à Paris âgé de 74. ans ri. mois,
Son Corps fut aporté le 11. au soir de Saint Sul-
pice , sa Paroisse , à Saint Merry , où il a étés
inhumé dans la Chapelle de, sa Famille. Son
Coeur a été porté à Palaiseau . Il avoit été d'a→
bord Capitaine dans le Reginent du Roy. Il fut
fait ensuite Colonel de celui de Hainaut au mois
de Septembre 1684. H servit à la tête de ce Re-
giment en Savoye sous le Maréchal de Ca-
anat , et il se distingua à la Bataille de la Staf
I. Voli
-farde
JUIN.
1737.
1221
farde en Piémont le 18. Août 1690. Il eut le
Regiment d'Artois au mois de Septembre 1692
et il fut fait Brigadier d'Infanterie le 30. Mars
1693. Il alla au mois de Mars 1699. à Bruxel-
les , avec le caractere d'Envoyé Extraordinaire
du Roy vers le feu Electeur Duc de Baviere ,
pour le complimenter sur la mort du Prince
Electoral , son Fils. Il étoit Fils aîné de feu Si
mon Arnauld , Marquis de Pomponne , Minis-
tre d'Etat , et Sur- Intendant General des Postes
et Relais de France , ci-devant Secretaire d'Etat
ayant le Département des Affaires étrangeres ,
mort le 26. Septembre 1699: à l'âge de 81. ans,
et de Catherine- Renée Ladvocat , morte le 31.
Décembre 1711. à l'âge de 75. ans , Sœur aînée
de Charlote- Renée l'Advocat , Veuve du Mar
quis de Vins , actuellement vivante. Le Marquis
de Pomponne , qui vient de mourir , étoit Fre
re de l'Abbé de Pomponne , Conseiller d'Etat
Ordinaire , et Chancelier des Ordres du Roy ,
et de la Marquise de Torcy-Colbert ; il avoit
été marié le 11. Mars 1694 avec Constance de
Harville de Palaiseau , Fille de feu François de
Harville des Ursins , Marquis de Palaiseau , de
Doué et de Trainel, Chevalier de l'Ordre du Roi,
Maréchal de Cap de ses Armées, et Gouverneur
des Ville et Citadelle de Charleville,et de Monto-
himpe , mort le 12 Octobre 1701 et de feuë
Anne de Comans d'Astry , sa seconde Femme ,
morte au mois d'Août 1693. Il avoit eu d'elle
Henri Charles Arnauld , Comte de Pomponne ,
mort le trente Juillet 1711. âgé de quator-
ze ans ; Jean Baptiste - François - Felix Ar-
nauld de Pomponne, mort dans la 10. année de
son âge , le 22% Avril 1713 et Catherine- Cons "
tance-Emilie Arnauld de Pomponne , restée Fille
IA-Foto-
H-vj
miques
1220 MERCURE DE FRANCE
"
singes , de Vize , de Ballemont , de Saint Ger-
main de la Montagne, &c. avec lequel elle avoit
été mariée le 17. Juin 1705. mourut à Paris
âgée d'environ fr. ans,laissant un Fils âgé de 20.-
ans , et une Fille plus jeune. Elle étoit Fille de
Pierre-Louis de Falconis , Seigneur d'Auvilliers-
et de Lierval , mort le 17. Mars 1692. et d'Eli-
zabeth de Monthelon , morte au mois de Jan-
vier 1729.
Le 4. Leonor-Hubert de Grivel , Marquis
d'Ourey , Colonel d'un Regiment d'Infanterie
de son nom , ci- devant de Vendôme par Com--
mission du 27. Juin 1726. Fils aîné de Paui
de Grivel , Comte d'Ourouer
en
Berri 9
qu'on prononce Ouroy) de Grossauve, &c..
autrefois Mestre de Camp- Lieutenant du Regi-
ment d'Anjou Cavalerie , et de feue Dame Mar-
guerite -Françoise le Bourgoing de Faulin , dont
ön a annoncé la mort dans le Mercure du mois.
de May 1736. p. 1032. mourut à Paris , âgé
de 28. ans, et sans avoir été marié.
Le 9. Nicolas- Simon Arnauld , Marquis de
Pomponne , de Palaiseau et de Champlant , Bri--
gadier des Armées du Roy , ci-devant Lieute-
nant General , et Commandant pour S. M. au
Gouvernement de l'Isle de France et Soisson-
nois, mourut à Paris âgé de 74. ans ri. mois,
Son Corps fut aporté le 11. au soir de Saint Sul-
pice , sa Paroisse , à Saint Merry , où il a été
inhumé dans la Chapelle de, sa Famille. Son
Coeur a été porté à Palaiseau. Il avoit été d'a—
bord Capitaine dans le Reginent du Roy. Il fut
fait ensuite Colonel de celui de Hainaut au mois
de Septembre 1684. H servit à la tête de ce Re-
giment en Savoye sous le Maréchal de Ca-
nar , et il se distingua à la Bataille de la Staf-
I. Vali
farde
JUIN.
farde en Piémont le
1737.
1221
18. Août 1690. Il eut le
Regiment d'Artois au mois de Septembre 1692
et il fut fait Brigadier d'Infanterie le 30. Mars
1693. Il alla au mois de Mars 1699. à Bruxel
les , avec le caractere d'Envoyé Extraordinaire
du Roy vers le feu Electeur Duc de Baviere ,
pour le complimenter sur la mort du Prince
Electoral , son Fils. Il étoit Fils aîné de feu Si
mon Arnauld , Marquis de Pomponne , Minis-
tre d'Etat , et Sur - Intendant General des Postes
et Relais de France , ci-devant Secretaire d'Etat
ayant le Département des Affaires étrangeres ,
mort le 26. Septembre 1699 ; à l'âge de 81. ans,
et de Catherine- Renée Ladvocat , morte le 31.
Décembre 1711. à l'âge de 75. ans , Sœur aînée
de Charlote- Renée l'Advocat , Veuve du Mara
quis de Vins , actuellement vivante. Le Marquis
de Pomponne , qui vient de mourir , étoit Fre→
re de l'Abbé de Pomponne , Conseiller d'Etat
Ordinaire , et Chancelier des Ordres du Roy ,
et de la Marquise de Torcy-Colbert ; il avoit
été marié le 11. Mars 1694 avec Constance de
Harville de Palaiseau , Fille de feu François de
Harville des Ursins , Marquis de Palaiseau , de
Doué et de Trainel, Chevalier de l'Ordre du Roi,
Maréchal de Cainp de ses Armées, et Gouverneur
des Ville et Citadelle de Charleville,et de Monto-
himpe , mort le 12 Octobre 1701 et de feuë
Anne de Comans d'Astry , sa seconde Femme ,
morte au mois d'Août 1693. Il avoit eu d'elle
Henri Charles Arnauld , Comte de Pomponne ,
mort le trente Juillet 1711. âgé de quator-
·
ze ans ; Jean Baptiste - François- Felix Ar-
nauld de Pomponne, mort dans la 10. année de
son âge , le 22 Avril 17136 et-Catherine- Cons
tance- Emilie Arnauld de Pomponne , restée Fille
Is-Vols-
Hivj
miquet
1222 MERCURE DE FRANCE
unique, mariée le 25 Juin 1715. avec Jean-Joa-i
chim Rouault , Comte de Cayeu , aujourd'hu
Marquis de Gamaches, et Maréchal de Camp des
Armées du Roy.,
Le 12. Philipe Hecquet , Docteur-Regent, an-
cien Professeur , et ancien Doyen de la Faculté
de Médecine de Paris , connu par plusieurs Ou-
vrages de sa Profession , qu'il avoit rendus pu-
blics mourut âgé de 74. ans. Il avoit quité
•
depuis 1o. ans l'exercice de la Medecine , il s'é-
toit retiré dans l'Enclos du Convent des Car-
melites du Fauxbourg S. Jacques. On prétend
qu'il y avoit 30. ans qu'il n'avoit mangé de
viande , ni bû de vin .
Le 13. Nicolas Henin , Conseiller du Roy ea
son Grand Conseil , où il avoit été reçû le s .
May 1688. mourut après avoir été trois jours
entiers en apoplexie létargique.
Il étoit âgé de
82. ans 11. mois 10. jours , étant né le 3. May
1654. Il étoit veuf d'Anne- Henriette Brice
dont il laisse deux Fils et une Fille , ainsi qu'on
l'a raporté en annonçant la mort de cette Da-
me dans le Mercure du mois de Novembre
1734. P. 1530.
Le 26. Louis le Goux de la Berchere , Comte
de la Rochepot , Marquis de Santenay , Baron de
Thoisy, Seigneur de la Berchere , Conseiller d'E-
tat ordinaire , mourut à Paris subitement en alg
lant se mettre à table pour dîner. Il étoit dans la
61. année de son âge , étant né le 10. Octobre
1676. il avoit été successivement Conseiller au
Parlement de Paris le 14.Janvier 1699. Maître des
Requêtes ordinaire de l'Hôtel du Roy le 29
Juillet 1703. et Chancelier et Garde des. Sceaux
de Charles de France , Duc de Berri , le 11. Dé-
sembre 1710. Il perdit cette Charge à la mort de
1. Velo
JUIN.
1737.
1223
ce Prince , et ayant été fait Conseiller d'Etat au
mois de May 1715. il se démit de celle de Maî
tre des Requêtes , et obtint des Lettres d'Hono-
raire le 22. Juin de la même année. Il étoit veuf
sans enfans depuis le 16. Mars 1729. de Magde-
leine-Charlotte Voisin , fille aînée du feu Chan-
celier de France de ce nom , et fils de feu Urbain
le Goux de la Berchere , Marquis de Santenay ,
&c. Maître des RequêtesHonoraire de l'Hôtel du
Roy , ci-devant Intendant successivement à
Moulins , à Riom , à Montauban et à Rouen ,
mort le 30. Août 1721. à l'âge de 79. ans , es
d'Antoinette le Févre d'Eaubonne , morte le 29%
Décembre 1708. âgée de 17. ans.
Le 27. Jean- Baptiste Poncy de Neuville , Prê-
tre, mourut à Paris dans la 39. année de son
âge. Les heureux talens dont il étoit orné , le
font universellement regretter , comme un sujet
également utile à la Religion qu'il a défendue
avec un zele infatigable par ses éloquents et so
lides Sermons ; et à la République des Lettres ,
qu'il a enrichie de plusieurs Ouvrages poëtiques
qui ont mérité plus d'une fois d'être couronnés .
dans l'Académie des Jeux Floraux. Il étoit d'ail
leurs autant estimable par les qualités du cœur
que par celles de l'esprit. Il prononça l'année
derniere avec beaucoup de succès dans l'Eglise
des R R. PP. de l'Oratoire , le Panégyrique de
S. Louis , en présence de deux célebres Acadé
mies. Il a aussi prêché plusieurs Sermons dans
l'Eglise Paroissiale de S. Sulpice et dans d'autres
Eglises de la Ville . Un redoublement de zele
pour les devoirs de son Ministere dans les cir-
constances de la fin du Carême , lui a causé la
maladie qui l'a enlevé en très-peu de jours.
Le même jour D. Jeanne-Louise d'Herbouville
I. Vd.
épouse
1224 MERCURE DE FRANCE
épouse de Charles de Houdetot , dit le Comte de
Houdetot , Chevalier Seigneur de Fontaines-le-
Châtel , de S. Germain des Essours , des Autieux,
&c. son cousin paternel et maternel du 3. au 4.
mourut après une courte maladie d'un abcès dans
la tête , à Paris dans la 26. année de son âge ,
étant née le s. Décembre 1711. elle étoit fille
d'Adrien , Marquis d'Herbouville , Chevalier-
Seigneur de S. Jean du Cardonnay , la Cour-le-
Comte , la Gaillarde , le Bourgdun , Luneray ,
S Pierre le Vieux , Baron de Longueval , Lagny,
fe Marqué , Bellan , &c. ci - devant premier Ea-
seigne de la Compagnie des Gendarmes de la
Garde du Roy , Mestre de Camp de Cavalerie ,
er de D. Françoise- Chrétienne Dauvet des Ma-
rets ; elle laisse un garçon et une fille en bas àge,
n'ayant été mariée qu'au mois de Novembre
1731. c'étoit la cinquiéme alliance réciproque
que ces deux Maisons , qui sont d'une ancienne
Noblesse de Normandie , avoient faites entre-el-
les. La Généalogie de celle de Houdetot est rå-
portée dans le Tome VIII.des Grands Officiers de
la Couronne , au Chapitre des Grands-Maîtres
des Arbalêrriers , page 16. Ses Armes sont d'ar-
gent à une bande d'azur , chargée de trois anne
lets d'or remplis , celui du milieu d'un Lion ,
les deux autres d'une Aigle à deux têtes , et Dia-
prée d'or. Herbouville porte de gueules à une
Fleur de Lys d'or.
Le nommé Félix de la Mata , mourut le 28.
Avril à Pampelune , âgé de 125. ans ; il s'étoit
marié à l'âge de 110. ans pour la troisième fois,
et il a eu trois enfans de sa derniere femme.
et.
Le 29. Dile Marie Cousinet , Dame.de Boisro-
ger , fille de Robert Coasinet , Maître ordinaire
en-l Chambre des Compres de Paris , mort le
JUIN.
L. Vol
1737.
1225
36. Août 1701. et de Di Elizabeth-Catherine
Rousselet , morte le premier May 1694. mourut
d'une fluxion de poitrine à Paris , dans un âge
avancé , sans avoir été mariée..
Le même jour François Gacon , ancien Avocat
au Parlement de Paris , où il avoit été immatri-
culé le 4. Février 1698. et l'un des grands Con-
sultans du Palais , mourut âgé d'environ 63 ans.
Le même jour D. Jeanne-Margueritte de Bre-
han , veuve depuis le 27. Mars 1713. de Charles,
Marquis de Sévigné , Seigneur des Rochers ,
Lieutenant pour le Roy de la Ville de Nantes et
Comté Nantois, et auparavant Sous-Lieutenant
de la Compagnie des Gendarmes Dauphins, avec
lequel elle avoit été mariée au mois de Fevrier
1-684. mourut à Paris, sans enfans , âgée de 69.
ans. Elle étoit sœur de Jean- François Amalrie
de Bréhan , Comte de Mauron et de Plélo , Sei-
gueur de Galinée , ci-devant Conseiller au Par-
fement de Bretagne ; tous deux enfans de Mau-
rille de Breban , aussi Comte de Mauron et de
Plélo , et de D. Louise de Quelen. Feu Charles?
Marquis de Sévigné , étoit frere de feuë Fran-
go:se -Marguerite de Sévigné , troisiéme femme.
de François Adhemar de Monteil de Castelane ,
Comte de Grignan , Chevalier des Ordres du
Roy ,, et seul Lieutenant General au Gouverne
ment de Provence, morte le 13. Août 1705. tous
deux enfans de Henry , Marquis de Sévigné, Sei-
gneur des Rochers , Maréchal des Camps et Ar
mées du Roy, et Gouverneur de la Ville de Fou-
geres en Bretagne , qui fut tué en 1651. dans un
combat singulier contre le Chevalier d'Albret ,,
et de Marie de Rabutin de Chantal , morte au
mois de May 1696. après s'être renduë celebre
par son esprit et par ses Lettres à la Comtesse de
Grignan ,
1226 MERCURE DE FRANCE
Grignan , sa fille , dont on a donné un Recueil
au Public en 1734. en 6. vol. in 12.
Le 2. May Antoine- Simon le Courtois , Ecuyer
Seigneur d'Avery et de Chome , ci-devant Con
trôleur Géneral des Fermes de Languedoc , ze.
Fils de feu Pierre le Courtois , Ecuyer Conseil-
ler au Siege Présidial de Troyes , et de Margue-
ritte Laigneau , mourut à Paris , laissant de D.
Marthe Ricaud, sa femme, Jacques le Courtois
d'Averly , Conseiller en la Cour des Aydes de
Paris , où il a été reçû le 10. May 1735.
Le 3. mourut subitement à Paris à l'Hôtel de
la Bibliotheque du Roy , âgé de 78. ans , Louis
de Targny , Prêtre du Diocèse de Noyon , Doc-
teur en Théologie de la Faculté de Paris , du 22.
Septembre 1688. l'un des Gardes de la Biblio-
theque du Roy , depuis le mois de Janvier 1712.
et Abbé Commandataire de l'Abbaye de S. Lo ,
Ordre de S. Augustin , Diocèse de Coutances
qu'il avoit obtenuë le 13. May 1724. en remet-
tant celle de Sainte Marie d'Obasine , Ordre de
Citeaux , Diocèse de Limoges , qui lui avoit été
accordée le 17. Octobre . 1723. il s'étoit démis il
y avoit environ 18. mois de la Dignité de Chan-
tre de l'Eglise Métropolitaine de Rheims ,et avoit
été autrefois Principal du College de Dainville.
François Sévin , Pensionnaire depuis 1726. de
l'Académie Royale des Inscriptions et Belles-
Lettres , dans laquelle il avoit été reçû Eleve dès
1711. et ensuite Associé en 1714. a cû la Place
de Garde de la Bibliotheque du Roy, vacante par
la mort de Louis de Targny ; il en faisoit les
fonctions depuis quelques années.
Le 3. Dom Etienne Richard , General de
l'Ordre des Chartreux , mourut à la grande Char-
treuse en Dauphiné, dans la 69. année de son
I. Val
âge,
JUIN 1737.
I. Vol.
1227
ge , et dans la 6. de son Géneralat , ayant été
élû le 3. Février 1732. il étoit alors Prieur de la
Chartreuse de Castres en Languedoc , et Visiteur
de la Province d'Aquitaine.Dom Michel de Lar-
nage Prieur de la Chartreuse de S. Hugon , a été
élu Géneral en son lieu et place.
Le 4. Ferdinand , Duc de Curlande , et de Se-
migalle , qui depuis deux à trois ans faisoit son
séjour le plus ordinaire à Dantzig , y mourut
dans la 82. année de son âge , étant né le 2. No-
vembre 1655. il étoit 4 fils de Jacques , Duc de
Curlande et de Semigalle , mort le 31. Décembre
1682.et de Louise-Charlotte de Brandebourg,
morte le 29. Août 1676. il avoit embrasse la
Religion Catholique en 1698. et il avoit été au-
trefois Lieutenant d'Artillerie des Troupes de
l'Electeur de Brandebourg et ensuite du Roy de
Pologne. Après la mort du Duc Frederic Casi-
mir , son frere aîné , arrivée le
22. Janvier .
1698. il eut la Régence et l'administration du
Duché de Curlande jusqu'en 1710. pendant la
minorité du Duc Frédéric Guillaume , son ne-
veu , qui mourut le 21. Janvier 1711. il devoit
être son successeur , étant le seul mâle qui restất
de sa Maison , mais Anne Juanowna , veuve de
son neveu , quoique sans enfans , garda ses Etats
jusqu'en 1730. qu'elle fut apellée au Trône de
la Monarchie de Russie ; ensorte qu'il ne reçut
l'investiture du Duché de Curlande et de ses dépen
dances du Roy de Pologne , que le 28. Février
1731. Il s'étoit marié le 25. Septembre 1730.
avec Jeanne- Magdelaine de Saxe , née le 17.
Mars 1708, fille de feu Jean- Georges , Duc de
Saxe-Weissenfels , et de Frederique- Elizabeth de
Saxe-Eysenach. Il n'en a point eû d'enfans , de-
sorte qu'en lui finit la Maison de Ketler , qui
avoit
1228 MERCURE DE FRANCE
avoit été investie du Duché de Curlande et de
Semigalle , le 5. Mars 1562. par Sigismond, Roy
de Pologne , en la personne de Gothard Ketler ,
Gentilhomme du Duché de Bergue , er dernier
Grand-Maître de l'Ordre des Chevaliers de Li-
vonie , Bisayeul du Duc qui vient de mourir.
Les Zacharie Morel, Seigneur de la Brosse en
Brie , et de S. Oüen , Conseiller et Doyen du
Parlement , et Doyen des Conseillers de la Ville
.de Paris , mourut dans la 84. année de son âge
et la sf . de sa Magistrature , ayant été reçû
Consciller au Parlement le 6. May 1682. il mon-
ta à la Grand'Chambre au mois de Novembre
1714. et en devint Doyen le 25. Avril 1735. I
étoit fils de Daniel Morel , Seigneur de Stain-
ville, Haussignemont, Courbevoye, & c. Conseil
ler-Secretaire du Roy et de ses Finances, et Maître
de la Chambre aux Deniers de S. M. mort le 12
Avril 1697. et d'Elisabeth Henryet, morte le 27
Décembre 1691. et il avoit épousé défunte Mi-
chelle-Angélique Titon , fille de feu Maximi-
lien Titon , Baron de Berre , Seigneur d'Ognon,
&c. aussi Secretaire du Roy , et de ses Finances ,
et Directeur General du Magazin des Armes de
S. M. et de feüe Marguerite Becaille. Il en laisse
un fils , qui a été ci- devant dans le Service Mi-
litaire , er deux filles , tous trois non mariés.
Le 6. D. Marie- Anne Boileau , veuve depuis le
20. Janvier 1710. de Philipe Gourdon , Consei
ler-Secretaire du Roy , Maison , Couronne de
France et de ses Finances, et Secretaire des Com-
mandemens de feue Dile Marie de Lorraine ,
Duchesse de Guise , mourut d'une fluxion de
poitrine , âgée d'environ 76. ans, laissant un fils.
Le 7. May , Jean-Baptiste-Jacques de Saint
Remy, Marquis de Cossé , Seigneur de la Motte-
L.Voli
Fouqué
JUIN.
1737.
1229
Fouqué de Montgoubert , &c. mourut en son
Château de la Motte , en Normandie , âgé d'en-
viron 67. ans. Il avoit épousé en 1700. Marie-
Therese-Nicole de Montgommery, fille de Fran-
çois , Comte de Montgommery , Chevalier de
l'Ordre du Roy, et de Marie- Louise de Grisson,
Dame de la Motte- Villebouzin , près de Long-
jumeau et du Mesnil. Elle mourut le 29. Mars
1733. il avoit eû d'elle deux enfans ; sçavoir,
Jean-Baptiste-François de S. Remy , mort le 25
Avril 1726. âgé de 23. ans , et Marie- Magde-
laine de S. Remy , aujourd'hui seule et unique
heritiere de sa Maison , qui fut mariée le 20
Décembre 1725. avec Guy- Antoine de S. Si-
mon, Marquis de Courtomer , Mestre de Camp
de Cavalerie , ci- devant Capitaine des Gardes
du Corps de feue la Duchesse de Berry , qui a été
dans sa jeunesse Chevalier de l'Ordre de S. Jean
de Jerusalem , et qui devint en 1724. l'aîné de
sa Maison par la mort sans enfans de Jacques-
Antoine de S. Simon , son frere , Marquis de
Courtomer , Comte de Montreuil , Colonel du
Régiment de Soissonnois,
Le 8. D. Marie- Madelaine- Therese - Gene-
viéve de Mouchy d'Hocquincourt , Veuve depuis
le 27. Janvier 1711. d'Antoine de Pas , Mar-
quis de Feuquieres , Lieutenant General des Ar
mées du Roy , Gouverneur des Ville et Cita-
delle de Verdun , et Païs Verdunois , Chevalier
de l'Ordre Militaire de S. Louis , et ancien Che-
valier d'Honneur du Parlement de Metz , avec
lequel elle avoit été mariée au mois de Janvier
1695. mourut à Paris dans le Monastere de
Port - Royal , âgée de 68. ans. Elle étoit Fille
de Georges de Mouchy , Marquis d'Hocquin-
Court , Chevalier des Ordres du Roy , Lieute
1. Val.
nang
*
1228 MERCURE DE FRANCE
avoit été investie du Duché de Curlande et de
Semigalle , le 5. Mars 1562. par Sigismond, Roy
de Pologne , en la personne de Gothard Ketler ,
Gentilhomme du Duché de Bergue , er dernier
Grand-Maître de l'Ordre des Chevaliers de Li-
vonie , Bisayeul du Duc qui vient de mourir.
Les Zacharie Morel, Seigneur de la Brosse en
Brie , et de S. Ouen , Conseiller et Doyen du
Parlement , et Doyen des Conseillers de la Ville
de Paris , mourut dans la 84. année de son âge ,
et la sf . de sa Magistrature , ayant été reçû
Conseiller au Parlement le 6. May 1682. il mon
ta à la Grand'Chambre au mois de Novembre
1714. et en devint Doyen le 25. Avril 1735. I
étoit fils de Daniel Morel , Seigneur de Stain-
ville, Haussignemont , Courbevoye, & c. Conseil
ler- Secretaire du Roy et de ses Finances, et Maître
de la Chambre aux Deniers de S. M. mort le 12
Avril 1697. et d'Elisabeth Henryet, morte le 27
Décembre 1691. et il avoit épousé défunte Mi-
chelle-Angélique Titon , fille de feu Maximi-
lien Titon , Baron de Berre , Seigneur d'Ognon,
&c. aussi Secretaire du Roy , et de ses Finances,
et Directeur General du Magazin des Armes de
S. M. et de feue Marguerite Becaille. Il en laisse
un fils , qui a été ci- devant dans le Service Mi-
litaire , er deux filles , tous trois non mariés.
Le 6. D. Marie- Anne Boileau , veuve depuis le
20. Janvier 1710. de Philipe Gourdon , Consei
ler-Secretaire du Roy , Maison , Couronne de
France et de ses Finances, et Secretaire des Com-
mandemens de feue Dile Marie de Lorraine ,
Duchesse de Guise , mourut d'une fluxion de
poitrine , âgée d'environ 76. ans, laissant un fils.
Le 7. May , Jean-Baptiste-Jacques de Saint
Remy, Marquis de Cossé , Seigneur de la Motte-
I Vol
Fouqué
JUIN.
1737.
1229
Fouqué de Montgoubert , &c. mourut en son
Château de la Motte , en Normandie , âgé d'en-
viron 67. ans. Il avoit épousé en 1700. Marie-
Therese-Nicole de Montgommery, fille de Fran-
çois , Comte de Montgommery , Chevalier de
P'Ordre du Roy, et de Marie- Louise de Grisson,
Dame de la Motte-Villebouzin , près de Long-
jumeau et du Mesnil. Elle mourut le 29. Mars
1733. il avoit cû d'elle deux enfans ; sçavoir
"
Jean- Baptiste-François de S. Remy , mort le 25
Avril 1726. âgé de 23. ans , et Marie- Magde-
Laine de S. Remy , aujourd'hui seule et unique
heritiere de sa Maison , qui fut mariée le 20
Décembre 1725. avec Guy- Antoine de S. Si-
mon, Marquis de Courtomer , Mestre de Camp
de Cavalerie , ci- devant Capitaine des Gardes
du Corps de feue la Duchesse de Berry , qui a été
dans sa jeunesse Chevalier de l'Ordre de S. Jean
de Jerusalem , et qui devint en 1724. l'aîné de
sa Maison par la mort sans enfans de Jacques-
Antoine de S. Simon , son frere , Marquis de
Courtomer , Comte de Montreuil , Colonel du
Régiment de Soissonnois,
Le 8. D. Marie- Madelaine- Therese Genc-
viéve de Mouchy d'Hocquincourt , Veuve depuis
le 27. Janvier 1711. d'Antoine de Pas , Mar-
quis de Feuquieres , Lieutenant General des Ar-
mées du Roy , Gouverneur des Ville et Cita-
delle de Verdun , et Païs Verdunois , Chevalier
de l'Ordre Militaire de S. Loüis , et ancien Che-
valier d'Honneur du Parlement de Metz , avec
lequel elle avoit été mariée au mois de Janvier
1695. mourut à Paris dans le Monastere de
Port- Royal , âgée de 68. ans. Elle étoit Fille
de Georges de Mouchy , Marquis d'Hocquin-
Court , Chevalier des Ordres du Roy , Lieute
I. Val.
nang
230 MERCURE DE FRANCE
nant General de ses Armées , Grand-Bailly et
Gouverneur de Peronne , Montdidier et Roye ,
mort au mois de Décembre 1689. et de Dame
Marie Molé de Jusanvigny , morte le 21. Jan-
vier 1694. Il ne lui restoit plus qu'une Fille , qui
est D. Pauline- Corisande de Pas- Feuquieres ,
née le 19. Janvier 1704. et mariée le 30. Jan-
vier 1720. avec Joachim Adolphe de Seigliere
Marquis de Soyecourt , Chevalier de l'Ordre
Militaire de Saint Louis , Brigadier des Armées
du Roy , ci-devant Colonel du Regiment de
Bourgogne.
Le 9. Jean-Jacques du Bergier , Seigneur des
Salles , et de Montaumer , Gentilhomme Ore
dinaire du feu Duc d'Orleans , mourut à Paris
en la Maison des PP. de la Doctrine Chrétien-
ne , dans un âge fort avancé.
Il étoit Fils de
Jean-Jacques Bergier , Seigneur des Salles , et
de Marie de Machaut , et veuf de Marie Gene-
viéve Routtier, morte le 24. Janvier 1731. âgée
de 74. ans, Fille de Michel Routtier Payeur des
Rentes de l'Hôtel de Ville de Paris , et de Ge
nevieve Lalleman.
Le 11. Augustin de la lacquerie de Simphalle,
natif de Beauvais en Picardie , Chanoine-Dia-
cre de l'Eglise Métropolitaine de Paris,mourut âgé
de 84.ans comple:s moins un jour, étant né le 12.
May 1653. Il étoit petit Neveu du célebre Clau-
de Joly , Chantre , Chanoine et Official de Pa-
ris , mort le 16. Janvier 1700. dans la 94 an-
née de son âge , qui lui avoit resigné avant sa
mort son Canonicat , auquel il fut reçû le 25.
du même mois de Janvier. Il étoit auparavant
Chanoine et Théologal de l'Eglise de Tournay.
Claude Joly avoit succedé en 1631. dans ce Ca
nonicat à Gui Loysel , son Oncle ; celui- ci à
I. Vol.
Arnoul
JUIN.
17370
1231
Arnoul du Mesnil , son grand Oncle en 1590.
et ce dernier à Paul du Mesnil , son Frere , en
$ 178 . ainsi il y avoit 159. ans que ce Bénéfice
étoit dans cette Famille.
Le 12. D. Catherine Turgot de Saint Clair ;
Epouse de Claude-Charles Hatte de Chevilly
Brigadier des Armées du Roy , Chevalier de
l'Ordre Militaire de S. Louis , et ci-devant Ca-
pitaine au Regiment des Gardes Françoises , et
auparavant veuve de Gilles d'Aligre , Seigneur
de Boislandry et de Beauvoir , Conseiller au
Parlement de Paris , decédé le 12. Avril 1711 .
mourut à Paris après 6, mois d'une maladie de
langueur, âgée d'environ 65. ans , sans laisser
d'enfans. Elle étoit fille de feu Antoine Turgot ,
Seigneur de S, Clair , Lanteuil , le Ménil-Gon-
douin
Belon , Sainte Honorine , &c. mort
Sous-Doïen des Maîtres des Requêtes de l'Hôtel
du Roy , le 15. Février 1713. et de feuë D,
Jeanne du Tillet , morte le 12 May 1728,
Le 13. Sœur Angelique de Lanfernat , sur
nommée de Tous - les- Saints , Religieuse, Ursuli-
ne du Convent de Crevant , ou Cavant en Au-
xerrois, mourut dans ce Monastere, âgée de plus
d'un Siécle. Elle étoit fille afnée de Charles de
Lanfernat , Ecuyer , Seigneur de la Jaque mi-
niere , et des Bards , et de D. Claude-Marie du
Plessis de la Perrine , Dame d'Asnieres , quifu
rent mariés par Contrat du 28. Décembre 1635,
Elle fur ondoyée au Château de la Jacquemi-
niere au Perche , et baptisée peu de jours après
dans l'Eglise de Moncorbon , le jour de Noël
?
25. Décembre 1636. Elle avoit deux Sœurs ca-
dettes , Religieuses au Convent des Ursulines de
Crevant , où elles sont mortes en reputation de
Sainteté ,
gées de plus de 80. ans, Elle prit à
J. Vol.
Jeug
1232 MERCURE DE FRANCE
leur exemple le même parti ; et après son No-
viciat , elle fut admise à la Profession le s. No-
vembre 1662. Elle a édifié , pendant sa vie
1
toute la Communauté par ses vertus , et par sa
régularité à remplir les Observances de son état,
dont elle ne s'estjamais relâchée , même dans sa
vieillesse la plus avancée. Feu Edme de Lanfer-
nat , son frere , Seigneur de la Jacqueminiere et
d'Asnieres , mort au mois d'Octobre 1718. a
laissé de Catherine Sauvat , qu'il avoit épousée
Je 9. Juin 1676, et du chef de laquelle il étoit
devenu Seigneur de Villars , Paroisse de Cham-
pignelles près de S. Fargeau en Puisaye ; entre
autres Enfans , Jean
·
Baptiste de Lanfernat ,
Seigneur de Villars , marié avec Damoisel
le Guillaume de Marsangis , d'auprès de Sens ,
et Charlote de Lanfernat , mariée avec Joseph
de Montigny , Seigneur de Montigny- les-Has-
tes , Paroisse de Pereux. On a parlé de la Fa-
mille de Lanfernat dans le Mercure du mois
de Février 1731. p. 284 à l'occasion de la mort
de D. Louise- Marie de Lanfernat , Dame de
Courteilles- le-Guerin , du Teil , et de Cham-
moteux , Veuve de François de l'Osmone , Sei-
gneur du Bois-de- la-Pierre , Exempt des Gardes
du Corps du Roy , et Chevalier de l'Ordre de
S. Louis , laquelle s'étoit fait connoître par son
talent pour la Poësie , et par les Recherches et
Mémoires qu'elle avoit faites sur l'Histoire de
Normandie.
Le 14 May , Louis de Rochechouart, Seigneur
de Montigny et du Monceau , qui avoit servi
dans sa jeunesse en qualité d'Enseigne , et en-
suite de Lieutenant des Galeres , mourut dans
son Château de Montigny , dans la Forêt d'Or-
leans , âgé de 72. ans 10 mois. 11 étoit fils
I. Vol.
d'Isaac
du Roi.
JUIN.
1737.
1233
Isaac- Louis de Rochechouart , Seigneur de
Montigny, de la Brosse et du Monceau , Baron
de Loury dans la Forêt d'Orleans, mort en 1683.
et de Françoise le Conquerant , sa premiere fem-
me , et il avoit épousé en 1692. Elizabeth de
Cugnac , fille de Philipe de Cugnac , Baron de
Jouy en Beauce , et d'Elizabeth de Morain-
ville, Il en laisse Louis-Philipe-Esprit-Juvenal
de Rochechouart, Chevalier des Ordres de N.D.
du Mont Carmel , et de S. Lazare de Jerusalem,
Capitaine dans le Regiment de la Reine Infan-
terie; Pierre-Jules-César de Rochechouart, Evê-
que d'Evreux , sacré le 15. Février 1734. Jo-
seph de Rochechouart , et Louise Elisabeth de
Rochechouart , mariée le 10. Décembre 1731.
avec Henri Lambert d'Herbigny , Marquis de
Thibouville , ci-devant Mestre de Camp du Re-
giment de Dragons de la Reine.
Le 17. D. Marguerite de Lalive , veuve depuis
le 17. Juin 1731. de Jean Martial de Jaucen de
la Perriére, Seigneur de Crosne , et de Noisy sur
Seine,Conseiller-Secretaire du Roi, Maison,Cou-
ronne de France et de ses Finances , ancien Re-
ceveur general des Finances de Flandres , et an-
cien Fermier general , mourut en son Châ-
teau de Crosne , âgée d'environ 84. ans , lais-
sant 2. filles,qui sont D. Marie Anne de Jaucen,
veuve de Pierre Larcher , Marquis d'Arey , et
de Vindici, Seigneur d'Avrilly , Bailli d'Epée de
Vermandois , et Président en la Chambre des
Comptes de Paris , et D. Marguerite Françoise
de Jaucen, épouse de François- Louis - Martial de
Montiers , Comte de Merinville , Vicomte de
Brigueil , Baron de Montrocher , et de Château-
brun, Capitaine-Lieutenant de la Compagnie des
Gendarmes de la Reine , et Brigadier des Armées
Lo
234 MERCURE DE FRANCE
Le 27. La Dlle Lucas , fille aînée de feu An-
toine-Jean Lucas , Seigneur de Romeval , et de
Neuvirelle , Conseiller en la Grand'Chambre du
Parlement de Paris mort le 7. Décembre 1728.
et de D. Anne Magdelaine Loyseau , sa veuve ,
mourut
>
âgée de 21. ans ou environ .
Le 29. Alexis Paneau , Conseiller-Secretaire da
Roi,Maison,Couronne de France et de ses Finan.
ces, Honoraire , et ancien Directeur general des
Aydes et Entrées de la Ville de Paris, aussi ancien
Payeur des Rentes de l'Hôtel de Ville , mourut
dans la 100e. année de son âge , étant né au mois
de Juillet 1637. Il avoit été marié 1º. avec Vic-
toire Elian , Femme de Chambre des Enfans de
France , morte le 22. Septembre 1694. 2 ° avec
Jeanne- Angelique le Vaillant , sœur de François
le Vaillant , Conseiller au Grand Conseil. Il
laisse de celle-ci 2. filles qui ne sont point ma-
riées , et de la premiere un fils apellé le sieur
d'Arty, qui lui a succedé dans l'Emploi de Di-
recteur General des Aydes et Entrées de Paris ,
et qui a épousé une des filles de Louis Guillau-
me , Ecuier , Sieur de Fontaine, Commissaire et
Controlleur de la Marine au Département de
Flandres et de Picardie , et de Marie Armande
Carton.
Le premier Juin , D. Marie- Thérese Colbert ,
veuve depuis le 6. Novembre 1725. de Jacques
Eleonor Rouxel, Comte de Medavy et de Gran-
cey , Maréchal de France , Chevalier des Or-
dres du Roi , Gouverneur de la Ville et Princi-
pauté de Sedan, avec lequel elle avoit été mariée
le 12. Juin 1685. mourut à Paris , âgée de 68 .
ans , sans laisser d'enfans. Elle étoit fille d'E-
douard-François Colbert , Comte de Maulevrier,
Baron de la Frogerie &c. Chevalier des Ordres
da
I. Vol.
JUIN.
1737.
1235
du Roi , Lieutenant General de ses Armées , or
Gouverneur des Ville et Citadelle de Tournay
>
mort le 31. Mai 1693. et de Marie Magdelaine
Bautrude Serrant , morte le 10. Mars 1700.
Le même jour D. Louise - Emilie de la Tour
d'Auvergne, ancienne Abbesse de l'Abbaye Roya
ie de Montmartre-lès- Paris , mourut dans le
Monastere du Prieuré du Cherchemidi , où elle
s'étoit retirée, dans la 70. aunée de son âge . Elle
étoit Professe de l'Abbaye de N. D. de Soissons,
de l'Ordre de S. Benoît, elle fut nommée au mois
de Février 1707. Abbesse de S. Remy de Villers-
Côte-Rets , du même Ordre , Diocèse de Sois-
sons,d'où elle fut transferée au mois de Novem-
bre 1727. à celle de Montmartre , dont elle
donna sa démission au mois de Février 1735.
Elle étoit fille de Frédéric- Maurice de la Tour ,
Comte d'Auvergne et d'Oliergues , Marquis de
Lanquais, Colonel Général de la Cavalerie Lé
gere de France , Lieutenant Général des Armées
du Roy , Gouverneur et Sénéchal du haut et bas
Limosin , mort le 23. Novembre 1707. et de
Henriette- Françoise de Hohen- Zollern , Mar-
quise de Berg-op - Zoom , sa premiere femme
morte le 17. Octobre 1698.
Le 7. Avril , pâquit dans le Château de Wailly
Marie Anne Christiane Josephine, fille premiere
née de Louis Ferdinand Joseph de Croy , Duo
d'Havré , et de Croy , Prince du Saint Empire ,
Grand d'Espagne de la premiere Classe, Châtelain
heréditaire de Mons , Marquis de Thie-le Châ-
teau,&c. Colonel du Régiment de la Couronne,
et de D. Marie- Louise Cunegonde de Montmo-
rency-Luxembourg , mariés le 16. Janvier de
Pannée derniere 1736. elle fut baptisée le lende-
I
main
1236 MERCURE DE FRANCE
main 8. par l'Evêque d'Amiens dans l'Eglise pa,
roissiale de ce lieu au bruit de plusieurs déchar
ges de canon. Les Parain et Maraine furent
Louis Christian de Montmorency - Luxembourg,
Comte Souverain de Luxe , Comte de Beau-
mont , Seigneur de Dollor , Maréchal de France ,
Chevalier des Ordres du Roi , Lieutenant Gene
ral au Gouvernement de Flandres , et Gouver
neur de Valenciennes
la baptisée.
Ayeul maternel
"
et
D. Marie-Anne Cesarée Lanti, Duchesse Dožiai-
riere d'Havré , et de Croy , Ayeule paternelle de
Quelques semaines après cette cérémonie , il
y eut dans les Jardins du Château de Wailly un
fort -beau feu d'artifice , qui fut tiré entre 9. et
10. heures du soir avec beaucoup de succès. Il
fut accompagné d'une illumination d'environ
3000. lampions dont toutes les fenêtres du Châ-
teau étoient entourées ; quantité de piramides
sur les bords d'un Canal , qui passe au milieu
du jardin , étoient aussi garnies de lampions ,
et formoient par la reverberation de leur lumie
re dans le canal un objet fort charmant à la vûë,
Plusieurs personnes de la premiere distinction
de la Province , se trouverent à cette fête.
Le premier Avril dernier , D. Joachim- An
toine Ximenès , Marquis d'Ariza , et de la Guar-
dia , Amirante heréditaire du Royaume d'Arra-
gon , Grand d'Espagne de la premiere Classe ,
veuf de feie. D. Rose Perez de Gusman Bueno
Sylva et Mendoza , épousa dans la Chapelle
du Château de Wailly à 4. lieues d'Amiens en
Picardie , Dlle Marie Anne. Charlotte de Croy,
âgée d'environ 20. ans, seconde fille de feu Jean-
Baptiste Erançois Joseph.de Croy , Duc d'Ha
J Vol.
γκέ
JU IN.
1737.
1237
ré et de Croy , Marquis de Wailly , Prince de
l'Empire, Grand d'Espagne de la premiere Clas-
se , mort le 24. Mai 1727. et de D. Marie An-
ne Cesarée Lanti , sa veuve , Duchesse Douai-
riere d'Havré et de Croy. La cerémonie des Fian
çailles , et des Epousailles fut faite par Louis-
François d'Orleans de la Mothe , Evêque d'A-
miens.
Et Mariages.
Le 28. Mars D. Henriette-Louise de Beauvau, veuve depuis le 10. Juin 1727. de Henri
de Choiseul-la Riviere , apellé le Marquis de
Choiseul , Comte de la Riviere , Chevigny ,
I. Vol .
Hiiij
1218 MERCURE DE FRANCE
et Couloutre , Vicomte de Bouconville , Ba
ron de Lux , Seigneur de Giry , Chassy , Briga-
dier des Armées du Roy, ancien Mestre de Camp
du Regiment de la Reine Cavalerie, avec lequet
elle avoit été mariée le 28. Avril 1711. mou-
rut à Paris , âgée d'environ 51. ans. Elle étoit
Fille puinée de Gabriel - Henri de Beauvau ,
Marquis de Montgauger , Comte de Crissé ,
ci- devant Capitaine des Gardes de feu Phi-
lipe , Fils de France , Duc d'Orleans , et de feuë
Marie- Angelique de Saint André , sa premiere
Femme. Elle laisse pour Fils unique César - Ga-
briel de Choiseul- la- Riviere, Comte de la Rivie-
re , apellé le Marquis de Choiseul , né le 14.
Août 1712. Mestre de Camp de Cavalerie, Sous-
Lieutenant de la Compagnie des Chevau Le-
gers Dauphins , du 25. Mars 1734. et aupara➡
vant Cornette de celle des Chevau - Legers de
Berri , dont le mariage avec Marie de Champa-
gne de Villaines est raporté dans le Mercure du
mois de May 1732. p. 1022.
Le 31. D. Louise - Henriette - Françoise de
Lorraine ,Duchesse Douairiere de Bouillon , Fille
aînée d'Anne- Marie- Joseph de Lorraine , Com .
re et Prince de Guise sur Moselle , et de feuë D.
Marie-Louise- Christine de Castille
·
Heritiere de Montjeu , morte le 11.Janv. 1736.
mourut à Paris , après une longue maladie de
poitrine , âgée de 30. ans. Elle avoit été mariée
le 21. Mars 1725. avec Emmanuel - Théodose
de la Tour , Duc de Bouillon , Vicomte de Tu-
renne, Duc d'Albret,et de Châteauthierry, Com-
te d'Auvergne , d'Evreux et du bas Armagnac ,
Baron de la Tour et de Mongaçon , &c. Pair ,
et ci -devant Grand Chambellan de France, Gou-
verneur et Lieutenant General du haut et bas
I. Vel,
Jeannin,
Auvergne
JUIN.
née le 20. Décembre 1728.
1737.
1219
Auvergne , mort le 17. May 1730. Elle étois
sa quatriéme Femme. Elle laisse de lui une Fille,
Le 1. Avril Jean- Luc, de Lauzieres, Marquis
deThemines- Cardailhac, Mestre de Camp de Ca-
valerie, par Brevet du premier Décembre 1718.
Gouverneur des Ville et Château de Dommes
en Perigord , par Provisions du 1. Juin 1721.
et Gentilhomme de la Chambre du Duc d'Or- .
leans , par autres Provisions du 5. Mars 1724.
mourut à Paris , âgé de 63. ans. Il avoit été
Chevalier de l'Ordre de S. Jean de Jerusalem ,
dont il quitta la Croix , lorsqu'il se maria le
13. Novembre 1730. avec Angelique - Sophie
d'Hautefort , Fille de feu Charles-Louis d'Hau-
tefort, Marquis de Surville , Lieutenant General
des Armées du Roy , et de Louise de Crevant-
d'Humieres. Le Duc d'Orleans lui accorda alors
une pension de 4000. livres pour le dédomma-
ger de la perte d'une de 3000. livres qui lui
avoit été accordée sur l'Evêché de Perigueux. le
11. Janvier 1721. Il étoit Fils puiné de feu
Henri de Lauzieres , Seigneur de Saint Beaulize,
et du Bosc , et de Marie de Nogaret de Tre-
lans. Le Duc d'Estrées , dernier mort , lui avoit
fait une donation entrevifs de plusieurs Terres
et Seigneuries provenantes de la Maison de Lau-
zieres-Themines , le 11. May 1721. Elles lai
furent disputées par les Soeurs du Donataire ,
mais il fut confirmé dans la proprieté , posses-
sion et jouissance de ces Terres , par Arrêt
contradictoire du Parlement de Toulouse du 29.
May 1728 .
Le 3. D. Cecile- Catherine de Falconis , Dame
d'Auvilliers , Veuve d'Antoine d'Amanzé, Com-
se de Choffailles en Mâconnois , Seigneur d'Ar-
I. Vel
Hr singes
1220 MERCURE DE FRANCE
singes , de Vize , de Ballemont , de Saint Ger-
main de la Montagne, &c. avec lequel elle avoit
été mariée le 17. Juin 1705. mourut à Paris ,
âgée d'environ fr. ans, laissant un Fils âgé de 20.
ans › et une Fille plus jeune. Elle étoit Fille de
Pierre -Louis de Falconis , Seigneur d'Auvilliers-
et de Lierval , mort le 17. Mars 1692. et d'Eli-
zabeth de Monthelon , morte au mois de Jan-
vier 1729.
Le 4. Leonor-Hubert de Grivel , Marquis
d'Ouroy , Colonel d'un Regiment d'Infanterie
de son nom , ci- devant de Vendôme par Com--
mission du 27. Juin 1726. Fils aîné de Paul
de Grivel
?
Comte d'Ouroüer , en
1
Berri
qu'on prononce Ouroy) de Grossauve, &c..
autrefois Mestre de Camp- Lieutenant du Regi-
ment d'Anjou Cavalerie , et de feuë Dame Mar-
guerite-Françoise le Bourgoing de Faulin , dont
on a annoncé la mort dans le Mercure du mois.
de May 1736. p. 1032. mourut à Paris , âgé
de 28. ans , et sans avoir été marié.
Le 9: Nicolas-Simon Arnauld , Marquis de
Pomponne , de Palaiseau et de Champlant , Bri--
gadier des Armées du Roy , ci- devant Lieute-
nant General , et Commandant pour S. M. au
Gouvernement de l'Isle de France et Soisson-
nois, mourut à Paris âgé de 74. ans ri. mois,
Son Corps fut aporté le 11. au soir de Saint Sul-
pice , sa Paroisse , à Saint Merry , où il a étés
inhumé dans la Chapelle de, sa Famille. Son
Coeur a été porté à Palaiseau . Il avoit été d'a→
bord Capitaine dans le Reginent du Roy. Il fut
fait ensuite Colonel de celui de Hainaut au mois
de Septembre 1684. H servit à la tête de ce Re-
giment en Savoye sous le Maréchal de Ca-
anat , et il se distingua à la Bataille de la Staf
I. Voli
-farde
JUIN.
1737.
1221
farde en Piémont le 18. Août 1690. Il eut le
Regiment d'Artois au mois de Septembre 1692
et il fut fait Brigadier d'Infanterie le 30. Mars
1693. Il alla au mois de Mars 1699. à Bruxel-
les , avec le caractere d'Envoyé Extraordinaire
du Roy vers le feu Electeur Duc de Baviere ,
pour le complimenter sur la mort du Prince
Electoral , son Fils. Il étoit Fils aîné de feu Si
mon Arnauld , Marquis de Pomponne , Minis-
tre d'Etat , et Sur- Intendant General des Postes
et Relais de France , ci-devant Secretaire d'Etat
ayant le Département des Affaires étrangeres ,
mort le 26. Septembre 1699: à l'âge de 81. ans,
et de Catherine- Renée Ladvocat , morte le 31.
Décembre 1711. à l'âge de 75. ans , Sœur aînée
de Charlote- Renée l'Advocat , Veuve du Mar
quis de Vins , actuellement vivante. Le Marquis
de Pomponne , qui vient de mourir , étoit Fre
re de l'Abbé de Pomponne , Conseiller d'Etat
Ordinaire , et Chancelier des Ordres du Roy ,
et de la Marquise de Torcy-Colbert ; il avoit
été marié le 11. Mars 1694 avec Constance de
Harville de Palaiseau , Fille de feu François de
Harville des Ursins , Marquis de Palaiseau , de
Doué et de Trainel, Chevalier de l'Ordre du Roi,
Maréchal de Cap de ses Armées, et Gouverneur
des Ville et Citadelle de Charleville,et de Monto-
himpe , mort le 12 Octobre 1701 et de feuë
Anne de Comans d'Astry , sa seconde Femme ,
morte au mois d'Août 1693. Il avoit eu d'elle
Henri Charles Arnauld , Comte de Pomponne ,
mort le trente Juillet 1711. âgé de quator-
ze ans ; Jean Baptiste - François - Felix Ar-
nauld de Pomponne, mort dans la 10. année de
son âge , le 22% Avril 1713 et Catherine- Cons "
tance-Emilie Arnauld de Pomponne , restée Fille
IA-Foto-
H-vj
miques
1220 MERCURE DE FRANCE
"
singes , de Vize , de Ballemont , de Saint Ger-
main de la Montagne, &c. avec lequel elle avoit
été mariée le 17. Juin 1705. mourut à Paris
âgée d'environ fr. ans,laissant un Fils âgé de 20.-
ans , et une Fille plus jeune. Elle étoit Fille de
Pierre-Louis de Falconis , Seigneur d'Auvilliers-
et de Lierval , mort le 17. Mars 1692. et d'Eli-
zabeth de Monthelon , morte au mois de Jan-
vier 1729.
Le 4. Leonor-Hubert de Grivel , Marquis
d'Ourey , Colonel d'un Regiment d'Infanterie
de son nom , ci- devant de Vendôme par Com--
mission du 27. Juin 1726. Fils aîné de Paui
de Grivel , Comte d'Ourouer
en
Berri 9
qu'on prononce Ouroy) de Grossauve, &c..
autrefois Mestre de Camp- Lieutenant du Regi-
ment d'Anjou Cavalerie , et de feue Dame Mar-
guerite -Françoise le Bourgoing de Faulin , dont
ön a annoncé la mort dans le Mercure du mois.
de May 1736. p. 1032. mourut à Paris , âgé
de 28. ans, et sans avoir été marié.
Le 9. Nicolas- Simon Arnauld , Marquis de
Pomponne , de Palaiseau et de Champlant , Bri--
gadier des Armées du Roy , ci-devant Lieute-
nant General , et Commandant pour S. M. au
Gouvernement de l'Isle de France et Soisson-
nois, mourut à Paris âgé de 74. ans ri. mois,
Son Corps fut aporté le 11. au soir de Saint Sul-
pice , sa Paroisse , à Saint Merry , où il a été
inhumé dans la Chapelle de, sa Famille. Son
Coeur a été porté à Palaiseau. Il avoit été d'a—
bord Capitaine dans le Reginent du Roy. Il fut
fait ensuite Colonel de celui de Hainaut au mois
de Septembre 1684. H servit à la tête de ce Re-
giment en Savoye sous le Maréchal de Ca-
nar , et il se distingua à la Bataille de la Staf-
I. Vali
farde
JUIN.
farde en Piémont le
1737.
