Résultats : 20 texte(s)
Accéder à la liste des mots clefs.
Détail
Liste
1
p. 53-105
ARTICLE BURLESQUE. SUITE DU PARALLELE d'Homere & de Rabelais.
Début :
J'ay cru que rien ne rendroit ce Parallele plus [...]
Mots clefs :
Homère, Rabelais, Comique, Sublime, Sujet, Éloquence, Auteur, Génie, Neptune, Beau, Idée, Paris, Vers, Paradoxe, Comparaison , Parallèle, Grandeur, Dieux, Sérieux, Combat, Tempête, Panurge, Pantagruel
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ARTICLE BURLESQUE. SUITE DU PARALLELE d'Homere & de Rabelais.
ARTICLE BURLESQUE.
SUITE DV PARALLELE
d'Homere&de Rabelais.
*
J'Ay cru que rien ne
rendroit ce Parallele
plus amusantque d'y
mêler de petits contes,
dontle fond estdeRabelais;
mais que j'ai accommodez
de maniere
à pouvoir être lûs des
Dames,& à moins ennuyer
ceux qui ne sont
point afeZj erudits &
"affedwnnez^ Pentagruelistes,
poursavourer,
mâcher&remâcherjusqu'aux
moindres roga-*
tons, & avaler à longs
traits sa -desfuavitezRabelaisiennes
en faveur de
quelques grains de gros
sel,semez par ci par là,
ez., salmigondis & pots
pouris de Maître François.
Pour assortir, ou plûtôrpour
opposer à ces
contes, en trouverai
bien encor quelqu'un
dans Homere, mais je
respecte trop son grand
nom, pour oser rien
mettre du mien dans
ses ouvrages; à peine
ai-je osé retrancher une
bonne moitié du conte
du Cyclope, afin de
rendre l'autre moins
ennuyeuse.
: Pour oposer au grand
& au sublime du Poëte
grec, on trouvera
peut-être dans Maître
François quelques endroits
assez solides pour
faire avouer que Rabelais
cût mieux réussi
dans le sérieux, qu'Homere
n'a réussi dans le
comique, & de là je
prendrai occasion d'avancer
quelques propositions
qui seroient
hardies, téméraires,ridicules
même si on les
avançoit sérieusement,
& dont je n'ose prouver
laveritéqu'en plaisantant;
je les proposeray
donc d'abord
comme des Paradoxes
badins ; tcbadinageaT
cela de bon qu'il peut
éclaircir certaines veritez
qu'une dispute serieuse
ne seroit qu'obscurcirjlcbadinageaencore
cet avanta ge sur la
dispute, qu'au lieud'attirerla*
colere des difputcurs
graves, il n'en
attire qu'un fîlencedédaigneux
, & c'es en
être quitte à bon marché
j car la force des raisonnemens
ne fait que
les irriter au lieu de les
convaincre.
La prévention s'irrite
par la resistance, cest un
animal feroce qu'Homere
eut comparé àun
Taureau furieux
J
qui
parcourant les njaftes
campa?nes de la Lybie,
d'autre but dans sa
fureur que de heurtertête
baiJJie) & de renverser
IÙS plus fortsanimaux
qui oseront l'attaquer
de front.
C'est ainsi que dans
les vastes ambiguitez
dela dispure,les plus
fortes raisons ne tiennent
point contre la
prévention.
Comparons à present
le badinage à l'Abeille
legere, qui voltige en
folâtrant autour de ce
Taureau furieux; elle
badine en fureté entre
ses cornes, lepique legerement,
il ne fait que
secoücr l'oreille,autre
coup d'aiguillon qu'il
méprise, il ne voit point
d'ennemy, cependant
la mouche le pique, ses
piquûres sontlegeres:
maisc11es sontréïterées,
la mouc he se porte avec
agilité par tous les endroits
sensibles, les piqueures
redoublent,il
commence à s'irriter,
se ne voyant à qui s'en
prendre, il tourne sa
colerecontrelui- même,
il s'agite,ilse mord,il
se tourmente, &enfin
il s'épuise,s'affoiblit&
tombe. Procumbithumi
Bos.
