Résultats : 17551 texte(s)
Détail
Liste
5551
p. 2012
Dictionnaire Universel du Commerce &c [titre d'après la table]
Début :
Jacques Etienne, Libraire, ruë S. Jacques, distribuë depuis quelque tems un troisiéme Volume [...]
Mots clefs :
Commerce, Histoire ancienne
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texteReconnaissance textuelle : Dictionnaire Universel du Commerce &c [titre d'après la table]
Jacques Etienne , Libraire , ruë S. Jacques
diftribue depuis quelque tems un troifiéme Volume
du Dictionnaire Univerfel de Commerce ,
par feu M. Savary , pour fervir de fupplément
aux deux premiers Volumes qui ont été donnés
au Public en 172 & en ont été reçûs avec un
applaudiffement univerfel. Ce Libraire n'a imprimé
ce dernier Volume que pour s'acquitter de la
promeffe qu'il avoit faite de donner par Supplé→
ment , & en faveur dé ceux qui avoient foufcrit
pour les deux premiers Volumes , toutes les ad→
ditions qu'on pourroit recouvrer , & que M. Philemon-
Louis Savary avoit perfectionnées avant fa
mort , qui arriva le 20. Septembre 1727. Il contient
d'excellens Mémoires & des additions cụ→
rieufes pour un grand nombre d'Articles qui n'étoient
pas affez exacts dans les deux premiers
Tomes.
Le même Libraire vient de donner auffi les Livres
fuivans.
Hiftoire ancienne des Egyptiens , des Cartaginois
&c. contenus dans le premier Volume.
>
Tome fecond , contenant les Affiriens , les
Babiloniens , les Medes & les Perfes . Par M.
Rollin , ancien Recteur de l'Univerfité de Paris
Profeffeur d'Eloquence au College Royal , & Affocié
à l'Académie Royale des Infcriptions &
Belles - Lettres.
La fuite de cet Ouvrage qui contiendra les Macedoniens
& les Grecs fera inceflamment fous
preffe ; l'Auteur y travaille avec beaucoup d'affiduité
pour fatisfaire à l'empreffement du Public
qui a enlevé avec avidité les deux premiers Volufumes
lefquels ont une approbation univerſelle
tant en France que chez tous les Etrangers
diftribue depuis quelque tems un troifiéme Volume
du Dictionnaire Univerfel de Commerce ,
par feu M. Savary , pour fervir de fupplément
aux deux premiers Volumes qui ont été donnés
au Public en 172 & en ont été reçûs avec un
applaudiffement univerfel. Ce Libraire n'a imprimé
ce dernier Volume que pour s'acquitter de la
promeffe qu'il avoit faite de donner par Supplé→
ment , & en faveur dé ceux qui avoient foufcrit
pour les deux premiers Volumes , toutes les ad→
ditions qu'on pourroit recouvrer , & que M. Philemon-
Louis Savary avoit perfectionnées avant fa
mort , qui arriva le 20. Septembre 1727. Il contient
d'excellens Mémoires & des additions cụ→
rieufes pour un grand nombre d'Articles qui n'étoient
pas affez exacts dans les deux premiers
Tomes.
Le même Libraire vient de donner auffi les Livres
fuivans.
Hiftoire ancienne des Egyptiens , des Cartaginois
&c. contenus dans le premier Volume.
>
Tome fecond , contenant les Affiriens , les
Babiloniens , les Medes & les Perfes . Par M.
Rollin , ancien Recteur de l'Univerfité de Paris
Profeffeur d'Eloquence au College Royal , & Affocié
à l'Académie Royale des Infcriptions &
Belles - Lettres.
La fuite de cet Ouvrage qui contiendra les Macedoniens
& les Grecs fera inceflamment fous
preffe ; l'Auteur y travaille avec beaucoup d'affiduité
pour fatisfaire à l'empreffement du Public
qui a enlevé avec avidité les deux premiers Volufumes
lefquels ont une approbation univerſelle
tant en France que chez tous les Etrangers
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Résumé : Dictionnaire Universel du Commerce &c [titre d'après la table]
Jacques Étienne, libraire au 12 rue Saint-Jacques, a publié un troisième volume du Dictionnaire Universel de Commerce, rédigé par le défunt M. Savary. Ce volume complète les deux premiers, parus en 1726 et bien accueillis par le public. Il inclut des additions et corrections apportées par M. Philemon-Louis Savary avant sa mort, survenue le 20 septembre 1727, ainsi que des mémoires et ajouts pour des articles incomplets des premiers tomes. Le libraire a également édité plusieurs ouvrages historiques, dont 'Histoire ancienne des Egyptiens, des Carthaginois, etc.' et le 'Tome second, contenant les Assyriens, les Babyloniens, les Mèdes et les Perses' par M. Rollin. Ce dernier est ancien recteur de l'Université de Paris, professeur d'éloquence au Collège Royal et associé à l'Académie Royale des Inscriptions et Belles-Lettres. La suite de cet ouvrage, traitant des Macédoniens et des Grecs, est en préparation pour répondre à la demande publique enthousiaste.
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5552
p. 2013-2014
« Montalant, Imprimeur-Libraire à Paris, donne avis au Public qu'on trouve chez lui les [...] »
Début :
Montalant, Imprimeur-Libraire à Paris, donne avis au Public qu'on trouve chez lui les [...]
Mots clefs :
Ouvrages
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Montalant, Imprimeur-Libraire à Paris, donne avis au Public qu'on trouve chez lui les [...] »
Montalant , Imprimeur - Libraire à Paris ,
donne avis au Públic qu'on trouve chez lui les
Ouvrages fuivans .
Peż, Thefaurus Anedoctorum Noviffimus. fol.
6. vol. Augufta Vindelicorum 1730.
Ejufdem tom . 6. ſeparatim .
Patavii. Dogmata Theologiæ. fol. 6. vol . And
tuerpia.
Ejufdem , Doctrina temporum , fol z . Vol.
Ejufdem , Vranologium, fol.
Schilteri Antiquitates Teutonica , fol . 3. Vold
Ulmæ 1730.
Bullarium magnum , fol. 10. Vol. 1729. ĽuĮ
xemb.
Ejufdem tom. 6. 7. 8. 9. & 10. feparatim.
Hiftoire Litteraire de la Ville de Lyon. Par le
Pere de Colonia in 4. 2. Vol .
Du même Livre , le Tome 2. fe vend à part
Mémoires pourfervir à l' Hiftoire des Negocia
tions du 18. fiecle . Par M. Lamberti in 4. 8.
Vol.
{
Du même Ouvrage les Tom. 6. 7. & 8. fe
féparent.
Hiftoire de la Vie du Duc d'Epernon , conte
fiant ce qui s'eft paffé de plus fecret à la Cour de
France fous les Regnes d'Henri III . d'Henri IV.
& de Louis XIII . in 12. 4. Vol. 1730 .
La même in 4. 1730. Paris.
Hiftoire des Ouvrages des Sçavans , par Mª
Bafnage in 12. 26. Vol.
Les Voyages d'Adam Olearius , föl. 2. Vol.fig.
La Haye 1730 .
➡ de Thevenot. in 12. 5. Vol. Amft.
Les Colloques d'Erafme , en Latin & en Fran
çois, in 12, 6, Vol . Amſt,
Let
2014 MERCURE DE FRANCE
Les Commentaires fur la Geométrie de Defcartes,
Par Rabvel , in 4. 2. Vol. Lyon 1730.
L'Hiftoire Militaire du Prince Eugene & de
Marlboroug , fol. 3. Vol . in 8. La Haye. 1730.
Les Tom. 2 & 3. du même Livre ſe vendent
મે
part.
donne avis au Públic qu'on trouve chez lui les
Ouvrages fuivans .
Peż, Thefaurus Anedoctorum Noviffimus. fol.
6. vol. Augufta Vindelicorum 1730.
Ejufdem tom . 6. ſeparatim .
Patavii. Dogmata Theologiæ. fol. 6. vol . And
tuerpia.
Ejufdem , Doctrina temporum , fol z . Vol.
Ejufdem , Vranologium, fol.
Schilteri Antiquitates Teutonica , fol . 3. Vold
Ulmæ 1730.
Bullarium magnum , fol. 10. Vol. 1729. ĽuĮ
xemb.
Ejufdem tom. 6. 7. 8. 9. & 10. feparatim.
Hiftoire Litteraire de la Ville de Lyon. Par le
Pere de Colonia in 4. 2. Vol .
Du même Livre , le Tome 2. fe vend à part
Mémoires pourfervir à l' Hiftoire des Negocia
tions du 18. fiecle . Par M. Lamberti in 4. 8.
Vol.
{
Du même Ouvrage les Tom. 6. 7. & 8. fe
féparent.
Hiftoire de la Vie du Duc d'Epernon , conte
fiant ce qui s'eft paffé de plus fecret à la Cour de
France fous les Regnes d'Henri III . d'Henri IV.
& de Louis XIII . in 12. 4. Vol. 1730 .
La même in 4. 1730. Paris.
Hiftoire des Ouvrages des Sçavans , par Mª
Bafnage in 12. 26. Vol.
Les Voyages d'Adam Olearius , föl. 2. Vol.fig.
La Haye 1730 .
➡ de Thevenot. in 12. 5. Vol. Amft.
Les Colloques d'Erafme , en Latin & en Fran
çois, in 12, 6, Vol . Amſt,
Let
2014 MERCURE DE FRANCE
Les Commentaires fur la Geométrie de Defcartes,
Par Rabvel , in 4. 2. Vol. Lyon 1730.
L'Hiftoire Militaire du Prince Eugene & de
Marlboroug , fol. 3. Vol . in 8. La Haye. 1730.
Les Tom. 2 & 3. du même Livre ſe vendent
મે
part.
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Résumé : « Montalant, Imprimeur-Libraire à Paris, donne avis au Public qu'on trouve chez lui les [...] »
L'annonce publicitaire de l'imprimeur-libraire Montalant à Paris présente une sélection d'ouvrages disponibles dans sa boutique. Parmi les livres mentionnés, on trouve 'Peż, Thefaurus Anedoctorum Noviffimus' en six volumes, publié à Augsbourg en 1730, et 'Schilteri Antiquitates Teutonica' en trois volumes, publié à Ulm en 1730. D'autres ouvrages notables incluent 'Bullarium magnum' en dix volumes, publié en 1729, et 'Histoire Littéraire de la Ville de Lyon' en deux volumes, écrite par le Père de Colonia. L'annonce mentionne également des mémoires sur les négociations du 18ème siècle par M. Lamberti, une histoire de la vie du Duc d'Épernon couvrant les règnes d'Henri III, Henri IV et Louis XIII, et une histoire des ouvrages des savants par M. Basnage. Des ouvrages de voyage, comme 'Les Voyages d'Adam Olearius' et 'Les Voyages de Thevenot', sont également disponibles. Enfin, l'annonce liste des commentaires sur la géométrie de Descartes par Ravvel, une histoire militaire du Prince Eugène et de Marlborough, et divers autres ouvrages en latin et en français.
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5553
p. 2014-2015
Nouveau Concert de simphonie &c. [titre d'après la table]
Début :
Il paroît depuis peu un Ouvrage de Musique, intitulé Concert de Simphonie, par M. Aubert, [...]
Mots clefs :
Musique, Concertos, Symphonie
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texteReconnaissance textuelle : Nouveau Concert de simphonie &c. [titre d'après la table]
Il paroît depuis peu un Ouvrage de Mufique ,
intitulé Concert de Simphonie , par M. Aubert ,
Intendant de la Mufique de S. A. S. M. le Duc ,
Ordinaire de la Chambre du Roi & de l'Acadé
mie Royale. Il fe vend à Paris , chez l'Auteur ,
rue de la Vieille Bouclerie , proche la rue de la
Huchette , à la Chaife Royale , chez le St Boivin
, rue S. Honoré , à la Regle d'Or , & chez
le Sr le Clerc , rue du Roule , à la Croix d'or.
Le prix eft de 3. livres iz fols , les trois parties
féparées. On trouve tous les Ouvrages de l'Auteur
à ces adreffes. Nous parlerons encore de la
fuite de celui- ci ; en attendant , voici un Avertiffement
que l'Auteur a mis à la tête.
Quoique les Concerto Italiens ayent eu quel
que fuccès depuis plufieurs années en France , ou
l'on a rendu juſtice à tout ce que Corelli , Vival
di & quelques autres ont fait d'excellent dans ce
genre , on a cependant remarqué que cette forte
de mufique, malgré l'habileté d'une partie de ceux
de tout le monde
, & fur tout de celui des Dames , dont le jugement
a toûjours déterminé les plaifirs de la
Nation. De plus la plupart des jeunes gens croyant
fe former la main par les difficultés & les traits
extraordinaires dont on charge depuis peu prefque
tous ces Ouvrages , perdent les graces , la
netteté & la belle fimplicité du gout François .
qui l'executent , n'eft pas du gout
On a encore obfervé que ces pieces ne peuvent
s'executer ni fur la fute , ni fur le hautbois ,
que
SEPTEMBRE . 1730. 2015
que par un très petit nombre de gens illuftres
c'eft ce qui a determiné à effayer un genre de
Mufique , qui non-feulement fut plus ailé à entendre
, mais auffi dont l'exécution fut à la portée
des écoliers plus ou moins habiles comme à
celle des Maîtres , & où toutes fortes d'Inftrumens
puffent conferver leurs fons naturels & les
plus imitateurs de la voix , ce qui a toujours dû
& doit toujours être leur objet. Le projet de
l'Auteur a été de joindre des traits vifs & de la
gayeté à ce que nous appellons des chants François
; il ne fe flatte pas de l'avoir rempli , mais
il ouvre la carriere à de plus habiles . Ces Piéces
peuvent s'executer à grand Choeur , comme les
Concerto , & font très utiles pour les Académies,
& tout ce qui s'appelle Orqueftre ; fi elles font
bien reçûës l'Auteur fera fes efforts pour en
donner une fuite nouvelle tous les deux mois
pendant une année.
intitulé Concert de Simphonie , par M. Aubert ,
Intendant de la Mufique de S. A. S. M. le Duc ,
Ordinaire de la Chambre du Roi & de l'Acadé
mie Royale. Il fe vend à Paris , chez l'Auteur ,
rue de la Vieille Bouclerie , proche la rue de la
Huchette , à la Chaife Royale , chez le St Boivin
, rue S. Honoré , à la Regle d'Or , & chez
le Sr le Clerc , rue du Roule , à la Croix d'or.
Le prix eft de 3. livres iz fols , les trois parties
féparées. On trouve tous les Ouvrages de l'Auteur
à ces adreffes. Nous parlerons encore de la
fuite de celui- ci ; en attendant , voici un Avertiffement
que l'Auteur a mis à la tête.
Quoique les Concerto Italiens ayent eu quel
que fuccès depuis plufieurs années en France , ou
l'on a rendu juſtice à tout ce que Corelli , Vival
di & quelques autres ont fait d'excellent dans ce
genre , on a cependant remarqué que cette forte
de mufique, malgré l'habileté d'une partie de ceux
de tout le monde
, & fur tout de celui des Dames , dont le jugement
a toûjours déterminé les plaifirs de la
Nation. De plus la plupart des jeunes gens croyant
fe former la main par les difficultés & les traits
extraordinaires dont on charge depuis peu prefque
tous ces Ouvrages , perdent les graces , la
netteté & la belle fimplicité du gout François .
qui l'executent , n'eft pas du gout
On a encore obfervé que ces pieces ne peuvent
s'executer ni fur la fute , ni fur le hautbois ,
que
SEPTEMBRE . 1730. 2015
que par un très petit nombre de gens illuftres
c'eft ce qui a determiné à effayer un genre de
Mufique , qui non-feulement fut plus ailé à entendre
, mais auffi dont l'exécution fut à la portée
des écoliers plus ou moins habiles comme à
celle des Maîtres , & où toutes fortes d'Inftrumens
puffent conferver leurs fons naturels & les
plus imitateurs de la voix , ce qui a toujours dû
& doit toujours être leur objet. Le projet de
l'Auteur a été de joindre des traits vifs & de la
gayeté à ce que nous appellons des chants François
; il ne fe flatte pas de l'avoir rempli , mais
il ouvre la carriere à de plus habiles . Ces Piéces
peuvent s'executer à grand Choeur , comme les
Concerto , & font très utiles pour les Académies,
& tout ce qui s'appelle Orqueftre ; fi elles font
bien reçûës l'Auteur fera fes efforts pour en
donner une fuite nouvelle tous les deux mois
pendant une année.
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Résumé : Nouveau Concert de simphonie &c. [titre d'après la table]
Le texte annonce la publication de l'ouvrage musical 'Concert de Simphonie' par Monsieur Aubert, Intendant de la Musique du Duc et Ordinaire de la Chambre du Roi et de l'Académie Royale. Cet ouvrage est disponible à Paris chez plusieurs libraires au prix de 3 livres 12 sols pour les trois parties séparées. L'auteur souligne que les concertos italiens, bien que populaires en France, présentent des difficultés qui nuisent à la simplicité et à la grâce du goût français. De plus, ces pièces nécessitent un petit nombre de musiciens, limitant ainsi leur accessibilité. Pour pallier ces inconvénients, Aubert a composé des pièces plus accessibles, adaptées à divers instruments et niveaux de compétence. Ces compositions allient des traits vifs et de la gaieté aux chants français et peuvent être exécutées en grand chœur, utiles pour les académies et les orchestres. L'auteur prévoit de publier une suite de ces pièces tous les deux mois pendant une année, si elles rencontrent un bon accueil.
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5554
p. 2015
« L'Abbé de Monville, qui travaille actuellement à l'Histoire du Prince de Condé, par ordre [...] »
Début :
L'Abbé de Monville, qui travaille actuellement à l'Histoire du Prince de Condé, par ordre [...]
Mots clefs :
Prince de Condé
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « L'Abbé de Monville, qui travaille actuellement à l'Histoire du Prince de Condé, par ordre [...] »
L'Abbé de Monville , qui travaille actuelle
ment à l'Hiftoire du Prince de Condé , par ordre
du Duc de Bourbon , prie les Sçavans de lui
communiquer les Mémoires anecdoctes qu'ils
gourront avoir fur la Vie de ce grand homme,
ment à l'Hiftoire du Prince de Condé , par ordre
du Duc de Bourbon , prie les Sçavans de lui
communiquer les Mémoires anecdoctes qu'ils
gourront avoir fur la Vie de ce grand homme,
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5555
p. 2015-2017
EXTRAIT d'une Lettre écrite de la Hogue en Normandie, au sujet de deux Monstres marins.
Début :
Ce qu'on vous a écrit de deux Poissons monstrueux, l'un mâle, l'autre femelle, d'une [...]
Mots clefs :
Monstre marin, Poisson, Poissons monstrueux, Normandie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'une Lettre écrite de la Hogue en Normandie, au sujet de deux Monstres marins.
EXTRAIT d'une Lettre écrite de la
Hogue en Normandie , au fujet de deux
Monftres marins.
CE
E qu'on vous a écrit de deux Poiffons monftrueux
, l'un mâle , l'autre femelle , d'une
égale groffeur , qui vers la fin de l'année 1729.
échouerent fur ces côtes , dans les Paroiffes de
Ravenoville & de Foucarville , au Val de Cere
Amirauté de la Hogue , eft très- veritable ; mais
9
ce
2016 MERCURE DE FRANCE
cé n'eft pas affez de vous certifier le fait . Pour
contenter amplement votre curiofité , je vous envoye
un deffein exact du mâle , & en voici la
Def
SEPTEMBRE . 1730. 2017
Defcription , avec les dimenfions exactes. Il avoit
42. piés de long & 24. de groffeur à l'endroit du
corps le plus épais , qui étoit vers le milieu , fa
tête feule avoit 14. piés de groffeur ; fes mâchoires
en avoient fix de longueur, L'inferieure étoit
armée de 48. dents très blanches , & groffes, chacune
comme une corne de Taureau ; fa langue
avoit deux piés de longueur , & trois de circonference
; les nageoires trés petites ; fa nature étoit
de 4. piés de longueur , & de près de trois piés
de groffeur. Toute la peau de l'Animal très- noire
& très tendre ; fon boyau étoit de plus de 500.
piés de longueur. Ces Poiffons monftrueux ont
rendu chacun plus de 900. pots d'huile. Enfin on
ne peut guere donner une idée plus jufte de leur
énorme grandeur que par un petit Char que l'on
a fait de l'os du crâne du mâle dans lequel un
homme peut aifément fe placer. Cependant c'eft
une fingularité à ne pas omettre que les усих de
ce Monftre étoient fort petits , enforte qu'ils n'avoient
guere qu'un pouce de grandeur entre les
deux angles . Nos plus anciens Marins difent qu'ils
n'ont jamais rien vû de pareil en ce genre.
Hogue en Normandie , au fujet de deux
Monftres marins.
CE
E qu'on vous a écrit de deux Poiffons monftrueux
, l'un mâle , l'autre femelle , d'une
égale groffeur , qui vers la fin de l'année 1729.
échouerent fur ces côtes , dans les Paroiffes de
Ravenoville & de Foucarville , au Val de Cere
Amirauté de la Hogue , eft très- veritable ; mais
9
ce
2016 MERCURE DE FRANCE
cé n'eft pas affez de vous certifier le fait . Pour
contenter amplement votre curiofité , je vous envoye
un deffein exact du mâle , & en voici la
Def
SEPTEMBRE . 1730. 2017
Defcription , avec les dimenfions exactes. Il avoit
42. piés de long & 24. de groffeur à l'endroit du
corps le plus épais , qui étoit vers le milieu , fa
tête feule avoit 14. piés de groffeur ; fes mâchoires
en avoient fix de longueur, L'inferieure étoit
armée de 48. dents très blanches , & groffes, chacune
comme une corne de Taureau ; fa langue
avoit deux piés de longueur , & trois de circonference
; les nageoires trés petites ; fa nature étoit
de 4. piés de longueur , & de près de trois piés
de groffeur. Toute la peau de l'Animal très- noire
& très tendre ; fon boyau étoit de plus de 500.
piés de longueur. Ces Poiffons monftrueux ont
rendu chacun plus de 900. pots d'huile. Enfin on
ne peut guere donner une idée plus jufte de leur
énorme grandeur que par un petit Char que l'on
a fait de l'os du crâne du mâle dans lequel un
homme peut aifément fe placer. Cependant c'eft
une fingularité à ne pas omettre que les усих de
ce Monftre étoient fort petits , enforte qu'ils n'avoient
guere qu'un pouce de grandeur entre les
deux angles . Nos plus anciens Marins difent qu'ils
n'ont jamais rien vû de pareil en ce genre.
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Résumé : EXTRAIT d'une Lettre écrite de la Hogue en Normandie, au sujet de deux Monstres marins.
En 1729, deux poissons monstrueux, un mâle et une femelle, de taille égale, s'échouèrent sur les côtes normandes, dans les paroisses de Ravenoville et de Foucarville, relevant de l'Amirauté de la Hogue. Le mâle mesurait 42 pieds de long et 24 pieds de large au point le plus épais. Sa tête faisait 14 pieds de largeur, et ses mâchoires 6 pieds de longueur. La mâchoire inférieure comptait 48 dents blanches et grosses, semblables à des cornes de taureau. Sa langue mesurait 2 pieds de longueur et 3 pieds de circonférence. Les nageoires étaient très petites, et sa queue mesurait 4 pieds de longueur et près de 3 pieds de largeur. La peau de l'animal était très noire et très tendre, et son boyau dépassait 500 pieds de longueur. Chaque poisson a produit plus de 900 pots d'huile. Un petit char fut fabriqué à partir de l'os du crâne du mâle, permettant à un homme de s'y placer. Les yeux du monstre étaient très petits, ne mesurant qu'un pouce entre les deux angles. Les marins les plus anciens n'avaient jamais vu de tels spécimens.
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5556
p. 2017-2018
« On apprend de Londres que dans un Commité du Conseil tenu à Witehalt, sur la Requête présentée [...] »
Début :
On apprend de Londres que dans un Commité du Conseil tenu à Witehalt, sur la Requête présentée [...]
Mots clefs :
Fer, Académie royale de peinture et de sculpture, Prix
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « On apprend de Londres que dans un Commité du Conseil tenu à Witehalt, sur la Requête présentée [...] »
On apprend de Londres que dans un Commité
du Confeil tenu à Witchalt , fur la Requête préfentée
au Roi par le S. Wood & fes Affociés
obtenir le Privilege exclufif de faire du fer
avec la mine du charbon de terre. Il fit voir des
fers à cheval , des cloux une Ancre & plufieurs
autres Inftrumens forgés de ce fer par
divers Ouvriers qui en ont fait un rapport avan
tageux.
› ,
L'Académie Royale de Peinture & de Sculpture
a donné cette année à fes Eleves , le jour
de S,Louis , en la maniere accoutumée , les grands
Prix
2018 MERCURE DE FRANCE
Prix, compofés fur deux Sujets tirés de la Bible,
repréfentant l'un Giezi , ferviteur d'Elifée , qui
obtient par furprife les préfens que le Prophete
avoit refufés de Naaman . 4. Livre des Rois chapitre
5. & l'autre , Daniel qui fauve Suſanne ,
comme on la conduit à la mort. Daniel , chap .
13. verf. 45
Le premier & le fecond Prix de Peinture ont
été remportés par les Srs Boizot & Van Reyfchoot.
Ceux de la Sculpture , par les Srs Francin
& Roubillac ; & le premier Prix de l'Architecture
par le St Louis Claude d'Aviler , neveu de feu
Auguftin Charles d'Aviler,Auteur du Cours d'Architecture
, fi connu & fi eftimé.
du Confeil tenu à Witchalt , fur la Requête préfentée
au Roi par le S. Wood & fes Affociés
obtenir le Privilege exclufif de faire du fer
avec la mine du charbon de terre. Il fit voir des
fers à cheval , des cloux une Ancre & plufieurs
autres Inftrumens forgés de ce fer par
divers Ouvriers qui en ont fait un rapport avan
tageux.
› ,
L'Académie Royale de Peinture & de Sculpture
a donné cette année à fes Eleves , le jour
de S,Louis , en la maniere accoutumée , les grands
Prix
2018 MERCURE DE FRANCE
Prix, compofés fur deux Sujets tirés de la Bible,
repréfentant l'un Giezi , ferviteur d'Elifée , qui
obtient par furprife les préfens que le Prophete
avoit refufés de Naaman . 4. Livre des Rois chapitre
5. & l'autre , Daniel qui fauve Suſanne ,
comme on la conduit à la mort. Daniel , chap .
13. verf. 45
Le premier & le fecond Prix de Peinture ont
été remportés par les Srs Boizot & Van Reyfchoot.
Ceux de la Sculpture , par les Srs Francin
& Roubillac ; & le premier Prix de l'Architecture
par le St Louis Claude d'Aviler , neveu de feu
Auguftin Charles d'Aviler,Auteur du Cours d'Architecture
, fi connu & fi eftimé.
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Résumé : « On apprend de Londres que dans un Commité du Conseil tenu à Witehalt, sur la Requête présentée [...] »
Le texte décrit deux événements distincts. Premièrement, un comité du Conseil, réuni à Witchalt, a examiné une requête présentée au Roi par le Sieur Wood et ses associés. Ils demandaient un privilège exclusif pour fabriquer du fer à partir de la mine de charbon de terre. Ils ont présenté divers objets forgés, tels que des fers à cheval, des clous, une ancre et d'autres instruments, accompagnés de rapports avantageux des ouvriers. Deuxièmement, l'Académie Royale de Peinture et de Sculpture a décerné ses grands prix à ses élèves le jour de la Saint-Louis. Les prix de peinture ont été attribués aux Sieurs Boizot et Van Reyfchoot. Les prix de sculpture ont été remportés par les Sieurs Francin et Roubillac. Enfin, le premier prix d'architecture a été décerné à Louis Claude d'Aviler, neveu d'Augustin Charles d'Aviler, auteur du 'Cours d'Architecture'. Les sujets des prix de peinture étaient tirés de la Bible : l'un représentait Giezi, serviteur d'Élisée, obtenant les présents refusés à Naaman, et l'autre, Daniel sauvant Suzanne.
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5557
p. 2018-2019
Morts de quelques Sçavans [titre d'après la table]
Début :
Jean-Antoine de Barras de la Penne, Commandeur de l'Ordre Militaire de S. Louis, premier [...]
Mots clefs :
Littérature, Histoire, Belles-lettres
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texteReconnaissance textuelle : Morts de quelques Sçavans [titre d'après la table]
Jean-Antoine de Barras de la Penne , Commandeur
de l'Ordre Militaire de S. Louis , premier
Chef d'Eſcadre des Galeres du Roi , Inſpecteur
des Conftructions , & Commandant au Port
de Marfeille, mourut dans cette Ville,le 18. Juillet
dernier , âgê de près de 80. ans. M. de Barras
étoit d'Arles & d'une ancienne Maiſon de Provence.
Il s'eft diftingué par fon zele & par fon
attachement au fervice , ainfi que par fes lumieres
& par les connoiffances qu'il avoit acquifes
dans les Mathématiques , fur tout dans l'Hydro- .
graphie & dans tout ce qui concernoit particulierement
fa Profeffion. Il a compofé des Memoires
Hiftoriques & Critiques fur les divers
Ordres de Rames dans les Galeres des Anciens ,
& d'autres Memoires fur la force & l'utilité des
Galeres en particulier , & fur l'importance de la
Marine en general , en plufieurs Volumes qui
n'ont pas été imprimez & qui méritent de voir
le jour.
N. Moulat , Avocat & ancien Affeffeur de
Marfeille , mourut le même jour dans cette Ville
âgé
.
SEPTEMBRE . 1730. 2019
agé d'environ so . ans . Outre le fçavoir dont il
étoit rempli fur toutes les matieres de fa Profeffion
, qu'il a exercée avec beaucoup d'honneur
il a cultivé toute fa vie les Belles- Lettres , & en
particulier la Poëfie pour laquelle il avoit un ta
lent particulier. Député à la Cour en l'année
1715. pour des affaires importantes de la Ville
de Marfeille , il compofa cette belle Ode à la
gloire du Maréchal de Villars , qui fut eftiméd
des connoiffeurs , & qui lui attira des applaudiffemens
légitimes . C'eſt dans ce même temps que
M. Moulat forma à Paris avec un autre Marfeillois
de fes amis , le premier Projet d'un établiffement
Académique à Marseille , ainfi qu'il a été
dit dans le Mercure de France du mois de Décembre
1728. fecond volume , page 2811 .
François de Rémerville , Seigneur de S. Quentin
, de l'Académie Royale des Belles - Lettres de
Marſeille , mourut à Apt en Provence , fa Patrie,"
fur la fin du même mois de Juillet, âgé d'environ
80. ans, il a donné au Public plufieurs Ouvrages de
Litterature , & en a laiffé plufieurs autres de fa
compofition fur l'Hiftoire de Provence , dans laquelle
il étoit très - verfé , auffi- bien que dans l'Hif
toire Généalogique des Maifons illuftres & des
Familles diftinguées de cette Province.
de l'Ordre Militaire de S. Louis , premier
Chef d'Eſcadre des Galeres du Roi , Inſpecteur
des Conftructions , & Commandant au Port
de Marfeille, mourut dans cette Ville,le 18. Juillet
dernier , âgê de près de 80. ans. M. de Barras
étoit d'Arles & d'une ancienne Maiſon de Provence.
Il s'eft diftingué par fon zele & par fon
attachement au fervice , ainfi que par fes lumieres
& par les connoiffances qu'il avoit acquifes
dans les Mathématiques , fur tout dans l'Hydro- .
graphie & dans tout ce qui concernoit particulierement
fa Profeffion. Il a compofé des Memoires
Hiftoriques & Critiques fur les divers
Ordres de Rames dans les Galeres des Anciens ,
& d'autres Memoires fur la force & l'utilité des
Galeres en particulier , & fur l'importance de la
Marine en general , en plufieurs Volumes qui
n'ont pas été imprimez & qui méritent de voir
le jour.
N. Moulat , Avocat & ancien Affeffeur de
Marfeille , mourut le même jour dans cette Ville
âgé
.
SEPTEMBRE . 1730. 2019
agé d'environ so . ans . Outre le fçavoir dont il
étoit rempli fur toutes les matieres de fa Profeffion
, qu'il a exercée avec beaucoup d'honneur
il a cultivé toute fa vie les Belles- Lettres , & en
particulier la Poëfie pour laquelle il avoit un ta
lent particulier. Député à la Cour en l'année
1715. pour des affaires importantes de la Ville
de Marfeille , il compofa cette belle Ode à la
gloire du Maréchal de Villars , qui fut eftiméd
des connoiffeurs , & qui lui attira des applaudiffemens
légitimes . C'eſt dans ce même temps que
M. Moulat forma à Paris avec un autre Marfeillois
de fes amis , le premier Projet d'un établiffement
Académique à Marseille , ainfi qu'il a été
dit dans le Mercure de France du mois de Décembre
1728. fecond volume , page 2811 .
François de Rémerville , Seigneur de S. Quentin
, de l'Académie Royale des Belles - Lettres de
Marſeille , mourut à Apt en Provence , fa Patrie,"
fur la fin du même mois de Juillet, âgé d'environ
80. ans, il a donné au Public plufieurs Ouvrages de
Litterature , & en a laiffé plufieurs autres de fa
compofition fur l'Hiftoire de Provence , dans laquelle
il étoit très - verfé , auffi- bien que dans l'Hif
toire Généalogique des Maifons illuftres & des
Familles diftinguées de cette Province.
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Résumé : Morts de quelques Sçavans [titre d'après la table]
En juillet 1730, trois personnalités marseillaises sont décédées. Jean-Antoine de Barras de la Penne, Commandeur de l'Ordre de Saint-Louis, Chef d'Escadre des Galères du Roi, Inspecteur des Constructions et Commandant au Port de Marseille, est mort à Marseille le 18 juillet à près de 80 ans. Originaire d'Arles, il était connu pour son zèle, son attachement au service et ses compétences en mathématiques, notamment en hydrographie. Il a rédigé des mémoires sur les ordres de rames dans les galères des Anciens, la force et l'utilité des galères, ainsi que sur l'importance de la marine, mémoires non imprimés mais méritant de l'être. Le même jour, Nicolas Moulat, avocat et ancien assesseur de Marseille, est décédé à Marseille à environ 60 ans. Moulat était reconnu pour son savoir juridique et sa passion pour les Belles-Lettres, notamment la poésie. En 1715, il a composé une ode à la gloire du Maréchal de Villars et a proposé la création d'une académie à Marseille. François de Rémerville, Seigneur de Saint-Quentin et membre de l'Académie Royale des Belles-Lettres de Marseille, est mort à Apt en Provence à la fin du mois de juillet à environ 80 ans. Il a publié plusieurs ouvrages de littérature et laissé des œuvres sur l'histoire de Provence et l'histoire généalogique des familles distinguées de cette province.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5558
p. 2019-2020
« Le sieur Baradelle, Ingenieur du Roi pour les Instrumens de Mathématique, demeurant à l'enseigne [...] »
Début :
Le sieur Baradelle, Ingenieur du Roi pour les Instrumens de Mathématique, demeurant à l'enseigne [...]
Mots clefs :
Ingénieur du roi, Encrier, Académie royale des sciences, Contrefaçon
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texteReconnaissance textuelle : « Le sieur Baradelle, Ingenieur du Roi pour les Instrumens de Mathématique, demeurant à l'enseigne [...] »
Le fieur Baradelle , Ingenieur du Roi pour les
Inftrumens de Mathématique, demeurant à l'en
feigne de l'Obfervatoire , Quay de l'Horloge du
Palais à Paris , donne avis au Public qu'il y a des
Ouvriers qui contrefont , mais mal , les Ancriers
qui confervent l'ancre plufieurs années fans fe gåter
, lefquels prennent le nom du fieur Baradelle
& le font graver fur l'Ancrier , comme s'il fortoit
de fes mains. Il avertit qu'il les débite lui - même à
Paris, & qu'il n'en donne & aucun Marchandpour
2020 MERCURE DE FRANCE
débiter, Il vend auffi une Jauge approuvée de
P'Académie Royale des Sciences , pour jaug er
toutes fortes de Tonneaux imaginables ; il a
eu égard aux courbures que l'on donne aux Tonneaux,
ce qui embarraffe le plus les Jeaugeurs. Il
vend de fort belles Pierres d'Aimant , que l'on
croit propres pour les mouvemens convulfifs &
bonnes pour les experiences de Phyfique.
Inftrumens de Mathématique, demeurant à l'en
feigne de l'Obfervatoire , Quay de l'Horloge du
Palais à Paris , donne avis au Public qu'il y a des
Ouvriers qui contrefont , mais mal , les Ancriers
qui confervent l'ancre plufieurs années fans fe gåter
, lefquels prennent le nom du fieur Baradelle
& le font graver fur l'Ancrier , comme s'il fortoit
de fes mains. Il avertit qu'il les débite lui - même à
Paris, & qu'il n'en donne & aucun Marchandpour
2020 MERCURE DE FRANCE
débiter, Il vend auffi une Jauge approuvée de
P'Académie Royale des Sciences , pour jaug er
toutes fortes de Tonneaux imaginables ; il a
eu égard aux courbures que l'on donne aux Tonneaux,
ce qui embarraffe le plus les Jeaugeurs. Il
vend de fort belles Pierres d'Aimant , que l'on
croit propres pour les mouvemens convulfifs &
bonnes pour les experiences de Phyfique.
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Résumé : « Le sieur Baradelle, Ingenieur du Roi pour les Instrumens de Mathématique, demeurant à l'enseigne [...] »
L'ingénieur Baradelle, résidant à l'Observatoire de Paris, dénonce la contrefaçon de ses ancres et l'usage illégal de son nom. Il vend personnellement ces ancres, une jauge approuvée par l'Académie Royale des Sciences pour mesurer les tonneaux, et des pierres d'aimant de qualité pour les expériences physiques.
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5559
p. *2020-2020
CHANSON.
Début :
Divin Bacchus, charmant Amour, [...]
Mots clefs :
Bacchus
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texteReconnaissance textuelle : CHANSON.
CHANSON.
Divin Bacchus , charmant Amour ,
Faites un deftin favorable ,
Aux Convives qui dans ce jour
Font tout l'honneur de cette Table.
Divin Bacchus , charmant Amour ,
Vous le deyez pour votre gloire ,
Puifqu'ils font pour aimer & boire
Les vrais Heros de votre Cour .
Divin Bacchus , charmant Amour ,
Faites un deftin favorable ,
Aux Convives qui dans ce jour
Font tout l'honneur de cette Table.
Divin Bacchus , charmant Amour ,
Vous le deyez pour votre gloire ,
Puifqu'ils font pour aimer & boire
Les vrais Heros de votre Cour .
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5560
p. 2020-2022
« L'Académie Royale de Musique reprit le 31. Août l'Opera d'Hesione qu'on [...] »
Début :
L'Académie Royale de Musique reprit le 31. Août l'Opera d'Hesione qu'on [...]
Mots clefs :
Académie royale de musique, Opéra
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texteReconnaissance textuelle : « L'Académie Royale de Musique reprit le 31. Août l'Opera d'Hesione qu'on [...] »
SPECTACLES.
' Académie Royale de Mufique reprit
le 31. Août l'Opera d'Hefione qu'on
avoit remis au Théatre en Septembre
*729 . La Dile Le Maure qui avoit quitté
le Théatre au mois d'Août 1727. y chanta
le Rôle dHefione avec beaucoup d'applaudiffement.
Le Public paroît fort fatisfait
de la rentrée de cette Actrice
dont la belle & grande voix a toujours
fait un extrême plaifir.;
La même Académie voulant prendre
part à l'allegreffe publique pour la Naiſ
fance de Monfeigneur le Duc d'Anjou ,
fit faire des feux & des illuminations devant
la principale Porte le jour que le Te
Deum fut chanté à Notre- Dame , & donna
le 4. Septembre l'Opera gratis au Public.
On joua le Balet du Carnaval & de
la Folie qui fatisfit parfaitement une foule
de peuple qui étoit accouruë de tous les
differens Quartiers de Paris , & qui avoit
commencé dès midi à fe placer. Malgré
ce grand concours tout fe paffa fans confufion
ni defordre par les bons ordres que
les nouveaux Directeurs de l'Académie
avoient donnés.
La même Académie donna le ro. par
extraordinaire le Bal fur le Théatre de
l'Opera ; il fut précedé d'un Concert
compofé de Choeurs & de Simphonies
choifies .
En apprenant à ceux de nos Lecteurs
qui l'ignorent la rentrée de la Dlle Le
Maure à l'Opera , nous fommes bien fûrs
du plaifir que cette nouvelle leur fera ;
F mais
2022 MERCURE DE FRANCE
mais c'eſt à regret que nous leur annon
cerons la retraite du S, Thevenard & de la
Die Prevost , deux Sujets inimitables , l'un
dans le noble & le beau chant & l'autre dans
la danfe legere & gracieufe. Ils ont fait pen
dant très long tems les plaifirs du Public,
qui a toûjours honoré leurs talens de
beaucoup d'applaudiffemens , & il y a
lieu de croire qu'il n'en perdra pas fi tôt le
fouvenir. Leurs penfions viageres font reglées
à 1500.livres & à rooo. livres .
' Académie Royale de Mufique reprit
le 31. Août l'Opera d'Hefione qu'on
avoit remis au Théatre en Septembre
*729 . La Dile Le Maure qui avoit quitté
le Théatre au mois d'Août 1727. y chanta
le Rôle dHefione avec beaucoup d'applaudiffement.
Le Public paroît fort fatisfait
de la rentrée de cette Actrice
dont la belle & grande voix a toujours
fait un extrême plaifir.;
La même Académie voulant prendre
part à l'allegreffe publique pour la Naiſ
fance de Monfeigneur le Duc d'Anjou ,
fit faire des feux & des illuminations devant
la principale Porte le jour que le Te
Deum fut chanté à Notre- Dame , & donna
le 4. Septembre l'Opera gratis au Public.
On joua le Balet du Carnaval & de
la Folie qui fatisfit parfaitement une foule
de peuple qui étoit accouruë de tous les
differens Quartiers de Paris , & qui avoit
commencé dès midi à fe placer. Malgré
ce grand concours tout fe paffa fans confufion
ni defordre par les bons ordres que
les nouveaux Directeurs de l'Académie
avoient donnés.
La même Académie donna le ro. par
extraordinaire le Bal fur le Théatre de
l'Opera ; il fut précedé d'un Concert
compofé de Choeurs & de Simphonies
choifies .
En apprenant à ceux de nos Lecteurs
qui l'ignorent la rentrée de la Dlle Le
Maure à l'Opera , nous fommes bien fûrs
du plaifir que cette nouvelle leur fera ;
F mais
2022 MERCURE DE FRANCE
mais c'eſt à regret que nous leur annon
cerons la retraite du S, Thevenard & de la
Die Prevost , deux Sujets inimitables , l'un
dans le noble & le beau chant & l'autre dans
la danfe legere & gracieufe. Ils ont fait pen
dant très long tems les plaifirs du Public,
qui a toûjours honoré leurs talens de
beaucoup d'applaudiffemens , & il y a
lieu de croire qu'il n'en perdra pas fi tôt le
fouvenir. Leurs penfions viageres font reglées
à 1500.livres & à rooo. livres .
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Résumé : « L'Académie Royale de Musique reprit le 31. Août l'Opera d'Hesione qu'on [...] »
Le 31 août, l'Académie Royale de Musique a repris l'opéra *Hippolyte* au théâtre, après une remise en scène en septembre 1729. La Dlle Le Maure, de retour après une absence depuis août 1727, a interprété le rôle principal avec succès, recevant de nombreux applaudissements pour sa belle et puissante voix. Pour célébrer la naissance du Duc d'Anjou, l'Académie a organisé des feux d'artifice et des illuminations le jour du Te Deum à Notre-Dame. Le 4 septembre, l'opéra *Le Carnaval et la Folie* a été offert gratuitement au public, satisfaisant une foule venue de divers quartiers de Paris. Malgré l'affluence, l'organisation a assuré un déroulement sans confusion. L'Académie a également présenté un ballet extraordinaire précédé d'un concert de chœurs et symphonies. Le retour de la Dlle Le Maure a été salué, tandis que le retrait de M. Thévenard et de la Dlle Prévost a été annoncé avec regret. Leurs pensions viagères sont fixées à 1500 livres et 1000 livres respectivement.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5561
p. 2022-2032
Le Bouquet du Roi, Piece en Vaudeville, [titre d'après la table]
Début :
Le 24. Août, veille de la Fête de Saint Louis, l'Opera Comique donna une petite [...]
Mots clefs :
Opéra comique, Amour, Paris, Dieu, Reine, Province, Roi, Apollon, Vaudeville
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texteReconnaissance textuelle : Le Bouquet du Roi, Piece en Vaudeville, [titre d'après la table]
Le 24. Août , veille de la Fête de Saint
Louis , l'Opera Comique donna une petite
Piece nouvelle d'un Acte , en Vaudeville
, intitulée Le Bouquet du Roi , à la
quelle on a fait depuis quelques augmentations
à l'occafion de la Ñaiffance de
Monſeigneur le Duc d'Anjou , Cette Piéce
eft de M. Panard , & la Mufique de M.
Gillier: en voici en peu de mots le Sujet.
Premiere Entrée,
La Ville de Paris perſonifiée , accom→
pagnée de fa fuite , invite fes habitans à
celebrer la Fête du Roi , & chante fur
l'Air : F'entends déja le bruit des armes,
A chanter un fi digne Maître
Tout doit nous porter aujourd'hui ;
Les Dieux même nous font connoître
Qu'ils
SEPTEMBRE. 1730. 2023
Qu'ils fe font déclarés pour lui ,
Et le Prince qui vient de naître
Eft un gage de leur appui.
C'est là le Bouquet que le Ciel lui refer
voit , ajoûte la Ville de Paris ; après quoi
on chante':
Que des Dieux la bonté fouveraine
A fur nous répandu de bienfaits !
D'un Roi charmant , d'une charmante Reine
Nous fommes les enfans plutôt que les Sujets.
Les coeurs , dès qu'on le voit , font à lui fans reſerve
;
Chez elle les vertus ont fixé leur féjour ;
Elle eft l'image de Minerve ;
Il eft l'image de l'Amour.
Les Habitans de Paris forment enfuite
le Divertiſſement , & expriment leur joye
par des danfes & c.
Seconde Entrée.
Les Députés des principales Provinces
de France viennent fe joindre à la Ville
de Paris pour mêler leur joye à la fienne,
& forment chacune un nouveau Balet
dans leur different caractere ; après quoi
le Député de la Normandie chante le
Couplet fuivant , fur l'Air : Pierre Bagnolet
Fij Heu
2024 MERCURE DE FRANCE
Heureux qui fera l'apanage
Du nouveau fils de notre Roi.
La Gascogne,
N'efperez pas cet avantage ;
Vous ne l'aurez pas fur ma foi ;
Ce fera moi.
La Ville de Paris voyant arriver le Député
de la Province d'Anjou , acheve de
chanter l'Air,
Ne conteftez pas davantage ,
Cedez à celui que je voi .
Ce Député chante ces paroles avec ur
Accompagnement de Fanfares.
Triomphe , victoire ;
Honneur à l'Anjou ;
D'ici jufqu'au Perou ,
Que tout chante ma gloire,
Triomphe Victoire &c.
Votre difpute eft vaïne ,
Vous perdez votre peine ;
C'eſt à moi qu'eft deſtiné
Le Prince nouveau né.
Triomphe Victoire &c.
Les autres Provinces paroiffent fort
confternées de cette préference ; la Ville
de Paris leur dit de ne pas s'en allarmer
&
SEPTEMBRE . 1730. 2025
& chante fur l'Air , O reguinqué :
Le Ciel qui vous protege tous
Ne veut point faire de jaloux ;
Allez , allez , raffurez-vous ;
Vous verrez que chaque Province
L'une après l'autre aura fon Prince.
Le Député de la Gascogne répond , Oh!
pour moi je lui cede volontiers le pas , &
chante fur l'Air : Ma raifon s'en va beau
train :
Me
Un deſtin plus rare un jour
payera de mon amour.
*
Toi qui t'applaudis
Des fils de Louis ,
Tu n'as que le deuxième ,
Pour ma Province , Cadedis ,
On garde le douziéme ,
Lon la ,
On garde le douziéme.
Toutes les Provinces fe retirent après
le Divertiffement .
Troifiéme Entrée des Arts.
Cette Entrée eft précedée de trois Scenes.
Dans la premiere , l'Opera Comique
fe plaint à la Ville de ce qu'elle ne l'hos
nore plus de fes vifites dans le Fauxbourg,
* Regardant l'Anjou,
F iij la
2026 MERCURE DE FRANCE
la Ville lui répond qu'elle a de plus juftes
reproches à lui faire , & chante fur l'Air
de foconde :
Tandis que tous mes habitans
Pour un Roi qu'ils cheriffent
Font voir des tranſports éclatans
Dont les Cieux retentiffent ,
L'Opera Comique fe tait ;
It eft dans l'indolence ;
Lui que j'ai vu le premier prêt :
D'où vient donc ce filence
J
L'Opera Comique lui répond qu'il ne
mérite point ce reproche , & qu'il n'a
jamais eu tant de zele : Jugez en , dit-il
par ce que j'ai fait ; s'agiffant d'une matiere
auffi importante ,j'ai cru ... & chante fur
l'Air : M. le Prevêt des Marchands :
Qu'il falloit au facré Valon
Chercher le fecours d'Apollon ;
J'ai choifi pour cette Ambaffade
De mes Acteurs le plus cheri ,
Quoique mon Théatre malade
Ait peine à fe paffer de lui.
Pierot arrive , & fait un recit Comique
de fa reception au Parnaffe , & dit qu'Apollon
étoit fi fort occupé à chaffer la
Profe qui inondoit le facré Valon , qu'il
n'a
SEPTEMBRE. 1730. 2027
n'a pû tirer aucun fecours de lui : A qui
donc auraisje recours ? dit l'Opera Comi
que : A moi , répond l'Amour , qui en
tre dans ce moment fur la ſcene , & chante
fur l'Air : Les filles font fi fottes , lon la :
D'Apollon eft-ce là l'emploi ?
Non , ne vous addreffez qu'à moi ,
Seul je puis vous fuffire.
Tout ce qu'on fait pour votre Roi ,
C'est l'Amour qui l'inſpire ,
Lon la ,
C'est l'Amour & c.
Pourquoi chercher d'autre fecours que le
mien ?dit l'Amour à Pierot , avez - vous
oublié ce que j'ai fait pour vous l'année paf
fe , & chante fur l'Air des Triolets :
N'eft- ce pas moi qui l'an paffé
Pour un Maitre fi débonaire
Vous fit rifquer un coup d'effai
N'est-ce pas moi qui l'an paffé ,
Rechaufai votre coeur glacé ,
Par la crainte de lui déplaire.
N'eft-ce pas moi qui l'an paffé
Dictai l'Hopegué , ma Comere.
L'Amour promet enfuite à Pierot d'aller
prefenter au Roi leurs voeux & leurs
hommages après qu'il aura affifté à la
Fiiij Fête
2028 MERCURE DE FRANCE
Fête que les Arts vont donner , à laquelle
il doit préfider , & chante fnr un Air
nouveau :
L'Amour par ma voix vous appelle ,
Beaux Arts , fignalez votre zele ,
Formez un Monument qui de ce jour heureux
Confacre la mémoire ;
Difputez-vous la gloire
De feconder nos foins & d'embellir nos jeux."
L'Amour fe met à la tête des Arts qui
font une marche , après laquelle ils élevent
un Trophée à la gloire du Roi . C'eſt
une espece d'Obelifque de 12. piés de haut,
terminé par deux Lys , figurant le Roi
& la Reine , & cinq boutons de Lys , figurant
la Famille Royale. Au deffous eft
un Globe tranfparent, avec ces mots, Non
deerunt. Le pied de l'Obelifque forme un
Entablement fur lequel les Arts pofent
chacun leurs Attributs , & au milieu on
voit deux riches bordures , garnies de
toiles , fur lesquelles la Peinture fait peindre
les Portraits du Roi & de la Reine.
Après qu'ils font finis , la Ville de Paris
chante ces paroles fur l'Air d'un Menuet
nouveau :
De ceux qui regnent ſur nous
Voyez vous
L'auSEPTEMBRE.
1730. 2829.
·
L'augufte & brillante image.
Que chacun dans ce beau jour,
¡ Afon tour
Vienne lui rendre hommage..
De ces Aftres les doux regards
Vous font un heureux partage ;
Leur regne eft celui des beaux Arts.
La Décoration du Trophée a été trouvée
très bien imaginée , & parfaitement
bien executée.
Tous les Arts forment un Balet
general
; il eft fuivi d'un Vaudeville , dont
voici quelques Couplets.
La Mufique
Je fuis cet Art mélodietix
Qui forme l'harmonie ;
Souvent les Heros & les Dieux
Occupent mon génie ;
Mais jamais avec tant d'ardeur ,
Je n'exerce ma Lyre
Que quand je chante la douceur
Reine , de votre Empire.
La Peinture.
C'eft moi dont l'Art ingénieux
Imite la Nature ;
De tout ce qu'on voit fous les Cieux
Je trace la figure ;
F Souvent
2030 MERCURE DE FRANCE
Souvent pour peindre votre Roi ,
Je me mets à l'ouvrage ;
Mais l'Amour encor mieux que
En fçait graver l'image.
L'Aftrologie.
Dans les Aftres je lis fans fin,
C'eft moi qui les confulte ;
Ils m'ont appris que le Dauphin
Caufera du tumulte ;
moi
Rempli des charmes les plus dour
Je prévoi qu'il doit rendre
La moitié du monde jaloux
Et l'autre moitié tendre.
La Navigation.
Mon partage eft de naviguer ,
C'eſt à quoi je préfide ,
Jeunes Marins , venez voguer ,
Je ferai votre guide ,
Vous ne payerez point le tribut
Aux caprices d'Eole ,
Et pour vous mener droit au bur
Je porte la Boufole.
L'Art Militaire.
Servez un Prince aimé des Dieux ,
Venez , Jeuneffe aimable ,
Autant qu'il eft charmant , je veux
La
SEPTEMBRE. 1730. 2031
Le rendre redoutable ;
Si tôt que je vois l'Ennemi
Ma contenance eft fiere ,
Et mon oeil jamais endormi
Garde bien la Frontiere.
L'Art de plaire.
Du fecret de parler au coeur
Je fuis dépofitaire ;
Par un regard doux & flatteur
Je montre l'Art de plaire ;
Mais je croi que de mes Leçons
On n'aura point affaire ;
Car ce bel Art eft aux Bourbons
Un Art hereditaire.
Pierrot an Partere.
Si le Prince que nous chantons ,
Meffieurs , vous intereffe ,
Pour le prouver dans nos Cantons
Faites voir plus de preffe ;
Venez, & qu'un fi beau fujet
Pour nos jeux vous reveille ;
Nous vous faifons voir fon Portrait ,
Rendez-nous la pareille,
On trouvera l'Air noté avec la Chanfon
page 2020.
Le premier Septembre on donna ce
F vj
fpecta2032
MERCURE DE FRANCE
fpectacle gratis à l'occafion de la Naiffance
de Monfeigneur le Duc D'ANJOU
On joija la Comédie des Deux Suivantes
dont il a été parlé , & le Bouquet du Roi
Il y eut le même jour Bal dans l'enclos de
la Foire , & des Illuminations . Tout s'y
pafla fans defordre , & au grand contentement
d'une multitude de peuples
que ces Réjouiffances avoient attires , tant
de la Ville , que du Fauxbourg.
Le 5. le même Opera Comique donna
la premiere Repréſentation de deux Piéces
nouvelles en un Acte chacune ; la
premiere a pour titre L'Amour Marin ,
& l'autre L'Esperance , en Vaudevilles ,
& des Divertiffemens , de la compofition
de M. Gillier,
Louis , l'Opera Comique donna une petite
Piece nouvelle d'un Acte , en Vaudeville
, intitulée Le Bouquet du Roi , à la
quelle on a fait depuis quelques augmentations
à l'occafion de la Ñaiffance de
Monſeigneur le Duc d'Anjou , Cette Piéce
eft de M. Panard , & la Mufique de M.
Gillier: en voici en peu de mots le Sujet.
Premiere Entrée,
La Ville de Paris perſonifiée , accom→
pagnée de fa fuite , invite fes habitans à
celebrer la Fête du Roi , & chante fur
l'Air : F'entends déja le bruit des armes,
A chanter un fi digne Maître
Tout doit nous porter aujourd'hui ;
Les Dieux même nous font connoître
Qu'ils
SEPTEMBRE. 1730. 2023
Qu'ils fe font déclarés pour lui ,
Et le Prince qui vient de naître
Eft un gage de leur appui.
C'est là le Bouquet que le Ciel lui refer
voit , ajoûte la Ville de Paris ; après quoi
on chante':
Que des Dieux la bonté fouveraine
A fur nous répandu de bienfaits !
D'un Roi charmant , d'une charmante Reine
Nous fommes les enfans plutôt que les Sujets.
Les coeurs , dès qu'on le voit , font à lui fans reſerve
;
Chez elle les vertus ont fixé leur féjour ;
Elle eft l'image de Minerve ;
Il eft l'image de l'Amour.
