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11701
p. 116-118
« ALMANACHS NOUVEAUX pour l'année 1763, qui se trouvent au CABINET [...] »
Début :
ALMANACHS NOUVEAUX pour l'année 1763, qui se trouvent au CABINET [...]
Mots clefs :
Almanachs, Cabinet littéraire de la nouveauté
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texteReconnaissance textuelle : « ALMANACHS NOUVEAUX pour l'année 1763, qui se trouvent au CABINET [...] »
ALMANACHS NOUVEAUX pour
l'année 1763 , quife trouvent au CABINET
LITTERAIRE de la NOUVEAUTÉ
, & dont la plupart contiennent les
plus jolis couplets fur des airs choifis &
JANVIER . 1763. 117
-
connus . L'Amour Poëte & Muficien .
-Mêlange agréable & amufant.-Ah !
qu'il eft drôle , Etrennes de la gaité .
Folichon , ou le Joujou des Dames ;
Etrennes galantes. Le Calendrier du
ménage . - Babioles amufantes , ou le
Badinage du moment. - Le Paffe-Tems
galant , fuivi des Oracles. - Le Deffert
des bonnes compagnies , Etrennes grivoifes
. Etrennes d'Apollon. - Le nouveau
Chanfonnier , ou le Portefeuille de
Pégafe. -L'Amour vous le donne pour
étrennes. Collection lyrique. —Almanach
de la Pofte de Paris , contenant les
divers avis de la Pofte , le Plan de Paris
, divifé par quartiers , les arrondiffemens
des bureaux , & les noms des villages
où s'étend la banlieue , les rues
avec leurs quartiers , & leurs tenans &
aboutiffins , la demeure des Banquiers ,
avec une carte géographique des quartiers
de Paris. On trouve auffi dans le
même CABINET LITTERAIRE DE LA
NOUVEAUTÉ un affortiment général
de tous les Almanachs qui s'impriment
chez tous les Libraires de Paris .
Ce CABINET LITTERAIRE DE LA
NOUVEAUTÉ dont il vient d'être fait
mention , eft un établiflement nouveau
& très utile pour la lecture des brochures
118 MERCURE DE FRANCE.
nouvelles en tout genre , des Journaux ,
gazettes de France & étrangeres , & généralement
de tous les papiers publics.
A Paris au Magafin de Grangé & Dufour
, Libraires , Pont Nôtre-Dame ,
près de la Pompe . Nous donnerons un
autre jour un plan plus détaillé d'un établiffement
auffi avantageux pour le Public
, & dont il eft à propos de faire
connoître toute l'utilité.
l'année 1763 , quife trouvent au CABINET
LITTERAIRE de la NOUVEAUTÉ
, & dont la plupart contiennent les
plus jolis couplets fur des airs choifis &
JANVIER . 1763. 117
-
connus . L'Amour Poëte & Muficien .
-Mêlange agréable & amufant.-Ah !
qu'il eft drôle , Etrennes de la gaité .
Folichon , ou le Joujou des Dames ;
Etrennes galantes. Le Calendrier du
ménage . - Babioles amufantes , ou le
Badinage du moment. - Le Paffe-Tems
galant , fuivi des Oracles. - Le Deffert
des bonnes compagnies , Etrennes grivoifes
. Etrennes d'Apollon. - Le nouveau
Chanfonnier , ou le Portefeuille de
Pégafe. -L'Amour vous le donne pour
étrennes. Collection lyrique. —Almanach
de la Pofte de Paris , contenant les
divers avis de la Pofte , le Plan de Paris
, divifé par quartiers , les arrondiffemens
des bureaux , & les noms des villages
où s'étend la banlieue , les rues
avec leurs quartiers , & leurs tenans &
aboutiffins , la demeure des Banquiers ,
avec une carte géographique des quartiers
de Paris. On trouve auffi dans le
même CABINET LITTERAIRE DE LA
NOUVEAUTÉ un affortiment général
de tous les Almanachs qui s'impriment
chez tous les Libraires de Paris .
Ce CABINET LITTERAIRE DE LA
NOUVEAUTÉ dont il vient d'être fait
mention , eft un établiflement nouveau
& très utile pour la lecture des brochures
118 MERCURE DE FRANCE.
nouvelles en tout genre , des Journaux ,
gazettes de France & étrangeres , & généralement
de tous les papiers publics.
A Paris au Magafin de Grangé & Dufour
, Libraires , Pont Nôtre-Dame ,
près de la Pompe . Nous donnerons un
autre jour un plan plus détaillé d'un établiffement
auffi avantageux pour le Public
, & dont il eft à propos de faire
connoître toute l'utilité.
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Résumé : « ALMANACHS NOUVEAUX pour l'année 1763, qui se trouvent au CABINET [...] »
En 1763, le Cabinet Littéraire de la Nouveauté à Paris propose divers almanachs. Parmi ceux-ci, on trouve des recueils de couplets sur des airs connus comme 'L'Amour Poëte & Muficien', 'Etrennes de la gaité', 'Folichon, ou le Joujou des Dames', et 'Le Calendrier du ménage'. D'autres almanachs offrent des contenus variés tels que 'Babioles amufantes', 'Le Paffe-Tems galant', et 'Le Deffert des bonnes compagnies'. Une publication notable est 'Almanach de la Pofte de Paris', qui inclut des avis postaux, un plan de Paris divisé par quartiers, les arrondissements des bureaux, les noms des villages en banlieue, les rues avec leurs quartiers et leurs tenanciers, ainsi qu'une carte géographique des quartiers de Paris et la demeure des banquiers. Le Cabinet Littéraire de la Nouveauté, situé au Magasin de Grangé & Dufour, Libraires, Pont Nôtre-Dame, près de la Pompe, offre également une large gamme d'almanachs imprimés par divers libraires parisiens. Cet établissement est présenté comme nouveau et utile pour la lecture de brochures, journaux, gazettes françaises et étrangères, ainsi que de tous les papiers publics.
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11702
p. 118-125
ANNONCES DE LIVRES.
Début :
MISCELLANEA Philosophico - Mathematica, Societatis private Taurinensis. 2 vol. in-4°. [...]
Mots clefs :
Volumes, Académie de Turin, Fables, Traduction libre
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texteReconnaissance textuelle : ANNONCES DE LIVRES.
ANNONCES DE LIVRES.
MISCELLANEA Philofophico - Mathematica
, Societatis private Taurinenfis.
2 vol. in-4° . avec cette Epigraphe :
Favete , adefte æquo animo , & rem cognofcite
Ut pernofcatis , ecquid fpei fit reliquum .
Terent Prolog. Andr.
Augufta Taurinorum , ex Typographiâ
Regia. 1759. Et fe trouve à Paris chez
Briailon , rue S. Jacques , à la Science.
Ces deux Volumes font beaucoup.
d'honneur à l'Académie de Turin ; &
nous nous propofons d'en rendre compte
inceffamment .
VOYAGE en France , en Italie &
JANVIER. 1762. 119
aux Ifles de l'Archipel ; ou Lettres écrites
de plufieurs endroits de l'Europe &
du Levant , en 1750 , &c , avec des obfervations
de l'Auteur fur les diverfes
productions de la Nature & de l'Art :
Ouvrage traduit de l'Anglois , 4 vol.
in- 12. Paris , 1763. Chez Charpentier ,
Libraire , quai des Auguftins , à l'entrée
de la rue du Hurepoix , à S. Chryfoftôme.
Nous donnerons l'Extrait de cet
Ouvrage auffi curieux qu'inftructif.
OEUVRES diverfes de M. Defmahis.
in - 12 . Geneve. 17762. Se trouve chez les
Libraires qui vendent les Nouveautés.
On fera fans doute bien-aife de trouver
enfin réunis les différens Ouvrages de
cet aimable Auteur.
LES SUCCÈS d'un Fat , Nouvelle. 2
vol. in- 12. à Avignon , 1762. On les
trouve à Paris chez Lefclapart , Libraire
, quai de Gêvres.
FABLES nouvelles divifées en 4 Livres
, Traduction libre de l'Allemand ,
de M. Lichtwechr , in- 12 . Strasbourg
1763 , chez Godefroi Baver ; & fe trouve
à Paris , chez Langlois , Libraire ,
rue de la Harpe , à la Couronne d'or.
4
120 MERCURE DE FRANCE .
>
TRAITÉ hiftorique des Plantes qui
croiffent dans la Lorraine & les trois
Evêchés , contenant leur deſcription
leur figure , leur nom , les lieux où elles
croiffent , leur culture , leur analyſe
& leurs propriétés , tant pour la Médecine
, que pour les Arts & Métiers . Par
M. P. J. Buchoz , Avocat au Parlement
de Metz , Docteur en Philofophie & en
Médecine , Aggrégé du Collége Royal
des Médecins de Nanci, in - 12. Tom. I.
à Nanci , 1762.
HISTOIRE DE FRANCE depuis l'établiffement
de Louis XIV, Par M. Villaret
, Secrétaire de Noffeigneurs les
Pairs de France , Garde des Archives
de la Pairie. in- 12 . Tomes 11. & 12 .
Paris , 1763. Chez Defaint & Saillant,
rue S. Jean de Beauvais vis-à -vis le
Collége. Nous donnerons , dans le Mercure
prochain , l'Extrait de ces deux nouveaux
volumes , qui ne peuvent qu'ajou
ter à la réputation méritée de leur Auteur.
>
LETTRE de M. Marin , Cenfeur
Royal & de la Police , de l'Académie
de Marfeil'e & de la Société Royale des
Sciences & Belles- Lettres de Nanci , à
Mde
JANVIER. 1763. 121
Mde la P *** de *** fur un Projet intéreffant
pour l'humanité. Nous fommes
fâchés que l'abondance des matières
ne nous permette point d'inférer ici
dès à préfent cette lettre , qui fait honneur
au coeur & à l'efprit de fon Auteur.
PETIT TABLEAU de l'Univers , qui
comprend la defcription de tous les
Pays & Villes du Monde , avec leurs
pofitions & leurs diftances de Paris
toutes les grandes routes de Tèrre , de
Mer & des rivieres de France , l'étendue
des côtes de mer , avec les Royaumes
& les Villes qui y font fituées , le
cours des rivieres , les hautes montagnes
, les Gouvernemens de France , les
Refforts des Parlemens , les Généralités
les Diocéfes , les Ordres de Chevalerie
&c , & les Ecrivains profanes de tous
les fiécles de l'Ere Chrétienne , in-24.
ALMANACH du Tableau de l'Univers
, qui marque la diftance de Paris à
toutes les Villes les plus remarquables
du Monde, in-32.
>
LE BON JARDINIER Almanach
pour l'année 1763 , contenant une idée
générale des quatre fortes de Jardins ,
I. Vol. F
122 MERCURE DE FRANCE .
les régles pour les cultiver , & la maniere
d'élever les plus belles fleurs. Nouvelle
édition confidérablement augmen→
tée , & dans laquelle la partie des fleurs
a été entierement refondue par un Amateur
Ces trois petits Ouvrages fe vendent
à Paris chez Guillyn , quai des Auguf
tins du côté du Pont S. Michel au
Lys- d'or.
,
ETRENNES du Chrétien ; Almanach
DE BERRY. Chez Barbou , Libraire ,
rue S. Jacques , aux Cigognes.
ETRENNES curieufes & utiles , à,
l'ufage de la Province de Berry , pour
l'année 1763. A Bourges , chez la veuve
Boyer.
2
ETRENNES maritimes , pour l'année
1763 , contenant des idées générales de
la Marine & des Vaiffeaux ; l'explication
de quelques termes de Marine ; la
lifte des Vaiffeaux offerts au Roi ; &
l'état des Officiers de la Marine à la fin
de 1762. A Paris , chez Nyon , quai
des Auguftins , àl'Occafion
TRAITÉ élémentaire de Méchanir
JANVIER. 1763. 123
que & de Dynamique appliqué princi
palement au mouvement des mâchines ,
par › M. l'Abbé BOSSUT , Profeffeur
Royal de Mathématique aux Ecoles /du
Génie , à Mézieres , Correſpondant de
l'Académie Royale des Sciences de
Paris. A Charleville , chez Tefin..
M. l'Abbé Boffut connu par deux
Prix qu'il a remportés à l'Académie des
Sciences , & 1par d'excellens mémoires
qu'il a donnés fur la Géométrie & la
Méchanique tranfcendantes , vient de
publier cet Ouvrage , dont nous n'entreprendrons
point de faire l'analyſe..
Nous nous contenterons de dire que
l'Académie des Sciences l'a approuvé
avec éloge ; mais comme iba pour objet.
des matières utiles;nous nous propofons.
de le faire connoître à nos Lecteurs ,
en tranfcrivant dans le Mercure prochain
une partie de la préface même
de l'Auteur,que nous trouvons très-bien
écrite rogs a
XUS
Le Public eft avertique le Tome
cinquième du Nouveau Traité de la
Diplomatique , par les Bénédictins , paroit
actuellement chez Defprez , Immprimeur
du Roi & du Clergé de Frande.
Les Soulcripteurs font pries len venan
Fij
124 MERCURE
DE FRANCE.
retirer ce volume , d'appporter la re--
connoiffance qu'ils doivent avoir pour:
lesTomes 5 & 6 fin de l'ouvrage , afin que
le volume qu'on leur donnera foit regiftré
derrière.
NOUVELLES Etrennes gravées , emblématiques
& chantantes pour l'année
1763 :
Sur divers fujets de piété & de morale
, par le fieur Breffon de Maillard,
graveur & découpeur privilégié en caracteres
& deffeins- vignettes , de feu
Monfeigneur le Duc de Bourgogne ..
On trouvera pareillement chez ledit
fieur Maillard , en fa demeure rue S.
Jacques , Maifon de M. de Lambon
Avocat , près les Mathurins , une fuite
d'autres petites eftampes en emblêmes ,
relatives aux temps des Etrènnes , comme
auffi un affortiment de fes ouvrages de
caractères & de deffeins pour peindre
toutes fortes d'ouvrages. L'époufe du
fieur Maillard montre aux Dames la
maniere de s'en fervir & de les terminer
au pinceau.
TRAITE' fur la culture des Muriers
blancs , la maniere d'élever les vers - àfoie
, & l'ufage qu'on doit faire des
JANVIER. 1763 . 125
cocons , avec figures. Par M. Pomier.
Ingénieur des Ponts & Chauffées. A
Orléans , de l'imprimerie de Couret de
Villeneuve , Imprimeur du Roi & de
l'Evêché , 1762 , avec approbation &
privilége du Roi.
Pater ipfe colendi
"
Haud facilem effe viam voluit , primufque per
artem
Movit agros.
Quare agite , & proprios generatim difcite cultus
Agricolæ , fructufque feros mollite colendo.
up
Georg. I. & II.
MISCELLANEA Philofophico - Mathematica
, Societatis private Taurinenfis.
2 vol. in-4° . avec cette Epigraphe :
Favete , adefte æquo animo , & rem cognofcite
Ut pernofcatis , ecquid fpei fit reliquum .
Terent Prolog. Andr.
Augufta Taurinorum , ex Typographiâ
Regia. 1759. Et fe trouve à Paris chez
Briailon , rue S. Jacques , à la Science.
Ces deux Volumes font beaucoup.
d'honneur à l'Académie de Turin ; &
nous nous propofons d'en rendre compte
inceffamment .
VOYAGE en France , en Italie &
JANVIER. 1762. 119
aux Ifles de l'Archipel ; ou Lettres écrites
de plufieurs endroits de l'Europe &
du Levant , en 1750 , &c , avec des obfervations
de l'Auteur fur les diverfes
productions de la Nature & de l'Art :
Ouvrage traduit de l'Anglois , 4 vol.
in- 12. Paris , 1763. Chez Charpentier ,
Libraire , quai des Auguftins , à l'entrée
de la rue du Hurepoix , à S. Chryfoftôme.
Nous donnerons l'Extrait de cet
Ouvrage auffi curieux qu'inftructif.
OEUVRES diverfes de M. Defmahis.
in - 12 . Geneve. 17762. Se trouve chez les
Libraires qui vendent les Nouveautés.
On fera fans doute bien-aife de trouver
enfin réunis les différens Ouvrages de
cet aimable Auteur.
LES SUCCÈS d'un Fat , Nouvelle. 2
vol. in- 12. à Avignon , 1762. On les
trouve à Paris chez Lefclapart , Libraire
, quai de Gêvres.
FABLES nouvelles divifées en 4 Livres
, Traduction libre de l'Allemand ,
de M. Lichtwechr , in- 12 . Strasbourg
1763 , chez Godefroi Baver ; & fe trouve
à Paris , chez Langlois , Libraire ,
rue de la Harpe , à la Couronne d'or.
4
120 MERCURE DE FRANCE .
>
TRAITÉ hiftorique des Plantes qui
croiffent dans la Lorraine & les trois
Evêchés , contenant leur deſcription
leur figure , leur nom , les lieux où elles
croiffent , leur culture , leur analyſe
& leurs propriétés , tant pour la Médecine
, que pour les Arts & Métiers . Par
M. P. J. Buchoz , Avocat au Parlement
de Metz , Docteur en Philofophie & en
Médecine , Aggrégé du Collége Royal
des Médecins de Nanci, in - 12. Tom. I.
à Nanci , 1762.
HISTOIRE DE FRANCE depuis l'établiffement
de Louis XIV, Par M. Villaret
, Secrétaire de Noffeigneurs les
Pairs de France , Garde des Archives
de la Pairie. in- 12 . Tomes 11. & 12 .
Paris , 1763. Chez Defaint & Saillant,
rue S. Jean de Beauvais vis-à -vis le
Collége. Nous donnerons , dans le Mercure
prochain , l'Extrait de ces deux nouveaux
volumes , qui ne peuvent qu'ajou
ter à la réputation méritée de leur Auteur.
>
LETTRE de M. Marin , Cenfeur
Royal & de la Police , de l'Académie
de Marfeil'e & de la Société Royale des
Sciences & Belles- Lettres de Nanci , à
Mde
JANVIER. 1763. 121
Mde la P *** de *** fur un Projet intéreffant
pour l'humanité. Nous fommes
fâchés que l'abondance des matières
ne nous permette point d'inférer ici
dès à préfent cette lettre , qui fait honneur
au coeur & à l'efprit de fon Auteur.
PETIT TABLEAU de l'Univers , qui
comprend la defcription de tous les
Pays & Villes du Monde , avec leurs
pofitions & leurs diftances de Paris
toutes les grandes routes de Tèrre , de
Mer & des rivieres de France , l'étendue
des côtes de mer , avec les Royaumes
& les Villes qui y font fituées , le
cours des rivieres , les hautes montagnes
, les Gouvernemens de France , les
Refforts des Parlemens , les Généralités
les Diocéfes , les Ordres de Chevalerie
&c , & les Ecrivains profanes de tous
les fiécles de l'Ere Chrétienne , in-24.
ALMANACH du Tableau de l'Univers
, qui marque la diftance de Paris à
toutes les Villes les plus remarquables
du Monde, in-32.
>
LE BON JARDINIER Almanach
pour l'année 1763 , contenant une idée
générale des quatre fortes de Jardins ,
I. Vol. F
122 MERCURE DE FRANCE .
les régles pour les cultiver , & la maniere
d'élever les plus belles fleurs. Nouvelle
édition confidérablement augmen→
tée , & dans laquelle la partie des fleurs
a été entierement refondue par un Amateur
Ces trois petits Ouvrages fe vendent
à Paris chez Guillyn , quai des Auguf
tins du côté du Pont S. Michel au
Lys- d'or.
,
ETRENNES du Chrétien ; Almanach
DE BERRY. Chez Barbou , Libraire ,
rue S. Jacques , aux Cigognes.
ETRENNES curieufes & utiles , à,
l'ufage de la Province de Berry , pour
l'année 1763. A Bourges , chez la veuve
Boyer.
2
ETRENNES maritimes , pour l'année
1763 , contenant des idées générales de
la Marine & des Vaiffeaux ; l'explication
de quelques termes de Marine ; la
lifte des Vaiffeaux offerts au Roi ; &
l'état des Officiers de la Marine à la fin
de 1762. A Paris , chez Nyon , quai
des Auguftins , àl'Occafion
TRAITÉ élémentaire de Méchanir
JANVIER. 1763. 123
que & de Dynamique appliqué princi
palement au mouvement des mâchines ,
par › M. l'Abbé BOSSUT , Profeffeur
Royal de Mathématique aux Ecoles /du
Génie , à Mézieres , Correſpondant de
l'Académie Royale des Sciences de
Paris. A Charleville , chez Tefin..
M. l'Abbé Boffut connu par deux
Prix qu'il a remportés à l'Académie des
Sciences , & 1par d'excellens mémoires
qu'il a donnés fur la Géométrie & la
Méchanique tranfcendantes , vient de
publier cet Ouvrage , dont nous n'entreprendrons
point de faire l'analyſe..
Nous nous contenterons de dire que
l'Académie des Sciences l'a approuvé
avec éloge ; mais comme iba pour objet.
des matières utiles;nous nous propofons.
de le faire connoître à nos Lecteurs ,
en tranfcrivant dans le Mercure prochain
une partie de la préface même
de l'Auteur,que nous trouvons très-bien
écrite rogs a
XUS
Le Public eft avertique le Tome
cinquième du Nouveau Traité de la
Diplomatique , par les Bénédictins , paroit
actuellement chez Defprez , Immprimeur
du Roi & du Clergé de Frande.
Les Soulcripteurs font pries len venan
Fij
124 MERCURE
DE FRANCE.
retirer ce volume , d'appporter la re--
connoiffance qu'ils doivent avoir pour:
lesTomes 5 & 6 fin de l'ouvrage , afin que
le volume qu'on leur donnera foit regiftré
derrière.
NOUVELLES Etrennes gravées , emblématiques
& chantantes pour l'année
1763 :
Sur divers fujets de piété & de morale
, par le fieur Breffon de Maillard,
graveur & découpeur privilégié en caracteres
& deffeins- vignettes , de feu
Monfeigneur le Duc de Bourgogne ..
On trouvera pareillement chez ledit
fieur Maillard , en fa demeure rue S.
Jacques , Maifon de M. de Lambon
Avocat , près les Mathurins , une fuite
d'autres petites eftampes en emblêmes ,
relatives aux temps des Etrènnes , comme
auffi un affortiment de fes ouvrages de
caractères & de deffeins pour peindre
toutes fortes d'ouvrages. L'époufe du
fieur Maillard montre aux Dames la
maniere de s'en fervir & de les terminer
au pinceau.
TRAITE' fur la culture des Muriers
blancs , la maniere d'élever les vers - àfoie
, & l'ufage qu'on doit faire des
JANVIER. 1763 . 125
cocons , avec figures. Par M. Pomier.
Ingénieur des Ponts & Chauffées. A
Orléans , de l'imprimerie de Couret de
Villeneuve , Imprimeur du Roi & de
l'Evêché , 1762 , avec approbation &
privilége du Roi.
Pater ipfe colendi
"
Haud facilem effe viam voluit , primufque per
artem
Movit agros.
Quare agite , & proprios generatim difcite cultus
Agricolæ , fructufque feros mollite colendo.
up
Georg. I. & II.
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Résumé : ANNONCES DE LIVRES.
Le document présente une série d'annonces de livres et d'ouvrages publiés entre 1759 et 1763. Parmi les publications notables, les 'Miscellanea Philofophico-Mathematica' de la Société privée de Turin, parues en 1759, sont mises en avant, honorant l'Académie de Turin. Un autre ouvrage mentionné est le 'Voyage en France, en Italie et aux îles de l'Archipel', traduit de l'anglais et publié en 1763, décrit comme curieux et instructif. Les 'Œuvres diverses de M. Desmahis', publiées à Genève en 1762, ainsi que 'Les Succès d'un Fat' et des 'Fables nouvelles' traduites de l'allemand, sont également annoncées. Le document mentionne également des traités historiques et scientifiques, tels que le 'Traité historique des Plantes' de M. P. J. Buchoz et l''Histoire de France' de M. Villaret. Des almanachs et des ouvrages techniques, comme le 'Traité élémentaire de Méchanique' de l'Abbé Bossut, sont également listés. Enfin, le document informe sur la publication du cinquième tome du 'Nouveau Traité de la Diplomatique' par les Bénédictins et sur diverses estampes et gravures pour l'année 1763.
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11703
p. 126-131
GÉOMÉTRIE.
Début :
LA diversité des termes employés pour la mesure des Terres fait souvent une [...]
Mots clefs :
Pieds, Perche, Arpent, Arpenteur, Arpentage
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GÉOMÉTRIE.
ARTICLE IIL
SCIENCES ETBELLÈS-LETTRES
---- GÉOMÉTRIE L
LA diverfiré des termes employés pour
la mefure des Terres fait fouvent une
difficulté embarraffante , aft
arpent , journal-
bacre , "fecter , faumac , & c , font
des termes pfités en parlant d'arpentage.
Mais fi ces noms font différens , les
mefures ou les quantités qu'ils expriment
ne le font guères moins. Il y a
plus , c'eft que le même terme ne fignifie
passtoujours la même chofe ; par
exemple , l'arpent eft plus ou moins
grand , fuivant les différentes Coutumes
; ce qui fait varier, la pratique de
l'arpentage , & le rend même plus difficile.
L'arpent eft ordinairement de cent
perches ; mais les perches varient beaucoup
: tantôt elles font à dix-huit pieds
en tout fens , ou pour mieux dire en
quarré tantôt de vingt . Ailleurs elles
7
JANVIER 1763 127
font de vingt- deux , de vingt- quatre ,
&c , fur quoi il feroit à defirer qu'on
pût établir dans le Royaume des mefures
& des dénominations qui fuffent
les mêmes dans toutes les Provinces. ;
l'art de mesurer les Terres deviendroit
plus uniforme & plus aifé.
7
Plufieurs Savans , amateurs d'agricul
ture , employent dans leurs calculs l'arpent
de cent perches , à vingt pieds
en quarré pour perche. Cette mefure
moyenne entre les extrêmes feroit fort
commode : elle donne des comptes
ronds faciles à entendre & à manier ,
& dès-lors elle mériteroit la préférence.
Si l'on admettoit la perche de vingt
pieds de quarré , en multipliant 20 par
20 pour la perche quarrée , son auroit
400 pieds quarrés pour la perche de
terre. En ajoutant à ce produit deux zéros
pour multiplier par cent , nombre
des perches dont l'arpent eft compofé ,
on auroit 40000 pieds quarrés pour l'arpent
total.
Du refte , pour faciliter les opérations
de l'Arpenteur , au lieu de fuivre les variétés
de la perche , on pourroit s'en tenir
à une mefure commune, & plus
conftante , je veux dire le pied de douze
pouces , qu'on appelle pied- de - rçi, Ainfi
Fiv
128 MERCURE DE FRANCE.
4
F'on n'auroit qu'à mefurer par pied les
deux côtés d'une piéce quelconque ,
piéce ou quarrée ou réduite en triangle ,
fuivant les procédés connus : pour lors
par une feule multiplication , dont les
moindres fujets font capables , on fauroit
le nombre de pieds quarrés contenus
dans une piéce de terre. Si l'on avoit
choifi l'arpent moyen dont nous avons
parlé , & il y a mille occafions où l'on
en pourroit convenir alors autant de
fois qu'on auroit quarante mille pieds
quarrés , autant on auroit d'arpens de la
grandeur convenue.
,
Quant aux fractions , autant de fois
qu'on auroit 20000 ou 10000 , autant
de fois on auroit des demis ou des
quarts ; & quant aux fractions ultérieures
, autant de fois qu'on auroit 400
pieds , autant on auroit de perches quarrées.
Il feroit aifé de faire pour cela des
tables qui ne feroient ni longues ni embarraffantes
, & qui rendroient l'arpentage
une opération fimple & à la portée
des moindres villageois ; aulieu qu'il faut
aujourd'hui pour ce travail de prétendus
-Experts , qui font les importans , & qui
font payer chérement leurs vacations.
Pour opérer dans cette méthode , on
prend une chaîne de vingt pieds où les
JANVIER. 1763. 129
demis & les quarts , les pieds même
font marqués ; on mefure les deux côtés
d'un quarré quelconque , le nombre des
chaînes contenues en chaque côté ſe
réduit aisément en centaine & en mille,
& on les porte féparément fur le papier
à mesure qu'on avance dans fon
opération ; & comme on l'a dit , autant
de fois qu'on a 40000 pieds , autant
on compte d'arpens ; bien entendu que
s'il y a quelque inégalité dans les côtés
correfpondans , on redreffe le tout , en
prenant un moyen proportionnel ; je
veux dire que fi un côté avoit 110
pieds , tandis que fon correfpondant
n'en auroit que 102 ; alors on additionneroit
ces deux nombres , & l'on en
prendroit la moitié 106 pour en faire
l'un des membres de la multiplication .
Mais du refte ce font là des notions
qu'on doit fuppofer dans tout homme
qui fe mêle d'arpentage.
Voici une table relative à la propofition
précédente.
400 pieds font une perche quarrée.
600 pieds font une perche & demie.
800 pieds font deux perches,
1000 pieds font deux perches & demie.
1200 pieds, font trois perches..
F v
130 MERCURE DE FRANCE.
1600 pieds font quatre perchesel X nimch
2000 pieds font cinq perches.prem zie
3000 pieds font fept perches & demien
4000 pieds font dix perches . oo 29uiting
5ooo pieds font douze perches & demie.
6oco pieds font quinze perches:
7000 pieds font dix fept perches & demie.
8000 pieds font vingt perches. int
39000 pieds font vingt- deux perches & demie.
10000 pieds fontvingt-cinq perehes.
20000 pieds font cinquante perches.
30c00 pieds font foixante- quinze perches.
40000 pieds font roo perches ou l'arp, moyen.
60000 pieds font 150 perches.
* 8000 pieds font 200 perches ou deux arpens.
100000 pieds font 2 arpens & demi .
200000 pieds font ƒ arpens.
300000 pieds font 7 arpens & demi..
400000 pieds font 10 arpens.
500000 pieds font 12 arpens & deini.
600000 pieds font 15 arpens.
700000 pieds font 17 arpens & demi.
300000 pieds font zo arpens.
900000 pieds font 22 arpens & demi.
1000000 pieds font 24 arpens.
Au furplus la méthode que je propoſe
du pied-de-roi pour antique meture des
Arpenteurs conviendroit à toutes les
variétés admifes par nos Coutumes ; car
JANVIER. 1763. 131
fi l'entier qu'on cherche , foit journal),
acre ou faumac , & c , fi cet entier contient
par exemple : 36000 pieds quarrés ,
plus ou moins , peu importe , autant
de fois qu'on aura 36000 pieds quarrés ,
autant on aura des mefures dui des entiers
que l'on cherché , & à proportion
des moindres fractions ou quantités. Il
n'y aura qu'à faire des tables relatives à
ces différentes mefurés pour abréger les
opérations , & fur-tout pour les rendre
beaucoup plus faciles à tout le monde.
SCIENCES ETBELLÈS-LETTRES
---- GÉOMÉTRIE L
LA diverfiré des termes employés pour
la mefure des Terres fait fouvent une
difficulté embarraffante , aft
arpent , journal-
bacre , "fecter , faumac , & c , font
des termes pfités en parlant d'arpentage.
Mais fi ces noms font différens , les
mefures ou les quantités qu'ils expriment
ne le font guères moins. Il y a
plus , c'eft que le même terme ne fignifie
passtoujours la même chofe ; par
exemple , l'arpent eft plus ou moins
grand , fuivant les différentes Coutumes
; ce qui fait varier, la pratique de
l'arpentage , & le rend même plus difficile.
L'arpent eft ordinairement de cent
perches ; mais les perches varient beaucoup
: tantôt elles font à dix-huit pieds
en tout fens , ou pour mieux dire en
quarré tantôt de vingt . Ailleurs elles
7
JANVIER 1763 127
font de vingt- deux , de vingt- quatre ,
&c , fur quoi il feroit à defirer qu'on
pût établir dans le Royaume des mefures
& des dénominations qui fuffent
les mêmes dans toutes les Provinces. ;
l'art de mesurer les Terres deviendroit
plus uniforme & plus aifé.
7
Plufieurs Savans , amateurs d'agricul
ture , employent dans leurs calculs l'arpent
de cent perches , à vingt pieds
en quarré pour perche. Cette mefure
moyenne entre les extrêmes feroit fort
commode : elle donne des comptes
ronds faciles à entendre & à manier ,
& dès-lors elle mériteroit la préférence.
Si l'on admettoit la perche de vingt
pieds de quarré , en multipliant 20 par
20 pour la perche quarrée , son auroit
400 pieds quarrés pour la perche de
terre. En ajoutant à ce produit deux zéros
pour multiplier par cent , nombre
des perches dont l'arpent eft compofé ,
on auroit 40000 pieds quarrés pour l'arpent
total.
Du refte , pour faciliter les opérations
de l'Arpenteur , au lieu de fuivre les variétés
de la perche , on pourroit s'en tenir
à une mefure commune, & plus
conftante , je veux dire le pied de douze
pouces , qu'on appelle pied- de - rçi, Ainfi
Fiv
128 MERCURE DE FRANCE.
4
F'on n'auroit qu'à mefurer par pied les
deux côtés d'une piéce quelconque ,
piéce ou quarrée ou réduite en triangle ,
fuivant les procédés connus : pour lors
par une feule multiplication , dont les
moindres fujets font capables , on fauroit
le nombre de pieds quarrés contenus
dans une piéce de terre. Si l'on avoit
choifi l'arpent moyen dont nous avons
parlé , & il y a mille occafions où l'on
en pourroit convenir alors autant de
fois qu'on auroit quarante mille pieds
quarrés , autant on auroit d'arpens de la
grandeur convenue.
,
Quant aux fractions , autant de fois
qu'on auroit 20000 ou 10000 , autant
de fois on auroit des demis ou des
quarts ; & quant aux fractions ultérieures
, autant de fois qu'on auroit 400
pieds , autant on auroit de perches quarrées.
Il feroit aifé de faire pour cela des
tables qui ne feroient ni longues ni embarraffantes
, & qui rendroient l'arpentage
une opération fimple & à la portée
des moindres villageois ; aulieu qu'il faut
aujourd'hui pour ce travail de prétendus
-Experts , qui font les importans , & qui
font payer chérement leurs vacations.
Pour opérer dans cette méthode , on
prend une chaîne de vingt pieds où les
JANVIER. 1763. 129
demis & les quarts , les pieds même
font marqués ; on mefure les deux côtés
d'un quarré quelconque , le nombre des
chaînes contenues en chaque côté ſe
réduit aisément en centaine & en mille,
& on les porte féparément fur le papier
à mesure qu'on avance dans fon
opération ; & comme on l'a dit , autant
de fois qu'on a 40000 pieds , autant
on compte d'arpens ; bien entendu que
s'il y a quelque inégalité dans les côtés
correfpondans , on redreffe le tout , en
prenant un moyen proportionnel ; je
veux dire que fi un côté avoit 110
pieds , tandis que fon correfpondant
n'en auroit que 102 ; alors on additionneroit
ces deux nombres , & l'on en
prendroit la moitié 106 pour en faire
l'un des membres de la multiplication .
Mais du refte ce font là des notions
qu'on doit fuppofer dans tout homme
qui fe mêle d'arpentage.
Voici une table relative à la propofition
précédente.
400 pieds font une perche quarrée.
600 pieds font une perche & demie.
800 pieds font deux perches,
1000 pieds font deux perches & demie.
1200 pieds, font trois perches..
F v
130 MERCURE DE FRANCE.
1600 pieds font quatre perchesel X nimch
2000 pieds font cinq perches.prem zie
3000 pieds font fept perches & demien
4000 pieds font dix perches . oo 29uiting
5ooo pieds font douze perches & demie.
6oco pieds font quinze perches:
7000 pieds font dix fept perches & demie.
8000 pieds font vingt perches. int
39000 pieds font vingt- deux perches & demie.
10000 pieds fontvingt-cinq perehes.
20000 pieds font cinquante perches.
30c00 pieds font foixante- quinze perches.
40000 pieds font roo perches ou l'arp, moyen.
60000 pieds font 150 perches.
* 8000 pieds font 200 perches ou deux arpens.
100000 pieds font 2 arpens & demi .
200000 pieds font ƒ arpens.
300000 pieds font 7 arpens & demi..
400000 pieds font 10 arpens.
500000 pieds font 12 arpens & deini.
600000 pieds font 15 arpens.
700000 pieds font 17 arpens & demi.
300000 pieds font zo arpens.
900000 pieds font 22 arpens & demi.
1000000 pieds font 24 arpens.
Au furplus la méthode que je propoſe
du pied-de-roi pour antique meture des
Arpenteurs conviendroit à toutes les
variétés admifes par nos Coutumes ; car
JANVIER. 1763. 131
fi l'entier qu'on cherche , foit journal),
acre ou faumac , & c , fi cet entier contient
par exemple : 36000 pieds quarrés ,
plus ou moins , peu importe , autant
de fois qu'on aura 36000 pieds quarrés ,
autant on aura des mefures dui des entiers
que l'on cherché , & à proportion
des moindres fractions ou quantités. Il
n'y aura qu'à faire des tables relatives à
ces différentes mefurés pour abréger les
opérations , & fur-tout pour les rendre
beaucoup plus faciles à tout le monde.
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Résumé : GÉOMÉTRIE.
Le texte aborde les défis liés à la mesure des terres en raison de la diversité des termes et des unités utilisés. Des termes tels que arpent, journal, acre, fecter et faumac varient selon les régions, compliquant ainsi les opérations d'arpentage. Par exemple, la taille de l'arpent diffère selon les coutumes locales, rendant la pratique plus complexe. L'arpent est généralement composé de cent perches, mais la taille des perches varie également, allant de dix-huit à vingt-quatre pieds en carré. Pour uniformiser les mesures, plusieurs savants proposent d'adopter une perche de vingt pieds en carré. Cette standardisation faciliterait les calculs et rendrait les mesures plus cohérentes. Ils suggèrent également d'utiliser le pied de douze pouces, appelé pied-de-roi, comme unité de base pour les mesures. Cela permettrait de simplifier les opérations d'arpentage en utilisant des chaînes de vingt pieds pour mesurer les côtés des parcelles de terre. Le texte propose également des tables de conversion pour faciliter les calculs, permettant de déterminer facilement le nombre d'arpents ou de perches à partir des pieds carrés mesurés. Cette méthode vise à rendre l'arpentage plus accessible et moins coûteux, en réduisant la nécessité de recourir à des experts.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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11704
p. 131-134
ARCHITECTURE.
Début :
MESSIEURS les Commissaires dénommés par l'Académie Royale d'Architecture à l'examen [...]
Mots clefs :
Académie royale d'architecture, Commissaires, Sacristie de Notre-Dame de Paris, Contrôleur des bâtiments du roi, Gravures
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ARCHITECTURE.
MESSIEURS ESSIEURS les Commiffaires dénommés
par l'Académie Royale d'Architecture
à l'examen des gravures du
fieur Dumont , ayant marqué par leur
rapport lé defir de voir augmenter la
-collection de cet Artite fur S. Pierre
de Rome, de nombre d'autres détails:
F vj
132 MERCURE DE FRANCE.
de cette Bafilique & continuer cet Ouvrage
autant pour l'utilité des Artiſtes
& Amateurs & la fatisfaction du Public
, que pour l'honneur de cet Architecte
, ont déterminé par leur rapport
-cet Artiſte à nous donner un fupplément
de 7 planches des détails de ce
Monument. La précifion & l'exactitude
de ces dernieres planches répond au
précieux que ces Meffieurs ont reconnu
aux premieres, Cette collection fe trouve
actuellement fixée à 30 planches fur
S. Pierre feul ; le prix en feuilles eft de
71.4 f.
Les portes du chevet de Ste Marie
Majeure ainfi que le profil & l'élévation
de la porte Farméfe qu'il avoit mis
à la fuite de fa collection de S. Pierre ,
font partie d'un fecond Cahier où il
joint une des Campaniles de Sté Agnès
avec fept croifées des plus beaux Palais
de Rome , imprimées deux à deux fur
une même feuille , ce qui fe monte à
12 études particulieres dont le prix en
grand papier eft de 3 l.
En petit papier ,
21. 10 f.
Les élévations , profils & détails de
la Sacriftie de Notre- Dame de Paris ,
gravées d'après les deffeins de M. Soufflot
, Architecte & Contrôleur des BâJANVIER.
1763. 133
timens du Roi forment un cahier de 6
planches , le prix en feuilles grand papier
,
Petit papier ,
I l. 10 f.
1 1. 4 f.
Divers projets de l'Auteur , cahier de
9 planches en feuilles , grand papier ,
I l. 10 f.
Une Fontaine de Bernin , exécutée à
la vigne Panphile, jointe au plan géométral
& élévation perfpective d'un Temple
des Arts , compofition de l'Auteur
pour fa réception à l'Académie de Rome,
en feuilles & grand papier , 1 1. 16f.
Petit papier ,
Il. Io f.
Les quatre petits cahiers de diverfes
parties d'Architecture , dont nous avons
ci-devant parlé , fe trouvent chez l'Auteur
également en grand papier à raifon
I l. 10 f
Et de même en petit papier à 1 1.5 f
Il les débite auffi tous quatre reliés
enfemble . Prix , .61.
de
A ces augmentations ci - deffus l'Auteur
met actuellement au jour douze plan .
ches fur les Salles de Spectacle . Ce cahier
renferme quatre plans des plus belles
Salles d'Italie . La cinquiéme eft occupée
par la fameufe Salle de Turin . La fixiéme
nous donne un projet de Salle de
l'Auteur. La feptiéme contient les plans ,
134 MERCURE DE FRANCE.
coupe & profil de la Salle de l'Opéra-
Comique , Foire S. Laurent. La huitiéme
donne tous les détails néceffaires à l'établiffement
des théâtres , & les quatre
dernieres les plans , coupes & profils
d'une petite Salle de machine , très - curieufe
par la fimplicité de fa méchanique
& par le peu de frais qu'elle entraîne
dans fes opérations . Ce cahier n'eft pas
le moins intéreffant des gravures que le
fieur Dumont vient de mettre au jour.
Les notes qu'il a eu foin de faire appofer
autant qu'elles étoient néceffaires
avec une échelle commune à la plus
grande partie de ces plans , donnent
Féclairciffement de leur rapport entre
elles. Le prix de ce cahier eft de 3 liv.
Une nouvelle perfpective repréfentant
l'intérieur d'un Sallon à l'Italienne
, compofition de l'Auteur auffi proprement
gravée que deffinée avec précifion
de perſpective. Prix , 11.4 £
Toutes ces gravures fe debitent toujours
chez l'Auteur, rue neuve S. Merry,
à l'hôtel de Jabac.
par l'Académie Royale d'Architecture
à l'examen des gravures du
fieur Dumont , ayant marqué par leur
rapport lé defir de voir augmenter la
-collection de cet Artite fur S. Pierre
de Rome, de nombre d'autres détails:
F vj
132 MERCURE DE FRANCE.
de cette Bafilique & continuer cet Ouvrage
autant pour l'utilité des Artiſtes
& Amateurs & la fatisfaction du Public
, que pour l'honneur de cet Architecte
, ont déterminé par leur rapport
-cet Artiſte à nous donner un fupplément
de 7 planches des détails de ce
Monument. La précifion & l'exactitude
de ces dernieres planches répond au
précieux que ces Meffieurs ont reconnu
aux premieres, Cette collection fe trouve
actuellement fixée à 30 planches fur
S. Pierre feul ; le prix en feuilles eft de
71.4 f.
Les portes du chevet de Ste Marie
Majeure ainfi que le profil & l'élévation
de la porte Farméfe qu'il avoit mis
à la fuite de fa collection de S. Pierre ,
font partie d'un fecond Cahier où il
joint une des Campaniles de Sté Agnès
avec fept croifées des plus beaux Palais
de Rome , imprimées deux à deux fur
une même feuille , ce qui fe monte à
12 études particulieres dont le prix en
grand papier eft de 3 l.
En petit papier ,
21. 10 f.
Les élévations , profils & détails de
la Sacriftie de Notre- Dame de Paris ,
gravées d'après les deffeins de M. Soufflot
, Architecte & Contrôleur des BâJANVIER.
1763. 133
timens du Roi forment un cahier de 6
planches , le prix en feuilles grand papier
,
Petit papier ,
I l. 10 f.
1 1. 4 f.
Divers projets de l'Auteur , cahier de
9 planches en feuilles , grand papier ,
I l. 10 f.
Une Fontaine de Bernin , exécutée à
la vigne Panphile, jointe au plan géométral
& élévation perfpective d'un Temple
des Arts , compofition de l'Auteur
pour fa réception à l'Académie de Rome,
en feuilles & grand papier , 1 1. 16f.
Petit papier ,
Il. Io f.
Les quatre petits cahiers de diverfes
parties d'Architecture , dont nous avons
ci-devant parlé , fe trouvent chez l'Auteur
également en grand papier à raifon
I l. 10 f
Et de même en petit papier à 1 1.5 f
Il les débite auffi tous quatre reliés
enfemble . Prix , .61.
de
A ces augmentations ci - deffus l'Auteur
met actuellement au jour douze plan .
ches fur les Salles de Spectacle . Ce cahier
renferme quatre plans des plus belles
Salles d'Italie . La cinquiéme eft occupée
par la fameufe Salle de Turin . La fixiéme
nous donne un projet de Salle de
l'Auteur. La feptiéme contient les plans ,
134 MERCURE DE FRANCE.
coupe & profil de la Salle de l'Opéra-
Comique , Foire S. Laurent. La huitiéme
donne tous les détails néceffaires à l'établiffement
des théâtres , & les quatre
dernieres les plans , coupes & profils
d'une petite Salle de machine , très - curieufe
par la fimplicité de fa méchanique
& par le peu de frais qu'elle entraîne
dans fes opérations . Ce cahier n'eft pas
le moins intéreffant des gravures que le
fieur Dumont vient de mettre au jour.
Les notes qu'il a eu foin de faire appofer
autant qu'elles étoient néceffaires
avec une échelle commune à la plus
grande partie de ces plans , donnent
Féclairciffement de leur rapport entre
elles. Le prix de ce cahier eft de 3 liv.
Une nouvelle perfpective repréfentant
l'intérieur d'un Sallon à l'Italienne
, compofition de l'Auteur auffi proprement
gravée que deffinée avec précifion
de perſpective. Prix , 11.4 £
Toutes ces gravures fe debitent toujours
chez l'Auteur, rue neuve S. Merry,
à l'hôtel de Jabac.
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Résumé : ARCHITECTURE.
Le rapport des commissaires de l'Académie Royale d'Architecture concerne les gravures de l'artiste Dumont. Ils souhaitent enrichir la collection de gravures sur la basilique Saint-Pierre de Rome en ajoutant 7 planches détaillées, portant la collection à 30 planches au total, vendues 71 livres 4 sols en feuilles. Dumont a également réalisé des gravures sur divers sujets architecturaux, comme les portes du chevet de Sainte-Marie-Majeure, des profils et élévations de portes, des campaniles et des croisées de palais romains, regroupés en un second cahier de 12 études particulières, vendu 3 livres en grand papier et 21 livres 10 sols en petit papier. Il a aussi gravé des élévations, profils et détails de la sacristie de Notre-Dame de Paris d'après les dessins de Soufflot, regroupés en un cahier de 6 planches, vendu 1 livre 10 sols en grand papier et 1 livre 4 sols en petit papier. Parmi ses autres travaux, on trouve des projets divers, une fontaine de Bernin et des plans d'un temple des Arts. Dumont propose également un cahier de 12 planches sur les salles de spectacle, vendu 3 livres, et une nouvelle perspective représentant l'intérieur d'un salon à l'italienne, vendue 1 livre 4 sols. Toutes ces gravures sont disponibles chez l'auteur, rue neuve Saint-Merry, à l'hôtel de Jabac.
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11705
p. 135-137
PRIX proposé par l'Académie Royale de Chirurgie, pour l'année 1764.
Début :
L'ACADEMIE Royale de Chirurgie avoit proposé pour le Prix de l'année [...]
Mots clefs :
Abcès, Médaille d'or, Devise, Régnicole
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PRIX proposé par l'Académie Royale de Chirurgie, pour l'année 1764.
PRIX propofé par l'Académie Royale
de
Chirurgie , pour L'année 1764...
L'ACADEMIE
' ACADEMIE Royale de Chirurgie
avoit propofé pour le Prix de l'année
1762 le Sujet fuivant :
Déterminer la manière d'ouvrir les
abfcès , & leur traitement méthodique fuivant
les différentes parties du corps .
•
De quatorze Mémoires reçus , un
feul dont la Devife eft : Inter utrumque
tene , medio tutiffimus ibis : a paru mériter
des éloges ; mais une mariere auffi
importante n'ayant pas été fuffifantment
approfondie , l'Académie a cru devoir
propofer le même fujet pour l'année
1764.
Le prix eft une médaille d'or de la valeur
de cinq cens livres , fondée par M.
de la Peyronie , & il fera double pour
cette année , c'eft -à-dire que celui qui
au jugement de l'Académie , aura fait
le meilleur ouvrage fur le fijet propofé ,
recevra les deux médailles d'or , ou une
-médaille & la valeur de l'autre , au choix
de l'Auteur.
Ceux qui envoyeront des Mémoires
136 MERCURE DE FRANCE.
-font priés de les écrire en François ou
en Latin , & d'avoir attention qu'ils
foient fort lifibles...
Ceux qui ont déja compofé pourront
faire à leurs Mémoires tels changemens
qu'ils voudront , & les renvoyeront
écrits de nouveau.
Les Auteurs mettront fimplement une
devife à leurs ouvrages ; mais , pour fe
faire connoître , ils y joindront à part
dans un papier cacheté & écrit de leur
propre main , leurs nom , qualité & demeure
, & ce papier ne fera ouvert qu'en
cas que la Piéce ait remporté le prix .
Ils adrefferont leurs ouvrages franc de
port à M. Morand , Secrétaire perpétuel
de l'Académie Royale de Chirurgie , a
Paris , ou les lui feront remettre entre
les mains.
Toutes perfonnes de quelque qualité
& pays qu'elles foient , pourront afpirer
au prix on n'en excepte que les Membres
de l'Académie .
Qu'au
La médaille fera délivrée à l'Auteur
même qui fe fera fait connoître
porteur d'une procuration de fa part ;
l'un ou l'autre repréfentant la marque
diſtinctive , ou une copie nette du Mémoire.
Les ouvrages feront reçus jufqu'au
JANVIER. 1763 . 137
dernier jour de Décembre 1763 inclufivement
; & l'Académie , à fon Affemblée
publique de 1764 , qui fe tiendra
le Jeudi d'après la quinzaine de Pâques
proclamera la Piéce qui aura remporté
le prix.
L'Académie ayant établi qu'elle donneroit
tous les ans fur les fonds qui lui
ont été légués par M. de la Peyronie
- une médaille d'or de 200 1. à celui des
Chirurgiens Etrangers ou Regnicoles ,
non membres de l'Académie , qui l'aura
mérité par un ouvrage fur quelque matiere
de Chirurgie que ce foit , au choix
de l'Auteur , elle l'adjugera à celui qui
aura envoyé le meilleur ouvrage dans le
courant de l'année 1763. Ce prix d'émulation
fera proclamé le jour de la Séance
publique .
Le même jour elle diftribuera cinq
médailles d'or de cent frans chacune à
cinq Chirurgiens , foit Académiciens de
la Claffe des Libres , foit fimplement
Regnicoles , qui auront fourni dans le
cours de l'année 1763 un Mémoire ou
trois obfervations intéreſſantes .
de
Chirurgie , pour L'année 1764...
L'ACADEMIE
' ACADEMIE Royale de Chirurgie
avoit propofé pour le Prix de l'année
1762 le Sujet fuivant :
Déterminer la manière d'ouvrir les
abfcès , & leur traitement méthodique fuivant
les différentes parties du corps .
•
De quatorze Mémoires reçus , un
feul dont la Devife eft : Inter utrumque
tene , medio tutiffimus ibis : a paru mériter
des éloges ; mais une mariere auffi
importante n'ayant pas été fuffifantment
approfondie , l'Académie a cru devoir
propofer le même fujet pour l'année
1764.
Le prix eft une médaille d'or de la valeur
de cinq cens livres , fondée par M.
de la Peyronie , & il fera double pour
cette année , c'eft -à-dire que celui qui
au jugement de l'Académie , aura fait
le meilleur ouvrage fur le fijet propofé ,
recevra les deux médailles d'or , ou une
-médaille & la valeur de l'autre , au choix
de l'Auteur.
Ceux qui envoyeront des Mémoires
136 MERCURE DE FRANCE.
-font priés de les écrire en François ou
en Latin , & d'avoir attention qu'ils
foient fort lifibles...
Ceux qui ont déja compofé pourront
faire à leurs Mémoires tels changemens
qu'ils voudront , & les renvoyeront
écrits de nouveau.
Les Auteurs mettront fimplement une
devife à leurs ouvrages ; mais , pour fe
faire connoître , ils y joindront à part
dans un papier cacheté & écrit de leur
propre main , leurs nom , qualité & demeure
, & ce papier ne fera ouvert qu'en
cas que la Piéce ait remporté le prix .
Ils adrefferont leurs ouvrages franc de
port à M. Morand , Secrétaire perpétuel
de l'Académie Royale de Chirurgie , a
Paris , ou les lui feront remettre entre
les mains.
Toutes perfonnes de quelque qualité
& pays qu'elles foient , pourront afpirer
au prix on n'en excepte que les Membres
de l'Académie .
Qu'au
La médaille fera délivrée à l'Auteur
même qui fe fera fait connoître
porteur d'une procuration de fa part ;
l'un ou l'autre repréfentant la marque
diſtinctive , ou une copie nette du Mémoire.
Les ouvrages feront reçus jufqu'au
JANVIER. 1763 . 137
dernier jour de Décembre 1763 inclufivement
; & l'Académie , à fon Affemblée
publique de 1764 , qui fe tiendra
le Jeudi d'après la quinzaine de Pâques
proclamera la Piéce qui aura remporté
le prix.
L'Académie ayant établi qu'elle donneroit
tous les ans fur les fonds qui lui
ont été légués par M. de la Peyronie
- une médaille d'or de 200 1. à celui des
Chirurgiens Etrangers ou Regnicoles ,
non membres de l'Académie , qui l'aura
mérité par un ouvrage fur quelque matiere
de Chirurgie que ce foit , au choix
de l'Auteur , elle l'adjugera à celui qui
aura envoyé le meilleur ouvrage dans le
courant de l'année 1763. Ce prix d'émulation
fera proclamé le jour de la Séance
publique .
Le même jour elle diftribuera cinq
médailles d'or de cent frans chacune à
cinq Chirurgiens , foit Académiciens de
la Claffe des Libres , foit fimplement
Regnicoles , qui auront fourni dans le
cours de l'année 1763 un Mémoire ou
trois obfervations intéreſſantes .
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Résumé : PRIX proposé par l'Académie Royale de Chirurgie, pour l'année 1764.
L'Académie Royale de Chirurgie a proposé un prix pour 1764 sur l'ouverture et le traitement des abcès selon les différentes parties du corps. En 1762, quatorze mémoires avaient été soumis, mais aucun n'avait suffisamment approfondi le sujet. L'Académie a donc reconduit le même sujet pour 1764, offrant une médaille d'or d'une valeur de cinq cents livres, doublée pour cette année. Les mémoires doivent être rédigés en français ou en latin et être lisibles. Les auteurs peuvent modifier leurs travaux précédents et les soumettre à nouveau, en incluant une devise et leurs informations personnelles dans un papier cacheté. Les mémoires doivent être envoyés à M. Morand, Secrétaire perpétuel de l'Académie, à Paris, avant le 31 décembre 1763. La proclamation du lauréat aura lieu lors de l'assemblée publique de 1764, après la quinzaine de Pâques. De plus, l'Académie attribuera une médaille d'or de 200 livres à un chirurgien non membre pour un ouvrage sur une matière de chirurgie, et cinq médailles d'or de cent francs chacune pour des mémoires ou observations intéressantes réalisés en 2013.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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11706
p. 138-146
GRAVURE. ÉDITION des CONTES DE LA FONTAINE.
Début :
LA Littérature a été enrichie cette année d'une très belle édition des Contes [...]
Mots clefs :
Contes, Format, Papiers, Caractères, Culs-de-lampe, Portrait
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRAVURE. ÉDITION des CONTES DE LA FONTAINE.
GRAVURE.
EDITION des CONTES DE
LA
LA FONTAINE,
?
