Résultats : 14612 texte(s)
Détail
Liste
2401
s. p.
TABLE.
Début :
Avertissement, 3 Cantate sur le recouvrement de la santé de Monseigneur [...]
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texteReconnaissance textuelle : TABLE.
de lasanté de Monseigneur le
Comte de Toulouse,
y
Extrait du Voyage de Mr Chambon dans les Mines de Pologne, 15
Etrennes, 43
Nouvelles, 49
Lettre de Mr le Chevalier p**
jùr un petit vol fait chez
Payen
,
Traiteur
,
80
odede MrdelaMothe, 87
Madrigal nOltVeAH
,
à unefemmejalouse, 91,
Madrigal par la jeune Muse
,
5J3.
TABLE.
Ahregédt lafameuseJguejlum
fùrla circulation dufingfar
le cœur du Foetus) 97
jivanture arrivée dans un Bat)
143
Vers sur l'Inconfiance, far ftMr P. 166
Envoyd'un Extrait d'une Lettre, 171
cbanjon Morts nouvelle>y 193 199
Mariages, 205"
Piece fugitive,Lettre à une DernoifelleSuedoisesurson Partrait) 109
Vémijfioft de Mr lePeletitrde la
Charge de PremierPresident
,
Le Roy chotfit Mr de Mefines
f,ulr remplir cette importante
Place, zzt:
TABLE
Comte de Toulouse,
y
Extrait du Voyage de Mr Chambon dans les Mines de Pologne, 15
Etrennes, 43
Nouvelles, 49
Lettre de Mr le Chevalier p**
jùr un petit vol fait chez
Payen
,
Traiteur
,
80
odede MrdelaMothe, 87
Madrigal nOltVeAH
,
à unefemmejalouse, 91,
Madrigal par la jeune Muse
,
5J3.
TABLE.
Ahregédt lafameuseJguejlum
fùrla circulation dufingfar
le cœur du Foetus) 97
jivanture arrivée dans un Bat)
143
Vers sur l'Inconfiance, far ftMr P. 166
Envoyd'un Extrait d'une Lettre, 171
cbanjon Morts nouvelle>y 193 199
Mariages, 205"
Piece fugitive,Lettre à une DernoifelleSuedoisesurson Partrait) 109
Vémijfioft de Mr lePeletitrde la
Charge de PremierPresident
,
Le Roy chotfit Mr de Mefines
f,ulr remplir cette importante
Place, zzt:
TABLE
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Résumé : TABLE.
Le document présente une table des matières incluant des sujets variés tels que la santé du Comte de Toulouse, un voyage dans les mines de Pologne, des lettres et poèmes, un vol chez un traiteur, des madrigaux, un article sur la circulation du sang chez le fœtus, des nouvelles de mariages et de décès, et la nomination de Monsieur de Mesmes comme Premier Président.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2402
s. p.
MORT DE MONSEIGNEUR le Dauphin & de Madame la Dauphine.
Début :
Ils ne sont plus ; le Dauphin n'a pû survivre à son Epouse ; [...]
Mots clefs :
Dauphin, Dauphine, Mort, Deuil
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texteReconnaissance textuelle : MORT DE MONSEIGNEUR le Dauphin & de Madame la Dauphine.
MORT DE MONSEIGNEUR
le Dauphin & de Madame
la Dauphine.
Ls ne font plus ;
le Dauphin n'a
pû furvivreàfon
Epouſe ; il n'a pû fupporter fa perte , coma ij
MORT
ment pourrons - nous
fupporter la noftre. Toute la France eft muette
& confternée fi fa douleur ne va pas juſqu'au
defefpoir. Quelle ref
fource de confolation
faut- il qu'elle ait trouvée
dans fon Roy? Cette image de fes vertus nous eſt
donc enlevée ; que d'affictions depuis un tems.
Nous nous fommes atti
ré des coups fi terribles :
mais le Ciel a épuisé fur
de Monfeigneur , &c.
nous toute la cólere. Quy
fans doute , fa main s'eft
laffée à force de nous
chaſtier ; elle va ſe repofer pour long- temps.
Madame la Dauphine
Marie Adelaide de Savoye,
mourut à Verfailles le 12.
de ce mois en fa vingtfixiéme année.
Monseigneur le Dauphin , Louis de France ,
mourut à Marly le 18. en
la trentiéme année de fon
âge , eftant né le 6. Aouft
1682.
le Dauphin & de Madame
la Dauphine.
Ls ne font plus ;
le Dauphin n'a
pû furvivreàfon
Epouſe ; il n'a pû fupporter fa perte , coma ij
MORT
ment pourrons - nous
fupporter la noftre. Toute la France eft muette
& confternée fi fa douleur ne va pas juſqu'au
defefpoir. Quelle ref
fource de confolation
faut- il qu'elle ait trouvée
dans fon Roy? Cette image de fes vertus nous eſt
donc enlevée ; que d'affictions depuis un tems.
Nous nous fommes atti
ré des coups fi terribles :
mais le Ciel a épuisé fur
de Monfeigneur , &c.
nous toute la cólere. Quy
fans doute , fa main s'eft
laffée à force de nous
chaſtier ; elle va ſe repofer pour long- temps.
Madame la Dauphine
Marie Adelaide de Savoye,
mourut à Verfailles le 12.
de ce mois en fa vingtfixiéme année.
Monseigneur le Dauphin , Louis de France ,
mourut à Marly le 18. en
la trentiéme année de fon
âge , eftant né le 6. Aouft
1682.
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Résumé : MORT DE MONSEIGNEUR le Dauphin & de Madame la Dauphine.
Le Dauphin Louis de France, né le 6 août 1662, et son épouse Marie Adelaide de Savoie sont décédés respectivement le 18 et le 12 avril, à l'âge de 30 et 26 ans. La France est plongée dans la douleur. Le roi exprime sa consolation et mentionne les récentes afflictions et la colère divine.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2403
s. p.
MEMOIRES sur ces deux morts.
Début :
Le Vendredy 12. Février 1712. Marie-Adelaïde de Savoye, Epouse de [...]
Mots clefs :
Dauphin, Dauphine, Gardes, Princesse, Duc d'Orléans, Corps du prince, Carrosse, Choeur, Saint-Denis, Évêque de Senlis, Mort, Duchesse, Armes, Lit de parade, Versailles
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texteReconnaissance textuelle : MEMOIRES sur ces deux morts.
MEMOIRES
fur ces deux morts.
LeVendredy 12. Février
1712. Marie-Adelaïde da
Savoye , Epoufe de Monfeigneur Louis , Dauphin
de France , mourut aprés
avoir receu fes Sacrements
le jour précedent avec une
parfaite refignation auxvolontez de Dieu & de grands
fentiments de pieté. Sitoft
qu'elle fut décédée ce mefme jour 12. Février à huit
heures & demie du foir , le
Roy fe retira à Marly où
de Mon(Eignearlyfetc
f'on tranfporta Monfeis
gneur le Dauphin malade
le Samedy 13. Février à
fept heures du matin. La
mort d'une Epoufe quiluy
eftoitfi chere rendit la ma
ladie mortelle ; il expira le
Jeudy 18. du mefme mois.
Parlons d'abord de ce
qui fe paffa au premier de
ces deux funeftes évenements. Ce ne furent que
cris & que larmes dans
tout le Chasteau de Verfailles. On peigna la Prin
ceffe , onla coëffa en linger
uni avec des rubans noirs
MORTA
& blancs , & en cet eftat
elle fut exposée au public
tout le Samedyfuivant.
Le Samedy 13. au ſoir
fort tard , elle fut enfevelie
& mife dans fon cercuel
par Madame la Ducheffe
du Lude , & Madame la
Marquile de Mailly , cellelà tenant la tefte , celle- cy
les pieds.
Elle refta tout le Dimanche fur fon lit dans fon
cercueil fans aucun appareil que fix cierges , parce
qu'on préparoit dans la
chambre d'auprés fon lit
de Monfeigneur, & c.
de parade où elle fut mife
le Lundy 15. & exposée au
public.
1
Le Jeudy 18. Monfei
gneur le Dauphin n'ayant
fait paroiftre d'autre in
quietude pendant toute la
nuit précedente que celle
de parvenir aumoment au
quelil pourroit entendre la
Meffe & recevoir le Saint
Sacrement, fon inquietude
ceffa quandil eut fatisfait à
ces deux devoirs , il mou
rut ( aprés avoir recom
mandéfon ameà Dieu , &
l'avoir ptié de conſerver
MORTAS
long temps la perfonne fa
crée du Roy , pour l'intel
reft de les peuples, ) à huit
heures & demie du matin.
Le Roy fe retira dans le
penultiéme Pavillon de
Marly à gauche , & dés que
Monfeigneur le Dauphin
pur eftre enseveli , on l'ap.
porta à Versailles , & on le
mit dans le mefme lit de
parade avec Madame la
Dauphine. Les deux grilles
de Versailles eftoient ten
dues de noir fans écuffons.
Toutes les arcades du ve
fabule , le grand efcalier ,
de Monfeigneur, &c.
la premiere Salle des Gar
des & tout l'appartement
de Madame la Dauphine
eftoient tendus jufqu'au
plafond : deux bandes d'E
cuffons regnoient depuis
les dehors de la Cour juf
ques à la Chambre où le
Prince & la Princeffe ef
toient expoſez.h mung
Un concours infini de
peuple , vint pendant tout
le temps que les corps du
Prince & de la Princeffe
furent expoſez , & paffoit
au travers du Salon , par
la Galerie , jufques à une
MORT
barriere qu'on avoit faite
pour ne donner paffago
que par l'autre Salle des
Gardes , & cela dura juf
qu'au Mardyà midy , qua
tre Pores de la Miffion
quatre Peres Feuillants , &
quatre Peres Recollets ,
avoient veillé jour & nuit
autour du lit de parade ,
& fur les cinq heures du
foir du Mardy 23. Mon
feigneur le Duc d'Orleans
qui avoit efté Mercredyi
17.. donner l'eaubenifte au
Corps de Madame la Dauphine , deyant conduire la
pompe
de Monfeigneur , &c.
"
pompe funebre , vint en
donner avant la levée des
corps du Prince & de la
Princeffe. Meffeigneurs les
Evefques ayant auffi donné
de l'eau benite fur lescorps
du Prince & de la Princeffe , Monfeigneur l'Evef
que de Senlis, accompagné
de Meffeigneurs les Evel
ques de Montauban , de
Tournay , & d'Autun , des
Aumofniers du Curé de
la Paroiffe de Versailles en
furplis & en étole , ayant
entonné Exultabunt , plufieurs Peres de la Miffion ,
Février 1712 .
A
MORTb
commencerent à chanter
le Miferere. Monseigneur
le Duc d'Orleans , Monfieur le Marquis de Dangeau , Chevalier d'Honneur , Monfieur
le Maréchal de Teffé , premier
Ecuyer, les Dames d'Honneur , & les Dames du
Palais qui estoient dans
la Chambreoù la Princeffe
s'avancerent eftoit morte ,
dans celle du lit de parade :
fçavoir , Madame la Ducheffe du Lude , & Madame la Comteffe de Mailly ,
Dames d'Honneur, les Da-
de Monfeigneur , &c.
mes du Palais , Meldames
Ja Marquifel de Dangeau,
deRoucyde Nogaret,d'O,
de Mongon , de Levy, d'Eftrées , ayant à leur tefte
Madame la Grande Ducheffe , Madame la Prin
ceffe de Conty , Madame
la Ducheffe de Vendofme,
&Mademoiſelle de la Roche-fur-Yon. Toutes cés
Dames fuivoient les corps
du Prince & de la Princeffé, portez par dix Gardes
-dusCorps à chaque cercueil , & deux à chaque
quaiffe , où eftoient renA ij
MORT
fermées les entrailles ; lorf
qu'ils furent fur l'escalier ,
la Mufique entonna un De
profundis en faux bourdon ,
qui dura à peu prés le
temps que les deux cercueils & les deux quaiffes
furent pofez dans le Char
funebre , les Gardes Françoifes & Suiffes eftoient
fous les armes alors on
commença à défiler en cet
ordre. Premierement:
Cent Pauvres habillez
d'une cape grife & claire ,
pliffée , qui leur deſcendoit
jufqu'aux pieds , avec un
de Monfeigneur , &c.
cocluchon & une ceintures
ayant chacun un flambeau
ala main. Une Compagnie
des Gardes du Corps; cent
Vingt Moufquetaires , foixante de chaque Compa
gnie , fuivis de celles des
Gendarmes & ChevauxLegers , aprés lefquels fuivoient lesCaroffes de deuil,
de Meffieurs les Officiers ,
de Monfeigneur le Duc
d'Orleans , ceux de Monfeigneur le Dauphin, & de
Madame la Dauphine , fuivis de leurs Valets de pied ;
tous ces Caroffes eftoient à
huit chevaux. A iij.
MORTAM
Premier Caroffe de Madame la Dauphine.
S. A. S. Madame la Du
cheffe Pa
Madame la Ducheſſe du
Lude, Dame d'Honneur.
Madame la Ducheffe d'Harcour.
Madame la Ducheffe de
Duras.
Madame la Marquife de
Rouffy, Damedu Palais.
Madame la Marquise de
Mailly , Dame du Palais.
Madame la Marquife de
Laigle , Dame d'Honneur de
Madame la Ducheſſe.
de Monfeigneur, &c.
Second Caroffe.me
S. A. S. Madame la Ducheffe de Vendofme.
Madame la Ducheffe d'E
firées.od
Madame la Princeffe de
Chimay.
Madame de Nogaret.
Madame de Moufereaut.
Madame la Marquife de
Braffac, Dame d'Honneur de
Madame de Vendofme.
Troifiéme Caroffe.
S. A. S. Mademoiſelle de
Conti.
Madame la Duchesse de
Sully
N
A iiij
MORT
Madame la Duchesse de
la Ferté.
Madame la Marquise de
Nangy.
Madame la Marquife de
la Vrilliere
Madame la Marquife da
Liftenay.
Quatriéme Carolfe.
S.AS. Mademoiſelle de la
Rochefur Yon.
Madamela Comtesse d'Egmont.
Madame la Princesse de
Talmont.
Madame de Clermont
Madame la Marquise de
Polignac.
de Monfeigneur, &c.
Madame la Marquife de
la Vrilliere.
Madame la Marquife de
Chambouard.
Cinquiéme Caroffe.
Madame la Grand-Duchefse feule dans le fond avec
Madamela Comteffe de Mail
ly.
Et enfuite fuivirent les Pages de Monfeigneur le
Dauphin &de Madame la
Dauphine. Le Garoffe en
fuite de Monſeigneur le
Ducd'Orleans , où il eftoit
feul dans le fond avec
Monfienr le Marquis de
MORT
la Fare fon premier Capitaine des Gardes , &Mon.
fieur le Comte d'Estampes
fecond Capitaine des Gardes. Dans les autres Caroffes de fa fuite , eftoient
Meffieurs d'Armentieres ,
de Simiane , de Marivat.
Tousces équipages & corteges furent fuivis des Pa
du Roy avec les livrées
du Roy fans deüil , ayant
tous unflambeauà la main,
auffi bien que Meffieurs les
Moufquetaires , Gendarál
Chevaux Legers
ges
mes
qui tous avoient leur ha
de Monseigneur, &c.
bit d'ordonnance, à la tefte
de ce défilé , les caroffes
dans lefquels eftoient Mr
l'Evefque de Senlis , premier Aumofnier de Mada
me la Dauphine , Mr l'Evefque de Tournay , Mr.
l'Evefque de faint Omer ,
Mr. l'Evefque de Montau
ban, & Mrl'Evefque d'Au
tun , au milieu Mr le Curé
de Verfailles en Eftole d'un
cofté , le Pere de la Ruë de
le Pere Martineau, celuy
là Confeffeur de Madame
la Dauphine , celui- cy de
Monfeigneur le Dauphing
MORT
de l'autre cofté: enfuite parurent les quatre Heraults
d'armes avec le Roy d'ar
mes à leur tefte. Le Char
eftoit accompagné de qua
tre Aumofniers en rochet ,
manteau & bonnet carré,
tous quatre à cheval , te
nants chacun un des quatre coins dupoële , ce Char
eftoit attelé de huit cheyaux caparaçonnez. Les
Recollets de Verſailles accompagnerent le convoy
juſqu'à l'avenuë. Il entra
dans Paris à deux heures &
demie aprés minuit, toute
de Monfeigneur, & c.
la rue faint Honoré, où les
Feuillants , les Capucins ,
les Quinze - vingts , faint
Honoré, firent leurs Prieres avec chacun leur Clergé, ayant leurs Croix &
leurs chandeliers , fe prefenterent au paffage pour
chanter un De profundis.
Sitoft qu'on apperceut de
faint Denys les premiers
flambeaux, l'on fonna un
bourdon durant un quart
d'heure pour fignal à toutes les Eglifes de faint Denys , Collegiales , Paroil
fest & Communautez
MORTASÍ
,
d'hommes pour ſe préparer à aller au devant avec
les Religieux de faint De
nys. Tout le Clergé des
autres Eglifes s'eftant rendu dans celle de l'Abbaye ,
on fonna une ſeconde fois
un bourdon feul , pour fe
préparer àpartir. On avoit
commenceà dire des baffes
Meffes dés quatre heures
du matin , dans les Chapelles du Chevet , Chever
c'eft la partie haute de l'Eglife de faint Denys , derriere le chœur , & le lieu
oùferont expoſez pendant
de Monseigneur , &c.
quarante jours les corps du
Prince & de la Princeffe ,
tout le cortege paroiffoir
s'approcher le Clergé de
faint Denys , ayant les Religieux à leur tefte , en formerent un confiderable ,
& allerent au devant du
convoy juſques à la porte
de Paris , qui cftoit tendue avec deux rangées d'Ecuffons , auffi bien que la
premiere porte d'entrée
fur le parvis. Le Convoy
ayant joint , ils entonnerent le Libera Tout défila
furla place oùeftoient plu-
SM ORTA A
Leurs Compagnies des
Gardes Françoiles & Suif
fes ,fous les armes , les pauvres entrerent dans l'Eglife avec leurs flambeaux.
Monfieur de Dreux ; &
Monfieur Defgranges , fi
rent difpofer les fieges &
les carreaux dans le Chœur.
pour les Dames.
Monseigneur le Duc
d'Orleans , Monfieur le
Marquis de Dangeau , &
Monfieur le Maréchal de
Teffé , s'allerent placerd'abord au Choeur ; enfin le
Clergé & les Religieux
eftant
de Monfeigneur, &c.
eftant entrés, le Char eftant
arrivé devant la porte de
l'Eglife , Mr. l'Evefque de
Senlis emchape & en mitre, le Prieur de Saint Denis
enchape , accompagné de
deux Religieux en Dalmatiques , attendirent que les
deux cercueils fuffent apportés fur deux tables l'un
auprés de l'autre , placés
au milieu , fous la plateformeàl'entrée pour com
mencer leurs Harangues.
Ces deux harangues finies , Madame la grande
Ducheffe eftant revenue
Février 1712.
B
MaO RUTAsh
du Chœur au lieu où elles
fe firent pour reprefenter
auprés de Madame la Dauphine, on avoit mis fur les
cercueils de plomb enfermez dans un cercueil de
bois de chefne , & couvert
d'un velours croisé d'une
moire d'argent , à travers
lequel paffoient trois an
neaux de chaque cofté ,
un poëlle noir avec une
Croix herminée , tout le
poëfle bordé d'hermine de
la hauteur de dix pouces ,
& par deffus ce poëlle une
autre de drap d'or avec les
de Monfeigneur, c.
Ecuffons brodez de Mon
feigneur le Dauphin , auf
quels eftoient jointes les
Armes de Madamela Dau
phine fans brifures , n'y
ayant que celles deSavoye
qui font de gueules à und
Croixd'argent, ainfi qu'el
les paroiffoient alternativement dans les Ecus de
velours , chargez d'Ecuffons qui regnoient autour
du Chœur jufqu'à l'Autel,
celles de Monfeigneur le
Dauphin feuls , alternati
A
vement jointes à celles de
Madame la Dauphine. En
Bij
MAORT..
07
fuite on avança' dans le
Chœur, les Gardesducorps
eurent ordre du Maiftre
des ceremonies , de prendre le corps de Madame la
Dauphine le premier, pour
le porter fur une eftrade de
trois degrez qui eftoit dans
le Choeur, & celuy de Monfeigneur le Dauphin , lef
quels eftant placez fur deux
tables , le poëfle de drap
d'or feulement eſtendu
deffus , cinq douzaines de
cierges autour , furmonté
d'un dais en l'air . le Mifer
rere achevé , on chanta le
.
de Monfeigneur,&C.
Subvenite , Kyrie eleifon , Pa
ter nofter , pendant quoy
Mr l'Evefque de Senlis jetta l'eau benifte autour, en
cenfa, & le Pere Prieur enfuite, & Mrde Senlis ayant
fini l'Abfolution , ce qui
conduifit jufqu'à fept heu
res trois quarts ; on s'alla
repofer une demi - heure
aprés laquelle Mr de Senlis vint commencer la
grand Meffe qui dura juſ
ques à neuf heures trois
1quarts.
MORTV
Les cœurs de Monfeigneur.le Dauphin , & de
Madamela Dauphine , fu
rent portez au Val de Gras
ce le Vendredy au foir. Ils
yarriverent à minuit.de
En attendant un détail
de cette ceremonie voicy
le Difcours que fit Mada+
me l'Abbeffe du Val de
Grace en les recevant
fur ces deux morts.
LeVendredy 12. Février
1712. Marie-Adelaïde da
Savoye , Epoufe de Monfeigneur Louis , Dauphin
de France , mourut aprés
avoir receu fes Sacrements
le jour précedent avec une
parfaite refignation auxvolontez de Dieu & de grands
fentiments de pieté. Sitoft
qu'elle fut décédée ce mefme jour 12. Février à huit
heures & demie du foir , le
Roy fe retira à Marly où
de Mon(Eignearlyfetc
f'on tranfporta Monfeis
gneur le Dauphin malade
le Samedy 13. Février à
fept heures du matin. La
mort d'une Epoufe quiluy
eftoitfi chere rendit la ma
ladie mortelle ; il expira le
Jeudy 18. du mefme mois.
Parlons d'abord de ce
qui fe paffa au premier de
ces deux funeftes évenements. Ce ne furent que
cris & que larmes dans
tout le Chasteau de Verfailles. On peigna la Prin
ceffe , onla coëffa en linger
uni avec des rubans noirs
MORTA
& blancs , & en cet eftat
elle fut exposée au public
tout le Samedyfuivant.
Le Samedy 13. au ſoir
fort tard , elle fut enfevelie
& mife dans fon cercuel
par Madame la Ducheffe
du Lude , & Madame la
Marquile de Mailly , cellelà tenant la tefte , celle- cy
les pieds.
Elle refta tout le Dimanche fur fon lit dans fon
cercueil fans aucun appareil que fix cierges , parce
qu'on préparoit dans la
chambre d'auprés fon lit
de Monfeigneur, & c.
de parade où elle fut mife
le Lundy 15. & exposée au
public.
1
Le Jeudy 18. Monfei
gneur le Dauphin n'ayant
fait paroiftre d'autre in
quietude pendant toute la
nuit précedente que celle
de parvenir aumoment au
quelil pourroit entendre la
Meffe & recevoir le Saint
Sacrement, fon inquietude
ceffa quandil eut fatisfait à
ces deux devoirs , il mou
rut ( aprés avoir recom
mandéfon ameà Dieu , &
l'avoir ptié de conſerver
MORTAS
long temps la perfonne fa
crée du Roy , pour l'intel
reft de les peuples, ) à huit
heures & demie du matin.
Le Roy fe retira dans le
penultiéme Pavillon de
Marly à gauche , & dés que
Monfeigneur le Dauphin
pur eftre enseveli , on l'ap.
porta à Versailles , & on le
mit dans le mefme lit de
parade avec Madame la
Dauphine. Les deux grilles
de Versailles eftoient ten
dues de noir fans écuffons.
Toutes les arcades du ve
fabule , le grand efcalier ,
de Monfeigneur, &c.
la premiere Salle des Gar
des & tout l'appartement
de Madame la Dauphine
eftoient tendus jufqu'au
plafond : deux bandes d'E
cuffons regnoient depuis
les dehors de la Cour juf
ques à la Chambre où le
Prince & la Princeffe ef
toient expoſez.h mung
Un concours infini de
peuple , vint pendant tout
le temps que les corps du
Prince & de la Princeffe
furent expoſez , & paffoit
au travers du Salon , par
la Galerie , jufques à une
MORT
barriere qu'on avoit faite
pour ne donner paffago
que par l'autre Salle des
Gardes , & cela dura juf
qu'au Mardyà midy , qua
tre Pores de la Miffion
quatre Peres Feuillants , &
quatre Peres Recollets ,
avoient veillé jour & nuit
autour du lit de parade ,
& fur les cinq heures du
foir du Mardy 23. Mon
feigneur le Duc d'Orleans
qui avoit efté Mercredyi
17.. donner l'eaubenifte au
Corps de Madame la Dauphine , deyant conduire la
pompe
de Monfeigneur , &c.
"
pompe funebre , vint en
donner avant la levée des
corps du Prince & de la
Princeffe. Meffeigneurs les
Evefques ayant auffi donné
de l'eau benite fur lescorps
du Prince & de la Princeffe , Monfeigneur l'Evef
que de Senlis, accompagné
de Meffeigneurs les Evel
ques de Montauban , de
Tournay , & d'Autun , des
Aumofniers du Curé de
la Paroiffe de Versailles en
furplis & en étole , ayant
entonné Exultabunt , plufieurs Peres de la Miffion ,
Février 1712 .
A
MORTb
commencerent à chanter
le Miferere. Monseigneur
le Duc d'Orleans , Monfieur le Marquis de Dangeau , Chevalier d'Honneur , Monfieur
le Maréchal de Teffé , premier
Ecuyer, les Dames d'Honneur , & les Dames du
Palais qui estoient dans
la Chambreoù la Princeffe
s'avancerent eftoit morte ,
dans celle du lit de parade :
fçavoir , Madame la Ducheffe du Lude , & Madame la Comteffe de Mailly ,
Dames d'Honneur, les Da-
de Monfeigneur , &c.
mes du Palais , Meldames
Ja Marquifel de Dangeau,
deRoucyde Nogaret,d'O,
de Mongon , de Levy, d'Eftrées , ayant à leur tefte
Madame la Grande Ducheffe , Madame la Prin
ceffe de Conty , Madame
la Ducheffe de Vendofme,
&Mademoiſelle de la Roche-fur-Yon. Toutes cés
Dames fuivoient les corps
du Prince & de la Princeffé, portez par dix Gardes
-dusCorps à chaque cercueil , & deux à chaque
quaiffe , où eftoient renA ij
MORT
fermées les entrailles ; lorf
qu'ils furent fur l'escalier ,
la Mufique entonna un De
profundis en faux bourdon ,
qui dura à peu prés le
temps que les deux cercueils & les deux quaiffes
furent pofez dans le Char
funebre , les Gardes Françoifes & Suiffes eftoient
fous les armes alors on
commença à défiler en cet
ordre. Premierement:
Cent Pauvres habillez
d'une cape grife & claire ,
pliffée , qui leur deſcendoit
jufqu'aux pieds , avec un
de Monfeigneur , &c.
cocluchon & une ceintures
ayant chacun un flambeau
ala main. Une Compagnie
des Gardes du Corps; cent
Vingt Moufquetaires , foixante de chaque Compa
gnie , fuivis de celles des
Gendarmes & ChevauxLegers , aprés lefquels fuivoient lesCaroffes de deuil,
de Meffieurs les Officiers ,
de Monfeigneur le Duc
d'Orleans , ceux de Monfeigneur le Dauphin, & de
Madame la Dauphine , fuivis de leurs Valets de pied ;
tous ces Caroffes eftoient à
huit chevaux. A iij.
MORTAM
Premier Caroffe de Madame la Dauphine.
S. A. S. Madame la Du
cheffe Pa
Madame la Ducheſſe du
Lude, Dame d'Honneur.
Madame la Ducheffe d'Harcour.
Madame la Ducheffe de
Duras.
Madame la Marquife de
Rouffy, Damedu Palais.
Madame la Marquise de
Mailly , Dame du Palais.
Madame la Marquife de
Laigle , Dame d'Honneur de
Madame la Ducheſſe.
de Monfeigneur, &c.
Second Caroffe.me
S. A. S. Madame la Ducheffe de Vendofme.
Madame la Ducheffe d'E
firées.od
Madame la Princeffe de
Chimay.
Madame de Nogaret.
Madame de Moufereaut.
Madame la Marquife de
Braffac, Dame d'Honneur de
Madame de Vendofme.
Troifiéme Caroffe.
S. A. S. Mademoiſelle de
Conti.
Madame la Duchesse de
Sully
N
A iiij
MORT
Madame la Duchesse de
la Ferté.
Madame la Marquise de
Nangy.
Madame la Marquife de
la Vrilliere
Madame la Marquife da
Liftenay.
Quatriéme Carolfe.
S.AS. Mademoiſelle de la
Rochefur Yon.
Madamela Comtesse d'Egmont.
Madame la Princesse de
Talmont.
Madame de Clermont
Madame la Marquise de
Polignac.
de Monfeigneur, &c.
Madame la Marquife de
la Vrilliere.
Madame la Marquife de
Chambouard.
Cinquiéme Caroffe.
Madame la Grand-Duchefse feule dans le fond avec
Madamela Comteffe de Mail
ly.
Et enfuite fuivirent les Pages de Monfeigneur le
Dauphin &de Madame la
Dauphine. Le Garoffe en
fuite de Monſeigneur le
Ducd'Orleans , où il eftoit
feul dans le fond avec
Monfienr le Marquis de
MORT
la Fare fon premier Capitaine des Gardes , &Mon.
fieur le Comte d'Estampes
fecond Capitaine des Gardes. Dans les autres Caroffes de fa fuite , eftoient
Meffieurs d'Armentieres ,
de Simiane , de Marivat.
Tousces équipages & corteges furent fuivis des Pa
du Roy avec les livrées
du Roy fans deüil , ayant
tous unflambeauà la main,
auffi bien que Meffieurs les
Moufquetaires , Gendarál
Chevaux Legers
ges
mes
qui tous avoient leur ha
de Monseigneur, &c.
bit d'ordonnance, à la tefte
de ce défilé , les caroffes
dans lefquels eftoient Mr
l'Evefque de Senlis , premier Aumofnier de Mada
me la Dauphine , Mr l'Evefque de Tournay , Mr.
l'Evefque de faint Omer ,
Mr. l'Evefque de Montau
ban, & Mrl'Evefque d'Au
tun , au milieu Mr le Curé
de Verfailles en Eftole d'un
cofté , le Pere de la Ruë de
le Pere Martineau, celuy
là Confeffeur de Madame
la Dauphine , celui- cy de
Monfeigneur le Dauphing
MORT
de l'autre cofté: enfuite parurent les quatre Heraults
d'armes avec le Roy d'ar
mes à leur tefte. Le Char
eftoit accompagné de qua
tre Aumofniers en rochet ,
manteau & bonnet carré,
tous quatre à cheval , te
nants chacun un des quatre coins dupoële , ce Char
eftoit attelé de huit cheyaux caparaçonnez. Les
Recollets de Verſailles accompagnerent le convoy
juſqu'à l'avenuë. Il entra
dans Paris à deux heures &
demie aprés minuit, toute
de Monfeigneur, & c.
la rue faint Honoré, où les
Feuillants , les Capucins ,
les Quinze - vingts , faint
Honoré, firent leurs Prieres avec chacun leur Clergé, ayant leurs Croix &
leurs chandeliers , fe prefenterent au paffage pour
chanter un De profundis.
Sitoft qu'on apperceut de
faint Denys les premiers
flambeaux, l'on fonna un
bourdon durant un quart
d'heure pour fignal à toutes les Eglifes de faint Denys , Collegiales , Paroil
fest & Communautez
MORTASÍ
,
d'hommes pour ſe préparer à aller au devant avec
les Religieux de faint De
nys. Tout le Clergé des
autres Eglifes s'eftant rendu dans celle de l'Abbaye ,
on fonna une ſeconde fois
un bourdon feul , pour fe
préparer àpartir. On avoit
commenceà dire des baffes
Meffes dés quatre heures
du matin , dans les Chapelles du Chevet , Chever
c'eft la partie haute de l'Eglife de faint Denys , derriere le chœur , & le lieu
oùferont expoſez pendant
de Monseigneur , &c.
quarante jours les corps du
Prince & de la Princeffe ,
tout le cortege paroiffoir
s'approcher le Clergé de
faint Denys , ayant les Religieux à leur tefte , en formerent un confiderable ,
& allerent au devant du
convoy juſques à la porte
de Paris , qui cftoit tendue avec deux rangées d'Ecuffons , auffi bien que la
premiere porte d'entrée
fur le parvis. Le Convoy
ayant joint , ils entonnerent le Libera Tout défila
furla place oùeftoient plu-
SM ORTA A
Leurs Compagnies des
Gardes Françoiles & Suif
fes ,fous les armes , les pauvres entrerent dans l'Eglife avec leurs flambeaux.
Monfieur de Dreux ; &
Monfieur Defgranges , fi
rent difpofer les fieges &
les carreaux dans le Chœur.
pour les Dames.
Monseigneur le Duc
d'Orleans , Monfieur le
Marquis de Dangeau , &
Monfieur le Maréchal de
Teffé , s'allerent placerd'abord au Choeur ; enfin le
Clergé & les Religieux
eftant
de Monfeigneur, &c.
eftant entrés, le Char eftant
arrivé devant la porte de
l'Eglife , Mr. l'Evefque de
Senlis emchape & en mitre, le Prieur de Saint Denis
enchape , accompagné de
deux Religieux en Dalmatiques , attendirent que les
deux cercueils fuffent apportés fur deux tables l'un
auprés de l'autre , placés
au milieu , fous la plateformeàl'entrée pour com
mencer leurs Harangues.
Ces deux harangues finies , Madame la grande
Ducheffe eftant revenue
Février 1712.
B
MaO RUTAsh
du Chœur au lieu où elles
fe firent pour reprefenter
auprés de Madame la Dauphine, on avoit mis fur les
cercueils de plomb enfermez dans un cercueil de
bois de chefne , & couvert
d'un velours croisé d'une
moire d'argent , à travers
lequel paffoient trois an
neaux de chaque cofté ,
un poëlle noir avec une
Croix herminée , tout le
poëfle bordé d'hermine de
la hauteur de dix pouces ,
& par deffus ce poëlle une
autre de drap d'or avec les
de Monfeigneur, c.
Ecuffons brodez de Mon
feigneur le Dauphin , auf
quels eftoient jointes les
Armes de Madamela Dau
phine fans brifures , n'y
ayant que celles deSavoye
qui font de gueules à und
Croixd'argent, ainfi qu'el
les paroiffoient alternativement dans les Ecus de
velours , chargez d'Ecuffons qui regnoient autour
du Chœur jufqu'à l'Autel,
celles de Monfeigneur le
Dauphin feuls , alternati
A
vement jointes à celles de
Madame la Dauphine. En
Bij
MAORT..
07
fuite on avança' dans le
Chœur, les Gardesducorps
eurent ordre du Maiftre
des ceremonies , de prendre le corps de Madame la
Dauphine le premier, pour
le porter fur une eftrade de
trois degrez qui eftoit dans
le Choeur, & celuy de Monfeigneur le Dauphin , lef
quels eftant placez fur deux
tables , le poëfle de drap
d'or feulement eſtendu
deffus , cinq douzaines de
cierges autour , furmonté
d'un dais en l'air . le Mifer
rere achevé , on chanta le
.
de Monfeigneur,&C.
Subvenite , Kyrie eleifon , Pa
ter nofter , pendant quoy
Mr l'Evefque de Senlis jetta l'eau benifte autour, en
cenfa, & le Pere Prieur enfuite, & Mrde Senlis ayant
fini l'Abfolution , ce qui
conduifit jufqu'à fept heu
res trois quarts ; on s'alla
repofer une demi - heure
aprés laquelle Mr de Senlis vint commencer la
grand Meffe qui dura juſ
ques à neuf heures trois
1quarts.
MORTV
Les cœurs de Monfeigneur.le Dauphin , & de
Madamela Dauphine , fu
rent portez au Val de Gras
ce le Vendredy au foir. Ils
yarriverent à minuit.de
En attendant un détail
de cette ceremonie voicy
le Difcours que fit Mada+
me l'Abbeffe du Val de
Grace en les recevant
Fermer
Résumé : MEMOIRES sur ces deux morts.
En février 1712, Marie-Adélaïde de Savoie, épouse du Dauphin Louis de France, décéda après avoir reçu les sacrements avec résignation et piété. Le roi se retira à Marly, et le Dauphin, gravement affecté par la perte de son épouse, mourut le 18 février. Les funérailles de Marie-Adélaïde eurent lieu le 13 février. Elle fut exposée au public, habillée de lingerie unie avec des rubans noirs et blancs. Le Dauphin, quant à lui, mourut après avoir reçu les derniers sacrements et recommandé son âme à Dieu. Les corps furent exposés à Versailles, avec des grilles et des arcades tendues de noir. Un grand concours de peuple vint voir les dépouilles. Les cérémonies funéraires inclurent des messes et des prières, avec la participation de nombreux ecclésiastiques et dignitaires. Les corps furent ensuite transportés à l'abbaye de Saint-Denis, où ils furent inhumés après des harangues et des prières. Les cœurs du Dauphin et de Marie-Adélaïde furent portés au Val-de-Grâce.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2404
p. 25-44
« M. le Dauphin étoit le vingt-uniéme Dauphin de la Maison de France [...] »
Début :
M. le Dauphin étoit le vingt-uniéme Dauphin de la Maison de France [...]
Mots clefs :
Savoie, Dauphin, Famille, Roi, Duc, France
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « M. le Dauphin étoit le vingt-uniéme Dauphin de la Maison de France [...] »
.le Dauphin étoit
le vingt- uniéme Dauphin de la Maiſons dea
France, depuis la ceffion
du Dauphiné par Humbert dernier Dauphin de
Viennois , en 1349. lequelHumbertfe voyant
veuf& fans enfans , difpoſa de ſes Etats en fayeur des fils aînez &prefomptifs heritiers de la
Couronne de France ,
à la charge & condition
qu'ils en porteroient le
Fév. 1712.
C
26 MERCURE
nom & les armes ; & le
premier qui a porté cette qualité a été Charles
de France , fils du Roy
Jean , qui lui fucceda à
la couronne en 1364.
fous le nom de Charles
V. De ces vingt & un
Dauphins il y en a eu
neuf qui ont été Rois ,
les douze autres étant
morts fans être parvenus à la couronne. Ceux
qui ont été Rois ont été
Charles cinq , Charles
GALANT. 27
EJ
fix, Charles fept , Louis
onze , Charles huit ,
Henryfecond, François
fecond , Louis treize, &
Louis quatorze. Il ya
eu neuf Dauphins ma
riez étant Dauphins , &
dix Dauphines , parce
que Louis onze a été
marié deux fois étant
Dauphin. Sa premiere
femme, Marguerite d'Ecoffe , mourut Dauphne; & fafeconde, Charlotte de Savoye , devint
Cij
28 MERCURE
Reine. De ces dix Dauphines il n'y en a eu que
cinq de Reines : Içavoir , Jeanne de Bourbon , femme du Roy
Charles cinq 3 Marie
d'Anjou, femmedu Roy
Charles fepts Charlotte
de Savoye , feconde
femme du Roy Louis
onze; Catherine de Medicis , femme du Roy
Henry fecond ; & Marie Stuart , femme du
Roy François ſecond,
GALANT. 29
Cette trifte morto de
M. le Dauphin fait que
M. le Duc de Bretagne
devient le vingt - deu
xiéme Dauphin. Il eft
trés fingulier de voir
qu'en dix mois & quatre jours nous voyons
trois Dauphins:fçavoir,
Louis cinq , Dauphin
de Viennois, mort le 14.
Avril 1711 perede Louis
fix , auffi Dauphin de
Viennois , qui vient de
mourir , connu ci - deC iij
30 MERCURE
vant fous le titre de Duc
de Bourgogne , & auffi
pere de M. le Duc des
Bretagne , à prefent
Dauphin au lieu de M.
fon pere. Les dix Dauphines qu'il yaeu font,
une de la Maifon de
Bourbon , une de Bourgogne , deux de Bavière, une d'Anjou, deux
de Stuart , une de Medicis , & deux de Savoye ,
la derniere défquelles
eft celle qui vient de
GALANT.I/ 31
mourir , Marie - Adelayde de Savoye , fille
de Victor- Amé, fecond
du nom , Duc de Savoye , & de DameAnne
d'Orleans , fille de Philippe de France , Duc
d'Orleans , Frere unique du Roy, & d'HenFiette - Anne d'Angleterre , fa premiere femme. Cette Dame meurt
à vingt - fix ans , deux
mois & cinq jours étant
née le 6. Octobre 1685.
C iiij
32 MERCURE
& aprés quatorze ans ,
deux mois & cinq jours
de mariage , la celebration s'étant faite à Ver
failles le 6. Octobre
1697. Elle a eutrois en
fans: fçavoir, deux Ducs
deBretagne , & un Duc
d'Anjou. Le premier eft
mort âgé de neuf mois
& dix- neufjours , le 13.
Avril 1705. le fecond à
preſent vivant , eft M.
le Dauphin , & le troifiéme, qui eft M. le Duc
GALANT 33
d'Anjou, vit auffi.
CetteDameétoit d'u
ne des plus anciennes -
Maiſons fouveraines de
l'Europe , puifque la
Maifon de Savoye eft
fortie de celle de Saxe,
& elle a commencé à
regner en Savoye il y a
fept fiecles en vingttrois generatios &trente- quatre Princes , qui
fe font fuccedez les uns
aux autres avec tant de
bonheur , que lorfque
と
34 MERCURE
quelqu'un eftmort fanst
enfans , la couronne
n'eft jamais paffé à un
degré plus éloigné, que
du frere ou du petit ne
veu au grand oncle.bang
Le premier qui a com
mencé à regner en Savoye a été Berold , en
l'an 1000. Il étoit iffu de
Vvitichind le Grand
Duc de Saxe , & de lui
eft defcenduë toute la
Maiſon.de Savoye , qui
a donné degrands hom
GALANT. 35
mes. Amé ſept fut élû
Pape au Concile de Bâle
contre le Pape Eugene
3
quatre en 1439. fous le
nom de Felix cinq. Eu
gene quatre étant mort,
& Nicolas cinq ayant
été élu , Felix fe demit
du Pontificat, à la priere
du Roy de France , pour
donner la paix à l'Egli
fe , fe contentant de la
qualité de Doyen du
Sacré College , qu'il
garda juſques à fa mort,
36 MERCURE
arrivée en 1451.
Ils portent la qualité,
de Rois de Cypre , par
la donation qui leur a
été faite par Charlotte ,
Reinede Cypre, fille &
heritiere de Jean fecond
dunom , RoydeCypre.
Cette Reine fut mariée
deux fois la premiete ,
à Jean Prince de Portugal ; 2 , à Louis de Savoye , Comte de Geneve , frere d'Amedée neuviéme du nom , Duc de
:
GALANT. 37
Savoye , defquels elle
n'eut point de pofterité.
LeRoy Jean , fon pere ,
étant mort fans enfans
mâles legitimes , le
Royaume lui échut :
mais il lui fut difputé
par Jacques de Cypre,
fon frere naturel , qui
s'empara du Royaume,
avec l'affiftance du Soudan d'Egypte , & de
Marc Cornaro, Gentilhomme Venitien , quí
lui fit épouſer ſa fille ,
38 MERCURE
& qui fut adoptée par
la Seigneurie de Veniſe,
qui lui conftitua une
grande dot. Jacques étant mort à trente-trois
ans , laiffa fa femme enceinte, & la declara fon
heritiere en cas qu'elle
furvêquit au fruit qu'-
elle portoit. Elle accoucha d'un fils , qui mourut deux ans aprés : ainſi
elle demeura Reine de
Cypre , avec la protection de la Republique
GALANT. 39
de Venife , à laquelle
elle abandonna le gouvernement de l'Etat , lui
faifant don de la couron,
ne , fe retirant à Venife, où elle paffa le reſte
1.
de les jours.
Tout ceci ſe paffa au
préjudice de la Reine
Charlotte , qui fut contrainte de fe retirer à
Rome où elle mourat
penfionaire du Pape, &
voyant qu'elle ne pouvoit rentrer dans fes
40 MERCURE
2
Etats , elle fit don de
fon Royaume en préfence du Pape & des
Cardinaux à Amedée
neuvième , Duc de Savoye, fon beau- frere , &
à fes fucceffeurs. Sous le
pontificat du Pape Clement 7. lorſqu'il couronnal'Empereur Charlescinqà Boulogne, cette donation fut examinéeen preſence duPape & de l'Empereur, qui
adjugerentce Royaume
aux
GALANT 40
aux Ducs de Savoye
mais Selim Empereur
des Turcs termina le
differend du Duc de Savoye & des Venitiens
s'étant emparé de ce
Royaume en 1571.
Leurs alliances font
trés- confiderables , tant
par les femmes qu'ils
ont données , en ayant
eu trois de la Maiſon de
France , trois de celle
d'Orleans , quatre de
Bourbon, trois de BourFév.1712.
D
42 MERCURE
gogne , une de Berry's
& quantité d'autres de
Mailons trés - illuftres.
Ils ont donné une
femme à Louis le Gros
Roy de France , unc
à Rodolphe Duc de
Souabe, Empereur ; une
à Alfonfe premier , Roy
de Portugal , une à Andronic Paleologue Empereur de Conftantinople , une à Louis d'Airjou Roy de Naples &
de Sicile , une à Federic
GALANT. 43
d'Arragon Roy de Naples ; une Reine de Por
tugal denos jours , femme de Pierre Roy de
Portugal ; une au Roy
Louis onze , Roi de
France ; une aà Charles
d'Orleans, Comte d'Angoulême , qui a été
Louiſe de Savoie , mere
du Roi de France François premier. Ce ne fe
roit jamais fait , s'il faloit particularifer toutes leurs alliances ; ce
Dij
44 MERCURE
qui ne fe pourroit faite
qu'en faifant la Genea,
logie de cette Maiſon.
Pour la fucceffion des
Dauphins de la Maiſon
de France , on les peut
voir dans la Carte que
Monfieur Chevillard ,
Genealogifte du Roi &
Hiftoriographede France , en a donnée au public en 1700.
le vingt- uniéme Dauphin de la Maiſons dea
France, depuis la ceffion
du Dauphiné par Humbert dernier Dauphin de
Viennois , en 1349. lequelHumbertfe voyant
veuf& fans enfans , difpoſa de ſes Etats en fayeur des fils aînez &prefomptifs heritiers de la
Couronne de France ,
à la charge & condition
qu'ils en porteroient le
Fév. 1712.
C
26 MERCURE
nom & les armes ; & le
premier qui a porté cette qualité a été Charles
de France , fils du Roy
Jean , qui lui fucceda à
la couronne en 1364.
fous le nom de Charles
V. De ces vingt & un
Dauphins il y en a eu
neuf qui ont été Rois ,
les douze autres étant
morts fans être parvenus à la couronne. Ceux
qui ont été Rois ont été
Charles cinq , Charles
GALANT. 27
EJ
fix, Charles fept , Louis
onze , Charles huit ,
Henryfecond, François
fecond , Louis treize, &
Louis quatorze. Il ya
eu neuf Dauphins ma
riez étant Dauphins , &
dix Dauphines , parce
que Louis onze a été
marié deux fois étant
Dauphin. Sa premiere
femme, Marguerite d'Ecoffe , mourut Dauphne; & fafeconde, Charlotte de Savoye , devint
Cij
28 MERCURE
Reine. De ces dix Dauphines il n'y en a eu que
cinq de Reines : Içavoir , Jeanne de Bourbon , femme du Roy
Charles cinq 3 Marie
d'Anjou, femmedu Roy
Charles fepts Charlotte
de Savoye , feconde
femme du Roy Louis
onze; Catherine de Medicis , femme du Roy
Henry fecond ; & Marie Stuart , femme du
Roy François ſecond,
GALANT. 29
Cette trifte morto de
M. le Dauphin fait que
M. le Duc de Bretagne
devient le vingt - deu
xiéme Dauphin. Il eft
trés fingulier de voir
qu'en dix mois & quatre jours nous voyons
trois Dauphins:fçavoir,
Louis cinq , Dauphin
de Viennois, mort le 14.
Avril 1711 perede Louis
fix , auffi Dauphin de
Viennois , qui vient de
mourir , connu ci - deC iij
30 MERCURE
vant fous le titre de Duc
de Bourgogne , & auffi
pere de M. le Duc des
Bretagne , à prefent
Dauphin au lieu de M.
fon pere. Les dix Dauphines qu'il yaeu font,
une de la Maifon de
Bourbon , une de Bourgogne , deux de Bavière, une d'Anjou, deux
de Stuart , une de Medicis , & deux de Savoye ,
la derniere défquelles
eft celle qui vient de
GALANT.I/ 31
mourir , Marie - Adelayde de Savoye , fille
de Victor- Amé, fecond
du nom , Duc de Savoye , & de DameAnne
d'Orleans , fille de Philippe de France , Duc
d'Orleans , Frere unique du Roy, & d'HenFiette - Anne d'Angleterre , fa premiere femme. Cette Dame meurt
à vingt - fix ans , deux
mois & cinq jours étant
née le 6. Octobre 1685.
C iiij
32 MERCURE
& aprés quatorze ans ,
deux mois & cinq jours
de mariage , la celebration s'étant faite à Ver
failles le 6. Octobre
1697. Elle a eutrois en
fans: fçavoir, deux Ducs
deBretagne , & un Duc
d'Anjou. Le premier eft
mort âgé de neuf mois
& dix- neufjours , le 13.
Avril 1705. le fecond à
preſent vivant , eft M.
le Dauphin , & le troifiéme, qui eft M. le Duc
GALANT 33
d'Anjou, vit auffi.
CetteDameétoit d'u
ne des plus anciennes -
Maiſons fouveraines de
l'Europe , puifque la
Maifon de Savoye eft
fortie de celle de Saxe,
& elle a commencé à
regner en Savoye il y a
fept fiecles en vingttrois generatios &trente- quatre Princes , qui
fe font fuccedez les uns
aux autres avec tant de
bonheur , que lorfque
と
34 MERCURE
quelqu'un eftmort fanst
enfans , la couronne
n'eft jamais paffé à un
degré plus éloigné, que
du frere ou du petit ne
veu au grand oncle.bang
Le premier qui a com
mencé à regner en Savoye a été Berold , en
l'an 1000. Il étoit iffu de
Vvitichind le Grand
Duc de Saxe , & de lui
eft defcenduë toute la
Maiſon.de Savoye , qui
a donné degrands hom
GALANT. 35
mes. Amé ſept fut élû
Pape au Concile de Bâle
contre le Pape Eugene
3
quatre en 1439. fous le
nom de Felix cinq. Eu
gene quatre étant mort,
& Nicolas cinq ayant
été élu , Felix fe demit
du Pontificat, à la priere
du Roy de France , pour
donner la paix à l'Egli
fe , fe contentant de la
qualité de Doyen du
Sacré College , qu'il
garda juſques à fa mort,
36 MERCURE
arrivée en 1451.
Ils portent la qualité,
de Rois de Cypre , par
la donation qui leur a
été faite par Charlotte ,
Reinede Cypre, fille &
heritiere de Jean fecond
dunom , RoydeCypre.
Cette Reine fut mariée
deux fois la premiete ,
à Jean Prince de Portugal ; 2 , à Louis de Savoye , Comte de Geneve , frere d'Amedée neuviéme du nom , Duc de
:
GALANT. 37
Savoye , defquels elle
n'eut point de pofterité.
LeRoy Jean , fon pere ,
étant mort fans enfans
mâles legitimes , le
Royaume lui échut :
mais il lui fut difputé
par Jacques de Cypre,
fon frere naturel , qui
s'empara du Royaume,
avec l'affiftance du Soudan d'Egypte , & de
Marc Cornaro, Gentilhomme Venitien , quí
lui fit épouſer ſa fille ,
38 MERCURE
& qui fut adoptée par
la Seigneurie de Veniſe,
qui lui conftitua une
grande dot. Jacques étant mort à trente-trois
ans , laiffa fa femme enceinte, & la declara fon
heritiere en cas qu'elle
furvêquit au fruit qu'-
elle portoit. Elle accoucha d'un fils , qui mourut deux ans aprés : ainſi
elle demeura Reine de
Cypre , avec la protection de la Republique
GALANT. 39
de Venife , à laquelle
elle abandonna le gouvernement de l'Etat , lui
faifant don de la couron,
ne , fe retirant à Venife, où elle paffa le reſte
1.
de les jours.
Tout ceci ſe paffa au
préjudice de la Reine
Charlotte , qui fut contrainte de fe retirer à
Rome où elle mourat
penfionaire du Pape, &
voyant qu'elle ne pouvoit rentrer dans fes
40 MERCURE
2
Etats , elle fit don de
fon Royaume en préfence du Pape & des
Cardinaux à Amedée
neuvième , Duc de Savoye, fon beau- frere , &
à fes fucceffeurs. Sous le
pontificat du Pape Clement 7. lorſqu'il couronnal'Empereur Charlescinqà Boulogne, cette donation fut examinéeen preſence duPape & de l'Empereur, qui
adjugerentce Royaume
aux
GALANT 40
aux Ducs de Savoye
mais Selim Empereur
des Turcs termina le
differend du Duc de Savoye & des Venitiens
s'étant emparé de ce
Royaume en 1571.
Leurs alliances font
trés- confiderables , tant
par les femmes qu'ils
ont données , en ayant
eu trois de la Maiſon de
France , trois de celle
d'Orleans , quatre de
Bourbon, trois de BourFév.1712.
D
42 MERCURE
gogne , une de Berry's
& quantité d'autres de
Mailons trés - illuftres.
Ils ont donné une
femme à Louis le Gros
Roy de France , unc
à Rodolphe Duc de
Souabe, Empereur ; une
à Alfonfe premier , Roy
de Portugal , une à Andronic Paleologue Empereur de Conftantinople , une à Louis d'Airjou Roy de Naples &
de Sicile , une à Federic
GALANT. 43
d'Arragon Roy de Naples ; une Reine de Por
tugal denos jours , femme de Pierre Roy de
Portugal ; une au Roy
Louis onze , Roi de
France ; une aà Charles
d'Orleans, Comte d'Angoulême , qui a été
Louiſe de Savoie , mere
du Roi de France François premier. Ce ne fe
roit jamais fait , s'il faloit particularifer toutes leurs alliances ; ce
Dij
44 MERCURE
qui ne fe pourroit faite
qu'en faifant la Genea,
logie de cette Maiſon.
Pour la fucceffion des
Dauphins de la Maiſon
de France , on les peut
voir dans la Carte que
Monfieur Chevillard ,
Genealogifte du Roi &
Hiftoriographede France , en a donnée au public en 1700.
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Résumé : « M. le Dauphin étoit le vingt-uniéme Dauphin de la Maison de France [...] »
Le texte aborde l'histoire des Dauphins de France, en se concentrant sur le vingt-et-unième Dauphin et les événements récents liés à cette lignée. Le Dauphiné a été intégré à la France en 1349 par Humbert, dernier Dauphin de Viennois. Le premier Dauphin de France fut Charles de France, fils du roi Jean, qui accéda au trône sous le nom de Charles V en 1364. Sur les vingt-et-un Dauphins, neuf sont devenus rois : Charles V, Charles VI, Charles VII, Louis XI, Charles VIII, Henri II, François II, Louis XIII et Louis XIV. Douze autres Dauphins sont décédés sans accéder au trône. Neuf Dauphins se sont mariés en tant que tels, et il y a eu dix Dauphines, dont cinq sont devenues reines. La mort récente du Dauphin Louis a conduit le Duc de Bretagne à devenir le vingt-deuxième Dauphin. Le texte évoque également les origines et les alliances de la Maison de Savoie, dont Marie-Adélaïde, épouse du Dauphin Louis, était issue. Cette Maison est l'une des plus anciennes d'Europe, remontant à l'an 1000 avec Berold, issu de la Maison de Saxe. La Maison de Savoie a également des liens avec le royaume de Chypre et a conclu de nombreuses alliances prestigieuses.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2405
p. 45-70
MORTS.
Début :
Messire Louis de la Vergne Montenart de Tressan, Abbé de Bonneval, [...]
Mots clefs :
La Vergne de Tressan, Maréchal de camp des armées du roi, Évêché de Vabres, Ordre de Saint-Louis, Maison, Comte, Chevalier, Abbé, Lieutenant général, Premier président
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texteReconnaissance textuelle : MORTS.
MORTS.
Meffire Louis de la
Vergne Montenart de
Treffan , Abbé de Bonneval , & Evêque du
Mans, y mourut le 27,
Janvier , âgé de quatrevingt - deux ans. Il fut
fait Maître de la Chapelle & de l'Oratoire de
feu Monfieur , cut l'Abbaie de Quarrente & de
46 MERCURE
a
faint Lidiguer. Le Roi
le nomma à l'Evêché de
Vabre , & lui donna
le Prieuré de Caffan.
Monfieur le fit fon premier Aumônier, & lui
donna l'Abbaie de Bonneval. Il fut transferé
de l'Evêché de Vabre à
celui du Mans , dont il
a rempli le fiege durant
quarante ans & quatre
mois. Il étoit de l'ancienne Maifon de la
Vergne de Treffent ,
GALANT. 47
établie depuis cinq cent
ans dans la Province de
Languedoc. Son frere
aîné étoit Jeremie de la
Vergne , Marquis de
Treffan , Maréchal de
Camp des Armées du
Roi, qui a laiffé de Dame
Marguerite de Beon
plufieurs enfans , done
Faîné eft François de la
Vergne , Marquis de
Treffen, ci-devant premier Guidon des Gendarmes de la Garde du
48 MERCURE
Roi, quiaépouté Dame
Louife- Magdelaine de
Brulard. Le fecond
Louis de la Vergne de
Treflan , premier Aumônier de Son Alteffe
Royale Monfeigneur le
Ducd'Orleans , Comte
de Lion , Abbéde Lepor
Il reste encore un frere
& une foeur vivans de
M. l'Evêque du Mans :
à fçavoir , Alfonſe de la
Vergne de Treffan
Comte de Lion , Maî
tre
GALANT. 49
:
tre du Choeur de faint
Jean & Dame Elifabeth de la Vergne de
Treffan, épouse de Meffire Charles Comte de
la Motte Houdancourt,
Lieutenant general des
armées du Roi , Gouverneur de Bergue faint
Vinoc.
François d'Aligre ,
Abbé de S. Jacques , eft
mort le 21. Janvier.
M. l'Abbé de S. Jacques étoit fils & petitFev.
1712.
E
fo MERCURE
fils des Chanceliers de
France d'Aligre.
Il étoit frere de M.
d'Aligre , pere du Pre
fident à Mortier d'aujourd'hui , frere auffi de
Madame de Vertamont,
mere du premier Prefident du Grand Confeil,
& depuis remariée au
Maréchal d'Eftrade ; il·
étoit frere auffi de Madame la Ducheffe de
Luines , troifiéme femme de M. le Duc de
GALANT. 51
4
Luines & de Madame
de Manneville , depuis
remariée à Monfieur le
Marquis de Verderonne , il étoit frere de M.
l'Abbé de faint Riquier,
il étoit Abbé de faint
Jacques de Provinsi
cette Abbaye eft de l'ordre de fainte Genevieve,
il étoit retiré quand fon
pere fut élevé à la dignité de Garde des fceaux
en 1674. il refta auprés
de lui jufqu'à la mort,
E ij
52 MERCURE
qui arriva en 79. &fon
pere expiré il retourna
dans fa folitude , où il
eft mort en odeur de
fainteté, il n'avoitjamais
voulu accepter que fept
mil livres de rente , defquelles il donnoit cinq
aux pauvres , ne vivant
que de legumes cuites à
l'eau & au fel, il eſtmort
âgéde 90. ans , il étoitle
feul en France qui eût
encore un benefice de la
nomination de Louis
GALANT, si
XIII.
enforte qu'on peut
dire à prefent que Louis
XIV. a nomméde fon
regne à tous les benefices de fon Royaume.
Dame Nicolle de Bellois , époufe de Meffire Jacques- Antoine de
Hennin- Lietard , Marquis de S. Phal, ci-devant Meſtre de Camp.
de Cavalerie , & SousLieutenant des Genf
darmes Bourguignons ,
mourut le 24. Février
E iij
54 MERCURE
1712. en fa 27. année ,
laiffant pofterité.
La maifon du Bellois
eft une des plus confiderables de Picardie , les
Marquis de Francier
font les aînez de cette
maifon. La mere de cette Dameétoit de la maifonde la Fite , foeur du
Marquis de Pelport , &
aîné de cette maifon ,
Maréchal de Camp des
Armées du Roy.
Damoifelle Louife.
GALANT. 55
Armande Hurault de
Vibraye , mourut fans
alliance le 26. Janvier ,
en ſa 20. année.
Monfieur le Marquis
de Vibraye , Lieutenant
general des Armées du
Roy, & commandant à
faint Malo & dans la
Bretagne eft pere de cette Damoifelle. Le Chancelier de Chiverni étoit
delamaifon de Hurault,
Madame la Marquiſe de
Vibraye s'appelle Julie
E iiij
56 MERCURE
de Caftellan , d'Adhei
mart de Monteil de Grignan, fille de Monfieur
le Comte de Grignant ,
Chevalier des Ordres
du Roy, & Lieutenant
General, Commandant
en Provence , & d'Anne
Dangene de Rambouil
let , foeurde Madame la
Ducheffe de Montau
fier.
Dame Renée Françoife de Canone , épouſe de
M. Claude- Alexandre
GALANT $7
Seguier , Chevalier , &
auparavant veuvede M.
Jacques du Boulet, Chevalier , Seigneur de Terameny , Capitaine du
Vol pour les champs de
l'équipage du Roy, mou
rut le 27.Janvier.att.com
Laifaifon de Seguier
originaire de Gafcogné
eft une des plus ancienes
de la Robe , elle a donné
un Chancelier , & plufours Prefidens aux
Mortiers au Parlement
38 MERCURE
de Paris, l'un defquelsfit
decider fous le regne du
feu Roy , que les Prefidens àMortiers auParlement de Paris auroient
le pas & la préfeance
fur les premiers Prefidens de tous lès Parlemens du Royaume.
M.Philippe de Baſſan ,
Chevalier Seigneur de
Richecrou , mourut le
27. Janvier.
M.Jean Armand Fumée, Seigneur des Ro-
GALANT. 39
€
ches, S. Quentin , Abbé
de Conques , Figeac &
S. Genous, mourut le 30.
Janvier , âgé de 82 ans.
