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1
p. 140-144
« ETAT DU CIEL, pour l'an de grace 1755, calculé sur les principes de [...] »
Début :
ETAT DU CIEL, pour l'an de grace 1755, calculé sur les principes de [...]
Mots clefs :
Calculs, Newton, Navigateur, Méridien, Observations, Mouvements
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texteReconnaissance textuelle : « ETAT DU CIEL, pour l'an de grace 1755, calculé sur les principes de [...] »
TAT DU CIEL , pour l'an de grace
1755 , calculé fur les principes de
Newton , & rapporté à l'ufage de la mari .
ne ; par A. G. Pingré , Chanoine Régulier
de Ste Geneviève , correfpondant de l'Académie
royale des Sciences , Affocié de
celle de Rouen. A Paris , chez Durand ,
rue Saint Jacques , au Griffon ; & Piffot ,
quai de Conti , à la Sageffe .
pu-
L'accueil que le public éclairé a fait à
l'Etat du Ciel de 1754 , n'a point été le
fruit de la faveur ou de la prévention . On
defiroit depuis long- tems en France un
ouvrage de cette efpéce ; mais la longueur
& la difficulté des calculs ralentiffoient le
zéle de ceux qui pouvoient l'entrepren
dre. Le defir de contribuer à l'utilité
blique l'a enfin emporté fur la féchereſſe
pénible d'une multitude de calculs embarraffans.
On a vû en France un Etat du ciel ,
où les mouvemens céleftes étoient déterminés
fur les principes les plus certains ,
fur les tables les plus parfaites. On paroiffoit
fatisfait. M. Pingré , auteur de l'ouvrage
, ne l'a point été ; il a fenti que fon
travail étoit fufceptible d'une perfection
FEVRIER. 1755. 14!
plus grande : il n'a point voulu qu'on pût
lui reprocher qu'il ne fervoit le public
qu'à demi . On peut dire que l'Etat du ciel
de 1755 eft beaucoup plus fupérieur à celui
de l'année précédente que celui- ci ne
l'étoit à l'égard de tous les ouvrages de
cette efpéce qui avoient paru jufqu'alors .
M. P. avertiffoit l'année derniere , dans
fa préface , que pour diminuer l'ennui &
la prolixité des calculs , il s'étoit fouvent
fervi de méthodes d'approximation qu'il
s'étoit faites pour lui-même. Il a maintenant
abandonné toutes ces méthodes ; tout
eft calculé en rigueur , & aucune addition
, aucune fouftraction , aucune autre
regle d'arithmétique n'a été employée ;
dont la preuve n'ait été faite .
Les mouvemens de la lune font ici les
plus effentiels , puifque c'eft d'eux principalement
que dépend la connoiffance des
longitudes fur mer ; ils n'étoient calculés -
en 1754 qu'en dégrés & minutes ; en
1755 la précifion va jufqu'aux fecondes.
Il ne peut y avoir d'autre erreur , dit l'auteur
, que celles qui auront été occafionnées
par des fractions de fecondes , négligées
dans les différentes équations. Ces
erreurs montent donc quelquefois à deux
ou trois fecondes au plus. Nous n'étions
pas encore accoutumés à des calculs d'une
142 MERCURE DE FRANCE.
telle précifion . Puiffent les navigateurs en
recueillir les fruits que l'Auteur , en déterminant
avec toute la précifion poffible les
principales limites de la terre & de la mer ,
fe propofe de leur procurer ! Pour ce qui
regarde le paffage de la lune au méridien ,
foit fur l'horizon , foit au - deffous , il n'y a
nulle part une feconde d'erreur .
Les éclipfes font annoncées ici avec toute
l'exactitude dont ces fortes de prédictions
font fufceptibles . Avant que de les
calculer , M. P. a corrigé l'erreur des tables
, tant en longitude qu'en latitude , fur
des obfervations correfpondantes.
Pour que les navigateurs puiffent retirer
de cet ouvrage toute l'utilité poffible
, la déclinaifon de la lune eft içi calculée
de douze en douze heures ; à l'afcenfion
droite du même aftre , on a fubftitué
fon angle horaire , calculé pareillement
pour les heures de midi & de minuit
, méridien de Paris ; cet angle eft celui
que fait le cercle de déclinaifon de la
lune avec le méridien. Enfin à côté de
tous les élémens de la lune on a ajouté les
mouvemens horaires correfpondans. C'étoit
, fans contredit , la meilleure méthode
que l'Auteur pût employer pour remplir
parfaitement fon objet , c'eft- à -dire
pour rendre fon ouvrage d'un uſage abſólument
général .
FEVRIER. 1755. 143
Dans les explications que donne M. P.
pour l'ufage de fes calculs & de fes tables ,
on trouve une méthode pour conclure fur
mer la longitude du vaiffeau , d'une feule
obfervation de la hauteur de la lune fur
l'horizon * .
On fçait que la bonté des méthodes
qu'on propofe aux navigateurs , dépend , &
du petit nombre d'obfervations qu'il faut
faire , & de la facilité des calculs qu'il
faut employer. Ajoutons encore à cela ,
qu'une méthode eft d'autant meilleure
que les opérations qu'on y propofe fe peuvent
réitérer plus fréquemment . Or il ne
paroît pas douteux que par rapport à la
réunion de ces trois conditions , la méthode
de M. Pingré ne foit préférable à
toutes celles qui ont paru jufqu'à préfent ;
elle n'exige qu'une feule obfervation . Les
calculs qui doivent fuivre l'obfervation , paroiffent
à la portée de tout le monde . Enfin
l'obfervation requife peut fe faire tous les
jours & à toute heure , pourvu que la lune
Les latitudes ne peuvent être conclues que
de l'obfervation des hauteurs. Il eft donc naturel
d'y rapporter auffi les longitudes , d'autant plus
que ces obfervations peuvent fe faire aujourd'hui
avec un inftrument d'un ufage très- facile
indépendant du mouvement du vaiffeau. Voyez le
Voyage au nord , par M. l'Abbé Outkier.
> &
144 MERCURE DE FRANCE.
foit fur l'horizon , & qu'elle ne foit pas
trop voifine du foleil ou du méridien .
Nous n'entrerons pas plus avant dans
les détails curieux & inftructifs que renferme
cet ouvrage ; c'eſt au Public , &
principalement à M M. de la Marine &
aux Aftronomes , à juger de fon utilité : il
eft d'ailleurs fort bien exécuté.
1755 , calculé fur les principes de
Newton , & rapporté à l'ufage de la mari .
ne ; par A. G. Pingré , Chanoine Régulier
de Ste Geneviève , correfpondant de l'Académie
royale des Sciences , Affocié de
celle de Rouen. A Paris , chez Durand ,
rue Saint Jacques , au Griffon ; & Piffot ,
quai de Conti , à la Sageffe .
pu-
L'accueil que le public éclairé a fait à
l'Etat du Ciel de 1754 , n'a point été le
fruit de la faveur ou de la prévention . On
defiroit depuis long- tems en France un
ouvrage de cette efpéce ; mais la longueur
& la difficulté des calculs ralentiffoient le
zéle de ceux qui pouvoient l'entrepren
dre. Le defir de contribuer à l'utilité
blique l'a enfin emporté fur la féchereſſe
pénible d'une multitude de calculs embarraffans.
On a vû en France un Etat du ciel ,
où les mouvemens céleftes étoient déterminés
fur les principes les plus certains ,
fur les tables les plus parfaites. On paroiffoit
fatisfait. M. Pingré , auteur de l'ouvrage
, ne l'a point été ; il a fenti que fon
travail étoit fufceptible d'une perfection
FEVRIER. 1755. 14!
plus grande : il n'a point voulu qu'on pût
lui reprocher qu'il ne fervoit le public
qu'à demi . On peut dire que l'Etat du ciel
de 1755 eft beaucoup plus fupérieur à celui
de l'année précédente que celui- ci ne
l'étoit à l'égard de tous les ouvrages de
cette efpéce qui avoient paru jufqu'alors .
M. P. avertiffoit l'année derniere , dans
fa préface , que pour diminuer l'ennui &
la prolixité des calculs , il s'étoit fouvent
fervi de méthodes d'approximation qu'il
s'étoit faites pour lui-même. Il a maintenant
abandonné toutes ces méthodes ; tout
eft calculé en rigueur , & aucune addition
, aucune fouftraction , aucune autre
regle d'arithmétique n'a été employée ;
dont la preuve n'ait été faite .
Les mouvemens de la lune font ici les
plus effentiels , puifque c'eft d'eux principalement
que dépend la connoiffance des
longitudes fur mer ; ils n'étoient calculés -
en 1754 qu'en dégrés & minutes ; en
1755 la précifion va jufqu'aux fecondes.