A Littérature a été enrichie cette année
d'une très-belle édition des Contes
de M. de la Fontaine en deux vol. in- 8°.
A Amfterdam .
Peu d'ouvrages ont été traités avec
autant de foins le texte en eft épuré
d'après les éditions du temps de l'Auteur.
Son ortographe même y a été fcru
puleufement confervée ; le format , le
papier , les caractères , tout annonce le
choix , le goût & l'élégance . Le premier
Tome commence par un court éloge
hiſtorique du Poëte , morceau neuf en
ce genre , & généralement eftimé. Les
deux volumes font ornés de 140 gravu
res , dont deux portraits , quatre - vingt
eftampes d'après les Contes , quatre fleurons
, deux vignettes & cinquante-deux
culs - de-lampe.
Le portrait de M. de la Fontaine regarde
le frontispice du premier Tome :
JANVIER: 1763. 139
celui du Deffinateur occupe la même
place dans le fecond : tous deux font gravés
par le fameux Fiquet.
1
"
Les deffeins des eftampes & des vignettes
font de M. Eifen. Si cet Artifte célébre
s'eft quelquefois négligé(qui peut fe flater
d'être toujours égal ? ) Les fujets de
Richard Minutolo , de la Fiancée du Roi
de Garbe dans la grotte , la feconde
Deftampe du Faucon , & nombre d'autres
, renferment une expreffion pleine
d'intérêt 8a de fentiment. On fe rappelle
la touche de Rubens dans le Magnifique;
celle de Tenières dans les Troqueurs ;
celle des grâces dans le Villageois qui
i cherchefon veau , dans les deux amis &
ailleurs. Le paysage de promettre eft un
eft plein degoût. L'architecture eft noble
udans le mari confeffeur , & la fineffe de
•fa femme eft bien rendue . C'eft un beau
-morceau que le deffein de comment l'efprit
vient aux filles . Le pittorefque , la
force & la correction ifrappent auffi les
Connoiffeurs dans le Glomon, le Juge de
-Mefle ,Feronde , Oraifon de S. Julien ,
son ne s'avife jamais de tout. Nombre
d'autres d'une compofition riche & heureufe
, fe font affez remarquer pour que
nous nous, difpenfions: d'en parler. La
collection ' eft d'autant plus précieuſe ,
140 MERCURE DE FRANCE .
que MM. Aliamet , Lemire , Phlipart &
Longueil ont répandu dans la gravure de
prèfque tous les deffeins , l'excellence
& le charme de leur Art.
C'eft par une fuite néceffaire des foins
qu'on a apportés à la perfection de cette
édition que nous nous trouvons engagés
à dire quelque chofe du genre d'ornement
& des allégories dont on s'eft ſervi
pour les culs-de - lampe & fleurons. Il
fuffit pour en apprécier le choix d'entrer
dans le caractère de poëfie des Contes
de la Fontaine , dans lefquels an
remarque les graces , la légéreté & la
naiveté réunies , en un mot , cette fineffe
de touche ( fi nous ofons nous exprimer
ainfi ) qui anime fes peintures : c'eftice
que M. Choffard , deffinateur & graveur
chargé de cette partie , femble avoir
fenti & éxprimé en employant le genre
Arabefque , genre léger , délicat , illuftré
dans le dernier fiècle , & malheureufement
oublié de nos jours. Il a fçu
le faire revivre par des pensées & des
allégories d'autant plus piquantes & heureufes
, qu'elles font en général d'une
exécution parfaite.
Nous éffleurerons nos remarques à
ce fujet , & nous nous contenterons
d'obferver en faveur de l'Artiſte , &
"
JANVIER. 1763. 141
1
pour la commodité des perfonnes peu
verfées en cette partie , quelques allégories
relatives à l'ouvrage en général , &
particulieres aux Contes.
Nous y avons remarqué le fleuron du
premier Tome repréfentant la Lyre de
la Fontaine placée en regard de fon
portrait , environnée de myrthes & de
rofes pofées fur des couronnes de même
efpéce , & furmontées par celle de l'im-
"mortalité.
Le fleuron qui termine la Préface repréfente
un Satyre , emblême connu de
la paffion de l'amour , qui léve d'une
main le voile qui couvroit les plaifirs
du monde , & femble prêt à les divulguer
avec une trompette fatyrique qu'il ·
tient de l'autre. Ce Satyre paroît regarder
le génie de la nature , embrafant tout de
fon flambeau , qui fait la vignette du
premier Conte.
"
Les culs-de -lampe du cocu battu , du
payfan qui avoit offenfe fon Seigneur
de la fervante juftifiée , de la gageure des
trois commeres &c , quoiqu'agréables
par leurs formes & leur élégance , laiffent
remarquer des allufions plus recherchées
dans ceux du Calendrier du
Gafcon puni , de la Fiancée du Roi de
Garbe , de la coupe enchantée , &c.
و
142 MERCURE DE FRANCE .
L'Artiste paroît avoir voulu exprimer
dans celui du Calendrier des vieillards ze
par un amour entouré de fleurs de la
jeuneffe , & qui montre l'heure de midi
à un globe horaire qu'il foutient , que
la fleur de l'âge eft le vrai temps du
mariage.
Celui de la Fiancée du Roi de Garbe
eft principalement formé des attributs
& du voile de l'hyménée , fur lequel
font pofés les chiffres d'Alaciel & de
Mamolin. Il couvre de fon ombre une
efpéce de chaîne de myrtes fleuris , enrichis
des huit médaillons de fes premiers
amans .... voile très-bienfaifant !
L'allégorie de la coupe enchantée ſẹ
trouve dans la nature de la jaloufie. On
diftingue au milieu des fumées funébres
le trepied d'Hecate , qui fervoit aux enchantèmens
, portant un coeur rongé
des ferpens de la jaloufie .
Les ornemens de ce volume font terminés
par le cul - de-lampe de la differta- i
tion fur la Joconde , où l'on voit des
grenouilles croaffant après les attributs
de la Poëfie , vrai fymbole des mauvais
critiques.
Le fecond volume s'ouvre par un
fleuron en regard du portrait de M.
Eifen. L'allégorie en eft animée & hoJANVIER.
1763 . 143
norable à la Peintnre. La Préface eft fuivie
d'une autre dont la penfée paroît liée
avec le fujet de la vignette fuivante . It
repréfente deux jeunes amours qui , dès
leur aurore , femblent offrir un myrthe ,
& confacrer une chaîne de fleurs à leur
mere , défignée fous l'emblême de la
volupté , fervant de vignette à la premiere
page où commence le Conte des
oies de Frère Philippe. Ce Conte eft
terminé par un cul-de-lampe des plus
agréables : c'eſt un jeune oifeau qui au
lever du foleil s'élance vers d'aimables
objets en cherchant à s'éloigner d'un
trifte féjour , d'une beface & d'un bâton
, où il eft encore attaché. Le fuivant
eft une allufion fenfible du Conte de
Richard Minutolo : l'amour au milieu
des rofes s'appuyant un maſque à la main
fur un fac d'argent , & entouré d'un
filet tendu , rend affez bien les moyens
& les reffources qu'un amant employe
en pareil cas .
L'Oraifon de S. Julien , Hermite , la
Mandragore , où l'on voir l'aveugle ftu
pidité bridée & enlacée par la fineffe ; les
Remois, la Courtifane amoureufe , Nicaife
, le diable de Papefiguierre ont auffi
leurs attributs dans celui de la Courtifanne,
qui eft le corps piqué d'or du Conte , fe
144 MERCURE DE FRANCE .
trouve brodée la Vanité faifant hommage
à l'Amour. Celui de Nicaife eft
tiré fans doute des deux derniers vers
qui ont fait naître l'idée de l'occafion
entourée de fes vapeurs s'échappant de
deffus un tapis.
Féronde , dont le travail eft précieux ,
mérite qu'on en recherche la penſée.
Celui du Roi Candaule & du Maître
en Droit réunit les attributs des deux
Contes dans un tableau furmonté d'un
trophée convenable à la famille des Héraclides.
C'eft un Prince , le bandeau fur
les yeux , répandant fes tréfors les plus
chers devant un courtisan prêt à s'en
emparer. Le bas du cul-de-lampe eſt
orné d'un bas-relief affez plaiſamment
couronné , qui repréſente le moment de
la lanterne du Maître en Droit.
Ceux du diable en enfer , de la Jument
du compere Pierre , de la chofe
impoffible , font très- ornés , & précedent
celui du tableau. Si l'Artiſte a eu
en vue ce mot de la Fontaine
Tout y fera voilé , mais de gaze & fi bien ,
Que je crois qu'on n'y perdra rien.
on peut dire à fa louange , qu'il a rendu
l'intention du Poëte.
Nous pourrions auffi parler avantageufement
JANVIER. 1763 . 145
geufement du bât , dufaifeur d'oreilles ,
du fleuve Scamandre , du reméde , du
contrat & de plufieurs autres que nous
n'avons point nommés ; mais ce feroit
priver le Lecteur intelligent des amufemens
qu'il y trouvera lui - même. Nous
finirons nos remarques par le cul - delampe
du Roffignol , qui eft le dernier
des Contes.
L'Auteur a profité de l'efpace pour y
placer un médaillon , dans lequel il a
gravé fon portrait , qu'on lui avoit demandé.
Quelques nuées légéres & tranfparentes
féparent ce médaillon & les ornemens
d'avec le Roffignol , qui y eft
dans fa cage , & donnent au tout enfemble
une douceur & une harmonie
intéreffante. Nous croyons l'allégorie.
& le fymbole de la guirlande d'olives
& les rofes qui entourent ce portrait ,
auffi-bien employés à ce fujet, que toutes
celles qui font répandues dans l'ouvrage
.
Lambert & Duchefne , rue de la Comédie
Françoife & rue S. Jacques , &
plufieurs autres Libraires , ont reçu quelques
exemplaires de cette belle édition .
I. Vol. G
146 MERCURE DE FRANCE.
LARÉCOMPENSE VILLAGEOISÉ ,
eftampe admirable gravée par M. Lebas ,
d'après C. Lorain , & dédiée à M. le Marquis
de Marigny , fe vend , ainfi que les
premiers & feconds Ports de France ,
chez l'Auteur , rue de la Harpe , vis- àvis
la rue Percée , en porte cochere .
EDITION des CONTES DE
LA
LA FONTAINE,
?
A Littérature a été enrichie cette année
d'une très-belle édition des Contes
de M. de la Fontaine en deux vol. in- 8°.
A Amfterdam .
Peu d'ouvrages ont été traités avec
autant de foins le texte en eft épuré
d'après les éditions du temps de l'Auteur.
Son ortographe même y a été fcru
puleufement confervée ; le format , le
papier , les caractères , tout annonce le
choix , le goût & l'élégance . Le premier
Tome commence par un court éloge
hiſtorique du Poëte , morceau neuf en
ce genre , & généralement eftimé. Les
deux volumes font ornés de 140 gravu
res , dont deux portraits , quatre - vingt
eftampes d'après les Contes , quatre fleurons
, deux vignettes & cinquante-deux
culs - de-lampe.
Le portrait de M. de la Fontaine regarde
le frontispice du premier Tome :
JANVIER: 1763. 139
celui du Deffinateur occupe la même
place dans le fecond : tous deux font gravés
par le fameux Fiquet.
1
"
Les deffeins des eftampes & des vignettes
font de M. Eifen. Si cet Artifte célébre
s'eft quelquefois négligé(qui peut fe flater
d'être toujours égal ? ) Les fujets de
Richard Minutolo , de la Fiancée du Roi
de Garbe dans la grotte , la feconde
Deftampe du Faucon , & nombre d'autres
, renferment une expreffion pleine
d'intérêt 8a de fentiment. On fe rappelle
la touche de Rubens dans le Magnifique;
celle de Tenières dans les Troqueurs ;
celle des grâces dans le Villageois qui
i cherchefon veau , dans les deux amis &
ailleurs. Le paysage de promettre eft un
eft plein degoût. L'architecture eft noble
udans le mari confeffeur , & la fineffe de
•fa femme eft bien rendue . C'eft un beau
-morceau que le deffein de comment l'efprit
vient aux filles . Le pittorefque , la
force & la correction ifrappent auffi les
Connoiffeurs dans le Glomon, le Juge de
-Mefle ,Feronde , Oraifon de S. Julien ,
son ne s'avife jamais de tout. Nombre
d'autres d'une compofition riche & heureufe
, fe font affez remarquer pour que
nous nous, difpenfions: d'en parler. La
collection ' eft d'autant plus précieuſe ,
140 MERCURE DE FRANCE .
que MM. Aliamet , Lemire , Phlipart &
Longueil ont répandu dans la gravure de
prèfque tous les deffeins , l'excellence
& le charme de leur Art.
C'eft par une fuite néceffaire des foins
qu'on a apportés à la perfection de cette
édition que nous nous trouvons engagés
à dire quelque chofe du genre d'ornement
& des allégories dont on s'eft ſervi
pour les culs-de - lampe & fleurons. Il
fuffit pour en apprécier le choix d'entrer
dans le caractère de poëfie des Contes
de la Fontaine , dans lefquels an
remarque les graces , la légéreté & la
naiveté réunies , en un mot , cette fineffe
de touche ( fi nous ofons nous exprimer
ainfi ) qui anime fes peintures : c'eftice
que M. Choffard , deffinateur & graveur
chargé de cette partie , femble avoir
fenti & éxprimé en employant le genre
Arabefque , genre léger , délicat , illuftré
dans le dernier fiècle , & malheureufement
oublié de nos jours. Il a fçu
le faire revivre par des pensées & des
allégories d'autant plus piquantes & heureufes
, qu'elles font en général d'une
exécution parfaite.
Nous éffleurerons nos remarques à
ce fujet , & nous nous contenterons
d'obferver en faveur de l'Artiſte , &
"
JANVIER. 1763. 141
1
pour la commodité des perfonnes peu
verfées en cette partie , quelques allégories
relatives à l'ouvrage en général , &
particulieres aux Contes.
Nous y avons remarqué le fleuron du
premier Tome repréfentant la Lyre de
la Fontaine placée en regard de fon
portrait , environnée de myrthes & de
rofes pofées fur des couronnes de même
efpéce , & furmontées par celle de l'im-
"mortalité.
Le fleuron qui termine la Préface repréfente
un Satyre , emblême connu de
la paffion de l'amour , qui léve d'une
main le voile qui couvroit les plaifirs
du monde , & femble prêt à les divulguer
avec une trompette fatyrique qu'il ·
tient de l'autre. Ce Satyre paroît regarder
le génie de la nature , embrafant tout de
fon flambeau , qui fait la vignette du
premier Conte.
"
Les culs-de -lampe du cocu battu , du
payfan qui avoit offenfe fon Seigneur
de la fervante juftifiée , de la gageure des
trois commeres &c , quoiqu'agréables
par leurs formes & leur élégance , laiffent
remarquer des allufions plus recherchées
dans ceux du Calendrier du
Gafcon puni , de la Fiancée du Roi de
Garbe , de la coupe enchantée , &c.
و
142 MERCURE DE FRANCE .
L'Artiste paroît avoir voulu exprimer
dans celui du Calendrier des vieillards ze
par un amour entouré de fleurs de la
jeuneffe , & qui montre l'heure de midi
à un globe horaire qu'il foutient , que
la fleur de l'âge eft le vrai temps du
mariage.
Celui de la Fiancée du Roi de Garbe
eft principalement formé des attributs
& du voile de l'hyménée , fur lequel
font pofés les chiffres d'Alaciel & de
Mamolin. Il couvre de fon ombre une
efpéce de chaîne de myrtes fleuris , enrichis
des huit médaillons de fes premiers
amans .... voile très-bienfaifant !
L'allégorie de la coupe enchantée ſẹ
trouve dans la nature de la jaloufie. On
diftingue au milieu des fumées funébres
le trepied d'Hecate , qui fervoit aux enchantèmens
, portant un coeur rongé
des ferpens de la jaloufie .
Les ornemens de ce volume font terminés
par le cul - de-lampe de la differta- i
tion fur la Joconde , où l'on voit des
grenouilles croaffant après les attributs
de la Poëfie , vrai fymbole des mauvais
critiques.
Le fecond volume s'ouvre par un
fleuron en regard du portrait de M.
Eifen. L'allégorie en eft animée & hoJANVIER.
1763 . 143
norable à la Peintnre. La Préface eft fuivie
d'une autre dont la penfée paroît liée
avec le fujet de la vignette fuivante . It
repréfente deux jeunes amours qui , dès
leur aurore , femblent offrir un myrthe ,
& confacrer une chaîne de fleurs à leur
mere , défignée fous l'emblême de la
volupté , fervant de vignette à la premiere
page où commence le Conte des
oies de Frère Philippe. Ce Conte eft
terminé par un cul-de-lampe des plus
agréables : c'eſt un jeune oifeau qui au
lever du foleil s'élance vers d'aimables
objets en cherchant à s'éloigner d'un
trifte féjour , d'une beface & d'un bâton
, où il eft encore attaché. Le fuivant
eft une allufion fenfible du Conte de
Richard Minutolo : l'amour au milieu
des rofes s'appuyant un maſque à la main
fur un fac d'argent , & entouré d'un
filet tendu , rend affez bien les moyens
& les reffources qu'un amant employe
en pareil cas .
L'Oraifon de S. Julien , Hermite , la
Mandragore , où l'on voir l'aveugle ftu
pidité bridée & enlacée par la fineffe ; les
Remois, la Courtifane amoureufe , Nicaife
, le diable de Papefiguierre ont auffi
leurs attributs dans celui de la Courtifanne,
qui eft le corps piqué d'or du Conte , fe
144 MERCURE DE FRANCE .
trouve brodée la Vanité faifant hommage
à l'Amour. Celui de Nicaife eft
tiré fans doute des deux derniers vers
qui ont fait naître l'idée de l'occafion
entourée de fes vapeurs s'échappant de
deffus un tapis.
Féronde , dont le travail eft précieux ,
mérite qu'on en recherche la penſée.
Celui du Roi Candaule & du Maître
en Droit réunit les attributs des deux
Contes dans un tableau furmonté d'un
trophée convenable à la famille des Héraclides.
C'eft un Prince , le bandeau fur
les yeux , répandant fes tréfors les plus
chers devant un courtisan prêt à s'en
emparer. Le bas du cul-de-lampe eſt
orné d'un bas-relief affez plaiſamment
couronné , qui repréſente le moment de
la lanterne du Maître en Droit.
Ceux du diable en enfer , de la Jument
du compere Pierre , de la chofe
impoffible , font très- ornés , & précedent
celui du tableau. Si l'Artiſte a eu
en vue ce mot de la Fontaine
Tout y fera voilé , mais de gaze & fi bien ,
Que je crois qu'on n'y perdra rien.
on peut dire à fa louange , qu'il a rendu
l'intention du Poëte.
Nous pourrions auffi parler avantageufement
JANVIER. 1763 . 145
geufement du bât , dufaifeur d'oreilles ,
du fleuve Scamandre , du reméde , du
contrat & de plufieurs autres que nous
n'avons point nommés ; mais ce feroit
priver le Lecteur intelligent des amufemens
qu'il y trouvera lui - même. Nous
finirons nos remarques par le cul - delampe
du Roffignol , qui eft le dernier
des Contes.
L'Auteur a profité de l'efpace pour y
placer un médaillon , dans lequel il a
gravé fon portrait , qu'on lui avoit demandé.
Quelques nuées légéres & tranfparentes
féparent ce médaillon & les ornemens
d'avec le Roffignol , qui y eft
dans fa cage , & donnent au tout enfemble
une douceur & une harmonie
intéreffante. Nous croyons l'allégorie.
& le fymbole de la guirlande d'olives
& les rofes qui entourent ce portrait ,
auffi-bien employés à ce fujet, que toutes
celles qui font répandues dans l'ouvrage
.
Lambert & Duchefne , rue de la Comédie
Françoife & rue S. Jacques , &
plufieurs autres Libraires , ont reçu quelques
exemplaires de cette belle édition .
I. Vol. G
146 MERCURE DE FRANCE.
LARÉCOMPENSE VILLAGEOISÉ ,
eftampe admirable gravée par M. Lebas ,
d'après C. Lorain , & dédiée à M. le Marquis
de Marigny , fe vend , ainfi que les
premiers & feconds Ports de France ,
chez l'Auteur , rue de la Harpe , vis- àvis
la rue Percée , en porte cochere .
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Résumé : GRAVURE. ÉDITION des CONTES DE LA FONTAINE.
Le texte décrit une édition des Contes de La Fontaine publiée en 1763 à Amsterdam. Cette édition, composée de deux volumes in-octavo, se distingue par un soin particulier apporté au texte, épuré selon les éditions contemporaines de l'auteur et respectant son orthographe. Le format, le papier et les caractères reflètent un choix élégant et raffiné. Le premier tome s'ouvre par un éloge historique du poète. Les deux volumes sont enrichis de 140 gravures, incluant des portraits, des estampes, des fleurons, des vignettes et des culs-de-lampe. Les portraits de La Fontaine et du défunteur sont gravés par Fiquet. Les dessins des estampes et des vignettes sont réalisés par Eisen, qui a su exprimer l'intérêt et le sentiment dans plusieurs sujets. Les gravures sont également l'œuvre de Aliamet, Lemire, Phlipart et Longueil. Les culs-de-lampe et fleurons sont réalisés par Choffard, qui a utilisé le genre arabe pour refléter la grâce, la légèreté et la naïveté des Contes. Les allégories et ornements sont choisis pour correspondre au caractère poétique des Contes. Cette édition est disponible chez plusieurs libraires, dont Lambert et Duchefne.
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11707
p. 146-147
LETTRE à M. D...
Début :
Je ne fais aucun doute, Monsieur, que l'estampe que M. Fessard vient de [...]
Mots clefs :
Tableau, Collection, Coloris
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE à M. D...
LETTRE à M. D ...
ga
JE
E ne fais
aucun
doute
, Monfieur
que
l'eftampe
que
M. Feffard
vient
de
donner
au Public
d'après
le beau
tableau
de P.P.
Rubens
, du cabinet
du Roi
, &
faite
pour
augmenter
la belle
collection
:
que
Pon
conferve
au cabinet
de S. M.
ne vous
ait fait
la même
impreffion
ainfi
qu'aux
foufcripteurs
& amateurs
, qu'elle
m'a
faite
à moi-même
. L'Auteur
me
paroît
confommé
dans
l'étude
de l'art
qu'il
profeffe
, & l'on
peut
dire
qu'il
a
rendu
Rubens
dans
fa touche
& dans
fes effets
avec
une
grande
vérité
. Je
crois
que
nous
devons
nous
attendre
encore
à de nouveaux
efforts
de fa part
pour
la fuite
de ce grand
projet
, puifqu'il
a rendir
le coloris
de Rubens
, &
les
différentes
étoffes
de fes tableaux
,par
JANVIER . 1763. 147
un genre de gravure & d'oppofitions qui
ne dérangent rien à l'effet. Je crois
donc que le fujet qu'il grave actuéllement
dont la pureté du deffein eft
d'une grande beauté & d'une belle ordonnance
, gagnera encore par l'étude
qu'il a faite du coloris de Rubens. Le peu
d'exemplaires qui lui refte de cette
eftampe , la planche étant déposée au
cabinet de S. M. doit l'encourager à
fuivre vivement fon entreprife. Quant
à moi , je fouhaite que fa convalefcence
lui permette un travail qui ne peut que
lui faire honneur : & je me flatte qu'il ne
fera pas fâché qu'un de fes foufcripteurs
ait entrepris de lui rendre la juftice qui
lui eft due.
J'ai l'honneur d'être , & c.
ga
JE
E ne fais
aucun
doute
, Monfieur
que
l'eftampe
que
M. Feffard
vient
de
donner
au Public
d'après
le beau
tableau
de P.P.
Rubens
, du cabinet
du Roi
, &
faite
pour
augmenter
la belle
collection
:
que
Pon
conferve
au cabinet
de S. M.
ne vous
ait fait
la même
impreffion
ainfi
qu'aux
foufcripteurs
& amateurs
, qu'elle
m'a
faite
à moi-même
. L'Auteur
me
paroît
confommé
dans
l'étude
de l'art
qu'il
profeffe
, & l'on
peut
dire
qu'il
a
rendu
Rubens
dans
fa touche
& dans
fes effets
avec
une
grande
vérité
. Je
crois
que
nous
devons
nous
attendre
encore
à de nouveaux
efforts
de fa part
pour
la fuite
de ce grand
projet
, puifqu'il
a rendir
le coloris
de Rubens
, &
les
différentes
étoffes
de fes tableaux
,par
JANVIER . 1763. 147
un genre de gravure & d'oppofitions qui
ne dérangent rien à l'effet. Je crois
donc que le fujet qu'il grave actuéllement
dont la pureté du deffein eft
d'une grande beauté & d'une belle ordonnance
, gagnera encore par l'étude
qu'il a faite du coloris de Rubens. Le peu
d'exemplaires qui lui refte de cette
eftampe , la planche étant déposée au
cabinet de S. M. doit l'encourager à
fuivre vivement fon entreprife. Quant
à moi , je fouhaite que fa convalefcence
lui permette un travail qui ne peut que
lui faire honneur : & je me flatte qu'il ne
fera pas fâché qu'un de fes foufcripteurs
ait entrepris de lui rendre la juftice qui
lui eft due.
J'ai l'honneur d'être , & c.
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Résumé : LETTRE à M. D...
La lettre à M. D... traite d'une estampe réalisée par M. Fessard d'après un tableau de Pierre-Paul Rubens, conservé au cabinet du Roi. L'auteur admire le travail de Fessard, soulignant sa maîtrise et sa fidélité à la touche et aux effets de Rubens. Il anticipe les futurs efforts de Fessard pour reproduire les couleurs et les étoffes des tableaux de Rubens, en utilisant une technique de gravure et d'oppositions qui préserve l'effet original. L'auteur mentionne également un sujet actuellement gravé par Fessard, notant la pureté de son dessin. Il encourage Fessard à poursuivre son entreprise malgré le faible nombre d'exemplaires restants, la planche étant déposée au cabinet du Roi. L'auteur espère que la convalescence de Fessard lui permettra de continuer son travail et se flatte d'avoir entrepris de rendre justice à Fessard.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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11708
p. 147
MUSIQUE.
Début :
MDE de Saint-Aubin, connue par ses talens pour la Musique, a imaginé [...]
Mots clefs :
Lyre, Tons
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MUSIQUE.
MUSIQUE.
·
DE de Saint- Aubin , connue par
fes talens pour la Mufique , a imaginé
une lyre qu'elle a fait exécuter par le
fieur Macra. Il y a un méchanifme de
regiftres pour les diézis & les bémols
qui donne la facilité de jouer fur tous
les
tons.
·
DE de Saint- Aubin , connue par
fes talens pour la Mufique , a imaginé
une lyre qu'elle a fait exécuter par le
fieur Macra. Il y a un méchanifme de
regiftres pour les diézis & les bémols
qui donne la facilité de jouer fur tous
les
tons.
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11709
p. 148-155
AVERTISSEMENT.
Début :
LES Spectacles font, sans contredit, l'objet le plus intéressant des amusemens [...]
Mots clefs :
Amusements, Affiches, Théâtres, Public, Louer, Journalistes, Talents
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVERTISSEMENT.
LES Spectacles font, fans contredit,
» l'objet le plus intéreffant des amufe-
» mens du Public , & la partie la plus,
» agréable de notre Littérature : rendre
» compte féchement de ce qui les con-
» cerne , n'en faire pour ainfi dire que.
» copier les affiches , feroit un travail
» ftérile à l'égard de ceux même qui fré-
» quentent habituellement nos Théâtres ;
» bien plus encore à l'égard de ceux®
» que l'abfence de la Capitale ou d'au-
» tres caufes privent de cet amuſement.
» On a donc cru devoir entrer dans cer-
» tains détails fur les ouvrages nou-
» veaux , fur la remife des anciens
» ainfi que fur les talens de ceux qui les
» repréfentent. Ces détails peuvent &
» doivent fatisfaire les Lecteurs qui ont
» affez d'efprit pour douter de leur ju-
» gement , & vouloir le conférer avec
"
?
JANVIER. 1763 . 149
"
» celui de la plus faine portion du Pu-
» blic , que nous confultons toujours
» avec foin , & qui dicte ordinairement
" tout ce que nous avançons . Combien
» ces mêmes détails deviennent-ils plus
» inftructifs pour les Lecteurs éloignés
» des Théâtres , defquels cependant
» ils ont quelques connoiffances , par
» la célébrité de plufieurs ouvrages &
» des talens diftingués dans nos jeux
dramatiques. Le foin d'être utile
» pour l'avenir aux recherches des
» Curieux , amateurs du Théâtre , feroit
» feul un motiffuffifant pour nous en-
» gager à en conferver , comme un dé-
»pôt , toutes les particularités , celles
» même qui paroiffent minutieufes dans
» le temps où elles font fous nos yeux .
» C'eft d'abord dans notre Journal
» qu'on va les chercher ; & nous remar-
» quons tous les jours que lorsqu'on ne
les y trouve pas auffi détaillées qu'elles
» pourroient être , on fait mauvais gré
» à ceux de nos Prédéceffeurs qui les ont
·» négligées. Nous connoiffons tous , par
» exemple , & l'on n'oubliera de long-
» temps encore la réputation de quel-
>> ques anciens Acteurs du Théâtre Fran-
» çois & de celui de l'Opéra ; mais une
tradition , déja fort incertaine , & qui
G iij
150 MERCURE DE FRANCE .
" s'obfcurcit de plus en plus en s'éloi-
» gnant , nous laiffe à peine diftinguer
» en quoi confiftoit fpécialement l'ex-
» cellence de chacun de ces grands ta-
»lens , & ce qu'ils pouvoient avoir de
» commun ou de diftinctif par rapport
» à ceux que nous admirons aujour-
» d'hui circonftances indifférentes au
» Lecteur indifférent lui-même fur cette
» matière , mais circonftances précieu-
» fes pour l'amateur éclairé , & qui de-
» vroient l'être encore davantage pour
» quiconque defire férieufement faire
» des progrès dans les mêmes talens.
» Nous avons reçu fréquemment tant
» de la Province que de la Capitale , des
» témoignages affurés de fatisfaction fur
» cette maniere de traiter l'Article du
» Théâtre . Mais elle nous engage dans
» une critique difcutée de bien des par-
»ties qui n'en paroiffent pas fufceptibles
» à tous les Lecteurs ; & par une autre
» néceffité , qu'indique l'honnêteté pu-
» blique à quiconque eft fait pour la
» connoître , cette critique nous a en-
" gagé dans des éloges étendus & réï-
» térés. La raiſon en eft facile à fentir .
» A l'égard des talens fupérieurs , ils
» font fouvent dans le cas de varier les
» motifs & les occafions de l'admiraJANVIER.
1763. 151
tion publique. Il nous avoit paru jufte
>>alors moins encore d'yjoindre la nôtre,
» que de conftater les différentes épo-
» ques de leur gloire. A l'égard des ta-
» lens inférieurs , même des talens mé-
» diocres ; nous avons penfé qu'il feroit
» fouvent cruel & toujours décourageant
» pour eux , de ne pas envelopper les
»juftes cenfures qu'exige leur propre
» intérêt , dans l'éloge de quelques par-
» ties où ils font des progrès & quelque-
»fois de difpofitions ou de facultés na-
» turelles , dont on les avertit par-là de
"
faire un meilleur ufage. C'eft une fem-
» me que l'on trouve laide ordinaire-
» ment , parce qu'elle fe néglige , que
l'on peindroit dans un moment heu-
» reux , où fes foins auroient embelli fa
» phyfionomie. Il eft à préfumer que ce
» Portrait l'engageroit à redoubler de
» pareils foins , à en prendre de nou-
» veaux , pour juftifier & furpaffer , s'il
» étoit poffible , l'art officieux du Pein-
» tre. Nous fommes & nous devons
» être fouvent ce Peintre à l'égard des
» gens de talens . Voilà ce que nos Lec-
» teurs ne veulent pas toujours affez con-
»fidérer. Ce ne font pas nos Portraits
» qu'il faut accufer d'être infidéles , lors
» même qu'ils font flattés , c'eſt aux
"
Giv
152 MERCURE DE FRANCE .
objets de nos peintures à qui il faut
» s'en prendre , s'ils ne font pas toujours
» conformes , & quelquefois fupérieurs
» au moment favorable que nous avons
étudié , & que fouvent nous avons eu
» tant de peine à faifir.
»
» Malgré des raifons qui nous fem-
» blent fi bien fondées, nous ne pouvons
» nous diffimuler ( & nous l'avons trop
» éprouvé ) qu'en général la louange
» entre Concurrens , ou qui prétendent
» l'être , eft l'écueil où fe brife toute
» prudence humaine.L'amour- propre de
» chaque particulier eft , fur cela , dans
» une oppofition perpétuelle au fenti-
» ment des autres , & prèfque jamais
» dans un rapport exact avec la vérité ;
»il n'en faut pas excepter les talens les
» plus modeftes . Il arrive donc que cha-
>> cun de ceux à qui nous diftribuons
» des éloges , ne trouve de trop reffer-
» rés que les fiens & tous les autres d'une
» prolixité injufte & fuperflue . Les amis
» de chaque Complaignant leur prêtent
"
obligeament leurs voix ; car il eft pro-
>> digieux combien on trouve d'amis pour
déprimer les autres , & fur-tout pour
» condamner un Journaliſte !
» Nous connoiffions tousles inconvé-
» niens de notre conduite ; nous les
JANVIER. 1763 . 153
» avons bravés. Ce n'eft ni par une or-
»gueilleufe indifférence fur le fentiment
» de ceux que nous avons toujours chefché
à obliger & que malheureufe-
» ment nous avons pu mécontenter , ni
» par la coupable négligence du premier
de nos devoirs , qui eft de fatisfaire
» le Public ; mais parce que nous avons
» regardé cette conduite comme la plus
» utile au progrès de l'Art dramatique :
» partie éffentielle de la gloire littéraire
» de notre Nation .
» Si les motifs que nous venons d'expofer
dans cet avertiffement , ne nous
» juftifient pas fur les moyens,aux yeux
» de l'amour-propre bleffé & encouragé
" par l'Envie ; nous nous flatons au moins
» qu'ils nous juftifieront fur l'intention,
auprès de tous les Juges défintéreffés .
» Cependant comme on doit éviter
les reproches les plus mal fondés ; confme
d'ailleurs la puérile jaloufie de quel-
» ques Ecrivains pourroit leur faire croire
» & peut- être faire dire par leurs amis ,
» qu'ils poffédent exclufivement à nous ,
» ce talent de l'efprit , dont nous ne
connoiffons point encore d'exemple
fur la terre , par lequel on puiffe fe concilier
un fuffrage unanime dans une
» inégale diſtribution d'éloges ; nous fe
Gv
154 MERCURE DE FRANCE .
» rons déformais plus moderés dans cette
» diſtribution, même à l'égard desTalens
» les plus fupérieurs , qui , peut- être en
» fecret , fe trouvent humiliés de n'être
» pas les objets uniques de toute efpéce
» d'attention .
» Nous donnons cet avis afin que. dans
les Provinces , on n'infére pas de no-
» tre filence fur ceux dont nous avons
» parlé fouvent avec éloge , que leurs ta-
» lens foient dégénérés , & qu'ils ayent
» ceffé d'en mériter journellement de
> nouveaux .
» Nous prévenons encore , que nous
>> ne nous reſtraindrons pas dans une fervile
contrainte fur ce que nous nous
» propofons ; relativement fur- tout aux
» Spectacles de la Cour. Aucune confi-
» dération perſonnelle ne nous détermi-
» nera à priver des Sujets affez heureux
» pour plaire à leur Souverain , du prix
de leur zéle & de leurs foins , en ne
» publiant pas cet ineftimable avantage.
» Nous ne nous difpenferons pas
» non plus , de continuer à donner fur
les Ouvrages nouveaux , des extraits
& des remarques affez étendues pour
»développer tout le mérite qui peut s'y
» trouver quelque fuperflu & quelque
» déplaifant que cela puiffe paroître à
JANVIER. 1763 . 155
» ceux de nos Auteurs dramatiques que
» le Public n'a pas accoutumés à fes ap-
-» plaudiffemens , & qui par conféquent
» ont eu peu à fe louer des Journalistes.
» l'objet le plus intéreffant des amufe-
» mens du Public , & la partie la plus,
» agréable de notre Littérature : rendre
» compte féchement de ce qui les con-
» cerne , n'en faire pour ainfi dire que.
» copier les affiches , feroit un travail
» ftérile à l'égard de ceux même qui fré-
» quentent habituellement nos Théâtres ;
» bien plus encore à l'égard de ceux®
» que l'abfence de la Capitale ou d'au-
» tres caufes privent de cet amuſement.
» On a donc cru devoir entrer dans cer-
» tains détails fur les ouvrages nou-
» veaux , fur la remife des anciens
» ainfi que fur les talens de ceux qui les
» repréfentent. Ces détails peuvent &
» doivent fatisfaire les Lecteurs qui ont
» affez d'efprit pour douter de leur ju-
» gement , & vouloir le conférer avec
"
?
JANVIER. 1763 . 149
"
» celui de la plus faine portion du Pu-
» blic , que nous confultons toujours
» avec foin , & qui dicte ordinairement
" tout ce que nous avançons . Combien
» ces mêmes détails deviennent-ils plus
» inftructifs pour les Lecteurs éloignés
» des Théâtres , defquels cependant
» ils ont quelques connoiffances , par
» la célébrité de plufieurs ouvrages &
» des talens diftingués dans nos jeux
dramatiques. Le foin d'être utile
» pour l'avenir aux recherches des
» Curieux , amateurs du Théâtre , feroit
» feul un motiffuffifant pour nous en-
» gager à en conferver , comme un dé-
»pôt , toutes les particularités , celles
» même qui paroiffent minutieufes dans
» le temps où elles font fous nos yeux .
» C'eft d'abord dans notre Journal
» qu'on va les chercher ; & nous remar-
» quons tous les jours que lorsqu'on ne
les y trouve pas auffi détaillées qu'elles
» pourroient être , on fait mauvais gré
» à ceux de nos Prédéceffeurs qui les ont
·» négligées. Nous connoiffons tous , par
» exemple , & l'on n'oubliera de long-
» temps encore la réputation de quel-
>> ques anciens Acteurs du Théâtre Fran-
» çois & de celui de l'Opéra ; mais une
tradition , déja fort incertaine , & qui
G iij
150 MERCURE DE FRANCE .
" s'obfcurcit de plus en plus en s'éloi-
» gnant , nous laiffe à peine diftinguer
» en quoi confiftoit fpécialement l'ex-
» cellence de chacun de ces grands ta-
»lens , & ce qu'ils pouvoient avoir de
» commun ou de diftinctif par rapport
» à ceux que nous admirons aujour-
» d'hui circonftances indifférentes au
» Lecteur indifférent lui-même fur cette
» matière , mais circonftances précieu-
» fes pour l'amateur éclairé , & qui de-
» vroient l'être encore davantage pour
» quiconque defire férieufement faire
» des progrès dans les mêmes talens.
» Nous avons reçu fréquemment tant
» de la Province que de la Capitale , des
» témoignages affurés de fatisfaction fur
» cette maniere de traiter l'Article du
» Théâtre . Mais elle nous engage dans
» une critique difcutée de bien des par-
»ties qui n'en paroiffent pas fufceptibles
» à tous les Lecteurs ; & par une autre
» néceffité , qu'indique l'honnêteté pu-
» blique à quiconque eft fait pour la
» connoître , cette critique nous a en-
" gagé dans des éloges étendus & réï-
» térés. La raiſon en eft facile à fentir .
» A l'égard des talens fupérieurs , ils
» font fouvent dans le cas de varier les
» motifs & les occafions de l'admiraJANVIER.
1763. 151
tion publique. Il nous avoit paru jufte
>>alors moins encore d'yjoindre la nôtre,
» que de conftater les différentes épo-
» ques de leur gloire. A l'égard des ta-
» lens inférieurs , même des talens mé-
» diocres ; nous avons penfé qu'il feroit
» fouvent cruel & toujours décourageant
» pour eux , de ne pas envelopper les
»juftes cenfures qu'exige leur propre
» intérêt , dans l'éloge de quelques par-
» ties où ils font des progrès & quelque-
»fois de difpofitions ou de facultés na-
» turelles , dont on les avertit par-là de
"
faire un meilleur ufage. C'eft une fem-
» me que l'on trouve laide ordinaire-
» ment , parce qu'elle fe néglige , que
l'on peindroit dans un moment heu-
» reux , où fes foins auroient embelli fa
» phyfionomie. Il eft à préfumer que ce
» Portrait l'engageroit à redoubler de
» pareils foins , à en prendre de nou-
» veaux , pour juftifier & furpaffer , s'il
» étoit poffible , l'art officieux du Pein-
» tre. Nous fommes & nous devons
» être fouvent ce Peintre à l'égard des
» gens de talens . Voilà ce que nos Lec-
» teurs ne veulent pas toujours affez con-
»fidérer. Ce ne font pas nos Portraits
» qu'il faut accufer d'être infidéles , lors
» même qu'ils font flattés , c'eſt aux
"
Giv
152 MERCURE DE FRANCE .
objets de nos peintures à qui il faut
» s'en prendre , s'ils ne font pas toujours
» conformes , & quelquefois fupérieurs
» au moment favorable que nous avons
étudié , & que fouvent nous avons eu
» tant de peine à faifir.
»
» Malgré des raifons qui nous fem-
» blent fi bien fondées, nous ne pouvons
» nous diffimuler ( & nous l'avons trop
» éprouvé ) qu'en général la louange
» entre Concurrens , ou qui prétendent
» l'être , eft l'écueil où fe brife toute
» prudence humaine.L'amour- propre de
» chaque particulier eft , fur cela , dans
» une oppofition perpétuelle au fenti-
» ment des autres , & prèfque jamais
» dans un rapport exact avec la vérité ;
»il n'en faut pas excepter les talens les
» plus modeftes . Il arrive donc que cha-
>> cun de ceux à qui nous diftribuons
» des éloges , ne trouve de trop reffer-
» rés que les fiens & tous les autres d'une
» prolixité injufte & fuperflue . Les amis
» de chaque Complaignant leur prêtent
"
obligeament leurs voix ; car il eft pro-
>> digieux combien on trouve d'amis pour
déprimer les autres , & fur-tout pour
» condamner un Journaliſte !
» Nous connoiffions tousles inconvé-
» niens de notre conduite ; nous les
JANVIER. 1763 . 153
» avons bravés. Ce n'eft ni par une or-
»gueilleufe indifférence fur le fentiment
» de ceux que nous avons toujours chefché
à obliger & que malheureufe-
» ment nous avons pu mécontenter , ni
» par la coupable négligence du premier
de nos devoirs , qui eft de fatisfaire
» le Public ; mais parce que nous avons
» regardé cette conduite comme la plus
» utile au progrès de l'Art dramatique :
» partie éffentielle de la gloire littéraire
» de notre Nation .
» Si les motifs que nous venons d'expofer
dans cet avertiffement , ne nous
» juftifient pas fur les moyens,aux yeux
» de l'amour-propre bleffé & encouragé
" par l'Envie ; nous nous flatons au moins
» qu'ils nous juftifieront fur l'intention,
auprès de tous les Juges défintéreffés .
» Cependant comme on doit éviter
les reproches les plus mal fondés ; confme
d'ailleurs la puérile jaloufie de quel-
» ques Ecrivains pourroit leur faire croire
» & peut- être faire dire par leurs amis ,
» qu'ils poffédent exclufivement à nous ,
» ce talent de l'efprit , dont nous ne
connoiffons point encore d'exemple
fur la terre , par lequel on puiffe fe concilier
un fuffrage unanime dans une
» inégale diſtribution d'éloges ; nous fe
Gv
154 MERCURE DE FRANCE .
» rons déformais plus moderés dans cette
» diſtribution, même à l'égard desTalens
» les plus fupérieurs , qui , peut- être en
» fecret , fe trouvent humiliés de n'être
» pas les objets uniques de toute efpéce
» d'attention .
» Nous donnons cet avis afin que. dans
les Provinces , on n'infére pas de no-
» tre filence fur ceux dont nous avons
» parlé fouvent avec éloge , que leurs ta-
» lens foient dégénérés , & qu'ils ayent
» ceffé d'en mériter journellement de
> nouveaux .
» Nous prévenons encore , que nous
>> ne nous reſtraindrons pas dans une fervile
contrainte fur ce que nous nous
» propofons ; relativement fur- tout aux
» Spectacles de la Cour. Aucune confi-
» dération perſonnelle ne nous détermi-
» nera à priver des Sujets affez heureux
» pour plaire à leur Souverain , du prix
de leur zéle & de leurs foins , en ne
» publiant pas cet ineftimable avantage.
» Nous ne nous difpenferons pas
» non plus , de continuer à donner fur
les Ouvrages nouveaux , des extraits
& des remarques affez étendues pour
»développer tout le mérite qui peut s'y
» trouver quelque fuperflu & quelque
» déplaifant que cela puiffe paroître à
JANVIER. 1763 . 155
» ceux de nos Auteurs dramatiques que
» le Public n'a pas accoutumés à fes ap-
-» plaudiffemens , & qui par conféquent
» ont eu peu à fe louer des Journalistes.
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Résumé : AVERTISSEMENT.
Le texte traite de l'importance des spectacles dans les divertissements du public et la littérature. L'auteur estime que se contenter de reproduire les affiches des spectacles est insuffisant, surtout pour ceux éloignés des théâtres. Il décide donc de fournir des détails sur les nouvelles œuvres, les reprises d'anciennes pièces et les talents des acteurs, informations précieuses pour les lecteurs éloignés mais connaisseurs des œuvres et des talents dramatiques. L'auteur souligne la nécessité de conserver des particularités, même mineures, pour les recherches futures des amateurs de théâtre. Il mentionne la réputation des anciens acteurs et la difficulté de transmettre leur excellence à travers les générations. Il reçoit des témoignages de satisfaction pour cette manière de traiter l'article du théâtre, mais cela l'engage dans une critique délicate et des éloges répétés. Les éloges étendus visent à varier les motifs d'admiration pour les talents supérieurs et à encourager les progrès pour les talents inférieurs. L'auteur compare son rôle à celui d'un peintre qui met en valeur les qualités des personnes, même si celles-ci ne sont pas toujours conformes au moment étudié. Malgré les raisons bien fondées, l'auteur reconnaît les inconvénients de sa conduite, notamment les reproches des concurrents. Il justifie sa méthode par l'utilité pour le progrès de l'art dramatique, essentiel à la gloire littéraire de la nation. Pour éviter les reproches, il promet de modérer ses éloges, même envers les talents supérieurs. Enfin, le texte prévient que le silence sur certains acteurs ne signifie pas une dégénérescence de leurs talents. L'auteur ne se restreindra pas dans ses critiques, notamment pour les spectacles de la cour, et continuera à fournir des extraits et des remarques sur les nouvelles œuvres, même si cela peut déplaire à certains auteurs dramatiques.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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11710
p. 155-159
SPECTACLES du ROI à Choisi.
Début :
LE Lundi 13 Décembre, les Comédiens François représenterent sur le Théâtre [...]
Mots clefs :
Comédiens-Français, Théâtre du roi, Intermède
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SPECTACLES du ROI à Choisi.
SPECTACLES du Roi à Choifi.
LEE Lundi 13 Décembre , les ComédiensFrançois
repréfenterent fur le Théâ
tre du Roi, dans fon Château de Choifi
en préfence de Leurs Majeftés & de la
Famille Royale , Irène , Tragédie du
fieur BOISTEL , Tréforier de France à
la Généralité d'Amiens. On a vu par
l'extrait de cette Piéce dans le précédent
Mercure , qu'elle contient un rôle très-
.confidérable pour la Dle CLAIRON,,
aux rares talens de laquelle la Cour eft
auffi fenfible que la Ville.
Cette Tragédie fut fuivie du Legs ,
Comédie en un Acte en profe de M.
MARIVAUX de l'Académie Françoife
(a) . La Dlle DANGEVILLE & le
fieur PREVILLE y jouoient les rôles
,
(a) Certe Piéce fut donnée à Paris pour la pre-
-miere fois en 1736 , elle eft repriſe très-fouvent
toujours avec fuccès.
(G vi
1
156 MERCURE DE FRANCE .
dans lesquels ils font toujours un nouveau
plaifir .
Le lendemain 14 les mêmes Comédiens
repréfenterent le Complaifant
Comédie en cinq Actes en proſe , Auteur
anonyme ( b ) , & l'Epouxparfipercherie
(c) , Comédie en deux Actes ,
en vers de feu M. de Boissi , de l'Académie
Françoife.
,
Le fieur GRANDVAL retiré du
Théâtre de Paris , comme Penfionnaire
du Roi & rempliffant ce fervice à la
Cour , a joué le rôle qui donne le titre à
la premiere de ces deux Piéces. On lui a
retrouvé les mêmes talens que l'on a long
temps & conftamment applaudis en lui ,
particuliérement dans ce que nous entendons
par le haut-comique. Le fieur
BELCOUR , qui a remplacé le fieur
GRANDVAL dans fon emploi à la Comédie
, a joué avec fuccès dans la feconde
Piéce le principal rôle , qui exige
beaucoup d'art , & par lequel il a contribué
avec les autres Acteurs à rendre
cette Comédie très-agréable au Public
( b) Repréſentée pour la premiere fois à Paris
en 1732 , à la Cour en 1733 , repriſe en 1734
avec autant de fuccès que dans la nouveauté.
(c)L'Epoux par fupercherie a été donnée à Pa
ris pour la premiere fois en 1744 .
JANVIER. 1763. 157
1
Toutes les fois qu'on la repréfente à
Paris . Ce Spectacle a paru faire plaifir
à la Cour , dont le fuffrage femble auffi
confirmer le goût du Public pour les tálens
du fieur MOLÊ , qui a joué dans les
deux Piéces.
Le Mercredi 15 on fit exécuter fur le
même Théâtre par les Sujets de la Mufique
du Roi & de l'Académie Royale
deux Actes détachés d'Opéra en forme
d'intermédes. Le premier étoit Alphée
& Aréthufe ( d) , Poëme du feu lieur
DANCHET , mufique du fieur d'Au-
VERGNE . La Demoifelle ARNOULD
dont on connoît la touchante expreffion
dans la voix , dans le jeu & dans
la figure , repréfentoit Aréthufe . Le fieur
L'ARRIVÉE , dont les talens n'avoient
pas encore eu occafion d'être connus fur
les théâtres de la Cour , chantoit le rôle
d'Alphée. Le fieur GELIN , celui de
Neptune. La Demoifelle DUBOIS L.
chantoit le rôle de Vénus .
Le fecond intermédt étoit un Acte
des Fêtes de l'hymen & de l'amour ,
ballet intitulé Arueris ; Poëme du feu
(a Cet Acte fait partie des fragmens que l'on
a donné cet Eté fur le théâtre de l'Opéra , & que
l'on y continue tous les Jeudis,
158 MERCURE DE FRANCE.
fieur CAHUSAC ; Mufique du fieur RAMEAU.
Le fieur GELIOTE , Ordinaire de la
Mufique du Roi , retiré du Théâtre depuis
plufieurs années , a exécuté dans
cet interméde le rôle d'Arueris avec la
même voix & les mêmes talens qui l'ont
rendu fi célébre . La Dlle LEMIERRE ,
( époufe du fieur LARRIVÉE ) y chantoit
le rôle d'ORIE : elle s'en eft acquittée
d'une maniere à réaliſer la fiction
des rôles , par laquelle ARUERIS ,
Ordonnateur & Juge des jeux , où concourent
les talens dont il eft le maître
& le modéle couronne la jeune ·
ORIE pour le prix du chant . La Demoifelle
DUBOIS L. & le fieur BÊCHE , de
-la Mufique du Roi , repréfentoient un
Berger & une Bergère , perfonnages
acceffoires dans cet Acte .
Dans le premier interméde les pas
Teuls & les principales entrécs ont été
danfés par les fieurs LANI , LAVAL,
GARDEL , DAUBERVAL & GROSSET
, & par les Demoiselles ALLARD.,
PESLIN & DUMONCEAU. Dans le fecond
, les Demoifelles LANI , ALLARD
, PESLIN & DUMONCEAU, à la
place de la Demoiselle VESTRIS , malade.
Les fieurs VESTRIS , LANI, LA
JANVIER. 1763. 159
VAL, GARDEL , DAUBERVAL &
GROSSET.
On avoit ajouté à la fin de l'Acte d'ARUERIS
l'arriette & la belle chaconne
du fieur LE BRETON dans IPHIGENIE.
Ces deux morceaux firent la même impreffion
qu'ils font journellement fur le
Théâtre de Paris , & exciterent les plus
grands éloges , tant en faveur de l'Auteur
que de la Demoifelle LEMJERRE
qui chantoit cette Arriette , & du fieur
VESTRIS fur fa danfe dans la chaconne .
On a remarqué dans ce morceau, plusfenfiblement
que jamais , le talent fpécialement
propre à ce grand Danfeur, d'adapter,
avec une forte d'enthoufiafme poëtique
, fes pas au caractère & à l'expref
fion de la Mufique.
Sa Majefté , après le Spectacle , a eu
la bonté de déclarer publiquement la
fatisfaction qu'elle avoit eue des principaux
talens qui s'étoient diftingués en
divers genres dans l'exécution de ces
Spectacles.
LEE Lundi 13 Décembre , les ComédiensFrançois
repréfenterent fur le Théâ
tre du Roi, dans fon Château de Choifi
en préfence de Leurs Majeftés & de la
Famille Royale , Irène , Tragédie du
fieur BOISTEL , Tréforier de France à
la Généralité d'Amiens. On a vu par
l'extrait de cette Piéce dans le précédent
Mercure , qu'elle contient un rôle très-
.confidérable pour la Dle CLAIRON,,
aux rares talens de laquelle la Cour eft
auffi fenfible que la Ville.
Cette Tragédie fut fuivie du Legs ,
Comédie en un Acte en profe de M.
MARIVAUX de l'Académie Françoife
(a) . La Dlle DANGEVILLE & le
fieur PREVILLE y jouoient les rôles
,
(a) Certe Piéce fut donnée à Paris pour la pre-
-miere fois en 1736 , elle eft repriſe très-fouvent
toujours avec fuccès.
(G vi
1
156 MERCURE DE FRANCE .
dans lesquels ils font toujours un nouveau
plaifir .
Le lendemain 14 les mêmes Comédiens
repréfenterent le Complaifant
Comédie en cinq Actes en proſe , Auteur
anonyme ( b ) , & l'Epouxparfipercherie
(c) , Comédie en deux Actes ,
en vers de feu M. de Boissi , de l'Académie
Françoife.
,
Le fieur GRANDVAL retiré du
Théâtre de Paris , comme Penfionnaire
du Roi & rempliffant ce fervice à la
Cour , a joué le rôle qui donne le titre à
la premiere de ces deux Piéces. On lui a
retrouvé les mêmes talens que l'on a long
temps & conftamment applaudis en lui ,
particuliérement dans ce que nous entendons
par le haut-comique. Le fieur
BELCOUR , qui a remplacé le fieur
GRANDVAL dans fon emploi à la Comédie
, a joué avec fuccès dans la feconde
Piéce le principal rôle , qui exige
beaucoup d'art , & par lequel il a contribué
avec les autres Acteurs à rendre
cette Comédie très-agréable au Public
( b) Repréſentée pour la premiere fois à Paris
en 1732 , à la Cour en 1733 , repriſe en 1734
avec autant de fuccès que dans la nouveauté.
(c)L'Epoux par fupercherie a été donnée à Pa
ris pour la premiere fois en 1744 .
JANVIER. 1763. 157
1
Toutes les fois qu'on la repréfente à
Paris . Ce Spectacle a paru faire plaifir
à la Cour , dont le fuffrage femble auffi
confirmer le goût du Public pour les tálens
du fieur MOLÊ , qui a joué dans les
deux Piéces.
Le Mercredi 15 on fit exécuter fur le
même Théâtre par les Sujets de la Mufique
du Roi & de l'Académie Royale
deux Actes détachés d'Opéra en forme
d'intermédes. Le premier étoit Alphée
& Aréthufe ( d) , Poëme du feu lieur
DANCHET , mufique du fieur d'Au-
VERGNE . La Demoifelle ARNOULD
dont on connoît la touchante expreffion
dans la voix , dans le jeu & dans
la figure , repréfentoit Aréthufe . Le fieur
L'ARRIVÉE , dont les talens n'avoient
pas encore eu occafion d'être connus fur
les théâtres de la Cour , chantoit le rôle
d'Alphée. Le fieur GELIN , celui de
Neptune. La Demoifelle DUBOIS L.
chantoit le rôle de Vénus .