La mere de cet Abbé
étoit de l'ancienne maifon de Bonoeuil en Poitou , elle époufa en ſecondes nôces le Marquis
de Cruffol , frere d'un
Duc d'Ufez. La maiſon
de Fumée originaire de
Tours tire fon origine
d'Adam Fumée , Seigneur des Roches , Gar-
60 MERCURE
de des Sceaux de France
fous les Rois Louis XI.
& Charles VIII.
M. Charles- Nicolas
Comte d'Hautefort
Maréchal des Camps &
Armées du Roy, Lieutenant de la feconde compagniedes Moufquetaires de fa Majefté , mourut le 2. Février 1712.
laiffant pofterité de Dame N. de Creil.
Lamerede ce Comte
étoit de l'illuftre maiſon
GALANT 61
de Bayeul. La maifon
d'Hautefort eſt une des
plus confidérables duPe
rigort,elle a donnébeaucoup de Generaux d'Armées & des Chevaliers
de l'Ordre; les deux premiers Ecuyers de la feuë
Reine étoient les Chefs
de cette maifon , le Marquis de S. Chamant ,
Enfeignedes Gardes du
Corps du Roy, eft frere
de feu Monfiur le Com
ted'Hautefort.
62 MERCURE
Dame Geneviève de
Saleux,veuve de M. Augustin de Louvencourt ,
Maître des Comptes,
mourut le 3. Fevrier.
Dame Marie Magdelaine de Vaux , veuve
de M. François de Damas,Chevalier,Marquis
d'Antezi, Meftre decamp
d'un Regiment de Cavalerie entretenu pour
le fervice de S. M. mourut le 3. Fevrier.
Le Marquisd'Antezy,
GALANT. 63
Maréchal de Camp des
Armées du Roy , Commandant à Huningue,
qui a épouſé la ſœur du
Marquis deMonperoux,
Lieutenant general des
Armées du Roy, Meftre
de Camp general de la
Cavalerie de France ,
étoit frere du mari de
cette Dame. La maifon
de Damas eft une des
plus grandes & des plus
anciennesduRoyaume,
les Ducs de Pontevaux
64 MERCURE
& les Marquis de
Thyange étoient les
Chefs de cette illuftre
maifon , Mefdames les
Ducheffes de Nevers &
de Seforce , qui font en
vie , font de la Branche
de Thyange.
tr
DameElizabeth Charlotte Jaime, épouse de
M.Eftienne de l'Eftang ,
Chevalier Seigneur de
la Valette , Chevalier
de l'Ordre militaire de
S. Louis, Commandant
pour ܢ
GALANT. 65
pour le Roy fur la
Meuſe , mourut le 4.
Fevrier.
M.Louis de Pardaillan,
Marquis de Gondrin ,
Ménin de Monfeigneur
le Dauphin, Brigadier/
des armées du Roy &
Colonel du Regiment
de Gondrin , mourut àl
Verfailles le s. Fevrier ,
âgé de 23. ans.
Cet article merite bien
qu'on enparleplus amplement lemois prochain.
Fev.1712.
F
66 MERCURE
4
Dame Marie d'Aidie ,
veuve de M. Jean François , Comte de Lambertie, mourut le 9. Fevrier.
La maifon de Lambertie eſt une des plus
anciennes & des plus
confiderables de la Lorraine.
M. Jofephde Miane
Ponponne, Chevalier de
l'Ordre militaire de S.
Louis , Gouverneur de
Fécamp , Major du
GALANT. 67
Regiment de Lionnois,
mourut le 15. Février.
M. le Prefident de
Meſmes fut inſtallé premier Prefident le 15. Février.
Lamaifon de Meſmes
tire fon origine du Château & terre de Meſmes,
dans le Dioceſe de Bazas. Elle tire fon origine d'Ecoffe , & s'établit en Guienne fous
le Regne de Philippe
Augufte, on voit en 1279.
Fij
68 MERCURE
un Henry de Mefmes:
qui rend hommage de
fa Terre à la Vicomteffe
de Marfan, cette maifon
a été dans l'épée durant
quatre fiecles. Jean Jacques de Mefmes , premierdunom, qui époufa
Nicole Hannequin , eft
le premier qui foit entré
dans la Robe , où elle a
poffedé les plus grandes
& les plus éminentes
charges , cette maiſon a
donné plufieurs Pleni-
GALANT. 69
potentiaires &Ambaffadeurs , & Officiers de
l'Ordre , qui ont tous
brillé par leur merite
& leurgrande capacité,
& qui ont toûjours fervi de protecteurs aux
gens de lettres , elle eft
alliée aux maiſons les
plus confiderables du
Royaume , comme celle
de Montluc , Clermont,
d'Amboife , Lufignan ,
S. Gelais , Rochoire &
autres. Leperede Mon-
70 MERCURE
fieur le premier Prefident étoit Jacques de
Mefmes , troifiéme du
nom Prefident aux
Mortiers, & Prevôt &
Maître des Ceremonies
de l'Ordre.
M. le Peletier deVilleneuve , Confeiller au
Parlement, qui avoit eu
l'agrément de la Charge
de Prefident de M. de
Mefmes,yfutreçu le 17.
Février.
Meffire Louis de la
Vergne Montenart de
Treffan , Abbé de Bonneval , & Evêque du
Mans, y mourut le 27,
Janvier , âgé de quatrevingt - deux ans. Il fut
fait Maître de la Chapelle & de l'Oratoire de
feu Monfieur , cut l'Abbaie de Quarrente & de
46 MERCURE
a
faint Lidiguer. Le Roi
le nomma à l'Evêché de
Vabre , & lui donna
le Prieuré de Caffan.
Monfieur le fit fon premier Aumônier, & lui
donna l'Abbaie de Bonneval. Il fut transferé
de l'Evêché de Vabre à
celui du Mans , dont il
a rempli le fiege durant
quarante ans & quatre
mois. Il étoit de l'ancienne Maifon de la
Vergne de Treffent ,
GALANT. 47
établie depuis cinq cent
ans dans la Province de
Languedoc. Son frere
aîné étoit Jeremie de la
Vergne , Marquis de
Treffan , Maréchal de
Camp des Armées du
Roi, qui a laiffé de Dame
Marguerite de Beon
plufieurs enfans , done
Faîné eft François de la
Vergne , Marquis de
Treffen, ci-devant premier Guidon des Gendarmes de la Garde du
48 MERCURE
Roi, quiaépouté Dame
Louife- Magdelaine de
Brulard. Le fecond
Louis de la Vergne de
Treflan , premier Aumônier de Son Alteffe
Royale Monfeigneur le
Ducd'Orleans , Comte
de Lion , Abbéde Lepor
Il reste encore un frere
& une foeur vivans de
M. l'Evêque du Mans :
à fçavoir , Alfonſe de la
Vergne de Treffan
Comte de Lion , Maî
tre
GALANT. 49
:
tre du Choeur de faint
Jean & Dame Elifabeth de la Vergne de
Treffan, épouse de Meffire Charles Comte de
la Motte Houdancourt,
Lieutenant general des
armées du Roi , Gouverneur de Bergue faint
Vinoc.
François d'Aligre ,
Abbé de S. Jacques , eft
mort le 21. Janvier.
M. l'Abbé de S. Jacques étoit fils & petitFev.
1712.
E
fo MERCURE
fils des Chanceliers de
France d'Aligre.
Il étoit frere de M.
d'Aligre , pere du Pre
fident à Mortier d'aujourd'hui , frere auffi de
Madame de Vertamont,
mere du premier Prefident du Grand Confeil,
& depuis remariée au
Maréchal d'Eftrade ; il·
étoit frere auffi de Madame la Ducheffe de
Luines , troifiéme femme de M. le Duc de
GALANT. 51
4
Luines & de Madame
de Manneville , depuis
remariée à Monfieur le
Marquis de Verderonne , il étoit frere de M.
l'Abbé de faint Riquier,
il étoit Abbé de faint
Jacques de Provinsi
cette Abbaye eft de l'ordre de fainte Genevieve,
il étoit retiré quand fon
pere fut élevé à la dignité de Garde des fceaux
en 1674. il refta auprés
de lui jufqu'à la mort,
E ij
52 MERCURE
qui arriva en 79. &fon
pere expiré il retourna
dans fa folitude , où il
eft mort en odeur de
fainteté, il n'avoitjamais
voulu accepter que fept
mil livres de rente , defquelles il donnoit cinq
aux pauvres , ne vivant
que de legumes cuites à
l'eau & au fel, il eſtmort
âgéde 90. ans , il étoitle
feul en France qui eût
encore un benefice de la
nomination de Louis
GALANT, si
XIII.
enforte qu'on peut
dire à prefent que Louis
XIV. a nomméde fon
regne à tous les benefices de fon Royaume.
Dame Nicolle de Bellois , époufe de Meffire Jacques- Antoine de
Hennin- Lietard , Marquis de S. Phal, ci-devant Meſtre de Camp.
de Cavalerie , & SousLieutenant des Genf
darmes Bourguignons ,
mourut le 24. Février
E iij
54 MERCURE
1712. en fa 27. année ,
laiffant pofterité.
La maifon du Bellois
eft une des plus confiderables de Picardie , les
Marquis de Francier
font les aînez de cette
maifon. La mere de cette Dameétoit de la maifonde la Fite , foeur du
Marquis de Pelport , &
aîné de cette maifon ,
Maréchal de Camp des
Armées du Roy.
Damoifelle Louife.
GALANT. 55
Armande Hurault de
Vibraye , mourut fans
alliance le 26. Janvier ,
en ſa 20. année.
Monfieur le Marquis
de Vibraye , Lieutenant
general des Armées du
Roy, & commandant à
faint Malo & dans la
Bretagne eft pere de cette Damoifelle. Le Chancelier de Chiverni étoit
delamaifon de Hurault,
Madame la Marquiſe de
Vibraye s'appelle Julie
E iiij
56 MERCURE
de Caftellan , d'Adhei
mart de Monteil de Grignan, fille de Monfieur
le Comte de Grignant ,
Chevalier des Ordres
du Roy, & Lieutenant
General, Commandant
en Provence , & d'Anne
Dangene de Rambouil
let , foeurde Madame la
Ducheffe de Montau
fier.
Dame Renée Françoife de Canone , épouſe de
M. Claude- Alexandre
GALANT $7
Seguier , Chevalier , &
auparavant veuvede M.
Jacques du Boulet, Chevalier , Seigneur de Terameny , Capitaine du
Vol pour les champs de
l'équipage du Roy, mou
rut le 27.Janvier.att.com
Laifaifon de Seguier
originaire de Gafcogné
eft une des plus ancienes
de la Robe , elle a donné
un Chancelier , & plufours Prefidens aux
Mortiers au Parlement
38 MERCURE
de Paris, l'un defquelsfit
decider fous le regne du
feu Roy , que les Prefidens àMortiers auParlement de Paris auroient
le pas & la préfeance
fur les premiers Prefidens de tous lès Parlemens du Royaume.
M.Philippe de Baſſan ,
Chevalier Seigneur de
Richecrou , mourut le
27. Janvier.
M.Jean Armand Fumée, Seigneur des Ro-
GALANT. 39
€
ches, S. Quentin , Abbé
de Conques , Figeac &
S. Genous, mourut le 30.
Janvier , âgé de 82 ans.
La mere de cet Abbé
étoit de l'ancienne maifon de Bonoeuil en Poitou , elle époufa en ſecondes nôces le Marquis
de Cruffol , frere d'un
Duc d'Ufez. La maiſon
de Fumée originaire de
Tours tire fon origine
d'Adam Fumée , Seigneur des Roches , Gar-
60 MERCURE
de des Sceaux de France
fous les Rois Louis XI.
& Charles VIII.
M. Charles- Nicolas
Comte d'Hautefort
Maréchal des Camps &
Armées du Roy, Lieutenant de la feconde compagniedes Moufquetaires de fa Majefté , mourut le 2. Février 1712.
laiffant pofterité de Dame N. de Creil.
Lamerede ce Comte
étoit de l'illuftre maiſon
GALANT 61
de Bayeul. La maifon
d'Hautefort eſt une des
plus confidérables duPe
rigort,elle a donnébeaucoup de Generaux d'Armées & des Chevaliers
de l'Ordre; les deux premiers Ecuyers de la feuë
Reine étoient les Chefs
de cette maifon , le Marquis de S. Chamant ,
Enfeignedes Gardes du
Corps du Roy, eft frere
de feu Monfiur le Com
ted'Hautefort.
62 MERCURE
Dame Geneviève de
Saleux,veuve de M. Augustin de Louvencourt ,
Maître des Comptes,
mourut le 3. Fevrier.
Dame Marie Magdelaine de Vaux , veuve
de M. François de Damas,Chevalier,Marquis
d'Antezi, Meftre decamp
d'un Regiment de Cavalerie entretenu pour
le fervice de S. M. mourut le 3. Fevrier.
Le Marquisd'Antezy,
GALANT. 63
Maréchal de Camp des
Armées du Roy , Commandant à Huningue,
qui a épouſé la ſœur du
Marquis deMonperoux,
Lieutenant general des
Armées du Roy, Meftre
de Camp general de la
Cavalerie de France ,
étoit frere du mari de
cette Dame. La maifon
de Damas eft une des
plus grandes & des plus
anciennesduRoyaume,
les Ducs de Pontevaux
64 MERCURE
& les Marquis de
Thyange étoient les
Chefs de cette illuftre
maifon , Mefdames les
Ducheffes de Nevers &
de Seforce , qui font en
vie , font de la Branche
de Thyange.
tr
DameElizabeth Charlotte Jaime, épouse de
M.Eftienne de l'Eftang ,
Chevalier Seigneur de
la Valette , Chevalier
de l'Ordre militaire de
S. Louis, Commandant
pour ܢ
GALANT. 65
pour le Roy fur la
Meuſe , mourut le 4.
Fevrier.
M.Louis de Pardaillan,
Marquis de Gondrin ,
Ménin de Monfeigneur
le Dauphin, Brigadier/
des armées du Roy &
Colonel du Regiment
de Gondrin , mourut àl
Verfailles le s. Fevrier ,
âgé de 23. ans.
Cet article merite bien
qu'on enparleplus amplement lemois prochain.
Fev.1712.
F
66 MERCURE
4
Dame Marie d'Aidie ,
veuve de M. Jean François , Comte de Lambertie, mourut le 9. Fevrier.
La maifon de Lambertie eſt une des plus
anciennes & des plus
confiderables de la Lorraine.
M. Jofephde Miane
Ponponne, Chevalier de
l'Ordre militaire de S.
Louis , Gouverneur de
Fécamp , Major du
GALANT. 67
Regiment de Lionnois,
mourut le 15. Février.
M. le Prefident de
Meſmes fut inſtallé premier Prefident le 15. Février.
Lamaifon de Meſmes
tire fon origine du Château & terre de Meſmes,
dans le Dioceſe de Bazas. Elle tire fon origine d'Ecoffe , & s'établit en Guienne fous
le Regne de Philippe
Augufte, on voit en 1279.
Fij
68 MERCURE
un Henry de Mefmes:
qui rend hommage de
fa Terre à la Vicomteffe
de Marfan, cette maifon
a été dans l'épée durant
quatre fiecles. Jean Jacques de Mefmes , premierdunom, qui époufa
Nicole Hannequin , eft
le premier qui foit entré
dans la Robe , où elle a
poffedé les plus grandes
& les plus éminentes
charges , cette maiſon a
donné plufieurs Pleni-
GALANT. 69
potentiaires &Ambaffadeurs , & Officiers de
l'Ordre , qui ont tous
brillé par leur merite
& leurgrande capacité,
& qui ont toûjours fervi de protecteurs aux
gens de lettres , elle eft
alliée aux maiſons les
plus confiderables du
Royaume , comme celle
de Montluc , Clermont,
d'Amboife , Lufignan ,
S. Gelais , Rochoire &
autres. Leperede Mon-
70 MERCURE
fieur le premier Prefident étoit Jacques de
Mefmes , troifiéme du
nom Prefident aux
Mortiers, & Prevôt &
Maître des Ceremonies
de l'Ordre.
M. le Peletier deVilleneuve , Confeiller au
Parlement, qui avoit eu
l'agrément de la Charge
de Prefident de M. de
Mefmes,yfutreçu le 17.
Février.
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Résumé : MORTS.
En 1712, plusieurs décès notables ont été enregistrés parmi la noblesse et le clergé français. Louis de la Vergne Montenart de Treffan, Abbé de Bonneval et Évêque du Mans, est décédé le 27 janvier à l'âge de quatre-vingt-deux ans. Il a occupé divers postes ecclésiastiques, dont celui de Maître de la Chapelle et de l'Oratoire, et a été transféré de l'Évêché de Vabre à celui du Mans, où il a servi pendant quarante ans et quatre mois. Il appartenait à l'ancienne maison de la Vergne de Treffan, établie depuis cinq cents ans en Languedoc. D'autres personnalités notables ont également disparu cette année-là. François d'Aligre, Abbé de Saint-Jacques, est mort le 21 janvier à l'âge de quatre-vingt-dix ans. Dame Nicolle de Bellois, épouse de Jacques-Antoine de Hennin-Liétard, Marquis de Saint-Phal, est décédée le 24 février à l'âge de vingt-sept ans. La maison de Bellois est l'une des plus considérables de Picardie. Dame Louise-Armande Hurault de Vibraye, fille du Marquis de Vibraye, Lieutenant général des Armées du Roi, est décédée le 26 janvier à l'âge de vingt ans. Dame Renée Françoise de Canone, veuve de Claude-Alexandre Seguier, est décédée le 27 janvier. La maison de Seguier, originaire de Gascogne, est l'une des plus anciennes de la Robe et a fourni plusieurs Chanceliers et Présidents au Parlement de Paris. Parmi les autres décès notables, on compte ceux de Philippe de Bassan, Chevalier Seigneur de Richecrou, de Jean Armand Fumée, Seigneur des Roches et Abbé de Conques, et de Charles-Nicolas Comte d'Hautefort, Maréchal des Camps et Armées du Roi. Le texte mentionne également les décès de Dame Geneviève de Saleux, veuve de Augustin de Louvencourt, et de Dame Marie Madeleine de Vaux, veuve de François de Damas, Marquis d'Antezy. La maison de Damas est l'une des plus grandes et des plus anciennes du Royaume.
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2406
p. 70-75
« M. de Gourgues d'Aunay, Maître des Requêtes, a épousé [...] »
Début :
M. de Gourgues d'Aunay, Maître des Requêtes, a épousé [...]
Mots clefs :
Gourgue, De Brosse, Maître des requêtes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « M. de Gourgues d'Aunay, Maître des Requêtes, a épousé [...] »
M.
*
de Gourgues
GALANT
.
8
d'Aunay
,
Maître des
Requêtes
,
a
époufé
Da-
moiſelle
N. Aubourg
,
fille
de
M.
Aubourg
,
Marquis de
Boury
,
Gat-
de
des Rolles
.
Ea
maifon de Gour-
gue
eft
une
des plus an-ciennes
du
Parlement de
Bourdeaux
,
à
qui
elle
a
donné un
Prefident
;
il
y
a
eu
un Dominique de
Gourgue
,
qui pour
ſe
vanger des mauvais
trai-
temens qu'ilavoit reçûs
72
MERCURE
des Efpagnols
,
ayant
été pris prifonnier
deguerre dans
les
guerres
d'Italie
,
arma un
vaif-
feau
à fes
dépens
&
fut
dans
la
Florite
au
détroit
de
fainte
Heleine
,
reprit
un
fort
nommé
Carle-
forte
,
du nom
de Char-
les
IX
.
qui
regnoit alors
,
&
qui
avoit été bâti
par
Jean Ribaud
,
qui luy
avoit donné
le
nom dece Prince
,
qui en avoit
3
été chaffe par
les
Eſpa
gnols
,
GALANT
.
73
gnols , il ravagea tout
le Pays , & les chaffa de
tout ce Royaume.
N.
Thiercelin
Mar-
quis
de
Broffe
épouſa
le
8.
Fevrier
N.
Rouillé
,
fille
de
M.
Louis Rof-
lin
Rouillé Maître des
Requêtes
.
La maiſon de Thier-
celin eft une ancienne
& illuftre maiſon , quel
ques-uns disent qu'elle
tire fon origine des an-
ciens Comtes de Thou
&
Fév
.
1712
.
G
74
MERCURE
louzejelle
a toûjours
te-
nu
rang
confiderable
&
a
toûjours
été
alliée
aux
plusgrandes maifons
du
Royaume
.
La
grande
mere du
Marquis de
Broffe
étoit
de
la
maiſon
de Montmorancy
,
Ma-
dame
la
Marquife de
Broffe
,
mere du
jeune
époux
,
étoit
du
nom
deThiercelin
comme
fon
mari , & étoit heritiere
de la branche des Mar-
quis de Saveufe , établie
GALANT
.
75
dans
le
Diocefe de Char-
dscobinoo
tres
*
de Gourgues
GALANT
.
8
d'Aunay
,
Maître des
Requêtes
,
a
époufé
Da-
moiſelle
N. Aubourg
,
fille
de
M.
Aubourg
,
Marquis de
Boury
,
Gat-
de
des Rolles
.
Ea
maifon de Gour-
gue
eft
une
des plus an-ciennes
du
Parlement de
Bourdeaux
,
à
qui
elle
a
donné un
Prefident
;
il
y
a
eu
un Dominique de
Gourgue
,
qui pour
ſe
vanger des mauvais
trai-
temens qu'ilavoit reçûs
72
MERCURE
des Efpagnols
,
ayant
été pris prifonnier
deguerre dans
les
guerres
d'Italie
,
arma un
vaif-
feau
à fes
dépens
&
fut
dans
la
Florite
au
détroit
de
fainte
Heleine
,
reprit
un
fort
nommé
Carle-
forte
,
du nom
de Char-
les
IX
.
qui
regnoit alors
,
&
qui
avoit été bâti
par
Jean Ribaud
,
qui luy
avoit donné
le
nom dece Prince
,
qui en avoit
3
été chaffe par
les
Eſpa
gnols
,
GALANT
.
73
gnols , il ravagea tout
le Pays , & les chaffa de
tout ce Royaume.
N.
Thiercelin
Mar-
quis
de
Broffe
épouſa
le
8.
Fevrier
N.
Rouillé
,
fille
de
M.
Louis Rof-
lin
Rouillé Maître des
Requêtes
.
La maiſon de Thier-
celin eft une ancienne
& illuftre maiſon , quel
ques-uns disent qu'elle
tire fon origine des an-
ciens Comtes de Thou
&
Fév
.
1712
.
G
74
MERCURE
louzejelle
a toûjours
te-
nu
rang
confiderable
&
a
toûjours
été
alliée
aux
plusgrandes maifons
du
Royaume
.
La
grande
mere du
Marquis de
Broffe
étoit
de
la
maiſon
de Montmorancy
,
Ma-
dame
la
Marquife de
Broffe
,
mere du
jeune
époux
,
étoit
du
nom
deThiercelin
comme
fon
mari , & étoit heritiere
de la branche des Mar-
quis de Saveufe , établie
GALANT
.
75
dans
le
Diocefe de Char-
dscobinoo
tres
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Résumé : « M. de Gourgues d'Aunay, Maître des Requêtes, a épousé [...] »
Le texte traite de deux familles nobles et de leurs actions notables. La maison de Gourgues, l'une des plus anciennes du Parlement de Bordeaux, a produit un Président. Dominique de Gourgues, après avoir été capturé par les Espagnols lors des guerres d'Italie, arma un vaisseau à ses frais et se rendit en Floride. Il reprit le fort Carleforte, construit par Jean Ribaud en l'honneur de Charles IX, et chassa les Espagnols, ravageant le pays et chassant les habitants du royaume. Le texte mentionne également le mariage entre N. Thiercelin, Marquis de Broffe, et N. Rouillé, fille de M. Louis Rouillé, Maître des Requêtes, le 8 février 1712. La maison de Thiercelin est décrite comme ancienne et illustre, avec des origines possibles remontant aux anciens Comtes de Thou et Foulouze. Elle a toujours occupé un rang considérable et était alliée aux plus grandes maisons du royaume. La grand-mère du Marquis de Broffe appartenait à la maison de Montmorancy, tandis que sa mère, Madame la Marquise de Broffe, portait le nom de Thiercelin et était héritière de la branche des Marquis de Saveuse, établie dans le diocèse de Chartres.
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2407
p. 75-78
Sur la Mort de M. le Dauphin, & de Madame la Dauphine.
Début :
Quel coup vient d'accabler la France ! [...]
Mots clefs :
Dauphin, Dauphine, Bienfaits, Ciel
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Sur la Mort de M. le Dauphin, & de Madame la Dauphine.
Sur la Mort de M. le Dau.
bphin, & de Madame
wole la Dauphine.hove
Velcoup vient d'accabler la France !
3Le Ciel qui nousflatoit de
l'espoir le plus doux ,
D'un double trait de fon
courroux
Nous a ravi notre effe- Suders rance.
Gij
76 MERCURE
Louis ! Adelaide ! ab
mortelles douleurs !
Helas que nous perdons
de vertus & de
charmes ,
Que nous allons verfer
de pleurs.
Grand Dieu ! vous qui
caufez, nos larmes ,
Lorfquefenfible à nosfou
baits,
Vous vouliez vous montrer notre Dieu tutelaire ,
Nous ne meritionspas de
firares bienfaits:
GALANT. 77
Maispar quels horribles
forfaits
Meritons-nous tant de
colere?
Mais quoy le coup af
freux qui nous
confondus
Va-t-il mettre le comble
à nôtre ingratitude?
Ce même Ciel enfin qui
nous tient abattus ,
Nous conferveaumilien
d'une épreuvefi rude
Lafource detant de vertus.
Gij
78 MERCURE
Non il n'est point d'ame
? affez noire
Pour oublier ainsi le plus
grand des bienfaits.
Qu'il puiffe auffi longtemps regnerfurfes
fujets ,
Qu'il doit regner dans
leur memoire.
Vous peuples , jouiſſez
enpaix
Et de fes jours , & de
fa gloire:
Mais ne vous confolez
jamais.
bphin, & de Madame
wole la Dauphine.hove
Velcoup vient d'accabler la France !
3Le Ciel qui nousflatoit de
l'espoir le plus doux ,
D'un double trait de fon
courroux
Nous a ravi notre effe- Suders rance.
Gij
76 MERCURE
Louis ! Adelaide ! ab
mortelles douleurs !
Helas que nous perdons
de vertus & de
charmes ,
Que nous allons verfer
de pleurs.
Grand Dieu ! vous qui
caufez, nos larmes ,
Lorfquefenfible à nosfou
baits,
Vous vouliez vous montrer notre Dieu tutelaire ,
Nous ne meritionspas de
firares bienfaits:
GALANT. 77
Maispar quels horribles
forfaits
Meritons-nous tant de
colere?
Mais quoy le coup af
freux qui nous
confondus
Va-t-il mettre le comble
à nôtre ingratitude?
Ce même Ciel enfin qui
nous tient abattus ,
Nous conferveaumilien
d'une épreuvefi rude
Lafource detant de vertus.
Gij
78 MERCURE
Non il n'est point d'ame
? affez noire
Pour oublier ainsi le plus
grand des bienfaits.
Qu'il puiffe auffi longtemps regnerfurfes
fujets ,
Qu'il doit regner dans
leur memoire.
Vous peuples , jouiſſez
enpaix
Et de fes jours , & de
fa gloire:
Mais ne vous confolez
jamais.
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Résumé : Sur la Mort de M. le Dauphin, & de Madame la Dauphine.
Le poème funèbre annonce la mort du Dauphin et de la Dauphine, un événement qui a profondément affecté la France. Le poète exprime la douleur et la perte ressenties par la nation, soulignant la perte de vertus et de charmes. Il interroge Dieu sur les raisons d'une telle colère divine et déplore l'ingratitude humaine face aux bienfaits reçus. Malgré la tragédie, le poète appelle les sujets à se souvenir des vertus du Dauphin et à continuer de jouir de sa gloire, tout en restant en paix. Le texte se termine par un appel à ne jamais se consoler pleinement de cette perte.
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2408
p. 79-80
« La place de Garde du Cabinet des Médailles du Roy [...] »
Début :
La place de Garde du Cabinet des Médailles du Roy [...]
Mots clefs :
Académie des inscriptions, Cabinet des médailles
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « La place de Garde du Cabinet des Médailles du Roy [...] »
La place
Cabinet des Médailles
du Roy, vacante par la
mort de M. Oudinet
arrivée à Verfailles le 12.
Avril, a étéremplie par
M. Simon penfionnaire
de l'Academie des Inf
criptions, & à l'égard de
la penfion deM.Oudinet
elle a été donnée à M.
Moreaude MautourAuditeur desComptes, affocié de cette Academie,
Sa Majesté l'ayant hoa
Giiij
80 MERCURE
noré de fon choix & de
fa nomination , enfuite
d'une élection à laquelle
avoit prefidé M. l'Evef
que deStrafbourg, & où
fuivant le reglement de
l'Academie , on avoit
élu & preſenté trois fujets à choisir.
Cabinet des Médailles
du Roy, vacante par la
mort de M. Oudinet
arrivée à Verfailles le 12.
Avril, a étéremplie par
M. Simon penfionnaire
de l'Academie des Inf
criptions, & à l'égard de
la penfion deM.Oudinet
elle a été donnée à M.
Moreaude MautourAuditeur desComptes, affocié de cette Academie,
Sa Majesté l'ayant hoa
Giiij
80 MERCURE
noré de fon choix & de
fa nomination , enfuite
d'une élection à laquelle
avoit prefidé M. l'Evef
que deStrafbourg, & où
fuivant le reglement de
l'Academie , on avoit
élu & preſenté trois fujets à choisir.
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Résumé : « La place de Garde du Cabinet des Médailles du Roy [...] »
Le décès de M. Oudinet a laissé vacante la place au Cabinet des Médailles du Roy. M. Simon, pensionnaire de l'Académie des Inscriptions, a été nommé pour le remplacer. La pension de M. Oudinet a été attribuée à M. Moreau de Mautour. Sa Majesté a approuvé ces nominations, validées par l'élection présidée par l'Évêque de Strasbourg. Trois sujets ont été proposés et choisis conformément au règlement.
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2409
p. 80-92
MARIAGE.
Début :
Le 21. Janvier 1712. Loüis Duplessis Chastillon, Colonel de Provence, & Brigadier [...]
Mots clefs :
Duplessis-Chastillon
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MARIAGE.
MARIAGE.
Le 21. Janvier 1712.
Loüis Dupleffis ChaftilJon, Colonel de Provence , & Brigadier des Armées du Roy, a épousé
GALANT. 8r
Anne Neyret de la Ra
voye , fille de feu M. de
la Ravoye , Grand Audiancier de France, &
Treforier general de la
marine , & de Varice de
Vallieres.
LeMarquis Dupleffis
Chaftillon eft fils de feu
Jacques Dupleffis Chaftillon , Marquis dudit
lieu, & de Nonant, & de
Jeanne Marie de Fradet
de S. Aouft , fille de feu
Jean de Fradet de Saint
82 MERCURE
Aouft , Maréchal des
Camps & Armées dus
Roy, & Lieutenant géneral de l'artillerie de
France, & de Jeanne Marie de S. Gelais de Luftgnan, & fœur d'Armand
Antoine de Fradet de S.
Août,Brigadier & Lieutenant general pour le
Roydans la Provincede
Berry.
La maison Dupleffis
Chatillon eft une des
plus anciennes maiſons
GALANT 83
1
de la province duMaine,
comme il paroît premierement par un vieux titre de mil trente- quatre,
quifait métion d'un GrimoultDupleffis Chaftillon , Siégneur dudit lieu.
Et par un autre titre
de l'année 127 4. il paroît
une tranfaction faite entre les Seigneurs de
Mayenne, & le Seigneur
Dupleffis Chaſtillon; &
depuis cetemps, la filiation s'eft continuée avec
84 MERCURE
de grandes alliances ,
comme de Beaumont le
Vicomte , d'Avaugour,
de Villevignes , du Bellay, d'O, de la Flotte, &
plufieurs autres.
J'ai vuentre plufieurs
manufcrits anciens des
lettres écrites par le Roy
Charles IX. & Henry
III.àun Dupleffis Chaftillon , en voici une de
Charles IX. en lui envoyant l'Ordre de Saint
Michel , qui en ce tems
GALANT. 85
la tenoit lieu de l'Ordre
du S. Efprit , inſtitué
depuis par Henry III.
Monfieur Dupleffis Chaf
tillon , pour vos vaillances &
merites , vous avez éte choiſi
élúpar l'affemblée des Che
valiers , Freres & Compa
gnons de l'Ordre Monfieur
S. Michel, pour être aßocié
à ladite Compagnie, pour la
quelle élection vous notifier ,
vous prefenter de ma part
Le Collier dudit Ordre,fivous
L'avezagréable, j'envoyeprefentement memoire &pan.
86 MERCURE
voir à mon Coufin le Duc de
Montpencier , vous priant
vous rendre devers lui pour
cet effet , & êtrecontent d'accepter l'honneur aque la Com
pagnie vous defire faire, qui
fera pour augmenter de plus
en plus l'affection & bonne
volontéqueje vous porte , &
vons donner occafion de perfeverer en la dévotion que
vous avezdemefairefervice,
K
ainfiquevousferaplus àplain
entendre de ma part mondit
Confin , anquel je vous prie
d'ajouterfur ce autant defoy
que vous feriezà moy.mimeme
GALANT. 87
priant Dieu , Monfieur Du
pleffis Chaftillon, vous avoir
enfa garde. Ecrit à S. Germain
en Laye le 21 Février 1 5.74.
Signé , Charles, & plus bas,
Pinart.
En voici une autre
écrite de la main d'HenL ry III. que j'ai mife ici
parce qu'elle contientun
fait hiftorique.
Monfieur Dupleffs Cha
fillon , il n'eft pas commej'ef
time que vous n'ayez bien
feu à cette heure, comme mon
38 MERCURE
frere le Duc d'Alençon , que
j'ai toujours aimé d'une affe-
&ion plus que fraternelle
s'eftfeparé d'auprés de moypar
la follicitation , & mauvais
confeil de ceux quifont éleveZ
enarmes contre nôtre autorité.
s'étant retiré à Dreux, où il
fait contenance d'affembler
quelques troupes , de quoy vous
pouvezpenfer combienje por
te de regret , tantpour l'amour
fingulier dontje lui fuis conjoint , quepour connoître bien
ne pouvoir advenir d'un fi
nouvel accident que tout accroiffement de maulxfur mon
peuple,
GALANTƒ 89
peuple, qui avoit plus de be
fouinde veoir arrêter le cours
de ceux defquels il n'étoit ja
que trop affligé,felon quejuf
ques à hui ,jepenſe avoirau
tant mis de peine qué detravailque pouvoitfaire un bon
Prince amateur du repos &
A
union de tous fes fujets , &
pourceque en un tel nouveau
mal, &pour m'aider àypourvoir remedier, ainfi que
j'en ai une bonne volonté,j'ai
befouin de l'affiftance de ma
nobleſſe , & de ceux dontjeme
fuis promis toute loyauté
fidelité , du nombre defquels ,
Fév.
1712.
H
90 MERCURE
je vous tiens & eſtime, Fax
pensé vous écrire ce mot de
lettre , pour vous dire que
vous fufles jamais touché du
defir de vous voir en occaque fr
fion, à laquelle vous mepuiffiez faire paroître vôtre
droitte affection au bien de
mon fervice , vous devez
penfer qu'elle fe prefente aujourd'hui, au moyen
je vous écris, Monfieur Dus
pleffis Chatillon , que incontinent la prefente recenë, vous
de quos
regardiez à vous mettre en
ordre , pour me venir trouver
avec bonnecompagnie de vos
PH
GALANTY OF
que vous poure pourez
amis 6 au meilleur équipage d'armes & chevaux &
auplûtôt que
afin de mefaire à ce befoin
fervice queje mefuis toûjours
promis de vôtre loyauté &
le
fidelité, à quoy fatisfaisant ,
outre que ce fera acte digne
&
d'un gentil- homme d'honneur
tel que vous vous eftes tous
jours fait connoître , vous
vous pouvez aſſurer que je
vous en fauray perpetuellement bon gré, & que je le
reconnoîteray envers vousfe
Ton que les occafions s'en pouront offrir, prians Dieu, M.
#
Hij
92 MERCURE
&
Dupleffis Chatillon , qu'il
vous ait enfa fainte garde
fcellé à Paris le 22 jour de
Septembre 1575 Signé, Henry,
&plus bas , Signé, Brullart.
On donnera le mois
prochain des détails fur
les morts de M. de Catinat , M. de Magnac ,
M. de Signelay, & au
tres.
Le 21. Janvier 1712.
Loüis Dupleffis ChaftilJon, Colonel de Provence , & Brigadier des Armées du Roy, a épousé
GALANT. 8r
Anne Neyret de la Ra
voye , fille de feu M. de
la Ravoye , Grand Audiancier de France, &
Treforier general de la
marine , & de Varice de
Vallieres.
LeMarquis Dupleffis
Chaftillon eft fils de feu
Jacques Dupleffis Chaftillon , Marquis dudit
lieu, & de Nonant, & de
Jeanne Marie de Fradet
de S. Aouft , fille de feu
Jean de Fradet de Saint
82 MERCURE
Aouft , Maréchal des
Camps & Armées dus
Roy, & Lieutenant géneral de l'artillerie de
France, & de Jeanne Marie de S. Gelais de Luftgnan, & fœur d'Armand
Antoine de Fradet de S.
Août,Brigadier & Lieutenant general pour le
Roydans la Provincede
Berry.
La maison Dupleffis
Chatillon eft une des
plus anciennes maiſons
GALANT 83
1
de la province duMaine,
comme il paroît premierement par un vieux titre de mil trente- quatre,
quifait métion d'un GrimoultDupleffis Chaftillon , Siégneur dudit lieu.
Et par un autre titre
de l'année 127 4. il paroît
une tranfaction faite entre les Seigneurs de
Mayenne, & le Seigneur
Dupleffis Chaſtillon; &
depuis cetemps, la filiation s'eft continuée avec
84 MERCURE
de grandes alliances ,
comme de Beaumont le
Vicomte , d'Avaugour,
de Villevignes , du Bellay, d'O, de la Flotte, &
plufieurs autres.
J'ai vuentre plufieurs
manufcrits anciens des
lettres écrites par le Roy
Charles IX. & Henry
III.àun Dupleffis Chaftillon , en voici une de
Charles IX. en lui envoyant l'Ordre de Saint
Michel , qui en ce tems
GALANT. 85
la tenoit lieu de l'Ordre
du S. Efprit , inſtitué
depuis par Henry III.
Monfieur Dupleffis Chaf
tillon , pour vos vaillances &
merites , vous avez éte choiſi
élúpar l'affemblée des Che
valiers , Freres & Compa
gnons de l'Ordre Monfieur
S. Michel, pour être aßocié
à ladite Compagnie, pour la
quelle élection vous notifier ,
vous prefenter de ma part
Le Collier dudit Ordre,fivous
L'avezagréable, j'envoyeprefentement memoire &pan.
86 MERCURE
voir à mon Coufin le Duc de
Montpencier , vous priant
vous rendre devers lui pour
cet effet , & êtrecontent d'accepter l'honneur aque la Com
pagnie vous defire faire, qui
fera pour augmenter de plus
en plus l'affection & bonne
volontéqueje vous porte , &
vons donner occafion de perfeverer en la dévotion que
vous avezdemefairefervice,
K
ainfiquevousferaplus àplain
entendre de ma part mondit
Confin , anquel je vous prie
d'ajouterfur ce autant defoy
que vous feriezà moy.mimeme
GALANT. 87
priant Dieu , Monfieur Du
pleffis Chaftillon, vous avoir
enfa garde. Ecrit à S. Germain
en Laye le 21 Février 1 5.74.
Signé , Charles, & plus bas,
Pinart.
En voici une autre
écrite de la main d'HenL ry III. que j'ai mife ici
parce qu'elle contientun
fait hiftorique.
Monfieur Dupleffs Cha
fillon , il n'eft pas commej'ef
time que vous n'ayez bien
feu à cette heure, comme mon
38 MERCURE
frere le Duc d'Alençon , que
j'ai toujours aimé d'une affe-
&ion plus que fraternelle
s'eftfeparé d'auprés de moypar
la follicitation , & mauvais
confeil de ceux quifont éleveZ
enarmes contre nôtre autorité.
s'étant retiré à Dreux, où il
fait contenance d'affembler
quelques troupes , de quoy vous
pouvezpenfer combienje por
te de regret , tantpour l'amour
fingulier dontje lui fuis conjoint , quepour connoître bien
ne pouvoir advenir d'un fi
nouvel accident que tout accroiffement de maulxfur mon
peuple,
GALANTƒ 89
peuple, qui avoit plus de be
fouinde veoir arrêter le cours
de ceux defquels il n'étoit ja
que trop affligé,felon quejuf
ques à hui ,jepenſe avoirau
tant mis de peine qué detravailque pouvoitfaire un bon
Prince amateur du repos &
A
union de tous fes fujets , &
pourceque en un tel nouveau
mal, &pour m'aider àypourvoir remedier, ainfi que
j'en ai une bonne volonté,j'ai
befouin de l'affiftance de ma
nobleſſe , & de ceux dontjeme
fuis promis toute loyauté
fidelité , du nombre defquels ,
Fév.
1712.
H
90 MERCURE
je vous tiens & eſtime, Fax
pensé vous écrire ce mot de
lettre , pour vous dire que
vous fufles jamais touché du
defir de vous voir en occaque fr
fion, à laquelle vous mepuiffiez faire paroître vôtre
droitte affection au bien de
mon fervice , vous devez
penfer qu'elle fe prefente aujourd'hui, au moyen
je vous écris, Monfieur Dus
pleffis Chatillon , que incontinent la prefente recenë, vous
de quos
regardiez à vous mettre en
ordre , pour me venir trouver
avec bonnecompagnie de vos
PH
GALANTY OF
que vous poure pourez
amis 6 au meilleur équipage d'armes & chevaux &
auplûtôt que
afin de mefaire à ce befoin
fervice queje mefuis toûjours
promis de vôtre loyauté &
le
fidelité, à quoy fatisfaisant ,
outre que ce fera acte digne
&
d'un gentil- homme d'honneur
tel que vous vous eftes tous
jours fait connoître , vous
vous pouvez aſſurer que je
vous en fauray perpetuellement bon gré, & que je le
reconnoîteray envers vousfe
Ton que les occafions s'en pouront offrir, prians Dieu, M.
#
Hij
92 MERCURE
&
Dupleffis Chatillon , qu'il
vous ait enfa fainte garde
fcellé à Paris le 22 jour de
Septembre 1575 Signé, Henry,
&plus bas , Signé, Brullart.
On donnera le mois
prochain des détails fur
les morts de M. de Catinat , M. de Magnac ,
M. de Signelay, & au
tres.
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Résumé : MARIAGE.
Le 21 janvier 1712, Louis Dupleffis Chaftil-Jon, Colonel de Provence et Brigadier des Armées du Roi, a épousé Anne Neyret de la Ravoye. Anne Neyret de la Ravoye est la fille de feu M. de la Ravoye, Grand Audiancier de France et Trésorier général de la marine, et de Varice de Vallières. Le Marquis Dupleffis Chaftillon est le fils de feu Jacques Dupleffis Chaftillon, Marquis de ce lieu et de Nonant, et de Jeanne Marie de Fradet de Saint-Aoust. Jeanne Marie est la fille de Jean de Fradet de Saint-Aoust, Maréchal des Camps et Armées du Roi, Lieutenant général de l'artillerie de France, et de Jeanne Marie de Saint-Gelais de Lufignan. Elle est également la sœur d'Armand Antoine de Fradet de Saint-Aoust, Brigadier et Lieutenant général pour le Roi dans la province de Berry. La maison Dupleffis Chaftillon est l'une des plus anciennes de la province du Maine, comme le montrent des titres datant de 1334 et 1274. La famille a établi de grandes alliances avec des maisons nobles telles que Beaumont le Vicomte, d'Avaugour, de Villevignes, du Bellay, d'O, de la Flotte, et plusieurs autres. Des manuscrits anciens contiennent des lettres du Roi Charles IX et d'Henri III adressées à un Dupleffis Chaftillon. Une lettre de Charles IX, datée du 21 février 1574, informe Dupleffis Chaftillon de son élection à l'Ordre de Saint-Michel. Une autre lettre d'Henri III, datée du 22 septembre 1575, sollicite l'aide de Dupleffis Chaftillon pour faire face à une rébellion.
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2410
p. 198-252
AUTRE EXTRAIT de plusieurs Lettres particulieres joint à l'Extrait de la Relation imprimée à Paris sur ce qui s'est passé dans l'expedition de Rio Janeiro.
Début :
Le 9. du mois de Juin 1711. le Sieur du Guay-Troüin mit à la voile [...]
Mots clefs :
Rio de Janeiro, Expédition, Troupes, Canon, Batteries, Chevalier, Vaisseau
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE EXTRAIT de plusieurs Lettres particulieres joint à l'Extrait de la Relation imprimée à Paris sur ce qui s'est passé dans l'expedition de Rio Janeiro.
AUTRE EXTRAIT
de plufieurs Lettres particulieres joint à l'Extrait de
la Relation imprimée à Paris fur ce qui s'eft paffédans
l'expedition deRiofaneiro.
LE 9. du mois de Juin
4711. le Sieur du GuayTrouin mit à la voile des
rades de la Rochelle avec
fon Efcadre , & les deux
Vaiffeaux , le Chancelier:
& le Glorieux , dans le def
fein d'aller tenter la conquefte de Rio Janeiro
GALANT. 199
Place importante à la coſte
du Brefil , où le fieur Du
Clerc , & huit cens Soldats
de la Marine avoient efté
tuez ou pris l'année précedente. Le 2 Juillet, il moüilla à l'Ile de Saint Vincent ,
où la Fregate l'Aigle vint le
joindre , & n'y trouvant
point derafraifchiffements
il remir à la voile le 6. avec
le feul avantage d'avoir mis
les troupes à terre , pour
leur faire connoiftre le
rang & l'ordre qu'elles de
voient obferver en cas de
defcente. Le 11. du mois
R iiij
200 MERCURE)
d'Aouſt il paffa la Ligne
Le 19. il eut connoillance
de l'Ile de l'Afcenfion , &
le
27
2 . fe
trouvant
à la
hauteur
de
la
Baye
de
tous
les
Saints
, il affembla
le . Confeil
où
il fut
réfolu
qu'on
fe
rendroit
à droiture
au
Rio
Janeiro
, Le
1.
de
Septembre
on
trouva
fond
, fans
:
avoir
cependant
connoif
.
fance
de
terre
. Il
fit
fes
remarques
là
deffus
, &
fur
la
hauteur
qu'on
avoit
ob
!
fervée
, aprés
quoy
profi
tant
d'un
vent
frais
qui
s'é
leva
à l'entrée
de
la nuit
, il
GALANIM 267-
fit forcer de voiles à toute
l'Efcadre, malgréla brume
& le mauvais temps , & il
fe trouva à la pointe du jour
Jprécisémentà l'embouchu
re duRio Janeiro.
llordonna au Chevalier
de Courferac , qui en con
noiffoitl'entrée , de fe met
tre à la tefte de l'Eſcadre, &
aux Chevaliers de Gouyon
& de Beauve de marcher
immediatement aprés , &
ilTuivic, eftant alors en fi
tuation desvoir ce qui fe
paffoit à la tefte & à la
queue. Il fut en mefmetems
•
1
102 MERCURE
fignal aux Sieurs de la Jail.
le , de la Moinerie Miniac ,
& à tous les Capitaines de
l'Efcadre de marcher les
uns aprés les autres , fuis
vant le rang & la force de
leur Vaiffeau , cequ'ils executerent ponctuellement ' ,
ainsi que les Maiftres des
deuxTraverfiers qui effuye
rent le feu de toutes les Bat
teries fans changer de rou.
te.
LeChevalier de Courſe.
rac , s'eft acquis une gloire
particuliere dans cette ac
tion, parla bonne mancu
'
GALANT. 1203
1
vre qu'il a faite & la fierté
avec laquelle il a montré le
chemin. Ce fut dans cet
ordre qu'on força l'entrée
de ce Port , défendu par
une prodigieufe quantité
d'artillerie , & par quatre
Vaiffeaux de Guerre de cinquante-fix à foixante - dix
canons , commandez par
•
Gafpar da Cofta , General
de la Flote , que le Royde
Portugal avoit envoyée exprés avec des Troupes pour
la défenfe de cetté Place.
Ces quatre Vaiffeaux ju
geant par la manoeuvre
204 MERCURE
qu'on les alloit aborder ,
couperent leurs cables , &
allerent s'échouer fous les
Batteries de la Ville. On
avoit eu jufqu'alors environ trois cens hommes
hors de combat. Il eft neceffaire pour l'intelligence
decette Relation d'ajouter
icy un eftat de la Ville &
de la Baye de Rio Janeiro ,
de fes Fortereffes & de la
fituation de fon entrée. La
Baye de Rio Janeiro eft
fermée parungoulet beaucoupplus eftroit que celuy
de Breft ; elle eft défendue
GALANT. 205"
du cofté droit par le Fort
de Sainte Croix , garni de
quarante quatre pieces de
canon de tout calibre , de-
| puis quarante huit livres
de bale jufqu'à huit , d'une
autre Batterie de fix pieces.
qui eft au dehors de ceFort,
& du cofté gauche par le
Fort de Saint Jean , & par
deux autres Batteries garnies de quarante huit pieces de gros canon qui croifent l'entrée , au milieu de
laquelle fe trouve une Ifle
ou gros Rocher qui peut
avoir quatre- vingt ou cent
206 MERCURE
braffes de longueur. Au
dedans de l'entrée du cofté
droit , on trouve une Bat
terie nommée Noftre- Dame de bonvoyage , qui eft
furune montagne inacceffible ,oùil y a dix pieces de
canon de dix- huit à vingtquatre, qui fe croiſent avec
le Fort de l'Ifle de Villega
gnon qui eft à la gauche ,
& oùil y a vingt pieces du
mefme calibre qui battent
l'entrée de la Baye. Audelà de ce dernier Fort , &
de celuy de Saint Jean , il y
a un Fort nommé Saint
GALANT 207
Theodofe , de feize pieces
de canon , qui bat la plage
qui eft du cofté de la Carioque , au milieu de la
quelle les Portugais ont encore bafti une espece de
Demi- lune. Quand on a
paffé toutes ces Batteries
& tous ces Forts , on voit
I'lfle des Chevres qui n'eft
qu'à la portée du fufil de la
Villeducofté des Benedictins , où il y a un petit Fort
de quatre baftions avec
huit pieces de canon , &
fur un plateau qui eft au bas
de l'Ifle , une Batterie de
08 MERCURE
quatre pieces qui bat le
cofté de la Mer & fe croife
avec le Fort de la Miferi
corde. Ily aencore des Batteries de l'autre cofté de la
Rade & il n'y a pas un
feul endroit pourfaire def
cente , où les Portugais
n'euffent remué la terre
fait des abbatis d'arbres &
mis du canon en batterie.
Al'égard de la Baye , on ne
peut gueres en trouver de
plusbelle , de plus grande ,
ny de plus commode : le
moüillage y eft parfaitement bon , le Vent & la
Mer
GALANT 209
Mer n'y entrent prefque
jamais , & il y a au fond
une Riviere qui s'eltend
quatorze lieues en terre
du cofté du Nord - Eft.
La Ville eft baſtie le long
de la Baye , au milieu de
trois montages fort éle
vées , qui font occupées ,
l'une qui eft à une des extremitez , par les Jefuites ,
l'autre par les Benedictins ,
& la troifiéme , nommée la
Conception , par l'Evef
que ces trois montagnes
commandent entierement
la Ville & la Campagne
Février 1712. S
110 MERCURE
& font garnies de Forts &
de Batteries . Au deffus de
celle qu'occupent les Jefuites , eft un Fort nommé
Saint Sebaftien , reveftu de
murailles & entouré d'un
bon foffé , garni de quatorze pieces de cánon & de
beaucoup de pierriers. Sur
la gauche de ce Forty du
coftéde la plaine à my cofte eft un Fort nomméSaint
Yague , où il y a douze
pieces de canon : un autre
nommé Sainte Aloufie , de
huic pieces ; une Batterié
de douze , & le Fort de la
GALANT 211
Mifericordesqui eft baſti
fur un Rocher qui avance
dans la Mer, oùil y a douze
pieces de canon qui battent du cofté de la Ville &
de celuy de la Mer. La
montagne des Benedictins
eft fortifiée d'un retranchement garni de plufieurs
pieces de canon , qui bat
tent du cofté de l'ifle des
Chevres du cofté de la
montagne de la Concep
tion & de la plaine. La
montagne de la Conception eft retranchée du coftéde la campagne par un
Sij
212 MERGURE
foffé , une haye vive derriere , & des pieces de cas
non de diftance en diſtan.
ce , qui en occupent tout le
front. La Ville eft fortifiée
par des Redans & des Batteries de diftance en diftance , dont les feux fe crois
fent : du cofté de la plaine
elle eft défendue par un
Camp retranché & un bon
foffe plein d'eau , au de
dans duquel il y a deux
places d'armes à pouvoir
contenirquinze cens hom
mes en bataille , plufieurs
pieces de canon & des
GALANT 21
maifons crenelées de tou
tes parts ; c'eftoit le lieu où
les Ennemis avoient une
partie de leurs Troupes ,
qui montoient à douze ou
treize mille hommës, par
my lefquels plufieurs a
voient fervi en Eſpagne à
la bataille d'Almanza , &
un tres -grand nombre de
Negres. Le Sicur du Guay
Troüin , furpris de trouver
la Place en fi bon eftat, apprit qu'un Paquebot venu
d'Angleterre à Lisbonne ,
avoit donné avis que fon
Efcadre étoit deftinée pour
#14 MERCURE
le Rio Janeiro: & comme
il ne fe trouva point dans
ce temps- là de Baftiment
armé pour y en porter la
nouvelle , le Roy de Portugal y avoit envoyé ce
mefme paquebot qui ¡y ef
toit arrivé quinze jours auparavant. Cet , avis avoit
donné lieu au Gouverneur
de faire travailler avec tant
de diligence à des retran
chements , & à eftablir des
Batteries dans tous les endroits où il jugeoit qu'il
pouvoit estre attaqué.
La journée le paffa à for.
GALANT. 25
cer l'entrée , & le fieur du
Guay-Troüin fit avancer
la Galiote & les Traver
fiers , & détacha le 3 à la
pointe du jour le Chevalier
de Gouyonavec cinq cents
foldats d'élite , pour s'em
parer de l'ifle des Chevres
Il l'executa dans le mo
ment, & en chaffa les ennemis fi brufquement, qu
ils eurent à peine le temps
d'enclouer leur canon. Ils
coulerentà fond en fe reti
rant deux de leurs plus gros
Vaiffeaux marchands entre les batteries des Bene
21 MERCURE
dictins & l'Ile des Chevres , & ils firent fauter
deux de leurs Vaiffeaux de
guerre échouez fous le
Fort de la Mifericorde
mais voulant en faire autant d'un troifiéme échoué
à la pointe de l'Ile des
Chevres , le Chevalier de
Gouyon y envoya deux
Chaloupes commandées
par les fieurs de Vaureal &
de Saint Oſmanes , qui
malgré le feu du canon de
la Place , s'en rendirent
maiftres & y arborerent le
Pavillon du Roy ; mais ils
nc
GALANT. 217
ne purent le mettre à flot ,
parce qu'il ſe trouva plein
d'eau par les coups de canon dont il eftoit percé. Le
Chevalier de Gouyon envoyaauffi toft rendre compte de la fituation avantageufe de l'Ile des Chevres :
le fieur du Guay Trouin
alla vifiter ce pofte ; & l'ayant trouvé tel qu'il le luy
avoit marqué , ordonna
aux fieurs de la Ruffiniere
& Effiot Officiers d'artillerie , & au fieur Keguelin
Capitaine de Brulot d'y eftablir des batteries de morFévrier 1712.
Τ
218 MERCURE'
tiers & de canon. Le fieur
deSaint Simon Lieutenant
de Vaiffeau , fut chargé de
faire fouftenir les travailleurs avec un Corps de
troupes : les uns & les autres remplirent leur devoir
avec toute la fermeté poffible , eftant expoſez au feu
continuel du canon & de
la moufqueterie. Cependant la plupart des Vaiffeaux de l'Efcadre manquoient d'eau , & il eſtoir
abfolument neceffaire de
s'affeurer de l'aiguade , &
de faire defcente pour cou-
GALANT. 212
per , s'il eftoit poffible , la
retraite aux ennemis , &
les empefcher d'emporter
leurs richeffes dans les
montagnes. Il ordonna
pour cet effet au Chevalier
de Bauve de prendre le
commandement des Fregates l'Amazone , l'Aigle ,
Aftrée & la Concorde ,
dans lesquelles on fit embarquer une partie des
troupes , le chargeant de
s'emparer pendant, la nuit
de quatre Vaiffeaux marchands qui mouilloient
près de l'endroit où on
+
Tij
220 MERCURE GU
prétendoit faire deſcente ,
& d'y establir un entrepoft pour les troupes , ce
qu'il executa avec beaucoup d'ordre & de condui
te. Ainfi ce debarquement
fe fit le lendemain avec
d'autant plus de feureté
qu'on en avoit ofté la connoiffance aux ennemis par
$
d'autres mouvements qui
attirerent toute leur attention.
Le 14. Septembre,toutes
les troupes eftant debarquées au nombre de deux
mille cent cinquante fol-
GALANT. 221
dats & de fix cents matelots armez , le fieur du
Guay-Trouin envoya les
fieurs Gouyon & de Courferac , s'emparer de deux
hauteurs , d'où l'on décou
vroit tout ce qui fe paffoit
dans la Ville. Le Sicur
d'Auberville Capitaine de
Grenadiers de la Brigade
de ce premier, chaffa quel
ques Troupes Portugailes
d'un bois où ils eftoient en
embufcade , aprés quoy les
Troupes camperent dans
cette difpofition.
L'aile droite commanTiij
222 MERCURE
ན ༥༠
par le
dée par le Chevalier de
Gouyon , occupa la hauteur qui regardoit la Place :
l'aile gauche commandée
par le Chevalier de Cour
lerac, celle qui eftoit à l'op
pofite ; & le corps de Ba
taille , commandé
Chevalier de Beauve , fut
placé au milieu , auffi bien
que le Quartier general ,
afin d'eftre à portée de fe
foutenir les uns les autres ,
& d'eftre maiftre du bord
de la Mer , où les Chalou
pes faifoient de l'eau &apportoient continuellement
GALANT. 223
les munitions de guerre &
de bouche dont on avoit
befoin. Le Sieur de Ricoüart, Inspecteur general,
à la fuite de l'Efcadre, refta
dans la Rade pour avoir
foin de les envoyer & de
faire fournir les materiaux
neceffaires à l'eftabliffe. ?
ment des Batteriesfur l'Ile
des Chevres.
Le 15. le sieur du Guay
Troüin fit marcher toutes
les troupes dans la plaine :
des détachements s'avan
cerent jufqu'à la portée du
fufil de la Place , & tuerent
Tiiij
224 MERCURE
des beftiaux , & pillerent
des maifons , fans aucune
oppofition. Les Portugais
efperoient que les troupes
Françoiles s'engageroient
dans les retranchements.
oùils efperoient les envelopper , mais voyant qu'ils
• ne branloient pas , le Sieur
du Guay Troüin fit retirer
les Troupes , aprés avoir
bien reconnu le terrain qui
fe trouva impraticable , de
forte qu'il parut impoffible,
mefme avec dix mille hommes , de pouvoir couper la
retraite aux ennemis , ny
GALANT. 225
leur empefcher de fauver
leurs richeffes.d
ne
Il en fut convaincu , lors
qu'ayant remarquéun party des ennemis au pied d'u
montagne , il voulut le
faire couper par le Batail
lon du Lys & celuy du Maj
gnanime , qu'il avoit fait
couler à droit & à gauche,
Mais s'en eftant appro
chez avec bien de la peine,
ils trouverent un marais &
des halliers impenetrables
qui les arrefterent , & les
obligerent à s'en revenir.
Le 16. un de fes déta-
226 MERCURE
chements s'eftant avancé ,
les ennemis firent jouer un
fourneauavec tant de précipitation , qu'il ne fit au
cun effet. Ce mefme jouril
chargea les Sieurs de Beau.
ve & dela Calandre d'eftablirune Batterie de dix pieces de canon fur une Prefqu'Ifle qui prenoit les Batteries des Benedictins à re
vers, & ils y firent travail- sy
ler fi diligemment , que
dans trente- fix heures elle
fut en eftat detirer.
Le 17. les Ennemis bru
lerent de grands magazins
GALANT. 227
remplis de fucre , d'agrez
& de munitionsfur le bord
de la Mer. Ils firent auffi
fauter en l'air le dernier de
leurs quatre Vaiffeaux de
guerre échoüez fous les
Benedictins , & ils brule
rent deux autresBaftiments
appartenants au Roy de
Portugal , quitouchoient à
terre.
Le 18. les Ennemis firent fortir de leurs retranchements douze cens hommes de leurs meilleures
Troupes, pour enlever un
pofte avancé que le Sieur
228 MERCURE
de Lifta gardoit avec cinquante Soldats , mais il fe
défenditfi bien qu'il donna
le temps au Chevalier de
Gouyon d'y envoyer le
Sieur de Bourville , AydeMajorde fa Brigade , avec
les Compagnies des Sieurs.
Drouallen & d'Auberville
qui chafferent lesEnnemis,
aprés en avoir tué ou bleffé
plus de cent cinquante. Le
Sieur dePontlo- Coetlogon;
Ayde de Camp du Cheva,
lier de Gouyon y fut bleffé,
avec environ vingt cinq
Soldats. Ce mefme jour
GALANT 229
P
la Batterie des Sieurs de
Beauve & de la Calandre ,
commença à tirer fur les
retranchements & les Batteries des Benedictins.
Le 19. le Sieur de la Rufiniere ayant donné avis
qu'il avoit cinq mortiers &
dix-huit pieces de gros canon en batterie fur l'ifle des
Chevres , le Sieur du GuayTroüin fit fommer le Gouverneur de ſe rendre , &
fur fa réponſe pleine de
fierté , il refolut de l'attaquervivement. Il alla pour
cet effet avec le Chevalier
40 MERCURE
de Beauve le long de la
cofte , depuis le Campjuf
ques à l'Ile des Chevres ,
reconnoiftre les endroits
par où on pourroit plus aisément forcer les ennemis.
On remarqua cinq Vaiffeaux Marchands à demi
portée du fufil des Benedi-
"
etins , qui pouvoient fervir
d'entrepoft à une partie des
Troupes qui feroient deftinées à attaquer ce pofte : il
ordonna pour cela que l'on
fit avancer le Vaiffeau le
Mars entre ces deux Batteries , & de le placer à por-
GALANT. 235
tée de les fouftenir en cas
de befoin.
