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Liste
2451
p. 115-117
Fondation faite à Lyon pour des Prieres pendant les trois derniers jours du Carnaval, [titre d'après la table]
Début :
Vous sçavez, que suivant un usage tres-ancien, on expose [...]
Mots clefs :
Carnaval, Lyon, Fondation
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texteReconnaissance textuelle : Fondation faite à Lyon pour des Prieres pendant les trois derniers jours du Carnaval, [titre d'après la table]
Vous fçauez , que fuivant
un ufage tres ancien , on expofe tous les ans à Paris le S.
Sacrement pendant les trois
derniers jours du Carnaval ,
afin que pendant que les débau
ches de la faifon y regnent ,
faffe de continuelles Prieres
pour arrefter la colere de
Dieu ; c'est ce qui vient apparament de donner lieu à Me.
Pérrichon , un des plus confiKij
116 MERURE
>
derables Citoyens de Lyon ;
d'y faire une Fondation dans
l'Hôpital de la Charité , qui
fera beaucoup d'honneur à
fa Memoire. Il luy adonné un
fond pour faire chanter tous
les ans pendant les trois jours
du Carnaval une grande
Meffe avec Diacre , & SousDiacre , & qui doit cftre precédéc par une Priere en forme
de Sermon le matin. Il doit
y avoit l'aprés- dînée les Vefpres en Mufique ; il y aura
auffi Salut , & le Sermon qui
fera toujours fait par les plus
habiles Predicateurs. Les trois
GALANT 17
$
Prédicateurs qui ont ouvert
cette année la Fondation
font le Pere Epiphane de Lyon,
Provincial des Recolets , qui
fir l'Eloge en Chaire de Mr
Perrichon , qui fut fort
applaudi ; Mr Brunet , Chanoine Regulier de Saint Au
guftin de la Congregation de
Saint Ruf , qui prêche le Ca
refme à Sainte Croix , & le
Pere LombardJefuite.
un ufage tres ancien , on expofe tous les ans à Paris le S.
Sacrement pendant les trois
derniers jours du Carnaval ,
afin que pendant que les débau
ches de la faifon y regnent ,
faffe de continuelles Prieres
pour arrefter la colere de
Dieu ; c'est ce qui vient apparament de donner lieu à Me.
Pérrichon , un des plus confiKij
116 MERURE
>
derables Citoyens de Lyon ;
d'y faire une Fondation dans
l'Hôpital de la Charité , qui
fera beaucoup d'honneur à
fa Memoire. Il luy adonné un
fond pour faire chanter tous
les ans pendant les trois jours
du Carnaval une grande
Meffe avec Diacre , & SousDiacre , & qui doit cftre precédéc par une Priere en forme
de Sermon le matin. Il doit
y avoit l'aprés- dînée les Vefpres en Mufique ; il y aura
auffi Salut , & le Sermon qui
fera toujours fait par les plus
habiles Predicateurs. Les trois
GALANT 17
$
Prédicateurs qui ont ouvert
cette année la Fondation
font le Pere Epiphane de Lyon,
Provincial des Recolets , qui
fir l'Eloge en Chaire de Mr
Perrichon , qui fut fort
applaudi ; Mr Brunet , Chanoine Regulier de Saint Au
guftin de la Congregation de
Saint Ruf , qui prêche le Ca
refme à Sainte Croix , & le
Pere LombardJefuite.
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Résumé : Fondation faite à Lyon pour des Prieres pendant les trois derniers jours du Carnaval, [titre d'après la table]
À Paris, une ancienne tradition consiste à exposer le Saint-Sacrement les trois derniers jours du Carême pour prier et apaiser la colère divine après les excès du Carnaval. Inspiré par cette pratique, M. Pérrichon, un citoyen lyonnais respecté, a fondé une célébration annuelle à l'Hôpital de la Charité de Lyon. Cette célébration inclut une grande messe avec diacre et sous-diacre, précédée d'un sermon matinal. L'après-midi, des vêpres musicales, un salut et un autre sermon sont organisés, tous prononcés par des prédicateurs compétents. Cette année, les prédicateurs ayant ouvert la fondation sont le Père Épiphane de Lyon, provincial des Recolets, M. Brunet, chanoine régulier de Saint Augustin, et le Père Lombard, jésuite.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2452
p. 117-159
Second Article des morts, [titre d'après la table]
Début :
Je vous manday le mois passé la mort de Mr Fléchier Evêque [...]
Mots clefs :
Morts, Seigneur, Fille, Comte, Lyon
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Second Article des morts, [titre d'après la table]
Je vous mandayle mois paffe
la mort de Mr Fléchier Evêque
de Nifmes ,
feulement pour
vous l'annoncer & vous mar
quer que je vous en parlerois
>
118 MERCURE
plus amplement. Je tiens ma
parole ; mais je ne vous en
apprendray rien qui ne fort
beaucoup au - deffous de ce
qu'on pourroit dire d'un Prelat fi generalement eftimé.
Vous fçavez que l'efprit de
Mr Fléchier a brillé de fi bonne heure par des ouvrages de
toutes les fortes de caracteres
qui font diftinguer l'esprit des
hommes , que Mrs de l'Academie Françoife curent à peine
connu l'étendue de fon vafte
genic , & remarqué la pureté
de la Langue qui fe trouvoit
dans tous les ouvragés ?, qu'il
GALANT 119
fut choisi pour eftre un des.
Membres de ce fçavant Corps;
il n'eftoit pas encore élevé à
l'Epifcopat. Quand il s'eſt agi
de parler en Orateur , jamais
perfonne n'a porté plus loin
que luy l'Art Oratoire , & lors
qu'il s'eft agi de Vers , ceux
qu'il a faits ont toûjours paru
juftes & de fi bon gouft qu'
ils ont efté generalement eftimez. Auffia- t- il toûjours paffé
pour un homme univerfel. On
a toûjours remarqué dans fa
Profe , unparfait caractere d'éloquence , & formé fur les
meilleurs modeles des anciens
120 MERCURE
Romains quand il a parlé leur
Langue , & la même choſe a
paru lorfqu'il a parlé la noſtre.
Il a fait des Odes , & des Poëmes qui ont fait beaucoup
d'honneur à la France , & en
cela , il a imité les grands Prelats des premiers ficcles de l'Eglife , qui fregardoient cette
maniere d'écrire en Vers ,
des fujets utiles ou chretiens ,
& entr'autres Saint Paulin
Saint Profper , & Saint Gregoire de Nazianze , non comme un vain amuſement ; mais
comme une fainte & loüable
occupation , &ces grands Evêfur
ques
GALANT 12T
laiffoient
ques des premiers temps ne
pas d'eftre fort bons
Orateurs , quoy qu'ils fuffent
fort bons Poëtes ; plufieurs de
ces Prelats, ont comme Mr l'Evêque de Nifmes, compofé des
Hiftoires , des Oraiſons funebres & des Sermons qu'ils ont
laiffez àla pofterité. Il a fait l'hiftoire du Cardinal Commendon , qui eft écrite avec une
grande pureté de langage; celle
de l'Empereur Theodofe qu'il
a faite par ordre du Roy pour
l'inftruction de Monfeigneur
le Dauphin, & la Vie du Cardinal Ximenés que les EfpaMars 1710. Ꮮ
122 MERCURE
gnols ont Traduite en leur
Langue. Tous ces Ouvrages
font des temoignages authen
tiques & éternels de fa grande
habileté dans l'Art de bien
écrire & de bien parler ; mais
fes Oraifons funebres l'ont
immortalifé en immortalifant
ceux pour qui elles ont efté
faites. La Morale de JefusChriſt , y regne par tout ; ainfi
au lieu que la plupart des
Oraifons funebres n'ont fou .
vent cfté que des Eloges de
ceux pour qui elles ont efté
compofées, les fiennes ont toujours confondu la vanité du
GALANT 123
fiecle & fait triompher en mêmetemps l'humilité chreſtienne, & elles ont toûjours eſté
des Chef d'œuvres d'une Eloquence qui a toujours tout rapporté à Dieu , & qui n'a rien
eu de profane. Comme on n'a
pû les entendre fans tranſport,
on ne peut les lire fans en eftre
touché. Ainfi elles n'édifient
pas moins qu'elles furprennent , & ceux qui aiment les
vertus chreftiennes ,font charmezde les voir triompher dans
des Difcours où l'on n'a fouvent vû regner que les vertus
civiles & morales , politiques
ou guerrieres.
124 MERCURE
Quant à fes Sermons , foit
qu'il y ait fait des Eloges des
Saints , foit qu'il y ait inſtruit
familierement les peuples , ou
qu'il y ait parlé d'une maniere
plus relevée aux Teftes couronnées , onen a toujours efté
également charmé. On les a
toûjours admirez quand même on les a vûs dépoüillez de
l'action qui les animoit fi noblement. Comme il eftoit extrêmement verfé dans l'Ecriture , &inftruit à fond dans la
connoiffance des Peres , on n'y
trouvoit point de ces idées
communes &vagues qui n'ont
GALANT 125.
rien que de general , qui ne
tombent fur perfonne en particulier , & que perfonne ne
s'applique , ny de ces détails
dangereux qui fervent plutoft
àapprendre les intrigues du peché qu'à convertir le pecheur.
Mais ony voit des Dogmes qui
n'inftruifent que pour éclairer
& pour confondre ; une Morale qui ne plaift que pour toucher , & par tout dequoy raffafier les ames d'une agreable &
folide nourriture. Ony voit une
Morale qui n'eft ny lâche ny
fevere; des portraits des mœurs
de ce fiecle peints au naturel, &
Liij
126 MERCURE
formez fur la parfaite connoif.
fance qu'il avoit du cœur humain , & fur l'ufage du grand
monde.
Tous fes travaux extraordinaires , & tout le temps qu'il a
donné à l'étude du Cabinet ,
ne luy ont jamais empêché un
moment de fe confacrer au
bien de fon Diocefe. Il écoutoit tout le monde avec bonté ; il foûtenoit les interefts des
Pauvres avec žele , & fon exactitude eftoit grande à remplir
toutes les fonctions de la Prelature. Les dernieres qu'il a
faites ont efté non-feulement
GALANT 127
le charme de tout fon Diocefe;
mais auffi de toute l'Europe.
Ce font les deux Lettres Pattorales qu'il a faites pendant le
fort de la calamité publique.
Elles furent trouvées li rem
plies d'onction , &fi confolantes que les plus malheureux
aprés les avoir vûës, fouffroient
avec patience , & ſe faifoient
un plaifir de leur malheur. Jamais ouvrage n'a plus touché
les cœurs , & quoy que l'Evê.
que parlaft , il fembloit que
F'on n'entendoit parler que l'Ecriture. Ces Lettres ont elté
imprimées dans toutes les ProLiiij
128 MERCURE
vinces du Royaume , & il et
peu de Peres de familles qui ne
les confervent.
La mort a auffi enlevé M de
Longueval , fœur de MⓇ de la
Ferté Senecterre. Elle fut nommée Prieure de Noftre Dame
de Bon- fecours , Ordre de S.
Benoit au mois de Janvier
1705. par Monfieur l'Archevêque de Paris. Sa douceur &
fon exactitude à obferver toutes les Regles de fon Ordre la
font extrêmement regretter
de ſes Religieufes , & elles font
penetrées de la douleur
mort leur a caufée.
que fa
GALANT 129
e
Dame N..... Alleman de
Montmartin , veuve de Mre
N.... de Cinfrans de Vauferre , eft morte dans les Terres.
Elle eftoit fœur de Mr l'Evêque de Grenoble , & fille de
Gafpard 4 du nom , Seigneur
de Montmartin, Gafpard Alleman-Montmartin fon grand
pere époufa Jeanne de Loras ,
fille d'Abel de Loras , Chevalier de l'Ordre du Roy, & de
Marguerite du Pré. Il eftoit
frere de Madeleine Alleman
mariée à Claude du Fenoil ,
d'une Maiſon tres ancienne du
"
Lyonnois. Mr de Champier ,
130 MERCUR E
( Claude Alleman ) oncle de la
Dame qui vient de mourir , a
laiffé des enfans , fçavoir , Mr
le Marquis de Champier, Mr
l'Abbé de Champier Chanoine & grand Vicaire de Grenoble & feuë MⓇ la Marquife de
Belmont. Gafpard Alleman ,
fecond fils de Falque Alleman
Seigneur de la Roche Chenard
& de Françoiſe de Saint Pricft
forma la branche de Montmartin en 1556. Antoine Alleman fut Evêque de Cahors
dans le quinziéme fiecle ; Antoine fon frere en fut Archidiacre , & Charles Chanoine
GALANT IZE
de Gap & non Evêque , commel'ont cru quelques Auteurs..
Boniface Alleman fut Comte
de Lyon dans le quinzième fieclc. Laurent Alleman fur Evê
que de Grenoble fur la fin du
même fiecle. Il eut une fœur
mariée dans la Maifon du Terrail ; d'où vint Pierre troifiéme:
du nom , Seigneur du Terrail ,
dit le Chevalier Bayard , & fils
d'Aymon du Terrail. La Maifon des Alleman a formé jufqu'à vingt branches differentes , & c'eft une de ces branches qui a donné un celebre
Evêque à l'Eglife de Cahors..
132 MERCURE
Guichenon la fait defcendre
d'un Raoul Alleman , Prince
de Foucigny , qui vivoit en
1125. d'autres la font defcendre d'un Allemandus de Vrifiaco. M de Vauferre laiffe des
enfans. Il y en a un Chanoine
de S. Mauris de Vienne , &un
beau-frere qui en eſt Chantre.
Ils ont fuccedé l'un & l'autre
à Mr l'Evêque de Grenoble.
La Maiſon de feu M' de Vauferre, beau-frere de M' l'Evêque de Grenoble , eft tres- ancienne. Sufanne de Beaumont
de la Maifon du fameux Baron
des Adrets, eftant veuve du Ba-
GALANT 133
ron de Tarnavas de Piémont ,
époufa Cefar de Vauferre
dont les enfans prirent la qualité de Barons des Adrets ; & le
diftinguerent longtemps dans
la Profeffion des Armes.
Mc la Comteffe de Vauferre
qui vient de mourir avoit eſté
une des plus belles perfonnes
de fon temps ; elle eftoit fœur
de M' le Comte de Montmartin Lieutenant de Royde Dauphiné au département de Vienne; qui a épousé une fille de
Mrle Marquis de Puyfieux , &
qui avoit épousé en premieres
nôces Mlle de Seve , niece de
134 MERCURE
M' l'Evêque d'Arras , & fille
de feu Mr de Seve premier
Prefident du Parlement de
Mets , & Intendant de la Generalité des trois Evêchez
Mets, Toul & Verdun.
La Soeur Marie Therefe du
Saint Efprit la plus ancienne
Religieufe du Convent des
Carmelites de Lyon , y cft
morte âgée de 68. ans , & de
53. ans de Religion. Elle a
efté pendant fix ans Sou Prieure de cette Maiſon & longtemps Maitreffe des Novices ;
elle avoit le don d'Oraiſon
d'une maniere tout à fait fin-
MERCURE 135
guliere ; & elle eftoit dans une
grande réputation dans tout
fon Ordre. Elle s'eftoit fait
une fi grande habitude de la
pratique de l'humilité qu'elle
eftoit devenue comme infenfible à tout ce qui fatte les fens ;
c'eft à dire qu'elle n'écoutoit
plusla nature : on a remarqué
qu'elle a demeuré 33 .
fans fe chauffer , & elle jeûnoit
quelques jours de chaque
femaine , au pain & à l'cau.
Elle avoit perdu la vûë depuis
plufieurs années , & elle foutenoit une pareille affliction avec
une vertu & une patience qui
ans
136 MERCURE
édifioient depuis long- temps
fa Communauté. Elle renouvella quelque temps avant que
demourir ,fa Profeffion , c'eftà- dire,au bout des so ans ; dés
qu'elle eut fait cette Ceremonie , elle dit à toute la Communauté qu'elle ne tenoit plus à la
terre , qu'elle s'y regardoit comme
n'y eftantplus, & elle ne penfoit
plus qu'à l'Eternité ou tendoient tous fes defirs. Il fembloit que Dieu luyavoit donné
quelque lumiere fur letemps de
fa mott, car plus il approchoit
plus fa ferveur redoubloit
& elle ne ceffoit point de dire
GALANT 137
qu'elle touchoit à ſon terme &
que fa carriere alloit finir. Cette
Sainte Religieufe , eftoit de
Lyon , & fille de feu M' de
Chapuis , ancien Echevin de la
même Ville. Ce nom-là eft
fort confiderable à Lyon , où
il y a plufieurs Maiſons qui le
portent.
La mort dont je vais vous
parler , a cauſé un fi grand
mouvement qu'elle me donne
lieu de vous entretenir d'un
grand nombre de familles de
la plus haute diftinction , &
vous ferezfurpriſe d'apprendre
que les Comtes de Saint Jean
Mars 1710. M
138 MERCURE
de Lyon, ont vû leur Chapttre compofé de foixante &
quatorze fils de Rois.
Mre N....de Chaſteauneuf,
Chanoine de l'Eglife & Comte
de Lyon , & Chamarrier de la
même Eglife , cft mort âgé
d'environ 65. ans. Il eftoit oncle de Mr l'Evêque de Noyon,
& frere de Mr le Marquis de
Rochebonne , Commandant
dans le Lyonnois , Foréz &
Baujollois , & ci- devant Meſtre
de Camp dans le Regiment de
la Reine. Ce Comte eftoit oncle de feu Mr le Marquis de
Rochebonne , Commandant.
GALANT 139
).
le Regiment de Villeroy , &
qui fut tué à la Bataille de Malplaquet l'année derniere , &de
Mr l'Abbé de Rochebonne ,
Comte de Lyon , ci - devant
Chantre de la même Eglife , &
à prefent Chamarrier à la place de fon oncle. La dignité de
Chantre qui eft la quatrième de
l'Eglife ( celle de Chamarrier
n'eftant que la cinquième, mais
d'un plus grand revenu ) a efté
donnée à Mrle Comte de Sarron, & la place que ce mouvement a fait vacquer a eſté don
née à Mr l'Abbé de Lugny
de l'illuftre Maifon de Levy , &
Mij
140 MERCURE
petit-neveu de Mr l'Archevêque de Lyon; Mcla Marquife
de Lugny, mere du nouveau
Comte , cftant fœur de Mr le
Comte de Saint- Georges Précenteur de cette Eglife , &niece de Mr l'Archevêque. La
Maifon de Chaſteauneuf eſt
tres ancienne & tres- illuftrée ;
en voicy quelques preuves.
Agnés de Chateauneuf , fille
de Bernard de Chafteauneuf,
& d'une fille de la Maifon de
Clermont , époufa fur la fin du
quatorziéme fiecle Guigues Alleman , Seigneur d'Uriage ; on
difoit autrefois que la Maiſon
GALANT 141
des Alleman venoit des Souverains de Foucigny. Pierre de
Chafteauneuf, ayeul de celuy
qui donne lieu à cet Article ,
eftoit Chevalier de l'Ordre du
Roy, Capitaine de cinquante
hommes d'Armes , Sénéchal
du Puy & Bailly de Velay. Il
époufa Huguette d'Oin de la
Maifon de Feugeres, heritiere
univerfelle de Claude de Feugeres fonpere , &de Jacqueline de Montdor , fille de Zacha-
> rie Seigneur de Chamboſt , &
de Louiſe de la Liegue. Mr de
Chafteauneufn'eut point d'enfans de cette Dame , mais il en
142 MERCURE
fut heritier , c'eft pourquoy le
pere de celuy qui vient de mourir portoit la qualité de Marquis d'Oin , & un de fes freres
Comte de Lyon & Chantre de
la même Eglife , Comte de
Chamboft ; celuy - cy fut un
de ceux de fon temps qui
curent le plus de part en la
confiance de Mr de Villeroy
Archevefque de Lyon. Mr
de Chasteauneuf fon pere fut
pendant toute fa vie , fore
attaché à Mr d'Alincourt pere
de ce Prelat. Ifabeau de Talaru petite- niece du Cardinal de
ce nom , Archevêque de Lyon,
GALANT 143
époufa dans le quinziéme fieele Antoine de Chafteauneuf,
Seigneur de Ligniec en Foréz.
Elle eftoit fœur de Guillaume
de Talaru , Chanoine &Chantre & enfuite Archidiacre de
Lyon , & fille d'Antoine de
Talaru & d'Alix d'Albon
de la Maifon du Maréchal
de Saint André , & elle eftoit
niece d'Amé de Talaru Chanoine & enfuite Archevêque
aprés fon oncle le Cardinal.
Dans le quinziéme fiecle les.
Maifons de Talaru , & de
Chateauneuf, renouvellerent
leurs alliances par le Mariage
THE LAD
144 MERCURE
ге
de M Antoine de Chateauneuf Chevalier Seigneur de
Rochebonne avec Ifabelle
de Talaru
fille de Jean de
Talaru
qui forma
la branche
de Chalmazel
, & de Catherine
de la Tour d'Auvergne
, fille
d'Annet
de la Tour Seigneur
d'Oliergues
& de Beatrix
de
Chalençon
, c'est par là que
M de Rochebonne
font
alliez à M de Bouillon
& de
Polignac
; en 1521.
Claude
de Chateauneuf
Seigneur
de
Rochebonne
, époufa
Cathe
rine de Talaru
fille de Gaſpard
Seigneur
de Chalmazel
& de
Marguerite
rs
GALANT 145
Marguerite Raulin veuve de
Philibert de Grolée Baron de
Senefcey. Cette Dame eftoit
niéce du Cardinal Raulin , &
fa mere eftoit de la Maiſon de
Levi-coufan. Enfin un peu
aprés le milieu du penultiéme
fiecle Dame Anne le Long ,
fille de Pierre Seigneur de
Chenillac , & d'Anne Barton
des Vicomtes de Montbas
& veuvede François de Talaru
Seigneur de Chalmazel , qui
fut tué au Siége de la Rochelle
en 1573. épousa en ſecondes
nôces Pierre de Chafteauneuf
Mars 1710. N
146 MERCURE
re
Chevalier Seigneur de Rochebonne Capitaine de 50. hom
mes d'armes , alors veuf d'Huguette d'Oin dont j'ay parlé
& elle en cutle Marquis d'Oin ,
pere de celuy qui vient de
mourir & pere de M Jean de
Rochebonne Chevalier de
Saint Lazare en 1668. A toutes ces illuftres alliances Mude
$ Chafteauneuf , joignoit celles de Cruffol , d'Uzés , & de
Grignan , Malla Marquife de
Rochebonne d'aujourd'huy
mere de M'Evêque de
Noyon , eftant foeur de M
de Comte de Grignan Cheva-
GALANT 147
lier des Ordres du Roy , &
-fond Lieutenant General en
Provence, 210 , amma DePa
bhu M'de Comte de Sarron
3 qui aeu la dignité de Chantre
vacantepar le mouvement qu'a
caufé la mort de M de Chaf
⚫teauneufe, eft d'une naiffance
rres Aqualifiée comme vous
allez voir. André de Sarron,
Seigneur des Forges , époufa
5 dans l'année 1535. Charlotte
d'Amanzé fille den François
d'Amanzé , & de Catherine
de Semur , d'une illuftre Maifon deBourgogne. Philippine
der Sarron , fille d'Antoine
Nij
148 MERCURE
or d'Efpinay
2 & Ide
Catherine
de Sivricu époufa
Euftache
Arod , un des ayeux
de M.l'Abbé
de Saint Rob
main Ambaſſadeur
à Munſter
lots duTraité de Paix. Jean de
Sarron
Chevalier
Seigneur
des
Forges
en Beaujollois , Lieute
nant de la Compagnie
d'Or
donnance
de M le Marquis
d'Halincourt
grand
pere de
Mle Maréchal
de Villeroy
,
époufa
labeau
de Rebé fille
d'Eftienne
de Rebésin
& Ade
Françoile
de Chabeu
; &
veuve de M le Baron de Vaux.
Cette Dame
elloit niéce de
GALANT 149
fou Mr de RebéCommandeur
des Ordres du Roy , & Archos
vêque de Narbonne. Charlotte
de Sarcon épousa dans le pe
multiéme fiecle Claude de
Salemardyd'ou vint Jaqueline
de Salemard époufe de Louis
de Thelis , un des ayeux de
Ml'Abbéde Valorges ; enfin
Philippine de Sarron fille de
Guillaume de Sarron , &
d'Yolande de Gletteins époufa
Eftienne de Varennes , d'une
illuftre Maifon du Lyonnois ,
fille du Seigneur de Cendars ,
&deDauphine Arod. Mrle
Comte de Sarron, à un frere
N iij
150 MARCURE
cader à Saint Jean nommé
Mr le Comte des Forges La
dignité de Chantre attefte
poffedée par de grands hom
mes & fur tout par Amé de
Talaru Grand Canonifte &
qui eftant Député de l'Eglife
de Lyon , au Concile de Conf
tance , fut élu pendant fon
ábfence Archevêque de la
même Eglife.
Mr l'Abbé de Lugny qui
a2 eu le Comté vacant par cette mort, eſt de l'illuftre Maifon de Levi. Il eft allié à la
Maiſon d'Agoult & à celle de
Crequy à caufe de Blanche •
GALANY 351
Y
deLevi , fille de Gilbert de Le
vi & de Jacqueline Dumas, qui
époula Louis d'Agoult , Seis
gneur de Montauban fils de
Claude d'Agoult & de Louiſe
d'Agoult , fa coufine ; Marguerite de Levi , fille d'Euftache ,
Chevalier Seigneur de Quaylus , Ville-neuve , la Perriere ,
& d'Alix Dame de Coufan ,
épouſa en 1471. Guillaume
d'Albon , Seigneur de S. Forgeux , & des ayeux du Maréchal de Saint André. Louife de
Levi , fille de Jean Seigneur de
Coulan & de Loüife de Breffoles , d'une illuftre Maiſon
Niiij
152 MERURE
d'Auvergne & de Bourgogne
dont Mrs de Breffolles Previcu
font premiers Barons ,
époufa
en premieres nôces Annet de
Talaru Seigneur de Chalmazel, & en fecondes noces Guil
laume de Talaru fon coufine
Seigneur de la Grange ; du pre
mier lit elle eut unefille quien- i
tra dansla Maifon de Montaynard de Marcieux en Dauphiné.
Louife de Levi époufa Amé
de Talaru vers la fin du quint
ziéme fiecle .
Antoine de Levi
Seigneur de Vauvert , avoit
époufé Louife de Tournon ,
fille d'Odon de Tournon , Seis
GALANT 153
vyls
gneur de Beauchaftel & d'Anne de Corgenon. Odon eſtoit
grand oncle du celebre Cardinal de Tournon Archevêquer
de Lyon. Enfin Jacques de Levy Seigneur de Chafteaumorand époufa Louiſe de Tournon, Tœur du Cardinal , &petite niece d'Odon , dont je
viens deparler. Nos Rois font
Chanoines d'honneur de l'E2
glife de Lyon ; Charles VII.
le reconnut dans une Charte
accordée à cette Eglife. , ..
In illud confortium , dit- il , en
parlant de ce Chapitre, cui ratione Delphinatus & Ducatus.
154 MERCURE
Biturienfis adfcriptifumus. C'elt
donc comme Dauphins de
Viennois & Ducs de Berryque
les Rois de France ont la qua
fité de Chanoines d'honneur
de cette Eglife. Les Ducs de
Bourgogne l'eftoient detemps
immemorial , & les Dauphins
de Viennoiss eurent la même
qualité en 1228. &enfuite elle
fut accordée aux Ducsde Ber
ry. Derubis dit qu'en 1245;
ce Chapitre eftoit compofé de
74 fils de Rois.
I
DameCharlotte Madeleine
de Blaignac eft morte à Tou
loufe âgée de 40. ans, elle eftoit
GALANT 155
Alle de Mre Charles Dumont ,
Seigneur & Baron de Blaignac ,
Commiffaire & Infpecteur ge
neral de la Marine , GrandMaistre des Eaux & Forefts au
Département de Guyenne
homme d'un grand merite ; il
s'établit à Touloufe & époufa
Dame Marguerite de Voifins ,
defcendue des anciensComtes
do Touloufe ; il maria fa fille
avec Mre Jofeph de Gargas
Seigneur de Montrave & Remonville ,d'une des plus illuf
tres Maifons de Touloufe, qui
audonnénance Parlement un
tres-grand nombre de Magif
156 MERCURE
trats depuis fa creation . Elle
a cu de ce mariage deux gato
çons qui promettent tout ce
que l'on peut attendre des
perfonnes de cette naiffance.
On peut dire avec juftice que
cette Dame eftoit d'un me
rite qui fe faifoit diftinguer
entre les perfonnes de fon
fexe , & que la nature en avoit
formé un ouvrage parfait
Auffi eft elle generalement
regrettée de tous ceux qui
l'ont connue. Il ne reste plus
de cette famille que¡ Mre
Gabriel Dumont , Seigneur &
Baron de Blaignac fon frere
GALANT 159
ancien Officier de la Marine,
où il a fervi vingt- cinq ans , &
s'eft fort diftingué dans toures les occafions où il s'eft
trouvé. Il s'eft retiré depuis
quatre ans ; il a épousé AnneMarguerite de Befançon d'une des plus illuftres Maifons
de Paris , qui a donné à ce Par
lement un grand nombre de
Magiftrats depuis qu'il a efté
rendu fedentaire ; un Evêque
à fon Eglife , un Archevêque à
celle de Reims , &.aux Armées
plufieurs Lieutenans generaux,
& alliée aux meilleures Maifons du Royaume, Leur fepul-
158 MERCURE
turc eft auk Cordeliers dans la
Chapelle que fonda Hugues
de Befançon , Confeiller au
Parlement en 131420Mrsude
Bullion y ont leur fepulture à
caufe des alliances qu'ils cont
contractéesavec cette Maifon,
La famille de Mr Dumont eft
originaire de Bourgogne , où
clle eft alliée à la plus grande
partic des perfonnes du premier rang. Elle paffa il y a environ cent cinquante ans dans
de Pays du Maine , où elle prit
alliance avec la Maifon de
Beaumanoir , & avec d'autres
perfonnes de diftinction , &
#GALANT 159
elle eft à prefent fedentaire à
Toulouſe. Ceux de cette Maifon fervent de pere en fils depuis plus de 400. an
la mort de Mr Fléchier Evêque
de Nifmes ,
feulement pour
vous l'annoncer & vous mar
quer que je vous en parlerois
>
118 MERCURE
plus amplement. Je tiens ma
parole ; mais je ne vous en
apprendray rien qui ne fort
beaucoup au - deffous de ce
qu'on pourroit dire d'un Prelat fi generalement eftimé.
Vous fçavez que l'efprit de
Mr Fléchier a brillé de fi bonne heure par des ouvrages de
toutes les fortes de caracteres
qui font diftinguer l'esprit des
hommes , que Mrs de l'Academie Françoife curent à peine
connu l'étendue de fon vafte
genic , & remarqué la pureté
de la Langue qui fe trouvoit
dans tous les ouvragés ?, qu'il
GALANT 119
fut choisi pour eftre un des.
Membres de ce fçavant Corps;
il n'eftoit pas encore élevé à
l'Epifcopat. Quand il s'eſt agi
de parler en Orateur , jamais
perfonne n'a porté plus loin
que luy l'Art Oratoire , & lors
qu'il s'eft agi de Vers , ceux
qu'il a faits ont toûjours paru
juftes & de fi bon gouft qu'
ils ont efté generalement eftimez. Auffia- t- il toûjours paffé
pour un homme univerfel. On
a toûjours remarqué dans fa
Profe , unparfait caractere d'éloquence , & formé fur les
meilleurs modeles des anciens
120 MERCURE
Romains quand il a parlé leur
Langue , & la même choſe a
paru lorfqu'il a parlé la noſtre.
Il a fait des Odes , & des Poëmes qui ont fait beaucoup
d'honneur à la France , & en
cela , il a imité les grands Prelats des premiers ficcles de l'Eglife , qui fregardoient cette
maniere d'écrire en Vers ,
des fujets utiles ou chretiens ,
& entr'autres Saint Paulin
Saint Profper , & Saint Gregoire de Nazianze , non comme un vain amuſement ; mais
comme une fainte & loüable
occupation , &ces grands Evêfur
ques
GALANT 12T
laiffoient
ques des premiers temps ne
pas d'eftre fort bons
Orateurs , quoy qu'ils fuffent
fort bons Poëtes ; plufieurs de
ces Prelats, ont comme Mr l'Evêque de Nifmes, compofé des
Hiftoires , des Oraiſons funebres & des Sermons qu'ils ont
laiffez àla pofterité. Il a fait l'hiftoire du Cardinal Commendon , qui eft écrite avec une
grande pureté de langage; celle
de l'Empereur Theodofe qu'il
a faite par ordre du Roy pour
l'inftruction de Monfeigneur
le Dauphin, & la Vie du Cardinal Ximenés que les EfpaMars 1710. Ꮮ
122 MERCURE
gnols ont Traduite en leur
Langue. Tous ces Ouvrages
font des temoignages authen
tiques & éternels de fa grande
habileté dans l'Art de bien
écrire & de bien parler ; mais
fes Oraifons funebres l'ont
immortalifé en immortalifant
ceux pour qui elles ont efté
faites. La Morale de JefusChriſt , y regne par tout ; ainfi
au lieu que la plupart des
Oraifons funebres n'ont fou .
vent cfté que des Eloges de
ceux pour qui elles ont efté
compofées, les fiennes ont toujours confondu la vanité du
GALANT 123
fiecle & fait triompher en mêmetemps l'humilité chreſtienne, & elles ont toûjours eſté
des Chef d'œuvres d'une Eloquence qui a toujours tout rapporté à Dieu , & qui n'a rien
eu de profane. Comme on n'a
pû les entendre fans tranſport,
on ne peut les lire fans en eftre
touché. Ainfi elles n'édifient
pas moins qu'elles furprennent , & ceux qui aiment les
vertus chreftiennes ,font charmezde les voir triompher dans
des Difcours où l'on n'a fouvent vû regner que les vertus
civiles & morales , politiques
ou guerrieres.
124 MERCURE
Quant à fes Sermons , foit
qu'il y ait fait des Eloges des
Saints , foit qu'il y ait inſtruit
familierement les peuples , ou
qu'il y ait parlé d'une maniere
plus relevée aux Teftes couronnées , onen a toujours efté
également charmé. On les a
toûjours admirez quand même on les a vûs dépoüillez de
l'action qui les animoit fi noblement. Comme il eftoit extrêmement verfé dans l'Ecriture , &inftruit à fond dans la
connoiffance des Peres , on n'y
trouvoit point de ces idées
communes &vagues qui n'ont
GALANT 125.
rien que de general , qui ne
tombent fur perfonne en particulier , & que perfonne ne
s'applique , ny de ces détails
dangereux qui fervent plutoft
àapprendre les intrigues du peché qu'à convertir le pecheur.
Mais ony voit des Dogmes qui
n'inftruifent que pour éclairer
& pour confondre ; une Morale qui ne plaift que pour toucher , & par tout dequoy raffafier les ames d'une agreable &
folide nourriture. Ony voit une
Morale qui n'eft ny lâche ny
fevere; des portraits des mœurs
de ce fiecle peints au naturel, &
Liij
126 MERCURE
formez fur la parfaite connoif.
fance qu'il avoit du cœur humain , & fur l'ufage du grand
monde.
Tous fes travaux extraordinaires , & tout le temps qu'il a
donné à l'étude du Cabinet ,
ne luy ont jamais empêché un
moment de fe confacrer au
bien de fon Diocefe. Il écoutoit tout le monde avec bonté ; il foûtenoit les interefts des
Pauvres avec žele , & fon exactitude eftoit grande à remplir
toutes les fonctions de la Prelature. Les dernieres qu'il a
faites ont efté non-feulement
GALANT 127
le charme de tout fon Diocefe;
mais auffi de toute l'Europe.
Ce font les deux Lettres Pattorales qu'il a faites pendant le
fort de la calamité publique.
Elles furent trouvées li rem
plies d'onction , &fi confolantes que les plus malheureux
aprés les avoir vûës, fouffroient
avec patience , & ſe faifoient
un plaifir de leur malheur. Jamais ouvrage n'a plus touché
les cœurs , & quoy que l'Evê.
que parlaft , il fembloit que
F'on n'entendoit parler que l'Ecriture. Ces Lettres ont elté
imprimées dans toutes les ProLiiij
128 MERCURE
vinces du Royaume , & il et
peu de Peres de familles qui ne
les confervent.
La mort a auffi enlevé M de
Longueval , fœur de MⓇ de la
Ferté Senecterre. Elle fut nommée Prieure de Noftre Dame
de Bon- fecours , Ordre de S.
Benoit au mois de Janvier
1705. par Monfieur l'Archevêque de Paris. Sa douceur &
fon exactitude à obferver toutes les Regles de fon Ordre la
font extrêmement regretter
de ſes Religieufes , & elles font
penetrées de la douleur
mort leur a caufée.
que fa
GALANT 129
e
Dame N..... Alleman de
Montmartin , veuve de Mre
N.... de Cinfrans de Vauferre , eft morte dans les Terres.
Elle eftoit fœur de Mr l'Evêque de Grenoble , & fille de
Gafpard 4 du nom , Seigneur
de Montmartin, Gafpard Alleman-Montmartin fon grand
pere époufa Jeanne de Loras ,
fille d'Abel de Loras , Chevalier de l'Ordre du Roy, & de
Marguerite du Pré. Il eftoit
frere de Madeleine Alleman
mariée à Claude du Fenoil ,
d'une Maiſon tres ancienne du
"
Lyonnois. Mr de Champier ,
130 MERCUR E
( Claude Alleman ) oncle de la
Dame qui vient de mourir , a
laiffé des enfans , fçavoir , Mr
le Marquis de Champier, Mr
l'Abbé de Champier Chanoine & grand Vicaire de Grenoble & feuë MⓇ la Marquife de
Belmont. Gafpard Alleman ,
fecond fils de Falque Alleman
Seigneur de la Roche Chenard
& de Françoiſe de Saint Pricft
forma la branche de Montmartin en 1556. Antoine Alleman fut Evêque de Cahors
dans le quinziéme fiecle ; Antoine fon frere en fut Archidiacre , & Charles Chanoine
GALANT IZE
de Gap & non Evêque , commel'ont cru quelques Auteurs..
Boniface Alleman fut Comte
de Lyon dans le quinzième fieclc. Laurent Alleman fur Evê
que de Grenoble fur la fin du
même fiecle. Il eut une fœur
mariée dans la Maifon du Terrail ; d'où vint Pierre troifiéme:
du nom , Seigneur du Terrail ,
dit le Chevalier Bayard , & fils
d'Aymon du Terrail. La Maifon des Alleman a formé jufqu'à vingt branches differentes , & c'eft une de ces branches qui a donné un celebre
Evêque à l'Eglife de Cahors..
132 MERCURE
Guichenon la fait defcendre
d'un Raoul Alleman , Prince
de Foucigny , qui vivoit en
1125. d'autres la font defcendre d'un Allemandus de Vrifiaco. M de Vauferre laiffe des
enfans. Il y en a un Chanoine
de S. Mauris de Vienne , &un
beau-frere qui en eſt Chantre.
Ils ont fuccedé l'un & l'autre
à Mr l'Evêque de Grenoble.
La Maiſon de feu M' de Vauferre, beau-frere de M' l'Evêque de Grenoble , eft tres- ancienne. Sufanne de Beaumont
de la Maifon du fameux Baron
des Adrets, eftant veuve du Ba-
GALANT 133
ron de Tarnavas de Piémont ,
époufa Cefar de Vauferre
dont les enfans prirent la qualité de Barons des Adrets ; & le
diftinguerent longtemps dans
la Profeffion des Armes.
Mc la Comteffe de Vauferre
qui vient de mourir avoit eſté
une des plus belles perfonnes
de fon temps ; elle eftoit fœur
de M' le Comte de Montmartin Lieutenant de Royde Dauphiné au département de Vienne; qui a épousé une fille de
Mrle Marquis de Puyfieux , &
qui avoit épousé en premieres
nôces Mlle de Seve , niece de
134 MERCURE
M' l'Evêque d'Arras , & fille
de feu Mr de Seve premier
Prefident du Parlement de
Mets , & Intendant de la Generalité des trois Evêchez
Mets, Toul & Verdun.
La Soeur Marie Therefe du
Saint Efprit la plus ancienne
Religieufe du Convent des
Carmelites de Lyon , y cft
morte âgée de 68. ans , & de
53. ans de Religion. Elle a
efté pendant fix ans Sou Prieure de cette Maiſon & longtemps Maitreffe des Novices ;
elle avoit le don d'Oraiſon
d'une maniere tout à fait fin-
MERCURE 135
guliere ; & elle eftoit dans une
grande réputation dans tout
fon Ordre. Elle s'eftoit fait
une fi grande habitude de la
pratique de l'humilité qu'elle
eftoit devenue comme infenfible à tout ce qui fatte les fens ;
c'eft à dire qu'elle n'écoutoit
plusla nature : on a remarqué
qu'elle a demeuré 33 .
fans fe chauffer , & elle jeûnoit
quelques jours de chaque
femaine , au pain & à l'cau.
Elle avoit perdu la vûë depuis
plufieurs années , & elle foutenoit une pareille affliction avec
une vertu & une patience qui
ans
136 MERCURE
édifioient depuis long- temps
fa Communauté. Elle renouvella quelque temps avant que
demourir ,fa Profeffion , c'eftà- dire,au bout des so ans ; dés
qu'elle eut fait cette Ceremonie , elle dit à toute la Communauté qu'elle ne tenoit plus à la
terre , qu'elle s'y regardoit comme
n'y eftantplus, & elle ne penfoit
plus qu'à l'Eternité ou tendoient tous fes defirs. Il fembloit que Dieu luyavoit donné
quelque lumiere fur letemps de
fa mott, car plus il approchoit
plus fa ferveur redoubloit
& elle ne ceffoit point de dire
GALANT 137
qu'elle touchoit à ſon terme &
que fa carriere alloit finir. Cette
Sainte Religieufe , eftoit de
Lyon , & fille de feu M' de
Chapuis , ancien Echevin de la
même Ville. Ce nom-là eft
fort confiderable à Lyon , où
il y a plufieurs Maiſons qui le
portent.
La mort dont je vais vous
parler , a cauſé un fi grand
mouvement qu'elle me donne
lieu de vous entretenir d'un
grand nombre de familles de
la plus haute diftinction , &
vous ferezfurpriſe d'apprendre
que les Comtes de Saint Jean
Mars 1710. M
138 MERCURE
de Lyon, ont vû leur Chapttre compofé de foixante &
quatorze fils de Rois.
Mre N....de Chaſteauneuf,
Chanoine de l'Eglife & Comte
de Lyon , & Chamarrier de la
même Eglife , cft mort âgé
d'environ 65. ans. Il eftoit oncle de Mr l'Evêque de Noyon,
& frere de Mr le Marquis de
Rochebonne , Commandant
dans le Lyonnois , Foréz &
Baujollois , & ci- devant Meſtre
de Camp dans le Regiment de
la Reine. Ce Comte eftoit oncle de feu Mr le Marquis de
Rochebonne , Commandant.
GALANT 139
).
le Regiment de Villeroy , &
qui fut tué à la Bataille de Malplaquet l'année derniere , &de
Mr l'Abbé de Rochebonne ,
Comte de Lyon , ci - devant
Chantre de la même Eglife , &
à prefent Chamarrier à la place de fon oncle. La dignité de
Chantre qui eft la quatrième de
l'Eglife ( celle de Chamarrier
n'eftant que la cinquième, mais
d'un plus grand revenu ) a efté
donnée à Mrle Comte de Sarron, & la place que ce mouvement a fait vacquer a eſté don
née à Mr l'Abbé de Lugny
de l'illuftre Maifon de Levy , &
Mij
140 MERCURE
petit-neveu de Mr l'Archevêque de Lyon; Mcla Marquife
de Lugny, mere du nouveau
Comte , cftant fœur de Mr le
Comte de Saint- Georges Précenteur de cette Eglife , &niece de Mr l'Archevêque. La
Maifon de Chaſteauneuf eſt
tres ancienne & tres- illuftrée ;
en voicy quelques preuves.
Agnés de Chateauneuf , fille
de Bernard de Chafteauneuf,
& d'une fille de la Maifon de
Clermont , époufa fur la fin du
quatorziéme fiecle Guigues Alleman , Seigneur d'Uriage ; on
difoit autrefois que la Maiſon
GALANT 141
des Alleman venoit des Souverains de Foucigny. Pierre de
Chafteauneuf, ayeul de celuy
qui donne lieu à cet Article ,
eftoit Chevalier de l'Ordre du
Roy, Capitaine de cinquante
hommes d'Armes , Sénéchal
du Puy & Bailly de Velay. Il
époufa Huguette d'Oin de la
Maifon de Feugeres, heritiere
univerfelle de Claude de Feugeres fonpere , &de Jacqueline de Montdor , fille de Zacha-
> rie Seigneur de Chamboſt , &
de Louiſe de la Liegue. Mr de
Chafteauneufn'eut point d'enfans de cette Dame , mais il en
142 MERCURE
fut heritier , c'eft pourquoy le
pere de celuy qui vient de mourir portoit la qualité de Marquis d'Oin , & un de fes freres
Comte de Lyon & Chantre de
la même Eglife , Comte de
Chamboft ; celuy - cy fut un
de ceux de fon temps qui
curent le plus de part en la
confiance de Mr de Villeroy
Archevefque de Lyon. Mr
de Chasteauneuf fon pere fut
pendant toute fa vie , fore
attaché à Mr d'Alincourt pere
de ce Prelat. Ifabeau de Talaru petite- niece du Cardinal de
ce nom , Archevêque de Lyon,
GALANT 143
époufa dans le quinziéme fieele Antoine de Chafteauneuf,
Seigneur de Ligniec en Foréz.
Elle eftoit fœur de Guillaume
de Talaru , Chanoine &Chantre & enfuite Archidiacre de
Lyon , & fille d'Antoine de
Talaru & d'Alix d'Albon
de la Maifon du Maréchal
de Saint André , & elle eftoit
niece d'Amé de Talaru Chanoine & enfuite Archevêque
aprés fon oncle le Cardinal.
Dans le quinziéme fiecle les.
Maifons de Talaru , & de
Chateauneuf, renouvellerent
leurs alliances par le Mariage
THE LAD
144 MERCURE
ге
de M Antoine de Chateauneuf Chevalier Seigneur de
Rochebonne avec Ifabelle
de Talaru
fille de Jean de
Talaru
qui forma
la branche
de Chalmazel
, & de Catherine
de la Tour d'Auvergne
, fille
d'Annet
de la Tour Seigneur
d'Oliergues
& de Beatrix
de
Chalençon
, c'est par là que
M de Rochebonne
font
alliez à M de Bouillon
& de
Polignac
; en 1521.
Claude
de Chateauneuf
Seigneur
de
Rochebonne
, époufa
Cathe
rine de Talaru
fille de Gaſpard
Seigneur
de Chalmazel
& de
Marguerite
rs
GALANT 145
Marguerite Raulin veuve de
Philibert de Grolée Baron de
Senefcey. Cette Dame eftoit
niéce du Cardinal Raulin , &
fa mere eftoit de la Maiſon de
Levi-coufan. Enfin un peu
aprés le milieu du penultiéme
fiecle Dame Anne le Long ,
fille de Pierre Seigneur de
Chenillac , & d'Anne Barton
des Vicomtes de Montbas
& veuvede François de Talaru
Seigneur de Chalmazel , qui
fut tué au Siége de la Rochelle
en 1573. épousa en ſecondes
nôces Pierre de Chafteauneuf
Mars 1710. N
146 MERCURE
re
Chevalier Seigneur de Rochebonne Capitaine de 50. hom
mes d'armes , alors veuf d'Huguette d'Oin dont j'ay parlé
& elle en cutle Marquis d'Oin ,
pere de celuy qui vient de
mourir & pere de M Jean de
Rochebonne Chevalier de
Saint Lazare en 1668. A toutes ces illuftres alliances Mude
$ Chafteauneuf , joignoit celles de Cruffol , d'Uzés , & de
Grignan , Malla Marquife de
Rochebonne d'aujourd'huy
mere de M'Evêque de
Noyon , eftant foeur de M
de Comte de Grignan Cheva-
GALANT 147
lier des Ordres du Roy , &
-fond Lieutenant General en
Provence, 210 , amma DePa
bhu M'de Comte de Sarron
3 qui aeu la dignité de Chantre
vacantepar le mouvement qu'a
caufé la mort de M de Chaf
⚫teauneufe, eft d'une naiffance
rres Aqualifiée comme vous
allez voir. André de Sarron,
Seigneur des Forges , époufa
5 dans l'année 1535. Charlotte
d'Amanzé fille den François
d'Amanzé , & de Catherine
de Semur , d'une illuftre Maifon deBourgogne. Philippine
der Sarron , fille d'Antoine
Nij
148 MERCURE
or d'Efpinay
2 & Ide
Catherine
de Sivricu époufa
Euftache
Arod , un des ayeux
de M.l'Abbé
de Saint Rob
main Ambaſſadeur
à Munſter
lots duTraité de Paix. Jean de
Sarron
Chevalier
Seigneur
des
Forges
en Beaujollois , Lieute
nant de la Compagnie
d'Or
donnance
de M le Marquis
d'Halincourt
grand
pere de
Mle Maréchal
de Villeroy
,
époufa
labeau
de Rebé fille
d'Eftienne
de Rebésin
& Ade
Françoile
de Chabeu
; &
veuve de M le Baron de Vaux.
Cette Dame
elloit niéce de
GALANT 149
fou Mr de RebéCommandeur
des Ordres du Roy , & Archos
vêque de Narbonne. Charlotte
de Sarcon épousa dans le pe
multiéme fiecle Claude de
Salemardyd'ou vint Jaqueline
de Salemard époufe de Louis
de Thelis , un des ayeux de
Ml'Abbéde Valorges ; enfin
Philippine de Sarron fille de
Guillaume de Sarron , &
d'Yolande de Gletteins époufa
Eftienne de Varennes , d'une
illuftre Maifon du Lyonnois ,
fille du Seigneur de Cendars ,
&deDauphine Arod. Mrle
Comte de Sarron, à un frere
N iij
150 MARCURE
cader à Saint Jean nommé
Mr le Comte des Forges La
dignité de Chantre attefte
poffedée par de grands hom
mes & fur tout par Amé de
Talaru Grand Canonifte &
qui eftant Député de l'Eglife
de Lyon , au Concile de Conf
tance , fut élu pendant fon
ábfence Archevêque de la
même Eglife.
Mr l'Abbé de Lugny qui
a2 eu le Comté vacant par cette mort, eſt de l'illuftre Maifon de Levi. Il eft allié à la
Maiſon d'Agoult & à celle de
Crequy à caufe de Blanche •
GALANY 351
Y
deLevi , fille de Gilbert de Le
vi & de Jacqueline Dumas, qui
époula Louis d'Agoult , Seis
gneur de Montauban fils de
Claude d'Agoult & de Louiſe
d'Agoult , fa coufine ; Marguerite de Levi , fille d'Euftache ,
Chevalier Seigneur de Quaylus , Ville-neuve , la Perriere ,
& d'Alix Dame de Coufan ,
épouſa en 1471. Guillaume
d'Albon , Seigneur de S. Forgeux , & des ayeux du Maréchal de Saint André. Louife de
Levi , fille de Jean Seigneur de
Coulan & de Loüife de Breffoles , d'une illuftre Maiſon
Niiij
152 MERURE
d'Auvergne & de Bourgogne
dont Mrs de Breffolles Previcu
font premiers Barons ,
époufa
en premieres nôces Annet de
Talaru Seigneur de Chalmazel, & en fecondes noces Guil
laume de Talaru fon coufine
Seigneur de la Grange ; du pre
mier lit elle eut unefille quien- i
tra dansla Maifon de Montaynard de Marcieux en Dauphiné.
Louife de Levi époufa Amé
de Talaru vers la fin du quint
ziéme fiecle .
Antoine de Levi
Seigneur de Vauvert , avoit
époufé Louife de Tournon ,
fille d'Odon de Tournon , Seis
GALANT 153
vyls
gneur de Beauchaftel & d'Anne de Corgenon. Odon eſtoit
grand oncle du celebre Cardinal de Tournon Archevêquer
de Lyon. Enfin Jacques de Levy Seigneur de Chafteaumorand époufa Louiſe de Tournon, Tœur du Cardinal , &petite niece d'Odon , dont je
viens deparler. Nos Rois font
Chanoines d'honneur de l'E2
glife de Lyon ; Charles VII.
le reconnut dans une Charte
accordée à cette Eglife. , ..
In illud confortium , dit- il , en
parlant de ce Chapitre, cui ratione Delphinatus & Ducatus.
154 MERCURE
Biturienfis adfcriptifumus. C'elt
donc comme Dauphins de
Viennois & Ducs de Berryque
les Rois de France ont la qua
fité de Chanoines d'honneur
de cette Eglife. Les Ducs de
Bourgogne l'eftoient detemps
immemorial , & les Dauphins
de Viennoiss eurent la même
qualité en 1228. &enfuite elle
fut accordée aux Ducsde Ber
ry. Derubis dit qu'en 1245;
ce Chapitre eftoit compofé de
74 fils de Rois.
I
DameCharlotte Madeleine
de Blaignac eft morte à Tou
loufe âgée de 40. ans, elle eftoit
GALANT 155
Alle de Mre Charles Dumont ,
Seigneur & Baron de Blaignac ,
Commiffaire & Infpecteur ge
neral de la Marine , GrandMaistre des Eaux & Forefts au
Département de Guyenne
homme d'un grand merite ; il
s'établit à Touloufe & époufa
Dame Marguerite de Voifins ,
defcendue des anciensComtes
do Touloufe ; il maria fa fille
avec Mre Jofeph de Gargas
Seigneur de Montrave & Remonville ,d'une des plus illuf
tres Maifons de Touloufe, qui
audonnénance Parlement un
tres-grand nombre de Magif
156 MERCURE
trats depuis fa creation . Elle
a cu de ce mariage deux gato
çons qui promettent tout ce
que l'on peut attendre des
perfonnes de cette naiffance.
On peut dire avec juftice que
cette Dame eftoit d'un me
rite qui fe faifoit diftinguer
entre les perfonnes de fon
fexe , & que la nature en avoit
formé un ouvrage parfait
Auffi eft elle generalement
regrettée de tous ceux qui
l'ont connue. Il ne reste plus
de cette famille que¡ Mre
Gabriel Dumont , Seigneur &
Baron de Blaignac fon frere
GALANT 159
ancien Officier de la Marine,
où il a fervi vingt- cinq ans , &
s'eft fort diftingué dans toures les occafions où il s'eft
trouvé. Il s'eft retiré depuis
quatre ans ; il a épousé AnneMarguerite de Befançon d'une des plus illuftres Maifons
de Paris , qui a donné à ce Par
lement un grand nombre de
Magiftrats depuis qu'il a efté
rendu fedentaire ; un Evêque
à fon Eglife , un Archevêque à
celle de Reims , &.aux Armées
plufieurs Lieutenans generaux,
& alliée aux meilleures Maifons du Royaume, Leur fepul-
158 MERCURE
turc eft auk Cordeliers dans la
Chapelle que fonda Hugues
de Befançon , Confeiller au
Parlement en 131420Mrsude
Bullion y ont leur fepulture à
caufe des alliances qu'ils cont
contractéesavec cette Maifon,
La famille de Mr Dumont eft
originaire de Bourgogne , où
clle eft alliée à la plus grande
partic des perfonnes du premier rang. Elle paffa il y a environ cent cinquante ans dans
de Pays du Maine , où elle prit
alliance avec la Maifon de
Beaumanoir , & avec d'autres
perfonnes de diftinction , &
#GALANT 159
elle eft à prefent fedentaire à
Toulouſe. Ceux de cette Maifon fervent de pere en fils depuis plus de 400. an
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Résumé : Second Article des morts, [titre d'après la table]
Le texte annonce la mort de Monsieur Fléchier, évêque de Nîmes, une nouvelle déjà communiquée au destinataire. Fléchier était reconnu pour son esprit brillant et ses œuvres littéraires variées, incluant l'oratoire et la poésie. Il fut membre de l'Académie française et auteur d'ouvrages historiques et d'oraisons funèbres très appréciés. Ses sermons étaient également célèbres pour leur éloquence et leur profondeur morale. Malgré ses nombreuses activités littéraires, Fléchier resta dévoué au bien de son diocèse, notamment durant une période de calamité publique. Le texte mentionne également le décès de Madame de Longueval, prieure de Notre-Dame de Bon-Secours, et de Madame Alleman de Montmartin, en fournissant des détails sur leurs familles et leurs titres.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2453
p. 159-167
Ouverture de l'Assemblée generale du Clergé, faite aux grands Augustins, avec les Ceremonies observées à la Messe du S. Esprit, & un extrait du Sermon prêché le même jour, [titre d'après la table]
Début :
Le Samedy quinziéme de ce mois l'ouverture de l'Assemblée [...]
Mots clefs :
Assemblée générale du Clergé de France, Communauté, Église des Grands-Augustins, Cérémonie
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texteReconnaissance textuelle : Ouverture de l'Assemblée generale du Clergé, faite aux grands Augustins, avec les Ceremonies observées à la Messe du S. Esprit, & un extrait du Sermon prêché le même jour, [titre d'après la table]
LeSamedy quinziéme de ce
amois l'ouverture de l'Allemblée Generale du Clergé de
France fe fit dans l'Eglife des
Grands Auguftins par la Mef-
>fe folemnelle du faint Efprit ,
chantée par les Religieux du
Convent , & à laquelle Monfieur le Cardinal de Noailles
officia pontificalement en qualité de Prefident de cette augufte Affemblée. LePere Raft,
Prieur du Convent alla le re-
160 MERCURE
ཝཱ ཚིན , ཏི ཡཱ
cevoir à la Porte de l'Eglife à
la tefte de toute fa Communauté , avec la Croix , l'EauBenite , & l'Encens. Tous les
Archevêques & Evêques & les
Abbez qui compofent le fecond Ordre , communierent
de la main de ce Cardinal , avec cette diftinction toutefois , que quand il donnoit la
Communion à un Archevêque ou à un Evêque , il l'embraffoit auparavant & luy
donnoit le baifer de paix à la
joüe , au lieu que les Abbez
communierent à l'ordinaire
ce qu'il y eut encore de fingu-
GALANT 161
L
lier dans cette Ceremonie
&donttout le monde fut tre
édifié, c'eſt qu'aprés s'être tous
embrafiez les uns les autres &
donné le baifer de paix , ils al
ferent tous à la Communion
portant des Ecoles pendantes
& qu'ils en revinrent avec une
modeſtie exemplaire, Mon.
fieur l'Evêque de Langres y
prêcha immediatement aprés
l'Evangile. Il prit pour rexte de
fon difcours ces paroles du
Pleaume 109. Tu es Sacerdos
in æternum. Vous êtes un Prê
tre éternel. Dans fon Exorde ,
il fir voir l'éternitédu Sacerdo
Mars 1710.
2
O
162 MERCURE
ee de Jefus Chrift , qu'il pro
pofa aux Evêques, comme de
vant être unmodele parfait de
leur Etat , & de leur conduite.
H divifa fon Difcours en deux
points , & leur dit dans le premier:Qu'il faloit que la fainteté
de leur vie , répondit à la fublimité de leur Etat. Et dans lefe
cond: Que leurs foins infatiga
bles devoient répondre aux travaux auxfouffrances de ce
divin Sauveur.
Il fit voir dans ces deux
points , comme faint Paul avoit parfaitement imité JeſusChriſt , & pour le prouver , il
"GALANT 163
rapporta les mêmes parolds de
cet Apôtre , quand il fait le
dénombrement destouthce
qu'il a fouffert fur la mer &
fur la terre, des prifons où il
aefté mis chargé de chaînes ,
& generallement de tout ce
qu'il a fair pour foûtenir la
gloire de fon Divin Maiftre.
• Enfuite ayant donné ce grand
Apôtre aux Evêques pour un
Modele fur lequel ils devoient
regler leur vie, il fie un détail
particulier de tout ce qu'ils devoient faire. Enfuite dequoy,
-il parla de la calamité publique, & il les exhorta à fe ferO ij
164 MERCURE
vir pour foulager les pauvres ,
du bien qui leur avoir efte
donné en partiepource fujer
Enfin étant tombé infenfible
ment fur ce quele Clergé de
France fe prepare à donner au
Royby , ilil fe fervit d'un Exemple
fi jufte & qui venoit fià proposp
à fonfujet que toute l'Affemblée l'admira & en fut char
mée. Ce fut de celuy du Royb
David , tiré de l'Ancien Teftan
ment , du fecond Livre des
Rois , où il est écrit , que cen
Prince fe trouvant un jour
dans une preffante faim , il eut
recours au Grand Prêtre Achi
?