1221
18. Août 1690. Il eut le
Regiment d'Artois au mois de Septembre 1692
et il fut fait Brigadier d'Infanterie le 30. Mars
1693. Il alla au mois de Mars 1699. à Bruxel
les , avec le caractere d'Envoyé Extraordinaire
du Roy vers le feu Electeur Duc de Baviere ,
pour le complimenter sur la mort du Prince
Electoral , son Fils. Il étoit Fils aîné de feu Si
mon Arnauld , Marquis de Pomponne , Minis-
tre d'Etat , et Sur - Intendant General des Postes
et Relais de France , ci-devant Secretaire d'Etat
ayant le Département des Affaires étrangeres ,
mort le 26. Septembre 1699 ; à l'âge de 81. ans,
et de Catherine- Renée Ladvocat , morte le 31.
Décembre 1711. à l'âge de 75. ans , Sœur aînée
de Charlote- Renée l'Advocat , Veuve du Mara
quis de Vins , actuellement vivante. Le Marquis
de Pomponne , qui vient de mourir , étoit Fre→
re de l'Abbé de Pomponne , Conseiller d'Etat
Ordinaire , et Chancelier des Ordres du Roy ,
et de la Marquise de Torcy-Colbert ; il avoit
été marié le 11. Mars 1694 avec Constance de
Harville de Palaiseau , Fille de feu François de
Harville des Ursins , Marquis de Palaiseau , de
Doué et de Trainel, Chevalier de l'Ordre du Roi,
Maréchal de Cainp de ses Armées, et Gouverneur
des Ville et Citadelle de Charleville,et de Monto-
himpe , mort le 12 Octobre 1701 et de feuë
Anne de Comans d'Astry , sa seconde Femme ,
morte au mois d'Août 1693. Il avoit eu d'elle
Henri Charles Arnauld , Comte de Pomponne ,
mort le trente Juillet 1711. âgé de quator-
·
ze ans ; Jean Baptiste - François- Felix Ar-
nauld de Pomponne, mort dans la 10. année de
son âge , le 22 Avril 17136 et-Catherine- Cons
tance- Emilie Arnauld de Pomponne , restée Fille
Is-Vols-
Hivj
miquet
1222 MERCURE DE FRANCE
unique, mariée le 25 Juin 1715. avec Jean-Joa-i
chim Rouault , Comte de Cayeu , aujourd'hu
Marquis de Gamaches, et Maréchal de Camp des
Armées du Roy.,
Le 12. Philipe Hecquet , Docteur-Regent, an-
cien Professeur , et ancien Doyen de la Faculté
de Médecine de Paris , connu par plusieurs Ou-
vrages de sa Profession , qu'il avoit rendus pu-
blics mourut âgé de 74. ans. Il avoit quité
•
depuis 1o. ans l'exercice de la Medecine , il s'é-
toit retiré dans l'Enclos du Convent des Car-
melites du Fauxbourg S. Jacques. On prétend
qu'il y avoit 30. ans qu'il n'avoit mangé de
viande , ni bû de vin .
Le 13. Nicolas Henin , Conseiller du Roy ea
son Grand Conseil , où il avoit été reçû le s .
May 1688. mourut après avoir été trois jours
entiers en apoplexie létargique.
Il étoit âgé de
82. ans 11. mois 10. jours , étant né le 3. May
1654. Il étoit veuf d'Anne- Henriette Brice
dont il laisse deux Fils et une Fille , ainsi qu'on
l'a raporté en annonçant la mort de cette Da-
me dans le Mercure du mois de Novembre
1734. P. 1530.
Le 26. Louis le Goux de la Berchere , Comte
de la Rochepot , Marquis de Santenay , Baron de
Thoisy, Seigneur de la Berchere , Conseiller d'E-
tat ordinaire , mourut à Paris subitement en alg
lant se mettre à table pour dîner. Il étoit dans la
61. année de son âge , étant né le 10. Octobre
1676. il avoit été successivement Conseiller au
Parlement de Paris le 14.Janvier 1699. Maître des
Requêtes ordinaire de l'Hôtel du Roy le 29
Juillet 1703. et Chancelier et Garde des. Sceaux
de Charles de France , Duc de Berri , le 11. Dé-
sembre 1710. Il perdit cette Charge à la mort de
1. Velo
JUIN.
1737.
1223
ce Prince , et ayant été fait Conseiller d'Etat au
mois de May 1715. il se démit de celle de Maî
tre des Requêtes , et obtint des Lettres d'Hono-
raire le 22. Juin de la même année. Il étoit veuf
sans enfans depuis le 16. Mars 1729. de Magde-
leine-Charlotte Voisin , fille aînée du feu Chan-
celier de France de ce nom , et fils de feu Urbain
le Goux de la Berchere , Marquis de Santenay ,
&c. Maître des RequêtesHonoraire de l'Hôtel du
Roy , ci-devant Intendant successivement à
Moulins , à Riom , à Montauban et à Rouen ,
mort le 30. Août 1721. à l'âge de 79. ans , es
d'Antoinette le Févre d'Eaubonne , morte le 29%
Décembre 1708. âgée de 17. ans.
Le 27. Jean- Baptiste Poncy de Neuville , Prê-
tre, mourut à Paris dans la 39. année de son
âge. Les heureux talens dont il étoit orné , le
font universellement regretter , comme un sujet
également utile à la Religion qu'il a défendue
avec un zele infatigable par ses éloquents et so
lides Sermons ; et à la République des Lettres ,
qu'il a enrichie de plusieurs Ouvrages poëtiques
qui ont mérité plus d'une fois d'être couronnés .
dans l'Académie des Jeux Floraux. Il étoit d'ail
leurs autant estimable par les qualités du cœur
que par celles de l'esprit. Il prononça l'année
derniere avec beaucoup de succès dans l'Eglise
des R R. PP. de l'Oratoire , le Panégyrique de
S. Louis , en présence de deux célebres Acadé
mies. Il a aussi prêché plusieurs Sermons dans
l'Eglise Paroissiale de S. Sulpice et dans d'autres
Eglises de la Ville . Un redoublement de zele
pour les devoirs de son Ministere dans les cir-
constances de la fin du Carême , lui a causé la
maladie qui l'a enlevé en très-peu de jours.
Le même jour D. Jeanne-Louise d'Herbouville
I. Vd.
épouse
1224 MERCURE DE FRANCE
épouse de Charles de Houdetot , dit le Comte de
Houdetot , Chevalier Seigneur de Fontaines-le-
Châtel , de S. Germain des Essours , des Autieux,
&c. son cousin paternel et maternel du 3. au 4.
mourut après une courte maladie d'un abcès dans
la tête , à Paris dans la 26. année de son âge ,
étant née le s. Décembre 1711. elle étoit fille
d'Adrien , Marquis d'Herbouville , Chevalier-
Seigneur de S. Jean du Cardonnay , la Cour-le-
Comte , la Gaillarde , le Bourgdun , Luneray ,
S Pierre le Vieux , Baron de Longueval , Lagny,
fe Marqué , Bellan , &c. ci - devant premier Ea-
seigne de la Compagnie des Gendarmes de la
Garde du Roy , Mestre de Camp de Cavalerie ,
er de D. Françoise- Chrétienne Dauvet des Ma-
rets ; elle laisse un garçon et une fille en bas àge,
n'ayant été mariée qu'au mois de Novembre
1731. c'étoit la cinquiéme alliance réciproque
que ces deux Maisons , qui sont d'une ancienne
Noblesse de Normandie , avoient faites entre-el-
les. La Généalogie de celle de Houdetot est rå-
portée dans le Tome VIII.des Grands Officiers de
la Couronne , au Chapitre des Grands-Maîtres
des Arbalêrriers , page 16. Ses Armes sont d'ar-
gent à une bande d'azur , chargée de trois anne
lets d'or remplis , celui du milieu d'un Lion ,
les deux autres d'une Aigle à deux têtes , et Dia-
prée d'or. Herbouville porte de gueules à une
Fleur de Lys d'or.
Le nommé Félix de la Mata , mourut le 28.
Avril à Pampelune , âgé de 125. ans ; il s'étoit
marié à l'âge de 110. ans pour la troisième fois,
et il a eu trois enfans de sa derniere femme.
et.
Le 29. Dile Marie Cousinet , Dame.de Boisro-
ger , fille de Robert Coasinet , Maître ordinaire
en-l Chambre des Compres de Paris , mort le
JUIN.
L. Vol
1737.
1225
36. Août 1701. et de Di Elizabeth-Catherine
Rousselet , morte le premier May 1694. mourut
d'une fluxion de poitrine à Paris , dans un âge
avancé , sans avoir été mariée..
Le même jour François Gacon , ancien Avocat
au Parlement de Paris , où il avoit été immatri-
culé le 4. Février 1698. et l'un des grands Con-
sultans du Palais , mourut âgé d'environ 63 ans.
Le même jour D. Jeanne-Margueritte de Bre-
han , veuve depuis le 27. Mars 1713. de Charles,
Marquis de Sévigné , Seigneur des Rochers ,
Lieutenant pour le Roy de la Ville de Nantes et
Comté Nantois, et auparavant Sous-Lieutenant
de la Compagnie des Gendarmes Dauphins, avec
lequel elle avoit été mariée au mois de Fevrier
1-684. mourut à Paris, sans enfans , âgée de 69.
ans. Elle étoit sœur de Jean- François Amalrie
de Bréhan , Comte de Mauron et de Plélo , Sei-
gueur de Galinée , ci-devant Conseiller au Par-
fement de Bretagne ; tous deux enfans de Mau-
rille de Breban , aussi Comte de Mauron et de
Plélo , et de D. Louise de Quelen. Feu Charles?
Marquis de Sévigné , étoit frere de feuë Fran-
go:se -Marguerite de Sévigné , troisiéme femme.
de François Adhemar de Monteil de Castelane ,
Comte de Grignan , Chevalier des Ordres du
Roy ,, et seul Lieutenant General au Gouverne
ment de Provence, morte le 13. Août 1705. tous
deux enfans de Henry , Marquis de Sévigné, Sei-
gneur des Rochers , Maréchal des Camps et Ar
mées du Roy, et Gouverneur de la Ville de Fou-
geres en Bretagne , qui fut tué en 1651. dans un
combat singulier contre le Chevalier d'Albret ,,
et de Marie de Rabutin de Chantal , morte au
mois de May 1696. après s'être renduë celebre
par son esprit et par ses Lettres à la Comtesse de
Grignan ,
1226 MERCURE DE FRANCE
Grignan , sa fille , dont on a donné un Recueil
au Public en 1734. en 6. vol. in 12.
Le 2. May Antoine- Simon le Courtois , Ecuyer
Seigneur d'Avery et de Chome , ci-devant Con
trôleur Géneral des Fermes de Languedoc , ze.
Fils de feu Pierre le Courtois , Ecuyer Conseil-
ler au Siege Présidial de Troyes , et de Margue-
ritte Laigneau , mourut à Paris , laissant de D.
Marthe Ricaud, sa femme, Jacques le Courtois
d'Averly , Conseiller en la Cour des Aydes de
Paris , où il a été reçû le 10. May 1735.
Le 3. mourut subitement à Paris à l'Hôtel de
la Bibliotheque du Roy , âgé de 78. ans , Louis
de Targny , Prêtre du Diocèse de Noyon , Doc-
teur en Théologie de la Faculté de Paris , du 22.
Septembre 1688. l'un des Gardes de la Biblio-
theque du Roy , depuis le mois de Janvier 1712.
et Abbé Commandataire de l'Abbaye de S. Lo ,
Ordre de S. Augustin , Diocèse de Coutances
qu'il avoit obtenuë le 13. May 1724. en remet-
tant celle de Sainte Marie d'Obasine , Ordre de
Citeaux , Diocèse de Limoges , qui lui avoit été
accordée le 17. Octobre . 1723. il s'étoit démis il
y avoit environ 18. mois de la Dignité de Chan-
tre de l'Eglise Métropolitaine de Rheims ,et avoit
été autrefois Principal du College de Dainville.
François Sévin , Pensionnaire depuis 1726. de
l'Académie Royale des Inscriptions et Belles-
Lettres , dans laquelle il avoit été reçû Eleve dès
1711. et ensuite Associé en 1714. a cû la Place
de Garde de la Bibliotheque du Roy, vacante par
la mort de Louis de Targny ; il en faisoit les
fonctions depuis quelques années.
Le 3. Dom Etienne Richard , General de
l'Ordre des Chartreux , mourut à la grande Char-
treuse en Dauphiné, dans la 69. année de son
I. Val
âge,
JUIN 1737.
I. Vol.
1227
ge , et dans la 6. de son Géneralat , ayant été
élû le 3. Février 1732. il étoit alors Prieur de la
Chartreuse de Castres en Languedoc , et Visiteur
de la Province d'Aquitaine.Dom Michel de Lar-
nage Prieur de la Chartreuse de S. Hugon , a été
élu Géneral en son lieu et place.
Le 4. Ferdinand , Duc de Curlande , et de Se-
migalle , qui depuis deux à trois ans faisoit son
séjour le plus ordinaire à Dantzig , y mourut
dans la 82. année de son âge , étant né le 2. No-
vembre 1655. il étoit 4 fils de Jacques , Duc de
Curlande et de Semigalle , mort le 31. Décembre
1682.et de Louise-Charlotte de Brandebourg,
morte le 29. Août 1676. il avoit embrasse la
Religion Catholique en 1698. et il avoit été au-
trefois Lieutenant d'Artillerie des Troupes de
l'Electeur de Brandebourg et ensuite du Roy de
Pologne. Après la mort du Duc Frederic Casi-
mir , son frere aîné , arrivée le
22. Janvier .
1698. il eut la Régence et l'administration du
Duché de Curlande jusqu'en 1710. pendant la
minorité du Duc Frédéric Guillaume , son ne-
veu , qui mourut le 21. Janvier 1711. il devoit
être son successeur , étant le seul mâle qui restất
de sa Maison , mais Anne Juanowna , veuve de
son neveu , quoique sans enfans , garda ses Etats
jusqu'en 1730. qu'elle fut apellée au Trône de
la Monarchie de Russie ; ensorte qu'il ne reçut
l'investiture du Duché de Curlande et de ses dépen
dances du Roy de Pologne , que le 28. Février
1731. Il s'étoit marié le 25. Septembre 1730.
avec Jeanne- Magdelaine de Saxe , née le 17.
Mars 1708, fille de feu Jean- Georges , Duc de
Saxe-Weissenfels , et de Frederique- Elizabeth de
Saxe-Eysenach. Il n'en a point eû d'enfans , de-
sorte qu'en lui finit la Maison de Ketler , qui
avoit
1228 MERCURE DE FRANCE
avoit été investie du Duché de Curlande et de
Semigalle , le 5. Mars 1562. par Sigismond, Roy
de Pologne , en la personne de Gothard Ketler ,
Gentilhomme du Duché de Bergue , er dernier
Grand-Maître de l'Ordre des Chevaliers de Li-
vonie , Bisayeul du Duc qui vient de mourir.
Les Zacharie Morel, Seigneur de la Brosse en
Brie , et de S. Oüen , Conseiller et Doyen du
Parlement , et Doyen des Conseillers de la Ville
.de Paris , mourut dans la 84. année de son âge
et la sf . de sa Magistrature , ayant été reçû
Consciller au Parlement le 6. May 1682. il mon-
ta à la Grand'Chambre au mois de Novembre
1714. et en devint Doyen le 25. Avril 1735. I
étoit fils de Daniel Morel , Seigneur de Stain-
ville, Haussignemont, Courbevoye, & c. Conseil
ler-Secretaire du Roy et de ses Finances, et Maître
de la Chambre aux Deniers de S. M. mort le 12
Avril 1697. et d'Elisabeth Henryet, morte le 27
Décembre 1691. et il avoit épousé défunte Mi-
chelle-Angélique Titon , fille de feu Maximi-
lien Titon , Baron de Berre , Seigneur d'Ognon,
&c. aussi Secretaire du Roy , et de ses Finances ,
et Directeur General du Magazin des Armes de
S. M. et de feüe Marguerite Becaille. Il en laisse
un fils , qui a été ci- devant dans le Service Mi-
litaire , er deux filles , tous trois non mariés.
Le 6. D. Marie- Anne Boileau , veuve depuis le
20. Janvier 1710. de Philipe Gourdon , Consei
ler-Secretaire du Roy , Maison , Couronne de
France et de ses Finances, et Secretaire des Com-
mandemens de feue Dile Marie de Lorraine ,
Duchesse de Guise , mourut d'une fluxion de
poitrine , âgée d'environ 76. ans, laissant un fils.
Le 7. May , Jean-Baptiste-Jacques de Saint
Remy, Marquis de Cossé , Seigneur de la Motte-
L.Voli
Fouqué
JUIN.
1737.
1229
Fouqué de Montgoubert , &c. mourut en son
Château de la Motte , en Normandie , âgé d'en-
viron 67. ans. Il avoit épousé en 1700. Marie-
Therese-Nicole de Montgommery, fille de Fran-
çois , Comte de Montgommery , Chevalier de
l'Ordre du Roy, et de Marie- Louise de Grisson,
Dame de la Motte- Villebouzin , près de Long-
jumeau et du Mesnil. Elle mourut le 29. Mars
1733. il avoit eû d'elle deux enfans ; sçavoir,
Jean-Baptiste-François de S. Remy , mort le 25
Avril 1726. âgé de 23. ans , et Marie- Magde-
laine de S. Remy , aujourd'hui seule et unique
heritiere de sa Maison , qui fut mariée le 20
Décembre 1725. avec Guy- Antoine de S. Si-
mon, Marquis de Courtomer , Mestre de Camp
de Cavalerie , ci- devant Capitaine des Gardes
du Corps de feue la Duchesse de Berry , qui a été
dans sa jeunesse Chevalier de l'Ordre de S. Jean
de Jerusalem , et qui devint en 1724. l'aîné de
sa Maison par la mort sans enfans de Jacques-
Antoine de S. Simon , son frere , Marquis de
Courtomer , Comte de Montreuil , Colonel du
Régiment de Soissonnois,
Le 8. D. Marie- Madelaine- Therese - Gene-
viéve de Mouchy d'Hocquincourt , Veuve depuis
le 27. Janvier 1711. d'Antoine de Pas , Mar-
quis de Feuquieres , Lieutenant General des Ar
mées du Roy , Gouverneur des Ville et Cita-
delle de Verdun , et Païs Verdunois , Chevalier
de l'Ordre Militaire de S. Louis , et ancien Che-
valier d'Honneur du Parlement de Metz , avec
lequel elle avoit été mariée au mois de Janvier
1695. mourut à Paris dans le Monastere de
Port - Royal , âgée de 68. ans. Elle étoit Fille
de Georges de Mouchy , Marquis d'Hocquin-
Court , Chevalier des Ordres du Roy , Lieute
1. Val.
nang
*
1228 MERCURE DE FRANCE
avoit été investie du Duché de Curlande et de
Semigalle , le 5. Mars 1562. par Sigismond, Roy
de Pologne , en la personne de Gothard Ketler ,
Gentilhomme du Duché de Bergue , er dernier
Grand-Maître de l'Ordre des Chevaliers de Li-
vonie , Bisayeul du Duc qui vient de mourir.
Les Zacharie Morel, Seigneur de la Brosse en
Brie , et de S. Ouen , Conseiller et Doyen du
Parlement , et Doyen des Conseillers de la Ville
de Paris , mourut dans la 84. année de son âge ,
et la sf . de sa Magistrature , ayant été reçû
Conseiller au Parlement le 6. May 1682. il mon
ta à la Grand'Chambre au mois de Novembre
1714. et en devint Doyen le 25. Avril 1735. I
étoit fils de Daniel Morel , Seigneur de Stain-
ville, Haussignemont , Courbevoye, & c. Conseil
ler- Secretaire du Roy et de ses Finances, et Maître
de la Chambre aux Deniers de S. M. mort le 12
Avril 1697. et d'Elisabeth Henryet, morte le 27
Décembre 1691. et il avoit épousé défunte Mi-
chelle-Angélique Titon , fille de feu Maximi-
lien Titon , Baron de Berre , Seigneur d'Ognon,
&c. aussi Secretaire du Roy , et de ses Finances,
et Directeur General du Magazin des Armes de
S. M. et de feue Marguerite Becaille. Il en laisse
un fils , qui a été ci- devant dans le Service Mi-
litaire , er deux filles , tous trois non mariés.
Le 6. D. Marie- Anne Boileau , veuve depuis le
20. Janvier 1710. de Philipe Gourdon , Consei
ler-Secretaire du Roy , Maison , Couronne de
France et de ses Finances, et Secretaire des Com-
mandemens de feue Dile Marie de Lorraine ,
Duchesse de Guise , mourut d'une fluxion de
poitrine , âgée d'environ 76. ans, laissant un fils.
Le 7. May , Jean-Baptiste-Jacques de Saint
Remy, Marquis de Cossé , Seigneur de la Motte-
I Vol
Fouqué
JUIN.
1737.
1229
Fouqué de Montgoubert , &c. mourut en son
Château de la Motte , en Normandie , âgé d'en-
viron 67. ans. Il avoit épousé en 1700. Marie-
Therese-Nicole de Montgommery, fille de Fran-
çois , Comte de Montgommery , Chevalier de
P'Ordre du Roy, et de Marie- Louise de Grisson,
Dame de la Motte-Villebouzin , près de Long-
jumeau et du Mesnil. Elle mourut le 29. Mars
1733. il avoit cû d'elle deux enfans ; sçavoir
"
Jean- Baptiste-François de S. Remy , mort le 25
Avril 1726. âgé de 23. ans , et Marie- Magde-
Laine de S. Remy , aujourd'hui seule et unique
heritiere de sa Maison , qui fut mariée le 20
Décembre 1725. avec Guy- Antoine de S. Si-
mon, Marquis de Courtomer , Mestre de Camp
de Cavalerie , ci- devant Capitaine des Gardes
du Corps de feue la Duchesse de Berry , qui a été
dans sa jeunesse Chevalier de l'Ordre de S. Jean
de Jerusalem , et qui devint en 1724. l'aîné de
sa Maison par la mort sans enfans de Jacques-
Antoine de S. Simon , son frere , Marquis de
Courtomer , Comte de Montreuil , Colonel du
Régiment de Soissonnois,
Le 8. D. Marie- Madelaine- Therese Genc-
viéve de Mouchy d'Hocquincourt , Veuve depuis
le 27. Janvier 1711. d'Antoine de Pas , Mar-
quis de Feuquieres , Lieutenant General des Ar-
mées du Roy , Gouverneur des Ville et Cita-
delle de Verdun , et Païs Verdunois , Chevalier
de l'Ordre Militaire de S. Loüis , et ancien Che-
valier d'Honneur du Parlement de Metz , avec
lequel elle avoit été mariée au mois de Janvier
1695. mourut à Paris dans le Monastere de
Port- Royal , âgée de 68. ans. Elle étoit Fille
de Georges de Mouchy , Marquis d'Hocquin-
Court , Chevalier des Ordres du Roy , Lieute
I. Val.
nang
230 MERCURE DE FRANCE
nant General de ses Armées , Grand-Bailly et
Gouverneur de Peronne , Montdidier et Roye ,
mort au mois de Décembre 1689. et de Dame
Marie Molé de Jusanvigny , morte le 21. Jan-
vier 1694. Il ne lui restoit plus qu'une Fille , qui
est D. Pauline- Corisande de Pas- Feuquieres ,
née le 19. Janvier 1704. et mariée le 30. Jan-
vier 1720. avec Joachim Adolphe de Seigliere
Marquis de Soyecourt , Chevalier de l'Ordre
Militaire de Saint Louis , Brigadier des Armées
du Roy , ci-devant Colonel du Regiment de
Bourgogne.
Le 9. Jean-Jacques du Bergier , Seigneur des
Salles , et de Montaumer , Gentilhomme Ore
dinaire du feu Duc d'Orleans , mourut à Paris
en la Maison des PP. de la Doctrine Chrétien-
ne , dans un âge fort avancé.
Il étoit Fils de
Jean-Jacques Bergier , Seigneur des Salles , et
de Marie de Machaut , et veuf de Marie Gene-
viéve Routtier, morte le 24. Janvier 1731. âgée
de 74. ans, Fille de Michel Routtier Payeur des
Rentes de l'Hôtel de Ville de Paris , et de Ge
nevieve Lalleman.
Le 11. Augustin de la lacquerie de Simphalle,
natif de Beauvais en Picardie , Chanoine-Dia-
cre de l'Eglise Métropolitaine de Paris,mourut âgé
de 84.ans comple:s moins un jour, étant né le 12.
May 1653. Il étoit petit Neveu du célebre Clau-
de Joly , Chantre , Chanoine et Official de Pa-
ris , mort le 16. Janvier 1700. dans la 94 an-
née de son âge , qui lui avoit resigné avant sa
mort son Canonicat , auquel il fut reçû le 25.
du même mois de Janvier. Il étoit auparavant
Chanoine et Théologal de l'Eglise de Tournay.
Claude Joly avoit succedé en 1631. dans ce Ca
nonicat à Gui Loysel , son Oncle ; celui- ci à
I. Vol.
Arnoul
JUIN.
17370
1231
Arnoul du Mesnil , son grand Oncle en 1590.
et ce dernier à Paul du Mesnil , son Frere , en
$ 178 . ainsi il y avoit 159. ans que ce Bénéfice
étoit dans cette Famille.
Le 12. D. Catherine Turgot de Saint Clair ;
Epouse de Claude-Charles Hatte de Chevilly
Brigadier des Armées du Roy , Chevalier de
l'Ordre Militaire de S. Louis , et ci-devant Ca-
pitaine au Regiment des Gardes Françoises , et
auparavant veuve de Gilles d'Aligre , Seigneur
de Boislandry et de Beauvoir , Conseiller au
Parlement de Paris , decédé le 12. Avril 1711 .
mourut à Paris après 6, mois d'une maladie de
langueur, âgée d'environ 65. ans , sans laisser
d'enfans. Elle étoit fille de feu Antoine Turgot ,
Seigneur de S, Clair , Lanteuil , le Ménil-Gon-
douin
Belon , Sainte Honorine , &c. mort
Sous-Doïen des Maîtres des Requêtes de l'Hôtel
du Roy , le 15. Février 1713. et de feuë D,
Jeanne du Tillet , morte le 12 May 1728,
Le 13. Sœur Angelique de Lanfernat , sur
nommée de Tous - les- Saints , Religieuse, Ursuli-
ne du Convent de Crevant , ou Cavant en Au-
xerrois, mourut dans ce Monastere, âgée de plus
d'un Siécle. Elle étoit fille afnée de Charles de
Lanfernat , Ecuyer , Seigneur de la Jaque mi-
niere , et des Bards , et de D. Claude-Marie du
Plessis de la Perrine , Dame d'Asnieres , quifu
rent mariés par Contrat du 28. Décembre 1635,
Elle fur ondoyée au Château de la Jacquemi-
niere au Perche , et baptisée peu de jours après
dans l'Eglise de Moncorbon , le jour de Noël
?
25. Décembre 1636. Elle avoit deux Sœurs ca-
dettes , Religieuses au Convent des Ursulines de
Crevant , où elles sont mortes en reputation de
Sainteté ,
gées de plus de 80. ans, Elle prit à
J. Vol.
Jeug
1232 MERCURE DE FRANCE
leur exemple le même parti ; et après son No-
viciat , elle fut admise à la Profession le s. No-
vembre 1662. Elle a édifié , pendant sa vie
1
toute la Communauté par ses vertus , et par sa
régularité à remplir les Observances de son état,
dont elle ne s'estjamais relâchée , même dans sa
vieillesse la plus avancée. Feu Edme de Lanfer-
nat , son frere , Seigneur de la Jacqueminiere et
d'Asnieres , mort au mois d'Octobre 1718. a
laissé de Catherine Sauvat , qu'il avoit épousée
Je 9. Juin 1676, et du chef de laquelle il étoit
devenu Seigneur de Villars , Paroisse de Cham-
pignelles près de S. Fargeau en Puisaye ; entre
autres Enfans , Jean
·
Baptiste de Lanfernat ,
Seigneur de Villars , marié avec Damoisel
le Guillaume de Marsangis , d'auprès de Sens ,
et Charlote de Lanfernat , mariée avec Joseph
de Montigny , Seigneur de Montigny- les-Has-
tes , Paroisse de Pereux. On a parlé de la Fa-
mille de Lanfernat dans le Mercure du mois
de Février 1731. p. 284 à l'occasion de la mort
de D. Louise- Marie de Lanfernat , Dame de
Courteilles- le-Guerin , du Teil , et de Cham-
moteux , Veuve de François de l'Osmone , Sei-
gneur du Bois-de- la-Pierre , Exempt des Gardes
du Corps du Roy , et Chevalier de l'Ordre de
S. Louis , laquelle s'étoit fait connoître par son
talent pour la Poësie , et par les Recherches et
Mémoires qu'elle avoit faites sur l'Histoire de
Normandie.
Le 14 May , Louis de Rochechouart, Seigneur
de Montigny et du Monceau , qui avoit servi
dans sa jeunesse en qualité d'Enseigne , et en-
suite de Lieutenant des Galeres , mourut dans
son Château de Montigny , dans la Forêt d'Or-
leans , âgé de 72. ans 10 mois. 11 étoit fils
I. Vol.
d'Isaac
du Roi.
JUIN.
1737.
1233
Isaac- Louis de Rochechouart , Seigneur de
Montigny, de la Brosse et du Monceau , Baron
de Loury dans la Forêt d'Orleans, mort en 1683.
et de Françoise le Conquerant , sa premiere fem-
me , et il avoit épousé en 1692. Elizabeth de
Cugnac , fille de Philipe de Cugnac , Baron de
Jouy en Beauce , et d'Elizabeth de Morain-
ville, Il en laisse Louis-Philipe-Esprit-Juvenal
de Rochechouart, Chevalier des Ordres de N.D.
du Mont Carmel , et de S. Lazare de Jerusalem,
Capitaine dans le Regiment de la Reine Infan-
terie; Pierre-Jules-César de Rochechouart, Evê-
que d'Evreux , sacré le 15. Février 1734. Jo-
seph de Rochechouart , et Louise Elisabeth de
Rochechouart , mariée le 10. Décembre 1731.
avec Henri Lambert d'Herbigny , Marquis de
Thibouville , ci-devant Mestre de Camp du Re-
giment de Dragons de la Reine.
Le 17. D. Marguerite de Lalive , veuve depuis
le 17. Juin 1731. de Jean Martial de Jaucen de
la Perriére, Seigneur de Crosne , et de Noisy sur
Seine,Conseiller-Secretaire du Roi, Maison,Cou-
ronne de France et de ses Finances , ancien Re-
ceveur general des Finances de Flandres , et an-
cien Fermier general , mourut en son Châ-
teau de Crosne , âgée d'environ 84. ans , lais-
sant 2. filles,qui sont D. Marie Anne de Jaucen,
veuve de Pierre Larcher , Marquis d'Arey , et
de Vindici, Seigneur d'Avrilly , Bailli d'Epée de
Vermandois , et Président en la Chambre des
Comptes de Paris , et D. Marguerite Françoise
de Jaucen, épouse de François- Louis - Martial de
Montiers , Comte de Merinville , Vicomte de
Brigueil , Baron de Montrocher , et de Château-
brun, Capitaine-Lieutenant de la Compagnie des
Gendarmes de la Reine , et Brigadier des Armées
Lo
234 MERCURE DE FRANCE
Le 27. La Dlle Lucas , fille aînée de feu An-
toine-Jean Lucas , Seigneur de Romeval , et de
Neuvirelle , Conseiller en la Grand'Chambre du
Parlement de Paris mort le 7. Décembre 1728.
et de D. Anne Magdelaine Loyseau , sa veuve ,
mourut
>
âgée de 21. ans ou environ .
Le 29. Alexis Paneau , Conseiller-Secretaire da
Roi,Maison,Couronne de France et de ses Finan.
ces, Honoraire , et ancien Directeur general des
Aydes et Entrées de la Ville de Paris, aussi ancien
Payeur des Rentes de l'Hôtel de Ville , mourut
dans la 100e. année de son âge , étant né au mois
de Juillet 1637. Il avoit été marié 1º. avec Vic-
toire Elian , Femme de Chambre des Enfans de
France , morte le 22. Septembre 1694. 2 ° avec
Jeanne- Angelique le Vaillant , sœur de François
le Vaillant , Conseiller au Grand Conseil. Il
laisse de celle-ci 2. filles qui ne sont point ma-
riées , et de la premiere un fils apellé le sieur
d'Arty, qui lui a succedé dans l'Emploi de Di-
recteur General des Aydes et Entrées de Paris ,
et qui a épousé une des filles de Louis Guillau-
me , Ecuier , Sieur de Fontaine, Commissaire et
Controlleur de la Marine au Département de
Flandres et de Picardie , et de Marie Armande
Carton.
Le premier Juin , D. Marie- Thérese Colbert ,
veuve depuis le 6. Novembre 1725. de Jacques
Eleonor Rouxel, Comte de Medavy et de Gran-
cey , Maréchal de France , Chevalier des Or-
dres du Roi , Gouverneur de la Ville et Princi-
pauté de Sedan, avec lequel elle avoit été mariée
le 12. Juin 1685. mourut à Paris , âgée de 68 .
ans , sans laisser d'enfans. Elle étoit fille d'E-
douard-François Colbert , Comte de Maulevrier,
Baron de la Frogerie &c. Chevalier des Ordres
da
I. Vol.
JUIN.
1737.
1235
du Roi , Lieutenant General de ses Armées , or
Gouverneur des Ville et Citadelle de Tournay
>
mort le 31. Mai 1693. et de Marie Magdelaine
Bautrude Serrant , morte le 10. Mars 1700.
Le même jour D. Louise - Emilie de la Tour
d'Auvergne, ancienne Abbesse de l'Abbaye Roya
ie de Montmartre-lès- Paris , mourut dans le
Monastere du Prieuré du Cherchemidi , où elle
s'étoit retirée, dans la 70. aunée de son âge . Elle
étoit Professe de l'Abbaye de N. D. de Soissons,
de l'Ordre de S. Benoît, elle fut nommée au mois
de Février 1707. Abbesse de S. Remy de Villers-
Côte-Rets , du même Ordre , Diocèse de Sois-
sons,d'où elle fut transferée au mois de Novem-
bre 1727. à celle de Montmartre , dont elle
donna sa démission au mois de Février 1735.
Elle étoit fille de Frédéric- Maurice de la Tour ,
Comte d'Auvergne et d'Oliergues , Marquis de
Lanquais, Colonel Général de la Cavalerie Lé
gere de France , Lieutenant Général des Armées
du Roy , Gouverneur et Sénéchal du haut et bas
Limosin , mort le 23. Novembre 1707. et de
Henriette- Françoise de Hohen- Zollern , Mar-
quise de Berg-op - Zoom , sa premiere femme
morte le 17. Octobre 1698.
Le 7. Avril , pâquit dans le Château de Wailly
Marie Anne Christiane Josephine, fille premiere
née de Louis Ferdinand Joseph de Croy , Duo
d'Havré , et de Croy , Prince du Saint Empire ,
Grand d'Espagne de la premiere Classe, Châtelain
heréditaire de Mons , Marquis de Thie-le Châ-
teau,&c. Colonel du Régiment de la Couronne,
et de D. Marie- Louise Cunegonde de Montmo-
rency-Luxembourg , mariés le 16. Janvier de
Pannée derniere 1736. elle fut baptisée le lende-
I
main
1236 MERCURE DE FRANCE
main 8. par l'Evêque d'Amiens dans l'Eglise pa,
roissiale de ce lieu au bruit de plusieurs déchar
ges de canon. Les Parain et Maraine furent
Louis Christian de Montmorency - Luxembourg,
Comte Souverain de Luxe , Comte de Beau-
mont , Seigneur de Dollor , Maréchal de France ,
Chevalier des Ordres du Roi , Lieutenant Gene
ral au Gouvernement de Flandres , et Gouver
neur de Valenciennes
la baptisée.
Ayeul maternel
"
et
D. Marie-Anne Cesarée Lanti, Duchesse Dožiai-
riere d'Havré , et de Croy , Ayeule paternelle de
Quelques semaines après cette cérémonie , il
y eut dans les Jardins du Château de Wailly un
fort -beau feu d'artifice , qui fut tiré entre 9. et
10. heures du soir avec beaucoup de succès. Il
fut accompagné d'une illumination d'environ
3000. lampions dont toutes les fenêtres du Châ-
teau étoient entourées ; quantité de piramides
sur les bords d'un Canal , qui passe au milieu
du jardin , étoient aussi garnies de lampions ,
et formoient par la reverberation de leur lumie
re dans le canal un objet fort charmant à la vûë,
Plusieurs personnes de la premiere distinction
de la Province , se trouverent à cette fête.
Le premier Avril dernier , D. Joachim- An
toine Ximenès , Marquis d'Ariza , et de la Guar-
dia , Amirante heréditaire du Royaume d'Arra-
gon , Grand d'Espagne de la premiere Classe ,
veuf de feie. D. Rose Perez de Gusman Bueno
Sylva et Mendoza , épousa dans la Chapelle
du Château de Wailly à 4. lieues d'Amiens en
Picardie , Dlle Marie Anne. Charlotte de Croy,
âgée d'environ 20. ans, seconde fille de feu Jean-
Baptiste Erançois Joseph.de Croy , Duc d'Ha
J Vol.
γκέ
JU IN.
1737.
1237
ré et de Croy , Marquis de Wailly , Prince de
l'Empire, Grand d'Espagne de la premiere Clas-
se , mort le 24. Mai 1727. et de D. Marie An-
ne Cesarée Lanti , sa veuve , Duchesse Douai-
riere d'Havré et de Croy. La cerémonie des Fian
çailles , et des Epousailles fut faite par Louis-
François d'Orleans de la Mothe , Evêque d'A-
miens.
Fermer
777
p. 1237-1256
ARRESTS NOTABLES, EDITS, &c.
Début :
ARREST du 11. Décembre 1736. portant Reglement géneral pour le commerce du [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ARRESTS NOTABLES, EDITS, &c.
ARRESTS NOTABLES,
EDITS, &c.
ARREST du 11. Décembre 1736. portant Reglement géneral pour le commerce du
Tabac au Comté de Bourgogne , par lequel Sa
Majesté ordonne l'exécution des 26. Articles
Contenus audit Arrêt.
ORDONNANCE du Roy , du 8. Janvier sui
vant,portant réduction des Régimens d'Infante-
rie Allemande , par laquelle S. M. ordonne l'exe
cution des dix Articles qui y sont contenus.
AUTRE du même jour , portant rétablisse-
ment des Congés d'ancienneté , dont la déli-
vrance avoit été suspenduë par celle du Is. Fé
vrier 1734.
AUTRE du même jour , pour réduire les
Troupes Suisses et Grisonnes qui sont au Ser-
vice de S. M. et regler leur payement.
1 AUTRE du même jour , portant réduction
dans les Régimens de Hussards , qui ordonne
I. Kol.
I ij , l'execution
1238 MERCURE DE FRANCE
Eexecution des huit Articles qui y sont contenus.
AUTRE du même jour , portant réduction
des Compagnies de Cavalerie Françoise et Etrans
gere , et de Carabiniers.
AUTRE du même jour , pour réduire tou-
tes les Compagnies des Régimens d'Infanterie
Françoise , à trente hommes.
AUTRE du même jour , pour réduire les
Compagnies des Régimens de Dragons à vingt-
cinq , dont quinze à cheval et dix à pied.
AUTRE du même jour , concernant la ré-
duction des quatre Compagnies des Gardes du
Corps , par laquelle S. M. ordonne qu'à com
mencer du 20. du présent mois de Janvier ,
il
sera réformé cinq Gardes par Brigade , à raison
de trente par Compagnie , et au total cent vingt
Gardes, &c.
AUTRE du même jour , pour réduire la
Compagnie des Grenadiers à cheval du Roy , a
cent trente Maîtres , avec quatre Tambours.
AUTRE du même jour , pour retranches
les cinquante Mousquetaires à cheval , dont
chacune des premiere et seconde Compagnies
avoient été augmentées par Ordonnance du pre-
mier Mars 1734.
AUTRE du même jour , pour réduire les
trente Compagnies ordinaires du Régiment des
Gardes Françoises , à cent dix hommes chacune ,
Bon compris les Officiers.
I.Vol
AUTRE
JUIN.
1737.
seize Compagnies de la Gendarmerie.
1235
AUTRE du même jour , pour réduire les
AUTRE du même jour , pour réduire les
Compagnies des Régimens d'infanterie Iklan-
coise à trente hommes , et composer les Batail-
lons de dix - sept Compagnies , de même que les
Bataillons François,
AUTRE du même jour , contenant 44. pa
ges , portant Reglement pour le payement des
Troupes de Sa Majesté , par laquelle il est dit
que S. M. ayant fait expédier ses ofdres pour le
licenciement et les réductións qu'elle s'est déter-
minée de faire dans ses Troupes , tant Françoises
qu'Etrangeres , à l'occasion de la Paix ; et vou-
Tant expliquer ses intentions sur la composition ,
après la réforme , et l'entretenement de celles
qu'elle a résolu de conserver ; elie a ordonné et
ordonne l'execution de tous les Articles conte-
nus en ladite Ordonnance , &c.
AUTRE du 1o. pour faire
retournee
dans les Provinces et Generalités du Royaumë
Jes Cavaliers , Dragons et Soldats François qui
seront réformés , et leur défendre de commettre
aucun désordre ni de passer dans les Pays Etran-
gers , sur les peines qui y sont contenues.
SENTENCE de Police du 11. qui renouvelle
les défenses à tous Boulangers , Meûniers , Bras-
seurs et autres , d'acheter aucuns Grains et Fa-
rines , et à tous Fermiers , Laboureurs et autres,
d'en vendre par montre , dans l'étenduë de huit
lieues aux environs de Paris..
1. Vol.
I iij
ARREST
1240 MERCURE DE FRANCE
ARREST du 15. qui proroge jusqu'au
dernier Décembre 1737. le délai accordé par ce-
lui du 17. Janvier 1736. pour la modération des
droits de Marc d'Or , Sceau et autres frais de
Provisions des Offices qui se Itveront , vacans
aux Revenus Casuels , pendant le courant de la-
dite année.
AUTRE du 22. qui ordonne que les Ser-
ges de Crevecœur , d'Hardivilliers et des autres
Manufactures , qu'il a été d'usage jusqu'à pré-
sent de vendre à la piece , pouront à l'avenir
être vendues à l'aune et sur le pied de l'auna-
ge que contiendra chaque piece desdites Ser-
ges.
AUTRE du même jour , qui confisque plu-
sieurs Pieces d'Etoffes de Soye de Fabriques
étrangeres ou du Royaume , saisies tant dans
le Magasin des sieurs Viot et Desfossez , Asso-
ciés , que dans celui du sieur Bougier , faute de
marques ou plombs de Fabrique ; et les con-
damne en dix livres d'amende , pour chacune
Piece d'Etoffes saisies.
AUTRE du même jour , portant confisca-
tion de plusieurs Pieces et Coupons d'Etoffes de
Soye de fabriques étrangeres ou du Royaume ,
saisies dans le Magasin du sieur Charles - Louis
Chauvin , Marchand de Soye en gros , faute de
marques ou plombs de Fabrique , et le condam-
ne en dix livres d'amende pour chaque Piece
d'Etoffes saisies.
SENTENCE de Police du 25. qui condam
me le sieur Menin en trois mille livres d'amen-
I. Vol
ge
JUIN 1737.
I iij
1241
de pour avoir donné à jouer dans sa maison au
Jeu de Pharaon , et le sieur de Colmenil en millo
livres d'amende pour y avoir été trouvé caillant
audit Jeu.
LETTRES Patentes du Roy , sur le Re
glement fait et arrêté le 15. Janvier 1737. pour
la Teinture des Etoffes de Laine , et des Laines
servant à leur fabrication , contenant ledit Re-
glement 93 Articles , dont S. M. ordonne l'e-
xecution. Données à Versailles le 29. Janvier
1737. Registrées en Parlement le 12. Mars
suivant.
ORDONNANCE de Police du 30. qui
fait défenses à tous Limonadiers, Marchands de
Vin et autres , de souffrir que l'on joue chés eux
aux Jeux de Pair-ou-non , aux Dés et autres
Jeux de hazard , sous peine de trois mille livres
d'amende , et de mille livres d'amende aussi
contre chaque Particulier qui y sera trouvé jouant
auxdits Jeux.
ARREST du Parlemens , au sujet d'un Mé
moire imprimé & c.
Ce jour, les Gens du Roi sont entrés , et Maî-
tre Pierre Gilbert de Voisins , Avocat dudit Sei-
gneur Roy , portant la parole , ont dit : Qu'il
ne leur est pas permis de se taire sur un Mé-
moire imprimé du sieur Marquis de Bauffre-
mont , qui d'ailleurs leur seroit étranger par son
objet , dont la connoissance est soumise à un
autre Tribunal ; mais dans lequel ils trouvent
ce qui interesse le plus nécessairement leur mi-
sistere , et ce qui apartient le plus immédia
tement à l'autorité de la Cour.
I. Vol.
Qu'on
1240 MERCURE DE FRANCE
ARREST du 15. qui proroge jusqu'au
dernier Décembre 1737. le délai accordé par ce-
lui du 17. Janvier 1736. pour la modération des
droits de Marc d'Or , Sceau et autres frais de
Provisions des Offices qui se leveront , vacans
aux Revenus Casuels , pendant le courant de la-
dite année.
AUTRE du 22. qui ordonne que les Ser-
ges de Crevecœur , d'Hardivilliers et des autres
Manufactures , qu'il a été d'usage jusqu'à pré-
sent de vendre à la piece , pouront à l'avenir
être vendues à l'aune et sur le pied de l'auna-
ge que contiendra chaque piece desdites Ser-
ges.
AUTRE du même jour , qui confisque plu-
sieurs Pieces d'Etoffes de Soye de Fabriques
étrangeres ou du Royaume , saisies tant dans
le Magasin des sicurs Viot et Desfossez , Asso-
ciés , que dans celui du sieur Bougier , faute de
marques ou plombs de Fabrique ; et les con-
damne en dix livres d'amende , pour chacune
Piece d'Etoffes saisies.
AUTRE du même jour , portant confisca-
tion de plusieurs Pieces et Coupons d'Etoffes de
Soye de fabriques étrangeres ou du Royaume ,
saisies dans le Magasin du sieur Charles - Louis
Chauvin , Marchand de Soye en gros , faute de
marques ou plombs de Fabrique , et le condam-
ne en dix livres d'amende pour chaque Piece-
d'Etoffes saisies.
SENTENCE de Police du 25. qui condam
me le sieur Menin en trois mille livres d'amen-
I. Vol
de
JUIN 1737.
I. Vol.
1241
de pour avoir donné à jouer dans sa maison au
Jeu de Pharaon , et le sieur de Colmenil en millo
livres d'amende pour y avoir été trouvé taillant
audit Jeu.
LETTRES Patentes du Roy , sur le Re
glement fait et arrêté le 15. Janvier 1737. pour
la Teinture des Etoffes de Laine , et des Laines
servant à leur fabrication , contenant ledit Re-
glement 93 Articles , dont S. M. ordonne l'e-
xecution. Données à Versailles le 29. Janvier
1737. Registrées en Parlement le 12. Mars
suivant.
ORDONNANCE de Police du 30. qui
fait défenses à tous Limonadiers, Marchands de
Vin et autres , de souffrir que l'on joue chés cux
aux Jeux de Pair -ou-non , aux Dés et autres
Jeux de hazard , sous peine de trois mille livres
d'amende , et de mille livres d'amende aussi
contre chaque Particulier qui y sera trouvé jouant
auxdits Jeux.
ARREST du Parlemens , au sujet d'un Mé
moire imprimé & c.
Ce jour , les Gens du Roi sont entrés , et Maî-
tre Pierre Gilbert de Voisins , Avocat dudit Sei-
gneur Roy , portant la parole , ont dit : Qu'il
ne leur est pas permis de se taire sur un Mé-
moire imprimé du sieur Marquis de Bauffre-
mont , qui d'ailleurs leur seroit étranger par son
objet , dont la connoissance est soumise à un
autre Tribunal ; mais dans lequel ils trouvent
ce qui interesse le plus nécessairement leur mi-
sistere , et ce qui apartient le plus immédia
tement à l'autorité de la Cour.
I iiij
Qu'on
•
1242 MERCURE DE FRANCE
Qu'on y lit à la page 7. que la Dame Mar-
quise de Bauffremont est effectivement Heleine
de Courtenay, Princesse du Sang Royal de France
:
et que comme si ce n'étoit pas assés qu'un tel
Mémoire eût été hazardé au fond d'une Pro-
vince à l'extrémité du Royaume ; un Ecrivain
qui met au jour des feuilles successives sous le ti-
tre, d'Observations sur les Ecrits modernes , vient
de lui donner un nouveau degré de publicité à
Paris jusque sous nos yeux , par l'extrait qu'il
en a fait dans ses feuilles du 12. Janvier , dans
lequel il a transcrit les propres termes de l'èn-
droit où est employée cette qualité.
Qu'ils ne s'étendront point sur ce qui se passa
en la Cour au commencement du dernier siecle,
aux premieres tentatives de quelques personnes
de la maison de Courtenay , pour s'arroger
s'il eût été possible , quelque commencement de
possession d'une pareille qualité. Que les mo-
numens qui reposent dans le Greffe de la Cour
en font foy : et que ce qu'on y voit à ce sujet
sera à jamais une preuve mémorable du zele de
ceux qui exerçoient alors le Ministere dont ils
at l'honneur d'être revétus..
Mais que ni la mémoire des choses passées ,
ni l'exemple de leurs Prédécesseurs , ne sont né-
cessaires pour authoriser une démarche qu'ils
ne pouroient obmettre , sans manquer au plus
sacré de leurs devoirs , et sans être responsables
de leur silence , au Roi , à l'Etat et à la Cour.
Qu'on ne peut trop sentir de quelle extrême
conséquence il est , que le caractere auguste qui
distingue en France les Princes du Sang Royal,
ne puisse au gré de l'opinion et des conjectures ,
devenir l'objet d'ambitieuses prétentions Qu'au-
trement , plus une Maison seroit illustre , plus
les
JUIN.
17278
dans la nuit des temps reculés
T243
les traces de son ancienne origine se perdroient
quence pour d'autres Maisons.
et plus il lui
seroit facile de se laisser éblouir aux idées Ala-
teuses , dont la temérité ou l'artifice cheiche-
roient à repaître son ambition , et que lors mê-
me qu'elle viendroit à s'éteindre , son éxemple
demeureroit toujours capable de tirer à consé
Que ce sont ces considérations , dont la Cour
sçaura mieux peser encore toute l'importance ,
qui leur ont dicté les Conclusions qu'ils ont
l'honneur de lui remettre
et le sujet.
Mémoire et lesdites Feuilles.
avec le Mémoire ,
et les Feuilles imprimées qui en font l'occasion:
Lequel Mémoire , et lesquelles Feuilles ils ont
laissé sur le Bureau , avec les Conclusions par
écrit du Procureur Général du Roi contre ledit
:
Eux retirés Vú l'imprimé intitulé : Mémoire
pour Messive Louis Benigne , Marquis de Baufre-
mont , c. contenant quinze pages , ensemble
les Feuilles intitulées: Observations sur les Ecrits
modernes, Lettre quatre vingt-dix-neuf, commen.
çant à la page cent-quatre- vingt- treize , et fi-
nissant à la page deux - cent-seize , dattées à la
fin , le douze Janvier mil sept-cent trente-fept. A
Paris , chés Chaubert : Conclusions du Procu-
1eur Général du Roi, La matiere sur ce mise en
délibération.
La Cour a arrêté et ordonné que les termes
Heleine de Courtenay , Princesse du Sang Royal
de France , étant au bas de la page sept dudit
Mémoire , demeureront rayés et suprimés , et
que les Feuilles intitulées
Observations sur les
Ecrits modernes , Lettre quatre-vingt- dix-neuf ,
lesdites Feuilles commençant à là page cent-qua-
I. Vol.
Ly
tre
244 MERCURE DE FRANCE
tre-vingt-treize , et finissant à la page deux-
cent-seize , dattées à la fin, le douze Janvier mil-
sept-cent-trente-sept. A Paris , chés Chaubert , se-
font et demeureront suprimées ; Fait inhibitions
et défenses , tant audit de Bauffremont qu'à tous
autres , d'employer lesdits titre et qualité pour
ladite Heleine de Courtenay , et notamment à
tous Libraires et Imprimeurs et tous autres , de
les employer dans aucuns Livres ou Imprimés ,,
et pareillement d'imprimer , vendre et cébiter ,
ou autrement distribuer tant lesdites Feuilles que
ledit Mémoire , avec les termes cy- dessus ; le
tout à peine d'être procedé extraordinairement
contre les Contrevenans , Enjoint à tous ceux
qui auroient des Exemplaires dudit Mémoire ,
ou desdites Feuilles , de les aporter au Greffe de
la Cour , pour être lesdites Feuilles suprimées ,
et les termes cy- dessus rayés dudit Mémoire..
Ordonne en outre que Copies collationnées du
présent Arrêt, seront envoyées dans les Baillia-
ges et Sénéchaussées du Ressort pour y être lû ,.
publié et registré : Enjoint aux Substituts du
Procureur General du Roi, d'y tenir la main , et
en certifier la Cour dans le mois. Fait en Par-
lement le sept Février mil- sept-cent trente-sept .
Signé YSABEAU..
