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1
p. 187-212
Suite des Actions du Roy, qui n'ont pu avoir place dans le Prélude, [titre d'après la table]
Début :
Quoy que j'ay commencé ma Lettre par un grand nombre [...]
Mots clefs :
Actions, Roi, Revue de la garde, Régiments, Habits, Gratification, Soldats, Officiers, Conquérant, Amour du roi, Ouvrages, Mendiants, Déclaration, Bonté, Succès, Punition, Règlement, Ateliers, Détention, Peines, Bien du peuple, Gardiens, Bannissement, Condamnation , Justice, Arrêts, Voies d'eau, Exploitation, Eaux et forêts, Marine, Arrêt du Conseil d'État, Compagnie des Indes, Naufrages, Intendants, Ordres, Dettes, Créancier, Remboursement
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texteReconnaissance textuelle : Suite des Actions du Roy, qui n'ont pu avoir place dans le Prélude, [titre d'après la table]
Quoy quej'aye commencé
ma Lettre par ungrand nom
bre d'Actions du Roy , &
que je me propoſe ſouvent
Qij
188 MERCURE.
de n'en parler que dans ce
commencement , le nombre
en eſt neanmoins quelquefois
ſi grand en un ſeul mois,
que je me trouve obligé de
rompre cette régle , & de
mettre encore dans le Corps
de ma Lettre , un de ces Articles
à la maniere du Prélude
, qui en contiennent
pluſieurs autres. C'eſt un de
ceux- là que vous allez voir.
Lors que le Roy fit la Reveuë
du Régiment de ſes.
Gardes Françoiſes , dont je
vous ay parlé en vous mar
quant la propreté de leurs
+
GALANT. 189
Habits , ainſi que la magni.
ficence de ceux de leurs Officiers
, Sa Majefté donna des
gratifications à tous les Capitaines
qui avoient des Soldats
dans leur Compagnie
audelà du nombre compler,
On remarqua que ce Mo
narque avoit pris ce jour- là
un Habit pareil à ceux des
Officiers. Il n'y a rien qui
foit plus capable de gagner
les coeurs , que des manieres
auſſi obligeantes que celleslà
. Ce que je dis eft fi vray,
que quand les grands Conquérans
vouloient autrefois
190 MERCURE
s'acquérir les eſprits des Nations
qu'ils avoient ſoûmiſes,
ils paroiffoient devant les
Peuples avec les Habits or
dinaires à ces Nations . On
fçait que le Roy n'a beſoin
'd'aucun de ces moyens pour
"fe faire aimer ; mais il eſt fr
naturellement porté à faire
des chofes obligeantes pour
fes Sujets , qu'il les fait fans
avoir d'autre veue que celle
de leur montrer qu'il les aime
; & en effet , quand on
eſt auſſi aimable , auffi puif
fant, & auffi redouté que ce
Monarque , on n'eſt obligé
L
GALANT. 191
à nuls égards , de quelque
nature , & pour qui que ce
foit que ce puiffe eftre. Ce
grand Prince , qui ſe couche
rarement ſans avoir fait
des heureux , donna, ces
jours paffez une gratification
de cent mille livres à M² le
Maréchal de Humieres , en
confideration des ſervices
qu'il en a receus .
Je vous ay parlé au commencement
de cette Lettre
de divers Ouvrages entrepris
pour donner moyen de travailler
à ceux , qui ſans cela
manqueroient de ſubſiſtan192
MERCURE
ce. Vous connoiſtrez par la
Déclaration du Roy concernant
L'ordre des Ateliers publics ,
la punition des Mandians valides
, & Faineants , que c'eſt
ſeulement à Sa Majesté que
tant de malheureux doivent
cette grace. Le ſujet de cette
Déclaration eſt amplement
expliqué dans les paroles
ſuivantes qui luy ſervent de
Prélude. La bonté que nous
avons pour tous nos Sujets nous
engageant à procurer les moyens
de gagner leur vie à ceux qui
ont la volonté de s'employer aux
Ouvrages dont ils font capabless
1
GALANT. 193
le bon ordre que nous defirons
maintenirdans notre Royaume
, obligeant de contraindre à
travailler ceux qui parfaineantise
&par déreglement ne veulent
pasſeſervir utilement pour
eux , & pour leur Patrie , des
forces qu'il a plû à Dieu de leur
donner , Nous avons fait commencer
differens Ouvrages dans
les Provinces de nostre Etat ,
Nous avons appris avec beaucoup
de plaifir le fuccés que ces
entrepriſes ont eu juſques à cette
heure ; & comme il est juste que
ceux de nos Sujets de noſtre bonne
Ville de Paris , &de ses envi-
Avril 1685. R
194 MERCURE
rons , qui n'ont pas de Métier,
reçoivent la mesme grace , &
que rien ne peut estre plus effi
cace poury maintenir une bonne
Police , que d'occuper ainſi les
Faineants que sa grandeuryattire
, Nous avons ordonnéà nos
chers & bien amez les Prevoft
des Marchands ,
squi
Echevins
d'icelle , d'y faire continuer les
Ouvrages qui ont esté commen
cez pour ſon embelliffement ,
ſa commodité. Mais comme il
feroit impoffible que ce deſſein pust
réussir auſſi avantageusement que
nous defirons , fi nous n'établiſ
fions un ordre certain pour fon
GALANT. 195
execution ; d'ailleurs la pareffe
de ceux qui ne voudroient
pas y travailler dans un temps
où nous leurprocurons les moyens
de le faire avec utilité , meritant
encore une punition plus
fevere , nous avons estimé neceffaire
d'y pourvoirpar un Reglement
, qui aura lieu ſeule.
ment durant que les Ateliers
Publics feront ouverts. Ce Reglement
qui eſt expliqué fort
au long aprés ce Prélude ,
porte, Que tous Mandians valliiddeess,,
qquuooyy qu'ils ayent unMé..
tier, &tous Faineants & Va
gabonds,Sans Métier &fans
Rij
196 MERCURE
Employ , qui ne font pas natifs
de Paris, & de douze lieuës aux
environs , feront obligez de fe
retirer dans leur païs poury travailler
dans les Ateliers que l'on
ya établis د ou ailleurs , aux
Ouvrages dont ils feront capables
, à peine d'estre enfermez
durant un mois dans les Maifons
de Bicêtre de la Salpêtriere
pour la premiere fois , &
pour la seconde des Galeres durant
cinq ans , & du foüet
du carquan à l'égard des Femmes
,qui feront âgez les uns &
les autres de quinze ans of au
deſſus , & du foüet & d'une
i
GALANT. 197
plus longue détention dans les
mesmes Maiſons de Bicêtre
de la Salpétriere , pour les Garçons
& les Filles qui auront moins
de quinze ans. Il eſt enjoint
par le meſme Reglement à
tous Mandians valides , tant
Hommes & Femmes , qu'Enfans
au deffus de douze ans ,
natifs de Paris , & de douze
lieuës aux environs , ou qui s'y
font habituez depuis trois ans,
er qui auront la ſanté & la
force neceffaire pour travailler
aux Ouvrages Publics , ſoir
qu'ils ayent un Métier , foit
qu'ils n'en ayent pas , d'aller
RRi.iijij,
198 MERCURE
fier
bravailler aux Ateliers qui ont
efté ouverts , de s'enrolerà cet
effet fur le Registre quifera tenu
en l'Hostel de Ville par leGrefou
autre Officier commis
pour cela , avec défenſe à ceux
qui feront enrôlez de vaquer par
la Ville durant les heures qui
feront reglées pour le travail,
ny de quitter les Ateliers fans
un congé exprés de l'Officier préposé,
à peine pour les Contrevenans
, &c. Ces peines font
amplement expliquées , &
empefcheront qu'on ne voye
à l'avenir ce grand nombre
de Mandians dont on eſtoit
accablé.
i
GALANT. 199
)
Sa Majesté veillant ſans
ceſſe au bien de ſes Peuples,
a auſſi donné un Arreſt du
Confeil d'Estat concernant
le Contrôle des Exploits.
Cet Arreft porte , Que Sa
Majesté ayant esté informée que
quelques Commis an Controle
Pretendote
prétendoientse faire payer deux
droits de Contrôle pour chaque
Exploit de Saifie & Execution
de meubles qui font faites à la
requeſte des Receveurs des Tailles
, &des Collecteurs des Paroiſſes
; l'un pour la fignification
à celuy fur lequel la Saifie
a esté faite , l'autre pour
;
Riiij
200 MERCURE
celle qui se fait au Gardien de
ces meubles , Elle défend tresexpreffément
à Maistre Jean
Fauconnet, Fermier genéral des
Domaines , ſes Procureurs ,Commis
& Préposez , de percevoir
qu'un ſeul droit de Contrôle pour
chaque procés verbal de Saifie
Execution de Meubles
pour la fignification faite à la
Partie ſaiſie , que pour celle qui
Sera faite au Gardien & Dépoſitaire
de ces mesmes Meubles.
7
د
tant
Comme pluſieurs ne s'abſtiennent
de mal faire que
1
1
:
GALANT. 201
1
par la crainte qu'ils ont d'être
punis , la honte d'eſtre
condamnez à quelque peine
feroit peu capable de les
retenir , fi cette peine leur
ſembloit facile à éviter. 11
n'y a que celle du Bannifſement
qu'on trouve moyen
de ne fubir pas dans ſonentiere
rigueur. Ceux qui y
ſont condamnez ſont peu
reguliers à garder leur ban ;
& afin de remedier à cer
abus , il a eſtéordonné qu'a.
pres
prés leur condamnation on
leur liroit à l'avenir la Décla
ration du Roy , du 31. May
202. MERCURE
1682. faite fur ce ſujet : ce qui
fait connoiftre que ce Monarque
ne s'applique pas
moins à faire obſerver ce
que la Juſtice a reglé, qu'à
la faire rendre.
Il a auſſi paru depuis peu un
'Arrest du Conseil d'Estat touchant
la Vente & Exploitation
des Bois de haute- Fuſtaye appar
tenans aux Particuliers. Voicy
le commencement de cet
Arreft. Le Roy estant informé
qu'au préjudice de l' Article III.
duTitre des Bois appartenans aux
Particuliers , de l'Ordonnance de
l'année 1669. concernant lesEaux
GALANT. 203
à
Forests , &de l'Arrestdu 9..
Novembre 1683. portant défenſes
à ceux qui poffedent des Bois de
haute-Fuftaye fituezà fix lieuës
des Rivieres navigables ,
quinze lieuës de la Mer , de
les vendre & faire exploiter ,
qu'ils n'en ayent donné avis fix
mois auparavant au Contrôleur
genéral des Finances , & au
Grand - Maistredes Eaux &
Forests , aux peines portées par
ladite Ordonnance &Arreft, la
pluſpart des Proprietaires desBois
de haute-Fuftaye fituez à cette
distance de la Mer des Ri.
vieres navigables , les vendent,
204 MERCURE
qui
&les font exploiter ſans en don
ner avis , ce fait qu'on a de
la peine à trouver des bois propres
pour la conſtruction des
Vaiſſeaux dans les Ports &
Arcenaux de Marine de SaMajesté,
&que d'un autre costé les
Proprietaires deflits Bois qui
veulent executer l'Ordonnance
ne ſpachant pas précisément à
quoy elle les engage , font fouvent
troublez dans la vente &
exploitation de leurs Bois par les
obstacles qu'y apportent les Offi
ciers de la Marine , ou ceux des
Eaux & Forests , & estant
neceſſaire d'y pourvoir, Sa MaGALANT.
205
jesté , &c. Quoy que dans
la ſuite de l'Arreſt tout ſoit
reglé d'une maniere avantageuſe
pour la Marine , les
Particuliers qui ont des Bois
de haute- Fuſtaye ne laiſſent
pas d'avoir lieu d'eſtre contens.
Ainſi le Roy a trouvé
moyen de ſatisfaire au bien
de l'Estat ſans chagriner le
Particulier.
On a publié un autre Arreſt
du Conſeil d'Eftat , concernant
les Engagiſtes , Ufufruitiers
, & autres qui pof.
ſedent des Bois dépendans du
Domaine de Sa Majesté , à
206 MERCURE
titre de conceffion ou d'alienation.