GALANT 165
melech, à qui il dit , Si vous
avez quelque chose à manger"
quand ce neferoitque dupain , ou
quoique cefoit, donnez le moy. Le
Grand Prêtre luy répondit :
Je n'aypoint icy de pain pour les
Peuples , autrement pour les Lazz
queso NON HABEO LAICOS
PANES AD MANUM. Je n'ay que
du pain qui eft faint. Et il loy
donna le pain fanctifié qu'il
mangea , quoiqu'il ne fût permis qu'aux Prêtres feuls de le
manger, elaga feve
Le Roy le trouve de mê
me à prefent , dans une préf
fanteneceffité contre les Enne
166 MERCURE
mis de l'Eglife , qui luy font
une injufte guerre. Il a recours
au grand Prêtre , c'eſt à dire
à vous Meffeigneurs qui com
pofez le Clergé de France , &
vous fuivez aujourd'huy Ve
xemple du grand Prêtre Achimelech Vous luy accordez
ce fecours. Puiffe donc ce He
ros Chrêtien faire fervir des
biens que l'Eglife luy vient
offrir ; moins à foûtenir une
guerrejufte, qu'à procurer u
ne Paix folide , afin que les
Peuples éloignez du tumulte de
la guerre puiffent avec plus de
tranquilité écouter vos Inf
GALANT 167
tructions , profiter de vos lumieres , fe former fur vos verrus , & meriter la récompenſe
dans la gloire
amois l'ouverture de l'Allemblée Generale du Clergé de
France fe fit dans l'Eglife des
Grands Auguftins par la Mef-
>fe folemnelle du faint Efprit ,
chantée par les Religieux du
Convent , & à laquelle Monfieur le Cardinal de Noailles
officia pontificalement en qualité de Prefident de cette augufte Affemblée. LePere Raft,
Prieur du Convent alla le re-
160 MERCURE
ཝཱ ཚིན , ཏི ཡཱ
cevoir à la Porte de l'Eglife à
la tefte de toute fa Communauté , avec la Croix , l'EauBenite , & l'Encens. Tous les
Archevêques & Evêques & les
Abbez qui compofent le fecond Ordre , communierent
de la main de ce Cardinal , avec cette diftinction toutefois , que quand il donnoit la
Communion à un Archevêque ou à un Evêque , il l'embraffoit auparavant & luy
donnoit le baifer de paix à la
joüe , au lieu que les Abbez
communierent à l'ordinaire
ce qu'il y eut encore de fingu-
GALANT 161
L
lier dans cette Ceremonie
&donttout le monde fut tre
édifié, c'eſt qu'aprés s'être tous
embrafiez les uns les autres &
donné le baifer de paix , ils al
ferent tous à la Communion
portant des Ecoles pendantes
& qu'ils en revinrent avec une
modeſtie exemplaire, Mon.
fieur l'Evêque de Langres y
prêcha immediatement aprés
l'Evangile. Il prit pour rexte de
fon difcours ces paroles du
Pleaume 109. Tu es Sacerdos
in æternum. Vous êtes un Prê
tre éternel. Dans fon Exorde ,
il fir voir l'éternitédu Sacerdo
Mars 1710.
2
O
162 MERCURE
ee de Jefus Chrift , qu'il pro
pofa aux Evêques, comme de
vant être unmodele parfait de
leur Etat , & de leur conduite.
H divifa fon Difcours en deux
points , & leur dit dans le premier:Qu'il faloit que la fainteté
de leur vie , répondit à la fublimité de leur Etat. Et dans lefe
cond: Que leurs foins infatiga
bles devoient répondre aux travaux auxfouffrances de ce
divin Sauveur.
Il fit voir dans ces deux
points , comme faint Paul avoit parfaitement imité JeſusChriſt , & pour le prouver , il
"GALANT 163
rapporta les mêmes parolds de
cet Apôtre , quand il fait le
dénombrement destouthce
qu'il a fouffert fur la mer &
fur la terre, des prifons où il
aefté mis chargé de chaînes ,
& generallement de tout ce
qu'il a fair pour foûtenir la
gloire de fon Divin Maiftre.
• Enfuite ayant donné ce grand
Apôtre aux Evêques pour un
Modele fur lequel ils devoient
regler leur vie, il fie un détail
particulier de tout ce qu'ils devoient faire. Enfuite dequoy,
-il parla de la calamité publique, & il les exhorta à fe ferO ij
164 MERCURE
vir pour foulager les pauvres ,
du bien qui leur avoir efte
donné en partiepource fujer
Enfin étant tombé infenfible
ment fur ce quele Clergé de
France fe prepare à donner au
Royby , ilil fe fervit d'un Exemple
fi jufte & qui venoit fià proposp
à fonfujet que toute l'Affemblée l'admira & en fut char
mée. Ce fut de celuy du Royb
David , tiré de l'Ancien Teftan
ment , du fecond Livre des
Rois , où il est écrit , que cen
Prince fe trouvant un jour
dans une preffante faim , il eut
recours au Grand Prêtre Achi
?
GALANT 165
melech, à qui il dit , Si vous
avez quelque chose à manger"
quand ce neferoitque dupain , ou
quoique cefoit, donnez le moy. Le
Grand Prêtre luy répondit :
Je n'aypoint icy de pain pour les
Peuples , autrement pour les Lazz
queso NON HABEO LAICOS
PANES AD MANUM. Je n'ay que
du pain qui eft faint. Et il loy
donna le pain fanctifié qu'il
mangea , quoiqu'il ne fût permis qu'aux Prêtres feuls de le
manger, elaga feve
Le Roy le trouve de mê
me à prefent , dans une préf
fanteneceffité contre les Enne
166 MERCURE
mis de l'Eglife , qui luy font
une injufte guerre. Il a recours
au grand Prêtre , c'eſt à dire
à vous Meffeigneurs qui com
pofez le Clergé de France , &
vous fuivez aujourd'huy Ve
xemple du grand Prêtre Achimelech Vous luy accordez
ce fecours. Puiffe donc ce He
ros Chrêtien faire fervir des
biens que l'Eglife luy vient
offrir ; moins à foûtenir une
guerrejufte, qu'à procurer u
ne Paix folide , afin que les
Peuples éloignez du tumulte de
la guerre puiffent avec plus de
tranquilité écouter vos Inf
GALANT 167
tructions , profiter de vos lumieres , fe former fur vos verrus , & meriter la récompenſe
dans la gloire
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Résumé : Ouverture de l'Assemblée generale du Clergé, faite aux grands Augustins, avec les Ceremonies observées à la Messe du S. Esprit, & un extrait du Sermon prêché le même jour, [titre d'après la table]
Le 15 mars 1710, l'Assemblée Générale du Clergé de France a débuté dans l'église des Grands Augustins. La messe solennelle du Saint-Esprit a été célébrée par les religieux du couvent, avec le Cardinal de Noailles en tant que président. Le Père Rast, prieur du couvent, a accueilli le cardinal à l'entrée de l'église avec la croix, l'eau bénite et l'encens. Tous les archevêques, évêques et abbés ont communié de la main du cardinal, qui a embrassé et donné le baiser de paix aux archevêques et évêques. Les abbés ont communié de manière ordinaire. Après avoir échangé le baiser de paix, ils se sont rendus à la communion en portant des écharpes pendantes, revenant avec modestie. L'évêque de Langres a prononcé un discours après l'Évangile, utilisant le texte du Psaume 109, 'Tu es Sacerdos in æternum'. Il a mis en avant l'éternité du sacerdoce de Jésus-Christ comme modèle pour les évêques. Le discours était structuré en deux points : la sainteté de leur vie doit correspondre à la sublimité de leur état, et leurs soins infatigables doivent répondre aux travaux et souffrances du divin Sauveur. L'évêque a également rappelé les souffrances de saint Paul et a exhorté les évêques à se servir pour soulager les pauvres. Il a conclu en comparant le roi à David, qui avait demandé du pain au grand prêtre Achimélech, et a encouragé le clergé à soutenir le roi dans sa guerre contre les ennemis de l'Église. Cet appui visait à procurer une paix solide et à permettre aux peuples de bénéficier des instructions et lumières du clergé.
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2454
p. 167-179
Feste galante faite à Chasteau Gontier pour la naissance de Monseigneur le Duc d'Anjou, [titre d'après la table]
Début :
Je ne dois pas oublier à vous parler d'une Fête qui a esté faite [...]
Mots clefs :
Fête, Naissance du duc d'Anjou, Château, Feu d'artifice, Danse, Violons
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texteReconnaissance textuelle : Feste galante faite à Chasteau Gontier pour la naissance de Monseigneur le Duc d'Anjou, [titre d'après la table]
Je ne dois pas oublier à vous
parler d'une Fête qui a eſté faite à l'occafion de la naiffance
de Monfeigneur le Duc d'Anjou , & dans laquelle vous
trouverez des particularitez
tres fingulieres , & fur tout la
manière de mettre le feu au
Bucher, qui eft auffi nouvelle
que galante , & qui n'a jamais
cité imaginée par perfonne. Je
paffe au fujer & au détail de
cette Fête amore delibet
168 MERCUR
A peine la nouvelle de la
Naiffance de Monseigneur le
Duc d'Anjou fut-ellerépandue
à Chafteau- Gontier , dans la
Province d'Anjou , que Mr de
Fleurance , Ecuyer de Madame la Ducheffe de Bourgogne,
dont le zele avoit déja paru en
1704.& 1707. à l'occafion de
la Naiffance de Meffeigneurs
les Ducs de Bretagne , forma le deffein de témoigner fa
joye par des rejoüiffances publiques. Il donna le deux de
cemois à Chateau Gontier ,
une Fefte qui a paffé pour une
des plus galantes & une des
micux
GALANT 169
mieux ordonnées qu'on en ait
veu depuis long - temps dans
cette Province. Elle commança à deux heures aprés midy
par une décharge generale
des Canons du Chafteau ; fur
les trois heures toute la Bourgeoifie fous les armes fe rendit fur la grande Place
ayant les Tambours de la
Ville à fa tefte ; cette Bourgeofie compofée de la plus
belle jeuneffe , eftoit partagée
en fix Compagnies de jeunes
hommes des mieux faits &
des mieux vêtus , tous parez
de noeuds d'Epée , avec des
Mars 1710.
P
170 MERCURE
T
Chapeaux bordez & des cocardes de ruban d'or ou d'argent. M Cucillard leur Colo
nel fe mit à leur tefte ; ils allerent tous en tres- bel ordre
prendre M' de Fleurance pour
venir mettre le feu à un gros
bucher orné de feuillages
qu'on avoit preparé par fon
ordre fur la grande Place vis- àvis de fa maifon. Comme
toutes les Dames de la Ville
eftoient affemblées chez luy
cejour- là , il leur défera l'honneur d'allumer le feu , & pour
ne pas mettre de divifion entre
la Nobleffe , & la Robbe , il
GALANT 171
choifit trois filles des principaux Officiers du Prefidial , &
trois filles de Gentilshommes.
Ces fix Demoifelles ayant
choifi chacune un Cavalier
pour leur donner la main marcherent avectous les Hautbois
& les Violons de la Ville
entre deux hayes d'Habitans
fous les armes , jufqu'au lieu
du bucher , où elles reçurent
des mains de leurs Cavaliers
chacune un flambeau allumé
dont elles fe fervirent pour
allumer le feu. M' le Comte
de Brizay cy- devant Chevalier
de Denonville Exempt des
Pij
172 MERCURE
1
}
Gardes , & M de Flechecourt
Ecuyer du Roy, & Capitaine
de Cavaleriendans Tarente ,
s'eftant trouvez fur les lieux
furent invitez à cette réjoüiſfance , où Mr de Fleurance
ayant fait apporter trois fufils,
leur en fit prefenter à chacun
un , afin de partager avec eux
l'honneur de la Fête. Ils tirérent
tous trois enſemble les trois
premiers coups en criant Vive
le Roy. Les fix Compagnies à
qui on avoit diſtribué de la
poudre avec profufion firent
auffi toft leurpremiere décharge avec unpareil cry de Vive
GALANT 173
le Roy ; tous les Cavaliers &
toutes les Dames qui estoient
prefentes danferent un moment autour du Bucher jufqu'à ce qu'il fuft plus allumé,
mais on fut obligé de quitter
bientoft la place & de fe retirer. Chacun s'en retourna , &
Mr de Fleurance demeura à la
tefte de la Bourgeoisie tant que
le feu dura. Il luy fit faire plufieurs falves pour Monfciई gneur , pour Monfeigneur le
Duc de Bourgogne , pour Madame la Ducheffe de Bourgogne , pour Monfeigneur le
Duc de Bretagne, pour
A
P iij
174 MERCURE
Monfeigneur le Duc d'Anjou
& pour Monfeigneur le Duc
de Berry. Il tira à chaque décharge le premier coup. Aprés
tout ce grand bruit de moufqueterie on tita un Féu d'Artifice , & on vit s'élever en l'air
pendant une heure une infinité de fufées qui retombant fur
elles-mêmes en pluye de feu ,
en petards , & en étoiles , formoient un fpectacle des plus
brillans. Sur les fept heures il
y cut plufieurs tables de Jeu
chez Mr de Fleurance , & à
neuf heures on fe mit à table
pour fouper. Il y avoit deux
MERCURE 175
tables de douze couverts chacune;on y fervit abondament
tout ce qu'on peut prefenter
de meilleur dans la faifon. Les
Pauvres ne furent pas oúblicz
dans ces réjouiffances ; l'Hôpital general fe fentit de la Fefte ,
& Mr de Fleurance fit part de
fa joye à tous ceux à qui elle
pouvoit eftre utile ou agreable. Il fit mettre deux tables
fur la Place publique à l'endroit où avoit efté le feu ; on
fervit à l'une un foupé pour
les Tambours & les Trompet.
tes , & à l'autre les Violons &
les Haut -bois , mangerent
P iiij
176 MERCURE
& burent largement. Un peu
avant le foupé on avoit illuminé depuis le bas juſqu'au haut
toutes les feneftres du corps
de logis , avec celles des deux
aîles & des deux pavillons de
la maiſon ; & comme elle eſt
aifée à décorer de lumieres
à caufe de la beauté de fon
Architecture , rien ne pouvoit faire unplus bel effet que
cette illumination qui dura
prefque toute la nuit. Les Balcons qui regnent aux deux côtez de la porte d'entrée depuis
la Corniche jufqu'aux Pavil
lons ,n'étoient pas moins éclai
GALANT 177
rez. Il y avoit auffi plufieurs
rangs de lumieres avec des De
vifes & des Infcriptions latines peintes fur des chaffis huilez , qu'on lifoit de fort loin
par le moyen des lampes qui
eftoient placées derriere. A dix
heures & demie Mr de Fleurrance commença le Bal avec
Mlle fa fœur , il s'y trouva
une quantité fi prodigieufe de
monde , qu'on fut obligé de
partager les Violons & les
Hautbois dans les Appartemens , & de danfer dans trois
differentes Salles. Pendant que
durale Bal on fervit à la Com-
178 MERCURE
€
pagnie des rafraîchiffemens
des baffins d'oranges , avec des
confitures féches ; & fur les
deux heures du matin on fut
furpris agreablement quand
on paffa dans un grand Salon
où il y avoit un Media noche ,
des mieux entendus. Le Balrecommença vers les trois heures pour danfer les contredanfes & dura jufqu'au jour. Tous
ceux qui furent témoins de
cette Fefte , retournerent trescontens de la maniere avec laquelle elle avoit efté executée ,
& de l'ordre qui y fut obfervé; on n'attendoit rien moins
GALANT 179
d'un Officier qui eft dans un
pofte auffi brillant & auffi ho
norable. Ceux qui connoiffent
Mr de Fleurance eftoient bien
perfuadez qu'il ne manqueroit
en rien pour fe diftinguer entre tous ceux qui ont donné
des marques de leur joye pour
des évenemens fi heureux ; &
fi la Provincé le doit ceder en
magnificence & en profufion
à la Capitale du Royaume, elle
a du moins l'avantage de pou
voir dire qu'il s'y trouve des
fujets très-zelez pour la prof
perité de l'Etat & pour la grandeur de la Maiſon Royale.
parler d'une Fête qui a eſté faite à l'occafion de la naiffance
de Monfeigneur le Duc d'Anjou , & dans laquelle vous
trouverez des particularitez
tres fingulieres , & fur tout la
manière de mettre le feu au
Bucher, qui eft auffi nouvelle
que galante , & qui n'a jamais
cité imaginée par perfonne. Je
paffe au fujer & au détail de
cette Fête amore delibet
168 MERCUR
A peine la nouvelle de la
Naiffance de Monseigneur le
Duc d'Anjou fut-ellerépandue
à Chafteau- Gontier , dans la
Province d'Anjou , que Mr de
Fleurance , Ecuyer de Madame la Ducheffe de Bourgogne,
dont le zele avoit déja paru en
1704.& 1707. à l'occafion de
la Naiffance de Meffeigneurs
les Ducs de Bretagne , forma le deffein de témoigner fa
joye par des rejoüiffances publiques. Il donna le deux de
cemois à Chateau Gontier ,
une Fefte qui a paffé pour une
des plus galantes & une des
micux
GALANT 169
mieux ordonnées qu'on en ait
veu depuis long - temps dans
cette Province. Elle commança à deux heures aprés midy
par une décharge generale
des Canons du Chafteau ; fur
les trois heures toute la Bourgeoifie fous les armes fe rendit fur la grande Place
ayant les Tambours de la
Ville à fa tefte ; cette Bourgeofie compofée de la plus
belle jeuneffe , eftoit partagée
en fix Compagnies de jeunes
hommes des mieux faits &
des mieux vêtus , tous parez
de noeuds d'Epée , avec des
Mars 1710.
P
170 MERCURE
T
Chapeaux bordez & des cocardes de ruban d'or ou d'argent. M Cucillard leur Colo
nel fe mit à leur tefte ; ils allerent tous en tres- bel ordre
prendre M' de Fleurance pour
venir mettre le feu à un gros
bucher orné de feuillages
qu'on avoit preparé par fon
ordre fur la grande Place vis- àvis de fa maifon. Comme
toutes les Dames de la Ville
eftoient affemblées chez luy
cejour- là , il leur défera l'honneur d'allumer le feu , & pour
ne pas mettre de divifion entre
la Nobleffe , & la Robbe , il
GALANT 171
choifit trois filles des principaux Officiers du Prefidial , &
trois filles de Gentilshommes.
Ces fix Demoifelles ayant
choifi chacune un Cavalier
pour leur donner la main marcherent avectous les Hautbois
& les Violons de la Ville
entre deux hayes d'Habitans
fous les armes , jufqu'au lieu
du bucher , où elles reçurent
des mains de leurs Cavaliers
chacune un flambeau allumé
dont elles fe fervirent pour
allumer le feu. M' le Comte
de Brizay cy- devant Chevalier
de Denonville Exempt des
Pij
172 MERCURE
1
}
Gardes , & M de Flechecourt
Ecuyer du Roy, & Capitaine
de Cavaleriendans Tarente ,
s'eftant trouvez fur les lieux
furent invitez à cette réjoüiſfance , où Mr de Fleurance
ayant fait apporter trois fufils,
leur en fit prefenter à chacun
un , afin de partager avec eux
l'honneur de la Fête. Ils tirérent
tous trois enſemble les trois
premiers coups en criant Vive
le Roy. Les fix Compagnies à
qui on avoit diſtribué de la
poudre avec profufion firent
auffi toft leurpremiere décharge avec unpareil cry de Vive
GALANT 173
le Roy ; tous les Cavaliers &
toutes les Dames qui estoient
prefentes danferent un moment autour du Bucher jufqu'à ce qu'il fuft plus allumé,
mais on fut obligé de quitter
bientoft la place & de fe retirer. Chacun s'en retourna , &
Mr de Fleurance demeura à la
tefte de la Bourgeoisie tant que
le feu dura. Il luy fit faire plufieurs falves pour Monfciई gneur , pour Monfeigneur le
Duc de Bourgogne , pour Madame la Ducheffe de Bourgogne , pour Monfeigneur le
Duc de Bretagne, pour
A
P iij
174 MERCURE
Monfeigneur le Duc d'Anjou
& pour Monfeigneur le Duc
de Berry. Il tira à chaque décharge le premier coup. Aprés
tout ce grand bruit de moufqueterie on tita un Féu d'Artifice , & on vit s'élever en l'air
pendant une heure une infinité de fufées qui retombant fur
elles-mêmes en pluye de feu ,
en petards , & en étoiles , formoient un fpectacle des plus
brillans. Sur les fept heures il
y cut plufieurs tables de Jeu
chez Mr de Fleurance , & à
neuf heures on fe mit à table
pour fouper. Il y avoit deux
MERCURE 175
tables de douze couverts chacune;on y fervit abondament
tout ce qu'on peut prefenter
de meilleur dans la faifon. Les
Pauvres ne furent pas oúblicz
dans ces réjouiffances ; l'Hôpital general fe fentit de la Fefte ,
& Mr de Fleurance fit part de
fa joye à tous ceux à qui elle
pouvoit eftre utile ou agreable. Il fit mettre deux tables
fur la Place publique à l'endroit où avoit efté le feu ; on
fervit à l'une un foupé pour
les Tambours & les Trompet.
tes , & à l'autre les Violons &
les Haut -bois , mangerent
P iiij
176 MERCURE
& burent largement. Un peu
avant le foupé on avoit illuminé depuis le bas juſqu'au haut
toutes les feneftres du corps
de logis , avec celles des deux
aîles & des deux pavillons de
la maiſon ; & comme elle eſt
aifée à décorer de lumieres
à caufe de la beauté de fon
Architecture , rien ne pouvoit faire unplus bel effet que
cette illumination qui dura
prefque toute la nuit. Les Balcons qui regnent aux deux côtez de la porte d'entrée depuis
la Corniche jufqu'aux Pavil
lons ,n'étoient pas moins éclai
GALANT 177
rez. Il y avoit auffi plufieurs
rangs de lumieres avec des De
vifes & des Infcriptions latines peintes fur des chaffis huilez , qu'on lifoit de fort loin
par le moyen des lampes qui
eftoient placées derriere. A dix
heures & demie Mr de Fleurrance commença le Bal avec
Mlle fa fœur , il s'y trouva
une quantité fi prodigieufe de
monde , qu'on fut obligé de
partager les Violons & les
Hautbois dans les Appartemens , & de danfer dans trois
differentes Salles. Pendant que
durale Bal on fervit à la Com-
178 MERCURE
€
pagnie des rafraîchiffemens
des baffins d'oranges , avec des
confitures féches ; & fur les
deux heures du matin on fut
furpris agreablement quand
on paffa dans un grand Salon
où il y avoit un Media noche ,
des mieux entendus. Le Balrecommença vers les trois heures pour danfer les contredanfes & dura jufqu'au jour. Tous
ceux qui furent témoins de
cette Fefte , retournerent trescontens de la maniere avec laquelle elle avoit efté executée ,
& de l'ordre qui y fut obfervé; on n'attendoit rien moins
GALANT 179
d'un Officier qui eft dans un
pofte auffi brillant & auffi ho
norable. Ceux qui connoiffent
Mr de Fleurance eftoient bien
perfuadez qu'il ne manqueroit
en rien pour fe diftinguer entre tous ceux qui ont donné
des marques de leur joye pour
des évenemens fi heureux ; &
fi la Provincé le doit ceder en
magnificence & en profufion
à la Capitale du Royaume, elle
a du moins l'avantage de pou
voir dire qu'il s'y trouve des
fujets très-zelez pour la prof
perité de l'Etat & pour la grandeur de la Maiſon Royale.
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Résumé : Feste galante faite à Chasteau Gontier pour la naissance de Monseigneur le Duc d'Anjou, [titre d'après la table]
À Château-Gontier, en Anjou, une fête fut organisée pour célébrer la naissance du Duc d'Anjou. À l'annonce de cette nouvelle, Monsieur de Fleurance, écuyer de Madame la Duchesse de Bourgogne, décida de manifester sa joie par des réjouissances publiques. Le 2 du mois, une fête considérée comme l'une des plus élégantes et bien organisées de la province eut lieu. Elle débuta par une décharge de canons à 14 heures, suivie par une assemblée de la bourgeoisie armée sur la grande place à 15 heures. Cette bourgeoisie, composée de jeunes gens bien vêtus et ornés de rubans, se rendit au bûcher préparé sur la place pour y mettre le feu. Monsieur de Fleurance invita des dames à allumer le feu, choisissant des filles de principaux officiers et de gentilshommes pour éviter toute division. Des invités distingués, comme le Comte de Brizay et Monsieur de Flechecourt, participèrent également à la fête. Après l'allumage du bûcher, des salves de mousqueterie et un feu d'artifice furent tirés. La soirée se poursuivit avec des jeux, un souper, et un bal qui dura jusqu'au matin. Les pauvres ne furent pas oubliés, recevant des repas et des boissons. La maison de Monsieur de Fleurance fut illuminée, et des inscriptions latines furent exposées. La fête se termina par un bal qui dura jusqu'au jour, laissant tous les participants très satisfaits de son organisation et de son ordre.
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2455
p. 180-186
SUR LA NAISSANCE DE MONSEIGNEUR LE DUC D'ANJOU. SONNET. / SONNET. / SONNET.
Début :
Je crois ne pouvoir mieux placer qu'aprés cette Feste, les / O Lys, dont la gloire est si pure, / De vostre Bras vengeur nous ressentons le pois. / Dieu, qui pendant que des oiseaux [...]
Mots clefs :
Naissance du duc d'Anjou, Sonnet, Dieux, Lys
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUR LA NAISSANCE DE MONSEIGNEUR LE DUC D'ANJOU. SONNET. / SONNET. / SONNET.
Je crois ne pouvoir mieux
placer qu'aprés cette Fefte , les
trois Sonnets que vous allez
lire. Ils ont efté faits par Mr
de Meffange , dont les Ouvrages ont toûjours eu le bonheur de vousplaire, & en ayant
fait un chaque jour pendant
trois jours , il les a prefentez à
Monſeigneur le Duc de Bourgogne , à mesure qu'il les a
compofez.
GALANT 81
SUR LA NAISSANCE
DE MONSEIGNEUR
LE DUC D'ANJOU.
SONNET.
OLys , dont lagloire eftfi pure,
Aftreterreftre & dondes Cieux
Trefor fi cher à la nature ,
Et fi brillant à tous les yeux.
Quoy, dans une Saifonfidure
Vous renaiffez figracieux ;
Et d'une fi riche parure.
Vous venez embellir ces lieux!
182 MERCURE
Tiges toûjours incomparables
Quelsferont vos effets aimables
Dansuntemps moins rempli d'hor
reurs
Si durant celuy de l'orage ,
Nos heureuxChamps ont l'avantage
De voir multiplier vosfleurs?
SUR LE MESME SUJET.
SONNET.
De voftre Bras vengeur nous reffentons lepois,
GrandDieu vousnousfrappez de
fleauxlegitimes ;
GALANT 183
Tout ce que nous donnoient vos
bontez magnanimes ,
S'est trouvé de nos mains enlevé
par vos loix.
Apeine vos rigueurs nous ontlaifSela voix!
Mais loin d'envisager les excés
de nos crimes ,
Détournez vos regardsfurles vertusfublimes
Que pratique à vosyeux le plus
fage des Rois.
Ha , Seigneur , vous daignez
exaucer ma priere :
Je voi parfon bonheurfinir noſtre
mifere :
184 MERCURE
Votrecœurappaife donne un Prin
ce à nos Lys:
Defon Berceaunaîtrala Paix &
l'Abondance ;
Et par luy vous rendrez plus de
biens à la France ,
Que nos triftesforfaits ne nous en
ontravis.
SUR LE MESME SUJET.
SONNET.
Dieu , qui pendant que des * oifeaux
* Les Alcyons,
GALATN 185
Eléventfur le fein des ondes inconftantes
Leurs tendresfamilles flottantes ,
Deffendez que les vents ne combattent les eaux ;
生
Daignez prendre des foins fi
beaux
Pour des Divinitezfur la terre
naißantes ,
Quifont vos images vivantes ;
Etne refufez pas le calme à leurs
Berceaux.
Vous leur devez voftre affiftance ;
Mars 1710. e
.186 MERCURE
De l'Aîné de l'Eglife ils tirent
leur naiſſance :
Contre eux& contre luy l'Erreur
lancefes traits.
Tranquilifez leur destinée ;
Etdonnez unefois les douceurs de
la Paix
Aceluy qui pour vous l'a tant
defoisdonnée.
placer qu'aprés cette Fefte , les
trois Sonnets que vous allez
lire. Ils ont efté faits par Mr
de Meffange , dont les Ouvrages ont toûjours eu le bonheur de vousplaire, & en ayant
fait un chaque jour pendant
trois jours , il les a prefentez à
Monſeigneur le Duc de Bourgogne , à mesure qu'il les a
compofez.
GALANT 81
SUR LA NAISSANCE
DE MONSEIGNEUR
LE DUC D'ANJOU.
SONNET.
OLys , dont lagloire eftfi pure,
Aftreterreftre & dondes Cieux
Trefor fi cher à la nature ,
Et fi brillant à tous les yeux.
Quoy, dans une Saifonfidure
Vous renaiffez figracieux ;
Et d'une fi riche parure.
Vous venez embellir ces lieux!
182 MERCURE
Tiges toûjours incomparables
Quelsferont vos effets aimables
Dansuntemps moins rempli d'hor
reurs
Si durant celuy de l'orage ,
Nos heureuxChamps ont l'avantage
De voir multiplier vosfleurs?
SUR LE MESME SUJET.
SONNET.
De voftre Bras vengeur nous reffentons lepois,
GrandDieu vousnousfrappez de
fleauxlegitimes ;
GALANT 183
Tout ce que nous donnoient vos
bontez magnanimes ,
S'est trouvé de nos mains enlevé
par vos loix.
Apeine vos rigueurs nous ontlaifSela voix!
Mais loin d'envisager les excés
de nos crimes ,
Détournez vos regardsfurles vertusfublimes
Que pratique à vosyeux le plus
fage des Rois.
Ha , Seigneur , vous daignez
exaucer ma priere :
Je voi parfon bonheurfinir noſtre
mifere :
184 MERCURE
Votrecœurappaife donne un Prin
ce à nos Lys:
Defon Berceaunaîtrala Paix &
l'Abondance ;
Et par luy vous rendrez plus de
biens à la France ,
Que nos triftesforfaits ne nous en
ontravis.
SUR LE MESME SUJET.
SONNET.
Dieu , qui pendant que des * oifeaux
* Les Alcyons,
GALATN 185
Eléventfur le fein des ondes inconftantes
Leurs tendresfamilles flottantes ,
Deffendez que les vents ne combattent les eaux ;
生
Daignez prendre des foins fi
beaux
Pour des Divinitezfur la terre
naißantes ,
Quifont vos images vivantes ;
Etne refufez pas le calme à leurs
Berceaux.
Vous leur devez voftre affiftance ;
Mars 1710. e
.186 MERCURE
De l'Aîné de l'Eglife ils tirent
leur naiſſance :
Contre eux& contre luy l'Erreur
lancefes traits.
Tranquilifez leur destinée ;
Etdonnez unefois les douceurs de
la Paix
Aceluy qui pour vous l'a tant
defoisdonnée.
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Résumé : SUR LA NAISSANCE DE MONSEIGNEUR LE DUC D'ANJOU. SONNET. / SONNET. / SONNET.
Le texte décrit trois sonnets composés par Monsieur de Meffange à l'occasion de la naissance de Monseigneur le Duc d'Anjou. Ces poèmes, rédigés sur trois jours consécutifs, ont été offerts au Duc de Bourgogne. Le premier sonnet loue la beauté et la grâce du Duc d'Anjou, le comparant à Apollon. Le deuxième sonnet est une prière à Dieu, sollicitant le pardon pour les fautes passées et la protection divine pour le nouveau prince, afin qu'il apporte paix et abondance à la France. Le troisième sonnet invoque également la protection divine pour le Duc d'Anjou, le comparant aux oiseaux alcyons qui trouvent refuge pendant les tempêtes, et demande la paix pour celui qui l'a souvent accordée. Les sonnets expriment des vœux de prospérité et de protection pour le nouveau-né et la nation.
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2456
p. 186-189
« Je vous envoye des Devises qui ont été faites par Mr de / Un autre Duc d'Anjou naissant avec l'Aurore [...] »
Début :
Je vous envoye des Devises qui ont été faites par Mr de / Un autre Duc d'Anjou naissant avec l'Aurore [...]
Mots clefs :
Naissance du duc d'Anjou, Devises, Empire français
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texteReconnaissance textuelle : « Je vous envoye des Devises qui ont été faites par Mr de / Un autre Duc d'Anjou naissant avec l'Aurore [...] »
Jevous envoye des Devifes
qui ont efté faites par Mr de
Sarron , furla naiffance du même Prince.
GALANT 187
CUM AURORA NASCENS ALTER DUX ANDEGAVENSIS
MATRE PARI AURÆ , SYDERIS INSTAR ERIT.
Un autre Duc d'Anjou naiffant
avecl'Aurore
D'une Mere qui n'apas moins d'éclat ,
Commeun Aftre éminent doit briller dans l'Etat ,
Et l'on verra bientoft fes beaux
rayons éclorre.
HÆCNOVAPROGENIES FLAMMA CELEBRATA TONANTE ,
Qij
188 MERCURE
FULMINE AVI GALLUM PROTEGET IMPERIUM.
Les Feux &les Canons annoncent la naiffance ,
D'un grand & nouveau Prince
ifu du SangRoyal.
Lançant la foudre un jour d'un
Ageul fans égal,
De l'Empire François il fera la
diffenfe.
TERTIUS EST NATUS QUEM
EDIT BURGUNDICA PRINCEPS
DELPHINUM ÆQUAVIT TŘES
PARIENDO DUCES
GALANT 189
Par ce troifiéme Fils une Auguffe
Ducheffe
Egale la Dauphine en fon enfantement,
Mêmefecondité de leur Hymen
charmant >
Defix Ducs , il en eft trois de chaque Princeffe.
qui ont efté faites par Mr de
Sarron , furla naiffance du même Prince.
GALANT 187
CUM AURORA NASCENS ALTER DUX ANDEGAVENSIS
MATRE PARI AURÆ , SYDERIS INSTAR ERIT.
Un autre Duc d'Anjou naiffant
avecl'Aurore
D'une Mere qui n'apas moins d'éclat ,
Commeun Aftre éminent doit briller dans l'Etat ,
Et l'on verra bientoft fes beaux
rayons éclorre.
HÆCNOVAPROGENIES FLAMMA CELEBRATA TONANTE ,
Qij
188 MERCURE
FULMINE AVI GALLUM PROTEGET IMPERIUM.
Les Feux &les Canons annoncent la naiffance ,
D'un grand & nouveau Prince
ifu du SangRoyal.
Lançant la foudre un jour d'un
Ageul fans égal,
De l'Empire François il fera la
diffenfe.
TERTIUS EST NATUS QUEM
EDIT BURGUNDICA PRINCEPS
DELPHINUM ÆQUAVIT TŘES
PARIENDO DUCES
GALANT 189
Par ce troifiéme Fils une Auguffe
Ducheffe
Egale la Dauphine en fon enfantement,
Mêmefecondité de leur Hymen
charmant >
Defix Ducs , il en eft trois de chaque Princeffe.
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Résumé : « Je vous envoye des Devises qui ont été faites par Mr de / Un autre Duc d'Anjou naissant avec l'Aurore [...] »
Le document célèbre la naissance d'un prince avec trois devises. La première annonce un duc d'Anjou né à l'aube, prédisant son éclat dans l'État. La deuxième décrit la naissance d'un grand prince royal, marquée par des feux et des canons. La troisième mentionne le troisième fils d'une princesse de Bourgogne, égalant la Dauphine en fécondité.
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2457
p. 189-192
Mariage, [titre d'après la table]
Début :
Le Carnaval a fini par un grand mariage dont la Ceremonie [...]
Mots clefs :
Mariage, Duc de Louvigny, Mlle d'Humières
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texteReconnaissance textuelle : Mariage, [titre d'après la table]
Le Carnaval a fini par un
grand mariage dont la Cere
monie a efté faite à Conflans
dans la Maifon de Monfieur
l'Archevefque , où Mr le Duc
de Louvigny a époufé Mlle
d'Humieres. Mr le Duc de
Louvigny eft fils de Mr le Duc
ار
190 MERCURE
de Guiche , & de N... de Noail
les ,fille aînée de feu Mr le Maréchal de ce nom , & niéce de
Monfieur le Cardinal de Noailles. Mr le Duc de Guiche eft fils
de Mr le Duc de Gramont &
deMarie-Charlotte de Caftelnau , fille du feu Maréchal de
Caftelnau. Mr le Duc de Gramont eft fils du feu Maréchal
de Gramont , qui eftoit fils
d'une fille du Maréchal de Ro
quelaure , fœur du dernier Duc
de Roquelaure , dont une autre fœur fut mere de Mr le
Duc de Noailles , pere de feu
Mr le Maréchal de Noail-
GALANT 191
les , de Son Eminence , & de
Mr le grand Bailly de Noail
les Ambaffadeur de Malte,
Mlle d'Humieres eft fille de
Mrle Duc d'Humieres , fils du
fecond lit de feu Mr le Duc
d'Aumont, & MⓇfa mere fille
aînée de feuë M° la Maréchale
de la Motte , & fœur de Mes
les Ducheffes de Ventadour &
& de la Ferté. Mla Ducheffe
d'Humieres eft fille de feu M
le Maréchal d'Humieres & de
Mla Maréchale d'Humieres ,
de la Maiſon de la Chaftre
Dame d'un grand merite &
d'une vertu édifiante. Me la
192 MERCURE
Princeffe d'Ifenghyen , & M
la Marquife de Surville ,font
fours & aînées de MⓇ° la Ducheffe d'Humieres , qui parfon
Mariage a donné ce Duché à
Mr le Duc d'Humieres , frere
de pere de M' le Duc d'Aumont fils d'une fille de feu M'
le Chancelier le Tellier , &
fœur de Mr de Louvois & de
Mrl'Archevêque de Reims.
Ces jeunes Epoux ont tout
l'efprit que l'on peut avoir à
leur âge , & il eſt ſurprenant
de voir le grand pere, le pere ,
& le petit- fils , Ducs en même
temps.
grand mariage dont la Cere
monie a efté faite à Conflans
dans la Maifon de Monfieur
l'Archevefque , où Mr le Duc
de Louvigny a époufé Mlle
d'Humieres. Mr le Duc de
Louvigny eft fils de Mr le Duc
ار
190 MERCURE
de Guiche , & de N... de Noail
les ,fille aînée de feu Mr le Maréchal de ce nom , & niéce de
Monfieur le Cardinal de Noailles. Mr le Duc de Guiche eft fils
de Mr le Duc de Gramont &
deMarie-Charlotte de Caftelnau , fille du feu Maréchal de
Caftelnau. Mr le Duc de Gramont eft fils du feu Maréchal
de Gramont , qui eftoit fils
d'une fille du Maréchal de Ro
quelaure , fœur du dernier Duc
de Roquelaure , dont une autre fœur fut mere de Mr le
Duc de Noailles , pere de feu
Mr le Maréchal de Noail-
GALANT 191
les , de Son Eminence , & de
Mr le grand Bailly de Noail
les Ambaffadeur de Malte,
Mlle d'Humieres eft fille de
Mrle Duc d'Humieres , fils du
fecond lit de feu Mr le Duc
d'Aumont, & MⓇfa mere fille
aînée de feuë M° la Maréchale
de la Motte , & fœur de Mes
les Ducheffes de Ventadour &
& de la Ferté. Mla Ducheffe
d'Humieres eft fille de feu M
le Maréchal d'Humieres & de
Mla Maréchale d'Humieres ,
de la Maiſon de la Chaftre
Dame d'un grand merite &
d'une vertu édifiante. Me la
192 MERCURE
Princeffe d'Ifenghyen , & M
la Marquife de Surville ,font
fours & aînées de MⓇ° la Ducheffe d'Humieres , qui parfon
Mariage a donné ce Duché à
Mr le Duc d'Humieres , frere
de pere de M' le Duc d'Aumont fils d'une fille de feu M'
le Chancelier le Tellier , &
fœur de Mr de Louvois & de
Mrl'Archevêque de Reims.
Ces jeunes Epoux ont tout
l'efprit que l'on peut avoir à
leur âge , & il eſt ſurprenant
de voir le grand pere, le pere ,
& le petit- fils , Ducs en même
temps.
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Résumé : Mariage, [titre d'après la table]
Le texte décrit un grand mariage qui a marqué la fin du Carnaval à Conflans, dans la maison de Monseigneur l'Archevêque. Monsieur le Duc de Louvigny a épousé Mademoiselle d'Humières. Monsieur le Duc de Louvigny est le fils de Monsieur le Duc de Guiche et de N... de Noailles, fille aînée du feu Maréchal de Noailles et nièce du Cardinal de Noailles. Monsieur le Duc de Guiche est le fils de Monsieur le Duc de Gramont et de Marie-Charlotte de Castelnau, fille du feu Maréchal de Castelnau. Monsieur le Duc de Gramont est le fils du feu Maréchal de Gramont, qui était le fils d'une fille du Maréchal de Roquelaure, sœur du dernier Duc de Roquelaure. Mademoiselle d'Humières est la fille de Monsieur le Duc d'Humières, fils du second lit du feu Duc d'Aumont. Sa mère est la fille aînée de la feu Maréchale de la Motte et sœur des Duchesses de Ventadour et de la Ferté. Les jeunes époux sont décrits comme ayant beaucoup d'esprit pour leur âge. Il est notable que le grand-père, le père et le petit-fils sont tous Ducs en même temps.
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2458
p. 193-200
EPITHALAME.
Début :
Voicy une Epithalame faite à l'occasion de ce mariage, par / On dit que de l'Amour l'Hymen est le tombeau [...]
Mots clefs :
Hymen, Amour, Noms, Empire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EPITHALAME.
Voicy une Epithalame faite
à l'occafion de ce mariage , par
le même Mr de Meffange , qui
a fait les trois Sonnets fur la
Naiffance de Monſeigneur le
Duc d'Anjou.
EPITHALAME.
On dit que de l'Amour l'Hymen
eft le tombeau
Que la premiere nuit en éteint le
flambeau;
Mais ces aimables lieux font témoins du contraire
Etpar les nœuds nouveaux qu'-
Hymeny vient defaire
Mars 1710. R
194 MERCURE
On voit qu'ayant formé des Amours le plus beau
Loin d'eftre fon fepulcre , il en eft
le berceau.
?
Apeine eft-ilproduit cet Amour
plein de charmes
Qu'ilforce une Beautéde luyrendre les armes.
I
Il n'eft pourfes defirs ni dédains ni
rigueurs;
Il est né triomphant ; fes attraits
font vainqueurs.
Enfantépourla joye & non pour
la trift ffe
Ilfe trouve en naiffantMaîtrede
faMaîtreffe,
GALANT 195
Qui regnantfurfon cœur comme
Luyfur lefien
Partage entre-elle & luy fous un
commun lien
Dans de fi doux tranſports qu'on
nepeut les décrire
Et le fceptre le joug d'un mutuel Empire.
Amour dont les deffeins avouez
de Themis
Et louezdes mortels ont les Dieux
* pour amis
Vous valez beaucoup mieux que.
celuy que nous donne
Contre leursfaintes loix lafille de
Dione,
Rij
96 MERCURE
Qui n'offrant à nos yeux qu'at—
traits voluptez of th
N'aa pour nos cœurs feduits qu'ou
gidari
Ennuis , chagrins , langueurs , depits ,foupçons , allarmes,
Trahifons, defefpoirs , &longs tordelarmes.
trages , cruautez ,
rens T
L'Amourde qui l'Hymen afair
naiſtre lesfeux s
Eftfage , pacifique , égal & genereux :
TOTN
Songrandcœur eft rempli defentimensfideles WUNGA
Les Nymphes ennaiffant luy cou
perent les aîles
Etp ur luy laifferfaire un choix
d lic eux
GALANT 197
Neluy mirentjamais de bandeau
fur les yeuxoryGISTE
Le Ciel armafonbras d'un Arcinalterable -299077
Rendantpour s'en fervirfonbras
infatigable tool, siq
Samainporte unflambeau capable
d'enflamer
Mais non pas d'éblouir le cœur
qu'ilfait aimerame
Son Carquoisfoutenu des mains de
la fortune
Entre cent fléches d'or , de plomb
n'en a pas une.
Les Ris & les Plaiſirs folâtrent
furfes pas
Les Graces l'ont orné de leurs plus
R iij
198 MERCURE
1
doux
appas :
Sans ceffe autour de luy volent les
complaifances ,
40
Les jeux , les tendresfoins & les
réjouiffances.
Hymen,charmant Hymen, daigne
pourton honneur 21
Conferver un Amour qui te fait
tant d'honneur. H
Feunesse en qui nature a mis fes
dons aimables
Nerecevezjamais que des amours
femblables.
Ils font rares , ce Dieu n'en forme
pas toujours :
Tâchez d'en obtenirpour avoirde
beauxjours.
GALANTTHE
Heureux qui peut trouvékán
22 fes illuftres Peres..
Des Noms tels
ral *
1893*
que Gramont
Noailles d'Humieres ,
Des Nomsque la vertufçait immortalifer,
Des Noms à qui le Ciel ne peut
FID rien refuſer!
Heureuxqui de Chriftine éprouvant la tendreffe
Apú de fes leçons concevoir la richeffe ,
**
Et desfoibles mortels connoiffant
soles befoins
Faire unfage profit defes habiles
foins
Heureufe quipourra de cette amefi
belle Riiij
200 MERCURE
Avoirl'ame pourguide & le cœur
pour modeles seandi a¶
Mais laiffons ces difcours pour
une autrefaifon, M.
On aura tout le temps d'écouter
leur raifon:
Auffibien dévouez àdeplus doux
myfteres,
Aujourd'huy nos Amans ont bien
d'autres affaires,p
à l'occafion de ce mariage , par
le même Mr de Meffange , qui
a fait les trois Sonnets fur la
Naiffance de Monſeigneur le
Duc d'Anjou.
EPITHALAME.
On dit que de l'Amour l'Hymen
eft le tombeau
Que la premiere nuit en éteint le
flambeau;
Mais ces aimables lieux font témoins du contraire
Etpar les nœuds nouveaux qu'-
Hymeny vient defaire
Mars 1710. R
194 MERCURE
On voit qu'ayant formé des Amours le plus beau
Loin d'eftre fon fepulcre , il en eft
le berceau.
?
Apeine eft-ilproduit cet Amour
plein de charmes
Qu'ilforce une Beautéde luyrendre les armes.
I
Il n'eft pourfes defirs ni dédains ni
rigueurs;
Il est né triomphant ; fes attraits
font vainqueurs.
Enfantépourla joye & non pour
la trift ffe
Ilfe trouve en naiffantMaîtrede
faMaîtreffe,
GALANT 195
Qui regnantfurfon cœur comme
Luyfur lefien
Partage entre-elle & luy fous un
commun lien
Dans de fi doux tranſports qu'on
nepeut les décrire
Et le fceptre le joug d'un mutuel Empire.
Amour dont les deffeins avouez
de Themis
Et louezdes mortels ont les Dieux
* pour amis
Vous valez beaucoup mieux que.
celuy que nous donne
Contre leursfaintes loix lafille de
Dione,
Rij
96 MERCURE
Qui n'offrant à nos yeux qu'at—
traits voluptez of th
N'aa pour nos cœurs feduits qu'ou
gidari
Ennuis , chagrins , langueurs , depits ,foupçons , allarmes,
Trahifons, defefpoirs , &longs tordelarmes.
trages , cruautez ,
rens T
L'Amourde qui l'Hymen afair
naiſtre lesfeux s
Eftfage , pacifique , égal & genereux :
TOTN
Songrandcœur eft rempli defentimensfideles WUNGA
Les Nymphes ennaiffant luy cou
perent les aîles
Etp ur luy laifferfaire un choix
d lic eux
GALANT 197
Neluy mirentjamais de bandeau
fur les yeuxoryGISTE
Le Ciel armafonbras d'un Arcinalterable -299077
Rendantpour s'en fervirfonbras
infatigable tool, siq
Samainporte unflambeau capable
d'enflamer
Mais non pas d'éblouir le cœur
qu'ilfait aimerame
Son Carquoisfoutenu des mains de
la fortune
Entre cent fléches d'or , de plomb
n'en a pas une.
Les Ris & les Plaiſirs folâtrent
furfes pas
Les Graces l'ont orné de leurs plus
R iij
198 MERCURE
1
doux
appas :
Sans ceffe autour de luy volent les
complaifances ,
40
Les jeux , les tendresfoins & les
réjouiffances.
Hymen,charmant Hymen, daigne
pourton honneur 21
Conferver un Amour qui te fait
tant d'honneur. H
Feunesse en qui nature a mis fes
dons aimables
Nerecevezjamais que des amours
femblables.
Ils font rares , ce Dieu n'en forme
pas toujours :
Tâchez d'en obtenirpour avoirde
beauxjours.
GALANTTHE
Heureux qui peut trouvékán
22 fes illuftres Peres..
Des Noms tels
ral *
1893*
que Gramont
Noailles d'Humieres ,
Des Nomsque la vertufçait immortalifer,
Des Noms à qui le Ciel ne peut
FID rien refuſer!
Heureuxqui de Chriftine éprouvant la tendreffe
Apú de fes leçons concevoir la richeffe ,
**
Et desfoibles mortels connoiffant
soles befoins
Faire unfage profit defes habiles
foins
Heureufe quipourra de cette amefi
belle Riiij
200 MERCURE
Avoirl'ame pourguide & le cœur
pour modeles seandi a¶
Mais laiffons ces difcours pour
une autrefaifon, M.
On aura tout le temps d'écouter
leur raifon:
Auffibien dévouez àdeplus doux
myfteres,
Aujourd'huy nos Amans ont bien
d'autres affaires,p
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Résumé : EPITHALAME.
Le texte est un épithalame, un poème célébrant un mariage, écrit par Monsieur de Meffange en mars 1710. L'auteur réfute l'idée que le mariage soit le tombeau de l'amour, affirmant qu'il en est plutôt le berceau. Il décrit un amour triomphant, plein de charmes, exempt de désirs et de rigueurs, et naissant déjà maître des cœurs. Cet amour est comparé favorablement à celui de Vénus, qui apporte ennui, chagrin et soupçons. L'amour célébré est sage, pacifique, égal et généreux, remplissant les cœurs de sentiments fidèles. Les Nymphes, en naissant, lui coupent les ailes pour lui permettre de faire un choix libre. Armé d'un arc infaillible, il enflamme les cœurs sans les éblouir. Entouré de rires, de plaisirs et de grâces, il est source de complaisances, de jeux et de réjouissances. L'auteur souhaite que les jeunes mariés connaissent toujours cet amour et soient bénis par des noms illustres comme Gramont, Noailles et Humières. Il espère qu'ils sauront tirer profit des leçons de Christine pour comprendre la richesse et les besoins des mortels. Le poème se conclut en se concentrant sur les affaires des amoureux.
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2459
p. 200-201
AIR NOUVEAU.
Début :
Comme la joye convient aux mariages, & les chansons à la / Plus le Char du Soleil s'empresse [...]
Mots clefs :
Soleil, Guerrier, Gloire
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texteReconnaissance textuelle : AIR NOUVEAU.
Commela joye convient aux
mariages , & les chanſons à la
joye, j'ay crû devoir placer icy
l'Air fuivant. suoxid
AIR NOUVEAU. vuol
Plus le Char du Soleil s'em
prefe
GALANT 201
Aremonterfur l'horifon
Plus il avance une Saifon
Qui force tourGuerrier à laifferfa
Maiftreffe
Et for Cellier à l'abandon.
La Gloire n'est qu'une manie
Qu'on n'avoitpas aufiecle d'or,
Vivons l'âge du bon Neftor
Lamort la plus illuftre fut l'inftgne folie
¿D'un $
Guerrier qui vivroitencor.
Ces paroles font de M' d'Aubicourt dont vous admirez
fouvent l'efprit galant & enjoué ; & l'Air de M de Villeneuve.
mariages , & les chanſons à la
joye, j'ay crû devoir placer icy
l'Air fuivant. suoxid
AIR NOUVEAU. vuol
Plus le Char du Soleil s'em
prefe
GALANT 201
Aremonterfur l'horifon
Plus il avance une Saifon
Qui force tourGuerrier à laifferfa
Maiftreffe
Et for Cellier à l'abandon.
La Gloire n'est qu'une manie
Qu'on n'avoitpas aufiecle d'or,
Vivons l'âge du bon Neftor
Lamort la plus illuftre fut l'inftgne folie
¿D'un $
Guerrier qui vivroitencor.
Ces paroles font de M' d'Aubicourt dont vous admirez
fouvent l'efprit galant & enjoué ; & l'Air de M de Villeneuve.
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Résumé : AIR NOUVEAU.
Le poème 'AIR NOUVEAU' compare l'ascension du soleil à la progression de la vie. Il critique la quête de gloire, qualifiée de 'manie' sans valeur, et prône une vie simple et paisible. Le texte met en garde contre la folie de chercher la mort pour la gloire. Les paroles sont de M. d'Aubicourt, la musique de M. de Villeneuve.
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2460
p. 202-207
Article du Testament de Mr l'Archevêque de Reims, par lequel il donne sa Bibliothque à l'Abbaye de Sainte Geneviève, [titre d'après la table]
Début :
Je passe à un Article bien different de ceux que vous venez [...]
Mots clefs :
Testament, Donner, Bibliothèque, Abbaye de Sainte Geneviève
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texteReconnaissance textuelle : Article du Testament de Mr l'Archevêque de Reims, par lequel il donne sa Bibliothque à l'Abbaye de Sainte Geneviève, [titre d'après la table]
Je paffe à un Article bien
different de ceux que vous ve
nez de lire. Je vous ay dit le
mois paffé que feu Mr l'Archevêque de Reims avoit laiffé fa
belle & nombreuſe Bibliotheque à l'Abbaye de Sainte Geneviève ; voicy à cet égard l'ar
ticle de fon Teftament olo
graphe , datté de Paris du s.
Novembre 1709. par lequel
il difpofe de ce riche depoft.
Mapremiere intention eftoit de
donner à mon neveu l'Abbé de
Louvois ma Bibliotheque , mais
reflexion faite j'ay cru qu'elle luy
GALANT 203
feroit inutile & même à charge à
caufe de l'honneur qu'il a d'estre
Bibliothecaire du Royce Recueil
de Livres eft grand & tres- curieux je l'ay fait avec beaucoup
de dépenfe e de plaifir , car je
n'aypas ceffé d'en acheterpendant
prés de cinquante ans ; ce feroit
grand dommage que ces Livres
fuffentdiffipez , comme il eft indu
bitable qu'ils le feroient aprés ma
mort , c'est ce qui m'aperfuadéque
je les devois donner à une Communauté capable de s'en ferair,
& d'en aider le public & de les
bien conferver.
~ Fe les donne donc je les legue
204 MERCURE
à la Maifon des Religieux de
l'Abbaye de Sainte Genevieve au
Mont de cette Ville , Chanoines
Reguliers de Saint Auguſtin dela
Congregation de France; j'eflime
cette Congregation autant qu'elle
merite de l'eſtre , &je ſuis bien
aife de luy donner cette marque de
l'amitiéque j'aypour elle & pour
le Pere Polinier prefentement fon
tres- digne General ; je prie ledit
Pere Polinier & le Pere de Ribe
folles actuellement Prieur de ladite
Abbaye de Sainte Genevieve , ou
ceux qui leurfuccederont dans ces
Emplois , de faire mettre immediatement aprés mon decés , tous les
GALANY 205
Livres de madite Bibliothèque
tous enfemble dans lafeconde partie de leur Bibliotheque dont toutes les tablettes & la menuifierie
ont eftéfaitesparles foins du Pere
Polinierdans le dernier Triennal,
pendant lequel il a efté Prieur de
ladite Abbaye.
Je prie celuy qui fera Abbé
lors de mon decés de faire prier
Dieu dans toute la Congregation
pour le repos de mon ame.
Je donne le Bufte de marbre de
feu Monfieur le Chancelier mon
pere, avecfonfcabellon aufdits Religieux de Sainte Genevieve pour
eftre par eux placé dans le même
206 MERCUR
lieu où je viens de dire queje defire
que tous mes Livresfoient mis.
Sellwal
Les Chanoines Reguliers
furent informez du beau pres
fent que leur faifoit Monfieur
l'Archevêque de Reims , pref
que en même temps qu'ils apa
prirent fa mort; auffi toftl'Ab.
bé & Superieur General , pour
marquer fa reconnoiffance envoya des Billets imprimez par
routes les Maifons de fa Congregation , avec ordre de faire
des Services pour le repos de
l'ame du deffunt.
Il en fit faire un tres-folemb
GALANT 207
nel dans l'Eglife de fon Abbaïc
le Mardy 18. Mars toute la
famille & les perfonnes les
plus confiderables de la Cour
& de la Ville , & toute l'Affemblée du Clergé y avoient
efté invitez , les Chanoines
Reguliers chanterent la veille
auMoir tout le grand Office
des Morts , & le lendemain
l'Abbé celebra Pontificale
ment la Meffe.
different de ceux que vous ve
nez de lire. Je vous ay dit le
mois paffé que feu Mr l'Archevêque de Reims avoit laiffé fa
belle & nombreuſe Bibliotheque à l'Abbaye de Sainte Geneviève ; voicy à cet égard l'ar
ticle de fon Teftament olo
graphe , datté de Paris du s.
Novembre 1709. par lequel
il difpofe de ce riche depoft.
Mapremiere intention eftoit de
donner à mon neveu l'Abbé de
Louvois ma Bibliotheque , mais
reflexion faite j'ay cru qu'elle luy
GALANT 203
feroit inutile & même à charge à
caufe de l'honneur qu'il a d'estre
Bibliothecaire du Royce Recueil
de Livres eft grand & tres- curieux je l'ay fait avec beaucoup
de dépenfe e de plaifir , car je
n'aypas ceffé d'en acheterpendant
prés de cinquante ans ; ce feroit
grand dommage que ces Livres
fuffentdiffipez , comme il eft indu
bitable qu'ils le feroient aprés ma
mort , c'est ce qui m'aperfuadéque
je les devois donner à une Communauté capable de s'en ferair,
& d'en aider le public & de les
bien conferver.
~ Fe les donne donc je les legue
204 MERCURE
à la Maifon des Religieux de
l'Abbaye de Sainte Genevieve au
Mont de cette Ville , Chanoines
Reguliers de Saint Auguſtin dela
Congregation de France; j'eflime
cette Congregation autant qu'elle
merite de l'eſtre , &je ſuis bien
aife de luy donner cette marque de
l'amitiéque j'aypour elle & pour
le Pere Polinier prefentement fon
tres- digne General ; je prie ledit
Pere Polinier & le Pere de Ribe
folles actuellement Prieur de ladite
Abbaye de Sainte Genevieve , ou
ceux qui leurfuccederont dans ces
Emplois , de faire mettre immediatement aprés mon decés , tous les
GALANY 205
Livres de madite Bibliothèque
tous enfemble dans lafeconde partie de leur Bibliotheque dont toutes les tablettes & la menuifierie
ont eftéfaitesparles foins du Pere
Polinierdans le dernier Triennal,
pendant lequel il a efté Prieur de
ladite Abbaye.
Je prie celuy qui fera Abbé
lors de mon decés de faire prier
Dieu dans toute la Congregation
pour le repos de mon ame.
Je donne le Bufte de marbre de
feu Monfieur le Chancelier mon
pere, avecfonfcabellon aufdits Religieux de Sainte Genevieve pour
eftre par eux placé dans le même
206 MERCUR
lieu où je viens de dire queje defire
que tous mes Livresfoient mis.
Sellwal
Les Chanoines Reguliers
furent informez du beau pres
fent que leur faifoit Monfieur
l'Archevêque de Reims , pref
que en même temps qu'ils apa
prirent fa mort; auffi toftl'Ab.
bé & Superieur General , pour
marquer fa reconnoiffance envoya des Billets imprimez par
routes les Maifons de fa Congregation , avec ordre de faire
des Services pour le repos de
l'ame du deffunt.
Il en fit faire un tres-folemb
GALANT 207
nel dans l'Eglife de fon Abbaïc
le Mardy 18. Mars toute la
famille & les perfonnes les
plus confiderables de la Cour
& de la Ville , & toute l'Affemblée du Clergé y avoient
efté invitez , les Chanoines
Reguliers chanterent la veille
auMoir tout le grand Office
des Morts , & le lendemain
l'Abbé celebra Pontificale
ment la Meffe.
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Résumé : Article du Testament de Mr l'Archevêque de Reims, par lequel il donne sa Bibliothque à l'Abbaye de Sainte Geneviève, [titre d'après la table]
Le texte relate le legs de la bibliothèque de l'archevêque de Reims à l'abbaye de Sainte-Geneviève. Dans son testament du 1er novembre 1709, l'archevêque avait initialement prévu de donner sa bibliothèque à son neveu, l'abbé de Louvois. Cependant, il changea d'avis, estimant que cette donation serait inutile et à charge pour son neveu en raison de ses fonctions de bibliothécaire du roi. La bibliothèque, constituée avec soin et dépense sur près de cinquante ans, était jugée trop précieuse pour être dispersée après sa mort. L'archevêque décida donc de la léguer à la communauté des religieux de l'abbaye de Sainte-Geneviève, qu'il estimait capable de bien conserver et utiliser ces livres. Il demanda que les livres soient placés dans la seconde partie de la bibliothèque de l'abbaye, récemment rénovée par le père Polinier. L'archevêque fit également don d'un buste de marbre de son père aux religieux. Après la mort de l'archevêque, les Chanoines Reguliers organisèrent des services religieux en sa mémoire, y compris une messe solennelle le 18 mars, à laquelle assistèrent des personnalités de la cour et de la ville.
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2461
p. 207-214
Cloche baptisée à Rennes, & tenuë par Mr le Maréchal de Chasteau-renault, & par Me de Brillac, premiere presidente du Parlement, [titre d'après la table]
Début :
Je passe d'une Ceremonie qui se vient de faire à Paris, à [...]
