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4651
p. 37-38
AU ROI, Sur l'heureuse naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne, du 13 Septembre 1751.
Début :
Quel bonheur ! il jouit enfin de la clarté [...]
Mots clefs :
Naissance du duc de Bourgogne
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texteReconnaissance textuelle : AU ROI, Sur l'heureuse naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne, du 13 Septembre 1751.
AU ROI,
Sur l'heureuse naissance de Monseigneur le
Duc de Bourgogne, du 13 Septembre
1751.
Quel bonheur ! il jouit enfin de la clarté
Ce respectable Enfant, si long. tems soubaité.
Autour de lui les cœurs se réunissent,
Et tons de concert applaudissent
Au Ciel qui nous l'a présenté:
Que tous les échos retentissent
as
58. MERCUREDEFRANCE.
Des vœux qu'avec ardeur on fait pour sa santé,
Vivez, Prince sorti du Sang le plus Auguste,
Soyez aussi vaillant & juste,
Que le grand Roi dont vous tirez le jour,
Montrez vous aussi débonnaire
Aussi sage & prudent que votre illustre Pere,
Et venez avec eux partager notre amout.
Par la Canadienne.
Sur l'heureuse naissance de Monseigneur le
Duc de Bourgogne, du 13 Septembre
1751.
Quel bonheur ! il jouit enfin de la clarté
Ce respectable Enfant, si long. tems soubaité.
Autour de lui les cœurs se réunissent,
Et tons de concert applaudissent
Au Ciel qui nous l'a présenté:
Que tous les échos retentissent
as
58. MERCUREDEFRANCE.
Des vœux qu'avec ardeur on fait pour sa santé,
Vivez, Prince sorti du Sang le plus Auguste,
Soyez aussi vaillant & juste,
Que le grand Roi dont vous tirez le jour,
Montrez vous aussi débonnaire
Aussi sage & prudent que votre illustre Pere,
Et venez avec eux partager notre amout.
Par la Canadienne.
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Résumé : AU ROI, Sur l'heureuse naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne, du 13 Septembre 1751.
Le texte célèbre la naissance du Duc de Bourgogne le 13 septembre 1751, après une longue attente. Il exprime la joie et la gratitude. On souhaite au prince santé et vertus comme le courage, la justice, la bonté, la sagesse et la prudence, inspirées par ses ancêtres. On espère aussi qu'il aimera son peuple. L'auteur est identifié comme 'la Canadienne'.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4652
p. 38-40
NAISSANCE De Monseigneur le Duc de Bourgogne. Heureux présage.
Début :
La nuit régnoit, & ses épaisses ombres [...]
Mots clefs :
Naissance du duc de Bourgogne, Jour, Airs, Glorieux, Plaisirs
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texteReconnaissance textuelle : NAISSANCE De Monseigneur le Duc de Bourgogne. Heureux présage.
NAISSANCE
De Monseigneur le Duc de Bourgogne.
Heureux présage.
La nuit régnoit, & ses épaisses ombres
Rendoient encor, sans craindre le Soleil
Tous les réduits t: ès paisibles & sombres;
l'étois tranquil dans les bras du sommeil,
Quand la fureur d'un sublime salpêtre,
En s'élançant de cent gousfres d'airain,
D'un coup affreux frappant les airs soudain,
Vint ébran'er mon lit & ma fenêtre.
Je me réveille à ce bruit étonnant
Lout en sursaut & craignant le tonnerre;
JANVIER.
1752.
12
Mais je connus de la bruyante guerte
Le glorieux & funeste instrument.
Je pressentis une heureuse assurance
Du don Divin que rous faisoient les Cieux,
Pour être un jour le soutien précieux,
Par ses vertus, du Trône & de la France.
Le Ciel enfin comble tous nos désirs;
Pat ion secours, Princesse souveraine,
L'on voit déja sur les bords de la Seine
Régner les jeux, les ris; & les plaisirs:
Le tendre Amout à les suivre s'empresse,
Tout peint ici la plus vive allégresse:
Chacun célebre un jour si glorieux.
Jour qui promet les jours les plus heureur.
Ce jeune Dieu fut formé par les Graces;
Tout rend hommage à ses augustes traits,
D'Amour il a le port & les attraits,
Tous les plaisirs naissent dessus ses traces,
D'un Peuple entier il possede les cœurs.
* * * * * * * * * * * * *
. * * * * * * * * * * *
. . * * * * * . . .* .*
* * * * * * ** ** * **
. . . . * * . . . . . . .
Ses jours seront gravés au Temple de Mémoire;
Je vois les Dieux zélés le combler de faveurs;
Je vois Bellone & Mars, jaloux de ses honneurs,
lie suivre triomphant & tout brillant de gloire.
40 MERCUREDEFRANCE
Dé a la renommée agile dans les airs,
Annonce cet Oracle à cent Peuples divers,
Sans cesse avec ardeur sa bouche le publie,
Le Batave le sçait, on l'apprend en Asie;
Tout l'Univers entier coutemple nos plaisits,
Son Nom vole plus loin que ne font les Zéphirs,
Cette Déesse enfin vole au-delà des Ondes
Et va le publier dans tous les nouveaux Mondes.
De Monseigneur le Duc de Bourgogne.
Heureux présage.
La nuit régnoit, & ses épaisses ombres
Rendoient encor, sans craindre le Soleil
Tous les réduits t: ès paisibles & sombres;
l'étois tranquil dans les bras du sommeil,
Quand la fureur d'un sublime salpêtre,
En s'élançant de cent gousfres d'airain,
D'un coup affreux frappant les airs soudain,
Vint ébran'er mon lit & ma fenêtre.
Je me réveille à ce bruit étonnant
Lout en sursaut & craignant le tonnerre;
JANVIER.
1752.
12
Mais je connus de la bruyante guerte
Le glorieux & funeste instrument.
Je pressentis une heureuse assurance
Du don Divin que rous faisoient les Cieux,
Pour être un jour le soutien précieux,
Par ses vertus, du Trône & de la France.
Le Ciel enfin comble tous nos désirs;
Pat ion secours, Princesse souveraine,
L'on voit déja sur les bords de la Seine
Régner les jeux, les ris; & les plaisirs:
Le tendre Amout à les suivre s'empresse,
Tout peint ici la plus vive allégresse:
Chacun célebre un jour si glorieux.
Jour qui promet les jours les plus heureur.
Ce jeune Dieu fut formé par les Graces;
Tout rend hommage à ses augustes traits,
D'Amour il a le port & les attraits,
Tous les plaisirs naissent dessus ses traces,
D'un Peuple entier il possede les cœurs.
* * * * * * * * * * * * *
. * * * * * * * * * * *
. . * * * * * . . .* .*
* * * * * * ** ** * **
. . . . * * . . . . . . .
Ses jours seront gravés au Temple de Mémoire;
Je vois les Dieux zélés le combler de faveurs;
Je vois Bellone & Mars, jaloux de ses honneurs,
lie suivre triomphant & tout brillant de gloire.
40 MERCUREDEFRANCE
Dé a la renommée agile dans les airs,
Annonce cet Oracle à cent Peuples divers,
Sans cesse avec ardeur sa bouche le publie,
Le Batave le sçait, on l'apprend en Asie;
Tout l'Univers entier coutemple nos plaisits,
Son Nom vole plus loin que ne font les Zéphirs,
Cette Déesse enfin vole au-delà des Ondes
Et va le publier dans tous les nouveaux Mondes.
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Résumé : NAISSANCE De Monseigneur le Duc de Bourgogne. Heureux présage.
Le texte célèbre la naissance du Duc de Bourgogne, considérée comme un heureux présage. Un bruit violent, probablement un feu d'artifice, réveille le narrateur, qui comprend qu'il s'agit d'une célébration joyeuse et triomphale. Cette naissance est vue comme un don divin destiné à soutenir le trône et la France grâce aux vertus du nouveau-né. Le royaume est rempli de joie et d'allégresse, avec des jeux, des rires et des plaisirs partagés par tous. Le jeune duc est décrit comme formé par les Grâces, possédant les attraits de l'amour et inspirant l'admiration de tout un peuple. Les dieux sont prêts à lui accorder des faveurs, et les divinités de la guerre, Bellone et Mars, le suivront triomphant et couvert de gloire. La nouvelle de cette naissance est rapidement propagée par Mercure, la déesse de la renommée, à travers le monde entier, y compris les nouveaux mondes.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4653
p. 40-50
LA NAISSANCE DE MONSEIGNEUR LE DUC DE BOURGOGNE. ODE A Sa Majesté, le Roi de Pologne, Electeur de Saxe. Par M. d'Arnauld, Conseiller de Légation de Sa Majesté, & Membre de l'Académie Royale des Sciences & Belles-Lettres de Prusse. ......... Tu Lodoicus eris.
Début :
Grand Roi, qui permettez qu'une Muse timide [...]
Mots clefs :
Rois, Dieux, Dieu, Naissance du duc de Bourgogne, Terre, Enfant, Trône, Ange, Vertus
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texteReconnaissance textuelle : LA NAISSANCE DE MONSEIGNEUR LE DUC DE BOURGOGNE. ODE A Sa Majesté, le Roi de Pologne, Electeur de Saxe. Par M. d'Arnauld, Conseiller de Légation de Sa Majesté, & Membre de l'Académie Royale des Sciences & Belles-Lettres de Prusse. ......... Tu Lodoicus eris.
LA NAISSANCE
DE MONSEIGNEUR
LE DUC DE BOURGOGNE.
ODE
A Sa Majesté, le Roi de Pologne,
Electeur de Saxe. Par M. d'Arnauld,
Conseiller de Légation de Sa Majeste, &
Membre de l'Académie Royale des Sciences
& Belles-Lettres de Prusse.
......... Tu Lodoicus eris.
Grand Roi, qui permettez qu'une Muse timide
Dépoje a o pies jes écrits
Daignez favoriser l'audace qui me guide,
Digires b.0O
JANVIER. 1752.
41
Et qu' un de vos regards de mes vers soit le prix!
Quand l'Ange des Francois plein d'une ardeur tro
juste
Pour le Fils des Bourbous un former wus les voela,
Un seal les réunit, qu'il soit un autre Auguste!
Et nous n' aurons plus rien à demander aux Dicur.
en.
Cet astre radieux qu'une clatté (*) premiere
Annonçoit par ses feux naissans
Tel qu'un Dieu qui domine en sa vaste carriere
Se leve & darde ensin ses rayons tout puissans;
La Terre à son aspect tressaille d'allégresse,
Le Démon de la nuit rentre dans les enfers:
Et des jeux caressans la troupe enchanteresse
Revient de sa présence embellir l'Univers.
Franco, ainsi cet Enfant, le présent du Ciel même
Qu'il accorde à tes longs désirs
Vient remplir tes climats de sa splendeur suprême,
Et fixer dans ton sein la paix & les plaisira
Sur son divin berceau la flateuse espérance
Déja laisse tomber ses regards amoureux
Le Destin lui sourit, & l'Ange de la France
Comblé des dons du Ciel, lui porte encor ses
vœux.
(*) Madame, sour de Monseigneur le Duc de
Bourgogne.
Disirad hi0
CE MERCURE DE FRANCE.
Ane du grand Rousseau, du sublime Empirée
Où te couronnent les Talens
Abandonnie pour moi la demeure sacrée,
Viens me préter ta flamme & tes nobles élans,
Dans des vers immortels que je puisse redire
Ces vœux qu'un Dieu lui-même a sçu me révéler
Peuples, Rois, écoutez, c'est ce Dieu qui m'ins-
pire,
L'Ange même des lis par ma voix va patler.
»Grands Dieux (*) que jusqu'à vous l'humble &
„sainte priere
»Monte dans les flots de l'encens !
» Qe d'un Peuple enchanté, que de la France
„entiere
»S'élevent à vos pieds les cris reconnoissans !
»L'Héritier des Bourbons est votre auguste ou-
„vrage,
»Déja ses traits naissans décélent sa grandeur
»Mais ce n'est point asses, Dieux! qu'il soit votre
»image
(*) Personne ne doit ignorer que dans la hau-
te Poësie, Minerve ne veut signifier que la sagesse
qu'en un mot on entend par les Dieux & les im-
mortels, les anges & les esprits célestes. L'écriture
même en parlant de Dieu se sert de l'expression
de Dieu des Dieux.
JANVIER.
1752.
45
nSi vous ne l'échauffez d'une céleste ardeur.
wVenez, descendez tous dans l'azur d'un nuage,
»Sur ce berceau si glorieux,
»Qu'autour de cet Enfant votre cœur se partage,
»Qu'il confonde sur lui tous les rayons des Dieux!
» Quand vous voulez donner des Maîtres à la
terre
»Pout former cet ouvrage est-ce trop de vous
»tous?
»Suffit- il que leur bras soit armé du tonnerre,
»C'est la seule vertu qui les met près de vous
»Minerve, hâte toi; de ta divine Egide
» Viens couvrir cet auguste Enfant,
„ Que son premier regard s'attache sur le guide
»Qui doit le soutenir de son bras triomphant!
„ Ne t'écarte jamais de ses traces brillantes
Dans l'hotreur des combats cours, vole à son
»côté;
»Mais par d'autres chemins que les routes san-
„ glantes
» Qu'il s'éleve au sejour de l'immortalité !-
DEsprits même des Dieux, Enfans de la Déesse,
*Beaux arts, entourez son Berceau !
nA ses yeux que le jour offense encore & blesse,
44 MERCUREDEFRANCE.
»Faites déja briller votre immortel flambeau.
„Des vertus dans son sein r épandez les semences,
„ Vous êtes des vertus & l'oracle & l'appui,
»Réunissez vos dons, que vos trésois immenses
»Comme autant de torrens aillent se perdre en
» lui !
» Par vous il apprendra que ces Mastres du monde
»Ne sout dignes de leur éclat
» Que lorsque leur grandeur est la fource féconde
» D'où jaillisse la vie & le bien de l'Etat;
» Que ces Rois qui de sang & de combats avides,
»Font gémir & pleurer la tendre humanité,
»Verront leurs noms pareils à des vapeurs hu-
» mides
» Se dissiper au jour dunt luit la vérité.
Il sçaura pour le pauvre & l'orphelin timide,
» Pour les malheureux éplorés,
»Que les marches d'un trône où l'équité réside
»D'un salutaire autel sont autant de degrés;
„Il sçaura que sa main doit essuyer leurs larmes,
* Qu'un Roi n'est vraiment grand qu'autant qu'il
» est aimé;
„ Que de noms envolés avec le bruit des armes!
»Et du nom de Titus l'univers est charmé.
N
JANVIER.
1752.
45
„Il sçaura que la terre & lui-même ont un mai-
»tre,
„ Devant qui les Rois ne sont rien,
»Qu'il est un Dieu vengeur que tout doit recon,
»noitre,
„De cent mondes divers & l'ame & le soutien;
»Qu'à ce juge éternel tous les Rois sont comp-
ntables
»Des maux comme des biens de leur Trône
»émanés
»Qu'ensin si tous ses pas ne sont point équitables,
„Dans la nuit de la mort il seront entrainés.
» Sous vos ailes ainsi son Enfance chérie
»Comme un beau lys s'élevera,
»Et cette tendre fleur bien loin d'être flétrie
»En un fruit nourrissant par vous se changera.
„Tel un jeune Tilleul l'amour de la nature
„ Qu'un ruisseau bienfaisant abbreuve de ses eaux,
„ Voit tous les jours son front s'enrichir de ver-
„dure
nEt son tronc se répandre en d'utiles rameaux.
N
»Que de sa propre main, Beaux-Arts, il vous
»couronne
„ Près de lui qu'il vous fasse asseoir
»Comie les ornemens & la gloire du Trone,
46 MERCURE DE FRANCE.
» Le germe des vertus & le sceau du pouvoit !
„Louis du monde entier a mérité l'hommage
„En répandant sur vous ses généreux bienfaits,
»Et les vers de Corneille ont illustré son age
„Autant que la splendeur qu'il dut à ses hauts
» faits.
Ne viens point à ses piés, perside calomnie,
„ Soufflet tes feux & tes poisons
„ Dans sa naifsante aurore obscurcit le génie
„ Qui perce tôt ou tard, & darde ses rayons;
»Qu'assis au même rang de Virgile & d'Horace
»Ovide chante Auguste, & son régne immortel;
»La terre au Triumvir sans doute auroit fait
» grace,
„Si le Maître d'Ovide eut été moins cruel.
»Et vous, lâches flatteurs, vous corrupteurs in-
„fâmes
»La honte & l'opprobre des Rois,
»Vous qui portez l'orgueil & la mort dans leurs
»ames,
u Créateurs des Tytans, & destructeurs des loix,
„Fuyez, que le mensonge & la vile imposture
»N'exhalent point ici leur souffle empoisonneur
»Fuyez, n'infectez point une source aussi pure;
ed by G
1752.
JANVIER.
47
„Que l'univers entier y puise son bo iheus
Toi, sainte Vérité, ne crains point sa présence,
„ Et n'écarte pas ton flambeau,
» Toujours, pour qu'il mérite & régle sa puis-
»lance
» Des foiblesses des Rois offre lui le tableau;
»Quand il sçaura porter le sacré Diadême
»Pat un éloge libre ose l'encourager;
»S'il en pouvoit jamais ternir l'éclat suprême,
»Sans adoucir tes traits ose le corriger.
„ En lui faisant aimer cette fille céleste,
»L'immortelle Religion,
»Que sa raison démasque, & que son cœur dé-
po teste
»Le premier des Tyrans, la superstition;
„ Qu'il contemple les maux dont sa trace est
»suivie,
„ Les femmes, les vieillards, les enfaus immolés,
„Les Rois mêmes tombant sous son audace impie,
»Tous les crimes divers de son sein exhalés.
„Qu'il se souvienne enfin qu'étant ce que nous
» sommes,
„Comme nous soumis aux malheurs,
Mes
48 MERCURE DEFRANCE.
„ Autant humiliés que le dernier des hommes-
»Les Rois peuvent du sort épuiser les rigueurs
nMais le Monarque alors déployant sa grande
»ame
» Se met par sa constance au-dessus de l'humain
„ C'est alors qu'il, est Roi, que sa vertu s'enslam-
»me
n Maîttise la fortune & confond le destin.
25
nAinsi le Grand Louis trahi par la victoire,
»A vu le destin irrité
» Disputer à sou front le siège de la Gloire,
„ Ce laurier immortel qu'il avoit mérité.
nEn vain le sort jaloux vieut jusques sur le Trone,
wVient jusques dans ses bras lui ravir ses enfans,
„Aux fléaux conjurés dont l'horreur l'environne,
»Louis oppose encot les regards triomphans.
nOdivine amitié, flamme pure & sacrée
»Que ressentent si peu les Rois
»Transport de la belle ame aux vertus consa-
»crée
»Doux alimens des cours qui chérissent tes loix,
nAu nouveau Marcellus fais gouter tous tes
»charmes,
nA se remplir le cœeur de ses cheres allarmes
Qu'il
by Goo
JANVIER. 1752.
49
Qu'il connoisse en un mot la douceur de pleurer !
„Pour épuiser vos dons, sous les traits de sa
»mere,
„O! Dieux, puisse-t- il receler,
„La solide grandeur & l'ame de son pere;
»Petit fils de Lovis puisse- t- il l'égaler !
„ Mais conservez l'Ayeul votre image fidéle,
„Qu'il vive, s'il se peut, autant que ses bienfaits!
uQue cet enfant des Rois ait toujours un mo-
dele
»Digne du trône, ensin qu'il n'y monte jamais !
L'Ange dit, & soudain un sillon de lumiere
Entr'ouvre l'Olimpe éclairé
La Gloire qui des cieux traverse la carriere,
Couronne le berceau de son laurier sacté;
Sur ce front qui déja sourit à la déesse,
L'enfant reçoit l'éclat d'un immortel rayon.
Le Français s'applaudit transporté d'allégresse
Et plein d'un doux espoir, il attend un Bour-
bon.
N8
Digne fils de * Louis, à qui ta race antique
Doit ce rejetton, son appui,
Monseigneur le Dauphin.
C
II. Vol
Digistrss yL0
50 MERCURE DE FRANCE.
Lis ces vers ajoutés à l'offrande publique
Que la France à tes piés va porter aujourd'hui;:
Comme Français. ma voix a du se faire en-
tendre
Quand du sang des Bourbons le cours est aug.
menté
Comme sage encor plus, il ne peut trop s'éten,
dre
Pour le bien de la terre, & de l'humanité.
DE MONSEIGNEUR
LE DUC DE BOURGOGNE.
ODE
A Sa Majesté, le Roi de Pologne,
Electeur de Saxe. Par M. d'Arnauld,
Conseiller de Légation de Sa Majeste, &
Membre de l'Académie Royale des Sciences
& Belles-Lettres de Prusse.
......... Tu Lodoicus eris.
Grand Roi, qui permettez qu'une Muse timide
Dépoje a o pies jes écrits
Daignez favoriser l'audace qui me guide,
Digires b.0O
JANVIER. 1752.
41
Et qu' un de vos regards de mes vers soit le prix!
Quand l'Ange des Francois plein d'une ardeur tro
juste
Pour le Fils des Bourbous un former wus les voela,
Un seal les réunit, qu'il soit un autre Auguste!
Et nous n' aurons plus rien à demander aux Dicur.
en.
Cet astre radieux qu'une clatté (*) premiere
Annonçoit par ses feux naissans
Tel qu'un Dieu qui domine en sa vaste carriere
Se leve & darde ensin ses rayons tout puissans;
La Terre à son aspect tressaille d'allégresse,
Le Démon de la nuit rentre dans les enfers:
Et des jeux caressans la troupe enchanteresse
Revient de sa présence embellir l'Univers.
Franco, ainsi cet Enfant, le présent du Ciel même
Qu'il accorde à tes longs désirs
Vient remplir tes climats de sa splendeur suprême,
Et fixer dans ton sein la paix & les plaisira
Sur son divin berceau la flateuse espérance
Déja laisse tomber ses regards amoureux
Le Destin lui sourit, & l'Ange de la France
Comblé des dons du Ciel, lui porte encor ses
vœux.
(*) Madame, sour de Monseigneur le Duc de
Bourgogne.
Disirad hi0
CE MERCURE DE FRANCE.
Ane du grand Rousseau, du sublime Empirée
Où te couronnent les Talens
Abandonnie pour moi la demeure sacrée,
Viens me préter ta flamme & tes nobles élans,
Dans des vers immortels que je puisse redire
Ces vœux qu'un Dieu lui-même a sçu me révéler
Peuples, Rois, écoutez, c'est ce Dieu qui m'ins-
pire,
L'Ange même des lis par ma voix va patler.
»Grands Dieux (*) que jusqu'à vous l'humble &
„sainte priere
»Monte dans les flots de l'encens !
» Qe d'un Peuple enchanté, que de la France
„entiere
»S'élevent à vos pieds les cris reconnoissans !
»L'Héritier des Bourbons est votre auguste ou-
„vrage,
»Déja ses traits naissans décélent sa grandeur
»Mais ce n'est point asses, Dieux! qu'il soit votre
»image
(*) Personne ne doit ignorer que dans la hau-
te Poësie, Minerve ne veut signifier que la sagesse
qu'en un mot on entend par les Dieux & les im-
mortels, les anges & les esprits célestes. L'écriture
même en parlant de Dieu se sert de l'expression
de Dieu des Dieux.
JANVIER.
1752.
45
nSi vous ne l'échauffez d'une céleste ardeur.
wVenez, descendez tous dans l'azur d'un nuage,
»Sur ce berceau si glorieux,
»Qu'autour de cet Enfant votre cœur se partage,
»Qu'il confonde sur lui tous les rayons des Dieux!
» Quand vous voulez donner des Maîtres à la
terre
»Pout former cet ouvrage est-ce trop de vous
»tous?
»Suffit- il que leur bras soit armé du tonnerre,
»C'est la seule vertu qui les met près de vous
»Minerve, hâte toi; de ta divine Egide
» Viens couvrir cet auguste Enfant,
„ Que son premier regard s'attache sur le guide
»Qui doit le soutenir de son bras triomphant!
„ Ne t'écarte jamais de ses traces brillantes
Dans l'hotreur des combats cours, vole à son
»côté;
»Mais par d'autres chemins que les routes san-
„ glantes
» Qu'il s'éleve au sejour de l'immortalité !-
DEsprits même des Dieux, Enfans de la Déesse,
*Beaux arts, entourez son Berceau !
nA ses yeux que le jour offense encore & blesse,
44 MERCUREDEFRANCE.
»Faites déja briller votre immortel flambeau.
„Des vertus dans son sein r épandez les semences,
„ Vous êtes des vertus & l'oracle & l'appui,
»Réunissez vos dons, que vos trésois immenses
»Comme autant de torrens aillent se perdre en
» lui !
» Par vous il apprendra que ces Mastres du monde
»Ne sout dignes de leur éclat
» Que lorsque leur grandeur est la fource féconde
» D'où jaillisse la vie & le bien de l'Etat;
» Que ces Rois qui de sang & de combats avides,
»Font gémir & pleurer la tendre humanité,
»Verront leurs noms pareils à des vapeurs hu-
» mides
» Se dissiper au jour dunt luit la vérité.
Il sçaura pour le pauvre & l'orphelin timide,
» Pour les malheureux éplorés,
»Que les marches d'un trône où l'équité réside
»D'un salutaire autel sont autant de degrés;
„Il sçaura que sa main doit essuyer leurs larmes,
* Qu'un Roi n'est vraiment grand qu'autant qu'il
» est aimé;
„ Que de noms envolés avec le bruit des armes!
»Et du nom de Titus l'univers est charmé.
N
JANVIER.
1752.
45
„Il sçaura que la terre & lui-même ont un mai-
»tre,
„ Devant qui les Rois ne sont rien,
»Qu'il est un Dieu vengeur que tout doit recon,
»noitre,
„De cent mondes divers & l'ame & le soutien;
»Qu'à ce juge éternel tous les Rois sont comp-
ntables
»Des maux comme des biens de leur Trône
»émanés
»Qu'ensin si tous ses pas ne sont point équitables,
„Dans la nuit de la mort il seront entrainés.
» Sous vos ailes ainsi son Enfance chérie
»Comme un beau lys s'élevera,
»Et cette tendre fleur bien loin d'être flétrie
»En un fruit nourrissant par vous se changera.
„Tel un jeune Tilleul l'amour de la nature
„ Qu'un ruisseau bienfaisant abbreuve de ses eaux,
„ Voit tous les jours son front s'enrichir de ver-
„dure
nEt son tronc se répandre en d'utiles rameaux.
N
»Que de sa propre main, Beaux-Arts, il vous
»couronne
„ Près de lui qu'il vous fasse asseoir
»Comie les ornemens & la gloire du Trone,
46 MERCURE DE FRANCE.
» Le germe des vertus & le sceau du pouvoit !
„Louis du monde entier a mérité l'hommage
„En répandant sur vous ses généreux bienfaits,
»Et les vers de Corneille ont illustré son age
„Autant que la splendeur qu'il dut à ses hauts
» faits.
Ne viens point à ses piés, perside calomnie,
„ Soufflet tes feux & tes poisons
„ Dans sa naifsante aurore obscurcit le génie
„ Qui perce tôt ou tard, & darde ses rayons;
»Qu'assis au même rang de Virgile & d'Horace
»Ovide chante Auguste, & son régne immortel;
»La terre au Triumvir sans doute auroit fait
» grace,
„Si le Maître d'Ovide eut été moins cruel.
»Et vous, lâches flatteurs, vous corrupteurs in-
„fâmes
»La honte & l'opprobre des Rois,
»Vous qui portez l'orgueil & la mort dans leurs
»ames,
u Créateurs des Tytans, & destructeurs des loix,
„Fuyez, que le mensonge & la vile imposture
»N'exhalent point ici leur souffle empoisonneur
»Fuyez, n'infectez point une source aussi pure;
ed by G
1752.
JANVIER.
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„Que l'univers entier y puise son bo iheus
Toi, sainte Vérité, ne crains point sa présence,
„ Et n'écarte pas ton flambeau,
» Toujours, pour qu'il mérite & régle sa puis-
»lance
» Des foiblesses des Rois offre lui le tableau;
»Quand il sçaura porter le sacré Diadême
»Pat un éloge libre ose l'encourager;
»S'il en pouvoit jamais ternir l'éclat suprême,
»Sans adoucir tes traits ose le corriger.
„ En lui faisant aimer cette fille céleste,
»L'immortelle Religion,
»Que sa raison démasque, & que son cœur dé-
po teste
»Le premier des Tyrans, la superstition;
„ Qu'il contemple les maux dont sa trace est
»suivie,
„ Les femmes, les vieillards, les enfaus immolés,
„Les Rois mêmes tombant sous son audace impie,
»Tous les crimes divers de son sein exhalés.
„Qu'il se souvienne enfin qu'étant ce que nous
» sommes,
„Comme nous soumis aux malheurs,
Mes
48 MERCURE DEFRANCE.
„ Autant humiliés que le dernier des hommes-
»Les Rois peuvent du sort épuiser les rigueurs
nMais le Monarque alors déployant sa grande
»ame
» Se met par sa constance au-dessus de l'humain
„ C'est alors qu'il, est Roi, que sa vertu s'enslam-
»me
n Maîttise la fortune & confond le destin.
25
nAinsi le Grand Louis trahi par la victoire,
»A vu le destin irrité
» Disputer à sou front le siège de la Gloire,
„ Ce laurier immortel qu'il avoit mérité.
nEn vain le sort jaloux vieut jusques sur le Trone,
wVient jusques dans ses bras lui ravir ses enfans,
„Aux fléaux conjurés dont l'horreur l'environne,
»Louis oppose encot les regards triomphans.
nOdivine amitié, flamme pure & sacrée
»Que ressentent si peu les Rois
»Transport de la belle ame aux vertus consa-
»crée
»Doux alimens des cours qui chérissent tes loix,
nAu nouveau Marcellus fais gouter tous tes
»charmes,
nA se remplir le cœeur de ses cheres allarmes
Qu'il
by Goo
JANVIER. 1752.
49
Qu'il connoisse en un mot la douceur de pleurer !
„Pour épuiser vos dons, sous les traits de sa
»mere,
„O! Dieux, puisse-t- il receler,
„La solide grandeur & l'ame de son pere;
»Petit fils de Lovis puisse- t- il l'égaler !
„ Mais conservez l'Ayeul votre image fidéle,
„Qu'il vive, s'il se peut, autant que ses bienfaits!
uQue cet enfant des Rois ait toujours un mo-
dele
»Digne du trône, ensin qu'il n'y monte jamais !
L'Ange dit, & soudain un sillon de lumiere
Entr'ouvre l'Olimpe éclairé
La Gloire qui des cieux traverse la carriere,
Couronne le berceau de son laurier sacté;
Sur ce front qui déja sourit à la déesse,
L'enfant reçoit l'éclat d'un immortel rayon.
Le Français s'applaudit transporté d'allégresse
Et plein d'un doux espoir, il attend un Bour-
bon.
N8
Digne fils de * Louis, à qui ta race antique
Doit ce rejetton, son appui,
Monseigneur le Dauphin.
C
II. Vol
Digistrss yL0
50 MERCURE DE FRANCE.
Lis ces vers ajoutés à l'offrande publique
Que la France à tes piés va porter aujourd'hui;:
Comme Français. ma voix a du se faire en-
tendre
Quand du sang des Bourbons le cours est aug.
menté
Comme sage encor plus, il ne peut trop s'éten,
dre
Pour le bien de la terre, & de l'humanité.
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Résumé : LA NAISSANCE DE MONSEIGNEUR LE DUC DE BOURGOGNE. ODE A Sa Majesté, le Roi de Pologne, Electeur de Saxe. Par M. d'Arnauld, Conseiller de Légation de Sa Majesté, & Membre de l'Académie Royale des Sciences & Belles-Lettres de Prusse. ......... Tu Lodoicus eris.
Le texte se compose de deux parties distinctes. La première est une ode célébrant la naissance du Duc de Bourgogne, fils des Bourbons, adressée au Roi de Pologne et Électeur de Saxe. L'auteur, M. d'Arnauld, compare cette naissance à l'apparition d'un astre radieux annonçant la paix et la joie en France. Il souhaite que le Duc soit protégé par les dieux et les arts, et qu'il gouverne avec vertu et justice. L'ode appelle à ce que le Duc apprenne à secourir les pauvres et les opprimés, et à être conscient de sa responsabilité divine. Les arts et les vertus doivent l'entourer et l'éduquer pour qu'il devienne un souverain juste et aimé, comparable à des figures historiques comme Titus. La seconde partie est un poème adressé à un membre de la famille royale française, probablement le Dauphin, fils de Louis XV. Le poème critique les flatteurs et les corrupteurs qui entourent les rois, les qualifiant de 'lâches flatteurs' et 'corrupteurs infâmes'. Il appelle à la vérité et à la vertu, exhortant le roi à se méfier du mensonge et de l'imposture. Le texte met en garde contre la superstition et ses maux, tout en soulignant que les rois peuvent se distinguer par leur constance et leur grandeur. Il évoque la figure de Louis XIV et souhaite que le Dauphin hérite des qualités de ses ancêtres, notamment la 'solide grandeur' et l''âme' de son père et de son grand-père. Le poème se termine par une vision prophétique où la Gloire couronne le berceau du Dauphin, symbolisant l'espoir et l'allégresse du peuple français pour l'avenir de la monarchie.
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4653
4654
p. 50-53
COUPLETS CHANTÉS Par les nouveaux Mariés de la Paroisse de Saint Laurent, aux nôces faites par la Ville à l'occasion de la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne, sur différens airs de Noëls. Sur l'air : Les Bourgeois de Chartres.
Début :
L'enfant qui vient de naître [...]
Mots clefs :
Ville, Conquérant, Vertus, Nouveaux mariés, Naissance du duc de Bourgogne
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texteReconnaissance textuelle : COUPLETS CHANTÉS Par les nouveaux Mariés de la Paroisse de Saint Laurent, aux nôces faites par la Ville à l'occasion de la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne, sur différens airs de Noëls. Sur l'air : Les Bourgeois de Chartres.
COUPLETS CHANTÉS
Par les nouveaux Mariés de la Paroisse de
Saint Laurent, aux nôces faites par la
Ville à l'occasion de la naissanee de Monseigneur
le Duc de Bourgogne, sur différens
airs de Noëls. Sur l'air : Les Bourgeois
de Chartres.
L'enfant qui vient de naître
Est un présent des cieux.
De notre Auguste Maître
Il vient comblet les vœeux.
Qu'il soit digne de lui ! Sa Clémence Héroique
Rendra ses Ennemis
Soumis.
Est- il un Conquérant
JANVIER. 1752.
51
Plus grand
Qu'un Hétos pacisique:
Ce Monarque intrépide
Affronte les hazards.
La valeur qui le guide
Animoit les Césars.
Mais des qu'aux champs de Mars il est couvert de
gloire
Il surpasse en vertus
Titus;
Conquérant généteux,
Ses yeux
Pleutent sur sa victoire.
WS
Déposant son Tonnerte,
On vit ce Potentat,
Des malheurs de la Guerre
Consoler le Soldat.
Peuples qu'il subjuguoit aux Plaines de la Flandre
Vous fûtes bien surpris,
Ravis
De voir dans un Vainqueur
Le cœur
De l'ami le plus tendre.
Cij
52 MERCUREDE FRANCE.
La France, Grande Reine
Fait pout vous mille vœux.
Vous êtes Souveraine
Pour faire des heureux.
Votre coeur est du paurre & l'espoir & l'azile.
Ce coeur rend vos bienfaits
Parfaits.
Vous êtes de la Cour
L'amiour
Et l'amour de la Ville.
Quelle aimable Famille
S'éleve sous vos Loix!
L'éclat dont elle brille
Charme l'espoir des Rois.
Vos Augustes Enfans suivent vos nobles tracea
Ils sont, tous ces Ensans,
Charmans.
Chacun est un Portrait
Complet
Des Vertus & des Graces.
Quelle heureuse abondance
Ce beau jour nous prédit !
Il n'est plus d'indigence
Quand Le Roi nous unit,
(.
JANVIER. 1752. * 53
S'il vient de nous doter, ce Prince débonnaire,
C'est que non-seulement,
Vrasment,
Louis est notre Roi;
Ma foi
C'est encor notre Pere.
Par les nouveaux Mariés de la Paroisse de
Saint Laurent, aux nôces faites par la
Ville à l'occasion de la naissanee de Monseigneur
le Duc de Bourgogne, sur différens
airs de Noëls. Sur l'air : Les Bourgeois
de Chartres.
L'enfant qui vient de naître
Est un présent des cieux.
De notre Auguste Maître
Il vient comblet les vœeux.
Qu'il soit digne de lui ! Sa Clémence Héroique
Rendra ses Ennemis
Soumis.
Est- il un Conquérant
JANVIER. 1752.
51
Plus grand
Qu'un Hétos pacisique:
Ce Monarque intrépide
Affronte les hazards.
La valeur qui le guide
Animoit les Césars.
Mais des qu'aux champs de Mars il est couvert de
gloire
Il surpasse en vertus
Titus;
Conquérant généteux,
Ses yeux
Pleutent sur sa victoire.
WS
Déposant son Tonnerte,
On vit ce Potentat,
Des malheurs de la Guerre
Consoler le Soldat.
Peuples qu'il subjuguoit aux Plaines de la Flandre
Vous fûtes bien surpris,
Ravis
De voir dans un Vainqueur
Le cœur
De l'ami le plus tendre.
Cij
52 MERCUREDE FRANCE.
La France, Grande Reine
Fait pout vous mille vœux.
Vous êtes Souveraine
Pour faire des heureux.
Votre coeur est du paurre & l'espoir & l'azile.
Ce coeur rend vos bienfaits
Parfaits.
Vous êtes de la Cour
L'amiour
Et l'amour de la Ville.
Quelle aimable Famille
S'éleve sous vos Loix!
L'éclat dont elle brille
Charme l'espoir des Rois.
Vos Augustes Enfans suivent vos nobles tracea
Ils sont, tous ces Ensans,
Charmans.
Chacun est un Portrait
Complet
Des Vertus & des Graces.
Quelle heureuse abondance
Ce beau jour nous prédit !
Il n'est plus d'indigence
Quand Le Roi nous unit,
(.
JANVIER. 1752. * 53
S'il vient de nous doter, ce Prince débonnaire,
C'est que non-seulement,
Vrasment,
Louis est notre Roi;
Ma foi
C'est encor notre Pere.
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Résumé : COUPLETS CHANTÉS Par les nouveaux Mariés de la Paroisse de Saint Laurent, aux nôces faites par la Ville à l'occasion de la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne, sur différens airs de Noëls. Sur l'air : Les Bourgeois de Chartres.
Le texte relate des couplets chantés par les nouveaux mariés de la paroisse de Saint-Laurent lors des noces célébrant la naissance du Duc de Bourgogne. Ces chants, accompagnés d'airs de Noël, adressent des vœux au nouveau-né, lui souhaitant d'hériter de la clémence héroïque de son maître et de posséder les qualités de conquérant intrépide et généreux des Césars et de Titus. Le monarque est décrit comme un vainqueur sur les champs de bataille, consolant les soldats et montrant un cœur tendre envers les peuples conquis, notamment en Flandre. La France est saluée comme une grande reine bienveillante pour ses sujets. La famille royale est présentée comme aimable et brillante, avec des enfants charmants incarnant les vertus et les grâces. Le texte met en avant l'abondance et l'absence de misère lorsque le roi unit le peuple, soulignant que Louis est à la fois leur roi et leur père.
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4655
p. 53-55
AUTRES. Sut l'air : Joseph est bien marié.
Début :
Le Dauphin est bien marié, bis [...]
Mots clefs :
Dauphin, Marié, Princesse, Naissance du duc de Bourgogne
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texteReconnaissance textuelle : AUTRES. Sut l'air : Joseph est bien marié.
AUTRES.
Sut l'air : Joseph est bien marié.
Le Dauphin est bien marié, bis
Vive sa chere Moitié.
bis.
Cette adorable Princesse
Répand partout l'allégresse,
Les biens, la félicité
Le Dauphin est bien marié.
Que d'accord avec nos voix
bis.
Nos cours expriment cent sois
bis.
Le zele qui nous dévore;
Et recommençons encore,
Quand nous aurons bien chanté,
Le Dauphin est bien marié.
Ma Princesse, en vérité,
bis:
Le Royanme est enchanté;
bis.
Ciij
34 MERCURE DE FRANCE.
Car jamais la politique
N'a fait pour la République
Un coup d'Etat si marqué.
Le Dauphin est bien marié.
La douceur & la bonté
biz.
La sagesse & la beauté,
bis.
Ornent bien une Couronne;
Mais pour affermit le Trône
Il faut la fécondité.
Le Dauphin est bien marié.
Le Ciel pour nous déclaré,
bis.
Nous assiste par degré.
bis.
Le Soleil qui vient d'éclorre
Fut annoncé par l'Aurore
Que nous eûmes l'an passé.
Le Dauphin est bien marié.
Mais ce nouvel Héritier
bis.
Ne sera pas le detuier:
bis.
Car Dieu promet aux bons P'rinces
Qu'il étendra leurs Provinces
Avec leur Postérité.
Le Dauphin est bien marié.
JANVIER.
1752.
Un jour puissent nos neveux,
Autant que nous être heureux.
L'Auguste Enfant qui respire
Sera digne de l'Empire
S'il tient de sa parenté.
Le Dauphin est bien marié.
bis.
Vive & triomphe sans fin
Notre généreux Dauphin.
bis.
Si son triomphe est durable,
Comme son cœur est aimable
C'en est pour l'éternité.
Le Dauphin est bien marié.
A l'objet de ses amours
bis.
Que Dieu donne de longs jours; bu.
Qu'il bénisse la Pologne
Pour le beau Duc de Bourgogne
Qu'elle nous a procuré.
Le Dauphin est bien marié.
dis.
De ces illustres Epoux
Le bonheur tombe sur nous;
bit.
Le fruit de leur Hyménée
A fait notre destinée;
Buvous tous à leur santé.
Le Dauphin est bien matié.
Sut l'air : Joseph est bien marié.
Le Dauphin est bien marié, bis
Vive sa chere Moitié.
bis.
Cette adorable Princesse
Répand partout l'allégresse,
Les biens, la félicité
Le Dauphin est bien marié.
Que d'accord avec nos voix
bis.
Nos cours expriment cent sois
bis.
Le zele qui nous dévore;
Et recommençons encore,
Quand nous aurons bien chanté,
Le Dauphin est bien marié.
Ma Princesse, en vérité,
bis:
Le Royanme est enchanté;
bis.
Ciij
34 MERCURE DE FRANCE.
Car jamais la politique
N'a fait pour la République
Un coup d'Etat si marqué.
Le Dauphin est bien marié.
La douceur & la bonté
biz.
La sagesse & la beauté,
bis.
Ornent bien une Couronne;
Mais pour affermit le Trône
Il faut la fécondité.
Le Dauphin est bien marié.
Le Ciel pour nous déclaré,
bis.
Nous assiste par degré.
bis.
Le Soleil qui vient d'éclorre
Fut annoncé par l'Aurore
Que nous eûmes l'an passé.
Le Dauphin est bien marié.
Mais ce nouvel Héritier
bis.
Ne sera pas le detuier:
bis.
Car Dieu promet aux bons P'rinces
Qu'il étendra leurs Provinces
Avec leur Postérité.
Le Dauphin est bien marié.
JANVIER.
1752.
Un jour puissent nos neveux,
Autant que nous être heureux.
L'Auguste Enfant qui respire
Sera digne de l'Empire
S'il tient de sa parenté.
Le Dauphin est bien marié.
bis.
Vive & triomphe sans fin
Notre généreux Dauphin.
bis.