Il porte , Que conformément
à l'Ordonnance de 1669.
ils ne pourront faire abatre à
l'avenir aucuns Bois de Fuſtaye.
ny Baliveaux fur Taillis , ny
aucuns autres Arbres , ſous quelque
prétexte que ce soit , qu'en
vertu de Lettres Patentes regi
ftrées aux Parlemens (t) aux
Chambres des Comptes , fur les
avis Procés verbaux des
Grands Maistres des Eaux &
Forests.
Il y a eu une nouvelle Déclaration
, qui regarde la
Compagnie des Indes Orien
GALANT. 207
tales. Je vous ay déja parlé
de pluſieurs choſes ſur ce
meſme ſujer. Cette derniere
Déclaration en eſt une ſuite,
& fait connoiftre que le Roy
continuë de s'intereſſer pour
le bien de ſon Eftat en genéral
, & pour celuy de ſes
Sujets en particulier.
Sa Majeſte fait encore paroiſtre
ſes ſoins pour la tranquillité
de ſon Peuple , par
-l'Arreſt du Conseil d'Eſtat
rendu le 8. de ce mois , fur
ce qu'elle a eſté informée
qu'il arrive journellement des
Naufrages deBarques & au
208 MERCURE
tres Bâtimens fur la Riviere
du Roſne , cauſez par des
Arbres qui ſe détachent des
Ifies & Iflots, qui ſe ſont formez
le long de cette Riviere
pat les Courans & les changemens
de Lits ; mefme qu'-
une Barque chargée de bleds,
deſtinez pour les Vivres de
Marine , a fait naufrage depuis
peu prés de Viviers. Pour
empefcher de ſemblables accidens
, Il est ordonné aux Particuliers
& Proprietaires de ces
Isles & Islots formez le long de
laRiviere du Rofne, dans l'étenduë
des Provinces de Languedoc,
1
GALANT. 209
Provence , & Dauphine , de
faire ôrer les gros Arbres quise
détacheront des Isles & Islots
qui leur appartiennent , énforte
que la Navigation n'enfoit pas
interrompuë ; & en cas de Naufrages
, &autres accidens caufez
parle détachement de ces Arbres,
les Confuls & Communautez
des lieux , vis-à- vis desquels ces
Isles & Slots sont fituez , en
demeureront reſponſables en leurs
propres & privez noms.
L'Arreft qui fuit , donné à
Verſailles le 14. de ce mois ,,
n'eſt pas moins utile aux Su--
jets du Roy. Ce Monarque
Avril 1685. S
210 MERCURE
ayant employé les Intendans.
&Commiſſaires départis pour
l'execution de fes ordres dans
les Provinces & Generalitez
du Royaume , à travailler à
la verification & liquidation
des Dettes deuës par les Vil
les& Communautez , en forteque
la plus grande partie
de ces Dettes qui estoient
tres- confiderables , fe trouvent
prefque aquitées , il eſt
arrivé que quelques Créan-
*ciers qui ont receu le rembourſement
de ce qui leur
eſtoit dû en tout ou en partie,
ſont venus tout de nouGALANT.
211
veau demander le payement
de leurs Créances; & par une
intelligence pratiquée avec
les Officiers des Villes &
Communautez , ont recelé
&cachéles Quittances, Comptes
, & autres Pieces qui
auroient pû ſervir à décou
vrir cette fraude. Sa Majeſté
avertie de ce defordre , a ordonnéQiue
les Créanciers , ou
autres estant en leurs draits , qui
demanderont aux Communautez
le payement des Dettes ,
tres choses à eux deuës , dont ils
auront este rembourſez ſuivant
lés Arrests de liquidation ,
au
;
:
S
Sij
212 MERCURE
qui auront esté paſſées en la dé
penſe des Comptes qui ont esté
rendus , des revenus & affaires
des Communautez auſquelles la
demande en ſera faite , feront
condamnez à la peine du quadruple
au profit desdites Communautez
, par les Intendans
Commiffaires départis dans les
Provinces & Genéralitez du
Royaume, &contraints au payement
comme pour les deniers&
affaires de Sa Majesté,ſans que
cette peine du quadruple puiſſe
estre réduite ny moderée pour
quelque cause
cefoit.
ma Lettre par ungrand nom
bre d'Actions du Roy , &
que je me propoſe ſouvent
Qij
188 MERCURE.
de n'en parler que dans ce
commencement , le nombre
en eſt neanmoins quelquefois
ſi grand en un ſeul mois,
que je me trouve obligé de
rompre cette régle , & de
mettre encore dans le Corps
de ma Lettre , un de ces Articles
à la maniere du Prélude
, qui en contiennent
pluſieurs autres. C'eſt un de
ceux- là que vous allez voir.
Lors que le Roy fit la Reveuë
du Régiment de ſes.
Gardes Françoiſes , dont je
vous ay parlé en vous mar
quant la propreté de leurs
+
GALANT. 189
Habits , ainſi que la magni.
ficence de ceux de leurs Officiers
, Sa Majefté donna des
gratifications à tous les Capitaines
qui avoient des Soldats
dans leur Compagnie
audelà du nombre compler,
On remarqua que ce Mo
narque avoit pris ce jour- là
un Habit pareil à ceux des
Officiers. Il n'y a rien qui
foit plus capable de gagner
les coeurs , que des manieres
auſſi obligeantes que celleslà
. Ce que je dis eft fi vray,
que quand les grands Conquérans
vouloient autrefois
190 MERCURE
s'acquérir les eſprits des Nations
qu'ils avoient ſoûmiſes,
ils paroiffoient devant les
Peuples avec les Habits or
dinaires à ces Nations . On
fçait que le Roy n'a beſoin
'd'aucun de ces moyens pour
"fe faire aimer ; mais il eſt fr
naturellement porté à faire
des chofes obligeantes pour
fes Sujets , qu'il les fait fans
avoir d'autre veue que celle
de leur montrer qu'il les aime
; & en effet , quand on
eſt auſſi aimable , auffi puif
fant, & auffi redouté que ce
Monarque , on n'eſt obligé
L
GALANT. 191
à nuls égards , de quelque
nature , & pour qui que ce
foit que ce puiffe eftre. Ce
grand Prince , qui ſe couche
rarement ſans avoir fait
des heureux , donna, ces
jours paffez une gratification
de cent mille livres à M² le
Maréchal de Humieres , en
confideration des ſervices
qu'il en a receus .
Je vous ay parlé au commencement
de cette Lettre
de divers Ouvrages entrepris
pour donner moyen de travailler
à ceux , qui ſans cela
manqueroient de ſubſiſtan192
MERCURE
ce. Vous connoiſtrez par la
Déclaration du Roy concernant
L'ordre des Ateliers publics ,
la punition des Mandians valides
, & Faineants , que c'eſt
ſeulement à Sa Majesté que
tant de malheureux doivent
cette grace. Le ſujet de cette
Déclaration eſt amplement
expliqué dans les paroles
ſuivantes qui luy ſervent de
Prélude. La bonté que nous
avons pour tous nos Sujets nous
engageant à procurer les moyens
de gagner leur vie à ceux qui
ont la volonté de s'employer aux
Ouvrages dont ils font capabless
1
GALANT. 193
le bon ordre que nous defirons
maintenirdans notre Royaume
, obligeant de contraindre à
travailler ceux qui parfaineantise
&par déreglement ne veulent
pasſeſervir utilement pour
eux , & pour leur Patrie , des
forces qu'il a plû à Dieu de leur
donner , Nous avons fait commencer
differens Ouvrages dans
les Provinces de nostre Etat ,
Nous avons appris avec beaucoup
de plaifir le fuccés que ces
entrepriſes ont eu juſques à cette
heure ; & comme il est juste que
ceux de nos Sujets de noſtre bonne
Ville de Paris , &de ses envi-
Avril 1685. R
194 MERCURE
rons , qui n'ont pas de Métier,
reçoivent la mesme grace , &
que rien ne peut estre plus effi
cace poury maintenir une bonne
Police , que d'occuper ainſi les
Faineants que sa grandeuryattire
, Nous avons ordonnéà nos
chers & bien amez les Prevoft
des Marchands ,
squi
Echevins
d'icelle , d'y faire continuer les
Ouvrages qui ont esté commen
cez pour ſon embelliffement ,
ſa commodité. Mais comme il
feroit impoffible que ce deſſein pust
réussir auſſi avantageusement que
nous defirons , fi nous n'établiſ
fions un ordre certain pour fon
GALANT. 195
execution ; d'ailleurs la pareffe
de ceux qui ne voudroient
pas y travailler dans un temps
où nous leurprocurons les moyens
de le faire avec utilité , meritant
encore une punition plus
fevere , nous avons estimé neceffaire
d'y pourvoirpar un Reglement
, qui aura lieu ſeule.
ment durant que les Ateliers
Publics feront ouverts. Ce Reglement
qui eſt expliqué fort
au long aprés ce Prélude ,
porte, Que tous Mandians valliiddeess,,
qquuooyy qu'ils ayent unMé..
tier, &tous Faineants & Va
gabonds,Sans Métier &fans
Rij
196 MERCURE
Employ , qui ne font pas natifs
de Paris, & de douze lieuës aux
environs , feront obligez de fe
retirer dans leur païs poury travailler
dans les Ateliers que l'on
ya établis د ou ailleurs , aux
Ouvrages dont ils feront capables
, à peine d'estre enfermez
durant un mois dans les Maifons
de Bicêtre de la Salpêtriere
pour la premiere fois , &
pour la seconde des Galeres durant
cinq ans , & du foüet
du carquan à l'égard des Femmes
,qui feront âgez les uns &
les autres de quinze ans of au
deſſus , & du foüet & d'une
i
GALANT. 197
plus longue détention dans les
mesmes Maiſons de Bicêtre
de la Salpétriere , pour les Garçons
& les Filles qui auront moins
de quinze ans. Il eſt enjoint
par le meſme Reglement à
tous Mandians valides , tant
Hommes & Femmes , qu'Enfans
au deffus de douze ans ,
natifs de Paris , & de douze
lieuës aux environs , ou qui s'y
font habituez depuis trois ans,
er qui auront la ſanté & la
force neceffaire pour travailler
aux Ouvrages Publics , ſoir
qu'ils ayent un Métier , foit
qu'ils n'en ayent pas , d'aller
RRi.iijij,
198 MERCURE
fier
bravailler aux Ateliers qui ont
efté ouverts , de s'enrolerà cet
effet fur le Registre quifera tenu
en l'Hostel de Ville par leGrefou
autre Officier commis
pour cela , avec défenſe à ceux
qui feront enrôlez de vaquer par
la Ville durant les heures qui
feront reglées pour le travail,
ny de quitter les Ateliers fans
un congé exprés de l'Officier préposé,
à peine pour les Contrevenans
, &c. Ces peines font
amplement expliquées , &
empefcheront qu'on ne voye
à l'avenir ce grand nombre
de Mandians dont on eſtoit
accablé.
i
GALANT. 199
)
Sa Majesté veillant ſans
ceſſe au bien de ſes Peuples,
a auſſi donné un Arreſt du
Confeil d'Estat concernant
le Contrôle des Exploits.
Cet Arreft porte , Que Sa
Majesté ayant esté informée que
quelques Commis an Controle
Pretendote
prétendoientse faire payer deux
droits de Contrôle pour chaque
Exploit de Saifie & Execution
de meubles qui font faites à la
requeſte des Receveurs des Tailles
, &des Collecteurs des Paroiſſes
; l'un pour la fignification
à celuy fur lequel la Saifie
a esté faite , l'autre pour
;
Riiij
200 MERCURE
celle qui se fait au Gardien de
ces meubles , Elle défend tresexpreffément
à Maistre Jean
Fauconnet, Fermier genéral des
Domaines , ſes Procureurs ,Commis
& Préposez , de percevoir
qu'un ſeul droit de Contrôle pour
chaque procés verbal de Saifie
Execution de Meubles
pour la fignification faite à la
Partie ſaiſie , que pour celle qui
Sera faite au Gardien & Dépoſitaire
de ces mesmes Meubles.
7
د
tant
Comme pluſieurs ne s'abſtiennent
de mal faire que
1
1
:
GALANT. 201
1
par la crainte qu'ils ont d'être
punis , la honte d'eſtre
condamnez à quelque peine
feroit peu capable de les
retenir , fi cette peine leur
ſembloit facile à éviter. 11
n'y a que celle du Bannifſement
qu'on trouve moyen
de ne fubir pas dans ſonentiere
rigueur. Ceux qui y
ſont condamnez ſont peu
reguliers à garder leur ban ;
& afin de remedier à cer
abus , il a eſtéordonné qu'a.
pres
prés leur condamnation on
leur liroit à l'avenir la Décla
ration du Roy , du 31. May
202. MERCURE
1682. faite fur ce ſujet : ce qui
fait connoiftre que ce Monarque
ne s'applique pas
moins à faire obſerver ce
que la Juſtice a reglé, qu'à
la faire rendre.