Mots clefs :
Église des grands Carmes de Renne, Cloche, Baptême, Cérémonie
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texteReconnaissance textuelle : Cloche baptisée à Rennes, & tenuë par Mr le Maréchal de Chasteau-renault, & par Me de Brillac, premiere presidente du Parlement, [titre d'après la table]
Je paffe d'une Ceremonie
qui fe vient de faire à Paris , à
une autre qui s'eft faite dans
l'Eglife des grands Carmes de
de Rennes , où Mr Enon
208 MERCURE
grand Vicaire de Mr l'Evê
que de Rennes, a baptifé une
Cloche qui a efté tenue par
Mr le Maréchal de Chateaurenault , & par M de Brillac ,
premiere Prefidente du Parlement. Ils furent reçus à la
porte de l'Eglife au bruit des
Tambours &des Trompettes,
&le Pere Superieur leur fit le
Compliment fuivant.
MONSEIGNEUR,
Qu'il eft édifiant de voir un
des plus illuftres Heros du
Royaume , aprés avoir foutenu
GALANT 209
1
par fa valeur la gloire de fon
Prince , venir au pieds des faints
Autels prefter fon nom , fes
armes & fa perfonne , pour
concourir à la gloire defon Dieu.
Que cent fois le Bronze
&
foudroyant ait fait ployerfous la
force de voftre bras vainqueur ,
Affrique , l'Amerique , l'Angleterre , la Hollande.
Qu'on vous ait vú abbattre la
fierté barbare de cefameux Mouley Ifmael Empereurde Maroc
de Sa ésenleverfes Corfaires & le
forcer d'envoyerfes Ambaffadeurs
rendre hommage à la Souveraine
Mars 1710.
S
210 MERCURE
puiffance de noftre grand Monar
que.
Qu'animé d'uneprudence Mar
tiale vous ayez trouvé lefecret de
faire àVigo par une veritablejuftice ce qui fe lit dans une Satyre
de nosjours , oùl'on voit l'avidité
de la Justice , qui avala l'huiftre
&ne laiffa aux concurrens que
des écailles. Que vous ayez, dis -je,
Monfeigneur, enlevé les millions
d'or & d'argent , que vous aviez
heureufement conduits au Port, &
quervous n'ayés laifféà nos ennemis
cocques & les écailles dont que les
ils firent unfeu de fureur & de
defefpoir , tandis que nousfaiſions
TGALANT 201
unfeu de joye , de voir que vous
leurs aviez enlevé cette huiftre
précieuſe qu'ils recherchoient avec
avidité.
Qu'enfin tous nos ennemis ayent
dit de Voftre Grandeur ce que par
une conjoncture affez heureuſe les
Peuples difent de Jesus - Chrift
dans l'Evangile d'aujourd'huy -
Qualis eft hic quia Venti &
Mare obediunt ei : qui eft donc
celuy à qui les vents &lesflots
dela mer obéiffent.
Pournous , Monseigneur , nous
› admirerons aujourd'huy voftre pieté, vous voyant donner voftre
Nom à ce Bronze confacré qui
Sij
212 MERCURE
portera fans doute l'éclat de vos
vertus jufques dans les Cieux
aprés que par tant d'actions heron
ques vous avez répandu le bruit
de voftre valeur par toute la
terre. Latinine show.ab somone
Et pour vous , Madame
il ne nous eft point étranger de
Vous voir aux
de
pieds des faints
Autels , & à la tefte des œuvres
de pieté brillante par tant d'émiss
nantes qualitez d'esprit
corps , encore plus brillante par la
folidité de vostre vertu , vous
vous conciliez tous les efprits , es
jous engagez tous les cœurs yo
auffi n'appartenoit-ilqu'à vous zb
IGALANT 213€
&
Madame de fixer toutes les
attentions d'une des premieress
teftes du Royaume ; la fuperiorité
de fon genie , & la fineffe de
fongouft justifie fans doute l'émi
nance de vostre merite.
C Que nous fommes heureux
Madame , qu'avec tant d'éleva
tion vous daigniez vous abaiffer
jufqu'à nous ne pas refufer
voftre nom ny vos armes ànce
Bronze confacré , qui ne nous
frapera jamais les oreilles fans.
rappeller nos obligations
nousengager à former des vœux
au Gielpour voftre confervationà
de langues d'heurenfes années.
214 MERCURE
←
La Ceremonie eftant finie ,
le Parain , & la Maraine firent
de grandes Aumônesmaux
Pauvres & ད་ donnerent au
Convent des marques de
leurs liberalitez.
qui fe vient de faire à Paris , à
une autre qui s'eft faite dans
l'Eglife des grands Carmes de
de Rennes , où Mr Enon
208 MERCURE
grand Vicaire de Mr l'Evê
que de Rennes, a baptifé une
Cloche qui a efté tenue par
Mr le Maréchal de Chateaurenault , & par M de Brillac ,
premiere Prefidente du Parlement. Ils furent reçus à la
porte de l'Eglife au bruit des
Tambours &des Trompettes,
&le Pere Superieur leur fit le
Compliment fuivant.
MONSEIGNEUR,
Qu'il eft édifiant de voir un
des plus illuftres Heros du
Royaume , aprés avoir foutenu
GALANT 209
1
par fa valeur la gloire de fon
Prince , venir au pieds des faints
Autels prefter fon nom , fes
armes & fa perfonne , pour
concourir à la gloire defon Dieu.
Que cent fois le Bronze
&
foudroyant ait fait ployerfous la
force de voftre bras vainqueur ,
Affrique , l'Amerique , l'Angleterre , la Hollande.
Qu'on vous ait vú abbattre la
fierté barbare de cefameux Mouley Ifmael Empereurde Maroc
de Sa ésenleverfes Corfaires & le
forcer d'envoyerfes Ambaffadeurs
rendre hommage à la Souveraine
Mars 1710.
S
210 MERCURE
puiffance de noftre grand Monar
que.
Qu'animé d'uneprudence Mar
tiale vous ayez trouvé lefecret de
faire àVigo par une veritablejuftice ce qui fe lit dans une Satyre
de nosjours , oùl'on voit l'avidité
de la Justice , qui avala l'huiftre
&ne laiffa aux concurrens que
des écailles. Que vous ayez, dis -je,
Monfeigneur, enlevé les millions
d'or & d'argent , que vous aviez
heureufement conduits au Port, &
quervous n'ayés laifféà nos ennemis
cocques & les écailles dont que les
ils firent unfeu de fureur & de
defefpoir , tandis que nousfaiſions
TGALANT 201
unfeu de joye , de voir que vous
leurs aviez enlevé cette huiftre
précieuſe qu'ils recherchoient avec
avidité.
Qu'enfin tous nos ennemis ayent
dit de Voftre Grandeur ce que par
une conjoncture affez heureuſe les
Peuples difent de Jesus - Chrift
dans l'Evangile d'aujourd'huy -
Qualis eft hic quia Venti &
Mare obediunt ei : qui eft donc
celuy à qui les vents &lesflots
dela mer obéiffent.
Pournous , Monseigneur , nous
› admirerons aujourd'huy voftre pieté, vous voyant donner voftre
Nom à ce Bronze confacré qui
Sij
212 MERCURE
portera fans doute l'éclat de vos
vertus jufques dans les Cieux
aprés que par tant d'actions heron
ques vous avez répandu le bruit
de voftre valeur par toute la
terre. Latinine show.ab somone
Et pour vous , Madame
il ne nous eft point étranger de
Vous voir aux
de
pieds des faints
Autels , & à la tefte des œuvres
de pieté brillante par tant d'émiss
nantes qualitez d'esprit
corps , encore plus brillante par la
folidité de vostre vertu , vous
vous conciliez tous les efprits , es
jous engagez tous les cœurs yo
auffi n'appartenoit-ilqu'à vous zb
IGALANT 213€
&
Madame de fixer toutes les
attentions d'une des premieress
teftes du Royaume ; la fuperiorité
de fon genie , & la fineffe de
fongouft justifie fans doute l'émi
nance de vostre merite.
C Que nous fommes heureux
Madame , qu'avec tant d'éleva
tion vous daigniez vous abaiffer
jufqu'à nous ne pas refufer
voftre nom ny vos armes ànce
Bronze confacré , qui ne nous
frapera jamais les oreilles fans.
rappeller nos obligations
nousengager à former des vœux
au Gielpour voftre confervationà
de langues d'heurenfes années.
214 MERCURE
←
La Ceremonie eftant finie ,
le Parain , & la Maraine firent
de grandes Aumônesmaux
Pauvres & ད་ donnerent au
Convent des marques de
leurs liberalitez.
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Résumé : Cloche baptisée à Rennes, & tenuë par Mr le Maréchal de Chasteau-renault, & par Me de Brillac, premiere presidente du Parlement, [titre d'après la table]
Le texte relate deux cérémonies distinctes : l'une à Paris et l'autre à l'église des grands Carmes de Rennes. À Rennes, le grand vicaire de l'évêque a baptisé une cloche en présence du maréchal de Châteaurenault et de Madame de Brillac, première présidente du Parlement. Ils ont été accueillis par des tambours et des trompettes, et le supérieur leur a adressé un compliment. Le discours du supérieur a souligné les exploits militaires du maréchal, mentionnant ses victoires en Afrique, en Amérique, contre l'Angleterre et la Hollande, ainsi que sa défaite de Moulay Ismaël, empereur du Maroc. Il a également évoqué la prudence martiale du maréchal lors de la bataille de Vigo, où il a capturé des millions d'or et d'argent. Le texte met en avant la piété et les vertus du maréchal, comparant son autorité à celle de Jésus-Christ. Madame de Brillac a été louée pour ses qualités d'esprit et de corps, ainsi que pour sa solidarité. Après la cérémonie, le parrain et la marraine ont fait des aumônes aux pauvres et ont offert des marques de libéralité au couvent.
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2462
p. 214-216
Offre faite au Roy, par les Secretaires Auditeurs de la Chambre des Comptes de la même Ville, [titre d'après la table]
Début :
Je dois ajouter icy un Article qui regarde encore la Bretagne. [...]
Mots clefs :
Bretagne, Chambre des comptes
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texteReconnaissance textuelle : Offre faite au Roy, par les Secretaires Auditeurs de la Chambre des Comptes de la même Ville, [titre d'après la table]
Je dois ajouter icy un Article qui regarde encore la Brés
tagne. M de la Chambre IS
des Comptes aprés avoir
tout mis en ufage pour franchir leur droit annuel , cftant
des Officiers du Royaume des
plus attachez à Sa Majefté;
Aprésavoiraffifté au Te Deum,
qui fut chanté pour l'heureuſe
naiffance de Monfeigneur le
GALANT 215
Duc d'Anjou , les Secretaires
Auditeurs de la Chambre
eftant affemblez délibererent
d'offrir au Roy quinze mille
livres chacun pour obtenir le
Titre de Maître des Comptes ,
&de donner pareille forme à
chacun des Maiftres ordinaires
pour les indemnifer de cette
Promotion.
naVous voyez le zele de ces
fidelles Sujets , qui à l'exem
ple de la Capitale du Royaume,
& fur tout des Cours Superieures , n'oublient rien pour
fecourir le Roy dans les preffans befoins de l'Etat , & fur
216 MERCURE
tout pour le rachapt de la
Polette cette affaire eftant
déja fort avancée , plufieurs
portant tous les jours leur
argent ; de maniere qu'elle
aura bien- toft tout l'effet que
Sa Majefté en peut fouhaiter.
tagne. M de la Chambre IS
des Comptes aprés avoir
tout mis en ufage pour franchir leur droit annuel , cftant
des Officiers du Royaume des
plus attachez à Sa Majefté;
Aprésavoiraffifté au Te Deum,
qui fut chanté pour l'heureuſe
naiffance de Monfeigneur le
GALANT 215
Duc d'Anjou , les Secretaires
Auditeurs de la Chambre
eftant affemblez délibererent
d'offrir au Roy quinze mille
livres chacun pour obtenir le
Titre de Maître des Comptes ,
&de donner pareille forme à
chacun des Maiftres ordinaires
pour les indemnifer de cette
Promotion.
naVous voyez le zele de ces
fidelles Sujets , qui à l'exem
ple de la Capitale du Royaume,
& fur tout des Cours Superieures , n'oublient rien pour
fecourir le Roy dans les preffans befoins de l'Etat , & fur
216 MERCURE
tout pour le rachapt de la
Polette cette affaire eftant
déja fort avancée , plufieurs
portant tous les jours leur
argent ; de maniere qu'elle
aura bien- toft tout l'effet que
Sa Majefté en peut fouhaiter.
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Résumé : Offre faite au Roy, par les Secretaires Auditeurs de la Chambre des Comptes de la même Ville, [titre d'après la table]
La Chambre des Comptes en Bretagne a organisé une initiative après l'accomplissement de leurs devoirs annuels. Les officiers, loyaux au roi, se sont réunis pour célébrer la naissance du Duc d'Anjou. Les secrétaires auditeurs ont décidé de contribuer chacun à hauteur de quinze mille livres pour obtenir le titre de Maître des Comptes et indemniser les Maîtres ordinaires. Le texte met en avant le zèle de ces sujets loyaux, comparables à ceux de la capitale et des cours supérieures, qui soutiennent le roi dans les besoins urgents de l'État, notamment pour le rachat de la Polette. Plusieurs personnes apportent quotidiennement leur argent, assurant ainsi le succès de cette entreprise royale.
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2463
p. 216-218
Theses soutenuës dans les Ecoles de Droit où Mr l'Abbé du Gué de Launay reçoit le Bonnet de Docteur, [titre d'après la table]
Début :
Mr l'Abbé du Gué de Launay, fils aîné de Mr Aunillon, [...]
Mots clefs :
Docteur, Thèse
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texteReconnaissance textuelle : Theses soutenuës dans les Ecoles de Droit où Mr l'Abbé du Gué de Launay reçoit le Bonnet de Docteur, [titre d'après la table]
Mr l'Abbé du Gué de Launay , fils aîné de Mr Aunillon ,
premier Prefident de l'Election
de Paris , prit le Bonner de
de Docteur dans les Ecoles de
Droit au commencement de
ce mois. Ily foûtint une Thefe dediée à Mr l'Evêque de Soiffons. Ce Prelat y affifta , &
l'Affemblée fut fort nombreu
Lc,
GALANT 217
fe , & compofée de plufieurs
perfonnes de diftinction. Le
nouveau Docteur y reçut des
applaudiffemens de tous ceux
qui l'entendirent à cauſe de la
jufteffe de fes réponſes & de la
grace avec laquelle il parla. On
peut dire qu'il recueillit en cette occafion les fruits de fon
éducation au College de Louis
le Grand. Aprés s'y eftre diftingué , dans l'étude des belles
Lettres & dans le Cours de
de Theologie qu'il y a fait ,
il a fini une fi penible &figlorieufe carriere par les honneurs
du Doctorat en Droit Canon
Mars 1710.
T
218 MERCURE
& Civil , qui luy donnent le
même rang dans la fameule
Univerfité de Paris , que le degré de Docteur de Sorbonne,
qui eft un privilege digne d'êtreremarqué, & qui n'eft peuteftre pas generalement connu.
Le Difcours qu'il prononça
pour remercier la Faculté à la
fin de la Ceremonie de fa reception , fait efperer qu'il peut
eftre un jour un Orateur auffi
accomply qu'il eft bon Theologien & habile Canoniſte.
premier Prefident de l'Election
de Paris , prit le Bonner de
de Docteur dans les Ecoles de
Droit au commencement de
ce mois. Ily foûtint une Thefe dediée à Mr l'Evêque de Soiffons. Ce Prelat y affifta , &
l'Affemblée fut fort nombreu
Lc,
GALANT 217
fe , & compofée de plufieurs
perfonnes de diftinction. Le
nouveau Docteur y reçut des
applaudiffemens de tous ceux
qui l'entendirent à cauſe de la
jufteffe de fes réponſes & de la
grace avec laquelle il parla. On
peut dire qu'il recueillit en cette occafion les fruits de fon
éducation au College de Louis
le Grand. Aprés s'y eftre diftingué , dans l'étude des belles
Lettres & dans le Cours de
de Theologie qu'il y a fait ,
il a fini une fi penible &figlorieufe carriere par les honneurs
du Doctorat en Droit Canon
Mars 1710.
T
218 MERCURE
& Civil , qui luy donnent le
même rang dans la fameule
Univerfité de Paris , que le degré de Docteur de Sorbonne,
qui eft un privilege digne d'êtreremarqué, & qui n'eft peuteftre pas generalement connu.
Le Difcours qu'il prononça
pour remercier la Faculté à la
fin de la Ceremonie de fa reception , fait efperer qu'il peut
eftre un jour un Orateur auffi
accomply qu'il eft bon Theologien & habile Canoniſte.
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Résumé : Theses soutenuës dans les Ecoles de Droit où Mr l'Abbé du Gué de Launay reçoit le Bonnet de Docteur, [titre d'après la table]
Le texte décrit l'obtention du titre de Docteur en Droit par Monsieur l'Abbé du Gué de Launay, fils aîné de Monsieur Aunillon, premier Président de l'Élection de Paris. Cette cérémonie a eu lieu au début du mois de mars 1710. Monsieur l'Abbé du Gué de Launay a présenté une thèse dédiée à Monsieur l'Évêque de Soissons devant une assemblée nombreuse et distinguée. Il a été félicité pour la justesse de ses réponses et l'élégance de son discours, reflétant son éducation au Collège de Louis le Grand, où il s'est distingué en lettres et en théologie. Le Doctorat en Droit Canon et Civil lui confère un rang équivalent à celui du Docteur de Sorbonne, un privilège notable. Son discours de remerciement à la Faculté suggère qu'il pourrait devenir un orateur accompli, en plus d'être un théologien et un canoniste compétent.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2464
p. 218-246
LETTRE D'un sçavant Directeur à une Dame de la Cour, sur la reception de Monsieur le Duc d'Anjou au Rosaire.
Début :
Je reivens à ce qui regarde Monseigneur le Duc d'Anjou, [...]
Mots clefs :
Duc d'Anjou, Rosaire, Réception, Religion, Père Mespolié Dominicain, Confrérie, Église, Piété, Papes, Rois chrétiens
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE D'un sçavant Directeur à une Dame de la Cour, sur la reception de Monsieur le Duc d'Anjou au Rosaire.
e reviens à ce qui regarde
Monfeigneur le Duc d'Anjou ,
dont je vous parleray peut-
CALANT 219
eftre plus d'une fois avant de
finir ma Lettre.
LETTRE
emp
D'un fçavant Directeur à une
Dame de la Cour , fur la reception de Monfeigneur le
Duc d'Anjou au Rofaire.
Vous me demandez ,
Madame,des éclairciffemensfur la Confrerie du Rofaire dans laquelle
Monfeigneur le Duc d'Anjou a
efté reçu par le Pere Mefpolié
Dominicain, le 27. de Février.
C'estune desplus excellentes devotions de la Religion qui nourrit
une folide pieté quand on enfuit
Tij
220 MERCURE
l'esprit & qu'on en remplit les
devoirs. Ses fondemens font les
principaux Mysteres de la Vie , de
la mort, e de la gloire de JeſusChrift de fafainte mere. Elle
renferme les Prieres vocales les
plus efficaces pour ſerendre agreables à l'un à l'autre & adorer
Dieu en efprit & en verité, les
reflexions les plus touchantes , ta
frequentation des Sacremens avec
les difpofitions requifes ; fçavoir
l'imitation des vertus de JefusChrift & de fafainte Mere &
les plus effentiels devoirs de la
charité. Car on cft obligé d'appli
quer le premier Chapelet du Rox
GALANT 228
faire pourles Confreres vivans ,
afin que s'ils font en eftat de peché qu'ils fe convertiffent , s'ils
font en eftat de grace qu'ils
perfeverent , & s'ils font expofez à quelque fâcheux accident , qu'ils en foient prefervez.
Le fecond Chapelet eft recité pour
les Agonizants , afin qu'ils foient
fortifiez à l'heure de la mort contre l'ennemi du falut, &que leur
mort foit preticufe aux aux yeux de
Dieu; & le troifiéme Chapelet
pour les Confreres deffunts , afin
qu'ilsfoient foulagez en Purgatoire , & qu'ils en foient promptement délivrez.
Tiij
222 MERCURE
plus
a
De fi grands avantages ontporté en tout temps depuis l'inftitution
de cette Confrerie les Papes , les
Rois Chreftiens , & les Saints les
recommandablesparleurfcien
cee parleurpieté àfaire une eftimefinguliere de cette devotion.
Sixte IV. dit que le Rofaire
eft une devote &religieufe pra-
*ique de prier,inftituée à la gloire de Dieu tout - puiſſant & à
l'honneur de la glorieuſe Vierge Marie , & pour nous munir
contre les dangers dont on eſt
menacé.
Leon X. reconnoist que c'est
un rempart invulnerable aux
GALANT 1 223
#
Aleaux de la guerre , &une puiffante reffource pour obrenic
des fecours miraculeux dan's
les preffantes neceffitez od
nous fommes reduits.
Clement VIII affure que cet
exercice eft d'une tres-grande
utilité pour de falut de l'ame
& du corps , qu'il attire des
graces extraordinaires fur ceux
qui s'y appliquent & qu'il excite en eux une devotion art
dente pour les pratiques de la
Religion , qu'elle a fait des
biens immenfes à l'Eglife , &
qu'elle y en fait tous les jours ,
que le Fideles , foit Clercs ou
Tiiij
224 MERCURE
Liques , hommes & femmes ,
font attirez par ce religieux
exercice à un fi haut degré de
ferveur que Dieu les a non- feulement ornéz de graces , mais
auffi fait éclater des miracles
infinis en leur faveur.
2
Pie V. dit que le Rofaire eft
un exercice de pieté propre
pour donnerla paix à ceux qui
font dans le trouble ; pour con
foler les affligez &pour rendre.
plus fervens ceux qui font lâches , & qui font leurs prieres
avec tiedeur..
Gregoire XIII. dit
Rofaire eft tres-utile pour arque le
GALANT 225
refter le cours de la juftice de
Dieu irritée contre les hommes ; que c'eft un Arſenal d'où
l'Eglife a toûjours tiré des ar
mes redoutables à l'Enfer ; &
que Saint Dominique infticua
cette pieufe methode de prier
pour meriter la protection de
la tres - Sainte Vierge , dans le
temps que la France & l'Italie
eftoient affligées par de pernicieuſes herefies.
Sixte V. dit que cette devotion a produit des biens ineftimables à l'Eglife & aux Fideles , qu'elle en produit tous les
jours , & qu'elle a efté établie
226 MERCURE
pour cette fin dans tout le mon
de Chreftien.
Adrien VI. reconnoist que le
Rofaire cft tres utile aux mo
ribonds & qu'il leur procure de
puiffans fecours pour diffiper
tous les artifices du demon à
l'heure de la mort , & pour ob
tenir aux Agonifans la perfeverance finale..
Les autres Papes qui ont precedéceux ci depuis l'établiſſement
du Rofaire , & qui les ont fuivis
en ont fait des éloges femblables
les plusgrands Saints des derniers fiecles , illuftres enpieté en
fcience nefontpas éloignez de leurs
fentimens
GALANT 227
Saint Charles Borromée autant diftinguéparfa faintetéqu'il
L'eftoit par fa pourpre & par fa
fcience , dit dans une fçavante Ordonnance qu'il a faite fur l'excellence du Rofaire , que c'eſt un
abbregé de plufieurs exercices
de pieté & des pratiques de devotion tres-agreables à Dieu ,
de laquelle le Saint Siege a toûours fait une eftime tres- particuliere , & qu'il a enrichies
d'un grand nombre de Privileges & d'Indulgences tres- authentiques.
Il ajoute que le Rofaire eft
principalement inftitué pour
228 MERCURE
honorer Jefus- Chrift & fa fairte Mere , tres propre pourpor
ter les Fideles à s'entretenir des
Miſteres de Nôtre - Seigneur
Jefus Chrift , & des douleurs
qu'il a endurées pour nous.
C'est pourquoy cefaint Cardinal
invite tout le monde ; les perfonnes lesplus diftinguéesfoit par leur
rang, foit par leur naiffance ,foit
par leurfcience , foit par leur ver
zu à fe faire écrire dans les Regiftres de cette Confrerie ,fans en
excepter même les Cleres de fon
Seminaire les Ecclefiaftiques
defon Dioceſe , déclarant qu'il n'a
en cela d'autre vûë que leurfalut
GALANT 229
d'attirer fur eux de plus en
plus par cette Priere la paix, la
grace, & la benediction du Seigneur.
Saint François de Salesfe fit recevoirdans cette auguste Affociation ; ilfaifoit prêcher cette devotion dansfes Miffions ; il exhorte
toutes les perfonnes de pieté à aimer cette devotion ; il en établit
l'excellence l'utilité; il s'oppose
de toutes fes forces à ces efprits
fortsfelon le monde qui en mépri→
fent la pratique, & pour faire
voir plus en particulier l'eftime
qu'il en faifoit & les prodigieux
avantages qu'on enpeut retirer ,
230 MERCURE
ilfit vœu dediretous les jours une
partie du Rofaire dans le cours
même des occupations continuelles
de fes Miffions.
Sainte Thereferecitoitfort exactement le Rofaire, &elle recevoit
par cette devotion desfaveurs extraordinaires.
Voici comme elle enparle. Etant
une nuit dans un Oratoire af
fez recueillie , mais fi malade
queje croyois ne pouvoir faire
oraifon , je me contentay de
prendre mon Chapelet pour
prier vocalement; il parut bien
alors que nos penſées font fors
inutiles quand Dieu veut ope→
1
GALANT 231
进
rer quelque chofe en nous :
car je tombay dans un fi grand
raviffement que je me trouvay
commehors de moi- même. Il
me fembla que j'eftois dans le
Ciel.... où je vis des chofes,
merveilleufes dans le peu de
temps quedura cette faveur.
Et parlant duchemin de laperfection ellefait voir quelle eſt l'utilité de cette devotion ,
affurant
qu'elle est auffi avantageuſe àproportion qu'on s'y attache , & que
les graces répondent au zele qu'on
a de reciterfouvent le Rofaire. Si
quelqu'un dit unefois le Rofaire ,
il en profite , s'il le recite plufieurs
232 MERCURE
fois , il en retire de plus grands.
fecours.
En eflet le Rofaire infpire l'horreur du peché, c'est là un moyen
fouverain pourobtenir lagrace du
Jalut , élever les Saints au plus
baut degré de la perfection & attirer mêmes des benedictions particulieres fur les Familles & fur
les Armées des Princes Catholiques.
Les fiecles à venir admireront à
jamais la protection miraculeufe
que tira de cette devotion , le celebre Comte deMontfort. Cegrand
General animépar les prom ffes de
Saint Dominique , qui luy pro-
GALANT 233
mettoit la victoire de la part de
Dieu , filuy co fes Soldats im-
·ploroient l'affiftance de la tres -fainte Vierge, & s'ils recitoient devotementle Rofaire , il attaquaavec
quatorze cens ou dix - huit cens
François l'Armée formidable des
Albigeois , compofée de cent mille
bommes en 1213. &commandée
par le Roy d'Arragon. Il l'attaqua; dis-je , la combattit avec
tant de valeur que cette nombreuſe
Arméefemblable à celle des Madianites confternée aux approches
de Gedeon , fut enfin diffipée.
Leon X. dit que la Ville &
le Diocefe de Cologne eftant prefMars 1710.
γ
234 MERCURE
fee par de grandes guerres , onérigea dans l'Eglife des Freres Précheurs à la demande de Frideric
111. Empereur des Romains la
Confrerie du Rofaire , afin quela
Ville & le Diocese fuffent déli
vrez de cesguerres. Ce qui arriva
peu de temps aprés.
Trois grands Papes Pie V.
Gregoire XIII. Clement VIII.
ont que la fameuse
de Lepante remportée
Za
connus
par les Chreftiens fur la Flotte
des Turcs , compofée de deux
cens quarante deux Galeres qui
menaçoient l'Italie d'une irrup
tiongenerale,fut un exploit mirairrup-
GALANT 235
culeux de cette devotion , de- là
les Souverains Pontifes ont ordonné qu'enAction de Grace, on remettroit lagrandefefte duRofaire
qu'on celebroit auparavant le 25.
Mars fefte de l'Annonciation
au premier Dimanche d'Octobre ,
jour auquel cettefignalée Victoire
futremportéedans le temps même
que dans toute la Chreftienté on
faifoit la Proceffion du faint
Rofaire ordonné par Pie V
Voilà , Madame , les motifs
qui ont inspiré aux Rois & aux
Reines de France , une veneration particuliere pour cette devotion qui les ontportez àyfaire
Vij
236 MERCURE
recevoir les Princes leur enfans
quelquejours aprés leur naillance.
L'origine de cette loüable &
religieuse coutume eft fort
ancienne. Elle vient de la Reine
Blanche époufe de Loüis VII I.
qui affligée de n'avoir point d'enfans , confulta Saint Dominique ,
furles voeux qu'elle devoit faire
à Dieu pour en obtenir , ce grand
Saint autant édifié de la pieté
qu'honoré de la confiance de
tette Reine , luy predit que fes
juftes defirs feroient exaucezfi elle
vouloit honorer la tres - fainte
Vierge , par la devotion du Rofaire dont il luyapprit lapratique ,
*
GALANT 237
མ la
le fuccés de l'évenement justifia
la verité de la Prediction ,
Reine accoucha d'un fils ; mais
Dieu l'ayant enlevé au monde
pour luy fairepart de la gloire ,
Saint Dominique conſeilla derechef à la Reine de continuer
cette Priere & elle donna à la
France Saint Louis , l'ornement
de ce Royaume , l'admiration de
fonfiecle & le modelle de tous les
Rois , qui en
bienfait fi figale honora d'une
tendre particuliere confiance
eunoi
d'un
les Religieux de Saint Dominique
fuccaavecle lait cette devotion
qui l'éleva à cette éminente per-
238 MERCURE
fection qui luy a merité la veneration de toute l'Eglife.
Ses Succeffeurs ont donnéauffi
des marques de leur zele pour de - leur
cette devotion. Nous en avons
des preuves certaines dans les
derniers fircles.
Henry IV. yfutreceu aprés
fa converfion , il difoit tous les
jours une partie du Rofaire , &
tous les Samedys le Rofaire entier , qui luy avoit efte ordonné
par Clement VIII. lorfqu'il
luy donna l'Abfolution de fon
Herefie.
Louis XIII. furnommé le
Julte , ayant formé le Siege de
GALANT 239
>
La Rochelle & voyant les difficul
tez immenfes pour reduire cette
importante Place , écrivit à la
Reine Mere Marie de Medicis
d'ordonner qu'on fit des Prieres
extraordinaires , à l'honneur de la
tres- Sainte Vierge. La Reine
choifit l'Eglife des Dominicains
de la rue Saint Honoré , pour y
faire reciter publiquement le
Rofaire de la maniere qu'elle
l'avoit vú pratiquer à Florence
à Pife , & en plufieurs autres
Villes d'Italie ; ce qu'on executa
tous les Samedis en prefence de
la Reine Mere , de la Reine
Regente , de Monfieur le Duc
240MERCURE
d'Orleans , des Eminentiffimes
Cardinaux de la Rochfoucaud ,
de Berulle , de l'Archevêque
de Paris qui faifoit la lecture des
Mifteres , de plufieurs autres
Prelats , & d'une foule incroiable de Peuple qui y accourotent
de toutes parts.
Le Roy ayant appris la ferveur avec laquelle on faifoit ces
Prieres à Paris voulut que la
même devotion fut pratiquée
dans fon Armée. Il en donna
la commiffion au Pere Louvet
aplufieurs autres Dominicains
qui avoient fuivi Sa Majesté
au Siege de cette Placepourfervir
les
GALANT 241
>
ils
les malades & pour adminiftrer
les Sacremens ; ils diftribuerent
pour cefujetplus de quinze mille
Chapelets aux Soldats
précherent avec tant de fuccés
cette devotion que tout le Camp
retentiffoit à certaines heures da
jour de la nuit des louanges &
des prieres du Rofaire , quifurent
continuées jufqu'à la reduction de
la Place.
}
que
Anne d'Autriche , une desplus
religieufes Princeffes du monde,
publiaplufieurs fois en Cour
par la vertu de cette devotion elle
avoit obtenu de Dieu noftre Augufte Monarque Louis XIV.
Mars 1710.
X
242 MERCURE
qui nâquit le premier Dimanche
deSeptembre pendantque les Prieres de nos Confreres montoient devant le Trône deJefus Chrift ,
pour obtenir l'heureuſe naiſſance
de ce Princefurnommé Dieu donné. En reconnoiffance d'un bienfait fi fignalé laReinefit recevoir
le Roy fon fils dans cette fainte
Affociation. Sa Majeflé recitoie
tous les jours une partie du Ro
faire ; elle affiftoit regulierement
aux Proceffions du Rofaire quife
font à Paris dans les Eglifes des
Peres Dominicains tous les premiers Dimanches de chaque mois.
les Festes de lafainteVierge ,
GALANT 243
& Sa Majesté s'acquittoit avec
tant d'exactitude des autres devoirs de cette devotion que ceux
qui l'approchoient en eftoient édi
fiez.
Marie - Therefe d'Autriche ,
Epoufe de noftre illuftre Monarque,fut heritiere de lapietéde la
Reine Mere. Sa Majestés'appliquoit à tous les exercices de cette Confrerie ; eftant à Versailles
elle fir parfesfoins & parfes liberalitez établir le Rofaire dans
3 la Paroiffe , &pour marquerplus
en particulier l'estime qu'elle en
faifoit & que les plus grands Seigneurs en doivent faire , SaMaXij
244 MERCURE
jeffé y fit recevoir Monfeigneur le
Dauphin & Monfeigneur le Duc
de Bourgogne peu de jours aprés
leur naiffance & donna Commiffion à deux Religieux Dominicains , fuivant l'ancien ufage ,
de dire le Rofaire pour ces deux
Princes, jufqu'à ce qu'ilsfuffent
en âge de le reciter eux- mêmes.
Les deux derniers Princes
Monfeigneur le Duc de Bretagne
&Monfeigneur le Duc d'Anjou
ont efté à leurtourreçus au Rofaire
peu de jours aprés leur naiffance,
ce quin'eftpas une Ceremonie inutile ; ils y font Affoeiez pour les
mettrefous laprotection de la tres-
GALANT 245
3
fainteVierge , & afin d'attirerfur
eux lesbenedictions du ciel de
les rendre participans des prieres
des bonnes œuvres d'un nombre
3
prefqu'infini de Confreres du Rofaire répandu dans tout le monde
chrefien. Le Pere Mefpolié Dominicam eft le Religieux qui eft
chargé de dire le Rofairepourl'un
pour l'autre Prince , jusqu'à
ce qu'ayant atteint l'usage de la
raifon , ils foient en eftat eux- mêmes de s'en acquitter. Agreez ,
Madame , ce Memoire que jay
dreſſé àla haſte pour vous donner
quelque idée de cette excellente de
votion , qui eft au- deffus de mes
X iij
246 MERCURE
expreffions. Je ne doute pas que
vous ne l'accreditiez par voftre
pieté par vos exemples. Jefuis ,
Madame, avecun zele tout refpectueux , voftre tres-humble
tres- obéïſſantſerviteur…………
Monfeigneur le Duc d'Anjou ,
dont je vous parleray peut-
CALANT 219
eftre plus d'une fois avant de
finir ma Lettre.
LETTRE
emp
D'un fçavant Directeur à une
Dame de la Cour , fur la reception de Monfeigneur le
Duc d'Anjou au Rofaire.
Vous me demandez ,
Madame,des éclairciffemensfur la Confrerie du Rofaire dans laquelle
Monfeigneur le Duc d'Anjou a
efté reçu par le Pere Mefpolié
Dominicain, le 27. de Février.
C'estune desplus excellentes devotions de la Religion qui nourrit
une folide pieté quand on enfuit
Tij
220 MERCURE
l'esprit & qu'on en remplit les
devoirs. Ses fondemens font les
principaux Mysteres de la Vie , de
la mort, e de la gloire de JeſusChrift de fafainte mere. Elle
renferme les Prieres vocales les
plus efficaces pour ſerendre agreables à l'un à l'autre & adorer
Dieu en efprit & en verité, les
reflexions les plus touchantes , ta
frequentation des Sacremens avec
les difpofitions requifes ; fçavoir
l'imitation des vertus de JefusChrift & de fafainte Mere &
les plus effentiels devoirs de la
charité. Car on cft obligé d'appli
quer le premier Chapelet du Rox
GALANT 228
faire pourles Confreres vivans ,
afin que s'ils font en eftat de peché qu'ils fe convertiffent , s'ils
font en eftat de grace qu'ils
perfeverent , & s'ils font expofez à quelque fâcheux accident , qu'ils en foient prefervez.
Le fecond Chapelet eft recité pour
les Agonizants , afin qu'ils foient
fortifiez à l'heure de la mort contre l'ennemi du falut, &que leur
mort foit preticufe aux aux yeux de
Dieu; & le troifiéme Chapelet
pour les Confreres deffunts , afin
qu'ilsfoient foulagez en Purgatoire , & qu'ils en foient promptement délivrez.
Tiij
222 MERCURE
plus
a
De fi grands avantages ontporté en tout temps depuis l'inftitution
de cette Confrerie les Papes , les
Rois Chreftiens , & les Saints les
recommandablesparleurfcien
cee parleurpieté àfaire une eftimefinguliere de cette devotion.
Sixte IV. dit que le Rofaire
eft une devote &religieufe pra-
*ique de prier,inftituée à la gloire de Dieu tout - puiſſant & à
l'honneur de la glorieuſe Vierge Marie , & pour nous munir
contre les dangers dont on eſt
menacé.
Leon X. reconnoist que c'est
un rempart invulnerable aux
GALANT 1 223
#
Aleaux de la guerre , &une puiffante reffource pour obrenic
des fecours miraculeux dan's
les preffantes neceffitez od
nous fommes reduits.
Clement VIII affure que cet
exercice eft d'une tres-grande
utilité pour de falut de l'ame
& du corps , qu'il attire des
graces extraordinaires fur ceux
qui s'y appliquent & qu'il excite en eux une devotion art
dente pour les pratiques de la
Religion , qu'elle a fait des
biens immenfes à l'Eglife , &
qu'elle y en fait tous les jours ,
que le Fideles , foit Clercs ou
Tiiij
224 MERCURE
Liques , hommes & femmes ,
font attirez par ce religieux
exercice à un fi haut degré de
ferveur que Dieu les a non- feulement ornéz de graces , mais
auffi fait éclater des miracles
infinis en leur faveur.
2
Pie V. dit que le Rofaire eft
un exercice de pieté propre
pour donnerla paix à ceux qui
font dans le trouble ; pour con
foler les affligez &pour rendre.
plus fervens ceux qui font lâches , & qui font leurs prieres
avec tiedeur..
Gregoire XIII. dit
Rofaire eft tres-utile pour arque le
GALANT 225
refter le cours de la juftice de
Dieu irritée contre les hommes ; que c'eft un Arſenal d'où
l'Eglife a toûjours tiré des ar
mes redoutables à l'Enfer ; &
que Saint Dominique infticua
cette pieufe methode de prier
pour meriter la protection de
la tres - Sainte Vierge , dans le
temps que la France & l'Italie
eftoient affligées par de pernicieuſes herefies.
Sixte V. dit que cette devotion a produit des biens ineftimables à l'Eglife & aux Fideles , qu'elle en produit tous les
jours , & qu'elle a efté établie
226 MERCURE
pour cette fin dans tout le mon
de Chreftien.
Adrien VI. reconnoist que le
Rofaire cft tres utile aux mo
ribonds & qu'il leur procure de
puiffans fecours pour diffiper
tous les artifices du demon à
l'heure de la mort , & pour ob
tenir aux Agonifans la perfeverance finale..
Les autres Papes qui ont precedéceux ci depuis l'établiſſement
du Rofaire , & qui les ont fuivis
en ont fait des éloges femblables
les plusgrands Saints des derniers fiecles , illuftres enpieté en
fcience nefontpas éloignez de leurs
fentimens
GALANT 227
Saint Charles Borromée autant diftinguéparfa faintetéqu'il
L'eftoit par fa pourpre & par fa
fcience , dit dans une fçavante Ordonnance qu'il a faite fur l'excellence du Rofaire , que c'eſt un
abbregé de plufieurs exercices
de pieté & des pratiques de devotion tres-agreables à Dieu ,
de laquelle le Saint Siege a toûours fait une eftime tres- particuliere , & qu'il a enrichies
d'un grand nombre de Privileges & d'Indulgences tres- authentiques.
Il ajoute que le Rofaire eft
principalement inftitué pour
228 MERCURE
honorer Jefus- Chrift & fa fairte Mere , tres propre pourpor
ter les Fideles à s'entretenir des
Miſteres de Nôtre - Seigneur
Jefus Chrift , & des douleurs
qu'il a endurées pour nous.
C'est pourquoy cefaint Cardinal
invite tout le monde ; les perfonnes lesplus diftinguéesfoit par leur
rang, foit par leur naiffance ,foit
par leurfcience , foit par leur ver
zu à fe faire écrire dans les Regiftres de cette Confrerie ,fans en
excepter même les Cleres de fon
Seminaire les Ecclefiaftiques
defon Dioceſe , déclarant qu'il n'a
en cela d'autre vûë que leurfalut
GALANT 229
d'attirer fur eux de plus en
plus par cette Priere la paix, la
grace, & la benediction du Seigneur.
Saint François de Salesfe fit recevoirdans cette auguste Affociation ; ilfaifoit prêcher cette devotion dansfes Miffions ; il exhorte
toutes les perfonnes de pieté à aimer cette devotion ; il en établit
l'excellence l'utilité; il s'oppose
de toutes fes forces à ces efprits
fortsfelon le monde qui en mépri→
fent la pratique, & pour faire
voir plus en particulier l'eftime
qu'il en faifoit & les prodigieux
avantages qu'on enpeut retirer ,
230 MERCURE
ilfit vœu dediretous les jours une
partie du Rofaire dans le cours
même des occupations continuelles
de fes Miffions.
Sainte Thereferecitoitfort exactement le Rofaire, &elle recevoit
par cette devotion desfaveurs extraordinaires.
Voici comme elle enparle. Etant
une nuit dans un Oratoire af
fez recueillie , mais fi malade
queje croyois ne pouvoir faire
oraifon , je me contentay de
prendre mon Chapelet pour
prier vocalement; il parut bien
alors que nos penſées font fors
inutiles quand Dieu veut ope→
1
GALANT 231
进
rer quelque chofe en nous :
car je tombay dans un fi grand
raviffement que je me trouvay
commehors de moi- même. Il
me fembla que j'eftois dans le
Ciel.... où je vis des chofes,
merveilleufes dans le peu de
temps quedura cette faveur.
Et parlant duchemin de laperfection ellefait voir quelle eſt l'utilité de cette devotion ,
affurant
qu'elle est auffi avantageuſe àproportion qu'on s'y attache , & que
les graces répondent au zele qu'on
a de reciterfouvent le Rofaire. Si
quelqu'un dit unefois le Rofaire ,
il en profite , s'il le recite plufieurs
232 MERCURE
fois , il en retire de plus grands.
fecours.
En eflet le Rofaire infpire l'horreur du peché, c'est là un moyen
fouverain pourobtenir lagrace du
Jalut , élever les Saints au plus
baut degré de la perfection & attirer mêmes des benedictions particulieres fur les Familles & fur
les Armées des Princes Catholiques.
Les fiecles à venir admireront à
jamais la protection miraculeufe
que tira de cette devotion , le celebre Comte deMontfort. Cegrand
General animépar les prom ffes de
Saint Dominique , qui luy pro-
GALANT 233
mettoit la victoire de la part de
Dieu , filuy co fes Soldats im-
·ploroient l'affiftance de la tres -fainte Vierge, & s'ils recitoient devotementle Rofaire , il attaquaavec
quatorze cens ou dix - huit cens
François l'Armée formidable des
Albigeois , compofée de cent mille
bommes en 1213. &commandée
par le Roy d'Arragon. Il l'attaqua; dis-je , la combattit avec
tant de valeur que cette nombreuſe
Arméefemblable à celle des Madianites confternée aux approches
de Gedeon , fut enfin diffipée.
Leon X. dit que la Ville &
le Diocefe de Cologne eftant prefMars 1710.
γ
234 MERCURE
fee par de grandes guerres , onérigea dans l'Eglife des Freres Précheurs à la demande de Frideric
111. Empereur des Romains la
Confrerie du Rofaire , afin quela
Ville & le Diocese fuffent déli
vrez de cesguerres. Ce qui arriva
peu de temps aprés.
Trois grands Papes Pie V.
Gregoire XIII. Clement VIII.
ont que la fameuse
de Lepante remportée
Za
connus
par les Chreftiens fur la Flotte
des Turcs , compofée de deux
cens quarante deux Galeres qui
menaçoient l'Italie d'une irrup
tiongenerale,fut un exploit mirairrup-
GALANT 235
culeux de cette devotion , de- là
les Souverains Pontifes ont ordonné qu'enAction de Grace, on remettroit lagrandefefte duRofaire
qu'on celebroit auparavant le 25.
Mars fefte de l'Annonciation
au premier Dimanche d'Octobre ,
jour auquel cettefignalée Victoire
futremportéedans le temps même
que dans toute la Chreftienté on
faifoit la Proceffion du faint
Rofaire ordonné par Pie V
Voilà , Madame , les motifs
qui ont inspiré aux Rois & aux
Reines de France , une veneration particuliere pour cette devotion qui les ontportez àyfaire
Vij
236 MERCURE
recevoir les Princes leur enfans
quelquejours aprés leur naillance.
L'origine de cette loüable &
religieuse coutume eft fort
ancienne. Elle vient de la Reine
Blanche époufe de Loüis VII I.
qui affligée de n'avoir point d'enfans , confulta Saint Dominique ,
furles voeux qu'elle devoit faire
à Dieu pour en obtenir , ce grand
Saint autant édifié de la pieté
qu'honoré de la confiance de
tette Reine , luy predit que fes
juftes defirs feroient exaucezfi elle
vouloit honorer la tres - fainte
Vierge , par la devotion du Rofaire dont il luyapprit lapratique ,
*
GALANT 237
མ la
le fuccés de l'évenement justifia
la verité de la Prediction ,
Reine accoucha d'un fils ; mais
Dieu l'ayant enlevé au monde
pour luy fairepart de la gloire ,
Saint Dominique conſeilla derechef à la Reine de continuer
cette Priere & elle donna à la
France Saint Louis , l'ornement
de ce Royaume , l'admiration de
fonfiecle & le modelle de tous les
Rois , qui en
bienfait fi figale honora d'une
tendre particuliere confiance
eunoi
d'un
les Religieux de Saint Dominique
fuccaavecle lait cette devotion
qui l'éleva à cette éminente per-
238 MERCURE
fection qui luy a merité la veneration de toute l'Eglife.
Ses Succeffeurs ont donnéauffi
des marques de leur zele pour de - leur
cette devotion. Nous en avons
des preuves certaines dans les
derniers fircles.
Henry IV. yfutreceu aprés
fa converfion , il difoit tous les
jours une partie du Rofaire , &
tous les Samedys le Rofaire entier , qui luy avoit efte ordonné
par Clement VIII. lorfqu'il
luy donna l'Abfolution de fon
Herefie.
Louis XIII. furnommé le
Julte , ayant formé le Siege de
GALANT 239
>
La Rochelle & voyant les difficul
tez immenfes pour reduire cette
importante Place , écrivit à la
Reine Mere Marie de Medicis
d'ordonner qu'on fit des Prieres
extraordinaires , à l'honneur de la
tres- Sainte Vierge. La Reine
choifit l'Eglife des Dominicains
de la rue Saint Honoré , pour y
faire reciter publiquement le
Rofaire de la maniere qu'elle
l'avoit vú pratiquer à Florence
à Pife , & en plufieurs autres
Villes d'Italie ; ce qu'on executa
tous les Samedis en prefence de
la Reine Mere , de la Reine
Regente , de Monfieur le Duc
240MERCURE
d'Orleans , des Eminentiffimes
Cardinaux de la Rochfoucaud ,
de Berulle , de l'Archevêque
de Paris qui faifoit la lecture des
Mifteres , de plufieurs autres
Prelats , & d'une foule incroiable de Peuple qui y accourotent
de toutes parts.
Le Roy ayant appris la ferveur avec laquelle on faifoit ces
Prieres à Paris voulut que la
même devotion fut pratiquée
dans fon Armée. Il en donna
la commiffion au Pere Louvet
aplufieurs autres Dominicains
qui avoient fuivi Sa Majesté
au Siege de cette Placepourfervir
les
GALANT 241
>
ils
les malades & pour adminiftrer
les Sacremens ; ils diftribuerent
pour cefujetplus de quinze mille
Chapelets aux Soldats
précherent avec tant de fuccés
cette devotion que tout le Camp
retentiffoit à certaines heures da
jour de la nuit des louanges &
des prieres du Rofaire , quifurent
continuées jufqu'à la reduction de
la Place.
}
que
Anne d'Autriche , une desplus
religieufes Princeffes du monde,
publiaplufieurs fois en Cour
par la vertu de cette devotion elle
avoit obtenu de Dieu noftre Augufte Monarque Louis XIV.
Mars 1710.
X
242 MERCURE
qui nâquit le premier Dimanche
deSeptembre pendantque les Prieres de nos Confreres montoient devant le Trône deJefus Chrift ,
pour obtenir l'heureuſe naiſſance
de ce Princefurnommé Dieu donné. En reconnoiffance d'un bienfait fi fignalé laReinefit recevoir
le Roy fon fils dans cette fainte
Affociation. Sa Majeflé recitoie
tous les jours une partie du Ro
faire ; elle affiftoit regulierement
aux Proceffions du Rofaire quife
font à Paris dans les Eglifes des
Peres Dominicains tous les premiers Dimanches de chaque mois.
les Festes de lafainteVierge ,
GALANT 243
& Sa Majesté s'acquittoit avec
tant d'exactitude des autres devoirs de cette devotion que ceux
qui l'approchoient en eftoient édi
fiez.
Marie - Therefe d'Autriche ,
Epoufe de noftre illuftre Monarque,fut heritiere de lapietéde la
Reine Mere. Sa Majestés'appliquoit à tous les exercices de cette Confrerie ; eftant à Versailles
elle fir parfesfoins & parfes liberalitez établir le Rofaire dans
3 la Paroiffe , &pour marquerplus
en particulier l'estime qu'elle en
faifoit & que les plus grands Seigneurs en doivent faire , SaMaXij
244 MERCURE
jeffé y fit recevoir Monfeigneur le
Dauphin & Monfeigneur le Duc
de Bourgogne peu de jours aprés
leur naiffance & donna Commiffion à deux Religieux Dominicains , fuivant l'ancien ufage ,
de dire le Rofaire pour ces deux
Princes, jufqu'à ce qu'ilsfuffent
en âge de le reciter eux- mêmes.
Les deux derniers Princes
Monfeigneur le Duc de Bretagne
&Monfeigneur le Duc d'Anjou
ont efté à leurtourreçus au Rofaire
peu de jours aprés leur naiffance,
ce quin'eftpas une Ceremonie inutile ; ils y font Affoeiez pour les
mettrefous laprotection de la tres-
GALANT 245
3
fainteVierge , & afin d'attirerfur
eux lesbenedictions du ciel de
les rendre participans des prieres
des bonnes œuvres d'un nombre
3
prefqu'infini de Confreres du Rofaire répandu dans tout le monde
chrefien. Le Pere Mefpolié Dominicam eft le Religieux qui eft
chargé de dire le Rofairepourl'un
pour l'autre Prince , jusqu'à
ce qu'ayant atteint l'usage de la
raifon , ils foient en eftat eux- mêmes de s'en acquitter. Agreez ,
Madame , ce Memoire que jay
dreſſé àla haſte pour vous donner
quelque idée de cette excellente de
votion , qui eft au- deffus de mes
X iij
246 MERCURE
expreffions. Je ne doute pas que
vous ne l'accreditiez par voftre
pieté par vos exemples. Jefuis ,
Madame, avecun zele tout refpectueux , voftre tres-humble
tres- obéïſſantſerviteur…………
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Résumé : LETTRE D'un sçavant Directeur à une Dame de la Cour, sur la reception de Monsieur le Duc d'Anjou au Rosaire.
La lettre d'un directeur spirituel à une dame de la cour traite de la réception du Duc d'Anjou dans la Confrérie du Rosaire. Cette confrérie est présentée comme une dévotion religieuse excellente, fondée sur les mystères de la vie, de la mort et de la gloire de Jésus-Christ et de sa sainte mère. Elle inclut des prières vocales efficaces, des réflexions touchantes et la fréquentation des sacrements avec les dispositions requises, telles que l'imitation des vertus de Jésus-Christ et de sa mère, ainsi que les devoirs essentiels de la charité. Les membres prient pour les vivants, les agonisants et les défunts. Les avantages de cette dévotion ont été reconnus par les papes, les rois chrétiens et les saints, qui l'ont recommandée pour sa piété et son utilité. Plusieurs papes, comme Sixte IV, Léon X, Clément VIII, Pie V, Grégoire XIII, Sixte V, Adrien VI, et d'autres, ont loué le Rosaire pour ses bienfaits spirituels et matériels. Des saints comme Charles Borromée et François de Sales ont également promu cette dévotion. La lettre mentionne des événements historiques où le Rosaire a joué un rôle crucial, comme la victoire de Lépante et la délivrance de la ville de Cologne des guerres. La dévotion au Rosaire est également liée à des traditions royales en France, notamment la reine Blanche et ses successeurs, qui ont honoré cette pratique. Des rois comme Henri IV et Louis XIII ont montré leur zèle pour cette dévotion, et la reine Anne d'Autriche a obtenu des grâces divines grâce au Rosaire. La pratique dévotionnelle du Rosaire est décrite comme une prière dédiée à la Vierge Marie, pratiquée régulièrement dans les églises des Pères Dominicains à Paris. Chaque premier dimanche du mois, des processions étaient organisées, auxquelles le roi participait avec exactitude, inspirant ainsi ceux qui l'entouraient. Marie-Thérèse d'Autriche, épouse du roi, héritait de la piété de sa mère et s'appliquait également aux exercices de cette confrérie. À Versailles, elle établissait souvent le Rosaire dans la paroisse et faisait recevoir les princes, tels que le Dauphin et le Duc de Bourgogne, peu après leur naissance. Deux religieux dominicains étaient chargés de dire le Rosaire pour ces princes jusqu'à ce qu'ils puissent le réciter eux-mêmes. Les Ducs de Bretagne et d'Anjou furent également reçus dans cette pratique, afin de les placer sous la protection de la Vierge Marie et de les associer aux prières et aux bonnes œuvres des confrères du Rosaire à travers le monde chrétien. Le Père Mespolié dominicain était responsable de dire le Rosaire pour ces princes jusqu'à ce qu'ils atteignent l'âge de le réciter par eux-mêmes.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2465
p. 246-256
Mouvement fait parmy les Intendans, [titre d'après la table]
Début :
L'Article que vous allez lire vous paroîtra tout nouveau. [...]
Mots clefs :
Mouvements, Intendants, Mr Pinon, Mr de Trudaine, Mr Meliand
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texteReconnaissance textuelle : Mouvement fait parmy les Intendans, [titre d'après la table]
'Article que vous allez
lire vous paroîtra tout nouyeau.
Il s'eft fait un mouvement
affez confiderable parmi les
Intendans, Mr Pinon Intendant de Dijon ayant demandé
à fe retirer. , Mr de Trudaine
Intendant de Lyon , a paffé à
Intendance de Dijon , & Mr
GALANT 247
1
Meliand Intendant de Pau &
de l'Armée d'Espagne , a eu
celle de Lyon. Enfin Mr le Camus de la Grange a eu cette
derniere Intendance.
Mr Pinon qui ſe retire eft
Maistre des Requeſtes depuis
l'année 1686. & il eft du Semeftre de Janvier. Il eſt frere
de Mr Pinon Prefident au
grand Confeil & du Semestre
d'Efté , & pere de Mr Pinon de
Courfes Confeiller au Parlement. Mr Pinon Confeiller de la premiere Chambre
des Enquestes & reçu dans le
Parlement le 27. Aðuſt 1704.
X iiij
248 MERCURE
& Mr Pinon Confeiller de la
troifiéme Chambre des Enquê.
tes & reçu au Parlement le 25 .
Avril 1703. font honneur à
cette famille , de même que
Mr Pinon Seigneur de Villemain , premier Prefident des
Treforiers de France , generaux des Finances , & grand
Voyer en la Generalité de Paris , receu en cette Charge depuis l'année 1691. Mr Pinon
qui fe retire , avoit eſté Intendant de Poitiers , avant de paffer à l'Intendance de Dijon.
Mr de TrudaineSeigneur de
Montigny , qui fuccede à Mr
GALANT 249
Pinon , cft Maiftre des Requê
Les depuis l'année 1680. & il
elt du Semestre d'Avril Havoit
éſté auparavant Confeiller au
Parlement, &il vendit fa Charge de Confeiller de la troifiéme
des Enqueftes à Mr de Meliand
frere aîné du nouvel Intendant
deLyon & qui fut receu au Par
lement le 30. Mars 1689. Le
nouvel Intendant de Dijon , eft
frere de M° Voifin , épouſe de
Mr Voifin Secretaire d'Erat de
la guerre , & fils de feu Mr de
Trudaine,Confeiller du Roy &
Matre ordinaire en fa Chambre des Comptes. Mr. l'Laten-
250 MARCURE
dan: de Dijon eft coufin germainde MrLefpinette le Mairat , Maiftre des Requêtes , fils
de Mr le Mairat de Nogent
Mailtre des Comptes , dont
je vais vous apprendre la mort.
Ce jeune Magiftrat eſt Maiſtre
des Requeftes depuis l'année
1700. & du Semeftre de Janvier. M de Trudaine Intendante de Dijon eft de la Maifon de la Sabiiere & petite fille
de M de la Sabliere , que tous
les beaux efprits ont louée dans
leurs ouvrages , & qui eſtoir
foeur de Mr Hefnin qui vit encoreaujourd'huy & que fa ver-
GALANT 251
tu plus encore que fon merite
rendent li recommandable. Il
elt fort âgé.
MrMeliand, nouvel Intendant de Lyon & ci - devant Intendant à Pau & Intendant des
Armées de France & d'Efpagne , eft fecond fils de feu Mr
Meliand , Confeiller aux Requeftes du Palais & enfuite
Mailtre des Requeſtes , & arrie -petit - fils de Mr Meliand
Procureur general au Parlement de Paris , auquel feu Mr
Fouquet fucceda, Il eft neveu
de Mr Meliand ancien Evêque
d'Alet & auparavant de Gap.
4
252 MERCURE
Il elt d'une tres - ancienne famille de Robbe , qui a donné
un Prefident à une des Chambres des Enqueftes du Parlement de Paris , & un Ambaſſadeur de France en Suiffe & pluficurs Confeillers au Parlement il ya une autre branche
de Meliand dans le Parlement ;
Blaife Claude Meliand Confeiller de la premiere Chambre
des Requettes , où il fut receu
le 16. Avril 1698. en eft Ic
Chef. Mr de Lamoignon de
Courfon, fils de M' de Bâville ,
ci devant Intendant de Rouen,
& qui l'eſt à prefent de Borર
GALANT 253
deaux a époufé depuis peu fa
foeur. Mr l'Intendant de Lyon
a époufé la fille de Mr le Bret
premier Prefident du Parlement d'Aix , & qui nâquit à
Lyon pendant que Mr fon
pere y eftoit Intendant. Mr
Cardin le Bret de Flavacourt
fon frere eft Intendant de
Provence. Mr le Camus Scigneur de la Grange , qui
vient d'eftre nomméIntendant
de Pau , eft Maître des Requeftes depuis l'année 1696.
& du Semestre d'Octobre. Il
eft fecond fils de M' Nicolas
le Camus Seigneur de la
254 MERCURE
Grange Bligny, premier Pre
fident de la Cour des Aydes ,
neveu de M' le Lieutenant
Civil & de feu M' le Cardinal
le Camus , & frere de M' le
Camus premier Preſident de
la Cour des Aydes , en furvivancedeM' fon pere. Ce nom
eft refpectable depuis longtemps dans la Robbe aufli
bien que dans l'Eglife.
Mr Trudaine , a tenu une
conduite à Lyon pendant qu'il
en a efté Intendant , qui luy a
gagné les cœurs de tout le
Pays. Il y avécu d'une maniere
fomptucufe , il logeoit tous-
GALANY 255
les grands Seigneurs qui y
paffoient. D'ailleurs il Y cultivoit les Sciences ; depuis une
année il y avoit formé une
efpece d'Academie en affemblant tous les Lundis de chaque Semaine l'élite des gens de
Lettres de cette Ville qui trai
toient ces jours-là le point de
fciencequi leur avoit été affigné
dans la precedente conference.
Cet Intendant ya eu l'avanta
ge de loger chez luy Monfieur
Le Duc d'Orleans , lorsqu'il
paffa à Lyon , pour aller en
Piedmont , & à fon retour.
Mr Meliand n'a que 40.
256 MERCURE.
ans ; mais dans un âge fipeu
avancé il a déja donné plufieurs
marques de fa capacité & de
fon habileté dans les affaires.
lire vous paroîtra tout nouyeau.
Il s'eft fait un mouvement
affez confiderable parmi les
Intendans, Mr Pinon Intendant de Dijon ayant demandé
à fe retirer. , Mr de Trudaine
Intendant de Lyon , a paffé à
Intendance de Dijon , & Mr
GALANT 247
1
Meliand Intendant de Pau &
de l'Armée d'Espagne , a eu
celle de Lyon. Enfin Mr le Camus de la Grange a eu cette
derniere Intendance.