Si son triomphe est durable,
Comme son cœur est aimable
C'en est pour l'éternité.
Le Dauphin est bien marié.
A l'objet de ses amours
bis.
Que Dieu donne de longs jours; bu.
Qu'il bénisse la Pologne
Pour le beau Duc de Bourgogne
Qu'elle nous a procuré.
Le Dauphin est bien marié.
dis.
De ces illustres Epoux
Le bonheur tombe sur nous;
bit.
Le fruit de leur Hyménée
A fait notre destinée;
Buvous tous à leur santé.
Le Dauphin est bien matié.
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Résumé : AUTRES. Sut l'air : Joseph est bien marié.
Le texte célèbre le mariage du Dauphin, fils du roi de France, avec une princesse polonaise, soulignant la joie et l'allégresse qu'il suscite. Il met en avant les qualités de la princesse, notamment sa douceur, sa bonté, sa sagesse et sa beauté, ainsi que l'importance de sa fécondité pour assurer la stabilité du trône. Cet événement est présenté comme un acte politique majeur bénéfique pour la République. La naissance d'un héritier est annoncée comme un signe du soutien divin et une promesse d'expansion des provinces royales. Le texte souhaite longévité et bonheur aux jeunes mariés et espère que leur union apportera prospérité et bonheur au peuple. Il conclut en célébrant le Dauphin et en bénissant la Pologne pour avoir fourni un époux illustre.
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4656
p. 56-58
AUTRES. Sur l'air : Où s'en vont ces gais Bergers.
Début :
Voici le jour fortuné [...]
Mots clefs :
Ménage, Petit nouveau, Naissance du duc de Bourgogne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRES. Sur l'air : Où s'en vont ces gais Bergers.
AUTRES.
Sut l'air : Où s'en vont ces gais Bergers.
Voici le jour fortuné
De notre Mariage
Au Prince du Dauphiné
Rendons un juste hommage,
Et chantons le petit Nouveau né
Qui nous met en ménage.
A l'amour, à la gaieté
Puisque tout nous engage,
Triomphons en liberté
Et faisons grand tapage
Pour chanter le petit Nouveau-né
ui nous met en ménage.
Du Pere qui l'a formé
C'est la vivante image.
Il sera bien renommé
S'il devient aussi sage.
Célébrons le petit Nouveau-né
Qui nous met en ménage.
N
JANVIER.
De son Ayeul Bien-Aimé
L'invincible courage
Et l'ineffable bonté
Seront son appanage
Célébrons le petit Nouveu-né
Qui nous met en ménage.
Son bras sera redouté
Jusques chez le Sauvage,
Et son coeur sera fêté
Jnsqu'au dernier rivage.
Célébrons le petit Nouveau-né
Qui nous met en ménage.
Quel tems de prospérité
Cet enfant nous présage ?
De notre félicité
— Son nom seul est le gage.
Célébrons le petit Nouveau ré
Qui nous met en ménage.
Souvent le soleil levé
Ne chasse point l'orage;
Mais quand un Bourbon est né
Il n'est plus de nuage.
CV
1752. 57
58 MERCURE DEFRANCE.
Célébrons le petit Nouveau-né
Qui nous met en ménage.
N
Notre coeur est transporté
Des dons qu'il nous partage.
Ses bienfaits de tout côté
Disent en leut langage:
Célébrez le petit Nouveau né
Qui vous met en ménage.
Puisse l'Univers charmé
Etre son héritage,
Et son Régne confirmé
S'étendre au dernier âge.
Célébrons le perit nouveau- ne
Qui nous met en ménage.
Sut l'air : Où s'en vont ces gais Bergers.
Voici le jour fortuné
De notre Mariage
Au Prince du Dauphiné
Rendons un juste hommage,
Et chantons le petit Nouveau né
Qui nous met en ménage.
A l'amour, à la gaieté
Puisque tout nous engage,
Triomphons en liberté
Et faisons grand tapage
Pour chanter le petit Nouveau-né
ui nous met en ménage.
Du Pere qui l'a formé
C'est la vivante image.
Il sera bien renommé
S'il devient aussi sage.
Célébrons le petit Nouveau-né
Qui nous met en ménage.
N
JANVIER.
De son Ayeul Bien-Aimé
L'invincible courage
Et l'ineffable bonté
Seront son appanage
Célébrons le petit Nouveu-né
Qui nous met en ménage.
Son bras sera redouté
Jusques chez le Sauvage,
Et son coeur sera fêté
Jnsqu'au dernier rivage.
Célébrons le petit Nouveau-né
Qui nous met en ménage.
Quel tems de prospérité
Cet enfant nous présage ?
De notre félicité
— Son nom seul est le gage.
Célébrons le petit Nouveau ré
Qui nous met en ménage.
Souvent le soleil levé
Ne chasse point l'orage;
Mais quand un Bourbon est né
Il n'est plus de nuage.
CV
1752. 57
58 MERCURE DEFRANCE.
Célébrons le petit Nouveau-né
Qui nous met en ménage.
N
Notre coeur est transporté
Des dons qu'il nous partage.
Ses bienfaits de tout côté
Disent en leut langage:
Célébrez le petit Nouveau né
Qui vous met en ménage.
Puisse l'Univers charmé
Etre son héritage,
Et son Régne confirmé
S'étendre au dernier âge.
Célébrons le perit nouveau- ne
Qui nous met en ménage.
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Résumé : AUTRES. Sur l'air : Où s'en vont ces gais Bergers.
Le texte célèbre joyeusement la naissance d'un enfant, membre de la famille royale française, lié à la maison des Bourbons. Il annonce un 'jour fortuné' marqué par un mariage et une naissance, invitant à honorer le prince du Dauphiné et à fêter le nouveau-né. L'enfant porte les traits de son père et est destiné à une grande renommée s'il hérite de sa sagesse. Le poème souligne les qualités de courage et de bonté transmises par son aïeul, prédisant que l'enfant sera respecté et admiré partout. La naissance est perçue comme un signe de prospérité et de bonheur, apportant clarté et écartant les nuages. Le texte se conclut par des vœux pour que l'univers entier bénéficie de la bienveillance de l'enfant, espérant un règne long et bénéfique.
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4657
p. 58-61
AUTRES. Sur l'air: Voici le jour solemnel de Noël.
Début :
L'Amour, l'Hymen & les Ris, [...]
Mots clefs :
Naissance du duc de Bourgogne, Jour, Amour, Fête
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRES. Sur l'air: Voici le jour solemnel de Noël.
AUTRES.
Sur l'air: Voici le jour solemnel de
Noël.
L'Amour, l'Hymen & les Ris,
Dan- Patis
Fout une fête chérie
JANVIER.
En faveur du Citoyen,
Pour le bien
Et l'honneur de la Patrie.
Qui nous donne ce beau jour,
Où l'Amour
S'unit avec l'abondance ?
C'est un rayon du soleil
Nonpareil
Qui fertilise la France.
Que pour jamais le burin,
Sur l'airain,
Grave les dons de la Ville:
Elle exécute un projet
Dont l'objet
N'est pas une œuvre stérile.
Le bien pub lic a dicté,
Arrêté,
Ce projet si beau, si sage;
Er la libéralité
A compté
De quoi couronner l'ouvrage.
1385
1752.
59
Cvj
60 MERCURE DEFRANCE.
Que ce systême est sensé,
Bien pensé !
Quand on pourvoit six cens Filles
On devient le bienfaicteur
Et l'auteur
De trois sois deux cens familles.
Vive notre Gouverneur
Ce Seigneur
Doux, officieux, affable.
Il fait voir qi'un Duc est grand
Doublement
Quand il sęait se rendre aimable.
On est bien venu chez lui
Sans appui.
Chez lui la foible in ligence
Peut piétendre au meme accès
Et succès
Que la plus haute opulence.
Que le Prevôt des Marchands
De nos chants
Excite aussi'allégresse.
Ceux qui lui succederont
JANVIER. 1752. 61
Ne pourront
Le surpasser en sagesse.
Dans dix siécles on sçaura,
On dira
Ce que firent les Bernages:
Leur gloire aura pour garants
Les Enfans
Issus de six cens ménages.
Cette Fête vaut bien mieux
Que ces feux
Où le salpêtre s'enslamme:
Ils se perdent en éclairs
Dans les airs;
Les bienfaits restent dans l'ame.
Sur l'air: Voici le jour solemnel de
Noël.
L'Amour, l'Hymen & les Ris,
Dan- Patis
Fout une fête chérie
JANVIER.
En faveur du Citoyen,
Pour le bien
Et l'honneur de la Patrie.
Qui nous donne ce beau jour,
Où l'Amour
S'unit avec l'abondance ?
C'est un rayon du soleil
Nonpareil
Qui fertilise la France.
Que pour jamais le burin,
Sur l'airain,
Grave les dons de la Ville:
Elle exécute un projet
Dont l'objet
N'est pas une œuvre stérile.
Le bien pub lic a dicté,
Arrêté,
Ce projet si beau, si sage;
Er la libéralité
A compté
De quoi couronner l'ouvrage.
1385
1752.
59
Cvj
60 MERCURE DEFRANCE.
Que ce systême est sensé,
Bien pensé !
Quand on pourvoit six cens Filles
On devient le bienfaicteur
Et l'auteur
De trois sois deux cens familles.
Vive notre Gouverneur
Ce Seigneur
Doux, officieux, affable.
Il fait voir qi'un Duc est grand
Doublement
Quand il sęait se rendre aimable.
On est bien venu chez lui
Sans appui.
Chez lui la foible in ligence
Peut piétendre au meme accès
Et succès
Que la plus haute opulence.
Que le Prevôt des Marchands
De nos chants
Excite aussi'allégresse.
Ceux qui lui succederont
JANVIER. 1752. 61
Ne pourront
Le surpasser en sagesse.
Dans dix siécles on sçaura,
On dira
Ce que firent les Bernages:
Leur gloire aura pour garants
Les Enfans
Issus de six cens ménages.
Cette Fête vaut bien mieux
Que ces feux
Où le salpêtre s'enslamme:
Ils se perdent en éclairs
Dans les airs;
Les bienfaits restent dans l'ame.
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Résumé : AUTRES. Sur l'air: Voici le jour solemnel de Noël.
En janvier 1752, une fête fut organisée en l'honneur des citoyens et de la patrie, célébrant l'amour, l'hymen et la joie, comparée à un rayon de soleil bénéfique pour la France. La ville initia un projet pour aider six cents filles, bénéficiant ainsi à trois fois plus de familles. Le gouverneur fut loué pour sa grandeur et son accessibilité, permettant à chacun, indépendamment de son statut, de l'approcher. Le prévôt des marchands fut également félicité pour sa sagesse et son rôle dans cette célébration. Cette initiative fut jugée mémorable et préférable aux feux d'artifice éphémères, car ses bienfaits dureraient dans les âmes et seraient reconnus par les générations futures.
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4658
p. 62-63
COUPLETS Chantés par M. Jeliote, à la fête donnée à Madame la Dauphine, par Madame de l'Auraguais, à l'occasion de la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne. Air du Corbillon.
Début :
Accourez Bergers & Bergeres, [...]
Mots clefs :
Naissance du duc de Bourgogne, Nouveau né, Hommage, Pierre de Jélyotte, Madame la Dauphine, Fête
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texteReconnaissance textuelle : COUPLETS Chantés par M. Jeliote, à la fête donnée à Madame la Dauphine, par Madame de l'Auraguais, à l'occasion de la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne. Air du Corbillon.
COUPLETS
Chantés par M. Jeliote, à la fête donnée à
Madame la Dauphine, par Madame
de l'Auraguais, à l'occasion de la naissance
de Monseigneur le Duc de Bourgogne.
Air du Corbillon.
Accourez Bergers & Bergeres,
Un Dieu propice a comblé nos désirs;
Venez par des danses légeres;
Venez tracer l'image des plaisirs:
Enfin le Ciel nous a donné
Un joli petit, un petit joli, un joli petit Non-
veau-né.
L'heureux Enfantqui vient de naître
Est de nos lys un dignie rejetton,
L'Auguste fils de notre Mastre
Vient d'enrichir la France d'un Bourbon.
Vive le Poupon fortuné
Ce joli petit, &c.
1752.
JANVIER.
De toutes paris l'écho répête
En son honneur de subliines concerts,
Le son bruyant de la trompette
Fait éclater la joye au sein des aira.
Vivent ceux qui nous ont donné
Ce joli petit, &c.
Je puis sans être téméraire
A ces accords unit ma foible voix;
Le simple hommage du vulgaire
Ajoûte un prix à la gloire des Rois.
Chantons donc sans être étonné
Ce joli, &c.
L'esprit n'est pas notre partage,
Nous ignorons un langage flatteur
Mais pour rendre un fincére hommage
N'avons-nous pas l'éloquence du cœur.
Vivent ceux qui nous ont donne
Ce joli petit, &c.
Par M. Favart.
Chantés par M. Jeliote, à la fête donnée à
Madame la Dauphine, par Madame
de l'Auraguais, à l'occasion de la naissance
de Monseigneur le Duc de Bourgogne.
Air du Corbillon.
Accourez Bergers & Bergeres,
Un Dieu propice a comblé nos désirs;
Venez par des danses légeres;
Venez tracer l'image des plaisirs:
Enfin le Ciel nous a donné
Un joli petit, un petit joli, un joli petit Non-
veau-né.
L'heureux Enfantqui vient de naître
Est de nos lys un dignie rejetton,
L'Auguste fils de notre Mastre
Vient d'enrichir la France d'un Bourbon.
Vive le Poupon fortuné
Ce joli petit, &c.
1752.
JANVIER.
De toutes paris l'écho répête
En son honneur de subliines concerts,
Le son bruyant de la trompette
Fait éclater la joye au sein des aira.
Vivent ceux qui nous ont donné
Ce joli petit, &c.
Je puis sans être téméraire
A ces accords unit ma foible voix;
Le simple hommage du vulgaire
Ajoûte un prix à la gloire des Rois.
Chantons donc sans être étonné
Ce joli, &c.
L'esprit n'est pas notre partage,
Nous ignorons un langage flatteur
Mais pour rendre un fincére hommage
N'avons-nous pas l'éloquence du cœur.
Vivent ceux qui nous ont donne
Ce joli petit, &c.
Par M. Favart.
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Résumé : COUPLETS Chantés par M. Jeliote, à la fête donnée à Madame la Dauphine, par Madame de l'Auraguais, à l'occasion de la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne. Air du Corbillon.
Le texte relate une fête organisée par Madame de l'Auraguais pour célébrer la naissance du Duc de Bourgogne, fils de Madame la Dauphine. Les couplets chantés par M. Jeliote décrivent l'enfant comme un 'joli petit nouveau-né' et un 'digne rejeton de nos lys', soulignant son importance pour la France grâce à sa lignée bourbonienne. La joie et la célébration sont marquées par des danses et des concerts, accompagnés par des trompettes annonçant la nouvelle. Les auteurs, bien que modestes, expriment leur désir de participer aux festivités avec sincérité, affirmant que leur hommage vient du cœur. Les couplets sont attribués à M. Favart et datés de janvier 1752.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4659
p. 64-65
AUTRES. Sur l'air ; de mon Berger volage.
Début :
Un Enfant vient de naitre, [...]
Mots clefs :
Naissance du duc de Bourgogne, Enfant, Lys
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texteReconnaissance textuelle : AUTRES. Sur l'air ; de mon Berger volage.
AUTRES.
Sur l'ait ; de mon Berger volage.
Un Enfant vient de naitre,
Un enfant précieux,
Un Prince qui doit être
Digne de ses Ayeux,
L'augure est favorable,
Il sera notre amour.
Uue Colombe aimable
Produit-elle un Vautour ?
Nous soupirions sans cesse
Aptès ce gage heureux
Le don d'une Princesse
L'assuroit à nos veux;
J'ai vû la Roze éclore,
Le lis naît à son tour,
Une brillante Aurore
Annonçoit un beau jour.
Croissez parmi les graces
Espoir flatteur des lis
Rassemblez sur vos traces
JANVIER.
1752. 65
Les Arts, les Jeux, les Ris,
Si la gloire cruelle
Reclame un jour ses droits
Vous avez un modele
Dans le meilleur des Rois.
Dans le cristal de l'onde
L'azur des Cieux nous luit,
Et le flamheau du monde
S'y peint, s'y reproduit
Plus vivement encore
Par des traits éclatans,
Ce Roi que l'on adore
Se peint dans ses enfans.
Destin qui les fit nastre
Pour regir l'Univers
Conserve notre maître
Ses jours nous sont trop chers;
Mais ils iegnent d'avance,
Ces dignes successeurs
Leur empire commence
Leut trône est dans nos cœurs.
Par M. Favart.
Sur l'ait ; de mon Berger volage.
Un Enfant vient de naitre,
Un enfant précieux,
Un Prince qui doit être
Digne de ses Ayeux,
L'augure est favorable,
Il sera notre amour.
Uue Colombe aimable
Produit-elle un Vautour ?
Nous soupirions sans cesse
Aptès ce gage heureux
Le don d'une Princesse
L'assuroit à nos veux;
J'ai vû la Roze éclore,
Le lis naît à son tour,
Une brillante Aurore
Annonçoit un beau jour.
Croissez parmi les graces
Espoir flatteur des lis
Rassemblez sur vos traces
JANVIER.
1752. 65
Les Arts, les Jeux, les Ris,
Si la gloire cruelle
Reclame un jour ses droits
Vous avez un modele
Dans le meilleur des Rois.
Dans le cristal de l'onde
L'azur des Cieux nous luit,
Et le flamheau du monde
S'y peint, s'y reproduit
Plus vivement encore
Par des traits éclatans,
Ce Roi que l'on adore
Se peint dans ses enfans.
Destin qui les fit nastre
Pour regir l'Univers
Conserve notre maître
Ses jours nous sont trop chers;
Mais ils iegnent d'avance,
Ces dignes successeurs
Leur empire commence
Leut trône est dans nos cœurs.
Par M. Favart.
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Résumé : AUTRES. Sur l'air ; de mon Berger volage.
En 1752, un prince, fils d'un roi, est né. L'auteur espère que cet enfant honorera ses ancêtres et sera aimé de tous. La naissance du prince est comparée à celle d'une colombe, symbole de pureté et de paix, et non à celle d'un vautour, symbole de destruction. Elle est aussi comparée à l'éclosion d'une rose suivie de la naissance d'un lis, annonçant un avenir radieux. Le texte mentionne les arts, les jeux et les risques, soulignant que le prince a un modèle à suivre en la personne du 'meilleur des rois'. Le roi se reflète dans ses enfants, destinés à régner sur l'univers. L'auteur souhaite longévité au roi et exprime son attachement aux successeurs, dont l'empire commence déjà dans les cœurs des gens. Le poème est signé par M. Favart.
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4660
p. 66-70
Air : Reçois dans ton galletas.
Début :
Signalons en ce grand jour [...]
Mots clefs :
Naissance du duc de Bourgogne, Roi, Amour, Hymen
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Air : Reçois dans ton galletas.
Air : Reçois dans ton galletas.
Signalons en ce grand jour
La vive reconnoissance
Le respect, le tendre amour
Que nous devons au Roi de France
Qui pour combler tous nos vœux
bia.
Nous met aujourd'hui deux à deux.
Son fils pour notre bonheur
A fait un Duc de Bourgogne;
Pour témoigner que son cœur
Est charmé de cette besogne,
Il nous fait à notre tour
die.
Célebter l'Hymen & l'Amour.
Le Nouveau-né très long. tems
N'aura de nous qu'un hommage:
C'estpour servir ses parens
Que nous nous mettons en ménage,
Et nos descendans après
Lui fabriqueront des sujets.
JANVIER.
1752.
Louis sçait en vrai Héros
Faire gronder le tonnerre,
Il sçait calmer à propos
Toutes les hofreurs de la guerre;
I veut que ses bons sujets
Réparent les maux qu'elle a faiu.
N
Mais si ce maître chéti
Montre qu'il est notre pere;
La Ville fait voit aussi
Qu'elle est une excellente mere;
Nos enfans seront heureux
D'avoir de si nobles Ayeux.
Rendons grace au Magistrat
Qui sçait par un trait habile
Fai: e le bien de l'Etat,
En rendant sa dépense utile;
Le prosit en est plus clait
que de tiret sa poudre en l'air.
Quand on a fait de beaux feux
Il n'en reste que fumée
L'ardeur de nos tendres voux
Plus durable & plus animée
67
68 MERCURE DE FRANCE.
Produira des monumens
D'age en âge toujours vivans.
Vive notre bon Dauphia,
Son exemple nous convie
A nous appliquer sans fin
Au soutien de notre Patrie;
Donnons lui des serviteurs
Puisqu'il leur fait des protecteurs
Buvons tous à la santé
Du Prince qui vient de nastre,
Sa valeur, sa fermeté
Se sont deja fait reconnoître
Comme s'il eût sçu prévois
Notre empressement à le voit.
Nous verrons avant quinze ans
Briller aussi sa sagesse,
Ses papas & ses mamaus
Sont de la meilleure noblesse,
De plus, ils sont en vertus
Cent fois plus riches qu'en écus.
JANVIER.
1752.
Qu'en lui la bonté de cœur
Grande Reigne, soit transmise,
Qu'il ait aussi la douceur
Et que chez nous il éternise;
Tu fus un présent des cieux
S'il te ressemble, c'est tant mieux.
La Dauphine en le faisant
A fait le bonheur du mondo,
Ce Prince annonce en naissant
Qu'elle doit être aussi féconde
En Héros, en Conquérans
Comme elle est en agrémens.
De notre cher Gouverneur
Celebrons la bienveillance
La noblesse de son coeut
Egale sa magnificence
son plus agréable emploi
C'est d'aimer le peuple & le Roi.
L'amour que dans norre cœeur
Le Dien de l'Hymen fait naître
N'affoiblira point l'ardeur
Que nous sentons pour notre maître;
»..
69
70 MERCUREDEFRANCE.
En aimant bien nos maris
Nous en servirons mieux Louis,
Buvons à notre Curé
C'est l'arc boutan de la fête,
Son zéle a tout préparé
Il nous promet le tête à tête;
Mais il n'a pas tout fini
Et nous aurons besoin de lui.
La Ville qui dans son sein
Nous a donné la naissanoe,
Mettra la derniere main
Aux faveurs qu'elle nous dispense,
Si nous avons pour pareins
Le Prevôt & les Echevins.
C'est avec plaisir, grand Roi,
Que notre zéle s'exhale,
L'avenir verra qu'an Roi
Fut une ame vrayment Royale;
Car notre postérité
Sera l'œeuvre de ta bonté,
Signalons en ce grand jour
La vive reconnoissance
Le respect, le tendre amour
Que nous devons au Roi de France
Qui pour combler tous nos vœux
bia.
Nous met aujourd'hui deux à deux.
Son fils pour notre bonheur
A fait un Duc de Bourgogne;
Pour témoigner que son cœur
Est charmé de cette besogne,
Il nous fait à notre tour
die.
Célebter l'Hymen & l'Amour.
Le Nouveau-né très long. tems
N'aura de nous qu'un hommage:
C'estpour servir ses parens
Que nous nous mettons en ménage,
Et nos descendans après
Lui fabriqueront des sujets.
JANVIER.
1752.
Louis sçait en vrai Héros
Faire gronder le tonnerre,
Il sçait calmer à propos
Toutes les hofreurs de la guerre;
I veut que ses bons sujets
Réparent les maux qu'elle a faiu.
N
Mais si ce maître chéti
Montre qu'il est notre pere;
La Ville fait voit aussi
Qu'elle est une excellente mere;
Nos enfans seront heureux
D'avoir de si nobles Ayeux.
Rendons grace au Magistrat
Qui sçait par un trait habile
Fai: e le bien de l'Etat,
En rendant sa dépense utile;
Le prosit en est plus clait
que de tiret sa poudre en l'air.
Quand on a fait de beaux feux
Il n'en reste que fumée
L'ardeur de nos tendres voux
Plus durable & plus animée
67
68 MERCURE DE FRANCE.
Produira des monumens
D'age en âge toujours vivans.
Vive notre bon Dauphia,
Son exemple nous convie
A nous appliquer sans fin
Au soutien de notre Patrie;
Donnons lui des serviteurs
Puisqu'il leur fait des protecteurs
Buvons tous à la santé
Du Prince qui vient de nastre,
Sa valeur, sa fermeté
Se sont deja fait reconnoître
Comme s'il eût sçu prévois
Notre empressement à le voit.
Nous verrons avant quinze ans
Briller aussi sa sagesse,
Ses papas & ses mamaus
Sont de la meilleure noblesse,
De plus, ils sont en vertus
Cent fois plus riches qu'en écus.
JANVIER.
1752.
Qu'en lui la bonté de cœur
Grande Reigne, soit transmise,
Qu'il ait aussi la douceur
Et que chez nous il éternise;
Tu fus un présent des cieux
S'il te ressemble, c'est tant mieux.
La Dauphine en le faisant
A fait le bonheur du mondo,
Ce Prince annonce en naissant
Qu'elle doit être aussi féconde
En Héros, en Conquérans
Comme elle est en agrémens.
De notre cher Gouverneur
Celebrons la bienveillance
La noblesse de son coeut
Egale sa magnificence
son plus agréable emploi
C'est d'aimer le peuple & le Roi.
L'amour que dans norre cœeur
Le Dien de l'Hymen fait naître
N'affoiblira point l'ardeur
Que nous sentons pour notre maître;
»..
69
70 MERCUREDEFRANCE.
En aimant bien nos maris
Nous en servirons mieux Louis,
Buvons à notre Curé
C'est l'arc boutan de la fête,
Son zéle a tout préparé
Il nous promet le tête à tête;
Mais il n'a pas tout fini
Et nous aurons besoin de lui.
La Ville qui dans son sein
Nous a donné la naissanoe,
Mettra la derniere main
Aux faveurs qu'elle nous dispense,
Si nous avons pour pareins
Le Prevôt & les Echevins.
C'est avec plaisir, grand Roi,
Que notre zéle s'exhale,
L'avenir verra qu'an Roi
Fut une ame vrayment Royale;
Car notre postérité
Sera l'œeuvre de ta bonté,
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Résumé : Air : Reçois dans ton galletas.
En janvier 1752, un poème célèbre plusieurs événements et figures royales. Il exprime la reconnaissance envers le Roi de France pour avoir uni son fils, le Duc de Bourgogne, afin de garantir le bonheur du peuple. Le nouveau-né royal reçoit l'hommage des sujets, qui s'engagent à servir ses parents et à assurer la continuité de la lignée royale. Louis XV est loué pour sa capacité à contrôler la guerre et à réparer ses ravages. La ville est comparée à une mère excellente, apportant bonheur grâce à des ancêtres nobles. Le magistrat est remercié pour sa gestion utile et durable de l'État. Le poème célèbre également la naissance d'un prince, soulignant sa future valeur, fermeté et sagesse, ainsi que la noblesse et les vertus de ses parents. La Dauphine est félicitée pour sa fécondité. Le gouverneur est loué pour sa bienveillance et sa noblesse, et le curé est remercié pour son rôle dans la fête. Le texte exprime l'amour pour les maris et le service au roi, remerciant la ville et ses dirigeants pour leurs faveurs. Il conclut en espérant que la postérité témoignera de la bonté royale.
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4661
p. 71-72
CHANSON NOUVELLE Sur la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne. Sur l'air : La bonne avanture au gué.
Début :
A Versailles après mi nuit, [...]
Mots clefs :
Naissance du duc de Bourgogne, Bonne besogne, Au gué, Nuit, Boire, Danser
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CHANSON NOUVELLE Sur la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne. Sur l'air : La bonne avanture au gué.
CHANSON NOUVELLE
Sur la naissance de Monseigneur le
Duc de Bourgogne.
Sur l'air : La bonne avanture au gué.
A Versailles après mi nuit,
Le Duc de Bourgogne
Est arrivé cette nuit
Sans appareil & sans bruit;
La bonne besogne au gué
La bonne besogne.
Pour boire à ce Nouveau-né
Faut rougir sa trogne;
Ce Prince est un Dieu donné,
Nous serons tous fortunés;
La bonne besogne au gué.
bis.
Buvons donc à sa santé;
En vin de Bourgogne,
De Champagne & Montraché
Il faut tout nous ennivrer,
La bonne besogne, &c.
72 MERCUREDEFRANCE.
Ma commere Magdelon,
Allons à Boulogne,
Pour danser un cotillon,
Et manger le saucisson
La bonne besogne.
bic
Il est permis en ce jour
D'être un bon yvrogne
De danser, & tour à tour,
De boire, & faire l'amour;
La bonne besogne au gué.
bis.
Vive le Roi, le Dauphia
Le Duc de Bourgogne;
Et de la Danphine enfio
Il nous faut chanter sans fin;
La bonne besogne au gué,
La bonne besogne.
Sur la naissance de Monseigneur le
Duc de Bourgogne.
Sur l'air : La bonne avanture au gué.
A Versailles après mi nuit,
Le Duc de Bourgogne
Est arrivé cette nuit
Sans appareil & sans bruit;
La bonne besogne au gué
La bonne besogne.
Pour boire à ce Nouveau-né
Faut rougir sa trogne;
Ce Prince est un Dieu donné,
Nous serons tous fortunés;
La bonne besogne au gué.
bis.
Buvons donc à sa santé;
En vin de Bourgogne,
De Champagne & Montraché
Il faut tout nous ennivrer,
La bonne besogne, &c.
72 MERCUREDEFRANCE.
Ma commere Magdelon,
Allons à Boulogne,
Pour danser un cotillon,
Et manger le saucisson
La bonne besogne.
bic
Il est permis en ce jour
D'être un bon yvrogne
De danser, & tour à tour,
De boire, & faire l'amour;
La bonne besogne au gué.
bis.
Vive le Roi, le Dauphia
Le Duc de Bourgogne;
Et de la Danphine enfio
Il nous faut chanter sans fin;
La bonne besogne au gué,
La bonne besogne.
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Résumé : CHANSON NOUVELLE Sur la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne. Sur l'air : La bonne avanture au gué.
La chanson célèbre la naissance du Duc de Bourgogne à Versailles, survenue après minuit sans cérémonie. Elle invite à fêter cet événement avec des vins prestigieux comme ceux de Bourgogne, de Champagne et de Montrachet. Le duc est vu comme un don divin apportant la fortune. La chanson encourage la joie, la danse, la boisson et l'amour. Elle exalte la santé du roi, du dauphin, du duc et de la dauphine. Le refrain 'La bonne besogne au gué' souligne la liesse populaire.
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4662
p. 73-77
STANISLAO PRIMO, Polonorum Regi, Duci Lotharingiae & Barriae, Serenissimo Proavo, Serenissim[u]m Burgundiae Ducem recèns ortum, relevatamque Partu Delphinam Serenissimam LUCINA GRATULANS.
Début :
Olim quae fueram terris praenuntia Phoebi, [...]
Mots clefs :
Rex, Conjux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : STANISLAO PRIMO, Polonorum Regi, Duci Lotharingiae & Barriae, Serenissimo Proavo, Serenissim[u]m Burgundiae Ducem recèns ortum, relevatamque Partu Delphinam Serenissimam LUCINA GRATULANS.
STANISLAO PRIMO,
Polonorum Regi, Duci Lotharingiae &
Batriae, Serenissimo Proavo, Serenissim[u]m
Burgundiae Ducem recèns ortum,
relevatamque Partu Delphinam Serenissimam
LUCINA GRATULANS.
Olim quae fueram terris praenuntia Phoebi,
Talem Burgundis se protulit altera, Phoebe,
Venturumque Ducem Soror almo dixit ab ortu.
Dixit: & ipse Fidem revoluto tempore Princeps
Præstat, Maxime Rex; nostris en prosilit ulnis,
Ut videt hic Proavum, tua totus in oscula pendens;
Provocat ore micans roseo, risuque lacessit.
Ergò, quod pietas precibus poscebat anhelis
Deduxitque Polo; concessum amplectere munus
Deliciasque omnes florentis carpe Senectæ.
Gano quòd vegetae constent tibi corpore vires,
Hoc dedit Hectoreis exacta laboribus aetas:
Aurea quòd blando Proavi cognomine Proles
Te donet, tecumque pari contendat amore
Hoc tulit in pretium, quæ vertice sidera vincit,
Nota Deo Virtus. Tali nam pignore summus
Rex idemque bominum Pater optimus ornat &
auget
D
II. Vol
zed by Goo
74 MERCUREDE FRANCE.
Quos amat Heroas. Per natos perque nepotes
Gentem hanc aeternum producere gaudet in aevum
Quae gernaana Patres animis ut nomine reddit.
Jam sibi gratantes tàm fausta sub omina Gallos,
Et Gallis totam simili circumspice plausu
Europam unanimem. Laetis quàm vultibus omnes
In te conversi Puerum mirantur, amico
Ludentem gremio, manibus curvare tenellis
Pacales oleas; quibus & tua tempota nectit
Et sua jam victor: Fitmat qui foedera nascens,
Quosque bonis crebiò discordia fratribus audet
Subdere, pestiseros jam è cunis proterit angues
Altor ab Alcide. Præsenti numinis aurâ
Nubibus occurrat quantis Infantulus Heros
Civibus & jubeat quàm puros currere Soles,
Volvit quisque libens secum: nec lumina possunt
Non à te, non à Puero divellere: mentem
Nec satiant: Puero pariter Proavoque moventur
Agnoscunt adeò vultus in utroque paternos;
Tantaque pervadit sidissima corda voluptas.
Et mihi quanta redit, quæ laus! Rex optime,
donis
Quòd capiare meis; cum vel tibi sufficis unus,
Certant mille pium virtutes cingere pectus
Orande satellitium! Populis mens nata beandis
Alta præit: Veras animus diademate major
Praestat opes, ludos Fottunae doctus inanes
ized by Goo
JANVIER.
1752.
75
Reddere, ut incertas certus ridere procellas.
Qualis & Aula! sibi Pallas quam elegit in arcem
Jam secura; bonas ubi vindice Principis ore
Artes defendi; sanctoque sub auspice puras
Flagitii, ad summos assurgere cernit honores.
Inde tibi pleno dimanant gaudia fonte;
Est tamen in tantis etiam quod forte requiras
Majus deliciis, Lucinae ni favor adsit:
Ni Sobole in tenerâ patrias splendescere dotes
In speculo veluti mireris; & ipse sidelem
Expressamque tui redames sine crimine formam.
Quis te nobilior testis? Dulcedine captum
Te quantâ referam, grandi cum matris in umbra
Virtutumque choro tibi cresceret unica Proles
Filia, quæ celso jam frontis honore probaret
Qualibus & Fatis, qualis & dignanda Marito.
Regia nam Conjux tibi quæ, spectacula pandit:
Haud secus ae vitis viridantia brachia latè
Fundit; & Italiam foliis fructuque coronat,
Antiquam proptia ditans propagine Parmam.
Aspicis ut caro festinat in agmine mater
Ut sese agglomerant circùm, nova sidera, Natæ;
Haec Patris; illæ Avi, Proavi Puer æmulus ardet
Se dare in amplexus; hinc inde quot oscula luc-
tans
Hic capit! At nostris relevata laboribus urget
Laetos salva gradus tenero cum Conjuge Conjux:
lle Ducis Populique animos sub corde recondens;
Dij
76 MERCUREDEFRANCE,
Postulat hisce tuis ut Natum dotibus affles
Qui sibi Borboniis addatur spes nova regnis:
Haec te spectat ovans; Augusto quanta resignas,
Isto tanta tibi dono memor ipsa rependit.
Et nova succedent: facilem me experta vocanti,
Dulcia nil metuet posthac discrimina Partûs.
Pacifer ut Victor lauroque oleâque revinctus
Tempora, Magnus adest Lodoix, Socero-ne mo-
retur
Prodere laetitiam, pulchros & pectoris aestus:
Jam fruere aspectu..... jam tecum concipe quid,
quam
Dulcius in terris. Omnis dum Gallia plausu
Personat & Festis scintillaus ignibus aether
Sulphuteo pingit latantum pulvere voces:
Quàm benè fida tuas iterat Lotharingia laudes !
Et tua, quæ sua sunt, quàm grato gaudia cantu
Concelebrat: meritis nam cui non solveris ora
Fallit egestatem pauper, te Principe, dives:
Consule te, clamosa Forum Discordia Palla
Deseruit scissâ; placidis procul exulat oris;
Te vade damnosos minus expallescere casus
Mercator didicit, solido fundatus in aere;
Quid non Sancta Fides poterit, quid spreta pro
fanis
Relligio Supersim, poterunt te ultore quid artes t
Hunc fore quem dicam Puerum, cui Regia tantis
Totque Virùm exemplis fulgent cunabula cirt-
cùm
JANVIER.
1752.
77
Ille annis crescet, crescent exempla videndo;
Crescet laudis amon, Populorum gratia crescet.
Crescant & Populi, nec sat numerentur: adultum
Et stupeant Ductorem, & ament sibi Jura ferentem.
Quid taedis Hymenaec domos incendere cessas?
I, Frater comitetur, Amor, per rura, per urbes
Nostris incaleant juvenalia pectora flammis:
Mille & mille tuis dextras cohibere catenis
Gertatim properent: sancto Concordla vultu
Nexus perpetuet: thalamos tot casta voluptas
Floribus inspergat: tam certo copia cornu
Fundat opes Sponsis: almos tam læta Parentes
Obsideatque hilaretque suis hinc lusibus illine
Progenies; nimio jam ut libertatis amore
Leges nemo tuas odio detrectet iniquo;
Sed Patriæ genitus Regique educere dignos
Cives Civis amet: dulcesque in Conjuge Nati
Dulcis ut in Natis Conjux ambobus & ignes
Duplicet & nodos; utroque beentur uterque:
Idque Deos poscant tollat vis improba neutrum,
Vel jubeant ambos uno se funere tolli.
AUGUSTISSIMAE MAJESTATI
OPFFREBAT
Devotissimus atque observantissimus Subdi:us
FRANCISCUS-NICOLAUS-CAMILLUS
LAMBERTI DE TORNIEL, Nanciacus,
Convictor è Collegio Cardinalitio, in Universitate
Parisiensi[.]
Polonorum Regi, Duci Lotharingiae &
Batriae, Serenissimo Proavo, Serenissim[u]m
Burgundiae Ducem recèns ortum,
relevatamque Partu Delphinam Serenissimam
LUCINA GRATULANS.
Olim quae fueram terris praenuntia Phoebi,
Talem Burgundis se protulit altera, Phoebe,
Venturumque Ducem Soror almo dixit ab ortu.
Dixit: & ipse Fidem revoluto tempore Princeps
Præstat, Maxime Rex; nostris en prosilit ulnis,
Ut videt hic Proavum, tua totus in oscula pendens;
Provocat ore micans roseo, risuque lacessit.
Ergò, quod pietas precibus poscebat anhelis
Deduxitque Polo; concessum amplectere munus
Deliciasque omnes florentis carpe Senectæ.
Gano quòd vegetae constent tibi corpore vires,
Hoc dedit Hectoreis exacta laboribus aetas:
Aurea quòd blando Proavi cognomine Proles
Te donet, tecumque pari contendat amore
Hoc tulit in pretium, quæ vertice sidera vincit,
Nota Deo Virtus. Tali nam pignore summus
Rex idemque bominum Pater optimus ornat &
auget
D
II. Vol
zed by Goo
74 MERCUREDE FRANCE.
Quos amat Heroas. Per natos perque nepotes
Gentem hanc aeternum producere gaudet in aevum
Quae gernaana Patres animis ut nomine reddit.
Jam sibi gratantes tàm fausta sub omina Gallos,
Et Gallis totam simili circumspice plausu
Europam unanimem. Laetis quàm vultibus omnes
In te conversi Puerum mirantur, amico
Ludentem gremio, manibus curvare tenellis
Pacales oleas; quibus & tua tempota nectit
Et sua jam victor: Fitmat qui foedera nascens,
Quosque bonis crebiò discordia fratribus audet
Subdere, pestiseros jam è cunis proterit angues
Altor ab Alcide. Præsenti numinis aurâ
Nubibus occurrat quantis Infantulus Heros
Civibus & jubeat quàm puros currere Soles,
Volvit quisque libens secum: nec lumina possunt
Non à te, non à Puero divellere: mentem
Nec satiant: Puero pariter Proavoque moventur
Agnoscunt adeò vultus in utroque paternos;
Tantaque pervadit sidissima corda voluptas.
Et mihi quanta redit, quæ laus! Rex optime,
donis
Quòd capiare meis; cum vel tibi sufficis unus,
Certant mille pium virtutes cingere pectus
Orande satellitium! Populis mens nata beandis
Alta præit: Veras animus diademate major
Praestat opes, ludos Fottunae doctus inanes
ized by Goo
JANVIER.
1752.
75
Reddere, ut incertas certus ridere procellas.
Qualis & Aula! sibi Pallas quam elegit in arcem
Jam secura; bonas ubi vindice Principis ore
Artes defendi; sanctoque sub auspice puras
Flagitii, ad summos assurgere cernit honores.
Inde tibi pleno dimanant gaudia fonte;
Est tamen in tantis etiam quod forte requiras
Majus deliciis, Lucinae ni favor adsit:
Ni Sobole in tenerâ patrias splendescere dotes
In speculo veluti mireris; & ipse sidelem
Expressamque tui redames sine crimine formam.
Quis te nobilior testis? Dulcedine captum
Te quantâ referam, grandi cum matris in umbra
Virtutumque choro tibi cresceret unica Proles
Filia, quæ celso jam frontis honore probaret
Qualibus & Fatis, qualis & dignanda Marito.
Regia nam Conjux tibi quæ, spectacula pandit:
Haud secus ae vitis viridantia brachia latè
Fundit; & Italiam foliis fructuque coronat,
Antiquam proptia ditans propagine Parmam.
Aspicis ut caro festinat in agmine mater
Ut sese agglomerant circùm, nova sidera, Natæ;
Haec Patris; illæ Avi, Proavi Puer æmulus ardet
Se dare in amplexus; hinc inde quot oscula luc-
tans
Hic capit! At nostris relevata laboribus urget
Laetos salva gradus tenero cum Conjuge Conjux:
lle Ducis Populique animos sub corde recondens;
Dij
76 MERCUREDEFRANCE,
Postulat hisce tuis ut Natum dotibus affles
Qui sibi Borboniis addatur spes nova regnis:
Haec te spectat ovans; Augusto quanta resignas,
Isto tanta tibi dono memor ipsa rependit.
Et nova succedent: facilem me experta vocanti,
Dulcia nil metuet posthac discrimina Partûs.
Pacifer ut Victor lauroque oleâque revinctus
Tempora, Magnus adest Lodoix, Socero-ne mo-
retur
Prodere laetitiam, pulchros & pectoris aestus:
Jam fruere aspectu..... jam tecum concipe quid,
quam
Dulcius in terris. Omnis dum Gallia plausu
Personat & Festis scintillaus ignibus aether
Sulphuteo pingit latantum pulvere voces:
Quàm benè fida tuas iterat Lotharingia laudes !
Et tua, quæ sua sunt, quàm grato gaudia cantu
Concelebrat: meritis nam cui non solveris ora
Fallit egestatem pauper, te Principe, dives:
Consule te, clamosa Forum Discordia Palla
Deseruit scissâ; placidis procul exulat oris;
Te vade damnosos minus expallescere casus
Mercator didicit, solido fundatus in aere;
Quid non Sancta Fides poterit, quid spreta pro
fanis
Relligio Supersim, poterunt te ultore quid artes t
Hunc fore quem dicam Puerum, cui Regia tantis
Totque Virùm exemplis fulgent cunabula cirt-
cùm
JANVIER.
1752.
77
Ille annis crescet, crescent exempla videndo;
Crescet laudis amon, Populorum gratia crescet.