Il a auſſi paru depuis peu un
'Arrest du Conseil d'Estat touchant
la Vente & Exploitation
des Bois de haute- Fuſtaye appar
tenans aux Particuliers. Voicy
le commencement de cet
Arreft. Le Roy estant informé
qu'au préjudice de l' Article III.
duTitre des Bois appartenans aux
Particuliers , de l'Ordonnance de
l'année 1669. concernant lesEaux
GALANT. 203
à
Forests , &de l'Arrestdu 9..
Novembre 1683. portant défenſes
à ceux qui poffedent des Bois de
haute-Fuftaye fituezà fix lieuës
des Rivieres navigables ,
quinze lieuës de la Mer , de
les vendre & faire exploiter ,
qu'ils n'en ayent donné avis fix
mois auparavant au Contrôleur
genéral des Finances , & au
Grand - Maistredes Eaux &
Forests , aux peines portées par
ladite Ordonnance &Arreft, la
pluſpart des Proprietaires desBois
de haute-Fuftaye fituez à cette
distance de la Mer des Ri.
vieres navigables , les vendent,
204 MERCURE
qui
&les font exploiter ſans en don
ner avis , ce fait qu'on a de
la peine à trouver des bois propres
pour la conſtruction des
Vaiſſeaux dans les Ports &
Arcenaux de Marine de SaMajesté,
&que d'un autre costé les
Proprietaires deflits Bois qui
veulent executer l'Ordonnance
ne ſpachant pas précisément à
quoy elle les engage , font fouvent
troublez dans la vente &
exploitation de leurs Bois par les
obstacles qu'y apportent les Offi
ciers de la Marine , ou ceux des
Eaux & Forests , & estant
neceſſaire d'y pourvoir, Sa MaGALANT.
205
jesté , &c. Quoy que dans
la ſuite de l'Arreſt tout ſoit
reglé d'une maniere avantageuſe
pour la Marine , les
Particuliers qui ont des Bois
de haute- Fuſtaye ne laiſſent
pas d'avoir lieu d'eſtre contens.
Ainſi le Roy a trouvé
moyen de ſatisfaire au bien
de l'Estat ſans chagriner le
Particulier.
On a publié un autre Arreſt
du Conſeil d'Eftat , concernant
les Engagiſtes , Ufufruitiers
, & autres qui pof.
ſedent des Bois dépendans du
Domaine de Sa Majesté , à
206 MERCURE
titre de conceffion ou d'alienation.
Il porte , Que conformément
à l'Ordonnance de 1669.
ils ne pourront faire abatre à
l'avenir aucuns Bois de Fuſtaye.
ny Baliveaux fur Taillis , ny
aucuns autres Arbres , ſous quelque
prétexte que ce soit , qu'en
vertu de Lettres Patentes regi
ftrées aux Parlemens (t) aux
Chambres des Comptes , fur les
avis Procés verbaux des
Grands Maistres des Eaux &
Forests.
Il y a eu une nouvelle Déclaration
, qui regarde la
Compagnie des Indes Orien
GALANT. 207
tales. Je vous ay déja parlé
de pluſieurs choſes ſur ce
meſme ſujer. Cette derniere
Déclaration en eſt une ſuite,
& fait connoiftre que le Roy
continuë de s'intereſſer pour
le bien de ſon Eftat en genéral
, & pour celuy de ſes
Sujets en particulier.
Sa Majeſte fait encore paroiſtre
ſes ſoins pour la tranquillité
de ſon Peuple , par
-l'Arreſt du Conseil d'Eſtat
rendu le 8. de ce mois , fur
ce qu'elle a eſté informée
qu'il arrive journellement des
Naufrages deBarques & au
208 MERCURE
tres Bâtimens fur la Riviere
du Roſne , cauſez par des
Arbres qui ſe détachent des
Ifies & Iflots, qui ſe ſont formez
le long de cette Riviere
pat les Courans & les changemens
de Lits ; mefme qu'-
une Barque chargée de bleds,
deſtinez pour les Vivres de
Marine , a fait naufrage depuis
peu prés de Viviers. Pour
empefcher de ſemblables accidens
, Il est ordonné aux Particuliers
& Proprietaires de ces
Isles & Islots formez le long de
laRiviere du Rofne, dans l'étenduë
des Provinces de Languedoc,
1
GALANT. 209
Provence , & Dauphine , de
faire ôrer les gros Arbres quise
détacheront des Isles & Islots
qui leur appartiennent , énforte
que la Navigation n'enfoit pas
interrompuë ; & en cas de Naufrages
, &autres accidens caufez
parle détachement de ces Arbres,
les Confuls & Communautez
des lieux , vis-à- vis desquels ces
Isles & Slots sont fituez , en
demeureront reſponſables en leurs
propres & privez noms.
L'Arreft qui fuit , donné à
Verſailles le 14. de ce mois ,,
n'eſt pas moins utile aux Su--
jets du Roy. Ce Monarque
Avril 1685. S
210 MERCURE
ayant employé les Intendans.
&Commiſſaires départis pour
l'execution de fes ordres dans
les Provinces & Generalitez
du Royaume , à travailler à
la verification & liquidation
des Dettes deuës par les Vil
les& Communautez , en forteque
la plus grande partie
de ces Dettes qui estoient
tres- confiderables , fe trouvent
prefque aquitées , il eſt
arrivé que quelques Créan-
*ciers qui ont receu le rembourſement
de ce qui leur
eſtoit dû en tout ou en partie,
ſont venus tout de nouGALANT.
211
veau demander le payement
de leurs Créances; & par une
intelligence pratiquée avec
les Officiers des Villes &
Communautez , ont recelé
&cachéles Quittances, Comptes
, & autres Pieces qui
auroient pû ſervir à décou
vrir cette fraude. Sa Majeſté
avertie de ce defordre , a ordonnéQiue
les Créanciers , ou
autres estant en leurs draits , qui
demanderont aux Communautez
le payement des Dettes ,
tres choses à eux deuës , dont ils
auront este rembourſez ſuivant
lés Arrests de liquidation ,
au
;
:
S
Sij
212 MERCURE
qui auront esté paſſées en la dé
penſe des Comptes qui ont esté
rendus , des revenus & affaires
des Communautez auſquelles la
demande en ſera faite , feront
condamnez à la peine du quadruple
au profit desdites Communautez
, par les Intendans
Commiffaires départis dans les
Provinces & Genéralitez du
Royaume, &contraints au payement
comme pour les deniers&
affaires de Sa Majesté,ſans que
cette peine du quadruple puiſſe
estre réduite ny moderée pour
quelque cause
cefoit.
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Résumé : Suite des Actions du Roy, qui n'ont pu avoir place dans le Prélude, [titre d'après la table]
Le texte décrit diverses actions et décisions prises par le roi de France. Lors de la revue du Régiment des Gardes Françaises, le roi a distribué des gratifications aux capitaines ayant des effectifs supérieurs au nombre complet et a porté un habit similaire à celui des officiers, ce qui a été bien accueilli. Il a également accordé une gratification de cent mille livres au Maréchal de Humières pour ses services. Pour lutter contre la mendicité, le roi a mis en place des ateliers publics et puni les mendiants valides et les fainéants, tout en obligeant les non-natifs de Paris à retourner dans leur région d'origine pour y travailler. Le roi a également pris plusieurs mesures pour améliorer l'administration et la sécurité du royaume. Un arrêt a limité la perception des droits de contrôle à un seul droit par procès-verbal de saisie. Une déclaration royale a été lue aux condamnés pour renforcer l'application des peines de bannissement. Un autre arrêt a réglementé la vente et l'exploitation des bois de haute futaie, protégeant ainsi les intérêts de la marine royale et des propriétaires. Des mesures ont également été prises pour protéger la Compagnie des Indes Orientales et prévenir les naufrages sur le Rhône. En avril 1685, le roi a nommé des intendants et commissaires pour vérifier et liquider les dettes des villes et communautés. Pour lutter contre les fraudes, il a ordonné que les créanciers demandant le paiement de dettes déjà remboursées soient condamnés à payer le quadruple du montant dû, sans possibilité de réduction.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 1-14
METAMORPHOSE DU BUTOR EN SABOT.
Début :
La Métamorphose par laquelle je commence cette XXX. Lettre Extraordinaire / Dans l'enceinte des Murs où la petite Canche [...]
Mots clefs :
Métamorphose, Morale, Peintre, Terroir, Oiseaux, Beauté, Fortune, Cieux, Récits, Bonheur, Affection, Amants, Jardin, Injustice, Téméraire, Punition, Cruauté, Mort, Divin
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : METAMORPHOSE DU BUTOR EN SABOT.
6tia coutume d'inventer,
pourinstruirele Leffeurpar
quelque trait de Morale. UneAvantureauffi
plaijittJte que particulière, en
afourny lesujet, & ïAutheurs'est
diverty à la déguifer fous des noms
d'Oyséaux. Elle est écrired'unfiile
.fort naturel ,& veritable dans toutes
ses circonfiances. le ne nomme
point le lieu ou la chose est arrivée. Ilfùjjitquon la rapporte de la manitre
quetouts'estpassé, &isseroit
inutile de donnermoyen aux Curieux
de découvrir les Intéressez,.Quelque
avtrfionquon ait pour les Mtdisans
,surtoutpour ceux quisevantent
de faveurs receues des Belles,
J*bonnefieté veut qutonles épargne-,
quand ils ont*(ïé punis aussi rigoureusement
que le Cavalier qui a donné
Aim à ceque -v#waeezltre.
METAMORPHOSE
DU BU.TOR
EN SABOTDAm
ïençem'tdfrMfiria»Upetite.
Canche
SêmbUp4taf%GMtt>ûrsrltwrmr sur[el.
PM, V.don les brillm*C
"c'Issi. -,: ,,' -,,'\"¡N',
Sontandfjjfti de tart du Peintre &dele
Planche* - - Le Terroir abondant, les P-rez, les Boù,
les Eaux, ..; - 'A v"7 F"d- 'O.jfJ<'4Jotù.ei'<.V^n'.\j - "'r'tt '-04 \, l') ", Cefutlaque.fah4V*ntnh
Vn BHt" èblàmde ktivive, beauté
n'tuue Fauvette,&"desapropreté,
Fit un effortsursa nature. itantftnnid AHmilieu du grand,jour]
Pour luy conter Cexcèsdesen amour, Il sInhardlt & luy renditvisite;
Mais de/litué de conduite
Il neput s'arrester
jiu choix desa bonnefertune;
mtsans enfaire cas, il allafureter
DesNidsd'une Espêcecommune,
fOù pour certains égardsilfuttrès-bien
receu,
(Comme un nombre d'OJ[eAHX de difèrent
plumage, J)ontilnefuivitpasta règle&leménage
Son dessein avortantfitoflqu'issutconcen,
Bnforte qu'ilhauffkfon vol&sabrifte>
¡Cr,}"nt trouver par tout unevictoire •aisèe;• -• .:-
EtceBrutal audacieux
-, ':.
u CherchantdePlaceeilPldse,
Orporter bienprésdefCùux
-SApajfiQltr!Tr(Jn4IJd..
QuipourracroireyuHttBHtot
\Aitvoulu prendreun tel essars
Sachance luy sembloit trop bonne
Pour voirrien cféclatant qu'il»ettftosé
tenter,
Ce qui fémlet à visîterfAiglonne.
L'acneilqu'elle luyfitdevaitle contenter;
Mais par des récits teméraires
ZfEtourdyminal'état desesaffaires.-
Les Amansdaujourd'huysuivent cette,
leçon;
Moins ils ont defaveurs, plutilsenfont*
paroifire,
Et telsouventauroitpeine a connoiflrt
Celle qu'ilfaitfenfible afon ajfeflion.
Leur but ness plus la déférence,
Lefecret,oulaioüiffance.
Ilssefont de l'éclat un bonheursiparfait$,
Queces Extravagantpréfèrent laNou*
velle
Decequejamaisils nontfait
Ala peffejfionde la Causeréelle.