Mr Pinon qui ſe retire eft
Maistre des Requeſtes depuis
l'année 1686. & il eft du Semeftre de Janvier. Il eſt frere
de Mr Pinon Prefident au
grand Confeil & du Semestre
d'Efté , & pere de Mr Pinon de
Courfes Confeiller au Parlement. Mr Pinon Confeiller de la premiere Chambre
des Enquestes & reçu dans le
Parlement le 27. Aðuſt 1704.
X iiij
248 MERCURE
& Mr Pinon Confeiller de la
troifiéme Chambre des Enquê.
tes & reçu au Parlement le 25 .
Avril 1703. font honneur à
cette famille , de même que
Mr Pinon Seigneur de Villemain , premier Prefident des
Treforiers de France , generaux des Finances , & grand
Voyer en la Generalité de Paris , receu en cette Charge depuis l'année 1691. Mr Pinon
qui fe retire , avoit eſté Intendant de Poitiers , avant de paffer à l'Intendance de Dijon.
Mr de TrudaineSeigneur de
Montigny , qui fuccede à Mr
GALANT 249
Pinon , cft Maiftre des Requê
Les depuis l'année 1680. & il
elt du Semestre d'Avril Havoit
éſté auparavant Confeiller au
Parlement, &il vendit fa Charge de Confeiller de la troifiéme
des Enqueftes à Mr de Meliand
frere aîné du nouvel Intendant
deLyon & qui fut receu au Par
lement le 30. Mars 1689. Le
nouvel Intendant de Dijon , eft
frere de M° Voifin , épouſe de
Mr Voifin Secretaire d'Erat de
la guerre , & fils de feu Mr de
Trudaine,Confeiller du Roy &
Matre ordinaire en fa Chambre des Comptes. Mr. l'Laten-
250 MARCURE
dan: de Dijon eft coufin germainde MrLefpinette le Mairat , Maiftre des Requêtes , fils
de Mr le Mairat de Nogent
Mailtre des Comptes , dont
je vais vous apprendre la mort.
Ce jeune Magiftrat eſt Maiſtre
des Requeftes depuis l'année
1700. & du Semeftre de Janvier. M de Trudaine Intendante de Dijon eft de la Maifon de la Sabiiere & petite fille
de M de la Sabliere , que tous
les beaux efprits ont louée dans
leurs ouvrages , & qui eſtoir
foeur de Mr Hefnin qui vit encoreaujourd'huy & que fa ver-
GALANT 251
tu plus encore que fon merite
rendent li recommandable. Il
elt fort âgé.
MrMeliand, nouvel Intendant de Lyon & ci - devant Intendant à Pau & Intendant des
Armées de France & d'Efpagne , eft fecond fils de feu Mr
Meliand , Confeiller aux Requeftes du Palais & enfuite
Mailtre des Requeſtes , & arrie -petit - fils de Mr Meliand
Procureur general au Parlement de Paris , auquel feu Mr
Fouquet fucceda, Il eft neveu
de Mr Meliand ancien Evêque
d'Alet & auparavant de Gap.
4
252 MERCURE
Il elt d'une tres - ancienne famille de Robbe , qui a donné
un Prefident à une des Chambres des Enqueftes du Parlement de Paris , & un Ambaſſadeur de France en Suiffe & pluficurs Confeillers au Parlement il ya une autre branche
de Meliand dans le Parlement ;
Blaife Claude Meliand Confeiller de la premiere Chambre
des Requettes , où il fut receu
le 16. Avril 1698. en eft Ic
Chef. Mr de Lamoignon de
Courfon, fils de M' de Bâville ,
ci devant Intendant de Rouen,
& qui l'eſt à prefent de Borર
GALANT 253
deaux a époufé depuis peu fa
foeur. Mr l'Intendant de Lyon
a époufé la fille de Mr le Bret
premier Prefident du Parlement d'Aix , & qui nâquit à
Lyon pendant que Mr fon
pere y eftoit Intendant. Mr
Cardin le Bret de Flavacourt
fon frere eft Intendant de
Provence. Mr le Camus Scigneur de la Grange , qui
vient d'eftre nomméIntendant
de Pau , eft Maître des Requeftes depuis l'année 1696.
& du Semestre d'Octobre. Il
eft fecond fils de M' Nicolas
le Camus Seigneur de la
254 MERCURE
Grange Bligny, premier Pre
fident de la Cour des Aydes ,
neveu de M' le Lieutenant
Civil & de feu M' le Cardinal
le Camus , & frere de M' le
Camus premier Preſident de
la Cour des Aydes , en furvivancedeM' fon pere. Ce nom
eft refpectable depuis longtemps dans la Robbe aufli
bien que dans l'Eglife.
Mr Trudaine , a tenu une
conduite à Lyon pendant qu'il
en a efté Intendant , qui luy a
gagné les cœurs de tout le
Pays. Il y avécu d'une maniere
fomptucufe , il logeoit tous-
GALANY 255
les grands Seigneurs qui y
paffoient. D'ailleurs il Y cultivoit les Sciences ; depuis une
année il y avoit formé une
efpece d'Academie en affemblant tous les Lundis de chaque Semaine l'élite des gens de
Lettres de cette Ville qui trai
toient ces jours-là le point de
fciencequi leur avoit été affigné
dans la precedente conference.
Cet Intendant ya eu l'avanta
ge de loger chez luy Monfieur
Le Duc d'Orleans , lorsqu'il
paffa à Lyon , pour aller en
Piedmont , & à fon retour.
Mr Meliand n'a que 40.
256 MERCURE.
ans ; mais dans un âge fipeu
avancé il a déja donné plufieurs
marques de fa capacité & de
fon habileté dans les affaires.
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Résumé : Mouvement fait parmy les Intendans, [titre d'après la table]
Le texte décrit des changements récents parmi les intendants en France. Monsieur Pinon, Intendant de Dijon et Maître des Requestes depuis 1686, a demandé à se retirer. Il appartient à une famille influente, avec des membres au Parlement et des conseillers au grand Conseil. Monsieur de Trudaine, Intendant de Lyon, a pris sa place à Dijon. Monsieur de Trudaine, Seigneur de Montigny, est Maître des Requestes depuis 1680 et a précédemment été conseiller au Parlement. Il est également frère de Madame Voisin, épouse d'un secrétaire d'État à la guerre. À Lyon, il a été apprécié pour sa conduite, accueillant des seigneurs et cultivant les sciences en formant une académie. Monsieur Méliand, Intendant de Pau et des armées d'Espagne, a succédé à Monsieur de Trudaine à Lyon. Monsieur Méliand est issu d'une ancienne famille de robe, avec des membres ayant occupé des postes prestigieux au Parlement et dans l'Église. Monsieur le Camus de la Grange a été nommé Intendant de Pau. Il est Maître des Requestes depuis 1696 et appartient à une famille respectée dans la robe et l'Église. Monsieur Méliand, bien que jeune, a déjà démontré ses capacités dans les affaires.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2466
p. 256-257
« J'ay oublié de vous marquer à la fin de l'Article du [...] »
Début :
J'ay oublié de vous marquer à la fin de l'Article du [...]
Mots clefs :
Rosaire, Envoyer, Duc d'Anjou
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « J'ay oublié de vous marquer à la fin de l'Article du [...] »
'ay oublié de vous marquer à la fin de l'Article du
Rofaire , quiprecede celuy que
Vous venez de lire , que je vous
ay déja envoyé il y a quelques
années , un Article à peu prés
femblable , puifqu'il s'agiffoit
de la reception de Monfeigneur le Duc de Bretagne à
la Confrérie du Rofaire. On
ne peutrop parler de ces fortes
d'Articles , & on ne les peut
top lire à cauſe du bien qu'ils .
GALANT 257
peuvent faire, & qu'ilspeuvent
engager ceux qui les lifent à
fe mettre du nombre des
Confreres du Rofaire. L'Article que vous venez de lire eft
bien capable de produire ce
falutaire effet , puifqu'il eft
rempli de miracles qui font de
notorieté publique , & dont
les Hiftoires font pleines depuis plufieurs ficcles ; de maniere que perfonne n'en peut
douter non plus que de ce que
plufieurs Papes en ont dit dans
un grand nombre de Bulles
qui font connues de tout le
monde.
Rofaire , quiprecede celuy que
Vous venez de lire , que je vous
ay déja envoyé il y a quelques
années , un Article à peu prés
femblable , puifqu'il s'agiffoit
de la reception de Monfeigneur le Duc de Bretagne à
la Confrérie du Rofaire. On
ne peutrop parler de ces fortes
d'Articles , & on ne les peut
top lire à cauſe du bien qu'ils .
GALANT 257
peuvent faire, & qu'ilspeuvent
engager ceux qui les lifent à
fe mettre du nombre des
Confreres du Rofaire. L'Article que vous venez de lire eft
bien capable de produire ce
falutaire effet , puifqu'il eft
rempli de miracles qui font de
notorieté publique , & dont
les Hiftoires font pleines depuis plufieurs ficcles ; de maniere que perfonne n'en peut
douter non plus que de ce que
plufieurs Papes en ont dit dans
un grand nombre de Bulles
qui font connues de tout le
monde.
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Résumé : « J'ay oublié de vous marquer à la fin de l'Article du [...] »
L'auteur regrette de ne pas avoir mentionné un article précédent sur la réception du Duc de Bretagne à la Confrérie du Rofaire. Il souligne que ces articles, riches en miracles documentés depuis des siècles et attestés par des bulles papales, peuvent encourager les lecteurs à rejoindre la confrérie.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2467
p. 258-262
Trois morts subites dignes d'estre remarquées, [titre d'après la table]
Début :
Les hommes ne peuvent trop se précautionner contre [...]
Mots clefs :
Mort subite
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Trois morts subites dignes d'estre remarquées, [titre d'après la table]
Les hommes ne peuvent
trop fe précautionner contre
les morts fubites qui ont regné
dans tous les ficcles ; mais plus
en certain temps qu'en d'autres ; & l'on peut dire que fila
Confrerie du Rofaire ne les
empêche pas ,
elle peut du
moins eftre caufe qu'ils meurent en meilleur eftat. Ces
morts n'ont jamais efté fi frequentes qu'elles le font depuis
untemps par toute l'Europe
&particulierement en France.
On en entend parler tous les
jours , & je pourois vous entretenir d'un grand nombre
GALANT 259
}
qui font arrivées depuis un
mois dans tous les quartiers
de Paris ; mais je vous en rapporteray feulement trois qui
font arrivées dans trois endroits bien remarquables , & à
la vûë de beaucoup de gens
de forte que perfonne n'en
pourra difconvenir. La premiere eft arrivée dans le Templele de Dieu ; la feconde au
milieu &devant toute la Cour,
& la troifiéme au milieu d'un
des plus celebres endroits du`
monde , dans lequel on rend
la Juſtice , & pendant que les
Juges eftoient affemblez pour
la rendre.
Yij
260 MERCURE
Le premier Article nous
fait voir un Chanoine de S.
Maur, qui aprés avoir fait fes
prieres pour celebrer la Meffe ,
avoir mis fon Aube , & fon
Manipule , fans fentir la
moindre atteinte d'aucun mal,
& en mettant fon Etole , eft
tombé mort.
Le fecond exemple d'une
mort auffi fubite , eft arrivé à
Verfailles , où un Valet de
Chambre de Madame la Ducheffe de Bourgogne en
oftant un Tabouret de fa
Chambre pour le porter dans
un lieu qui joignoit la Cham1
》
GALANT 261
bre de cette Princeffe , a auffi
payé le tribut qu'il devoit
à la mort plutoft qu'il n'avoic
cru le devoir faire.
i
Et enfin le troifieme malheur de pareille nature , eft
arrivé dans la feconde des
Requeftes du Palais , à Mr
Veronneau , celebre Avocat;
le Prefident de cette Chambre
avoit fait appeller une Caufe
qu'il devoit Plaider , & pour
laquelle il eftoit tout préparé ,
le Prefident ayant accordé
l'Audiance pour cette Cauſe ;
mais à peine Mr Veronneau
eut-il commencé à parler qu'il
262 MERCURE
demanda qu'on le foutint , &
dans le même moment il comba mort aux yeux d'une nombreufe affemblée qui fut auffi
touchée que furpriſe de cette
mort qu'elle avoit encore
moins attendu de voir , que
Avocat qui s'eftoit mis en
eftat de ne la point craindre
en quelque temps qu'elle puft
Je furprendre , & l'on pour
juger de fes bonnes mœurs , &
de fa vie reguliere , puifqu'on
a découvert aprés fa mort
qu'il portoit un Cilice , & que
Fon a trouvé chez luy plufieurs
inftrumens de penitence.
trop fe précautionner contre
les morts fubites qui ont regné
dans tous les ficcles ; mais plus
en certain temps qu'en d'autres ; & l'on peut dire que fila
Confrerie du Rofaire ne les
empêche pas ,
elle peut du
moins eftre caufe qu'ils meurent en meilleur eftat. Ces
morts n'ont jamais efté fi frequentes qu'elles le font depuis
untemps par toute l'Europe
&particulierement en France.
On en entend parler tous les
jours , & je pourois vous entretenir d'un grand nombre
GALANT 259
}
qui font arrivées depuis un
mois dans tous les quartiers
de Paris ; mais je vous en rapporteray feulement trois qui
font arrivées dans trois endroits bien remarquables , & à
la vûë de beaucoup de gens
de forte que perfonne n'en
pourra difconvenir. La premiere eft arrivée dans le Templele de Dieu ; la feconde au
milieu &devant toute la Cour,
& la troifiéme au milieu d'un
des plus celebres endroits du`
monde , dans lequel on rend
la Juſtice , & pendant que les
Juges eftoient affemblez pour
la rendre.
Yij
260 MERCURE
Le premier Article nous
fait voir un Chanoine de S.
Maur, qui aprés avoir fait fes
prieres pour celebrer la Meffe ,
avoir mis fon Aube , & fon
Manipule , fans fentir la
moindre atteinte d'aucun mal,
& en mettant fon Etole , eft
tombé mort.
Le fecond exemple d'une
mort auffi fubite , eft arrivé à
Verfailles , où un Valet de
Chambre de Madame la Ducheffe de Bourgogne en
oftant un Tabouret de fa
Chambre pour le porter dans
un lieu qui joignoit la Cham1
》
GALANT 261
bre de cette Princeffe , a auffi
payé le tribut qu'il devoit
à la mort plutoft qu'il n'avoic
cru le devoir faire.
i
Et enfin le troifieme malheur de pareille nature , eft
arrivé dans la feconde des
Requeftes du Palais , à Mr
Veronneau , celebre Avocat;
le Prefident de cette Chambre
avoit fait appeller une Caufe
qu'il devoit Plaider , & pour
laquelle il eftoit tout préparé ,
le Prefident ayant accordé
l'Audiance pour cette Cauſe ;
mais à peine Mr Veronneau
eut-il commencé à parler qu'il
262 MERCURE
demanda qu'on le foutint , &
dans le même moment il comba mort aux yeux d'une nombreufe affemblée qui fut auffi
touchée que furpriſe de cette
mort qu'elle avoit encore
moins attendu de voir , que
Avocat qui s'eftoit mis en
eftat de ne la point craindre
en quelque temps qu'elle puft
Je furprendre , & l'on pour
juger de fes bonnes mœurs , &
de fa vie reguliere , puifqu'on
a découvert aprés fa mort
qu'il portoit un Cilice , & que
Fon a trouvé chez luy plufieurs
inftrumens de penitence.
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Résumé : Trois morts subites dignes d'estre remarquées, [titre d'après la table]
Le texte aborde les morts subites fréquentes en Europe et en France. La Confrérie du Rosaire, bien qu'incapable d'empêcher ces décès, peut aider les individus à mourir dans de meilleures conditions. Trois exemples notables de morts subites à Paris sont rapportés. Un chanoine de Saint-Maur est décédé après avoir préparé la messe et mis son étole. À Versailles, un valet de chambre de la duchesse de Bourgogne est mort en portant un tabouret. Un avocat célèbre, M. Veronneau, est décédé subitement lors d'un plaidoyer au Palais de justice. Sa mort a surpris en raison de sa réputation de vie régulière et de bonnes mœurs, confirmée par la découverte d'un cilice et d'instruments de pénitence chez lui après son décès.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2468
p. 263-266
EPITAPHE DE MESSIRE ESPRIT FLECHIER, EVESQUE DE NISME.
Début :
En vous parlant de morts, je dois vous parler de l'Epitaphe / Ci gist un ESPRIT, Qui surprit [...]
Mots clefs :
Prélat, Immortel, Evêque de Nîmes, Chrétiens
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texteReconnaissance textuelle : EPITAPHE DE MESSIRE ESPRIT FLECHIER, EVESQUE DE NISME.
Envous parlant de morts ,
je dois vous parler de l'Epitaphe d'un Prelat qui auroit dû
eftre immortel >, fa vie eftant
fort neceffaire au falut des
ames aufquelles il a contribué
juſqu'à fon dernier foupir.
Cette Epitaphe eft de Mr
l'Abbé Plomet , que Mr l'Evêquede Nifmes avoit honoré
de fon eftime.
264 MERCURE
EPITAPHE
DE MESSIRE
ESPRIT FLECHIER,
EVESQUE DE NISMES..
Ci gift un ESPRIT,
Quifurpris
L'Universparfon EloquenceSçavant: on le vit à la Cour •
Briller comme l' Aftre dujour ,
Prêchant aux Rois la Penitence.
Poli ,fes Ouvrages divers ,
Soit dans la Profe , ou dans les
Vers ,
Ont
GALANT 265
Ont éternife fa Gloire ,
Immortalife fa Memoire.
Zelé comme un Aron , dans fes
brûlans transports ,
Ilprefentoitau Cielles vivans &
les morts.x
Prudent comme Moyfe,
Quels Portraits enchantez de la
Terrepromife
Ne fit-il pas , pour ſe gagner le
cœur
Du Mondaincorrompu , du rebelle
Pécheur?
Mars 1710.
Z
266 MERCUR
Tanteft commeJonas , il menaçoit
en Chaire ;
Souvent en Jeremie , il pleuroit la
mifere
Des Richesobftinez ,
Des Chreftiensfafcinez.
Humble , Simple, Pieux, Bienfaifant , Charitable ,
AuxGrands comme aux Petits il
parutrespectable:
Et dans l'Epifcopat en CHARLES
transformé,
Ilfinitfes beauxjours , en vertus
confommé
je dois vous parler de l'Epitaphe d'un Prelat qui auroit dû
eftre immortel >, fa vie eftant
fort neceffaire au falut des
ames aufquelles il a contribué
juſqu'à fon dernier foupir.
Cette Epitaphe eft de Mr
l'Abbé Plomet , que Mr l'Evêquede Nifmes avoit honoré
de fon eftime.
264 MERCURE
EPITAPHE
DE MESSIRE
ESPRIT FLECHIER,
EVESQUE DE NISMES..
Ci gift un ESPRIT,
Quifurpris
L'Universparfon EloquenceSçavant: on le vit à la Cour •
Briller comme l' Aftre dujour ,
Prêchant aux Rois la Penitence.
Poli ,fes Ouvrages divers ,
Soit dans la Profe , ou dans les
Vers ,
Ont
GALANT 265
Ont éternife fa Gloire ,
Immortalife fa Memoire.
Zelé comme un Aron , dans fes
brûlans transports ,
Ilprefentoitau Cielles vivans &
les morts.x
Prudent comme Moyfe,
Quels Portraits enchantez de la
Terrepromife
Ne fit-il pas , pour ſe gagner le
cœur
Du Mondaincorrompu , du rebelle
Pécheur?
Mars 1710.
Z
266 MERCUR
Tanteft commeJonas , il menaçoit
en Chaire ;
Souvent en Jeremie , il pleuroit la
mifere
Des Richesobftinez ,
Des Chreftiensfafcinez.
Humble , Simple, Pieux, Bienfaifant , Charitable ,
AuxGrands comme aux Petits il
parutrespectable:
Et dans l'Epifcopat en CHARLES
transformé,
Ilfinitfes beauxjours , en vertus
confommé
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Résumé : EPITAPHE DE MESSIRE ESPRIT FLECHIER, EVESQUE DE NISME.
L'épitaphe rend hommage à Esprit Fléchier, évêque de Nîmes, décédé en mars 1710. Fléchier est célébré pour son éloquence et son érudition, ayant marqué la cour et prêché la pénitence aux rois. Ses œuvres, en prose et en vers, ont perpétué sa renommée. Il est loué pour son zèle apostolique, sa prudence et sa capacité à toucher les cœurs des mondains et des pécheurs. Comparé à des figures bibliques comme Aaron, Moïse, Jonas et Jérémie, il est reconnu pour sa fermeté en chaire et sa compassion envers les riches obstinés et les chrétiens tièdes. Humble, simple, pieux et charitable, il a été respecté de tous et a achevé sa vie épiscopale avec des vertus accomplies. L'épitaphe est attribuée à l'abbé Plomet, honoré par l'évêque de Nîmes.
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2469
p. 266-268
Reception de Mr le President de Mesmes, à l'Academie Françoise, [titre d'après la table]
Début :
La mort de cet Evêque a laissé une place vacante à l'Academie [...]
Mots clefs :
Académie française, Place vacante, Mr le Président de Mesmes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Reception de Mr le President de Mesmes, à l'Academie Françoise, [titre d'après la table]
La mort de cet Evêque a
GALANT 267
$
laiſſe une place vacante à l'Academie Françoife qu'il fera
difficile de remplir d'un auffi
bon fujet , & d'un homme
auffi univerfel. En attendant
que je puiffe vous parler de celuy fur lequel l'Academic aura jetté les yeux , je dois vous
dire que Mr le Prefident de
Meſmes, qui avoit eſté nommé
pour remplir celle de M le
Comtede Crecyyvient d'eftre
reçû ; mais comme il faut du
temps pourvousfaire unfidele
portrait de ce qui s'eſt paſſé à
cette reception j'ay cru devoir
remettre au mois prochain à
Zij
268 MERCURE
vous en entretenir. Vous ne
perdrez rien pour attendre , &
je fuis perfuadé que vostre
curiofité fera fatisfaite.
GALANT 267
$
laiſſe une place vacante à l'Academie Françoife qu'il fera
difficile de remplir d'un auffi
bon fujet , & d'un homme
auffi univerfel. En attendant
que je puiffe vous parler de celuy fur lequel l'Academic aura jetté les yeux , je dois vous
dire que Mr le Prefident de
Meſmes, qui avoit eſté nommé
pour remplir celle de M le
Comtede Crecyyvient d'eftre
reçû ; mais comme il faut du
temps pourvousfaire unfidele
portrait de ce qui s'eſt paſſé à
cette reception j'ay cru devoir
remettre au mois prochain à
Zij
268 MERCURE
vous en entretenir. Vous ne
perdrez rien pour attendre , &
je fuis perfuadé que vostre
curiofité fera fatisfaite.
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Résumé : Reception de Mr le President de Mesmes, à l'Academie Françoise, [titre d'après la table]
La mort d'un évêque crée une vacance à l'Académie française. Monsieur de Mesmes remplace le Comte de Créquy. L'auteur ne peut pas encore fournir de détails sur la réception de Monsieur de Mesmes, mais promet de les donner le mois suivant.
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2470
p. 268-269
Mr le Vasseur Maistre des Comptes obtient l'agrement d'une Charge de Maistre d'Hôtel du Roy, [titre d'après la table]
Début :
Cependant je vous diray que le Roy ayant permis à Mr [...]
Mots clefs :
Mr Maréchal, Chirurgien, Mr le Vasseur, Maître des comptes
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texteReconnaissance textuelle : Mr le Vasseur Maistre des Comptes obtient l'agrement d'une Charge de Maistre d'Hôtel du Roy, [titre d'après la table]
Cependant je vous diray
que le Roy ayant permis à Mr
Maréchal fon premier Chirur
gien de fe démettre de fa
Charge de Maître d'Hôtel
qu'il luy avoit donnée , il s'en
eft deffait en faveur de Mr le
Vaffeur Maistre des Comptes
qui a travaillé pendant trente
ans aux principales Affaires
de la Marine. Sa Majesté a
donnéfon agrément à Mr le
Vaffeur , avec des temoigna
,
GALANT 269
pr
gés de bonté & de fatisfaction
des fervices qu'il luy a rendus
fous les ordres de feu Mr le
Marquis de Seignelay , de Mr.
le Chancellier , & de Mr le
Comte de Pontchatrain
que le Roy ayant permis à Mr
Maréchal fon premier Chirur
gien de fe démettre de fa
Charge de Maître d'Hôtel
qu'il luy avoit donnée , il s'en
eft deffait en faveur de Mr le
Vaffeur Maistre des Comptes
qui a travaillé pendant trente
ans aux principales Affaires
de la Marine. Sa Majesté a
donnéfon agrément à Mr le
Vaffeur , avec des temoigna
,
GALANT 269
pr
gés de bonté & de fatisfaction
des fervices qu'il luy a rendus
fous les ordres de feu Mr le
Marquis de Seignelay , de Mr.
le Chancellier , & de Mr le
Comte de Pontchatrain
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Résumé : Mr le Vasseur Maistre des Comptes obtient l'agrement d'une Charge de Maistre d'Hôtel du Roy, [titre d'après la table]
Le roi a autorisé Monsieur Maréchal à démissionner de sa charge de Maître d'Hôtel. Monsieur le Vasseur, Maître des Comptes, a été nommé à sa place. Sa Majesté a approuvé cette décision, reconnaissant les trente années de services de Monsieur le Vasseur dans la Marine.
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2471
p. 269-272
Dons faits par le Roy d'Espagne, [titre d'après la table]
Début :
Le Roy d'Espagne a nommé Don Juan-Antonio de Amezaga [...]
Mots clefs :
Dons, Roi d'Espagne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Dons faits par le Roy d'Espagne, [titre d'après la table]
Le Roy d'Efpagne a nommé Don Juan Antonio de
Amezaga Lieutenant general ,
pour fervir en Arragon fous les
ordres de Mrle Comte d'Aguilar , & le Gouvernement de
Malaga a cfté donné à Don
Baltazar de Amezaga fon frere Maréchal de Camp.
-
S. M. C. a auffi fait DonJuan
Ifidore de Padilla Gouverneur
Z iij
270 MERCURE
d'Orihuela Brigadier, en confi
deration de fes fervices.
DonJuan- Antonio de Amezaga a fervi toute fa vie
dans la Cavalerie , oùil s'est élevé par degrez ; ce qui prouve
qu'il ne doit le rang qu'il occupe à prefent qu'à fon feul merite & à fa feule valeur. Il eſt
d'une des meilleures Maifons
de Caftille , & il a l'honneur
d'eftre allié par les femmes à
Male Duc de Medina Céli .
Don Juan eft parent de Don
Jofeph de Amezaga Gouverneur d'une Place confiderable
de Caftille. Mrs d'Amezaga
+ GALANT
270
ont toûjours marqué beaucoup de zele pour les interefts
de Sa Majesté Catholique. Ces
~deux illuftres freres , tous deux
élevez fous ce regne aux premieres dignitez de la guerre ,
ont donné de frequentes marques qu'elles eftoient encore
plus dues à leur valeur & à leurs
fervices qu'à leur naiffance ,
quoy qu'elle foit des plus quaAifiées.
Don Ifidore de Padilla qui a
efté fair Brigadier , porte un
nom qui eft en veneration en
Efpagne. Loranzo Padilla Archidiacre de Malaga & qui viZ iiij
272 MERCURE
voit dans le feiziéme fiecle
fut Hiftoriographe de Charlequint. Il publia un Catalogue
des Saints d'Espagne. François
de Padilla fon neveu fe diftingua par fon fçavoir ; il enfei
gna la Theologie à Seville avec
un fuccés éclatant & fut Chanoine de Malaga ; il
fa une Hiftoire Ecclefiaftique
d'Espagne , & une Chronolo
gie des Conciles.
Amezaga Lieutenant general ,
pour fervir en Arragon fous les
ordres de Mrle Comte d'Aguilar , & le Gouvernement de
Malaga a cfté donné à Don
Baltazar de Amezaga fon frere Maréchal de Camp.
-
S. M. C. a auffi fait DonJuan
Ifidore de Padilla Gouverneur
Z iij
270 MERCURE
d'Orihuela Brigadier, en confi
deration de fes fervices.
DonJuan- Antonio de Amezaga a fervi toute fa vie
dans la Cavalerie , oùil s'est élevé par degrez ; ce qui prouve
qu'il ne doit le rang qu'il occupe à prefent qu'à fon feul merite & à fa feule valeur. Il eſt
d'une des meilleures Maifons
de Caftille , & il a l'honneur
d'eftre allié par les femmes à
Male Duc de Medina Céli .
Don Juan eft parent de Don
Jofeph de Amezaga Gouverneur d'une Place confiderable
de Caftille. Mrs d'Amezaga
+ GALANT
270
ont toûjours marqué beaucoup de zele pour les interefts
de Sa Majesté Catholique. Ces
~deux illuftres freres , tous deux
élevez fous ce regne aux premieres dignitez de la guerre ,
ont donné de frequentes marques qu'elles eftoient encore
plus dues à leur valeur & à leurs
fervices qu'à leur naiffance ,
quoy qu'elle foit des plus quaAifiées.
Don Ifidore de Padilla qui a
efté fair Brigadier , porte un
nom qui eft en veneration en
Efpagne. Loranzo Padilla Archidiacre de Malaga & qui viZ iiij
272 MERCURE
voit dans le feiziéme fiecle
fut Hiftoriographe de Charlequint. Il publia un Catalogue
des Saints d'Espagne. François
de Padilla fon neveu fe diftingua par fon fçavoir ; il enfei
gna la Theologie à Seville avec
un fuccés éclatant & fut Chanoine de Malaga ; il
fa une Hiftoire Ecclefiaftique
d'Espagne , & une Chronolo
gie des Conciles.
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Résumé : Dons faits par le Roy d'Espagne, [titre d'après la table]
Le roi d'Espagne a nommé Don Juan Antonio de Amezaga Lieutenant général en Aragon sous les ordres du Comte d'Aguilar. Don Baltazar de Amezaga, frère de Don Juan Antonio et Maréchal de Camp, a été désigné pour gouverner Malaga. De plus, Don Juan Isidore de Padilla a été nommé Gouverneur d'Orihuela et promu Brigadier. Don Juan Antonio de Amezaga, issu d'une famille noble de Castille alliée aux Ducs de Medina Céli, a passé sa carrière dans la cavalerie, gravissant les échelons par son mérite. Les Amezaga ont toujours montré un grand zèle pour les intérêts du roi. Les deux frères ont fréquemment démontré que leurs honneurs étaient dus à leur valeur et à leurs services. Don Isidore de Padilla, promu Brigadier, porte un nom vénéré en Espagne. Lorenzo Padilla, Archidiacre de Malaga au XVIe siècle, fut historiographe de Charles Quint. François de Padilla, neveu de Lorenzo, se distingua par son savoir et enseigna la théologie à Séville. Il écrivit une Histoire Ecclésiastique d'Espagne et une Chronologie des Conciles.
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2472
p. 272-287
Quatrieme Article des morts, [titre d'après la table]
Début :
J'aurois du vous parler plutost des Morts dont vous allez [...]
Mots clefs :
Renommée, Paris, Morts, Lieux éloignés, Marquis de Choisy, Antoine le Mairat, René de Savonnières, N... de Greslé
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Quatrieme Article des morts, [titre d'après la table]
'aurois du vous parler plutoft des Morts dont vous allez
lire les Articles , mais quoyque
la Renommée apprenne bientoft la mort des perfonnes de
GALANT 273
diftinction qui font decedéés, il
faut neanmoins fouvent beaucoup de temps pour apprendre ce que l'on en doit dire ,
& fur tout de celles qui font
mortes dans des lieux éloignez
de Paris. Mais quand leur mort
feroit arrivée à Paris même
je ne laiffe
quefois befoin de beaucoup
de temps pour m'informer à
fond de ce que je vous en dois
apprendre.
ге
pas d'avoir quelMie Antoine le Mairat Chevalier Seigneur de Nogent , eft
mort âgé de 68. ans Il eftoit
Mailtre ordinaire de la Chamt
274 MERCURE
bre des Comptes ; il fut reç
en cette Charge en l'anné
1663. n'ayant encore qué 21 .
ans ; & il eftoit prefque à la
tefte de cette Compagnie, puifqu'il eftoit immediatement
aprés M Bailly de la Croix
qui en elt Sous- Doyen. Il
eftoit du Semeftre d hiver ; &
il avoit acquis dans l'exercice
de cet employ beaucoup de
réputation Il cft frere de Mr
le Mayrat , fi connu par fon
merite & par les lumieres de
fon efprit ; & couſin germain
de M Voifin & de M deTrudaine Intendant de Dijon. Il
t
$
GALANT 275
laiffe plufieurs enfans ; l'aîné eft
Maistre des Requeftes & foû
tient avec honneur dans le
Confeil la réputation que fes
ancêtres ont acquife dans la
Robe depuis deux ou trois ficcles . Mrs le Mairat font connus à Paris depuis le regne de
Philippes le Long. Ce Prince
avoit auprés de luy un Officier
de ce nom qui luy donna de
frequentes preuves de fa fidelité. Nous devons au petit fils
de ce même Officier la publication de l'excellent ouvrage de Fuller qui a pour titre
Pharmacopoeia ex temporanea 1
276 MERCURE
Un Religieux Benedictin du
même nom & de la même fa- .
mille qui brilla dans fon Ordre
vers le milieu du quinziéme
ficcle, agitaune queftion qu'on
a renouvellée en ces derniers
temps , & qui ne fit pas alors
moins de bruit qu'elle en fait
à prefent entre un fçivant Je
fuité & un illuftre Auteur : il
s'agilloir de fçavoir files dé
mons eftoient les Auteurs des
Oracles du Paganifme ; le Religieux Benedictin prit le mê
me parti qu'a pris le Pere Battus, & prétendit qu'en cela il
n'y avoit aucune fupercherie
GALANT 277
ད
de la part des Preftres du Paganifme. Les Actes de la Difpute de Dom le Mairat ne furent pas rendus publics , mais
on en voit divers fragmens
dans quelques Abbayes de
Champagne & de Normandie.
Mr le Marquis de Choify ,
Gouverneur de Saar- Louis ,
eſt decédé âgé de 78. ans. Il
eftoit Lieutenant General des
Armées du Roy ; & il fut
nommé le premier dans la
nombreuſe, promotion du
26. Octobre de l'année
1704. Ce Marquis avoit
fervi pendant la plus grande
*
<
278S
MERCURE
partie de fa vie dans l'Infanterie , & il s'eftoit peu paffé
d'actions d'éclat de fon temps,
oùil n'euft donnédes marques
de fon courage & de fon
experience dant l'Art de la
Guerre. Il avoit efté Gouverneur de la Citadelle de Cambray &deThionville, &il avoit
eu l'honneur de commander
l'Armée du Roy au Siege de
Rhinfeld. Il eftoit proche pa
rent de Mrs de l'Hôpital , &
il fortoit d'une ancienne Maifon qui s'est toujours diftinguée par fon zele pour le ferVice de fes Princes ; il s'eftoit
GALANT 279
attiré par les manieres civiles
& bienfaifantes les cœurs de
tout le Peuple , & de la Nobleffe de fon Gouvernement
fa mort y a caufé de grands
regrets. Mr de Varennes Maréchal de Camp , & Licurenant de Roy de Saar Louis
Mr de Montmelian Major
& Mr Deſchamps Aide- major
de la même Place , firent faire
pourluy un Service magnifique dans la principale Eglife
de Saar- Louis ,› peu de jours
aprés fa mort ; & Mr de
Flamicourt Capitaine des
Portes de la même Place , en
280 MERCURE
fait faire un en fon particulier
pour marquer d'une maniere
plus finguliere l'attachement
refpectueux qu'il conferve
pour la memoire de cet illuftre
Gouverneur.
une Fortereffe que le Roy fit
bâtir en l'année 1680. elle
eft fituée dansle Duché de Bar ,
& prés de Longwi , & de
Marfal ; & à peu prés dans la
même diſtance de Stenay.
Saar Louis eft
Mre René de Savonnieres ,
Chevalier Seigneur de Linieres,
Confeiller en la grand' Chambre , eft mort fort regretté
dans le Parlement , où il avoit
GALANT 281
acquis beaucoup de réputation par fa probité , & par l'é
tenduë de fes lumieres. Il y a
quarante trois ans que Mr de
Savonnieres eftoit Confeiller.
au Parlement , y ayant eſté reçu le 12. Mars 1667. & il eftoit
devenu par fon ancienneté le
dixiéme Confeiller de la grand
Chambre. Il eftoit d'une ancienne famille connue dans le
Parlement il y a prés de deux
fiecles. Sous François I. il y
avoit déja dans cet augufte
Corps des Magiftrats de ce.
nom , & fous les regnes túmultueux des petits fils de ce PrinMars 1710.
A a
282 MERCURE
ce , ils fe diftinguerent par leur
fidelité & par leur zele pour le
fervice de nos Rois. Mr de Savonnieres eftoit parent de Mr
Ribaudon du Monceau Confeiller en la troifiéme Chambre des Enqueftes , & de Mr
Bence Confeiller en la même
Chambre. Mr de Savonnieres
fon grand pere fe rendit celebre vers le commencement du
dernier fiecle par les progrés
qu'il fit dans les Sciences humaines , & fur tout dans la
Phyfique experimentale , où il
fit de belles & de curieufes découvertes. Il eftoit auffi tres-
GALANT 283
verfé dans la Geometrie &
1'Algebre fpecieufe ; plufieurs
grands hommes qui ont paru
depuis avec éclat , ont profité
avec fuccés de fes écrits & de
fes obfervations. Mr Reland
dont on a de fi belles Differtations fur les Antiquitez Samaritaines , a ſouvent avoué qu'il
avoit obligation à ce fçavant
homme d'une grande partie
des lumieres qu'il avoit acqui
fe dans les Antiquitez Orientales , & fut tout dans les Medailles Samaritaines, upda
Mre N... de Greflé Confeiller du Roy & Auditeur en
A a ij
284 MERCURE
fa Chambre des Compres
eſt mort dans un âge peu
avancé. Il n'y avoit que neuf
ans qu'il eftoit Officier de
cette Compagnie , n'y ayant
efté reçu qu'en l'année 1701.
il eftoit du Semestre d'Hyver.
Mr de Greflé eftoit d'uneancienne famille de la Robbe
connu dans le Parlement peu
de temps aprés qu'il eut efté
rendu fedentaire par le Roy
Philippe le Bel , & il eftoit
proche parent de Mrs Coufin
Paye n, & Chavigné , Maiſtres
des Comptes ; mais fon merite
perfonnel le diftinguoit plus
GALANT 285
que tous ces avantages parti-..
culiers. I joignoit un goût
fûr & unefprit jufte aux lumie
res profondes qu'il avoit pui
fées dans une longue étude des
Sciences les plus difficiles ; il
avoit fait de grands progrés
dansles Mathemiques. L'attachement qu'il avoit eu dés
fa jeunelle pour cette Science j
l'avoit lié avec feu Mtle Marb
quis de l'Hôpital quel'on a
regardé dans ces derniers
temps comme un des premiers.
hommes de ce fiecle pour la
Geometrie. Plufieurs Sçavans
s'affembloient un jour de
286 MERCURE
chaque femaine chezMr Greflé
& traitoient dans des conferences reglées les queftions les
plus épineufes & les moins
développées des Mathematiques. Il n'eft pas le feul de
fa famillesqui fe foit rendu
celebre dans le Republique des
Lettres ; un Pere Greflé de
l'Ordre de Saint François , fuc
dans le penultieme fiecle un
des plus grands Theologiens
de fontemps. Il s'eftoit appliqué avec fuccés à l'étude de
l'Ecriture Sainte ;il avoit même
fait un Commentaire fur les
Evangiles , que l'on conferve
GALANT 287
manufcrit dans quelques Bibliotheques & qui auroit cfté .
d'une grande utilité s'il eur
parû. On croit que le Pere
Janton le pourra publier
lire les Articles , mais quoyque
la Renommée apprenne bientoft la mort des perfonnes de
GALANT 273
diftinction qui font decedéés, il
faut neanmoins fouvent beaucoup de temps pour apprendre ce que l'on en doit dire ,
& fur tout de celles qui font
mortes dans des lieux éloignez
de Paris. Mais quand leur mort
feroit arrivée à Paris même
je ne laiffe
quefois befoin de beaucoup
de temps pour m'informer à
fond de ce que je vous en dois
apprendre.
ге
pas d'avoir quelMie Antoine le Mairat Chevalier Seigneur de Nogent , eft
mort âgé de 68. ans Il eftoit
Mailtre ordinaire de la Chamt
274 MERCURE
bre des Comptes ; il fut reç
en cette Charge en l'anné
1663. n'ayant encore qué 21 .
ans ; & il eftoit prefque à la
tefte de cette Compagnie, puifqu'il eftoit immediatement
aprés M Bailly de la Croix
qui en elt Sous- Doyen. Il
eftoit du Semeftre d hiver ; &
il avoit acquis dans l'exercice
de cet employ beaucoup de
réputation Il cft frere de Mr
le Mayrat , fi connu par fon
merite & par les lumieres de
fon efprit ; & couſin germain
de M Voifin & de M deTrudaine Intendant de Dijon. Il
t
$
GALANT 275
laiffe plufieurs enfans ; l'aîné eft
Maistre des Requeftes & foû
tient avec honneur dans le
Confeil la réputation que fes
ancêtres ont acquife dans la
Robe depuis deux ou trois ficcles . Mrs le Mairat font connus à Paris depuis le regne de
Philippes le Long. Ce Prince
avoit auprés de luy un Officier
de ce nom qui luy donna de
frequentes preuves de fa fidelité. Nous devons au petit fils
de ce même Officier la publication de l'excellent ouvrage de Fuller qui a pour titre
Pharmacopoeia ex temporanea 1
276 MERCURE
Un Religieux Benedictin du
même nom & de la même fa- .
mille qui brilla dans fon Ordre
vers le milieu du quinziéme
ficcle, agitaune queftion qu'on
a renouvellée en ces derniers
temps , & qui ne fit pas alors
moins de bruit qu'elle en fait
à prefent entre un fçivant Je
fuité & un illuftre Auteur : il
s'agilloir de fçavoir files dé
mons eftoient les Auteurs des
Oracles du Paganifme ; le Religieux Benedictin prit le mê
me parti qu'a pris le Pere Battus, & prétendit qu'en cela il
n'y avoit aucune fupercherie
GALANT 277
ད
de la part des Preftres du Paganifme. Les Actes de la Difpute de Dom le Mairat ne furent pas rendus publics , mais
on en voit divers fragmens
dans quelques Abbayes de
Champagne & de Normandie.
Mr le Marquis de Choify ,
Gouverneur de Saar- Louis ,
eſt decédé âgé de 78. ans. Il
eftoit Lieutenant General des
Armées du Roy ; & il fut
nommé le premier dans la
nombreuſe, promotion du
26. Octobre de l'année
1704. Ce Marquis avoit
fervi pendant la plus grande
*
<
278S
MERCURE
partie de fa vie dans l'Infanterie , & il s'eftoit peu paffé
d'actions d'éclat de fon temps,
oùil n'euft donnédes marques
de fon courage & de fon
experience dant l'Art de la
Guerre. Il avoit efté Gouverneur de la Citadelle de Cambray &deThionville, &il avoit
eu l'honneur de commander
l'Armée du Roy au Siege de
Rhinfeld. Il eftoit proche pa
rent de Mrs de l'Hôpital , &
il fortoit d'une ancienne Maifon qui s'est toujours diftinguée par fon zele pour le ferVice de fes Princes ; il s'eftoit
GALANT 279
attiré par les manieres civiles
& bienfaifantes les cœurs de
tout le Peuple , & de la Nobleffe de fon Gouvernement
fa mort y a caufé de grands
regrets. Mr de Varennes Maréchal de Camp , & Licurenant de Roy de Saar Louis
Mr de Montmelian Major
& Mr Deſchamps Aide- major
de la même Place , firent faire
pourluy un Service magnifique dans la principale Eglife
de Saar- Louis ,› peu de jours
aprés fa mort ; & Mr de
Flamicourt Capitaine des
Portes de la même Place , en
280 MERCURE
fait faire un en fon particulier
pour marquer d'une maniere
plus finguliere l'attachement
refpectueux qu'il conferve
pour la memoire de cet illuftre
Gouverneur.
une Fortereffe que le Roy fit
bâtir en l'année 1680. elle
eft fituée dansle Duché de Bar ,
& prés de Longwi , & de
Marfal ; & à peu prés dans la
même diſtance de Stenay.
Saar Louis eft
Mre René de Savonnieres ,
Chevalier Seigneur de Linieres,
Confeiller en la grand' Chambre , eft mort fort regretté
dans le Parlement , où il avoit
GALANT 281
acquis beaucoup de réputation par fa probité , & par l'é
tenduë de fes lumieres. Il y a
quarante trois ans que Mr de
Savonnieres eftoit Confeiller.
au Parlement , y ayant eſté reçu le 12. Mars 1667. & il eftoit
devenu par fon ancienneté le
dixiéme Confeiller de la grand
Chambre. Il eftoit d'une ancienne famille connue dans le
Parlement il y a prés de deux
fiecles. Sous François I. il y
avoit déja dans cet augufte
Corps des Magiftrats de ce.
nom , & fous les regnes túmultueux des petits fils de ce PrinMars 1710.
A a
282 MERCURE
ce , ils fe diftinguerent par leur
fidelité & par leur zele pour le
fervice de nos Rois. Mr de Savonnieres eftoit parent de Mr
Ribaudon du Monceau Confeiller en la troifiéme Chambre des Enqueftes , & de Mr
Bence Confeiller en la même
Chambre. Mr de Savonnieres
fon grand pere fe rendit celebre vers le commencement du
dernier fiecle par les progrés
qu'il fit dans les Sciences humaines , & fur tout dans la
Phyfique experimentale , où il
fit de belles & de curieufes découvertes. Il eftoit auffi tres-
GALANT 283
verfé dans la Geometrie &
1'Algebre fpecieufe ; plufieurs
grands hommes qui ont paru
depuis avec éclat , ont profité
avec fuccés de fes écrits & de
fes obfervations. Mr Reland
dont on a de fi belles Differtations fur les Antiquitez Samaritaines , a ſouvent avoué qu'il
avoit obligation à ce fçavant
homme d'une grande partie
des lumieres qu'il avoit acqui
fe dans les Antiquitez Orientales , & fut tout dans les Medailles Samaritaines, upda
Mre N... de Greflé Confeiller du Roy & Auditeur en
A a ij
284 MERCURE
fa Chambre des Compres
eſt mort dans un âge peu
avancé. Il n'y avoit que neuf
ans qu'il eftoit Officier de
cette Compagnie , n'y ayant
efté reçu qu'en l'année 1701.
il eftoit du Semestre d'Hyver.
Mr de Greflé eftoit d'uneancienne famille de la Robbe
connu dans le Parlement peu
de temps aprés qu'il eut efté
rendu fedentaire par le Roy
Philippe le Bel , & il eftoit
proche parent de Mrs Coufin
Paye n, & Chavigné , Maiſtres
des Comptes ; mais fon merite
perfonnel le diftinguoit plus
GALANT 285
que tous ces avantages parti-..
culiers. I joignoit un goût
fûr & unefprit jufte aux lumie
res profondes qu'il avoit pui
fées dans une longue étude des
Sciences les plus difficiles ; il
avoit fait de grands progrés
dansles Mathemiques. L'attachement qu'il avoit eu dés
fa jeunelle pour cette Science j
l'avoit lié avec feu Mtle Marb
quis de l'Hôpital quel'on a
regardé dans ces derniers
temps comme un des premiers.
hommes de ce fiecle pour la
Geometrie. Plufieurs Sçavans
s'affembloient un jour de
286 MERCURE
chaque femaine chezMr Greflé
& traitoient dans des conferences reglées les queftions les
plus épineufes & les moins
développées des Mathematiques. Il n'eft pas le feul de
fa famillesqui fe foit rendu
celebre dans le Republique des
Lettres ; un Pere Greflé de
l'Ordre de Saint François , fuc
dans le penultieme fiecle un
des plus grands Theologiens
de fontemps. Il s'eftoit appliqué avec fuccés à l'étude de
l'Ecriture Sainte ;il avoit même
fait un Commentaire fur les
Evangiles , que l'on conferve
GALANT 287
manufcrit dans quelques Bibliotheques & qui auroit cfté .
d'une grande utilité s'il eur
parû. On croit que le Pere
Janton le pourra publier
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Résumé : Quatrieme Article des morts, [titre d'après la table]
Le texte relate les décès de plusieurs personnalités éminentes et les difficultés rencontrées pour obtenir des informations précises et rapides sur ces décès, même à Paris. Voici les principales personnalités mentionnées : Antoine le Mairat, Chevalier Seigneur de Nogent, est décédé à l'âge de 68 ans. Il occupait le poste de Maître ordinaire de la Chambre des Comptes depuis 1663 et était connu pour son travail et ses relations familiales, notamment avec Mr le Mayrat, ainsi que des personnalités telles que Mr Voisin et Mr de Trudaine. Il laisse plusieurs enfants, dont l'aîné est Maître des Requêtes. Mr le Marquis de Choisy est décédé à 78 ans. Il était Lieutenant Général des Armées du Roi et avait servi avec distinction, notamment lors du siège de Rhinfeld. Sa mort a suscité de grands regrets parmi le peuple et la noblesse. Mr René de Savonnières, Chevalier Seigneur de Linières, est décédé après 43 ans de service comme Conseiller au Parlement. Il était reconnu pour sa probité et ses lumières. Sa famille était distinguée depuis plusieurs siècles et avait fidèlement servi les rois de France. Mr de Greflé est décédé à un âge peu avancé. Il était Officier de la Chambre des Comptes depuis 1701 et provenait d'une famille ancienne et distinguée. Il était réputé pour ses connaissances en mathématiques et ses contributions aux sciences, et était lié avec des savants comme Mr Marquis de l'Hôpital.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2473
p. 287-290
Me de Chastillon est nommée par le Roy, Abbesse de la Deserte, [titre d'après la table]
Début :
L'Abbaye de la Deserte, située à Lyon ayant vacqué [...]
Mots clefs :
Abbaye de la Deserte, Madame de Quibly, Mort, Abbesse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Me de Chastillon est nommée par le Roy, Abbesse de la Deserte, [titre d'après la table]
L'Abbaye de la Deferte ,
fituée à Lyon ayant vacqué
par la mort de Madame de
Quibly , derniere Abbeffe &
qui avoit cfté Coadjutrice de
feue Me fa tante
nomma il y a quelque temps
à cette Abbaye Mc de Chatillon , Religieufe de l'Abbayede Saint Pierre de la même
Ville. La nouvelle Abbeffe
eft fœur aînée de Me d'Hyle Roy
288 MERCURE
Yours dont le merite eft fi
connu dans le monde. Mr
l'Evêque de Châlons fur Sзone
fie quelque temps aprés la
Ceremoniede Benir cette nouvelle Abbeffe , dans l'Eglife
de la Deferte. Me de Roftaing
Abbeffe de Chazaut & Me
de la Tour- vidant Prieure
perpetuelle du Monaſtere de
Saint Benoift de la même Ville,
furent les Abbeffes, affiftantes ;
& la derniere futi appellée
faute d'autre Abbeffe.
l'Evêque de Saint Flour , qui
fe trouva alors à Lyon , affiſta -
à la Ceremonie en Camail &
Mr
en
m Wuwuu དང go: ཀྱ
GALANT 289
I
2
Mc en Rochet , de même que
l'ancien Abbé de Saint Antoi
ne. Toute la Nobleffe de Lyon
dont la meilleure partie appartient à la nouvelle Abbeffe
affifta à la Ceremonie , & Mr
l'Evêque de Chalons , fit ouvrir les portes du Convent qui
eft tres vafte & qui eft d'une
grande ancienneté, à tout ceux
qui y voulurent entrer. Me
de Châtillon eft d'une des
meilleures Maifons du Pays.
Elle eft alliée à la Maiſon de
la Chaize & à celle de Rochefort. Elle refifta long - temps
avant que d'accepter cette
Bb
•
Mars 1710.
290 MERCURE
Abbaye, & elle ne l'a fait que
par l'ordre exprés de fes Supericurs & defeüe Me l'Abbeffe
de Saint Pierre.
fituée à Lyon ayant vacqué
par la mort de Madame de
Quibly , derniere Abbeffe &
qui avoit cfté Coadjutrice de
feue Me fa tante
nomma il y a quelque temps
à cette Abbaye Mc de Chatillon , Religieufe de l'Abbayede Saint Pierre de la même
Ville. La nouvelle Abbeffe
eft fœur aînée de Me d'Hyle Roy
288 MERCURE
Yours dont le merite eft fi
connu dans le monde. Mr
l'Evêque de Châlons fur Sзone
fie quelque temps aprés la
Ceremoniede Benir cette nouvelle Abbeffe , dans l'Eglife
de la Deferte. Me de Roftaing
Abbeffe de Chazaut & Me
de la Tour- vidant Prieure
perpetuelle du Monaſtere de
Saint Benoift de la même Ville,
furent les Abbeffes, affiftantes ;
& la derniere futi appellée
faute d'autre Abbeffe.
l'Evêque de Saint Flour , qui
fe trouva alors à Lyon , affiſta -
à la Ceremonie en Camail &
Mr
en
m Wuwuu དང go: ཀྱ
GALANT 289
I
2
Mc en Rochet , de même que
l'ancien Abbé de Saint Antoi
ne. Toute la Nobleffe de Lyon
dont la meilleure partie appartient à la nouvelle Abbeffe
affifta à la Ceremonie , & Mr
l'Evêque de Chalons , fit ouvrir les portes du Convent qui
eft tres vafte & qui eft d'une
grande ancienneté, à tout ceux
qui y voulurent entrer. Me
de Châtillon eft d'une des
meilleures Maifons du Pays.
Elle eft alliée à la Maiſon de
la Chaize & à celle de Rochefort. Elle refifta long - temps
avant que d'accepter cette
Bb
•
Mars 1710.
290 MERCURE
Abbaye, & elle ne l'a fait que
par l'ordre exprés de fes Supericurs & defeüe Me l'Abbeffe
de Saint Pierre.
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Résumé : Me de Chastillon est nommée par le Roy, Abbesse de la Deserte, [titre d'après la table]
L'Abbaye de la Déferte à Lyon est devenue vacante après le décès de Madame de Quibly, dernière abbesse. Madame de Châtillon, sœur aînée de Madame d'Hyle Roy, a été nommée pour lui succéder. La cérémonie de bénédiction a eu lieu en mars 1710 en présence de l'évêque de Châlons-sur-Saône, de l'évêque de Saint-Flour, de Madame de Roftaing, abbesse de Chazaut, et de Madame de la Tour-Vidant, prieure perpétuelle du monastère de Saint-Benoît. Toute la noblesse lyonnaise, dont une grande partie est liée à la nouvelle abbesse, a assisté à l'événement. Madame de Châtillon, issue d'une famille prestigieuse, est alliée aux maisons de la Chaize et de Rochefort. Elle a accepté cette charge sur ordre de ses supérieurs et de la défunte abbesse de Saint-Pierre, après avoir longtemps résisté.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2474
p. 290-298
Prise de Possession de l'Abbaye de S. Pierre de Lyon, par Me de Brissac, [titre d'après la table]
Début :
Le Jeuy 27 Février Me l'Abbesse de S. Pierre de Lyon, [...]
Mots clefs :
Abbaye de Saint Pierre de Lyon, Bulles, Cérémonie, Chapitres, Me de Brissac
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Prise de Possession de l'Abbaye de S. Pierre de Lyon, par Me de Brissac, [titre d'après la table]
Le Jeudy 27 Février M
l'Abbeffe de S. Pierre de Lyon ,
foeur de feu Mr le Duc de Brif
fac & tante de celuy qui porte
aujourd'huy cette qualité , prit
poffeffion defon Abbaye ; elle
avoit reçu quelque jours au
paravant les Bulles qui avoient
efté adreffées à Mrl Abbé Terraffon Official de Lyon , & fecond Cuftode de l'Eglife Paroiffiale de Sainte Croix de la
même Ville. LaCeremoniefe
&&
GALANT 291
fit l'apréfdinée. M' le Comte
de Saint Georges Precenteur
de l'Eglife de Lyon , & neveu
de M' l'Archevêque , alla prendre M. l'Abbeffe dans fon appartement & la conduifit au
Chapitre où toutes les Religieufes eftoient affemblées. Mr
Official yy prononça un Dif
€
響
Cours tres éloquent fur le fujec
de cette Ceremonie & fur
Thonneurqu'il avoit en ce jour
de mettre en poffeffion une
Abbeffe d'un nom fi illuftre,
& dont le merite eftoit fi univerfellement connu. Toute la
Communauté fortit en ProBb ij
292 MERCURE
ceffion du Chapitre, la Croix
eftant à la tefte , & M° FAbbeffe terminoit ce Cortege ,
precedée de tous fes Officiers
& de tout fon Clergé , conduite par Mr de S. Georges
& ayant à la droite Mr l'Offi
cial , &accompagnée de toute
fa livrée ; en cet eftat elle fit le
tour du Cloiftre , la Commu
nauté chantant des Répons.
La Proceffion fit le tour fur les
Terreaux , & entra par la grande porte de l'Eglife Paroiffiale
de Saint Pierre , dont M l'Ab..
beffe prit poffeffion. Deretour
enfon appartement elle fit fer
GALANY: 293
DI vir une magnifique collation
baux Meffieurs & aux Dames
qui avoient affifté à cette Ceremonie & à ceux qui eftoient
entrez en cette Maifon , dont
les portes furent ouvertes pendant tout le jour à ceux qui
eurent la curiofité de voir une
des plus belles Maifons Religieufes du Royaume. On tira
quantité de fufées & plufieurs
boettes dehors, & dedans le
Convent devant & aprés la
Ceremonie; il y eut le foir de
grandes illuminations, des fanfares , & un concert de Trompettes , Hautbois & autres Inf
Bb iij
294 MERCURE
trumens qui fervent à rendr
une Ceremonie plus pompeu
fe. Le Lundy 17. Mars fuivant
Mr l'Archevêque de Lyon be
nit la même Abbeffe dans l'Eglife de Saint Pierre qui eftoit
magnifiquement ornée de tentures de velours cramoifi vio
let , avec quantité de feftons
chargez d'écuffons aux Armés
de la Maiſon de Coffe, de mê
me que l'Autel , où l'on voyoic
auffi les Armes de Mr l'Archevêque. Ce Prelat celebra une
grande Meffe qui fut chantée
par les Religieufes . Il avoit
pour Diacre & Sous- Diacre ,
*
GALANT 295
Ս.
E
5
5
Mr le Comte d'Albon Archi
diacre de Lyon , & Mr le Com,
te de Chantelau-la- Chaife , &
chacun de ces deux Meffieurs
eftoit accompagné de huit Miniftres inferieurs , c'est - à- dire
de quatre autres Diacres & de
quatreSoûdiacres. Mr le Com,
tede Genitines frere aînéde Mr
l'Evêque de Limoges & grand
Cuftode de l'Eglife de S. Jean,
& Mr le Comte de Chemé laValette neveu de Mr l'Arche
vêque & fon grand Preftre ,
accompagnez de Mrs Terraft
fon , & Chazeneuve Chevaliers de Saint Jean , eftorent les
Bb iiij
296 MERCURE
>
quatre Chapitres. Il y avoit
plufieurs autres Miniftres inferieurs. L'Abbeffe qu'on alloit
benir eftoit accompagnée de
M de Roftaing Abbeffe de
Chazaur , & de M de Châtil
lon Abbeffe de la Deferte ( ces
deux Abbayes font fituées
dans la Ville de Lyon ) & de
quantité de Religieuſes qui
avoient accompagné ces deux
Abbeffes. Mrs les Comtes de
Saint Jeanyvinrent en Corps ,
de même que Mrs du Confu
lat. Mr Trudaine alors Inten
dant de Lyon , & Mr le Prin.
ce d'Harcourt Y affifterent,
*
GALANT 297
it
it
锡
Mr de Pompone , ci-devand
Ambaffadeur de Venife , qui
eftoit à Lyon depuis quelques
jours , y affifta , mais incognito
de même que Mela Comteffe
de Soiffons , quifait fon féjour
dans cette Abbaye. Cette Cel
remonic une des plus brillan
tes qu'onait vûës depuis longtemps , fut fuivie d'un magni
fique repas que l'Abbcffc nous
vellement benite donna à cet
illuftre Clergé. Rien de ce que
la Saifon peut fournir de plus
délicat & de plus délicieux n'y
fur oublié. Ony admira une
profufion de toutes chofes
298 MERCURE
mais bien entendue. Le Deffert
fur tout fut magnifique. Aprés
le dîner on ouvrit les portes du
Convent à tous ceux qui voulurent y entrer
l'Abbeffe de S. Pierre de Lyon ,
foeur de feu Mr le Duc de Brif
fac & tante de celuy qui porte
aujourd'huy cette qualité , prit
poffeffion defon Abbaye ; elle
avoit reçu quelque jours au
paravant les Bulles qui avoient
efté adreffées à Mrl Abbé Terraffon Official de Lyon , & fecond Cuftode de l'Eglife Paroiffiale de Sainte Croix de la
même Ville. LaCeremoniefe
&&
GALANT 291
fit l'apréfdinée. M' le Comte
de Saint Georges Precenteur
de l'Eglife de Lyon , & neveu
de M' l'Archevêque , alla prendre M. l'Abbeffe dans fon appartement & la conduifit au
Chapitre où toutes les Religieufes eftoient affemblées. Mr
Official yy prononça un Dif
€
響
Cours tres éloquent fur le fujec
de cette Ceremonie & fur
Thonneurqu'il avoit en ce jour
de mettre en poffeffion une
Abbeffe d'un nom fi illuftre,
& dont le merite eftoit fi univerfellement connu. Toute la
Communauté fortit en ProBb ij
292 MERCURE
ceffion du Chapitre, la Croix
eftant à la tefte , & M° FAbbeffe terminoit ce Cortege ,
precedée de tous fes Officiers
& de tout fon Clergé , conduite par Mr de S. Georges
& ayant à la droite Mr l'Offi
cial , &accompagnée de toute
fa livrée ; en cet eftat elle fit le
tour du Cloiftre , la Commu
nauté chantant des Répons.