Crescant & Populi, nec sat numerentur: adultum
Et stupeant Ductorem, & ament sibi Jura ferentem.
Quid taedis Hymenaec domos incendere cessas?
I, Frater comitetur, Amor, per rura, per urbes
Nostris incaleant juvenalia pectora flammis:
Mille & mille tuis dextras cohibere catenis
Gertatim properent: sancto Concordla vultu
Nexus perpetuet: thalamos tot casta voluptas
Floribus inspergat: tam certo copia cornu
Fundat opes Sponsis: almos tam læta Parentes
Obsideatque hilaretque suis hinc lusibus illine
Progenies; nimio jam ut libertatis amore
Leges nemo tuas odio detrectet iniquo;
Sed Patriæ genitus Regique educere dignos
Cives Civis amet: dulcesque in Conjuge Nati
Dulcis ut in Natis Conjux ambobus & ignes
Duplicet & nodos; utroque beentur uterque:
Idque Deos poscant tollat vis improba neutrum,
Vel jubeant ambos uno se funere tolli.
AUGUSTISSIMAE MAJESTATI
OPFFREBAT
Devotissimus atque observantissimus Subdi:us
FRANCISCUS-NICOLAUS-CAMILLUS
LAMBERTI DE TORNIEL, Nanciacus,
Convictor è Collegio Cardinalitio, in Universitate
Parisiensi[.]
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Résumé : STANISLAO PRIMO, Polonorum Regi, Duci Lotharingiae & Barriae, Serenissimo Proavo, Serenissim[u]m Burgundiae Ducem recèns ortum, relevatamque Partu Delphinam Serenissimam LUCINA GRATULANS.
Le poème latin célèbre la naissance d'un enfant, probablement un membre de la famille royale française, en janvier 1752. Il commence par saluer Stanislas Leszczyński, roi de Pologne et duc de Lorraine et de Bar, ainsi que le nouveau duc de Bourgogne, descendant de Stanislas. Le texte exprime la joie et les bénédictions entourant cette naissance, comparant l'enfant à un héros et soulignant ses qualités exceptionnelles. L'auteur espère que l'enfant héritera des vertus de ses ancêtres et apportera prospérité et paix. Il mentionne la fierté et l'admiration des Gallois et des Européens face à cet événement. Le poème loue les vertus du père et de la mère, soulignant leur noblesse et leurs mérites. Le texte souhaite que l'enfant grandisse entouré d'exemples de vertu et de courage, et qu'il apporte bonheur et stabilité à son peuple. Il se termine par une offrande respectueuse à Sa Majesté Auguste, signée par François-Nicolas-Camille Lamberti de Torniel, membre du Collège Cardinalice et de l'Université de Paris.
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4663
p. 78-82
ODE Sur la Naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne. Par M. LANCELIN. Fortes generantur à fortibus.
Début :
L'Oiseau qui d'un oeil immobile [...]
Mots clefs :
Naissance du duc de Bourgogne, Sang, Gloire, Roi, Héros, Histoire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ODE Sur la Naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne. Par M. LANCELIN. Fortes generantur à fortibus.
ODE
Sur la Naissance de Monseigneur le Duc
de Bourgogne.
Par M. LANCELIN.
Fortes generantur à fortibus.
L'Oiseau qui d'un oeil immobile
Soutient les regards du Soleil
Rempli d'une vigueur fertile
Engendre toujours son pareil.
C'est du coursier plein de courage,
Que naît sur les rives du Tage
Le coursier vainqueur du repos;
De-là par un effort suprême
Dans son sang se peignant lui-même
Le Hétos produit le Héros.
N'en cherchons point ailleurs les marques
Que dans la race des Bourbons:
L'hétoisme de nos Morarques
A passé dans leurs rejettons;
Ainsi l'Enfant qui vient de naîtro
Anos yeux fera reparoître
zed by Goo
JANVIER. 1752.
Les fameux Hétos de son Sang;
Toujours aussi vaillant que juste
Il sera l'héritier auguste
De leurs vertus & de leur rang.
De ta vie il lira l'Histoire.
GRAND ROI, pour apprendre à regner;
S'il cherche le champ de la gloire
Ton exemple peut l'enseigner.
Ne t'a-t-on pas vd dans l'orage,
De la prudence & du courage
A tes Chess disputer le prix?
Ton audace au fort des batailles,
Parmi d'horribles funérailles,,
A sixé nos regards surpris.
La Lis de toi seul occupée,
Pour te voir, suspendoit son cours.
Des miracles de ton épée
L'Escaut se souviendra toujours.
Quel pouvoir au sein de la gloire
T'a fait abjurer la Victoire?
Tu gémis du sort des humains;
Leur sang crie & se fait enteudre,
Une voix si chere & si tendre
Eteint la foudre dans tes mains.
Diiij
79
80 MERCUREDEFRANCE.
Tu parles ... la paix ressuscite:
Le Ciel fait briller un beau jour.
L'affreuse troupe du Cocyte
Rentre dans l'infernal séjour.
Forcé de respecter nos têtes
Mars neévoque plus les tempêtes
Des flancs de l'airain embrasé:
Le Citoyen libre & tranquile
Ne craint plus de voir son azile
Tomber sous la foudre écrasé.
Mais quels noirs objets se découvrent
A mes sens d'horreur suspendus?
Sous mes pas les ensers s'entrouvrent
Je vois des monstres confondus.
Le bras d'un autre fils d'Alcmene
A dompté l'orgueil & la haine
A mis la vengeance au tombeau.
Par un nouveau coup terrassée,
Je vois la discorde insensée
Gémir sans glaive & sans flambeau.
Plongée au gouffre du Tartare
Par l'effort d'un Roi triomphant
Cette divinité barbare
Pleure son couroux impuissant
JANVIER.
1752.
Sur ses couleuvres étouffées
LOUIS érige des trophées
De sa valeur fruits immortels,
De son sang la source féconde
Fixe enfin le bonheur du monde
Sur des fondemens éternels.
Que vois-je ? quel otdre d'années
Vient se présenter à mes yeux:
Pour nous les Parques fortunées
Filent des jours délicieux.
Le Héros naissant qu'environne
L'auguste Majesté du Tróne
De Trajan auta les vertus,
LQUIS, tu seras son modéle,
S'il t'écoute, il est Marc-Aurele,
Et s'il t'imite, il est Titus.
Du brillant sejour du Tonnerre
Déja la céleste Pallas
Pour lui s'élance sur la Terre:
Les Arts accompagnent ses pas.
Le pinceau sçavant des Apelles
Et le ciseau des Praxitelles
Se ranimeront à sa voix;
Dans les archives de l'histoire,
81
DV
82 MERCURE DE FRANCE.
Clio consacrera sa gloire
Et la justice de ses loix.
Zerer.
ee
D'un chene dont le vaste ombrage
Met à couvert les arbrisseaux,
Ce rejetton sous son feuillage
S'éleve parmi les rameaux;
Mais bientôt cherchant la lumiere
Il portera sa cime altiere
Plus haut qu'un ced e ambitieux:
Phénomene étonnant & rare
Ses pieds toucheront le Tenare,
Sa tête sera dans les Cieux.
GRAND ROI, déja d'un nouveau lustro
L'Univers voit briller tes Lis:
Par le fruit d'un Hymen illustre
Tes augustes voux sont remplis.
Quel terus peut borner ta puissance :
Ta gloire est comme un fleuve immense
Qui coule plein de Majesté,
Inépuisable dans sa source
Elle ne finira sa course
Qu'au sein de l'immortalité.
Sur la Naissance de Monseigneur le Duc
de Bourgogne.
Par M. LANCELIN.
Fortes generantur à fortibus.
L'Oiseau qui d'un oeil immobile
Soutient les regards du Soleil
Rempli d'une vigueur fertile
Engendre toujours son pareil.
C'est du coursier plein de courage,
Que naît sur les rives du Tage
Le coursier vainqueur du repos;
De-là par un effort suprême
Dans son sang se peignant lui-même
Le Hétos produit le Héros.
N'en cherchons point ailleurs les marques
Que dans la race des Bourbons:
L'hétoisme de nos Morarques
A passé dans leurs rejettons;
Ainsi l'Enfant qui vient de naîtro
Anos yeux fera reparoître
zed by Goo
JANVIER. 1752.
Les fameux Hétos de son Sang;
Toujours aussi vaillant que juste
Il sera l'héritier auguste
De leurs vertus & de leur rang.
De ta vie il lira l'Histoire.
GRAND ROI, pour apprendre à regner;
S'il cherche le champ de la gloire
Ton exemple peut l'enseigner.
Ne t'a-t-on pas vd dans l'orage,
De la prudence & du courage
A tes Chess disputer le prix?
Ton audace au fort des batailles,
Parmi d'horribles funérailles,,
A sixé nos regards surpris.
La Lis de toi seul occupée,
Pour te voir, suspendoit son cours.
Des miracles de ton épée
L'Escaut se souviendra toujours.
Quel pouvoir au sein de la gloire
T'a fait abjurer la Victoire?
Tu gémis du sort des humains;
Leur sang crie & se fait enteudre,
Une voix si chere & si tendre
Eteint la foudre dans tes mains.
Diiij
79
80 MERCUREDEFRANCE.
Tu parles ... la paix ressuscite:
Le Ciel fait briller un beau jour.
L'affreuse troupe du Cocyte
Rentre dans l'infernal séjour.
Forcé de respecter nos têtes
Mars neévoque plus les tempêtes
Des flancs de l'airain embrasé:
Le Citoyen libre & tranquile
Ne craint plus de voir son azile
Tomber sous la foudre écrasé.
Mais quels noirs objets se découvrent
A mes sens d'horreur suspendus?
Sous mes pas les ensers s'entrouvrent
Je vois des monstres confondus.
Le bras d'un autre fils d'Alcmene
A dompté l'orgueil & la haine
A mis la vengeance au tombeau.
Par un nouveau coup terrassée,
Je vois la discorde insensée
Gémir sans glaive & sans flambeau.
Plongée au gouffre du Tartare
Par l'effort d'un Roi triomphant
Cette divinité barbare
Pleure son couroux impuissant
JANVIER.
1752.
Sur ses couleuvres étouffées
LOUIS érige des trophées
De sa valeur fruits immortels,
De son sang la source féconde
Fixe enfin le bonheur du monde
Sur des fondemens éternels.
Que vois-je ? quel otdre d'années
Vient se présenter à mes yeux:
Pour nous les Parques fortunées
Filent des jours délicieux.
Le Héros naissant qu'environne
L'auguste Majesté du Tróne
De Trajan auta les vertus,
LQUIS, tu seras son modéle,
S'il t'écoute, il est Marc-Aurele,
Et s'il t'imite, il est Titus.
Du brillant sejour du Tonnerre
Déja la céleste Pallas
Pour lui s'élance sur la Terre:
Les Arts accompagnent ses pas.
Le pinceau sçavant des Apelles
Et le ciseau des Praxitelles
Se ranimeront à sa voix;
Dans les archives de l'histoire,
81
DV
82 MERCURE DE FRANCE.
Clio consacrera sa gloire
Et la justice de ses loix.
Zerer.
ee
D'un chene dont le vaste ombrage
Met à couvert les arbrisseaux,
Ce rejetton sous son feuillage
S'éleve parmi les rameaux;
Mais bientôt cherchant la lumiere
Il portera sa cime altiere
Plus haut qu'un ced e ambitieux:
Phénomene étonnant & rare
Ses pieds toucheront le Tenare,
Sa tête sera dans les Cieux.
GRAND ROI, déja d'un nouveau lustro
L'Univers voit briller tes Lis:
Par le fruit d'un Hymen illustre
Tes augustes voux sont remplis.
Quel terus peut borner ta puissance :
Ta gloire est comme un fleuve immense
Qui coule plein de Majesté,
Inépuisable dans sa source
Elle ne finira sa course
Qu'au sein de l'immortalité.
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Résumé : ODE Sur la Naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne. Par M. LANCELIN. Fortes generantur à fortibus.
Le poème 'ODE Sur la Naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne', écrit par M. Lancelin en janvier 1752, célèbre la naissance d'un membre de la famille royale française. Il souligne la transmission des vertus et du courage à travers les générations des Bourbons. La lignée royale est comparée à des oiseaux et des chevaux nobles, symbolisant la force et la bravoure. Le poème loue les qualités du roi Louis XV, mettant en avant sa prudence, son courage et sa capacité à établir la paix. Il évoque également les exploits militaires du roi et son rôle dans la consolidation de la paix. Le texte prédit que le nouvel enfant royal suivra les exemples de ses ancêtres, notamment ceux de Louis XV, et héritera de leurs vertus. Le poème se conclut en exaltant la grandeur et la pérennité de la dynastie, comparant la gloire du roi à un fleuve immense et éternel.
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4664
p. 83-85
AU ROI, Sur la Naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne.
Début :
GRAND ROI, tes voeux enfin, & les nôtres remplis [...]
Mots clefs :
Naissance du duc de Bourgogne, Gloire, Fils, Yeux, Amour
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AU ROI, Sur la Naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne.
AU ROI,
Sur la Naissance de Monseigneur le Duc
de Bourgogne.
GRAND ROI, tes voeux enfin, & les nôtres
remplis
Eternisent ton sang, & la gloire des Lys.
Le Ciel qui dans tes mains déposa le Tonnerre,
Qui te soumit la Paix, pour la rendre à la Terre,
Par un dernier bienfait couronne ton bonheur.
Un Fils, de tes vertus fidele imitateur,
Vainqueur à tes côtés, au sortir de l'enfance,
Renfermoit en lui seul toute notre espérance.
Ta sagesse veillant pour ce fils, & pour nous,
Lui choisit un objet digne d'un tel Epoux,
La Vertu, sous les traits d'une jeune Mortelle,
Du Sexe né pour plaire ornement & modele.
Elle acquitte aujourd'hui la gloire de ton choix
De leurs chastes ardeurs quel doux fruit tu reçois
VoI tous les yeux trempés de larmes d'allégresse,
Tu peux avec ton Peuple en verset sans foiblesse,
Tes périls, tes combats, tes succès signalés;
Tes jours même, tes jours deux sois renouvellés,
Et le Ciel atrétant le ciseau de la Parque,
Rien ne put décelet l'homme dans le Monarque.
Tu vis d'un œil égal ces grands évenemens
Mais ce beau jour permet l'essor aux sentimens.
DV
84 MERCUREDEFRANCE.
Quand notre joie éclate & si vive, & si pure,
Laisse éclater aussi la voix de la Nature.
Des rives de la Seine Habitans fortunés,
Et du meilleur des Rois Sujets passionnés,
Sur le marbre & l'airain vous tracez son image;
De ses traits si chéris l'aspect vous dédommage
Des momens que l'on perd éloigné de ses yeux;
Du plus fidel amour ce gage précieux
Annonce les récits réservés à l'Histoire.
Mais tout l'effort des Arts suffit. il pour sa gloire ?
Des Vertus du Héros symboles éclatans
Renfermés dans l'espace, assujettis au Tems.
LOUIS se peindra mieux dans son auguste Race.
Eh! quels seront les tems, les lieux, qu'elle n'em-
brasse?
Ses Fils commanderont à nos derniers Neveux,
Et ses Filles rendront d'autres Peuples heureux.
CROISSIZ, cher Rejetton d'une Tige inimos-
t:lie;
Ajoutez à l'éclat que vous recevez d'elle.
Vous avez de l'Amour la douceur, la beauté,
Mais l'Amour est enfant, il l'a toujours été:
Bientôt, grace aux Destius, vous cesserez de
l'être,
La foiblesse de l'âge est prête à disparêtre.
AUTOUR de son berceau volez Jeux inocens,
Mais ne vous flattez pas de l'amuser long. tems;
JANVIER. 1752.
8
Il va vous échapper, la Gloire le réclame,
La Gloire, seule Amante à captiver son ame.
MUSES, déja pour lui vos trésors sont ouverts,
Vous allez à ses yeux offrir tout l'univers,
Tous les climats, où doit voler sa Renommée
Par des progrès constans accrue, & confirmée
Vous allez de l'Histoire évoquer les Hétos
Qui sçurent des Mortels assurer le repos,
Ses Ayeux couronnés, à qui l'heureuse France
Doit ses Autels, ses loix, ses armes, sa puissance;
Mais parmi tant d'objets, Muses, arrêtez-vous
A l'Exemple yivant, qui les rassemble tous.
Sit tibi consimilis natus.
Ovid Trist. 4.
ROY, Chevalier de l'Ordre de S. Michel.
Sur la Naissance de Monseigneur le Duc
de Bourgogne.
GRAND ROI, tes voeux enfin, & les nôtres
remplis
Eternisent ton sang, & la gloire des Lys.
Le Ciel qui dans tes mains déposa le Tonnerre,
Qui te soumit la Paix, pour la rendre à la Terre,
Par un dernier bienfait couronne ton bonheur.
Un Fils, de tes vertus fidele imitateur,
Vainqueur à tes côtés, au sortir de l'enfance,
Renfermoit en lui seul toute notre espérance.
Ta sagesse veillant pour ce fils, & pour nous,
Lui choisit un objet digne d'un tel Epoux,
La Vertu, sous les traits d'une jeune Mortelle,
Du Sexe né pour plaire ornement & modele.
Elle acquitte aujourd'hui la gloire de ton choix
De leurs chastes ardeurs quel doux fruit tu reçois
VoI tous les yeux trempés de larmes d'allégresse,
Tu peux avec ton Peuple en verset sans foiblesse,
Tes périls, tes combats, tes succès signalés;
Tes jours même, tes jours deux sois renouvellés,
Et le Ciel atrétant le ciseau de la Parque,
Rien ne put décelet l'homme dans le Monarque.
Tu vis d'un œil égal ces grands évenemens
Mais ce beau jour permet l'essor aux sentimens.
DV
84 MERCUREDEFRANCE.
Quand notre joie éclate & si vive, & si pure,
Laisse éclater aussi la voix de la Nature.
Des rives de la Seine Habitans fortunés,
Et du meilleur des Rois Sujets passionnés,
Sur le marbre & l'airain vous tracez son image;
De ses traits si chéris l'aspect vous dédommage
Des momens que l'on perd éloigné de ses yeux;
Du plus fidel amour ce gage précieux
Annonce les récits réservés à l'Histoire.
Mais tout l'effort des Arts suffit. il pour sa gloire ?
Des Vertus du Héros symboles éclatans
Renfermés dans l'espace, assujettis au Tems.
LOUIS se peindra mieux dans son auguste Race.
Eh! quels seront les tems, les lieux, qu'elle n'em-
brasse?
Ses Fils commanderont à nos derniers Neveux,
Et ses Filles rendront d'autres Peuples heureux.
CROISSIZ, cher Rejetton d'une Tige inimos-
t:lie;
Ajoutez à l'éclat que vous recevez d'elle.
Vous avez de l'Amour la douceur, la beauté,
Mais l'Amour est enfant, il l'a toujours été:
Bientôt, grace aux Destius, vous cesserez de
l'être,
La foiblesse de l'âge est prête à disparêtre.
AUTOUR de son berceau volez Jeux inocens,
Mais ne vous flattez pas de l'amuser long. tems;
JANVIER. 1752.
8
Il va vous échapper, la Gloire le réclame,
La Gloire, seule Amante à captiver son ame.
MUSES, déja pour lui vos trésors sont ouverts,
Vous allez à ses yeux offrir tout l'univers,
Tous les climats, où doit voler sa Renommée
Par des progrès constans accrue, & confirmée
Vous allez de l'Histoire évoquer les Hétos
Qui sçurent des Mortels assurer le repos,
Ses Ayeux couronnés, à qui l'heureuse France
Doit ses Autels, ses loix, ses armes, sa puissance;
Mais parmi tant d'objets, Muses, arrêtez-vous
A l'Exemple yivant, qui les rassemble tous.
Sit tibi consimilis natus.
Ovid Trist. 4.
ROY, Chevalier de l'Ordre de S. Michel.
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Résumé : AU ROI, Sur la Naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne.
Le texte célèbre la naissance du Duc de Bourgogne, fils du roi, réalisée grâce aux vœux royaux et assurant la continuité de la lignée royale. Le ciel a accordé au roi un dernier bienfait en lui offrant un fils, déjà porteur des vertus royales et promis à devenir un grand vainqueur. La sagesse du roi a choisi une épouse vertueuse pour ce fils, incarnant la vertu et la beauté. Cette naissance est perçue comme un moment de grande joie, justifiant les combats et les périls affrontés par le roi. Le texte exprime l'espoir que la postérité se souviendra des exploits du roi et de sa descendance, destinée à gouverner et à apporter le bonheur à divers peuples. Les muses sont appelées à inspirer le jeune duc avec des exemples héroïques et l'exemple vivant de ses ancêtres. Le texte se conclut par une citation latine d'Ovide, exprimant le désir d'avoir un héritier semblable au père.
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4665
p. 86-87
Sur la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne. 13 Septembre 1751.
Début :
O Nuit, qui des jours les plus beaux [...]
Mots clefs :
Naissance du duc de Bourgogne, Monde, Dieux, Auguste enfant
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Sur la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne. 13 Septembre 1751.
Sur la naissance de Monseigneur le
Duc de Bourgogne.
13 Septembre 1751.
O Nuit, qui des jours les plus beaux
Deviendra la source féconde,
Et qui déssechant nos pavots,
Viens de troubler notre repos
Pour assurer celui du monde
Quel sommeil tranquille & profond
Vaut l'insomnie universe le
Que le bruit heureux du canon,
Que d'une naissance si belle
A causé par tout la nouvelle?
Auguste Enfant, amour de l'Univers.
Sur les biens que tu fais éclore
Lorsque tous les yeux sont ouverts,
Les tiens seuls sont fermés encore;
Sourd à nos vœnx tu les remplis,
Dieux! que ta foiblesse est puissante!
Tu fais déja l'apui des Lys,
Tu naîs à peine, & leur éclat s'augmente.
Au gré du monde satisfait
Commence une illustre cartiere,
JANVIER.
1752.
Si ta naissance est un bienfait
Que sera donc ta vie entiere:
ENVOY
A Madame la Duchesse de Tallard.
Ovous que la vertu comme le rang appelle
A veiller sur le sang des Rois,
Digne de leur auguste choix,
Cultivez cette fleur nouvelle;
D'un tel honneur qui ne seroit jaloux!
Ces demi Dieux sur qui notre bonheur se fonde,
Nés pour donner des loix au monde,
Semblent en recevoir de vous.
M. Lemiere.
Duc de Bourgogne.
13 Septembre 1751.
O Nuit, qui des jours les plus beaux
Deviendra la source féconde,
Et qui déssechant nos pavots,
Viens de troubler notre repos
Pour assurer celui du monde
Quel sommeil tranquille & profond
Vaut l'insomnie universe le
Que le bruit heureux du canon,
Que d'une naissance si belle
A causé par tout la nouvelle?
Auguste Enfant, amour de l'Univers.
Sur les biens que tu fais éclore
Lorsque tous les yeux sont ouverts,
Les tiens seuls sont fermés encore;
Sourd à nos vœnx tu les remplis,
Dieux! que ta foiblesse est puissante!
Tu fais déja l'apui des Lys,
Tu naîs à peine, & leur éclat s'augmente.
Au gré du monde satisfait
Commence une illustre cartiere,
JANVIER.
1752.
Si ta naissance est un bienfait
Que sera donc ta vie entiere:
ENVOY
A Madame la Duchesse de Tallard.
Ovous que la vertu comme le rang appelle
A veiller sur le sang des Rois,
Digne de leur auguste choix,
Cultivez cette fleur nouvelle;
D'un tel honneur qui ne seroit jaloux!
Ces demi Dieux sur qui notre bonheur se fonde,
Nés pour donner des loix au monde,
Semblent en recevoir de vous.
M. Lemiere.
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Résumé : Sur la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne. 13 Septembre 1751.
Le texte célèbre la naissance du Duc de Bourgogne le 13 septembre 1751, une nuit de tranquillité et de bonheur universel marquée par le bruit joyeux du canon. Le nouveau-né, décrit comme un 'auguste Enfant' et 'amour de l'Univers', symbolise une puissance et un espoir pour l'avenir. Sa venue accroît l'éclat de la maison royale des Lys. Le poème exprime l'espoir que sa vie future apportera davantage de bienfaits. Une dédicace à Madame la Duchesse de Tallard souligne son rôle crucial dans l'éducation et la protection de ce sang royal, la qualifiant de digne de cette responsabilité. Les rois semblent recevoir des lois de sa part. L'auteur, M. Lemiere, exprime sa gratitude et son admiration pour la Duchesse et l'importance de la naissance du Duc de Bourgogne.
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4666
p. 88
VERS Sur la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne.
Début :
L'autre jour en ces lieux qu'arrose le Permesse [...]
Mots clefs :
Naissance du duc de Bourgogne, Chanter
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : VERS Sur la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne.
VERS
Sur la naissance de Monseigneur le Duc
de Bourgogne.
L'autre jour en ces lieux qu'arrose le Permesse
Guidé par le désir de chanter mes amours,
Du Dieu, qui d'Arouet regit la douce ivresse
A nos Rimeurs François j'eutendis ce discours:
vous chers Nourissons, qui pat d'heuteuses
veilles
De l'Empire des Lis consacrez les merveilles,
Vous, que j'ornai toujours de mes plus tendres
dons
Pour cet illustre Enfant dont le sang des Bourbons
Dans ces jours si cheris vient d'enrichir la France
De vos doctes transports montrez la violence:
Ranimez vos concerts, redoublez vos chansons
Que votre zèle au monde annonce sa naissance
Le chanter aujourd'hui doit êtte votre emploi;
Mais lorsque sur les pas de votre auguste Roi
Il ira nouveau Mars, enchainer la victoire;
Pour célébrer alors ses hauts faits & sa gloire
Ce ne sera pas trop que moi.
Sur la naissance de Monseigneur le Duc
de Bourgogne.
L'autre jour en ces lieux qu'arrose le Permesse
Guidé par le désir de chanter mes amours,
Du Dieu, qui d'Arouet regit la douce ivresse
A nos Rimeurs François j'eutendis ce discours:
vous chers Nourissons, qui pat d'heuteuses
veilles
De l'Empire des Lis consacrez les merveilles,
Vous, que j'ornai toujours de mes plus tendres
dons
Pour cet illustre Enfant dont le sang des Bourbons
Dans ces jours si cheris vient d'enrichir la France
De vos doctes transports montrez la violence:
Ranimez vos concerts, redoublez vos chansons
Que votre zèle au monde annonce sa naissance
Le chanter aujourd'hui doit êtte votre emploi;
Mais lorsque sur les pas de votre auguste Roi
Il ira nouveau Mars, enchainer la victoire;
Pour célébrer alors ses hauts faits & sa gloire
Ce ne sera pas trop que moi.
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Résumé : VERS Sur la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne.
Le poème 'Vers' célèbre la naissance du Duc de Bourgogne, membre des Bourbons. Une voix divine inspire les poètes français à chanter les mérites de cet enfant. Elle les encourage à montrer leur talent et leur enthousiasme. La voix promet aussi de célébrer les futurs exploits militaires du Duc.
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4667
p. 89-90
AUTRES Présentés à Madame la Dauphine, sur la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne.
Début :
FRANCE ! voici l'objet de tes voeux les plus tendres, [...]
Mots clefs :
Naissance du duc de Bourgogne, Vertus, Heureux, État, Amour, Louis
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texteReconnaissance textuelle : AUTRES Présentés à Madame la Dauphine, sur la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne.
AUTRES
Présentés à Madame la Dauphine, sur la
naissance de Monseigneur le Duc
de Bourgogne.
FRANCE ! voici l'objet de tes voeux les plus
tendres,
De ton espoir le plus charmant.
O Capets! 6 Bombons! vos genereuses cendres
Ont tréssailli de joie en cet heureux moment!
Ce Prince à tout l'Etat si cher, si nécessaire,
Soutiendra de vos nous la gloire hétéditaite;
Muses: favorisez un présage si beau !
Ecartez à jamais de ce sacré berceau
La dangereuse ffatterie.
Que l'infléxible vérité,
Le tendre amour de la Patrie,
Et la sagesse & l'équité
Réglent le cours heureux de cette auguste vie;
Dites-lui que ces feux, ces concerts enchanteurs,
Ces accens du plaisir, ces viss transports des
cœurs
Sont un prix que l'Amour aime à payer d'avance
Aux vertus qui feront le bonheur de la France,
Aux vertus dont son Pere, aux vertus dont Louis
(0
90 MERCUREDE FRANCE.
Donnent l'exemple au Monde & surtout à leur
fils.
O toi! des Souverains l'arbitre & le modele,
Noble esclave des loix que te dicta ton zèle,
Penitent sur le Thrône & grand Roi daus les fers
Louis! sur cet enfant que tes yeux soient ouverts!
Veille sur les Destins d'une tête si chere;
De l'Etat, comme Toi, qu'il soit un jour le Pere;
Touché de ton exemple, instruit par tes leçons
Qu'il ait encor l'esprit, les graces de sa Mere
Et qu'il nous aime autant que nous la cherissons.
GAILLARD.
Présentés à Madame la Dauphine, sur la
naissance de Monseigneur le Duc
de Bourgogne.
FRANCE ! voici l'objet de tes voeux les plus
tendres,
De ton espoir le plus charmant.
O Capets! 6 Bombons! vos genereuses cendres
Ont tréssailli de joie en cet heureux moment!
Ce Prince à tout l'Etat si cher, si nécessaire,
Soutiendra de vos nous la gloire hétéditaite;
Muses: favorisez un présage si beau !
Ecartez à jamais de ce sacré berceau
La dangereuse ffatterie.
Que l'infléxible vérité,
Le tendre amour de la Patrie,
Et la sagesse & l'équité
Réglent le cours heureux de cette auguste vie;
Dites-lui que ces feux, ces concerts enchanteurs,
Ces accens du plaisir, ces viss transports des
cœurs
Sont un prix que l'Amour aime à payer d'avance
Aux vertus qui feront le bonheur de la France,
Aux vertus dont son Pere, aux vertus dont Louis
(0
90 MERCUREDE FRANCE.
Donnent l'exemple au Monde & surtout à leur
fils.
O toi! des Souverains l'arbitre & le modele,
Noble esclave des loix que te dicta ton zèle,
Penitent sur le Thrône & grand Roi daus les fers
Louis! sur cet enfant que tes yeux soient ouverts!
Veille sur les Destins d'une tête si chere;
De l'Etat, comme Toi, qu'il soit un jour le Pere;
Touché de ton exemple, instruit par tes leçons
Qu'il ait encor l'esprit, les graces de sa Mere
Et qu'il nous aime autant que nous la cherissons.
GAILLARD.
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Résumé : AUTRES Présentés à Madame la Dauphine, sur la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne.
Le texte célèbre la naissance du Duc de Bourgogne, fils de la Dauphine et petit-fils du roi Louis XIV. Il exprime des vœux pour l'avenir du prince, espérant qu'il devienne un soutien précieux pour l'État et porte la gloire des Capétiens et des Bourbons. Les Muses sont invoquées pour protéger l'enfant de la flatterie et guider sa vie par la vérité, l'amour de la patrie, la sagesse et l'équité. Le poème encourage le prince à suivre l'exemple de vertu de son père et de son grand-père, Louis XIV, présenté comme un modèle de souveraineté et de piété. Il souhaite aussi que l'enfant hérite des qualités de sa mère et devienne un futur père de la nation, inspiré par les enseignements de Louis XIV.
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4668
p. 91-93
EPITRE De M. V. R. M. L. à M. D***, en Province, à l'occasion de la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne.
Début :
Viens ami, vole au sein des jeux & de l'amour, [...]
Mots clefs :
Naissance du duc de Bourgogne, Amour, Prince
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texteReconnaissance textuelle : EPITRE De M. V. R. M. L. à M. D***, en Province, à l'occasion de la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne.
EPITRE
De M. V. R. M. L. à M. D***,
en
Province, à l'occasion de la naissance de
Monseigneur le Duc de Bourgogne.
Viens ami, vole au sein des jeux & de l'amour,
Viens partager ma joie & la rendre parfaite;
Paris à quitter ta retraite
Par de nouveaux plaisirs, t'invite chaque jour;
Tu sçais pour quel objet, * la Princesse emptessée:
Formoit les plus sincéres vœux;
Le ciel enfin lui donne un enfant précieux
Armé du même trait dont elle fut blessée.
De la vie en naissant il goûte la douceur
Sa mere la partage avec lui sans allarmes,
Un Prince né pour le commun bonheur,
Pouvoit- il naître dans les larmes:
Des graces le trio sacré
Etoit prése nt à sa naissance;
L'Hymenée & l'Amour pour lui d'intelligence,
De leurs flambeaux l'ont éclairé;
Les Nimph es de la Seine arrivant en cadence,
De leurs roseaux l'ont décoté.
Madame le Dauphine.
———
92 MERCURE DE FRANCE.
Des combats la Déesse altiere
Voulut ouvrir, dit-on, sa débile paupiere;
Et rit, en découvrant dans d'aussi foibles yeux,
Le feu noble & sacré qui rendit ses ayeux
Si chétis dans la paix, & si grands dano la
guerre.
Déja par cent Coursiers fougueux
La Renommée instruit toute la terre
Du présent que nous font les Dieux
Et ces bouches d'airain, dont l'Anglois fut la
proye
Instrumens meurtiiers des guerrieres fureurs,
Ne sont plus que ceux de la joye
Qui regne dans tous les cœurs.
Dans ce séjour d'opulence,
De la corne d'abondance
Je vois les trésors s'écouler
Chacun par sa magnificence
Veut aujourd'hui se signaler.
La Bourgogno en faveur d'un Prince,
Nouvel appui de sa Province,
S'efforçant de briller d'un plus beau coloris,
Rassemble autour du verre & les jeux & les riu
Six cent Vierges infortunées
De leurs Amants accompagnées
Vont subir aux Autels une plus douce lot;
Et croiront satisfaire à la reconnoissance
JANVIER. 1752.
91
En se hâtant de donner à la France
Des Sojets dignes de leur Roi....
Mais cher D**, quel nouvel êtro
Vient tout à coup frapper mes sens!
Déjà le soustre & le salpêtre
Jusqu'aux cieux portent notre encens,
Et dans l'air agité tracent en traits de flàmme
L'ardeur des sentimens qui ravissent notre ame.
Eu ce moment la plume échappe de mes
mains,
Saus doute tu permets qu'on cesse de t'écrire;
Quand avec tout Paris il faut dire & redire,
Vive le Roi, le pere & l'ami des humains.
De M. V. R. M. L. à M. D***,
en
Province, à l'occasion de la naissance de
Monseigneur le Duc de Bourgogne.
Viens ami, vole au sein des jeux & de l'amour,
Viens partager ma joie & la rendre parfaite;
Paris à quitter ta retraite
Par de nouveaux plaisirs, t'invite chaque jour;
Tu sçais pour quel objet, * la Princesse emptessée:
Formoit les plus sincéres vœux;
Le ciel enfin lui donne un enfant précieux
Armé du même trait dont elle fut blessée.
De la vie en naissant il goûte la douceur
Sa mere la partage avec lui sans allarmes,
Un Prince né pour le commun bonheur,
Pouvoit- il naître dans les larmes:
Des graces le trio sacré
Etoit prése nt à sa naissance;
L'Hymenée & l'Amour pour lui d'intelligence,
De leurs flambeaux l'ont éclairé;
Les Nimph es de la Seine arrivant en cadence,
De leurs roseaux l'ont décoté.
Madame le Dauphine.
———
92 MERCURE DE FRANCE.
Des combats la Déesse altiere
Voulut ouvrir, dit-on, sa débile paupiere;
Et rit, en découvrant dans d'aussi foibles yeux,
Le feu noble & sacré qui rendit ses ayeux
Si chétis dans la paix, & si grands dano la
guerre.
Déja par cent Coursiers fougueux
La Renommée instruit toute la terre
Du présent que nous font les Dieux
Et ces bouches d'airain, dont l'Anglois fut la
proye
Instrumens meurtiiers des guerrieres fureurs,
Ne sont plus que ceux de la joye
Qui regne dans tous les cœurs.
Dans ce séjour d'opulence,
De la corne d'abondance
Je vois les trésors s'écouler
Chacun par sa magnificence
Veut aujourd'hui se signaler.
La Bourgogno en faveur d'un Prince,
Nouvel appui de sa Province,
S'efforçant de briller d'un plus beau coloris,
Rassemble autour du verre & les jeux & les riu
Six cent Vierges infortunées
De leurs Amants accompagnées
Vont subir aux Autels une plus douce lot;
Et croiront satisfaire à la reconnoissance
JANVIER. 1752.
91
En se hâtant de donner à la France
Des Sojets dignes de leur Roi....
Mais cher D**, quel nouvel êtro
Vient tout à coup frapper mes sens!
Déjà le soustre & le salpêtre
Jusqu'aux cieux portent notre encens,
Et dans l'air agité tracent en traits de flàmme
L'ardeur des sentimens qui ravissent notre ame.
Eu ce moment la plume échappe de mes
mains,
Saus doute tu permets qu'on cesse de t'écrire;
Quand avec tout Paris il faut dire & redire,
Vive le Roi, le pere & l'ami des humains.
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Résumé : EPITRE De M. V. R. M. L. à M. D***, en Province, à l'occasion de la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne.
L'épître célèbre la naissance du Duc de Bourgogne, fils de la Princesse et du Dauphin. L'auteur invite son ami à quitter sa retraite parisienne pour partager cette joie. La Princesse avait exprimé des vœux sincères pour cet événement, et le ciel lui a accordé un enfant précieux. Le nouveau-né est décrit comme apportant le bonheur commun et naissant sans larmes. À sa naissance, les grâces sacrées, l'Hyménée et l'Amour étaient présents, éclairant le prince de leurs flambeaux. Les nymphes de la Seine l'ont accueilli avec des roseaux. La déesse Bellone a ouvert les yeux pour voir le feu noble dans ceux du prince. La Renommée annonce la nouvelle à travers le monde, et les bouches d'airain célèbrent désormais la joie. La Bourgogne se pare de ses plus beaux atours pour honorer le nouveau prince. Six cents vierges, accompagnées de leurs amants, se préparent à se marier en signe de reconnaissance. L'auteur est interrompu par les feux d'artifice célébrant la naissance et conclut en acclamant le roi, père et ami des humains.
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4669
p. 164-169
CANZONE Da Cantarsi a voce sola interrotta dal Coro.
Début :
Voce sola. PIANTA seconda / Ne' Germi tuoi [...]
Mots clefs :
Voce sola, Coro, Naissance du duc de Bourgogne
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texteReconnaissance textuelle : CANZONE Da Cantarsi a voce sola interrotta dal Coro.
CANZONE
Da Cantarsi a voce sola interrotta dal Coro.
Voce sola. PIANTA seconda /
Ne' Germi tuoi
Di tanti EROI,
Di tanti RE,
Come tornasti
Al primo onore !
Come il timore
Gioja si fe!
Il tuo SOSTEGNO
E'NATO,eNATO,
Ben sospirato
Per lunghi di.
Come Felice,
Alteramente
Impaziente
Nell' aure usci !
Vanne, o LUCINA,
Vanne orgogliosa,
Avventurosa
FECONDITA.
Nacque con questo
FRUTTO immortale
Coro.
JANVIER. 1752.
L'universale
FELICITA.
Gracie, mirate,
Mirate, Amori,
I suoi tesori
PACE versar:
Mirate l'Arti
Liete fra loro
Il Secol d' oro
Ricominciar.
II Mondo a i Geni
Tranquilli in send
Bello, e sereno
Tutto divien:
Muse, vincete
L'usato suono:
Tropp' alto DONG
Cantar convien.
BORBONIO
Almo,
PEGNO adorabile,
Un DONO sei.
Che ugual non à.
FRANCIA Magnanima,
L'alta tua Glotia
Dei sommi Dei
Pensier si fa.
165
166 MERCUREDEFRANCE.
Voce sola. Ridente volge
Al nobil FIGLIO
Il fiero ciglio
IL DIO GUERRIER;
E in Lui gli sembra
Fra mille squadre
Già l'AVO, e il PADRE
Vivo vedet.
Posa sull' Armii
Ma in quel sembiante,
Che trionfante
Di là portò
Dove le Rocche
Vinte non anco
II VALORFRANCO
Primo espugno.
D'un PARGOLETTO
Augusto in CUNA
Vede Fortuua
Già, setva al piè;
Vede il suo grande
Destino in ciélo
Che sotto il velo
Tutto ancoâ è.
Nemiche fronti
Più volte dome
165
JANVIER. 1752.
Vede al suo NOME
Già impallidir;
Che un SANGUE invitto
Di gloria impresso
Giammai se stesso
Non può mentit.
REGIUSTI, ePRODI
Col braccio eterno
FAVOR superno
Cosi sostien:
Muse, vincete
L'usato suono:
Tropp' alto DONO
Cantar convien.
De i Forti l'Indole,
Cov.
LASTIRPE EROICA
Del GRANLUIGI
Rigermogliò.
Vadan men celebri
Alcmena, e Tetide;
Maggior prodigi
GALLIA dar può.
Voce sola. ELBA, che udisti
Là sul tuo lido
168 MERCUREDE FRANCE.
Il fausto grido
Del gran NATAL.
Mira per esso
La GENITRICE
Fatta felice
Fatta immortal.
penti la SENNA
Sonanti, e liete
L'onde inquiete
Tutte agitar
Ed affrettarsi
Per incontrarti,
Per abbracciarti
In grembo al Mar.
Muse, il SUGGETTO
D'Omero degno
Vince l' ingegno,
Forza è tacer.
Vengan le Danze
Portando in viso
L'amico riso
Ed il piacer.
Coro. Le Danze amabili
Guida, o Tersicore:
Go
Gioja
JANVIER. 1752.
169
Gioja più giusta
Qual mai sara ?
Voti più teneri,
Cure più fervide
Qual CUNA AUGUSTA
Intorno avrà?
Da Cantarsi a voce sola interrotta dal Coro.
Voce sola. PIANTA seconda /
Ne' Germi tuoi
Di tanti EROI,
Di tanti RE,
Come tornasti
Al primo onore !
Come il timore
Gioja si fe!
Il tuo SOSTEGNO
E'NATO,eNATO,
Ben sospirato
Per lunghi di.
Come Felice,
Alteramente
Impaziente
Nell' aure usci !
Vanne, o LUCINA,
Vanne orgogliosa,
Avventurosa
FECONDITA.
Nacque con questo
FRUTTO immortale
Coro.
JANVIER. 1752.
L'universale
FELICITA.
Gracie, mirate,
Mirate, Amori,
I suoi tesori
PACE versar:
Mirate l'Arti
Liete fra loro
Il Secol d' oro
Ricominciar.
II Mondo a i Geni
Tranquilli in send
Bello, e sereno
Tutto divien:
Muse, vincete
L'usato suono:
Tropp' alto DONG
Cantar convien.
BORBONIO
Almo,
PEGNO adorabile,
Un DONO sei.
Che ugual non à.
FRANCIA Magnanima,
L'alta tua Glotia
Dei sommi Dei
Pensier si fa.
165
166 MERCUREDEFRANCE.
Voce sola. Ridente volge
Al nobil FIGLIO
Il fiero ciglio
IL DIO GUERRIER;
E in Lui gli sembra
Fra mille squadre
Già l'AVO, e il PADRE
Vivo vedet.
Posa sull' Armii
Ma in quel sembiante,
Che trionfante
Di là portò
Dove le Rocche
Vinte non anco
II VALORFRANCO
Primo espugno.
D'un PARGOLETTO
Augusto in CUNA
Vede Fortuua
Già, setva al piè;
Vede il suo grande
Destino in ciélo
Che sotto il velo
Tutto ancoâ è.
Nemiche fronti
Più volte dome
165
JANVIER. 1752.