Le 20. il envoya ordre
au Vaiffeau le Brillant de
s'approcher du Mars , &
il fit faire de toutes les Batteries & des Vaiffeaux un
feu continuel , & donnant
en mefme temps les ordres
neceffaires pour attaquer
le lendemain.
La nuit du 20. au 21. il
envoyaune partie des troupes dans les Vaiffeaux
moüillez prés des Benedictins : les Ennemis s'en ef
tant apperçus firent fur les
12 MERCURE
Chaloupesun grand feu de
moufqueterie qui fut bientoft ralenti parle canon des
Batteries , & par celuy du
Vaiffeau le Mars , ce qui
jetta une grande confternation dans la Place.
Le 21. à la pointe du jour,
le fieur du Guay-Trouin
s'embarqua avec le refte
destroupes pour aller commencer l'attaque , ordonnant au Chevalier de Gou
yon de filer le long de la
Cofte avec la Brigade, afin
d'attaquer les ennemis par
differens endroits.
Sur
GALANT 233
Sur ces entrefaites le
fieur de la Salle qui avoit
efté fait priſonnier avec le
fieur du Clerc à qui il avoit
fervi d'Ayde de Camp ,
s'eftant échapé des ennemis , vint fe rendre , &
donna avis que les ennemis abandonnoient la place avec une terreur eltonnante qu'en fe retirant ils
avoient mis le feu à un des
plus riches Magafins de la
Ville , & qu'ils avoient miné le Fort des Jefuites , &
celuy des Benedictins : le
fieur du Guay- Trouin enFévrier 1712.
V
234 MERCURE
tra enfuite dans la place
avec le Chevalier de Courferac , & huit Compagnies
de Grenadiers, pour fe rendre maiftres des Forts de
Saint Sebaftien , de S. Yague, & de la Mifericorde ,,
laiffant aux fieurs de Gou
yon & de Beauve le commandement du refte des
troupes , avec deffenfe fur
peine de la vie aux foldatss
de s'écarter , & de quitter
leurs rangs.
En entrant dans la Ville , on trouva ce qui reftoit
de priſonniers de la défaite
GALANT 2.35
du fieur du Clerc, qui ayant
brisé les portes de leur pri
fon , s'eftoient desja répandus pour enfoncer & piller
les Maifons qu'ils connoiffoient les plus riches , ce
qui excita l'avidité des foldats , & les porta d'abord à
fe debander , mais la pun ition qui fut faite fur le
champ de quelques uns ,
arrefta les autres ; & les prifonniers furent conduits
fur la hauteur des Benedic
tins. Enfuite il fe rendit
maiftre des Forts & de tous
les poftes , aprés avoir fait
Vije
236 MERCURE
éventer les mines , &ilen
laiffa le commandement.
au Sieur de Courferac, avec
ordre de faire avancer fa
Brigade pour en prendre
poffeffion.
Enfuite pour empefcher
le pillage qui paroiffoir
inévitable , il fit mettre des
Corps de garde, pofer des
fentinelles en divers endroits , & il ordonna des
patrouilles , pour marcher
jour & nuit , avec défenfe
fur peine de la vie aux Matelots & Soldats d'entrer
dans la Ville fous quelque
GALANT. 237
prétexte que ce foit.
Nonobftant toutes ces
précautions , l'avidité du
gain & l'efpoir du pillage
l'emporterent fur la crainte des chaftiments , les
Corps de garde meſme &
les patrouilles commencerent à augmenter le defor
dre pendant la nuit : enforte que le lendemain matin
les trois quarts des portes
des maifons & des maga
fins fe trouverent enfonçées , les vins répandus , les
marchandiſes & les meubles eſparts au milieu des
3 MERCURE
ruës : & enfin tout fe trouva
dans un defordre & une
confuſion eſtonnante. Il
ordonna que l'on paffaft
par les armes ceux qui fe
trouveroient dans le cas du
Ban ; mais les chaſtiments
*
réiterez n'ayant pas efté
capables d'arrefter cette
fureur , il n'y eut d'autre
party à prendre que d'employer pendant le jour la
meilleure partie des Troupes à ramaffer ce qu'on
put d'effets ou de marchan
difes dans des Magafins
qu'il fit eftablir , & où le
GALANT 2391
Sieur de Ricoüart eut foin
de mettredes gens de con
fiance & des Ecrivains de
Roy.
Le 23. il envoya fommer
le Gouverneur du Fort de
Sainte Croix qui ſe rendit
par Capitulation : le Sieur
de Beauville , Ayde Major
General, en prit poffeffion,.
auffi-bien que des Forts de
Villegagnon, de SaintJean,
& des Batteries de l'entrée.
Le Sieur du Guay- Troüin
apprit cependant par differents Negres qui fe ren
dirent , que le Gouverneur
240 MERGURE
de la Place , & le General
de la Flote ayant ramaffé
les debris de leurs Troupes
àune lieuë & demie , attendoient un puiffant fecours
commandépar Don Antonio d'Albuquerque , General des Mines , fort eftimé.
Ainfi pour s'affurer contre
les entrepriſes des Ennemis , il eftablit le Chevalier
de Gouyon avecla Brigade
dans les retranchements
qui regardoient la plaine
& le Chevalier de Beauve
avec le Corps de Bataille
fur la hauteur de la Conception,
GALANT 241
ception , où le Quartier general fut placé pour eftre à
portée de fecourir ceux qui
en auroient befoin. A l'é
gard de la Brigade du Chevalier de Courferac , elle
eftoit déja deſtinée à gar-
´der les Forts & la hauteur
des Jefuites.
Les Ennemis avoient
emporté leur or , bruflé
leurs meilleurs Vaiffeaux &
leurs Magafins les plus riches, & tout le refte demeuroit enproye à la fureur du
pillage , qu'aucun chaſtiment ne pouvoit arrefter :
Février. 1712.
X
242 MERCURE
d'ailleurs il eftoit impoffi
ble de conferver cette Colonie , par le peu de vivres
qui reſtoient dans la Place ,
& par l'impoffibilité de penetrer dans le pays. Ainfi
le Sieur du Guay - Troüin
envoyadire au Gouverneur
que s'il tardoit plus longtemps à racheter la Ville
par une bonne contribu
tion , il alloit la mettre en
cendres : &afin de luy ren
dre cette menace plus fenfible, il détacha deux Compagnies de Grenadiers ,
commandez par les fieurs
GALANT 243 .
de Brignon & de Cheridan,
pour aller bruler toutes les
maiſons de la campagne.lls
rencontreret un gro Corps
des Ennemis , mais eftant
foutenus par une Compagnie deCaporaux, ils enfon
cerentles ennemis, en tuerent plufieurs , & mirent
le refte en fuite . Leur
Commandant, homme de
reputation , demeurafur la
place. Les fieurs de Brignon , de Cheridan , & le
fieur de Kret- Kavel garde
Marine , fe diftinguerent
dans cette action : le fieur
x ij
344 MERGURE
de Brignon , entre autres ,
perça le premier la bayon
nette au bout du fofil , à la
tefte de fa Compagnie ,
dont eftoient Officiers les
fieurs du Bodon & de Mortone gardes de la Marine
Comme cette affaire pou
voit devenir ferieuſe , jefis
avancer le Chevalier de
Beauve avec fix cents hommes , qui penetra encore
plus avant , brufla la maifon qui fervoir de retraite
au Commandant de cette
troupe & fe retira enfuite.
.e GALANT
245
&
Le Gouverneur envoya
unMestre de Camp , & le
Préfident de la Chambre
pour traiter , & ils reprefenterent au fieur du GuayTrouin , que le peuple les
ayant abandonnez
tranfportétout leur or dans
les montagnes,il leur eftoit
impoffible de trouver plus
de fix cents mille crufades:
pour la contribution : ils
demanderent mefme un
affez longtemps pourfaire
revenir l'or appartenant
au Royde Portugal , qu'on
avoit tranfportébien avant
X iij
146 MERCURE
dans les terres. Lefieur du
Guay Troüin rejetta cette
propofition , & congedial
les députezaprès leur avoir
fait voir qu'il faifoit miner
les endroits que le feu ne
pourroit deftruire : cependant il ſe paſſa encore fix
jours fans qu'on entendifti
parler du Gouverneur : on
apprit mefme que Don An
tonio d'Albuquerque devoit arriver inceffamment,
Comme il n'y avoit point
de temps à perdre, le fieur
du Guay- Trouin fit mettre
le lendemain à la pointe
GALANT 247
du jour toutes les troupes
en marche , & malgré las
difficulté des chemins il
arriva de bonne heure en
preſence des ennemis , &
fi près d'eux , que l'avantgarde commandée par le
Chevalier de Gouyon ſe
trouva à demi portée du
fufil de la premiere hauteur qu'ils occupoient , &
fur laquelle une partie de
leurs troupes parut en bataille. Le Gouverneur furpris envoya auffi toft deux
Officiers pour reprefenter
qu'il avoit offert tout l'or
248 MERCURE
dont il pouvoit difpofer
pour le rachat de la Ville:
qu'il luy eftoit abfolument
impoffible d'en trouver da
vantage: que tout ce qu'il
pouvoit faire eftoit d'y.
joindre dix mille crufades
de fa propre bourſe , cent
caiffes de fucre , & tous les
boeufs neceffaires pour la
fubfiftance des troupes , &
qu'aprés cela le fieur du
Guay Trouin eftoit le maiftre de le combattre , & de
deftruire la Colonie. On
tint confeil , & il fut refolu
d'accepter cette propofi
GALANT 249
tion pluſtoft que de tout
perdre ; & fit donner des
oftages, avec promeffe de
payer le tout dans quinze
jours, be my
Lelendemain 11. Octobre
Don Antonio d'Albuquer
que arriva avectrois mille
hommes de troupes , moitié cavalerie & moitié infanterie , & plus de fix mil
le Negres bien armez. Ce
pendant on travailloit tou
jours à tranfporter dans les
Vaiffeaux de l'Efcadre le
fucre qui s'eftoit trouvé , &
à remplir les Magafins des
2go MERCURE
autres marchandiſes que
l'on pouvoit ramaffer.adua
Le 4.Octobre les ennemis
ayant achevé leur dernier
payement, on fit embar
quer les troupes: on garda
feulement les Forts del'ifle
de Villegagnon , de l'ifle
des Chevres , & ceux de
l'entrée.
Le 13. aprés avoir fait
mettre le feu aux Vaiffeaux échoüez fous l'lfle
des Chevres , & aux autres
Baſtimens que l'on n'avoit
pointtrouvéàvendre, l'EC
cadre mit à la voile avec
GALANT. 251
del'eau & des vivres , pour environ trois mois , embarquant
un Officier , quatre gardes de
Marine , & trois cents cinquantefoldats qui reftoient de
la défaite du fieur du Clerc :
tous les autres Officiers avoient
efté envoyez à la Baye de tous
les Saints. Le fieur du Guay.
Trouin prétendoit aller les délivrer , & tirer mefme de cette
Colonie une nouvelle contribution mais ayant employé
quarante jours , à caufe des
vents contraires , pour arriver
à la hauteur de cette Baye , &
ayant à peine affez d'eau &
de vivres pour arriver en
France , il continua fa route.
11 fut mefme obligé de laiffer
la prife commandéepar le fieur
:
52 MERCURE
de la Ruffiniere , trop peſante:
la Fregate l'Aigle ayant ordre
de l'escorter jufqu'en France.
L'Efcadre palla enfin la Ligne le 25. Octobre. Les vents
eftant devenus plus favorables,
on arriva le 19. Janvier à la
hauteur des Ifles des Açores ,
où on effuya une grande tempefte , qui difperfa une partie
de la Flote.
Enfin aprés avoir mis plu
fieurs fois à travers pour attendre les Vaiffeaux, nous continuames noftre route vers
Breft , où l'Eſcadre arriva le
6. Février 1712.
de plufieurs Lettres particulieres joint à l'Extrait de
la Relation imprimée à Paris fur ce qui s'eft paffédans
l'expedition deRiofaneiro.
LE 9. du mois de Juin
4711. le Sieur du GuayTrouin mit à la voile des
rades de la Rochelle avec
fon Efcadre , & les deux
Vaiffeaux , le Chancelier:
& le Glorieux , dans le def
fein d'aller tenter la conquefte de Rio Janeiro
GALANT. 199
Place importante à la coſte
du Brefil , où le fieur Du
Clerc , & huit cens Soldats
de la Marine avoient efté
tuez ou pris l'année précedente. Le 2 Juillet, il moüilla à l'Ile de Saint Vincent ,
où la Fregate l'Aigle vint le
joindre , & n'y trouvant
point derafraifchiffements
il remir à la voile le 6. avec
le feul avantage d'avoir mis
les troupes à terre , pour
leur faire connoiftre le
rang & l'ordre qu'elles de
voient obferver en cas de
defcente. Le 11. du mois
R iiij
200 MERCURE)
d'Aouſt il paffa la Ligne
Le 19. il eut connoillance
de l'Ile de l'Afcenfion , &
le
27
2 . fe
trouvant
à la
hauteur
de
la
Baye
de
tous
les
Saints
, il affembla
le . Confeil
où
il fut
réfolu
qu'on
fe
rendroit
à droiture
au
Rio
Janeiro
, Le
1.
de
Septembre
on
trouva
fond
, fans
:
avoir
cependant
connoif
.
fance
de
terre
. Il
fit
fes
remarques
là
deffus
, &
fur
la
hauteur
qu'on
avoit
ob
!
fervée
, aprés
quoy
profi
tant
d'un
vent
frais
qui
s'é
leva
à l'entrée
de
la nuit
, il
GALANIM 267-
fit forcer de voiles à toute
l'Efcadre, malgréla brume
& le mauvais temps , & il
fe trouva à la pointe du jour
Jprécisémentà l'embouchu
re duRio Janeiro.
llordonna au Chevalier
de Courferac , qui en con
noiffoitl'entrée , de fe met
tre à la tefte de l'Eſcadre, &
aux Chevaliers de Gouyon
& de Beauve de marcher
immediatement aprés , &
ilTuivic, eftant alors en fi
tuation desvoir ce qui fe
paffoit à la tefte & à la
queue. Il fut en mefmetems
•
1
102 MERCURE
fignal aux Sieurs de la Jail.
le , de la Moinerie Miniac ,
& à tous les Capitaines de
l'Efcadre de marcher les
uns aprés les autres , fuis
vant le rang & la force de
leur Vaiffeau , cequ'ils executerent ponctuellement ' ,
ainsi que les Maiftres des
deuxTraverfiers qui effuye
rent le feu de toutes les Bat
teries fans changer de rou.
te.
LeChevalier de Courſe.
rac , s'eft acquis une gloire
particuliere dans cette ac
tion, parla bonne mancu
'
GALANT. 1203
1
vre qu'il a faite & la fierté
avec laquelle il a montré le
chemin. Ce fut dans cet
ordre qu'on força l'entrée
de ce Port , défendu par
une prodigieufe quantité
d'artillerie , & par quatre
Vaiffeaux de Guerre de cinquante-fix à foixante - dix
canons , commandez par
•
Gafpar da Cofta , General
de la Flote , que le Royde
Portugal avoit envoyée exprés avec des Troupes pour
la défenfe de cetté Place.
Ces quatre Vaiffeaux ju
geant par la manoeuvre
204 MERCURE
qu'on les alloit aborder ,
couperent leurs cables , &
allerent s'échouer fous les
Batteries de la Ville. On
avoit eu jufqu'alors environ trois cens hommes
hors de combat. Il eft neceffaire pour l'intelligence
decette Relation d'ajouter
icy un eftat de la Ville &
de la Baye de Rio Janeiro ,
de fes Fortereffes & de la
fituation de fon entrée. La
Baye de Rio Janeiro eft
fermée parungoulet beaucoupplus eftroit que celuy
de Breft ; elle eft défendue
GALANT. 205"
du cofté droit par le Fort
de Sainte Croix , garni de
quarante quatre pieces de
canon de tout calibre , de-
| puis quarante huit livres
de bale jufqu'à huit , d'une
autre Batterie de fix pieces.
qui eft au dehors de ceFort,
& du cofté gauche par le
Fort de Saint Jean , & par
deux autres Batteries garnies de quarante huit pieces de gros canon qui croifent l'entrée , au milieu de
laquelle fe trouve une Ifle
ou gros Rocher qui peut
avoir quatre- vingt ou cent
206 MERCURE
braffes de longueur. Au
dedans de l'entrée du cofté
droit , on trouve une Bat
terie nommée Noftre- Dame de bonvoyage , qui eft
furune montagne inacceffible ,oùil y a dix pieces de
canon de dix- huit à vingtquatre, qui fe croiſent avec
le Fort de l'Ifle de Villega
gnon qui eft à la gauche ,
& oùil y a vingt pieces du
mefme calibre qui battent
l'entrée de la Baye. Audelà de ce dernier Fort , &
de celuy de Saint Jean , il y
a un Fort nommé Saint
GALANT 207
Theodofe , de feize pieces
de canon , qui bat la plage
qui eft du cofté de la Carioque , au milieu de la
quelle les Portugais ont encore bafti une espece de
Demi- lune. Quand on a
paffé toutes ces Batteries
& tous ces Forts , on voit
I'lfle des Chevres qui n'eft
qu'à la portée du fufil de la
Villeducofté des Benedictins , où il y a un petit Fort
de quatre baftions avec
huit pieces de canon , &
fur un plateau qui eft au bas
de l'Ifle , une Batterie de
08 MERCURE
quatre pieces qui bat le
cofté de la Mer & fe croife
avec le Fort de la Miferi
corde. Ily aencore des Batteries de l'autre cofté de la
Rade & il n'y a pas un
feul endroit pourfaire def
cente , où les Portugais
n'euffent remué la terre
fait des abbatis d'arbres &
mis du canon en batterie.
Al'égard de la Baye , on ne
peut gueres en trouver de
plusbelle , de plus grande ,
ny de plus commode : le
moüillage y eft parfaitement bon , le Vent & la
Mer
GALANT 209
Mer n'y entrent prefque
jamais , & il y a au fond
une Riviere qui s'eltend
quatorze lieues en terre
du cofté du Nord - Eft.
La Ville eft baſtie le long
de la Baye , au milieu de
trois montages fort éle
vées , qui font occupées ,
l'une qui eft à une des extremitez , par les Jefuites ,
l'autre par les Benedictins ,
& la troifiéme , nommée la
Conception , par l'Evef
que ces trois montagnes
commandent entierement
la Ville & la Campagne
Février 1712. S
110 MERCURE
& font garnies de Forts &
de Batteries . Au deffus de
celle qu'occupent les Jefuites , eft un Fort nommé
Saint Sebaftien , reveftu de
murailles & entouré d'un
bon foffé , garni de quatorze pieces de cánon & de
beaucoup de pierriers. Sur
la gauche de ce Forty du
coftéde la plaine à my cofte eft un Fort nomméSaint
Yague , où il y a douze
pieces de canon : un autre
nommé Sainte Aloufie , de
huic pieces ; une Batterié
de douze , & le Fort de la
GALANT 211
Mifericordesqui eft baſti
fur un Rocher qui avance
dans la Mer, oùil y a douze
pieces de canon qui battent du cofté de la Ville &
de celuy de la Mer. La
montagne des Benedictins
eft fortifiée d'un retranchement garni de plufieurs
pieces de canon , qui bat
tent du cofté de l'ifle des
Chevres du cofté de la
montagne de la Concep
tion & de la plaine. La
montagne de la Conception eft retranchée du coftéde la campagne par un
Sij
212 MERGURE
foffé , une haye vive derriere , & des pieces de cas
non de diftance en diſtan.
ce , qui en occupent tout le
front. La Ville eft fortifiée
par des Redans & des Batteries de diftance en diftance , dont les feux fe crois
fent : du cofté de la plaine
elle eft défendue par un
Camp retranché & un bon
foffe plein d'eau , au de
dans duquel il y a deux
places d'armes à pouvoir
contenirquinze cens hom
mes en bataille , plufieurs
pieces de canon & des
GALANT 21
maifons crenelées de tou
tes parts ; c'eftoit le lieu où
les Ennemis avoient une
partie de leurs Troupes ,
qui montoient à douze ou
treize mille hommës, par
my lefquels plufieurs a
voient fervi en Eſpagne à
la bataille d'Almanza , &
un tres -grand nombre de
Negres. Le Sicur du Guay
Troüin , furpris de trouver
la Place en fi bon eftat, apprit qu'un Paquebot venu
d'Angleterre à Lisbonne ,
avoit donné avis que fon
Efcadre étoit deftinée pour
#14 MERCURE
le Rio Janeiro: & comme
il ne fe trouva point dans
ce temps- là de Baftiment
armé pour y en porter la
nouvelle , le Roy de Portugal y avoit envoyé ce
mefme paquebot qui ¡y ef
toit arrivé quinze jours auparavant. Cet , avis avoit
donné lieu au Gouverneur
de faire travailler avec tant
de diligence à des retran
chements , & à eftablir des
Batteries dans tous les endroits où il jugeoit qu'il
pouvoit estre attaqué.
La journée le paffa à for.
GALANT. 25
cer l'entrée , & le fieur du
Guay-Troüin fit avancer
la Galiote & les Traver
fiers , & détacha le 3 à la
pointe du jour le Chevalier
de Gouyonavec cinq cents
foldats d'élite , pour s'em
parer de l'ifle des Chevres
Il l'executa dans le mo
ment, & en chaffa les ennemis fi brufquement, qu
ils eurent à peine le temps
d'enclouer leur canon. Ils
coulerentà fond en fe reti
rant deux de leurs plus gros
Vaiffeaux marchands entre les batteries des Bene
21 MERCURE
dictins & l'Ile des Chevres , & ils firent fauter
deux de leurs Vaiffeaux de
guerre échouez fous le
Fort de la Mifericorde
mais voulant en faire autant d'un troifiéme échoué
à la pointe de l'Ile des
Chevres , le Chevalier de
Gouyon y envoya deux
Chaloupes commandées
par les fieurs de Vaureal &
de Saint Oſmanes , qui
malgré le feu du canon de
la Place , s'en rendirent
maiftres & y arborerent le
Pavillon du Roy ; mais ils
nc
GALANT. 217
ne purent le mettre à flot ,
parce qu'il ſe trouva plein
d'eau par les coups de canon dont il eftoit percé. Le
Chevalier de Gouyon envoyaauffi toft rendre compte de la fituation avantageufe de l'Ile des Chevres :
le fieur du Guay Trouin
alla vifiter ce pofte ; & l'ayant trouvé tel qu'il le luy
avoit marqué , ordonna
aux fieurs de la Ruffiniere
& Effiot Officiers d'artillerie , & au fieur Keguelin
Capitaine de Brulot d'y eftablir des batteries de morFévrier 1712.
Τ
218 MERCURE'
tiers & de canon. Le fieur
deSaint Simon Lieutenant
de Vaiffeau , fut chargé de
faire fouftenir les travailleurs avec un Corps de
troupes : les uns & les autres remplirent leur devoir
avec toute la fermeté poffible , eftant expoſez au feu
continuel du canon & de
la moufqueterie. Cependant la plupart des Vaiffeaux de l'Efcadre manquoient d'eau , & il eſtoir
abfolument neceffaire de
s'affeurer de l'aiguade , &
de faire defcente pour cou-
GALANT. 212
per , s'il eftoit poffible , la
retraite aux ennemis , &
les empefcher d'emporter
leurs richeffes dans les
montagnes. Il ordonna
pour cet effet au Chevalier
de Bauve de prendre le
commandement des Fregates l'Amazone , l'Aigle ,
Aftrée & la Concorde ,
dans lesquelles on fit embarquer une partie des
troupes , le chargeant de
s'emparer pendant, la nuit
de quatre Vaiffeaux marchands qui mouilloient
près de l'endroit où on
+
Tij
220 MERCURE GU
prétendoit faire deſcente ,
& d'y establir un entrepoft pour les troupes , ce
qu'il executa avec beaucoup d'ordre & de condui
te. Ainfi ce debarquement
fe fit le lendemain avec
d'autant plus de feureté
qu'on en avoit ofté la connoiffance aux ennemis par
$
d'autres mouvements qui
attirerent toute leur attention.
Le 14. Septembre,toutes
les troupes eftant debarquées au nombre de deux
mille cent cinquante fol-
GALANT. 221
dats & de fix cents matelots armez , le fieur du
Guay-Trouin envoya les
fieurs Gouyon & de Courferac , s'emparer de deux
hauteurs , d'où l'on décou
vroit tout ce qui fe paffoit
dans la Ville. Le Sicur
d'Auberville Capitaine de
Grenadiers de la Brigade
de ce premier, chaffa quel
ques Troupes Portugailes
d'un bois où ils eftoient en
embufcade , aprés quoy les
Troupes camperent dans
cette difpofition.
L'aile droite commanTiij
222 MERCURE
ན ༥༠
par le
dée par le Chevalier de
Gouyon , occupa la hauteur qui regardoit la Place :
l'aile gauche commandée
par le Chevalier de Cour
lerac, celle qui eftoit à l'op
pofite ; & le corps de Ba
taille , commandé
Chevalier de Beauve , fut
placé au milieu , auffi bien
que le Quartier general ,
afin d'eftre à portée de fe
foutenir les uns les autres ,
& d'eftre maiftre du bord
de la Mer , où les Chalou
pes faifoient de l'eau &apportoient continuellement
GALANT. 223
les munitions de guerre &
de bouche dont on avoit
befoin. Le Sieur de Ricoüart, Inspecteur general,
à la fuite de l'Efcadre, refta
dans la Rade pour avoir
foin de les envoyer & de
faire fournir les materiaux
neceffaires à l'eftabliffe. ?
ment des Batteriesfur l'Ile
des Chevres.
Le 15. le sieur du Guay
Troüin fit marcher toutes
les troupes dans la plaine :
des détachements s'avan
cerent jufqu'à la portée du
fufil de la Place , & tuerent
Tiiij
224 MERCURE
des beftiaux , & pillerent
des maifons , fans aucune
oppofition. Les Portugais
efperoient que les troupes
Françoiles s'engageroient
dans les retranchements.
oùils efperoient les envelopper , mais voyant qu'ils
• ne branloient pas , le Sieur
du Guay Troüin fit retirer
les Troupes , aprés avoir
bien reconnu le terrain qui
fe trouva impraticable , de
forte qu'il parut impoffible,
mefme avec dix mille hommes , de pouvoir couper la
retraite aux ennemis , ny
GALANT. 225
leur empefcher de fauver
leurs richeffes.d
ne
Il en fut convaincu , lors
qu'ayant remarquéun party des ennemis au pied d'u
montagne , il voulut le
faire couper par le Batail
lon du Lys & celuy du Maj
gnanime , qu'il avoit fait
couler à droit & à gauche,
Mais s'en eftant appro
chez avec bien de la peine,
ils trouverent un marais &
des halliers impenetrables
qui les arrefterent , & les
obligerent à s'en revenir.
Le 16. un de fes déta-
226 MERCURE
chements s'eftant avancé ,
les ennemis firent jouer un
fourneauavec tant de précipitation , qu'il ne fit au
cun effet. Ce mefme jouril
chargea les Sieurs de Beau.
ve & dela Calandre d'eftablirune Batterie de dix pieces de canon fur une Prefqu'Ifle qui prenoit les Batteries des Benedictins à re
vers, & ils y firent travail- sy
ler fi diligemment , que
dans trente- fix heures elle
fut en eftat detirer.
Le 17. les Ennemis bru
lerent de grands magazins
GALANT. 227
remplis de fucre , d'agrez
& de munitionsfur le bord
de la Mer. Ils firent auffi
fauter en l'air le dernier de
leurs quatre Vaiffeaux de
guerre échoüez fous les
Benedictins , & ils brule
rent deux autresBaftiments
appartenants au Roy de
Portugal , quitouchoient à
terre.
Le 18. les Ennemis firent fortir de leurs retranchements douze cens hommes de leurs meilleures
Troupes, pour enlever un
pofte avancé que le Sieur
228 MERCURE
de Lifta gardoit avec cinquante Soldats , mais il fe
défenditfi bien qu'il donna
le temps au Chevalier de
Gouyon d'y envoyer le
Sieur de Bourville , AydeMajorde fa Brigade , avec
les Compagnies des Sieurs.
Drouallen & d'Auberville
qui chafferent lesEnnemis,
aprés en avoir tué ou bleffé
plus de cent cinquante. Le
Sieur dePontlo- Coetlogon;
Ayde de Camp du Cheva,
lier de Gouyon y fut bleffé,
avec environ vingt cinq
Soldats. Ce mefme jour
GALANT 229
P
la Batterie des Sieurs de
Beauve & de la Calandre ,
commença à tirer fur les
retranchements & les Batteries des Benedictins.
Le 19. le Sieur de la Rufiniere ayant donné avis
qu'il avoit cinq mortiers &
dix-huit pieces de gros canon en batterie fur l'ifle des
Chevres , le Sieur du GuayTroüin fit fommer le Gouverneur de ſe rendre , &
fur fa réponſe pleine de
fierté , il refolut de l'attaquervivement. Il alla pour
cet effet avec le Chevalier
40 MERCURE
de Beauve le long de la
cofte , depuis le Campjuf
ques à l'Ile des Chevres ,
reconnoiftre les endroits
par où on pourroit plus aisément forcer les ennemis.
On remarqua cinq Vaiffeaux Marchands à demi
portée du fufil des Benedi-
"
etins , qui pouvoient fervir
d'entrepoft à une partie des
Troupes qui feroient deftinées à attaquer ce pofte : il
ordonna pour cela que l'on
fit avancer le Vaiffeau le
Mars entre ces deux Batteries , & de le placer à por-
GALANT. 235
tée de les fouftenir en cas
de befoin.
Le 20. il envoya ordre
au Vaiffeau le Brillant de
s'approcher du Mars , &
il fit faire de toutes les Batteries & des Vaiffeaux un
feu continuel , & donnant
en mefme temps les ordres
neceffaires pour attaquer
le lendemain.
La nuit du 20. au 21. il
envoyaune partie des troupes dans les Vaiffeaux
moüillez prés des Benedictins : les Ennemis s'en ef
tant apperçus firent fur les
12 MERCURE
Chaloupesun grand feu de
moufqueterie qui fut bientoft ralenti parle canon des
Batteries , & par celuy du
Vaiffeau le Mars , ce qui
jetta une grande confternation dans la Place.
Le 21. à la pointe du jour,
le fieur du Guay-Trouin
s'embarqua avec le refte
destroupes pour aller commencer l'attaque , ordonnant au Chevalier de Gou
yon de filer le long de la
Cofte avec la Brigade, afin
d'attaquer les ennemis par
differens endroits.
Sur
GALANT 233
Sur ces entrefaites le
fieur de la Salle qui avoit
efté fait priſonnier avec le
fieur du Clerc à qui il avoit
fervi d'Ayde de Camp ,
s'eftant échapé des ennemis , vint fe rendre , &
donna avis que les ennemis abandonnoient la place avec une terreur eltonnante qu'en fe retirant ils
avoient mis le feu à un des
plus riches Magafins de la
Ville , & qu'ils avoient miné le Fort des Jefuites , &
celuy des Benedictins : le
fieur du Guay- Trouin enFévrier 1712.
V
234 MERCURE
tra enfuite dans la place
avec le Chevalier de Courferac , & huit Compagnies
de Grenadiers, pour fe rendre maiftres des Forts de
Saint Sebaftien , de S. Yague, & de la Mifericorde ,,
laiffant aux fieurs de Gou
yon & de Beauve le commandement du refte des
troupes , avec deffenfe fur
peine de la vie aux foldatss
de s'écarter , & de quitter
leurs rangs.
En entrant dans la Ville , on trouva ce qui reftoit
de priſonniers de la défaite
GALANT 2.35
du fieur du Clerc, qui ayant
brisé les portes de leur pri
fon , s'eftoient desja répandus pour enfoncer & piller
les Maifons qu'ils connoiffoient les plus riches , ce
qui excita l'avidité des foldats , & les porta d'abord à
fe debander , mais la pun ition qui fut faite fur le
champ de quelques uns ,
arrefta les autres ; & les prifonniers furent conduits
fur la hauteur des Benedic
tins. Enfuite il fe rendit
maiftre des Forts & de tous
les poftes , aprés avoir fait
Vije
236 MERCURE
éventer les mines , &ilen
laiffa le commandement.
au Sieur de Courferac, avec
ordre de faire avancer fa
Brigade pour en prendre
poffeffion.
Enfuite pour empefcher
le pillage qui paroiffoir
inévitable , il fit mettre des
Corps de garde, pofer des
fentinelles en divers endroits , & il ordonna des
patrouilles , pour marcher
jour & nuit , avec défenfe
fur peine de la vie aux Matelots & Soldats d'entrer
dans la Ville fous quelque
GALANT. 237
prétexte que ce foit.
Nonobftant toutes ces
précautions , l'avidité du
gain & l'efpoir du pillage
l'emporterent fur la crainte des chaftiments , les
Corps de garde meſme &
les patrouilles commencerent à augmenter le defor
dre pendant la nuit : enforte que le lendemain matin
les trois quarts des portes
des maifons & des maga
fins fe trouverent enfonçées , les vins répandus , les
marchandiſes & les meubles eſparts au milieu des
3 MERCURE
ruës : & enfin tout fe trouva
dans un defordre & une
confuſion eſtonnante. Il
ordonna que l'on paffaft
par les armes ceux qui fe
trouveroient dans le cas du
Ban ; mais les chaſtiments
*
réiterez n'ayant pas efté
capables d'arrefter cette
fureur , il n'y eut d'autre
party à prendre que d'employer pendant le jour la
meilleure partie des Troupes à ramaffer ce qu'on
put d'effets ou de marchan
difes dans des Magafins
qu'il fit eftablir , & où le
GALANT 2391
Sieur de Ricoüart eut foin
de mettredes gens de con
fiance & des Ecrivains de
Roy.
Le 23. il envoya fommer
le Gouverneur du Fort de
Sainte Croix qui ſe rendit
par Capitulation : le Sieur
de Beauville , Ayde Major
General, en prit poffeffion,.
auffi-bien que des Forts de
Villegagnon, de SaintJean,
& des Batteries de l'entrée.
Le Sieur du Guay- Troüin
apprit cependant par differents Negres qui fe ren
dirent , que le Gouverneur
240 MERGURE
de la Place , & le General
de la Flote ayant ramaffé
les debris de leurs Troupes
àune lieuë & demie , attendoient un puiffant fecours
commandépar Don Antonio d'Albuquerque , General des Mines , fort eftimé.
Ainfi pour s'affurer contre
les entrepriſes des Ennemis , il eftablit le Chevalier
de Gouyon avecla Brigade
dans les retranchements
qui regardoient la plaine
& le Chevalier de Beauve
avec le Corps de Bataille
fur la hauteur de la Conception,
GALANT 241
ception , où le Quartier general fut placé pour eftre à
portée de fecourir ceux qui
en auroient befoin. A l'é
gard de la Brigade du Chevalier de Courferac , elle
eftoit déja deſtinée à gar-
´der les Forts & la hauteur
des Jefuites.
Les Ennemis avoient
emporté leur or , bruflé
leurs meilleurs Vaiffeaux &
leurs Magafins les plus riches, & tout le refte demeuroit enproye à la fureur du
pillage , qu'aucun chaſtiment ne pouvoit arrefter :
Février. 1712.
X
242 MERCURE
d'ailleurs il eftoit impoffi
ble de conferver cette Colonie , par le peu de vivres
qui reſtoient dans la Place ,
& par l'impoffibilité de penetrer dans le pays. Ainfi
le Sieur du Guay - Troüin
envoyadire au Gouverneur
que s'il tardoit plus longtemps à racheter la Ville
par une bonne contribu
tion , il alloit la mettre en
cendres : &afin de luy ren
dre cette menace plus fenfible, il détacha deux Compagnies de Grenadiers ,
commandez par les fieurs
GALANT 243 .
de Brignon & de Cheridan,
pour aller bruler toutes les
maiſons de la campagne.lls
rencontreret un gro Corps
des Ennemis , mais eftant
foutenus par une Compagnie deCaporaux, ils enfon
cerentles ennemis, en tuerent plufieurs , & mirent
le refte en fuite . Leur
Commandant, homme de
reputation , demeurafur la
place. Les fieurs de Brignon , de Cheridan , & le
fieur de Kret- Kavel garde
Marine , fe diftinguerent
dans cette action : le fieur
x ij
344 MERGURE
de Brignon , entre autres ,
perça le premier la bayon
nette au bout du fofil , à la
tefte de fa Compagnie ,
dont eftoient Officiers les
fieurs du Bodon & de Mortone gardes de la Marine
Comme cette affaire pou
voit devenir ferieuſe , jefis
avancer le Chevalier de
Beauve avec fix cents hommes , qui penetra encore
plus avant , brufla la maifon qui fervoir de retraite
au Commandant de cette
troupe & fe retira enfuite.
.e GALANT
245
&
Le Gouverneur envoya
unMestre de Camp , & le
Préfident de la Chambre
pour traiter , & ils reprefenterent au fieur du GuayTrouin , que le peuple les
ayant abandonnez
tranfportétout leur or dans
les montagnes,il leur eftoit
impoffible de trouver plus
de fix cents mille crufades:
pour la contribution : ils
demanderent mefme un
affez longtemps pourfaire
revenir l'or appartenant
au Royde Portugal , qu'on
avoit tranfportébien avant
X iij
146 MERCURE
dans les terres. Lefieur du
Guay Troüin rejetta cette
propofition , & congedial
les députezaprès leur avoir
fait voir qu'il faifoit miner
les endroits que le feu ne
pourroit deftruire : cependant il ſe paſſa encore fix
jours fans qu'on entendifti
parler du Gouverneur : on
apprit mefme que Don An
tonio d'Albuquerque devoit arriver inceffamment,
Comme il n'y avoit point
de temps à perdre, le fieur
du Guay- Trouin fit mettre
le lendemain à la pointe
GALANT 247
du jour toutes les troupes
en marche , & malgré las
difficulté des chemins il
arriva de bonne heure en
preſence des ennemis , &
fi près d'eux , que l'avantgarde commandée par le
Chevalier de Gouyon ſe
trouva à demi portée du
fufil de la premiere hauteur qu'ils occupoient , &
fur laquelle une partie de
leurs troupes parut en bataille. Le Gouverneur furpris envoya auffi toft deux
Officiers pour reprefenter
qu'il avoit offert tout l'or
248 MERCURE
dont il pouvoit difpofer
pour le rachat de la Ville:
qu'il luy eftoit abfolument
impoffible d'en trouver da
vantage: que tout ce qu'il
pouvoit faire eftoit d'y.
joindre dix mille crufades
de fa propre bourſe , cent
caiffes de fucre , & tous les
boeufs neceffaires pour la
fubfiftance des troupes , &
qu'aprés cela le fieur du
Guay Trouin eftoit le maiftre de le combattre , & de
deftruire la Colonie. On
tint confeil , & il fut refolu
d'accepter cette propofi
GALANT 249
tion pluſtoft que de tout
perdre ; & fit donner des
oftages, avec promeffe de
payer le tout dans quinze
jours, be my
Lelendemain 11. Octobre
Don Antonio d'Albuquer
que arriva avectrois mille
hommes de troupes , moitié cavalerie & moitié infanterie , & plus de fix mil
le Negres bien armez. Ce
pendant on travailloit tou
jours à tranfporter dans les
Vaiffeaux de l'Efcadre le
fucre qui s'eftoit trouvé , &
à remplir les Magafins des
2go MERCURE
autres marchandiſes que
l'on pouvoit ramaffer.adua
Le 4.Octobre les ennemis
ayant achevé leur dernier
payement, on fit embar
quer les troupes: on garda
feulement les Forts del'ifle
de Villegagnon , de l'ifle
des Chevres , & ceux de
l'entrée.
Le 13. aprés avoir fait
mettre le feu aux Vaiffeaux échoüez fous l'lfle
des Chevres , & aux autres
Baſtimens que l'on n'avoit
pointtrouvéàvendre, l'EC
cadre mit à la voile avec
GALANT. 251
del'eau & des vivres , pour environ trois mois , embarquant
un Officier , quatre gardes de
Marine , & trois cents cinquantefoldats qui reftoient de
la défaite du fieur du Clerc :
tous les autres Officiers avoient
efté envoyez à la Baye de tous
les Saints. Le fieur du Guay.
Trouin prétendoit aller les délivrer , & tirer mefme de cette
Colonie une nouvelle contribution mais ayant employé
quarante jours , à caufe des
vents contraires , pour arriver
à la hauteur de cette Baye , &
ayant à peine affez d'eau &
de vivres pour arriver en
France , il continua fa route.
11 fut mefme obligé de laiffer
la prife commandéepar le fieur
:
52 MERCURE
de la Ruffiniere , trop peſante:
la Fregate l'Aigle ayant ordre
de l'escorter jufqu'en France.
L'Efcadre palla enfin la Ligne le 25. Octobre. Les vents
eftant devenus plus favorables,
on arriva le 19. Janvier à la
hauteur des Ifles des Açores ,
où on effuya une grande tempefte , qui difperfa une partie
de la Flote.
Enfin aprés avoir mis plu
fieurs fois à travers pour attendre les Vaiffeaux, nous continuames noftre route vers
Breft , où l'Eſcadre arriva le
6. Février 1712.
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Résumé : AUTRE EXTRAIT de plusieurs Lettres particulieres joint à l'Extrait de la Relation imprimée à Paris sur ce qui s'est passé dans l'expedition de Rio Janeiro.
Le 9 juin 1711, René Duguay-Trouin quitta La Rochelle avec son escadre composée des vaisseaux 'Le Chancelier' et 'Le Glorieux' pour conquérir Rio de Janeiro. Le 2 juillet, il rejoignit la frégate 'L'Aigle' à l'île de Saint Vincent. Le 11 août, il passa l'équateur et le 27 août, il atteignit la baie de Tous les Saints. Après un conseil, il décida de se rendre à Rio de Janeiro. Le 1er septembre, malgré une forte défense incluant quatre vaisseaux de guerre portugais et une abondante artillerie, il força l'entrée du port. Rio de Janeiro était bien fortifiée, avec plusieurs forts et batteries le long de la baie. La ville était construite entre trois montagnes occupées par des ordres religieux et garnies de fortifications. Le Gouverneur portugais avait renforcé les défenses après avoir été informé de l'arrivée de l'escadre française par un paquebot venu d'Angleterre. Le 3 septembre, le Chevalier de Gouyon captura l'île des Chevres, permettant d'établir des batteries pour bombarder la ville. Les troupes françaises, au nombre de 2 150 soldats et 500 matelots armés, débarquèrent le 14 septembre et prirent position sur des hauteurs stratégiques. Cependant, après avoir reconnu le terrain, Du Guay-Trouin conclut qu'il était impraticable et impossible de couper la retraite aux ennemis ou de les empêcher de sauver leurs richesses. Du 16 au 21 février 1712, plusieurs actions militaires eurent lieu. Le 16 février, les ennemis tentèrent d'utiliser un fourneau sans succès, et les Sieurs de Beauve et de la Calandre établirent une batterie de dix pièces de canon. Le 17 février, les ennemis brûlèrent des magasins et des vaisseaux. Le 18 février, ils attaquèrent un poste avancé gardé par le Sieur de Lifta, mais furent repoussés par le Sieur de Bourville et ses hommes. La batterie des Sieurs de Beauve et de la Calandre commença à tirer sur les retranchements ennemis. Le 19 février, Du Guay-Trouin prépara une attaque contre l'île des Chevres. Le 20 février, il ordonna un feu continuel depuis les batteries et les vaisseaux. La nuit du 20 au 21 février, les ennemis ripostèrent, mais furent ralentis par le canon des batteries et du vaisseau le Mars. Le 21 février, Du Guay-Trouin attaqua la place avec ses troupes, et le Sieur de la Salle, échappé des ennemis, informa de leur retraite. Du Guay-Trouin prit possession des forts et des postes, malgré des pillages initiaux. Il établit des mesures pour empêcher le pillage et prit possession des forts restants. Le 23 février, le Gouverneur du Fort de Sainte Croix se rendit. Du Guay-Trouin apprit que les ennemis préparaient une contre-attaque et établit des défenses. Il menaça de brûler la ville si une contribution n'était pas payée. Après des négociations, une contribution fut acceptée. Le 11 octobre, Don Antonio d'Albuquerque arriva avec des renforts, mais les paiements furent effectués. Le 13 octobre, l'escadre mit à la voile, laissant certains forts occupés. Le voyage de retour fut marqué par des vents contraires et une tempête aux Açores. L'escadre arriva finalement à Brest le 6 février 1712.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2411
p. 49 [265]-305
NOUVELLES.
Début :
Monsieur le Cardinal de la Tremoille, ayant communiqué de la [...]
Mots clefs :
Rome, Officiers, Paix, Hambourg, La Haye, Vienne, Madrid
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : NOUVELLES.
NOUVELLES.
De Rome le 16. Janvier.
Monfieur le Cardinal de
la Tremoille ,
ayant communiqué de la part du Roy
à
Monfieur le Cardinal Otthoboni , les inftructions
fur la protection des Affaires de France , qu'il a
acceptées , cette Eminence a fait
élever les Armes de Sa Majefté fur la Porte de fon Palais à la Place Navone.
Fanvier 1712.
fo MERCURE
Le Procés qu'il y avoit
entre l'Eglife Royale de S.
Louis de la Nation Françoile
& le College Germanique
à l'occafion des nouveaux
Baftimens , a efté jugél en
faveur de l'Eglife de Saint
Loüis.
M' le Cardinal Albani ,
fit fon entrée le 10. Tous
les Cardinaux , les Princes ,
& les autros Perfonnés les
plus diftinguées envoyerent
des Gentilshommesavec dos
Caroffes à fix Chevaux au
devant de luy pour le
Complimenter, & la Reine
1
GALANT. 51
Doüairiere de Pologne y en
envoya trois hors de la Porte
del Popolo. Ce nouveau Cardinal , aprés eftre defcendu
au Palais , y demeura long.
temps en particulier avec le
Pape , & il fut enfuice aos
compagné à fon apparte
ment par la pluparts de
ceux qui avoient efté au del
vant delay. Ilreçut pendant
les trois jouts fuivans olek
Compliments de tous les
Miniftres Etrangers, de tous
les Prelats & de toute la
Nobleffe. Le14. aprés avoir
reçû de Chapeau dans un
S
Eij
MERCURE
Confiftoire que le Pape tine
pour luy donner , il alla faire
fa priere à l'Eglife de Saint
Pierre , enfuite dequoy il
commença à faire fes vifites.
Il alla d'abord chez le Cardinal Acciaioli Sous- Doyen
du Sacré College , & enfuite
chez la Reine Douairiere de
Pologne,
L'Affaire de l'Evefque de
Leccé , devient de plus en
plus ferieufe : Les Officiers
de l'Archiduc, non contents
de la violence qu'ils ont faite
à la Perfonne de ce Prelat
ont fait emprisonner fon
GALANT. 53
Chancelier , tous les autres
Officiers de l'Eveſché , &
même leurs parents quoy
qu'ils n'ayent aucune part
à cette affaire. On avoit envoyé de Naples à Leccé des
Chapelains pour faire ouvrir les Chapelles Royales
parce qu'eftant exemptes de
la Jurifdiction ordinaire , ils
pourroient y célebrer l'Offi
ce Divin qui étoit interrompu; mais aprés avoir fait ou
vrir ces Chapelles , & avoir
tout difpofé pour y dire la
Melle,ils furent tres furpris
d'aprendre qu'on avoit affiE iij
14 MERCURE
ché par toute la Ville , des
Monitoires qui declaroient
excommuniez , en vertu de
la Bulle in Cena Domini,
tous ceux qui y affifteroient.
Le Confeil dela Juriſdiction
Royale s'étant affemblé fur
ce fujer , on délibera fi on
chafferoit du Royaume ,
tous les Chanoines de la
Cathedrale ; comme on attribue toutes ces violences
au Comte Borromée , lors
que l'on reçut la Lettre qu'
lécrivoit au Pape, aux Fêtes
de Noël pour les luy fous
haiter bonnes , aprés avoir
•
4
GALANT. 56
déliberé dans une Congregation de l'Immunité fi elle
feroit ouverte , on conclud
que non, & qu'elle luy feroic
renvoyée fans l'ouvrir.
་
Extrait d'une Lettre de
Vienne du 20. Janvier.
8. Le Confeil Aulique ayane
reçu ordre de l'Archiduc de reprendrefes Scances, qui avoient
·étéinterrompues depuis la mort
de l'Empereur Jofeph , en for
l'ouverture le 14 cependant
L'Imperatrice Régente a remis
toutes les Affaires importantes
E iiij
36 MERGURE
jufqu'à l'arrivéedel'Archiduc,
excepté celles qui ne peuvent
fouffrir aucun retardement :
plufieurs Seigneurs & Officiers
qui reviennent de Francfort
affurent que le départ de ce
Prince avoit étéfixé au onze
may,qu'il eftoit incertainquand
il pourroit arriver, les chemins
étant devenus impraticables en
plufieurs endroits, par lagrande
quantité de neges qui eftoit
tombée, Quoy que cette Cour
paroiffe toujoursfort opposée à
la Paixe que les Anglois les
Hollandois font convenus de
Traiterfur lepieddes Prelims-
GALANT. 37
naires arreſtez en Angleterre ,
on aẞure néanmoins qu'elle envoyera des Plenipotentiaires
au Congrez: c'eft dont onfera
bien-soft éclairci ; quoy qu'il
enfoit, les nouvelles que l'on
reçoit d'Hongrie qu'un grand
nombre de Mécontents ont de
nouveau pris les armes en differents endroits , donnent d'autant plus d'inquietude que les
grands preparatifs que les
Turcs font fur les Frontieres
de ce Royaume , font apprehen.
der qu'enfin la Porte ne foit
déterminée à favorifer les
Confederez.
18 MERCURE
Les Lettres de Conftantinople
du 2. Decembre , plufieurs
autres pofterieures , confirment
que Mehemet-Bacha , Grand
Vifir fut depofe & arresté le
20. Novembre à Andrinople,
& qu'on a auffi arreſté er mis
au Chafteau des fept Tours ,
Ofman Agafon Lieutenanti
que fouf Bacha , Aga , on
General des Janiffaires , a efté
fait Grand Vifir, & que
Kaimacan de Conftantinople a
efté fait Agades Faniffaires,
t
que le nouveau Grand
le
Vifir fit fon entrée publique à
Conftantinople , le premier
GALANT T
Décembre , accompagné des
principaux Officiers de l'Armée; que le Kan des Tartares
qui y arriva le lendemain , eft
l'un des principaux Autheurs
de la difgrace du Vifir déposés
que le Mufti ayant este con
fultéàfonfujet, avoitréponda
le Sultan étoit obligé
confcience de le depofer, parce
qu'il étoit tres- important pour
le bien de l'Etat de punir un
homme qui aprés s'eftre laißé
corromprepardesprefens, avoir
ofé faire defon chef, une paixo
honteufe au lieu qu'il auroit
púfe rendre maiſtre de la per
que
60 MERCURE
fonne du Czar, & de toute
fon Armée, &procurer par ce
moyen un avantage tres- conftderable à l'Empire Orthoman.
Ces mefmes Lettres ajoûtent
que depuis que le Gouverneur
Afaph avoit refufé de remettre cette Place au Bacha qui
s'étoit avancé avec buit mil
Turcspourenprendrepoffeffion,
les Oftages Mofcovites qui
avoient efté conduits à Conftantinople , avoient eſté emprifon
nez au Chasteau desfept Tours
où l'Ambaffadeur du Czar
étoit detenus que depuis ce
temps là on travailloit avec
GALANT. 61
la
toute la diligence poffible aux
preparatifs pour recommencer
guerre , & que les Valaques
&les Moldaves ayant reçu
ordre de la Porte de fournir
toutes fortes de provifions au
Roy de Suede , ce Princefaifois
faire de grands Magafins
Bender.
DeHambourgle 29.Janvier.
Le Roy de Dannemarck
partit le 20. du Village de
Mekelbourg prés de Wif
mar , &alla camper le même
jour avec fon Infanterie à
G2 MERCURE
Gadebusch , la Cavallerie
le joignit le 21. Le 22. fon
Armée marcha fur trois.
Colonnes.; l'une comman
dée par le General Rantzau ,
prit la roure du Duché de
Lawembourg. Le 23. de
General envoya ici un Officier pour demander le pa
fage par les quatre Baillages
dé cerre Ville , & qu'on
fournit des fourages à fes
troupes, ce qui luy fut accordé. Une autre Colonne
qui paffa parle Territoire de
Lubek yfit de grands défor
dres parce que les habitanį
pal
GALANT. 63.
de cette Ville là avoient
favorisé plufieurs Officiers
Suedois qui s'étoient jettez
dans Wilmar durant le
blocus. Latroifiéme Colon!
ne marcha entre ces deux
autres par le plus court
chemin , & les trois Colon2
nes devoient fe rejoindre à
la Bruyere de Grande öû
toutes les Troupes devoient
fe féparer pour entrer en
quartier d'hyver. Le Roy
de Dannemarck arriva le
24. à Segebourg , d'où il
devoit fe rendre à Coldenen aprés avoir paſſe à
64 MERCURE
Renfbourg. Ce Prince ,
pour empefcher la defertion
de fes troupes , avoit toûjours fair marcher des Détachemens fur les aîles de
fon Armée, qui eft en fort
mauvais état , la plufpart
des foldats étant malades
des grandes fatigues qu'ils
ont effuyées , & la plufpart
des chevaux des Cavaliers
étant morts. Sa Majeſté
Danoife a laiffé à Roftok
une Garnifon de deux mil
cinq cens hommes, & deux
Regimens à Gripfwaldavec
un Regiment Saxon. Ce
GALANT. 65
Prince avoit fait rompre
tous les Ponts fur le Ribuits
depuis Damgarten jufqu'à
Tribzée ; mais les Suedois
ont déja rétably celuy de
Damgartin.
A l'égard des Troupes
Saxones , elles ont repris la
route de leur Pays , excepté
quelques Regiments que le
Roy Auguſte a laiffez à
Gripfwallt , à Anclam & en
d'autres petites villes aux environs de Stralfund pour incomoder la Garnifon de cette Place Ce Prince arrivera
à Dreſde le 15. accompagné
Fevries 1712. aa
6 MERCURE
de fes Miniftres , du General
Flemming & de plufieurs
autres Officiers. Il a convoqué une Diette des Etats du
Pays qui doit fe tenir le 15.
Février , à laquelle il doit
demander des lubſides pour
remonter les Troupes, pour
recrues pour les Magaſins ,
& pour les autres dépénfes
neceffaires. Il en a auffi
convoqué une generalle en
Pologne pour le 5. Avril,
&onaffure qu'il doit afſiſter
en perfonne à l'une & à
l'autre.
Les Lettres de Thorn
GALANT. 67
portent que la Princeffe
épouſe du Prince de Mol
covie , y étoit arrivée avec
une fuite de plus de deux
cens Allemans; que l'Officier
qui étoit allé par ordre du
Czar à Smolensko pour en
ramener l'Artillerie que les
Mofcovires avoient enlevée
de l'Arſenal de Vilna , n'apû l'obtenir parce que le
nom de celuy à qui on la
devoituremettre n'étoit
point marqué dans les
ordres , que les Troupe's
Moscovites loin d'eftre
forties de Pologne , y exi
Fij
68 MERCURE
geoient par force les vivres,
&fourages , & autres choſes
dont elles avoient befoin ,
&mêmes qu'elles vouloient
obliger les Polonois de
transporter en Pofnavie des
provifions pour les Troupes.
du Czar qui font en PomeFanie ; que ces violences
avoient obligé plufieurs Palatinats à aller fe plaindre
au Primatdu Royaume, qui
avoit écrit au Prince de
Mofcovie pour le prier de
faire ceffer ces contravenventions aux Traitez con
clus avec le Czar fon peres
GALANT. 69
Ces Lettres ajoûtent que la
Dicte du Palatinat de Cra
covie s'étant aſſemblée pour
empêcher les Mofcovites de
forcer les habitans des lieux
qu'ils occupent , on y loge
roit avec eux une partie des
Troupes de la Couronne;
& que le Palatin de Mofcovie qui s'étoit preparé à aller
à Conftantinople avec le
caractere d'Ambaffadeur du
Roy Auguſte & de la Ré
publique , étoit retourné
dans fes Terres , la réponſe
qu'il attendoit du Grand
Seigneur , ne luy ayant pas
70 MERCURE
cite favorable à l'égard du
Roy Augufte, cette réponſe ne parle en aucune
maniere de ce Prince ; mais
feulement de la Républiquè
de Pologne , avec laquelle
le Sultan étoit toûjours
dans la refolution d'entretenir la Paix, 36 ,
Le 28. l'Orateur de la
Chambre des Communes
lut un Meffage que M' de
Saint Jean,Secretaire d'Etat
avoit reçû de la Reine &
qui porte que S. M. n'eftant
point affez rétablie de fon
indifpofition cauſée par
GALANT•
71
Y
un retour de Goute pour
venir au Parlement , & ne
voulant cependant pas que
Jes Affaires publiques fouf
friffent aucun retardement ,
elle avoit jugé à propos de
luy communiquer en fublار
tance par écrit , ce qu'elle
avoit eu deffein de luy apprendre de bouche ; Sçavoir
que Sa Majefté après avoir
déclaré à fon Parlement que
le temps & le lieu fixé pour
l'Affemblée des Plenipotentiaires de tous les Confede
rez étoit marqué , afin de
traiter une Paix generale
2 MERCURE
avec ceux des Ennemis , &
luy avoir fait connoistre en
même temps le foin qu'elle
avoit refolu de prendre les
interefts de tous fes Alliez ,
ainfi que l'étroite union
dans laquelle elle fe propo
foit d'eftre toûjours avec
cuxpour obtenir une bonne
Paix & pour la maintenir
lors qu'elle feroit concluë ;
elle pouvoit luy dire prefen
tement que fes Plenipotentiaires étoit arrivez à Útfe
cht , & qu'ils avoient commencé fuivant leurs inftructions,à chercherles moyens
les
GALANT. 289
les plus convenables pour
procurer une jufte fatisfac
tion à tous fes Alliez , fuivant leurs Traitez , & particulierement à l'égard de
PEfpagne & des Indes Oc- १
cidentales ; que le Parlement
pouvoit attendre que Sa
Majefté luy feroit communiquer les conditions de la
Paix, avant qu'elle fuft con
clue; ce qui feroit connoiftre le peu de fondement
qu'avoient les bruits qu'on
traitoit une Paix particuliere
que des perfonnes mal intentionnées avoient répanFévrier 1712. Bb
290 MERCURE
dus pour faire réüflir leurs
mauvais deffems ; que les
Miniftres étoient chargez
despropofer qu'on fixaft
unjour pour finir , de même
qu'il y en avoit eu un marqué pour l'ouverture des
Conferences , mais que cependant on travailleroit
avec toute la diligence poffible aux préparatifs pour
entrer de bonne heure en
Campagne; qu'à cet effet S.
M. ne doutoit point que
les Communes qui avoient
déja donné tant de preuves
de leur zele n'expediaffent
GALANT. 291
promptement l'affaire des
fubfides : & qu'enfin , Sa
Majefté érant informée de la
licence exceffive qu'on prenoit de publier des Libelles
faux, fcandaleux, & capables
d'attirer des reproches à
tout Gouvernement reglé
le mal femblant prévaloir
fur les Loix, ellerecommendoit de travailler à y remédier.
L'Orateur ayant fini la Leccure de ce Meffage, les Communes réfolurent d'une voix
unanime qu'on drefferair
une Adreffe pour remercier
Bbij
292 MERGURE
la Reine de fa bonté , de fa
prudence , de fa douceur, &
de fa confiance : des Com
miffaires furent nommez
pour la dreffer ; & voicy ce
qu'elle contenoit en fubftence. Que Sa Majeftéayant
temoigné une fi grande tendreffe, & eu tant d'attention
pour le bien de fon Peuple,
& un défintereffement fi
genereux pour le foutien
& l'avantage de fes Alliez
pendant la Guerre qu'il n'y
avoit pas lieu de douter qu'
elle n'euft les mêmes égards
dans la Negociation de la
[ CG]
GALANT. 293
Paix ; que les Députez eftoient obligez de la remercier
de la promeffe remplie de
bonté qu'Elle avoit bien
voulu leur faire , de leur en
communiquer les conditions avant qu'elle fuft conclue ; que Sa Majeſté détruifoit par là les faux bruits qui
avoient efté répandus avec
autant d'affectation que de
malignité , lefquels ne pouvoient avoir d'autres Auteurs que quelques factieux
incendiaires , qui pour couvrir leurs mauvaiſes difpofitions contre le Gouverne
B b iij
し
194 MERCURE
J
ment prefent , & les déffeins
qu'ils n'avoient özé avoücr
publiquement , cherchoient
à faire nature de la défiance
& de la jaloufic dans l'efprit
de fes Sujets pour les détourner de leur devoir ; que
la Chambre travailleroit a
vec application à expedier
L'affaire des fubfides , & aux
moyens d'arrêter la licence
inconfiderée des Libelles
faux & fcandaleux, &qui é!
roient non- feulement inju
rieux au Gouvernement de
Sa Majefté , mais remplis des
plus horibles blafphêmes
ontre Dieu & la Religion.
a
GALANT 225
Les Seigneursremercierent
aufli la Reine d'un parcil
Meffage qu'Elle leur avoit
auffi envoyé, & leur Adreſſe
finit par des affurances qu'ils
donnent à Sa Majesté qu'ils
fe repofent entierement fur
fa grande prudence pour ce
qui regarde les conditions
de la Paix.
Dela Haye le 1. Janvier.
Nonobftent les Protefta
tions que l'Archiduc avoit
faites de ne point confentir
aux Negociations de la Paix
Bb iiij
296 MRECURE
fur le pied des Preliminaires ,
il a enfin refolu d'y envoyer
desAmbaffadeurs;le Comte
Sizindorfarriva icy le 11. du
moisdernier avec le caractere de Premier Plenipotentiaire de ce Princeau Congrez
d'Utrecht, le Comte deMe
ternich arriva le lendemain avec le même titre de
la part de l'Electeur de Brandebourg. Le vingt-deux tous
les Plenipotentiaires qui étoient arrivez à Utrecht allerent vifiter la Maifon de
Ville où les Conferences
doivent fe tenir , &ils regle
GALANT. 197
rentique d'un colté de la Sal
le où on les tiendroit , on
marqueroit une Chambre
où Meffieurs les Plenipotentiaires de France & ceux
de leurs Alliez délibereroient en particulier , & que
Fon en marqueroit une dé
l'autre côtéde la mêmeSalle,
pour Meffieurs les Plenipo.
tentiaires des Allicz. Il fut
auffi refolu que Meffieurs les
Plenipotentiaires de France
entreroient par la Porte qui
eftdu côté de la rue; ceux des
Alliez , par celle qui eft du
côté du Canal ; mais il a été
$
2
198 MERCURE
refolu depuis que les uns &
les autres entreroient du
colté du Canal,Sçavoir Mcf
fieurs les Plenipotentiaires
des Alliez par l'ancienne
porte, & M les Plenipoten
tiaires de France , par une
Porte neuve que l'on a faire
exprés à cofté de Fautre. i
IS
Les premieres Scéances!
qu'on a tenuës, n'ont été que
pour faire un Reglement
pour retrancher toutes les
Ceremonies, pour prevenir?
toutes fortes de differens.