Il ne peut y avoir d'autre erreur , dit l'auteur
, que celles qui auront été occafionnées
par des fractions de fecondes , négligées
dans les différentes équations. Ces
erreurs montent donc quelquefois à deux
ou trois fecondes au plus. Nous n'étions
pas encore accoutumés à des calculs d'une
142 MERCURE DE FRANCE.
telle précifion . Puiffent les navigateurs en
recueillir les fruits que l'Auteur , en déterminant
avec toute la précifion poffible les
principales limites de la terre & de la mer ,
fe propofe de leur procurer ! Pour ce qui
regarde le paffage de la lune au méridien ,
foit fur l'horizon , foit au - deffous , il n'y a
nulle part une feconde d'erreur .
Les éclipfes font annoncées ici avec toute
l'exactitude dont ces fortes de prédictions
font fufceptibles . Avant que de les
calculer , M. P. a corrigé l'erreur des tables
, tant en longitude qu'en latitude , fur
des obfervations correfpondantes.
Pour que les navigateurs puiffent retirer
de cet ouvrage toute l'utilité poffible
, la déclinaifon de la lune eft içi calculée
de douze en douze heures ; à l'afcenfion
droite du même aftre , on a fubftitué
fon angle horaire , calculé pareillement
pour les heures de midi & de minuit
, méridien de Paris ; cet angle eft celui
que fait le cercle de déclinaifon de la
lune avec le méridien. Enfin à côté de
tous les élémens de la lune on a ajouté les
mouvemens horaires correfpondans. C'étoit
, fans contredit , la meilleure méthode
que l'Auteur pût employer pour remplir
parfaitement fon objet , c'eft- à -dire
pour rendre fon ouvrage d'un uſage abſólument
général .
FEVRIER. 1755. 143
Dans les explications que donne M. P.
pour l'ufage de fes calculs & de fes tables ,
on trouve une méthode pour conclure fur
mer la longitude du vaiffeau , d'une feule
obfervation de la hauteur de la lune fur
l'horizon * .
On fçait que la bonté des méthodes
qu'on propofe aux navigateurs , dépend , &
du petit nombre d'obfervations qu'il faut
faire , & de la facilité des calculs qu'il
faut employer. Ajoutons encore à cela ,
qu'une méthode eft d'autant meilleure
que les opérations qu'on y propofe fe peuvent
réitérer plus fréquemment . Or il ne
paroît pas douteux que par rapport à la
réunion de ces trois conditions , la méthode
de M. Pingré ne foit préférable à
toutes celles qui ont paru jufqu'à préfent ;
elle n'exige qu'une feule obfervation . Les
calculs qui doivent fuivre l'obfervation , paroiffent
à la portée de tout le monde . Enfin
l'obfervation requife peut fe faire tous les
jours & à toute heure , pourvu que la lune
Les latitudes ne peuvent être conclues que
de l'obfervation des hauteurs. Il eft donc naturel
d'y rapporter auffi les longitudes , d'autant plus
que ces obfervations peuvent fe faire aujourd'hui
avec un inftrument d'un ufage très- facile
indépendant du mouvement du vaiffeau. Voyez le
Voyage au nord , par M. l'Abbé Outkier.
> &
144 MERCURE DE FRANCE.
foit fur l'horizon , & qu'elle ne foit pas
trop voifine du foleil ou du méridien .
Nous n'entrerons pas plus avant dans
les détails curieux & inftructifs que renferme
cet ouvrage ; c'eſt au Public , &
principalement à M M. de la Marine &
aux Aftronomes , à juger de fon utilité : il
eft d'ailleurs fort bien exécuté.
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Résumé : « ETAT DU CIEL, pour l'an de grace 1755, calculé sur les principes de [...] »
Le texte présente l'ouvrage 'État du Ciel pour l'an de grâce 1755' rédigé par A. G. Pingré, chanoine régulier de Sainte-Geneviève et correspondant de l'Académie royale des Sciences. Cet ouvrage, basé sur les principes de Newton, est destiné à la navigation maritime et a été bien accueilli par le public éclairé en France. Pingré a amélioré son travail par rapport à l'édition de 1754 en abandonnant les méthodes d'approximation pour des calculs rigoureux. Les mouvements de la Lune, cruciaux pour la détermination des longitudes en mer, sont calculés avec une précision accrue, allant jusqu'aux secondes. Les éclipses sont annoncées avec exactitude après correction des erreurs des tables observées. Pour les navigateurs, la déclinaison de la Lune est calculée toutes les douze heures, avec les mouvements horaires correspondants ajoutés. Pingré propose une méthode pour déterminer la longitude d'un vaisseau à partir d'une seule observation de la hauteur de la Lune sur l'horizon, jugée préférable pour sa simplicité et sa fréquence d'application. Le texte souligne l'utilité de l'ouvrage pour la marine et les astronomes.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 209-210
ECOLE LATINE & GRECQUE, où l'on enseigne les Langues Françoise, Italienne, Espagnolle, Angloise & Allemande.
Début :
L'Abbé Chocquart, par une longue étude de tout ce qui peut abréger l'éducation morale [...]
Mots clefs :
Essais, Amour, Expérience, Étude, Leçon, Exercices, Attention, Langues, Calculs, Géographie et histoire, Maîtres
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ECOLE LATINE & GRECQUE, où l'on enseigne les Langues Françoise, Italienne, Espagnolle, Angloise & Allemande.
ECOLE LATINE & GRECQUE , où l'on enfeigne
les Langues Françoife , Italienne , Efpagnolle ,
Angleife & Allemande.
L'ABBÉ CHOCQUART , par une longue étude de
tout ce qui peut abréger l'éducation morale & politique
de l'homme par les différens Ellais qu'il a
faits fur les Éléves qu'il a formés , a trouvé le
moyen , d'ouvrir une route facile vers les Vertus &
les Sciences. La conduite que tenoient certains
Peuples pour rendre chez eux l'amour de la gloire .,
comme héréditaire , a facilité les recherches qu'il
a faites pour infpirer plus éfficacement à la jeunelfe
l'amour da vrai bien : & la Nature dont la marche
eft toujours heureuſe & rapide , lui fert de guide
dans les Belles- Lettres & les Beaux-Arts.Si l'enfant
fous les yeux de fa Nourrice , apprend fans peine
la langue qu'elle parle , pourquoi faudroit- il confacrer
tant d'années à l'ufage d'une langue fouvent
plus facile? Les oreilles ont elles plus d'eme
pire fur l'âme que les yeux ?
Convaincu d'ailleurs , par l'expérience , que rien
ne retarde tant nos études que le dégoût & l'ennui
qui les accompagnent ; il fait évanouir l'un & l'au
tre en diverfifiant tellement les execices de la
journée , qu'une leçon devient comme le télaffement
de celle qui l'a précédée. Les premieres heures
de l'une & l'autre partie du jour font données
aux études qui demandent le plus d'application :
des objets capables de réveiller l'attention leur
fuccédent & font eux-mêmes fuivis par des leçons
plus amufantes. Ainfi les Langues Latine &
Françoife , le Calcul Numérique , la Mufique &
tous les Exercices du Corps qui peuvent entrer
dans une éducation noble & polie , occupent
fucceffivement les matinées,
210 MERCURE DE FRANCE.
Après la récréation qui fuit le dîné , l'Algébre,
la Géométrie & les Fortifications fous une mêmě
marche ; les loix de l'Optique & le Deffein , les
proportions des Méchaniques démontrées conformesaur
Loix de l'Univers & aux expériences de
Phyfique la Géographie enfin & l'Hiftoire , réunies
par le moyen de Cartes pliées ; de forte que
les faits & les lieux le rappellent mutuellement
occupent toutes les heures de l'après-dîné.
Les leçons de Langue Françoife,d'Arithmétique,
de Géographie & d'Hiftoire , n'employant que fore
peu de tems dans le cours d'études , on donne les
heures qu'elles occupoient , aux Langues Allemande
, Italienne , Angloife ou Efpagnoles où l'on
s'occupe à des exercices Militaires , ou à conftruire
des Plans de Villes avec des piéces rapportées , ou
l'on s'exerce à des travaux du Tour , de la Linie,
& c. ou même à quelque fcience relative à l'état au
quel on eft deftiné .
L'ufage accompagnant partout la fpéculation ,
& l'Harmonie difpenfant tous les travaux , il eſt
facile de concevoir , combien les jeunes gens deviennent
avides de fçavoir & quelle doit être la
rapidité de leurs progrès.
Pour les Externes & tous ceux qui feront encore
dans le cas d'aller au College , on donnera des
leçons à part.