Vede al suo NOME
Già impallidir;
Che un SANGUE invitto
Di gloria impresso
Giammai se stesso
Non può mentit.
REGIUSTI, ePRODI
Col braccio eterno
FAVOR superno
Cosi sostien:
Muse, vincete
L'usato suono:
Tropp' alto DONO
Cantar convien.
De i Forti l'Indole,
Cov.
LASTIRPE EROICA
Del GRANLUIGI
Rigermogliò.
Vadan men celebri
Alcmena, e Tetide;
Maggior prodigi
GALLIA dar può.
Voce sola. ELBA, che udisti
Là sul tuo lido
168 MERCUREDE FRANCE.
Il fausto grido
Del gran NATAL.
Mira per esso
La GENITRICE
Fatta felice
Fatta immortal.
penti la SENNA
Sonanti, e liete
L'onde inquiete
Tutte agitar
Ed affrettarsi
Per incontrarti,
Per abbracciarti
In grembo al Mar.
Muse, il SUGGETTO
D'Omero degno
Vince l' ingegno,
Forza è tacer.
Vengan le Danze
Portando in viso
L'amico riso
Ed il piacer.
Coro. Le Danze amabili
Guida, o Tersicore:
Go
Gioja
JANVIER. 1752.
169
Gioja più giusta
Qual mai sara ?
Voti più teneri,
Cure più fervide
Qual CUNA AUGUSTA
Intorno avrà?
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Résumé : CANZONE Da Cantarsi a voce sola interrotta dal Coro.
La canzone célèbre la naissance d'un enfant royal en janvier 1752. Une voix solitaire loue la lignée héroïque et royale de l'enfant, soulignant son retour à l'honneur et la joie qu'il apporte. Un chœur rejoint ensuite pour célébrer la félicité universelle et la paix promise par cet événement. La France est décrite comme magnanime, avec des pensées comparables à celles des dieux. Le dieu de la guerre voit en l'enfant des qualités de courage et de victoire. La voix évoque l'île d'Elbe, témoin du cri joyeux de la naissance, et imagine la mère heureuse et immortelle. Les muses sont invitées à chanter ce sujet digne d'Homère. Des danses et des joies entourent cette naissance auguste, accompagnées de vœux tendres et de soins fervents.
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4670
p. 3-9
HISTOIRE D'ANAXARETE ET D'IPHIS, Tirée des Métamorphoses d'Ovide. Romance nouvelle.
Début :
Vous qui faites, gloire [...]
Mots clefs :
Iphis, Jour, Anaxarète, Amour, Dieu, Belle, Gloire, Vengeance
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texteReconnaissance textuelle : HISTOIRE D'ANAXARETE ET D'IPHIS, Tirée des Métamorphoses d'Ovide. Romance nouvelle.
HISTOIRE
D'ANAXARETE ET D'IPHIS,
Tirée des Métamorphoses d'Ovide.
Romance nouvelle.
F
—-++-
—
Vous qui faites, gloire De fuir les
.
.pnp
SFnggupg
-
Amanta & l'Amour: Lisez cette His-
A ij
4 MERCURE DEFRANCE.
N. K.
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.
——
2
toire, Et prosi- tez-en quelque jour.
.
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.
P.
—
—
——
Crai- gnez la vengeance D'un Dieu qu'on
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--
..L.
—-—-—
ne peur é-vi-ter, L'a- mour qu'on
.—
-t-x
S
P.
of- fense Helas! est trop à te-
Du
S
M.-
—-
dou- ter.
Près d'Anaxarete
Iphis perdit la liberté
Sa flâme parfaite
S'augmentoit par sa cruautes
FEVRIER.
1752.
La belle invincible
Dédaignoit l'offre de ses vœux,
Et plus insensible
De ses toutmens se fit des jeux.
M8
Si ta main presente
Du Myrthe arrosé de tes pleurs,
Iphis ton amante,
Préfére au Myrthe d'autres fleurs.
Plus ton cœeur fidele
De ses charmes se sant épris,
Et plus la cruelle
Aime à t'accabler de mépris.
L'Univers repose
Privé de la clarté du jour;
Et d'un doigt de rose
L'Aurore en marque le retour.
Mais Iphis, sans cesse
Languit sans trouver de repos.
Plein de sa tendresse
Il cherit même encore ses maux:
Image des songes
Espoir fragile & seduisant,
Vos riants mensonges
Sont des plaisirs pour un Amant:
AII
5
6
MERCURE DEFRANC E.
Mais Anaxarete
Iphis t'envioit ce bonheur;
Elle est satisfaite
De pouvoit déchirer ton coeus.
Privé d'espérance
Iphis se livre à la douleur,
Toute sa constance
Cede à l'excès de son malheur.
Beauté trop chérie
Dit-il, prêt à quitto le jour,
Je perdrai la vie
Avant de perdre mon amour.
Oui belle inbumaine
Vous triomphez à votre gré.
Et ma mort certaine
Rendra ce triomphe assuré.
De vous satisfaire
Je trouve un moyen dans la mort,
Puisque c'est vous plaire
Je meurs content, & sans effort.
Mais cessez de croire
Que loin de vous j'aille mourir,
FEVRIER.
1752.
De votre victoire
Jusqu'au bout vous pourrez jouir.
Voilà le Ministre
De mon Arrêt par vous dicté,
Ce lacet sinistre
Remplira votre volonté.
Puisse cette offrande
Comme à vous être chére aux Dieux!
Je ne leur demande
Que d'exaucer mes derniers vœeux.
Que leur loi suprême
Qui, par vous, me prive du jour,
Donne à ce que j'aime
Les jours que m'ô ta mon amoun.
A ces mots sa têto
Reste suspendue au lacet,
Son ame s'artête
Par l'effort d'un instinct secret.
Il paroît encore
Dire à l'objet de ses malheurs,
C'est vous que j'adore
se ne vois que vous... & je meurs,
N
Aiiij
009
2
S MERCURE DE FRANCE.
Cette affreuse scene
Que venoit de donner l'amour,
D'une erreur soudaine
Remplit tous les lieux d'alentour a
Mais Anaxarete
La voit avec tranquillité,
Et sort satisfaite
Du triomphe de sa beauté-
Au Dieu de Cythere
Ce jour même étoit consacre
Ce Dieu sans colere
Ne vit point son culte abjuré.
Superbe mortelle
Dit-il, que rien n'a pu touchet
Vous étiez trop belle
Pour n'avoir qu'un cour de rocher.
C'étoit la nature
Qui se trompoit en vous formant.
Mais ma main plus sure
Va vous rendre à votre Element
Sa taille parfaite
Soudain commence à se changer,
Toute Anaxarete
N'étoit déja plus qu'un rocher.
FEVRIER.
1752.
Vous qui faites gloire
De fuir les Amans & l'Amour
Lisez cette Histoite
Et prositez-en quelque jour.
Craignez la vengeance
D'un Dieu qu'on ne peut éviter,
L'Amour qu'on offense,
Hélas! est trop à redouter,
D'ANAXARETE ET D'IPHIS,
Tirée des Métamorphoses d'Ovide.
Romance nouvelle.
F
—-++-
—
Vous qui faites, gloire De fuir les
.
.pnp
SFnggupg
-
Amanta & l'Amour: Lisez cette His-
A ij
4 MERCURE DEFRANCE.
N. K.
Na
.
——
2
toire, Et prosi- tez-en quelque jour.
.
-—
.
.
P.
—
—
——
Crai- gnez la vengeance D'un Dieu qu'on
-K.
N.
Tp
-F;
--
..L.
—-—-—
ne peur é-vi-ter, L'a- mour qu'on
.—
-t-x
S
P.
of- fense Helas! est trop à te-
Du
S
M.-
—-
dou- ter.
Près d'Anaxarete
Iphis perdit la liberté
Sa flâme parfaite
S'augmentoit par sa cruautes
FEVRIER.
1752.
La belle invincible
Dédaignoit l'offre de ses vœux,
Et plus insensible
De ses toutmens se fit des jeux.
M8
Si ta main presente
Du Myrthe arrosé de tes pleurs,
Iphis ton amante,
Préfére au Myrthe d'autres fleurs.
Plus ton cœeur fidele
De ses charmes se sant épris,
Et plus la cruelle
Aime à t'accabler de mépris.
L'Univers repose
Privé de la clarté du jour;
Et d'un doigt de rose
L'Aurore en marque le retour.
Mais Iphis, sans cesse
Languit sans trouver de repos.
Plein de sa tendresse
Il cherit même encore ses maux:
Image des songes
Espoir fragile & seduisant,
Vos riants mensonges
Sont des plaisirs pour un Amant:
AII
5
6
MERCURE DEFRANC E.
Mais Anaxarete
Iphis t'envioit ce bonheur;
Elle est satisfaite
De pouvoit déchirer ton coeus.
Privé d'espérance
Iphis se livre à la douleur,
Toute sa constance
Cede à l'excès de son malheur.
Beauté trop chérie
Dit-il, prêt à quitto le jour,
Je perdrai la vie
Avant de perdre mon amour.
Oui belle inbumaine
Vous triomphez à votre gré.
Et ma mort certaine
Rendra ce triomphe assuré.
De vous satisfaire
Je trouve un moyen dans la mort,
Puisque c'est vous plaire
Je meurs content, & sans effort.
Mais cessez de croire
Que loin de vous j'aille mourir,
FEVRIER.
1752.
De votre victoire
Jusqu'au bout vous pourrez jouir.
Voilà le Ministre
De mon Arrêt par vous dicté,
Ce lacet sinistre
Remplira votre volonté.
Puisse cette offrande
Comme à vous être chére aux Dieux!
Je ne leur demande
Que d'exaucer mes derniers vœeux.
Que leur loi suprême
Qui, par vous, me prive du jour,
Donne à ce que j'aime
Les jours que m'ô ta mon amoun.
A ces mots sa têto
Reste suspendue au lacet,
Son ame s'artête
Par l'effort d'un instinct secret.
Il paroît encore
Dire à l'objet de ses malheurs,
C'est vous que j'adore
se ne vois que vous... & je meurs,
N
Aiiij
009
2
S MERCURE DE FRANCE.
Cette affreuse scene
Que venoit de donner l'amour,
D'une erreur soudaine
Remplit tous les lieux d'alentour a
Mais Anaxarete
La voit avec tranquillité,
Et sort satisfaite
Du triomphe de sa beauté-
Au Dieu de Cythere
Ce jour même étoit consacre
Ce Dieu sans colere
Ne vit point son culte abjuré.
Superbe mortelle
Dit-il, que rien n'a pu touchet
Vous étiez trop belle
Pour n'avoir qu'un cour de rocher.
C'étoit la nature
Qui se trompoit en vous formant.
Mais ma main plus sure
Va vous rendre à votre Element
Sa taille parfaite
Soudain commence à se changer,
Toute Anaxarete
N'étoit déja plus qu'un rocher.
FEVRIER.
1752.
Vous qui faites gloire
De fuir les Amans & l'Amour
Lisez cette Histoite
Et prositez-en quelque jour.
Craignez la vengeance
D'un Dieu qu'on ne peut éviter,
L'Amour qu'on offense,
Hélas! est trop à redouter,
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Résumé : HISTOIRE D'ANAXARETE ET D'IPHIS, Tirée des Métamorphoses d'Ovide. Romance nouvelle.
Le texte raconte l'histoire d'Anaxarete et d'Iphis, tirée des Métamorphoses d'Ovide. Iphis, épris d'Anaxarete, voit sa passion grandir malgré le mépris de celle-ci. Anaxarete repousse les avances d'Iphis et se moque de ses sentiments. Désespéré, Iphis choisit de se suicider pour échapper à sa douleur. Avant de mourir, il souhaite qu'Anaxarete subisse le même sort. Les dieux, témoins de la scène, transforment Anaxarete en roche en punition de son cœur impitoyable. Le récit se termine par une mise en garde contre l'offense faite à l'amour et la vengeance divine.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4671
p. 65-66
VERS Sur le rétablissement de la santé de M. le Lieutenant Civil.
Début :
J'ai vu Themis en proye aux plus vives allarmes, [...]
Mots clefs :
Dieux, Argouge, Rétablissement de la santé, Vertus
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texteReconnaissance textuelle : VERS Sur le rétablissement de la santé de M. le Lieutenant Civil.
VERS
Sur le rétablissement de la santé de M. le
Lieutenant Civil.
J'ai vu Themis en proye aux plus vives allarmes,
Paris dans la terreur & Fleuri dans les larmes;
Au Palais d' Atropos tous les cours éperdus
Portoient leur désespoir & leurs vœux consondus,
L'Orphelin y pleuroit un pere,
L'innocence un vengeur, le soible son appur;
Les Dieux de tout pays & de tout caractere,
D'Helicon, & d'Olympe & même de Cithere
Sans le sçavoir, conspiroient tous pour lui-
Les Vertus demandoient la vie inestimable
Du Mortel le plus révéré,
Les Muses du plus éclairé,
Et les Graces du plus aimable;
Non, non, disoit Thémis, c'est le plus équitable
Qui des Dieux de l'Enfer doit fléchir le courroux,
Ainsi par des transports opposez & jaloux
Leur erreur divisant leurs désirs unanimes
Sembloit vouloit au Stix ravir mille victimes
Mais d'Argouge nommé réunit tous les coeurs:
A ce nom un soul cri par tout se fit entendre
(Cri du coeur, vif accent de l'amout le plas
mudte
es
66 MERCUREDE FRANCE.
C'est d'Argouge, c'est lui que demandent nos
pleurs.
Mais l'horrible Atropos, savourant leur tristesse,
Déployant sur son front sa baibare allegresse
Des mains de Lachesis afrachoit le fuse au;
Soudain... 8 doux spectacle! ô prodige nouveau;
Un Dieu Liberateur vole aux ordres d'Hygie,
De l'impitoyable Furie
Il désarme la rage, il brise le Ciseau;
Dieux! avec quel transport tous les cœurs applau-
dirent;
De quels concerts flatteurs tous les airs retenti-
rent. ..
»La Mort a respecté l'ouvrage de mes mains,
» Dit Pallas, & le Ciel rend d'Argouge aux hu
„ mains;
„ Parques! recommencez une trame nouvelle;
»A ses nobles travaux, à sa gloire immortelle
»Egalez ses honneurs & ses heureux destins:
»Magistrat, Orateur, Bel-Esprit & Grand'homme,
* Dig. ne des plus beaux jours de la Grece & de
»Rome;
»Ila tous les talens & toutes les vertus;
Ah! dit l'Amour, il a bien plus,
»Des injustes Mortels Juge integre & sévère,
„ Même en les condamnant il sçait l'art de leu,
» plaite.
Par M. GAILLARD, Avocat au Parlement.
Sur le rétablissement de la santé de M. le
Lieutenant Civil.
J'ai vu Themis en proye aux plus vives allarmes,
Paris dans la terreur & Fleuri dans les larmes;
Au Palais d' Atropos tous les cours éperdus
Portoient leur désespoir & leurs vœux consondus,
L'Orphelin y pleuroit un pere,
L'innocence un vengeur, le soible son appur;
Les Dieux de tout pays & de tout caractere,
D'Helicon, & d'Olympe & même de Cithere
Sans le sçavoir, conspiroient tous pour lui-
Les Vertus demandoient la vie inestimable
Du Mortel le plus révéré,
Les Muses du plus éclairé,
Et les Graces du plus aimable;
Non, non, disoit Thémis, c'est le plus équitable
Qui des Dieux de l'Enfer doit fléchir le courroux,
Ainsi par des transports opposez & jaloux
Leur erreur divisant leurs désirs unanimes
Sembloit vouloit au Stix ravir mille victimes
Mais d'Argouge nommé réunit tous les coeurs:
A ce nom un soul cri par tout se fit entendre
(Cri du coeur, vif accent de l'amout le plas
mudte
es
66 MERCUREDE FRANCE.
C'est d'Argouge, c'est lui que demandent nos
pleurs.
Mais l'horrible Atropos, savourant leur tristesse,
Déployant sur son front sa baibare allegresse
Des mains de Lachesis afrachoit le fuse au;
Soudain... 8 doux spectacle! ô prodige nouveau;
Un Dieu Liberateur vole aux ordres d'Hygie,
De l'impitoyable Furie
Il désarme la rage, il brise le Ciseau;
Dieux! avec quel transport tous les cœurs applau-
dirent;
De quels concerts flatteurs tous les airs retenti-
rent. ..
»La Mort a respecté l'ouvrage de mes mains,
» Dit Pallas, & le Ciel rend d'Argouge aux hu
„ mains;
„ Parques! recommencez une trame nouvelle;
»A ses nobles travaux, à sa gloire immortelle
»Egalez ses honneurs & ses heureux destins:
»Magistrat, Orateur, Bel-Esprit & Grand'homme,
* Dig. ne des plus beaux jours de la Grece & de
»Rome;
»Ila tous les talens & toutes les vertus;
Ah! dit l'Amour, il a bien plus,
»Des injustes Mortels Juge integre & sévère,
„ Même en les condamnant il sçait l'art de leu,
» plaite.
Par M. GAILLARD, Avocat au Parlement.
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Résumé : VERS Sur le rétablissement de la santé de M. le Lieutenant Civil.
Le poème célèbre la guérison de M. le Lieutenant Civil, surnommé Argouge. La déesse Thémis observe Paris en détresse et les cours en désarroi. Les dieux, les vertus, les muses et les grâces prient pour la vie d'Argouge, reconnu comme révéré, éclairé et aimable. Thémis affirme que sa justice doit apaiser les dieux infernaux. Le nom d'Argouge unit les cœurs et suscite un cri unanime. Atropos, déesse du destin, s'apprête à couper le fil de sa vie, mais un dieu envoyé par Hygie désarme la furie et brise le ciseau fatal. Les dieux applaudissent et célèbrent la survie d'Argouge. Pallas déclare que la mort a respecté son œuvre et que le ciel rend Argouge à la vie. Les Parques sont invitées à tisser une nouvelle destinée pour lui. Argouge est loué pour ses talents et ses vertus, comparé aux grands hommes de la Grèce et de Rome, et reconnu comme un juge intègre et sévère, capable de plaider même en condamnant.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4672
p. 79-83
JANUS, ALLÉGORIE. A M. de Vaumale, Commissaire des Guerres. Par M. l'Abbé Clément, Chanoine de St. Louis du Louvre.
Début :
Voici le tems où la cérémonie, [...]
Mots clefs :
Janus, Voix, Coeur, Esprit, M. de Vacon, Mort
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texteReconnaissance textuelle : JANUS, ALLÉGORIE. A M. de Vaumale, Commissaire des Guerres. Par M. l'Abbé Clément, Chanoine de St. Louis du Louvre.
JANUS,
ALLÉGORIE.
A M. de Vaumale, Commissaire des Guerres.
Par M. l'Abbé Clément, Chanoine
de St. Louis du Louvre.
Voici le tems où la cérémonie,
Renouvellant son antique manie
Va cajoler la Ville & les Fauxbourgs
Par l'art caché qui regne en ses discours:
Vous la verrez feitile en fariboles
Vous amorcer pat miéleuses paroles
Et debiter pour métal précieux
Tout le clinquant qu'elle étale à vos yeux:
Amour coquet, préside à sa toilette,
Et les couleurs qu'en secret elle achette,
D'un teint ridé remplissant les fossés,
Font refleurir ses attraits effacés.
Galans atours composent sa parure
Robbe garnie & brillante guipure,
Fine dentelle & scarboncles de Stias*
Lui tieunent lieu de jeunesse & d'appas.
Sa voix flatteuse, organe de la feinte
De la candeur a si bien pris l'empreinte
Que les plus fins se verroient attrapés
Fameux Compositeur de fausses pierras,
Dii
80 MERCUREDE FRANCE.
A ses propos de louanges jaspés
S'ils ne sçavoient qu'en ces jours hypocrites
Avec la fraude elle fait ses visites
Et que ses vœux ne sont qu'un complimeni
Quo l'esprit dicte & que le cœur dément.
Du vieux Janus qui l'a tient à ses gages
Avec le ton elle a les deux visages;
L'un gracieux vous fera les yeux doux,
L'autre sournois se mocquera de vous:
Tout est masqué dans ce qui la compose,
Pointe au-dedans, au-dehors tout est rose:
Dans tous les lieux où l'orgueil l'introduit
Vieux Ecuyer, l'usage la conduit.
Fatuité la précéde & l'annonce
Patelinage apprête sa réponse
L'ennui sectet, l'embarras, le dédain,
Vont à sa suite & grossissent son train.
A ses côtés marche la courtoisie
Qui distillant l'insipide ambroisie
Dont l'Italie inventa le secret,
A tout venant en fait boire à long trait;
Malheur à ceux que seduit son yvresse,
Ils seront pris aux pièges qu'elle dresse:
Défiez vous, ami, de sa boisson
Sous la douceur est caché le poison.
La Déité dont elle est le cortège
De longue main la fit à ce manége:
Sous un tel maitre on n'apprend que trop biei
zed by
FEVRIER.
1752.
A déguiser sa voix & son maintien.
Ses favoris qu'elle traite en esclaves
Lui sont soumis & portent ses entraves;
Polis comnie elle & comme elle menteurs,
De son jargon parfaits imitateurs
Aux complimens ils joignent les caresses,
Et le serment garantit leurs promesses,
Mais au besoin éprouvez ces amis,
Ils ne font rien de ce qu'ils ont promis.
De telles gens ce monde ici fourmille,
Et moins d'épics tombent sous la faucille,
Lorsque Cerés ordonne la Moisson;
Grands & petits parlent à l'unisson.
Quoy! direz-vous, ce temps périodique
N'est- il donc fait que pour la politique
Et l'artifice animant les Mortels
Les force-t-il d'abattre tes Autels
Sincérité non, la bonté céleste
N'a pas permis cet attentat funeste:
Sous ses parvis la naive candeur
D'un peu d'encens reçoit encore l'odeur,
S'il est des cœurs couvetts d'enluminure
Tous ne sont pas livrés à l'imposture:
Nous possedons de ses hommes sans faud
Dont la vertu ne connoît point d'écart,
Qui Sectateurs du vrai qui les maxtise
Sont révoltés au seul nom de furptise,
Et des humains une foible moitié
DV
30
gitized by
81
82 MERCUREDE FRANCE.
Marche soumise aux loix de l'amitié;
On lit encor dans ses courtes annales
Les tendres noms des C. ... des Vaumales,
Dont la franchise & la sincérité
Font le procès à la duplicité.
Depuis long-temps ses plus saintes maximes
De leur esprit ont passe dans leurs rimes;
La vérité simple dans leuis discours
En a banni les obliques détours:
Aujourd'hui même & leur voix & leur plume
Suivent le cœur & non pas la coutume:
De leurs souhaits le Ciel même est garant
L'estime en eux les reçoit & les rend:
Avec le vrai toujours d'intelligence
Leur bouche dit ce que leur esprit pense.
Dès leur jeunesse un illustre Pasteur
Par ses bontés avoit gagné leur cœur;
De l'écouter se faisant une étude,
Ils nourtissoient pour lui leur gratitude;
Le Ciel jaloux vient de les désunir,
Vacon n'est plus: leurs plaisirs vont finit,
Dans ce Prelat ils regrettent un Pere,
Un ami tendre, un Conseiller sincere,
Leur ame entiere en proie au sentiment
Dans les soupirs cherche un soulagement:
Leur triste voix que la douleur rend tendre
Par ses accens va téveiller sa cendre.
M. de Vacon, Eveque d'Apt mort au mois de
Decembre 1751.
oogle
FEVRIER
1752.
Que maint ingrat dans sa fourbe nourri,
Qui du vivant de ce Prélat chéri
Préconisoit ses bienfaits & sa gloire,
Lors qu'il est mort, attaque sa memoire !
L'horreur publique & nos justes mépris
De sa noirceur doivent erre le prix:
Tant do vertus, un zele si sublime
Dans ses progrès artentoient trop le crime;
Vacon expire, ah! l'obstacle est levé
Le vice éclate, il n'est plus observé.
Tristes climats, 6 ma chere Patrie
Dont sa tendresse excitoit l'industrie
Par les secours que sa prodigue main
Sécretement répandoit dans ton sein.
Qui désormais touché de ta misere
Dans tes besoins te tiendra lieu de Pere)
En attendant qu'un digne Successeur
Dans ses vertus nous retrace son cœur,
Par l'amitié rassemblés l'un & l'autre
Sur le tombeau de ce nouvel Apôtre
Qii de la mort vient de subit les lois,
A la douleur consacrons notre voiz,
ALLÉGORIE.
A M. de Vaumale, Commissaire des Guerres.
Par M. l'Abbé Clément, Chanoine
de St. Louis du Louvre.
Voici le tems où la cérémonie,
Renouvellant son antique manie
Va cajoler la Ville & les Fauxbourgs
Par l'art caché qui regne en ses discours:
Vous la verrez feitile en fariboles
Vous amorcer pat miéleuses paroles
Et debiter pour métal précieux
Tout le clinquant qu'elle étale à vos yeux:
Amour coquet, préside à sa toilette,
Et les couleurs qu'en secret elle achette,
D'un teint ridé remplissant les fossés,
Font refleurir ses attraits effacés.
Galans atours composent sa parure
Robbe garnie & brillante guipure,
Fine dentelle & scarboncles de Stias*
Lui tieunent lieu de jeunesse & d'appas.
Sa voix flatteuse, organe de la feinte
De la candeur a si bien pris l'empreinte
Que les plus fins se verroient attrapés
Fameux Compositeur de fausses pierras,
Dii
80 MERCUREDE FRANCE.
A ses propos de louanges jaspés
S'ils ne sçavoient qu'en ces jours hypocrites
Avec la fraude elle fait ses visites
Et que ses vœux ne sont qu'un complimeni
Quo l'esprit dicte & que le cœur dément.
Du vieux Janus qui l'a tient à ses gages
Avec le ton elle a les deux visages;
L'un gracieux vous fera les yeux doux,
L'autre sournois se mocquera de vous:
Tout est masqué dans ce qui la compose,
Pointe au-dedans, au-dehors tout est rose:
Dans tous les lieux où l'orgueil l'introduit
Vieux Ecuyer, l'usage la conduit.
Fatuité la précéde & l'annonce
Patelinage apprête sa réponse
L'ennui sectet, l'embarras, le dédain,
Vont à sa suite & grossissent son train.
A ses côtés marche la courtoisie
Qui distillant l'insipide ambroisie
Dont l'Italie inventa le secret,
A tout venant en fait boire à long trait;
Malheur à ceux que seduit son yvresse,
Ils seront pris aux pièges qu'elle dresse:
Défiez vous, ami, de sa boisson
Sous la douceur est caché le poison.
La Déité dont elle est le cortège
De longue main la fit à ce manége:
Sous un tel maitre on n'apprend que trop biei
zed by
FEVRIER.
1752.
A déguiser sa voix & son maintien.
Ses favoris qu'elle traite en esclaves
Lui sont soumis & portent ses entraves;
Polis comnie elle & comme elle menteurs,
De son jargon parfaits imitateurs
Aux complimens ils joignent les caresses,
Et le serment garantit leurs promesses,
Mais au besoin éprouvez ces amis,
Ils ne font rien de ce qu'ils ont promis.
De telles gens ce monde ici fourmille,
Et moins d'épics tombent sous la faucille,
Lorsque Cerés ordonne la Moisson;
Grands & petits parlent à l'unisson.
Quoy! direz-vous, ce temps périodique
N'est- il donc fait que pour la politique
Et l'artifice animant les Mortels
Les force-t-il d'abattre tes Autels
Sincérité non, la bonté céleste
N'a pas permis cet attentat funeste:
Sous ses parvis la naive candeur
D'un peu d'encens reçoit encore l'odeur,
S'il est des cœurs couvetts d'enluminure
Tous ne sont pas livrés à l'imposture:
Nous possedons de ses hommes sans faud
Dont la vertu ne connoît point d'écart,
Qui Sectateurs du vrai qui les maxtise
Sont révoltés au seul nom de furptise,
Et des humains une foible moitié
DV
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81
82 MERCUREDE FRANCE.
Marche soumise aux loix de l'amitié;
On lit encor dans ses courtes annales
Les tendres noms des C. ... des Vaumales,
Dont la franchise & la sincérité
Font le procès à la duplicité.
Depuis long-temps ses plus saintes maximes
De leur esprit ont passe dans leurs rimes;
La vérité simple dans leuis discours
En a banni les obliques détours:
Aujourd'hui même & leur voix & leur plume
Suivent le cœur & non pas la coutume:
De leurs souhaits le Ciel même est garant
L'estime en eux les reçoit & les rend:
Avec le vrai toujours d'intelligence
Leur bouche dit ce que leur esprit pense.
Dès leur jeunesse un illustre Pasteur
Par ses bontés avoit gagné leur cœur;
De l'écouter se faisant une étude,
Ils nourtissoient pour lui leur gratitude;
Le Ciel jaloux vient de les désunir,
Vacon n'est plus: leurs plaisirs vont finit,
Dans ce Prelat ils regrettent un Pere,
Un ami tendre, un Conseiller sincere,
Leur ame entiere en proie au sentiment
Dans les soupirs cherche un soulagement:
Leur triste voix que la douleur rend tendre
Par ses accens va téveiller sa cendre.
M. de Vacon, Eveque d'Apt mort au mois de
Decembre 1751.
oogle
FEVRIER
1752.
Que maint ingrat dans sa fourbe nourri,
Qui du vivant de ce Prélat chéri
Préconisoit ses bienfaits & sa gloire,
Lors qu'il est mort, attaque sa memoire !
L'horreur publique & nos justes mépris
De sa noirceur doivent erre le prix:
Tant do vertus, un zele si sublime
Dans ses progrès artentoient trop le crime;
Vacon expire, ah! l'obstacle est levé
Le vice éclate, il n'est plus observé.
Tristes climats, 6 ma chere Patrie
Dont sa tendresse excitoit l'industrie
Par les secours que sa prodigue main
Sécretement répandoit dans ton sein.
Qui désormais touché de ta misere
Dans tes besoins te tiendra lieu de Pere)
En attendant qu'un digne Successeur
Dans ses vertus nous retrace son cœur,
Par l'amitié rassemblés l'un & l'autre
Sur le tombeau de ce nouvel Apôtre
Qii de la mort vient de subit les lois,
A la douleur consacrons notre voiz,
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Résumé : JANUS, ALLÉGORIE. A M. de Vaumale, Commissaire des Guerres. Par M. l'Abbé Clément, Chanoine de St. Louis du Louvre.
L'allégorie 'JANUS', dédiée à M. de Vaumale, Commissaire des Guerres, est écrite par l'Abbé Clément, Chanoine de Saint-Louis du Louvre. Elle met en scène une figure allégorique utilisant des discours trompeurs et des apparences séduisantes pour dissimuler sa véritable nature hypocrite. Cette figure, comparée au dieu Janus, possède deux visages : l'un gracieux et l'autre moqueur. Elle est entourée de flatteurs et de courtisans qui, bien qu'ils semblent loyaux, ne tiennent pas leurs promesses. L'allégorie met en garde contre cette duplicité, soulignant que malgré la prévalence de l'hypocrisie, la sincérité et la bonté existent encore. L'auteur cite des exemples de personnes sincères et vertueuses, notamment les familles C... et Vaumale, qui pratiquent la franchise et la sincérité. Ces individus ont été influencés par un pasteur illustre, M. de Vacon, évêque d'Apt, décédé en décembre 1751. Sa perte est profondément regrettée par ceux qui l'ont connu. Le texte critique également les ingrats qui attaquent la mémoire de ce prélat après sa mort, soulignant que ses vertus et son zèle avaient un impact positif sur la société.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4673
p. 101-103
A MADAME DE *** LA LINOTE ET LA FAUVETTE. FABLE.
Début :
L'Emulation & la gloire [...]
Mots clefs :
Linotte, Fauvette, Succès
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texteReconnaissance textuelle : A MADAME DE *** LA LINOTE ET LA FAUVETTE. FABLE.
A MADAME DE ***
LA LINOTE ET LA FAUVETTE.
FABLE.
L'Emulation & la gloire
Echauffent les talens, encouragent les arts:
Du public inttaitable on soutient les regards
Dans l'espoir d'être inscrit au Temple de Mémoire;
Le Nautonier hardi, pour vivre dans l'Histoire,
D'un Element perfide affronte les hazards
Et les palmes de la victoire
Font des Bourbons & des Césars.
Quelque vaine que soit cette folle chimere,
On l'aime, on s'en faisit avec avidité:
C'est une ombre, une erreur: mais cette erreur est
chere
Et ce grand rien souvent produit à la lumiere
Des œuvres qu'on consacre à l'immortalité.
Peut être nous devons à Mélite applaudie
Du Prince de la Tragédie
Les succès éclatans, les écrits immortels:
Et peut-être N** sans l'heureuse victoire
Qui couronna d'abord sa jeunesse de gloite
Ne fût pas devenu digne de nos Autels.
O vous dont l'esprit adorable
E iij
102 MERCUREDE FRANCEI
De ma muse enhardie assure le succès:
Vous qui d'une main favorable
Couronnez de soibles essais,
Recevez avec cette fable
Le tribut que mon cour doit à tant de bienfaita
Une Linote avoit sa cage
Auprès d'un parterre de fleurs:
C'étoit le plus joli langage,
C'étoit les sons les plus flatteurs
C'étoit enfin la Reine du bocage,
Da moins par la douceur de son charmant ramage
Elle regnoit sut tous les cœurs.
Les oiseaus d'alentour venoient lui rendre hom-
mage
On n'entendoit que des concerts
En son honneur dans tout le voisinage.
Une Fauvette errant sous le prochain ombrage
Admiroit ses charmes divers;
Un mouvement secret l'inspire & l'encourage,
Elle ose aussi pour elle essayer quelques airs.
Ce coup lui réussit: on la flatte, on la vante :
Même la Linote charmante
Daigna répéter sa chansou.
Voilà la pauvrette imprudente
Déja prête à hausser le ton,
Le prix qu'elle a reçu l'enchante;
Ille se croit dans son ardeur naissante
103
FEVRIER. 1752.
Le Phénix du sacré vallon.
Fauvette modérez le zele qui vous tente,
Et rete nez cette leçon
Que la sagesse vous présente.
Un succès flatteur quelquefois
N'est pas un Conseiller trop sage.
esperez enchantet tous les bois,
Déja vous
N'en étant qu'à l'apprentissage;
Laissez se formet votre voix,
Peut-être quelque jour vous plairez davantage.
LA LINOTE ET LA FAUVETTE.
FABLE.
L'Emulation & la gloire
Echauffent les talens, encouragent les arts:
Du public inttaitable on soutient les regards
Dans l'espoir d'être inscrit au Temple de Mémoire;
Le Nautonier hardi, pour vivre dans l'Histoire,
D'un Element perfide affronte les hazards
Et les palmes de la victoire
Font des Bourbons & des Césars.
Quelque vaine que soit cette folle chimere,
On l'aime, on s'en faisit avec avidité:
C'est une ombre, une erreur: mais cette erreur est
chere
Et ce grand rien souvent produit à la lumiere
Des œuvres qu'on consacre à l'immortalité.
Peut être nous devons à Mélite applaudie
Du Prince de la Tragédie
Les succès éclatans, les écrits immortels:
Et peut-être N** sans l'heureuse victoire
Qui couronna d'abord sa jeunesse de gloite
Ne fût pas devenu digne de nos Autels.
O vous dont l'esprit adorable
E iij
102 MERCUREDE FRANCEI
De ma muse enhardie assure le succès:
Vous qui d'une main favorable
Couronnez de soibles essais,
Recevez avec cette fable
Le tribut que mon cour doit à tant de bienfaita
Une Linote avoit sa cage
Auprès d'un parterre de fleurs:
C'étoit le plus joli langage,
C'étoit les sons les plus flatteurs
C'étoit enfin la Reine du bocage,
Da moins par la douceur de son charmant ramage
Elle regnoit sut tous les cœurs.
Les oiseaus d'alentour venoient lui rendre hom-
mage
On n'entendoit que des concerts
En son honneur dans tout le voisinage.
Une Fauvette errant sous le prochain ombrage
Admiroit ses charmes divers;
Un mouvement secret l'inspire & l'encourage,
Elle ose aussi pour elle essayer quelques airs.
Ce coup lui réussit: on la flatte, on la vante :
Même la Linote charmante
Daigna répéter sa chansou.
Voilà la pauvrette imprudente
Déja prête à hausser le ton,
Le prix qu'elle a reçu l'enchante;
Ille se croit dans son ardeur naissante
103
FEVRIER. 1752.
Le Phénix du sacré vallon.
Fauvette modérez le zele qui vous tente,
Et rete nez cette leçon
Que la sagesse vous présente.
Un succès flatteur quelquefois
N'est pas un Conseiller trop sage.
esperez enchantet tous les bois,
Déja vous
N'en étant qu'à l'apprentissage;
Laissez se formet votre voix,
Peut-être quelque jour vous plairez davantage.
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Résumé : A MADAME DE *** LA LINOTE ET LA FAUVETTE. FABLE.
La fable 'La Linote et la Fauvette' traite du thème de l'émulation et de la quête de gloire, qui stimulent les talents et encouragent les arts. Les individus cherchent à se distinguer pour entrer dans l'histoire, affrontant des dangers pour obtenir des récompenses prestigieuses. Cette quête peut sembler vaine, mais elle inspire souvent des œuvres immortelles, comme les succès de Mélite ou les victoires de N**. L'histoire met en scène une linotte, célèbre pour son chant doux et flatteur, régnant sur les cœurs des oiseaux environnants. Une fauvette, admirant les talents de la linotte, tente de chanter à son tour et rencontre un succès initial. Encouragée par les éloges, elle s'apprête à pousser davantage sa voix. Cependant, une voix sage l'avertit de modérer son zèle, mettant en garde contre les dangers de l'excès de confiance après un premier succès. Elle recommande à la fauvette de laisser sa voix se former avant de chercher à surpasser la linotte.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4674
p. 104
ENIGME.
Début :
J'altere la délicatesse [...]
Mots clefs :
Barbe
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texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGME.
Altere la délicateſſe
D'un lieu dont je fais l'ornement ;
Je viens toujours très doucement ,
Er Yon me chaſſe avec viteſſe.
On feroit fort fâché de ne me point avoir,
On me traite avec violence.
Dans l'endroit où j'ai pris nai ance
On ne peut pas ſe réſoudre à me voir.
Quard je parois , on veut paroître ſage ,
Sans pour cela qu'on le ſoit davantage .
J'embellis , j'enlaidis , on m'aime , l'on me hait
Et l'on me fait lorſque l'on me défait.
Des gens de piété profonde
Pour me garder quittent le monde.
Tout le reſte du genre humain
Me traite tour à tour d'une façon levere.
Mais malgré tout ce qu'on peut faire ,
Aujourd'hui l'on me chaſſe , & je reviens demain
ParMademoiselle le Mercier,
Altere la délicateſſe
D'un lieu dont je fais l'ornement ;
Je viens toujours très doucement ,
Er Yon me chaſſe avec viteſſe.
On feroit fort fâché de ne me point avoir,
On me traite avec violence.
Dans l'endroit où j'ai pris nai ance
On ne peut pas ſe réſoudre à me voir.
Quard je parois , on veut paroître ſage ,
Sans pour cela qu'on le ſoit davantage .
J'embellis , j'enlaidis , on m'aime , l'on me hait
Et l'on me fait lorſque l'on me défait.
Des gens de piété profonde
Pour me garder quittent le monde.
Tout le reſte du genre humain
Me traite tour à tour d'une façon levere.
Mais malgré tout ce qu'on peut faire ,
Aujourd'hui l'on me chaſſe , & je reviens demain
ParMademoiselle le Mercier,
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4676
p. 105-106
LOGOGRIPHE.
Début :
Je suis un Etre d'importance [...]
Mots clefs :
Tarentule
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LOGOGRIPHE.
LOGOGRIP
HE .
JE fuis un Etre d'importance
Qu'où j'habite , on fuit avec ſoin ;
Ennemí de l'air de la France ,
Comme la femme forte , on ne me voit qu'au
loin.
A mes côtés les Parques veillent :
Je conduis l'homme chez les morts
Si du ſommeil dont je t'endors ,
Des airs bruians ne le reveillent.
Ami Lecteur , fur ces trois traits
Tu perces déja le miſtere :
Mais fi tu veux te fatisfaire ,
En me décompofant , tu me verras de près.
Je marche ſur dix pieds fertiles
Qui t'offrent d'abord quatre villes:
Une dans les vieux tems où , fils du Saint Amour
Le plus grand Patriarche a vû naître le jour.
Une , changeante en fa fortune,
Que bâtit un fils de Neptune
Dont le nom lui reſta toujours :
Une autre où , preſquede nos jours ,
D'un Concile fameux a brillé la puiſſance :
Une autre affez connue en France.
Je t'offre encore un bon oiſeau :
E
106 MERCURE DEFRANCE .
Une Déeſſe d'impoſture :
Lebeau rival de la nature :
Un Aftre qui paroît de tems en tems nouveau
Un matais dans Argos : un antique exercice :
Un Roi , connu par ſa fureur
Dont le ſeul nom remplit d'horreur :
Un autre le pere d'Ulyſſe :
Un chemin où le pied nous gliſſe :
I
Ce qui ſert à marquer les grands événemens :
Une ſaiſon de l'an , un infecte , un faint tems ,
Qui fait enrager bien des filles ;
Trente jours de tourment ne ſont point des véti
les :
Un promontoire , un Mont , un nombre , un animal
,
Un autre moins ruſé , dont un Auteur pour rire
A dit que fon nom ſeul comprend une ſatire :
Ce qui fait ſur la mer ou du bien ou du mal ;
Une maiſon d'Armée , une parente en mille ,
Une Nymphe changée en ille :
Ce qui fait le marchand : ce qui fait le Seigneur
Un lieu qui n'est pas en honneur :
A bâtir une choſe utile :
Le fiége enfin de la raiſon.
Mais , cher Lecteur , je te chagrinea
Je ſuis ... te dirai je mon nom ?
Je ſuis quelque choſe,Devine.
Par M. D. L.
HE .
JE fuis un Etre d'importance
Qu'où j'habite , on fuit avec ſoin ;
Ennemí de l'air de la France ,
Comme la femme forte , on ne me voit qu'au
loin.
A mes côtés les Parques veillent :
Je conduis l'homme chez les morts
Si du ſommeil dont je t'endors ,
Des airs bruians ne le reveillent.
Ami Lecteur , fur ces trois traits
Tu perces déja le miſtere :
Mais fi tu veux te fatisfaire ,
En me décompofant , tu me verras de près.
Je marche ſur dix pieds fertiles
Qui t'offrent d'abord quatre villes:
Une dans les vieux tems où , fils du Saint Amour
Le plus grand Patriarche a vû naître le jour.
Une , changeante en fa fortune,
Que bâtit un fils de Neptune
Dont le nom lui reſta toujours :
Une autre où , preſquede nos jours ,
D'un Concile fameux a brillé la puiſſance :
Une autre affez connue en France.
Je t'offre encore un bon oiſeau :
E
106 MERCURE DEFRANCE .
Une Déeſſe d'impoſture :
Lebeau rival de la nature :
Un Aftre qui paroît de tems en tems nouveau
Un matais dans Argos : un antique exercice :
Un Roi , connu par ſa fureur
Dont le ſeul nom remplit d'horreur :
Un autre le pere d'Ulyſſe :
Un chemin où le pied nous gliſſe :
I
Ce qui ſert à marquer les grands événemens :
Une ſaiſon de l'an , un infecte , un faint tems ,
Qui fait enrager bien des filles ;
Trente jours de tourment ne ſont point des véti
les :
Un promontoire , un Mont , un nombre , un animal
,
Un autre moins ruſé , dont un Auteur pour rire
A dit que fon nom ſeul comprend une ſatire :
Ce qui fait ſur la mer ou du bien ou du mal ;
Une maiſon d'Armée , une parente en mille ,
Une Nymphe changée en ille :
Ce qui fait le marchand : ce qui fait le Seigneur
Un lieu qui n'est pas en honneur :
A bâtir une choſe utile :
Le fiége enfin de la raiſon.