& pour regler la conduite
de leurs Domeftiques. La
GALANT: 299
premiere Conference ſe tine
le 29. du mois dernier à dix
heutes & demie du matin ,
& M" les Plenipotentiaires
prirent place à meſure qu'ils
arriverent. Ml'Evefque de
Bristol l'ouvrit , & commença par dire qu'ils étoient
tous Affemblez pour travaillier à une Paix generale ?
que luy & les Plenipoten
tiaires des Alliez avoient des
intentions finceres & les
pouvoirs néceffaires pour la
conclure , & qu'il efperoit
que les Plenipotentiaires de
France feroient dans les mê
f
300 MERCURE
vé
mes difpofitions ; & M le
Maréchal de Huxelles
pondit que luy & fes Colle
gues avoient le même deffein
qu'ils étoient auffi revestus
de pouvoirs fuffifans, & que
c'eftoit l'intention du Roy
leur Maiftre : enfuite Meffieurs les Plenipotentiaires
convinrent qu'ils s'affembles
roient le Mercredy & Samedy de chaque femaine ; puis
ils fe féparerent fans eftre
entrez en matiere.
De Madrid le 25. Janvier.
Le Roy alla le 18. à la
Chaffe du Sanglier à une
GALANT. 301
terre de Mr le Marquis de
Mejorada. Mr de Vendôme
aprés avoir diftribué les ..
Troupes en quartier d'hyver, & avoir donné fes
ordres pour diffiper quelques partis de volontaires
qui troubloient la feureté
des chemins , eft arrivé ici
aujourd'huy. Il a eu une
conference affez longue avec
leurs Majeftez , enfuite de
quoy il est allé à l'Hoftel
de Mr le Duc de Medina
où il doit loger durant fon
fejour. Il doit travailler à
faire en forte que toutes les
302 MERCURE
2
Troupes folent preftes à
rentrer de bonne heure en
campagne , & qu'elle ne
manquent point de vivres.
Le Roy a donné le Com
mandement en Chef à Me
le Marquis de Valdeñas , en
l'absence de ce Prince , &
la plupart des Officiers
Generaux doivent demeurer
fur,la Frontiere. On a ap
porté ici l'argent du Perou
arrivé en Galice pour le
compte du Roy, fur le
Vaiffeau François le Griffon.
Depuis le commencement
de cette année le Trefor
GALANT. 303
Royal reçoit les droits d'entrées qui appartenoient au
Roy, & qui étoient em
ployez à payer des penſions
qui ont efté fufpendues.
Ön mande de Sarragoffe
que par le moyen d'une
Taxe modique fur chaque
famille dans tout le
Royaume d'Arragon , lés
habitans de tous les lieux
où les foldats pafferont , ne
leur fourniront plus que le
lit & le chauffage; & qu'un
parti de volontaires , avoit
tué un Sergent Major &
quelques Soldats du cofté
304 MERCURE
de Carbas. Les Lettres de
Portugal portent que les
Troupes Angloifes qui ont
leurs quartiers aux environs
de Lisbonne , y commettent
de grands defordres faute
de fubfiftance; mais qu'elles
n'attendoient que leurs derniersordres pour repaffer en
Angleterre , &
que le 8. de
ce mois le Roy avoit tenu
un grand Confeil , enfuite
duquel il avoit fait partir un
Exprés fur le Paquebot
d'Angleterre avecdenouvelles inftructions pour les Anbaffadeurs aux Conferences
GALANT. 305
d'Utrecht. On écrit de
Cadiz quel'on commence à
y fentir les fruits de la Paix ,
puifque deux Navires Anglois qui avoient chargé à
Oftende, fon entrez dans le
Port avec deux Baftimens
Biſcayens qui avoient chargé
en Angleterre.
De Rome le 16. Janvier.
Monfieur le Cardinal de
la Tremoille ,
ayant communiqué de la part du Roy
à
Monfieur le Cardinal Otthoboni , les inftructions
fur la protection des Affaires de France , qu'il a
acceptées , cette Eminence a fait
élever les Armes de Sa Majefté fur la Porte de fon Palais à la Place Navone.
Fanvier 1712.
fo MERCURE
Le Procés qu'il y avoit
entre l'Eglife Royale de S.
Louis de la Nation Françoile
& le College Germanique
à l'occafion des nouveaux
Baftimens , a efté jugél en
faveur de l'Eglife de Saint
Loüis.
M' le Cardinal Albani ,
fit fon entrée le 10. Tous
les Cardinaux , les Princes ,
& les autros Perfonnés les
plus diftinguées envoyerent
des Gentilshommesavec dos
Caroffes à fix Chevaux au
devant de luy pour le
Complimenter, & la Reine
1
GALANT. 51
Doüairiere de Pologne y en
envoya trois hors de la Porte
del Popolo. Ce nouveau Cardinal , aprés eftre defcendu
au Palais , y demeura long.
temps en particulier avec le
Pape , & il fut enfuice aos
compagné à fon apparte
ment par la pluparts de
ceux qui avoient efté au del
vant delay. Ilreçut pendant
les trois jouts fuivans olek
Compliments de tous les
Miniftres Etrangers, de tous
les Prelats & de toute la
Nobleffe. Le14. aprés avoir
reçû de Chapeau dans un
S
Eij
MERCURE
Confiftoire que le Pape tine
pour luy donner , il alla faire
fa priere à l'Eglife de Saint
Pierre , enfuite dequoy il
commença à faire fes vifites.
Il alla d'abord chez le Cardinal Acciaioli Sous- Doyen
du Sacré College , & enfuite
chez la Reine Douairiere de
Pologne,
L'Affaire de l'Evefque de
Leccé , devient de plus en
plus ferieufe : Les Officiers
de l'Archiduc, non contents
de la violence qu'ils ont faite
à la Perfonne de ce Prelat
ont fait emprisonner fon
GALANT. 53
Chancelier , tous les autres
Officiers de l'Eveſché , &
même leurs parents quoy
qu'ils n'ayent aucune part
à cette affaire. On avoit envoyé de Naples à Leccé des
Chapelains pour faire ouvrir les Chapelles Royales
parce qu'eftant exemptes de
la Jurifdiction ordinaire , ils
pourroient y célebrer l'Offi
ce Divin qui étoit interrompu; mais aprés avoir fait ou
vrir ces Chapelles , & avoir
tout difpofé pour y dire la
Melle,ils furent tres furpris
d'aprendre qu'on avoit affiE iij
14 MERCURE
ché par toute la Ville , des
Monitoires qui declaroient
excommuniez , en vertu de
la Bulle in Cena Domini,
tous ceux qui y affifteroient.
Le Confeil dela Juriſdiction
Royale s'étant affemblé fur
ce fujer , on délibera fi on
chafferoit du Royaume ,
tous les Chanoines de la
Cathedrale ; comme on attribue toutes ces violences
au Comte Borromée , lors
que l'on reçut la Lettre qu'
lécrivoit au Pape, aux Fêtes
de Noël pour les luy fous
haiter bonnes , aprés avoir
•
4
GALANT. 56
déliberé dans une Congregation de l'Immunité fi elle
feroit ouverte , on conclud
que non, & qu'elle luy feroic
renvoyée fans l'ouvrir.
་
Extrait d'une Lettre de
Vienne du 20. Janvier.
8. Le Confeil Aulique ayane
reçu ordre de l'Archiduc de reprendrefes Scances, qui avoient
·étéinterrompues depuis la mort
de l'Empereur Jofeph , en for
l'ouverture le 14 cependant
L'Imperatrice Régente a remis
toutes les Affaires importantes
E iiij
36 MERGURE
jufqu'à l'arrivéedel'Archiduc,
excepté celles qui ne peuvent
fouffrir aucun retardement :
plufieurs Seigneurs & Officiers
qui reviennent de Francfort
affurent que le départ de ce
Prince avoit étéfixé au onze
may,qu'il eftoit incertainquand
il pourroit arriver, les chemins
étant devenus impraticables en
plufieurs endroits, par lagrande
quantité de neges qui eftoit
tombée, Quoy que cette Cour
paroiffe toujoursfort opposée à
la Paixe que les Anglois les
Hollandois font convenus de
Traiterfur lepieddes Prelims-
GALANT. 37
naires arreſtez en Angleterre ,
on aẞure néanmoins qu'elle envoyera des Plenipotentiaires
au Congrez: c'eft dont onfera
bien-soft éclairci ; quoy qu'il
enfoit, les nouvelles que l'on
reçoit d'Hongrie qu'un grand
nombre de Mécontents ont de
nouveau pris les armes en differents endroits , donnent d'autant plus d'inquietude que les
grands preparatifs que les
Turcs font fur les Frontieres
de ce Royaume , font apprehen.
der qu'enfin la Porte ne foit
déterminée à favorifer les
Confederez.
18 MERCURE
Les Lettres de Conftantinople
du 2. Decembre , plufieurs
autres pofterieures , confirment
que Mehemet-Bacha , Grand
Vifir fut depofe & arresté le
20. Novembre à Andrinople,
& qu'on a auffi arreſté er mis
au Chafteau des fept Tours ,
Ofman Agafon Lieutenanti
que fouf Bacha , Aga , on
General des Janiffaires , a efté
fait Grand Vifir, & que
Kaimacan de Conftantinople a
efté fait Agades Faniffaires,
t
que le nouveau Grand
le
Vifir fit fon entrée publique à
Conftantinople , le premier
GALANT T
Décembre , accompagné des
principaux Officiers de l'Armée; que le Kan des Tartares
qui y arriva le lendemain , eft
l'un des principaux Autheurs
de la difgrace du Vifir déposés
que le Mufti ayant este con
fultéàfonfujet, avoitréponda
le Sultan étoit obligé
confcience de le depofer, parce
qu'il étoit tres- important pour
le bien de l'Etat de punir un
homme qui aprés s'eftre laißé
corromprepardesprefens, avoir
ofé faire defon chef, une paixo
honteufe au lieu qu'il auroit
púfe rendre maiſtre de la per
que
60 MERCURE
fonne du Czar, & de toute
fon Armée, &procurer par ce
moyen un avantage tres- conftderable à l'Empire Orthoman.
Ces mefmes Lettres ajoûtent
que depuis que le Gouverneur
Afaph avoit refufé de remettre cette Place au Bacha qui
s'étoit avancé avec buit mil
Turcspourenprendrepoffeffion,
les Oftages Mofcovites qui
avoient efté conduits à Conftantinople , avoient eſté emprifon
nez au Chasteau desfept Tours
où l'Ambaffadeur du Czar
étoit detenus que depuis ce
temps là on travailloit avec
GALANT. 61
la
toute la diligence poffible aux
preparatifs pour recommencer
guerre , & que les Valaques
&les Moldaves ayant reçu
ordre de la Porte de fournir
toutes fortes de provifions au
Roy de Suede , ce Princefaifois
faire de grands Magafins
Bender.
DeHambourgle 29.Janvier.
Le Roy de Dannemarck
partit le 20. du Village de
Mekelbourg prés de Wif
mar , &alla camper le même
jour avec fon Infanterie à
G2 MERCURE
Gadebusch , la Cavallerie
le joignit le 21. Le 22. fon
Armée marcha fur trois.
Colonnes.; l'une comman
dée par le General Rantzau ,
prit la roure du Duché de
Lawembourg. Le 23. de
General envoya ici un Officier pour demander le pa
fage par les quatre Baillages
dé cerre Ville , & qu'on
fournit des fourages à fes
troupes, ce qui luy fut accordé. Une autre Colonne
qui paffa parle Territoire de
Lubek yfit de grands défor
dres parce que les habitanį
pal
GALANT. 63.
de cette Ville là avoient
favorisé plufieurs Officiers
Suedois qui s'étoient jettez
dans Wilmar durant le
blocus. Latroifiéme Colon!
ne marcha entre ces deux
autres par le plus court
chemin , & les trois Colon2
nes devoient fe rejoindre à
la Bruyere de Grande öû
toutes les Troupes devoient
fe féparer pour entrer en
quartier d'hyver. Le Roy
de Dannemarck arriva le
24. à Segebourg , d'où il
devoit fe rendre à Coldenen aprés avoir paſſe à
64 MERCURE
Renfbourg. Ce Prince ,
pour empefcher la defertion
de fes troupes , avoit toûjours fair marcher des Détachemens fur les aîles de
fon Armée, qui eft en fort
mauvais état , la plufpart
des foldats étant malades
des grandes fatigues qu'ils
ont effuyées , & la plufpart
des chevaux des Cavaliers
étant morts. Sa Majeſté
Danoife a laiffé à Roftok
une Garnifon de deux mil
cinq cens hommes, & deux
Regimens à Gripfwaldavec
un Regiment Saxon. Ce
GALANT. 65
Prince avoit fait rompre
tous les Ponts fur le Ribuits
depuis Damgarten jufqu'à
Tribzée ; mais les Suedois
ont déja rétably celuy de
Damgartin.
A l'égard des Troupes
Saxones , elles ont repris la
route de leur Pays , excepté
quelques Regiments que le
Roy Auguſte a laiffez à
Gripfwallt , à Anclam & en
d'autres petites villes aux environs de Stralfund pour incomoder la Garnifon de cette Place Ce Prince arrivera
à Dreſde le 15. accompagné
Fevries 1712. aa
6 MERCURE
de fes Miniftres , du General
Flemming & de plufieurs
autres Officiers. Il a convoqué une Diette des Etats du
Pays qui doit fe tenir le 15.
Février , à laquelle il doit
demander des lubſides pour
remonter les Troupes, pour
recrues pour les Magaſins ,
& pour les autres dépénfes
neceffaires. Il en a auffi
convoqué une generalle en
Pologne pour le 5. Avril,
&onaffure qu'il doit afſiſter
en perfonne à l'une & à
l'autre.
Les Lettres de Thorn
GALANT. 67
portent que la Princeffe
épouſe du Prince de Mol
covie , y étoit arrivée avec
une fuite de plus de deux
cens Allemans; que l'Officier
qui étoit allé par ordre du
Czar à Smolensko pour en
ramener l'Artillerie que les
Mofcovires avoient enlevée
de l'Arſenal de Vilna , n'apû l'obtenir parce que le
nom de celuy à qui on la
devoituremettre n'étoit
point marqué dans les
ordres , que les Troupe's
Moscovites loin d'eftre
forties de Pologne , y exi
Fij
68 MERCURE
geoient par force les vivres,
&fourages , & autres choſes
dont elles avoient befoin ,
&mêmes qu'elles vouloient
obliger les Polonois de
transporter en Pofnavie des
provifions pour les Troupes.
du Czar qui font en PomeFanie ; que ces violences
avoient obligé plufieurs Palatinats à aller fe plaindre
au Primatdu Royaume, qui
avoit écrit au Prince de
Mofcovie pour le prier de
faire ceffer ces contravenventions aux Traitez con
clus avec le Czar fon peres
GALANT. 69
Ces Lettres ajoûtent que la
Dicte du Palatinat de Cra
covie s'étant aſſemblée pour
empêcher les Mofcovites de
forcer les habitans des lieux
qu'ils occupent , on y loge
roit avec eux une partie des
Troupes de la Couronne;
& que le Palatin de Mofcovie qui s'étoit preparé à aller
à Conftantinople avec le
caractere d'Ambaffadeur du
Roy Auguſte & de la Ré
publique , étoit retourné
dans fes Terres , la réponſe
qu'il attendoit du Grand
Seigneur , ne luy ayant pas
70 MERCURE
cite favorable à l'égard du
Roy Augufte, cette réponſe ne parle en aucune
maniere de ce Prince ; mais
feulement de la Républiquè
de Pologne , avec laquelle
le Sultan étoit toûjours
dans la refolution d'entretenir la Paix, 36 ,
Le 28. l'Orateur de la
Chambre des Communes
lut un Meffage que M' de
Saint Jean,Secretaire d'Etat
avoit reçû de la Reine &
qui porte que S. M. n'eftant
point affez rétablie de fon
indifpofition cauſée par
GALANT•
71
Y
un retour de Goute pour
venir au Parlement , & ne
voulant cependant pas que
Jes Affaires publiques fouf
friffent aucun retardement ,
elle avoit jugé à propos de
luy communiquer en fublار
tance par écrit , ce qu'elle
avoit eu deffein de luy apprendre de bouche ; Sçavoir
que Sa Majefté après avoir
déclaré à fon Parlement que
le temps & le lieu fixé pour
l'Affemblée des Plenipotentiaires de tous les Confede
rez étoit marqué , afin de
traiter une Paix generale
2 MERCURE
avec ceux des Ennemis , &
luy avoir fait connoistre en
même temps le foin qu'elle
avoit refolu de prendre les
interefts de tous fes Alliez ,
ainfi que l'étroite union
dans laquelle elle fe propo
foit d'eftre toûjours avec
cuxpour obtenir une bonne
Paix & pour la maintenir
lors qu'elle feroit concluë ;
elle pouvoit luy dire prefen
tement que fes Plenipotentiaires étoit arrivez à Útfe
cht , & qu'ils avoient commencé fuivant leurs inftructions,à chercherles moyens
les
GALANT. 289
les plus convenables pour
procurer une jufte fatisfac
tion à tous fes Alliez , fuivant leurs Traitez , & particulierement à l'égard de
PEfpagne & des Indes Oc- १
cidentales ; que le Parlement
pouvoit attendre que Sa
Majefté luy feroit communiquer les conditions de la
Paix, avant qu'elle fuft con
clue; ce qui feroit connoiftre le peu de fondement
qu'avoient les bruits qu'on
traitoit une Paix particuliere
que des perfonnes mal intentionnées avoient répanFévrier 1712. Bb
290 MERCURE
dus pour faire réüflir leurs
mauvais deffems ; que les
Miniftres étoient chargez
despropofer qu'on fixaft
unjour pour finir , de même
qu'il y en avoit eu un marqué pour l'ouverture des
Conferences , mais que cependant on travailleroit
avec toute la diligence poffible aux préparatifs pour
entrer de bonne heure en
Campagne; qu'à cet effet S.
M. ne doutoit point que
les Communes qui avoient
déja donné tant de preuves
de leur zele n'expediaffent
GALANT. 291
promptement l'affaire des
fubfides : & qu'enfin , Sa
Majefté érant informée de la
licence exceffive qu'on prenoit de publier des Libelles
faux, fcandaleux, & capables
d'attirer des reproches à
tout Gouvernement reglé
le mal femblant prévaloir
fur les Loix, ellerecommendoit de travailler à y remédier.
L'Orateur ayant fini la Leccure de ce Meffage, les Communes réfolurent d'une voix
unanime qu'on drefferair
une Adreffe pour remercier
Bbij
292 MERGURE
la Reine de fa bonté , de fa
prudence , de fa douceur, &
de fa confiance : des Com
miffaires furent nommez
pour la dreffer ; & voicy ce
qu'elle contenoit en fubftence. Que Sa Majeftéayant
temoigné une fi grande tendreffe, & eu tant d'attention
pour le bien de fon Peuple,
& un défintereffement fi
genereux pour le foutien
& l'avantage de fes Alliez
pendant la Guerre qu'il n'y
avoit pas lieu de douter qu'
elle n'euft les mêmes égards
dans la Negociation de la
[ CG]
GALANT. 293
Paix ; que les Députez eftoient obligez de la remercier
de la promeffe remplie de
bonté qu'Elle avoit bien
voulu leur faire , de leur en
communiquer les conditions avant qu'elle fuft conclue ; que Sa Majeſté détruifoit par là les faux bruits qui
avoient efté répandus avec
autant d'affectation que de
malignité , lefquels ne pouvoient avoir d'autres Auteurs que quelques factieux
incendiaires , qui pour couvrir leurs mauvaiſes difpofitions contre le Gouverne
B b iij
し
194 MERCURE
J
ment prefent , & les déffeins
qu'ils n'avoient özé avoücr
publiquement , cherchoient
à faire nature de la défiance
& de la jaloufic dans l'efprit
de fes Sujets pour les détourner de leur devoir ; que
la Chambre travailleroit a
vec application à expedier
L'affaire des fubfides , & aux
moyens d'arrêter la licence
inconfiderée des Libelles
faux & fcandaleux, &qui é!
roient non- feulement inju
rieux au Gouvernement de
Sa Majefté , mais remplis des
plus horibles blafphêmes
ontre Dieu & la Religion.
a
GALANT 225
Les Seigneursremercierent
aufli la Reine d'un parcil
Meffage qu'Elle leur avoit
auffi envoyé, & leur Adreſſe
finit par des affurances qu'ils
donnent à Sa Majesté qu'ils
fe repofent entierement fur
fa grande prudence pour ce
qui regarde les conditions
de la Paix.
Dela Haye le 1. Janvier.
Nonobftent les Protefta
tions que l'Archiduc avoit
faites de ne point confentir
aux Negociations de la Paix
Bb iiij
296 MRECURE
fur le pied des Preliminaires ,
il a enfin refolu d'y envoyer
desAmbaffadeurs;le Comte
Sizindorfarriva icy le 11. du
moisdernier avec le caractere de Premier Plenipotentiaire de ce Princeau Congrez
d'Utrecht, le Comte deMe
ternich arriva le lendemain avec le même titre de
la part de l'Electeur de Brandebourg. Le vingt-deux tous
les Plenipotentiaires qui étoient arrivez à Utrecht allerent vifiter la Maifon de
Ville où les Conferences
doivent fe tenir , &ils regle
GALANT. 197
rentique d'un colté de la Sal
le où on les tiendroit , on
marqueroit une Chambre
où Meffieurs les Plenipotentiaires de France & ceux
de leurs Alliez délibereroient en particulier , & que
Fon en marqueroit une dé
l'autre côtéde la mêmeSalle,
pour Meffieurs les Plenipo.
tentiaires des Allicz. Il fut
auffi refolu que Meffieurs les
Plenipotentiaires de France
entreroient par la Porte qui
eftdu côté de la rue; ceux des
Alliez , par celle qui eft du
côté du Canal ; mais il a été
$
2
198 MERCURE
refolu depuis que les uns &
les autres entreroient du
colté du Canal,Sçavoir Mcf
fieurs les Plenipotentiaires
des Alliez par l'ancienne
porte, & M les Plenipoten
tiaires de France , par une
Porte neuve que l'on a faire
exprés à cofté de Fautre. i
IS
Les premieres Scéances!
qu'on a tenuës, n'ont été que
pour faire un Reglement
pour retrancher toutes les
Ceremonies, pour prevenir?
toutes fortes de differens.
& pour regler la conduite
de leurs Domeftiques. La
GALANT: 299
premiere Conference ſe tine
le 29. du mois dernier à dix
heutes & demie du matin ,
& M" les Plenipotentiaires
prirent place à meſure qu'ils
arriverent. Ml'Evefque de
Bristol l'ouvrit , & commença par dire qu'ils étoient
tous Affemblez pour travaillier à une Paix generale ?
que luy & les Plenipoten
tiaires des Alliez avoient des
intentions finceres & les
pouvoirs néceffaires pour la
conclure , & qu'il efperoit
que les Plenipotentiaires de
France feroient dans les mê
f
300 MERCURE
vé
mes difpofitions ; & M le
Maréchal de Huxelles
pondit que luy & fes Colle
gues avoient le même deffein
qu'ils étoient auffi revestus
de pouvoirs fuffifans, & que
c'eftoit l'intention du Roy
leur Maiftre : enfuite Meffieurs les Plenipotentiaires
convinrent qu'ils s'affembles
roient le Mercredy & Samedy de chaque femaine ; puis
ils fe féparerent fans eftre
entrez en matiere.
De Madrid le 25. Janvier.
Le Roy alla le 18. à la
Chaffe du Sanglier à une
GALANT. 301
terre de Mr le Marquis de
Mejorada. Mr de Vendôme
aprés avoir diftribué les ..
Troupes en quartier d'hyver, & avoir donné fes
ordres pour diffiper quelques partis de volontaires
qui troubloient la feureté
des chemins , eft arrivé ici
aujourd'huy. Il a eu une
conference affez longue avec
leurs Majeftez , enfuite de
quoy il est allé à l'Hoftel
de Mr le Duc de Medina
où il doit loger durant fon
fejour. Il doit travailler à
faire en forte que toutes les
302 MERCURE
2
Troupes folent preftes à
rentrer de bonne heure en
campagne , & qu'elle ne
manquent point de vivres.
Le Roy a donné le Com
mandement en Chef à Me
le Marquis de Valdeñas , en
l'absence de ce Prince , &
la plupart des Officiers
Generaux doivent demeurer
fur,la Frontiere. On a ap
porté ici l'argent du Perou
arrivé en Galice pour le
compte du Roy, fur le
Vaiffeau François le Griffon.
Depuis le commencement
de cette année le Trefor
GALANT. 303
Royal reçoit les droits d'entrées qui appartenoient au
Roy, & qui étoient em
ployez à payer des penſions
qui ont efté fufpendues.
Ön mande de Sarragoffe
que par le moyen d'une
Taxe modique fur chaque
famille dans tout le
Royaume d'Arragon , lés
habitans de tous les lieux
où les foldats pafferont , ne
leur fourniront plus que le
lit & le chauffage; & qu'un
parti de volontaires , avoit
tué un Sergent Major &
quelques Soldats du cofté
304 MERCURE
de Carbas. Les Lettres de
Portugal portent que les
Troupes Angloifes qui ont
leurs quartiers aux environs
de Lisbonne , y commettent
de grands defordres faute
de fubfiftance; mais qu'elles
n'attendoient que leurs derniersordres pour repaffer en
Angleterre , &
que le 8. de
ce mois le Roy avoit tenu
un grand Confeil , enfuite
duquel il avoit fait partir un
Exprés fur le Paquebot
d'Angleterre avecdenouvelles inftructions pour les Anbaffadeurs aux Conferences
GALANT. 305
d'Utrecht. On écrit de
Cadiz quel'on commence à
y fentir les fruits de la Paix ,
puifque deux Navires Anglois qui avoient chargé à
Oftende, fon entrez dans le
Port avec deux Baftimens
Biſcayens qui avoient chargé
en Angleterre.
Fermer
Résumé : NOUVELLES.
En janvier et février 1712, plusieurs événements politiques et militaires ont marqué l'Europe. À Rome, le cardinal de la Tremoille a transmis les instructions du roi de France pour la protection des intérêts français. Les armes du roi de France ont été exposées à la porte du palais du cardinal Ottboni. Un procès a été gagné par l'église royale de Saint-Louis de la Nation Française contre le Collège Germanique. Le cardinal Albani est arrivé à Rome le 10 janvier, accueilli par des gentilshommes et des carrosses envoyés par des personnalités influentes. Il a été reçu par le pape et a commencé ses visites officielles. L'affaire de l'évêque de Lecce s'est aggravée avec l'emprisonnement de son chancelier et d'autres officiers. Des chapelains envoyés de Naples ont été surpris par des monitoires excommuniant ceux qui assisteraient aux chapelles royales. À Vienne, le Conseil Aulique a repris ses séances sur ordre de l'archiduc, bien que l'impératrice régente ait remis les affaires importantes à l'arrivée de l'archiduc. Des préparatifs militaires sont en cours en Hongrie face à une possible offensive turque. À Constantinople, Mehmet-Bacha, grand vizir, a été déposé et arrêté, et Osman Aga a été nommé nouveau grand vizir. Des préparatifs de guerre sont en cours, avec des provisions fournies au roi de Suède. En Danemark, le roi a mené des opérations militaires contre les Suédois, marchant avec son armée et établissant des quartiers d'hiver. Le roi de Saxe, Auguste, a convoqué une diète pour lever des subsides et recruter des troupes. En Pologne, des troupes moscovites ont commis des violences, obligeant plusieurs palatinats à se plaindre au primat du royaume. Le palatin de Moscovie est retourné dans ses terres après une réponse défavorable du sultan ottoman. Au Royaume-Uni, la reine a informé le Parlement de ses intentions de traiter une paix générale avec les ennemis, assurant que les plénipotentiaires étaient arrivés à Utrecht pour commencer les négociations. Elle a également exprimé son désir de réprimer la publication de libelles faux et scandaleux. Le Parlement a résolu de remercier la reine pour sa bonté et sa prudence. À La Haye, malgré les protestations de l'Archiduc, des ambassadeurs ont été envoyés pour les négociations de paix à Utrecht. Le Comte Sizindorf et le Comte de Metternich sont arrivés en tant que plénipotentiaires. La première conférence officielle a eu lieu le 29 du mois dernier, où les plénipotentiaires ont exprimé leurs intentions sincères de conclure une paix générale. À Madrid, le roi s'est rendu à la chasse et le Duc de Vendôme est arrivé après avoir distribué les troupes en quartiers d'hiver. Le Marquis de Valdeñas a reçu le commandement en chef en l'absence du Duc de Vendôme. Des mesures ont été prises pour assurer la sécurité des chemins et le ravitaillement des troupes. En Aragon, une taxe modique a été instaurée pour fournir le lit et le chauffage aux soldats. Des troubles ont été signalés impliquant des volontaires et des soldats. En Portugal, les troupes anglaises ont causé des désordres faute de subsistance, mais elles s'apprêtent à repartir. Le roi du Portugal a envoyé de nouvelles instructions pour les ambassadeurs aux conférences d'Utrecht. À Cadix, les premiers effets de la paix sont perceptibles avec l'arrivée de navires anglais et biscayens.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
2412
p. 305-309
NOUVELLES d'Espagne du premier Février 1712.
Début :
On travaille fortement aux recrues & aux nouvelles levées pour [...]
Mots clefs :
Espagne, Infanterie, Chevaux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : NOUVELLES d'Espagne du premier Février 1712.
NOUVELLES
d'Espagne du premier
Fevrier 1712.
Ontravaille fortement aux
recruës &"aux nouvelles levées pour la Campagne proFévrier 1712. CC
306 MERCURE
chaine, pour laquelle on
tient des Confeils de Guerre
en preſence du Roy. Le
25. du mois dernier le Due
de Vendofme arriva à Madrid, il alla d'abord faluer
leurs Majeftez avec left
quelles ils eurent une longue
Conference. On a déja
acheté pour cent mille efcus
de grains & cent mille
écus de chevaux, Le Conſeil
de Caluille a fufpendu pour
un an , le payement des
revenus , des droits , & des
domaines alienez. Quatre
cent chevaux de la garnifon
GALANT 307
de Badajoz , ont fait une
courfe en Portugal , & en
ont amené quatre mille
piéces de beftail , avec deux
cent chevaux ou mulets.
Le Duc de Vendofme en
quittants Cerveranylalaiffér
quatre Bataillons & le Regiment de Dragons del Valit
lejo, & le Comte d'Herfel
pouranyb commander , del
bonnes garnifons dans!
Agramunt , Balaguer &
Belpuch, voici comment le
refte des Troupes étoit en
quartier d'hyvers Vesi
La Cavaleries Françoife
Ccij
308 MERCURE
logée à Huefca & dans les
Villes voifines. Met 300
L'Infanterie Espagnole
dans la Conca de Trems &
dans la Viguerie de Lerida.
La Brigade des Irlandois
à Tetüel au deça de l'Ebro
Le Regiment des Afturiés à Daroca.
Dix Regimens de Cava-.
leric Espagnole dans le
Royaume.de Valence.cted
L'Infanterie Françoife a
Alcaniz , à Cafpé & àn
Tortofc.
Les Volontaires & les
Miquelets ayant voulu en-
GALANT 309
trer en Navarre, les peuples
ont pris les armes , les ont
battus & mis en fuite , &
en csonttitués un grand
nombre.
d'Espagne du premier
Fevrier 1712.
Ontravaille fortement aux
recruës &"aux nouvelles levées pour la Campagne proFévrier 1712. CC
306 MERCURE
chaine, pour laquelle on
tient des Confeils de Guerre
en preſence du Roy. Le
25. du mois dernier le Due
de Vendofme arriva à Madrid, il alla d'abord faluer
leurs Majeftez avec left
quelles ils eurent une longue
Conference. On a déja
acheté pour cent mille efcus
de grains & cent mille
écus de chevaux, Le Conſeil
de Caluille a fufpendu pour
un an , le payement des
revenus , des droits , & des
domaines alienez. Quatre
cent chevaux de la garnifon
GALANT 307
de Badajoz , ont fait une
courfe en Portugal , & en
ont amené quatre mille
piéces de beftail , avec deux
cent chevaux ou mulets.
Le Duc de Vendofme en
quittants Cerveranylalaiffér
quatre Bataillons & le Regiment de Dragons del Valit
lejo, & le Comte d'Herfel
pouranyb commander , del
bonnes garnifons dans!
Agramunt , Balaguer &
Belpuch, voici comment le
refte des Troupes étoit en
quartier d'hyvers Vesi
La Cavaleries Françoife
Ccij
308 MERCURE
logée à Huefca & dans les
Villes voifines. Met 300
L'Infanterie Espagnole
dans la Conca de Trems &
dans la Viguerie de Lerida.
La Brigade des Irlandois
à Tetüel au deça de l'Ebro
Le Regiment des Afturiés à Daroca.
Dix Regimens de Cava-.
leric Espagnole dans le
Royaume.de Valence.cted
L'Infanterie Françoife a
Alcaniz , à Cafpé & àn
Tortofc.
Les Volontaires & les
Miquelets ayant voulu en-
GALANT 309
trer en Navarre, les peuples
ont pris les armes , les ont
battus & mis en fuite , &
en csonttitués un grand
nombre.
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Résumé : NOUVELLES d'Espagne du premier Février 1712.
Le document du 1er février 1712 rapporte les préparatifs militaires en Espagne. Le duc de Vendôme est arrivé à Madrid le 25 janvier pour une conférence avec les souverains. Des achats de grains et de chevaux ont été réalisés pour cent mille écus chacun. Le Conseil de Castille a suspendu pour un an le paiement des revenus et des droits. Quatre cents chevaux de Badajoz ont mené une expédition au Portugal, ramenant du bétail et des chevaux. Le duc de Vendôme a quitté Cervera, laissant des troupes à Agramunt, Balaguer et Belpuig sous le commandement du comte d'Herfel. Les forces sont réparties entre la cavalerie française à Huesca, l'infanterie espagnole dans la Conca de Tremps et la Viguerie de Lerida, les Irlandois à Tetuán de la Frontera, les Asturies à Daroca, la cavalerie espagnole dans le royaume de Valence, et l'infanterie française à Alcañiz, Caspe et Tortosa. En Navarre, des volontaires et des miquelets ont été repoussés par les habitants, qui en ont capturé un grand nombre.
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2413
p. 309-312
NOUVELLES d'Angleterre.
Début :
Les douze Pairs furent introduits le 13. Janvier dans l'Assemblée des Seigneurs [...]
Mots clefs :
Duc, Comte, Colonels, Angleterre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : NOUVELLES d'Angleterre.
NOUVELLES
cap d'Angleterre.
PiLes douze Pairs furent
introduits le 13. Janvier
dans l'Affemblée des Seigneurs, & ilsy prirent leurs
places, aprés la lecture de
leurs Patentes. Le Comte
d'Oxford grand. Treſorier
310 MERCURE
delivra un Meffage de la
Reine contenant qu'elle fouhaitoit que la Chambre s'ajournaft jufqu'au 215. ainſi
que les Communes. Le Duc
de Sommerfet , le Comte de
Sunderland , le Comte de
Nottingham & plufieurs
autres furent pour la negative; cependant l'affirmative
l'emporta de foixante-trois
voix , contre quarante- neuf,
& la Chambre s'ajburnab
jufqu'au 25. Les Seigneurs
Ecoffois ont remontré à la
Reine que l'affaire du Duc
d'Hamilton eftoit conftaire
GALANT 11
*
à l'Acte d'Union des deux
Royaumes. Sa Majefté répondit qu'elle eſtoir fâchée
qu'on leur eut donné ce
fujet de plainte , & qu'elle
feroit en forte de leur faire
avoit fatisfaction. On a
donné au Duc de Beaufort
la Charge de Capitaine des
Gentils - hommes Penfion
naires , que le Duc de Saint
Albans, fils naturel du Roy
Charles 11. occupoir , le
Duc d'Ormont Colonel du
du premier Regiment des
Garde à pied a été nommé
Commandant de toutes les
312 MERGURE
Troupes de la grande
Bretagne.
Le Comte Rivers a efté
fait Grand Mailtre de l'Ar
tillerie & Colonel du Regi-
⚫ment des Gardes à cheval.
Le Ducde Northumberland Capitaine de lafeconde
Compagnie à cheval. Le
fieur Hill Brigadier a été
nommé Lieutenant de la
Tour à la place du General
Cadogan , plufieurs Capitaines deVaiffeau de Guerre
ont efté reformez. On croit
qu'il y aura encore dans
peu d'autres changemens.
cap d'Angleterre.
PiLes douze Pairs furent
introduits le 13. Janvier
dans l'Affemblée des Seigneurs, & ilsy prirent leurs
places, aprés la lecture de
leurs Patentes. Le Comte
d'Oxford grand. Treſorier
310 MERCURE
delivra un Meffage de la
Reine contenant qu'elle fouhaitoit que la Chambre s'ajournaft jufqu'au 215. ainſi
que les Communes. Le Duc
de Sommerfet , le Comte de
Sunderland , le Comte de
Nottingham & plufieurs
autres furent pour la negative; cependant l'affirmative
l'emporta de foixante-trois
voix , contre quarante- neuf,
& la Chambre s'ajburnab
jufqu'au 25. Les Seigneurs
Ecoffois ont remontré à la
Reine que l'affaire du Duc
d'Hamilton eftoit conftaire
GALANT 11
*
à l'Acte d'Union des deux
Royaumes. Sa Majefté répondit qu'elle eſtoir fâchée
qu'on leur eut donné ce
fujet de plainte , & qu'elle
feroit en forte de leur faire
avoit fatisfaction. On a
donné au Duc de Beaufort
la Charge de Capitaine des
Gentils - hommes Penfion
naires , que le Duc de Saint
Albans, fils naturel du Roy
Charles 11. occupoir , le
Duc d'Ormont Colonel du
du premier Regiment des
Garde à pied a été nommé
Commandant de toutes les
312 MERGURE
Troupes de la grande
Bretagne.
Le Comte Rivers a efté
fait Grand Mailtre de l'Ar
tillerie & Colonel du Regi-
⚫ment des Gardes à cheval.
Le Ducde Northumberland Capitaine de lafeconde
Compagnie à cheval. Le
fieur Hill Brigadier a été
nommé Lieutenant de la
Tour à la place du General
Cadogan , plufieurs Capitaines deVaiffeau de Guerre
ont efté reformez. On croit
qu'il y aura encore dans
peu d'autres changemens.
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Résumé : NOUVELLES d'Angleterre.
Le texte décrit des événements politiques et militaires en Angleterre. Le 13 janvier, les douze Pairs ont été introduits dans l'Assemblée des Seigneurs et ont pris leurs places après la lecture de leurs patentes. Le Comte d'Oxford, grand trésorier, a transmis un message de la Reine demandant l'ajournement de la Chambre des Seigneurs et des Communes jusqu'au 25 janvier, proposition approuvée par soixante-trois voix contre quarante-neuf. Les Seigneurs Écossais ont contesté l'affaire du Duc d'Hamilton, jugée contraire à l'Acte d'Union des deux Royaumes. La Reine a exprimé son mécontentement et promis de leur donner satisfaction. Plusieurs nominations et changements de postes ont eu lieu : le Duc de Beaufort est devenu Capitaine des Gentils-hommes Pensionnaires, le Duc d'Ormont Commandant de toutes les troupes de la Grande-Bretagne, le Comte Rivers Grand Maître de l'Artillerie et Colonel du Régiment des Gardes à cheval, et le Duc de Northumberland Capitaine de la seconde Compagnie à cheval. Le sieur Hill a été nommé Lieutenant de la Tour, remplaçant le Général Cadogan. Plusieurs capitaines de vaisseaux de guerre ont été réformés, et d'autres changements sont attendus.
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2414
p. 313-325
Les dix-sept Articles de Paix, proposez par les Plenipotentiaires de France.
Début :
1. Le Roy à la signature de la Paix, reconnoistra la Reine de la Grande Bretagne [...]
Mots clefs :
Article de paix, Paix, Plénipotentiaires, Roi, Commerce
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Les dix-sept Articles de Paix, proposez par les Plenipotentiaires de France.
Les dix-fept Articles de
Paix ,
propofe par
les Plenipotentiaires de
France.
I. Le Roy à la fignature
de la Paix , reconnoiftta la
Reine de la Grande Bretagne en cette qualité, comme
auffi la fucceffion à la Cou
ronne,telle qu'elle eft établie
& de la maniere qu'il plaira
à Sa Majesté Britanique.
II. Sa Majefté fera rafer toutes les fortifications
de Dunkerque , immediaFévrier 1712. Dd
814 MERCURE.
tement aprés la conclufion
de la Paix , moyennant un
équivalent à fa fatisfaction,
III. L'Ifle de Saint Chrif
tophle , la Baye & le Déroit de Hudfon feront cedez en leur entier à la
Grande Bretagne , & l'Aca.
demie avec leFort du PortRoyal , feront rendus en
leur entier , à Sa Majefte.
IV. A l'égard de l'lfle de
Terreneuve , le Roy offe
encore de la ceder , fe refervant feulement le Fort
de Plaifance , & le droit de
pefcher les moruës & de
GALANT. 315
les faire fecher comme avant la guerre.
V. On conviendra d'un.
Traité de commerce avant
ou aprés la Paix , au choix
de l'Angleterre , dont on
rendra les conditions auffi
égales entre les deux Nations qu'il fera poffible.
VI. Le Roy , à la fignature de la Paix , confentira que les Païs - Bas Elpagnols cedez par le Roy
d'Espagne à l'Electeur de
Baviere, fervent de barriere
aux Provinces Unies , &
pour l'augmenter, il y ajou
Ddij
36 MERCURE
£
tera Furnes & ſon Bailliage
la Knoque, Ipres & la Charellenie , Menin avec fa
Verge ; & en efchange , Sa
Majefté demande pour former une barriere de la
France, Aire, Saint Venant,
Bethune, Douay, Bouchain,
&leurs dependances.
VII. Si les Eftats Generaux veulent entretenir
garnifon dans les places
fortes de la barriere for,
mée de cette manière , des
terres cedées à Son Altelle Electorale de Baviere ,
& de ce que la France Y 2
GALANT. 317
ajouté du fien , Sa Majesté
confent qu'ils y mettent autant de troupes qu'il leur
plaira , & mefme qu'elles
foient entretenues aux dépens du Pais.
VIII. Moyennant cette
ceffion & accord, le Roy
de fon cofté demandepour
l'équivalent de la demolition de Dunkerque , les
Villes & Citadelles de Lille
& de Tournay avec leurs
dependances.
IX. La barriere eſtant
ainfi reglée entre la France
& les Eftats Generaux, le
D diij
318 MERCURE
Roy pour augmenter le
commerce de leurs fujets
accordera ce qui a etté
Alipulé par le Traité de
Rifwik & le Tarifavantageux de 1664 , à la referve
die de fix fortes de marchandifes dont on conviendra,
& qui demeureront chargées des mefmes droits
qu'elles payent actuelle-
"ment: comme auffi l'exemption des cinquante fols par
tonneau fur les Vaiffeaux
venant des Provinces Unics
& des Pais eftrangers en
France.
GALANT. 319
X.Al'égard du commerce
en Espagne & aux Indes
Occidentales, le Roy s'engagera, non feulement envers les Eftats Generaux ,
mais auffi envers la Grande
Bretagne & tous les autres
Princes , en vertu du plein
pouvoir qu'il a pour ce fujet , que ce commerce fe
fera ponctuellement & de ་ ན
la mefme maniere qu'on
a fait fous le regne, & jufqu'à la mort de Charles II.
& il promer que les François fe foumetront comme
les autres Nations aux anDd inj
320 MERCURE
ciennes Loix & Reglements
faits par les Rois predeceffeurs de Sa Majesté Catholique , par rapport au commerce & à la navigation des
Indes Espagnoles.
XI. Sa Majesté confent
outre cela que tous les Potentats de l'Europe, entrent
dans la garantie de ces promeffes, & promet que le Roy
fon petit fils, pour le bien de
la Paix , renoncera à toutes
pretentions fur le Royaume
de Naples & la Sardaigne ,
comme auffi fur le Duché
de Milan , & elle confentira auffi que cette partie qui
GALANT. 321
a efté cedée au Duc de
Savoye, refte à fon Alteffe
Royale bien entendu que
moyennant cette ceffion, la
Maifon d'Auftriche renoncera pareillement à toutes
pretentions fur les autres
parties de la Monarchie Efpagnole , & en retirera fes
troupes immediatement aprés la Paix.
XII. Les frontieres fur
le Haut Rhin , feront rétablies de part & d'autre
fur le mefme pied qu'elles
eftoient avant la prefente
guerre.
322 MERCURE
XIII. Moyennant toutes ces conditions , le Roy
demande que les Electeurs
de Cologne & de Baviere foient reftablis dans
la pleine poffeffion de leurs
Eftats , dignitez,
prerogatives, biens , meubles & immeubles , dont ils ont joui
avant la prefente guerre, &
Sa Majesté reconnoiftra en
Allemagne & en Pruffe ,
tous les Titres qu'elle n'a
pas encore reconnus.
XIV. Le Roy rendra au
Duc de Savoye tout ce qu'il
luy a pris pendant cette guer
GALANT. 323
re, &fon Altefle Royale en
fera de mefme à l'égard de
la France; de maniere que les
frontieres de part & d'autre
feront les mefmes qu'avant
la Declaration de la guerre.
XV. Ce qui concerne
le Portugal, fera reſtabli &
demeurera fur le mefme
pied qu'avant la guerre, cant
par rapport à la France qu'à
l'Eſpagnes quant aux Domaines en Amerique , s'il y
a quelque chofe à regler ,
on tafchera de le faire à l'amiable.
XVI. Le Roy con-
$24 MERCURE
fentira volontiers & de
bonne foy, que de concert
avec les Allicz , on prenne
les mefures les plus convenables, pour empefcher que
les Couronnes de France &
d'Efpagne foient jamais reunies fur une mefme tefte ;
c'eft à dire que le mefme
Prince foit Roy des deux
Royaumes.
XVII. Tous les les Trai
tez, fçavoir celuy de Munf
rer & les fuivans, demeureront en pleine vigueur , excepté les articles aufquels le
prefent Traité pourroit a-
GALANT. 325
voir derogé ou fait quelque changement.
Il y eut des difputes fur
cespropofitions de la part de
quelques Plenipotentiaires ,
qui en prirent des copies &
les envoyerent àleurs Maîtres par des couriers exprés. Cependant on affure
que le 13 il fut refolu dans
l'affemblée des Alliez , que
les Mars ils donneroient
leur réponſe aux Plenipotentiaires de France,
Paix ,
propofe par
les Plenipotentiaires de
France.
I. Le Roy à la fignature
de la Paix , reconnoiftta la
Reine de la Grande Bretagne en cette qualité, comme
auffi la fucceffion à la Cou
ronne,telle qu'elle eft établie
& de la maniere qu'il plaira
à Sa Majesté Britanique.
II. Sa Majefté fera rafer toutes les fortifications
de Dunkerque , immediaFévrier 1712. Dd
814 MERCURE.
tement aprés la conclufion
de la Paix , moyennant un
équivalent à fa fatisfaction,
III. L'Ifle de Saint Chrif
tophle , la Baye & le Déroit de Hudfon feront cedez en leur entier à la
Grande Bretagne , & l'Aca.
demie avec leFort du PortRoyal , feront rendus en
leur entier , à Sa Majefte.
IV. A l'égard de l'lfle de
Terreneuve , le Roy offe
encore de la ceder , fe refervant feulement le Fort
de Plaifance , & le droit de
pefcher les moruës & de
GALANT. 315
les faire fecher comme avant la guerre.
V. On conviendra d'un.
Traité de commerce avant
ou aprés la Paix , au choix
de l'Angleterre , dont on
rendra les conditions auffi
égales entre les deux Nations qu'il fera poffible.
VI. Le Roy , à la fignature de la Paix , confentira que les Païs - Bas Elpagnols cedez par le Roy
d'Espagne à l'Electeur de
Baviere, fervent de barriere
aux Provinces Unies , &
pour l'augmenter, il y ajou
Ddij
36 MERCURE
£
tera Furnes & ſon Bailliage
la Knoque, Ipres & la Charellenie , Menin avec fa
Verge ; & en efchange , Sa
Majefté demande pour former une barriere de la
France, Aire, Saint Venant,
Bethune, Douay, Bouchain,
&leurs dependances.
VII. Si les Eftats Generaux veulent entretenir
garnifon dans les places
fortes de la barriere for,
mée de cette manière , des
terres cedées à Son Altelle Electorale de Baviere ,
& de ce que la France Y 2
GALANT. 317
ajouté du fien , Sa Majesté
confent qu'ils y mettent autant de troupes qu'il leur
plaira , & mefme qu'elles
foient entretenues aux dépens du Pais.
VIII. Moyennant cette
ceffion & accord, le Roy
de fon cofté demandepour
l'équivalent de la demolition de Dunkerque , les
Villes & Citadelles de Lille
& de Tournay avec leurs
dependances.
IX. La barriere eſtant
ainfi reglée entre la France
& les Eftats Generaux, le
D diij
318 MERCURE
Roy pour augmenter le
commerce de leurs fujets
accordera ce qui a etté
Alipulé par le Traité de
Rifwik & le Tarifavantageux de 1664 , à la referve
die de fix fortes de marchandifes dont on conviendra,
& qui demeureront chargées des mefmes droits
qu'elles payent actuelle-
"ment: comme auffi l'exemption des cinquante fols par
tonneau fur les Vaiffeaux
venant des Provinces Unics
& des Pais eftrangers en
France.
GALANT. 319
X.Al'égard du commerce
en Espagne & aux Indes
Occidentales, le Roy s'engagera, non feulement envers les Eftats Generaux ,
mais auffi envers la Grande
Bretagne & tous les autres
Princes , en vertu du plein
pouvoir qu'il a pour ce fujet , que ce commerce fe
fera ponctuellement & de ་ ན
la mefme maniere qu'on
a fait fous le regne, & jufqu'à la mort de Charles II.
& il promer que les François fe foumetront comme
les autres Nations aux anDd inj
320 MERCURE
ciennes Loix & Reglements
faits par les Rois predeceffeurs de Sa Majesté Catholique , par rapport au commerce & à la navigation des
Indes Espagnoles.
XI. Sa Majesté confent
outre cela que tous les Potentats de l'Europe, entrent
dans la garantie de ces promeffes, & promet que le Roy
fon petit fils, pour le bien de
la Paix , renoncera à toutes
pretentions fur le Royaume
de Naples & la Sardaigne ,
comme auffi fur le Duché
de Milan , & elle confentira auffi que cette partie qui
GALANT. 321
a efté cedée au Duc de
Savoye, refte à fon Alteffe
Royale bien entendu que
moyennant cette ceffion, la
Maifon d'Auftriche renoncera pareillement à toutes
pretentions fur les autres
parties de la Monarchie Efpagnole , & en retirera fes
troupes immediatement aprés la Paix.
XII. Les frontieres fur
le Haut Rhin , feront rétablies de part & d'autre
fur le mefme pied qu'elles
eftoient avant la prefente
guerre.
322 MERCURE
XIII. Moyennant toutes ces conditions , le Roy
demande que les Electeurs
de Cologne & de Baviere foient reftablis dans
la pleine poffeffion de leurs
Eftats , dignitez,
prerogatives, biens , meubles & immeubles , dont ils ont joui
avant la prefente guerre, &
Sa Majesté reconnoiftra en
Allemagne & en Pruffe ,
tous les Titres qu'elle n'a
pas encore reconnus.
XIV. Le Roy rendra au
Duc de Savoye tout ce qu'il
luy a pris pendant cette guer
GALANT. 323
re, &fon Altefle Royale en
fera de mefme à l'égard de
la France; de maniere que les
frontieres de part & d'autre
feront les mefmes qu'avant
la Declaration de la guerre.
XV. Ce qui concerne
le Portugal, fera reſtabli &
demeurera fur le mefme
pied qu'avant la guerre, cant
par rapport à la France qu'à
l'Eſpagnes quant aux Domaines en Amerique , s'il y
a quelque chofe à regler ,
on tafchera de le faire à l'amiable.
XVI. Le Roy con-
$24 MERCURE
fentira volontiers & de
bonne foy, que de concert
avec les Allicz , on prenne
les mefures les plus convenables, pour empefcher que
les Couronnes de France &
d'Efpagne foient jamais reunies fur une mefme tefte ;
c'eft à dire que le mefme
Prince foit Roy des deux
Royaumes.
XVII. Tous les les Trai
tez, fçavoir celuy de Munf
rer & les fuivans, demeureront en pleine vigueur , excepté les articles aufquels le
prefent Traité pourroit a-
GALANT. 325
voir derogé ou fait quelque changement.
Il y eut des difputes fur
cespropofitions de la part de
quelques Plenipotentiaires ,
qui en prirent des copies &
les envoyerent àleurs Maîtres par des couriers exprés. Cependant on affure
que le 13 il fut refolu dans
l'affemblée des Alliez , que
les Mars ils donneroient
leur réponſe aux Plenipotentiaires de France,
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Résumé : Les dix-sept Articles de Paix, proposez par les Plenipotentiaires de France.
Le document 'Les dix-fept Articles de Paix' présente les conditions de paix proposées par les plénipotentiaires de France. Les points clés incluent la reconnaissance de la reine de Grande-Bretagne et de sa succession au trône par le roi de France. La France s'engage à raser les fortifications de Dunkerque après la paix, moyennant une compensation. Plusieurs cessions territoriales sont prévues : l'île de Saint-Christophe, la baie et le détroit de Hudson, ainsi que l'Acadie et le fort du Port-Royal sont cédés à la Grande-Bretagne, tandis que la France conserve le fort de Plaisance et le droit de pêche à Terre-Neuve. Un traité de commerce sera établi entre la France et l'Angleterre, avec des conditions égales pour les deux nations. Les Pays-Bas espagnols cédés à l'Électeur de Bavière serviront de barrière aux Provinces Unies. La France cède certaines villes en échange d'autres, comme Lille et Tournai. Les États Généraux peuvent entretenir des garnisons dans les places fortes de la barrière, aux dépens du pays. La France demande Lille et Tournai en échange de la démolition de Dunkerque. Des avantages commerciaux similaires à ceux du traité de Ryswick et du tarif de 1664 seront accordés, avec des exemptions pour certaines marchandises. La France s'engage à maintenir le commerce en Espagne et aux Indes Occidentales selon les lois existantes jusqu'à la mort de Charles II. Les puissances européennes garantissent ces promesses, et des renonciations mutuelles concernant les prétentions sur divers territoires sont prévues. Les frontières sur le Haut Rhin seront rétablies comme avant la guerre, et les Électeurs de Cologne et de Bavière seront rétablis dans leurs États. La France et le Duc de Savoie restitueront mutuellement les territoires pris pendant la guerre, et les relations avec le Portugal seront rétablies comme avant la guerre. La France s'engage à empêcher l'union des couronnes de France et d'Espagne sur une même tête, et les traités antérieurs restent en vigueur, sauf les articles modifiés par le présent traité. Des disputes ont eu lieu sur ces propositions, et une réponse des alliés est attendue pour le 13 mars.
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2415
p. 326-331
D'UTRECHT. A son Excellence MYLORD EVESQUE DE BRISTOL. Traduction nouvelle.
Début :
Honneur des Campagnes liquides, [...]
Mots clefs :
Utrecht, Bristol, Évêque, Traduction
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : D'UTRECHT. A son Excellence MYLORD EVESQUE DE BRISTOL. Traduction nouvelle.
D'UTRECHT,
ASon Excellence
MYLORD
EVESQUE DE BRISTOL.
Traduction nouvelle.
Honneur des Gampagnes liquides,
Enfant de quelque Bois
•fatre,
Brillant Spectacle aux
Nereides,
BeauVaiffeau, qu'à l'en
vi l'or &l'art ontparé;
GALANT. 327
Que ta charge fied bien à
ta magnificence!
De l'Europe en fufpens
tu conduis le Deftin ,
Du monde gemiẞant tu
portes dans tonfein
La derniere efperance 3
Tuferas àjamais fefté
par nos neveux,
Le Peuple ira danfant te
rendrefes hommages,
Nos filles Jur tes pants
inventant millejeux,
Deguirlandes defleurs ,
orneront tes cordages.
326 MERCURE
Dieux des Mers qui
veillezfurcettenation,
(Si vous daignez encore
proteger cet Empire)
Conduifez avec Join ce
precieux Navire,
L'aimablePaixle monte,
affe noftre Albion ,
Dufangde cent Heros,
qu'en vainla terre admire,
Acheta pour autruy de
fertiles Etats ;
Je vous attefte affreux
combats.
GALANT. 327
Et vous Palmes enfanglantées
Qu'à regret , par lesfiens,
Londres vit remportées.
L'Univers defolé demande le reposs
Le Dieu Mars eft luymême afſouvi de carmonage,
Pallas arenvoyéla cruelle Attropos
UneMajeftédouce écla
te enfon vifage
D'ANNE, elle emprunte
l'air! ofortunéprefage,
Février 1712.
Ee
328 MERCURE
L'olive eft dansfa main,
au lieu dejavelots.
PRELAT, dont la vertu
respectée & cherie
Eft le plus ferme appuy
des Etats chancelans ,
Pour lagloire de ta Patrie
On te voit oublier ton repos & tesans,
Ton aspect venerable »
aux caprices de l'onde
Doit impoferunFrein,
Etles Dieux que tufers,
pour le bonheurdu monde
GALANT. 329
T'ontfoumis le Deftin.
Des Peuples s'arme en
vainlafunefte manie,
Les bancs en vain cache
fousles flotsfurieux
Ofent trompertesyeux;
L'Ennemi de la Paix, le
ventde Germanie
En vain renverfe tout de
fonfoufle odieuxe
Sinous avonspour nous ,
nos Dieux & ton Genie
Neptune vient déja te
foumettre lesflots
Defon trident luy- méme
Ecij
330 MERCURE
ilfouleve tapoupe
Sesagiles Tritonsfervent
tes Matelots ,
Tupars augré de l'onde,
&leurjoyeufe troupe
Fait d'un long chant de
Paixretentir les échos.
Infenfez que l'erreur,&
la difcorde anime.
( De qui pour vous fauver il faut rompre les
vœux )
Quatre Luftres entiers
vousfûtesfa victime,
Etje vois dans voscœurs
renouvellerfesfeux;
GALANT 3 3º
Arreſtez , d'un autre œil
les Dieux on vûlaterre,
Fatigue depunirils quit.
tent le Tonnerre;
Craigne deréveiller leur
courroux dangereux ;
Les ventsfontenchaînez
dans leurs grottes profondes ,
Voyez lesflots domptez:
&des vents , & des
ondes,
بون
Apprenez à calmer vos
confeils trop mutins ,
Etceffez de lutter contre Anne & les Destins.
ASon Excellence
MYLORD
EVESQUE DE BRISTOL.
Traduction nouvelle.
Honneur des Gampagnes liquides,
Enfant de quelque Bois
•fatre,
Brillant Spectacle aux
Nereides,
BeauVaiffeau, qu'à l'en
vi l'or &l'art ontparé;
GALANT. 327
Que ta charge fied bien à
ta magnificence!
De l'Europe en fufpens
tu conduis le Deftin ,
Du monde gemiẞant tu
portes dans tonfein
La derniere efperance 3
Tuferas àjamais fefté
par nos neveux,
Le Peuple ira danfant te
rendrefes hommages,
Nos filles Jur tes pants
inventant millejeux,
Deguirlandes defleurs ,
orneront tes cordages.
326 MERCURE
Dieux des Mers qui
veillezfurcettenation,
(Si vous daignez encore
proteger cet Empire)
Conduifez avec Join ce
precieux Navire,
L'aimablePaixle monte,
affe noftre Albion ,
Dufangde cent Heros,
qu'en vainla terre admire,
Acheta pour autruy de
fertiles Etats ;
Je vous attefte affreux
combats.
GALANT. 327
Et vous Palmes enfanglantées
Qu'à regret , par lesfiens,
Londres vit remportées.
L'Univers defolé demande le reposs
Le Dieu Mars eft luymême afſouvi de carmonage,
Pallas arenvoyéla cruelle Attropos
UneMajeftédouce écla
te enfon vifage
D'ANNE, elle emprunte
l'air! ofortunéprefage,
Février 1712.
Ee
328 MERCURE
L'olive eft dansfa main,
au lieu dejavelots.
PRELAT, dont la vertu
respectée & cherie
Eft le plus ferme appuy
des Etats chancelans ,
Pour lagloire de ta Patrie
On te voit oublier ton repos & tesans,
Ton aspect venerable »
aux caprices de l'onde
Doit impoferunFrein,
Etles Dieux que tufers,
pour le bonheurdu monde
GALANT. 329
T'ontfoumis le Deftin.
Des Peuples s'arme en
vainlafunefte manie,
Les bancs en vain cache
fousles flotsfurieux
Ofent trompertesyeux;
L'Ennemi de la Paix, le
ventde Germanie
En vain renverfe tout de
fonfoufle odieuxe
Sinous avonspour nous ,
nos Dieux & ton Genie
Neptune vient déja te
foumettre lesflots
Defon trident luy- méme
Ecij
330 MERCURE
ilfouleve tapoupe
Sesagiles Tritonsfervent
tes Matelots ,
Tupars augré de l'onde,
&leurjoyeufe troupe
Fait d'un long chant de
Paixretentir les échos.
Infenfez que l'erreur,&
la difcorde anime.
( De qui pour vous fauver il faut rompre les
vœux )
Quatre Luftres entiers
vousfûtesfa victime,
Etje vois dans voscœurs
renouvellerfesfeux;
GALANT 3 3º
Arreſtez , d'un autre œil
les Dieux on vûlaterre,
Fatigue depunirils quit.
tent le Tonnerre;
Craigne deréveiller leur
courroux dangereux ;
Les ventsfontenchaînez
dans leurs grottes profondes ,
Voyez lesflots domptez:
&des vents , & des
ondes,
بون
Apprenez à calmer vos
confeils trop mutins ,
Etceffez de lutter contre Anne & les Destins.
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Résumé : D'UTRECHT. A son Excellence MYLORD EVESQUE DE BRISTOL. Traduction nouvelle.