Les Maitres en chaque partie font tous des hommes
choifis & connus.
Les curieux trouveront auffi chez l'Abbé Chocquart
, des machines de Phyfique & furtout d'Optique.
Il demeure rue des SS . Peres , Fauxbourg S
Germain , vis- à- vis le Portail de la Charité , dans
un Hôtel où il y a un très-beau Jardin. La pen
fon alimentaire eft de soo liv..
les Langues Françoife , Italienne , Efpagnolle ,
Angleife & Allemande.
L'ABBÉ CHOCQUART , par une longue étude de
tout ce qui peut abréger l'éducation morale & politique
de l'homme par les différens Ellais qu'il a
faits fur les Éléves qu'il a formés , a trouvé le
moyen , d'ouvrir une route facile vers les Vertus &
les Sciences. La conduite que tenoient certains
Peuples pour rendre chez eux l'amour de la gloire .,
comme héréditaire , a facilité les recherches qu'il
a faites pour infpirer plus éfficacement à la jeunelfe
l'amour da vrai bien : & la Nature dont la marche
eft toujours heureuſe & rapide , lui fert de guide
dans les Belles- Lettres & les Beaux-Arts.Si l'enfant
fous les yeux de fa Nourrice , apprend fans peine
la langue qu'elle parle , pourquoi faudroit- il confacrer
tant d'années à l'ufage d'une langue fouvent
plus facile? Les oreilles ont elles plus d'eme
pire fur l'âme que les yeux ?
Convaincu d'ailleurs , par l'expérience , que rien
ne retarde tant nos études que le dégoût & l'ennui
qui les accompagnent ; il fait évanouir l'un & l'au
tre en diverfifiant tellement les execices de la
journée , qu'une leçon devient comme le télaffement
de celle qui l'a précédée. Les premieres heures
de l'une & l'autre partie du jour font données
aux études qui demandent le plus d'application :
des objets capables de réveiller l'attention leur
fuccédent & font eux-mêmes fuivis par des leçons
plus amufantes. Ainfi les Langues Latine &
Françoife , le Calcul Numérique , la Mufique &
tous les Exercices du Corps qui peuvent entrer
dans une éducation noble & polie , occupent
fucceffivement les matinées,
210 MERCURE DE FRANCE.
Après la récréation qui fuit le dîné , l'Algébre,
la Géométrie & les Fortifications fous une mêmě
marche ; les loix de l'Optique & le Deffein , les
proportions des Méchaniques démontrées conformesaur
Loix de l'Univers & aux expériences de
Phyfique la Géographie enfin & l'Hiftoire , réunies
par le moyen de Cartes pliées ; de forte que
les faits & les lieux le rappellent mutuellement
occupent toutes les heures de l'après-dîné.
Les leçons de Langue Françoife,d'Arithmétique,
de Géographie & d'Hiftoire , n'employant que fore
peu de tems dans le cours d'études , on donne les
heures qu'elles occupoient , aux Langues Allemande
, Italienne , Angloife ou Efpagnoles où l'on
s'occupe à des exercices Militaires , ou à conftruire
des Plans de Villes avec des piéces rapportées , ou
l'on s'exerce à des travaux du Tour , de la Linie,
& c. ou même à quelque fcience relative à l'état au
quel on eft deftiné .
L'ufage accompagnant partout la fpéculation ,
& l'Harmonie difpenfant tous les travaux , il eſt
facile de concevoir , combien les jeunes gens deviennent
avides de fçavoir & quelle doit être la
rapidité de leurs progrès.
Pour les Externes & tous ceux qui feront encore
dans le cas d'aller au College , on donnera des
leçons à part.
Les Maitres en chaque partie font tous des hommes
choifis & connus.
Les curieux trouveront auffi chez l'Abbé Chocquart
, des machines de Phyfique & furtout d'Optique.
Il demeure rue des SS . Peres , Fauxbourg S
Germain , vis- à- vis le Portail de la Charité , dans
un Hôtel où il y a un très-beau Jardin. La pen
fon alimentaire eft de soo liv..
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Résumé : ECOLE LATINE & GRECQUE, où l'on enseigne les Langues Françoise, Italienne, Espagnolle, Angloise & Allemande.
L'École Latine & Grecque, dirigée par l'Abbé Chocquart, enseigne plusieurs langues, dont le français, l'italien, l'espagnol, l'anglais et l'allemand. L'Abbé Chocquart a développé une méthode pour l'éducation morale et politique des élèves, s'inspirant des pratiques de certains peuples et utilisant les Belles-Lettres et les Beaux-Arts. L'école diversifie les exercices quotidiens pour éviter le dégoût et l'ennui. Les matinées sont consacrées aux langues latine et française, au calcul, à la musique et aux exercices physiques. L'après-midi inclut l'algèbre, la géométrie, les fortifications, l'optique, le dessin, la mécanique, la géographie et l'histoire, illustrées par des cartes pliées. Les élèves apprennent également des langues supplémentaires, des exercices militaires, la construction de plans de villes et des travaux manuels. L'harmonie et la pratique accompagnent la théorie, rendant les élèves avides de savoir. L'école propose des leçons spécifiques pour les externes et ceux qui fréquentent encore le collège. Les maîtres sont des hommes choisis et reconnus. L'Abbé Chocquart possède des machines de physique et d'optique. Il réside rue des SS. Pères, Faubourg Saint-Germain, face au Portail de la Charité, dans un hôtel avec un beau jardin. La pension alimentaire est fixée à 500 livres.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3
p. 13-14
IMITATION DE PÉTRONE. Somnia quæ mentes ludunt volitantibus umbris.
Début :
LA nuit de l'ombre enveloppée [...]
Mots clefs :
Imitation, Nuit, Songes, Langueur, Feux, Dépeupler, Calculs, Coquette
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : IMITATION DE PÉTRONE. Somnia quæ mentes ludunt volitantibus umbris.
IMIT ATION DE PÉTRONE.
-Somnia qua mentes ludunt volitantibus umbris.
LA nuit de l'ombre enveloppée
Ramène le fommeil & les fonges légers ;
Mais de leurs vains tableaux à notre âme trompée
Les Dieux n'offrent jamais les objets menfongers ,
Notre âme feale les enfante ;
Et lorfque la langueur vient de fa main pefante
De nos fens fatigués détendre les refforts ,
Notre efprit plus libre dénoue
Les liens importans qui l'attachent au corps.
Sous cent maſques divers fans contrainte il fe
joue ,
Et retrace à nos yeux tous les projets du jour ;
Le Guerrier voit Bellone & fa barbare cour
Effrayant l'Univers du bruit de fon tonnèrre ,
Se noyer dans le fang & dépeupler la Tèrre ,
Par fes feux dévorans détruire les Cités ,
Et porter le trépas aux Rois épouvantés.
Celui dont l'adroite éloquence
Force fouvent Thémis à pancher fa balance ,
Croit voir autour de lui la foule des Cliens
Attendre leurs arrêts de ſes tons féduifans .
L'Avare ſoupçonneux au tein ſombre & livide
Court après fon tréfor que d'une main avide
Un voifin attentif enléve fous fes yeux.
A
14 MERCURE DE FRANCE.
Le Philofophe audacieux
Des Altres vagabonds veut fixer la diſtance ;
Et par les vains calculs , fa fuperbe ignorance
Croit impofer des loix aux Cieux .
Par les regards adroits une jeune Coquette
Tâche d'engager un amant.
Une Prude févère , à la mine diſcrette ,
En achete un argent comptant .
Le malheureux enfin , par un fonge effroyable ,
Augmente encor l'horreur du deftin qui l'accable ,
Chaque nuit de fon fort revoyant le tableau ,
De la Parque fatale il double le fuſeau.
-Somnia qua mentes ludunt volitantibus umbris.
LA nuit de l'ombre enveloppée
Ramène le fommeil & les fonges légers ;
Mais de leurs vains tableaux à notre âme trompée
Les Dieux n'offrent jamais les objets menfongers ,
Notre âme feale les enfante ;
Et lorfque la langueur vient de fa main pefante
De nos fens fatigués détendre les refforts ,
Notre efprit plus libre dénoue
Les liens importans qui l'attachent au corps.
Sous cent maſques divers fans contrainte il fe
joue ,
Et retrace à nos yeux tous les projets du jour ;
Le Guerrier voit Bellone & fa barbare cour
Effrayant l'Univers du bruit de fon tonnèrre ,
Se noyer dans le fang & dépeupler la Tèrre ,
Par fes feux dévorans détruire les Cités ,
Et porter le trépas aux Rois épouvantés.
Celui dont l'adroite éloquence
Force fouvent Thémis à pancher fa balance ,
Croit voir autour de lui la foule des Cliens
Attendre leurs arrêts de ſes tons féduifans .