Les Habitans de Paris forment enfuite
le Divertiſſement , & expriment leur joye
par des danfes & c.
Seconde Entrée.
Les Députés des principales Provinces
de France viennent fe joindre à la Ville
de Paris pour mêler leur joye à la fienne,
& forment chacune un nouveau Balet
dans leur different caractere ; après quoi
le Député de la Normandie chante le
Couplet fuivant , fur l'Air : Pierre Bagnolet
Fij Heu
2024 MERCURE DE FRANCE
Heureux qui fera l'apanage
Du nouveau fils de notre Roi.
La Gascogne,
N'efperez pas cet avantage ;
Vous ne l'aurez pas fur ma foi ;
Ce fera moi.
La Ville de Paris voyant arriver le Député
de la Province d'Anjou , acheve de
chanter l'Air,
Ne conteftez pas davantage ,
Cedez à celui que je voi .
Ce Député chante ces paroles avec ur
Accompagnement de Fanfares.
Triomphe , victoire ;
Honneur à l'Anjou ;
D'ici jufqu'au Perou ,
Que tout chante ma gloire,
Triomphe Victoire &c.
Votre difpute eft vaïne ,
Vous perdez votre peine ;
C'eſt à moi qu'eft deſtiné
Le Prince nouveau né.
Triomphe Victoire &c.
Les autres Provinces paroiffent fort
confternées de cette préference ; la Ville
de Paris leur dit de ne pas s'en allarmer
&
SEPTEMBRE . 1730. 2025
& chante fur l'Air , O reguinqué :
Le Ciel qui vous protege tous
Ne veut point faire de jaloux ;
Allez , allez , raffurez-vous ;
Vous verrez que chaque Province
L'une après l'autre aura fon Prince.
Le Député de la Gascogne répond , Oh!
pour moi je lui cede volontiers le pas , &
chante fur l'Air : Ma raifon s'en va beau
train :
Me
Un deſtin plus rare un jour
payera de mon amour.
*
Toi qui t'applaudis
Des fils de Louis ,
Tu n'as que le deuxième ,
Pour ma Province , Cadedis ,
On garde le douziéme ,
Lon la ,
On garde le douziéme.
Toutes les Provinces fe retirent après
le Divertiffement .
Troifiéme Entrée des Arts.
Cette Entrée eft précedée de trois Scenes.
Dans la premiere , l'Opera Comique
fe plaint à la Ville de ce qu'elle ne l'hos
nore plus de fes vifites dans le Fauxbourg,
* Regardant l'Anjou,
F iij la
2026 MERCURE DE FRANCE
la Ville lui répond qu'elle a de plus juftes
reproches à lui faire , & chante fur l'Air
de foconde :
Tandis que tous mes habitans
Pour un Roi qu'ils cheriffent
Font voir des tranſports éclatans
Dont les Cieux retentiffent ,
L'Opera Comique fe tait ;
It eft dans l'indolence ;
Lui que j'ai vu le premier prêt :
D'où vient donc ce filence
J
L'Opera Comique lui répond qu'il ne
mérite point ce reproche , & qu'il n'a
jamais eu tant de zele : Jugez en , dit-il
par ce que j'ai fait ; s'agiffant d'une matiere
auffi importante ,j'ai cru ... & chante fur
l'Air : M. le Prevêt des Marchands :
Qu'il falloit au facré Valon
Chercher le fecours d'Apollon ;
J'ai choifi pour cette Ambaffade
De mes Acteurs le plus cheri ,
Quoique mon Théatre malade
Ait peine à fe paffer de lui.
Pierot arrive , & fait un recit Comique
de fa reception au Parnaffe , & dit qu'Apollon
étoit fi fort occupé à chaffer la
Profe qui inondoit le facré Valon , qu'il
n'a
SEPTEMBRE. 1730. 2027
n'a pû tirer aucun fecours de lui : A qui
donc auraisje recours ? dit l'Opera Comi
que : A moi , répond l'Amour , qui en
tre dans ce moment fur la ſcene , & chante
fur l'Air : Les filles font fi fottes , lon la :
D'Apollon eft-ce là l'emploi ?
Non , ne vous addreffez qu'à moi ,
Seul je puis vous fuffire.
Tout ce qu'on fait pour votre Roi ,
C'est l'Amour qui l'inſpire ,
Lon la ,
C'est l'Amour & c.
Pourquoi chercher d'autre fecours que le
mien ?dit l'Amour à Pierot , avez - vous
oublié ce que j'ai fait pour vous l'année paf
fe , & chante fur l'Air des Triolets :
N'eft- ce pas moi qui l'an paffé
Pour un Maitre fi débonaire
Vous fit rifquer un coup d'effai
N'est-ce pas moi qui l'an paffé ,
Rechaufai votre coeur glacé ,
Par la crainte de lui déplaire.
N'eft-ce pas moi qui l'an paffé
Dictai l'Hopegué , ma Comere.
L'Amour promet enfuite à Pierot d'aller
prefenter au Roi leurs voeux & leurs
hommages après qu'il aura affifté à la
Fiiij Fête
2028 MERCURE DE FRANCE
Fête que les Arts vont donner , à laquelle
il doit préfider , & chante fnr un Air
nouveau :
L'Amour par ma voix vous appelle ,
Beaux Arts , fignalez votre zele ,
Formez un Monument qui de ce jour heureux
Confacre la mémoire ;
Difputez-vous la gloire
De feconder nos foins & d'embellir nos jeux."
L'Amour fe met à la tête des Arts qui
font une marche , après laquelle ils élevent
un Trophée à la gloire du Roi . C'eſt
une espece d'Obelifque de 12. piés de haut,
terminé par deux Lys , figurant le Roi
& la Reine , & cinq boutons de Lys , figurant
la Famille Royale. Au deffous eft
un Globe tranfparent, avec ces mots, Non
deerunt. Le pied de l'Obelifque forme un
Entablement fur lequel les Arts pofent
chacun leurs Attributs , & au milieu on
voit deux riches bordures , garnies de
toiles , fur lesquelles la Peinture fait peindre
les Portraits du Roi & de la Reine.
Après qu'ils font finis , la Ville de Paris
chante ces paroles fur l'Air d'un Menuet
nouveau :
De ceux qui regnent ſur nous
Voyez vous
L'auSEPTEMBRE.
1730. 2829.
·
L'augufte & brillante image.
Que chacun dans ce beau jour,
¡ Afon tour
Vienne lui rendre hommage..
De ces Aftres les doux regards
Vous font un heureux partage ;
Leur regne eft celui des beaux Arts.
La Décoration du Trophée a été trouvée
très bien imaginée , & parfaitement
bien executée.
Tous les Arts forment un Balet
general
; il eft fuivi d'un Vaudeville , dont
voici quelques Couplets.
La Mufique
Je fuis cet Art mélodietix
Qui forme l'harmonie ;
Souvent les Heros & les Dieux
Occupent mon génie ;
Mais jamais avec tant d'ardeur ,
Je n'exerce ma Lyre
Que quand je chante la douceur
Reine , de votre Empire.
La Peinture.
C'eft moi dont l'Art ingénieux
Imite la Nature ;
De tout ce qu'on voit fous les Cieux
Je trace la figure ;
F Souvent
2030 MERCURE DE FRANCE
Souvent pour peindre votre Roi ,
Je me mets à l'ouvrage ;
Mais l'Amour encor mieux que
En fçait graver l'image.
L'Aftrologie.
Dans les Aftres je lis fans fin,
C'eft moi qui les confulte ;
Ils m'ont appris que le Dauphin
Caufera du tumulte ;
moi
Rempli des charmes les plus dour
Je prévoi qu'il doit rendre
La moitié du monde jaloux
Et l'autre moitié tendre.
La Navigation.
Mon partage eft de naviguer ,
C'eſt à quoi je préfide ,
Jeunes Marins , venez voguer ,
Je ferai votre guide ,
Vous ne payerez point le tribut
Aux caprices d'Eole ,
Et pour vous mener droit au bur
Je porte la Boufole.
L'Art Militaire.
Servez un Prince aimé des Dieux ,
Venez , Jeuneffe aimable ,
Autant qu'il eft charmant , je veux
La
SEPTEMBRE. 1730. 2031
Le rendre redoutable ;
Si tôt que je vois l'Ennemi
Ma contenance eft fiere ,
Et mon oeil jamais endormi
Garde bien la Frontiere.
L'Art de plaire.
Du fecret de parler au coeur
Je fuis dépofitaire ;
Par un regard doux & flatteur
Je montre l'Art de plaire ;
Mais je croi que de mes Leçons
On n'aura point affaire ;
Car ce bel Art eft aux Bourbons
Un Art hereditaire.
Pierrot an Partere.
Si le Prince que nous chantons ,
Meffieurs , vous intereffe ,
Pour le prouver dans nos Cantons
Faites voir plus de preffe ;
Venez, & qu'un fi beau fujet
Pour nos jeux vous reveille ;
Nous vous faifons voir fon Portrait ,
Rendez-nous la pareille,
On trouvera l'Air noté avec la Chanfon
page 2020.
Le premier Septembre on donna ce
F vj
fpecta2032
MERCURE DE FRANCE
fpectacle gratis à l'occafion de la Naiffance
de Monfeigneur le Duc D'ANJOU
On joija la Comédie des Deux Suivantes
dont il a été parlé , & le Bouquet du Roi
Il y eut le même jour Bal dans l'enclos de
la Foire , & des Illuminations . Tout s'y
pafla fans defordre , & au grand contentement
d'une multitude de peuples
que ces Réjouiffances avoient attires , tant
de la Ville , que du Fauxbourg.
Le 5. le même Opera Comique donna
la premiere Repréſentation de deux Piéces
nouvelles en un Acte chacune ; la
premiere a pour titre L'Amour Marin ,
& l'autre L'Esperance , en Vaudevilles ,
& des Divertiffemens , de la compofition
de M. Gillier,
Fermer
5562
p. 2022-2032
Le Bouquet du Roi, Piece en Vaudeville, Extrait [titre d'après la table]
Début :
Le 24. Août, veille de la Fête de Saint Louis, l'Opera Comique donna une petite [...]
Mots clefs :
Opéra comique, Amour, Paris, Dieu, Reine, Province, Roi, Apollon, Vaudeville
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Le Bouquet du Roi, Piece en Vaudeville, Extrait [titre d'après la table]
Le 24. Août , veille de la Fête de Saint
Louis , l'Opera Comique donna une petite
Piece nouvelle d'un Acte , en Vaudeville
, intitulée Le Bouquet du Roi , à la
quelle on a fait depuis quelques augmentations
à l'occafion de la Ñaiffance de
Monſeigneur le Duc d'Anjou , Cette Piéce
eft de M. Panard , & la Mufique de M.
Gillier: en voici en peu de mots le Sujet.
Premiere Entrée,
La Ville de Paris perſonifiée , accom→
pagnée de fa fuite , invite fes habitans à
celebrer la Fête du Roi , & chante fur
l'Air : F'entends déja le bruit des armes,
A chanter un fi digne Maître
Tout doit nous porter aujourd'hui ;
Les Dieux même nous font connoître
Qu'ils
SEPTEMBRE. 1730. 2023
Qu'ils fe font déclarés pour lui ,
Et le Prince qui vient de naître
Eft un gage de leur appui.
C'est là le Bouquet que le Ciel lui refer
voit , ajoûte la Ville de Paris ; après quoi
on chante':
Que des Dieux la bonté fouveraine
A fur nous répandu de bienfaits !
D'un Roi charmant , d'une charmante Reine
Nous fommes les enfans plutôt que les Sujets.
Les coeurs , dès qu'on le voit , font à lui fans reſerve
;
Chez elle les vertus ont fixé leur féjour ;
Elle eft l'image de Minerve ;
Il eft l'image de l'Amour.
Les Habitans de Paris forment enfuite
le Divertiſſement , & expriment leur joye
par des danfes & c.
Seconde Entrée.
Les Députés des principales Provinces
de France viennent fe joindre à la Ville
de Paris pour mêler leur joye à la fienne,
& forment chacune un nouveau Balet
dans leur different caractere ; après quoi
le Député de la Normandie chante le
Couplet fuivant , fur l'Air : Pierre Bagnolet
Fij Heu
2024 MERCURE DE FRANCE
Heureux qui fera l'apanage
Du nouveau fils de notre Roi.
La Gascogne,
N'efperez pas cet avantage ;
Vous ne l'aurez pas fur ma foi ;
Ce fera moi.
La Ville de Paris voyant arriver le Député
de la Province d'Anjou , acheve de
chanter l'Air,
Ne conteftez pas davantage ,
Cedez à celui que je voi .
Ce Député chante ces paroles avec ur
Accompagnement de Fanfares.
Triomphe , victoire ;
Honneur à l'Anjou ;
D'ici jufqu'au Perou ,
Que tout chante ma gloire,
Triomphe Victoire &c.
Votre difpute eft vaïne ,
Vous perdez votre peine ;
C'eſt à moi qu'eft deſtiné
Le Prince nouveau né.
Triomphe Victoire &c.
Les autres Provinces paroiffent fort
confternées de cette préference ; la Ville
de Paris leur dit de ne pas s'en allarmer
&
SEPTEMBRE . 1730. 2025
& chante fur l'Air , O reguinqué :
Le Ciel qui vous protege tous
Ne veut point faire de jaloux ;
Allez , allez , raffurez-vous ;
Vous verrez que chaque Province
L'une après l'autre aura fon Prince.
Le Député de la Gascogne répond , Oh!
pour moi je lui cede volontiers le pas , &
chante fur l'Air : Ma raifon s'en va beau
train :
Me
Un deſtin plus rare un jour
payera de mon amour.
*
Toi qui t'applaudis
Des fils de Louis ,
Tu n'as que le deuxième ,
Pour ma Province , Cadedis ,
On garde le douziéme ,
Lon la ,
On garde le douziéme.
Toutes les Provinces fe retirent après
le Divertiffement .
Troifiéme Entrée des Arts.
Cette Entrée eft précedée de trois Scenes.
Dans la premiere , l'Opera Comique
fe plaint à la Ville de ce qu'elle ne l'hos
nore plus de fes vifites dans le Fauxbourg,
* Regardant l'Anjou,
F iij la
2026 MERCURE DE FRANCE
la Ville lui répond qu'elle a de plus juftes
reproches à lui faire , & chante fur l'Air
de foconde :
Tandis que tous mes habitans
Pour un Roi qu'ils cheriffent
Font voir des tranſports éclatans
Dont les Cieux retentiffent ,
L'Opera Comique fe tait ;
It eft dans l'indolence ;
Lui que j'ai vu le premier prêt :
D'où vient donc ce filence
J
L'Opera Comique lui répond qu'il ne
mérite point ce reproche , & qu'il n'a
jamais eu tant de zele : Jugez en , dit-il
par ce que j'ai fait ; s'agiffant d'une matiere
auffi importante ,j'ai cru ... & chante fur
l'Air : M. le Prevêt des Marchands :
Qu'il falloit au facré Valon
Chercher le fecours d'Apollon ;
J'ai choifi pour cette Ambaffade
De mes Acteurs le plus cheri ,
Quoique mon Théatre malade
Ait peine à fe paffer de lui.
Pierot arrive , & fait un recit Comique
de fa reception au Parnaffe , & dit qu'Apollon
étoit fi fort occupé à chaffer la
Profe qui inondoit le facré Valon , qu'il
n'a
SEPTEMBRE. 1730. 2027
n'a pû tirer aucun fecours de lui : A qui
donc auraisje recours ? dit l'Opera Comi
que : A moi , répond l'Amour , qui en
tre dans ce moment fur la ſcene , & chante
fur l'Air : Les filles font fi fottes , lon la :
D'Apollon eft-ce là l'emploi ?
Non , ne vous addreffez qu'à moi ,
Seul je puis vous fuffire.
Tout ce qu'on fait pour votre Roi ,
C'est l'Amour qui l'inſpire ,
Lon la ,
C'est l'Amour & c.
Pourquoi chercher d'autre fecours que le
mien ?dit l'Amour à Pierot , avez - vous
oublié ce que j'ai fait pour vous l'année paf
fe , & chante fur l'Air des Triolets :
N'eft- ce pas moi qui l'an paffé
Pour un Maitre fi débonaire
Vous fit rifquer un coup d'effai
N'est-ce pas moi qui l'an paffé ,
Rechaufai votre coeur glacé ,
Par la crainte de lui déplaire.
N'eft-ce pas moi qui l'an paffé
Dictai l'Hopegué , ma Comere.
L'Amour promet enfuite à Pierot d'aller
prefenter au Roi leurs voeux & leurs
hommages après qu'il aura affifté à la
Fiiij Fête
2028 MERCURE DE FRANCE
Fête que les Arts vont donner , à laquelle
il doit préfider , & chante fnr un Air
nouveau :
L'Amour par ma voix vous appelle ,
Beaux Arts , fignalez votre zele ,
Formez un Monument qui de ce jour heureux
Confacre la mémoire ;
Difputez-vous la gloire
De feconder nos foins & d'embellir nos jeux."
L'Amour fe met à la tête des Arts qui
font une marche , après laquelle ils élevent
un Trophée à la gloire du Roi . C'eſt
une espece d'Obelifque de 12. piés de haut,
terminé par deux Lys , figurant le Roi
& la Reine , & cinq boutons de Lys , figurant
la Famille Royale. Au deffous eft
un Globe tranfparent, avec ces mots, Non
deerunt. Le pied de l'Obelifque forme un
Entablement fur lequel les Arts pofent
chacun leurs Attributs , & au milieu on
voit deux riches bordures , garnies de
toiles , fur lesquelles la Peinture fait peindre
les Portraits du Roi & de la Reine.
Après qu'ils font finis , la Ville de Paris
chante ces paroles fur l'Air d'un Menuet
nouveau :
De ceux qui regnent ſur nous
Voyez vous
L'auSEPTEMBRE.
1730. 2829.
·
L'augufte & brillante image.
Que chacun dans ce beau jour,
¡ Afon tour
Vienne lui rendre hommage..
De ces Aftres les doux regards
Vous font un heureux partage ;
Leur regne eft celui des beaux Arts.
La Décoration du Trophée a été trouvée
très bien imaginée , & parfaitement
bien executée.
Tous les Arts forment un Balet
general
; il eft fuivi d'un Vaudeville , dont
voici quelques Couplets.
La Mufique
Je fuis cet Art mélodietix
Qui forme l'harmonie ;
Souvent les Heros & les Dieux
Occupent mon génie ;
Mais jamais avec tant d'ardeur ,
Je n'exerce ma Lyre
Que quand je chante la douceur
Reine , de votre Empire.
La Peinture.
C'eft moi dont l'Art ingénieux
Imite la Nature ;
De tout ce qu'on voit fous les Cieux
Je trace la figure ;
F Souvent
2030 MERCURE DE FRANCE
Souvent pour peindre votre Roi ,
Je me mets à l'ouvrage ;
Mais l'Amour encor mieux que
En fçait graver l'image.
L'Aftrologie.
Dans les Aftres je lis fans fin,
C'eft moi qui les confulte ;
Ils m'ont appris que le Dauphin
Caufera du tumulte ;
moi
Rempli des charmes les plus dour
Je prévoi qu'il doit rendre
La moitié du monde jaloux
Et l'autre moitié tendre.
La Navigation.
Mon partage eft de naviguer ,
C'eſt à quoi je préfide ,
Jeunes Marins , venez voguer ,
Je ferai votre guide ,
Vous ne payerez point le tribut
Aux caprices d'Eole ,
Et pour vous mener droit au bur
Je porte la Boufole.
L'Art Militaire.
Servez un Prince aimé des Dieux ,
Venez , Jeuneffe aimable ,
Autant qu'il eft charmant , je veux
La
SEPTEMBRE. 1730. 2031
Le rendre redoutable ;
Si tôt que je vois l'Ennemi
Ma contenance eft fiere ,
Et mon oeil jamais endormi
Garde bien la Frontiere.
L'Art de plaire.
Du fecret de parler au coeur
Je fuis dépofitaire ;
Par un regard doux & flatteur
Je montre l'Art de plaire ;
Mais je croi que de mes Leçons
On n'aura point affaire ;
Car ce bel Art eft aux Bourbons
Un Art hereditaire.
Pierrot an Partere.
Si le Prince que nous chantons ,
Meffieurs , vous intereffe ,
Pour le prouver dans nos Cantons
Faites voir plus de preffe ;
Venez, & qu'un fi beau fujet
Pour nos jeux vous reveille ;
Nous vous faifons voir fon Portrait ,
Rendez-nous la pareille,
On trouvera l'Air noté avec la Chanfon
page 2020.
Le premier Septembre on donna ce
F vj
fpecta2032
MERCURE DE FRANCE
fpectacle gratis à l'occafion de la Naiffance
de Monfeigneur le Duc D'ANJOU
On joija la Comédie des Deux Suivantes
dont il a été parlé , & le Bouquet du Roi
Il y eut le même jour Bal dans l'enclos de
la Foire , & des Illuminations . Tout s'y
pafla fans defordre , & au grand contentement
d'une multitude de peuples
que ces Réjouiffances avoient attires , tant
de la Ville , que du Fauxbourg.
Le 5. le même Opera Comique donna
la premiere Repréſentation de deux Piéces
nouvelles en un Acte chacune ; la
premiere a pour titre L'Amour Marin ,
& l'autre L'Esperance , en Vaudevilles ,
& des Divertiffemens , de la compofition
de M. Gillier,
Louis , l'Opera Comique donna une petite
Piece nouvelle d'un Acte , en Vaudeville
, intitulée Le Bouquet du Roi , à la
quelle on a fait depuis quelques augmentations
à l'occafion de la Ñaiffance de
Monſeigneur le Duc d'Anjou , Cette Piéce
eft de M. Panard , & la Mufique de M.
Gillier: en voici en peu de mots le Sujet.
Premiere Entrée,
La Ville de Paris perſonifiée , accom→
pagnée de fa fuite , invite fes habitans à
celebrer la Fête du Roi , & chante fur
l'Air : F'entends déja le bruit des armes,
A chanter un fi digne Maître
Tout doit nous porter aujourd'hui ;
Les Dieux même nous font connoître
Qu'ils
SEPTEMBRE. 1730. 2023
Qu'ils fe font déclarés pour lui ,
Et le Prince qui vient de naître
Eft un gage de leur appui.
C'est là le Bouquet que le Ciel lui refer
voit , ajoûte la Ville de Paris ; après quoi
on chante':
Que des Dieux la bonté fouveraine
A fur nous répandu de bienfaits !
D'un Roi charmant , d'une charmante Reine
Nous fommes les enfans plutôt que les Sujets.
Les coeurs , dès qu'on le voit , font à lui fans reſerve
;
Chez elle les vertus ont fixé leur féjour ;
Elle eft l'image de Minerve ;
Il eft l'image de l'Amour.
Les Habitans de Paris forment enfuite
le Divertiſſement , & expriment leur joye
par des danfes & c.
Seconde Entrée.
Les Députés des principales Provinces
de France viennent fe joindre à la Ville
de Paris pour mêler leur joye à la fienne,
& forment chacune un nouveau Balet
dans leur different caractere ; après quoi
le Député de la Normandie chante le
Couplet fuivant , fur l'Air : Pierre Bagnolet
Fij Heu
2024 MERCURE DE FRANCE
Heureux qui fera l'apanage
Du nouveau fils de notre Roi.
La Gascogne,
N'efperez pas cet avantage ;
Vous ne l'aurez pas fur ma foi ;
Ce fera moi.
La Ville de Paris voyant arriver le Député
de la Province d'Anjou , acheve de
chanter l'Air,
Ne conteftez pas davantage ,
Cedez à celui que je voi .
Ce Député chante ces paroles avec ur
Accompagnement de Fanfares.
Triomphe , victoire ;
Honneur à l'Anjou ;
D'ici jufqu'au Perou ,
Que tout chante ma gloire,
Triomphe Victoire &c.
Votre difpute eft vaïne ,
Vous perdez votre peine ;
C'eſt à moi qu'eft deſtiné
Le Prince nouveau né.
Triomphe Victoire &c.
Les autres Provinces paroiffent fort
confternées de cette préference ; la Ville
de Paris leur dit de ne pas s'en allarmer
&
SEPTEMBRE . 1730. 2025
& chante fur l'Air , O reguinqué :
Le Ciel qui vous protege tous
Ne veut point faire de jaloux ;
Allez , allez , raffurez-vous ;
Vous verrez que chaque Province
L'une après l'autre aura fon Prince.
Le Député de la Gascogne répond , Oh!
pour moi je lui cede volontiers le pas , &
chante fur l'Air : Ma raifon s'en va beau
train :
Me
Un deſtin plus rare un jour
payera de mon amour.
*
Toi qui t'applaudis
Des fils de Louis ,
Tu n'as que le deuxième ,
Pour ma Province , Cadedis ,
On garde le douziéme ,
Lon la ,
On garde le douziéme.
Toutes les Provinces fe retirent après
le Divertiffement .
Troifiéme Entrée des Arts.
Cette Entrée eft précedée de trois Scenes.
Dans la premiere , l'Opera Comique
fe plaint à la Ville de ce qu'elle ne l'hos
nore plus de fes vifites dans le Fauxbourg,
* Regardant l'Anjou,
F iij la
2026 MERCURE DE FRANCE
la Ville lui répond qu'elle a de plus juftes
reproches à lui faire , & chante fur l'Air
de foconde :
Tandis que tous mes habitans
Pour un Roi qu'ils cheriffent
Font voir des tranſports éclatans
Dont les Cieux retentiffent ,
L'Opera Comique fe tait ;
It eft dans l'indolence ;
Lui que j'ai vu le premier prêt :
D'où vient donc ce filence
J
L'Opera Comique lui répond qu'il ne
mérite point ce reproche , & qu'il n'a
jamais eu tant de zele : Jugez en , dit-il
par ce que j'ai fait ; s'agiffant d'une matiere
auffi importante ,j'ai cru ... & chante fur
l'Air : M. le Prevêt des Marchands :
Qu'il falloit au facré Valon
Chercher le fecours d'Apollon ;
J'ai choifi pour cette Ambaffade
De mes Acteurs le plus cheri ,
Quoique mon Théatre malade
Ait peine à fe paffer de lui.
Pierot arrive , & fait un recit Comique
de fa reception au Parnaffe , & dit qu'Apollon
étoit fi fort occupé à chaffer la
Profe qui inondoit le facré Valon , qu'il
n'a
SEPTEMBRE. 1730. 2027
n'a pû tirer aucun fecours de lui : A qui
donc auraisje recours ? dit l'Opera Comi
que : A moi , répond l'Amour , qui en
tre dans ce moment fur la ſcene , & chante
fur l'Air : Les filles font fi fottes , lon la :
D'Apollon eft-ce là l'emploi ?
Non , ne vous addreffez qu'à moi ,
Seul je puis vous fuffire.
Tout ce qu'on fait pour votre Roi ,
C'est l'Amour qui l'inſpire ,
Lon la ,
C'est l'Amour & c.
Pourquoi chercher d'autre fecours que le
mien ?dit l'Amour à Pierot , avez - vous
oublié ce que j'ai fait pour vous l'année paf
fe , & chante fur l'Air des Triolets :
N'eft- ce pas moi qui l'an paffé
Pour un Maitre fi débonaire
Vous fit rifquer un coup d'effai
N'est-ce pas moi qui l'an paffé ,
Rechaufai votre coeur glacé ,
Par la crainte de lui déplaire.
N'eft-ce pas moi qui l'an paffé
Dictai l'Hopegué , ma Comere.
L'Amour promet enfuite à Pierot d'aller
prefenter au Roi leurs voeux & leurs
hommages après qu'il aura affifté à la
Fiiij Fête
2028 MERCURE DE FRANCE
Fête que les Arts vont donner , à laquelle
il doit préfider , & chante fnr un Air
nouveau :
L'Amour par ma voix vous appelle ,
Beaux Arts , fignalez votre zele ,
Formez un Monument qui de ce jour heureux
Confacre la mémoire ;
Difputez-vous la gloire
De feconder nos foins & d'embellir nos jeux."
L'Amour fe met à la tête des Arts qui
font une marche , après laquelle ils élevent
un Trophée à la gloire du Roi . C'eſt
une espece d'Obelifque de 12. piés de haut,
terminé par deux Lys , figurant le Roi
& la Reine , & cinq boutons de Lys , figurant
la Famille Royale. Au deffous eft
un Globe tranfparent, avec ces mots, Non
deerunt. Le pied de l'Obelifque forme un
Entablement fur lequel les Arts pofent
chacun leurs Attributs , & au milieu on
voit deux riches bordures , garnies de
toiles , fur lesquelles la Peinture fait peindre
les Portraits du Roi & de la Reine.
Après qu'ils font finis , la Ville de Paris
chante ces paroles fur l'Air d'un Menuet
nouveau :
De ceux qui regnent ſur nous
Voyez vous
L'auSEPTEMBRE.
1730. 2829.
·
L'augufte & brillante image.
Que chacun dans ce beau jour,
¡ Afon tour
Vienne lui rendre hommage..
De ces Aftres les doux regards
Vous font un heureux partage ;
Leur regne eft celui des beaux Arts.
La Décoration du Trophée a été trouvée
très bien imaginée , & parfaitement
bien executée.
Tous les Arts forment un Balet
general
; il eft fuivi d'un Vaudeville , dont
voici quelques Couplets.
La Mufique
Je fuis cet Art mélodietix
Qui forme l'harmonie ;
Souvent les Heros & les Dieux
Occupent mon génie ;
Mais jamais avec tant d'ardeur ,
Je n'exerce ma Lyre
Que quand je chante la douceur
Reine , de votre Empire.
La Peinture.
C'eft moi dont l'Art ingénieux
Imite la Nature ;
De tout ce qu'on voit fous les Cieux
Je trace la figure ;
F Souvent
2030 MERCURE DE FRANCE
Souvent pour peindre votre Roi ,
Je me mets à l'ouvrage ;
Mais l'Amour encor mieux que
En fçait graver l'image.
L'Aftrologie.
Dans les Aftres je lis fans fin,
C'eft moi qui les confulte ;
Ils m'ont appris que le Dauphin
Caufera du tumulte ;
moi
Rempli des charmes les plus dour
Je prévoi qu'il doit rendre
La moitié du monde jaloux
Et l'autre moitié tendre.
La Navigation.
Mon partage eft de naviguer ,
C'eſt à quoi je préfide ,
Jeunes Marins , venez voguer ,
Je ferai votre guide ,
Vous ne payerez point le tribut
Aux caprices d'Eole ,
Et pour vous mener droit au bur
Je porte la Boufole.
L'Art Militaire.
Servez un Prince aimé des Dieux ,
Venez , Jeuneffe aimable ,
Autant qu'il eft charmant , je veux
La
SEPTEMBRE. 1730. 2031
Le rendre redoutable ;
Si tôt que je vois l'Ennemi
Ma contenance eft fiere ,
Et mon oeil jamais endormi
Garde bien la Frontiere.
L'Art de plaire.
Du fecret de parler au coeur
Je fuis dépofitaire ;
Par un regard doux & flatteur
Je montre l'Art de plaire ;
Mais je croi que de mes Leçons
On n'aura point affaire ;
Car ce bel Art eft aux Bourbons
Un Art hereditaire.
Pierrot an Partere.
Si le Prince que nous chantons ,
Meffieurs , vous intereffe ,
Pour le prouver dans nos Cantons
Faites voir plus de preffe ;
Venez, & qu'un fi beau fujet
Pour nos jeux vous reveille ;
Nous vous faifons voir fon Portrait ,
Rendez-nous la pareille,
On trouvera l'Air noté avec la Chanfon
page 2020.
Le premier Septembre on donna ce
F vj
fpecta2032
MERCURE DE FRANCE
fpectacle gratis à l'occafion de la Naiffance
de Monfeigneur le Duc D'ANJOU
On joija la Comédie des Deux Suivantes
dont il a été parlé , & le Bouquet du Roi
Il y eut le même jour Bal dans l'enclos de
la Foire , & des Illuminations . Tout s'y
pafla fans defordre , & au grand contentement
d'une multitude de peuples
que ces Réjouiffances avoient attires , tant
de la Ville , que du Fauxbourg.
Le 5. le même Opera Comique donna
la premiere Repréſentation de deux Piéces
nouvelles en un Acte chacune ; la
premiere a pour titre L'Amour Marin ,
& l'autre L'Esperance , en Vaudevilles ,
& des Divertiffemens , de la compofition
de M. Gillier,
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Résumé : Le Bouquet du Roi, Piece en Vaudeville, Extrait [titre d'après la table]
Le 24 août 1730, veille de la Fête de Saint Louis, l'Opéra Comique a présenté une pièce en vaudeville intitulée 'Le Bouquet du Roi' en l'honneur de la naissance du Duc d'Anjou. Cette pièce, écrite par M. Panard et accompagnée de la musique de M. Gillier, se compose de trois entrées. Dans la première entrée, la Ville de Paris, personnifiée et accompagnée de sa suite, invite ses habitants à célébrer la fête du roi. Elle chante les bienfaits du ciel et la joie apportée par la naissance du prince. Les habitants expriment leur allégresse par des danses. Dans la seconde entrée, les députés des principales provinces de France rejoignent la Ville de Paris pour partager leur joie. Chaque province forme un ballet et exprime son désir de voir le nouveau prince comme héritier. La Normandie et la Gascogne rivalisent pour cet honneur, mais la Ville de Paris assure que chaque province aura son prince. La troisième entrée est précédée de trois scènes. L'Opéra Comique se plaint à la Ville de Paris de ne plus être visité dans le faubourg. La Ville répond en reprochant à l'Opéra Comique son silence. L'Opéra Comique rétorque qu'il a toujours été zélé et raconte une visite au Parnasse où Apollon était occupé. L'Amour intervient alors, affirmant qu'il est le seul à pouvoir aider. Il promet d'aller présenter les vœux au roi après une fête des Arts. Les Arts, dirigés par l'Amour, élèvent un trophée à la gloire du roi, représentant la famille royale. La Ville de Paris chante ensuite l'image auguste et brillante des souverains. La décoration du trophée est bien imaginée et exécutée. Les Arts forment un ballet général suivi d'un vaudeville où chaque art exprime son rôle et son admiration pour le roi. Le 1er septembre, ce spectacle a été donné gratuitement à l'occasion de la naissance du Duc d'Anjou. La journée a également inclus une comédie, un bal et des illuminations, se déroulant sans désordre et au grand contentement du public. Le 5 septembre, l'Opéra Comique a présenté deux nouvelles pièces en un acte : 'L'Amour Marin' et 'L'Espérance'.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5563
p. 2032-2033
« Le premier de ce mois, les Comédiens Italien firent éclater leur joye pour la [...] »
Début :
Le premier de ce mois, les Comédiens Italien firent éclater leur joye pour la [...]
Mots clefs :
Comédiens-Italiens, Naissance du duc d'Anjou
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le premier de ce mois, les Comédiens Italien firent éclater leur joye pour la [...] »
Le premier de ce mois , les Comédiens
Italiens firent éclater leur joye pour la
Naiffance de Monfeigneur le Duc D'ANJou
, avec beaucoup de zele. On alluma
des Feux & on fit des Illuminations dans
les deux ruës où font les Portes de l'Hôtel
de Bourgogne ; ils donnerent gratisle
même jour à une nombreuſe Affemblée
, les trois Comédies des Payfans de
Qualité , du Triomphe de Plutus , & du
May , ornées de Divertiffemens qui fatisfirent
extrémement les Spectateurs. Le
feur Charpentier , excellent Joueur de
Mufette
SEPTEMBRE . 1730. 2033
Mulette , n'y contribua pas peu par les
differens Airs qu'il joüa.
Italiens firent éclater leur joye pour la
Naiffance de Monfeigneur le Duc D'ANJou
, avec beaucoup de zele. On alluma
des Feux & on fit des Illuminations dans
les deux ruës où font les Portes de l'Hôtel
de Bourgogne ; ils donnerent gratisle
même jour à une nombreuſe Affemblée
, les trois Comédies des Payfans de
Qualité , du Triomphe de Plutus , & du
May , ornées de Divertiffemens qui fatisfirent
extrémement les Spectateurs. Le
feur Charpentier , excellent Joueur de
Mufette
SEPTEMBRE . 1730. 2033
Mulette , n'y contribua pas peu par les
differens Airs qu'il joüa.
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Résumé : « Le premier de ce mois, les Comédiens Italien firent éclater leur joye pour la [...] »
Le 1er septembre 1730, les Comédiens Italiens célébrèrent la naissance du Duc d'Anjou. Des feux et des illuminations furent allumés dans les rues menant à l'Hôtel de Bourgogne. Ils offrirent trois comédies gratuites : 'Les Paysans de Qualité', 'Le Triomphe de Plutus' et 'Le May'. Les représentations incluaient des divertissements et des airs interprétés par Charpentier.
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5564
p. 2033-2053
LA FOIRE DES POETES. / L'ISLE DU DIVORCE. / LA SYLPHIDE. / VAUDEVILLE.
Début :
Un Acteur François & Trivelin de la Comédie Italienne, se rencontrent par [...]
Mots clefs :
Arlequin, Divorce, Sergent, Théâtre, Procureur, Maître, Épouse, Époux, Comédies, Coeur, Vaudeville
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LA FOIRE DES POETES. / L'ISLE DU DIVORCE. / LA SYLPHIDE. / VAUDEVILLE.
Le 11. les mêmes Comédiens donnerent
une Piece nouvelle en trois Actes
avec des Divertiffemens , de la compofi
tion des fieurs Dominique & Romagnefy,
qui a pour titre , la Foire des Poëtes , l'Ifle
du Divorce & la Sylphide , laquelle a été
reçûë très-favorablement du Public. Voici
l'Extrait de chacune.
LA FOIRE DES POETES.
Un Acteur François & Trivelin de la
Comédie Italienne , fe rencontrent par
hazard , & ſe demandent réciproquement
comment ils ont pû pénetrer dans cet
azile ; Trivelin lui dit qu'il n'a rien de
caché pour lui , & qu'il veut bien fatisfaire
fa curiofité : Vous fçavez , ajoûte-t-il , que
nous en avons très-mal agi avec M les
Auteurs , qui picquez de nos Airs , ont
quitté Paris , dans la refolution de ne nous
plus donner de nouveautez ; que depuis leur
retraite nos Théatres ! anguiffent , &c. &
qu'il vient de la part de fa Troupe , ménager
un raccommodement ; Apollon ,
continue- t-il , a recueilli les Nouriffons
des Mufes , & leur a fait bâtir un Hôtel
magnifique , dans lequel il les entretient
& les nourrit , & tout ce qu'ils vendent
"
eft
2034 MERCURE
DE FRANCE
eft pour leurs menus plaifirs ; après une
defcription comique,l'Acteur François dit
qu'il a befoin d'une Tragédie , & prie
Trivelin de lui préter de l'argent pour
faire cette amplette ; Trivelin s'excufe fur
le befoin qu'il a de deux Comédies &
d'un Prologue , & qu'il fera bienheureux
s'il a de quoi payer une bonne Scene ,
n'ayant fur lui que quinze livres. Après
cette Scene , Trivelin dit à l'Acteur de
le fuivre , & qu'il va le conduire à l'Hôtel
des Poëtes , où ils tiennent une espece
de Foire.
Le Théatre change & repréfente un
Caffe rempli de Poëtes ; on chante en
choeur les paroles fuivantes :
Verfez de ce Caffé charmant ,
H eft notre unique aliment.
Un Poëte.
C'eft vous , aimable breuvage ,
Qui ranimez tous les efprits ;
Si-tôt que nous vous avons pris ,
Des Dieux nous parlons le langage ;
Nous rimons tous à qui mieux mieux,
Et faifis d'une docte extafe ,
Nous nous élevons juſqu'aux Cieux :
L'Onde que fit jaillir Pegaze ,
N'a rien de fi délicieux.
Verfez de ce Caffé charmant , &c.
訂
SEPTEMBRE. 1730. 2035
Il s'éleve auffi - tôt une difpute entre les
Poëtes. Les uns foutiennent que le Caffe
cauſe des infomnies ; les autres , qu'il fait
dormir. Après une courte Differtation ,
Trivelin & l'Acteur François s'avancent ,
les Poëtes offrent leur Marchandife ; l'Acteur
François demande une Tragédie , &
Trivelin deux Comédies & un Prologue ;
un Poëte en propofe une à l'Acteur , qu'il
foutient excellente ; un autre offre à Trivelin
deux Comédies ; ils fe retirent pour
en faire la lecture .
Une jeune fille vient demander à un
Poëte des Couplets de Chanſon pour fe
mocquer de fon Amant , qui eft trop timide
; le Poëte lui donne les Couplets
fuivans , qu'elle chante fur l'Air : Daphnis
m'aimoit fi tendrement.
Quand mon Amant me fait la cour ,
Il languit , il pleure , il ſoupire ,
Et paffe avec moi tout le jour ,
A me raconter fon martyre.
Ah! s'il le paffoit autrement
Il me plairoit infiniment.
L'autre jour dans un Bois charmant ;
Ecoutant chanter la Fauvette ,
Il me demanda tendrement ,
M'aimes-tu , ma chere Liſette :
2036 MERCURE DE FRANCE
Je lui dis , oui , je t'aime bien :
Il ne me demanda plus rien.
Puifque j'ai fait naître tes feux
Rien ne flate plus mon envie ,
Je fuis , reprit -il , trop heureux ;
O jour le plus beau de ma vie
Et répetoit à chaque inſtant ,
C'en eft affez , je fuis content.
De cet Amant plein de froideur
Il faut que je me dédommage ,
J'en veux un , qui de mon ardeur ,
Sçache faire un meilleur ufage ,
Qu'il foit heureux à chaque inftant
Et qu'il ne foit jamais content .
La jeune fille , fatisfaite des Couplets
après les avoir payez au Poëte , s'en retourne
en les chantant ; Trivelin revient.
avec l'Auteur qui lui a propofé les deux.
Comedies , il lui dit qu'il les trouve affez
jolies ; mais qu'il a befoin d'un Prologue ,
fur quoi l'Auteur lui répond : Comme
vous faites ufage de tout, voyez prendre leçon
à nos Apprentifs Poëtes , peut-être vous.
fervirez vous de cette idée pour un Prologue
Trivelin y confent ; auffi- tôt le Profeffeur
de Poëfie s'avance & chante ces paroles
Son
SEPTEMBRE. 1730. 2037
Son Profeffor di Poëfia ,
Della divina freneſia ,
Mon Art inſpire les tranſports ;
I miei canti ,
Sono incanti ;
I dotti , glignoranti ,.
Tout cft charmé de mes accords,
Venité miei cari ,
Scolari ,
A prender lezione ,
Dal dottor Lanternone.
Les Apprentifs Poëtes forment une Danfe
; le Profeffeur interroge un de fes Ecoliers
; ils dialoguent en chantant.
Le Profeffeur.
Pour être Poëte à prefent ,
Quel eft le talent neceffaire ?
L'Ecolier.
Il faut être plaisant ,
Quelquefois médifant ;
Et toujours plagiaire.
Le Profeffeur
Non e quefto ;
Dite preſto ,
Cio che bifogna far ,
Per ben verfificar.
L'E
2038 MERCURE DE FRANCE
-L'Ecolier.
Rimar , rimar , rimar .
Le Profeſſeur.
Bravo ; bene , bene , bene.
De qui faites- vous plus d'eftime ,
De la faifon ou de la rime
་
L'Ecolier.
La rime , fans comparaiſon ,
Doit l'emporter fur la raiſon.
Le Profeffeur.
Pourquoi cette diſtinction ?
L'Ecolier.
C'est qu'on entend toûjours la rime
Et qu'on n'entend point la raiſon,
Le Profeffeurs
Bravo ; bene , bene , bene.
Pour faire une Piece Lyrique ,
Autrement dit, un Opera nouveau,
Que faut-il pour le rendre beau ?
L'Ecolier.
De mauvais Vers & de bonne Mufique ,
Le Profeffeur.
Bravo ; bene , &c. \\
L'E
SEPTEMBRE. 1730 : 2039
Dans une Tragedie , Ouvrage d'importance ,
Que faut- il pour toucher les coeurs ?
L'Ecolier.
Un fonge , une reconnoiffance ,
Un récit & de bons Acteurs.
Le Profeffeur.
Bravo , bene , &c.
Auffi- tôt on entend une Symphonie
brillante. Le Profeffeur dit que c'eft Minerve
qui defcend ; la Folie paroît dans
le moment , & chante en s'adreffant aux
Poëtes,
Ingrats , me méconnoiffez -vous ?
N'eft- ce pas moi qui vous infpire ?
Qui dans vos tranſports les plus fous
Ay foin de monter votre Lyre ?
Allons , allons , fubiffez tous ;
Le joug de mon aimable empire
Et que chacun à mes genoux ,
S'applaudiffe de fon délire.
Viva , viva la Pazzia ,
La madre dell' allegria ,
Souveraine de tous les coeurs
Et la Minerve des Auteurs,
La Folie conduit les Poëtes à Paris
qui
2040 MERCURE DE FRANCE
qui eft , dit- elle , leur vrai féjour , tous
la fuivent en danfant avec elle & en
chantant :
Viva , viva la Pazzia , &c.
L'ISLE DU DIVORCE.
Valere & Arlequin fon Valet , arrivent
fur le Théatre d'un air triſte , & après
s'être regardez l'un & l'autre , Valere lui
demande s'il s'ennuye autant que lui , à
quoi Arlequin répond que c'eſt à peu près
la même chofe ; Valere ſoupire & témoi
gne les regrets que lluuii ccaauuffee llaa perte de
Silvia , fon Epoufe , qu'il a quittée, malgré
la vertu & fa fidelité , pour fe conformer
aux Coûtumes de l'Ifle , qui autorife
le divorce. Arlequin , à l'imitation
de Valere , marque le chagrin qu'il ref
fent d'avoir abandonné Colombine ; ne
fuis-je pas un grand coquin , ajoûte-t-il , d'avoir
épousé une feconde femme , fans avoir
du moins enterré la premiere. Après avoir
oppofé le caractere d'Orphife à celui
de Silvia , la douceur de Colombine
à l'humeur acariatre de Lifette ; Orphife
& Lifette arrivent ; & comme Orphiſe
de fon côté n'a plus de gout pour Valere ,
elle s'adreffe à Arlequin , & Lifette parle
à Valere. Après une courte converfation ,
Orphife fait des reproches à Valere , &
Lifette
SEPTEMBRE . 1730. 2041
pas
Lifette à Arlequin ; ils fe querellent &
Le trouvent tous les deux très - haïffables,
Orphile dit à Valere qu'il n'en faut
refter là , & que s'il fe prefente une occafion
favorable de fe défunir , il en faudra
profiter ; Nous ne ferons pas affez
heureux , reprend Valere ; pourquoi , Mr ,
répond Orphife ? S'il arrive quelque Vaif
feau étranger.... Hé bien , Mad , s'il en
arrive , dit Valere ; ah ! je vois bien , contínuë
Orphiſe , que vous ignorez une par
tie des coûtumes du Pays , donnez - moi
feulement votre parole ah ! de tout mon
coeur, répond Valere. Orphife fur cette,
affurance fe retire , Lifette en fait de mê
me ; Arlequin & Valere voyant arriver
Silvia & Colombine , s'écartent pour en
tendre leurs difcours.
Silvia , qui croit être feule avec fa Suivante
, fait éclater les fentimens de l'époufe
la plus vertueufe , en fe plaignant
de la perfidie de Valere , qui l'a inhumainement
abandonnée en profitant de l'u
fage établi dans l'Ifle ; Colombine ſe repent
de l'avoir imitée , & de ne s'être pas
vengée du traitre Arlequin ; Valere charmé
de la conftance de fon Epoufe , l'aborde
en la priant de pardonner fon indif
cretion : Je fçai trop , dit-il , que ma pre--
fence ne peut qu'irriter votre jufte colere contre
un ingrat qui ne méritoit pas le bonheur dont il
2042 MERCURE DE FRANCE
ajoui , il n'étoit pas ,fans doute , d'un grand
prix , répond Silvia , puifque vous y avez
fifacilement renoncé? Arlequin dit des douceurs
à Colombine , qui affecte un air de
fierté dont il n'eft pas content . Dans cette
Scene Valere témoigne fon repentir , &
prie inftamment Silvia , s'il fe preſente
quelque favorable occafion de refferrer
leurs noeuds , de ne point s'oppofer à fa
félicité ; Silvia ſe rend enfin à les inftances
, & lui dit que ce n'eft pas d'aujour
d'hui qu'il connoît fon coeur. Valere veut
rentrer avec elle ; mais Silvia le lui deffend
; Non , Valere , dit - elle , reftez ; la
bienfeance condamne jufqu'à l'entretien que
nous avons ensemble , & je ne veux pas
perdre l'estime d'un homme qui a été mon
Epoux ; fi par quelque heureux évenement
vous pouviez brifer la chaîne qui vous attache
à ma Rivale , j'accepterai votre main
je n'aurai d'autre reproche à mefaire que
celui d'avoir trop aimé un ingrat.
Valere fe retire , content de l'affurance
que lui a donnée Silvia ; Colombine veut
fuivre fa Maîtreffe , mais Arlequin l'arrête
en la priant d'avoir pitié d'un amour
renaiffant , qui peut-être n'a pas encore
long-temps à vivre. Après une Scene affez
plaifante Valere.revient avec le Chef de
Ifle , qui lui dit que fon efperance eft
vaine , & que pour donner lieu à un fe
cond
SEPTEMBRE. 1730. 2043
cond divorce il faudroit que des Etrangers
débarquaffent dans l'Ifle , & qu'ils con+
fentiflent à former d'autres engagemens ;
que pour lors , non -feulement lui , mais
tous les Epoux du Pays pourroient , à leur
exemple , le démarier ; Arlequin lui dit
que moyennant un fi beau Privilege, l'Iffe
doit être extrémement peuplée , à quoi
le Chef répond qu'elle n'eft pas encore
connue , que le hazard feul y fait abor
der , & que quand ils y font débarquez
il y avoit so. ans qu'il n'y avoit paru de
Vaiffeaux étrangers.
Orphiſe arrive & annonce à Valere qu'il
vient d'arriver un Vaiffeau étranger ; Arle
quin fe réjouit de cette agréable nouvelle
en fe mocquant du Chef de l'Ifle. Un Infulaire
donne avis à ce Chef qu'il n'y a que
deux femmes dans le Vaiffeau, que l'une eft
l'épouſe d'un Marchand Drapier de Paris,
& que l'autre eft une veuve qui a été ma
riée quatre fois , & qui dit qu'elle n'en
veut pas davantage , M & M Droguer
arrivent en plaignant leur fort & en difant
que les fupplices les plus affreux ne
les forceront point à s'abandonner. Ils
fe témoignent l'amour le plus violent
ce qui fait perdre aux autres l'efperance
de fe démarier ; mais Valere fair tant par
fes difcours féducteurs , qu'il perfuade la
vieille à quitter fon mari ; Orphife de
fon
2044 MERCURE DE FRANCE
fon côté engage M Droguet à brifer
fa chaîne ; Me Droguet , dans l'efperance
d'époufer Valere , quitte fon époux , &
M.Droguet comptant s'unir avec Orphiſe,
fait divorce avec fa femme.
Après ce divorce , Silvia paroît ; Valere
la reprend , Orphiſe quitte M. Droguet en
difant qu'elle va offrir à Dorante une main
qu'il attend avec impatience ; Arlequin
époufe Colombine , & Lifette s'en va pour
en faire autant avec Trivelin ; M. & Me
Droguet reftent très-furpris de cette avanture
; Qu'allons nous devenir , dit Mc Droguet
, vous pouvez vous reprendre , ajoûte
le Chef de l'Ifle , mais cela vous fera compté
pour un divorce : Oh , non , reprennent- ils ,
il vaut mieux attendre ; nous ne sommes pas
venus ici pour abolir les loix. Les maris &
les femmes de l'Ile arrivent pour faire
divorce ; ils forment le Divertiffement
composé de Danfes & d'un Vaudeville.
LA STLPHIDE,
Le Théatre repréfente l'Appartement
d'Erafte. Une Sylphide & une Gnomide y
entrent dans le même moment ; la Sylphide
pofe une Corbeille fur la table , de
même que la Gnomide ; elles font furprifes
de fe rencontrer & fe demandent réciproquement
ce qu'elles viennent faire
dans
SEPTEMBRE. 1730. 2045
dans la chambre d'Erafte . La Gnomide
dit que fon Amant l'attire en ce lieu à
la Sylphide ajoûte que le feul defir.de
yoir le fien l'a conduite dans cet Appartement
; elles fe croient Rivales ; mais
après une petite difpute leurs foupçons
font diffipez ; la Sylphide découvre à la
Gnomide les tendres fentimens pour Erafte
, & la Gnomide avoue fa paffion pour
Arlequin fon Valet. La Sylphide raconte
qu'elle avoit fait partie avec deux Sylphides
de fes amies , de fe rendre vifibles ;
qu'elles allerent fe promener aux Thuilleries,
& que ce fut dans ce Jardin qu'elle
vit Erafte pour la premiere fois , qu'elle
le trouva fi charmant , qu'elle ne put
s'empêcher de l'aimer. Elle fait une agréa
ble defcription des differens Cavaliers
qu'elle vit à cette Promenade ; elle dit
enfuite qu'elle craint que les charmes d'une
de fes Compagnes n'ayent eu plus de
pouvoir que les fiens fur le coeur d'Erafte ,
& que cette incertitude l'accable. Vous
faites injure à vos attraits , répond la Gnomide
; pour moi , je ne me fuis point encore
offerte aux regards de mon Amant , l'éclat
de mes appas ne l'a point ébloui ; c'est dans
une cave profonde où je le vis pour la premiere
fois & où il s'enyvroit avec tant de
grace qu'il auroit charmé la pus infenfible :
mais Erafte vient ici avec fon Valet , écar-
1ons-nous pour les entendre. G Erafte
2046 MERCURE DE FRANCE
1
Erafte en entrant apperçoit la corbeille;
il demande à Arlequin qui l'a lui a envoyée
; Arlequin répond qu'il n'en fçait
rien ; Erafte la découvre , & voit qu'elle
eft remplie de fleurs : Il vaudroit mieux ,
dit Arlequin , qu'elle fut pleine d'argent ,
cela ferviroit à merveille à raccommoder vos
affaires qui font furieufement dérangées . Arlequin
apperçoit auffi l'autre corbeille qui
eft remplie de trufes , avec le nom d'Arlequin
au- deffus ; il eft fort en peine de
fçavoir d'où vient ce préfent ; & après
avoir rêvé un inftant : Ces fleurs , ajoûtet'il
, ont été fans doute envoyées par. Clarice
, votre Epouse future : Ne me parle
point de Clarice , répond Erafte : Comment
continue Arlequin , avez- vous oublié
votre fortune dépend de ce mariage , qu'il
peut feul nous mettre à couvert des poursui
tes de vos Créanciers & des miens , car vous
n'êtes riche qu'en efperance . Votre Oncle eft,
à la verité , entre les mains d'une demie dou
zaine de Medecins ; mais comme ces Meffieurs
ne font jamais de la même opinion
ils ne font point d'accord fur les remedes , le
malade n'en prend point , & par confequent
il peut encore aller loin . Erafte lui dit qu'u
ne paffion violente s'eft emparée de fon
ae , & que rien ne peut l'en arracher
qu'il a vu aux Thuilleries la plus adorable
perfonne du monde ; Arlequin comque
bat
SEPTEMBRE . 1730. 2047
coups
bat toutes les raifons , la Sylphide qui eft
préfente & inviſible , le menace de
de bâton ; Arlequin croit que c'eſt fon
Maître qui lui parle , ce qui fait un jeu
de Théatre des plus comiques. La Gnomide
auffi invifible , donne de petits fouflets
à Arlequin , qu'il croir recevoir de
fon Maître enfin après plufieurs lazzi
très plaifans , deux Créanciers arrivent ,
& demandent à Erafte ce qui leur eſt dû ,
celui ci leur fait un accueil peu gracieux,
ce qui oblige les Créanciers de menacer
Erafte de le pourfuivre en Juftice ; . &
dans le tems qu'ils veulent partir , la
Sylphide & la Gnomide , toûjours invifibles
, donnent chacune aux deux Créanciers
une bourſe qui contient le payement
de chacun ; un des deux Créanciers
après avoir compté fon argent rend à
Erafte quatre louis qu'il a trouvé de plus;
ils fe retirent , en le priant très civilement
d'excufer leur vivacité ; Arlequin croit
fon Maître leur a donné cet argent;
que
Erafte dit qu'il ne fçait ce que tout cela
fignifie &c.