ORDONNANCE du Roi , du 11. au sujet
des Deserteurs des troupes des Isles Françoises.
de l'Amérique , par laquelle il est dit que Sae
Majesté voulant exciter de plus en plus ses Su-
jets des Isles Françoises de l'Amérique à arrê-
ter les Deserteurs des troupes qu'Elle y entre-
tient , E le a ordonné et ordonne que par le Tré-
sorier general de la Marine il sera payé , sut-
les ordonnances des Intendans ou Commissai
I. Vola
IRE
JUIN.
I. Vah
1737.
1245
res ordonnateurs auxdites Isles , la somme de
cent livres pour chaque deserteur desdites trou-
pes , à celui ou à ceux qui en auront fait la cap-
ture , et l'ameneront.
DECLARATION du Rey , qui regle la for
me en laquelle les Procurations pour résigner
les Bénéfices doivent êtres faites. Donnée à Ver-
sailles le 14. Février registrée en Parlement
le 13. Mars.
ARREST du 15. qui commet le sieur de
Saint Contest de la Chataigneraye , Maître des
Requêtes , pour défendre , en qualité de Procu-
reur General , aux demandes en cassation des
jugemens de competence..
AUTRE du 17. par lequel il est dit que le
Roi ayant été informé de ce qui s'est passé dan's
la Ville de Douay , à l'occasion de la mort d'un
Chanoine du Chapitre de S. Amé ; S. M. au-
roit jugé à propos de se faire rendre un compte
éxact de cette affaire , dont l'importance lui a
paru mériter son attention à quoy voulant
pourvoir , Sa Majesté étant en son Conseil , a
ordonné et ordonne que les déliberations capi-
tulaires du Chapitre de S. Amé , concernant le
dit Chanoine, et les Ordonnances 'en Jugement ,
rendues à son égard , ensemble les Apellations
simples ou comme d'abus , si aucunes en ont
été interjettées seront incessamment remises en-
tre les mains du sieur d'Argenvilliers , Secretaire
d'Etat , pour y être pourvû par Sa Majesté
ainsi qu'il apartiendra , sur le compte qui lui
sera rendu desdites pieces. : Sa Majesté réservant
à sa Personne la connoissance de cette affaire,
Evj
cife
1246 MERCURE DE FRANCE
circonstances et dépendances , et icelle interdi-
sant à toutes ses Cours et autres Juges , jusqu'à
Ce qu'autrement par Elle il en ait été ordonné
ORDONNANCE du Roi du 25. concernant
la réduction des Compagnies de Grenadiers
en faveur de ceux des Grenadiers qui se trou- .
veront déplacés par le retranchement porté par
l'ordonnance du 8. Janvier dernier , et entrenus
avec leur même paye jusqu'à ce qu'ils rentrent
dans les Compagnies d'où ils seront sortis ,
ou
qu'ils montent aux grades qui leur seront ac-
cordés suivant leurs talens et bonne conduite.
ARREST du 26. portant qu'Antoine Hog-
guer sera tenu de défendre dans huitaine , à la
demande du Controlleur des bons d'Etats con
tre lui , en restitution de neuf millions deux cent
quatre-vingt-dix mil cinq cent quatre-vingt- six
livres d'une part , en rentes sur les Tailles , et
de neuf cent quarante-quatre mille livres , d'au-
tre , en argent , comme indûement par lui sur-
prises , sinon qu'il sera fait droit.
EDIT DU ROY, portant supression de
la Charge de Garde des Sceaux de France. Don
né à Versailles au mois de Février 1737.
LOUIS par la grace de Dieu Roy de Fran-
ce et de Navarre ; à tous présens et à venir , S -
LUT. Les Sceaux de France étant à présent en
nos mains , nous avons crû que rien n'étoit plus
convenable au bien de notre Service et à celui
du Public , que d'en remettre la garde et l'éxer-
cice à notre très- cher et féal Chevalier Chance-
Tier de France. A ces causes , et autres à ce nods
mouvans , de l'avis de notre Conseil , et de no-
I. Val..
LEB
JUIN.
1. Vol
1737.
1247
tre certaine science , pleine puissance et autor té
Royale , nous avons éteint et suprimé , étei-
gnons et suprimons par ces Présentes , signées
de notre main , les titre , état et Office de Garde
des Sceaux de France , rétabli par nos Lettres
Patentes du mois d'Août 1727. Voulons qu'i-
celles et tout leur contenu , soit et demeure dès-
à-présent et à l'avenir , nul et comme´non ave--
au , ainsi que toutes les clauses et dispositions
contenues en icelles en vertu des Présentes . Si
donnons en mandement à nos amés et feaux
Conseillers , les Gens tenans notre Grand - Con
seil , que ces Présentes il ayent à faire lire et re-
gistrer , pour le contenu en icelles être gardé et
observé selon sa forme et teneur , nonobstant
tous Edits , Déclarations , Lettres Patentes , Ré-
gfemens et autres titres à ce contraires , auxquels
nous avons dérogé et dérogeons par ces Pié
sentes , pour ce regard seulement ; car tel est no-
tre plaisir
;
et afin que ce soit chose ferme et
stable à toujours , nous avons aposé notre Sce}
à cesdites Présentes Donné , &c .
Lu , publié en l'Audience du Grand- Conseil du
Roy et enregistré ès Registres dudit Conseil , pour
être gardé, observé et ex cuté selon sa forme et te-
neur , suivant l'Arrêt dud t Conseil de ce jourd'hui
21. Février 1737. Signé , TOURN A'Y.
Registré au Parlement le 7. Mars suivant.
REGLEMENT signé du Roy, du 2. Mars,
Sur ce qui doit êre observé à l'égard des Equi
pages des Navires qui partent des Ports de Pro-
vence , et au sujet des Passagers qui s'y embar
quent , par raport aux Expéditions des Patentes
de santé.
AUTRI
248 MERCURE DE FRANCE
AUTRE du même jour , concernant les
Equipages des Bâteaux et autres Bâtimens qui
naviguent seulement dans le Port et à la Baye
de Marseille.
ARREST du 3 qui ordonne l'èxecution de
celui du 12. Janvier 1734 portant établissement
de la Commission pour le Jugement en dernier
ressort des comptes et affaires concernant l'E-
conomat et les Biens des Religionnaires fugitifs,
avec augmentation de Commissaires..
AUTRE du 18. qui ordonne la supression
de plusieurs Quvrages saisis chés le nommé
Redé , Imprimeur à Amiens , surpris en contra
vention aux Reglemens de Police , et qui le dé-
clare déchu de la qualité d'Imprimeur.
ARREST du Parlement , au sujet d'une
Feuille imprimée et d'une These de Théologie.
CE JOUR les Gens du Roy sont entrés, et
Maître Pierre Gilbert de Voisins , Avocat du-
dit Seigneur Roy , portant la parole , ont dit:
Qu'une Feuille clandestine , imprimée sans
autre t tre que celui de Suite du Suplément , sous
la date du 15. Janvier dernier , est tombée depuis
peu entre leurs mains ; et que comme ils ont apris
qu'elle étoit répandue dans le Public , ils n'ont
pas c , à la vue de ce qu'elle contient , pouvoir
sous silence.
a Cour en jugera comme eux , si elle
seulement ce qui regarde diverses
ont nommées dans cette Feuille,
ent compromises , mais encore
de dangereux pour le Pablic,
n présente des esprits sur les af
Laires
JUIN 1737.
Y249'
faires de l'Eglise , et ce qu'elle renferme de faits;,
d'expressions et de discours , capables de porter
à son dernier période un fu qui ne se fait que
trop sen ir , et que l'on ne doit chercher qu'à
éteindre ..
Qu'ils croyent donc n'avoir besoin que de la
mettre sous les yeux de la Cour pour l'engager
à la proscrire ; et pour trouver dans son autorité
respectable un préservatif qui fasse sentir au Pa-
blic , combien il doit être en garde contre tout:
ce qui peut tendre à de tels excès.
Que pour ne pas multiplier sans nécessité ses
Arrets , ils auront l'honneur de lui rendre comp-
te en même-temps d'une These soutenue dans
la Faculté de Théologie de Rheims , qui , quoi-
qu'un peu plus ancienne , n'est cependant aussi
parvenue que depuis peu à leur connoissance.
Qu'ils n'ont pas lieu de reprocher à cette These
d'être tombée en tout dans un égal oubli de nos
Maximes. Qu'ils y en reconnaissent au contraire
plusieurs exprimées d'une maniere que l'on ne
sçauroit qu'aprouver. Mais qu'il est d'autres ar--
ticles sur lesquels elle s'en écarte trop pour être :
excusée ; et que ce mélange aujourd'hui trop
ordinaire , ne doit pas la mettre à couvert de la
Censure de la Cour.
Que la Cour sçaura mieux le connoître
ble de conséquences dangereuses.
Que la Cour sçait quelle a été de tout t
la fermeté inébranlable de la France .
ral dans l'ordre de la Puissance sp
τί
le
discerner par ses lumieres, que par toute la discus-
sion dans laquelle ils pouroient entrer sur cette
These; qu'ils se bornent à un seul exemple choi
entre ce qu'ils y ont remarqué de plus susce
´ment à maintenir la supériorité du C
Vole
•
•
1250 MERCURE DE FRANCE
encore à le regarder comme faisant une partic
principale et essentielle de l'institution de 1 Eglise.
Que la Cour n'a pas sans doute oublié ce qu'elle
a fait à ce sujet en diverses occasions. Que quoi-
que persuadée , comme il est vrai , que les Con-
ciles géneraux ne sont pas toujours nécessaires
pour terminer toute question qui s'éleve , soit
sur la Discipline ou sur la Foi , elle n'en a pas été
moins en garde contre tout ce qui pouvoit insi
nuer qu'ils ne sont nécessaires en aucun cas.
Que c'est pour cela qu'en 1663. par un Arrêt
solemnel , elie réprouva cette proposition dans
une These de Théologie : Concilia generalia ad
extirpandas bareses , schismata et alia incommoda
tol enda , admodum sunt utilia , non tamen abso-
lutè necessaria. Que dans la These d'aujourd'hui
la même proposition se trouve en d'autres ter-
mes , mais , qui loin d'en affoiblir le sens , sem-
blent plutôt y donner plus de force et d'énergie :
Congregare Concilia magna utilitatis , nullius ab-
soluta necessitatis En faut-il davantage pour fon-
der les Conclusions qu'ils ont prises pour la su
pression de cette These , aussi--bien que de la
Feuille imprimée , et qu'ils laissent à la Cour ,
avec un Exemplaire de chacun de ces deux Ecrits?
Eux retirés : Vû par la Cour ladite Feuille im
primée sous le titre , Suite du Suplément , 15.
janvier 1737. ensemble ladite These soutemë
dans la Faculté de Théologie de Rheims le
31.
Décembre 1736. par Charles Batteux , Pro ma-
jore ordinarii , et les Conclusions par écrit du
Procureur General du Roy sur lesdits Ecrits. La
matiere sur ce mise en Déli eration ,
LA COUR a arrêté et ordonné que laditt
Feuille et ladite These seront suprimées , Enjoine
à tous ceux qui en auroient des Exemplaires , de
I. Vol.
jes
JUIN.
1737.
1251
Les aporter à cet effet au Greffe de ladite Cour
Fait inhibitions et défenses à tous Imprimeurs ,
Libraires , Colporteurs et autres de quelque état,
qualité et condition qu'ils soient , de vendre, dé-
biter ou autrement distribuer aucuns Exemplaires'
de ladite Feuille et de ladite These , à peine de
punition exemplaire; et que Copies collationnées
du présent Arrêt seront envoyées dans les Bail-
liges et Sénéchaussées du Ressort , pour y être
lu , publié et registré , enjoint aux Substituts du
Procureur General du Roy d'y tenir la main , et
d'en certifier la Cour dans un mois. Fait en Par-
lement le 18 Mars 1737. Signé DUFRANC.
ARREST du 19. Mars , qui exempte des
droits de Massicault , et modére à moitié les au-
tres droits dûs à Rouen et au Havre , sur les
Vins du Languedoc et de Roussillon , qui seront
destinés pour la provision de Paris.
ORDONNANCE DU Roy du 30. par la
quelle il est dit que S. M. desirant mettre sous
le Titre de Royal - Pologne , le Regiment de Ca-
valerie qui est sous celui du Roy Stanislas , et
voulant qu'il prenne à l'avenir dans la Cavalerie
un rang convenable à ce Titre , S. M. a ordonné
et ordonne qu'il portera à l'avenir le nom de
Royal- Pologne, et prendra rang dans les Garni
sons,Quartiers Campemens, Armées, et par- tout
ailleurs , après le Regiment Royal de Carabi
niers , et avant tous les autres qui sont actuelle-
ment sur pied ; nonobstant ce qui est porté par
POrdonnance du 24. Décembre 1725. qui avoit
fixé le rang de ce Regiment après celui de la
Reine , et toutes autres Ordonnances et Regle
mens à ce contraires , auxquels S. M: a dérogé
et déroge par ladite Ordonnance.
11252 MERCURE DE FRANCE
ARREST du 2. Avril, Portant Exemption
des Droits du Domaine d'Occident , pour les
Marchandises du crû des Isles du Vent de l'A-
merique , qui seront transportées en Canada er
à l'Isle- Royale..
AUTRE du même jour, Qui permet aux Né
gocians de Marseille d'introduire , pour la con-
sommation du Royaume , les Caffés provenant
du cru des Isles Françoises de l'Amerique , en
payant dix livres du cent pesant , et d'en en-
voyer à Geneve en transit , sans payer aucuns
Droits ; le tout en observant les formalités pres
crites.
ORDONNANCE DU ROY du ro. Avril,
Qui enjoint aux Officiers des Troupes d'Infan-
gerie , Cavalerie et Dragons , de porter l'habit
uniforme pendant le temps qu'ils seront aux
Corps.
AUTRE du 23. Qui permet que les Bâti-
mens François soient adressés aux Négocians
Etrangers établis dans les Echelles du Levant ,
dans le cas où ils auront été fretés en entier par
des Etrangers.
ARREST du même jour , Pour faciliter
La perception des Arrerages des Rentes Viageres
acquises sur l'Hôtel de Ville de Paris
Etrangers.
suit.
par
AUTRE du 5. May , dont la tencur
LE ROY s'étant fait representer l'Arrêt ren-
u par Sa Majesté le 9. Décembre 1731. par
1. Vol.
les
lequel
JUIN.
I. Fol
+1737
1253
lequel elle auroit ordonné la Supression d'une
feuille imprimée commençant par ces mots
Stephanus Josephus de la Fare ..... Episcopus ,
Dux Laudunensis , avec une Formule ordinaire
de l'Aprobation des Confesseurs , une Explica-
tion des Cas reservés au Pape ou à l'Evêque , et
des Avis adressés aux Confesseurs , Sa Majesté
auroit été informée que , contre le respect qui
est dû à cet Arrêt , on commençoit à répandre
dans le Public un Ouvrage imprimé sans nom
d'Imprimeur , sans Privilege ni Permission, qui
a pour titre , Ordonnance de M. l'Evêque Duc de
Laon,second Pair de France, & c.où il paroît qu'on
veut faire revivre et regarder comme subsistant,
ce que le Roy ajugé à propos de suprimer par son
autorité. Et S. M. s'étant fait rendre un comp-
te plus exact de cet Ouvrage, Elle auroit recon-
nu que l'exemple d'une pareille contravention
doit être d'autant moins toleré, qu'il est à crain-
dre que l'esprit qui regne dans cet Imprimé , et
la dureté des expressions dont il est rempli ,
n'excirent une nouvelle émotion dans les esprits:
à quoi étant nécessaire de pourvoir , pour as-
sûrer l'exécution des Arrêts émanés de l'autori-
té du Roy , et éloigner tout ce qui peut troubler
la tranquillité publique , SA MAJESTE' E'TANT
EN SON CONSEIL , a ordonné et ordonne que
ledit Ouvrage , imprimé sous le titre d'Ordon-
nance de M.l'Evêque Duc de Laon ,second Pair de
France , &c. sera et demeurera suprimé , &c.
AUTRE du 21. Qui accorde un Délay
jusqu'au dernier Décembre 1737. pour le Con-
trôle des Actes de Foy et Hommage , Décla-
rations et Reconnoissances aux Papiers Terriers
et autres.
LETTRES
1254 MERCURE DE FRANCE
LETTRES PATENTES de Privilege exclu-
sif d'une Machine propre à battre les Grains ,
pour le sieur Meiffren .
LOUIS , par la Grace de Dieu, Roy de Fran-
ee et de Navarre : A tous ceux qui ces presentes
Lettres verront , SALUT. Notre bien amé le
sieur Jean Baptiste Meiffren , Capitaine Garde-
Côte , et Inspecteur des Haras en Provence ,
Nous a fait exposer qu'il a inventé une Machine
propre à battre les Grains , laquelle a la pro-
prieté de battre beaucoup mieux les Gerbes que
le Fleau , qu'elle en rend la paille plus douce ,
et meilleure pour les Chevaux , en fait sortir tout
le grain , qu'elle crible et qu'elle vanne en même
temps qu'elle bat , & fait plus d'ouvrage avec
un seul homme qu'avec six des plus forts Bar-
teurs en Grange ; Que cette Machine agit par
le moyen d'un arbre vertical qui est mis en
mouvement par un ou plusieurs bras , auquel
an attache un ou plusieurs chevaux , selon l'é
tenduë que l'on veut lui donner ; que cet arbre
porte un rouet qui mene une lanterne , laquelle
fait tourner un arbre horizontal , lequel porte
des levées , qui rencontrant d'un cô é des basse-
cules , de l'autre des mentonieres , font lever des
pilons et facilitent l'écoulement du grain dans
une tremie Que cette Machine sera très- utile ,
sur-tout en Provence , & dans les autres Pro-
vinces méridionales du Royaume , où on foule
le grain par le moyen d'un grand nombre de
chevaux , qui serviront utilement à d'autres tra-
vaux que d'ailleurs ceux de cette espece fati-
guent presque toutes les Jumens Poulinieres et
les font avorter, gâtent les jambes des Poulains,
les détruisent en partie , et empêchent qu'on
puisse tirer de bons chevaux de cette Province ;
I. Vol.
-que
JUIN.
1737.
1255
que même ce foulage avec des chevaux et des
jumens est défendu depuis long- tems , en Espa-
gne , en Italie , en Barbarie , en gypte mais
comme ledit sieur Meiffren perdroit tout le fruit
de ses travaux , et que les dépenses qu'il a faites
pour parvenir à perfectionner cette nouvelle Ma-
chine , tomberoient en pure perte pour lui , s'il
étoit permis d'en faire de pareilles ,
qu'il Nous plairoit regler ,
il Nous a
très-humblement suplié de lui en accorder fe
Privilege exclusif, pendant le nombre d'années
et desirant favora-
blement traiter dedit sieur Meiffen , et le re-
compenser de son aplication, et après avoir fait
examiner en notre Académie Royale des Scien-
ces , ladite Machine : A CES CAUSES ,
et autres
ace Nous mouvans ', de l'avis de notre Conseil,
qui a vu le Certificat de notre Académie des
Sciences , ensemble le plan de ladite Machine cy
attaché sous le Contre- Scel de notre Chancel-
erie , Nous avons , par ces Presentes signées de
notre main , permis et permettons audit sieur
Meiffren , ses Hoirs et ayans cause , de faire
construire , vendre , débiter ,
et se servir de la
nouvelle Machine à battre les Gerbes , de son
invention dans toute l'étendue de notre Royau-
me,Pays, Terres, et Seigneuries de notre obéis-
sance , pendant le temps et espace de vingt an-
nées consecutives , à compter du jour et datte
des Presentes ; faisons très- expresses inhibitions
et défenses à toutes Personnes de quelque con-
dition et qualité qu'elles soient, de faire et cons-
ctuire , pendant ledit temps , aucunes Machines
à battre les Gerbes semblables à la presente , ni
de la contrefaire sans la permission par écrit du-
dit sieur Meiffren , ses Hoirs et ayans cause ,
peine de confiscation desd. Machines et des mate-
J. Vol.
*iaux
7254 MERCURE DE FRANCE
LETTRES PATENTES de Privilege exclu
sif d'une Machine propre à battre les Grains ,
pour le sieur Meiffren .
LOUIS , par la Grace de Dieu, Roy de Fran
ee et de Navarre : A tous ceux qui ces presentes
Lettres verront , SALUT. Notre bien amé le
sieur Jean Baptiste Meiffren , Capitaine Garde-
Côte , et Inspecteur des Haras en Provence ,
Nous a fait exposer qu'il a inventé une Machine
propre à battre les Grains , laquelle a la pro-
prieté de battre beaucoup mieux les Gerbes que
le Fleau , qu'elle en rend la paille plus douce ,
et meilleure pour les Chevaux , en fait sortir tout
le grain , qu'elle crible et qu'elle vanne en même
temps qu'elle bat , & fait plus d'ouvrage avec
un seul homme qu'avec six des plus forts Bar-
teurs en Grange ; Que cette Machine agit par
le moyen d'un arbre vertical qui est mis en
mouvement par un ou plusieurs bras , auquel
an attache un ou plusieurs chevaux , selon l'é
tenduë que l'on veut lui donner ; que cet arbre
porte un rouet qui mene une lanterne , laquelle
fait tourner un arbre horizontal , lequel porte
des levées , qui rencontrant d'un cô é des basse-
cules , de l'autre des mentonieres , font lever des
pilons et facilitent l'écoulement du grain dans
une tremie : Que cette Machine sera très- utile ,
sur-tout en Provence , & dans les autres Pro-
vinces méridionales du Royaume , où on foule
le grain par le moyen d'un grand nombre de
chevaux , qui serviront utilement à d'autres tra-
vaux que d'ailleurs ceux de cette espece fati-
guent presque toutes les Jumens Poulinieres et
les font avorter, gâtent les jambes des Poulains,
les détruisent en partie , et empêchent qu'on
puisse tirer de bons chevaux de cette Province ;
1. Vol.
que
JUIN..1737.
J. Vol.
1255
que même ce foulage avec des chevaux et des
jumens est défendu depuis long- tems , en Espa-
gne , en Italie , en Barbarie , en gypte : mais
comme ledit sicur Meiffren perdroit tout le fruit
de ses travaux , et que les dépenses qu'il a faites
pour parvenir à perfectionner cette nouvelle Ma-
chine , tomberoient en pure perte pour lui , s'il
étoit permis d'en faire de pareilles ,
il Nous a
très- humblement suplié de lui en accorder fe
Privilege exclusif, pendant le nombre d'années
qu'il Nous p'airoit regler ,
et desirant favora-
blement traiter dedit sieur Meiffen , et le re-
compenser de son aplication, et après avoir fait
examiner en notre Académie Royale des Scien-
ces , ladite Machine : A CES CAUSES ,
et autres
ice Nous mouvans , de l'avis de notre Conseil,
qui a vu le Certificat de notre Académie des
Sciences , ensemble le plan de ladite Machine cy
attaché sous le Contre- Scel de notre Chancel-
crie , Nous avons , par ces Presentes signées de
notre main , permis et permettons audit sieur
Meiffren , ses Hoirs et ayans cause , de faire
construire , vendre , débiter ,
et se servir de la
nouvelle Machine à battre les Gerbes , de son
invention dans toute l'étendue de notre Royau-
me , Pays, Terres, et Seigneuries de notre obéis
sance , pendant le temps et espace de vingt an-
nées consecutives , à compter du jour et datte
des Presentes ; faisons très-expresses inhibitions
et défenses à toutes Personnes de quelque con-
dition et qualité qu'elles soient, de faire et cons-
tuire , pendant ledit temps , aucunes Machines
à battre les Gerbes semblables à la presente , ni
de la contrefaire sans la permission par écrit du-
dit sieur Meiffren , ses Hoirs et ayans cause , à
peine de confiscation desd. Machines et des mate-
tiaux
1246 MERCURE DE FRANCE
circonstances et dépendances , et icelle interdi-
sant à toutes ses Cours et autres Juges , jusqu'à
Ce qu'autrement par Elle il en ait été ordonné.
ORDONNANCE du Roi du 25. concernant
la réduction des Compagnies de Grenadiers
en faveur de ceux des Grenadiers qui se trou-.
veront déplacés par le retranchement porté par
l'ordonnance du 8. Janvier dernier , et entrenus
avec leur même paye jusqu'à ce qu'ils rentrent
dans les Compagnies d'où ils seront sortis , ou
qu'ils montent aux grades qui leur seront ac-
cordés suivant leurs talens et bonne conduite.
ARREST du 26. portant qu'Antoine Hog-
guer sera tenu de défendre dans huitaine , à la
demande du Controlleur des bons d'Etats con
tre lui , en restitution de neuf millions deux cent
quatre- vingt-dix mil cinq cent quatre-vingt-six
livres d'une part , en rentes sur les Tailles , et
de neuf cent quarante-quatre mille livres , d'au-
tre , en argent , comme indûement par lui sur-
prises , sinon qu'il sera fait droit.
EDIT DU ROY, portant supression de
la Charge de Garde des Sceaux de France. Don
Lé à Versailles au mois de Février 1737.
LOUIS par Ia grace de Dieu Roy de Fran-
ce et de Navarre ; à tous présens et à venir , SA-
IU T. Les Sceaux de France étant à présent en
nos mains , nous avons crû que rien n'étoit plus
convenable au bien de notre Service et à celui
"du Public , que d'en remettre la garde et l'éxer-
cice à notre très-cher et féal Chevalier Chance-
Tier de France. A ces causes , et autres à cẹ nods
mouvans , de l'avis de notre Conseil , et de no-
I. Val.
JUIN.
1737.
1247
tre certaine science , pleine puissance et autor té
Royale , nous avons éteint et suprimé , étei-
gnons et suprimons par ces Présentes , signées
de notre main , les titre , état et Office de Garde
des Sceaux de France , rétabli par nos Lettreg
Patentes du mois d'Août 1727. Voulons qu'i-
celles et tout leur contenu , soit et demeure dès-
à- présent et à l'avenir , nul et comme non ave--
nu , ainsi que toutes les clauses et dispositions
contenues en icelles en vertu des Présentes. Si
donuous en mandement à nos amés et feaux
Conseillers , les Gens tenans notre Grand- Con-
seil , que ces Présentes il ayent à faire lire et re-
gistrer , pour le contenu en icelles être gardé et
observé selon sa forme et teneur , nonobstanť
fous Edits , Déclarations , Lettres Patentes , Ré
gfemens et autres titres à ce contraires , auxquels
nous avons dérogé et dérogcons par ces Pié
senies , pour ce regard seulement ; car tel est no-
tre plaisir , et afin que ce soit chose ferme et
stable à toujours , nous avons aposé notre Sce
ă cesdites Présentes Donné , &c.
Lú , publié en l'Audience du Grand- Conseil du
Roy et enregistré ès Registres dudit Conseil , pour
être gardé, observé et ex cuté selon sa forme et te-
neur , suivant l'Arrêt dud 1 Conseil de ce jourd'hui
21. Février 1737. Signé , TOURNAY.
Registré au Parlement le 7. Mars suivant.
REGLEMENT signé du Roy, du 2. Mars
Sur ce qui doit êre observé à l'égard des Equi
pages des Navires qui partent des Pòrts de Pro-
vence , et au sujet des Passagers qui s'y embar
quent , par raport aux Expéditions des Patentes
de santé.
1. Vol
AUTRI
T248 MERCURE DE FRANCE
AUTRE du même jour , concernant les
Equipages des Bâteaux et autres Bâtimens qui
naviguent seulement dans le Port et à la Baye
de Marseille.
ARREST du 3 qui ordonne l'èxecution de
celui du 12. Janvier 1734 portant établissement
de la Commission pour le Jugement en dernier
ressort des comptes et affaires concernant l'E-
conomat et les Biens des Religionnaires fugitifs,
avec augmentation de Commissaires.
AUTRE du 18. qui ordonne la supression
de plusieurs Ouvrages saisis chés le nommé
Redé , Imprimeur à Amiens , surpris en contra
vention aux Reglemens de Police , et qui le dé-
clare déchu de la qualité d'Imprimeur.
ARREST du Parlement , au sujet d'une
Feuille imprimée et d'une These de Théologie.
CE JOUR les Gens du Roy sont entrés, er
Maître Pierre Gilbert de Voisins , Avocat du-
dit Seigneur Roy , portant la parole , ont dit :
Qu'une Feuille clandestine , imprimée sans
autre t tre que celui de Suite du Suplément ,
la date du 15. Janvier dernier , est tombée depuis
peu entre leurs mains, et que comme ils ont apris
qu'elle étoit répandue dans le Public , ils n'ont
pas crû , à la vue de ce qu'elle contient , pouvoir
la passer sous silence .
Que la Cour en jugera comme eux , si elle
considere non-seulement ce qui regarde diverses
Personnes qui sont nommées dans cette Feuille,
et qui s'y trouvent compromises , mais encore
plus ce qu'elle a de dangereux pour le Pablic ,
dans la disposition présente des esprits sur les af
L.. Vole
Sous
faires
JUIN 1737.
Le Volo
Y'49'
faires de l'Eglise , et ce qu'elle renferme de faits;,
d'expressions et de discours , capables de porter
à son dernier période un fu qui ne se fait que
trop sen ir , et que l'on ne doit chercher qu'à
éteindre..
Qu'ils croyent donc n'avoir besoin que de la
mettre sous les yeux de la Cour pour l'engager
à la proscrire ; et pour trouver dans son autorité
respectable un préservatif qui fasse sentir au Pa-
blic , combien il doit être en garde contre tout:
ce qui peut tendre à de tels excès.
Que pour ne pas multiplier sans nécessité sés
Arrets , ils auront l'honneur de lui rendre comp-
te en même-temps d'une These soutenue dans
la Faculté de Théologie de Rheims , qui , quoi-
qu'un peu plus ancienne n'est cependant aussi
parvenue que depuis peu à leur counoissance.
Qu'ils n'ont pas lieu de reprocher à certe These
d'être tombée en tout dans un égal oubli de nos
Maximes. Qu'ils y en reconnoissent au contraire
plusieurs exprimées d'une maniere que l'on ne
sçauroit qu'aprouver. Mais qu'il est d'autres ar-
ticles sur lesquels elle s'en écarte trop pour être:
excusée ; et que ce mélange aujourd'hui trop
ordinaire , ne doit pas la mettre à couvert de la
Censure de la Cour.
Que la Cour sçaura mieux le connoître
le
discerner par ses lumieres, que par toute la discus-
sion dans laquelle ils pouroient entrer sur cette
These; qu'ils se bornent à un seul exemple choisi
entre ce qu'ils y ont remarqué de plus suscepti
ble de conséquences dangereuses.
Que la Cour sçait quelle a été de tout temps
la fermeté inébranlable de la France , non-seule
´ment à maintenir la supériorité du Concile géne
ral dans l'ordre de la Puissance spirituelle , mais
encore
1250 MERCURE DE FRANCE
encore à le regarder comme faisant une partie
principale et essentielle de l'institution de l Eglise.
Que la Cour n'a pas sans doute oublié ce qu'elle
a fait à ce sujet en diverses occasions. Que quoi-
que persuadée , comme il est vrai , que les Con-
ciles géneraux ne sont pas toujours nécessaires
pour terminer toute question qui s'éleve , soit
sur la Discipline ou sur la Foi , elle n'en a pas été
moins en garde contre tout ce qui pouvoit insi-
nuer qu'ils ne sont nécessaires en aucun cas .
Que c'est pour cela qu'en 1663. par un Arrêt
solemnel , elle réprouva cette proposition dans
une These de Théologie : Concilia generalia ad
extirpandas bareses , schismata et alia incommoda
tol enda , admodum sunt utilia , non tamen abso-
lutè necessaria. Que dans la These d'aujourd'hui
la même proposition se trouve en d'autres ter-
mes , mais , qui loin d'en affoiblir le sens , sem-
blent plutôt y donner plus de force et d'énergie :
Congregare Concilia magna utilitatis , nullius ab-
soluta necessitatis En faut-il davantage pour fon-
der les Conclusions qu'ils ont prises pour la su
pression de cette These , aussi- bien que de la
Feuille imprimée , et qu'ils laissent à la Cour ,
avec un Exemplaire de chacun de ces deux Ecrits?
Eux retirés : Vû par la Cour ladite Feuille im
primée sous le titre , Suite du Suplément , 15.
janvier 1737. ensemble ladite These soutene
dans la Faculté de Théologie de Rheims le
31-
Décembre 1736. par Charles Batteux , Pro ma-
jore ordinarii , et les Conclusions par écrit du
Procureur General du Roy sur lesdits Ecrits. La
matiere sur ce mise en Déli eration ,
LA COUR a arrêté et ordonné que ladit☛
Feuille et ladite These seront suprimées , Enjoint
à tous ceux qui en auroient des Exemplaires , de
J. Vol.
jes
JUIN.
1737.
1251
les aporter à cet effet au Greffe de ladite Cour !
Fait inhibitions et défenses à tous Imprimeurs ,
Libraires , Colporteurs et autres de quelque état,
qualité et condition qu'ils soient , de vendre, dé-
biter ou autrement distribuer aucuns Exemplaires'
de ladite Feuille et de ladite These , à peine de
punition exemplaire; et que Copies collationnées
du présent Arrêt seront envoyées dans les Bail-
liges et Sénéchaussées du Ressort , pour y être
Iû , publié et registré , enjoint aux Substituts du
Procureur General du Roy d'y tenir la main , er
d'en certifier la Cour dans un mois. Fait en Par-
lement le 18 Mars 1737. Signé DUFRANC.
ARREST du 19. Mars , qui exempte des
droits de Massicault , et modére à moitié les au-
tres droits dûs à Rouen et au Havre , sur les
Vins du Languedoc et de Roussillon , qui seront
destinés pour la provision de Paris.
ORDONNANCE DU Roy du 30. par la
quelle il est dit que S. M. desirant mettre sous
le Titre de Royal- Pologne , le Regiment de Ca-
valerie qui est sous celui du Roy Stanislas , et
voulant qu'il prenne à l'avenir dans la Cavalerie
un rang convenable à ce Titre , S. M. a ordonné
et ordonne qu'il portera à l'avenir le nom de
Royal-Pologne, et prendra rang dans les Garni
sons,Quartiers Campemens, Armées, et par- tout
ailleurs , après le Regiment Royal de Carabi
niers , et avant tous les autres qui sont actuelle-
ment sur pied ; nonobstant ce qui est porté par
l'Ordonnance du 24. Décembre 1725. qui avoit
fixé le rang de ce Regiment après celui de la
Reine , et toutes autres Ordonnances et Regle
mens à ce contraires , auxquels S. M : a dérogé
et déroge par ladite Ordonnance.
1252 MERCURE DE FRANCE
ARREST du 2. Avril, Portant Exemption
des Droits du Domaine d'Occident , pour les
Marchandises du crú des Isles du Vent de l'A-
merique , qui seront transportées en Canada et
à l'Isle- Royale.
AUTRE du même jour, Qui permet aux Né-
gocians de Marseille d'introduire , pour la con-
sommation du Royaume , les Caffés provenant
du crû des Isles Françoises de l'Amerique , en
payant dix livres du cent pesant , et d'en en-
voyer à Geneve en transit , sans payer aucuns
Droits ; le tout en observant les formalités pres.
crites.
ORDONNANCE DU ROY du 10. Avril,
Qui enjoint aux Officiers des Troupes d'Infan-
terie , Cavalerie et Dragons , de porter l'habit
uniforme pendant le temps qu'ils seront aux
Corps.
AUTRE du 23. Qui permet que les Bâti-
mens François soient adressés aux Négocians
Etrangers établis dans les Echelles du Levant
7
dans le cas où ils auront été fretés en entier par
des Etrangers.
ARREST du même jour , Pour faciliter
la perception des Arrerages des Rentes Viageres
acquises sur l'Hôtel de Ville de Paris par les
Etrangers.
AUTRE du 5. May , dont la teneur
suit.
LE ROY s'étant fait representer l'Arrêt ren-
du par Sa Majesté le 9. Décembre 1731, par
1. Vol.
lequel
JUIN.
I. Vola
1737
1253
lequel elle auroit ordonné la Supression d'une
feuille imprimée commençant par ces mots
Stephanus Josephus de la Fare ..... Episcopus
Dux Laudunensis , avec une Formule ordinaire
de l'Aprobation des Confesseurs , une Explica-
tion des Cas reservés au Pape ou à l'Evêque , er
des Avis adressés aux Confesseurs , Sa Majesté
auroit été informée que , contre le respect qui
est dû à cet Arrêt , on commençoit à répandre
dans le Public un Ouvrage imprimé sans nom
d'Imprimeur , sans Privilege ni Permission, qui
a pour titre , Ordonnance de M. l'Evêque Duc de
Laon,second Pair de France, &c.où il paroît qu'on
veut faire revivre et regarder comme subsistant,
ce que le Roy a jugé à propos de suprimer parson
autorité. Et S. M. s'étant fait rendre un comp-
te plus exact de cet Ouvrage, Elle auroit recon-
nu que l'exemple d'une pareille contravention
doit être d'autant moins toleré, qu'il est à crain--
dre que l'esprit qui regne dans cet Imprimé , et
la dureté des expressions dont il est rempli ,
n'excitent une nouvelle émotion dans les esprits :
à quoi étant nécessaire de pourvoir , pour as-
sûrer l'exécution des Arrêts émanés de l'autori
té du Roy , et éloigner tout ce qui peut troubler
la tranquillité publique , SA MAJESTE' E'TANT
EN SON CONSEIL , a ordonné et ordonne que
edit Ouvrage , imprimé sous le titre d'Ordon-
nance de M.l'Evêque Duc de Laon, secon¹ Pair de
France , &c. sera et demeurera suprimé , & c.
AUTRE du 21. Qui accorde un Délay
jusqu'au dernier Décembre 1737. pour le Con-
trôlle des Actes de Foy et Hommage , Décla-
rations et Reconnoissances aux Papiers Terriers
ft autres.
LETTRES
2254 MERCURE DE FRANCE
LETTRES PATENTES de Privilege exclu-
sif d'une Machine propre à battre les Grains ,
pour le sieur Meiffren.
LOUIS , par la Grace de Dieu, Roy de Fran
ee et de Navarre : A tous ceux qui ces presentes
Lettres verront , SALUT. Notre bien amé le
sieur Jean Baptiste Meiffren , Capitaine Garde-
Côte , et Inspecteur des Haras en Provence ,
Nous a fait exposer qu'il a inventé une Machine
propre à battre les Grains , laquelle a la pro-
prieté de battre beaucoup mieux les Gerbes que
le Fleau , qu'elle en rend la paille plus douce ,
et meilleure pour les Chevaux , en fait sortir tout
le grain , qu'elle crible et qu'elle vanne en même
temps qu'elle bat , & fait plus d'ouvrage avec
un seul homme qu'avec six des plus forts Bar-
teurs en Grange ; Que cette Machine agit par
le moyen d'un arbre vertical qui est mis en
mouvement par un ou plusieurs bras , auquel
an attache un ou plusieurs chevaux , selon l'é
tenduë que l'on veut lui donner ; que cet arbre
porte un rouet qui mene une lanterne , laquelle
fait tourner un arbre horizontal , lequel porte
des levées , qui rencontrant d'un cô é des basse-
cules , de l'autre des mentonieres , font lever des
pilons et facilitent l'écoulement du grain dans
une tremie : Que cette Machine sera très- utile ,
sur-tout en Provence , & dans les autres Pro-
vinces méridionales du Royaume , où on foule
le grain par le moyen d'un grand nombre de
chevaux , qui serviront utilement à d'autres tra-
vaux que d'ailleurs ceux de cette espece fati-
guent presque toutes les Jumens Poulinieres et
les font avorter, gâtent les jambes des Poulains,
les détruisent en partie , et empêchent qu'on
paisse tirer de bons chevaux de cette Province ;
I. Vol.
que
JUIN.. 1737.
1255
que même ce foulage avec des chevaux et des
jumens est défendu depuis long- tems , en Espa-
gne , en Italie , en Barbarie , en Egypte : mais
comme ledit sieur Meiffren perdroit tout le fruit
de ses travaux , et que les dépenses qu'il a faites
pour parvenir à perfectionner cette nouvelle Ma-
chine , tomberoient en pure perte pour lui , s'il
étoit permis d'en faire de pareilles ,
il Nous a
très-humblement suplié de lui en accorder fe
Privilege exclusif, pendant le nombre d'années
qu'il Nous plairoit regler ,
et desirant favora-
blement traiter ledit sieur Meiffren , et le re-
compenser de son aplication, et après avoir fait
examiner en notre Académie Royale des Scien-
ces , ladite Machine : A CES CAUSES , et autres
ace Nous mouvans , de l'avis de notre Conseil,
qui a vû le Certificat de notre Académie des
Sciences , ensemble le plan de ladite Machine cy
attaché sous le Contre-Scel de notre Chancel-
lerie , Nous avons , par ces Presentes signées de
notre main , permis et permettons audit sieur
Meiffren , ses Hoirs et ayans cause , de faire
construire , vendre , débiter ,
et se servir de la
nouvelle Machine à battre les Gerbes , de son
invention dans toute l'étendue de notre Royau-
me , Pays, Terres, et Seigneuries de notre obéis-
sance , pendant le temps et espace de vingt an-
nées consecutives , à compter du jour et datte
des Presentes ; faisons très-expresses inhibitions
et défenses à toutes Personnes de quelque con-
dition et qualité qu'elles soient, de faire et cons-
Cruire , pendant ledit temps , aucunes Machines
à battre les Gerbes semblables à la presente , ni
de la contrefaire sans la permission par écrit du-
dit sieur Meiffren , ses Hoirs et ayans cause , à
peine de confiscation desd. Machines et des mate-
J. Vol.
riaux
1256 MERCURE DE FRANCE
riaux , outils , et ustenciles qui auroient servi à
leur fabrication ,
et de quinze cent livres d'a-
mende , aplicable un tiers à notre profit, un tiers
au profit du Sicur Meiffren , ses Hoirs et ayans
cause, et l'autre tiers au profit de l'Hôpital le
plus prochain du lieu où il sera contrevenu aux
Presentes. SI DONNONS EN MANDEMENT à nos
amés et feaux Conseillers les Gens tenans nos
Cours de Parlement , et à tous autres nos Of
ciers et Justiciers qu'il apartiendra , que du con-
tenu des Presentes ils fassent jouir et user ledit
sieur Exposant , ses Hoirs et ayans cause , plei-
nement et paisiblement, cessant et faisant cesser
tous troubles et empêchemens contraires. CAR
tel est notre plaisir. DONNE' à Versailles le tren-
tiéme jour d'Avril , l'an de Grace mil sept cent
trente sept , et de notre Regne le vingt- deuxié-
me , Signé , LOUIS , Et plus bas , par le Roy,
PHE PEAUX.
Nous croyons devoir ajoûter que , par les dif
ferens effets de cette Machine , il semble qu'elle
doit être extrémement composée , elle est ce-
pendant très-simple , peu couteuse et de presque
nul entretien. Depuis qu'elle a été vûë et exa-
minée par Messieurs de l'Académie des Sciences,
le sieur Meiffren l'a encore beaucoup perfection-
née , ensorte qu'il n'y a personne qui ne soit
frapé de cette Invention , une des plus utiles
qui ait encore été trouvée en ce genre.
EDITS, &c.
ARREST du 11. Décembre 1736. portant Reglement géneral pour le commerce du
Tabac au Comté de Bourgogne , par lequel Sa
Majesté ordonne l'exécution des 26. Articles
Contenus audit Arrêt.
ORDONNANCE du Roy , du 8. Janvier sui
vant,portant réduction des Régimens d'Infante-
rie Allemande , par laquelle S. M. ordonne l'exe
cution des dix Articles qui y sont contenus.
AUTRE du même jour , portant rétablisse-
ment des Congés d'ancienneté , dont la déli-
vrance avoit été suspenduë par celle du Is. Fé
vrier 1734.
AUTRE du même jour , pour réduire les
Troupes Suisses et Grisonnes qui sont au Ser-
vice de S. M. et regler leur payement.
1 AUTRE du même jour , portant réduction
dans les Régimens de Hussards , qui ordonne
I. Kol.
I ij , l'execution
1238 MERCURE DE FRANCE
Eexecution des huit Articles qui y sont contenus.
AUTRE du même jour , portant réduction
des Compagnies de Cavalerie Françoise et Etrans
gere , et de Carabiniers.
AUTRE du même jour , pour réduire tou-
tes les Compagnies des Régimens d'Infanterie
Françoise , à trente hommes.
AUTRE du même jour , pour réduire les
Compagnies des Régimens de Dragons à vingt-
cinq , dont quinze à cheval et dix à pied.
AUTRE du même jour , concernant la ré-
duction des quatre Compagnies des Gardes du
Corps , par laquelle S. M. ordonne qu'à com
mencer du 20. du présent mois de Janvier ,
il
sera réformé cinq Gardes par Brigade , à raison
de trente par Compagnie , et au total cent vingt
Gardes, &c.
AUTRE du même jour , pour réduire la
Compagnie des Grenadiers à cheval du Roy , a
cent trente Maîtres , avec quatre Tambours.
AUTRE du même jour , pour retranches
les cinquante Mousquetaires à cheval , dont
chacune des premiere et seconde Compagnies
avoient été augmentées par Ordonnance du pre-
mier Mars 1734.
AUTRE du même jour , pour réduire les
trente Compagnies ordinaires du Régiment des
Gardes Françoises , à cent dix hommes chacune ,
Bon compris les Officiers.
I.Vol
AUTRE
JUIN.
1737.
seize Compagnies de la Gendarmerie.
1235
AUTRE du même jour , pour réduire les
AUTRE du même jour , pour réduire les
Compagnies des Régimens d'infanterie Iklan-
coise à trente hommes , et composer les Batail-
lons de dix - sept Compagnies , de même que les
Bataillons François,
AUTRE du même jour , contenant 44. pa
ges , portant Reglement pour le payement des
Troupes de Sa Majesté , par laquelle il est dit
que S. M. ayant fait expédier ses ofdres pour le
licenciement et les réductións qu'elle s'est déter-
minée de faire dans ses Troupes , tant Françoises
qu'Etrangeres , à l'occasion de la Paix ; et vou-
Tant expliquer ses intentions sur la composition ,
après la réforme , et l'entretenement de celles
qu'elle a résolu de conserver ; elie a ordonné et
ordonne l'execution de tous les Articles conte-
nus en ladite Ordonnance , &c.
AUTRE du 1o. pour faire
retournee
dans les Provinces et Generalités du Royaumë
Jes Cavaliers , Dragons et Soldats François qui
seront réformés , et leur défendre de commettre
aucun désordre ni de passer dans les Pays Etran-
gers , sur les peines qui y sont contenues.
SENTENCE de Police du 11. qui renouvelle
les défenses à tous Boulangers , Meûniers , Bras-
seurs et autres , d'acheter aucuns Grains et Fa-
rines , et à tous Fermiers , Laboureurs et autres,
d'en vendre par montre , dans l'étenduë de huit
lieues aux environs de Paris..
1. Vol.
I iij
ARREST
1240 MERCURE DE FRANCE
ARREST du 15. qui proroge jusqu'au
dernier Décembre 1737. le délai accordé par ce-
lui du 17. Janvier 1736. pour la modération des
droits de Marc d'Or , Sceau et autres frais de
Provisions des Offices qui se Itveront , vacans
aux Revenus Casuels , pendant le courant de la-
dite année.
AUTRE du 22. qui ordonne que les Ser-
ges de Crevecœur , d'Hardivilliers et des autres
Manufactures , qu'il a été d'usage jusqu'à pré-
sent de vendre à la piece , pouront à l'avenir
être vendues à l'aune et sur le pied de l'auna-
ge que contiendra chaque piece desdites Ser-
ges.
AUTRE du même jour , qui confisque plu-
sieurs Pieces d'Etoffes de Soye de Fabriques
étrangeres ou du Royaume , saisies tant dans
le Magasin des sieurs Viot et Desfossez , Asso-
ciés , que dans celui du sieur Bougier , faute de
marques ou plombs de Fabrique ; et les con-
damne en dix livres d'amende , pour chacune
Piece d'Etoffes saisies.
AUTRE du même jour , portant confisca-
tion de plusieurs Pieces et Coupons d'Etoffes de
Soye de fabriques étrangeres ou du Royaume ,
saisies dans le Magasin du sieur Charles - Louis
Chauvin , Marchand de Soye en gros , faute de
marques ou plombs de Fabrique , et le condam-
ne en dix livres d'amende pour chaque Piece
d'Etoffes saisies.
SENTENCE de Police du 25. qui condam
me le sieur Menin en trois mille livres d'amen-
I. Vol
ge
JUIN 1737.
I iij
1241
de pour avoir donné à jouer dans sa maison au
Jeu de Pharaon , et le sieur de Colmenil en millo
livres d'amende pour y avoir été trouvé caillant
audit Jeu.
LETTRES Patentes du Roy , sur le Re
glement fait et arrêté le 15. Janvier 1737. pour
la Teinture des Etoffes de Laine , et des Laines
servant à leur fabrication , contenant ledit Re-
glement 93 Articles , dont S. M. ordonne l'e-
xecution. Données à Versailles le 29. Janvier
1737. Registrées en Parlement le 12. Mars
suivant.
ORDONNANCE de Police du 30. qui
fait défenses à tous Limonadiers, Marchands de
Vin et autres , de souffrir que l'on joue chés eux
aux Jeux de Pair-ou-non , aux Dés et autres
Jeux de hazard , sous peine de trois mille livres
d'amende , et de mille livres d'amende aussi
contre chaque Particulier qui y sera trouvé jouant
auxdits Jeux.
ARREST du Parlemens , au sujet d'un Mé
moire imprimé & c.
Ce jour, les Gens du Roi sont entrés , et Maî-
tre Pierre Gilbert de Voisins , Avocat dudit Sei-
gneur Roy , portant la parole , ont dit : Qu'il
ne leur est pas permis de se taire sur un Mé-
moire imprimé du sieur Marquis de Bauffre-
mont , qui d'ailleurs leur seroit étranger par son
objet , dont la connoissance est soumise à un
autre Tribunal ; mais dans lequel ils trouvent
ce qui interesse le plus nécessairement leur mi-
sistere , et ce qui apartient le plus immédia
tement à l'autorité de la Cour.
I. Vol.
Qu'on
1240 MERCURE DE FRANCE
ARREST du 15. qui proroge jusqu'au
dernier Décembre 1737. le délai accordé par ce-
lui du 17. Janvier 1736. pour la modération des
droits de Marc d'Or , Sceau et autres frais de
Provisions des Offices qui se leveront , vacans
aux Revenus Casuels , pendant le courant de la-
dite année.
AUTRE du 22. qui ordonne que les Ser-
ges de Crevecœur , d'Hardivilliers et des autres
Manufactures , qu'il a été d'usage jusqu'à pré-
sent de vendre à la piece , pouront à l'avenir
être vendues à l'aune et sur le pied de l'auna-
ge que contiendra chaque piece desdites Ser-
ges.
AUTRE du même jour , qui confisque plu-
sieurs Pieces d'Etoffes de Soye de Fabriques
étrangeres ou du Royaume , saisies tant dans
le Magasin des sicurs Viot et Desfossez , Asso-
ciés , que dans celui du sieur Bougier , faute de
marques ou plombs de Fabrique ; et les con-
damne en dix livres d'amende , pour chacune
Piece d'Etoffes saisies.
AUTRE du même jour , portant confisca-
tion de plusieurs Pieces et Coupons d'Etoffes de
Soye de fabriques étrangeres ou du Royaume ,
saisies dans le Magasin du sieur Charles - Louis
Chauvin , Marchand de Soye en gros , faute de
marques ou plombs de Fabrique , et le condam-
ne en dix livres d'amende pour chaque Piece-
d'Etoffes saisies.
SENTENCE de Police du 25. qui condam
me le sieur Menin en trois mille livres d'amen-
I. Vol
de
JUIN 1737.
I. Vol.
1241
de pour avoir donné à jouer dans sa maison au
Jeu de Pharaon , et le sieur de Colmenil en millo
livres d'amende pour y avoir été trouvé taillant
audit Jeu.
LETTRES Patentes du Roy , sur le Re
glement fait et arrêté le 15. Janvier 1737. pour
la Teinture des Etoffes de Laine , et des Laines
servant à leur fabrication , contenant ledit Re-
glement 93 Articles , dont S. M. ordonne l'e-
xecution. Données à Versailles le 29. Janvier
1737. Registrées en Parlement le 12. Mars
suivant.
ORDONNANCE de Police du 30. qui
fait défenses à tous Limonadiers, Marchands de
Vin et autres , de souffrir que l'on joue chés cux
aux Jeux de Pair -ou-non , aux Dés et autres
Jeux de hazard , sous peine de trois mille livres
d'amende , et de mille livres d'amende aussi
contre chaque Particulier qui y sera trouvé jouant
auxdits Jeux.
ARREST du Parlemens , au sujet d'un Mé
moire imprimé & c.
Ce jour , les Gens du Roi sont entrés , et Maî-
tre Pierre Gilbert de Voisins , Avocat dudit Sei-
gneur Roy , portant la parole , ont dit : Qu'il
ne leur est pas permis de se taire sur un Mé-
moire imprimé du sieur Marquis de Bauffre-
mont , qui d'ailleurs leur seroit étranger par son
objet , dont la connoissance est soumise à un
autre Tribunal ; mais dans lequel ils trouvent
ce qui interesse le plus nécessairement leur mi-
sistere , et ce qui apartient le plus immédia
tement à l'autorité de la Cour.