Le fecond intermédt étoit un Acte
des Fêtes de l'hymen & de l'amour ,
ballet intitulé Arueris ; Poëme du feu
(a Cet Acte fait partie des fragmens que l'on
a donné cet Eté fur le théâtre de l'Opéra , & que
l'on y continue tous les Jeudis,
158 MERCURE DE FRANCE.
fieur CAHUSAC ; Mufique du fieur RAMEAU.
Le fieur GELIOTE , Ordinaire de la
Mufique du Roi , retiré du Théâtre depuis
plufieurs années , a exécuté dans
cet interméde le rôle d'Arueris avec la
même voix & les mêmes talens qui l'ont
rendu fi célébre . La Dlle LEMIERRE ,
( époufe du fieur LARRIVÉE ) y chantoit
le rôle d'ORIE : elle s'en eft acquittée
d'une maniere à réaliſer la fiction
des rôles , par laquelle ARUERIS ,
Ordonnateur & Juge des jeux , où concourent
les talens dont il eft le maître
& le modéle couronne la jeune ·
ORIE pour le prix du chant . La Demoifelle
DUBOIS L. & le fieur BÊCHE , de
-la Mufique du Roi , repréfentoient un
Berger & une Bergère , perfonnages
acceffoires dans cet Acte .
Dans le premier interméde les pas
Teuls & les principales entrécs ont été
danfés par les fieurs LANI , LAVAL,
GARDEL , DAUBERVAL & GROSSET
, & par les Demoiselles ALLARD.,
PESLIN & DUMONCEAU. Dans le fecond
, les Demoifelles LANI , ALLARD
, PESLIN & DUMONCEAU, à la
place de la Demoiselle VESTRIS , malade.
Les fieurs VESTRIS , LANI, LA
JANVIER. 1763. 159
VAL, GARDEL , DAUBERVAL &
GROSSET.
On avoit ajouté à la fin de l'Acte d'ARUERIS
l'arriette & la belle chaconne
du fieur LE BRETON dans IPHIGENIE.
Ces deux morceaux firent la même impreffion
qu'ils font journellement fur le
Théâtre de Paris , & exciterent les plus
grands éloges , tant en faveur de l'Auteur
que de la Demoifelle LEMJERRE
qui chantoit cette Arriette , & du fieur
VESTRIS fur fa danfe dans la chaconne .
On a remarqué dans ce morceau, plusfenfiblement
que jamais , le talent fpécialement
propre à ce grand Danfeur, d'adapter,
avec une forte d'enthoufiafme poëtique
, fes pas au caractère & à l'expref
fion de la Mufique.
Sa Majefté , après le Spectacle , a eu
la bonté de déclarer publiquement la
fatisfaction qu'elle avoit eue des principaux
talens qui s'étoient diftingués en
divers genres dans l'exécution de ces
Spectacles.
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Résumé : SPECTACLES du ROI à Choisi.
Du 13 au 15 décembre 1763, des spectacles ont été présentés au théâtre du Château de Choifi en présence du roi et de la famille royale. Le 13 décembre, les comédiens ont interprété 'Irène', une tragédie de Boistel, suivie de 'Le Legs', une comédie en un acte de Marivaux. Le 14 décembre, ils ont joué 'Le Complaisant', une comédie en cinq actes d'auteur anonyme, et 'L'Epoux par surprise', une comédie en deux actes de Boissy. Les acteurs Grandval et Belcour ont été particulièrement applaudis. Le 15 décembre, des intermèdes d'opéra ont été exécutés, incluant 'Alphée & Aréthuse' de Danchet et d'Auvergne, et 'Arueris' de Cahusac et Rameau. Les interprètes notables comprenaient la demoiselle Arnould, le sieur Larrivée, le sieur Gelin, et la demoiselle Lemierre. Le roi a exprimé sa satisfaction après le spectacle, soulignant les talents des artistes.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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11711
p. 159-160
SPECTACLES de la Cour à Versailles.
Début :
LES changemens & augmentations qu'on a faits au Théâtre du Château, [...]
Mots clefs :
Comédiens-Italiens, Comédiens-Français
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SPECTACLES de la Cour à Versailles.
SPECTACLES de la Cour à Versailles.
LES
ES changemens & augmentations
qu'on a faits au Théâtre du Château ,
n'ayant pû être finis plutôt , on n'a.com160
MERCURE DE FRANCE .
mencé à y repréfenter cet hyver que le
Mercredi 21 Décembre. Les Comédiens
Italiens y jouerent Arlequin Baron Suiffe
, Piéce Italienne , & le Cadi dupé ,
Opera- Comique , dans lequel le fieur
CAILLOT joue le rôle d'Omar Teinturier
, que jouoit le fieur AUDINOT
dans l'établiffement de cette Piéce.
Le lendemain 23 les Comédiens Fran
çois y repréſenterent Iphigénie en Tau
ride , Tragédie du feu fieur GU IMONT
DE LA TOUCHE , fuivie du Rendezvous
, Comédie en un Acte & en vers
du feu fieur FAGAN.
N. B. On rendra compte dans le
prochain Mercure des Spectacles de la
fin du mois de Décembre.
LES
ES changemens & augmentations
qu'on a faits au Théâtre du Château ,
n'ayant pû être finis plutôt , on n'a.com160
MERCURE DE FRANCE .
mencé à y repréfenter cet hyver que le
Mercredi 21 Décembre. Les Comédiens
Italiens y jouerent Arlequin Baron Suiffe
, Piéce Italienne , & le Cadi dupé ,
Opera- Comique , dans lequel le fieur
CAILLOT joue le rôle d'Omar Teinturier
, que jouoit le fieur AUDINOT
dans l'établiffement de cette Piéce.
Le lendemain 23 les Comédiens Fran
çois y repréſenterent Iphigénie en Tau
ride , Tragédie du feu fieur GU IMONT
DE LA TOUCHE , fuivie du Rendezvous
, Comédie en un Acte & en vers
du feu fieur FAGAN.
N. B. On rendra compte dans le
prochain Mercure des Spectacles de la
fin du mois de Décembre.
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Résumé : SPECTACLES de la Cour à Versailles.
Les spectacles de la Cour à Versailles ont débuté le 21 décembre 160. Les Comédiens Italiens ont joué 'Arlequin Baron Suiffe' et 'Le Cadi dupé'. Le 23 décembre, les Comédiens Français ont présenté 'Iphigénie en Tauride' et 'Le Rendez-vous'. Le rôle d'Omar Teinturier était interprété par le sieur Caillot. Le Mercure de France rendra compte des spectacles de fin décembre.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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11712
p. 160-162
OPERA.
Début :
L'ACADÉMIE Royale de Musique a continué les représentations d'Iphigénie [...]
Mots clefs :
Académie royale de musique, Tragédie, Danseur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : OPERA.
OPERA.
L'ACADÉMIE Royale de Mufique à
continué le repréfentations d'Iphigénie
les Dimanche , Mardi & Vendredi , &
les Fragmens les Jeudis. Le fieur VARIN
, bafle-taille , nouvellement arrivé
de Bordeaux, a débuté dans un des Actes
des Fragmens par le rôle de Neptune .
JANVIER. 1763 .
161
La voix de ce débutant paroît intéreffer
beaucoup les amateurs de ce Spectacle.
On la trouve belle, bien timbrée , d'une
qualité de fon agréable , jointe à la facilité
des agrémens du chant , & notamment
des plus belles cadences battues
de tout le volume de la voix .
On prépare fur ce Théâtre pour le
courant du préfent mois,un Opéra nouveau
, intitulé Polixène , Tragédie,Poëme
de M. JOLIVEAU , Secrétaire perpétuel
de l'Académie Royale de Mufique,
Mulique de M. DAUVERGNE.
Depuis l'abfence de M. VESTRIS ,
M. GARDEL a danſé , à chaque repréfentation
d'IPHIGENIE , la Chaconne
qui termine cet Opéra avec tant d'éclat.
Dès le premier jour il y eut les plus
grands applaudiffemens , & ils ont êté
chaque fois plus unanimes & plus mérités.
M. GARDEL ne copie point dans ce t
Entrée, & y met cependant tout le feu &
toute la jufteffe d'expreffion qu'on puiffe
defirer. On remarque particuliérement
dans le Couplet du Crefcendo une maniere
de pas précipités & enchaînés par
lefquels ce jeune Danfeur écrit exactement
aux yeux les notes de ce Coupler.
Il joint à cette fidelle & vive expreffion
162 MERCURE DE FRANCE .
dans tout le morceau , une légéreté facile
& un à-plomb furprenant , avec une
force qui laifferoit croire , à la fin de
cette Entrée , une des plus fortes & des
plus longues qu'on ait encore vu danfer
au Théâtre , qu'il fourniroit de fuite
une pareille carrière avec la même facilité.
L'ACADÉMIE Royale de Mufique à
continué le repréfentations d'Iphigénie
les Dimanche , Mardi & Vendredi , &
les Fragmens les Jeudis. Le fieur VARIN
, bafle-taille , nouvellement arrivé
de Bordeaux, a débuté dans un des Actes
des Fragmens par le rôle de Neptune .
JANVIER. 1763 .
161
La voix de ce débutant paroît intéreffer
beaucoup les amateurs de ce Spectacle.
On la trouve belle, bien timbrée , d'une
qualité de fon agréable , jointe à la facilité
des agrémens du chant , & notamment
des plus belles cadences battues
de tout le volume de la voix .
On prépare fur ce Théâtre pour le
courant du préfent mois,un Opéra nouveau
, intitulé Polixène , Tragédie,Poëme
de M. JOLIVEAU , Secrétaire perpétuel
de l'Académie Royale de Mufique,
Mulique de M. DAUVERGNE.
Depuis l'abfence de M. VESTRIS ,
M. GARDEL a danſé , à chaque repréfentation
d'IPHIGENIE , la Chaconne
qui termine cet Opéra avec tant d'éclat.
Dès le premier jour il y eut les plus
grands applaudiffemens , & ils ont êté
chaque fois plus unanimes & plus mérités.
M. GARDEL ne copie point dans ce t
Entrée, & y met cependant tout le feu &
toute la jufteffe d'expreffion qu'on puiffe
defirer. On remarque particuliérement
dans le Couplet du Crefcendo une maniere
de pas précipités & enchaînés par
lefquels ce jeune Danfeur écrit exactement
aux yeux les notes de ce Coupler.
Il joint à cette fidelle & vive expreffion
162 MERCURE DE FRANCE .
dans tout le morceau , une légéreté facile
& un à-plomb furprenant , avec une
force qui laifferoit croire , à la fin de
cette Entrée , une des plus fortes & des
plus longues qu'on ait encore vu danfer
au Théâtre , qu'il fourniroit de fuite
une pareille carrière avec la même facilité.
Fermer
Résumé : OPERA.
L'Académie Royale de Musique présente régulièrement 'Iphigénie' les dimanches, mardis et vendredis, ainsi que les 'Fragments' les jeudis. Le baryton Varin, nouvellement arrivé de Bordeaux, a interprété le rôle de Neptune dans les 'Fragments', impressionnant le public par sa voix belle, bien timbrée et agréable, ainsi que par sa maîtrise des agréments du chant. Pour janvier 1763, un nouvel opéra intitulé 'Polixène', une tragédie poétique de M. Joliveau et mise en musique par M. Dauvergne, est en préparation. En l'absence de M. Vestris, M. Gardel a dansé la chaconne finale d''Iphigénie', recevant des applaudissements unanimes. Gardel a su apporter feu et expression à sa performance, notamment dans le couplet du crescendo, où il a exécuté des pas précis et rapides, démontrant légèreté, aplomb et force.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
11713
p. 162-175
COMEDIE FRANÇOISE.
Début :
ON a continué sur ce Théâtre la Piéce intitulée Heureusement , dont nous [...]
Mots clefs :
Analyse, Sentiment, Émotion, Conte, Heureusement, Comédie, Estampe, Tragédie, Anecdote
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : COMEDIE FRANÇOISE.
COMEDIE FRANÇOISE.
ONNa continué fur ce Théâtre la
Piéce intitulée Heureufement , dont nous
avons parlé dans le précédent Mercure ;
fon fuccès nous engage à en donner
une analyfe.
EXTRAIT d'HEUREUSEMENT ,
Comédie en Vers , en un Acte , par
M. ROCHON DE CHABANNES.
PERSONNAGES.
M. LISBAN ,
Mde LISBAN ,
LINDOR ,
MARTON ,
PASQUIN ,
ACTEURS.
!
M. Préville.
Mlle Huffe.
M. Molé.
Mlle Dangeville.
M. Dubois.
La Scène eft dans l'appartement de Mde Lisban.
JANVIER. 1763. 163
1
Caractères des Perfonnages.
M. LISBAN eft un mari fur le retour
de l'âge , confiant , avec la fauffe
'prétention d'être un homme agréable &
amufant. Mde LISBAN ,une jeune femme
de vingt ans , étourdie , fans expérience
, mais éffentiéllement honnête.
LINDOR,un jeune homme de feize ans,
nouvellement dans le fervice , ne refpirant
que l'amour & la gloire , un caractère
enfin vraiment nationnal. MARTON
, une Soubrette vive , gaye & franche.
PASQUIN , un valet fans autre action
dans la Piéce qu'une fimple commiffion
de la part de LINDOR, mais dans
le rôle duquel il y a cependant quelques
petits détails de portrait affez agréables.
ANALYSE.
Mde LISBAN aime LINDOR fon petit
parent,beaucoup plus qu'elle ne croit;
MARTON l'aime auffi , mais ne s'en
fait point accroire à elle- même fur ce
fentiment. Mde LISBAN regarde LINDOR
comme un enfant fans conféquence
& MARTON comme un enfant fort
dangereux . La premiere compte beaucoup
fur elle-même la feconde n'y
compte point du tout & fait très-bien.
Tel eft le précis de l'entretien entre
164 MERCURE DE FRANCE .
Mde LISBAN & MARTON dans la
premiere Scène. M. LISBAN vient pour
emmener fa femme fouper avec lui
chez une Madame DORMENE . Mais
elle avoit déja pris fon parti fur ce foupër
: un attrait fecret donne d'autres affaires
à fon coeur ; cette Madame DORMENE
eft une femme qui l'ennuye ,
une migraine lui fert d'excufe . Le mari
confent à y aller feul , mais avant de
fortir , il apprend à fa femme que LINDOR
va partir pour l'armée. Elle eft
un peu troublée de cette nouvelle ; il
en plaifante à fa maniere & fort.
MARTON,qui a remarqué l'émotion
de fa Maîtreffe en apprenant le départ
de LINDOR , lui en fait malignement
la guerre , & Mde LISBAN s'obftine à
ne pas vouloir convenir de fa foibleffe.
Le valet de LINDOR vient annoncer
le départ de fon Maître , & demande
pour lui un moment d'audience ; on
fait beaucoup de réfiftances fondées fur
l'absence du mari ; MARTON les fait
ceffer & dit à PASQUIN d'aller chercher
fon Maître . Mde LISBAN gronde
MARTON de l'expofer ainfi dans une
démarche équivoque ; mais en fe retirant
elle lui recommande de la faire
avertir quand LINDOR viendra .
JANVIER. 1763 . 165
MARTON, reftée feule , fait des réfléxions
fur les fentimens de fa Maîtreffe
pour LINDOR , & ne fe déguife point
les fiens pour le même objet. Le jeune
Etourdi arrive en habit uniforme & le
chapeau fur la tête. Il aime fa coufine ,
il aime MARTON , dans le vrai , il aime
toutes les jolies femmes ; mais bien plus
qu'elles alors , il aime fon nouvel état
il est enchanté de fon habit d'ordonnancę
, & veut que MARTON le foit de
même .
,
Il parle guerre , amour , combats
maîtreffe , chevaux ; c'eft enfin ce qu'on
appelle un franc Poliffon . Mde LISBAN
le furprend avec MARTON même
fcène , mêmes folies , mais avec des
nuances différentes ; il eft plus galant
avec fa coufine , c'eft un Francois qui
en compte à une jolie femme. On fert
une colation ; il ne peut décemment y
avoir de foupé chez là coufine , à caufe
de la migraine & de l'abfence du Mari .
Les deux jeunes têtes , Mde LISBAN &
LINDOR fe mettent cependant à table
pour manger des fruits , des confitures ,
& c. M. LISBAN s'eft avifé de rompre fa
partie de fouper , pour faire le cadeau
à fa femme de revenir paffer la foirée
avec elle . On entend fon carroffe , on
166 MERCURE DE FRANCE.
temps ,
eft un peu déconcerté , & MARTON dit
qu'il faut faire cacher LINDOR . Elle
n'attend pas les ordres de Mde LISBAN ,
elle s'empare du jeune homme qui court
précipitament pour la fuivre & fe fauver
dans le falon. M. LISBAN entre
auffi-tôt que LINDOR eft retiré. Mde
LISBAN qui n'approuve pas l'étourderie
de MARTON , eft vingt fois
fur le point d'avouer que L IN DOR eft
dans la maifon ; mais fon mari , qui
parle toujours , ne lui en laiffe pas le
il débite avec confiance fes mauvaifes
plaifanteries , & développe la fotte
fatuitéde fon caractère , avec une bonne
foi très -comique . Il croit fa femme trop
heureufe de le pofféder. Il fe mocque de
tous ceux qui lui font la cour, il les plaint,
il les plaifante , il les défie ; il défie fa
femme elle-même , en un mot il eſt d'un
ridicule achevé. Mde LISBAN que tous.
fes propos -là ennuiroient en tous temps,
en eft impatientée dans fa fituation actuelle
. Elle veut fe retirer & prie ſon mari
de lui donner la main jufqu'à fon appartement
pour l'éloigner du voifinage de
l'endroit où elle foupconne LINDOR .
La bêtife déconcerte fouvent toutes les
mefures de la prudence , c'eft ce que
fait celle de M. LISBAN ; il veut abfoluJANVIER.
1763. 167
ment, pour l'amufer,lui aller chercher un
conte , & ce conte qui eft HEUREUSEMENT
, eft fort malheureuſement
dans le falon voifin , il y court. On doit
juger de l'embarras & des perpléxités de
Mde LISBAN , fon mari va tout découvrir.
Elle eft dans la plus grande agitation
lorfqu'il reparoît en jettant de grands
éclats de rire. Il a furpris LINDOR aux
genoux de MARTON ; ilvoit cela en plaifanterie
, & ne voit que cela ; il en fait.
le récit à fa femme, qui refpire en voyant
dequelle façon il prend le change . C'eſt
ainfi que fe dénoue la Piéce. Le mari ,
qui croit avoir le point de vue très-fin
fe félicite d'être arrivé chez lui très-àpropos.
Il fait des applications d'Heureufement
dans fon tourordinaire de plaifanterie
; mais dans fon opinion tout l'Heureufement
tombe fur MARTON ; & Mde
LISBAN , dont l'honneur eft fauvé , expofe
dans un Aparté , le but moral de
l'Ouvrage .
M. LISBAN.
9
Voilà de ces hazards. •
Mde LISBA N. ( à part. )
Qui fauvent l'innocence
Du danger oùſouvent l'expofe une imprudence
168 MERCURE DE FRANCE .
Pour donner une légére idée du ſtyle
de cette Piéce , nous allons rapporter le
peu de détails que les bornes de cet Article
peuvent nous permettre.
MARTON , dans la premiere Scène
trace ainfi le portrait du jeune . LINDOR
:
C'eſt un vrai Poliſſon , un Polifſon charmant ,
Il s'aime, il fe contemple, il court dans une glace
Admirer de fon port l'élégance & l'audace ;
Il nous fait admirer fa jambe , fon mollet ,
>> S'ils étoient emportés , dit- il , par un boulet ,
» Là , ſerieuſement ce feroit grand dommage !
» Eh bien j'aurois la croix ; oui la croix à mon âge,
» La croix pour une jambe ! Ah ! de bon coeur ,
» ma foi ,
> Je les facrifierois toutes deux pour le Roi.
Il tire fon épée , & bravant nos allarmes ,
» Une , deux , trois , à vous , & rendez - moi les. 22
>> armes ,
Nous dit-il. Un fufil vient àfrapper les yeux ; .
Il le met fur l'épaule & fait le merveilleux ,
Enfonce fiérement fon chapeau fur la tête ,
Va de droite & de gauche , avance un pas , arrête ,.
Nous ajuste , fait feu , s'amufe de nos cris ,
Et vole dans nos bras pour calmer nos eſprits.
Dans une Scène où Mde LISBAN
reproche
JANVIER . 1762. 169
reproche à LINDOR d'avoir l'air fi
content fur le point de la quitter , il lui
répond :
Audacieux Amant , Soldat vraiment François ,
Je n'ai jamais formé que deux ardens ſouhaits ,
De réduire une Belle & venger ma patrie.
La moitié de mes voeux fera bientôt remplie ;
Je pars , & je vaincrai : j'eſpére à mon retour
Joindre aux lauriers de Mars les myrthes de l'Amour.
OBSERVATIONS.
Le Conte d'où l'Auteur de la Comédie a tiré
fon Sujet , n'étant lui-même qu'un exemple moral
du hazard heureux , auquel les plus honnêtes femmes
doivent fouvent leur innocence , ne pouvoit
lui fournir une action bien intriguée ni complette.
Mais on doit , en rendant jultice à cet Auteur ,
lui fçavoir gré du joli Tableau qu'il a fait de ce
Sujet , fur la Scéne , & du comique agréable
qu'il a répandu dans les détails , fans blefler trop
fortement les bienſéances ſi délicates à conferver
dans un Sujet de cette nature . Quoique l'idée générale
d'Heureufement foit due primitivement à
l'Auteur des Contes Moraux , on doit convenir
cependant que prefque tout ce qu'il y a de Dramatique,
appartient à l'Auteur de la Comédie , &
même dans la partie de l'invention . Si, par exemple,
il a emprunté duConte le trait général du caractère
de LINDOR ,tous les détails du portrait (ont
de lui , excepté le Couplet où LINDOR dit à Mde
LISBAN qu'il reviendra bleffé , ce qui eft l'imita-
I.Vol. H
170 MERCURE DE FRANCE.
tion d'un des détails du Conte. Il en eft de même
du retour de M. LISBAN , pour venir caufer &
ennuyer la femme. Mais les ris de ce mari , à la
découverte qu'il fait de LINDOR avec MARTON ,
& toute la tournure de ce dénoûment font de
l'Auteur du la Comédie. Le plaifir qu'elle a paru
faire au Public , pendant onze Repréſentations de
fuite , autorife la confiance avec laquelle nous en
annonçons l'impreffion .
Cette Comédie imprimée , fe vend à Paris , chez
-SEBASTIEN JORRY rue & vis-à-vis la Comédie
Françoife. Prix vingt-quatre fols.
"
Cette Edition elt ornée d'une Eſtampe qui repréfente
le moment de la colation . Au bas de
l'Estampe , on voit les Armes de S. A. S. Monfeigneur
le PRINCE DE CONDÉ & pour Epigraphe,
le Vers : Je vais donc boire à Mars , qu'adreffa
Mlle HUSSE. très- refpectueufement à ce Prince , le
jour de la premiere Repréfentation de cette Piéce.
Voyez la Relation de ce fait dans le Mercure précédent.
Je finis cet Article par des Vers de
'Auteur à Mlle DANGEVILLE.
Un aurre Auteur que moi, charmante Dangeville,
Te loueroit fur ton jeu naturel & facile ,
Te repréfenteroit dans le facré vallon
Couronnant de lauriers les enfans d'Apolton,
Donnant à leur Ouvrage une nouvelle vie ;
Mais j'aime mieux louer ton coeur que con génie
Chez toi , parmi les tiens , au fein de tes amis ,
Recus avec candeur , mais avec choix admis :
Voci la belle Scène, ou loin de l'oeil du monde
JANVIER. 1763. 171
Tu m'as fçu pénétrer d'une eftime profonde ;
C'eft le Tableau touchant qui s'eft offert à moi :
On t'admire au Spectacle , on t'adore chez toi .
*.
Le Jeudi 2 Décembre , le fieur Bou-
RET,, fi connu & fi agréable au Public
dans un genre & fur un Théâtre différent
, a débuté fur celui de la Comédie
Françoife , par le rôle de Turcaret dans
la Comédie de ce nom , & par celui de
Crifpin dans Crifpin rival de fon Maître.
Il fut accueilli du Public très-favorablement.
On parut plus content de
fon jeu dans la feconde Piéce que dans
la premiere. Il avoit encore la crainte
& l'embarras que doit infpirer un Tribunal
auffi impofant qu'eft le Public à
ce Théâtre , beaucoup moins indulgent
pour fon Spectacle national dont il prife
le mérite réel , que pour ceux à qui il
permet de l'amufer , fans autant de délicateffe
fur le choix des moyens. Il a
continué fon début dans cette Piéce de
Turcaret & par le rôle de Crifpin des
Folies amoureufes , par celui d'un des
Ménechmes , de Sofie dans Amphitrion ,
de Crifpin Médecin , de Crifpin dans le
Légataire , du Valet dans l'Impromptu
de Campagne , dans le Joueur , dans
Pourceaugnac , & c. Le refultat des Ju-
Hij
172 MERCURE DE FRANCE.
gemens du Public fur cet Acteur , dans
ces différens rôles , nous a paru être, qu'il
feroit utile à ce Théâtre , furtout lorfque
l'exercice & l'expérience lui auroient
entiérement fait acquérir la fineffe
du comique que l'on y éxige.
Le Lundi 6 Décembre on donna
pour la premiere fois Eponine , Tragédie
nouvelle , retirée par l'Auteur après
la feconde repréfentation. Quoique le
Public ait paru juger que l'Auteur de
la Tragédie n'eût pas profité de tour
l'intérêt dont le Sujet étoit fufceptible ,
& qu'il ait eu à attendre jufqu'au troifiéme
A&te le commencement de l'action
tragique, les applaudiffemens qu'on
a donnés & qui étoient dûs à plufieurs
beautés diftinguées dans cette Piéce ,
doivent encourager cet Auteur à mériter
des lauriers qu'il femble fait pour
cueilir Ha premiere fois qu'il fe repréfentera
dans la carrière .
On a remis & continué, fur le même
Théâtre, ZELMIRE , Tragédie nouvelle
de M. DU BELLOY , donnée pour la
premiere fois le Printemps dernier. Cette
Piéce eft rendue avec une chaleur admirable
par les Acteurs , & cette remife
a beaucoup de fuccès. Nous avons donné
dans deux de nos Mercures antéJANVIER.
1763. 173
rieurs , des détails très- étendus fur cette
Tragédie .
Les Comédiens François répétent une
Comédie nouvelle en trois A&tes & en
Vers , intitulée Du Puis & Defronais ,
Sujet tiré du Roman des Illuftres Françoifes.
ANECDOTE fur feu M. SARRAZIN,
ancien Acteur du Théâtre François ,
décédé à Paris le 15 Novembre dernier
, & inhumé le 16 à S. Sulpice fa
Paroiffe.
Feu M. SARRAZIN , né à Dijon , étoit
d'une très-honnête famille . Son goût
pour le Théâtre l'avoit engagé dans plufieurs
Sociétés qui en faifoient leur amufement
, qui avoient acquis affez d'art
pour faire celui de beaucoup d'Amateurs
de ce genre . La plus remarquable de ces
Sociétés , où primoit M. SARRAZIN, repréfentoit
affez fréquemment au Château
de S. Ouën , appartenant alors à
feu M. le Duc de Gêvres , qui avoit bien
voulu accorder cette permiffion. C'eſt
de cette Société , & fans avoir joué ni
dans les Provinces , ni fur aucun Théâtre
Public , que M. SARRAZIN , dans
H iij
174 MERCURE DE FRANCE.
un âge où l'on eft ordinairement trèsformé
, avoit paffé tout de fuite au Théâtre
de la Comédie Françoife . Il y débuta
le 3 Mars 1729 par le rôle d'Oedipe
, dans la Tragédie de ce nom de
P. CORNEILLE ; le fuccès de ce début
fut fi favorable , que dès le 22 du même
mois , M. SARRAZIN fut reçu pour
doubler le célébre BARON dans l'emploi
des Rois. Après la mort de ce dernier
, arrivée le 22 Décembre 1729 , M.
SARRAZIN fut confirmé dans fon emploi
, préférablement à M. BERCI , par
un ordre du mois de Janvier 1730. Il
fut gratifié de la penfion de 1000 liv. à
la mort de M. DU CHEMIN en 1756.
L'année fuivante , il fut affligé d'une extinction
de voix qui l'empêcha de remplir
fon fervice jufqu'au mois d'Avril
1759 , qu'ilife retira du Théâtre avec
le Brévet de penfion de la Comédie de
1500 liv. conformément à l'Arrêt du
Confeil du 18 Juin 57 enregistré au
Parlement. Ainfi M. SARRAZIN a resté
30 ans à la Comédie , où il a fervi avec
un fuccès très-diftingué , jufqu'à la fin
de fà carriere. Dans les premieres an
nées , on lui reprochoit quelques difgraces
dans l'action , & peu d'enfem
ble dans l'habitude du corps ; mais ces
JANVIER. 1763... 175
légers défauts étoient fi heureufement
couverts par la partie du fentiment , qui
étoit naturelle & d'un effet admirable
dans cet Acteur . On fe reffouvient encore
avec fenfibilité , des larmes qu'il a
fait verfer dans beaucoup de rôles tragiques
de fon emploi & de l'attendriffement
qu'il faifoit éprouver dans les
Peres du HAUT COMIQUE .
N. B. La Penfion du feu Sr. SARRAZIN
a été donnée au S. ARMAND , le
plus ancien des Comédiens , fervant
actuellement au Théâtre François . Le
Roi a accordé à la Demoiſelle Du-
MESNIL , une penfion particuliere de
1000 liv. affignée fur le fond des Menus
.
ONNa continué fur ce Théâtre la
Piéce intitulée Heureufement , dont nous
avons parlé dans le précédent Mercure ;
fon fuccès nous engage à en donner
une analyfe.
EXTRAIT d'HEUREUSEMENT ,
Comédie en Vers , en un Acte , par
M. ROCHON DE CHABANNES.
PERSONNAGES.
M. LISBAN ,
Mde LISBAN ,
LINDOR ,
MARTON ,
PASQUIN ,
ACTEURS.
!
M. Préville.
Mlle Huffe.
M. Molé.
Mlle Dangeville.
M. Dubois.
La Scène eft dans l'appartement de Mde Lisban.
JANVIER. 1763. 163
1
Caractères des Perfonnages.
M. LISBAN eft un mari fur le retour
de l'âge , confiant , avec la fauffe
'prétention d'être un homme agréable &
amufant. Mde LISBAN ,une jeune femme
de vingt ans , étourdie , fans expérience
, mais éffentiéllement honnête.
LINDOR,un jeune homme de feize ans,
nouvellement dans le fervice , ne refpirant
que l'amour & la gloire , un caractère
enfin vraiment nationnal. MARTON
, une Soubrette vive , gaye & franche.
PASQUIN , un valet fans autre action
dans la Piéce qu'une fimple commiffion
de la part de LINDOR, mais dans
le rôle duquel il y a cependant quelques
petits détails de portrait affez agréables.
ANALYSE.
Mde LISBAN aime LINDOR fon petit
parent,beaucoup plus qu'elle ne croit;
MARTON l'aime auffi , mais ne s'en
fait point accroire à elle- même fur ce
fentiment. Mde LISBAN regarde LINDOR
comme un enfant fans conféquence
& MARTON comme un enfant fort
dangereux . La premiere compte beaucoup
fur elle-même la feconde n'y
compte point du tout & fait très-bien.
Tel eft le précis de l'entretien entre
164 MERCURE DE FRANCE .
Mde LISBAN & MARTON dans la
premiere Scène. M. LISBAN vient pour
emmener fa femme fouper avec lui
chez une Madame DORMENE . Mais
elle avoit déja pris fon parti fur ce foupër
: un attrait fecret donne d'autres affaires
à fon coeur ; cette Madame DORMENE
eft une femme qui l'ennuye ,
une migraine lui fert d'excufe . Le mari
confent à y aller feul , mais avant de
fortir , il apprend à fa femme que LINDOR
va partir pour l'armée. Elle eft
un peu troublée de cette nouvelle ; il
en plaifante à fa maniere & fort.
MARTON,qui a remarqué l'émotion
de fa Maîtreffe en apprenant le départ
de LINDOR , lui en fait malignement
la guerre , & Mde LISBAN s'obftine à
ne pas vouloir convenir de fa foibleffe.
Le valet de LINDOR vient annoncer
le départ de fon Maître , & demande
pour lui un moment d'audience ; on
fait beaucoup de réfiftances fondées fur
l'absence du mari ; MARTON les fait
ceffer & dit à PASQUIN d'aller chercher
fon Maître . Mde LISBAN gronde
MARTON de l'expofer ainfi dans une
démarche équivoque ; mais en fe retirant
elle lui recommande de la faire
avertir quand LINDOR viendra .
JANVIER. 1763 . 165
MARTON, reftée feule , fait des réfléxions
fur les fentimens de fa Maîtreffe
pour LINDOR , & ne fe déguife point
les fiens pour le même objet. Le jeune
Etourdi arrive en habit uniforme & le
chapeau fur la tête. Il aime fa coufine ,
il aime MARTON , dans le vrai , il aime
toutes les jolies femmes ; mais bien plus
qu'elles alors , il aime fon nouvel état
il est enchanté de fon habit d'ordonnancę
, & veut que MARTON le foit de
même .
,
Il parle guerre , amour , combats
maîtreffe , chevaux ; c'eft enfin ce qu'on
appelle un franc Poliffon . Mde LISBAN
le furprend avec MARTON même
fcène , mêmes folies , mais avec des
nuances différentes ; il eft plus galant
avec fa coufine , c'eft un Francois qui
en compte à une jolie femme. On fert
une colation ; il ne peut décemment y
avoir de foupé chez là coufine , à caufe
de la migraine & de l'abfence du Mari .
Les deux jeunes têtes , Mde LISBAN &
LINDOR fe mettent cependant à table
pour manger des fruits , des confitures ,
& c. M. LISBAN s'eft avifé de rompre fa
partie de fouper , pour faire le cadeau
à fa femme de revenir paffer la foirée
avec elle . On entend fon carroffe , on
166 MERCURE DE FRANCE.
temps ,
eft un peu déconcerté , & MARTON dit
qu'il faut faire cacher LINDOR . Elle
n'attend pas les ordres de Mde LISBAN ,
elle s'empare du jeune homme qui court
précipitament pour la fuivre & fe fauver
dans le falon. M. LISBAN entre
auffi-tôt que LINDOR eft retiré. Mde
LISBAN qui n'approuve pas l'étourderie
de MARTON , eft vingt fois
fur le point d'avouer que L IN DOR eft
dans la maifon ; mais fon mari , qui
parle toujours , ne lui en laiffe pas le
il débite avec confiance fes mauvaifes
plaifanteries , & développe la fotte
fatuitéde fon caractère , avec une bonne
foi très -comique . Il croit fa femme trop
heureufe de le pofféder. Il fe mocque de
tous ceux qui lui font la cour, il les plaint,
il les plaifante , il les défie ; il défie fa
femme elle-même , en un mot il eſt d'un
ridicule achevé. Mde LISBAN que tous.
fes propos -là ennuiroient en tous temps,
en eft impatientée dans fa fituation actuelle
. Elle veut fe retirer & prie ſon mari
de lui donner la main jufqu'à fon appartement
pour l'éloigner du voifinage de
l'endroit où elle foupconne LINDOR .
La bêtife déconcerte fouvent toutes les
mefures de la prudence , c'eft ce que
fait celle de M. LISBAN ; il veut abfoluJANVIER.
1763. 167
ment, pour l'amufer,lui aller chercher un
conte , & ce conte qui eft HEUREUSEMENT
, eft fort malheureuſement
dans le falon voifin , il y court. On doit
juger de l'embarras & des perpléxités de
Mde LISBAN , fon mari va tout découvrir.
Elle eft dans la plus grande agitation
lorfqu'il reparoît en jettant de grands
éclats de rire. Il a furpris LINDOR aux
genoux de MARTON ; ilvoit cela en plaifanterie
, & ne voit que cela ; il en fait.
le récit à fa femme, qui refpire en voyant
dequelle façon il prend le change . C'eſt
ainfi que fe dénoue la Piéce. Le mari ,
qui croit avoir le point de vue très-fin
fe félicite d'être arrivé chez lui très-àpropos.
Il fait des applications d'Heureufement
dans fon tourordinaire de plaifanterie
; mais dans fon opinion tout l'Heureufement
tombe fur MARTON ; & Mde
LISBAN , dont l'honneur eft fauvé , expofe
dans un Aparté , le but moral de
l'Ouvrage .
M. LISBAN.
9
Voilà de ces hazards. •
Mde LISBA N. ( à part. )
Qui fauvent l'innocence
Du danger oùſouvent l'expofe une imprudence
168 MERCURE DE FRANCE .
Pour donner une légére idée du ſtyle
de cette Piéce , nous allons rapporter le
peu de détails que les bornes de cet Article
peuvent nous permettre.
MARTON , dans la premiere Scène
trace ainfi le portrait du jeune . LINDOR
:
C'eſt un vrai Poliſſon , un Polifſon charmant ,
Il s'aime, il fe contemple, il court dans une glace
Admirer de fon port l'élégance & l'audace ;
Il nous fait admirer fa jambe , fon mollet ,
>> S'ils étoient emportés , dit- il , par un boulet ,
» Là , ſerieuſement ce feroit grand dommage !
» Eh bien j'aurois la croix ; oui la croix à mon âge,
» La croix pour une jambe ! Ah ! de bon coeur ,
» ma foi ,
> Je les facrifierois toutes deux pour le Roi.
Il tire fon épée , & bravant nos allarmes ,
» Une , deux , trois , à vous , & rendez - moi les. 22
>> armes ,
Nous dit-il. Un fufil vient àfrapper les yeux ; .
Il le met fur l'épaule & fait le merveilleux ,
Enfonce fiérement fon chapeau fur la tête ,
Va de droite & de gauche , avance un pas , arrête ,.
Nous ajuste , fait feu , s'amufe de nos cris ,
Et vole dans nos bras pour calmer nos eſprits.
Dans une Scène où Mde LISBAN
reproche
JANVIER . 1762. 169
reproche à LINDOR d'avoir l'air fi
content fur le point de la quitter , il lui
répond :
Audacieux Amant , Soldat vraiment François ,
Je n'ai jamais formé que deux ardens ſouhaits ,
De réduire une Belle & venger ma patrie.
La moitié de mes voeux fera bientôt remplie ;
Je pars , & je vaincrai : j'eſpére à mon retour
Joindre aux lauriers de Mars les myrthes de l'Amour.
OBSERVATIONS.
Le Conte d'où l'Auteur de la Comédie a tiré
fon Sujet , n'étant lui-même qu'un exemple moral
du hazard heureux , auquel les plus honnêtes femmes
doivent fouvent leur innocence , ne pouvoit
lui fournir une action bien intriguée ni complette.
Mais on doit , en rendant jultice à cet Auteur ,
lui fçavoir gré du joli Tableau qu'il a fait de ce
Sujet , fur la Scéne , & du comique agréable
qu'il a répandu dans les détails , fans blefler trop
fortement les bienſéances ſi délicates à conferver
dans un Sujet de cette nature . Quoique l'idée générale
d'Heureufement foit due primitivement à
l'Auteur des Contes Moraux , on doit convenir
cependant que prefque tout ce qu'il y a de Dramatique,
appartient à l'Auteur de la Comédie , &
même dans la partie de l'invention . Si, par exemple,
il a emprunté duConte le trait général du caractère
de LINDOR ,tous les détails du portrait (ont
de lui , excepté le Couplet où LINDOR dit à Mde
LISBAN qu'il reviendra bleffé , ce qui eft l'imita-
I.Vol. H
170 MERCURE DE FRANCE.
tion d'un des détails du Conte. Il en eft de même
du retour de M. LISBAN , pour venir caufer &
ennuyer la femme. Mais les ris de ce mari , à la
découverte qu'il fait de LINDOR avec MARTON ,
& toute la tournure de ce dénoûment font de
l'Auteur du la Comédie. Le plaifir qu'elle a paru
faire au Public , pendant onze Repréſentations de
fuite , autorife la confiance avec laquelle nous en
annonçons l'impreffion .
Cette Comédie imprimée , fe vend à Paris , chez
-SEBASTIEN JORRY rue & vis-à-vis la Comédie
Françoife. Prix vingt-quatre fols.
"
Cette Edition elt ornée d'une Eſtampe qui repréfente
le moment de la colation . Au bas de
l'Estampe , on voit les Armes de S. A. S. Monfeigneur
le PRINCE DE CONDÉ & pour Epigraphe,
le Vers : Je vais donc boire à Mars , qu'adreffa
Mlle HUSSE. très- refpectueufement à ce Prince , le
jour de la premiere Repréfentation de cette Piéce.
Voyez la Relation de ce fait dans le Mercure précédent.
Je finis cet Article par des Vers de
'Auteur à Mlle DANGEVILLE.
Un aurre Auteur que moi, charmante Dangeville,
Te loueroit fur ton jeu naturel & facile ,
Te repréfenteroit dans le facré vallon
Couronnant de lauriers les enfans d'Apolton,
Donnant à leur Ouvrage une nouvelle vie ;
Mais j'aime mieux louer ton coeur que con génie
Chez toi , parmi les tiens , au fein de tes amis ,
Recus avec candeur , mais avec choix admis :
Voci la belle Scène, ou loin de l'oeil du monde
JANVIER. 1763. 171
Tu m'as fçu pénétrer d'une eftime profonde ;
C'eft le Tableau touchant qui s'eft offert à moi :
On t'admire au Spectacle , on t'adore chez toi .
*.
Le Jeudi 2 Décembre , le fieur Bou-
RET,, fi connu & fi agréable au Public
dans un genre & fur un Théâtre différent
, a débuté fur celui de la Comédie
Françoife , par le rôle de Turcaret dans
la Comédie de ce nom , & par celui de
Crifpin dans Crifpin rival de fon Maître.
Il fut accueilli du Public très-favorablement.
On parut plus content de
fon jeu dans la feconde Piéce que dans
la premiere. Il avoit encore la crainte
& l'embarras que doit infpirer un Tribunal
auffi impofant qu'eft le Public à
ce Théâtre , beaucoup moins indulgent
pour fon Spectacle national dont il prife
le mérite réel , que pour ceux à qui il
permet de l'amufer , fans autant de délicateffe
fur le choix des moyens. Il a
continué fon début dans cette Piéce de
Turcaret & par le rôle de Crifpin des
Folies amoureufes , par celui d'un des
Ménechmes , de Sofie dans Amphitrion ,
de Crifpin Médecin , de Crifpin dans le
Légataire , du Valet dans l'Impromptu
de Campagne , dans le Joueur , dans
Pourceaugnac , & c. Le refultat des Ju-
Hij
172 MERCURE DE FRANCE.
gemens du Public fur cet Acteur , dans
ces différens rôles , nous a paru être, qu'il
feroit utile à ce Théâtre , furtout lorfque
l'exercice & l'expérience lui auroient
entiérement fait acquérir la fineffe
du comique que l'on y éxige.
Le Lundi 6 Décembre on donna
pour la premiere fois Eponine , Tragédie
nouvelle , retirée par l'Auteur après
la feconde repréfentation. Quoique le
Public ait paru juger que l'Auteur de
la Tragédie n'eût pas profité de tour
l'intérêt dont le Sujet étoit fufceptible ,
& qu'il ait eu à attendre jufqu'au troifiéme
A&te le commencement de l'action
tragique, les applaudiffemens qu'on
a donnés & qui étoient dûs à plufieurs
beautés diftinguées dans cette Piéce ,
doivent encourager cet Auteur à mériter
des lauriers qu'il femble fait pour
cueilir Ha premiere fois qu'il fe repréfentera
dans la carrière .
On a remis & continué, fur le même
Théâtre, ZELMIRE , Tragédie nouvelle
de M. DU BELLOY , donnée pour la
premiere fois le Printemps dernier. Cette
Piéce eft rendue avec une chaleur admirable
par les Acteurs , & cette remife
a beaucoup de fuccès. Nous avons donné
dans deux de nos Mercures antéJANVIER.
1763. 173
rieurs , des détails très- étendus fur cette
Tragédie .
Les Comédiens François répétent une
Comédie nouvelle en trois A&tes & en
Vers , intitulée Du Puis & Defronais ,
Sujet tiré du Roman des Illuftres Françoifes.
ANECDOTE fur feu M. SARRAZIN,
ancien Acteur du Théâtre François ,
décédé à Paris le 15 Novembre dernier
, & inhumé le 16 à S. Sulpice fa
Paroiffe.
Feu M. SARRAZIN , né à Dijon , étoit
d'une très-honnête famille . Son goût
pour le Théâtre l'avoit engagé dans plufieurs
Sociétés qui en faifoient leur amufement
, qui avoient acquis affez d'art
pour faire celui de beaucoup d'Amateurs
de ce genre . La plus remarquable de ces
Sociétés , où primoit M. SARRAZIN, repréfentoit
affez fréquemment au Château
de S. Ouën , appartenant alors à
feu M. le Duc de Gêvres , qui avoit bien
voulu accorder cette permiffion. C'eſt
de cette Société , & fans avoir joué ni
dans les Provinces , ni fur aucun Théâtre
Public , que M. SARRAZIN , dans
H iij
174 MERCURE DE FRANCE.
un âge où l'on eft ordinairement trèsformé
, avoit paffé tout de fuite au Théâtre
de la Comédie Françoife . Il y débuta
le 3 Mars 1729 par le rôle d'Oedipe
, dans la Tragédie de ce nom de
P. CORNEILLE ; le fuccès de ce début
fut fi favorable , que dès le 22 du même
mois , M. SARRAZIN fut reçu pour
doubler le célébre BARON dans l'emploi
des Rois. Après la mort de ce dernier
, arrivée le 22 Décembre 1729 , M.
SARRAZIN fut confirmé dans fon emploi
, préférablement à M. BERCI , par
un ordre du mois de Janvier 1730. Il
fut gratifié de la penfion de 1000 liv. à
la mort de M. DU CHEMIN en 1756.
L'année fuivante , il fut affligé d'une extinction
de voix qui l'empêcha de remplir
fon fervice jufqu'au mois d'Avril
1759 , qu'ilife retira du Théâtre avec
le Brévet de penfion de la Comédie de
1500 liv. conformément à l'Arrêt du
Confeil du 18 Juin 57 enregistré au
Parlement. Ainfi M. SARRAZIN a resté
30 ans à la Comédie , où il a fervi avec
un fuccès très-diftingué , jufqu'à la fin
de fà carriere. Dans les premieres an
nées , on lui reprochoit quelques difgraces
dans l'action , & peu d'enfem
ble dans l'habitude du corps ; mais ces
JANVIER. 1763... 175
légers défauts étoient fi heureufement
couverts par la partie du fentiment , qui
étoit naturelle & d'un effet admirable
dans cet Acteur . On fe reffouvient encore
avec fenfibilité , des larmes qu'il a
fait verfer dans beaucoup de rôles tragiques
de fon emploi & de l'attendriffement
qu'il faifoit éprouver dans les
Peres du HAUT COMIQUE .
N. B. La Penfion du feu Sr. SARRAZIN
a été donnée au S. ARMAND , le
plus ancien des Comédiens , fervant
actuellement au Théâtre François . Le
Roi a accordé à la Demoiſelle Du-
MESNIL , une penfion particuliere de
1000 liv. affignée fur le fond des Menus
.
Fermer
Résumé : COMEDIE FRANÇOISE.
Le texte présente une analyse de la comédie 'Heureusement' de M. Rochon de Chabannes, jouée au Théâtre Français en janvier 1763. La pièce met en scène plusieurs personnages : M. Lisban, un mari âgé et confiant ; Mme Lisban, une jeune femme honnête mais étourdie ; Lindor, un jeune homme amoureux et glorieux ; Marton, une soubrette vive et franche ; et Pasquin, un valet. L'intrigue se déroule dans l'appartement de Mme Lisban et tourne autour des sentiments amoureux de Mme Lisban et Marton pour Lindor, qui doit partir pour l'armée. Mme Lisban, prétextant une migraine, évite une sortie avec son mari, M. Lisban, qui ignore les véritables sentiments de sa femme. Marton, remarquant l'émotion de Mme Lisban à l'annonce du départ de Lindor, la taquine. Lindor arrive en uniforme et exprime son amour pour les femmes et son enthousiasme pour sa nouvelle vie militaire. Mme Lisban et Lindor partagent un moment intime, interrompu par le retour de M. Lisban. Grâce à une série de quiproquos, M. Lisban découvre Lindor avec Marton, mais il interprète la scène de manière comique, croyant que Marton est l'objet des attentions de Lindor. La pièce se termine par un dénouement heureux où l'innocence de Mme Lisban est préservée. Le texte souligne également le succès de la pièce auprès du public et mentionne d'autres événements et représentations au Théâtre Français. Le texte relate également la carrière de l'acteur M. SARRAZIN, qui fréquenta souvent le Château de S. Ouën, propriété du Duc de Gêvres. Avant de rejoindre la Comédie-Française, M. SARRAZIN n'avait joué ni en province ni sur un théâtre public. En 1729, à un âge où l'on est généralement bien formé, il débuta à la Comédie-Française dans le rôle d'Oedipe de Corneille, le 3 mars. Son succès fut immédiat, et le 22 mars, il fut engagé pour doubler le célèbre BARON dans les rôles de rois. Après la mort du BARON en décembre 1729, M. SARRAZIN fut confirmé dans son emploi en janvier 1730, préférablement à M. BERCI. En 1756, il reçut une pension de 1000 livres à la mort de M. DU CHEMIN. L'année suivante, il souffrit d'une extinction de voix jusqu'en avril 1759, date à laquelle il quitta le théâtre avec une pension de 1500 livres, conformément à un arrêt du Conseil. M. SARRAZIN servit à la Comédie-Française pendant 30 ans, avec un succès distingué. Au début de sa carrière, on lui reprochait quelques disgrâces dans l'action et peu d'aisance corporelle, mais ces défauts étaient compensés par son talent naturel pour exprimer les sentiments. Il est notamment remembered pour les larmes qu'il faisait verser dans les rôles tragiques et l'attendrissement qu'il provoquait dans les rôles comiques. Après sa mort, sa pension fut attribuée à M. ARMAND, le plus ancien des comédiens. Le Roi accorda également une pension particulière de 1000 livres à Mademoiselle Du-MESNIL.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
11714
p. 175-183
COMÉDIE ITALIENNE.
Début :
ONN continue fur ce Théâtre avec un succès égal & soutenu le Roi & le [...]
Mots clefs :
Comédie, Angleterre, Scène dramatique, Roi, Scène, Troupeau, Musique
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : COMÉDIE ITALIENNE.
La Scène eft en Angleterre.
Le premier & fecond Acte font dans
une forêt , & le troifiéme eft dans la
maifon du Fermier.
RICHARD , fils d'un Fermier, Infpecteur
des Gardes de la Forêt de Scheroud,
areçu de fon pere la meilleure éducation;
on l'a fait étudier, on l'afait voyager, peutêtre
pour le diftraire du trop vif attachement
qu'il commençoit à témoigner
pour une petite coufine nomnéeJENNY ,
& qui , orpheline dès fon bas âge , avoit
été élevée dans la maifon & par la mere
de RICHARD .
Après la mort du pere , le fils , de retour
dans fa patrie , prend poffeffion , &
de la ferme & de l'inſpection des chaffes ,
ainfi que du coeur de JENNY , plus belle,
& plus tendre que jamais. La mere apJANVIER.
1763. 177
prouvoit cette union ; le mariage étoit
près de fe faire ; mais JENNY n'avoit
pour tout bien qu'un troupeau qu'elle
conduifoit elle- même aux champs.
Un jeune Milord , qui avoit voyagé
auffi , mais qui n'avoit rapporté de fes
voyages que des vices & des ridicules ,
poffédoit un château aux environs , où
il faifoit fa réfidence . Il devient amoureux
de JENNY , fait détourner par fes
gens dans les cours de fon Château , le
troupeau de la Bergère. On lui dit d'aller
demander juſtice à Milord ; elle y court ,
mais loin de trouver, un Seigneur équitable
& bienfaifant , le Juge étoit le
complice , ou plutôt l'auteur du délit . Il
lui offre fon coeur & beaucoup d'or. Il
la prie , il la menace ; l'innocence étoit
fur le point d'être opprimée par la violence
, lorfqu'un ordre du Roi force le
Milord de monter à chevalpour le fuivre à
la chaffe.LeMilord ne perdpoint fes vûes,
il laiffe JENNY entre les mains d'une
femme qui , après avoir mis en ufage
toutes les infinuations de la féduction
l'enferme dans un cabinet à rez-de -chauffée
, & qui donnoit fur les foffés du château.
JENNY vive , alerte , en mefure
des yeux la profondeur , détache des ri
H v
178 MERCURE DE FRANCE.
deaux , les attache , fe gliffe , & le fauve
chez la mere de RICHARD .
2. Tout ce qu'on vient de rapporter pré-
'cede l'infant où commence la Comédie .
RICHARD ouvre la Scène ; fes premiers
regards dans la plaine avoient cherché
le troupeau de JENNY ; il apprend
qu'elle - même & fans efforts elle avoit
conduit fon troupeau chez le Milord , &-
qu'elle n'en étoit pas fortie : tous les tourmens
de la jaloufie & de l'incertitude
l'agitent tour-à- tour.
Des Gardes- Chaffe arrivent , il leur
donne l'ordre de battre le bois , d'arrêter
les Braconniers & de les amener chez
lui. Il demande comment le Roi eft vêtu,
il ne l'avoit jamais vû ; le Roi chaffoit
rarement dans cette forêt.
JENNY de retour chez la mere de
RICHARD , devant laqnelle elle s'étoit
totalement juftifiée , ( fon troupeau retenu
devenoit une preuve ) JENNY, certaine
de l'inquiétude de fon Amant,court le
chercher dans la forêt , accompagnée de
BETSY foeur de RICHARD , petite fille
de
quatorze ans , plus folle même que
fon âge : Elles le trouvent ; JENNY fait
connoître toute fon innocence , dans les
plus vives expreffions de la joye & de la
JANVIER. 1763. 179
tendreffe. Un orage annoncé dès le commencement
de la Piéce,forceRICHARD ,
BETSY & JENNY de fe retirer,
La nuit fuccéde à l'orage dont le
bruit exprimé par la fymphonie , remplit
T'Entre-Acte . Les Chaffeurs font difperfés
, le Roi eft égaré ; il eft tombé de
cheval , accablé de fatigues , ne ſçachant
où paffer la nuit , & comment retrouver
fa route. RICHARD le rencontre fans
le connoître, lui offre fon fouper ; le Roi
l'accepte & ne fe nomme point . Les
Gardes -Chaffe cependant rodent dans le
bois , trouvent deux Milords qu'ils prennent
pour des Braconniers ; ils les arrê
tent & les conduifent chez RICHARD.
Le troifiéme Acte repréfente l'intérieur
de la Ferme , la maifon de RICHARD .
Sa mere , JENNY & BETSY travaillent
en l'attendant. Il arrive avec le Roi
qui couvert d'une Redingotte n'a nulle
marque extérieure. Le fouper prêt, il fait
paffer le Roi dans une autre chambre.le
vin manque : RICHARD Court à la cave;
mais en revenant , un regard de JENNY
Tarrête fur la Scène ; il oublie le Roi &
l'Univers.
Le Roi laiffé feul à table , peut-êue
ennuyé des propos de la mere de R1-
CHARD , fort du lieu où il foupoit ; BIH
W
180 MERCURE DE FRANCE.
CHARD veut le faire rentrer : Non , dit
le Roi , je refte là ; vite , des verres , dit
le Fermier ; le Roi & lui boivent à la
fanté du Roi . JENNY & RICHARD
s'efforcent à l'amufer , en attendant un
Garde qui doit amener un cheval . Ils
chantent ; BETSY, qui eft fortie , rentre
en difant: Voilà les Gardes qui amènent
des voleurs. Ah Ciel ! dit JENNY , c'eſt
le Milord . Et elle fe cache.