Un Sergent & un Procureur arrivent ;
le Procureur dit qu'il vient de la part
d'Oronte , pere de Clarice , pour fçavoir
quand il veut époufer fa fille. Le Sergent
porte une affignation à Arlequin de
part d'un Cabaretier des Porcherons , la
Gij
Arle
2048 MERCURE DE FRANCE
Arlequin refufe de la prendre. Erafte
donne de mauvaifes raifons au Procureur,
ce qui lui fait dire qu'il le pourfuivra
pour lui faire payer le dédit de vingt mille
ecus qu'il a fait au pere de Clarice . Le
Sergent préfente l'affignation à Arlequin ,
qui ne veut point abfolument la recevoir;
la Gnomide invifible donne un fouflet au
Sergent , & déchire l'Exploit ; le Sergent
fe met en colere contre Arlequin , après
quoi la Gnomide fait difparoître le Ser
gent , qui s'abîme fous le Théatre , & la
Sylphide fait voler le Procureur dans les
airs. Ce fpectacle effraye Erafte ; Arlequin
lui dit qu'il ne voit rien là que de très
naturel , un Sergent qui va au Diable &
un Procureur qui vole. La Gnomide fait
encore quelques niches à Arlequin qui
fort tout épouvanté ; Erafte refte très
étonné de tout ce qu'il vient de voir ;
la Sylphide invifible foupire , & a une
converfation avec Erafte qui la prend pour
un efprit ; la Sylphide l'affure qu'elle
Paime : Vous m'aimez , répond Erafte , eftce
que les efprits peuvent aimer ? ils n'ont
point corps : cette question me fait bien
voir que vous en avez un , répond la Sylphide
: Oui, Monfieur , ils aiment , & avec
d'autant plus de délicateffe que leur amour eft
détaché des fens , que leur flamme eft pure
& fubfifte d'elle-même , fans que les défirs
de
ou
SEPTEMBRE. 1730. 2049
ou les dégoûts l'augmentent ou la diminuent :
Mais je m'étonne , ajoûte Erafte , que Sça
chant ce qui fe paffe dans mon coeur , vous
me faffiez l'aven de votre tendreffe ; car enfin
vous n'ignorez pas qu'il eft rempli de la
plus violente paffion qu'un Amant ait jamais
pu reffentir : Je fuis , dit la Sylphide , une
de ces trois Dames que vous avez vûës aux
Thuilleries ; vous en aimez une : Quoi ! ces
Dames fi charmantes , repart Erafte , font
des Sylphides ! Eb peut- il y en avoir ? La
Sylphide le prie de ne point faire comme
le commun des hommes , qui doutent
des chofes , parce qu'ils ne les comprennent
pas . Erafte la conjure de fe montrer
: Je me rends , ajoûte la Sylphide , &
vais m'expofer à être la victime de votre obftination
allez aux Thuilleries , vous m'y
verrez avec une de mes Compagnes , ne m'y
parlez point , & venez m'inftruire ici de
votre fort & du mien.
Erafte obéit , & part . La Sylphide refte,
& dit qu'Erafte ne trouvera aux Thuilleries
que les deux Sylphides fes amies ,
& que fans fe commettre , elle fera inftruite
de ſes ſentimens . Arlequin revient
dans l'Appartement de fon Maître ;
ne l'y trouvant point , il dit qu'il fera
allé tenir compagnie au Sergent. La Gnomide
furvient , & appelle Arlequin qui
tremble de peur ne voyant perfonne avec
Giij lui
2050 MERCURE DE FRANCE
lui ; la Gnomide le raffure , & lui fait
l'aveu de fa tendreffe , en lui difant qu'elle
eft une habitante de la terre , une Gnomide
qui éprife de fes charmes a quitté
fa patrie pour le rendre le plus heureux
de tous les mortels ; elle lui dit qu'elle a
de grands tréfors à la difpofition , & qu'elle
veut lui en faire part , après quoi la Gnomide
le quitte & l'affure qu'elle va pren
dre un corps , & qu'elle s'offrira bientôt
à fes yeux : Prenez le bien joli , s'écrie
Arlequin , fur tout n'oubliez pas les tréfors
, car fans cela je n'ai que faire de vous
& c.
Erafte revient des Thuilleries ; Arle
quin lui raconte fa converſation avec la
Ġnomide. Erafte eft au defefpoir de ce
qu'il n'a point vû aux Thuilleries l'objet
qu'il adore la Sylphide convaincuë de
Famour d'Erafte fe rend vifible , & paroît
à fes yeux. Erafte tranfporté de joye la
reconnoit , & l'affure de toute fa tendreffe.
Arlequin trouve les Sylphides fort jolies,
mais il croit fa Gnomide bien plus belle ,
& la prie de paroitre avec fon teint de
lys & de rofes : la Gnomide fe rend vifibles
Arlequin en la voyant s'écrie : Ah!
d'eft une taupe , il ne veut point d'elle : la
Gnomide pleure , & fe defefpere : Que je
fuis malheureufe , dit- elle , dd''êêttrree obligée
d'étrangler un fi joli petit homme c'eft notre
coutume
SEPTEMBRE. 1730. 2051
,
coûtume , ajoûte- t'elle , quand nous aimons
un ingrat , nous l'étranglons d'abord . Cette
menace oblige Arlequin de fe rendre : il
lui demande les tréfors qu'elle lui a promis
dans le moment on voit fortir de la
terre un vaſe rempli de richeffes immenfes
: Arlequin ne refifte plus , & dit qu'il
ne fera pas la premiere beauté que les richeffes
auront féduite. Je ne vous Promets
point de tréfors ; dit la Sylphide à Erafte ',
mais les douceurs que je vous promets vaudront
bien les préfens de la Gnomide : venez,
Erafte , je vais dans un inftant vous tranf
porter dans le Palais dont vous devez être
le Maître. La Gnomide s'abîme avec Arlequin
. Le Théatre change , & repréſente
le Palais de la Sylphide , il paroît placé
dans les airs. Cette décoration qui eft du
S' Le Maire , connu par d'autres Ouvrages
de cette efpece , eft une des plus bril
lantes qui ait encore parû , & fait un effet
merveilleux. Ce Palais eft rempli de Sylphes
& de Sylphides qui forment un Divertiffement
tres gracieux. La Dle Silvia
& le S Romagnefy danfent une Entrée
qui a été trés goûtée , de même que la
Die Thomaffin dans celle qu'elle danfe.
La Mufique , qui a été trés applaudie , eft
de M. Mouret , & la compofition du Bálet
qu'on a trouvé brillant , eft de M. Mar
cel.
VAUDEVILLE.
Dans une heureufe
intelligence ,
Nous goutons le fort le plus doux
L'envie & la médifance
Ne réfident point chez nous :
Mortels , quelle difference è
Vivez-vous ainfi parmi nous ?
Exemts de toute défiance ;
Rien n'inquiete nos Epoux ;
Certains de notre conftance
Ils ne font jamais jaloux :
Mortels , quelle difference & c.
Les faveurs que l'Amour difpenfe
Ne fe revelent point chez nous ;
Plus on garde le filence ,
Et plus les plaifirs font doux :
François , quelle difference &c.
Nous joüiffons de l'innocence
Tant que nous fommes fans Epoux ,
Sans marquer d'impatience
De former un noeud fi doux :
Filles , quelle difference &c ,
Bien
SEPTEMBRE. 1730. 2053
-Bien loin d'encenfer l'opulence ,
Ici nous nous eftimons tous ;
L'égalité nous difpenfe
D'un foin indigne de nous :
Flateurs , quelle difference &c.
Un pauvre Auteur dont l'efperance
Eft de vous attirer chez nous ,
Eft plus trifte qu'on ne penſe
Quand fa Piéce a du deffous :
Pour lui quelle difference ,
Lorſque vous applaudiffez tous !
une Piece nouvelle en trois Actes
avec des Divertiffemens , de la compofi
tion des fieurs Dominique & Romagnefy,
qui a pour titre , la Foire des Poëtes , l'Ifle
du Divorce & la Sylphide , laquelle a été
reçûë très-favorablement du Public. Voici
l'Extrait de chacune.
LA FOIRE DES POETES.
Un Acteur François & Trivelin de la
Comédie Italienne , fe rencontrent par
hazard , & ſe demandent réciproquement
comment ils ont pû pénetrer dans cet
azile ; Trivelin lui dit qu'il n'a rien de
caché pour lui , & qu'il veut bien fatisfaire
fa curiofité : Vous fçavez , ajoûte-t-il , que
nous en avons très-mal agi avec M les
Auteurs , qui picquez de nos Airs , ont
quitté Paris , dans la refolution de ne nous
plus donner de nouveautez ; que depuis leur
retraite nos Théatres ! anguiffent , &c. &
qu'il vient de la part de fa Troupe , ménager
un raccommodement ; Apollon ,
continue- t-il , a recueilli les Nouriffons
des Mufes , & leur a fait bâtir un Hôtel
magnifique , dans lequel il les entretient
& les nourrit , & tout ce qu'ils vendent
"
eft
2034 MERCURE
DE FRANCE
eft pour leurs menus plaifirs ; après une
defcription comique,l'Acteur François dit
qu'il a befoin d'une Tragédie , & prie
Trivelin de lui préter de l'argent pour
faire cette amplette ; Trivelin s'excufe fur
le befoin qu'il a de deux Comédies &
d'un Prologue , & qu'il fera bienheureux
s'il a de quoi payer une bonne Scene ,
n'ayant fur lui que quinze livres. Après
cette Scene , Trivelin dit à l'Acteur de
le fuivre , & qu'il va le conduire à l'Hôtel
des Poëtes , où ils tiennent une espece
de Foire.
Le Théatre change & repréfente un
Caffe rempli de Poëtes ; on chante en
choeur les paroles fuivantes :
Verfez de ce Caffé charmant ,
H eft notre unique aliment.
Un Poëte.
C'eft vous , aimable breuvage ,
Qui ranimez tous les efprits ;
Si-tôt que nous vous avons pris ,
Des Dieux nous parlons le langage ;
Nous rimons tous à qui mieux mieux,
Et faifis d'une docte extafe ,
Nous nous élevons juſqu'aux Cieux :
L'Onde que fit jaillir Pegaze ,
N'a rien de fi délicieux.
Verfez de ce Caffé charmant , &c.
訂
SEPTEMBRE. 1730. 2035
Il s'éleve auffi - tôt une difpute entre les
Poëtes. Les uns foutiennent que le Caffe
cauſe des infomnies ; les autres , qu'il fait
dormir. Après une courte Differtation ,
Trivelin & l'Acteur François s'avancent ,
les Poëtes offrent leur Marchandife ; l'Acteur
François demande une Tragédie , &
Trivelin deux Comédies & un Prologue ;
un Poëte en propofe une à l'Acteur , qu'il
foutient excellente ; un autre offre à Trivelin
deux Comédies ; ils fe retirent pour
en faire la lecture .
Une jeune fille vient demander à un
Poëte des Couplets de Chanſon pour fe
mocquer de fon Amant , qui eft trop timide
; le Poëte lui donne les Couplets
fuivans , qu'elle chante fur l'Air : Daphnis
m'aimoit fi tendrement.
Quand mon Amant me fait la cour ,
Il languit , il pleure , il ſoupire ,
Et paffe avec moi tout le jour ,
A me raconter fon martyre.
Ah! s'il le paffoit autrement
Il me plairoit infiniment.
L'autre jour dans un Bois charmant ;
Ecoutant chanter la Fauvette ,
Il me demanda tendrement ,
M'aimes-tu , ma chere Liſette :
2036 MERCURE DE FRANCE
Je lui dis , oui , je t'aime bien :
Il ne me demanda plus rien.
Puifque j'ai fait naître tes feux
Rien ne flate plus mon envie ,
Je fuis , reprit -il , trop heureux ;
O jour le plus beau de ma vie
Et répetoit à chaque inſtant ,
C'en eft affez , je fuis content.
De cet Amant plein de froideur
Il faut que je me dédommage ,
J'en veux un , qui de mon ardeur ,
Sçache faire un meilleur ufage ,
Qu'il foit heureux à chaque inftant
Et qu'il ne foit jamais content .
La jeune fille , fatisfaite des Couplets
après les avoir payez au Poëte , s'en retourne
en les chantant ; Trivelin revient.
avec l'Auteur qui lui a propofé les deux.
Comedies , il lui dit qu'il les trouve affez
jolies ; mais qu'il a befoin d'un Prologue ,
fur quoi l'Auteur lui répond : Comme
vous faites ufage de tout, voyez prendre leçon
à nos Apprentifs Poëtes , peut-être vous.
fervirez vous de cette idée pour un Prologue
Trivelin y confent ; auffi- tôt le Profeffeur
de Poëfie s'avance & chante ces paroles
Son
SEPTEMBRE. 1730. 2037
Son Profeffor di Poëfia ,
Della divina freneſia ,
Mon Art inſpire les tranſports ;
I miei canti ,
Sono incanti ;
I dotti , glignoranti ,.
Tout cft charmé de mes accords,
Venité miei cari ,
Scolari ,
A prender lezione ,
Dal dottor Lanternone.
Les Apprentifs Poëtes forment une Danfe
; le Profeffeur interroge un de fes Ecoliers
; ils dialoguent en chantant.
Le Profeffeur.
Pour être Poëte à prefent ,
Quel eft le talent neceffaire ?
L'Ecolier.
Il faut être plaisant ,
Quelquefois médifant ;
Et toujours plagiaire.
Le Profeffeur
Non e quefto ;
Dite preſto ,
Cio che bifogna far ,
Per ben verfificar.
L'E
2038 MERCURE DE FRANCE
-L'Ecolier.
Rimar , rimar , rimar .
Le Profeſſeur.
Bravo ; bene , bene , bene.
De qui faites- vous plus d'eftime ,
De la faifon ou de la rime
་
L'Ecolier.
La rime , fans comparaiſon ,
Doit l'emporter fur la raiſon.
Le Profeffeur.
Pourquoi cette diſtinction ?
L'Ecolier.
C'est qu'on entend toûjours la rime
Et qu'on n'entend point la raiſon,
Le Profeffeurs
Bravo ; bene , bene , bene.
Pour faire une Piece Lyrique ,
Autrement dit, un Opera nouveau,
Que faut-il pour le rendre beau ?
L'Ecolier.
De mauvais Vers & de bonne Mufique ,
Le Profeffeur.
Bravo ; bene , &c. \\
L'E
SEPTEMBRE. 1730 : 2039
Dans une Tragedie , Ouvrage d'importance ,
Que faut- il pour toucher les coeurs ?
L'Ecolier.
Un fonge , une reconnoiffance ,
Un récit & de bons Acteurs.
Le Profeffeur.
Bravo , bene , &c.
Auffi- tôt on entend une Symphonie
brillante. Le Profeffeur dit que c'eft Minerve
qui defcend ; la Folie paroît dans
le moment , & chante en s'adreffant aux
Poëtes,
Ingrats , me méconnoiffez -vous ?
N'eft- ce pas moi qui vous infpire ?
Qui dans vos tranſports les plus fous
Ay foin de monter votre Lyre ?
Allons , allons , fubiffez tous ;
Le joug de mon aimable empire
Et que chacun à mes genoux ,
S'applaudiffe de fon délire.
Viva , viva la Pazzia ,
La madre dell' allegria ,
Souveraine de tous les coeurs
Et la Minerve des Auteurs,
La Folie conduit les Poëtes à Paris
qui
2040 MERCURE DE FRANCE
qui eft , dit- elle , leur vrai féjour , tous
la fuivent en danfant avec elle & en
chantant :
Viva , viva la Pazzia , &c.
L'ISLE DU DIVORCE.
Valere & Arlequin fon Valet , arrivent
fur le Théatre d'un air triſte , & après
s'être regardez l'un & l'autre , Valere lui
demande s'il s'ennuye autant que lui , à
quoi Arlequin répond que c'eſt à peu près
la même chofe ; Valere ſoupire & témoi
gne les regrets que lluuii ccaauuffee llaa perte de
Silvia , fon Epoufe , qu'il a quittée, malgré
la vertu & fa fidelité , pour fe conformer
aux Coûtumes de l'Ifle , qui autorife
le divorce. Arlequin , à l'imitation
de Valere , marque le chagrin qu'il ref
fent d'avoir abandonné Colombine ; ne
fuis-je pas un grand coquin , ajoûte-t-il , d'avoir
épousé une feconde femme , fans avoir
du moins enterré la premiere. Après avoir
oppofé le caractere d'Orphife à celui
de Silvia , la douceur de Colombine
à l'humeur acariatre de Lifette ; Orphife
& Lifette arrivent ; & comme Orphiſe
de fon côté n'a plus de gout pour Valere ,
elle s'adreffe à Arlequin , & Lifette parle
à Valere. Après une courte converfation ,
Orphife fait des reproches à Valere , &
Lifette
SEPTEMBRE . 1730. 2041
pas
Lifette à Arlequin ; ils fe querellent &
Le trouvent tous les deux très - haïffables,
Orphile dit à Valere qu'il n'en faut
refter là , & que s'il fe prefente une occafion
favorable de fe défunir , il en faudra
profiter ; Nous ne ferons pas affez
heureux , reprend Valere ; pourquoi , Mr ,
répond Orphife ? S'il arrive quelque Vaif
feau étranger.... Hé bien , Mad , s'il en
arrive , dit Valere ; ah ! je vois bien , contínuë
Orphiſe , que vous ignorez une par
tie des coûtumes du Pays , donnez - moi
feulement votre parole ah ! de tout mon
coeur, répond Valere. Orphife fur cette,
affurance fe retire , Lifette en fait de mê
me ; Arlequin & Valere voyant arriver
Silvia & Colombine , s'écartent pour en
tendre leurs difcours.
Silvia , qui croit être feule avec fa Suivante
, fait éclater les fentimens de l'époufe
la plus vertueufe , en fe plaignant
de la perfidie de Valere , qui l'a inhumainement
abandonnée en profitant de l'u
fage établi dans l'Ifle ; Colombine ſe repent
de l'avoir imitée , & de ne s'être pas
vengée du traitre Arlequin ; Valere charmé
de la conftance de fon Epoufe , l'aborde
en la priant de pardonner fon indif
cretion : Je fçai trop , dit-il , que ma pre--
fence ne peut qu'irriter votre jufte colere contre
un ingrat qui ne méritoit pas le bonheur dont il
2042 MERCURE DE FRANCE
ajoui , il n'étoit pas ,fans doute , d'un grand
prix , répond Silvia , puifque vous y avez
fifacilement renoncé? Arlequin dit des douceurs
à Colombine , qui affecte un air de
fierté dont il n'eft pas content . Dans cette
Scene Valere témoigne fon repentir , &
prie inftamment Silvia , s'il fe preſente
quelque favorable occafion de refferrer
leurs noeuds , de ne point s'oppofer à fa
félicité ; Silvia ſe rend enfin à les inftances
, & lui dit que ce n'eft pas d'aujour
d'hui qu'il connoît fon coeur. Valere veut
rentrer avec elle ; mais Silvia le lui deffend
; Non , Valere , dit - elle , reftez ; la
bienfeance condamne jufqu'à l'entretien que
nous avons ensemble , & je ne veux pas
perdre l'estime d'un homme qui a été mon
Epoux ; fi par quelque heureux évenement
vous pouviez brifer la chaîne qui vous attache
à ma Rivale , j'accepterai votre main
je n'aurai d'autre reproche à mefaire que
celui d'avoir trop aimé un ingrat.
Valere fe retire , content de l'affurance
que lui a donnée Silvia ; Colombine veut
fuivre fa Maîtreffe , mais Arlequin l'arrête
en la priant d'avoir pitié d'un amour
renaiffant , qui peut-être n'a pas encore
long-temps à vivre. Après une Scene affez
plaifante Valere.revient avec le Chef de
Ifle , qui lui dit que fon efperance eft
vaine , & que pour donner lieu à un fe
cond
SEPTEMBRE. 1730. 2043
cond divorce il faudroit que des Etrangers
débarquaffent dans l'Ifle , & qu'ils con+
fentiflent à former d'autres engagemens ;
que pour lors , non -feulement lui , mais
tous les Epoux du Pays pourroient , à leur
exemple , le démarier ; Arlequin lui dit
que moyennant un fi beau Privilege, l'Iffe
doit être extrémement peuplée , à quoi
le Chef répond qu'elle n'eft pas encore
connue , que le hazard feul y fait abor
der , & que quand ils y font débarquez
il y avoit so. ans qu'il n'y avoit paru de
Vaiffeaux étrangers.
Orphiſe arrive & annonce à Valere qu'il
vient d'arriver un Vaiffeau étranger ; Arle
quin fe réjouit de cette agréable nouvelle
en fe mocquant du Chef de l'Ifle. Un Infulaire
donne avis à ce Chef qu'il n'y a que
deux femmes dans le Vaiffeau, que l'une eft
l'épouſe d'un Marchand Drapier de Paris,
& que l'autre eft une veuve qui a été ma
riée quatre fois , & qui dit qu'elle n'en
veut pas davantage , M & M Droguer
arrivent en plaignant leur fort & en difant
que les fupplices les plus affreux ne
les forceront point à s'abandonner. Ils
fe témoignent l'amour le plus violent
ce qui fait perdre aux autres l'efperance
de fe démarier ; mais Valere fair tant par
fes difcours féducteurs , qu'il perfuade la
vieille à quitter fon mari ; Orphife de
fon
2044 MERCURE DE FRANCE
fon côté engage M Droguet à brifer
fa chaîne ; Me Droguet , dans l'efperance
d'époufer Valere , quitte fon époux , &
M.Droguet comptant s'unir avec Orphiſe,
fait divorce avec fa femme.
Après ce divorce , Silvia paroît ; Valere
la reprend , Orphiſe quitte M. Droguet en
difant qu'elle va offrir à Dorante une main
qu'il attend avec impatience ; Arlequin
époufe Colombine , & Lifette s'en va pour
en faire autant avec Trivelin ; M. & Me
Droguet reftent très-furpris de cette avanture
; Qu'allons nous devenir , dit Mc Droguet
, vous pouvez vous reprendre , ajoûte
le Chef de l'Ifle , mais cela vous fera compté
pour un divorce : Oh , non , reprennent- ils ,
il vaut mieux attendre ; nous ne sommes pas
venus ici pour abolir les loix. Les maris &
les femmes de l'Ile arrivent pour faire
divorce ; ils forment le Divertiffement
composé de Danfes & d'un Vaudeville.
LA STLPHIDE,
Le Théatre repréfente l'Appartement
d'Erafte. Une Sylphide & une Gnomide y
entrent dans le même moment ; la Sylphide
pofe une Corbeille fur la table , de
même que la Gnomide ; elles font furprifes
de fe rencontrer & fe demandent réciproquement
ce qu'elles viennent faire
dans
SEPTEMBRE. 1730. 2045
dans la chambre d'Erafte . La Gnomide
dit que fon Amant l'attire en ce lieu à
la Sylphide ajoûte que le feul defir.de
yoir le fien l'a conduite dans cet Appartement
; elles fe croient Rivales ; mais
après une petite difpute leurs foupçons
font diffipez ; la Sylphide découvre à la
Gnomide les tendres fentimens pour Erafte
, & la Gnomide avoue fa paffion pour
Arlequin fon Valet. La Sylphide raconte
qu'elle avoit fait partie avec deux Sylphides
de fes amies , de fe rendre vifibles ;
qu'elles allerent fe promener aux Thuilleries,
& que ce fut dans ce Jardin qu'elle
vit Erafte pour la premiere fois , qu'elle
le trouva fi charmant , qu'elle ne put
s'empêcher de l'aimer. Elle fait une agréa
ble defcription des differens Cavaliers
qu'elle vit à cette Promenade ; elle dit
enfuite qu'elle craint que les charmes d'une
de fes Compagnes n'ayent eu plus de
pouvoir que les fiens fur le coeur d'Erafte ,
& que cette incertitude l'accable. Vous
faites injure à vos attraits , répond la Gnomide
; pour moi , je ne me fuis point encore
offerte aux regards de mon Amant , l'éclat
de mes appas ne l'a point ébloui ; c'est dans
une cave profonde où je le vis pour la premiere
fois & où il s'enyvroit avec tant de
grace qu'il auroit charmé la pus infenfible :
mais Erafte vient ici avec fon Valet , écar-
1ons-nous pour les entendre. G Erafte
2046 MERCURE DE FRANCE
1
Erafte en entrant apperçoit la corbeille;
il demande à Arlequin qui l'a lui a envoyée
; Arlequin répond qu'il n'en fçait
rien ; Erafte la découvre , & voit qu'elle
eft remplie de fleurs : Il vaudroit mieux ,
dit Arlequin , qu'elle fut pleine d'argent ,
cela ferviroit à merveille à raccommoder vos
affaires qui font furieufement dérangées . Arlequin
apperçoit auffi l'autre corbeille qui
eft remplie de trufes , avec le nom d'Arlequin
au- deffus ; il eft fort en peine de
fçavoir d'où vient ce préfent ; & après
avoir rêvé un inftant : Ces fleurs , ajoûtet'il
, ont été fans doute envoyées par. Clarice
, votre Epouse future : Ne me parle
point de Clarice , répond Erafte : Comment
continue Arlequin , avez- vous oublié
votre fortune dépend de ce mariage , qu'il
peut feul nous mettre à couvert des poursui
tes de vos Créanciers & des miens , car vous
n'êtes riche qu'en efperance . Votre Oncle eft,
à la verité , entre les mains d'une demie dou
zaine de Medecins ; mais comme ces Meffieurs
ne font jamais de la même opinion
ils ne font point d'accord fur les remedes , le
malade n'en prend point , & par confequent
il peut encore aller loin . Erafte lui dit qu'u
ne paffion violente s'eft emparée de fon
ae , & que rien ne peut l'en arracher
qu'il a vu aux Thuilleries la plus adorable
perfonne du monde ; Arlequin comque
bat
SEPTEMBRE . 1730. 2047
coups
bat toutes les raifons , la Sylphide qui eft
préfente & inviſible , le menace de
de bâton ; Arlequin croit que c'eſt fon
Maître qui lui parle , ce qui fait un jeu
de Théatre des plus comiques. La Gnomide
auffi invifible , donne de petits fouflets
à Arlequin , qu'il croir recevoir de
fon Maître enfin après plufieurs lazzi
très plaifans , deux Créanciers arrivent ,
& demandent à Erafte ce qui leur eſt dû ,
celui ci leur fait un accueil peu gracieux,
ce qui oblige les Créanciers de menacer
Erafte de le pourfuivre en Juftice ; . &
dans le tems qu'ils veulent partir , la
Sylphide & la Gnomide , toûjours invifibles
, donnent chacune aux deux Créanciers
une bourſe qui contient le payement
de chacun ; un des deux Créanciers
après avoir compté fon argent rend à
Erafte quatre louis qu'il a trouvé de plus;
ils fe retirent , en le priant très civilement
d'excufer leur vivacité ; Arlequin croit
fon Maître leur a donné cet argent;
que
Erafte dit qu'il ne fçait ce que tout cela
fignifie &c.
Un Sergent & un Procureur arrivent ;
le Procureur dit qu'il vient de la part
d'Oronte , pere de Clarice , pour fçavoir
quand il veut époufer fa fille. Le Sergent
porte une affignation à Arlequin de
part d'un Cabaretier des Porcherons , la
Gij
Arle
2048 MERCURE DE FRANCE
Arlequin refufe de la prendre. Erafte
donne de mauvaifes raifons au Procureur,
ce qui lui fait dire qu'il le pourfuivra
pour lui faire payer le dédit de vingt mille
ecus qu'il a fait au pere de Clarice . Le
Sergent préfente l'affignation à Arlequin ,
qui ne veut point abfolument la recevoir;
la Gnomide invifible donne un fouflet au
Sergent , & déchire l'Exploit ; le Sergent
fe met en colere contre Arlequin , après
quoi la Gnomide fait difparoître le Ser
gent , qui s'abîme fous le Théatre , & la
Sylphide fait voler le Procureur dans les
airs. Ce fpectacle effraye Erafte ; Arlequin
lui dit qu'il ne voit rien là que de très
naturel , un Sergent qui va au Diable &
un Procureur qui vole. La Gnomide fait
encore quelques niches à Arlequin qui
fort tout épouvanté ; Erafte refte très
étonné de tout ce qu'il vient de voir ;
la Sylphide invifible foupire , & a une
converfation avec Erafte qui la prend pour
un efprit ; la Sylphide l'affure qu'elle
Paime : Vous m'aimez , répond Erafte , eftce
que les efprits peuvent aimer ? ils n'ont
point corps : cette question me fait bien
voir que vous en avez un , répond la Sylphide
: Oui, Monfieur , ils aiment , & avec
d'autant plus de délicateffe que leur amour eft
détaché des fens , que leur flamme eft pure
& fubfifte d'elle-même , fans que les défirs
de
ou
SEPTEMBRE. 1730. 2049
ou les dégoûts l'augmentent ou la diminuent :
Mais je m'étonne , ajoûte Erafte , que Sça
chant ce qui fe paffe dans mon coeur , vous
me faffiez l'aven de votre tendreffe ; car enfin
vous n'ignorez pas qu'il eft rempli de la
plus violente paffion qu'un Amant ait jamais
pu reffentir : Je fuis , dit la Sylphide , une
de ces trois Dames que vous avez vûës aux
Thuilleries ; vous en aimez une : Quoi ! ces
Dames fi charmantes , repart Erafte , font
des Sylphides ! Eb peut- il y en avoir ? La
Sylphide le prie de ne point faire comme
le commun des hommes , qui doutent
des chofes , parce qu'ils ne les comprennent
pas . Erafte la conjure de fe montrer
: Je me rends , ajoûte la Sylphide , &
vais m'expofer à être la victime de votre obftination
allez aux Thuilleries , vous m'y
verrez avec une de mes Compagnes , ne m'y
parlez point , & venez m'inftruire ici de
votre fort & du mien.
Erafte obéit , & part . La Sylphide refte,
& dit qu'Erafte ne trouvera aux Thuilleries
que les deux Sylphides fes amies ,
& que fans fe commettre , elle fera inftruite
de ſes ſentimens . Arlequin revient
dans l'Appartement de fon Maître ;
ne l'y trouvant point , il dit qu'il fera
allé tenir compagnie au Sergent. La Gnomide
furvient , & appelle Arlequin qui
tremble de peur ne voyant perfonne avec
Giij lui
2050 MERCURE DE FRANCE
lui ; la Gnomide le raffure , & lui fait
l'aveu de fa tendreffe , en lui difant qu'elle
eft une habitante de la terre , une Gnomide
qui éprife de fes charmes a quitté
fa patrie pour le rendre le plus heureux
de tous les mortels ; elle lui dit qu'elle a
de grands tréfors à la difpofition , & qu'elle
veut lui en faire part , après quoi la Gnomide
le quitte & l'affure qu'elle va pren
dre un corps , & qu'elle s'offrira bientôt
à fes yeux : Prenez le bien joli , s'écrie
Arlequin , fur tout n'oubliez pas les tréfors
, car fans cela je n'ai que faire de vous
& c.
Erafte revient des Thuilleries ; Arle
quin lui raconte fa converſation avec la
Ġnomide. Erafte eft au defefpoir de ce
qu'il n'a point vû aux Thuilleries l'objet
qu'il adore la Sylphide convaincuë de
Famour d'Erafte fe rend vifible , & paroît
à fes yeux. Erafte tranfporté de joye la
reconnoit , & l'affure de toute fa tendreffe.
Arlequin trouve les Sylphides fort jolies,
mais il croit fa Gnomide bien plus belle ,
& la prie de paroitre avec fon teint de
lys & de rofes : la Gnomide fe rend vifibles
Arlequin en la voyant s'écrie : Ah!
d'eft une taupe , il ne veut point d'elle : la
Gnomide pleure , & fe defefpere : Que je
fuis malheureufe , dit- elle , dd''êêttrree obligée
d'étrangler un fi joli petit homme c'eft notre
coutume
SEPTEMBRE. 1730. 2051
,
coûtume , ajoûte- t'elle , quand nous aimons
un ingrat , nous l'étranglons d'abord . Cette
menace oblige Arlequin de fe rendre : il
lui demande les tréfors qu'elle lui a promis
dans le moment on voit fortir de la
terre un vaſe rempli de richeffes immenfes
: Arlequin ne refifte plus , & dit qu'il
ne fera pas la premiere beauté que les richeffes
auront féduite. Je ne vous Promets
point de tréfors ; dit la Sylphide à Erafte ',
mais les douceurs que je vous promets vaudront
bien les préfens de la Gnomide : venez,
Erafte , je vais dans un inftant vous tranf
porter dans le Palais dont vous devez être
le Maître. La Gnomide s'abîme avec Arlequin
. Le Théatre change , & repréſente
le Palais de la Sylphide , il paroît placé
dans les airs. Cette décoration qui eft du
S' Le Maire , connu par d'autres Ouvrages
de cette efpece , eft une des plus bril
lantes qui ait encore parû , & fait un effet
merveilleux. Ce Palais eft rempli de Sylphes
& de Sylphides qui forment un Divertiffement
tres gracieux. La Dle Silvia
& le S Romagnefy danfent une Entrée
qui a été trés goûtée , de même que la
Die Thomaffin dans celle qu'elle danfe.
La Mufique , qui a été trés applaudie , eft
de M. Mouret , & la compofition du Bálet
qu'on a trouvé brillant , eft de M. Mar
cel.
VAUDEVILLE.
Dans une heureufe
intelligence ,
Nous goutons le fort le plus doux
L'envie & la médifance
Ne réfident point chez nous :
Mortels , quelle difference è
Vivez-vous ainfi parmi nous ?
Exemts de toute défiance ;
Rien n'inquiete nos Epoux ;
Certains de notre conftance
Ils ne font jamais jaloux :
Mortels , quelle difference & c.
Les faveurs que l'Amour difpenfe
Ne fe revelent point chez nous ;
Plus on garde le filence ,
Et plus les plaifirs font doux :
François , quelle difference &c.
Nous joüiffons de l'innocence
Tant que nous fommes fans Epoux ,
Sans marquer d'impatience
De former un noeud fi doux :
Filles , quelle difference &c ,
Bien
SEPTEMBRE. 1730. 2053
-Bien loin d'encenfer l'opulence ,
Ici nous nous eftimons tous ;
L'égalité nous difpenfe
D'un foin indigne de nous :
Flateurs , quelle difference &c.
Un pauvre Auteur dont l'efperance
Eft de vous attirer chez nous ,
Eft plus trifte qu'on ne penſe
Quand fa Piéce a du deffous :
Pour lui quelle difference ,
Lorſque vous applaudiffez tous !
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Résumé : LA FOIRE DES POETES. / L'ISLE DU DIVORCE. / LA SYLPHIDE. / VAUDEVILLE.
Le 11 septembre 1730, les comédiens Dominique et Romagnésy ont présenté une pièce en trois actes intitulée 'La Foire des Poètes, l'Île du Divorce & la Sylphide'. Cette œuvre a été bien accueillie par le public. Dans le premier acte, 'La Foire des Poètes', un acteur français et Trivelin de la Comédie Italienne se rencontrent et discutent de la situation des auteurs ayant quitté Paris, laissant les théâtres sans nouveautés. Trivelin explique qu'Apollon a recueilli les enfants des Muses et leur a construit un hôtel magnifique. Ils se rendent à cet hôtel où une foire est organisée. Les poètes chantent les louanges du café, qui inspire leurs vers. Une dispute éclate sur les effets du café, et les poètes offrent leurs œuvres à l'acteur et à Trivelin. Une jeune fille demande des couplets pour se moquer de son amant timide. Trivelin trouve les comédies proposées jolies mais a besoin d'un prologue. Un professeur de poésie donne une leçon sur l'art poétique, et la Folie conduit les poètes à Paris. Dans le deuxième acte, 'L'Île du Divorce', Valère et Arlequin regrettent d'avoir quitté leurs épouses respectives, Silvia et Colombine, pour se conformer aux coutumes de l'île autorisant le divorce. Silvia et Colombine expriment leur chagrin. Le chef de l'île explique que pour divorcer, il faut que des étrangers consentent à former de nouveaux engagements. Un vaisseau étranger arrive avec deux femmes, dont une veuve mariée quatre fois. Valère persuade la veuve de quitter son mari, et Orphise engage M. Droguet à faire de même. Silvia reprend Valère, et Arlequin épouse Colombine. Les habitants de l'île demandent le divorce, formant un divertissement composé de danses et d'un vaudeville. Dans le troisième acte, 'La Sylphide', le théâtre représente l'appartement d'Éraste. Une sylphide et une gnomide y entrent, chacune apportant une corbeille. Elles découvrent qu'elles aiment respectivement Éraste et Arlequin. La sylphide raconte qu'elles ont décidé de se rendre visibles et se sont promenées aux Tuileries. Éraste, après avoir vu une femme aux Tuileries, en tombe amoureux. Des créanciers et un procureur arrivent, exigeant des paiements. La sylphide et la gnomide interviennent en donnant de l'argent aux créanciers et en faisant disparaître le procureur. La sylphide se révèle à Éraste et lui avoue son amour. La gnomide avoue son amour à Arlequin et lui promet des trésors. La sylphide emmène Éraste dans son palais aérien, où un ballet et une musique sont présentés, soulignant les différences entre les mortels et les êtres surnaturels en termes de confiance et de bonheur.
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5565
p. 2053
« Les Comédiens François ont été des premiers à marquer leur zele & leur joye à [...] »
Début :
Les Comédiens François ont été des premiers à marquer leur zele & leur joye à [...]
Mots clefs :
Comédiens-Français, Naissance du duc d'Anjou
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Les Comédiens François ont été des premiers à marquer leur zele & leur joye à [...] »
Les Comédiens François ont été des pre
miers à marquer leur zele & leur joye à
T'occafion de la Naiffance du Duc d'An
jou , par des feux , des Illuminations &
par la Repréſentation gratis de la Comé
die du Feftin de Pierre.
Ils ont remis au Théatre depuis peu la
Comédie de la Fille Capitaine , qui eft
fort bien repréſentée.
Le 23. de ce mois , ils remirent la Tra
gédie de Bajazet , dans laquelle la femme
du S Le Grand , Comédien du Roi ,
qui n'étoit jamais montée fur le Théatre,
joia le Rôle de Roxane , & fut fort applaudie.
miers à marquer leur zele & leur joye à
T'occafion de la Naiffance du Duc d'An
jou , par des feux , des Illuminations &
par la Repréſentation gratis de la Comé
die du Feftin de Pierre.
Ils ont remis au Théatre depuis peu la
Comédie de la Fille Capitaine , qui eft
fort bien repréſentée.
Le 23. de ce mois , ils remirent la Tra
gédie de Bajazet , dans laquelle la femme
du S Le Grand , Comédien du Roi ,
qui n'étoit jamais montée fur le Théatre,
joia le Rôle de Roxane , & fut fort applaudie.
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Résumé : « Les Comédiens François ont été des premiers à marquer leur zele & leur joye à [...] »
Les Comédiens François ont célébré la naissance du Duc d'Anjou avec des feux, des illuminations et des représentations gratuites, dont Le Festin de Pierre. Ils ont joué La Fille Capitaine et Bajazet, où l'épouse du comédien du Roi, le Sieur Le Grand, a interprété Roxane pour la première fois, recevant des applaudissements chaleureux.
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5566
p. 2054
TURQUIE ET PERSE.
Début :
On mande de Constantinople que les Ambassadeurs du Roi de Perse qui y étoient venus [...]
Mots clefs :
Roi de Perse, Constantinople
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TURQUIE ET PERSE.
TURQUIE ET PERSE.
N mande de Conftantinople que les Ambaffadeurs
du Roi de Perfe qui y étoient venus
pour demander au Grand - Seigneur la reftitution
de quelques-unes des Places qu'il a con
quifes en Perfe pendant la précedente révolu→
tion , étoient partis pour s'en retourner : que
nonobftant ce qui avoit été conclu avec eux on
avoit affemblé le Divan , qu'il y avoit été reſolu
de faire marcher un Corps de Troupes de 40000 .
hommes vers la Georgie , & que le commandement
en avoit été donné au Pacha Cupruli , auquel
S. H. avoit confié la défenſe de ſes conquétes.
Les Lettres de Conftantinople portent qu'on y
avoit appris d'I paham que le Roi de Perfe marchoit
vers Tauris avec une Armée fort nombreufe.
N mande de Conftantinople que les Ambaffadeurs
du Roi de Perfe qui y étoient venus
pour demander au Grand - Seigneur la reftitution
de quelques-unes des Places qu'il a con
quifes en Perfe pendant la précedente révolu→
tion , étoient partis pour s'en retourner : que
nonobftant ce qui avoit été conclu avec eux on
avoit affemblé le Divan , qu'il y avoit été reſolu
de faire marcher un Corps de Troupes de 40000 .
hommes vers la Georgie , & que le commandement
en avoit été donné au Pacha Cupruli , auquel
S. H. avoit confié la défenſe de ſes conquétes.
Les Lettres de Conftantinople portent qu'on y
avoit appris d'I paham que le Roi de Perfe marchoit
vers Tauris avec une Armée fort nombreufe.
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Résumé : TURQUIE ET PERSE.
Des ambassadeurs perses à Constantinople ont demandé la restitution de places conquises par la Turquie. Malgré les accords, le Divan turc a envoyé 40 000 hommes en Géorgie sous le commandement du Pacha Cupruli. Le roi de Perse avance vers Tauris avec une armée nombreuse.
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5567
p. 2054-2055
RUSSIE.
Début :
On a envoyé un Détachement de Cavalerie audevant des Ambassadeurs de l'Empereur [...]
Mots clefs :
Tsarine, Russie, Roi de Perse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RUSSIE.
RUSSIE.
Na envoyé un Détachement de Cavalerie
devant des Ambaffadeurs de l'Empereur
de la Chine qui font arrivés fur les Frontieres
& on a donné les ordres neceffaires pour les faire
défrayer pendant leur route.
La Czarine a confirmé par un Decret l'établiffement
de l'Académie des Sciences & .des Arts
de Petersbourg , qui continuera de s'y aſſembler
dans le Palais que le Czar Pierre I. lui a fait bâ
tir
SEPTEMBRE. 1730. 2055
tir ; mais S. M. a ordonné qu'il y eut toujours
un certain nombre d'Académiciens à la fuite de
la Cour.
La Czarine a fait dire aux Négocians Etrangers
établis à Petersbourg & à Archangel qu'elle
feur accorderoit les mêmes privileges qu'aux
Négocians, Mofcovites ,s'ils vouloient prendre interêt
dans le nouveau Commerce de la Perfe &
de la Chine , que S. M. Cz. a réfolu d'établir.
Par les Lettres qu'on a reçûes d'Ifpaham , on
apprend que le Roi de Perfe a refolu de vivre en
bonne intelligence avec la Czarine , & que
Ambaffadeurs qui doivent venir de fa part à Mofcou
font chargés de l'en affurer & de renouveller
les Traités conclus avec la feuë Czarine Catherine.
les
L'Infant Don Emanuel , frere du Roi de Por
tugal , arriva à Mofcou le 14. du mois dernier ,
accompagné de Don Alexandre Deyera & Uzera,
Commandeur de Malte , & fuivi de quelques
Domestiques. Le furlendemain ce Prince alla à
Ifmalow où il fut reçû de la Czarine avec de
grandes marques de diftinction. Le 17.il alla à la
Chaffe avec S. M. Cz. avec laquelle il foupa le
foir. Cette Princeffe a donné ordre à un de fes
Chambellans & à deux de fes Gentilshommes
d'accompagner ce Prince , & de le défrayer pendant
le féjour qu'il fera à la Cour. Il eft logé dans
le Palais du Prince Menzikof , devant lequel il y
a une Garde de 50. hommes.
Na envoyé un Détachement de Cavalerie
devant des Ambaffadeurs de l'Empereur
de la Chine qui font arrivés fur les Frontieres
& on a donné les ordres neceffaires pour les faire
défrayer pendant leur route.
La Czarine a confirmé par un Decret l'établiffement
de l'Académie des Sciences & .des Arts
de Petersbourg , qui continuera de s'y aſſembler
dans le Palais que le Czar Pierre I. lui a fait bâ
tir
SEPTEMBRE. 1730. 2055
tir ; mais S. M. a ordonné qu'il y eut toujours
un certain nombre d'Académiciens à la fuite de
la Cour.
La Czarine a fait dire aux Négocians Etrangers
établis à Petersbourg & à Archangel qu'elle
feur accorderoit les mêmes privileges qu'aux
Négocians, Mofcovites ,s'ils vouloient prendre interêt
dans le nouveau Commerce de la Perfe &
de la Chine , que S. M. Cz. a réfolu d'établir.
Par les Lettres qu'on a reçûes d'Ifpaham , on
apprend que le Roi de Perfe a refolu de vivre en
bonne intelligence avec la Czarine , & que
Ambaffadeurs qui doivent venir de fa part à Mofcou
font chargés de l'en affurer & de renouveller
les Traités conclus avec la feuë Czarine Catherine.
les
L'Infant Don Emanuel , frere du Roi de Por
tugal , arriva à Mofcou le 14. du mois dernier ,
accompagné de Don Alexandre Deyera & Uzera,
Commandeur de Malte , & fuivi de quelques
Domestiques. Le furlendemain ce Prince alla à
Ifmalow où il fut reçû de la Czarine avec de
grandes marques de diftinction. Le 17.il alla à la
Chaffe avec S. M. Cz. avec laquelle il foupa le
foir. Cette Princeffe a donné ordre à un de fes
Chambellans & à deux de fes Gentilshommes
d'accompagner ce Prince , & de le défrayer pendant
le féjour qu'il fera à la Cour. Il eft logé dans
le Palais du Prince Menzikof , devant lequel il y
a une Garde de 50. hommes.
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Résumé : RUSSIE.
En septembre 1730, la Russie a envoyé un détachement de cavalerie pour escorter des ambassadeurs chinois arrivés aux frontières et a pris en charge leurs frais de trajet. La czarine a confirmé par décret la création de l'Académie des Sciences et des Arts de Petersbourg, qui se réunira dans le palais de Pierre I, tout en ordonnant que certains académiciens résident à la cour. Elle a également annoncé aux négociants étrangers de Petersbourg et d'Archangel qu'ils bénéficieraient des mêmes privilèges que les négociants moscovites s'ils s'intéressaient au commerce avec la Perse et la Chine. Des lettres d'Ispahan indiquent que le roi de Perse souhaite vivre en bonne intelligence avec la czarine, et des ambassadeurs perses sont envoyés à Moscou pour renouveler les traités conclus avec la défunte czarine Catherine. L'infant Don Emanuel, frère du roi de Portugal, est arrivé à Moscou le 14 du mois précédent, accompagné de Don Alexandre Deyera et Uzera, commandeur de Malte. Il a été reçu par la czarine à Ismalow avec distinction et a chassé avec elle le 17. La czarine a ordonné à un chambellan et deux gentilshommes d'accompagner et de défrayer l'infant, logé dans le palais du prince Menzikof sous la garde de 50 hommes.
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5568
p. 2055-2056
POLOGNE.
Début :
Les Etats du Duché de Curlande ont nommé des Députés qui sont chargés d'ordres & [...]
Mots clefs :
Pologne, Troupes, Députés
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : POLOGNE.
POLOGNE.
Es Etats du Duché de Curlande ont nommé
des Députés qui font chargés d'ordres &
d'Inftructions pour demander à la Dietté affem.
blée la révocation du Decret que la Commiffion
G vj
Po2056
MERCURE DE FRANCE
Polonoife rendit il y a quelques années à Mittau
pour réduire ce Duché en plufieurs Palati
nats après la mort du Duc Ferdinand .
Le 21. du mois dernier , le Roi arriva de
Dreſde à Warfovie en parfaite fanté.
On apprend de Mittau & des autres Places de
Curlande qu'il y étoit arrivé deux nouveaux Regimens
Mofcovites , & qu'on y en attendoit encore
deux autres de Riga & 1200. Cofaques de
Smolensko. Le Commandant des Troupes du
Duc de Meckelbourg , qui font auffi en quar
tier dans ce Duché , a reçû ordre de la Czarine
d'en augmenter l'Infanterie jufqu'à 4000. hom
mes , & la Cavallerie jufqu'à 1800.
On apprend de Copenhague qu'on y a publié
une lifte des Vaiffeaux que le Roi de Danemarc
fera en état de mettre en mer l'année prochaine,
& fuivant cette lifte , fa flotte pourra être com→
pofée de 38. Vaiffeaux de ligne , de dix Frégates :
& de 36. Galeres.
Es Etats du Duché de Curlande ont nommé
des Députés qui font chargés d'ordres &
d'Inftructions pour demander à la Dietté affem.
blée la révocation du Decret que la Commiffion
G vj
Po2056
MERCURE DE FRANCE
Polonoife rendit il y a quelques années à Mittau
pour réduire ce Duché en plufieurs Palati
nats après la mort du Duc Ferdinand .
Le 21. du mois dernier , le Roi arriva de
Dreſde à Warfovie en parfaite fanté.
On apprend de Mittau & des autres Places de
Curlande qu'il y étoit arrivé deux nouveaux Regimens
Mofcovites , & qu'on y en attendoit encore
deux autres de Riga & 1200. Cofaques de
Smolensko. Le Commandant des Troupes du
Duc de Meckelbourg , qui font auffi en quar
tier dans ce Duché , a reçû ordre de la Czarine
d'en augmenter l'Infanterie jufqu'à 4000. hom
mes , & la Cavallerie jufqu'à 1800.
On apprend de Copenhague qu'on y a publié
une lifte des Vaiffeaux que le Roi de Danemarc
fera en état de mettre en mer l'année prochaine,
& fuivant cette lifte , fa flotte pourra être com→
pofée de 38. Vaiffeaux de ligne , de dix Frégates :
& de 36. Galeres.
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Résumé : POLOGNE.
Le texte aborde la situation politique et militaire en Pologne et dans le Duché de Curlande. Les députés du Duché de Curlande ont sollicité la Diète pour annuler un décret de Mittau, qui prévoyait de diviser le Duché en plusieurs palatinats après le décès du Duc Ferdinand. Le roi est arrivé à Varsovie en bonne santé le 21 du mois précédent. En Curlande, des troupes russes, incluant deux nouveaux régiments moscovites et des Cosaques de Smolensko, ont été déployées avec des ordres d'augmenter les effectifs militaires. Le commandant des troupes du Duc de Mecklembourg, également présentes en Curlande, a reçu l'instruction de la tsarine d'accroître l'infanterie à 4000 hommes et la cavalerie à 1800. À Copenhague, une liste des vaisseaux que le roi de Danemark prévoit de mettre en mer l'année suivante a été publiée, comprenant 38 vaisseaux de ligne, 10 frégates et 36 galères.
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5569
p. 2056-2057
ALLEMAGNE.
Début :
On apprend de Brieg en Silesie que le 22. Juillet on y avoit roué & ensuite brûlé vif [...]
Mots clefs :
Prince, Duc
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
N apprend de Bricg en Silefie que le 227
Juillet on y avoit roué & enfuite, brûlé vif
un Incendiaire qui avoit mis onze fois le feu à
la petite Ville de Pitfcheu .
On écrit de Triefte que la nouvelle Foire avoit
eu tout le fuccès qu'on pouvoit defirer , & que
le concours des Marchands Etrangers y avoit été
très confiderable.
Le Prince de Lobkowits a eu avis de Silefie
que
la petite Ville de Sagan qui lui appartenoit ,
avoit été réduite en cendres , à l'exception du
Château , de deux Eglifes & de vingt Maifons,
Le Roi de Danemarck a promis au Duc d'Holftein-
Ploen de faire fortir de fon Duché les trou
pes
SEPTEMBRE. 1730. 2057
pes Danoifes qui y font en quartier depuis deur
ans , & il lui a permis en même - tems de lever
une Compagnie pour fa garde , & d'en choisir les
Officiers dans les Troupes de S. M. Danoife.
Le Duc Charles Leopold de Meckelbourg a
fait notifier à toute la Nobleffe de fon Duché de
Meckelbourg qu'il avoit réfolu de tenir à Sternberg
une Affemblée des Etats à la fin du mois
prochain. Ce Prince a écrit, dit- on, à l'Empereur,
une Lettre de foumiffion.
Il arriva à Schwerin fur la fin du mois dernier
un Trompette des Troupes de la Commiffion
qui remit à ce Prince une Lettre des Generaux ,
par laquelle on le prie de congédier dans un
certain tems les Milices qu'il a levées depuis fon
retour dans le Duché , & de réduire le nombre
de fes Chaffeurs fur l'ancien pied . On lui a fait
entendre que s'il perfifte à les conferver ,
on blo
quera la Ville de Schwerin avec affez de Trou
pes pour empêcher qu'il n'y puiffe rien entrer ni
en fortir. On ajoute que les Troupes d'execution
fe font depuis emparées des Villages de Lanckau
& de Stneck qui font près de cette Ville , & elles
ont pofé des Gardes avancées dans les Prairies
des environs .
N apprend de Bricg en Silefie que le 227
Juillet on y avoit roué & enfuite, brûlé vif
un Incendiaire qui avoit mis onze fois le feu à
la petite Ville de Pitfcheu .
On écrit de Triefte que la nouvelle Foire avoit
eu tout le fuccès qu'on pouvoit defirer , & que
le concours des Marchands Etrangers y avoit été
très confiderable.
Le Prince de Lobkowits a eu avis de Silefie
que
la petite Ville de Sagan qui lui appartenoit ,
avoit été réduite en cendres , à l'exception du
Château , de deux Eglifes & de vingt Maifons,
Le Roi de Danemarck a promis au Duc d'Holftein-
Ploen de faire fortir de fon Duché les trou
pes
SEPTEMBRE. 1730. 2057
pes Danoifes qui y font en quartier depuis deur
ans , & il lui a permis en même - tems de lever
une Compagnie pour fa garde , & d'en choisir les
Officiers dans les Troupes de S. M. Danoife.
Le Duc Charles Leopold de Meckelbourg a
fait notifier à toute la Nobleffe de fon Duché de
Meckelbourg qu'il avoit réfolu de tenir à Sternberg
une Affemblée des Etats à la fin du mois
prochain. Ce Prince a écrit, dit- on, à l'Empereur,
une Lettre de foumiffion.
Il arriva à Schwerin fur la fin du mois dernier
un Trompette des Troupes de la Commiffion
qui remit à ce Prince une Lettre des Generaux ,
par laquelle on le prie de congédier dans un
certain tems les Milices qu'il a levées depuis fon
retour dans le Duché , & de réduire le nombre
de fes Chaffeurs fur l'ancien pied . On lui a fait
entendre que s'il perfifte à les conferver ,
on blo
quera la Ville de Schwerin avec affez de Trou
pes pour empêcher qu'il n'y puiffe rien entrer ni
en fortir. On ajoute que les Troupes d'execution
fe font depuis emparées des Villages de Lanckau
& de Stneck qui font près de cette Ville , & elles
ont pofé des Gardes avancées dans les Prairies
des environs .
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Résumé : ALLEMAGNE.
En juillet 1730, en Allemagne, un incendiaire ayant mis onze fois le feu à la ville de Pitfcheu a été roué et brûlé vif. La foire de Triefte a connu un grand succès avec une forte présence de marchands étrangers. La ville de Sagan, appartenant au Prince de Lobkowitz, a été détruite par un incendie, sauf le château, deux églises et vingt maisons. Le Roi de Danemark a promis au Duc d'Holstein-Plön de retirer les troupes danoises de son duché après deux ans de présence et lui a permis de lever une compagnie pour sa garde, composée d'officiers des troupes danoises. Le Duc Charles Léopold de Meckelbourg a annoncé une assemblée des États à Sternberg et a écrit une lettre de soumission à l'Empereur. À Schwerin, un trompette a remis au Duc une lettre des généraux lui demandant de congédier les milices levées récemment et de réduire le nombre de chasseurs. En cas de refus, la ville serait bloquée par des troupes, qui ont déjà occupé les villages de Lanckau et Stneck et placé des gardes avancées dans les prairies environnantes.
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5570
p. 2057-2066
SUITE du Camp de Mulhberg & Radwitz.
Début :
Le 24. Juin, jour de S. Jean Baptiste, le Roi de Pologne voulut celebrer cette Fête avec [...]
Mots clefs :
Officiers, Chasse, Roi, Tables, Princes, Repas, Infanterie, Armée, Canon, Maréchal
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUITE du Camp de Mulhberg & Radwitz.
SUITE du Camp de Mulhberg
& Radwiz
E 24. Juin , jour de S. Jean Baptifte , le Roi
Lie
fa magnificence ordinaire. Elle commença à 6.
heures du foir par un grand fouper au Quar
tier du Roi , les Feux de joye enfuite , & à neuf
heures les Troupes fortirent de leurs lignes & fe
mirent en bataille à la tête du Camp. Après qu'on
leur cut donné le fignal du Quartier du Roi , on
fit
2058 MERCURE DE FRANCE
fit trois falves confécutives du Canon , fuivie
chaque fois d'un feu de toute la Moufqueterie.
Ce Feu marqua le temps pour allumer l'Illumination
préparée au-delà de l'Elbe , près du Village
de Riffa , vis -à-vis du Château de Premniz.
L. M. monterent auffi- tôt en Caroffe pour fe
rendre à ce Château . L. A. R. les Princes & la
Princeffe , les autres Princes & toutes les autres
perfonnes de diftinction , de l'un & l'autre fexe ,
les fuivirent.
Les deux Rois arrivez à Promniz , & dès qu'ils
parurent dans la Loge , on donna le premier fignal
par 60. pieces de Canon, au bruit des Trompettes
& Timballes. Entre ce premier fignal & le
fecond , qui fe fit de la même maniere , il ſe paſſa
un quart d'heure pour donner aux Spectateurs le
temps de confiderer les beautez de l'Illumination ,
qui , au dire des Connoiffeurs , étoit des mieux
entendues & des plus fuperbes qu'on eut vû en
Allemagne.