I iiij
Qu'on
•
1242 MERCURE DE FRANCE
Qu'on y lit à la page 7. que la Dame Mar-
quise de Bauffremont est effectivement Heleine
de Courtenay, Princesse du Sang Royal de France
:
et que comme si ce n'étoit pas assés qu'un tel
Mémoire eût été hazardé au fond d'une Pro-
vince à l'extrémité du Royaume ; un Ecrivain
qui met au jour des feuilles successives sous le ti-
tre, d'Observations sur les Ecrits modernes , vient
de lui donner un nouveau degré de publicité à
Paris jusque sous nos yeux , par l'extrait qu'il
en a fait dans ses feuilles du 12. Janvier , dans
lequel il a transcrit les propres termes de l'èn-
droit où est employée cette qualité.
Qu'ils ne s'étendront point sur ce qui se passa
en la Cour au commencement du dernier siecle,
aux premieres tentatives de quelques personnes
de la maison de Courtenay , pour s'arroger
s'il eût été possible , quelque commencement de
possession d'une pareille qualité. Que les mo-
numens qui reposent dans le Greffe de la Cour
en font foy : et que ce qu'on y voit à ce sujet
sera à jamais une preuve mémorable du zele de
ceux qui exerçoient alors le Ministere dont ils
at l'honneur d'être revétus..
Mais que ni la mémoire des choses passées ,
ni l'exemple de leurs Prédécesseurs , ne sont né-
cessaires pour authoriser une démarche qu'ils
ne pouroient obmettre , sans manquer au plus
sacré de leurs devoirs , et sans être responsables
de leur silence , au Roi , à l'Etat et à la Cour.
Qu'on ne peut trop sentir de quelle extrême
conséquence il est , que le caractere auguste qui
distingue en France les Princes du Sang Royal,
ne puisse au gré de l'opinion et des conjectures ,
devenir l'objet d'ambitieuses prétentions Qu'au-
trement , plus une Maison seroit illustre , plus
les
JUIN.
17278
dans la nuit des temps reculés
T243
les traces de son ancienne origine se perdroient
quence pour d'autres Maisons.
et plus il lui
seroit facile de se laisser éblouir aux idées Ala-
teuses , dont la temérité ou l'artifice cheiche-
roient à repaître son ambition , et que lors mê-
me qu'elle viendroit à s'éteindre , son éxemple
demeureroit toujours capable de tirer à consé
Que ce sont ces considérations , dont la Cour
sçaura mieux peser encore toute l'importance ,
qui leur ont dicté les Conclusions qu'ils ont
l'honneur de lui remettre
et le sujet.
Mémoire et lesdites Feuilles.
avec le Mémoire ,
et les Feuilles imprimées qui en font l'occasion:
Lequel Mémoire , et lesquelles Feuilles ils ont
laissé sur le Bureau , avec les Conclusions par
écrit du Procureur Général du Roi contre ledit
:
Eux retirés Vú l'imprimé intitulé : Mémoire
pour Messive Louis Benigne , Marquis de Baufre-
mont , c. contenant quinze pages , ensemble
les Feuilles intitulées: Observations sur les Ecrits
modernes, Lettre quatre vingt-dix-neuf, commen.
çant à la page cent-quatre- vingt- treize , et fi-
nissant à la page deux - cent-seize , dattées à la
fin , le douze Janvier mil sept-cent trente-fept. A
Paris , chés Chaubert : Conclusions du Procu-
1eur Général du Roi, La matiere sur ce mise en
délibération.
La Cour a arrêté et ordonné que les termes
Heleine de Courtenay , Princesse du Sang Royal
de France , étant au bas de la page sept dudit
Mémoire , demeureront rayés et suprimés , et
que les Feuilles intitulées
Observations sur les
Ecrits modernes , Lettre quatre-vingt- dix-neuf ,
lesdites Feuilles commençant à là page cent-qua-
I. Vol.
Ly
tre
244 MERCURE DE FRANCE
tre-vingt-treize , et finissant à la page deux-
cent-seize , dattées à la fin, le douze Janvier mil-
sept-cent-trente-sept. A Paris , chés Chaubert , se-
font et demeureront suprimées ; Fait inhibitions
et défenses , tant audit de Bauffremont qu'à tous
autres , d'employer lesdits titre et qualité pour
ladite Heleine de Courtenay , et notamment à
tous Libraires et Imprimeurs et tous autres , de
les employer dans aucuns Livres ou Imprimés ,,
et pareillement d'imprimer , vendre et cébiter ,
ou autrement distribuer tant lesdites Feuilles que
ledit Mémoire , avec les termes cy- dessus ; le
tout à peine d'être procedé extraordinairement
contre les Contrevenans , Enjoint à tous ceux
qui auroient des Exemplaires dudit Mémoire ,
ou desdites Feuilles , de les aporter au Greffe de
la Cour , pour être lesdites Feuilles suprimées ,
et les termes cy- dessus rayés dudit Mémoire..
Ordonne en outre que Copies collationnées du
présent Arrêt, seront envoyées dans les Baillia-
ges et Sénéchaussées du Ressort pour y être lû ,.
publié et registré : Enjoint aux Substituts du
Procureur General du Roi, d'y tenir la main , et
en certifier la Cour dans le mois. Fait en Par-
lement le sept Février mil- sept-cent trente-sept .
Signé YSABEAU..
ORDONNANCE du Roi , du 11. au sujet
des Deserteurs des troupes des Isles Françoises.
de l'Amérique , par laquelle il est dit que Sae
Majesté voulant exciter de plus en plus ses Su-
jets des Isles Françoises de l'Amérique à arrê-
ter les Deserteurs des troupes qu'Elle y entre-
tient , E le a ordonné et ordonne que par le Tré-
sorier general de la Marine il sera payé , sut-
les ordonnances des Intendans ou Commissai
I. Vola
IRE
JUIN.
I. Vah
1737.
1245
res ordonnateurs auxdites Isles , la somme de
cent livres pour chaque deserteur desdites trou-
pes , à celui ou à ceux qui en auront fait la cap-
ture , et l'ameneront.
DECLARATION du Rey , qui regle la for
me en laquelle les Procurations pour résigner
les Bénéfices doivent êtres faites. Donnée à Ver-
sailles le 14. Février registrée en Parlement
le 13. Mars.
ARREST du 15. qui commet le sieur de
Saint Contest de la Chataigneraye , Maître des
Requêtes , pour défendre , en qualité de Procu-
reur General , aux demandes en cassation des
jugemens de competence..
AUTRE du 17. par lequel il est dit que le
Roi ayant été informé de ce qui s'est passé dan's
la Ville de Douay , à l'occasion de la mort d'un
Chanoine du Chapitre de S. Amé ; S. M. au-
roit jugé à propos de se faire rendre un compte
éxact de cette affaire , dont l'importance lui a
paru mériter son attention à quoy voulant
pourvoir , Sa Majesté étant en son Conseil , a
ordonné et ordonne que les déliberations capi-
tulaires du Chapitre de S. Amé , concernant le
dit Chanoine, et les Ordonnances 'en Jugement ,
rendues à son égard , ensemble les Apellations
simples ou comme d'abus , si aucunes en ont
été interjettées seront incessamment remises en-
tre les mains du sieur d'Argenvilliers , Secretaire
d'Etat , pour y être pourvû par Sa Majesté
ainsi qu'il apartiendra , sur le compte qui lui
sera rendu desdites pieces. : Sa Majesté réservant
à sa Personne la connoissance de cette affaire,
Evj
cife
1246 MERCURE DE FRANCE
circonstances et dépendances , et icelle interdi-
sant à toutes ses Cours et autres Juges , jusqu'à
Ce qu'autrement par Elle il en ait été ordonné
ORDONNANCE du Roi du 25. concernant
la réduction des Compagnies de Grenadiers
en faveur de ceux des Grenadiers qui se trou- .
veront déplacés par le retranchement porté par
l'ordonnance du 8. Janvier dernier , et entrenus
avec leur même paye jusqu'à ce qu'ils rentrent
dans les Compagnies d'où ils seront sortis ,
ou
qu'ils montent aux grades qui leur seront ac-
cordés suivant leurs talens et bonne conduite.
ARREST du 26. portant qu'Antoine Hog-
guer sera tenu de défendre dans huitaine , à la
demande du Controlleur des bons d'Etats con
tre lui , en restitution de neuf millions deux cent
quatre-vingt-dix mil cinq cent quatre-vingt- six
livres d'une part , en rentes sur les Tailles , et
de neuf cent quarante-quatre mille livres , d'au-
tre , en argent , comme indûement par lui sur-
prises , sinon qu'il sera fait droit.
EDIT DU ROY, portant supression de
la Charge de Garde des Sceaux de France. Don
né à Versailles au mois de Février 1737.
LOUIS par la grace de Dieu Roy de Fran-
ce et de Navarre ; à tous présens et à venir , S -
LUT. Les Sceaux de France étant à présent en
nos mains , nous avons crû que rien n'étoit plus
convenable au bien de notre Service et à celui
du Public , que d'en remettre la garde et l'éxer-
cice à notre très- cher et féal Chevalier Chance-
Tier de France. A ces causes , et autres à ce nods
mouvans , de l'avis de notre Conseil , et de no-
I. Val..
LEB
JUIN.
1. Vol
1737.
1247
tre certaine science , pleine puissance et autor té
Royale , nous avons éteint et suprimé , étei-
gnons et suprimons par ces Présentes , signées
de notre main , les titre , état et Office de Garde
des Sceaux de France , rétabli par nos Lettres
Patentes du mois d'Août 1727. Voulons qu'i-
celles et tout leur contenu , soit et demeure dès-
à-présent et à l'avenir , nul et comme´non ave--
au , ainsi que toutes les clauses et dispositions
contenues en icelles en vertu des Présentes . Si
donnons en mandement à nos amés et feaux
Conseillers , les Gens tenans notre Grand - Con
seil , que ces Présentes il ayent à faire lire et re-
gistrer , pour le contenu en icelles être gardé et
observé selon sa forme et teneur , nonobstant
tous Edits , Déclarations , Lettres Patentes , Ré-
gfemens et autres titres à ce contraires , auxquels
nous avons dérogé et dérogeons par ces Pié
sentes , pour ce regard seulement ; car tel est no-
tre plaisir
;
et afin que ce soit chose ferme et
stable à toujours , nous avons aposé notre Sce}
à cesdites Présentes Donné , &c .
Lu , publié en l'Audience du Grand- Conseil du
Roy et enregistré ès Registres dudit Conseil , pour
être gardé, observé et ex cuté selon sa forme et te-
neur , suivant l'Arrêt dud t Conseil de ce jourd'hui
21. Février 1737. Signé , TOURN A'Y.
Registré au Parlement le 7. Mars suivant.
REGLEMENT signé du Roy, du 2. Mars,
Sur ce qui doit êre observé à l'égard des Equi
pages des Navires qui partent des Ports de Pro-
vence , et au sujet des Passagers qui s'y embar
quent , par raport aux Expéditions des Patentes
de santé.
AUTRI
248 MERCURE DE FRANCE
AUTRE du même jour , concernant les
Equipages des Bâteaux et autres Bâtimens qui
naviguent seulement dans le Port et à la Baye
de Marseille.
ARREST du 3 qui ordonne l'èxecution de
celui du 12. Janvier 1734 portant établissement
de la Commission pour le Jugement en dernier
ressort des comptes et affaires concernant l'E-
conomat et les Biens des Religionnaires fugitifs,
avec augmentation de Commissaires..
AUTRE du 18. qui ordonne la supression
de plusieurs Quvrages saisis chés le nommé
Redé , Imprimeur à Amiens , surpris en contra
vention aux Reglemens de Police , et qui le dé-
clare déchu de la qualité d'Imprimeur.
ARREST du Parlement , au sujet d'une
Feuille imprimée et d'une These de Théologie.
CE JOUR les Gens du Roy sont entrés, et
Maître Pierre Gilbert de Voisins , Avocat du-
dit Seigneur Roy , portant la parole , ont dit:
Qu'une Feuille clandestine , imprimée sans
autre t tre que celui de Suite du Suplément , sous
la date du 15. Janvier dernier , est tombée depuis
peu entre leurs mains ; et que comme ils ont apris
qu'elle étoit répandue dans le Public , ils n'ont
pas c , à la vue de ce qu'elle contient , pouvoir
sous silence.
a Cour en jugera comme eux , si elle
seulement ce qui regarde diverses
ont nommées dans cette Feuille,
ent compromises , mais encore
de dangereux pour le Pablic,
n présente des esprits sur les af
Laires
JUIN 1737.
Y249'
faires de l'Eglise , et ce qu'elle renferme de faits;,
d'expressions et de discours , capables de porter
à son dernier période un fu qui ne se fait que
trop sen ir , et que l'on ne doit chercher qu'à
éteindre ..
Qu'ils croyent donc n'avoir besoin que de la
mettre sous les yeux de la Cour pour l'engager
à la proscrire ; et pour trouver dans son autorité
respectable un préservatif qui fasse sentir au Pa-
blic , combien il doit être en garde contre tout:
ce qui peut tendre à de tels excès.
Que pour ne pas multiplier sans nécessité ses
Arrets , ils auront l'honneur de lui rendre comp-
te en même-temps d'une These soutenue dans
la Faculté de Théologie de Rheims , qui , quoi-
qu'un peu plus ancienne , n'est cependant aussi
parvenue que depuis peu à leur connoissance.
Qu'ils n'ont pas lieu de reprocher à cette These
d'être tombée en tout dans un égal oubli de nos
Maximes. Qu'ils y en reconnaissent au contraire
plusieurs exprimées d'une maniere que l'on ne
sçauroit qu'aprouver. Mais qu'il est d'autres ar--
ticles sur lesquels elle s'en écarte trop pour être :
excusée ; et que ce mélange aujourd'hui trop
ordinaire , ne doit pas la mettre à couvert de la
Censure de la Cour.
Que la Cour sçaura mieux le connoître
ble de conséquences dangereuses.
Que la Cour sçait quelle a été de tout t
la fermeté inébranlable de la France .
ral dans l'ordre de la Puissance sp
τί
le
discerner par ses lumieres, que par toute la discus-
sion dans laquelle ils pouroient entrer sur cette
These; qu'ils se bornent à un seul exemple choi
entre ce qu'ils y ont remarqué de plus susce
´ment à maintenir la supériorité du C
Vole
•
•
1250 MERCURE DE FRANCE
encore à le regarder comme faisant une partic
principale et essentielle de l'institution de 1 Eglise.
Que la Cour n'a pas sans doute oublié ce qu'elle
a fait à ce sujet en diverses occasions. Que quoi-
que persuadée , comme il est vrai , que les Con-
ciles géneraux ne sont pas toujours nécessaires
pour terminer toute question qui s'éleve , soit
sur la Discipline ou sur la Foi , elle n'en a pas été
moins en garde contre tout ce qui pouvoit insi
nuer qu'ils ne sont nécessaires en aucun cas.
Que c'est pour cela qu'en 1663. par un Arrêt
solemnel , elie réprouva cette proposition dans
une These de Théologie : Concilia generalia ad
extirpandas bareses , schismata et alia incommoda
tol enda , admodum sunt utilia , non tamen abso-
lutè necessaria. Que dans la These d'aujourd'hui
la même proposition se trouve en d'autres ter-
mes , mais , qui loin d'en affoiblir le sens , sem-
blent plutôt y donner plus de force et d'énergie :
Congregare Concilia magna utilitatis , nullius ab-
soluta necessitatis En faut-il davantage pour fon-
der les Conclusions qu'ils ont prises pour la su
pression de cette These , aussi--bien que de la
Feuille imprimée , et qu'ils laissent à la Cour ,
avec un Exemplaire de chacun de ces deux Ecrits?
Eux retirés : Vû par la Cour ladite Feuille im
primée sous le titre , Suite du Suplément , 15.
janvier 1737. ensemble ladite These soutemë
dans la Faculté de Théologie de Rheims le
31.
Décembre 1736. par Charles Batteux , Pro ma-
jore ordinarii , et les Conclusions par écrit du
Procureur General du Roy sur lesdits Ecrits. La
matiere sur ce mise en Déli eration ,
LA COUR a arrêté et ordonné que laditt
Feuille et ladite These seront suprimées , Enjoine
à tous ceux qui en auroient des Exemplaires , de
I. Vol.
jes
JUIN.
1737.
1251
Les aporter à cet effet au Greffe de ladite Cour
Fait inhibitions et défenses à tous Imprimeurs ,
Libraires , Colporteurs et autres de quelque état,
qualité et condition qu'ils soient , de vendre, dé-
biter ou autrement distribuer aucuns Exemplaires'
de ladite Feuille et de ladite These , à peine de
punition exemplaire; et que Copies collationnées
du présent Arrêt seront envoyées dans les Bail-
liges et Sénéchaussées du Ressort , pour y être
lu , publié et registré , enjoint aux Substituts du
Procureur General du Roy d'y tenir la main , et
d'en certifier la Cour dans un mois. Fait en Par-
lement le 18 Mars 1737. Signé DUFRANC.
ARREST du 19. Mars , qui exempte des
droits de Massicault , et modére à moitié les au-
tres droits dûs à Rouen et au Havre , sur les
Vins du Languedoc et de Roussillon , qui seront
destinés pour la provision de Paris.
ORDONNANCE DU Roy du 30. par la
quelle il est dit que S. M. desirant mettre sous
le Titre de Royal - Pologne , le Regiment de Ca-
valerie qui est sous celui du Roy Stanislas , et
voulant qu'il prenne à l'avenir dans la Cavalerie
un rang convenable à ce Titre , S. M. a ordonné
et ordonne qu'il portera à l'avenir le nom de
Royal- Pologne, et prendra rang dans les Garni
sons,Quartiers Campemens, Armées, et par- tout
ailleurs , après le Regiment Royal de Carabi
niers , et avant tous les autres qui sont actuelle-
ment sur pied ; nonobstant ce qui est porté par
POrdonnance du 24. Décembre 1725. qui avoit
fixé le rang de ce Regiment après celui de la
Reine , et toutes autres Ordonnances et Regle
mens à ce contraires , auxquels S. M: a dérogé
et déroge par ladite Ordonnance.
11252 MERCURE DE FRANCE
ARREST du 2. Avril, Portant Exemption
des Droits du Domaine d'Occident , pour les
Marchandises du crû des Isles du Vent de l'A-
merique , qui seront transportées en Canada er
à l'Isle- Royale..
AUTRE du même jour, Qui permet aux Né
gocians de Marseille d'introduire , pour la con-
sommation du Royaume , les Caffés provenant
du cru des Isles Françoises de l'Amerique , en
payant dix livres du cent pesant , et d'en en-
voyer à Geneve en transit , sans payer aucuns
Droits ; le tout en observant les formalités pres
crites.
ORDONNANCE DU ROY du ro. Avril,
Qui enjoint aux Officiers des Troupes d'Infan-
gerie , Cavalerie et Dragons , de porter l'habit
uniforme pendant le temps qu'ils seront aux
Corps.
AUTRE du 23. Qui permet que les Bâti-
mens François soient adressés aux Négocians
Etrangers établis dans les Echelles du Levant ,
dans le cas où ils auront été fretés en entier par
des Etrangers.
ARREST du même jour , Pour faciliter
La perception des Arrerages des Rentes Viageres
acquises sur l'Hôtel de Ville de Paris
Etrangers.
suit.
par
AUTRE du 5. May , dont la tencur
LE ROY s'étant fait representer l'Arrêt ren-
u par Sa Majesté le 9. Décembre 1731. par
1. Vol.
les
lequel
JUIN.
I. Fol
+1737
1253
lequel elle auroit ordonné la Supression d'une
feuille imprimée commençant par ces mots
Stephanus Josephus de la Fare ..... Episcopus ,
Dux Laudunensis , avec une Formule ordinaire
de l'Aprobation des Confesseurs , une Explica-
tion des Cas reservés au Pape ou à l'Evêque , et
des Avis adressés aux Confesseurs , Sa Majesté
auroit été informée que , contre le respect qui
est dû à cet Arrêt , on commençoit à répandre
dans le Public un Ouvrage imprimé sans nom
d'Imprimeur , sans Privilege ni Permission, qui
a pour titre , Ordonnance de M. l'Evêque Duc de
Laon,second Pair de France, & c.où il paroît qu'on
veut faire revivre et regarder comme subsistant,
ce que le Roy ajugé à propos de suprimer par son
autorité. Et S. M. s'étant fait rendre un comp-
te plus exact de cet Ouvrage, Elle auroit recon-
nu que l'exemple d'une pareille contravention
doit être d'autant moins toleré, qu'il est à crain-
dre que l'esprit qui regne dans cet Imprimé , et
la dureté des expressions dont il est rempli ,
n'excirent une nouvelle émotion dans les esprits:
à quoi étant nécessaire de pourvoir , pour as-
sûrer l'exécution des Arrêts émanés de l'autori-
té du Roy , et éloigner tout ce qui peut troubler
la tranquillité publique , SA MAJESTE' E'TANT
EN SON CONSEIL , a ordonné et ordonne que
ledit Ouvrage , imprimé sous le titre d'Ordon-
nance de M.l'Evêque Duc de Laon ,second Pair de
France , &c. sera et demeurera suprimé , &c.
AUTRE du 21. Qui accorde un Délay
jusqu'au dernier Décembre 1737. pour le Con-
trôle des Actes de Foy et Hommage , Décla-
rations et Reconnoissances aux Papiers Terriers
et autres.
LETTRES
1254 MERCURE DE FRANCE
LETTRES PATENTES de Privilege exclu-
sif d'une Machine propre à battre les Grains ,
pour le sieur Meiffren .
LOUIS , par la Grace de Dieu, Roy de Fran-
ee et de Navarre : A tous ceux qui ces presentes
Lettres verront , SALUT. Notre bien amé le
sieur Jean Baptiste Meiffren , Capitaine Garde-
Côte , et Inspecteur des Haras en Provence ,
Nous a fait exposer qu'il a inventé une Machine
propre à battre les Grains , laquelle a la pro-
prieté de battre beaucoup mieux les Gerbes que
le Fleau , qu'elle en rend la paille plus douce ,
et meilleure pour les Chevaux , en fait sortir tout
le grain , qu'elle crible et qu'elle vanne en même
temps qu'elle bat , & fait plus d'ouvrage avec
un seul homme qu'avec six des plus forts Bar-
teurs en Grange ; Que cette Machine agit par
le moyen d'un arbre vertical qui est mis en
mouvement par un ou plusieurs bras , auquel
an attache un ou plusieurs chevaux , selon l'é
tenduë que l'on veut lui donner ; que cet arbre
porte un rouet qui mene une lanterne , laquelle
fait tourner un arbre horizontal , lequel porte
des levées , qui rencontrant d'un cô é des basse-
cules , de l'autre des mentonieres , font lever des
pilons et facilitent l'écoulement du grain dans
une tremie Que cette Machine sera très- utile ,
sur-tout en Provence , & dans les autres Pro-
vinces méridionales du Royaume , où on foule
le grain par le moyen d'un grand nombre de
chevaux , qui serviront utilement à d'autres tra-
vaux que d'ailleurs ceux de cette espece fati-
guent presque toutes les Jumens Poulinieres et
les font avorter, gâtent les jambes des Poulains,
les détruisent en partie , et empêchent qu'on
puisse tirer de bons chevaux de cette Province ;
I. Vol.
-que
JUIN.
1737.
1255
que même ce foulage avec des chevaux et des
jumens est défendu depuis long- tems , en Espa-
gne , en Italie , en Barbarie , en gypte mais
comme ledit sieur Meiffren perdroit tout le fruit
de ses travaux , et que les dépenses qu'il a faites
pour parvenir à perfectionner cette nouvelle Ma-
chine , tomberoient en pure perte pour lui , s'il
étoit permis d'en faire de pareilles ,
qu'il Nous plairoit regler ,
il Nous a
très-humblement suplié de lui en accorder fe
Privilege exclusif, pendant le nombre d'années
et desirant favora-
blement traiter dedit sieur Meiffen , et le re-
compenser de son aplication, et après avoir fait
examiner en notre Académie Royale des Scien-
ces , ladite Machine : A CES CAUSES ,
et autres
ace Nous mouvans ', de l'avis de notre Conseil,
qui a vu le Certificat de notre Académie des
Sciences , ensemble le plan de ladite Machine cy
attaché sous le Contre- Scel de notre Chancel-
erie , Nous avons , par ces Presentes signées de
notre main , permis et permettons audit sieur
Meiffren , ses Hoirs et ayans cause , de faire
construire , vendre , débiter ,
et se servir de la
nouvelle Machine à battre les Gerbes , de son
invention dans toute l'étendue de notre Royau-
me,Pays, Terres, et Seigneuries de notre obéis-
sance , pendant le temps et espace de vingt an-
nées consecutives , à compter du jour et datte
des Presentes ; faisons très- expresses inhibitions
et défenses à toutes Personnes de quelque con-
dition et qualité qu'elles soient, de faire et cons-
ctuire , pendant ledit temps , aucunes Machines
à battre les Gerbes semblables à la presente , ni
de la contrefaire sans la permission par écrit du-
dit sieur Meiffren , ses Hoirs et ayans cause ,
peine de confiscation desd. Machines et des mate-
J. Vol.
*iaux
7254 MERCURE DE FRANCE
LETTRES PATENTES de Privilege exclu
sif d'une Machine propre à battre les Grains ,
pour le sieur Meiffren .
LOUIS , par la Grace de Dieu, Roy de Fran
ee et de Navarre : A tous ceux qui ces presentes
Lettres verront , SALUT. Notre bien amé le
sieur Jean Baptiste Meiffren , Capitaine Garde-
Côte , et Inspecteur des Haras en Provence ,
Nous a fait exposer qu'il a inventé une Machine
propre à battre les Grains , laquelle a la pro-
prieté de battre beaucoup mieux les Gerbes que
le Fleau , qu'elle en rend la paille plus douce ,
et meilleure pour les Chevaux , en fait sortir tout
le grain , qu'elle crible et qu'elle vanne en même
temps qu'elle bat , & fait plus d'ouvrage avec
un seul homme qu'avec six des plus forts Bar-
teurs en Grange ; Que cette Machine agit par
le moyen d'un arbre vertical qui est mis en
mouvement par un ou plusieurs bras , auquel
an attache un ou plusieurs chevaux , selon l'é
tenduë que l'on veut lui donner ; que cet arbre
porte un rouet qui mene une lanterne , laquelle
fait tourner un arbre horizontal , lequel porte
des levées , qui rencontrant d'un cô é des basse-
cules , de l'autre des mentonieres , font lever des
pilons et facilitent l'écoulement du grain dans
une tremie : Que cette Machine sera très- utile ,
sur-tout en Provence , & dans les autres Pro-
vinces méridionales du Royaume , où on foule
le grain par le moyen d'un grand nombre de
chevaux , qui serviront utilement à d'autres tra-
vaux que d'ailleurs ceux de cette espece fati-
guent presque toutes les Jumens Poulinieres et
les font avorter, gâtent les jambes des Poulains,
les détruisent en partie , et empêchent qu'on
puisse tirer de bons chevaux de cette Province ;
1. Vol.
que
JUIN..1737.
J. Vol.
1255
que même ce foulage avec des chevaux et des
jumens est défendu depuis long- tems , en Espa-
gne , en Italie , en Barbarie , en gypte : mais
comme ledit sicur Meiffren perdroit tout le fruit
de ses travaux , et que les dépenses qu'il a faites
pour parvenir à perfectionner cette nouvelle Ma-
chine , tomberoient en pure perte pour lui , s'il
étoit permis d'en faire de pareilles ,
il Nous a
très- humblement suplié de lui en accorder fe
Privilege exclusif, pendant le nombre d'années
qu'il Nous p'airoit regler ,
et desirant favora-
blement traiter dedit sieur Meiffen , et le re-
compenser de son aplication, et après avoir fait
examiner en notre Académie Royale des Scien-
ces , ladite Machine : A CES CAUSES ,
et autres
ice Nous mouvans , de l'avis de notre Conseil,
qui a vu le Certificat de notre Académie des
Sciences , ensemble le plan de ladite Machine cy
attaché sous le Contre- Scel de notre Chancel-
crie , Nous avons , par ces Presentes signées de
notre main , permis et permettons audit sieur
Meiffren , ses Hoirs et ayans cause , de faire
construire , vendre , débiter ,
et se servir de la
nouvelle Machine à battre les Gerbes , de son
invention dans toute l'étendue de notre Royau-
me , Pays, Terres, et Seigneuries de notre obéis
sance , pendant le temps et espace de vingt an-
nées consecutives , à compter du jour et datte
des Presentes ; faisons très-expresses inhibitions
et défenses à toutes Personnes de quelque con-
dition et qualité qu'elles soient, de faire et cons-
tuire , pendant ledit temps , aucunes Machines
à battre les Gerbes semblables à la presente , ni
de la contrefaire sans la permission par écrit du-
dit sieur Meiffren , ses Hoirs et ayans cause , à
peine de confiscation desd. Machines et des mate-
tiaux
1246 MERCURE DE FRANCE
circonstances et dépendances , et icelle interdi-
sant à toutes ses Cours et autres Juges , jusqu'à
Ce qu'autrement par Elle il en ait été ordonné.
ORDONNANCE du Roi du 25. concernant
la réduction des Compagnies de Grenadiers
en faveur de ceux des Grenadiers qui se trou-.
veront déplacés par le retranchement porté par
l'ordonnance du 8. Janvier dernier , et entrenus
avec leur même paye jusqu'à ce qu'ils rentrent
dans les Compagnies d'où ils seront sortis , ou
qu'ils montent aux grades qui leur seront ac-
cordés suivant leurs talens et bonne conduite.
ARREST du 26. portant qu'Antoine Hog-
guer sera tenu de défendre dans huitaine , à la
demande du Controlleur des bons d'Etats con
tre lui , en restitution de neuf millions deux cent
quatre- vingt-dix mil cinq cent quatre-vingt-six
livres d'une part , en rentes sur les Tailles , et
de neuf cent quarante-quatre mille livres , d'au-
tre , en argent , comme indûement par lui sur-
prises , sinon qu'il sera fait droit.
EDIT DU ROY, portant supression de
la Charge de Garde des Sceaux de France. Don
Lé à Versailles au mois de Février 1737.
LOUIS par Ia grace de Dieu Roy de Fran-
ce et de Navarre ; à tous présens et à venir , SA-
IU T. Les Sceaux de France étant à présent en
nos mains , nous avons crû que rien n'étoit plus
convenable au bien de notre Service et à celui
"du Public , que d'en remettre la garde et l'éxer-
cice à notre très-cher et féal Chevalier Chance-
Tier de France. A ces causes , et autres à cẹ nods
mouvans , de l'avis de notre Conseil , et de no-
I. Val.
JUIN.
1737.
1247
tre certaine science , pleine puissance et autor té
Royale , nous avons éteint et suprimé , étei-
gnons et suprimons par ces Présentes , signées
de notre main , les titre , état et Office de Garde
des Sceaux de France , rétabli par nos Lettreg
Patentes du mois d'Août 1727. Voulons qu'i-
celles et tout leur contenu , soit et demeure dès-
à- présent et à l'avenir , nul et comme non ave--
nu , ainsi que toutes les clauses et dispositions
contenues en icelles en vertu des Présentes. Si
donuous en mandement à nos amés et feaux
Conseillers , les Gens tenans notre Grand- Con-
seil , que ces Présentes il ayent à faire lire et re-
gistrer , pour le contenu en icelles être gardé et
observé selon sa forme et teneur , nonobstanť
fous Edits , Déclarations , Lettres Patentes , Ré
gfemens et autres titres à ce contraires , auxquels
nous avons dérogé et dérogcons par ces Pié
senies , pour ce regard seulement ; car tel est no-
tre plaisir , et afin que ce soit chose ferme et
stable à toujours , nous avons aposé notre Sce
ă cesdites Présentes Donné , &c.
Lú , publié en l'Audience du Grand- Conseil du
Roy et enregistré ès Registres dudit Conseil , pour
être gardé, observé et ex cuté selon sa forme et te-
neur , suivant l'Arrêt dud 1 Conseil de ce jourd'hui
21. Février 1737. Signé , TOURNAY.
Registré au Parlement le 7. Mars suivant.
REGLEMENT signé du Roy, du 2. Mars
Sur ce qui doit êre observé à l'égard des Equi
pages des Navires qui partent des Pòrts de Pro-
vence , et au sujet des Passagers qui s'y embar
quent , par raport aux Expéditions des Patentes
de santé.
1. Vol
AUTRI
T248 MERCURE DE FRANCE
AUTRE du même jour , concernant les
Equipages des Bâteaux et autres Bâtimens qui
naviguent seulement dans le Port et à la Baye
de Marseille.
ARREST du 3 qui ordonne l'èxecution de
celui du 12. Janvier 1734 portant établissement
de la Commission pour le Jugement en dernier
ressort des comptes et affaires concernant l'E-
conomat et les Biens des Religionnaires fugitifs,
avec augmentation de Commissaires.
AUTRE du 18. qui ordonne la supression
de plusieurs Ouvrages saisis chés le nommé
Redé , Imprimeur à Amiens , surpris en contra
vention aux Reglemens de Police , et qui le dé-
clare déchu de la qualité d'Imprimeur.
ARREST du Parlement , au sujet d'une
Feuille imprimée et d'une These de Théologie.
CE JOUR les Gens du Roy sont entrés, er
Maître Pierre Gilbert de Voisins , Avocat du-
dit Seigneur Roy , portant la parole , ont dit :
Qu'une Feuille clandestine , imprimée sans
autre t tre que celui de Suite du Suplément ,
la date du 15. Janvier dernier , est tombée depuis
peu entre leurs mains, et que comme ils ont apris
qu'elle étoit répandue dans le Public , ils n'ont
pas crû , à la vue de ce qu'elle contient , pouvoir
la passer sous silence .
Que la Cour en jugera comme eux , si elle
considere non-seulement ce qui regarde diverses
Personnes qui sont nommées dans cette Feuille,
et qui s'y trouvent compromises , mais encore
plus ce qu'elle a de dangereux pour le Pablic ,
dans la disposition présente des esprits sur les af
L.. Vole
Sous
faires
JUIN 1737.
Le Volo
Y'49'
faires de l'Eglise , et ce qu'elle renferme de faits;,
d'expressions et de discours , capables de porter
à son dernier période un fu qui ne se fait que
trop sen ir , et que l'on ne doit chercher qu'à
éteindre..
Qu'ils croyent donc n'avoir besoin que de la
mettre sous les yeux de la Cour pour l'engager
à la proscrire ; et pour trouver dans son autorité
respectable un préservatif qui fasse sentir au Pa-
blic , combien il doit être en garde contre tout:
ce qui peut tendre à de tels excès.
Que pour ne pas multiplier sans nécessité sés
Arrets , ils auront l'honneur de lui rendre comp-
te en même-temps d'une These soutenue dans
la Faculté de Théologie de Rheims , qui , quoi-
qu'un peu plus ancienne n'est cependant aussi
parvenue que depuis peu à leur counoissance.
Qu'ils n'ont pas lieu de reprocher à certe These
d'être tombée en tout dans un égal oubli de nos
Maximes. Qu'ils y en reconnoissent au contraire
plusieurs exprimées d'une maniere que l'on ne
sçauroit qu'aprouver. Mais qu'il est d'autres ar-
ticles sur lesquels elle s'en écarte trop pour être:
excusée ; et que ce mélange aujourd'hui trop
ordinaire , ne doit pas la mettre à couvert de la
Censure de la Cour.
Que la Cour sçaura mieux le connoître
le
discerner par ses lumieres, que par toute la discus-
sion dans laquelle ils pouroient entrer sur cette
These; qu'ils se bornent à un seul exemple choisi
entre ce qu'ils y ont remarqué de plus suscepti
ble de conséquences dangereuses.
Que la Cour sçait quelle a été de tout temps
la fermeté inébranlable de la France , non-seule
´ment à maintenir la supériorité du Concile géne
ral dans l'ordre de la Puissance spirituelle , mais
encore
1250 MERCURE DE FRANCE
encore à le regarder comme faisant une partie
principale et essentielle de l'institution de l Eglise.
Que la Cour n'a pas sans doute oublié ce qu'elle
a fait à ce sujet en diverses occasions. Que quoi-
que persuadée , comme il est vrai , que les Con-
ciles géneraux ne sont pas toujours nécessaires
pour terminer toute question qui s'éleve , soit
sur la Discipline ou sur la Foi , elle n'en a pas été
moins en garde contre tout ce qui pouvoit insi-
nuer qu'ils ne sont nécessaires en aucun cas .
Que c'est pour cela qu'en 1663. par un Arrêt
solemnel , elle réprouva cette proposition dans
une These de Théologie : Concilia generalia ad
extirpandas bareses , schismata et alia incommoda
tol enda , admodum sunt utilia , non tamen abso-
lutè necessaria. Que dans la These d'aujourd'hui
la même proposition se trouve en d'autres ter-
mes , mais , qui loin d'en affoiblir le sens , sem-
blent plutôt y donner plus de force et d'énergie :
Congregare Concilia magna utilitatis , nullius ab-
soluta necessitatis En faut-il davantage pour fon-
der les Conclusions qu'ils ont prises pour la su
pression de cette These , aussi- bien que de la
Feuille imprimée , et qu'ils laissent à la Cour ,
avec un Exemplaire de chacun de ces deux Ecrits?
Eux retirés : Vû par la Cour ladite Feuille im
primée sous le titre , Suite du Suplément , 15.
janvier 1737. ensemble ladite These soutene
dans la Faculté de Théologie de Rheims le
31-
Décembre 1736. par Charles Batteux , Pro ma-
jore ordinarii , et les Conclusions par écrit du
Procureur General du Roy sur lesdits Ecrits. La
matiere sur ce mise en Déli eration ,
LA COUR a arrêté et ordonné que ladit☛
Feuille et ladite These seront suprimées , Enjoint
à tous ceux qui en auroient des Exemplaires , de
J. Vol.
jes
JUIN.
1737.
1251
les aporter à cet effet au Greffe de ladite Cour !
Fait inhibitions et défenses à tous Imprimeurs ,
Libraires , Colporteurs et autres de quelque état,
qualité et condition qu'ils soient , de vendre, dé-
biter ou autrement distribuer aucuns Exemplaires'
de ladite Feuille et de ladite These , à peine de
punition exemplaire; et que Copies collationnées
du présent Arrêt seront envoyées dans les Bail-
liges et Sénéchaussées du Ressort , pour y être
Iû , publié et registré , enjoint aux Substituts du
Procureur General du Roy d'y tenir la main , er
d'en certifier la Cour dans un mois. Fait en Par-
lement le 18 Mars 1737. Signé DUFRANC.
ARREST du 19. Mars , qui exempte des
droits de Massicault , et modére à moitié les au-
tres droits dûs à Rouen et au Havre , sur les
Vins du Languedoc et de Roussillon , qui seront
destinés pour la provision de Paris.
ORDONNANCE DU Roy du 30. par la
quelle il est dit que S. M. desirant mettre sous
le Titre de Royal- Pologne , le Regiment de Ca-
valerie qui est sous celui du Roy Stanislas , et
voulant qu'il prenne à l'avenir dans la Cavalerie
un rang convenable à ce Titre , S. M. a ordonné
et ordonne qu'il portera à l'avenir le nom de
Royal-Pologne, et prendra rang dans les Garni
sons,Quartiers Campemens, Armées, et par- tout
ailleurs , après le Regiment Royal de Carabi
niers , et avant tous les autres qui sont actuelle-
ment sur pied ; nonobstant ce qui est porté par
l'Ordonnance du 24. Décembre 1725. qui avoit
fixé le rang de ce Regiment après celui de la
Reine , et toutes autres Ordonnances et Regle
mens à ce contraires , auxquels S. M : a dérogé
et déroge par ladite Ordonnance.
1252 MERCURE DE FRANCE
ARREST du 2. Avril, Portant Exemption
des Droits du Domaine d'Occident , pour les
Marchandises du crú des Isles du Vent de l'A-
merique , qui seront transportées en Canada et
à l'Isle- Royale.
AUTRE du même jour, Qui permet aux Né-
gocians de Marseille d'introduire , pour la con-
sommation du Royaume , les Caffés provenant
du crû des Isles Françoises de l'Amerique , en
payant dix livres du cent pesant , et d'en en-
voyer à Geneve en transit , sans payer aucuns
Droits ; le tout en observant les formalités pres.
crites.
ORDONNANCE DU ROY du 10. Avril,
Qui enjoint aux Officiers des Troupes d'Infan-
terie , Cavalerie et Dragons , de porter l'habit
uniforme pendant le temps qu'ils seront aux
Corps.
AUTRE du 23. Qui permet que les Bâti-
mens François soient adressés aux Négocians
Etrangers établis dans les Echelles du Levant
7
dans le cas où ils auront été fretés en entier par
des Etrangers.
ARREST du même jour , Pour faciliter
la perception des Arrerages des Rentes Viageres
acquises sur l'Hôtel de Ville de Paris par les
Etrangers.
AUTRE du 5. May , dont la teneur
suit.
LE ROY s'étant fait representer l'Arrêt ren-
du par Sa Majesté le 9. Décembre 1731, par
1. Vol.
lequel
JUIN.
I. Vola
1737
1253
lequel elle auroit ordonné la Supression d'une
feuille imprimée commençant par ces mots
Stephanus Josephus de la Fare ..... Episcopus
Dux Laudunensis , avec une Formule ordinaire
de l'Aprobation des Confesseurs , une Explica-
tion des Cas reservés au Pape ou à l'Evêque , er
des Avis adressés aux Confesseurs , Sa Majesté
auroit été informée que , contre le respect qui
est dû à cet Arrêt , on commençoit à répandre
dans le Public un Ouvrage imprimé sans nom
d'Imprimeur , sans Privilege ni Permission, qui
a pour titre , Ordonnance de M. l'Evêque Duc de
Laon,second Pair de France, &c.où il paroît qu'on
veut faire revivre et regarder comme subsistant,
ce que le Roy a jugé à propos de suprimer parson
autorité. Et S. M. s'étant fait rendre un comp-
te plus exact de cet Ouvrage, Elle auroit recon-
nu que l'exemple d'une pareille contravention
doit être d'autant moins toleré, qu'il est à crain--
dre que l'esprit qui regne dans cet Imprimé , et
la dureté des expressions dont il est rempli ,
n'excitent une nouvelle émotion dans les esprits :
à quoi étant nécessaire de pourvoir , pour as-
sûrer l'exécution des Arrêts émanés de l'autori
té du Roy , et éloigner tout ce qui peut troubler
la tranquillité publique , SA MAJESTE' E'TANT
EN SON CONSEIL , a ordonné et ordonne que
edit Ouvrage , imprimé sous le titre d'Ordon-
nance de M.l'Evêque Duc de Laon, secon¹ Pair de
France , &c. sera et demeurera suprimé , & c.
AUTRE du 21. Qui accorde un Délay
jusqu'au dernier Décembre 1737. pour le Con-
trôlle des Actes de Foy et Hommage , Décla-
rations et Reconnoissances aux Papiers Terriers
ft autres.
LETTRES
2254 MERCURE DE FRANCE
LETTRES PATENTES de Privilege exclu-
sif d'une Machine propre à battre les Grains ,
pour le sieur Meiffren.
LOUIS , par la Grace de Dieu, Roy de Fran
ee et de Navarre : A tous ceux qui ces presentes
Lettres verront , SALUT. Notre bien amé le
sieur Jean Baptiste Meiffren , Capitaine Garde-
Côte , et Inspecteur des Haras en Provence ,
Nous a fait exposer qu'il a inventé une Machine
propre à battre les Grains , laquelle a la pro-
prieté de battre beaucoup mieux les Gerbes que
le Fleau , qu'elle en rend la paille plus douce ,
et meilleure pour les Chevaux , en fait sortir tout
le grain , qu'elle crible et qu'elle vanne en même
temps qu'elle bat , & fait plus d'ouvrage avec
un seul homme qu'avec six des plus forts Bar-
teurs en Grange ; Que cette Machine agit par
le moyen d'un arbre vertical qui est mis en
mouvement par un ou plusieurs bras , auquel
an attache un ou plusieurs chevaux , selon l'é
tenduë que l'on veut lui donner ; que cet arbre
porte un rouet qui mene une lanterne , laquelle
fait tourner un arbre horizontal , lequel porte
des levées , qui rencontrant d'un cô é des basse-
cules , de l'autre des mentonieres , font lever des
pilons et facilitent l'écoulement du grain dans
une tremie : Que cette Machine sera très- utile ,
sur-tout en Provence , & dans les autres Pro-
vinces méridionales du Royaume , où on foule
le grain par le moyen d'un grand nombre de
chevaux , qui serviront utilement à d'autres tra-
vaux que d'ailleurs ceux de cette espece fati-
guent presque toutes les Jumens Poulinieres et
les font avorter, gâtent les jambes des Poulains,
les détruisent en partie , et empêchent qu'on
paisse tirer de bons chevaux de cette Province ;
I. Vol.
que
JUIN.. 1737.
1255
que même ce foulage avec des chevaux et des
jumens est défendu depuis long- tems , en Espa-
gne , en Italie , en Barbarie , en Egypte : mais
comme ledit sieur Meiffren perdroit tout le fruit
de ses travaux , et que les dépenses qu'il a faites
pour parvenir à perfectionner cette nouvelle Ma-
chine , tomberoient en pure perte pour lui , s'il
étoit permis d'en faire de pareilles ,
il Nous a
très-humblement suplié de lui en accorder fe
Privilege exclusif, pendant le nombre d'années
qu'il Nous plairoit regler ,
et desirant favora-
blement traiter ledit sieur Meiffren , et le re-
compenser de son aplication, et après avoir fait
examiner en notre Académie Royale des Scien-
ces , ladite Machine : A CES CAUSES , et autres
ace Nous mouvans , de l'avis de notre Conseil,
qui a vû le Certificat de notre Académie des
Sciences , ensemble le plan de ladite Machine cy
attaché sous le Contre-Scel de notre Chancel-
lerie , Nous avons , par ces Presentes signées de
notre main , permis et permettons audit sieur
Meiffren , ses Hoirs et ayans cause , de faire
construire , vendre , débiter ,
et se servir de la
nouvelle Machine à battre les Gerbes , de son
invention dans toute l'étendue de notre Royau-
me , Pays, Terres, et Seigneuries de notre obéis-
sance , pendant le temps et espace de vingt an-
nées consecutives , à compter du jour et datte
des Presentes ; faisons très-expresses inhibitions
et défenses à toutes Personnes de quelque con-
dition et qualité qu'elles soient, de faire et cons-
Cruire , pendant ledit temps , aucunes Machines
à battre les Gerbes semblables à la presente , ni
de la contrefaire sans la permission par écrit du-
dit sieur Meiffren , ses Hoirs et ayans cause , à
peine de confiscation desd. Machines et des mate-
J. Vol.
riaux
1256 MERCURE DE FRANCE
riaux , outils , et ustenciles qui auroient servi à
leur fabrication ,
et de quinze cent livres d'a-
mende , aplicable un tiers à notre profit, un tiers
au profit du Sicur Meiffren , ses Hoirs et ayans
cause, et l'autre tiers au profit de l'Hôpital le
plus prochain du lieu où il sera contrevenu aux
Presentes. SI DONNONS EN MANDEMENT à nos
amés et feaux Conseillers les Gens tenans nos
Cours de Parlement , et à tous autres nos Of
ciers et Justiciers qu'il apartiendra , que du con-
tenu des Presentes ils fassent jouir et user ledit
sieur Exposant , ses Hoirs et ayans cause , plei-
nement et paisiblement, cessant et faisant cesser
tous troubles et empêchemens contraires. CAR
tel est notre plaisir. DONNE' à Versailles le tren-
tiéme jour d'Avril , l'an de Grace mil sept cent
trente sept , et de notre Regne le vingt- deuxié-
me , Signé , LOUIS , Et plus bas , par le Roy,
PHE PEAUX.
Nous croyons devoir ajoûter que , par les dif
ferens effets de cette Machine , il semble qu'elle
doit être extrémement composée , elle est ce-
pendant très-simple , peu couteuse et de presque
nul entretien. Depuis qu'elle a été vûë et exa-
minée par Messieurs de l'Académie des Sciences,
le sieur Meiffren l'a encore beaucoup perfection-
née , ensorte qu'il n'y a personne qui ne soit
frapé de cette Invention , une des plus utiles
qui ait encore été trouvée en ce genre.
Fermer
778
p. 1298-1315
VII. LETTRE de M. D. L. R. écrite à M. Maillart, ancien Avocat au Parlement, sur quelques Sujets de Litterature.
Début :
Vous sçavez, Monsieur, que la hardiesse et un esprit de curiosité, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : VII. LETTRE de M. D. L. R. écrite à M. Maillart, ancien Avocat au Parlement, sur quelques Sujets de Litterature.
VII. LETTRE de M. D. L. R.
écrite à M. Maillart, ancien Avocat
au Parlement, sur quelques Sujets de
Litterature.
Vous sçavez, Monsieur, que la hardiesse
et un esprit de curiosité,
poussés quelquefois au- delà des bornes ,
II Vol.
for:
JUIN.
1737.
1299 .
font une partie du génie de notre Na-
tion. Les François veulent tout voir ,
tout sçavoir par eux- mêmes , les choses
sur tout qui offrent un grand Spectacle ,
sans s'embarasser du péril , s'il y en a , à
contenter leur curiosité. Jusqu'ici nos
Voyageurs les plus hardis croyoient avoir
beaucoup fait de visiter les principales
Mosquées des grandes Villes de l'Empire
Turc , en prenant les occasions favora-
bles , les précautions nécessaires , dont la
plus indispensable , après la paye de l'In
troducteur , est de ne jamais tenter l'a-
vanture , que lorsque ces Temples sont
déserts,avant ou après le temps de la Prie-
re publique, On sçait ce qui pensa en coû
ter à N. Grelot, Voyageur du Levant des
plusestimables,quand il entreprit de lever
tous les Plans de l'Interieur de sainte So-
phie de Constantinople , et combien il
s'estima heureux d'en être quitte pour
une grêle de coups de Papouches ou Pan-
toufles Turques, et pour un torrent d'in-
jures ; ceremonie avec laquelle il fut re-
reconduit jusqu'à la derniere porte de ce
* Son Livre est intitulé , Relation nouvelle d'un
Voyage de Constantinople , enrichie de Plans , le-
és par l'Auteur , &c. 1. Vol in 4. de 306. pages.
A Paris , chés la veuve de D. Foucault , 1680,
Il est devenu fort rare,
II. Vol.
fameux
1300 MERCURE DE FRANCE
fameux Temple. Il faut lire l'avanture
dans le Livre même , qui est d'ailleurs un
bon Livre.
Mais nous n'avions point encore vû de
François assés hardi , pour ne pas dire
téméraire , pour entreprendre d'entrer
dans le Temple de sainte Sophie , et d'as-
sister à la Priere publique dans une des
plus grandes Solemnités du Mahométis-
me, honorée encore de la présence du G.S.
accompagné de toute sa Cour, &c. C'est
cependant , Monsieur , ce qui est enfin
arrivé , comme vous l'allez voir dans le
Narré qui suit. Je l'ai trouvé parmi les
papiers de feu M. Desroches, qui , com.
me vous sçavez , me sont nouvellement
arrivés de Constantinople. Je n'ai pas be
soin d'autre garant de la vérité du fait ,
étant d'ailleurs déja instruit de ce fait , et
connoissant par moi -même les Acteurs
que je vais mettre sur la Scene. Voici le
Narré en question .
Il y avoit long- temps que nous avions
envie de voir sainte Sophie une des nuits
du Ramazan, Carême des Turcs pendant
qu'on y fait Lakicham Namas , ou la se-
conde Priere du soir. Ce que nous en ra
portoient les Turcs , augmentoit notre
curiosité , et nous n'étions retenus pour
la satisfaire , que par l'impossibilité où
11. Vol.
nous
UIN.
1737.
1301
nous avions été jusqu'ici d'en trouver un
assés hardi pour nous y conduire. Nous
trouvâmes enfin fort heureusement no-
tre fait.Un Jannissaire de nos amis,brave
comme un César , prudent comme un
Ulysse, et sur le tout notre Barbier, s'of-
frit à nous , et nous rendit la chose plus
aisée que nous ne l'avions crû d'abord, en
nous menant souper chés un Grand Sei-
gneur de notre connoissance, qui le prote-
geoit et qui nous donna un homme de
confiance , un Dervich et quatre autres
de ses Gens, afin que nous fussions moins
remarqués dans le nombre.
Après le soupé , et qu'on nous eut don-
né les instructions nécessaires pour faire
la Priere , pour diriger notre marche , en
marchant les pieds cagneux , et pour
quitter , reprendre et porter nos Papou-
ches à l'entrée, à la sortie et pendant que
nous serions dans la Mosquée , nous en
prîmes fort modestement le chemin .
M.... étoit déguisé en habit de Der-
vich , et bien nous en prit. Outre ung
ceinture de cuir
و
relevée d'un gros
bouton de cristal er un prodigieux Čha-
pelet , il affectoit un air de modestie et de
componction qui semble être naturel à
cette espece de Moines. Pour M .... il
avoit caché ses cheveux sous un immense
11. Vol.
Turban
1302 MERCURE DE FRANCE
Turban d'Effendi , et il en avoit pris les
habits ; pour moi , on jugea à ma dé-
marche trop libre que je serois moins
soupçonné , étant habillé en Jannissaire.
Nous nous rendîmes donc en cet équi
page à la Porte de Sainte Sophie.
Il y
avoit ce soir là des Gens du Serrail qui
en défendoient l entrée , parce qu'étant
le dernier Vendredi du Kamazan , et le
Grand Seigneur , et tous les Grands de
l'Empire devant s'y trouver , on y jet-
toit de l'argent au Peuple , de maniere
que le concours y étoit extraordinaire.