Mais , cher Lecteur , je te chagrinea
Je ſuis ... te dirai je mon nom ?
Je ſuis quelque choſe,Devine.
Par M. D. L.
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4677
p. 107-108
AUTRE.
Début :
Je fus jadis, Lecteur, très-florissante à Rome, [...]
Mots clefs :
République
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
E fus jadis , Lecteur , très florifſante à Rome ,
Mes uſages , mes loix donnent la liberté ;
Mais celles d'aujourd'hui , ſans trop de dignité
De celles d'autres fois , ne ſont qu'un vrai fane
tôme.
Ce début aisément me fera deviner ,
Cela ne ſuffit point ,
il faut me combiner.
Dans les dix pieds , Lecteur , qui forment mon
effence,
Tu peux fanspeine voir ce qu'avecrévérence
On porte quelquefois à la Proceffion ,
Ou m'encenſe , on me baiſe avec dévotion...
Un Réglement Anglois... & cette humeur amére
Qui te rend fort ſouvent ſujet à la colore ...
Le noble amuſement des Sçavans curieux ;
L'inſtrument conſacré pour rendre hommage aux
Dieux ;
UnProphéte vanté dans la Sainte Ecriture ;
Ce long vaiſſeau de bois , dont le ſéjour facheux
De ton corps ſçaura faire aux vers une pâture ;
Un plaifir ; un oiſeau , plus une paflion ,
Habillement de femmes , une bonne boiſſon .
Cette terre en carreaux , qui dans un cadre cuite
Abien ſervi peut-être à bâtir la maiſon ,
Et dont même la Tour de Babel fut conftruite ;
Ce qui ſert d'aliment à tout le genre humain.
E v
108 MERCURE DEFRANCE,
Un illuftre Miniſtre ; un Empereur Romain ;
L'arme qui rompt l'effort de la Cavalerie ;
Le dépôt de tout vin ; Ville de l'Italie ;
Une Province en France ; & quatre mots Latins
La Riviere qu'on ſçait utile aux Gobelins .
Pourfuis , ami Lecteur , tu trouveras fans peine ,
Un petit animal qu'on chaſſe dans la plaine;
Le fleuve , dont les eaux mouillent les Ham
bourgeois ;
Grande Ville qui fut en Eſpagne autrefois ;
Une Iſle; un de ſes Forts ; note de la muſique ;
Ce que porte d'un Prince un Page , un domeftia
que;
Un reptile qui mord,& cauſe de grands maux ;
Un très- fimple inſtrument pour lever les fardeaux ;
Le nom d'un Patriarche ; une Tribu choifie ;
Par les pieds dénommés fix , quatre , huit , neuf
&dix.
Devine enfin , Lecteur , Ville de l'Italie ,
Situ ſçais ce qu'elle eſt , tu ſçais ce que je ſuis
1 Par M. de Montpellior.
E fus jadis , Lecteur , très florifſante à Rome ,
Mes uſages , mes loix donnent la liberté ;
Mais celles d'aujourd'hui , ſans trop de dignité
De celles d'autres fois , ne ſont qu'un vrai fane
tôme.
Ce début aisément me fera deviner ,
Cela ne ſuffit point ,
il faut me combiner.
Dans les dix pieds , Lecteur , qui forment mon
effence,
Tu peux fanspeine voir ce qu'avecrévérence
On porte quelquefois à la Proceffion ,
Ou m'encenſe , on me baiſe avec dévotion...
Un Réglement Anglois... & cette humeur amére
Qui te rend fort ſouvent ſujet à la colore ...
Le noble amuſement des Sçavans curieux ;
L'inſtrument conſacré pour rendre hommage aux
Dieux ;
UnProphéte vanté dans la Sainte Ecriture ;
Ce long vaiſſeau de bois , dont le ſéjour facheux
De ton corps ſçaura faire aux vers une pâture ;
Un plaifir ; un oiſeau , plus une paflion ,
Habillement de femmes , une bonne boiſſon .
Cette terre en carreaux , qui dans un cadre cuite
Abien ſervi peut-être à bâtir la maiſon ,
Et dont même la Tour de Babel fut conftruite ;
Ce qui ſert d'aliment à tout le genre humain.
E v
108 MERCURE DEFRANCE,
Un illuftre Miniſtre ; un Empereur Romain ;
L'arme qui rompt l'effort de la Cavalerie ;
Le dépôt de tout vin ; Ville de l'Italie ;
Une Province en France ; & quatre mots Latins
La Riviere qu'on ſçait utile aux Gobelins .
Pourfuis , ami Lecteur , tu trouveras fans peine ,
Un petit animal qu'on chaſſe dans la plaine;
Le fleuve , dont les eaux mouillent les Ham
bourgeois ;
Grande Ville qui fut en Eſpagne autrefois ;
Une Iſle; un de ſes Forts ; note de la muſique ;
Ce que porte d'un Prince un Page , un domeftia
que;
Un reptile qui mord,& cauſe de grands maux ;
Un très- fimple inſtrument pour lever les fardeaux ;
Le nom d'un Patriarche ; une Tribu choifie ;
Par les pieds dénommés fix , quatre , huit , neuf
&dix.
Devine enfin , Lecteur , Ville de l'Italie ,
Situ ſçais ce qu'elle eſt , tu ſçais ce que je ſuis
1 Par M. de Montpellior.
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4678
p. 109-110
AUTRE.
Début :
Je fuis le jour, Lecteur, j'aime l'obscurité, [...]
Mots clefs :
Logogriphe
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texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
UTRE.
Efuis le jour , Lecteur , j'aime l'obſcurité ,
Je ne ſuis preſque rien , ou du moins peu de
choſe ,
Cependant ton eſprit , lorſque l'on me propoſe ,
Ne me connoît à fond qu'avec difficulté.
Je ſuis comme un filet , quand on me dévelope ,
Qu'on me tourne , ou retourne , ou bien qu'on
me ſyncope ,
Sitôt que je ſuis reconnu ,
;
De mille fens divers on me trouve pourvû.
Dix pieds comparent ma ſtructure ;
Ils offrent à tes yeux la trifte couverture ,
Qu'on fera ſur la biere étendre à ton trépas ,
Ou ce qu'on fait porter pour les Rois ou Prélats.
Ce qu'on voit dans les corps de toute la Nature ,
L'oiſeau qui fait donner ſon nom à des chevaux ;
Ce que toute liqueur laiſſe dans les tonneaux ;
Un instrument de fer utile à la cuiſine ;
Un péché dangereux ; le plus cher des métaux .
Lecteur , tu dois trouver la fçavante machine ,
Qui ſert dans l'univers à meſurer le tems ,
Et fait entendre à tous les heures , les momens ;
Ce qu'un Prince ou Héros , de laurier trop avide
Gagne plus par exploits , que par vertu ſolide ;
10 MERCUREDE FRANCE.
Un grain qui , quoique bon , differe du froment ;
Du ſexe feminin le plus bel agrément ;
Grande riviere d'Italie .
Ce réduit dans lequel on voit la Comédie ;
Ce que ſur le Théatre un Acteur pour charmer ,
Se pique tous les jours de ſçavoir déclamer ;
L'inſtrument d'Apollon , plus un petit Prophéte ;
L'ancien nom que portoient la Ville & Port
d'Alger;
La Maitreſſe de Jupiter ,
Dont Junon fut jaloufe & long-tems inquiéte ;
Enfin ce fameux point ſur lequel on peut voir
Afon aiſe , Lecteur , la ſphere ſe mouvoir.
Parlemême.
Efuis le jour , Lecteur , j'aime l'obſcurité ,
Je ne ſuis preſque rien , ou du moins peu de
choſe ,
Cependant ton eſprit , lorſque l'on me propoſe ,
Ne me connoît à fond qu'avec difficulté.
Je ſuis comme un filet , quand on me dévelope ,
Qu'on me tourne , ou retourne , ou bien qu'on
me ſyncope ,
Sitôt que je ſuis reconnu ,
;
De mille fens divers on me trouve pourvû.
Dix pieds comparent ma ſtructure ;
Ils offrent à tes yeux la trifte couverture ,
Qu'on fera ſur la biere étendre à ton trépas ,
Ou ce qu'on fait porter pour les Rois ou Prélats.
Ce qu'on voit dans les corps de toute la Nature ,
L'oiſeau qui fait donner ſon nom à des chevaux ;
Ce que toute liqueur laiſſe dans les tonneaux ;
Un instrument de fer utile à la cuiſine ;
Un péché dangereux ; le plus cher des métaux .
Lecteur , tu dois trouver la fçavante machine ,
Qui ſert dans l'univers à meſurer le tems ,
Et fait entendre à tous les heures , les momens ;
Ce qu'un Prince ou Héros , de laurier trop avide
Gagne plus par exploits , que par vertu ſolide ;
10 MERCUREDE FRANCE.
Un grain qui , quoique bon , differe du froment ;
Du ſexe feminin le plus bel agrément ;
Grande riviere d'Italie .
Ce réduit dans lequel on voit la Comédie ;
Ce que ſur le Théatre un Acteur pour charmer ,
Se pique tous les jours de ſçavoir déclamer ;
L'inſtrument d'Apollon , plus un petit Prophéte ;
L'ancien nom que portoient la Ville & Port
d'Alger;
La Maitreſſe de Jupiter ,
Dont Junon fut jaloufe & long-tems inquiéte ;
Enfin ce fameux point ſur lequel on peut voir
Afon aiſe , Lecteur , la ſphere ſe mouvoir.
Parlemême.
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4679
p. 180-181
CHANSON.
Début :
Depuis qu'à l'aimable Cloris [...]
Mots clefs :
Aimer, Tendre, Cloris, Doux, Amour
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CHANSON.
CHANSON.
Depuis qu'à l'aimable Cloris
Mon tendre cœeur rendit les armes,
Toujours réveur, toujours soumis,
Nuit & jour rempli de ses charmes,
Les craintes venoient m'allarmer;
N'est-ce pas comme on doit aimer
Auprès d'elle j'étois content;
Son absence faisoit ma peine;
Vif, empressé, toujours constant,
Et Clotis roujours inhumaine,
Souffrant saus oser l'en blâmes;
N'est-ce pas, &c.
L'objet de mes tendres désits
Et de mon amoureux délire
Peu sensible à tous mes soupits,
Ignoroit mon cruel martire
Sa froideur sembloit m'animer;
N'est-ce pas, &c.
*—
—.—
*—
FEVRIER.
1752.
Souvent par mes tendres chansons
Je peignois ma timide flâme;
J'esperois que les plus doux sons
Attendriicient enfin son ame,
Parlant d'amour, sans le nommes;
N'est ce pas, & c.
Chaque jour de nouvelles fleurs
J'ornois le sein de cette belle
Mes soins & mes tendres langueurs
Tout prouvoit mon ardeur fidelle:
Mes yeux sçavoient bien l'exprimes.
N'est-ce pas, &c.
N
Dans nos bois je trouvai Cloris
Reposant seule sur l'herbette
Je fis tant que je l'attendris
Pat les doux chants de ma musette,
L'Amour scut si bien l'enflâmer
Qu'elle apprit comme on doit aimer
Qu'elle apprit comme on doit aimer.
Depuis qu'à l'aimable Cloris
Mon tendre cœeur rendit les armes,
Toujours réveur, toujours soumis,
Nuit & jour rempli de ses charmes,
Les craintes venoient m'allarmer;
N'est-ce pas comme on doit aimer
Auprès d'elle j'étois content;
Son absence faisoit ma peine;
Vif, empressé, toujours constant,
Et Clotis roujours inhumaine,
Souffrant saus oser l'en blâmes;
N'est-ce pas, &c.
L'objet de mes tendres désits
Et de mon amoureux délire
Peu sensible à tous mes soupits,
Ignoroit mon cruel martire
Sa froideur sembloit m'animer;
N'est-ce pas, &c.
*—
—.—
*—
FEVRIER.
1752.
Souvent par mes tendres chansons
Je peignois ma timide flâme;
J'esperois que les plus doux sons
Attendriicient enfin son ame,
Parlant d'amour, sans le nommes;
N'est ce pas, & c.
Chaque jour de nouvelles fleurs
J'ornois le sein de cette belle
Mes soins & mes tendres langueurs
Tout prouvoit mon ardeur fidelle:
Mes yeux sçavoient bien l'exprimes.
N'est-ce pas, &c.
N
Dans nos bois je trouvai Cloris
Reposant seule sur l'herbette
Je fis tant que je l'attendris
Pat les doux chants de ma musette,
L'Amour scut si bien l'enflâmer
Qu'elle apprit comme on doit aimer
Qu'elle apprit comme on doit aimer.
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Résumé : CHANSON.
En février 1752, une chanson d'amour relate la passion du narrateur pour Cloris. Depuis qu'il a été séduit par elle, il vit dans un état perpétuel de rêverie et de soumission. Proche d'elle, il est heureux, mais son absence le fait souffrir. Cloris, cependant, ne semble pas affectée par ses tourments ni par sa fidélité. Le narrateur espère que ses chansons et ses gestes, comme offrir des fleurs quotidiennement, adouciront son cœur. Un jour, dans les bois, il parvient à toucher Cloris grâce à la musique de sa musette, lui apprenant ainsi à aimer.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4680
p. 3-6
EPITRE A Monsieur le Marquis de Crillon, Député de la Ville d'Avignon pour complimenter le Roi sur la Naissance de M. le Duc de Bourgogne.
Début :
Heritier d'un nom Héroïque [...]
Mots clefs :
Dieu, Paix
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EPITRE A Monsieur le Marquis de Crillon, Député de la Ville d'Avignon pour complimenter le Roi sur la Naissance de M. le Duc de Bourgogne.
EPITRE
A Monsieur le Marquis de Crillon, Député
de la Ville d'Avignon pour complimenter
le Roi sur la Naissance de M. le Duc de
Bourgogne.
Heritier d'un nom Héroïque
Dont vous relevez la splendeur
Dans huit jours, la chose est publique
Traîné dans un char magnifique
Vous irez brillant Orateur,
Sur le ton du Panégyrique
Etaler votre Rhétorique
A ij
4 MERCURE DEFRANCE.
Dans le pays de la Grandeur:
Du Peuple le plus pacisique
..
O le plus brave Ambassadeur!
C'est bien l'entendre, Monseigneur;
Lorsque la paix vous fait défense
De signaler votre grand coeur
Votre ame ardente s'en offense
Et s'ouvre un chemin à l'honneur,
Par quoi votre docte Excellence
Ne pouvant montrer sa valeur,
Va nous montrer son éloquence.
C'est-à dire, qu'avec douleur
Voyant que le Dieu de la Thrace,
Dieu de Messe & de Fontenoy,
A la Paix a cédé la place
Par l'ordre absolu d'un grand Roi,
Et souffrant sous la dure loy
Qui tient captive votre audace
Dans les Camps du Dieu du Parnasse
Vous avez cherché de l'emploi.
Dans ces Camps, paisibles retraites,
Où les Auteurs sont des Guerriers
Où les Lyres sont des trompettes,
Où les roses sont des Lauriers;
Où l'on attaque l'ignorance,
Où, sans se mouvoir, on agit,
Où l'on est Héros quand on pense,
MARS. 1752.
Où l'on combat quand on écrit,
Où l'on couronne la science,
Où la force est dans l'éloquence,
Et le courage dans l'esprit.
Puisqu'il n'en faut pas davantage
Pour prétendre aux premiers honneurs,
Vous avez assez de courage;
Sur ce poëtique rivage
Vous serez Héros comme ailleurs.
Admis dans la docte Brigade
Qui campe au sommet d'Hélicon,
Vous conserverez votre grade:
N'en doutez pas, brave Crillon;
Vous serez au moins, j'en répond
Au retour de votre Ambassade
Maréchal de Canip d'Apollon.
Suivez ce Dieu moins sanguinaire,
Son culte entraîne moins de soins;
Si vous marchez sous sa banniere
L'Autriche ne vous craindra guère,
Mais vous nous allarmerez moins.
Passez sur un nouveau Théatre,
On sçait déja que vous avez
Un cœur que rien ne peut abattre;
Faites-nous voir que vous sçavez
Tour à tour écrire & combattre,
A iij
600.
6 MERCUREDE FRANCE.
Et forcez la Cour d'avouer
Qu'ailleurs que dans une bataille
La gloire vous suit, soit qu'il faille
Servir nos Rois où les louer.
A Monsieur le Marquis de Crillon, Député
de la Ville d'Avignon pour complimenter
le Roi sur la Naissance de M. le Duc de
Bourgogne.
Heritier d'un nom Héroïque
Dont vous relevez la splendeur
Dans huit jours, la chose est publique
Traîné dans un char magnifique
Vous irez brillant Orateur,
Sur le ton du Panégyrique
Etaler votre Rhétorique
A ij
4 MERCURE DEFRANCE.
Dans le pays de la Grandeur:
Du Peuple le plus pacisique
..
O le plus brave Ambassadeur!
C'est bien l'entendre, Monseigneur;
Lorsque la paix vous fait défense
De signaler votre grand coeur
Votre ame ardente s'en offense
Et s'ouvre un chemin à l'honneur,
Par quoi votre docte Excellence
Ne pouvant montrer sa valeur,
Va nous montrer son éloquence.
C'est-à dire, qu'avec douleur
Voyant que le Dieu de la Thrace,
Dieu de Messe & de Fontenoy,
A la Paix a cédé la place
Par l'ordre absolu d'un grand Roi,
Et souffrant sous la dure loy
Qui tient captive votre audace
Dans les Camps du Dieu du Parnasse
Vous avez cherché de l'emploi.
Dans ces Camps, paisibles retraites,
Où les Auteurs sont des Guerriers
Où les Lyres sont des trompettes,
Où les roses sont des Lauriers;
Où l'on attaque l'ignorance,
Où, sans se mouvoir, on agit,
Où l'on est Héros quand on pense,
MARS. 1752.
Où l'on combat quand on écrit,
Où l'on couronne la science,
Où la force est dans l'éloquence,
Et le courage dans l'esprit.
Puisqu'il n'en faut pas davantage
Pour prétendre aux premiers honneurs,
Vous avez assez de courage;
Sur ce poëtique rivage
Vous serez Héros comme ailleurs.
Admis dans la docte Brigade
Qui campe au sommet d'Hélicon,
Vous conserverez votre grade:
N'en doutez pas, brave Crillon;
Vous serez au moins, j'en répond
Au retour de votre Ambassade
Maréchal de Canip d'Apollon.
Suivez ce Dieu moins sanguinaire,
Son culte entraîne moins de soins;
Si vous marchez sous sa banniere
L'Autriche ne vous craindra guère,
Mais vous nous allarmerez moins.
Passez sur un nouveau Théatre,
On sçait déja que vous avez
Un cœur que rien ne peut abattre;
Faites-nous voir que vous sçavez
Tour à tour écrire & combattre,
A iij
600.
6 MERCUREDE FRANCE.
Et forcez la Cour d'avouer
Qu'ailleurs que dans une bataille
La gloire vous suit, soit qu'il faille
Servir nos Rois où les louer.
Fermer
Résumé : EPITRE A Monsieur le Marquis de Crillon, Député de la Ville d'Avignon pour complimenter le Roi sur la Naissance de M. le Duc de Bourgogne.
L'épître félicite le Marquis de Crillon, député d'Avignon, pour sa mission de complimenter le roi à l'occasion de la naissance du Duc de Bourgogne. Le Marquis est loué pour son éloquence, qu'il utilise pour honorer le roi en temps de paix, alors qu'il ne peut pas démontrer sa bravoure sur le champ de bataille en raison de la paix instaurée par le roi. Le texte compare les champs de bataille aux champs littéraires, où les auteurs sont des guerriers et les lyres des trompettes. Le Marquis est encouragé à prouver qu'il peut aussi bien écrire que combattre, affirmant que la gloire le suivra dans ses écrits comme sur le champ de bataille. Ainsi, en tant qu'orateur, il pourra conserver son grade et être honoré comme un héros.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4681
p. 11-16
ELOGE DE LA POESIE. Epître à Monsieur F***.
Début :
Voulez-vous qu'en rimes fleuries, [...]
Mots clefs :
Poésie, Aimable, Secours, Regards, Goût
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ELOGE DE LA POESIE. Epître à Monsieur F***.
ELOGE DE LA POESIE.
Epître à Monsieur F***.
Voulez-vous qu'en rimes fleuries,
Du Pinde Eleve ambitieux
J'offre à vos regards curieux
Un Tableau de mes rêveries;
Que par des traits fastidieux,
Je compose mes broderies
D'Amours de Diables, de Furies,
De Bergers, de Rois, & de Dieux?
Non, non, d'un pareil assemblage
La bisarre difformité,
Loin de gagner votre suffrage,
S'oppose à la naiveté
Dont le bon goût vous a doté.
C'est par lui que, Juge équitable,
Amant de la solidité,
Vous préférez la Vérité
Aux vains ornemens de la Fable.
Ce n'est pas qu'un conte agréable,
Fils d'une heureuse invention,
Quelquesois, par un tour aimable,
Ne flate votre attention;
Mais notez que la fiction
Avj
12
MERCURE DEFRANCE.
Marquée au coin de la justesse,
Doit unir dans l'expression
La force à la délicatesse.
Envain, par un effort nouveau,
Pour créer telle mignature,
A la contrainte la plus dure
J'abandonnerois mon cerveau;
Rebuté d'un travail extrême
Plein de dépit contre moi même,
Je briserois Lime & Rabot.
C'est dans le vrai que je réside;
Lui seul m'enhardit, & me guide,
La Nature en a fait mon lot:
Aimable don, simple avantage
Banni du précieux jargon,
Que fourde aux cris de la raison,
Des François arbure volage,
La Mode introduit en usage.
Qu'elle accorde à ses Favoris,
Pour prix d'un hommage fidéle,
La qualité de beaux esprits;
Que maint Lecteur seduit par elle
Applaudisse à leurs faux écrits
Masqués d'un fade coloris;
Qu'ils reçoivent de l'artifice
Vagues recueils, objets proscrits
D'un choix aux vrais taleus propice
Mots ambigus, tiens affectés.
MARS. 1752.
Qui par le caprice enfantés,
Seront détruits par le caprice.
Du bon sens esclave soumis,
Je regle mes pas affermis
Dans une route plus unie.
Ennemi de la nouveauté
Je soustrais mon foible génie
A la fastueuse manie
Dont notre siecle est entêté;
Et j'ose au gré de mon envie,
D'un pressant délire agité,
A l'immortelle Poësie,
Par une breve apologie,
Donner un Encens mérité.
Des vastes Cieux Etres sublimes,
Pour jamais, brulans Seraphins,
Dans vos Cantiques magnanimes,
Dévouez ses Charmes divins
Aux louanges du Saint des Saints.
De vos coeurs aimable interprête,
Courez au pied de vos Autels,
Signalez vous, heureux Mortels,
Par le secours qu'elle vous prête:
Livrés à ses accords puissans
Qu'ils soient Pame de votre zele,
Qu'elle dispense à vos accens
Une force toujours nouvelle.
Volex dans les Plaines de Mars,
oog
13
14 MERCURE DEFRANCE.
Suivez une fougue rapide
Héros; au milieu des hazards
Prenez un essor intrepide;
Ardens, à déployer vos bras
Pénétrés du feu de la gloire,
Cherchez dans l'horreur des combats,
Ou le trépas, ou la victoire.
Une Muse bien- tôt, de vos Exploits faneux
Va d'un crayon leger tracer la noble image
Où vainqueur de l'oubli, leut pompeux étalage
Instruira nos derniers neveux
Des efforts de votre courage.
Et vous, Monarques fortunés,
Qui libres sous vos Diadêmes,
Vrais Philosophes couronnés,
Louissez toujours de vous-mêmes;
Que soutenus par vos bienfaits
Amoureux de votre puissance,
Les beaux Arts, Enfans de la Paix,
Heureux germe de l'abondance,
Comblent vos utiles souhaits,
Des Fruits de leur reconnoissance.
Toujours craints, & toujours aimés,
Toujours contre le vice armés,
Rois vigilans, Amis sinoeres,
Zélés, tendres, généreux Peres,
Sçachea, à la vertu formés,
MARS. 1752.
Embellir de ses caracteres
Les coeurs de vos Peuples charmés.
Que voi-je? loin de la barierre,
Asservis aux regles du tems,
Vous touchez, conduits par les ans,
Au terme de votre carriere !
Un voile affreux dérobe à vos regards pesans
Les Rayons affoiblis d'un reste de lumiere
La Mort ètend sur vous une main meurtriere:
Déja vous expirex sous ses coups triomphans..
Déja l'auguste Poësie,
Vous ravit au sein des Tombeaux,
Glorieuse par ses travaux
De vous donner une autre vie,
Et que de vos vertus l'Univers enchanté
Vous consacre par elle à l'immortalité.
Des plaisits de la Scene arbitre favorable,
Elle y devient fertile en préceptes chéris;
Et tantôt sa morale est un sel agréable,
Qui corrige les moeurs par le secours des ris: (a)
Tantôt elle nous montre au milieu des allarmes (6)
Des vives passions l'effet précipité.
Elle nous plaît, nous touche, & maintient par nos
larmes
(a) La Comédio.
(b) La Tragédie.
Digitzed by Goo-
15
16 MERCURE DE FRANCE.
L'Empire de l'humanité.
Vous dont l'astre vainqueur, par sa douce in-
fluence
De Despreaux en vous confirme la sentence;
Vous qui cedant aux Loix d'un penchant précieux,
Loin du vaste sentier des rimeurs ennuyeux,
Soutenus, enflammés par les Leçons d'Horace,
Suivez en liberté les routes qu'il vous trace
Partisans du bon goût, que son mâle secours
Attache à vos succès la splendeur de nos jours.
Le vieux Timon vous hait, contre un talent su-
prême
Il lance injustement un frivole anathême;
Accablé sous le joug de la prévention,
Il doit piquer encor votre émulation.
Gardez- vous, entrainés par une ardeur caustique
De suivre les fureurs du Démon Satyrique.
Auteurs gays & badins, mais sans obscuritem,
Et plus graves bien-tôt, mais sans austérité;
Soigneux de contenter un désir salutaire:
Jouissez du bonheur & d'instruire & de plaire.
Montrez qu'on peut enfin, par d'invincibles
nouds,
Allier le Poôte à l'homme vertueux.
Qu'un Zoile insensible aux traits de la nature,
Oppose à vos écrits une indigne censure;
Contens de mépriser un soible jugement
Soyez toujours par oux l'écho du Sentimeat
Epître à Monsieur F***.
Voulez-vous qu'en rimes fleuries,
Du Pinde Eleve ambitieux
J'offre à vos regards curieux
Un Tableau de mes rêveries;
Que par des traits fastidieux,
Je compose mes broderies
D'Amours de Diables, de Furies,
De Bergers, de Rois, & de Dieux?
Non, non, d'un pareil assemblage
La bisarre difformité,
Loin de gagner votre suffrage,
S'oppose à la naiveté
Dont le bon goût vous a doté.
C'est par lui que, Juge équitable,
Amant de la solidité,
Vous préférez la Vérité
Aux vains ornemens de la Fable.
Ce n'est pas qu'un conte agréable,
Fils d'une heureuse invention,
Quelquesois, par un tour aimable,
Ne flate votre attention;
Mais notez que la fiction
Avj
12
MERCURE DEFRANCE.
Marquée au coin de la justesse,
Doit unir dans l'expression
La force à la délicatesse.
Envain, par un effort nouveau,
Pour créer telle mignature,
A la contrainte la plus dure
J'abandonnerois mon cerveau;
Rebuté d'un travail extrême
Plein de dépit contre moi même,
Je briserois Lime & Rabot.
C'est dans le vrai que je réside;
Lui seul m'enhardit, & me guide,
La Nature en a fait mon lot:
Aimable don, simple avantage
Banni du précieux jargon,
Que fourde aux cris de la raison,
Des François arbure volage,
La Mode introduit en usage.
Qu'elle accorde à ses Favoris,
Pour prix d'un hommage fidéle,
La qualité de beaux esprits;
Que maint Lecteur seduit par elle
Applaudisse à leurs faux écrits
Masqués d'un fade coloris;
Qu'ils reçoivent de l'artifice
Vagues recueils, objets proscrits
D'un choix aux vrais taleus propice
Mots ambigus, tiens affectés.
MARS. 1752.
Qui par le caprice enfantés,
Seront détruits par le caprice.
Du bon sens esclave soumis,
Je regle mes pas affermis
Dans une route plus unie.
Ennemi de la nouveauté
Je soustrais mon foible génie
A la fastueuse manie
Dont notre siecle est entêté;
Et j'ose au gré de mon envie,
D'un pressant délire agité,
A l'immortelle Poësie,
Par une breve apologie,
Donner un Encens mérité.
Des vastes Cieux Etres sublimes,
Pour jamais, brulans Seraphins,
Dans vos Cantiques magnanimes,
Dévouez ses Charmes divins
Aux louanges du Saint des Saints.
De vos coeurs aimable interprête,
Courez au pied de vos Autels,
Signalez vous, heureux Mortels,
Par le secours qu'elle vous prête:
Livrés à ses accords puissans
Qu'ils soient Pame de votre zele,
Qu'elle dispense à vos accens
Une force toujours nouvelle.
Volex dans les Plaines de Mars,
oog
13
14 MERCURE DEFRANCE.
Suivez une fougue rapide
Héros; au milieu des hazards
Prenez un essor intrepide;
Ardens, à déployer vos bras
Pénétrés du feu de la gloire,
Cherchez dans l'horreur des combats,
Ou le trépas, ou la victoire.
Une Muse bien- tôt, de vos Exploits faneux
Va d'un crayon leger tracer la noble image
Où vainqueur de l'oubli, leut pompeux étalage
Instruira nos derniers neveux
Des efforts de votre courage.
Et vous, Monarques fortunés,
Qui libres sous vos Diadêmes,
Vrais Philosophes couronnés,
Louissez toujours de vous-mêmes;
Que soutenus par vos bienfaits
Amoureux de votre puissance,
Les beaux Arts, Enfans de la Paix,
Heureux germe de l'abondance,
Comblent vos utiles souhaits,
Des Fruits de leur reconnoissance.
Toujours craints, & toujours aimés,
Toujours contre le vice armés,
Rois vigilans, Amis sinoeres,
Zélés, tendres, généreux Peres,
Sçachea, à la vertu formés,
MARS. 1752.
Embellir de ses caracteres
Les coeurs de vos Peuples charmés.
Que voi-je? loin de la barierre,
Asservis aux regles du tems,
Vous touchez, conduits par les ans,
Au terme de votre carriere !
Un voile affreux dérobe à vos regards pesans
Les Rayons affoiblis d'un reste de lumiere
La Mort ètend sur vous une main meurtriere:
Déja vous expirex sous ses coups triomphans..
Déja l'auguste Poësie,
Vous ravit au sein des Tombeaux,
Glorieuse par ses travaux
De vous donner une autre vie,
Et que de vos vertus l'Univers enchanté
Vous consacre par elle à l'immortalité.
Des plaisits de la Scene arbitre favorable,
Elle y devient fertile en préceptes chéris;
Et tantôt sa morale est un sel agréable,
Qui corrige les moeurs par le secours des ris: (a)
Tantôt elle nous montre au milieu des allarmes (6)
Des vives passions l'effet précipité.
Elle nous plaît, nous touche, & maintient par nos
larmes
(a) La Comédio.
(b) La Tragédie.
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16 MERCURE DE FRANCE.
L'Empire de l'humanité.
Vous dont l'astre vainqueur, par sa douce in-
fluence
De Despreaux en vous confirme la sentence;
Vous qui cedant aux Loix d'un penchant précieux,
Loin du vaste sentier des rimeurs ennuyeux,
Soutenus, enflammés par les Leçons d'Horace,
Suivez en liberté les routes qu'il vous trace
Partisans du bon goût, que son mâle secours
Attache à vos succès la splendeur de nos jours.
Le vieux Timon vous hait, contre un talent su-
prême
Il lance injustement un frivole anathême;
Accablé sous le joug de la prévention,
Il doit piquer encor votre émulation.
Gardez- vous, entrainés par une ardeur caustique
De suivre les fureurs du Démon Satyrique.
Auteurs gays & badins, mais sans obscuritem,
Et plus graves bien-tôt, mais sans austérité;
Soigneux de contenter un désir salutaire:
Jouissez du bonheur & d'instruire & de plaire.
Montrez qu'on peut enfin, par d'invincibles
nouds,
Allier le Poôte à l'homme vertueux.
Qu'un Zoile insensible aux traits de la nature,
Oppose à vos écrits une indigne censure;
Contens de mépriser un soible jugement
Soyez toujours par oux l'écho du Sentimeat
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Résumé : ELOGE DE LA POESIE. Epître à Monsieur F***.
L'épître est un éloge de la poésie adressé à Monsieur F***. L'auteur rejette les poèmes ornés de fables et de fictions, privilégiant la vérité et la simplicité. Il critique la mode et les écrivains qui se dissimulent derrière des écrits artificiels et affectés, affirmant que la véritable poésie réside dans la vérité et la nature. La poésie est louée pour sa capacité à inspirer et à guider, que ce soit dans les batailles, les exploits héroïques ou les actions des monarques. Elle immortalise les vertus et les actions des grands hommes, leur offrant une vie éternelle à travers ses œuvres. Sur scène, la poésie enseigne des leçons morales et touche les cœurs. L'auteur admire ceux qui suivent les préceptes d'Horace et du bon goût, tout en mettant en garde contre les critiques injustes et les préjugés. Il encourage les poètes à allier plaisir et instruction, et à rester vertueux malgré les jugements négatifs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4682
p. 26-29
EPITRE De M. Desforges Maillard à sa femme, le premier de l'an 1752. Envoi à M. le Marquis du C**. Capitaine dans le R. D. G. D.
Début :
Intime moitié de moi-même, [...]
Mots clefs :
Femme, Volonté
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EPITRE De M. Desforges Maillard à sa femme, le premier de l'an 1752. Envoi à M. le Marquis du C**. Capitaine dans le R. D. G. D.
EPITRE
De M. Desforges Maillard à sa femme,
le premier de l'an 1752.
Envoi à M. le Marquis du C**. Capitaine
dans le R. D. G. D.
Intime moitié de moi-même,
Toi qui naquis pour m'enflâmer,
Peut-on aimer plus que je t'aime?
Et pourrois- je te moins aimer?
Il semble à te voir entourée
Des Graces, des Jeux ingénus
Que la Sagesse s'est parée
De la ce inture de Venus.
Ta volonté qui suit la mienne,
Prévient mon goût & mes désirs;
Ma volonté qui suit la tienne,
Prévient & cherche tes plaisirs.
C'est le stile de la Nature,
Que ton entretien si charmant,
Dont chaque terme est la peinture
D'un agréable sentiment.
aiuas vO
MARS. 1752.
Mais quand aux rives du Permesse,
Nous allons moissonner des fleurs
C'est là que brille ton adresse,
Dans l'art d'assortir les couleurs.
C'est-là que ta juste critique
Respire la sagacité,
Et joint an piquant sel attique,
La douceur de l'urbanité.
Nous sommes délicats sans gene,
Et de notre étroite union
Nous recueillons les fruits sans peine
Constans par inclination.
Mais quoi! funeste à toutes choses,
Le temps même, loin de flétrit.
Semble avoir oublié tes roses,
Ou se plaire à les embellir.
Par quelques filtres efficaces
Entretiens-tu ma vive ardeur :
Non, tout ton art est dans tes graces,
Et tout le charme est dans ton coeur.
Qui, ma Chloé tout renouvelle
Les tendres feux de mon amour,
Et je te trouve encor plus belle,
Ce premier de l'an, que le jour
Qu'un Ministre en une chapelle,
Suivi de notre parentelle
Au bord du liquide Elément,
BI
27
2B MERCUREDEFRANCE.
Prononça pathétiquement
Une formule solemnelle,
Qui nous permit publiquement
D'avouer qu'une ardeur fidelle
Nous embrasoit également.
Les Tritons, les Nymphes de l'onde,
Jouoient ensemble sur les flots,
Comme le jour que vint au monde
La belle Reine de Paphos;
Et la cohorte qui désole
Les plus habiles Matelots,
Captive dans l'antre d'Eole,
Au gré d'une sage boussole,
Les laisse voguer en repos.
Mais le sublime ministère
Que la raison doit respecter,
Et que l'honneur sage & sévere
Eut intérêt d'acréditer.
S'il consacra nos pures flames
Et l'attachement de nos ames,
Il ne put y rien ajouter.
Ce jour, quelque beau qu'il put être,
N'est pour nous que le même jour,
Que feront à jamais renaître
La foi, les Talens & l'Amour.
Louer sa femme fut la mode
Au bon siécle des Amadis,
MARS.
1752.
Je suis cette antique méthode
Et j'aime comme au temps jadis.
„ Aimable, s'il en est en France,
„ Marquis l'exemple des Epoux,
„A qui le Ciel pour récompense
„Donne une Epouse comme vous.
„ Je vois que de mon mariage
„ Faisant ici mon entretien:
„J'ai peint votre charmant ménage,
„ Ne croyant peindre que le mien.
„ Puisse pour vous deux sans vitesse
„ Lachésis tourner ses fuseaux,
„ Sa Sœur à l'heureuse vieillesse
„ Laissant le soin de ses ciseaux.
„ Alors dans vos douceurs suprê mes
„ Du froid dégoût vos yeux vainqueurs
„ Vous trouveront toujours les mêmes,
„Vous rettouvant les mêmes cœeuts,
„ Et d'une course fortunée,
„ Libre de soucis superflus.
„ Pour l'un & l'autre chaque année
nNe sera qu'un nombre de plus.
De M. Desforges Maillard à sa femme,
le premier de l'an 1752.
Envoi à M. le Marquis du C**. Capitaine
dans le R. D. G. D.
Intime moitié de moi-même,
Toi qui naquis pour m'enflâmer,
Peut-on aimer plus que je t'aime?
Et pourrois- je te moins aimer?
Il semble à te voir entourée
Des Graces, des Jeux ingénus
Que la Sagesse s'est parée
De la ce inture de Venus.
Ta volonté qui suit la mienne,
Prévient mon goût & mes désirs;
Ma volonté qui suit la tienne,
Prévient & cherche tes plaisirs.
C'est le stile de la Nature,
Que ton entretien si charmant,
Dont chaque terme est la peinture
D'un agréable sentiment.
aiuas vO
MARS. 1752.
Mais quand aux rives du Permesse,
Nous allons moissonner des fleurs
C'est là que brille ton adresse,
Dans l'art d'assortir les couleurs.
C'est-là que ta juste critique
Respire la sagacité,
Et joint an piquant sel attique,
La douceur de l'urbanité.
Nous sommes délicats sans gene,
Et de notre étroite union
Nous recueillons les fruits sans peine
Constans par inclination.
Mais quoi! funeste à toutes choses,
Le temps même, loin de flétrit.
Semble avoir oublié tes roses,
Ou se plaire à les embellir.
Par quelques filtres efficaces
Entretiens-tu ma vive ardeur :
Non, tout ton art est dans tes graces,
Et tout le charme est dans ton coeur.
Qui, ma Chloé tout renouvelle
Les tendres feux de mon amour,
Et je te trouve encor plus belle,
Ce premier de l'an, que le jour
Qu'un Ministre en une chapelle,
Suivi de notre parentelle
Au bord du liquide Elément,
BI
27
2B MERCUREDEFRANCE.
Prononça pathétiquement
Une formule solemnelle,
Qui nous permit publiquement
D'avouer qu'une ardeur fidelle
Nous embrasoit également.
Les Tritons, les Nymphes de l'onde,
Jouoient ensemble sur les flots,
Comme le jour que vint au monde
La belle Reine de Paphos;
Et la cohorte qui désole
Les plus habiles Matelots,
Captive dans l'antre d'Eole,
Au gré d'une sage boussole,
Les laisse voguer en repos.
Mais le sublime ministère
Que la raison doit respecter,
Et que l'honneur sage & sévere
Eut intérêt d'acréditer.
S'il consacra nos pures flames
Et l'attachement de nos ames,
Il ne put y rien ajouter.
Ce jour, quelque beau qu'il put être,
N'est pour nous que le même jour,
Que feront à jamais renaître
La foi, les Talens & l'Amour.
Louer sa femme fut la mode
Au bon siécle des Amadis,
MARS.
1752.
Je suis cette antique méthode
Et j'aime comme au temps jadis.
„ Aimable, s'il en est en France,
„ Marquis l'exemple des Epoux,
„A qui le Ciel pour récompense
„Donne une Epouse comme vous.
„ Je vois que de mon mariage
„ Faisant ici mon entretien:
„J'ai peint votre charmant ménage,
„ Ne croyant peindre que le mien.
„ Puisse pour vous deux sans vitesse
„ Lachésis tourner ses fuseaux,
„ Sa Sœur à l'heureuse vieillesse
„ Laissant le soin de ses ciseaux.
„ Alors dans vos douceurs suprê mes
„ Du froid dégoût vos yeux vainqueurs
„ Vous trouveront toujours les mêmes,
„Vous rettouvant les mêmes cœeuts,
„ Et d'une course fortunée,
„ Libre de soucis superflus.
„ Pour l'un & l'autre chaque année
nNe sera qu'un nombre de plus.
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Résumé : EPITRE De M. Desforges Maillard à sa femme, le premier de l'an 1752. Envoi à M. le Marquis du C**. Capitaine dans le R. D. G. D.
Dans une lettre datée du 1er janvier 1752, M. Desforges Maillard exprime son amour profond et constant à sa femme. Il admire sa sagesse et sa beauté, soulignant leur complicité et leur harmonie. Il compare leur union à celle des divinités et des nymphes, rappelant leur mariage comme un moment de pure passion. Il loue sa femme pour ses talents et sa grâce, affirmant que son amour pour elle grandit avec le temps. Il souhaite longévité et bonheur à leur couple, espérant que chaque année renforce leur amour inaltérable.
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4683
p. 52-56
LA MORT DE LOUISE Reine de Dannemarc. ODE AU ROI, Par M. Angliviel de la Beaumelle.
Début :
Il est donc vrai ! de ses années [...]
Mots clefs :
Louise de Grande-Bretagne, Dieux, Vertus, Couronne, Coeur, Nature
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LA MORT DE LOUISE Reine de Dannemarc. ODE AU ROI, Par M. Angliviel de la Beaumelle.
LA MORT DE LOUISE
Reine de Dannemarc.
ODE AU ROI,
Par M. Angliviel de la Beaumelle.
Il est donc vrai ! de ses années
Les Dieux ont terminé le cours;
Jamais, barbares destinées
Respectâtes-vous de beaux jours!
Jusques à quand, Mort implacable
Ton glaive avide, insatiable
S'étendra-t. il sur les vertus:
Le Ciel irrité sur vos têtes,
Danois! assemble ses tempêtes
Pleurez: Louise helas n'est plus.
Vous n'êtes que de vains fantômes
Plaisirs, jeunesse, biens, honneursi
Serons-nous toujours, soibles hommes,
Séduits par vos charmes trompeurs!
Disparoissez, erreurs brillantes,
Sous mille formes différentes
Notre néant se reproduit.
Venex, voyez, Grands de la terre,
MARS.
1751.
Qu'êtes-vous? un peu de poussiere
Qu'un soussle organise & détruit.