Nôtre comparaison
nous a fortéloignez de
nostresujet:tant mieux,
elle n'en est que plus
Homerienne,s'il y a
quelque chose de faux
dans l'application, tant
mieux encore. Homere
est un modele qu'il faut
imiter : ses comparaisons
sont longues, fausses
& semblables les
unes aux autres, il n'importe;
c'est toûjours le
second &C le parfait
Homere.
Les comparaisons de
Rabelais sont plus variées,
plus justes,mais
elles ne sont pas
moins allongées, & la
plûpart sont si basses,
qu'àcet égard ilfaut
bien pour l'honneur du
goût donner la préferenceau
Prince des
Poëtes.
Avantcettedigression
j'ay promis,à propos
d'Homere & de Rabelais
, d'avancer pour rire
quelques proportions
étonnantes, le
premier de ces Paradoxes
c'est :
Qu'il faut pins d'étendue
d'esprit & peutcireplus
d'élévationpour
exceller dans le beau comique
, qu'il n'en faut
pour réussir dansle serieux.
Cette proposition va
révolter d'abord ceux
qui prévenus par refpcâ
pour tout ce qui
a l'air sérieux:
admirent en baillant
un ennuyeux tragique,
Et riant d'une Jjlgne's,
méprisentlecomique.
Le
Le second Paradoxe,
e'est. Que les plus excellentes
piecesserieuses
font mêlées d'excellent
comique
, & par consesquent
qu'un Authtur ne
peut excellerdans lesérieuxy
s'iln'a du talent
pour le comique.r
On trouveroitdans
tous; les siecles, 8cmême
dans lenôtrçxque
les plus grands genies
ont mêlé du winique,
dans leurs ouvrages SC
dans leurs discours,&
les genies mediocres
dérogent même quelquefois
aux prérogatives
de leur gravité,
pour hazarder d'être
plaisans; j'en ai vû s'arrêter
tout court, par
vanité, s'appercevant
qu'ils plaisantoient de
mauvaise grace, & se
déchaîner le moment
d'après contre le meilleur
genre de plaisanterie.
-
Toi qui debite gravement
Tafademédisance,
Caustique par tempec.
ramment,
Serieuxparprudence,
Tumtprifes d'un hon
r, plaisant
La comique élegance,
Comme un gouteux foi- ble&pesant
Mépriseroit la danse.
Les Vers ci-dejjus peuvent Je
chanter sur l'AirdeJÓconde.
Avantque d'avancer
mon troisiéme Paradoxe
,
il faudroit avoir
bien défini le mot de
comique, & celui de subhme
y &C aprés celà
même il seroitpeut-être
encor ridicule de
dire:Quenon-seulement
lè Jubltmerieft pas incompatibleavec<
li\comiqu^
ymais,qmlpssd-J
avoir dans certain comiquedestraitssuperieurs
ausublimeserieux. Voila
unepropositionétonnante,
par rapport à l'idée
qu'on a du sublimc,
que je définirois
volontiers, laperfection
dans le grand : mais on
peut en donner encor
d'autres définitions,&
c'est ce qui nous meneroit
trop loin, il faudroit
trop1 de temps
pourdonneràces trois
Paradoxes toutes les ex*
plications& modifications
qui pourroient
les rendre sérieusement
vrayes > c'est ce que
j'entreprendrai peutêtre
quelque jour,sij'ai
le loisir de mettre en
oeuvre les reflexions
que j'ai faites sur les
fesses idées qu'on a du
sublime, du sérieux &
du comique; contentons-
nous ici de badiner
sur nôtre dernier Paradoxe,
qui nous donnera
occasion de comparer
quelques mor-*
ceaux des deux Autheurs,
dont jecontinuë
le Parallele.
Pour parler selon les
idées communes, disons
: que le comique
nest point sublimepar
lui-mesme
,
mais qu'il
peut renfermer des sens
& des veritez sublimes,
& c'est pour sçavoir
renfermer ces grandes
veritez dans le comique,
qu'il faut un genie
tres étendu.