Bien nous prit , comme je l'ai déja
dit , que M.... fut habillé en Dervich,
sans cette circonstance nous n'aurions
pas été plus privilegiés que les autres ;
mais comme il étoit à notre tête mar-
motant quelques paroles de l'Alcoran ,
on craignit sans doute de s'attirer la ma-
lediction du Ciel , si on repoussoit un
Dervich si respectable par le sacrifice
qu'il avoit fait à Dieu de sajeunesse. En-
ez , lui dit-on , vous et votre compagnie
dans le Temple de la Sagesse. Le Roy des
Rois est trop juste pour en refuserl'entrée aux
Anges du Seigneur. Il remercia son In-
troducteur en levant les yeux vers le
Ciel, il entra , et nous le suivîmes le plus
modestement qu'il nous fut possible ,
II. Vol.
après
JUIN.
1737.
1303
après avoir quitté nos Papouches à la
Porte ,les avoir prises de la main droite ,
et avoir croisé pardevant nos Pelisses , ou
Robes fourées , de la main gauche.
Nous fumes saisis un instant après
d'admiration et de crainte , car ce ne fut
que lorsque nous nous trouvâmes au mi-
lieu de la Mosquée , exposés à la vûë du
Grand Seigneur , et de tout ce qu'il y a
de plus considerable dans Constantino-
ple , que nous connûmes le peril où no-
tre curiosité nous avoit engagés ; mais
ne pouvant plus reculer , il fallut payer
d'effronterie , et notre Conducteur ayant
commencé de marcher , nous fimes plu-
sieurs tours dans la Mosquée , et dans
les trois Galeries, en quoi, nous nous ex-
posâmes d'autant plus que M..... et
moi , qui n'avions point de moustaches,
étions fort examinés ; nous fûmes ensui-
te nous mettre à genoux les jambes croi-
sées comme les Tailleurs , au milieu de
la Mosquée , où nous eumes le loisir de
satisfaire notre curiosité , et c'est de- là
que je vis les choses que je vais vous ra-
porter.
Le vaste Vaisseau de Sainte Sophie étoit
si fort illuminé qu'il pouvoit y avoir so.
mille Lampions au moins ; mais il n'y
avoit que deux gros Cierges dans le Sanc-
II. Vol.
Ctuaire
1304 MERCURE DE FRANCE
tuaire à côté d'une espece d'Autel, sur
lequel étoit aparamment l'Alcoran , car
j'y vis sur un Pupitre un Livre ouvert ,
écrit à la main , et grand in -folio. La
Chaire du Monfii , ou Premier Ministre
de la Religion , étoit aussi fort illumi
née , et on avoit suspendu vis à vis une
maniere de Lustre dont les Lampions
étoient disposés de maniere qu'ils for-
moient les Caracteres Turcs qui compo-
sent le nom de DIEU. Il y avoit aussi
environ 1000. Tentes , qui contenoient
chacune depuis 3. jusqu'à sept Person-
nes, Elles étoient occupées par des Dé-
vots , entretenus aux dépens de la Mos-
quée , et qui n'en sortoient jamais que
pour des nécessités indispensables. Ils se
relevoient tour à tour pour prier Dieu ;
ce qu'ils faisoient en se dandinant et en
branlant continuellement la tête; ou bien
ils étoient comme ravis en extase ,
en
fixant les yeux sur quelque objer. Outre
ceux-ci , on voyoit encore des Santons
ou especes d'Hermites , distribués en dif-
ferens Endroits , et qui rencherissent par
la bizarrerie de leu.s habits , ou par l'ex-
travagance de leurs postures , sur nos
Arlequins Ici , l'un écumoit à force d'a-
voir prononcé avec vehemence , et du
fond de la poitrine, le mot Allah , DIEU.
11. Vol,
Là
JUIN.
1737.
1305
Là, on en voyoit un autre qui , les bras
aussi étendus qu'il pouvoit , regardoit
vers le Ciel d'un oeil menaçant. Ailleurs,
l'un avoit la tête baissée , les bras croisés
sur sa poitrine , et la vûë fixée à terre ;
Plus loin , un autre apuyé contre une
colonne ,s'occupoit à baiser humblement
les pieds et le bas de la Robe de ceux qui
passoient. Enfin il y avoit tant de pos-
tures et d'attitudes differentes , qu'il fau-
droit un Livre entier pour en décrire la´
varieté et le ridicule , ou pour mieux di-
re , il faut les voit pour s'en faire une
juste idée.
Mais le moment de la Priere étant ve-
nu , le Moufti , du haut de sa Chaire
fut le premier à la commencer. Le Grand
Seigneur , accompagné du Selictar , ou
Grand Ecuyer , du Kislar Agassi , Chef
des Eunuques noirs , et du Kapon Agas-
si, Chef des Eunuques blancs, le suivit,
et tout le Monde se prépara a l'imiter.
Ensuite de quoi un cri terrible de toute
l'Assemblée , qui fit retentir la voûte, et
nous surprit d'autant plus que nous n'y
étions pas préparés , en annonça le com-
mencement.
Alors nous mîmes en pratique les le-
çons qu'on nous avoit données , et nous
nous en acquitâmes si bien , que ceux
11, Vol.
Cap 15
'qu'
11300
qui nous avoient peut-être soupçonnés
de n'être point Turcs , s'en repentirent
interieurement , et quelques-uns même
sortirent de la Mosquée pour s'aller pur-
ger par une ablution du peché , qu'ils
croyoient avoir commis , par ce doute ;
du moins un Effendi , ou Homme de
Loy , à qui nous en avons parlé depuis ,
nous a-t-il confirmés dans cette pensée,
Mais comme nous étions dans le fort
et dans la chaleur de la Priere , que nous
nous prosternions plusieurs fois à terre
nous relevant toujours la face tournée
vers l'Orient , tant de mouvemens , qui
tenoient un peu de la convulsion , firent
délier la Sesse du Turban de M....
il y porta d'abord les mains pour la ra-
commoder , mais tous les differens tours
qu'il faut faire avec cette Mousseline
l'embarassant , il n'en put venir à bout.
D'un autre côté nous n'osions interom-
pre notre prétendue Priere pour l'aider ,
ce qui nous jettoit dans une situation ter-
rible , aprehendant toujours que ses che-
veux , en se découvrant, ne nous décou-
vrissent aussi.Heureusement un Homme
de Loy , qui étoit derriere lui , nous tira
de cet embaras , en la lui racommodant
charitablement. La Sesse est une piece de
Mousseline qui forme le Turban par ses
differens tours &c.
Echapés
JUIN 1737.
1307
Echapés que nous fumes de ce danger,
nous en courûmes un bien plus grand.
Ce fut en sortant de la Mosquée , que
le Grand Visir , sans autre suite que cel-
de quatre Hassekis , ou Chefs d'une Bri
gade de Bostangis , dont deux portoient
de grands fanaux , se trouva , sans que
personne s'en fût aperçu , au milieu de
nous. Cet aspect nous troubla ; les Turcs
même , qui étoient avec nous , en furent
effrayés ; et , pour dire la verité , nous
ne faisions pas trop bonne contenance
lorsque le Grand Visir fit arrêter ses Gens,
et après nous avoir examiné des pieds
jusqu'à la tête ' , mais particulierement
M.... il demanda tout haut à un de
ceux qui le suivoient , s'il ne connoissoit
pas ce Dervich ? Celui- ci lui ayant ré-
pondu que non : Sifait bien moi , repli-
qua le Visir , je le connois , et sa phisiono-
mie ne me trompe pas. Après quoi il con
tinua son chemin , et nous gagnâmes
au plus vite une des Portes de la Mos-
quée.
Le dessein qué nous avions d'abord
projetté d'aller à celle de Sultan Achmet,
n'eut point lieu. Nous étions trop allar-
més pour affronter de nouveaux dangers ;
nous sortimes donc de Sainte Sophie ,
dans la resolution de nous en retourner,
11. Vol.
Cij
et
1308 MERCURE DE FRANCE
et pour cet effet nous prîmes le chemin
de l'Echelle de Bakché Kapoussi, ou Por-
te du Jardin , mais nous n'étions pas
quittes de toutes nos frayeurs. Des Bos-
tangis , Gardes des Maisons Royales
,
que nous trouvions dans tous les coins
des rues où nous passions , et qui nous
suivcient , en observant nos démarches,
les augmentelent. Nous doublâmes pour-
tant si bien le pas , que nous gagnâmes
P'Echelle,et nous nous embarquâmes tous
dans un même Caïque , sans que person-
ne y mit aucune oposition . Nous ordon-
nâmes à nos Bâteliers de nous conduire
à Tophana , ou à l'Arsenal , et nous
étions prêts d'aborder à cette derniere
Echelle , lorsqu'un Bâteau de 7. paires
de rames vint sur nous. Nous n'avions
pas encore eu le temps de nous recon-
noître qu'il nous aborda , et deux Per-
sonnes , l'une desquelles étoit le Reïs, ou
Patron du Bâteau du Grand Visir , et
l'autre un Eunuque de ce Ministre , sau-
terent dans notre Caïque , et penserent
le renverser. Nous ne sçavions ce qu'ils
vouloient , ni de la part de qui ils ve-
noient , mais comme nous étions abîmés
dans nos réflexions , et que nous crai-
gnions d'ailleurs de nous découvrir , si
nous parlions, personne n'en cut le cou
II. Vol.
rage
JUIN.
1737.
tage, et nous les laissâmes faire.
coup d'attention , Mrs ...
1309
Ils examinerent d'abord , avec beau-
mais
quand ils furent venus à moi , ( c'est jus-
tement , dirent-ils , l'Homme que nous
cherchons. ) Comment , Coquin , con-
tinuerent- ils , mener des Femmes dégui-
sées , et en temps de Ramazan , allons ,
il faut venir chés le Grand Visir. A ce
mot de Femmes , qui nous fit connoître
qu'on nous prenoit pour des Turcs ,
nous fumes tout rassurés. Nos Turcs ce-
pendant y regardant de plus près , et
voyant bien que je n'avois point de che-
veux , mais bien du poil au menton
nous firent des excuses de leur méprise ,
et s'en retournerent heureusement pour
eux , car il étoit déja accouru plus de
·500. Topdgis , ou Canoniers , à l'Echelle
de Tophana , qui se seroient jettés à la
la Mer pour nous secourir à la moindre
insulte qu'on nous auroit faire , nous
prenant pour être de leurs Camarades ,
parce que l'Homme de confiance que
nous avions avec nous, et dont ils avoient.
entendu la voix , étoit effectivement un
de leurs Officiers ; ce fut- là , Dieu mer
ci, le dernier des perils que nous coûtu-
mes; nous mîmes pied à terre,et nous nous
retirâmes sains et saufs chacun chés soi ,
II. Vol.
Ciiij
bien
1310 MERCURE DE FRANCE
blen-heureux d'en avoir été quittes pour
la peur, car si on nous eut reconnu quand
nous étions dans Sainte Sophie , ou la
Populace nous auroit assommés sur le
champ , ou si nous étions échapés de ses
mains , il n'y avoit toujours qu'à choisir,
ou de perdre la tête , ou de se faire
Mahometan .
La réflexion qu'il est naturel de faire
sur les differens dangers que nous cou-
rumes , c'est que le Grand Visir
qui
reconnut sans doute M..... comme
ayant été un Drogman , ou Interprete ,
fort employé sous M. le Marquis de …… .
voulut seulement lui faire peur , lors-
qu'il dit tout haut qu'il le connoissoit
bien ; et qu'il passa outre ; et que les
Bostangis , que nous trouvions dans les
ruës , et qui nous examinoient tant ,
avoient effectivement été postés pour em
pêcher qu'il ne se glissât des Femmes dé-
guisées dans la Mosquée , comme cela
arrive quelquefois; et qu'ils ne nous sui-
virent que parce qu'à notre démarche
embarassée , ils crurent qu'il y en avoit
parmi nous , ce qui les engagea à en-
voyer un Caïque après le nôtre , pour
éclaircir leurs soupçons.
A ce recit, qui ne vous aura sans dou
te point ennuyé, trouvez bon, Monsieur,
II. Vol..
que
JUIN.
1737
1312
que j'ajoûte deux ou trois Observations,
La premiere est que M. Desroches n'é-
toit point de cette Partie , et qu'il n'y a
eu d'autre part que celle de la Narration
abregée , et mise dans le stile que vous
venez de voir , d'après un Mémoire plus
ample donné par ces Messieurs.
Ces derniers risquerent assurément
beaucoup , mais ils étoient jeunes , et
curieux. On doit dans la rencontre du
Grand Visir considerer particulierement
la bonté , ou plûtôt la prudence et la po-
litique de ce Premier Ministre , qui re
connut aisément une Personne qu'il
voyoit souvent dans son Palais , mais qui
aima mieux dissimuler que de faire une
affaire d'éclat et de Religion' , dont les
suites pouvoient être fâcheuses , & c.
Passons à un autre sujet.Vous sçavez,
par ma derniere lettre , que sous l'Am-
bassade du Vicomte d'Andrezel , Mon-
sieur Desroches fut chargé d'une Com-
mission importante pour l'Echelle de Sa
lonique , et que cette Ville , autrefois cé-
lebre sous le nom de Tessalonique , est
encore la Capitale de toute la Macedoi-
ne. Notre Ami , en partant de Constan-
tinople , s'étoit bien proposé de profiter
de l'occasion , pour parcourir toute cette
grande Province , à l'avantage de la Lit-
II. Vola
Cv terature,
1312 MERCURE DE FRANCE
terature , et sur tout de l'Antiquariat.
C'est ce qu'il me paroît avoir très bien
execute;car dans le triage et dans l'arran-
gement que j'ai faitde ses Papiers j'ai trou
vé de quoi remplir un Porte- feüille en-
tier de toutes sesObservations &c, surSa
lonique et la Macedoine. J'ai mis à la tête
de tout ce Recueil le Passeport original ,
écrit en Turc du Pacha , Gouverneur de
la Province , qui étoit alors à Constanti-
Rople , et dont M. D. R. trouva à pro-
pos de se munir avant son départ. Com-
me cette Piece peut avoir sa curiosité , et
que je présume que vous n'en avez pas
encore vû de cette espece , en voici une
Traduction exacte:
PASSE PORT du Pacha
de Salonique.
A tous les Docteurs, Grands Etendars
de la Loy, Modeles des Vertus, Seigneurs
Cadis , qui sont en Charge depuis le
Seuil de Félicité jusqu'à Salonique, que
vos vertus soyent multipliées , et vous
la gloire et l'ornement de vos égaux ; les
Commandans des Janissaires , Grands
Officiers des Provinces , et Autres qu'il
apartiendra , qui sont sur la même rou-
te que vos Dignités soyent augmentées..
2
La Cour du Grand Seigneur.
Iilt Vol..
Nous
JUIN.
1737
7313'
Nous vous faisons sçavoir que le Gentil-
homme , Porteur de ce present Ordre ,
nommé Pierre Desroches , l'un des Offi-
Hers de l'Ambassadeur de Francé au même
Seüil de Félicité, étant obligé d'aller à Sa-
lonique pour quelques affaires,après la fin
desquelles il doit revenir ici , ledit Ordre:
lui a été expedié, afin que, lorsqu'il vous
sera presenté,vous aportiez tous vos soins'
à empêcher quesur toute la route, tant en
allant qu'en revenant , personne ne l'in-
quiete ; ni le fasse inquieter, qu'il fut soit
au contraire donné toute liberté d'aller et
de venir en sûreté , ainsi qu'aux trois
Domestiques qui sont à sa suite , et au
Janissaire qui l'accompagne pour sa gare
de. C'est ce que nous esperons de vos.
soins et de vos attentions , qui doivent
contribuer à son heureux voyage. Don-
né le 26. de la Lune de Rebiuleuvel , l'An
1139. C'est-à- dire le zo . Novembre 1726.
Les mots suivans sont écrits dans le
Sceau du Pacha , qui se nomme Maho
met, dont l'empreinte est sur l'Origi
nal : Vous êtes le Dispensateur des secours
que vous accordez à Mahomet dans son
Etat et dans le temps.
Je finirai ma Lettre par un échantil-
lon de la curiosité et de la sagacité de
M. Desroches , en raportant ici l'une des
II. Vol
Cvj
Inscrip
1314 MERCURE DE FRANCE
Inscriptions Grecques qu'il a recueillies
dans ce voyage , telle que je la trouve en
ouvrant au hazard le Porte - feuille en
question , accompagnée d'un petit Cont
mentaire de sa façon.
ΠΟΛΕΙΤΑΡΧΟΥΝΤΩΝ, ΣΩΣΙΠΑΤΡΟΥ,
ΤΟΥ , ΚΛΕΟΠΑΤΡΑΣ , ΚΑΙ , ΛΟΥΚΙΟΥ,
ΠΟΝΤΙΟΥ , ΣΕΚΟ ΔΟΥΙΟΥ , ΑΥΟΥ ,
ΛΟΥΙΟΝ , ΣΑΒΕΙΝΟΥ , ΔΗΜΗΤΡΙΟΥ
ΤΟΥ , ΦΑΥΣΤΟΥ , ΔΗΜΗΤΡΙΟΥ , ΤΟΥ
ΝΕΙΚΟΠΟΛΕΟΣ , ΖΟΛΟΥ ΤΟΥ , ΠΑΡΜΕ
,
ΝΙΟΝΟΣ, ΤΟΥ , ΚΑΙΜΕΝΙΣΚΟΥ, ΓΑΛΟΥ ,
ΑΤΙΛΛΗΙΟΥ , ΠΟΤΕΙΤΟΥ , ΤΑΜΙΟΥ ,
ΤΗΣ,ΠΟΛΕΟΣ, ΤΑΙΡΟΥ , ΤΟΥ ΑΜΜΙΑΣ ,
ΤΟΥ , ΚΑΙΡΙΛΟΥ , ΓΥΜΝΑΣΙΑΡΚΟΥΝ
ΤΟΣ , ΤΑΙΡΟΥ , ΤΟΥ , ΚΑΙ ΡΗΓΛΟΥ .
En entrant à Salonique par la Porte
du Verdar, ) c'est M. Desroches qui par
le ) on trouve à droite sur le Jambage
de la seconde Porte , car il y en a deux ,
une grande Pierre avec l'Inscription cy-
dessus , à laquelle il ne manquoit rien ,.
du moins à ce qu'il m'a paru , et que j'at
copiée lettre pour lettre , et ligne pour
ligne. Cette Inscription ne contenant
presque que des noms propres , il est
difficile d'en tirer un sens bien clair :
mais ce que je vais ajoûter servira peut-
être à fonder quelques conjectures. Sur .
II. Vol .
BAG
JUIN
1737.
1315
une autre Pierre de ce même Jambage ,
du côté qui est en face quand on entre
›
il y a unCheval qu'un jeune Garçon tient
par la bride , et un Homme debout qui
paroît s'apuyer du dos contre ce Cheval:
.
et sur l'autre Jambage de cette Porte il
y a précisément les mêmes figures posées
en symétrie, à la même hauteur ; c'est
à - dire , environ à trois pieds de terre :
et toutes ces Figures , quoique mutilées,
font encore voir qu'elles ne sont pas sor-
ties d'une mauvaise main. Peut être y
avoit il autrefois à cette Porte , ou aux
environs , quelque Place , où quelque-
Lieu pour l'exercice des Chevaux com-
me le mot de ΓΥΜΝΑΣΙΑΡΚΟΥΝΤΟΣ
semble l'insinuer , et que tous ceux dont
les noms sont cités dans cette Inscrip
tion s'y étoient distingués , & c.
Je suis , Monsieur , & c.
écrite à M. Maillart, ancien Avocat
au Parlement, sur quelques Sujets de
Litterature.
Vous sçavez, Monsieur, que la hardiesse
et un esprit de curiosité,
poussés quelquefois au- delà des bornes ,
II Vol.
for:
JUIN.
1737.
1299 .
font une partie du génie de notre Na-
tion. Les François veulent tout voir ,
tout sçavoir par eux- mêmes , les choses
sur tout qui offrent un grand Spectacle ,
sans s'embarasser du péril , s'il y en a , à
contenter leur curiosité. Jusqu'ici nos
Voyageurs les plus hardis croyoient avoir
beaucoup fait de visiter les principales
Mosquées des grandes Villes de l'Empire
Turc , en prenant les occasions favora-
bles , les précautions nécessaires , dont la
plus indispensable , après la paye de l'In
troducteur , est de ne jamais tenter l'a-
vanture , que lorsque ces Temples sont
déserts,avant ou après le temps de la Prie-
re publique, On sçait ce qui pensa en coû
ter à N. Grelot, Voyageur du Levant des
plusestimables,quand il entreprit de lever
tous les Plans de l'Interieur de sainte So-
phie de Constantinople , et combien il
s'estima heureux d'en être quitte pour
une grêle de coups de Papouches ou Pan-
toufles Turques, et pour un torrent d'in-
jures ; ceremonie avec laquelle il fut re-
reconduit jusqu'à la derniere porte de ce
* Son Livre est intitulé , Relation nouvelle d'un
Voyage de Constantinople , enrichie de Plans , le-
és par l'Auteur , &c. 1. Vol in 4. de 306. pages.
A Paris , chés la veuve de D. Foucault , 1680,
Il est devenu fort rare,
II. Vol.
fameux
1300 MERCURE DE FRANCE
fameux Temple. Il faut lire l'avanture
dans le Livre même , qui est d'ailleurs un
bon Livre.
Mais nous n'avions point encore vû de
François assés hardi , pour ne pas dire
téméraire , pour entreprendre d'entrer
dans le Temple de sainte Sophie , et d'as-
sister à la Priere publique dans une des
plus grandes Solemnités du Mahométis-
me, honorée encore de la présence du G.S.
accompagné de toute sa Cour, &c. C'est
cependant , Monsieur , ce qui est enfin
arrivé , comme vous l'allez voir dans le
Narré qui suit. Je l'ai trouvé parmi les
papiers de feu M. Desroches, qui , com.
me vous sçavez , me sont nouvellement
arrivés de Constantinople. Je n'ai pas be
soin d'autre garant de la vérité du fait ,
étant d'ailleurs déja instruit de ce fait , et
connoissant par moi -même les Acteurs
que je vais mettre sur la Scene. Voici le
Narré en question .
Il y avoit long- temps que nous avions
envie de voir sainte Sophie une des nuits
du Ramazan, Carême des Turcs pendant
qu'on y fait Lakicham Namas , ou la se-
conde Priere du soir. Ce que nous en ra
portoient les Turcs , augmentoit notre
curiosité , et nous n'étions retenus pour
la satisfaire , que par l'impossibilité où
11. Vol.
nous
UIN.
1737.
1301
nous avions été jusqu'ici d'en trouver un
assés hardi pour nous y conduire. Nous
trouvâmes enfin fort heureusement no-
tre fait.Un Jannissaire de nos amis,brave
comme un César , prudent comme un
Ulysse, et sur le tout notre Barbier, s'of-
frit à nous , et nous rendit la chose plus
aisée que nous ne l'avions crû d'abord, en
nous menant souper chés un Grand Sei-
gneur de notre connoissance, qui le prote-
geoit et qui nous donna un homme de
confiance , un Dervich et quatre autres
de ses Gens, afin que nous fussions moins
remarqués dans le nombre.
Après le soupé , et qu'on nous eut don-
né les instructions nécessaires pour faire
la Priere , pour diriger notre marche , en
marchant les pieds cagneux , et pour
quitter , reprendre et porter nos Papou-
ches à l'entrée, à la sortie et pendant que
nous serions dans la Mosquée , nous en
prîmes fort modestement le chemin .
M.... étoit déguisé en habit de Der-
vich , et bien nous en prit. Outre ung
ceinture de cuir
و
relevée d'un gros
bouton de cristal er un prodigieux Čha-
pelet , il affectoit un air de modestie et de
componction qui semble être naturel à
cette espece de Moines. Pour M .... il
avoit caché ses cheveux sous un immense
11. Vol.
Turban
1302 MERCURE DE FRANCE
Turban d'Effendi , et il en avoit pris les
habits ; pour moi , on jugea à ma dé-
marche trop libre que je serois moins
soupçonné , étant habillé en Jannissaire.
Nous nous rendîmes donc en cet équi
page à la Porte de Sainte Sophie.
Il y
avoit ce soir là des Gens du Serrail qui
en défendoient l entrée , parce qu'étant
le dernier Vendredi du Kamazan , et le
Grand Seigneur , et tous les Grands de
l'Empire devant s'y trouver , on y jet-
toit de l'argent au Peuple , de maniere
que le concours y étoit extraordinaire.
Bien nous prit , comme je l'ai déja
dit , que M.... fut habillé en Dervich,
sans cette circonstance nous n'aurions
pas été plus privilegiés que les autres ;
mais comme il étoit à notre tête mar-
motant quelques paroles de l'Alcoran ,
on craignit sans doute de s'attirer la ma-
lediction du Ciel , si on repoussoit un
Dervich si respectable par le sacrifice
qu'il avoit fait à Dieu de sajeunesse. En-
ez , lui dit-on , vous et votre compagnie
dans le Temple de la Sagesse. Le Roy des
Rois est trop juste pour en refuserl'entrée aux
Anges du Seigneur. Il remercia son In-
troducteur en levant les yeux vers le
Ciel, il entra , et nous le suivîmes le plus
modestement qu'il nous fut possible ,
II. Vol.
après
JUIN.
1737.
1303
après avoir quitté nos Papouches à la
Porte ,les avoir prises de la main droite ,
et avoir croisé pardevant nos Pelisses , ou
Robes fourées , de la main gauche.
Nous fumes saisis un instant après
d'admiration et de crainte , car ce ne fut
que lorsque nous nous trouvâmes au mi-
lieu de la Mosquée , exposés à la vûë du
Grand Seigneur , et de tout ce qu'il y a
de plus considerable dans Constantino-
ple , que nous connûmes le peril où no-
tre curiosité nous avoit engagés ; mais
ne pouvant plus reculer , il fallut payer
d'effronterie , et notre Conducteur ayant
commencé de marcher , nous fimes plu-
sieurs tours dans la Mosquée , et dans
les trois Galeries, en quoi, nous nous ex-
posâmes d'autant plus que M..... et
moi , qui n'avions point de moustaches,
étions fort examinés ; nous fûmes ensui-
te nous mettre à genoux les jambes croi-
sées comme les Tailleurs , au milieu de
la Mosquée , où nous eumes le loisir de
satisfaire notre curiosité , et c'est de- là
que je vis les choses que je vais vous ra-
porter.
Le vaste Vaisseau de Sainte Sophie étoit
si fort illuminé qu'il pouvoit y avoir so.
mille Lampions au moins ; mais il n'y
avoit que deux gros Cierges dans le Sanc-
II. Vol.
Ctuaire
1304 MERCURE DE FRANCE
tuaire à côté d'une espece d'Autel, sur
lequel étoit aparamment l'Alcoran , car
j'y vis sur un Pupitre un Livre ouvert ,
écrit à la main , et grand in -folio. La
Chaire du Monfii , ou Premier Ministre
de la Religion , étoit aussi fort illumi
née , et on avoit suspendu vis à vis une
maniere de Lustre dont les Lampions
étoient disposés de maniere qu'ils for-
moient les Caracteres Turcs qui compo-
sent le nom de DIEU. Il y avoit aussi
environ 1000. Tentes , qui contenoient
chacune depuis 3. jusqu'à sept Person-
nes, Elles étoient occupées par des Dé-
vots , entretenus aux dépens de la Mos-
quée , et qui n'en sortoient jamais que
pour des nécessités indispensables. Ils se
relevoient tour à tour pour prier Dieu ;
ce qu'ils faisoient en se dandinant et en
branlant continuellement la tête; ou bien
ils étoient comme ravis en extase ,
en
fixant les yeux sur quelque objer. Outre
ceux-ci , on voyoit encore des Santons
ou especes d'Hermites , distribués en dif-
ferens Endroits , et qui rencherissent par
la bizarrerie de leu.s habits , ou par l'ex-
travagance de leurs postures , sur nos
Arlequins Ici , l'un écumoit à force d'a-
voir prononcé avec vehemence , et du
fond de la poitrine, le mot Allah , DIEU.
11. Vol,
Là
JUIN.
1737.
1305
Là, on en voyoit un autre qui , les bras
aussi étendus qu'il pouvoit , regardoit
vers le Ciel d'un oeil menaçant. Ailleurs,
l'un avoit la tête baissée , les bras croisés
sur sa poitrine , et la vûë fixée à terre ;
Plus loin , un autre apuyé contre une
colonne ,s'occupoit à baiser humblement
les pieds et le bas de la Robe de ceux qui
passoient. Enfin il y avoit tant de pos-
tures et d'attitudes differentes , qu'il fau-
droit un Livre entier pour en décrire la´
varieté et le ridicule , ou pour mieux di-
re , il faut les voit pour s'en faire une
juste idée.
Mais le moment de la Priere étant ve-
nu , le Moufti , du haut de sa Chaire
fut le premier à la commencer. Le Grand
Seigneur , accompagné du Selictar , ou
Grand Ecuyer , du Kislar Agassi , Chef
des Eunuques noirs , et du Kapon Agas-
si, Chef des Eunuques blancs, le suivit,
et tout le Monde se prépara a l'imiter.
Ensuite de quoi un cri terrible de toute
l'Assemblée , qui fit retentir la voûte, et
nous surprit d'autant plus que nous n'y
étions pas préparés , en annonça le com-
mencement.
Alors nous mîmes en pratique les le-
çons qu'on nous avoit données , et nous
nous en acquitâmes si bien , que ceux
11, Vol.
Cap 15
'qu'
11300
qui nous avoient peut-être soupçonnés
de n'être point Turcs , s'en repentirent
interieurement , et quelques-uns même
sortirent de la Mosquée pour s'aller pur-
ger par une ablution du peché , qu'ils
croyoient avoir commis , par ce doute ;
du moins un Effendi , ou Homme de
Loy , à qui nous en avons parlé depuis ,
nous a-t-il confirmés dans cette pensée,
Mais comme nous étions dans le fort
et dans la chaleur de la Priere , que nous
nous prosternions plusieurs fois à terre
nous relevant toujours la face tournée
vers l'Orient , tant de mouvemens , qui
tenoient un peu de la convulsion , firent
délier la Sesse du Turban de M....
il y porta d'abord les mains pour la ra-
commoder , mais tous les differens tours
qu'il faut faire avec cette Mousseline
l'embarassant , il n'en put venir à bout.
D'un autre côté nous n'osions interom-
pre notre prétendue Priere pour l'aider ,
ce qui nous jettoit dans une situation ter-
rible , aprehendant toujours que ses che-
veux , en se découvrant, ne nous décou-
vrissent aussi.Heureusement un Homme
de Loy , qui étoit derriere lui , nous tira
de cet embaras , en la lui racommodant
charitablement. La Sesse est une piece de
Mousseline qui forme le Turban par ses
differens tours &c.
Echapés
JUIN 1737.
1307
Echapés que nous fumes de ce danger,
nous en courûmes un bien plus grand.
Ce fut en sortant de la Mosquée , que
le Grand Visir , sans autre suite que cel-
de quatre Hassekis , ou Chefs d'une Bri
gade de Bostangis , dont deux portoient
de grands fanaux , se trouva , sans que
personne s'en fût aperçu , au milieu de
nous. Cet aspect nous troubla ; les Turcs
même , qui étoient avec nous , en furent
effrayés ; et , pour dire la verité , nous
ne faisions pas trop bonne contenance
lorsque le Grand Visir fit arrêter ses Gens,
et après nous avoir examiné des pieds
jusqu'à la tête ' , mais particulierement
M.... il demanda tout haut à un de
ceux qui le suivoient , s'il ne connoissoit
pas ce Dervich ? Celui- ci lui ayant ré-
pondu que non : Sifait bien moi , repli-
qua le Visir , je le connois , et sa phisiono-
mie ne me trompe pas. Après quoi il con
tinua son chemin , et nous gagnâmes
au plus vite une des Portes de la Mos-
quée.
Le dessein qué nous avions d'abord
projetté d'aller à celle de Sultan Achmet,
n'eut point lieu. Nous étions trop allar-
més pour affronter de nouveaux dangers ;
nous sortimes donc de Sainte Sophie ,
dans la resolution de nous en retourner,
11. Vol.
Cij
et
1308 MERCURE DE FRANCE
et pour cet effet nous prîmes le chemin
de l'Echelle de Bakché Kapoussi, ou Por-
te du Jardin , mais nous n'étions pas
quittes de toutes nos frayeurs. Des Bos-
tangis , Gardes des Maisons Royales
,
que nous trouvions dans tous les coins
des rues où nous passions , et qui nous
suivcient , en observant nos démarches,
les augmentelent. Nous doublâmes pour-
tant si bien le pas , que nous gagnâmes
P'Echelle,et nous nous embarquâmes tous
dans un même Caïque , sans que person-
ne y mit aucune oposition . Nous ordon-
nâmes à nos Bâteliers de nous conduire
à Tophana , ou à l'Arsenal , et nous
étions prêts d'aborder à cette derniere
Echelle , lorsqu'un Bâteau de 7. paires
de rames vint sur nous. Nous n'avions
pas encore eu le temps de nous recon-
noître qu'il nous aborda , et deux Per-
sonnes , l'une desquelles étoit le Reïs, ou
Patron du Bâteau du Grand Visir , et
l'autre un Eunuque de ce Ministre , sau-
terent dans notre Caïque , et penserent
le renverser. Nous ne sçavions ce qu'ils
vouloient , ni de la part de qui ils ve-
noient , mais comme nous étions abîmés
dans nos réflexions , et que nous crai-
gnions d'ailleurs de nous découvrir , si
nous parlions, personne n'en cut le cou
II. Vol.
rage
JUIN.
1737.
tage, et nous les laissâmes faire.
coup d'attention , Mrs ...
1309
Ils examinerent d'abord , avec beau-
mais
quand ils furent venus à moi , ( c'est jus-
tement , dirent-ils , l'Homme que nous
cherchons. ) Comment , Coquin , con-
tinuerent- ils , mener des Femmes dégui-
sées , et en temps de Ramazan , allons ,
il faut venir chés le Grand Visir. A ce
mot de Femmes , qui nous fit connoître
qu'on nous prenoit pour des Turcs ,
nous fumes tout rassurés. Nos Turcs ce-
pendant y regardant de plus près , et
voyant bien que je n'avois point de che-
veux , mais bien du poil au menton
nous firent des excuses de leur méprise ,
et s'en retournerent heureusement pour
eux , car il étoit déja accouru plus de
·500. Topdgis , ou Canoniers , à l'Echelle
de Tophana , qui se seroient jettés à la
la Mer pour nous secourir à la moindre
insulte qu'on nous auroit faire , nous
prenant pour être de leurs Camarades ,
parce que l'Homme de confiance que
nous avions avec nous, et dont ils avoient.
entendu la voix , étoit effectivement un
de leurs Officiers ; ce fut- là , Dieu mer
ci, le dernier des perils que nous coûtu-
mes; nous mîmes pied à terre,et nous nous
retirâmes sains et saufs chacun chés soi ,
II. Vol.
Ciiij
bien
1310 MERCURE DE FRANCE
blen-heureux d'en avoir été quittes pour
la peur, car si on nous eut reconnu quand
nous étions dans Sainte Sophie , ou la
Populace nous auroit assommés sur le
champ , ou si nous étions échapés de ses
mains , il n'y avoit toujours qu'à choisir,
ou de perdre la tête , ou de se faire
Mahometan .
La réflexion qu'il est naturel de faire
sur les differens dangers que nous cou-
rumes , c'est que le Grand Visir
qui
reconnut sans doute M..... comme
ayant été un Drogman , ou Interprete ,
fort employé sous M. le Marquis de …… .
voulut seulement lui faire peur , lors-
qu'il dit tout haut qu'il le connoissoit
bien ; et qu'il passa outre ; et que les
Bostangis , que nous trouvions dans les
ruës , et qui nous examinoient tant ,
avoient effectivement été postés pour em
pêcher qu'il ne se glissât des Femmes dé-
guisées dans la Mosquée , comme cela
arrive quelquefois; et qu'ils ne nous sui-
virent que parce qu'à notre démarche
embarassée , ils crurent qu'il y en avoit
parmi nous , ce qui les engagea à en-
voyer un Caïque après le nôtre , pour
éclaircir leurs soupçons.
A ce recit, qui ne vous aura sans dou
te point ennuyé, trouvez bon, Monsieur,
II. Vol..
que
JUIN.
1737
1312
que j'ajoûte deux ou trois Observations,
La premiere est que M. Desroches n'é-
toit point de cette Partie , et qu'il n'y a
eu d'autre part que celle de la Narration
abregée , et mise dans le stile que vous
venez de voir , d'après un Mémoire plus
ample donné par ces Messieurs.
Ces derniers risquerent assurément
beaucoup , mais ils étoient jeunes , et
curieux. On doit dans la rencontre du
Grand Visir considerer particulierement
la bonté , ou plûtôt la prudence et la po-
litique de ce Premier Ministre , qui re
connut aisément une Personne qu'il
voyoit souvent dans son Palais , mais qui
aima mieux dissimuler que de faire une
affaire d'éclat et de Religion' , dont les
suites pouvoient être fâcheuses , & c.
Passons à un autre sujet.Vous sçavez,
par ma derniere lettre , que sous l'Am-
bassade du Vicomte d'Andrezel , Mon-
sieur Desroches fut chargé d'une Com-
mission importante pour l'Echelle de Sa
lonique , et que cette Ville , autrefois cé-
lebre sous le nom de Tessalonique , est
encore la Capitale de toute la Macedoi-
ne. Notre Ami , en partant de Constan-
tinople , s'étoit bien proposé de profiter
de l'occasion , pour parcourir toute cette
grande Province , à l'avantage de la Lit-
II. Vola
Cv terature,
1312 MERCURE DE FRANCE
terature , et sur tout de l'Antiquariat.
C'est ce qu'il me paroît avoir très bien
execute;car dans le triage et dans l'arran-
gement que j'ai faitde ses Papiers j'ai trou
vé de quoi remplir un Porte- feüille en-
tier de toutes sesObservations &c, surSa
lonique et la Macedoine. J'ai mis à la tête
de tout ce Recueil le Passeport original ,
écrit en Turc du Pacha , Gouverneur de
la Province , qui étoit alors à Constanti-
Rople , et dont M. D. R. trouva à pro-
pos de se munir avant son départ. Com-
me cette Piece peut avoir sa curiosité , et
que je présume que vous n'en avez pas
encore vû de cette espece , en voici une
Traduction exacte:
PASSE PORT du Pacha
de Salonique.
A tous les Docteurs, Grands Etendars
de la Loy, Modeles des Vertus, Seigneurs
Cadis , qui sont en Charge depuis le
Seuil de Félicité jusqu'à Salonique, que
vos vertus soyent multipliées , et vous
la gloire et l'ornement de vos égaux ; les
Commandans des Janissaires , Grands
Officiers des Provinces , et Autres qu'il
apartiendra , qui sont sur la même rou-
te que vos Dignités soyent augmentées..
2
La Cour du Grand Seigneur.
Iilt Vol..
Nous
JUIN.
1737
7313'
Nous vous faisons sçavoir que le Gentil-
homme , Porteur de ce present Ordre ,
nommé Pierre Desroches , l'un des Offi-
Hers de l'Ambassadeur de Francé au même
Seüil de Félicité, étant obligé d'aller à Sa-
lonique pour quelques affaires,après la fin
desquelles il doit revenir ici , ledit Ordre:
lui a été expedié, afin que, lorsqu'il vous
sera presenté,vous aportiez tous vos soins'
à empêcher quesur toute la route, tant en
allant qu'en revenant , personne ne l'in-
quiete ; ni le fasse inquieter, qu'il fut soit
au contraire donné toute liberté d'aller et
de venir en sûreté , ainsi qu'aux trois
Domestiques qui sont à sa suite , et au
Janissaire qui l'accompagne pour sa gare
de. C'est ce que nous esperons de vos.
soins et de vos attentions , qui doivent
contribuer à son heureux voyage. Don-
né le 26. de la Lune de Rebiuleuvel , l'An
1139. C'est-à- dire le zo . Novembre 1726.
Les mots suivans sont écrits dans le
Sceau du Pacha , qui se nomme Maho
met, dont l'empreinte est sur l'Origi
nal : Vous êtes le Dispensateur des secours
que vous accordez à Mahomet dans son
Etat et dans le temps.
Je finirai ma Lettre par un échantil-
lon de la curiosité et de la sagacité de
M. Desroches , en raportant ici l'une des
II. Vol
Cvj
Inscrip
1314 MERCURE DE FRANCE
Inscriptions Grecques qu'il a recueillies
dans ce voyage , telle que je la trouve en
ouvrant au hazard le Porte - feuille en
question , accompagnée d'un petit Cont
mentaire de sa façon.
ΠΟΛΕΙΤΑΡΧΟΥΝΤΩΝ, ΣΩΣΙΠΑΤΡΟΥ,
ΤΟΥ , ΚΛΕΟΠΑΤΡΑΣ , ΚΑΙ , ΛΟΥΚΙΟΥ,
ΠΟΝΤΙΟΥ , ΣΕΚΟ ΔΟΥΙΟΥ , ΑΥΟΥ ,
ΛΟΥΙΟΝ , ΣΑΒΕΙΝΟΥ , ΔΗΜΗΤΡΙΟΥ
ΤΟΥ , ΦΑΥΣΤΟΥ , ΔΗΜΗΤΡΙΟΥ , ΤΟΥ
ΝΕΙΚΟΠΟΛΕΟΣ , ΖΟΛΟΥ ΤΟΥ , ΠΑΡΜΕ
,
ΝΙΟΝΟΣ, ΤΟΥ , ΚΑΙΜΕΝΙΣΚΟΥ, ΓΑΛΟΥ ,
ΑΤΙΛΛΗΙΟΥ , ΠΟΤΕΙΤΟΥ , ΤΑΜΙΟΥ ,
ΤΗΣ,ΠΟΛΕΟΣ, ΤΑΙΡΟΥ , ΤΟΥ ΑΜΜΙΑΣ ,
ΤΟΥ , ΚΑΙΡΙΛΟΥ , ΓΥΜΝΑΣΙΑΡΚΟΥΝ
ΤΟΣ , ΤΑΙΡΟΥ , ΤΟΥ , ΚΑΙ ΡΗΓΛΟΥ .
En entrant à Salonique par la Porte
du Verdar, ) c'est M. Desroches qui par
le ) on trouve à droite sur le Jambage
de la seconde Porte , car il y en a deux ,
une grande Pierre avec l'Inscription cy-
dessus , à laquelle il ne manquoit rien ,.
du moins à ce qu'il m'a paru , et que j'at
copiée lettre pour lettre , et ligne pour
ligne. Cette Inscription ne contenant
presque que des noms propres , il est
difficile d'en tirer un sens bien clair :
mais ce que je vais ajoûter servira peut-
être à fonder quelques conjectures. Sur .
II. Vol .
BAG
JUIN
1737.
1315
une autre Pierre de ce même Jambage ,
du côté qui est en face quand on entre
›
il y a unCheval qu'un jeune Garçon tient
par la bride , et un Homme debout qui
paroît s'apuyer du dos contre ce Cheval:
.
et sur l'autre Jambage de cette Porte il
y a précisément les mêmes figures posées
en symétrie, à la même hauteur ; c'est
à - dire , environ à trois pieds de terre :
et toutes ces Figures , quoique mutilées,
font encore voir qu'elles ne sont pas sor-
ties d'une mauvaise main. Peut être y
avoit il autrefois à cette Porte , ou aux
environs , quelque Place , où quelque-
Lieu pour l'exercice des Chevaux com-
me le mot de ΓΥΜΝΑΣΙΑΡΚΟΥΝΤΟΣ
semble l'insinuer , et que tous ceux dont
les noms sont cités dans cette Inscrip
tion s'y étoient distingués , & c.
Je suis , Monsieur , & c.
Fermer
779
p. 1330-1332
ODE Imitée du Pseaume XIX.
Début :
Si jamais dans le rang où le Ciel vous fit naître, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ODE Imitée du Pseaume XIX.
ODE
Imitée du Pseaume XIX.
Si jamais dans le rang où le Ciel vous fit naître,
Vous éprouviez du sort l'implacable courroux 2
JI. Vola
Invoqucz
JUIN.
1737.
1338
Invoquez le Seigneur, il peut tout , il est maftre
D'en arrêter les coups.
Que du haut de Sion , le Séjour de sa gloire ,
Contre vos ennemis il protege vos jours ,
Et que dans vos combats l'Ange de la Victoire ,
Vous précede toujours.
來
Qu'il détourne vos pas des bords du précipices
Qu'i soit à chaque instant prêt à vous soûtenir;
Qu'il ne perde jamais de votre sacrifice
Le tendre souvenir.
Qu'a ves justes desirs il soit toujours propice ;
Qu'il ne refuse rien à l'ardeur de vos vœux ;
Qu'il regle vos desseins , et qu'il les affermisse,
Malgré vos envieux.
諾
Je connois maintenant jusqu'où va sa puissance;
Il a sauvé son Christ des mains de ses Bour
reaux ;
Les cruels essayoient déja sur l'innocence
Leurs perfides couteaux.
11.Vol.
D iij
Mais
7332 MERCURE DE FRANCE
Mais du haut de Sion il entend sa priere
Il vient , il va punir des projets odieux :
Je le vois , il paroît , une juste colere
Eclate dans ses yeux.
İnsensés ! ils ont mis leur plus ferme esperance
Dans un nombre impuissant de Chars et de
Chevaux :
Mais pour nous , le Seigneur fait seul notre assu→
rance
Contre ces fiers Rivaux.
Quel spectacle ! grand Dieu ! quel revers ef-
froyable !
Quelle aveugle fureur les a transportés tous è
Je les vois se percer de ce fer détestable
Qu'ils dressoient contre nous.
Seigneur , entends nos vœux pour le sage Mo
narque ,
Qu'il te plut accorder à l'Etat ébranlé :
Et tu mettras pour nous, par cette seule marque,
Le comble à ta bonté.
N. R. Haudicquer, âgé de 16. ans, de la Ville d'Eu.
Imitée du Pseaume XIX.
Si jamais dans le rang où le Ciel vous fit naître,
Vous éprouviez du sort l'implacable courroux 2
JI. Vola
Invoqucz
JUIN.
1737.
1338
Invoquez le Seigneur, il peut tout , il est maftre
D'en arrêter les coups.
Que du haut de Sion , le Séjour de sa gloire ,
Contre vos ennemis il protege vos jours ,
Et que dans vos combats l'Ange de la Victoire ,
Vous précede toujours.
來
Qu'il détourne vos pas des bords du précipices
Qu'i soit à chaque instant prêt à vous soûtenir;
Qu'il ne perde jamais de votre sacrifice
Le tendre souvenir.
Qu'a ves justes desirs il soit toujours propice ;
Qu'il ne refuse rien à l'ardeur de vos vœux ;
Qu'il regle vos desseins , et qu'il les affermisse,
Malgré vos envieux.
諾
Je connois maintenant jusqu'où va sa puissance;
Il a sauvé son Christ des mains de ses Bour
reaux ;
Les cruels essayoient déja sur l'innocence
Leurs perfides couteaux.
11.Vol.
D iij
Mais
7332 MERCURE DE FRANCE
Mais du haut de Sion il entend sa priere
Il vient , il va punir des projets odieux :
Je le vois , il paroît , une juste colere
Eclate dans ses yeux.
İnsensés ! ils ont mis leur plus ferme esperance
Dans un nombre impuissant de Chars et de
Chevaux :
Mais pour nous , le Seigneur fait seul notre assu→
rance
Contre ces fiers Rivaux.
Quel spectacle ! grand Dieu ! quel revers ef-
froyable !
Quelle aveugle fureur les a transportés tous è
Je les vois se percer de ce fer détestable
Qu'ils dressoient contre nous.
Seigneur , entends nos vœux pour le sage Mo
narque ,
Qu'il te plut accorder à l'Etat ébranlé :
Et tu mettras pour nous, par cette seule marque,
Le comble à ta bonté.
N. R. Haudicquer, âgé de 16. ans, de la Ville d'Eu.
Fermer
780
p. 1336-1338
ODE SACRÉE Sur le Pseaume De profundis.
Début :
De l'excès affreux de misere [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ODE SACRÉE Sur le Pseaume De profundis.
ODE SACRÉE
Sur le Pseaume De profundis.
De l'excès affreux de misere
Qu'attire sur ma tête un indigne adultere ,
Seigneur , j'ose élever mes soupirs jusqu'à toià
Laisse-toi fléchir par mes larmes ;
Sensible à mes justes allarmes ,
Regarde mon désordre et calme mon effroi.
Au jour propice et redoutable ,
Qui doit regler le sort du juste et du coupable
Si tu viens nous juger dans ta séverité ,
Quelhomme à l'aspect de son crime,
Au pied de ton Thrône sublime ,
Quel homme , ô Dieu, poura trouver sa sûreté ?
Je vois déja la foudre prête
A fraper ces pécheurs dont l'orgueilleuse tête ,
Sous le joug du Seigneur , ne sçut jamais fléchir;
Juge aussi juste que sévere ,
Des traits lancés par ta colere ,
Quels lieux assés deserts pouront les affranchir?
II. Vol.
Que
JUIN.
1737.
Que ne devrois-je point attendre
Mais ta clemence est mon refuge ;
De ses maux mon ame touchée ,
Gemit , soupire enfin de s'y voir attachée
Et la sentinelle attentive ,
1337
Deserteur de ta Loy , j'osai tout entreprendre ,
Pour contenter , helas ! un criminel desir ;
David apaisera son Juge ,
Par l'aveu de son crime et par son repentir.
Ses cris vifs et pressans t'implorent nuit etjour,
De l'Aurore , à son gré , tardive ,
Par des vœux moins ardens apelle le retour.
Que vois-je! Quel secours propice !
Le Seigneur attendri comble le précipice ,
Que creusoient sous mes pas mes criminelles,
mains ;
Il me sauve , il est mon refuge ,
Je vois mon Pere dans mon Juge ;
Il punit à regret les coupables Humains.
Vous donc , que captive le monde ,
Pécheurs , cœurs endurcis,de l'orage qui gronde ;
Songez à détourner les redoutables coups ,
II. Vel.
D vj
Dérobez-
1338 MERCURE DE FRANCE
Dérobez-vous à sa vengeance
:
Changez la seule penitence
Peut de son bras puissant desarmer le couroux
D. C. J. J. J.
Sur le Pseaume De profundis.
De l'excès affreux de misere
Qu'attire sur ma tête un indigne adultere ,
Seigneur , j'ose élever mes soupirs jusqu'à toià
Laisse-toi fléchir par mes larmes ;
Sensible à mes justes allarmes ,
Regarde mon désordre et calme mon effroi.
Au jour propice et redoutable ,
Qui doit regler le sort du juste et du coupable
Si tu viens nous juger dans ta séverité ,
Quelhomme à l'aspect de son crime,
Au pied de ton Thrône sublime ,
Quel homme , ô Dieu, poura trouver sa sûreté ?
Je vois déja la foudre prête
A fraper ces pécheurs dont l'orgueilleuse tête ,
Sous le joug du Seigneur , ne sçut jamais fléchir;
Juge aussi juste que sévere ,
Des traits lancés par ta colere ,
Quels lieux assés deserts pouront les affranchir?
II. Vol.
Que
JUIN.
1737.
Que ne devrois-je point attendre
Mais ta clemence est mon refuge ;
De ses maux mon ame touchée ,
Gemit , soupire enfin de s'y voir attachée
Et la sentinelle attentive ,
1337
Deserteur de ta Loy , j'osai tout entreprendre ,
Pour contenter , helas ! un criminel desir ;
David apaisera son Juge ,
Par l'aveu de son crime et par son repentir.
Ses cris vifs et pressans t'implorent nuit etjour,
De l'Aurore , à son gré , tardive ,
Par des vœux moins ardens apelle le retour.
Que vois-je! Quel secours propice !
Le Seigneur attendri comble le précipice ,
Que creusoient sous mes pas mes criminelles,
mains ;
Il me sauve , il est mon refuge ,
Je vois mon Pere dans mon Juge ;
Il punit à regret les coupables Humains.
Vous donc , que captive le monde ,
Pécheurs , cœurs endurcis,de l'orage qui gronde ;
Songez à détourner les redoutables coups ,
II. Vel.
D vj
Dérobez-
1338 MERCURE DE FRANCE
Dérobez-vous à sa vengeance
:
Changez la seule penitence
Peut de son bras puissant desarmer le couroux
D. C. J. J. J.
Fermer
781
p. 1357-1368
ELOGE du R. P. Dom Claude Dupré, Superieur General des Benedictins de la Congrégation de S. Maur.
Début :
Le R. P. Dom Claude Dupré nâquit à Bresolles, petite Ville du Perche, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ELOGE du R. P. Dom Claude Dupré, Superieur General des Benedictins de la Congrégation de S. Maur.
ELOGE du R. P. Dom Claude Dupré,
Superieur General des Benedictins de la
Congrégation de S. Maur.
Le R. P. Dom Claude Dupré nâquit
à Bresolles, petite Ville du Perche,
dans le Diocèse de Chartres , le 18. No
vembre 1667.d'une fort honnête Famille.