Maissans plus m'ilnefler à leur legèreté,
Et les abandonnant à leur peu de conduite
Contre qui la raison ç'irrite,
Revenons à noflrèEventé.
Jlfut a ptint introduitchez, l'Aiglonnet
QuJllnycontafesprêgrésgloriekx,
Etcrut gaigner une Couronne
JP<triadefcriptu'm des Lieux.
CetteReyne du Volatile,
CommennEspiontres-habile,
Feignit del'écouterpar admirâtion,
Pvkrinduire/onitifoletice
A plus grande narration,
Ëllepunirdtfonoffertse.
Ildit que la Fauvette estoit à petit prix,
Quesa ihtJe Alliance attiraitfin mépris;
Quedtttxautreune Effiece
étrangere
Sur elle nenchérifoientguém
-
Brefilosadansfinraport
Insulter a l'honneurd'uneagréable Pie,
Disant eju'illa mettoit au rang de la
charpie,
Pourefiresansdéfenseaupluspetit effort.
VAiglonneaimant la Pie, eut peineàse
contraindre,
ToutefoiseHecrut yuilfaloitencorfeindre,
Espérantvoir en pM de jours
Celles qu'ildédiireitparses lâches discours.
^Enfuit?ilrevitsesMaistresses,
Dont croyant obtenir quelques douces cth
refis,
Enruppoflmt un traitement bien doux,
Hfit uneféconde &femblakl* NouvelleJ
Mitpar unfauxrécit fAiglonne enfa*
rallele,
Excepté qu'ilparlade Jardin &deChoux.
Vn jour ellesse rencontrèrent
JPar un coup,du hasard danssonAparté"
ment,
Et comme elles cherchoientun éclirciffi.
ment,
Leurcommun intèreiffit<jmelless*acceptirent,
Et qu'un pareil motifleur échauffant le
caur,
Tout leurentretienfut du Calomniateur,
Dont l'utti blâmoit Ucaprice,
L'autre cenddrnnoit Cinjttjlice;
Et-defcs entretienstoutesfaifmt l'aveu^
T trouvaient beaucoup d'insolence,
Lors que l'Aiglonne entra, qui reconnutunfeu
Plusardent queceluy cjuinfpiroitsa pri.
fence.
J'ay, dit-elle en raillant. ce me semble,
observé
Sur vos visages quelques flames;
Vous devez bien ouvrir vos ames
A celle qui pour vous n'a rien de réservé.
Hélas! dit la Pie en colere,
Vous avez part à ce mistere;
Le Butor hautement devant moys'est
vanté
Qu'il faisoitdevous à sa guise.
Une autre interrompit, C'estce quilm'a
conté,
Et j'en demeuray sisurprise,
Que mon esprit en fut quelque temps
obscurcy.
Certes, dit la troisième, il mel'a dit aussi
11 vous l'a dit, reprit l'Aiglonne?
La Fauvetttaussi-tft tun accent tendre
ô- doux,
ÁJe}. répondit, Madame, jefrissonne
Quand je resve aux discoursqu'il avance
de vous..
Ah, l'Insolent,le Teméraire!
Je le feray ressouvenir,
Quoy qu'indigne de ma colere,
Des propos qu'il a sçû tenir;
Et pourvous obligerà suivre ma vangeance,
Apprenez que cetIndiscret,
Bien loin de garder le secret,
M'a fait sur vous pareille confidence,
O Justes Dieux! dirent elles alors,
Il faut luy mutiler le corps,
En prendre un châtiment qui lay-merrne
l'étonne,
Etle mette en état de donner de l'horreur.
N'allons passi loin, dit l'Aiglonne,
Il faut en toute chose avoir foin de l'honneur.
On doit mesme en Judicature
Agir avec proportion,
Etformer la punition
Sur le rang de celuy qui commet une
injure.
Plus il est élevé, plus le crime commis
Exige de peines cruelles;
Mais quand il part d'un Sex trop
soûmis,
Onle punit comme des bagatelles.
Ainsij'ordonne un châtiment
Digne d'un Butor insolent.
Etse retournantvtrs la Pie,
C'est à vous, m'a-t-on dit, seulement,
qu'ilsefie;
Par là nous pouvons profiter
De sa confiance crédule,
L'obligeant à vous visiter,
Demain seul dansvostre Cellule,
Oùjeferay portertrois ou quatre balais
Par mes plus robustes Valets.
Ce complot pris,onse retire
Dans le dejjein d'écorcherle bon Sire,
Qtûfuivantson tempérament,
Sa teflevuide & sans cervelle,
'^epouvant demeurer en repos us mo- -
mlnt
Vint Je brûler à la chandelle,
Ou-bien, si vous voulez., accomplitson ;v.dessin,
En rendant à la Pie un devoir clMUleflin.
Elle feinit deflreaffairée,
Et luy dit tendrement, Faites-moy le
plaisir
De me laisser toute cette soirée;
Demainnous nous verrons, seuls, &
plus à loisir.
Cet Idiotcroyantsafortune meilleure,
Dit,yyvierndray seul, ou je meure.-
Ilsortit, dormit peu, s'éveilla,se rendit
jiu lieuqu'ilpréfftmoit tint remply de
-* M". v-
Jugez*ejueltroublelesaisit, -
Voyanten tant de mains l'objet âtftsfu*
plices.
Il fçavùt que tout ses raports - Esitientfaux, ou peu ventables.
Aafft pour s'évaderfit-ildegrandsefforts,-
Mais il avoit a fai-eades lnéxorteblu,.
Quisansavoirégardasesfoibles raisons.
Crioient incessamment, Tuons, tuons,
tuons.
L'Aiglonnedit, Je sçay ce qu'on doit
auxImpies, la mort leur est. un châtiment trop
doux;
Mes deux Servantes, ou Harpies,
Luyferont rëssentirl'effet de moncouroux.
Allons vîte, qu'on le dépoüille,
Et que dans son fang on lemoüille.
Alors ces barbaresOyseaux,
Suivant leur naturelsauvage,
Imprimèrent auxreins de ceRoy desLou;
datifs
LesfangUns effets de leur rage,
Etpar des coups defouetfortementredoublez.
Lemirent en l'état qu'on peintles Fia-*
elle.
Ena-t-il assez,ditl'Aiglonne?
Non, répanditcetteTroupefélonne,
Il fautrecommencer, & ne se lasser pas
Montrez tout de nouveau la force de,
- vos bras.
Se levant cites empoignèrent
Les mtmbres quise préfentérettt.
L'une lesaisit par devant,
Celle-làparlespieds,celk-cy par les ailes,
rrandü que sanscesser deux Mègeres
cruelles
Le mirent en moins d'un infiant
Dansun étatsipitoyable,
IQue le récitsembleroit une Fable,
Le dépitles tenant tropfort
>
Tours'éteindre/queparsamort,
Quirieuftpasfaitsans douteunplus long
intervalle,
Sans le Dieu Mars, quiparcompàjfton
ClfllngeAtcflre de ce Bouffon
Dont il chérissoit la Caballe,
.En Itty donnant laformed'un Sabot*
JQttil ventfaut dépeindre en un mot.
Sans cesseildort, ou s'ils'éveille,
Ceflauseul bruit desapunition;
Nature en ce seul cas luy conferva lortitley
.:':. Comme umfurcfoifl à fin aJfUEHon*
* Sorte de Toupie sansferauboutd'en-bas,
dontles Enfans joüent, en la faisant tournât
avec un foüet de cuir.
Tant elle est rigmreufeÀpunir les tnfxmes
JQui disent lesfaveurs,ou le[cent des
Dames.
JUBEIRT, de laDoüanne
deLyon.
pourinstruirele Leffeurpar
quelque trait de Morale. UneAvantureauffi
plaijittJte que particulière, en
afourny lesujet, & ïAutheurs'est
diverty à la déguifer fous des noms
d'Oyséaux. Elle est écrired'unfiile
.fort naturel ,& veritable dans toutes
ses circonfiances. le ne nomme
point le lieu ou la chose est arrivée. Ilfùjjitquon la rapporte de la manitre
quetouts'estpassé, &isseroit
inutile de donnermoyen aux Curieux
de découvrir les Intéressez,.Quelque
avtrfionquon ait pour les Mtdisans
,surtoutpour ceux quisevantent
de faveurs receues des Belles,
J*bonnefieté veut qutonles épargne-,
quand ils ont*(ïé punis aussi rigoureusement
que le Cavalier qui a donné
Aim à ceque -v#waeezltre.
METAMORPHOSE
DU BU.TOR
EN SABOTDAm
ïençem'tdfrMfiria»Upetite.
Canche
SêmbUp4taf%GMtt>ûrsrltwrmr sur[el.
PM, V.don les brillm*C
"c'Issi. -,: ,,' -,,'\"¡N',
Sontandfjjfti de tart du Peintre &dele
Planche* - - Le Terroir abondant, les P-rez, les Boù,
les Eaux, ..; - 'A v"7 F"d- 'O.jfJ<'4Jotù.ei'<.V^n'.\j - "'r'tt '-04 \, l') ", Cefutlaque.fah4V*ntnh
Vn BHt" èblàmde ktivive, beauté
n'tuue Fauvette,&"desapropreté,
Fit un effortsursa nature. itantftnnid AHmilieu du grand,jour]
Pour luy conter Cexcèsdesen amour, Il sInhardlt & luy renditvisite;
Mais de/litué de conduite
Il neput s'arrester
jiu choix desa bonnefertune;
mtsans enfaire cas, il allafureter
DesNidsd'une Espêcecommune,
fOù pour certains égardsilfuttrès-bien
receu,
(Comme un nombre d'OJ[eAHX de difèrent
plumage, J)ontilnefuivitpasta règle&leménage
Son dessein avortantfitoflqu'issutconcen,
Bnforte qu'ilhauffkfon vol&sabrifte>
¡Cr,}"nt trouver par tout unevictoire •aisèe;• -• .:-
EtceBrutal audacieux
-, ':.
u CherchantdePlaceeilPldse,
Orporter bienprésdefCùux
-SApajfiQltr!Tr(Jn4IJd..
QuipourracroireyuHttBHtot
\Aitvoulu prendreun tel essars
Sachance luy sembloit trop bonne
Pour voirrien cféclatant qu'il»ettftosé
tenter,
Ce qui fémlet à visîterfAiglonne.
L'acneilqu'elle luyfitdevaitle contenter;
Mais par des récits teméraires
ZfEtourdyminal'état desesaffaires.-
Les Amansdaujourd'huysuivent cette,
leçon;
Moins ils ont defaveurs, plutilsenfont*
paroifire,
Et telsouventauroitpeine a connoiflrt
Celle qu'ilfaitfenfible afon ajfeflion.
Leur but ness plus la déférence,
Lefecret,oulaioüiffance.
Ilssefont de l'éclat un bonheursiparfait$,
Queces Extravagantpréfèrent laNou*
velle
Decequejamaisils nontfait
Ala peffejfionde la Causeréelle.
Maissans plus m'ilnefler à leur legèreté,
Et les abandonnant à leur peu de conduite
Contre qui la raison ç'irrite,
Revenons à noflrèEventé.
Jlfut a ptint introduitchez, l'Aiglonnet
QuJllnycontafesprêgrésgloriekx,
Etcrut gaigner une Couronne
JP<triadefcriptu'm des Lieux.
CetteReyne du Volatile,
CommennEspiontres-habile,
Feignit del'écouterpar admirâtion,
Pvkrinduire/onitifoletice
A plus grande narration,
Ëllepunirdtfonoffertse.
Ildit que la Fauvette estoit à petit prix,
Quesa ihtJe Alliance attiraitfin mépris;
Quedtttxautreune Effiece
étrangere
Sur elle nenchérifoientguém
-
Brefilosadansfinraport
Insulter a l'honneurd'uneagréable Pie,
Disant eju'illa mettoit au rang de la
charpie,
Pourefiresansdéfenseaupluspetit effort.
VAiglonneaimant la Pie, eut peineàse
contraindre,
ToutefoiseHecrut yuilfaloitencorfeindre,
Espérantvoir en pM de jours
Celles qu'ildédiireitparses lâches discours.
^Enfuit?ilrevitsesMaistresses,
Dont croyant obtenir quelques douces cth
refis,
Enruppoflmt un traitement bien doux,
Hfit uneféconde &femblakl* NouvelleJ
Mitpar unfauxrécit fAiglonne enfa*
rallele,
Excepté qu'ilparlade Jardin &deChoux.