D'un vil peuple la flatterie
Vous place au dessus des moitels,
Du Courtisan l'idolatrie
Ose vous dresser des Autels;
Que de l'immortelle Louise
Le funeste trépas instruise
Et terrasse ensin votre orgueil:
Vous serez malgré la Couronne,
Assis aujourd'hui sur le Trone,
Demain couchés dans le cercueil.
Tendre amout, sidele hymenée,
Jettez des sleurs sur son tombeau;
Elle aimoit, elle étoit aimée;
Vites-vous un destin plus beau?
Elle aimoit en toi l'homme aimable,
FRIDIRIC! ce coeur adorable
Au Heros préferoit l'Amant,
Hé! les couronnes les plus belles,
Toutes les grandeurs, que sont- elles
Au prix d'un tendre sentiment:
Vous ne verrez plus une mere,
Princes, vous presser dans ses bras,
d by Goo
Ciij
53
54 MERCUREDEFRANCE.
Suivre votre course légere,
Et sourire à votre embarras:
Croissez tendres fleurs, son ouvrag
De ses traits offrez-nous Pimage
Montrez à l'Univers surpris
Que fidéle à son origine
La grandeur d'une Héroino
Circule dans le sang des fils.
Heureux enfans de l'abondance
Beaux Arts! elle vous aimoit tous:
Elle réunit des l'enfance
Tous les talens & tous les goûts:
Sur elle, disoit la nature
Versons nos presens sans mesuro
Formons- là digne de Titus;
Soudain marcherent sur ses traces
De son sexe toutes les graces,
Du nôtre toutes les vertus.
Placez Louise sur un Trône
Avili par un de ces Rois
Qui ne peuvent de la Couronne
Soutenir le penible poids,
Automates, que la molesse
Tient dans une éternelle ivtesse
D'un Ministre esclave jaloux,
5009
MARS. 1552.
59
Louise eût sçù régir l'Empire,
**
Pourvoir à tout, à tout sussite,
*
Venger son sexe & son époux.
pet.
We
..
Cette main à qui l'harmonie.
Accordoit ses plus tendres sons,
1
..
Qui d'une riche broderie
Avec grace animoit le fonds,
Eût triomphé de nos Achilles,
. ...
Soutenu les Arts, pris des Villes;
.
Réuni Bellone & Thémis
Et Superieure aux obstacles
Renouvellé tous les miracles
D'Irene & de Semiramis.
:
Tu sçais, Monarque infatigable.
Tu sçais obscurcir ces taleus:
Louise ne patost quiaimable,
L'amour remplit tous ses momens;
Vois, admire avec quel courage
Ce coeur sublime se partage
Et par tendresse & par vertu
Comme une humble & simple bergeré
Entre le désir de te plaire
Et le plaisit de avoir plu.
C iiij
36 MERCURE DEFRANCE.
Mais quelle voix se fait entendte!
»Chet Epoux, seche ensin tes pleuis,
» C'est assez honorer ma cendte,
» Tu l'offenses par tes douleurs;
»Prince trop cheri, si tu m'aimes
» Je vis encore, les Dieux mêmes
» De mon bonheur seront jaloux
Tout est en deuil: pour ta tendresse
nQuel plaisir plus pur: ta tristesse
»Devient la tristesse de tous.
...
Que le pero de la lumiere
Se livre un instant au repos;
C'en est fait la nature entiere
Rentre dans son premier cahos:
Pour tes Provinces fortunées,
i
Tes instans valent des années;
Ceux que tu donne à tes ennuis,
Grand Roi, sont perdus pour l'Histoire,
Tu les voles tous à ta gloire,
..
Tu les voles à ton pais.
Reine de Dannemarc.
ODE AU ROI,
Par M. Angliviel de la Beaumelle.
Il est donc vrai ! de ses années
Les Dieux ont terminé le cours;
Jamais, barbares destinées
Respectâtes-vous de beaux jours!
Jusques à quand, Mort implacable
Ton glaive avide, insatiable
S'étendra-t. il sur les vertus:
Le Ciel irrité sur vos têtes,
Danois! assemble ses tempêtes
Pleurez: Louise helas n'est plus.
Vous n'êtes que de vains fantômes
Plaisirs, jeunesse, biens, honneursi
Serons-nous toujours, soibles hommes,
Séduits par vos charmes trompeurs!
Disparoissez, erreurs brillantes,
Sous mille formes différentes
Notre néant se reproduit.
Venex, voyez, Grands de la terre,
MARS.
1751.
Qu'êtes-vous? un peu de poussiere
Qu'un soussle organise & détruit.
D'un vil peuple la flatterie
Vous place au dessus des moitels,
Du Courtisan l'idolatrie
Ose vous dresser des Autels;
Que de l'immortelle Louise
Le funeste trépas instruise
Et terrasse ensin votre orgueil:
Vous serez malgré la Couronne,
Assis aujourd'hui sur le Trone,
Demain couchés dans le cercueil.
Tendre amout, sidele hymenée,
Jettez des sleurs sur son tombeau;
Elle aimoit, elle étoit aimée;
Vites-vous un destin plus beau?
Elle aimoit en toi l'homme aimable,
FRIDIRIC! ce coeur adorable
Au Heros préferoit l'Amant,
Hé! les couronnes les plus belles,
Toutes les grandeurs, que sont- elles
Au prix d'un tendre sentiment:
Vous ne verrez plus une mere,
Princes, vous presser dans ses bras,
d by Goo
Ciij
53
54 MERCUREDEFRANCE.
Suivre votre course légere,
Et sourire à votre embarras:
Croissez tendres fleurs, son ouvrag
De ses traits offrez-nous Pimage
Montrez à l'Univers surpris
Que fidéle à son origine
La grandeur d'une Héroino
Circule dans le sang des fils.
Heureux enfans de l'abondance
Beaux Arts! elle vous aimoit tous:
Elle réunit des l'enfance
Tous les talens & tous les goûts:
Sur elle, disoit la nature
Versons nos presens sans mesuro
Formons- là digne de Titus;
Soudain marcherent sur ses traces
De son sexe toutes les graces,
Du nôtre toutes les vertus.
Placez Louise sur un Trône
Avili par un de ces Rois
Qui ne peuvent de la Couronne
Soutenir le penible poids,
Automates, que la molesse
Tient dans une éternelle ivtesse
D'un Ministre esclave jaloux,
5009
MARS. 1552.
59
Louise eût sçù régir l'Empire,
**
Pourvoir à tout, à tout sussite,
*
Venger son sexe & son époux.
pet.
We
..
Cette main à qui l'harmonie.
Accordoit ses plus tendres sons,
1
..
Qui d'une riche broderie
Avec grace animoit le fonds,
Eût triomphé de nos Achilles,
. ...
Soutenu les Arts, pris des Villes;
.
Réuni Bellone & Thémis
Et Superieure aux obstacles
Renouvellé tous les miracles
D'Irene & de Semiramis.
:
Tu sçais, Monarque infatigable.
Tu sçais obscurcir ces taleus:
Louise ne patost quiaimable,
L'amour remplit tous ses momens;
Vois, admire avec quel courage
Ce coeur sublime se partage
Et par tendresse & par vertu
Comme une humble & simple bergeré
Entre le désir de te plaire
Et le plaisit de avoir plu.
C iiij
36 MERCURE DEFRANCE.
Mais quelle voix se fait entendte!
»Chet Epoux, seche ensin tes pleuis,
» C'est assez honorer ma cendte,
» Tu l'offenses par tes douleurs;
»Prince trop cheri, si tu m'aimes
» Je vis encore, les Dieux mêmes
» De mon bonheur seront jaloux
Tout est en deuil: pour ta tendresse
nQuel plaisir plus pur: ta tristesse
»Devient la tristesse de tous.
...
Que le pero de la lumiere
Se livre un instant au repos;
C'en est fait la nature entiere
Rentre dans son premier cahos:
Pour tes Provinces fortunées,
i
Tes instans valent des années;
Ceux que tu donne à tes ennuis,
Grand Roi, sont perdus pour l'Histoire,
Tu les voles tous à ta gloire,
..
Tu les voles à ton pais.
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Résumé : LA MORT DE LOUISE Reine de Dannemarc. ODE AU ROI, Par M. Angliviel de la Beaumelle.
Le texte est une ode dédiée à Louise, reine de Danemark, récemment décédée. L'auteur exprime sa tristesse face à cette perte et critique l'injustice de la mort qui frappe les personnes vertueuses. Il met en garde les grands de la terre contre leur orgueil et leur vanité, rappelant que même les rois doivent mourir. Louise est décrite comme une femme aimante et aimée, privilégiant l'amour à la grandeur. Elle était une mère attentionnée et une protectrice des arts. Ses qualités de gouvernante suggèrent qu'elle aurait pu régner avec sagesse et justice. L'auteur s'adresse ensuite au roi Frédéric, lui demandant de sécher ses larmes et de continuer à gouverner pour le bien du royaume, car ses moments de tristesse sont perdus pour l'histoire et pour son pays.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4684
p. 64-65
IMITATION DE L'ITALIEN.
Début :
Dans cet age heureux, innocent, [...]
Mots clefs :
Cloris, Coeur, Tendre, Baiser
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texteReconnaissance textuelle : IMITATION DE L'ITALIEN.
IMITATION DE L'ITALIEN.
Dans cet age heureux, innocent,
Où le plaisir est sans nuage,
Je folâtrois au paturage
Avec un chevreau bondissant:
Je vis Cloris. .. qu'elle étoit belle !
De son port mon coeur enchanté,
Crut voir dans la jeune mortelle,
Les traits de la Divinité.
Aimable Cloris, je t'adore,
(A ses genoux, lui dis-je un jour, )
Mon coeur te dit ce que j'ignore,
Je n'ai jamais connu l'amour.
Vas, reprit Cloris, d'un air tendre,
En me dounant un doux baiser,
Bel enfant, crains de t'expoler
Aux pieges que ce Dieu peut tendre.
Cependant, Lycas à Cloris
Scut bientôt inspirer sa flamme,
Et je porte encor dans mon arue
Le rrait cruel que je cheris!
MARS. 1752.
65
Ingrate! ... j'ai grandi .... je t'aime,
Et tu te ris de mes amours,
Vois mon malheur, il est extrême,
Ton baiser m'enslamme tonjours.
Par M. Feutry.
Dans cet age heureux, innocent,
Où le plaisir est sans nuage,
Je folâtrois au paturage
Avec un chevreau bondissant:
Je vis Cloris. .. qu'elle étoit belle !
De son port mon coeur enchanté,
Crut voir dans la jeune mortelle,
Les traits de la Divinité.
Aimable Cloris, je t'adore,
(A ses genoux, lui dis-je un jour, )
Mon coeur te dit ce que j'ignore,
Je n'ai jamais connu l'amour.
Vas, reprit Cloris, d'un air tendre,
En me dounant un doux baiser,
Bel enfant, crains de t'expoler
Aux pieges que ce Dieu peut tendre.
Cependant, Lycas à Cloris
Scut bientôt inspirer sa flamme,
Et je porte encor dans mon arue
Le rrait cruel que je cheris!
MARS. 1752.
65
Ingrate! ... j'ai grandi .... je t'aime,
Et tu te ris de mes amours,
Vois mon malheur, il est extrême,
Ton baiser m'enslamme tonjours.
Par M. Feutry.
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Résumé : IMITATION DE L'ITALIEN.
Dans 'Imitation de l'italien', le narrateur admire la beauté de Cloris et lui avoue son amour. Cloris le met en garde contre les dangers de l'amour. Plus tard, Lycas conquiert Cloris, laissant le narrateur marqué par la douleur. En mars 1752, le narrateur exprime son désespoir face à l'indifférence de Cloris. Le poème est signé M. Feutry.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4685
p. 73-83
EPITRE De M. Angliviel de la Beaumelle, à M. le Colonel Comte de Schmettow.
Début :
Il n'est rien tel que la bouteille [...]
Mots clefs :
Comte, Âme, Aimable, Esprit, Plaisirs, Gloire, Goût, Enjouement, Champagne, Volupté
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texteReconnaissance textuelle : EPITRE De M. Angliviel de la Beaumelle, à M. le Colonel Comte de Schmettow.
EPITRE
De M. Angliviel de la Beaumelle, à
M. le Colonel Comte de Schmettow.
Il n'est rien tel que la bouteille
Pour inspirer des vers charmans;
Un Poëte gris fait merveille;
Que les vers sont viss & coulans,
Quand le Dieu badin de la treille
Est l'Apollon de nos accens !
Le Champagne échauffe & réveille
Mon expirante gayeté;
De sang froid, mon ame sommeille
Gris, j'ai de la vivacité.
Avec quel plaisir je me livre
Aux charmes de la volupté :
Boire du Champagne, c'est vivre:
Bacchus, à tes loix révolté,
Je n'ai pas encor sçu te suivre;
J'abjure ma sobrieté,
Et je préfere, en vérité
Au plaisir de faire un beau livre
La séve d'un nectar vanté:
Dieux! que ne suis- je toujours yvre!
74 MERCURE DEFRANCE.
Eleve du grand Lowendabl.
Eleve de l'aimable Horace,
COMTE, qui sçais d'un pas égal
Suivre l'un & l'autre à la trace;
Aujourd'hui, tu n'es que rival
Du Poete & du Maréchal;
Un jour au sommet du Parnasse,
A côté de La Fare, occupant une place,
Nous te verrons. assis en grave Général.
Pour en venir là, le mérite
En ce siécle, ne suffit pas,
Et voilà ce qui me dépite
C'est l'âge qui régle nos pas.
Tout prêt à descendre au Cocyte
Commencerions.nous d'être heureux ?
L'âge, de la gloire est l'arbitre;
Quand l'âge a blanchi nos cheveux;
Quand, risibles à plus d'un titre
Nous somnues tristes & gouteux:
La gloire lente ment couronne
De nos jeunes aus les succès
Dans la saison, où ses attraits
Ne flattent le goût de personne.
De ses inutiles lauriers
Permets que sa main environne
Le front ridé de ces guerriers,
. . * * *
MARS.
1752.
75
Grands cœurs, esprits faux, que Bellone
Occupa vingt lustres entiers.
Pour toi dont l'ame ambitionne
Deux gentes de gloire à la fois
Toi, qui joins au coeur militaire
L'esprit, le sçavoir, l'art de plaire,
Toi, qui suis tour à tout les loix
Des folâtres plaisirs & du bon sens austère
Sans que la Sagesse severe
Empiete jamais sur les droits
De cette volupté légere,
Fruit de ton goût, fruit de ton choix,
En attendant que la vieillesse
Trop tôt propice à tes desirs,
En t'anéantissant soutienne ta foiblesse
En égalant ton nom aux plus beaux, noms de
Gréce,
Use des précieux loisirs
De la fugitive jeunesse;
Nos jours coulent avec vitesse;
Qu'ils soient du moins filés par les mains des
plaisirs!
On a toujours assez de gloire,
Toujours trop peu d'amusemens;
On arrive assez tôt au Temple de Mémoire,
Et la saison des agrèmens
Cet âge, où l'on se plait à folâtrer, à boire,
N'est qu'un tissu de courts momens,
Dij
76 MERCURE DEFRANCE.
Qui; dusses-tu ne pas m'en croire;
De ces vins mousseux, petillans.
Qui chassent de l'esprit toute humeur sombre &
noire
J'en préfere deux doigts au gain d'une victoire.
Que servent les succès brillans?
S'ils fixoient la course du tems
S'ils faisoient exister ailleurs que dans l'histoire,
J'adorerois les conquérans.
Mais est- ce un plaisir que l'encens?
Le titre de foudre de guerre
Fait- il de ces Héros qui font trembler la terre
Des Etres heureux & contens !
L'espoir de l'obtenir en trente ou quarante ans
Peut en imposer au vulgaire
Mais l'etreur n'indemnise guére
Ces valeureux extravagans,
Qui, trop épris d'une chimère,
Vont lui sacrifier le rapide printems
D'une existence passagére.
Est-on grand? on est respecté,
Couru, courtisé, je l'avoue;
Mais que m'importe qu'on me love)
Que m'importe d'être flatté
Par gens qui, dans l'adversité,
Me feroient peut-être la moue ?
Je dirois volontiers à ces ames de boue;
„ Flattez ma sensualité
Digires boLOO
MARS.
1752.
»Et laissez-là ma vanité;
»Messieurs, qui m'encense me joue.
» Tel, qui d'un éloge appiêté
„ Veut que mon cœur soit enchanté,
»Rira, quand, du haut de sa roue
»La Fortune, à mon tour, m'aura précipité.
Et puis, quel triste personnage
Soutient-on, quand du haut étage
D'une héroique gravité,
e On est presque nécessité
A proscrire le badinage
Le goût, l'esprit, l'aménité,
Les graces & la liberté;
A s'honorer de l'esclavage
D'une insipide urbanité;
A rire avec austérité;
A faire un grotesque étalage
D'un cordon bien cher acheté
Et souvent très-peu mérité:
A se donner l'air, le langage,
Le ton d'une Sérénité;
A se sillonner le visage
Au moindre trait de gayeté,
A former un épais nuage
Entre soi & la volupté?
Le respectable, en vérité,
Joue un ennuyeux personnage.
Diij
77.
78 MERCURE DEFRANCE.
Qu'il est dur de se refuser,
COMTE, aux vrais plaisirs de la vie!
Entre les bras de la folie
Ah: qu'il est doux de reposer !
A la sombre misantropie
La sombre raison nous conduit,
Et, dès que son flambeau nous luit,
Imene à la mélancolie.
C'est dans les écarts de l'esptit,
Que la félicité refide,
Boit-on ? La fortune nous rit,
Et Caton même se déride;
Un repas où Bacclius préside
De tous nos chagrius nous guérit.
Choisit-on le bon seus pour guide:
En nous, que d'erreurs il nourrit!
Soucis, projets, vapeurs, dépit
Assiégent notre ame timide,
Et la tourmentent jour & nuit.
La raison du bonheur avide.
Envain le cherche & le pourfuit,
Elle croit le tenir; il fuis
Et vole sur l'aile rapide
Du moment qui s'évanouit.
L'Epicurien seul est Sage,
L'Epicurien seul jouit
Du tems, dont il sçait faire usage
MARS. 1752.
Seul il sçait recueillir le fruit:
.. . . .
De son aimable compagnie
L'ennui volontiers se bannit;
Couvert des alles de la nuit,
Le Dieu de la plaisanterie,
Momus, sans fracas & sans bruit,
De son sel, de sa raillerie,
Y cherche & trouve le débit.
Alors, suivant que l'ambroisie
Dans les veines circule, agit,
Ou l'on chante, ou l'on s'assoupit;
O Dieux! la douce létargie!
On est tout glace, ou tout génie,
Tout sentiment, ou tout esprit.
Au naturel on s'abandonne,
Tout plait, tout rit, tout est sans fard,
Chaque propos est un écarr
Et l'enjoument est sur le trône;
Ces riens, dont soi-même on s'étonne,
Ces riens, l'ouvrage du hazard,
Sont créés sans suite & sans art:
On s'amuse, on jase, on raisonne,
Suivant que d'Ai le nectar
Dans le sang plus ou moins bouillonne.
A Copenhague peu connus,
Innocens plaifirs de la table
D iij
9
80 MERCUREDE FRANCE.
Vous formez des cœurs ingénus,
Vous rendez l'homme sociable,
La férocité de ses mours
Par vos leçons est adoucie:
Plaisirs délicats, sur la vie
Vous répandez mille douceurs.
Que j'aime à marcher sur les fleurs,
Dont votre route est embellie !
Et que je hais la frénésie
De ces esprits chagrins réveurs,
Qui pensent, qu'une ame amollie
A suivre vos drapeaux vainqueurs
Ne vaut pas celle, où la folie
Fait naître de tristes erreurs,
Noirs enfans des pâles vapeurs!
Instruit à votre école aimable;
Le paresseux devient actif;
Vous déridez l'homme pensif,
Vous chassez l'ennui qui l'accable:
Par vous le quinteux est affable,
Et le laborieux, oisif:
A votre ton persuasif,
Plaisirs, quand on est attentif,
Ah! qu'il est aisé d'être aimable!
C'est vous qui formates Chapelle,
Ce délicat voluptueux,
Qui tonjours à vos loix sidelo,
MARS. 1752.
Vécut content, mourut heureux.
A Deshouliere, à Fontenelle
Aux La Fontaines, aux Rousseaux
Vous avez de mille bons mots
Dicté l'amusante Kirielle.
C'est vous, qui sur le ton naif
De Chaulieu montâtes la lyre;
Par vous, il eut, jusqu'au délire,
Le teint frais, l'air galant, l'oil vif;
Quand du nocher rebarbatif
Ce bon vieillard passa l'esquif,
C'est par vous qu'il se prit à rire.
Vous rallumez les feux divers
D'un esprit qui s'éteint, qui s'use;
Que Voltaire vous doit de vers !
Qu'à table, oubliant l'univers,
Il étoit facile à la Suse
De préluder de jolis airs!
C'est vous qui créâtes la Muse
Du pere du charmant Ververs.
C'est vous.... Quoi! ma verve est glacee
Mon feu se seroit- il éteint ?....
Avec les vapeurs du bon vin
Hélas! ma chaleur est passée.
Ma tête est libre. Après demain
Le Champagne à ma veine usée
Donnera cet air enfantin,
DV
30
81
84
MERCURE DEFRANCE,
Ce brillant, cette grace aifée,
Ce ton quelquefois libertin.
Tiranit un peu sur l'Aretin.
..
. . .
* * * * * * * * * * * *
* * * * * * * * * * * * *
* * * * * * * * * * *
Encore un mot, & j'ai fini:
Aimable COMTE, chez Le Maite
Nous nous reverrons vendredi.
Donne aux grands maitres de la guerre,
A Puységur, Folard, Quincy,
Congé jusques à samedi.
Viens animer la bonne cheré;
Les bagatelles & les riens
(Soit dit en passant sans déplaire
A ton Volfianisme austère)
Sont l'ame des bons entretiens.
Ces diners de cérémonie
Magnisiques, mais dégosstans,
Où pompeusement on s'ennuie,
Où les cordons réglent les rangs.
Où l'Excellence, à chaque instant,
Vient frapper l'oreille étourdie,
COMTE, te plaitoient- ils autant,
Que ceux où Le Maire associe
A l'élégance l'enjoument?
- *
MARS. 1752.
Cet enjoument auquel s'allie
La réflexion, le bon sens,
Le goût, & de rares talens
Essentiels à la Patrie.
Cet enjoument, qui de sa vie
Transforme les jours en momens.
Venez, Monsieur le Militaire,
N . . . . . .
* * .
L. . . * * * * * * *
C.. . ........
F. . . . . . . . . . .
D.... . . . . . . .
Venez, vous verrez en Le Maire
Et l'honnête homme & l'homme heureus,
Que puis je vous offrir: rien qui puisse vous plaire:
Mais à coup sur en moi vous verrez sans mistere
Le serviteur de tous les deux.
A Copenhague mois de Janvier.
De M. Angliviel de la Beaumelle, à
M. le Colonel Comte de Schmettow.
Il n'est rien tel que la bouteille
Pour inspirer des vers charmans;
Un Poëte gris fait merveille;
Que les vers sont viss & coulans,
Quand le Dieu badin de la treille
Est l'Apollon de nos accens !
Le Champagne échauffe & réveille
Mon expirante gayeté;
De sang froid, mon ame sommeille
Gris, j'ai de la vivacité.
Avec quel plaisir je me livre
Aux charmes de la volupté :
Boire du Champagne, c'est vivre:
Bacchus, à tes loix révolté,
Je n'ai pas encor sçu te suivre;
J'abjure ma sobrieté,
Et je préfere, en vérité
Au plaisir de faire un beau livre
La séve d'un nectar vanté:
Dieux! que ne suis- je toujours yvre!
74 MERCURE DEFRANCE.
Eleve du grand Lowendabl.
Eleve de l'aimable Horace,
COMTE, qui sçais d'un pas égal
Suivre l'un & l'autre à la trace;
Aujourd'hui, tu n'es que rival
Du Poete & du Maréchal;
Un jour au sommet du Parnasse,
A côté de La Fare, occupant une place,
Nous te verrons. assis en grave Général.
Pour en venir là, le mérite
En ce siécle, ne suffit pas,
Et voilà ce qui me dépite
C'est l'âge qui régle nos pas.
Tout prêt à descendre au Cocyte
Commencerions.nous d'être heureux ?
L'âge, de la gloire est l'arbitre;
Quand l'âge a blanchi nos cheveux;
Quand, risibles à plus d'un titre
Nous somnues tristes & gouteux:
La gloire lente ment couronne
De nos jeunes aus les succès
Dans la saison, où ses attraits
Ne flattent le goût de personne.
De ses inutiles lauriers
Permets que sa main environne
Le front ridé de ces guerriers,
. . * * *
MARS.
1752.
75
Grands cœurs, esprits faux, que Bellone
Occupa vingt lustres entiers.
Pour toi dont l'ame ambitionne
Deux gentes de gloire à la fois
Toi, qui joins au coeur militaire
L'esprit, le sçavoir, l'art de plaire,
Toi, qui suis tour à tout les loix
Des folâtres plaisirs & du bon sens austère
Sans que la Sagesse severe
Empiete jamais sur les droits
De cette volupté légere,
Fruit de ton goût, fruit de ton choix,
En attendant que la vieillesse
Trop tôt propice à tes desirs,
En t'anéantissant soutienne ta foiblesse
En égalant ton nom aux plus beaux, noms de
Gréce,
Use des précieux loisirs
De la fugitive jeunesse;
Nos jours coulent avec vitesse;
Qu'ils soient du moins filés par les mains des
plaisirs!
On a toujours assez de gloire,
Toujours trop peu d'amusemens;
On arrive assez tôt au Temple de Mémoire,
Et la saison des agrèmens
Cet âge, où l'on se plait à folâtrer, à boire,
N'est qu'un tissu de courts momens,
Dij
76 MERCURE DEFRANCE.
Qui; dusses-tu ne pas m'en croire;
De ces vins mousseux, petillans.
Qui chassent de l'esprit toute humeur sombre &
noire
J'en préfere deux doigts au gain d'une victoire.
Que servent les succès brillans?
S'ils fixoient la course du tems
S'ils faisoient exister ailleurs que dans l'histoire,
J'adorerois les conquérans.
Mais est- ce un plaisir que l'encens?
Le titre de foudre de guerre
Fait- il de ces Héros qui font trembler la terre
Des Etres heureux & contens !
L'espoir de l'obtenir en trente ou quarante ans
Peut en imposer au vulgaire
Mais l'etreur n'indemnise guére
Ces valeureux extravagans,
Qui, trop épris d'une chimère,
Vont lui sacrifier le rapide printems
D'une existence passagére.
Est-on grand? on est respecté,
Couru, courtisé, je l'avoue;
Mais que m'importe qu'on me love)
Que m'importe d'être flatté
Par gens qui, dans l'adversité,
Me feroient peut-être la moue ?
Je dirois volontiers à ces ames de boue;
„ Flattez ma sensualité
Digires boLOO
MARS.
1752.
»Et laissez-là ma vanité;
»Messieurs, qui m'encense me joue.
» Tel, qui d'un éloge appiêté
„ Veut que mon cœur soit enchanté,
»Rira, quand, du haut de sa roue
»La Fortune, à mon tour, m'aura précipité.
Et puis, quel triste personnage
Soutient-on, quand du haut étage
D'une héroique gravité,
e On est presque nécessité
A proscrire le badinage
Le goût, l'esprit, l'aménité,
Les graces & la liberté;
A s'honorer de l'esclavage
D'une insipide urbanité;
A rire avec austérité;
A faire un grotesque étalage
D'un cordon bien cher acheté
Et souvent très-peu mérité:
A se donner l'air, le langage,
Le ton d'une Sérénité;
A se sillonner le visage
Au moindre trait de gayeté,
A former un épais nuage
Entre soi & la volupté?
Le respectable, en vérité,
Joue un ennuyeux personnage.
Diij
77.
78 MERCURE DEFRANCE.
Qu'il est dur de se refuser,
COMTE, aux vrais plaisirs de la vie!
Entre les bras de la folie
Ah: qu'il est doux de reposer !
A la sombre misantropie
La sombre raison nous conduit,
Et, dès que son flambeau nous luit,
Imene à la mélancolie.
C'est dans les écarts de l'esptit,
Que la félicité refide,
Boit-on ? La fortune nous rit,
Et Caton même se déride;
Un repas où Bacclius préside
De tous nos chagrius nous guérit.
Choisit-on le bon seus pour guide:
En nous, que d'erreurs il nourrit!
Soucis, projets, vapeurs, dépit
Assiégent notre ame timide,
Et la tourmentent jour & nuit.
La raison du bonheur avide.
Envain le cherche & le pourfuit,
Elle croit le tenir; il fuis
Et vole sur l'aile rapide
Du moment qui s'évanouit.
L'Epicurien seul est Sage,
L'Epicurien seul jouit
Du tems, dont il sçait faire usage
MARS. 1752.
Seul il sçait recueillir le fruit:
.. . . .
De son aimable compagnie
L'ennui volontiers se bannit;
Couvert des alles de la nuit,
Le Dieu de la plaisanterie,
Momus, sans fracas & sans bruit,
De son sel, de sa raillerie,
Y cherche & trouve le débit.
Alors, suivant que l'ambroisie
Dans les veines circule, agit,
Ou l'on chante, ou l'on s'assoupit;
O Dieux! la douce létargie!
On est tout glace, ou tout génie,
Tout sentiment, ou tout esprit.
Au naturel on s'abandonne,
Tout plait, tout rit, tout est sans fard,
Chaque propos est un écarr
Et l'enjoument est sur le trône;
Ces riens, dont soi-même on s'étonne,
Ces riens, l'ouvrage du hazard,
Sont créés sans suite & sans art:
On s'amuse, on jase, on raisonne,
Suivant que d'Ai le nectar
Dans le sang plus ou moins bouillonne.
A Copenhague peu connus,
Innocens plaifirs de la table
D iij
9
80 MERCUREDE FRANCE.
Vous formez des cœurs ingénus,
Vous rendez l'homme sociable,
La férocité de ses mours
Par vos leçons est adoucie:
Plaisirs délicats, sur la vie
Vous répandez mille douceurs.
Que j'aime à marcher sur les fleurs,
Dont votre route est embellie !
Et que je hais la frénésie
De ces esprits chagrins réveurs,
Qui pensent, qu'une ame amollie
A suivre vos drapeaux vainqueurs
Ne vaut pas celle, où la folie
Fait naître de tristes erreurs,
Noirs enfans des pâles vapeurs!
Instruit à votre école aimable;
Le paresseux devient actif;
Vous déridez l'homme pensif,
Vous chassez l'ennui qui l'accable:
Par vous le quinteux est affable,
Et le laborieux, oisif:
A votre ton persuasif,
Plaisirs, quand on est attentif,
Ah! qu'il est aisé d'être aimable!
C'est vous qui formates Chapelle,
Ce délicat voluptueux,
Qui tonjours à vos loix sidelo,
MARS. 1752.
Vécut content, mourut heureux.
A Deshouliere, à Fontenelle
Aux La Fontaines, aux Rousseaux
Vous avez de mille bons mots
Dicté l'amusante Kirielle.
C'est vous, qui sur le ton naif
De Chaulieu montâtes la lyre;
Par vous, il eut, jusqu'au délire,
Le teint frais, l'air galant, l'oil vif;
Quand du nocher rebarbatif
Ce bon vieillard passa l'esquif,
C'est par vous qu'il se prit à rire.
Vous rallumez les feux divers
D'un esprit qui s'éteint, qui s'use;
Que Voltaire vous doit de vers !
Qu'à table, oubliant l'univers,
Il étoit facile à la Suse
De préluder de jolis airs!
C'est vous qui créâtes la Muse
Du pere du charmant Ververs.
C'est vous.... Quoi! ma verve est glacee
Mon feu se seroit- il éteint ?....
Avec les vapeurs du bon vin
Hélas! ma chaleur est passée.
Ma tête est libre. Après demain
Le Champagne à ma veine usée
Donnera cet air enfantin,
DV
30
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MERCURE DEFRANCE,
Ce brillant, cette grace aifée,
Ce ton quelquefois libertin.
Tiranit un peu sur l'Aretin.
..
. . .
* * * * * * * * * * * *
* * * * * * * * * * * * *
* * * * * * * * * * *
Encore un mot, & j'ai fini:
Aimable COMTE, chez Le Maite
Nous nous reverrons vendredi.
Donne aux grands maitres de la guerre,
A Puységur, Folard, Quincy,
Congé jusques à samedi.
Viens animer la bonne cheré;
Les bagatelles & les riens
(Soit dit en passant sans déplaire
A ton Volfianisme austère)
Sont l'ame des bons entretiens.
Ces diners de cérémonie
Magnisiques, mais dégosstans,
Où pompeusement on s'ennuie,
Où les cordons réglent les rangs.
Où l'Excellence, à chaque instant,
Vient frapper l'oreille étourdie,
COMTE, te plaitoient- ils autant,
Que ceux où Le Maire associe
A l'élégance l'enjoument?
- *
MARS. 1752.
Cet enjoument auquel s'allie
La réflexion, le bon sens,
Le goût, & de rares talens
Essentiels à la Patrie.
Cet enjoument, qui de sa vie
Transforme les jours en momens.
Venez, Monsieur le Militaire,
N . . . . . .
* * .
L. . . * * * * * * *
C.. . ........
F. . . . . . . . . . .
D.... . . . . . . .
Venez, vous verrez en Le Maire
Et l'honnête homme & l'homme heureus,
Que puis je vous offrir: rien qui puisse vous plaire:
Mais à coup sur en moi vous verrez sans mistere
Le serviteur de tous les deux.
A Copenhague mois de Janvier.
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Résumé : EPITRE De M. Angliviel de la Beaumelle, à M. le Colonel Comte de Schmettow.
Dans son épître adressée au Colonel Comte de Schmettow, M. Angliviel de la Beaumelle exalte les vertus du vin, notamment du champagne, qui stimule la poésie et la joie. L'auteur exprime le désir de vivre dans un état d'ivresse perpétuelle, privilégiant les plaisirs immédiats à la quête de la gloire future. Il critique l'âge comme critère de reconnaissance, soulignant que la renommée arrive souvent trop tard. Le texte met en avant la brièveté de la jeunesse et l'importance de savourer les plaisirs présents. L'auteur prône une vie épicurienne, valorisant les plaisirs et la volupté, tout en rejetant les honneurs militaires et les flatteries, préférant la sincérité et la liberté. La raison est vue comme une source de mélancolie, tandis que les excès et les moments de débauche apportent bonheur. Le texte se conclut par une défense de l'épicurisme, savourant chaque instant. Les plaisirs simples et l'enjouement rendent les gens sociables et adoucissent les mœurs. Bien que fugaces, ces plaisirs enrichissent la vie. L'auteur cite des figures littéraires telles que Chapelle, Deshoulières, Fontenelle, La Fontaine, Rousseau et Voltaire, inspirées par ces plaisirs. Regrettant la perte de son enthousiasme, il espère le retrouver grâce au champagne et invite le Comte à une réunion conviviale, préférant les dîners joyeux aux cérémonies pompeuses. L'enjouement, combiné à la réflexion, au bon sens et au goût, est essentiel pour la patrie. L'auteur se présente comme le serviteur de ses invités, offrant une hospitalité sincère.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4686
p. 110
ENIGME.
Début :
Comme un Guerrier je suis armée, [...]
Mots clefs :
Puce
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texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
EN IG. ME..
Comme un Guerrier je fuis armée ;
Et d'une ardeur cruelle en tour tems animée :
Pour affouvir ma faim je cours avidement
Après le fang & le carnage ,
Et m'élançant rapidement
Sans ceffe je perce & ravage.
Je puis feule exercer & fatiguer les Rois;
Ma figure eft petite & je n'ai point de voix :
On me connoît bientôt faus me voir ni m❜eną
tendre ;
Le corps le mieux nourri , le plus frais , le plus
tendré
Souvent détermine mon choix.
Lorfque mon ennemi m'a féduite à la fuite ,
Par cent mille détours , j'évite la pourſuite :
S'il me prend il me traite en vainqueur offenfé
Mais je ne meurs du moins qu'aprés l'avoir bleffé.
Comme un Guerrier je fuis armée ;
Et d'une ardeur cruelle en tour tems animée :
Pour affouvir ma faim je cours avidement
Après le fang & le carnage ,
Et m'élançant rapidement
Sans ceffe je perce & ravage.
Je puis feule exercer & fatiguer les Rois;
Ma figure eft petite & je n'ai point de voix :
On me connoît bientôt faus me voir ni m❜eną
tendre ;
Le corps le mieux nourri , le plus frais , le plus
tendré
Souvent détermine mon choix.
Lorfque mon ennemi m'a féduite à la fuite ,
Par cent mille détours , j'évite la pourſuite :
S'il me prend il me traite en vainqueur offenfé
Mais je ne meurs du moins qu'aprés l'avoir bleffé.
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4687
p. 111-112
LOGOGRIPHE.
Début :
De mes pieds, cher Lecteur, le nombre est inégal, [...]
Mots clefs :
Chevalier
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texteReconnaissance textuelle : LOGOGRIPHE.
LOGO GRIP HE
E mes pieds , cher Lecteur , le nombre ef
inégal ?
Le nom de certain animal
Fait les deux tiers du mien . Si tu brouilles les
cattes
*
Tu trouveras premierement ,
Le nom d'un fluide élement ;
Sur lequel le fçavant Descartes ,
Sans nommer mainte autre Ecrivain ,
A difputé long- tems en vain.
Un menton portant barbe , &, pourtant féminin ,
Un inftrument de pénitence.
Un mets de trois couleurs qu'on ne fait point c
bouillir.
Un théâtre de l'éloquence ;
Ce qui n'eft proprement ni veiller ni dormir ;;
Un nom très défité , quoique peu , defitable ,
Un énorme animal , dont le front menaçant r
Porte une armure formidable ;
Et cependant moins redoutable .
Qu'il n'eft utile & bienfaifant.
Le nom d'un homme tout celeste ,
Et que s'ils l'avoient vu les Payens auroient :
pris.
L12 MERCURE DE FRANCE.
Four ce Dieu rayonnant , dont le malheureux
Fils
Effraya l'anivers par fa chûte funefte.
Un fynonime de fureur ,
Une herbe falutaire ,
Une autre affez forte en odeur
Une femme fans mere ;
Un meuble aux Ecoliers fouvent fort odieux;
Un mot bien rimant avec grive :
Et qui , dès qu'on le nomme , offre d'abord aux
yeux ,
Des anchres , des batteaux , des mâts & des cor
dages.
Deux notes de mufique , un terme de Blafon ;
Un amas d'eau par tout entouré de rivages :
Ce que l'homme à l'argent préfere avec raiſon ;
Mais dont jamais l'honneur fans crime ,,
Ne peut devenir la victime :
L'excrément d'un tonneau :
Les rames d'un oyſeau :
Un des ouvrages de l'Abeille ,
Ce qui fur le vifage eft de couleur vermeille .
L'ennemi de l'efprit , le féjour des heureux.
Mais j'en dis trop . Adieu, Devine fi tu peux.
Par M. de Meaux de Boifoudrama.
E mes pieds , cher Lecteur , le nombre ef
inégal ?
Le nom de certain animal
Fait les deux tiers du mien . Si tu brouilles les
cattes
*
Tu trouveras premierement ,
Le nom d'un fluide élement ;
Sur lequel le fçavant Descartes ,
Sans nommer mainte autre Ecrivain ,
A difputé long- tems en vain.
Un menton portant barbe , &, pourtant féminin ,
Un inftrument de pénitence.
Un mets de trois couleurs qu'on ne fait point c
bouillir.
Un théâtre de l'éloquence ;
Ce qui n'eft proprement ni veiller ni dormir ;;
Un nom très défité , quoique peu , defitable ,
Un énorme animal , dont le front menaçant r
Porte une armure formidable ;
Et cependant moins redoutable .
Qu'il n'eft utile & bienfaifant.
Le nom d'un homme tout celeste ,
Et que s'ils l'avoient vu les Payens auroient :
pris.
L12 MERCURE DE FRANCE.
Four ce Dieu rayonnant , dont le malheureux
Fils
Effraya l'anivers par fa chûte funefte.
Un fynonime de fureur ,
Une herbe falutaire ,
Une autre affez forte en odeur
Une femme fans mere ;
Un meuble aux Ecoliers fouvent fort odieux;
Un mot bien rimant avec grive :
Et qui , dès qu'on le nomme , offre d'abord aux
yeux ,
Des anchres , des batteaux , des mâts & des cor
dages.
Deux notes de mufique , un terme de Blafon ;
Un amas d'eau par tout entouré de rivages :
Ce que l'homme à l'argent préfere avec raiſon ;
Mais dont jamais l'honneur fans crime ,,
Ne peut devenir la victime :
L'excrément d'un tonneau :
Les rames d'un oyſeau :
Un des ouvrages de l'Abeille ,
Ce qui fur le vifage eft de couleur vermeille .
L'ennemi de l'efprit , le féjour des heureux.
Mais j'en dis trop . Adieu, Devine fi tu peux.
Par M. de Meaux de Boifoudrama.
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4688
p. 113-114
AUTRE.
Début :
Fille des jeux, des ris, charme de la jeunesse, [...]
Mots clefs :
Escarpolette
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texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
A ÜTRE .
Ille des jeux , des ris , charme de la jeuneffe
On me conftruit fans frais , & fans beaucoup d'adreffe
,
Je fuis le plus fouvent dans de charmans vergers ;
Où mainte Bergerette avec jeunes Bergers ,
Sans crainte , fans défirs , guidés par l'innocence
Viennent goûter en paix les plaifirs de l'enfance.
En me voyant aller , le bon vieillard fourit ,
La tendre mere tremble , & bientôt me détruit
Elle à grande raifon , & prend un parti fage
Le philofophe en moi , reconnoît une image
De l'aveugle Déeffe , à qui tous les morteis
Plus aveugles encore élevent des Autels ,
Si je viens à caffer , je caufe des allarmes ,
Quelque fois des malhears , & fais verfer des
larmes.
"
2
On peut parer ce coup par quelqu'attention :
Mafquons un peu mes traits. Ma compofition
Six confonnes raffemble aveque fix voyelles
Suivons notre Protée , & fes formes nouvelles ,.
Dette , qu'un homme prudent a grand foin de
payer ;
Meuble très- néceffaire en byver au foyer ,
Deux bons poiffons d'eau douce un fleuve d'I
salie ,,
F14 MERCURE DEFRANCE.
Où Mazale le Comte acquit gloire infinie ;,
Fléau dont la peinture excite latterreur ;
Ce qu'un Abbé vondroit voir changer de couleur,
Piéce utile , importante à qui fait fon ménage ,
Ce qui fur la toilette eft d'un fréquent ufage
Grains qui dans un ragoût éguifent l'appétit ,
Un fort gras animal , d'un excellent débit ,
Ce qui fait des heureux trente fix fois l'année ,
Et dans quoi l'on vous fert foupe bien mitonnée ; ,
Ce que fille éloignée attend de fon Amant ,
"
Argent que fans regret on paye fort fouvent.
C'eft affez , cher. Lecteur cher. Lecteur , vous peindre une
amufette:
Comme le cache- cache , ou bien la climufette..
Ille des jeux , des ris , charme de la jeuneffe
On me conftruit fans frais , & fans beaucoup d'adreffe
,
Je fuis le plus fouvent dans de charmans vergers ;
Où mainte Bergerette avec jeunes Bergers ,
Sans crainte , fans défirs , guidés par l'innocence
Viennent goûter en paix les plaifirs de l'enfance.
En me voyant aller , le bon vieillard fourit ,
La tendre mere tremble , & bientôt me détruit
Elle à grande raifon , & prend un parti fage
Le philofophe en moi , reconnoît une image
De l'aveugle Déeffe , à qui tous les morteis
Plus aveugles encore élevent des Autels ,
Si je viens à caffer , je caufe des allarmes ,
Quelque fois des malhears , & fais verfer des
larmes.