A l'âge d'onze ans ses Parens l'envoyerenɛ
à Paris. Après avoir étudié quelque temps
au College de Montaigu , il alla à Caën
achever ses Humanités , et partout il fit
admirer son amour pour les Lettres , et
son assiduité au travail. C'étoit peu pour
lui que les heures d'étude et les devoirs
de Classe ordinaires. Avare de son temps
II. Vol.
E iiij .
et
1358 MERCURE DE FRANCE
et avide de science , les momens que ses
Condisciples passoient à de vains amu-
semens, notre jeune Ecolier les employoit
à la lecture des bons Livres , ou dans la
compagnie des Personnes qui pouvoient
contribuer à son avancement. Ses pro-
menades et ses récréations se bornoient
à l'Abbaye de S. Etienne de Caën , où il
s'entretenoit de matieres de pieté avec
quelques Religieux , dont il avoit fait
connoissance , et s'édifioit de la retraite ,
du silence et de la régularité de cette
Communauté. Leur genre de vie fatoit
Insensiblement son inclination , et la
grace secondant le penchant naturel qu'il
avoit pour la solitude , il se sentit vive-
ment pressé du désir de se faire Religieux.
Fidele à sa vocation , il quitta le Monde
et sortit de Caën à l'insçû de ses Parens,
pour se retirer dans le Monastere de
Lyre.
Là, revêtu de l'habit Religieux, notre
jeune Novice s'apliquoit tout entier à
étudier et à remplir les devoirs de l'Etat
qu'il vouloit embrasser , lorsque son Pe-
re se rendit à Lyre , et le sollicita par
tout ce que la Nature a de plus tendre ,
de retourner avec lui dans le Monde pour
être sa compagnie et sa consolation . Mais
le Novice , ferme dans sa résolution
II. Vol.
Consomma
JUIN 1737.
11, Ꮴ !
1359
consomma son sacrifice avec joye le 10.
Août 1686. par les vœux solennels de
la Religion.
Après sa Profession , il fut envoyé à
S. Ouën de Roüen , pour y faire son Sé-
minaire. Le P. Dom Simon Bougis , qui
en étoit Prieur , déja prévenu sur les
heureuses dispositions du Frere Dupré ,
le reçut , avec complaisance , au nombre
de ses Eleves , et s'apliqua avec soin à
cultiver cette jeune Plante et à la conduite
à sa perfection. Notre jeune Profès fit de
si grands progrès dans la vertu , qu'il
devint en peu de temps l'exemple et le
modele du Séminaire. Il passa ainsi deux
années dans la pratique la plus exacte de
l'observance Réguliere. Apliqué ensuite
par ses Supérieurs à la Philosophie et à
la Théologie , il reprit son ancien goût
pour l'Etude , mais sans jamais perdre le
but de sa vocation . Les succès répondi
rent parfaitement à l'habileté de ses Maî-
tres , et sa pieté ne souffrir rien des athi-
blissemens que la sécheresse et la dissi
pation des Études causent souvent.
Au sortir de ses Etudes , on l'envoya
à Jumiéges , Maison très retirée er pro-
pre à ses inclinations. Il reçut à la fin de
Fannée l'Ordre de Prêtrise , et peu de
temps après les Supérieurs Ini confierent
E v
iédu-
1360 MERCURE DE FRANCE
l'éducation de la Jeunesse , ils lui firent
>
enseigner successivement les Belles- Let
tres au College de Tyron , la Philosophie
à Fécamp , et la Théologie à Caën. Il
s'étudia à former ses Disciples autant par
ses exemples que par ses leçons ; sa con-
duite leur inspiroit également l'amour
pour la vertu et l'ardeur pour les Sciences.
Le Chapitre General de 1705. le nom-
ma Prieur de Saint- Pere de Chartres.
Toute la Province aprouva ce choix ; il
en fut lui seul consterné ; il fit des re-
montrances , il insista , il gémit , il pleu-
ra , mais inutilement
ร
il fallut se sou-
mettre. A la tête de sa Communauté , il
prit pour regle de conduite l'exemple du
bon Pasteur. Dur à lui même , humain
pour ses freres, prévenant officieusement
les besoins de ses Religieux , portant
tout le poids de la Supériorité , sans en
goûter les douceurs ; il possedoit à un
dégré supérieur le don de la parole. Rien
de plus solide , rien de plus pathétique
que les Exhortations qu'il faisoit à ses
Religieux , ils l'écoutoient toujours avec
plaisir , même dans la censure de leurs
fautes.
Le Chapitre General de 1708. instruit
de ses vertus et de ses bonnes qualités
crut devoir lui confer un poste plus con-
II. Vol.
sidérable.
JUIN.
II. Vol.
1737.
1361
sidérable. Il y fut nommé Abbé de Saint
Martin de Séez. Cette nouvelle dignité ,
soûtenuë de tous les talens qui rendent
un homme recommandable , auroit pû lui
procurer des amis distingués , et le faire
briller au-dehors ; mais se renfermant
dans les bornes de son Etat , il évita , au-
tant qu'il put , de paroître et de se ré-
pandre parmi les Séculiers. Malgré tou
tes ses précautions il fut respecté dans le
Pays et connu pendant six ans qu'il gou-
verna cette Abbaye , pour un saint et
sçavant Religieux , qui joignoir aux bel-
les connoissances un excellent caractere.
Les idées avantageuses qu'on avoit de
lui , loin de flater son amour propre , net
servirent qu'à le rendre encore plus hum-
ble. Il souffroit impatiemment des élo-
ges et des attentions qu'il croyoit ne pas
mériter ; et regardant la supériorité com-
me un écueil , il fit tous ses efforts pour
s'en décharger au Chapitre General de
1714. dont il étoit Membre. Il y étoit
destiné pour remplir un des premiers
postes de la Province de Bretagne ; mais
Il préfera l'Office de Secretaire du R. P.
General aux Supériorités les plus hono-
rables.
Il exerça cet Emploi pendant six ans
avec tout le zele et l'attachement que
E vj
méritoit
1362 MERCURE DE FRANCE
méritoit l'entiere confiance dont l'hono-
roit le R. P. Dom Charles de l'Hostalled
rie. Ce R.P. ayant demandé et obtenu sa
décharge au Chapitre de 1720. son Se-
cretaire sollicita vivement la permission
de rentrer dans la retraite et dans la so-
litude , dont il faisoit ses délices ; mais
on n'eut aucun égard à ses prieres , et
malgré toutes ses repugnances , il fuc
nommé par ce Chapitre Visiteur de Nor-
mandie , et par celui de 1723. Visiteur
de la Province de France.
Devenu le Pere des Religieux de ces
Provinces , il en fit le bonheur et l'ad-
miration: il les gouverna avec toute la
fermeté , la douceur et la modération
qu'on pouvoit attendre de son grand
zele , de son bon cœur et de sa charité
paternelle. Son autorité soûtenuë par
l'exemple de ses vertus , y fut toujours
universellement respectée et aimée. Les
Religieux de France ne le virent sortir
qu'à regret de leur Province : il emporta
leurs cœurs et leurs vœux en les quittant
pour aller en 1726. à Fécamp gouverner
cette Abbaye , la premiere et la plus dis-
tinguée de la Normandie.
En changeant de poste, Dom Dupré
ne changea pas de conduite : même zele
pour la discipline réguliere , même rete-
II. Vol
JUIN.
1737.
1363
#ue pour le dehors. Renfermé dans l'in-
terieur de son Monastere , il se livra tout
entier aux besoins de ses Religieux . Obli-
gé par son Office de Grand Vicaire de
l'Archevêque de Rouen , de communi-
quer avec les Seculiers , pour l'exercice
de la Jurisdiction sur plusieurs Paroisses ,
il s'y prêta , mais toujours en vrai Reli-
gieux , satisfaisant simplement aux de-
voirs de sa Charge-
Député de sa Province , Définiteur et
Secretaire du Chapitre de 1729. il y fut
nommé Prieur de l'Abbaye de S. Ger-
main-des- Prez : mais un orage fâcheux
ayant troublé la paix de la Congrégation ,
il prit le parti de la retraite , et renvoya
son Obedience ; il insista long - temps
pour obtenir sa démission , et ne se ren-
dit à S. Germain qu'aux ordres précis et
réïterés du R. P. Général . Peu accoûtu-
mé au grand Monde, ennemi du tumul-
te et des embaras , il se contenta de lever
les mains au Ciel , tandis que les Supe-
rieurs majeurs travailloient à rétablir le
calme dans la Congrégation.
Ilfutpeu de temps après élû Assistant
du R. P. Général. Telle étoit sa situation
lorsqu'il se vit obligé en 1735. par la
mort inopinée du R. P. Général Dom
Hervé Menard , de présider en qualité
11. Fol.
de
1364 MERCURE DEFRANCE
de Vicaire Général à toute la Congréga-
tion. Il soûtint le poids de cette Charge
avec une constance qui le fit admirer.
Sans rien relâcher de sa régularité , de
son assiduité aux exercices , et de ses
austerités , il s'occupa infatigablement à
chercher les moyens de ramener dans la
Congrégation la subordination et la paix,
que les disputes du temps et les élections
précedentes y avoient extrémement al
Terées.
Son accès libre , aisé et affable , ses
entretiens familiers , agréables et insi-
Huans , ses lettres tendres , affectives et
paternelles, lui attirerent d'abord la con-
fiance des Religieux. Les très-humbles
Remontrances qu'il fit au Roy , de con-
cert avec le P. Assistant et quelques Su-
perieurs , pour la levée des exclusions et
la liberté des suffrages dans le prochain
Chapitre , les ordres pleins de bonté et
de clemence qu'il obtint de S. M. au
mois de Mars 1736. et la lettre qu'il
écrivit à tous les Monasteres le lende
main pour les notifier , acheverent de
concilier les Esprits.
Le 3. May 1736. il fit l'ouverture du
Chapitre par un Discours si éloquent et
si pathetique,qu'il pénétra tous les cœurs
et les réunit tellement , que toutes les
Fl. Vol.
élections
JUIN.
1737.
temps de la Congrégation.
1365
élections s'y firent avec une tranquillité
et une modestie dignes des premiers
Après avoir été élû unanimement Dé-
finiteur et Président de ce Chapitre , il
fut aussi élû d'une voix unanime et pro-
clamé Général de la Congrégation le 27.
du même mois. Cette place étoit dûë à
sa grande régularité et à son zele pour le
bon ordre et pour la discipline. Tous les
Religieux le desiroient et le demandoient
depuis long-temps. Tous aplaudirent à
ce choix; lui seul s'en affligea , et l'abon
dance des larmes qu'il versa, au moment
de son élection , et dans la cérémonie de
son installation , fut une preuve bien
sensible de la peine qu'il en ressentoir.
Ses Religieux ne furent pas les seuls
qui se réjouirent de son élection . Le Pape
l'honora d'un Bref, par lequel il lui mar
quoit la joye qu'il avoit de voir si digne-
ment remplie la premiere Place d'une
Congrégation , qui lui étoit chere et pré-
cieuse, M. le Cardinal de Fleury l'hono
ra d'un accueil très - favorable. S. E. aut
fa bonté de le presenter au Roy et à la
Reine
Elle fit à Leurs Majestés l'Eloge
de la Congrégation et du Général en pre-
sence de toute la Cour , dans les termes
les plus obligeans . Le Public ne prit pas
II.Vab
mcins
"
1366 MERCURE DE FRANCE
moins de part à l'heureux succès du Cha
pitre. Le nouveau Général füt reçû par-
tout avec joye , avec distinction ; et ce-
lui qui , jusqu'alors, n'avoit cherché qu'à
se cacher , se vit, avec étonnement, con-
nu et recherché de tout le Monde. Il re-
çut des marques d'une consideration par
ticuliere du Roy et de la Reine de Polo-
gne, lorsqu'il leur presenta une Relique
de S. Benoît , que L. M. lui avoient de-
mandée avec empressement; la noble sim
plicité avec laquelle il les harangua ,
louée de toute la Cour.
fut
Cependant le Seigneur répandoir ses
graces et ses bénédictions sur son gou-
vernement : la science et la pieté repre-
noient une nouvelle vigueur , lorsqu'une
mort prématurée enleva ce digne Géné-
ral à sa Congrégation . Il avoit prédir ,
au moment de son élection , qu'il ne
verroit pas la fin de l'année. En effet, un
travail dur , continuel et opiniâtre , joint
à une vie extrémement pénitente et aus-
tere, épuisa bien- tôt ses forces ,et le con-
duisit en peu de temps au tombeau.
Dès le mois d'Août il se sentir attaqué
d'une sécheresse de poitrine, qui fit crain-
dre pour sa vie . Son corps s'affoiblissoit
à vûë d'œil , et sa poitrine s'alteroit de
plus en plus.
11 Vol.,
A
JUIN.
II. Vol.
17376
1367
Au commencement de l'Avent il se
Trouva fort opressé. Le Médecin lui pres-
crivit un regime de vie ; mais il ne fut
pas possible de lui faire rompre le jeûne
et l'abstinence , et tout ce qu'on put ga
gner sur lui , fut qu'il ne se leveroit pas
la nuit pour aller à Matines , exercice
auquel il avoit été toujours fort assidu.
Quelques saignées faites à propos , lui
donnerent un peu de relâche , et mesu-
rant ses forces sur son courage , il entre-
prit de dire les trois Messes de Noël : il
célébra encore la Messe le jour de Saint
Etienne , mais avec beaucoup de peine ,
et pour la derniere fois.
Le Dimanche suivant, se trouvant plus
mal , il apella son Confesseur , et se pré-
para par une Confession générale à rece-
voir le S. Viatique et l'Extréme- Onction,
Le P. Assistant se disposoit à les lui apor
ter, le Malade les attendoit avec une sain-
te impatience , mais une violente palpi-
tation de cœur lui ôtant tout à coup la
respiration , sans qu'on pût lui donner
aucun secours , le P. Delville , son Se-
cretaire , qui ne le quittoit point , l'ex-
horta à avoir recours au Seigneur. Je
mets , lui répondit- il , toute ma confiance
en sa misericorde , et en prononçant ces
paroles il expira le 30. Décembre 1736.
à trois
1368 MERCURE DE FRANCE
à 3. heures après midi, âgé d'environ 70.
ans. Il fut inhumé le lendemain avec les
cérémonies accoûtumées auprès de ses
Prédécesseurs , vers le milieu du Chœur
de la grande Chapelle de la Vierge. Les
Généraux d'Ordre qui étoient à Paris ,
un très grand nombre d'Ecclesiastiques
et de Religieux assisterent à ses Obse-
ques , et au Service solemnel qui se fit
le 2. de Janvier. S. E. M. le Cardinal de
Fleury a bien voulu honorer sa Mémoi
re par une de ses Lettres , écrite sur ce
sujer au P. Vicaire Général dans les ter-
mes les plus tendres et les plus consolans.
Cette Mémoire sera toujours précieuse
à une Congrégation dans laquelle il avoit
rétabli la paix et le bon ordre , par les
rares exemples de pieté et de toutes les
Vertus Religieuses dont il l'a édifiée'pen-
dant son gouvernement.
Superieur General des Benedictins de la
Congrégation de S. Maur.
Le R. P. Dom Claude Dupré nâquit
à Bresolles, petite Ville du Perche,
dans le Diocèse de Chartres , le 18. No
vembre 1667.d'une fort honnête Famille.
A l'âge d'onze ans ses Parens l'envoyerenɛ
à Paris. Après avoir étudié quelque temps
au College de Montaigu , il alla à Caën
achever ses Humanités , et partout il fit
admirer son amour pour les Lettres , et
son assiduité au travail. C'étoit peu pour
lui que les heures d'étude et les devoirs
de Classe ordinaires. Avare de son temps
II. Vol.
E iiij .
et
1358 MERCURE DE FRANCE
et avide de science , les momens que ses
Condisciples passoient à de vains amu-
semens, notre jeune Ecolier les employoit
à la lecture des bons Livres , ou dans la
compagnie des Personnes qui pouvoient
contribuer à son avancement. Ses pro-
menades et ses récréations se bornoient
à l'Abbaye de S. Etienne de Caën , où il
s'entretenoit de matieres de pieté avec
quelques Religieux , dont il avoit fait
connoissance , et s'édifioit de la retraite ,
du silence et de la régularité de cette
Communauté. Leur genre de vie fatoit
Insensiblement son inclination , et la
grace secondant le penchant naturel qu'il
avoit pour la solitude , il se sentit vive-
ment pressé du désir de se faire Religieux.
Fidele à sa vocation , il quitta le Monde
et sortit de Caën à l'insçû de ses Parens,
pour se retirer dans le Monastere de
Lyre.
Là, revêtu de l'habit Religieux, notre
jeune Novice s'apliquoit tout entier à
étudier et à remplir les devoirs de l'Etat
qu'il vouloit embrasser , lorsque son Pe-
re se rendit à Lyre , et le sollicita par
tout ce que la Nature a de plus tendre ,
de retourner avec lui dans le Monde pour
être sa compagnie et sa consolation . Mais
le Novice , ferme dans sa résolution
II. Vol.
Consomma
JUIN 1737.
11, Ꮴ !
1359
consomma son sacrifice avec joye le 10.
Août 1686. par les vœux solennels de
la Religion.
Après sa Profession , il fut envoyé à
S. Ouën de Roüen , pour y faire son Sé-
minaire. Le P. Dom Simon Bougis , qui
en étoit Prieur , déja prévenu sur les
heureuses dispositions du Frere Dupré ,
le reçut , avec complaisance , au nombre
de ses Eleves , et s'apliqua avec soin à
cultiver cette jeune Plante et à la conduite
à sa perfection. Notre jeune Profès fit de
si grands progrès dans la vertu , qu'il
devint en peu de temps l'exemple et le
modele du Séminaire. Il passa ainsi deux
années dans la pratique la plus exacte de
l'observance Réguliere. Apliqué ensuite
par ses Supérieurs à la Philosophie et à
la Théologie , il reprit son ancien goût
pour l'Etude , mais sans jamais perdre le
but de sa vocation . Les succès répondi
rent parfaitement à l'habileté de ses Maî-
tres , et sa pieté ne souffrir rien des athi-
blissemens que la sécheresse et la dissi
pation des Études causent souvent.
Au sortir de ses Etudes , on l'envoya
à Jumiéges , Maison très retirée er pro-
pre à ses inclinations. Il reçut à la fin de
Fannée l'Ordre de Prêtrise , et peu de
temps après les Supérieurs Ini confierent
E v
iédu-
1360 MERCURE DE FRANCE
l'éducation de la Jeunesse , ils lui firent
>
enseigner successivement les Belles- Let
tres au College de Tyron , la Philosophie
à Fécamp , et la Théologie à Caën. Il
s'étudia à former ses Disciples autant par
ses exemples que par ses leçons ; sa con-
duite leur inspiroit également l'amour
pour la vertu et l'ardeur pour les Sciences.
Le Chapitre General de 1705. le nom-
ma Prieur de Saint- Pere de Chartres.
Toute la Province aprouva ce choix ; il
en fut lui seul consterné ; il fit des re-
montrances , il insista , il gémit , il pleu-
ra , mais inutilement
ร
il fallut se sou-
mettre. A la tête de sa Communauté , il
prit pour regle de conduite l'exemple du
bon Pasteur. Dur à lui même , humain
pour ses freres, prévenant officieusement
les besoins de ses Religieux , portant
tout le poids de la Supériorité , sans en
goûter les douceurs ; il possedoit à un
dégré supérieur le don de la parole. Rien
de plus solide , rien de plus pathétique
que les Exhortations qu'il faisoit à ses
Religieux , ils l'écoutoient toujours avec
plaisir , même dans la censure de leurs
fautes.
Le Chapitre General de 1708. instruit
de ses vertus et de ses bonnes qualités
crut devoir lui confer un poste plus con-
II. Vol.
sidérable.
JUIN.
II. Vol.
1737.
1361
sidérable. Il y fut nommé Abbé de Saint
Martin de Séez. Cette nouvelle dignité ,
soûtenuë de tous les talens qui rendent
un homme recommandable , auroit pû lui
procurer des amis distingués , et le faire
briller au-dehors ; mais se renfermant
dans les bornes de son Etat , il évita , au-
tant qu'il put , de paroître et de se ré-
pandre parmi les Séculiers. Malgré tou
tes ses précautions il fut respecté dans le
Pays et connu pendant six ans qu'il gou-
verna cette Abbaye , pour un saint et
sçavant Religieux , qui joignoir aux bel-
les connoissances un excellent caractere.
Les idées avantageuses qu'on avoit de
lui , loin de flater son amour propre , net
servirent qu'à le rendre encore plus hum-
ble. Il souffroit impatiemment des élo-
ges et des attentions qu'il croyoit ne pas
mériter ; et regardant la supériorité com-
me un écueil , il fit tous ses efforts pour
s'en décharger au Chapitre General de
1714. dont il étoit Membre. Il y étoit
destiné pour remplir un des premiers
postes de la Province de Bretagne ; mais
Il préfera l'Office de Secretaire du R. P.
General aux Supériorités les plus hono-
rables.
Il exerça cet Emploi pendant six ans
avec tout le zele et l'attachement que
E vj
méritoit
1362 MERCURE DE FRANCE
méritoit l'entiere confiance dont l'hono-
roit le R. P. Dom Charles de l'Hostalled
rie. Ce R.P. ayant demandé et obtenu sa
décharge au Chapitre de 1720. son Se-
cretaire sollicita vivement la permission
de rentrer dans la retraite et dans la so-
litude , dont il faisoit ses délices ; mais
on n'eut aucun égard à ses prieres , et
malgré toutes ses repugnances , il fuc
nommé par ce Chapitre Visiteur de Nor-
mandie , et par celui de 1723. Visiteur
de la Province de France.
Devenu le Pere des Religieux de ces
Provinces , il en fit le bonheur et l'ad-
miration: il les gouverna avec toute la
fermeté , la douceur et la modération
qu'on pouvoit attendre de son grand
zele , de son bon cœur et de sa charité
paternelle. Son autorité soûtenuë par
l'exemple de ses vertus , y fut toujours
universellement respectée et aimée. Les
Religieux de France ne le virent sortir
qu'à regret de leur Province : il emporta
leurs cœurs et leurs vœux en les quittant
pour aller en 1726. à Fécamp gouverner
cette Abbaye , la premiere et la plus dis-
tinguée de la Normandie.
En changeant de poste, Dom Dupré
ne changea pas de conduite : même zele
pour la discipline réguliere , même rete-
II. Vol
JUIN.
1737.
1363
#ue pour le dehors. Renfermé dans l'in-
terieur de son Monastere , il se livra tout
entier aux besoins de ses Religieux . Obli-
gé par son Office de Grand Vicaire de
l'Archevêque de Rouen , de communi-
quer avec les Seculiers , pour l'exercice
de la Jurisdiction sur plusieurs Paroisses ,
il s'y prêta , mais toujours en vrai Reli-
gieux , satisfaisant simplement aux de-
voirs de sa Charge-
Député de sa Province , Définiteur et
Secretaire du Chapitre de 1729. il y fut
nommé Prieur de l'Abbaye de S. Ger-
main-des- Prez : mais un orage fâcheux
ayant troublé la paix de la Congrégation ,
il prit le parti de la retraite , et renvoya
son Obedience ; il insista long - temps
pour obtenir sa démission , et ne se ren-
dit à S. Germain qu'aux ordres précis et
réïterés du R. P. Général . Peu accoûtu-
mé au grand Monde, ennemi du tumul-
te et des embaras , il se contenta de lever
les mains au Ciel , tandis que les Supe-
rieurs majeurs travailloient à rétablir le
calme dans la Congrégation.
Ilfutpeu de temps après élû Assistant
du R. P. Général. Telle étoit sa situation
lorsqu'il se vit obligé en 1735. par la
mort inopinée du R. P. Général Dom
Hervé Menard , de présider en qualité
11. Fol.
de
1364 MERCURE DEFRANCE
de Vicaire Général à toute la Congréga-
tion. Il soûtint le poids de cette Charge
avec une constance qui le fit admirer.
Sans rien relâcher de sa régularité , de
son assiduité aux exercices , et de ses
austerités , il s'occupa infatigablement à
chercher les moyens de ramener dans la
Congrégation la subordination et la paix,
que les disputes du temps et les élections
précedentes y avoient extrémement al
Terées.
Son accès libre , aisé et affable , ses
entretiens familiers , agréables et insi-
Huans , ses lettres tendres , affectives et
paternelles, lui attirerent d'abord la con-
fiance des Religieux. Les très-humbles
Remontrances qu'il fit au Roy , de con-
cert avec le P. Assistant et quelques Su-
perieurs , pour la levée des exclusions et
la liberté des suffrages dans le prochain
Chapitre , les ordres pleins de bonté et
de clemence qu'il obtint de S. M. au
mois de Mars 1736. et la lettre qu'il
écrivit à tous les Monasteres le lende
main pour les notifier , acheverent de
concilier les Esprits.
Le 3. May 1736. il fit l'ouverture du
Chapitre par un Discours si éloquent et
si pathetique,qu'il pénétra tous les cœurs
et les réunit tellement , que toutes les
Fl. Vol.
élections
JUIN.
1737.
temps de la Congrégation.
1365
élections s'y firent avec une tranquillité
et une modestie dignes des premiers
Après avoir été élû unanimement Dé-
finiteur et Président de ce Chapitre , il
fut aussi élû d'une voix unanime et pro-
clamé Général de la Congrégation le 27.
du même mois. Cette place étoit dûë à
sa grande régularité et à son zele pour le
bon ordre et pour la discipline. Tous les
Religieux le desiroient et le demandoient
depuis long-temps. Tous aplaudirent à
ce choix; lui seul s'en affligea , et l'abon
dance des larmes qu'il versa, au moment
de son élection , et dans la cérémonie de
son installation , fut une preuve bien
sensible de la peine qu'il en ressentoir.
Ses Religieux ne furent pas les seuls
qui se réjouirent de son élection . Le Pape
l'honora d'un Bref, par lequel il lui mar
quoit la joye qu'il avoit de voir si digne-
ment remplie la premiere Place d'une
Congrégation , qui lui étoit chere et pré-
cieuse, M. le Cardinal de Fleury l'hono
ra d'un accueil très - favorable. S. E. aut
fa bonté de le presenter au Roy et à la
Reine
Elle fit à Leurs Majestés l'Eloge
de la Congrégation et du Général en pre-
sence de toute la Cour , dans les termes
les plus obligeans . Le Public ne prit pas
II.Vab
mcins
"
1366 MERCURE DE FRANCE
moins de part à l'heureux succès du Cha
pitre. Le nouveau Général füt reçû par-
tout avec joye , avec distinction ; et ce-
lui qui , jusqu'alors, n'avoit cherché qu'à
se cacher , se vit, avec étonnement, con-
nu et recherché de tout le Monde. Il re-
çut des marques d'une consideration par
ticuliere du Roy et de la Reine de Polo-
gne, lorsqu'il leur presenta une Relique
de S. Benoît , que L. M. lui avoient de-
mandée avec empressement; la noble sim
plicité avec laquelle il les harangua ,
louée de toute la Cour.
fut
Cependant le Seigneur répandoir ses
graces et ses bénédictions sur son gou-
vernement : la science et la pieté repre-
noient une nouvelle vigueur , lorsqu'une
mort prématurée enleva ce digne Géné-
ral à sa Congrégation . Il avoit prédir ,
au moment de son élection , qu'il ne
verroit pas la fin de l'année. En effet, un
travail dur , continuel et opiniâtre , joint
à une vie extrémement pénitente et aus-
tere, épuisa bien- tôt ses forces ,et le con-
duisit en peu de temps au tombeau.
Dès le mois d'Août il se sentir attaqué
d'une sécheresse de poitrine, qui fit crain-
dre pour sa vie . Son corps s'affoiblissoit
à vûë d'œil , et sa poitrine s'alteroit de
plus en plus.
11 Vol.,
A
JUIN.
II. Vol.
17376
1367
Au commencement de l'Avent il se
Trouva fort opressé. Le Médecin lui pres-
crivit un regime de vie ; mais il ne fut
pas possible de lui faire rompre le jeûne
et l'abstinence , et tout ce qu'on put ga
gner sur lui , fut qu'il ne se leveroit pas
la nuit pour aller à Matines , exercice
auquel il avoit été toujours fort assidu.
Quelques saignées faites à propos , lui
donnerent un peu de relâche , et mesu-
rant ses forces sur son courage , il entre-
prit de dire les trois Messes de Noël : il
célébra encore la Messe le jour de Saint
Etienne , mais avec beaucoup de peine ,
et pour la derniere fois.
Le Dimanche suivant, se trouvant plus
mal , il apella son Confesseur , et se pré-
para par une Confession générale à rece-
voir le S. Viatique et l'Extréme- Onction,
Le P. Assistant se disposoit à les lui apor
ter, le Malade les attendoit avec une sain-
te impatience , mais une violente palpi-
tation de cœur lui ôtant tout à coup la
respiration , sans qu'on pût lui donner
aucun secours , le P. Delville , son Se-
cretaire , qui ne le quittoit point , l'ex-
horta à avoir recours au Seigneur. Je
mets , lui répondit- il , toute ma confiance
en sa misericorde , et en prononçant ces
paroles il expira le 30. Décembre 1736.
à trois
1368 MERCURE DE FRANCE
à 3. heures après midi, âgé d'environ 70.
ans. Il fut inhumé le lendemain avec les
cérémonies accoûtumées auprès de ses
Prédécesseurs , vers le milieu du Chœur
de la grande Chapelle de la Vierge. Les
Généraux d'Ordre qui étoient à Paris ,
un très grand nombre d'Ecclesiastiques
et de Religieux assisterent à ses Obse-
ques , et au Service solemnel qui se fit
le 2. de Janvier. S. E. M. le Cardinal de
Fleury a bien voulu honorer sa Mémoi
re par une de ses Lettres , écrite sur ce
sujer au P. Vicaire Général dans les ter-
mes les plus tendres et les plus consolans.
Cette Mémoire sera toujours précieuse
à une Congrégation dans laquelle il avoit
rétabli la paix et le bon ordre , par les
rares exemples de pieté et de toutes les
Vertus Religieuses dont il l'a édifiée'pen-
dant son gouvernement.
Fermer
782
p. 1382-1395
Bibliotheque Italique, &c. [titre d'après la table]
Début :
SUITE des Lettres de M....... sur la Bibliotheque Italique, ou Histoire Litteraire [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Bibliotheque Italique, &c. [titre d'après la table]
SUITE des Lettres de M....... sur la
Bibliotheque Italique, ou Histoire Litteraire
de l'Italie. Tomes VIII. et IX. 1730 ,
AGenève , chez Marc- Michel Bousquet et
Compagnie , pp. 278. et pp. 276.
Dix Articles , Monsieur , font tout le
contenu du VIII. Volume de la Bibliote-
que Italique dont je ne toucherai ici que
les Principaux. Le premier présente un
Ouvrage important de M.Fontanini écrit
en Latin. Nos Journalistes en ont traduit
le Titre de cette maniere. Défenses des
Diplômes anciens contre les doutes éle-
vés par le P. Germon , dans l'Ouvrage
qui a pour Titre : De Veteribus Regum
Francorum Diplomatibus , & c. En deux
Livres, avec un Appendix sur les anciens
Auteurs , par M. Juste Fontanini du
11. Vol
Frioul,
JUIN.
II.Vol.
1737.
1383
Frioul , Profeffeur public en Eloquence à
Rome. Rome 1705. pp. 287. sans l'Epi-
tre dédicatoire & l'Indice des Chapitres.
Le P. Germon Jesuite avoit critiqué
I'Ouvrage du P. Mabillon : De Re Diplo
matica : et il avoit proposé dans son Ou
vrage : De Veteribus Regum , &c. beau-
coup de doutes , & même des preuves ,
d'abord contre tous les Diplômes en ge-
neral , & ensuite contre plusieurs de ceux
que le P. Mabillon avoit tenus en parti-
culier pour authentiques . C'est cet Ou-
vrage du P. Germon , que M. Fontanini
s'attacha alors à réfuter dans sa défense-
des Diplômes , qu'il divisa en deux Par-
ties , dont la premiere est employée à
détruire les argumens du P. Germon con⚫
tre les Diplômes en general , et la secon-
de , à justifier en particulier l'authenti
cité de quelques Diplômes publiés par
le P. Mabillon, & attaqués par son Criti-
que. Le Journaliste ne donne ici l'Extrait"
que de la premiere Partie. On peut voir
sur cette dispute du P. Germon les Me-
moires de Trevoux du mois de Mai 1713 .
p. 843. et le troisiéme Volume de l'Ou-
vrage du même Jesuite , dans lequel il
répond à M. Fontanini.
LeJournaliste reprend dans l'article 20
la suite de l'Extrait qu'il avoit donné dans
Fy
le:
1384 MERCURE DE FRANCE
le VI. Volume , du 7. Tome du Recueil.
de M. Muratori : c'est à- dire , 1 ° . de la
Chronique de Sicard , Evêque de Cremo-
ne , Ecrivain du XIII. Siecle , dont l'Ou-
vrage commence à la Naissance de J. C.
et finit en 1221. Cet Auteur étoit mort
dès l'an 1215. Ainsi il faut qu'il ait eu
un Continuateur. 2°. D'une courte Chro-
nique de Cremone depuis l'an 1096.
jusques à l'an 1232. par un Anonyme.
3 °. L'Histoire de la Conquête de la Ter-
re Sainte , écrite en François par Bernard
Trésorier , et traduite en Latin par Fran-
çois Sipino de Bologne , Dominiquain.
Cet Ouvrage finit en 1230.Ilne paroît pas
qu'il dût entrer dans un Recueil des His-
toriens d'Italie , mais la part que les Ita-
liens ont eue aux Guerres d'Outre- Mer
la découverte de cette Piece , qui étoit
comme perdue , et enfin la Nation du
Traducteur qui étoit Italien , ont déter-
miné M. Muratori , à lui donner place
dans son Recueil. Les Auteurs de la Bi-
bliotheque Italique font une comparai-
son curieuse de plusieurs endroits de cer-
te Histoire de Bernard , avec la nouvelle
Histoire d'Angleterre de M. Rapin , dans
les Points qui sont traités par P'un et par
Pautre de ces Historiens. 4°. Une Chro-
nique de Fossanova , depuis la premiere
II. Vol.
annće
JUIN.
11. Vol.
1737.
1385
année de l'Ere Chrétienne jusqu'à l'an-
née 1217. 5°. Une Chronique de l'Egli-
se d'Ateno , depuis Jules Cesar jusqu'à
l'an 1355. c'est peu de chose. 6. Une
autre du Monastere de la Trinité de Ca
va , depuis l'an 569. jusqu'à l'an 1318 ..
c'est pour la premiere fois qu'elle paroît.
M. Muratori l'a recueillie de plusieurs
Mss. differens. 7° . Une Chronique de Ri-
chard de S. Germain depuis l'an 1189.
Epoque de la mort de Guillaume Roi de
Sicile , jusqu'à l'an 1243. 8. Les Ephe-
merides de Naples , ou le Journal de ce
qui s'est passé dans ce Royaume depuis
Fan 1247. jusqu'à l'an 1268. par Mat
thieu Spinelli de Giowenazzo , publié en
Italien pour la premiere fois , avec les
Notes du P. Papebrock.
L'Article III. est employé à donner
un Extrait plus étendu de l'Ouvrage du
Comte de Mezabarba , dont le Journa-
liste avoit déja tracé le plan dans le Tome
V. Il donne dans le I V. Article , la sui-
te de l'Extrait du Voyage Historique d'I-
talie. Il y a peu de choses à vous en dire,
sinon que l'on n'y épargne jamais les
traits de Satyre , sur ce qui peut avoir ra-
· port à la Religion Romaine. A la fin de
l'article le Journaliste soutient contre
l'Auteur du Voyage , qu'un Prince ou
F vj
12
1386 MERCURE DE FRANCE
un Ambassadeur Protestant ne peut bai
ser les pieds du Pape par honneur , sans
blesser sa conscience et sa Religion .
La suite de la Lettre manuscrite du
Comte de..... sur le Caractere des Ita
liens , fait le V. article. Il continue à
traiter de l'Etat de l'Italie par raport aux
Sciences. Dans cette partie de sa Lettre ,
illes regarde particulierement du côtédes
Langues ; de l'Italienne d'abord , puis
de la Latine, de la Grecque, de l'Hebreu ,
du Chaldaïque , et de l'Arabe. Le Comte
y,
donne une notice des meilleurs Au-
teurs Italiens qui ayent cultivé depuis le
XVI. Siecle , ou qui cultivent encore
aujourd'hui ces Langues . L'Auteur passe
ensuite au goût et à l'Etude des Medail-
les , et de tout ce qui concerne l'Antiqui
té, et il a soin de nommer les principaux
Sçavans d'Italie qui s'y sont apliqués.
Cette Lettre est assurément une Piece
curieuse , et qui mériteroit bien qu'on
Pimprimât entiere dans un seul Volume ş
elle serviroit à faire connoître le progrès
et l'état present des Sciences en Italie de-
puis le XVI. Siécle , et à désabuser ceux-
qui croyent que tout l'esprit du monde
est renfermé dans leur propre Pays. Le
Journaliste y a ajoûté au bas des pages ,..
un détail très- recherché de tout ce qui:
II. Vol
concerne
JUIN.
1737
1387
concerne les Sçavans et les Ouvrages dont
il est parlé dans la Lettre. Sans ce detail
elle sembleroit manquer d'une partie es
sentielle.
Je ne m'arrêterai pas sur l'Extrait dư
III. Tome des œuvres du Cardinal Noris
qui fait l'Art. VI. ni sur le VII. Art. qui
n'est qu'une Critique de l'Edition des
Chroniques de Villani , qui a été faite à
Milan en 1729 , et à laquelle on en pre-
fère une autre qu'on préparoit alors à
Florence.
J'obmets aussi les deux articles qui
suivent, les sujets en étant ou peu impor-
tans,ou très- connus, pour dire un mot des
Nouvelles Litteraires de ce VIII . Tome .
lesquelles on trouve pour la pluspart dans
d'autres Journaux , comme la nouvelle
Edition de Cornelius à Lapide , et de la
Byzantine , faites à Venise , l'une chés
Albrizzy, et l'autre chés Giavarina . Celui-
ci a encore imprimé l'Euchologe des Grecs
du P. Goar: et les Antiquités Romaines
de Grævius, de Gronovius & de Sallengre.
On aprend de Milan que le P. Orsi Do
minicain , a fait imprimer une Differta-
rion sur l'invocation du S. Esprit dans
les Liturgies Grecques et Orientalès , I.
vol. 4. Milan 1736. Il s'attache à éclair-
cir les Actes du Concile de Florence , et
LK Vol.
à prou-
7388 MERCURE DE FRANCE
à prouver que le sentiment des Grecs
n'est pas aussi fondé sur la tradition que
l'ont avancé les Peres Touttée , Benedic-
tin , dans son Edition de Saint Cyrille
de Jerusalem , et le Brun de l'Oratoire
dans son Livre des Lyturgies.
Il me reste , Monsieur , à parcourir ict
les principaux articles du IX. Tome de
ce Journal. Le premier et le plus consi-
derable regarde la Bibliotheque Orienta-
tale de M. Asseman , Syrien , et Sçavant
Maronite du Mont- Liban. Cet Ouvrage
a pour Titre : Bibiotheca Orientalis ( Cle.
mentino- Vaticana ) &c. ou Bibliotheque
Orientale Clementine du Vatican , dans la
quelle Joseph Asseman Syrien , Maronių ,
Docteur en Théologie , & c , a revi et aran.
rangé des Mss. Syriaques , Arabes, Persans,
Turcs , Hebreux , Samaritains , Armeniens,
Ethy piens , Grecs , Egyptiens , Georgiens ,
et Malabares , aporiés du Lev ant , et mis
dans la Biblioteque du Vatican , par l'ordre
du Pape Clement XI. separé les vrais Ecrits
des suposés , et donné la vie de chaque Aw-
teur. IV. Tom. fol. Rome 1719.
Cet Article est important , et c'est
ce me semble parler un peu tard de
ce qui en fait le sujet : voici ce qui a
donné occasion à ce grand travail. Cle-
mentXI. avoit envoyé en 1707 en Egyp
11. Vol
te
JUI N.
II. Vole
1737.
7389
te le Maronite Elie , Cousin de M. Asse
man ,pour y acheter des Manuscrits des
Moines du Désert. Il n'y en put acque-
zit que 40 dans le Monastere de Sceie ou
Sait , quoiqu'il y eût une Grote remplie
de Mss. Arabes , Cophtes,et Syriaques, en-
tassés sans ordre les uns sur les autres. Ils
furent aportés à Rome sur la fin de 1707.
Entre cette année et l'année 1715 , le
Pape acquit pour la Bibliotheque Vatica-
ne un grand nombre de Mss. Orientaux
de differentes Bibliotheques , entre les-
quels étoient ceux du fameux Voya-
geur Pietro della Valle. Clement XI . en-
voya encore en 1715 , en Orient à la re-
cherche des Mss .
Il en chargea M. As-
seman , qui avoit déja été préposé depuis
l'an 1707 , par le Pape , au soin et à l'exa-
men des Mss. Orientaux. M. Asseman
en acquit un assés bon nombre , soit en
Egypte , où il alla deux fois , soit en Sy-
rie. Il ne fut de retour à Rome que deux
ans après.
Jusques là on n'avoir connu des Au-
feurs Chaldéens , Syriens et Arabes , que
ce que S. Jerôme , Gennade , Abraham
Ecchellensis , et Fauste Neiron , Maroni-
res suivis par Cave et pir Hottinger , en
avoient dit, ce qui n'étoit pas fort consi-
derable. M. Asseman à l'aide de ses sça-
vautes
1390 MERCURE DE FRANCE
vantes recherches , des differens Ecrivains
qu'il a consultés , et des Mss. nombreux
de la Bibliotheque Vaticane , répand un
grand jour sur la Litterature de ces Na-
tions. Il rectifie ce que des Sçavans ont
dit de moins juste sur la Chronologie ,
sur la Topographie , sur les noms et les
Actions de plusieurs Hommes illustres ,
et il éclaircit beaucoup l'Histoire Eccle-
siastique , dans tout ce qui concerne l'o
rigine , les erreurs , les progrès des Mo
nophysites , des Nestoriens , des Mono-
thelites , et les tumultes que ces Sectes
ont causés dans l'Asie. On voit aussi dans
cet Ouvrage la suite de tous les Patriar
ches de chaque Secte , ce que le R. P. let
Quien recherchoit avec tant de soin pour
son Oriens Christianus , la Succession dest
Evêques , les principales Actions , et les
Ecrits des plus celebres de ces Auteurs.
Pour ce qui regarde le Plan de l'Ouvra
gé , je n'entens pas bien l'exposition que
les Journalistes de Genève en donnent ,
lorsqu'à la page 16 du vol . dont nous
parlons , ils disent que la matiere des Re
marques et des Differtations de M. Asse-
man est divisée en 4 Classes , sur le
plan de la Bibliotheque Orientale. La
premiere des Auteurs Syriens Ortho-
doxes , Jacobites , et Nestoriens , soit
MI. Vol
qu'ils
JUIN.
à un autre Article.
1737.
1357
qu'ils ayent écrit premierement en Syria
que , ou qu'ils ayent été traduits de quel
que autre langue en celle-là. La seconde
Classe des Auteurs Arabes , soit Chré-
tiens , soit Mahometans. La troisiéme des
Livres des Cophtes , et des Ethyopiens ,
outre quelques Monumens de la Science
des Persans et des Turcs. La quatriéme
enfin des Livres sacrés en Syriaque et en
Arabe , tels que sont la Bible , les Rituels,
&c. Voilà donc quatre Classes que les
Journalistes disent faire lePlan de cetOu
vrage ; cependant, page 22 , ils disent que
l'Ouvrage est partagé en 4 Tom . Le pre-
mier des Auteurs Syriens Orthodoxes ;
le second des Auteurs Syriens Jacobites ;
le troisiéme des Syriens Nestoriens ; le
quatrième des Ecrivains des autres Na
tions , soit Orthodoxes , soit Héretiques ,
qui ont été traduits en Syriaque. Or ces
Tomes , comme l'on voit , ne remplis
sent que la premiere Classe du Plan ge
neral , à moins que ce ne soit le premier
vol. seul , qui contienne ces quatre Tom.
ce qu'il auroit fallu specifier.
Je n'entrerai pas dans un plus long dé
tail , ni sur l'execution de ce Plan , ni sur
l'extrait qu'on en trouve ici. On voit assés
par ce que je viens de dire , l'importance
de l'Ouvrage de M. Asseman , et je passe
L'His
1392 MERCURE DE FRANCE
L'Histoire des Differends entre la Cour
de Rome et celle du Roy de Sardaigne sous
Benoit XIII. et sous le Pape Clement
XII. n'est gueres susceptible d'Extrait,
et demanderoit un trop long détail . On
poura
la voir dans le Livre même , il
est imprimé à Turin par Valetta , İm-
primeur du Roy de Sardaigne , 1. Vol.
in-fol. de 365. pages , ou dans la Biblio-
teque Italique, Tome IX.art. 3. et T. X.
árt. 5.
Je ne vous parlerai point non plus de
l'Histoire du Royaume de Naples , du Ju-
risconsulte Giannone, dont les Journalis-
tes de Genêve donnent l'Extrait avec
quelque complaisance. Cet Ouvrage a
été défendu. On accuse l'Auteur d'avoir
mêlé avec quelques verités beaucoup de
conjectures qui prennent un air de vrai-
semblance , par le tour que l'Historien
leur donne : conjectures cependant qu'il
avance comme des faits certains , sur les-
quels roulent toutes les déclamations va-
gues dont son Ouvrage est rempli.
L'Art. 4. du même I X. Tome contient
la Suite de la Lettre manuscrite du Comte
de .... sur le Caractere des Italiens. Nos
Journalistes en accompagnent l'Extrait
à leur ordinaire , de Notes curieuses et
interessantes sur les Ouvrages de la Vie
II. Vol.
des
JUIN.
II. Vol.
1737.
1393
des Sçavans et des Hommes Illustres ci-
tés dans la Lettre du Comte.
Les Sçavans d'Italie se sont distingués
également dans la Critique diplomati-
que , et dans la connoissance de l'Histoi-
re Ancienne , Romaine, Grecque, Egyp-
tienne et Etrusque, & c. A cette occasion
l'Auteur de la
Lettre fait un bel
éloge de M. le Marquis Maffei , dont la
vaste érudition , dit- il , a eujusqu'ici très-
peu d'exemples parmi les Nations Ultra-
montaines.
La Géométrie , la plus sublime même,
a fait de grands progrès en Italie , ensor-
te que M. de Fontenelle n'a pu s'empê-
cher d'avouer la superiorité des Géome-
tres de l'Italie et de l'Allemagne , pour
résoudre les Problêmes les plus difficiles.
La Méchanique , l'Hydrostatique, l'Op-
tique , la Dioptrique , &c. n'ont pas été
négligées. Pour l'Astronomie , la Géo-
graphie et la Navigation , elles sont moins
cultivées en Italie qu'ailleurs ; quoiqu'on
ne laisse pas d'y avoir de très bons Mé-
moires d'Astronomie, entre lesquels ceux
de M.M. Manfredi et Bianchini doivent
assurément tenir le premier rang.
On ne rend pas assés de justice parmi
les autres Nations , aux découvertes que
les Italiens ont faites sur la Physique
l'Anato
•
1394 MERCURE DE FRANCE
l'Anatomie et la Medecine. L'Auteur
nomme à son ordinaire les Principaux
Italiens qui se sont rendus célébres par
le succès de leurs travaux et de leurs
Ecrits dans ces Sciences. En parlant des
Philosophes de cette Nation , il dit que
ces Sçavans , en dévelopant la Nature du
Mouvement, du Choc et de la Pression ,
abandonnent tout-à- fait ces termes vui-
des de Sens , tels que ceux d'Horreur , de
Sympathie, d'Apétit et autres, qui quoique
déguisés par differens termes , subsis-
tent encore chés plusieurs Philosophes
en Angleterre et ailleurs , sous les noms
de Force Plastique , d'Harmonie et d'At-
traction.
Les Italiens ont de bons Metaphysi-
ciens , peu ou point de Chymistes, moins
de Botanistes qu'en Angleterre , et des
Chirurgiens inferieurs en tout point aux
François. L'Italie abonde en Jurisconsul
tes , sur-tout à Rome et à Naples . La
fin de cette Lettre se trouve dans le X.
Tome , et traite des Beaux Arts.
On aprend dans les Nouvelles Litte-
raires , Article de Florence , ce qui suit :
Une mort subite nous a enlevé le Docteur
Francesco del TEGLIA , Professeur en
Philosophie Morale , dans le temps mê-
me qu'il recitoit une Harangue , le s
II. Vol
Janvier
JUIN.
1737.
13951
Janvier 1731. en presence d'une belle
Assemblée. Il étoit âgé de 60. ans. Dis-
ciple du fameux Poëte Menzini , dont
il a commenté les Oeuvres ,
il en avoit
reçû un bel éloge en forme d'augure ,
lorsqu'il étoit encore dans l'enfance. Ce
qui avoit donné lieu à cet éloge en Vers
Italiens , raporté dans le Journal, est une
Piece de Poësie Latine qu'il publia à l'âge
d'onze ans , contenant un Panegyrique
de Saint Joseph , par où il eût mérité
une place entre les Enfans Illustres de M.
Baillet , s'il eût pû être connu de lui.
Dès lors il ne fit que croître en mérite
et en belles connoissances , étant devenu
un grand Orateur et un grand Poëte
cant en Latin qu'en Toscan. Il a laissé
plusieurs Ouvrages en Vers et en Prose,
qui sont imprimés.
M. l'Abbé Gori , pour exprimer la
perte que fait la Republique des Lettres,
et pour honorer la Pompe funebre de cet
Homme Illustre , fit une belle Inscrip-
tion Latine , qui se lisoit dans un Car-
touche au Frontispice de l'Eglise où il a
été inhumé. L'Inscription est aussi ra-
portée dans le même Article.
Bibliotheque Italique, ou Histoire Litteraire
de l'Italie. Tomes VIII. et IX. 1730 ,
AGenève , chez Marc- Michel Bousquet et
Compagnie , pp. 278. et pp. 276.
Dix Articles , Monsieur , font tout le
contenu du VIII. Volume de la Bibliote-
que Italique dont je ne toucherai ici que
les Principaux. Le premier présente un
Ouvrage important de M.Fontanini écrit
en Latin. Nos Journalistes en ont traduit
le Titre de cette maniere. Défenses des
Diplômes anciens contre les doutes éle-
vés par le P. Germon , dans l'Ouvrage
qui a pour Titre : De Veteribus Regum
Francorum Diplomatibus , & c. En deux
Livres, avec un Appendix sur les anciens
Auteurs , par M. Juste Fontanini du
11. Vol
Frioul,
JUIN.
II.Vol.
1737.
1383
Frioul , Profeffeur public en Eloquence à
Rome. Rome 1705. pp. 287. sans l'Epi-
tre dédicatoire & l'Indice des Chapitres.
Le P. Germon Jesuite avoit critiqué
I'Ouvrage du P. Mabillon : De Re Diplo
matica : et il avoit proposé dans son Ou
vrage : De Veteribus Regum , &c. beau-
coup de doutes , & même des preuves ,
d'abord contre tous les Diplômes en ge-
neral , & ensuite contre plusieurs de ceux
que le P. Mabillon avoit tenus en parti-
culier pour authentiques . C'est cet Ou-
vrage du P. Germon , que M. Fontanini
s'attacha alors à réfuter dans sa défense-
des Diplômes , qu'il divisa en deux Par-
ties , dont la premiere est employée à
détruire les argumens du P. Germon con⚫
tre les Diplômes en general , et la secon-
de , à justifier en particulier l'authenti
cité de quelques Diplômes publiés par
le P. Mabillon, & attaqués par son Criti-
que. Le Journaliste ne donne ici l'Extrait"
que de la premiere Partie. On peut voir
sur cette dispute du P. Germon les Me-
moires de Trevoux du mois de Mai 1713 .
p. 843. et le troisiéme Volume de l'Ou-
vrage du même Jesuite , dans lequel il
répond à M. Fontanini.
LeJournaliste reprend dans l'article 20
la suite de l'Extrait qu'il avoit donné dans
Fy
le:
1384 MERCURE DE FRANCE
le VI. Volume , du 7. Tome du Recueil.
de M. Muratori : c'est à- dire , 1 ° . de la
Chronique de Sicard , Evêque de Cremo-
ne , Ecrivain du XIII. Siecle , dont l'Ou-
vrage commence à la Naissance de J. C.
et finit en 1221. Cet Auteur étoit mort
dès l'an 1215. Ainsi il faut qu'il ait eu
un Continuateur. 2°. D'une courte Chro-
nique de Cremone depuis l'an 1096.
jusques à l'an 1232. par un Anonyme.
3 °. L'Histoire de la Conquête de la Ter-
re Sainte , écrite en François par Bernard
Trésorier , et traduite en Latin par Fran-
çois Sipino de Bologne , Dominiquain.
Cet Ouvrage finit en 1230.Ilne paroît pas
qu'il dût entrer dans un Recueil des His-
toriens d'Italie , mais la part que les Ita-
liens ont eue aux Guerres d'Outre- Mer
la découverte de cette Piece , qui étoit
comme perdue , et enfin la Nation du
Traducteur qui étoit Italien , ont déter-
miné M. Muratori , à lui donner place
dans son Recueil. Les Auteurs de la Bi-
bliotheque Italique font une comparai-
son curieuse de plusieurs endroits de cer-
te Histoire de Bernard , avec la nouvelle
Histoire d'Angleterre de M. Rapin , dans
les Points qui sont traités par P'un et par
Pautre de ces Historiens. 4°. Une Chro-
nique de Fossanova , depuis la premiere
II. Vol.
annće
JUIN.
11. Vol.
1737.
1385
année de l'Ere Chrétienne jusqu'à l'an-
née 1217. 5°. Une Chronique de l'Egli-
se d'Ateno , depuis Jules Cesar jusqu'à
l'an 1355. c'est peu de chose. 6. Une
autre du Monastere de la Trinité de Ca
va , depuis l'an 569. jusqu'à l'an 1318 ..
c'est pour la premiere fois qu'elle paroît.