On avoit conftruit exprès un vafte Edifice de
charpente , long de 400. pieds , & au milieu où
étoit repréfenté le Temple de la Paix , un de 160.
piés de hauteur, une toile très-fine en couvroit toute
la façade .On y avoit peint l'Illumination & l'on
avoit appliqué fur la pemture un certain Vernis
qui en la rendant tranfparente , donnoit en même
temps aux couleurs une force & un éclat des
plus virs qui réjouiffoit infiniment l'oeil du Spectate
ur.
La Loge Royale étoit dreflée vis- à-vis & à
450. pas de ' Ilumination , compofée de 40000 .
millest ampes ,qui furent allumées en 15. minutes.
Le Temple de laPaix , d'ordre Ionique , en faifoit
le principal fujet. On y voyoit plufieurs Colom
nes & Pilaftres efpacez avec art & des Peintures
SEPTEMBRE. 1730. 2059
tures des mieux entenduûës , enrichies de Lapis ,
&c. avec des Trophées de Marbre blanc & autres
Ornemens ; les Chapiteaux étoient en Bronze , &
le tout enſemble faifoit un effet admirable ; les
autres parties & les dehors du Temple paroiffoient
conftruits de Marbre d'Egypte de differente couleur
, & tout l'Edifice étoit fi bien difpofé , fuivant
les Regles de l'Architecture & de la Perfpective
, qu'on avoit peine à décider lequel on
devoit le plus admirer , de la magnificence, ou de
la fymétrie.
Ďu milieu du Temple , au- deffus du Sanctuaire
s'élevoit une espece de Piedeltal , fur lequel on
voyoit la Déeffe de la Paix , figure gigantefque
de 22.
pieds de hauteur. Mars la tenoit entre
fes bras. Au-deffus de ces Divinitez , on lifoit fur
une table de bronze , l'Infcription fuivante : Sic
fulta manebit On voyoit au-deffus de l'Infcription
un Trophée pofé fur un Piédeſtal avec une
Lyre , deux Cornes d'abondance , des branches de
Palmier & d'Olivier liées enfemble pour reprefenter
l'affluence de tous les biens , fruits précieux
de la Paix.
Aux deux côtez du Sanctuaire étoient des Arcades
féparées par de doubles Pilaftres , ornez de
Trophées de Marbre blanc : au milieu de ces Arcades
on voyoit en perfpective de chaque côté
une Galerie , dont chacune conduifoit à un Salon.
Ces Salons paroiffoient être en deux Pavillons
foutenus par des Colones ifolées : au- deffus des
Corniches il y avoit plufieurs Trophées attachez
à des Palmiers , & de chaque côté des Renommées
fonnant de la Trompette. Enfin un grand Perron
au bas de l'Edifice , contribuoit becaucoup à en
relever la nobleffe.
Un quart d'heure après avoir donné le fecond
fignal & tiré 1100. coups de fufil , on alluma
τους
2060 MERCURE DE FRANCE
tout à la fois quinze Lettres , placées au bas
-de l'Illumination , formant la Devife dont on
vient de parler. Ces Lettres brillerent durant
plufieurs minutes d'un feu blanc & extrémement
vif. On alluma en même temps les feux courans
à terre , & on fit partir 6000. Fuſées jettées en
partie par des Caiffes , & en partie par des Girandoles
, 30. à la fois de chaque Caiffe & 100. de
chaque Girandole : toutes ces Fufées atteignirent
une hauteur très- confiderable , & firent tout l'ef
fet qu'on en pouvoit attendre.
Durant ce feu des Fufées , des Mortiers de 8.
16. 32. & 64. livres de bale , jetterent 100. Boëtes
remplies de feu de pluye, de Fufées à étoiles &
autres de chacune de 12. roues horifontales &
autant de perpendiculaires , fortirent 70. Fufées
d'une autre forte , & on mit le feu à 1200. Cartouches
& 200. Mortiers de nouvelle efpece , qui
n'ont point d'affut , mais pofez fur leur Trépié
: chaque Cartouche étoit rempli de 22. Fuſées
& chaque Mortier de 21. de deux onces chacune,
& d'une grande quantité d'autres Fufées à terre.
Ce fecond Spectacle dura une bonne demie heure
, après quoi on donna un nouveau ſignal , accompagné
de 2000. coups de Moufquets , & on
vit auffi -tôt le feu Gregeois : 200. Cartouches
chargez chacun de 22. Fufées , 200. Rejettons
fimples & doubles , remplis de 60. Fufées de 2. &
3. onces chacune,& 100. Tonneaux , dont les uns
étoient remplis de 60. Cones , & les autres de 30.
Fufées.Tout ce Feu Gregeois fut jetté dans l'eau
par 12. Bateaux fur terre on tira encore 2000.
Fufées de 6. 12. 25. 50. 75. & de 100. liv. pefant,
zo. Boëtes remplies de feu à étoiles & de pluye
chacune remplie d'autres Boetes , furent tirées ·par
des Mortiers de 45. 96. & 121. livres de bale. 24.
Girandes jetterent chacune 200. Fufées à la fois ,
:
&
SEPTEMBRE . 1730. 206 F
& cent Mortiers de la nouvelle invention dont on
a parlé , en jetterent 21. chacun.
Après ce Feu qui dura autant que le précedent
une nouvelle décharge de 60. Pieces de Canon, fut
donné le fignal pour une feconde efpece d'Illumination.
On vit auffi- tôt la Riviere couverte de 48.
Bâtimens éclairez & remplis de Mufique de guerre
; c'étoit des Chaloupes , des Brigantins , des
Frégates & de très -belles Gondoles parmi ces
Bâtimens brilloit principalement le Bucentaure ,
fuperbe & grand Bâtiment Royal , richement
meublé & illuminé par 30000.Lampions , qui attachez
artiſtement, & jufqu'aux Mats & aux Cordages
, formoient diverfes figures.
Après quelque temps on vit ces Bâtimens defcen-
'dre laRiviere les uns après les autres. Ils étoient précedez
par d'autres Bâtimens, dont quelques - uns repréfentant
des Dauphins,une autre une Baleine jettant
du feu , & c . & à mefure que chaque Batiment
paffa devant les deux Rois , il falua L. M. de fon
Canon & de fes Mortiers , & réïtera encore deux
fois ce falut ; l'un en paffant le Pont de Tonneaux
& l'autre en abordant près du Village de Bober-
Jen.Le Bucentaure s'arrêta devant la Loge Royale.'
L'Orchestre du Roy & les Chanteurs de l'Opera
Italien , qui y étoient , firent la clôture de cette
Fête par une très- belle Serenade . Cette Fête ne
finit que lorfque le jour commença à paroître ,
& il y eut abondance de toutes fortes de Rafraichiffemens
, & c.
Le 25. il n'y eut rien de remarquable , mais le
lendemain 26. jour deſtiné pour le Régal que le
Roi vouloit faire à toute l'armée , on fit diftribuer
la veille à tous les Régimens d'Infanterie & de
Cavalerie les Boeufs , le Pain , le Vin & la Biere'
neceffaires : les Boeufs furent coupez & rôtis par
quartiers ; il y avoit outre cela des Repas particu
liers
2062 MERCURE DE FRANCE
liers que les Chefs de chaque Régiment ou Corps
avoient fait préparer pour régaler leurs Officiers .
Vers les 11. heures du matin , on donna le premier
fignal ; fur quoi toute l'Armée fortit du
Camp fur deux lignes & en bon ordre , fans armes
, les Officiers à là tête . On porta devant chaque
Régiment les Viandes rôties , le Pain , le Vin
& la Biere jufqu'à la grande Place d'Armes devant
le Camp , où chaque Régiment fe rangeoit
fur deux lignes , dans le même ordre qu'il étoit
campé ; chaque Compagnie rangeoit devant fon
front les Viandes rôties , &c. qui lui étoient deftinées
& tous s'étant affis par terre , fe mirent
en devoir de prendre un ample & joyeux Repas.
:
Derriere chaque Régiment on avoit creusé la
terre pour y pratiquer des bancs & une longue
table , à laquelle chaque Chef & Colonel fit fervir
à part de très -bons mets à tous fes Officiers
qui après le fignal donné fe mirent à table ; ces
tables étoient difpofées fur deux lignes , à la diftance
de 100. pas l'une de l'autre ; & les Soldats
étoient affis à une égale distance les uns des autres
, ce qui fit un fort beau Spectacle.
Les deux Rois , qui de la hauteur du Quartier
Royal , avoient pu découvrir cet arrange ment,
en partirent avec toute leur fuite & pafferent les
deux lignes devant les tables des Officiers , pour
les voir manger. L. M. furent faluées par les Officiers
, les verres à la main , & les Soldats firent
éclater leur joye par des acclâmations de Vivent
les Rois , jettant leurs chapeaux en l'air , au bruit
des Tambours & au fon de divers Inftrumens de
M ufique.
Pendant cette Promenade des deux Rois & de
leur Suite , on fit fervir au Quartier du Roi , trois
tables , dont l'une qui étoit ovale , au milieu de
deux autres , & fur une élevation , étoit de 20 .
CouSEPTEMBRE
. 1730. 2063
Couverts pour les deux Rois , leur Famille Roya
le & les Princes Etrangers. Les deux autres tables
qui étoient en long , bordoient tout le Parapet de
deux côtez ,èlles étoient de 100. Couverts chacune,
pour tous les Generaux de l'Armée & pour les
Officiers & autres Etrangers qui fe trouvoient au
Camp.
Derriere la table ovale du milieu , fous une
magnifique Tente Turque , on avoit fait dreffer
une quatriéme table , longue de 40. à so. pieds
& large de dix à couze , fur laquelle il Y avoit
un Gâteau de la même grandeur que la table , &
de 36. Quintaux de poids ; ce Gâteau fut diftri→
bué à la fin du Repas à quiconque en fouhaitoit.
Après que les deux Rois eurent paffé les deux
lignes & vû dîner l'Amée , L. M. retournerent
au Quartier Royal & fe mirent à table , de même
que le Velt- Maréchal , les Officiers Generaux ,
les Officiers Etrangers & autres perfonnes de dif
tinction. Pendant le Repas on but plufieurs fois
au bruit des Canons , qui , au nombre de 48.
étoient rangez fur les Terraffes aux deux côtez .
Vers la fin du Repas , le Velt - Maréchal fe leva
& prefenta au Roi de Pruffe une Lettre au nom
& de la part de toute l'Armée , par laquelle elle
remercoit S. M. Pr. de la bonté qu'elle avoit euë
de ſe trouver à ſes Exercices Militaires , en lui
demandant en même temps la grace de la vouloir
congedier. Le Roi de Pruffe y répondit par toutes
fortes d'expreffions de politeffe , & lui accorda
le congé demandé avec tous les témoignages
d'une entiere fatisfaction.
Là-deffus le Velt-Maréchal & tous les Gene
raux de l'Armée fortirent de table & fe rendirent
au Quartier du Velt -Maréchal , ils y trouverent
tous les Officiers de l'Armée affemblez & formez
en bataillon , dont l'Infanterie tenoit le milieu
avec
2064 MERCURE DE FRANCE
avec 12 pelotons à quatre de hauteur , ayant à
chaque afle neuf pelotons de la Cavalerie à trois
de hauteur. Les Capitaines formerent le premier
rang , les Lieutenans le fecond ; les Sous - Lieutenans
le troifiéme , & les Enfeignes le quatrième.
Les Majors fe rangerent comme Caporaux , aux
aîles de leurs pelotons ; les Lieutenans - Colonels ,
comme Sergens , derriere leurs pelotons , & les
Colonels , comme Officiers , devant les pelotons :
les Generaux fe rangerent devant le Bataillon ,
chacun à fa place , felon fon ancienneté , ayant le
Velt-Maréchal à la tête . Les Officiers de l'Infanterie
marchoient avec leurs Efpontons , & ceux
de la Cavalerie , l'épée haute.
Le Bataillon s'étant mis en marche dans cet
ordre , le Velt - Maréchal le mena aux deux Terraffes
devant le Quartier Royal , où il ſe mit en
deux lignes ; la Cavalerie forma la premiere , &
l'Infanterie la feconde : Ils faluerent tous enfemble
les deux Rois ; les deux lignes s'étant enfuite
remifes en marche par pelotons , elles pafferent
en revûë au pied de la premiere Terraffe , où les
deux Rois s'étoient poftez avec toute leur Cour
& faluerent de nouveau L. M.par pelotons.Le Roi
de Pruffe les remercia fort gracieuſement ; &
comme S. M. Pr. pour donner une marque de
fon entiere fatisfaction , buvoit à chaque General
& à chaque Colonel -Commandant des Régimens,
on fit donner à tous les Officiers , à mesure qu'ils
paffoient par pelotons , des verres qu'ils vuiderent
à la fanté du Roi de Pruffe , au bruit de tout
le Canon ; & après avoir jetté les verres , ils pafferent
de cette façon les uns après les autres , &
le Canon ne ceffa de tirer qu'aprés qu'ils furent
tous paffez. C'eft ainfi que l'Armée prit congé
du Roi de Pruffe , qui la congedia.
Les deux Rois avec toute leur Cour , s'embarquerent
SEPTEMBRE . 1730. 2065
querent
fur l'Elbe le 27. & arriverent au Château
de Lichtembourg , où ils coucherent . Le lendemain
28. L. M. accompagnées des Princes leurs
fils , partirent de Lichtembourg avec toute leur
fuite pour fe rendre à l'endroit de la Chauffée
près de Zulhtsdorff , elles y trouverent d'abord
des gens de la Chaffe en habits verds galonaez
d'argent, avec leurs Chiens, rangez en haye. L'endroit
de la Chaffe & fes avenues étoient embellis
par plufieurs grandes & magnifiques Loges ,
conftruites de verdure. On avoit pris toutes les
précautions pour empêcher qu'il n'arrivât aucun
accident par des coups tirez . Le grand Veneur
à la tête du Veneur de la Cour , des Grands - Maî
tres des Forêts , des Gentilshommes & de tous les
autres Officiers qui dépendent de la Chaffe, étoient
auffi en habits verds richement l'odez .
2
Ils reçurent L. M. en defcendant de leur Chaife
, au fon des Cors de Chaffe & des Hautbois .
Il fe préfenta d'abord une Chaife de Chaffe , tirée
par fix Cerfs apprivoifez , & menée avec beau
coup d'adreffe par deux Garçons de Chaffe , ce
que le Roi de Pruffe ne put s'empêcher d'admirer.
On fit enfuite les préparatifs pour commencer
la Chaffe: Les Chevaliers & autres de la fuite
des deux Rois à cheval & munis de Lances , fe
rangerent à droite & à gauche. L. M. & L. A. R.
avec toutes les perfonnes de diftinction de leur
fuite , s'étant partagez , fe pofterent aux deux côtez
pour tirer. Le Grand Veneur rangea en ordre
tous ceux qui dépendent de la Chaffe , & s'étant
mis à la tête , il paffa avec eux devant les
deux Rois , & alors la Chaffe commença au fon
des Cors & des Hautbois. Il fut tué un grand
nombre de toutes fortes de bêtes fauves & autre
gibier , partie avec des Lances & en forçant avec
des Chiens , & partie par des armes à feu. Il fe
trour
2066 MERCURE DE FRANCE
trouva en tout 1124. Pieces; fçavoir, 804. Cerfs,
203. Sangliers , 97. Chevreuils & Dains , 18.
Lievres & 2. Renards , le tout porté à une Place
& rangé en ordre par les Gens de la Chaffe. Ainfi
finit cette grande & fuperbe Chaffe qui fut faite
avec beaucoup d'ordre & fans aucun accident.
On ſe retira enfuite vers les Loges , où les Tables
étoient couvertes & fervies pour le dîner. Il
y avoit trois tables , dont la premiere deſtinée
pour L. M. L. A. R. les Princes & autres perfon-
Tonnes de diftinction , étoit de 24. Couverts ; &
les deux autres de 20. Couverts chacune , pour
les Miniftres & autres Officiers. Il y avoit outre
cela deux autres tables de 48. Couverts chacune
pour les Gens de la Chaffe. La joye generale &
les deux Rois parurent fort contens ; lorfqu'on
fut hors de table , les deux Rois pafferent encore
quelque temps en converfation , après quoi L. M.
s'embrafferent & fe féparerent avec toutes les
marques poffibles de tendreffe. Le Roi de Pruffe
partit pour Poftdam & le Roi de Pologne retourna
au Camp de Radewitz.
& Radwiz
E 24. Juin , jour de S. Jean Baptifte , le Roi
Lie
fa magnificence ordinaire. Elle commença à 6.
heures du foir par un grand fouper au Quar
tier du Roi , les Feux de joye enfuite , & à neuf
heures les Troupes fortirent de leurs lignes & fe
mirent en bataille à la tête du Camp. Après qu'on
leur cut donné le fignal du Quartier du Roi , on
fit
2058 MERCURE DE FRANCE
fit trois falves confécutives du Canon , fuivie
chaque fois d'un feu de toute la Moufqueterie.
Ce Feu marqua le temps pour allumer l'Illumination
préparée au-delà de l'Elbe , près du Village
de Riffa , vis -à-vis du Château de Premniz.
L. M. monterent auffi- tôt en Caroffe pour fe
rendre à ce Château . L. A. R. les Princes & la
Princeffe , les autres Princes & toutes les autres
perfonnes de diftinction , de l'un & l'autre fexe ,
les fuivirent.
Les deux Rois arrivez à Promniz , & dès qu'ils
parurent dans la Loge , on donna le premier fignal
par 60. pieces de Canon, au bruit des Trompettes
& Timballes. Entre ce premier fignal & le
fecond , qui fe fit de la même maniere , il ſe paſſa
un quart d'heure pour donner aux Spectateurs le
temps de confiderer les beautez de l'Illumination ,
qui , au dire des Connoiffeurs , étoit des mieux
entendues & des plus fuperbes qu'on eut vû en
Allemagne.
On avoit conftruit exprès un vafte Edifice de
charpente , long de 400. pieds , & au milieu où
étoit repréfenté le Temple de la Paix , un de 160.
piés de hauteur, une toile très-fine en couvroit toute
la façade .On y avoit peint l'Illumination & l'on
avoit appliqué fur la pemture un certain Vernis
qui en la rendant tranfparente , donnoit en même
temps aux couleurs une force & un éclat des
plus virs qui réjouiffoit infiniment l'oeil du Spectate
ur.
La Loge Royale étoit dreflée vis- à-vis & à
450. pas de ' Ilumination , compofée de 40000 .
millest ampes ,qui furent allumées en 15. minutes.
Le Temple de laPaix , d'ordre Ionique , en faifoit
le principal fujet. On y voyoit plufieurs Colom
nes & Pilaftres efpacez avec art & des Peintures
SEPTEMBRE. 1730. 2059
tures des mieux entenduûës , enrichies de Lapis ,
&c. avec des Trophées de Marbre blanc & autres
Ornemens ; les Chapiteaux étoient en Bronze , &
le tout enſemble faifoit un effet admirable ; les
autres parties & les dehors du Temple paroiffoient
conftruits de Marbre d'Egypte de differente couleur
, & tout l'Edifice étoit fi bien difpofé , fuivant
les Regles de l'Architecture & de la Perfpective
, qu'on avoit peine à décider lequel on
devoit le plus admirer , de la magnificence, ou de
la fymétrie.
Ďu milieu du Temple , au- deffus du Sanctuaire
s'élevoit une espece de Piedeltal , fur lequel on
voyoit la Déeffe de la Paix , figure gigantefque
de 22.
pieds de hauteur. Mars la tenoit entre
fes bras. Au-deffus de ces Divinitez , on lifoit fur
une table de bronze , l'Infcription fuivante : Sic
fulta manebit On voyoit au-deffus de l'Infcription
un Trophée pofé fur un Piédeſtal avec une
Lyre , deux Cornes d'abondance , des branches de
Palmier & d'Olivier liées enfemble pour reprefenter
l'affluence de tous les biens , fruits précieux
de la Paix.
Aux deux côtez du Sanctuaire étoient des Arcades
féparées par de doubles Pilaftres , ornez de
Trophées de Marbre blanc : au milieu de ces Arcades
on voyoit en perfpective de chaque côté
une Galerie , dont chacune conduifoit à un Salon.
Ces Salons paroiffoient être en deux Pavillons
foutenus par des Colones ifolées : au- deffus des
Corniches il y avoit plufieurs Trophées attachez
à des Palmiers , & de chaque côté des Renommées
fonnant de la Trompette. Enfin un grand Perron
au bas de l'Edifice , contribuoit becaucoup à en
relever la nobleffe.
Un quart d'heure après avoir donné le fecond
fignal & tiré 1100. coups de fufil , on alluma
τους
2060 MERCURE DE FRANCE
tout à la fois quinze Lettres , placées au bas
-de l'Illumination , formant la Devife dont on
vient de parler. Ces Lettres brillerent durant
plufieurs minutes d'un feu blanc & extrémement
vif. On alluma en même temps les feux courans
à terre , & on fit partir 6000. Fuſées jettées en
partie par des Caiffes , & en partie par des Girandoles
, 30. à la fois de chaque Caiffe & 100. de
chaque Girandole : toutes ces Fufées atteignirent
une hauteur très- confiderable , & firent tout l'ef
fet qu'on en pouvoit attendre.
Durant ce feu des Fufées , des Mortiers de 8.
16. 32. & 64. livres de bale , jetterent 100. Boëtes
remplies de feu de pluye, de Fufées à étoiles &
autres de chacune de 12. roues horifontales &
autant de perpendiculaires , fortirent 70. Fufées
d'une autre forte , & on mit le feu à 1200. Cartouches
& 200. Mortiers de nouvelle efpece , qui
n'ont point d'affut , mais pofez fur leur Trépié
: chaque Cartouche étoit rempli de 22. Fuſées
& chaque Mortier de 21. de deux onces chacune,
& d'une grande quantité d'autres Fufées à terre.
Ce fecond Spectacle dura une bonne demie heure
, après quoi on donna un nouveau ſignal , accompagné
de 2000. coups de Moufquets , & on
vit auffi -tôt le feu Gregeois : 200. Cartouches
chargez chacun de 22. Fufées , 200. Rejettons
fimples & doubles , remplis de 60. Fufées de 2. &
3. onces chacune,& 100. Tonneaux , dont les uns
étoient remplis de 60. Cones , & les autres de 30.
Fufées.Tout ce Feu Gregeois fut jetté dans l'eau
par 12. Bateaux fur terre on tira encore 2000.
Fufées de 6. 12. 25. 50. 75. & de 100. liv. pefant,
zo. Boëtes remplies de feu à étoiles & de pluye
chacune remplie d'autres Boetes , furent tirées ·par
des Mortiers de 45. 96. & 121. livres de bale. 24.
Girandes jetterent chacune 200. Fufées à la fois ,
:
&
SEPTEMBRE . 1730. 206 F
& cent Mortiers de la nouvelle invention dont on
a parlé , en jetterent 21. chacun.
Après ce Feu qui dura autant que le précedent
une nouvelle décharge de 60. Pieces de Canon, fut
donné le fignal pour une feconde efpece d'Illumination.
On vit auffi- tôt la Riviere couverte de 48.
Bâtimens éclairez & remplis de Mufique de guerre
; c'étoit des Chaloupes , des Brigantins , des
Frégates & de très -belles Gondoles parmi ces
Bâtimens brilloit principalement le Bucentaure ,
fuperbe & grand Bâtiment Royal , richement
meublé & illuminé par 30000.Lampions , qui attachez
artiſtement, & jufqu'aux Mats & aux Cordages
, formoient diverfes figures.
Après quelque temps on vit ces Bâtimens defcen-
'dre laRiviere les uns après les autres. Ils étoient précedez
par d'autres Bâtimens, dont quelques - uns repréfentant
des Dauphins,une autre une Baleine jettant
du feu , & c . & à mefure que chaque Batiment
paffa devant les deux Rois , il falua L. M. de fon
Canon & de fes Mortiers , & réïtera encore deux
fois ce falut ; l'un en paffant le Pont de Tonneaux
& l'autre en abordant près du Village de Bober-
Jen.Le Bucentaure s'arrêta devant la Loge Royale.'
L'Orchestre du Roy & les Chanteurs de l'Opera
Italien , qui y étoient , firent la clôture de cette
Fête par une très- belle Serenade . Cette Fête ne
finit que lorfque le jour commença à paroître ,
& il y eut abondance de toutes fortes de Rafraichiffemens
, & c.
Le 25. il n'y eut rien de remarquable , mais le
lendemain 26. jour deſtiné pour le Régal que le
Roi vouloit faire à toute l'armée , on fit diftribuer
la veille à tous les Régimens d'Infanterie & de
Cavalerie les Boeufs , le Pain , le Vin & la Biere'
neceffaires : les Boeufs furent coupez & rôtis par
quartiers ; il y avoit outre cela des Repas particu
liers
2062 MERCURE DE FRANCE
liers que les Chefs de chaque Régiment ou Corps
avoient fait préparer pour régaler leurs Officiers .
Vers les 11. heures du matin , on donna le premier
fignal ; fur quoi toute l'Armée fortit du
Camp fur deux lignes & en bon ordre , fans armes
, les Officiers à là tête . On porta devant chaque
Régiment les Viandes rôties , le Pain , le Vin
& la Biere jufqu'à la grande Place d'Armes devant
le Camp , où chaque Régiment fe rangeoit
fur deux lignes , dans le même ordre qu'il étoit
campé ; chaque Compagnie rangeoit devant fon
front les Viandes rôties , &c. qui lui étoient deftinées
& tous s'étant affis par terre , fe mirent
en devoir de prendre un ample & joyeux Repas.
:
Derriere chaque Régiment on avoit creusé la
terre pour y pratiquer des bancs & une longue
table , à laquelle chaque Chef & Colonel fit fervir
à part de très -bons mets à tous fes Officiers
qui après le fignal donné fe mirent à table ; ces
tables étoient difpofées fur deux lignes , à la diftance
de 100. pas l'une de l'autre ; & les Soldats
étoient affis à une égale distance les uns des autres
, ce qui fit un fort beau Spectacle.
Les deux Rois , qui de la hauteur du Quartier
Royal , avoient pu découvrir cet arrange ment,
en partirent avec toute leur fuite & pafferent les
deux lignes devant les tables des Officiers , pour
les voir manger. L. M. furent faluées par les Officiers
, les verres à la main , & les Soldats firent
éclater leur joye par des acclâmations de Vivent
les Rois , jettant leurs chapeaux en l'air , au bruit
des Tambours & au fon de divers Inftrumens de
M ufique.
Pendant cette Promenade des deux Rois & de
leur Suite , on fit fervir au Quartier du Roi , trois
tables , dont l'une qui étoit ovale , au milieu de
deux autres , & fur une élevation , étoit de 20 .
CouSEPTEMBRE
. 1730. 2063
Couverts pour les deux Rois , leur Famille Roya
le & les Princes Etrangers. Les deux autres tables
qui étoient en long , bordoient tout le Parapet de
deux côtez ,èlles étoient de 100. Couverts chacune,
pour tous les Generaux de l'Armée & pour les
Officiers & autres Etrangers qui fe trouvoient au
Camp.
Derriere la table ovale du milieu , fous une
magnifique Tente Turque , on avoit fait dreffer
une quatriéme table , longue de 40. à so. pieds
& large de dix à couze , fur laquelle il Y avoit
un Gâteau de la même grandeur que la table , &
de 36. Quintaux de poids ; ce Gâteau fut diftri→
bué à la fin du Repas à quiconque en fouhaitoit.
Après que les deux Rois eurent paffé les deux
lignes & vû dîner l'Amée , L. M. retournerent
au Quartier Royal & fe mirent à table , de même
que le Velt- Maréchal , les Officiers Generaux ,
les Officiers Etrangers & autres perfonnes de dif
tinction. Pendant le Repas on but plufieurs fois
au bruit des Canons , qui , au nombre de 48.
étoient rangez fur les Terraffes aux deux côtez .
Vers la fin du Repas , le Velt - Maréchal fe leva
& prefenta au Roi de Pruffe une Lettre au nom
& de la part de toute l'Armée , par laquelle elle
remercoit S. M. Pr. de la bonté qu'elle avoit euë
de ſe trouver à ſes Exercices Militaires , en lui
demandant en même temps la grace de la vouloir
congedier. Le Roi de Pruffe y répondit par toutes
fortes d'expreffions de politeffe , & lui accorda
le congé demandé avec tous les témoignages
d'une entiere fatisfaction.
Là-deffus le Velt-Maréchal & tous les Gene
raux de l'Armée fortirent de table & fe rendirent
au Quartier du Velt -Maréchal , ils y trouverent
tous les Officiers de l'Armée affemblez & formez
en bataillon , dont l'Infanterie tenoit le milieu
avec
2064 MERCURE DE FRANCE
avec 12 pelotons à quatre de hauteur , ayant à
chaque afle neuf pelotons de la Cavalerie à trois
de hauteur. Les Capitaines formerent le premier
rang , les Lieutenans le fecond ; les Sous - Lieutenans
le troifiéme , & les Enfeignes le quatrième.
Les Majors fe rangerent comme Caporaux , aux
aîles de leurs pelotons ; les Lieutenans - Colonels ,
comme Sergens , derriere leurs pelotons , & les
Colonels , comme Officiers , devant les pelotons :
les Generaux fe rangerent devant le Bataillon ,
chacun à fa place , felon fon ancienneté , ayant le
Velt-Maréchal à la tête . Les Officiers de l'Infanterie
marchoient avec leurs Efpontons , & ceux
de la Cavalerie , l'épée haute.
Le Bataillon s'étant mis en marche dans cet
ordre , le Velt - Maréchal le mena aux deux Terraffes
devant le Quartier Royal , où il ſe mit en
deux lignes ; la Cavalerie forma la premiere , &
l'Infanterie la feconde : Ils faluerent tous enfemble
les deux Rois ; les deux lignes s'étant enfuite
remifes en marche par pelotons , elles pafferent
en revûë au pied de la premiere Terraffe , où les
deux Rois s'étoient poftez avec toute leur Cour
& faluerent de nouveau L. M.par pelotons.Le Roi
de Pruffe les remercia fort gracieuſement ; &
comme S. M. Pr. pour donner une marque de
fon entiere fatisfaction , buvoit à chaque General
& à chaque Colonel -Commandant des Régimens,
on fit donner à tous les Officiers , à mesure qu'ils
paffoient par pelotons , des verres qu'ils vuiderent
à la fanté du Roi de Pruffe , au bruit de tout
le Canon ; & après avoir jetté les verres , ils pafferent
de cette façon les uns après les autres , &
le Canon ne ceffa de tirer qu'aprés qu'ils furent
tous paffez. C'eft ainfi que l'Armée prit congé
du Roi de Pruffe , qui la congedia.
Les deux Rois avec toute leur Cour , s'embarquerent
SEPTEMBRE . 1730. 2065
querent
fur l'Elbe le 27. & arriverent au Château
de Lichtembourg , où ils coucherent . Le lendemain
28. L. M. accompagnées des Princes leurs
fils , partirent de Lichtembourg avec toute leur
fuite pour fe rendre à l'endroit de la Chauffée
près de Zulhtsdorff , elles y trouverent d'abord
des gens de la Chaffe en habits verds galonaez
d'argent, avec leurs Chiens, rangez en haye. L'endroit
de la Chaffe & fes avenues étoient embellis
par plufieurs grandes & magnifiques Loges ,
conftruites de verdure. On avoit pris toutes les
précautions pour empêcher qu'il n'arrivât aucun
accident par des coups tirez . Le grand Veneur
à la tête du Veneur de la Cour , des Grands - Maî
tres des Forêts , des Gentilshommes & de tous les
autres Officiers qui dépendent de la Chaffe, étoient
auffi en habits verds richement l'odez .
2
Ils reçurent L. M. en defcendant de leur Chaife
, au fon des Cors de Chaffe & des Hautbois .
Il fe préfenta d'abord une Chaife de Chaffe , tirée
par fix Cerfs apprivoifez , & menée avec beau
coup d'adreffe par deux Garçons de Chaffe , ce
que le Roi de Pruffe ne put s'empêcher d'admirer.
On fit enfuite les préparatifs pour commencer
la Chaffe: Les Chevaliers & autres de la fuite
des deux Rois à cheval & munis de Lances , fe
rangerent à droite & à gauche. L. M. & L. A. R.
avec toutes les perfonnes de diftinction de leur
fuite , s'étant partagez , fe pofterent aux deux côtez
pour tirer. Le Grand Veneur rangea en ordre
tous ceux qui dépendent de la Chaffe , & s'étant
mis à la tête , il paffa avec eux devant les
deux Rois , & alors la Chaffe commença au fon
des Cors & des Hautbois. Il fut tué un grand
nombre de toutes fortes de bêtes fauves & autre
gibier , partie avec des Lances & en forçant avec
des Chiens , & partie par des armes à feu. Il fe
trour
2066 MERCURE DE FRANCE
trouva en tout 1124. Pieces; fçavoir, 804. Cerfs,
203. Sangliers , 97. Chevreuils & Dains , 18.
Lievres & 2. Renards , le tout porté à une Place
& rangé en ordre par les Gens de la Chaffe. Ainfi
finit cette grande & fuperbe Chaffe qui fut faite
avec beaucoup d'ordre & fans aucun accident.
On ſe retira enfuite vers les Loges , où les Tables
étoient couvertes & fervies pour le dîner. Il
y avoit trois tables , dont la premiere deſtinée
pour L. M. L. A. R. les Princes & autres perfon-
Tonnes de diftinction , étoit de 24. Couverts ; &
les deux autres de 20. Couverts chacune , pour
les Miniftres & autres Officiers. Il y avoit outre
cela deux autres tables de 48. Couverts chacune
pour les Gens de la Chaffe. La joye generale &
les deux Rois parurent fort contens ; lorfqu'on
fut hors de table , les deux Rois pafferent encore
quelque temps en converfation , après quoi L. M.
s'embrafferent & fe féparerent avec toutes les
marques poffibles de tendreffe. Le Roi de Pruffe
partit pour Poftdam & le Roi de Pologne retourna
au Camp de Radewitz.
Fermer
Résumé : SUITE du Camp de Mulhberg & Radwitz.
Le 24 juin, à l'occasion de la Saint-Jean-Baptiste, le roi organisa une célébration à Mulhberg et Radwitz. La journée débuta par un grand souper au quartier du roi, suivi de feux de joie et d'une mise en bataille des troupes à 9 heures. Trois salves de canon et des feux de mousqueterie marquèrent le début d'une illumination près du village de Riffa, en face du château de Premniz. Le roi et les princes se rendirent au château où une illumination spectaculaire fut allumée, représentant un temple de la Paix de 400 pieds de long et 160 pieds de haut, orné de peintures et de trophées. L'illumination, composée de 40 000 millest ampes, fut allumée en 15 minutes. Le temple, de style ionique, était richement décoré de colonnes, de pilastres, et de peintures enrichies de lapis. Au centre du temple, une déesse de la Paix, tenue par Mars, surplombait une inscription en latin. Des arcades et des galeries complétaient la scène, avec des trophées et des renommées sonnant de la trompette. Après un quart d'heure, 15 lettres formant une devise furent allumées, accompagnées de feux courants à terre et de 6 000 fusées. Des mortiers tirèrent des boîtes remplies de feux d'artifice, et un feu grégeois fut allumé dans l'eau par des bateaux. Une seconde illumination vit la rivière couverte de 48 bâtiments éclairés et remplis de musique de guerre, incluant le Bucentaure, un grand bâtiment royal illuminé par 30 000 lampions. Le 26 juin, le roi offrit un repas à toute l'armée. Les régiments se rangèrent en ordre, et les viandes rôties, le pain, le vin et la bière furent distribués. Les rois passèrent en revue les troupes, qui les saluèrent avec des acclamations et des musiques. Après le repas, le maréchal présenta une lettre de remerciement au roi de Prusse, qui accorda le congé à l'armée. Les officiers, formés en bataillon, saluèrent les rois avant de se disperser. Les deux rois s'embarquèrent sur l'Elbe le 27 juin et arrivèrent au château de Lichtembourg, où ils passèrent la nuit. Le lendemain, ils se rendirent près de Zulhtsdorff. Le texte décrit également une grande chasse organisée avec une préparation minutieuse pour éviter les accidents. Les participants, vêtus de habits verts galonnés d'argent, incluaient des gens de la Chasse, des chiens, et divers officiers. L'endroit était embelli par des loges magnifiques construites de verdure. La chasse débuta avec une présentation d'une chaise tirée par six cerfs apprivoisés, admirée par le Roi de Prusse. Les préparatifs incluaient des chevaliers et autres cavaliers munis de lances, se rangeant de chaque côté. Les rois et les personnes de distinction se positionnèrent pour tirer. La chasse se déroula avec ordre, au son des cors et des hautbois, et un grand nombre de bêtes fauves et de gibier furent tuées, totalisant 1124 pièces. Après la chasse, un dîner fut servi dans les loges, avec trois tables pour les personnes de distinction et deux autres pour les gens de la Chasse. La joie générale et la satisfaction des rois furent notables. Après le dîner, les rois conversèrent brièvement avant que Leurs Majestés ne s'embrassent et se séparèrent avec tendresse. Le Roi de Prusse partit pour Potsdam, et le Roi de Pologne retourna au camp de Radewitz.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5571
p. 2066-2070
ITALIE.
Début :
Le 6. Août, le Cardinal Coscia fit élever sur la porte de son Palais les Armes de l'Empereur [...]
Mots clefs :
Cardinal, Pape, Sénat, Rebelles
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
ITALIE.
E 6. Août , le Cardinal Cofcia fit élever fur
la porte de fon Palais les Armes de l'Empereur
& de la Couronne de Boheme , & l'après
midi il reçut la vifite des Cardinaux Allemans qui
font à Rome.
Le 14. le Pape tint un Confiftoire fecret , dans
lequel le Cardinal Ottoboni , Protecteur des affaires
de France , propofa l'Evêché de la Rochelle
pour l'Abbé de Menou de Charnifay , & celui
de Limoges pour l'Abbé de l'Iſle du Gaft. Le Cardinal
de Biffy remit fon Titre de fainte Quirice
& de fainte Julie, & opta celui de S. Bernard aux
Termes
3
SEPTEMBRE. 1730. 2067
Termes. A la fin du Conſiſtoire , le Papé déclara
qu'il avoit fait un Cardinal , mais qu'il le réſervoit
in petto .
L'Abbé Lanti eft prêt à partir pour aller en
France porter au Dauphin les Langes dont S. S.
fit la benediction le 27. de l'autre mois.
L'Abbé Ballarini , Lecteur en Théologie au
College de la Sapience , & en grande réputation
pour fa profonde doctrine , a ant demandé à la
Congrégation de Propaganda fide , la permiffion
d'a ler prêcher l'Evangile dans l'Orient , a été
nommé depuis peu Suffragant du Patriarche de
Conftantinople .
de-
Il s'eft tenu le 7. Août une Congrégation d'Etat
, dans laquelle on a examiné les Memoires
préfentez par les Fermiers du Savon , pour
mander qu'on leur faffe rendre les Preſens particuliers
qu'ils ont faits à diverfes perfonnes dans
le temps de l'Adjudication de cette Ferme , dont
les droits ont été fupprimez depuis peu.
On affure que le Pape a offert fa médiation
pour terminer les differens de l'Empereur avec le
Roi d'Efpagne , & on prétend qu'en cas qu'el
le foit acceptée , S. S. enverra des Nonces Extraordinaires
à Vienne , à la Cour de France &
en Elpagne.
Le Chevalier de S. George étant allé au Quirinal
, le Pape l'y reçut avec de grands témoignages
d'affection , & S. S. lui fit préſent d'une
Cédule de 10000. écus payables à vue par le Tréforier
de la Chambre Apoftolique .
Ce même jour après midi , l'Ambaffadeur de la
République de Venife eut Audience particuliere
du Pape , dans laquelle il lui fit part que les deux
Neveux de S. S. avoient été infcrits fur le Livre
d'or , & que le Prince Don Barthelemi Corfini
ayoit été élu Procurateur de S. Marc , avec rang
de Chevalier de l'Etoille d'Or
Par
5.
2068 MERCURE DE FRANCE
na ,
Par un Decret datté du 12. Août , le Pape a
établi une Congrégation particuliere , compofée
des Cardinaux Camerlingue , Imperiali , Colligola,
du Marquis Neri Corfini , de M. Sacripante,
Tréforier General de Mrs Rieci , Palaggi & La
& du Procureur Fifcal de la Chambre , pour
revoir & examiner les Conceffions & renouvellemens
de Baux & Fermes qui ont été faits au préjudice
de la Chambre & du Peuple , de méme que
les remifes de dettes en tout ou en partie ,
exemptions , les graces & les privileges onereux
accordez fous le dernier Pontificat , ordonnant
fingulierement à tours les Officiers de cette
Chambre qui ont obtenu pour eux quelques unes
de ces remifes , graces ou Privileges , de comparoître
devant cette Congrégation & d'y rendre
compte de leur conduite.
les
Le bruit court que M. Firrao , Nonce à Lif
bonne , fera rappellé , que M. Bichi retournera
Nonce à fa place , & que quelque temps après il
fera fait Cardinal,
Le Pape a ordonné à un de fes Valets de Chambre
qui le fervoit depuis quatre ans , de fe retirer
, parce que , contre la deffenfe , il avoit ofé
lui demander une Place de Cuiraflier , pour laquelle
on lui avoit promis une récompenfe.
Le Roi de Sardaigne a donné la riche Abbaye
de Staffarde , au Cardinal Alexandre Albani , qui
depuis peu eft Protecteur des Affaires de la ŝavoye
& du Piémont,
Le Procureur General de la Religion de Malte ,
s'étant oppofé par un Acte Juridique à la Prife
de Poffeffion que le Cardinal Cibo fit fur la fin
du mois dernier , du Grand - Prieuré de Rome
on ne doute pas qu'il n'y ait un grand Procès
fur cette affaire.
On a appris depuis que le Pape voulant éviter
toute
SEPTEMBRE . 1730. 2069
toute conteftation avec le Grand- Maître de Malthe
, au fujet du Prieuré de cette Ville , qu'il a
donné au Cardinal Cibo , a réfolu de déroger à
› fa nomination , à l'exemple de Pie V. & de créer
une Congrégation particuliere pour examiner
cette affaire.
On a reçû avis de Sicile , qu'une Compagnie
de Soldats Allemands étant allée par ordre du
Vice- Roi au Château de Palerme pour s'y mettre
en garnifon , les Bourgeois qui jufqu'alors avoient
monté la Garde dans ce Château , avoient refufé
de leur en ouvrir les portes ; que quelques Soldats
ayant tiré , les autres Habitans de la Ville avoient
pris les armes , & que le defordre avoit été
très - grand .
en
On a appris de Milan , que le Comte Flavius
Rezzonico & le Marquis Jules Brivio , s'y étoient
battus en duel hors de la porte Orientale ,
prefence des Marquis Fiorenza & Novari , qu'ils
avoient choifis pour leurs Parains , & que le premier
avoit été tué d'un coup d'épée dans la cuiffe
qui lui avoit coupé l'Artere.
>
On a appris auffi que le Tremblement de terre
qu'on reffentit il y a quelque temps à Milan
avoit été plus confiderable à Lufignano , où il
avoit fait tomber la Chapelle de N. Dame du
Mont fur le Varefe , & quelques Maiſons des
environs.
On mande de Genes , que M. Venerofo ,
que le Sénat avoit envoyé dans l'Ile de Corfe
avec des pouvoirs de la République pour traiter
avec les Rebelles de cette Ifle , s'étoit rendu à
leur Camp pour leur faire une derniere exhortation
; mais Pompiliani , leur Chef, lui rép ● udit
que la Nation Corfe voyoit avec douleur qu'une
perfonne auffi diftinguée que lui , voulut s'employer
dans cette affaire , qu'ils reſpectoient tous
H La
2070 MERCURE DE FRANCE
droiture & fon équité ; qu'ils n'oublieroient jamais
fon Gouvernement comme étant digne des
plus grands éloges ; que fa douceur & fa moderation
lui avoient acquis avec juftice le titre glorieux
de Pere de la Patrie , & qu'ils conferveroient
toute leur vie le fouvenir des bienfaits
qu'ils avoient reçûs de fa generofité ; qu'ils l'exhortoient
de prendre leur parti , de proteger un
peuple opprimé qu'on traite de Rebelles , parce
qu'il deffend fa liberté & fes Privileges ; & que fi
le feul interêt l'obligeoit de retourner à Genes
pour la confervation de fes biens , ils lui offroient
Ja Dignité Royale avec une foumiſſion & une
obéiffance aveugle pour les ordres , s'il acceptoir
Je Gouvernement,
?
Les Magiftrats de la Baftia , Ville Capitale de
de l'Ifle , ayant envoyé des Commiſſaires du côté
de la Partie Méridionale de l'Ile pour lever les
contributions annuelles , ils furent furpris par un
Détachement des Rebelles qui les menerent à leur
Camp. Pompiliani leur demanda leurs pouvoirs ;
& après les avoir lus publiquement , il les fit déchirer
avec mépris.
La République ne pouvant réduire ces Rebelles
fans faire de grandes dépenfes , a été obligée de
demander des contributions extraordinaires à fes
Sujets.
Ón vient d'apprendre que fur l'avis donné au
Sénat , que les Rebelles avoient inveſti Ajaccio ,
on a fait partir de Genes trois Barques chargées
de Munitions de guerre , avec 200. Şoldats pour
faire entrer dans la Place , & on apprend en dernier
lieu , qu'il eft arrivé à Genes des Députez de
divers endroits de l'Ifle de Corfe , qui travaillent
depuis quelques jours avec les Commiffaires nommez
par le Sénat , à chercher les moyens de faire
finir les troubles de cette Iſle,
E 6. Août , le Cardinal Cofcia fit élever fur
la porte de fon Palais les Armes de l'Empereur
& de la Couronne de Boheme , & l'après
midi il reçut la vifite des Cardinaux Allemans qui
font à Rome.
Le 14. le Pape tint un Confiftoire fecret , dans
lequel le Cardinal Ottoboni , Protecteur des affaires
de France , propofa l'Evêché de la Rochelle
pour l'Abbé de Menou de Charnifay , & celui
de Limoges pour l'Abbé de l'Iſle du Gaft. Le Cardinal
de Biffy remit fon Titre de fainte Quirice
& de fainte Julie, & opta celui de S. Bernard aux
Termes
3
SEPTEMBRE. 1730. 2067
Termes. A la fin du Conſiſtoire , le Papé déclara
qu'il avoit fait un Cardinal , mais qu'il le réſervoit
in petto .
L'Abbé Lanti eft prêt à partir pour aller en
France porter au Dauphin les Langes dont S. S.
fit la benediction le 27. de l'autre mois.
L'Abbé Ballarini , Lecteur en Théologie au
College de la Sapience , & en grande réputation
pour fa profonde doctrine , a ant demandé à la
Congrégation de Propaganda fide , la permiffion
d'a ler prêcher l'Evangile dans l'Orient , a été
nommé depuis peu Suffragant du Patriarche de
Conftantinople .
de-
Il s'eft tenu le 7. Août une Congrégation d'Etat
, dans laquelle on a examiné les Memoires
préfentez par les Fermiers du Savon , pour
mander qu'on leur faffe rendre les Preſens particuliers
qu'ils ont faits à diverfes perfonnes dans
le temps de l'Adjudication de cette Ferme , dont
les droits ont été fupprimez depuis peu.
On affure que le Pape a offert fa médiation
pour terminer les differens de l'Empereur avec le
Roi d'Efpagne , & on prétend qu'en cas qu'el
le foit acceptée , S. S. enverra des Nonces Extraordinaires
à Vienne , à la Cour de France &
en Elpagne.
Le Chevalier de S. George étant allé au Quirinal
, le Pape l'y reçut avec de grands témoignages
d'affection , & S. S. lui fit préſent d'une
Cédule de 10000. écus payables à vue par le Tréforier
de la Chambre Apoftolique .
Ce même jour après midi , l'Ambaffadeur de la
République de Venife eut Audience particuliere
du Pape , dans laquelle il lui fit part que les deux
Neveux de S. S. avoient été infcrits fur le Livre
d'or , & que le Prince Don Barthelemi Corfini
ayoit été élu Procurateur de S. Marc , avec rang
de Chevalier de l'Etoille d'Or
Par
5.
2068 MERCURE DE FRANCE
na ,
Par un Decret datté du 12. Août , le Pape a
établi une Congrégation particuliere , compofée
des Cardinaux Camerlingue , Imperiali , Colligola,
du Marquis Neri Corfini , de M. Sacripante,
Tréforier General de Mrs Rieci , Palaggi & La
& du Procureur Fifcal de la Chambre , pour
revoir & examiner les Conceffions & renouvellemens
de Baux & Fermes qui ont été faits au préjudice
de la Chambre & du Peuple , de méme que
les remifes de dettes en tout ou en partie ,
exemptions , les graces & les privileges onereux
accordez fous le dernier Pontificat , ordonnant
fingulierement à tours les Officiers de cette
Chambre qui ont obtenu pour eux quelques unes
de ces remifes , graces ou Privileges , de comparoître
devant cette Congrégation & d'y rendre
compte de leur conduite.
les
Le bruit court que M. Firrao , Nonce à Lif
bonne , fera rappellé , que M. Bichi retournera
Nonce à fa place , & que quelque temps après il
fera fait Cardinal,
Le Pape a ordonné à un de fes Valets de Chambre
qui le fervoit depuis quatre ans , de fe retirer
, parce que , contre la deffenfe , il avoit ofé
lui demander une Place de Cuiraflier , pour laquelle
on lui avoit promis une récompenfe.
Le Roi de Sardaigne a donné la riche Abbaye
de Staffarde , au Cardinal Alexandre Albani , qui
depuis peu eft Protecteur des Affaires de la ŝavoye
& du Piémont,
Le Procureur General de la Religion de Malte ,
s'étant oppofé par un Acte Juridique à la Prife
de Poffeffion que le Cardinal Cibo fit fur la fin
du mois dernier , du Grand - Prieuré de Rome
on ne doute pas qu'il n'y ait un grand Procès
fur cette affaire.
On a appris depuis que le Pape voulant éviter
toute
SEPTEMBRE . 1730. 2069
toute conteftation avec le Grand- Maître de Malthe
, au fujet du Prieuré de cette Ville , qu'il a
donné au Cardinal Cibo , a réfolu de déroger à
› fa nomination , à l'exemple de Pie V. & de créer
une Congrégation particuliere pour examiner
cette affaire.
On a reçû avis de Sicile , qu'une Compagnie
de Soldats Allemands étant allée par ordre du
Vice- Roi au Château de Palerme pour s'y mettre
en garnifon , les Bourgeois qui jufqu'alors avoient
monté la Garde dans ce Château , avoient refufé
de leur en ouvrir les portes ; que quelques Soldats
ayant tiré , les autres Habitans de la Ville avoient
pris les armes , & que le defordre avoit été
très - grand .
en
On a appris de Milan , que le Comte Flavius
Rezzonico & le Marquis Jules Brivio , s'y étoient
battus en duel hors de la porte Orientale ,
prefence des Marquis Fiorenza & Novari , qu'ils
avoient choifis pour leurs Parains , & que le premier
avoit été tué d'un coup d'épée dans la cuiffe
qui lui avoit coupé l'Artere.
>
On a appris auffi que le Tremblement de terre
qu'on reffentit il y a quelque temps à Milan
avoit été plus confiderable à Lufignano , où il
avoit fait tomber la Chapelle de N. Dame du
Mont fur le Varefe , & quelques Maiſons des
environs.
On mande de Genes , que M. Venerofo ,
que le Sénat avoit envoyé dans l'Ile de Corfe
avec des pouvoirs de la République pour traiter
avec les Rebelles de cette Ifle , s'étoit rendu à
leur Camp pour leur faire une derniere exhortation
; mais Pompiliani , leur Chef, lui rép ● udit
que la Nation Corfe voyoit avec douleur qu'une
perfonne auffi diftinguée que lui , voulut s'employer
dans cette affaire , qu'ils reſpectoient tous
H La
2070 MERCURE DE FRANCE
droiture & fon équité ; qu'ils n'oublieroient jamais
fon Gouvernement comme étant digne des
plus grands éloges ; que fa douceur & fa moderation
lui avoient acquis avec juftice le titre glorieux
de Pere de la Patrie , & qu'ils conferveroient
toute leur vie le fouvenir des bienfaits
qu'ils avoient reçûs de fa generofité ; qu'ils l'exhortoient
de prendre leur parti , de proteger un
peuple opprimé qu'on traite de Rebelles , parce
qu'il deffend fa liberté & fes Privileges ; & que fi
le feul interêt l'obligeoit de retourner à Genes
pour la confervation de fes biens , ils lui offroient
Ja Dignité Royale avec une foumiſſion & une
obéiffance aveugle pour les ordres , s'il acceptoir
Je Gouvernement,
?
Les Magiftrats de la Baftia , Ville Capitale de
de l'Ifle , ayant envoyé des Commiſſaires du côté
de la Partie Méridionale de l'Ile pour lever les
contributions annuelles , ils furent furpris par un
Détachement des Rebelles qui les menerent à leur
Camp. Pompiliani leur demanda leurs pouvoirs ;
& après les avoir lus publiquement , il les fit déchirer
avec mépris.
La République ne pouvant réduire ces Rebelles
fans faire de grandes dépenfes , a été obligée de
demander des contributions extraordinaires à fes
Sujets.
Ón vient d'apprendre que fur l'avis donné au
Sénat , que les Rebelles avoient inveſti Ajaccio ,
on a fait partir de Genes trois Barques chargées
de Munitions de guerre , avec 200. Şoldats pour
faire entrer dans la Place , & on apprend en dernier
lieu , qu'il eft arrivé à Genes des Députez de
divers endroits de l'Ifle de Corfe , qui travaillent
depuis quelques jours avec les Commiffaires nommez
par le Sénat , à chercher les moyens de faire
finir les troubles de cette Iſle,
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Résumé : ITALIE.
En août 1730, le Cardinal Cofcia afficha les armes de l'Empereur et de la Couronne de Bohême sur la porte de son palais et reçut les cardinaux allemands à Rome. Le 14 août, le pape tint un consistoire secret où le Cardinal Ottoboni proposa les évêchés de La Rochelle et de Limoges pour les abbés de Menou de Charnisfay et de l'Isle du Gast. Le Cardinal de Bissy remit ses titres de saintes Quirice et Julie et opta pour celui de saint Bernard aux Terme. En septembre, le pape annonça la création d'un nouveau cardinal, qu'il réserva in petto. L'abbé Lanti se préparait à partir pour la France afin de porter au Dauphin les langes bénis par le pape. L'abbé Ballarini, réputé pour sa doctrine, fut nommé suffragant du patriarche de Constantinople après avoir demandé la permission de prêcher l'Évangile en Orient. Le 7 août, une congrégation d'État examina les mémoires des fermiers du savon, demandant la restitution des présents faits lors de l'adjudication de cette ferme. Le pape offrit sa médiation pour résoudre les différends entre l'Empereur et le roi d'Espagne, et envisagea d'envoyer des nonces extraordinaires à Vienne, en France et en Espagne. Le pape reçut le Chevalier de Saint-George avec affection et lui offrit une cédule de 10 000 écus. L'ambassadeur de Venise informa le pape de l'inscription de ses neveux sur le Livre d'or et de l'élection de Don Barthelemi Corsini comme procurateur de Saint-Marc. Par décret du 12 août, le pape établit une congrégation pour examiner les concessions et renouvellements de baux et fermes faits au préjudice de la Chambre et du peuple. Des rumeurs circulaient sur le rappel du nonce à Lisbonne et la nomination de M. Bichi comme cardinal. Le pape ordonna à un valet de chambre de se retirer pour avoir demandé une place de cuirassier. Le roi de Sardaigne attribua l'abbaye de Staffarde au Cardinal Albani, protecteur des affaires savoyardes et piémontaises. Un conflit juridique opposa le procureur général de Malte au Cardinal Cibo concernant le Grand-Prieuré de Rome, et le pape décida de déroger à cette nomination. En Sicile, des soldats allemands envoyés au château de Palerme rencontrèrent la résistance des bourgeois. À Milan, un duel entre le Comte Rezzonico et le Marquis Brivio se solda par la mort du premier. Un tremblement de terre à Lussignano causa des dégâts. À Gênes, M. Veneroso tenta de négocier avec les rebelles de Corse, mais ceux-ci refusèrent, respectant sa droiture mais rejetant son offre. Les magistrats de la Bastia furent capturés par les rebelles lors de la levée des contributions. La République de Gênes demanda des contributions extraordinaires à ses sujets pour réduire les rebelles corses. Des troupes et des munitions furent envoyées à Ajaccio pour renforcer la place.
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5572
p. 2071
LETTRE du Marquis de Neri Corsini, neveu du Pape, écrite de Rome le 22. Juillet, au Grand Duc de Toscane.
Début :
La Providence qui a daigné jetter les yeux sur le Cardinal Corsini, mon Oncle, entr'autres [...]
Mots clefs :
Pape, Cardinal Corsini, Grand-duc de Toscane, Jean-Gaston de Médicis
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE du Marquis de Neri Corsini, neveu du Pape, écrite de Rome le 22. Juillet, au Grand Duc de Toscane.
LETTRE du Marquis de Neri Corfini
, neveu du Pape , écrite de Rome
le 22. Juillet , au Grand Duc de Tol
cane .