La Proceffion fit le tour fur les
Terreaux , & entra par la grande porte de l'Eglife Paroiffiale
de Saint Pierre , dont M l'Ab..
beffe prit poffeffion. Deretour
enfon appartement elle fit fer
GALANY: 293
DI vir une magnifique collation
baux Meffieurs & aux Dames
qui avoient affifté à cette Ceremonie & à ceux qui eftoient
entrez en cette Maifon , dont
les portes furent ouvertes pendant tout le jour à ceux qui
eurent la curiofité de voir une
des plus belles Maifons Religieufes du Royaume. On tira
quantité de fufées & plufieurs
boettes dehors, & dedans le
Convent devant & aprés la
Ceremonie; il y eut le foir de
grandes illuminations, des fanfares , & un concert de Trompettes , Hautbois & autres Inf
Bb iij
294 MERCURE
trumens qui fervent à rendr
une Ceremonie plus pompeu
fe. Le Lundy 17. Mars fuivant
Mr l'Archevêque de Lyon be
nit la même Abbeffe dans l'Eglife de Saint Pierre qui eftoit
magnifiquement ornée de tentures de velours cramoifi vio
let , avec quantité de feftons
chargez d'écuffons aux Armés
de la Maiſon de Coffe, de mê
me que l'Autel , où l'on voyoic
auffi les Armes de Mr l'Archevêque. Ce Prelat celebra une
grande Meffe qui fut chantée
par les Religieufes . Il avoit
pour Diacre & Sous- Diacre ,
*
GALANT 295
Ս.
E
5
5
Mr le Comte d'Albon Archi
diacre de Lyon , & Mr le Com,
te de Chantelau-la- Chaife , &
chacun de ces deux Meffieurs
eftoit accompagné de huit Miniftres inferieurs , c'est - à- dire
de quatre autres Diacres & de
quatreSoûdiacres. Mr le Com,
tede Genitines frere aînéde Mr
l'Evêque de Limoges & grand
Cuftode de l'Eglife de S. Jean,
& Mr le Comte de Chemé laValette neveu de Mr l'Arche
vêque & fon grand Preftre ,
accompagnez de Mrs Terraft
fon , & Chazeneuve Chevaliers de Saint Jean , eftorent les
Bb iiij
296 MERCURE
>
quatre Chapitres. Il y avoit
plufieurs autres Miniftres inferieurs. L'Abbeffe qu'on alloit
benir eftoit accompagnée de
M de Roftaing Abbeffe de
Chazaur , & de M de Châtil
lon Abbeffe de la Deferte ( ces
deux Abbayes font fituées
dans la Ville de Lyon ) & de
quantité de Religieuſes qui
avoient accompagné ces deux
Abbeffes. Mrs les Comtes de
Saint Jeanyvinrent en Corps ,
de même que Mrs du Confu
lat. Mr Trudaine alors Inten
dant de Lyon , & Mr le Prin.
ce d'Harcourt Y affifterent,
*
GALANT 297
it
it
锡
Mr de Pompone , ci-devand
Ambaffadeur de Venife , qui
eftoit à Lyon depuis quelques
jours , y affifta , mais incognito
de même que Mela Comteffe
de Soiffons , quifait fon féjour
dans cette Abbaye. Cette Cel
remonic une des plus brillan
tes qu'onait vûës depuis longtemps , fut fuivie d'un magni
fique repas que l'Abbcffc nous
vellement benite donna à cet
illuftre Clergé. Rien de ce que
la Saifon peut fournir de plus
délicat & de plus délicieux n'y
fur oublié. Ony admira une
profufion de toutes chofes
298 MERCURE
mais bien entendue. Le Deffert
fur tout fut magnifique. Aprés
le dîner on ouvrit les portes du
Convent à tous ceux qui voulurent y entrer
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Résumé : Prise de Possession de l'Abbaye de S. Pierre de Lyon, par Me de Brissac, [titre d'après la table]
Le 27 février, l'abbesse de Saint-Pierre de Lyon, tante du duc de Brissac, prit possession de l'abbaye. Quelques jours auparavant, elle avait reçu les bulles destinées à l'abbé Terrafson, official de Lyon et second custode de l'église paroissiale de Sainte-Croix. La cérémonie se déroula l'après-midi. Monsieur le comte de Saint-Georges, précenteur de l'église de Lyon et neveu de l'archevêque, conduisit l'abbesse au chapitre où toutes les religieuses étaient réunies. Monsieur l'official prononça un discours sur l'honneur de mettre en possession une abbesse d'un nom illustre et dont le mérite était universellement reconnu. La communauté fit procession du chapitre, suivie par l'abbesse accompagnée de ses officiers et de son clergé, conduite par Monsieur de Saint-Georges et ayant à sa droite Monsieur l'official. Elles firent le tour du cloître et des terreaux avant d'entrer par la grande porte de l'église paroissiale de Saint-Pierre. De retour dans ses appartements, l'abbesse offrit une collation aux invités. Les portes du couvent restèrent ouvertes toute la journée pour permettre aux visiteurs de voir la maison religieuse. Des feux d'artifice et des illuminations furent tirés avant et après la cérémonie, accompagnés de fanfares et d'un concert de trompettes et de hautbois. Le 17 mars suivant, l'archevêque de Lyon bénit l'abbesse dans l'église de Saint-Pierre, magnifiquement ornée de tentures de velours cramoisi violet et d'écussons aux armes de la maison de Cosse. Une grande messe fut chantée par les religieuses, avec Monsieur le comte d'Albon comme diacre et Monsieur le comte de Chantelau-la-Chaise comme sous-diacre. Plusieurs autres ministres inférieurs étaient présents. L'abbesse bénite fut accompagnée de Madame de Roffaing, abbesse de Chazaur, et de Madame de Châtillon, abbesse de la Déserte, ainsi que de nombreuses religieuses. Monsieur Trudaine, intendant de Lyon, et Monsieur le prince d'Harcourt assistèrent également à la cérémonie, ainsi que Monsieur de Pompone, ancien ambassadeur de Venise, et Madame la comtesse de Soissons. Cette cérémonie, l'une des plus brillantes vues depuis longtemps, fut suivie d'un magnifique repas offert par l'abbesse nouvellement bénite.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2475
p. 298-299
Second Article de Mariage, [titre d'après la table]
Début :
Mr le Marquis de Broglie, Brigadier des Armées du Roy, [...]
Mots clefs :
Marquis de Broglie, Mariage
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texteReconnaissance textuelle : Second Article de Mariage, [titre d'après la table]
Mrle Marquis de Broglie ,
Brigadier des Armées du Roy
Intpecteur General del Infan
rie Colonel du Regiment
de l'Ile de France , fils de Mr
le Comte de Broglie , Lieutenant General des Armées du
Roy , & Gouverneur d'Avênes , & de Dame Marie dela
Moignon , époufa le 13. , de
ce mois dans la Parroiffe de
Saint Gervais Mile Voyfing,
GALANT
2
fille de Mr Voyfin , Maifto
& Secretaire d'Etat
Guerre , & de Dame N....
Trudaine. La Ceremonie fut
faite par Mr de la Berchere
Archevêque de Narbonne.
Brigadier des Armées du Roy
Intpecteur General del Infan
rie Colonel du Regiment
de l'Ile de France , fils de Mr
le Comte de Broglie , Lieutenant General des Armées du
Roy , & Gouverneur d'Avênes , & de Dame Marie dela
Moignon , époufa le 13. , de
ce mois dans la Parroiffe de
Saint Gervais Mile Voyfing,
GALANT
2
fille de Mr Voyfin , Maifto
& Secretaire d'Etat
Guerre , & de Dame N....
Trudaine. La Ceremonie fut
faite par Mr de la Berchere
Archevêque de Narbonne.
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Résumé : Second Article de Mariage, [titre d'après la table]
Le mariage du Marquis de Broglie, Brigadier des Armées du Roy, Inspecteur Général de l'Infanterie et Colonel du Régiment de l'Île de France, avec Mademoiselle Voyfing a eu lieu le 13 du mois dans la paroisse de Saint Gervais. Le Marquis est le fils du Comte de Broglie, Lieutenant Général des Armées du Roy et Gouverneur d'Avênes, et de Dame Marie de la Moignon. Mademoiselle Voyfing est la fille de Monsieur Voyfin, Maître et Secrétaire d'État à la Guerre, et de Dame N... Trudaine. La cérémonie a été officiée par Monsieur de la Berchere, Archevêque de Narbonne.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2476
p. 299-325
Ce qui se passa à Versailles le 19 de ce mois lorsque Monsieur le Cardinal de Noailles s'y rendit à la teste du Clergé, & les Harangues que son Eminence fit au Roy & à Monseigneur le Dauphin, [titre d'après la table]
Début :
Je vous ay si souvent parlé de ces illustres familles, & [...]
Mots clefs :
Clergé, Église des Grands-Augustins, Messe de Saint Esprit, Versailles, Cardinal de Noailles, Discours, Roi, Gloire, Religion, Coeur, Naissance, Dieu, Peuples
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texteReconnaissance textuelle : Ce qui se passa à Versailles le 19 de ce mois lorsque Monsieur le Cardinal de Noailles s'y rendit à la teste du Clergé, & les Harangues que son Eminence fit au Roy & à Monseigneur le Dauphin, [titre d'après la table]
Je vous ay fi fouvent parlé
de ces illuftres familles , &
en particulier du merite de
ceux qui les compofent , &
des actions par lesquelles ils
fe font diftinguez que je ne
crois pas vous en devoir dire
d'avantage aujourd'huy.
Je vous ay déja parlé de
tout ce qui fe paffa aux grands
Auguftins les de ce mois
с
300 MERCURE
y
lors queLle Clergé s'y affem .>
bla pour la premiere fois , de
la Meffe du Saint Efprit qui
fut celebrée , & je vous ay
donné un Extrait du Sermon
qui yfut prêché le mêmejour.
al Le 19.cet Auguſte Corps
fe rendit à Verfailles dans un
Appartement du Chateau
qui luy avoit efté preparé. Mr
le Comte de Pontchartrain ,
Secretaire d'Etat l'y vint prendre avec Mr le Marquis de
Dreux Grand Maiftre des
Ceremonies ,& Mr des Granges Maiftre des Ceremonies,
& il fut ainfi conduit à l'Au
GALANT gor ༢or
diance du Roy les Gardes du
Corps eftant en haye dans
leur Salle , & fous les Armes ,
&les deux battans des Portes
ayant cfté ouverts. Monfieur
le Cardinal de Noailles prit
la parole , & fit au Roy le
Difcours fuivant. bl
१
IMSIRE,
-
Nous venons avecjoye & eme
preſſement rendre àVoſtre Majefté
nos tres - humbles hommages , &
ceux de tout le Clergé de France
que cette Affembléereprefente , &
qui eft beaucoup moins le premier
302 MERCURE
Corps de voftre Royaume parfon
rang, que parfon zele pour vostre
fervice,
༢༠༡༥།
Nous venons en renouveller à
V. M.les proteftations lesplusfinceres , nousfouhaiterions qu'il
nous fuft poffible d'en donner des
preuves plus fortes coplus écla osdans le cours de cet Affemblée, que nous n'avons fait encore
dans les autres.ian bus
La mesure de noftre zele nefera
jamais celle de nos forces , telles
qu'elles puiffent eftre, grandes ou
perites , entieres ou épuifées , il ira
toûjours beaucoup au-delà , ilfera
au deffus de tous les évenemens
GALANT 303
rien ne le diminuëtajamais.
** Ce qui pourroit affaiblir celuy des autres , ne fervira , qu'
fortifier le nostre. Les malheurs
de cette vie , les revolutions qui
arrivent dans tous les Etats ,
peuvent ébranler la fidelité des
peuples conduits par des vûës bafJes e intereffées , mais elles ne
font qu'affermircelle des Miniftrès
de Dieu , qui doivent entrer dans
fes deffeins , & avoir des vûës
plus élevées.
1
Que David foit heureux ou
malheureux, le grand Preftre eft
également attaché à luy , ilfe déclare même plus hautement enfa
304 MERCURE
faveur, &faitplus d'effortspour
Le fecourir , quand il le voit dans
unplusgrand befoin.
Illuy donne les pains offerts à
Dieu , qui eftoient dans le Temple ,
dont il n'eftoit permis qu'aux
Preftres de manger. Il luy laiffe
prendre l'épée de Goliath , confacrée à la gloire du Seigneur ,parce
qu'il n'en avoitpoint d'autre à lug
donner, &il s'expofe genereufe
mentpar cet office de religion à la
mort que Sail luy fit fouffrir peu
aprés.
C'est une leçon pour nous , &
un exemple que nos cœurs ne nous
preffent pas moins que noftre de-
GALANT 305
voir de remplirà l'égard de Voftre
Majesté.
Sile cours defes victoires a été interrompu parar les ordres fecrets &
impenetrables de lafageffe deDieu,
qui fait ce qu'il luy plaift desplus
grands hommes , comme des plus petits pendap
pourfaire د que
grandeur & toute puiffance vient
de luy. Si
Vos armed
à qui rien
•
toune refiftoit autresfois n'ont pas
jours eu le mêmefort. Sicette gloire
humaine qu'elles vous ont attirée ,
qui a étonné le monde entier , au
point qu'on enen peut dire ce que
Ecriture dit de celle d'Alexandre
le Grand , que toute la terre en
Mars 1710.
Ca
306 MERCURE
eft tombée dans le filence. Sz
cette gloire , dis je , a reçu quelque
atteinte par les malheurs de la
guerre , noftre attachement pour
V. M. n'en eft que plusferme
plus ardent.
Nous adorons la main qui vous
frape , nous vous refpectonsda
vantage , s'il eftpoffible ,fous cette
main divine , dont les coupsfalu
taires vous rendent plus reſpectable auxyeux de la Foy.
Elle nous apprend qu'une trop
longue e trop grande profperité
annonce un malheurplus grand
plus long, puifqu'il fera éternel ,
&que le bonheur continuel de
GALANT: 307
cette vie eft le Paradis des repron
me ?• +
· L'experience ne l'enſeigne pas
moins que la Foy ; car ne voit on
pas dans toutes les biftoires , que
Les Princes qui n'ont jamais fenti
la main de Dieu , qu'il a laiſſe
joüirpaiſiblement des plaiſirs , des
grandeurs &'rde toute la gloire de
ce monde,fans y répandre aucunè
amertume, ont eſté enyvrez de leur
bonheur , ont vecu dans l'aveuglement , font morts dans l'impenitence nu
2.Se font done ,felon l'esprit de
la Religion, des graces & desfam
yeurs que ce que le monde appelle
Ccij
308 MERCURE
malheur & difgrace ; cefont des
moyens de meriter unbonheurplus
pur & plus folide que celuy de
cette vie , Dieu compte pour rien
ce qui n'eft pas éternel , & netrou
ve dans aucun bien periſſable une
digne récompenfe pour fes: Elús
ainfi il ne leur ofte lafauffegloire
de ce monde , que les hommes onta
beau appeller immortelle , &qui
paffe toujours , que pour les pre
parer à la gloire de l'éternitéfeule
folide & veritable immortelle.
C'eftce quenous envifageons ,
SIRE , dans vos peines nous
yvozons avecconfolation la bonté
de Dieu pour vous , & nous
GALANT 309
admirons avec veneration lecou
rage & la foy que vous yfaites
paroître sap sailo Tag
Ellemeritefans doute beaucoup
mieux , que les exploits militaires
d'Alexandre , ce filence d'admira."
tion où toute la terre tomba devant luy , & elle est encore plus
digne du refpect , de l'amour
du zele de vos Evêques , &de
tout le Clergé attaché à V. M.
par des liens plus purs & plus
facrez que vos autres Sujets.
Mais ce qui doit les remplir
tous , de quelque profeffion qu'ils
foient , de reconnoiffance , auffi
bienque d'admirationpourV. M.
30 MERCURE
eft le grand defir qu'elle a de
leur donner lapaix. I's fçavent
tous ce qu'elle veut bien facrifier
pour leur procurer un bien
precieux & fi neceffaire , es
qu'elle ne l'a retarde quepour le
rendre plus feur & plus folide
& ne pas prendre l'ombre
l'apparence d'une paix ; pour une
paix réelle veritable.
Perfonne n'ignore que V. M.
s'oublie elle même , pour ne fe
fouvenir que de l'extrême befoin
defespeuples qu'elle abandonne
genereufement fespropres interefts
pour leur repos ; que même la
tendreffe paternelle Jemimentfo
GALANT 311
t
jufte , fi vif, & fi puiffant
fur tout pour les bons cœurs , ne
peut l'emporter fur le defir que
vous avezdefoulagervospeuples.
Quelfacrifice & quel effort
de vostre bonté pour eux ; mais
il est vrai qu'ils l'ont bien
merité par tout ce qu'ils ont fait
&fouffert pour voftre fervice
dans des guerres fi frequentes
fi longues & fi dures :
jufte qu'eftant les meilleurs detous
les peuples , ils trouvent en "yous
le meilleur de tous les Rois.
Mais ce n'eft pas feulement
l'intereft de vos Sujets , c'est la
caufe de sans les peuples que vous
il eft
310 MERCURE
ils
foûtenez, en travaillant fifortement à la paix de l'Europe's car
ne fçait- on pas que par tout
fouffrent, & que vos Ennemis
avec toute la joye de leursfuccés,
n'en ont pas moins la douleur de
voir leur pays ruiné , leurs peuples gémir comme les autres ,
qu'ils n'ontque les évenemenspour
eux. Fantil eft vray que la guerre eft un mal univerfel que Dieu
fait fentir aux heureux ,
heureux , comme
aux malheureux , pour les punir
tous.
S'il vous en coûte donc, SIRE,
pourfaire lapaix , fi vous l'achetez cherement, que vous enferez
avanta-
GALANT 313
avantageufement & glorieufement dédommagé par la grandeur
d'ame que vousyferez paroiftre ,
par le bien infini que vous procurerez à tant de peuples accablez ,
&fur toutpar le trefor pretieux
que vous acquererez de nouveau ,
en vous attachantplus fortement
que jamais les cœurs de vos Sujets.
Quelle richeffe & quelle force
pour un Roy, que la tendreffe &
la confiance de fes Sujets ; que ne
trouve- t-il pas dans leurs cœurs
quand ils font veritablement à
luy?
Quel Empire , écrivoit ungrand
Mars 1710.
Dd .
314 MERCURE
Evefque aun Empereur , y a-t-il
mieux établi , & dont les fondemens foient plus folides &
plus feurs , que celuy qui eft
muni par l'affection & lattachement des peuples ? Qui eftce qui eft plus en affurance &
a moins à craindre , qu'un
Prince qu'on ne craint point,
&pour qui tous fes Sujets craignent ?
Que n'avez vous donc pas
attendre, SIRE , des voftres ,
leur donnant des preuvesfi effecti
ves de vostre bonté pour eux ?
Que ne devons-nous pas faire en
noftre particulier , pour vous en
à
GALANT 3'5
1
marquer noftre reconnoiffance ;
nous qui fommes les Pafteurs &
les peres fpirituels de vos peuples ,
plus intereffez & plus fenfibles
que d'autres à leurs miferes ; nous
quipar noftre caractere fommes
des Miniftres depaix obligez àla
defirer , à la demander , & à la
procurer par tous les moyens qui
peuvent dépendre de nous ?
Heureux fi nous pouvons y
1 contribuerparquelqu'endroit, nonfeulement par nos vœux & nos
prieres , mais auffi par nos biens.
Nous les tiendrons bien employez
à payer un don fi pretieux, &
nous ne craindrons point d'en chanう
Dd ij
316 MERCURE
ger la deftination, ce que nouspourrions fairefans crime , en les faifantfervirà foulager vos peuples,
à les faire jouir de la paix , ou à
les deffendre par une bonne guerre
de la fureur de vos Ennemis , &
en deffendre mefme l'Eglife , qui
n'eftpas moins attaquée que vostre
Royaume, dont les interefts ne
peuvent estre feparez de ceux de
Voſtre Majefté , parce qu'elle en
eft le plus ferme & le plus folide
appuy.
Faffe le Ciel que lesgrands
importans fervices que V. M. a
rendus , & rend encore tous les
jours à la Religion , foient prom-
GALANT 317
& les
ptement recompenfezpar unepaix
feure durable. Que Dieu de
quifeul elle dépend, & qui l'arefuféejufqu'à prefentdans fa juftice enpunition despechez du monde, appaife par les prieres
gemiffemens de tant de peuples
affligez l'accorde enfin dans fa
mifericorde. Que Voftre Majefté
aprés avoir efté long- temps un
David guerrier & genereux ,
foit le refte de fes jours un pacifique Salomon. Que fes jours fi
pretieux pour nous , &pour tous
fes Sujets , approchent autant qu'il
fera poffible de ceux des Patriarches avantle deluge. Qu'elle voye
Dd iii
318 MERCURE
,
naiſtre encore dans fa Famille
Royale plufieurs Princes , quiperpetuëntfaRace & lafaſſent durer jufqu' à la confommation du
ficcle ; qu'elle ait la joye de les former elle-même, & de leur infpirer
parſesgrands exemples & fesfages maximes des fentimens dignes
de leur augufte naiffance. Mais
qu'elle ait auffi la confolation de
voirfes peuples heureux ; qu'ils
puiffent fe repofer tranquilement,felon l'expreffion d'un Prophete , chacun fous fa vigne &
fous fon figuier , fans craindre
aucun Ennemi ; qu'ils faffent
de leurs épées des focs de char-
GALANT 319
rues , & deleurs lances des inftrumens à remuer la terre.
QueV. M regne deplus en plus
dans leur cœur , & qu'elle yfot
tienne toûjours plus fortement le
Royaume de Dieu par une Relis
gion pure & fans tache e' une
pieté fincere e folide , telle qui
convient à un Roy & à un
Royaume tres-Chreftien.
es
Le Clergé fe rendit enfuite
chez Monfeigneur le Dau
phin , & Monfieur le Cardinal
de Noailles luy parla en ces
termes :
Dd iiij
320 MERCURE
MONSEIGNEUR,
Cleft toûjours avec la même
joyer le même empreffement
que nous venons vous rendre nos ›
tres - profonds refpects. C'est un
devoir où nous ne trouvons pas
moins de plaifir que dejuftice.
Nous reconnoiffons ce qui eft
dú aurangque vous donne vostre
augufte naiffance ; mais nous
ne fentons pas moins ce que
mande de nous voſtre bonté
naturelle , qualitéfi rare , quoyque
neceſſaire , dans une fi grande
élevation , parce que le cœur
s'éleve ordinairement àproportion
de-
GALANT 321
de ce qu'il fe voit au deffus des
autres.
Combien de Princes croyent
n'eftre fur le Trône que pour
eux-mêmes , que pour fatisfaire
leurs defirs ne regardent leurs
Sujets que comme leurs efclaves ,
&font infenfibles à leurs peines.
Voftre religion , MONSEIGNEUR , & voftre
bon cœur vous donnent d'autres
fentimens vous fçavez que
Dieun'a mis les Souverains fur
la tête des autres hommes, quepour
les proteger, les fecourir
foulagerdans leurs maux , qu'ils
doivent comme luy defcendre de
les
A
322 MERCURE
leur élevation pour voir ce que
les peuples fouffrent entrer
dans leurspeines , & travailler
à les en délivrer
&
DNA ?
l'attaEn rempliffant un fojufte devoir , non feulement ils rendent
à Dieu ce qu'ils luy doivent,
mais ils fe foutiennent & fe
fortifient eux - mêmes , parce
qu'ils gagnent le cœur
chement des peuples , qui fait la
plus grande force des Rois. La
mifericorde & la verité gar
dent le Roy , & la clemence
affermit fon Trône , difoit le
plus fage & le plus heureux de
tous les Rois tant qu'il s'eft
GALANT 323
laiffe conduire par lafageffe de
Dieu.
Confervez donc , MONSEIGNEUR , cette bonté
fi agreable à Dieu , fi aimable
• pour tous ceux qui dépendent de
vous fi utile pour vousmême. Augmentez - la pour le
Clergé attaché à vous par tant
de liens , par religion , par reconnoiffance , par zelepour le Roy ,
dont on ne peut vous feparer
puifque le cœur & la tendreffe
vous unit à Sa Majesté encore
plus que la naiffance & le devoir.
Vous fçavez à quel point
nous luyfommes dévoüez , quels
1
324 MERCURE
efforts nous avons fait & voulons faire encore pourfonfervice ,
&que nous ne confultons plus
que nos cœurs &point nosforces
d'abord qu'il a beſoin de nous.
Tout cela vous répond
MONSEIGNEUR , de
noftre attachement pour vous
&nousfait efperer vostre bonté
pour nous , la continuation de
l'honneur de votre protection
pour tout le Clergé , nous vous
la demandons avec inftance ;
nous ofons affeurer que nous la
meritonspar noftreprofond respect,
par une fidelité à toute épreuve ,
& par les vœux finceres &
GALANT 25
• ardens que nous faifons pour
voftre longue confervation , pour
voftre profperité ,
de toute la Maifon Royale."
pour cel
de ces illuftres familles , &
en particulier du merite de
ceux qui les compofent , &
des actions par lesquelles ils
fe font diftinguez que je ne
crois pas vous en devoir dire
d'avantage aujourd'huy.
Je vous ay déja parlé de
tout ce qui fe paffa aux grands
Auguftins les de ce mois
с
300 MERCURE
y
lors queLle Clergé s'y affem .>
bla pour la premiere fois , de
la Meffe du Saint Efprit qui
fut celebrée , & je vous ay
donné un Extrait du Sermon
qui yfut prêché le mêmejour.
al Le 19.cet Auguſte Corps
fe rendit à Verfailles dans un
Appartement du Chateau
qui luy avoit efté preparé. Mr
le Comte de Pontchartrain ,
Secretaire d'Etat l'y vint prendre avec Mr le Marquis de
Dreux Grand Maiftre des
Ceremonies ,& Mr des Granges Maiftre des Ceremonies,
& il fut ainfi conduit à l'Au
GALANT gor ༢or
diance du Roy les Gardes du
Corps eftant en haye dans
leur Salle , & fous les Armes ,
&les deux battans des Portes
ayant cfté ouverts. Monfieur
le Cardinal de Noailles prit
la parole , & fit au Roy le
Difcours fuivant. bl
१
IMSIRE,
-
Nous venons avecjoye & eme
preſſement rendre àVoſtre Majefté
nos tres - humbles hommages , &
ceux de tout le Clergé de France
que cette Affembléereprefente , &
qui eft beaucoup moins le premier
302 MERCURE
Corps de voftre Royaume parfon
rang, que parfon zele pour vostre
fervice,
༢༠༡༥།
Nous venons en renouveller à
V. M.les proteftations lesplusfinceres , nousfouhaiterions qu'il
nous fuft poffible d'en donner des
preuves plus fortes coplus écla osdans le cours de cet Affemblée, que nous n'avons fait encore
dans les autres.ian bus
La mesure de noftre zele nefera
jamais celle de nos forces , telles
qu'elles puiffent eftre, grandes ou
perites , entieres ou épuifées , il ira
toûjours beaucoup au-delà , ilfera
au deffus de tous les évenemens
GALANT 303
rien ne le diminuëtajamais.
** Ce qui pourroit affaiblir celuy des autres , ne fervira , qu'
fortifier le nostre. Les malheurs
de cette vie , les revolutions qui
arrivent dans tous les Etats ,
peuvent ébranler la fidelité des
peuples conduits par des vûës bafJes e intereffées , mais elles ne
font qu'affermircelle des Miniftrès
de Dieu , qui doivent entrer dans
fes deffeins , & avoir des vûës
plus élevées.
1
Que David foit heureux ou
malheureux, le grand Preftre eft
également attaché à luy , ilfe déclare même plus hautement enfa
304 MERCURE
faveur, &faitplus d'effortspour
Le fecourir , quand il le voit dans
unplusgrand befoin.
Illuy donne les pains offerts à
Dieu , qui eftoient dans le Temple ,
dont il n'eftoit permis qu'aux
Preftres de manger. Il luy laiffe
prendre l'épée de Goliath , confacrée à la gloire du Seigneur ,parce
qu'il n'en avoitpoint d'autre à lug
donner, &il s'expofe genereufe
mentpar cet office de religion à la
mort que Sail luy fit fouffrir peu
aprés.
C'est une leçon pour nous , &
un exemple que nos cœurs ne nous
preffent pas moins que noftre de-
GALANT 305
voir de remplirà l'égard de Voftre
Majesté.
Sile cours defes victoires a été interrompu parar les ordres fecrets &
impenetrables de lafageffe deDieu,
qui fait ce qu'il luy plaift desplus
grands hommes , comme des plus petits pendap
pourfaire د que
grandeur & toute puiffance vient
de luy. Si
Vos armed
à qui rien
•
toune refiftoit autresfois n'ont pas
jours eu le mêmefort. Sicette gloire
humaine qu'elles vous ont attirée ,
qui a étonné le monde entier , au
point qu'on enen peut dire ce que
Ecriture dit de celle d'Alexandre
le Grand , que toute la terre en
Mars 1710.
Ca
306 MERCURE
eft tombée dans le filence. Sz
cette gloire , dis je , a reçu quelque
atteinte par les malheurs de la
guerre , noftre attachement pour
V. M. n'en eft que plusferme
plus ardent.
Nous adorons la main qui vous
frape , nous vous refpectonsda
vantage , s'il eftpoffible ,fous cette
main divine , dont les coupsfalu
taires vous rendent plus reſpectable auxyeux de la Foy.
Elle nous apprend qu'une trop
longue e trop grande profperité
annonce un malheurplus grand
plus long, puifqu'il fera éternel ,
&que le bonheur continuel de
GALANT: 307
cette vie eft le Paradis des repron
me ?• +
· L'experience ne l'enſeigne pas
moins que la Foy ; car ne voit on
pas dans toutes les biftoires , que
Les Princes qui n'ont jamais fenti
la main de Dieu , qu'il a laiſſe
joüirpaiſiblement des plaiſirs , des
grandeurs &'rde toute la gloire de
ce monde,fans y répandre aucunè
amertume, ont eſté enyvrez de leur
bonheur , ont vecu dans l'aveuglement , font morts dans l'impenitence nu
2.Se font done ,felon l'esprit de
la Religion, des graces & desfam
yeurs que ce que le monde appelle
Ccij
308 MERCURE
malheur & difgrace ; cefont des
moyens de meriter unbonheurplus
pur & plus folide que celuy de
cette vie , Dieu compte pour rien
ce qui n'eft pas éternel , & netrou
ve dans aucun bien periſſable une
digne récompenfe pour fes: Elús
ainfi il ne leur ofte lafauffegloire
de ce monde , que les hommes onta
beau appeller immortelle , &qui
paffe toujours , que pour les pre
parer à la gloire de l'éternitéfeule
folide & veritable immortelle.
C'eftce quenous envifageons ,
SIRE , dans vos peines nous
yvozons avecconfolation la bonté
de Dieu pour vous , & nous
GALANT 309
admirons avec veneration lecou
rage & la foy que vous yfaites
paroître sap sailo Tag
Ellemeritefans doute beaucoup
mieux , que les exploits militaires
d'Alexandre , ce filence d'admira."
tion où toute la terre tomba devant luy , & elle est encore plus
digne du refpect , de l'amour
du zele de vos Evêques , &de
tout le Clergé attaché à V. M.
par des liens plus purs & plus
facrez que vos autres Sujets.
Mais ce qui doit les remplir
tous , de quelque profeffion qu'ils
foient , de reconnoiffance , auffi
bienque d'admirationpourV. M.
30 MERCURE
eft le grand defir qu'elle a de
leur donner lapaix. I's fçavent
tous ce qu'elle veut bien facrifier
pour leur procurer un bien
precieux & fi neceffaire , es
qu'elle ne l'a retarde quepour le
rendre plus feur & plus folide
& ne pas prendre l'ombre
l'apparence d'une paix ; pour une
paix réelle veritable.
Perfonne n'ignore que V. M.
s'oublie elle même , pour ne fe
fouvenir que de l'extrême befoin
defespeuples qu'elle abandonne
genereufement fespropres interefts
pour leur repos ; que même la
tendreffe paternelle Jemimentfo
GALANT 311
t
jufte , fi vif, & fi puiffant
fur tout pour les bons cœurs , ne
peut l'emporter fur le defir que
vous avezdefoulagervospeuples.
Quelfacrifice & quel effort
de vostre bonté pour eux ; mais
il est vrai qu'ils l'ont bien
merité par tout ce qu'ils ont fait
&fouffert pour voftre fervice
dans des guerres fi frequentes
fi longues & fi dures :
jufte qu'eftant les meilleurs detous
les peuples , ils trouvent en "yous
le meilleur de tous les Rois.
Mais ce n'eft pas feulement
l'intereft de vos Sujets , c'est la
caufe de sans les peuples que vous
il eft
310 MERCURE
ils
foûtenez, en travaillant fifortement à la paix de l'Europe's car
ne fçait- on pas que par tout
fouffrent, & que vos Ennemis
avec toute la joye de leursfuccés,
n'en ont pas moins la douleur de
voir leur pays ruiné , leurs peuples gémir comme les autres ,
qu'ils n'ontque les évenemenspour
eux. Fantil eft vray que la guerre eft un mal univerfel que Dieu
fait fentir aux heureux ,
heureux , comme
aux malheureux , pour les punir
tous.
S'il vous en coûte donc, SIRE,
pourfaire lapaix , fi vous l'achetez cherement, que vous enferez
avanta-
GALANT 313
avantageufement & glorieufement dédommagé par la grandeur
d'ame que vousyferez paroiftre ,
par le bien infini que vous procurerez à tant de peuples accablez ,
&fur toutpar le trefor pretieux
que vous acquererez de nouveau ,
en vous attachantplus fortement
que jamais les cœurs de vos Sujets.
Quelle richeffe & quelle force
pour un Roy, que la tendreffe &
la confiance de fes Sujets ; que ne
trouve- t-il pas dans leurs cœurs
quand ils font veritablement à
luy?
Quel Empire , écrivoit ungrand
Mars 1710.
Dd .
314 MERCURE
Evefque aun Empereur , y a-t-il
mieux établi , & dont les fondemens foient plus folides &
plus feurs , que celuy qui eft
muni par l'affection & lattachement des peuples ? Qui eftce qui eft plus en affurance &
a moins à craindre , qu'un
Prince qu'on ne craint point,
&pour qui tous fes Sujets craignent ?
Que n'avez vous donc pas
attendre, SIRE , des voftres ,
leur donnant des preuvesfi effecti
ves de vostre bonté pour eux ?
Que ne devons-nous pas faire en
noftre particulier , pour vous en
à
GALANT 3'5
1
marquer noftre reconnoiffance ;
nous qui fommes les Pafteurs &
les peres fpirituels de vos peuples ,
plus intereffez & plus fenfibles
que d'autres à leurs miferes ; nous
quipar noftre caractere fommes
des Miniftres depaix obligez àla
defirer , à la demander , & à la
procurer par tous les moyens qui
peuvent dépendre de nous ?
Heureux fi nous pouvons y
1 contribuerparquelqu'endroit, nonfeulement par nos vœux & nos
prieres , mais auffi par nos biens.
Nous les tiendrons bien employez
à payer un don fi pretieux, &
nous ne craindrons point d'en chanう
Dd ij
316 MERCURE
ger la deftination, ce que nouspourrions fairefans crime , en les faifantfervirà foulager vos peuples,
à les faire jouir de la paix , ou à
les deffendre par une bonne guerre
de la fureur de vos Ennemis , &
en deffendre mefme l'Eglife , qui
n'eftpas moins attaquée que vostre
Royaume, dont les interefts ne
peuvent estre feparez de ceux de
Voſtre Majefté , parce qu'elle en
eft le plus ferme & le plus folide
appuy.
Faffe le Ciel que lesgrands
importans fervices que V. M. a
rendus , & rend encore tous les
jours à la Religion , foient prom-
GALANT 317
& les
ptement recompenfezpar unepaix
feure durable. Que Dieu de
quifeul elle dépend, & qui l'arefuféejufqu'à prefentdans fa juftice enpunition despechez du monde, appaife par les prieres
gemiffemens de tant de peuples
affligez l'accorde enfin dans fa
mifericorde. Que Voftre Majefté
aprés avoir efté long- temps un
David guerrier & genereux ,
foit le refte de fes jours un pacifique Salomon. Que fes jours fi
pretieux pour nous , &pour tous
fes Sujets , approchent autant qu'il
fera poffible de ceux des Patriarches avantle deluge. Qu'elle voye
Dd iii
318 MERCURE
,
naiſtre encore dans fa Famille
Royale plufieurs Princes , quiperpetuëntfaRace & lafaſſent durer jufqu' à la confommation du
ficcle ; qu'elle ait la joye de les former elle-même, & de leur infpirer
parſesgrands exemples & fesfages maximes des fentimens dignes
de leur augufte naiffance. Mais
qu'elle ait auffi la confolation de
voirfes peuples heureux ; qu'ils
puiffent fe repofer tranquilement,felon l'expreffion d'un Prophete , chacun fous fa vigne &
fous fon figuier , fans craindre
aucun Ennemi ; qu'ils faffent
de leurs épées des focs de char-
GALANT 319
rues , & deleurs lances des inftrumens à remuer la terre.
QueV. M regne deplus en plus
dans leur cœur , & qu'elle yfot
tienne toûjours plus fortement le
Royaume de Dieu par une Relis
gion pure & fans tache e' une
pieté fincere e folide , telle qui
convient à un Roy & à un
Royaume tres-Chreftien.
es
Le Clergé fe rendit enfuite
chez Monfeigneur le Dau
phin , & Monfieur le Cardinal
de Noailles luy parla en ces
termes :
Dd iiij
320 MERCURE
MONSEIGNEUR,
Cleft toûjours avec la même
joyer le même empreffement
que nous venons vous rendre nos ›
tres - profonds refpects. C'est un
devoir où nous ne trouvons pas
moins de plaifir que dejuftice.
Nous reconnoiffons ce qui eft
dú aurangque vous donne vostre
augufte naiffance ; mais nous
ne fentons pas moins ce que
mande de nous voſtre bonté
naturelle , qualitéfi rare , quoyque
neceſſaire , dans une fi grande
élevation , parce que le cœur
s'éleve ordinairement àproportion
de-
GALANT 321
de ce qu'il fe voit au deffus des
autres.
Combien de Princes croyent
n'eftre fur le Trône que pour
eux-mêmes , que pour fatisfaire
leurs defirs ne regardent leurs
Sujets que comme leurs efclaves ,
&font infenfibles à leurs peines.
Voftre religion , MONSEIGNEUR , & voftre
bon cœur vous donnent d'autres
fentimens vous fçavez que
Dieun'a mis les Souverains fur
la tête des autres hommes, quepour
les proteger, les fecourir
foulagerdans leurs maux , qu'ils
doivent comme luy defcendre de
les
A
322 MERCURE
leur élevation pour voir ce que
les peuples fouffrent entrer
dans leurspeines , & travailler
à les en délivrer
&
DNA ?
l'attaEn rempliffant un fojufte devoir , non feulement ils rendent
à Dieu ce qu'ils luy doivent,
mais ils fe foutiennent & fe
fortifient eux - mêmes , parce
qu'ils gagnent le cœur
chement des peuples , qui fait la
plus grande force des Rois. La
mifericorde & la verité gar
dent le Roy , & la clemence
affermit fon Trône , difoit le
plus fage & le plus heureux de
tous les Rois tant qu'il s'eft
GALANT 323
laiffe conduire par lafageffe de
Dieu.
Confervez donc , MONSEIGNEUR , cette bonté
fi agreable à Dieu , fi aimable
• pour tous ceux qui dépendent de
vous fi utile pour vousmême. Augmentez - la pour le
Clergé attaché à vous par tant
de liens , par religion , par reconnoiffance , par zelepour le Roy ,
dont on ne peut vous feparer
puifque le cœur & la tendreffe
vous unit à Sa Majesté encore
plus que la naiffance & le devoir.
Vous fçavez à quel point
nous luyfommes dévoüez , quels
1
324 MERCURE
efforts nous avons fait & voulons faire encore pourfonfervice ,
&que nous ne confultons plus
que nos cœurs &point nosforces
d'abord qu'il a beſoin de nous.
Tout cela vous répond
MONSEIGNEUR , de
noftre attachement pour vous
&nousfait efperer vostre bonté
pour nous , la continuation de
l'honneur de votre protection
pour tout le Clergé , nous vous
la demandons avec inftance ;
nous ofons affeurer que nous la
meritonspar noftreprofond respect,
par une fidelité à toute épreuve ,
& par les vœux finceres &
GALANT 25
• ardens que nous faifons pour
voftre longue confervation , pour
voftre profperité ,
de toute la Maifon Royale."
pour cel
Fermer
Résumé : Ce qui se passa à Versailles le 19 de ce mois lorsque Monsieur le Cardinal de Noailles s'y rendit à la teste du Clergé, & les Harangues que son Eminence fit au Roy & à Monseigneur le Dauphin, [titre d'après la table]
En août 1710, le clergé français a organisé une assemblée marquée par plusieurs événements notables. Le clergé a célébré pour la première fois la Messe du Saint-Esprit. Le 19 août, les membres du clergé se sont rendus à Versailles, où ils ont été accueillis par le comte de Pontchartrain, le marquis de Dreux et le maître des cérémonies des Granges. Le cardinal de Noailles a prononcé un discours au roi, exprimant la loyauté et le zèle du clergé envers la monarchie. Il a souligné que les malheurs et les révolutions n'affaiblissent pas leur fidélité, citant l'exemple du grand prêtre de David. Le cardinal a également évoqué les victoires du roi et les épreuves actuelles, exhortant à voir dans les peines une occasion de mériter un bonheur éternel. Il a loué le désir du roi de procurer la paix à ses sujets et à l'Europe, soulignant que la tendresse et la confiance des sujets sont les plus grandes richesses d'un roi. Par la suite, le clergé a rendu visite au Dauphin, où le cardinal de Noailles a réitéré les mêmes sentiments de respect et de dévouement, insistant sur la nécessité pour les souverains de protéger et de soulager leurs sujets. Le texte est également une lettre adressée à un haut dignitaire, probablement un membre de la famille royale ou un représentant du roi. Les auteurs expriment leur loyauté et leur dévouement envers le roi, affirmant que leur attachement est plus profond que les simples obligations de naissance et de devoir. Ils déclarent leur volonté de servir le roi avec dévotion et de mettre toutes leurs forces à sa disposition lorsqu'il en a besoin. La lettre demande la continuité de la protection et de l'honneur du dignitaire envers le clergé, assurant que cette protection est méritée par leur respect profond, leur fidélité inébranlable et leurs vœux sincères et ardents pour la longue conservation et la prospérité de la maison royale.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2477
p. 325-339
Le 20. & le 27. Mrs les commissaires du Roy viennent à l'Assemblée du Clergé faire les demandes de Sa Majesté; & ce qui s'est passé à cette occasion, [titre d'après la table]
Début :
Le lendemain les Commissaires du Roy, Mrs le Pelletier [...]
Mots clefs :
Assemblée du Clergé, Commissaires, Abbés, Cardinaux, Cardinal de Noailles, Mr le Pelletier, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Le 20. & le 27. Mrs les commissaires du Roy viennent à l'Assemblée du Clergé faire les demandes de Sa Majesté; & ce qui s'est passé à cette occasion, [titre d'après la table]
Le lendemain les Commiffaires du Roy, Mrs le Pelletier
de Souzy , Dagueffeau , Confeillers d Etat ordinaires, Mrle
Comte de Pontchartrain , Secretaire d'Etat , & Mr des Maretz , ConGeneral des Finances .
trolltre
d'Etat
&
s'étant rendus vers les dix heures du matin au Convent des
Grands Auguftins , ils y furent.
complimentez à leur arrivée
7
326 MERCURE
par les Agens du Clergé , qui
font , Mrs les Abez de Broglio & de Coiflin , & conduits
dans une Salle qui leur avoir
eftépreparée. Peu de temps aprés le Clergé députa pour les
aller recevoir & les accompa
gner jufques à lagrande Salle
de l'Affemblée Mr l'Archevê
que deBordeaux, Mr l'Evêque
de Laon , Mr. l'Evêque de
Troyes, Mr l'Evêque de faint
Pol de Leon ; Mrs les Abbez
de Dromefnil , de S. Georges,
de Crillou , & d'Aubuffon.
Voicy l'ordre dans lequel on
marcha ; fçavoir , unEvêque,
CALANT 327
unCommiſſaire du Roy, &un
Abbé , & ainfi des autres. Ils
avoient eſté reçus à la moitié
du chemin , àla maniereaccoucumée. Lorsqu'ils entrerent
dans la grande Salle toute l'Af
femblée feleva pour les faluer,
&Mrs lcs Commiffaires ayant
pris les fauteuls qui leur avoient cité préparez devant le
Bureau où ils s'affirent tous en
mêmetemps , & ils fe couvrirent. Mr le Comte de Pontchartrain remit entre les mains
de Mr l'Abbé Turgot , ancien
Agent du Clergé , Secretaire
de l'Affemblée , la Lettre du
328 MERCURE
Roy, qui la porta à Monfieur
le Cardinal de Noailles qui
l'ouvrit , & la remit à Mr l'Abbé Turgot pour en faire la lecture à toute l'Affemblée. Elle
portoit , que Sa Majeſté avoit
envoyé ces Meffieurs pour
marquer fes intentions au
Clergé , & l'eftime qu'Elle en
faifoit , & qu'il ajoûtaft toute
creance à ce que le Sicur le Pelletier luy diroit de fa part.
La lecture faite, Mrle Pelle
tier prit la parole , & témoigna d'abordla veneration que
le Roy avoit pour l'Eglife ;
l'eftime qu'il avoit pour le
↑ GALANI 329
1
Clergé , & la confideration
qu'il avoirpour ceux qui com..
pofoient cette Affemblée. Il
fit voir enfuite la liaiſon étroite qu'il y avoit entre les interefts de l'Etat & ceux de la Religion ; de quelle neceffité il étoit que le Clergé s'efforçaft de
foûtenir par de folides moyens
les juftes droits de Sa Majefparticulierement dans ces
temps calamiteux , afin de procurer à fon Peuple une paix
fûre & durable ; & enfin qu'il
ne devoit pas fe contenter
de lever les mains au Ciel; mais
qu'il devoit imiter ce Grand
té,
Mars 1710.
Ec
330 MERCURE
Preftre qui donna les Pains de
Propofition qui eftoient defti
nez pour la nourriture des Prê
tres.
Monfieur le Cardinal de
Noailles , aprés avoir donné
les louanges qui eftoient dûes
au Difcours de Mr le Pelletier,
dit qu'autrefois le Clergé ne
s'affembloit que pour concourir auxacclamations publiques
du glorieux Etat de la France;
mais que quelques ruïnées que
fuffent prefentement les Affaires du même Clergé , cependant le zele de fervir la Patrie
& d'employer tout ce qui eft
GALANT 331
dans le pouvoir de l'Eglife Gallicane pour la défenſe du
Royaume, n'étoit point ralenty , qu'il étoit tout difpofé à
donner au Roy de nouvelles
preuves de fon refpect , de fon
attachement , & de ſa juſte reconnoiffance.
Mellieurs les Commiffaires
furent enfuite reconduits pat
les mêmes Deputez jufqu'au
milieu du Cloître , où ils les avoient efté prendre, & les deux
Agens les accompagnerentjuf
qu'à leurs Caroffes.
Le 27. ils revinrent àla même heure, & ils furent reçûs
Ecij
332 MERCURE
comme la premiere fois ; &
Mr le Pelletier avant que d'entrer dans le détail de la demande qu'il avoit à faire , parla à
peu prés en ces termes.
L'homme prudent fe fert dans
toutes fes actions des précautions
requifes pour réüffir ; mais le fuccés ne dépend point de fes fages
prévoyances. Ainfi lei le Laboureur
difpofe & choifit aurc attention
les grains qu'il veut confier à la
terre, & tâche d'en connoiftre la
valeur &le temperamment. Le
Pilotte choifit luy-mefme le Vaiffeau fur lequel il veut confter fa
vie &fafortune. Il l'équippe de
GALANT 333.
tout ce qui eft neceffaire pour rendrefon voyageheureux , &prend
fon temps pour partir par un vent
favorable. Le General profite des
avantages du lieupour mettre fon
Armée en bataille , &faire une
difpofition qui puiffe luy donner
une efperance certaine de vaincre
fon ennemi. Cependant il arrive
que l'intemperie de l'air , la rigueur desfaifons , des accidens
imprevus , rendent l'efperance du
Laboureur inutile, &détruiſent
en un moment le fruit de tousfes
travaux. La Mer & les Vents
rompent tres -fouvent lesfages me.
fures que le Pilote à prifes , من
334 MERCURE
une défaite fanglante rend inutibe lesfages difpofitions d'un General experimenté. Cependantle Laboureur ne renonce point àfon travail , & une malheureufe recol
te ne fait que l'exciter à reparer
fes pertespar une Moiffon avan
tagenfe. Le Pilote radoube fon
Vaiffeau fe met en état d'entreprendre un voyage plus beureux pourfe confoler de fon naufrage. Le General ralliefes Troupes , reparefon Armée & faitté
te tout de nouveau àfon Ennemi.
Nousavons vú, Mrs, laplus belle
recolte détruite par la rigueur de la
faifon qui a glacé les femences.
GALANT 335
dans le fein de la terre qui ne nous
a pas voulu rendre le grain qu'on
luy avoit confié. Nous avons vût
le Printemps fans Moiffon
l'Etéfansfruits ; mais l'apparence d'une recolte abondante , les
Campagnes toutes vertes nous
font déja oublier nos malheurs
paffez. La Meraréparéce qu'elle nous avoit pú caufer de défordre , nous a apporté des bled's
que nous n'avions pas femez. Le
fort des armes nous a esté favorable en Espagne , en Allemagne,
en Dauphiné, où nous avons
rendu les efforts de nos Ennemis
inutiles. Si la Victoire a paruba
336 MERCURE
1
lancer aux Pays- Bas ,finos Ennemis fe font rendus maistres de
quelques- unes de nos Places , ils
le doivent plûtoft à la difette de
viores qu'aux prodigieux efforts
qu'ils ont faits .Ils ont connu dans
la derniere Bataille qu'il en coûtoit davantage aux Vainqueurs
qu'aux Vaincus. Si le fort de nos
Armes n'a plus cette fuite innom
brable de profperitez qu'elle avoit
autrefois, c'eft à vous, Mrs, àfai
re denouveaux efforts pour mettre
S. M. en étatderefifter àfes Ennemis , oude redonner la tranqui
lité à l'Europe par une bonne
durablepaix. Tous les Sujets de
Sa
GALANT 337
1
S. M.concourent ensemble pour
luy donner de nouveauxfecours.
La Cour s'eft non feulement privée defes ornemensfuperflus,mais
encoredefa Vaiffelle ,
#fes qui luyparoiffoient les plusneceffaires. Les Magiftrats ont tedes chomoigné leur zele par leurempreffement à racheter la Capitation ;
J
nousfommesperfuadez, Mrs, que
vous fuivrez defi beaux exem
ples . Outre Pintereft qui vous eft
commun avec eux , il y en a un
qui vous est tout particulier.
Nous ne combatons pas ici feulementpour défendre vos foyers. Il
s'agit de défendrela caufe deDieu,
Mars 1710.
Ff
338 MERCURE
d'empêcher laprofanation de vos
Eglifes , & d'oppofer une barriere à l'Herefte qui eft toute prefte
de penetrer dans le fein de ce
Royaume.
Il fit enfuite la demande de
vingt- quatre millions par cmprunt au denier douze , pour
le rachat & l'extinction à perpetuité du fubfidequi tient licu
de la Capitation. Monfieut le Cardinal de
Noailles répondit que l'Affemblée eftoit toute difpofée à
accorder au Roy , ce que Sa
Majefté luy demandoit , &
aprés avoir ainfi donné des
GALANT 339
marques de la foumiffion du
Clergé aux ordres du Roy ,
Meffieurs les Commiffaires
furent reconduits comme ils
l'avoient efté la premiere fois.
Rien n'eftoit fi difficile que
cet Article , tant à cauſe du
Ceremonial que du grand
nombre defaits qu'il contient.
Ils font tous veritables ; mais
je ne vous affure pas qu'il n'y
en ait point quelques uns de
tranfpolez.
de Souzy , Dagueffeau , Confeillers d Etat ordinaires, Mrle
Comte de Pontchartrain , Secretaire d'Etat , & Mr des Maretz , ConGeneral des Finances .
trolltre
d'Etat
&
s'étant rendus vers les dix heures du matin au Convent des
Grands Auguftins , ils y furent.
complimentez à leur arrivée
7
326 MERCURE
par les Agens du Clergé , qui
font , Mrs les Abez de Broglio & de Coiflin , & conduits
dans une Salle qui leur avoir
eftépreparée. Peu de temps aprés le Clergé députa pour les
aller recevoir & les accompa
gner jufques à lagrande Salle
de l'Affemblée Mr l'Archevê
que deBordeaux, Mr l'Evêque
de Laon , Mr. l'Evêque de
Troyes, Mr l'Evêque de faint
Pol de Leon ; Mrs les Abbez
de Dromefnil , de S. Georges,
de Crillou , & d'Aubuffon.
Voicy l'ordre dans lequel on
marcha ; fçavoir , unEvêque,
CALANT 327
unCommiſſaire du Roy, &un
Abbé , & ainfi des autres. Ils
avoient eſté reçus à la moitié
du chemin , àla maniereaccoucumée. Lorsqu'ils entrerent
dans la grande Salle toute l'Af
femblée feleva pour les faluer,
&Mrs lcs Commiffaires ayant
pris les fauteuls qui leur avoient cité préparez devant le
Bureau où ils s'affirent tous en
mêmetemps , & ils fe couvrirent. Mr le Comte de Pontchartrain remit entre les mains
de Mr l'Abbé Turgot , ancien
Agent du Clergé , Secretaire
de l'Affemblée , la Lettre du
328 MERCURE
Roy, qui la porta à Monfieur
le Cardinal de Noailles qui
l'ouvrit , & la remit à Mr l'Abbé Turgot pour en faire la lecture à toute l'Affemblée. Elle
portoit , que Sa Majeſté avoit
envoyé ces Meffieurs pour
marquer fes intentions au
Clergé , & l'eftime qu'Elle en
faifoit , & qu'il ajoûtaft toute
creance à ce que le Sicur le Pelletier luy diroit de fa part.
La lecture faite, Mrle Pelle
tier prit la parole , & témoigna d'abordla veneration que
le Roy avoit pour l'Eglife ;
l'eftime qu'il avoit pour le
↑ GALANI 329
1
Clergé , & la confideration
qu'il avoirpour ceux qui com..
pofoient cette Affemblée. Il
fit voir enfuite la liaiſon étroite qu'il y avoit entre les interefts de l'Etat & ceux de la Religion ; de quelle neceffité il étoit que le Clergé s'efforçaft de
foûtenir par de folides moyens
les juftes droits de Sa Majefparticulierement dans ces
temps calamiteux , afin de procurer à fon Peuple une paix
fûre & durable ; & enfin qu'il
ne devoit pas fe contenter
de lever les mains au Ciel; mais
qu'il devoit imiter ce Grand
té,
Mars 1710.
Ec
330 MERCURE
Preftre qui donna les Pains de
Propofition qui eftoient defti
nez pour la nourriture des Prê
tres.
Monfieur le Cardinal de
Noailles , aprés avoir donné
les louanges qui eftoient dûes
au Difcours de Mr le Pelletier,
dit qu'autrefois le Clergé ne
s'affembloit que pour concourir auxacclamations publiques
du glorieux Etat de la France;
mais que quelques ruïnées que
fuffent prefentement les Affaires du même Clergé , cependant le zele de fervir la Patrie
& d'employer tout ce qui eft
GALANT 331
dans le pouvoir de l'Eglife Gallicane pour la défenſe du
Royaume, n'étoit point ralenty , qu'il étoit tout difpofé à
donner au Roy de nouvelles
preuves de fon refpect , de fon
attachement , & de ſa juſte reconnoiffance.
Mellieurs les Commiffaires
furent enfuite reconduits pat
les mêmes Deputez jufqu'au
milieu du Cloître , où ils les avoient efté prendre, & les deux
Agens les accompagnerentjuf
qu'à leurs Caroffes.
Le 27. ils revinrent àla même heure, & ils furent reçûs
Ecij
332 MERCURE
comme la premiere fois ; &
Mr le Pelletier avant que d'entrer dans le détail de la demande qu'il avoit à faire , parla à
peu prés en ces termes.
L'homme prudent fe fert dans
toutes fes actions des précautions
requifes pour réüffir ; mais le fuccés ne dépend point de fes fages
prévoyances. Ainfi lei le Laboureur
difpofe & choifit aurc attention
les grains qu'il veut confier à la
terre, & tâche d'en connoiftre la
valeur &le temperamment. Le
Pilotte choifit luy-mefme le Vaiffeau fur lequel il veut confter fa
vie &fafortune. Il l'équippe de
GALANT 333.
tout ce qui eft neceffaire pour rendrefon voyageheureux , &prend
fon temps pour partir par un vent
favorable. Le General profite des
avantages du lieupour mettre fon
Armée en bataille , &faire une
difpofition qui puiffe luy donner
une efperance certaine de vaincre
fon ennemi. Cependant il arrive
que l'intemperie de l'air , la rigueur desfaifons , des accidens
imprevus , rendent l'efperance du
Laboureur inutile, &détruiſent
en un moment le fruit de tousfes
travaux. La Mer & les Vents
rompent tres -fouvent lesfages me.
fures que le Pilote à prifes , من
334 MERCURE
une défaite fanglante rend inutibe lesfages difpofitions d'un General experimenté. Cependantle Laboureur ne renonce point àfon travail , & une malheureufe recol
te ne fait que l'exciter à reparer
fes pertespar une Moiffon avan
tagenfe. Le Pilote radoube fon
Vaiffeau fe met en état d'entreprendre un voyage plus beureux pourfe confoler de fon naufrage. Le General ralliefes Troupes , reparefon Armée & faitté
te tout de nouveau àfon Ennemi.
Nousavons vú, Mrs, laplus belle
recolte détruite par la rigueur de la
faifon qui a glacé les femences.
GALANT 335
dans le fein de la terre qui ne nous
a pas voulu rendre le grain qu'on
luy avoit confié. Nous avons vût
le Printemps fans Moiffon
l'Etéfansfruits ; mais l'apparence d'une recolte abondante , les
Campagnes toutes vertes nous
font déja oublier nos malheurs
paffez. La Meraréparéce qu'elle nous avoit pú caufer de défordre , nous a apporté des bled's
que nous n'avions pas femez. Le
fort des armes nous a esté favorable en Espagne , en Allemagne,
en Dauphiné, où nous avons
rendu les efforts de nos Ennemis
inutiles. Si la Victoire a paruba
336 MERCURE
1
lancer aux Pays- Bas ,finos Ennemis fe font rendus maistres de
quelques- unes de nos Places , ils
le doivent plûtoft à la difette de
viores qu'aux prodigieux efforts
qu'ils ont faits .Ils ont connu dans
la derniere Bataille qu'il en coûtoit davantage aux Vainqueurs
qu'aux Vaincus. Si le fort de nos
Armes n'a plus cette fuite innom
brable de profperitez qu'elle avoit
autrefois, c'eft à vous, Mrs, àfai
re denouveaux efforts pour mettre
S. M. en étatderefifter àfes Ennemis , oude redonner la tranqui
lité à l'Europe par une bonne
durablepaix. Tous les Sujets de
Sa
GALANT 337
1
S. M.concourent ensemble pour
luy donner de nouveauxfecours.
La Cour s'eft non feulement privée defes ornemensfuperflus,mais
encoredefa Vaiffelle ,
#fes qui luyparoiffoient les plusneceffaires. Les Magiftrats ont tedes chomoigné leur zele par leurempreffement à racheter la Capitation ;
J
nousfommesperfuadez, Mrs, que
vous fuivrez defi beaux exem
ples . Outre Pintereft qui vous eft
commun avec eux , il y en a un
qui vous est tout particulier.
Nous ne combatons pas ici feulementpour défendre vos foyers. Il
s'agit de défendrela caufe deDieu,
Mars 1710.
Ff
338 MERCURE
d'empêcher laprofanation de vos
Eglifes , & d'oppofer une barriere à l'Herefte qui eft toute prefte
de penetrer dans le fein de ce
Royaume.
Il fit enfuite la demande de
vingt- quatre millions par cmprunt au denier douze , pour
le rachat & l'extinction à perpetuité du fubfidequi tient licu
de la Capitation. Monfieut le Cardinal de
Noailles répondit que l'Affemblée eftoit toute difpofée à
accorder au Roy , ce que Sa
Majefté luy demandoit , &
aprés avoir ainfi donné des
GALANT 339
marques de la foumiffion du
Clergé aux ordres du Roy ,
Meffieurs les Commiffaires
furent reconduits comme ils
l'avoient efté la premiere fois.