Vn jour ellesse rencontrèrent
JPar un coup,du hasard danssonAparté"
ment,
Et comme elles cherchoientun éclirciffi.
ment,
Leurcommun intèreiffit<jmelless*acceptirent,
Et qu'un pareil motifleur échauffant le
caur,
Tout leurentretienfut du Calomniateur,
Dont l'utti blâmoit Ucaprice,
L'autre cenddrnnoit Cinjttjlice;
Et-defcs entretienstoutesfaifmt l'aveu^
T trouvaient beaucoup d'insolence,
Lors que l'Aiglonne entra, qui reconnutunfeu
Plusardent queceluy cjuinfpiroitsa pri.
fence.
J'ay, dit-elle en raillant. ce me semble,
observé
Sur vos visages quelques flames;
Vous devez bien ouvrir vos ames
A celle qui pour vous n'a rien de réservé.
Hélas! dit la Pie en colere,
Vous avez part à ce mistere;
Le Butor hautement devant moys'est
vanté
Qu'il faisoitdevous à sa guise.
Une autre interrompit, C'estce quilm'a
conté,
Et j'en demeuray sisurprise,
Que mon esprit en fut quelque temps
obscurcy.
Certes, dit la troisième, il mel'a dit aussi
11 vous l'a dit, reprit l'Aiglonne?
La Fauvetttaussi-tft tun accent tendre
ô- doux,
ÁJe}. répondit, Madame, jefrissonne
Quand je resve aux discoursqu'il avance
de vous..
Ah, l'Insolent,le Teméraire!
Je le feray ressouvenir,
Quoy qu'indigne de ma colere,
Des propos qu'il a sçû tenir;
Et pourvous obligerà suivre ma vangeance,
Apprenez que cetIndiscret,
Bien loin de garder le secret,
M'a fait sur vous pareille confidence,
O Justes Dieux! dirent elles alors,
Il faut luy mutiler le corps,
En prendre un châtiment qui lay-merrne
l'étonne,
Etle mette en état de donner de l'horreur.
N'allons passi loin, dit l'Aiglonne,
Il faut en toute chose avoir foin de l'honneur.
On doit mesme en Judicature
Agir avec proportion,
Etformer la punition
Sur le rang de celuy qui commet une
injure.
Plus il est élevé, plus le crime commis
Exige de peines cruelles;
Mais quand il part d'un Sex trop
soûmis,
Onle punit comme des bagatelles.
Ainsij'ordonne un châtiment
Digne d'un Butor insolent.
Etse retournantvtrs la Pie,
C'est à vous, m'a-t-on dit, seulement,
qu'ilsefie;
Par là nous pouvons profiter
De sa confiance crédule,
L'obligeant à vous visiter,
Demain seul dansvostre Cellule,
Oùjeferay portertrois ou quatre balais
Par mes plus robustes Valets.
Ce complot pris,onse retire
Dans le dejjein d'écorcherle bon Sire,
Qtûfuivantson tempérament,
Sa teflevuide & sans cervelle,
'^epouvant demeurer en repos us mo- -
mlnt
Vint Je brûler à la chandelle,
Ou-bien, si vous voulez., accomplitson ;v.dessin,
En rendant à la Pie un devoir clMUleflin.
Elle feinit deflreaffairée,
Et luy dit tendrement, Faites-moy le
plaisir
De me laisser toute cette soirée;
Demainnous nous verrons, seuls, &
plus à loisir.
Cet Idiotcroyantsafortune meilleure,
Dit,yyvierndray seul, ou je meure.-
Ilsortit, dormit peu, s'éveilla,se rendit
jiu lieuqu'ilpréfftmoit tint remply de
-* M". v-
Jugez*ejueltroublelesaisit, -
Voyanten tant de mains l'objet âtftsfu*
plices.
Il fçavùt que tout ses raports - Esitientfaux, ou peu ventables.
Aafft pour s'évaderfit-ildegrandsefforts,-
Mais il avoit a fai-eades lnéxorteblu,.
Quisansavoirégardasesfoibles raisons.
Crioient incessamment, Tuons, tuons,
tuons.
L'Aiglonnedit, Je sçay ce qu'on doit
auxImpies, la mort leur est. un châtiment trop
doux;
Mes deux Servantes, ou Harpies,
Luyferont rëssentirl'effet de moncouroux.
Allons vîte, qu'on le dépoüille,
Et que dans son fang on lemoüille.
Alors ces barbaresOyseaux,
Suivant leur naturelsauvage,
Imprimèrent auxreins de ceRoy desLou;
datifs
LesfangUns effets de leur rage,
Etpar des coups defouetfortementredoublez.
Lemirent en l'état qu'on peintles Fia-*
elle.
Ena-t-il assez,ditl'Aiglonne?
Non, répanditcetteTroupefélonne,
Il fautrecommencer, & ne se lasser pas
Montrez tout de nouveau la force de,
- vos bras.
Se levant cites empoignèrent
Les mtmbres quise préfentérettt.
L'une lesaisit par devant,
Celle-làparlespieds,celk-cy par les ailes,
rrandü que sanscesser deux Mègeres
cruelles
Le mirent en moins d'un infiant
Dansun étatsipitoyable,
IQue le récitsembleroit une Fable,
Le dépitles tenant tropfort
>
Tours'éteindre/queparsamort,
Quirieuftpasfaitsans douteunplus long
intervalle,
Sans le Dieu Mars, quiparcompàjfton
ClfllngeAtcflre de ce Bouffon
Dont il chérissoit la Caballe,
.En Itty donnant laformed'un Sabot*
JQttil ventfaut dépeindre en un mot.
Sans cesseildort, ou s'ils'éveille,
Ceflauseul bruit desapunition;
Nature en ce seul cas luy conferva lortitley
.:':. Comme umfurcfoifl à fin aJfUEHon*
* Sorte de Toupie sansferauboutd'en-bas,
dontles Enfans joüent, en la faisant tournât
avec un foüet de cuir.
Tant elle est rigmreufeÀpunir les tnfxmes
JQui disent lesfaveurs,ou le[cent des
Dames.
JUBEIRT, de laDoüanne
deLyon.
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Résumé : METAMORPHOSE DU BUTOR EN SABOT.
Le texte relate une fable moralisante où un bourdon, attiré par les faveurs d'une fauvette, se comporte de manière inappropriée en visitant les nids d'autres oiseaux. Cette conduite lui vaut une métamorphose en sabot d'Aimargues, une toupie utilisée par les enfants, symbolisant ainsi sa sottise. La morale de cette histoire est que les amants contemporains, comme le bourdon, privilégient l'apparence et les nouvelles conquêtes à la véritable affection et à la loyauté. Par ailleurs, le texte mentionne brièvement l'introduction d'un aiglonnet dont les exploits glorieux sont interrompus par la mort, accélérée par le dieu Mars.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3
p. 38-48
PARAPHRASE d'un fragment de Poësies Greques.
Début :
Par-delà le fleuve fatal [...]
Mots clefs :
Paraphrase, Fleuve fatal, Ombres, Forêt, Amours, Punition, Amants
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texteReconnaissance textuelle : PARAPHRASE d'un fragment de Poësies Greques.
PARAPHRASE
d'un fragment de
Poësies GL" reques.
PAr-dela le lfeuvefatal
Qui porte les mortssur (ononde,
Etqui roulesonnoircristal
Dans lesplaines de l'autremonde
;
Dans une forêt de cyprès
Sont des routes froides
&sombres,
Faites parla nature exprés
Pour la promenade des
ombres.
Là,malgrélarigueurdu
fort9
Les plus vieux rajeunis
vontse conterfleurettes
Et font revivre après
leurmort
Leurs amours é5leurs
amourettes.
Arrirvé dans ce basJejour
Comme vivan,t j'eus le
coeur tendre
yif resolus d'abordj d'apprendre
Commentonyfaisoitl'amour.
J'allai dans cette forêt
rJo.mbre,,-' Douce
Douce retraite des amans,
Et j'en apperçus un
grand nombre
Quipoussoient les beaux
sentimens.
Les uns gaischantoient
leurs maitresses,
Les autres étoient aux
abois
Llûprés de leurssires ti-
* greffes,
Et mouroient encore une
fois*
-
V:.
Là desbeuteztristes
eS pales
^Maudissant leurs feux
'violens y
Murmuroietcontre leurs
galans,
Et médifoient de leurs
rivales.
Parmi tant d'objets a-.
moureux
¡le. vis uneaviedesolées
Elle s'arrachait les cheveux
Dans lefonddl'unesomy
breallée.
Mille soûpirs qu'elle
pouBoit
Montroient quelle étoit
amoureuse :
CSepeondanit telle parois Aussi belle
que malheu-
Tout le monde diJàit!
Voila
Cette ame triste eS miferalrle
Etquoyqu'ellefût fort
aimable,
Tout le monde la lais
(bit là.
Ombre pleureuse ombre
crieuse,
M-êlas!lui dis-je en l'ac- costant,
Ametragique&declameuse
,
Qu'est-ce qui te tour*
mente tant ?
Chezlesmortssans ccremonte
On se parle ainsi brus
quement, Et l'on renonce au compliment
Désque l'onfortdecette
vie.
Qui que tusois, dit-elle,
helas!
Tu vois une ame malheureuse
, Furieusement amoureue-,,
Et quin'aime que des
ingrats.
Dtanos il'asutre monde j'é- belle
Maisrien , ne pouvoit
me touchera
J'étois fiere
, fétois
cruelle.,
Et fayots un coeur de
rocher.
Jétois pesse j'étois rieufe3
.-. Je traitois f!:J bruns fM
blondtns,
D'impcrtinens& de badins
Et je faisois, la précieusi.
Je rendois leursort dé-
-
plorable
Lors qu'ilsJe rangeoient
sousmaloy, ":
Et dés qu'ils Se don- -noient à moy
Je les donnais d'abord
< au diable.
C'étoit en vainquiU
senjlamozent.
Maintenant les Dieux
me punissent ; Je haïssois ceux qui mai*
moient,
Et j'aime ceux qui me
haissent.
Envain je Soûpire es
je gronde;
Les destins le veulent
ainsi,
Les prudes de ce premier
monde
Sontlesfollesde celui-ci,
d'un fragment de
Poësies GL" reques.
PAr-dela le lfeuvefatal
Qui porte les mortssur (ononde,
Etqui roulesonnoircristal
Dans lesplaines de l'autremonde
;
Dans une forêt de cyprès
Sont des routes froides
&sombres,
Faites parla nature exprés
Pour la promenade des
ombres.
Là,malgrélarigueurdu
fort9
Les plus vieux rajeunis
vontse conterfleurettes
Et font revivre après
leurmort
Leurs amours é5leurs
amourettes.
Arrirvé dans ce basJejour
Comme vivan,t j'eus le
coeur tendre
yif resolus d'abordj d'apprendre
Commentonyfaisoitl'amour.
J'allai dans cette forêt
rJo.mbre,,-' Douce
Douce retraite des amans,
Et j'en apperçus un
grand nombre
Quipoussoient les beaux
sentimens.
Les uns gaischantoient
leurs maitresses,
Les autres étoient aux
abois
Llûprés de leurssires ti-
* greffes,
Et mouroient encore une
fois*
-
V:.
Là desbeuteztristes
eS pales
^Maudissant leurs feux
'violens y
Murmuroietcontre leurs
galans,
Et médifoient de leurs
rivales.
Parmi tant d'objets a-.
moureux
¡le. vis uneaviedesolées
Elle s'arrachait les cheveux
Dans lefonddl'unesomy
breallée.
Mille soûpirs qu'elle
pouBoit
Montroient quelle étoit
amoureuse :
CSepeondanit telle parois Aussi belle
que malheu-
Tout le monde diJàit!
Voila
Cette ame triste eS miferalrle
Etquoyqu'ellefût fort
aimable,
Tout le monde la lais
(bit là.
Ombre pleureuse ombre
crieuse,
M-êlas!lui dis-je en l'ac- costant,
Ametragique&declameuse
,
Qu'est-ce qui te tour*
mente tant ?
Chezlesmortssans ccremonte
On se parle ainsi brus
quement, Et l'on renonce au compliment
Désque l'onfortdecette
vie.
Qui que tusois, dit-elle,
helas!