A Providence qui a daigné jetter les yeux
fur le Cardinal Corfini , mon Oncle , entr'autres
moyens des caufes fecondes , s'eft fervi
efficacement de la haute protection de
Votre Alteffe Royale pour l'élever au Trône
Pontifical. J'en conferverai toute ma vie dans
le plus profond de mon coeur les fentimens de
la plus humble reconnoiſſance ; & joignant cette
obligation fignalée à toutes celles que je tiens
déja de la generofité de V. A. R. je m'appliquerai
fans relâche à lui donner des preuves
éclatantes d'un fingulier dévouëment & d'une·
obéissance parfaite , implorant toujours la proy
tection & les ordres de V. A. R.
, neveu du Pape , écrite de Rome
le 22. Juillet , au Grand Duc de Tol
cane .
A Providence qui a daigné jetter les yeux
fur le Cardinal Corfini , mon Oncle , entr'autres
moyens des caufes fecondes , s'eft fervi
efficacement de la haute protection de
Votre Alteffe Royale pour l'élever au Trône
Pontifical. J'en conferverai toute ma vie dans
le plus profond de mon coeur les fentimens de
la plus humble reconnoiſſance ; & joignant cette
obligation fignalée à toutes celles que je tiens
déja de la generofité de V. A. R. je m'appliquerai
fans relâche à lui donner des preuves
éclatantes d'un fingulier dévouëment & d'une·
obéissance parfaite , implorant toujours la proy
tection & les ordres de V. A. R.
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Résumé : LETTRE du Marquis de Neri Corsini, neveu du Pape, écrite de Rome le 22. Juillet, au Grand Duc de Toscane.
Le Marquis de Neri Corfini, neveu du Pape, écrit au Grand Duc de Toscane le 22 juillet pour exprimer sa gratitude pour l'élévation de son oncle au trône pontifical. Il assure sa reconnaissance et son dévouement, et sollicite la protection et les ordres du Grand Duc.
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5573
p. 2071-181
RÉPONSE.
Début :
La politesse & la bonté avec laquelle Votre Excellence s'exprime en m'apprenant la nouvelle [...]
Mots clefs :
Cardinal Corsini, Trône pontifical
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texteReconnaissance textuelle : RÉPONSE.
RE'PONSE.
La politeffe & la bonté avec laquelle Votre
Excellence s'exprime en m'apprenant la nouvelle
de l'élevation du Cardinal Corfini au Trône
Pontifical , augmentent de beaucoup la confolation
queje reffens , & qui fans contredit eft
la plus grande que j'aye éprouvée de ma vie
d'une élection fi defirée & fi generalement applaudie.
Après avoir rendu à Dieu les actions de gra
ees qui lui font dues par rapport à un avenement
fi heureux & fi important , dont la gloire
rejaillit fur la Patrie . & qui préfente de fi
grands avantages à tout le monde Chrétien ,
Hij je
2072 MERCURE DE FRANCE
je vous dirai que j'ai toujours étéfenfiblement
touché de la vertu du mérite distingué de
S. S.
Je me felicite done avec V. E. du fuccès de
cette élection , & je la remercie de la finguliere
attention qu'elle a bien voulu faire aux bons
offices que j'ai employés pour la faire réussir ,
fouhaitant avec paffion de trouver les occafions
de la fervir, l'afurant que je ferai toujours
une diftinction particuliere de votre perfonne
de fa famille &c.
La politeffe & la bonté avec laquelle Votre
Excellence s'exprime en m'apprenant la nouvelle
de l'élevation du Cardinal Corfini au Trône
Pontifical , augmentent de beaucoup la confolation
queje reffens , & qui fans contredit eft
la plus grande que j'aye éprouvée de ma vie
d'une élection fi defirée & fi generalement applaudie.
Après avoir rendu à Dieu les actions de gra
ees qui lui font dues par rapport à un avenement
fi heureux & fi important , dont la gloire
rejaillit fur la Patrie . & qui préfente de fi
grands avantages à tout le monde Chrétien ,
Hij je
2072 MERCURE DE FRANCE
je vous dirai que j'ai toujours étéfenfiblement
touché de la vertu du mérite distingué de
S. S.
Je me felicite done avec V. E. du fuccès de
cette élection , & je la remercie de la finguliere
attention qu'elle a bien voulu faire aux bons
offices que j'ai employés pour la faire réussir ,
fouhaitant avec paffion de trouver les occafions
de la fervir, l'afurant que je ferai toujours
une diftinction particuliere de votre perfonne
de fa famille &c.
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Résumé : RÉPONSE.
L'auteur exprime sa joie et sa gratitude suite à l'élection du Cardinal Corfini au trône pontifical. Il souligne la politesse et la bonté avec lesquelles il a appris cette nouvelle, qu'il considère comme la plus grande consolation de sa vie. Il rend grâce à Dieu pour cet événement heureux et important, bénéfique pour la patrie et l'ensemble du monde chrétien. L'auteur admire la vertu et le mérite distingué du nouveau pape. Il se félicite de l'élection et remercie l'excellence pour l'attention portée à ses efforts pour faire réussir cette élection. Il exprime son désir de servir et assure qu'il fera toujours une distinction particulière de la personne et de la famille de l'excellence.
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5574
p. 2072-2073
LETTRE du Grand Duc au Pape.
Début :
TRÉS-SAINT PERE, La trés digne & desirée Election de V. S. au [...]
Mots clefs :
Pape, Grand-duc de Toscane, Jean-Gaston de Médicis
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE du Grand Duc au Pape.
LETTRE du Grand Duc au Pape.
TRE'S RE'S SAINT PERE , ·
La trés digne & defirée Election de V. S. au
Suprême Pontificat eft pour moi l'une des plus
vives confolations que j'aye jamais éprouvées , à
caufe des grands avantages qu'elle annonce à
toute la Chrétienté & de l'honneur éclatant
qu'en reçoit la Patrie.
J'ai prié le Cardinal Salviati de témoigner à
V. S. le filial & infini refpect que j'ai pour elle ,
de la feliciter dans les termes les plus forts
furfon Avenement au Siege de S.Pierres comme
cette Eminence est parfaitement inftruite
de mes fentimens les plus finguliers à cet égard,
j'espere qu'Elle s'en fera dignement acquittée ,
conformément à mes intentions.
Je fupplie la clémence incomparable de V. S.
de recevoir avec fa bonté ordinaire ces premiers
témoignages de la veneration que je conferverai
toute ma vie pour Elle, de chérir d'un amour
Paternel les Etats que je gouverne ,
& de
employer dans toutes les occafions qu'elle
jugera
SEPTEMBRE . 1730. 2073
jugera propres à lui rendre mes fervices les plus
refpectueux , priant S. S. de m'honorer & toute
ma Maifon de fa Benedicton Apoftolique : &
m'inclinant profondément à fes pieds , elle aura
TRE'S RE'S SAINT PERE , ·
La trés digne & defirée Election de V. S. au
Suprême Pontificat eft pour moi l'une des plus
vives confolations que j'aye jamais éprouvées , à
caufe des grands avantages qu'elle annonce à
toute la Chrétienté & de l'honneur éclatant
qu'en reçoit la Patrie.
J'ai prié le Cardinal Salviati de témoigner à
V. S. le filial & infini refpect que j'ai pour elle ,
de la feliciter dans les termes les plus forts
furfon Avenement au Siege de S.Pierres comme
cette Eminence est parfaitement inftruite
de mes fentimens les plus finguliers à cet égard,
j'espere qu'Elle s'en fera dignement acquittée ,
conformément à mes intentions.
Je fupplie la clémence incomparable de V. S.
de recevoir avec fa bonté ordinaire ces premiers
témoignages de la veneration que je conferverai
toute ma vie pour Elle, de chérir d'un amour
Paternel les Etats que je gouverne ,
& de
employer dans toutes les occafions qu'elle
jugera
SEPTEMBRE . 1730. 2073
jugera propres à lui rendre mes fervices les plus
refpectueux , priant S. S. de m'honorer & toute
ma Maifon de fa Benedicton Apoftolique : &
m'inclinant profondément à fes pieds , elle aura
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Résumé : LETTRE du Grand Duc au Pape.
En septembre 1730, le Grand Duc adresse une lettre au Pape nouvellement élu pour lui présenter ses félicitations. Il exprime sa consolation et son honneur, soulignant les bénéfices de cette élection pour la Chrétienté. Le Grand Duc a mandaté le Cardinal Salviati pour transmettre son respect filial et ses sentiments sincères au Pape. Il supplie le Pape d'accepter ses témoignages de vénération et de gouverner ses États avec amour paternel. Il espère que le Pape saura saisir les occasions pour recevoir ses services respectueux. Enfin, il demande la bénédiction apostolique pour lui-même et sa maison.
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5575
p. 2073
ESPAGNE.
Début :
Le Roi & la Reine accompagnés du Prince & de la Princesse des Asturies, de l'Infant [...]
Mots clefs :
Roi d'Espagne, Reine d'Espagne
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texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
ESPAGNE.
E Roi & la Reine accompagnés du Prince
& de la Princeffe des Afturies , de l'Infant
Don Carlos, & de l'Infant Don Philippe , partirent
de Cazalla le 20. du mois dernier pour retourner
Seville , où L. M. arriverent le 23. au
foir. L'Infant Don Louis & les Infantes Dona
. Marie Thereſe & Dona Marie Antoinette Ferdinande
, ne partirent de Cazalla que le 22. pour
aller joindre L. M.
Le Roi a nommé le Marquis de Caftellar , Secretaire
d'Etat au département de la Guerre ,
pour fon Ambaffadeur Extraordinaire à la Cour
du Roi T. Ch. & le premier Commis de ce département
fera les fonctions de Secretaire d'Etar
pendant l'Ambaffade de ce Miniftre.
La Flotte de la Nouvelle Efpagne qui partit du
Port de Cadix le 8. d'Août de l'année derniere ,
y arriva de la Vera- Cruz le 18. du mois dernier:
elle eft compofée de trois Vaiffeaux de Guerre &
de 8. Navires Marchands.
On apprend de Seville que L. M. & les Princes
& Princeffes de la Famille Royale jouiffoient
d'une parfaite fanté au Palais de l'Alcaçar , ou
l'Infant Don Louis & les Infantes Dona Marie
Therefe & Dona Marie Antoinette Ferdinande ,
étoient arrivés de Cazalla le 25. du mois dernier.
E Roi & la Reine accompagnés du Prince
& de la Princeffe des Afturies , de l'Infant
Don Carlos, & de l'Infant Don Philippe , partirent
de Cazalla le 20. du mois dernier pour retourner
Seville , où L. M. arriverent le 23. au
foir. L'Infant Don Louis & les Infantes Dona
. Marie Thereſe & Dona Marie Antoinette Ferdinande
, ne partirent de Cazalla que le 22. pour
aller joindre L. M.
Le Roi a nommé le Marquis de Caftellar , Secretaire
d'Etat au département de la Guerre ,
pour fon Ambaffadeur Extraordinaire à la Cour
du Roi T. Ch. & le premier Commis de ce département
fera les fonctions de Secretaire d'Etar
pendant l'Ambaffade de ce Miniftre.
La Flotte de la Nouvelle Efpagne qui partit du
Port de Cadix le 8. d'Août de l'année derniere ,
y arriva de la Vera- Cruz le 18. du mois dernier:
elle eft compofée de trois Vaiffeaux de Guerre &
de 8. Navires Marchands.
On apprend de Seville que L. M. & les Princes
& Princeffes de la Famille Royale jouiffoient
d'une parfaite fanté au Palais de l'Alcaçar , ou
l'Infant Don Louis & les Infantes Dona Marie
Therefe & Dona Marie Antoinette Ferdinande ,
étoient arrivés de Cazalla le 25. du mois dernier.
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Résumé : ESPAGNE.
Le Roi et la Reine d'Espagne, accompagnés du Prince et de la Princesse des Asturies, de l'Infant Don Carlos et de l'Infant Don Philippe, ont quitté Cazalla le 20 du mois précédent pour retourner à Séville, où ils sont arrivés le 23. L'Infant Don Louis et les Infantes Dona Marie Thérèse et Dona Marie Antoinette Ferdinande ont quitté Cazalla le 22 pour rejoindre le Roi et la Reine. Le Roi a nommé le Marquis de Castañar Secrétaire d'État au département de la Guerre et Ambassadeur Extraordinaire à la Cour du Roi Très Chrétien. Le premier commis de ce département assurera les fonctions de Secrétaire d'État pendant l'ambassade de ce ministre. La flotte de la Nouvelle-Espagne, partie du port de Cadix le 8 août de l'année précédente, est revenue à Vera-Cruz le 18 du mois précédent. Elle était composée de trois vaisseaux de guerre et de huit navires marchands. Le 25 du mois précédent, l'Infant Don Louis et les Infantes Dona Marie Thérèse et Dona Marie Antoinette Ferdinande sont arrivés au Palais de l'Alcázar à Séville. Leurs Majestés et les Princes et Princesses de la famille royale jouissaient d'une parfaite santé.
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5576
p. 2074-2075
GRANDE BRETAGNE.
Début :
Le Roi a nommé pour son Ambassadeur Ordinaire & Plenipotentiaire à la Cour de France [...]
Mots clefs :
Roi, Ambassadeur
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texteReconnaissance textuelle : GRANDE BRETAGNE.
GRANDE BRETAGNE .
E Roi a nommé pour fon Ambaffadeur Ordinaire
& Plenipotentiaire à la Cour de France
le Comte de Waldegrave , ci- devant fon Envoyé
Extraordinaire à la Cour de l'Empereur.
Le Comte de Carliſle a été nommé Capitaine
de l'Equipage du Roi pour la Chaffe du Renard
& du Lievre , Charge qui avoit été fupprimée
fous le Regne du Roi Guillaume.
Il y eut à Londres le 11. du mois dernier un
grand defordre dans l'Eglife Paroiffiale de Saint
Gilles , à l'occafion d'un filou que les Bedeaux
vouloient arrêter ; le bruit qu'ils firent en le pourfuivant
ayant fait croire à quelques Paroiffiens
que l'Eglife alloit tomber , le Ministre fauta de
la Chaire en bas pour fe fauver , & le Peuple
s'empreffant de fortir il y eut deux ou trois
perfonnes d'étouffées dans la preffe , & d'autres
dangereuſement bleffées .
›
Treize Vaiffeaux de la Compagnie de la Mer
du Sud , arrivés du Groenland n'ont apporté que
12. Baleines . Cette pêche n'a pas été meilleure
cette année pour les autres Nations ; car on apprend
que les Hollandois , les Hambourgois&
les Négocians de Breme qui y avoient envoyé
120. Bâtimens , n'ont pris que 26. Baleines. Les
François & les Biſcayens qui y avoient 36. Navires
n'en ont pris que quatre.
Le Roi a accordé au Comte de Waldgrave ,
fon Ambaffadeur Extraordinaire & Plenipotentiaire
auprès du Roi T. Ch. 1500. livres fterlin
pour fes équipages , & 100. livres fterlin par femaine
pour fa dépenfe ordinaire . On affure que
cet Ambaffadeur a ordre de faire une Entrée publique
à Paris.
Les
SEPTEMBRE . 1730. 2075
Les nouvelles qu'on reçoit de tous côtés d'une
très abondante recolte ont encore fait diminuer
le prix du pain. Hy a cependant quelques Cantons
dont les grains & les fruits ont été ravagés
par des chenilles inconnues jufqu'à préſent ,'
& qui ont huit à dix pouces de long.
Un Courrier depêché par M. Keene , Miniftre
Plenipotentiaire du Roi auprès de S. M. Cat. a
apporté aux Directeurs de la Compagnie de la
Mer du Sud la fcedule originale du Roi d'Eſpagne
pour le départ de leur Vaiffeau de l'Affiente.
On a reçu depuis peu des Lettres de Gibraltar
qui marquent que le Roi d'Efpagne avoit permis
que la Porte de terre fut ouverte , & que la Garnifon
eut communication avec les Espagnols
pour en acheter les provifions dont elle aura be
foin.
E Roi a nommé pour fon Ambaffadeur Ordinaire
& Plenipotentiaire à la Cour de France
le Comte de Waldegrave , ci- devant fon Envoyé
Extraordinaire à la Cour de l'Empereur.
Le Comte de Carliſle a été nommé Capitaine
de l'Equipage du Roi pour la Chaffe du Renard
& du Lievre , Charge qui avoit été fupprimée
fous le Regne du Roi Guillaume.
Il y eut à Londres le 11. du mois dernier un
grand defordre dans l'Eglife Paroiffiale de Saint
Gilles , à l'occafion d'un filou que les Bedeaux
vouloient arrêter ; le bruit qu'ils firent en le pourfuivant
ayant fait croire à quelques Paroiffiens
que l'Eglife alloit tomber , le Ministre fauta de
la Chaire en bas pour fe fauver , & le Peuple
s'empreffant de fortir il y eut deux ou trois
perfonnes d'étouffées dans la preffe , & d'autres
dangereuſement bleffées .
›
Treize Vaiffeaux de la Compagnie de la Mer
du Sud , arrivés du Groenland n'ont apporté que
12. Baleines . Cette pêche n'a pas été meilleure
cette année pour les autres Nations ; car on apprend
que les Hollandois , les Hambourgois&
les Négocians de Breme qui y avoient envoyé
120. Bâtimens , n'ont pris que 26. Baleines. Les
François & les Biſcayens qui y avoient 36. Navires
n'en ont pris que quatre.
Le Roi a accordé au Comte de Waldgrave ,
fon Ambaffadeur Extraordinaire & Plenipotentiaire
auprès du Roi T. Ch. 1500. livres fterlin
pour fes équipages , & 100. livres fterlin par femaine
pour fa dépenfe ordinaire . On affure que
cet Ambaffadeur a ordre de faire une Entrée publique
à Paris.
Les
SEPTEMBRE . 1730. 2075
Les nouvelles qu'on reçoit de tous côtés d'une
très abondante recolte ont encore fait diminuer
le prix du pain. Hy a cependant quelques Cantons
dont les grains & les fruits ont été ravagés
par des chenilles inconnues jufqu'à préſent ,'
& qui ont huit à dix pouces de long.
Un Courrier depêché par M. Keene , Miniftre
Plenipotentiaire du Roi auprès de S. M. Cat. a
apporté aux Directeurs de la Compagnie de la
Mer du Sud la fcedule originale du Roi d'Eſpagne
pour le départ de leur Vaiffeau de l'Affiente.
On a reçu depuis peu des Lettres de Gibraltar
qui marquent que le Roi d'Efpagne avoit permis
que la Porte de terre fut ouverte , & que la Garnifon
eut communication avec les Espagnols
pour en acheter les provifions dont elle aura be
foin.
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Résumé : GRANDE BRETAGNE.
En Grande-Bretagne, le roi a nommé le comte de Waldegrave ambassadeur ordinaire et plénipotentiaire à la cour de France, poste qu'il occupait précédemment à la cour de l'empereur. Le comte de Carlisle a été désigné capitaine de l'équipage royal pour la chasse au renard et au lièvre, une charge rétablie après avoir été supprimée sous le règne du roi Guillaume. À Londres, un désordre dans l'église paroissiale de Saint Gilles a causé la mort de plusieurs personnes étouffées et d'autres blessées lors de la poursuite d'un voleur. Treize vaisseaux de la Compagnie de la Mer du Sud, revenus du Groenland, ont rapporté seulement 12 baleines. La pêche a également été mauvaise pour les Hollandais, les Hambourgeois et les négociants de Brême, qui ont capturé 26 baleines malgré 120 bâtiments envoyés. Les Français et les Basques ont capturé quatre baleines avec 36 navires. Le roi a accordé au comte de Waldegrave 1500 livres sterling pour ses équipages et 100 livres sterling par semaine pour ses dépenses ordinaires. En septembre 1730, les nouvelles d'une récolte abondante ont fait baisser le prix du pain, mais certains cantons ont vu leurs grains et fruits ravagés par des chenilles inconnues. Un courrier de M. Keene, ministre plénipotentiaire du roi auprès du roi d'Espagne, a apporté aux directeurs de la Compagnie de la Mer du Sud la schedule originale du roi d'Espagne pour le départ de leur vaisseau de l'Assiente. Des lettres de Gibraltar indiquent que le roi d'Espagne a permis l'ouverture de la porte de terre, permettant à la garnison de communiquer avec les Espagnols pour acheter des provisions.
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5577
p. 2075
HOLLANDE, PAYS-BAS.
Début :
On écrit de la Haye qu'on y avoit appris de Campen, qu'une femme âgée de 103. [...]
Mots clefs :
Petite vérole
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : HOLLANDE, PAYS-BAS.
HOLLANDE , PAYS - BAS .
ONécritde la Haye qu'on y avoit appris
de Campen , qu'une femme âgée de 103 .
ans qui avoit toujours joui d'une bonne fanté ,
étoit attaquée de la petite Verole qu'elle n'avoir
jamais eu , & dont on efperoit qu'elle fe réta¬
bliroit.
ONécritde la Haye qu'on y avoit appris
de Campen , qu'une femme âgée de 103 .
ans qui avoit toujours joui d'une bonne fanté ,
étoit attaquée de la petite Verole qu'elle n'avoir
jamais eu , & dont on efperoit qu'elle fe réta¬
bliroit.
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5578
p. 2075-2076
« TRÉS CHERS, GRANDS AMIS, Alliés & Confederés : Nous ne doutons point que vous n'appreniez [...] »
Début :
TRÉS CHERS, GRANDS AMIS, Alliés & Confederés : Nous ne doutons point que vous n'appreniez [...]
Mots clefs :
Naissance du duc d'Anjou, Roi de France
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « TRÉS CHERS, GRANDS AMIS, Alliés & Confederés : Nous ne doutons point que vous n'appreniez [...] »
Les Etats Generaux ont reçû la Lettre ſuivante
du Roi de France.
TRE'S RE'S CHERS , GRANDS AMIS ;
Alliés & Confederés :
NOUS ne doutons point que vous n'appreniez
avec joye la Naiffance du Duc d'Anjou
que la Reine , notre très chere Epouse & Compagne
vient de mettre au monde ; & nous fommes
2076 MERCURE DE FRANCE
ن م
mes perfuadés que vous prendrez veritablement
part à un évenement auffi heureux ,
que
nous recevons comme une fuite des benedictions
que le Seigneur répand fur nous & fur notre
Maifon. Sur ce Nous prions Dieu qu'il vous
ait , Très Chers , Grands Amis , Alliés & Confederés
en fa fainte & digne garde . Ecrite à
Versailles le 30. Août 1730.
Votre bon Ami , Allié & Confederé , Signé
LOUIS. Plus bus , Chauvelin.
du Roi de France.
TRE'S RE'S CHERS , GRANDS AMIS ;
Alliés & Confederés :
NOUS ne doutons point que vous n'appreniez
avec joye la Naiffance du Duc d'Anjou
que la Reine , notre très chere Epouse & Compagne
vient de mettre au monde ; & nous fommes
2076 MERCURE DE FRANCE
ن م
mes perfuadés que vous prendrez veritablement
part à un évenement auffi heureux ,
que
nous recevons comme une fuite des benedictions
que le Seigneur répand fur nous & fur notre
Maifon. Sur ce Nous prions Dieu qu'il vous
ait , Très Chers , Grands Amis , Alliés & Confederés
en fa fainte & digne garde . Ecrite à
Versailles le 30. Août 1730.
Votre bon Ami , Allié & Confederé , Signé
LOUIS. Plus bus , Chauvelin.
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Résumé : « TRÉS CHERS, GRANDS AMIS, Alliés & Confederés : Nous ne doutons point que vous n'appreniez [...] »
Le roi de France informe les États Généraux de la naissance du Duc d'Anjou. Il exprime sa joie et considère cet événement comme une bénédiction divine. La lettre, datée du 30 août 1730, est signée par Louis et Chauvelin en tant que témoin.
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5579
p. 2076-2077
MORTS, NAISSANCES, & Mariages des Païs Etrangers.
Début :
On apprend de Lisbonne qu'Isabelle Pereira, Domestique du Commandant de cette Ville, [...]
Mots clefs :
Princesse, Prince
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS, NAISSANCES, & Mariages des Païs Etrangers.
MORTS ,
NAISSANCES,
Mariages des Païs Etrangers.
étoit
N apprend de Lisbonne qu'Ifabelle Pereira ;
morte à Caftello Mendo , âgée de IIO ans.
La Princeffe Epouſe du Prince Royal de Saxe ,
accoucha à Dreſde le 25 Août vers les dix heures
& demie du matin d'un fecond Prince , qui
fut baptifé le lendemain , & nommé Augufte-
Albert - François - Xavier , ayant été tenu für les
Fonts au nom de l'Empereur , du Roi de France
& de la Reine de Portugal. On fit à cette occafion
une triple falve de l'Artillerie des Remparts
& c.
Le 18 Juillet , le Duc d'Holftein Ploen , épouſa
Coppenhague la fille du Comte de Reventlau .
La Celebration du mariage fe fit dans la Chapelle
du Palais en préſence du Roi , de la Reine
de Danemarck, du Prince Royal & de la Princefle
fon Epoufe,
Le
3:
SEPTEMBRE. 1730. 2077
Le 28 Août , la Cerémonie du mariage du Duc
Ferdinand de Curlande avec la Princeffe , fille de
la Ducheffe Douairiere de Veiffenfels , fe fit à
Dama.
NAISSANCES,
Mariages des Païs Etrangers.
étoit
N apprend de Lisbonne qu'Ifabelle Pereira ;
morte à Caftello Mendo , âgée de IIO ans.
La Princeffe Epouſe du Prince Royal de Saxe ,
accoucha à Dreſde le 25 Août vers les dix heures
& demie du matin d'un fecond Prince , qui
fut baptifé le lendemain , & nommé Augufte-
Albert - François - Xavier , ayant été tenu für les
Fonts au nom de l'Empereur , du Roi de France
& de la Reine de Portugal. On fit à cette occafion
une triple falve de l'Artillerie des Remparts
& c.
Le 18 Juillet , le Duc d'Holftein Ploen , épouſa
Coppenhague la fille du Comte de Reventlau .
La Celebration du mariage fe fit dans la Chapelle
du Palais en préſence du Roi , de la Reine
de Danemarck, du Prince Royal & de la Princefle
fon Epoufe,
Le
3:
SEPTEMBRE. 1730. 2077
Le 28 Août , la Cerémonie du mariage du Duc
Ferdinand de Curlande avec la Princeffe , fille de
la Ducheffe Douairiere de Veiffenfels , fe fit à
Dama.
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Résumé : MORTS, NAISSANCES, & Mariages des Païs Etrangers.
En 1730, Isabelle Pereira est décédée à Lisbonne à 110 ans. À Dresde, la princesse épouse du prince royal de Saxe a donné naissance à Auguste-Albert-François-Xavier. Le duc d'Holstein-Ploen a épousé la fille du comte de Reventlau à Copenhague. Le duc Ferdinand de Courlande a célébré son mariage à Dama.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5580
p. 2077-2082
« Les Religieuses du Monastere de l'Ave Maria de Paris ont celebré pendant [...] »
Début :
Les Religieuses du Monastere de l'Ave Maria de Paris ont celebré pendant [...]
Mots clefs :
Roi, Audience, Ambassadeur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Les Religieuses du Monastere de l'Ave Maria de Paris ont celebré pendant [...] »
Es Religieufes du Monaftere de l'Ave
Maria de Paris ont celebré pendant
huit jours avec beaucoup de folemnité la
Fête de la Canonifation de S. Jacques de
la Marche , & de S. François de Solano,
Religieux de l'Obfervance de S. François.
Le Chapitre de l'Eglife Metropolitaine
alla y chanter la Meffe le 21. du mois.
dernier pour l'ouverture de l'Octave.
Le premier de ce mois , on celebra avec
les cerémonies accoutumées dans l'Eglife
de l'Abbaye Royale de S.Denis le Service.
folemnel qui s'y fait tous les ans pour le
repos de l'ame du feu Roi Louis XIV .
L'Evêque de Grenoble y officia pontificalement
, & le Duc du Maine , le Prince
de Dombes & le Comte de Toulouſe Y
affifterent , ainfi que plufieurs Seigneurs
de la Cour.
Le 13. Août au foir , le Roi alla pofer
Hv
la
2078 MERCURE DE FRANCE
Ja premiere pierre du nouveau Pont qu'on
conftruit fur la Riviere d'Oyſe , vis-à-vis
le Château de Compiegne. M. Dubois
Directeur General des Fonts & Chauffées,
préfenta à S. M. un marteau & une truelle
d'argent & du mortier dans un baffin
pour cette cerémonie.
>
Le 2. Septembre , le Roi de Sardaigne
Victor Amedée II. fit avertir tous les
Princes , les Chevaliers de l'Ordre de
l'Annonciade , les Miniftres , les Secretaires
d'Etat , l'Archevêque de Turin , ›
le Grand Chancelier , les Premiers Préfi
dens , les Generaux & toutes les perfonnes
qui font dans les principaux Emplois
de la Cour , de la Guerre & de la
Juftice , de fe trouver le lendemain à
trois heures après midi au Château de Rivoli.
Le Roi tint un Confeil d'Etat à
l'heure qu'il avoit marquée ; il y déclara
qu'il faifoit une abdication generale de fon
Royaume & de fes Etats en faveur du
Prince du Piémont , fon fils , & ayant
fait entrer tous ceux qu'il avoit mandés ,
un Secretaire d'Etat lut à haute voix l'Acte
d'Abdication . Le Roi Victor fit enfuite
un Difcours auffi digne de la grandeur
d'ame de ce Prince que propre à attendrir
& à confoler tous ceux qui étoient
préfens. Il devoit partir de Rivoli le 4.
pour
1
SEPTEMBRE. 1730. 2079
pour fe retirer au Château de Chamberi ,
que ce Prince a choisi pour y faire fon
féjour.
Le 7. le Comte Maffei , Ambaffadeur
Extraordinaire du Roi de Sardaigne , eut
une audience particuliere du Roi , dans
dans laquelle il notifia à S. M. l'abdication
que le Roi Victor Amedée II . a faite le
3. de ce mois de fes Royaumes & Etats
& de l'avenement du Roi Charles Emanuel
, fon fils , à la Couronne.
Le s. de ce mois , M. Horace Walpool,
Ambaffadeur Extraordinaire du Roi
d'Angleterre , eut une audience particu
liere du Roi , dans laquelle il donna part
à S. M. de la mort de la Princeffe Benedictine
Henriette Philippine , Ducheffe
Douairiere de Brunfwick Hanover. Il fut
conduit à cette audience par le Chevalier
de Sainctor , Introducteur des Ambaffa
deurs.
Le ro . le Roi prit le deuil pour la mort
de cette Princeffe , que S. M. quitta le 18.
Le 8. Fête de la Nativité de la Vierge ,"
ily eut Concert Spirituel au Château des
Thuilleries. M. Mouret fit chanter le Motet
Exaltabo te, Deus, de M. de la Lande,
les S Blavet & Guignon executerent une
Sonnate fur le Violon & la Flute qui fut
très2080
MERCURE DE FRANCE :
très-applaudie. La Dle Petit- Pas chanta
un Motet à deux voix , de la compofition
de M. le Maire , avec autant de legereté
que de préciſion , les Sieurs Aubert
& Senaillé joüerent une Sonnate à
deux Violons , qui fut executée avec une
très-grande jufteffe , les Diler Erremens
& le Maure chanterent un Motet à
deux voix , qui fut très - applaudi . Le
fieur Guignon joüa feul un Concerto avec
cette vivacité que tout le monde lui :
connoît , & le Concert fut terminé
par
le Te Deum de M. de la Lande , avec Timbales
& Trompettes , précedé d'une Symphonie
de Violons , Hautbois , Timballes
, & Trompettes , de la compofition
de M. Mouret.
Le Roi a accordé le Gouvernement de
la Tour de Cordoüan , vacante par la
mort du fieur Defnaut , au fieur Binet
Meftre de Camp de Cavalerie , premier
Valet de la Garde- Robe de Sa Majefté.
Le Roi a donné le Régiment de la
Saarre , au Comte de Boimeux , Meſtre
de Camp du Régiment des Landes , &
S. M. a accordé celui des Landes au
Marquis de Brun.
Le 10. l'Abbé de Menou de Charnifay ,
nommé à l'Evêché de la Rochelle , fut
Sacre
SEPTEMBRE . 1730. 2081
Sacré dans la Cha pelle de l'Archevêché ;
par l'Archevêque de Bordeaux , affifté
des Evêques de Chartres & de Saintes , &
le 17. il prêta Serment de Fidelité entre
les mains du Roi.
L'Affemblée du Clergé ayant fini fes
Séances , les Prélats & autres Députez
qui la compofoient , fe rendirent à Verfailles
le 17 de ce mois , & ils curent
Audience du Roi avec les honneurs qu'on
rend au Clergé , quand il eft en Corps
& avec les Cerémonies obfervées lorfque
les mêmes Députez allerent rendre leurs
refpects à S. M. le 7 de Juin dernier. Le
Cardinal de Fleury , Miniftre d'Etat , &
Premier Président de l'Affemblée , étoit
à leur tête ; & l'Evêque de Nifmes porta
la parole.
Le 19 , le Lord Waldgrave , Ambaffadeur
Extraordinaire duRoi d'Angleterre,
arriva à Versailles avec M. Horace Walpool
, auffi Ambaffadeur Extraordinaire,
auquel il fuccede. Ils eurent Audience
particuliere du Roi , de la Reine , & de
Monfeigneur le Dauphin , étant conduits
par le Chevalier de Sainctot , Introducteur
des Ambaffadeurs.
t
Le 21 , l'Abbé de l'Ifle du Gaft , nommé
2082 MERCURE DE FRANCE
?
mé par le Roi à l'Evêché de Limoges
fut facré dans la Chapelle de l'Archevêché
,, pár l'Archevêque de Paris , affifſté
des Evêques de Marleille & de Chartres.
Il prêta Serment de fidelité entre les
mains du Roi le 24 .
Le même jour 21. l'Evêque de Bethléem
fit avec beaucoup de folemnité la
cerémonie de la Confécration & Dédicace
de l'Eglife des Recollets de Verfailles
fondée par le feu Roi Louis XIV. ils en
avoient obtenu auparavant la permiffiondu
Roi ; le Duc de Noailles , Capitaine
de la premiere Compagnie des Gardes
du Corps , & Gouverneur de Verſailles
affifta à cette cerémonie de la part de
S. M.
Le 25. la Lotterie
de la
Compagnie
des
Indes
, pour
le rembourſement
des
Actions
, fut
tirée
en la
maniere
accoutumée
à l'Hôtel
de
la
Compagnie
; on a
publié
la Lifte
des
numeros
des
Actions
&
dixièmes
d'Actions
qui
feront
rembourfez
, faifant
en tout
le nombre
de
300.
Actions
.
Maria de Paris ont celebré pendant
huit jours avec beaucoup de folemnité la
Fête de la Canonifation de S. Jacques de
la Marche , & de S. François de Solano,
Religieux de l'Obfervance de S. François.
Le Chapitre de l'Eglife Metropolitaine
alla y chanter la Meffe le 21. du mois.
dernier pour l'ouverture de l'Octave.
Le premier de ce mois , on celebra avec
les cerémonies accoutumées dans l'Eglife
de l'Abbaye Royale de S.Denis le Service.
folemnel qui s'y fait tous les ans pour le
repos de l'ame du feu Roi Louis XIV .
L'Evêque de Grenoble y officia pontificalement
, & le Duc du Maine , le Prince
de Dombes & le Comte de Toulouſe Y
affifterent , ainfi que plufieurs Seigneurs
de la Cour.
Le 13. Août au foir , le Roi alla pofer
Hv
la
2078 MERCURE DE FRANCE
Ja premiere pierre du nouveau Pont qu'on
conftruit fur la Riviere d'Oyſe , vis-à-vis
le Château de Compiegne. M. Dubois
Directeur General des Fonts & Chauffées,
préfenta à S. M. un marteau & une truelle
d'argent & du mortier dans un baffin
pour cette cerémonie.
>
Le 2. Septembre , le Roi de Sardaigne
Victor Amedée II. fit avertir tous les
Princes , les Chevaliers de l'Ordre de
l'Annonciade , les Miniftres , les Secretaires
d'Etat , l'Archevêque de Turin , ›
le Grand Chancelier , les Premiers Préfi
dens , les Generaux & toutes les perfonnes
qui font dans les principaux Emplois
de la Cour , de la Guerre & de la
Juftice , de fe trouver le lendemain à
trois heures après midi au Château de Rivoli.
Le Roi tint un Confeil d'Etat à
l'heure qu'il avoit marquée ; il y déclara
qu'il faifoit une abdication generale de fon
Royaume & de fes Etats en faveur du
Prince du Piémont , fon fils , & ayant
fait entrer tous ceux qu'il avoit mandés ,
un Secretaire d'Etat lut à haute voix l'Acte
d'Abdication . Le Roi Victor fit enfuite
un Difcours auffi digne de la grandeur
d'ame de ce Prince que propre à attendrir
& à confoler tous ceux qui étoient
préfens. Il devoit partir de Rivoli le 4.
pour
1
SEPTEMBRE. 1730. 2079
pour fe retirer au Château de Chamberi ,
que ce Prince a choisi pour y faire fon
féjour.
Le 7. le Comte Maffei , Ambaffadeur
Extraordinaire du Roi de Sardaigne , eut
une audience particuliere du Roi , dans
dans laquelle il notifia à S. M. l'abdication
que le Roi Victor Amedée II . a faite le
3. de ce mois de fes Royaumes & Etats
& de l'avenement du Roi Charles Emanuel
, fon fils , à la Couronne.
Le s. de ce mois , M. Horace Walpool,
Ambaffadeur Extraordinaire du Roi
d'Angleterre , eut une audience particu
liere du Roi , dans laquelle il donna part
à S. M. de la mort de la Princeffe Benedictine
Henriette Philippine , Ducheffe
Douairiere de Brunfwick Hanover. Il fut
conduit à cette audience par le Chevalier
de Sainctor , Introducteur des Ambaffa
deurs.
Le ro . le Roi prit le deuil pour la mort
de cette Princeffe , que S. M. quitta le 18.
Le 8. Fête de la Nativité de la Vierge ,"
ily eut Concert Spirituel au Château des
Thuilleries. M. Mouret fit chanter le Motet
Exaltabo te, Deus, de M. de la Lande,
les S Blavet & Guignon executerent une
Sonnate fur le Violon & la Flute qui fut
très2080
MERCURE DE FRANCE :
très-applaudie. La Dle Petit- Pas chanta
un Motet à deux voix , de la compofition
de M. le Maire , avec autant de legereté
que de préciſion , les Sieurs Aubert
& Senaillé joüerent une Sonnate à
deux Violons , qui fut executée avec une
très-grande jufteffe , les Diler Erremens
& le Maure chanterent un Motet à
deux voix , qui fut très - applaudi . Le
fieur Guignon joüa feul un Concerto avec
cette vivacité que tout le monde lui :
connoît , & le Concert fut terminé
par
le Te Deum de M. de la Lande , avec Timbales
& Trompettes , précedé d'une Symphonie
de Violons , Hautbois , Timballes
, & Trompettes , de la compofition
de M. Mouret.
Le Roi a accordé le Gouvernement de
la Tour de Cordoüan , vacante par la
mort du fieur Defnaut , au fieur Binet
Meftre de Camp de Cavalerie , premier
Valet de la Garde- Robe de Sa Majefté.
Le Roi a donné le Régiment de la
Saarre , au Comte de Boimeux , Meſtre
de Camp du Régiment des Landes , &
S. M. a accordé celui des Landes au
Marquis de Brun.
Le 10. l'Abbé de Menou de Charnifay ,
nommé à l'Evêché de la Rochelle , fut
Sacre
SEPTEMBRE . 1730. 2081
Sacré dans la Cha pelle de l'Archevêché ;
par l'Archevêque de Bordeaux , affifté
des Evêques de Chartres & de Saintes , &
le 17. il prêta Serment de Fidelité entre
les mains du Roi.
L'Affemblée du Clergé ayant fini fes
Séances , les Prélats & autres Députez
qui la compofoient , fe rendirent à Verfailles
le 17 de ce mois , & ils curent
Audience du Roi avec les honneurs qu'on
rend au Clergé , quand il eft en Corps
& avec les Cerémonies obfervées lorfque
les mêmes Députez allerent rendre leurs
refpects à S. M. le 7 de Juin dernier. Le
Cardinal de Fleury , Miniftre d'Etat , &
Premier Président de l'Affemblée , étoit
à leur tête ; & l'Evêque de Nifmes porta
la parole.
Le 19 , le Lord Waldgrave , Ambaffadeur
Extraordinaire duRoi d'Angleterre,
arriva à Versailles avec M. Horace Walpool
, auffi Ambaffadeur Extraordinaire,
auquel il fuccede. Ils eurent Audience
particuliere du Roi , de la Reine , & de
Monfeigneur le Dauphin , étant conduits
par le Chevalier de Sainctot , Introducteur
des Ambaffadeurs.
t
Le 21 , l'Abbé de l'Ifle du Gaft , nommé
2082 MERCURE DE FRANCE
?
mé par le Roi à l'Evêché de Limoges
fut facré dans la Chapelle de l'Archevêché
,, pár l'Archevêque de Paris , affifſté
des Evêques de Marleille & de Chartres.
Il prêta Serment de fidelité entre les
mains du Roi le 24 .
Le même jour 21. l'Evêque de Bethléem
fit avec beaucoup de folemnité la
cerémonie de la Confécration & Dédicace
de l'Eglife des Recollets de Verfailles
fondée par le feu Roi Louis XIV. ils en
avoient obtenu auparavant la permiffiondu
Roi ; le Duc de Noailles , Capitaine
de la premiere Compagnie des Gardes
du Corps , & Gouverneur de Verſailles
affifta à cette cerémonie de la part de
S. M.
Le 25. la Lotterie
de la
Compagnie
des
Indes
, pour
le rembourſement
des
Actions
, fut
tirée
en la
maniere
accoutumée
à l'Hôtel
de
la
Compagnie
; on a
publié
la Lifte
des
numeros
des
Actions
&
dixièmes
d'Actions
qui
feront
rembourfez
, faifant
en tout
le nombre
de
300.
Actions
.
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Résumé : « Les Religieuses du Monastere de l'Ave Maria de Paris ont celebré pendant [...] »
En août et septembre 1730, plusieurs événements historiques notables ont eu lieu. Les Religieuses du Monastère de l'Ave Maria de Paris ont célébré pendant huit jours la canonisation de Saint Jacques de la Marche et de Saint François de Solano. Le Chapitre de l'Église métropolitaine a ouvert l'octave le 21 août. Le 1er septembre, un service solennel a été organisé à l'Abbaye Royale de Saint-Denis pour le repos de l'âme du roi Louis XIV, en présence de l'évêque de Grenoble et de plusieurs nobles. Le 13 août, le roi a posé la première pierre d'un nouveau pont sur la rivière Oise, face au Château de Compiègne, en présence de M. Dubois, Directeur Général des Ponts et Chaussées. Le 2 septembre, le roi de Sardaigne, Victor-Amédée II, a annoncé son abdication en faveur de son fils, le Prince du Piémont, lors d'un conseil d'État au Château de Rivoli. Cette abdication a été notifiée au roi de France par l'ambassadeur du roi de Sardaigne le 7 septembre. Le même mois, l'ambassadeur d'Angleterre a informé le roi de la mort de la princesse Henriette Philippine, Duchesse douairière de Brunswick Hanover. Le 8 septembre, un concert spirituel a eu lieu au Château des Tuileries, avec des œuvres de M. de la Lande, Blavet, Guignon, et d'autres musiciens. Le roi a accordé divers gouvernements militaires et régiments à plusieurs nobles. L'abbé de Menou de Charnisay a été sacré évêque de La Rochelle et a prêté serment de fidélité au roi. L'Assemblée du Clergé a rendu hommage au roi à Versailles. Le 19 septembre, le Lord Waldgrave, nouvel ambassadeur d'Angleterre, a été reçu à Versailles. Le 21 septembre, l'abbé de l'Île du Gast a été sacré évêque de Limoges et a prêté serment de fidélité. La même journée, l'évêque de Bethléem a consacré l'église des Récollets de Versailles, fondée par le roi Louis XIV. Enfin, le 25 septembre, la loterie de la Compagnie des Indes a été tirée pour le remboursement des actions.
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5581
p. 2083-2088
SUR LA NAISSANCE DE MONSEIGNEUR LE DUC D'ANJOU. ODE AU ROY
Début :
Loin ce Parnasse imaginaire, [...]
Mots clefs :
Naissance du duc d'Anjou, Duc d'Anjou, Roi, Gloire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUR LA NAISSANCE DE MONSEIGNEUR LE DUC D'ANJOU. ODE AU ROY
SUR LA NAISSANCE
DE MONSEIGNEUR
LE DUC D'ANJOU.
ODE
AU ROY.
Oin ce Parnaffe imaginaire ,
Qu'adora jadis l'Univers :
Du Dieu que le Pinde révere ,
Je n'invoque point les Concerts .
Dans mon yvreffe fcrupuleufe ,
De l'Antiquité fabuleuſe ,
Je n'adopte point les erreurs :
Ma gloire feroit bien plus belle ,
LOUIS , fi pour prix de mon zele ;
Ta préfidois à mes fureurs.
K
C'eft à toi que de mon delire ,
Je veux confacrer les tranfports :
De mon audacieufe Lyre,
Mortels , refpectez les accords.
Tranfporté dans la Cour Divine ,
Je vais d'une augufte origine ,
Vous dévoiler tous les fecrets :
Loin des foibles yeux du vulgaire ,
Je
J
2084 MERCURE DE FRANCE
Je vais dans mon vol témeraire ,
Fonder les plus vaftes projets.
SY
Ce puiffant Maître du Tonnerre ,
Qui dans fes decrets abfolus ,
Diſpenſe aux Princes de la Terre ,
Le jufte prix de leurs vertus ;
En voyant les tiennes s'accroître ,
Grand Roi , daigne encor faire naître
Un Prince , objet de tes fouhaits :
Et pour difputer la victoire ;
Plus il voit s'augmenter ta gloire ,
Plus il augmente fes bienfaits.
粥
Peuples , d'une illuftre Naiffance ,
Refpectez les heureux momens :
D'Anjou , d'une jufte efperance ,
A raffermi les fondemens.
J'ai , dans mon amour peu tranquille ,
Tremblé pour l'enfance débile ,
Du prémier foutien de nos Lys :
Mais ma crainte va difparoître ,
Peut -on trembler quand on voit croître,
L'illuftre Race de Louis
S
O Ciel ! de tes Arrêts feveres ,
J'adore l'utile rigueur !
Du
SEPTEMBRE . 1730. 2085.
Du fein de nos maux falutaires ,
Tu fais naître notre bonheur .
Si la mort dans fon cours rapide ,
Trancha de fa faux homicide ,
Les jours des Bourbons au berceau ;
C'eſt qu'en nous enlevant ces Princes , *
Tu réſervois à nos Provinces ,
Le cours d'un Empire plus beau.
Combien d'admirables Spectacles ,
S'offrent à mes yeux enchantez !
Ce Regne fécond en Miracles ,
Fait honte aux Rois les plus vantez .'
En vain pour illuftrer ta gloire ,
Grand Roi , la plus fidelle Hiftoire ,
Te dépeindroit à nos Neveux ;
Tes vertus pafferoient pour fables ,
Si l'on ne les rendoit croyables ,
En les retraçant à leurs yeux.
Que vois -je ? le Ciel favorable ,
Se plaît à prévenir mes voeux.
Ta mémoire à jamais durable ,
Vaincra les temps injurieux .
Déja je vois ta Race illuftre ,
Qui s'apprête à donner du luftre ,
* Le Dauphin. Le Duc de Bourgogne . Le Duc
de Bretagne.
tos6 MERCURE DE FRANCE
A fes héroïques vertus :
Ta gloire en elle renaiffante ,
Calmera la douleur preffante ,
De ceux qui ne te verront plus.
Le Ciel, qui de quelques années
Retarda ta profperité ,
Formoit les hautes deftinées ,
De ta noble Pofterité.
Ainfi la France impatiente ,
Vit d'une Naiffance * éclatante ,
Differer les heureux inftans :
Grand Dieu , lorfque tu nous préparés ?
Des préfens fi grands & fi rares ,
Tu les fais attendre long- temps.
灌
Soutiens genereux de la France ,
Vous , Princes , l'appui de nos Loix ;
Dans une héroïque Alliance ,
Montrez-nous le plus grand des Rois
Pour retracer fes faits fublimes ,
Joignez vos effors magnanimes ,
Uniffez vos nobles travaux :
Sans que leur vertu dégenere ,
Ce que LOUIS feul a pu faire ,
Peut bien occuper deux Héros.
* La Naiſſance de Louis XIV,
Mais
SEPTEMBRE. 1730. 2087.
Mais quoi déja ce Couple augufte ,
Remplit mon attente & mes voeux :
Semblable à fon Pere , il eft jufte ,
Debonnaire , affable , pieux ;
Grand Roi , c'est là ta vraie image ,
Je n'ai point dans un fâche Ouvrage ,
Déguifé les traits du Tableau :
Si tu méconnois la peinture ,
L'Univers entier d'impoſture ,
Pourra difculper mon Pinceau
粥
Quelle eft cette augufte Princeffe ,
Que je vois aux pieds des Autels
Cette humble ferveur qui l'abbaiffe,"
La dérobe aux yeux des Mortels.
Son humilité fcrupuleuſe ,
Bannit cette pompe orgueilleufe ,
Dont les Humains font éblouis :
Glorieux , mais vain ſtratagême !
Ne connoît-on qu'au Diadême ,
L'illuftre Epouse de Louis ?
溶
Le Ciel , qui de cet Hymenée ,
Voulut former les noeuds fi doux ;i
Reünira la deſtinée ,
De ces deux fideles Epoux.
Je vois dans la Voute azurée ,
La place pour eux préparée , Par
2088 MERCURE DE FRANCE
Par leurs Ancêtres * glorieux :
La pieté qui les couronne ,
Eleve un magnifique Trône ,
A la gloire de leurs Neveux.
DE MONSEIGNEUR
LE DUC D'ANJOU.
ODE
AU ROY.
Oin ce Parnaffe imaginaire ,
Qu'adora jadis l'Univers :
Du Dieu que le Pinde révere ,
Je n'invoque point les Concerts .
Dans mon yvreffe fcrupuleufe ,
De l'Antiquité fabuleuſe ,
Je n'adopte point les erreurs :
Ma gloire feroit bien plus belle ,
LOUIS , fi pour prix de mon zele ;
Ta préfidois à mes fureurs.
K
C'eft à toi que de mon delire ,
Je veux confacrer les tranfports :
De mon audacieufe Lyre,
Mortels , refpectez les accords.
Tranfporté dans la Cour Divine ,
Je vais d'une augufte origine ,
Vous dévoiler tous les fecrets :
Loin des foibles yeux du vulgaire ,
Je
J
2084 MERCURE DE FRANCE
Je vais dans mon vol témeraire ,
Fonder les plus vaftes projets.
SY
Ce puiffant Maître du Tonnerre ,
Qui dans fes decrets abfolus ,
Diſpenſe aux Princes de la Terre ,
Le jufte prix de leurs vertus ;
En voyant les tiennes s'accroître ,
Grand Roi , daigne encor faire naître
Un Prince , objet de tes fouhaits :
Et pour difputer la victoire ;
Plus il voit s'augmenter ta gloire ,
Plus il augmente fes bienfaits.
粥
Peuples , d'une illuftre Naiffance ,
Refpectez les heureux momens :
D'Anjou , d'une jufte efperance ,
A raffermi les fondemens.
J'ai , dans mon amour peu tranquille ,
Tremblé pour l'enfance débile ,
Du prémier foutien de nos Lys :
Mais ma crainte va difparoître ,
Peut -on trembler quand on voit croître,
L'illuftre Race de Louis
S
O Ciel ! de tes Arrêts feveres ,
J'adore l'utile rigueur !
Du
SEPTEMBRE . 1730. 2085.
Du fein de nos maux falutaires ,
Tu fais naître notre bonheur .
Si la mort dans fon cours rapide ,
Trancha de fa faux homicide ,
Les jours des Bourbons au berceau ;
C'eſt qu'en nous enlevant ces Princes , *
Tu réſervois à nos Provinces ,
Le cours d'un Empire plus beau.
Combien d'admirables Spectacles ,
S'offrent à mes yeux enchantez !
Ce Regne fécond en Miracles ,
Fait honte aux Rois les plus vantez .'
En vain pour illuftrer ta gloire ,
Grand Roi , la plus fidelle Hiftoire ,
Te dépeindroit à nos Neveux ;
Tes vertus pafferoient pour fables ,
Si l'on ne les rendoit croyables ,
En les retraçant à leurs yeux.
Que vois -je ? le Ciel favorable ,
Se plaît à prévenir mes voeux.
Ta mémoire à jamais durable ,
Vaincra les temps injurieux .
Déja je vois ta Race illuftre ,
Qui s'apprête à donner du luftre ,
* Le Dauphin. Le Duc de Bourgogne . Le Duc
de Bretagne.
tos6 MERCURE DE FRANCE
A fes héroïques vertus :
Ta gloire en elle renaiffante ,
Calmera la douleur preffante ,
De ceux qui ne te verront plus.
Le Ciel, qui de quelques années
Retarda ta profperité ,
Formoit les hautes deftinées ,
De ta noble Pofterité.
Ainfi la France impatiente ,
Vit d'une Naiffance * éclatante ,
Differer les heureux inftans :
Grand Dieu , lorfque tu nous préparés ?
Des préfens fi grands & fi rares ,
Tu les fais attendre long- temps.
灌
Soutiens genereux de la France ,
Vous , Princes , l'appui de nos Loix ;
Dans une héroïque Alliance ,
Montrez-nous le plus grand des Rois
Pour retracer fes faits fublimes ,
Joignez vos effors magnanimes ,
Uniffez vos nobles travaux :
Sans que leur vertu dégenere ,
Ce que LOUIS feul a pu faire ,
Peut bien occuper deux Héros.
* La Naiſſance de Louis XIV,
Mais
SEPTEMBRE. 1730. 2087.
Mais quoi déja ce Couple augufte ,
Remplit mon attente & mes voeux :
Semblable à fon Pere , il eft jufte ,
Debonnaire , affable , pieux ;
Grand Roi , c'est là ta vraie image ,
Je n'ai point dans un fâche Ouvrage ,
Déguifé les traits du Tableau :
Si tu méconnois la peinture ,
L'Univers entier d'impoſture ,
Pourra difculper mon Pinceau
粥
Quelle eft cette augufte Princeffe ,
Que je vois aux pieds des Autels
Cette humble ferveur qui l'abbaiffe,"
La dérobe aux yeux des Mortels.
Son humilité fcrupuleuſe ,
Bannit cette pompe orgueilleufe ,
Dont les Humains font éblouis :
Glorieux , mais vain ſtratagême !
Ne connoît-on qu'au Diadême ,
L'illuftre Epouse de Louis ?
溶
Le Ciel , qui de cet Hymenée ,
Voulut former les noeuds fi doux ;i
Reünira la deſtinée ,
De ces deux fideles Epoux.
Je vois dans la Voute azurée ,
La place pour eux préparée , Par
2088 MERCURE DE FRANCE
Par leurs Ancêtres * glorieux :
La pieté qui les couronne ,
Eleve un magnifique Trône ,
A la gloire de leurs Neveux.
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Résumé : SUR LA NAISSANCE DE MONSEIGNEUR LE DUC D'ANJOU. ODE AU ROY
Le texte est une ode célébrant la naissance du duc d'Anjou, fils du roi Louis XV. L'auteur exprime son admiration pour le roi et ses vertus, espérant que Dieu accorde au roi un nouvel héritier. Il évoque les craintes passées pour la lignée royale et la joie actuelle face à la naissance du duc d'Anjou. L'ode met en avant la grandeur et les miracles du règne de Louis XV, comparant sa mémoire à celle de ses ancêtres illustres. Le texte souligne également les qualités du duc d'Anjou, qui reflètent celles de son père, et la dévotion de la reine, épouse de Louis XV. Enfin, il exalte l'alliance héroïque des princes soutenant la France et la destinée glorieuse des descendants royaux.
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5582
p. 2088-2089
« La Reine étant accouchée heureusement du Duc d'Anjou le 30. Août, à neuf [...] »
Début :
La Reine étant accouchée heureusement du Duc d'Anjou le 30. Août, à neuf [...]
Mots clefs :
Reine, Naissance du duc d'Anjou, Duc d'Anjou, Roi
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texteReconnaissance textuelle : « La Reine étant accouchée heureusement du Duc d'Anjou le 30. Août, à neuf [...] »
La Reine étant accouchée heureufe
ment du Duc d'Anjou le 30. Août, à neuf
heures du matin , comme nous l'avons
déja dit , cette agréable nouvelle fut annoncée
à Paris une heure après par le
bruit du Canon de l'Hôtel Royal des
Invalides , du Château de la Baſtille , &
de la Ville , & par la Cloche de l'Horloge
du Palais & par celle de l'Hôtel de
Ville , qui fonnerent jufqu'à minuit.
Le même jour le Parlement & les au
tres Cours fuperieures , l'Affemblée du
Clergé , & c . firent chanter un Te Deum ,
en actions de graces . Le Lieutenant General
de Police rendit le même jour cette
Ordonnance.