Rien n'eftoit fi difficile que
cet Article , tant à cauſe du
Ceremonial que du grand
nombre defaits qu'il contient.
Ils font tous veritables ; mais
je ne vous affure pas qu'il n'y
en ait point quelques uns de
tranfpolez.
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Résumé : Le 20. & le 27. Mrs les commissaires du Roy viennent à l'Assemblée du Clergé faire les demandes de Sa Majesté; & ce qui s'est passé à cette occasion, [titre d'après la table]
Le 27 mars 1710, des commissaires du roi, incluant Messieurs le Pelletier de Souzy, Dagueffeau, le comte de Pontchartrain, et des Maretz, se rendirent au couvent des Grands Augustins. Ils furent accueillis par les abbés de Broglie et de Coislin, puis conduits dans une salle préparée. Une délégation du clergé, dirigée par l'archevêque de Bordeaux et plusieurs évêques, vint les recevoir et les accompagner jusqu'à la grande salle de l'assemblée. Dans cette salle, les commissaires prirent place sur des fauteuils après avoir été salués par l'assemblée. Le comte de Pontchartrain remit une lettre du roi à l'abbé Turgot, qui la lut à haute voix. La lettre exprimait les intentions du roi envers le clergé et l'importance de leur soutien en ces temps difficiles. Le Pelletier de Souzy souligna la vénération du roi pour l'Église et la nécessité de soutenir les droits du roi. Le cardinal de Noailles répondit en affirmant le zèle du clergé à servir la patrie et son attachement au roi. Les commissaires furent ensuite reconduits jusqu'au cloître. Le lendemain, les commissaires revinrent à la même heure et furent reçus de la même manière. Le Pelletier de Souzy parla des précautions prises par les hommes prudents et des imprévus qui peuvent ruiner leurs efforts. Il compara cette situation à celle de la France, qui avait subi des revers mais restait déterminée à se relever. Il demanda au clergé un emprunt de vingt-quatre millions pour racheter et extinguer le subside de la capitation. Le cardinal de Noailles répondit que l'assemblée était prête à accorder cette demande au roi, marquant ainsi la soumission du clergé aux ordres du roi. Les commissaires furent reconduits comme la première fois.
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2478
p. 339-343
Suite de ce qui s'est passé aprés la mort de S.A.S Monsieur le Duc, [titre d'après la table]
Début :
Je vous ay déja parlé de la mort de S.A.S. Monsieur le [...]
Mots clefs :
Mort, Cérémonies, Prince de Conty, Corps
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texteReconnaissance textuelle : Suite de ce qui s'est passé aprés la mort de S.A.S Monsieur le Duc, [titre d'après la table]
Je vous ay déja parlé de la
mort de S. A. S. Monfieur le
Duc , & il ne me reſtoir plus à
yous entretenir que de tout ce
Ffij
340 MERCURE
qui s'eft fait aprés fon decés
files mêmes Ceremonies qui
fe font faites aprés la mort de
feuë S. A. S. fon pere n'avoient
efté fuivies de point en point
à la referve de quelques perfonnes qui n'ont pas fait les
mêmes fonctions puifque
c'eft Mr l'Evêque d'Auxerre ;
qui'a conduit fon Cœur à l'E
glife des Jefuites de la rue S.
Antoine , & que ce Prelat l'a
prefenté en faisant l'Eloge de
ce Prince avec l'Eloquence
qui luy eft ordinaire , & dont
je vous ay fouvent parlé..
Le 12 de ce mois Monfieur
GALANT 34!
le Prince de Conty nommé
par le Roy pour venir de fa
part jetter de l'eau benifte
fur leCorps du Prince défunc
fe rendit à l'Hôtel de Condé ,
accompagné de Mele Duc de
Mortemart ; Mr le Marquis
de Levy portoit la queue de fa
robbe. Il cftoit conduit par
Mr.le Marquis de Dreux Grand
Maitre des Ceremonies , & il
yavoit autour de luy des Gardes du Corps du Roy & des
Cent-Suiffes. Il fut reçu par
Monfieur le Duc d'Enguien ,
accompagné de plufieurs Seigneurs qui ont l'honneur
Ffiij
342 MERCURE
d'être de fa parenté , & des
Principaux Officiers du Prince
défunt.
Les jours fuivans Meffieurs
le Prince de Conty en fon
nom , le Duc du Maine , le
Comte de Toulouſe , allerent
donner de l'eau - benifte.
Monfieur le Cardinal de
Noailles le Chapitre de
l'Eglife Metropolitaine , le
Parlement , la Chambre des
Comptes , la Cour des Aydes,
le Corps de Ville , & plufieurs
Communautez , allerent rendre les mêmes devoirs.
Le 15 le Corps fut tranf-
GALANY . 343
porté à Valery , fepulture des
Princes de la Maifon de Conс
fieur
1
dé , accompagné par
le Duc d'Enguien & par Mr
l'Evêque d'Auxerre , & Mr
l'Archevêque de Sens le reçut
avec les Ceremonies ordinaires.
mort de S. A. S. Monfieur le
Duc , & il ne me reſtoir plus à
yous entretenir que de tout ce
Ffij
340 MERCURE
qui s'eft fait aprés fon decés
files mêmes Ceremonies qui
fe font faites aprés la mort de
feuë S. A. S. fon pere n'avoient
efté fuivies de point en point
à la referve de quelques perfonnes qui n'ont pas fait les
mêmes fonctions puifque
c'eft Mr l'Evêque d'Auxerre ;
qui'a conduit fon Cœur à l'E
glife des Jefuites de la rue S.
Antoine , & que ce Prelat l'a
prefenté en faisant l'Eloge de
ce Prince avec l'Eloquence
qui luy eft ordinaire , & dont
je vous ay fouvent parlé..
Le 12 de ce mois Monfieur
GALANT 34!
le Prince de Conty nommé
par le Roy pour venir de fa
part jetter de l'eau benifte
fur leCorps du Prince défunc
fe rendit à l'Hôtel de Condé ,
accompagné de Mele Duc de
Mortemart ; Mr le Marquis
de Levy portoit la queue de fa
robbe. Il cftoit conduit par
Mr.le Marquis de Dreux Grand
Maitre des Ceremonies , & il
yavoit autour de luy des Gardes du Corps du Roy & des
Cent-Suiffes. Il fut reçu par
Monfieur le Duc d'Enguien ,
accompagné de plufieurs Seigneurs qui ont l'honneur
Ffiij
342 MERCURE
d'être de fa parenté , & des
Principaux Officiers du Prince
défunt.
Les jours fuivans Meffieurs
le Prince de Conty en fon
nom , le Duc du Maine , le
Comte de Toulouſe , allerent
donner de l'eau - benifte.
Monfieur le Cardinal de
Noailles le Chapitre de
l'Eglife Metropolitaine , le
Parlement , la Chambre des
Comptes , la Cour des Aydes,
le Corps de Ville , & plufieurs
Communautez , allerent rendre les mêmes devoirs.
Le 15 le Corps fut tranf-
GALANY . 343
porté à Valery , fepulture des
Princes de la Maifon de Conс
fieur
1
dé , accompagné par
le Duc d'Enguien & par Mr
l'Evêque d'Auxerre , & Mr
l'Archevêque de Sens le reçut
avec les Ceremonies ordinaires.
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Résumé : Suite de ce qui s'est passé aprés la mort de S.A.S Monsieur le Duc, [titre d'après la table]
Après la mort du Duc, fils du Prince défunt, les cérémonies funéraires ont suivi celles observées après la mort de son père, avec quelques variations. L'évêque d'Auxerre a conduit le cœur du Duc à l'église des Jésuites de la rue Saint-Antoine et a prononcé son éloge. Le 12 du mois, le Prince de Conty, nommé par le roi, s'est rendu à l'Hôtel de Condé pour jeter de l'eau bénite sur le corps du Prince défunt, accompagné du Duc de Mortemart et du Marquis de Dreux. Plusieurs gardes du roi et des Cent-Suisses étaient présents. Le Duc d'Enguien, accompagné de plusieurs seigneurs et officiers du Prince défunt, a reçu le Prince de Conty. Les jours suivants, le Prince de Conty, le Duc du Maine et le Comte de Toulouse ont également jeté de l'eau bénite. Le Cardinal de Noailles, le Chapitre de l'Église métropolitaine, le Parlement, la Chambre des Comptes, la Cour des Aydes, le Corps de Ville et plusieurs communautés ont rendu les mêmes devoirs. Le 15, le corps du Duc a été transporté à Valéry, la sépulture des Princes de la Maison de Condé, accompagné par le Duc d'Enguien et l'évêque d'Auxerre. L'archevêque de Sens a reçu le corps avec les cérémonies ordinaires.
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2479
p. 343
Sermens prestez par Monsieur le Duc pur la Charge de Grand Maistre de la Maison du Roy [titre d'après la table]
Début :
Le 24e Monsieur le Duc presta deux Sermens; le premier [...]
Mots clefs :
Serment, Charge, Grand maître de la Maison du roi
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texteReconnaissance textuelle : Sermens prestez par Monsieur le Duc pur la Charge de Grand Maistre de la Maison du Roy [titre d'après la table]
Le 24 Monfieur le Duc
prefta deux Sermens ; le premier pour la Charge de Grand
Maitre de la Maiſon du Roy,
le Serment ayant efté lû par
Mr le Comte de Pontchartrain , & le fecond pour le
Gouvernement de Bourgogne;
ce fut Mr le Marquis de la
Vrillere qui lut le Serment.
prefta deux Sermens ; le premier pour la Charge de Grand
Maitre de la Maiſon du Roy,
le Serment ayant efté lû par
Mr le Comte de Pontchartrain , & le fecond pour le
Gouvernement de Bourgogne;
ce fut Mr le Marquis de la
Vrillere qui lut le Serment.
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2480
p. 344-347
Article des Enigmes, [titre d'après la table]
Début :
Le mot de l'Enigme du mois dernier estoit le Souflet. [...]
Mots clefs :
Soufflet
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Article des Enigmes, [titre d'après la table]
Le mot de l'Enigme du
mois dernier eftoit le Souflet.
Ceux qui l'ont trouvé font
le Pere Agatange , des grands
Auguſtins ; M l'Abbé Grâvelle ; de la Tonnelaye , du
Faux bourg S. Germain , de
l'Ormeau du même Fauxbourg; de Rouillac : de Gafti
nay , de la rue S. Martin ; le
petit Brunet , de la rue S. Honoré ; de Bierne le cadet , ruë
des Prouvaires ; Charles Thirou , du College Mazarin ; le
petit Toury , de la Porte S
Bernard; le Maryfans Femme;
les deux Amans rivaux de
GALANT 345
Mlle M... du Quay des
Auguftins; l'heureux Blondin,
del'Hôtel des Urfins l'Amant
favorisé , du même quartier ;
le Soupirant pour Mile Lap...
le Berger Tircis de la Bergere
Climene ; le grand : Chantre
& fa Linotte , du quartier S.
Jacques;le Nouvelliſte obſtiné,
du quartier du Palais Royal ; le
Pacifiquedes Tuileries ; le Pos
litique du même Jardin ; le
beau Tircis , & l'Enfant gaſté
du Marais ; l'Amant de The
mis , du même quartier : le
Marchand à bonne Fortune ;
de la rue S. Denis : la belle
346 MERCUR
Societé de la même rue : &
l'Amy de Mlle B... Miles de
Rezé , proche la Comedie
Mercier , du Quay des Au.
guftins :Bouthillier : Moyferte:
Huflin : le Duc de Valange
1 fille : la jeune & charmante
Caron , prés S. Jullien : MarieAnne , duCloiftre S. Thomas
du Louvre Anne Jollain ,
& fa charmante voifine le
G.nt: la Spirituelle & la Gracufe, de la rue des Marmoufets : la future Marquife , du
même quartier:la Confidence
mutuelle & la Societé broüillée , du quartier de la Made-
GALANT 347
laine : la jeuneMuferenaiffante
G. O. la Blanche & Brune de
la rue des Bernardins : la Merc
dépofée , & la Sœur prude , de
la Societé de Caen la groffe
Cato , de la Porte S, Bernard :
l'Hofteffe de la belle Allegreffe , rue Medem : & la Bergere
Climene.
mois dernier eftoit le Souflet.
Ceux qui l'ont trouvé font
le Pere Agatange , des grands
Auguſtins ; M l'Abbé Grâvelle ; de la Tonnelaye , du
Faux bourg S. Germain , de
l'Ormeau du même Fauxbourg; de Rouillac : de Gafti
nay , de la rue S. Martin ; le
petit Brunet , de la rue S. Honoré ; de Bierne le cadet , ruë
des Prouvaires ; Charles Thirou , du College Mazarin ; le
petit Toury , de la Porte S
Bernard; le Maryfans Femme;
les deux Amans rivaux de
GALANT 345
Mlle M... du Quay des
Auguftins; l'heureux Blondin,
del'Hôtel des Urfins l'Amant
favorisé , du même quartier ;
le Soupirant pour Mile Lap...
le Berger Tircis de la Bergere
Climene ; le grand : Chantre
& fa Linotte , du quartier S.
Jacques;le Nouvelliſte obſtiné,
du quartier du Palais Royal ; le
Pacifiquedes Tuileries ; le Pos
litique du même Jardin ; le
beau Tircis , & l'Enfant gaſté
du Marais ; l'Amant de The
mis , du même quartier : le
Marchand à bonne Fortune ;
de la rue S. Denis : la belle
346 MERCUR
Societé de la même rue : &
l'Amy de Mlle B... Miles de
Rezé , proche la Comedie
Mercier , du Quay des Au.
guftins :Bouthillier : Moyferte:
Huflin : le Duc de Valange
1 fille : la jeune & charmante
Caron , prés S. Jullien : MarieAnne , duCloiftre S. Thomas
du Louvre Anne Jollain ,
& fa charmante voifine le
G.nt: la Spirituelle & la Gracufe, de la rue des Marmoufets : la future Marquife , du
même quartier:la Confidence
mutuelle & la Societé broüillée , du quartier de la Made-
GALANT 347
laine : la jeuneMuferenaiffante
G. O. la Blanche & Brune de
la rue des Bernardins : la Merc
dépofée , & la Sœur prude , de
la Societé de Caen la groffe
Cato , de la Porte S, Bernard :
l'Hofteffe de la belle Allegreffe , rue Medem : & la Bergere
Climene.
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Résumé : Article des Enigmes, [titre d'après la table]
Le texte énumère les personnes ayant résolu l'énigme du mois précédent, dont le mot était 'Souflet'. Les participants proviennent de divers quartiers et lieux de Paris, notamment le Faubourg Saint-Germain, la rue Saint-Martin, la rue Saint-Honoré, et le Collège Mazarin. La liste inclut des religieux tels que le Père Agatange des Grands Augustins et l'Abbé Grâvelle, ainsi que des laïcs comme de la Tonnelaye, de Rouillac, et de Gastinay. Parmi les noms figurant, on trouve également des personnages fictifs ou symboliques, tels que les 'deux Amans rivaux', 'le Berger Tircis', et 'le Marchand à bonne Fortune'. Des femmes sont également mentionnées, comme 'la belle Mercure', 'Mlle M... du Quay des Augustins', et 'la jeune & charmante Caron'. Le texte se conclut par une série de noms de femmes, certaines accompagnées de descriptions telles que 'la Spirituelle & la Gracieuse' ou 'la future Marquise'.
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2481
p. 347-349
ENIGME.
Début :
L'on me voit aisément & mon estre est sensible, [...]
Mots clefs :
Chandelle
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texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGME.
L'on me voit aisément & mon
eftre eftfenfible
348 MERCURE
Maispourmebien comprendre
fçavoir qui je fuis ,
La chofe eft mal aifée ,
impoffible ,
paroift
C'eft on demeurent court les plus
rares efprits.
Sans me diminuer l'on prendde m
fubftance,
ma
Que je donne à chacun pour eftre
en füreté,
Et quoique j'en fourniffe à tous
en abondance,
J'en ay toûjours chez moy la même quantité.
Je medonnefanspoids ,fans nombre, &fans mefure ;
Etdepuis le Bergerjufques auplus
grand Roy,
GALANT 349.
Il n'est petit ny grand dans toute
la nature
Qui n'implore mon aide, & n'ait
befoin de moy.
Tout le monde s'en fert, & tous
à la même heure,
Rien deplus merveilleux,quoyque
de plus commun,
L'on me portepar tout de demeure
en demeure ,
Etfi toft qu'on me voit j'éblouis
I un chacun.
L'on me voit aisément & mon
eftre eftfenfible
348 MERCURE
Maispourmebien comprendre
fçavoir qui je fuis ,
La chofe eft mal aifée ,
impoffible ,
paroift
C'eft on demeurent court les plus
rares efprits.
Sans me diminuer l'on prendde m
fubftance,
ma
Que je donne à chacun pour eftre
en füreté,
Et quoique j'en fourniffe à tous
en abondance,
J'en ay toûjours chez moy la même quantité.
Je medonnefanspoids ,fans nombre, &fans mefure ;
Etdepuis le Bergerjufques auplus
grand Roy,
GALANT 349.
Il n'est petit ny grand dans toute
la nature
Qui n'implore mon aide, & n'ait
befoin de moy.
Tout le monde s'en fert, & tous
à la même heure,
Rien deplus merveilleux,quoyque
de plus commun,
L'on me portepar tout de demeure
en demeure ,
Etfi toft qu'on me voit j'éblouis
I un chacun.
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2482
p. 349-350
AIR NOUVEAU.
Début :
L'Air qui suit est de Monsieur Charles. / On n'entend plus aux Champs [...]
Mots clefs :
Instruments, Musettes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AIR NOUVEAU.
L'Air qui fuit eft de Monfieur Charles.
A
350 MERCURE
AIR NOUVEAU.
On n'entendplus aux Champs
Le doux bruitdes Mufettes ;
Les Tambours , les Trompettes
Sont les feuls Inftrumens
Qui regnent en ce temps.
A
350 MERCURE
AIR NOUVEAU.
On n'entendplus aux Champs
Le doux bruitdes Mufettes ;
Les Tambours , les Trompettes
Sont les feuls Inftrumens
Qui regnent en ce temps.
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2483
p. 350-379
Situation des Affaires de l'Europe, [titre d'après la table]
Début :
Je passe à la situation des Affaires de l'Europe telles qu'elles [...]
Mots clefs :
Affaires de l'Europe, France, Espagne, Monarque, Puissances, Armée, Angleterre, Doctrine, Ministère, Chambre des pairs
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texteReconnaissance textuelle : Situation des Affaires de l'Europe, [titre d'après la table]
Je paffe à la fituation des
Affaires de l'Europe telles qu'el
les fe trouvent dans le moment
que je vous écris. Je dis dans le
moment que je vous écris , car
il pourroit y avoir du changement dans le temps que vous
recevrez ma Lettre.
TITIT
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LYON
#1893
19TH THE 1971
35
ឬŠ/đឬ
SULE
rec
GALANT 35%
De quelque cofté que l'Em
pereur regarde fes Affaires , il
fe trouve fort embaraffé. Il eft
certain que fes Troupes ont
efté battues en plufieurs occafions par les Confederez
d'Hongrie , & qu'il a fait une
perte confiderable , qui a efté
fuivie de celle de l'Ile de Schut.
Ce font des faits conftants
dont les nouvelles publiques
imprimées chez les Alliez mêmes font mention. On doit
remarquer que l'Ifle de Schut,
n'eftant qu'à douze lieües de
Vienne , les Confederez peuvent faire des courfes juſqu'à
352 MERCURE
fes Porres , & que l'on n'en
fortir fans rifquer beau- peut
coup.
Les Cercles ne fe font pas
encore mis en devoir de lever
un fol, ni un homme pour tenir tefte à une Armée victoricufe & de prés de cinquante
millehommes que les François
ont du cofté du haut Rhin.
Cette Armée ne manque de
rien , ayant tiré les Contributions que les Allemans ont efté
obligez de luy payer moitié en
argent & moitié en grains.
L'Empereur ne peut efperer
aucunes Troupes de Danne-
GALANT 353
marck , & fur tout depuis la
derniere Bataille , ny d'aucun
autre cofté ; de maniere qu'il
fe trouve obligé de faire revenir d'Italie huit mille hömmes de fes meilleures Troupes,
qui ne fuffiront pas pour envoyer du cofte d'Hongrie &
du cofté du Rhin ; & ces Troupes , tirées d'Italie feront caufe
que Monfieur le Duc de Savoyenefera pas affez fort pour
mettre une Armée en Campagne. Joignez à cela qu'il luy
fera tres- difficile de tirer des
fubfides d'Angleterre , puis
qu'elle n'a pas tous les fonds
"Mars 1710. Gg
354 MERCURE
neceffaires pour faire la Campagne prochaine , & qu'il luy
fera abfolument impoffible de
rien tirer des Hollandois , qui
manquent encore beaucoup
plus d'argent , & des chofes
neceffaires pour faire la Campagne que les Anglois. Cefone
des faits connus, & publiezpar
eux-mêmes.
2
Quant à la France elle ne
manque point de Troupes , &
elles font invincibles lorfqu'elles font bien conduites. Ses
fonds feront plus que fuffifans
pout faire une gleufe Campagne. Le rachatla Paulet-
GALANT 355
de celuy de la Capitation
du Clergé , de plufieurs Affaires & de plufieurs autres
Particuliers qui ont laiffé en
mourant des fommes immenfes qui appartiennent au Roy,
& de fes revenus ordinaires qui
commencent à produire beaucoup , & qu'une grande recolte que le Ciel femble luy promettre , doit encore augmenter beaucoup , remettront fes
affaires dans une bonne fituation. Joignez à cela qu'elle
doit tirer une grande quantité
de bleds du Languedoc , que
la Bretagne luy en fournit tous
•
Gg ij
356 MERCURE
les jours ; qu'il en eſto venu
beaucoup du Levant ; qu'il en
vient encore tous les jours deo
ce cofté- là , & que tout celuy
du premier envoy que les Ge
nois devoient faire eft arrivé à
Marſeille , oùilyena quaranté
mille muids que l'on a com
mencé à fairevenir de ce coftécy, & dont une partie arrivera
inceffamment à Paris. Jenedis
rien de tous les fruits de la terre dont il paroift que nous de
vons avoir une abondante recolte. Toutes les Recrues des
Troupes font faites il ya déja
long temps , & lorfqu'il fera
GALANT 357
temps d'entrer en Campagne,
les Alliez connoîtront qu'ils
onc efté longtemps abufez fur
la veritable fituation de nos
affaires.
Il paroift qu'ils doivent peu
compter fur les Troupes Saxo
nes. Le Roy Auguſte , il eft
vray, cft retourné en Pologne;
mais comme les affaires de ce
Royaume font encore dans un
granddefordre , & que tous les
Partis ne luy font pas favorables , il a beſoin de Troupes
pour s'y maintenir , & moins
les Polonois veulent voir de
Saxons dans leurs Etats , plus
358 MERCURE
"
il y doit faire groffir le nombre de fes Troupes , fans lef
quelles il ne peut eftre bien af
fermi fur le Tiône. Enfin de
quelque cofté que l'on envifa
ge la fituation des Affaires , il
paroift que toutes les Puiffan
ces ont befoin de leurs Troum
pes , & que quand les Alliezauroient plus d'argent à leur don
ner qu'ils n'en ont en effet , ils
ont trop befoin deleurs Trou.
pes pour les envoyer hors de
chez eux , & peut- cftre , comme nous verrons dans la fuite,
les Augios feront- ils obligez
d'en referver beaucoup chez
GALANT 359
eux , puifqu'il eft impoffible
que le feu de la divifion quis'y
eft mis , puiffe eftre ftoft
éteint , & qu'il le puiffe même
eftre qu'en apparence , car les
divifions caufées par des affaires de Religion finiffent rarement ; & lors qu'on les croit
finies , elles ne font qu'affoupics , & font toûjours prêtes à
reprendre feu. A l'égard des Affaires d'El
pagne , elles fe trouvent, aujourd'huy dans une fi heureufe fituation qu'elle eft en état
de fe procurer feule fa gloire
& fon bonheur fans rien de-
360 MERCURE
voir à perfonne , & de maintenir fur fes Trônes le Monarqueà qui ils appartiennentlegitiment ; qu'elle a reconnu avec
joye , & audevant duquel elle a
envoyé avec unempreffement
remplyd'allegreffe ; de maniere
qu'elle n'auroir pas fait autre
ment quand elle l'auroit ellement choifi. Et en effet c'étoit
le choifir que de reconnoître
fesdroits fondez fur la nature
& declarez juftes par fon dernier Monarque mourant , &
en prefence de fon Dieu , ce
qu'il n'auroit pas fait s'il avoit
ctû le contraire dans le moment
GALANT 361
ment qu'il eftoit preft de luy
aller rendre compte de fes actions , &fes droits font fi vifi;
bles & fi inconteſtables , que
toutes les Puiffances de l'Europe qui les luy diſputent aujourd'huy , les ont non feulementreconnus , mais ont même efté jufqu'à Madrid l'affurer de cette reconnoiſſance , &
ont demeuré à fa Cour, foit
en qualité d'Ambaffadeurs ,
foit en qualité d'Envoyez pour
yrefider. De maniere quetoutes les Puiffances qui font liguées aujourd huy contre luy,
excepté la Maifon d'Autriche
Mars 1710.
.Hh
362 MERCURE
fur
qui ne veut pas reconnoître
fon droit , n'ont des rai- que
fons politiques pour le faire
defcendre d'un Trône auquel
tant d'autres font unis , & qui
luy appartient legitimement.
Leurs raifons font fi foibles ,
que n'eftint fondées que
la politique, &non fur le droit,
ils fe font laffez d'en parler, ou
plûtôt ils en ont eu honte.
Ainfi il n'eft plus queftion parmy les Alliez pour détrôner
Philippes V. d'autres raifons ,
que de raifons de bien-ſeance;
& c'eft pourquoy le Ciel qui
n'approuve pas ces raifons , a
GALANT 363
toûjours protegé fi vifiblement cette Couronne , & la
protege encore contre toutes
les Puiffances liguées qui l'attaquent , & que les feuls Elpagnols ont entrepris de défendre aux dépens de tout leur
fang & de tout leur bien. Ils
font charmez de la juftice
de l'efprit , de la valeur &
de la douceur du Monarque
qui les gouverne , & de la Reine fon époufe en qui toutes
les vertus abondent , & qui en
plufieurs occafions a fait voir
le cœur d'une veritable Amazone, & qui feroit digne de
Hhij
364 MERCURE
commander fi , ayant dit que
l'occafion s'en prefentoit , elle
iroit à la tefte de l'Armée avec
le Prince fon fils ; qui ne fait
pas plus de dépenfe qu'une
Dame particuliere , & qui envoye chaque jour à la Caiſſe
Militaire tout ce qu'elle reçoit
pour fon entretien , fuivant la
grandeur de fon rang. Enfin
il paroît que le Ciel a beny
cette Monarchie , & le Roy &
la Reine d'Efpagne , puifqu'il
leur a donné un fucceffeur , la
feule chofe qu'il pouvoit leur
manquer. Ils ont le plaifir de
voir aujourd'huy ſous les ar-
GALANT 365
més , pour maintenir leurs
droits , toute l'Efpagne ; c'eftà-dire , un monde entier , fans
avoir befoin d'aucun fecours
étranger. L'argent ne leur manque point non plus que les
hommes. Tous les Royaumes
leur donnent gratuitement
tout ce qui fe trouvent chez
eux , les uns des Chevaux ,
les autres des Vivres , & le
Clergé , même leur a offert
toute l'Argenterie de leurs Eglifes qui eft nombreuſe en Efpagne , ce qu'ils n'accepteront
qu'en cas qu'ils en ayent un
preffant befoin , ce qui n'arriHhv
366 MERCURE
vera pas pendant le cours de la
Campagne qui va commencer;
de forte qu'ils pourront garder
cette reffource pour une autre
Campagne, ainfi que l'argent
de la florte du Mexique qui
vient d'arriver à Cadix , fans
les grandes fommes qui peuvent continuellement arriver
du Perou, d'où ils peuvent toû
jours en attendre , & que l'on
ne manquera pas de leur envoyer pour foûtenir la gloire
d'une Nation qui va feule fe
défendre glorieuſement contre un Monde d'Ennemis. La
fituation des affaires eft telle ,
9
GALANT 367
que les Alliez ne pouvant envoyer contre l'Espagne des
Troupes que par Mer , toute
l'Europe s'épuiferoit d'hommes avant que de pouvoir former en Espagne une Armée
qui fut à beaucoup prés capable de tenir tefte aux fidelles
Efpagnols , parce que le trajet
feroit périr beaucoup d'hommes & de chevaux , à caufe des
maladies que l'air de la Mer
caufe parmy les Troupes de
tranfport qui ne font pas accoûtumées à faire un long féjour fur Mer , & de la mortalité qu'il caufe parmy les Che
368 MERCURE
;
vaux , joint à ce que les tempêtes fontperir de Vaiffeaux
& par confequent d'hommes
& de chevaux , & que l'air du
Pays atoûjours fait auffi mourir beaucoup de ceux qui yfont
arrivez à bon port ; en forte
que par les calculs que l'on a
fouvent faits , on a trouvé que
de toutes les troupes qu'on envoyoit par Mer en Espagne &
en Portugal , le cinquième
homme pouvoit à peine être
en état de rendre fervice.
Quand aprés tant de pertes
&de dépenfes , les Alliez pourroient former une Armée ca-
GALANT 369
pable de faire quelque tentative , il luy feroit abfolument
impoffible de conquerir tous
les Royaumes d'Espagne les
uns aprés les autres , & avant
que d'avoir pû emporter quelques Places , ces troupes feroient tellement diminuées que
les Alliez feroient obligez à
recommencer les mêmes dépenfes , & à faire les mêmes.
efforts ; de forte qu'aprés quelque temps toutes leurs forces
periroient , & qu'ils ne pou
roient continuer à faire des
levées qui n'auroient pas un
meilleur fuccés. Ainfil'on peut
370 MERCURE
dire que l'Espagne eft prefentement comme un rocher au
milieu de la Mer , contre lequeltous les Vaiffeaux qui en
approcheroient fe briferoient.
Je reviens à ce qui regarde
l'affaire du Docteur Sacheverel dont je vous ay déja parlé.
Il eft impoffible , tant que la
face des affaires , & la face du
Gouvernement ne feront pas
changées , que l'Angleterre ,
&fur tout la Ville de Londres
ne s'en reffentent , & que
plus grande partie des Troupes de l'un & de l'autre Parti
puiffent abandonner Londres
la
GALANT 371
1
fans craindre que leur party
foit infulté , ce quifera grand
tort aux Affaires du Royaumedans la fituation où elles fe
trouvent aujourd'huy, puifque,
de la maniereque tournent les
Affaires , les Alliez doivent avoir befoin de Troupes Angloifes , &fur tout s'il arrive ,
comme il s'y trouve beaucoup
d'apparence que les Troupes
Danoifes , celle du Roy Augufte , & celles de l'Electeur de
Brandebourg en foient rappellées. Ce qui donne lieu
de le craindre , eft que ces
Puiffances ayant engagé pour
372 MERCURE
leurs propres intereft le Roy
de Dannemarck d'attaquer le
Royde Suede , elles fe trouvent
engagées à foûtenir S. M. D.
pour nela pas laiffer périr , &
que d'ailleurs fi elles l'abandonnent , le Roy de Suede avançant toûjours , & fe faifant
jour par tout , pouroit encore
s'agrandir , & leur tailler bien
de la befogne. Et ainfi les Allicz qui fouffrent de tant de
manieres en Flandre auroient
bien de la peine à y continuer
guerre, ou pour mieux dire
nel'y pouroient foûtenir. Ainfila Cour d'Angleterre doit de
plus
la
GALANT 373
plus en plus ouvrir lesyeux fur
la faute qu'elle a faite en attaquant le Docteur Sacheverel.
Tous ceux dont on a pillé les
Temples auront raiſon auffibien que les Anglicans , de ne
pas envoyer hors du Royaume
les Troupes de leur Religion
& fi les premiers ont cité infultez ils n'en doivent accufer
que ceux qui gouvernent en
Angleterre qui auroient pû
feindre de n'avoir pas remarqué ce que le Docteur Sacheverel avoit prêché,puifqu'il n'a
fait que parler pour la Religion dominante du Pays , &
Mars 1710. I i
374 MERCURE
établie par les Loix , & que les
autres ne font que tollerées
pour les interefts de la Reine ,
& par une politique dont je
vous ay fouvent parlé , & que
je vous ay amplement expli
quée.
La Caufe du Docteur Sacheverel eft fi jufte que fes Avocats le jour qu'ils commencerent à répondre à fes accufations , ne firent autre chofe que
lire des Homelies , des Sermons , & d'autres ouvrages
qui enfeignent la même Doctrine qu'il a prêchée & qui elt
autorisée par les Livres ap-
GALANT 375
prouvez par le Parlement
Le Chevalier Harcourt plaidant en faveur de ce Docteur
fur le premier Chef d'accufation , dit entre autres chofes ,
que le Docteur Sacheverel n'avoit rien avancé contre la revolution , & que s'il avoit toûjours foûtenu la Doctrine de
l'obéïffance paffive , il avoit une foule de garents & d'autoritez parmy les fameux Docteurs de l'Eglife Anglicane ,
tant morts que vivants , & entr'autres plus de vingt Archevêques ou Evêques , dont quelques-uns étoient là pour le ju
Ii ij
376 MERCURE
ger , & dans les Sermons ou
certe Doctrine étoit maintenuë , quiavoient eftéimprimez
par ordre exprés de S. M. ou
de la Chambredes Pairs.
Le lendemain les quatre Avocats du Docteur Sacheverel
produifirent un figrand nombre de preuves pour la Doctrine de l'obéillance paffive ,
que cela occupa la Cour depuis onze heures du matin juf
qu'à fix heures du ſoir.
Les accufations faites contre le Docteur Sacheverelfont
fi criantes , & ont tellement
irrité tous les Anglicans , que
GALANT 377
2
nonobſtant les pourſuites qu'2
ils ont vû faire contre ce Docteur , ils font prefts de l'imiter
en tout ce qui regardera leur
Miniftere lorfqu'ils fe trouveront en pareilles occafions fans
craindre d'encourir la difgrace
de la Cour , & il eft arrivé làdeffus un fait auffi extraordinaire que furprenant , & qui
fait voir que les Docteurs de
Egliſe Anglicane la défendront toûjours. Ce fait eft arrivé en preſence de la Reine , &
l'on pouroit dire en s'adreffant
à elle-même , puifqu'il parloit
à l'Auditoire dont cette PrinIi iij
378 MERCURE
ceffe étoit à la tête.
Mr Palmer ayant eſté nommé par l'Evêque de Londres
pour prêcher dans la Chapelle
de la Reine à Witchall , il obéït ; mais dans fon Sermon il
pria Dieu pour le Docteur Sacheverel commepour unhomme perfecuté , & comme la
Reine a donné ordre à l'Evêque de Londres de le fufpendre de fes fonctions ; ce procedé qui eſt auſſi hardy que
glorieux pour ce Predicateur ,
a efté fort applaudi des Anglicans , & l'on peut juger par là
des fuites que l'on doit crainK
GALANT 379
dre de cette affaire , & de la
combuftion où se trouve toute la Nation Angloiſe , qui
penfera moins à l'avenir aux
affaires du dehors qu'à celles du
dedans , tous les chaftimens
n'ayant fait que l'aigrir , &
chacun ne fongeant plus qu'à
la défenfe de fa caufe, & à fa
défenſe même.
Enfin pour mieux faire remarquer la fituation violente
oùfe trouvent les chofes , il me
fuffira de vous dire que l'on
prêche hautement dans Londres contre l'injuftice du Gou
vernement.
Affaires de l'Europe telles qu'el
les fe trouvent dans le moment
que je vous écris. Je dis dans le
moment que je vous écris , car
il pourroit y avoir du changement dans le temps que vous
recevrez ma Lettre.
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35
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GALANT 35%
De quelque cofté que l'Em
pereur regarde fes Affaires , il
fe trouve fort embaraffé. Il eft
certain que fes Troupes ont
efté battues en plufieurs occafions par les Confederez
d'Hongrie , & qu'il a fait une
perte confiderable , qui a efté
fuivie de celle de l'Ile de Schut.
Ce font des faits conftants
dont les nouvelles publiques
imprimées chez les Alliez mêmes font mention. On doit
remarquer que l'Ifle de Schut,
n'eftant qu'à douze lieües de
Vienne , les Confederez peuvent faire des courfes juſqu'à
352 MERCURE
fes Porres , & que l'on n'en
fortir fans rifquer beau- peut
coup.
Les Cercles ne fe font pas
encore mis en devoir de lever
un fol, ni un homme pour tenir tefte à une Armée victoricufe & de prés de cinquante
millehommes que les François
ont du cofté du haut Rhin.
Cette Armée ne manque de
rien , ayant tiré les Contributions que les Allemans ont efté
obligez de luy payer moitié en
argent & moitié en grains.
L'Empereur ne peut efperer
aucunes Troupes de Danne-
GALANT 353
marck , & fur tout depuis la
derniere Bataille , ny d'aucun
autre cofté ; de maniere qu'il
fe trouve obligé de faire revenir d'Italie huit mille hömmes de fes meilleures Troupes,
qui ne fuffiront pas pour envoyer du cofte d'Hongrie &
du cofté du Rhin ; & ces Troupes , tirées d'Italie feront caufe
que Monfieur le Duc de Savoyenefera pas affez fort pour
mettre une Armée en Campagne. Joignez à cela qu'il luy
fera tres- difficile de tirer des
fubfides d'Angleterre , puis
qu'elle n'a pas tous les fonds
"Mars 1710. Gg
354 MERCURE
neceffaires pour faire la Campagne prochaine , & qu'il luy
fera abfolument impoffible de
rien tirer des Hollandois , qui
manquent encore beaucoup
plus d'argent , & des chofes
neceffaires pour faire la Campagne que les Anglois. Cefone
des faits connus, & publiezpar
eux-mêmes.
2
Quant à la France elle ne
manque point de Troupes , &
elles font invincibles lorfqu'elles font bien conduites. Ses
fonds feront plus que fuffifans
pout faire une gleufe Campagne. Le rachatla Paulet-
GALANT 355
de celuy de la Capitation
du Clergé , de plufieurs Affaires & de plufieurs autres
Particuliers qui ont laiffé en
mourant des fommes immenfes qui appartiennent au Roy,
& de fes revenus ordinaires qui
commencent à produire beaucoup , & qu'une grande recolte que le Ciel femble luy promettre , doit encore augmenter beaucoup , remettront fes
affaires dans une bonne fituation. Joignez à cela qu'elle
doit tirer une grande quantité
de bleds du Languedoc , que
la Bretagne luy en fournit tous
•
Gg ij
356 MERCURE
les jours ; qu'il en eſto venu
beaucoup du Levant ; qu'il en
vient encore tous les jours deo
ce cofté- là , & que tout celuy
du premier envoy que les Ge
nois devoient faire eft arrivé à
Marſeille , oùilyena quaranté
mille muids que l'on a com
mencé à fairevenir de ce coftécy, & dont une partie arrivera
inceffamment à Paris. Jenedis
rien de tous les fruits de la terre dont il paroift que nous de
vons avoir une abondante recolte. Toutes les Recrues des
Troupes font faites il ya déja
long temps , & lorfqu'il fera
GALANT 357
temps d'entrer en Campagne,
les Alliez connoîtront qu'ils
onc efté longtemps abufez fur
la veritable fituation de nos
affaires.
Il paroift qu'ils doivent peu
compter fur les Troupes Saxo
nes. Le Roy Auguſte , il eft
vray, cft retourné en Pologne;
mais comme les affaires de ce
Royaume font encore dans un
granddefordre , & que tous les
Partis ne luy font pas favorables , il a beſoin de Troupes
pour s'y maintenir , & moins
les Polonois veulent voir de
Saxons dans leurs Etats , plus
358 MERCURE
"
il y doit faire groffir le nombre de fes Troupes , fans lef
quelles il ne peut eftre bien af
fermi fur le Tiône. Enfin de
quelque cofté que l'on envifa
ge la fituation des Affaires , il
paroift que toutes les Puiffan
ces ont befoin de leurs Troum
pes , & que quand les Alliezauroient plus d'argent à leur don
ner qu'ils n'en ont en effet , ils
ont trop befoin deleurs Trou.
pes pour les envoyer hors de
chez eux , & peut- cftre , comme nous verrons dans la fuite,
les Augios feront- ils obligez
d'en referver beaucoup chez
GALANT 359
eux , puifqu'il eft impoffible
que le feu de la divifion quis'y
eft mis , puiffe eftre ftoft
éteint , & qu'il le puiffe même
eftre qu'en apparence , car les
divifions caufées par des affaires de Religion finiffent rarement ; & lors qu'on les croit
finies , elles ne font qu'affoupics , & font toûjours prêtes à
reprendre feu. A l'égard des Affaires d'El
pagne , elles fe trouvent, aujourd'huy dans une fi heureufe fituation qu'elle eft en état
de fe procurer feule fa gloire
& fon bonheur fans rien de-
360 MERCURE
voir à perfonne , & de maintenir fur fes Trônes le Monarqueà qui ils appartiennentlegitiment ; qu'elle a reconnu avec
joye , & audevant duquel elle a
envoyé avec unempreffement
remplyd'allegreffe ; de maniere
qu'elle n'auroir pas fait autre
ment quand elle l'auroit ellement choifi. Et en effet c'étoit
le choifir que de reconnoître
fesdroits fondez fur la nature
& declarez juftes par fon dernier Monarque mourant , &
en prefence de fon Dieu , ce
qu'il n'auroit pas fait s'il avoit
ctû le contraire dans le moment
GALANT 361
ment qu'il eftoit preft de luy
aller rendre compte de fes actions , &fes droits font fi vifi;
bles & fi inconteſtables , que
toutes les Puiffances de l'Europe qui les luy diſputent aujourd'huy , les ont non feulementreconnus , mais ont même efté jufqu'à Madrid l'affurer de cette reconnoiſſance , &
ont demeuré à fa Cour, foit
en qualité d'Ambaffadeurs ,
foit en qualité d'Envoyez pour
yrefider. De maniere quetoutes les Puiffances qui font liguées aujourd huy contre luy,
excepté la Maifon d'Autriche
Mars 1710.
.Hh
362 MERCURE
fur
qui ne veut pas reconnoître
fon droit , n'ont des rai- que
fons politiques pour le faire
defcendre d'un Trône auquel
tant d'autres font unis , & qui
luy appartient legitimement.
Leurs raifons font fi foibles ,
que n'eftint fondées que
la politique, &non fur le droit,
ils fe font laffez d'en parler, ou
plûtôt ils en ont eu honte.
Ainfi il n'eft plus queftion parmy les Alliez pour détrôner
Philippes V. d'autres raifons ,
que de raifons de bien-ſeance;
& c'eft pourquoy le Ciel qui
n'approuve pas ces raifons , a
GALANT 363
toûjours protegé fi vifiblement cette Couronne , & la
protege encore contre toutes
les Puiffances liguées qui l'attaquent , & que les feuls Elpagnols ont entrepris de défendre aux dépens de tout leur
fang & de tout leur bien. Ils
font charmez de la juftice
de l'efprit , de la valeur &
de la douceur du Monarque
qui les gouverne , & de la Reine fon époufe en qui toutes
les vertus abondent , & qui en
plufieurs occafions a fait voir
le cœur d'une veritable Amazone, & qui feroit digne de
Hhij
364 MERCURE
commander fi , ayant dit que
l'occafion s'en prefentoit , elle
iroit à la tefte de l'Armée avec
le Prince fon fils ; qui ne fait
pas plus de dépenfe qu'une
Dame particuliere , & qui envoye chaque jour à la Caiſſe
Militaire tout ce qu'elle reçoit
pour fon entretien , fuivant la
grandeur de fon rang. Enfin
il paroît que le Ciel a beny
cette Monarchie , & le Roy &
la Reine d'Efpagne , puifqu'il
leur a donné un fucceffeur , la
feule chofe qu'il pouvoit leur
manquer. Ils ont le plaifir de
voir aujourd'huy ſous les ar-
GALANT 365
més , pour maintenir leurs
droits , toute l'Efpagne ; c'eftà-dire , un monde entier , fans
avoir befoin d'aucun fecours
étranger. L'argent ne leur manque point non plus que les
hommes. Tous les Royaumes
leur donnent gratuitement
tout ce qui fe trouvent chez
eux , les uns des Chevaux ,
les autres des Vivres , & le
Clergé , même leur a offert
toute l'Argenterie de leurs Eglifes qui eft nombreuſe en Efpagne , ce qu'ils n'accepteront
qu'en cas qu'ils en ayent un
preffant befoin , ce qui n'arriHhv
366 MERCURE
vera pas pendant le cours de la
Campagne qui va commencer;
de forte qu'ils pourront garder
cette reffource pour une autre
Campagne, ainfi que l'argent
de la florte du Mexique qui
vient d'arriver à Cadix , fans
les grandes fommes qui peuvent continuellement arriver
du Perou, d'où ils peuvent toû
jours en attendre , & que l'on
ne manquera pas de leur envoyer pour foûtenir la gloire
d'une Nation qui va feule fe
défendre glorieuſement contre un Monde d'Ennemis. La
fituation des affaires eft telle ,
9
GALANT 367
que les Alliez ne pouvant envoyer contre l'Espagne des
Troupes que par Mer , toute
l'Europe s'épuiferoit d'hommes avant que de pouvoir former en Espagne une Armée
qui fut à beaucoup prés capable de tenir tefte aux fidelles
Efpagnols , parce que le trajet
feroit périr beaucoup d'hommes & de chevaux , à caufe des
maladies que l'air de la Mer
caufe parmy les Troupes de
tranfport qui ne font pas accoûtumées à faire un long féjour fur Mer , & de la mortalité qu'il caufe parmy les Che
368 MERCURE
;
vaux , joint à ce que les tempêtes fontperir de Vaiffeaux
& par confequent d'hommes
& de chevaux , & que l'air du
Pays atoûjours fait auffi mourir beaucoup de ceux qui yfont
arrivez à bon port ; en forte
que par les calculs que l'on a
fouvent faits , on a trouvé que
de toutes les troupes qu'on envoyoit par Mer en Espagne &
en Portugal , le cinquième
homme pouvoit à peine être
en état de rendre fervice.
Quand aprés tant de pertes
&de dépenfes , les Alliez pourroient former une Armée ca-
GALANT 369
pable de faire quelque tentative , il luy feroit abfolument
impoffible de conquerir tous
les Royaumes d'Espagne les
uns aprés les autres , & avant
que d'avoir pû emporter quelques Places , ces troupes feroient tellement diminuées que
les Alliez feroient obligez à
recommencer les mêmes dépenfes , & à faire les mêmes.
efforts ; de forte qu'aprés quelque temps toutes leurs forces
periroient , & qu'ils ne pou
roient continuer à faire des
levées qui n'auroient pas un
meilleur fuccés. Ainfil'on peut
370 MERCURE
dire que l'Espagne eft prefentement comme un rocher au
milieu de la Mer , contre lequeltous les Vaiffeaux qui en
approcheroient fe briferoient.
Je reviens à ce qui regarde
l'affaire du Docteur Sacheverel dont je vous ay déja parlé.
Il eft impoffible , tant que la
face des affaires , & la face du
Gouvernement ne feront pas
changées , que l'Angleterre ,
&fur tout la Ville de Londres
ne s'en reffentent , & que
plus grande partie des Troupes de l'un & de l'autre Parti
puiffent abandonner Londres
la
GALANT 371
1
fans craindre que leur party
foit infulté , ce quifera grand
tort aux Affaires du Royaumedans la fituation où elles fe
trouvent aujourd'huy, puifque,
de la maniereque tournent les
Affaires , les Alliez doivent avoir befoin de Troupes Angloifes , &fur tout s'il arrive ,
comme il s'y trouve beaucoup
d'apparence que les Troupes
Danoifes , celle du Roy Augufte , & celles de l'Electeur de
Brandebourg en foient rappellées. Ce qui donne lieu
de le craindre , eft que ces
Puiffances ayant engagé pour
372 MERCURE
leurs propres intereft le Roy
de Dannemarck d'attaquer le
Royde Suede , elles fe trouvent
engagées à foûtenir S. M. D.
pour nela pas laiffer périr , &
que d'ailleurs fi elles l'abandonnent , le Roy de Suede avançant toûjours , & fe faifant
jour par tout , pouroit encore
s'agrandir , & leur tailler bien
de la befogne. Et ainfi les Allicz qui fouffrent de tant de
manieres en Flandre auroient
bien de la peine à y continuer
guerre, ou pour mieux dire
nel'y pouroient foûtenir. Ainfila Cour d'Angleterre doit de
plus
la
GALANT 373
plus en plus ouvrir lesyeux fur
la faute qu'elle a faite en attaquant le Docteur Sacheverel.
Tous ceux dont on a pillé les
Temples auront raiſon auffibien que les Anglicans , de ne
pas envoyer hors du Royaume
les Troupes de leur Religion
& fi les premiers ont cité infultez ils n'en doivent accufer
que ceux qui gouvernent en
Angleterre qui auroient pû
feindre de n'avoir pas remarqué ce que le Docteur Sacheverel avoit prêché,puifqu'il n'a
fait que parler pour la Religion dominante du Pays , &
Mars 1710. I i
374 MERCURE
établie par les Loix , & que les
autres ne font que tollerées
pour les interefts de la Reine ,
& par une politique dont je
vous ay fouvent parlé , & que
je vous ay amplement expli
quée.
La Caufe du Docteur Sacheverel eft fi jufte que fes Avocats le jour qu'ils commencerent à répondre à fes accufations , ne firent autre chofe que
lire des Homelies , des Sermons , & d'autres ouvrages
qui enfeignent la même Doctrine qu'il a prêchée & qui elt
autorisée par les Livres ap-
GALANT 375
prouvez par le Parlement
Le Chevalier Harcourt plaidant en faveur de ce Docteur
fur le premier Chef d'accufation , dit entre autres chofes ,
que le Docteur Sacheverel n'avoit rien avancé contre la revolution , & que s'il avoit toûjours foûtenu la Doctrine de
l'obéïffance paffive , il avoit une foule de garents & d'autoritez parmy les fameux Docteurs de l'Eglife Anglicane ,
tant morts que vivants , & entr'autres plus de vingt Archevêques ou Evêques , dont quelques-uns étoient là pour le ju
Ii ij
376 MERCURE
ger , & dans les Sermons ou
certe Doctrine étoit maintenuë , quiavoient eftéimprimez
par ordre exprés de S. M. ou
de la Chambredes Pairs.
Le lendemain les quatre Avocats du Docteur Sacheverel
produifirent un figrand nombre de preuves pour la Doctrine de l'obéillance paffive ,
que cela occupa la Cour depuis onze heures du matin juf
qu'à fix heures du ſoir.
Les accufations faites contre le Docteur Sacheverelfont
fi criantes , & ont tellement
irrité tous les Anglicans , que
GALANT 377
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nonobſtant les pourſuites qu'2
ils ont vû faire contre ce Docteur , ils font prefts de l'imiter
en tout ce qui regardera leur
Miniftere lorfqu'ils fe trouveront en pareilles occafions fans
craindre d'encourir la difgrace
de la Cour , & il eft arrivé làdeffus un fait auffi extraordinaire que furprenant , & qui
fait voir que les Docteurs de
Egliſe Anglicane la défendront toûjours. Ce fait eft arrivé en preſence de la Reine , &
l'on pouroit dire en s'adreffant
à elle-même , puifqu'il parloit
à l'Auditoire dont cette PrinIi iij
378 MERCURE
ceffe étoit à la tête.
Mr Palmer ayant eſté nommé par l'Evêque de Londres
pour prêcher dans la Chapelle
de la Reine à Witchall , il obéït ; mais dans fon Sermon il
pria Dieu pour le Docteur Sacheverel commepour unhomme perfecuté , & comme la
Reine a donné ordre à l'Evêque de Londres de le fufpendre de fes fonctions ; ce procedé qui eſt auſſi hardy que
glorieux pour ce Predicateur ,
a efté fort applaudi des Anglicans , & l'on peut juger par là
des fuites que l'on doit crainK
GALANT 379
dre de cette affaire , & de la
combuftion où se trouve toute la Nation Angloiſe , qui
penfera moins à l'avenir aux
affaires du dehors qu'à celles du
dedans , tous les chaftimens
n'ayant fait que l'aigrir , &
chacun ne fongeant plus qu'à
la défenfe de fa caufe, & à fa
défenſe même.
Enfin pour mieux faire remarquer la fituation violente
oùfe trouvent les chofes , il me
fuffira de vous dire que l'on
prêche hautement dans Londres contre l'injuftice du Gou
vernement.
Fermer
Résumé : Situation des Affaires de l'Europe, [titre d'après la table]
En mars 1710, la situation politique et militaire en Europe est marquée par des difficultés pour l'Empereur. Ses troupes ont subi plusieurs défaites, notamment en Hongrie et à l'île de Schut, près de Vienne. Les cercles impériaux n'ont pas encore mobilisé de fonds ou de soldats pour affronter l'armée française victorieuse près du Rhin. L'Empereur ne peut compter sur des renforts du Danemark ou d'autres alliés et doit rapatrier des troupes d'Italie, affaiblissant ainsi la défense en Savoie. Les finances de l'Angleterre et des Pays-Bas sont également insuffisantes pour soutenir une campagne. En revanche, la France dispose de troupes nombreuses et bien équipées, avec des fonds suffisants grâce à divers rachats et revenus royaux. Les récoltes abondantes et les importations de blé assurent une bonne situation alimentaire. Les recrues sont prêtes et les alliés sous-estiment la véritable situation des affaires françaises. Les troupes saxonnes sont nécessaires en Pologne pour maintenir le roi Auguste face à l'opposition locale. Toutes les puissances européennes ont besoin de leurs troupes et les alliés, malgré leurs ressources financières, manquent de soldats à envoyer à l'extérieur. En Espagne, la situation est favorable au roi Philippe V, légitimement reconnu et soutenu par les Espagnols, qui fournissent volontairement hommes et ressources. Les alliés ne peuvent envoyer des troupes par mer sans subir de lourdes pertes, comparant la situation en Espagne à un rocher imprenable. En Angleterre, l'affaire du Docteur Sacheverell, dont les prédications ont causé des tensions, est un point crucial. Le Chevalier Harcourt, chef d'accusation contre Sacheverell, a affirmé que ce dernier n'avait jamais contesté la révolution et soutenait la doctrine de l'obéissance passive, partagée par de nombreux docteurs de l'Église Anglicane. Les sermons de ces autorités, imprimés par ordre du roi ou de la Chambre des Pairs, maintenaient cette doctrine. Les accusations ont suscité une forte réaction parmi les Anglicans, prêts à imiter Sacheverell malgré les poursuites. Un fait notable est survenu en présence de la reine : Mr Palmer, nommé par l'évêque de Londres pour prêcher à la chapelle de la reine, a prié pour Sacheverell comme pour un homme persécuté, acte applaudi par les Anglicans. La situation est tendue, avec des prêches contre l'injustice du gouvernement à Londres, la nation étant plus préoccupée par les affaires intérieures que par les affaires extérieures.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
2484
p. 380-383
Suite de tout ce qui s'est passé à l'occasion de la naissance du Duc d'Anjou, [titre d'après la table]
Début :
Pendant que les dissentions causées par la difference des [...]
Mots clefs :
Château-Gontier, Ministres étrangers, Naissance du duc d'Anjou, Duc de Lorraine
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Suite de tout ce qui s'est passé à l'occasion de la naissance du Duc d'Anjou, [titre d'après la table]
Pendant que les diffentions
caufées par la difference des
Religions agitent l'Angleterre,
on eft encore occupé en France de la joye que la naiffance
Monfeigneur le Duc d'Anjou y a caufée ; & quoy que je
ne vous aye parlé que des Réjoüiffances qui fe font faites à
Paris , & des Feftes auffi galan.
tes que fingulieres qui ont efté
faites à Chafteau-gontier dans
l'appanage de ce Prince , ces
Réjoüiffances ont néanmoins
efté generales dans tout le
Royaume. Il s'en eft mêmefait
en quelques Pays étrangers ,
GALANT 381
& fur tout à Madrid où elles
ont eſté grandes ; la diftance
des lieux a efté caufe que je n'ay
pûvous en parler ce mois-cy ;
mais quoy que l'on en ait parlé
dans plufieurs Imprimez publics, je pourray le mois prochain vous en envoyer un
détail qui vous paroîtra nouveau.
Tous les Miniftres Etrangers qui font icy ont fait des
Complimens au Royfur cette
naiffance de la part de leurs
Maiftres , & leur efprit a brillé
fur les faveurs du Ciel qui fe
répandent fur Sa Majefté en
382 MERCURE
luy donnant des Arrieres petits - Fils , ce qui pourra faire
regner fa pofterité pendant
plufieurs ficcles.
S. A. R. Monfieur le Duc
de Lorraine s'eft diftinguée en
cette occafion , car quoy qu'el
le ait icy depuis quelques années un Envoyé Extraordinaire de confideration , & qui ,
s'acquitte des fonctions de
cet Employ au gré de tout le
monde , elle a crû néanmoins
en devoir envoyer exprés un
autre pour cette fonction feule , & elle ajetté les yeux fur Mr
le Marquis deBeauveau Craon,
GALANT 383
diftingué par fa naiffance , par
la figure qu'il fait dans la Cour
de Lorraine , & par fes grandes qualitez. Il a reçu icy tous
les honneurs que l'on rendaux
Miniftres des Teftes couron
nées. Les Caroffes dn Roy le
fontvenus prendre pour le me
ner àVerfailles avec Mr dé Bre
teuil Introducteur des Ambal
fadeurs , qui l'a conduit à l'Audiance de Sa Majeſté , & il a
efté traité par les Officiers de ce
Monarque , & les mêmes Ceremonies ont cfté obfervées à
fon Audiance de Congé.
caufées par la difference des
Religions agitent l'Angleterre,
on eft encore occupé en France de la joye que la naiffance
Monfeigneur le Duc d'Anjou y a caufée ; & quoy que je
ne vous aye parlé que des Réjoüiffances qui fe font faites à
Paris , & des Feftes auffi galan.
tes que fingulieres qui ont efté
faites à Chafteau-gontier dans
l'appanage de ce Prince , ces
Réjoüiffances ont néanmoins
efté generales dans tout le
Royaume. Il s'en eft mêmefait
en quelques Pays étrangers ,
GALANT 381
& fur tout à Madrid où elles
ont eſté grandes ; la diftance
des lieux a efté caufe que je n'ay
pûvous en parler ce mois-cy ;
mais quoy que l'on en ait parlé
dans plufieurs Imprimez publics, je pourray le mois prochain vous en envoyer un
détail qui vous paroîtra nouveau.
Tous les Miniftres Etrangers qui font icy ont fait des
Complimens au Royfur cette
naiffance de la part de leurs
Maiftres , & leur efprit a brillé
fur les faveurs du Ciel qui fe
répandent fur Sa Majefté en
382 MERCURE
luy donnant des Arrieres petits - Fils , ce qui pourra faire
regner fa pofterité pendant
plufieurs ficcles.
S. A. R. Monfieur le Duc
de Lorraine s'eft diftinguée en
cette occafion , car quoy qu'el
le ait icy depuis quelques années un Envoyé Extraordinaire de confideration , & qui ,
s'acquitte des fonctions de
cet Employ au gré de tout le
monde , elle a crû néanmoins
en devoir envoyer exprés un
autre pour cette fonction feule , & elle ajetté les yeux fur Mr
le Marquis deBeauveau Craon,
GALANT 383
diftingué par fa naiffance , par
la figure qu'il fait dans la Cour
de Lorraine , & par fes grandes qualitez. Il a reçu icy tous
les honneurs que l'on rendaux
Miniftres des Teftes couron
nées. Les Caroffes dn Roy le
fontvenus prendre pour le me
ner àVerfailles avec Mr dé Bre
teuil Introducteur des Ambal
fadeurs , qui l'a conduit à l'Audiance de Sa Majeſté , & il a
efté traité par les Officiers de ce
Monarque , & les mêmes Ceremonies ont cfté obfervées à
fon Audiance de Congé.
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Résumé : Suite de tout ce qui s'est passé à l'occasion de la naissance du Duc d'Anjou, [titre d'après la table]
La naissance du Duc d'Anjou a suscité des réjouissances en France et à l'étranger. En France, la joie est particulièrement palpable à Paris et à Château-Gontier, et ces festivités se répandent dans tout le royaume. À Madrid, les célébrations sont également notables. Les tensions religieuses perturbent l'Angleterre, contrastant avec l'allégresse française. Tous les ministres étrangers en France ont félicité le roi, soulignant les faveurs divines pour la postérité royale. Le Duc de Lorraine a envoyé le Marquis de Beauveau Craon comme émissaire spécial, qui a été accueilli avec tous les honneurs réservés aux ministres des têtes couronnées. Les cérémonies d'audience ont été respectées lors de son arrivée et de son départ. La distance a limité les détails pour ce mois-ci, mais des informations plus précises seront fournies le mois suivant.
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2485
p. 383-385
Nouveaux Officiers Generaux, [titre d'après la table]
Début :
Je reçois en ce moment la Liste des nouveaux Officiers [...]