Le poème est adressé à Son Excellence Mylord, l'évêque de Bristol, et célèbre un navire porteur d'espoir et de paix. Ce navire, magnifique et protégé par des dieux, doit apporter la paix en Albion. Anne, représentée avec une olive symbolisant la paix, contraste avec les armes de guerre. Le prélat est respecté pour sa vertu et est appelé à maîtriser les caprices de la mer et à soumettre le destin pour le bonheur du monde. Les peuples sont invités à déposer leurs armes et à calmer leurs conflits, soutenus par les dieux et le génie de Neptune. Les vents et les flots sont domptés, et les lecteurs sont exhortés à cesser de lutter contre Anne et les destins. Le poème se conclut par un appel à la paix et à la soumission aux forces divines.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2416
s. p.
TABLE.
Début :
Mort de Monseigneur la Dauphin, & de Madame la Dauphine. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TABLE.
$2222255:52S2S52
TABL E.
Mort de Monfeigneur la
Dauphin , & de Madame
la Dauphine.
Memoiresfur ces deux Morts,
45
97
Morts,
Les merveilles de l'oreille tirées
de l'Anatomie comparée, &
des proprietez du bruit &
des fons ,
Lettre d'un Capitaine de Vaiffeau , qui a estéprefent à l'Expedition de Rio-faneiro , 175
Autre Extrait de plufieurs
Lettres particulieres , fur
l'Expedition de Rio-Janeiro,
198
L'Horloge du Sable,
辱
253
TABLE.
Nouvelles ,
Mariage ,
265
80
Les dix-fept Articles de Paix,
propofées par les Plenipotentiaires de France ,
Traduction Nouvelle ,
313
326
Difcours de Madame l'Abbeffe
du Val de Grace,
TABL E.
Mort de Monfeigneur la
Dauphin , & de Madame
la Dauphine.
Memoiresfur ces deux Morts,
45
97
Morts,
Les merveilles de l'oreille tirées
de l'Anatomie comparée, &
des proprietez du bruit &
des fons ,
Lettre d'un Capitaine de Vaiffeau , qui a estéprefent à l'Expedition de Rio-faneiro , 175
Autre Extrait de plufieurs
Lettres particulieres , fur
l'Expedition de Rio-Janeiro,
198
L'Horloge du Sable,
辱
253
TABLE.
Nouvelles ,
Mariage ,
265
80
Les dix-fept Articles de Paix,
propofées par les Plenipotentiaires de France ,
Traduction Nouvelle ,
313
326
Difcours de Madame l'Abbeffe
du Val de Grace,
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Résumé : TABLE.
Le document présente une table des matières incluant des mémoires sur la mort du Dauphin et de la Dauphine, un texte sur l'anatomie de l'oreille, des lettres sur l'expédition de Rio de Janeiro en 1755, un texte intitulé 'L'Horloge du Sable', des nouvelles, un mariage, les 'Dix-sept Articles de Paix' et un discours de Madame l'Abbesse du Val de Grâce.
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2417
s. p.
CATALOGUE DES LIVRES NOUVEAUX Imprimez chez PIERRE RIBOU, à Descente du Pont Neuf, à l'Image Saint Loüis.
Début :
Des RR. PP. Benedictins, de la Congregation de saint Maur. [...]
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texteReconnaissance textuelle : CATALOGUE DES LIVRES NOUVEAUX Imprimez chez PIERRE RIBOU, à Descente du Pont Neuf, à l'Image Saint Loüis.
CATALOGUE
< DES LIVRES NOUVEAUX ;
Imprimez chez PIERRE RIBOU , à
Defcente du Pont Neuf, à l'Image
faint Louis.
Des R R. PP. Benedictins , de la Congregatie
de faint Maur.
S
Anti Auguftini Hipponenfis Epifcopi Oper
denuò caftigata & illuftrata , cum Indicibus
Vita ejufdem fancti Auguftini , fol. 8 vol.
Petit pap. veau ,
Moyen papier,
Grand papier ,
144 li
224 li
320 li - Eorumdem Operum Indices , cum vitafan
Auguftini , fol. feparément, petit pap. 18
-Les Volumes fe vendent feparément , ←
Moyen papier ,
Grand papier ,
petit papier ,
Moyen papier ,
Grand papier ›
24 li
40 li
18 li
24 li 40 li
Vita S. Auguftini , fol . feparément , 6
Sancti Hilarii Epifcopi Pictavienfis Opera , emer
data illuftrata , fol. petit papier , 18 li
Moyen papier,
Grand papier,
24 li
40 li A
nati Gregorii Epifcopi Turonenfis Opera , cafti
gata editaftudio Domini Theodorici Ruinart
Monachi Ordinisfancti Benedicti , Congregationis fancti Mauri , folio , Is liv.
iftoire de Bretagne , compofée fur les Titres
& les Auteurs originaux , par Dom Guy Alexis Lobineau , Benedictin de la Congregation de faint Maur , avec les Preuves : & enrichie de Portraits, deTombeaux de Sceaux ,
& autres Monumens gravez en taille- douce ,
fol. 2 vol. 1707. 60 liv.
editations pour tous les jours de l'Année ,
tirées des Evangiles qui fe lifent à la Meffe ,
& pour les Fêtes principales des Saints , avec
leurs Octaves , par le R. P. Rainffant, Benedictinde la Congregation de faint Maur , in 4 , quatrieme édition , 1707. 6 liv .
Domini Edmundi Martene Benedictini Congregationis fancti Mauri Commentarius in Regulam
fancti Benedicti litteralis , moralis , hiftoricus ,
in 4° , 7 liv. 10 f.
Ouvrages de M. Baluze. i
onciliorum nova Collectio , in qua continentur plurima Concilia , nunc primùm in lucem edita ex
antiquis Codicibus : Seu Supplementum ad col
lectionem Conciliorum Labbai , fol. 1707. petit
papier ,
Grand papier , 24 liv.
oncilia Gallia Narbonenfis , nunc primùm edita ,
UACY
of 29m tsliv.
cum Notis , in 8 ° liv.
lluftr. Domini P. de MarcaArchiepifcopi Parifienfis
Dißertationes deconcordia Sacerdotii & Imperii:
Seu de libertatibus Ecclefia Gallicana. Noviffima
editioauctiùs illuftrata , fol. petit pap. 15 liv.
Grand papier , 24 liv.
Ejufdem de Marca Hifpanica , five limes
Hifpanicus, hoc eft , Geographica & Hilto Defcriptio Catalonia & Rufcinonis : acceffere =
fta veterum Comitum Barcinonenfium , Nico
Specialis res Sicula , &c. omnia nunc prinz z
editas fol . petit papier ,
Grand papier ,
•
1 lž
24 li
3 Ji
Ejufdem Differtationes tres cum notis
Appendice actorum veterum , in 8 ° ,
Ejufdem Opufcula , nunc primùm in luce edita , in 8 . } l
Vita Paparum Avenionenfium , boc eft , Hiftor
Pontificum Romanorum qui in Gallia federun
anno 1305. ad annum 1394. fcripta abauctorit coëtaneis , cum Notis , in 4 % 2 vol. 141
Sancti Agobardi Archiepifcopi Lugdunenfis Oper necnon Leidradi & Amulonis Archiepiſcoporz
Lugdunenfium Epiftola & opufcula , cum Noz in 8 , 2 vol .
6 15
Santi Cafarii Epifcopi Arelatenfis Homilia , nu
quam antehac edita , cum Notis , in 8°, 11. 10
MariiMercatoris Opera , cum Notis , in 8º , 3 17
Reginonis Abbatis Prumienfis Libri duode Ecclef
fticisdifciplinis & Religione chriftiana , &c. cz Notis , in 8° 4 li Salviani Maffilienfis, & Vincentii Lirinenfis Ope
cum Notis uberioribus , in 8 ° , tertia edit. 3 li
Vita Petri Caftellani , Magni Francia Eleemofyaz
rii , à Petro Gallandio feripta , cum Notis ,
8° Mokoh livão Mifcellaneorum Libri quinque , hoc eft , Collec
veterum Monumentorum , in 8,5 vol. is li
Les volumes fe vendent feparément 3 li
Ouvrages de feu Mre ARMAND LE BOUTHILLI
DE RANCE , Abbé de la Trappe.
z
De la Sainteté & des devoirs de la vie Monal
tique , avec les éclairciffemens fur les di p
A ij
eultez furvenues au fujet de ce Livre , in 4º, 3 vol.
Les mêmes in 12. 3 vol.
17 liv.
8 liv.
Les Eclairciffemens,in 4 , feparément, 6 1.
Les mêmes in 12. feparément ,
liv. 10 f.
inq Chapitres tirez du Livrede la Vie Monaſtique ; fçavoir , de l'amour de Dieu , de la
Priere , de la Mort , des Jugemens de Dieu,
& de la Componction , in 12.
3
I liv.
ifcours de la pureté d'Intention , & des moyens pour y arriver , in 12. I liv. 10f.
arte de la Vifite de M. l'Abbé de la Trape á l'Abbaye des Clairets , avec une Inftruction fur la mort de Dom Muce , in 12. iliy. ftructions de faint Dorothée , Pere de l'Eglife Creque, traduites du Grec en François, avec la Vie de ce faint Pere , in 8 ° . 2 l . 5 f. aftructions fur les principaux fujets de la Pieté & de la Morale Chretienne , in 12.1 l. 10 (. ettres de Pieté choifies & écrites à differentes
perfonnes , in 12 , 2 vol. 4 liv.
editations fur la Regle de faint Benoît , troifiéme édition, augmentée de la veritable pre- paration à la mort , in 12 . 2 liv.
De la veritable preparation à la mort , în 12.
feparément , : liv.
éponses au Traité des Etudes Monaftiques de
Dom Jean Mabillon , in 4° , 6 liv.
e Texte de la Regle de S. Benoît, trad.in 12.11.
a Regle de faint Benoit , traduite & expliquée
felon fon veritable efprit , in 4° , 2 vol . 12 1.
La même in 12. 2 vol. s liv.
eflexions morales fur les quatres Evangiles
in 12.4 vol. 7 liv. 4f.
eglemens generaux de l'Abbaye de la Trappe,
in 12. 2 vol.
•
3 liv. 12 f.
elation de la mort de Dom Abraham Beu-
1
gnier , in 12. brochure , 8
Relation de quelques circonftances de la mor
de M.** l'Abbé de la Trappe , in 12. brochu re , 81
Traité abregé des Obligations des Chrétiens in 12.
I liv . 16
Du R. P. Dom LE NAIN, Sous- Prieur de l'Abbay
de la Trappe.
Homelies fur le Prophete Jeremie , in 8 ° ,
vol.
7 liv. 12
Hiftoire de l'Ordre de Cîteaux ou Vies de
Saints de cer Ordre , in 12. 9 vol . 16 liv. 4
>
De Noffeigneurs du Clergé de France.
Procés verbal de l'Affembléé de 1690. fol . 6 1
De l'Affemblée de 1693. & 1695. fol. 10 I
De l'Affemblée de 1701. & 1702. fol. 6. 1
Relation des Affemblées de MM. les Prelat S
pour la condamnation du Livre de M. l'Ar
chevêque de Cambray , in 4° , 4 liv
Recueil concernant l'établiffement de deux Se
minaires dans le Dioceſe de Reims,in 4° 6 I
Du R. P. DUBOIS , de l'Oratoire.
Hiftoria Ecclefia Parifienfis , fol. 2 vol . 30 liv
Le Tome fecond feparement ,
.. 7.1 Is liv
Du R. P. AMELOTTE
, de l'Oratoire.
LeteNouveau , avedes Nament traduit fur la Vülga,
& des Cartes de la Terre
Sainte , in 4 , 2 vol.
Le même in 18.
12liv
I liv
Du R. P. HARDOUIN de la Compagni
de Fefus.
›
Antirrheticus de nummis antiquis Coloniarum
Municipiorum ad Joannem Vaillant , in 4″ , z I.
Sancti Joannis Chryfoftomi Epiftola ad Cafarium
Monachum, Gr. & Lat. cum Joannis Harduini
Notis , & Dißertatione de Sacramento Altaris ,
in 4º ,
De differens Auteurs.
liv.
Compendium Inftitutionum Juftiniani , feu compen
diofa earum tractatio , in 1z.
1 liv.
Creur affectif de faint François de Sales , tiré
de ce qu'il y a de plus touchant dans fes
Ecrits , pour la confolation des ames devo- tes , par M. Gambard , in 12. I liv. 12 f.
Diurnale Ciftercienfe , ad ufum Fulienfium , rubronigrum, in 24. maroquin , 3 1.
Difcours defaint Bernard , compofez à la priere
de fa fœur la Religieufe , où font contenus
tous les principaux points du Chriftianifme ,
nouvelle traduction , in 16 . 1 liv. 10 f.
Exercice Journalier , à l'ufage des Religieufes
de la Congregation de N. D. in 16.
Maniere de bien entendre la Meffe de Paroiffe,
par Meffire François de Harlay , Archevêque de Rouen , imprimée par l'ordre de feu M. l'Archevêque de Paris , in 12. VS1 liv.
Ordonnances du Roy pour le fait de la Guerre,
in 12. is vol.
liv.
>
45 liv.
Les volumes
fe vendent
feparément
, 3 I.
Reglement
pour
le Regiment
des Gardes
, in
12.Y liv.
Prieres Chrétiennes recueillies par ordre de
feu M. l'Archevêque de Paris , en Latin & en
François avec une Inftruction pour la Confeffion & Communion , & une Conduite pour
bien gagner le Jubilé , in 12. troifiéme édi- tion , I liv.
Tradition de l'Eglife fur le Silence Chrétien &
Monaftique , contre l'intemperance de la lan
gue , & les paroles inutiles en general , & e
particulier contre la trop grande frequentation des Parloirs des Religieufes , par M
Hermant , in 12. I liv. 16
in 12,
Traité du Cancer , & des moyens de le guerir
par M. Alliot , in 12.
tliv.10 C
Traité des Ecoles Epifcopales , par feu M. Joly
Chantre & Chanoine de l'Eglife de Paris 2 li
Vie de la Mere Eugenie de Fontaine , Religieuf
de la Vifitation, morte en 1694. in 12. 1 l. 10 1
De l'ufage de celebrer le Service Divin, en lan
gue non vulgaire , par le R. P. Caponnel Chanoine Regulier , in 12. liv.s
Imitation de Jefus-Chrift en vers , avec figu
res, par M. de Corneille, Bruxelles . in 8°, 4 1
Hiftoire du Concile de Trente , par Frapaolo
in 4° ,
8 liv
Les Loix Civiles dans leur
ordre naturel , fo I
2 vol. 18 liv
Les mêmes , în 4* , 6 vol. 36 liv
L'art de Tourner ou de faire en perfection
toutes fortes d'ouvrages au Tour : ouvrag
tres-curieux & tres-neceffaire à ceux qui s
xercent au Tour , fol. Latin & Fr. is liv Traduction nouvelle des Odes d'Anacreon, pa.
M.de la Foffe, feconde édition , augment
de deux Odes , l'une de Pindare , & l'autre
d'Horace , in 12.
Nouvelle Grammaire Eſpagnole ,
ger' , in 12.
Nouvelle Traduction de Juſtin ,
marques , in 12. 2 vol.
2 liv. 10 f
par M. Per2 liv. f f
avec des Re.
3 liv. 10 f
sliv liv7.10 . C
2 liv
Conquête du Mexique , in 12. 2 vol.
Conquête du Perou , in 12. 2 vol. 4
Voyage d'Alep à Jerufalem , in 12.
in 12.
Parfaite Grammair Françoile du
Pere Chifflet , in 12 , avec un abregé d'Ortographe ,
1 liv. 10 f.
De la Connoiffance de Dieu , par M. Ferrand ,
2 liv. 10 f.
Novum Teftamentum Gracum , inn 18. I liv. 16 f.
L'Efprit de l'Ecriture Sainte,in 12. 2 vol.3 10 f."
Le Comte de Cardone , in 12. 1 liv. 16 f.
Les Avantures Galantes du Chevalier de Themicourt ,, par Madame D... in 12. 1 l . 16 f.
Furteriana , ou les bons mots de M. Furetiere ,
in 12 .
Avantures galantes de France & d'Eſpagne in 12 .
2. liv.
2 liv.
2 liv.
Traduction nouvelle de Miguelles Cervantes ,
in 12.
Biblia facra, in 4º ,
6 liv.
Amuſemens ferieux & comiques , par M. du
Freny , in 12.
I liv. 10 f.
Grammaire Allemande , de Perger , in 12.1 1.
Effais de litterature pour la connoiffance des
bons Livres ; & fupplément des Effais , in 12 .
4 vol. 8 liv.
liv. 1,0 f. Le Jeu de l'Hombre , augmenté des Decifions
Nouvelles , in 12 .
Les Campagnes du Roy de Suede
vol.
I
›
in 12. 3
6 liv
La Vie de M. de Moliere , in 12. 2 liv.
Traité du Recitatif dans la Compofition , dans
la Declamation , la Lecture & l'Action publique , in 12.
1 liv. 10 f
Hiftoire de la Virginie , contenant celle de fon établiffement & de fon gouvernement jufqu'à prefent , les productions naturelles du
Païs , la Religion , les Loix & les Coûtumes
des Indiens naturels , par un Auteur natif &
habitant de ce Païs-là , in 12. enrichie de fiC
gures
1
12.
Ecole parfaite des Officiers de Bouche , qui e
feigne les devoirs du Maître d'Hôtel &
Sommelier , la maniere de faire les Con
tures feches & liquides , les Liqueurs , I
Eaux , les Parfums , la Cuifine , à découp
les viandes , & à faire la pâtifferie ; huitié
édition , corrigée & augmentée des pâtes , d
Liqueurs nouvelles , & des nouveaux R
goûts qu'on fert aujourd'hui : Avec des m
deles pour dreffer les Services de Table ,
2 liv . s
Abregé de la Sainte Bible , enforme de Que
tions & Réponſes familieres , tirées de dif
ferens Auteurs ; divifé en deux parties , l'a
cien & le nouveau Teftament, par le R. I
Guerard , de la Congregation de ſaint Mau feconde édition , in 12. 2 lī
Les Delices de l'Italie , contenant une defcri
ption exacte du Païs , des principales Villes
de toutes les Antiquiteż , & de toutes les Ra
retez qui s'y trouvent ; ouvrage enrichi d'u
tres-grandnombrede figures en taille douce in 12. 4 vol.
Traité des Jardinagės , par M. de la Quintinie in 4 2 vol.
Le Prince Grec, in 12.
12 liv
12 liv
2 liv Hiftoire de D. Quixotte , in 12. 5 vol. 12 1. 10 1
S
Les Fables de la Fontaine , in 12.5 vol. 10 liv
La Princeffe de Cleves , in 12. 2 liv. 10 f
L'Arithmetique de Legendre , in 12. 2 liv. 1o f
La Vie de Cromvvel , de Gregorio Leti , in 12
2 vol.
Les Ocuvres de S. Evremond , in 12.5 vol. 10 1
s liv
Juvenal, de la traduction du P. Tarteron , i
12.
Zayde, in 12. 2 vol,
2 liv . 10 1
4. liy
B
tyle du Confeil , par M. Gauret , in 4 , 5 liv .
tode de la Marine , in 4° , 3 liv.
Traité hiftorique des Monnoyes de France , par
M. le Blanc. in 4 . 9 liv.
3 liv
8 f.
Dialogues entre le Diable Boiteux & le Diable
Borgne , par M. le Noble , in 12 .
Traité de la Parole , in 12. brochure,
Lucien d'Ablancourt , nouvelle édition , augmentée de Notes , in 12. 3 vol. 6 liv.
Numifmata area Imperatorum Auguftorum & C&-
farum in Coloniis , Municipiis & vrbibus Jure
Latio donatis, ex omni modulo percußa , autore
Joanne Foy-Vaillant , in fol. 2 vol. 36 liv.
Hiftoire reduite à fes principes , dediée à
Monfeigneur le Duc de Bourgogne , în 12.
2 vol. 3 liv. 10 f.
Contes des Fées , ou les Chevaliers Errans , &
le Genie Familier, par M. D... in 12. l. 15 f
D. Guzman d'Alfarache , in 12. 3 vol. 7 l. 10 f.
Traduction en vers François des Epigrammes
d'Ovven , in 12. 1 liv. 10 f.
Les Amours de Pfiché , in 12.
La Mufe Moufquetaire , in 12 .
Virgile , de Martignac , in 12 , 3 vol.
2 liv.
2 liv .
6 liv.
Lucrece , de la nature des chofes , avec des remarques fur les endroits les plus difficiles ,
traduction nouvelle , in 12. 2 vol. 4 1. 10 f.
L'Ambiguë d'Auteuil , ou varietez hiftoriques ,
compoféesdu Joueur , du Nouvelifte , du Financier , du Critique , de l'Inconnu , du Sincere ,du Subtif , de l'Hypocrite , & de plufieurs autres perſonnages de differens carac
teres , in 12 . 1 liv. s.f.
Les Avantures d'Appollonius de Tyr , livre rem- pli d'évenemens , & écrit dans le même ftyle
que Telemaque , par M. le B... in 12.
2 liv.
Prince Eraftus , fils de l'Empereur Diocle
tiam ,
in IZ.
, par
2 . 5.
3:
Pe
Abregé de Geographie , & de tout ce qu'il
a de plus remarquable dans chacune des qu tre grandes parties de la Terre , particuliere
ment dans l'Europe & dans le Royaume d
France : le tout mis en ordre pour pouvo
être appris & retenu facilement par cœur avec les routes des Poftes de France & d'E
pagne , dedié à S. A. S. Monfeigneur le Prin
de Dombes M. Poncein , in 12. 1 liv. s Hiftoire fecrete de Bourgogne , in 12. 2 vol.
Vafconiana des , ou Recueil des bons mots ,
fées les plus plaifantes , & des rencontres plus vives des Gafcons ,feconde édition , au 2 liv. mentée ,in iz .
Les Metamorphofes d'Ovide , traduites par
Durier, derniere édition , in 12. 3 vol . 6 11 Les mêmes en Rondeaux , avec figures ,
Bencerade, imprimées à Bruxelles, in 8 °, 4 Les Metamorphofes , ou l'Afne d'or d'Apulés Philofophe Platonicien , avec le Demon
Socrate , traduction en François , avec
Remarques , in 12. 2 vol.
5.
Les Fables d'Efope Phrygien , avec celles Philielphe , traduction nouvelle , enrichie
Difcours moraux & hiftoriques , & de
trains à la fin de chaque difcours , avec
gures. On a ajouté à cette nouvelle trad
tion les Contes d'Efope , les Fables diver
d'Abrias & d'Avienus , in 12. 2 vol . 4 1. 10 Les Memoires de la Vie du Comte D... avant
retraite , contenant diverſes avantures
peuvent fervir d'inftruction à ceux qui on
vivre dans le grand monde; redigez par M
S. Evremont , in 12. 2 vol. 4 liv. 1
Les Memoire de Meffire Roger Rabutin , Con
de Buffy, in 12. 3 vol.
7 liv.
Bij
lem , Ses Lettres , nouv. édit. in 12. 4 vol. 8 I.
es Oeuvres d'Homere , traduites en François
par M. D... enrichies de figures en taille- douce , diviſées en 4 vol. in 12 . ro 1.
Quinte-Curce , de la traduct . de M. de Vaugelas,
avec le Latin à côté , 2 vol. in.12. 4 I. 10 f.
euvres d'Horace en Latin & en François , avec
des Remarques critiques & hiftoriques, deM.
Dacier , troifiéme édition , revûë , corrigée
& augmentée confiderablement par l'Auteur ,
in 12. 10 vol. 20 liv
liftoire de France, P. Marcelle , in 12. 4vol.8 1.
exicon Buxtorfi , in 8 ", liv. 10 f.
Sem Lexicon Paforis Greco- Lat. in 8 , 4 1. 10 f.
orpus Juris Canonici , à Petro Pithocó , cum ap
pendiceJuris Canonici, continens Librumfeptimum
Decretalium, & Fo. Pauli Lancelotti inftitutiones
Juris Canonici, in fol. 2 vol. 20 liv.
es Oeuvres de Maître Guy Coquille , Sieur de
Romaney, 17 03. 2 vol. 13 liv.
ecueil
de bons mots des Anciens
& des Modernes , in 12.
orneille, in 12.10 vol.
THEATRE DE MESSIEURS
2 liv.
20 liv.
acine , 2 vol. 6 liv.
ampiftron , nouv. éd. augmentée d'une Trage
die & d'une Comedie , & ornée de figures , 4 l .
e la Foffe , avec fes Poëfies , 2 vol. S liv.
egrand ,
rébillon ,
radon ,
2 liv. 10 f.
3 liv. 10 f.
3 liv.
e la 2 liv. 10 f.
Grange,
Moliere , 8 vol. nouvelle édition , augmentée
defa Vie , avecde nouvelles Remarques , 15. 1.
ancourt, 7 vol. nouvelle édition , augmentée
de plufieurs Picces qui n'avoient point été imprimées dans les éditions precedentes,avec
figures & Mufique ,
Regnard , 2 vol.
Poiffon , 2 vol.
De Hauteroche ,
14liv liv.
3 liv.
2 liv.10 F
Palaprat , 2. éd. augmentée de plufieurs Comedies qui n'ont pas encore efté imprimées , &
d'un Recueil de Pieces en Vers, 2 vol. 4 1. 10 f.
Baron ,
De Riviere ,
De la Thuillerie ,
Boindin ',
De Champ-mêlé ,
De Montfcury, 2 vol.
Bourfault , 2 vol.
De Mademoiſelle Barbier ,
Quinaur ,
Theatre François , 6 vol.
Idomenée ,
Aftrée ,
3 liv
liv. 10
2 liv
2. liv
2 li
's liv
sliv
2 liv. 10 f
2 liv. 10 f
Is liv
Electre ,
Rhadamifthe &Zenobic ,
Cyrus,
Les Tyndarydes Saül ,
Herode >
Polydore ,
La Mort d'Ulyffe
Mustapha ,
Agrippa , oule faux Tiberinus
Le Curieux Impertinent ,
Les Agioteurs ,
L'Amour Charlatan ,
Le Naufrage,
Danać ,
Turcaret ,
Crifpin Rival ,
1
Le Jaloux défabuſe ,
Tragedies
}
Comedies,
Les Airs notez des Comedies Françoises , par
'M. Gillier , in 4º, 7 liv.
Cantates & Arietes de M. le B. fol. 7 liv. 10 f.
Le quatrième Livre des Motets de M. Campra ,
LeMercure Galant
Et broché ,
liv.
11. 10 f.
I l. 5f.
Recueil de Pieces en Vers , adreffées à S. A.S.
Monfeigneur le Duc de Vendôme , & plufieurs
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Palaprat , 1. vol. in 12. 1 1. 10 f.
Et toutes les autres Pieces de Theatre , tanţ
Anciennes que nouvelles
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de faint Maur.
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224 li
320 li - Eorumdem Operum Indices , cum vitafan
Auguftini , fol. feparément, petit pap. 18
-Les Volumes fe vendent feparément , ←
Moyen papier ,
Grand papier ,
petit papier ,
Moyen papier ,
Grand papier ›
24 li
40 li
18 li
24 li 40 li
Vita S. Auguftini , fol . feparément , 6
Sancti Hilarii Epifcopi Pictavienfis Opera , emer
data illuftrata , fol. petit papier , 18 li
Moyen papier,
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24 li
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fancti Benedicti litteralis , moralis , hiftoricus ,
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lectionem Conciliorum Labbai , fol. 1707. petit
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Hifpanicus, hoc eft , Geographica & Hilto Defcriptio Catalonia & Rufcinonis : acceffere =
fta veterum Comitum Barcinonenfium , Nico
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editas fol . petit papier ,
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•
1 lž
24 li
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Ejufdem Differtationes tres cum notis
Appendice actorum veterum , in 8 ° ,
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Pontificum Romanorum qui in Gallia federun
anno 1305. ad annum 1394. fcripta abauctorit coëtaneis , cum Notis , in 4 % 2 vol. 141
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quam antehac edita , cum Notis , in 8°, 11. 10
MariiMercatoris Opera , cum Notis , in 8º , 3 17
Reginonis Abbatis Prumienfis Libri duode Ecclef
fticisdifciplinis & Religione chriftiana , &c. cz Notis , in 8° 4 li Salviani Maffilienfis, & Vincentii Lirinenfis Ope
cum Notis uberioribus , in 8 ° , tertia edit. 3 li
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rii , à Petro Gallandio feripta , cum Notis ,
8° Mokoh livão Mifcellaneorum Libri quinque , hoc eft , Collec
veterum Monumentorum , in 8,5 vol. is li
Les volumes fe vendent feparément 3 li
Ouvrages de feu Mre ARMAND LE BOUTHILLI
DE RANCE , Abbé de la Trappe.
z
De la Sainteté & des devoirs de la vie Monal
tique , avec les éclairciffemens fur les di p
A ij
eultez furvenues au fujet de ce Livre , in 4º, 3 vol.
Les mêmes in 12. 3 vol.
17 liv.
8 liv.
Les Eclairciffemens,in 4 , feparément, 6 1.
Les mêmes in 12. feparément ,
liv. 10 f.
inq Chapitres tirez du Livrede la Vie Monaſtique ; fçavoir , de l'amour de Dieu , de la
Priere , de la Mort , des Jugemens de Dieu,
& de la Componction , in 12.
3
I liv.
ifcours de la pureté d'Intention , & des moyens pour y arriver , in 12. I liv. 10f.
arte de la Vifite de M. l'Abbé de la Trape á l'Abbaye des Clairets , avec une Inftruction fur la mort de Dom Muce , in 12. iliy. ftructions de faint Dorothée , Pere de l'Eglife Creque, traduites du Grec en François, avec la Vie de ce faint Pere , in 8 ° . 2 l . 5 f. aftructions fur les principaux fujets de la Pieté & de la Morale Chretienne , in 12.1 l. 10 (. ettres de Pieté choifies & écrites à differentes
perfonnes , in 12 , 2 vol. 4 liv.
editations fur la Regle de faint Benoît , troifiéme édition, augmentée de la veritable pre- paration à la mort , in 12 . 2 liv.
De la veritable preparation à la mort , în 12.
feparément , : liv.
éponses au Traité des Etudes Monaftiques de
Dom Jean Mabillon , in 4° , 6 liv.
e Texte de la Regle de S. Benoît, trad.in 12.11.
a Regle de faint Benoit , traduite & expliquée
felon fon veritable efprit , in 4° , 2 vol . 12 1.
La même in 12. 2 vol. s liv.
eflexions morales fur les quatres Evangiles
in 12.4 vol. 7 liv. 4f.
eglemens generaux de l'Abbaye de la Trappe,
in 12. 2 vol.
•
3 liv. 12 f.
elation de la mort de Dom Abraham Beu-
1
gnier , in 12. brochure , 8
Relation de quelques circonftances de la mor
de M.** l'Abbé de la Trappe , in 12. brochu re , 81
Traité abregé des Obligations des Chrétiens in 12.
I liv . 16
Du R. P. Dom LE NAIN, Sous- Prieur de l'Abbay
de la Trappe.
Homelies fur le Prophete Jeremie , in 8 ° ,
vol.
7 liv. 12
Hiftoire de l'Ordre de Cîteaux ou Vies de
Saints de cer Ordre , in 12. 9 vol . 16 liv. 4
>
De Noffeigneurs du Clergé de France.
Procés verbal de l'Affembléé de 1690. fol . 6 1
De l'Affemblée de 1693. & 1695. fol. 10 I
De l'Affemblée de 1701. & 1702. fol. 6. 1
Relation des Affemblées de MM. les Prelat S
pour la condamnation du Livre de M. l'Ar
chevêque de Cambray , in 4° , 4 liv
Recueil concernant l'établiffement de deux Se
minaires dans le Dioceſe de Reims,in 4° 6 I
Du R. P. DUBOIS , de l'Oratoire.
Hiftoria Ecclefia Parifienfis , fol. 2 vol . 30 liv
Le Tome fecond feparement ,
.. 7.1 Is liv
Du R. P. AMELOTTE
, de l'Oratoire.
LeteNouveau , avedes Nament traduit fur la Vülga,
& des Cartes de la Terre
Sainte , in 4 , 2 vol.
Le même in 18.
12liv
I liv
Du R. P. HARDOUIN de la Compagni
de Fefus.
›
Antirrheticus de nummis antiquis Coloniarum
Municipiorum ad Joannem Vaillant , in 4″ , z I.
Sancti Joannis Chryfoftomi Epiftola ad Cafarium
Monachum, Gr. & Lat. cum Joannis Harduini
Notis , & Dißertatione de Sacramento Altaris ,
in 4º ,
De differens Auteurs.
liv.
Compendium Inftitutionum Juftiniani , feu compen
diofa earum tractatio , in 1z.
1 liv.
Creur affectif de faint François de Sales , tiré
de ce qu'il y a de plus touchant dans fes
Ecrits , pour la confolation des ames devo- tes , par M. Gambard , in 12. I liv. 12 f.
Diurnale Ciftercienfe , ad ufum Fulienfium , rubronigrum, in 24. maroquin , 3 1.
Difcours defaint Bernard , compofez à la priere
de fa fœur la Religieufe , où font contenus
tous les principaux points du Chriftianifme ,
nouvelle traduction , in 16 . 1 liv. 10 f.
Exercice Journalier , à l'ufage des Religieufes
de la Congregation de N. D. in 16.
Maniere de bien entendre la Meffe de Paroiffe,
par Meffire François de Harlay , Archevêque de Rouen , imprimée par l'ordre de feu M. l'Archevêque de Paris , in 12. VS1 liv.
Ordonnances du Roy pour le fait de la Guerre,
in 12. is vol.
liv.
>
45 liv.
Les volumes
fe vendent
feparément
, 3 I.
Reglement
pour
le Regiment
des Gardes
, in
12.Y liv.
Prieres Chrétiennes recueillies par ordre de
feu M. l'Archevêque de Paris , en Latin & en
François avec une Inftruction pour la Confeffion & Communion , & une Conduite pour
bien gagner le Jubilé , in 12. troifiéme édi- tion , I liv.
Tradition de l'Eglife fur le Silence Chrétien &
Monaftique , contre l'intemperance de la lan
gue , & les paroles inutiles en general , & e
particulier contre la trop grande frequentation des Parloirs des Religieufes , par M
Hermant , in 12. I liv. 16
in 12,
Traité du Cancer , & des moyens de le guerir
par M. Alliot , in 12.
tliv.10 C
Traité des Ecoles Epifcopales , par feu M. Joly
Chantre & Chanoine de l'Eglife de Paris 2 li
Vie de la Mere Eugenie de Fontaine , Religieuf
de la Vifitation, morte en 1694. in 12. 1 l. 10 1
De l'ufage de celebrer le Service Divin, en lan
gue non vulgaire , par le R. P. Caponnel Chanoine Regulier , in 12. liv.s
Imitation de Jefus-Chrift en vers , avec figu
res, par M. de Corneille, Bruxelles . in 8°, 4 1
Hiftoire du Concile de Trente , par Frapaolo
in 4° ,
8 liv
Les Loix Civiles dans leur
ordre naturel , fo I
2 vol. 18 liv
Les mêmes , în 4* , 6 vol. 36 liv
L'art de Tourner ou de faire en perfection
toutes fortes d'ouvrages au Tour : ouvrag
tres-curieux & tres-neceffaire à ceux qui s
xercent au Tour , fol. Latin & Fr. is liv Traduction nouvelle des Odes d'Anacreon, pa.
M.de la Foffe, feconde édition , augment
de deux Odes , l'une de Pindare , & l'autre
d'Horace , in 12.
Nouvelle Grammaire Eſpagnole ,
ger' , in 12.
Nouvelle Traduction de Juſtin ,
marques , in 12. 2 vol.
2 liv. 10 f
par M. Per2 liv. f f
avec des Re.
3 liv. 10 f
sliv liv7.10 . C
2 liv
Conquête du Mexique , in 12. 2 vol.
Conquête du Perou , in 12. 2 vol. 4
Voyage d'Alep à Jerufalem , in 12.
in 12.
Parfaite Grammair Françoile du
Pere Chifflet , in 12 , avec un abregé d'Ortographe ,
1 liv. 10 f.
De la Connoiffance de Dieu , par M. Ferrand ,
2 liv. 10 f.
Novum Teftamentum Gracum , inn 18. I liv. 16 f.
L'Efprit de l'Ecriture Sainte,in 12. 2 vol.3 10 f."
Le Comte de Cardone , in 12. 1 liv. 16 f.
Les Avantures Galantes du Chevalier de Themicourt ,, par Madame D... in 12. 1 l . 16 f.
Furteriana , ou les bons mots de M. Furetiere ,
in 12 .
Avantures galantes de France & d'Eſpagne in 12 .
2. liv.
2 liv.
2 liv.
Traduction nouvelle de Miguelles Cervantes ,
in 12.
Biblia facra, in 4º ,
6 liv.
Amuſemens ferieux & comiques , par M. du
Freny , in 12.
I liv. 10 f.
Grammaire Allemande , de Perger , in 12.1 1.
Effais de litterature pour la connoiffance des
bons Livres ; & fupplément des Effais , in 12 .
4 vol. 8 liv.
liv. 1,0 f. Le Jeu de l'Hombre , augmenté des Decifions
Nouvelles , in 12 .
Les Campagnes du Roy de Suede
vol.
I
›
in 12. 3
6 liv
La Vie de M. de Moliere , in 12. 2 liv.
Traité du Recitatif dans la Compofition , dans
la Declamation , la Lecture & l'Action publique , in 12.
1 liv. 10 f
Hiftoire de la Virginie , contenant celle de fon établiffement & de fon gouvernement jufqu'à prefent , les productions naturelles du
Païs , la Religion , les Loix & les Coûtumes
des Indiens naturels , par un Auteur natif &
habitant de ce Païs-là , in 12. enrichie de fiC
gures
1
12.
Ecole parfaite des Officiers de Bouche , qui e
feigne les devoirs du Maître d'Hôtel &
Sommelier , la maniere de faire les Con
tures feches & liquides , les Liqueurs , I
Eaux , les Parfums , la Cuifine , à découp
les viandes , & à faire la pâtifferie ; huitié
édition , corrigée & augmentée des pâtes , d
Liqueurs nouvelles , & des nouveaux R
goûts qu'on fert aujourd'hui : Avec des m
deles pour dreffer les Services de Table ,
2 liv . s
Abregé de la Sainte Bible , enforme de Que
tions & Réponſes familieres , tirées de dif
ferens Auteurs ; divifé en deux parties , l'a
cien & le nouveau Teftament, par le R. I
Guerard , de la Congregation de ſaint Mau feconde édition , in 12. 2 lī
Les Delices de l'Italie , contenant une defcri
ption exacte du Païs , des principales Villes
de toutes les Antiquiteż , & de toutes les Ra
retez qui s'y trouvent ; ouvrage enrichi d'u
tres-grandnombrede figures en taille douce in 12. 4 vol.
Traité des Jardinagės , par M. de la Quintinie in 4 2 vol.
Le Prince Grec, in 12.
12 liv
12 liv
2 liv Hiftoire de D. Quixotte , in 12. 5 vol. 12 1. 10 1
S
Les Fables de la Fontaine , in 12.5 vol. 10 liv
La Princeffe de Cleves , in 12. 2 liv. 10 f
L'Arithmetique de Legendre , in 12. 2 liv. 1o f
La Vie de Cromvvel , de Gregorio Leti , in 12
2 vol.
Les Ocuvres de S. Evremond , in 12.5 vol. 10 1
s liv
Juvenal, de la traduction du P. Tarteron , i
12.
Zayde, in 12. 2 vol,
2 liv . 10 1
4. liy
B
tyle du Confeil , par M. Gauret , in 4 , 5 liv .
tode de la Marine , in 4° , 3 liv.
Traité hiftorique des Monnoyes de France , par
M. le Blanc. in 4 . 9 liv.
3 liv
8 f.
Dialogues entre le Diable Boiteux & le Diable
Borgne , par M. le Noble , in 12 .
Traité de la Parole , in 12. brochure,
Lucien d'Ablancourt , nouvelle édition , augmentée de Notes , in 12. 3 vol. 6 liv.
Numifmata area Imperatorum Auguftorum & C&-
farum in Coloniis , Municipiis & vrbibus Jure
Latio donatis, ex omni modulo percußa , autore
Joanne Foy-Vaillant , in fol. 2 vol. 36 liv.
Hiftoire reduite à fes principes , dediée à
Monfeigneur le Duc de Bourgogne , în 12.
2 vol. 3 liv. 10 f.
Contes des Fées , ou les Chevaliers Errans , &
le Genie Familier, par M. D... in 12. l. 15 f
D. Guzman d'Alfarache , in 12. 3 vol. 7 l. 10 f.
Traduction en vers François des Epigrammes
d'Ovven , in 12. 1 liv. 10 f.
Les Amours de Pfiché , in 12.
La Mufe Moufquetaire , in 12 .
Virgile , de Martignac , in 12 , 3 vol.
2 liv.
2 liv .
6 liv.
Lucrece , de la nature des chofes , avec des remarques fur les endroits les plus difficiles ,
traduction nouvelle , in 12. 2 vol. 4 1. 10 f.
L'Ambiguë d'Auteuil , ou varietez hiftoriques ,
compoféesdu Joueur , du Nouvelifte , du Financier , du Critique , de l'Inconnu , du Sincere ,du Subtif , de l'Hypocrite , & de plufieurs autres perſonnages de differens carac
teres , in 12 . 1 liv. s.f.
Les Avantures d'Appollonius de Tyr , livre rem- pli d'évenemens , & écrit dans le même ftyle
que Telemaque , par M. le B... in 12.
2 liv.
Prince Eraftus , fils de l'Empereur Diocle
tiam ,
in IZ.
, par
2 . 5.
3:
Pe
Abregé de Geographie , & de tout ce qu'il
a de plus remarquable dans chacune des qu tre grandes parties de la Terre , particuliere
ment dans l'Europe & dans le Royaume d
France : le tout mis en ordre pour pouvo
être appris & retenu facilement par cœur avec les routes des Poftes de France & d'E
pagne , dedié à S. A. S. Monfeigneur le Prin
de Dombes M. Poncein , in 12. 1 liv. s Hiftoire fecrete de Bourgogne , in 12. 2 vol.
Vafconiana des , ou Recueil des bons mots ,
fées les plus plaifantes , & des rencontres plus vives des Gafcons ,feconde édition , au 2 liv. mentée ,in iz .
Les Metamorphofes d'Ovide , traduites par
Durier, derniere édition , in 12. 3 vol . 6 11 Les mêmes en Rondeaux , avec figures ,
Bencerade, imprimées à Bruxelles, in 8 °, 4 Les Metamorphofes , ou l'Afne d'or d'Apulés Philofophe Platonicien , avec le Demon
Socrate , traduction en François , avec
Remarques , in 12. 2 vol.
5.
Les Fables d'Efope Phrygien , avec celles Philielphe , traduction nouvelle , enrichie
Difcours moraux & hiftoriques , & de
trains à la fin de chaque difcours , avec
gures. On a ajouté à cette nouvelle trad
tion les Contes d'Efope , les Fables diver
d'Abrias & d'Avienus , in 12. 2 vol . 4 1. 10 Les Memoires de la Vie du Comte D... avant
retraite , contenant diverſes avantures
peuvent fervir d'inftruction à ceux qui on
vivre dans le grand monde; redigez par M
S. Evremont , in 12. 2 vol. 4 liv. 1
Les Memoire de Meffire Roger Rabutin , Con
de Buffy, in 12. 3 vol.
7 liv.
Bij
lem , Ses Lettres , nouv. édit. in 12. 4 vol. 8 I.
es Oeuvres d'Homere , traduites en François
par M. D... enrichies de figures en taille- douce , diviſées en 4 vol. in 12 . ro 1.
Quinte-Curce , de la traduct . de M. de Vaugelas,
avec le Latin à côté , 2 vol. in.12. 4 I. 10 f.
euvres d'Horace en Latin & en François , avec
des Remarques critiques & hiftoriques, deM.
Dacier , troifiéme édition , revûë , corrigée
& augmentée confiderablement par l'Auteur ,
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liftoire de France, P. Marcelle , in 12. 4vol.8 1.
exicon Buxtorfi , in 8 ", liv. 10 f.
Sem Lexicon Paforis Greco- Lat. in 8 , 4 1. 10 f.
orpus Juris Canonici , à Petro Pithocó , cum ap
pendiceJuris Canonici, continens Librumfeptimum
Decretalium, & Fo. Pauli Lancelotti inftitutiones
Juris Canonici, in fol. 2 vol. 20 liv.
es Oeuvres de Maître Guy Coquille , Sieur de
Romaney, 17 03. 2 vol. 13 liv.
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& des Modernes , in 12.
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die & d'une Comedie , & ornée de figures , 4 l .
e la Foffe , avec fes Poëfies , 2 vol. S liv.
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2 liv. 10 f.
3 liv. 10 f.
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defa Vie , avecde nouvelles Remarques , 15. 1.
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de plufieurs Picces qui n'avoient point été imprimées dans les éditions precedentes,avec
figures & Mufique ,
Regnard , 2 vol.
Poiffon , 2 vol.
De Hauteroche ,
14liv liv.
3 liv.
2 liv.10 F
Palaprat , 2. éd. augmentée de plufieurs Comedies qui n'ont pas encore efté imprimées , &
d'un Recueil de Pieces en Vers, 2 vol. 4 1. 10 f.
Baron ,
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1
Le Jaloux défabuſe ,
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Les Airs notez des Comedies Françoises , par
'M. Gillier , in 4º, 7 liv.
Cantates & Arietes de M. le B. fol. 7 liv. 10 f.
Le quatrième Livre des Motets de M. Campra ,
LeMercure Galant
Et broché ,
liv.
11. 10 f.
I l. 5f.
Recueil de Pieces en Vers , adreffées à S. A.S.
Monfeigneur le Duc de Vendôme , & plufieurs
Effais de Poëfies diverfes , par Monfieur de
Palaprat , 1. vol. in 12. 1 1. 10 f.
Et toutes les autres Pieces de Theatre , tanţ
Anciennes que nouvelles
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Résumé : CATALOGUE DES LIVRES NOUVEAUX Imprimez chez PIERRE RIBOU, à Descente du Pont Neuf, à l'Image Saint Loüis.
Le catalogue présente une liste de livres imprimés par Pierre Ribou, situé à la descente du Pont Neuf, à l'Image Saint Louis. Les ouvrages proviennent principalement des Révérends Pères Bénédictins de la Congrégation de Saint Maur. Parmi les publications notables, on trouve les œuvres d'Augustin d'Hippone, enrichies d'index et de la vie du saint, disponibles en différents formats de papier et prix. D'autres œuvres incluent celles de Saint Hilaire, Saint Grégoire de Tours, et une histoire de Bretagne par Dom Guy Alexis Lobineau. Le catalogue mentionne également des méditations quotidiennes, des commentaires sur la règle de Saint Benoît, et divers traités théologiques et historiques. Des ouvrages de M. Baluze, tels que la nouvelle collection des conciles et les conciles de la Narbonnaise, sont également listés. Le catalogue inclut des travaux sur la concorde entre le sacerdoce et l'empire, des dissertations géographiques et historiques, et des vies de papes. Des écrits de l'abbé Armand Jean le Bouthillier de Rance, abbé de la Trappe, traitent de la sainteté et des devoirs de la vie monastique. Le catalogue se termine par une variété d'ouvrages littéraires, historiques et techniques, allant de traductions classiques à des traités sur l'art de tourner, des grammaires, et des histoires de voyages. Le document présente également une liste de divers ouvrages et pièces de théâtre, accompagnés de leurs caractéristiques et prix. Parmi les œuvres mentionnées, on trouve des traductions de classiques anciens comme les 'Métamorphoses' d'Ovide et les 'Fables' d'Ésope, ainsi que des œuvres modernes telles que les 'Mémoires' du Comte D... et de Roger Rabutin. Des pièces de théâtre de Corneille, Racine, Molière, et d'autres auteurs sont également listées, certaines avec des éditions augmentées ou enrichies de figures et de musique. Le document inclut également des ouvrages de géographie, d'histoire, et des recueils de bons mots. Les prix des ouvrages varient, allant de quelques livres à plusieurs dizaines de livres.
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2418
p. 10-17
IDÉE à l'imitation & stile Rabelaisien. L'EQUILIBRE.
Début :
Certain Mechanicien, affectueusement versé és Mechaniques, en estoit si raffolé [...]
Mots clefs :
Boire, Mécanicien, Apprenti, Bouteille, Ivresse, Équilibre, Style rabelaisien
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texteReconnaissance textuelle : IDÉE à l'imitation & stile Rabelaisien. L'EQUILIBRE.
à l'imitation & file 1
Rabelaisien.
L' E QU 1 L IBRE.
:'
Cerrain Mechanicien
,
affectueusement verséés
Mechaniques, en estoit
si raffolé que nebeuvoit,
ne mangeoit, ne parloir,
ny rien
, qui ne fut comparé, induré, pesé,jus-
qu'à l'air qu'il avalloit
par respiration, &C jusqu'au vin qu'ilrespiroit
par avalement
,
Se il en
avalloitsi continuëinent
que boireestoit devenu
en luy une secondé respiration ;
il respiroit
regulierement à déjeuner
deux flacons de piot qu'il
envoyait tirer en cave
par: un) lien.Apprcllti
Mechaniciên, auquel il
recommandoit medeleçondequilibver par for.
qu'il tint une & chacune
d'icclles bouteilles
,
en
chacune des mains de
chacun de ses bras, perpendiculairement pendants, & tête & corps en
ligne droite, comme une
éguille de Balance, de
peur que ne trébuchât ledit porteurau détriment
de son vin déjeunatoire.,
Or comme estoit en
marche reguliere & contre posée ledit Apprenti
,
vinage à dextre, vina.-
ge à fenextre,iceluy par
délicate & scientifique
sensation équilibrique.
sentit sensiblement quelque goûte devinplus en
line bouteille qu'en l'autre
,
ce qui le molesta, 6C
par amour d'équilibre.,
huma eçs gouttes superfluës; mais bien- toit se
tança luy-nlêlne d'avoir
rendu trop legere celle
qui trop pesanteestoit
tlvant) carfe sentit; pencher & boiter du coste
gauche.Alors amour
d'équilibre le reprit de
rechef
,
il rehuma la
pesanteur excedente, &C
huma trop encore cette
feconde fois. Patience,
dit-il,j'y vindray avec
temps &experienceynliâi$
n'ay encore acquis lliabitude de hunier iuflc-;U
de fait, tant plus il hu.;
nioit & tant plus acquêt
roit perfection d'équÏ;.
libre; car enfin finale
vuide dans l'une ne PC-b
fant. pas davantage que
vuide dans l'autre,exquis
libre te trouva es bouteilles; maiséquilibren'y
eut plus en la teste du jeune Apprenti. Tellement
que ne pouvant cheoir
d'aucun des cofstz pour
l'équilibre parfait des
bouteilles vuides, pesant.
teur de teiïelefît tonibex
en facci nez Seboucalleï
le cafTerent, ne groiiilloit
plus ne pieds ny pactes;
Ce qui fit quç le Maiftrfc
ne içachant pas qu'il
estoityvre, ne le crutque
more',1&C& secria, ,/. c'est , 11:
grand dommage du vin.
Or tirer pouvez de ceci
Morale inflruilânte,car
si l'Apprenti n'eut point
voulu chercherpar mechanique trop de perfeétion en l'équilibre des
bouteilles, il ne luy fut
point mesarrivé j ce qui
dénote, que qui veut
trop raffiner és sciences
humaines,s'enyvre de
son scavoir, & s'y
casse le
nez.
Rabelaisien.
L' E QU 1 L IBRE.
:'
Cerrain Mechanicien
,
affectueusement verséés
Mechaniques, en estoit
si raffolé que nebeuvoit,
ne mangeoit, ne parloir,
ny rien
, qui ne fut comparé, induré, pesé,jus-
qu'à l'air qu'il avalloit
par respiration, &C jusqu'au vin qu'ilrespiroit
par avalement
,
Se il en
avalloitsi continuëinent
que boireestoit devenu
en luy une secondé respiration ;
il respiroit
regulierement à déjeuner
deux flacons de piot qu'il
envoyait tirer en cave
par: un) lien.Apprcllti
Mechaniciên, auquel il
recommandoit medeleçondequilibver par for.
qu'il tint une & chacune
d'icclles bouteilles
,
en
chacune des mains de
chacun de ses bras, perpendiculairement pendants, & tête & corps en
ligne droite, comme une
éguille de Balance, de
peur que ne trébuchât ledit porteurau détriment
de son vin déjeunatoire.,
Or comme estoit en
marche reguliere & contre posée ledit Apprenti
,
vinage à dextre, vina.-
ge à fenextre,iceluy par
délicate & scientifique
sensation équilibrique.
sentit sensiblement quelque goûte devinplus en
line bouteille qu'en l'autre
,
ce qui le molesta, 6C
par amour d'équilibre.,
huma eçs gouttes superfluës; mais bien- toit se
tança luy-nlêlne d'avoir
rendu trop legere celle
qui trop pesanteestoit
tlvant) carfe sentit; pencher & boiter du coste
gauche.Alors amour
d'équilibre le reprit de
rechef
,
il rehuma la
pesanteur excedente, &C
huma trop encore cette
feconde fois. Patience,
dit-il,j'y vindray avec
temps &experienceynliâi$
n'ay encore acquis lliabitude de hunier iuflc-;U
de fait, tant plus il hu.;
nioit & tant plus acquêt
roit perfection d'équÏ;.
libre; car enfin finale
vuide dans l'une ne PC-b
fant. pas davantage que
vuide dans l'autre,exquis
libre te trouva es bouteilles; maiséquilibren'y
eut plus en la teste du jeune Apprenti. Tellement
que ne pouvant cheoir
d'aucun des cofstz pour
l'équilibre parfait des
bouteilles vuides, pesant.
teur de teiïelefît tonibex
en facci nez Seboucalleï
le cafTerent, ne groiiilloit
plus ne pieds ny pactes;
Ce qui fit quç le Maiftrfc
ne içachant pas qu'il
estoityvre, ne le crutque
more',1&C& secria, ,/. c'est , 11:
grand dommage du vin.
Or tirer pouvez de ceci
Morale inflruilânte,car
si l'Apprenti n'eut point
voulu chercherpar mechanique trop de perfeétion en l'équilibre des
bouteilles, il ne luy fut
point mesarrivé j ce qui
dénote, que qui veut
trop raffiner és sciences
humaines,s'enyvre de
son scavoir, & s'y
casse le
nez.
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Résumé : IDÉE à l'imitation & stile Rabelaisien. L'EQUILIBRE.
Un mécanicien passionné par les mécaniques comparait et pesait tout, y compris l'air et le vin. Il buvait régulièrement deux flacons de vin au déjeuner. Son apprenti, chargé de porter les bouteilles en équilibre, sentit une différence de poids et but les gouttes superflues. Il en but trop et tomba, ivre. Le maître, ignorant la cause, crut l'apprenti mort et déplora la perte du vin. La morale de cette histoire est que celui qui cherche trop de perfection dans les sciences humaines s'enivre de son savoir et risque de se casser le nez.
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2419
p. 17-18
DIXAIN Sur le stile Marotique.
Début :
Du temps que la Langue Françoise [...]
Mots clefs :
Enfants, Langue française, Style marotique
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DIXAIN Sur le stile Marotique.
DIXAIN
Sur le stile Marotique.
Du temps quela Langue
Françotfè
Estoit dans L'enfancetau..
,
loise,
La France produisoit de
précocesesprits,
Qui dans leur enfantin
langage,
Begayoient des beauter,
dotnousCommessurpris
J'aime lesheureux traits
decetenfantillage;
Jidaijatijjï quandje vois
nosAutheurstriom-
- phants
Affecter ce jargon dans
leur meilleur ouvrage;
Jedis,oh qu'ilfitd bIen.
desgens de cet Deparlercomme âgeles enfants.
Sur le stile Marotique.
Du temps quela Langue
Françotfè
Estoit dans L'enfancetau..
,
loise,
La France produisoit de
précocesesprits,
Qui dans leur enfantin
langage,
Begayoient des beauter,
dotnousCommessurpris
J'aime lesheureux traits
decetenfantillage;
Jidaijatijjï quandje vois
nosAutheurstriom-
- phants
Affecter ce jargon dans
leur meilleur ouvrage;
Jedis,oh qu'ilfitd bIen.
desgens de cet Deparlercomme âgeles enfants.
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2420
p. 19-24
MORT du dernier Dauphin.
Début :
Le 8. de Mars Monseigneur le Dauphin se trouvant en [...]
Mots clefs :
Dauphin, Aumônier, Corps, Duchesse de Ventadour, Carrosse, Mort
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texteReconnaissance textuelle : MORT du dernier Dauphin.
MORT
:
du dernier Dauphin.,
Le 8. de Mars Mon seigneur le Dauphin se trouvant en grand peril de mort,
reçut les Cérémonies du
Biptesme par les mains de
l'Evvesque de Mets, premier
Aumônier
;
il fut nommé
Louis par le Comte de la
Motte & par Madame la
Duchesse de Ventadour
Gouvernante des Enfans de
France, & il mourut le même jour.
Le 10. son corps fut porté à Saint Denis,avec un
cortege de trois Carosses &
de six-vingt flambeaux,
portez par plusieurs Gardes
du Corps & par plusieurs
Pages; dans ïun desquels
estoit le corps.
Mrl'Evsque deMets qui
portoit le cœur.
Madame la Duchesse de
Ventadour.
Mr le Duc de Mortcmar,
premier Gentilhomme de la
Chambre.
Medela Lande Sous gouvernante.
Mrl'Abbédu Cambour,
Aumônier du Roy.
M' le Curé de Versailles.
Un autre Carosse où
estoient huit Gentilshommes ordinaires, qui avoient
porté le cercuëil
,
qui étoient:
Mr de Saint-Olon.
Mrde Chasteau du Bois,
M' Roland.
Mr Charmois.
Mr de la Bussiere.
Mr de la Quiche.
MrBour delin.
Mr Messier.
Suivoit le Carosse des
Femmes de Chambre.
Ces trois Carrossesétoient
suivis de ceux de M. l'Eves-
<|ue de Mets ;de c la Duchesse de Ventadour, & d-c
Mr le Duc de Mortemar.
-:.:
L'Evêque de Mets presenta leCorps au Prieur de l'A'Q.
biye,>ôc fit un très -
beau
Discours
;
après quoy il fie
l'inhumation.
On avoit preparé une
estrade de trois degrez
,
avec un Pavillon de satin
blanc
,
l'espace seulement
depuis Charles le Chauve,
jjjfques aux premiers degrez du Sanctuaire, garnie
de tapis blancs; le Corps
placé sur cette Repre fcnia
tion - on chantaDomini efi
terra. Aprés quoy Mr l E
vesgue de Mets ayant chanté l'Oraison convenable&
mis un peu de terre sur le
Poesse qui envelopoit le
Çerçiicil
,
sans Requiem ny
Kyrie eleïson
,
on descendit
le Corps du Dauphin avec
ses entrailles dans le Caveau,
& fut placé auprès du Corps
de Monseigneur le Duc de
Bretagnesonaîné*, mort le
à 3. Avril 1705.
Les Religieux retirent le
Poëste qui eU de moëre d'argent.
Mr l'Evêque de Mets &
Me la Duchesse de Ventadour à peu-prés avec le
mesme cortege, avec lequel
on y a
porté ceux de
Monseigneur le Dauphin
& deMadame la Dauphine,
porterent en partant de S.
Denis à dix heures du soir,
le cœur du Dauphinau Valde- Grace.
:
du dernier Dauphin.,
Le 8. de Mars Mon seigneur le Dauphin se trouvant en grand peril de mort,
reçut les Cérémonies du
Biptesme par les mains de
l'Evvesque de Mets, premier
Aumônier
;
il fut nommé
Louis par le Comte de la
Motte & par Madame la
Duchesse de Ventadour
Gouvernante des Enfans de
France, & il mourut le même jour.
Le 10. son corps fut porté à Saint Denis,avec un
cortege de trois Carosses &
de six-vingt flambeaux,
portez par plusieurs Gardes
du Corps & par plusieurs
Pages; dans ïun desquels
estoit le corps.
Mrl'Evsque deMets qui
portoit le cœur.
Madame la Duchesse de
Ventadour.
Mr le Duc de Mortcmar,
premier Gentilhomme de la
Chambre.
Medela Lande Sous gouvernante.
Mrl'Abbédu Cambour,
Aumônier du Roy.
M' le Curé de Versailles.
Un autre Carosse où
estoient huit Gentilshommes ordinaires, qui avoient
porté le cercuëil
,
qui étoient:
Mr de Saint-Olon.
Mrde Chasteau du Bois,
M' Roland.
Mr Charmois.
Mr de la Bussiere.
Mr de la Quiche.
MrBour delin.
Mr Messier.
Suivoit le Carosse des
Femmes de Chambre.
Ces trois Carrossesétoient
suivis de ceux de M. l'Eves-
<|ue de Mets ;de c la Duchesse de Ventadour, & d-c
Mr le Duc de Mortemar.
-:.:
L'Evêque de Mets presenta leCorps au Prieur de l'A'Q.
biye,>ôc fit un très -
beau
Discours
;
après quoy il fie
l'inhumation.
On avoit preparé une
estrade de trois degrez
,
avec un Pavillon de satin
blanc
,
l'espace seulement
depuis Charles le Chauve,
jjjfques aux premiers degrez du Sanctuaire, garnie
de tapis blancs; le Corps
placé sur cette Repre fcnia
tion - on chantaDomini efi
terra. Aprés quoy Mr l E
vesgue de Mets ayant chanté l'Oraison convenable&
mis un peu de terre sur le
Poesse qui envelopoit le
Çerçiicil
,
sans Requiem ny
Kyrie eleïson
,
on descendit
le Corps du Dauphin avec
ses entrailles dans le Caveau,
& fut placé auprès du Corps
de Monseigneur le Duc de
Bretagnesonaîné*, mort le
à 3. Avril 1705.
Les Religieux retirent le
Poëste qui eU de moëre d'argent.
Mr l'Evêque de Mets &
Me la Duchesse de Ventadour à peu-prés avec le
mesme cortege, avec lequel
on y a
porté ceux de
Monseigneur le Dauphin
& deMadame la Dauphine,
porterent en partant de S.
Denis à dix heures du soir,
le cœur du Dauphinau Valde- Grace.
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Résumé : MORT du dernier Dauphin.