Tu vois une ame malheureuse
, Furieusement amoureue-,,
Et quin'aime que des
ingrats.
Dtanos il'asutre monde j'é- belle
Maisrien , ne pouvoit
me touchera
J'étois fiere
, fétois
cruelle.,
Et fayots un coeur de
rocher.
Jétois pesse j'étois rieufe3
.-. Je traitois f!:J bruns fM
blondtns,
D'impcrtinens& de badins
Et je faisois, la précieusi.
Je rendois leursort dé-
-
plorable
Lors qu'ilsJe rangeoient
sousmaloy, ":
Et dés qu'ils Se don- -noient à moy
Je les donnais d'abord
< au diable.
C'étoit en vainquiU
senjlamozent.
Maintenant les Dieux
me punissent ; Je haïssois ceux qui mai*
moient,
Et j'aime ceux qui me
haissent.
Envain je Soûpire es
je gronde;
Les destins le veulent
ainsi,
Les prudes de ce premier
monde
Sontlesfollesde celui-ci,
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Résumé : PARAPHRASE d'un fragment de Poësies Greques.
Le texte décrit un au-delà où les âmes des défunts se promènent et expriment leurs sentiments amoureux. Au-delà d'un fleuve fatal, dans une forêt de cyprès, les âmes rajeunies racontent leurs amours passées. Le narrateur observe divers couples : certains chantent leurs maîtresses, d'autres souffrent de passions non partagées. Une femme désolée attire son attention. Belle mais malheureuse, elle aime des ingrats. Elle révèle qu'elle était autrefois fière et cruelle, traitant mal ceux qui l'aimaient. Maintenant, elle est punie par les dieux, aimant ceux qui la haïssent. Les prudes de ce monde deviennent les folles de l'au-delà.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4
p. 1157-1159
TURQUIE.
Début :
On mande de Constantinople que la punition rigoureuse des Auteurs de la derniere révolution [...]
Mots clefs :
Constantinople, Punition, Révolution, Trésor, Faction, Rebelles, Étendard du prophète, Expédition
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texteReconnaissance textuelle : TURQUIE.
TURQUIE.
N mande de Constantinople que la punition
Origoureuse des Auteurs de la derniere
te , n'avoit pas empeché qu'il n'y eût encore des
troubles dans divers endroits de l'Asie , où les
Janissaires aprés avoir massacré la plupart de
leurs Chefs , se portoient aux dernieres extrémi
tés , sous pretexte qu'on leur retenoit leur solde ;
et que Sa Hautesse , pour prévenir les suites fàcheuses
de cette disposition à la révolte , avoit
fait tirer du Trésor vingt millions qu'on devoit
leur distribuer.
Mais voici ce que nous venons d'apprendre d'une
nouvelle revolte , par des Lettres de Constantinople
, dattées du 14. Avril , venues par la voye
de Vienne.
Le 25. Mars dernier , un Turc Albanois , de
la faction de Patrona Kalil , avoit assemblé 2000.
hommes de la même Nation dans la Place de la
Mosquée de Sultan Bajazet , et à l'heure de
minuit, cette Troupe avoit marché en corps chez
le Janissaire Aga , pour l'engager de se joindre
à eux , dans le dessein de détrôner le nouveau
Sultan , et de remettre à sa place le Sultan Achmet;
le Janissaire Aga s'étoit fort opposé à ce projet
séditieux , et il étoit allé la même nuit en
informer le Grand Seigneur. Ce Prince ordonna
sur le champ au Grand-Visir , au Mufty , et au
Capitan
1158 MERCURE DE FRANCE
Capitan Pacha d'assembler un Corps de Troupes,
et de les faire marcher dès la pointe du jour ,
pour dissiper ces Rébelles . Ces Troupes marche--
rent en bon ordre vers la place d'Atmeydan où
les Rébelles étoient campés , cette place étant
beaucoup plus spacieuse que celle du Sultan Ba
jazet où ils s'étoient d'abord affemblés . Le Grand-
Visir , le Mufty et le Capitan Pacha étoient à la
tête des Troupes du Grand- Seigneur , parmi lesquelles
il y avoit 600. Leventis ou Soldats de
Marine trés bien armés , le Mufty avoit à côté
de lui le fameux Etendart de Mahomet.
Les Rébelles sans s'étonner de voir arriver les
Troupes du G. S. en bon ordre , et bien disposés
à les charger , tirerent eux mêmes les premiers ,
avec cette circonstance qu'une bâle de Mousquet ,
ayant persé l'Etendart du Prophête , le Mufty en
fút si indigné , qu'il prononça sur le champ une
Sentence de mort contre tous les Rébelles ; ce
qui anima tellement les Troupes du G. S. qu'il
y cût un sanglant Combat , dans lequel plus de
300. Rébelles resterent sur la place , et les autres
furent dissipés.
Aprés cette expédition , le Grand Visir partagea
ses Troupes en deux corps, dont l'un resta
sur la même Place , et l'autre fût comandé pour
faire la Patrouille dans la Ville , et veiller à la
seureté publique,
Ces Letres ajoûtent que tous ceux qui furent
trouvés armés dans Constantinople fûrent étran
glés sur le champ . On croit que cette nouvelle
révolte a été suscitée par la Veuve du dernier G.
V.fille du Sultan déposé : elle a été , dit - on , étran
glée , mise dans un sac et jettée dans la Mer avec
une de ses confidentes .
Le G. S, a donné une Déclaration portant que
tous
MAY. 1731.
1159
tous ceux qui viendroient dénoncer des Rébelles
ou d'autres personnes qui pourroient avoir eu
quelque part à cette derniere révolte , auroient
quinze Aspres par jours de rente viagere. Cette
récompense a operé et opére tous les jours de
nouveaux châtimens exemplaires. Nous attendons
de plus amples circonstances de cet évenement ,
par des Vaisseaux partis de Constantinople le
30. Mars dernier.
N mande de Constantinople que la punition
Origoureuse des Auteurs de la derniere
te , n'avoit pas empeché qu'il n'y eût encore des
troubles dans divers endroits de l'Asie , où les
Janissaires aprés avoir massacré la plupart de
leurs Chefs , se portoient aux dernieres extrémi
tés , sous pretexte qu'on leur retenoit leur solde ;
et que Sa Hautesse , pour prévenir les suites fàcheuses
de cette disposition à la révolte , avoit
fait tirer du Trésor vingt millions qu'on devoit
leur distribuer.
Mais voici ce que nous venons d'apprendre d'une
nouvelle revolte , par des Lettres de Constantinople
, dattées du 14. Avril , venues par la voye
de Vienne.
Le 25. Mars dernier , un Turc Albanois , de
la faction de Patrona Kalil , avoit assemblé 2000.
hommes de la même Nation dans la Place de la
Mosquée de Sultan Bajazet , et à l'heure de
minuit, cette Troupe avoit marché en corps chez
le Janissaire Aga , pour l'engager de se joindre
à eux , dans le dessein de détrôner le nouveau
Sultan , et de remettre à sa place le Sultan Achmet;
le Janissaire Aga s'étoit fort opposé à ce projet
séditieux , et il étoit allé la même nuit en
informer le Grand Seigneur. Ce Prince ordonna
sur le champ au Grand-Visir , au Mufty , et au
Capitan
1158 MERCURE DE FRANCE
Capitan Pacha d'assembler un Corps de Troupes,
et de les faire marcher dès la pointe du jour ,
pour dissiper ces Rébelles . Ces Troupes marche--
rent en bon ordre vers la place d'Atmeydan où
les Rébelles étoient campés , cette place étant
beaucoup plus spacieuse que celle du Sultan Ba
jazet où ils s'étoient d'abord affemblés . Le Grand-
Visir , le Mufty et le Capitan Pacha étoient à la
tête des Troupes du Grand- Seigneur , parmi lesquelles
il y avoit 600. Leventis ou Soldats de
Marine trés bien armés , le Mufty avoit à côté
de lui le fameux Etendart de Mahomet.
Les Rébelles sans s'étonner de voir arriver les
Troupes du G. S. en bon ordre , et bien disposés
à les charger , tirerent eux mêmes les premiers ,
avec cette circonstance qu'une bâle de Mousquet ,
ayant persé l'Etendart du Prophête , le Mufty en
fút si indigné , qu'il prononça sur le champ une
Sentence de mort contre tous les Rébelles ; ce
qui anima tellement les Troupes du G. S. qu'il
y cût un sanglant Combat , dans lequel plus de
300. Rébelles resterent sur la place , et les autres
furent dissipés.
Aprés cette expédition , le Grand Visir partagea
ses Troupes en deux corps, dont l'un resta
sur la même Place , et l'autre fût comandé pour
faire la Patrouille dans la Ville , et veiller à la
seureté publique,
Ces Letres ajoûtent que tous ceux qui furent
trouvés armés dans Constantinople fûrent étran
glés sur le champ . On croit que cette nouvelle
révolte a été suscitée par la Veuve du dernier G.
V.fille du Sultan déposé : elle a été , dit - on , étran
glée , mise dans un sac et jettée dans la Mer avec
une de ses confidentes .
Le G. S, a donné une Déclaration portant que
tous
MAY. 1731.
1159
tous ceux qui viendroient dénoncer des Rébelles
ou d'autres personnes qui pourroient avoir eu
quelque part à cette derniere révolte , auroient
quinze Aspres par jours de rente viagere. Cette
récompense a operé et opére tous les jours de
nouveaux châtimens exemplaires. Nous attendons
de plus amples circonstances de cet évenement ,
par des Vaisseaux partis de Constantinople le
30. Mars dernier.
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Résumé : TURQUIE.
En Turquie, malgré la répression des auteurs de la dernière révolte, des troubles persistent en Asie, notamment parmi les Janissaires réclamant leur solde. Pour éviter une escalade, le sultan a distribué vingt millions de son trésor. Le 25 mars, un Albanais de la faction de Patrona Kalil a rassemblé 2000 hommes dans la mosquée de Sultan Bajazet pour destituer le nouveau sultan et rétablir le sultan Achmet. Informé, le sultan a ordonné au Grand-Visir, au Mufty et au Capitan Pacha de rassembler des troupes pour disperser les rebelles. Les troupes, incluant 600 Soldats de Marine, ont affronté les rebelles à la place d'Atmeydan. Après qu'une balle ait percé l'étendard de Mahomet, le Mufty a prononcé une sentence de mort contre les rebelles, intensifiant le combat. Plus de 300 rebelles ont été tués et les autres dispersés. Après la bataille, les troupes ont assuré la sécurité publique, exécutant ceux trouvés armés à Constantinople. La veuve du dernier sultan, fille du sultan déposé, a été exécutée pour avoir fomenté la révolte. Le sultan a offert une récompense de quinze aspres par jour de rente viagère pour la dénonciation de rebelles, entraînant de nouveaux châtiments exemplaires. Des informations supplémentaires sont attendues via des vaisseaux partis de Constantinople le 30 mars.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5
p. 605-611
EPITRE A URANIE, Contre les Impies.
Début :
Vous voulez donc, sage Uranie, [...]
Mots clefs :
Impies, Dieu, Orgueil, Punition, Vertu, Foi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EPITRE A URANIE, Contre les Impies.
EPITRE A URANIE
Contre les Impies..
Vous voulez donc , sage Uranie ,
Que je m'érige en Apôtre nouveau
Contre l'Impiété . qui d'une voix hardie
S'expliquant sans détour , sans voile , sans ban deau ,
Nous offre l'horrible tableau
Des fureurs dont elle est remplie ·
Maudit orgueil ! fausse Philosophie!
Que servent tes Leçons à l'aspect du tombeau
Quand on n'a point pensé qu'il est une autre,
vie ,
Et que l'on n'a suivi que l'empire des sens ş
I ij Dans
1
26 MERCURE DE FRANCE
Dans ses derniers momens , l'incrédule prophane ,
Gémit , peut- être tard , de ses égaremens.
Tout l'intimide et le condamne.
Heureux qui sur soi - même attentif, scrupuleux ,
Ne connoît que la foy , quand il voit un Mys- tere ,
Marchant d'un pas respectueux
Dans le chemin qui mene au Sanctuaire
Du Dieu mort sur la Croix , que le monde ré- vere.
Ce Dieu Tout- puissant laisse en une affreuse nuit ,
L'orgueilleux et le temeraire.
Implorons son secours , sa bonté nous conduit.