Ilenfaut moins,par
exemple, pour soûtenirune
morale sublime
par des expressions
fortes & nobles, qui lui
font propres, que pour
la traitter comiquement,
sansl'affoiblir,
&:. sans la dégrader.
Il est'vray que le genre
serieux est plus grand
par luy-même que le
sgaennsre comique, iltient
doute le premier
rang, mais il n'y a point.
au
au Parnasse de ceremonial
qui donne le pas a un Autheur sérieux
surun comique. Ilest
plus grand parexemple,
de traitter la guerre
de Troye ,causée
par lenlevement d'une
Princesse, que la guerre
causéepar l'enlevement
d'un Seau, La
sequi à rapita,mais cette
grandeur est dans le
sujet, & non dans TAutheur
qui le traitte.,8c
celui qui daps le Poème
del'enlevement d'un
Seau, feroit entrer les
idées les plushéroïques
, feroit sansdoute
un plus grand genie"
que celui à qui la grandeur
du sujet fournit
naturellement de grandes
idées.
On ne peut pas soûtenirqu'ily
ait quantité
de hautes idées renfermées
dans le comique
de Rabelais, mais
on prouveroit peut- être
qu'Homere doit une
bonne partie deson sublime
à la grandeurde
son sujet.; ?;!> JU ;
.,' La bassesse des sujets
que Rabelais à traitez
auroit sait tomber son
ouvrage,s'iln'avoit pas étésoustenu par: des
partiesexcellentes;
L'élévation Se lrrraportance
du sujet de
rmiadercûcsoustenuë
qu^îidniémeil yauroit
eu moins de beautez
quon,ny en trouve.
Nous voyons clairementpar
la connolt:
sance dusiecle où Rabelais
avescu, que la
plûpart de ses expressiós
fortes&naïves lui font
propres a lui seul.
Mais les sçavans sans
prévention avouent
-qu:on- neconnoist pas
assez le siecle d'Homere
pour sçavoirenquoi
il dl original:ceuxqui
connoissent le genie
oriental croiront plustost
que ses expressions
nobles& figurées, que
ses comparaisons magnifiques,&
mesme la
pluspart de sesideés
Poëtiques pouvoient
estreaussi communes
aux Grecsde son temps
que les proverbes sensez
le sont à Paris parmi
le peu ple.
Al'égard du sublime
de Rabelais, il faut convenir
qu'il est bien malâisé
de l'appercevoirà
travers le bascomique,
dont il est offusqué, il
dit en parlant de la
Loy comrnentée & embrouillée
par nos Juris-
Confulres
, que c'est
une belle robe à fondd'or
brodée de crote
: j'en dirois
autant de son sublime
,
qu'on me passe
ce mot en attendant
la définition : Mais appellez
comme il vous
plaira l'idée qu'il donne.
de la vraye & naturelle
Eloquence, par la décision
de Pcntagruel
sur le verbiage du li-,
centié, il paroit qu'elle
fit excellente: en voici
l'idée en abbregé.
LAVRAYE ELOQUENCE.
1 uN jour Penragruel
rencontra certainLice-nti.é,,
non autrement sçavant es;
sciences de son métier de
Docteur:mais en recompense
sçachant tres-foncicierement
danser & joüer
à la paume,lequel donc
rencontrépar Pentagruel,
fut interrogé d'où il venoit
5
& luy répondit,je
liens de l'urbe&citécelebrisjimt
quevulgairement onvocite
Lutece.Qu'est-ce à dire,
dit Pentagruel
,
à son truchementordinaire?
je suis
tout ebahi de tel jargon.
C'efc, répond letruchemenrjqu'il
vient de Paris:
Hé,reprit Pentagruel,.