La Scène eft difpofée de façon que
RICHARD , fa mere , & BETSY empêchent
que les Milords n'apperçoivent
le Roi.
Il est témoin fans être vû , de toute la
dureté d'expreffion de l'ironie amère que
peut mettre dans fes difcours un homme
puiffant qui abuſe du privilége de fa
naiffance. JENNY , dit le Milord ,
fortira de chez moi qu'à bonnes enfeignes.
Ilfied bien à un drôle comme toi... Voilà
le Roi , dit l'autre Milord . Le Roi fe
léve , & paroît.
ne
Après la furpriſe , le mouvement , le
murmure , caufés par fa préfence inattendue
, après les complimens emphafés
des Courtifans , après la confufion & les
excufes de RICHARD , ( tout cela exprimé
dans le cours du morceau de mufique
, ) le Roi demande au Milord ce
JANVIER. 1763.
181
que RICHARD veut dire touchant cette
fille , touchant cette JENNY . Ah ! Sire,
répond le Milord : une orpheline , une
infortunée de ce canton , que j'ai prife
fous ma protection,parce que RICHARD
vouloit l'époufer malgré elle. Malgré mois
dit JENNY ,dont l'apparition fubite confond
le Milord. Al'inftant le Roi punit
le Miord en l'éxilant , récompenfe RICHARD
en l'annobliffant , venge JENNY
en payant fa dot ; enfin il comble de
bienfaits une famille honnête , qui finit
la Piéce par des voeux pour le meilleur
des Rois.
N. B. Cette Piéce imprimée , fe vend
à Paris chez C. HERISSANT rue
Neuve Notre- Dame , à la Croix d'Or.
Prix 24fols. Les Airs détachés fe trouvent
chez le même Libraire , féparément.
Le prix 36 fols. La Partition générale
fe trouve auffi au même endroit & chez les
"Marchands de Mufique.
cien
REMARQUES.
L'Auteur des paroles , dans un Avertiffement ,
nous informe de la peine qu'il a eue à faire paroître
fa Piéce , par celle qu'il y avoit à trouver un Mufiun
grand Artifte qui voulût rifquer un
genre auffi nouveau en mufique. Il prévient par-
Ta les fuffrages que l'on doit & que le Public ac-
Corde à M. de MoNSIGNI. On prévoit facilement
182 MERCURE DE FRANCE.
en effet par la feule lecture de l'Analyſe du Sujet,
combien il étoit plus propre à la récitation fimple
de la Scène Dramatiqué , que fufceptible des ornemens
de la Mulique. Malgré tous les facrifices
qu'a fait l'Auteur du Drame à Idole nationale
du jour , à l'effet mufical , il luia fallu un arc
infini pour conferver ce qu'il y a dans quelques
Scènes de comique de l'efprit & de morale fpirituelle.
C'est ce que l'on reconnoîtra à la lecture de
l'ouvrage , beaucoup plus fatisfaifante que celle
d'autres Piéces qui font & ne peuvent être que des .
canevas de mots difpofés à recevoir des chants .
D'un autre côté , l'Auteur de la Mufique mérité
de très- juftes éloges , non-feulement des belles
images ingénieuſes & raiſonnées répandues dans
fes fymphonies , mais de la fagacité avec la
quelle il a trouvé le moyen de faire parler le
chant , & de le faire parler fans confufion dans les
morceaux à plufieurs parties. La Scène , où en at
tendant RICHARD , la MERE , BETSI & JENNI
chantent chacune des chofes différentes , eft un
tableau très-bien renda , & dont l'effet agréable
n'avoit pu être auffi bien fenti à la premiere
Repréfentation ; attendu la difficulté del'extrême
précifion qu'il exige dans l'exécution .
M. SEDAINE , décemment inqnier des foapçons
qu'on auroit pû concevoir contre certaines vérités
exprimées avec la fermeté qu'il avoit imitée du
modéle Anglois , a fait imprimer ce peu de phraſes
fur un feuillet joint à l'édition . On voit par - là
qu'elles ne font que des vérités de tous les temps ,
de toutes les nations , & que far-tout juftifie le
cadre où il avoit cu deffein de les enchâller Mais
il fe foumet modeftement aux regles policées de
notre goût , qui n'admettent pas l'air de dureté
qu'elles auroient pu avoir dans l'énonciation.
JANVIER. 1763. 183
On a remis fur ce Théâtre le 27 Décembre
Solimanfecond on Les Sultanes.
agréable Ouvrage de M. FAVART
dont on continue les Repréfentations
& que le Public revoit toujours avec un
nouveau plaifir .
Le premier & fecond Acte font dans
une forêt , & le troifiéme eft dans la
maifon du Fermier.
RICHARD , fils d'un Fermier, Infpecteur
des Gardes de la Forêt de Scheroud,
areçu de fon pere la meilleure éducation;
on l'a fait étudier, on l'afait voyager, peutêtre
pour le diftraire du trop vif attachement
qu'il commençoit à témoigner
pour une petite coufine nomnéeJENNY ,
& qui , orpheline dès fon bas âge , avoit
été élevée dans la maifon & par la mere
de RICHARD .
Après la mort du pere , le fils , de retour
dans fa patrie , prend poffeffion , &
de la ferme & de l'inſpection des chaffes ,
ainfi que du coeur de JENNY , plus belle,
& plus tendre que jamais. La mere apJANVIER.
1763. 177
prouvoit cette union ; le mariage étoit
près de fe faire ; mais JENNY n'avoit
pour tout bien qu'un troupeau qu'elle
conduifoit elle- même aux champs.
Un jeune Milord , qui avoit voyagé
auffi , mais qui n'avoit rapporté de fes
voyages que des vices & des ridicules ,
poffédoit un château aux environs , où
il faifoit fa réfidence . Il devient amoureux
de JENNY , fait détourner par fes
gens dans les cours de fon Château , le
troupeau de la Bergère. On lui dit d'aller
demander juſtice à Milord ; elle y court ,
mais loin de trouver, un Seigneur équitable
& bienfaifant , le Juge étoit le
complice , ou plutôt l'auteur du délit . Il
lui offre fon coeur & beaucoup d'or. Il
la prie , il la menace ; l'innocence étoit
fur le point d'être opprimée par la violence
, lorfqu'un ordre du Roi force le
Milord de monter à chevalpour le fuivre à
la chaffe.LeMilord ne perdpoint fes vûes,
il laiffe JENNY entre les mains d'une
femme qui , après avoir mis en ufage
toutes les infinuations de la féduction
l'enferme dans un cabinet à rez-de -chauffée
, & qui donnoit fur les foffés du château.
JENNY vive , alerte , en mefure
des yeux la profondeur , détache des ri
H v
178 MERCURE DE FRANCE.
deaux , les attache , fe gliffe , & le fauve
chez la mere de RICHARD .
2. Tout ce qu'on vient de rapporter pré-
'cede l'infant où commence la Comédie .
RICHARD ouvre la Scène ; fes premiers
regards dans la plaine avoient cherché
le troupeau de JENNY ; il apprend
qu'elle - même & fans efforts elle avoit
conduit fon troupeau chez le Milord , &-
qu'elle n'en étoit pas fortie : tous les tourmens
de la jaloufie & de l'incertitude
l'agitent tour-à- tour.
Des Gardes- Chaffe arrivent , il leur
donne l'ordre de battre le bois , d'arrêter
les Braconniers & de les amener chez
lui. Il demande comment le Roi eft vêtu,
il ne l'avoit jamais vû ; le Roi chaffoit
rarement dans cette forêt.
JENNY de retour chez la mere de
RICHARD , devant laqnelle elle s'étoit
totalement juftifiée , ( fon troupeau retenu
devenoit une preuve ) JENNY, certaine
de l'inquiétude de fon Amant,court le
chercher dans la forêt , accompagnée de
BETSY foeur de RICHARD , petite fille
de
quatorze ans , plus folle même que
fon âge : Elles le trouvent ; JENNY fait
connoître toute fon innocence , dans les
plus vives expreffions de la joye & de la
JANVIER. 1763. 179
tendreffe. Un orage annoncé dès le commencement
de la Piéce,forceRICHARD ,
BETSY & JENNY de fe retirer,
La nuit fuccéde à l'orage dont le
bruit exprimé par la fymphonie , remplit
T'Entre-Acte . Les Chaffeurs font difperfés
, le Roi eft égaré ; il eft tombé de
cheval , accablé de fatigues , ne ſçachant
où paffer la nuit , & comment retrouver
fa route. RICHARD le rencontre fans
le connoître, lui offre fon fouper ; le Roi
l'accepte & ne fe nomme point . Les
Gardes -Chaffe cependant rodent dans le
bois , trouvent deux Milords qu'ils prennent
pour des Braconniers ; ils les arrê
tent & les conduifent chez RICHARD.
Le troifiéme Acte repréfente l'intérieur
de la Ferme , la maifon de RICHARD .
Sa mere , JENNY & BETSY travaillent
en l'attendant. Il arrive avec le Roi
qui couvert d'une Redingotte n'a nulle
marque extérieure. Le fouper prêt, il fait
paffer le Roi dans une autre chambre.le
vin manque : RICHARD Court à la cave;
mais en revenant , un regard de JENNY
Tarrête fur la Scène ; il oublie le Roi &
l'Univers.
Le Roi laiffé feul à table , peut-êue
ennuyé des propos de la mere de R1-
CHARD , fort du lieu où il foupoit ; BIH
W
180 MERCURE DE FRANCE.
CHARD veut le faire rentrer : Non , dit
le Roi , je refte là ; vite , des verres , dit
le Fermier ; le Roi & lui boivent à la
fanté du Roi . JENNY & RICHARD
s'efforcent à l'amufer , en attendant un
Garde qui doit amener un cheval . Ils
chantent ; BETSY, qui eft fortie , rentre
en difant: Voilà les Gardes qui amènent
des voleurs. Ah Ciel ! dit JENNY , c'eſt
le Milord . Et elle fe cache.
La Scène eft difpofée de façon que
RICHARD , fa mere , & BETSY empêchent
que les Milords n'apperçoivent
le Roi.
Il est témoin fans être vû , de toute la
dureté d'expreffion de l'ironie amère que
peut mettre dans fes difcours un homme
puiffant qui abuſe du privilége de fa
naiffance. JENNY , dit le Milord ,
fortira de chez moi qu'à bonnes enfeignes.
Ilfied bien à un drôle comme toi... Voilà
le Roi , dit l'autre Milord . Le Roi fe
léve , & paroît.
ne
Après la furpriſe , le mouvement , le
murmure , caufés par fa préfence inattendue
, après les complimens emphafés
des Courtifans , après la confufion & les
excufes de RICHARD , ( tout cela exprimé
dans le cours du morceau de mufique
, ) le Roi demande au Milord ce
JANVIER. 1763.
181
que RICHARD veut dire touchant cette
fille , touchant cette JENNY . Ah ! Sire,
répond le Milord : une orpheline , une
infortunée de ce canton , que j'ai prife
fous ma protection,parce que RICHARD
vouloit l'époufer malgré elle. Malgré mois
dit JENNY ,dont l'apparition fubite confond
le Milord. Al'inftant le Roi punit
le Miord en l'éxilant , récompenfe RICHARD
en l'annobliffant , venge JENNY
en payant fa dot ; enfin il comble de
bienfaits une famille honnête , qui finit
la Piéce par des voeux pour le meilleur
des Rois.
N. B. Cette Piéce imprimée , fe vend
à Paris chez C. HERISSANT rue
Neuve Notre- Dame , à la Croix d'Or.
Prix 24fols. Les Airs détachés fe trouvent
chez le même Libraire , féparément.
Le prix 36 fols. La Partition générale
fe trouve auffi au même endroit & chez les
"Marchands de Mufique.
cien
REMARQUES.
L'Auteur des paroles , dans un Avertiffement ,
nous informe de la peine qu'il a eue à faire paroître
fa Piéce , par celle qu'il y avoit à trouver un Mufiun
grand Artifte qui voulût rifquer un
genre auffi nouveau en mufique. Il prévient par-
Ta les fuffrages que l'on doit & que le Public ac-
Corde à M. de MoNSIGNI. On prévoit facilement
182 MERCURE DE FRANCE.
en effet par la feule lecture de l'Analyſe du Sujet,
combien il étoit plus propre à la récitation fimple
de la Scène Dramatiqué , que fufceptible des ornemens
de la Mulique. Malgré tous les facrifices
qu'a fait l'Auteur du Drame à Idole nationale
du jour , à l'effet mufical , il luia fallu un arc
infini pour conferver ce qu'il y a dans quelques
Scènes de comique de l'efprit & de morale fpirituelle.
C'est ce que l'on reconnoîtra à la lecture de
l'ouvrage , beaucoup plus fatisfaifante que celle
d'autres Piéces qui font & ne peuvent être que des .
canevas de mots difpofés à recevoir des chants .
D'un autre côté , l'Auteur de la Mufique mérité
de très- juftes éloges , non-feulement des belles
images ingénieuſes & raiſonnées répandues dans
fes fymphonies , mais de la fagacité avec la
quelle il a trouvé le moyen de faire parler le
chant , & de le faire parler fans confufion dans les
morceaux à plufieurs parties. La Scène , où en at
tendant RICHARD , la MERE , BETSI & JENNI
chantent chacune des chofes différentes , eft un
tableau très-bien renda , & dont l'effet agréable
n'avoit pu être auffi bien fenti à la premiere
Repréfentation ; attendu la difficulté del'extrême
précifion qu'il exige dans l'exécution .
M. SEDAINE , décemment inqnier des foapçons
qu'on auroit pû concevoir contre certaines vérités
exprimées avec la fermeté qu'il avoit imitée du
modéle Anglois , a fait imprimer ce peu de phraſes
fur un feuillet joint à l'édition . On voit par - là
qu'elles ne font que des vérités de tous les temps ,
de toutes les nations , & que far-tout juftifie le
cadre où il avoit cu deffein de les enchâller Mais
il fe foumet modeftement aux regles policées de
notre goût , qui n'admettent pas l'air de dureté
qu'elles auroient pu avoir dans l'énonciation.
JANVIER. 1763. 183
On a remis fur ce Théâtre le 27 Décembre
Solimanfecond on Les Sultanes.
agréable Ouvrage de M. FAVART
dont on continue les Repréfentations
& que le Public revoit toujours avec un
nouveau plaifir .
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Résumé : COMÉDIE ITALIENNE.
La scène se déroule en Angleterre. Richard, fils d'un fermier et inspecteur des gardes de la forêt de Scheroud, a reçu une éducation soignée et a voyagé pour se distraire de son attachement pour Jenny, une orpheline élevée par la mère de Richard. Après la mort de son père, Richard revient dans sa patrie, prend possession de la ferme et de l'inspection des chasses, et épouse Jenny. Leur union est approuvée par la mère de Richard, mais Jenny ne possède qu'un troupeau comme bien. Un jeune milord voisin, de retour de voyages, devient amoureux de Jenny et fait détourner son troupeau vers son château. Jenny se rend chez le milord pour réclamer justice, mais il tente de la séduire et la fait enfermer. Jenny s'échappe et retourne chez la mère de Richard. La comédie commence avec Richard cherchant Jenny, qui a été retenue chez le milord. Jenny revient chez la mère de Richard et explique la situation. Un orage les force à se réfugier. Pendant la nuit, Richard rencontre le roi égaré et l'invite à souper. Des gardes amènent deux milords, pris pour des braconniers, chez Richard. Dans le troisième acte, à la ferme, Richard, sa mère, Jenny et Betsy, la sœur de Richard, attendent. Le roi, déguisé, reste à table. Jenny se cache à l'arrivée des milords, qui réclament Jenny. Le roi intervient, punit le milord en l'exilant, anoblit Richard et paie la dot de Jenny. La famille exprime ses vœux pour le roi. La pièce est disponible à la vente à Paris. L'auteur mentionne les difficultés rencontrées pour trouver un musicien capable de composer pour ce genre nouveau en musique. La pièce est appréciée pour son esprit et sa morale spirituelle.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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11715
p. 183-184
CONCERT SPIRITUEL.
Début :
LE Concert du 8 Decembre Fête de la Conception, commença par une symphonie de la [...]
Mots clefs :
Fête de la Conception, Symphonie, Noël, Musique
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CONCERT SPIRITUEL.
CONCERT SPIRITUEL .
LA Concert do 8 Decembre Fête de la Conception
, commença par une fymphonie de la
compofition de M. GAVINIES . On éxécuta enfuite
un nouveau Motet a grand choeur de M. l'Abbé
GIROUT , Maître de Mufique de la Cathé
drale d'Orléans. M. BALBATRE éxécura fur l'Orgue
une fymphonie de fa compofition , à Timbales
& à Trompettes . Mile FEL chanta on petit
Motet. M. GAVINIES joua un Concerto de la
compofition & le Concert finit par un nouveau
Te Deum , Motet à grand choeur de M. REBEL
Surintendant de la Mufique du Roi .
Celui de la veille de Noël a commencé par
la Note di Natale de Correlli ; enfuite on éxécuta
un Motet à grand choeur mêlé fort agréablement
de Noëls par feu M. BOISMORTIER.
M. MAYER joua un Concerto fur la Harpe . Mile
Rozer chanta un petit Motet nouveau : le Public
parut content de fes progrès . M. CAPRON
joua avec fuccès le Printemps de VIVALDI , qui
fit un grand plaifir : ce qui devroit être une leçon
pour tous les gran is Talens ea inftrumens ,
qui manquent prèfque toujours l'avantage d'être
agréables aux Auditeurs , à force de vouloir éto:
utile.
184 MERCURE DE FRANCE .
ner un trés-petit nombre en état de leur tenir
compte de difficultés dont tous les autres ne fentent
pas le mérite. Mlle FEL chanta un petit
Motet du jour , mais toujours à l'Italienne. Le
Concert finit par Confitebor , Motet à deux choeurs
de M. FEO , Maître de Mufique de S. M. le Roi
des Deux Siciles . On croit que les Moters de ce
genre auroient de la difficulté à plaire à des
oreilles Françoiſes.
Le lendemain jour de Noël , la même ſymphonie
& les deux mêmes grands Motets de la
veille , ainfi que la fuite de Noël fur l'Orgue,
Petit Motet Italien de Mlle FEL. M. GAVINIES
joua un Concerto de fa compofition , où dans
an point d'Orgue il travailla très-fcavament &
avec beaucoup de variété un Noël connu. Ce
Concert finit par Domini eft Terra , Motet nouveau
à grand choeur d'un Auteur anonyme.
N. B. Depuis la nouvelle Direction , les Concerts
ont étéfort fuivis . L'affemblée étoit fi nombreufe
au Concert de NOEL , que quelque vafte que
foit la Salle , elle n'a pu contenir qu'une partie
des Auditeurs qui s'y font préſentés.
LA Concert do 8 Decembre Fête de la Conception
, commença par une fymphonie de la
compofition de M. GAVINIES . On éxécuta enfuite
un nouveau Motet a grand choeur de M. l'Abbé
GIROUT , Maître de Mufique de la Cathé
drale d'Orléans. M. BALBATRE éxécura fur l'Orgue
une fymphonie de fa compofition , à Timbales
& à Trompettes . Mile FEL chanta on petit
Motet. M. GAVINIES joua un Concerto de la
compofition & le Concert finit par un nouveau
Te Deum , Motet à grand choeur de M. REBEL
Surintendant de la Mufique du Roi .
Celui de la veille de Noël a commencé par
la Note di Natale de Correlli ; enfuite on éxécuta
un Motet à grand choeur mêlé fort agréablement
de Noëls par feu M. BOISMORTIER.
M. MAYER joua un Concerto fur la Harpe . Mile
Rozer chanta un petit Motet nouveau : le Public
parut content de fes progrès . M. CAPRON
joua avec fuccès le Printemps de VIVALDI , qui
fit un grand plaifir : ce qui devroit être une leçon
pour tous les gran is Talens ea inftrumens ,
qui manquent prèfque toujours l'avantage d'être
agréables aux Auditeurs , à force de vouloir éto:
utile.
184 MERCURE DE FRANCE .
ner un trés-petit nombre en état de leur tenir
compte de difficultés dont tous les autres ne fentent
pas le mérite. Mlle FEL chanta un petit
Motet du jour , mais toujours à l'Italienne. Le
Concert finit par Confitebor , Motet à deux choeurs
de M. FEO , Maître de Mufique de S. M. le Roi
des Deux Siciles . On croit que les Moters de ce
genre auroient de la difficulté à plaire à des
oreilles Françoiſes.
Le lendemain jour de Noël , la même ſymphonie
& les deux mêmes grands Motets de la
veille , ainfi que la fuite de Noël fur l'Orgue,
Petit Motet Italien de Mlle FEL. M. GAVINIES
joua un Concerto de fa compofition , où dans
an point d'Orgue il travailla très-fcavament &
avec beaucoup de variété un Noël connu. Ce
Concert finit par Domini eft Terra , Motet nouveau
à grand choeur d'un Auteur anonyme.
N. B. Depuis la nouvelle Direction , les Concerts
ont étéfort fuivis . L'affemblée étoit fi nombreufe
au Concert de NOEL , que quelque vafte que
foit la Salle , elle n'a pu contenir qu'une partie
des Auditeurs qui s'y font préſentés.
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Résumé : CONCERT SPIRITUEL.
Le document relate deux concerts spirituels organisés les 8 décembre et 24 décembre. Le premier concert débuta avec une symphonie de M. Gaviniès, suivie d'un motet à grand chœur de l'Abbé Girout. M. Balbatre joua une symphonie à l'orgue, et Mlle Fel interpréta un petit motet. Le concert se conclut par un Te Deum de M. Rebel. Le concert de la veille de Noël commença avec la 'Nota di Natale' de Corelli, suivi d'un motet de M. Boismortier mêlé de noëls. M. Mayer exécuta un concerto à la harpe, et Mlle Rozer chanta un nouveau petit motet. M. Capron interpréta 'Le Printemps' de Vivaldi, apprécié pour son agrément. Mlle Fel chanta un petit motet italien, et le concert se termina par un motet de M. Feo. Le jour de Noël, les mêmes œuvres furent jouées, avec un concerto de Gaviniès et un motet à grand chœur anonyme. Les concerts ont été bien suivis, notamment celui de Noël, qui attira une foule nombreuse.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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11716
p. 185-186
De HAMBOURG, le 15 Octobre.
Début :
IL est à craindre que les différends qui s'élevent entre le Roi de Danemarck & l'Impératrice de [...]
Mots clefs :
Régence, Prince, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De HAMBOURG, le 15 Octobre.
De HAMBOUrg , le i 15 Octobre.
IL eft à craindre que les différends qui s'élevent
entre le Roi de Danemarck & l'Impératrice de
Ruffie au fujet de l'adminiſtration du Duché de
Holftein n'ayent des fuites plus fâcheufes qu'on
ne l'avoit d'abord imaginé. La ceffion que le Roi
de Suéde a faite de fes droits au Roi de Dannemarck
par une convention particuliere , dont la
Ruffie ni les Princes freres de Sa Majeſté Suédoiſe
n'ont eu aucune connoiffance, ne fera vraisemblablement
pas reconnue ni adoptée par la Czarines
& cette Princeffe étant déclarée tutrice du Prince
fon fils , ne paroît pas difpoflée à partager le gouvernement
de les Etats . La Régence de Kiel avoit
dépêché un Courier à Petersbourg pour informer
Sa Majesté Impériale que le Roi de Dannemarck
avoit nommé des Commiffaires qui devoient régir
en fon nom le Duché de Holſtein pendant la
minorité du jeune Duc Paul Petrowitz . Au retour
du Courier la Régence de Kiel a fait arracher publiquement
les placards que les Commiffaires de
la Cour de Coppenhague avoient fait afficher
pour faire reconnoître l'autorité du Roi leur
maître & leurs pouvoirs. Le Prince George ,
nommé Gouverneur Général du Holſtein , doit
s'arrêter ici jufqu'à ce que ces différends foient
terminés.
186 MERCURE DE FRANCE.
Tout eft dans la plus grande confuſion à Mittau.
Le parti du Duc de Biren s'accroît chaque
jour. Ce Prince pourroit cependant rencontrer encore
des obftacles pour l'inveftiture des Duchés
de Courlande & de Semigalle , parce qu'il doit la
recevoir du Roi & de la République de Pologne ,
qui ont le droit de Souveraineté fur ces Fiefs . Le
parti du Prince Charles paroît difpofé a défendre
avec vigueur l'élection de ce Prince.
IL eft à craindre que les différends qui s'élevent
entre le Roi de Danemarck & l'Impératrice de
Ruffie au fujet de l'adminiſtration du Duché de
Holftein n'ayent des fuites plus fâcheufes qu'on
ne l'avoit d'abord imaginé. La ceffion que le Roi
de Suéde a faite de fes droits au Roi de Dannemarck
par une convention particuliere , dont la
Ruffie ni les Princes freres de Sa Majeſté Suédoiſe
n'ont eu aucune connoiffance, ne fera vraisemblablement
pas reconnue ni adoptée par la Czarines
& cette Princeffe étant déclarée tutrice du Prince
fon fils , ne paroît pas difpoflée à partager le gouvernement
de les Etats . La Régence de Kiel avoit
dépêché un Courier à Petersbourg pour informer
Sa Majesté Impériale que le Roi de Dannemarck
avoit nommé des Commiffaires qui devoient régir
en fon nom le Duché de Holſtein pendant la
minorité du jeune Duc Paul Petrowitz . Au retour
du Courier la Régence de Kiel a fait arracher publiquement
les placards que les Commiffaires de
la Cour de Coppenhague avoient fait afficher
pour faire reconnoître l'autorité du Roi leur
maître & leurs pouvoirs. Le Prince George ,
nommé Gouverneur Général du Holſtein , doit
s'arrêter ici jufqu'à ce que ces différends foient
terminés.
186 MERCURE DE FRANCE.
Tout eft dans la plus grande confuſion à Mittau.
Le parti du Duc de Biren s'accroît chaque
jour. Ce Prince pourroit cependant rencontrer encore
des obftacles pour l'inveftiture des Duchés
de Courlande & de Semigalle , parce qu'il doit la
recevoir du Roi & de la République de Pologne ,
qui ont le droit de Souveraineté fur ces Fiefs . Le
parti du Prince Charles paroît difpofé a défendre
avec vigueur l'élection de ce Prince.
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Résumé : De HAMBOURG, le 15 Octobre.
Le texte décrit des tensions politiques entre le Roi de Danemark et l'Impératrice de Russie concernant l'administration du Duché de Holstein. La cession des droits suédois au Danemark, réalisée sans l'accord de la Russie, pourrait ne pas être reconnue par l'Impératrice, tutrice du Prince Paul Petrowitz. La Régence de Kiel a informé l'Impératrice de la nomination de commissaires danois pour régir le Duché pendant la minorité du jeune Duc, mais a ensuite retiré les affiches annonçant cette nomination. Le Prince George, Gouverneur Général du Holstein, attend la résolution de ces différends avant de prendre ses fonctions. Par ailleurs, à Mittau, la situation est confuse en raison des rivalités entre les partisans du Duc de Biren et ceux du Prince Charles pour l'investiture des Duchés de Courlande et de Semigalle, dont la souveraineté est partagée entre le Roi de Pologne et la République de Pologne.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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11717
p. 186-188
DE VIENNE, le 3 Novembre.
Début :
L'Impératrice de Russie ayant fait proposer à l'Impératrice Reine, & au Roi de Prusse, de faire [...]
Mots clefs :
Impératrice, Europe, Intérêt, Saxe
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texteReconnaissance textuelle : DE VIENNE, le 3 Novembre.
DE VIENNE , le 3 Novembre.
L'Impératrice de Ruflie ayant fair propofer à
l'Impératrice Reine , & au Roi de Prutie , de faire
évacuer la Saxe par leurs troupes refpectives
notre augufte Souveraine a fait répondre à certe
propofition par la déclaration fuivante.
Le tendre & vif intérêt que Sa Majesté l'Im-
» pératrice de toutes les Raffies témoigne prendre
au trifte fort de la Saxe opprimée , la compaf-
>>-fion qu'excitent dans fon coeur bienfaisant les
revers qu'éprouve depuis tant d'années le Roi
de Pologne , les fentimens d'humanité qui lui
» ont dicté la propofition d'évacuer les Etats
>> Electoraux de Saxe , énoncée dans la noté re-
» miſe à M. l'Ambaffadeur Comte de Mercy
» tout cela n'a pu qu'affecter fenfiblement S. M.
» l'Impératrice Reine. Elle trouve dans les vues
D
& les intentions de S. M. l'Impératrice de
>> toutes les Rullies tant de conformité aux faits
par lefquels S. M. a conftamment prouvé fon
» amitié pour le Roi de Pologne , qu'Elle defire
» avec ardeur pouvoir concourir à ce que la juf
>> tice & l'humanité ne permettent pas de lui re-
>> fufer .
و ر
و د
>> Toute l'Europe voit les efforts que S. M.
l'Impératrice fait & foutient pour la défenſe &
JANVIER. 1763. 187
» la délivrance de la Saxe. Il n'a pas dépendu
» d'Elle que fon ami le Roi de Pologne ne jouît
» de la plus grande tranquillité au milieu de la
» guerre qui défole les propres Etats de S. M.
» l'Impératrice Reine . Elle ne lui a jamais de-
» mandé ni fecours , ni démarche , ni démonf-
» tration , qui puffent lui attirer l'inimitié de S.
» M. Pruffienne , & , le voyant malgré cela enve-
» loppé dans la guerre , S. M. n'a pas balancé un
» moment à lui offrir & à lui donner réellement
» tous les fecours qui pouvoient dépendre d'Elle.
>> Ces circonftances juftifient fans doute aux
yeux de l'univers la fatisfaction que doit lui
» donner la différence qu'il y a entre défendre .
"
פכ
و ر
25
& opprimer un pays ; mais S. M. n'en eft que
» plus animée à rechercher & à embraffer tous
» les moyens propres à conduire à une paix jufte
» & raifonnable ; & comme S M. l'Impéra-
» trice de toutes les Ruffies regarde comme telle
» l'évacuation de la Saxe , il ne s'agira que de
» conftater , par les fentimens de S., M. Pruf
» fienne fur cet objet , la certnude des expérances
» qu'on pourroit en avoir conçues. Ainfi , dès que
le Roi de Pruffe fe fera expliqué fur le temps &
» la maniere d'évacuer le dits Etats Electoraux de
» Saxe pour ce qui regarde fon armée , S. M..
Impératrice Reine , de concert avec fes Alliés ,:
» ne tardera , certainement pas à y apporter tou ›
» tes les facilitées que S. M. le Roi de Pologne
peut le promettre d'ailleurs de fon amitié , &
qui feroit propres à faire connoître de plus eni
>> plus à S. M. l'Impératrice de toutes les Rules
» combien l'on fouhaite de voir les defirs , fur un
» objet fi intéreffant , fuivis de tout le fuccès que
» mérite la grandeur d'âme qui les lui a inſpiɔɔ
rés. ».
»
כ כ
כ כ
188 MERCURE DE FRANCE.
On voit par cette réponſe , que l'Impératrice
Reine donneroit volontiers les mains à l'arrangement
qu'on propofe , mais auquel il paroît que
le Roi de Pruffe eft fort éloigné de confentir .
L'Impératrice de Ruflie ayant fair propofer à
l'Impératrice Reine , & au Roi de Prutie , de faire
évacuer la Saxe par leurs troupes refpectives
notre augufte Souveraine a fait répondre à certe
propofition par la déclaration fuivante.
Le tendre & vif intérêt que Sa Majesté l'Im-
» pératrice de toutes les Raffies témoigne prendre
au trifte fort de la Saxe opprimée , la compaf-
>>-fion qu'excitent dans fon coeur bienfaisant les
revers qu'éprouve depuis tant d'années le Roi
de Pologne , les fentimens d'humanité qui lui
» ont dicté la propofition d'évacuer les Etats
>> Electoraux de Saxe , énoncée dans la noté re-
» miſe à M. l'Ambaffadeur Comte de Mercy
» tout cela n'a pu qu'affecter fenfiblement S. M.
» l'Impératrice Reine. Elle trouve dans les vues
D
& les intentions de S. M. l'Impératrice de
>> toutes les Rullies tant de conformité aux faits
par lefquels S. M. a conftamment prouvé fon
» amitié pour le Roi de Pologne , qu'Elle defire
» avec ardeur pouvoir concourir à ce que la juf
>> tice & l'humanité ne permettent pas de lui re-
>> fufer .
و ر
و د
>> Toute l'Europe voit les efforts que S. M.
l'Impératrice fait & foutient pour la défenſe &
JANVIER. 1763. 187
» la délivrance de la Saxe. Il n'a pas dépendu
» d'Elle que fon ami le Roi de Pologne ne jouît
» de la plus grande tranquillité au milieu de la
» guerre qui défole les propres Etats de S. M.
» l'Impératrice Reine . Elle ne lui a jamais de-
» mandé ni fecours , ni démarche , ni démonf-
» tration , qui puffent lui attirer l'inimitié de S.
» M. Pruffienne , & , le voyant malgré cela enve-
» loppé dans la guerre , S. M. n'a pas balancé un
» moment à lui offrir & à lui donner réellement
» tous les fecours qui pouvoient dépendre d'Elle.
>> Ces circonftances juftifient fans doute aux
yeux de l'univers la fatisfaction que doit lui
» donner la différence qu'il y a entre défendre .
"
פכ
و ر
25
& opprimer un pays ; mais S. M. n'en eft que
» plus animée à rechercher & à embraffer tous
» les moyens propres à conduire à une paix jufte
» & raifonnable ; & comme S M. l'Impéra-
» trice de toutes les Ruffies regarde comme telle
» l'évacuation de la Saxe , il ne s'agira que de
» conftater , par les fentimens de S., M. Pruf
» fienne fur cet objet , la certnude des expérances
» qu'on pourroit en avoir conçues. Ainfi , dès que
le Roi de Pruffe fe fera expliqué fur le temps &
» la maniere d'évacuer le dits Etats Electoraux de
» Saxe pour ce qui regarde fon armée , S. M..
Impératrice Reine , de concert avec fes Alliés ,:
» ne tardera , certainement pas à y apporter tou ›
» tes les facilitées que S. M. le Roi de Pologne
peut le promettre d'ailleurs de fon amitié , &
qui feroit propres à faire connoître de plus eni
>> plus à S. M. l'Impératrice de toutes les Rules
» combien l'on fouhaite de voir les defirs , fur un
» objet fi intéreffant , fuivis de tout le fuccès que
» mérite la grandeur d'âme qui les lui a inſpiɔɔ
rés. ».
»
כ כ
כ כ
188 MERCURE DE FRANCE.
On voit par cette réponſe , que l'Impératrice
Reine donneroit volontiers les mains à l'arrangement
qu'on propofe , mais auquel il paroît que
le Roi de Pruffe eft fort éloigné de confentir .
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Résumé : DE VIENNE, le 3 Novembre.
Le 3 novembre, l'Impératrice de Russie a proposé à l'Impératrice Reine et au Roi de Prusse d'évacuer la Saxe par leurs troupes respectives. En réponse, l'Impératrice Reine a exprimé sa gratitude pour l'intérêt et la compassion de l'Impératrice de Russie envers la Saxe et le Roi de Pologne. Elle a souligné la conformité des vues de l'Impératrice de Russie avec ses propres efforts pour aider le Roi de Pologne. L'Impératrice Reine a également mentionné les efforts constants de l'Impératrice de Russie pour la défense et la délivrance de la Saxe, et son soutien inconditionnel malgré les risques d'inimitié avec la Prusse. Elle a exprimé son désir de contribuer à une paix juste et raisonnable, notamment l'évacuation de la Saxe. L'Impératrice Reine a conclu en affirmant qu'elle apporterait toutes les facilités nécessaires dès que le Roi de Prusse se serait expliqué sur les modalités d'évacuation, en concertation avec ses alliés.
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11718
p. 188-189
De DRESDE, le 26 Octobre.
Début :
Le Baron de Haddick poursuivant avec activité le plan qu'il avoit concerté pour déloger les [...]
Mots clefs :
Postes avantageux, Armée de l'Empire, Reddition
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texteReconnaissance textuelle : De DRESDE, le 26 Octobre.
De DRESDE , le 26 Octobre.
Le Baron de Haddick pourſuivant avec activité
le plan qu'il avoit concerté pour déloger les
poftes avantageux qu'il occupoit en Saxe , prit
la réfolution d'attaquer à la fois les différens corps
des ennemis. Le Prince de Stolberg , à la tête de
l'Armée de l'Empire , a été chargé de la premiére
attaque , qui étoit la plus importante. La feconde
attaque , qui a très bien réuli , étoit conduite
par le Général Weczey ; la troifiéme , par le Général
Lucfinsky ; la quatrième , par le Colonel
Schiebel , aux ordres du fieur Bagendorff , Général
- Major au Service de Saxe ; & la cinquiéme a
été dirigée par le Général Butler , au Village de
Conradsdorff; où le Général Haddick s'eft tenu >
parce que c'étoit à-peu-près là le centre du terrein
où fé faifoient les différentes attaques.
Cette affaire , qui s'eft paffée le is près de Freyberg
, a coûté aux Impériaux quatorze cens hommes
tant tués que bleffés. On compte que les Pruf
hens en ont eu deux mille taés & bleffés , & autant
de prifonniers. On leur a pris dans l'action
douze piéces de canon & deux autres dans la
retraite , avec onze drapeaux & un étendard .
• Le 23 les ennemis évacuerent Chemnitz , mais
ils laifferent encore un piquet à Ponig.
Le Général Haddick a appris le 17 par un Courier
du Maréchal de Daun que Schweidnitz avoit
été rendue le 9 , & que la garniſon étoit priſonniere
de guerre. La reddition de cette Place a été
déterminée par l'effet d'un obus, qui étant tombé
JANVIER. 1763. 189
dans le laboratoire du Fort Javernick , y avoit
mis le feu , & avoit fait fauter quatre cens hommes
avec une grande partie de cet ouvrage.
Comme cet accident rendoit le Fort aifé à emporter
, le Comte de Gualco a affemblé les principaux
Officiers de la garnifon pour délibérer fur
le parti qu'il y avoit à prendre. Il a été convenu
unanimement qu'il n'étoit plus poffible de défendre
la Place , d'autant qu'il ne reftoit plus
de poudre depuis l'accident du Fort Javernick :
Le Roi de Prufle a comblé d'éloges le Commandant
& toute la garnifon. Il leur a dit qu'ils
avoient donné un bel exemple à imiter à ceux
qui auroient à défendre des Places , & que
leur longue réſiſtance lui coûtoit plus de huit mile
hommes. Les Autrichiens ont eu dans ce fiége
vingt-cinq Officiers tués , cinquante-huit bleflés ,
& deux mille huit cens foldats tant tués que
bleffés.
Le Baron de Haddick pourſuivant avec activité
le plan qu'il avoit concerté pour déloger les
poftes avantageux qu'il occupoit en Saxe , prit
la réfolution d'attaquer à la fois les différens corps
des ennemis. Le Prince de Stolberg , à la tête de
l'Armée de l'Empire , a été chargé de la premiére
attaque , qui étoit la plus importante. La feconde
attaque , qui a très bien réuli , étoit conduite
par le Général Weczey ; la troifiéme , par le Général
Lucfinsky ; la quatrième , par le Colonel
Schiebel , aux ordres du fieur Bagendorff , Général
- Major au Service de Saxe ; & la cinquiéme a
été dirigée par le Général Butler , au Village de
Conradsdorff; où le Général Haddick s'eft tenu >
parce que c'étoit à-peu-près là le centre du terrein
où fé faifoient les différentes attaques.
Cette affaire , qui s'eft paffée le is près de Freyberg
, a coûté aux Impériaux quatorze cens hommes
tant tués que bleffés. On compte que les Pruf
hens en ont eu deux mille taés & bleffés , & autant
de prifonniers. On leur a pris dans l'action
douze piéces de canon & deux autres dans la
retraite , avec onze drapeaux & un étendard .
• Le 23 les ennemis évacuerent Chemnitz , mais
ils laifferent encore un piquet à Ponig.
Le Général Haddick a appris le 17 par un Courier
du Maréchal de Daun que Schweidnitz avoit
été rendue le 9 , & que la garniſon étoit priſonniere
de guerre. La reddition de cette Place a été
déterminée par l'effet d'un obus, qui étant tombé
JANVIER. 1763. 189
dans le laboratoire du Fort Javernick , y avoit
mis le feu , & avoit fait fauter quatre cens hommes
avec une grande partie de cet ouvrage.
Comme cet accident rendoit le Fort aifé à emporter
, le Comte de Gualco a affemblé les principaux
Officiers de la garnifon pour délibérer fur
le parti qu'il y avoit à prendre. Il a été convenu
unanimement qu'il n'étoit plus poffible de défendre
la Place , d'autant qu'il ne reftoit plus
de poudre depuis l'accident du Fort Javernick :
Le Roi de Prufle a comblé d'éloges le Commandant
& toute la garnifon. Il leur a dit qu'ils
avoient donné un bel exemple à imiter à ceux
qui auroient à défendre des Places , & que
leur longue réſiſtance lui coûtoit plus de huit mile
hommes. Les Autrichiens ont eu dans ce fiége
vingt-cinq Officiers tués , cinquante-huit bleflés ,
& deux mille huit cens foldats tant tués que
bleffés.
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Résumé : De DRESDE, le 26 Octobre.
Le 26 octobre, le Baron de Haddick a orchestré cinq attaques simultanées en Saxe pour déloger les forces ennemies. Le Prince de Stolberg a dirigé la principale offensive, tandis que les autres étaient menées par les Généraux Weczey, Lucfinsky, le Colonel Schiebel sous les ordres du Général Bagendorff, et le Général Butler. Haddick a supervisé les opérations depuis Conradsdorff. Cette bataille près de Freyberg a entraîné la perte de 1 400 hommes pour les Impériaux et environ 2 000 pertes et autant de prisonniers pour les Prussiens, ainsi que la capture de quatorze pièces de canon et onze drapeaux. Le 23 octobre, les ennemis ont évacué Chemnitz mais ont laissé un poste à Ponig. Le 17 octobre, Haddick a appris la reddition de Schweidnitz, causée par un obus ayant détruit le laboratoire du Fort Javernick et tué 400 hommes. Le Comte de Gualco a conclu qu'il était impossible de défendre la place faute de poudre. Le Roi de Prusse a félicité la garnison pour sa résistance, soulignant que la défense lui avait coûté plus de 8 000 hommes. Les Autrichiens ont perdu 25 officiers tués, 58 blessés, et 2 800 soldats tués ou blessés.
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11719
p. 189-190
Du 4 Novembre.
Début :
Les affaires de la Saxe viennent d'éprouver encore une révolution. Le Prince Henri ayant rassemblé [...]
Mots clefs :
Retraite, Saxe
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Du 4 Novembre.
Les affaires de la Saxe viennent d'éprouver encore
une révolution . Le Prince Henri ayant raffemblé
la plus grande partie de fes forces derriere
le Zetterwald , en a débouché le 28 du mois dernier
, & a replié le même jour tous les avantpoftes
de l'Armée du Prince de Stolberg . Le lendemain
29 , à la pointe du jour , les Pruffiens ont
attaqué par quatre différens points la pofition de
Freyberg , dont ils fe font emparés après une réfiftance
de plus de huit heures . La fupériorité du
nombre leur a donné cet avantage fur les troupes
de l'Empire , qui n'ont pas pû être renforcées
allez promptement par le Général Butler. On
eftime la perte des Impériaux à deux ou trois
mille hommes & à quelques piéces de canon.
190 MERCURE DE FRANCE.
Leur retraite s'eft cependant faire fans défordre ,
& le Prince de Stolberg a pris une pofition qu'il
eſpére de pouvoir foutenir entre Freyberg & Fravenſtein.
Suivant des nouvelles très- poſitives de Gorlitz ,
du 2 de ce mois , un nouveau Corps Pruffien eſt
en marche pour fe rendre en Saxe. On le croit de
- quinze Elcadrons & quatorze Bataillons. On
affure que le Roi de Prulle le commande en perfonne
, ayant fous les ordres les Généraux Ziethen
, Lentulas & Rammin , & l'on ajoute qu'il
prend fa route par la Baffe-Luface.
Le Général Maquire s'eft démis , pour cauſe
d'indifpofition , du commandement de l'Armée
campée près de Fravenſtein , & il a été remplacé
par le Général de Wied.
une révolution . Le Prince Henri ayant raffemblé
la plus grande partie de fes forces derriere
le Zetterwald , en a débouché le 28 du mois dernier
, & a replié le même jour tous les avantpoftes
de l'Armée du Prince de Stolberg . Le lendemain
29 , à la pointe du jour , les Pruffiens ont
attaqué par quatre différens points la pofition de
Freyberg , dont ils fe font emparés après une réfiftance
de plus de huit heures . La fupériorité du
nombre leur a donné cet avantage fur les troupes
de l'Empire , qui n'ont pas pû être renforcées
allez promptement par le Général Butler. On
eftime la perte des Impériaux à deux ou trois
mille hommes & à quelques piéces de canon.
190 MERCURE DE FRANCE.
Leur retraite s'eft cependant faire fans défordre ,
& le Prince de Stolberg a pris une pofition qu'il
eſpére de pouvoir foutenir entre Freyberg & Fravenſtein.
Suivant des nouvelles très- poſitives de Gorlitz ,
du 2 de ce mois , un nouveau Corps Pruffien eſt
en marche pour fe rendre en Saxe. On le croit de
- quinze Elcadrons & quatorze Bataillons. On
affure que le Roi de Prulle le commande en perfonne
, ayant fous les ordres les Généraux Ziethen
, Lentulas & Rammin , & l'on ajoute qu'il
prend fa route par la Baffe-Luface.
Le Général Maquire s'eft démis , pour cauſe
d'indifpofition , du commandement de l'Armée
campée près de Fravenſtein , & il a été remplacé
par le Général de Wied.
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Résumé : Du 4 Novembre.
Le Prince Henri a repoussé les avant-postes de l'armée du Prince de Stolberg le 28 du mois dernier derrière le Zetterwald. Le lendemain, les Prussiens ont pris la position de Freyberg après huit heures de résistance, profitant de leur supériorité numérique. Les troupes impériales, non renforcées à temps par le Général Butler, ont subi des pertes estimées entre deux et trois mille hommes ainsi que quelques pièces de canon, mais se sont retirées sans désordre. Le Prince de Stolberg a pris une nouvelle position entre Freyberg et Fravenstein. Selon des nouvelles de Gorlitz, un nouveau corps prussien, composé de quinze escadrons et quatorze bataillons, se dirige vers la Saxe, commandé par le Roi de Prusse et assisté des Généraux Ziethen, Lentulus et Rammin. Par ailleurs, le Général Maguire a démissionné pour indisposition et a été remplacé par le Général de Wied au commandement de l'armée près de Fravenstein.
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11720
p. 190
De HANOVRE, le 15 Octobre.
Début :
Il s'en faut beaucoup que le Prince Héréditaire de Brunswick soit hors de danger. On a été obligé [...]
Mots clefs :
Prince Héréditaire de Brunswick
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De HANOVRE, le 15 Octobre.
Il s'en faut beaucoup que le Prince Héréditaire
de Brunswick foit hors de danger. On a été obligé
le de ce mois de lui faire 3 une incifion au bras
pour en retirer une efquille. Comme la fiévre
continue toujours , le fieur de Wershoff , premier
Médecin de notre Monarque , eft parti d'ici
pour aller porter fes fecours à ce Prince , dont la
jeunelle , les talens & la valeur ont intéreffé à fon
fort même nos ennemis.
de Brunswick foit hors de danger. On a été obligé
le de ce mois de lui faire 3 une incifion au bras
pour en retirer une efquille. Comme la fiévre
continue toujours , le fieur de Wershoff , premier
Médecin de notre Monarque , eft parti d'ici
pour aller porter fes fecours à ce Prince , dont la
jeunelle , les talens & la valeur ont intéreffé à fon
fort même nos ennemis.
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11721
p. 190
De MADRID, le 26 Octobre.
Début :
L'Armée du Roi , qui conferve son Quartier Général à Sarceda, s'est réunie sur les bords du [...]
Mots clefs :
Armée du roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De MADRID, le 26 Octobre.
L'Armée du Roi , qui conferve fon Quartier
Général à Sarceda , s'eft réunie fur les bords du
Tage , aux environs de Caftelblanco .
Général à Sarceda , s'eft réunie fur les bords du
Tage , aux environs de Caftelblanco .
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11722
p. 190-191
De ROME, le 13 Octobre.
Début :
Le 6 de mois on a ressenti dans plusieurs quartiers de cette Ville un tremblement de terre assez [...]
Mots clefs :
Tremblement de terre, Secousse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De ROME, le 13 Octobre.
De ROME , le 13 Octobre.
Le 6 de mois on a reffenti dans plufieurs quartiers
de cette Ville un tremblement de terre affez
JANVIER . 1763. 191
foible , & qui n'a pas duré une minute ; mais on a
craint que ce ne fût la fuite du mouvement plus.
confidérable qui fe feroit fait fentir dans les environs
de l'Etat Eccléhaſtique. En effet , nous avons
appris depuis quelques jours que la fecouffe avoit
été beaucoup plus violente dans la ville d'Aquila ,
& y avoit endommagé plufieurs des principaux
édifices. Une partie de cette Ville , fituée dans
l'Abruzze ultérieure au Royaume de Naples fur
la riviere de Palcara , à vingt-deux lieues au
Nord - Eft de Rome , fur détruite en 1703 par un
tremblement de terre qui fit périr alors plus de
deux mille perfonnes . Le village de Poggio Picenza
, fitué près d'Aquila , vient d'être prefque
entierement détruit par la derniere Lecoulle . Un
grand nombre de perfonnes ont eu le malheur
d'être écrasées fous les ruines des bâtimens renverfés.
Le 6 de mois on a reffenti dans plufieurs quartiers
de cette Ville un tremblement de terre affez
JANVIER . 1763. 191
foible , & qui n'a pas duré une minute ; mais on a
craint que ce ne fût la fuite du mouvement plus.
confidérable qui fe feroit fait fentir dans les environs
de l'Etat Eccléhaſtique. En effet , nous avons
appris depuis quelques jours que la fecouffe avoit
été beaucoup plus violente dans la ville d'Aquila ,
& y avoit endommagé plufieurs des principaux
édifices. Une partie de cette Ville , fituée dans
l'Abruzze ultérieure au Royaume de Naples fur
la riviere de Palcara , à vingt-deux lieues au
Nord - Eft de Rome , fur détruite en 1703 par un
tremblement de terre qui fit périr alors plus de
deux mille perfonnes . Le village de Poggio Picenza
, fitué près d'Aquila , vient d'être prefque
entierement détruit par la derniere Lecoulle . Un
grand nombre de perfonnes ont eu le malheur
d'être écrasées fous les ruines des bâtimens renverfés.
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Résumé : De ROME, le 13 Octobre.
Le 6 janvier 1763, un tremblement de terre modéré a été ressenti à Rome. À Aquila, dans les Abruzzes, il a été plus violent, endommageant plusieurs bâtiments. Le village de Poggio Picenza a été presque entièrement détruit, causant de nombreuses victimes. En 1703, Aquila avait déjà été partiellement détruite par un séisme meurtrier.
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11723
p. 191-192
De GENES, le 25 Octobre.
Début :
Le neveu de Gian Carlo, un des plus célebres artisans de Paoli , ayant été fait prisonnier & [...]
Mots clefs :
Barbaresques, Cap corse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De GENES, le 25 Octobre.
conduit à la Baftie , avoit été relâché fur les inftances
du Général Matra. Il étoit retour né auprès
de Paoli , qui lui donna le commandement du
Fort de la Cofcia. Dès que ce Corfe fe vit en poffeffion
du Fort , il le remit entre les mains du Général
Matra , en reconnoillance de la liberté que:
celui- ci lui avoit procurée : il fe contenta de ſtipuler
une capitulation honorable pour les habitans
du Cap Corfe , qu'il remit au pouvoir de la
République , & déclara qu'il n'accepteroit aucune
récompenfe du fervice qu'il n'avoit rendu que
par reconnoiffance pour fon Libérateur . La polfeffion
de ce Fort tend la République maîtreffe de
tout le Cap- Corfe , & mer en même temps Ma192
MERCURE DE FRANCE .
cinaggio à couvert. Le Fort de la Cofcia avoit été
conftruit par les Rébelles pour empêcher la communication
des Génois avec Macinaggio , & ils
l'avoient fibien fortifié , qu'il ne leur fera pas facile
de le reprendre : une petite garnifon des
troupes de la République fuffira pour le défendre.
Le Général Matra eſt toujours à la Baſtie , n'atrendant
pour agir que les renforts que la République
de Génes doit lui envoyer.
La troupe de Paoli ne ceffe de ravager les Gan-
> tons d'Antizanti , de Vezani & de Rivario. Les
habitans fons obligés de ſe retirer à Aleria & à la
Baftie.
On apprend de Naples que les Barbarelques
qui étoient venus attaquer l'ifle d'Uftica dans le
mois d'Août , irrités par le mauvais fuccès de leur
entrepriſe , font revenus avec des forces plus confidérables
, comme ils l'avoient annoncé. Ils fe
font emparés de cette petite ifle ; ils l'ont faccagée,
& en outre enlevé les habitans , au nombre
de cent vingt ou cent trente.
du Général Matra. Il étoit retour né auprès
de Paoli , qui lui donna le commandement du
Fort de la Cofcia. Dès que ce Corfe fe vit en poffeffion
du Fort , il le remit entre les mains du Général
Matra , en reconnoillance de la liberté que:
celui- ci lui avoit procurée : il fe contenta de ſtipuler
une capitulation honorable pour les habitans
du Cap Corfe , qu'il remit au pouvoir de la
République , & déclara qu'il n'accepteroit aucune
récompenfe du fervice qu'il n'avoit rendu que
par reconnoiffance pour fon Libérateur . La polfeffion
de ce Fort tend la République maîtreffe de
tout le Cap- Corfe , & mer en même temps Ma192
MERCURE DE FRANCE .
cinaggio à couvert. Le Fort de la Cofcia avoit été
conftruit par les Rébelles pour empêcher la communication
des Génois avec Macinaggio , & ils
l'avoient fibien fortifié , qu'il ne leur fera pas facile
de le reprendre : une petite garnifon des
troupes de la République fuffira pour le défendre.
Le Général Matra eſt toujours à la Baſtie , n'atrendant
pour agir que les renforts que la République
de Génes doit lui envoyer.
La troupe de Paoli ne ceffe de ravager les Gan-
> tons d'Antizanti , de Vezani & de Rivario. Les
habitans fons obligés de ſe retirer à Aleria & à la
Baftie.
On apprend de Naples que les Barbarelques
qui étoient venus attaquer l'ifle d'Uftica dans le
mois d'Août , irrités par le mauvais fuccès de leur
entrepriſe , font revenus avec des forces plus confidérables
, comme ils l'avoient annoncé. Ils fe
font emparés de cette petite ifle ; ils l'ont faccagée,
& en outre enlevé les habitans , au nombre
de cent vingt ou cent trente.
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Résumé : De GENES, le 25 Octobre.
Le texte décrit des événements militaires et politiques en Corse et en Méditerranée. Un individu, libéré à la demande du Général Matra, rejoint Paoli et prend le commandement du Fort de la Coscia. Il remet ensuite ce fort à Matra, permettant ainsi à la République de contrôler le Cap Corse. Le Fort de la Coscia, construit par les rebelles pour bloquer les communications entre les Génois et Macinaggio, est désormais défendu par une petite garnison de la République. Matra attend des renforts de la République de Gênes pour agir. Pendant ce temps, les troupes de Paoli continuent de ravager les cantons d'Antisanti, de Vezani et de Rivario, forçant les habitants à se réfugier à Aleria et à la Bastie. Par ailleurs, des nouvelles de Naples indiquent que les Barbaresques, après un échec en août, sont revenus avec des forces accrues et ont pris l'île d'Ustica, saccageant l'île et enlevant environ 120 à 130 habitants.
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11724
p. 192
De LONDRES, le 3 Novembre.
Début :
On dit que l'Amiral Pocock & le Comte d'Albemarle ont pris la résolution d'élever en l'honneur [...]
Mots clefs :
Monument, Inscription honorable
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texteReconnaissance textuelle : De LONDRES, le 3 Novembre.
De LONDRES , le 3 Novembre.