Gémissons et prions , sa grace nous éclaire ;
Les cœurs ingrats en font un Dieu sévere
Mais nous-mêmes plutôt nous devons nous haïr,
Nous , que le péché seul a rendus misérables
Nous seuls , qui devenus coupables
Sentons le droit qu'il a de nous punir.
Nous , enfin , qui, créés à lui-même semblables
Nous éloignons de lui , pour nous mieux ayilir.
On déshonore son Image,
;
Les crimes redoublez , chassent le repentir,
Et le plus grand des maux est de ne pas sentir
Que cet Etre indulgent , pour sauver son Qurage
Par
MARS. 1732 607
$
Par mille doux bienfaits ; cherche à nous pré
venir.
Les hommes ont armé leur fareur meurtriere
De la Religion sappé les fondemens ,
Ils devoient tous périr en même-temps se
Mais la bonté de Dieu , sauve des habitans
Pour instruire la Terre entiere ,
De la punition de ses déréglemens.
Le Déluge causa d'utiles changemens.
La Race qui devoit bien- tôt voir la lumiere
Sur des exemples innocens ,
Auroit dû de son cœur , regler les mouvemens.
Mais l'homme oublie encor qu'il est cendre et
poussiere ,
La Révolte , l'Orgueil , produisent des Titans
Qui dans leurs noirs forfaits , dans leurs empor
temens ,
Surpassent les horreurs de la Race premiere.
Dieu , loin de retirer ses bienfaits éclatans ,
Et par des châtimens sévéres;
Contre ces cœurs ingrats , armer les Elemens.
OO! prodige de grace !! ô8 Tendresse! ô Mysteres!!
Ce qu'il avoit promis à la foy de leurs Peres
Fidele en sa parole , il l'accorde aux Enfans.
Quand sonpeuple devient volage ,
Amateur insensé des superstitions
Il l'abandonne à l'esclavage ,
Ile rend le mépris des autres Nations ,
3
I iij Mais
608 MERCURE DE FRANCE
Mais aux yeux du Sauveur , qui montre sa Puis- sance ,
Tous les cœurs ne sont pas criminels , odieux :
Dans les Flancs d'une Vierge , il vient prendre
. naissance ,
La lumiere qui doit briller à tous les yeux
Se découvre déja sous les traits de l'enfance
Dans l'Etable de Betléhem.
Il fait de notre bien , son plus doux exercice
Mais , ô comble d'horreur ! l'ingrat Iduméen ,
Prépare au Saint des Saints , le plus honteux supplice !
Le Sang d'un Dieu coule pour nous.
Quelle victime , et plus noble et plus rare !
Tremblez, cœurs endurcis, et redoutez les coups,
Que sa justice vous prépare.
Dieu veut mourir pour le salut de tous.
Votre incrédulité , rend sa mort inutile,
Avez-vous mérité sa clémence facile ,
Vous qui n'êtes qu'objets de haine et de cou roux ?
Vous courez vous plonger en d'éternels abîmes
veut vous en tirer à force de bienfaits. ·
Peuple sans foy , lui seul peut compter tous vos crimes ,
Vous n'avez pas compté les biens qu'il vous a
faits.
Ce Dieu vous abandonne en sa juste colere ,
Mais, ( ce qu'il a promis à notre premier Pere)
Le
MARS. 1732. вод
Le salut va passer à cent Peuples divers.
La Vérité détruira le mensonge ,
Dieu dissipe la nuit où le crime les plonge ,
L'Evangile et la Grace éclairent l'Univers.
Amerique , vastes contrées ;
Peuples que Dieu fit naître aux portes du So- leil ,
Vous , Nations hyperborées ,
Qui languites long- temps dans un profond som : merl ,
De toutes vos erreurs , vous serez délivrées ,
Vous ouvrirez les yeux , apprenant qu'autrefois
Dieu daigna se faire Homme , aux plaines Idu-- mées ,
Vous ne rougirez point , le voyant sur la Croix ,
Et vous reconnoîtrez à cette digne Image ,
Le Dieu que l'on doit adorer.
Vous chercherez à l'honorer
Par un culte assidu , par un pieux hommage :..
Ce Vainqueur de la mort , entend du haut des Cieux ,
Une voix plaintive et sincere ;
Ouy, l'incrédulité peut seule lui déplaire ,
L'Impie est seul exécrable à ses yeux.
Qui ne connoîtra pas son Sauveur et son Pere ,
Ne méritera pas d'en être connu mieux.
Quels objets éclatans , viennent frapper ma vûë?
Je vois le CHRIST puissant et glorieux ,
Auprès de lui , dans une nuë ,
I j
Sa
ro MERCURE DE FRANCE..
Sa Croix se découvre à mes yeux ;
Sous ses pieds triomphans , la mort est abbatuë ,
Des Portes de l'Enfer , il sort victorieux,
Son regne est annoncé par la foy des Oracles ;
Son Trône est cimenté par le Sang des Martyrs ;
Tous les pas de ses Saints , sont autant de Miracles;
Il leur promet des biens plus grands que leurs désirs.
Ses Exemples sont saints , sa Morale est divine }
Il console en secret les cœurs qu'il illumine,
Par d'inexprimables plaisirs ;
Sa Sagesse éternelle a fondé sa doctrine ,
t
Nul n'est heureux , ni sage que par
Vous voyez pourtant , Uranic ,
Qu'on tâche d'obscurcir la sainte verité ,
lui.
Mais quel pouvoir , quel effort , quel génie ,
Détruira ja mais sa beauté ? も
Le Tres-haut a parlé; sa Lumiere immortelle
Eclaire , frappe, allume au fond de notre cœur
Pour le vrai Culte , une ardeur naturelle.
La foy , l'humilité , la bonté , la douceur ,
Habiteront sa demeure éternelle.
Devant son Trône , en tout temps , en toys.
lieux ,
Le cœur du Juste est précieux..
Il nous a déclaré qu'une ame charitable ,
Trouve toujours grace à ses yeux ,
Mais il hait l'orgueilleux , le cœur impitoyable ,
Et
MARS. 611 1732.
Et le superbe ambitieux.
Pour le prix de son sang , est-ce trop qu'on l'im
plore?
Ce Dieu que la vertu , que la foy seule honore :
Il régit l'Univers , et ses soins assidus ,
Daignent le conserver malgré nos injustices. "
Adorons ses bontez , offrons-lui des vertus ;
C'est le plus éloquent de tous les Sacrifices.
Contre les Impies..
Vous voulez donc , sage Uranie ,
Que je m'érige en Apôtre nouveau
Contre l'Impiété . qui d'une voix hardie
S'expliquant sans détour , sans voile , sans ban deau ,
Nous offre l'horrible tableau
Des fureurs dont elle est remplie ·
Maudit orgueil ! fausse Philosophie!
Que servent tes Leçons à l'aspect du tombeau
Quand on n'a point pensé qu'il est une autre,
vie ,
Et que l'on n'a suivi que l'empire des sens ş
I ij Dans
1
26 MERCURE DE FRANCE
Dans ses derniers momens , l'incrédule prophane ,
Gémit , peut- être tard , de ses égaremens.
Tout l'intimide et le condamne.
Heureux qui sur soi - même attentif, scrupuleux ,
Ne connoît que la foy , quand il voit un Mys- tere ,
Marchant d'un pas respectueux
Dans le chemin qui mene au Sanctuaire
Du Dieu mort sur la Croix , que le monde ré- vere.
Ce Dieu Tout- puissant laisse en une affreuse nuit ,
L'orgueilleux et le temeraire.
Implorons son secours , sa bonté nous conduit.
Gémissons et prions , sa grace nous éclaire ;
Les cœurs ingrats en font un Dieu sévere
Mais nous-mêmes plutôt nous devons nous haïr,
Nous , que le péché seul a rendus misérables
Nous seuls , qui devenus coupables
Sentons le droit qu'il a de nous punir.
Nous , enfin , qui, créés à lui-même semblables
Nous éloignons de lui , pour nous mieux ayilir.
On déshonore son Image,
;
Les crimes redoublez , chassent le repentir,
Et le plus grand des maux est de ne pas sentir
Que cet Etre indulgent , pour sauver son Qurage
Par
MARS. 1732 607
$
Par mille doux bienfaits ; cherche à nous pré
venir.
Les hommes ont armé leur fareur meurtriere
De la Religion sappé les fondemens ,
Ils devoient tous périr en même-temps se
Mais la bonté de Dieu , sauve des habitans
Pour instruire la Terre entiere ,
De la punition de ses déréglemens.
Le Déluge causa d'utiles changemens.
La Race qui devoit bien- tôt voir la lumiere
Sur des exemples innocens ,
Auroit dû de son cœur , regler les mouvemens.
Mais l'homme oublie encor qu'il est cendre et
poussiere ,
La Révolte , l'Orgueil , produisent des Titans
Qui dans leurs noirs forfaits , dans leurs empor
temens ,
Surpassent les horreurs de la Race premiere.
Dieu , loin de retirer ses bienfaits éclatans ,
Et par des châtimens sévéres;
Contre ces cœurs ingrats , armer les Elemens.
OO! prodige de grace !! ô8 Tendresse! ô Mysteres!!
Ce qu'il avoit promis à la foy de leurs Peres
Fidele en sa parole , il l'accorde aux Enfans.
Quand sonpeuple devient volage ,
Amateur insensé des superstitions
Il l'abandonne à l'esclavage ,
Ile rend le mépris des autres Nations ,
3
I iij Mais
608 MERCURE DE FRANCE
Mais aux yeux du Sauveur , qui montre sa Puis- sance ,
Tous les cœurs ne sont pas criminels , odieux :
Dans les Flancs d'une Vierge , il vient prendre
. naissance ,
La lumiere qui doit briller à tous les yeux
Se découvre déja sous les traits de l'enfance
Dans l'Etable de Betléhem.
Il fait de notre bien , son plus doux exercice
Mais , ô comble d'horreur ! l'ingrat Iduméen ,
Prépare au Saint des Saints , le plus honteux supplice !
Le Sang d'un Dieu coule pour nous.
Quelle victime , et plus noble et plus rare !
Tremblez, cœurs endurcis, et redoutez les coups,
Que sa justice vous prépare.
Dieu veut mourir pour le salut de tous.
Votre incrédulité , rend sa mort inutile,
Avez-vous mérité sa clémence facile ,
Vous qui n'êtes qu'objets de haine et de cou roux ?
Vous courez vous plonger en d'éternels abîmes
veut vous en tirer à force de bienfaits. ·
Peuple sans foy , lui seul peut compter tous vos crimes ,
Vous n'avez pas compté les biens qu'il vous a
faits.
Ce Dieu vous abandonne en sa juste colere ,
Mais, ( ce qu'il a promis à notre premier Pere)
Le
MARS. 1732. вод
Le salut va passer à cent Peuples divers.
La Vérité détruira le mensonge ,
Dieu dissipe la nuit où le crime les plonge ,
L'Evangile et la Grace éclairent l'Univers.
Amerique , vastes contrées ;
Peuples que Dieu fit naître aux portes du So- leil ,
Vous , Nations hyperborées ,
Qui languites long- temps dans un profond som : merl ,
De toutes vos erreurs , vous serez délivrées ,
Vous ouvrirez les yeux , apprenant qu'autrefois
Dieu daigna se faire Homme , aux plaines Idu-- mées ,
Vous ne rougirez point , le voyant sur la Croix ,
Et vous reconnoîtrez à cette digne Image ,
Le Dieu que l'on doit adorer.
Vous chercherez à l'honorer
Par un culte assidu , par un pieux hommage :..
Ce Vainqueur de la mort , entend du haut des Cieux ,
Une voix plaintive et sincere ;
Ouy, l'incrédulité peut seule lui déplaire ,
L'Impie est seul exécrable à ses yeux.
Qui ne connoîtra pas son Sauveur et son Pere ,
Ne méritera pas d'en être connu mieux.
Quels objets éclatans , viennent frapper ma vûë?
Je vois le CHRIST puissant et glorieux ,
Auprès de lui , dans une nuë ,
I j
Sa
ro MERCURE DE FRANCE..
Sa Croix se découvre à mes yeux ;
Sous ses pieds triomphans , la mort est abbatuë ,
Des Portes de l'Enfer , il sort victorieux,
Son regne est annoncé par la foy des Oracles ;
Son Trône est cimenté par le Sang des Martyrs ;
Tous les pas de ses Saints , sont autant de Miracles;
Il leur promet des biens plus grands que leurs désirs.