à quoy passez-vous le
temps à Paris vous autres
licentiez^Nflw^repondit le
Licentié
, en nos occupations
dit: Quel diable de langa
ge est-cecy ? Ce nest que latinécorché, dit le Truchement,
& luy semble
qu'il est éloquent Orateur,
pource qu'ildédaigne
l'usance commune de
parler: or le Licentié
croyant que l'étonnement
Se ébahissement dePentagruel
venoit pour admirer
la haute beauté de cette
élocution, se reguinda encore
plus haut &: plus obleur,
si que par longueur
de periodes,poussa patience
à bout. Parbleu, dità
part-foi Pentagruel,je tapprendrai
quelle est vraie Se
naturelle éloquence ;puis
demadaauLicêciédequel
païs il étoit, à quoy répond
ainsi le Licencié.L'illustre
&honoriferantepropagation
demesaves&ataves, tire
son origine primordiale des
Régions Limosiniennes.J'entens
bien, dit Pentagruel,
tu n'es qu'un Limosin de
Limoge, & tu veux faire
5 le Demosthenes de Grece;
Or viens-cà que je te donne
un tour de peigne, lors
le prit à la gorge,disant :
tu écorches le Latin, moy
j'écorcheray le latiniseur,
si fort lui serroit la gorge
que le pauvre Limosin
commence à crier en Limosin,
vée Dicou Gentil.
latre : Hosaint Marsau !
secourami,bau,bau, laisias k
qu'ou AU nom de Dtous
y
dm
ne me tou cas grou.Ah5 dit
Pentagruel en le laissant ;
voila comment je te voulois
remettre en droit chemin
de vraye éloquence;
car à cette, heure viens-tu
de p, rler comme nature,
&, grand biente fasse icelle.
corrp&ion,-v.
Quoique je trouve
dans; cette;idéeune e fpece
de sublime, je ne
le. compareraipas sans
doute,à ce sublime
d'Homere, dans son
Vingtième Livre,oùil
Ïaicporter ainsiJupiter fàcNrëeibptluéendee4s'aDniseTuxA/tsembléedesDieux,
- '.i! r
Je vaisdonc m'asseoir
sur le sommet de l'Olimpe,
ôcregarder le combat :
mais pour vous autres vous
pouvez descendre,& prendre
ouvertement le party
deceux quevous favorilez,
car si Achille attaque
seullesTroyens,ils ne le
soûtiendront pas un moment
:comment le soû-
,tiendroient-ils aujourd'hui
qu'il est armé ,ôc que là
valeur est encoreaiguisée
par la douleur qu'il a de
la
mort de son amy J
qu'-
hier le voyant mêmesans
armes, ils furent remplis
/deterreur^,ôc..,
- E.î:n(.fuiteHomr ere fait
descendre les Dieux de
YOUmpC) qui animant
les troupes des deuxpartisye.
ng,agIentldfbataille, &se mêlenteux-mêmes
days le combat.
En cet endroit -je
quitte lebadinage par
respect, non pour la reputationseule
d'Homere,
mais pour la grandeur,
la majesté&l'élévation
de sa PoëGe;
quel genie! Se avec
quel art inceresse-t-il
icileCiel, la terre &
toute la nature au grad
fpe&acle qu'ilvanous
donner?il nous forceà
nousy interesser nousmêmes;&
voilal'effet
dusublime.
Pédantcecombat,continué
Homere, le Souverainmaître
des Dieux
tonne du haut duCiel,
'& Neptune élevant ses
flots ébranle laterre,
lescimes du Mont Ida
tremblent jusques dans
leurs
leursfondemens,Troye,
le champ de bataille&
les vaisseaux sontagitez.
par des secousses
violentes,le Roy; des
Enfers, épouvanté au
fond de son Palais, s'élance
de son Trône, &
s'écrie de toute sa force
dans la frayeur où il
est, que Neptune, d'un
coup de son Trident,
n'entrouvre laTerre
qui couvre les ombres,
&, qiie cet affreux séjour,
demeure éternelle
des tenebres & de la
mort, abhorré des Hommes8£
craint même des
Dieux,nereçoive pour
la premiere fois la lumiere,&
ne paroisse à
découvert, si grand eil
le bruit que font ces
Dieux, qui marchent
trleess/unsilco'rn*tre les au- ab-quor
Apollon armé detous
ses traits, attaque Neptune
; Minerves'oppose
à Mars, Diane
marche contre Junon,
mais Achille n'en
veut qu'à Hector, il le
cherche dans la mêlée,
impatient de verser le
fang deceHeros,sous
les yeux même du Dieu
Mars qui le protege.