Le 8 mars, le Dauphin, fils du roi de France, fut baptisé par l'évêque de Metz et nommé Louis par le comte de la Motte et la Duchesse de Ventadour, avant de décéder le même jour. Le 10 mars, son corps fut transporté à l'abbaye de Saint-Denis dans un cortège composé de trois carrosses et de soixante flambeaux, portés par des Gardes du Corps et des Pages. L'évêque de Metz portait le cœur du Dauphin. Le cortège incluait également la Duchesse de Ventadour, le duc de Mortemar, Madame Lande, l'abbé du Cambour et le curé de Versailles. Un autre carrosse transportait huit gentilshommes ayant porté le cercueil. L'évêque de Metz remit le corps au prieur de l'abbaye, qui prononça un discours avant l'inhumation. Le corps du Dauphin, avec ses entrailles, fut placé dans le caveau auprès du duc de Bretagne, son aîné, décédé en 1705. Après la cérémonie, l'évêque de Metz et la Duchesse de Ventadour transportèrent le cœur du Dauphin au Val-de-Grâce.
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2421
p. 77-91
MORTS.
Début :
Dame Susanne de Montgommery de Ducé, Epouse de Mre Antoine [...]
Mots clefs :
Roi, Maisons, Famille, Généalogie, Marquis, Lieutenant
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS.
MORTS.
Dame Susanne de Montgommery de Ducé, Epouse de Mre Antoine François Gaspard de Colins,
Comte deMortagne, premier Ecuyer de S. A. R.
Madame, mourut le 18.
Janvier 1712. âgée de 64.
ans.
Elle estoit de l'Illustre
Maison de Montgommery
de Normandie, tire son
origine des Comtes de
Montgommery
,
qui font
les seconds Comtes d'Angleterre
: tout le monde
sçait l'avanture d'un Seigneur de cette Maison, qui
rompant une lance dans
un tournoiscontre le Roy
Henry II. eut le malheur
de le blesser à mort par un
éclatquisortit de sa lance.
Cette Maison a
donné plusieurs Generaux d'armée
,
&a toujours tenu un rang fort considerable dans le
Royaume; elle avoit épousé en premieres nôces, le
Comte de Quentin en Bretagne, de l'ancienne Maison de Gouyon, de laquelle
M.deMatignon &plusieurs
autresSeigneurstirent leur
origine. Mr le Comte de
Mortagne a
long
-
temps
servy le Roy en qualité de
fous Lieutenant des Chevaux-Legers de la Reine:
le Roy luy donna pour recompense de ses services
,
la Compagnie des Gensd'armes de feu Monseigneur le Duc de Bourgogne.
DomHorotioAlbani,fre-
re du Pape, mort à Rome
le 23.Janvier 1712.
La Maison d'Albani a
donné autrefois un Cardinalillustre à l'Eglise, qui
acomposéplusieurs grands
Ouvrages, i! vivoit fousles
Pontificats dePaul v.&de
Gregoire XIII. on le regardoit dans son temps comme un sujet digne de la
Thiare
,
il y a eu ancien-
-
nement un General des
Troupes du Pape de ce
nom là.
Guillaume Daton ,Evesqued'Ossery en Irlande
J
est mort en l'Abbaye de la
Couture, au Mans, le26.
Janvier 1712. âgé de 69.
ans, il y
estoit retiré depuis
son exil, & y
demeuroit depuis 14. ans.
Mr l'Evesque d-ofrery
estoit forty de noble Mai-
[on, il avoir estéDocteur
de Sorbonne, & avoit quitté la France pour songer au salut de ses Comparriotes; on le nomma Evesque
d'Offery qui est un des
principaux Sieges de l'Irlande, il remplitce poste
avec l'applaudissement du
public, ayant estéchassé de
son Siege, feu Mr du Mans
l'appelladansson Diocese
où il luy a
donné durant 14.
ans,une Pension de cinq
cent écus, tout le monde
honoroit & respectoit sa
vertu; ces deux Prélats
moururenttous les deux le'
même jour.
Dame Marie
-
Magdelaine Chapelier, Epouse de
Mre JeanJacques de SurbecK, Lieutenant General
desArmées du Roy, &
Colonel d'un Regimeènt
Suisse, mortle 21. Fevrier
1712. elle estoit sœur de Mr
Chappelier, mort Doyen
de S. Germain-l'Auxerois.
Cette Dame a
laissé deux
enfans, dont l'aisné qui est
Major sert depuis l'âge
de dix-sept ans
,
avec
beaucoup de distinction :
sa fille avoit épouséMonsieur le Comte de Beranger Colonel d'Infanterie,
qui a
estétué au service du Roy, il estoitfilsde
MrleComte-Dugas, Chef
de l'illustre Maison de Beranger en Dauphiné.
Mre Jules d'Arnolsini-de-
Magnac ,Chevalier de
l'Ordre Militaire de Saint
Loüis
,
Lieutenant General des ArméesduRoy,
Gouverneur de Montdauphin,&Inspecteur General de la Cavalerie &des
Dragons, mourut le 23. Février, âgé de 73. ans.
Son pereestoit Mr d'Arnolsini, quiaeu l'honneur
de montrer à monter à
Cheval au Roy
,
il avoirun
frere nommé le Marquis
d'Arnosini
,
qui est more
Maréchal des Camps &Armées du Roy.
Mre Marie Jean Baptiste
Colbert, Marquis de Seignelay, Maistre de la Garderobbe du Roy, Brigadier desesArmées&Colo-
*
nel du Regiment deChampagne,mort subitement
le 16.Février 1712. en sa l'.
année. Il estoit fils aisné de
feu Mr le Marquis deSeignelay, Ministre& Secretaire d'Etat, & petit fils de
feu MrColbert aussi Ministre& Secretaired'Eltat,&
Controlleur General des
Finances, & de Marie de
Gouyon de Matignon, qui
en secondes nôces épousa
Charles de Loraine Comte
de Marfan dont elle a eu
des enfans
,
cette Dame
estoit arriere petite filledu
Mareschal de Matignon. Il
avoirépouséen 1708. Marie Loüise Maurice de
Furstemberg, fille d'Antoine Egon,Prince de Furstemberg & de l'Empire,
Gouverneur de rt.leaorac
de Saxe, & de Marie de Ligny
,
dont il laisse deux
filles. ,». j
Mre Hugues Berault, Seigneur de Chemeaux
)
cy-
devant Maistre des Requestes
,
more le. 2.. Mars
17I2.
Il a eu pour sœur
,
Madame la Presidente Molé ,qui estoit mere du dernier President à Mortier
de ce nom, & Madame
Poncet qui a
épousé en
sécondés nôces Mr Feranr,
il avoit épousé une Damoifelle de Beon du Massés de
Luxembourg, qui est fœur
de Mr le Marquis de Beon
cy -
devant Colonel d'Infanterie ,leur mere estoit
de la Maison de Cugnac de
Dampierre;la Maison de
Beon tire son origine des
anciens Princes de Bearn,
dont elle porte les Armes,
ellea
esté alliéeàplusieurs
Maisons Souveraines, &
le Bis-ayeul de cette Dame
Bernard de Beon, Chevalier de l'Ordre, Capitaine
desGens-d'Armes, & Gouverneur du Limosin
*avoit
epouséune-Princessedela
Maison de Luxembourg.
Le 3. Mars Charles de
SaulxMarquis deTavanne,
épousa Marie-Anne- UrsuleAmelot,fille de MrAmelo t
*
lot de Gournay, Ambasadeur en Espagne
,
& Conseiller d'Estat, sa cousine
issuë de germaine.
Il est fils du Marquis de
Tavanne.) Lieutenant General de la Province de
Bourgogne, & de Damoiselle d'Aguesseau fille de
Mr daguesseau, Conseiller d'Etat Ordinaire, &
sœur de Mr d'Aguesseau
,
ProcureurGeneral du Parlement de Paris. La Maison de Saulx-Tavanne tire
son origine d'Allemagne,
où elle a
toujours tenu auf-
si
-
bien qu'en France, un
rang considerable; elleeft
établie dansla Province de
Bourgogne, elleaeu un
Mareschal deFrance nommé le Mareschal deTavanne, on sçait que ce Seigneur parossant tout sanglant des blessures qu'il
avoir reçuës dans un Combat, où il s'estoitsignalé
devant le Roy Henry II.
ce Prince luy mit font collier de l'Ordre au col & le
fit Chevalier de l'Ordre
sur le Champ de Bataille.
La Maison d'Amelot e/t
tres-ancienne & une des
plus considerable de la
Robbe
,
tant par les
grands Emplois qui yont
esté, que par lesAlliances
considerables qu'elle a eu
des J premieres Maisons du
Royaume, comme la Maison de Beon, de Luxembourg, de Vaubecourt
,
de Rohan
,
d'Aumont,&
de Nicolai, &c
Dame Susanne de Montgommery de Ducé, Epouse de Mre Antoine François Gaspard de Colins,
Comte deMortagne, premier Ecuyer de S. A. R.
Madame, mourut le 18.
Janvier 1712. âgée de 64.
ans.
Elle estoit de l'Illustre
Maison de Montgommery
de Normandie, tire son
origine des Comtes de
Montgommery
,
qui font
les seconds Comtes d'Angleterre
: tout le monde
sçait l'avanture d'un Seigneur de cette Maison, qui
rompant une lance dans
un tournoiscontre le Roy
Henry II. eut le malheur
de le blesser à mort par un
éclatquisortit de sa lance.
Cette Maison a
donné plusieurs Generaux d'armée
,
&a toujours tenu un rang fort considerable dans le
Royaume; elle avoit épousé en premieres nôces, le
Comte de Quentin en Bretagne, de l'ancienne Maison de Gouyon, de laquelle
M.deMatignon &plusieurs
autresSeigneurstirent leur
origine. Mr le Comte de
Mortagne a
long
-
temps
servy le Roy en qualité de
fous Lieutenant des Chevaux-Legers de la Reine:
le Roy luy donna pour recompense de ses services
,
la Compagnie des Gensd'armes de feu Monseigneur le Duc de Bourgogne.
DomHorotioAlbani,fre-
re du Pape, mort à Rome
le 23.Janvier 1712.
La Maison d'Albani a
donné autrefois un Cardinalillustre à l'Eglise, qui
acomposéplusieurs grands
Ouvrages, i! vivoit fousles
Pontificats dePaul v.&de
Gregoire XIII. on le regardoit dans son temps comme un sujet digne de la
Thiare
,
il y a eu ancien-
-
nement un General des
Troupes du Pape de ce
nom là.
Guillaume Daton ,Evesqued'Ossery en Irlande
J
est mort en l'Abbaye de la
Couture, au Mans, le26.
Janvier 1712. âgé de 69.
ans, il y
estoit retiré depuis
son exil, & y
demeuroit depuis 14. ans.
Mr l'Evesque d-ofrery
estoit forty de noble Mai-
[on, il avoir estéDocteur
de Sorbonne, & avoit quitté la France pour songer au salut de ses Comparriotes; on le nomma Evesque
d'Offery qui est un des
principaux Sieges de l'Irlande, il remplitce poste
avec l'applaudissement du
public, ayant estéchassé de
son Siege, feu Mr du Mans
l'appelladansson Diocese
où il luy a
donné durant 14.
ans,une Pension de cinq
cent écus, tout le monde
honoroit & respectoit sa
vertu; ces deux Prélats
moururenttous les deux le'
même jour.
Dame Marie
-
Magdelaine Chapelier, Epouse de
Mre JeanJacques de SurbecK, Lieutenant General
desArmées du Roy, &
Colonel d'un Regimeènt
Suisse, mortle 21. Fevrier
1712. elle estoit sœur de Mr
Chappelier, mort Doyen
de S. Germain-l'Auxerois.
Cette Dame a
laissé deux
enfans, dont l'aisné qui est
Major sert depuis l'âge
de dix-sept ans
,
avec
beaucoup de distinction :
sa fille avoit épouséMonsieur le Comte de Beranger Colonel d'Infanterie,
qui a
estétué au service du Roy, il estoitfilsde
MrleComte-Dugas, Chef
de l'illustre Maison de Beranger en Dauphiné.
Mre Jules d'Arnolsini-de-
Magnac ,Chevalier de
l'Ordre Militaire de Saint
Loüis
,
Lieutenant General des ArméesduRoy,
Gouverneur de Montdauphin,&Inspecteur General de la Cavalerie &des
Dragons, mourut le 23. Février, âgé de 73. ans.
Son pereestoit Mr d'Arnolsini, quiaeu l'honneur
de montrer à monter à
Cheval au Roy
,
il avoirun
frere nommé le Marquis
d'Arnosini
,
qui est more
Maréchal des Camps &Armées du Roy.
Mre Marie Jean Baptiste
Colbert, Marquis de Seignelay, Maistre de la Garderobbe du Roy, Brigadier desesArmées&Colo-
*
nel du Regiment deChampagne,mort subitement
le 16.Février 1712. en sa l'.
année. Il estoit fils aisné de
feu Mr le Marquis deSeignelay, Ministre& Secretaire d'Etat, & petit fils de
feu MrColbert aussi Ministre& Secretaired'Eltat,&
Controlleur General des
Finances, & de Marie de
Gouyon de Matignon, qui
en secondes nôces épousa
Charles de Loraine Comte
de Marfan dont elle a eu
des enfans
,
cette Dame
estoit arriere petite filledu
Mareschal de Matignon. Il
avoirépouséen 1708. Marie Loüise Maurice de
Furstemberg, fille d'Antoine Egon,Prince de Furstemberg & de l'Empire,
Gouverneur de rt.leaorac
de Saxe, & de Marie de Ligny
,
dont il laisse deux
filles. ,». j
Mre Hugues Berault, Seigneur de Chemeaux
)
cy-
devant Maistre des Requestes
,
more le. 2.. Mars
17I2.
Il a eu pour sœur
,
Madame la Presidente Molé ,qui estoit mere du dernier President à Mortier
de ce nom, & Madame
Poncet qui a
épousé en
sécondés nôces Mr Feranr,
il avoit épousé une Damoifelle de Beon du Massés de
Luxembourg, qui est fœur
de Mr le Marquis de Beon
cy -
devant Colonel d'Infanterie ,leur mere estoit
de la Maison de Cugnac de
Dampierre;la Maison de
Beon tire son origine des
anciens Princes de Bearn,
dont elle porte les Armes,
ellea
esté alliéeàplusieurs
Maisons Souveraines, &
le Bis-ayeul de cette Dame
Bernard de Beon, Chevalier de l'Ordre, Capitaine
desGens-d'Armes, & Gouverneur du Limosin
*avoit
epouséune-Princessedela
Maison de Luxembourg.
Le 3. Mars Charles de
SaulxMarquis deTavanne,
épousa Marie-Anne- UrsuleAmelot,fille de MrAmelo t
*
lot de Gournay, Ambasadeur en Espagne
,
& Conseiller d'Estat, sa cousine
issuë de germaine.
Il est fils du Marquis de
Tavanne.) Lieutenant General de la Province de
Bourgogne, & de Damoiselle d'Aguesseau fille de
Mr daguesseau, Conseiller d'Etat Ordinaire, &
sœur de Mr d'Aguesseau
,
ProcureurGeneral du Parlement de Paris. La Maison de Saulx-Tavanne tire
son origine d'Allemagne,
où elle a
toujours tenu auf-
si
-
bien qu'en France, un
rang considerable; elleeft
établie dansla Province de
Bourgogne, elleaeu un
Mareschal deFrance nommé le Mareschal deTavanne, on sçait que ce Seigneur parossant tout sanglant des blessures qu'il
avoir reçuës dans un Combat, où il s'estoitsignalé
devant le Roy Henry II.
ce Prince luy mit font collier de l'Ordre au col & le
fit Chevalier de l'Ordre
sur le Champ de Bataille.
La Maison d'Amelot e/t
tres-ancienne & une des
plus considerable de la
Robbe
,
tant par les
grands Emplois qui yont
esté, que par lesAlliances
considerables qu'elle a eu
des J premieres Maisons du
Royaume, comme la Maison de Beon, de Luxembourg, de Vaubecourt
,
de Rohan
,
d'Aumont,&
de Nicolai, &c
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Résumé : MORTS.
En 1712, plusieurs décès et événements familiaux marquants ont été enregistrés. Dame Susanne de Montgommery de Ducé, épouse de M. Antoine François Gaspard de Colins, Comte de Mortagne, est décédée le 18 janvier à l'âge de 64 ans. Issue de la Maison de Montgommery de Normandie, elle avait été précédemment mariée au Comte de Quentin en Bretagne. Son mari avait servi le roi en tant que lieutenant des Chevaux-Légers de la Reine et avait reçu la Compagnie des Gens-d'armes du Duc de Bourgogne. Dom Horatio Albani, frère du Pape, est mort à Rome le 23 janvier. La Maison d'Albani avait produit un cardinal illustre et un général des troupes du Pape. Guillaume Daton, évêque d'Ossery en Irlande, est décédé à l'Abbaye de la Couture au Mans le 26 janvier à l'âge de 69 ans. Exilé en France, il y avait reçu une pension de l'évêque du Mans. Dame Marie Madeleine Chapelier, épouse de M. Jean-Jacques de SurbecK, lieutenant général des armées du roi et colonel d'un régiment suisse, est morte le 21 février. Elle était sœur de M. Chapelier, doyen de Saint-Germain-l'Auxerois, et avait laissé deux enfants. M. Jules d'Arnolsini-de-Magnac, chevalier de l'Ordre Militaire de Saint-Louis, lieutenant général des armées du roi, gouverneur de Montdauphin et inspecteur général de la cavalerie et des dragons, est décédé le 23 février à l'âge de 73 ans. Son père avait enseigné l'équitation au roi, et son frère était maréchal des camps et armées du roi. M. Marie Jean Baptiste Colbert, marquis de Seignelay, maître de la garde-robe du roi, brigadier des armées et colonel du régiment de Champagne, est mort subitement le 16 février. Fils du marquis de Seignelay, ministre et secrétaire d'État, et petit-fils de Jean-Baptiste Colbert, également ministre et contrôleur général des finances, il avait épousé Marie Louise Maurice de Fürstemberg en 1708 et laissé deux filles. M. Hugues Bérault, seigneur de Chemeaux, ancien maître des requêtes, est mort le 2 mars. Sa sœur était Madame la Présidente Molé, mère du dernier président à mortier de ce nom, et Madame Poncet, qui avait épousé M. Ferrant en secondes noces. Il avait épousé une dame de Beon du Massé de Luxembourg, dont la famille tirait son origine des anciens princes de Béarn et avait des alliances avec plusieurs maisons souveraines. Le 3 mars, Charles de Saulx, marquis de Tavanne, a épousé Marie-Anne-Ursule Amelot, fille de M. Amelot de Gournay, ambassadeur en Espagne et conseiller d'État. La Maison de Saulx-Tavanne, originaire d'Allemagne, avait un rang considérable en France et en Bourgogne, et avait produit un maréchal de France. La Maison d'Amelot était également très ancienne et avait des alliances notables avec plusieurs grandes maisons du royaume.
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2422
p. 91-100
Heraults d'Armes.
Début :
L'employ des Heraults d'Armes consistoit à aller dénoncer la guerre, [...]
Mots clefs :
Roi, Prince, Armes, Mort, Hérauts
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Heraults d'Armes.
Heraults d'Armes.
L'employ des Heraults
d'Armes consïstoit à aller
dénoncerla guerre
,
fommer les Villes de se rendre,
& dresserun fidèleProcez
vei bal(commeilsle peuvent encore à present) de
tout ce qu'ils ont fait ôc
dit, ôc detoutcequileur
a
esté respondu. Ils publioient la paix comme ils
dénonçoient la guerre ;
faisoient défenses à tous)
mesme aux Princes, de
l'enfraindre ,à peine d'estre déclarez traistres ôc
perturbateurs du repos public, anfracteurs de la foy
donnée, & criminels de
leze Majesté& ceux qui
contrevenoient à la Paix,
ilslescitoient& mettoient
au Ban, comme par un
dernier remede
,
portant
avec foy le fer & le feu. Anciennement quand ils pur
blioient la Paix, ils estoient
couronnez de guirlandes
d'olivier, & en portoient
des rameaux en leurmain,
& laVilleou laCité-où elle
estoit publiée leur dévoie
un marc d'or, ce qui s'observe encore en ce temps.
Quelquefoisilssignisioient
les pardons ôc les graces
que les Rois ôc les Princes
accordoient aux Sujets qui
estoient tombez dans det
-
fautes cosiderables.
1
Ils sont employez aux
sacre & couronnement de
nos Rois. Ils y
font les cris
-& proclamations ordinaires ;
précedent le Roy allant àl'Offrandeyfont -
employez- à faire les largesses;Au sacre du Roy
Philippe le Bel, Gauthier
de Troye
,
son Hérault
d'Arme, fut habillé des habits que le Roy laissa pour
prendre ceux de la solemnité du sacre
)
& tous les
veftements- Royaux fourrez d'hermine qui cou-
vroient la personne du Roy
en son sacre ( exceptéla
Couronne d'or, le sceptre
& lamain d'yvoire ) appartenoient aux Officiers
d'armes;il en estoit de
mesme aux Couronnements des Reines.
Aux mariages & cérémonies nuptiales ils tenoient leurs rang &eC.
toient lesMessagers,& le
plus souvent en portoient
les premieres paroles,aussi
tous les manteaux Royaux,
ou ceux des Princes &
Princesses, où leur cotte
d'armes estoient déployées
leurappartcnoient anciennement
Aux baptesmes des Ensans des Rois & Princes,
ils déployoient leur cotte
d'armes, les vases
,
éguieres, saliere, bassin à laver,
les manteaux & langes de
parade, labassinoire,dais,
& oreillers des enfans baptisez leur appartenoient,
& après le baptesme ils
jettoient par les ruës des
pieces d'or au peupJe, ôc
crioient par trois fois, largesse, largesse
,
largesse
de
de la part du très-noble
Roy de France
3
pour ce
que Dieu luy a
donné lignée.
Aux festins Royaux que
les Roysfaisoient aux quatre bonnes Festes de l'année, où ils tenoient Cour
pleniere & grand tinel,
ils appelloient le grand
Maistre, le grand Pannetier, le grand Bouteiller
,
Ôc autres anciens Officiers
de la Maison Royale, pour
venir faire leurs offices en
& ce jour ils avoient largesseenriere & nouveaux
habillements, & la coupe
d'or dans laquelle le Roy
beuvoit
,
leur appartenoir.
Ils n'assistoient pas seulement à toutes ces cérémonies desprincesvivante,
mais encore les accompagnoient en leurs obseques
& funerailles ;
d'abord ils
faisoient tendre laSalle de
drap noir, faisoient couvrir le lit
,
&, après avoir
tout ordonné ils se tenoienc
comme les Officiers d'armes le font encore jour &
nuit assis auprès du lit de
parade où est le corps du
défunt, pour presenter
l'aspersoir aux Princes, aux
Prélats,Cours souveraines,
& autres grands Seigneurs,
pour jetter de l'eau benite
sur le lit mortuaire.Enfuite le jour de la pompe funebre ils marchoient en longs
habits de duëil, un peu devant le chef du convoy
& estant arrivez à l'Eglise :
ils enfermoient dans le
tombeau toutes les marques d'honneur, comme la
Couronne, le Sceptre, la
Main de ILIIIice) le Colier
des Ordres, le Casque, l)E..
cu, l'Epéc,les Gantelets,
les Eperons, la Cotte- d'armes, les Estendarts, les Enfeignes, & les Bannieres; &
après que le grand Maistre de 'France.,mettant son
ballon dans la fosse, avoic
prononcé tour bas le Prince est mort, ils crioient à
voix haute par trois fois, le
Prince est mort, priez Dieu
pour son ame.
L'employ des Heraults
d'Armes consïstoit à aller
dénoncerla guerre
,
fommer les Villes de se rendre,
& dresserun fidèleProcez
vei bal(commeilsle peuvent encore à present) de
tout ce qu'ils ont fait ôc
dit, ôc detoutcequileur
a
esté respondu. Ils publioient la paix comme ils
dénonçoient la guerre ;
faisoient défenses à tous)
mesme aux Princes, de
l'enfraindre ,à peine d'estre déclarez traistres ôc
perturbateurs du repos public, anfracteurs de la foy
donnée, & criminels de
leze Majesté& ceux qui
contrevenoient à la Paix,
ilslescitoient& mettoient
au Ban, comme par un
dernier remede
,
portant
avec foy le fer & le feu. Anciennement quand ils pur
blioient la Paix, ils estoient
couronnez de guirlandes
d'olivier, & en portoient
des rameaux en leurmain,
& laVilleou laCité-où elle
estoit publiée leur dévoie
un marc d'or, ce qui s'observe encore en ce temps.
Quelquefoisilssignisioient
les pardons ôc les graces
que les Rois ôc les Princes
accordoient aux Sujets qui
estoient tombez dans det
-
fautes cosiderables.
1
Ils sont employez aux
sacre & couronnement de
nos Rois. Ils y
font les cris
-& proclamations ordinaires ;
précedent le Roy allant àl'Offrandeyfont -
employez- à faire les largesses;Au sacre du Roy
Philippe le Bel, Gauthier
de Troye
,
son Hérault
d'Arme, fut habillé des habits que le Roy laissa pour
prendre ceux de la solemnité du sacre
)
& tous les
veftements- Royaux fourrez d'hermine qui cou-
vroient la personne du Roy
en son sacre ( exceptéla
Couronne d'or, le sceptre
& lamain d'yvoire ) appartenoient aux Officiers
d'armes;il en estoit de
mesme aux Couronnements des Reines.
Aux mariages & cérémonies nuptiales ils tenoient leurs rang &eC.
toient lesMessagers,& le
plus souvent en portoient
les premieres paroles,aussi
tous les manteaux Royaux,
ou ceux des Princes &
Princesses, où leur cotte
d'armes estoient déployées
leurappartcnoient anciennement
Aux baptesmes des Ensans des Rois & Princes,
ils déployoient leur cotte
d'armes, les vases
,
éguieres, saliere, bassin à laver,
les manteaux & langes de
parade, labassinoire,dais,
& oreillers des enfans baptisez leur appartenoient,
& après le baptesme ils
jettoient par les ruës des
pieces d'or au peupJe, ôc
crioient par trois fois, largesse, largesse
,
largesse
de
de la part du très-noble
Roy de France
3
pour ce
que Dieu luy a
donné lignée.
Aux festins Royaux que
les Roysfaisoient aux quatre bonnes Festes de l'année, où ils tenoient Cour
pleniere & grand tinel,
ils appelloient le grand
Maistre, le grand Pannetier, le grand Bouteiller
,
Ôc autres anciens Officiers
de la Maison Royale, pour
venir faire leurs offices en
& ce jour ils avoient largesseenriere & nouveaux
habillements, & la coupe
d'or dans laquelle le Roy
beuvoit
,
leur appartenoir.
Ils n'assistoient pas seulement à toutes ces cérémonies desprincesvivante,
mais encore les accompagnoient en leurs obseques
& funerailles ;
d'abord ils
faisoient tendre laSalle de
drap noir, faisoient couvrir le lit
,
&, après avoir
tout ordonné ils se tenoienc
comme les Officiers d'armes le font encore jour &
nuit assis auprès du lit de
parade où est le corps du
défunt, pour presenter
l'aspersoir aux Princes, aux
Prélats,Cours souveraines,
& autres grands Seigneurs,
pour jetter de l'eau benite
sur le lit mortuaire.Enfuite le jour de la pompe funebre ils marchoient en longs
habits de duëil, un peu devant le chef du convoy
& estant arrivez à l'Eglise :
ils enfermoient dans le
tombeau toutes les marques d'honneur, comme la
Couronne, le Sceptre, la
Main de ILIIIice) le Colier
des Ordres, le Casque, l)E..
cu, l'Epéc,les Gantelets,
les Eperons, la Cotte- d'armes, les Estendarts, les Enfeignes, & les Bannieres; &
après que le grand Maistre de 'France.,mettant son
ballon dans la fosse, avoic
prononcé tour bas le Prince est mort, ils crioient à
voix haute par trois fois, le
Prince est mort, priez Dieu
pour son ame.
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Résumé : Heraults d'Armes.
Les Hérauts d'Armes étaient des officiers chargés de missions cérémonielles et diplomatiques. Leur rôle principal consistait à annoncer la guerre et à sommer les villes de se rendre, ainsi qu'à publier la paix et à en interdire la violation sous peine de trahison et de perturbation de l'ordre public. Ils dressaient des procès-verbaux fidèles de leurs actions et des réponses reçues. Lors de la proclamation de la paix, ils étaient couronnés de guirlandes d'olivier et recevaient un marc d'or. Les Hérauts d'Armes participaient également aux sacres et couronnements des rois, ainsi qu'aux mariages et cérémonies nuptiales des princes. Ils annonçaient les largesses royales lors des baptêmes des enfants de rois et princes, et distribuaient des pièces d'or au peuple. Lors des festins royaux, ils appelaient les officiers de la maison royale à accomplir leurs fonctions et portaient la coupe d'or du roi. Enfin, ils accompagnaient les princes dans leurs obsèques et funérailles, préparant la salle de deuil, présentant l'aspersoir aux dignitaires, et enfermant les insignes royaux dans le tombeau après la proclamation de la mort du prince.
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2423
p. 101-120
AVANTURE de deux Officers.
Début :
Un riche bourgeois de Boulogne, bon homme, mais un peu foible [...]
Mots clefs :
Boulogne, Mariage, Capitaine, Père, Fille, Bal, Officiers, Aventure
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVANTURE de deux Officers.
AVANTVRE
de deux Officiers.
Lettre de Boulogne en
France. MONSIEVR,
Nouslisonsfortrégulièrement vostre Mercure en cette
Ville
J
mais ce que les Dames
Boulonoisesy aiment le mieux
ce
sont les bistoriettes; & commevous ne nous en avezpoint
donné les deux derniers rnoiJ)
nous avons creu que peut-estre
lessajets vous manquoient,voi-
cy une avanture qui vous pourra servir de canevas.
Un riche bourgeois de^
Boulogne, bon homme,
mais un peu foible d'elprit
& fort timide, avoit une
tresjolie filleà marier. Un
Capitaine de nostre garniton qui estoit son hoste,
prit un tel afeendant sur
le bon homme
,
quil ne
put luy refuser sa fille"en
mariage. Cette fille
,
qui
d'ailleurs n'avoit point
d'autreaffaire en teste.consentit par obeïssance à l'épouser, le mariage fut re-
solu. Cependant le pere
nevoulutle conclure qu'aprés qu'il auroic fait un petit voyage à Diepe pour
quelques affaires qu'il falloit y
terminer avant que
de marier sa fille. Il l'emmena avec luy, & promit
au Capitaine qu'il feroit de
retour dans quinze jours
au plus tard.
Cette aimable fille estant arrivée à Diepe avec
son pere, trouva dès le mesme foir, dans l'auberge où
ils descendirent, un jeune
Officier qui devint passion-
nément amoureux d'elle
& s'en fit aimer en peu de
temps. Son pere quis'en
apperceut
,
luy deffendit
de voir le Cavalier. Mais
il n'avoit pas assez de fermeté pour deffendre au Cavalier de lavoir illa vit
en sa presence, & se fit
mesme si bien connoistre
pour homme de famille
noble & riche, que le bon
homme l'eustpréféré au
Capitaines'il eust osé Pour
achever de le déterminer
nostre Cavaliercreut avoir
besoin de luy prouver la
naissance & les richesses.
Il avoit une Terre à dix
lieues de Diepe,oùilfit
un petit voyage de deux
jours feulement pour en
rapporter ses titres & autres preuves convainquantes de ce qu'il estoit.Mais
ce voyage luy cousta cher;
car des qu'il fut party, le
pere ayant terminéses affaires plustost qu'il ne croyoit, & se remettant dans
ridée un Capitaine fier,
emporté, & mesme un peu
brutal., à qui il avoit promis, & qu'il retrouveroit
dans sa maison, sa timidité
le reprit,&il remmena en
diligence sa fille à Boulo
gne, pourconclure avant
que ce nouvel Amant peust
les rejoindre. Le Capitaine
qui attendoit avec impatience le retour de sa maistresse
,
pressa le mariage,
mais elle faisois naistre des
sujets de retardement de
jourenjour. Efin le pere
n'ayant plus la force de resiller à l'empressement du
Capitaine, prépara les noces pour le lendemain.
Cependant l'Officier a-
moureux estant de retour
à Diepe avoit ésté surpris,
comme vous pouvez croire,
de n'y plusretrouver sa
Maistresse.Il cherchoit une
voiture pour Boulogne
,
lorsqu'un Pilote luy promit de l'y mener par mer
en fort peu de temps. Il
accepta le party & s'embarqua. Lesvoilâ en mer
avec un ventsi favorable
qu'ils croyoient desja toucher sa rade de Boulogne
}{)rfqu"'ils apperçûrent un
petit Vaisseau qui venoit
sureux; c'estoit un Capre
Hollandois. Il yavoit avec
cet Officier plusieurs Soldats ramaffcz qui alloient
aussî à Boulogne. L'Officier remarquant que. le
Capre estoit sans canon
,
exhorta les Soldatsà se bien
deffendre
y:
mais les Hollandois
,en nombre fort
superieur,vinrent à l'abordage. Enfin l'Officierfut
fait prisonnier, & ceux qui
le prirent, le voyant magnifiquement vestu,se flaterent d'une forre rançon,
&mirent le Cap versFlessingues. Imaginez-vous le.
desespoir de nostreAmant.
Les Corsaires qui l'avoient
pris n'entendoient point
sa langue: mais par bonheur pour luy un des Equipes du Capre parloit un
peu François
,
& luy servant d'interprete
,
il luy
menagea un accommodement On convint qu'il
leur donneroit en nandissement quelques uns des papiers qu'il avoit sur luy, &
sa parole d'honneur, que
les Corsaires accepterent
sur sa bonne mine, moyennant quoy on le relaschaà
Boulogne feulement pour
vingt
- quatre heures de
temps qu'il leur demanda.
Dés que l'Officier fut
dansla Villeil courut chez
sa Maistresse où le Pere
fut fort surpris de le voir
arriver. Le Pere, la Fille.
&l'Amant, eurent ensemble un éclaircissement, apréslequelJe bon homme,
felon sa foiblessè ordinaire )
témoigna à l'Officier
qu'il eust voulu de bon
coeur luy accorder sa Fille:
mais qu'il craignoit ce Ca-
-
pitaine à qui il avoit donné
sa parole.
L'Officier, sans rien tesmoigner d'un déssein qu'il
avoir sceut adroitement
le nom & la demeure de
ce Capitaine dans Boulogne, & dit au pere qu'il
alloit chercher quelque
moyen d'accommodement à cette affaire. Il
entra dans l'Auberge où
mangeoit ce Capitaine,
dans le moment qu'on alloit Couper. Dès qu'ille
vit entrer il le regardasixement
,
il fut de son
costé
,
surpris en arafii-
geant ce Capitaine, & leur
surprise mutuelle venoit de
ce qu'ils se trouverent un
certain air de ressemblance l'un à l'autre qui les
frappa réciproquement en
mesme temps.
Le dessein de l'Officier,
en allant chercher son rival, estoit de trouver occasion de querelle pour (c
battre contre luy. Mais
cette ressemblance, qui
frappa aussi ceux qui cc..
toient presents
,
fut occasion pour eux d'obliger les
deux Sosiesà boire enfemble.
ble. L'Officier ne put se
dispenser de se mettre à
table avec eux. Il fut triste
ôc réveur pendant tour le
souper: mais le vin qu'on y
butayantmis le Capitaine
en gayeté
,
illuy vint une
imagination gaillardequi
donna lieuànostreOfficier
d'imaginer de son costé ce
que vous verrez dans la
fuite.
Il y
avoit un Bal d'esté
pour une noce chez un
Bourgeois considerable.
Le Capitaine proposa à
l'Officier pour toute mas-
carade de troquer d'habit
avec luy, ce qui fut execu- téeUs allèrent au bal ensemble. Jen'ay point sceu
ce qui s'y passa
,
mais ces
deux honlmes)l'ris apparemment l'un pour fautre,
donneraient sujet à ceux
qui voudroient faire une
Historietre de cette Avanture de s'estendre agréablement sur les méprises
quecela putcauser.
Sur les quatre heures du
matirr leBalfinir,& l'Ofsicier changea le dessein
qu'ilavoit de se battre con-
tre son rival, imaginant un
moyen plus doux pour s'en
défaire, il luy proposa de.
luy donner un déjeuner
mariti)se disant Capitaine
duVaisseau qui l'attendoit.
où illuy promit de donner
mesme s'il vouloit une feste
marine à sa maistresse
,
le
beautemps invita le Capitaine à voir leverl'aurore
ftrr la mer,il accepta le déjeûner,&l'Officierluy demanda seulement un quart
d'heure pour une petite affaire, & le livra à son valet
à qui il avoit doiiiiè le mot
pour le mener tousjours
devant au vaisseau qui attendoit à la rade son prisonnier. CeCapitainefortant du bal n'avoit point
encore change d'habit, ôc
marchoir vers la rade suivy du valet, qui luy dit
comme par une reflexion
soudaine qui luy venoit;je
prévois une plaisante chose,
Monsieur; c'est
que tous lesgens
du Jfaijjcdu de mon Maistre
HJQUS vont prendre pour luy ;
Ce Capiraine prit goust à
la plaisanterie, & dit qu'il
falloit voir s'ils s'y
nié-
prendroient. Ilfaut remarquer que ce valct avoir prévenu ces gensla que ion
Maistre reviendroit; mais
qu'il avoit bu toute lanuit,
& qu'ils ne prissent pas
garde à
ses folies, le Capitaine qui avoit en effet
du vin dans la teste, aborda le vaisseau en criant,
enfans prenez les Armes,
voilà vostre Capitaine qui
revient? en ce moment le
valet leur fit figne qu'ils
le receussent
,
& se sauva sans rien dire pendant
qu'ils faisoienc les hon-
neurs du vaisseau
,
à
celuy
qu'ils croyoient leur prisonnier, trompez par l'habit & la ressemblance.
1
Quand cette ceremonie
eut duréun certain temps,
les Hollandois s'en lasserent, & ayant prrs le large,
le traiterent comme feur
prilonnier qu'ilsemmenerentà Flessingue.
Le Capitaine estant étourdy dcvm & de surprise, & les Hollandais n'entendant pas sa langue, on
juge bien que ie^liirciflfement futimpossible
,
om
l'emmenade force,& il fue
quelquesjoursFlessingue
sans pouvoir retourner à
Boulogne
,
où le Pere
-
timide se mit fous la protection de son gendre,sur la
valeur duquel il se rassura
contre le retour du Capitaine
,
trouvant rautre un
meilleur party pour sa fille
,
le mariage fut conclu avant que le Capitaine
fust revenu de Flessingue,
ils se battirent quelque
temps aprés, leCapitaine
futblessé, tz on les accommoda ensuite de façon
qu'ils sont à present les
meilleurs amis du monde.
de deux Officiers.
Lettre de Boulogne en
France. MONSIEVR,
Nouslisonsfortrégulièrement vostre Mercure en cette
Ville
J
mais ce que les Dames
Boulonoisesy aiment le mieux
ce
sont les bistoriettes; & commevous ne nous en avezpoint
donné les deux derniers rnoiJ)
nous avons creu que peut-estre
lessajets vous manquoient,voi-
cy une avanture qui vous pourra servir de canevas.
Un riche bourgeois de^
Boulogne, bon homme,
mais un peu foible d'elprit
& fort timide, avoit une
tresjolie filleà marier. Un
Capitaine de nostre garniton qui estoit son hoste,
prit un tel afeendant sur
le bon homme
,
quil ne
put luy refuser sa fille"en
mariage. Cette fille
,
qui
d'ailleurs n'avoit point
d'autreaffaire en teste.consentit par obeïssance à l'épouser, le mariage fut re-
solu. Cependant le pere
nevoulutle conclure qu'aprés qu'il auroic fait un petit voyage à Diepe pour
quelques affaires qu'il falloit y
terminer avant que
de marier sa fille. Il l'emmena avec luy, & promit
au Capitaine qu'il feroit de
retour dans quinze jours
au plus tard.
Cette aimable fille estant arrivée à Diepe avec
son pere, trouva dès le mesme foir, dans l'auberge où
ils descendirent, un jeune
Officier qui devint passion-
nément amoureux d'elle
& s'en fit aimer en peu de
temps. Son pere quis'en
apperceut
,
luy deffendit
de voir le Cavalier. Mais
il n'avoit pas assez de fermeté pour deffendre au Cavalier de lavoir illa vit
en sa presence, & se fit
mesme si bien connoistre
pour homme de famille
noble & riche, que le bon
homme l'eustpréféré au
Capitaines'il eust osé Pour
achever de le déterminer
nostre Cavaliercreut avoir
besoin de luy prouver la
naissance & les richesses.
Il avoit une Terre à dix
lieues de Diepe,oùilfit
un petit voyage de deux
jours feulement pour en
rapporter ses titres & autres preuves convainquantes de ce qu'il estoit.Mais
ce voyage luy cousta cher;
car des qu'il fut party, le
pere ayant terminéses affaires plustost qu'il ne croyoit, & se remettant dans
ridée un Capitaine fier,
emporté, & mesme un peu
brutal., à qui il avoit promis, & qu'il retrouveroit
dans sa maison, sa timidité
le reprit,&il remmena en
diligence sa fille à Boulo
gne, pourconclure avant
que ce nouvel Amant peust
les rejoindre. Le Capitaine
qui attendoit avec impatience le retour de sa maistresse
,
pressa le mariage,
mais elle faisois naistre des
sujets de retardement de
jourenjour. Efin le pere
n'ayant plus la force de resiller à l'empressement du
Capitaine, prépara les noces pour le lendemain.
Cependant l'Officier a-
moureux estant de retour
à Diepe avoit ésté surpris,
comme vous pouvez croire,
de n'y plusretrouver sa
Maistresse.Il cherchoit une
voiture pour Boulogne
,
lorsqu'un Pilote luy promit de l'y mener par mer
en fort peu de temps. Il
accepta le party & s'embarqua. Lesvoilâ en mer
avec un ventsi favorable
qu'ils croyoient desja toucher sa rade de Boulogne
}{)rfqu"'ils apperçûrent un
petit Vaisseau qui venoit
sureux; c'estoit un Capre
Hollandois. Il yavoit avec
cet Officier plusieurs Soldats ramaffcz qui alloient
aussî à Boulogne. L'Officier remarquant que. le
Capre estoit sans canon
,
exhorta les Soldatsà se bien
deffendre
y:
mais les Hollandois
,en nombre fort
superieur,vinrent à l'abordage. Enfin l'Officierfut
fait prisonnier, & ceux qui
le prirent, le voyant magnifiquement vestu,se flaterent d'une forre rançon,
&mirent le Cap versFlessingues. Imaginez-vous le.
desespoir de nostreAmant.
Les Corsaires qui l'avoient
pris n'entendoient point
sa langue: mais par bonheur pour luy un des Equipes du Capre parloit un
peu François
,
& luy servant d'interprete
,
il luy
menagea un accommodement On convint qu'il
leur donneroit en nandissement quelques uns des papiers qu'il avoit sur luy, &
sa parole d'honneur, que
les Corsaires accepterent
sur sa bonne mine, moyennant quoy on le relaschaà
Boulogne feulement pour
vingt
- quatre heures de
temps qu'il leur demanda.
Dés que l'Officier fut
dansla Villeil courut chez
sa Maistresse où le Pere
fut fort surpris de le voir
arriver. Le Pere, la Fille.
&l'Amant, eurent ensemble un éclaircissement, apréslequelJe bon homme,
felon sa foiblessè ordinaire )
témoigna à l'Officier
qu'il eust voulu de bon
coeur luy accorder sa Fille:
mais qu'il craignoit ce Ca-
-
pitaine à qui il avoit donné
sa parole.
L'Officier, sans rien tesmoigner d'un déssein qu'il
avoir sceut adroitement
le nom & la demeure de
ce Capitaine dans Boulogne, & dit au pere qu'il
alloit chercher quelque
moyen d'accommodement à cette affaire. Il
entra dans l'Auberge où
mangeoit ce Capitaine,
dans le moment qu'on alloit Couper. Dès qu'ille
vit entrer il le regardasixement
,
il fut de son
costé
,
surpris en arafii-
geant ce Capitaine, & leur
surprise mutuelle venoit de
ce qu'ils se trouverent un
certain air de ressemblance l'un à l'autre qui les
frappa réciproquement en
mesme temps.
Le dessein de l'Officier,
en allant chercher son rival, estoit de trouver occasion de querelle pour (c
battre contre luy. Mais
cette ressemblance, qui
frappa aussi ceux qui cc..
toient presents
,
fut occasion pour eux d'obliger les
deux Sosiesà boire enfemble.
ble. L'Officier ne put se
dispenser de se mettre à
table avec eux. Il fut triste
ôc réveur pendant tour le
souper: mais le vin qu'on y
butayantmis le Capitaine
en gayeté
,
illuy vint une
imagination gaillardequi
donna lieuànostreOfficier
d'imaginer de son costé ce
que vous verrez dans la
fuite.
Il y
avoit un Bal d'esté
pour une noce chez un
Bourgeois considerable.
Le Capitaine proposa à
l'Officier pour toute mas-
carade de troquer d'habit
avec luy, ce qui fut execu- téeUs allèrent au bal ensemble. Jen'ay point sceu
ce qui s'y passa
,
mais ces
deux honlmes)l'ris apparemment l'un pour fautre,
donneraient sujet à ceux
qui voudroient faire une
Historietre de cette Avanture de s'estendre agréablement sur les méprises
quecela putcauser.
Sur les quatre heures du
matirr leBalfinir,& l'Ofsicier changea le dessein
qu'ilavoit de se battre con-
tre son rival, imaginant un
moyen plus doux pour s'en
défaire, il luy proposa de.
luy donner un déjeuner
mariti)se disant Capitaine
duVaisseau qui l'attendoit.
où illuy promit de donner
mesme s'il vouloit une feste
marine à sa maistresse
,
le
beautemps invita le Capitaine à voir leverl'aurore
ftrr la mer,il accepta le déjeûner,&l'Officierluy demanda seulement un quart
d'heure pour une petite affaire, & le livra à son valet
à qui il avoit doiiiiè le mot
pour le mener tousjours
devant au vaisseau qui attendoit à la rade son prisonnier. CeCapitainefortant du bal n'avoit point
encore change d'habit, ôc
marchoir vers la rade suivy du valet, qui luy dit
comme par une reflexion
soudaine qui luy venoit;je
prévois une plaisante chose,
Monsieur; c'est
que tous lesgens
du Jfaijjcdu de mon Maistre
HJQUS vont prendre pour luy ;
Ce Capiraine prit goust à
la plaisanterie, & dit qu'il
falloit voir s'ils s'y
nié-
prendroient. Ilfaut remarquer que ce valct avoir prévenu ces gensla que ion
Maistre reviendroit; mais
qu'il avoit bu toute lanuit,
& qu'ils ne prissent pas
garde à
ses folies, le Capitaine qui avoit en effet
du vin dans la teste, aborda le vaisseau en criant,
enfans prenez les Armes,
voilà vostre Capitaine qui
revient? en ce moment le
valet leur fit figne qu'ils
le receussent
,
& se sauva sans rien dire pendant
qu'ils faisoienc les hon-
neurs du vaisseau
,
à
celuy
qu'ils croyoient leur prisonnier, trompez par l'habit & la ressemblance.
1
Quand cette ceremonie
eut duréun certain temps,
les Hollandois s'en lasserent, & ayant prrs le large,
le traiterent comme feur
prilonnier qu'ilsemmenerentà Flessingue.
Le Capitaine estant étourdy dcvm & de surprise, & les Hollandais n'entendant pas sa langue, on
juge bien que ie^liirciflfement futimpossible
,
om
l'emmenade force,& il fue
quelquesjoursFlessingue
sans pouvoir retourner à
Boulogne
,
où le Pere
-
timide se mit fous la protection de son gendre,sur la
valeur duquel il se rassura
contre le retour du Capitaine
,
trouvant rautre un
meilleur party pour sa fille
,
le mariage fut conclu avant que le Capitaine
fust revenu de Flessingue,
ils se battirent quelque
temps aprés, leCapitaine
futblessé, tz on les accommoda ensuite de façon
qu'ils sont à present les
meilleurs amis du monde.
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Résumé : AVANTURE de deux Officers.
Le texte narre une aventure impliquant un riche bourgeois de Boulogne, sa fille, un capitaine et un officier. Le bourgeois, timide et faible d'esprit, accepte de marier sa fille à un capitaine logé chez lui. Lors d'un voyage à Dieppe, la fille rencontre un officier qui tombe amoureux d'elle et réciproquement. Malgré l'interdiction de son père, la fille continue de voir l'officier. Pour prouver sa noblesse et sa richesse, l'officier part en voyage mais est capturé par des corsaires hollandais. Il est libéré à condition de revenir à Boulogne pour payer une rançon. À son retour, il découvre que la fille doit épouser le capitaine le lendemain. Pour résoudre la situation, l'officier invite le capitaine à bord d'un vaisseau, où ce dernier est capturé à son tour par les Hollandais. Rassuré par l'absence du capitaine, le père conclut le mariage entre sa fille et l'officier. Plus tard, le capitaine, blessé et libéré de Flessingue, se réconcilie avec l'officier, et ils deviennent amis.
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2424
p. 145-153
Morts, [titre d'après la table]
Début :
M. Nicolas Catinat Marêchal de France, connu par ses grandes actions, [...]
Mots clefs :
Catinat, Famille, Parlement
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texteReconnaissance textuelle : Morts, [titre d'après la table]
M. Nicolas CatinatMarêchal de France, connu
par ses grandes actions,
mourut sans alliance le 2 3.
Février 1712. en sa terre de
St. Gratian prés Paris, en
a 74.année.
Il étoit filspuisné de M.
Pierre Catinat, mort
Doyen des Conseillers du
Parlement, &deFrançoise
Poille, Dame de St. Gratian, & avoit pour frere
aisné René Catinat, Seigneur de St. Mars Concilier
d'honneur
au Parlement,
mort e$ Janvier 1704. qui
de FrançoiseFrezon,alaisfé pour enfans Louis Catinat,Abbé de St. Julien
de Tours, & PierreCarinat
Seigneur de St. Mars, aujourd'huy Concilier au
Parlement, qui a
épousé
en Juin 1700. Marie Fraguier fille de Nicolas Fraguier, Seigneur de Guyennés.,Conseiller au Parlement) & de Jeanne Charpentier.
La famille de Mr. Catinac aussi modeste qu'il
était n'a jamais voulu donner des mémoires que je
suis obligé de chercher
ailleurs,cela m'a fait differer le reste de cet article
au mois prochain,en resormant ce qui pourroit être
défectueux dans ce petit
article.
M. N. Barjavel Prêtre,
qui avoit été nommé Abbé
de la Vernuce en Aoust
1711. mourut le 24. Février
1711.
M. François Paul le Févre Chancelier, Seigneur
d'Ormesson, du Cheret, &
Maître des Requêtes &
Intendant de la Generaliré
de SoiifoIlS, mourut subitement à Paris, le 21. Février.
M. Claude Châtelain,
Chanoine honoraire de l'Esaglise de Paris, mourut en
maisonClaustralele20.
de ce mois, âge de 73. ans.
Il ya quelques années qu'il
s'était démis de son Canonicat, en faveur de l'Abbé
Châtelain de Tilly son neveu. C'était un homme
d'une érudition profonde,
particulierement en ce qui
concernoit l'Histoire des
Saints,quiestle nom qu'on
peut donner au Martyrologeuniversel,que ses infirmités causées par une
grande aplication & un
grand travail, l'ont empêché d'achever; enfinson
éloge est contenu dans ce
qu'en a
dit un celebre au.
theury,Catfellanumsuum non
cognovit sœculum,que le Géclen'a pas connu ce que
valoitunde ceux qu'il doit
compter au nombre de ses
grands hommes. En effet
les plus sçavans Prélats, les
Autheurs les plus illustres
ne mettoient point la der-
niere main à
leurs ouvrages
sans l'avoir consulté, &
trouvoient chez luy des
décisions fures ôc sçavanres.
C'est une perte nonfeulement pour la France, mais
pour l'Italie, pour l'Espagne, Hollande, Rome,Milan, & autres lieux,d'où il
étoit consulté. Le sçavant
Pere Papebroh d'Anvers
avoit avec lui un comerce
d'érudition, Enfin la reforme des Breviaires de Paris,
de Cluny, de Sens, d'Orléans, d'Evreux, de Lion
& une infinité d'autres, ne
3(k>ic fil puretéqu'à l'exacte
capacité qu'il avoit ssir ces,
matieres dans lesquelles il
étoit consommé.
Danie Helene d'Aligre,
_'feuve de M. Claude de
Laubespine, Marquis de
Verderonne, mourut le 16.
Mars1712.
M. Gabriel du Maitz
Chevalier Seigneur de
Goimpy, St Leger &c. Intendant de justice.Police,
Finance& Marine aux Isles
de Terre ferme & de TAr
merique ,mourut le 19,
Mars 1712..
Dame Anne le Clerc de
Lesseville, épouse de M.
Armand de St. Martin,
Chevalier Seigneur de Taverny, Montabois &c.
Conseiller du Royen sa
Cour de Parlement, mourut le 21. Mars 1712.
On parlera de cet article & de quelques autres
de ce mois-ci plus amplement dans l'autre, & l'on
tâchera d'orner les articles
ainsi differezde quelques éruditionshiftoriquessur ces
familles ou sur d'autres
faits qui conviendront au
sujet, afin de dédommager
l'anciennetéde ces nouvelles dont il est difficile d'avoir fitôc des mémoires.
N
par ses grandes actions,
mourut sans alliance le 2 3.
Février 1712. en sa terre de
St. Gratian prés Paris, en
a 74.année.
Il étoit filspuisné de M.
Pierre Catinat, mort
Doyen des Conseillers du
Parlement, &deFrançoise
Poille, Dame de St. Gratian, & avoit pour frere
aisné René Catinat, Seigneur de St. Mars Concilier
d'honneur
au Parlement,
mort e$ Janvier 1704. qui
de FrançoiseFrezon,alaisfé pour enfans Louis Catinat,Abbé de St. Julien
de Tours, & PierreCarinat
Seigneur de St. Mars, aujourd'huy Concilier au
Parlement, qui a
épousé
en Juin 1700. Marie Fraguier fille de Nicolas Fraguier, Seigneur de Guyennés.,Conseiller au Parlement) & de Jeanne Charpentier.
La famille de Mr. Catinac aussi modeste qu'il
était n'a jamais voulu donner des mémoires que je
suis obligé de chercher
ailleurs,cela m'a fait differer le reste de cet article
au mois prochain,en resormant ce qui pourroit être
défectueux dans ce petit
article.
M. N. Barjavel Prêtre,
qui avoit été nommé Abbé
de la Vernuce en Aoust
1711. mourut le 24. Février
1711.
M. François Paul le Févre Chancelier, Seigneur
d'Ormesson, du Cheret, &
Maître des Requêtes &
Intendant de la Generaliré
de SoiifoIlS, mourut subitement à Paris, le 21. Février.
M. Claude Châtelain,
Chanoine honoraire de l'Esaglise de Paris, mourut en
maisonClaustralele20.
de ce mois, âge de 73. ans.
Il ya quelques années qu'il
s'était démis de son Canonicat, en faveur de l'Abbé
Châtelain de Tilly son neveu. C'était un homme
d'une érudition profonde,
particulierement en ce qui
concernoit l'Histoire des
Saints,quiestle nom qu'on
peut donner au Martyrologeuniversel,que ses infirmités causées par une
grande aplication & un
grand travail, l'ont empêché d'achever; enfinson
éloge est contenu dans ce
qu'en a
dit un celebre au.
theury,Catfellanumsuum non
cognovit sœculum,que le Géclen'a pas connu ce que
valoitunde ceux qu'il doit
compter au nombre de ses
grands hommes. En effet
les plus sçavans Prélats, les
Autheurs les plus illustres
ne mettoient point la der-
niere main à
leurs ouvrages
sans l'avoir consulté, &
trouvoient chez luy des
décisions fures ôc sçavanres.
C'est une perte nonfeulement pour la France, mais
pour l'Italie, pour l'Espagne, Hollande, Rome,Milan, & autres lieux,d'où il
étoit consulté. Le sçavant
Pere Papebroh d'Anvers
avoit avec lui un comerce
d'érudition, Enfin la reforme des Breviaires de Paris,
de Cluny, de Sens, d'Orléans, d'Evreux, de Lion
& une infinité d'autres, ne
3(k>ic fil puretéqu'à l'exacte
capacité qu'il avoit ssir ces,
matieres dans lesquelles il
étoit consommé.
Danie Helene d'Aligre,
_'feuve de M. Claude de
Laubespine, Marquis de
Verderonne, mourut le 16.
Mars1712.
M. Gabriel du Maitz
Chevalier Seigneur de
Goimpy, St Leger &c. Intendant de justice.Police,
Finance& Marine aux Isles
de Terre ferme & de TAr
merique ,mourut le 19,
Mars 1712..
Dame Anne le Clerc de
Lesseville, épouse de M.
Armand de St. Martin,
Chevalier Seigneur de Taverny, Montabois &c.
Conseiller du Royen sa
Cour de Parlement, mourut le 21. Mars 1712.
On parlera de cet article & de quelques autres
de ce mois-ci plus amplement dans l'autre, & l'on
tâchera d'orner les articles
ainsi differezde quelques éruditionshiftoriquessur ces
familles ou sur d'autres
faits qui conviendront au
sujet, afin de dédommager
l'anciennetéde ces nouvelles dont il est difficile d'avoir fitôc des mémoires.
N
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Résumé : Morts, [titre d'après la table]
En 1712 et 1711, plusieurs décès notables ont été enregistrés. Nicolas Catinat, maréchal de France, est décédé le 23 février 1712 à 74 ans à Saint-Gratien près de Paris. Fils de Pierre Catinat et de Françoise Poille, il avait pour frère aîné René Catinat, mort en janvier 1704, qui avait deux enfants : Louis Catinat, abbé de Saint-Julien de Tours, et Pierre Catinat, seigneur de Saint-Mars. Parmi les autres décès, M. N. Barjavel, abbé de la Vernuce, est mort le 24 février 1711. M. François Paul Le Fèvre, chancelier et intendant de Soissons, est décédé subitement à Paris le 21 février. M. Claude Châtelain, chanoine honoraire de l'église de Paris, est mort le 20 février à 73 ans. D'autres décès notables incluent Dame Hélène d'Aligre, veuve de M. Claude de Laubespine, décédée le 16 mars 1712 ; M. Gabriel du Maitz, intendant aux îles de Terre ferme et d'Amérique, mort le 19 mars 1712 ; et Dame Anne Le Clerc de Leseville, épouse de M. Armand de Saint-Martin, décédée le 21 mars 1712. Des informations supplémentaires sur ces personnes et leurs familles seront fournies dans un article futur.
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2425
p. 153-156
NOUVELLE RECENTE
Début :
Il vient d'arriver une nouvelle de Flandre dont le fond est [...]
Mots clefs :
Flandre, Ennemis, Détachement
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : NOUVELLE RECENTE
NOUVELLE RECENTE
Il vient d'arriver une
nouvelle de Flandre dont
le fond est déjàcomfirmé,
mais comme l'Impression
presse, on ne vous donne
icy que le premier détail
qui en est venu, & dont
quelques circonitances
pouroient être sujetes à
re-
forme: voici ce qu'on en
dit aujourd'huy.
M. de Vivans avoit fait
un détachement pour faciliter l'arrivée d'un convoy pour Maubeuge, 4
pour achever d'en remplir
les magazins comme on a
fait dans toutes nos places,
nos gens conduisent se
convoylorsqu'ils eurentavis que cinq-cent chevaux
des ennemi venoient pour
l'enlever
,
les nostresjugerent que les ennemis
les voyant un nombre a
peu prés égal n'entrepren-
». droient pas de les attaquer.
Nôtre commandant mit
en embuscade la plus
grande partie de son efcorte, & marcha tres lentement avec le reste, qui
étant en tres petit nombre
attira les ennmis & c'est ce
qu'il souhaittoit; car après
une maneuvre dont on ne
sçait pas encore bien le détail, on fit donner insensiblement les ennemis dans
l'embuscade, & tous se rejoignirent sur eux,enforte
qu'ils -ont ététaillez en pièces, on dit que tous nos
gens ainsi réunis ne compofoient encore qu'environ quatre-cent hommes.
Il vient d'arriver une
nouvelle de Flandre dont
le fond est déjàcomfirmé,
mais comme l'Impression
presse, on ne vous donne
icy que le premier détail
qui en est venu, & dont
quelques circonitances
pouroient être sujetes à
re-
forme: voici ce qu'on en
dit aujourd'huy.
M. de Vivans avoit fait
un détachement pour faciliter l'arrivée d'un convoy pour Maubeuge, 4
pour achever d'en remplir
les magazins comme on a
fait dans toutes nos places,
nos gens conduisent se
convoylorsqu'ils eurentavis que cinq-cent chevaux
des ennemi venoient pour
l'enlever
,
les nostresjugerent que les ennemis
les voyant un nombre a
peu prés égal n'entrepren-
». droient pas de les attaquer.
Nôtre commandant mit
en embuscade la plus
grande partie de son efcorte, & marcha tres lentement avec le reste, qui
étant en tres petit nombre
attira les ennmis & c'est ce
qu'il souhaittoit; car après
une maneuvre dont on ne
sçait pas encore bien le détail, on fit donner insensiblement les ennemis dans
l'embuscade, & tous se rejoignirent sur eux,enforte
qu'ils -ont ététaillez en pièces, on dit que tous nos
gens ainsi réunis ne compofoient encore qu'environ quatre-cent hommes.
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Résumé : NOUVELLE RECENTE
Une récente nouvelle en provenance de Flandre rapporte qu'un détachement commandé par M. de Vivans avait été envoyé pour faciliter l'arrivée d'un convoi destiné à approvisionner Maubeuge. Alors que les troupes françaises conduisaient le convoi, elles rencontrèrent environ cinq cents cavaliers ennemis cherchant à l'intercepter. Les Français, bien que moins nombreux, jugèrent que les ennemis n'oseraient pas les attaquer en raison de la proximité des effectifs. Le commandant français mit alors en place une embuscade avec la majeure partie de ses forces, tandis qu'un petit groupe avançait lentement pour attirer les ennemis. Cette manœuvre permit de surprendre les assaillants, qui furent pris au piège et vaincus. Les forces françaises, réunies, ne comptaient qu'environ quatre cents hommes.
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2426
p. 156-158
SERENISSIMI GALLIARUM DELPHINI ET DELPHINAE EPITAPHIUM.
Début :
Hîc quos aeterno deflebit Gallia luctu [...]
Mots clefs :
Épitaphes, France, Dauphin, Mort
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SERENISSIMI GALLIARUM DELPHINI ET DELPHINAE EPITAPHIUM.
SERENISSIMI
GALLIARUM DELPHINI
ET DELPHINÆ
EPITAPHIUM.