Mots clefs :
Officiers généraux, Promotion
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouveaux Officiers Generaux, [titre d'après la table]
Je reçois en ce moment la
27015
384 MERCURE
1
Lifte des nouveaux Officiers
Generaux nommezpar Sa Majefté , & ils font en fi grand
nombre qu'il me feroi impoffible de vous parler de chacun
en particulier comme j'ay fait
en vous envoyant toutes les
promotions qui ont eſté faites depuis que je vous adreſ
fe mes Lettres , & il n'y a
aucun de ces Officiers dont je
ne vous aye déja parlé de la
naiffance , du merite , & des
actions particulieres par lef
quelles ils fe font diftinguez ,
& l'on ne peut plus rien apprendre de nouveau des Officiers
GALANT 385
ciers de ces fortes de Promotions , fi ce n'eft de quelques
nouveaux Brigadiers , parce
que l'uſage eftant de parler de
chacun à mesure qu'il eft élevé en dignité , tous leurs fervices font connus , hors de quel-
`ques uns de ceux qui font élevez pour la premiere fois à la
dignité d'Officiers Generaux ,
dont néanmoins plufieurs fe
font fait connoiſtre en qualité
de Colonels ou de LieutenansColonels.
27015
384 MERCURE
1
Lifte des nouveaux Officiers
Generaux nommezpar Sa Majefté , & ils font en fi grand
nombre qu'il me feroi impoffible de vous parler de chacun
en particulier comme j'ay fait
en vous envoyant toutes les
promotions qui ont eſté faites depuis que je vous adreſ
fe mes Lettres , & il n'y a
aucun de ces Officiers dont je
ne vous aye déja parlé de la
naiffance , du merite , & des
actions particulieres par lef
quelles ils fe font diftinguez ,
& l'on ne peut plus rien apprendre de nouveau des Officiers
GALANT 385
ciers de ces fortes de Promotions , fi ce n'eft de quelques
nouveaux Brigadiers , parce
que l'uſage eftant de parler de
chacun à mesure qu'il eft élevé en dignité , tous leurs fervices font connus , hors de quel-
`ques uns de ceux qui font élevez pour la premiere fois à la
dignité d'Officiers Generaux ,
dont néanmoins plufieurs fe
font fait connoiſtre en qualité
de Colonels ou de LieutenansColonels.
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Résumé : Nouveaux Officiers Generaux, [titre d'après la table]
Sa Majesté a nommé de nouveaux officiers généraux. Impossible de les décrire tous individuellement, leurs mérites étant connus. Quelques nouveaux brigadiers et officiers généraux sont mentionnés, certains ayant déjà été distingués en tant que colonels ou lieutenants-colonels.
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2486
p. 385-386
Article reservez, [titre d'après la table]
Début :
La matiere continuant toûjours à m'accabler, je suis encore [...]
Mots clefs :
Articles, Matière
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Article reservez, [titre d'après la table]
La matiere continuant toûjours à m'accabler , je fuis encore obligé de remettre un
Mars 1710. Kk
386 MERCURE
grand nombre d'Articles au
mois prochain , & fur tout celuydu mariage de Mr le Marquis de Caftel - Blanco , avec
Mlle de Melford, fille du Comte de ce nom. Je ſuis , Madame, voſtre , &c.
AParis ce 31. Mars 1710.
Mars 1710. Kk
386 MERCURE
grand nombre d'Articles au
mois prochain , & fur tout celuydu mariage de Mr le Marquis de Caftel - Blanco , avec
Mlle de Melford, fille du Comte de ce nom. Je ſuis , Madame, voſtre , &c.
AParis ce 31. Mars 1710.
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2487
p. 386
« Le Mercure d'Avril se devitera le 6.de May. [...] »
Début :
Le Mercure d'Avril se devitera le 6.de May. [...]
Mots clefs :
Débiter, Mercure
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le Mercure d'Avril se devitera le 6.de May. [...] »
Le Mercure d'Avril se devitera le 6.de May.
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2488
s. p.
TABLE.
Début :
Prelude, dans lequel on voit la bonté du Roy, qui remet le [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TABLE.
TABLE.
Prelude , dans lequel on voit la
bonté du Roy , qui remet le
Den gratuit aux Etats d'Artois ,
5
Premier Article des morts ,
Lettre d'Argentan , qui contient
des faits fort finguliers ,
Article curicax
57
touchant Mr
Rigaud,fameux Peintre 95
Difputefur l'obligation d'alifter a
la Meffe de Parroiffe 107
Dignité de Prevost de S. Paul de
Liege , conferée à Mr le Comte
de Berlo , Evêque de Namur ,
III
Fondation faite à Lyon pour des
Prieres pendant les trois derniers
jours du Carnaval,
Second Article des morts ,
IIS
117
Ouverture de l'Affemblée generale
Kk ij
TABLE.
du Clergé , faite aux grands
Auguftins , avec les Ceremonies
obfervées à la Meße du S. Ef
prit , un extrait du Sermon
-prêché le même jour 159
Fefte galantefaite à Chasteau Gontier pour la naissance de Monfeigneur le Duc d'Anjou , 167
Sonnetsfurlefujet decette naiffance
180
Mariage 189 ,
Article du Teftament de Mrl Archevêque de Reims , par lequel
il donne fa Bibliotheque à l'Abbaye de Sainte Geneviève , 202
Cloche baptifée à Rennes , & tenuë
parMr le Maréchal de Chasteaurenault , & par Me de Brillac ,
premiere prefidente du Parlement,
*
207
Offrefaite an Roy , par les Secretai-
TABLE.
9.
214
res Auditeurs de la Chambre des
Comptes de la même Ville ,
Thefesfoutenuës dans les Ecoles de
Droit où Mr.l'Abbé du Gué de
Launay reçoit le Bonnet de
Docteur,
*
216
Lettre fur la reception de Monfeigneur le Duc d'Anjou au Rofaire ,
218
Mouvementfaitparmy les Inten- dans ,
246
Trois morts fubites dignes d'estre
256 remarquées
Epitaphe de Mr l'Evêque de Nifmes, 263
266
Reception de Mr le President de
Mefmes , à l'Academie · Fran.
coife
Mile Vaffeur Maitre des Comptes
» obtient l'agrement d'une Charge
de Maistre d'Hôtel du Roy , 268
Kk iij
TABLE.
Dons faits parle Roy d'Espagne
269
290
Quatrieme Article des morts , 272
Me de Chatillon eft nommée par le
Roy, Abbeffe de la Deferte , 287
Prife de Poßeffion de l'Abbaye de
S. Pierre de Lyon , par Me de
Briffac ,
Second Article de Mariage, 198
Ce qui ſe paſſa à Versailles le 19
de ce mois lorfque Monfieur le
Cardinal de Noailles s'y rendit
àla tefte du Clergé , & les Harangues que fon Eminence fit at
Roy & à Monfeigneur le Dauphin ,
Le 20. & le 27. Mrs les commiffaires du Royviennent à l'Affemblée du Clergé faire les demandes de Sa Majesté , & ce
qui s'eft paßé àcette occafion , 325
° 10 299
TABLE.
Suite de ce qui s'eft paffe aprés
la mort de S. A. S. Monfieur le
Duc,
339
Sermens preftez par Monfieur le
Duc pour la Charge de Grand
Maitre de la Maifon du Roy ,
&pour le Gouvernement de Bourgogne 343
Article des 344 Enigmes ,
Situation des Affaires de l'Europe ,
350
Suite de tout ce qui s'eft passé à
l'occafion dela naiffance de Monfeigneur le Duc d'Anjou , 380
Nouveaux Officiers Generaux ,
Article refervez
"
383
385
Prelude , dans lequel on voit la
bonté du Roy , qui remet le
Den gratuit aux Etats d'Artois ,
5
Premier Article des morts ,
Lettre d'Argentan , qui contient
des faits fort finguliers ,
Article curicax
57
touchant Mr
Rigaud,fameux Peintre 95
Difputefur l'obligation d'alifter a
la Meffe de Parroiffe 107
Dignité de Prevost de S. Paul de
Liege , conferée à Mr le Comte
de Berlo , Evêque de Namur ,
III
Fondation faite à Lyon pour des
Prieres pendant les trois derniers
jours du Carnaval,
Second Article des morts ,
IIS
117
Ouverture de l'Affemblée generale
Kk ij
TABLE.
du Clergé , faite aux grands
Auguftins , avec les Ceremonies
obfervées à la Meße du S. Ef
prit , un extrait du Sermon
-prêché le même jour 159
Fefte galantefaite à Chasteau Gontier pour la naissance de Monfeigneur le Duc d'Anjou , 167
Sonnetsfurlefujet decette naiffance
180
Mariage 189 ,
Article du Teftament de Mrl Archevêque de Reims , par lequel
il donne fa Bibliotheque à l'Abbaye de Sainte Geneviève , 202
Cloche baptifée à Rennes , & tenuë
parMr le Maréchal de Chasteaurenault , & par Me de Brillac ,
premiere prefidente du Parlement,
*
207
Offrefaite an Roy , par les Secretai-
TABLE.
9.
214
res Auditeurs de la Chambre des
Comptes de la même Ville ,
Thefesfoutenuës dans les Ecoles de
Droit où Mr.l'Abbé du Gué de
Launay reçoit le Bonnet de
Docteur,
*
216
Lettre fur la reception de Monfeigneur le Duc d'Anjou au Rofaire ,
218
Mouvementfaitparmy les Inten- dans ,
246
Trois morts fubites dignes d'estre
256 remarquées
Epitaphe de Mr l'Evêque de Nifmes, 263
266
Reception de Mr le President de
Mefmes , à l'Academie · Fran.
coife
Mile Vaffeur Maitre des Comptes
» obtient l'agrement d'une Charge
de Maistre d'Hôtel du Roy , 268
Kk iij
TABLE.
Dons faits parle Roy d'Espagne
269
290
Quatrieme Article des morts , 272
Me de Chatillon eft nommée par le
Roy, Abbeffe de la Deferte , 287
Prife de Poßeffion de l'Abbaye de
S. Pierre de Lyon , par Me de
Briffac ,
Second Article de Mariage, 198
Ce qui ſe paſſa à Versailles le 19
de ce mois lorfque Monfieur le
Cardinal de Noailles s'y rendit
àla tefte du Clergé , & les Harangues que fon Eminence fit at
Roy & à Monfeigneur le Dauphin ,
Le 20. & le 27. Mrs les commiffaires du Royviennent à l'Affemblée du Clergé faire les demandes de Sa Majesté , & ce
qui s'eft paßé àcette occafion , 325
° 10 299
TABLE.
Suite de ce qui s'eft paffe aprés
la mort de S. A. S. Monfieur le
Duc,
339
Sermens preftez par Monfieur le
Duc pour la Charge de Grand
Maitre de la Maifon du Roy ,
&pour le Gouvernement de Bourgogne 343
Article des 344 Enigmes ,
Situation des Affaires de l'Europe ,
350
Suite de tout ce qui s'eft passé à
l'occafion dela naiffance de Monfeigneur le Duc d'Anjou , 380
Nouveaux Officiers Generaux ,
Article refervez
"
383
385
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Résumé : TABLE.
Le document est une table des matières d'un texte historique détaillant divers événements. Il commence par un prélude soulignant la bonté du roi, qui accorde une donation gratuite aux États d'Artois. Plusieurs articles traitent de décès, dont une lettre d'Argentan relatant des faits singuliers. Un article impose l'obligation d'assister à la messe paroissiale. La dignité de prévôt de Saint-Paul de Liège est confiée à Monsieur le Comte de Berlo, évêque de Namur. À Lyon, une fondation est créée pour des prières pendant les trois derniers jours du Carnaval. L'ouverture de l'assemblée générale du clergé est décrite, avec les cérémonies observées à la messe du Saint-Esprit et un extrait du sermon prêché ce jour-là. Une fête galante est organisée au château de Gontier pour la naissance de Monseigneur le Duc d'Anjou. Le testament de Monsieur l'Archevêque de Reims lègue sa bibliothèque à l'abbaye de Sainte-Geneviève. Une cloche est baptisée à Rennes par Monsieur le Maréchal de Châteaurenault et Madame de Brillac. Des thèses sont soutenues dans les écoles de droit, où Monsieur l'Abbé du Gué de Launay reçoit le bonnet de docteur. Des événements à Versailles impliquent le Cardinal de Noailles et les commissaires du roi. La situation des affaires de l'Europe et divers autres événements, comme la nomination de nouveaux officiers généraux, sont également mentionnés.
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2489
s. p.
Avis pour placer les Figures.
Début :
L'Air qui commence par, Plus le Char du Soleil, doit regarder [...]
Mots clefs :
Figures
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Avis pour placer les Figures.
Avispourplacer les Figures.
L'Air qui commence par ,
Plus le Ghar du Soleil , doit regarder la page 200.
H
Celuy qui commencé par ,
On n'entend plus aux Champs ,
doit regarder la page 35
L'Air qui commence par ,
Plus le Ghar du Soleil , doit regarder la page 200.
H
Celuy qui commencé par ,
On n'entend plus aux Champs ,
doit regarder la page 35
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2490
s. p.
« Comme il est impossible dans la conjoncture presente de ne pas grossir [...] »
Début :
Comme il est impossible dans la conjoncture presente de ne pas grossir [...]
Mots clefs :
Mercure, Frais
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Comme il est impossible dans la conjoncture presente de ne pas grossir [...] »
om
Omine il eft impoffible dans la conjoncture prefente de ne pas groffir
le Mercure, ce qui en augmente confiderablement les frais , on ne peut fe difpenfer d'en augmenter auffi le prix. Ainfi les
volumes quiferont reliez en veau ſe vendront dorefnavant 38. fols. Quant
aux volumes qui feront reliez en parche
min , on n'en payera que trente- cinq.
Les Relations fe vendront autant que
les Mercures.
Chez MICHEL BRUNET, grande
Salle du Palais , au Mercure
Galant.
M. DCCX.
Avec Privilege du Roy.
Omine il eft impoffible dans la conjoncture prefente de ne pas groffir
le Mercure, ce qui en augmente confiderablement les frais , on ne peut fe difpenfer d'en augmenter auffi le prix. Ainfi les
volumes quiferont reliez en veau ſe vendront dorefnavant 38. fols. Quant
aux volumes qui feront reliez en parche
min , on n'en payera que trente- cinq.
Les Relations fe vendront autant que
les Mercures.
Chez MICHEL BRUNET, grande
Salle du Palais , au Mercure
Galant.
M. DCCX.
Avec Privilege du Roy.
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Résumé : « Comme il est impossible dans la conjoncture presente de ne pas grossir [...] »
En 1709, les prix des publications 'Mercure' et 'Relations' augmentent en raison des coûts de production. Les volumes en veau coûtent 38 sols, ceux en parchemin 35 sols. Les 'Relations' sont au même prix que les 'Mercures'. Les publications sont disponibles chez Michel Brunet au Mercure Galant. Un privilège royal est mentionné.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2491
s. p.
AU LECTEUR.
Début :
Il y a lieu de croire qu'on ne lit plus l'Avis qui a [...]
Mots clefs :
Lecteur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AU LECTEUR.
AULECTEUR.
ILya lieu de croire qu'on
ne lit plus l'Avis qui a
efté mis depuistant d'années
au commencement de chaque
Volume du Mercure , puif
que malgré les prieres réiterées qu'on afaites d'écrire en
caracteres lifibles les Noms
propres quife trouvent dans
les Memoires qu'on envoye.
pour eftre employez , on néglige de le faire , ce qui eft
caufe qu'il y en a quantité
AU LECTEUR
dedéfigurez, etant impoffible
dedeviner le nom d'une Terre , ou d'une Famille , s'il
n'eft bien écrit. On prie de
nouveau ceux qui en envoyent d'y prendre garde ,
s'ils veulent que les noms
propres foient corrects. On
avertitencorequ'on neprend
aucun argent pour ces Memoires, & quel'onemployera
tousles bons Ouvrages à leur
tour , pourvû qu'ils ne defobligent perfonne , & que
ceux qui les envoyeront en
affranchiffent le port.
ILya lieu de croire qu'on
ne lit plus l'Avis qui a
efté mis depuistant d'années
au commencement de chaque
Volume du Mercure , puif
que malgré les prieres réiterées qu'on afaites d'écrire en
caracteres lifibles les Noms
propres quife trouvent dans
les Memoires qu'on envoye.
pour eftre employez , on néglige de le faire , ce qui eft
caufe qu'il y en a quantité
AU LECTEUR
dedéfigurez, etant impoffible
dedeviner le nom d'une Terre , ou d'une Famille , s'il
n'eft bien écrit. On prie de
nouveau ceux qui en envoyent d'y prendre garde ,
s'ils veulent que les noms
propres foient corrects. On
avertitencorequ'on neprend
aucun argent pour ces Memoires, & quel'onemployera
tousles bons Ouvrages à leur
tour , pourvû qu'ils ne defobligent perfonne , & que
ceux qui les envoyeront en
affranchiffent le port.
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Résumé : AU LECTEUR.
Le Mercure demande aux auteurs de rendre lisibles les noms propres dans leurs mémoires pour éviter les erreurs d'identification. La publication n'offre aucun paiement mais utilise tous les bons ouvrages reçus, à condition qu'ils ne nuisent à personne. Les auteurs doivent affranchir leurs envois.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2492
p. 5-9
Prélude qui contient plusieurs faits curieux qui regardent le Roy. [titre d'après la table]
Début :
Je ferois un Volume entier si je vous rapportois tout [...]
Mots clefs :
Religion, Roi, Dieu
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Prélude qui contient plusieurs faits curieux qui regardent le Roy. [titre d'après la table]
E ferois un Volume entier
je vous rapportois tout
ce que l'on a dit à l'égard du
Roy dans la Chaire de verité
dans tous les Sermons qui ont
efté faits pendant tout le Caref
medans tout le Royaume , afin
A iij
6 MERCURE
d'exciter les Peuples à prier
Dieu pour un fi grand Monarque dans les conjonctures
prefentes , & fur tout de l'obligation qu'ils luy avoient
d'avoir tout facrifié pour eux ,
& pour la gloire de Dieu & de
la Religion. Je vous rapporteray feulement ce que
Brunet,de l'Ordre de S. Auguf
tin de la Congregation de S.
Ruf, qui a prêché le Carefme
dernier devant M's les Comtes de Lyon , a dit dans celuy
qu'il fit fur le Scandale , qui eut
grands applaudiffemens. Il
parla de la revocation de l'Ele Pere
GALANT 7
dit de Nantes , & de l'extinction de la Religion Proteftante en France. Il dit que lefcandale que caufoit à l'Eglife de
France l'égarement d'une partie
defes enfans lafaifoit gemir &
la rempliffoit d'amertume ; que
le Roy , toûjours zelé pour ſa
Religion, & fermant les yeux
fur tous les avantages qu'une conduite contraire pouvoit luy apporter , avoit rétabli le culte du
ray Dieu dans fes Etats : plus
Grandparce feal endroit que
les Heros de l'Antiquité que
l'Hiftoire nous vante tant. Le
zele de la Religion & de la MaiAiiij .
tous
8 MERCURE
fon deDieu, ont fait , ajoûta'til , taire en luy toutes les autres
paffions , & il n'a écouté que celle
defairefervirfon Dieu.
que nous
Je crois devoir ajoûter icy
ce que Mrle Prefident de Mefmes dit en parlant du Roy le
jour de fa reception à l'Academie Françoife. Tel
avons vû le Roy dans la profperité defes Armes toûjours victorieufes fous fa conduite , tel nous
le voyons aujourd'huy , que tant
de Nations jaloufes de fa gloire
fefont réunies contre luy, &que
les Saifons mefme ont ſembléſe
foulever contre l'Empire Fran-
GALANT 9
çois ; qu'aurois-je dit qui ne foit
de beaucoup inferieur à la
deur à la nobleffe de fon caractere?
gran
la
Il fçait ce Prince auffi diftingué
parfapieté quepar laprééminence
defa Couronne , que que les bons &
les mauvais fuccés viennent tous
de la main du Maistre des Rois ;
c'eft de l'a qu'iltire ce conftant
amourpourla Religion &pour
faineDoctrine; ce fonds inépuifable de reffources dans les temps les
plus difficiles , cette inébranlable
fermeté d'ame, cette force d'efprit
toujoursfuperieure à l'inconftance
aux caprices de la Fortune.
je vous rapportois tout
ce que l'on a dit à l'égard du
Roy dans la Chaire de verité
dans tous les Sermons qui ont
efté faits pendant tout le Caref
medans tout le Royaume , afin
A iij
6 MERCURE
d'exciter les Peuples à prier
Dieu pour un fi grand Monarque dans les conjonctures
prefentes , & fur tout de l'obligation qu'ils luy avoient
d'avoir tout facrifié pour eux ,
& pour la gloire de Dieu & de
la Religion. Je vous rapporteray feulement ce que
Brunet,de l'Ordre de S. Auguf
tin de la Congregation de S.
Ruf, qui a prêché le Carefme
dernier devant M's les Comtes de Lyon , a dit dans celuy
qu'il fit fur le Scandale , qui eut
grands applaudiffemens. Il
parla de la revocation de l'Ele Pere
GALANT 7
dit de Nantes , & de l'extinction de la Religion Proteftante en France. Il dit que lefcandale que caufoit à l'Eglife de
France l'égarement d'une partie
defes enfans lafaifoit gemir &
la rempliffoit d'amertume ; que
le Roy , toûjours zelé pour ſa
Religion, & fermant les yeux
fur tous les avantages qu'une conduite contraire pouvoit luy apporter , avoit rétabli le culte du
ray Dieu dans fes Etats : plus
Grandparce feal endroit que
les Heros de l'Antiquité que
l'Hiftoire nous vante tant. Le
zele de la Religion & de la MaiAiiij .
tous
8 MERCURE
fon deDieu, ont fait , ajoûta'til , taire en luy toutes les autres
paffions , & il n'a écouté que celle
defairefervirfon Dieu.
que nous
Je crois devoir ajoûter icy
ce que Mrle Prefident de Mefmes dit en parlant du Roy le
jour de fa reception à l'Academie Françoife. Tel
avons vû le Roy dans la profperité defes Armes toûjours victorieufes fous fa conduite , tel nous
le voyons aujourd'huy , que tant
de Nations jaloufes de fa gloire
fefont réunies contre luy, &que
les Saifons mefme ont ſembléſe
foulever contre l'Empire Fran-
GALANT 9
çois ; qu'aurois-je dit qui ne foit
de beaucoup inferieur à la
deur à la nobleffe de fon caractere?
gran
la
Il fçait ce Prince auffi diftingué
parfapieté quepar laprééminence
defa Couronne , que que les bons &
les mauvais fuccés viennent tous
de la main du Maistre des Rois ;
c'eft de l'a qu'iltire ce conftant
amourpourla Religion &pour
faineDoctrine; ce fonds inépuifable de reffources dans les temps les
plus difficiles , cette inébranlable
fermeté d'ame, cette force d'efprit
toujoursfuperieure à l'inconftance
aux caprices de la Fortune.
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Résumé : Prélude qui contient plusieurs faits curieux qui regardent le Roy. [titre d'après la table]
Le texte traite de la dévotion et des actions du roi de France en matière de religion. Un volume entier pourrait détailler les sermons prononcés pendant le Carême pour encourager les peuples à prier pour le roi. Brunet, un moine augustin, a prêché devant les Comtes de Lyon, soulignant la révocation de l'Édit de Nantes et l'extinction du protestantisme en France. Il a loué le zèle du roi pour la religion catholique et a comparé ses actions à celles des héros de l'Antiquité, notant que le roi avait rétabli le culte du vrai Dieu malgré les avantages potentiels d'une autre conduite. Le Président de Mesmes, lors de sa réception à l'Académie Française, a également loué le roi pour sa conduite victorieuse et son amour constant pour la religion, même face à l'adversité.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2493
p. 10-16
Article qui contient les particularitez de la vie de cinq personnes qui sont mortes âgées de plus de cent ans, dont on a appris la mort sans avoir sçu des particularitez de la vie. [titre d'après la table]
Début :
Je passe à des Articles de Morts qui feront souhaiter à [...]
Mots clefs :
Âge, Centenaires, Jours, Vécu
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Article qui contient les particularitez de la vie de cinq personnes qui sont mortes âgées de plus de cent ans, dont on a appris la mort sans avoir sçu des particularitez de la vie. [titre d'après la table]
Je paffe à des Articles de
Morts qui feront fouhaiter à
tous ceux qui les litont , une
auffi longue vie à ce Monarque que celle de ceux qui en
font le fujet. Vous avez déja
vû dans les Nouvelles publiques , l'âge de ceux dontje vais
vous parler ; mais comme elles
n'ont pas affez de place pour
s'étendre fur ce qui les regarde ,
je crois devoir l'ajoûter icy
& vous faire connoiftre combien leur fanté a esté parfaite
pendant la durée de plus d'un
fiecle qu'ils ont vécu , & vous
apprendre les circonſtances de
GALANT 11
leur mort , n'eftant morts pour
ainfi dire , que parce qu'il faut
mourir, & fans que leurs forces fuffent diminuées jufques à
leur dernier moment , ou du
moins à quelques jours prés.
Je commence par celuy qui eft
mort le plus jeune.
Dominique Mailhos mourut le 23. Decembre dernier
âgé de cent & un an dans la
Paroiffe de Saint Lis prés de
l'Ifle en Jordain. Il eftoit né à
à l'Ifle en Jordain , & il ſe maria à l'âge de 30. ans. Il fut
enfuite Métayer pendant 46.
ans chez Mr le Gardeus ; it
12 MERCURE
>
quitta la Métayerie & alla demeurer chez fon gendre , où
il est mort. Il a confervé fon
bon fens jufqu'à quinze jours
avant la mort, & il fut confeffé la veille qu'il le perdit.
Martin du Clerc Manouvrier du Village d'Alaigneu
prés de Peronne , eft mort âgé
de cent quatre ans. Il a toujoursconfervé unefantéfi parfaite & une fi grande vigueur
qu'il dit un an avant la mort,
qu'il commençoit àfentir qu'il
devenoit vieux , parce qu'il ne
pouvoit plus porter trois mines de bled ; c'est- à- dire envi-
GALANT 13
ron cent cinquante pefant fur
fa tefte , depuis le Monaftere
du Mont Saint Quentin juf
qu'à fa maiſon , qui en eft à
une petite demie-licuë.
Michel de Gourgues , Sieur
de Lobuge , ancien Procureur
au Siege Prefidial de Xaintes ,
eft mort âgé de cent cinq ans
& huit mois. Il s'eft toûjours
bien porté , & n'a eſté
jours malade. Il alla encore à
la Chaffe quelques jours avant
fa mort , cftant fort gay , &
fautant & danfant. Ileft mort
d'une retention d'urine.
que fix
Mr Caftera Avocat au Par-
14 MERCURE
lement de Bordeaux , y eſt
mort âgé de cent dix ans dix
mois & dix jours. Il fut élû
Jurat de la même Ville l'an
1648. & a toûjours vêcu fans
avoir eu la moindre incommodité. Il a confervé fon bon
fens juſqu'à la derniere heure
de fa vie.
Mre Guillaume de Labbat
eft mort à la Fléche âgé de
cent onze ans. Il eftoit fils de
Guillaume de Labbat & de
Marie d'Antin. Il avoit commencé à fervir le Roy Louis
XIII. dans fon Regiment des
Gardes , dés l'âge de quatorze
CALANT 15
ans , & il avoit continué de
fervir Louis XIV. juſqu'àl'âge de quarante- cinq ans qu'il
fe retira avec Mr le Marquis
de la Varennes Lieutenant de
Roy d'Anjou & Gouverneur
de la Fléche. Il a paffé pour un
des plus braves de fon temps.
Il avoit une memoire prodigieufe qu'il a confervée jufqu'à la mort. En effet il fe fouvenoit des plus particuliers
évenemens du fiecle dernier ,
qu'il rapportoit d'une maniere
fort agreable. Il marchoit librement & fans bâton , écrivoit & lifoit fans lunettes ; &
16 MERCURE
il n'a efté qu'un jour malade.
Auffi avoit il vêcu fort fobrement juſqu'au jour de ſa mort
Morts qui feront fouhaiter à
tous ceux qui les litont , une
auffi longue vie à ce Monarque que celle de ceux qui en
font le fujet. Vous avez déja
vû dans les Nouvelles publiques , l'âge de ceux dontje vais
vous parler ; mais comme elles
n'ont pas affez de place pour
s'étendre fur ce qui les regarde ,
je crois devoir l'ajoûter icy
& vous faire connoiftre combien leur fanté a esté parfaite
pendant la durée de plus d'un
fiecle qu'ils ont vécu , & vous
apprendre les circonſtances de
GALANT 11
leur mort , n'eftant morts pour
ainfi dire , que parce qu'il faut
mourir, & fans que leurs forces fuffent diminuées jufques à
leur dernier moment , ou du
moins à quelques jours prés.
Je commence par celuy qui eft
mort le plus jeune.
Dominique Mailhos mourut le 23. Decembre dernier
âgé de cent & un an dans la
Paroiffe de Saint Lis prés de
l'Ifle en Jordain. Il eftoit né à
à l'Ifle en Jordain , & il ſe maria à l'âge de 30. ans. Il fut
enfuite Métayer pendant 46.
ans chez Mr le Gardeus ; it
12 MERCURE
>
quitta la Métayerie & alla demeurer chez fon gendre , où
il est mort. Il a confervé fon
bon fens jufqu'à quinze jours
avant la mort, & il fut confeffé la veille qu'il le perdit.
Martin du Clerc Manouvrier du Village d'Alaigneu
prés de Peronne , eft mort âgé
de cent quatre ans. Il a toujoursconfervé unefantéfi parfaite & une fi grande vigueur
qu'il dit un an avant la mort,
qu'il commençoit àfentir qu'il
devenoit vieux , parce qu'il ne
pouvoit plus porter trois mines de bled ; c'est- à- dire envi-
GALANT 13
ron cent cinquante pefant fur
fa tefte , depuis le Monaftere
du Mont Saint Quentin juf
qu'à fa maiſon , qui en eft à
une petite demie-licuë.
Michel de Gourgues , Sieur
de Lobuge , ancien Procureur
au Siege Prefidial de Xaintes ,
eft mort âgé de cent cinq ans
& huit mois. Il s'eft toûjours
bien porté , & n'a eſté
jours malade. Il alla encore à
la Chaffe quelques jours avant
fa mort , cftant fort gay , &
fautant & danfant. Ileft mort
d'une retention d'urine.
que fix
Mr Caftera Avocat au Par-
14 MERCURE
lement de Bordeaux , y eſt
mort âgé de cent dix ans dix
mois & dix jours. Il fut élû
Jurat de la même Ville l'an
1648. & a toûjours vêcu fans
avoir eu la moindre incommodité. Il a confervé fon bon
fens juſqu'à la derniere heure
de fa vie.
Mre Guillaume de Labbat
eft mort à la Fléche âgé de
cent onze ans. Il eftoit fils de
Guillaume de Labbat & de
Marie d'Antin. Il avoit commencé à fervir le Roy Louis
XIII. dans fon Regiment des
Gardes , dés l'âge de quatorze
CALANT 15
ans , & il avoit continué de
fervir Louis XIV. juſqu'àl'âge de quarante- cinq ans qu'il
fe retira avec Mr le Marquis
de la Varennes Lieutenant de
Roy d'Anjou & Gouverneur
de la Fléche. Il a paffé pour un
des plus braves de fon temps.
Il avoit une memoire prodigieufe qu'il a confervée jufqu'à la mort. En effet il fe fouvenoit des plus particuliers
évenemens du fiecle dernier ,
qu'il rapportoit d'une maniere
fort agreable. Il marchoit librement & fans bâton , écrivoit & lifoit fans lunettes ; &
16 MERCURE
il n'a efté qu'un jour malade.
Auffi avoit il vêcu fort fobrement juſqu'au jour de ſa mort
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Résumé : Article qui contient les particularitez de la vie de cinq personnes qui sont mortes âgées de plus de cent ans, dont on a appris la mort sans avoir sçu des particularitez de la vie. [titre d'après la table]
Le texte décrit la vie et la mort de plusieurs individus ayant atteint un âge avancé. Dominique Mailhos, métayer, est décédé à 101 ans à l'Isle en Jordain, conservant ses facultés mentales jusqu'à quinze jours avant sa mort. Martin du Clerc, manœuvre, est mort à 104 ans près de Peronne, en bonne santé jusqu'à un an avant son décès. Michel de Gourgues, ancien procureur, est décédé à 105 ans et 8 mois, en bonne santé jusqu'à sa mort causée par une rétention d'urine. Monsieur Caftera, avocat à Bordeaux, est mort à 110 ans, 10 mois et 10 jours, sans jamais avoir connu de problème de santé. Enfin, Monsieur Guillaume de Labbat est décédé à la Flèche à 111 ans, ayant servi les rois Louis XIII et Louis XIV, et conservant une mémoire prodigieuse et une santé robuste jusqu'à sa mort.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2494
p. 16-32
Suite du premier Article des morts parmy lesquels il s'en trouve d'étrangeres assez curieuses. [titre d'après la table]
Début :
Je passe à quelques autres Articles de Morts. Dame N... [...]
Mots clefs :
N... De Sève, Jacques Aymar, Mr Gallé, Mr Mevius, Jurisprudence
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texteReconnaissance textuelle : Suite du premier Article des morts parmy lesquels il s'en trouve d'étrangeres assez curieuses. [titre d'après la table]
e paffe à quelques autres
Articles de Morts.
Dame N.... de Seve veuve
de Mre N.....de Vidaud Seigneur de la Tour & Procureur
General au Parlement de Grenoble , eft morte âgée d'environ quatre - vingts ans. Elle
eftoit foeur de feu Mr de Seve,
Seigneur de Flecheres , Lieutenant general au Prefidial de
Lyon , & fille de Mr de Flecheres qui avoit eu le même
Employ, & de Dame N……….du
GALANT 17
Gué- Bagnols Confeiller d'Etat , dont je vous ay appris la
mort. Ainfi cette Dame eftoit
fa coufinegermaine , de même
que feu Mr du Gué Intendant
de Lyon. Elle étoit tante de Mr
de Flecheres aujourd'huy Lieutenant general du Prefidial de
la même Ville , & premier Prefident de la Cour des Monnoyes , & un des plus habiles
Magiftrats du Royaume. L'ancienneté & l'illuftration de la
Maifon de Seve font connuës.
Il y en a une branche établie à
Paris depuis long- temps. Mr
l'Evêque d'Arras & Mrl'Abbé
Avril 1710. B
18 MERCURE
d'Izy font à prefent les Chefs
de cette branche. Feu Mr de Seve Premier Prefident & Intendant de Mets , cftoit frere de
ce Prelat , & Mr de Seve leur
pere Prevoft des Marchands
de la Ville de Paris avoit épousé
une heritiere de la Maifon de
Rochechouart , dont Mr l'Evêque d'Arras porte même aujourd'huy le nom & les armes.
Mr de la Tour- Vidaud époux
de la Dame dont je vous apprens la mort , avoit efté longtemps Procureur du Roy au
Prefidial de Lyon avant d'éftre
Procureur General au Parle-
GALANT 19
ment de Grenoble. C'eftoit
en ce temps là une tres belle
Charge, parce qu'il eftoit alors
Procureur du Roy de la Confervation , dont la Jurifdiction
quiregarde les affaires des Marchands , stend dans tout le
Royaume. Mr de la Tour- Vidaud a eu de cette Dame, Mr
de la Tour - Vidaud aujourd'huy Procureur General au
Parlement de Grenoble & qui
a époufé Mlle de Simianes , cidevant Fille - d'Honneur de S.
A. R. Madame , & fœur de Mr
le Marquis de Simianes Colonel de Cavaleric ; il a eu aufli
Bij
20 MERCURE
Me de Seve épouse de Mr de
Seve Prefident à Mortier au
Parlement de Grenoble , &
dont le fils a la même Charge.
Le fameux Jacques Aymar
dont on a tant parlé il y a quel
que années au fujet de la Baguette , eft mort depuis quelque temps à Saint Verant ,
Village du Dauphiné , où il
fa mort
cftoit né. La vie de cet homme
a efté fi extraordinaire & fi
remplie d'événemens finguliers que j'ay crû que
ne paroîtroit pas tout à fait
indifferente. Il cachoit fous un
exterieur extrêmement fimple
1
GALANT 21
& même un peu groffier , un
efprit fort délié &fort propre
à conduire délicatement une
rufe : Il parloit avec fimplicité
& cachoit autant qu'il pouvoit
l'art dont fon efprit étoit plein;
mais les connoiffeurs jugeoient
en l'examinant de prés , qu'il
avoit beaucoup plus d'efprit
qu'il n'en laiffoit voir. Il fit un
des premiers effais des vertus de
fabaguette par occaſion dans un
Village à demi lieuë de celuy
où il demeuroit. Il y avait
efté appellé pour chercher
des fources , & avant le diner
eftant forti en tenant fa Ba-
22 MERCURE
guette , il fut furpris de ce
qu'elle tournoit avec un mouvement extrêmement violent.
Il crut qu'il y avoit en cet endroit-là des fources , felon ce
qu'il a dit pluſieurs fois à Mr
le Procureur general du Parlement de Grenoble qui l'aimoit
beaucoup , mais on fut bien
furpris de trouver à deux ou
trois pieds en terre, le cadavre
d'un homme qui avoit eſté
fans doute affaffiné quelques
années auparavant. Feu Mr
Garnier Medecin de Lyon a
écrit touchant les avantures de
Jacques Aymar , qui eft mort
GALANT 23
âgé d'environ 60. ans.
Vous trouverez beaucoup
de faits curieux dans les deux
Articles fuivans.
Mr Gallé , homme d'une
grande réputation , eft mort
en Hollande regretté de tous
les Sçavans & de tous ceux qui
avoient quelques relations avec
luy. Il a fini fes jours à Campen , & il a travaillé jufqu'au
dernier moment de fa vie. On
a de ce fçavant homme un
grand ouvrage fur les Livres
Sibyllins , où il a ramaffé tout
ce qu'on peut dire de plus fort
fur cette matiere ; & il eft peu
24 MERCURE
d'Autheurs qui ayent cfté plus
loin dans ces fortes de recherches. On trouve dans cet ou-
"vrage une critique exacte & judicieufe , un gouft fûr pour
juger des écrits des anciens Auteurs & une connoiffance parfajte de l'Antiquité la plus éloignée Mr Gallé avoit commencé un peu avant fa mort une
nouvelle édition de Minutius
Felix , cet habile Apologifte de
la Religion Chreftienne , & il
en avoit auffi prefque achevé
une de Lactance de qui nous
avons un fi beau Traité De
morte perfecutorum , c'eſt- à- dire
GALANT 25
de la mortdes Perfecuteurs ; mais
la mort l'ayant empêché de
mettre la derniere main à cer
ouvrage , il a laiffé le foin du
dernier à un de fes Amis de
Campen. Il eftoit tres - verſé
dans la lecture des anciens Peres , & il s'eftoit fait toute
ſa vie une habitude d'en penetrer le fens & d'entrer dans
l'efprit de ces faints Auteurs
en lifant leurs ouvrages. S'il
avoit vêcu encore quelques années, il auroit donné de pretieux veftiges d'Antiquité , &
il s'eſtoit fait ſur cela un plan
Avril 1710. C.
26 MERCURE
d'étude qui auroit cfté bich
utile au Public.
Mr Mevius Jurifconfulte ,
Confeiller Privé du Roy de
Suede , & Vice President du
Confeil Souverainde Wilmar,
eft mort. Ce grand Magiftrat
s'elt rendu celebre par laJurif
prudence univerfelle és commune
desgens.Le Royde Suede Charles X. l'envoya à Vienne en
1661. pour vuider les differends que a Suede avoit avec
la Cour Imperiale: touchant
l'Inveftiture des Provinces Sue
doifes en Allemagne , qui
avoient efté cedées à certe Cou-
.
GALANT 27
rohne par la Paix de Weftphalie de plein droit en Fiefs perpetuels immediats de l'Empire; il fit fur cela unTraité qui
parut en 1662. à Stralzund.
Il fut Arbitre nommé par la
Suede , & Mr Courtin le fut
par la France pour terminer
a l'amiable les differends qui
s'éleverent au ſujet de quelques
droits il y a quelques années
ehrre Mr le Prince Palatin
d'une parc , Mr FElecteur de
Mayence comme Evêque de
Wormes & de Wirtzbourg ,
Mr l'Electeur de Baviere , &
quelques autres Princes. Mr
Cij
28 MERCURE
Mevius publia les Actes de cette Conference & la Sentence
arbitrale. Il fut employé il y a
quelques années à faire tout le
Reglement des Provinces Sucdoifes enAllemagne. Ses Commentaires fur le droit de Lubec
ont cu unfi grand fuccés qu'ils
ont efté réimprimez fept ou
huit fois. Les Prolegomenes
qui font au-devant de l'ouvra
ge en dix queftions traitées à.
fond , font excellens . On a fait
huit éditions de fes Decifions
qui font autant de chofes jugées & qui font au nombrede
3410. divifées en neufparties.
GALANY 29
On les cite de même que fes
Commentaires dans les plus
celebres Tribunaux. Quelques
Jurifconfultes de Leipfic les
ont redigées en ordre felon les
livres & les titres des Pandectes.
Un Jurifconfulte de Mayence
a mis les mêmes Decifions par
ordre des Titredu Code, à l'imitation du Code d'Antoine
Faure. Mr Struvius le fils
dans fa Bibliotheque choifre
de Droit , les loue beaucoup.
Nousavons du même Mr Mcvius un Traité de l'Amniftie ,
un autre des Voyes d'Arreft
tant fur les perfonnes que fur
Ciij
30 MERCURE
les biens. Un Traité fur les
moyens de foulager les Debiteurs ruinez par les calamitez
de la guerre ou par d'autres
malheurs ; une diſpute fort am
ple de Metatis & Epidemiticis ;
un Traité de Penfionariis , &
divers Traitez en Langue Allemande. On a imprimé auffi fes
Confeils ou Deliberations ou
regne par tout un folide jugement. Mr. Mevius après avoir
achevé fon ouvrage de la Jurif
prudence univerfelle & continuant à lire quantité d'Auteurs
graves tant anciens que modernes , en avoit cxtrait quel
1
GALANT 31
ques paffages tres importans
qu'il vouloit inferer en leur
place dans fon ouvrage , mais
la mort l'ayant prevenu , Mr
d'Engelbrechten fon gendre ,
Confeiller d'Etat & Vice- Di
recteur des Cours deJuſtice du
Roy de Suede aux Duchez de
Breme & de Vorde , a executé
fes intentions, Mr d'Engel,
brechten eft un homme d'un
merite extraordinaire & d'une
profonde érudition , & il a
ajoûté à cet ouvrage un Indice
tres - ample & tres - exact des
matieres , ce qui rend le Livre
tres-utile. Mr Mevius a été fort
G.iiij
32 MERCURE
loüé par Mr Hertzius Profeffeur deJurifprudence à Gieffen, dans fa Differtation de la
Juriſprudence univerſelle
Articles de Morts.
Dame N.... de Seve veuve
de Mre N.....de Vidaud Seigneur de la Tour & Procureur
General au Parlement de Grenoble , eft morte âgée d'environ quatre - vingts ans. Elle
eftoit foeur de feu Mr de Seve,
Seigneur de Flecheres , Lieutenant general au Prefidial de
Lyon , & fille de Mr de Flecheres qui avoit eu le même
Employ, & de Dame N……….du
GALANT 17
Gué- Bagnols Confeiller d'Etat , dont je vous ay appris la
mort. Ainfi cette Dame eftoit
fa coufinegermaine , de même
que feu Mr du Gué Intendant
de Lyon. Elle étoit tante de Mr
de Flecheres aujourd'huy Lieutenant general du Prefidial de
la même Ville , & premier Prefident de la Cour des Monnoyes , & un des plus habiles
Magiftrats du Royaume. L'ancienneté & l'illuftration de la
Maifon de Seve font connuës.
Il y en a une branche établie à
Paris depuis long- temps. Mr
l'Evêque d'Arras & Mrl'Abbé
Avril 1710. B
18 MERCURE
d'Izy font à prefent les Chefs
de cette branche. Feu Mr de Seve Premier Prefident & Intendant de Mets , cftoit frere de
ce Prelat , & Mr de Seve leur
pere Prevoft des Marchands
de la Ville de Paris avoit épousé
une heritiere de la Maifon de
Rochechouart , dont Mr l'Evêque d'Arras porte même aujourd'huy le nom & les armes.
Mr de la Tour- Vidaud époux
de la Dame dont je vous apprens la mort , avoit efté longtemps Procureur du Roy au
Prefidial de Lyon avant d'éftre
Procureur General au Parle-
GALANT 19
ment de Grenoble. C'eftoit
en ce temps là une tres belle
Charge, parce qu'il eftoit alors
Procureur du Roy de la Confervation , dont la Jurifdiction
quiregarde les affaires des Marchands , stend dans tout le
Royaume. Mr de la Tour- Vidaud a eu de cette Dame, Mr
de la Tour - Vidaud aujourd'huy Procureur General au
Parlement de Grenoble & qui
a époufé Mlle de Simianes , cidevant Fille - d'Honneur de S.
A. R. Madame , & fœur de Mr
le Marquis de Simianes Colonel de Cavaleric ; il a eu aufli
Bij
20 MERCURE
Me de Seve épouse de Mr de
Seve Prefident à Mortier au
Parlement de Grenoble , &
dont le fils a la même Charge.
Le fameux Jacques Aymar
dont on a tant parlé il y a quel
que années au fujet de la Baguette , eft mort depuis quelque temps à Saint Verant ,
Village du Dauphiné , où il
fa mort
cftoit né. La vie de cet homme
a efté fi extraordinaire & fi
remplie d'événemens finguliers que j'ay crû que
ne paroîtroit pas tout à fait
indifferente. Il cachoit fous un
exterieur extrêmement fimple
1
GALANT 21
& même un peu groffier , un
efprit fort délié &fort propre
à conduire délicatement une
rufe : Il parloit avec fimplicité
& cachoit autant qu'il pouvoit
l'art dont fon efprit étoit plein;
mais les connoiffeurs jugeoient
en l'examinant de prés , qu'il
avoit beaucoup plus d'efprit
qu'il n'en laiffoit voir. Il fit un
des premiers effais des vertus de
fabaguette par occaſion dans un
Village à demi lieuë de celuy
où il demeuroit. Il y avait
efté appellé pour chercher
des fources , & avant le diner
eftant forti en tenant fa Ba-
22 MERCURE
guette , il fut furpris de ce
qu'elle tournoit avec un mouvement extrêmement violent.
Il crut qu'il y avoit en cet endroit-là des fources , felon ce
qu'il a dit pluſieurs fois à Mr
le Procureur general du Parlement de Grenoble qui l'aimoit
beaucoup , mais on fut bien
furpris de trouver à deux ou
trois pieds en terre, le cadavre
d'un homme qui avoit eſté
fans doute affaffiné quelques
années auparavant. Feu Mr
Garnier Medecin de Lyon a
écrit touchant les avantures de
Jacques Aymar , qui eft mort
GALANT 23
âgé d'environ 60. ans.
Vous trouverez beaucoup
de faits curieux dans les deux
Articles fuivans.
Mr Gallé , homme d'une
grande réputation , eft mort
en Hollande regretté de tous
les Sçavans & de tous ceux qui
avoient quelques relations avec
luy. Il a fini fes jours à Campen , & il a travaillé jufqu'au
dernier moment de fa vie. On
a de ce fçavant homme un
grand ouvrage fur les Livres
Sibyllins , où il a ramaffé tout
ce qu'on peut dire de plus fort
fur cette matiere ; & il eft peu
24 MERCURE
d'Autheurs qui ayent cfté plus
loin dans ces fortes de recherches. On trouve dans cet ou-
"vrage une critique exacte & judicieufe , un gouft fûr pour
juger des écrits des anciens Auteurs & une connoiffance parfajte de l'Antiquité la plus éloignée Mr Gallé avoit commencé un peu avant fa mort une
nouvelle édition de Minutius
Felix , cet habile Apologifte de
la Religion Chreftienne , & il
en avoit auffi prefque achevé
une de Lactance de qui nous
avons un fi beau Traité De
morte perfecutorum , c'eſt- à- dire
GALANT 25
de la mortdes Perfecuteurs ; mais
la mort l'ayant empêché de
mettre la derniere main à cer
ouvrage , il a laiffé le foin du
dernier à un de fes Amis de
Campen. Il eftoit tres - verſé
dans la lecture des anciens Peres , & il s'eftoit fait toute
ſa vie une habitude d'en penetrer le fens & d'entrer dans
l'efprit de ces faints Auteurs
en lifant leurs ouvrages. S'il
avoit vêcu encore quelques années, il auroit donné de pretieux veftiges d'Antiquité , &
il s'eſtoit fait ſur cela un plan
Avril 1710. C.
26 MERCURE
d'étude qui auroit cfté bich
utile au Public.
Mr Mevius Jurifconfulte ,
Confeiller Privé du Roy de
Suede , & Vice President du
Confeil Souverainde Wilmar,
eft mort. Ce grand Magiftrat
s'elt rendu celebre par laJurif
prudence univerfelle és commune
desgens.Le Royde Suede Charles X. l'envoya à Vienne en
1661. pour vuider les differends que a Suede avoit avec
la Cour Imperiale: touchant
l'Inveftiture des Provinces Sue
doifes en Allemagne , qui
avoient efté cedées à certe Cou-
.
GALANT 27
rohne par la Paix de Weftphalie de plein droit en Fiefs perpetuels immediats de l'Empire; il fit fur cela unTraité qui
parut en 1662. à Stralzund.
Il fut Arbitre nommé par la
Suede , & Mr Courtin le fut
par la France pour terminer
a l'amiable les differends qui
s'éleverent au ſujet de quelques
droits il y a quelques années
ehrre Mr le Prince Palatin
d'une parc , Mr FElecteur de
Mayence comme Evêque de
Wormes & de Wirtzbourg ,
Mr l'Electeur de Baviere , &
quelques autres Princes. Mr
Cij
28 MERCURE
Mevius publia les Actes de cette Conference & la Sentence
arbitrale. Il fut employé il y a
quelques années à faire tout le
Reglement des Provinces Sucdoifes enAllemagne. Ses Commentaires fur le droit de Lubec
ont cu unfi grand fuccés qu'ils
ont efté réimprimez fept ou
huit fois. Les Prolegomenes
qui font au-devant de l'ouvra
ge en dix queftions traitées à.
fond , font excellens . On a fait
huit éditions de fes Decifions
qui font autant de chofes jugées & qui font au nombrede
3410. divifées en neufparties.
GALANY 29
On les cite de même que fes
Commentaires dans les plus
celebres Tribunaux. Quelques
Jurifconfultes de Leipfic les
ont redigées en ordre felon les
livres & les titres des Pandectes.
Un Jurifconfulte de Mayence
a mis les mêmes Decifions par
ordre des Titredu Code, à l'imitation du Code d'Antoine
Faure. Mr Struvius le fils
dans fa Bibliotheque choifre
de Droit , les loue beaucoup.
Nousavons du même Mr Mcvius un Traité de l'Amniftie ,
un autre des Voyes d'Arreft
tant fur les perfonnes que fur
Ciij
30 MERCURE
les biens. Un Traité fur les
moyens de foulager les Debiteurs ruinez par les calamitez
de la guerre ou par d'autres
malheurs ; une diſpute fort am
ple de Metatis & Epidemiticis ;
un Traité de Penfionariis , &
divers Traitez en Langue Allemande. On a imprimé auffi fes
Confeils ou Deliberations ou
regne par tout un folide jugement. Mr. Mevius après avoir
achevé fon ouvrage de la Jurif
prudence univerfelle & continuant à lire quantité d'Auteurs
graves tant anciens que modernes , en avoit cxtrait quel
1
GALANT 31
ques paffages tres importans
qu'il vouloit inferer en leur
place dans fon ouvrage , mais
la mort l'ayant prevenu , Mr
d'Engelbrechten fon gendre ,
Confeiller d'Etat & Vice- Di
recteur des Cours deJuſtice du
Roy de Suede aux Duchez de
Breme & de Vorde , a executé
fes intentions, Mr d'Engel,
brechten eft un homme d'un
merite extraordinaire & d'une
profonde érudition , & il a
ajoûté à cet ouvrage un Indice
tres - ample & tres - exact des
matieres , ce qui rend le Livre
tres-utile. Mr Mevius a été fort
G.iiij
32 MERCURE
loüé par Mr Hertzius Profeffeur deJurifprudence à Gieffen, dans fa Differtation de la
Juriſprudence univerſelle
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Résumé : Suite du premier Article des morts parmy lesquels il s'en trouve d'étrangeres assez curieuses. [titre d'après la table]
Le texte relate plusieurs décès notables et les détails biographiques associés. Dame N.... de Seve, veuve de Mre N..... de Vidaud, Seigneur de la Tour et Procureur Général au Parlement de Grenoble, est décédée à environ quatre-vingts ans. Elle était la fille de Mr de Seve, Seigneur de Flecheres, Lieutenant général au Présidial de Lyon, et de Dame N……….du Gué-Bagnols, Conseiller d'État. Elle était la cousine germaine de feu Mr du Gué, Intendant de Lyon, et la tante de Mr de Flecheres, Lieutenant général du Présidial de Lyon et Premier Président de la Cour des Monnoyes. La famille de Seve est connue pour son ancienneté et son illustration, avec une branche établie à Paris. Les chefs actuels de cette branche sont Mr l'Évêque d'Arras et Mr l'Abbé d'Izy. Mr de la Tour-Vidaud, époux de la Dame, a été Procureur du Roi au Présidial de Lyon avant de devenir Procureur Général au Parlement de Grenoble. Ils ont eu plusieurs enfants, dont Mr de la Tour-Vidaud, Procureur Général au Parlement de Grenoble, et Mme de Seve, épouse de Mr de Seve, Président à Mortier au Parlement de Grenoble. Jacques Aymar, célèbre pour ses exploits avec la baguette divinatoire, est décédé à Saint Verant, village du Dauphiné, à environ soixante ans. Sa vie était marquée par des événements singuliers et une intelligence cachée sous une apparence simple. Mr Gallé, homme de grande réputation, est décédé en Hollande. Il a travaillé jusqu'à son dernier moment et a laissé un grand ouvrage sur les Livres Sibyllins. Il avait également commencé des éditions de Minutius Felix et de Lactance. Mr Mevius, Jurisconsulte et Conseiller Privé du Roi de Suède, est décédé. Il était célèbre pour sa jurisprudence universelle et a été envoyé à Vienne pour régler des différends entre la Suède et la Cour Impériale. Il a publié plusieurs traités et décisions juridiques, largement reconnus et cités dans les tribunaux. Son gendre, Mr d'Engelbrechten, a continué son œuvre après sa mort.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2495
p. 32-36
Jubilé de l'Université de Leipsick. Les Sçavans se souviennent qu'on doit à cette Ville-là, l'origine du Journal des Sçavans. [titre d'après la table]
Début :
Comme vous souhaitez d'apprendre ce qui se passe de plus [...]
Mots clefs :
Leipzig, Foire, Journal des savants, Jubilé de l'université
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texteReconnaissance textuelle : Jubilé de l'Université de Leipsick. Les Sçavans se souviennent qu'on doit à cette Ville-là, l'origine du Journal des Sçavans. [titre d'après la table]
Commevous ſouhaitez d'apprendre ce qui fe paffe de plus
curieux dans les Pays étrangers , je crois que l'Article fuivant vous fera d'autant plus
de plaifir qu'il n'y a perfonne
qui n'entende fouvent parler
de la fameufe Foire de Leipfick , & que l'on parle par toute
la terre du fameux Journal des
Sçavans qui fe fait dans la même Ville.
On celebra avec de grandes
magnificences à Leipfick au
GALANT 33
commencement du mois de
Decembre dernier le Jubilé de
l'Univerfité de cette Ville là' ,
je veux dire la revolution du
centenaire depuis ſon établiſfement. Le Mécredy 4. du même mois l'ouverture s'en fit
par unTe Deum que l'on chan-¨
ta en Muſique dans l'Eglife de
Saint Nicolas , au bruit d'une
triple décharge du canon. On
fit enfuite diverfes autres réjoüiffances dans lesquelles on
mêla plufieurs difcours d'éloquence fur ce fujet. On y parla'
prefque dans tous, mais d'une
maniere diverfifiée des grands
34 MERCURE
Hommes que cette Univerfité
a produits depuis fon établiſſement. L'éloge de Mrs de Leibnits qui fe font immortalifez
par tant de doctes écrits fortis
de leurs plumes , ne fut pas ou
blié. Celuy des premiers Auteurs du celebre Journal de
Leipfick , que l'on continue
avec beaucoup de fuccés depuis l'année 1682. fut auffi
traité avec toute la delicateffe
que meritoit ce fujet. Mr Menkenius qui y travaille à prefent
y fut loué d'une maniere d'au
tant plus delicate qu'il n'en
coûta rien à fa modeftie , puik
GALANT 35
qu'il n'y fut pas nommé. Plufieurs Princes d'Allemagne ,
venus à la celebre Foire de
Leipfick , furent de cette Fefte
& fe trouverent à ces Difcours
dont les Auteurs leur adreffe
rent des complimens où l'on
remarqua beaucoup de jufteffe
accompagnée dune grande delicateffe. Le foir même del'ou
verture de la ceremonie , il y
cut un grand repas où l'on
compta cent- cinquante perfonnes de diftinction qui y
avoient efté invitées. Il y eut
une fi grande profufion de
viandes que l'on vit dans les
1- y
36 MERCURE
cuifines trois bœufs entiers à
la broche. Par ces trois feules
pieces on peut juger de tout
le refte. On écrit que du feul
vin du Rhin ony en butvingtcinq pieces. Cette Fefte dura
trois jours entiers , & chaque
jour fut marqué par de nouveaux plaifirs Enfin les plus
âgez de Leipfick avoüérent
que depuis long - temps on
n'avoit vû un fi grand mouvement de plaifirs dans leur
Ville.
curieux dans les Pays étrangers , je crois que l'Article fuivant vous fera d'autant plus
de plaifir qu'il n'y a perfonne
qui n'entende fouvent parler
de la fameufe Foire de Leipfick , & que l'on parle par toute
la terre du fameux Journal des
Sçavans qui fe fait dans la même Ville.
On celebra avec de grandes
magnificences à Leipfick au
GALANT 33
commencement du mois de
Decembre dernier le Jubilé de
l'Univerfité de cette Ville là' ,
je veux dire la revolution du
centenaire depuis ſon établiſfement. Le Mécredy 4. du même mois l'ouverture s'en fit
par unTe Deum que l'on chan-¨
ta en Muſique dans l'Eglife de
Saint Nicolas , au bruit d'une
triple décharge du canon. On
fit enfuite diverfes autres réjoüiffances dans lesquelles on
mêla plufieurs difcours d'éloquence fur ce fujet. On y parla'
prefque dans tous, mais d'une
maniere diverfifiée des grands
34 MERCURE
Hommes que cette Univerfité
a produits depuis fon établiſſement. L'éloge de Mrs de Leibnits qui fe font immortalifez
par tant de doctes écrits fortis
de leurs plumes , ne fut pas ou
blié. Celuy des premiers Auteurs du celebre Journal de
Leipfick , que l'on continue
avec beaucoup de fuccés depuis l'année 1682. fut auffi
traité avec toute la delicateffe
que meritoit ce fujet. Mr Menkenius qui y travaille à prefent
y fut loué d'une maniere d'au
tant plus delicate qu'il n'en
coûta rien à fa modeftie , puik
GALANT 35
qu'il n'y fut pas nommé. Plufieurs Princes d'Allemagne ,
venus à la celebre Foire de
Leipfick , furent de cette Fefte
& fe trouverent à ces Difcours
dont les Auteurs leur adreffe
rent des complimens où l'on
remarqua beaucoup de jufteffe
accompagnée dune grande delicateffe. Le foir même del'ou
verture de la ceremonie , il y
cut un grand repas où l'on
compta cent- cinquante perfonnes de diftinction qui y
avoient efté invitées. Il y eut
une fi grande profufion de
viandes que l'on vit dans les
1- y
36 MERCURE
cuifines trois bœufs entiers à
la broche. Par ces trois feules
pieces on peut juger de tout
le refte. On écrit que du feul
vin du Rhin ony en butvingtcinq pieces. Cette Fefte dura
trois jours entiers , & chaque
jour fut marqué par de nouveaux plaifirs Enfin les plus
âgez de Leipfick avoüérent
que depuis long - temps on
n'avoit vû un fi grand mouvement de plaifirs dans leur
Ville.
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Résumé : Jubilé de l'Université de Leipsick. Les Sçavans se souviennent qu'on doit à cette Ville-là, l'origine du Journal des Sçavans. [titre d'après la table]
Le texte relate la célébration du centenaire de l'Université de Leipzig, début décembre. Les festivités ont débuté le 4 décembre avec un Te Deum à l'église Saint-Nicolas, suivi de salves de canon. Divers discours ont honoré les grands hommes issus de l'université, tels que Gottfried Wilhelm Leibniz et les auteurs du Journal des Sçavans, publié depuis 1682. Christian Wolff, directeur du journal, a été subtilement loué sans être nommé. Plusieurs princes allemands, présents pour la foire de Leipzig, ont assisté aux discours et reçu des compliments. Le jour de l'ouverture, un grand banquet a réuni cent cinquante personnes distinguées, avec trois bœufs entiers et vingt-cinq pièces de vin du Rhin. La fête a duré trois jours, offrant chaque jour de nouveaux divertissements. Les habitants âgés de Leipzig ont affirmé n'avoir jamais vu autant de réjouissances dans leur ville.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2496
p. 36-55
Diverses Theses curieuses soûtenuës à Stragbourg qui apprendront plusieurs faits historiques aussi sçavans que curieux. [titre d'après la table]
Début :
Avant que de quitter l'Allemagne, je dois vous parler de [...]