On dit que l'Amiral Pocock & le Comte d'Albemarle
ont pris la réſolution d'élever en l'honneur
de Don Louis de Velasco , qui a été tué en défendant le Fort Moore , un Monument dans
l'Abbaye de Weſtminſter
, avec une inſcription
honorable pour ce brave Officier , qui a fi bien mérité d'emporter , en mourant , l'eftime & l'admiration
d'un ennemi généreux.
On dit que l'Amiral Pocock & le Comte d'Albemarle
ont pris la réſolution d'élever en l'honneur
de Don Louis de Velasco , qui a été tué en défendant le Fort Moore , un Monument dans
l'Abbaye de Weſtminſter
, avec une inſcription
honorable pour ce brave Officier , qui a fi bien mérité d'emporter , en mourant , l'eftime & l'admiration
d'un ennemi généreux.
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11725
p. 192-194
EXTRAIT du Saint-James, s Chronicle, du 23 Octobre 1762.
Début :
« Nous savons, Monsieur, l'estime que tous les » honnêtes gens ont pour votre Gazette ; c'est ce [...]
Mots clefs :
Duc de Nivernois, Londres
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texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT du Saint-James, s Chronicle, du 23 Octobre 1762.
EXTRAIT du Saint- James , s Chronicle , du 23
Octobre 1762.
» Nous favons , Monfieur , l'eſtime que tous les
» honnêtes gens ont pour votre Gazette ; c'eſt ce
» qui
IANVIER. 1763. 193
"
qui nous engage à vous prier d'y inférer l'ar-
» ticle fuivant. Il eſt trop jufte de rétablir l'hon-
» neur des citoyens de Londres , griévement bleifé
par l'imputation d'une conduite incivile & grof-
» Gere envers M. le Duc de Nivernois , dont on
charge particuliérement ceux d'entre nous que
» leurs affaires raffemblent à la Bourſe.
"
»SIGNE , Plufieurs Marchands de la Ville de
» Londres. »
Il s'eft répandu que le Duc de Nivernois , Miniftre
Plénipotentiaire de France , avoit été infulté
à la Bourle le 15 de ce mois : le fait eft exactement
tel qu'on va le rapporter . Sur les deux
heures & un quart le Duc de Nivernois , accompagné
d'une autre perfonne , vint à la Bourfe
dans le carroffe du Lord Spencer. Il s'arrêta vis- àvis
de la porte du Midi , dans l'intention apparemment
de voir la Bourſe , & de fe rendre enfuite
, en la traverfant , chez le fieur Ellicott , Hor
loger du Roi , pour lui commander quelque ouvrage.
Le bruit de l'arrivée du Duc de Nivernois
fe répandit promptement : chacun defirant de
voir ce Miniftre , la multitude ne tarda pas à l'environner
; mais ce fut fans qu'on lui fît là moindre
infulte, ni fans qu'il parût même qu'on en eût le
deffein. Le Duc de Nivernois ne put prendre cet
empreffement général que comme un fentiment
honnête. S'appercevant néanmoins qu'il ne pouvoit
plus refter inconnu , il s'avança vers la maifon
du fieur Ellicott . Il eft vrai qu'il s'étoit amaffé
autour de lui une foule prodigieufe mais : perfonne
ne manqua à ce qui lui étoit dû , & il ne fut point
preflé par cette foule , ainfi qu'on l'a prétendu.
Tant que le Duc de Nivernois refta chez le fieur
Ellicott , il y eut toujours une grande quantité de
I. Vol. I
194 MERCURE DE FRANCE.
l'allée du
monde autour de la maifon . Le Connétable ou
Exempt de la Bourfe , pour le traiter avec la diftinction
& les égards qui font dus à une pertonne
revêtue d'un caractère fi refpectable , l'accompagna
lorfqu'il fortit , comme le fit anffi le fieur
Ellicott lui-même. La porte du Midi , vers lail
quelle il étoit retourné , le trouvant fermée ,
fut obligé de retourner fur les pas pour fortir par
celle du Nord , & de faire le tour par
Château pour regagner la rue de Cornhill. La
foule fe groffit, toujours , & quelques gens éloignés
du chemin que fuivoit le Duc de Nivernois
ont peut- être imaginé , fur ce qu'ils le voyoient
revenir fur fes pas , qu'il avoit reçu quelque infulte
: il eft cependant conftant qu'il eſt arrivé à
fon carroffe fans avoir éprouvé la moindre malhonnêteté
de la part de ceux qui l'avoient approché
de plus près , & que quand il eft parti on n'a
pas tenu le moindre propos indécent ou groffier .
Le murmure que l'on dit avoir entendu eft venu
d'un Négociant qu'on ne peut. foupçonner d'incivilité
: ce Négociant ayant imaginé que le Duc de
Nivernois , dont il étoit fort éloigné , avoit reçu
a fait entendre un murmure quelque offenle
léger & très-innocent , dans la vue de contenir
dans les bornes de la bienséance & de rappeller à
leur devoir ceux que l'ardeur de la curiofité auroient
pu emporter trop loin . Le Duc de Nivernois
eft lui-même fi perfuadé qu'il n'y a aucun défagrément
à craindre par le manque de fçavoir vi
vre des citoyens de Londres , qu'il le propofe de
venir revoir la Bourſe , jugeant avec raifon que
c'est un érabliffement qu'on ne fçaurolt trop louer
top admirer
Octobre 1762.
» Nous favons , Monfieur , l'eſtime que tous les
» honnêtes gens ont pour votre Gazette ; c'eſt ce
» qui
IANVIER. 1763. 193
"
qui nous engage à vous prier d'y inférer l'ar-
» ticle fuivant. Il eſt trop jufte de rétablir l'hon-
» neur des citoyens de Londres , griévement bleifé
par l'imputation d'une conduite incivile & grof-
» Gere envers M. le Duc de Nivernois , dont on
charge particuliérement ceux d'entre nous que
» leurs affaires raffemblent à la Bourſe.
"
»SIGNE , Plufieurs Marchands de la Ville de
» Londres. »
Il s'eft répandu que le Duc de Nivernois , Miniftre
Plénipotentiaire de France , avoit été infulté
à la Bourle le 15 de ce mois : le fait eft exactement
tel qu'on va le rapporter . Sur les deux
heures & un quart le Duc de Nivernois , accompagné
d'une autre perfonne , vint à la Bourfe
dans le carroffe du Lord Spencer. Il s'arrêta vis- àvis
de la porte du Midi , dans l'intention apparemment
de voir la Bourſe , & de fe rendre enfuite
, en la traverfant , chez le fieur Ellicott , Hor
loger du Roi , pour lui commander quelque ouvrage.
Le bruit de l'arrivée du Duc de Nivernois
fe répandit promptement : chacun defirant de
voir ce Miniftre , la multitude ne tarda pas à l'environner
; mais ce fut fans qu'on lui fît là moindre
infulte, ni fans qu'il parût même qu'on en eût le
deffein. Le Duc de Nivernois ne put prendre cet
empreffement général que comme un fentiment
honnête. S'appercevant néanmoins qu'il ne pouvoit
plus refter inconnu , il s'avança vers la maifon
du fieur Ellicott . Il eft vrai qu'il s'étoit amaffé
autour de lui une foule prodigieufe mais : perfonne
ne manqua à ce qui lui étoit dû , & il ne fut point
preflé par cette foule , ainfi qu'on l'a prétendu.
Tant que le Duc de Nivernois refta chez le fieur
Ellicott , il y eut toujours une grande quantité de
I. Vol. I
194 MERCURE DE FRANCE.
l'allée du
monde autour de la maifon . Le Connétable ou
Exempt de la Bourfe , pour le traiter avec la diftinction
& les égards qui font dus à une pertonne
revêtue d'un caractère fi refpectable , l'accompagna
lorfqu'il fortit , comme le fit anffi le fieur
Ellicott lui-même. La porte du Midi , vers lail
quelle il étoit retourné , le trouvant fermée ,
fut obligé de retourner fur les pas pour fortir par
celle du Nord , & de faire le tour par
Château pour regagner la rue de Cornhill. La
foule fe groffit, toujours , & quelques gens éloignés
du chemin que fuivoit le Duc de Nivernois
ont peut- être imaginé , fur ce qu'ils le voyoient
revenir fur fes pas , qu'il avoit reçu quelque infulte
: il eft cependant conftant qu'il eſt arrivé à
fon carroffe fans avoir éprouvé la moindre malhonnêteté
de la part de ceux qui l'avoient approché
de plus près , & que quand il eft parti on n'a
pas tenu le moindre propos indécent ou groffier .
Le murmure que l'on dit avoir entendu eft venu
d'un Négociant qu'on ne peut. foupçonner d'incivilité
: ce Négociant ayant imaginé que le Duc de
Nivernois , dont il étoit fort éloigné , avoit reçu
a fait entendre un murmure quelque offenle
léger & très-innocent , dans la vue de contenir
dans les bornes de la bienséance & de rappeller à
leur devoir ceux que l'ardeur de la curiofité auroient
pu emporter trop loin . Le Duc de Nivernois
eft lui-même fi perfuadé qu'il n'y a aucun défagrément
à craindre par le manque de fçavoir vi
vre des citoyens de Londres , qu'il le propofe de
venir revoir la Bourſe , jugeant avec raifon que
c'est un érabliffement qu'on ne fçaurolt trop louer
top admirer
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Résumé : EXTRAIT du Saint-James, s Chronicle, du 23 Octobre 1762.
Le Saint-James Chronicle du 23 octobre 1762 rétablit l'honneur des citoyens de Londres, accusés d'incivilité envers le Duc de Nivernois, ministre plénipotentiaire de France. Le 15 janvier 1763, le Duc de Nivernois se rend à la Bourse de Londres dans le carrosse du Lord Spencer. À son arrivée, une foule se rassemble sans lui manquer de respect. Il se dirige ensuite chez le sieur Ellicott, logeur du Roi, pour commander un ouvrage. Pendant son séjour, une grande quantité de monde reste autour de la maison. Le Connétable de la Bourse et Ellicott l'accompagnent lorsqu'il sort. La porte du Midi étant fermée, il doit sortir par celle du Nord et faire le tour par Château pour regagner la rue de Cornhill. La foule grossit, mais aucun propos indécent ou grossier n'est tenu. Un murmure entendu provient d'un négociant éloigné, rappelant à leur devoir ceux trop curieux. Convaincu du savoir-vivre des citoyens de Londres, le Duc de Nivernois propose de revenir voir la Bourse, qu'il juge digne d'admiration.
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11726
p. 195-196
De FONTAINEBLEAU, le 13 Novembre 1762.
Début :
LE Roi a accordé à la Duchesse de Villequier la survivance de la Place de Dame d'Honneur de [...]
Mots clefs :
Dame d'honneur de Mesdames, Duchesse, Comtesse, Dictionnaire géographique
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texteReconnaissance textuelle : De FONTAINEBLEAU, le 13 Novembre 1762.
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c.
De FONTAINEBLEAU , le 13 Novembre 1762.
I. EE Roi a accordé à la Ducheffe de Villequier la
furvivance de la Place de Dame d'Honneur de
Mesdames , occupée par la Maréchale de Duras ;
& la Place de Dame da Compagnie de Madame
a été donnée à la Comteffe de Valentinois .
Le Roi a créé Duc & Pair le Comte de Choifeul
, Secrétaire d'Etat des Affaires Etrangères ;
ce Miniftre portera dorénavant le nom de Duc
de Praflin .
"
La Comteffe de Choifeul a été préſentée le
même jour à Leurs Majeftés en qualité de Ducheffe
de Praflin Elle a pris le tabouret chez la
Reine. Le Roi a déclaré Miniftre d'Etat le fieur
Bertin , Contrôleur Général des Finances , qui
a pris féance au Confeil le 7 de ce mois.
Le même jour , la Ducheffe de Villequier prêta
ferment entre les mains de Sa Majefté pour
la Charge de Dame d'Honneur de Mesdames ,
dont elle a obtenu la furvivance .
L'Abbé Expilly Chanoine , Tréforier en dignité
du Chapitre Royal de Sainte Marthe de
Tarafcon , de la Société Royale des Sciences &
Belles-Lettres de Nanci , & connu par des ouvrages
eftimés , a eu l'honneur de préſenter au
Roi , le 11 , fon Dictionnaire Géographique, Hiftorique
& Politique des Gaules & de la France ,
Le fieur le Blond , Maître de Mathématiques
des Enfans de France , & connu par d'excellens
I ij
196 MERCURE DE FRANCE .
\
Ouvrages de Mathématiques , a eu l'honneur de
préfenter au Roi une feconde édition conſidérablement
augmentée de fon Traité de la défenſe
des Places.
On vient d'apprendre par la voie de Strafbourg
, que , le 26 du mois dernier , le Chapitre
d'Arlesheim a élu pout Prince & Evêque de Baſle ,
le Comte Simon- Nicolas de Montjoye , l'aîné des
deux Capitulaires de ce nom , d'une très - ancienne
famille d'Alface.
De FONTAINEBLEAU , le 13 Novembre 1762.
I. EE Roi a accordé à la Ducheffe de Villequier la
furvivance de la Place de Dame d'Honneur de
Mesdames , occupée par la Maréchale de Duras ;
& la Place de Dame da Compagnie de Madame
a été donnée à la Comteffe de Valentinois .
Le Roi a créé Duc & Pair le Comte de Choifeul
, Secrétaire d'Etat des Affaires Etrangères ;
ce Miniftre portera dorénavant le nom de Duc
de Praflin .
"
La Comteffe de Choifeul a été préſentée le
même jour à Leurs Majeftés en qualité de Ducheffe
de Praflin Elle a pris le tabouret chez la
Reine. Le Roi a déclaré Miniftre d'Etat le fieur
Bertin , Contrôleur Général des Finances , qui
a pris féance au Confeil le 7 de ce mois.
Le même jour , la Ducheffe de Villequier prêta
ferment entre les mains de Sa Majefté pour
la Charge de Dame d'Honneur de Mesdames ,
dont elle a obtenu la furvivance .
L'Abbé Expilly Chanoine , Tréforier en dignité
du Chapitre Royal de Sainte Marthe de
Tarafcon , de la Société Royale des Sciences &
Belles-Lettres de Nanci , & connu par des ouvrages
eftimés , a eu l'honneur de préſenter au
Roi , le 11 , fon Dictionnaire Géographique, Hiftorique
& Politique des Gaules & de la France ,
Le fieur le Blond , Maître de Mathématiques
des Enfans de France , & connu par d'excellens
I ij
196 MERCURE DE FRANCE .
\
Ouvrages de Mathématiques , a eu l'honneur de
préfenter au Roi une feconde édition conſidérablement
augmentée de fon Traité de la défenſe
des Places.
On vient d'apprendre par la voie de Strafbourg
, que , le 26 du mois dernier , le Chapitre
d'Arlesheim a élu pout Prince & Evêque de Baſle ,
le Comte Simon- Nicolas de Montjoye , l'aîné des
deux Capitulaires de ce nom , d'une très - ancienne
famille d'Alface.
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Résumé : De FONTAINEBLEAU, le 13 Novembre 1762.
Le 13 novembre 1762, à Fontainebleau, plusieurs nominations et promotions ont été annoncées à la cour. La duchesse de Villequier a été nommée Dame d'Honneur de Mesdames, succédant à la maréchale de Duras, et la comtesse de Valentinois a été désignée Dame de Compagnie de Madame. Le comte de Choiseul, secrétaire d'État des Affaires Étrangères, a été créé duc et pair, prenant le nom de duc de Praslin. Sa femme, la comtesse de Choiseul, a été présentée aux souverains en tant que duchesse de Praslin et a obtenu le droit de siéger chez la reine. Le sieur Bertin, contrôleur général des Finances, a été nommé ministre d'État et a pris séance au Conseil le 7 novembre. La duchesse de Villequier a prêté serment pour sa nouvelle charge. L'abbé Expilly a présenté au roi son Dictionnaire Géographique, Historique et Politique des Gaules et de la France. Le sieur le Blond a présenté une seconde édition augmentée de son Traité de la défense des Places. Par ailleurs, le Chapitre d'Arlesheim a élu le comte Simon-Nicolas de Montjoye comme prince et évêque de Bâle le 26 du mois précédent.
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11727
p. 196-199
De VERSAILLES, le 20 Novembre.
Début :
Le Prince Ferdinand de Brunswick ayant reçu le 14 au soir un courier de la Cour de Londres [...]
Mots clefs :
Préliminaires de paix entre la France et l'Angleterre, Majesté britannique, Lieutenant général des armées du roi
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texteReconnaissance textuelle : De VERSAILLES, le 20 Novembre.
De VERSAILLES , le 20 Novembre.
Le Prince Ferdinand de Brunſwick ayant reçu
le 14 au foir un courier de la Cour de Londres
qui lui apprenoit la fignature des préliminaires
de paix entre la France & l'Angleterre , a arrêté
le lendemain , felon les ordres de Sa Majeft
Britannique , avec les Maréchaux d'Eftrées & de
Soubife , munis des ordres du Roi , une fufpenfion
d'armes générale pour les deux armées. En
voici la copie.
CONVENTION arrétée entre l'armée Françoiſe
& l'armée Britannique .
Nous Claude-Louis -François de Regnier,Comte
de Guerchy , Lieutenant- Général des Armées
du Roi , Chevalier de fes Ordres , Colonel - Lieu-
Gouver- tenant de fon Régiment d'Infanterie ,
neur des Ville & Château d'Huningue , muni
des pouvoirs de Meffieurs les Maréchaux Comte
d'Eftrées & Prince de Soubife , commandans én
chefs les armées de Sa Majefté en Allemagne.
Et George Howard , Lieutenant - Général des
Armées de Sa Majefté Britannique , Colonel des
Bafs , le troifiéme Régiment d'Infanterie de Sa
Majeſté , muni des pouvoirs de Son Alteffe SéJANVIER
. 1763 .
197
réniffime Mgr le Duc Ferdinand de Brunſwick &
de Lunebourg , &c &c. commandant en chef
l'armée de Sa Majesté Britannique en Allemagne.
D'après la connoiffance donnée à nos Généraux
refpectifs de la fignature des préliminaires
de la paix , le 3 de ce mois de Novembre à Fontainebleau
, entre le Roi & le Roi d'Eſpagne ,
d'une part ; & le Roi d'Angleterre , de l'autre ; &
nos Généraux defirant faire ceffer , le plutôt poffible
, toute éffufion de fang & les calamnités des
pays quiforment le théâtre de la guerre ; Nous
fommes convenus , en leurs noms & avec leur
approbation , de ce qui fuit :
1.Qu'une fufpenfion d'armes entre toutes les
troupes des deux armées aura lieu , du jour de
la fignature & de la ratification , par les deux
Généraux , de la préfente convention , & le plutôt
poffible , par les troupes qui en font éloignées.
2º. Il y aura une ligne de démarcation , pour
féparer les deux armées , (pécifiée ci- après .
Pour le centre des deux armées ; le cours de la
Lahn , depuis la fource jufqu'à la jonction avec
l'Ohm , & delà , en remontant cette riviere jufqu'à
Merlan. Pour la droite de l'armée Françoife
& la gauche de l'armée Britannique ; pallant
par Lauterbach , & de là fe dirigeant en droiture
fur la Fulde en longeant la riviere d'Alfeld , en
laillant Schlitz devant foi , & enfuite pallant la
Fulde par Hunfeld , Fladungen , & la riviere qui
y palle & va ſe jetter dans la Sala .
A la gauche de l'armée Françoiſe & à la droite
de l'armée Britannique ; depuis les fources de la
Lahn jufqu'à celles de Lenn , & enfuite le cour
de cette derniere riviere , à travers le Duché de
Weftphalie ; & de là , cette même ligne aboutira
I iij
198 MERCURE DE FRANCE.
1
à Nehem fur le Roër , paffera à Uuna , Dormon
de , Alteren , Coesfelt , & finira aux frontieres de
la Hollande.
3. La Garnison de Ziegenhayn fe tiendra tranquille
, & payera dorénavant les beſoins , argent
comptant ,jufqu'à ce qu'elle évacue la Place.
Il lui fera indiqué un endroit pour couper le
bois néceffaire pour fon chauffage , & qui lui fera
fourni pour fon argent au prix établi & connu
dans le pays.
Et , pour pleine & entiere exécution de la préfente
Convention , Nous l'avons fignée , & y
avons mis le fceau de nos armes , lequel fera de
pleine valeur pour être inviolablement obfervée ,
ainfi que fi elle étoit fignée par nos Généraux mêmes
; & pour plus grande affurance , après en
avoir obtenu le pouvoir de nos Généraux , Nous
déclarons qu'elle fera par eux ratifiée . Fait au
Pont de Brükmüle , fur l'Ohm , le quinzieme de
Novembre, milfept cent foixante- deux , à midi.
( Signé ) LE COMTE DE GUERCHY
& G. HOWARD , Lieutenant - Général,
NOUS , LOUIS - CESAR , COMTE D'ETRÉES
Maréchal de France , commandant les armées du
Roi en Allemagne , Gouverneur de Metz & du
Pays Meflin , Miniftre d'Etat , Chevalier des Ordres
du Roi. Et CHARLES DE ROHAN , PRINCE DE
SOUBISE , Pair & Maréchal de France , Miniftre
d'Etat , Capitaine - Lieutenant des Gendarmes de
la Garde ordinaire du Roi , Gouverneur & Lieutenant-
Général pour Sa Majefté des Provinces de
Flandre & de Haynault , Gouverneur particulier
des Ville & Citadelle de Lille , commandant les
armées du Roi en Allemagne , & c.
Et NOUS FERDINAND , par la grace de Dieu ,
JANVIER. 1763. 199
DUC DE BRUNSWICK ET DE LUNEBOURG , Feld
Maréchal des Armées de Sa Majeſté Prufſienne ,
Colonel d'un Régiment d'Infanterie , Gouverneur
de la Forterelle de Magdebourg , Chevalier des
Ordres de l'Aigle Nair & de Saint Jean de Jerufalem
, commandant en chef l'Armée de Sa Majefté
Britanique en Allemagne , & c.
Après avoir pris la lecture des conditions qui
ont été arrêtées avec M. le Comte de Guerchy
Lieutenant- Général des Armées du Roi , & M.
Howard , Lieutenant- Général des Armées de Sa
Majesté Britanique , fignées aujourd'hui , & contenant
trois articles : DECLARONS que nous avons
pour agréables les conditions portées dans lefdits
articles ; & promettons de les faire exécuter de
bonne foi dans tous les points. EN FOI DE QUOI
Nous avons figné les préfentes , & y avons fait
appofer le fceau de nos armes. FAIT au Pont de
Brükmüle , fur l'Ohm , le quinzième jour de Novembre
milfept centfoixante- deux , à deux heures
après-midi. Signé ) LE MARECHAL D'ESTREES.
LE MARECHAL PRINCE DE SOUBISE
; & FERDINAND , Duc de BrunSWICK
ET DE LUNEBOUrg.
Le Prince Ferdinand de Brunſwick ayant reçu
le 14 au foir un courier de la Cour de Londres
qui lui apprenoit la fignature des préliminaires
de paix entre la France & l'Angleterre , a arrêté
le lendemain , felon les ordres de Sa Majeft
Britannique , avec les Maréchaux d'Eftrées & de
Soubife , munis des ordres du Roi , une fufpenfion
d'armes générale pour les deux armées. En
voici la copie.
CONVENTION arrétée entre l'armée Françoiſe
& l'armée Britannique .
Nous Claude-Louis -François de Regnier,Comte
de Guerchy , Lieutenant- Général des Armées
du Roi , Chevalier de fes Ordres , Colonel - Lieu-
Gouver- tenant de fon Régiment d'Infanterie ,
neur des Ville & Château d'Huningue , muni
des pouvoirs de Meffieurs les Maréchaux Comte
d'Eftrées & Prince de Soubife , commandans én
chefs les armées de Sa Majefté en Allemagne.
Et George Howard , Lieutenant - Général des
Armées de Sa Majefté Britannique , Colonel des
Bafs , le troifiéme Régiment d'Infanterie de Sa
Majeſté , muni des pouvoirs de Son Alteffe SéJANVIER
. 1763 .
197
réniffime Mgr le Duc Ferdinand de Brunſwick &
de Lunebourg , &c &c. commandant en chef
l'armée de Sa Majesté Britannique en Allemagne.
D'après la connoiffance donnée à nos Généraux
refpectifs de la fignature des préliminaires
de la paix , le 3 de ce mois de Novembre à Fontainebleau
, entre le Roi & le Roi d'Eſpagne ,
d'une part ; & le Roi d'Angleterre , de l'autre ; &
nos Généraux defirant faire ceffer , le plutôt poffible
, toute éffufion de fang & les calamnités des
pays quiforment le théâtre de la guerre ; Nous
fommes convenus , en leurs noms & avec leur
approbation , de ce qui fuit :
1.Qu'une fufpenfion d'armes entre toutes les
troupes des deux armées aura lieu , du jour de
la fignature & de la ratification , par les deux
Généraux , de la préfente convention , & le plutôt
poffible , par les troupes qui en font éloignées.
2º. Il y aura une ligne de démarcation , pour
féparer les deux armées , (pécifiée ci- après .
Pour le centre des deux armées ; le cours de la
Lahn , depuis la fource jufqu'à la jonction avec
l'Ohm , & delà , en remontant cette riviere jufqu'à
Merlan. Pour la droite de l'armée Françoife
& la gauche de l'armée Britannique ; pallant
par Lauterbach , & de là fe dirigeant en droiture
fur la Fulde en longeant la riviere d'Alfeld , en
laillant Schlitz devant foi , & enfuite pallant la
Fulde par Hunfeld , Fladungen , & la riviere qui
y palle & va ſe jetter dans la Sala .
A la gauche de l'armée Françoiſe & à la droite
de l'armée Britannique ; depuis les fources de la
Lahn jufqu'à celles de Lenn , & enfuite le cour
de cette derniere riviere , à travers le Duché de
Weftphalie ; & de là , cette même ligne aboutira
I iij
198 MERCURE DE FRANCE.
1
à Nehem fur le Roër , paffera à Uuna , Dormon
de , Alteren , Coesfelt , & finira aux frontieres de
la Hollande.
3. La Garnison de Ziegenhayn fe tiendra tranquille
, & payera dorénavant les beſoins , argent
comptant ,jufqu'à ce qu'elle évacue la Place.
Il lui fera indiqué un endroit pour couper le
bois néceffaire pour fon chauffage , & qui lui fera
fourni pour fon argent au prix établi & connu
dans le pays.
Et , pour pleine & entiere exécution de la préfente
Convention , Nous l'avons fignée , & y
avons mis le fceau de nos armes , lequel fera de
pleine valeur pour être inviolablement obfervée ,
ainfi que fi elle étoit fignée par nos Généraux mêmes
; & pour plus grande affurance , après en
avoir obtenu le pouvoir de nos Généraux , Nous
déclarons qu'elle fera par eux ratifiée . Fait au
Pont de Brükmüle , fur l'Ohm , le quinzieme de
Novembre, milfept cent foixante- deux , à midi.
( Signé ) LE COMTE DE GUERCHY
& G. HOWARD , Lieutenant - Général,
NOUS , LOUIS - CESAR , COMTE D'ETRÉES
Maréchal de France , commandant les armées du
Roi en Allemagne , Gouverneur de Metz & du
Pays Meflin , Miniftre d'Etat , Chevalier des Ordres
du Roi. Et CHARLES DE ROHAN , PRINCE DE
SOUBISE , Pair & Maréchal de France , Miniftre
d'Etat , Capitaine - Lieutenant des Gendarmes de
la Garde ordinaire du Roi , Gouverneur & Lieutenant-
Général pour Sa Majefté des Provinces de
Flandre & de Haynault , Gouverneur particulier
des Ville & Citadelle de Lille , commandant les
armées du Roi en Allemagne , & c.
Et NOUS FERDINAND , par la grace de Dieu ,
JANVIER. 1763. 199
DUC DE BRUNSWICK ET DE LUNEBOURG , Feld
Maréchal des Armées de Sa Majeſté Prufſienne ,
Colonel d'un Régiment d'Infanterie , Gouverneur
de la Forterelle de Magdebourg , Chevalier des
Ordres de l'Aigle Nair & de Saint Jean de Jerufalem
, commandant en chef l'Armée de Sa Majefté
Britanique en Allemagne , & c.
Après avoir pris la lecture des conditions qui
ont été arrêtées avec M. le Comte de Guerchy
Lieutenant- Général des Armées du Roi , & M.
Howard , Lieutenant- Général des Armées de Sa
Majesté Britanique , fignées aujourd'hui , & contenant
trois articles : DECLARONS que nous avons
pour agréables les conditions portées dans lefdits
articles ; & promettons de les faire exécuter de
bonne foi dans tous les points. EN FOI DE QUOI
Nous avons figné les préfentes , & y avons fait
appofer le fceau de nos armes. FAIT au Pont de
Brükmüle , fur l'Ohm , le quinzième jour de Novembre
milfept centfoixante- deux , à deux heures
après-midi. Signé ) LE MARECHAL D'ESTREES.
LE MARECHAL PRINCE DE SOUBISE
; & FERDINAND , Duc de BrunSWICK
ET DE LUNEBOUrg.
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Résumé : De VERSAILLES, le 20 Novembre.
Le 20 novembre, le Prince Ferdinand de Brunswick a reçu une communication de la Cour de Londres annonçant la signature des préliminaires de paix entre la France et l'Angleterre. Le lendemain, il a ordonné, avec les Maréchaux d'Estrées et de Soubise, une suspension générale des hostilités entre les deux armées. Une convention a été établie entre l'armée française et l'armée britannique, signée par Claude-Louis-François de Regnier, Comte de Guerchy, et George Howard. Cette convention prévoit une suspension d'armes entre les troupes des deux armées à partir de la signature et de la ratification par les deux généraux. Une ligne de démarcation a été définie pour séparer les deux armées, incluant des points spécifiques tels que le cours de la Lahn, la Fulde, et la Lenn. La garnison de Ziegenhayn doit rester tranquille et subvenir à ses besoins en attendant son évacuation. La convention a été signée au Pont de Brükmüle sur l'Ohm, le 15 novembre 1762, par les représentants des deux armées.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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11728
p. 199-201
De PARIS, le 22 Novembre 1762.
Début :
Les Lettres de Londres ont confirmé la nouvelle que le Fort Saint-Jean de Terre-neuve avoit [...]
Mots clefs :
Fort, Escadre, Vaisseaux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De PARIS, le 22 Novembre 1762.
Les Lettres de Londres ont confirmé la nouvelle
que le Fort Saint - Jean de Terre- neuve avoit
été repris par les Anglois , & que le Chevalier de
Ternay leur avoit échappé ; mais on a fuppofé
mal - à - propos que cet Officier avoit cinq vaiffeaux
de guerre . Son efcadre n'étoit compofée que des
vailleaux le Robufte , de foixante quatorze canons
, & l'Eveillé de foixante- quatre ; de la Frégate
la Licorne de trente canons , & d'une flute
nommée la Garonne , de vingt-huit .
Le 31 du mois dernier la Maréchale de Broglie
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
eft accouchée d'un fils dans fon château de Bro
glie en Normandie.
L'escadre du Roi , commandée par le Comte de
Blenac , eft partie de Saint- Domingue le 7 Sepsembre
, & eſt arrivée à Breſt le 8 de ce mois.
La ville de Callel , où commandoit le Baron de
Diesback , a été obligée par le manque de fubfiftances
de ſe rendre aux Alliés le premier de ce
mois. La garniſon en eft fortie avec les honneurs
de la guerre , tambour battant , méche allumée ,
avec armes & bagages .
Le 12 , l'ouverture du Parlement s'eft faire avec
les cérémonies accoutumées , par une Meffe folemnelle
, à laquelle le fieur Molé , premier Préfident
, & les Chambres affifterent , & qui fut célébrée
par l'Abbé de Sailly , Chantre de la Sainte
Chapelle , & Aumônier de Madame la Dauphine.
Le 20 , le Duc de Bedfort a reçu on Courier de
fa Cour , avec la ratification des articles prélimi
naires de la Paix , figné à Fontainebleau , le trois
de ce mois , entre la France , l'Eſpagne & l'Angleterre.
-Le Marquis de Grimaldy a reçu le même jour
un Courier de Madrid , qui lui a apporté la ratification
de Sa Majefté Catholique.
Le vingt- deuxième tirage de la Lotterie de
l'Hôtel- de- Ville , s'eft fait le 20 de ce mois. Le
Lot de cinquante mille livre eſt échu au Numero
87329 , celui de vingt mille au Nunero 87187 ,
& les deux de dix mille aux Numeros 85367 , &
92964
Le cinq on tira la Lotterie de l'Ecole- Royale-
Militaire. Les Numeros fortis de la roue de fortune
, font , 31 , 87 , 54 , 20 , 53. Le prochain
tirage fe fera le 4 Décembre .
Il paroît que la nouvelle du Combat Naval qui
JANVIER. 1763. 201
s'eft , dit- on , donné le fept Septembre dernier,
entre les Galeres de la Religion & plufieurs Vaiffeaux
Barbarefques , n'a aucun fondement. Cette
nouvelle , qui s'eft d'abord répandue en Italie fembloit
être confirmée par une prétendue Lettre de
Malthe , du 30 Septembre , qu'on vient d'inférer
dans les Gazettes étrangères ; mais on a reçu dans
cette Ville des lettres du cinq Otobre , dans lef
quelles on annonce l'arrivée des Galeres , fans y
faire la plus légére mention de ce combat.
que le Fort Saint - Jean de Terre- neuve avoit
été repris par les Anglois , & que le Chevalier de
Ternay leur avoit échappé ; mais on a fuppofé
mal - à - propos que cet Officier avoit cinq vaiffeaux
de guerre . Son efcadre n'étoit compofée que des
vailleaux le Robufte , de foixante quatorze canons
, & l'Eveillé de foixante- quatre ; de la Frégate
la Licorne de trente canons , & d'une flute
nommée la Garonne , de vingt-huit .
Le 31 du mois dernier la Maréchale de Broglie
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
eft accouchée d'un fils dans fon château de Bro
glie en Normandie.
L'escadre du Roi , commandée par le Comte de
Blenac , eft partie de Saint- Domingue le 7 Sepsembre
, & eſt arrivée à Breſt le 8 de ce mois.
La ville de Callel , où commandoit le Baron de
Diesback , a été obligée par le manque de fubfiftances
de ſe rendre aux Alliés le premier de ce
mois. La garniſon en eft fortie avec les honneurs
de la guerre , tambour battant , méche allumée ,
avec armes & bagages .
Le 12 , l'ouverture du Parlement s'eft faire avec
les cérémonies accoutumées , par une Meffe folemnelle
, à laquelle le fieur Molé , premier Préfident
, & les Chambres affifterent , & qui fut célébrée
par l'Abbé de Sailly , Chantre de la Sainte
Chapelle , & Aumônier de Madame la Dauphine.
Le 20 , le Duc de Bedfort a reçu on Courier de
fa Cour , avec la ratification des articles prélimi
naires de la Paix , figné à Fontainebleau , le trois
de ce mois , entre la France , l'Eſpagne & l'Angleterre.
-Le Marquis de Grimaldy a reçu le même jour
un Courier de Madrid , qui lui a apporté la ratification
de Sa Majefté Catholique.
Le vingt- deuxième tirage de la Lotterie de
l'Hôtel- de- Ville , s'eft fait le 20 de ce mois. Le
Lot de cinquante mille livre eſt échu au Numero
87329 , celui de vingt mille au Nunero 87187 ,
& les deux de dix mille aux Numeros 85367 , &
92964
Le cinq on tira la Lotterie de l'Ecole- Royale-
Militaire. Les Numeros fortis de la roue de fortune
, font , 31 , 87 , 54 , 20 , 53. Le prochain
tirage fe fera le 4 Décembre .
Il paroît que la nouvelle du Combat Naval qui
JANVIER. 1763. 201
s'eft , dit- on , donné le fept Septembre dernier,
entre les Galeres de la Religion & plufieurs Vaiffeaux
Barbarefques , n'a aucun fondement. Cette
nouvelle , qui s'eft d'abord répandue en Italie fembloit
être confirmée par une prétendue Lettre de
Malthe , du 30 Septembre , qu'on vient d'inférer
dans les Gazettes étrangères ; mais on a reçu dans
cette Ville des lettres du cinq Otobre , dans lef
quelles on annonce l'arrivée des Galeres , fans y
faire la plus légére mention de ce combat.
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Résumé : De PARIS, le 22 Novembre 1762.
Le texte relate divers événements historiques. Les Lettres de Londres confirment la reprise du Fort Saint-Jean de Terre-Neuve par les Anglais et l'échappée du Chevalier de Ternay. Son escadre, contrairement aux suppositions, comptait cinq vaisseaux : le Robuste, l'Éveillé, la frégate La Licorne et la flute La Garonne. La Maréchale de Broglie a accouché d'un fils le 31 du mois précédent. L'escadre du Roi, dirigée par le Comte de Blenac, est partie de Saint-Domingue le 7 septembre et est arrivée à Brest le 8 du mois en cours. La ville de Callel, commandée par le Baron de Diesback, s'est rendue aux Alliés le 1er du mois en raison du manque de subsistances, permettant à la garnison de sortir avec les honneurs de la guerre. Le 12, l'ouverture du Parlement a eu lieu avec les cérémonies habituelles, présidée par le sieur Molé et célébrée par l'Abbé de Sailly. Le 20, le Duc de Bedford et le Marquis de Grimaldi ont reçu des courriers confirmant la ratification des articles préliminaires de la paix signés à Fontainebleau entre la France, l'Espagne et l'Angleterre. Le 20, le vingt-deuxième tirage de la loterie de l'Hôtel-de-Ville a eu lieu, attribuant des lots à plusieurs numéros. Le 5, le tirage de la loterie de l'École-Royale-Militaire a été effectué. Enfin, une nouvelle d'un combat naval entre les galères de la Religion et des vaisseaux barbaresques s'est révélée infondée, confirmée par des lettres du 5 octobre.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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11729
p. 201-206
MORTS.
Début :
Le Comte de Lannion, Chevalier des Ordres du Roi, Lieutenant-Général des Armées de Sa [...]
Mots clefs :
Lieutenant général, Baron, Marquis
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS.
MORTS.
Le Comte de Lannion , Chevalier des Ordres
du Roi , Lieutenant- Général des Armées de Sa
Majefté , Gouverneur de Minorque , & l'un des
premiers Barons des Etats de Bretagne , eft mort
à Mahon , le 2 Octobre , dans fa quarante- qua
triéme année. Il a été généralement regretté
tant des François , que des habitans de l'Ifle dont
il avoit le Commandement.
Jean - Louis Ogilvy , Baron de Boyn , Colonel
à la fuite du Regiment d'Ogilvy, Ecolfois , mourut
à Gaigne en Brie , le 10 du même mois , âgé de
quarante ans.
Jacques Hardouin- Manfard , Comte de Sagon
ne , ci-devant Intendant du Bourbonnois , fils de
Jules Hardouin Manfard , Comte de Sagonne ,
Chevalier de l'Ordre de Saint Michel , Sur-Intendant
des Bâtimens du Roi eft mort en cette Ville,
le 27 du même mois , âgé de quatre- vingt-fix
ans.
Bertrand de Montgibault , Lieutenant - Général
des Armées du Roi , & ci-devant Lieutenant de
Gardes - du-Corps du Rof , eft mort à S. Germain
en Laye , le 29 , âgé de quatre- vingt -quatre ans.
Pierre- François - Thomas de Borel , Comte de
Manerbe, Lieutenant -Général des Armées du Roi
I v
202 MERCURE DE FRANCE.
Gouverneur de Joux & de Pontarlier , Commandeur
de l'Ordre Royal & Militaire de Saint Louis ,
ci-devant Lieutenant & Aide Major des Gardes du
Corps de Sa Majefté , mourut le 12 Novembre ,
dans fa foixante- dix feptiéme année .
Françoife Amable Charlotte Affelin de Frenelle,
veuve de Henry Jofeph , Marquis de Maneville ,
Gouverneur de Dieppe , mourut en fon Château
de Maneville , le 1 Novembre , âgée de foixantefix
ans . Elle n'a laifié qu'une fille , Charlotte Natalie
de Manneville , mariée à Jean-Victor de
Rochechouart, Duc de Mortemart , Pair de France.
Louis-Gaucher de Châtillon , Duc de Châtillon ,
Pair de France , Grand Fauconnier de France ,
en furvivance du Duc de la Valiere fon Beau-
Père , Grand Bailly d'Hagueneau , Conte d'Argenton
& de Sanzay , Lieutenant- Gégéral de la
Haute & Balle Bretagne , & Meftre de Camp
du Régiment du Roi Cavalerie , né le 27 Juillet
1737 , mourut en cette Ville le Novembre
dernier.
Il étoit fils d'Aléxis - Magdeleine - Rofalie de
Châtillon , Duc de Châtillon , Pair de France ,
Chevalier des Ordres de Roi , Lieutenant- Général
de les Armées & de la Haute & Balle Bretagne ,
Ancien Mettre de Camp Général de la Cavalerie
Légére de France , Grand Bailli de Hagueneau ,
nommé par Sa Majefté en 1736 , Gouverneur
de la Perfonne de Monfeigneur le Dauphin ,
Grand - Maître de la Garderobe & premier Gentil
-homme de fa Chambre . Et d'Anne- Gabrielle
le Veneur de Tillieres , d'une des plus anciennes
& des plus illuftres Maifons de Normandie . De
laquelle eft née auffi Louiſe Gabrielle de Châtillon
, mariée le 22 Janvier 1749 , à Maximilien-
Antoine-Armand de Bethune , Prince Souverain
JANVIER. 1763. 203
d'Henrichemont & de Boisbelles , Duc de Sully
Pair de France.
Le Duc de Châtillon avoit épousé en 1756 ,
Adrienne Emilie de la Beaume - le-Blanc , fille
unique du Duc de la Valiere & de Anne-Julie-
Françoife de Cruffol Uzez de laquelle il a laiffé une
fille qui vit & l'efpoir de voir revivre la maiſon, la
Ducheffe de Châtillon étant demeurée enceinte.
On voit dans la Maifon de Châtillon -fur - Marne
, briller trop de rayons de fplendeur pour ne
pas les retracer ici , tant par l'anciennèté & la
grandeur de fon origine , qu'on peut prouver remonter
au neuviéme fiécle , & que plufieurs Auteurs
eftiment avoir pris fa fource dans la Maifon
des Anciens Comtes Souverains de Champagae
, que par le nombre d'Alliances qu'elle a eu
Thonneur de contracter avec l'Augufte Maiſon
Royale de France , trop flatteufes à la mémoire
pour ne pas en rappeller ici les époques tirées de
' Hiftoire de la Maifon de France . mème de
l'Hiftoire de Châtillon par Duchefne , & rappellées
dans les Lettres d'Erection du Duché & Pairie
de Châtillon .
Gui de Châtillon , petit-fils d'Urfus , premier
de ce nom , époufa en 1156 , Alix de Dreux .
fille aînée de Robert de France , frère du Roi
Louis le Jeune,
Gaucher de Châtillon épousa en 1236 , Jeanne ,
fille de Philippe , Comte de Clermont , oncle du
Roi S. Louis.
Jeanne de Châtillon époufa en 1263 , Pierre de
France , Comte d'Alençon , cinquiéme fils du
Roi S. Louis.
Gui de Châtillon , épouſa en 1298 , Marguerite
de Valois , foeur du Roi Philippe de Valais , &
niéce de Philippe- le- Bel.
I
vj
204 MERCURE DE FRANCE .
Mahaut de Châtillon , fut mariée en 1308 avec
Charles de France , Comte de Valois , frere du
Roi Philippe-le-Bel.
Jeanne de Châtillon , épouſa en 1335 , Jacques
de Bourbon , Comte de la Marche , duquel defcend
en droite ligne , le glorieux Monarque qui
nous gouverne aujourd'hui.
Marie de Châtillon épouſa en 1360 , Louis
de France , Duc d'Anjou , Roi de Naples & de
Sicile .
Louis de Châtillon , époufa en 14c6 , Ifabéau
de Bourgogne , fille de Jean- Sans- Peur , Duc de
Bourgogne , Comte de Flandres & d'Artois.
On voit aufli que cette Maiſon s'eft alliée avec
les Maiſons Souveraines les plus conſidérables de
l'Europe , comme celle de Luxembourg , qui a
donné des Empereurs à l'Allemagne , par le mariage
de Mahaut de Châtillon avec Gui de Luxembourg
, duquel defcendit Marie de Luxem →
bourg , mariée avec François de Bourbon , Comte
de Vendôme , grand- Pere d'Antoine de Bourbon ,
Roi de Navarre , cinquiéme Ayeul du Roi Régnant.
Avec les Empereurs de Conftantinople ,
les Rois d'Angleterre , de Naples & de Sicile ;
les Comtés de Flandres , d'Artois , de Hainaut ;
les Ducs de Gueldres & de Brabant , de Berry ,
de Bretagne , de Bourgogne , de Savoye , d'Albret
& de Lorraine , par le Mariage de Marie de
Châtillon avec Raoul , Duc de Lorraine en 1 334.
On voit encore qu'elle a poffédé le Duché de
Bretagne , par le Mariage de Charles de Châtillon
dit de Blois , avec Jeanne , fille & héritière
du Duc de Bretagne , lequel Charles fut tué à la
Bataille d'Auray , & béatifié après la mort. Qu'elle
a de même poffédé par toutes ces Alliances ,
les Comtés de Blois , de Chartres , de Dunois ,
JANVIER. 1763.
205
de Soiffons , de Porcean , de S. Paul ; le Duché
de Gueldres & le Vicomté de Limoges.
Quant aux grands Hommes qu'elle a produits
& qui ont été fucceffivement revêtus des premiéres
dignités de la Couronne . Comme de Connétables
, de Grands Maîtres , de Grands Veneurs
, de Grands Queux de France , & en un
mot , toutes les plus Honorables du Royaume :
nous n'en parlerons point ici , les Hiftoires en
faifant mention fans ceffe.
On apprend par des Lettres de Saint Domingue
, que le Chevalier de Sainte Croix y eft mort
le 8 Août dernier. On ne fçauroit trop regretter
la perte
de ce brave & habile Officier qui s'étoit
fi fort diftingué par la belle défenfe de Belle-Ifle.
Le Public va enfin être à portée de tirer le plus
grend avantage des dragées antivénériennes du
fieur Keyfer , fi généralement connues par les cures
nombreufes qu'elles ont conftamment opérées ,
foit dans les armées de Sa Majeſté , & dans le Régiment
de fes Gardes , foit fur une infinité de particuliers
de cette Capitale & des Provinces. Le Sr
Keyfer ayant offert au Roi le fecret de fon remé
de , Sa Majefté l'a agréé , & dans la vue de proportionner
la récompenfe à l'utilité de cet admirable
fpécifique , le Roi a gratifié le fieur Keyſer
d'une penſion annuelle de dix mille livres , & du
privilége exclufif, pour éviter toute fraude , de
fabriquer , & débiter lui - même fon reméde , reconnu
fupérieur à tous les autres de ce genre. Le
prix de la quantité néceffaire des dragées pour chaque
traitement à été fixé à 13 livres 10 fols . On en
trouvera de proportionnées & dofées ſelon la force
de l'âge & du fexe, depuis la naiffance jufqu'à l'âge
le plus avancé , avec la méthode de l'adminiftrer.
206 MERCURE DE FRANCE.
Le débit a commencé au mois de Septembre de
cette année 1762 , dans la maifon du fieur Keyſer,
qui ne recevra de lettres franches de port , rue
& Ifle Saint-Louis , près le Pont Rouge , à Paris.
Le Comte de Lannion , Chevalier des Ordres
du Roi , Lieutenant- Général des Armées de Sa
Majefté , Gouverneur de Minorque , & l'un des
premiers Barons des Etats de Bretagne , eft mort
à Mahon , le 2 Octobre , dans fa quarante- qua
triéme année. Il a été généralement regretté
tant des François , que des habitans de l'Ifle dont
il avoit le Commandement.
Jean - Louis Ogilvy , Baron de Boyn , Colonel
à la fuite du Regiment d'Ogilvy, Ecolfois , mourut
à Gaigne en Brie , le 10 du même mois , âgé de
quarante ans.
Jacques Hardouin- Manfard , Comte de Sagon
ne , ci-devant Intendant du Bourbonnois , fils de
Jules Hardouin Manfard , Comte de Sagonne ,
Chevalier de l'Ordre de Saint Michel , Sur-Intendant
des Bâtimens du Roi eft mort en cette Ville,
le 27 du même mois , âgé de quatre- vingt-fix
ans.
Bertrand de Montgibault , Lieutenant - Général
des Armées du Roi , & ci-devant Lieutenant de
Gardes - du-Corps du Rof , eft mort à S. Germain
en Laye , le 29 , âgé de quatre- vingt -quatre ans.
Pierre- François - Thomas de Borel , Comte de
Manerbe, Lieutenant -Général des Armées du Roi
I v
202 MERCURE DE FRANCE.
Gouverneur de Joux & de Pontarlier , Commandeur
de l'Ordre Royal & Militaire de Saint Louis ,
ci-devant Lieutenant & Aide Major des Gardes du
Corps de Sa Majefté , mourut le 12 Novembre ,
dans fa foixante- dix feptiéme année .
Françoife Amable Charlotte Affelin de Frenelle,
veuve de Henry Jofeph , Marquis de Maneville ,
Gouverneur de Dieppe , mourut en fon Château
de Maneville , le 1 Novembre , âgée de foixantefix
ans . Elle n'a laifié qu'une fille , Charlotte Natalie
de Manneville , mariée à Jean-Victor de
Rochechouart, Duc de Mortemart , Pair de France.
Louis-Gaucher de Châtillon , Duc de Châtillon ,
Pair de France , Grand Fauconnier de France ,
en furvivance du Duc de la Valiere fon Beau-
Père , Grand Bailly d'Hagueneau , Conte d'Argenton
& de Sanzay , Lieutenant- Gégéral de la
Haute & Balle Bretagne , & Meftre de Camp
du Régiment du Roi Cavalerie , né le 27 Juillet
1737 , mourut en cette Ville le Novembre
dernier.
Il étoit fils d'Aléxis - Magdeleine - Rofalie de
Châtillon , Duc de Châtillon , Pair de France ,
Chevalier des Ordres de Roi , Lieutenant- Général
de les Armées & de la Haute & Balle Bretagne ,
Ancien Mettre de Camp Général de la Cavalerie
Légére de France , Grand Bailli de Hagueneau ,
nommé par Sa Majefté en 1736 , Gouverneur
de la Perfonne de Monfeigneur le Dauphin ,
Grand - Maître de la Garderobe & premier Gentil
-homme de fa Chambre . Et d'Anne- Gabrielle
le Veneur de Tillieres , d'une des plus anciennes
& des plus illuftres Maifons de Normandie . De
laquelle eft née auffi Louiſe Gabrielle de Châtillon
, mariée le 22 Janvier 1749 , à Maximilien-
Antoine-Armand de Bethune , Prince Souverain
JANVIER. 1763. 203
d'Henrichemont & de Boisbelles , Duc de Sully
Pair de France.
Le Duc de Châtillon avoit épousé en 1756 ,
Adrienne Emilie de la Beaume - le-Blanc , fille
unique du Duc de la Valiere & de Anne-Julie-
Françoife de Cruffol Uzez de laquelle il a laiffé une
fille qui vit & l'efpoir de voir revivre la maiſon, la
Ducheffe de Châtillon étant demeurée enceinte.
On voit dans la Maifon de Châtillon -fur - Marne
, briller trop de rayons de fplendeur pour ne
pas les retracer ici , tant par l'anciennèté & la
grandeur de fon origine , qu'on peut prouver remonter
au neuviéme fiécle , & que plufieurs Auteurs
eftiment avoir pris fa fource dans la Maifon
des Anciens Comtes Souverains de Champagae
, que par le nombre d'Alliances qu'elle a eu
Thonneur de contracter avec l'Augufte Maiſon
Royale de France , trop flatteufes à la mémoire
pour ne pas en rappeller ici les époques tirées de
' Hiftoire de la Maifon de France . mème de
l'Hiftoire de Châtillon par Duchefne , & rappellées
dans les Lettres d'Erection du Duché & Pairie
de Châtillon .
Gui de Châtillon , petit-fils d'Urfus , premier
de ce nom , époufa en 1156 , Alix de Dreux .
fille aînée de Robert de France , frère du Roi
Louis le Jeune,
Gaucher de Châtillon épousa en 1236 , Jeanne ,
fille de Philippe , Comte de Clermont , oncle du
Roi S. Louis.
Jeanne de Châtillon époufa en 1263 , Pierre de
France , Comte d'Alençon , cinquiéme fils du
Roi S. Louis.
Gui de Châtillon , épouſa en 1298 , Marguerite
de Valois , foeur du Roi Philippe de Valais , &
niéce de Philippe- le- Bel.
I
vj
204 MERCURE DE FRANCE .
Mahaut de Châtillon , fut mariée en 1308 avec
Charles de France , Comte de Valois , frere du
Roi Philippe-le-Bel.
Jeanne de Châtillon , épouſa en 1335 , Jacques
de Bourbon , Comte de la Marche , duquel defcend
en droite ligne , le glorieux Monarque qui
nous gouverne aujourd'hui.
Marie de Châtillon épouſa en 1360 , Louis
de France , Duc d'Anjou , Roi de Naples & de
Sicile .
Louis de Châtillon , époufa en 14c6 , Ifabéau
de Bourgogne , fille de Jean- Sans- Peur , Duc de
Bourgogne , Comte de Flandres & d'Artois.
On voit aufli que cette Maiſon s'eft alliée avec
les Maiſons Souveraines les plus conſidérables de
l'Europe , comme celle de Luxembourg , qui a
donné des Empereurs à l'Allemagne , par le mariage
de Mahaut de Châtillon avec Gui de Luxembourg
, duquel defcendit Marie de Luxem →
bourg , mariée avec François de Bourbon , Comte
de Vendôme , grand- Pere d'Antoine de Bourbon ,
Roi de Navarre , cinquiéme Ayeul du Roi Régnant.
Avec les Empereurs de Conftantinople ,
les Rois d'Angleterre , de Naples & de Sicile ;
les Comtés de Flandres , d'Artois , de Hainaut ;
les Ducs de Gueldres & de Brabant , de Berry ,
de Bretagne , de Bourgogne , de Savoye , d'Albret
& de Lorraine , par le Mariage de Marie de
Châtillon avec Raoul , Duc de Lorraine en 1 334.
On voit encore qu'elle a poffédé le Duché de
Bretagne , par le Mariage de Charles de Châtillon
dit de Blois , avec Jeanne , fille & héritière
du Duc de Bretagne , lequel Charles fut tué à la
Bataille d'Auray , & béatifié après la mort. Qu'elle
a de même poffédé par toutes ces Alliances ,
les Comtés de Blois , de Chartres , de Dunois ,
JANVIER. 1763.
205
de Soiffons , de Porcean , de S. Paul ; le Duché
de Gueldres & le Vicomté de Limoges.
Quant aux grands Hommes qu'elle a produits
& qui ont été fucceffivement revêtus des premiéres
dignités de la Couronne . Comme de Connétables
, de Grands Maîtres , de Grands Veneurs
, de Grands Queux de France , & en un
mot , toutes les plus Honorables du Royaume :
nous n'en parlerons point ici , les Hiftoires en
faifant mention fans ceffe.
On apprend par des Lettres de Saint Domingue
, que le Chevalier de Sainte Croix y eft mort
le 8 Août dernier. On ne fçauroit trop regretter
la perte
de ce brave & habile Officier qui s'étoit
fi fort diftingué par la belle défenfe de Belle-Ifle.
Le Public va enfin être à portée de tirer le plus
grend avantage des dragées antivénériennes du
fieur Keyfer , fi généralement connues par les cures
nombreufes qu'elles ont conftamment opérées ,
foit dans les armées de Sa Majeſté , & dans le Régiment
de fes Gardes , foit fur une infinité de particuliers
de cette Capitale & des Provinces. Le Sr
Keyfer ayant offert au Roi le fecret de fon remé
de , Sa Majefté l'a agréé , & dans la vue de proportionner
la récompenfe à l'utilité de cet admirable
fpécifique , le Roi a gratifié le fieur Keyſer
d'une penſion annuelle de dix mille livres , & du
privilége exclufif, pour éviter toute fraude , de
fabriquer , & débiter lui - même fon reméde , reconnu
fupérieur à tous les autres de ce genre. Le
prix de la quantité néceffaire des dragées pour chaque
traitement à été fixé à 13 livres 10 fols . On en
trouvera de proportionnées & dofées ſelon la force
de l'âge & du fexe, depuis la naiffance jufqu'à l'âge
le plus avancé , avec la méthode de l'adminiftrer.