Voila du beau, du
grand, il se fait sentir
par luy-même, il n'a
pasbesoin de Cõmentaire,
comme mille autres
endroits des anciens
Autheurs, qui ne
sont beaux qu'à proportion
de la creduliré
de ceux qui veulent
bien se prester aux. décisionsdes
Commentateurs.
Comparonsàpresent
., deux tableaux de nos
deux Autheurs sur le
même sujet, ils veulent
runU. l'autre representer
unetempeste..
,
Tout ~~p~
en peinture, en mufiqne,
En prose comme en vers.
sérieux ou comique,
Tempeste de Rubens;.
tempefle de Rablais,
jMrwe du grand Poëte
tragique*.
L'on pourroit comparer
la tempeste heroïque,.
Ala tempeste de Ma, -rais.
Ces vers sepeuvent chanter fit- PairdeJoconde.
TEMPESTE
DE
RABELAIS.
EN. nôtre nauf étions
avec Pentagruel le bon,
joyeusementtranquiles,&
étoit la mer tranquillement
triste; car Neptune
en son naturel est melancolique
& fonge-creux
pource qu'il est plus flegmatique
que sanguin.
Bonasse traîtreuse nous
invitoit à molle oisiveté
>1
ôc oisiveté nous invitoit à
boire,or à boisson vineuse
mêlions saucisses,boutargue
& jambons outrement
salez,pour plus vcu
luptueufement faire sentir,
& contraster suavité
nectarine ,douce non
comme,mais plus que lait.
O que feriez mieux, nous
cria le pilote au lieu d'icelles
salinesmangerviandes
douces,pource qu'incontinent
ne boirez peutêtreque
trop salé ; ce que
disoitlepilote par pronom
c::1:
stication; car pilotes ainsi
que chats en goutieres,
fleurent par instincpluyes
& orages.
Et de fait le beau
clair jour qui luisoit perdant
peu à peu sa transparence,
lumineuse
,
devint
d'abord comme entre
chien & loup,puis brun,
obscur, puis presquenoir,
puis si noir,si noir que
fumes saisis de mal peur;
* car autrelumiere n'éclaira
plus nos faces blêmes
&effrayées, que lueurs
d'éclairsfulminantspar
'Tecrevements
de flambantes
nuées, avec millions
de tonnerres tonigrondants
sur tous les tons
&intonations des orgues
de Jupin, les pedales ,
pou, dou ,dou
,
dou3
icy cromornes,Ton, ron,
ron ) ron &C cla
,
cla y
cla
,
clacla
,
misericorde
, crioit Panurge; détournez
l'orage, Tonnez
les cloches, mais cloches
ne sonnerent ,car en
avoit pour lors: voilà
tout en feu, voilà tout en
eau, bourasques de vents,
fiflemens horrifiques, ce1
la fait trois élements
dont de chacun , trop a-
Ivioiis n'y avoit que terre
qui nous manquoit,si
non pourtant que fondrieres
marines furent si
profondes,qu'en fin fond
d'abîmes ouverts eût-on
pu voir,harangs sur sable
-&C moruës engravées, or
'-du fio,nd d'iceuxabysmes r
vagues montoient aux
nuës
,
& d'icelles nûës.
fc precipitoient comme
torrents , montagnes
d'eau, foy disant vagues,
desquelles aucunes
tombant sur la nauf, Panurge
, qui de frayeur
extravaguoit, disoit ho
ho ho, quelle pluye estce
cy 5 vit-on jamais
pleuvoir vagues toutes
brandies: helas,helas
be be be be, , je nage, bou
bou bou bou, ha maudit
cordonnier, mes souliers
prennent l'eau par
le colet de mon pourpoint.
Ha que cette boit:
son est amere ! hala,
hola
,
je n'ay plus soif.
Te tairas - tu ?
crioit
Frere Jean, & viens
plustost nous aider à
manouvrer ,
où sont
nos boulingues
,
noftrc
trinquet est avau l'eau,
amis à ces rambades
Enfans, n'abandonnons,
le tirados, à moy, à moy.