Ses Exemples sont saints , sa Morale est divine }
Il console en secret les cœurs qu'il illumine,
Par d'inexprimables plaisirs ;
Sa Sagesse éternelle a fondé sa doctrine ,
t
Nul n'est heureux , ni sage que par
Vous voyez pourtant , Uranic ,
Qu'on tâche d'obscurcir la sainte verité ,
lui.
Mais quel pouvoir , quel effort , quel génie ,
Détruira ja mais sa beauté ? も
Le Tres-haut a parlé; sa Lumiere immortelle
Eclaire , frappe, allume au fond de notre cœur
Pour le vrai Culte , une ardeur naturelle.
La foy , l'humilité , la bonté , la douceur ,
Habiteront sa demeure éternelle.
Devant son Trône , en tout temps , en toys.
lieux ,
Le cœur du Juste est précieux..
Il nous a déclaré qu'une ame charitable ,
Trouve toujours grace à ses yeux ,
Mais il hait l'orgueilleux , le cœur impitoyable ,
Et
MARS. 611 1732.
Et le superbe ambitieux.
Pour le prix de son sang , est-ce trop qu'on l'im
plore?
Ce Dieu que la vertu , que la foy seule honore :
Il régit l'Univers , et ses soins assidus ,
Daignent le conserver malgré nos injustices. "
Adorons ses bontez , offrons-lui des vertus ;
C'est le plus éloquent de tous les Sacrifices.
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Résumé : EPITRE A URANIE, Contre les Impies.
L'épître à Uranie critique l'impiété et l'orgueil, qualifiés de 'fausse Philosophie', qui conduisent à l'égarement et à la souffrance. Le texte met en garde contre les dangers de se fier uniquement aux sens sans considérer l'au-delà. Il souligne que même les incrédules peuvent regretter leurs erreurs à la fin de leur vie. Le bonheur est réservé à ceux qui respectent les mystères divins et suivent la foi chrétienne. Le texte évoque la miséricorde de Dieu, qui sauve les hommes malgré leurs péchés, et les avertit des conséquences de leurs actions. Il rappelle les châtiments divins, comme le Déluge, et la nécessité du repentir. La naissance et le sacrifice du Christ sont présentés comme des actes de salut pour l'humanité. Le texte appelle à la reconnaissance des bienfaits divins et à l'abandon de l'incrédulité. Il mentionne également la diffusion de la foi chrétienne à travers le monde, y compris en Amérique et chez les Nations hyperborées, invitant tous les peuples à adorer Dieu. Le Christ est décrit comme victorieux de la mort, son règne étant fondé sur la foi et le sang des martyrs. Le texte se termine par un appel à la foi, à l'humilité, à la bonté et à la douceur, et à l'adoration des bontés divines.
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6
p. 210
ESPAGNE.
Début :
Les habitants d'Oporto, en punition de leur révolte, sont condamnés à avoir chez [...]
Mots clefs :
Lisbonne, Porto, Punition, Troupes, Emprisonnement, Pendaison, Madrid, Corsaire anglais, Tirs
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
ESPAGNE.
DE LISBONNE , le 7 Mai.
Les habitans d'Oporto , en punition de leur révolte
, font condamnés à avoir chez eux , pendant
un temps illimité , un nombre confidérable de
troupes entretenus à leurs dépens. On a ôté au
peuple la prérogative d'avoir voix dans le Sénat.
Les Procureurs de la Ville , & les Corps de métiers
, font fupprimés à perpétuité . Plus de trois
cens perfonnes de tout rang ont été renfermées
dans diverfes prifons. Quoique le Juge du peuple
n'ait préſenté la requête des Bourgeois , qu'après
y avoir été contraint par les féditieux , la Sentence
prononcée contre lui , porte qu'il fera
amende honorable , la corde au col , & qu'il
fera conduit ainfi dans les principales rues par le
Bourreau.
DE MADRID , le 31 Mai.
Un Corfaire Anglois , ayant rencontré un
Vaiffeau des Caraques , a voulu le vifiter . Sur le
refus que ce dernier Bâtiment a fait d'amener
l'Anglois lui a tiré fa bordée , qui a tué deux Eſpagnols
, & en a bleffé plufieurs.
DE LISBONNE , le 7 Mai.
Les habitans d'Oporto , en punition de leur révolte
, font condamnés à avoir chez eux , pendant
un temps illimité , un nombre confidérable de
troupes entretenus à leurs dépens. On a ôté au
peuple la prérogative d'avoir voix dans le Sénat.
Les Procureurs de la Ville , & les Corps de métiers
, font fupprimés à perpétuité . Plus de trois
cens perfonnes de tout rang ont été renfermées
dans diverfes prifons. Quoique le Juge du peuple
n'ait préſenté la requête des Bourgeois , qu'après
y avoir été contraint par les féditieux , la Sentence
prononcée contre lui , porte qu'il fera
amende honorable , la corde au col , & qu'il
fera conduit ainfi dans les principales rues par le
Bourreau.
DE MADRID , le 31 Mai.
Un Corfaire Anglois , ayant rencontré un
Vaiffeau des Caraques , a voulu le vifiter . Sur le
refus que ce dernier Bâtiment a fait d'amener
l'Anglois lui a tiré fa bordée , qui a tué deux Eſpagnols
, & en a bleffé plufieurs.
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Résumé : ESPAGNE.
En Espagne et au Portugal, des mesures sévères sont prises contre les révoltés. À Oporto, les habitants doivent héberger des troupes à leurs frais, perdent leur droit de vote et voient leurs institutions supprimées. Plus de trois cents personnes sont emprisonnées. À Madrid, un corsaire anglais tue deux Espagnols après un refus de visite.
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7
p. 206-207
De l'Armée du Bas Rhin, le 24 Février.
Début :
Nous jouissons, dans nos quartiers, de toute la tranquillité qu'on peut desirer. [...]
Mots clefs :
Maréchal Broglie, Détachement, Protection, Villes, Armée alliée, Prince, Commandant, Landgrave, Général, Roi, Ordonnance, Régence, Rébellion matée, Punition, Magistrats
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texteReconnaissance textuelle : De l'Armée du Bas Rhin, le 24 Février.
De l'Armée du Bas Rhin , le 24 Février.
Nous jouillons , dans nos quartiers , de toute
Ia tranquillité qu'on peut defirer. Le Maréchal.
de Broglie a envoyé à Fulde un fort détachement ,
compofé de piquets de divers Régimens , fous les
ordres du fieur du Vair. Cette difpofition a pour
objet de protéger cette Ville , contre les partis de
F'Armée alliée , qui ne ceffoient d'y commettre
des exactions .
La Régence du Comté de Hanau , ayant reçu
la-nouvelle de la mort du Landgrave de Helle-
Caffel , en informa le Maréchal Duc de Broglie ;
& tout de fuite elle demanda au Prince de Robecq
, Commandant, pour le Roi de France, dans
la Ville de Hanau , la permiffion de notifier cet
événe nent aux Peuples : mais au lieu de cette
fimple notification , elle fit une eſpèce d'acte de
prife de poffeffion du Comté de Hanau , en faveur
du Prince Guillaume de Helle Caffel , fils
aîné du nouveau Landgrave . Comme certe entreprise
fut exécutée à l'infçu du Maréchal de
Broglie , dans un Pays qui ne peut & ne doit
reconnoître d'autre autorité que celle du Roi
de France , qui en a la poffeffion actuelle , par
le droit des armes , ce Général fit arrêter le 9 de
ce mois , les quatre principaux Officiers de cette
AVRIL. 1760. 207
Régence , & il les fit conduire dans une Maiſon
fûre,pour yêtre féparément & étroitement gardés,
jufqu'a ce qu'il eût reçu les ordres du Roi fon
Maitre en conféquence defquels , il fic fubie
hier le même fort aux autres Officiers de la Régence.
En même temps , il fit publier une Ordonnance
, qui , en annullant la proclamation
faite d'autorité privée par cette Régence , comme
attentatoire aux droits que les loix de la
guerre donnent à Sa Majeſté Trés - Chrétienne , &
en fufpendant les fonctions , condamne les
Membres qui la compofent , à refter en prifon ,
jufqu'à ce qu'ils ayent payé la fomme de deux
cens mille écus , en expiation de leur rébellion.
Cette punition paroîtra ſévère , au premier coup
d'oeil ; mais elle eft douce en comparaiſon des
traitemens rigoureux , que le Roi de Prulle fait
éprouver aux Magiftrats de Leipfick & autres
Villes . D'ailleurs , elle ne peut être que juſte ,
étant inoui que les Magiftrats d'un Pays occupé
par le droit des armes , oublient jufqu'à un tel
point leur devoir à l'égard de la Puiffance qui
les a foumis.
Nous jouillons , dans nos quartiers , de toute
Ia tranquillité qu'on peut defirer. Le Maréchal.
de Broglie a envoyé à Fulde un fort détachement ,
compofé de piquets de divers Régimens , fous les
ordres du fieur du Vair. Cette difpofition a pour
objet de protéger cette Ville , contre les partis de
F'Armée alliée , qui ne ceffoient d'y commettre
des exactions .
La Régence du Comté de Hanau , ayant reçu
la-nouvelle de la mort du Landgrave de Helle-
Caffel , en informa le Maréchal Duc de Broglie ;
& tout de fuite elle demanda au Prince de Robecq
, Commandant, pour le Roi de France, dans
la Ville de Hanau , la permiffion de notifier cet
événe nent aux Peuples : mais au lieu de cette
fimple notification , elle fit une eſpèce d'acte de
prife de poffeffion du Comté de Hanau , en faveur
du Prince Guillaume de Helle Caffel , fils
aîné du nouveau Landgrave . Comme certe entreprise
fut exécutée à l'infçu du Maréchal de
Broglie , dans un Pays qui ne peut & ne doit
reconnoître d'autre autorité que celle du Roi
de France , qui en a la poffeffion actuelle , par
le droit des armes , ce Général fit arrêter le 9 de
ce mois , les quatre principaux Officiers de cette
AVRIL. 1760. 207
Régence , & il les fit conduire dans une Maiſon
fûre,pour yêtre féparément & étroitement gardés,
jufqu'a ce qu'il eût reçu les ordres du Roi fon
Maitre en conféquence defquels , il fic fubie
hier le même fort aux autres Officiers de la Régence.
En même temps , il fit publier une Ordonnance
, qui , en annullant la proclamation
faite d'autorité privée par cette Régence , comme
attentatoire aux droits que les loix de la
guerre donnent à Sa Majeſté Trés - Chrétienne , &
en fufpendant les fonctions , condamne les
Membres qui la compofent , à refter en prifon ,
jufqu'à ce qu'ils ayent payé la fomme de deux
cens mille écus , en expiation de leur rébellion.
Cette punition paroîtra ſévère , au premier coup
d'oeil ; mais elle eft douce en comparaiſon des
traitemens rigoureux , que le Roi de Prulle fait
éprouver aux Magiftrats de Leipfick & autres
Villes . D'ailleurs , elle ne peut être que juſte ,
étant inoui que les Magiftrats d'un Pays occupé
par le droit des armes , oublient jufqu'à un tel
point leur devoir à l'égard de la Puiffance qui
les a foumis.
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Résumé : De l'Armée du Bas Rhin, le 24 Février.
Le 24 février, l'Armée du Bas-Rhin est en paix dans ses quartiers. Le maréchal de Broglie envoie un détachement à Fulde pour protéger la ville contre les exactions de l'Armée alliée. La Régence du Comté de Hanau informe le maréchal de Broglie de la mort du Landgrave de Hesse-Cassel et demande au Prince de Robecq la permission de notifier cet événement aux habitants. Profitant de cette occasion, la Régence proclame la prise de possession du Comté de Hanau en faveur du Prince Guillaume de Hesse-Cassel, fils aîné du nouveau Landgrave, sans l'aval du maréchal de Broglie. Cette action est perçue comme une atteinte aux droits du Roi de France, qui possède actuellement le Comté par le droit des armes. En conséquence, le maréchal fait arrêter les quatre principaux officiers de la Régence le 9 avril et les place en garde à vue. Il publie une ordonnance annulant la proclamation de la Régence, suspendant les fonctions de ses membres et les condamnant à payer une amende de deux cent mille écus pour expier leur rébellion. Cette punition est justifiée par l'oubli de leur devoir envers la puissance occupante.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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