M. Muratori l'a recueillie de plusieurs
Mss. differens. 7° . Une Chronique de Ri-
chard de S. Germain depuis l'an 1189.
Epoque de la mort de Guillaume Roi de
Sicile , jusqu'à l'an 1243. 8. Les Ephe-
merides de Naples , ou le Journal de ce
qui s'est passé dans ce Royaume depuis
Fan 1247. jusqu'à l'an 1268. par Mat
thieu Spinelli de Giowenazzo , publié en
Italien pour la premiere fois , avec les
Notes du P. Papebrock.
L'Article III. est employé à donner
un Extrait plus étendu de l'Ouvrage du
Comte de Mezabarba , dont le Journa-
liste avoit déja tracé le plan dans le Tome
V. Il donne dans le I V. Article , la sui-
te de l'Extrait du Voyage Historique d'I-
talie. Il y a peu de choses à vous en dire,
sinon que l'on n'y épargne jamais les
traits de Satyre , sur ce qui peut avoir ra-
· port à la Religion Romaine. A la fin de
l'article le Journaliste soutient contre
l'Auteur du Voyage , qu'un Prince ou
F vj
12
1386 MERCURE DE FRANCE
un Ambassadeur Protestant ne peut bai
ser les pieds du Pape par honneur , sans
blesser sa conscience et sa Religion .
La suite de la Lettre manuscrite du
Comte de..... sur le Caractere des Ita
liens , fait le V. article. Il continue à
traiter de l'Etat de l'Italie par raport aux
Sciences. Dans cette partie de sa Lettre ,
illes regarde particulierement du côtédes
Langues ; de l'Italienne d'abord , puis
de la Latine, de la Grecque, de l'Hebreu ,
du Chaldaïque , et de l'Arabe. Le Comte
y,
donne une notice des meilleurs Au-
teurs Italiens qui ayent cultivé depuis le
XVI. Siecle , ou qui cultivent encore
aujourd'hui ces Langues . L'Auteur passe
ensuite au goût et à l'Etude des Medail-
les , et de tout ce qui concerne l'Antiqui
té, et il a soin de nommer les principaux
Sçavans d'Italie qui s'y sont apliqués.
Cette Lettre est assurément une Piece
curieuse , et qui mériteroit bien qu'on
Pimprimât entiere dans un seul Volume ş
elle serviroit à faire connoître le progrès
et l'état present des Sciences en Italie de-
puis le XVI. Siécle , et à désabuser ceux-
qui croyent que tout l'esprit du monde
est renfermé dans leur propre Pays. Le
Journaliste y a ajoûté au bas des pages ,..
un détail très- recherché de tout ce qui:
II. Vol
concerne
JUIN.
1737
1387
concerne les Sçavans et les Ouvrages dont
il est parlé dans la Lettre. Sans ce detail
elle sembleroit manquer d'une partie es
sentielle.
Je ne m'arrêterai pas sur l'Extrait dư
III. Tome des œuvres du Cardinal Noris
qui fait l'Art. VI. ni sur le VII. Art. qui
n'est qu'une Critique de l'Edition des
Chroniques de Villani , qui a été faite à
Milan en 1729 , et à laquelle on en pre-
fère une autre qu'on préparoit alors à
Florence.
J'obmets aussi les deux articles qui
suivent, les sujets en étant ou peu impor-
tans,ou très- connus, pour dire un mot des
Nouvelles Litteraires de ce VIII . Tome .
lesquelles on trouve pour la pluspart dans
d'autres Journaux , comme la nouvelle
Edition de Cornelius à Lapide , et de la
Byzantine , faites à Venise , l'une chés
Albrizzy, et l'autre chés Giavarina . Celui-
ci a encore imprimé l'Euchologe des Grecs
du P. Goar: et les Antiquités Romaines
de Grævius, de Gronovius & de Sallengre.
On aprend de Milan que le P. Orsi Do
minicain , a fait imprimer une Differta-
rion sur l'invocation du S. Esprit dans
les Liturgies Grecques et Orientalès , I.
vol. 4. Milan 1736. Il s'attache à éclair-
cir les Actes du Concile de Florence , et
LK Vol.
à prou-
7388 MERCURE DE FRANCE
à prouver que le sentiment des Grecs
n'est pas aussi fondé sur la tradition que
l'ont avancé les Peres Touttée , Benedic-
tin , dans son Edition de Saint Cyrille
de Jerusalem , et le Brun de l'Oratoire
dans son Livre des Lyturgies.
Il me reste , Monsieur , à parcourir ict
les principaux articles du IX. Tome de
ce Journal. Le premier et le plus consi-
derable regarde la Bibliotheque Orienta-
tale de M. Asseman , Syrien , et Sçavant
Maronite du Mont- Liban. Cet Ouvrage
a pour Titre : Bibiotheca Orientalis ( Cle.
mentino- Vaticana ) &c. ou Bibliotheque
Orientale Clementine du Vatican , dans la
quelle Joseph Asseman Syrien , Maronių ,
Docteur en Théologie , & c , a revi et aran.
rangé des Mss. Syriaques , Arabes, Persans,
Turcs , Hebreux , Samaritains , Armeniens,
Ethy piens , Grecs , Egyptiens , Georgiens ,
et Malabares , aporiés du Lev ant , et mis
dans la Biblioteque du Vatican , par l'ordre
du Pape Clement XI. separé les vrais Ecrits
des suposés , et donné la vie de chaque Aw-
teur. IV. Tom. fol. Rome 1719.
Cet Article est important , et c'est
ce me semble parler un peu tard de
ce qui en fait le sujet : voici ce qui a
donné occasion à ce grand travail. Cle-
mentXI. avoit envoyé en 1707 en Egyp
11. Vol
te
JUI N.
II. Vole
1737.
7389
te le Maronite Elie , Cousin de M. Asse
man ,pour y acheter des Manuscrits des
Moines du Désert. Il n'y en put acque-
zit que 40 dans le Monastere de Sceie ou
Sait , quoiqu'il y eût une Grote remplie
de Mss. Arabes , Cophtes,et Syriaques, en-
tassés sans ordre les uns sur les autres. Ils
furent aportés à Rome sur la fin de 1707.
Entre cette année et l'année 1715 , le
Pape acquit pour la Bibliotheque Vatica-
ne un grand nombre de Mss. Orientaux
de differentes Bibliotheques , entre les-
quels étoient ceux du fameux Voya-
geur Pietro della Valle. Clement XI . en-
voya encore en 1715 , en Orient à la re-
cherche des Mss .
Il en chargea M. As-
seman , qui avoit déja été préposé depuis
l'an 1707 , par le Pape , au soin et à l'exa-
men des Mss. Orientaux. M. Asseman
en acquit un assés bon nombre , soit en
Egypte , où il alla deux fois , soit en Sy-
rie. Il ne fut de retour à Rome que deux
ans après.
Jusques là on n'avoir connu des Au-
feurs Chaldéens , Syriens et Arabes , que
ce que S. Jerôme , Gennade , Abraham
Ecchellensis , et Fauste Neiron , Maroni-
res suivis par Cave et pir Hottinger , en
avoient dit, ce qui n'étoit pas fort consi-
derable. M. Asseman à l'aide de ses sça-
vautes
1390 MERCURE DE FRANCE
vantes recherches , des differens Ecrivains
qu'il a consultés , et des Mss. nombreux
de la Bibliotheque Vaticane , répand un
grand jour sur la Litterature de ces Na-
tions. Il rectifie ce que des Sçavans ont
dit de moins juste sur la Chronologie ,
sur la Topographie , sur les noms et les
Actions de plusieurs Hommes illustres ,
et il éclaircit beaucoup l'Histoire Eccle-
siastique , dans tout ce qui concerne l'o
rigine , les erreurs , les progrès des Mo
nophysites , des Nestoriens , des Mono-
thelites , et les tumultes que ces Sectes
ont causés dans l'Asie. On voit aussi dans
cet Ouvrage la suite de tous les Patriar
ches de chaque Secte , ce que le R. P. let
Quien recherchoit avec tant de soin pour
son Oriens Christianus , la Succession dest
Evêques , les principales Actions , et les
Ecrits des plus celebres de ces Auteurs.
Pour ce qui regarde le Plan de l'Ouvra
gé , je n'entens pas bien l'exposition que
les Journalistes de Genève en donnent ,
lorsqu'à la page 16 du vol . dont nous
parlons , ils disent que la matiere des Re
marques et des Differtations de M. Asse-
man est divisée en 4 Classes , sur le
plan de la Bibliotheque Orientale. La
premiere des Auteurs Syriens Ortho-
doxes , Jacobites , et Nestoriens , soit
MI. Vol
qu'ils
JUIN.
à un autre Article.
1737.
1357
qu'ils ayent écrit premierement en Syria
que , ou qu'ils ayent été traduits de quel
que autre langue en celle-là. La seconde
Classe des Auteurs Arabes , soit Chré-
tiens , soit Mahometans. La troisiéme des
Livres des Cophtes , et des Ethyopiens ,
outre quelques Monumens de la Science
des Persans et des Turcs. La quatriéme
enfin des Livres sacrés en Syriaque et en
Arabe , tels que sont la Bible , les Rituels,
&c. Voilà donc quatre Classes que les
Journalistes disent faire lePlan de cetOu
vrage ; cependant, page 22 , ils disent que
l'Ouvrage est partagé en 4 Tom . Le pre-
mier des Auteurs Syriens Orthodoxes ;
le second des Auteurs Syriens Jacobites ;
le troisiéme des Syriens Nestoriens ; le
quatrième des Ecrivains des autres Na
tions , soit Orthodoxes , soit Héretiques ,
qui ont été traduits en Syriaque. Or ces
Tomes , comme l'on voit , ne remplis
sent que la premiere Classe du Plan ge
neral , à moins que ce ne soit le premier
vol. seul , qui contienne ces quatre Tom.
ce qu'il auroit fallu specifier.
Je n'entrerai pas dans un plus long dé
tail , ni sur l'execution de ce Plan , ni sur
l'extrait qu'on en trouve ici. On voit assés
par ce que je viens de dire , l'importance
de l'Ouvrage de M. Asseman , et je passe
L'His
1392 MERCURE DE FRANCE
L'Histoire des Differends entre la Cour
de Rome et celle du Roy de Sardaigne sous
Benoit XIII. et sous le Pape Clement
XII. n'est gueres susceptible d'Extrait,
et demanderoit un trop long détail . On
poura
la voir dans le Livre même , il
est imprimé à Turin par Valetta , İm-
primeur du Roy de Sardaigne , 1. Vol.
in-fol. de 365. pages , ou dans la Biblio-
teque Italique, Tome IX.art. 3. et T. X.
árt. 5.
Je ne vous parlerai point non plus de
l'Histoire du Royaume de Naples , du Ju-
risconsulte Giannone, dont les Journalis-
tes de Genêve donnent l'Extrait avec
quelque complaisance. Cet Ouvrage a
été défendu. On accuse l'Auteur d'avoir
mêlé avec quelques verités beaucoup de
conjectures qui prennent un air de vrai-
semblance , par le tour que l'Historien
leur donne : conjectures cependant qu'il
avance comme des faits certains , sur les-
quels roulent toutes les déclamations va-
gues dont son Ouvrage est rempli.
L'Art. 4. du même I X. Tome contient
la Suite de la Lettre manuscrite du Comte
de .... sur le Caractere des Italiens. Nos
Journalistes en accompagnent l'Extrait
à leur ordinaire , de Notes curieuses et
interessantes sur les Ouvrages de la Vie
II. Vol.
des
JUIN.
II. Vol.
1737.
1393
des Sçavans et des Hommes Illustres ci-
tés dans la Lettre du Comte.
Les Sçavans d'Italie se sont distingués
également dans la Critique diplomati-
que , et dans la connoissance de l'Histoi-
re Ancienne , Romaine, Grecque, Egyp-
tienne et Etrusque, & c. A cette occasion
l'Auteur de la
Lettre fait un bel
éloge de M. le Marquis Maffei , dont la
vaste érudition , dit- il , a eujusqu'ici très-
peu d'exemples parmi les Nations Ultra-
montaines.
La Géométrie , la plus sublime même,
a fait de grands progrès en Italie , ensor-
te que M. de Fontenelle n'a pu s'empê-
cher d'avouer la superiorité des Géome-
tres de l'Italie et de l'Allemagne , pour
résoudre les Problêmes les plus difficiles.
La Méchanique , l'Hydrostatique, l'Op-
tique , la Dioptrique , &c. n'ont pas été
négligées. Pour l'Astronomie , la Géo-
graphie et la Navigation , elles sont moins
cultivées en Italie qu'ailleurs ; quoiqu'on
ne laisse pas d'y avoir de très bons Mé-
moires d'Astronomie, entre lesquels ceux
de M.M. Manfredi et Bianchini doivent
assurément tenir le premier rang.
On ne rend pas assés de justice parmi
les autres Nations , aux découvertes que
les Italiens ont faites sur la Physique
l'Anato
•
1394 MERCURE DE FRANCE
l'Anatomie et la Medecine. L'Auteur
nomme à son ordinaire les Principaux
Italiens qui se sont rendus célébres par
le succès de leurs travaux et de leurs
Ecrits dans ces Sciences. En parlant des
Philosophes de cette Nation , il dit que
ces Sçavans , en dévelopant la Nature du
Mouvement, du Choc et de la Pression ,
abandonnent tout-à- fait ces termes vui-
des de Sens , tels que ceux d'Horreur , de
Sympathie, d'Apétit et autres, qui quoique
déguisés par differens termes , subsis-
tent encore chés plusieurs Philosophes
en Angleterre et ailleurs , sous les noms
de Force Plastique , d'Harmonie et d'At-
traction.
Les Italiens ont de bons Metaphysi-
ciens , peu ou point de Chymistes, moins
de Botanistes qu'en Angleterre , et des
Chirurgiens inferieurs en tout point aux
François. L'Italie abonde en Jurisconsul
tes , sur-tout à Rome et à Naples . La
fin de cette Lettre se trouve dans le X.
Tome , et traite des Beaux Arts.
On aprend dans les Nouvelles Litte-
raires , Article de Florence , ce qui suit :
Une mort subite nous a enlevé le Docteur
Francesco del TEGLIA , Professeur en
Philosophie Morale , dans le temps mê-
me qu'il recitoit une Harangue , le s
II. Vol
Janvier
JUIN.
1737.
13951
Janvier 1731. en presence d'une belle
Assemblée. Il étoit âgé de 60. ans. Dis-
ciple du fameux Poëte Menzini , dont
il a commenté les Oeuvres ,
il en avoit
reçû un bel éloge en forme d'augure ,
lorsqu'il étoit encore dans l'enfance. Ce
qui avoit donné lieu à cet éloge en Vers
Italiens , raporté dans le Journal, est une
Piece de Poësie Latine qu'il publia à l'âge
d'onze ans , contenant un Panegyrique
de Saint Joseph , par où il eût mérité
une place entre les Enfans Illustres de M.
Baillet , s'il eût pû être connu de lui.
Dès lors il ne fit que croître en mérite
et en belles connoissances , étant devenu
un grand Orateur et un grand Poëte
cant en Latin qu'en Toscan. Il a laissé
plusieurs Ouvrages en Vers et en Prose,
qui sont imprimés.
M. l'Abbé Gori , pour exprimer la
perte que fait la Republique des Lettres,
et pour honorer la Pompe funebre de cet
Homme Illustre , fit une belle Inscrip-
tion Latine , qui se lisoit dans un Car-
touche au Frontispice de l'Eglise où il a
été inhumé. L'Inscription est aussi ra-
portée dans le même Article.
Fermer
783
p. 1398-1399
Discours Evangéliques, &c. [titre d'après la table]
Début :
DISCOURS EVANGELIQUES Sur differentes Verités de la Religion, et d'autant [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Discours Evangéliques, &c. [titre d'après la table]
DISCOURS EVANGELIQUES Sur differentes
Verités de la Religion, et d'autant
plus utiles dans chaque état , que les su
jets et les desseins en sont plus particu-
liers, et plus rarement traités. Leurs Tex-
tes sont pris ordinairement des Evangi
les de l'Avent et du Carême. Par le P. L.
R. D. S. D. Tome troisiéme. A Paris ,
chés de Billy , Quay des Augustins , à S.
Jerôme;le Clerc, Grand - Salle du Palais, à
la Prudence ; Gissey , rue de la Vieille
Bouclerie , à l'Arbre de Jessé , et Clou-
sier, rue S. Jacques, à l'Ecu de France
1727. in- 12.
e Public a déja reçû favorablement
les deux premiers Volumes de cet Ou
L'Auteur pour le rendre plus par-
vrage. L'Auteur
fait , et pour satisfaire à l'empressement
des Lecteurs , a donné ce troisiéme To-
me , dans lequel , aussi-bien que dans
les deux premiers, on trouve un stile vif,
soûtenu , coulant , un tour naturel , in-
telligible , suivi , persuasif , et des apli-
cations justes et frequentes de l'Ecriture
Sainte.
Ce troiséme Volume contient cinq
discours , dont le premier traite des mo
tifs et des dispositions pour aprocher de
la Sainte Table.
Le second roule sur la devotion ena
II. Vol.
vers
1
i
4
الر
JUI N.
1737
faire pour arriver au Ciel .
1399
Wert Marie , renfe rmée dansle Rosaire.
Le troisième , explique ce qu'il y a à
Le quatrième comprend les Vertus
d'un Apôtre , exprimées dans Saint Do-
minique.
Et le cinquiéme , fait connoître les
dangers du monde , pour le grand Ou-
vrage du Salut.
Verités de la Religion, et d'autant
plus utiles dans chaque état , que les su
jets et les desseins en sont plus particu-
liers, et plus rarement traités. Leurs Tex-
tes sont pris ordinairement des Evangi
les de l'Avent et du Carême. Par le P. L.
R. D. S. D. Tome troisiéme. A Paris ,
chés de Billy , Quay des Augustins , à S.
Jerôme;le Clerc, Grand - Salle du Palais, à
la Prudence ; Gissey , rue de la Vieille
Bouclerie , à l'Arbre de Jessé , et Clou-
sier, rue S. Jacques, à l'Ecu de France
1727. in- 12.
e Public a déja reçû favorablement
les deux premiers Volumes de cet Ou
L'Auteur pour le rendre plus par-
vrage. L'Auteur
fait , et pour satisfaire à l'empressement
des Lecteurs , a donné ce troisiéme To-
me , dans lequel , aussi-bien que dans
les deux premiers, on trouve un stile vif,
soûtenu , coulant , un tour naturel , in-
telligible , suivi , persuasif , et des apli-
cations justes et frequentes de l'Ecriture
Sainte.
Ce troiséme Volume contient cinq
discours , dont le premier traite des mo
tifs et des dispositions pour aprocher de
la Sainte Table.
Le second roule sur la devotion ena
II. Vol.
vers
1
i
4
الر
JUI N.
1737
faire pour arriver au Ciel .
1399
Wert Marie , renfe rmée dansle Rosaire.
Le troisième , explique ce qu'il y a à
Le quatrième comprend les Vertus
d'un Apôtre , exprimées dans Saint Do-
minique.
Et le cinquiéme , fait connoître les
dangers du monde , pour le grand Ou-
vrage du Salut.
Fermer
784
p. 1412-1413
Morts d'Hommes Illustres, &c. [titre d'après la table]
Début :
Le 14. Avril, mourut à Basle Christophe Iselin, Professeur en Théologie dans l'Université de [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Morts d'Hommes Illustres, &c. [titre d'après la table]
Le 14. Avril, mourut à Basle Christophe Iselin,
Professeur en Théologie dans l'Université de
cette Ville, et Associé de l'Académie Royale des
Inscriptions et Belles- Lettres de Paris.
1
Mathieu Marais , Avocat au Parlement de Pa
ris , distingué dans sa Profession , sur tout pour
les Consultations , mourut le 21. Juin, âgé d'en-
viron 73. ans. Il avoir fort cultivé les Lettres ,
et étoit lié avec plusieurs Sçavans de réputation.
M. Bayle a parlé de lui avec éloge en plusieurs
Endroits de son Dictionaire , et encore plus
dans ses Lettres , il y en a même plusieurs dans
le Recuci imprimé , qui lui sont adressées , et
ce sont les plus interessantes. Bayle avoit raison,
car M. Marais lui avoit communiqué de très-
amples Mémoires , il avoit même fait des Arti-
cles particuliers du Dictionaire Critique. L'Ab-
bé le Clerc , qui a fait la Critique de Bayle , l'a-
dressa à M. Marais , dont il respectoit le mérite
e connoissoit l'érudition . Enfin toutes les Per-
11. Vol.
sonnes
JUIN.
1737
1415
sonnes qui l'ont fréquenté , témoignent qu'il
étoit d'un commerce doux et aimable , commu-
ni quant volontiers ce qu'il sçavoit. Il n'avoit pay
é é marié,
On aprend de Londres , que l'Epouse du sicur
Thomas Martin , accoucha le 16. de ce mos
Ratchiff, de trois garçons et d'une fille.
Professeur en Théologie dans l'Université de
cette Ville, et Associé de l'Académie Royale des
Inscriptions et Belles- Lettres de Paris.
1
Mathieu Marais , Avocat au Parlement de Pa
ris , distingué dans sa Profession , sur tout pour
les Consultations , mourut le 21. Juin, âgé d'en-
viron 73. ans. Il avoir fort cultivé les Lettres ,
et étoit lié avec plusieurs Sçavans de réputation.
M. Bayle a parlé de lui avec éloge en plusieurs
Endroits de son Dictionaire , et encore plus
dans ses Lettres , il y en a même plusieurs dans
le Recuci imprimé , qui lui sont adressées , et
ce sont les plus interessantes. Bayle avoit raison,
car M. Marais lui avoit communiqué de très-
amples Mémoires , il avoit même fait des Arti-
cles particuliers du Dictionaire Critique. L'Ab-
bé le Clerc , qui a fait la Critique de Bayle , l'a-
dressa à M. Marais , dont il respectoit le mérite
e connoissoit l'érudition . Enfin toutes les Per-
11. Vol.
sonnes
JUIN.
1737
1415
sonnes qui l'ont fréquenté , témoignent qu'il
étoit d'un commerce doux et aimable , commu-
ni quant volontiers ce qu'il sçavoit. Il n'avoit pay
é é marié,
On aprend de Londres , que l'Epouse du sicur
Thomas Martin , accoucha le 16. de ce mos
Ratchiff, de trois garçons et d'une fille.
Fermer
785
p. 1432-1434
ITALIE.
Début :
Par les Lettres de Rome, on aprend que le 11. de ce mois, les Armes de Stanislas premier, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
ITALIE.
Par les Lettres de Rome, on aprend que le
11. de ce mois, les Armes de Stanislas premier,
Roy de Pologne , Duc de Loraine et de
Bar , furent placées sur la porte de l'Eglise de
S. Nicolas des Lorains , où l'on chanta à cette
occasion une Messe solemnelle , et le Te Deum
?
auquel le Duc de Saint Aignan , Ambassadeur
du Roy de France , assista avec un grand nom
bre de Personnes de distinction.
Le Roy Stanislas a nommé le Chevalier Col-
trolini son Agent en cette Cour.
Il s'est commis à Rome depuis peu plusieurs
meurtres , entr'autres celui du Supérieur du
College des Ecossois , lequel a été assassiné par
un jeune Protestant , qui feignoit de vouloir fai-
ze abjuration entre ses mains ; et celui d'une
II. Vol
Tourie re
L
JUIN.
1727.
1433
Touriere des Religieuses Ursulines , qui a été
tuée à coups de coûteau par un Prêtre du Pays
de Liége. L'un et l'autre de ces assassins ont pris
la fuite , mais la diligence avec laquelle on les
a suivis , fait esperer qu'ils seront arrêtés.
On aprend de Naples que depuis le 22. du
mois de May , le Mont Vesuve a cessé de jetter
des flammes et des matieres bitumineuses . Peu
s'en est fallu que le principal des Torrens en-
flammés qui en sortoient , et dont la violence
étoit telle qu'ils parcouroient en une minute l'es-
pace de deux pas Géométriques , n'ait entiere-
ment enseveli le Bourg de la Torre del Greco.
Après avoir rempli une ravine très -profonde ,
il avoit déja gagné le grand chemin et renversé
l'Eglise du Purgatoire , ainsi qu'une partie de
celle des Religieux Carmes , et il eut causé de
plus grands ravages , si l'on n'eût pris le parti
de couper un Pont qui étoit sur la même ravi-
ne. Par ce moyen le Torent prit son cours vers
la Mer , et il ne s'arrêta qu'à une portée de fu-
sil du rivage , de sorte qu'apresent les Voya-
geur sont obligés de marcher tout proche de la
Côte pour aller du côté de Salerne. Ce Torrent
qui étoit large de plus de cinquante pieds , avoit
cinq toises de profondeur , et dans quelques en-
droits creux , cette profondeur étoit de plus de
vingt toises. La matiere dont il étoit composé
ressembloit à de l'écume de Fer , tant pour la
couleur que pour la dureté , et c'est un mélan-
ge de fer , de souffre , de sel commun , de sal-
pêtre et de pierres calcinées.
Pendant que les flammes étoient à leur plus
haut dégré de violence , les Provinces de la Ca
pitanate et de Monte- Fuscoli ont été envelopée
dans d'épaisses tenebres ; on y a senti plusieur
II. Val
H vj
secousse
1434 MERCURE DE FRANCE
secousses de tremblement de Terre assés fortes
et l'on entendoit de toutes parts des bruits sou-
terrains effrayans.
La Bourgade d'Ottaïano sur le penchant de
la Montagne a été fort endommagée par une
pluye continuelle de cendres et de pierres d'une
grosseur énorme ; presque toutes les Maisons y
sont devenues inhabitables , et dans un Convent
de Filles , il y a eu trois Religieuses de tuées et
deux de blessées dangereusement.
Toutes les Fermes des environs de Somma
qui produisent d'excellents Fruits et des Vins re
nominés , ont été ruinées , et on ne compte pas
d'y faire de Recolte cette année.
On attend des nouvelles plus détaillées de ce
qui est arrivé en plusieurs endroits du Royau-
ine de Naples. Cette Ville n'a souffert aucuu
dommage. Le Roy a envoyé un Corps d'infan-
terie pour garder les Maisons qui ont été aban➡
données par les Habitans de la Torre del Greco.
Par les Lettres de Rome, on aprend que le
11. de ce mois, les Armes de Stanislas premier,
Roy de Pologne , Duc de Loraine et de
Bar , furent placées sur la porte de l'Eglise de
S. Nicolas des Lorains , où l'on chanta à cette
occasion une Messe solemnelle , et le Te Deum
?
auquel le Duc de Saint Aignan , Ambassadeur
du Roy de France , assista avec un grand nom
bre de Personnes de distinction.
Le Roy Stanislas a nommé le Chevalier Col-
trolini son Agent en cette Cour.
Il s'est commis à Rome depuis peu plusieurs
meurtres , entr'autres celui du Supérieur du
College des Ecossois , lequel a été assassiné par
un jeune Protestant , qui feignoit de vouloir fai-
ze abjuration entre ses mains ; et celui d'une
II. Vol
Tourie re
L
JUIN.
1727.
1433
Touriere des Religieuses Ursulines , qui a été
tuée à coups de coûteau par un Prêtre du Pays
de Liége. L'un et l'autre de ces assassins ont pris
la fuite , mais la diligence avec laquelle on les
a suivis , fait esperer qu'ils seront arrêtés.
On aprend de Naples que depuis le 22. du
mois de May , le Mont Vesuve a cessé de jetter
des flammes et des matieres bitumineuses . Peu
s'en est fallu que le principal des Torrens en-
flammés qui en sortoient , et dont la violence
étoit telle qu'ils parcouroient en une minute l'es-
pace de deux pas Géométriques , n'ait entiere-
ment enseveli le Bourg de la Torre del Greco.
Après avoir rempli une ravine très -profonde ,
il avoit déja gagné le grand chemin et renversé
l'Eglise du Purgatoire , ainsi qu'une partie de
celle des Religieux Carmes , et il eut causé de
plus grands ravages , si l'on n'eût pris le parti
de couper un Pont qui étoit sur la même ravi-
ne. Par ce moyen le Torent prit son cours vers
la Mer , et il ne s'arrêta qu'à une portée de fu-
sil du rivage , de sorte qu'apresent les Voya-
geur sont obligés de marcher tout proche de la
Côte pour aller du côté de Salerne. Ce Torrent
qui étoit large de plus de cinquante pieds , avoit
cinq toises de profondeur , et dans quelques en-
droits creux , cette profondeur étoit de plus de
vingt toises. La matiere dont il étoit composé
ressembloit à de l'écume de Fer , tant pour la
couleur que pour la dureté , et c'est un mélan-
ge de fer , de souffre , de sel commun , de sal-
pêtre et de pierres calcinées.
Pendant que les flammes étoient à leur plus
haut dégré de violence , les Provinces de la Ca
pitanate et de Monte- Fuscoli ont été envelopée
dans d'épaisses tenebres ; on y a senti plusieur
II. Val
H vj
secousse
1434 MERCURE DE FRANCE
secousses de tremblement de Terre assés fortes
et l'on entendoit de toutes parts des bruits sou-
terrains effrayans.
La Bourgade d'Ottaïano sur le penchant de
la Montagne a été fort endommagée par une
pluye continuelle de cendres et de pierres d'une
grosseur énorme ; presque toutes les Maisons y
sont devenues inhabitables , et dans un Convent
de Filles , il y a eu trois Religieuses de tuées et
deux de blessées dangereusement.
Toutes les Fermes des environs de Somma
qui produisent d'excellents Fruits et des Vins re
nominés , ont été ruinées , et on ne compte pas
d'y faire de Recolte cette année.
On attend des nouvelles plus détaillées de ce
qui est arrivé en plusieurs endroits du Royau-
ine de Naples. Cette Ville n'a souffert aucuu
dommage. Le Roy a envoyé un Corps d'infan-
terie pour garder les Maisons qui ont été aban➡
données par les Habitans de la Torre del Greco.
Fermer
786
p. 1440-1444
Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Début :
Le Roy a donné au Prince de Nassau, l'agrément du Régiment de la [...]
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texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Le Roy a donné au Prince de Nassau, l'agrément du Régiment de la
Marine , dont le Marquis de Mirepoix
étoit Colonel.
Le
1
t
JUIN.
1737.
1441
Le 4 de ce mois Madame la jeune Du-
chesse de Bourbon ,dont la santé se retablit
tous les jours , et qui aime beaucoup les
belles Fleurs , alla se promener dans le
Jardin du sieur le Fevre , qu'elle trouva
encore plus fleuri , qu'elle ne l'avoit es-
peré , la Saison étant déja bien avancée
pour les Fleurs du Printemps , dont l'ar-
deur du Soleil avoit précipité la durée
dans presque tous les Jardins feuristes
de Paris. S. A. S. s'y promena agréable
ment , s'y reposa et en sortit satisfaite
d'un Bouquet des plus belles Fleurs que
le sieur le Fevre eut l'honneur de lui
présenter.
On trouve chés ledit sieur le Fevre
toutes sortes de Graines Médicinales
D
Potageres et de Fleurs ; des Oignons ,
des Plantes et des Semences de toutes les
especes , pour l'ornement des Jardins.
Son Jardin est Ruë de Vaugirard at-
tenant le mur du Luxembourget le Cer
ceau d'or , Fauxbourg S. Germain ; mais
sa demeure principale , et plus conmo-
de pour le Public , est au milieu du Quay
de la Mégisserie , à l'Enseigne du Coq
de la bonne Foy. On lit sur son Plafond
cette dévise. Sanat , nutrit, et ornat.
Le 16. les Députés des Etats d'Artois.
curent audience du Roy : ils y furent
11. Vol.
presentés
7442 MERCURE DE FRANCE
présentés par le Duc d'Elbeuf, Gouver-
neur de la Province , et par M. d'Anger
villiers , Ministre et Secretaire d'Etat,
et conduits en la maniere accoûtumée
par le Grand Maître et par le Maître des
Ceremonies. La députation étoit com-
posée de l'Abbé de la Grange , Grand-
Vicaire du Diocèse d'Arras pour le Cler-
gé , qui porta la parole ; du Comte de
la Bussiere pour la Noblesse , et de M.
Ansar , Conseiller et Pensionnaire de la
Ville d'Arras , Deputé du Tiers- Etat.
Le 18. Juin , les Maîtres de Musique
et Musiciens de Paris , firent celebrer
dans l'Eglise des grands Augustins une
Messe solemnelle à plusieurs Choeurs da
Musique ,, pour le repos des Ames da
leurs défunts Confreres.
Le 26. de ce mois , le Roy accompa-
gné de Monseigneur le Dauphin , fit
dans la cour du Château de Versailles la
revûë des deux Compagnies des Mous-
quetaires de la Garde de S. M. Le Roy
passa dans les rangs , et après qu'ils eu-
rent fait l'exercice , S. M. les vit défiler.
La Reine et Mesdames de France virens
cette revûë du Balcon de l'Apartement
du Comte de Clermont.
II. Vol.
Le
JUIN.
1737-
1443
Le 20. Juin, Fête du Saint Sacrement
le Roy et la Reine entendirent les Vê-
pres dans la Chapelle du Château de Ver
sailles , et Leurs Majestés assisterent au
Salut qui fut chanté par la Musique.
Le 27. jour de l'Octave , le Roy ac .
co mpagné du Duc d'Orleans , du Comte
de Clermont , du Prince de Dombes et
du Comte d'Eu , se rendit à l'Eglise de
la Paroisse du Château , et S. M. y en-
tendit la Grand'Messe , après avoir assis
té à la Procession .
Pendant l'Octave , le Roy a assisté
tous les jours au Salut, Le 25. et le 26. la
Reine l'a entendu dans la Chapelle, Le
22. Monseigneur le Dauphin assista aų
Salut dans l'Eglise de la Paroisse du Châ-
teau , et Mesdames de France y assiste-
rent dans l'Eglise de la Paroisse de Saint
Louis.
Le 30. de ce mois , Monseigneur le
Dauphin vint de Versailles à Paris se
promener au Cours et dans dans le Jar
din des Thuilleries.
Le Duc d'Ancenis , Capitaine des
Gardes du Corps en survivance du Duc
de Bethune son Pere , a été nommé par
le Roy , Mestre de Camp du Regiment
II. Vol.
de
#444 MERCURE DE FRANCE
de Cavalerie, dont le Duc de Chevreuse,
Mestre de Camp général de Dragons , a
été Mestre de Camp.
Le Roy a donné au Prince de Nassau, l'agrément du Régiment de la
Marine , dont le Marquis de Mirepoix
étoit Colonel.
Le
1
t
JUIN.
1737.
1441
Le 4 de ce mois Madame la jeune Du-
chesse de Bourbon ,dont la santé se retablit
tous les jours , et qui aime beaucoup les
belles Fleurs , alla se promener dans le
Jardin du sieur le Fevre , qu'elle trouva
encore plus fleuri , qu'elle ne l'avoit es-
peré , la Saison étant déja bien avancée
pour les Fleurs du Printemps , dont l'ar-
deur du Soleil avoit précipité la durée
dans presque tous les Jardins feuristes
de Paris. S. A. S. s'y promena agréable
ment , s'y reposa et en sortit satisfaite
d'un Bouquet des plus belles Fleurs que
le sieur le Fevre eut l'honneur de lui
présenter.
On trouve chés ledit sieur le Fevre
toutes sortes de Graines Médicinales
D
Potageres et de Fleurs ; des Oignons ,
des Plantes et des Semences de toutes les
especes , pour l'ornement des Jardins.
Son Jardin est Ruë de Vaugirard at-
tenant le mur du Luxembourget le Cer
ceau d'or , Fauxbourg S. Germain ; mais
sa demeure principale , et plus conmo-
de pour le Public , est au milieu du Quay
de la Mégisserie , à l'Enseigne du Coq
de la bonne Foy. On lit sur son Plafond
cette dévise. Sanat , nutrit, et ornat.
Le 16. les Députés des Etats d'Artois.
curent audience du Roy : ils y furent
11. Vol.
presentés
7442 MERCURE DE FRANCE
présentés par le Duc d'Elbeuf, Gouver-
neur de la Province , et par M. d'Anger
villiers , Ministre et Secretaire d'Etat,
et conduits en la maniere accoûtumée
par le Grand Maître et par le Maître des
Ceremonies. La députation étoit com-
posée de l'Abbé de la Grange , Grand-
Vicaire du Diocèse d'Arras pour le Cler-
gé , qui porta la parole ; du Comte de
la Bussiere pour la Noblesse , et de M.
Ansar , Conseiller et Pensionnaire de la
Ville d'Arras , Deputé du Tiers- Etat.
Le 18. Juin , les Maîtres de Musique
et Musiciens de Paris , firent celebrer
dans l'Eglise des grands Augustins une
Messe solemnelle à plusieurs Choeurs da
Musique ,, pour le repos des Ames da
leurs défunts Confreres.
Le 26. de ce mois , le Roy accompa-
gné de Monseigneur le Dauphin , fit
dans la cour du Château de Versailles la
revûë des deux Compagnies des Mous-
quetaires de la Garde de S. M. Le Roy
passa dans les rangs , et après qu'ils eu-
rent fait l'exercice , S. M. les vit défiler.
La Reine et Mesdames de France virens
cette revûë du Balcon de l'Apartement
du Comte de Clermont.
II. Vol.
Le
JUIN.
1737-
1443
Le 20. Juin, Fête du Saint Sacrement
le Roy et la Reine entendirent les Vê-
pres dans la Chapelle du Château de Ver
sailles , et Leurs Majestés assisterent au
Salut qui fut chanté par la Musique.
Le 27. jour de l'Octave , le Roy ac .
co mpagné du Duc d'Orleans , du Comte
de Clermont , du Prince de Dombes et
du Comte d'Eu , se rendit à l'Eglise de
la Paroisse du Château , et S. M. y en-
tendit la Grand'Messe , après avoir assis
té à la Procession .
Pendant l'Octave , le Roy a assisté
tous les jours au Salut, Le 25. et le 26. la
Reine l'a entendu dans la Chapelle, Le
22. Monseigneur le Dauphin assista aų
Salut dans l'Eglise de la Paroisse du Châ-
teau , et Mesdames de France y assiste-
rent dans l'Eglise de la Paroisse de Saint
Louis.
Le 30. de ce mois , Monseigneur le
Dauphin vint de Versailles à Paris se
promener au Cours et dans dans le Jar
din des Thuilleries.
Le Duc d'Ancenis , Capitaine des
Gardes du Corps en survivance du Duc
de Bethune son Pere , a été nommé par
le Roy , Mestre de Camp du Regiment
II. Vol.
de
#444 MERCURE DE FRANCE
de Cavalerie, dont le Duc de Chevreuse,
Mestre de Camp général de Dragons , a
été Mestre de Camp.
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787
p. 1444-1448
FESTE donnée à Bayonne.
Début :
Le 11. jour du mois de Juin, troisiéme Fête de la Pentecôte, les deux [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : FESTE donnée à Bayonne.
FESTE donnée à Bayonne.
Le 11. jour du mois de Juin, troisiéme
Fête de la Pentecôte, les deux
Compagnies de Grenadiers du Regiment
de Chartres , en garnison à Bayonne ,
furent commandées avec un détachement
de 300. Hommes pour la Bénédiction des
Drapeaux ; la Troupe en bataille dans
l'Eglise et formant la Haye dans la Nef,
l'Evêque de Bayonne à la tête de tout
son Chapitre et du Clergé , suivi de M.
d'Adoncourt , Brigadier des Armées du
Roy , et Commandant à Bayonne , de
tout l'Etat Major de la Place , de M. le
Comte d'Estampes , Colonel- Lieutenant
du Regiment de Chartres , et tous les
Officiers du Regiment, arriva dans l'Egli-
se ; il prononça un très-beau et très élo-
quent Discours dans lequel il eut l'art de
persuader toutes les vertus de l'Hérois-
me par celles même de la Religion la
plus Chrétienne , il y fit entrer l'éloge
du feu Duc d'Orleans , Regent , du
Duc d'Orleans d'aujourd'hui , et de ces
deux exemples , joints aux dispositions
favorables et prématurées qu'on décou-
II. Vol.
vre
JUIN.
1737.
vre dans le Duc de Chartres ,
1445
il tira les
moyens pour montrer les hautes espe-
rances qu'on devoit concevoir de ce jeu
ne Prince ; après la Bénédiction des Dra-
peaux , on chanta un Te Deum au bruit
d'une nombreuse Artillerie , placée de-
vant la Cathédrale. Tous les Vaisseaux
qui étoient sur la Riviere répondirent
par plusieurs décharges de Canon.
Les Officiers du Régiment de Char-
tres étant bien
·
aises de donner au
Public des marques autentiques de la
joye qu'ils ont d'avoir le Duc de Char-
tres pour leur nouveau Colonel , et de
la grace que S. M. leur a faite de leur
rendre un nom qu'ils ont eu l'honneur
de porter depuis leur création, du vivant
du Duc d'Orleans Regent , et successi-
vement du Duc d'Orleans d'aujourd'hui,
donnerent , à cette occasion , une Fête
magnifique et parfaitement bien enten-
due , et ne crurent pouvoir choisir une
plus favorable, ni une plus auguste jour-
née pour la célébrer , persuadés que si
S. A. R. le Prince Emmanuel de Portu-
gal, qui étoit à Bayonne, vouloit l'hono-
rer de sa presence , rien ne manqueroit
à cette brillante Cérémonie. Ils prirent
la liberté d'aller l'en prier à son Palais en
corps ; le Prince , avec sa bonté ordinai
11. Vol.
1440 MERCURE DE FRANC
te , leur promit d'y venir. Toutes les
Dames de la Ville et les Messieurs y fu-
rent invités , ettous les differens Corps
Militaires.
Le même jour à cinq heures du soir
en representa une Comédie; ce Specta-
ele fut des plus brillants , et avec un
grand concours. Après la Comédie on
se rendit à l'Hôtel de Ville ; en passant
+
sur la Place de Grammont , on y cut
l'agréable surprise d'un Spectacle nou-
veau. La Bourse étoit le Lieu que les
Lieutenans du Régiment de Chartres
avoient choisi pour donner leur Fêre , à
l'exemple des Capitaines ; cette Place se
trouva toute illuminée et décorée de la
façon la plus galante. La Reine d'Espa
gne , informée du succès decette Déco-
ration
passa exprès sur le Pont Mayo
pour jouir du coup d'œil ; les Officiers ,
sensibles à cet honneur , n'oublierent
rien pour rendre à Sa Majesté tous ceux
qu'une conjoncture si fateuse , mais
si peu attenduë , pût leur permettre , on
la salua par un grand bruit de Boëtes et
de Canon , et la Reine remplie de bon-
té , leur députa aussi tôt un de ses Gen-
tilshommes pour les remercier de leurs
/ attentions.
Toute la Façade de l'Hôtel de Ville
11.Vol.
étoit
JUIN 1737
3447
étoit décorée et illuminée dans un autre
goût qui n'étoit pas moins galant , et de
plus, embellie d'un nombre de Trophées
très-convenables au sujet. Le Prince de
Portugal y arriva sur les neuf heures du
soir, et il fut reçû avec tout l'éclat dû à sa
Dignité , par une Garde composée d'un
Capitaine, d'un Lieutenant et d'un Ensei-
gne. Il fit l'honneur aux Officiers du Ré-
giment de Chartres de souper à une Table
de 150. Couverts , dressée en Fer-à-che-
val dans une des Salles de l'Hôtel de Vil
le , et à laquelle étoient invitées toutes
les Dames de distinction de la Ville ; il y
fut servi , pendant tout le repas , par M.
le Comte d'Etampes , de concert avec M.
le Marquis de Pinafuentes , Majordôme
de la Reine d'Espagne , que S. M. avoit
envoyé à cet effet. On cut attention de
laisser un intervalle entre le Prince et
ceux qui étoient à sa droite et à sa gau-
che ; la Santé du Roy et de la Reine , de
la Reine d'Espagne , celle du Prince de
Portugal et du Duc de Chartres y fu-
rent portées et bûës avec le respect et la
décence convenables, et annoncées au Pu-
blic par des décharges néirerées tant sur
Terre que sur Mer ; il y eut plusieurs au-
tres Tables servies avec abondance et dé-
licatesse.
11, Vol
Le
1
1448 MERCURE DE FRANCE
Le repas fini , le Prince se rendit dans
une Salle magnifique où S. A. R. voulut
bien ouvrir le Bal et en faire les hon-
neurs , et Elle dansa pendant une partic
de la nuit ; on n'oublia rien de toutes les
attentions et de toutes les recherches qui
peuvent rendre une Fête éclatante et
agréable : S. A. R. en se retirant donna
aux Officiers du Régiment de Chartres
des témoignages particuliers de tout l'a
grément qu'Elle y avoit eu.
L'intention des Officiers étant que
tout le Monde prît part à cette ré-
jouissance , on fit donner du vin à tous
les Soldats du Régiment ; cette distri
bution fut faite avec tant de regle , et
le Soldat usa de cette liberalité avec tant
de sagesse , qu'à travers la joye il fut aisé
de reconnoître la bonne discipline à la
quelle il est accoûtumé.
Le 11. jour du mois de Juin, troisiéme
Fête de la Pentecôte, les deux
Compagnies de Grenadiers du Regiment
de Chartres , en garnison à Bayonne ,
furent commandées avec un détachement
de 300. Hommes pour la Bénédiction des
Drapeaux ; la Troupe en bataille dans
l'Eglise et formant la Haye dans la Nef,
l'Evêque de Bayonne à la tête de tout
son Chapitre et du Clergé , suivi de M.
d'Adoncourt , Brigadier des Armées du
Roy , et Commandant à Bayonne , de
tout l'Etat Major de la Place , de M. le
Comte d'Estampes , Colonel- Lieutenant
du Regiment de Chartres , et tous les
Officiers du Regiment, arriva dans l'Egli-
se ; il prononça un très-beau et très élo-
quent Discours dans lequel il eut l'art de
persuader toutes les vertus de l'Hérois-
me par celles même de la Religion la
plus Chrétienne , il y fit entrer l'éloge
du feu Duc d'Orleans , Regent , du
Duc d'Orleans d'aujourd'hui , et de ces
deux exemples , joints aux dispositions
favorables et prématurées qu'on décou-
II. Vol.
vre
JUIN.
1737.
vre dans le Duc de Chartres ,
1445
il tira les
moyens pour montrer les hautes espe-
rances qu'on devoit concevoir de ce jeu
ne Prince ; après la Bénédiction des Dra-
peaux , on chanta un Te Deum au bruit
d'une nombreuse Artillerie , placée de-
vant la Cathédrale. Tous les Vaisseaux
qui étoient sur la Riviere répondirent
par plusieurs décharges de Canon.
Les Officiers du Régiment de Char-
tres étant bien
·
aises de donner au
Public des marques autentiques de la
joye qu'ils ont d'avoir le Duc de Char-
tres pour leur nouveau Colonel , et de
la grace que S. M. leur a faite de leur
rendre un nom qu'ils ont eu l'honneur
de porter depuis leur création, du vivant
du Duc d'Orleans Regent , et successi-
vement du Duc d'Orleans d'aujourd'hui,
donnerent , à cette occasion , une Fête
magnifique et parfaitement bien enten-
due , et ne crurent pouvoir choisir une
plus favorable, ni une plus auguste jour-
née pour la célébrer , persuadés que si
S. A. R. le Prince Emmanuel de Portu-
gal, qui étoit à Bayonne, vouloit l'hono-
rer de sa presence , rien ne manqueroit
à cette brillante Cérémonie. Ils prirent
la liberté d'aller l'en prier à son Palais en
corps ; le Prince , avec sa bonté ordinai
11. Vol.
1440 MERCURE DE FRANC
te , leur promit d'y venir. Toutes les
Dames de la Ville et les Messieurs y fu-
rent invités , ettous les differens Corps
Militaires.
Le même jour à cinq heures du soir
en representa une Comédie; ce Specta-
ele fut des plus brillants , et avec un
grand concours. Après la Comédie on
se rendit à l'Hôtel de Ville ; en passant
+
sur la Place de Grammont , on y cut
l'agréable surprise d'un Spectacle nou-
veau. La Bourse étoit le Lieu que les
Lieutenans du Régiment de Chartres
avoient choisi pour donner leur Fêre , à
l'exemple des Capitaines ; cette Place se
trouva toute illuminée et décorée de la
façon la plus galante. La Reine d'Espa
gne , informée du succès decette Déco-
ration
passa exprès sur le Pont Mayo
pour jouir du coup d'œil ; les Officiers ,
sensibles à cet honneur , n'oublierent
rien pour rendre à Sa Majesté tous ceux
qu'une conjoncture si fateuse , mais
si peu attenduë , pût leur permettre , on
la salua par un grand bruit de Boëtes et
de Canon , et la Reine remplie de bon-
té , leur députa aussi tôt un de ses Gen-
tilshommes pour les remercier de leurs
/ attentions.
Toute la Façade de l'Hôtel de Ville
11.Vol.
étoit
JUIN 1737
3447
étoit décorée et illuminée dans un autre
goût qui n'étoit pas moins galant , et de
plus, embellie d'un nombre de Trophées
très-convenables au sujet. Le Prince de
Portugal y arriva sur les neuf heures du
soir, et il fut reçû avec tout l'éclat dû à sa
Dignité , par une Garde composée d'un
Capitaine, d'un Lieutenant et d'un Ensei-
gne. Il fit l'honneur aux Officiers du Ré-
giment de Chartres de souper à une Table
de 150. Couverts , dressée en Fer-à-che-
val dans une des Salles de l'Hôtel de Vil
le , et à laquelle étoient invitées toutes
les Dames de distinction de la Ville ; il y
fut servi , pendant tout le repas , par M.
le Comte d'Etampes , de concert avec M.
le Marquis de Pinafuentes , Majordôme
de la Reine d'Espagne , que S. M. avoit
envoyé à cet effet. On cut attention de
laisser un intervalle entre le Prince et
ceux qui étoient à sa droite et à sa gau-
che ; la Santé du Roy et de la Reine , de
la Reine d'Espagne , celle du Prince de
Portugal et du Duc de Chartres y fu-
rent portées et bûës avec le respect et la
décence convenables, et annoncées au Pu-
blic par des décharges néirerées tant sur
Terre que sur Mer ; il y eut plusieurs au-
tres Tables servies avec abondance et dé-
licatesse.
11, Vol
Le
1
1448 MERCURE DE FRANCE
Le repas fini , le Prince se rendit dans
une Salle magnifique où S. A. R. voulut
bien ouvrir le Bal et en faire les hon-
neurs , et Elle dansa pendant une partic
de la nuit ; on n'oublia rien de toutes les
attentions et de toutes les recherches qui
peuvent rendre une Fête éclatante et
agréable : S. A. R. en se retirant donna
aux Officiers du Régiment de Chartres
des témoignages particuliers de tout l'a
grément qu'Elle y avoit eu.
L'intention des Officiers étant que
tout le Monde prît part à cette ré-
jouissance , on fit donner du vin à tous
les Soldats du Régiment ; cette distri
bution fut faite avec tant de regle , et
le Soldat usa de cette liberalité avec tant
de sagesse , qu'à travers la joye il fut aisé
de reconnoître la bonne discipline à la
quelle il est accoûtumé.
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788
p. 1451-1454
BENEFICES DONNÉS, Feüille du 3. Juillet 1737.
Début :
L'Evêché de Nîmes, vacant par le décès de M de la Parisiere, à M. [...]
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texteReconnaissance textuelle : BENEFICES DONNÉS, Feüille du 3. Juillet 1737.
BENEFICES DONNÉS,
Feüille du 3. Juillet 1737.
L'Evêché de Nîmes, vacant par le
décès de M de la Parisiere, à M.
de Becdelievre , Prêtre , Vicaire General
de Perigueux.
L'Evêché de Luçon , vacant par le dé-
cès de M. de Bussy Rabutin , à M. de
Verthamon de Chavagnac , Prêtre , Vi-
caire General de Limoges.
L'Evêché d'Angoulême , vacant par le
décès de M. de Bernard de Rezay , à
M. du Verdier, Prêtre, Doyen et Vicaire
General d'Angoulême.
L'Abbaye Commandataire de Buzaj j
Ordre de Cîteaux , Diocèse de Nantes
vacante par le décès de M. de Caumartin ,
Evêque de Blois , à M. de Rosser de Ro-
cozel de Fleury , Clerc tonsuré du Dio
cèse de Narbonne.
L'Abbaye Commandataire de Simorre'}
Ordre de S. Benoît , Diocèse d'Auch ,
vacante par le décès de M. de Puget , à
M. de Grossoles de Flamarens , Prêtre ,
Vicaire General de Narbonne.
L'Abbaye Commandataire de la Fre
nade, Ordre de Cîteaux, Diocèse de Saint
IL. Vol.
Iiij
tes,
1452 MERCURE DE FRANCE
tes , vacante par la démission pure et
simple du dernier Titulaire Commanda-
taire , à M. de Montesquiou- Poylebon ,
Prêtre du Diocèse d'Auch .
L'Abbaye Commandataire de Flavigny ,
Ordre de S. Benoît , Diocèse d'Autun , va-
cante par le décès de M.de Bussy Rabutin
Evêque de Luçon , à M. de Piolenc ,
Clerc tonsuré du Diocèse d'Aix.
L'Abbaye Commandataire de Tous-
saints d'Angers , Ordre de S. Augustin ,
vacante par le décès de M. de Brussy , à
M. de Grandhomme de Giseux , Prêtre
du Diocèse d'Angers.