Sur ce qui nous a été remontré par le Procu
reur du Roy , que la Naiffance du DUC D'ANJOU
, qui fuccede de fi prés à celle du Dauphin ,
( preuve bien éclatante de la benediction du Ciel
fur cet Etat ) répand dans les coeurs de tous les
François,& particulierement des habitans de cette
Ville , une joye d'autant plus fincere que la perpetuité
de cet Empire dans la famille du Souverain
qui nous gouverne fi heureufement , eft l'ob-
S. Louis, S. Staniflas.
jet
SEPTEMBRE. 1730. 2089
jet de leurs voeux les plus ardents,& que cette Augufte
Famille ne fçauroit s'accroître fans augmenter
leur fatisfaction ; comme dans les témoignages
publics que les Peuples en doivent
donner , il eft de notre miniftere de prévenir les
accidens qui quelquefois réfultent des démonſtrations
de joye qu'un zele fi jufte infpire , & qui ne
font pas toujours accompagnées des précautions
neceffaires à la feureté publique ; il a cru devoir
nous requerir de preferire aux Habitans de cette
Ville le temps & la maniere dont ils exprimeront
leur fenfibilité & ce qu'il eft convenable qu'ils
obfervent pour empêcher qu'il ne furvienne d'Incendie
. Sur quoi Nous ordonnons à tous Bourgeois
& Habitans de cette Ville , d'allumer des
Feux devant leurs Portes, & d'illuminer leurs Fenêtres
; & à tous Marchands de tenir leur Bouti
ques fermées aujourd'hui & le jour qui fera indiqué
pour le Te Deum.Enjoignons expreffement
à tous Proprietaires & Locataires des Maifons
de faire fermer & boucher exactement les Fenêtres
, Lucarnes & generalement toutes les ouvertures
des Greniers des Maifons & autres endroits
dans lefquels il y auroit de la Paille , du
Foin , du Bois , ou autres matieres combustibles ,
& c.
Autre Ordonnance de Police , du 1 Septembre ,
qui ordonne que tous les Bourgeois & Habitans
de la Ville , feront tenus d'allumer des Feux devant
leurs Portes & d'illuminer leurs Fenêtres le
Samedy 2 du prefent mois , jour choifi pour le
Te Deum, qui fera chanté à Notre- Dame, à l'oc
cafion de la Naiffance de Monfeigneur le Duc
D'ANJOU & que tous les Marchands tiendront
leuis Boutiques fermées , &c.
ment du Duc d'Anjou le 30. Août, à neuf
heures du matin , comme nous l'avons
déja dit , cette agréable nouvelle fut annoncée
à Paris une heure après par le
bruit du Canon de l'Hôtel Royal des
Invalides , du Château de la Baſtille , &
de la Ville , & par la Cloche de l'Horloge
du Palais & par celle de l'Hôtel de
Ville , qui fonnerent jufqu'à minuit.
Le même jour le Parlement & les au
tres Cours fuperieures , l'Affemblée du
Clergé , & c . firent chanter un Te Deum ,
en actions de graces . Le Lieutenant General
de Police rendit le même jour cette
Ordonnance.
Sur ce qui nous a été remontré par le Procu
reur du Roy , que la Naiffance du DUC D'ANJOU
, qui fuccede de fi prés à celle du Dauphin ,
( preuve bien éclatante de la benediction du Ciel
fur cet Etat ) répand dans les coeurs de tous les
François,& particulierement des habitans de cette
Ville , une joye d'autant plus fincere que la perpetuité
de cet Empire dans la famille du Souverain
qui nous gouverne fi heureufement , eft l'ob-
S. Louis, S. Staniflas.
jet
SEPTEMBRE. 1730. 2089
jet de leurs voeux les plus ardents,& que cette Augufte
Famille ne fçauroit s'accroître fans augmenter
leur fatisfaction ; comme dans les témoignages
publics que les Peuples en doivent
donner , il eft de notre miniftere de prévenir les
accidens qui quelquefois réfultent des démonſtrations
de joye qu'un zele fi jufte infpire , & qui ne
font pas toujours accompagnées des précautions
neceffaires à la feureté publique ; il a cru devoir
nous requerir de preferire aux Habitans de cette
Ville le temps & la maniere dont ils exprimeront
leur fenfibilité & ce qu'il eft convenable qu'ils
obfervent pour empêcher qu'il ne furvienne d'Incendie
. Sur quoi Nous ordonnons à tous Bourgeois
& Habitans de cette Ville , d'allumer des
Feux devant leurs Portes, & d'illuminer leurs Fenêtres
; & à tous Marchands de tenir leur Bouti
ques fermées aujourd'hui & le jour qui fera indiqué
pour le Te Deum.Enjoignons expreffement
à tous Proprietaires & Locataires des Maifons
de faire fermer & boucher exactement les Fenêtres
, Lucarnes & generalement toutes les ouvertures
des Greniers des Maifons & autres endroits
dans lefquels il y auroit de la Paille , du
Foin , du Bois , ou autres matieres combustibles ,
& c.
Autre Ordonnance de Police , du 1 Septembre ,
qui ordonne que tous les Bourgeois & Habitans
de la Ville , feront tenus d'allumer des Feux devant
leurs Portes & d'illuminer leurs Fenêtres le
Samedy 2 du prefent mois , jour choifi pour le
Te Deum, qui fera chanté à Notre- Dame, à l'oc
cafion de la Naiffance de Monfeigneur le Duc
D'ANJOU & que tous les Marchands tiendront
leuis Boutiques fermées , &c.
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Résumé : « La Reine étant accouchée heureusement du Duc d'Anjou le 30. Août, à neuf [...] »
Le 30 août, la reine donna naissance au Duc d'Anjou à neuf heures du matin. La nouvelle fut annoncée à Paris par des salves de canon et des cloches sonnant jusqu'à minuit. Le Parlement, les cours supérieures et l'Assemblée du Clergé chantèrent un Te Deum en actions de grâces. Le Lieutenant Général de Police publia des ordonnances pour organiser les célébrations. La naissance du Duc d'Anjou, après celle du Dauphin, suscita une grande joie parmi les Français, notamment à Paris, où l'on espérait la perpétuation de l'Empire dans la famille royale. Pour éviter les accidents, le Lieutenant Général de Police ordonna aux Parisiens d'allumer des feux et d'illuminer leurs fenêtres, et aux marchands de fermer leurs boutiques. Une autre ordonnance du 1er septembre confirma ces instructions pour le Te Deum prévu le 2 septembre à Notre-Dame.
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5583
p. 2090
Lettre du Roi à l'Archevêque de Paris [titre d'après la table]
Début :
MON COUSIN, les tendres témoignages que je reçois en toute occasion de l'amour & du [...]
Mots clefs :
Roi, Archevêque de Paris, Naissance du duc d'Anjou
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texteReconnaissance textuelle : Lettre du Roi à l'Archevêque de Paris [titre d'après la table]
La piété du Roy ne pût fouffrir aucun
délay ; le même jour de cette heureuſe
naiffance , S. M. écrivit la Lettre qui fuit
à M. l'Archevêque de Paris.
MON COUSIN , les tendres témoignages
que je reçois en toute occafion de l'amour & du
zele de mes Sujets , me rendent encore plus fenfible
aux Evenemens de mon Regne qui peuvent
contribuer à leur bonheur. Rien n'eft plus capable
d'en affurer la durée que la Naiffance d'un fecond
Fils , dont la Reine , ma très-chere Epouſe
& Compagne , vient d'être heureufement délivrée.
Cet Evenement eft une fuite des Bénédictions
qu'il plaît à Dieu de répandre fur moi &
fur mon Etat , il excite de plus en plus ma jufte
reconnoiffance envers la Providence Divine ; &
c'eft pour lui rendre les actions de graces qui lui
en font dues , & obtenir de fa bonté par les plus
ferventes Priéres , la confervation de fes préeieux
dons , que je vous fais cette Lettre , pour
vous dire que mon intention eft que vous faffiez
chanter le Te Deum en l'Eglife Métropolitaine de
ma bonne Ville de Paris , au jour & à l'heure que
le grand Maître ou le Maître des Cérémonies
vous dira de ma part. Sur ce, je prie Dieu qu'il
vous ait , mon Coufin , en fa fainte & digne garde.
Ecrite à Versailles le 30 Aouft 1730. Signé ,
LOUIS. Et plus bas , PHELYPEAUX . Et au dos
eft écrit : A mon Coufin l'Archevêque de Paris ,
Duc de S. Cloud , Pair de France , Commandeur
de mes Ordres.
délay ; le même jour de cette heureuſe
naiffance , S. M. écrivit la Lettre qui fuit
à M. l'Archevêque de Paris.
MON COUSIN , les tendres témoignages
que je reçois en toute occafion de l'amour & du
zele de mes Sujets , me rendent encore plus fenfible
aux Evenemens de mon Regne qui peuvent
contribuer à leur bonheur. Rien n'eft plus capable
d'en affurer la durée que la Naiffance d'un fecond
Fils , dont la Reine , ma très-chere Epouſe
& Compagne , vient d'être heureufement délivrée.
Cet Evenement eft une fuite des Bénédictions
qu'il plaît à Dieu de répandre fur moi &
fur mon Etat , il excite de plus en plus ma jufte
reconnoiffance envers la Providence Divine ; &
c'eft pour lui rendre les actions de graces qui lui
en font dues , & obtenir de fa bonté par les plus
ferventes Priéres , la confervation de fes préeieux
dons , que je vous fais cette Lettre , pour
vous dire que mon intention eft que vous faffiez
chanter le Te Deum en l'Eglife Métropolitaine de
ma bonne Ville de Paris , au jour & à l'heure que
le grand Maître ou le Maître des Cérémonies
vous dira de ma part. Sur ce, je prie Dieu qu'il
vous ait , mon Coufin , en fa fainte & digne garde.
Ecrite à Versailles le 30 Aouft 1730. Signé ,
LOUIS. Et plus bas , PHELYPEAUX . Et au dos
eft écrit : A mon Coufin l'Archevêque de Paris ,
Duc de S. Cloud , Pair de France , Commandeur
de mes Ordres.
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Résumé : Lettre du Roi à l'Archevêque de Paris [titre d'après la table]
Le roi Louis XV exprime sa joie et sa piété à la suite de la naissance de son fils, le 30 août 1730. Il écrit une lettre à l'archevêque de Paris pour partager cet événement. Le roi souligne les témoignages d'amour et de zèle de ses sujets et voit la naissance de son fils comme une bénédiction divine. Il souhaite assurer la durée de son règne et le bonheur de ses sujets. Louis XV demande à l'archevêque de faire chanter le Te Deum dans l'église métropolitaine de Paris, à une date et une heure à déterminer par le grand maître ou le maître des cérémonies. La lettre est adressée à son cousin, l'archevêque de Paris, duc de Saint-Cloud, pair de France et commandeur de ses ordres. Elle est signée par Louis XV et Philippeaux.
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5584
p. 2090-2092
Mandement [titre d'après la table]
Début :
CHARLES, &c. Salut & benediction. Dieu vient de répandre, mes très-chers Fréres, [...]
Mots clefs :
Mandement, Roi, Naissance
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Mandement [titre d'après la table]
En confequence de la Lettre du Roy ;
M. l'Archevêque donna , le 1 Septembre,
un
SEPTEMBRE. 1730. 2091
an Mandement qui fut reçu avec un applaudiffement
univerfel . En voici la teneur
:
CHARLES , &c. Salut & benediction.
Dieu vient de répandre, mes très- chers Fréres,
une nouvelle Bénédiction fur le Mariage du Roy
& de nous donner un gage éclatant de fa protec
tion fur ce grand Royaume,
Par la Naiffance d'un fecond Fils de France
le premier Trône de l'Europe, ce Trône que tant
de Rois , felon le coeur de Dieu , ont rempli &
dont l'irreligion & l'erreur n'ont jamais approché
, eft environné d'une nouvelle gloire ; le repos
de l'Etat & le bonheur des Peuples font pleinement
affurés .
Dans un évenement fi heureux , le Roy pénétré
de fentimens de Foy & de Religion , reconnoit
tout ce qu'il doit à celui de qui il tient fa Couronne
, qui difpoſe à ſon gré du fort des Rois
qui affermit ou qui renverfe , comme il lui plaît
les Royaumes & les Empires ; & c'eft pour donà
toute la France des preuves de fa reconnoiffance
envers Dieu, que M. veut aſſiſter aux
Actions folemnelles de graces que nous allons
rendre conformément à fes intentions .
ner
A l'exemple du Roy , que les bienfaits de Dieu,
foient pour nous un motif de ranimer notre fer <
veur. Nous fervons un Dieu jaloux , qui felon la
parole de ( 1 ) Jefus - Chrift , exige beaucoup de
ceux à qui il a beaucoup donné. Marquons- lui
notre reconnoiffance en obfervant fes faintes Loix
avec une nouvelle fidélité , & en confervant une
jufte horreur de tout ce qui peut lui déplaire .
Les faveurs qu'il nous accorde & les graces
dont il nous prévient , font autant de titres pour
( 1 ) Luc. 12. v. 48e
2092 MERCURE
DE FRANCE
en demander & pour en obtenir de nouvelles, Joignons donc aujourd'hui avec confiance , felon
le précepte de ( 2 ) S. Paul , aux Actions de graces
, des fupplications
& des Prieres pour la confervation
d'un Roy qui nous gouverne avec tant
de fagefle & de juftice ; profitons de la paix & de
la tranquillité dont nous jouiffons fous fon Empire,
pour vivre felon la parole du même Apôtre
avec toute forte de piété.
Prions pour la fanté d'une Reine dont l'heureufe
fécondité doit être regardé comme le fruit
de fes vertus.
pen-
Demandons avec ferveur , rendons- nous dignes
par notre conduite que Dieu nous conferve les
formez
que
Princes qu'il nous a donnez ,afin
par les
dant long -tems par les inftructions &
exemples de leur augufte pere , la Religion trouve
en eux le précieux avantage dont elle jouit fous le
Regne de S. M. d'avoir dans le Souverain uu fidéle
deffenfeur de fes Autels , & un zélé protecteur
de l'Eglife de Jeſus-Chriſt.
Que celui des Princes qui doit être un jour
l'héritier de la Couronne , le foit auffi des vertus
du Roy ; qu'à l'exemple de S. M. il foit encore
plus touché d'être aimé des Peuples , comme leur
Pere , que de tous les hommages qu'ils lui rendent
comme à leur Maître; & que felon la parole
du S. Efprit ( 3 ) , il regarde la Juftice & la clémence,
comme la veritable force du Trône & fon
plus ferme appui. A ces cauſes , &c.
M. l'Archevêque donna , le 1 Septembre,
un
SEPTEMBRE. 1730. 2091
an Mandement qui fut reçu avec un applaudiffement
univerfel . En voici la teneur
:
CHARLES , &c. Salut & benediction.
Dieu vient de répandre, mes très- chers Fréres,
une nouvelle Bénédiction fur le Mariage du Roy
& de nous donner un gage éclatant de fa protec
tion fur ce grand Royaume,
Par la Naiffance d'un fecond Fils de France
le premier Trône de l'Europe, ce Trône que tant
de Rois , felon le coeur de Dieu , ont rempli &
dont l'irreligion & l'erreur n'ont jamais approché
, eft environné d'une nouvelle gloire ; le repos
de l'Etat & le bonheur des Peuples font pleinement
affurés .
Dans un évenement fi heureux , le Roy pénétré
de fentimens de Foy & de Religion , reconnoit
tout ce qu'il doit à celui de qui il tient fa Couronne
, qui difpoſe à ſon gré du fort des Rois
qui affermit ou qui renverfe , comme il lui plaît
les Royaumes & les Empires ; & c'eft pour donà
toute la France des preuves de fa reconnoiffance
envers Dieu, que M. veut aſſiſter aux
Actions folemnelles de graces que nous allons
rendre conformément à fes intentions .
ner
A l'exemple du Roy , que les bienfaits de Dieu,
foient pour nous un motif de ranimer notre fer <
veur. Nous fervons un Dieu jaloux , qui felon la
parole de ( 1 ) Jefus - Chrift , exige beaucoup de
ceux à qui il a beaucoup donné. Marquons- lui
notre reconnoiffance en obfervant fes faintes Loix
avec une nouvelle fidélité , & en confervant une
jufte horreur de tout ce qui peut lui déplaire .
Les faveurs qu'il nous accorde & les graces
dont il nous prévient , font autant de titres pour
( 1 ) Luc. 12. v. 48e
2092 MERCURE
DE FRANCE
en demander & pour en obtenir de nouvelles, Joignons donc aujourd'hui avec confiance , felon
le précepte de ( 2 ) S. Paul , aux Actions de graces
, des fupplications
& des Prieres pour la confervation
d'un Roy qui nous gouverne avec tant
de fagefle & de juftice ; profitons de la paix & de
la tranquillité dont nous jouiffons fous fon Empire,
pour vivre felon la parole du même Apôtre
avec toute forte de piété.
Prions pour la fanté d'une Reine dont l'heureufe
fécondité doit être regardé comme le fruit
de fes vertus.
pen-
Demandons avec ferveur , rendons- nous dignes
par notre conduite que Dieu nous conferve les
formez
que
Princes qu'il nous a donnez ,afin
par les
dant long -tems par les inftructions &
exemples de leur augufte pere , la Religion trouve
en eux le précieux avantage dont elle jouit fous le
Regne de S. M. d'avoir dans le Souverain uu fidéle
deffenfeur de fes Autels , & un zélé protecteur
de l'Eglife de Jeſus-Chriſt.
Que celui des Princes qui doit être un jour
l'héritier de la Couronne , le foit auffi des vertus
du Roy ; qu'à l'exemple de S. M. il foit encore
plus touché d'être aimé des Peuples , comme leur
Pere , que de tous les hommages qu'ils lui rendent
comme à leur Maître; & que felon la parole
du S. Efprit ( 3 ) , il regarde la Juftice & la clémence,
comme la veritable force du Trône & fon
plus ferme appui. A ces cauſes , &c.
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Résumé : Mandement [titre d'après la table]
Le 1er septembre 1730, l'Archevêque publia un mandement en réponse à une lettre du Roi, acclamé par tous. Ce mandement célébrait la naissance du second fils du Roi, renforçant ainsi la gloire et la stabilité du royaume. Le Roi exprima sa gratitude envers Dieu et décida de participer aux actions de grâce. L'Archevêque exhorta les fidèles à imiter le Roi en renouvelant leur dévotion et en respectant les lois divines. Il encouragea également à prier pour la santé de la Reine et pour la préservation du Roi, loué pour sa sagesse et sa justice. Le mandement invita à profiter de la paix pour vivre pieusement et à prier pour que les princes, éduqués par leur père, deviennent des défenseurs de la religion et des protecteurs de l'Église. Enfin, il souhaita que l'héritier du trône hérite des vertus du Roi et gouverne avec justice et clémence.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5585
p. 2092-2095
« Cette heureuse Naissance étant une suite des Benedictions que Dieu répand sur [...] »
Début :
Cette heureuse Naissance étant une suite des Benedictions que Dieu répand sur [...]
Mots clefs :
Dieu, Roi, Officiers, Archevêque, Naissance, Feux d'artifice
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Cette heureuse Naissance étant une suite des Benedictions que Dieu répand sur [...] »
Cette heureufe Naiffance étant une fuite
des Benedictions que Dieu répand fur
la Perfonne du Roy & fur l'Etats le
-( 2 ) Ad Tim. c. 2. v. 3. & 2,
( 3 ) Prov. 20. v. 28.
premier
SEPTEMBRE. 1730. 2098
mier foin de S.M. dans cet heureux évenement
, a été d'en rendre à Dieu de folemnelles
actions de graces ; & le 2 de ce
mois , le Roy fe rendit à Paris , pour af
fifter au Te Deum , qui devoit y être chanté,
fuivant les Ordres que l'Archevêque de
Paris en avoit reçus de S. M.
Le Roy partit du Château de Verfailles
vers les trois heures après midi , accompagné
, dans fon Caroffe , du Comte de
Clermont , du Prince de Conti , du Prince
de Dombes , du Comte d'Eu & du
Comte de Toulouſe. Les trois autres Caroffes
étoient remplis par les principaux
Officiers de Sa Maifon , & par les Seigneurs
de la Cour. Les détachemens des
Gendarmes , des Chevaux - Legers & les
deux Compagnies des Moufquetaires de
la Garde du Roy , & le détachement des
Gardes du Corps précédoient & fuivoient
le Caroffe de S. M. & le Vol du Cabinet
étoit immédiatement devant le Caroffe de
fuite.
Le Roy arriva vers les cinq heures à la
Porte S. Honoré , d'où S. M. fe rendit à
l'Eglife Métropolitaine.Les Regimens des
Gardes Françoifes & Suiffes étoient rangez
en haye , & préfentoient leurs Armes,
dans toutes les rues par lefquelles le Roy
paffa en allant à l'Eglife Métropolitaine ,
& en retournant à Verfailles.
I Le
2094 MERCURE DE FRANCE
Le Roy fut reçu à la porte de l'Eglife
par le Chapitre , à la tête duquel l'Archevêque
de Paris complimenta S. M. & lui
prefenta l'Eau benite. Le Roy entra dans
f'Eglife au bruit des Trompettes & des
Hautbois de la Chambre , étant précédé
du Grand Maître & du Maître des Cérémonies
, devant lefquels marchoient le
-Roy & les Hérauts d'Armes , & S. M.
alla fe placer au milieu du Choeur , fur un
Prie - Dieu , au deffus duquel étoit un Dais .
Le Duc d'Orleans , le Duc de Bourbon ,
le Comte de Charolois, le Comte de Cletmont
, le Prince de Conti , le Prince de
Dombes , le Comte d'Eu & le Comte de
Toulouſe , le Cardinal de Fleury , les Officiers
de la Couronne, les Principaux Of
ficiers de S.M. & les Seigneurs de la Cour
étoient placez auprès du Roy' pendant le
Te Deum , auquel le Chancelier de France
& le Garde des Sceaux affifterent, étant I
accompagnez de plufieurs Confeillers d'Etat
& Maîtres des Requêtes.
C
>
Le Clergé , le Parlement , la Chambre
des Comptes , la Cour des Aydes & lo
Corps de Ville ayant été invitez en la maniére
accoutumée y affifterent en Robes
de Ceremonie & à leurs places ordinaires
. L'Archevêque de Paris officia pontificalement
au Te Deum , qui fut chanté au
bruit d'une Salve generale des Canons de
la Baftille & de ceux de la Ville.
Lcs
SEPTEMBRE. 1730. 2095
Les Regimens des Gardes Françoiles &
Suiffes y répondirent par trois décharges
de leur Moufqueterie.
Après le Te Deum , le Roy vint faire fa
Priére devant l'Autel de la fainte Vierge ,
d'où S.M.fut reconduite à la porte de l'Eglife
, avec les cérémonies qui avoient été
obfervées à fon arrivée. Et S. M. étant remontée
en caroffe , partit pour retourner
à Verfalles avec le même Cortege qui
l'avoit accompagnée en entrant dans Paris.
Pendant la Marche , les Officiers des Gardes
du Corps qui étoient auprès du carof
fe du Roy,jetterent de l'argent au peuple,
qui par fes acclamations cherchoit à don
ner à S. M. des preuves de fon amour ,de
fon zele & de fa joye.
Le même jour,les Prevot des Marchands
& Echevins qui la furveille avoient fait
'lluminer l'Hôtel de Ville avec beaucoup
de magnificence , firent couler des Fontaines
de vin dans la place , & le foir ils firent
tirer un tres-beau Feu d'artifice, qui
fut précédé d'une décharge de Boëtes &
de Canons de la Ville . Il y eut en même
temps chez le Duc de Gévres , chez les
Prevôt des Marchands & Echevins , ainfi
que dans toutes les rues , des Illuminations
, des Feux & toutes autres marques
de réjouiffance poffible.
des Benedictions que Dieu répand fur
la Perfonne du Roy & fur l'Etats le
-( 2 ) Ad Tim. c. 2. v. 3. & 2,
( 3 ) Prov. 20. v. 28.
premier
SEPTEMBRE. 1730. 2098
mier foin de S.M. dans cet heureux évenement
, a été d'en rendre à Dieu de folemnelles
actions de graces ; & le 2 de ce
mois , le Roy fe rendit à Paris , pour af
fifter au Te Deum , qui devoit y être chanté,
fuivant les Ordres que l'Archevêque de
Paris en avoit reçus de S. M.
Le Roy partit du Château de Verfailles
vers les trois heures après midi , accompagné
, dans fon Caroffe , du Comte de
Clermont , du Prince de Conti , du Prince
de Dombes , du Comte d'Eu & du
Comte de Toulouſe. Les trois autres Caroffes
étoient remplis par les principaux
Officiers de Sa Maifon , & par les Seigneurs
de la Cour. Les détachemens des
Gendarmes , des Chevaux - Legers & les
deux Compagnies des Moufquetaires de
la Garde du Roy , & le détachement des
Gardes du Corps précédoient & fuivoient
le Caroffe de S. M. & le Vol du Cabinet
étoit immédiatement devant le Caroffe de
fuite.
Le Roy arriva vers les cinq heures à la
Porte S. Honoré , d'où S. M. fe rendit à
l'Eglife Métropolitaine.Les Regimens des
Gardes Françoifes & Suiffes étoient rangez
en haye , & préfentoient leurs Armes,
dans toutes les rues par lefquelles le Roy
paffa en allant à l'Eglife Métropolitaine ,
& en retournant à Verfailles.
I Le
2094 MERCURE DE FRANCE
Le Roy fut reçu à la porte de l'Eglife
par le Chapitre , à la tête duquel l'Archevêque
de Paris complimenta S. M. & lui
prefenta l'Eau benite. Le Roy entra dans
f'Eglife au bruit des Trompettes & des
Hautbois de la Chambre , étant précédé
du Grand Maître & du Maître des Cérémonies
, devant lefquels marchoient le
-Roy & les Hérauts d'Armes , & S. M.
alla fe placer au milieu du Choeur , fur un
Prie - Dieu , au deffus duquel étoit un Dais .
Le Duc d'Orleans , le Duc de Bourbon ,
le Comte de Charolois, le Comte de Cletmont
, le Prince de Conti , le Prince de
Dombes , le Comte d'Eu & le Comte de
Toulouſe , le Cardinal de Fleury , les Officiers
de la Couronne, les Principaux Of
ficiers de S.M. & les Seigneurs de la Cour
étoient placez auprès du Roy' pendant le
Te Deum , auquel le Chancelier de France
& le Garde des Sceaux affifterent, étant I
accompagnez de plufieurs Confeillers d'Etat
& Maîtres des Requêtes.
C
>
Le Clergé , le Parlement , la Chambre
des Comptes , la Cour des Aydes & lo
Corps de Ville ayant été invitez en la maniére
accoutumée y affifterent en Robes
de Ceremonie & à leurs places ordinaires
. L'Archevêque de Paris officia pontificalement
au Te Deum , qui fut chanté au
bruit d'une Salve generale des Canons de
la Baftille & de ceux de la Ville.
Lcs
SEPTEMBRE. 1730. 2095
Les Regimens des Gardes Françoiles &
Suiffes y répondirent par trois décharges
de leur Moufqueterie.
Après le Te Deum , le Roy vint faire fa
Priére devant l'Autel de la fainte Vierge ,
d'où S.M.fut reconduite à la porte de l'Eglife
, avec les cérémonies qui avoient été
obfervées à fon arrivée. Et S. M. étant remontée
en caroffe , partit pour retourner
à Verfalles avec le même Cortege qui
l'avoit accompagnée en entrant dans Paris.
Pendant la Marche , les Officiers des Gardes
du Corps qui étoient auprès du carof
fe du Roy,jetterent de l'argent au peuple,
qui par fes acclamations cherchoit à don
ner à S. M. des preuves de fon amour ,de
fon zele & de fa joye.
Le même jour,les Prevot des Marchands
& Echevins qui la furveille avoient fait
'lluminer l'Hôtel de Ville avec beaucoup
de magnificence , firent couler des Fontaines
de vin dans la place , & le foir ils firent
tirer un tres-beau Feu d'artifice, qui
fut précédé d'une décharge de Boëtes &
de Canons de la Ville . Il y eut en même
temps chez le Duc de Gévres , chez les
Prevôt des Marchands & Echevins , ainfi
que dans toutes les rues , des Illuminations
, des Feux & toutes autres marques
de réjouiffance poffible.
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Résumé : « Cette heureuse Naissance étant une suite des Benedictions que Dieu répand sur [...] »
Le 1er septembre 1730, le roi exprima sa gratitude à Dieu pour un événement heureux. Le 2 septembre, il se rendit à Paris pour assister au Te Deum à l'église métropolitaine. Accompagné de nobles et d'officiers, le cortège royal comprenait des gendarmes, des chevau-légers, des mousquetaires et des gardes du corps. À la porte Saint-Honoré, le roi fut accueilli par le chapitre de l'église, dirigé par l'archevêque de Paris, qui lui présenta l'eau bénite. Le Te Deum fut chanté au son des canons de la Bastille et de la ville, et des régiments des gardes françaises et suisses répondirent par des salves de mousqueterie. Après la cérémonie, le roi pria devant l'autel de la sainte Vierge et fut reconduit à la porte de l'église avec les mêmes honneurs. Pendant le retour à Versailles, les officiers des gardes du corps distribuèrent de l'argent au peuple. À Paris, les prévôts des marchands et échevins illuminèrent l'hôtel de ville, firent couler des fontaines de vin et tirèrent un feu d'artifice. Des illuminations et des feux furent également allumés chez le duc de Guèvres, chez les prévôts des marchands et échevins, ainsi que dans toutes les rues.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5586
p. 2096-2097
Autre Mandement, [titre d'après la table]
Début :
CLAUDE DU PRÉ, Grand-Prieur de l'Abbaye Royale de S. Germain des Prez, &c. [...]
Mots clefs :
Roi, Abbaye, Gloire, Mandement
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Autre Mandement, [titre d'après la table]
On chanta auffi un Te Deum, avec beaucoup
de folemnité
dans l'EglifeRoyale
de
P'Abbaye
de S. Germain , le Dimanche
3
du même mois , en conféquence
d'un
Mandement
conçu
en ces termes.
Grand -Prieur CLAUDE
DU PRE' , de l'Abbaye Royale de S. Germain des Prez , &c.
La joye répandue dans tous les Ordres du Royau- me , annonce la Naiffance d'un fecond Fils de
France. Don précieux , préfent inestimable
du
Ciel propice à nos Voeux , bienfait marqué au
fceau d'une Providence ſpéciale , augure certain
nouvel d'une félicité conftante ,
appuy du Trê
ne,témoignage éclatant de la protection du Toutpuiffant
fur les années floriffantes du Roy & de la
Reine , gage confolant du Monarque fuprême éternifer le bonheur de la Monarchie . Une
pour époque fi célébre, marquée par un évenement fi
efheureux
, devient le fondement folide de nos
perances , nous montre des fiécles de paix , de
gloire & d'abondance, Au milieu de tant de Profpéritez,
remontons à la fource , l'exemple du Roy
plus preffant encore que fes Ordres , gage. Béniffons l'Eternel,il nous donne des Princes
& des Princeffes dignes par leurs vertus héréditaires
, de faire un jour la gloire & le bonheur
des Monarchies les plus puiffantes. Arrêtons - nous au Prince qui attire aujourd'hui nos Voeux & nos Hommages. Mefurons la reconnoiffance
à la faveur
; régions l'étendue de notre gratitude fur le
prix & le mérite du bienfait. Charmez de l'excellence
du Don , faifons de fa poffeffion un motif
de louanges inimortelles, joignons aux applaudiffemens
les actions de graces. Que la jouiffance
nous eny
d'un
SEPTEMBRE. 1730. 209 %
d'un objet fi précieux nous faffe remonter au
principe que la fin de nos fêtes & de nos réjouiffances,
foit celle de nos retours vers la Main bienfaifante
qui les fait naître , ranimons nos Cantiques.
Il y eut le foir de grandes Démonftrations
de joye dans tout le Diſtrict de l'Abbaye
, des Illuminations , des Feux , des
Fufées , &c. & plufieurs Salves de Coule
vrines , placées dans le Jardin dés Religieux
, lefquelles avoient tiré à l'arrivée
du Roy & pendant le Te Deum .
de folemnité
dans l'EglifeRoyale
de
P'Abbaye
de S. Germain , le Dimanche
3
du même mois , en conféquence
d'un
Mandement
conçu
en ces termes.
Grand -Prieur CLAUDE
DU PRE' , de l'Abbaye Royale de S. Germain des Prez , &c.
La joye répandue dans tous les Ordres du Royau- me , annonce la Naiffance d'un fecond Fils de
France. Don précieux , préfent inestimable
du
Ciel propice à nos Voeux , bienfait marqué au
fceau d'une Providence ſpéciale , augure certain
nouvel d'une félicité conftante ,
appuy du Trê
ne,témoignage éclatant de la protection du Toutpuiffant
fur les années floriffantes du Roy & de la
Reine , gage confolant du Monarque fuprême éternifer le bonheur de la Monarchie . Une
pour époque fi célébre, marquée par un évenement fi
efheureux
, devient le fondement folide de nos
perances , nous montre des fiécles de paix , de
gloire & d'abondance, Au milieu de tant de Profpéritez,
remontons à la fource , l'exemple du Roy
plus preffant encore que fes Ordres , gage. Béniffons l'Eternel,il nous donne des Princes
& des Princeffes dignes par leurs vertus héréditaires
, de faire un jour la gloire & le bonheur
des Monarchies les plus puiffantes. Arrêtons - nous au Prince qui attire aujourd'hui nos Voeux & nos Hommages. Mefurons la reconnoiffance
à la faveur
; régions l'étendue de notre gratitude fur le
prix & le mérite du bienfait. Charmez de l'excellence
du Don , faifons de fa poffeffion un motif
de louanges inimortelles, joignons aux applaudiffemens
les actions de graces. Que la jouiffance
nous eny
d'un
SEPTEMBRE. 1730. 209 %
d'un objet fi précieux nous faffe remonter au
principe que la fin de nos fêtes & de nos réjouiffances,
foit celle de nos retours vers la Main bienfaifante
qui les fait naître , ranimons nos Cantiques.
Il y eut le foir de grandes Démonftrations
de joye dans tout le Diſtrict de l'Abbaye
, des Illuminations , des Feux , des
Fufées , &c. & plufieurs Salves de Coule
vrines , placées dans le Jardin dés Religieux
, lefquelles avoient tiré à l'arrivée
du Roy & pendant le Te Deum .
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Résumé : Autre Mandement, [titre d'après la table]
Le 3 septembre 1730, un Te Deum solennel fut chanté à l'Église Royale de l'Abbaye de Saint-Germain pour célébrer la naissance d'un second fils du roi de France. Cet événement fut organisé par le Grand-Prieur Claude Du Pré, qui souligna la joie et la gratitude des habitants du royaume. La naissance était vue comme un don divin et un signe de la providence, augurant des années de bonheur et de prospérité pour le roi et la reine. Elle était perçue comme un gage de bonheur éternel pour la monarchie et le fondement de siècles de paix, de gloire et d'abondance. Le mandement appelait à bénir l'Éternel pour les princes et princesses et à exprimer reconnaissance pour ce bienfait. Des démonstrations de joie, telles que des illuminations, des feux, des fusées et des salves de couleuvrines, eurent lieu dans tout le district de l'Abbaye, notamment à l'arrivée du roi et pendant le Te Deum.
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5587
p. 2097-2099
POUR LA NAISSANCE DE MONSEIGNEUR LE DUC D'ANJOU. ODE.
Début :
L'Amour n'est plus Fils unique, [...]
Mots clefs :
Naissance du duc d'Anjou, Naissance, Enfants
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : POUR LA NAISSANCE DE MONSEIGNEUR LE DUC D'ANJOU. ODE.
POUR LA NAISSANCE
DE MONSEIGNEUR
LE DUC D'ANJOU.
O D E.
' Amour n'eft plus Fils unique ,
Et le fein chafte & fécond
D'une Reine magnifique ,
Nous enrichit d'un fecond :
Voyez comme il ſe préſente !
D'une douceur conquerante
Son Orient eft orné ;
Et fa grace fans feconde
"Pour affervir tout le monde
Ne céde qu'à fon Aîné.
I iij Jeux,
t
2098
MERCURE DE FRANCE
Jeux charmans , grace enfantine ,
Qui folâtrez dans fa Cour ;
Vous n'y prendrez point racine ,
Votre Regne n'a qu'un jour ;
De l'illuftre nom qu'il porte
La grandeur déja l'exhorte
A des exploits triomphants
Déja la gloire l'appelle ,
Enfants de Race immortelle
A peine font-ils Enfants.
C'eſt ainſi qu'en fon jeune âge
On nous apprend qu'Appollon
Fit l'effay de fon courage
Sur le monstrueux Pyrhon :
Au berceau le jeune Hercule
De fes hauts faits préambule
Deux Couleuvres étouffa ;
Et le beau fils de Sémélé
Comblé de gloire immortelle
Dans les Indes triompha.
$2
Déja fa tendre mémoire
Se remplit du nom d'Anjou ,
Son joüet , c'eft la victoire ,
Son épée eft fon bijou :
Il mêdite les louanges ,
Enveloppé dans fes langes ;
Dont
SEPTEMBRE. 1730. 209g
Dont il eft embaraffé ;
de Lunes
Et n'attend que peu
Pour venger les infortunes
Des Anjous du temps paffé.
Soyez unis , jeunes Freres ,
D'un noeud ferme autant que doux ;
Et choififfez d'Hémisphères ;
Tout l'Univers eft à vous.
Qu'en fi belle & noble chaîne ,
Jamais les Fréres d'Héleine ( 2 ),
N'entrent en comparaifon
›
Euffent ces fiers Argonautes
Fait des Princeffes plus hautes
Que leur Commandant Jafon.
O LOUIS , fage Monarque
A qui le Dieu de Sion
Donne une nouvelle marque
De fa Bénédiction
Daigne fa bonté fuprême
Propice à ce coeur qui l'aime
Et le fert fi volontiers ,
Vous donner en récompenſe
Autant de tels Fils de France ,
Que Jacob eut d'héritiers.
1 Rois de Naples & de Siciler
2 Caftor & Pollux.
DE MONSEIGNEUR
LE DUC D'ANJOU.
O D E.
' Amour n'eft plus Fils unique ,
Et le fein chafte & fécond
D'une Reine magnifique ,
Nous enrichit d'un fecond :
Voyez comme il ſe préſente !
D'une douceur conquerante
Son Orient eft orné ;
Et fa grace fans feconde
"Pour affervir tout le monde
Ne céde qu'à fon Aîné.
I iij Jeux,
t
2098
MERCURE DE FRANCE
Jeux charmans , grace enfantine ,
Qui folâtrez dans fa Cour ;
Vous n'y prendrez point racine ,
Votre Regne n'a qu'un jour ;
De l'illuftre nom qu'il porte
La grandeur déja l'exhorte
A des exploits triomphants
Déja la gloire l'appelle ,
Enfants de Race immortelle
A peine font-ils Enfants.
C'eſt ainſi qu'en fon jeune âge
On nous apprend qu'Appollon
Fit l'effay de fon courage
Sur le monstrueux Pyrhon :
Au berceau le jeune Hercule
De fes hauts faits préambule
Deux Couleuvres étouffa ;
Et le beau fils de Sémélé
Comblé de gloire immortelle
Dans les Indes triompha.
$2
Déja fa tendre mémoire
Se remplit du nom d'Anjou ,
Son joüet , c'eft la victoire ,
Son épée eft fon bijou :
Il mêdite les louanges ,
Enveloppé dans fes langes ;
Dont
SEPTEMBRE. 1730. 209g
Dont il eft embaraffé ;
de Lunes
Et n'attend que peu
Pour venger les infortunes
Des Anjous du temps paffé.
Soyez unis , jeunes Freres ,
D'un noeud ferme autant que doux ;
Et choififfez d'Hémisphères ;
Tout l'Univers eft à vous.
Qu'en fi belle & noble chaîne ,
Jamais les Fréres d'Héleine ( 2 ),
N'entrent en comparaifon
›
Euffent ces fiers Argonautes
Fait des Princeffes plus hautes
Que leur Commandant Jafon.
O LOUIS , fage Monarque
A qui le Dieu de Sion
Donne une nouvelle marque
De fa Bénédiction
Daigne fa bonté fuprême
Propice à ce coeur qui l'aime
Et le fert fi volontiers ,
Vous donner en récompenſe
Autant de tels Fils de France ,
Que Jacob eut d'héritiers.
1 Rois de Naples & de Siciler
2 Caftor & Pollux.
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Résumé : POUR LA NAISSANCE DE MONSEIGNEUR LE DUC D'ANJOU. ODE.
Le texte célèbre la naissance du duc d'Anjou en septembre 1730. Il met en avant l'amour de la reine, décrite comme magnifique et féconde, qui a donné un nouvel héritier. Cet enfant, par sa grâce et sa douceur, est destiné à des exploits triomphants et est déjà appelé par la gloire. Le duc d'Anjou est comparé à des figures mythologiques comme Apollon et Hercule, connus pour leur courage dès leur jeune âge. Il est présenté comme ayant une mémoire remplie du nom de sa lignée et une épée prête pour la victoire. Le texte encourage également l'union entre les jeunes frères et souhaite au roi Louis, sage monarque, d'avoir autant de fils de France que Jacob eut d'héritiers. Le duc d'Anjou est perçu comme un futur roi de Naples et de Sicile, digne des plus grandes louanges et des plus grands exploits.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5588
p. 2100-2107
Illuminations ordonnées par les Prevôt des Marchands & Echevins de la Ville de Paris pour celébrer l'heureuse Naissance de Monseigneur le Duc d'Anjou, sur les desseins, & sous la conduite du sieur Beausire le fils, Architecte de la Ville.
Début :
Le 30 Août le Prevôt des Marchands, ayant eu avis sur les sept heures du [...]
Mots clefs :
Illuminations, Naissance du duc d'Anjou, Paris, Lumières, Prévôt des marchands, Échevins, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Illuminations ordonnées par les Prevôt des Marchands & Echevins de la Ville de Paris pour celébrer l'heureuse Naissance de Monseigneur le Duc d'Anjou, sur les desseins, & sous la conduite du sieur Beausire le fils, Architecte de la Ville.
Illuminations ordonnées par les Prevôt des
Marchands & Echevins de la Ville de,
Paris , pour celébrer l'heureufe Naiffance
de Monfeigneur le Duc d'Anjou , fur les
deffeins , & fous la conduite du fieur
Beaufire le fils , Architecte de la Ville.
LE
E 30 Août le Prevôt des Marchands ,
ayant eu avis fur les fept heures du
matin que la Reine étoit en travail , fe
rendit à l'inftant à l'Hôtel de Ville , où
Mr du Bureau arriverent peu de tems
après fur les deux heures arriva un
Page du Duc de Gêvres , Gouverneur
de Paris , lequel apprit que la Reine
avoit été heureufement accouchée à 9
heures 7 minutes. Le Corps de Ville a
fait préfent à ce Page d'une magnifique
Tabatiere d'or.
A 11 heures , M. le Chevalier de S. An
dré , Enfeigne des Gardes du Corps , arriva
en pofte , & remit à Mrs les Prevôt
des Marchands , Echevins , la Lettre de
Cachet dont il étoit chargé de la part du
Roy , pour annoncer à la Ville la Naiffance
de Monfeigneur le Duc d'Anjou ,
Mrs de Ville firent préſent à cet Officier
d'un Bijoux de prix.
Le Bureau fe tranſporta à l'inftant au
Parlement , & à fon retour vers le midy
il
SEPTEMBRE. 1730. 2101
il fut fait une décharge des Canons de la
Ville , & le Toxin fut fonné jufqu'à minuit.
Le foir , entre 7 & 8 heures , il y eut
une autre décharge des Canons , & un
feu qui fut allumé avec la cerémonie or
dinaire , il y eut deux fontaines de
vin dans la Place de Gréve , & il fut tiré
quantité de Fufées volantes . La face exterieure
de l'Hôtel de Ville fut illuminée
par grand nombre de Falots placez dans
la Lanterne , fur le comble , fur les corniches
& faillies , & par des Luftres garnis
de groffes lumieres , aux Arcades de
S. Jean & du S. Efprit : il y eut auffi quelques
Falots chez M. le Prevôr des Marchands
, fur le fronton de la Porte d'entrée
, & fur le mur de face.
Le Jeudy 31 Août , il y a eu une feconde
illumination à la face de l'Hôtel
de Ville, de,toutes fortes de lumieres . Il y
avoit de gros Falots fur la tête des po-
-teaux de la Banniere du Peron , & une
fuite de Falots fur la Corniche des piéd'eftaux
du premier ordre , & au bas de
l'appui des croifées , toutes les Colomnes
de cet ordre étoient illuminées , ainfi
leurs Chapiteaux. Entre ces Colomnes
il y avoit fix Luftres de fer blanc , fuſpendus
aux ceintres des fix croifées , garnies
de fortes lumieres ; & au- deffus de la
Iv princi
que
2102 MERCURE DE FRANCE
t.
principale Porte , des Falots fur la cori
niche.
Ce premier ordre étoit terminé par un
filet de gros Lampions fur la faillie de
PArchitrave , avec des Plaques qui refléchiffoient
la lumiere , & par une fuite de
Falots fur la corniche. Aux ceintres des
Arcades du S. Efprit & de S. Jean , deux
grands Luftres de fer blanc , portant chacun
75 lumieres.
Le fecond ordre étoit décoré par onze
Luftres de fer blanc , fufpendus au devant
des croifées , portant chacun 57 lumieres
; entre ces Luftres étoient des Falots
placez dans les Niches , & deux
gros Falots fur le fronton des Niches.
Le fecond étoit auffi terminé par un
cours de Falots fur la corniche de l'Entáblement.
d'
Le comble étoit illuminé par 3 grands
Luftres de fer blanc , portant plus de 60
lumieres placées au milieu, au- deffus & à"
côté du Cadran.LesLucarnes étoient illunées
chacune par un Luftre de fer blanc
de 57 lumieres , & par des Falots fur les
Corniches. Le Comble étoit profilé par
des Falots fur le Rempant & fur le Faite.
11
y avoit auffi deux grandes piramides
de lumieres fur les deux poinçons de l'exrêmité
du Faîte. Le Socle & le Pietal
de la Lanterne étoient garnis de
"
Falots ,
SEPTEMBRE. 1730. 2103
Falots , & les Portiques de la grande
& petite Lanterne , garnis de grand
nombre de lumieres fufpendues en dedans
.
Le Samedy , 2 de ce mois , il y eut
un grand Feu d'Artifice élevé dans la
Place de Grève , à quatre Faces & quatre
Portiques d'ordre ruftique ; au milieu des
Portiques étoient des Palmiers , & aux
quatre coins des Vafes enflammez : fur
la Corniche étoient des Groupes de Genies.
Le Socle du couronnement étoit
terminé par la Statuë de Junon . On
voyoit fur chacune des faces des Cartouches
aux Armes du Roi & de la Ville.
Les degrez au rez de-chauffées étoient gar
nis de grand nombre de lumieres. Il y
avoit auffi quatre Fontaines de vin , dif
tribuées aux quatre coins de la Plaçe.
A l'arrivée du Roi à Notre Dame , il
y eut une falve des Canons de la Ville ,
& une autre à fa fortie. Cette arrivée
avoit été annoncée dès les 5 heures du
matin par une décharge des Canons de
la Ville , & par le Toxin .
S
Le Corps de Ville étant de retour du
Te Deum de Notre Dame , & ayant reçû
vers les 7 heures & demie M. le Gouver
neur en la maniere ordinaire , au bas
du Peron de l'Hôtel de Ville , il fut fait
une décharge des Canons de la Ville , &
Ivj the
>
2104 MERCURE DE FRANCE
tiré grand nombré defufées volantes . Enfuite
Made de Trefies alluma l'Artifice ,
placé fur le corps du Feu , par le moyen
d'une Fufée de corde qui avoit communication
à la Loge de M. le Gouverneur.
Auffi - tôt on vit un nombre prodigieux
d'artifices en l'air , ce qui dura pendant une
demie heure , fous diverfes formes , avec
un tel fuccès , qu'on ofe dire qu'il n'y a
guére eu rien de plus complet en ce genre.
L'interieur de la cour de l'Hôtel de
Ville fut illuminé par des Falots fur la
corniche du premier ordre.
Le même jour il y eut des Illuminations
chez chacun de Mrs du Corps de
Ville , & des Fontaines de vin.
La façade de l'Hôtel du Prevôt des
Marchands , étoit illuminée par 6 grands
Ifs à huit pans , garnis de Falots , deux
de ces Ifs accompagnoient la Porte d'entrée
, & les quatre autres accompagnoient
les deux Pavillons en aifle . La principale
Porte étoit décorée par un Chambranle ,
dont les refans étoient de lumieres ; fur
la Corniche & le Fronton , des Falots ;
au devant de chaque Pavillon , en aifle ,
étoit un Portique de lumieres figuré,femblable
à celui de la principale Porte , au
centre duquel étoit un Luftre de fer blanc
de so lumieres. Entre les Ifs , aux côtez
de la Porte étoient des Chambranles de
lumieres ,
SEPTEMBRE . 1730. 2103
lumieres , avec des Luftres de fer blanc
fufpendus au ceintre , garnis de 50
lumieres
chacun. Toute cette illumination
étoit terminée par une fuite de Falots audevant
de la premiere pleinte.
L'Illumination de M. Meſnil , premier
Echevin , étoit compofée d'une fuite de
Falots au-devant de la premiere Pleinte
de la face de fa maiſon du côté des Halles,
au milieu étoit le Chiffre du Roi , accompagné
de deux Luftres de fer blanc &
d'un autre au- deſſus , & plus haut à l'aplomb
des Luftres , étoient trois Fleurs
de Lys de lumieres.
و
M. Befnier , fecond Echevin , avoit audevant
de la face de fa maifon fix Ifs de
figure pentagonne , portant plus de 700 .
lumieres , placez en forme d'Avenue.
*
Il y avoit fur l'appui du Balcon de la
maifon de M. Roffignol , troifiéme Echevin
, une fuitede Falots & ſept Girandoles
de fer blanc , portant chacune so. lumieres,
placées au -devant des Trumeaux.
Entre ces Girandoles étoient fix Luftres
de fer blanc , garnis de 57. lumieres cha
cun , fufpendus au- devant des fix Croifées
du premier étage. On voyoit auſſi à
cet étage deux M de lumieres repréfentant
le Chiffre de la Reine ; & au-deffus
étoient trois Fleurs de Lys , le Chiffre da
Roi en lozange lumineux.
.1
La
2106 MERCURE DE FRANCE
La face de la maifon de M. Lagneau,
quatriéme Echevin étoit illuminée au rezde-
chauffée par deux grands Portiques
de lumieres ceintrez , & deux Vafes . La
Porte d'entrée par un Chambranle & Corniche
à trois rangs de lumieres , avec um
Fronton triangulaire , au deffus duquel
étoit le Chiffre de la Reine, Aux deux Croifées
du premier & fecond étage , étoient
quatre Luftres de fer blanc , garnis de
$7. lumieres chacun , fufpendus aux Linteaux
des quatre Croifées ; au- devant des
Trumeaux entre ces 4. Luftres étoient 3 .
Fleurs de Lys & le Chiffre du Roi en
lozange.
La face de la maifon du Procureur du
Roi étoit illuminée par deux grands Portiques
de lumieres ceintrez ; au - deffus
de chaque Pilaftre defquels étoit une
Girandole de fer blanc , portant so. lua
mieres chacune ; au-deffus de ces deux
Portiques on voyoit le Chiffre du Roi
& trois Fleurs de Lys de lumieres,
,
La face de la maifon de M. Boucot
Receveur , étoit illuminée par un Portique
, dont les Pilaftres étoient en Confo
les & le Fronton contourné , au- deffus des
Pilaftres deux Girandoles de fer blanc, garnies
chacune de so.lumieres. Sous le Fronton
on voyoit le Chiffre du Roi , & au
deffus , entre les Girandoles , une Fleur
de Lys de lumieres II
SEPTEMBRE. 1730. 2107
Il y avoit auffi des Falots chez M. Remy
, ancien Echevin , dans fa cour , &
deux Ifs de lumieres au- devant de fa porte
, avec une Fontaine de vin , ainfi qu'à
tous les autres , comme auffi chez M. le
Roi , ancien Echevin .
Marchands & Echevins de la Ville de,
Paris , pour celébrer l'heureufe Naiffance
de Monfeigneur le Duc d'Anjou , fur les
deffeins , & fous la conduite du fieur
Beaufire le fils , Architecte de la Ville.
LE
E 30 Août le Prevôt des Marchands ,
ayant eu avis fur les fept heures du
matin que la Reine étoit en travail , fe
rendit à l'inftant à l'Hôtel de Ville , où
Mr du Bureau arriverent peu de tems
après fur les deux heures arriva un
Page du Duc de Gêvres , Gouverneur
de Paris , lequel apprit que la Reine
avoit été heureufement accouchée à 9
heures 7 minutes. Le Corps de Ville a
fait préfent à ce Page d'une magnifique
Tabatiere d'or.
A 11 heures , M. le Chevalier de S. An
dré , Enfeigne des Gardes du Corps , arriva
en pofte , & remit à Mrs les Prevôt
des Marchands , Echevins , la Lettre de
Cachet dont il étoit chargé de la part du
Roy , pour annoncer à la Ville la Naiffance
de Monfeigneur le Duc d'Anjou ,
Mrs de Ville firent préſent à cet Officier
d'un Bijoux de prix.
Le Bureau fe tranſporta à l'inftant au
Parlement , & à fon retour vers le midy
il
SEPTEMBRE. 1730. 2101
il fut fait une décharge des Canons de la
Ville , & le Toxin fut fonné jufqu'à minuit.
Le foir , entre 7 & 8 heures , il y eut
une autre décharge des Canons , & un
feu qui fut allumé avec la cerémonie or
dinaire , il y eut deux fontaines de
vin dans la Place de Gréve , & il fut tiré
quantité de Fufées volantes . La face exterieure
de l'Hôtel de Ville fut illuminée
par grand nombre de Falots placez dans
la Lanterne , fur le comble , fur les corniches
& faillies , & par des Luftres garnis
de groffes lumieres , aux Arcades de
S. Jean & du S. Efprit : il y eut auffi quelques
Falots chez M. le Prevôr des Marchands
, fur le fronton de la Porte d'entrée
, & fur le mur de face.
Le Jeudy 31 Août , il y a eu une feconde
illumination à la face de l'Hôtel
de Ville, de,toutes fortes de lumieres . Il y
avoit de gros Falots fur la tête des po-
-teaux de la Banniere du Peron , & une
fuite de Falots fur la Corniche des piéd'eftaux
du premier ordre , & au bas de
l'appui des croifées , toutes les Colomnes
de cet ordre étoient illuminées , ainfi
leurs Chapiteaux. Entre ces Colomnes
il y avoit fix Luftres de fer blanc , fuſpendus
aux ceintres des fix croifées , garnies
de fortes lumieres ; & au- deffus de la
Iv princi
que
2102 MERCURE DE FRANCE
t.
principale Porte , des Falots fur la cori
niche.
Ce premier ordre étoit terminé par un
filet de gros Lampions fur la faillie de
PArchitrave , avec des Plaques qui refléchiffoient
la lumiere , & par une fuite de
Falots fur la corniche. Aux ceintres des
Arcades du S. Efprit & de S. Jean , deux
grands Luftres de fer blanc , portant chacun
75 lumieres.
Le fecond ordre étoit décoré par onze
Luftres de fer blanc , fufpendus au devant
des croifées , portant chacun 57 lumieres
; entre ces Luftres étoient des Falots
placez dans les Niches , & deux
gros Falots fur le fronton des Niches.
Le fecond étoit auffi terminé par un
cours de Falots fur la corniche de l'Entáblement.
d'
Le comble étoit illuminé par 3 grands
Luftres de fer blanc , portant plus de 60
lumieres placées au milieu, au- deffus & à"
côté du Cadran.LesLucarnes étoient illunées
chacune par un Luftre de fer blanc
de 57 lumieres , & par des Falots fur les
Corniches. Le Comble étoit profilé par
des Falots fur le Rempant & fur le Faite.
11
y avoit auffi deux grandes piramides
de lumieres fur les deux poinçons de l'exrêmité
du Faîte. Le Socle & le Pietal
de la Lanterne étoient garnis de
"
Falots ,
SEPTEMBRE. 1730. 2103
Falots , & les Portiques de la grande
& petite Lanterne , garnis de grand
nombre de lumieres fufpendues en dedans
.
Le Samedy , 2 de ce mois , il y eut
un grand Feu d'Artifice élevé dans la
Place de Grève , à quatre Faces & quatre
Portiques d'ordre ruftique ; au milieu des
Portiques étoient des Palmiers , & aux
quatre coins des Vafes enflammez : fur
la Corniche étoient des Groupes de Genies.
Le Socle du couronnement étoit
terminé par la Statuë de Junon . On
voyoit fur chacune des faces des Cartouches
aux Armes du Roi & de la Ville.
Les degrez au rez de-chauffées étoient gar
nis de grand nombre de lumieres. Il y
avoit auffi quatre Fontaines de vin , dif
tribuées aux quatre coins de la Plaçe.