Par icy, par la haut ,
par là bas.
Viens donc, Pcanurge,
viens, ventre de solles,
viens donc. Hé! ne jurons
point, disoit piteusement
Panurge, ne ju.
rons aujourd'huy, mais
demain tant que tu voudras
,
il est maintenant
heure de faire voeux,Se
promettre pelerinages :
ha ha
,
ha ha, ho ho
ho , ho, je nage, bou bi,
bou bous, sommes-nous
au fond? Ah je me
meurs! mais viens donc
icy nous aider, crioit
Frere Jean, au lieu de
moribonder,met la main
à l'estaransol
, gare la
pane, hau amure, amure
bas , peste soit du
pleurard qui nous est
nuisible au lieu de nous
aider. Ha! oüy oüy oüy,
reprenoit Panurge,vous
fuis nuisible
, mettezmoy
donc à terre afin
que puissiez à l'aise manouvrer
tout vostre soul-
Or icelle tempeste
ou tourmente, ou tourmentante
,comme voudrez
, commença à prendre
fin à force de durer,
comme toutes choses
mondaines: terre, terre,
cria le Pilote,& jugez
bien quelle jubilation
senfUlVlt
, a quoy prit
la plus forte part le
craintif Panurge, qui
defeendant le premier
sur l'arene,disoit,ôtrois
& quatre fois heureux.
Jardinier qui plante
choux, car au moins a-til
un pied sur terre, &
l'autre n'en est esloigné
que d'un fer de besche.
Or remettons tempeste
d'Homere à la pro- „ chaine mercuriale ainsi
que plusieurs autres bribes
des deux Autheurs
que nous paralelliferons
par maniere de passetemps
Rabelaisien, & -
non dogmatiquement ,
chose que- trop repeter
ne puis ; car pires sourds
n'y a que ceux qui ne
veulent point entendre.
SUITE DV PARALLELE
d'Homere&de Rabelais.
*
J'Ay cru que rien ne
rendroit ce Parallele
plus amusantque d'y
mêler de petits contes,
dontle fond estdeRabelais;
mais que j'ai accommodez
de maniere
à pouvoir être lûs des
Dames,& à moins ennuyer
ceux qui ne sont
point afeZj erudits &
"affedwnnez^ Pentagruelistes,
poursavourer,
mâcher&remâcherjusqu'aux
moindres roga-*
tons, & avaler à longs
traits sa -desfuavitezRabelaisiennes
en faveur de
quelques grains de gros
sel,semez par ci par là,
ez., salmigondis & pots
pouris de Maître François.
Pour assortir, ou plûtôrpour
opposer à ces
contes, en trouverai
bien encor quelqu'un
dans Homere, mais je
respecte trop son grand
nom, pour oser rien
mettre du mien dans
ses ouvrages; à peine
ai-je osé retrancher une
bonne moitié du conte
du Cyclope, afin de
rendre l'autre moins
ennuyeuse.
: Pour oposer au grand
& au sublime du Poëte
grec, on trouvera
peut-être dans Maître
François quelques endroits
assez solides pour
faire avouer que Rabelais
cût mieux réussi
dans le sérieux, qu'Homere
n'a réussi dans le
comique, & de là je
prendrai occasion d'avancer
quelques propositions
qui seroient
hardies, téméraires,ridicules
même si on les
avançoit sérieusement,
& dont je n'ose prouver
laveritéqu'en plaisantant;
je les proposeray
donc d'abord
comme des Paradoxes
badins ; tcbadinageaT
cela de bon qu'il peut
éclaircir certaines veritez
qu'une dispute serieuse
ne seroit qu'obscurcirjlcbadinageaencore
cet avanta ge sur la
dispute, qu'au lieud'attirerla*
colere des difputcurs
graves, il n'en
attire qu'un fîlencedédaigneux
, & c'es en
être quitte à bon marché
j car la force des raisonnemens
ne fait que
les irriter au lieu de les
convaincre.