"
2
On peut parer ce coup par quelqu'attention :
Mafquons un peu mes traits. Ma compofition
Six confonnes raffemble aveque fix voyelles
Suivons notre Protée , & fes formes nouvelles ,.
Dette , qu'un homme prudent a grand foin de
payer ;
Meuble très- néceffaire en byver au foyer ,
Deux bons poiffons d'eau douce un fleuve d'I
salie ,,
F14 MERCURE DEFRANCE.
Où Mazale le Comte acquit gloire infinie ;,
Fléau dont la peinture excite latterreur ;
Ce qu'un Abbé vondroit voir changer de couleur,
Piéce utile , importante à qui fait fon ménage ,
Ce qui fur la toilette eft d'un fréquent ufage
Grains qui dans un ragoût éguifent l'appétit ,
Un fort gras animal , d'un excellent débit ,
Ce qui fait des heureux trente fix fois l'année ,
Et dans quoi l'on vous fert foupe bien mitonnée ; ,
Ce que fille éloignée attend de fon Amant ,
"
Argent que fans regret on paye fort fouvent.
C'eft affez , cher. Lecteur cher. Lecteur , vous peindre une
amufette:
Comme le cache- cache , ou bien la climufette..
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4689
p. 115-117
AUTRE.
Début :
Serai-je donc toujours auditeur bénévole ? [...]
Mots clefs :
Bouclier
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE
Erai-je donc toujours auditeur bénévole z
Ne pourrai- je pas à mon tour
Exercer mon efprit. fur un objet, frivole
Compofer Logogriphe ? Oui , je veux en ce jour
Prendre fur moi le grave rôle
D'ennuyer , d'exceder un Lecteur morfondu
Et me vanger ainſi du tems que j'ai perdu ,
En m'arrêtant fur telle faribole.
Je ferois attrapé , fije n'étois pas lu.
A mes pareils choſe très- ordinaire :
Voyons , cachons- nous bien fous l'aile du myf
tere ,
Car fi j'étois , par malheur entendu ,
Cela gâteroit mon affaire.
Chez les Anciens mon nom eft très- fameux,
Je fus préfent à plus de cent batailles ,
Fai vu tomber les plus fortes murailles ;
Un Capitaine , un foldat valeureux.
Combattoit près de moi , jufqu'à l'heure deze
niere ,
Ma préſence augmentoit fon audace guerriera,
De l'ennemi victorieux
Si je devenois la conquête ,
Un guerrier généreux
Ne vouloit point furvivre à ma défaite .
116 MERCURE DE FRANCE.
Je méritois par mes exploits
Les regrets dont ma perte étoit toujours fuivie
On m'a vu mille & mille fois
A mes dépens fauver la vie
Aux Héros rangés fons mes loix.
Trempé de fang & couvert de pouffiere ,
On me vit au milieu des plus affieux hazards
Braver la lance meurtriere ,
M'expofer fans défente à tous les coups de Mars .
Ces Phalanges prefqu'invincibles
Qui femoient fous leurs pas le carnage & l'effroi
C'étoit ma valeur , c'étoit moi
Qui les rendois fi fortes , fi terribles .
Aujourdhui , vieux foldat , on me compte pour riem
Et l'on m'a mis au rang des Invalides ,
Quoique je pûffe encor fort bien
Parer plufieurs traits homicides."
Vous trouverez en renverfant mon nom
L'inftrument d'un jeu d'exercice ,
: 0
Et le lit fur lequel expire maint laron
Condamné par le juge au plus affreux fuplice ,,
L'art dans lequel excelle tout Aatteur ;
Une piéce d'argent qui vaut plus d'une obole ,.
Du Réprouvé le vrai fimbole ,
La bafe de la tête , un ton , une couleur ,
y
Ce qu'on trouve à Paris dans la plupart des rues
Ce que font jour & nuit des gens aux mains
crachues ;,
M. AR S.
17521 117
Un folitaire au cloître condaniné ,
Ce que fait le jus de la treille ,
Lorfque le doux glou glou vient frapper notre
oreille ;
Le titre faftueux d'un homme couronné ;
Un fer armé de pointe. & pourvû d'une tête ;
Ce que pour le dîner tous les jours on apprête ,
Ce qui fait des cheveux la grace & l'ornement,
De notre corps la plus -noble partie
Que tout le monde fçait néceffaire à la vie
Et qui bat & fe trouble , auffi -tôt que Siivie ,
Voit approcher fon tendre Amant.
Cen eft affez ; devincz maintenant.
Erai-je donc toujours auditeur bénévole z
Ne pourrai- je pas à mon tour
Exercer mon efprit. fur un objet, frivole
Compofer Logogriphe ? Oui , je veux en ce jour
Prendre fur moi le grave rôle
D'ennuyer , d'exceder un Lecteur morfondu
Et me vanger ainſi du tems que j'ai perdu ,
En m'arrêtant fur telle faribole.
Je ferois attrapé , fije n'étois pas lu.
A mes pareils choſe très- ordinaire :
Voyons , cachons- nous bien fous l'aile du myf
tere ,
Car fi j'étois , par malheur entendu ,
Cela gâteroit mon affaire.
Chez les Anciens mon nom eft très- fameux,
Je fus préfent à plus de cent batailles ,
Fai vu tomber les plus fortes murailles ;
Un Capitaine , un foldat valeureux.
Combattoit près de moi , jufqu'à l'heure deze
niere ,
Ma préſence augmentoit fon audace guerriera,
De l'ennemi victorieux
Si je devenois la conquête ,
Un guerrier généreux
Ne vouloit point furvivre à ma défaite .
116 MERCURE DE FRANCE.
Je méritois par mes exploits
Les regrets dont ma perte étoit toujours fuivie
On m'a vu mille & mille fois
A mes dépens fauver la vie
Aux Héros rangés fons mes loix.
Trempé de fang & couvert de pouffiere ,
On me vit au milieu des plus affieux hazards
Braver la lance meurtriere ,
M'expofer fans défente à tous les coups de Mars .
Ces Phalanges prefqu'invincibles
Qui femoient fous leurs pas le carnage & l'effroi
C'étoit ma valeur , c'étoit moi
Qui les rendois fi fortes , fi terribles .
Aujourdhui , vieux foldat , on me compte pour riem
Et l'on m'a mis au rang des Invalides ,
Quoique je pûffe encor fort bien
Parer plufieurs traits homicides."
Vous trouverez en renverfant mon nom
L'inftrument d'un jeu d'exercice ,
: 0
Et le lit fur lequel expire maint laron
Condamné par le juge au plus affreux fuplice ,,
L'art dans lequel excelle tout Aatteur ;
Une piéce d'argent qui vaut plus d'une obole ,.
Du Réprouvé le vrai fimbole ,
La bafe de la tête , un ton , une couleur ,
y
Ce qu'on trouve à Paris dans la plupart des rues
Ce que font jour & nuit des gens aux mains
crachues ;,
M. AR S.
17521 117
Un folitaire au cloître condaniné ,
Ce que fait le jus de la treille ,
Lorfque le doux glou glou vient frapper notre
oreille ;
Le titre faftueux d'un homme couronné ;
Un fer armé de pointe. & pourvû d'une tête ;
Ce que pour le dîner tous les jours on apprête ,
Ce qui fait des cheveux la grace & l'ornement,
De notre corps la plus -noble partie
Que tout le monde fçait néceffaire à la vie
Et qui bat & fe trouble , auffi -tôt que Siivie ,
Voit approcher fon tendre Amant.
Cen eft affez ; devincz maintenant.
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4690
p. 168-170
LE CHOIX D'UN BERGER. CHANSON NOUVELLE.
Début :
Cessant enfin de se contraindre [...]
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texteReconnaissance textuelle : LE CHOIX D'UN BERGER. CHANSON NOUVELLE.
LE CHOIX D'UN BERGER.
CHANSON NOUVELLE.
Cessant enfin de se contraindre
Delphire va dire son choix;
Dieu! que ce moment est à craindre
Pour tous ceux qui suivent ses loix !
Mais si ma Delphire préfére
Le Berger le plus amoureux,
Le plus tendre, le plus sincere,
Je serai l'Amant heureux.
Mes Rivaux célébrent des charmes.
Que dans l'Onde on aime à mirer
Que leurs chants me causent d'ailarmes
A moi qui ne sçais qu'admirer!
Mais si ma Delphite, &c.
Avec un brillant étalage
J'ai vû Silvandre de retour
La simplicité du Village
Tiendra t-elle contre la Court
Mais si ma Delphire, &c.
Lorsque
La
**..
t
1.
—
LREDE
—.—
CE.
MARS. 1752.
Lorsque Daphnis sur la fougère
De ma Bergere suit les pas,
De sa danse vive & légère
Que je redoute les appas!
Mais si ma Delphire, &c.
(..
De Tityre on vante la grace,
D'Adonis il a les attraits
Je prévois déja ma disgrace,
Tityre plaita par ses traits;
Mais si ma Delphire, &c.
Si la richesse a l'avantage,
Puis- je esperer quelque retour?
Je n'ai pour tout bien en partage
Que ma houlette & mon amour
Mais si ma Delphire, &c.
Près d'elle Hilas s'est fait entendre,
Il forme d'agréables sons
Qu'ai-je désormais à prétendre,
Si l'on écoute ses chansons:
Mais si ma Delphire, &c.
169
H
(170 MERCURE DE FRANCE.
Palés a pria dans un Parterre
Des fleurs qu'il arrange avec art;
Les miennes sont comme la terre
Les a fait éclore au hazard.,
Mais si ma Delphire, &c.
Ressentir l'Amour doit sufsire
Quand on ne sçauroit P'inspirer;
Si je ne puis plaire à Delphite
Je pourrai du moins l'adoret;
Mais si ma Delphire, &c.
Pesselier.
CHANSON NOUVELLE.
Cessant enfin de se contraindre
Delphire va dire son choix;
Dieu! que ce moment est à craindre
Pour tous ceux qui suivent ses loix !
Mais si ma Delphire préfére
Le Berger le plus amoureux,
Le plus tendre, le plus sincere,
Je serai l'Amant heureux.
Mes Rivaux célébrent des charmes.
Que dans l'Onde on aime à mirer
Que leurs chants me causent d'ailarmes
A moi qui ne sçais qu'admirer!
Mais si ma Delphite, &c.
Avec un brillant étalage
J'ai vû Silvandre de retour
La simplicité du Village
Tiendra t-elle contre la Court
Mais si ma Delphire, &c.
Lorsque
La
**..
t
1.
—
LREDE
—.—
CE.
MARS. 1752.
Lorsque Daphnis sur la fougère
De ma Bergere suit les pas,
De sa danse vive & légère
Que je redoute les appas!
Mais si ma Delphire, &c.
(..
De Tityre on vante la grace,
D'Adonis il a les attraits
Je prévois déja ma disgrace,
Tityre plaita par ses traits;
Mais si ma Delphire, &c.
Si la richesse a l'avantage,
Puis- je esperer quelque retour?
Je n'ai pour tout bien en partage
Que ma houlette & mon amour
Mais si ma Delphire, &c.
Près d'elle Hilas s'est fait entendre,
Il forme d'agréables sons
Qu'ai-je désormais à prétendre,
Si l'on écoute ses chansons:
Mais si ma Delphire, &c.
169
H
(170 MERCURE DE FRANCE.
Palés a pria dans un Parterre
Des fleurs qu'il arrange avec art;
Les miennes sont comme la terre
Les a fait éclore au hazard.,
Mais si ma Delphire, &c.
Ressentir l'Amour doit sufsire
Quand on ne sçauroit P'inspirer;
Si je ne puis plaire à Delphite
Je pourrai du moins l'adoret;
Mais si ma Delphire, &c.
Pesselier.
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Résumé : LE CHOIX D'UN BERGER. CHANSON NOUVELLE.
La chanson 'Le Choix d'un Berger' relate l'anxiété d'un berger face au choix imminent de Delphire, l'objet de son affection, parmi plusieurs prétendants. Le berger espère être préféré pour sa sincérité et son amour. Ses rivaux incluent Silvandre, connu pour son étalage brillant, Daphnis pour sa danse légère, Tityre pour sa grâce et ses attraits, Hilas pour sa musique agréable, et Palès pour son art de disposer les fleurs. Conscient de ses propres limites, le berger ne possède que sa houlette et son amour. Il exprime néanmoins sa détermination à adorer Delphire, même s'il ne peut la séduire. La répétition de la phrase 'Mais si ma Delphire' souligne l'incertitude et l'espoir du berger.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4691
p. 3-12
EPITRE A un Ami.
Début :
TOI, de mon coeur l'autre moitié, [...]
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texteReconnaissance textuelle : EPITRE A un Ami.
EPITRE
A un Ami.
TOI, de mon coeur l'autre moitié,
L****, dont l'ame sincere,
De la tendre & sainte amitiè
Semble l'auguste sanctuaire:
Daus ce profond recueillement
Dans ce doux état d'apathie
Où pour juger plus sainement
Des biens & des maux de la vie,
La solide Philosophie
A ij
4 MERCUREDE FRANCE.
De notre ame ordinairement
Entretient la mélancolie
Conçois-tu bien, par quel travers.
J'évoque tout à-coup ma Muse
Pour te tracer ici des vers,
Et, faisant trêve avec Baluze, (a)
Je chante sur des tons divers
Ce qui m'occupe, ou, qui m'amuse
Au milieu de cet Univers.
Pour toi des Saphos, des Orphées
Je vais donc revoir le séjour:
Je veis donc des sçavantes Fées
Revoir pour toi l'aimable Cour.
J'ai sçù, mon cher, selon l'usage
Me préparer, en vérité
A ce charmant pélerinage
Par une sainte oisiveté;
Et trois sois Diane & son frere
Ont brillé sur notre Hemisphére,
Et se sont chassés tour-à-tour:
Trois fois, Déesse de Cithére
Des Ombres & de la lumière
Ton Astre annonça le retour,
Depuis que sur les pas d'Horace,
De Rousseau; de Milton, du Tasse,
Et des guides les plus fameux
Du chemin qui. mêne au Parnasse,
(a) Auteur qui nous a donné une compilation des
Capiiulaires & des anciennes Ordonnances de nos Rois.
AVRIL.
1752.
Je cherche à déméler la trace,
Et les sentiers trop épineux.
Mon Pégase agite ses aîles,
Il s'essaye & s'essaye encor
Et vers le Mont des neuf Pucelles
Prend enfin son sublime effor;
Il franchit les hautes montagnes
Et, tel qu'un Aigle ambitieux
Tour-â-coup des airs spatieux
Traverse les vastes campagnes,
Et bientôt se dérobe aux yeux.
De ce fameux laboratoire
Où, sans relâche nui: & jour,
Pour le proffit & pour la gloire,
Sur le Digeste & sur l'Histoire
Je me consume tour- à-tour:
De ce réduit où je rassemble
Catulle avec Justinien,
Où je fais habiter ensemble
L'Anglois ayec l'Italien:
De ce Manoir, où je compose,
Et je fabrique incessamment
Contredits, Avertissement
Ode, Epitre, ou méchante Prose:
De ce Cabinet enchanté,
Où, loin du profane vulgaire
Et du fracas de la Cité,
Je m'entretiens avec Homère,
OO
A iij
5
6 MERCUREDEFRANCE.
Et la sçavante Antiquité
Soudain, par la vertu magique
De ma Baguette poëtique
Me voilà, mon cher, transporté
Près de toi dans ce lieu rustique,
Séjour de la simpliciu
Où ton ame philosophique
Sędt, par un privilège unique,
Fixer pour toi la volupté:
Là, couché sur un tendre herbage,
Je surprens mon fripon de Sage
Dans le plus doux ravissement;
Ses yeux sur un beau paysage
Se promenent nonchalament;
Les prés, les bois & la verdure
Tout le frappe d'étonnement;
Assis au bord d'une onde pure,
Il rend grace à la Nature
De son heureux enchantement;
»Lieux charmans, dit-il, où j'éproure
„ Les plaisirs les plus seduisans
„Où dans moi-même je retrouve
» Un cœeur tout neuf, de nouveaux sens;
„ Où la Nature sibérale,
„ Sans se permertre aucun repos,
„ En tous temps à nos yeux étale
„ Des trésors divers & nouveaux:
»Champs fortunés, ou tout engage,
AVRIL.
1752.
„Tout invite un sage à jouir
»Loin des facheux & sans partage,
„ De soi-même & de son loisir
»Que vos douceurs seroient complettes?
»Combien Hélas! de mon bonheur
„Les délices seroient parfaites,
»Si dans vos paisibles retraites
»Je voyois l'Ami de mon cout? ce
Ainsi brulant de mes flâmes,
Unis par de puissans accords,
L'amitié raproche nos ames
Quand le Ciel sépare nos corps.
Ainsi ton cour toujours le même,
Ne cesse de songer à moi;
Ainsi le mien, qui toujours t'aime,
Ne cesse de penser à toi.
Au milieu des plaisirs champêtres
Tandis que seul, au pied des hêtres,
Tu fais entendre tes regrets;
Tandis qu'aux échos de T
Tes accens demandent sans cesse,
L'unique objet de tes souhaits,
L'Ami digne de ta tendresie:
rci, dans les murs de Lutéce;
Sçais tu, mon cher, ce que je fais:
Dans ces brillantes promenades
Où sous d'antiques Maronniers,
Des Caillettes sottes, maullades,
OO
A iiij
S MERCURE DEFRANCE.
Portent leurs airs minaudiers
Leurs propos médisans & fades
Leurs Falbalas & leurs panniers;
Occupé de ma réverie,
Seul au milieu de tant de gens,
Je rappelle à ma fantaisie
Ces beaux jours, où, dignes d'envie,
Se formèrent des nœeuds charinans,
Qui font le bonheur de ma vie,
Ces heureux & divins instans,
Où par ses attraits invincibles
Subjuguant nos affections
La plus belle des passions
Fit sur nos cœurs tendres, sensibles,
Ses premieres impressions.
Tu sçais, qu'amant de la droiture,
J'ai de tout temps facrifié.
Dans mon ame innocente & pure
Sur les Autels de l'Amitié
Négligeant toute autre Science,
Sur le principe, & sur l'essence
De l'humaine félicité
A peine sorti de l'enfance,
Profondement je méditai:
Je comparai bientôt mon Etre
Avec tous ceux qui l'affectoient;
Je sondai mon cœur pour connoître
Les mouvemens qui l'agitoient.
Par mille objets à la fois muë,
AVRIL.
Quelque temps entre les plaisirs,
Qui sollicitent ses désirs;
Mon ame resta suspendue:
Tous à l'envi sembloient entr'eux
Se disputer la préférence,
Et le droit de me rendre heureux;
La fortune, avec complaisance,
Fit alors briller à mes yeux
Ses trésors, sa magnificence
Et ses dons les plus précieux:
L'Ambition toujours avide
Offrit à mon coeur neuf & vuide
Ses charmes les plus ravissans:
Là, les voluptés seduisantes,
De leurs douceurs les plus touchantes
S'empressoient de flatter mes sens.
Ici la Gloire, par son faste
Interessant mon jeune orgueil,
M'ouvroit une carriere vaste,
Et de fleurs parsemorent l'écueil.
Mais averti par la Sagesse
Du vuide de ses passions,
Dédaignant leut vaine promesse,
Je sçus préserver la jeunesse
De leurs douces illusions.
J'osai, recueilli dans moi-même,
Avec un soin toujours extrême,
M'étudiet uniquement,
1752.
AV
9
10 MERCUREDEFRANCE.
Et résolus consequemment
D'aller puiser le vrai sistême
De ma félicité suprême
Dans les sources du sentiment.
Ecourant ma reconnoissance
Beaucoup plus que ma vanité,
J'entrepris avec confiance
De rendre ma foible existance
Utile à la société:
Je respectai dans mes semblables
Les droits sacrés, inviolables
Et le sceau de l'humanité.
Je fléchis mon humeur austère
Je tâchai d'adoucir mes moeurs
Et cherchai pattout à me faire
Des ainis droits, seachant se taire,
Et laissant au simple vulgaire
Ses préjugés & ses etreurs:
Je sçus aimer, & je fçùs plaire,
Et graces à mon caractère
Franc, généreux, & sans détour,
Je jouis d'un destin prospère
En amitié comme en amour.
Je te vis, objet adorable,
Et bientôt je lus dans tes yeux
L'augure d'un bonheur durable
Né du concours délicieux
30C
AVRIL.
1752.
De la beauté la plus aimable
Du mortel le plus amoureux,
De l'ame la plus respectable,
Et du cœeur le plus vertueux.
Cher L****, tendre Silvie,
Vous mes Rois, mes Dieux, & ma vie,
Je regne sur vos sentimens:
Ainsi toujours, sans jalousie,
Partagés mon ame attendrie
Et reglés tous ses mouvemens,
Toujours attachés l'un à l'autre,
Votre bonheur sera le mien,
Qui, mon bonheur sera le vôtre,
Ainsi, pour nous, tout ira bien:
Ainsi, dans le sein des délices,
Que notre cour savourera,
*.
Sans s'émouvoit il bravera
Le vulgaire & ses injustices
La Fortune & tous ses caprices,
Les sots, l'envie, & catera.
Pardonue, Ami, si ma paresse
Néglige de limer ces vers,
Où ma tendre amitié s'empresse
De t'offiir des tableaux divers,
S'ils n'ont qu'une dose légère
De ce sel de cet agrément,
AV
11
22 MERCURE DE FRANCE.
Dont ta Muse sûre de plaire,
Assaisonne le sentiment:
Daigne longer pour un moment,
Qu'à la crainte de ta colere
Sacrifiant sa vanité,
Ton ami n'a pas hésité
A rimer pour te satisfaire.
LEFEBVRE DE BEAUVRAY.
A Paris ce Novembre 1751.
A un Ami.
TOI, de mon coeur l'autre moitié,
L****, dont l'ame sincere,
De la tendre & sainte amitiè
Semble l'auguste sanctuaire:
Daus ce profond recueillement
Dans ce doux état d'apathie
Où pour juger plus sainement
Des biens & des maux de la vie,
La solide Philosophie
A ij
4 MERCUREDE FRANCE.
De notre ame ordinairement
Entretient la mélancolie
Conçois-tu bien, par quel travers.
J'évoque tout à-coup ma Muse
Pour te tracer ici des vers,
Et, faisant trêve avec Baluze, (a)
Je chante sur des tons divers
Ce qui m'occupe, ou, qui m'amuse
Au milieu de cet Univers.
Pour toi des Saphos, des Orphées
Je vais donc revoir le séjour:
Je veis donc des sçavantes Fées
Revoir pour toi l'aimable Cour.
J'ai sçù, mon cher, selon l'usage
Me préparer, en vérité
A ce charmant pélerinage
Par une sainte oisiveté;
Et trois sois Diane & son frere
Ont brillé sur notre Hemisphére,
Et se sont chassés tour-à-tour:
Trois fois, Déesse de Cithére
Des Ombres & de la lumière
Ton Astre annonça le retour,
Depuis que sur les pas d'Horace,
De Rousseau; de Milton, du Tasse,
Et des guides les plus fameux
Du chemin qui. mêne au Parnasse,
(a) Auteur qui nous a donné une compilation des
Capiiulaires & des anciennes Ordonnances de nos Rois.
AVRIL.
1752.
Je cherche à déméler la trace,
Et les sentiers trop épineux.
Mon Pégase agite ses aîles,
Il s'essaye & s'essaye encor
Et vers le Mont des neuf Pucelles
Prend enfin son sublime effor;
Il franchit les hautes montagnes
Et, tel qu'un Aigle ambitieux
Tour-â-coup des airs spatieux
Traverse les vastes campagnes,
Et bientôt se dérobe aux yeux.
De ce fameux laboratoire
Où, sans relâche nui: & jour,
Pour le proffit & pour la gloire,
Sur le Digeste & sur l'Histoire
Je me consume tour- à-tour:
De ce réduit où je rassemble
Catulle avec Justinien,
Où je fais habiter ensemble
L'Anglois ayec l'Italien:
De ce Manoir, où je compose,
Et je fabrique incessamment
Contredits, Avertissement
Ode, Epitre, ou méchante Prose:
De ce Cabinet enchanté,
Où, loin du profane vulgaire
Et du fracas de la Cité,
Je m'entretiens avec Homère,
OO
A iij
5
6 MERCUREDEFRANCE.
Et la sçavante Antiquité
Soudain, par la vertu magique
De ma Baguette poëtique
Me voilà, mon cher, transporté
Près de toi dans ce lieu rustique,
Séjour de la simpliciu
Où ton ame philosophique
Sędt, par un privilège unique,
Fixer pour toi la volupté:
Là, couché sur un tendre herbage,
Je surprens mon fripon de Sage
Dans le plus doux ravissement;
Ses yeux sur un beau paysage
Se promenent nonchalament;
Les prés, les bois & la verdure
Tout le frappe d'étonnement;
Assis au bord d'une onde pure,
Il rend grace à la Nature
De son heureux enchantement;
»Lieux charmans, dit-il, où j'éproure
„ Les plaisirs les plus seduisans
„Où dans moi-même je retrouve
» Un cœeur tout neuf, de nouveaux sens;
„ Où la Nature sibérale,
„ Sans se permertre aucun repos,
„ En tous temps à nos yeux étale
„ Des trésors divers & nouveaux:
»Champs fortunés, ou tout engage,
AVRIL.
1752.
„Tout invite un sage à jouir
»Loin des facheux & sans partage,
„ De soi-même & de son loisir
»Que vos douceurs seroient complettes?
»Combien Hélas! de mon bonheur
„Les délices seroient parfaites,
»Si dans vos paisibles retraites
»Je voyois l'Ami de mon cout? ce
Ainsi brulant de mes flâmes,
Unis par de puissans accords,
L'amitié raproche nos ames
Quand le Ciel sépare nos corps.
Ainsi ton cour toujours le même,
Ne cesse de songer à moi;
Ainsi le mien, qui toujours t'aime,
Ne cesse de penser à toi.
Au milieu des plaisirs champêtres
Tandis que seul, au pied des hêtres,
Tu fais entendre tes regrets;
Tandis qu'aux échos de T
Tes accens demandent sans cesse,
L'unique objet de tes souhaits,
L'Ami digne de ta tendresie:
rci, dans les murs de Lutéce;
Sçais tu, mon cher, ce que je fais:
Dans ces brillantes promenades
Où sous d'antiques Maronniers,
Des Caillettes sottes, maullades,
OO
A iiij
S MERCURE DEFRANCE.
Portent leurs airs minaudiers
Leurs propos médisans & fades
Leurs Falbalas & leurs panniers;
Occupé de ma réverie,
Seul au milieu de tant de gens,
Je rappelle à ma fantaisie
Ces beaux jours, où, dignes d'envie,
Se formèrent des nœeuds charinans,
Qui font le bonheur de ma vie,
Ces heureux & divins instans,
Où par ses attraits invincibles
Subjuguant nos affections
La plus belle des passions
Fit sur nos cœurs tendres, sensibles,
Ses premieres impressions.
Tu sçais, qu'amant de la droiture,
J'ai de tout temps facrifié.
Dans mon ame innocente & pure
Sur les Autels de l'Amitié
Négligeant toute autre Science,
Sur le principe, & sur l'essence
De l'humaine félicité
A peine sorti de l'enfance,
Profondement je méditai:
Je comparai bientôt mon Etre
Avec tous ceux qui l'affectoient;
Je sondai mon cœur pour connoître
Les mouvemens qui l'agitoient.
Par mille objets à la fois muë,
AVRIL.
Quelque temps entre les plaisirs,
Qui sollicitent ses désirs;
Mon ame resta suspendue:
Tous à l'envi sembloient entr'eux
Se disputer la préférence,
Et le droit de me rendre heureux;
La fortune, avec complaisance,
Fit alors briller à mes yeux
Ses trésors, sa magnificence
Et ses dons les plus précieux:
L'Ambition toujours avide
Offrit à mon coeur neuf & vuide
Ses charmes les plus ravissans:
Là, les voluptés seduisantes,
De leurs douceurs les plus touchantes
S'empressoient de flatter mes sens.
Ici la Gloire, par son faste
Interessant mon jeune orgueil,
M'ouvroit une carriere vaste,
Et de fleurs parsemorent l'écueil.
Mais averti par la Sagesse
Du vuide de ses passions,
Dédaignant leut vaine promesse,
Je sçus préserver la jeunesse
De leurs douces illusions.
J'osai, recueilli dans moi-même,
Avec un soin toujours extrême,
M'étudiet uniquement,
1752.
AV
9
10 MERCUREDEFRANCE.
Et résolus consequemment
D'aller puiser le vrai sistême
De ma félicité suprême
Dans les sources du sentiment.
Ecourant ma reconnoissance
Beaucoup plus que ma vanité,
J'entrepris avec confiance
De rendre ma foible existance
Utile à la société:
Je respectai dans mes semblables
Les droits sacrés, inviolables
Et le sceau de l'humanité.
Je fléchis mon humeur austère
Je tâchai d'adoucir mes moeurs
Et cherchai pattout à me faire
Des ainis droits, seachant se taire,
Et laissant au simple vulgaire
Ses préjugés & ses etreurs:
Je sçus aimer, & je fçùs plaire,
Et graces à mon caractère
Franc, généreux, & sans détour,
Je jouis d'un destin prospère
En amitié comme en amour.
Je te vis, objet adorable,
Et bientôt je lus dans tes yeux
L'augure d'un bonheur durable
Né du concours délicieux
30C
AVRIL.
1752.
De la beauté la plus aimable
Du mortel le plus amoureux,
De l'ame la plus respectable,
Et du cœeur le plus vertueux.
Cher L****, tendre Silvie,
Vous mes Rois, mes Dieux, & ma vie,
Je regne sur vos sentimens:
Ainsi toujours, sans jalousie,
Partagés mon ame attendrie
Et reglés tous ses mouvemens,
Toujours attachés l'un à l'autre,
Votre bonheur sera le mien,
Qui, mon bonheur sera le vôtre,
Ainsi, pour nous, tout ira bien:
Ainsi, dans le sein des délices,
Que notre cour savourera,
*.
Sans s'émouvoit il bravera
Le vulgaire & ses injustices
La Fortune & tous ses caprices,
Les sots, l'envie, & catera.
Pardonue, Ami, si ma paresse
Néglige de limer ces vers,
Où ma tendre amitié s'empresse
De t'offiir des tableaux divers,
S'ils n'ont qu'une dose légère
De ce sel de cet agrément,
AV
11
22 MERCURE DE FRANCE.
Dont ta Muse sûre de plaire,
Assaisonne le sentiment:
Daigne longer pour un moment,
Qu'à la crainte de ta colere
Sacrifiant sa vanité,
Ton ami n'a pas hésité
A rimer pour te satisfaire.
LEFEBVRE DE BEAUVRAY.
A Paris ce Novembre 1751.
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Résumé : EPITRE A un Ami.
L'épître est adressée à deux personnes distinctes : un ami nommé L**** et une femme nommée Silvie. Dans la première partie, l'auteur exprime sa réflexion philosophique et sa décision d'évoquer sa muse pour écrire des vers dédiés à son ami L***. Inspiré par des figures littéraires telles qu'Horace, Rousseau, Milton et le Tasse, il imagine un voyage poétique vers le Parnasse. Il décrit son ami savourant la nature dans un cadre rustique et simple, exprimant sa gratitude envers elle. L'auteur regrette de ne pas pouvoir partager ce moment avec lui et souligne la force de leur amitié, qui unit leurs âmes malgré la distance. Il contraste les plaisirs champêtres de son ami avec les distractions mondaines observées à Paris, se remémorant les moments heureux passés ensemble. L'auteur révèle sa quête de la véritable félicité, rejetant les tentations de la fortune, de l'ambition et des voluptés au profit de l'amitié et des sentiments authentiques. Il choisit de baser son bonheur sur les sentiments plutôt que sur la vanité. Dans la seconde partie, l'auteur adresse une lettre poétique à Silvie, exprimant ses résolutions et ses sentiments. Il décide de trouver son bonheur dans les sentiments et de rendre son existence utile à la société en respectant les droits des autres et en adoucissant ses mœurs. Il cherche à se faire des amis sincères et à éviter les préjugés. Grâce à son caractère franc et généreux, il connaît un destin prospère en amitié et en amour. Il rencontre Silvie, qu'il décrit comme belle, aimante, respectable et vertueuse. Il exprime son désir de partager un bonheur durable avec elle, bravant ensemble les injustices et les caprices de la fortune. La lettre est signée Lefebvre de Beauvray et datée de novembre 1751 à Paris.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4692
p. 34-37
EPITRE A MONSIEUR B. A N.
Début :
AINSI par un tendre esclavage. [...]
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texteReconnaissance textuelle : EPITRE A MONSIEUR B. A N.
EPITRE
A MONSIEUR B. A N.
AINSI par un tendre esclavage.
L'Hymen captive votre coeur:
Themire à la fleur de son âge
Va donc faire votre bonheur :
Damon, sans doute la sagesse
Enchaînant l'Amour sous ses loix
De concert avec la tendresse
Inspire & sixe votre choix.
Le Dieu séduisaut de Cythere
Au milieu des Ris & des Jeux,
Des Mortels attire les voeux
Par le charme du doux mystére;,
A peine a-t. il lancé ses traits
Qu'on fent les plus vives allarmes:
On se plaint, on verse des larmes,
Bientôt l'amour perd ses attraits.
Celui que la raison asfure
Contre la fougue des désits,
Sent naître de nouveaux plaisirs,
Dans une félicité pure.
De son épouse encore amant,
Et chaque jour plus complaisant,
AVRIL.
Satisfait, il vit auprès d'elle,
Comptant sur sa vertu fidelle.
Il sçait que la captivité
la gêne, & la févérité.
Eteignent la vive étincelle
Et l'ame de la volupté;
Et que la flamme la plus belle
Expire sans la liberté.
Dans les liens du mariage,
S'il éprouve quelques dégodis,
Il sçait bientôt en faire usage :
Pour rendre ses plaisirs plus doux-
Ainsi d'une chaîne légère
Il chérit les tendres auraits;
Son ardeur n'est point passagere,
Et dans l'objet qui veut lui plaire-
Il trouve tous les biens parfaits.
Chez le beau monde ridicule
On connoît peu le sentiment;
L'intérêt dicte la formule
D'un mutuel engagement.
Le goût préside rarement,
Et l'Hymen se fait un scrupule:
D'aimer avec attachement.
Parjure, infidele, volage,
Malgré la foi de son serment,
Ilibrave l'Amout, il l'outrage,
Pour la gloire d'Atte inconstant,
1752.
3
B.V
36 MERCUREDE FRANCE.
Simplicité du premier âge,
Où régnoit l'amour ingenu,
Heureux tems qu'es- tu devenu?
Hymen, jadis constant & sage,
Des Mortels de notre rivage
Seras tu toujours méconnu:
Vis tu dans les Foyers ant iques
De nos Ancêtres vertueux,
Les dissensions domestiques
Troubler leur sort délicieux:
Vis tu dans sa fureur jalouse
Un Epoux aveugle, emporté
Publiquement de son Epouse
Poursuivre l'infidélité?
Deux coeurs unis sous tes auspices
Vivoient heureux par tes bienfaits
Loin du dégoût, loin des caprices,
Ils goûtoient les tendres délices
Des plaisirs filés par la Paix.
Jamais la trist esse & les larmes
Ne venoient altérer leurs jours,
Ils s'aimoient pour s'aimer toujouis,
Et trouvoient encore des charmes,
Dans la viellesse des amours.
Vous, que l'Hymen à son empire-
A soumis par un trait vainqueur
Cher Damon, vengez son honaeur,
AVRIL.
1752. 37
Eui-mème à vos vœeux il conspire.
Gputez le tranquille bonheur
Au sein des plaisirs qu'il inspire;
Et que de plus en plus Themire
Devienne chere à votre cœeur.
RAOULT.
A MONSIEUR B. A N.
AINSI par un tendre esclavage.
L'Hymen captive votre coeur:
Themire à la fleur de son âge
Va donc faire votre bonheur :
Damon, sans doute la sagesse
Enchaînant l'Amour sous ses loix
De concert avec la tendresse
Inspire & sixe votre choix.
Le Dieu séduisaut de Cythere
Au milieu des Ris & des Jeux,
Des Mortels attire les voeux
Par le charme du doux mystére;,
A peine a-t. il lancé ses traits
Qu'on fent les plus vives allarmes:
On se plaint, on verse des larmes,
Bientôt l'amour perd ses attraits.
Celui que la raison asfure
Contre la fougue des désits,
Sent naître de nouveaux plaisirs,
Dans une félicité pure.
De son épouse encore amant,
Et chaque jour plus complaisant,
AVRIL.
Satisfait, il vit auprès d'elle,
Comptant sur sa vertu fidelle.
Il sçait que la captivité
la gêne, & la févérité.
Eteignent la vive étincelle
Et l'ame de la volupté;
Et que la flamme la plus belle
Expire sans la liberté.
Dans les liens du mariage,
S'il éprouve quelques dégodis,
Il sçait bientôt en faire usage :
Pour rendre ses plaisirs plus doux-
Ainsi d'une chaîne légère
Il chérit les tendres auraits;
Son ardeur n'est point passagere,
Et dans l'objet qui veut lui plaire-
Il trouve tous les biens parfaits.
Chez le beau monde ridicule
On connoît peu le sentiment;
L'intérêt dicte la formule
D'un mutuel engagement.
Le goût préside rarement,
Et l'Hymen se fait un scrupule:
D'aimer avec attachement.
Parjure, infidele, volage,
Malgré la foi de son serment,
Ilibrave l'Amout, il l'outrage,
Pour la gloire d'Atte inconstant,
1752.
3
B.V
36 MERCUREDE FRANCE.
Simplicité du premier âge,
Où régnoit l'amour ingenu,
Heureux tems qu'es- tu devenu?
Hymen, jadis constant & sage,
Des Mortels de notre rivage
Seras tu toujours méconnu:
Vis tu dans les Foyers ant iques
De nos Ancêtres vertueux,
Les dissensions domestiques
Troubler leur sort délicieux:
Vis tu dans sa fureur jalouse
Un Epoux aveugle, emporté
Publiquement de son Epouse
Poursuivre l'infidélité?
Deux coeurs unis sous tes auspices
Vivoient heureux par tes bienfaits
Loin du dégoût, loin des caprices,
Ils goûtoient les tendres délices
Des plaisirs filés par la Paix.
Jamais la trist esse & les larmes
Ne venoient altérer leurs jours,
Ils s'aimoient pour s'aimer toujouis,
Et trouvoient encore des charmes,
Dans la viellesse des amours.
Vous, que l'Hymen à son empire-
A soumis par un trait vainqueur
Cher Damon, vengez son honaeur,
AVRIL.
1752. 37
Eui-mème à vos vœeux il conspire.
Gputez le tranquille bonheur
Au sein des plaisirs qu'il inspire;
Et que de plus en plus Themire
Devienne chere à votre cœeur.
RAOULT.
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Résumé : EPITRE A MONSIEUR B. A N.
L'épître célèbre l'union prochaine de Damon et Themire. L'auteur souligne que l'amour, lorsqu'il est dirigé par la sagesse et la tendresse, conduit à un bonheur durable. Il explique que l'amour initial, souvent tumultueux, peut se transformer en une félicité stable grâce à la raison. Le mariage est vu comme un lien contraignant mais permettant de jouir de plaisirs authentiques et durables. L'auteur critique le 'beau monde' où les unions sont dictées par l'intérêt plutôt que par le sentiment, entraînant infidélité et inconstance. Il déplore la perte de la simplicité et de l'amour véritable des temps anciens, où les couples vivaient heureux et unis jusqu'à la vieillesse. Damon est encouragé à chérir Themire et à préserver l'honneur du mariage en cultivant un amour sincère et constant.
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4693
p. 58-59
FABLE NOUVELLE De M. Pesselier. TIMARETTE, HILAS.
Début :
HILAS. TU dédaignes l'Amour ? ... [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : FABLE NOUVELLE De M. Pesselier. TIMARETTE, HILAS.
FABLE NOUVELLE
De M. Pesselier.
TIMARETTE, HILAS.
HILAS.
TU dédaignes l'Amour ? ...
THIMARETTE.
Non, mais je le redoute;
HII4S.
C'est que tu méconnois sans doute,
Les charmantes douceurs de l'Empire amoure ua
TIMARETYE.
Ab! Je ne cherche point, Berger à les connostre;
AVRIL. 1752. 39
HILAS.
Pourquoi cet Arrêt rigoureux:
TTMARITTE.
Si je les connoissois, je m'y plairois peut-être;
Les penchans les plus doux sont les plus dange-
reux.
HILaS.
Reçois du moins la Tourterelle
Qu'en chassant l'autre jour j'ai prise dans nos Boi
Tu pourras apprendre par elle
Ce que l'on souffre sous tes loix.
TIMARETTE.
Non Hilas, je ne veux ni la vois ni l'entendee,
Et tu peux la garder pour toi,
Quand on craint de devenir tendre.
Il ne faut point avoir de tels oiseaux chez soi.
De M. Pesselier.
TIMARETTE, HILAS.
HILAS.
TU dédaignes l'Amour ? ...
THIMARETTE.
Non, mais je le redoute;
HII4S.
C'est que tu méconnois sans doute,
Les charmantes douceurs de l'Empire amoure ua
TIMARETYE.
Ab! Je ne cherche point, Berger à les connostre;
AVRIL. 1752. 39
HILAS.
Pourquoi cet Arrêt rigoureux:
TTMARITTE.
Si je les connoissois, je m'y plairois peut-être;
Les penchans les plus doux sont les plus dange-
reux.
HILaS.
Reçois du moins la Tourterelle
Qu'en chassant l'autre jour j'ai prise dans nos Boi
Tu pourras apprendre par elle
Ce que l'on souffre sous tes loix.
TIMARETTE.
Non Hilas, je ne veux ni la vois ni l'entendee,
Et tu peux la garder pour toi,
Quand on craint de devenir tendre.
Il ne faut point avoir de tels oiseaux chez soi.
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Résumé : FABLE NOUVELLE De M. Pesselier. TIMARETTE, HILAS.
En avril 1752, la fable 'Timarette et Hilas' de M. Pesselier montre Timarette, méfiante envers l'amour malgré ses attraits. Hilas lui offre une tourterelle pour symboliser les souffrances amoureuses. Timarette refuse, craignant de devenir sensible. Elle préfère éviter les signes d'amour pour ne pas tomber amoureuse.
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4694
p. 60-62
VERS A MLLE ***. Dont M. M. ***. Pere & Fils sont amoureux.
Début :
Philis mes beaux jours sont passez, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : VERS A MLLE ***. Dont M. M. ***. Pere & Fils sont amoureux.
VERS A MLLE ***.
Dont M. M. ***. Pere & Fils sont
amoureux.
Philis mes beaux jours sont passez,
Et mon fils n'est qu'à son autore.
Pour vous, il est trop jeune encore,
Et je ne le suis pas assez.
UUne maligne destinée
Sauve nos coeurs de votre loi,
Vous naquîtes trop tard pour moi,
Pour lui vous êtes trop tôt née.
Ni moi ni ce jeune Ecolier
A votre cœeur n'osons prétendre;
A peine il commence d'apprendre
Et je commence d'oublier.
Que votre destin & le nôtre
Seroit charmant, seroit heureux
Si ce qui manque à l'un des deux
Pouvoit se reprendre sur l'autre.
OO
AVRIL.
1752.
Si de mon âge joint au sien
On faisoit un égal partage,
Et qu'on ajoutât a son âge
Ce que l'on ôteroit du mien !
