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p. 715-720
LETTRE de M. d'Anville, Géographe ordinaire du Roy, sur une Carte du Paraguai, du 21. Mars.
Début :
Vous avez rendu, Monsieur, votre Livre si interessant sur les matieres [...]
Mots clefs :
Paraguay, Carte, Buenos Aires, Rivière, Tebiquary, Côte, La Plata, Brésil, Missions
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE de M. d'Anville, Géographe ordinaire du Roy, sur une Carte du Paraguai, du 21. Mars.
LETTRE de M. d'Anville , Géographe
ordinaire du Roy , sur une Carte du
Paraguai , du 21. Mars.
V
Ous avez rendu , Monsieur , votre
Livre si interessant sur les matieres
d'Erudition et de connoissance , que j'y
ai
716 MERCURE DE FRANCE
ai recours pour avertir le Public d'une
augmentation ou réforme à faire dans
un Ecrit de ma part , que le R. P. du
Halde , Jesuite , a bien voulu inserer
avec une Carte du Paraguay , dans le
vingt et uniéme Recueil des Lettres édifianies
qu'il vient de donner tout récemment.
L'Ecrit dont il s'agit est une Analyse
succincte de la construction de cette
Carte. Je m'y suis deffendu d'assigner
des bornes bien précises aux diverses
contrées renfermées dans la Carte , me
contentant d'indiquer à peu près les
Endroits où il peut y avoir quelque détermination
de limites. J'ai crû pouvoir
dire qu'il y avoit une extension du Bresil
le long de la Côte , jusques dans la
Riviere de Plata , parce que les Portugais
y occupent effectivement la Colonie
du S. Sacrement , vis- à - vis des petites
Isles de S. Gabriel . J'ignorois alors
que les Espagnols ont formé depuis quelques
années un Etablissement assez considerable
sur la Baye de Monte- Video.
Ainsi il ne seroit pas exact de joindre
la Colonie Portugaise de la Riviere de
la Plata avec la Côte dépendante du Bresil
, sans interruption . L'intention des
Portugais ne differoit peut- être pas de
ce
AVRIL. 1734. 717
ee qui a été écrit de cette continuation
du Bresil dans la Riviere de la Plata ;
mais il est de fait que les Espagnols ont
mis la chose sur un autre pied. Si les
Pieces du Recueil m'avoient été communiquées
avant l'impression , j'aurois
eu plutôt quelque connoissance de cet
Etablissement Espagnol de Monte- Vide.
J'ai trouvé dans ces Pieces un fait qui
me justifie de n'avoir pas donné dans
des divisions particulieres de Provinces ,
qui paroissent de l'invention des Auteurs
des Cartes précedentes. Car il ne paroît
d'autre distinction de limites bien marquée
dans tout le quartier du Paraguay ,
que celle
e que la Riviere de Tebiquari
qui coule au Midi de la Ville de l'As-,
somption , met entre le Gouvernement
ou la Province de Buenos- Ayres et celle
du Paraguay er de l'Assomption. Les
Peuplades et le district des Missions des
RR. PP. Jesuites , sont dans le ressort
de Buenos Ayres , tant au temporel qu'au
spirituel. Je m'accuse de n'avoir pas fait
mettre par le Graveur une Croix Episcopale
sur la position de Buenos - Ayres,
Quelque récent que soit cet Ouvrage ,
j'en ai déja recueilli des Critiques. On
a trouvé à redire que le nom de Paraguay
ne fût pas placé dans la Carte . A
E cela
718 MERCURE DE FRANCE
cela je puis répondre qu'il est ordinaire
dans les Cartes de ne mettre le nom
principal du Pays qu'elles représentent ,
que dans le titre. On a crû même qu'il y
suffisoit d'autant mieux dans celle cy ,
que par l'Ecrit ajoûté à la Carte , on
donne à juger de l'étendue et de la place.
que prennent les Contrées limitrophes
du Paraguay. Si pourtant le district du
Paraguay n'étoit pas assez exprimé , on
peut ajoûter qu'il est compris dans les
Gouvernemens de l'Assomption et de
Buenos. Ayres. Le premier s'étend dans
l'intervale du Fleuve Paraguay et du Parana
, au- dessus de la Riviere de Tebiquari.