Hie(\uosatcrnodefhbit
Gallia luctu
Conjugu atque viripulvis & umbra jacent.
Hisidem tumulus> qui-
bus unum pettns
amore,
Ereptis morbopr&cipitique nece.
O crudele nimis satum !
mediâ cecidere jut'fJenta
Nostraque cum Mis, heu!
gaudiaspesque cadunt.
Hos immica rapitfors
quos-rnodo regna manebant;
Imperio meritis major
uterque fuis.
Hæc Delphinafuit w-
tute ~&sanguine clara,
Hic Delphinusamorgentisy & omne deem.
jtibftuht bunc nobis florentibusAtropos annis,
hiha quem optabantgloria nostra ruit.
Huicnumquam fuerat
neque par pietate futUYW,
Hunc Musastudiisinstitucre (ÙiJ.
Huncmors invidit Regem,il'lrvidrfJet & orbisj
Luctibus huic nostrisvita perenniserit
GALLIARUM DELPHINI
ET DELPHINÆ
EPITAPHIUM.
Hie(\uosatcrnodefhbit
Gallia luctu
Conjugu atque viripulvis & umbra jacent.
Hisidem tumulus> qui-
bus unum pettns
amore,
Ereptis morbopr&cipitique nece.
O crudele nimis satum !
mediâ cecidere jut'fJenta
Nostraque cum Mis, heu!
gaudiaspesque cadunt.
Hos immica rapitfors
quos-rnodo regna manebant;
Imperio meritis major
uterque fuis.
Hæc Delphinafuit w-
tute ~&sanguine clara,
Hic Delphinusamorgentisy & omne deem.
jtibftuht bunc nobis florentibusAtropos annis,
hiha quem optabantgloria nostra ruit.
Huicnumquam fuerat
neque par pietate futUYW,
Hunc Musastudiisinstitucre (ÙiJ.
Huncmors invidit Regem,il'lrvidrfJet & orbisj
Luctibus huic nostrisvita perenniserit
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Résumé : SERENISSIMI GALLIARUM DELPHINI ET DELPHINAE EPITAPHIUM.
Le texte est une épitaphe dédiée au Dauphin et à la Dauphine de Gaule, décédés prématurément. Leur mort soudaine et brutale plonge la Gaule dans le deuil. Unis par un amour profond, ils étaient appréciés pour leur noblesse et leurs mérites. Leur décès prive la nation de leur gloire espérée et laisse une vie de deuil.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2427
p. 159-166
Dernieres nouvelles. du 25. Mars.
Début :
Tous les Colonels ont eu ordre de partir pour se rendre [...]
Mots clefs :
Nouvelles, Roi, Reine, Colonel
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Dernieres nouvelles. du 25. Mars.
Dcrmeres nouvelles.
du25.Mars.
Tous les Colonels
ont eu ordre de partir pour se rendre à leurs
Regimens,lesOfficiers
Generaux n'ont eu orf
dre que de se tenir prêts.
..- Le gouvernement de
Fort-L. ouis l'd 1
a
étédonné
àM.de Permangle.
- On écrit que les
Turcs sont entrez en
Pologne avec le Roy
de Suede, &que sur
y cet avis, on a
changé
les dispositions du voyage de l'Archiduc en
Hongrie. On a contremandé plusieurs regimens qui avoientordre
d'aller en Flandres.
Dans le Mercure de
Septembre dernier on
a
oublié dans l'article
des mariages celuyd'un
homme de cent deux
ans qui avoit épousé
une femme de soixante
&dix-huitans,on en fie
les noces à S. Lo. Et ce
mary
mary nommé1Antoine
de laRillere. Thiboust,
est mort le quatre de
ce mois.
C'est un Colonel Espagnol nommé Scevola
qui a
défait les cinqcent chevaux dont on
parle dans l41 autre en,
droit du Mercure.
Mr. le Prince de
Dombes est hors de
danger.
M. de Vandôme est
guéri de sa goutte, qui
avoit retardé son voyage sur la Frontiere de
Valence pour avancer
la Campagne.
C'est la Reyne d'Espagne qui aprit la mort
de Monseigneurle Dauphin au Roy son frere,
on ne sçauroit exprimer
la douleur du Roy &
de la Reyne,ni la part
que les Espagnols yont
pris.
Le Roy a
fait la Scene comme de coûtume
le JeudySaint, en lavant les pieds à douze
pauvres,servis par Monseigneur le Duc de Berry
,
Monsieur le Duc
d'Orleans, Se d'autres
Princes & Seigneurs.
M. l'Evêque de Tournay a
fait l'Absoute, &
l'Abbé de Copis de la
Fare le discours ordinaire.
Le 5. de ce mois le
Milord Pelham mourut
subitement à sa maison
de Campagne, proche
Londres.
Le Chevalier de Soifsons, neveu du Prince
Eugene, est mort de la
petite verole.
Le 7. de ce mois le
Duc d'Ormond fut déclaré General & Commandant en Chef des
Troupes qui sont aux
Pays-bas,à la solde de
la Reyne 5
le Comte
d'Arran
,
son frere, a
été
fait Grand Maistre de
l'Artillerie en Irlande.
Le Duc de Beaufort
a
été fait Gouverneur
du Comté de Glocerter
à la place du Comte
Berklei.
Le Procurateur Ruzzini est parti de Venise
pour se rendre en Hollande, & assister aux
Conferences d'Utrech
pour la paix.
Dona Bernardina veuve de Dom Harazio
Albani %'ctf retirée dans
le Monastere de Torre
de Specchi.
du25.Mars.
Tous les Colonels
ont eu ordre de partir pour se rendre à leurs
Regimens,lesOfficiers
Generaux n'ont eu orf
dre que de se tenir prêts.
..- Le gouvernement de
Fort-L. ouis l'd 1
a
étédonné
àM.de Permangle.
- On écrit que les
Turcs sont entrez en
Pologne avec le Roy
de Suede, &que sur
y cet avis, on a
changé
les dispositions du voyage de l'Archiduc en
Hongrie. On a contremandé plusieurs regimens qui avoientordre
d'aller en Flandres.
Dans le Mercure de
Septembre dernier on
a
oublié dans l'article
des mariages celuyd'un
homme de cent deux
ans qui avoit épousé
une femme de soixante
&dix-huitans,on en fie
les noces à S. Lo. Et ce
mary
mary nommé1Antoine
de laRillere. Thiboust,
est mort le quatre de
ce mois.
C'est un Colonel Espagnol nommé Scevola
qui a
défait les cinqcent chevaux dont on
parle dans l41 autre en,
droit du Mercure.
Mr. le Prince de
Dombes est hors de
danger.
M. de Vandôme est
guéri de sa goutte, qui
avoit retardé son voyage sur la Frontiere de
Valence pour avancer
la Campagne.
C'est la Reyne d'Espagne qui aprit la mort
de Monseigneurle Dauphin au Roy son frere,
on ne sçauroit exprimer
la douleur du Roy &
de la Reyne,ni la part
que les Espagnols yont
pris.
Le Roy a
fait la Scene comme de coûtume
le JeudySaint, en lavant les pieds à douze
pauvres,servis par Monseigneur le Duc de Berry
,
Monsieur le Duc
d'Orleans, Se d'autres
Princes & Seigneurs.
M. l'Evêque de Tournay a
fait l'Absoute, &
l'Abbé de Copis de la
Fare le discours ordinaire.
Le 5. de ce mois le
Milord Pelham mourut
subitement à sa maison
de Campagne, proche
Londres.
Le Chevalier de Soifsons, neveu du Prince
Eugene, est mort de la
petite verole.
Le 7. de ce mois le
Duc d'Ormond fut déclaré General & Commandant en Chef des
Troupes qui sont aux
Pays-bas,à la solde de
la Reyne 5
le Comte
d'Arran
,
son frere, a
été
fait Grand Maistre de
l'Artillerie en Irlande.
Le Duc de Beaufort
a
été fait Gouverneur
du Comté de Glocerter
à la place du Comte
Berklei.
Le Procurateur Ruzzini est parti de Venise
pour se rendre en Hollande, & assister aux
Conferences d'Utrech
pour la paix.
Dona Bernardina veuve de Dom Harazio
Albani %'ctf retirée dans
le Monastere de Torre
de Specchi.
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Résumé : Dernieres nouvelles. du 25. Mars.
Le 25 mars, divers ordres militaires ont été donnés : les colonels doivent rejoindre leurs régiments et les officiers généraux se tenir prêts. M. de Permangle a été nommé gouverneur de Fort-Louis. Les Turcs, accompagnés du roi de Suède, ont envahi la Pologne, modifiant les plans de l'archiduc en Hongrie et annulant le déplacement de régiments vers les Flandres. Le Mercure de septembre a omis de mentionner le mariage d'Antoine de la Rillere Thiboust, cent deux ans, avec une femme de soixante-dix-huit ans, décédé le 4 mars. Le colonel espagnol Scevola a vaincu cinq cents cavaliers. Le prince de Dombes est hors de danger et M. de Vandôme, guéri de la goutte, se prépare à avancer sur la frontière de Valence. La reine d'Espagne a informé son frère de la mort du dauphin, provoquant une grande douleur. Le roi a lavé les pieds de douze pauvres le Jeudi Saint. Milord Pelham et le chevalier de Soissons sont décédés. Le duc d'Ormond a été nommé général en chef aux Pays-Bas et son frère grand maître de l'artillerie en Irlande. Le duc de Beaufort a été nommé gouverneur du comté de Glocester. Le procurateur Ruzzini est parti pour la Hollande pour les conférences de paix d'Utrecht. Dona Bernardina s'est retirée dans le monastère de Torre de Specchi.
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2428
p. 166-167
ENIGME.
Début :
Je suis fils de celuy de qui je fus le pere ; [...]
Mots clefs :
Oeuf
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texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGME.
Jesuis fils de celuy de qui je
fus lepere;
J'aydonné la njiea ma mere;
Sans dessin, sans sçavoir si
jefais bien ou mal,
Inaniméjeforme un parfait
animal:
Mafraîcheur peu durable
est pour le goût qui l'aime
D'une délicatesse extrême,
Puisque celuy qui la ressent
le mieux
lue rebute si-tôt que je luy
parois vieux.
Je fuis bon pour le maigri
& peupropre au Carême,
Aujji rieft.ce pas luy qui
rend ma face blême:
Moncorps doux ~& poli riefl
pasfort dégagé,
Cependant je figure afieZbjen
à la table
Oùsouvent un ragoûtqu'on
trouve délectable
Sans moy ne feroit pas mange.
Jesuis fils de celuy de qui je
fus lepere;
J'aydonné la njiea ma mere;
Sans dessin, sans sçavoir si
jefais bien ou mal,
Inaniméjeforme un parfait
animal:
Mafraîcheur peu durable
est pour le goût qui l'aime
D'une délicatesse extrême,
Puisque celuy qui la ressent
le mieux
lue rebute si-tôt que je luy
parois vieux.
Je fuis bon pour le maigri
& peupropre au Carême,
Aujji rieft.ce pas luy qui
rend ma face blême:
Moncorps doux ~& poli riefl
pasfort dégagé,
Cependant je figure afieZbjen
à la table
Oùsouvent un ragoûtqu'on
trouve délectable
Sans moy ne feroit pas mange.
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2429
p. 184-201
PIECE NOUVELLE Dialogue entre un Berger & une Bergere, par M. D. A.
Début :
Philis, tous nos Bergers vous repetent sans cesse, [...]
Mots clefs :
Berger, Bergère, Dialogue, Amour, Philis, Coeur
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texteReconnaissance textuelle : PIECE NOUVELLE Dialogue entre un Berger & une Bergere, par M. D. A.
PIECE NOUVELLE
Dialogue entre un Berger & une
Bergere, parM. D. A.
*
LE BERGER.
PHilis,
tous nos Bergers
vous repetent sans
cesse,
Qu'ils sentent pour vous
de l'amour,
Je les voy gémir chaque
jour
D'un nouveau tourment,
qui les presse,
Je
Je ne puis comprendre
leurs maux,
Jevoy tous les jours leurs
troupeaux
Aussi gras que les mins,
bondir dans cette
plaine;
Les biens que le Printemps
amene
Sont communs à
tous les
Bergers,
Et pour tous, les Zephirs
legers
Rafraîchissentnos Champs
de leurs douces haleines.
Quelles peuvent être les
peines
Qu'ils vous racontent tous
les jours,
Belle Phifis,daignez milapprendre
Que peuvent être ces amours;
Qui font couler les pleurs
que je leur voy répandre.
LA BERGERE.
Vous le sçaurez à vôtre
tour,
Attendez sans impatience,
Berger,à connoître l'Amour,
Gardez vostre heureuse
ignorance •
Autant que ce Dieu le voudra,
Quand le fatal moment
viendra,
Pour acquérir cette science,
Malgré toute vôtre innocence,
yôtre cœur vous avertira,
J LE BERGER.
Suis-je le seul de ces Campagnes,
Qui ne connoisse pas l'amour?
LA BERGERE.
Berger,mes aimables compagnes
Vous le feront connoître
un jour.
LE BERGER.
Non, belle Philis, ce mystere
Dont les Bergers [e plaignent tous,
J'ayme mieux l'apprendre
de vous
Cent fois, que d'une autre Bergere
LA BERGERE.
Eh bien, sçachez donc
quel'amour ":
Se prend dans les yeux
d'une belle,
Le sensible Berger, qui la
,
voit chaque jour,
Luy trouve chaque jour
une grace nouvelle,
Ce feu s'augmente incessamment
Auprès de l'aimable Bergere, Ildevient enfin un tour-
'- ment
Si le Berger la trouve fiere.
LE BERGER.
Si vousnommez amour,
cefeu qui brûle en
nous,
i
Et dont onnepeutsedéfendre,
Ai-je btfoin de vous apprendre
Que je brûle d'amourpour
vous?
LA BERGERE.
Berger, iln'est pas temps,
je dois encor vous dire,
Qu'il est un amour impofleur,
Qui ne cherche qu'à se
produire, L.
Au lieu que la ifncereardeur ,.,"
Qu'un veritable amour inf
pire, t
Est un secret de nôtre
cœur,
Dont les yeux seuls doiventinstruire.
LE BERGER.
N'oubliez pas, Philis, f
vous faites un choix,
Que sans sçavoir le nom
du Dieu quifait qu'on
ayme
J'en ai rempli toutes les
loix,
Jugez de mon amour extrême,
Sans cesse je vous regardois,
Si c'etf ainsiqu'un cœur
soupire,
Ah! quand j'aurois connu
tout ce que je sentois
Aurois-je pû mieux vous
le dire?
LA
LA BERGERE.
Oüi
3
mais vous en dites
autant
A la bergere Floriselle,
Lors que d'un air vif &
content
On vous voit danser avec
elle.
Je içay qu'à louër ses appas
La fested'hier s'estpassée,
Vous suivîtes long-temps
ses pas,
Et même sa rigueur en parut offensée:
Sans ses refus enfin, vous
ne m'aimeriez pas.
LE BERGER.
Je trouvois du plaisiràvoir
cette bergere,
Je ne puis le désavouër,
J'aimois à l'entendre louër:
Mais expliquez-moy ce
mystere;
Ses appas me paroissoient
doux,
Florifelle sçavoit me plaire,
Et parmi ces plaisirs je ne
pensois qu'àvous,
Philis, ne se peut-il point
faire,
Qu'elle ait quelques-uns
de vos traits?
Les- bergers n'aiment-ils
jamais
Ce qui ressmbre à leur
bergere ?
LA BERGERE.
Laissons ces discours dangereux,
Rejoignons nostroupeaux,
retournons à la plaine,
j
Reservons tous nos soins
poureux,
Le reste donne trop de
(
peine.
LE BERGER.
Helas déja nous nous qüitçpns?
Craignez-ousque dans
ces prairies
Un loup enlevenos moutons?
Voicy les miens errans far
ces herbes fleuries,
Ils me furent bien chers:
mais je les donne tous,
Philis, pour être encore un
moment avec vous.
LA BERGERE.
Je vous ferois, berger,
lemême sacrifice,
Mes troupeaux ne sont pas
ce quej'aime lemieux £
Je consens même qu'à mes
1
yeux
Un loup cruel. me les ravisse y
Si contre un plus doux artifice
Je puis garder helas, un
-,
bien LEplus BERGER. .precièux»
Helas! si pour me fuir vous
allez dans ces plaines,
Quevais-je devenir tout le
reste du jour?
Je voulois connoîtrel'amour -
Je neconnoîtray que ses
peines.
LA BERGERE.
D'aujourd'hui tu visfous sa I°Y>
Et tu te plains de son empire
Surluij'aurai tantôt cent
choses à te dire
Tu ne le connois pas carsibienque pasen- en
car .,(
-LEBERGER.
Belle: Philis mon coeur
soupire,
De ne pas le connoître
mieux
Demeurez encore en ces
lieux
Pour achever de m'en ine.
truire.
Mais vous suyez, Philis,
nonnel'eiperez pas,
Sans vous je ne scaurois
plus vivre,
Tircis à force de la suivre
La fit revenir sur les pas,
Auprès d'elle coucher sur
la fraîche verdure,
Tircisluy dit en soupirant
Toutce que la simple na-
ture
Sçait dicter au plus ignorant,
Philis dont le coeur étoit
tendre
Ne put se lasser de l'entendre
Et connut trop tard le danger.
Pour une bergere amou.
reuse
L'ignorance d'un beau berger
Est mille fois plus dangereuse,
Que l'experience trompeuse
D'un berger sujet a
changer.
La nuit commença sa carrière
Trop tôt pour de telles
amours,
Il salut se quitter, & la jeune bergere
Finit par ce tendre discours :
Tu viens d'apprendre en ce
bocage,
Ce que c'est que l'amour
au comble des souhaits,
Puisse-tu n'apprendre jamais
Ce que c'est que l'amour
volage
Dialogue entre un Berger & une
Bergere, parM. D. A.
*
LE BERGER.
PHilis,
tous nos Bergers
vous repetent sans
cesse,
Qu'ils sentent pour vous
de l'amour,
Je les voy gémir chaque
jour
D'un nouveau tourment,
qui les presse,
Je
Je ne puis comprendre
leurs maux,
Jevoy tous les jours leurs
troupeaux
Aussi gras que les mins,
bondir dans cette
plaine;
Les biens que le Printemps
amene
Sont communs à
tous les
Bergers,
Et pour tous, les Zephirs
legers
Rafraîchissentnos Champs
de leurs douces haleines.
Quelles peuvent être les
peines
Qu'ils vous racontent tous
les jours,
Belle Phifis,daignez milapprendre
Que peuvent être ces amours;
Qui font couler les pleurs
que je leur voy répandre.
LA BERGERE.
Vous le sçaurez à vôtre
tour,
Attendez sans impatience,
Berger,à connoître l'Amour,
Gardez vostre heureuse
ignorance •
Autant que ce Dieu le voudra,
Quand le fatal moment
viendra,
Pour acquérir cette science,
Malgré toute vôtre innocence,
yôtre cœur vous avertira,
J LE BERGER.
Suis-je le seul de ces Campagnes,
Qui ne connoisse pas l'amour?
LA BERGERE.
Berger,mes aimables compagnes
Vous le feront connoître
un jour.
LE BERGER.
Non, belle Philis, ce mystere
Dont les Bergers [e plaignent tous,
J'ayme mieux l'apprendre
de vous
Cent fois, que d'une autre Bergere
LA BERGERE.
Eh bien, sçachez donc
quel'amour ":
Se prend dans les yeux
d'une belle,
Le sensible Berger, qui la
,
voit chaque jour,
Luy trouve chaque jour
une grace nouvelle,
Ce feu s'augmente incessamment
Auprès de l'aimable Bergere, Ildevient enfin un tour-
'- ment
Si le Berger la trouve fiere.
LE BERGER.
Si vousnommez amour,
cefeu qui brûle en
nous,
i
Et dont onnepeutsedéfendre,
Ai-je btfoin de vous apprendre
Que je brûle d'amourpour
vous?
LA BERGERE.
Berger, iln'est pas temps,
je dois encor vous dire,
Qu'il est un amour impofleur,
Qui ne cherche qu'à se
produire, L.
Au lieu que la ifncereardeur ,.,"
Qu'un veritable amour inf
pire, t
Est un secret de nôtre
cœur,
Dont les yeux seuls doiventinstruire.
LE BERGER.
N'oubliez pas, Philis, f
vous faites un choix,
Que sans sçavoir le nom
du Dieu quifait qu'on
ayme
J'en ai rempli toutes les
loix,
Jugez de mon amour extrême,
Sans cesse je vous regardois,
Si c'etf ainsiqu'un cœur
soupire,
Ah! quand j'aurois connu
tout ce que je sentois
Aurois-je pû mieux vous
le dire?
LA
LA BERGERE.
Oüi
3
mais vous en dites
autant
A la bergere Floriselle,
Lors que d'un air vif &
content
On vous voit danser avec
elle.
Je içay qu'à louër ses appas
La fested'hier s'estpassée,
Vous suivîtes long-temps
ses pas,
Et même sa rigueur en parut offensée:
Sans ses refus enfin, vous
ne m'aimeriez pas.
LE BERGER.
Je trouvois du plaisiràvoir
cette bergere,
Je ne puis le désavouër,
J'aimois à l'entendre louër:
Mais expliquez-moy ce
mystere;
Ses appas me paroissoient
doux,
Florifelle sçavoit me plaire,
Et parmi ces plaisirs je ne
pensois qu'àvous,
Philis, ne se peut-il point
faire,
Qu'elle ait quelques-uns
de vos traits?
Les- bergers n'aiment-ils
jamais
Ce qui ressmbre à leur
bergere ?
LA BERGERE.
Laissons ces discours dangereux,
Rejoignons nostroupeaux,
retournons à la plaine,
j
Reservons tous nos soins
poureux,
Le reste donne trop de
(
peine.
LE BERGER.
Helas déja nous nous qüitçpns?
Craignez-ousque dans
ces prairies
Un loup enlevenos moutons?
Voicy les miens errans far
ces herbes fleuries,
Ils me furent bien chers:
mais je les donne tous,
Philis, pour être encore un
moment avec vous.
LA BERGERE.
Je vous ferois, berger,
lemême sacrifice,
Mes troupeaux ne sont pas
ce quej'aime lemieux £
Je consens même qu'à mes
1
yeux
Un loup cruel. me les ravisse y
Si contre un plus doux artifice
Je puis garder helas, un
-,
bien LEplus BERGER. .precièux»
Helas! si pour me fuir vous
allez dans ces plaines,
Quevais-je devenir tout le
reste du jour?
Je voulois connoîtrel'amour -
Je neconnoîtray que ses
peines.
LA BERGERE.
D'aujourd'hui tu visfous sa I°Y>
Et tu te plains de son empire
Surluij'aurai tantôt cent
choses à te dire
Tu ne le connois pas carsibienque pasen- en
car .,(
-LEBERGER.
Belle: Philis mon coeur
soupire,
De ne pas le connoître
mieux
Demeurez encore en ces
lieux
Pour achever de m'en ine.
truire.
Mais vous suyez, Philis,
nonnel'eiperez pas,
Sans vous je ne scaurois
plus vivre,
Tircis à force de la suivre
La fit revenir sur les pas,
Auprès d'elle coucher sur
la fraîche verdure,
Tircisluy dit en soupirant
Toutce que la simple na-
ture
Sçait dicter au plus ignorant,
Philis dont le coeur étoit
tendre
Ne put se lasser de l'entendre
Et connut trop tard le danger.
Pour une bergere amou.
reuse
L'ignorance d'un beau berger
Est mille fois plus dangereuse,
Que l'experience trompeuse
D'un berger sujet a
changer.
La nuit commença sa carrière
Trop tôt pour de telles
amours,
Il salut se quitter, & la jeune bergere
Finit par ce tendre discours :
Tu viens d'apprendre en ce
bocage,
Ce que c'est que l'amour
au comble des souhaits,
Puisse-tu n'apprendre jamais
Ce que c'est que l'amour
volage
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Résumé : PIECE NOUVELLE Dialogue entre un Berger & une Bergere, par M. D. A.
Le texte relate un dialogue entre un berger et une bergère nommée Philis. Intrigué par les souffrances amoureuses de ses pairs, le berger interroge Philis sur la nature de l'amour. Philis lui répond qu'il comprendra l'amour lorsqu'il le vivra. Le berger avoue alors son amour pour Philis, mais elle lui parle des différentes formes d'amour, notamment l'amour impur qui cherche à se manifester et l'amour sincère qui reste secret. Philis reproche au berger de montrer de l'affection à une autre bergère, Floriselle. Le berger explique que ses sentiments pour Philis étaient présents même lorsqu'il appréciait Floriselle. Philis, inquiète, suggère de rejoindre leurs troupeaux, mais le berger exprime son désir de rester avec elle. Philis raconte ensuite l'histoire de Tircis et d'une bergère qui, par ignorance, a souffert de son amour. Finalement, Philis et le berger doivent se séparer à l'approche de la nuit, Philis lui souhaitant de ne jamais connaître l'amour volage.
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2430
p. 202-219
LETTRE De Quebec, le 10. Nov. 1711.
Début :
Monsieur, Vous vous attendez sans doute à un détail exact [...]
Mots clefs :
Québec, Angleterre, Sauvages, Général, Acadie, Canada, Prisonniers
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE De Quebec, le 10. Nov. 1711.
lage.
LETTRE
De Quebec, le ZO. Nov. 171Z.
-MONSIEUR,
Vous vous attendez sans
doute à un détail exact de
ce qui s'est passé dans les
^eo;ions froides de l'Ameriquequenoushabitons,
& sur tout d'être informé
à fond de lentreprife des
Anglois sur la Colonie en
effet, rien de mieux concerté
,
rien de plus mesuré quece qu avoient projette nos ennemis principalement cette année,
-
pour se rendre maîtres de
coureia nouvelle France,
'0
si le succés avoit répondu
à leurattente.
Il faut remarquer, Mt,
qu'il y
avoir dixans ou environ que les Anglois nos
voisins, aidés de ce qu'ils
appellent ici la vieille Angleterre, formoient le dessein de joindre à leurs Colonies celle du Canada
ik
sceance. qui seroit fort à leur bienCe que les François possèdent dans la
grande & vaste Isle de
Terreneuve & dans ce que
nous appelions le Canada,
qui est plus important au
Roy que l'on ne pense; Le
Perou est au Roy d'Es.
pagne une mine bien avantageuse: mais la pêche de
la Morüe sur le grand banc
l'est peut-être autant, si
l'on considere que c'est
nonseulement un fonds,
aussi-bienque les mines de
l'Amerique méridionale,
dans lequel on ne mec
rien, & dont on tire beaucoup par cette poudre si
panionnementaimée des
hommes, aumoins des Europeens. Le Roy au milieu
de la paix, par lemoyens
de la pesche des Moruëà
de Terre-neuve, entretient
un nombre considerable
de gens de Mer& de Matelots, qui dans les changemens des affaires, font
tousprests à le servir dans
les armemens de Mer;cequi est souventtrès avan- tageux. -
Cela supposé pour revenir aux grands desseins
des Anglois sur Québec &
sur lillode Montreal, c'est
à dire sélon l'usage de parler de ce pays-ci,sur le Canada d'en bas & sur celuy
d'en haut, il ne sera point
inutile, Mr, de vous remettre fous les yeux la
conduite habile &: très prudente que Mr le Marquis
de Vaudreuil Gouverneur
General de la nouvelle
France a
gardée jusqu'àpresent pour empêcher les
ennemis d'executerun def
rein qu'ils commençoient
à ébaucher.
Ce sut pour cela qu'en
1703-(jeme conrenrerai de
cette époque) M. de BeauBassin,sousles ordres deM.
le General, se mit à la tête.
d'un parti composé de Canadiens & de Sauvages
Iroquois, Abnaxis, & aurres,{e mit en marche vers
la fin de Juillet de cette
année, ôc qu'au bout d'un
mois la petite armée se
trouva au milieu de la
nouvelle Angleterre, ou
elle s'empara de plusieurs
postes.
L"a même l , année 1703. a
la fin du mois de Décembre, M. de Ronville autre
Officier Canadien emporta d'assaut laville de Diersields dans lanouvelle Angleterre.
En 1704. les Anglois
voulurent tenter le
siege
de Port-Royal, capitale
de l'Acadie, qui fait partie
de la nouvelle France. Le
ColonelChevoy,qui commandoit à la floteAngloise,
qui avoit moüillé dans la
BayeFrançoise dans le dessein de faire une descente,
fut
fut repoussé à deux attaques qu'il fit avec vigueur,
ses vaisseaux brisez & fracassez, & contraint de s'en
retourner à Baston.
-' Dans le temps que les
Anglois mettoient tout en
oeuvre pour s'emparer de
la capitale d'Acadie
,
Peter
Sehuyler Commandant
d'Orange dans la nouvelle
York
,
vint presenter six
Colliers aux Sauvages nos
Alliez, dans,l'intention de
les mettre de son parti:
maisilstinrent ferme pour
nous, & demeurerent for
,
leurs nattes.
Le Canada se trouva en
1705. plein d'Anglois que
nous avions pris en Acadie, dans la nouvelle Angleterre
,
& dans NevvYork en differens partis,
que nous avions former
Parmi ces prisonniers etoit
leMinistre de Diersields,.
place de la nouvelleAngleterre. Joseph Dudley,.
Gouverneurde Baston,Capitale de la nouvelle Anglterre, envoya à Quebec
Jean Livingston Major
y
pour négocier l'échange
avec nôtre General le
Marquis de Vaudreüil
Ce fut cette même année 1705. que les Canadiens, fous la conduite de
Mr Beaucour, Capitaine
d'un merite reconnu, également habile dans l'art de
fortifier les places, & dans
les entreprises de guerre,se
rendirent maîtres des environs du fort S. Jean, poste des plus importans que
les Anglois possedent dans
l'isle de Terre-neuve, vers l'embouchure du Fleuve
S. Laurent.
1
L'échange des Anglois
prisonniers ne put se conclure qu'en1706.
Toute la nouvelle Angleterre fut en 1707. bloquée,s'il m'est permis de
parler ainsi, par nos Sauvages alliez, les habitans
n'en osoient sortir pour
faire leur moisson.
L'entreprise de l'Acadie
ayant été remise en deliberation au Conseil de Baston, on resolut le Siége de
Port Royal. Le commandement en fut donné au
Colonel MarsH. Cette RCh
te parut dans la Baye Françoiseau commencement
de Juin.
Une expédition memorable ce fut celle de Haveril fous le commandement de M. de Rouville
& de Schaillonsaidez
des sieurs de Contrecour,
& de la Gauchetiere, elle
jetta la terreur dans Bass
ton, Haveril & dans son
voisinage;nousenlevâmes
ce porteaux Anglois
maigre leur valeur &
leur habileté.
On changea de batterie
en 1709. & au milieu des
neiges & d'un froid tel
qu'il fc fait sentir dans l'A.
merique fcptentrion,,ile.,les
Canadiens allèrent prendre le fort saint Jean.six
portes importans par la
pesche des Moruës Se
d'autres poissons que l'on
fait aux atterages de ce fort & aux bancs voisins :
auïn-côc aprés le General
NicolsonVveteche mit en
mer une flottenombreuse,
& leva une armée suffisante pour attaquerMontreal
:
mais la flote fut con-
tremandée par les Anglois
qui étoient en. Portugal
Nicholsonmarcha à la tête dessiens, prit le chemin
de Lac champlain.
Me voici àl'annee 1110.
quiest le terme de la derniere lettre que j'ay eti
l'honneur de vous addresser,je vous y ay fait voir
comment Mr le Marquis
de Vaudreuil nôtre General avoit mis les Anglois
de la nouvelle Angleterre,
ceux de la nouvelle York,
& les Sauvages leurs alliez,
en état de ne rien entre-
prendre sur nos habita
rions. C'est à la fin de 1710.
que Monsieur le Chevalier de Beaucour, Capitaine Ingenieur,fort estime dans la nouvelle France & fort habile dans
l'architecturemilitaire,
a
élevé le Fort dePontchartrain, vulgairementappellédeChambly. On ya mis
cette année, vers la fin de
Septembre, la derniere
main. C'est un puissànt
rempart contre les entreprises du côté du haut Canada..
Les
Les choses étant en cet
état, lorsque les Anglois
nos voisins, secourus de
ceux de la vieille Angleterre) ont fait les derniers
efforts pour se rendre maîtres de la nouvelle France,
en l'attaquant par en-bas,
c'est à dire en assiégeant
Quebec qui en est la Capitale.
Le Major Liumgton
Anglois, accompagnédu
Baron de Cassin François,
partirent de ce pays-là vers
la fin d'Odobre de l'année
1710. pour travailler à un
échange de prisonniers
que gardoient en Acadie
les Sauvages nos aliez:ils
ie servirent de la voye du
canot pour aller par eau,
leur petit bastiment ayant tourné, & un de leurs domestiques noyé, ils furent
obligez de continuer leur
voyage par terre, dans les
neiges & les marais à
travers les bois, ils furent
cinq jours sans trouver
d'autre nourriture que ce
qu'ils trouvoient fous les
neiges en gratant la terre.
Deux de leurs gens s'éga-
rerent en cherchant à vivre, & j'ay sçû depuis de
l'un d'eux une remarque
assez curieuse
LETTRE
De Quebec, le ZO. Nov. 171Z.
-MONSIEUR,
Vous vous attendez sans
doute à un détail exact de
ce qui s'est passé dans les
^eo;ions froides de l'Ameriquequenoushabitons,
& sur tout d'être informé
à fond de lentreprife des
Anglois sur la Colonie en
effet, rien de mieux concerté
,
rien de plus mesuré quece qu avoient projette nos ennemis principalement cette année,
-
pour se rendre maîtres de
coureia nouvelle France,
'0
si le succés avoit répondu
à leurattente.
Il faut remarquer, Mt,
qu'il y
avoir dixans ou environ que les Anglois nos
voisins, aidés de ce qu'ils
appellent ici la vieille Angleterre, formoient le dessein de joindre à leurs Colonies celle du Canada
ik
sceance. qui seroit fort à leur bienCe que les François possèdent dans la
grande & vaste Isle de
Terreneuve & dans ce que
nous appelions le Canada,
qui est plus important au
Roy que l'on ne pense; Le
Perou est au Roy d'Es.
pagne une mine bien avantageuse: mais la pêche de
la Morüe sur le grand banc
l'est peut-être autant, si
l'on considere que c'est
nonseulement un fonds,
aussi-bienque les mines de
l'Amerique méridionale,
dans lequel on ne mec
rien, & dont on tire beaucoup par cette poudre si
panionnementaimée des
hommes, aumoins des Europeens. Le Roy au milieu
de la paix, par lemoyens
de la pesche des Moruëà
de Terre-neuve, entretient
un nombre considerable
de gens de Mer& de Matelots, qui dans les changemens des affaires, font
tousprests à le servir dans
les armemens de Mer;cequi est souventtrès avan- tageux. -
Cela supposé pour revenir aux grands desseins
des Anglois sur Québec &
sur lillode Montreal, c'est
à dire sélon l'usage de parler de ce pays-ci,sur le Canada d'en bas & sur celuy
d'en haut, il ne sera point
inutile, Mr, de vous remettre fous les yeux la
conduite habile &: très prudente que Mr le Marquis
de Vaudreuil Gouverneur
General de la nouvelle
France a
gardée jusqu'àpresent pour empêcher les
ennemis d'executerun def
rein qu'ils commençoient
à ébaucher.
Ce sut pour cela qu'en
1703-(jeme conrenrerai de
cette époque) M. de BeauBassin,sousles ordres deM.
le General, se mit à la tête.
d'un parti composé de Canadiens & de Sauvages
Iroquois, Abnaxis, & aurres,{e mit en marche vers
la fin de Juillet de cette
année, ôc qu'au bout d'un
mois la petite armée se
trouva au milieu de la
nouvelle Angleterre, ou
elle s'empara de plusieurs
postes.
L"a même l , année 1703. a
la fin du mois de Décembre, M. de Ronville autre
Officier Canadien emporta d'assaut laville de Diersields dans lanouvelle Angleterre.
En 1704. les Anglois
voulurent tenter le
siege
de Port-Royal, capitale
de l'Acadie, qui fait partie
de la nouvelle France. Le
ColonelChevoy,qui commandoit à la floteAngloise,
qui avoit moüillé dans la
BayeFrançoise dans le dessein de faire une descente,
fut
fut repoussé à deux attaques qu'il fit avec vigueur,
ses vaisseaux brisez & fracassez, & contraint de s'en
retourner à Baston.
-' Dans le temps que les
Anglois mettoient tout en
oeuvre pour s'emparer de
la capitale d'Acadie
,
Peter
Sehuyler Commandant
d'Orange dans la nouvelle
York
,
vint presenter six
Colliers aux Sauvages nos
Alliez, dans,l'intention de
les mettre de son parti:
maisilstinrent ferme pour
nous, & demeurerent for
,
leurs nattes.
Le Canada se trouva en
1705. plein d'Anglois que
nous avions pris en Acadie, dans la nouvelle Angleterre
,
& dans NevvYork en differens partis,
que nous avions former
Parmi ces prisonniers etoit
leMinistre de Diersields,.
place de la nouvelleAngleterre. Joseph Dudley,.
Gouverneurde Baston,Capitale de la nouvelle Anglterre, envoya à Quebec
Jean Livingston Major
y
pour négocier l'échange
avec nôtre General le
Marquis de Vaudreüil
Ce fut cette même année 1705. que les Canadiens, fous la conduite de
Mr Beaucour, Capitaine
d'un merite reconnu, également habile dans l'art de
fortifier les places, & dans
les entreprises de guerre,se
rendirent maîtres des environs du fort S. Jean, poste des plus importans que
les Anglois possedent dans
l'isle de Terre-neuve, vers l'embouchure du Fleuve
S. Laurent.
1
L'échange des Anglois
prisonniers ne put se conclure qu'en1706.
Toute la nouvelle Angleterre fut en 1707. bloquée,s'il m'est permis de
parler ainsi, par nos Sauvages alliez, les habitans
n'en osoient sortir pour
faire leur moisson.
L'entreprise de l'Acadie
ayant été remise en deliberation au Conseil de Baston, on resolut le Siége de
Port Royal. Le commandement en fut donné au
Colonel MarsH. Cette RCh
te parut dans la Baye Françoiseau commencement
de Juin.
Une expédition memorable ce fut celle de Haveril fous le commandement de M. de Rouville
& de Schaillonsaidez
des sieurs de Contrecour,
& de la Gauchetiere, elle
jetta la terreur dans Bass
ton, Haveril & dans son
voisinage;nousenlevâmes
ce porteaux Anglois
maigre leur valeur &
leur habileté.
On changea de batterie
en 1709. & au milieu des
neiges & d'un froid tel
qu'il fc fait sentir dans l'A.
merique fcptentrion,,ile.,les
Canadiens allèrent prendre le fort saint Jean.six
portes importans par la
pesche des Moruës Se
d'autres poissons que l'on
fait aux atterages de ce fort & aux bancs voisins :
auïn-côc aprés le General
NicolsonVveteche mit en
mer une flottenombreuse,
& leva une armée suffisante pour attaquerMontreal
:
mais la flote fut con-
tremandée par les Anglois
qui étoient en. Portugal
Nicholsonmarcha à la tête dessiens, prit le chemin
de Lac champlain.
Me voici àl'annee 1110.
quiest le terme de la derniere lettre que j'ay eti
l'honneur de vous addresser,je vous y ay fait voir
comment Mr le Marquis
de Vaudreuil nôtre General avoit mis les Anglois
de la nouvelle Angleterre,
ceux de la nouvelle York,
& les Sauvages leurs alliez,
en état de ne rien entre-
prendre sur nos habita
rions. C'est à la fin de 1710.
que Monsieur le Chevalier de Beaucour, Capitaine Ingenieur,fort estime dans la nouvelle France & fort habile dans
l'architecturemilitaire,
a
élevé le Fort dePontchartrain, vulgairementappellédeChambly. On ya mis
cette année, vers la fin de
Septembre, la derniere
main. C'est un puissànt
rempart contre les entreprises du côté du haut Canada..
Les
Les choses étant en cet
état, lorsque les Anglois
nos voisins, secourus de
ceux de la vieille Angleterre) ont fait les derniers
efforts pour se rendre maîtres de la nouvelle France,
en l'attaquant par en-bas,
c'est à dire en assiégeant
Quebec qui en est la Capitale.
Le Major Liumgton
Anglois, accompagnédu
Baron de Cassin François,
partirent de ce pays-là vers
la fin d'Odobre de l'année
1710. pour travailler à un
échange de prisonniers
que gardoient en Acadie
les Sauvages nos aliez:ils
ie servirent de la voye du
canot pour aller par eau,
leur petit bastiment ayant tourné, & un de leurs domestiques noyé, ils furent
obligez de continuer leur
voyage par terre, dans les
neiges & les marais à
travers les bois, ils furent
cinq jours sans trouver
d'autre nourriture que ce
qu'ils trouvoient fous les
neiges en gratant la terre.
Deux de leurs gens s'éga-
rerent en cherchant à vivre, & j'ay sçû depuis de
l'un d'eux une remarque
assez curieuse
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Résumé : LETTRE De Quebec, le 10. Nov. 1711.
La lettre datée du 20 novembre 1712 relate les tensions et les conflits entre les Français et les Anglais en Amérique du Nord. Les Anglais, soutenus par la 'vieille Angleterre,' visaient à s'emparer des colonies françaises, notamment le Canada et Terre-Neuve, en raison de l'importance économique de la pêche à la morue. Le gouverneur général de la Nouvelle-France, le Marquis de Vaudreuil, a adopté une conduite prudente pour contrer ces menaces. En 1703, des expéditions françaises ont capturé plusieurs postes en Nouvelle-Angleterre. L'année suivante, les Anglais ont tenté de prendre Port-Royal en Acadie, mais ont été repoussés. En 1705, des prisonniers anglais ont été échangés, et les Canadiens ont pris des postes importants à Terre-Neuve. En 1707, les alliés autochtones des Français ont bloqué la Nouvelle-Angleterre. Des expéditions françaises ont également semé la terreur dans les colonies anglaises. En 1709, malgré les conditions hivernales rigoureuses, les Canadiens ont pris le fort Saint-Jean. En 1710, le Chevalier de Beaucour a construit le fort de Pontchartrain, un rempart contre les attaques venues du haut Canada. La lettre se termine par le récit d'une mission de deux hommes, un Anglais et un Français, qui ont dû traverser des conditions difficiles pour négocier un échange de prisonniers.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2431
p. 219-224
Animaux qui font du feu, dans des especes de cavernes sous des roches.
Début :
Pressez par la faim & cherchant aux dépens de leur vie [...]
Mots clefs :
Animaux, Cavernes, Manger, Feu, Faim
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Animaux qui font du feu, dans des especes de cavernes sous des roches.
Animaux qui font du
feu, dans des especes
de cavernes sons des
roches.
Pressez par la faim &C
cherchantauxdépens de
leur vie de quoi manger,
cIlest à dire suivant des
traces d'animaux sauvages, pour en trouver
quelqu'un qu'ilspuisent
tuer pour le manger, ils
trouvèrent en plusieurs
endroits de ces cavernes
de petits monceaux ou
magasins d'animaux differens qui leur parurent
comme defechez M
brûlés au feu; cela leur
fit croire que quelques
Sauvageshabitaientces
cavernes:rextrêmesaim
leur fit manger quelques morceaux de ces
animaux defechez & si
durs, qua peine pouvoientils en dechireravec lesdents.Ilsremar-
-
querent dans tous ces
endroits où étoient ces
monceaux, de grandes
places noires&des restes
de branches brulées, ce
qui leur avoit fait conclure, cômej'ay dit,que
des hommes seuls pouvoient avoir roti ces animaux: mais ils remarquoient en même temps
qu'ils étoient desechez
avecle cuir,lepoil,lesentrailles, en un mot sans
aucun aprêt:ensuiteils
trouverent au bout de
ces cavernes quelqu'un
de ces animaux qui
fuioient & qui étoient
come des especes d'ours,
maisplusalongez &C si
tinlidcs, que du plus
loin qu'ilslesavoient
entend usilsavoienttoûjours fui. Ils n'oserent
pourtant avancer plus
loin: mais en reprenant
leur route ils aperçurent
dans un autre enfoncement une lueur de feu.
La curiosité les fit avancer si doucement qu'ils
virent deux de ces animaux auprès de ce feu
mourant, & qui fuyant
d'une grande vîtesse
donnèrent à nos gens la
hardiesse d'avancer jusqu'à un brasier,où ils
virent plusieurs de ces
animaux brûlez & defechez encor tout bru-
lants & d'autres tous
cruds. Ensortê qu'aprèsplusieurs autres remarques qu'ils firent, ils ne
doutent point que ces
animaux fuyars n'ayent
l'art d'alumer du feu 6L
la prévoyance de desecher &: brûler les ani-.
maux dont ils se nourissent, parce qu'aparemment ils ne les peuvent
arrâper qu'en de certaines saison
feu, dans des especes
de cavernes sons des
roches.
Pressez par la faim &C
cherchantauxdépens de
leur vie de quoi manger,
cIlest à dire suivant des
traces d'animaux sauvages, pour en trouver
quelqu'un qu'ilspuisent
tuer pour le manger, ils
trouvèrent en plusieurs
endroits de ces cavernes
de petits monceaux ou
magasins d'animaux differens qui leur parurent
comme defechez M
brûlés au feu; cela leur
fit croire que quelques
Sauvageshabitaientces
cavernes:rextrêmesaim
leur fit manger quelques morceaux de ces
animaux defechez & si
durs, qua peine pouvoientils en dechireravec lesdents.Ilsremar-
-
querent dans tous ces
endroits où étoient ces
monceaux, de grandes
places noires&des restes
de branches brulées, ce
qui leur avoit fait conclure, cômej'ay dit,que
des hommes seuls pouvoient avoir roti ces animaux: mais ils remarquoient en même temps
qu'ils étoient desechez
avecle cuir,lepoil,lesentrailles, en un mot sans
aucun aprêt:ensuiteils
trouverent au bout de
ces cavernes quelqu'un
de ces animaux qui
fuioient & qui étoient
come des especes d'ours,
maisplusalongez &C si
tinlidcs, que du plus
loin qu'ilslesavoient
entend usilsavoienttoûjours fui. Ils n'oserent
pourtant avancer plus
loin: mais en reprenant
leur route ils aperçurent
dans un autre enfoncement une lueur de feu.
La curiosité les fit avancer si doucement qu'ils
virent deux de ces animaux auprès de ce feu
mourant, & qui fuyant
d'une grande vîtesse
donnèrent à nos gens la
hardiesse d'avancer jusqu'à un brasier,où ils
virent plusieurs de ces
animaux brûlez & defechez encor tout bru-
lants & d'autres tous
cruds. Ensortê qu'aprèsplusieurs autres remarques qu'ils firent, ils ne
doutent point que ces
animaux fuyars n'ayent
l'art d'alumer du feu 6L
la prévoyance de desecher &: brûler les ani-.
maux dont ils se nourissent, parce qu'aparemment ils ne les peuvent
arrâper qu'en de certaines saison
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Résumé : Animaux qui font du feu, dans des especes de cavernes sous des roches.
Des hommes, affamés, découvrent dans des cavernes des animaux brûlés, suggérant la présence de sauvages. Ils observent des traces de feu et des restes d'animaux desséchés, avec leur cuir, poil et entrailles, sans préparation. Plus loin, ils aperçoivent des animaux ressemblant à des ours, mais plus allongés et timides. En explorant davantage, ils voient une lueur de feu et trouvent deux de ces animaux près d'un brasier mourant. Ils constatent la présence d'animaux brûlés et d'autres crus, concluant que ces animaux sauvages maîtrisent l'art de faire du feu et de dessécher les animaux dont ils se nourrissent, probablement en certaines saisons.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2432
p. 225-241
« Au commencement du printems de cette année 1711. Vveteh Officier [...] »
Début :
Au commencement du printems de cette année 1711. Vveteh Officier [...]
Mots clefs :
Sauvages, Québec, Anglais, Acadie, Festin, Anakis
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Au commencement du printems de cette année 1711. Vveteh Officier [...] »
iintems de cette année
1711. Vveteh Officier Anglois prit le parti de s'engager dans la flote que l'on
équipoit à Baston pour assiéger Quebec,ayant quelque connoissance de la riviere S. Laurent:il quitta
pour -cetre, eSecrAcadie
&le Port-Royal que François Nicholsonavoit pris
au commencement d'Octobre de l'année 1710, Ir ôe
que l'on auroit repris, si
le Gouverneur François
qui commandoit dans ce
pays & dans cette derniere
place ne l'eût rendue un
peu trop vîte, luy qui l'avoit si bien deffenduë en
1707. Les Anglois se sont
-
vûs depuis laprisemême de
PortRoyal réduits plus d'une fois à nous y
laisser rentrer, si M. le Marquis de
Vaudreiiil, qui avoit déja
envoyé des Officiers de
distinction & du premier
rang, avec un corps de
Canadiens alertes & braves pour aider les Acadiens
restes fidelesauRoy, pour
reprendre le Port-Royal,
n'eût été oblige de survenir en les rappellant, à ce
qui étoit de plus pressé, je
veux dire à la lureté de
Quebec, de l'Isle de Montreal. : Vers la fin de Juin de la
même année les Anglois
( sirent un détachement sous
la conduite de Rith. qui
sur menacer quelques ha~
bitansde l'Acadie de les
passer tous au fil de l'epee.
Sur cette menace un
chef des Sauvages appellé l'Aimable,assembla aus
sitôt trente de ceux de fou
village des plus braves, &
les exhorta (les Chefs parmi les Sauvages de l'Amerique septentrionale exhortent & prient ceux qui
les ont choisis pour leur
Chef plutôt qu'ils ne leur
commandent) de se ranger
tous & chacun derriere des
arbres le long d'une riviere
voisine du chemin, qu'il
jugeoit que le Capitaine
R. devoir tenir. En effet les
Angloisayant peu detems
après paru dans leurs canots, le Chef des Abnakis
les iomma hardiment de
se rendre & de mettre bas
les armes, les Anglois aucontraire se mirent en devoir de faire une décharge
sur les Sauvages. Ceux-ci
bien instruits par leur Chef
avant le premier coup de
fusil se trouverenttous ventre contre terre; la décharge des Anglois faite, les
Abnakis la firent à leur
tour:mais en choisissant
chacun leur homme qu'ils
nemanquèrent point; puis
ayant prit leurs haches en
main,ils tombèrent sur le
reste, qu'ils couperent en
morceaux. A peine quelques-uns de ces Anglois se
sauverent jusqu'au fort; ce
qui est de remarquable
c'est qu'aucun des Sauvages ne fut blessé. Ruh.fut
pris avec deux autres Officiers de la garnison de
Port-Royal, & cinq ou six
soldats. Ruh. ayant supplié le Chef des Anakis de
luy laisser la liberté d'aller
prendre au fort de quoi
subvenir à ses besoins à
Quebec, où il voyoit bien
qu'on alloit le mener, le
Sauvage ne luy accorda
que vingt- quatre heures
pour cela,lequel tems expiré s'il ne * se rendoit auprés de lui ponctuellement,
ille menaça de casser la tête aux Officiers & aux (oldats compagnons de sa
captivité, & quiplus est, de
- ne faire jamais quartier à
!
qui que ce soit de la nation
Angloise s'il manquoit à sa
parole.
Le Capitaine Ruh. revint exadement,l'aimable
,
chef des Sauvages
Anakis de l'Acadie étant
arrivé à Quebec avec sept
prisonniers, après une marche telle que la font les
gens de la sorte, c'est à
dire à
travers d'épaisses forests, des rivieres ou des
Lacs
5
d'affreux deserts, alloit souvent visiter le Capitaine R. son principal
prisonnier dans une bonne
auberge à Quebec, car on
luy avoit donné cette ville
pour prison.L'Aimable qui
trouvoit les ragoûts de son
auberge meilleurs que ses
chaudieres sauvages, buvoit
& mangeoit si fréquemment avec luy, que cet Ofsicier
sicier ayant voulu s'en
plaindre leSauvagelui dit:
oh oh tu devrais plûtot me
remercier de ce que je t'en
laisse manger ta part,
la
mangerois-tu si je ne t'avois
pas laissé la vie,& me diroistu cela que tu me dis sije t'avois arraché la Unvue qui
t*ai•dJe a, manger ces vivres?
La garnison du PortRoyal d'Acadie ayant fait
un nouveau détachement,
qui menaçoit les Anakis,
l'Aimable qui s'étoit rendu chez luy, tomba dessus
brusquement, le défit & le
tailla en pieces, excepte
quatre ou cinq qu'il fit
prisonniers, dont même ;
deux ou trois se trouverent i
blessés. Ce Chefdes Sauvages s'étant saisi des provisions & des vivres de ses
ennemis, il y
découvrit de
l'eau de vie, qu'il distribua
avec beaucoup de sagesse
à
ceux de sa nation qui 1avoient aidé dans le combat; car après leur en avoir
donné feulement un coup
à boire il jetta le reste dans
la Riviere
,
de peur qu'ils
n'en abusassent & ne sus- !
fent par là exposés à la surprise des ennemis. L'Aimable voyant les blessés
en danger envoya dire au fort de Port-Royal, que
l'on pouvoit envoyer un
Chirurgien pour panser les
blessés,& que cela lui donneroit la gloire de les tuer
encore une autre fois.
Au milieu du Printems
le nommé Frenay étant
arrivéde Plaisance enTerre-neuve à Quebec
,
apporta des lettres de M. de
Costebelle,Gouverneur de
cette place, à M. de Vau-
dreüil. M. le Comte de
Ponrchartrain luy marquant que les Anglois préparant un gros armement
pours'emparer de Plaisance en l'Isle deTerre. neuve,
ou même de Quebec
,
il
falloit se tenir sur ses gar- des.
Nos Ambassadeurs ou
envoyés chés les différentes nations Sauvages d'enhaut, je veux dire du côté
des grands Lacs
,
n'ont
point mal réussi dans leurs
négociations,puisqu'ils en
ont amené environ quatre
cent. On y
voyoit des Hurons, des Missisalagues & des
Sauteurs Sauvages de la
nation des Outaouaes, ou
des néspercés; des Sakis,
desNipissings,des Miamis,
des Kikapoux,des Outagamis ou Renards, des Pontcouatamis, desMaskoutens
ou de la nation du feu, des
Malommis. Meilleurs de
Longueil,Joncaire ôc de la
Chauvinerie amenerent
des anciens ou Chefs d'entres les Iroquois des villages de Sononthouan,d'Onnonthagué, d'Onciout, ôc
de Goiogouen. Je crois
que vous ne ferez point fâché de sçavoir comment
on les reçut à Montréal,
le rendés-vous ordinaire
des Sauvages d'en-haut.
Les mots Sauvages de Nequarré, la Chaudiere est
cuite, & de Gag,nfnovouryJ
le Chien est cuit, furent repetez bien des fois durant
le festin qu'on leur fit.
Le jour du festin de ces
Sauvages assemblés fut le
7. jour d'Aoust. Comme
les SauvagesChrétiens que
nous avons icy dans nos
millions tantde Mrs de S.
Sulpice que des Reverends Pere Jesuites & des
Recolets, y
furent appelles, & que les femmes &
leurs enfans letrouverent
de la partie, quoique seulement pour voir danser les
hommes,n'y ayant chez les
Sauvages que les guerriers
qui puissent de droit danser
aux festins de guerre, le
nombre des conviés montoit a environ quinze cent.
La scene fut devant la maison de M. le Marquis de
Vaudreüil nôtre General,
& proche les bords du
grand Fleuve S. Laurent.
On comptoit au festin
sauvage douze grandes
chaudieres,quiauraient pu
ce me semble faire quelque comparaison avec
quelques-unes de celles des
Gobelins à Paris; elles étoient pleines de fort longs
quartiers de Bœufs, de
Moutons, de Cochons, &
de l'élite des plus gros
Chiens, dont on voyoit les
têtes se promener dans ces
vastesreceptacles de viandes, que l'on faisoit boüillir
lir à grand feu en attifant
des moitiez d'arbres bout
à bout, l'assaisonnement de
ces differens mets étoit de
pois fort gros & de différentes especes, que l'on jettoit avec des péles à longs
manches dans les Chaudieres.
Maisfinissonscedétail. On
m'apromispour lemois prochain dessingularitezsurle
repas des Sauvages, que je
joindrayaureste de cette relation qui efi trop longue pour
être mise dans un seul Mercure
1711. Vveteh Officier Anglois prit le parti de s'engager dans la flote que l'on
équipoit à Baston pour assiéger Quebec,ayant quelque connoissance de la riviere S. Laurent:il quitta
pour -cetre, eSecrAcadie
&le Port-Royal que François Nicholsonavoit pris
au commencement d'Octobre de l'année 1710, Ir ôe
que l'on auroit repris, si
le Gouverneur François
qui commandoit dans ce
pays & dans cette derniere
place ne l'eût rendue un
peu trop vîte, luy qui l'avoit si bien deffenduë en
1707. Les Anglois se sont
-
vûs depuis laprisemême de
PortRoyal réduits plus d'une fois à nous y
laisser rentrer, si M. le Marquis de
Vaudreiiil, qui avoit déja
envoyé des Officiers de
distinction & du premier
rang, avec un corps de
Canadiens alertes & braves pour aider les Acadiens
restes fidelesauRoy, pour
reprendre le Port-Royal,
n'eût été oblige de survenir en les rappellant, à ce
qui étoit de plus pressé, je
veux dire à la lureté de
Quebec, de l'Isle de Montreal. : Vers la fin de Juin de la
même année les Anglois
( sirent un détachement sous
la conduite de Rith. qui
sur menacer quelques ha~
bitansde l'Acadie de les
passer tous au fil de l'epee.
Sur cette menace un
chef des Sauvages appellé l'Aimable,assembla aus
sitôt trente de ceux de fou
village des plus braves, &
les exhorta (les Chefs parmi les Sauvages de l'Amerique septentrionale exhortent & prient ceux qui
les ont choisis pour leur
Chef plutôt qu'ils ne leur
commandent) de se ranger
tous & chacun derriere des
arbres le long d'une riviere
voisine du chemin, qu'il
jugeoit que le Capitaine
R. devoir tenir. En effet les
Angloisayant peu detems
après paru dans leurs canots, le Chef des Abnakis
les iomma hardiment de
se rendre & de mettre bas
les armes, les Anglois aucontraire se mirent en devoir de faire une décharge
sur les Sauvages. Ceux-ci
bien instruits par leur Chef
avant le premier coup de
fusil se trouverenttous ventre contre terre; la décharge des Anglois faite, les
Abnakis la firent à leur
tour:mais en choisissant
chacun leur homme qu'ils
nemanquèrent point; puis
ayant prit leurs haches en
main,ils tombèrent sur le
reste, qu'ils couperent en
morceaux. A peine quelques-uns de ces Anglois se
sauverent jusqu'au fort; ce
qui est de remarquable
c'est qu'aucun des Sauvages ne fut blessé. Ruh.fut
pris avec deux autres Officiers de la garnison de
Port-Royal, & cinq ou six
soldats. Ruh. ayant supplié le Chef des Anakis de
luy laisser la liberté d'aller
prendre au fort de quoi
subvenir à ses besoins à
Quebec, où il voyoit bien
qu'on alloit le mener, le
Sauvage ne luy accorda
que vingt- quatre heures
pour cela,lequel tems expiré s'il ne * se rendoit auprés de lui ponctuellement,
ille menaça de casser la tête aux Officiers & aux (oldats compagnons de sa
captivité, & quiplus est, de
- ne faire jamais quartier à
!
qui que ce soit de la nation
Angloise s'il manquoit à sa
parole.
Le Capitaine Ruh. revint exadement,l'aimable
,
chef des Sauvages
Anakis de l'Acadie étant
arrivé à Quebec avec sept
prisonniers, après une marche telle que la font les
gens de la sorte, c'est à
dire à
travers d'épaisses forests, des rivieres ou des
Lacs
5
d'affreux deserts, alloit souvent visiter le Capitaine R. son principal
prisonnier dans une bonne
auberge à Quebec, car on
luy avoit donné cette ville
pour prison.L'Aimable qui
trouvoit les ragoûts de son
auberge meilleurs que ses
chaudieres sauvages, buvoit
& mangeoit si fréquemment avec luy, que cet Ofsicier
sicier ayant voulu s'en
plaindre leSauvagelui dit:
oh oh tu devrais plûtot me
remercier de ce que je t'en
laisse manger ta part,
la
mangerois-tu si je ne t'avois
pas laissé la vie,& me diroistu cela que tu me dis sije t'avois arraché la Unvue qui
t*ai•dJe a, manger ces vivres?
La garnison du PortRoyal d'Acadie ayant fait
un nouveau détachement,
qui menaçoit les Anakis,
l'Aimable qui s'étoit rendu chez luy, tomba dessus
brusquement, le défit & le
tailla en pieces, excepte
quatre ou cinq qu'il fit
prisonniers, dont même ;
deux ou trois se trouverent i
blessés. Ce Chefdes Sauvages s'étant saisi des provisions & des vivres de ses
ennemis, il y
découvrit de
l'eau de vie, qu'il distribua
avec beaucoup de sagesse
à
ceux de sa nation qui 1avoient aidé dans le combat; car après leur en avoir
donné feulement un coup
à boire il jetta le reste dans
la Riviere
,
de peur qu'ils
n'en abusassent & ne sus- !
fent par là exposés à la surprise des ennemis. L'Aimable voyant les blessés
en danger envoya dire au fort de Port-Royal, que
l'on pouvoit envoyer un
Chirurgien pour panser les
blessés,& que cela lui donneroit la gloire de les tuer
encore une autre fois.
Au milieu du Printems
le nommé Frenay étant
arrivéde Plaisance enTerre-neuve à Quebec
,
apporta des lettres de M. de
Costebelle,Gouverneur de
cette place, à M. de Vau-
dreüil. M. le Comte de
Ponrchartrain luy marquant que les Anglois préparant un gros armement
pours'emparer de Plaisance en l'Isle deTerre. neuve,
ou même de Quebec
,
il
falloit se tenir sur ses gar- des.
Nos Ambassadeurs ou
envoyés chés les différentes nations Sauvages d'enhaut, je veux dire du côté
des grands Lacs
,
n'ont
point mal réussi dans leurs
négociations,puisqu'ils en
ont amené environ quatre
cent. On y
voyoit des Hurons, des Missisalagues & des
Sauteurs Sauvages de la
nation des Outaouaes, ou
des néspercés; des Sakis,
desNipissings,des Miamis,
des Kikapoux,des Outagamis ou Renards, des Pontcouatamis, desMaskoutens
ou de la nation du feu, des
Malommis. Meilleurs de
Longueil,Joncaire ôc de la
Chauvinerie amenerent
des anciens ou Chefs d'entres les Iroquois des villages de Sononthouan,d'Onnonthagué, d'Onciout, ôc
de Goiogouen. Je crois
que vous ne ferez point fâché de sçavoir comment
on les reçut à Montréal,
le rendés-vous ordinaire
des Sauvages d'en-haut.