206 MERCURE DE FRANCE.
Le débit a commencé au mois de Septembre de
cette année 1762 , dans la maifon du fieur Keyſer,
qui ne recevra de lettres franches de port , rue
& Ifle Saint-Louis , près le Pont Rouge , à Paris.
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Résumé : MORTS.
Le texte énumère plusieurs personnalités décédées en 1762 et 1763, en précisant leurs titres, fonctions et lieux de décès. En 1762, le Comte de Lannion, Lieutenant-Général des Armées du Roi et Gouverneur de Minorque, est mort à Mahon le 2 octobre à l'âge de 44 ans. Jean-Louis Ogilvy, Baron de Boyn et Colonel du Régiment d'Ogilvy, est décédé à Gaigne en Brie le 10 octobre à 40 ans. Jacques Hardouin-Mansart, Comte de Sagonne et ancien Intendant du Bourbonnais, est mort à Paris le 27 octobre à 86 ans. Bertrand de Montgibault, Lieutenant-Général des Armées du Roi, est décédé à Saint-Germain-en-Laye le 29 octobre à 84 ans. Pierre-François-Thomas de Borel, Comte de Manerbe et Gouverneur de Joux et Pontarlier, est mort le 12 novembre à 67 ans. Françoise Amable Charlotte Asselin de Frenelle, veuve du Marquis de Maneville, est décédée à son château de Maneville le 1 novembre à 66 ans. Louis-Gaucher de Châtillon, Duc de Châtillon et Pair de France, est mort en novembre à Paris. Le Chevalier de Sainte-Croix est décédé à Saint-Domingue le 8 août 1763. Par ailleurs, le texte mentionne les dragées antivénériennes du sieur Keyfer, reconnues par le Roi et mises en vente à partir de septembre 1762.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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11730
p. 206-212
ARTICLES Préliminaires de Paix entre le Roi, le Roi de la Grande-Bretagne & le Roi d'Espagne, signés à Fontainebleau le 3 Novembre 1762.
Début :
AU NOM DE LA TRÈS-SAINTE TRINITÉ. LE Roi Très-Chrétien & le Roi de la Grande-Bretagne [...]
Mots clefs :
Paix, Îles de la Grenade, Îles de la Guadeloupe, La Nouvelle-Orléans, Dunkerque
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ARTICLES Préliminaires de Paix entre le Roi, le Roi de la Grande-Bretagne & le Roi d'Espagne, signés à Fontainebleau le 3 Novembre 1762.
ARTICLES Préliminaires de Paix entre le Roi ,
le Roi de la Grande-Bretagne & le Roi d'Ef
pagne , fignés à Fontainebleau le 3 Novembre
1762.
AU NOM DE LA TRE'S - SAINTE TRINITÉ.
E Roi Très- Chrétien & le Roi de la Grande-
Bretagne , animés du defir réciproque de
rétablir entre eux l'union & la bonne intelligence
, tant pour le bien de l'humanité en général ,
que pour celui de leurs Royaumes , Etats & Sujers
refpectifs , ayant réfléchi peu après la rupture
entre la Grande - Bretagne & l'Efpagne , fur l'état
de la négociation de l'année paflée , qui malheureufement
n'a pas eu l'effet qu'on s'en étoit
promis , ainfi que
fur les points en difpute entre
les Couronnes de la Grande-Bretagne & d'Efpagne
; Leurs Majeftés Très- Chrétienne & Britannique
, ont entamé une correſpondance pour chercher
les moyens d'ajuster les différends qui fubfiftent
entre leurfdites Majeftés . En même-temps ,
le Roi Très- Chrétien ayant fait part au Roi d'Efpagne
de ces heureufes difpofitions , Sa Majefté
Catholique s'eft trouvée animée du même zéle
pour le bien de l'humanité & celui de fes Sujets ,
& réfolue à étendre & multiplier les fruits de la
paix par fon concours à de filouables intentions .
En conféquence , Leurs Majeftés Très- Chrétienne
, Britannique & Catholique , ayant muremeut
confidéré tous les points ci- deffus , ainfi que lès
JANVIER. 1763. 207
différens événemens furvenus pendant le cours
de la préfente négociation , font convenues d'un
commun accord des Articles ci après , qui ferviront
de bale au Traité de paix futur . A l'effet
de quoi Sa Majefté Très - Chrétienne a nommě
& aurorifé le fieur Cefar Gabriel de Choifeul ,
Duc de Praflin , Pair de France , Chevalier de
fes Ordres , Lieutenant - Général de fes Armées ,
Confeiller en tous fes Confeils , & Miniftre &
Sécrétaire d'Etat & de fes Commandemens & Finances
; Sa Majefté Britannique le Sr Jean Duc
& Comte de Bedford Marquis de Tavistock, &c.
Miniftre d'Etat du Roi de la Grande- Bretagne ,
Lieutenant Général de fes Armées , Garde de fon
Sceau Privé , Chevalier du très - noble Ordre de
la Jarretiere , & Miniftre Plénipotentiaire de Sa
Majesté Britannique près Sa Majesté Très Chrétienne
; & Sa Majesté Catholique a pareillement
nommé & autorifé Don Jerôme Grimaldi , Marquis
de Grimaldi , Chevalier des Ordres du Roi
Très -Chrétien , Gentilhomme de la Chambre
de Sa Majefté Catholique avec exercice , & fon
Ambaladeur Extraordinaire près de Sa Majefté
Très-Chrétienne ; lefquels , après s'être duement
communiqués leurs pleins pouvoirs en bonne forme
, font convenus des Articles fuivans.
ARTICLE PREMIER.
Aulli tôt que les Préliminaires feront fignés &
ratifiés , l'amitié fincère fera rétablie entre Sa
Majefté Très- Chrétienne & Sa Majeté Britannique,
& entre Sa Majefté Britannique & Sa Majefé
Catholique , leurs Royauines , Etats & Sujers
, par mer & par terre , dans toutes les parties
du monde . Il fera envoyé des Ordres aux
Armées & Efcadres , ainfi qu'aux Sujets des trois
Puiffances , de ceffer toute hoftilité , & de vivie
208 MERCURE DE FRANCE .
dans la plus parfaite union , en oubliant le paffé
, dont leurs Souverains leur donnent l'ordre
& l'exemple ; & pour l'exécution de cet Article .
il fera donné de part & d'autre , des Paffeports
de mer aux Vaiffeaux qui feront expédiés pour
en porter la nouvelle dans les poffeffions refpectives
des trois Puillances.
Art. 2. Sa Majeſté Très- Chrétienne renonce à
toutes les prétentions qu'Elle a formées autrefois
ou pû former à la Nouvelle- Ecoffe ou l'Acadie ,
en toutes les parties , & la garantit toute entiere,
& avec toutes les dépendances , au Roi de la
Grande-Bretagne. De plus , Sa Majeſté Très-
Chrétienne céde & garantit à Sadite Majefté Britannique
, en toute propriété , le Canada avec
toutes les dépendances , ainfi que l'Ile du Cap
Breton & toutes les autres Ifles dans le Golfe &
Fleuve Saint-Laurent , fans reſtriction & fans
qu'il foit libre de revenir fous aucun prétexte contre
cette ceffion & garantie , ni de troubler la
Grande-Bretagne dans les poffeffions fulmentionnées.
De fon côté , Sa Majefté Britannique convient
d'accorder aux Habitans du Canada , la
liberté de la Religion Catholique. En conféquence
, Elle donnera les ordres les plus précis & les
plus effectifs pour que fes nouveaux Sujets Catholique
Romains puiffent profeffer le culte de leur
Religion felon le rit de l'Eglife Romaine , en tant
que le permettent les loix de la Grande-Bretagne.
Sa Majesté Britannique convient en outre que les
Habitans François ou autres qui auroient été Sujets
du Roi Très- Chrétien en Canada pourront fe
retirer en toute fûreté & liberté où bon leur femblera
, & pourront vendre leurs biens , pourvû
que ce foit à des Sujets de Sa Majesté Britannique,
& tranfporter leurs effets , ainfi que leurs
JANVIER. 1763. 209
"
perfonnes , fans être gênés dans leur émigration
fous quelque prétexte que ce puiffe être hors
celui de dettes ou de procès criminels ; le terme
limité pour cette émigration étant fixé à l'espace
de dix- huit mois , à compter du jour de la ratification
du Traité définitif.
Art. 3. Les Sujets de la France auront la liberté
de la pêche & de la fécherie fur une partie des
côtes de l'Ile de Terre-Neuve , telle qu'elle eft
pécifiée par l'Article 13 du Traité d'Utrecht , lequel
Article fera confirmé & renouvellé par le
prochain Traité définitif , ( à l'exception de ce qui
regarde l'Ifle du Cap Breton , ainfi que les autres
Ifles dans l'embouchure & dans le Golfe Saint-
Laurent ) , & Sa Majefté Britannique confent de
laiffer aux Sujets du Roi Très- Chrétien la liberté
de pêcher dans le Golfe Saint - Laurent , à condition
que les Sujets de la France n'exercent ladite
pêche qu'à la diſtance de trois lieues de toures
les côtes appartenantes à la Grande- Bretagne ,
foit celles du Continent , foit celles des lles fituées
dans ledit Golfe Saint - Laurent ; & pour ce
qui concerne la pêche hors dudit Golfe , les Sujers
de Sa Majeſté Très - Chrétienne ne l'exerceront
qu'à la diftance de quinze lieues des côtes de
I'lfle du Cap Breton .
Art. 4. Le Roi de la Grande - Bretagne céde les
Inles de Saint- Pierre & de Miquelon , en toute
propriété , à Sa Majefté Très- Chrétienne , pour
fervir d'abri aux Pêcheurs François , & Sadite
Majefté s'oblige , fur fa parole Royale , à ne point
fortifier lesdites Ifles , à n'y établir que des Bâtimens
civils pour la commodité de la pêche , &
à n'y entretenir qu'une garde de cinquante hommes
pour la police.
Art. 5. La Ville & le Port de Dunkerque feront
210 MERCURE DE FRANCE.
mis dans l'état fixé par le dernier Traité d'Aix
1a -Chapelle & par les Traités antérieurs ; la Cunette
fubfiftera telle qu'elle eft aujourd'hui, pourvu
que les Ingénieurs Anglois , nommés par Sa
Majefté Britannique , & reçus à Dunkerque par
ordre de Sa Majesté Très- Chrétienne , vérifient
que cette Cunette n'eft utile que pour la falubrité
de l'air & la fanté des habitans .
Art. 6. Afin de rétablir la paix fur des fondemens
folides & durables , & écarter pour jamais
tout fujet de diſpace par rapport aux limites des
Territoires François & Britanniques fur le Continent
de l'Amérique , il eft convenų qu'à l'avenir
les confins entre les Etats de Sa Majefté Très-
Chrétienne & ceux de S. M. Britannique en cette
partie du monde , feront irrévocablement fixés
par une ligne tirée au milieu du fleuve Miffiffipi ,
depuis fa naiflance jufqu'à la riviere Iberville , &
de la par une ligne tirée au milieu de cette riviere
& des lacs Maurepas & Pontchartrain jufqu'à
la mer ; & à cette fin le Roi Très- Chrétien
céde en toute propriété & garantit , à Sa Majeſté
Britannique la riviere & le Port de la Mobile , &
tout ce qu'il pofféde ou a dû pofféder du côté
gauche du fleuve du Miffilipi , à l'exception de
fa Ville de la Nouvelle- Orléans & de l'Ifle dans
laquelle elle eft fituée , qui demeureront à la
France , bien entendu que la navigation du
fleuve Miffiffipi fera également libre , tant aux
Sujets de la Grande- Bretagne comme à ceux de
la France , dans toute fa largeur & dans toute
fon étendue , depuis la foarce jufqu'à la mer , &
nommément cette partie qui eft entre la fuſdite
Ifle de la Nouvelle-Orléans & la rive droite de ce
fleuve , auffi bien que l'entrée & la fortie par fon
embouchure. Il eft de plus ftipulé que lès BâtiJANVIER.
1763 .
211
mens appartenans aux Sujets de l'une ou de l'autre
Nation ne pourront être arrêtés , vilités ni
affujettis au payement d'aucun droit quelconque .
Les ftipulations inférées dans l'Article 2. en fa
veur des habitans du Canada auront lieu de même
pour les habitans des pays cédés par cet Article
.
Art . 7. Le Roi de la Grande - Bretagne reftituera
à la France les Ifles de la Guadeloupe , de Marie-
Galante , de la Defirade , de la Martinique & de
Belle- Ifle , & les Places de ces Ifles feront rendues
dans le même état où elles étoient quand la conquête
en a été faite par les armes Britanniques ;
bien entendu que le terme de dix-huit mois , à
compter du jour de la ratification du Traité définitif
fera accordé aux Sujets de Sa Majesté Britannique
qui le feroient établis dans lesdites Ifles
& antres endroits reftitués à la France par le Traité
définitif, pour vendre leurs biens , recouvrer leurs
dettes & tranfporter leurs effets , ainfi que leurs
perfonnes , fans être gênés à caule de leur Religion,
ou fous quelque prétexte que ce puiffe être ;
hors celui de dettes ou de procès criminels .
Art. 8. Le Roi Très- Chrétien céde & garantit à
Sa Majesté Britannique en toute propriété les Ifles
de la Grenade & les Grenadins , avec les mêmes
ftipulations en faveur des habitans de cette Colo
nie, inférées dans l'Art . 2. pour ceux du Canada ; &
le partage des les appellées Neutres eft convenu
& fixé de manière que celles de Saint-Vincent , la
Dominique & Tabago resteront en toute propriété
à l'Angleterre , & que celle de Sainte-Lucie fera
remife a la France , pour enjouir pareillement en
toute propriété , les deux Couronnes fe garantiffant
réciproquement le partage ainfi ftipulé.
Art. 9. Sa Majesté Britannique reftituera à la
1
212 MERCURE DE FRANCE.
France l'Ile de Gorée , dans l'état où elle s'eft
trouvée quand elle a été conquife , & Sa Majesté
Très-Chrétienne céde en toute propriété & garantit
au Roi de la Grande- Bretagne le Sénégal.
Art. 10. Dans les Indes Orientales , la Grande-
Bretagne reftituera à la France les différens Comptoirs
qu'avoit cette Couronne fur la côte de Coromandel
, ainfi que fur celle de Malabar, auffi- bien
que dans le Bengale , au commencement des
hoftilités entre les deux Compagnies dans l'année
1749 , dans l'état où ils font aujourd'hui , à condition
que Sa Majesté Très - Chrétienne renonce
aux acquifitions qu'Elle a faites fur la côte de Coromandel
depuis ledit commencement des hoftilités
entre les deux Compagnies dans l'année 1749.
Sa Majesté Très - Chrétienne reftituera de fon côté
tout ce qu'elle pourra avoir conquis fur la Grande-
Bretagne aux Indes Orientales pendant la préſente
guerre , & Elle s'engage auffi à ne point ériger
de fortifications & à n'entretenir aucunes troupes
dans le Bengale,
Art. 11. L'Ifle de Minorque fera reftituée à Sa
Majefté Britannique , ainfi que le fort Saint Philippe
, dans le même état où ils fe font trouvés
lorfque la conquête en a été faite par les armes du
Roi Très Chretien , & avec l'Artillerie qui y étoit
lors de la priſe de ladite Ifle & dudit Fort.
le Roi de la Grande-Bretagne & le Roi d'Ef
pagne , fignés à Fontainebleau le 3 Novembre
1762.
AU NOM DE LA TRE'S - SAINTE TRINITÉ.
E Roi Très- Chrétien & le Roi de la Grande-
Bretagne , animés du defir réciproque de
rétablir entre eux l'union & la bonne intelligence
, tant pour le bien de l'humanité en général ,
que pour celui de leurs Royaumes , Etats & Sujers
refpectifs , ayant réfléchi peu après la rupture
entre la Grande - Bretagne & l'Efpagne , fur l'état
de la négociation de l'année paflée , qui malheureufement
n'a pas eu l'effet qu'on s'en étoit
promis , ainfi que
fur les points en difpute entre
les Couronnes de la Grande-Bretagne & d'Efpagne
; Leurs Majeftés Très- Chrétienne & Britannique
, ont entamé une correſpondance pour chercher
les moyens d'ajuster les différends qui fubfiftent
entre leurfdites Majeftés . En même-temps ,
le Roi Très- Chrétien ayant fait part au Roi d'Efpagne
de ces heureufes difpofitions , Sa Majefté
Catholique s'eft trouvée animée du même zéle
pour le bien de l'humanité & celui de fes Sujets ,
& réfolue à étendre & multiplier les fruits de la
paix par fon concours à de filouables intentions .
En conféquence , Leurs Majeftés Très- Chrétienne
, Britannique & Catholique , ayant muremeut
confidéré tous les points ci- deffus , ainfi que lès
JANVIER. 1763. 207
différens événemens furvenus pendant le cours
de la préfente négociation , font convenues d'un
commun accord des Articles ci après , qui ferviront
de bale au Traité de paix futur . A l'effet
de quoi Sa Majefté Très - Chrétienne a nommě
& aurorifé le fieur Cefar Gabriel de Choifeul ,
Duc de Praflin , Pair de France , Chevalier de
fes Ordres , Lieutenant - Général de fes Armées ,
Confeiller en tous fes Confeils , & Miniftre &
Sécrétaire d'Etat & de fes Commandemens & Finances
; Sa Majefté Britannique le Sr Jean Duc
& Comte de Bedford Marquis de Tavistock, &c.
Miniftre d'Etat du Roi de la Grande- Bretagne ,
Lieutenant Général de fes Armées , Garde de fon
Sceau Privé , Chevalier du très - noble Ordre de
la Jarretiere , & Miniftre Plénipotentiaire de Sa
Majesté Britannique près Sa Majesté Très Chrétienne
; & Sa Majesté Catholique a pareillement
nommé & autorifé Don Jerôme Grimaldi , Marquis
de Grimaldi , Chevalier des Ordres du Roi
Très -Chrétien , Gentilhomme de la Chambre
de Sa Majefté Catholique avec exercice , & fon
Ambaladeur Extraordinaire près de Sa Majefté
Très-Chrétienne ; lefquels , après s'être duement
communiqués leurs pleins pouvoirs en bonne forme
, font convenus des Articles fuivans.
ARTICLE PREMIER.
Aulli tôt que les Préliminaires feront fignés &
ratifiés , l'amitié fincère fera rétablie entre Sa
Majefté Très- Chrétienne & Sa Majeté Britannique,
& entre Sa Majefté Britannique & Sa Majefé
Catholique , leurs Royauines , Etats & Sujers
, par mer & par terre , dans toutes les parties
du monde . Il fera envoyé des Ordres aux
Armées & Efcadres , ainfi qu'aux Sujets des trois
Puiffances , de ceffer toute hoftilité , & de vivie
208 MERCURE DE FRANCE .
dans la plus parfaite union , en oubliant le paffé
, dont leurs Souverains leur donnent l'ordre
& l'exemple ; & pour l'exécution de cet Article .
il fera donné de part & d'autre , des Paffeports
de mer aux Vaiffeaux qui feront expédiés pour
en porter la nouvelle dans les poffeffions refpectives
des trois Puillances.
Art. 2. Sa Majeſté Très- Chrétienne renonce à
toutes les prétentions qu'Elle a formées autrefois
ou pû former à la Nouvelle- Ecoffe ou l'Acadie ,
en toutes les parties , & la garantit toute entiere,
& avec toutes les dépendances , au Roi de la
Grande-Bretagne. De plus , Sa Majeſté Très-
Chrétienne céde & garantit à Sadite Majefté Britannique
, en toute propriété , le Canada avec
toutes les dépendances , ainfi que l'Ile du Cap
Breton & toutes les autres Ifles dans le Golfe &
Fleuve Saint-Laurent , fans reſtriction & fans
qu'il foit libre de revenir fous aucun prétexte contre
cette ceffion & garantie , ni de troubler la
Grande-Bretagne dans les poffeffions fulmentionnées.
De fon côté , Sa Majefté Britannique convient
d'accorder aux Habitans du Canada , la
liberté de la Religion Catholique. En conféquence
, Elle donnera les ordres les plus précis & les
plus effectifs pour que fes nouveaux Sujets Catholique
Romains puiffent profeffer le culte de leur
Religion felon le rit de l'Eglife Romaine , en tant
que le permettent les loix de la Grande-Bretagne.
Sa Majesté Britannique convient en outre que les
Habitans François ou autres qui auroient été Sujets
du Roi Très- Chrétien en Canada pourront fe
retirer en toute fûreté & liberté où bon leur femblera
, & pourront vendre leurs biens , pourvû
que ce foit à des Sujets de Sa Majesté Britannique,
& tranfporter leurs effets , ainfi que leurs
JANVIER. 1763. 209
"
perfonnes , fans être gênés dans leur émigration
fous quelque prétexte que ce puiffe être hors
celui de dettes ou de procès criminels ; le terme
limité pour cette émigration étant fixé à l'espace
de dix- huit mois , à compter du jour de la ratification
du Traité définitif.
Art. 3. Les Sujets de la France auront la liberté
de la pêche & de la fécherie fur une partie des
côtes de l'Ile de Terre-Neuve , telle qu'elle eft
pécifiée par l'Article 13 du Traité d'Utrecht , lequel
Article fera confirmé & renouvellé par le
prochain Traité définitif , ( à l'exception de ce qui
regarde l'Ifle du Cap Breton , ainfi que les autres
Ifles dans l'embouchure & dans le Golfe Saint-
Laurent ) , & Sa Majefté Britannique confent de
laiffer aux Sujets du Roi Très- Chrétien la liberté
de pêcher dans le Golfe Saint - Laurent , à condition
que les Sujets de la France n'exercent ladite
pêche qu'à la diſtance de trois lieues de toures
les côtes appartenantes à la Grande- Bretagne ,
foit celles du Continent , foit celles des lles fituées
dans ledit Golfe Saint - Laurent ; & pour ce
qui concerne la pêche hors dudit Golfe , les Sujers
de Sa Majeſté Très - Chrétienne ne l'exerceront
qu'à la diftance de quinze lieues des côtes de
I'lfle du Cap Breton .
Art. 4. Le Roi de la Grande - Bretagne céde les
Inles de Saint- Pierre & de Miquelon , en toute
propriété , à Sa Majefté Très- Chrétienne , pour
fervir d'abri aux Pêcheurs François , & Sadite
Majefté s'oblige , fur fa parole Royale , à ne point
fortifier lesdites Ifles , à n'y établir que des Bâtimens
civils pour la commodité de la pêche , &
à n'y entretenir qu'une garde de cinquante hommes
pour la police.
Art. 5. La Ville & le Port de Dunkerque feront
210 MERCURE DE FRANCE.
mis dans l'état fixé par le dernier Traité d'Aix
1a -Chapelle & par les Traités antérieurs ; la Cunette
fubfiftera telle qu'elle eft aujourd'hui, pourvu
que les Ingénieurs Anglois , nommés par Sa
Majefté Britannique , & reçus à Dunkerque par
ordre de Sa Majesté Très- Chrétienne , vérifient
que cette Cunette n'eft utile que pour la falubrité
de l'air & la fanté des habitans .
Art. 6. Afin de rétablir la paix fur des fondemens
folides & durables , & écarter pour jamais
tout fujet de diſpace par rapport aux limites des
Territoires François & Britanniques fur le Continent
de l'Amérique , il eft convenų qu'à l'avenir
les confins entre les Etats de Sa Majefté Très-
Chrétienne & ceux de S. M. Britannique en cette
partie du monde , feront irrévocablement fixés
par une ligne tirée au milieu du fleuve Miffiffipi ,
depuis fa naiflance jufqu'à la riviere Iberville , &
de la par une ligne tirée au milieu de cette riviere
& des lacs Maurepas & Pontchartrain jufqu'à
la mer ; & à cette fin le Roi Très- Chrétien
céde en toute propriété & garantit , à Sa Majeſté
Britannique la riviere & le Port de la Mobile , &
tout ce qu'il pofféde ou a dû pofféder du côté
gauche du fleuve du Miffilipi , à l'exception de
fa Ville de la Nouvelle- Orléans & de l'Ifle dans
laquelle elle eft fituée , qui demeureront à la
France , bien entendu que la navigation du
fleuve Miffiffipi fera également libre , tant aux
Sujets de la Grande- Bretagne comme à ceux de
la France , dans toute fa largeur & dans toute
fon étendue , depuis la foarce jufqu'à la mer , &
nommément cette partie qui eft entre la fuſdite
Ifle de la Nouvelle-Orléans & la rive droite de ce
fleuve , auffi bien que l'entrée & la fortie par fon
embouchure. Il eft de plus ftipulé que lès BâtiJANVIER.
1763 .
211
mens appartenans aux Sujets de l'une ou de l'autre
Nation ne pourront être arrêtés , vilités ni
affujettis au payement d'aucun droit quelconque .
Les ftipulations inférées dans l'Article 2. en fa
veur des habitans du Canada auront lieu de même
pour les habitans des pays cédés par cet Article
.
Art . 7. Le Roi de la Grande - Bretagne reftituera
à la France les Ifles de la Guadeloupe , de Marie-
Galante , de la Defirade , de la Martinique & de
Belle- Ifle , & les Places de ces Ifles feront rendues
dans le même état où elles étoient quand la conquête
en a été faite par les armes Britanniques ;
bien entendu que le terme de dix-huit mois , à
compter du jour de la ratification du Traité définitif
fera accordé aux Sujets de Sa Majesté Britannique
qui le feroient établis dans lesdites Ifles
& antres endroits reftitués à la France par le Traité
définitif, pour vendre leurs biens , recouvrer leurs
dettes & tranfporter leurs effets , ainfi que leurs
perfonnes , fans être gênés à caule de leur Religion,
ou fous quelque prétexte que ce puiffe être ;
hors celui de dettes ou de procès criminels .
Art. 8. Le Roi Très- Chrétien céde & garantit à
Sa Majesté Britannique en toute propriété les Ifles
de la Grenade & les Grenadins , avec les mêmes
ftipulations en faveur des habitans de cette Colo
nie, inférées dans l'Art . 2. pour ceux du Canada ; &
le partage des les appellées Neutres eft convenu
& fixé de manière que celles de Saint-Vincent , la
Dominique & Tabago resteront en toute propriété
à l'Angleterre , & que celle de Sainte-Lucie fera
remife a la France , pour enjouir pareillement en
toute propriété , les deux Couronnes fe garantiffant
réciproquement le partage ainfi ftipulé.
Art. 9. Sa Majesté Britannique reftituera à la
1
212 MERCURE DE FRANCE.
France l'Ile de Gorée , dans l'état où elle s'eft
trouvée quand elle a été conquife , & Sa Majesté
Très-Chrétienne céde en toute propriété & garantit
au Roi de la Grande- Bretagne le Sénégal.
Art. 10. Dans les Indes Orientales , la Grande-
Bretagne reftituera à la France les différens Comptoirs
qu'avoit cette Couronne fur la côte de Coromandel
, ainfi que fur celle de Malabar, auffi- bien
que dans le Bengale , au commencement des
hoftilités entre les deux Compagnies dans l'année
1749 , dans l'état où ils font aujourd'hui , à condition
que Sa Majesté Très - Chrétienne renonce
aux acquifitions qu'Elle a faites fur la côte de Coromandel
depuis ledit commencement des hoftilités
entre les deux Compagnies dans l'année 1749.
Sa Majesté Très - Chrétienne reftituera de fon côté
tout ce qu'elle pourra avoir conquis fur la Grande-
Bretagne aux Indes Orientales pendant la préſente
guerre , & Elle s'engage auffi à ne point ériger
de fortifications & à n'entretenir aucunes troupes
dans le Bengale,
Art. 11. L'Ifle de Minorque fera reftituée à Sa
Majefté Britannique , ainfi que le fort Saint Philippe
, dans le même état où ils fe font trouvés
lorfque la conquête en a été faite par les armes du
Roi Très Chretien , & avec l'Artillerie qui y étoit
lors de la priſe de ladite Ifle & dudit Fort.
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Résumé : ARTICLES Préliminaires de Paix entre le Roi, le Roi de la Grande-Bretagne & le Roi d'Espagne, signés à Fontainebleau le 3 Novembre 1762.
Le document expose les Articles Préliminaires de Paix entre le Roi de France, le Roi de Grande-Bretagne et le Roi d'Espagne, signés à Fontainebleau le 3 novembre 1762. Les monarques, motivés par le désir de rétablir l'union et la bonne intelligence, ont engagé des négociations pour résoudre les différends entre leurs couronnes. Le Roi de France a informé le Roi d'Espagne de ces dispositions, et ce dernier a exprimé son accord pour promouvoir la paix. Les points clés des négociations incluent le rétablissement de l'amitié entre les trois puissances dès la ratification des préliminaires, marquant la cessation des hostilités. La France renonce à la Nouvelle-Écosse et au Canada, que la Grande-Bretagne garantit en toute propriété. La Grande-Bretagne accorde aux habitants du Canada la liberté de pratiquer la religion catholique et permet leur émigration. Les sujets français conserveront la liberté de pêcher sur certaines côtes de Terre-Neuve et dans le golfe Saint-Laurent, sous certaines conditions. La Grande-Bretagne cède les îles de Saint-Pierre et Miquelon à la France pour servir d'abri aux pêcheurs français, avec des restrictions sur les fortifications. La ville et le port de Dunkerque seront maintenus dans l'état fixé par les traités antérieurs. Les frontières entre les territoires français et britanniques en Amérique seront fixées par une ligne tirée au milieu du fleuve Mississippi et de la rivière Iberville. La Grande-Bretagne restituera à la France plusieurs îles des Antilles et des comptoirs en Inde. Les îles de Saint-Vincent, la Dominique et Tobago resteront à l'Angleterre, tandis que Sainte-Lucie sera rendue à la France. La Grande-Bretagne restituera l'île de Gorée à la France, et la France cédera le Sénégal à la Grande-Bretagne. Enfin, la Grande-Bretagne et la France restitueront mutuellement les comptoirs et territoires conquis pendant la guerre, avec des conditions spécifiques sur les fortifications et les troupes. Les plénipotentiaires nommés par chaque monarque ont convenu de ces articles, qui serviront de base au traité de paix futur.
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11731
p. 213
PRIX de la Volaille & du Gibier des premieres qualités, à Paris, pendant la fin du mois de Décembre.
Début :
GROS Chapons, la pièce, 5 liv. 4 liv. 10 s. Poulardes, 3 liv. 2 liv. 10s. [...]
Mots clefs :
Dindon, Poulet, Canard
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texteReconnaissance textuelle : PRIX de la Volaille & du Gibier des premieres qualités, à Paris, pendant la fin du mois de Décembre.
GROS Chapons , la pièce , s liv. 4 liv . 10 f.
Poulardes , liv. 2 liv. 10f. 3
Dindon commun , 4 liv , 3 liv . 10 , 2 liv. 10.
Poulet gras , 2 liv ,
Poulet commun ,
I liv. f , 1 liv. s.
I liv. f, 1 liv. & 15 f.
Levreau , 3 liv , 2 liv. 10 f.
Lapreaur liv . & 15 f..
Canard fauvage , 2 liv . 15 f, 2 liv. 10 f, 2 live
Bécaffes , 3 liv , 2 liv . 10 f. & 2 liv. § ſ.
Bécaffines , 1 liv . 10 f
I
Perdreau rouge , 2 liv. 10 f. 2 liv.
Perdreau gris , liv . s f, 1 liv. & Is
Pluvier , 2 liv. 5 f , 2 liv , 1 liv. 15 f.
Agneau , 1 liv , to liv , liv.
༨
9
Cochon de lait , 7 liv. & liv.
Allouetes , le paquet , i liv. & 15 f.
f.
Prix des Grains du même temps.
Froment , le feptier , 1s liv. s f , à 16 liv. 5. H
en a été vendu à 12 liv . 10 f. & 15 liv.
Seigle 7 liv. 10 f. à 9 liv.
Orge , 8 liv. 10 f. à 9 liv. 5.
Avoine , 16 à 18 liv . 10 f.
Avoine en banne , 16 à 16 liv. 10 f.
Farine blutée , le boiffeau , 1 liv. s f, 1 liv. 9 f.
+
1.
214 MERCURE DE FRANCE .
Menus Grains.
Lentilles , le feptier , 25 à 52 liv .
Lentilles à la Reine , 24 liv .
Sarrazin , 9 liv. 10 f.
Vefce , 17 à 18 liv.
Poulardes , liv. 2 liv. 10f. 3
Dindon commun , 4 liv , 3 liv . 10 , 2 liv. 10.
Poulet gras , 2 liv ,
Poulet commun ,
I liv. f , 1 liv. s.
I liv. f, 1 liv. & 15 f.
Levreau , 3 liv , 2 liv. 10 f.
Lapreaur liv . & 15 f..
Canard fauvage , 2 liv . 15 f, 2 liv. 10 f, 2 live
Bécaffes , 3 liv , 2 liv . 10 f. & 2 liv. § ſ.
Bécaffines , 1 liv . 10 f
I
Perdreau rouge , 2 liv. 10 f. 2 liv.
Perdreau gris , liv . s f, 1 liv. & Is
Pluvier , 2 liv. 5 f , 2 liv , 1 liv. 15 f.
Agneau , 1 liv , to liv , liv.
༨
9
Cochon de lait , 7 liv. & liv.
Allouetes , le paquet , i liv. & 15 f.
f.
Prix des Grains du même temps.
Froment , le feptier , 1s liv. s f , à 16 liv. 5. H
en a été vendu à 12 liv . 10 f. & 15 liv.
Seigle 7 liv. 10 f. à 9 liv.
Orge , 8 liv. 10 f. à 9 liv. 5.
Avoine , 16 à 18 liv . 10 f.
Avoine en banne , 16 à 16 liv. 10 f.
Farine blutée , le boiffeau , 1 liv. s f, 1 liv. 9 f.
+
1.
214 MERCURE DE FRANCE .
Menus Grains.
Lentilles , le feptier , 25 à 52 liv .
Lentilles à la Reine , 24 liv .
Sarrazin , 9 liv. 10 f.
Vefce , 17 à 18 liv.
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Résumé : PRIX de la Volaille & du Gibier des premieres qualités, à Paris, pendant la fin du mois de Décembre.
Le texte fournit une liste de prix de divers produits alimentaires et grains à une époque donnée. Les volailles incluent les gros chapons à 4 livres 10 sous, les poulardes à 2 livres 10 sous, les dindons communs entre 2 livres 10 sous et 4 livres, et les poulets gras à 2 livres. Les autres animaux comprennent le levreau à 2 livres 10 sous, le lapereau à 1 livre 15 sous, et le canard sauvage entre 2 livres et 2 livres 15 sous. Les perdreaux rouges et gris varient entre 1 livre et 2 livres 10 sous, et le pluvier entre 1 livre 15 sous et 2 livres 5 sous. L'agneau et le cochon de lait sont respectivement vendus entre 1 livre et 10 livres, et à 7 livres. Les alouettes sont vendues par paquet à 1 livre 15 sous. Pour les grains, le froment est entre 12 livres 10 sous et 16 livres 5 sous le septier, le seigle entre 7 livres 10 sous et 9 livres, l'orge entre 8 livres 10 sous et 9 livres 5 sous, et l'avoine entre 16 et 18 livres 10 sous. La farine blutée est entre 1 livre 5 sous et 1 livre 9 sous le boisseau. Parmi les menus grains, les lentilles varient entre 25 et 52 livres le septier, les lentilles à la Reine à 24 livres, le sarrazin à 9 livres 10 sous, et la vesce entre 17 et 18 livres.
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11732
p. 214
Fourages.
Début :
Par Ordonnance de Police du 7 Décembre dernier, le prix des Foins a été réglé & fini depuis [...]
Mots clefs :
Foins, Amende
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texteReconnaissance textuelle : Fourages.
Fourages.
Par Ordonnance de Police du 7 Décembre
dernier , le prix des Foins a été réglé & fini depuis
21 , 22 , 23 , 24 , 25 & jufqu'à 26 liv ,
avec défenles de vendre à plus haut prix , fous
peine de 300 liv. d'amende & de confiſcation .
Par Ordonnance de Police du 7 Décembre
dernier , le prix des Foins a été réglé & fini depuis
21 , 22 , 23 , 24 , 25 & jufqu'à 26 liv ,
avec défenles de vendre à plus haut prix , fous
peine de 300 liv. d'amende & de confiſcation .
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11733
p. 214-216
TABLE DES ARTICLES.
Début :
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSE. ARTICLE PREMIER. EPITRE [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TABLE DES ARTICLES.
TABLE DES ARTICLES.
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSE.
EPITRE
ARTICLE PREMIER.
PITRE au Mercure .
DIALOGUE entre l'Amour & l'Auteur,
Page 7
13
VERS à Madame A..... pour le jour de fa fête. 14
VERS à Mlle de Grifs .
ibid.
JANVIER. 1763. 215
Opi fur la Paix.
LES Quiproquo , Nouvelle.
VERS à Mlle Arnould , fur le rôle de Pfy--
ché qu'elle a chanté devant le Roi à Fontainebleau.
PSYCHE Vendangeufe , Fable.
LES Voeux d'un Citoyen .
LE TEMPS , Ode .
VERS à S. A. S. Mgr le Prince de Condé.
CONSEILS d'un Homme de 80 ans , à une
Demoiselle de neuf ans.
A Mile Dumefnil , fur la penfion dont S. M.
l'a gratifiée.
EXTRAIT d'une Lettre écrite par M. Louis
Beranger , Officier.
TRADUCTION libre des Etrènnes d'un vieux
Gaulois.
15
19
43
44
46
47
fi
52:
61
6.24
ENIGMES .
LOGOGRYPHES.
66
69 &70
70 &71
720. CHANSON.
ART. II. NOUVELLES LITTÉRAIRES.
DISSERTATION de M. de Saintfoix , au fujet
de la Statue Equeftre d'un de nos
Rois qui eft dans l'Eglife de Notre-
Dame de Paris .
›
ESSAI hiftorique fur Abraham Duquesne ,
Lieutenant Général des Armées Navales
de France.
LA Religion vengée , pour l'année 1763 .
MEMOIRES pour fervir à l'Hiftoire de la
Mailon de BRANDEBOURG.
LETTRES de Mlle de Juffy à Mlle de ***,
ETRENNES aux Dames , avec le Calendrier
de l'année 1763 .
PRINCIPES
de certitude , ou Effai fur la Lo
gique.
"
73
80
109
III
112
II
216 MERCURE DE FRANCE.
DISSERTATION fur l'ufage de boire à la
glace , par M. D. D. Licentié en Droit. 116
ANNONCES de Livres.
118 &fuiv.
ARTICLE III . SCIENCES ET BELLES-LETTRES.
GEOMETRI E.
ART. IV. BEAUX - ARTS.
ARTS UTILES.
ARCHITECTURE.
PRIX proposé par l'Académie Royale de
Chirurgie , pour l'année 1764.
ARTS AGRÉABLES.
GRAVURE.
EDITION des Contes de la Fontaine.
126
134
135
LETTRE à M. D...
MUSIQUE.
ART. V. SPECTACLES .
AVERTISSEMENT.
SPECTACLES du Ror à Choifi.
SPECTACLES de la Cour à Versailles.
SPECTACLES DE PARIS.
OPÉRA.
COMÉDIE Françoiſe .
COMÉDIE Italienne.
CONCERT Spirituel .
SUITE des Nouv . Polit . de Décembre.
MORTS.
ART. VIII . Economie & Commerce.
138
147
148
ISS
159
160
162
175
183
185
201
213
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSE.
EPITRE
ARTICLE PREMIER.
PITRE au Mercure .
DIALOGUE entre l'Amour & l'Auteur,
Page 7
13
VERS à Madame A..... pour le jour de fa fête. 14
VERS à Mlle de Grifs .
ibid.
JANVIER. 1763. 215
Opi fur la Paix.
LES Quiproquo , Nouvelle.
VERS à Mlle Arnould , fur le rôle de Pfy--
ché qu'elle a chanté devant le Roi à Fontainebleau.
PSYCHE Vendangeufe , Fable.
LES Voeux d'un Citoyen .
LE TEMPS , Ode .
VERS à S. A. S. Mgr le Prince de Condé.
CONSEILS d'un Homme de 80 ans , à une
Demoiselle de neuf ans.
A Mile Dumefnil , fur la penfion dont S. M.
l'a gratifiée.
EXTRAIT d'une Lettre écrite par M. Louis
Beranger , Officier.
TRADUCTION libre des Etrènnes d'un vieux
Gaulois.
15
19
43
44
46
47
fi
52:
61
6.24
ENIGMES .
LOGOGRYPHES.
66
69 &70
70 &71
720. CHANSON.
ART. II. NOUVELLES LITTÉRAIRES.
DISSERTATION de M. de Saintfoix , au fujet
de la Statue Equeftre d'un de nos
Rois qui eft dans l'Eglife de Notre-
Dame de Paris .
›
ESSAI hiftorique fur Abraham Duquesne ,
Lieutenant Général des Armées Navales
de France.
LA Religion vengée , pour l'année 1763 .
MEMOIRES pour fervir à l'Hiftoire de la
Mailon de BRANDEBOURG.
LETTRES de Mlle de Juffy à Mlle de ***,
ETRENNES aux Dames , avec le Calendrier
de l'année 1763 .
PRINCIPES
de certitude , ou Effai fur la Lo
gique.
"
73
80
109
III
112
II
216 MERCURE DE FRANCE.
DISSERTATION fur l'ufage de boire à la
glace , par M. D. D. Licentié en Droit. 116
ANNONCES de Livres.
118 &fuiv.
ARTICLE III . SCIENCES ET BELLES-LETTRES.
GEOMETRI E.
ART. IV. BEAUX - ARTS.
ARTS UTILES.
ARCHITECTURE.
PRIX proposé par l'Académie Royale de
Chirurgie , pour l'année 1764.
ARTS AGRÉABLES.
GRAVURE.
EDITION des Contes de la Fontaine.
126
134
135
LETTRE à M. D...
MUSIQUE.
ART. V. SPECTACLES .
AVERTISSEMENT.
SPECTACLES du Ror à Choifi.
SPECTACLES de la Cour à Versailles.
SPECTACLES DE PARIS.
OPÉRA.
COMÉDIE Françoiſe .
COMÉDIE Italienne.
CONCERT Spirituel .
SUITE des Nouv . Polit . de Décembre.
MORTS.
ART. VIII . Economie & Commerce.
138
147
148
ISS
159
160
162
175
183
185
201
213
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Résumé : TABLE DES ARTICLES.
Le document présente une table des articles d'une publication, structurée en plusieurs sections. La première, 'Pièces fugitives en vers et en prose', inclut des poèmes, lettres, fables, odes et conseils adressés à diverses personnalités. La section 'Nouvelles littéraires' contient des dissertations, essais historiques, mémoires et lettres, notamment sur la statue équestre d'un roi à Notre-Dame de Paris et sur Abraham Duquesne. D'autres articles traitent de la religion, de l'histoire de la Maison de Brandebourg et de principes de logique. La section 'Sciences et Belles-Lettres' aborde la géométrie et l'architecture. La section 'Beaux-Arts' inclut la gravure et la musique. La section 'Spectacles' détaille les spectacles du Roi, de la Cour et de Paris, incluant l'opéra, la comédie française et italienne, et les concerts spirituels. Le document se termine par des annonces de livres et des avis de décès.
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11734
p. 216
« De l'Imprimerie de SEBASTIEN JORRY, rue & vis-à-vis la Comédie Françoise. [...] »
Début :
De l'Imprimerie de SEBASTIEN JORRY, rue & vis-à-vis la Comédie Françoise. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « De l'Imprimerie de SEBASTIEN JORRY, rue & vis-à-vis la Comédie Françoise. [...] »
De l'Imprimerie de SEBASTIEN JORRY ,
rue & vis-à-vis la Comédie Françoiſe.
rue & vis-à-vis la Comédie Françoiſe.
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11735
s. p.
AVERTISSEMENT.
Début :
LE Bureau du Mercure eft chez M. LUTTON, Avocat, Greffier Commis [...]
Mots clefs :
Greffier, Commis, Libraires des provinces ou des pays étrangers, Poste, Table générale
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texteReconnaissance textuelle : AVERTISSEMENT.
AVERTISSEMENT.
LE Bureau du Mercure eft chez M.
LUTTON , Avocat , Greffier Commis
au Greffe Civil du Parlement Commis
au recouvrement du Mercure , rue Sainte
Anne , Butte Saint Roch à côté du
Sellier du Roi.
2
C'est à lui que l'on prie d'adreffer ,
francs de port, les paquets & lettres
pour remettre , quant à la partie littéraire
, à M. DE LA PLACE , Auteur
du Mercure.
Le prix de chaque volume eft de 36
fols , mais l'on ne payera d'avance , en
s'abonnant , que 24 livres pour feize volumes
, à raifon de 30 fols piece.
Les perfonnes de province aufquelles
on enverra le Mercure par la pofte ,
payeront pour feize volumes 32 livres
d'avance en s'abonnant , & elles les re--
cevront francs de port.
Celles qui auront des occafions pour
le faire venir, ou qui prendront les frais
du port fur leur compte , ne payeront
comme à Paris , qu'à raifon de 30 fols
parvolum, c'est-à- dire 24 livres d'avance,
en s'abonnant pour feize volumes.
Les Libraires des provinces ou des
A ij
pays étrangers , qui voudront faire venir
le Mercure , écriront à l'adreſſe cideffus.
On fupplie les perfonnes des provinces
d'envoyer par la pofte , en payanı
le droit , leurs ordres , afin que le payement
en foit fait d'avance au Bureau.
Les paquets qui neferont pas affranchis
, refteront au rebut.
On prie les perfonnes qui envoyent
des Livres , Eftampes & Mufique à annoncer,
d'en marquer le prix,
Le Nouveau Choix de Piéces tirées
des Mercures & autres Journaux , par
M, DE LA PLACE , fe trouve auffi au
Bureau du Mercure. Le format , le nombre
de volumes & les conditions font
les mêmes pour une année. Il y en a juf
qu'à préfent quatre - vingt - fix yolumes.
Une Table générale , rangée par
ordre des Matières , fe trouve à la fin du
foixante- douxiémę,
LE Bureau du Mercure eft chez M.
LUTTON , Avocat , Greffier Commis
au Greffe Civil du Parlement Commis
au recouvrement du Mercure , rue Sainte
Anne , Butte Saint Roch à côté du
Sellier du Roi.
2
C'est à lui que l'on prie d'adreffer ,
francs de port, les paquets & lettres
pour remettre , quant à la partie littéraire
, à M. DE LA PLACE , Auteur
du Mercure.
Le prix de chaque volume eft de 36
fols , mais l'on ne payera d'avance , en
s'abonnant , que 24 livres pour feize volumes
, à raifon de 30 fols piece.
Les perfonnes de province aufquelles
on enverra le Mercure par la pofte ,
payeront pour feize volumes 32 livres
d'avance en s'abonnant , & elles les re--
cevront francs de port.
Celles qui auront des occafions pour
le faire venir, ou qui prendront les frais
du port fur leur compte , ne payeront
comme à Paris , qu'à raifon de 30 fols
parvolum, c'est-à- dire 24 livres d'avance,
en s'abonnant pour feize volumes.
Les Libraires des provinces ou des
A ij
pays étrangers , qui voudront faire venir
le Mercure , écriront à l'adreſſe cideffus.
On fupplie les perfonnes des provinces
d'envoyer par la pofte , en payanı
le droit , leurs ordres , afin que le payement
en foit fait d'avance au Bureau.
Les paquets qui neferont pas affranchis
, refteront au rebut.
On prie les perfonnes qui envoyent
des Livres , Eftampes & Mufique à annoncer,
d'en marquer le prix,
Le Nouveau Choix de Piéces tirées
des Mercures & autres Journaux , par
M, DE LA PLACE , fe trouve auffi au
Bureau du Mercure. Le format , le nombre
de volumes & les conditions font
les mêmes pour une année. Il y en a juf
qu'à préfent quatre - vingt - fix yolumes.
Une Table générale , rangée par
ordre des Matières , fe trouve à la fin du
foixante- douxiémę,
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Résumé : AVERTISSEMENT.
Le document est un avertissement concernant la distribution et l'abonnement au Mercure, une publication périodique. Le Bureau du Mercure se trouve chez M. LUTTON, avocat et greffier, rue Sainte Anne, Butte Saint Roch. Les abonnés doivent envoyer leurs paquets et lettres à cette adresse, en spécifiant que les contenus littéraires seront remis à M. DE LA PLACE, l'auteur du Mercure. Le prix de chaque volume est de 36 sols, tandis que les abonnements pour douze volumes coûtent 24 livres à Paris. Pour les personnes en province, le coût est de 32 livres pour douze volumes, avec livraison gratuite. Ceux qui préfèrent prendre en charge les frais de port paieront également 24 livres pour douze volumes. Les libraires des provinces ou des pays étrangers doivent écrire à l'adresse indiquée pour obtenir le Mercure. Les commandes des provinces doivent être envoyées par la poste avec paiement à l'avance, les paquets non affranchis étant rejetés. Les personnes envoyant des livres, estampes ou musique doivent indiquer le prix de ces articles. Le Nouveau Choix de Pièces tirées des Mercures et autres Journaux, par M. DE LA PLACE, est également disponible au Bureau du Mercure, avec les mêmes conditions de format et de nombre de volumes pour une année. À ce jour, il existe quatre-vingt-six volumes, et une table générale des matières est disponible à la fin du soixante-douzième volume.
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11736
s. p.
ODE SUR LA PAIX.
Début :
UN léger Tourbillon, prémices des orages, A peine de Cérès fait courber les épis, [...]
Mots clefs :
Paix, Europe, Humanité, Mars, Guerre, Mercure, Glaive, Mort, Louis
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ODE SUR LA PAIX.
ODE SUR LA PAIX .
UN léger Tourbillon , prémices des orages ,
A peine de Cérès fait courber les épis ,
Qu'il vole fur les mers éveiller les naufrages
Et les flots affoupis.
C'eft ainfi que voilant fa funefte origine ,
La Guèrre , qui dans l'ombre alluma fes fambeaux
,
II. Vol. A iij
6 MERCURE DE FRANCE .
Vint changer tout-à- coup nos Palais en ruine ,
Et la Tèrre en tombeaux.
J'aivuMars, jeཏུ མl'ai vû, des fommets du Rodope ,
Précipiter fon char & les courfiers fougueux ;
Je t'ai vue , ô Bellone ! épouvanter l'Europe
Detes cris belliqueux .
Ah ! périffe le jour où la Sprée infultante ,
Pareille à ces torrens échappés de l'Etna ,
Vint choquer fa rivale , éperdue & tremblante ,
Aux rochers de Pyrna . *
*
Depuis ce jour fanglant , ô que de jours funeftes
Ont épuifé fur nous leurs tragiques horreurs ,
Les crimes , les revers , les vengeances céleſtes ,
Et nos propres fureurs.
Organe de la Mort , la trompette éffrayante
Appelloit aux combats & la Tèrre & les Mers ;
Et l'Amérique a vû l'Europe foudroyante
Tonner dans les déferts.
Alors furent changés en glaives homicides
Le foc de Triptolème & la faulx de Cérès :
Aux yeux du Laboureur le char des Euménides
Sillonna les guérêts.
Sept fois l'Eté brûlant , fept ois l'humide
tomne ,
* Invafion en Saxe.
JANVIER. 1763. 7
Sept fois le fombre Hyver entouré de glaçons ,
Vit l'affreufe Atropos faire aux champs de Bellone
D'éffroyablesmoillons.
Eh ! pourquoi de la Mort précipiter les aîles ?
La tombe eſt-elle encor trop loin de nos berceaux ?
Malheureux ! eft- ce à nous que les Parques cruelles
Ont remis leurs ciſeaux ?
Mortel , que veut ce glaive en tes mains fanguinaires
?
Menace-t-il le fein des Tigres dévorans ?
Quoi ! l'Homme égorge l'Homme , affaffins mercenaires
Vendus aux Conquérans !
O fainte Humanité ! quel fpectacle fauvage
Offre à tes yeux en pleurs ce Globe malheureux ,
Tous ces fleuves de fang , ces plaines de carnage,
Et ces piéges de feux !
Sans doute Néméfis , en fes profondes nues ,
Accumulant fur nous les orages du Sort ,
Lança de toutes parts ces fléches inconnues
Au carquois de la Mort.
Affez & trop long- temps ont roulé fur nos têtes
Tous ces globes de fer qui brifent les remparts ;
Trop long- temps ont regné les homicides fêtes ,
Les jeux fanglans de Mars.
A iv
8 MERCURE DE FRANCE .
Que ces Bouches de feux ouvertes au carnage ,
Que ces Monftres d'airain fe taifent pour jamais ;
Ou grondent fans fureur , expiant leur ravage ,
Aux fêtes de la Paix .
Telle après les éclats d'un horrible tonnèrre ,
Sur les reftes grondans d'un nuage enflammé ,
La bienfaiſante Iris vient apprendre à la Tèrre
Que l'Olympe eft calmé.
Rois , enfans des Dieux , imitez leur clémence !
Un thrône bienfaiſant eft rival des autels :
Etouffez des combats la fatale femence ,
Epargnez les Mortels.
Paſteurs des Nations que le Ciel vous confie ,
Quittez ce titre augufte , ou rendez-nous heureux ;
Mais l'orgueil des Héros fouvent nous facrifie
A fes coupables voeux.
Zh !qui peut envier une palme fragile ,
S'il faut , pour la cueillir , enfanglanter fes mains ?
LOUIS , ton coeur préfére à fon éclat ſtérile
Le bonheur des Humains.
Ton Miniftre fidéle , & que Minerve inſpire ,
Va réparer de Mars les finiftres revers ;
Le moment qui rendra la Paix à ton Empire,
La rend à l'Univers .
JANVIER. 1763 . 9
Quel Mécène nouveau , jaloux de ſa mémoire ,
Raffermira des Arts les autels chancelans ?
CHOISEUL , ce fera toi ; tout Amant de la Gloire
Eft Ami des Talens.
O PAIX , divine Paix fi long-temps implorée ,
Prends du haut de l'Olympe un favorable éffor !
Et fur le front fanglant de l'Europe éplorée ,
Fixe tes aîles d'or !
Tes mains de l'Océan nous ouvrent les barrières ;
Ces Pins navigateurs , amis des Matelots ,
Vont deſcendre à ta voix de leurs forêts altières ,
Pour traverser les flots.
Par les noeuds du Commerce embraſſe les deux
Mondes ;
Et des climats de l'Inde aux rives du Boetis ,
Guide nos pavillons fur les vagues profondes
De l'immenfe Thétis.
Tes regards ont calmé l'orageuſe Angleterre ;
Les Peuples du Soleil , enfans des vaſtes Eaux ,
Ne verront plus fortir & la foudre & la guèrre
Des flancs de ſes vaiffeaux.
Aux deux Mondes rivaux donne un juſte équilibre,
Rends les Peuples heureux & les Rois citoyens :
Exile tous les maux ; le bonheur d'être libce
Eft le premier des biens.
1
A v
10 MERCURE DE FRANCE.
Eh ! peux-tu , fans pitié voir un or tyrannique
De l'Africain fervile acheter les malheurs?
L'Humanité qu'outrage un abus politique
Te préfente fes pleurs.
Des enfans du Niger affranchis le rivage ;
De la Nature entin ofe venger les droits :
Fais que l'Humanité , briſant leur esclavage ,
Signe aux Traités des Rois .
L'Univers te rappelle , aimable Fugitive ;
Enchaîne la Difcorde aux Autels dé Janus :
Brife les noirs Cyprès , & joins ta douce olive
Aux myrthes de Vénus .
De pampres & de fleurs tu couronnes la Tèrre ;
Les Bergers conduiront leurs paifibles troupeaux ,
Où Mars tendit fes camps , où grondoit fon tonnèrre
,
Où flottoient fes drapeaux.
O que
de fils rendus à leurs mères tremblantes !
Que d'époufes en pleurs reverront leurs époux ,
* M. de Montefquieu , ce Légiflateur de l'Humanité
, dit au fujet de la Traite des Négres :
» Ne viendrait il pas dans la tête des Princes
» d'Europe qui font entr'eux tant de conven-
> tions , d'en faire une générale en faveur de la
>> miféricorde & de la pitié ? Liv . 15. chap . 5. de
"Efprit des Loix.