Le second renferme tout l'espace
compris entre l'embouchure du Fleuve
ou Rio de la Plata , et ladire Riviere
de Tebiquari. L'objet essentiel de la Carte
et du Paraguay , qui sont , les Peuplades
gouvernées par les RR. PP. Jesuites,
est suffisamment désigné par une marque
particuliere de position pour ces
Lieux-là seuls.
On a dit encore , et peut-être avec
quelque préoccupation qui ne doit point
me regarder , que j'avois resserré le Pays
des Missions ; mais la Carte que j'ai dressée
, n'apporte point de réduction sur les
autres , dans les espaces entre le Nord
et
CE
AVRIL
. 1734.
719
et
nom
ent,
оп
lace
-r du
ns les
de
et le Sud. La réduction qui a été faite
avec grand ménagement d'Occident en
Orient , tombe presque uniquement sur
le quartier du Tucuman , qui n'est point
le Pays des Missions , et ce Pays n'y
entre presque pour rien . Je ne crois
pas que la Geographie puisse admettre une
phes complaisance qu'on n'a point exigée de
moi. Mais il faut qu'on soit prévenu
que pour traverser un espace de vingt
lieues dans ces Pays sauvages , le Voyaheures
en margeur
est souvent quarante
che ; obligé quelquefois de se frayer un
passage avec la hache au travers des bois
et des ronces , il se verra contraint de
remonter vers le haut d'une Riviere pour
la trouver guéable. Si cependant on s'ayisoit
de comparer le compte qu'un
Voyageur aura donné des distances ou
plutôt de la longueur de sa marche , avec
la mesure de l'Echelle d'une Carte , il
seroit assez naturel de rencontrer une
difference considerable .
dang
P
Tebl
space
Jeuv
vier
Car
upl
aires
,
Indépendemment de mes fautes particulieres
, j'en ai reconnu quelques - unes
dans l'impression de Ecrit inseré dans
le Recueil des Lettres Edifiantes. A la
page 431. ligne r . il y a pourroient , au
lieu de pouvoient. P. 442. lig. 4. renvoyer
la Côte , c'est remuer la Côte. Page.
E ij 446*
720 MERCURE DE FRANCE
446 , lig. 7. au lieu de penetrent , mettez
penchent. Qu'il me soit permis de dire
en même- temps qu'à la page 394. lig.
12. le nom de Nocomies ne paroît pas
correct et cache celui des Mocobis , qui
sont effectivement exposez sur la Carte
dans une place convenable à ce que l'Histoire
rapporte d'eux .
Je vous serai infiniment redevable ;
Monsieur , si vous voulez bien me faire
l'honneur d'admettre ces Observations
dans votre Livre , que votre discernement
ne restraint pas aux choses purement
agréables. Je suis , &c.
ordinaire du Roy , sur une Carte du
Paraguai , du 21. Mars.
V
Ous avez rendu , Monsieur , votre
Livre si interessant sur les matieres
d'Erudition et de connoissance , que j'y
ai
716 MERCURE DE FRANCE
ai recours pour avertir le Public d'une
augmentation ou réforme à faire dans
un Ecrit de ma part , que le R. P. du
Halde , Jesuite , a bien voulu inserer
avec une Carte du Paraguay , dans le
vingt et uniéme Recueil des Lettres édifianies
qu'il vient de donner tout récemment.
L'Ecrit dont il s'agit est une Analyse
succincte de la construction de cette
Carte. Je m'y suis deffendu d'assigner
des bornes bien précises aux diverses
contrées renfermées dans la Carte , me
contentant d'indiquer à peu près les
Endroits où il peut y avoir quelque détermination
de limites. J'ai crû pouvoir
dire qu'il y avoit une extension du Bresil
le long de la Côte , jusques dans la
Riviere de Plata , parce que les Portugais
y occupent effectivement la Colonie
du S. Sacrement , vis- à - vis des petites
Isles de S. Gabriel . J'ignorois alors
que les Espagnols ont formé depuis quelques
années un Etablissement assez considerable
sur la Baye de Monte- Video.