A l'arrivée du Roi à Notre Dame , il
y eut une falve des Canons de la Ville ,
& une autre à fa fortie. Cette arrivée
avoit été annoncée dès les 5 heures du
matin par une décharge des Canons de
la Ville , & par le Toxin .
S
Le Corps de Ville étant de retour du
Te Deum de Notre Dame , & ayant reçû
vers les 7 heures & demie M. le Gouver
neur en la maniere ordinaire , au bas
du Peron de l'Hôtel de Ville , il fut fait
une décharge des Canons de la Ville , &
Ivj the
>
2104 MERCURE DE FRANCE
tiré grand nombré defufées volantes . Enfuite
Made de Trefies alluma l'Artifice ,
placé fur le corps du Feu , par le moyen
d'une Fufée de corde qui avoit communication
à la Loge de M. le Gouverneur.
Auffi - tôt on vit un nombre prodigieux
d'artifices en l'air , ce qui dura pendant une
demie heure , fous diverfes formes , avec
un tel fuccès , qu'on ofe dire qu'il n'y a
guére eu rien de plus complet en ce genre.
L'interieur de la cour de l'Hôtel de
Ville fut illuminé par des Falots fur la
corniche du premier ordre.
Le même jour il y eut des Illuminations
chez chacun de Mrs du Corps de
Ville , & des Fontaines de vin.
La façade de l'Hôtel du Prevôt des
Marchands , étoit illuminée par 6 grands
Ifs à huit pans , garnis de Falots , deux
de ces Ifs accompagnoient la Porte d'entrée
, & les quatre autres accompagnoient
les deux Pavillons en aifle . La principale
Porte étoit décorée par un Chambranle ,
dont les refans étoient de lumieres ; fur
la Corniche & le Fronton , des Falots ;
au devant de chaque Pavillon , en aifle ,
étoit un Portique de lumieres figuré,femblable
à celui de la principale Porte , au
centre duquel étoit un Luftre de fer blanc
de so lumieres. Entre les Ifs , aux côtez
de la Porte étoient des Chambranles de
lumieres ,
SEPTEMBRE . 1730. 2103
lumieres , avec des Luftres de fer blanc
fufpendus au ceintre , garnis de 50
lumieres
chacun. Toute cette illumination
étoit terminée par une fuite de Falots audevant
de la premiere pleinte.
L'Illumination de M. Meſnil , premier
Echevin , étoit compofée d'une fuite de
Falots au-devant de la premiere Pleinte
de la face de fa maiſon du côté des Halles,
au milieu étoit le Chiffre du Roi , accompagné
de deux Luftres de fer blanc &
d'un autre au- deſſus , & plus haut à l'aplomb
des Luftres , étoient trois Fleurs
de Lys de lumieres.
و
M. Befnier , fecond Echevin , avoit audevant
de la face de fa maifon fix Ifs de
figure pentagonne , portant plus de 700 .
lumieres , placez en forme d'Avenue.
*
Il y avoit fur l'appui du Balcon de la
maifon de M. Roffignol , troifiéme Echevin
, une fuitede Falots & ſept Girandoles
de fer blanc , portant chacune so. lumieres,
placées au -devant des Trumeaux.
Entre ces Girandoles étoient fix Luftres
de fer blanc , garnis de 57. lumieres cha
cun , fufpendus au- devant des fix Croifées
du premier étage. On voyoit auſſi à
cet étage deux M de lumieres repréfentant
le Chiffre de la Reine ; & au-deffus
étoient trois Fleurs de Lys , le Chiffre da
Roi en lozange lumineux.
.1
La
2106 MERCURE DE FRANCE
La face de la maifon de M. Lagneau,
quatriéme Echevin étoit illuminée au rezde-
chauffée par deux grands Portiques
de lumieres ceintrez , & deux Vafes . La
Porte d'entrée par un Chambranle & Corniche
à trois rangs de lumieres , avec um
Fronton triangulaire , au deffus duquel
étoit le Chiffre de la Reine, Aux deux Croifées
du premier & fecond étage , étoient
quatre Luftres de fer blanc , garnis de
$7. lumieres chacun , fufpendus aux Linteaux
des quatre Croifées ; au- devant des
Trumeaux entre ces 4. Luftres étoient 3 .
Fleurs de Lys & le Chiffre du Roi en
lozange.
La face de la maifon du Procureur du
Roi étoit illuminée par deux grands Portiques
de lumieres ceintrez ; au - deffus
de chaque Pilaftre defquels étoit une
Girandole de fer blanc , portant so. lua
mieres chacune ; au-deffus de ces deux
Portiques on voyoit le Chiffre du Roi
& trois Fleurs de Lys de lumieres,
,
La face de la maifon de M. Boucot
Receveur , étoit illuminée par un Portique
, dont les Pilaftres étoient en Confo
les & le Fronton contourné , au- deffus des
Pilaftres deux Girandoles de fer blanc, garnies
chacune de so.lumieres. Sous le Fronton
on voyoit le Chiffre du Roi , & au
deffus , entre les Girandoles , une Fleur
de Lys de lumieres II
SEPTEMBRE. 1730. 2107
Il y avoit auffi des Falots chez M. Remy
, ancien Echevin , dans fa cour , &
deux Ifs de lumieres au- devant de fa porte
, avec une Fontaine de vin , ainfi qu'à
tous les autres , comme auffi chez M. le
Roi , ancien Echevin .
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Résumé : Illuminations ordonnées par les Prevôt des Marchands & Echevins de la Ville de Paris pour celébrer l'heureuse Naissance de Monseigneur le Duc d'Anjou, sur les desseins, & sous la conduite du sieur Beausire le fils, Architecte de la Ville.
Le 30 août 1730, le Prévôt des Marchands de Paris fut informé à sept heures du matin que la Reine était en travail. Il se rendit à l'Hôtel de Ville, rejoint par les membres du Bureau. À deux heures, un page du Duc de Gêvres annonça la naissance du Duc d'Anjou à 9 heures 7 minutes. Le Corps de Ville offrit une tabatière d'or au page. À 11 heures, le Chevalier de Saint-André apporta une lettre de cachet du Roi annonçant la naissance, et le Corps de Ville offrit un bijou à cet officier. Le Bureau se rendit ensuite au Parlement et, à son retour vers midi, des canons furent tirés et le tocsin sonné jusqu'à minuit. Le lendemain, entre 7 et 8 heures, une nouvelle décharge de canons eut lieu, accompagnée d'un feu d'artifice et de fontaines de vin sur la Place de Grève. L'Hôtel de Ville fut illuminé avec des falots et des lustres. Le 31 août, une seconde illumination eut lieu à l'Hôtel de Ville, avec des lustres et des falots disposés sur les corniches et les colonnes. Le 2 septembre, un grand feu d'artifice fut tiré sur la Place de Grève, avec des fontaines de vin aux quatre coins. À l'arrivée du Roi à Notre-Dame, des salves de canons furent tirées. Le Corps de Ville, de retour du Te Deum, reçut le Gouverneur et fit tirer des fusées volantes. Un feu d'artifice fut allumé dans la cour de l'Hôtel de Ville. Les façades des maisons des membres du Corps de Ville furent également illuminées avec des falots, des lustres et des girandoles.
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5589
p. 2107-2109
CHANSON DE TABLE. A l'occasion de la Naissance de Monseigneur le DUC D'ANJOUE, sur l'Air, Compere Gregoire.
Début :
Je veux à mon Maître, [...]
Mots clefs :
Naissance du duc d'Anjou
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CHANSON DE TABLE. A l'occasion de la Naissance de Monseigneur le DUC D'ANJOUE, sur l'Air, Compere Gregoire.
CHANSON DE TABLE
A l'occafion de la Naiffance de Monfeit
gneur le Duc D'ANJOU , fur l'Air ,
Compere Gregoire.
JEE veux à mon Maître ,
Boire comme un trou ;
Il vient de nous naître ,
Un beau DuC D'ANJOU :
Vertubleu quel homme , que homme , quel
homme !
Vertubleu ! quel homme que notre bon Ro
De cinq Enfans Pere ,
Agé de vingt ans !
L'avanture eft fiere ;
Buyons , mes enfans. Vertubleu , 86,
Ma foi , nos Provinces ,
S'il va de ce pas ,
A tant de beaux Princes
Ne fuffiront pas. Vertubles , & c
L
2108 MERCURE DE FRANCE
Cherchons leur des titres ;
Verfez- moi du vin ;
Ouvrons les Regiſtres ,
Du Dieu du Raifin. Vertubleu , & c
Champagne & Bourgogne ,
S'offrent à mes yeux ;
11 eft en Gascogne ,
Du jus précieux. Vertubleu , & c.
Ah ! pour notre Sire ,
Quel contentement ,
De fe reproduire
Si facilement. Vertubleu , & c.
Rempliffez mon verre,;
Portons par nos chants ,
Au bout de la Terre ,
Ses heureux talens. Vertubleu , & c,
Cher Bacchus , arrange
Tes bienfaits pour nous ;
Regle la vendange ,
1
Sur des dons fi doux. Vertublen , &c
Pour tant de Naiffances
Voice qu'il nous faur ;
+1
Dans
SEPTEMBRE. 1730. 2109
Dans tes Ordonnances ,
Songe qu'il fait chaud. Vertubleu , &c.
Que pour notre Reine ,
Des Dieux bienfaiſans ,
Notre amour obtienne ,
S'il fe peut , cent ans. Vertubleu , &c.
Mon Dieu ! qu'elle eft bonne !
Vuidons nos flacons :
Les biens qu'elle donne ,
Suivent nos moiffons. Vertubleu , &c.
S'il étoit Grand- Pere ,
Dans dix ans d'icy ,
La plaifante affaire !
Le Vieillard joly ! Vertubleu , &c.
A l'occafion de la Naiffance de Monfeit
gneur le Duc D'ANJOU , fur l'Air ,
Compere Gregoire.
JEE veux à mon Maître ,
Boire comme un trou ;
Il vient de nous naître ,
Un beau DuC D'ANJOU :
Vertubleu quel homme , que homme , quel
homme !
Vertubleu ! quel homme que notre bon Ro
De cinq Enfans Pere ,
Agé de vingt ans !
L'avanture eft fiere ;
Buyons , mes enfans. Vertubleu , 86,
Ma foi , nos Provinces ,
S'il va de ce pas ,
A tant de beaux Princes
Ne fuffiront pas. Vertubles , & c
L
2108 MERCURE DE FRANCE
Cherchons leur des titres ;
Verfez- moi du vin ;
Ouvrons les Regiſtres ,
Du Dieu du Raifin. Vertubleu , & c
Champagne & Bourgogne ,
S'offrent à mes yeux ;
11 eft en Gascogne ,
Du jus précieux. Vertubleu , & c.
Ah ! pour notre Sire ,
Quel contentement ,
De fe reproduire
Si facilement. Vertubleu , & c.
Rempliffez mon verre,;
Portons par nos chants ,
Au bout de la Terre ,
Ses heureux talens. Vertubleu , & c,
Cher Bacchus , arrange
Tes bienfaits pour nous ;
Regle la vendange ,
1
Sur des dons fi doux. Vertublen , &c
Pour tant de Naiffances
Voice qu'il nous faur ;
+1
Dans
SEPTEMBRE. 1730. 2109
Dans tes Ordonnances ,
Songe qu'il fait chaud. Vertubleu , &c.
Que pour notre Reine ,
Des Dieux bienfaiſans ,
Notre amour obtienne ,
S'il fe peut , cent ans. Vertubleu , &c.
Mon Dieu ! qu'elle eft bonne !
Vuidons nos flacons :
Les biens qu'elle donne ,
Suivent nos moiffons. Vertubleu , &c.
S'il étoit Grand- Pere ,
Dans dix ans d'icy ,
La plaifante affaire !
Le Vieillard joly ! Vertubleu , &c.
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Résumé : CHANSON DE TABLE. A l'occasion de la Naissance de Monseigneur le DUC D'ANJOUE, sur l'Air, Compere Gregoire.
Le texte est une chanson de table célébrant la naissance du Duc d'Anjou, fils du roi de France. Le roi, âgé de vingt ans et père de cinq enfants, est loué pour sa virilité. La chanson exprime la joie et l'espoir que les provinces françaises, telles que la Champagne, la Bourgogne et la Gascogne, pourront accueillir de nombreux princes. Elle invite à boire en l'honneur du roi et de la reine. La chanson souhaite longévité et bonheur à la reine et imagine avec humour le roi devenant grand-père rapidement. Elle se termine par des vœux de prospérité et de bonheur pour la famille royale.
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5590
p. 2109-2110
« Le jour que la Reine accoucha du Duc d'Anjou, le Roi entendit à sa Messe [...] »
Début :
Le jour que la Reine accoucha du Duc d'Anjou, le Roi entendit à sa Messe [...]
Mots clefs :
Naissance du duc d'Anjou, Symphonie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le jour que la Reine accoucha du Duc d'Anjou, le Roi entendit à sa Messe [...] »
Le jour que la Reine accoucha du
Duc d'Anjou , le Roi entendit à fa Meffe
le Te Deum de M. de Blamont , Sur- Intendant
de la Mufique de Sa Majefté ; il fut accompagné
de Timbales & Trompettes , &
l'execution en fut admirable . Le foir le
Roi eut à fon grand couvert une Symphonie
de la compofition du même Auteur ;
elle fut executée par les Muficiens de la
Chambre & de la Chapelle de S. M. le 3 .
Sep2110
MERCURE DE FRANCE
Septembre , les Vingt - quatre jouerent la
mênte Symphonie pendant le dîné du
Roi , & S. M. en parut fatisfaite.
Duc d'Anjou , le Roi entendit à fa Meffe
le Te Deum de M. de Blamont , Sur- Intendant
de la Mufique de Sa Majefté ; il fut accompagné
de Timbales & Trompettes , &
l'execution en fut admirable . Le foir le
Roi eut à fon grand couvert une Symphonie
de la compofition du même Auteur ;
elle fut executée par les Muficiens de la
Chambre & de la Chapelle de S. M. le 3 .
Sep2110
MERCURE DE FRANCE
Septembre , les Vingt - quatre jouerent la
mênte Symphonie pendant le dîné du
Roi , & S. M. en parut fatisfaite.
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Résumé : « Le jour que la Reine accoucha du Duc d'Anjou, le Roi entendit à sa Messe [...] »
Le texte décrit les célébrations de la naissance du Duc d'Anjou. Le Roi a entendu le Te Deum de M. de Blamont, Sur-Intendant de la Musique, accompagné de timbales et trompettes. Le soir suivant, une symphonie du même auteur a été jouée par les musiciens de la Chambre et de la Chapelle. En septembre, les Vingt-quatre musiciens ont interprété cette symphonie lors du dîner du Roi, qui en a été satisfait.
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5591
p. 2110-2111
EXTRAIT d'une Lettre écrite de Châlons le 5. Septembre 1730.
Début :
Mr le Pelletier de Beaupré, notre Intendant, n'eut pas plutôt appris [...]
Mots clefs :
Naissance du duc d'Anjou, Repas, Bal
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'une Lettre écrite de Châlons le 5. Septembre 1730.
EXTRAIT d'une Lettre écrite de Châlons
le 5. Septembre 1730.
Mintendant , n'eut pas plutôt
appris
le Pelletier de Beaupré , notre
la nouvelle de la Naiffance de M. le Duc
d'Anjou , qu'il donna une Fête brillante
& magnifique à tout ce qu'il y a de per
fonnes de confideration dans cette Ville
cette Fête commença Lundi dernier à
8. heures du foir par 2. Fontaines de vin
qui coulerent toute la nuit , fon Hôtel fut
tout illuminé ; le Jardin étoit rempli d'un
infinité de Lampions , de Pots à feu, rangez
avec beaucoup d'art , ce qui faifoit un
très-bel effet ; il y eut Baf, qui fut interrompu
pour voir tirer une quantité
confiderable de Fufées ; on fervit enfuite
un Ambigu avec une profufion , une délicateffe
& une propteté qui fit admirer
Le bon gout de M. l'Intendant , qui pendant
ce Repas ne fe mit à aucune des ,
tables , fe portant par tout pour que rien
ne manquât , répondant à toutes les fantez
qui lui furent portées avec une attention
& une politeffe qui
accompagne
toutes les actions. M. le Pelletier ayant
porté la fanté de S. Majefté , une quantité
dé
SEPTEMBRE. 1730. 2111
de Boëtes & de petits Canons firent trois
décharges ; après le Repas , qui dura
très-long- temps , le Bal recommença jufqu'au
jour ; on fervit toutes fortes de ra
fraîchiffemens & des Glaces en abondance
; tous les Convives fe retirerent avec
une parfaite fatisfaction .
le 5. Septembre 1730.
Mintendant , n'eut pas plutôt
appris
le Pelletier de Beaupré , notre
la nouvelle de la Naiffance de M. le Duc
d'Anjou , qu'il donna une Fête brillante
& magnifique à tout ce qu'il y a de per
fonnes de confideration dans cette Ville
cette Fête commença Lundi dernier à
8. heures du foir par 2. Fontaines de vin
qui coulerent toute la nuit , fon Hôtel fut
tout illuminé ; le Jardin étoit rempli d'un
infinité de Lampions , de Pots à feu, rangez
avec beaucoup d'art , ce qui faifoit un
très-bel effet ; il y eut Baf, qui fut interrompu
pour voir tirer une quantité
confiderable de Fufées ; on fervit enfuite
un Ambigu avec une profufion , une délicateffe
& une propteté qui fit admirer
Le bon gout de M. l'Intendant , qui pendant
ce Repas ne fe mit à aucune des ,
tables , fe portant par tout pour que rien
ne manquât , répondant à toutes les fantez
qui lui furent portées avec une attention
& une politeffe qui
accompagne
toutes les actions. M. le Pelletier ayant
porté la fanté de S. Majefté , une quantité
dé
SEPTEMBRE. 1730. 2111
de Boëtes & de petits Canons firent trois
décharges ; après le Repas , qui dura
très-long- temps , le Bal recommença jufqu'au
jour ; on fervit toutes fortes de ra
fraîchiffemens & des Glaces en abondance
; tous les Convives fe retirerent avec
une parfaite fatisfaction .
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Résumé : EXTRAIT d'une Lettre écrite de Châlons le 5. Septembre 1730.
Le 5 septembre 1730, à Châlons, l'intendant Pelletier de Beaupré organisa une fête somptueuse pour célébrer la naissance du Duc d'Anjou. Les festivités commencèrent le lundi précédent à 20 heures avec deux fontaines de vin. L'hôtel de l'intendant fut illuminé et le jardin décoré de lampions et pots à feu. Un bal fut interrompu pour le tir de fusées. Un repas fut ensuite servi avec profusion et délicatesse. L'intendant circula parmi les convives pour s'assurer du bon déroulement de la soirée. Après un toast à la santé du roi, des salves furent tirées. Le bal reprit jusqu'au matin, avec des rafraîchissements et des glaces servis en abondance. Les invités quittèrent la fête pleinement satisfaits.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5592
p. 2111-2112
RÉJOUISSANCES faites à Rennes pour la Naissance de M. le Duc d'Anjou.
Début :
Les ordres du Roi étant arrivés à Rennes, le Te Deum fut chanté à la [...]
Mots clefs :
Hôtel, Naissance du duc d'Anjou, Rennes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RÉJOUISSANCES faites à Rennes pour la Naissance de M. le Duc d'Anjou.
REJOUISSANCES faites à Ren
nes pour la Naiffance de M. le Duc
d'Anjou.
L
Es ordres du Roi étant arrivés à
Rennes , le Te Deum fut chanté à la
Cathedrale par la Mufique du Chapitre;
le Parlement y affifta en Robes rouges ,
& en grand nombre , quoiqu'il foit ent
vacance , ayant à fa tête M. le Préfident
de Caré. Il y eut un grand feu devant la
Maifon de Ville qui fut allumé par les
Maire & Echevins. Le Te Deum fini ,
tout ce qu'il y a de gens qualifiés , tant
du Parlement que de la Nobleffe , de l'un
& de l'autre fexe , fe rendirent à l'Hôtel
de M. le Préfident de Caré , qui les avoit
fait inviter. La Fête commença par un
Concert qui fut executé par les Muft
ciens de l'Académie de Mufique de Rennes.
Les Appartemens qui étoient trèsbien
ornés furent remplis des Dames de
la Ville fort parées , ce qui faifoit un fort
beau fpectacle. On commença par le Te
Deum
2112 MERCURE DE FRANCE
Deum de M. de la Lande , qui fut ſuivi
de plufieurs beaux morceaux de Muſique
qui revenoient au fujet , & qui furent
executés avec tout le gout imaginable ;
les Rafraîchiffemens y furent fervis abondament.
Le Concert étant fini à l'entrée de la
nuit , tout l'Hôtel parut en feu par une
Illumination auffi brillante que bien entendue
; on voyoit à toutes les fenêtres
des Repréſentations , des rochers embrafés
, ce qui faifoit un coup d'oeil charmant.
Au même moment , il fut allumé
un feu devant l'Hôtel de M. le Préfident
au bruit des Tambours & des Boëtes de
la Ville , ce qui fut accompagné d'un
nombre infini de fufées. Toute la nuit
des Fontaines de vin coulerent pour le
peuple qui s'y trouva dans une affluence
étonnante ; tout cela fut fuivi d'un magnifique
foupé , où la délicateffe , l'abondance
& le bon gout regnerent égale
ment ; on y but la fanté du Roi , de la
Reine , de Monfeigneur le Dauphin , de
Monfeigneur le Duc d'Ajou , de toute la
Maiſon Royale , de fon Alteffe Sereniffime
le Comte de Toulouſe & de M. le Maréchal
d'Eftrées ; chaque fanté fut fuivic
d'une falve de Boëtes .
nes pour la Naiffance de M. le Duc
d'Anjou.
L
Es ordres du Roi étant arrivés à
Rennes , le Te Deum fut chanté à la
Cathedrale par la Mufique du Chapitre;
le Parlement y affifta en Robes rouges ,
& en grand nombre , quoiqu'il foit ent
vacance , ayant à fa tête M. le Préfident
de Caré. Il y eut un grand feu devant la
Maifon de Ville qui fut allumé par les
Maire & Echevins. Le Te Deum fini ,
tout ce qu'il y a de gens qualifiés , tant
du Parlement que de la Nobleffe , de l'un
& de l'autre fexe , fe rendirent à l'Hôtel
de M. le Préfident de Caré , qui les avoit
fait inviter. La Fête commença par un
Concert qui fut executé par les Muft
ciens de l'Académie de Mufique de Rennes.
Les Appartemens qui étoient trèsbien
ornés furent remplis des Dames de
la Ville fort parées , ce qui faifoit un fort
beau fpectacle. On commença par le Te
Deum
2112 MERCURE DE FRANCE
Deum de M. de la Lande , qui fut ſuivi
de plufieurs beaux morceaux de Muſique
qui revenoient au fujet , & qui furent
executés avec tout le gout imaginable ;
les Rafraîchiffemens y furent fervis abondament.
Le Concert étant fini à l'entrée de la
nuit , tout l'Hôtel parut en feu par une
Illumination auffi brillante que bien entendue
; on voyoit à toutes les fenêtres
des Repréſentations , des rochers embrafés
, ce qui faifoit un coup d'oeil charmant.
Au même moment , il fut allumé
un feu devant l'Hôtel de M. le Préfident
au bruit des Tambours & des Boëtes de
la Ville , ce qui fut accompagné d'un
nombre infini de fufées. Toute la nuit
des Fontaines de vin coulerent pour le
peuple qui s'y trouva dans une affluence
étonnante ; tout cela fut fuivi d'un magnifique
foupé , où la délicateffe , l'abondance
& le bon gout regnerent égale
ment ; on y but la fanté du Roi , de la
Reine , de Monfeigneur le Dauphin , de
Monfeigneur le Duc d'Ajou , de toute la
Maiſon Royale , de fon Alteffe Sereniffime
le Comte de Toulouſe & de M. le Maréchal
d'Eftrées ; chaque fanté fut fuivic
d'une falve de Boëtes .
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Résumé : RÉJOUISSANCES faites à Rennes pour la Naissance de M. le Duc d'Anjou.
À Rennes, des festivités furent organisées pour célébrer la naissance du Duc d'Anjou. À l'annonce des ordres royaux, un Te Deum fut chanté à la cathédrale par la musique du Chapitre, en présence du Parlement en robes rouges, dirigé par M. le Président de Caré. Un grand feu fut allumé devant la Maison de Ville par le Maire et les Échevins. Après le Te Deum, des personnalités du Parlement, de la noblesse et des deux sexes se rendirent à l'Hôtel de M. le Président de Caré. La fête débuta par un concert exécuté par les musiciens de l'Académie de Musique de Rennes. Les appartements, ornés et remplis de dames élégamment parées, offraient un spectacle magnifique. Le concert, composé de morceaux appropriés, fut suivi de rafraîchissements abondants. À la nuit tombée, l'Hôtel fut illuminé, avec des représentations et des rochers enflammés aux fenêtres. Un feu fut également allumé devant l'Hôtel, accompagné de tambours et de salves d'artillerie. Toute la nuit, des fontaines de vin coulèrent pour le peuple, et un somptueux souper fut servi, au cours duquel des toasts furent portés à la santé du Roi, de la Reine, du Dauphin, du Duc d'Anjou, de la Maison Royale, du Comte de Toulouse et du Maréchal d'Estrées, chaque toast étant suivi de salves d'artillerie.
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5593
p. 2113-2114
MORTS, NAISSANCES & Mariages.
Début :
Jean-Baptiste Foubert de Bizy, Chevalier de l'Ordre Militaire de S. Jean de Latran, premier [...]
Mots clefs :
Marquis, Comte, Lieutenant, Armée, Chevalier
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texteReconnaissance textuelle : MORTS, NAISSANCES & Mariages.
MORTS , NAISSANCES
& Mariages.
J
Ean - Baptifte Foubert de Bizy , Chevalier de
P'Ordre Militaire de S. Jean de Latran , premier
Secretaire dans les Ambaffades du Marquis
de Bonac à la Porte Ottomanne & en Suiffe ,
mourut le 22. Août , âgé d'environ 42. ans,
Louis de Quelen- Stuart de Cauffade , Comt
de la Vauguyon , Meftre de Camp de Cavaleriee
mourut à Valenciennes le 25. du mois dernier
âgé de 25. ans.
M. Henry de Fabry , Comte d'Autrey , Meſtré
de Camp du Regiment de la Sarre , mourut à
Verfailles le 1. de ce mois , âgé de 42. ans .
Monfieur Benjamin - Louis Frottier , Marquis
de la Cofte Meffeliere , Lieutenant de Roy du
Poitou , mourut à Paris le 5. âgé de 64. ans .
Dame Marie-Anne Delorme , veuve de Meffire
Pierre Debas , Seigneur Dujelle , & au jour de
fon décès époufa M.Louis le Couftellier, Ecuyer,
'Comte de Liliers ; Brigadier des Armées du Roy
Chevalier de l'Ordre de S. Louis , décedée le 8.
Septembre , âgée de 95. ans.
Le 1o. Guichard-Jofeph Duvernay , Confeiller
, Medecin ordinaire du Roy , Profeffeur en
Anatomie & Chirurgie au Jardin Royal des
Plantes , & de l'Académie Royale des Sciences ,
mourut âgé de 82. ans , extrémement regretté.
Le même jour , Louis- Charles , Marquis de
la Châtre , Lieutenant General des Armées du
Roy , & Gouverneur du Fort de Pequay , mourut
à Paris âgé de 69. ans. Il y a quelques an
nées que le Roy avoit accordé au Comte de
Nançai, Mestre de Camp du Regiment de Bearn,
9
$1
2114 MERCURE DE FRANCE
le Gouvernement du Fort de Pequay , en furvi .
vance du Marquis de la Châtre , fon pere .
Le 18. Septembre , Dame Louife de Meures ,
veuve de Jean de Vivans , Marquis de Noaillac ,
Seigneur de Pufches , Montluc , & c. Lieutenant
General des Armées du Roy , mourut dans une
des Terres du Marquis de Jaucourt fon gendre ,
dans le Nivernois , âgée de 51 , ans d'une efquinancie
, après cinq jours de maladie : c'étoit
une Dame très- vertueufe & très-charitable. Elle
laiffe une fille unique qui eft Madame la Marquife
de Jaucourt , heritiere de tous les biens ,
ainfi que de fes vertus.
>
Cefar Alexandre , Comte de Gouffier , veuf
de Marguerite Henriette de Gouffier , époufa le
7. Septembre D. Marie Charlotte de Gouffier
veuve de Charles Madeleine Colbert , Cornette
des Chevaux -Legers de la Garde du Roi .
Anne Leon de Montmorency , fils de Leon de
Montmorency , & de D. Marie Madeleine de
Ponflemotte de l'Etoile de Montbrifeuil , époufa
le 11. D. Anne Marie Barbe - de- ville , fille de feu
Armand , Baron de ville &c . & de D. Anne Barbe
de Courcelles .
Gafpard de Fortia , Marquis de Montreal
Meftre de Camp de Cavalerie , Chevalier de Saint
Louis , veuf de D. Anne Marie de Vaugué, époufa
le 14. Marie- Anne de Fortia , fille de Charles-
Jofeph de Fortia , Confeiller d'Etat , & de feu D:
Marie Madeleine Thomas.
Jofeph d'Apchier , Comte de la Baume &c.
Grand Sénéchal de Provence , fils de feu Philip
pes d'Apchier ; Comte de la Baume &c. & de D,
Gabrielle de Genitoux de la Tourelle , époufa le
23. D. Anne Marguerite Guénet de Franqueville,
fille de feu Touffaint , Marquis de Franqueville ,
&c. & de D, Madeleine d'Anviré de Machon
ville.
& Mariages.
J
Ean - Baptifte Foubert de Bizy , Chevalier de
P'Ordre Militaire de S. Jean de Latran , premier
Secretaire dans les Ambaffades du Marquis
de Bonac à la Porte Ottomanne & en Suiffe ,
mourut le 22. Août , âgé d'environ 42. ans,
Louis de Quelen- Stuart de Cauffade , Comt
de la Vauguyon , Meftre de Camp de Cavaleriee
mourut à Valenciennes le 25. du mois dernier
âgé de 25. ans.
M. Henry de Fabry , Comte d'Autrey , Meſtré
de Camp du Regiment de la Sarre , mourut à
Verfailles le 1. de ce mois , âgé de 42. ans .
Monfieur Benjamin - Louis Frottier , Marquis
de la Cofte Meffeliere , Lieutenant de Roy du
Poitou , mourut à Paris le 5. âgé de 64. ans .
Dame Marie-Anne Delorme , veuve de Meffire
Pierre Debas , Seigneur Dujelle , & au jour de
fon décès époufa M.Louis le Couftellier, Ecuyer,
'Comte de Liliers ; Brigadier des Armées du Roy
Chevalier de l'Ordre de S. Louis , décedée le 8.
Septembre , âgée de 95. ans.
Le 1o. Guichard-Jofeph Duvernay , Confeiller
, Medecin ordinaire du Roy , Profeffeur en
Anatomie & Chirurgie au Jardin Royal des
Plantes , & de l'Académie Royale des Sciences ,
mourut âgé de 82. ans , extrémement regretté.
Le même jour , Louis- Charles , Marquis de
la Châtre , Lieutenant General des Armées du
Roy , & Gouverneur du Fort de Pequay , mourut
à Paris âgé de 69. ans. Il y a quelques an
nées que le Roy avoit accordé au Comte de
Nançai, Mestre de Camp du Regiment de Bearn,
9
$1
2114 MERCURE DE FRANCE
le Gouvernement du Fort de Pequay , en furvi .
vance du Marquis de la Châtre , fon pere .
Le 18. Septembre , Dame Louife de Meures ,
veuve de Jean de Vivans , Marquis de Noaillac ,
Seigneur de Pufches , Montluc , & c. Lieutenant
General des Armées du Roy , mourut dans une
des Terres du Marquis de Jaucourt fon gendre ,
dans le Nivernois , âgée de 51 , ans d'une efquinancie
, après cinq jours de maladie : c'étoit
une Dame très- vertueufe & très-charitable. Elle
laiffe une fille unique qui eft Madame la Marquife
de Jaucourt , heritiere de tous les biens ,
ainfi que de fes vertus.
>
Cefar Alexandre , Comte de Gouffier , veuf
de Marguerite Henriette de Gouffier , époufa le
7. Septembre D. Marie Charlotte de Gouffier
veuve de Charles Madeleine Colbert , Cornette
des Chevaux -Legers de la Garde du Roi .
Anne Leon de Montmorency , fils de Leon de
Montmorency , & de D. Marie Madeleine de
Ponflemotte de l'Etoile de Montbrifeuil , époufa
le 11. D. Anne Marie Barbe - de- ville , fille de feu
Armand , Baron de ville &c . & de D. Anne Barbe
de Courcelles .
Gafpard de Fortia , Marquis de Montreal
Meftre de Camp de Cavalerie , Chevalier de Saint
Louis , veuf de D. Anne Marie de Vaugué, époufa
le 14. Marie- Anne de Fortia , fille de Charles-
Jofeph de Fortia , Confeiller d'Etat , & de feu D:
Marie Madeleine Thomas.
Jofeph d'Apchier , Comte de la Baume &c.
Grand Sénéchal de Provence , fils de feu Philip
pes d'Apchier ; Comte de la Baume &c. & de D,
Gabrielle de Genitoux de la Tourelle , époufa le
23. D. Anne Marguerite Guénet de Franqueville,
fille de feu Touffaint , Marquis de Franqueville ,
&c. & de D, Madeleine d'Anviré de Machon
ville.
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Résumé : MORTS, NAISSANCES & Mariages.
Le texte mentionne plusieurs décès de personnalités notables. Jean-Baptiste Foubert de Bizy, secrétaire dans les ambassades, est mort à 42 ans. Louis de Quelen-Stuart de Cauffade, maître de camp de cavalerie, est décédé à 25 ans. Henry de Fabry, comte d'Autrey et maître de camp du régiment de la Sarre, est mort à 42 ans. Benjamin-Louis Frottier, marquis de la Coste-Messeliere et lieutenant du roi du Poitou, est décédé à 64 ans. Marie-Anne Delorme, veuve de Pierre Debas, est morte à 95 ans. Guichard-Joseph Duvernay, médecin du roi et professeur en anatomie, est décédé à 82 ans. Louis-Charles, marquis de la Châtre et lieutenant général des armées du roi, est mort à 69 ans. Louise de Meures, veuve de Jean de Vivans et marquise de Noaillac, est décédée à 51 ans. Le texte évoque également plusieurs mariages. César Alexandre, comte de Gouffier, a épousé Marie Charlotte de Gouffier. Anne Léon de Montmorency a épousé Anne Marie Barbe de Ville. Gaspard de Fortia, marquis de Montréal, a épousé Marie-Anne de Fortia. Joseph d'Apchier, comte de la Baume, a épousé Anne Marguerite Guénet de Franqueville.
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5594
s. p.
TABLE
Début :
Pieces Fugitives. Portrait de l'homme 1903 IVe Lettre sur le Bureau Typografique, 1912 [...]
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texteReconnaissance textuelle : TABLE
TABLE
Leces Fugitives. Portrait de l'homme 1903
IVe Lettre fur le Bureau Typografique, 1912
Ode prefentée aux Jeux Floraux 1935
1940
Lettre & Ode fur la Naiffance de M. le Dau
phin
Réplique fur laMéthode d'Acompagnement , 1945
Madrigal 1951
Dernier Mémoire fur l'Hift. du Comté d'Eu , 1952
Stances tirées des Vers de Seneque
Eloge du Pere du Cerceau
Le Renard & l'Afne , Fable
Lettre fur l'Eloge des Hommes Illuftres
Bouquet d'un Buveur ,
1961
1962
1667
1969
1972
Jugement des Anglois fur la Mathématique univerfelle
du P. C.
Madrigal
Enigmes & Logogryphes
1973
1988
Idem
NOUVELLES LITTERAIRES , &C. Abregé de
l'Hiftoire d'Angleterre 1990
-Effais hebdomadaires fur plufieurs fujets , 1994
Les quatre Facardins & c .
Panegyrique de S. Louis , Extrait
1998
2006
2010
Dictionnaire Univerfel du Commerce &c 2012
Cuvres de S. Bafile & c.
Nouveau Concert de fimphonie & c . 2014
Monftre marin , Lettre de la Hogue , & figure
Morts de quelques Sçavans
Chanfon notée & c.
2015
2018
2019
Ibid Spectacles
Le Bouquet du Roi , Piece en Vaudeville , Extrait
2022
La Foire des Poëtes , l'Ifle du Divorce & la Sylphide
&c . Extraits
Vaudeville
2032
2052
Nouvelles Etrangeres , de Turquie & Perfe , de
Ruffic , de Pologne
2054
D'Allemagne, Suite du Camp de Mulhberg, 205
D'Italie
Lettre écrite au Grand Duc
2068
207I
Réponse du Grand Duc , & Lettre de S. A. R. au
Pape
D'Efpagne , Angleterre & Hollande
Morts , Naiflances & c,
2072
2074
2076
France , Nouvelles de la Cour , de Paris 2077
Ode fur la Naiffance du Duc d'Anjou
-2083
Lettre du Roi à l'Archevêque de Paris
Mandement
2095
2094
Autre Mandement , 2096
2097
2100
2117
2120
2123
Leces Fugitives. Portrait de l'homme 1903
IVe Lettre fur le Bureau Typografique, 1912
Ode prefentée aux Jeux Floraux 1935
1940
Lettre & Ode fur la Naiffance de M. le Dau
phin
Réplique fur laMéthode d'Acompagnement , 1945
Madrigal 1951
Dernier Mémoire fur l'Hift. du Comté d'Eu , 1952
Stances tirées des Vers de Seneque
Eloge du Pere du Cerceau
Le Renard & l'Afne , Fable
Lettre fur l'Eloge des Hommes Illuftres
Bouquet d'un Buveur ,
1961
1962
1667
1969
1972
Jugement des Anglois fur la Mathématique univerfelle
du P. C.
Madrigal
Enigmes & Logogryphes
1973
1988
Idem
NOUVELLES LITTERAIRES , &C. Abregé de
l'Hiftoire d'Angleterre 1990
-Effais hebdomadaires fur plufieurs fujets , 1994
Les quatre Facardins & c .
Panegyrique de S. Louis , Extrait
1998
2006
2010
Dictionnaire Univerfel du Commerce &c 2012
Cuvres de S. Bafile & c.
Nouveau Concert de fimphonie & c . 2014
Monftre marin , Lettre de la Hogue , & figure
Morts de quelques Sçavans
Chanfon notée & c.
2015
2018
2019
Ibid Spectacles
Le Bouquet du Roi , Piece en Vaudeville , Extrait
2022
La Foire des Poëtes , l'Ifle du Divorce & la Sylphide
&c . Extraits
Vaudeville
2032
2052
Nouvelles Etrangeres , de Turquie & Perfe , de
Ruffic , de Pologne
2054
D'Allemagne, Suite du Camp de Mulhberg, 205
D'Italie
Lettre écrite au Grand Duc
2068
207I
Réponse du Grand Duc , & Lettre de S. A. R. au
Pape
D'Efpagne , Angleterre & Hollande
Morts , Naiflances & c,
2072
2074
2076
France , Nouvelles de la Cour , de Paris 2077
Ode fur la Naiffance du Duc d'Anjou
-2083
Lettre du Roi à l'Archevêque de Paris
Mandement
2095
2094
Autre Mandement , 2096
2097
2100
2117
2120
2123
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Résumé : TABLE
Le document présente une liste chronologique d'œuvres littéraires et de correspondances s'étendant de 1667 à 2123. Les genres incluent des poèmes, des lettres, des fables, des mémoires, des panégyriques, des vaudevilles, des dictionnaires et des nouvelles littéraires. Parmi les œuvres notables figurent 'Leces Fugitives. Portrait de l'homme' (1903), 'Ode présentée aux Jeux Floraux' (1935), 'Réplique sur la Méthode d'Acompagnement' (1945) et 'Dernier Mémoire sur l'Histoire du Comté d'Eu' (1952). Le texte mentionne également des écrits sur divers sujets tels que l'histoire d'Angleterre et la mathématique universelle. Des nouvelles étrangères proviennent de Turquie, de Perse, de Russie, de Pologne, d'Allemagne, d'Italie, d'Espagne, d'Angleterre et de Hollande. Les dernières entrées, datées de 2123, concernent des lettres et des mandements royaux.
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5595
s. p.
Errata d'Août.
Début :
Page 1719. au sixiéme Vers seratus incidere, lisez se ratus insidere. P. 1870. l. 12. du Roi, [...]
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texteReconnaissance textuelle : Errata d'Août.
Errata d'Août.
Age 1719. au fixiéme Vers feratus incidere ,
life fe ratus infidere. P. 1870. I. 12. du Roi,
ôtez ces mots . P. 1871. l . 14. en l . eft. Ibid. 1. 16.
jamais , ajoutez vû. P. 1877. 1. 17. pour l on,
P. 1878. 1. 7. Pampliani /. Pompiliani.
Age 1719. au fixiéme Vers feratus incidere ,
life fe ratus infidere. P. 1870. I. 12. du Roi,
ôtez ces mots . P. 1871. l . 14. en l . eft. Ibid. 1. 16.
jamais , ajoutez vû. P. 1877. 1. 17. pour l on,
P. 1878. 1. 7. Pampliani /. Pompiliani.
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5596
s. p.
« L'Air noté doit regarder la page 2019 [...] »
Début :
L'Air noté doit regarder la page 2019 [...]
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texteReconnaissance textuelle : « L'Air noté doit regarder la page 2019 [...] »
notédoit regarder la page #2019
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5597
s. p.
Fautes à corriger dans ce Livre.
Début :
Page 1904. ligne 14. de lisez dans. P. 1910. l. 23. qu'il lui l. qui leur, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Fautes à corriger dans ce Livre.
Fautes à corriger dans ce Livre.
Age 1904. ligne 14. de lifez dans.
P. 1910. 1. 23. qu'il lui 7. qui leur,
P. 1911. 1. 14. eſt l. ce
P
P. 1929 1.6. Lalatís l, Latins.
P. 1932. 1. 14. tode l. métode.
P. 1942. 1. 15. & mes l. & de mes.
Ibid. 1. 16 qu'un l. qu'une.
P. 1717.1. 19. cela qui . c'est ce qui.
P. 1993. 1. 6. Abbadic 1. Abbadie,
P. 2004. 1. 22. Prédeftinatiens l. Prédeſtinations,
P. 2052. 1. 7. nous l . vous.
P. 2066. 1. 15. la joye generale , l. la joye fut.
Age 1904. ligne 14. de lifez dans.
P. 1910. 1. 23. qu'il lui 7. qui leur,
P. 1911. 1. 14. eſt l. ce
P
P. 1929 1.6. Lalatís l, Latins.
P. 1932. 1. 14. tode l. métode.
P. 1942. 1. 15. & mes l. & de mes.
Ibid. 1. 16 qu'un l. qu'une.
P. 1717.1. 19. cela qui . c'est ce qui.
P. 1993. 1. 6. Abbadic 1. Abbadie,
P. 2004. 1. 22. Prédeftinatiens l. Prédeſtinations,
P. 2052. 1. 7. nous l . vous.
P. 2066. 1. 15. la joye generale , l. la joye fut.
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5598
p. [2115]-2116
AU ROY, SONNET.
Début :
A Son Char Autrefois, enchaînant la Victoire, [...]
Mots clefs :
Louis XIV, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AU ROY, SONNET.
AURO Y ,
SONNET.
Son Char autrefois , enchaînant la
Victoire ,
LOUIS , la foudre en main , a fcu
fes hauts faits , par
Forcer fes Ennemis à recevoir la paix ;
Triomphe qu'à jamais confacre la mémoire.
Louis XIV.
A ij Jeune
2116 MERCURE DE FRANCE
Jeune & fage héritier de fon Nom , de fa
gloire ,
Prince , fur qui le Ciel épuifa fes bienfaits ,
L'Europe entiere acorde à tes voeux fatisfaits
Un triomple plus doux , plus difficile à croire.
Digne arbitre des droits des plus grands Potentats
?
Grand Roy , pour rendre enfin le calme à leurs
Etats ,
Ce n'eft plus que fur toi que leur eſpoir fe fonde
La Difcorde aux abois fous tes coups va périr .
'Achéve , heureux LOUIS , donne la paix au
Monde ,
L'effort en eft plus grand que de le conquérir.
Par M. l'Abbé LE BLAN C.
SONNET.
Son Char autrefois , enchaînant la
Victoire ,
LOUIS , la foudre en main , a fcu
fes hauts faits , par
Forcer fes Ennemis à recevoir la paix ;
Triomphe qu'à jamais confacre la mémoire.
Louis XIV.
A ij Jeune
2116 MERCURE DE FRANCE
Jeune & fage héritier de fon Nom , de fa
gloire ,
Prince , fur qui le Ciel épuifa fes bienfaits ,
L'Europe entiere acorde à tes voeux fatisfaits
Un triomple plus doux , plus difficile à croire.
Digne arbitre des droits des plus grands Potentats
?
Grand Roy , pour rendre enfin le calme à leurs
Etats ,
Ce n'eft plus que fur toi que leur eſpoir fe fonde
La Difcorde aux abois fous tes coups va périr .
'Achéve , heureux LOUIS , donne la paix au
Monde ,
L'effort en eft plus grand que de le conquérir.
Par M. l'Abbé LE BLAN C.
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Résumé : AU ROY, SONNET.
Le sonnet de l'Abbé Le Blanc célèbre Louis XIV et son fils, le Grand Dauphin. Louis XIV est comparé à Jupiter, imposant la paix par ses exploits militaires. Le Dauphin est loué pour sa sagesse et ses succès pacifiques, acclamés en Europe. Il est présenté comme un arbitre capable de rétablir la paix. Le sonnet se conclut par un appel à Louis XIV pour achever son œuvre en apportant la paix au monde.
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5599
p. 2116-2117
L'AMOUR DÉGUISÉ. ODE ANACREONTIQUE.
Début :
Je rencontrai l'autre jour [...]
Mots clefs :
Amour
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texteReconnaissance textuelle : L'AMOUR DÉGUISÉ. ODE ANACREONTIQUE.
L'AMOUR DEGUISE'.
O DE ANACREONTIQUE,
J
E rencontrai l'autre jour
Cupidon , ce petit traître ;
D'abord pour le Dieu d'Amour
J'eus peine à le reconoître.
Il n'avoit Arc , ni Carquois ,
Ni Traits pour lancer aux Belles ;
Er
OCTOBRE. 1730. 2117
Et pour la premiere fois
S'étoit fait couper les aîles.
Ses yeux étoient fans bandeau ;
La tête de fleurs ornée ,
Il n'avoit que le flambeau
Qui fert au Dieu d'Hyménée;
Amour ainfi déguiſé
Avoit tout l'air de fon Frere :
Le Fourbe ! qu'il eft ruſé !
Il ne fait rien fans miſtere.
Belles , il veut vous tromper;
Telle a toujours été ſage ,
Qui fe laiffe enfin dupper
Par l'efpoir du mariage.
Par le mêmer
O DE ANACREONTIQUE,
J
E rencontrai l'autre jour
Cupidon , ce petit traître ;
D'abord pour le Dieu d'Amour
J'eus peine à le reconoître.
Il n'avoit Arc , ni Carquois ,
Ni Traits pour lancer aux Belles ;
Er
OCTOBRE. 1730. 2117
Et pour la premiere fois
S'étoit fait couper les aîles.
Ses yeux étoient fans bandeau ;
La tête de fleurs ornée ,
Il n'avoit que le flambeau
Qui fert au Dieu d'Hyménée;
Amour ainfi déguiſé
Avoit tout l'air de fon Frere :
Le Fourbe ! qu'il eft ruſé !
Il ne fait rien fans miſtere.
Belles , il veut vous tromper;
Telle a toujours été ſage ,
Qui fe laiffe enfin dupper
Par l'efpoir du mariage.
Par le mêmer
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Résumé : L'AMOUR DÉGUISÉ. ODE ANACREONTIQUE.
Le poème 'L'AMOUR DEGUISE' présente Cupidon sans arc, carquois, ni flèches, et les ailes coupées. Il tient un flambeau, symbole du dieu Hyménée. Le poète avertit les femmes que, déguisé ainsi, Amour peut les tromper en secret, même celles toujours sages, par l'espoir du mariage.
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5600
p. 2117-2141
CINQUIÈME LÈTRE sur l'usage des Cartes pour l'essaì du rudiment pratique de la langue latine, &c.
Début :
J'aprens avec bien du plaisir, Monsieur, que vous ètes à présent un peut au faìt. [...]
Mots clefs :
Mots, Enfants, Enfant, Cartes, Méthode, Verbes, Pratique de la langue latine, Collège, Écoliers, Exercice, Langue, Dictionnaire, A, B, C Latin, Français, Ignorance, Savant, Conjugaison, Pratique, Règles, Expérience
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CINQUIÈME LÈTRE sur l'usage des Cartes pour l'essaì du rudiment pratique de la langue latine, &c.
CINQUIE'ME LETRE sur l'usage des
Caries pour l'essai du rudiment pratique
de la langue latine , &c.
J'
'Aprens avec bien du plaisir,Monsieur,
que vous ètes à present un peu au fait
du bureau tipografique . L'auteur donera
encore bien des reflexions et des instruc-
A iij
tions
2118 MERCURE DE FRANCE
tions préliminaires sur la suite de l'atirail
literaire d'un enfant ; et le livre sur les
cinquante leçons des trois A , B , C latins
achevera de mètre cette métode dans
un plus grand jour : en atendant ce petit
ouvrage, voici quelques reflexions sur l'usage
des cartes , pour le rudiment pratique
de la langue latine. C'est l'auteur qui
parle.
La métode que j'ai donée pour montrer
les premiers élémens des lètres à un enfant
de 2 à 3 ans , peut également servir pour
lui enseigner ensuite les rudimens pratiques
de la langue latine ou de quelque
autre langue. Il faut toujours continuer
l'usage inftructif des cartes , et varier ce
jeu de tant de manieres , que l'enfant puisse
aprendre beaucoup en ne croyant que se
divertir. Ceus qui feront l'essai de ce jeu.
literaire en conoitront bientot l'utilité.
On a de la peine à s'écarter des vieilles
routes , et à s'éloigner des ancienes méto
des . On montre come l'on a été enseigné
soi-même , et l'on croit ordinaire-,
ment avoir été bien enseigné. Un sofisme
trivial d'autorité et d'imitation tient lieu
de raison : on suit aveuglément la pratique
des autres , au lieu de prendre de
tems en tems des voies diferentes. Que
risqueroit on dans cet essaì ? De perdre
tout au plus quelques anées : on auroit
cela
OCTOBRE . 1730. 2119
cela de comun avec la plupart des écoliers
enseignés selon les métodes vulgat→
res . Mais bien loin de perdre son tems
sans avoir apris ni les choses , ni la maniere
de les étudier , on sera étoné de voir
la rapidité des progrès d'un enfant exercé
suivant la métode du bureau tipografique.
On trouve bien des écoliers qui aïant
étudié des dis et douse ans sous d'habiles
maîtres , travaillé jour et nuit pour
ètre des premiers de leur classe , reçu
bien des pris et des aplaudissemens ; ne
laissent pas néanmoins ensuite de s'apercevoir
de leur ignorance et qu'ils ont mal
employé le tems pendant le long cours de
leurs classes. On doit conciure , par respect
pour les regens , qu'abusés par les métodes
ordinaires , l'abus passoit ensuite sur
leurs écoliers ; le tout de bone foi de la
part des uns , et selon le préjugé de la
part des autres. On se passione ordinairement
contre toutes les nouveles métodes ;
on les condane par provision et sans aucun
examen. Est - ce injustice , est- ce ignorance
; c'est peut-ètre quelquefois l'un et
l'autre ensemble.
Pour faire usage des cartes , on doit les
numeroter
, chifrer ou coter ,
chifrer ou coter , come étant
les feuillets
du livre de l'enfant : ce chifre
sert à ranger les cartes selon le jeu de la
A iiij
suite
2120 MERCURE DE FRANCE
suite grammaticale de l'article , des déclinaisons
, des noms , et des pronoms , et
de la conjugaison du verbe substantif
Sum ( je suis ), et des autres verbes qu'on
trouvera dans l'essal du rudiment pratique.
L'enfant aprendra donc à ranger sur
quelque table les déclinaisons et les conjugaisons
, mais il est mieus qu'il aprene
à les ranger sur le bureau tipografique.
On poura batre et mèler de tems en tems
ces petits jeus de cartes , afin que l'enfant
s'exerce à les remetre lui - mème dans
leur ordre ; ce qu'il fera aisément par le
moyen des chifres dont elles sont marquées.
Il faut qu'il lise ou recite ces cartes
à mesure qu'il les rangera ; et l'on aura
soin de lui doner en abregé les termes de
singulier, pluriel , nominat. gen. dat. ac.
voc. ablat. par les seules letres initiales :
S. P. N. G. D. A.V. Ab . metant sur une
carte en sis colones , les nombres , les cas ,
le mot latin , & c. en sorte que tout parolsse
distingué par les colones , les couleurs
, ou la diference des caracteres
Nom . Lun-a la Lune.
Gen. Lun- a de la Lune.
Dat. Lund à la Lune,&c.
Un enfant peut ensuite décliner les
cinq paradigmes des déclinaisons ou les
seules
OCTOBRE . 1730. 2121
seules terminaisons latines , tantot avec
françois , tantot sans françois , pour va
rier le jeu et se rendre plus fort sur cet
exercice ; il pratiquera la mème chose
pour le jeu des pronoms et des nombres.
Il faudra aussi imprimer ou écrire en
abregé sur des cartes les termes des tems,
des modes , des gerondifs , des supins , et
des participes ; les terminaisons actives et
passives des verbes latins et des verbes
françois , de mème que l'on a doné les
terminaisons des noms et des pronoms ;
ce qui joint à la totalité des combinai
sons des lètres , des sons , des chifres , et
des signes dont on se sert pour la ponctuation
, l'accentuation et la quantité ,
done l'abondance necessaire pour la casse
de l'imprimerie ; ainsi qu'onpoura le voir
dans la planche gravée exprès , et dans
l'article de la garniture du bureau .
>
Pour varier les jeus de cartes on poura
doner celui des déclinaisons avec les
scules terminaisons des cas , le mot latin
et le mot françois étant mis seulement
une fois come un titre , au haut de la
carte, partagée en deus colones , une moitié
pour le sing. et l'autre pour le plur.avec
l'article ou sans l'article pour les noms et
pour les pronoms. Exemple ,
A v Rofa
2122 MERCURE DE FRANCE
Rofa
Sing.
N ...
·
• a
la rose.
Plur.
arum
G.
D.
·
A.
V
&
am as ....
a
â is Ab ...
On fera la mème chose pour les tems
de l'Indicatif et du Subjonctif des verbes
, ne metant le françois qu'à la premiere
persone.
IND .
Pref.
SUB J.
S. S.
Amo , j'aime
Amem , que j'aime,
as
es
et at
P.
amus
atis
ant
P.
emus
etis
ent
Ces jeus de cartes doivent aussi ètre numerotés,
afin que l'enfant puisse les ranger
en une seule colone , les voir d'un coup
d'euil et les lire ou les reciter facilement
de suite , à mesure qu'il les rangera sur la
table du bureau , ou qu'il les parcoûra les
tenant dans sa main. Quand l'enfant saura
bien
OCTOBRE. 1730 , 2123
bien les terminaisons des noms et des
verbes , il déclinera et conjuguera tous
les mots qu'on lui donera. On ne sauroit
trop insister sur cet article , et l'on
poura pour lors se servir utilement des
tables analitiques et à crochets , faites
pour faciliter l'usage des declinaisons et
des conjugaisons , et pour orner le cabinet
d'un enfant .
Lorsqu'on voudra interoger l'écolier
sur les déclinaisons et sur les conjugaisons
, il ne faut pas suivre la métode
peu judicieuse de ces maitres qui demandent
trop tot , par exemple : Coment fait
Musa à l'acusatif plur? Quel est le genit.
plur. de Dominus ? Quelle est la troisiéme
persone du futur indicatif du verbe Amo ?
coment dit-on en latin , ils auroient aimé ?
&c. Ceux-là ne raisonent pas mieus , qui
demandent aus enfans : Combien y a -t - il
de sortes de noms ,
pronoms , de verbes ,
&c. Combien y a-t- il de terminaisons à la
troisiéme déclinaison , &c. Il est visible
que ces questions sont inutiles et hors la
portée d'un petit enfant . D'ailleurs c'est
une erreur de s'imaginer que parce qu'un
enfant aura apris par coeur et de suite un
rudiment latin françois pour la version
, il doiveensuite répondre sur le
champ à des questions détachées ; ou , ce
qui est encore plus dificile , à des quesde
A vj
tions
2124 MERCURE DE FRANCE
tions qui regardent la composition ; il
faudroit pour cet éfet qu'il ût vu et étudié
un rudiment françois- latin , et encore
seroit - il embarassé pour répondre
sur des questions détachées ou de purc
téorie: il est surprenant de voir que l'expérience
n'alt pas désabusé la plupart des
måltres.