JANVIER. 1763 . II
Et ne pâliront plus aux nouvelles fanglantes
De Bellone en courroux !
Ta fouris & de Mars domptant la fière audace
Tu vois fuir les combats devant tes yeux fereins
Ton afpect fait tomber la guèrre & la menace
Du front des Souverains.
Ainfi , quand les Zéphyrs , fur leur aile fleurie ,
Raménent l'Alcyon , doux efpoir des Nochers ,
Le flot grondant s'appaife , & roule fans furie
Du fommet des rochers.
UN léger Tourbillon , prémices des orages ,
A peine de Cérès fait courber les épis ,
Qu'il vole fur les mers éveiller les naufrages
Et les flots affoupis.
C'eft ainfi que voilant fa funefte origine ,
La Guèrre , qui dans l'ombre alluma fes fambeaux
,
II. Vol. A iij
6 MERCURE DE FRANCE .
Vint changer tout-à- coup nos Palais en ruine ,
Et la Tèrre en tombeaux.
J'aivuMars, jeཏུ མl'ai vû, des fommets du Rodope ,
Précipiter fon char & les courfiers fougueux ;
Je t'ai vue , ô Bellone ! épouvanter l'Europe
Detes cris belliqueux .
Ah ! périffe le jour où la Sprée infultante ,
Pareille à ces torrens échappés de l'Etna ,
Vint choquer fa rivale , éperdue & tremblante ,
Aux rochers de Pyrna . *
*
Depuis ce jour fanglant , ô que de jours funeftes
Ont épuifé fur nous leurs tragiques horreurs ,
Les crimes , les revers , les vengeances céleſtes ,
Et nos propres fureurs.
Organe de la Mort , la trompette éffrayante
Appelloit aux combats & la Tèrre & les Mers ;
Et l'Amérique a vû l'Europe foudroyante
Tonner dans les déferts.
Alors furent changés en glaives homicides
Le foc de Triptolème & la faulx de Cérès :
Aux yeux du Laboureur le char des Euménides
Sillonna les guérêts.
Sept fois l'Eté brûlant , fept ois l'humide
tomne ,
* Invafion en Saxe.
JANVIER. 1763. 7
Sept fois le fombre Hyver entouré de glaçons ,
Vit l'affreufe Atropos faire aux champs de Bellone
D'éffroyablesmoillons.
Eh ! pourquoi de la Mort précipiter les aîles ?
La tombe eſt-elle encor trop loin de nos berceaux ?
Malheureux ! eft- ce à nous que les Parques cruelles
Ont remis leurs ciſeaux ?
Mortel , que veut ce glaive en tes mains fanguinaires
?
Menace-t-il le fein des Tigres dévorans ?
Quoi ! l'Homme égorge l'Homme , affaffins mercenaires
Vendus aux Conquérans !
O fainte Humanité ! quel fpectacle fauvage
Offre à tes yeux en pleurs ce Globe malheureux ,
Tous ces fleuves de fang , ces plaines de carnage,
Et ces piéges de feux !
Sans doute Néméfis , en fes profondes nues ,
Accumulant fur nous les orages du Sort ,
Lança de toutes parts ces fléches inconnues
Au carquois de la Mort.
Affez & trop long- temps ont roulé fur nos têtes
Tous ces globes de fer qui brifent les remparts ;
Trop long- temps ont regné les homicides fêtes ,
Les jeux fanglans de Mars.
A iv
8 MERCURE DE FRANCE .
Que ces Bouches de feux ouvertes au carnage ,
Que ces Monftres d'airain fe taifent pour jamais ;
Ou grondent fans fureur , expiant leur ravage ,
Aux fêtes de la Paix .
Telle après les éclats d'un horrible tonnèrre ,
Sur les reftes grondans d'un nuage enflammé ,
La bienfaiſante Iris vient apprendre à la Tèrre
Que l'Olympe eft calmé.
Rois , enfans des Dieux , imitez leur clémence !
Un thrône bienfaiſant eft rival des autels :
Etouffez des combats la fatale femence ,
Epargnez les Mortels.
Paſteurs des Nations que le Ciel vous confie ,
Quittez ce titre augufte , ou rendez-nous heureux ;
Mais l'orgueil des Héros fouvent nous facrifie
A fes coupables voeux.
Zh !qui peut envier une palme fragile ,
S'il faut , pour la cueillir , enfanglanter fes mains ?
LOUIS , ton coeur préfére à fon éclat ſtérile
Le bonheur des Humains.
Ton Miniftre fidéle , & que Minerve inſpire ,
Va réparer de Mars les finiftres revers ;
Le moment qui rendra la Paix à ton Empire,
La rend à l'Univers .
JANVIER. 1763 . 9
Quel Mécène nouveau , jaloux de ſa mémoire ,
Raffermira des Arts les autels chancelans ?
CHOISEUL , ce fera toi ; tout Amant de la Gloire
Eft Ami des Talens.
O PAIX , divine Paix fi long-temps implorée ,
Prends du haut de l'Olympe un favorable éffor !
Et fur le front fanglant de l'Europe éplorée ,
Fixe tes aîles d'or !
Tes mains de l'Océan nous ouvrent les barrières ;
Ces Pins navigateurs , amis des Matelots ,
Vont deſcendre à ta voix de leurs forêts altières ,
Pour traverser les flots.
Par les noeuds du Commerce embraſſe les deux
Mondes ;
Et des climats de l'Inde aux rives du Boetis ,
Guide nos pavillons fur les vagues profondes
De l'immenfe Thétis.
Tes regards ont calmé l'orageuſe Angleterre ;
Les Peuples du Soleil , enfans des vaſtes Eaux ,
Ne verront plus fortir & la foudre & la guèrre
Des flancs de ſes vaiffeaux.
Aux deux Mondes rivaux donne un juſte équilibre,
Rends les Peuples heureux & les Rois citoyens :
Exile tous les maux ; le bonheur d'être libce
Eft le premier des biens.
1
A v
10 MERCURE DE FRANCE.
Eh ! peux-tu , fans pitié voir un or tyrannique
De l'Africain fervile acheter les malheurs?
L'Humanité qu'outrage un abus politique
Te préfente fes pleurs.
Des enfans du Niger affranchis le rivage ;
De la Nature entin ofe venger les droits :
Fais que l'Humanité , briſant leur esclavage ,
Signe aux Traités des Rois .
L'Univers te rappelle , aimable Fugitive ;
Enchaîne la Difcorde aux Autels dé Janus :
Brife les noirs Cyprès , & joins ta douce olive
Aux myrthes de Vénus .
De pampres & de fleurs tu couronnes la Tèrre ;
Les Bergers conduiront leurs paifibles troupeaux ,
Où Mars tendit fes camps , où grondoit fon tonnèrre
,
Où flottoient fes drapeaux.
O que
de fils rendus à leurs mères tremblantes !
Que d'époufes en pleurs reverront leurs époux ,
* M. de Montefquieu , ce Légiflateur de l'Humanité
, dit au fujet de la Traite des Négres :
» Ne viendrait il pas dans la tête des Princes
» d'Europe qui font entr'eux tant de conven-
> tions , d'en faire une générale en faveur de la
>> miféricorde & de la pitié ? Liv . 15. chap . 5. de
"Efprit des Loix.
JANVIER. 1763 . II
Et ne pâliront plus aux nouvelles fanglantes
De Bellone en courroux !
Ta fouris & de Mars domptant la fière audace
Tu vois fuir les combats devant tes yeux fereins
Ton afpect fait tomber la guèrre & la menace
Du front des Souverains.
Ainfi , quand les Zéphyrs , fur leur aile fleurie ,
Raménent l'Alcyon , doux efpoir des Nochers ,
Le flot grondant s'appaife , & roule fans furie
Du fommet des rochers.
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Résumé : ODE SUR LA PAIX.
L'ode 'Sur la Paix' décrit les ravages de la guerre et appelle à la paix. Elle commence par comparer les prémices des orages et leurs dangers à la guerre, qui détruit tout sur son passage. L'auteur évoque Mars et Bellone, déesses de la guerre, semant la terreur en Europe. Il rappelle un jour funeste où la Sprée, en crue, a causé des ravages, symbolisant les conflits destructeurs. Depuis ce jour, de nombreux jours funestes ont épuisé leurs horreurs sur l'humanité, avec des crimes, des revers, des vengeances célestes et des fureurs humaines. La trompette de la mort appelait aux combats sur terre et sur mer, et l'Amérique a vu l'Europe foudroyante tonner dans les déserts. Les outils de paix, comme le soc de Triptolème et la faucille de Cérès, ont été transformés en armes meurtrières. Pendant sept étés, sept automnes et sept hivers, la guerre a ravagé les champs de bataille. L'auteur dénonce les hommes qui s'entretuent, devenus des mercenaires au service des conquérants. L'humanité est présentée comme un spectacle sauvage, avec des fleuves de sang et des plaines de carnage. Némésis, déesse de la vengeance, a accumulé les malheurs sur l'humanité. Les armes de guerre, comme les bouches à feu et les monstres d'airain, doivent se taire pour toujours ou expié leur ravage lors des fêtes de la paix. L'auteur appelle les rois à imiter la clémence des dieux et à étouffer la semence des combats. Il loue le roi Louis et son ministre Choiseul pour leurs efforts en faveur de la paix. La paix est comparée à Iris, qui annonce la fin de l'orage après un tonnerre. L'ode se termine par un appel à la paix, qui doit ouvrir les barrières de l'Océan et embrasser les deux mondes par les nœuds du commerce. La paix doit calmer les conflits, rendre les peuples heureux et les rois citoyens, et exiler tous les maux. L'auteur dénonce également l'esclavage et appelle à l'affranchissement des peuples opprimés. La paix doit enchaîner la discorde et couronner la terre de pampres et de fleurs, permettant aux bergers de conduire leurs troupeaux en paix.
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11737
p. 11
VERS envoyés à Madame la Marquise de P **, avec l'Ode sur la Paix.
Début :
Il fut une Déesse aimable Qui permit aux Beaux-Arts de lui faire la cour. [...]
Mots clefs :
Fable, Minerve, Beaux-arts
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : VERS envoyés à Madame la Marquise de P **, avec l'Ode sur la Paix.
VERS envoyés à Madame la Marquife
de P ** , avec l'Ode fur la Paix.
Il fut une Déeffe aimable L
Qui permit aux Beaux- Arts de lui faire la cour.
C'étoit Minerve , à ce que dit la Fable ;
***
de P ** , avec l'Ode fur la Paix.
Il fut une Déeffe aimable L
Qui permit aux Beaux- Arts de lui faire la cour.
C'étoit Minerve , à ce que dit la Fable ;
***
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11738
p. 11-13
ÉTRENNE à Madame de M ***.
Début :
DANS ces jours de fadeur, de fausseté, d'ennui,Chacun à l'envi vous présente [...]
Mots clefs :
Rimer, Madrigal, Chien, Plaisir
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ÉTRENNE à Madame de M ***.
ETRENNE à Madame de M ***
DANS ANS ces jours de fadeur , de faulleté, d'ennui,
Chacun à l'envi vous prétente
Quelque inutilité brillante
Que très- atilement pour luit
L'industrieux Dulacq invente.
A vi
12 MERCURE DE FRANCE .
Peut-ètre aufli quelqu'un vous offre- t- il des vers ;
Car le talent aifé de rimer fans génie,
De mille honnêtes gens eft le commun travers .
Moi-même j'ai par fois cette froide manie:
Cependant n'en redoutez rien .
J'ai fait un Madrigal , mais c'eſt pour votre chien.
A MEDOR.
Chien favori d'une Vénus- Minerve ,
A qui le Ciel prodigua fans réferve
Le don de plaire & celui d'éclairer ,
Reçois avec mes voeux ces bonbons pour Etrenne,
Et compte que pour t'en bourrer ,
J'en aurai toujours poche pleine ;
Mais j'ai besoin de ton fecours :
Tu fçais te faire entendre à ta belle maîtreffe.
Pour la rendre attentive invente quelques tours ;
Puis remuant la queue en figne de careſſe ,
D'un air tendre & flateur jappe - lui ce Difcours :
Vous qui fçavez unir par un rare aſſemblage
La vérité des fentimens ,
Et la candeur du premier âge
A tout l'efprit des derniers temps !
Celui qui près de vous follicite mon zéle ,
Eft foumis , attaché , fidéle ;
Son mérite eft d'aimer ; c'eſt auffi tout le mien :
Traitez- le comme votre chien.
AUTRE A GLY CERE .
Voici les voeux que mon coeur forme :
JANVIER. 1763. 13
Le bonheur de Glycère eft mon premier defir ;
Que fans opium elle dorme ;
Que l'affreufe douleur ne vienne plus faifir
Un corps charmant dont à plaifir
Les Grâces ont moulé la forme.
Dieux , épuifez fur moi toute votre rigueur ,
Mais ne déchirez plus une fi belle trame ;
Ne livrez point à la douleur
Des jours que le plaifir reclame.
Si Glycère pouffe an ſoupir ,
Que ce loupir pouflé foit enfant du defir.
S'il échappe des pleurs à l'aimable Glycère ,
Que ce foit le Dieu de Cythère
Qui mouille fes beaux yeux des larmes du plaifir.
Toi qui feras couler ces précieuſes larmes ,
Mortel favorifé des Dieux ,
Je t'enviraî , fans doute un fort fi plein de charmes !
N'importe , fois-en digne , & je mourrai joieux.
Je connois le coeur de Glycère :
Mais s'il fe peut , qu'un tel coeur foit à toi .
Tu fauras mieux que moi lui plaire ;
Puiffes-tu l'aimer comme moi ! ..
DANS ANS ces jours de fadeur , de faulleté, d'ennui,
Chacun à l'envi vous prétente
Quelque inutilité brillante
Que très- atilement pour luit
L'industrieux Dulacq invente.
A vi
12 MERCURE DE FRANCE .
Peut-ètre aufli quelqu'un vous offre- t- il des vers ;
Car le talent aifé de rimer fans génie,
De mille honnêtes gens eft le commun travers .
Moi-même j'ai par fois cette froide manie:
Cependant n'en redoutez rien .
J'ai fait un Madrigal , mais c'eſt pour votre chien.
A MEDOR.
Chien favori d'une Vénus- Minerve ,
A qui le Ciel prodigua fans réferve
Le don de plaire & celui d'éclairer ,
Reçois avec mes voeux ces bonbons pour Etrenne,
Et compte que pour t'en bourrer ,
J'en aurai toujours poche pleine ;
Mais j'ai besoin de ton fecours :
Tu fçais te faire entendre à ta belle maîtreffe.
Pour la rendre attentive invente quelques tours ;
Puis remuant la queue en figne de careſſe ,
D'un air tendre & flateur jappe - lui ce Difcours :
Vous qui fçavez unir par un rare aſſemblage
La vérité des fentimens ,
Et la candeur du premier âge
A tout l'efprit des derniers temps !
Celui qui près de vous follicite mon zéle ,
Eft foumis , attaché , fidéle ;
Son mérite eft d'aimer ; c'eſt auffi tout le mien :
Traitez- le comme votre chien.
AUTRE A GLY CERE .
Voici les voeux que mon coeur forme :
JANVIER. 1763. 13
Le bonheur de Glycère eft mon premier defir ;
Que fans opium elle dorme ;
Que l'affreufe douleur ne vienne plus faifir
Un corps charmant dont à plaifir
Les Grâces ont moulé la forme.
Dieux , épuifez fur moi toute votre rigueur ,
Mais ne déchirez plus une fi belle trame ;
Ne livrez point à la douleur
Des jours que le plaifir reclame.
Si Glycère pouffe an ſoupir ,
Que ce loupir pouflé foit enfant du defir.
S'il échappe des pleurs à l'aimable Glycère ,
Que ce foit le Dieu de Cythère
Qui mouille fes beaux yeux des larmes du plaifir.
Toi qui feras couler ces précieuſes larmes ,
Mortel favorifé des Dieux ,
Je t'enviraî , fans doute un fort fi plein de charmes !
N'importe , fois-en digne , & je mourrai joieux.
Je connois le coeur de Glycère :
Mais s'il fe peut , qu'un tel coeur foit à toi .
Tu fauras mieux que moi lui plaire ;
Puiffes-tu l'aimer comme moi ! ..
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Résumé : ÉTRENNE à Madame de M ***.
Le texte est une lettre poétique adressée à Madame de M***, exprimant des vœux pour la nouvelle année. L'auteur critique les cadeaux inutiles et les vers sans génie souvent offerts en cette période. Il mentionne avoir écrit un madrigal destiné au chien de Madame de M***, nommé Médor. Ce poème loue les qualités de son maître et exprime le souhait que Médor intercéde en faveur de l'auteur auprès de sa maîtresse. L'auteur souhaite que Madame de M*** soit heureuse et épargnée par la douleur. Il exprime également des vœux pour Glycère, espérant qu'elle connaisse le bonheur et que ses larmes soient celles du plaisir. L'auteur conclut en exprimant son envie que Glycère soit aimée et heureuse, même s'il n'est pas l'élu de son cœur.
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11739
p. 13-14
A Madame la Présidente CH ..... en lui envoyant la clef de l'Œuvre de S. Paul.
Début :
AIMABLE, vertueuse, & jeune Présidente Un Exmarguillier vous présente, [...]
Mots clefs :
Prières, Clef
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texteReconnaissance textuelle : A Madame la Présidente CH ..... en lui envoyant la clef de l'Œuvre de S. Paul.
A Madame la Préfidente CH ..... en lui
envoyant la clefde l'OEuvre de S. Paul.
AIMABLE , vertueuſe , & jeune Préſidente
Un Exmarguillier vous préſente ,
14 MERCURE DE FRANCE.
La clef de ces bancs deftinés
Aux notables prédestinés.
Vous y verrez Befeaux , Quêteurs, Marchands du
Temple ,
Et nos petits Bourgeois gonflés de Pains - benis ;
Mais fi tout , de trop près , dans le monde on
contemple ,
Tout jufques au plaifir entraîne les foucis.
Si d'un foible préfent vos mains reconnoiffantes
Faifoient verfer fur moi vos priéres ferventes ;
Cette clef qui chez moi n'eft pas d'un fort grand
prix ,
Me deviendra chez vous la clef du Paradis.
P. M. B....
envoyant la clefde l'OEuvre de S. Paul.
AIMABLE , vertueuſe , & jeune Préſidente
Un Exmarguillier vous préſente ,
14 MERCURE DE FRANCE.
La clef de ces bancs deftinés
Aux notables prédestinés.
Vous y verrez Befeaux , Quêteurs, Marchands du
Temple ,
Et nos petits Bourgeois gonflés de Pains - benis ;
Mais fi tout , de trop près , dans le monde on
contemple ,
Tout jufques au plaifir entraîne les foucis.
Si d'un foible préfent vos mains reconnoiffantes
Faifoient verfer fur moi vos priéres ferventes ;
Cette clef qui chez moi n'eft pas d'un fort grand
prix ,
Me deviendra chez vous la clef du Paradis.
P. M. B....
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Résumé : A Madame la Présidente CH ..... en lui envoyant la clef de l'Œuvre de S. Paul.
P. M. B., ancien marguillier, adresse une lettre à la présidente CH, qu'il admire pour sa jeunesse, son amabilité et sa vertu. Il lui offre la clé des bancs des notables, où elle verra divers personnages. Il la met en garde contre les dangers des plaisirs du monde et espère que ses prières transforment cette clé en clé du Paradis.
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11740
p. 14-15
LE MAQUIGNON, FABLE.
Début :
CHEZ un Maquignon mon voisin Je ne voyois jamais étriller que des rosses. [...]
Mots clefs :
Carrosses, Secret
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LE MAQUIGNON, FABLE.
LE MAQUIGNON,
FABLE.
CHEZ un Maquignon mon voifin
Je ne voyois jamais étriller que des roffes.
Cependant maint gens à carroffes
En achetoient foir & matin
Quel est votre fecret , dis - je au Maître Gonin ,
Pour vendre ainfi vos haridelles ?
J'ai , dit -il , magazin de houffes des plus belles ,
Je les leur jette fur le dos ,
Je les bride bien haut , en avant je les pouffe ,
JANVIER. 1763 . 15
Je manége vingt pas , elles plaifent aux Sots.
Que j'ai vû depuis ce propos ,
De roffes fous de belles houffes !
Par le même.
FABLE.
CHEZ un Maquignon mon voifin
Je ne voyois jamais étriller que des roffes.
Cependant maint gens à carroffes
En achetoient foir & matin
Quel est votre fecret , dis - je au Maître Gonin ,
Pour vendre ainfi vos haridelles ?
J'ai , dit -il , magazin de houffes des plus belles ,
Je les leur jette fur le dos ,
Je les bride bien haut , en avant je les pouffe ,
JANVIER. 1763 . 15
Je manége vingt pas , elles plaifent aux Sots.
Que j'ai vû depuis ce propos ,
De roffes fous de belles houffes !
Par le même.
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Résumé : LE MAQUIGNON, FABLE.
La fable 'Le Maquignon' décrit un maquignon vendant des chevaux de mauvaise qualité. Il les orne de housses élégantes, les bride haut et les fait marcher pour les rendre attrayants. L'observateur conclut en ayant vu de nombreux chevaux de mauvaise qualité ornés de belles housses, soulignant la tromperie par l'apparence.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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11741
p. 39
MORALITÉ.
Début :
UN Philosophe très-moderne, [...]
Mots clefs :
Grand, Petit, Jugements
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORALITÉ.
MORALITE .
UNN Philofophe très-moderne ,
Non de ceux qui portent lanterne
Comme un Cynique d'autrefois ,
Mais quoique franc , moins diſcourtois ;
Interrogé fur cette différence
Des jugemens que portent , même en France ,
Le Grand & le Petit , fouvent fur même cas...
» Hélas ! dit il , ne vous étonnez pas ,
» Quelle que foit leur vue ou leur ſcience ,
» Dé les trouver à toute heure en défaut.
» L'un voit tout de trop bas , & l'autre de trop
» haut.
D. L. P....
UNN Philofophe très-moderne ,
Non de ceux qui portent lanterne
Comme un Cynique d'autrefois ,
Mais quoique franc , moins diſcourtois ;
Interrogé fur cette différence
Des jugemens que portent , même en France ,
Le Grand & le Petit , fouvent fur même cas...
» Hélas ! dit il , ne vous étonnez pas ,
» Quelle que foit leur vue ou leur ſcience ,
» Dé les trouver à toute heure en défaut.
» L'un voit tout de trop bas , & l'autre de trop
» haut.
D. L. P....
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11742
p. 55-56
AVIS AU PUBLIC.
Début :
L'incertitude où l'on eft souvent à Paris & dans les Provinces, sur les [...]
Mots clefs :
Incertitude, Deuils, Billet imprimé, Prix de l'abonnement, S'abonner, Année d'abonnement, Bureau pour les abonnements de Paris, Provinces
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVIS AU PUBLIC.
AVIS AU PUBLIC
" L'incertitude où l'on eft fouvent à
» Paris & dans les Provinces , fur les
» jours que fe prennent & fe quittent
» les Deuils de Cour , a fourni l'idée
» d'en informer éxactement le Public .
" On fe propofe de les annoncer par un
» billet imprimé qui fera envoyé à Paris
» par la petite Pofte ; lequel contiendra
» 1 ° . le nom & les qualités du Prince ou
» de la Princeffe dout on devra porter
» le deuil . 2°. Les autres particularités
» d'étiquette , quand il y en aura. 3º . Les
»jours fixés pour le prendre & le quitter .
" Le prix de l'Abonnement , pour
» Paris , n'eft que de 3 liv . par an , && 3
» pour les Provinces , de 6 liv . attendu
» que les avis feront envoyés francs de
» port.
Ceux qui voudront s'abonner
» payeront d'avance : leurs noms , qua-
» lités & demeure feront infcrits fur un
registre . L'année d'Abonnement com-
» mencera du jour que l'argent aura été
» reçu .
» Le Bureau pour les abonnemens de
» Paris eft établi rue & vis - à - vis la
» Monnoie , chez le fieur ROUGEUX ,
» Marchand Miroitier , au grand Prieur
» de France . " Civ
56 MERCURE DE FRANCE .
» Pour les Provinces , les Lettres de-
» vront être adreffées , port franc , ainfi
» que l'argent , à M. DUBOIS , rue d'En-
» fer , vis-à-vis la rue S. Thomas > à
» Paris . On ne recevra ni les Lettres ni
» l'argent qui n'auront point été affian-
» chis.
" L'incertitude où l'on eft fouvent à
» Paris & dans les Provinces , fur les
» jours que fe prennent & fe quittent
» les Deuils de Cour , a fourni l'idée
» d'en informer éxactement le Public .
" On fe propofe de les annoncer par un
» billet imprimé qui fera envoyé à Paris
» par la petite Pofte ; lequel contiendra
» 1 ° . le nom & les qualités du Prince ou
» de la Princeffe dout on devra porter
» le deuil . 2°. Les autres particularités
» d'étiquette , quand il y en aura. 3º . Les
»jours fixés pour le prendre & le quitter .
" Le prix de l'Abonnement , pour
» Paris , n'eft que de 3 liv . par an , && 3
» pour les Provinces , de 6 liv . attendu
» que les avis feront envoyés francs de
» port.
Ceux qui voudront s'abonner
» payeront d'avance : leurs noms , qua-
» lités & demeure feront infcrits fur un
registre . L'année d'Abonnement com-
» mencera du jour que l'argent aura été
» reçu .
» Le Bureau pour les abonnemens de
» Paris eft établi rue & vis - à - vis la
» Monnoie , chez le fieur ROUGEUX ,
» Marchand Miroitier , au grand Prieur
» de France . " Civ
56 MERCURE DE FRANCE .
» Pour les Provinces , les Lettres de-
» vront être adreffées , port franc , ainfi
» que l'argent , à M. DUBOIS , rue d'En-
» fer , vis-à-vis la rue S. Thomas > à
» Paris . On ne recevra ni les Lettres ni
» l'argent qui n'auront point été affian-
» chis.
Fermer
Résumé : AVIS AU PUBLIC.
L'avis informe le public de l'incertitude concernant les jours de deuil à la cour à Paris et dans les provinces. Pour résoudre ce problème, il est proposé d'annoncer les deuils par un billet imprimé envoyé par la petite poste. Ce billet inclura le nom et les qualités du prince ou de la princesse concerné, les particularités d'étiquette, ainsi que les jours pour prendre et quitter le deuil. Le prix de l'abonnement est fixé à 3 livres par an pour Paris et à 6 livres pour les provinces, avec les avis envoyés francs de port. Les abonnés doivent payer d'avance et leurs informations seront inscrites sur un registre. L'année d'abonnement commence à la réception de l'argent. À Paris, le bureau pour les abonnements est situé rue et vis-à-vis la Monnoie, chez le sieur ROUGEUX, Marchand Miroitier, au grand Prieur de France. Pour les provinces, les lettres et l'argent doivent être adressés à M. DUBOIS, rue d'Enfer, vis-à-vis la rue Saint Thomas à Paris, avec une mention d'affranchissement.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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11743
p. 57-58
PORTRAIT de Madame.
Début :
UN esprit formé pour plaire, [...]
Mots clefs :
Séducteur, Naïf, Plaire, Amitié, Amour
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texteReconnaissance textuelle : PORTRAIT de Madame.
PORTRAIT de Madame, b
UN efprit formé pour plaire ,
Uir langage féducteur, ✅ " shitill un??
Un ton naif enchanteur
Et le plus beau caractère.
12. a
Un coeur ou regnent encor
Les vertus de l'Age d'or ;
Où l'amitié fimple & pure
Sans ornement & fans fard
Fait honneur à la Nature a
Sans rien emprunter de l'art.
Un vifage GE ou l'on voit l'âme
Brillante de milfe attraits
21
Des yeux pleins de cette fâme
Où l'Amour forge les traits.
Une bouche où l'innocence
Sourit avec agrément
I
Cv
58 MERCURE DE FRANCE.
Au baifer que la décence
N'accorde qu'au fentiment ;
1. Un fein dont l'éclat efface 11.
Et les Rofes & les Lys ;
La taille & l'air d'une Grâce
Et fon charmant coloris ;
Tel eft le portrait d'Iris.
UN efprit formé pour plaire ,
Uir langage féducteur, ✅ " shitill un??
Un ton naif enchanteur
Et le plus beau caractère.
12. a
Un coeur ou regnent encor
Les vertus de l'Age d'or ;
Où l'amitié fimple & pure
Sans ornement & fans fard
Fait honneur à la Nature a
Sans rien emprunter de l'art.
Un vifage GE ou l'on voit l'âme
Brillante de milfe attraits
21
Des yeux pleins de cette fâme
Où l'Amour forge les traits.
Une bouche où l'innocence
Sourit avec agrément
I
Cv
58 MERCURE DE FRANCE.
Au baifer que la décence
N'accorde qu'au fentiment ;
1. Un fein dont l'éclat efface 11.
Et les Rofes & les Lys ;
La taille & l'air d'une Grâce
Et fon charmant coloris ;
Tel eft le portrait d'Iris.
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Résumé : PORTRAIT de Madame.
Le texte décrit Madame, une femme au langage séduisant et au caractère agréable. Son visage reflète son âme, ses yeux brillent d'amour, et son sourire est innocent. Elle incarne l'amitié pure et son apparence éclipse les roses et les lys. Son allure est gracieuse. Ce portrait est celui d'Iris.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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11744
p. 58-59
COUPLETS à Mlle *** à l'accasion d'un Narcisse qu'elle avoit donné la veille à l'Auteur.
Début :
Quand ta main, jeune Clarice, [...]
Mots clefs :
Tige, Douleur, Amour
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : COUPLETS à Mlle *** à l'accasion d'un Narcisse qu'elle avoit donné la veille à l'Auteur.
COUPLETS à Mlle *** à l'accafion
d'un Narciffe qu'elle avoit donné la
veille à l'Auteur.
2
Sur l'air de la Romance : On ne s'ayifejamais
Q
t
depotout.a noi nu
Sábana ussd aria of
UAND ta main , jeune Clarice ,
1009 1er get to 1222 AU
A mon chapeau , fans deffein
Vient attacher ce Narciffe
Dont tu
116352 parois ton beau fein
De fa feuille qui voltige ,
Vois-tu flétrir la couleur ?
JIET SA
"
Vois-tu s'incliner fa tige
L
Pour te peindre fa douleur?
233
Dans le clair d'une onde vive
Le beau Narciffe un beau jour
#dored snU
Pour fon ombre fugitive
Se fentit bruler d'amour ;
70
JANVIER. 1763.
59
En cent façons à foi-même ,
Cent fois il cherche à s'unir :
Touchés de la peine extrême
Les Dieux fçurent la finir.
Plus heureux quand je me mire
Dans le criſtal de tes yeux ,
Mon coeur tranſporté t'admire ,
Je crois lire dans les Cieux ;
Mais de mes tourmens , Clarice,
Loin de vouloir me guérir ,
Plus jaune , hélas ! qu'un Narciffe
Voudrois- tu me voir périr?
d'un Narciffe qu'elle avoit donné la
veille à l'Auteur.
2
Sur l'air de la Romance : On ne s'ayifejamais
Q
t
depotout.a noi nu
Sábana ussd aria of
UAND ta main , jeune Clarice ,
1009 1er get to 1222 AU
A mon chapeau , fans deffein
Vient attacher ce Narciffe
Dont tu
116352 parois ton beau fein
De fa feuille qui voltige ,
Vois-tu flétrir la couleur ?
JIET SA
"
Vois-tu s'incliner fa tige
L
Pour te peindre fa douleur?
233
Dans le clair d'une onde vive
Le beau Narciffe un beau jour
#dored snU
Pour fon ombre fugitive
Se fentit bruler d'amour ;
70
JANVIER. 1763.
59
En cent façons à foi-même ,
Cent fois il cherche à s'unir :
Touchés de la peine extrême
Les Dieux fçurent la finir.
Plus heureux quand je me mire
Dans le criſtal de tes yeux ,
Mon coeur tranſporté t'admire ,
Je crois lire dans les Cieux ;
Mais de mes tourmens , Clarice,
Loin de vouloir me guérir ,
Plus jaune , hélas ! qu'un Narciffe
Voudrois- tu me voir périr?
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Résumé : COUPLETS à Mlle *** à l'accasion d'un Narcisse qu'elle avoit donné la veille à l'Auteur.
Le poème 'COUPLETS à Mlle *** à l'accafion d'un Narciffe' est adressé à Clarice. L'auteur admire un narcisse qu'elle porte et compare sa douleur à la fleur flétrie. Il évoque l'amour non réciproque du narcisse pour son reflet et souhaite se mirer dans les yeux de Clarice, craignant qu'elle ne voie ses tourments. Le poème est daté de janvier 1763.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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11745
p. 59
« LE mot de la premiere Enigme du premier volume de Janvier est Fiacre, [...] »
Début :
LE mot de la premiere Enigme du premier volume de Janvier est Fiacre, [...]
Mots clefs :
Fiacre, Tableau, Mode, Soif, Génie
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texteReconnaissance textuelle : « LE mot de la premiere Enigme du premier volume de Janvier est Fiacre, [...] »
LE mot
E mot de la premiere Enigme du
premier volume de Janvier eft Fiacre,
Celui de la feconde eft le Tableau, Celui
du premier Logogryphe eft Mode
dans lequel on trouve de , me , mode
dé , M. D. 500 , Ode , Dome. Celui du
fecond eft Soif, dont les quatre lettres
ont rendu les fix mots fuivans , io ,fi ,
if, foi , os , fi. Celui du troifiéme Lo
gogryphe eft le génie.
E mot de la premiere Enigme du
premier volume de Janvier eft Fiacre,
Celui de la feconde eft le Tableau, Celui
du premier Logogryphe eft Mode
dans lequel on trouve de , me , mode
dé , M. D. 500 , Ode , Dome. Celui du
fecond eft Soif, dont les quatre lettres
ont rendu les fix mots fuivans , io ,fi ,
if, foi , os , fi. Celui du troifiéme Lo
gogryphe eft le génie.
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11746
p. 61
AUTRE.
Début :
En certaine Contrée on m'adoroit jadis ; [...]
Mots clefs :
Oignon
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texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
EN certaine Contrée on m'adoroit jadis ;
Mais, Dieux ! que la fortune eft injufte & légére !
Arraché du ſein de ma mère ,
On me jette aujourd'hui dans un méchant taudis :
On m'écorche ; & jouet du fort & des caprices ,
On me fait éprouver cent fortes de fupplices.
Je ne fuis point, Lecteur , fenfible à mes malheurs,
Cependant mes Boureaux fouvent verfent des
pleurs.
EN certaine Contrée on m'adoroit jadis ;
Mais, Dieux ! que la fortune eft injufte & légére !
Arraché du ſein de ma mère ,
On me jette aujourd'hui dans un méchant taudis :
On m'écorche ; & jouet du fort & des caprices ,
On me fait éprouver cent fortes de fupplices.
Je ne fuis point, Lecteur , fenfible à mes malheurs,
Cependant mes Boureaux fouvent verfent des
pleurs.
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11747
p. 64-73
SÉANCE DU CHASTELET DE PARIS, du Lundi 25 Octobre 1762, & Discours prononcés par M. DE SARTINE, Lieutenant Général de Police ; par M. MOREAU, Procureur du Roi au Châtelet, faisant les fonctions d'Avocat du Roi ; & par M. CHARDON, Lieutenant Particulier, Président au Parc Civil : imprimés par les soins de Me Jean- Baptiste Courlesvaux, l'aîné, Me Jacques Roger le Comte, Me Jean - Baptiste Marye Procureurs au Châtelet & Procureurs de Communauté en éxercice, & de Me Louis Varnier, aussi Procureur au Châtelet, Syndic, à Paris, de l'Imprimerie de le Breton, premier Imprimeur ordinaire du Roi, & ordinaire de sa Communauté, rue de la Harpe, 1762, Brochure in- 4° . à la tête de laquelle se trouve le Portrait de M. d'ARGOUGES, gravé d'après l'Argiliere.
Début :
CE Recueil peut être regardé comme un monument de respect & de reconnoissance [...]
Mots clefs :
Lieutenant civil, Magistrats, Chambre du conseil, Citoyens, Procureur du roi, Religion, Éducation publique
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SÉANCE DU CHASTELET DE PARIS, du Lundi 25 Octobre 1762, & Discours prononcés par M. DE SARTINE, Lieutenant Général de Police ; par M. MOREAU, Procureur du Roi au Châtelet, faisant les fonctions d'Avocat du Roi ; & par M. CHARDON, Lieutenant Particulier, Président au Parc Civil : imprimés par les soins de Me Jean- Baptiste Courlesvaux, l'aîné, Me Jacques Roger le Comte, Me Jean - Baptiste Marye Procureurs au Châtelet & Procureurs de Communauté en éxercice, & de Me Louis Varnier, aussi Procureur au Châtelet, Syndic, à Paris, de l'Imprimerie de le Breton, premier Imprimeur ordinaire du Roi, & ordinaire de sa Communauté, rue de la Harpe, 1762, Brochure in- 4° . à la tête de laquelle se trouve le Portrait de M. d'ARGOUGES, gravé d'après l'Argiliere.
SÉANCE DU CHASTELET DE
PARIS , du Lundi 25 Octobre 1762,
& Difcours prononcés par M. DE
SARTINE , Lieutenant Général de
Police ; par M. MOREAU , Procureur
du Roi au Châtelet , faifant les fonctions
d'Avocat du
Roi
; & par
M. CHARDON , Lieutenant Partici
lier , Préfident au Parc Civil : imprimés
parles foins de M Jean- Baptifte
Courlefvaux , l'aîné , M Jacques
Roger le Comte , M Jean - Baptiffe
Marye Procureurs au Châtelet &
Procureurs de Communauté en éxercice
, & de Me Louis Varnier , auffi
Procureur au Châtelet , Syndic , à Paris
, de l'Imprimerie de le Breton , premier
Imprimeur ordinaire du Roi , &
ordinaire de fa Communauté , rue de
enbroe
JANVIER. 1763. 65
la Harpe , 1762 , Brochure in - 4° . à
la tête de laquelle fe trouve le Portrait
de M. d'ARGOUGES , gravé d'après
l'Argiliere.
CE Recueil peut être regardé comme
un monument de refpect & de reconnoiffance
, érigé par MM. les Procu
reurs du Châtelet , à la gloire de M.
d'Argouges père , qui pendant plus de
52 ans a rempli la Charge de Lieutenant
Civil , & dont la retraite les rendroit
inconfolables , fi d'un côté elle
n'étoit pas réparée par un fils digne d'un
père auquel il fuccéde , & de l'autre ,:
par la fatisfaction de voir un Magiftrat
refpectable jouir du repos qu'il a fi bien
mérité.
Trois Magiftrats refpectables par leur
place , leur probité & leurs lumières
ont été dans cette occafion les interprêtes
des fentimens du Public , en rendant à
M. d'Argouges le tribut d'éloges dû à un
Citoyen chargé d'années & de gloire ,
& qui va paffer une vieilleffe honorable
au fein d'une tranquillité qu'il a toujours
facrifiée au bien des Particuliers.
Ce fut M. De Sartine qui prononça le
premier Difcours. S'étant rendu dans
66 MERCURE DE FRANCE.
la Chambre du Confeil , il fit part à la
Compagnie qu'il préfidoit , de la Lettre
par laquelle M. d'Argouges , père , Lieutenant
Civil , lui annonçoit fa retraite ,
& il dit en parlant de ce grand Magiftrat :
»les Citoyens dont il a affuré le bon-
» heur & la fortune , les Familles qui
» lui doivent & leur union & la paix dont
» elles jouiffent , les Juges qui ont ad-
» miré fa prudence & fon équité , con-
» ferveront pour lui ce tendre fouvenir ,
» cette eſtime précieuſe qu'on a pour les
» grands hommes.
"
"
"
La Compagnie fe rendit enfuite à la
Chapelle où la Meffe fut célébrée folemnellement.
La Meffe finie , on remonta
dans la Chambre du Confeil ; & après
y avoir délibéré fur différentes affaires
on defcendit au Parc Civil. M. Chardon
qui y préfidoit , fit l'ouverture des Audiences
par la lecture des Ordonnances.
M. Moreau , Procureur du Roi , prenant
enfuite la parole , prononça un long
difcours fur les devoirs des Magiftrats ,
qu'il envifage fous trois points de vue :
ce qu'un Magiftrat doit faire pour le
Public en général , ce qu'il doit à chaque
Particulier , & ce qu'il fe doit à luimême
. Cette divifion forme les trois
parties de fon diſcours , dont la premiere
JANVIER. 1763. 67
fe fubdivife en trois autres points : les
devoirs publics d'un Magiftrat par rap
port à la Religion , aux fentimens dûs aut
Prince , & à l'union qui doit régner
entre les Concitoyens. On fent dans
quels détails l'Orateur a dû entrer , & les
bornes que nous préfcrivent les Loix de
l'Analyſe . Nous nous contenterons de
citer quelques morceaux choifis qui
pourront donner une idée de l'efprit ,
du talent & du ftyle de l'Auteur. It
fait ainfi le portrait du fanatifme. » Le
20 fanatifme audacieux marche la tête
2 haute , le front découvert ; le nom de
» Dieu eft dans fa bouche ; toute la cha-
» leur de l'amour-propre eft dans fon
» coeur. Il cherche à dompter les efprits
» en les échauffant , il prend en main le
» flambeau de la Religion , il détruit les
» temples du Dieu que le peuple adore ;
» il renverfe fes autels , & c'eft für leurs
», débris , que fumant de fang & de car
» nage , il veut en élever d'autres à fon
nidôlei ,
Le Magiftrat doit veiller à l'éducation
publique , & conféquemment doir s'op
pofer à tout fyftême d'éducation qui
pourroit allarmer les moenrs & la Religion.
» Si l'on peut craindre , dit M.
Moreau , qu'une mère aveugle , ou
68 MERCURE DE FRANCE.
N
» plutôt aveuglée par le défir de paroître
» inftruite , ne tire de fon fein l'objet de
» fa tendreffe , pour l'élever comme les
» bêtes , & le confier aux foins , de ce-
» lui qui en s'annonçant pour l'Apôtre
» de la nature, n'a travaillé, on peut le dire ,
» qu'à dénaturer & avilir ce qui en eſt le
» plus bel ornement ; c'eft au Magiftrat à
" employer toute fon autorité & l'organe
» de la juftice , afin de faire profcrire
» avec éclat l'auteur, l'ouvrage & fes fec-
» tateurs , comme autant de peftes pu
» bliques , capables par le poifon qu'ils
» répandent , d'infecter l'air le plus pur.
On aimera le morceau fuivant fur les
devoirs du Magiftrat dans les calamités
publiques: » Qu'un fléau afflige une Pro
» vince , qu'une affreufe difette la déſole
» & la dévafte que l'Ange de la mort
» étende fes aîles fur une contrée ; qu'un
» incendie fubit , en développant des
» tourbillons de flammes , répandent au
loin la confternation & l'effroi»; les
» édifices les plus fomptueux , les mo-
» numens élevés pour la postérités, les
» temples , les palais comme la maiſon
» du Citoyen & la cabane de l'Artiſan ;
» les richeffes de l'Etat comme le patrimoine
du Particulier , deviennent la
» proie d'un élément qui réduit tout en
JANVIER. 1763. 69
» cendres. Le zéle du Magiftrat le fait
» fuffire à tout ; il fe porte avec ardeur
» dans les endroits même périlleux , où
» il croit que fa préfence peut être utile.
» Quelque affecté qu'il foit du malheur
» public , le défaftre de chaque particu-
» lier ne paroît pas moins l'intéreffer ;
» chacun lui fait part de fes peines , il
les écoute avec fenfibilité ; il les par-
» tage ; & chacun eft für de trouver en
lui le confolateur le plus tendre , le plus
» zélé prote&eur , & la reffource la
» plus éfficace,
มุ
En peignant les devoirs d'un grand
Magiftrat , par une tranfition toute naturelle
, M.. Moreau paffe à l'éloge de
M. d'Argouges qui les a fi bien obfervés.
Il dit , en parlant de la retraite de
M. le Lieutenant Civil : » Dans le centre
» d'une famille jaloufe à juste titre de
" recueillir déformais tous fes momens,
» il va jouir du calme & de la paix
» connus dans les lieux où l'honneur
» & la vérité régnent , & réfervés aux
» âmes fur lefquelles les paffions n'eurent
jamais d'empire : ofons même
» nous flatter que fon affection ne fera
qu'augmenter à l'égard d'un Tribu-
» nal à la tête duquel fes exemples fem-
» blent avoir fixé pour toujours le plus
70 MERCURE DE FRANCE.
"
» ferme appui de la Juftice. Le Public
» peut y compter , foit qu'il y voye
» préfider, comme il arrive aujourd'hui,
» ceux que les droits de leur Charge y
» appellent en l'abfence du Chef, foit
» que nous foyons au moment où l'hé-
» ritier du nom de celui qui cauſe nos
» regrets , déja recommandable par lui-
» même par fes fervices au Parlement
» & dans les Confeils du Roi , va venir
» revivre parmi nous , marcher fur fes
» traces , & déja prendre part à ſa gloire.
Le Difcours de M. le Procureur du
Roi fini , M. Chardon , Lieutenant Particulier
, affis & couvert , a adreffé la
parole à MM. les Avocats , & leur a
parlé fur la décence néceffaire dans leur
profeffion. Il a fait enfuite le portrait
d'un Magiftrat , & de là , il a paffé à
l'éloge un peu étendu de M. d'Argouges
dont nous ne rapporterons ici que
les traits principaux . Revêtu de cette
place diftinguée , M. le Lieutenant
» Civil fit paroître dans un âge où la
» voix des paffions eft prèfque la feule
qui fe faffe entendre , une maturité
» qui dans la plupart des hommes n'eft
» que le fruit d'une longue expérience
» ou d'un travail de beaucoup d'années.
» Ses premieres décifions porterent le
">
"
JANVIER. 1763. 71
caractère de la prudence la plus con-
" fommée ; & fi l'on reconnoiffoit fa
» jeuneffe , ce n'étoit que par le feu
» de fon efprit , & plus encore par le
» jufte étonnement où chacun étoit de
» voir la fageffe de Neftor dans la bou-
» che d'un jeune Magiftrat qui avoità
» peine acquis fon fixiéme luftre………….
» Combien de fois affis fur le Trêne de
» la Juſtice , fes fages décifions ont- elles
» confondu l'erreur & l'impofture , &
» fait triompher la vérité ? Les voutes
» retentiffent encore des oracles qu'il a
» rendus , & des applaudiffemens qu'il
» a mérités . Mais il eft un hommage plus
" pur , peut-être moins brillant , mais
» plus flatteur pour les coeurs bienfai-
» fans , c'est celui que lui doivent les
» malheureux opprimés , à qui plus d'u-
» ne fois par fes confeils fes confeils , & même
.
par fes fecours généreux , il a fauvé
» les frais d'une inftance auffi longue
» que difpendieufe ; plus content mille
» fois d'avoir , fans autre témoin que fa
» vertu , épargné un procès à fes conci-
" toyens , que d'avoir , au milieu d'une
» Audience nombreufe , prononcé fur
» leur fort ; & plus fatisfait de goûter
» cette joie pure que reffentent fi bien
» les âmes généreufes , que d'avoir en-
M
72 MERCURE DE FRANCE.
» tendu les applaudiffemens de la mul- .
» titude .... Son fouvenir fera gravé dans
" nos âmes par les traits de la plus gran-
» de vénération. Il vivra parmi nous
» par les regrets qu'il nous laiffe ; & fi
"
"
nous ne pouvons plus jouir de fes
» exemples , nous tâcherons au moins
» de les imiter. Mais que dis-je , Mef-
» ficurs , nous ne la perdons pas ; il vit
» dans fon illuftre fils . Succeffeur de fa
» place , il l'eft auffi des vertus qui dans
» cette famille fe perpétuent ainfi que
» la Nobleffe . L'une coulera dans fon
fang , l'autre animera fon coeur . Né
» lui- même dans le fein de la Juſtice ,
» élevé fous les yeux du plus refpecta-
» ble de fes Miniftres , tout nous dit qu'il
» remplira avec éclat la carrière qui s'ou-
» vre fous fes pas .. pas.... Notre premier
" defir fera de le voir occuper longtemps
» cette place ; notre plus douce fatis-
» faction , d'applaudir à fes fuccès ; &
» s'il nous refte des regrets , ce fera de
» ne pouvoir jouir à la fois & des éxem-
» ples du pere & des talens du fils .
On peut voir par l'extrait que nous
venons de faire de ces trois difcours ,
que la vénération , le refpect & la reconnoiffance
font les fentimens de tous
-les Magiftrats , & de tous les membres
du
JANVIER. 1763 . 7%
du Châtelet , à l'égard de M. d'Argouges,
& que ces fentimens ont été exprimés
avec autant de force & de vérité , que
d'élégance , par les trois Orateurs , interprêtes
des fuffrages publics. La Communauté
des Procureurs , pour donner
au Magiftrat illuftre qu'elle a le malheur
de perdre , une marque certaine & autentique
de ces mêmes fentimens , a fait
imprimer les trois Difcours , après en
avoir obtenu le confentement des Magiftrats
qui les ont prononcés. M. le
Breton,Imprimeur, n'a rien épargné pour
donner à ce Recueil , dans l'exécution
typographique , toute la perfection que
demande un Ouvrage qui doit être pour
la Poftérité un monument de refpect &
de reconnoiffance érigé au zéle & à la
vertu .
PARIS , du Lundi 25 Octobre 1762,
& Difcours prononcés par M. DE
SARTINE , Lieutenant Général de
Police ; par M. MOREAU , Procureur
du Roi au Châtelet , faifant les fonctions
d'Avocat du
Roi
; & par
M. CHARDON , Lieutenant Partici
lier , Préfident au Parc Civil : imprimés
parles foins de M Jean- Baptifte
Courlefvaux , l'aîné , M Jacques
Roger le Comte , M Jean - Baptiffe
Marye Procureurs au Châtelet &
Procureurs de Communauté en éxercice
, & de Me Louis Varnier , auffi
Procureur au Châtelet , Syndic , à Paris
, de l'Imprimerie de le Breton , premier
Imprimeur ordinaire du Roi , &
ordinaire de fa Communauté , rue de
enbroe
JANVIER. 1763. 65
la Harpe , 1762 , Brochure in - 4° . à
la tête de laquelle fe trouve le Portrait
de M. d'ARGOUGES , gravé d'après
l'Argiliere.
CE Recueil peut être regardé comme
un monument de refpect & de reconnoiffance
, érigé par MM. les Procu
reurs du Châtelet , à la gloire de M.
d'Argouges père , qui pendant plus de
52 ans a rempli la Charge de Lieutenant
Civil , & dont la retraite les rendroit
inconfolables , fi d'un côté elle
n'étoit pas réparée par un fils digne d'un
père auquel il fuccéde , & de l'autre ,:
par la fatisfaction de voir un Magiftrat
refpectable jouir du repos qu'il a fi bien
mérité.
Trois Magiftrats refpectables par leur
place , leur probité & leurs lumières
ont été dans cette occafion les interprêtes
des fentimens du Public , en rendant à
M. d'Argouges le tribut d'éloges dû à un
Citoyen chargé d'années & de gloire ,
& qui va paffer une vieilleffe honorable
au fein d'une tranquillité qu'il a toujours
facrifiée au bien des Particuliers.
Ce fut M. De Sartine qui prononça le
premier Difcours. S'étant rendu dans
66 MERCURE DE FRANCE.
la Chambre du Confeil , il fit part à la
Compagnie qu'il préfidoit , de la Lettre
par laquelle M. d'Argouges , père , Lieutenant
Civil , lui annonçoit fa retraite ,
& il dit en parlant de ce grand Magiftrat :
»les Citoyens dont il a affuré le bon-
» heur & la fortune , les Familles qui
» lui doivent & leur union & la paix dont
» elles jouiffent , les Juges qui ont ad-
» miré fa prudence & fon équité , con-
» ferveront pour lui ce tendre fouvenir ,
» cette eſtime précieuſe qu'on a pour les
» grands hommes.
"
"
"
La Compagnie fe rendit enfuite à la
Chapelle où la Meffe fut célébrée folemnellement.
La Meffe finie , on remonta
dans la Chambre du Confeil ; & après
y avoir délibéré fur différentes affaires
on defcendit au Parc Civil. M. Chardon
qui y préfidoit , fit l'ouverture des Audiences
par la lecture des Ordonnances.
M. Moreau , Procureur du Roi , prenant
enfuite la parole , prononça un long
difcours fur les devoirs des Magiftrats ,
qu'il envifage fous trois points de vue :
ce qu'un Magiftrat doit faire pour le
Public en général , ce qu'il doit à chaque
Particulier , & ce qu'il fe doit à luimême
. Cette divifion forme les trois
parties de fon diſcours , dont la premiere
JANVIER. 1763. 67
fe fubdivife en trois autres points : les
devoirs publics d'un Magiftrat par rap
port à la Religion , aux fentimens dûs aut
Prince , & à l'union qui doit régner
entre les Concitoyens. On fent dans
quels détails l'Orateur a dû entrer , & les
bornes que nous préfcrivent les Loix de
l'Analyſe . Nous nous contenterons de
citer quelques morceaux choifis qui
pourront donner une idée de l'efprit ,
du talent & du ftyle de l'Auteur. It
fait ainfi le portrait du fanatifme. » Le
20 fanatifme audacieux marche la tête
2 haute , le front découvert ; le nom de
» Dieu eft dans fa bouche ; toute la cha-
» leur de l'amour-propre eft dans fon
» coeur. Il cherche à dompter les efprits
» en les échauffant , il prend en main le
» flambeau de la Religion , il détruit les
» temples du Dieu que le peuple adore ;
» il renverfe fes autels , & c'eft für leurs
», débris , que fumant de fang & de car
» nage , il veut en élever d'autres à fon
nidôlei ,
Le Magiftrat doit veiller à l'éducation
publique , & conféquemment doir s'op
pofer à tout fyftême d'éducation qui
pourroit allarmer les moenrs & la Religion.
» Si l'on peut craindre , dit M.
Moreau , qu'une mère aveugle , ou
68 MERCURE DE FRANCE.
N
» plutôt aveuglée par le défir de paroître
» inftruite , ne tire de fon fein l'objet de
» fa tendreffe , pour l'élever comme les
» bêtes , & le confier aux foins , de ce-
» lui qui en s'annonçant pour l'Apôtre
» de la nature, n'a travaillé, on peut le dire ,
» qu'à dénaturer & avilir ce qui en eſt le
» plus bel ornement ; c'eft au Magiftrat à
" employer toute fon autorité & l'organe
» de la juftice , afin de faire profcrire
» avec éclat l'auteur, l'ouvrage & fes fec-
» tateurs , comme autant de peftes pu
» bliques , capables par le poifon qu'ils
» répandent , d'infecter l'air le plus pur.
On aimera le morceau fuivant fur les
devoirs du Magiftrat dans les calamités
publiques: » Qu'un fléau afflige une Pro
» vince , qu'une affreufe difette la déſole
» & la dévafte que l'Ange de la mort
» étende fes aîles fur une contrée ; qu'un
» incendie fubit , en développant des
» tourbillons de flammes , répandent au
loin la confternation & l'effroi»; les
» édifices les plus fomptueux , les mo-
» numens élevés pour la postérités, les
» temples , les palais comme la maiſon
» du Citoyen & la cabane de l'Artiſan ;
» les richeffes de l'Etat comme le patrimoine
du Particulier , deviennent la
» proie d'un élément qui réduit tout en
JANVIER. 1763. 69
» cendres. Le zéle du Magiftrat le fait
» fuffire à tout ; il fe porte avec ardeur
» dans les endroits même périlleux , où
» il croit que fa préfence peut être utile.