Ainsi il ne seroit pas exact de joindre
la Colonie Portugaise de la Riviere de
la Plata avec la Côte dépendante du Bresil
, sans interruption . L'intention des
Portugais ne differoit peut- être pas de
ce
AVRIL. 1734. 717
ee qui a été écrit de cette continuation
du Bresil dans la Riviere de la Plata ;
mais il est de fait que les Espagnols ont
mis la chose sur un autre pied. Si les
Pieces du Recueil m'avoient été communiquées
avant l'impression , j'aurois
eu plutôt quelque connoissance de cet
Etablissement Espagnol de Monte- Vide.
J'ai trouvé dans ces Pieces un fait qui
me justifie de n'avoir pas donné dans
des divisions particulieres de Provinces ,
qui paroissent de l'invention des Auteurs
des Cartes précedentes. Car il ne paroît
d'autre distinction de limites bien marquée
dans tout le quartier du Paraguay ,
que celle
e que la Riviere de Tebiquari
qui coule au Midi de la Ville de l'As-,
somption , met entre le Gouvernement
ou la Province de Buenos- Ayres et celle
du Paraguay er de l'Assomption. Les
Peuplades et le district des Missions des
RR. PP. Jesuites , sont dans le ressort
de Buenos Ayres , tant au temporel qu'au
spirituel. Je m'accuse de n'avoir pas fait
mettre par le Graveur une Croix Episcopale
sur la position de Buenos - Ayres,
Quelque récent que soit cet Ouvrage ,
j'en ai déja recueilli des Critiques. On
a trouvé à redire que le nom de Paraguay
ne fût pas placé dans la Carte . A
E cela
718 MERCURE DE FRANCE
cela je puis répondre qu'il est ordinaire
dans les Cartes de ne mettre le nom
principal du Pays qu'elles représentent ,
que dans le titre. On a crû même qu'il y
suffisoit d'autant mieux dans celle cy ,
que par l'Ecrit ajoûté à la Carte , on
donne à juger de l'étendue et de la place.
que prennent les Contrées limitrophes
du Paraguay. Si pourtant le district du
Paraguay n'étoit pas assez exprimé , on
peut ajoûter qu'il est compris dans les
Gouvernemens de l'Assomption et de
Buenos. Ayres. Le premier s'étend dans
l'intervale du Fleuve Paraguay et du Parana
, au- dessus de la Riviere de Tebiquari.
Le second renferme tout l'espace
compris entre l'embouchure du Fleuve
ou Rio de la Plata , et ladire Riviere
de Tebiquari. L'objet essentiel de la Carte
et du Paraguay , qui sont , les Peuplades
gouvernées par les RR. PP. Jesuites,
est suffisamment désigné par une marque
particuliere de position pour ces
Lieux-là seuls.
On a dit encore , et peut-être avec
quelque préoccupation qui ne doit point
me regarder , que j'avois resserré le Pays
des Missions ; mais la Carte que j'ai dressée
, n'apporte point de réduction sur les
autres , dans les espaces entre le Nord
et
CE
AVRIL
. 1734.
719
et
nom
ent,
оп
lace
-r du
ns les
de
et le Sud. La réduction qui a été faite
avec grand ménagement d'Occident en
Orient , tombe presque uniquement sur
le quartier du Tucuman , qui n'est point
le Pays des Missions , et ce Pays n'y
entre presque pour rien . Je ne crois
pas que la Geographie puisse admettre une
phes complaisance qu'on n'a point exigée de
moi. Mais il faut qu'on soit prévenu
que pour traverser un espace de vingt
lieues dans ces Pays sauvages , le Voyaheures
en margeur
est souvent quarante
che ; obligé quelquefois de se frayer un
passage avec la hache au travers des bois
et des ronces , il se verra contraint de
remonter vers le haut d'une Riviere pour
la trouver guéable. Si cependant on s'ayisoit
de comparer le compte qu'un
Voyageur aura donné des distances ou
plutôt de la longueur de sa marche , avec
la mesure de l'Echelle d'une Carte , il
seroit assez naturel de rencontrer une
difference considerable .
dang
P
Tebl
space
Jeuv
vier
Car
upl
aires
,
Indépendemment de mes fautes particulieres
, j'en ai reconnu quelques - unes
dans l'impression de Ecrit inseré dans
le Recueil des Lettres Edifiantes. A la
page 431. ligne r . il y a pourroient , au
lieu de pouvoient. P. 442. lig. 4. renvoyer
la Côte , c'est remuer la Côte. Page.