La prévention s'irrite
par la resistance, cest un
animal feroce qu'Homere
eut comparé àun
Taureau furieux
J
qui
parcourant les njaftes
campa?nes de la Lybie,
d'autre but dans sa
fureur que de heurtertête
baiJJie) & de renverser
IÙS plus fortsanimaux
qui oseront l'attaquer
de front.
C'est ainsi que dans
les vastes ambiguitez
dela dispure,les plus
fortes raisons ne tiennent
point contre la
prévention.
Comparons à present
le badinage à l'Abeille
legere, qui voltige en
folâtrant autour de ce
Taureau furieux; elle
badine en fureté entre
ses cornes, lepique legerement,
il ne fait que
secoücr l'oreille,autre
coup d'aiguillon qu'il
méprise, il ne voit point
d'ennemy, cependant
la mouche le pique, ses
piquûres sontlegeres:
maisc11es sontréïterées,
la mouc he se porte avec
agilité par tous les endroits
sensibles, les piqueures
redoublent,il
commence à s'irriter,
se ne voyant à qui s'en
prendre, il tourne sa
colerecontrelui- même,
il s'agite,ilse mord,il
se tourmente, &enfin
il s'épuise,s'affoiblit&
tombe. Procumbithumi
Bos.
Nôtre comparaison
nous a fortéloignez de
nostresujet:tant mieux,
elle n'en est que plus
Homerienne,s'il y a
quelque chose de faux
dans l'application, tant
mieux encore. Homere
est un modele qu'il faut
imiter : ses comparaisons
sont longues, fausses
& semblables les
unes aux autres, il n'importe;
c'est toûjours le
second &C le parfait
Homere.
Les comparaisons de
Rabelais sont plus variées,
plus justes,mais
elles ne sont pas
moins allongées, & la
plûpart sont si basses,
qu'àcet égard ilfaut
bien pour l'honneur du
goût donner la préferenceau
Prince des
Poëtes.
Avantcettedigression
j'ay promis,à propos
d'Homere & de Rabelais
, d'avancer pour rire
quelques proportions
étonnantes, le
premier de ces Paradoxes
c'est :
Qu'il faut pins d'étendue
d'esprit & peutcireplus
d'élévationpour
exceller dans le beau comique
, qu'il n'en faut
pour réussir dansle serieux.
Cette proposition va
révolter d'abord ceux
qui prévenus par refpcâ
pour tout ce qui
a l'air sérieux:
admirent en baillant
un ennuyeux tragique,
Et riant d'une Jjlgne's,
méprisentlecomique.
Le
Le second Paradoxe,
e'est. Que les plus excellentes
piecesserieuses
font mêlées d'excellent
comique
, & par consesquent
qu'un Authtur ne
peut excellerdans lesérieuxy
s'iln'a du talent
pour le comique.r
On trouveroitdans
tous; les siecles, 8cmême
dans lenôtrçxque
les plus grands genies
ont mêlé du winique,
dans leurs ouvrages SC
dans leurs discours,&
les genies mediocres
dérogent même quelquefois
aux prérogatives
de leur gravité,
pour hazarder d'être
plaisans; j'en ai vû s'arrêter
tout court, par
vanité, s'appercevant
qu'ils plaisantoient de
mauvaise grace, & se
déchaîner le moment
d'après contre le meilleur
genre de plaisanterie.
-
Toi qui debite gravement
Tafademédisance,
Caustique par tempec.
ramment,
Serieuxparprudence,
Tumtprifes d'un hon
r, plaisant
La comique élegance,
Comme un gouteux foi- ble&pesant
Mépriseroit la danse.
Les Vers ci-dejjus peuvent Je
chanter sur l'AirdeJÓconde.