L'Avare ſoupçonneux au tein ſombre & livide
Court après fon tréfor que d'une main avide
Un voifin attentif enléve fous fes yeux.
A
14 MERCURE DE FRANCE.
Le Philofophe audacieux
Des Altres vagabonds veut fixer la diſtance ;
Et par les vains calculs , fa fuperbe ignorance
Croit impofer des loix aux Cieux .
Par les regards adroits une jeune Coquette
Tâche d'engager un amant.
Une Prude févère , à la mine diſcrette ,
En achete un argent comptant .
Le malheureux enfin , par un fonge effroyable ,
Augmente encor l'horreur du deftin qui l'accable ,
Chaque nuit de fon fort revoyant le tableau ,
De la Parque fatale il double le fuſeau.
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Résumé : IMITATION DE PÉTRONE. Somnia quæ mentes ludunt volitantibus umbris.
Le texte imite les 'Songe' de Pétrone en décrivant les rêves qui troublent les esprits nocturnes. La nuit, enveloppée d'obscurité, apporte le sommeil et les songes légers. Les dieux ne créent pas ces visions ; elles sont produites par l'âme elle-même. Lorsque les sens sont détendus, l'esprit se libère des contraintes corporelles et s'exprime sous diverses formes. Chaque individu rêve de scènes différentes : le guerrier imagine des batailles, l'orateur se voit entouré de clients, l'avare redoute le vol de son trésor, le philosophe essaie de mesurer l'univers, la coquette cherche à séduire un amant, et la prude achète un amant. Le malheureux, quant à lui, revit chaque nuit un cauchemar, aggravant ainsi sa souffrance.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4
p. 73-86
ASTRONOMIE, par M. DE LALANDE, de l'Académie des Sciences, &c. ; à Paris, chez Desaint & Saillant, rue Saint-Jean-de-Beauvais ; deux volumes in-4o, avec approbation & privilége du Roi ; 1764.
Début :
Ce livre, qui par son étendue surpasse tous les ouvrages d'astronomie qui avoient [...]
Mots clefs :
Astronomie, Livre, Joseph Jérôme Lefrançois de Lalande, Temps, Planètes, Tables, Méthode, Terre, Calculs, Observations, Étoiles, Théorie, Instruments
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texteReconnaissance textuelle : ASTRONOMIE, par M. DE LALANDE, de l'Académie des Sciences, &c. ; à Paris, chez Desaint & Saillant, rue Saint-Jean-de-Beauvais ; deux volumes in-4o, avec approbation & privilége du Roi ; 1764.
ASTRONOMIE, parM. DE LALANDE,
de l'Académie des Sciences , &c. ; à
Paris, chez Defaint & Saillant , rue
Saint-Jean-de-Beauvais ; deux volumes
in-4° , avec approbation & privilège du
Roi ; 1764.
CElivre, quipar fonétendue furpaſſe
tous les ouvragesd'aſtronomie qui avoient
paru juſqu'ici, lesfurpaſſe encore pluspat
le grand nombre d'objets nouveaux que
l'Auteur y a mis ; c'eſt cette partie de
l'ouvrage que nous allons expoſer au pu
blic: onverradanschaque article, oudes
marques du progrès que les ſciences font
chaquejour,oude nouveauxſecoursofferts
àceux quiveulenty pénétrer. Le livre eſt
diviſéenvingt-quatre traités ſurlesdiffé
rentesbranchesdel'aſtronomie ; mais nous
nousréduiſons auxobjets quicaractériſent
ſpécialement l'ouvrage deM. de Lalande.
Vol. II.
D
74 MERCURE DE FRANCE.
La préface contient d'abord un éloge
pompeux de l'aſtronomie ; on y trouve
tout cequ'on adit & ce qu'on peut dire
pour exalter ladignité & les avantagesde
cetteſcience, tous les faits hiſtoriques, les
paſſagesdespoëtes anciens& modernesde
touteslesnations, lecasquelesplusgrands
Princes en ont fait, les établiſſemens qui
ont fervi à ſesprogrès, &ledétailde tous
les obſervatoires de l'Europe , dans lef
quels ſe ſont faites & ſe font actuelle
mentlesmeilleures obſervations. Elle finit
par un catalogue raiſonné des inſtrumens
d'aſtronomie,téleſcopes, lunettes , &c. &
de leurs prix en France &enAngleterre ;
tout cela eſt propre à inſpirer le goût de
l'aſtronomie.
Les quatre premiers livres renferment
les élémensd'aſtronomie, l'hiſtoirede cette
ſcience , depuis fon origine,& l'énumé
ration des conſtellations; cette partie n'é
toitpas ſuſceptiblede nouveauté : mais on
ytrouve 1º, une méthode claire & facile
quiconduit leLecteurdepuis les premiers
objetsquiſe remarquentdansleciel, juf
qu'aux conféquences les plus fublimes
qu'on entire; 2°. beaucoup àdiſtinguer
dans l'histoire de l'aſtronomie ancienne ,
les temps& les lieuxqu'on avoittrop con
fondusjuſqu'ici ; 3°.unenouvellemanière
deconnoître les étoiles parde ſimples ali
AVRIL 1765. 75
gnemens, fans avoirde maître,ni même
deglobe ou decartes céleſtes.
Lecinquiemelivretraitedesſyſtemesdu
monde; onn'ytrouvequequelques mots
fur les ſyſtêmesde Ptolémée & de Tycho:
mais M. deLalande explique& démontre
leſyſtèmede Coperniccommelefeulqu'on
puiffeadmettre.Touteslesobjectionsqu'on
yavoit faites font expoſées & réſolues de
la manière la plus fatisfaiſante. Le Père
Riccioli avoit propoſé foixante-dix- ſept
argumenscontrelemouvementdelaterre;
mais comme le plusgrand nombre n'étoit
quelarépétitiondesprincipaux argumens,
retournéschacun fousdix ouvingtformes
différentes , M.deLalande s'eſt attaché aux
fondemens des objections tirées , oude la
phyſique , oude l'aſtronomie , oude l'é
criture fainte ; il les aéclairés de manière
àlever tous les doutes pour ceux qui ne
font pas prévenus &obſtinés. Ala finde
ce cinquieme livre on trouve un article
fur le retourdes planètes à même ſitua
tion par rapport à la terre, c'est-à-dire ,
furles périodes qui ramènent lesplanètes
àunmême lieu apparent , & dont les
Aftronomesn'ontjamaisfaituſage comme
ils lepouvoientpour faciliter leurscalculs;
par exemple , mercure dans l'eſpace de
Leize ans& roisjours,fait lenombre com
Dij
MERCURE DE FRANCE.
pletde cinquante-quatre révolutions ; la
76
terre en faittreize, & l'un & l'autre ſe
retrouve à-peu près comme treize ans au
paravant : ainſi le premier Janvier 1748
1
&le 3 Janvier 1761, mercure paffoit éga
lement au méridien à dix heures deux
ſecondesdu matin ; & le calcul, qui en
eſt extrêmement long, ſe trouve tout fait
parcette comparaiſon.
Lefixieme livre, quitraitedelathéorie
de cinq planettes principales , mercure ,
•vénus ,mars,jupiter&faturne, renferme
un grand nombre d'obſervations & de
recherches nouvelles ; onyvoit fur-tout
la découverte d'une inégalité ou d'un dé
rangement fingulier que M. de Lalande a
obſervé dans le mouvement de ſaturne ,
qui n'avoit point encore été remarqué,
quoiqu'il produiſedes différences deplus
detroisjours ſurladuréede la révolution
de cetteplanette. Cette inégalité eſt d'au
tant plus étonnante , qu'elle ne fauroit
êtreproduitepar l'attraction de jupiter , ni
par celledes autres planettes connues. On
trouveauſſidans ce ſixiemelivre la théorie
d'un changementdans les inclinationsdes
orbitesplanétaires , changementqu'onn'a
voitpasmêmeſoupçonnéjuſqu'ici , &qui
eſt cependant très-ſenſible ; il eſt produit
par l'attraction mutuelledes planettes les
L
AVRIL 1765.
77
unes fur les autres. Ce livre eſt terminé
par une tabledesdiſtances des diamètres
&desgroffeursdes planettescalculées fur
les obſervationslesplusrécentes, de même
que toutes les autres circonstances de la
théorie &du mouvementdes planettes.