Pesden.
reto
Par- la vous pourriez voir éclore
Pour vous deux Serviteurs parfaits,
Je deviendrois ce que j'étois
Et lui ce qu'il n'est pas encore.
Mais pourquoi former ce désit?
Si notre âge approchoit du vôtre
Nous serions rivaux l'un de l'autre,
Et vous auriez peine à choisir.
e
Qie mon fils, done, seul y prétende:
Que pour atteindre vos appas
L'amour en lui double le pas,
Ou que votre beauté l'attende.
Que fera-t-elle en l'attendant?
Votre coeur avant qu'il s'engage
Voudroit- il se mettre en ôtage
Entre les mains d'un consident?
61
61 MERCUREDEFRANCE.
Mais, Dieux! Quelle assurance prendre
Sur un jeun: cœur en dépôt !
Tel qui l'auroit mourroit plutôt
Que de se résoudre à le rendre.
Ce cour, s'il vouloit prendre avis
Sur un si délicat mistere
Pourroit essayet sur le pere
Comment il aimera le fils.
Par M. MAUDET de S. Mathurin.
Dont M. M. ***. Pere & Fils sont
amoureux.
Philis mes beaux jours sont passez,
Et mon fils n'est qu'à son autore.
Pour vous, il est trop jeune encore,
Et je ne le suis pas assez.
UUne maligne destinée
Sauve nos coeurs de votre loi,
Vous naquîtes trop tard pour moi,
Pour lui vous êtes trop tôt née.
Ni moi ni ce jeune Ecolier
A votre cœeur n'osons prétendre;
A peine il commence d'apprendre
Et je commence d'oublier.
Que votre destin & le nôtre
Seroit charmant, seroit heureux
Si ce qui manque à l'un des deux
Pouvoit se reprendre sur l'autre.
OO
AVRIL.
1752.
Si de mon âge joint au sien
On faisoit un égal partage,
Et qu'on ajoutât a son âge
Ce que l'on ôteroit du mien !
Pesden.
reto
Par- la vous pourriez voir éclore
Pour vous deux Serviteurs parfaits,
Je deviendrois ce que j'étois
Et lui ce qu'il n'est pas encore.
Mais pourquoi former ce désit?
Si notre âge approchoit du vôtre
Nous serions rivaux l'un de l'autre,
Et vous auriez peine à choisir.
e
Qie mon fils, done, seul y prétende:
Que pour atteindre vos appas
L'amour en lui double le pas,
Ou que votre beauté l'attende.
Que fera-t-elle en l'attendant?
Votre coeur avant qu'il s'engage
Voudroit- il se mettre en ôtage
Entre les mains d'un consident?
61
61 MERCUREDEFRANCE.
Mais, Dieux! Quelle assurance prendre
Sur un jeun: cœur en dépôt !
Tel qui l'auroit mourroit plutôt
Que de se résoudre à le rendre.
Ce cour, s'il vouloit prendre avis
Sur un si délicat mistere
Pourroit essayet sur le pere
Comment il aimera le fils.
Par M. MAUDET de S. Mathurin.
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Résumé : VERS A MLLE ***. Dont M. M. ***. Pere & Fils sont amoureux.
Dans une lettre poétique datée d'avril 1752, M. Maudet de Saint-Mathurin exprime les sentiments amoureux qu'il éprouve, ainsi que ceux de son fils, envers une demoiselle anonyme. Il souligne que son fils est trop jeune et qu'il est, lui-même, trop âgé pour elle. Une 'maligne destinée' les empêche de déclarer leur amour. Il imagine un scénario idéal où leurs âges seraient équilibrés, mais reconnaît que cela créerait une rivalité entre lui et son fils. Il suggère que son fils devrait attendre que la demoiselle soit prête, tout en exprimant des doutes sur la fidélité d'un jeune cœur. Cette lettre a été publiée dans le Mercure de France.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4695
p. 78-80
LES GRACES. A MADAME LA COMTESSE D'A*****
Début :
D[']A*****, ne croyez point que je chante ces graces, [...]
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texteReconnaissance textuelle : LES GRACES. A MADAME LA COMTESSE D'A*****
LES GRACES.
A MADAME LA COMTESSE D'A*****
D[']A*****, ne croyez point que je chante
ces graces,
Dont souvent les remords accompagnent les
traces;
La Muse dont les soins veillent sur mes projets,
Ne permet à mes vers que de nobles sujets.
Non, je ne chante point ces graces passageres,
Compagnes des plaisirs, inconstantes, légéres,
Dont la veine beauté mere de nos regrets
Ne brille qu'au matin, & s'enfuit pour jamais;
Mais celles que * * Socrate honoi a de ses peines;
* Socrate. fils de Sculpteur, avoit exercé dans
Vigisires bolOO
AVRIL.
1752.
79
Celles dont il orna les murailles d'Athenes,
Dont l'aimable décence inspiroit la pudeur
Tendres soeurs des vertus, & filles de l'honneur,
Ces graces dont l'auguste & douce intelligence
Désigne les bienfaits & la reconnoistance,
Qui marquent de l'esprit les talens dévoilés,
Celles qu'ensin j'admire, & que vous rassemblez.
Eh! Quel autre que vous en trace mieux l'i-
mage ?
Quel autre jouit plus de leur doux assemblage,
Vons dont le caractere à la sois réunit
Des rares qualités du cœur & de l'esprit:
Dans vos moindres discours quel feu! quelle
éloquence!
Sur les moindres objets quelle heureuse élégance!
Tout se pare en vos mains de nouveaux ornemens,
Tout jusqu'au sérieux se change en agrémens:
Le plus riant sujet devient plus agréable
Vous le rendez utile, & l'utile est aimable.
Tout plein de votre esprit on sent croître le sien:
Et l'esprit le moins vaste, après votre entretien
sa jeunesse la profession de son pere, honorable
dans la Gréce. Plusieurs auteurs assurent qu'il fit
tant de progrès dans la Sculpture, que c'étoit lui
qui avoit sculptées ces graces si vantées, placées
sur les murailles de la Citadelle d'Athénes, der-
riere la Statue de Minerve; ces graces, contre
l'usage ordinaire, étoient drapées. Les graces
chez les Grecs présidoient aux bienfaits & à la re-
connoissance.
D iiij
80 MERCURE DEFRANCE.
Eloquent, semble prendre une nouvelle vie,
Vos discours créateurs lui donnent du génie,
Et surpris de lui-même il se fait des jaloux,
Par des talens nouveaux qu'il ne tient que de
vous.
Mais si de votre coeur ma Muse tém éraire
Veut peindre les vertus si dignes de lui plaire,
Je peindrai la grandeur & l'affabilité,
Laprudence que suit la générosité
Et dans tous vos bienfaits cette noblesse extrême,
Plus flatteuse cent fois que le bienfait lui-même:
Je peindrai ce cour grand, bravant l'adversité
Ce coeur qui ne voit rien dans la prospé tité,
Que le bonheur si doux d'employer sa puissance
A confondre le crime & servir l'innocence
Qui plaint les malheureux, gémit de leurs doun
leurs
Et ne sçait mépriser que ses propres malheurs.
Voilà ce qui des vers exige l'harmonie;
Si le Ciel m'e ût donné la force & le génie;
Voilà les grands sujets dont ma Muse eut fait
choix
Mon esprit & mon coeur parler oit à la fois:
Mais cette ambition convient nial à ma Lyre,
Et n'ayant que des vœux, je me tais, & j'admire.
PORTELANCE.
A MADAME LA COMTESSE D'A*****
D[']A*****, ne croyez point que je chante
ces graces,
Dont souvent les remords accompagnent les
traces;
La Muse dont les soins veillent sur mes projets,
Ne permet à mes vers que de nobles sujets.
Non, je ne chante point ces graces passageres,
Compagnes des plaisirs, inconstantes, légéres,
Dont la veine beauté mere de nos regrets
Ne brille qu'au matin, & s'enfuit pour jamais;
Mais celles que * * Socrate honoi a de ses peines;
* Socrate. fils de Sculpteur, avoit exercé dans
Vigisires bolOO
AVRIL.
1752.
79
Celles dont il orna les murailles d'Athenes,
Dont l'aimable décence inspiroit la pudeur
Tendres soeurs des vertus, & filles de l'honneur,
Ces graces dont l'auguste & douce intelligence
Désigne les bienfaits & la reconnoistance,
Qui marquent de l'esprit les talens dévoilés,
Celles qu'ensin j'admire, & que vous rassemblez.
Eh! Quel autre que vous en trace mieux l'i-
mage ?
Quel autre jouit plus de leur doux assemblage,
Vons dont le caractere à la sois réunit
Des rares qualités du cœur & de l'esprit:
Dans vos moindres discours quel feu! quelle
éloquence!
Sur les moindres objets quelle heureuse élégance!
Tout se pare en vos mains de nouveaux ornemens,
Tout jusqu'au sérieux se change en agrémens:
Le plus riant sujet devient plus agréable
Vous le rendez utile, & l'utile est aimable.
Tout plein de votre esprit on sent croître le sien:
Et l'esprit le moins vaste, après votre entretien
sa jeunesse la profession de son pere, honorable
dans la Gréce. Plusieurs auteurs assurent qu'il fit
tant de progrès dans la Sculpture, que c'étoit lui
qui avoit sculptées ces graces si vantées, placées
sur les murailles de la Citadelle d'Athénes, der-
riere la Statue de Minerve; ces graces, contre
l'usage ordinaire, étoient drapées. Les graces
chez les Grecs présidoient aux bienfaits & à la re-
connoissance.
D iiij
80 MERCURE DEFRANCE.
Eloquent, semble prendre une nouvelle vie,
Vos discours créateurs lui donnent du génie,
Et surpris de lui-même il se fait des jaloux,
Par des talens nouveaux qu'il ne tient que de
vous.
Mais si de votre coeur ma Muse tém éraire
Veut peindre les vertus si dignes de lui plaire,
Je peindrai la grandeur & l'affabilité,
Laprudence que suit la générosité
Et dans tous vos bienfaits cette noblesse extrême,
Plus flatteuse cent fois que le bienfait lui-même:
Je peindrai ce cour grand, bravant l'adversité
Ce coeur qui ne voit rien dans la prospé tité,
Que le bonheur si doux d'employer sa puissance
A confondre le crime & servir l'innocence
Qui plaint les malheureux, gémit de leurs doun
leurs
Et ne sçait mépriser que ses propres malheurs.
Voilà ce qui des vers exige l'harmonie;
Si le Ciel m'e ût donné la force & le génie;
Voilà les grands sujets dont ma Muse eut fait
choix
Mon esprit & mon coeur parler oit à la fois:
Mais cette ambition convient nial à ma Lyre,
Et n'ayant que des vœux, je me tais, & j'admire.
PORTELANCE.
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Résumé : LES GRACES. A MADAME LA COMTESSE D'A*****
En avril 1752, l'auteur adresse une lettre à Madame la Comtesse d'A***** pour louer ses grâces authentiques, liées à la vertu et à l'honneur. Il évoque Socrate, fils de sculpteur, dont les œuvres symbolisaient les bienfaits et la reconnaissance. La comtesse est admirée pour ses qualités exceptionnelles, tant dans le cœur que dans l'esprit, et pour sa capacité à rendre tout sujet agréable et utile. Ses discours sont élégants et éloquents, inspirant et élevant ceux qui l'écoutent. L'auteur apprécie également sa grandeur, son affabilité, sa prudence et sa générosité, ainsi que son dévouement à aider les malheureux et à servir l'innocence. Il exprime son désir de célébrer ces vertus mais reconnaît humblement ses limites et se contente d'admirer.
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4696
p. 81-82
LA VEILLE NOUVELLE. VERS A ISMENE.
Début :
Dans un bois, où l'Amour couronne les Amans, [...]
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texteReconnaissance textuelle : LA VEILLE NOUVELLE. VERS A ISMENE.
LA VEILLE NOUVELLE.
VERS A ISMENE.
Dans un bois, où l'Amour couronne les
Amans,
l'apprenois aux échos mes teudres sentimens:
Bergere, qu'en ce lieu tout Berger trouve aimable-
Vous causiez mes transports dans ce lieu favorable
Quelle bouche! quel teint! quels yeuxl ali, que
d'appas!
Oui, qui lui plaît, disois je, & ne m'en deffend
pas
Est au nombre des Dieux, ou leur est bien sem-
blable.
Une Nymplie indiscrette écoutoit mes soupits?
Elle approche, quel est l'objet de tes desits,
Dit elle: est-ce Climene ?
Est-ce Hermione? Helene ?
Non, dis-je, belle Nymphe, helas,
Non, vous ne la connoissez pas;
Cette beauté n'est point l'Aurore „
Ce n'est ni Pomone ni Flore,
Et les fleurs naissent sous ses pas.
Elle n'a point leuis noms, mais elle a leurs appar-
Est ce Hebé ? non : elle en a la jeunesse.
Est ce Venus ? elle en a la beauté.
Dy.
82 MERCURE DEFRANCE.
Eft ce Diane? non elle a de la tendresse,
Elle est sage sans cruau té;
Elle aime les plaisirs, & cette enchanteresse
N'est point une Divinité.
Mais c'est donc Ismene ? oui sans doute, pourquoi
rire?
La belle nouvelle pour moi,
Dit elle ! Te crois tu le premier à le dire ?
Cent fois l'Amour l'avoit dit avant toi.
PORTELANCE.
VERS A ISMENE.
Dans un bois, où l'Amour couronne les
Amans,
l'apprenois aux échos mes teudres sentimens:
Bergere, qu'en ce lieu tout Berger trouve aimable-
Vous causiez mes transports dans ce lieu favorable
Quelle bouche! quel teint! quels yeuxl ali, que
d'appas!
Oui, qui lui plaît, disois je, & ne m'en deffend
pas
Est au nombre des Dieux, ou leur est bien sem-
blable.
Une Nymplie indiscrette écoutoit mes soupits?
Elle approche, quel est l'objet de tes desits,
Dit elle: est-ce Climene ?
Est-ce Hermione? Helene ?
Non, dis-je, belle Nymphe, helas,
Non, vous ne la connoissez pas;
Cette beauté n'est point l'Aurore „
Ce n'est ni Pomone ni Flore,
Et les fleurs naissent sous ses pas.
Elle n'a point leuis noms, mais elle a leurs appar-
Est ce Hebé ? non : elle en a la jeunesse.
Est ce Venus ? elle en a la beauté.
Dy.
82 MERCURE DEFRANCE.
Eft ce Diane? non elle a de la tendresse,
Elle est sage sans cruau té;
Elle aime les plaisirs, & cette enchanteresse
N'est point une Divinité.
Mais c'est donc Ismene ? oui sans doute, pourquoi
rire?
La belle nouvelle pour moi,
Dit elle ! Te crois tu le premier à le dire ?
Cent fois l'Amour l'avoit dit avant toi.
PORTELANCE.
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Résumé : LA VEILLE NOUVELLE. VERS A ISMENE.
Le poème 'La Veille Nouvelle' est adressé à Ismène et se déroule dans un bois gouverné par l'Amour. Le narrateur y exprime ses sentiments amoureux en vantant la beauté de la personne aimée, qu'il compare à celle des déesses et des nymphes telles que l'Aurore, Pomone, Flore, Hébe, Vénus et Diane. Une nymphe curieuse écoute ses confidences et lui demande si l'objet de son désir est Climène, Hermione ou Hélène. Le narrateur nie, affirmant que la beauté et la jeunesse de sa bien-aimée surpassent celles de ces femmes. La nymphe devine alors qu'il s'agit d'Ismène et révèle que l'Amour avait déjà proclamé cet amour à maintes reprises.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4697
p. 114-121
DISCOURS EN VERS, SUR LE PLAISIR D'AIMER.
Début :
OUI, malgré la rigueur & le poids de ses chaînes, [...]
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texteReconnaissance textuelle : DISCOURS EN VERS, SUR LE PLAISIR D'AIMER.
DISCOURS EN VERS,
SUR LE PLAISIR D'AIMER.
OUI, malgré la rigueur & le poids de ses
chaînes,
Les plaisirs de l'Amour surpassent bien ses peines;
Si sur des coeurs cruels, tyran impétueux
Il lance avec fureur des traits cruels comme eux
Monarque bien-faisant des ames généreuses,
La loi qu'il leur impose est celle d'être heureuses.
Frivoles habitans des Cités & des Cours
Colifichets brillans formés pour les Amours
Mais dont le cour, n'apporte aux jardins de Cy-
there
AVRIL. 1752.
115
Que le godt de l'intrigue & la fureur de plaire,
Vous ignorez encor les charmes du vrai bien;
La Mode est votre Dien, l'Amour seul est le mien,
Doux & terrible enfant, ton empire adorable
A fixé dans mon corur son trône inébranlable:
Tu sçais si j'en suis digne, & s'il est sous ta loi
Un sujet plus sidele & plus tendre que moi.
Trop heureux qui connoît ces langueurs innéfa-
bles,
Ces désirs inquiets, ces mouvemens aimables
Nectar délicieux des esprits & des cours:
Les larmes des amans ont pour eux des douceurs,
Leurs plaisirs sont inexprimables
La Volupté pour eux naît du sein des douleurs.
Si du destin jaloux l'autorité sévere
El oigne d'Adonis la Reine de Cythere,
Les plaisirs du retour en seront plus touchans.
»Comme on voit en un jour d'automne & de
» primtems.
»Les brouillards élancés du sein de Vallombreuse,
»Elever jusqu'aux cieux leur vapeur ténébreuse.
» Et briser du soleil les rayons amortis;
»Si, prête à se plonger dans le lit de Thetis
»De ses voiles affreux sa splendeur dégagée
»Console d'un regard la nature affligée,
„Tout renaît, tout s'anime. Acanthis par ses
»chants
»Rend le plus tendre hommage à ses seux écla-
»» taus:
116 MERCURE DE FRANCE.
„ Les ruisseaux sont plus purs, les feuillages plus
„ sombres
»Redoublent leur fraîcheur, leur verdure & leurs
» ombres:
» Les parfums les plus doux, de la terre exhalés
„ Rappellent dans nos bois les amours envolés,
» Zephir caresse Flore avec plus de tendresse;
»Les Nymphes, les Sylvaine, dans une douce
»yvresse,
»Unissant leurs transports goûtent mille douceurs,
„Lès gazons sous leurs pas se tapissent de fleurs
„ La rose ouvre son sein, pleine d'impatience
»Tel après les horreurs d'une creelle absence
nA l'aspect de Cypris, s'élançant du tombean,
„Mon cœeur épanoui reçoit un nouvel être;
„ Dans ses yeux adorés mon amour voit renaître
„ Un nouvel univers & plus noble & p lus beau;
„Otransports! 6 plaisirs, ó suprême puissance !
„O combien la tendresse augmente l'existence !
„Déserts où j'ai passé les plus beaux de mes jours,
„ Doux & discrets témoins du plus pur des amours,
„ Beaux lieux, où de Cloris la grace enchante-
„ resse
o Plongea mes sens ravis dans des torrens d'y-
vresse
» Que pour moi votre aspect a des charmes puil-
„ sans !
„ Dans quel souvenir tendre il égare mes sens !
»Là, d'un soupir flatteur qui pénétra mon ame
Digsirad v L0O
AVRIL.
1752.
117
„L'adorable Cloris daigna payer ma flamme
»Ici, ses yeux divins partageant ma langueur
»Me disoient (si j'entend leur langage enchan,
„teur)
„ Aimez-moi, mais soyez fidelle.
» Ciel! avec quels transports tous mes vœeux,
„tout mon coeur
» Lui juroient une ardeur toujours vive & nou-
„velle
„ Sans doute les Dieux seuls connoissent ces dou-
ceurs.
C'est ainsi qu'Adonis au mystere au silence
Consioit tour à tour ses plaisirs, ses douleurs;
Et sa discrétion égale à sa constance
Méritoient de Cypris les plus tendres faveurs.
La Gréce a publié dans ses fastes menteurs
Que du Ciel autrefois chassé par la Folie
Apollon fut Berger aux champs de Thessalie
Mais j'ai sçu le secret. Son cour trop généreux
Voyant avec pitié nos erreurs, nos chiméres
Nos plaisirs languissans, nos chagrins volontaires
Vint apprendre aux mortels l'art divin d'erte heu-
reux.
Athénes l'attira par sa magnificence,
D'abord elle offrit à ses yeux
Le Temple des Beaux Aits enfans de l'abondance
BAti par le bon goût qui veille à leur deffense;
Mais le Palais brillant de la Frivolité,
Elevé par la Mode & par la Nouveauté
oog
118 MERCURE DEFRANCE.
Eblouit tous les yeux, obtient tous les hommages
Le Dieu voit confondus les fols & les faux sages
Pleins d'yvresse & d'ennui, vains, rampans &
jaloux
Se cherchant, se craignant, & se méptisans tous;
En vain il prodiguoit les trésors du génie
Envain du tendre amour il chantoit les appas,
Le p euple l'écoutoit & ne l'entendoit pas,
Les Dévots frémissoient; la bonne compagnie
Siffloit ses sentimens, ses vers, son harmonie;
Sa douceur étoit fade, & ses tons excedans
Son étiquette antique & ses propos pédans . ..
„ Laissons ces insensés, dit Phébus en colere,
„Leur mépris mutuel est leur digne salaire.
Il s'envole à l'instant vers ces bords enchantés
Que Penée enrichit de ses flots argentés.
Les arbres, les rochers accourent pour l'enten-
dre
Aux vœux d'un digne Amant Lise n'osoit se
rendre
Elle vit Apollon: elle lui dit un jour,
„ Que faites vous là haut dans ce brillant séjour ?
»Quels y sont vos plaisirs : Je ne puis les com-
„prendre
Apollon répondit avec un souris tendre
i Nous aimons, & peut-on être heureux sans
„ l'amour?
»C'est lui qui fait couler dans notre ame ravie
AVRIL. 1752.
119
» Les sources de bonheur & celles de la vie;
„Je viens vous départir des dons si précieux
» Aimez-vous, mes enfans, & vous êtes des
» Dieux
„ Quoi! N'entendez-vous pas la voix de la Na-
»tuxe
„Qui de vos préjugés condamne l'imposture !
» Ah! Que l'amour sur vous épuise tous ses traitsl
„Que feriez-vous, jeune Bergere,
»De votre cœeur, de vos attraits
„ Si vous ne connoissiez jamais
„ La douceur d'aimer & de plaire.
.
Prositons des conseils d'un Dieu qui nous instruit,
Et qui vers le bonheur par la main nous conduit.
Suivons des vrais Amans cet illustre modele,
Pétraque qui rendit son Amante immortelle
Par ses vers & ses feux constans.
Envain le tems jaloux avec sa faulx cruelle,
Avoit cru moissonner leurs plaisirs ravissans,
Leurs vœux toujours comblés & toujours renais-
sans
Près d'une Vaucluse nouvelle
Aux Champs Elysiens, Venus & les Amours
Ont réuni Pétraque à sa divine Laure;
Ils se revoyent tous les jours
Plus charmans, plus tendres encore;
Sous l'ombrage délicieux
D'un bois de Myrthe & d'Amaranthe,
. . .. .
..)
120 MERCURE DE FRANCE.
Ils cueuillent les fruits précieux
De cette ardeur persévérante
Qui les rendit égaux aux Dieux:
Toi que la mort frappa de son dard exécrable
Dans les bras des plaisirs, dans le sein adorable
De la jeunesse & de l'amour
Tendre & charmante Eglé, qui renais chaque
jour
Au fond d'un cœur inconsolable
Seul digne de t'aimer, sans espoir de retour
Vois l'Amour qui s'envole au Temple de Mémoire
Qui grave en traits de feu tes graces, ta vertu»
Et qui dit en pleurant hélas! elle a vécu
Trop peu pour ses amis, mais assez pour sa gloire.
Si dix ans de fureur, de haine ou de victoire
Ont du fier meurtrier d'Hector
A la carriere de Nestor
Egalé la vie immortelle
Combien douze ans d'amour, d'amitié de plaisirs
Doivent rendre la tienne & plus pleine & plus
belle !
Loin de nous ces Mortels sans ame, sans désirs,
Croupis dans le bourbier d'une morne indolence
Du néant au sommeil (vaine ombre d'existence
Du sommeil au néant transportés tour à tour,
Nourris d'absurdités, engraissés d'ignorance
Ils végetent cent ans, mais vivent-ils un jour ?
Non la vie est dans l'ame, & l'ame n'est qu'amour
Cependant
as O
AVRIL. 1752. 121
Cependant, vils jouets d'un sort toujours bar,
bare.
Nous voulons nous unir, & l'erreur nous sépare
La mort brise nos noeuds, & l'absence & le tems,
Nous font mourirencore au coeur de nos amans:
Ah ! sans doute il faudroit voir toujours ce qu'on
aime
s'enyvrer à longs traits de ce bonheur suprême
En pénétrer son ame, en assouvir ces yeux
Et par un goût industrieux,
Toujours vif & toujours durable,
Aiguiser chaque jour les traits délicieux
De cette joye inaltérable !
Mais. .. ò misere humaine! ô destin déplorable
Helas ! des vrais plaisirs la source intarissable
Ne fut découverte qu'aux Dieux:
Cessons pourtant d'être envieux
De leur joye éternelle & de leur gloire extrême;
Il est un bien plus précieux
Que leur immortalité même,
C'est celui d'expirer d'un transport amoureux
Dans les bras de l'objet qu'on aime.
GAILLARD.
SUR LE PLAISIR D'AIMER.
OUI, malgré la rigueur & le poids de ses
chaînes,
Les plaisirs de l'Amour surpassent bien ses peines;
Si sur des coeurs cruels, tyran impétueux
Il lance avec fureur des traits cruels comme eux
Monarque bien-faisant des ames généreuses,
La loi qu'il leur impose est celle d'être heureuses.
Frivoles habitans des Cités & des Cours
Colifichets brillans formés pour les Amours
Mais dont le cour, n'apporte aux jardins de Cy-
there
AVRIL. 1752.
115
Que le godt de l'intrigue & la fureur de plaire,
Vous ignorez encor les charmes du vrai bien;
La Mode est votre Dien, l'Amour seul est le mien,
Doux & terrible enfant, ton empire adorable
A fixé dans mon corur son trône inébranlable:
Tu sçais si j'en suis digne, & s'il est sous ta loi
Un sujet plus sidele & plus tendre que moi.
Trop heureux qui connoît ces langueurs innéfa-
bles,
Ces désirs inquiets, ces mouvemens aimables
Nectar délicieux des esprits & des cours:
Les larmes des amans ont pour eux des douceurs,
Leurs plaisirs sont inexprimables
La Volupté pour eux naît du sein des douleurs.
Si du destin jaloux l'autorité sévere
El oigne d'Adonis la Reine de Cythere,
Les plaisirs du retour en seront plus touchans.
»Comme on voit en un jour d'automne & de
» primtems.
»Les brouillards élancés du sein de Vallombreuse,
»Elever jusqu'aux cieux leur vapeur ténébreuse.
» Et briser du soleil les rayons amortis;
»Si, prête à se plonger dans le lit de Thetis
»De ses voiles affreux sa splendeur dégagée
»Console d'un regard la nature affligée,
„Tout renaît, tout s'anime. Acanthis par ses
»chants
»Rend le plus tendre hommage à ses seux écla-
»» taus:
116 MERCURE DE FRANCE.
„ Les ruisseaux sont plus purs, les feuillages plus
„ sombres
»Redoublent leur fraîcheur, leur verdure & leurs
» ombres:
» Les parfums les plus doux, de la terre exhalés
„ Rappellent dans nos bois les amours envolés,
» Zephir caresse Flore avec plus de tendresse;
»Les Nymphes, les Sylvaine, dans une douce
»yvresse,
»Unissant leurs transports goûtent mille douceurs,
„Lès gazons sous leurs pas se tapissent de fleurs
„ La rose ouvre son sein, pleine d'impatience
»Tel après les horreurs d'une creelle absence
nA l'aspect de Cypris, s'élançant du tombean,
„Mon cœeur épanoui reçoit un nouvel être;
„ Dans ses yeux adorés mon amour voit renaître
„ Un nouvel univers & plus noble & p lus beau;
„Otransports! 6 plaisirs, ó suprême puissance !
„O combien la tendresse augmente l'existence !
„Déserts où j'ai passé les plus beaux de mes jours,
„ Doux & discrets témoins du plus pur des amours,
„ Beaux lieux, où de Cloris la grace enchante-
„ resse
o Plongea mes sens ravis dans des torrens d'y-
vresse
» Que pour moi votre aspect a des charmes puil-
„ sans !
„ Dans quel souvenir tendre il égare mes sens !
»Là, d'un soupir flatteur qui pénétra mon ame
Digsirad v L0O
AVRIL.
1752.
117
„L'adorable Cloris daigna payer ma flamme
»Ici, ses yeux divins partageant ma langueur
»Me disoient (si j'entend leur langage enchan,
„teur)
„ Aimez-moi, mais soyez fidelle.
» Ciel! avec quels transports tous mes vœeux,
„tout mon coeur
» Lui juroient une ardeur toujours vive & nou-
„velle
„ Sans doute les Dieux seuls connoissent ces dou-
ceurs.
C'est ainsi qu'Adonis au mystere au silence
Consioit tour à tour ses plaisirs, ses douleurs;
Et sa discrétion égale à sa constance
Méritoient de Cypris les plus tendres faveurs.
La Gréce a publié dans ses fastes menteurs
Que du Ciel autrefois chassé par la Folie
Apollon fut Berger aux champs de Thessalie
Mais j'ai sçu le secret. Son cour trop généreux
Voyant avec pitié nos erreurs, nos chiméres
Nos plaisirs languissans, nos chagrins volontaires
Vint apprendre aux mortels l'art divin d'erte heu-
reux.
Athénes l'attira par sa magnificence,
D'abord elle offrit à ses yeux
Le Temple des Beaux Aits enfans de l'abondance
BAti par le bon goût qui veille à leur deffense;
Mais le Palais brillant de la Frivolité,
Elevé par la Mode & par la Nouveauté
oog
118 MERCURE DEFRANCE.
Eblouit tous les yeux, obtient tous les hommages
Le Dieu voit confondus les fols & les faux sages
Pleins d'yvresse & d'ennui, vains, rampans &
jaloux
Se cherchant, se craignant, & se méptisans tous;
En vain il prodiguoit les trésors du génie
Envain du tendre amour il chantoit les appas,
Le p euple l'écoutoit & ne l'entendoit pas,
Les Dévots frémissoient; la bonne compagnie
Siffloit ses sentimens, ses vers, son harmonie;
Sa douceur étoit fade, & ses tons excedans
Son étiquette antique & ses propos pédans . ..
„ Laissons ces insensés, dit Phébus en colere,
„Leur mépris mutuel est leur digne salaire.
Il s'envole à l'instant vers ces bords enchantés
Que Penée enrichit de ses flots argentés.
Les arbres, les rochers accourent pour l'enten-
dre
Aux vœux d'un digne Amant Lise n'osoit se
rendre
Elle vit Apollon: elle lui dit un jour,
„ Que faites vous là haut dans ce brillant séjour ?
»Quels y sont vos plaisirs : Je ne puis les com-
„prendre
Apollon répondit avec un souris tendre
i Nous aimons, & peut-on être heureux sans
„ l'amour?
»C'est lui qui fait couler dans notre ame ravie
AVRIL. 1752.
119
» Les sources de bonheur & celles de la vie;
„Je viens vous départir des dons si précieux
» Aimez-vous, mes enfans, & vous êtes des
» Dieux
„ Quoi! N'entendez-vous pas la voix de la Na-
»tuxe
„Qui de vos préjugés condamne l'imposture !
» Ah! Que l'amour sur vous épuise tous ses traitsl
„Que feriez-vous, jeune Bergere,
»De votre cœeur, de vos attraits
„ Si vous ne connoissiez jamais
„ La douceur d'aimer & de plaire.
.
Prositons des conseils d'un Dieu qui nous instruit,
Et qui vers le bonheur par la main nous conduit.
Suivons des vrais Amans cet illustre modele,
Pétraque qui rendit son Amante immortelle
Par ses vers & ses feux constans.
Envain le tems jaloux avec sa faulx cruelle,
Avoit cru moissonner leurs plaisirs ravissans,
Leurs vœux toujours comblés & toujours renais-
sans
Près d'une Vaucluse nouvelle
Aux Champs Elysiens, Venus & les Amours
Ont réuni Pétraque à sa divine Laure;
Ils se revoyent tous les jours
Plus charmans, plus tendres encore;
Sous l'ombrage délicieux
D'un bois de Myrthe & d'Amaranthe,
. . .. .
..)
120 MERCURE DE FRANCE.
Ils cueuillent les fruits précieux
De cette ardeur persévérante
Qui les rendit égaux aux Dieux:
Toi que la mort frappa de son dard exécrable
Dans les bras des plaisirs, dans le sein adorable
De la jeunesse & de l'amour
Tendre & charmante Eglé, qui renais chaque
jour
Au fond d'un cœur inconsolable
Seul digne de t'aimer, sans espoir de retour
Vois l'Amour qui s'envole au Temple de Mémoire
Qui grave en traits de feu tes graces, ta vertu»
Et qui dit en pleurant hélas! elle a vécu
Trop peu pour ses amis, mais assez pour sa gloire.
Si dix ans de fureur, de haine ou de victoire
Ont du fier meurtrier d'Hector
A la carriere de Nestor
Egalé la vie immortelle
Combien douze ans d'amour, d'amitié de plaisirs
Doivent rendre la tienne & plus pleine & plus
belle !
Loin de nous ces Mortels sans ame, sans désirs,
Croupis dans le bourbier d'une morne indolence
Du néant au sommeil (vaine ombre d'existence
Du sommeil au néant transportés tour à tour,
Nourris d'absurdités, engraissés d'ignorance
Ils végetent cent ans, mais vivent-ils un jour ?
Non la vie est dans l'ame, & l'ame n'est qu'amour
Cependant
as O
AVRIL. 1752. 121
Cependant, vils jouets d'un sort toujours bar,
bare.
Nous voulons nous unir, & l'erreur nous sépare
La mort brise nos noeuds, & l'absence & le tems,
Nous font mourirencore au coeur de nos amans:
Ah ! sans doute il faudroit voir toujours ce qu'on
aime
s'enyvrer à longs traits de ce bonheur suprême
En pénétrer son ame, en assouvir ces yeux
Et par un goût industrieux,
Toujours vif & toujours durable,
Aiguiser chaque jour les traits délicieux
De cette joye inaltérable !
Mais. .. ò misere humaine! ô destin déplorable
Helas ! des vrais plaisirs la source intarissable
Ne fut découverte qu'aux Dieux:
Cessons pourtant d'être envieux
De leur joye éternelle & de leur gloire extrême;
Il est un bien plus précieux
Que leur immortalité même,
C'est celui d'expirer d'un transport amoureux
Dans les bras de l'objet qu'on aime.
GAILLARD.
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Résumé : DISCOURS EN VERS, SUR LE PLAISIR D'AIMER.
Le poème 'Discours en vers, Sur le plaisir d'aimer', publié en avril 1752, met en avant les plaisirs de l'amour, considérés comme supérieurs à ses peines. L'amour est présenté comme un monarque bienveillant pour les âmes nobles, imposant une loi de bonheur. Le poète critique les habitants des villes et des cours, qui privilégient la mode aux véritables charmes de l'amour. Il célèbre les douceurs de l'amour, même dans les moments de tristesse des amants, et compare ses plaisirs à la renaissance de la nature après une période sombre. Le texte évoque des souvenirs tendres liés à une personne nommée Cloris et affirme une ardeur éternelle. Apollon, déçu par la folie humaine, enseigne l'art de devenir heureux à travers l'amour, illustré par son dialogue avec une bergère nommée Lise. Le poème conclut en exhortant à suivre l'exemple des vrais amants, comme Pétrarque, et à écouter les conseils d'Apollon. Il célèbre l'amour immortel entre Pétrarque et Laure, réunis dans les Champs Élyséens malgré la mort. Le poète exprime sa douleur face à la perte de sa bien-aimée, Églé, soulignant que douze ans d'amour enrichissent la vie. Il critique ceux qui vivent sans désir ni passion et déplore les obstacles séparant les amants, tels que la mort et l'absence. Selon lui, le plus grand bonheur est de mourir dans les bras de l'être aimé.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4698
p. 123
ENIGME.
Début :
J'ai des milliers de soeurs, je suis en tous pays, [...]
Mots clefs :
Aiguille
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texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGM E.
A 1 des milliers de foeurs , je fuis en tous pays ,
Lecteur tu nous connois , notre emploi n'eft pas
rare.
Tu fçais que de nos jours l'Auteur dur & barbare
Nous habillant en bleu , va nous vendre à vil prix :
Efclavage cruel ! qui peut nombrer nos maîtres ?
Sur le champ au travail nos momens font foumis ,
On nous garde de près ; ainfique pour les traîtres;
La prifon eft pour nous le lieu le plus heureux .
Nous ne voyons le jour que pour notre infortune ;
Pour faire notre ouvrage , ô fort malencontreux !
Il faut que l'on nous mette une chaîne importune ,
Qui par tout nous pourſuit , & ce n'eft qu'à la fin
Qu'un inftant de repos vange notre esclavage ,
Pliants fous les travaux , mes foeurs de leur deftia
Terminent la carriere , & par leur propre ouvrage
Quelques- unes par fois le font décapiter.
Fuyez notre couroux , imprudente jeuneffe ,
Votre fang innocent pourroit feul vous vanger ,
Des maux que vos pareils font à notre foibleffe.
REGNARD , Lieutenant au Régiment
de Saintonge.
A 1 des milliers de foeurs , je fuis en tous pays ,
Lecteur tu nous connois , notre emploi n'eft pas
rare.
Tu fçais que de nos jours l'Auteur dur & barbare
Nous habillant en bleu , va nous vendre à vil prix :
Efclavage cruel ! qui peut nombrer nos maîtres ?
Sur le champ au travail nos momens font foumis ,
On nous garde de près ; ainfique pour les traîtres;
La prifon eft pour nous le lieu le plus heureux .
Nous ne voyons le jour que pour notre infortune ;
Pour faire notre ouvrage , ô fort malencontreux !
Il faut que l'on nous mette une chaîne importune ,
Qui par tout nous pourſuit , & ce n'eft qu'à la fin
Qu'un inftant de repos vange notre esclavage ,
Pliants fous les travaux , mes foeurs de leur deftia
Terminent la carriere , & par leur propre ouvrage
Quelques- unes par fois le font décapiter.
Fuyez notre couroux , imprudente jeuneffe ,
Votre fang innocent pourroit feul vous vanger ,
Des maux que vos pareils font à notre foibleffe.
REGNARD , Lieutenant au Régiment
de Saintonge.
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4699
p. 124
AUTRE.
Début :
Aux Ministres Chrétiens j'offre un rare tableau. [...]
Mots clefs :
Cloche
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texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTR E.
Ux Miniftres Chrétiens j'offre un fare tableau
.
J'ai reçu le Baptême , & j'ai quitté la terre ;
Du culte du vrai Dieu j'inftruis tout fon troupeau ;
De la Religion mieux qu'un Miffionnaire
J'annonce les grandeurs , je t'appelle au tombeau
Pour tes befoins j'implore un fecours falutaire ;
Tu me maudis fouvent , & par un fort nouveau
Je parle également aux Rois comme au vulgaire.
Par le même.
Ux Miniftres Chrétiens j'offre un fare tableau
.
J'ai reçu le Baptême , & j'ai quitté la terre ;
Du culte du vrai Dieu j'inftruis tout fon troupeau ;
De la Religion mieux qu'un Miffionnaire
J'annonce les grandeurs , je t'appelle au tombeau
Pour tes befoins j'implore un fecours falutaire ;
Tu me maudis fouvent , & par un fort nouveau
Je parle également aux Rois comme au vulgaire.
Par le même.
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4700
p. 124-125
LOGOGRIPHE.
Début :
Je suis à tout le monde utile à la toilette, [...]
Mots clefs :
Papillote
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texteReconnaissance textuelle : LOGOGRIPHE.
LOGOGRIPHE
,
E fuis à tout le monde utile à la toilette ,
Quelquefois néceffaire à plufieurs tous les jours
La parure , Lecteur , emprunte mon fecours ,
Et peut -être à préfent l'on me voit à la tête.
Mon tout eft compofé de neuf pieds ſeulement .
Amufe- toi , tourne- les , & combinne ,
Auffi-tôt dans la Paleſtine
Tu découvriras aisément
Près de Jerufalem une ville placée
Et qu'on dit par Japhet avoir été fondée ....
Son Evêque , Lecteur , eft un Moine Français,
AVRIL. 1752 . 125
Tu dois auffi trouver un grand Auteur Anglais.. ,
Un poiffon délicat qu'on pêche dans la Saône...
Ce qu'à fon jeune enfant une Nourrice donnne.
Une ventofité , qui d'un fale conduit
Se fait fentir , entendre , en fortant avec bruit....
Un oiſeau fort criard. . . Un terme anatomique..
Un poiffon que l'on voit dans les mers d'Amérique
Qui par fa forme égale un maquereau ,
Et qui juſqu'au port fuit toujours un vaiſſeau.
§ 7 & 4 aprés , c'est moi qui juge en France....
23 & 8 ,je fuis ville de la Provence ...
245 & 9 le foutien d'un oiſeau.
12 3 & 9 , le Prince & le Chef de l'Eglife... ୨
874 59, fans moi point de chemiſe..
6 avec 7. plus 8 , j'arrofe l'Agenois . ...
52 4 avant 9 , on me craint dans les bois..
On chaffe mes petits , quelquefois on m'y laiſſe.
1 2 5.9 &.8 , je fuis jeu de jufteffe ....
Je finis , cher Lecteur , voici le trait dernier.
Retranche 1 2 & 5 , je fuis un Officier ,
Qui fçais dans un gros tems de tempête & d'orage
Garentir par mon art un vaiffeau du naufrage.
Par M. de MONTPELLIER.
,
E fuis à tout le monde utile à la toilette ,
Quelquefois néceffaire à plufieurs tous les jours
La parure , Lecteur , emprunte mon fecours ,
Et peut -être à préfent l'on me voit à la tête.
Mon tout eft compofé de neuf pieds ſeulement .
Amufe- toi , tourne- les , & combinne ,
Auffi-tôt dans la Paleſtine
Tu découvriras aisément
Près de Jerufalem une ville placée
Et qu'on dit par Japhet avoir été fondée ....
Son Evêque , Lecteur , eft un Moine Français,
AVRIL. 1752 . 125
Tu dois auffi trouver un grand Auteur Anglais.. ,
Un poiffon délicat qu'on pêche dans la Saône...
Ce qu'à fon jeune enfant une Nourrice donnne.
Une ventofité , qui d'un fale conduit
Se fait fentir , entendre , en fortant avec bruit....
Un oiſeau fort criard. . . Un terme anatomique..
Un poiffon que l'on voit dans les mers d'Amérique
Qui par fa forme égale un maquereau ,
Et qui juſqu'au port fuit toujours un vaiſſeau.
§ 7 & 4 aprés , c'est moi qui juge en France....
23 & 8 ,je fuis ville de la Provence ...
245 & 9 le foutien d'un oiſeau.
12 3 & 9 , le Prince & le Chef de l'Eglife... ୨
874 59, fans moi point de chemiſe..
6 avec 7. plus 8 , j'arrofe l'Agenois . ...
52 4 avant 9 , on me craint dans les bois..
On chaffe mes petits , quelquefois on m'y laiſſe.
1 2 5.9 &.8 , je fuis jeu de jufteffe ....
Je finis , cher Lecteur , voici le trait dernier.
Retranche 1 2 & 5 , je fuis un Officier ,
Qui fçais dans un gros tems de tempête & d'orage
Garentir par mon art un vaiffeau du naufrage.
Par M. de MONTPELLIER.
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