» Quelque affecté qu'il foit du malheur
» public , le défaftre de chaque particu-
» lier ne paroît pas moins l'intéreffer ;
» chacun lui fait part de fes peines , il
les écoute avec fenfibilité ; il les par-
» tage ; & chacun eft für de trouver en
lui le confolateur le plus tendre , le plus
» zélé prote&eur , & la reffource la
» plus éfficace,
มุ
En peignant les devoirs d'un grand
Magiftrat , par une tranfition toute naturelle
, M.. Moreau paffe à l'éloge de
M. d'Argouges qui les a fi bien obfervés.
Il dit , en parlant de la retraite de
M. le Lieutenant Civil : » Dans le centre
» d'une famille jaloufe à juste titre de
" recueillir déformais tous fes momens,
» il va jouir du calme & de la paix
» connus dans les lieux où l'honneur
» & la vérité régnent , & réfervés aux
» âmes fur lefquelles les paffions n'eurent
jamais d'empire : ofons même
» nous flatter que fon affection ne fera
qu'augmenter à l'égard d'un Tribu-
» nal à la tête duquel fes exemples fem-
» blent avoir fixé pour toujours le plus
70 MERCURE DE FRANCE.
"
» ferme appui de la Juftice. Le Public
» peut y compter , foit qu'il y voye
» préfider, comme il arrive aujourd'hui,
» ceux que les droits de leur Charge y
» appellent en l'abfence du Chef, foit
» que nous foyons au moment où l'hé-
» ritier du nom de celui qui cauſe nos
» regrets , déja recommandable par lui-
» même par fes fervices au Parlement
» & dans les Confeils du Roi , va venir
» revivre parmi nous , marcher fur fes
» traces , & déja prendre part à ſa gloire.
Le Difcours de M. le Procureur du
Roi fini , M. Chardon , Lieutenant Particulier
, affis & couvert , a adreffé la
parole à MM. les Avocats , & leur a
parlé fur la décence néceffaire dans leur
profeffion. Il a fait enfuite le portrait
d'un Magiftrat , & de là , il a paffé à
l'éloge un peu étendu de M. d'Argouges
dont nous ne rapporterons ici que
les traits principaux . Revêtu de cette
place diftinguée , M. le Lieutenant
» Civil fit paroître dans un âge où la
» voix des paffions eft prèfque la feule
qui fe faffe entendre , une maturité
» qui dans la plupart des hommes n'eft
» que le fruit d'une longue expérience
» ou d'un travail de beaucoup d'années.
» Ses premieres décifions porterent le
">
"
JANVIER. 1763. 71
caractère de la prudence la plus con-
" fommée ; & fi l'on reconnoiffoit fa
» jeuneffe , ce n'étoit que par le feu
» de fon efprit , & plus encore par le
» jufte étonnement où chacun étoit de
» voir la fageffe de Neftor dans la bou-
» che d'un jeune Magiftrat qui avoità
» peine acquis fon fixiéme luftre………….
» Combien de fois affis fur le Trêne de
» la Juſtice , fes fages décifions ont- elles
» confondu l'erreur & l'impofture , &
» fait triompher la vérité ? Les voutes
» retentiffent encore des oracles qu'il a
» rendus , & des applaudiffemens qu'il
» a mérités . Mais il eft un hommage plus
" pur , peut-être moins brillant , mais
» plus flatteur pour les coeurs bienfai-
» fans , c'est celui que lui doivent les
» malheureux opprimés , à qui plus d'u-
» ne fois par fes confeils fes confeils , & même
.
par fes fecours généreux , il a fauvé
» les frais d'une inftance auffi longue
» que difpendieufe ; plus content mille
» fois d'avoir , fans autre témoin que fa
» vertu , épargné un procès à fes conci-
" toyens , que d'avoir , au milieu d'une
» Audience nombreufe , prononcé fur
» leur fort ; & plus fatisfait de goûter
» cette joie pure que reffentent fi bien
» les âmes généreufes , que d'avoir en-
M
72 MERCURE DE FRANCE.
» tendu les applaudiffemens de la mul- .
» titude .... Son fouvenir fera gravé dans
" nos âmes par les traits de la plus gran-
» de vénération. Il vivra parmi nous
» par les regrets qu'il nous laiffe ; & fi
"
"
nous ne pouvons plus jouir de fes
» exemples , nous tâcherons au moins
» de les imiter. Mais que dis-je , Mef-
» ficurs , nous ne la perdons pas ; il vit
» dans fon illuftre fils . Succeffeur de fa
» place , il l'eft auffi des vertus qui dans
» cette famille fe perpétuent ainfi que
» la Nobleffe . L'une coulera dans fon
fang , l'autre animera fon coeur . Né
» lui- même dans le fein de la Juſtice ,
» élevé fous les yeux du plus refpecta-
» ble de fes Miniftres , tout nous dit qu'il
» remplira avec éclat la carrière qui s'ou-
» vre fous fes pas .. pas.... Notre premier
" defir fera de le voir occuper longtemps
» cette place ; notre plus douce fatis-
» faction , d'applaudir à fes fuccès ; &
» s'il nous refte des regrets , ce fera de
» ne pouvoir jouir à la fois & des éxem-
» ples du pere & des talens du fils .
On peut voir par l'extrait que nous
venons de faire de ces trois difcours ,
que la vénération , le refpect & la reconnoiffance
font les fentimens de tous
-les Magiftrats , & de tous les membres
du
JANVIER. 1763 . 7%
du Châtelet , à l'égard de M. d'Argouges,
& que ces fentimens ont été exprimés
avec autant de force & de vérité , que
d'élégance , par les trois Orateurs , interprêtes
des fuffrages publics. La Communauté
des Procureurs , pour donner
au Magiftrat illuftre qu'elle a le malheur
de perdre , une marque certaine & autentique
de ces mêmes fentimens , a fait
imprimer les trois Difcours , après en
avoir obtenu le confentement des Magiftrats
qui les ont prononcés. M. le
Breton,Imprimeur, n'a rien épargné pour
donner à ce Recueil , dans l'exécution
typographique , toute la perfection que
demande un Ouvrage qui doit être pour
la Poftérité un monument de refpect &
de reconnoiffance érigé au zéle & à la
vertu .
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Résumé : SÉANCE DU CHASTELET DE PARIS, du Lundi 25 Octobre 1762, & Discours prononcés par M. DE SARTINE, Lieutenant Général de Police ; par M. MOREAU, Procureur du Roi au Châtelet, faisant les fonctions d'Avocat du Roi ; & par M. CHARDON, Lieutenant Particulier, Président au Parc Civil : imprimés par les soins de Me Jean- Baptiste Courlesvaux, l'aîné, Me Jacques Roger le Comte, Me Jean - Baptiste Marye Procureurs au Châtelet & Procureurs de Communauté en éxercice, & de Me Louis Varnier, aussi Procureur au Châtelet, Syndic, à Paris, de l'Imprimerie de le Breton, premier Imprimeur ordinaire du Roi, & ordinaire de sa Communauté, rue de la Harpe, 1762, Brochure in- 4° . à la tête de laquelle se trouve le Portrait de M. d'ARGOUGES, gravé d'après l'Argiliere.
Le 25 octobre 1762, une séance solennelle a été organisée au Châtelet de Paris pour célébrer la retraite de M. d'Argouges, Lieutenant Civil, après plus de 52 ans de service. Trois magistrats, M. de Sartine, M. Moreau et M. Chardon, ont prononcé des discours en son honneur. M. de Sartine a annoncé la retraite de M. d'Argouges et a souligné l'admiration et le respect que lui portaient les citoyens et les juges. La séance a inclus une messe solennelle et des délibérations sur diverses affaires. M. Moreau a ensuite prononcé un discours sur les devoirs des magistrats, divisé en trois parties : les devoirs envers le public, les devoirs envers chaque particulier, et les devoirs personnels. Il a insisté sur l'importance de la vigilance contre le fanatisme et la nécessité de protéger l'éducation publique et la religion. Il a également évoqué le rôle des magistrats dans les calamités publiques, soulignant leur devoir de secours et de consolation. M. Chardon a adressé la parole aux avocats sur la décence nécessaire dans leur profession et a rendu hommage à M. d'Argouges, louant sa sagesse et sa générosité. Il a souligné que M. d'Argouges avait souvent aidé les malheureux opprimés, préférant épargner des procès plutôt que de chercher des applaudissements. Les discours ont été imprimés par les procureurs du Châtelet en signe de respect et de reconnaissance envers M. d'Argouges, et pour honorer son fils, qui lui succédait.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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11747
SÉANCE DU CHASTELET DE PARIS, du Lundi 25 Octobre 1762, & Discours prononcés par M. DE SARTINE, Lieutenant Général de Police ; par M. MOREAU, Procureur du Roi au Châtelet, faisant les fonctions d'Avocat du Roi ; & par M. CHARDON, Lieutenant Particulier, Président au Parc Civil : imprimés par les soins de Me Jean- Baptiste Courlesvaux, l'aîné, Me Jacques Roger le Comte, Me Jean - Baptiste Marye Procureurs au Châtelet & Procureurs de Communauté en éxercice, & de Me Louis Varnier, aussi Procureur au Châtelet, Syndic, à Paris, de l'Imprimerie de le Breton, premier Imprimeur ordinaire du Roi, & ordinaire de sa Communauté, rue de la Harpe, 1762, Brochure in- 4° . à la tête de laquelle se trouve le Portrait de M. d'ARGOUGES, gravé d'après l'Argiliere.
11748
p. 73-76
ALMANACH ROYAL, Année 1763, contenant la Naissance des Princes & Princesses de l'Europe, les Archevêques, Evêques, Cardinaux & Abbés Commendataires, les Maréchaux de France, les Lieutenans Généraux, Maréchaux de Camp & Brigadiers des Armées, les Lieutenans Généraux des Armées Navales, Chefs d'Escadres, les Chevaliers, Commandeurs & Officiers des Ordres du Roi*, les Gouverneurs & Lieutenans Généraux des Provinces , & c ; les Conseillers du Roi, les Départemens des Secrétaires d'Etat & des Intendans des Finances, les Conseillers d'Etat les Bureaux du Conseil, les Maîtres des Requêtes, les Intendans des Provinces, la grande Chancellerie, le Grand-Conseil, le Parlement, la Chambre des Comptes, la Cour des Aydes , toutes les Cours & Jurisdictions de Paris ; l'Université, les Académies, les Bibliothèques publiques, &c ; les Fermiers Généraux, les Receveurs Généraux des Finances, les Trésoriers des Deniers Royaux, les Payeurs des Rentes & leurs Contrôleurs, la Compagnie des Indes, &c . A Paris, chez le Breton, Imprimeur ordinaire du Roi, au bas de la rue de la Harpe. Avec Approbation & Privilége du Roi. 1 vol. in-8°. 1763.
Début :
LE Titre seul de cet Ouvrage en marque l'importance & l'utilité universelle [...]
Mots clefs :
Armées navales, Intendants des finances, Cour des aides, Utilité universelle, Abrégé
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texteReconnaissance textuelle : ALMANACH ROYAL, Année 1763, contenant la Naissance des Princes & Princesses de l'Europe, les Archevêques, Evêques, Cardinaux & Abbés Commendataires, les Maréchaux de France, les Lieutenans Généraux, Maréchaux de Camp & Brigadiers des Armées, les Lieutenans Généraux des Armées Navales, Chefs d'Escadres, les Chevaliers, Commandeurs & Officiers des Ordres du Roi*, les Gouverneurs & Lieutenans Généraux des Provinces , & c ; les Conseillers du Roi, les Départemens des Secrétaires d'Etat & des Intendans des Finances, les Conseillers d'Etat les Bureaux du Conseil, les Maîtres des Requêtes, les Intendans des Provinces, la grande Chancellerie, le Grand-Conseil, le Parlement, la Chambre des Comptes, la Cour des Aydes , toutes les Cours & Jurisdictions de Paris ; l'Université, les Académies, les Bibliothèques publiques, &c ; les Fermiers Généraux, les Receveurs Généraux des Finances, les Trésoriers des Deniers Royaux, les Payeurs des Rentes & leurs Contrôleurs, la Compagnie des Indes, &c . A Paris, chez le Breton, Imprimeur ordinaire du Roi, au bas de la rue de la Harpe. Avec Approbation & Privilége du Roi. 1 vol. in-8°. 1763.
ALM AN ACH ROYAL , Année 1763 ,
contenant la Nailfance des Princes
& Princeffes de l'Europe , les Archevêques
, Evêques , Cardinaux & Abbés
Commendataires , les Maréchaux
de France , les Lieutenans Généraux,
Maréchaux de Camp & Brigadiers
des Armées , les Lieutenans Généraux
II. Vol. D
74 MERCURE DE FRANCE.
,
des Armées Navales , Chefs d'Efcadres
, les Chevaliers , Commandeurs
& Officiers des Ordres du Roi , les
Gouverneurs & Lieutenans Généraux
des Provinces , & c ; les Confeillers du
Roi , les Départemens des Secrétaires
d'Etat & des Intendans des Finances,
les Confeillers d'Etat les Bureaux
du Confeil , les Maîtres des Requêtes,
les Intendans des Provinces , la grande
Chancellerie , le Grand- Confeil , le
· Parlement , la Chambre des Comptes,
la Cour des Aydes , toutes les Cours
& Jurifdictions de Paris ; l'Univerfité
, les Académies , les Bibliothèques
publiques , &c ; les Fermiers Généraux
, les Receveurs Généraux des
Finances , les Tréforiers des Deniers
Royaux , les Payeurs des Rentes &
leurs Contrôleurs , la Compagnie des
Indes , &c . A Paris , chez le Breton ,
Imprimeur ordinaire du Roi , au bas
de la rue de la Harpe. Avec Approbation
& Privilége du Roi. 1 vol. in-
8°. 1763.
$
JANVIER. 1763. 75
L E Titre
feul
de cet
Ouvrage
en
marque l'importance & l'utilité univerfelle
. Quoique ce Livre foit extrêmement
connu , nous avons cru devoir en
faire mention , furtout après avoir parlé
dans les Mercures précédens , de prèfque
tous les autres Almanachs , aufquels
celui - ci a , pour ainfi dire , donné
la naiffance. Laurent d'Houry , Imprimeur-
Libraire , l'imagina & le donna en
1684, fous le fimple titre d'Almanach ou
de Calendrier. Louis XIV le fit demander
à l'Auteur en 1699 ; & depuis ce
temps -là d'Houry & fucceffivement fa
veuve ont eu l'honneur de le préfenter
à Sa Majefté , fous le titre d'Almanach
Royal. Le Breton , leur petit- fils , Imprimeur
ordinaire du Roi , qui a actuellement
le même honneur , y a fait depuis
1726 , que cet Ouvrage lui eft confié
, des augmentations confidérables
pour le rendre toujours plus utile &
plus digne de l'attention du Public. Il
n'eft prefque point de Lecteurs qui ne
foient dans le cas de le confulter chaque
jour ; & l'on peut dire qu'il n'y a
point de Livre de ce genre, où l'on trou
ve autant de chofes dont la connoiffance
eft abfolument néceffaire.
2
Dij
76 MERCURE DE FRANCE.
ALMAN ACH ROYAL , petit in-24,
chez le même Libraire. C'eſt l'abrégé de
l'ouvrage précédent.On n'y a inféré que
ce qui peut être d'un ufage plus fréquent
& plus journalier. Il eft très -portatif &
fatisfait dans le moment la curiofité
fur une infinité de points qui font la
matière la plus ordinaire des converfations
.
Il paroîtra au commencement de cette
année 1763 , un Almanach d'Hiftoire
naturelle , intitulé Almanach Hiftorico-
Phyfique , ou la Philofophie des Dames,
dans lequel l'Auteur a réuni ce qui lui
a paru de plus intéreffant aux curieux ,
& de plus utile à ceux qui commencent
à étudier cette Science , qui eft à préfent
fi cultivée par les Sçavans , & dont la
plupart des femmes font avec plaifir le
fujet de leurs occupations. L'Auteur,
promet auffi que des obfervations plus
particulieres le mettront en état de rendre
l'année fuivante cet Almanach beaucoup
plus intéreffant. On le trouvera
chez M. Belanger , c'eſt le nom de l'Auteur
, qui demeure rue S. Antoine , la
premiere porte-cochere après l'Eglife ;
& chez Duchefne , rue S. Jacques , au
Temple du Goût.
contenant la Nailfance des Princes
& Princeffes de l'Europe , les Archevêques
, Evêques , Cardinaux & Abbés
Commendataires , les Maréchaux
de France , les Lieutenans Généraux,
Maréchaux de Camp & Brigadiers
des Armées , les Lieutenans Généraux
II. Vol. D
74 MERCURE DE FRANCE.
,
des Armées Navales , Chefs d'Efcadres
, les Chevaliers , Commandeurs
& Officiers des Ordres du Roi , les
Gouverneurs & Lieutenans Généraux
des Provinces , & c ; les Confeillers du
Roi , les Départemens des Secrétaires
d'Etat & des Intendans des Finances,
les Confeillers d'Etat les Bureaux
du Confeil , les Maîtres des Requêtes,
les Intendans des Provinces , la grande
Chancellerie , le Grand- Confeil , le
· Parlement , la Chambre des Comptes,
la Cour des Aydes , toutes les Cours
& Jurifdictions de Paris ; l'Univerfité
, les Académies , les Bibliothèques
publiques , &c ; les Fermiers Généraux
, les Receveurs Généraux des
Finances , les Tréforiers des Deniers
Royaux , les Payeurs des Rentes &
leurs Contrôleurs , la Compagnie des
Indes , &c . A Paris , chez le Breton ,
Imprimeur ordinaire du Roi , au bas
de la rue de la Harpe. Avec Approbation
& Privilége du Roi. 1 vol. in-
8°. 1763.
$
JANVIER. 1763. 75
L E Titre
feul
de cet
Ouvrage
en
marque l'importance & l'utilité univerfelle
. Quoique ce Livre foit extrêmement
connu , nous avons cru devoir en
faire mention , furtout après avoir parlé
dans les Mercures précédens , de prèfque
tous les autres Almanachs , aufquels
celui - ci a , pour ainfi dire , donné
la naiffance. Laurent d'Houry , Imprimeur-
Libraire , l'imagina & le donna en
1684, fous le fimple titre d'Almanach ou
de Calendrier. Louis XIV le fit demander
à l'Auteur en 1699 ; & depuis ce
temps -là d'Houry & fucceffivement fa
veuve ont eu l'honneur de le préfenter
à Sa Majefté , fous le titre d'Almanach
Royal. Le Breton , leur petit- fils , Imprimeur
ordinaire du Roi , qui a actuellement
le même honneur , y a fait depuis
1726 , que cet Ouvrage lui eft confié
, des augmentations confidérables
pour le rendre toujours plus utile &
plus digne de l'attention du Public. Il
n'eft prefque point de Lecteurs qui ne
foient dans le cas de le confulter chaque
jour ; & l'on peut dire qu'il n'y a
point de Livre de ce genre, où l'on trou
ve autant de chofes dont la connoiffance
eft abfolument néceffaire.
2
Dij
76 MERCURE DE FRANCE.
ALMAN ACH ROYAL , petit in-24,
chez le même Libraire. C'eſt l'abrégé de
l'ouvrage précédent.On n'y a inféré que
ce qui peut être d'un ufage plus fréquent
& plus journalier. Il eft très -portatif &
fatisfait dans le moment la curiofité
fur une infinité de points qui font la
matière la plus ordinaire des converfations
.
Il paroîtra au commencement de cette
année 1763 , un Almanach d'Hiftoire
naturelle , intitulé Almanach Hiftorico-
Phyfique , ou la Philofophie des Dames,
dans lequel l'Auteur a réuni ce qui lui
a paru de plus intéreffant aux curieux ,
& de plus utile à ceux qui commencent
à étudier cette Science , qui eft à préfent
fi cultivée par les Sçavans , & dont la
plupart des femmes font avec plaifir le
fujet de leurs occupations. L'Auteur,
promet auffi que des obfervations plus
particulieres le mettront en état de rendre
l'année fuivante cet Almanach beaucoup
plus intéreffant. On le trouvera
chez M. Belanger , c'eſt le nom de l'Auteur
, qui demeure rue S. Antoine , la
premiere porte-cochere après l'Eglife ;
& chez Duchefne , rue S. Jacques , au
Temple du Goût.
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Résumé : ALMANACH ROYAL, Année 1763, contenant la Naissance des Princes & Princesses de l'Europe, les Archevêques, Evêques, Cardinaux & Abbés Commendataires, les Maréchaux de France, les Lieutenans Généraux, Maréchaux de Camp & Brigadiers des Armées, les Lieutenans Généraux des Armées Navales, Chefs d'Escadres, les Chevaliers, Commandeurs & Officiers des Ordres du Roi*, les Gouverneurs & Lieutenans Généraux des Provinces , & c ; les Conseillers du Roi, les Départemens des Secrétaires d'Etat & des Intendans des Finances, les Conseillers d'Etat les Bureaux du Conseil, les Maîtres des Requêtes, les Intendans des Provinces, la grande Chancellerie, le Grand-Conseil, le Parlement, la Chambre des Comptes, la Cour des Aydes , toutes les Cours & Jurisdictions de Paris ; l'Université, les Académies, les Bibliothèques publiques, &c ; les Fermiers Généraux, les Receveurs Généraux des Finances, les Trésoriers des Deniers Royaux, les Payeurs des Rentes & leurs Contrôleurs, la Compagnie des Indes, &c . A Paris, chez le Breton, Imprimeur ordinaire du Roi, au bas de la rue de la Harpe. Avec Approbation & Privilége du Roi. 1 vol. in-8°. 1763.
L'Almanach Royal de 1763 est un ouvrage essentiel présentant la nobilité européenne, les hauts dignitaires religieux, les maréchaux de France, les officiers des armées terrestres et navales, les gouverneurs des provinces, les conseillers du roi, les secrétaires d'État, les intendants des finances, les maîtres des requêtes, les intendants des provinces, les cours et juridictions de Paris, l'Université, les académies, les bibliothèques publiques, et divers autres fonctionnaires et institutions. Imprimé par le Breton, imprimeur ordinaire du Roi, cet almanach est approuvé et privilégié par le roi. Créé par Laurent d'Houry en 1684 et demandé par Louis XIV en 1699, il est présenté au roi sous le titre d'Almanach Royal. Depuis 1726, le Breton a enrichi l'ouvrage pour le rendre plus utile. L'Almanach Royal est consulté quotidiennement par de nombreux lecteurs. Une version abrégée, l'Almanach Royal petit in-24, est disponible pour un usage plus fréquent. En 1763, un nouvel almanach intitulé 'Almanach Historico-Physique, ou la Philosophie des Dames' sera publié par M. Belanger, résidant rue Saint-Antoine, visant à réunir des informations intéressantes pour les curieux et utiles pour les étudiants en sciences naturelles.
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11748
ALMANACH ROYAL, Année 1763, contenant la Naissance des Princes & Princesses de l'Europe, les Archevêques, Evêques, Cardinaux & Abbés Commendataires, les Maréchaux de France, les Lieutenans Généraux, Maréchaux de Camp & Brigadiers des Armées, les Lieutenans Généraux des Armées Navales, Chefs d'Escadres, les Chevaliers, Commandeurs & Officiers des Ordres du Roi*, les Gouverneurs & Lieutenans Généraux des Provinces , & c ; les Conseillers du Roi, les Départemens des Secrétaires d'Etat & des Intendans des Finances, les Conseillers d'Etat les Bureaux du Conseil, les Maîtres des Requêtes, les Intendans des Provinces, la grande Chancellerie, le Grand-Conseil, le Parlement, la Chambre des Comptes, la Cour des Aydes , toutes les Cours & Jurisdictions de Paris ; l'Université, les Académies, les Bibliothèques publiques, &c ; les Fermiers Généraux, les Receveurs Généraux des Finances, les Trésoriers des Deniers Royaux, les Payeurs des Rentes & leurs Contrôleurs, la Compagnie des Indes, &c . A Paris, chez le Breton, Imprimeur ordinaire du Roi, au bas de la rue de la Harpe. Avec Approbation & Privilége du Roi. 1 vol. in-8°. 1763.
11749
p. 78
« EN remuant la Tèrre dans un Jardin particulier à Paris, on a trouvé un jetton [...] »
Début :
EN remuant la Tèrre dans un Jardin particulier à Paris, on a trouvé un jetton [...]
Mots clefs :
Jeton
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texteReconnaissance textuelle : « EN remuant la Tèrre dans un Jardin particulier à Paris, on a trouvé un jetton [...] »
EN remuant la Tèrre dans un Jardin
particulier à Paris , on a trouvé un jetton
de plomb dont on demande l'explication.
Il eft de la grandeur d'un double
louis. Sur l'une des faces eft un
homme dont on diftingue à peine l'habillement
mais qui paroît cependant
revêtu d'un long manteau royal, & porter
fur fa tête une couronne fermée . Il
a une main fur un Autel qui eſt auprès
de lui ; l'autre élevée femble montrer
le Ciel. Sur l'Autel étoit quelque
chofe que le temps a effacé. On lit ces
mots pour Légende : Tuta mihi Numinis
ara.
L'Exergue porte les chiffres 1606 ,
qui font apparemment la date de l'année
dans laquelle le jetton a été frappé.
Sur le revers eft repréſentée une femme
qui tient un enfant par la main , &
qu'elle paroît conduire à une Eglife de
conftruction gothique , & furmontée
d'un clocher élevé , qu'on voit dans
l'éloignement audeffus d'une montagne,
& pour légende . Hæc tibi certa domus.
particulier à Paris , on a trouvé un jetton
de plomb dont on demande l'explication.
Il eft de la grandeur d'un double
louis. Sur l'une des faces eft un
homme dont on diftingue à peine l'habillement
mais qui paroît cependant
revêtu d'un long manteau royal, & porter
fur fa tête une couronne fermée . Il
a une main fur un Autel qui eſt auprès
de lui ; l'autre élevée femble montrer
le Ciel. Sur l'Autel étoit quelque
chofe que le temps a effacé. On lit ces
mots pour Légende : Tuta mihi Numinis
ara.
L'Exergue porte les chiffres 1606 ,
qui font apparemment la date de l'année
dans laquelle le jetton a été frappé.
Sur le revers eft repréſentée une femme
qui tient un enfant par la main , &
qu'elle paroît conduire à une Eglife de
conftruction gothique , & furmontée
d'un clocher élevé , qu'on voit dans
l'éloignement audeffus d'une montagne,
& pour légende . Hæc tibi certa domus.
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Résumé : « EN remuant la Tèrre dans un Jardin particulier à Paris, on a trouvé un jetton [...] »
Lors de travaux à Paris, un jetton de plomb de la taille d'un double louis a été découvert. Il présente deux faces distinctes. L'une montre un homme en manteau royal, couronné, posant une main sur un autel et levant l'autre vers le ciel, avec la légende 'Tuta mihi Numinis ara' et la date '1606'. L'autre face représente une femme conduisant un enfant vers une église gothique, avec la légende 'Hæc tibi certa domus'.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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11750
p. 79-90
ANNONCES DE LIVRES.
Début :
CALENDRIER DES PRINCES, ET DE LA NOBLESSE, DE FRANCE [...]
Mots clefs :
Livres, Ouvrages, Histoire universelle
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ANNONCES DE LIVRES.
ANNONCES DE LIVRES.
CALENDRIER DES PRINCES , ET
DE LA NOBLESSE , DE FRANCE
contenant leur état actuel , par ordre
alphabétique . Par l'Auteur du Dictionnaire
Généalogique , Héraldique , Hiftorique
& Chronologique , pour l'année
1763. A Paris , chez Duchefne ,
Libraire , rue S. Jacques , au Temple
du Goût.
TRADUCTION DE SALUSTE
avec la vie de cet Hiftorien & des Notes
critiques ; feconde Edition revue ,
corrigée & augmentée du Texte latin
à côté de la Traduction , avec des Variantes
choifies ; par Jean -Henri Dotteville
, de l'Oratoire . On y a joint la lif
te Chronologique des Éditions , des
Commentaires , & des Traductions de
Sulufte , qui fe trouvent à la fin , depuis
la page 398 , jufqu'à la page 416 :
Lifte qui ne fe trouve dans aucune des
Editions précédentes & qui ajoute au
mérite de celle - ci. In-8° . Paris , 1763 ,
chez A. M. Lottin , l'aîné , Libraire &
Imprimeur de Mgr le Duc de Berry
rue S. Jacques , près S. Yves , au Coq.,
D iv
80 MERCURE DE FRANCE.
DE
L'EDUCATION
PUBLIQUE .
Populus fapiens , gens magna.
In-12. Amfterdam , 1762.
Deut. 4.
N. B. Nous prions de nouveau MM.
les Libraires de Paris , qui nous envoient
des Livres imprimés chez l'Etranger
, de nous indiquer précisément où
l'on peut les trouver à Paris.
LES PROMENADES & Rendez-vous
du Parc de Verfailles , 2 vol. in- 12 .
Bruxelles , 1763. Et fe trouvent à Paris ,
chez Muzier , fils , Quai des Auguſtin ,
& chez Duchefne , rue S. Jacques .
TRAITÉ DE LA DEFENSE DES
PLACES , avec un Précis des Obfervations
les plus utiles pour procéder à la
vifite ou à l'examen des Villes fortifiées :
un Abrégé des principes généraux qui
peuvent fervir à l'établiſſement des quartiers
d'hyver ; & un Dictionnaire des
termes de l'Artillerie , de la Fortification ,
de l'attaque & de la défenfe des Places .
Par M. Le Blond , Maître de Mathématique
des Enfans de France , & c . Secon
JANVIER. 1763. 81
de Edition , retouchée & augmentée.
In- 8° . Paris , 1762. Chez C. A.Jombert,
Libraire du Roi pour l'Artillerie & le Génie
, rue Dauphine , àl'Image Notre-
Dame. Nous avons donné un extrait de
ce Livre dans le temps de fa premiere
Edition .
›
PETITES ETRENNES , ou Emblêmes
facrées fur chaque mois , pour la préfente
année ; Bouquets ou Etrennes fleuries
; petites Etrennes ou Devifes ; petites
Etrennes galantes ; & autres Almanachs
joliment enluminés , par le fieur
Maillard de Breffon , fe trouvent à Paris
chez Maillard , au Magafin des belles
Emblêmes , rue S. Jacques , chez M.
Lambon , Avocat , proche la rue des
Mathurins.
LES EPHEMERIDES TROYENNES ,
pour l'Année 1763 , fe diftribuent aux
Adreffes ordinaires.
Elles offrent de nouveau pour cette
année :
1 °. Les curiofités & fingularités de
Troye, améliorées, corrigées & rectifiées
d'après les Obfervations que procu
rent le temps & fouvent le hazard.
2º. Toutes les Piéces originales de la
conteftation élevée par l'Abbeffe & les
Religieufes de N. D.aux Nonnains, fur
D v
82 MERCURE DE FRANCE.
la Dédicace de l'Eglife de S. Urbain &
de fon Cimetière . Tous les détails de
cette conteftation & des voyes de fait
dont elles l'appuyerent, font refutées dans
la fentence
d'excommunication prononcée
contre elles par des Commiffaires
Apoftoliques , en 1272.
3º. Une relation très- étendue de tout
ce qui fe paffa à l'entrée du Roi Charles
VIII. à Troyes , en 1486. Relation
écrite en vers par un Contemporain.
4°. Un Mémoire contenant le réfultat
d'obfervations faites l'année derniere
en Picardie fur toutes les parties de
la culture du lin dans cette Province
pour fervir de modéle & de guide aux
Cultivateurs des environs de Troyes
qui voudront appliquer à cette culture
les terreins qui y font propres.
ex-
5º. La vie de M. Pierre Pithou
traite de celle qui a paru en 1756 , chez
Cavelier , à Paris.
,
MELANGES DE LITTERATURE ,
D'HISTOIRE ET DE PHILOSOPHIE
par M. d'Alembert , 4 vol. in- 12 . Nouv.
Edit. à Amfterdam chez Zacharie
Chatelain , & fe trouve à Lyon , chez
Jean-Marie Buyzet , & à Paris , chez
Defaint & Saillant , & chez les Libraires
qui véndent les nouveautés .
JANVIER 1763. 83
Cette nouvelle Edition ne différe
de celle de 1759 , qquuee ppaarr des
changemens très-légers ; on y a furtout
corrigé plufieurs fautes d'impreffion
dont quelques-unes altéroient le fens.
L'Auteur a ajouté à la fin du troifiéme
volume , des notes fur fa traduction de
quelques morceaux de Tacite , qui fe-
Font vendues féparément à ceux qui
ont acheté l'édition de 1759. La Tra
duction & les Notes fe vendent auffi
féparément à l'ufage des jeunes Etudians.
Il eſt des Ouvrages dont on ne fçau-
Foit trop multiplier les Editions.
AVIS AU PUBLIC.
GUILLAUME DESPREZ , Imprimeur
du Roi & du Clergé de France , demeurant
à Paris , rue S. Jacques , propofe
, pour la derniere fois , une diminution
fi confidérable fur cinq Bibles
différentes , traduites en François par
feu M. de Saci , que les Eccléfiaſtiques
& même les Laïques , qui ont du goût:
pour les Livres faints , ne fçauroient
trop s'empreffer de fe procurer ces excellens
Livres , au prix modique auquel
il s'eft relâché.
D vit
84 MERCURE DE FRANCE.
Ces Ouvrages , quoiqu'ayant le même
objet , font cependant de différentes
étendues , & par conféquent de pluheurs
prix. Voici les diminutions qu'il
propofe fur chacun .
1º. La grande Bible en Latin & en
François , avec l'explication dufens littéral
& fpirituel , 32 vol. in - 8 ° , qui fe
vend 120 livres en feuilles , fera donnée
pour 72 livres.
•
Comme il faudra réimprimer quelques
volumes , pour compléter un certain
nombre d'Exemplaires , ceux qui
voudront s'en pourvoir foufcriront
d'avance pour la fomme de 36 livres ,
dont il leur fera donné une reconnoiffance
; & au premier Juillet 1763 , on
leur fournira les 16 premiers volumes :
en les retirant , ils payeront les 36 liv .
reftant , & au premier Janvier 1764 ,
on leur délivrera les 16 derniers volumes.
2º. La Bible en Latin & en François
, avec des Notes , en 23 volumes
in- 12. laquelle a toujours été vendue
46 livres en feuilles , fera donnée pour
18 livres.
3 °. La même Bible toute Françoife ,
avec les mêmes Notes , en 14 volumes
in-12. qui fe vendoit 28 livres en feuil
les ,
fera donnée pour 12 livres.
JANVIER 1763. 85
4°. La Sainte Bible toute Françoise ,
avec de courtes Notes pour l'intelligence
du fens littéral & prophétique , imprimée
en 1759 , en un très - gros volume
in - fol. orné d'un beau frontispice en
taille-douce , qui fe vendoit 20 livres
en feuilles , fera auffi donnée pour 12
livres.
5°. Enfin , la Sainte Bible toute Françoife
en 2 volumes in - 4°. que l'on vendoit
16 livres en feuilles , fera donnée
pour 10 livres.
Une fi forte diminution fur ces cinq
objets , n'aura lieu que jufqu'au premier
Mars 1763.
On donnera auffi , jufqu'à ce terme
les volumes féparés qui peuvent manquer
à ceux qui ont acquis précédemment
la Bible in- 8°. & chaque volume
fe vendra 3 livres en feuilles . Ceux
qu'on peut donner font :
L'Erode & le Lévitique.
Les Nombres & le Deutéronome.
Jofué , les Juges & Ruth.
Les Rois , 2 volumes.
Les Paralipomenes , Efdras & Néhémias.
Job.
Ifaïe.
86 MERCURE DE FRANCE.
Jérémie & Baruch.
Ezechiel.
Daniel & les Machabées.
S. Matthieu , S. Marc , S. Luc & S
Jcan , 4 volumes.
Les Actes des Apôtres .
Et l'Apocalypfe.
LOUIS CELLOT , Imprimeur-Libraire
, Grand'Salle du Palais , & rue Dauphine,
la feconde Porte Cochere à droite ,
en entrant par le Pont- Neuf , même
maifon que M. Jombert , Libraire du
du Roi pour l'Artillerie & le Génie ;
vient d'acquérir de M. Défprez , Imprimeur-
Libraire du Clergé, le Privilége
entier , & tous les Exemplaires
fuivans :
HISTOIRE UNIVERSELLE , facrée
& profane compofée par l'ordre de
MESDAMES DE FRANCE , par M.
Hardion , de l'Académie Françoife
16 volumes in- 12.
?
40 liv..
Les Volumes
fe vendent
féparément
.
Sçavoir :
Les cinq premiers Volumes .
Les Tomes VI . VII. & VIII.
Les Tomes IX. & X.
Les Tomes XI & XII.
JANVIER . 1763. 87
Les Tomes XIII . & XIV.
Les Tomes XV . & XVI . qui paroitront
dans le courant de Novembre.
On aura fa plus grande attention pour
que la reliure foit toujours la même pour
tous les volumes , quoique vendus féparément.
Les applaudiffemens que cet Ouvrage
a reçus dès fa naiffance , & qu'il n'a
ceffe de recevoir depuis , prouvent affez
fon importance & fon utilité. Il nous
fuffit de renvoyer à tous les Journaux
qui en ont fait mention..
La même Hiftoire traduite en Italien ,
14 volumes.
HISTOIRE POÉTIQUE , & deux
Traités abrégés , l'un de la Poëfie , l'autre
de l'Eloquence , compofés pour
l'ufage de MESDAMES , par le même
Auteur , 3 vol. in- 12 . 7 l. 10 f..
HISTOIRE DES VARIATIONS des
Eglifes Proteftantes , Par M. Boffuet ,
Evêque de Meaux , 4 vol. in- 12. petit
caractere. 10 liv.
EXPOSITION de la Doctrine de l'E88
MERCURE DE FRANCE.
glife Catholique fur les matières de Con.
troverfe , par M. Boffuet > nouv. édit.
augmentée de la traduction latine de M.
l'Abbé de Fleury , Auteur de l'Hiftoire
Eccléfiaftique , avec une Préface Hiftorique
& critique , par M. l'Abbé le
Queux , 1761. 3 liv.
Pourjuftifier le mérite de cette édition,
nous croyons devoir rapporter le jugement
que M. l'Abbé Lavocat , Docteur
de Sorbonne en a porté.
,
?
Cet Ouvrage immortel , qui a mérité
les éloges de toute l'Eglife , & qui
a produit des fruits fi abondans pour la
converfion des Hérétiques à la Foi Catholique
, avoit befoin de cette nouvelle
Edition , qui eft la premiere qui paroît
en François & en Latin . On ne peut
trop en recommander la lecture aux Fidéles
& principalement aux jeunes
Théologiens , lefquels y trouveront la
méthode la plus excellente de traiter les
matières de Controverfe , non-feulement
en François , mais auffi en Latin .
La Préface que l'exact & fçavant Editeur
a mife à la tête , eft très- curieufe ,
& nous fait fouhaiter la nouvelle Edition
qu'il prépare de tous les Ouvrages
de M, Boffuet.
JANVIER. 1762. 89
LA même , petit in - 12 , tout françois ,
fans préface , 1761 . 2 liv. NOTIONAIRE
, ou Mémorial
rai- fonné
de ce qu'il y a d'utile
& d'inté- reffant
dans les connoiffances
acquifes
depuis
la création
du monde
jufqu'à préfent
, par M. de Garfaut
, très- gros volume
in- 8° , avec
40 Planches
en raille-douce , 1761 .
9 liv.
LIVRES nouveaux que l'on trouve chez
le même Libraire.
MÉMOIRES pour fervir à l'hiftoire
de la Maifon de Brandebourg , deux
volumes in- 12. 1762. 4 liv. 10 f.
On a mis a fa place dans cette nouvelle
édition , l'hiftoire de Fréderic Guil
laume , fecond Roi de Pruffe , qui ne
Te trouvoit jufqu'à préfent que par fupplément
, avec des corrections confidérables
; on y trouvera auffi l'Etat Militaire
de ce Royaume , depuis fon inftitution
jufqu'à la fin du regne de Fré-
'deric Guillaume II.
INSTRUCTIONS MILITAIRES du
Roi de Pruffe à fes Généraux 1 vol.
même format avec 13 Planches en taille
douce. 2.liv. 10 f.
L'EPREUVE DE LA PROBITÉ
90 MERCURE DE FRANCE .
Comédie en cinq A&tes par M. de Baf
tide , 1762. I liv. 4 f
CONTES en profes du même Auteur
, quatre parties brochées , de so
feuilles.
50
EUVRES POSTUMES de M. d'Hericourt
, Auteurs des Loix Eccléfiaftiques
, 4 vol. in-4°
OEuvres de M. de Fremainville. Sca
voir :
Traité des Terriers , 5 vol. in -4º 48 I.
Traité de la Communauté des biens
d'habitans. 10 l.
Dictionnaire de Police , in-4° 10 l.
Inftructions pour un Régiffeur ,
in-4°. broché. I 10 f.
Tous les Volumes fe vendent féparément.
LE DANGER des liaifons , ou Mé- Μέ
moires de la Baronne de Blemon . Par
Madame la M... de S. A ... A Genève ,
1763 , 5 parties. Ce Roman , dont la
fuite eft , dit- on , fous prèffe , eft intéreffant
& fe lit avec plaifir . Nous en
rendrons compre , dès qu'il fera fini.
CONTES MORAUX dans le goût de
ceux de M. Marmontel , recueillis de divers
Auteurs , & publiés par Mlle Uncy,
à Paris , chez Vincent , rue S. Severin
1763. 2 vol. in- 12.
CALENDRIER DES PRINCES , ET
DE LA NOBLESSE , DE FRANCE
contenant leur état actuel , par ordre
alphabétique . Par l'Auteur du Dictionnaire
Généalogique , Héraldique , Hiftorique
& Chronologique , pour l'année
1763. A Paris , chez Duchefne ,
Libraire , rue S. Jacques , au Temple
du Goût.
TRADUCTION DE SALUSTE
avec la vie de cet Hiftorien & des Notes
critiques ; feconde Edition revue ,
corrigée & augmentée du Texte latin
à côté de la Traduction , avec des Variantes
choifies ; par Jean -Henri Dotteville
, de l'Oratoire . On y a joint la lif
te Chronologique des Éditions , des
Commentaires , & des Traductions de
Sulufte , qui fe trouvent à la fin , depuis
la page 398 , jufqu'à la page 416 :
Lifte qui ne fe trouve dans aucune des
Editions précédentes & qui ajoute au
mérite de celle - ci. In-8° . Paris , 1763 ,
chez A. M. Lottin , l'aîné , Libraire &
Imprimeur de Mgr le Duc de Berry
rue S. Jacques , près S. Yves , au Coq.,
D iv
80 MERCURE DE FRANCE.
DE
L'EDUCATION
PUBLIQUE .
Populus fapiens , gens magna.
In-12. Amfterdam , 1762.
Deut. 4.
N. B. Nous prions de nouveau MM.
les Libraires de Paris , qui nous envoient
des Livres imprimés chez l'Etranger
, de nous indiquer précisément où
l'on peut les trouver à Paris.
LES PROMENADES & Rendez-vous
du Parc de Verfailles , 2 vol. in- 12 .
Bruxelles , 1763. Et fe trouvent à Paris ,
chez Muzier , fils , Quai des Auguſtin ,
& chez Duchefne , rue S. Jacques .
TRAITÉ DE LA DEFENSE DES
PLACES , avec un Précis des Obfervations
les plus utiles pour procéder à la
vifite ou à l'examen des Villes fortifiées :
un Abrégé des principes généraux qui
peuvent fervir à l'établiſſement des quartiers
d'hyver ; & un Dictionnaire des
termes de l'Artillerie , de la Fortification ,
de l'attaque & de la défenfe des Places .
Par M. Le Blond , Maître de Mathématique
des Enfans de France , & c . Secon
JANVIER. 1763. 81
de Edition , retouchée & augmentée.
In- 8° . Paris , 1762. Chez C. A.Jombert,
Libraire du Roi pour l'Artillerie & le Génie
, rue Dauphine , àl'Image Notre-
Dame. Nous avons donné un extrait de
ce Livre dans le temps de fa premiere
Edition .
›
PETITES ETRENNES , ou Emblêmes
facrées fur chaque mois , pour la préfente
année ; Bouquets ou Etrennes fleuries
; petites Etrennes ou Devifes ; petites
Etrennes galantes ; & autres Almanachs
joliment enluminés , par le fieur
Maillard de Breffon , fe trouvent à Paris
chez Maillard , au Magafin des belles
Emblêmes , rue S. Jacques , chez M.
Lambon , Avocat , proche la rue des
Mathurins.
LES EPHEMERIDES TROYENNES ,
pour l'Année 1763 , fe diftribuent aux
Adreffes ordinaires.
Elles offrent de nouveau pour cette
année :
1 °. Les curiofités & fingularités de
Troye, améliorées, corrigées & rectifiées
d'après les Obfervations que procu
rent le temps & fouvent le hazard.
2º. Toutes les Piéces originales de la
conteftation élevée par l'Abbeffe & les
Religieufes de N. D.aux Nonnains, fur
D v
82 MERCURE DE FRANCE.
la Dédicace de l'Eglife de S. Urbain &
de fon Cimetière . Tous les détails de
cette conteftation & des voyes de fait
dont elles l'appuyerent, font refutées dans
la fentence
d'excommunication prononcée
contre elles par des Commiffaires
Apoftoliques , en 1272.
3º. Une relation très- étendue de tout
ce qui fe paffa à l'entrée du Roi Charles
VIII. à Troyes , en 1486. Relation
écrite en vers par un Contemporain.
4°. Un Mémoire contenant le réfultat
d'obfervations faites l'année derniere
en Picardie fur toutes les parties de
la culture du lin dans cette Province
pour fervir de modéle & de guide aux
Cultivateurs des environs de Troyes
qui voudront appliquer à cette culture
les terreins qui y font propres.
ex-
5º. La vie de M. Pierre Pithou
traite de celle qui a paru en 1756 , chez
Cavelier , à Paris.
,
MELANGES DE LITTERATURE ,
D'HISTOIRE ET DE PHILOSOPHIE
par M. d'Alembert , 4 vol. in- 12 . Nouv.
Edit. à Amfterdam chez Zacharie
Chatelain , & fe trouve à Lyon , chez
Jean-Marie Buyzet , & à Paris , chez
Defaint & Saillant , & chez les Libraires
qui véndent les nouveautés .
JANVIER 1763. 83
Cette nouvelle Edition ne différe
de celle de 1759 , qquuee ppaarr des
changemens très-légers ; on y a furtout
corrigé plufieurs fautes d'impreffion
dont quelques-unes altéroient le fens.
L'Auteur a ajouté à la fin du troifiéme
volume , des notes fur fa traduction de
quelques morceaux de Tacite , qui fe-
Font vendues féparément à ceux qui
ont acheté l'édition de 1759. La Tra
duction & les Notes fe vendent auffi
féparément à l'ufage des jeunes Etudians.
Il eſt des Ouvrages dont on ne fçau-
Foit trop multiplier les Editions.
AVIS AU PUBLIC.
GUILLAUME DESPREZ , Imprimeur
du Roi & du Clergé de France , demeurant
à Paris , rue S. Jacques , propofe
, pour la derniere fois , une diminution
fi confidérable fur cinq Bibles
différentes , traduites en François par
feu M. de Saci , que les Eccléfiaſtiques
& même les Laïques , qui ont du goût:
pour les Livres faints , ne fçauroient
trop s'empreffer de fe procurer ces excellens
Livres , au prix modique auquel
il s'eft relâché.
D vit
84 MERCURE DE FRANCE.
Ces Ouvrages , quoiqu'ayant le même
objet , font cependant de différentes
étendues , & par conféquent de pluheurs
prix. Voici les diminutions qu'il
propofe fur chacun .
1º. La grande Bible en Latin & en
François , avec l'explication dufens littéral
& fpirituel , 32 vol. in - 8 ° , qui fe
vend 120 livres en feuilles , fera donnée
pour 72 livres.
•
Comme il faudra réimprimer quelques
volumes , pour compléter un certain
nombre d'Exemplaires , ceux qui
voudront s'en pourvoir foufcriront
d'avance pour la fomme de 36 livres ,
dont il leur fera donné une reconnoiffance
; & au premier Juillet 1763 , on
leur fournira les 16 premiers volumes :
en les retirant , ils payeront les 36 liv .
reftant , & au premier Janvier 1764 ,
on leur délivrera les 16 derniers volumes.
2º. La Bible en Latin & en François
, avec des Notes , en 23 volumes
in- 12. laquelle a toujours été vendue
46 livres en feuilles , fera donnée pour
18 livres.
3 °. La même Bible toute Françoife ,
avec les mêmes Notes , en 14 volumes
in-12. qui fe vendoit 28 livres en feuil
les ,
fera donnée pour 12 livres.
JANVIER 1763. 85
4°. La Sainte Bible toute Françoise ,
avec de courtes Notes pour l'intelligence
du fens littéral & prophétique , imprimée
en 1759 , en un très - gros volume
in - fol. orné d'un beau frontispice en
taille-douce , qui fe vendoit 20 livres
en feuilles , fera auffi donnée pour 12
livres.
5°. Enfin , la Sainte Bible toute Françoife
en 2 volumes in - 4°. que l'on vendoit
16 livres en feuilles , fera donnée
pour 10 livres.
Une fi forte diminution fur ces cinq
objets , n'aura lieu que jufqu'au premier
Mars 1763.
On donnera auffi , jufqu'à ce terme
les volumes féparés qui peuvent manquer
à ceux qui ont acquis précédemment
la Bible in- 8°. & chaque volume
fe vendra 3 livres en feuilles . Ceux
qu'on peut donner font :
L'Erode & le Lévitique.
Les Nombres & le Deutéronome.
Jofué , les Juges & Ruth.
Les Rois , 2 volumes.
Les Paralipomenes , Efdras & Néhémias.
Job.
Ifaïe.
86 MERCURE DE FRANCE.
Jérémie & Baruch.
Ezechiel.
Daniel & les Machabées.
S. Matthieu , S. Marc , S. Luc & S
Jcan , 4 volumes.
Les Actes des Apôtres .
Et l'Apocalypfe.
LOUIS CELLOT , Imprimeur-Libraire
, Grand'Salle du Palais , & rue Dauphine,
la feconde Porte Cochere à droite ,
en entrant par le Pont- Neuf , même
maifon que M. Jombert , Libraire du
du Roi pour l'Artillerie & le Génie ;
vient d'acquérir de M. Défprez , Imprimeur-
Libraire du Clergé, le Privilége
entier , & tous les Exemplaires
fuivans :
HISTOIRE UNIVERSELLE , facrée
& profane compofée par l'ordre de
MESDAMES DE FRANCE , par M.
Hardion , de l'Académie Françoife
16 volumes in- 12.
?
40 liv..
Les Volumes
fe vendent
féparément
.
Sçavoir :
Les cinq premiers Volumes .
Les Tomes VI . VII. & VIII.
Les Tomes IX. & X.
Les Tomes XI & XII.
JANVIER . 1763. 87
Les Tomes XIII . & XIV.
Les Tomes XV . & XVI . qui paroitront
dans le courant de Novembre.
On aura fa plus grande attention pour
que la reliure foit toujours la même pour
tous les volumes , quoique vendus féparément.
Les applaudiffemens que cet Ouvrage
a reçus dès fa naiffance , & qu'il n'a
ceffe de recevoir depuis , prouvent affez
fon importance & fon utilité. Il nous
fuffit de renvoyer à tous les Journaux
qui en ont fait mention..
La même Hiftoire traduite en Italien ,
14 volumes.
HISTOIRE POÉTIQUE , & deux
Traités abrégés , l'un de la Poëfie , l'autre
de l'Eloquence , compofés pour
l'ufage de MESDAMES , par le même
Auteur , 3 vol. in- 12 . 7 l. 10 f..
HISTOIRE DES VARIATIONS des
Eglifes Proteftantes , Par M. Boffuet ,
Evêque de Meaux , 4 vol. in- 12. petit
caractere. 10 liv.
EXPOSITION de la Doctrine de l'E88
MERCURE DE FRANCE.
glife Catholique fur les matières de Con.
troverfe , par M. Boffuet > nouv. édit.
augmentée de la traduction latine de M.
l'Abbé de Fleury , Auteur de l'Hiftoire
Eccléfiaftique , avec une Préface Hiftorique
& critique , par M. l'Abbé le
Queux , 1761. 3 liv.
Pourjuftifier le mérite de cette édition,
nous croyons devoir rapporter le jugement
que M. l'Abbé Lavocat , Docteur
de Sorbonne en a porté.
,
?
Cet Ouvrage immortel , qui a mérité
les éloges de toute l'Eglife , & qui
a produit des fruits fi abondans pour la
converfion des Hérétiques à la Foi Catholique
, avoit befoin de cette nouvelle
Edition , qui eft la premiere qui paroît
en François & en Latin . On ne peut
trop en recommander la lecture aux Fidéles
& principalement aux jeunes
Théologiens , lefquels y trouveront la
méthode la plus excellente de traiter les
matières de Controverfe , non-feulement
en François , mais auffi en Latin .
La Préface que l'exact & fçavant Editeur
a mife à la tête , eft très- curieufe ,
& nous fait fouhaiter la nouvelle Edition
qu'il prépare de tous les Ouvrages
de M, Boffuet.
JANVIER. 1762. 89
LA même , petit in - 12 , tout françois ,
fans préface , 1761 . 2 liv. NOTIONAIRE
, ou Mémorial
rai- fonné
de ce qu'il y a d'utile
& d'inté- reffant
dans les connoiffances
acquifes
depuis
la création
du monde
jufqu'à préfent
, par M. de Garfaut
, très- gros volume
in- 8° , avec
40 Planches
en raille-douce , 1761 .
9 liv.
LIVRES nouveaux que l'on trouve chez
le même Libraire.
MÉMOIRES pour fervir à l'hiftoire
de la Maifon de Brandebourg , deux
volumes in- 12. 1762. 4 liv. 10 f.
On a mis a fa place dans cette nouvelle
édition , l'hiftoire de Fréderic Guil
laume , fecond Roi de Pruffe , qui ne
Te trouvoit jufqu'à préfent que par fupplément
, avec des corrections confidérables
; on y trouvera auffi l'Etat Militaire
de ce Royaume , depuis fon inftitution
jufqu'à la fin du regne de Fré-
'deric Guillaume II.
INSTRUCTIONS MILITAIRES du
Roi de Pruffe à fes Généraux 1 vol.
même format avec 13 Planches en taille
douce. 2.liv. 10 f.
L'EPREUVE DE LA PROBITÉ
90 MERCURE DE FRANCE .
Comédie en cinq A&tes par M. de Baf
tide , 1762. I liv. 4 f
CONTES en profes du même Auteur
, quatre parties brochées , de so
feuilles.
50
EUVRES POSTUMES de M. d'Hericourt
, Auteurs des Loix Eccléfiaftiques
, 4 vol. in-4°
OEuvres de M. de Fremainville. Sca
voir :
Traité des Terriers , 5 vol. in -4º 48 I.
Traité de la Communauté des biens
d'habitans. 10 l.
Dictionnaire de Police , in-4° 10 l.
Inftructions pour un Régiffeur ,
in-4°. broché. I 10 f.
Tous les Volumes fe vendent féparément.
LE DANGER des liaifons , ou Mé- Μέ
moires de la Baronne de Blemon . Par
Madame la M... de S. A ... A Genève ,
1763 , 5 parties. Ce Roman , dont la
fuite eft , dit- on , fous prèffe , eft intéreffant
& fe lit avec plaifir . Nous en
rendrons compre , dès qu'il fera fini.
CONTES MORAUX dans le goût de
ceux de M. Marmontel , recueillis de divers
Auteurs , & publiés par Mlle Uncy,
à Paris , chez Vincent , rue S. Severin
1763. 2 vol. in- 12.
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Résumé : ANNONCES DE LIVRES.
Le document présente diverses annonces de livres et publications parues en 1762 et 1763. Parmi les ouvrages mentionnés, figure le 'Calendrier des Princes et de la Noblesse de France' pour l'année 1763, édité par l'auteur du 'Dictionnaire Généalogique, Héraldique, Historique & Chronologique'. Une traduction de Saluste, accompagnée de notes critiques et d'une liste chronologique des éditions, est également disponible. Le 'Mercure de France' mentionne plusieurs autres publications, telles que 'De l'Éducation Publique' et 'Les Promenades & Rendez-vous du Parc de Versailles'. Le 'Traité de la Défense des Places' par M. Le Blond est également annoncé, ainsi que divers almanachs et éphemerides, comme les 'Éphémérides Troyennes' pour l'année 1763. Le document inclut aussi des 'Mélanges de Littérature, d'Histoire et de Philosophie' par M. d'Alembert. Des Bibles traduites par M. de Saci sont proposées à prix réduit par Guillaume Desprez. Enfin, plusieurs ouvrages historiques et littéraires, tels que l''Histoire Universelle' composée pour Mesdames de France et des mémoires sur la maison de Brandebourg, sont annoncés chez différents libraires.
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