Pour examiner un enfant et l'interoger
à propos , il faut lui faciliter la rêponse
, autrement cela le dégoute et le
dépite. On preche trop tot aus enfans la
doctrine de téorie ; on insiste mème trop
là dessus , il sufit de la debiter dansa
pratique et d'en faire sentir pour lors l'usage
et l'aplication ; l'experience demontre
la verité de cete remarque. On peut
aisément embarasser non seulement un
enfant , mais un savant , s'il est permis
d'interoger à sa fantaisie. Ce que je dis à
l'égard des noms , des pronoms , et des
verbes , n'est pas moins vraì à l'égard des
genres , des déclinaisons , des conjugalsons
, de la sintaxe , de toute la grammaire
, et mème de toutes les siénces : savoir
une regle par coeur , la chose est aisée ;
en faire l'aplication , c'est l'éfort de l'esprit
humain. Bien des savans latinistes
seroient peut être embarassés sur le champ,
si on leur demandoit , par exemple :
Quelle est la treisième lètre de l'A , B , C ;
pourquoi
OCTOBRE. 1730. 2125
pourquoi les anciens ont mis le B après l'A
dans l'ordre des lètres pourquoi les mots
dies , facies , &c. ont été apelés de la cinquième
declinaison ; pourquoi l'on a choisi
pour l'exemple de la premiere conjugaison ,
le verbe amo ( j'aime ) , plutôt que canto
(je chante) où le pronom je est sans élision;
ce que fignifient les mots gerondifs, supins .
&c. on doit donc menager un peu plus
les enfans.
Dès que l'enfant a décliné et conjugué
avec des cartes , selon le jeu du rudiment
pratique , il lui sera aisé de composer
sur la table du bureau les tèmes
qu'on lui donera mot à mot sur des cartes
, selon la métode des textes interlinaires
, le françois en noir , et le latin en
rouge , en caractere italique , et encore
mieus , en caractere de bèle écriture pour
instruire et disposer utilement l'imagination
de l'enfant , en atendant qu'il
aprene à former sur le papie. les caracteres
avec lesquels il se sera familiarisé
sur la table de son bureau . C'est pour
lors que l'enfant comencera à se servir
des terminaisons des noms , des pronoms,
et des verbes , en atendant le dictionaire
fait aussi en colombier , dans les
celules duquel on metra les mots écrits.
sur autant de cartes seulement quand
l'enfant en aura besoin ; c'est - à - dire D.
qu'il
2126 MERCURE DE FRANCE
qu'il verra croitre et augmenter son dictionaire
à mesure qu'il croitra lui- mème
en age et en sience , et à mesure qu'il
aprendra sa propre langue.
>
Quoique l'enfant ait le latin de son
tème sur une carte , il ne laisse pas de
faire un exercice qui aproche de la veritable
composition ; car s'il a , par exemple
, dans son tème oramus deum , il
trouvera le mot oro dans la logete des
verbes de la colone O , et le mot deus
à la logete des noms apellatifs de la colone
D; mais il sera obligé de chercher
et de prendre amus dans la logète des
tems où des terminaisons des verbes , etc.
ce que l'on vèra d'une manière sensible
au bas de la planche que j'ai fait graver
exprès. Les cartes des logetes étant étiquetées
, l'enfant aprend d'abord par pratique
et par sentiment le jeu des déclinaisons
, des conjugaisons , et des parties d'oraison
, et se met par là en état de passer
bientot à l'explication d'un texte aisé ,
ou de ses propres tèmes , dont le françois
et le latin sont copiés mot à mot
P'un sous l'autre , et ensuite recopiés sans
aucun françois sous le latin.
L'on peut prendre pour texte des tèmes
, l'abregé historique de la bible , l'abregé
du petit catechisme historique et
de la doctrine cretiène , en latin et en
françois
OCTOBRE . 1730. 2127
françois , l'apendix de la fable du pere
de Jouvenci , l'extrait du Pantheum du
P. Pomey . On poura aussi prendre des
tèmes dans le rudiment pratique sur les
parties d'oraison , en choisissant toujours
les mots du plus grand usage. Les Au
teurs expliqués et construits selon la métode
de M. du Marsais seront d'un grand
secours au comancement pour la lecture
pour l'explication , et pour la composition
dans les deus langues.
termes , pour
D
En suivant la métode du bureau tipografique
, un enfant se voit bientot en
état d'expliquer le latin du nouveau testament
et de l'imitation de Jesus - Christ ;
ce latin sufit pour doner l'abondance des
former l'oreille aus terminaisons
des noms , des pronoms ,, des verbes
, etc. sans que l'on doive craindre
l'impression de la mauvaise latinité sur
l'oreille d'un enfant qui n'est ocupé qu'à
retenir des mots et nulement à charger
sa mémoire d'un stile ou d'un genie auquel
il n'est pas encore sensible ; car je
parle d'un enfant de quatre à cinq ans ,
et quand il en auroit davantage , le nouveau
testament et l'imitation de Jesus-
Christ ne sont pas indignes de ce petit
sacrifice , malgré la fausse délicatesse de
certains, latinistes qui en fesant parade de
leur esprit , manquent souvent de jugement.
On
2128 MERCURE DE FRANCE
On trouvera dans peu l'enfant assés
fort pour lui faire entreprendre la lecture
et la version des fables de Phèdre
dont le texte est numeroté pour la construction
des parties d'oraison ; ou bien
pour lui faire expliquer les textes interlineaires
et construits selon le métode de
M. du Marsais ; l'experience de cet exercice
sur un enfant de cinq à sis ans qui
voyoit Phèdre pour la segonde fois , m'oblige
d'en conseiller l'essai et la pratique
aus maitres non prévenus. Quand je dis
néanmoins que cète métode est simple et
aisée , cela doit s'entendre des principes
dont elle fait usage : la composition et la
multiplicité des outils literaires divertit
et instruit l'enfant ; la peine ne regarde
le maitre et l'ouvrier de tout l'atirail
que l'on done à l'écolier : il n'y est lui
que pour le plaisir varié et instructif de
passer agréablement d'un objet à un autre
en changeant de cartes , de jeu , et de sujet;
ce qui est d'un mérite conu du seuł
artisan et des seuls témoins capables de
juger de l'ouvrage et des progrès . Un
livre alarme un enfant , au lieu que par le
jeu des cartes il ne voit que les pages des
leçons courantes , il forme son livre luimème
, ce qui augmente sa curiosité
bien loin de le dégoûter.
que
Beaucoup de maitres blament cependant
OCTOBRE . 1730. 2129
›
dant l'usage des textes interlinéaires ou
des textes construits et numerotés , et
pretendent que l'esprit des enfans aïant
moins à faire , cela les retarde de beaucoup
: les persones rigides qui veulent
laisser toutes les dificultés aus enfans,bien
loin de leur en épargner ou diminuer
quelqu'une , ne craignent èles pas de les
trop fatiguer, et de les rebuter ? le fruit des
colèges et du grand nombre en
peut décider
; il est plus aisé de blamer l'usage
de certaines métodes , que d'en inventer
de meilleures . On peut voir là dessus ce
qu'en a écrit M. du Marsais dans l'exposition
de sa métode raifonée , et faire en
mème tems réflexion que les métodes interlineaires
ont toujours été utilement
pratiquées , non seulement pour des en-
Fans , mais pour des homes , quand on a
voulu abreger la peine à ceux qui étudient
quelque langue morte ou vivante .
Nous avons l'ancien testament avec l'interpretation
en latin mot à mot sous l'ebreu
; nous avons de mème le nouveau
testament grec & latin , une langue sous
l'autre mot à mot : j'ai vu une gramatre
imprimée à Lisbone en 1535 dans laquèle
le latin et le portugais , et ensuite l'espagnol
et le portugais , sont une langue
sous l'autre. On a autrefois imprimé à
Strasbourg le parlement nouveau ou centurie
2130 MERCURE DE FRANCE
rie interlinéaire de DANIEL MARTIN LINGUISTE
, dans lequel livre on trouve l'aleman
pur dans une colone et le pur
françois dans l'autre , avec le mot aleman
sous chaque mot françois , et c'est peut
ètre ainsi qu'on devroit le pratiquer ou
l'essayer quelquefois pour la langue latine
, en métant le mot françols du dictionaire
sous chaque mot du pur texte
latin , ce qui au comancement épargneroit
à l'enfant le tems qu'il perd à chercher
les mots dans un dictionaire : exem
ple :
Numquam est fidelis cum potente focietas.
Jamais ètre fidele avec puissant societé.
Si des Téologiens ont cru tirer quel
que utilité de la glose ordinaire de la
bible de Nicolas de Lira , et de l'interprétation
interlinéaire d'Arias Montanus,
pourquoi les enfans doivent ils ètre privés
des livres classiques à glose interlinéaire
s'il est permis de condaner un
usage parcequ'il ne produit pas toujours
le bon éfet dont on s'étoit flaté , il y en
aura bien peu à l'abri de cète critique :
les écoles publiques ne produisent pas
des éfets proportionés au cours des anées
d'étude. S'agit il de nouvele métode , on
deOCTOBRE.
1730. 2131
demande à voir des exemples dans une
pratique continuée : nous en voyons tous
les jours de ces exemples dans les écoles
et dans les coleges ; le grand nombre des
écoliers. ne profite pas ; on auroit tort
cependant d'en conclure l'inferiorité des
éducations publiques ou la superiorité
des éducations particulieres. Il faut com
parer, raisoner, et examiner avant que de
prononcer pour ou contre une métode
qui regarde le coeur et l'esprit.
On poura voir les ouvrages de M. du
Marsals sur les articles 52 & 53 des mémoires
de Trévoux du mois de mai 1723
au sujet de l'interprétation interliné re
page 35. Nous avons aussi , dit ce filosofe
gramairien , quelques interprétations inter
linéaires du latin avec le françois , entr'autres
cèle de M. Waflard , fous le titre de
Premiers fondemens de biblioteque royale
à Paris chés Boulanger , dans les premieres
anées de la minorité de LourS
XIV. mais ces traductions sont fort mal exe•
cutées dans un petit in 12 ° , où les mots sont
fort prèssés , et où le françois qui n'eft qưéquivalant
ne fe trouve jamais juste sous le
latin. Il en est de mème de la version interlinéaire
des fables de Fédre , imprimée en
1654 , chés Benard , libraire du colege des
RR. P P. Jesuites &c.
›
C'est aux maitres au reste à voir
quand
2132 MERCURE DE FRANCE
quand il faudra oter à un enfant les gloses
interlinéaires : le plu-tot ne sera que
le mieus , si l'écolier peut s'en passer. La
pratique et l'experience guideront plus
surement que les vains raisonemens sur
cet exercice. Lorsque l'enfant faura expliquer
un texte construit ou numeroté
pour la construction , il faut quelques
jours après lui redoner le mème texte
qui ne soit ni construit ni numeroté : c'est
le moyen de juger des progrès de l'enfint,
et de l'utilité des textes interlinéaires ,
ou de la glose proposée et pratiquée pour
les premiers livres classiques que l'on fait
voir à un enfant ; la glose paroit plus necessaire
dans une classe de cent écoliers
pour un seul regent que dans une chambre
où l'enfant a un maitre pour lui seul .
C'est pourtant le regent à la tète de cent
écoliers qui afecte de mépriser le secours
de la glose interlinéaire , pendant qu'un
precepteur s'en acomode chargé d'un
seul enfant ; est - ce sience ou vanité dans
l'un , et paresse ou ignorance dans l'autre ?
La repugnance et le dégout que font
paroitre la plupart des enfans dans l'étude
du latin , du grec, et des langues mor
tes , prouvent en même tems qu'il y a
dans cet exercice literaire ou dans les métodes
vulgaires quelque chose d'étrange
et de contraire au naturel des enfans ; la
graOCTOBRE
. 1730. 2133
gramaire des écoles et leur maniere d'enseigner
la langue latine ont quelque chose
de rebutant et de peu convenable à
l'age et à la portée des enfans ; les rudimens
vulgaires sont ordinairement trop
abstraits ; il faut du sensible , et c'est ce
qu'on pouroit faire dans un rudiment
pratique j'en done l'essai en atendant
qu'un gramairien filosofe et métodiste
veuille bien y travailler lui mème , pendant
que d'autres latinistes s'amuseront
à augmenter le nombre des pieces d'éloquence
qui expirent en naissant , come
celes de téatre qu'on ne represente qu'une
fois.
n'en
On reprend mile et mile fois un enfant
sur la mème regle avant que de le
metre en état de ne plus faire le mème
solecisme : d'où vient cela ? est - ce faute
de mémoire ? les enfans , dit on ,
manquent pas ; ils aprènent facilement
par coeur des centaines de vers et de régles
; il faut donc conclure qu'aprendre
par coeur une régle , ou la metre en pratique
, sont deus choses très diferentes ;
l'une ne dépend que de la mémoire , et
l'autre dépend de l'aplication et de la sagacité
d'un home fait : je l'ai dit bien des
fois ; on peut savoir les régles d'aritmé
tique , d'algebre , 'de géometrie , de logique
etc. et ètre très ignorant dans la pratique
2134 MERCURE DE FRANCE
tique de ces mèmes régles : pourquoi
donc demander tant de sience pratique
dans un enfant qui n'a encore perdu que
sis mois ou un an à aprendre par coeur
quelques régles de gramaìre latine ? n'est
ce pas ignorance ou injustice d'atendre
et d'exiger d'un enfant l'éfort de genie
dont nous somes souvent incapables nous
mèmes.
A l'exemple des prédicateurs , je redis
souvent les mèmes choses , et je risque
come eus de ne persuader que peu de
persones. J'ignore le sort et le succès de
cet ouvrage ,
il me sufit le
pour present
de voir que mon déssein est louable et
utile , et de souhaiter , si cela est vrai ,
que le public en pense de mème. Il semble
que peu à peu je m'éloigne de mon sujet ,
quoique je ne perde jamais de vue la meilleure
route à suivre pour avancer les enfans
dans les exercices literaires . Je reviens
donc aus jeus de cartes : on peut
en doner pour les déclinaisons des noms
grecs , come pour cèles des noms latins ;
on peut doner sur des cartes la liste des
mots latins que l'enfant sait , et y metre
le grec au lieu du françois. Dans la suite
on poura y metre le mot ebreu il ne
s'agit d'abord que de lire ; mais à force
de lecture , l'enfant aprend les termes en
l'une & en l'autre langue , come il aprend
sa
OCTOBRE. 1730. 213.5
sa langue maternele à force d'actes réiterés
, et c'est à quoi les maîtres ne font
pas assés d'atention . On poura aussi metre
sur la longueur des cartes , et en trois
colones , le positif , le comparatif, et le
superlatif de quelques adjectifs réguliers,
et ensuite des réguliers de plusieurs
langues , et toujours simplement pour li
re et pour composer sur le bureau tipografique
, afin que l'enfant comance de
bone heure à voir et à sentir un peu le
raport , le genie , et l'esprit diferent des
langues sur chaque partie d'oraison .
Quand on voudra tenir dans une mème
logete du dictionaire des mots latins , des
mots françois , des mots grecs , et des
mots ebreus on poura , come il a été
dit , séparer les especes diferentes avec de
doubles , de triples cartes , ou de petits
cartons afın l'enfant
que puisse tenir en
ordre et trouver plus facilement toutes les
cartes dont il aura besoin , ainsi qu'on l'a
pratiqué pour séparer les cartes des letres
noires et des letres rouges lorsqu'on a été
obligé de les tenir dans le même trou ,
et que l'on a voulu multiplier la casse de
l'imprimerie pour l'usage du françois
du latin , du grec , de l'ebreu , de l'arabe
etc.
>
>
Quoique l'enfant soit en état d'expliquer
un livre , et de faire la plume à la
main
2136 MERCURE
DE FRANCE
main , un petit tème de composition en
latin , il ne doit pas pour
cela renoncer
à l'exercice du bureau tipografique ; il
poura y travailler seul pendant l'absence
du maître , et suivre pour le grec et l'ebreu
la métode pratiquée pour le latin :
c'est le moyen le plus facile pour faire
entretenir la lecture et l'étude de ces
quatre langues, et pour s'assurerdel'ocupation
d'un enfant , bien loin de l'abandoner
à lui mème et à l'oisiveté trop tolerée
dans enfance ; cète oisiveté produit
la fainéantise et le dégout , pour ne
pas dire l'aversion invincible que
que font
roitre pour l'étude la plupart des enfans
livrés à des domestiques. Tel parle ensuite
de punir les enfans, qui est plus coupable
qu'eus , faute de s'y être pris de bone
heure et d'une maniere plus judicieuse.
Quand on veut redresser un arbre , ou
dresser un animal , on , on profite de leurs
premieres anées : pourquoi ne fait on pas
de mème à l'égard des enfans ? à quoi
veut on les ocuper depuis deus jusqu'à
sis & sèt ans ? c'est là le premier , le vrai,
et souvent l'unique tems qui promete ,
qui produise , et qui assure les succès et le
fruit de l'éducation tant desirée par les
parens.
pa-
Tout le monde convient assés que les
études de colege se réduiroie ntàpeu de
chose
OCTOBRE. 1730. 2137
:
chose si l'on n'avoit ensuite l'art ou la
maniere d'étudier seul avec le secours des
livres et la conversation des savans , il est
donc très important de doner de bone
heure à la jeunesse cet art d'étudier seul,
et enfin ce gout pour les livres et pour
les savans , gout que peu d'écoliers ont
au sortir des classes : ils n'aspirent la plupart
qu'à ètre delivrés de l'esclavage , et
à sortir de leur prétendue galère d'où
peut donc naitre une si grande aversion ?
ce ne sauroit ètre le fruit d'une noble
émulation : mais d'où vient d'un autre
coté que les études domestiques et particulieres
ne produisent pas , ce semble
dans les enfans le dégout que produisent
l'esprit et la métode des coleges ? bien des
enfans au sortir des classes vendent ou
donent leurs livres come des meubles inu-.
tiles et des objets odieus ; ceus qui étudient
dans la maison paternele raisonent
un peu plus sensément , et ne regardent
ordinairement come un martire leurs
exercices literaires ; ils conoissent un peu
plus le monde dans lequel ils vivents au
lieu les enfans des coleges regardent
que
souvent come un suplice d'ètre obligés
de vivre ensemble sequestrés loin du monde
; ils n'ont de bon tems selon eus que
celui du refectoir , de la recréation et de
l'eglise ; ils trouvent mauvais qu'on les
pas
B aille
2138 MERCURE DE FRANCE
aille voir pendant leur recréation ; ils
aiment mieus qu'on les demande pendant
qu'ils sont en classe , afin d'en abreger le
tems ; un enfant qui travaille au bureau
tipografique est animé de tout autre esprit
quèle est donc la cause de cète
grande diference ? la voici :
Si avant que d'envoyer un enfant aus
écoles et en classe , sous pretexte de jeunesse
, de vivacité et de santé , on lui a
laissé aprendre pendant bien des anées le
métier de fainéant , de vaurien et de petit
libertin , il n'est pas extraordinaire de
trouver qu'ensuite il ne veuille pas quiter
ses habitudes , ni changer ses amusemens
frivoles pour d'autres exercices plus
penibles ou moins agréables . On met souvent
et avec injustice sur le conte des coleges
la faute des parens qui n'envoient
leurs enfans en cinquième ou en quatrième
qu'à l'age de 13 à 14 ans , age où ils
se dégoutent facilement des études , et où
ils sentent la honte de se voir au milieu
de bien des écoliers plus petits , plus
jeunes et plus avancés qu'eus. Chacun sait
que quand on veut élever des animaus
ou redresser des plantes , il faut s'y prendre
de bone heure : ignore t'on que c'est
aussi la vraie et la seule manière de réussir
dans l'éducation des enfans le jeu du
bureau tipografique done cète manière
dans
?
OCTOBRE. 1730. 2139
› dans toute son étendue ; il amuse il
instruit les enfans , et les met en état de
faire plu-tot leur entrée honorable au pays
latin , et d'y gouter avec plus de fruit et
moins d'ennui les bones instructions des
habiles maîtres ; enfin le bureau est le
chemin qui conduit à la porte des écoles
publiques , et le bureau formera toujours
de bons sujets capables de faire honeur
aus parens , aus regens , aus coleges et à
l'état. Je n'entre point ici dans la question
indecise sur la préference des éducations
publiques ou particulieres ; on peut
lire là dessus les principaus auteurs qui en
ont parlé depuis Quintilien jusqu'à M.
Rollin et à M. l'abé de S. Pière. Mais
on ne sauroit disconvenir de la necessité
et de l'utilité des écoles publiques ; il
semble mème qu'en general les enfans
destinés à l'eglise ou à la robe devroient
tous passer par les coleges : à l'égard des
gens d'épée ou des enfans destinés à la
guère , il me semble que pour les bien
élever on pouroit s'y prendre d'une autre
manière , et en atendant l'établissement
de quelque colege politique et militaire
, la pratique du bureau me paroit
la meilleure à suivre ; elle abregera bien
du tems à la jeune noblesse , et lui permetra
l'étude de beaucoup de choses inutiles
à un prètre , à un avocat et à un me
Bij decia
2140 MERCURE DE FRANCE
decin , mais qu'il est honteus à un guerier
d'ignorer ; c'est pourquoi je me flate
que la métode du bureau tipografique
sera tot ou tard aprouvée non seulement
des gens du monde , mais encore des plus
savans professeurs de l'université , suposé
qu'ils veuillent bien prendre la peine
d'en aler voir l'usage et l'exercice dans
un de leurs fameus coleges . Si après cela ,
quelque persone desaprouve le ton de
confiance que l'amour du bien public et
de la verité me permet de prendre , j'avoûrai
ingénûment ma faute devant nos
maitres qui enseignant les letres font aussi
profession de cète mème verité ; et je
soumets dès à present avec une déference
respectueuse mes idées et mes raisonemens
à leur examen et à leur décision.
Pour revenir à la métode du bureau
je dis donc qu'èle est propre à doner du
gout pour l'étude , à metre bientot un
enfant en état de travailler seul avec les
livres , avantage si considerable qu'il n'en
faudroit pas d'autres pour lui doner la superiorité
sur toutes les métodes vulgaires.
On comence de bone heure à lui montrer
les letres , les sons , l'art d'épeler
de lire et de composer sur le bureau ; on
lit avec lui , on s'assure peu à peu de
l'intelligence de l'enfant , on l'instruit ,
on l'interoge à propos , on lui ' faît un
jeu
OCTOBRE . 1730. 214: 1
jeu et un vrai badinage de toutes les
questions , on lui enseigne la maniere de
fe fervir des livres françois , et sur tout
des tables des livres qui servent d'introduction
à l'histoire , à la géografie , à la
cronologie , au blason , et enfin aus siences
et aus arts dont il faut avoir quelque
conoissance , come des livres d'élemens
de principes , d'essais , de métodes , d'instituts
, afin de pouvoir passer ensuite aus
meilleurs traités des meilleurs auteurs
sur chaque matière , mais principalement
sur la profession qu'un enfant doit embrasser
, et à laquelle on le destine . Les
savans se fesant toujours un plaisir de
faire part de leurs lumières à ceus qui
les consultent , on ne doit jamais perdre
l'ocasion favorable de les voir et de les
entendre. Quand les parens au reste en
ont les moyens , ils ne doivent jamais
épargner ce qu'il en coute pour choisir
et se procurer les meilleurs maîtres , er
tous les secours possibles dans quelque
vile que l'on se trouve , cela influe dans
toute la vie qui doit être une étude continuèle
, si l'on veut s'aquiter de son devoir
, de quelque condition que l'on soit,
et quelque profession que l'on ait embrassée.
Je fuis etc.
Caries pour l'essai du rudiment pratique
de la langue latine , &c.
J'
'Aprens avec bien du plaisir,Monsieur,
que vous ètes à present un peu au fait
du bureau tipografique . L'auteur donera
encore bien des reflexions et des instruc-
A iij
tions
2118 MERCURE DE FRANCE
tions préliminaires sur la suite de l'atirail
literaire d'un enfant ; et le livre sur les
cinquante leçons des trois A , B , C latins
achevera de mètre cette métode dans
un plus grand jour : en atendant ce petit
ouvrage, voici quelques reflexions sur l'usage
des cartes , pour le rudiment pratique
de la langue latine. C'est l'auteur qui
parle.
La métode que j'ai donée pour montrer
les premiers élémens des lètres à un enfant
de 2 à 3 ans , peut également servir pour
lui enseigner ensuite les rudimens pratiques
de la langue latine ou de quelque
autre langue. Il faut toujours continuer
l'usage inftructif des cartes , et varier ce
jeu de tant de manieres , que l'enfant puisse
aprendre beaucoup en ne croyant que se
divertir. Ceus qui feront l'essai de ce jeu.
literaire en conoitront bientot l'utilité.
On a de la peine à s'écarter des vieilles
routes , et à s'éloigner des ancienes méto
des . On montre come l'on a été enseigné
soi-même , et l'on croit ordinaire-,
ment avoir été bien enseigné. Un sofisme
trivial d'autorité et d'imitation tient lieu
de raison : on suit aveuglément la pratique
des autres , au lieu de prendre de
tems en tems des voies diferentes. Que
risqueroit on dans cet essaì ? De perdre
tout au plus quelques anées : on auroit
cela
OCTOBRE . 1730. 2119
cela de comun avec la plupart des écoliers
enseignés selon les métodes vulgat→
res . Mais bien loin de perdre son tems
sans avoir apris ni les choses , ni la maniere
de les étudier , on sera étoné de voir
la rapidité des progrès d'un enfant exercé
suivant la métode du bureau tipografique.
On trouve bien des écoliers qui aïant
étudié des dis et douse ans sous d'habiles
maîtres , travaillé jour et nuit pour
ètre des premiers de leur classe , reçu
bien des pris et des aplaudissemens ; ne
laissent pas néanmoins ensuite de s'apercevoir
de leur ignorance et qu'ils ont mal
employé le tems pendant le long cours de
leurs classes. On doit conciure , par respect
pour les regens , qu'abusés par les métodes
ordinaires , l'abus passoit ensuite sur
leurs écoliers ; le tout de bone foi de la
part des uns , et selon le préjugé de la
part des autres. On se passione ordinairement
contre toutes les nouveles métodes ;
on les condane par provision et sans aucun
examen. Est - ce injustice , est- ce ignorance
; c'est peut-ètre quelquefois l'un et
l'autre ensemble.
Pour faire usage des cartes , on doit les
numeroter
, chifrer ou coter ,
chifrer ou coter , come étant
les feuillets
du livre de l'enfant : ce chifre
sert à ranger les cartes selon le jeu de la
A iiij
suite
2120 MERCURE DE FRANCE
suite grammaticale de l'article , des déclinaisons
, des noms , et des pronoms , et
de la conjugaison du verbe substantif
Sum ( je suis ), et des autres verbes qu'on
trouvera dans l'essal du rudiment pratique.
L'enfant aprendra donc à ranger sur
quelque table les déclinaisons et les conjugaisons
, mais il est mieus qu'il aprene
à les ranger sur le bureau tipografique.
On poura batre et mèler de tems en tems
ces petits jeus de cartes , afin que l'enfant
s'exerce à les remetre lui - mème dans
leur ordre ; ce qu'il fera aisément par le
moyen des chifres dont elles sont marquées.
Il faut qu'il lise ou recite ces cartes
à mesure qu'il les rangera ; et l'on aura
soin de lui doner en abregé les termes de
singulier, pluriel , nominat. gen. dat. ac.
voc. ablat. par les seules letres initiales :
S. P. N. G. D. A.V. Ab . metant sur une
carte en sis colones , les nombres , les cas ,
le mot latin , & c. en sorte que tout parolsse
distingué par les colones , les couleurs
, ou la diference des caracteres
Nom . Lun-a la Lune.
Gen. Lun- a de la Lune.
Dat. Lund à la Lune,&c.
Un enfant peut ensuite décliner les
cinq paradigmes des déclinaisons ou les
seules
OCTOBRE . 1730. 2121
seules terminaisons latines , tantot avec
françois , tantot sans françois , pour va
rier le jeu et se rendre plus fort sur cet
exercice ; il pratiquera la mème chose
pour le jeu des pronoms et des nombres.
Il faudra aussi imprimer ou écrire en
abregé sur des cartes les termes des tems,
des modes , des gerondifs , des supins , et
des participes ; les terminaisons actives et
passives des verbes latins et des verbes
françois , de mème que l'on a doné les
terminaisons des noms et des pronoms ;
ce qui joint à la totalité des combinai
sons des lètres , des sons , des chifres , et
des signes dont on se sert pour la ponctuation
, l'accentuation et la quantité ,
done l'abondance necessaire pour la casse
de l'imprimerie ; ainsi qu'onpoura le voir
dans la planche gravée exprès , et dans
l'article de la garniture du bureau .
>
Pour varier les jeus de cartes on poura
doner celui des déclinaisons avec les
scules terminaisons des cas , le mot latin
et le mot françois étant mis seulement
une fois come un titre , au haut de la
carte, partagée en deus colones , une moitié
pour le sing. et l'autre pour le plur.avec
l'article ou sans l'article pour les noms et
pour les pronoms. Exemple ,
A v Rofa
2122 MERCURE DE FRANCE
Rofa
Sing.
N ...
·
• a
la rose.
Plur.
arum
G.
D.
·
A.
V
&
am as ....
a
â is Ab ...
On fera la mème chose pour les tems
de l'Indicatif et du Subjonctif des verbes
, ne metant le françois qu'à la premiere
persone.
IND .
Pref.
SUB J.
S. S.
Amo , j'aime
Amem , que j'aime,
as
es
et at
P.
amus
atis
ant
P.
emus
etis
ent
Ces jeus de cartes doivent aussi ètre numerotés,
afin que l'enfant puisse les ranger
en une seule colone , les voir d'un coup
d'euil et les lire ou les reciter facilement
de suite , à mesure qu'il les rangera sur la
table du bureau , ou qu'il les parcoûra les
tenant dans sa main. Quand l'enfant saura
bien
OCTOBRE. 1730 , 2123
bien les terminaisons des noms et des
verbes , il déclinera et conjuguera tous
les mots qu'on lui donera. On ne sauroit
trop insister sur cet article , et l'on
poura pour lors se servir utilement des
tables analitiques et à crochets , faites
pour faciliter l'usage des declinaisons et
des conjugaisons , et pour orner le cabinet
d'un enfant .
Lorsqu'on voudra interoger l'écolier
sur les déclinaisons et sur les conjugaisons
, il ne faut pas suivre la métode
peu judicieuse de ces maitres qui demandent
trop tot , par exemple : Coment fait
Musa à l'acusatif plur? Quel est le genit.
plur. de Dominus ? Quelle est la troisiéme
persone du futur indicatif du verbe Amo ?
coment dit-on en latin , ils auroient aimé ?
&c. Ceux-là ne raisonent pas mieus , qui
demandent aus enfans : Combien y a -t - il
de sortes de noms ,
pronoms , de verbes ,
&c. Combien y a-t- il de terminaisons à la
troisiéme déclinaison , &c. Il est visible
que ces questions sont inutiles et hors la
portée d'un petit enfant . D'ailleurs c'est
une erreur de s'imaginer que parce qu'un
enfant aura apris par coeur et de suite un
rudiment latin françois pour la version
, il doiveensuite répondre sur le
champ à des questions détachées ; ou , ce
qui est encore plus dificile , à des quesde
A vj
tions
2124 MERCURE DE FRANCE
tions qui regardent la composition ; il
faudroit pour cet éfet qu'il ût vu et étudié
un rudiment françois- latin , et encore
seroit - il embarassé pour répondre
sur des questions détachées ou de purc
téorie: il est surprenant de voir que l'expérience
n'alt pas désabusé la plupart des
måltres.
Pour examiner un enfant et l'interoger
à propos , il faut lui faciliter la rêponse
, autrement cela le dégoute et le
dépite. On preche trop tot aus enfans la
doctrine de téorie ; on insiste mème trop
là dessus , il sufit de la debiter dansa
pratique et d'en faire sentir pour lors l'usage
et l'aplication ; l'experience demontre
la verité de cete remarque. On peut
aisément embarasser non seulement un
enfant , mais un savant , s'il est permis
d'interoger à sa fantaisie. Ce que je dis à
l'égard des noms , des pronoms , et des
verbes , n'est pas moins vraì à l'égard des
genres , des déclinaisons , des conjugalsons
, de la sintaxe , de toute la grammaire
, et mème de toutes les siénces : savoir
une regle par coeur , la chose est aisée ;
en faire l'aplication , c'est l'éfort de l'esprit
humain. Bien des savans latinistes
seroient peut être embarassés sur le champ,
si on leur demandoit , par exemple :
Quelle est la treisième lètre de l'A , B , C ;
pourquoi
OCTOBRE. 1730. 2125
pourquoi les anciens ont mis le B après l'A
dans l'ordre des lètres pourquoi les mots
dies , facies , &c. ont été apelés de la cinquième
declinaison ; pourquoi l'on a choisi
pour l'exemple de la premiere conjugaison ,
le verbe amo ( j'aime ) , plutôt que canto
(je chante) où le pronom je est sans élision;
ce que fignifient les mots gerondifs, supins .
&c. on doit donc menager un peu plus
les enfans.
Dès que l'enfant a décliné et conjugué
avec des cartes , selon le jeu du rudiment
pratique , il lui sera aisé de composer
sur la table du bureau les tèmes
qu'on lui donera mot à mot sur des cartes
, selon la métode des textes interlinaires
, le françois en noir , et le latin en
rouge , en caractere italique , et encore
mieus , en caractere de bèle écriture pour
instruire et disposer utilement l'imagination
de l'enfant , en atendant qu'il
aprene à former sur le papie. les caracteres
avec lesquels il se sera familiarisé
sur la table de son bureau . C'est pour
lors que l'enfant comencera à se servir
des terminaisons des noms , des pronoms,
et des verbes , en atendant le dictionaire
fait aussi en colombier , dans les
celules duquel on metra les mots écrits.
sur autant de cartes seulement quand
l'enfant en aura besoin ; c'est - à - dire D.
qu'il
2126 MERCURE DE FRANCE
qu'il verra croitre et augmenter son dictionaire
à mesure qu'il croitra lui- mème
en age et en sience , et à mesure qu'il
aprendra sa propre langue.
>
Quoique l'enfant ait le latin de son
tème sur une carte , il ne laisse pas de
faire un exercice qui aproche de la veritable
composition ; car s'il a , par exemple
, dans son tème oramus deum , il
trouvera le mot oro dans la logete des
verbes de la colone O , et le mot deus
à la logete des noms apellatifs de la colone
D; mais il sera obligé de chercher
et de prendre amus dans la logète des
tems où des terminaisons des verbes , etc.
ce que l'on vèra d'une manière sensible
au bas de la planche que j'ai fait graver
exprès. Les cartes des logetes étant étiquetées
, l'enfant aprend d'abord par pratique
et par sentiment le jeu des déclinaisons
, des conjugaisons , et des parties d'oraison
, et se met par là en état de passer
bientot à l'explication d'un texte aisé ,
ou de ses propres tèmes , dont le françois
et le latin sont copiés mot à mot
P'un sous l'autre , et ensuite recopiés sans
aucun françois sous le latin.
L'on peut prendre pour texte des tèmes
, l'abregé historique de la bible , l'abregé
du petit catechisme historique et
de la doctrine cretiène , en latin et en
françois
OCTOBRE . 1730. 2127
françois , l'apendix de la fable du pere
de Jouvenci , l'extrait du Pantheum du
P. Pomey . On poura aussi prendre des
tèmes dans le rudiment pratique sur les
parties d'oraison , en choisissant toujours
les mots du plus grand usage. Les Au
teurs expliqués et construits selon la métode
de M. du Marsais seront d'un grand
secours au comancement pour la lecture
pour l'explication , et pour la composition
dans les deus langues.
termes , pour
D
En suivant la métode du bureau tipografique
, un enfant se voit bientot en
état d'expliquer le latin du nouveau testament
et de l'imitation de Jesus - Christ ;
ce latin sufit pour doner l'abondance des
former l'oreille aus terminaisons
des noms , des pronoms ,, des verbes
, etc. sans que l'on doive craindre
l'impression de la mauvaise latinité sur
l'oreille d'un enfant qui n'est ocupé qu'à
retenir des mots et nulement à charger
sa mémoire d'un stile ou d'un genie auquel
il n'est pas encore sensible ; car je
parle d'un enfant de quatre à cinq ans ,
et quand il en auroit davantage , le nouveau
testament et l'imitation de Jesus-
Christ ne sont pas indignes de ce petit
sacrifice , malgré la fausse délicatesse de
certains, latinistes qui en fesant parade de
leur esprit , manquent souvent de jugement.
On
2128 MERCURE DE FRANCE
On trouvera dans peu l'enfant assés
fort pour lui faire entreprendre la lecture
et la version des fables de Phèdre
dont le texte est numeroté pour la construction
des parties d'oraison ; ou bien
pour lui faire expliquer les textes interlineaires
et construits selon le métode de
M. du Marsais ; l'experience de cet exercice
sur un enfant de cinq à sis ans qui
voyoit Phèdre pour la segonde fois , m'oblige
d'en conseiller l'essai et la pratique
aus maitres non prévenus. Quand je dis
néanmoins que cète métode est simple et
aisée , cela doit s'entendre des principes
dont elle fait usage : la composition et la
multiplicité des outils literaires divertit
et instruit l'enfant ; la peine ne regarde
le maitre et l'ouvrier de tout l'atirail
que l'on done à l'écolier : il n'y est lui
que pour le plaisir varié et instructif de
passer agréablement d'un objet à un autre
en changeant de cartes , de jeu , et de sujet;
ce qui est d'un mérite conu du seuł
artisan et des seuls témoins capables de
juger de l'ouvrage et des progrès . Un
livre alarme un enfant , au lieu que par le
jeu des cartes il ne voit que les pages des
leçons courantes , il forme son livre luimème
, ce qui augmente sa curiosité
bien loin de le dégoûter.
que
Beaucoup de maitres blament cependant
OCTOBRE . 1730. 2129
›
dant l'usage des textes interlinéaires ou
des textes construits et numerotés , et
pretendent que l'esprit des enfans aïant
moins à faire , cela les retarde de beaucoup
: les persones rigides qui veulent
laisser toutes les dificultés aus enfans,bien
loin de leur en épargner ou diminuer
quelqu'une , ne craignent èles pas de les
trop fatiguer, et de les rebuter ? le fruit des
colèges et du grand nombre en
peut décider
; il est plus aisé de blamer l'usage
de certaines métodes , que d'en inventer
de meilleures . On peut voir là dessus ce
qu'en a écrit M. du Marsais dans l'exposition
de sa métode raifonée , et faire en
mème tems réflexion que les métodes interlineaires
ont toujours été utilement
pratiquées , non seulement pour des en-
Fans , mais pour des homes , quand on a
voulu abreger la peine à ceux qui étudient
quelque langue morte ou vivante .
Nous avons l'ancien testament avec l'interpretation
en latin mot à mot sous l'ebreu
; nous avons de mème le nouveau
testament grec & latin , une langue sous
l'autre mot à mot : j'ai vu une gramatre
imprimée à Lisbone en 1535 dans laquèle
le latin et le portugais , et ensuite l'espagnol
et le portugais , sont une langue
sous l'autre. On a autrefois imprimé à
Strasbourg le parlement nouveau ou centurie
2130 MERCURE DE FRANCE
rie interlinéaire de DANIEL MARTIN LINGUISTE
, dans lequel livre on trouve l'aleman
pur dans une colone et le pur
françois dans l'autre , avec le mot aleman
sous chaque mot françois , et c'est peut
ètre ainsi qu'on devroit le pratiquer ou
l'essayer quelquefois pour la langue latine
, en métant le mot françols du dictionaire
sous chaque mot du pur texte
latin , ce qui au comancement épargneroit
à l'enfant le tems qu'il perd à chercher
les mots dans un dictionaire : exem
ple :
Numquam est fidelis cum potente focietas.
Jamais ètre fidele avec puissant societé.
Si des Téologiens ont cru tirer quel
que utilité de la glose ordinaire de la
bible de Nicolas de Lira , et de l'interprétation
interlinéaire d'Arias Montanus,
pourquoi les enfans doivent ils ètre privés
des livres classiques à glose interlinéaire
s'il est permis de condaner un
usage parcequ'il ne produit pas toujours
le bon éfet dont on s'étoit flaté , il y en
aura bien peu à l'abri de cète critique :
les écoles publiques ne produisent pas
des éfets proportionés au cours des anées
d'étude. S'agit il de nouvele métode , on
deOCTOBRE.
1730. 2131
demande à voir des exemples dans une
pratique continuée : nous en voyons tous
les jours de ces exemples dans les écoles
et dans les coleges ; le grand nombre des
écoliers. ne profite pas ; on auroit tort
cependant d'en conclure l'inferiorité des
éducations publiques ou la superiorité
des éducations particulieres. Il faut com
parer, raisoner, et examiner avant que de
prononcer pour ou contre une métode
qui regarde le coeur et l'esprit.
On poura voir les ouvrages de M. du
Marsals sur les articles 52 & 53 des mémoires
de Trévoux du mois de mai 1723
au sujet de l'interprétation interliné re
page 35. Nous avons aussi , dit ce filosofe
gramairien , quelques interprétations inter
linéaires du latin avec le françois , entr'autres
cèle de M. Waflard , fous le titre de
Premiers fondemens de biblioteque royale
à Paris chés Boulanger , dans les premieres
anées de la minorité de LourS
XIV. mais ces traductions sont fort mal exe•
cutées dans un petit in 12 ° , où les mots sont
fort prèssés , et où le françois qui n'eft qưéquivalant
ne fe trouve jamais juste sous le
latin. Il en est de mème de la version interlinéaire
des fables de Fédre , imprimée en
1654 , chés Benard , libraire du colege des
RR. P P. Jesuites &c.
›
C'est aux maitres au reste à voir
quand
2132 MERCURE DE FRANCE
quand il faudra oter à un enfant les gloses
interlinéaires : le plu-tot ne sera que
le mieus , si l'écolier peut s'en passer. La
pratique et l'experience guideront plus
surement que les vains raisonemens sur
cet exercice. Lorsque l'enfant faura expliquer
un texte construit ou numeroté
pour la construction , il faut quelques
jours après lui redoner le mème texte
qui ne soit ni construit ni numeroté : c'est
le moyen de juger des progrès de l'enfint,
et de l'utilité des textes interlinéaires ,
ou de la glose proposée et pratiquée pour
les premiers livres classiques que l'on fait
voir à un enfant ; la glose paroit plus necessaire
dans une classe de cent écoliers
pour un seul regent que dans une chambre
où l'enfant a un maitre pour lui seul .
C'est pourtant le regent à la tète de cent
écoliers qui afecte de mépriser le secours
de la glose interlinéaire , pendant qu'un
precepteur s'en acomode chargé d'un
seul enfant ; est - ce sience ou vanité dans
l'un , et paresse ou ignorance dans l'autre ?
La repugnance et le dégout que font
paroitre la plupart des enfans dans l'étude
du latin , du grec, et des langues mor
tes , prouvent en même tems qu'il y a
dans cet exercice literaire ou dans les métodes
vulgaires quelque chose d'étrange
et de contraire au naturel des enfans ; la
graOCTOBRE
. 1730. 2133
gramaire des écoles et leur maniere d'enseigner
la langue latine ont quelque chose
de rebutant et de peu convenable à
l'age et à la portée des enfans ; les rudimens
vulgaires sont ordinairement trop
abstraits ; il faut du sensible , et c'est ce
qu'on pouroit faire dans un rudiment
pratique j'en done l'essai en atendant
qu'un gramairien filosofe et métodiste
veuille bien y travailler lui mème , pendant
que d'autres latinistes s'amuseront
à augmenter le nombre des pieces d'éloquence
qui expirent en naissant , come
celes de téatre qu'on ne represente qu'une
fois.
n'en
On reprend mile et mile fois un enfant
sur la mème regle avant que de le
metre en état de ne plus faire le mème
solecisme : d'où vient cela ? est - ce faute
de mémoire ? les enfans , dit on ,
manquent pas ; ils aprènent facilement
par coeur des centaines de vers et de régles
; il faut donc conclure qu'aprendre
par coeur une régle , ou la metre en pratique
, sont deus choses très diferentes ;
l'une ne dépend que de la mémoire , et
l'autre dépend de l'aplication et de la sagacité
d'un home fait : je l'ai dit bien des
fois ; on peut savoir les régles d'aritmé
tique , d'algebre , 'de géometrie , de logique
etc. et ètre très ignorant dans la pratique
2134 MERCURE DE FRANCE
tique de ces mèmes régles : pourquoi
donc demander tant de sience pratique
dans un enfant qui n'a encore perdu que
sis mois ou un an à aprendre par coeur
quelques régles de gramaìre latine ? n'est
ce pas ignorance ou injustice d'atendre
et d'exiger d'un enfant l'éfort de genie
dont nous somes souvent incapables nous
mèmes.
A l'exemple des prédicateurs , je redis
souvent les mèmes choses , et je risque
come eus de ne persuader que peu de
persones. J'ignore le sort et le succès de
cet ouvrage ,
il me sufit le
pour present
de voir que mon déssein est louable et
utile , et de souhaiter , si cela est vrai ,
que le public en pense de mème. Il semble
que peu à peu je m'éloigne de mon sujet ,
quoique je ne perde jamais de vue la meilleure
route à suivre pour avancer les enfans
dans les exercices literaires . Je reviens
donc aus jeus de cartes : on peut
en doner pour les déclinaisons des noms
grecs , come pour cèles des noms latins ;
on peut doner sur des cartes la liste des
mots latins que l'enfant sait , et y metre
le grec au lieu du françois. Dans la suite
on poura y metre le mot ebreu il ne
s'agit d'abord que de lire ; mais à force
de lecture , l'enfant aprend les termes en
l'une & en l'autre langue , come il aprend
sa
OCTOBRE. 1730. 213.5
sa langue maternele à force d'actes réiterés
, et c'est à quoi les maîtres ne font
pas assés d'atention . On poura aussi metre
sur la longueur des cartes , et en trois
colones , le positif , le comparatif, et le
superlatif de quelques adjectifs réguliers,
et ensuite des réguliers de plusieurs
langues , et toujours simplement pour li
re et pour composer sur le bureau tipografique
, afin que l'enfant comance de
bone heure à voir et à sentir un peu le
raport , le genie , et l'esprit diferent des
langues sur chaque partie d'oraison .
Quand on voudra tenir dans une mème
logete du dictionaire des mots latins , des
mots françois , des mots grecs , et des
mots ebreus on poura , come il a été
dit , séparer les especes diferentes avec de
doubles , de triples cartes , ou de petits
cartons afın l'enfant
que puisse tenir en
ordre et trouver plus facilement toutes les
cartes dont il aura besoin , ainsi qu'on l'a
pratiqué pour séparer les cartes des letres
noires et des letres rouges lorsqu'on a été
obligé de les tenir dans le même trou ,
et que l'on a voulu multiplier la casse de
l'imprimerie pour l'usage du françois
du latin , du grec , de l'ebreu , de l'arabe
etc.
>
>
Quoique l'enfant soit en état d'expliquer
un livre , et de faire la plume à la
main
2136 MERCURE
DE FRANCE
main , un petit tème de composition en
latin , il ne doit pas pour
cela renoncer
à l'exercice du bureau tipografique ; il
poura y travailler seul pendant l'absence
du maître , et suivre pour le grec et l'ebreu
la métode pratiquée pour le latin :
c'est le moyen le plus facile pour faire
entretenir la lecture et l'étude de ces
quatre langues, et pour s'assurerdel'ocupation
d'un enfant , bien loin de l'abandoner
à lui mème et à l'oisiveté trop tolerée
dans enfance ; cète oisiveté produit
la fainéantise et le dégout , pour ne
pas dire l'aversion invincible que
que font
roitre pour l'étude la plupart des enfans
livrés à des domestiques. Tel parle ensuite
de punir les enfans, qui est plus coupable
qu'eus , faute de s'y être pris de bone
heure et d'une maniere plus judicieuse.
Quand on veut redresser un arbre , ou
dresser un animal , on , on profite de leurs
premieres anées : pourquoi ne fait on pas
de mème à l'égard des enfans ? à quoi
veut on les ocuper depuis deus jusqu'à
sis & sèt ans ? c'est là le premier , le vrai,
et souvent l'unique tems qui promete ,
qui produise , et qui assure les succès et le
fruit de l'éducation tant desirée par les
parens.
pa-
Tout le monde convient assés que les
études de colege se réduiroie ntàpeu de
chose
OCTOBRE. 1730. 2137
:
chose si l'on n'avoit ensuite l'art ou la
maniere d'étudier seul avec le secours des
livres et la conversation des savans , il est
donc très important de doner de bone
heure à la jeunesse cet art d'étudier seul,
et enfin ce gout pour les livres et pour
les savans , gout que peu d'écoliers ont
au sortir des classes : ils n'aspirent la plupart
qu'à ètre delivrés de l'esclavage , et
à sortir de leur prétendue galère d'où
peut donc naitre une si grande aversion ?
ce ne sauroit ètre le fruit d'une noble
émulation : mais d'où vient d'un autre
coté que les études domestiques et particulieres
ne produisent pas , ce semble
dans les enfans le dégout que produisent
l'esprit et la métode des coleges ? bien des
enfans au sortir des classes vendent ou
donent leurs livres come des meubles inu-.
tiles et des objets odieus ; ceus qui étudient
dans la maison paternele raisonent
un peu plus sensément , et ne regardent
ordinairement come un martire leurs
exercices literaires ; ils conoissent un peu
plus le monde dans lequel ils vivents au
lieu les enfans des coleges regardent
que
souvent come un suplice d'ètre obligés
de vivre ensemble sequestrés loin du monde
; ils n'ont de bon tems selon eus que
celui du refectoir , de la recréation et de
l'eglise ; ils trouvent mauvais qu'on les
pas
B aille
2138 MERCURE DE FRANCE
aille voir pendant leur recréation ; ils
aiment mieus qu'on les demande pendant
qu'ils sont en classe , afin d'en abreger le
tems ; un enfant qui travaille au bureau
tipografique est animé de tout autre esprit
quèle est donc la cause de cète
grande diference ? la voici :
Si avant que d'envoyer un enfant aus
écoles et en classe , sous pretexte de jeunesse
, de vivacité et de santé , on lui a
laissé aprendre pendant bien des anées le
métier de fainéant , de vaurien et de petit
libertin , il n'est pas extraordinaire de
trouver qu'ensuite il ne veuille pas quiter
ses habitudes , ni changer ses amusemens
frivoles pour d'autres exercices plus
penibles ou moins agréables . On met souvent
et avec injustice sur le conte des coleges
la faute des parens qui n'envoient
leurs enfans en cinquième ou en quatrième
qu'à l'age de 13 à 14 ans , age où ils
se dégoutent facilement des études , et où
ils sentent la honte de se voir au milieu
de bien des écoliers plus petits , plus
jeunes et plus avancés qu'eus. Chacun sait
que quand on veut élever des animaus
ou redresser des plantes , il faut s'y prendre
de bone heure : ignore t'on que c'est
aussi la vraie et la seule manière de réussir
dans l'éducation des enfans le jeu du
bureau tipografique done cète manière
dans
?
OCTOBRE. 1730. 2139
› dans toute son étendue ; il amuse il
instruit les enfans , et les met en état de
faire plu-tot leur entrée honorable au pays
latin , et d'y gouter avec plus de fruit et
moins d'ennui les bones instructions des
habiles maîtres ; enfin le bureau est le
chemin qui conduit à la porte des écoles
publiques , et le bureau formera toujours
de bons sujets capables de faire honeur
aus parens , aus regens , aus coleges et à
l'état. Je n'entre point ici dans la question
indecise sur la préference des éducations
publiques ou particulieres ; on peut
lire là dessus les principaus auteurs qui en
ont parlé depuis Quintilien jusqu'à M.
Rollin et à M. l'abé de S. Pière. Mais
on ne sauroit disconvenir de la necessité
et de l'utilité des écoles publiques ; il
semble mème qu'en general les enfans
destinés à l'eglise ou à la robe devroient
tous passer par les coleges : à l'égard des
gens d'épée ou des enfans destinés à la
guère , il me semble que pour les bien
élever on pouroit s'y prendre d'une autre
manière , et en atendant l'établissement
de quelque colege politique et militaire
, la pratique du bureau me paroit
la meilleure à suivre ; elle abregera bien
du tems à la jeune noblesse , et lui permetra
l'étude de beaucoup de choses inutiles
à un prètre , à un avocat et à un me
Bij decia
2140 MERCURE DE FRANCE
decin , mais qu'il est honteus à un guerier
d'ignorer ; c'est pourquoi je me flate
que la métode du bureau tipografique
sera tot ou tard aprouvée non seulement
des gens du monde , mais encore des plus
savans professeurs de l'université , suposé
qu'ils veuillent bien prendre la peine
d'en aler voir l'usage et l'exercice dans
un de leurs fameus coleges . Si après cela ,
quelque persone desaprouve le ton de
confiance que l'amour du bien public et
de la verité me permet de prendre , j'avoûrai
ingénûment ma faute devant nos
maitres qui enseignant les letres font aussi
profession de cète mème verité ; et je
soumets dès à present avec une déference
respectueuse mes idées et mes raisonemens
à leur examen et à leur décision.
Pour revenir à la métode du bureau
je dis donc qu'èle est propre à doner du
gout pour l'étude , à metre bientot un
enfant en état de travailler seul avec les
livres , avantage si considerable qu'il n'en
faudroit pas d'autres pour lui doner la superiorité
sur toutes les métodes vulgaires.
On comence de bone heure à lui montrer
les letres , les sons , l'art d'épeler
de lire et de composer sur le bureau ; on
lit avec lui , on s'assure peu à peu de
l'intelligence de l'enfant , on l'instruit ,
on l'interoge à propos , on lui ' faît un
jeu
OCTOBRE . 1730. 214: 1
jeu et un vrai badinage de toutes les
questions , on lui enseigne la maniere de
fe fervir des livres françois , et sur tout
des tables des livres qui servent d'introduction
à l'histoire , à la géografie , à la
cronologie , au blason , et enfin aus siences
et aus arts dont il faut avoir quelque
conoissance , come des livres d'élemens
de principes , d'essais , de métodes , d'instituts
, afin de pouvoir passer ensuite aus
meilleurs traités des meilleurs auteurs
sur chaque matière , mais principalement
sur la profession qu'un enfant doit embrasser
, et à laquelle on le destine . Les
savans se fesant toujours un plaisir de
faire part de leurs lumières à ceus qui
les consultent , on ne doit jamais perdre
l'ocasion favorable de les voir et de les
entendre. Quand les parens au reste en
ont les moyens , ils ne doivent jamais
épargner ce qu'il en coute pour choisir
et se procurer les meilleurs maîtres , er
tous les secours possibles dans quelque
vile que l'on se trouve , cela influe dans
toute la vie qui doit être une étude continuèle
, si l'on veut s'aquiter de son devoir
, de quelque condition que l'on soit,
et quelque profession que l'on ait embrassée.
Je fuis etc.
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Résumé : CINQUIÈME LÈTRE sur l'usage des Cartes pour l'essaì du rudiment pratique de la langue latine, &c.
Le texte présente une méthode pédagogique pour l'apprentissage de la langue latine à travers l'usage de cartes, adaptée aux enfants dès l'âge de 2 à 3 ans. Cette approche vise à rendre l'apprentissage ludique et efficace. Les cartes, numérotées et organisées, structurent l'apprentissage des déclinaisons, conjugaisons et autres éléments grammaticaux. L'enfant apprend à ranger et à réciter ces cartes, facilitant ainsi la mémorisation et la compréhension. L'auteur critique les méthodes traditionnelles, jugées inefficaces et trop théoriques, et prône une approche pratique et interactive. Les cartes sont également utilisées pour des exercices variés et progressifs, comme la déclinaison des paradigmes et la conjugaison des verbes. Elles servent aussi pour des exercices de composition et de version, en s'appuyant sur des textes historiques ou religieux. Cette méthode prépare l'enfant à des lectures plus complexes, comme le Nouveau Testament ou les fables de Phèdre, tout en évitant de surcharger sa mémoire. Le texte discute également des jeux de cartes pour rendre l'apprentissage plus agréable et instructif, permettant aux enfants de passer d'un sujet à un autre sans se lasser. Les livres peuvent alarmer les enfants, mais les cartes leur permettent de créer leur propre livre, augmentant ainsi leur curiosité. Certains maîtres critiquent l'usage des textes interlinéaires, mais l'auteur note leur utilité pour apprendre des langues mortes ou vivantes, citant des exemples comme l'Ancien et le Nouveau Testament avec des interprétations mot à mot. L'auteur critique les méthodes traditionnelles d'enseignement du latin et du grec, les trouvant trop abstraites et rebutantes pour les enfants. Il propose des rudiments pratiques et l'utilisation de cartes pour enseigner les déclinaisons et les adjectifs. Il insiste sur l'importance de commencer tôt l'éducation des enfants et de leur apprendre à étudier seul. Le texte compare également les écoles publiques et les éducations privées, notant que les premières ne produisent pas toujours des résultats proportionnés aux années d'étude. Il critique les méthodes vulgaires d'enseignement et propose des approches plus adaptées à l'âge et à la portée des enfants. Enfin, l'auteur souligne la différence entre apprendre par cœur des règles et les appliquer en pratique, insistant sur la nécessité de méthodes éducatives plus judicieuses dès le jeune âge.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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