Mots clefs :
Thèses, Strasbourg, Université, Soutenance de thèse, Ecole de Médecine
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Diverses Theses curieuses soûtenuës à Stragbourg qui apprendront plusieurs faits historiques aussi sçavans que curieux. [titre d'après la table]
Avant que de quitter l'Allemagne , je dois vous parlerde
plufieurs Thefes qui ont elté
GALANT 37
foutenues à Strasbourg en divers temps. Vous en verrez les
fujets en les lifant , & vous y
apprendrez beaucoup de chofes qui regardent voſtre fexe ,
& plufieurs autres qui regardant la Medecine , peuvent
eftre utiles à tout le monde.
Mr Abraham Stadet foûtint il y a quelque temps une
Thefe dans l'Univerfité de
Strasbourg fur un fujet affez
fingulier , puifque c'eſt fur le
droit que peuvent avoir les
femmes de fucceder aux Fiefs :
De jure fucced endi mulierum in
feodis. Il fit d'abord voir qu'au-›
38 MERCURE
trefois il leur eftoit deffendu
d'y prétendre , parce que c'étoit le partage des mâles , qui
feuls font capables du fervice
militaire , en récompenfe duquel on donnoit ces terres . Mr
Stadet fe declara dans la difpure publique de l'opinion de
ceux qui excluënt la femme
fans retour , de la fucceffion
des Fiefs. Il s'agiffoit dans une
difficulté que propofa un Ecclefiaftique nommé Auxi , de
fçavoir fi une femme qui par
l'exiſtence d'un mâle a perdu
legitimement le droit de fuccéder à unFiefdoit en eftre pri-
GALANT 39
vée pour toûjours. Mr Stadẹt
fonda fon fentiment fur cé
paffage du Livre des Fiefs : Relicto mafculo ulteriusfœminæ non
admittuntur : & il foutine quê
le mot alteriùs emporte une exclufion perpetuelle quelque
changement qui puiffe arriver
dans la fuite. La feconde queftion & qui fut long- temps &
vivement agitée , fur tout parMr Mordat , fut de fçavoir fi
les femmes fuccedent & peuvent fucceder aux Fiefs qu'on
appelle Féminins , quelque favorable que foit aux femmes
la dénomination de ces fortes
40 MERCURE
de Fiefs , plufieurs Docteurs
penfent qu'aprés la mort de
ceile qui a eu originairement
un droit acquis par l'infcodation , le Fief retombe dans le
droit commun, &ne peut plus
appartenir qu'aux mâles. Mr
Stader ne fut pas de ce ſentiment , & il declara que la deftination primitive du titre d'infeodation decide de la qualité
des perfonnes qui font appelées
dans la fuite à la fucceffion du
fief. Ondifputa enfuite fur une
autre queftion fçavoir fi les
femmes doivent fucceder aux
Franc- Fiefs ; on entend par le
GALANT 41
mot de Franc. Fiefs , ceux qui
ne font chargez d'aucuns fervices. Ce Jurifconfulte foû- .
tint qu'il falloit en cela fuivre
la loy generale qui exclut les
femmes des Fiefs , tant qu'il y
a des mâles , à moins qu'elles
n'y foient appellées d'une maniere expreffe par l'inveftiture.
Il y eutune quatrième queſtion
qui fut vivement debattuë ,
une femmeau defaut de mâles,
a efté admife à la fucceffion
d'un Fief, un mâle qui malheureuſement furvient dans le
temps qu'on ne l'attendoit pas,
la prive- t- il de fon droit ? non
Avril 1710.
D
42 MERCURE
répond Mr Stadet , quelques
fois contraire, quelquefois auffi
favorable aux Dames; la femme en ce cas là , dit-il , conferve le droit qui luy a efté legi
timement acquis , parce que la
durée d'une proprieté jufte
dans fon principe , ne doit pas
dépendre du hazard & de l'incertitude des fuites. Decifion
qui fut applaudie par toute
l'affemblée. Un Fief eft acquis
pour un mâle ou pour une
fille feulement; toutes les filles
d'une même famille y ont elles
également part ? le choix , répondit Mr Stadet , appartient
4
GALANT 43
au Seigneur , il a droit de don,
ner l'inveftiture fur les Cenft
ves. Get Auteur diftingue les
heritages purement Cenfiers,
& ceux qui outre, le cons exigent encorela foy &hommage. Les femmes, felon luy, peuvent fucceder aux premiers ,
où il ne s'agit que d'un fimple
payement , mais elles ne peu
vent fucceder aux,feconds, qui
oblige au Service militaire. Les
femmes font elles capables
des Fiefs Ecclefiaftiques & doiron le demander , répondit Mr
Stadet : ici peu courtois , mais
on luy répondit que les TerDij
44 MERCURE
res Ecclefiaftiques fe défendent plus par les prieres & par
les larmes , que par les armes ;
& qu'ainfi ce moyen eft plus
propre aux femmes qu'aux
hommes. Il repliqua qu'il falloit s'en tenir au droit commun, qui n'admet les femmes
aux Fiefs que lorfque la conceffion eft en faveur de ce fexe,
ou que les deux fexes y font
également appellez.
MrPhilippe Frederic de Berckheim ſoutint auffi il y a quel
que temps dans l'Univerfité de
la mefme Ville, des Thefes pu
bliques fur les Affemblées de
GALANT 45
Nobleffe. Les titres de ces Thefes font tournez en Allemagne
d'une autre maniere qu'on ne
les tourne en France. Cet Auteur avoit déja traité de la
Nobleffe en general dans une
• autre Thefe ; & il traita en particulier dans celle- ci des Diettes qui fe tiennent parmi la
Nobleffe Allemande. Il exami
na d'abord fi les Nobles de
l'Empire peuvent s'affembler
fans le confentement de l'Empereur; il conclut pour l'affirmative ; mais il n'étendit pas
cerre liberté aux Affemblées
des Electeurs & des Princes de
1
46 MERCURE
I Empire. Il foutint qu'il n'y a
point de diftinction ny de fuperiorité entre eux , & il cita
à ce fujer ce qu'avoit dit Hen
ry IV. Roy de France : De ma.
brave & genereufe Nobleffe , je
ne diftinguepoint mes Princes pour
eftre notre plus beau titre , for de
Gentilhomme. Mr. Berckheim
parla enfuite de la convocation
des Nobles , les qualitez qu'il
faut avoir pour eftre convoqué , & les raifons qui peuvent
difpenfer de fe rendre au lieu
de la convocation. Qu'il faut
eftre Noble de race pour eftre
convoqué ; qu'il ne fuffit pas
GALANT 47
A
"
sd'eftre ennobly , & qu'il ne
fuffit pas auffi d'acheter & de
poffeder une Terre noble;l'Autour convine cependant qu'il y
Ja certains Ficfs qui ont le privilege d'ennoblir ceux qui les
poffedent , & qu'il n'y a que la
maladie ou d'autres raiſons indifpenfables qui les exemprent
de fe rendre eux- mêmes dans
-les Affemblées convoquées , &
-il dit que le temps & le lieu de
l'Affemblée des Nobles dépendent de l'ufage & des occa
hons , & que les matieres que
Pontraite dans ces Affemblées,
font generalement toutes col-
$14
48 MERCURE
les qui regardent le public, foit
pour la Religion , foit pour la
Police , & foit pour les contributions aux charges de l'Etat. Ces propofitions furent
attaquées par plufieurs perfonnes qui donnerent lieu à
Mr de Berckeim de faire briller fon érudition ; un jeune
Jurifconfulte , prétendit dans
Ja difpute qu'un Noble, chargé de la procuration d'un autre Noble pour la Diette, perd
fa qualité de Noble ; fondant
fon opinion fur la prevention
trop outrée contre la fonction
de Procureur.
Mr
GALANT 49
Mr Jean Martin Aulber a
foutenu dans le même lieu des
Thefes de Medecine fur l'épilepfie vermineufe , ayant pour
prefident Mr Jean - Valentin
Scheidius Docteur & Profeffeur en Medecine , & un des
Medecins de toute l'Allemagne le plus confulté. Mr Aul
ber un des plus doctes Candidats de l'Ecole de Strasbourg,
fit d'abord voir que les vers
font la caufe la plus ordinaire
de l'épilepfic des enfans ; fentiment dont il a pour garants
le celebre Mr Baglivi & l'Auteur du traité de la generation
Avril 1710. E
50 MERCURE
des vers ( Mr Andri. ) Il prouva d'ailleurs ce fentiment par
la femence des inteftins dont
les vers peuvent eftre aisément
picotés par une humeur vermincufe & par les vers. De là
il paffa au détail des fymptomes particuliers à l'épilepfic
vermineuſe , comme la démangeaifon du nez , la toux feche , les dejections de couleur
de cendres , le hocquet , l'haleine aigre, les terreurs fubites
pendant le fommeil , la dou- .
leur de ventre &c. Mr.Aulber
attribua la production des
vers dans les corps des enfans,
A
GALANT SI
à des mouches qui fe pofent ,
tantôt fur la boüillie des enfans , tantôt fur leur bouche,
qu elles laiffent quantité d'œufs
que les enfans avallent , & d'ou
naiffent des vers. Mr Redi , Mr
Raderus & le fçavant Auteur
du Livre de la generation des
Vers dans le corps humain,
ont traité avec étendue le mêmefajer, & Mr Aulber les cita tous avec éloge. Ce qu'il dit
enfuite du prognoftic qu'on
faire dans l'épilepfic verincufe fur écouté avec plaifir Ilremarqua qu'elle eft rarement dangereuse , hors qu'elle
peut
E ij
52 MERCURF
ne foit inveterée. Les moyens
qu'il indiqua pour la guerir fu
rent autant de preuves de l'érudition du Soutenant , & du
progrés qu'il a fait en Mede
cine.
Mr Gabriel Daniel Bartenf
tein a foutenu dans l'Ecole de
Medecine de Strasbourg des
Thefes publiques , dans lefquelles il y avoit cent pofitions
fur toutes fortes de ſujets qui
peuvent regarderla Medecine.
Mr. Jean Sigifmond Henninger Docteur & Profeffeur en
Medecine dans la même Univerfité , & fous lequel Mr Bar-
GALANT 53
tenftein a fait fon Cours , prefidoit à cet Acte. Mr Bartenftein commença d'abord par
découvrir l'origine de la Medecine ; il parla enfuite de l'ame
& du corps , de la nature des
temperamens, & il parcourut
enfuite toute la Phifiologie. De
là il paffa à la Pathologie , &
expliqua les caufes des fiévres,
& en difant quelque chofe de
la pratique , il donna des preuyes éclatantes du progrés qu'il a
fait dans fes études , parce que
Mr Bartenftein dit dans la cinquante-fixième pofition fur les
fiévres malignes en particulier
E iij
54 MERCURE
il fit voir que les émulfions
&les acides font fouvent plus
les cordiaux & les
с
efficaces que
alexiteres. Dans la 57 il avan
ce que l'abus des remedes volatils peut fouvent changer les
petites veroles en fiévre pourpreufe & maligne. Il fe declara
en quelque maniere dans la 66*
contre la racine de l'Hipecacuana , &il prétend que quoiqu'elle foit fpecifique dans les dyffenteries , il eft pourtant quelquefois dangereux de s'en fervir à caufe des ravages & du
defordre que fa vertu émetique peut caufer. Mrd'Obrecht
* GALANT 55
le fils , fils du celebre Preteur de
Strafbourg de ce nom , argumenta avec force contre cette derniere pofition. Mr l'Evêque de Strasbourg atlilta à ces
Thefes avec un grand concours de Nobleſſe.
plufieurs Thefes qui ont elté
GALANT 37
foutenues à Strasbourg en divers temps. Vous en verrez les
fujets en les lifant , & vous y
apprendrez beaucoup de chofes qui regardent voſtre fexe ,
& plufieurs autres qui regardant la Medecine , peuvent
eftre utiles à tout le monde.
Mr Abraham Stadet foûtint il y a quelque temps une
Thefe dans l'Univerfité de
Strasbourg fur un fujet affez
fingulier , puifque c'eſt fur le
droit que peuvent avoir les
femmes de fucceder aux Fiefs :
De jure fucced endi mulierum in
feodis. Il fit d'abord voir qu'au-›
38 MERCURE
trefois il leur eftoit deffendu
d'y prétendre , parce que c'étoit le partage des mâles , qui
feuls font capables du fervice
militaire , en récompenfe duquel on donnoit ces terres . Mr
Stadet fe declara dans la difpure publique de l'opinion de
ceux qui excluënt la femme
fans retour , de la fucceffion
des Fiefs. Il s'agiffoit dans une
difficulté que propofa un Ecclefiaftique nommé Auxi , de
fçavoir fi une femme qui par
l'exiſtence d'un mâle a perdu
legitimement le droit de fuccéder à unFiefdoit en eftre pri-
GALANT 39
vée pour toûjours. Mr Stadẹt
fonda fon fentiment fur cé
paffage du Livre des Fiefs : Relicto mafculo ulteriusfœminæ non
admittuntur : & il foutine quê
le mot alteriùs emporte une exclufion perpetuelle quelque
changement qui puiffe arriver
dans la fuite. La feconde queftion & qui fut long- temps &
vivement agitée , fur tout parMr Mordat , fut de fçavoir fi
les femmes fuccedent & peuvent fucceder aux Fiefs qu'on
appelle Féminins , quelque favorable que foit aux femmes
la dénomination de ces fortes
40 MERCURE
de Fiefs , plufieurs Docteurs
penfent qu'aprés la mort de
ceile qui a eu originairement
un droit acquis par l'infcodation , le Fief retombe dans le
droit commun, &ne peut plus
appartenir qu'aux mâles. Mr
Stader ne fut pas de ce ſentiment , & il declara que la deftination primitive du titre d'infeodation decide de la qualité
des perfonnes qui font appelées
dans la fuite à la fucceffion du
fief. Ondifputa enfuite fur une
autre queftion fçavoir fi les
femmes doivent fucceder aux
Franc- Fiefs ; on entend par le
GALANT 41
mot de Franc. Fiefs , ceux qui
ne font chargez d'aucuns fervices. Ce Jurifconfulte foû- .
tint qu'il falloit en cela fuivre
la loy generale qui exclut les
femmes des Fiefs , tant qu'il y
a des mâles , à moins qu'elles
n'y foient appellées d'une maniere expreffe par l'inveftiture.
Il y eutune quatrième queſtion
qui fut vivement debattuë ,
une femmeau defaut de mâles,
a efté admife à la fucceffion
d'un Fief, un mâle qui malheureuſement furvient dans le
temps qu'on ne l'attendoit pas,
la prive- t- il de fon droit ? non
Avril 1710.
D
42 MERCURE
répond Mr Stadet , quelques
fois contraire, quelquefois auffi
favorable aux Dames; la femme en ce cas là , dit-il , conferve le droit qui luy a efté legi
timement acquis , parce que la
durée d'une proprieté jufte
dans fon principe , ne doit pas
dépendre du hazard & de l'incertitude des fuites. Decifion
qui fut applaudie par toute
l'affemblée. Un Fief eft acquis
pour un mâle ou pour une
fille feulement; toutes les filles
d'une même famille y ont elles
également part ? le choix , répondit Mr Stadet , appartient
4
GALANT 43
au Seigneur , il a droit de don,
ner l'inveftiture fur les Cenft
ves. Get Auteur diftingue les
heritages purement Cenfiers,
& ceux qui outre, le cons exigent encorela foy &hommage. Les femmes, felon luy, peuvent fucceder aux premiers ,
où il ne s'agit que d'un fimple
payement , mais elles ne peu
vent fucceder aux,feconds, qui
oblige au Service militaire. Les
femmes font elles capables
des Fiefs Ecclefiaftiques & doiron le demander , répondit Mr
Stadet : ici peu courtois , mais
on luy répondit que les TerDij
44 MERCURE
res Ecclefiaftiques fe défendent plus par les prieres & par
les larmes , que par les armes ;
& qu'ainfi ce moyen eft plus
propre aux femmes qu'aux
hommes. Il repliqua qu'il falloit s'en tenir au droit commun, qui n'admet les femmes
aux Fiefs que lorfque la conceffion eft en faveur de ce fexe,
ou que les deux fexes y font
également appellez.
MrPhilippe Frederic de Berckheim ſoutint auffi il y a quel
que temps dans l'Univerfité de
la mefme Ville, des Thefes pu
bliques fur les Affemblées de
GALANT 45
Nobleffe. Les titres de ces Thefes font tournez en Allemagne
d'une autre maniere qu'on ne
les tourne en France. Cet Auteur avoit déja traité de la
Nobleffe en general dans une
• autre Thefe ; & il traita en particulier dans celle- ci des Diettes qui fe tiennent parmi la
Nobleffe Allemande. Il exami
na d'abord fi les Nobles de
l'Empire peuvent s'affembler
fans le confentement de l'Empereur; il conclut pour l'affirmative ; mais il n'étendit pas
cerre liberté aux Affemblées
des Electeurs & des Princes de
1
46 MERCURE
I Empire. Il foutint qu'il n'y a
point de diftinction ny de fuperiorité entre eux , & il cita
à ce fujer ce qu'avoit dit Hen
ry IV. Roy de France : De ma.
brave & genereufe Nobleffe , je
ne diftinguepoint mes Princes pour
eftre notre plus beau titre , for de
Gentilhomme. Mr. Berckheim
parla enfuite de la convocation
des Nobles , les qualitez qu'il
faut avoir pour eftre convoqué , & les raifons qui peuvent
difpenfer de fe rendre au lieu
de la convocation. Qu'il faut
eftre Noble de race pour eftre
convoqué ; qu'il ne fuffit pas
GALANT 47
A
"
sd'eftre ennobly , & qu'il ne
fuffit pas auffi d'acheter & de
poffeder une Terre noble;l'Autour convine cependant qu'il y
Ja certains Ficfs qui ont le privilege d'ennoblir ceux qui les
poffedent , & qu'il n'y a que la
maladie ou d'autres raiſons indifpenfables qui les exemprent
de fe rendre eux- mêmes dans
-les Affemblées convoquées , &
-il dit que le temps & le lieu de
l'Affemblée des Nobles dépendent de l'ufage & des occa
hons , & que les matieres que
Pontraite dans ces Affemblées,
font generalement toutes col-
$14
48 MERCURE
les qui regardent le public, foit
pour la Religion , foit pour la
Police , & foit pour les contributions aux charges de l'Etat. Ces propofitions furent
attaquées par plufieurs perfonnes qui donnerent lieu à
Mr de Berckeim de faire briller fon érudition ; un jeune
Jurifconfulte , prétendit dans
Ja difpute qu'un Noble, chargé de la procuration d'un autre Noble pour la Diette, perd
fa qualité de Noble ; fondant
fon opinion fur la prevention
trop outrée contre la fonction
de Procureur.
Mr
GALANT 49
Mr Jean Martin Aulber a
foutenu dans le même lieu des
Thefes de Medecine fur l'épilepfie vermineufe , ayant pour
prefident Mr Jean - Valentin
Scheidius Docteur & Profeffeur en Medecine , & un des
Medecins de toute l'Allemagne le plus confulté. Mr Aul
ber un des plus doctes Candidats de l'Ecole de Strasbourg,
fit d'abord voir que les vers
font la caufe la plus ordinaire
de l'épilepfic des enfans ; fentiment dont il a pour garants
le celebre Mr Baglivi & l'Auteur du traité de la generation
Avril 1710. E
50 MERCURE
des vers ( Mr Andri. ) Il prouva d'ailleurs ce fentiment par
la femence des inteftins dont
les vers peuvent eftre aisément
picotés par une humeur vermincufe & par les vers. De là
il paffa au détail des fymptomes particuliers à l'épilepfic
vermineuſe , comme la démangeaifon du nez , la toux feche , les dejections de couleur
de cendres , le hocquet , l'haleine aigre, les terreurs fubites
pendant le fommeil , la dou- .
leur de ventre &c. Mr.Aulber
attribua la production des
vers dans les corps des enfans,
A
GALANT SI
à des mouches qui fe pofent ,
tantôt fur la boüillie des enfans , tantôt fur leur bouche,
qu elles laiffent quantité d'œufs
que les enfans avallent , & d'ou
naiffent des vers. Mr Redi , Mr
Raderus & le fçavant Auteur
du Livre de la generation des
Vers dans le corps humain,
ont traité avec étendue le mêmefajer, & Mr Aulber les cita tous avec éloge. Ce qu'il dit
enfuite du prognoftic qu'on
faire dans l'épilepfic verincufe fur écouté avec plaifir Ilremarqua qu'elle eft rarement dangereuse , hors qu'elle
peut
E ij
52 MERCURF
ne foit inveterée. Les moyens
qu'il indiqua pour la guerir fu
rent autant de preuves de l'érudition du Soutenant , & du
progrés qu'il a fait en Mede
cine.
Mr Gabriel Daniel Bartenf
tein a foutenu dans l'Ecole de
Medecine de Strasbourg des
Thefes publiques , dans lefquelles il y avoit cent pofitions
fur toutes fortes de ſujets qui
peuvent regarderla Medecine.
Mr. Jean Sigifmond Henninger Docteur & Profeffeur en
Medecine dans la même Univerfité , & fous lequel Mr Bar-
GALANT 53
tenftein a fait fon Cours , prefidoit à cet Acte. Mr Bartenftein commença d'abord par
découvrir l'origine de la Medecine ; il parla enfuite de l'ame
& du corps , de la nature des
temperamens, & il parcourut
enfuite toute la Phifiologie. De
là il paffa à la Pathologie , &
expliqua les caufes des fiévres,
& en difant quelque chofe de
la pratique , il donna des preuyes éclatantes du progrés qu'il a
fait dans fes études , parce que
Mr Bartenftein dit dans la cinquante-fixième pofition fur les
fiévres malignes en particulier
E iij
54 MERCURE
il fit voir que les émulfions
&les acides font fouvent plus
les cordiaux & les
с
efficaces que
alexiteres. Dans la 57 il avan
ce que l'abus des remedes volatils peut fouvent changer les
petites veroles en fiévre pourpreufe & maligne. Il fe declara
en quelque maniere dans la 66*
contre la racine de l'Hipecacuana , &il prétend que quoiqu'elle foit fpecifique dans les dyffenteries , il eft pourtant quelquefois dangereux de s'en fervir à caufe des ravages & du
defordre que fa vertu émetique peut caufer. Mrd'Obrecht
* GALANT 55
le fils , fils du celebre Preteur de
Strafbourg de ce nom , argumenta avec force contre cette derniere pofition. Mr l'Evêque de Strasbourg atlilta à ces
Thefes avec un grand concours de Nobleſſe.
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Résumé : Diverses Theses curieuses soûtenuës à Stragbourg qui apprendront plusieurs faits historiques aussi sçavans que curieux. [titre d'après la table]
Le texte présente plusieurs thèses soutenues à l'Université de Strasbourg. Abraham Stadet a exploré le droit des femmes à succéder aux fiefs. Il a souligné que les femmes étaient historiquement exclues en raison de leur incapacité à servir militairement. Stadet a distingué entre les fiefs féminins et les francs-fiefs, concluant que les femmes peuvent succéder aux premiers mais pas aux seconds, qui nécessitent un service militaire. Il a également abordé la succession aux fiefs ecclésiastiques, suggérant que les femmes peuvent y succéder si la concession le permet. Philippe Frédéric de Berckheim a soutenu des thèses sur les assemblées de noblesse. Il a conclu que les nobles de l'Empire peuvent s'assembler sans le consentement de l'Empereur, contrairement aux électeurs et aux princes. Il a également discuté des qualifications nécessaires pour être convoqué et des raisons valables pour ne pas se rendre à une convocation. Jean Martin Aulber a soutenu une thèse sur l'épilepsie vermineuse, affirmant que les vers sont la cause principale de cette maladie chez les enfants. Il a détaillé les symptômes et les moyens de traitement, citant des auteurs célèbres comme Baglivi et Andri. Gabriel Daniel Bartenstein a présenté des thèses sur divers sujets médicaux, couvrant l'origine de la médecine, la physiologie, la pathologie, et les traitements des fièvres. Il a discuté de l'efficacité des émulsions et des acides, ainsi que des dangers de l'abus des remèdes volatils et de la racine de l'Ipecacuana.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2497
p. 55-57
Livre contenant la verité de l'Eglise Catholique. [titre d'après la table]
Début :
L'Article qui suit doit faire autant de plaisir aux Catholiques [...]
Mots clefs :
Religion, Livre, Catholiques, Protestants
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Livre contenant la verité de l'Eglise Catholique. [titre d'après la table]
L'Article qui fuit doit faire
autant deplaifir aux Catholiques , qu'il doit chagriner les
Proteftans.
à
On a publié depuis peu
Paris un Livre intitulé : La ve-.
rité de la Religion Catholique,
prouvéepar l'Ecriture Sainte, par
Mr des Mabis Chanoine de
l'Eglife d'Orleans, & ci devant
E iij
56 MERCURE
Miniftre de la Religion Préte nduë Reformée. La conquête de Mr des Mahis a fait:
beaucoup d'honneur à l'Eglife. Il eftoit cher à fa famille ,
eftimé dans fon party , &favorifé des biens de la fortune,
& par cette raifon on ne peut
l'accufer d'avoir changé de
fentiment par dégoûts , & par
des interefts humains. Il fe retira lors de fa converfion au
Seminaire de S. Magloire , &
il cut en 1687. un Canonicat
dans la Cathedrale d'Orleans.
Dans le premier Sermon qu'il
y prêcha, il prit pour texte ces
}
GALANT 57
paroles : L'Eternel eft icy & je
ne le fçavois pas. Il compofoit
l'ouvrage dont je parle , dans
l'année de fa mort, qui arriva
en 1694. & quoiqu'il ne fut
alors âgé que de 45. ans , il di
foit qu'il fe trouvoit dans une
tellefechereffe d'imagination, qu'il
eftoit fouvent obligé de quitter la
plume. On ne peut dire que
ce fut pareffe ou incapacité ,
puifqu'il aimoit fort le travail
& qu'il eftoit tres- fçavant ; fon
Livre en eft une preuve fans
replique
autant deplaifir aux Catholiques , qu'il doit chagriner les
Proteftans.
à
On a publié depuis peu
Paris un Livre intitulé : La ve-.
rité de la Religion Catholique,
prouvéepar l'Ecriture Sainte, par
Mr des Mabis Chanoine de
l'Eglife d'Orleans, & ci devant
E iij
56 MERCURE
Miniftre de la Religion Préte nduë Reformée. La conquête de Mr des Mahis a fait:
beaucoup d'honneur à l'Eglife. Il eftoit cher à fa famille ,
eftimé dans fon party , &favorifé des biens de la fortune,
& par cette raifon on ne peut
l'accufer d'avoir changé de
fentiment par dégoûts , & par
des interefts humains. Il fe retira lors de fa converfion au
Seminaire de S. Magloire , &
il cut en 1687. un Canonicat
dans la Cathedrale d'Orleans.
Dans le premier Sermon qu'il
y prêcha, il prit pour texte ces
}
GALANT 57
paroles : L'Eternel eft icy & je
ne le fçavois pas. Il compofoit
l'ouvrage dont je parle , dans
l'année de fa mort, qui arriva
en 1694. & quoiqu'il ne fut
alors âgé que de 45. ans , il di
foit qu'il fe trouvoit dans une
tellefechereffe d'imagination, qu'il
eftoit fouvent obligé de quitter la
plume. On ne peut dire que
ce fut pareffe ou incapacité ,
puifqu'il aimoit fort le travail
& qu'il eftoit tres- fçavant ; fon
Livre en eft une preuve fans
replique
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Résumé : Livre contenant la verité de l'Eglise Catholique. [titre d'après la table]
Monsieur des Mabils, chanoine de l'église d'Orléans et ancien ministre de la Religion Prétendue Réformée, a publié un ouvrage intitulé 'La vérité de la Religion Catholique, prouvée par l'Écriture Sainte'. Sa conversion au catholicisme, survenue en 1687, a été marquée par une admiration générale, excluant toute motivation matérielle ou de dégoût. Après sa conversion, il s'est retiré au Séminaire de Saint-Magloire et a obtenu un canonicat à la cathédrale d'Orléans. Dans son premier sermon, il a utilisé le texte 'L'Éternel est ici et je ne le savais pas'. Il a composé son ouvrage l'année de sa mort, survenue en 1694 à l'âge de 45 ans. Malgré une santé déclinante, il a continué à travailler sur son livre, démontrant ainsi sa dévotion et son érudition.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2498
p. 57-76
Articles contenant plusieurs curiositez qui peuvent instruire le Public & luy faire plaisir. [titre d'après la table]
Début :
Je passe d'un Article de Religion, à des Articles de Curiosité. [...]
Mots clefs :
Médailles, Bacchus, Bronze, Pierres gravées, Curiosité, Inscription grecque
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Articles contenant plusieurs curiositez qui peuvent instruire le Public & luy faire plaisir. [titre d'après la table]
Je paffe d'un Article de Religion , à des Articles de Cu
riofité.
58 MERCURE
Entre les Pierres gravées antiques qui compofent le Cabinet du Roy , le plus riche &
le plus precieux qui foit dans
l'Europe , il y en a une gravée
en creux , &montée en bague,
qui eft un chef- d'œuvre de
l'Art. C'est une petite Cornaline tranfparente qui a efté deffinée en grand par l'illuftre
Mile le Hay , connuë fous le
nom de Mlle Cheron , &gravée
en Eſtampe par Mr Picard. On
croit que cette Pierre a fervy
de Cachet à Michel Ange , &
que Raphaël en a imité quelques figures dans fes tableaux.
GALANT 59
Elle a appartenu à Mr Bagarris , Garde du Cabinet d'Henry IV. enfuite à Mr Lothier,
Antiquaire d'Aix en Provence,
& Sa Majefté l'a acquife de fes
heritiers. L'Eftampe en a eſté
publiée dans le Journal des
Sçavans du mois de Janvier
dernier , & il y en a une explication par un fçavant Je
fuite dans les Memoires de
Trevoux de Fevrier. Mais Mr
Moreau de Mautour qui a remarqué dans ce Deffein & fur
cette Eftampe des choſes differentes de ce qui fe trouve fur
la Pierre originale , & fur les
60 MERCURE
empreintes , a pris occaſion de
faire une Differtation fur ce
fujet, & il a donné lieu à une
nouvelle Eftampe plus exacte ,
dediée à Mr l'Abbé Bignon ,
& gravée par Mr Montbard ,
ruë S. Jacques, où elle fe vend.
Il y a au bas de cette Eſtampè
un petit Extrait de fa Differ
tation. Mr Moreau de Mautour pretend que la graveure
dont l'empreinte forme un bas
relief, reprefente une espece de
Fefte de Sacrifice en l'honneur
de Bacchus , & en memoiredefa
naiffance. On voit le petit Bacchus alaité par Ino fa premiere
GALANT 61
nourrice. Prés d'elle est la belle
Hippa, autre nourrice celebréepar
Orphée dans fes Hymnes. Le
vieillard eft Athamas,ou le vieux,
Silene , ou un Faune , quifait la
fonction de Sacrificateur tient
une Patere pour les libations de
vinfur le feudeftiné pour le Sacrifice. Un Miniftre du Sacrifice
conduit un Bouc , victime qu'on
immoloit à Bacchus , &tient un
vafe destinépour recevoir lefang
de la victime. Un Satyre jouë
d'une espece de flute recourbée ,
inftrument employé dans les Sacrifices & les Feftes. Les Nymphes qui furent ainsi que les Sa
62 MERCURE
tyres , les Bacchantes &les Fau
nes de la fuire de Bacchus , portent des Corbeilles de fleurs &de
fruits , fimblables à celles
po toient fur leurs têtes les jeunes
filles d'Athenes dans les Festes
confacrées à ce Dieu , nommées
que
Canephoria. Une Bacchante enjouée prefente à un des deuxpetits
Amours, une Cimbale , efpece
d'inftrument en ufage dans les
Orgies. Les Amours conviennent
à Bacchus ; on les voit dépeints
enfemble dans Anacreon, &fur
les monumens antiques. Apollon
debout , une Patere à la main , eft
icy comme une Divinité. les que
GALANT 63
que
Egyptiens & les Grecs confondoient avec Bacchus. Les deux
arbres , dont l'un eft entouré de
pampres ,fontdela nature de ceux
Pline décrit , & qui font pro-
-prespour la vigne. Le Pefcheur
hors d'œuvre , a peut eftre raport
àune fiction ingenieufe & morale
de Theocritedans l'Idylle qui porte ce titre. Ce Poëte né à Syracufe, vivoit à la Cour de Ptolemée
Philadelphe , Roy d'Egypte , qui
inftituadans Alexandrie une Fifte
particuliere à l'honneur de Bacchus , felon Achenée , auquel
temps on peut fixer l'Epoque de
l'excellent Ouvrier de ce precieux
i
A
64 MERCURE
Monument, qui auroit prés de
deux mille ans d'antiquité.
Je dois , puifque j'ai commencé à vous parler d'antiquitez , vous entretenir de plufieurs articles curieux fur ce
fujet.
On a trouvé un Trefor de
Medailles depuis peu dans la
Terre d'un Gentilhomme peu
éloignée de cette Ville ; unCurieux qui a acheté ce qui en
reftoit , car une partie avoit
déja cfté diffipée ou fonduë
par les Auteurs de la découverte , en a eu fix mille fept
GALANT 65
censquarante , c'eſt à dire quarante livres pefant , & il a jugé
par l'examen qu'il en a fait que
les Medailles du bas Empire ,
ne font nullement à mépriſer ,
& qu'elles inftruiſent autant
que celles du haut Empire.
Aprés les avoir nettoyées il les
pefa , & il vit qu'il en falloit
communément cent foixante
pour faire une livre ; il prit enfuite quelques Medailles de
Bronze des deux premiers fic .
cles de l'Empire Romain, & il
vit que huit Medailles de ce
petit bronze eftoient à peu prés
du même poids que huit MeAvril 1710. F
66 MERCURE
dailles d'argent du haut Empire ; que quatre Medailles d'or ,
que deux Medailles de moyen
bronze , & qu'une Medaille
de grand bronze ; ce qui fournit une preuve que les Romains ont toûjours gardé des
proportions dans la fabrique
de leurs Monnoyes. Les Medailles du Trefor en queſtion
commencent à Valerien , c'eſtà dire à l'Empereur dont la
deftinée fut fi trifte , qui fuc
pris dans la guerre des Perfes ,
& qui mourut d'une maniere
tragique , & qu'elles finiffent à
Aurelien ; de forte qu'elles ne
GALANT 67
comprennent que le regne de
fix ou fept Empereurs. On
compte cependant dans cet
amas de Medailles feize ou dixfept Princes differens , car ou
tre les deux Imperatrices & les
deux jeunes Cefars qui appartiennent à la famille de Valerien , il y a des Quietus , des
Elianus , des Marius , je veux
dire quelques uns de ces Empereurs , qui ont feulement regné dans quelques Provinces
de l'Empire Romain. Les revers font admirables par leur
diverfité , & il en eft peu dans
le Recueil de Mr le Comte
Fij
68 MERCURE
Mezabarba,que l'on ne trouve
dans ce Trefor , & il y en a
même beaucoup que l'on ne
trouve dans le Recueil de ce pas
Comte , quoy qu'il foit le plus
ample & le plus fidelle qu'on
ait des Medailles Latines ; commeon le peut voir
qui en a efté fait.
par le livre
On a trouvé il у a déja
quelque temps auprés de Paris
une petite Figure de bronze
reprefentant un jeune homme
qui tient de la main gauche une
Patere & de la droite un vafc
courbe. Plufieurs Antiquaires
ont travaillé à l'explication de
GALANT 69
cette Figure , & le Pere Poupart fur tout , Religieux du
Tiers-Ordre de Saint François
à Picpus , a écrit fur ce fujet
une Lettre à Mr l'Evêque de
Soiffons , qui luy fait beaucoup
d'honneur par le tour inge
nieux & folide avec lequel il
explique cette Antique ; il pré
tend que c'eft un jeune homme qui fert à boire , & il fonde
fon fentiment fur la coûtume
des Anciens qui fe fervoient
de jeunes gens pour leur verfer à boire. Horace nous apprend que leur air eftoir gracieux , leur tefte couronnée
70 MERCURE
leur chevelure frifée, leur habit
ceint & retrouffé , tel qu'on reprefente le jeune homme de
la Figure; leur employ cftoit
de fervir le vin & de lever la
table. La coutume de fe fervir
de ces jeunes gens , ajoute le
Pere Poupart , eftoit une Imitation de la Fable deJupiter &
de Ganymede ; & les couronnes de ces jeunes gens eftoient
ordinairement de rofes & d'autres fleurs felon les Saifons.
Ciceron en parle dans une de
fes Oraifons contre Verrez.
Toutes ces chofes fetrouvant
dans la Figure en queſtion nô-
GALANT 71
tre fçavant Picpus prétend que
c'eſt un jeune homme qui fert
à boire , & non un Joueur de
Flute courbe comme quelques
autres l'ont prétendu. Il prouve enfin
par l'autorité de Stace
que c'eft une Patere dont on
fe fervoit pour faire des libations dans les repas . A l'égard
de la difficulté qui naiſt de
l'inftrument courbe que ce
jeune homme tient à la main
droite , le Pere Poupart croit
& avec fondement , que c'eſt
une de ces cornes dans leſquelles les Anciens beuvoient , &
dont Homère , Xenophon ,
72 MERCURE
P
Athenée & Plutarque parlent ,
& à l'égard de fa grandeur il
dit qu'il ne faut pas s'en étonner , parce que les Anciens
aimoient à boire de grands
coups. Le Pere Poupart parent
de Mr Poupart de l'Academie
des Sciences , mort depuis peu ,
eft connu par plufieurs ouvrages , & furtout par la Traduction Françoife de l'Apotheofe
de l'Empereur Claude par Se-
-neque avec des Notes.b
On a trouvé à Smyrne, une
ancienne Inſcription Grecque
qui donne de l'exercice à tous
les Antiquaires. C'eſt une Epitaphe
GALANT 73
taphe pour Heria Th:fbé , qui
eft qualifiée Monodiaria. C'eſt
unterme de Muſique qui fignifioit une femme qui chantoit
feule fur le Theatre. L'Auteur
de cette Epitaphe cft nommé
Choroula , c'est- à-dire Muficien , qui joüoit de la Flute pendant les chants du Choeur.
L'affemblage des voix & des
inftrumens,faifoit un des principaux agrémens des Pieces de
Theatre, & comme le dit Seneque , on ne diſtinguoit la
voix de perfonne en particulier , mais le concert de toutes
les voix charmoit les oreilles.
Avril 1710.0 G
74 MERCURE
Plufieurs Antiquaires d'Alle
magne ont publié leurs conjectures fur cette Infcription ;
mais celle qui a paru la plus autoriféc & qui a eu jufqu'à prefent le plus de partifans eft celle de Mr Gutberletti de Francker, qui a cette occafion a publié une fçavante Differtation
où il traite à fond la matiere
qui regarde les Joueurs de Flutes de Anciens. Il parle entreautres d'un certain Joueur
nommé Canus qui fit tant de
plaifir à l'Empereur Galba en
joüant de ſon inſtrument , que
c Prince luy donna defa pro-
GALANT 75
pre main cinq deniers , plutoſt
fans doute , pour luy tenir lieu
d'approbation que commeune
récompenſe. Mr Gutberlethi
parla avec beaucoup d'étenduë de la Mufique & du Chœur
des Anciens ; & il conclud que
Heria Thifbé à qui l'Infcription eſt conſacrée , eftoit une
Chanteufe , &nullement la celebre Thiſbé tant chantée par
Ovide à caufe de fes amours
& dela mort funefte avec Pyrame. Mr Gutberlethi cite
pour garent de fon fentiment
le celebre Guiter , qui dans fon
Treforparle de cette belle ChanGij
76 MERCURE
teufe à qui il donne de grandes loüanges. Cet Auteur rapporte quantité d'Infcriptions
qui fortifient fon ſentiment.
riofité.
58 MERCURE
Entre les Pierres gravées antiques qui compofent le Cabinet du Roy , le plus riche &
le plus precieux qui foit dans
l'Europe , il y en a une gravée
en creux , &montée en bague,
qui eft un chef- d'œuvre de
l'Art. C'est une petite Cornaline tranfparente qui a efté deffinée en grand par l'illuftre
Mile le Hay , connuë fous le
nom de Mlle Cheron , &gravée
en Eſtampe par Mr Picard. On
croit que cette Pierre a fervy
de Cachet à Michel Ange , &
que Raphaël en a imité quelques figures dans fes tableaux.
GALANT 59
Elle a appartenu à Mr Bagarris , Garde du Cabinet d'Henry IV. enfuite à Mr Lothier,
Antiquaire d'Aix en Provence,
& Sa Majefté l'a acquife de fes
heritiers. L'Eftampe en a eſté
publiée dans le Journal des
Sçavans du mois de Janvier
dernier , & il y en a une explication par un fçavant Je
fuite dans les Memoires de
Trevoux de Fevrier. Mais Mr
Moreau de Mautour qui a remarqué dans ce Deffein & fur
cette Eftampe des choſes differentes de ce qui fe trouve fur
la Pierre originale , & fur les
60 MERCURE
empreintes , a pris occaſion de
faire une Differtation fur ce
fujet, & il a donné lieu à une
nouvelle Eftampe plus exacte ,
dediée à Mr l'Abbé Bignon ,
& gravée par Mr Montbard ,
ruë S. Jacques, où elle fe vend.
Il y a au bas de cette Eſtampè
un petit Extrait de fa Differ
tation. Mr Moreau de Mautour pretend que la graveure
dont l'empreinte forme un bas
relief, reprefente une espece de
Fefte de Sacrifice en l'honneur
de Bacchus , & en memoiredefa
naiffance. On voit le petit Bacchus alaité par Ino fa premiere
GALANT 61
nourrice. Prés d'elle est la belle
Hippa, autre nourrice celebréepar
Orphée dans fes Hymnes. Le
vieillard eft Athamas,ou le vieux,
Silene , ou un Faune , quifait la
fonction de Sacrificateur tient
une Patere pour les libations de
vinfur le feudeftiné pour le Sacrifice. Un Miniftre du Sacrifice
conduit un Bouc , victime qu'on
immoloit à Bacchus , &tient un
vafe destinépour recevoir lefang
de la victime. Un Satyre jouë
d'une espece de flute recourbée ,
inftrument employé dans les Sacrifices & les Feftes. Les Nymphes qui furent ainsi que les Sa
62 MERCURE
tyres , les Bacchantes &les Fau
nes de la fuire de Bacchus , portent des Corbeilles de fleurs &de
fruits , fimblables à celles
po toient fur leurs têtes les jeunes
filles d'Athenes dans les Festes
confacrées à ce Dieu , nommées
que
Canephoria. Une Bacchante enjouée prefente à un des deuxpetits
Amours, une Cimbale , efpece
d'inftrument en ufage dans les
Orgies. Les Amours conviennent
à Bacchus ; on les voit dépeints
enfemble dans Anacreon, &fur
les monumens antiques. Apollon
debout , une Patere à la main , eft
icy comme une Divinité. les que
GALANT 63
que
Egyptiens & les Grecs confondoient avec Bacchus. Les deux
arbres , dont l'un eft entouré de
pampres ,fontdela nature de ceux
Pline décrit , & qui font pro-
-prespour la vigne. Le Pefcheur
hors d'œuvre , a peut eftre raport
àune fiction ingenieufe & morale
de Theocritedans l'Idylle qui porte ce titre. Ce Poëte né à Syracufe, vivoit à la Cour de Ptolemée
Philadelphe , Roy d'Egypte , qui
inftituadans Alexandrie une Fifte
particuliere à l'honneur de Bacchus , felon Achenée , auquel
temps on peut fixer l'Epoque de
l'excellent Ouvrier de ce precieux
i
A
64 MERCURE
Monument, qui auroit prés de
deux mille ans d'antiquité.
Je dois , puifque j'ai commencé à vous parler d'antiquitez , vous entretenir de plufieurs articles curieux fur ce
fujet.
On a trouvé un Trefor de
Medailles depuis peu dans la
Terre d'un Gentilhomme peu
éloignée de cette Ville ; unCurieux qui a acheté ce qui en
reftoit , car une partie avoit
déja cfté diffipée ou fonduë
par les Auteurs de la découverte , en a eu fix mille fept
GALANT 65
censquarante , c'eſt à dire quarante livres pefant , & il a jugé
par l'examen qu'il en a fait que
les Medailles du bas Empire ,
ne font nullement à mépriſer ,
& qu'elles inftruiſent autant
que celles du haut Empire.
Aprés les avoir nettoyées il les
pefa , & il vit qu'il en falloit
communément cent foixante
pour faire une livre ; il prit enfuite quelques Medailles de
Bronze des deux premiers fic .
cles de l'Empire Romain, & il
vit que huit Medailles de ce
petit bronze eftoient à peu prés
du même poids que huit MeAvril 1710. F
66 MERCURE
dailles d'argent du haut Empire ; que quatre Medailles d'or ,
que deux Medailles de moyen
bronze , & qu'une Medaille
de grand bronze ; ce qui fournit une preuve que les Romains ont toûjours gardé des
proportions dans la fabrique
de leurs Monnoyes. Les Medailles du Trefor en queſtion
commencent à Valerien , c'eſtà dire à l'Empereur dont la
deftinée fut fi trifte , qui fuc
pris dans la guerre des Perfes ,
& qui mourut d'une maniere
tragique , & qu'elles finiffent à
Aurelien ; de forte qu'elles ne
GALANT 67
comprennent que le regne de
fix ou fept Empereurs. On
compte cependant dans cet
amas de Medailles feize ou dixfept Princes differens , car ou
tre les deux Imperatrices & les
deux jeunes Cefars qui appartiennent à la famille de Valerien , il y a des Quietus , des
Elianus , des Marius , je veux
dire quelques uns de ces Empereurs , qui ont feulement regné dans quelques Provinces
de l'Empire Romain. Les revers font admirables par leur
diverfité , & il en eft peu dans
le Recueil de Mr le Comte
Fij
68 MERCURE
Mezabarba,que l'on ne trouve
dans ce Trefor , & il y en a
même beaucoup que l'on ne
trouve dans le Recueil de ce pas
Comte , quoy qu'il foit le plus
ample & le plus fidelle qu'on
ait des Medailles Latines ; commeon le peut voir
qui en a efté fait.
par le livre
On a trouvé il у a déja
quelque temps auprés de Paris
une petite Figure de bronze
reprefentant un jeune homme
qui tient de la main gauche une
Patere & de la droite un vafc
courbe. Plufieurs Antiquaires
ont travaillé à l'explication de
GALANT 69
cette Figure , & le Pere Poupart fur tout , Religieux du
Tiers-Ordre de Saint François
à Picpus , a écrit fur ce fujet
une Lettre à Mr l'Evêque de
Soiffons , qui luy fait beaucoup
d'honneur par le tour inge
nieux & folide avec lequel il
explique cette Antique ; il pré
tend que c'eft un jeune homme qui fert à boire , & il fonde
fon fentiment fur la coûtume
des Anciens qui fe fervoient
de jeunes gens pour leur verfer à boire. Horace nous apprend que leur air eftoir gracieux , leur tefte couronnée
70 MERCURE
leur chevelure frifée, leur habit
ceint & retrouffé , tel qu'on reprefente le jeune homme de
la Figure; leur employ cftoit
de fervir le vin & de lever la
table. La coutume de fe fervir
de ces jeunes gens , ajoute le
Pere Poupart , eftoit une Imitation de la Fable deJupiter &
de Ganymede ; & les couronnes de ces jeunes gens eftoient
ordinairement de rofes & d'autres fleurs felon les Saifons.
Ciceron en parle dans une de
fes Oraifons contre Verrez.
Toutes ces chofes fetrouvant
dans la Figure en queſtion nô-
GALANT 71
tre fçavant Picpus prétend que
c'eſt un jeune homme qui fert
à boire , & non un Joueur de
Flute courbe comme quelques
autres l'ont prétendu. Il prouve enfin
par l'autorité de Stace
que c'eft une Patere dont on
fe fervoit pour faire des libations dans les repas . A l'égard
de la difficulté qui naiſt de
l'inftrument courbe que ce
jeune homme tient à la main
droite , le Pere Poupart croit
& avec fondement , que c'eſt
une de ces cornes dans leſquelles les Anciens beuvoient , &
dont Homère , Xenophon ,
72 MERCURE
P
Athenée & Plutarque parlent ,
& à l'égard de fa grandeur il
dit qu'il ne faut pas s'en étonner , parce que les Anciens
aimoient à boire de grands
coups. Le Pere Poupart parent
de Mr Poupart de l'Academie
des Sciences , mort depuis peu ,
eft connu par plufieurs ouvrages , & furtout par la Traduction Françoife de l'Apotheofe
de l'Empereur Claude par Se-
-neque avec des Notes.b
On a trouvé à Smyrne, une
ancienne Inſcription Grecque
qui donne de l'exercice à tous
les Antiquaires. C'eſt une Epitaphe
GALANT 73
taphe pour Heria Th:fbé , qui
eft qualifiée Monodiaria. C'eſt
unterme de Muſique qui fignifioit une femme qui chantoit
feule fur le Theatre. L'Auteur
de cette Epitaphe cft nommé
Choroula , c'est- à-dire Muficien , qui joüoit de la Flute pendant les chants du Choeur.
L'affemblage des voix & des
inftrumens,faifoit un des principaux agrémens des Pieces de
Theatre, & comme le dit Seneque , on ne diſtinguoit la
voix de perfonne en particulier , mais le concert de toutes
les voix charmoit les oreilles.
Avril 1710.0 G
74 MERCURE
Plufieurs Antiquaires d'Alle
magne ont publié leurs conjectures fur cette Infcription ;
mais celle qui a paru la plus autoriféc & qui a eu jufqu'à prefent le plus de partifans eft celle de Mr Gutberletti de Francker, qui a cette occafion a publié une fçavante Differtation
où il traite à fond la matiere
qui regarde les Joueurs de Flutes de Anciens. Il parle entreautres d'un certain Joueur
nommé Canus qui fit tant de
plaifir à l'Empereur Galba en
joüant de ſon inſtrument , que
c Prince luy donna defa pro-
GALANT 75
pre main cinq deniers , plutoſt
fans doute , pour luy tenir lieu
d'approbation que commeune
récompenſe. Mr Gutberlethi
parla avec beaucoup d'étenduë de la Mufique & du Chœur
des Anciens ; & il conclud que
Heria Thifbé à qui l'Infcription eſt conſacrée , eftoit une
Chanteufe , &nullement la celebre Thiſbé tant chantée par
Ovide à caufe de fes amours
& dela mort funefte avec Pyrame. Mr Gutberlethi cite
pour garent de fon fentiment
le celebre Guiter , qui dans fon
Treforparle de cette belle ChanGij
76 MERCURE
teufe à qui il donne de grandes loüanges. Cet Auteur rapporte quantité d'Infcriptions
qui fortifient fon ſentiment.
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Résumé : Articles contenant plusieurs curiositez qui peuvent instruire le Public & luy faire plaisir. [titre d'après la table]
Le texte présente plusieurs objets antiques et leurs significations historiques. Une pierre gravée en creux, montée en bague, est décrite comme un chef-d'œuvre de l'art. Cette cornaline transparente, gravée par Mlle Cheron et estampée par Mr Picard, aurait appartenu à Michel-Ange et Raphaël. Elle a été acquise par le roi après avoir appartenu à plusieurs collectionneurs, dont Mr Bagarris et Mr Lothier. Une estampe de cette pierre a été publiée dans le Journal des Sçavans et les Mémoires de Trevoux, mais des divergences entre l'estampe et la pierre originale ont conduit Mr Moreau de Mautour à publier une nouvelle estampe plus exacte. La gravure représente une fête en l'honneur de Bacchus, montrant le dieu allaité par Ino, sa nourrice, ainsi que d'autres figures mythologiques comme Silène, un satyre, des nymphes et des bacchantes. Apollon est également présent, confondu avec Bacchus par les Égyptiens et les Grecs. La scène inclut des éléments comme des corbeilles de fleurs et de fruits, des instruments de musique et des victimes sacrificielles. Le texte mentionne également la découverte d'un trésor de médailles romaines, comprenant des pièces du bas Empire, jugées aussi instructives que celles du haut Empire. Ces médailles, trouvées dans la terre d'un gentilhomme, commencent avec l'empereur Valérien et se terminent avec Aurélien, couvrant le règne de six ou sept empereurs et incluant des princes ayant régné sur des provinces spécifiques. Enfin, le texte évoque une petite figure de bronze représentant un jeune homme servant à boire, interprétée par le Père Poupart comme une imitation de la fable de Jupiter et Ganymède. Une inscription grecque trouvée à Smyrne, dédiée à une chanteuse de théâtre nommée Heria Thisfbé, est également mentionnée, ainsi que les conjectures des antiquaires allemands sur cette inscription.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2499
p. 76-8[1]
PARAPHRASE de la septiéme Leçon des Lamentations de Jeremie, accommodée au temps present par Mr Maugard.
Début :
Quoyque vous ne receviez ma Lettre qu'aprés Pasques, la / Si des bleds verdoyans la brillante apparence, [...]
Mots clefs :
Temps, Lamentations de Jérémie, Bonté divine, Ciel, Dieu
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PARAPHRASE de la septiéme Leçon des Lamentations de Jeremie, accommodée au temps present par Mr Maugard.
Quoyque vous ne receviez
maLettre qu'aprés Pafques , la
plupart des nouvelles qu'elle
contient doivent eftre des chofes qui fe font paffées pendant
le Carême ; & comme c'est le
temps où l'on chante les Tenebres , l'Ouvrage qui fuit
convient fort au temps où il
a efté fait.
GALANT 77
PARAPHRASE
de la feptiéme Leçon des
Lamentations de Jeremie ,
accommodée au temps prefent par Mr Maugard.
Si des bleds verdoyans la brillante
apparence ,
Du trifte Laboureur reveille l'efperance ,
Etfemble avoir remis la joye en
tous les cœurs :
Si l'Orge a diffipé les horribles
langueurs
De ce cruel Vautourque l'on nommefamine,
G iij
78 MERCURE
Ilfaut en rendre grace àla bonté
divine ,
Qui tientfurnos befoins l'œilfans
ceffe arrefté,
Et produit l'abondance en lafterilité.
Dés que l'Aftre du jour recommence ſa courſe ,
Le Seigneur de fes dons ouvre la
riche fource ;
Son immuable foy tient ce qu'elle
promet ,
Etfa fainte parole eft autant que
L'effet.
Au raviſſant attrait d'un ſi precieux
gage ,
Le Seigneur, dit mon ame , eft
mon feul heritage,
GALANT 79
Eternelle beauté qui cauſez mes
Fe
foupirs ,
vous attends , venez combler
mesfaints defirs.
Le pauvre qui l'invoque en ce
temps de mifere ,
Connoît qu'il a pour luy les entrailles d'unpere.
I
Toujours bon, toujours doux ,
aime à s'approcher
D'uncœurqui plein d'amour vole
pour le chercher.
Heureux qui fans crier contre la
providence ,
Reçoit de fes travaux la jufte récompenfe.
Si lesfleaux font du Ciel de folides bienfaits, Giiij
80 MERCURE
Heureux qui de bonne heure a
ployé fous leurfaix.
Cefalutaire joug qu'il porte fur
Sa tête
Luy fait des plus grands maux
furmonter latempefte :
Le cheftoûjours panché fous la
main de fon Dieu,
Il enbenit les coups en tout temps,
en tout lieu.
Si d'espoir àfes yeux brille quelque lumiere ,
Il s'aneantira juſques dans la
pouffiere.
Il est de patience un modele parfait;
Si quelqu'un luy décharge un indignefoufflet
GALANT 82
Se fouvenant qu'il fort du vil
fein de la bouë
Acelui qui le frape il tendra l'au
tre jouë :
Il a le cœur fans ceffe humilié ,
contrit,
Etfon ame d'affronts s'abbreuve
&fe nourrit.
maLettre qu'aprés Pafques , la
plupart des nouvelles qu'elle
contient doivent eftre des chofes qui fe font paffées pendant
le Carême ; & comme c'est le
temps où l'on chante les Tenebres , l'Ouvrage qui fuit
convient fort au temps où il
a efté fait.
GALANT 77
PARAPHRASE
de la feptiéme Leçon des
Lamentations de Jeremie ,
accommodée au temps prefent par Mr Maugard.
Si des bleds verdoyans la brillante
apparence ,
Du trifte Laboureur reveille l'efperance ,
Etfemble avoir remis la joye en
tous les cœurs :
Si l'Orge a diffipé les horribles
langueurs
De ce cruel Vautourque l'on nommefamine,
G iij
78 MERCURE
Ilfaut en rendre grace àla bonté
divine ,
Qui tientfurnos befoins l'œilfans
ceffe arrefté,
Et produit l'abondance en lafterilité.
Dés que l'Aftre du jour recommence ſa courſe ,
Le Seigneur de fes dons ouvre la
riche fource ;
Son immuable foy tient ce qu'elle
promet ,
Etfa fainte parole eft autant que
L'effet.
Au raviſſant attrait d'un ſi precieux
gage ,
Le Seigneur, dit mon ame , eft
mon feul heritage,
GALANT 79
Eternelle beauté qui cauſez mes
Fe
foupirs ,
vous attends , venez combler
mesfaints defirs.
Le pauvre qui l'invoque en ce
temps de mifere ,
Connoît qu'il a pour luy les entrailles d'unpere.
I
Toujours bon, toujours doux ,
aime à s'approcher
D'uncœurqui plein d'amour vole
pour le chercher.
Heureux qui fans crier contre la
providence ,
Reçoit de fes travaux la jufte récompenfe.
Si lesfleaux font du Ciel de folides bienfaits, Giiij
80 MERCURE
Heureux qui de bonne heure a
ployé fous leurfaix.
Cefalutaire joug qu'il porte fur
Sa tête
Luy fait des plus grands maux
furmonter latempefte :
Le cheftoûjours panché fous la
main de fon Dieu,
Il enbenit les coups en tout temps,
en tout lieu.
Si d'espoir àfes yeux brille quelque lumiere ,
Il s'aneantira juſques dans la
pouffiere.
Il est de patience un modele parfait;
Si quelqu'un luy décharge un indignefoufflet
GALANT 82
Se fouvenant qu'il fort du vil
fein de la bouë
Acelui qui le frape il tendra l'au
tre jouë :
Il a le cœur fans ceffe humilié ,
contrit,
Etfon ame d'affronts s'abbreuve
&fe nourrit.
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Résumé : PARAPHRASE de la septiéme Leçon des Lamentations de Jeremie, accommodée au temps present par Mr Maugard.
Une lettre mentionne la réception d'une missive après Pâques, contenant des nouvelles survenues pendant le Carême. Elle fait référence à une œuvre adaptée des Lamentations de Jérémie par Monsieur Maugard, adaptée à la période des Ténèbres. Le texte exprime une gratitude envers la bonté divine pour l'abondance des récoltes, comparant la joie des laboureurs à la fin des langueurs de la famine. Il souligne la fidélité de Dieu qui pourvoit aux besoins humains. Le texte exprime également une attente fervente envers Dieu, décrit comme un héritage éternel et une beauté causant des soupirs. Il met en avant la bonté et la douceur de Dieu envers ceux qui l'invoquent, même dans les temps de misère. Enfin, il loue ceux qui acceptent les épreuves avec patience et humilité, bénissant les coups de Dieu et restant humbles face aux affronts.
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2500
p. 8[1]-82
EPIGRAMME sur la stupidité des Impies.
Début :
Je crois que l'Epigramme qui suit est aussi de saison. Elle / Seigneur, dont l'immense pouvoir, [...]
Mots clefs :
Voir, Stupidité, Impies, Hommes aveugles
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texteReconnaissance textuelle : EPIGRAMME sur la stupidité des Impies.
Je crois que l'Epigramme
qui fuit eft auffi de faifon. Elle
eft de Mr l'Abbé Jacquelat.
EPIGRAMME
fur la ftupidité des Impies.
Seigneur , dont l'immense pou
voir
82 MERCURE
Et dont lafageffe infinie
De chaque creature ont marqué le
devoir,
De ce vafte Univers foûtiennent
l'harmonie ,
Et par ces grands effets fe font.
fentir voir.
Que de l'impieté qui regne dans
le monde,
Je reçois dans le cœur une douleur
profonde,
Des hommes aveugles &fous,
Et plus ftupides que des bêtes ,
Mofentdemanderoù vous étes,
·Et rien nepeut êtrefans vous.
qui fuit eft auffi de faifon. Elle
eft de Mr l'Abbé Jacquelat.
EPIGRAMME
fur la ftupidité des Impies.
Seigneur , dont l'immense pou
voir
82 MERCURE
Et dont lafageffe infinie
De chaque creature ont marqué le
devoir,
De ce vafte Univers foûtiennent
l'harmonie ,
Et par ces grands effets fe font.
fentir voir.
Que de l'impieté qui regne dans
le monde,
Je reçois dans le cœur une douleur
profonde,
Des hommes aveugles &fous,
Et plus ftupides que des bêtes ,
Mofentdemanderoù vous étes,
·Et rien nepeut êtrefans vous.
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Résumé : EPIGRAMME sur la stupidité des Impies.
L'épigramme de l'Abbé Jacquelat, 'Sur la stupidité des Impies', exprime la douleur de l'auteur face à l'impiété et à la stupidité des hommes qui se moquent de Dieu. Il souligne la puissance et la sagesse infinies de Dieu, omniprésent et manifesté à travers Ses œuvres. L'auteur déplore l'incrédulité de ceux qui nient l'existence divine.
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