Le ſeptieme livre qui contient lathéo
rie de la lune, d'après l'obſervation & la
conſtructiondes tables, renferme fur-tout
deuxdémonstrations importantes que per
ſonnen'avoitdonnées , l'une pour calculer
la ſeconde inégalitédela lune ſansluifup
poſeruneexcentricité variable&unbalan
cement de l'apogée, l'autre pour calculer
l'inégalité des latitudes ſans employer une
inclinaiſon variable & unbalancementdu
nœud ; le huitieme livre traitedu calen
drier , des cycles , des heures , ſemaines,
mois&années,delachronologie, dulever
cofmiquedes étoiles,& fur-toutduſyrius;
ony trouve une differtation curieuſe ſur
cette étoilede lacanicule, ſi célèbre dans
l'ancienneEgypte,&quiaconſervéjuſqu'a
notre temps ſa réputation aſtronomique.
Leneuvieme&ledixiemelivre traitent
du calcul des éclipſes & de la recherche
des parallaxes , qui font la partie la plus
difficile & lapluseffentielledeces calculs;
on y trouve une méthode nouvelle de
M.deLalandepour le calculdes éclipſes,
Dinj
78 MERCURE DE FRANCE.
plus courte&plus exacte que cellesqu'on
avoit données juſqu'alors , dans laquelle
il a détaillé tous les casde manière àne
laiſſer même aux commençans aucune
incertitude. La méthode des projections
qu'on emploie pour calculer graphique
ment uneéclipfe, n'avoitjamaisétéexpli
quée dans aucun livre de manière à en
faire comprendrel'eſprit& lesfondemens,
nonplus que la méthode pourcalculer la
routede l'ombre ſur la ſurfacedela terre.
La méthodedunonagefime y eſt rendue
très-facile par une table calculée ſur une
forme nouvelle pour la latitude de Paris,
&qu'on peut calculer en une matinée
pourtoute autre latitude. La formule de
ta parallaxe en longitude n'avoit été dé
montrée dans aucun traité d'aſtronomie
avant M. de Lalande; elle ſe trouve ici
accompagnéedesexemples les plusdétail
lés, de même que les corrections qu'elle
exigepour l'applatiſſementdelaterre, que
M.delaCailleavoitdonnéesſans tables&
fans démonstrations.
Alafindecepremiervolumeontrouve
les tables du foleil de M. de la Caille ,
&celles de la lunede M. Mayer, mais
M. de laLande les a étendues pour des
fiécles éloignés ; il y a corrigé l'équation
du temps,l'obliquité de l'écliptique, le
AVRIL 1765.
55
diamètredu ſoleil:il aajouté les tables
dumouvementhorairedelalune, la table
des réfractionsdeM. Bradley, qui n'avoit
point encore paru, le catalogue d'étoiles
deM.l'AbbédelaCaillequ'on nepouvoir
plus trouver ; il y a joint des exemples
detaillés : enforte que ces tables font les
plus exactes& les plus commodes qu'on
aiteuesjuſqu'àcejour,&que les Aſtrono
mesnepourroient les trouver ailleurs que
dans l'ouvragedont nous parlons.
Le ſecond volume commence par le
onzieme livre, où l'on traite des paſſages
de vénus & de mercure ſur le ſoleil ; ce
fujet, qui a eu beaucoup de célébrité en
1761 , par le grand nombre de voyages
qu'il a occafionnés , en aura encore autant
en 1769. Le paffage de vénus que l'on
attend pour cette année-là eſt le ſeulqui
ſe verrad'ici à centdixans : on ſepropoſe
de l'obſerver en Amérique , en Laponie ,
&s'il eſt poſſible aux Terres Auſtrales.
M.de la Lande nousdonne là-deſſus un
traité complet, où l'hiſtoire, les métho
des, lesréſultats , ſontdétaillésdemanière
àne rienlaiſſer à defirer. Il fait voirde
quelle manière le paſſage de 1769 nous
apprendra la vraie diſtance du ſoleil & de
toutes les planettes à la terre,plus exacte
mentqueceluide 1761 ; eneffet, celui-ci
Div
80 MERCURE DE FRANCE.
nous a laiſſé une incertituded'environ un
dixieme du total , à cauſe des obſtacles
qu'ont apportés le mauvais temps & les
malheursde la guerre aux obſervationsde
diversAſtronomes.
Ledouziemea pourobjetles réfractions
aſtronomiques, les méthodesqui ſervent à
les déterminer, & les effets qu'elles pro
duiſent ; on y trouve unepartie nouvelle
&curieuſe , c'eſt la démonſtration d'une
loi fondamentale de réfraction qui s'étend
juſqu'à l'horifon : M. Bradley l'avoit
communiqué à ſes amis ; M. de la Lande
l'apporta d'Angleterre en 1763 , mais per
fonne avant lui n'en avoit donné la dé
monftration.
Le treizieme & le quatorzieme livre
ontpourobjetla pratiquede l'aſtronomie ,
la connoiffance detous les inftrumens , &
la manière de s'en ſervir pour faire de
bonnes obſervations ; on defiroit depuis
long-temps un ſemblable traité d'aſtrono
miepratique : feu M. de la Caille enavoit
formé le projet , M. deLalandel'a exécuté
avec beaucoup d'étendue ; il donne la
figure de chaque inftrument, ſon applica
tion à chaque genre d'obſervation , les
vérifications qu'elles ſuppoſent, les réduc
tions qu'elles exigent , les précautions
qu'on yapporte onytrouve,non-feule
81
ment les inſtrumens dans leur dernier état
AVRIL 1765.
deperfection en France& enAngleterre,
mais encore des vues nouvelles pour les
perfectionnerdeplusen plus. Les lunettes
achromatiques, dontnous n'avions encore
aucunedeſcription, y font expliquées, de
même que les héliomètres , inſtrumens
nouveaux d'une très-grande utilité.
Lequinzieme livre , où M. de Lalande
expliquelagrandeur& lafiguredelaterre,
contientunextraitélémentaire& méthodi
quedetous les ouvragesfaits fur cettema
tière, &des voyagesdont elleaétél'objet;
mais on ytrouvedes anecdotes qui n'é
toient point connues au ſujetde ces voya
ges & de ces opérations.
Les livres ſeize &dix-fept renferment
la théorie des étoiles fixes, c'est-à-dire ,
despetits mouvemens de préceſſion, d'a
berration &de nutationqu'on y obſerve;
fur chacun de ces objets M. de Lalande
donnedesformulesnouvelles,oudémontre
cellesqueM. de laCailleavoitdonnéesſans
démonstration : il donne une manière de
concevoir le phénomène de l'aberration ,
plus naturelle que celle de l'inventeur
même, quequelquesAuteurs avoient ju
gée inintelligible & infuffiſante.
Ledix-huitieme livre, qui eſt l'aſtrono
mie des fatellites, contient fur- tout des
Dv
82 MERCURE DE FRANCE.
recherches nouvelles & des explications
qu'aucunAuteurn'avoitdonnées ſur leurs
éclipfes , leurs parallaxes, leurs inclinai
fons , leurs nœuds & la conſtruction de
leurs tables; l'effet de l'applatiſſement de
jupiter, parrapportauxéclipſesdeſesſatel
lites , n'avoitjamais étéconfidéré& intro
duitdansle calcul.M. deLalandefaitvoir
quecettenouvelleconſidérationyajouteune
nouvelle exactitude ſans y ajouter aucune
difficulté. Il explique fort au longla façon
detrouver les temps où l'ondoitvoir les
immerfions & les émerſions du ſecond
fatellite ; il ydonne la figure &la defcrip
tiond'un inſtrument pourtrouverlescon
figurations des fatellites en rout temps,
inſtrument qui n'étoit juſqu'ici qu'entre
les mainsd'unpetit nombred'Aſtronomes.
Le dix-neuvieme livre, où ils'agit des
comètes, raffemble l'hiſtoire de celles qui
ont eu quelque choſe de remarquable , la
démonftration de leur mouvement, & la.
détermination de leurs orbites par obfer
vation. M. deLalandeydémontre, d'une
manière ſimple & nouvelle, que lavîteſſe
parabolique d'une comète eſt égale à la ra
einededeux,quandonprendpourunitéla
vîteſſecirculaireàpareillediſtance;ilexpli
queune méthodegraphique,par laquelle
onsabrégera conſidérablementle calculdes
AVRIL 1765. 83
comètes obſervées pourla première fois,
problême le plus difficile de l'aſtronomie
ordinaire.
;
Le vingtieme livre, dela rotation des
planettes &de leurs taches, renferme une
théorie de la libration de la lune ,qui
étoit juſqu'ici inconnue auxAſtronomes,
n'ayant été donnée quedans unmémoire
allemandde M. Mager. Ony trouveauſſi
uneméthodepourcalculer par trois obfer
vationsdes taches du ſoleil, la ſituation
de fon axe &de fon équateur, avec la
durée de ſa rotation, ce qui n'avoit été
traité juſqu'ici que d'une manière très
incomplette;enfinM. deLalandeydonne
une méthode abfolument nouvelle pour
prédire les phaſes de l'anneaude ſaturne,
qui eſt une des choſes lesplus fingulières
detoute l'aſtronomie.