Les mots Sauvages de Nequarré, la Chaudiere est
cuite, & de Gag,nfnovouryJ
le Chien est cuit, furent repetez bien des fois durant
le festin qu'on leur fit.
Le jour du festin de ces
Sauvages assemblés fut le
7. jour d'Aoust. Comme
les SauvagesChrétiens que
nous avons icy dans nos
millions tantde Mrs de S.
Sulpice que des Reverends Pere Jesuites & des
Recolets, y
furent appelles, & que les femmes &
leurs enfans letrouverent
de la partie, quoique seulement pour voir danser les
hommes,n'y ayant chez les
Sauvages que les guerriers
qui puissent de droit danser
aux festins de guerre, le
nombre des conviés montoit a environ quinze cent.
La scene fut devant la maison de M. le Marquis de
Vaudreüil nôtre General,
& proche les bords du
grand Fleuve S. Laurent.
On comptoit au festin
sauvage douze grandes
chaudieres,quiauraient pu
ce me semble faire quelque comparaison avec
quelques-unes de celles des
Gobelins à Paris; elles étoient pleines de fort longs
quartiers de Bœufs, de
Moutons, de Cochons, &
de l'élite des plus gros
Chiens, dont on voyoit les
têtes se promener dans ces
vastesreceptacles de viandes, que l'on faisoit boüillir
lir à grand feu en attifant
des moitiez d'arbres bout
à bout, l'assaisonnement de
ces differens mets étoit de
pois fort gros & de différentes especes, que l'on jettoit avec des péles à longs
manches dans les Chaudieres.
Maisfinissonscedétail. On
m'apromispour lemois prochain dessingularitezsurle
repas des Sauvages, que je
joindrayaureste de cette relation qui efi trop longue pour
être mise dans un seul Mercure
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Résumé : « Au commencement du printems de cette année 1711. Vveteh Officier [...] »
En 1711, un officier anglais s'engagea dans la flotte préparée à Boston pour assiéger Québec, grâce à sa connaissance de la rivière Saint-Laurent. Il quitta Port-Royal, récemment pris par François Nicholson en octobre 1710, mais que le gouverneur français avait rendu trop rapidement. Les Anglais avaient été contraints de laisser les Français reprendre Port-Royal à plusieurs reprises. Le marquis de Vaudreuil rappela ses officiers pour défendre Québec et l'île de Montréal. Vers la fin juin, les Anglais envoyèrent un détachement sous la conduite du capitaine R. qui menaça des habitants acadiens. En réponse, un chef abénakis appelé l'Aimable rassembla des guerriers pour tendre une embuscade aux Anglais. Lors de l'affrontement, les Abénakis, bien instruits par leur chef, se cachèrent et ripostèrent efficacement, tuant plusieurs Anglais et capturant le capitaine R. et d'autres officiers. L'Aimable amena les prisonniers à Québec, où il visita régulièrement le capitaine R. dans une auberge. Plus tard, un nouveau détachement anglais menaça les Abénakis, mais l'Aimable les attaqua et les défit, capturant quelques prisonniers et distribuant de l'eau-de-vie à ses guerriers avec prudence. Au printemps, Frenay arriva de Plaisance en Terre-Neuve à Québec avec des lettres de Costebelle, avertissant de la préparation anglaise pour attaquer Plaisance ou Québec. Les ambassadeurs français réussirent à rallier environ quatre cents autochtones de diverses nations, qui furent reçus à Montréal le 7 août. Un grand festin fut organisé, avec des chaudrons remplis de viandes diverses, et des danses de guerre furent exécutées par les guerriers.
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2433
p. 242
« Il paroît un nouveau Livre qui a pour titre les Belles [...] »
Début :
Il paroît un nouveau Livre qui a pour titre les Belles [...]
Mots clefs :
Courtisanes, Belles Grecques, Nouveau livre
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texteReconnaissance textuelle : « Il paroît un nouveau Livre qui a pour titre les Belles [...] »
Il paroît un nouveau Livre qui a pour titre les Belles Grecques, ou l'Histoire
des plus fameux Courtisans de la Grece,&c.
Extrait simplement historique de
ce nouveau Auteur.
des plus fameux Courtisans de la Grece,&c.
Extrait simplement historique de
ce nouveau Auteur.
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2434
p. 242-245
RHODOPE.
Début :
Rhodope née en Thrace de parens fort pauvres, fut venduë [...]
Mots clefs :
Rhodope, Courtisanes, Grèce, Belles Grecques
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texteReconnaissance textuelle : RHODOPE.
HODOPE. R Hodope née en
Thrace de parens
fort pauvres, fut venduë à
Xantus, qui l'avoit recher-
chée pour sa grande beauté. Ce même Xantus peu
de temps aprés acheta le
fameux Esope. L'Histoire
rapporte que sa difformité
n'empefcha point Rhodope d'être sensible à son merite, & qu'Esope par l'agrément de son esprit & par
son apologue, fçut en
peu de temps s'en faire aimer. Il n'est point dit que
Xantus en devint amoureux,je ne sçais'il étoit plus
PhilosophequEsope,ou s'il
étoit feulement plusdiscret.
L'Histoire donne à Rho-
dope autant de delicatesse
dans la passionqu'elle a-
,
voit pour Esope, qu'on en
a
donné aux heroïnes de
Roman. Mais elle n'en eut
pas la constance, elle aima
depuis, ou du moins fut aimée deCharaxus,dePhaon
& de tant d'autres, qu'elle
devint une des plus illustres courtisanes de la Greve.
Elle épousaenfin Pfammetius Roy d'Egypte: dénouëment que ses autres
avantures ne sembloit pas
promettre. Les courri-
sannes de ce temps commencent &: finissent rarement comme la fameuse
Rhodope.
Thrace de parens
fort pauvres, fut venduë à
Xantus, qui l'avoit recher-
chée pour sa grande beauté. Ce même Xantus peu
de temps aprés acheta le
fameux Esope. L'Histoire
rapporte que sa difformité
n'empefcha point Rhodope d'être sensible à son merite, & qu'Esope par l'agrément de son esprit & par
son apologue, fçut en
peu de temps s'en faire aimer. Il n'est point dit que
Xantus en devint amoureux,je ne sçais'il étoit plus
PhilosophequEsope,ou s'il
étoit feulement plusdiscret.
L'Histoire donne à Rho-
dope autant de delicatesse
dans la passionqu'elle a-
,
voit pour Esope, qu'on en
a
donné aux heroïnes de
Roman. Mais elle n'en eut
pas la constance, elle aima
depuis, ou du moins fut aimée deCharaxus,dePhaon
& de tant d'autres, qu'elle
devint une des plus illustres courtisanes de la Greve.
Elle épousaenfin Pfammetius Roy d'Egypte: dénouëment que ses autres
avantures ne sembloit pas
promettre. Les courri-
sannes de ce temps commencent &: finissent rarement comme la fameuse
Rhodope.
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Résumé : RHODOPE.
Rhodope, originaire de Thrace, fut vendue à Xantus en raison de sa beauté. Xantus acheta également Esope, malgré sa difformité. Rhodope fut séduite par l'esprit et les apologues d'Esope, tombant amoureuse de lui. L'attitude de Xantus envers cette relation reste incertaine. Rhodope manifesta une passion délicate mais inconstante, aimant ou étant aimée par plusieurs hommes, dont Charaxus et Phaon, devenant ainsi une des courtisanes les plus célèbres de Grèce. Elle épousa finalement Psammétius, roi d'Égypte, un destin rare pour une courtisane de cette époque.
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2435
p. 245-247
ASPASIE.
Début :
Aspasie, fille d'Axiocus Milesien, fut la plus belle femme de [...]
Mots clefs :
Courtisanes, Belles Grecques, Grèce, Aspasie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ASPASIE.
ASpasie, filled'Axiocus Milesien, sut la
plus belle femme de son
temps, elle passa ses premières années à Megare,&
fut ensuite a Athènes. Periclés devint si amoureux
d'elle, que quoiqu'il en eût
obtenu ce qui fait d'ordinaire des inconstans,il ne
laiflfa pas de quitter sa
femme pour l'époufcr.
C'eil avec une espece d'injustice qu'on l'a traittée de
courrilanne: on devoit lui
pardonner quelques amans quelle avoit eu à Megare, en faveur de sa fidé.
lité à Périclés. L'Hiftolre
rapporte qu'elle resista même à Alcibiades, qui n'avoit gueres trouvé de refiC
tance dans plusieurs Greques renommées pour leur
vertu. Aspasie ne fut
@
pas
moins celebre par sa lcience5 que par sa beauté, plu-
lieurs perionnes illuitres,
de l'un & de l'autre sexe
,
rechercherent sa conversation
,
comme la plus agréable & la plus utile
qu'ils pussènt trouver dans
Athénes, & l'on pouroit
dire qu'elle fut la Ninon de
son temps.
plus belle femme de son
temps, elle passa ses premières années à Megare,&
fut ensuite a Athènes. Periclés devint si amoureux
d'elle, que quoiqu'il en eût
obtenu ce qui fait d'ordinaire des inconstans,il ne
laiflfa pas de quitter sa
femme pour l'époufcr.
C'eil avec une espece d'injustice qu'on l'a traittée de
courrilanne: on devoit lui
pardonner quelques amans quelle avoit eu à Megare, en faveur de sa fidé.
lité à Périclés. L'Hiftolre
rapporte qu'elle resista même à Alcibiades, qui n'avoit gueres trouvé de refiC
tance dans plusieurs Greques renommées pour leur
vertu. Aspasie ne fut
@
pas
moins celebre par sa lcience5 que par sa beauté, plu-
lieurs perionnes illuitres,
de l'un & de l'autre sexe
,
rechercherent sa conversation
,
comme la plus agréable & la plus utile
qu'ils pussènt trouver dans
Athénes, & l'on pouroit
dire qu'elle fut la Ninon de
son temps.
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Résumé : ASPASIE.
Aspasie, fille d'Axiochus de Milet, était réputée pour sa beauté et sa sagesse. Elle s'installa à Athènes après Megare. Périclès, amoureux d'elle, resta marié. Accusée de courtisane, elle refusa Alcibiades. Sa conversation était prisée par les personnalités athéniennes. Elle fut comparée à Ninon de l'Enclos.
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2436
p. 247-251
LAIS.
Début :
Lais nâquit à Hicara en Sicile, elle fut prise dans [...]
Mots clefs :
Laïs, Courtisanes, Belles Grecques
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texteReconnaissance textuelle : LAIS.
LAIS. L Ais naquit à Hicara
en Sicile, elle fut
prise dans cette Ville par
Nicias, General des Atheniens) il la mena en Grece
à l'âge de lept ans, elle s'é-
tablit eniuiteaChorinte-,
Appelles fut le premier qui
rendit hommage à sa beauté, qui étoit si rare,qu'elle
attira les plus grandshommes de son temps. Le haut
prix qu'elle mit à Tes faveurs donna lieu au proverbe, il n'est pis permisi
tout le monde d'alter à Chorinte. Demosthene aima
mieux avoir fait un voyage inutile, que de luy donner quatre cent pistoles
quelle luy demanda. Diogene n'eut pas la peine de
les luy refuser, elle le reçut
pour quelques leçons
de Philosophie, & le
congédia pour Eubates
quelle aima, jusques-à le
vouloir époufer: mais cet
amant qui étoit déjà marié, la quitta fous pretexte
qu'il étoit obligé d'aller aux
jeux olimpiques. Lais pour
se venger de ton infidelelui
sir autant d'infidelitez qu'il
s'en presenta d'occasions.
Le (eulXenocrate Philofophe avoit jusques là. méprisé ses charmes. Lais piquée
de sa froideur luy fit faire
un défi, où elle esperoit en
triolllpher, le Philosophe
l'accepta, & triompha luy
même, comme la pluspart
de nos Philosophes,moins
par force d'elprit que par
infcnfibilité de coe-ur., mais
il n'importe comment, ce ble. triomphe eit toujours louaApres s'êrre si fort vengée de l'infidélité d'Arbattes,quiauroitcrû que Lais
pût s'attacher à Paulanias?
Elle aima ce Thtflalien
avec tant d'ardeur qu'elle
(e retira ieule avec luy à la
campagne, & qu'après
qu'il l'eut abandonnée elle
le fuiviten Thessalie:mais
n'ayant puleramener, elle
pouffa cette fécondé vengeance encor plus loin que
la premiere,& fut enfin at
sommée dans un Temple
de Venus, par des femmes
jalouses de sa beauté.
en Sicile, elle fut
prise dans cette Ville par
Nicias, General des Atheniens) il la mena en Grece
à l'âge de lept ans, elle s'é-
tablit eniuiteaChorinte-,
Appelles fut le premier qui
rendit hommage à sa beauté, qui étoit si rare,qu'elle
attira les plus grandshommes de son temps. Le haut
prix qu'elle mit à Tes faveurs donna lieu au proverbe, il n'est pis permisi
tout le monde d'alter à Chorinte. Demosthene aima
mieux avoir fait un voyage inutile, que de luy donner quatre cent pistoles
quelle luy demanda. Diogene n'eut pas la peine de
les luy refuser, elle le reçut
pour quelques leçons
de Philosophie, & le
congédia pour Eubates
quelle aima, jusques-à le
vouloir époufer: mais cet
amant qui étoit déjà marié, la quitta fous pretexte
qu'il étoit obligé d'aller aux
jeux olimpiques. Lais pour
se venger de ton infidelelui
sir autant d'infidelitez qu'il
s'en presenta d'occasions.
Le (eulXenocrate Philofophe avoit jusques là. méprisé ses charmes. Lais piquée
de sa froideur luy fit faire
un défi, où elle esperoit en
triolllpher, le Philosophe
l'accepta, & triompha luy
même, comme la pluspart
de nos Philosophes,moins
par force d'elprit que par
infcnfibilité de coe-ur., mais
il n'importe comment, ce ble. triomphe eit toujours louaApres s'êrre si fort vengée de l'infidélité d'Arbattes,quiauroitcrû que Lais
pût s'attacher à Paulanias?
Elle aima ce Thtflalien
avec tant d'ardeur qu'elle
(e retira ieule avec luy à la
campagne, & qu'après
qu'il l'eut abandonnée elle
le fuiviten Thessalie:mais
n'ayant puleramener, elle
pouffa cette fécondé vengeance encor plus loin que
la premiere,& fut enfin at
sommée dans un Temple
de Venus, par des femmes
jalouses de sa beauté.
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Résumé : LAIS.
Lais naquit à Hicara en Sicile et fut capturée par Nicias, général athénien, qui l'emmena en Grèce à l'âge de sept ans. Elle s'établit ensuite à Corinthe, où sa beauté exceptionnelle attira de nombreux hommes illustres. Le prix élevé de ses faveurs donna lieu au proverbe : 'Il n'est pas permis à tout le monde d'aller à Corinthe.' Démosthène préféra faire un voyage inutile plutôt que de lui donner les quatre cents pistoles qu'elle demandait. Diogène, quant à lui, reçut ses faveurs en échange de leçons de philosophie. Lais aima Éubate au point de vouloir l'épouser, mais celui-ci la quitta sous prétexte de se rendre aux Jeux olympiques. Pour se venger, elle multiplia les infidélités. Le philosophe Xenocrate, qui avait jusqu'alors méprisé ses charmes, accepta un défi lancé par Lais et triompha grâce à son insensibilité. Après avoir été abandonnée par Paulianias, un Thébain qu'elle aimait ardemment, Lais le suivit en Thessalie. Ne pouvant le ramener, elle se vengea en se livrant à d'autres amants. Finalement, des femmes jalouses de sa beauté la sommèrent dans un temple de Vénus.
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2437
p. 251-253
LAMIA.
Début :
Lamia étoit fille de Cleanor Athenien, celebre joüeur de flute, [...]
Mots clefs :
Lamia, Belles Grecques, Courtisanes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LAMIA.
LAMIA.
Lamia étoit fille de Cleanor Athenien) celebre
joiieurde flute)elle en joiioit
elle-même parfaitement,
çe talent joint à son efpric
.&-sabeauté., la rendit fa-
meule dans ce métier de
courtisanne, que sa pau- vretél'obligeadechoisir.
Ptolomée fut une de ses
premières conquêtes, mais
ce Roy la perditbien-tôt.
Demetrius Poliorcetes la
prit dans la défaite de la
flotte de Prolornée. Il en
devint si amoureux, qu'il
luy donna la preference
sur toutes ses autres maîtresses
3
en reeonnoiffance
elle lui fut trèsfîdelle,& fitôt qu'il fut mort, elleprou
va par une retraite très reguliere, que lanecessité
feule avoit été pourelle,
comme pour bien d'autres,
le premier écueil de sa vertu
Lamia étoit fille de Cleanor Athenien) celebre
joiieurde flute)elle en joiioit
elle-même parfaitement,
çe talent joint à son efpric
.&-sabeauté., la rendit fa-
meule dans ce métier de
courtisanne, que sa pau- vretél'obligeadechoisir.
Ptolomée fut une de ses
premières conquêtes, mais
ce Roy la perditbien-tôt.
Demetrius Poliorcetes la
prit dans la défaite de la
flotte de Prolornée. Il en
devint si amoureux, qu'il
luy donna la preference
sur toutes ses autres maîtresses
3
en reeonnoiffance
elle lui fut trèsfîdelle,& fitôt qu'il fut mort, elleprou
va par une retraite très reguliere, que lanecessité
feule avoit été pourelle,
comme pour bien d'autres,
le premier écueil de sa vertu
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Résumé : LAMIA.
Lamia, fille de Cléanor, était une célèbre flûtiste et courtisane athénienne. Sa beauté et son talent la rendirent célèbre. Ptolémée fut l'une de ses premières conquêtes. Démétrios Poliorcète la captura et en tomba amoureux, la préférant à toutes ses autres maîtresses. Après la mort de Démétrios, Lamia se retira, démontrant que la pauvreté avait été son seul obstacle à la vertu.
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2438
p. 262-263
« On apprend aux sçavants, qu'il paroît un portrait du [...] »
Début :
On apprend aux sçavants, qu'il paroît un portrait du [...]
Mots clefs :
Portrait, Gravure, Bayle
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « On apprend aux sçavants, qu'il paroît un portrait du [...] »
il paroît un portrait du
celebre MrBayle,gravépar
Mr Duchesne.Ces deuxvers
sont au bas du portrait.
Bælius hic ille est cujus
dum scripta vigebunt,
Lis erit, oblectent,erudiantne magis.
celebre MrBayle,gravépar
Mr Duchesne.Ces deuxvers
sont au bas du portrait.
Bælius hic ille est cujus
dum scripta vigebunt,
Lis erit, oblectent,erudiantne magis.
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2439
p. 265-270
Lettre d'Arras du 3. de Mars 1712.
Début :
La nuit du premier au 2. de Mars à la [...]
Mots clefs :
Arras, Heures, Magasins, Ennemis, Tranchées
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Lettre d'Arras du 3. de Mars 1712.
Lettre d'Arras du 3. de
Mars 1712.
La nuit du premier au t.
de Mars à la faveur de l'obscurité les ennemiss'approcherent d'Arras.
Lesécondsurlessept heures
du matinayant ouvert lu.
portes de la Ville à l'ordinaire,
les Paysansavertirent que la
ennemis travaillaient autour
de la Place, Mr le Mareschal
de Montesquiou fit AujJiroft
mettre toute la Garnison fous
les Armes, c-fitsortir lt
Cavalierie, les Grenadiers &
cinq Bataillons par la porte
.Rou'viul nous apperçûmes
les ennemis qui travailloient à
quatre censsoixante toises de
la Place, & mesmeétoient
déjà à moitié couverts dans
leur tranchées. Monsieur le
Mareschalayant envoyéreconnoijlre, apprit qu'ilsn'asoientinvesty la Ville que
depuis la rivière de Scarpe
jusquau Crinchon., il resolut
de faire attaquer les ennemis
quis'étoient rendus maistres du
Fatixbourg de Bapaume. On
leur tua baycoup de mondee
mais le combat estans trop
opiniâtre
,
nous Jugeames à
propos de mettre le feu au
Fauxbourg
en nous retirans.
Nous y avons perdu trois
braves Officiers; (9" le Colonel
du Regiment de Belsan
,
qui
commandoit cette attaque,fut
fait prisonnier. Sur les onze
heures les deserteurs affurérent
MrleMareschalque ce n'estoit
point pour assieger la Place
;
mais seulement pour brusler
les Magasins que les ennemis
stoient venus. Aussitost on
occupa la moitié de la Garnison
*défaire les Mules de soin
pour les transporter plus loin,
0* les mettre le long de la rivière
,
mais malgré les Canons de
la Ville &de la Citadelle ,sur
les quatre heures après midy ils
commencerent a jetter des Bombes & des Pots à feusur les
Magasins&sur la Citadelle;
ensuiteJur les dix heures ils tirèrent à Boulets rougessur nos
Magasins. Voyantque son éteignoit toujours le feu de leurs
bombes (7 de leurspots àfeu
a une
heure aprèsminuit, il ne
fut plus possibled'éteindre le
feu qu'ilsfaisoientavec leurs
bouletsrouges quiperçoient en.,.
tierement nos Magasins;
d'ailleurssur les dix heures du
Joir ils commencèrent à bombarder la Ville
3
ce qui obligea de relâcher tous les Bourgeois que l'onretenoit depuis
midy aux Magasins. Sur les
quatre heures de
ce matin
loyans quelques uns de nos
Magasins en feu cm quantité
de paille quonavoit allumée
exprésd'un autre costé,ils
crurent tout bruslé&craignant
quelque sortiesur des Troupes
qui s'étoient débandées
,
les
rassemblerent, ils se font retite^ cette nuit à
quatre heures.
Ily a
environ cinquante mille rations de fourages brulées ou gaflées. Il est, tombe
tant dans la Ville que dans 14
Citadelle environ deux cens
cinquante bombes & cent pots
A feu
,
ils ont esté contraints
de laisser dans leurs retranche.
ments environ trois cens bombes. On a
rasé les travaux
qu'ils ont faits, ils ont perdu
environ troiscens hommes, &
nous cent.
Mars 1712.
La nuit du premier au t.
de Mars à la faveur de l'obscurité les ennemiss'approcherent d'Arras.
Lesécondsurlessept heures
du matinayant ouvert lu.
portes de la Ville à l'ordinaire,
les Paysansavertirent que la
ennemis travaillaient autour
de la Place, Mr le Mareschal
de Montesquiou fit AujJiroft
mettre toute la Garnison fous
les Armes, c-fitsortir lt
Cavalierie, les Grenadiers &
cinq Bataillons par la porte
.Rou'viul nous apperçûmes
les ennemis qui travailloient à
quatre censsoixante toises de
la Place, & mesmeétoient
déjà à moitié couverts dans
leur tranchées. Monsieur le
Mareschalayant envoyéreconnoijlre, apprit qu'ilsn'asoientinvesty la Ville que
depuis la rivière de Scarpe
jusquau Crinchon., il resolut
de faire attaquer les ennemis
quis'étoient rendus maistres du
Fatixbourg de Bapaume. On
leur tua baycoup de mondee
mais le combat estans trop
opiniâtre
,
nous Jugeames à
propos de mettre le feu au
Fauxbourg
en nous retirans.
Nous y avons perdu trois
braves Officiers; (9" le Colonel
du Regiment de Belsan
,
qui
commandoit cette attaque,fut
fait prisonnier. Sur les onze
heures les deserteurs affurérent
MrleMareschalque ce n'estoit
point pour assieger la Place
;
mais seulement pour brusler
les Magasins que les ennemis
stoient venus. Aussitost on
occupa la moitié de la Garnison
*défaire les Mules de soin
pour les transporter plus loin,
0* les mettre le long de la rivière
,
mais malgré les Canons de
la Ville &de la Citadelle ,sur
les quatre heures après midy ils
commencerent a jetter des Bombes & des Pots à feusur les
Magasins&sur la Citadelle;
ensuiteJur les dix heures ils tirèrent à Boulets rougessur nos
Magasins. Voyantque son éteignoit toujours le feu de leurs
bombes (7 de leurspots àfeu
a une
heure aprèsminuit, il ne
fut plus possibled'éteindre le
feu qu'ilsfaisoientavec leurs
bouletsrouges quiperçoient en.,.
tierement nos Magasins;
d'ailleurssur les dix heures du
Joir ils commencèrent à bombarder la Ville
3
ce qui obligea de relâcher tous les Bourgeois que l'onretenoit depuis
midy aux Magasins. Sur les
quatre heures de
ce matin
loyans quelques uns de nos
Magasins en feu cm quantité
de paille quonavoit allumée
exprésd'un autre costé,ils
crurent tout bruslé&craignant
quelque sortiesur des Troupes
qui s'étoient débandées
,
les
rassemblerent, ils se font retite^ cette nuit à
quatre heures.
Ily a
environ cinquante mille rations de fourages brulées ou gaflées. Il est, tombe
tant dans la Ville que dans 14
Citadelle environ deux cens
cinquante bombes & cent pots
A feu
,
ils ont esté contraints
de laisser dans leurs retranche.
ments environ trois cens bombes. On a
rasé les travaux
qu'ils ont faits, ils ont perdu
environ troiscens hommes, &
nous cent.
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Résumé : Lettre d'Arras du 3. de Mars 1712.
Le 3 mars 1712, les ennemis approchèrent d'Arras durant la nuit et commencèrent à travailler autour de la ville. À sept heures du matin, les paysans avertirent de leur activité. Le maréchal de Montesquiou mobilisa la garnison et envoya la cavalerie et les grenadiers. Les ennemis avaient investi la ville depuis la rivière de Scarpe jusqu'au Crinchon. Une attaque fut lancée contre les ennemis au faubourg de Bapaume, causant de lourdes pertes, mais les forces françaises durent mettre le feu au faubourg en se retirant. Trois officiers furent tués et un colonel fut fait prisonnier. Vers onze heures, des déserteurs informèrent le maréchal que les ennemis visaient à brûler les magasins plutôt qu'à assiéger la ville. La garnison fut déployée pour protéger les magasins, mais les ennemis lancèrent des bombes et des pots à feu sur les magasins et la citadelle. Le feu ne put être éteint, et les bombardements continuèrent jusqu'au lendemain matin. Les ennemis se retirèrent à quatre heures du matin. Environ cinquante mille rations de fourrage furent brûlées ou gâchées. Environ deux cent cinquante bombes et cent pots à feu tombèrent dans la ville et la citadelle. Les ennemis laissèrent trois cents bombes dans leurs retranchements. Les travaux ennemis furent rasés, et ils perdirent environ trois cents hommes, tandis que les forces françaises perdirent cent hommes.
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2440
p. 271-274
Nouvelles d'Allemagne.
Début :
On a reçu des Nouvelles de Hollande dont la Cour [...]
Mots clefs :
Allemagne, Guerre, Lettres
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles d'Allemagne.
Nouvelles d'Allemagne,
On a
reçudesNouvelles
de Hollande dont la Cour
ne paroist pas être satisfaite y
& on en attend d'Angleterre touchant lesCommissions
dont le Prince Eugene est
chargé;le Comte de Gallach qui enest revenu assure
qu'il luy fera tres difficile
d'engager les Anglois à
continuer la guerre.
Les Lettres de Pologne;.
de Transylvanie& des Frontières de Turquie, consir-
ment que la guerre a
esié
déclarée à Constantinople
contre les Moscovites. On
travaille à la levée des Recruës & à une augmentation de dix hommes par
Compagnie, & d'une Compagnie de Grenadiers par
Regiment.
Les Lettres de Constantinople portent que leGrand
Seigneur avoit dessein d'aller
en Campagne avec une Armée beaucoup plus nombreuse que celle de l'année
derniere. Il a
fait dire à Sa
Majesté Sucdoisequ'il pour-
roit rester à Bender autant
qu'il luy plairoit, & que
quand il en voudroit partir
elle n'auroit qu'à luy faire
sçavoir, qu'illuy envoyeroit
un grand Corps de Troupes
pour l'accompagner par la
Pologne jusques dans ses
Etats.
Les avis de Belgradeconfirment la resolution prisc
par le Grand Seigneur de
faire de nouveau la guerre
aux Moscovires.
Le Bacha de Belgrade a
ordre de se préparer pour
aller avec ses Troupes join.
drc l'Armée du Grand Seigneur.
Le Hospodar de Valaquie a
ordre de fournir au
Roy de Suede trois mille
hommes & cent cinquante
mille écus. Le desseinestde
faire la guerre detrois côtez
à la fois.
Les Tartares doivent faire une irruption en Moscovie tandis que l'Armée Ottomane entrera en Ukraine,
& le Roy de Suede en Pologne.
On a
reçudesNouvelles
de Hollande dont la Cour
ne paroist pas être satisfaite y
& on en attend d'Angleterre touchant lesCommissions
dont le Prince Eugene est
chargé;le Comte de Gallach qui enest revenu assure
qu'il luy fera tres difficile
d'engager les Anglois à
continuer la guerre.
Les Lettres de Pologne;.
de Transylvanie& des Frontières de Turquie, consir-
ment que la guerre a
esié
déclarée à Constantinople
contre les Moscovites. On
travaille à la levée des Recruës & à une augmentation de dix hommes par
Compagnie, & d'une Compagnie de Grenadiers par
Regiment.
Les Lettres de Constantinople portent que leGrand
Seigneur avoit dessein d'aller
en Campagne avec une Armée beaucoup plus nombreuse que celle de l'année
derniere. Il a
fait dire à Sa
Majesté Sucdoisequ'il pour-
roit rester à Bender autant
qu'il luy plairoit, & que
quand il en voudroit partir
elle n'auroit qu'à luy faire
sçavoir, qu'illuy envoyeroit
un grand Corps de Troupes
pour l'accompagner par la
Pologne jusques dans ses
Etats.
Les avis de Belgradeconfirment la resolution prisc
par le Grand Seigneur de
faire de nouveau la guerre
aux Moscovires.
Le Bacha de Belgrade a
ordre de se préparer pour
aller avec ses Troupes join.
drc l'Armée du Grand Seigneur.
Le Hospodar de Valaquie a
ordre de fournir au
Roy de Suede trois mille
hommes & cent cinquante
mille écus. Le desseinestde
faire la guerre detrois côtez
à la fois.
Les Tartares doivent faire une irruption en Moscovie tandis que l'Armée Ottomane entrera en Ukraine,
& le Roy de Suede en Pologne.
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Résumé : Nouvelles d'Allemagne.
Le texte relate diverses nouvelles politiques et militaires en Europe et dans les régions voisines. En Hollande, la cour attend des informations d'Angleterre concernant les commissions du Prince Eugène. Le Comte de Gallach estime que les Anglais auront du mal à poursuivre la guerre. En Pologne, en Transylvanie et aux frontières de la Turquie, la guerre a été déclarée contre les Moscovites. Des recrutements supplémentaires sont en cours, avec une augmentation de dix hommes par compagnie et une compagnie de grenadiers par régiment. À Constantinople, le Grand Seigneur prévoit une campagne avec une armée plus nombreuse que l'année précédente. Il a informé le roi de Suède qu'il peut rester à Bender et qu'il enverra des troupes pour l'escorter. Les avis de Belgrade confirment la résolution du Grand Seigneur de faire la guerre aux Moscovites. Le Bacha de Belgrade doit se préparer à rejoindre l'armée ottomane. Le Hospodar de Valachie doit fournir au roi de Suède trois mille hommes et cent cinquante mille écus. Le plan est de mener la guerre sur trois fronts simultanément : les Tartares attaqueront la Moscovie, l'armée ottomane entrera en Ukraine, et le roi de Suède en Pologne.
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2441
p. 275-278
Nouvelles d'Espagne.
Début :
Le Marquis de Bay est parti pour retourner en Estramadure [...]
Mots clefs :
Espagne, Marquis
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texteReconnaissance textuelle : Nouvelles d'Espagne.
Nouevlles d'EJftagne. )
Le Marquis de Bay ca.
parti pour retourner en Estramadure avec plusieurs
Officiers de cette Ville. Les
Lettres de Badajoz portent,,
que les Troupes de la Frontiere estoiententrées en Portugal, où elles avoient pc^
netré, prés de vingt lieuës,
sans aucune opposition 8c
qu'elles avoient amené des
Otages pour les contribua
tions & un grand nombre
de bestes à cornes, 1
On mande de Catalogne
que le Marquis de Valdecanas ayant esté informé que
les ennemis assembloient à
Igualada un Corps de Miquelets avec des Troupes
reglées, ramassa les Troupes
de la Frontière qu'il commande;il détacha pouraller reconnoître les ennemis
,
un Corps de Cavalerie comIrlande par Don Jofcph
Vallejo, qui les chai gea &
mit en suite.
Le Duc d'Argile est parti
avec plusieurs Officiers pour
Londres, laissant les Trou-
pes Angloises à Tarragone.
Le Comte de Srarrcmberg avoit laissé des Troupes dans Calaf, qui paroissoient resoluës de s'ymaintenir; mais sur l'avis qu'on
se preparoit à les aller attaquer, ellesl'abandonnèrent
Un Parti de la Garnison de
Balaguer a
deffait un Parti
de quarante Allemans.
* UnPartide laGarnisonde
Tortoseayant fait une courfc ducôté de Tarragone,a
surpris un Quartier des ennemis, dont plus de trente
ont cfté tuez & un grand
nombre fait prisonniers.
Le Marquis de Bay ca.
parti pour retourner en Estramadure avec plusieurs
Officiers de cette Ville. Les
Lettres de Badajoz portent,,
que les Troupes de la Frontiere estoiententrées en Portugal, où elles avoient pc^
netré, prés de vingt lieuës,
sans aucune opposition 8c
qu'elles avoient amené des
Otages pour les contribua
tions & un grand nombre
de bestes à cornes, 1
On mande de Catalogne
que le Marquis de Valdecanas ayant esté informé que
les ennemis assembloient à
Igualada un Corps de Miquelets avec des Troupes
reglées, ramassa les Troupes
de la Frontière qu'il commande;il détacha pouraller reconnoître les ennemis
,
un Corps de Cavalerie comIrlande par Don Jofcph
Vallejo, qui les chai gea &
mit en suite.
Le Duc d'Argile est parti
avec plusieurs Officiers pour
Londres, laissant les Trou-
pes Angloises à Tarragone.
Le Comte de Srarrcmberg avoit laissé des Troupes dans Calaf, qui paroissoient resoluës de s'ymaintenir; mais sur l'avis qu'on
se preparoit à les aller attaquer, ellesl'abandonnèrent
Un Parti de la Garnison de
Balaguer a
deffait un Parti
de quarante Allemans.
* UnPartide laGarnisonde
Tortoseayant fait une courfc ducôté de Tarragone,a
surpris un Quartier des ennemis, dont plus de trente
ont cfté tuez & un grand
nombre fait prisonniers.
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Résumé : Nouvelles d'Espagne.
Le Marquis de Bayca a quitté la ville pour retourner en Estramadure avec plusieurs officiers. Les troupes de la frontière ont pénétré en Portugal sur une distance de vingt lieues sans rencontrer d'opposition, ramenant des otages et un grand nombre de bêtes à cornes. En Catalogne, le Marquis de Valdecanas a mobilisé ses troupes après avoir été informé du rassemblement des ennemis à Igualada. Un corps de cavalerie commandé par Don Joseph Vallejo a chargé et mis en fuite les ennemis. Le Duc d'Argile s'est rendu à Londres avec plusieurs officiers, laissant les troupes anglaises à Tarragone. Le Comte de Starremberg avait laissé des troupes à Calaf, mais celles-ci ont abandonné la ville après avoir appris une imminente attaque. Par ailleurs, la garnison de Balaguer a défait un groupe de quarante Allemands. La garnison de Tortose a surpris un quartier ennemi près de Tarragone, tuant plus de trente ennemis et en capturant un grand nombre.
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2442
p. 278-279
Nouvelles d'Angleterre.
Début :
On a deliberé en grand Commité sur les Traitez entre [...]
Mots clefs :
Angleterre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles d'Angleterre.
.
Nouvelles d'Angleterre..
On a
délibéré en grand
Commité sur les Traitez entre l'Angleterre & la Hollande,& sur les contingents
d'hommes &d'argent que
les autres Alliez devoient
fournir; on a
pris les rera..
lutions suivantes
; que les
EtatsGénéraux ont fourni
deux tiers moins que leur
contingent pour le Service
de Mer, & en general la
moitié moins de toutes les
dépenses
; que le feu Empereur & l'Archiduc n'ont jamais eu enEspagne aucunes
forces entretenuës à leurs
dépens, à l'exception d'un
Regiment de deux mille
Fantassins qui a
servi l'année
dernierc
; que la Reine y a
fourni& payé depuis 1705.
jusqu'en 1711. cinquantecinq mille neuf cens soixante & treize hommes, outre
treize Bataillons & dix huit
Escadrons pour lesquelselle
a
payé des subsidesà l'Empereur.
Nouvelles d'Angleterre..
On a
délibéré en grand
Commité sur les Traitez entre l'Angleterre & la Hollande,& sur les contingents
d'hommes &d'argent que
les autres Alliez devoient
fournir; on a
pris les rera..
lutions suivantes
; que les
EtatsGénéraux ont fourni
deux tiers moins que leur
contingent pour le Service
de Mer, & en general la
moitié moins de toutes les
dépenses
; que le feu Empereur & l'Archiduc n'ont jamais eu enEspagne aucunes
forces entretenuës à leurs
dépens, à l'exception d'un
Regiment de deux mille
Fantassins qui a
servi l'année
dernierc
; que la Reine y a
fourni& payé depuis 1705.
jusqu'en 1711. cinquantecinq mille neuf cens soixante & treize hommes, outre
treize Bataillons & dix huit
Escadrons pour lesquelselle
a
payé des subsidesà l'Empereur.
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Résumé : Nouvelles d'Angleterre.
Le grand comité en Angleterre a discuté des traités entre l'Angleterre et la Hollande et des contributions des alliés. Les États Généraux ont fourni deux tiers de moins pour le service de mer et la moitié de moins pour les dépenses. L'ancien empereur et l'archiduc n'ont entretenu qu'un régiment de deux mille fantassins en Espagne. La reine a fourni et payé cinquante-cinq mille neuf cent soixante-treize hommes de 1705 à 1711, plus treize bataillons et dix-huit escadrons.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2443
p. 280-290
Autre Traduction de l'Ode latine sur le Vin de Bourgogne.
Début :
Chere Feüillette Bourguignonne, [...]
Mots clefs :
Vin de Bourgogne, Bacchus, Jus
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Autre Traduction de l'Ode latine sur le Vin de Bourgogne.
Autre Traduction de
l'Odelatine sur le Vin
de Bourgogne.
Ces Odes font aflêk belles
en
latin pour mériter qu'on en
donne plusieurs traductions
en vers, afin qu'on puisse
trouver dans l'unequelque
beauté, qui aura peut- estre
échapé à tAuteur de l'autre.
Chere Feuillette Bourgui..,
gnonne,
Qui loges dans ton fein la
vermeille Santé, ,-
Les Plaisirs innocens,la douce Liberre,
Et que d'Amours badins
une troupe environne.
Je veux te consacrer ces
vers.
C'est toi qui d'un murt peux
faire un Demosthéne.
Qui peux à l'idiot sans étude
& sans peine
Donner en un instant mille
talens divers.
«
Onvoit des Soins la noire
engeance
Disparoistreàl'aspect de
ton jus enchanteur,
Et le pauvre quepresse un
rudeCollecteur,
Perdre le souvenir de sa triste indigence.
l
En vain la table offre des
mers
D'un superbe appareil, d'une faveur exquise
:
Si tu n'es du festin, le Bon
Goût lesméprise,
Et ne compte pour rien leurs
somptueuxapprêts.
Jusqu'auxcieux la Cham.
pagne éleve
De 1 son vin petillant la riante liqueur.
On fait qu'il brilleaux yeux,
qu'il chatoüille lecœur,
Qiil pique l'odorat d'une
agréblc féve.
Mais craignons un poison
couvert.
L'aspic est fous les fleurs.
Queseulement pargrace
Quand Beaune aura primé,
Reims occupant la place
Vienne legerement amuser
le defferc.
A toi, dont je chante la
gloire,
Nourrice des vieillards, pleine du lait divin
Qui réchauffe le fang, &
bannit le chagrin,
ChereTonne, à roi seule appartient la victoire.
Lorsque par les ans refroidi -
On n'a plus ce beau seuque
la jeunesse inspire,
Que, propice autrefois, Apollonse retire,
Et que, comme le corps, l'esprit est engourdi.
De l'âge, mieux que l'Hippocréne,
Tu guéris, vray nectar,
l'importune froideur,
Et soufflant au Poëte une
7 soudaine ardeur,
Du Sophocle glacé tu ranimes la veine.
Mieux que trompettes &
tambours
Tu serois au soldat affronter lesalarmes.
Luy qui languit à jeun sous
le poids de ses armes
Ne le sentiroit pas aidé de
ton secours.
Mais, loin d'exciter à la
guerre,
Toi qui cherches plutost les
danses &les jeux,
Sollicitela Paix, lente au gré
de nos vœux,
De ne plus differer le repos
de la terre.
Déjà par des foins empressez
Le financier t'appelleàsatable superbe;
Et dans peu nos bergers
vont étendus sur l'herbe
Noyer au fond des pots
tousleurs ennuis passez.
Qu'ailleurs Bacchus, hô- teinfidèle,
De nuages fâcheux occupe
le cerveau.
Qu'ilmine ailleurs les nerfs,
lent& secret bourreau,
Ou livre à l'estomacuneattaquecruelle:
De toi coule un jus pre-^
tieux,
Doux aux nerfs, à la telle,
ami de la poitrine,
Et
,
merveille sur tout rare
en la Medecine,
Remèdeenmême temps
sûr,& délicieux.
Le Sommeil sourd à nos
prières
S'enfuit-il loin de nous, attendu vainement?
Ce Dieu, si nous prenons de
ton sirop charmant,
Viendra de Tes pavots humecter nos paupieres.
Mais tout buveur doit se
regler.
Du modeste Bacchus c'est la
loi
loyla plus belle.
Tu veux qu'on la reîpcéteJ
&malheur au rc belle
Dont l'indigne attentatose
lavioler.
Veilletoujours, aimable
Tonne
, Veille à fortifier la Royale
fanté,
Afin que fous Louisla France en sureté
Puisse dompter enfin les fureurs de Bellonne.
Ainsi
,
d'une commune
voix
Ton vin qu'en ses costeaux
la Bourgogne voit naître,
Des vinslesplus fameux soit
reconnu le maistre,
Utile aux jours du Prince, &
digne de son choix.
l'Odelatine sur le Vin
de Bourgogne.
Ces Odes font aflêk belles
en
latin pour mériter qu'on en
donne plusieurs traductions
en vers, afin qu'on puisse
trouver dans l'unequelque
beauté, qui aura peut- estre
échapé à tAuteur de l'autre.
Chere Feuillette Bourgui..,
gnonne,
Qui loges dans ton fein la
vermeille Santé, ,-
Les Plaisirs innocens,la douce Liberre,
Et que d'Amours badins
une troupe environne.
Je veux te consacrer ces
vers.
C'est toi qui d'un murt peux
faire un Demosthéne.
Qui peux à l'idiot sans étude
& sans peine
Donner en un instant mille
talens divers.
«
Onvoit des Soins la noire
engeance
Disparoistreàl'aspect de
ton jus enchanteur,
Et le pauvre quepresse un
rudeCollecteur,
Perdre le souvenir de sa triste indigence.
l
En vain la table offre des
mers
D'un superbe appareil, d'une faveur exquise
:
Si tu n'es du festin, le Bon
Goût lesméprise,
Et ne compte pour rien leurs
somptueuxapprêts.
Jusqu'auxcieux la Cham.
pagne éleve
De 1 son vin petillant la riante liqueur.
On fait qu'il brilleaux yeux,
qu'il chatoüille lecœur,
Qiil pique l'odorat d'une
agréblc féve.
Mais craignons un poison
couvert.
L'aspic est fous les fleurs.
Queseulement pargrace
Quand Beaune aura primé,
Reims occupant la place
Vienne legerement amuser
le defferc.
A toi, dont je chante la
gloire,
Nourrice des vieillards, pleine du lait divin
Qui réchauffe le fang, &
bannit le chagrin,
ChereTonne, à roi seule appartient la victoire.
Lorsque par les ans refroidi -
On n'a plus ce beau seuque
la jeunesse inspire,
Que, propice autrefois, Apollonse retire,
Et que, comme le corps, l'esprit est engourdi.
De l'âge, mieux que l'Hippocréne,
Tu guéris, vray nectar,
l'importune froideur,
Et soufflant au Poëte une
7 soudaine ardeur,
Du Sophocle glacé tu ranimes la veine.
Mieux que trompettes &
tambours
Tu serois au soldat affronter lesalarmes.
Luy qui languit à jeun sous
le poids de ses armes
Ne le sentiroit pas aidé de
ton secours.
Mais, loin d'exciter à la
guerre,
Toi qui cherches plutost les
danses &les jeux,
Sollicitela Paix, lente au gré
de nos vœux,
De ne plus differer le repos
de la terre.
Déjà par des foins empressez
Le financier t'appelleàsatable superbe;
Et dans peu nos bergers
vont étendus sur l'herbe
Noyer au fond des pots
tousleurs ennuis passez.
Qu'ailleurs Bacchus, hô- teinfidèle,
De nuages fâcheux occupe
le cerveau.
Qu'ilmine ailleurs les nerfs,
lent& secret bourreau,
Ou livre à l'estomacuneattaquecruelle:
De toi coule un jus pre-^
tieux,
Doux aux nerfs, à la telle,
ami de la poitrine,
Et
,
merveille sur tout rare
en la Medecine,
Remèdeenmême temps
sûr,& délicieux.
Le Sommeil sourd à nos
prières
S'enfuit-il loin de nous, attendu vainement?
Ce Dieu, si nous prenons de
ton sirop charmant,
Viendra de Tes pavots humecter nos paupieres.
Mais tout buveur doit se
regler.
Du modeste Bacchus c'est la
loi
loyla plus belle.
Tu veux qu'on la reîpcéteJ
&malheur au rc belle
Dont l'indigne attentatose
lavioler.
Veilletoujours, aimable
Tonne
, Veille à fortifier la Royale
fanté,
Afin que fous Louisla France en sureté
Puisse dompter enfin les fureurs de Bellonne.
Ainsi
,
d'une commune
voix
Ton vin qu'en ses costeaux
la Bourgogne voit naître,
Des vinslesplus fameux soit
reconnu le maistre,
Utile aux jours du Prince, &
digne de son choix.
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Résumé : Autre Traduction de l'Ode latine sur le Vin de Bourgogne.
Le texte est une ode au vin de Bourgogne, vantant ses nombreuses vertus. Le vin est décrit comme apportant santé, plaisir et liberté, et capable de transformer une personne ordinaire en un orateur éloquent. Il soulage les pauvres et les malheureux, et son absence rend même les festins somptueux insignifiants. Le vin de Bourgogne est comparé à un nectar divin qui réchauffe le cœur et l'esprit, inspirant les poètes et guérissant les maux de l'âge. Il est également présenté comme un remède précieux en médecine, doux pour les nerfs et la tête, et capable d'apporter un sommeil réparateur. Le texte conclut en souhaitant que le vin de Bourgogne soit reconnu comme le maître des vins les plus célèbres, utile et digne des choix du prince, en l'occurrence Louis, pour assurer la sécurité et la domination de la France.
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2444
p. 290-292
Nouvelles diverses.
Début :
On a dissipé quinze mille hommes des Ennemis qui s'estoient [...]
Mots clefs :
Arras, Ingénieur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles diverses.
Nouvellesdiverses.
On a
dissipé quinze mille
hommes des Ennemis qui
s'estoient assemblez aux environs d'Arras, où il ne s'est
trouvé au juste que cent mil
nations de foin pour toute
perte. A l'égard dudomma-
ge qu'ils ont fait sur la Sambre, un Ingénieur a
évalué
la reparation des travaux ruinez, à quatre journéesde
travail & à mille livres de
dépense.
-
Un grand nombre de
Troupes marche de tous côtez ; mais sur tout du côté
de la Sarre en Flandre. Les
Officiers Generaux ont or- dre de s'y rendre incessamment pour prévenir les En*
nemis, & se mettre enestat
d'empescher qu'ils ne trou- blent les Négociations dela
Paix. On dit qu'au cinq du
mois prochain on fera réponse aux propositions des
Ministres de t'Archiduc
de quelquesAlliez
On a
dissipé quinze mille
hommes des Ennemis qui
s'estoient assemblez aux environs d'Arras, où il ne s'est
trouvé au juste que cent mil
nations de foin pour toute
perte. A l'égard dudomma-
ge qu'ils ont fait sur la Sambre, un Ingénieur a
évalué
la reparation des travaux ruinez, à quatre journéesde
travail & à mille livres de
dépense.
-
Un grand nombre de
Troupes marche de tous côtez ; mais sur tout du côté
de la Sarre en Flandre. Les
Officiers Generaux ont or- dre de s'y rendre incessamment pour prévenir les En*
nemis, & se mettre enestat
d'empescher qu'ils ne trou- blent les Négociations dela
Paix. On dit qu'au cinq du
mois prochain on fera réponse aux propositions des
Ministres de t'Archiduc
de quelquesAlliez
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Résumé : Nouvelles diverses.
Quinze mille hommes ennemis ont été dispersés près d'Arras. Les dommages sur la Sambre sont évalués à quatre journées de travail et mille livres. Des troupes se déplacent en Flandre et près de la Sarre. Les officiers généraux doivent perturber les négociations de paix. Une réponse aux propositions des ministres de l'Archiduc est attendue pour le cinq du mois prochain.
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2445
p. 292-293
Lettre d'Utrecht.
Début :
Mon Amy & moy nous achetons bien cher le plaisir [...]
Mots clefs :
Utrecht, Négociations, Assemblées
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Lettre d'Utrecht.
Lettre d'Utrechr.
MONSIEUR,
Mon Amy & rnoy nous
achetons bien cher le plaisir de
sçavoirles premieres nouvelles
.des Négociations qui se font
icy ; car hors la bonne chere
les plaisirs d'Utrcchtsont fort
secs cm fort tumultueux,
Les Ajjemulécs font ordinaifan.nt ae trente ou quarante
hommes & femmes de sept
ou huit Nations différentes
?
dont chacune écorche le François à sa façon, cm beaucoup ne leparlepoint du JOute
C'est une idée de la varieté des
Langues de la Tour de Babel.
Toutes
ces
cobuës se reduisent
àsept
ou huit tables d'Hombre dans une chambre,&plusieurs pelotons de Conteurs de
Nouvelles. Vous (fave:{appa.
ramment déja que:
MONSIEUR,
Mon Amy & rnoy nous
achetons bien cher le plaisir de
sçavoirles premieres nouvelles
.des Négociations qui se font
icy ; car hors la bonne chere
les plaisirs d'Utrcchtsont fort
secs cm fort tumultueux,
Les Ajjemulécs font ordinaifan.nt ae trente ou quarante
hommes & femmes de sept
ou huit Nations différentes
?
dont chacune écorche le François à sa façon, cm beaucoup ne leparlepoint du JOute
C'est une idée de la varieté des
Langues de la Tour de Babel.
Toutes
ces
cobuës se reduisent
àsept
ou huit tables d'Hombre dans une chambre,&plusieurs pelotons de Conteurs de
Nouvelles. Vous (fave:{appa.
ramment déja que:
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Résumé : Lettre d'Utrecht.
La lettre d'Utrecht évoque les difficultés et les coûts des premières nouvelles des négociations. Utrecht offre une bonne nourriture mais des plaisirs austères et tumultueux. Les assemblées, appelées 'Ajjemulécs,' réunissent des personnes de sept ou huit nations différentes, parlant le français avec divers accents ou pas du tout. Les participants se regroupent autour de tables de jeu et de conteurs de nouvelles.
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2446
p. 293-295
« Le 4. de ce mois les Plenipotentiaires des Alliez firent [...] »
Début :
Le 4. de ce mois les Plenipotentiaires des Alliez firent [...]
Mots clefs :
Plénipotentiaires, France, Délibérations
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texteReconnaissance textuelle : « Le 4. de ce mois les Plenipotentiaires des Alliez firent [...] »
nipotentiaires des Alliezfi-
lent deux Conférences particulieres; l'une le matin, &
l'autre le soir, où ils reglerent entre-eux les réponses
qu'ils feroient aux Plenipotentiaires deFrance, &leurs
Délibérations furent rédigées en Mémoires particuliers,dont ils firent partaux
Plénipotentiaires de France
à chacun en particulier, &
qui n'ont pas encore esté
renduës publiques; on croit
qu'on y
répondra vers le
4. ou le 5. d'Avril. On a
fçu pourtant icy que quelques unes ayant paru d'a-
bord fort excessives; on cft
convenu qu'on entreroit en
Négociation sur ce qu'étiez
contiennent, & l'on doit
même faire aujourd'huy
pour cela une Conférence
extraordinaire; enfin nous
pouvons esperer que tout
tournera bien.
lent deux Conférences particulieres; l'une le matin, &
l'autre le soir, où ils reglerent entre-eux les réponses
qu'ils feroient aux Plenipotentiaires deFrance, &leurs
Délibérations furent rédigées en Mémoires particuliers,dont ils firent partaux
Plénipotentiaires de France
à chacun en particulier, &
qui n'ont pas encore esté
renduës publiques; on croit
qu'on y
répondra vers le
4. ou le 5. d'Avril. On a
fçu pourtant icy que quelques unes ayant paru d'a-
bord fort excessives; on cft
convenu qu'on entreroit en
Négociation sur ce qu'étiez
contiennent, & l'on doit
même faire aujourd'huy
pour cela une Conférence
extraordinaire; enfin nous
pouvons esperer que tout
tournera bien.
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Résumé : « Le 4. de ce mois les Plenipotentiaires des Alliez firent [...] »
Les plénipotentiaires des Alliés ont tenu deux conférences pour préparer leurs réponses aux plénipotentiaires de France. Les mémoires rédigés ont été distribués individuellement et secrètement. Les réponses sont attendues vers le 4 ou le 5 avril. Une conférence extraordinaire a été prévue pour discuter de certains mémoires jugés excessifs. Malgré les difficultés, les négociations devraient aboutir favorablement.
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2447
p. 295-300
PENSIONS données par le Roy.
Début :
Le Roy touché des pertes qu'ont fait ceux qui étoient [...]
Mots clefs :
Pensions, Roi, Dauphin
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PENSIONS données par le Roy.
PENSIONS
données par le Roy.
Le Roy touché des pertes
qu'ont fait ceux qui étoient
attachez à Messeigneurs les
Dauphins & à Madame la
Dauphine, a
déjàdonné à
plusieurs des pensions, dont
la somme monte à deux
cens cinquante mille livres,
juste.
Sa Majesté
a
donné à MC
la Duchessedu Lude, Dame
d'honneur de Madame la
Dauphine, izooo. liv.
A MC la Marquise de
Mailly, Dame d'honneur
de Madame la Dauphine,
9ooo.liv.
A neuf Dames du Palais
de Madame la Dauphine,
chacune 6000.liv.
A Mr le Mareschal de
Tessé, premier Efcuycr de
Madame la Dauphine,
nooo.iiv.
A Mr le Marquis de
Dangeau, Chevalier d'honneur de Madame la Dau- phine,12000 k
A Mr le Marquis de
Villacerf, premier Maistre
d'Hôtel de Madame le
Dauphine, 6000 l.
A neuf Menins de
Monseigneur le Dauphin,
chacun 6000 l.
A Mr le Marquis de
Mimure, 3000 l.
A Mr de la Chenaye,
3000 l.
A M Quentin première
femme de Chambre de
Madame la Dauphine,
6000 l.
A douze femmes de
Chambre de Madame la
Dauphine chacune 900 l.
A MC de la Borde sa
pensionancienne conservée
à ses enfans. Elle est de
2ooo. liv.
A Mc de Montsouris?
2000. liv.
A Mr Domingue, PorteManteau de Madame la
Dauphine, 3000.liv.
A Mr Boudin, premier
Médecin de Mon seigneur le
Dauphin & de Madame la
Dauphine, 9ooo.liv.
AMr Dionis, premier
Chirurgien de Monseigneur
le Dauphin & de Madame
la Dauphine, 3000.liv.
A Mr Dodart, premier
Medecin de Monseigneur
le Dauphin dernier mort
,
9000. liv.
A Mr Gervais, premier
Chirurgien deMonseigneur
le Dauphin dernier mort
,
3000. liv.
A Mr Caussin, 2500. liv.
A deux Huissiers de
Chambre, chacun 800.livi
- A Mr Desfossez, Huissier
du Cabinet, 900.IIV.
A six Valets de Chambre,chacun 600.liv,
A un Porte- Arquebuze,
600liv.
A un Porte- Manteau,
600.liv.
A quatre Valets de Garderobe,chacun 600.liv.
A douze autres Garçons
de la Chambre
,
chacun
500. L.
A plusieurs Valets de pied
& autres Officiers
,
chacun
400. liv
données par le Roy.
Le Roy touché des pertes
qu'ont fait ceux qui étoient
attachez à Messeigneurs les
Dauphins & à Madame la
Dauphine, a
déjàdonné à
plusieurs des pensions, dont
la somme monte à deux
cens cinquante mille livres,
juste.
Sa Majesté
a
donné à MC
la Duchessedu Lude, Dame
d'honneur de Madame la
Dauphine, izooo. liv.
A MC la Marquise de
Mailly, Dame d'honneur
de Madame la Dauphine,
9ooo.liv.
A neuf Dames du Palais
de Madame la Dauphine,
chacune 6000.liv.
A Mr le Mareschal de
Tessé, premier Efcuycr de
Madame la Dauphine,
nooo.iiv.
A Mr le Marquis de
Dangeau, Chevalier d'honneur de Madame la Dau- phine,12000 k
A Mr le Marquis de
Villacerf, premier Maistre
d'Hôtel de Madame le
Dauphine, 6000 l.
A neuf Menins de
Monseigneur le Dauphin,
chacun 6000 l.
A Mr le Marquis de
Mimure, 3000 l.
A Mr de la Chenaye,
3000 l.
A M Quentin première
femme de Chambre de
Madame la Dauphine,
6000 l.
A douze femmes de
Chambre de Madame la
Dauphine chacune 900 l.
A MC de la Borde sa
pensionancienne conservée
à ses enfans. Elle est de
2ooo. liv.
A Mc de Montsouris?
2000. liv.
A Mr Domingue, PorteManteau de Madame la
Dauphine, 3000.liv.
A Mr Boudin, premier
Médecin de Mon seigneur le
Dauphin & de Madame la
Dauphine, 9ooo.liv.
AMr Dionis, premier
Chirurgien de Monseigneur
le Dauphin & de Madame
la Dauphine, 3000.liv.
A Mr Dodart, premier
Medecin de Monseigneur
le Dauphin dernier mort
,
9000. liv.
A Mr Gervais, premier
Chirurgien deMonseigneur
le Dauphin dernier mort
,
3000. liv.
A Mr Caussin, 2500. liv.
A deux Huissiers de
Chambre, chacun 800.livi
- A Mr Desfossez, Huissier
du Cabinet, 900.IIV.
A six Valets de Chambre,chacun 600.liv,
A un Porte- Arquebuze,
600liv.
A un Porte- Manteau,
600.liv.
A quatre Valets de Garderobe,chacun 600.liv.
A douze autres Garçons
de la Chambre
,
chacun
500. L.
A plusieurs Valets de pied
& autres Officiers
,
chacun
400. liv
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Résumé : PENSIONS données par le Roy.
Le texte évoque les pensions attribuées par le Roi aux personnes ayant subi des pertes en lien avec les Dauphins et la Dauphine. Le montant total des pensions s'élève à deux cent cinquante mille livres. Les bénéficiaires sont divers membres de la cour et du personnel au service des Dauphins et de la Dauphine. Parmi les sommes notables, la Duchesse du Lude, Dame d'honneur de la Dauphine, a reçu 12 000 livres, et la Marquise de Mailly, également Dame d'honneur, 9 000 livres. Neuf Dames du Palais ont chacune obtenu 6 000 livres. D'autres bénéficiaires incluent des officiers, des médecins, des chirurgiens, des huissiers, des valets de chambre et divers serviteurs, avec des montants allant de 400 à 9 000 livres. Certaines pensions antérieures ont été maintenues pour les enfants des bénéficiaires, comme dans le cas de Mme de la Borde.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2448
p. 303
NOMS De ceux qui ont deviné cette Enigme.
Début :
Le Marquis de la Pepiniere - Owindstolf, Madelon Poiré, la mere [...]
Mots clefs :
Noms de personnes, Énigme
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : NOMS De ceux qui ont deviné cette Enigme.
NOMS
De ceux qui ont deviné
cette Enigme.
Le Marquis de la
Pepiniere
-
Owdinstolf,
Madelon Poiré, lamere
aux pepins, Maritorne,
la belle Tifonniere du
coin du feu, l'Oracle de
la ruë Thibaut- aux-Dez,
Angelique, le Batelier du
Fleuve Letæ du Stix
De ceux qui ont deviné
cette Enigme.
Le Marquis de la
Pepiniere
-
Owdinstolf,
Madelon Poiré, lamere
aux pepins, Maritorne,
la belle Tifonniere du
coin du feu, l'Oracle de
la ruë Thibaut- aux-Dez,
Angelique, le Batelier du
Fleuve Letæ du Stix
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2449
p. 306-307
ENVOY.
Début :
A quatorze, ans Iris fesse déjà son vin, [...]
Mots clefs :
Pépin
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENVOY.
ENVOI.
.A quatorze, ans Iris
feffi déjàfin vin,
Elle lorgne à table un
jeune homme,
:
En mettant pourmouche
un pepin.,
Je croirois bien qu'elle a
déjà mangé lapomme
.A quatorze, ans Iris
feffi déjàfin vin,
Elle lorgne à table un
jeune homme,
:
En mettant pourmouche
un pepin.,
Je croirois bien qu'elle a
déjà mangé lapomme
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2450
p. 310
NOMS. De ceux qui ont deviné le Masque.
Début :
Bon jour, bon jour Masque, Artaxarxez, Ariane à la lévre [...]
Mots clefs :
Noms, Énigme
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : NOMS. De ceux qui ont deviné le Masque.
NOMS.
De ceux quiont deviné
le Masque.
Bon jour, bon jour
Masque
,
Artaxarxez,
Ariane à la lévre bleue,
la jeune orfeline, les deux
associez
,
les trois visages,Turlupin, Toinon
De ceux quiont deviné
le Masque.
Bon jour, bon jour
Masque
,
Artaxarxez,
Ariane à la lévre bleue,
la jeune orfeline, les deux
associez
,
les trois visages,Turlupin, Toinon
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