E ij 446*
720 MERCURE DE FRANCE
446 , lig. 7. au lieu de penetrent , mettez
penchent. Qu'il me soit permis de dire
en même- temps qu'à la page 394. lig.
12. le nom de Nocomies ne paroît pas
correct et cache celui des Mocobis , qui
sont effectivement exposez sur la Carte
dans une place convenable à ce que l'Histoire
rapporte d'eux .
Je vous serai infiniment redevable ;
Monsieur , si vous voulez bien me faire
l'honneur d'admettre ces Observations
dans votre Livre , que votre discernement
ne restraint pas aux choses purement
agréables. Je suis , &c.
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Résumé : LETTRE de M. d'Anville, Géographe ordinaire du Roy, sur une Carte du Paraguai, du 21. Mars.
M. d'Anville, géographe du roi, écrit une lettre datée du 21 mars pour signaler une mise à jour nécessaire dans un de ses écrits, publié dans le vingt-et-unième recueil des Lettres édifiantes par le R. P. du Halde. Cet écrit traite de la construction d'une carte du Paraguay, où M. d'Anville n'a pas défini de bornes précises aux différentes contrées, se contentant d'indiquer des zones approximatives. Il mentionne une extension du Brésil le long de la côte jusqu'à la rivière de la Plata, en raison de la présence portugaise à la colonie du Sacrement, face aux îles de San Gabriel. Cependant, il ignore alors la présence d'un établissement espagnol à Monte-Video. M. d'Anville reconnaît par la suite la présence espagnole à Monte-Video, ce qui rend inexacte la continuité directe entre la colonie portugaise et la côte brésilienne. Il regrette de ne pas avoir eu accès aux pièces du recueil avant l'impression, ce qui lui aurait permis de connaître cet établissement espagnol. Il note également que les seules limites bien définies dans la région du Paraguay sont celles tracées par la rivière Tebiquari, séparant les gouvernements de Buenos Aires et de l'Assomption. La carte et l'écrit visent principalement à représenter les peuplades gouvernées par les Jésuites. M. d'Anville répond aux critiques en expliquant que le nom 'Paraguay' est souvent placé dans le titre des cartes et que l'étendue du pays est décrite dans l'écrit accompagnant la carte. Il précise que le district du Paraguay est compris dans les gouvernements de l'Assomption et de Buenos Aires. Il réfute également les accusations de réduction du territoire des missions, affirmant que la réduction concerne principalement la région du Tucuman, non liée aux missions. Il conclut en mentionnant des erreurs d'impression dans son écrit et en demandant à ce que ses observations soient intégrées dans le livre du destinataire.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 203-204
ESPAGNE.
Début :
Les Lettres de Buenos-Ayres marquent que, depuis la victoire remportée par [...]
Mots clefs :
Madrid, Buenos Aires, Victoire contre les Sauvages, Roi Très-Chrétien, Lisbonne, Navires, Marchandises, Danger, Tempête
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texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
ESPAGNE.
DE MADRID , le 25 Janvier.
Les Lettres de Buenos - Ayres marquent que ,
depuis la victoire remportée par les troupes Efpagnoles
& Portugaifes fur les Indiens voifins de la
riviere d'Urugay , les Vainqueurs ont continué
leur marche ; que malgré tous les obſtacles que
leur oppofoit un pays montueux & couvert de
bois , ils ont foumis tous les peuples de ces cantons
; & que ces peuples fe difpofent à paffer
dans les nouveaux établiffemens , qui leur ont été
affignés.
Un Courier étant arrivé le 20 de Versailles ;
avec la nouvelle que le Roi Très- Chrétien étoit
Ivj
204 MERCURE DE FRANCE.
parfaitement guéri de fa bleffure , le Roi fit chanter
fur le champ le Te Deum dans fa Chapelle
& ordonna qu'on célébrât cet heureux événement
par trois jours de réjouiffances & d'illuminations.
DE LISBONNE , le 4 Janvier.
Il a été annoncé dans les lettres datées du
23 du mois dernier , que deux Navires de la flotte
de la Baie de Tous les Saints étoient en grand
danger. Quelque diligence qu'on ait apportée.
pour les fecourir , ils ont coulé bas dans la Barre.