Le vingt-unieme livre eſtun traité ana
lytiquedelagéométrietranſcendante, des
courbes & des infinimentpetits , appro
prié à l'aſtronomie, dans lequel M. de
Lalande démontre plufieurs propoſitions
&pluſieurs lemmes qui ne ſe trouvent
pointdansles livres ordinaires , quoiqu'on
en faffe uſagedans les calculs de l'attrac
tion; par exemple, que les ſections d'un
fphéroïde elliptique, faites perpendiculai
sement àl'équateur, ſontdesellipſes fem
Dvj
84 MERCURE DE FRANCE.
blables à celle duméridien; que la foli
ditédu ſphéroide entier eſt égale auxdeux
tiers du produit de fon grand axe par la
furfaceduméridien. Ilydonne l'intégrale
detoutes les formules différentielles qui
ſe préſententdans ces fortesde recherches.
Levingt-deuxiemelivre , auquelle pré
cédent fert d'introduction , étoit undes
plus néceſſaires à ceuxqui veulent appro
fondir la partie géométrique de l'aſtrono
mie; legrand principede l'attractionuni
verſelle , fource de tant dedécouvertes ,
&furlequel ilreſte encoretantde calculs
àfaire, yeſt préſenté ſousuneforme fim
ple & élémentaire , qu'aucun Géomètre
n'avoit pris la peine de luidonner ; les
ouvrages faits juſqu'à ce jour ſur l'attrac
tion étoient un labyrinthe impénétrable
pourla plupartdes Lecteurs. M. deLalande
enadonné la clef, il en a expliqué l'ori
gine, la découverte&les principes ; il en
donne l'applicationpour les inégalitésdes
planettes, lemouvementdes nœuds, l'ap
platiſſementde la terre& la préceſſiondes
équinoxes ; ce dernier problême, le plus
difficile de tous , & fur lequel on abeau
coupdifputé , y eſt développédans toutes
ſes parties de manière à neplus laiſſer au
cune incertitude.
Levingt-troiſieme livrecontient la tri
AVRIL 1765. 85
gonométrie ſphérique &pluſieurs propo
fitions de trigonémétrie, rectiligne dont
on abeſoindansl'aſtronomie, &qui n'é
toient pointdémontréesdans lesAuteurs ,
par exemple , la valeur de la tangente de
la moitiéd'un angle, enyemployant ſes
cotés ; les formules différentielles que
M.delaCaille avoitdonnéesfansdémonf
trationpour lespetitesvariationsdes trian
glesſphériques, ſontdémontréesdans l'ou
vrage de M. deLalande ; &cevingt-troi
ſieme livre eft terminé par uneméthode
pourréſoudre tous les triangles ſphériques
avec la règle & le compas,dont onpeut
faireunuſage commodeenbiendesocca
fions.
Le vingt-quatrième & dernier livre eſt
untraité du calcul aſtronomique , plus
étendu & plusdétaillé qu'aucun ouvrage
que l'on ait eu ; ony apprend àcalculer
toute forted'obſervations, à les réduire,
àentirerlesconféquences néceſſaires pour
qu'on puiffe faire uſage de ces obferva
tions: ces fortes de calculs, que tous les
Aſtronomes favent. par tradition , ou par
lequel ils ſefontdes méthodes aubeſoin,
n'avoient jamais été mis à la portée du
public, & raffemblés , comme l'a fait M.
de Lalande, pour completter fon ouvrage.
L'article qui concerne les longitudes en
36 MERCURE DE FRANCE.
mereſt ledernier de tous ; ildevoitnatuu
rellement couronner unouvragedontl'ob
jetleplus effentiel, oudu moins l'appli
cationlaplus importante, eſt la marine
M. deLalande avoitdéja traité cettema
tièredans fon expoſition du calcul aftro
nomique en 1762 , mais il a donnédans
cet ouvrageciune comparaiſondes diffé
rentes méthodes, &unenouvellemanière
de trouver les réfractions& les parallaxes
de diſtance plus courte que celles qui
étoient connuesjuſqu'à préſent. Tout ce
quenousvenons dediredes vingt-quatre
livres de cette aſtronomie ne donnera
qu'une légère idée de la multitude des
matières quiy fonttraitées ; nous n'avons
fait qu'indiquer les endroits remarquables
parleurnouveauté:nous finironsendiſant
que ſur les objets que M. de Lalanden'a
puapprofondirdansl'eſpacededeux volu
mes in-40, il aindiquétous lesAuteurs,
enforteque fon ouvrage contient ou un
extraitou une indicationde tout ce qu'on
a fait de bon juſqu'à cejour ſur toutes
les partiesde l'aſtronomie.
de l'Académie des Sciences , &c. ; à
Paris, chez Defaint & Saillant , rue
Saint-Jean-de-Beauvais ; deux volumes
in-4° , avec approbation & privilège du
Roi ; 1764.
CElivre, quipar fonétendue furpaſſe
tous les ouvragesd'aſtronomie qui avoient
paru juſqu'ici, lesfurpaſſe encore pluspat
le grand nombre d'objets nouveaux que
l'Auteur y a mis ; c'eſt cette partie de
l'ouvrage que nous allons expoſer au pu
blic: onverradanschaque article, oudes
marques du progrès que les ſciences font
chaquejour,oude nouveauxſecoursofferts
àceux quiveulenty pénétrer. Le livre eſt
diviſéenvingt-quatre traités ſurlesdiffé
rentesbranchesdel'aſtronomie ; mais nous
nousréduiſons auxobjets quicaractériſent
ſpécialement l'ouvrage deM. de Lalande.
Vol. II.
D
74 MERCURE DE FRANCE.
La préface contient d'abord un éloge
pompeux de l'aſtronomie ; on y trouve
tout cequ'on adit & ce qu'on peut dire
pour exalter ladignité & les avantagesde
cetteſcience, tous les faits hiſtoriques, les
paſſagesdespoëtes anciens& modernesde
touteslesnations, lecasquelesplusgrands
Princes en ont fait, les établiſſemens qui
ont fervi à ſesprogrès, &ledétailde tous
les obſervatoires de l'Europe , dans lef
quels ſe ſont faites & ſe font actuelle
mentlesmeilleures obſervations. Elle finit
par un catalogue raiſonné des inſtrumens
d'aſtronomie,téleſcopes, lunettes , &c. &
de leurs prix en France &enAngleterre ;
tout cela eſt propre à inſpirer le goût de
l'aſtronomie.
Les quatre premiers livres renferment
les élémensd'aſtronomie, l'hiſtoirede cette
ſcience , depuis fon origine,& l'énumé
ration des conſtellations; cette partie n'é
toitpas ſuſceptiblede nouveauté : mais on
ytrouve 1º, une méthode claire & facile
quiconduit leLecteurdepuis les premiers
objetsquiſe remarquentdansleciel, juf
qu'aux conféquences les plus fublimes
qu'on entire; 2°. beaucoup àdiſtinguer
dans l'histoire de l'aſtronomie ancienne ,
les temps& les lieuxqu'on avoittrop con
fondusjuſqu'ici ; 3°.unenouvellemanière
deconnoître les étoiles parde ſimples ali
AVRIL 1765. 75
gnemens, fans avoirde maître,ni même
deglobe ou decartes céleſtes.
Lecinquiemelivretraitedesſyſtemesdu
monde; onn'ytrouvequequelques mots
fur les ſyſtêmesde Ptolémée & de Tycho:
mais M. deLalande explique& démontre
leſyſtèmede Coperniccommelefeulqu'on
puiffeadmettre.Touteslesobjectionsqu'on
yavoit faites font expoſées & réſolues de
la manière la plus fatisfaiſante. Le Père
Riccioli avoit propoſé foixante-dix- ſept
argumenscontrelemouvementdelaterre;
mais comme le plusgrand nombre n'étoit
quelarépétitiondesprincipaux argumens,
retournéschacun fousdix ouvingtformes
différentes , M.deLalande s'eſt attaché aux
fondemens des objections tirées , oude la
phyſique , oude l'aſtronomie , oude l'é
criture fainte ; il les aéclairés de manière
àlever tous les doutes pour ceux qui ne
font pas prévenus &obſtinés. Ala finde
ce cinquieme livre on trouve un article
fur le retourdes planètes à même ſitua
tion par rapport à la terre, c'est-à-dire ,
furles périodes qui ramènent lesplanètes
àunmême lieu apparent , & dont les
Aftronomesn'ontjamaisfaituſage comme
ils lepouvoientpour faciliter leurscalculs;
par exemple , mercure dans l'eſpace de
Leize ans& roisjours,fait lenombre com
Dij
MERCURE DE FRANCE.
pletde cinquante-quatre révolutions ; la
76
terre en faittreize, & l'un & l'autre ſe
retrouve à-peu près comme treize ans au
paravant : ainſi le premier Janvier 1748
1
&le 3 Janvier 1761, mercure paffoit éga
lement au méridien à dix heures deux
ſecondesdu matin ; & le calcul, qui en
eſt extrêmement long, ſe trouve tout fait
parcette comparaiſon.