L'Abbaye Commandataire de Bellefon
taine , Ordre de S. Benoît , Diocèse de la
Rochelle , vacante par le décès de M:
Maréchal , à M. de Blanes ...
du Diocèse de ....
L'Abbaye Commandataire de Bonne-
fontaine , Ordre de Cîtcaux , Diocèse de
Rheims , vacante par le décès de M. Ma-
réchal , à M. de Vienne ..... du Dio-
cèse de .... et Conseiller au Parlement
de Paris .
L'Abbaye Commandataire de Valsecret,
Ordre de Prémontré , Diocèse de Sois-
sons , vacante par le décès de M. de
Charmont , à M. le Clerc ...... du
Diocèse de .....
II. Vol.
• du
L'Abbaye
JU. IN.
II. Vol.
1737.
1453
L'Abbaye Commandataire de Valchré-
tien , Ordre de Prémontré , Diocèse de
Soissons , vacante par le décès de M. le
Begue de Majenville , à M. Richard ,
Prêtre , Chapelain du Roy.
L'Abbaye Commandataire de Cercan .
ceaux , Ordre de Citeaux , Diocèse de
Sens , vacante par le décès de M. Coëffy,
à M. de la Chabrerie , Prêtre du Diocèse
de ....
L'Abbaye Commandataire de S. Pierre
d'Auxerre , Ordre de S. Augustin , va-
cante par la démission pure et simple de
M. de la Chabrerie , à M. Hardoin, Prê-
tre , Chanoine de Sens.
L'Abbaye Commandataire de Belle-
vaux , Ordre de Prémontré , Diocèse de
Nevers , vacante par le décès de M. de
Bussy Rabutin , Evêque de Luçon , à
M. de Sollieres , Prêtre , Doyen de la
Cathédrale de Nevers.
L'Abbaye Commandataire de Juncels ,
Ordre de S. Benoît , Diocèse de Beziers ,
›
vacante par le décès de M. de Massillan ,
à M. de Villevert , Clerc tonsuré du
Diocèse de Montpellier.
L'Abbaye Commandataire du Palais ,
Ordre de Cîteaux , Diocèse de Limoges,
vacante par le décès de M. de la Deveze ,
à M. de Thouron ... du Diocèse de ...
I jiij
L'Ab.
1454 MERCURE DE FRANCE
L'Abbaye Commandataire de Tenail-
les
Ordre de Prémontré , Diocèse de
Laon , vacante par le décès de M. Tes-
sier des Farges , à M. Dandelau , Au-
mônier du Roy.
L'Abbaye Commandataire de S. Re-
main de Blaye , Ordre de S. Augustin
Diocése de Bourdeaux , vacante par la
démission de M. le Blond , à M. dư
Lau , Prêtre , Vicaire General de Noyon.
Le Prieuré Commandataire , Conven-
tuel et électif de Lespan , Ordre du Val-
des-Choux , Diocèse d'Auxerre , vacanť
par le décès de M. de Bussy Rabutin
Evêque de Luçon , à M. Des Guilles
d'Argence.
L'Abbaye de N. D. de Vignogore ,
Ordre de Cîteaux , Diocèse de Mon-
tpelier
vacante par la démission de
La Dame de Bernis , à la Dame de Ves-
trie de Montales
Abbaye,
Feüille du 3. Juillet 1737.
L'Evêché de Nîmes, vacant par le
décès de M de la Parisiere, à M.
de Becdelievre , Prêtre , Vicaire General
de Perigueux.
L'Evêché de Luçon , vacant par le dé-
cès de M. de Bussy Rabutin , à M. de
Verthamon de Chavagnac , Prêtre , Vi-
caire General de Limoges.
L'Evêché d'Angoulême , vacant par le
décès de M. de Bernard de Rezay , à
M. du Verdier, Prêtre, Doyen et Vicaire
General d'Angoulême.
L'Abbaye Commandataire de Buzaj j
Ordre de Cîteaux , Diocèse de Nantes
vacante par le décès de M. de Caumartin ,
Evêque de Blois , à M. de Rosser de Ro-
cozel de Fleury , Clerc tonsuré du Dio
cèse de Narbonne.
L'Abbaye Commandataire de Simorre'}
Ordre de S. Benoît , Diocèse d'Auch ,
vacante par le décès de M. de Puget , à
M. de Grossoles de Flamarens , Prêtre ,
Vicaire General de Narbonne.
L'Abbaye Commandataire de la Fre
nade, Ordre de Cîteaux, Diocèse de Saint
IL. Vol.
Iiij
tes,
1452 MERCURE DE FRANCE
tes , vacante par la démission pure et
simple du dernier Titulaire Commanda-
taire , à M. de Montesquiou- Poylebon ,
Prêtre du Diocèse d'Auch .
L'Abbaye Commandataire de Flavigny ,
Ordre de S. Benoît , Diocèse d'Autun , va-
cante par le décès de M.de Bussy Rabutin
Evêque de Luçon , à M. de Piolenc ,
Clerc tonsuré du Diocèse d'Aix.
L'Abbaye Commandataire de Tous-
saints d'Angers , Ordre de S. Augustin ,
vacante par le décès de M. de Brussy , à
M. de Grandhomme de Giseux , Prêtre
du Diocèse d'Angers.
L'Abbaye Commandataire de Bellefon
taine , Ordre de S. Benoît , Diocèse de la
Rochelle , vacante par le décès de M:
Maréchal , à M. de Blanes ...
du Diocèse de ....
L'Abbaye Commandataire de Bonne-
fontaine , Ordre de Cîtcaux , Diocèse de
Rheims , vacante par le décès de M. Ma-
réchal , à M. de Vienne ..... du Dio-
cèse de .... et Conseiller au Parlement
de Paris .
L'Abbaye Commandataire de Valsecret,
Ordre de Prémontré , Diocèse de Sois-
sons , vacante par le décès de M. de
Charmont , à M. le Clerc ...... du
Diocèse de .....
II. Vol.
• du
L'Abbaye
JU. IN.
II. Vol.
1737.
1453
L'Abbaye Commandataire de Valchré-
tien , Ordre de Prémontré , Diocèse de
Soissons , vacante par le décès de M. le
Begue de Majenville , à M. Richard ,
Prêtre , Chapelain du Roy.
L'Abbaye Commandataire de Cercan .
ceaux , Ordre de Citeaux , Diocèse de
Sens , vacante par le décès de M. Coëffy,
à M. de la Chabrerie , Prêtre du Diocèse
de ....
L'Abbaye Commandataire de S. Pierre
d'Auxerre , Ordre de S. Augustin , va-
cante par la démission pure et simple de
M. de la Chabrerie , à M. Hardoin, Prê-
tre , Chanoine de Sens.
L'Abbaye Commandataire de Belle-
vaux , Ordre de Prémontré , Diocèse de
Nevers , vacante par le décès de M. de
Bussy Rabutin , Evêque de Luçon , à
M. de Sollieres , Prêtre , Doyen de la
Cathédrale de Nevers.
L'Abbaye Commandataire de Juncels ,
Ordre de S. Benoît , Diocèse de Beziers ,
›
vacante par le décès de M. de Massillan ,
à M. de Villevert , Clerc tonsuré du
Diocèse de Montpellier.
L'Abbaye Commandataire du Palais ,
Ordre de Cîteaux , Diocèse de Limoges,
vacante par le décès de M. de la Deveze ,
à M. de Thouron ... du Diocèse de ...
I jiij
L'Ab.
1454 MERCURE DE FRANCE
L'Abbaye Commandataire de Tenail-
les
Ordre de Prémontré , Diocèse de
Laon , vacante par le décès de M. Tes-
sier des Farges , à M. Dandelau , Au-
mônier du Roy.
L'Abbaye Commandataire de S. Re-
main de Blaye , Ordre de S. Augustin
Diocése de Bourdeaux , vacante par la
démission de M. le Blond , à M. dư
Lau , Prêtre , Vicaire General de Noyon.
Le Prieuré Commandataire , Conven-
tuel et électif de Lespan , Ordre du Val-
des-Choux , Diocèse d'Auxerre , vacanť
par le décès de M. de Bussy Rabutin
Evêque de Luçon , à M. Des Guilles
d'Argence.
L'Abbaye de N. D. de Vignogore ,
Ordre de Cîteaux , Diocèse de Mon-
tpelier
vacante par la démission de
La Dame de Bernis , à la Dame de Ves-
trie de Montales
Abbaye,
Fermer
789
p. 1988
LOGOGRYPHE en Réponse à un Logogryphe du Mercure de Juin 1737. premier volume.
Début :
Quoi, l'on trouve dans Charlatan, [...]
Mots clefs :
Chantre
790
p. 1148-1149
LOGOGRYPHE.
Début :
Mes Etats sont plus grands que ceux de tous les Rois, [...]
Mots clefs :
Providence
791
p. 1149
AUTRE.
Début :
Tu t'abuses, Lecteur, si tu veux me comprendre. [...]
Mots clefs :
Incarnation
793
p. 2689-2690
AUTRE.
Début :
D'onze Lettres formé, je chante les hauts faits [...]
Mots clefs :
Martyrologe
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTR E.
D'Onze Lettres formé, je chante les hauts faits
De ces héros comblés de gloire ,
De ces braves , dont la mémoire
Doit être précieufe & célébre à jamais
Un de mes pieds ôté , qu'en deux on me divife ,
La premiere moitié préfente à vos efprits .
Un athlete vainqueur qui remporte le prix ,
Superieur à ceux que l'on vantoit à Pife .
Dans la feconde on renferme les foux .
Dix , huit , neuf; cinq , trois , onze. Ah ! que je
fuis aimable !
De moi tous les grands coeurs font épris ,font jaloux.
Quatre, cinq , dix, trois, onze , Animal redoutable ;
Un, deux, dix , cinq , & onze ; un cas pendable;
Quatre , cinq, trois : un Royaume cité
En plufieurs lieux de l'Evangile ;
Deux, cinq , donne un Vin fort vanté .
Deux, trois, un, fept, cinq , fix & onze : un meuble
utile ,
Dix
2690 MERCURE DE FRANCE
Dix, fept, deux : Lieu connu par l'Inquifition ,
Huit, neuf, cinq, dix & onze , eft Riviere fameuſe
Cinq, trois & onze , aveugle Paffion ,
Un, fept, cinq, trois & onze , Etoffe précieuſe ,
Un , deux , fix , onze : Eau croupie & bourbeufe,
Cinq , un & deux , dix & onze , autrefois
L'hérétique a tenté de détruire mon culte ,
Onze, huit, deux , d'lfraël un des Rois ,
Trois , cinq , quatre, onze , avant l'Office on me
confulte .
Sept, trois , dix & onze , eft un Grain ,
Dont quelquefois on fait du Pain ,
Un, deux, fix, cinq , mon nom , belle Agnès, vous
fait rire ,
Deux, cinq & trois , l'on me refpire ,
Quatre, deux, dix & onze , un Fleuve renommé,
Deux, un & cinq , chofe rare en ce monde ,
Six,deux,un, onze , Inftrument qui fend l'Onde
Un , deux, fix , dix & onze , eſt à tout imprimé ;
Mais crainte qu'à la fin l'Eſprit ne s'alambique ,
En quatre mots , cher Lecteur , on finit ,
On trouve en moi trois Notes de Mufique ,
Et cinq Villes encore , et je n'ai pas tout dite
D'Onze Lettres formé, je chante les hauts faits
De ces héros comblés de gloire ,
De ces braves , dont la mémoire
Doit être précieufe & célébre à jamais
Un de mes pieds ôté , qu'en deux on me divife ,
La premiere moitié préfente à vos efprits .
Un athlete vainqueur qui remporte le prix ,
Superieur à ceux que l'on vantoit à Pife .
Dans la feconde on renferme les foux .
Dix , huit , neuf; cinq , trois , onze. Ah ! que je
fuis aimable !
De moi tous les grands coeurs font épris ,font jaloux.
Quatre, cinq , dix, trois, onze , Animal redoutable ;
Un, deux, dix , cinq , & onze ; un cas pendable;
Quatre , cinq, trois : un Royaume cité
En plufieurs lieux de l'Evangile ;
Deux, cinq , donne un Vin fort vanté .
Deux, trois, un, fept, cinq , fix & onze : un meuble
utile ,
Dix
2690 MERCURE DE FRANCE
Dix, fept, deux : Lieu connu par l'Inquifition ,
Huit, neuf, cinq, dix & onze , eft Riviere fameuſe
Cinq, trois & onze , aveugle Paffion ,
Un, fept, cinq, trois & onze , Etoffe précieuſe ,
Un , deux , fix , onze : Eau croupie & bourbeufe,
Cinq , un & deux , dix & onze , autrefois
L'hérétique a tenté de détruire mon culte ,
Onze, huit, deux , d'lfraël un des Rois ,
Trois , cinq , quatre, onze , avant l'Office on me
confulte .
Sept, trois , dix & onze , eft un Grain ,
Dont quelquefois on fait du Pain ,
Un, deux, fix, cinq , mon nom , belle Agnès, vous
fait rire ,
Deux, cinq & trois , l'on me refpire ,
Quatre, deux, dix & onze , un Fleuve renommé,
Deux, un & cinq , chofe rare en ce monde ,
Six,deux,un, onze , Inftrument qui fend l'Onde
Un , deux, fix , dix & onze , eſt à tout imprimé ;
Mais crainte qu'à la fin l'Eſprit ne s'alambique ,
En quatre mots , cher Lecteur , on finit ,
On trouve en moi trois Notes de Mufique ,
Et cinq Villes encore , et je n'ai pas tout dite
Fermer
795
p. 1382-1383
LOGOGRYPHE.
Début :
Pour te prouver, Lecteur, jusqu'où va ma tendresse, [...]
Mots clefs :
Idolâtrie
797
p. 1739-1748
SUITE de l'Extrait de la Lettre de M. le Cardinal Quirini, écrite à M. de Boze, Directeur de l'Académie Royale des Inscriptions & Belles-Lettres.
Début :
Notre Cause, Monsieur, au sujet du 10 Verset du Pseaume 95, ne pouvoit [...]
Mots clefs :
Lettre, Saint Éphrem, Oeuvres de piété, Édition, Pape, Vatican, Angleterre, Rome, Traduction, Manuscrits
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUITE de l'Extrait de la Lettre de M. le Cardinal Quirini, écrite à M. de Boze, Directeur de l'Académie Royale des Inscriptions & Belles-Lettres.
SUITE de l'Extrait de la Lettre de M. le
Cardinal Quirini , écrite à M. de Boze ,
Directeur de l'Académie Royale des Infcriptions
& Belles- Lettres.
N
Otre Caufe , Monfieur , au fujet du
10 Verfet du Pleaume 95 , ne pouvoit
tomber en de meilleures mains. M. le
Cardinal , après avoir examiné la Queſtion ,
après avoir lû tout ce qui a été imprimé ſur
ce fujet en differens Mercures , s'arrêtant au
point important , & qui eft le plus de fa
compétence , déclare hautement , page 13 ,
que la Leçon regnavit A LIGNO , manque
abfolument dans tous les Manufcrits Grecs
du Vatican des OEuvres de S. Ephrem . Carent
ii omnes , ne uno quidem excepto , quos diligenter
infpexi. Il demande enfuite ce que
répondroit à cela le P. Tournemine , s'il
étoit encore au monde ? Quid ad hac Doctiff.
Pater Turnemenius , fi in vivis degeret ,
refponderet Il ajoûte que cette Leçon manque
pareillement aux Manufcrits d'Angleterre
, fur lefquels a été faite l'Edition d'Oxford
, ainfi qu'au Manufcrit de la Bibliothéque
de S. Mare de Venife , qu'il a eu foin
de faire confulter.
que
Et parce que
>
le P. Tournemine avoit dit
Bij affir1740
MERCURE DE FRANCE.
- affirmativement dans fa Lettre imprimée
dans le Mercure de Septembre 1733 , &
conclu que S. Ephrem lifoit cette addition
dans les Manufcrits de la Verfion Syriaque de
fon Eglife , Verfion traduite fur les Septante
&c , le fçavant Cardinal employe deux pages
in 4° . de fa Lettre , pour réfuter cette
conclufion , & l'erreur générale où étoit le
P. Tournemine fur ce fujet. Il lui démontre
qu'il a crû fans un fondement fuffifant , que
ces deux mots à ligno étoient dans le 10 V.
du Pf. 95 , même avant l'établiſſement du
Chriftianifme , puifqu'on ne les trouve pas
dans les Exemplaires Grecs , dont Origene
s'eft fervi pour rédiger fes Héxaples.
›
A l'égard de la Verfion Syriaque de
l'Eglife d'Edeffe , dans laquelle le P. Î, prétendoit
que S. Ephrem lifoit regnavit à
ligno , je rapporterai ici la réponſe du Cardinal
Q. dans fes propres termes. Primo non
aliam Verfionem Syriacam novimus prater
eam in
qua additio illa non comparet ; deinde
textus Syriacus ejus Sermonis , nec in Vaticana
Bibliotheca , nec alibi ( quod fciamus ) reperitur.
Demum Manufcripti Gracum ejufdem
textum afferentes , ii certe quos fuperius laudavi
, ea additione deftituuntur.
L'Argument que tiroit le P. T. du filence
de Tryphon , difputant avec S. Juftin , ne
paroît auffi d'aucune conféquence. Enfin ces
mots
AOUST. 1744. 1741
mots à ligno manquant dans la Vulgate de
S. Jerôme , dans le texte Grec de l'ancien
Teftament des MM. du Vatican , plus autentiques
, imprimé en 1588 par les foins
du fçavant Cardinal Antoine Caraffa , Bibliotéquaire
, il eft aifé de voir , dit M.
Quirini , que le Fevre d'Etaples , Auguftin
Juftinien , Simon de Muiz , & en dernier
lieu , fans parler de plufieurs autres Sçavans,
Dom Auguſtin Calmet , ont eu grande raifon
de foupçonner que c'eft une note ajoutée
d'abord par quelque pieux Chrétien à la
marge du Pleaume , laquelle a depuis paffé
dans le Texte , par l'ignorance de quelque
Copiſte , ou autrement.
J
L'Illuftre Auteur de cette Lettre parle enfuite
des foins qu'il s'eft donnés & qu'il fe
donne encore pour le Recueil des Lettres
du Cardinal Reginaldus Polus , Archevêque
de Cantorbery , Grand Défenfeur de la Religion
Catholique , dans le commencement
des troubles d'Angleterre . L'Abbé Schanar
Allemand , avoit commencé d'en former un
Recueil , mais le Cardinal Quirini en a découvert
trois ou quatre fois davantage. Il
eft vrai que ces Lettres ne fe trouvent que
dans un Volume de la Bibliotéque Vaticane
, dont l'Ecriture eft très-difficile à lire.
mais aucune difficulté n'étant capable de le
rebuter dans fon entrepriſe , il a fi fort
Biij avancé
>
1742 MERCURE DE FRANCE.
>
avancé cette Collection, que les préliminai
res font déja imprimés , fçavoir , la Vie de
Reginald Polus traduite en Latin par
André Dudith , fur l'Edition Italienne de
Louis Beccatelli ; la Préface de fon Ouvrage
, De unitate Ecclefia , adreffé à l'Empereur
Charles V. une autre Préface du même Ouvrage
au Roi d'Ecoffe , enfin une Epitre
apologétique au Parlement d'Angleterre ,
&c. Il fe propofe à cette occafion de faire
voir clairement la fauffeté de tout ce que
Burnet a écrit contre Polus , dans fon Hiftoire
de la Réformation d'Angleterre .
Pour faire juger de quelle importance
font ces Lettres de Polus , le Docte Editeur
en rapporte ici deux en entier , la premiere
écrite en Latin à André Gritti , Doge de
Venife , par laquelle on voit que Polus fe
regardoit plûtôt comme Vénitien , que
comme Anglois , à caufe de fa longue réftdence
à Venife. Cette Lettre eft datée de
Rome 1536. La feconde en Langue Italienne
, eft écrite au Cardinal Contarini
Légat à Bologne , & datée auffi de Rome le
2 Juin 1542 .
On trouvera dans ce même Recueil une
autre Lettre de Polus , écrite au même Cardinal
Contarini , où fe lit un Fait fingulier
& bien honorable à la Ville de Modene ,
fçavoir la création de trois Cardinaux
en un même jour tous trois nés à
2
MoA
O UST. 1744. 1743
>
Modene , & tous trois
diftingués
par
une éminente
Vertu
tels furent
Gregoire
Cortez
, Abbé Bénédictin
, Thomas
Badi
de l'Ordre
de S. Dominique
, Maître
du S.
Palais , & Jean Moron
. Mi allegro
, dit
Polus dans cette Lettre , Con V. S. Rma una
altra volta di questa trinita
di novi Cardinali
, dali quali non afpetto major frutto chè
quefto che fiano uniti fempre » in eodem Spi-
» ritu & non tres , fed unum cor & una
»anima
in illo , cujus Spiritus
illos electos
effe mihi perfuadeo
, & quefta
é la mia
allegrezza
, &c.
C'eſt le Pape Paul III , qui fit cette création
remarquable , ce qui donne occafion
au Cardinal Quirini de parler de la finguliere
attention de ce fouverain Pontife , à
donner le Chapeau de Cardinal à des fujets
Sçavans & Vertueux , tels que furent Contarini
, Polus , Bembe , Caraffe , depuis Pape
, fous le nom de Paul IV ; Sadolet , Evêque
de Carpentras ; Frederic Fregofe , Evêque
d'Engubio , qu'il fallut contraindre &
forcer par un Commandement exprès du
Pape , d'accepter cette dignité , & plufieurs
autres qui ont illuftré le tems heureux auquel
le Pape Paul III, & le Cardinal Polus ,
qui en fait fouvent mention dans fes Lettres
, ont vêcu .
Sur la fin de cette Lettre à M. de Boze ,
Biiij
il.
1744 MERCURE DE FRANCE.
il est encore parlé du Pape Benoît XIV , lequel
, outre fa fcience parfaite des Saintes
Ecritures, poffede aufli les Auteurs de la belle
Litterature , & n'a pas même oublié les Sentences
& les Fleurs des Anciens Poëtes
qu'il recite auffi facilement dans l'occafion' ,
que s'il ne faifoi que d'achever fes Humanités.
Il femble que le Cardinal Quirini ait
quelque regret de finir fa Lettre , déja affés
étendue & remplie de tant de matieres différentes
, car après avoir fait à M. de Boze
le Compliment laconique , ufité dans la
Langue Latine , Vale , il le faluë une feconde
fois , Vale iterum , le priant en même-
tems , de vouloir bien faluer de fa part
le Chancelier de France : Virum Ampliſſimum
, cui quantum debeam , initium hujus
Epiftola declaravit , & de lui dire qu'il fe
rappelle encore agréablement le féjour qu'il
a fait autrefois dans fa magnifique Maiſon
de Frefne , & les entretiens qu'il y a eû
avec plufieurs Sçavans , &c . Mais ajoutez ,
s'il vous plaît , dit-il , que furtout je n'oublierai
jamais ce qui fût dit la premiere fois
que j'entrai dans cette Maifon , dont l'Illuftre
Seigneur étoit alors Procureur Général
du Parlement. Je dis en riant : Me voici
dans le Château où l'on forge les foudres contre
le Vatican. Pardonnez-moi , me réponditil
A OUST. 1744. 1743
il , ce font les Boucliers contre les foudres du
Vatican , que l'on forge dans cette Maifon.
» Hæc , ajoute-t'il , non ita bene meminif
» fem , nifi fingularem adverfus Virum il-
» lum , & munere quo fungitur , & fuis vir-
» tutibus Clariffimum , obfervantiam me-
» cum in Italiam exportaffem.
La Lettre eft enfin terminée par un troifiéme
falut à M. de Boze. Vale tertium , Vir
Doctiffime & amiciffime . Elle eft datée de
Brefcia le 23 Décembre 1743 .
Vous avez vû , M. dans la premiere partie
de cet Extrait , l'état ou la diligence du fçavant
Cardinal , & fon amour pour le travail
, avoient conduit l'Edition des OEuvres
de S. Ephrem. Depuis la date de fa Lettre ,
il y a lieu de croire que l'impreffion du VI
& dernier Tome eft bien avancée , peutêtre
même achevée , cependant on a vû ici
depuis peu , avec autant de plaifir que d'édification
, la Traduction Françoife des Euvres
de Piété de S. Ephrem , tirées des premiers
Volumes de la nouvelle Edition de
Rome. Je me fais un devoir de vous en parler
ici , par
le rapport effentiel qu'a cette
Traduction avec le principal fujet de ma
Lettre.
Ce Livre eft intitulé OEUVRES de Piété de
S..EPHREM , Diacre d'Edeffe , & Docteur de
l'Eglife , traduites en François fur la nouvelle
Edi-
Bv
1746 MERCURE DE FRANCE.
Elition de Rome , 2 Vol . 8 ° . d'environ 500
pages chacun. A Paris , chés Didot , Quai des
Auguftins , à la Bible d'Or , MDCC XLIV .
L'Auteur de cette Traduction , au lieu
d'une longue Préface que fembloient exiger
de lui le mérite de S. Ephrem, & celui de
fes Ouvrages , nous donne à la tête du premier
Tome un EXTRAIT des Mémoires de
M. de Tillemont , Tome VIII , 1713 , pour
donner , dit-il , une connoiffance de l'Auteur
& de fes Ouvrages. Il ne pouvoit fans
doute mieux faire , car M. de Tillemont
d'ailleurs Ecrivain également folide & poli,
a épuifé ce grand fujet.Il a fuivi S. Ephrem ,
depuis fa naiffance jufqu'à fa mort , & jufqu'après
fa mort , puifqu'il nous parle de
fon Teftament , d'un miracle fait en mourant
, d'un autre miracle après fa mort , &
enfin des Difciples du Saint Docteur , ce qui
fait un morceau d'Hiftoire varié , également
curieux , & édifiant..
Après cet EXTRAIT de M. de Tillemont
qui occupe 88 pages , fuit le TE'MOIGNAGE
de S. Gregoire de Nyffe , tiré de fon Panégyrique
de S. Ephrem. Ce Témoignage eft fort
court , mais il contient des chofes, admirables
fur l'énergie & fur l'efficacité de fon
Eloquence , &c .
Vous n'attendez pas fans doute de moi ,
M. un Extrait de ces OEuvres de Piété ; ce
n'eft
AOUST. 1744 1747
n'eft pas là le fujet d'une fimple Lettre. Je
me bornerai à vous indiquer les principales
matieres , qui y font traitées , en vous rapportant
quelques- uns des différens Titres ,
qui font à la tête de chaque OEuvre.
Dans le I Volume il eft traité des Vertus
des Vices. De la crainte de Dien. De la
Charité. De la Longanimité. De la Douceur
De la Vérité. Du Menfonge. De l'Obéiſſance.
De la Défobéiffance , & du Murmure. De la
Médifance & des Médifans. De la Temperan
ce & de la Continence. Difcours de Piété ou
de la véritable & parfaite vie Religieufe , &
de la Componition . Difcours contre ceux qui
vivant mal , recherchent ambitieusement les
bonneurs & les dignités.
Le II Volume contient un Difcours des
Paffions & des troubles de l'ame. Sermon de la
Pénitence. Exhortation à la Piété. Difcours:
fur le fecond avénement. Difcours fur les
Saints Peres , morts en paix. Eloges des Pafteurs
, & des Solitaires de la Mésopotamie.
Lettre de S. Ephrem à un jeune Religieux.
Inftructions fur la Piété, en IV Parties. Traité
de la Vertu en X Chapitres. Maximes fur
la Vie Spirituelle.Elévation & Priere à JESUSCHRIST.
J'ai entrepris , M. la lecture de ces deux
Volumes , & je fuis fort fatisfait de ce que
j'en ai déja vû. Je fouhaite que vous ayez
B vj
la
#
1748 MERCURE DE FRANCE.
même curiofité que moi . J'ai l'honneur
d'être , Monfieur , &c.
A Paris , le rs Juillet 1744.
P.S. Je ne fçais , M. comment j'ai oublié
de vous obferver que pour faciliter l'intelligence
des Oeuvres de Piété de S. Ephrem ,
dont on vient de donner la Traduction
l'habile Traducteur a mis à la tête de prefque
chaque Traité le fujet ou l'Analyfe du
Traité , tiré de l'Article de S. Ephrem , tel
qu'il eft compofé dans la Bibliotéque des
Auteurs Eccléfiaftiques , par Dom Remy
Ceillier , Bénédictin de la Congrégation de
S. Vanne.
Il me reste à exhorter ce pieux Traducteur
d'achever fon entrepriſe , c'est- à- dire ,
de nous donner de la même maniere , la fuite
des Oeuvres de Piété de S. Ephrem , tirée
de l'Edition entiere de fes Ouvrages , pour
l'honneur de la Religion , & pour l'avancement
fpirituel des Fidéles.
Cardinal Quirini , écrite à M. de Boze ,
Directeur de l'Académie Royale des Infcriptions
& Belles- Lettres.
N
Otre Caufe , Monfieur , au fujet du
10 Verfet du Pleaume 95 , ne pouvoit
tomber en de meilleures mains. M. le
Cardinal , après avoir examiné la Queſtion ,
après avoir lû tout ce qui a été imprimé ſur
ce fujet en differens Mercures , s'arrêtant au
point important , & qui eft le plus de fa
compétence , déclare hautement , page 13 ,
que la Leçon regnavit A LIGNO , manque
abfolument dans tous les Manufcrits Grecs
du Vatican des OEuvres de S. Ephrem . Carent
ii omnes , ne uno quidem excepto , quos diligenter
infpexi. Il demande enfuite ce que
répondroit à cela le P. Tournemine , s'il
étoit encore au monde ? Quid ad hac Doctiff.
Pater Turnemenius , fi in vivis degeret ,
refponderet Il ajoûte que cette Leçon manque
pareillement aux Manufcrits d'Angleterre
, fur lefquels a été faite l'Edition d'Oxford
, ainfi qu'au Manufcrit de la Bibliothéque
de S. Mare de Venife , qu'il a eu foin
de faire confulter.
que
Et parce que
>
le P. Tournemine avoit dit
Bij affir1740
MERCURE DE FRANCE.
- affirmativement dans fa Lettre imprimée
dans le Mercure de Septembre 1733 , &
conclu que S. Ephrem lifoit cette addition
dans les Manufcrits de la Verfion Syriaque de
fon Eglife , Verfion traduite fur les Septante
&c , le fçavant Cardinal employe deux pages
in 4° . de fa Lettre , pour réfuter cette
conclufion , & l'erreur générale où étoit le
P. Tournemine fur ce fujet. Il lui démontre
qu'il a crû fans un fondement fuffifant , que
ces deux mots à ligno étoient dans le 10 V.
du Pf. 95 , même avant l'établiſſement du
Chriftianifme , puifqu'on ne les trouve pas
dans les Exemplaires Grecs , dont Origene
s'eft fervi pour rédiger fes Héxaples.
›
A l'égard de la Verfion Syriaque de
l'Eglife d'Edeffe , dans laquelle le P. Î, prétendoit
que S. Ephrem lifoit regnavit à
ligno , je rapporterai ici la réponſe du Cardinal
Q. dans fes propres termes. Primo non
aliam Verfionem Syriacam novimus prater
eam in
qua additio illa non comparet ; deinde
textus Syriacus ejus Sermonis , nec in Vaticana
Bibliotheca , nec alibi ( quod fciamus ) reperitur.
Demum Manufcripti Gracum ejufdem
textum afferentes , ii certe quos fuperius laudavi
, ea additione deftituuntur.
L'Argument que tiroit le P. T. du filence
de Tryphon , difputant avec S. Juftin , ne
paroît auffi d'aucune conféquence. Enfin ces
mots
AOUST. 1744. 1741
mots à ligno manquant dans la Vulgate de
S. Jerôme , dans le texte Grec de l'ancien
Teftament des MM. du Vatican , plus autentiques
, imprimé en 1588 par les foins
du fçavant Cardinal Antoine Caraffa , Bibliotéquaire
, il eft aifé de voir , dit M.
Quirini , que le Fevre d'Etaples , Auguftin
Juftinien , Simon de Muiz , & en dernier
lieu , fans parler de plufieurs autres Sçavans,
Dom Auguſtin Calmet , ont eu grande raifon
de foupçonner que c'eft une note ajoutée
d'abord par quelque pieux Chrétien à la
marge du Pleaume , laquelle a depuis paffé
dans le Texte , par l'ignorance de quelque
Copiſte , ou autrement.
J
L'Illuftre Auteur de cette Lettre parle enfuite
des foins qu'il s'eft donnés & qu'il fe
donne encore pour le Recueil des Lettres
du Cardinal Reginaldus Polus , Archevêque
de Cantorbery , Grand Défenfeur de la Religion
Catholique , dans le commencement
des troubles d'Angleterre . L'Abbé Schanar
Allemand , avoit commencé d'en former un
Recueil , mais le Cardinal Quirini en a découvert
trois ou quatre fois davantage. Il
eft vrai que ces Lettres ne fe trouvent que
dans un Volume de la Bibliotéque Vaticane
, dont l'Ecriture eft très-difficile à lire.
mais aucune difficulté n'étant capable de le
rebuter dans fon entrepriſe , il a fi fort
Biij avancé
>
1742 MERCURE DE FRANCE.
>
avancé cette Collection, que les préliminai
res font déja imprimés , fçavoir , la Vie de
Reginald Polus traduite en Latin par
André Dudith , fur l'Edition Italienne de
Louis Beccatelli ; la Préface de fon Ouvrage
, De unitate Ecclefia , adreffé à l'Empereur
Charles V. une autre Préface du même Ouvrage
au Roi d'Ecoffe , enfin une Epitre
apologétique au Parlement d'Angleterre ,
&c. Il fe propofe à cette occafion de faire
voir clairement la fauffeté de tout ce que
Burnet a écrit contre Polus , dans fon Hiftoire
de la Réformation d'Angleterre .
Pour faire juger de quelle importance
font ces Lettres de Polus , le Docte Editeur
en rapporte ici deux en entier , la premiere
écrite en Latin à André Gritti , Doge de
Venife , par laquelle on voit que Polus fe
regardoit plûtôt comme Vénitien , que
comme Anglois , à caufe de fa longue réftdence
à Venife. Cette Lettre eft datée de
Rome 1536. La feconde en Langue Italienne
, eft écrite au Cardinal Contarini
Légat à Bologne , & datée auffi de Rome le
2 Juin 1542 .
On trouvera dans ce même Recueil une
autre Lettre de Polus , écrite au même Cardinal
Contarini , où fe lit un Fait fingulier
& bien honorable à la Ville de Modene ,
fçavoir la création de trois Cardinaux
en un même jour tous trois nés à
2
MoA
O UST. 1744. 1743
>
Modene , & tous trois
diftingués
par
une éminente
Vertu
tels furent
Gregoire
Cortez
, Abbé Bénédictin
, Thomas
Badi
de l'Ordre
de S. Dominique
, Maître
du S.
Palais , & Jean Moron
. Mi allegro
, dit
Polus dans cette Lettre , Con V. S. Rma una
altra volta di questa trinita
di novi Cardinali
, dali quali non afpetto major frutto chè
quefto che fiano uniti fempre » in eodem Spi-
» ritu & non tres , fed unum cor & una
»anima
in illo , cujus Spiritus
illos electos
effe mihi perfuadeo
, & quefta
é la mia
allegrezza
, &c.
C'eſt le Pape Paul III , qui fit cette création
remarquable , ce qui donne occafion
au Cardinal Quirini de parler de la finguliere
attention de ce fouverain Pontife , à
donner le Chapeau de Cardinal à des fujets
Sçavans & Vertueux , tels que furent Contarini
, Polus , Bembe , Caraffe , depuis Pape
, fous le nom de Paul IV ; Sadolet , Evêque
de Carpentras ; Frederic Fregofe , Evêque
d'Engubio , qu'il fallut contraindre &
forcer par un Commandement exprès du
Pape , d'accepter cette dignité , & plufieurs
autres qui ont illuftré le tems heureux auquel
le Pape Paul III, & le Cardinal Polus ,
qui en fait fouvent mention dans fes Lettres
, ont vêcu .
Sur la fin de cette Lettre à M. de Boze ,
Biiij
il.
1744 MERCURE DE FRANCE.
il est encore parlé du Pape Benoît XIV , lequel
, outre fa fcience parfaite des Saintes
Ecritures, poffede aufli les Auteurs de la belle
Litterature , & n'a pas même oublié les Sentences
& les Fleurs des Anciens Poëtes
qu'il recite auffi facilement dans l'occafion' ,
que s'il ne faifoi que d'achever fes Humanités.
Il femble que le Cardinal Quirini ait
quelque regret de finir fa Lettre , déja affés
étendue & remplie de tant de matieres différentes
, car après avoir fait à M. de Boze
le Compliment laconique , ufité dans la
Langue Latine , Vale , il le faluë une feconde
fois , Vale iterum , le priant en même-
tems , de vouloir bien faluer de fa part
le Chancelier de France : Virum Ampliſſimum
, cui quantum debeam , initium hujus
Epiftola declaravit , & de lui dire qu'il fe
rappelle encore agréablement le féjour qu'il
a fait autrefois dans fa magnifique Maiſon
de Frefne , & les entretiens qu'il y a eû
avec plufieurs Sçavans , &c . Mais ajoutez ,
s'il vous plaît , dit-il , que furtout je n'oublierai
jamais ce qui fût dit la premiere fois
que j'entrai dans cette Maifon , dont l'Illuftre
Seigneur étoit alors Procureur Général
du Parlement. Je dis en riant : Me voici
dans le Château où l'on forge les foudres contre
le Vatican. Pardonnez-moi , me réponditil
A OUST. 1744. 1743
il , ce font les Boucliers contre les foudres du
Vatican , que l'on forge dans cette Maifon.
» Hæc , ajoute-t'il , non ita bene meminif
» fem , nifi fingularem adverfus Virum il-
» lum , & munere quo fungitur , & fuis vir-
» tutibus Clariffimum , obfervantiam me-
» cum in Italiam exportaffem.
La Lettre eft enfin terminée par un troifiéme
falut à M. de Boze. Vale tertium , Vir
Doctiffime & amiciffime . Elle eft datée de
Brefcia le 23 Décembre 1743 .
Vous avez vû , M. dans la premiere partie
de cet Extrait , l'état ou la diligence du fçavant
Cardinal , & fon amour pour le travail
, avoient conduit l'Edition des OEuvres
de S. Ephrem. Depuis la date de fa Lettre ,
il y a lieu de croire que l'impreffion du VI
& dernier Tome eft bien avancée , peutêtre
même achevée , cependant on a vû ici
depuis peu , avec autant de plaifir que d'édification
, la Traduction Françoife des Euvres
de Piété de S. Ephrem , tirées des premiers
Volumes de la nouvelle Edition de
Rome. Je me fais un devoir de vous en parler
ici , par
le rapport effentiel qu'a cette
Traduction avec le principal fujet de ma
Lettre.
Ce Livre eft intitulé OEUVRES de Piété de
S..EPHREM , Diacre d'Edeffe , & Docteur de
l'Eglife , traduites en François fur la nouvelle
Edi-
Bv
1746 MERCURE DE FRANCE.
Elition de Rome , 2 Vol . 8 ° . d'environ 500
pages chacun. A Paris , chés Didot , Quai des
Auguftins , à la Bible d'Or , MDCC XLIV .
L'Auteur de cette Traduction , au lieu
d'une longue Préface que fembloient exiger
de lui le mérite de S. Ephrem, & celui de
fes Ouvrages , nous donne à la tête du premier
Tome un EXTRAIT des Mémoires de
M. de Tillemont , Tome VIII , 1713 , pour
donner , dit-il , une connoiffance de l'Auteur
& de fes Ouvrages. Il ne pouvoit fans
doute mieux faire , car M. de Tillemont
d'ailleurs Ecrivain également folide & poli,
a épuifé ce grand fujet.Il a fuivi S. Ephrem ,
depuis fa naiffance jufqu'à fa mort , & jufqu'après
fa mort , puifqu'il nous parle de
fon Teftament , d'un miracle fait en mourant
, d'un autre miracle après fa mort , &
enfin des Difciples du Saint Docteur , ce qui
fait un morceau d'Hiftoire varié , également
curieux , & édifiant..
Après cet EXTRAIT de M. de Tillemont
qui occupe 88 pages , fuit le TE'MOIGNAGE
de S. Gregoire de Nyffe , tiré de fon Panégyrique
de S. Ephrem. Ce Témoignage eft fort
court , mais il contient des chofes, admirables
fur l'énergie & fur l'efficacité de fon
Eloquence , &c .
Vous n'attendez pas fans doute de moi ,
M. un Extrait de ces OEuvres de Piété ; ce
n'eft
AOUST. 1744 1747
n'eft pas là le fujet d'une fimple Lettre. Je
me bornerai à vous indiquer les principales
matieres , qui y font traitées , en vous rapportant
quelques- uns des différens Titres ,
qui font à la tête de chaque OEuvre.
Dans le I Volume il eft traité des Vertus
des Vices. De la crainte de Dien. De la
Charité. De la Longanimité. De la Douceur
De la Vérité. Du Menfonge. De l'Obéiſſance.
De la Défobéiffance , & du Murmure. De la
Médifance & des Médifans. De la Temperan
ce & de la Continence. Difcours de Piété ou
de la véritable & parfaite vie Religieufe , &
de la Componition . Difcours contre ceux qui
vivant mal , recherchent ambitieusement les
bonneurs & les dignités.
Le II Volume contient un Difcours des
Paffions & des troubles de l'ame. Sermon de la
Pénitence. Exhortation à la Piété. Difcours:
fur le fecond avénement. Difcours fur les
Saints Peres , morts en paix. Eloges des Pafteurs
, & des Solitaires de la Mésopotamie.
Lettre de S. Ephrem à un jeune Religieux.
Inftructions fur la Piété, en IV Parties. Traité
de la Vertu en X Chapitres. Maximes fur
la Vie Spirituelle.Elévation & Priere à JESUSCHRIST.
J'ai entrepris , M. la lecture de ces deux
Volumes , & je fuis fort fatisfait de ce que
j'en ai déja vû. Je fouhaite que vous ayez
B vj
la
#
1748 MERCURE DE FRANCE.
même curiofité que moi . J'ai l'honneur
d'être , Monfieur , &c.
A Paris , le rs Juillet 1744.
P.S. Je ne fçais , M. comment j'ai oublié
de vous obferver que pour faciliter l'intelligence
des Oeuvres de Piété de S. Ephrem ,
dont on vient de donner la Traduction
l'habile Traducteur a mis à la tête de prefque
chaque Traité le fujet ou l'Analyfe du
Traité , tiré de l'Article de S. Ephrem , tel
qu'il eft compofé dans la Bibliotéque des
Auteurs Eccléfiaftiques , par Dom Remy
Ceillier , Bénédictin de la Congrégation de
S. Vanne.
Il me reste à exhorter ce pieux Traducteur
d'achever fon entrepriſe , c'est- à- dire ,
de nous donner de la même maniere , la fuite
des Oeuvres de Piété de S. Ephrem , tirée
de l'Edition entiere de fes Ouvrages , pour
l'honneur de la Religion , & pour l'avancement
fpirituel des Fidéles.
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798
p. 1761-1763
EPITRE, A M. H..... Chanoine de ..... sur son Sermon du Dimanche de la Passion.
Début :
Lorsque je vois H.... en Chaire, [...]
Mots clefs :
Ardeur , Discours, Voix
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EPITRE, A M. H..... Chanoine de ..... sur son Sermon du Dimanche de la Passion.
EPITRE ,
A M. H..... Chanoine de ..... fur foo
Sermon du
Dimanche de la Paffion.
L Orfque je vois H .... en Chaire ,
'Animé d'une fainte ardeur ,
S'élever contre le Pécheur ,
Il me femble voir , fous Tibere ;
De Jefus le Saint Précurseur ,
Dans le Défert , avec douceur ,
Nous remontrer notre miſere.
Hélas ! quand je le confidere ,
Quelle jufteffe en fes difcours !
Quelle pureté de Doctrine !
La Grace vient à fon fecours ;
Ah ! c'eſt en vain que je m'obſtine ;
C'eſt un vrai
mouvement du Ciel ,
Qui , pour que je te pûffe entendre
M'a fait entrer à Saint Michel:
Oui , c'eſt - là que je te vis prendre
La défenfe de l'Eternel ,
Et commeun autre Samuel ,
J
Pa
1762 MERCURE DE FRANCE
Par tes difcours faire répandre
Des larmes à tout Ifraël.
Ce n'eft pas la voix d'un Mortel ;
C'eft Dieu qui me force à me rendre.
Pourfuis , digne Prédicateur ;
Déclare hardiment la guerre
Aux crimes , au vice , à l'erreur ,
Qui , plus que jamais , fur la terre
Exerce à préſent ſa fureur ;
Pénetre jufqu'au fond du coeur
Du libertin , de ce faux frere ,
Qui , malgré le jour qui l'éclaire ,
Recherche encore avec ardeur ,
Comment il pourra faire taire
Cette voix , ce remords vengeur ,
Qui combat dans fon intérieur
Une femence falutaire ;
Exerce ta fainte ferveur ;
C'eft à la Vigne du Seigneur
Que tu dois travailler fans ceffe ,
Exhorte , parle , preffe ;
N'appréhende point les Cenfeurs ;
Imite tes Prédéceffeurs
Dans
A OUST. 1744.
1765
Dans cette carriere éclatante ;
La moiffon devient abondante ,
Et l'on a beſoin d'Ouvriers ;
Vole fur les pas des premiers ,
Qui , lors de l'Egliſe naiſſante ,
Kemporterent tant de Lauriers .
Par leur conduite édifiante.
Accepte ce petit Bouquet ,
Que de ma part on te préſente ;
Si ton ame eft reconnoiffante ,
Tu me garderas le fecret.
?
Ne cherche point à me connoître
Car ce feroit un tems perdu ;
Si mon nom ne t'eſt pas connu ,
Le tems te l'apprendra peut-être.
A M. H..... Chanoine de ..... fur foo
Sermon du
Dimanche de la Paffion.
L Orfque je vois H .... en Chaire ,
'Animé d'une fainte ardeur ,
S'élever contre le Pécheur ,
Il me femble voir , fous Tibere ;
De Jefus le Saint Précurseur ,
Dans le Défert , avec douceur ,
Nous remontrer notre miſere.
Hélas ! quand je le confidere ,
Quelle jufteffe en fes difcours !
Quelle pureté de Doctrine !
La Grace vient à fon fecours ;
Ah ! c'eſt en vain que je m'obſtine ;
C'eſt un vrai
mouvement du Ciel ,
Qui , pour que je te pûffe entendre
M'a fait entrer à Saint Michel:
Oui , c'eſt - là que je te vis prendre
La défenfe de l'Eternel ,
Et commeun autre Samuel ,
J
Pa
1762 MERCURE DE FRANCE
Par tes difcours faire répandre
Des larmes à tout Ifraël.
Ce n'eft pas la voix d'un Mortel ;
C'eft Dieu qui me force à me rendre.
Pourfuis , digne Prédicateur ;
Déclare hardiment la guerre
Aux crimes , au vice , à l'erreur ,
Qui , plus que jamais , fur la terre
Exerce à préſent ſa fureur ;
Pénetre jufqu'au fond du coeur
Du libertin , de ce faux frere ,
Qui , malgré le jour qui l'éclaire ,
Recherche encore avec ardeur ,
Comment il pourra faire taire
Cette voix , ce remords vengeur ,
Qui combat dans fon intérieur
Une femence falutaire ;
Exerce ta fainte ferveur ;
C'eft à la Vigne du Seigneur
Que tu dois travailler fans ceffe ,
Exhorte , parle , preffe ;
N'appréhende point les Cenfeurs ;
Imite tes Prédéceffeurs
Dans
A OUST. 1744.
1765
Dans cette carriere éclatante ;
La moiffon devient abondante ,
Et l'on a beſoin d'Ouvriers ;
Vole fur les pas des premiers ,
Qui , lors de l'Egliſe naiſſante ,
Kemporterent tant de Lauriers .
Par leur conduite édifiante.
Accepte ce petit Bouquet ,
Que de ma part on te préſente ;
Si ton ame eft reconnoiffante ,
Tu me garderas le fecret.
?
Ne cherche point à me connoître
Car ce feroit un tems perdu ;
Si mon nom ne t'eſt pas connu ,
Le tems te l'apprendra peut-être.
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799
p. 1828-1829
VII & VIII Vol. de la Collection des OEuvres de M. Bossuet, [titre d'après la table]
Début :
Le septiéme & le huitiéme Volumes de la Collection des Oeuvres de M. Bossuet, [...]
Mots clefs :
Oeuvres, Jacques Bénigne Bossuet
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : VII & VIII Vol. de la Collection des OEuvres de M. Bossuet, [titre d'après la table]
Le feptiéme & le huitiéme Volumes de
la Collection des Oeuvres de M. Boffuet
Evêque de Meaux , paroiffent depuis peu
Paris , chés le Mercier , la veuve Alix , Barois
, fils , & Boudet , Libraires , in-fol . 1744.
Le feptiéme Volume contient les Ecrits de
M. Boffuet , à l'occafion des difputes , qui fe
font élevées au fujet du Livre des Maximes
des Saints , la Politique tirée des propres paroles
de l'Ecriture-Sainte , & fon Traité fur
la Comédie. Le huitiéme comprend le Difcoursfur
l'Hiftoire Universelle , une Lettre
au Pape Innocent XI , avec la Réponſe .?
les
AOUST. 1744. 1829
les Oraifons Funébres , & le Difcours que
M. Boffuet prononça lorfqu'il fut reçû à
l'Académie Françoiſe,
la Collection des Oeuvres de M. Boffuet
Evêque de Meaux , paroiffent depuis peu
Paris , chés le Mercier , la veuve Alix , Barois
, fils , & Boudet , Libraires , in-fol . 1744.
Le feptiéme Volume contient les Ecrits de
M. Boffuet , à l'occafion des difputes , qui fe
font élevées au fujet du Livre des Maximes
des Saints , la Politique tirée des propres paroles
de l'Ecriture-Sainte , & fon Traité fur
la Comédie. Le huitiéme comprend le Difcoursfur
l'Hiftoire Universelle , une Lettre
au Pape Innocent XI , avec la Réponſe .?
les
AOUST. 1744. 1829
les Oraifons Funébres , & le Difcours que
M. Boffuet prononça lorfqu'il fut reçû à
l'Académie Françoiſe,
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800
p. 1833-1834
Essais d'Exhortations, &c. [titre d'après la table]
Début :
ESSAIS d'Exhortations, avant & après l'Administration du très-saint Viatique, [...]
Mots clefs :
Sacrements, Exhortations
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Essais d'Exhortations, &c. [titre d'après la table]
ESSAIS d'Exhortations , avant & après
l'Adminiſtration du très - faint Viatique'
des Sacremens de Batême , de l'Extrême-
Onction , & du Mariage , avec divers motifs.
& Actes pour la confolation des Malades ,
& des Mourans , & quelques Exhortations
pour les Fiançailles. Par un Prêtre de l'Oratoire
, 1 vol. in- 12 . de 544 pag . fans la Table
, & l'Avertiffement ; à Paris , chés le
Mercier , Imprimeur-Libraire de l'Hôtelde-
Ville , ruë S. Jacques , au Livre d'Or ,
M. DCC . XLIV .
Le feul Titre de ce Livre en fait connoître
l'importance , & marque la modeftie du
pieux Auteur , qui , fous le nom d'Eſſais ,
nous donne un Ouvrage achevé & des plus
édifians que la Piété Chrétienne puiffe défirer.
و د
» Il y a lieu de croire , dit * un des Doc-
» teurs en Théologie de la Faculté de Paris ,
qui l'ont approuvé , que cet Ouvrage fera
» très- utile à ceux qui font chargés de l'Ad-
»miniftration des Sacremens , & que l'onction
qui accompagne les paroles de la
* M. le Boyer , Théologal de l'Eglife de Toulouse.
F » Sain1834
MERCURE DE FRANCE.
» Sainte Ecriture , que l'Auteur a ramaffées
»avec foin , produira dans les Fidéles les
>> fentimens , dans lefquels ils doivent
» être , lorfqu'ils approchent des Sacremens.
l'Adminiſtration du très - faint Viatique'
des Sacremens de Batême , de l'Extrême-
Onction , & du Mariage , avec divers motifs.
& Actes pour la confolation des Malades ,
& des Mourans , & quelques Exhortations
pour les Fiançailles. Par un Prêtre de l'Oratoire
, 1 vol. in- 12 . de 544 pag . fans la Table
, & l'Avertiffement ; à Paris , chés le
Mercier , Imprimeur-Libraire de l'Hôtelde-
Ville , ruë S. Jacques , au Livre d'Or ,
M. DCC . XLIV .
Le feul Titre de ce Livre en fait connoître
l'importance , & marque la modeftie du
pieux Auteur , qui , fous le nom d'Eſſais ,
nous donne un Ouvrage achevé & des plus
édifians que la Piété Chrétienne puiffe défirer.
و د
» Il y a lieu de croire , dit * un des Doc-
» teurs en Théologie de la Faculté de Paris ,
qui l'ont approuvé , que cet Ouvrage fera
» très- utile à ceux qui font chargés de l'Ad-
»miniftration des Sacremens , & que l'onction
qui accompagne les paroles de la
* M. le Boyer , Théologal de l'Eglife de Toulouse.
F » Sain1834
MERCURE DE FRANCE.
» Sainte Ecriture , que l'Auteur a ramaffées
»avec foin , produira dans les Fidéles les
>> fentimens , dans lefquels ils doivent
» être , lorfqu'ils approchent des Sacremens.
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