Ces Bâtimens fe nommoient le Gafparino & la
Sanada. Le premier étoit le Navire le plus riche
de la flotte. Outre fon chargement particulier ,
il avoit une partie de celui du Vaiffeau de retour
de Goa , qui étant arrivé à la Baie de Tous les
Saints , ne fe trouva pas en état de continuer fa
route. Des équipages du Gafparino & de la Sanada
, il n'a péri que deux Matelots. Dans la
même tempête deux Navirės Anglois , qui étoient
à l'ancre dans le Tage , ont eu leurs cables brifés.
Un de ces Bâtimens a échoué contre un banc de
fable ; mais on a fauvé toute la cargaifon. Hier ,
le feu du ciel tomba fur un Vaiffeau de guerre
la même Nation , renverfa le grand mât , & tua
quelques perfonnes de l'équipage.
DE MADRID , le 25 Janvier.
Les Lettres de Buenos - Ayres marquent que ,
depuis la victoire remportée par les troupes Efpagnoles
& Portugaifes fur les Indiens voifins de la
riviere d'Urugay , les Vainqueurs ont continué
leur marche ; que malgré tous les obſtacles que
leur oppofoit un pays montueux & couvert de
bois , ils ont foumis tous les peuples de ces cantons
; & que ces peuples fe difpofent à paffer
dans les nouveaux établiffemens , qui leur ont été
affignés.
Un Courier étant arrivé le 20 de Versailles ;
avec la nouvelle que le Roi Très- Chrétien étoit
Ivj
204 MERCURE DE FRANCE.
parfaitement guéri de fa bleffure , le Roi fit chanter
fur le champ le Te Deum dans fa Chapelle
& ordonna qu'on célébrât cet heureux événement
par trois jours de réjouiffances & d'illuminations.
DE LISBONNE , le 4 Janvier.
Il a été annoncé dans les lettres datées du
23 du mois dernier , que deux Navires de la flotte
de la Baie de Tous les Saints étoient en grand
danger. Quelque diligence qu'on ait apportée.
pour les fecourir , ils ont coulé bas dans la Barre.
Ces Bâtimens fe nommoient le Gafparino & la
Sanada. Le premier étoit le Navire le plus riche
de la flotte. Outre fon chargement particulier ,
il avoit une partie de celui du Vaiffeau de retour
de Goa , qui étant arrivé à la Baie de Tous les
Saints , ne fe trouva pas en état de continuer fa
route. Des équipages du Gafparino & de la Sanada
, il n'a péri que deux Matelots. Dans la
même tempête deux Navirės Anglois , qui étoient
à l'ancre dans le Tage , ont eu leurs cables brifés.
Un de ces Bâtimens a échoué contre un banc de
fable ; mais on a fauvé toute la cargaifon. Hier ,
le feu du ciel tomba fur un Vaiffeau de guerre
la même Nation , renverfa le grand mât , & tua
quelques perfonnes de l'équipage.
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Résumé : ESPAGNE.
Le texte décrit plusieurs événements en Espagne, en France et au Portugal. En Espagne, des lettres de Buenos Aires rapportent la victoire des troupes espagnoles et portugaises contre les Indiens voisins de la rivière d'Uruguay. Les vainqueurs ont soumis les peuples des cantons environnants, qui se préparent à s'installer dans de nouveaux établissements. En France, un courrier arrivé à Versailles le 20 janvier annonce la guérison complète du roi Louis XV d'une blessure. Un Te Deum a été chanté dans la chapelle royale et trois jours de réjouissances ont été ordonnés. Au Portugal, des lettres datées du 23 décembre précédent signalent le naufrage de deux navires de la flotte de la Baie de Tous les Saints, le Gasparino et la Sanada, malgré les efforts de secours. Le Gasparino transportait une partie du chargement d'un vaisseau de retour de Goa. Seuls deux matelots ont péri. Deux navires anglais ont également subi des dommages lors de la même tempête, mais leur cargaison a été sauvée. Enfin, un vaisseau de guerre anglais a été frappé par la foudre, renversant son grand mât et tuant plusieurs membres de l'équipage.
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