Lefixieme livre, quitraitedelathéorie
de cinq planettes principales , mercure ,
•vénus ,mars,jupiter&faturne, renferme
un grand nombre d'obſervations & de
recherches nouvelles ; onyvoit fur-tout
la découverte d'une inégalité ou d'un dé
rangement fingulier que M. de Lalande a
obſervé dans le mouvement de ſaturne ,
qui n'avoit point encore été remarqué,
quoiqu'il produiſedes différences deplus
detroisjours ſurladuréede la révolution
de cetteplanette. Cette inégalité eſt d'au
tant plus étonnante , qu'elle ne fauroit
êtreproduitepar l'attraction de jupiter , ni
par celledes autres planettes connues. On
trouveauſſidans ce ſixiemelivre la théorie
d'un changementdans les inclinationsdes
orbitesplanétaires , changementqu'onn'a
voitpasmêmeſoupçonnéjuſqu'ici , &qui
eſt cependant très-ſenſible ; il eſt produit
par l'attraction mutuelledes planettes les
L
AVRIL 1765.
77
unes fur les autres. Ce livre eſt terminé
par une tabledesdiſtances des diamètres
&desgroffeursdes planettescalculées fur
les obſervationslesplusrécentes, de même
que toutes les autres circonstances de la
théorie &du mouvementdes planettes.
Le ſeptieme livre qui contient lathéo
rie de la lune, d'après l'obſervation & la
conſtructiondes tables, renferme fur-tout
deuxdémonstrations importantes que per
ſonnen'avoitdonnées , l'une pour calculer
la ſeconde inégalitédela lune ſansluifup
poſeruneexcentricité variable&unbalan
cement de l'apogée, l'autre pour calculer
l'inégalité des latitudes ſans employer une
inclinaiſon variable & unbalancementdu
nœud ; le huitieme livre traitedu calen
drier , des cycles , des heures , ſemaines,
mois&années,delachronologie, dulever
cofmiquedes étoiles,& fur-toutduſyrius;
ony trouve une differtation curieuſe ſur
cette étoilede lacanicule, ſi célèbre dans
l'ancienneEgypte,&quiaconſervéjuſqu'a
notre temps ſa réputation aſtronomique.
Leneuvieme&ledixiemelivre traitent
du calcul des éclipſes & de la recherche
des parallaxes , qui font la partie la plus
difficile & lapluseffentielledeces calculs;
on y trouve une méthode nouvelle de
M.deLalandepour le calculdes éclipſes,
Dinj
78 MERCURE DE FRANCE.
plus courte&plus exacte que cellesqu'on
avoit données juſqu'alors , dans laquelle
il a détaillé tous les casde manière àne
laiſſer même aux commençans aucune
incertitude. La méthode des projections
qu'on emploie pour calculer graphique
ment uneéclipfe, n'avoitjamaisétéexpli
quée dans aucun livre de manière à en
faire comprendrel'eſprit& lesfondemens,
nonplus que la méthode pourcalculer la
routede l'ombre ſur la ſurfacedela terre.
La méthodedunonagefime y eſt rendue
très-facile par une table calculée ſur une
forme nouvelle pour la latitude de Paris,
&qu'on peut calculer en une matinée
pourtoute autre latitude. La formule de
ta parallaxe en longitude n'avoit été dé
montrée dans aucun traité d'aſtronomie
avant M. de Lalande; elle ſe trouve ici
accompagnéedesexemples les plusdétail
lés, de même que les corrections qu'elle
exigepour l'applatiſſementdelaterre, que
M.delaCailleavoitdonnéesſans tables&
fans démonstrations.
Alafindecepremiervolumeontrouve
les tables du foleil de M. de la Caille ,
&celles de la lunede M. Mayer, mais
M. de laLande les a étendues pour des
fiécles éloignés ; il y a corrigé l'équation
du temps,l'obliquité de l'écliptique, le
AVRIL 1765.
55
diamètredu ſoleil:il aajouté les tables
dumouvementhorairedelalune, la table
des réfractionsdeM. Bradley, qui n'avoit
point encore paru, le catalogue d'étoiles
deM.l'AbbédelaCaillequ'on nepouvoir
plus trouver ; il y a joint des exemples
detaillés : enforte que ces tables font les
plus exactes& les plus commodes qu'on
aiteuesjuſqu'àcejour,&que les Aſtrono
mesnepourroient les trouver ailleurs que
dans l'ouvragedont nous parlons.
Le ſecond volume commence par le
onzieme livre, où l'on traite des paſſages
de vénus & de mercure ſur le ſoleil ; ce
fujet, qui a eu beaucoup de célébrité en
1761 , par le grand nombre de voyages
qu'il a occafionnés , en aura encore autant
en 1769. Le paffage de vénus que l'on
attend pour cette année-là eſt le ſeulqui
ſe verrad'ici à centdixans : on ſepropoſe
de l'obſerver en Amérique , en Laponie ,
&s'il eſt poſſible aux Terres Auſtrales.
M.de la Lande nousdonne là-deſſus un
traité complet, où l'hiſtoire, les métho
des, lesréſultats , ſontdétaillésdemanière
àne rienlaiſſer à defirer. Il fait voirde
quelle manière le paſſage de 1769 nous
apprendra la vraie diſtance du ſoleil & de
toutes les planettes à la terre,plus exacte
mentqueceluide 1761 ; eneffet, celui-ci
Div
80 MERCURE DE FRANCE.
nous a laiſſé une incertituded'environ un
dixieme du total , à cauſe des obſtacles
qu'ont apportés le mauvais temps & les
malheursde la guerre aux obſervationsde
diversAſtronomes.
Ledouziemea pourobjetles réfractions
aſtronomiques, les méthodesqui ſervent à
les déterminer, & les effets qu'elles pro
duiſent ; on y trouve unepartie nouvelle
&curieuſe , c'eſt la démonſtration d'une
loi fondamentale de réfraction qui s'étend
juſqu'à l'horifon : M. Bradley l'avoit
communiqué à ſes amis ; M. de la Lande
l'apporta d'Angleterre en 1763 , mais per
fonne avant lui n'en avoit donné la dé
monftration.
Le treizieme & le quatorzieme livre
ontpourobjetla pratiquede l'aſtronomie ,
la connoiffance detous les inftrumens , &
la manière de s'en ſervir pour faire de
bonnes obſervations ; on defiroit depuis
long-temps un ſemblable traité d'aſtrono
miepratique : feu M. de la Caille enavoit
formé le projet , M. deLalandel'a exécuté
avec beaucoup d'étendue ; il donne la
figure de chaque inftrument, ſon applica
tion à chaque genre d'obſervation , les
vérifications qu'elles ſuppoſent, les réduc
tions qu'elles exigent , les précautions
qu'on yapporte onytrouve,non-feule
81
ment les inſtrumens dans leur dernier état
AVRIL 1765.
deperfection en France& enAngleterre,
mais encore des vues nouvelles pour les
perfectionnerdeplusen plus. Les lunettes
achromatiques, dontnous n'avions encore
aucunedeſcription, y font expliquées, de
même que les héliomètres , inſtrumens
nouveaux d'une très-grande utilité.
Lequinzieme livre , où M. de Lalande
expliquelagrandeur& lafiguredelaterre,
contientunextraitélémentaire& méthodi
quedetous les ouvragesfaits fur cettema
tière, &des voyagesdont elleaétél'objet;
mais on ytrouvedes anecdotes qui n'é
toient point connues au ſujetde ces voya
ges & de ces opérations.
Les livres ſeize &dix-fept renferment
la théorie des étoiles fixes, c'est-à-dire ,
despetits mouvemens de préceſſion, d'a
berration &de nutationqu'on y obſerve;
fur chacun de ces objets M. de Lalande
donnedesformulesnouvelles,oudémontre
cellesqueM. de laCailleavoitdonnéesſans
démonstration : il donne une manière de
concevoir le phénomène de l'aberration ,
plus naturelle que celle de l'inventeur
même, quequelquesAuteurs avoient ju
gée inintelligible & infuffiſante.
Ledix-huitieme livre, qui eſt l'aſtrono
mie des fatellites, contient fur- tout des
Dv
82 MERCURE DE FRANCE.
recherches nouvelles & des explications
qu'aucunAuteurn'avoitdonnées ſur leurs
éclipfes , leurs parallaxes, leurs inclinai
fons , leurs nœuds & la conſtruction de
leurs tables; l'effet de l'applatiſſement de
jupiter, parrapportauxéclipſesdeſesſatel
lites , n'avoitjamais étéconfidéré& intro
duitdansle calcul.M. deLalandefaitvoir
quecettenouvelleconſidérationyajouteune
nouvelle exactitude ſans y ajouter aucune
difficulté. Il explique fort au longla façon
detrouver les temps où l'ondoitvoir les
immerfions & les émerſions du ſecond
fatellite ; il ydonne la figure &la defcrip
tiond'un inſtrument pourtrouverlescon
figurations des fatellites en rout temps,
inſtrument qui n'étoit juſqu'ici qu'entre
les mainsd'unpetit nombred'Aſtronomes.
Le dix-neuvieme livre, où ils'agit des
comètes, raffemble l'hiſtoire de celles qui
ont eu quelque choſe de remarquable , la
démonftration de leur mouvement, & la.
détermination de leurs orbites par obfer
vation. M. deLalandeydémontre, d'une
manière ſimple & nouvelle, que lavîteſſe
parabolique d'une comète eſt égale à la ra
einededeux,quandonprendpourunitéla
vîteſſecirculaireàpareillediſtance;ilexpli
queune méthodegraphique,par laquelle
onsabrégera conſidérablementle calculdes
AVRIL 1765. 83
comètes obſervées pourla première fois,
problême le plus difficile de l'aſtronomie
ordinaire.
;
Le vingtieme livre, dela rotation des
planettes &de leurs taches, renferme une
théorie de la libration de la lune ,qui
étoit juſqu'ici inconnue auxAſtronomes,
n'ayant été donnée quedans unmémoire
allemandde M. Mager. Ony trouveauſſi
uneméthodepourcalculer par trois obfer
vationsdes taches du ſoleil, la ſituation
de fon axe &de fon équateur, avec la
durée de ſa rotation, ce qui n'avoit été
traité juſqu'ici que d'une manière très
incomplette;enfinM. deLalandeydonne
une méthode abfolument nouvelle pour
prédire les phaſes de l'anneaude ſaturne,
qui eſt une des choſes lesplus fingulières
detoute l'aſtronomie.
Le vingt-unieme livre eſtun traité ana
lytiquedelagéométrietranſcendante, des
courbes & des infinimentpetits , appro
prié à l'aſtronomie, dans lequel M. de
Lalande démontre plufieurs propoſitions
&pluſieurs lemmes qui ne ſe trouvent
pointdansles livres ordinaires , quoiqu'on
en faffe uſagedans les calculs de l'attrac
tion; par exemple, que les ſections d'un
fphéroïde elliptique, faites perpendiculai
sement àl'équateur, ſontdesellipſes fem
Dvj
84 MERCURE DE FRANCE.
blables à celle duméridien; que la foli
ditédu ſphéroide entier eſt égale auxdeux
tiers du produit de fon grand axe par la
furfaceduméridien. Ilydonne l'intégrale
detoutes les formules différentielles qui
ſe préſententdans ces fortesde recherches.
Levingt-deuxiemelivre , auquelle pré
cédent fert d'introduction , étoit undes
plus néceſſaires à ceuxqui veulent appro
fondir la partie géométrique de l'aſtrono
mie; legrand principede l'attractionuni
verſelle , fource de tant dedécouvertes ,
&furlequel ilreſte encoretantde calculs
àfaire, yeſt préſenté ſousuneforme fim
ple & élémentaire , qu'aucun Géomètre
n'avoit pris la peine de luidonner ; les
ouvrages faits juſqu'à ce jour ſur l'attrac
tion étoient un labyrinthe impénétrable
pourla plupartdes Lecteurs. M. deLalande
enadonné la clef, il en a expliqué l'ori
gine, la découverte&les principes ; il en
donne l'applicationpour les inégalitésdes
planettes, lemouvementdes nœuds, l'ap
platiſſementde la terre& la préceſſiondes
équinoxes ; ce dernier problême, le plus
difficile de tous , & fur lequel on abeau
coupdifputé , y eſt développédans toutes
ſes parties de manière à neplus laiſſer au
cune incertitude.
Levingt-troiſieme livrecontient la tri
AVRIL 1765. 85
gonométrie ſphérique &pluſieurs propo
fitions de trigonémétrie, rectiligne dont
on abeſoindansl'aſtronomie, &qui n'é
toient pointdémontréesdans lesAuteurs ,
par exemple , la valeur de la tangente de
la moitiéd'un angle, enyemployant ſes
cotés ; les formules différentielles que
M.delaCaille avoitdonnéesfansdémonf
trationpour lespetitesvariationsdes trian
glesſphériques, ſontdémontréesdans l'ou
vrage de M. deLalande ; &cevingt-troi
ſieme livre eft terminé par uneméthode
pourréſoudre tous les triangles ſphériques
avec la règle & le compas,dont onpeut
faireunuſage commodeenbiendesocca
fions.
Le vingt-quatrième & dernier livre eſt
untraité du calcul aſtronomique , plus
étendu & plusdétaillé qu'aucun ouvrage
que l'on ait eu ; ony apprend àcalculer
toute forted'obſervations, à les réduire,
àentirerlesconféquences néceſſaires pour
qu'on puiffe faire uſage de ces obferva
tions: ces fortes de calculs, que tous les
Aſtronomes favent. par tradition , ou par
lequel ils ſefontdes méthodes aubeſoin,
n'avoient jamais été mis à la portée du
public, & raffemblés , comme l'a fait M.
de Lalande, pour completter fon ouvrage.
L'article qui concerne les longitudes en
36 MERCURE DE FRANCE.
mereſt ledernier de tous ; ildevoitnatuu
rellement couronner unouvragedontl'ob
jetleplus effentiel, oudu moins l'appli
cationlaplus importante, eſt la marine
M. deLalande avoitdéja traité cettema
tièredans fon expoſition du calcul aftro
nomique en 1762 , mais il a donnédans
cet ouvrageciune comparaiſondes diffé
rentes méthodes, &unenouvellemanière
de trouver les réfractions& les parallaxes
de diſtance plus courte que celles qui
étoient connuesjuſqu'à préſent. Tout ce
quenousvenons dediredes vingt-quatre
livres de cette aſtronomie ne donnera
qu'une légère idée de la multitude des
matières quiy fonttraitées ; nous n'avons
fait qu'indiquer les endroits remarquables
parleurnouveauté:nous finironsendiſant
que ſur les objets que M. de Lalanden'a
puapprofondirdansl'eſpacededeux volu
mes in-40, il aindiquétous lesAuteurs,
enforteque fon ouvrage contient ou un
extraitou une indicationde tout ce qu'on
a fait de bon juſqu'à cejour ſur toutes
les partiesde l'aſtronomie.
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Résumé : ASTRONOMIE, par M. DE LALANDE, de l'Académie des Sciences, &c. ; à Paris, chez Desaint & Saillant, rue Saint-Jean-de-Beauvais ; deux volumes in-4o, avec approbation & privilége du Roi ; 1764.
L'ouvrage 'Astronomie' de Joseph Jérôme Lefrançois de Lalande, publié en 1764 à Paris, est un traité complet et innovant divisé en vingt-quatre livres. Il couvre une large gamme de sujets astronomiques, allant des bases aux thèmes avancés. Les premiers livres présentent les éléments fondamentaux de l'astronomie, son histoire et les constellations. Le cinquième livre expose le système copernicien et répond aux objections qui lui sont souvent opposées. Les livres suivants abordent les planètes, la Lune, le calendrier, les éclipses et les parallaxes, avec des méthodes nouvelles proposées par Lalande. Le premier volume comprend des tables astronomiques améliorées et un catalogue d'étoiles. Le second volume se concentre sur les passages de Vénus et Mercure devant le Soleil, prévus pour 1769, ainsi que sur les réfractions astronomiques. Les livres suivants détaillent les instruments astronomiques, la grandeur et la figure de la Terre, les étoiles fixes et les satellites. Lalande explore également les comètes, leur mouvement et leurs orbites. Les derniers livres traitent de la rotation des planètes, de la géométrie transcendante, de l'attraction universelle, de la trigonométrie et du calcul astronomique. Cet ouvrage compile et synthétise les connaissances astronomiques de l'époque, offrant une référence complète et accessible.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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