Avantque d'avancer
mon troisiéme Paradoxe
,
il faudroit avoir
bien défini le mot de
comique, & celui de subhme
y &C aprés celà
même il seroitpeut-être
encor ridicule de
dire:Quenon-seulement
lè Jubltmerieft pas incompatibleavec<
li\comiqu^
ymais,qmlpssd-J
avoir dans certain comiquedestraitssuperieurs
ausublimeserieux. Voila
unepropositionétonnante,
par rapport à l'idée
qu'on a du sublimc,
que je définirois
volontiers, laperfection
dans le grand : mais on
peut en donner encor
d'autres définitions,&
c'est ce qui nous meneroit
trop loin, il faudroit
trop1 de temps
pourdonneràces trois
Paradoxes toutes les ex*
plications& modifications
qui pourroient
les rendre sérieusement
vrayes > c'est ce que
j'entreprendrai peutêtre
quelque jour,sij'ai
le loisir de mettre en
oeuvre les reflexions
que j'ai faites sur les
fesses idées qu'on a du
sublime, du sérieux &
du comique; contentons-
nous ici de badiner
sur nôtre dernier Paradoxe,
qui nous donnera
occasion de comparer
quelques mor-*
ceaux des deux Autheurs,
dont jecontinuë
le Parallele.
Pour parler selon les
idées communes, disons
: que le comique
nest point sublimepar
lui-mesme
,
mais qu'il
peut renfermer des sens
& des veritez sublimes,
& c'est pour sçavoir
renfermer ces grandes
veritez dans le comique,
qu'il faut un genie
tres étendu.
Ilenfaut moins,par
exemple, pour soûtenirune
morale sublime
par des expressions
fortes & nobles, qui lui
font propres, que pour
la traitter comiquement,
sansl'affoiblir,
&:. sans la dégrader.
Il est'vray que le genre
serieux est plus grand
par luy-même que le
sgaennsre comique, iltient
doute le premier
rang, mais il n'y a point.
au
au Parnasse de ceremonial
qui donne le pas a un Autheur sérieux
surun comique. Ilest
plus grand parexemple,
de traitter la guerre
de Troye ,causée
par lenlevement d'une
Princesse, que la guerre
causéepar l'enlevement
d'un Seau, La
sequi à rapita,mais cette
grandeur est dans le
sujet, & non dans TAutheur
qui le traitte.,8c
celui qui daps le Poème
del'enlevement d'un
Seau, feroit entrer les
idées les plushéroïques
, feroit sansdoute
un plus grand genie"
que celui à qui la grandeur
du sujet fournit
naturellement de grandes
idées.
On ne peut pas soûtenirqu'ily
ait quantité
de hautes idées renfermées
dans le comique
de Rabelais, mais
on prouveroit peut- être
qu'Homere doit une
bonne partie deson sublime
à la grandeurde
son sujet.; ?;!> JU ;
.,' La bassesse des sujets
que Rabelais à traitez
auroit sait tomber son
ouvrage,s'iln'avoit pas étésoustenu par: des
partiesexcellentes;
L'élévation Se lrrraportance
du sujet de
rmiadercûcsoustenuë
qu^îidniémeil yauroit
eu moins de beautez
quon,ny en trouve.
Nous voyons clairementpar
la connolt:
sance dusiecle où Rabelais
avescu, que la
plûpart de ses expressiós
fortes&naïves lui font
propres a lui seul.
Mais les sçavans sans
prévention avouent
-qu:on- neconnoist pas
assez le siecle d'Homere
pour sçavoirenquoi
il dl original:ceuxqui
connoissent le genie
oriental croiront plustost
que ses expressions
nobles& figurées, que
ses comparaisons magnifiques,&
mesme la
pluspart de sesideés
Poëtiques pouvoient
estreaussi communes
aux Grecsde son temps
que les proverbes sensez
le sont à Paris parmi
le peu ple.
Al'égard du sublime
de Rabelais, il faut convenir
qu'il est bien malâisé
de l'appercevoirà
travers le bascomique,
dont il est offusqué, il
dit en parlant de la
Loy comrnentée & embrouillée
par nos Juris-
Confulres
, que c'est
une belle robe à fondd'or
brodée de crote
: j'en dirois
autant de son sublime
,
qu'on me passe
ce mot en attendant
la définition : Mais appellez
comme il vous
plaira l'idée qu'il donne.
de la vraye & naturelle
Eloquence, par la décision
de Pcntagruel
sur le verbiage du li-,
centié, il paroit qu'elle
fit excellente: en voici
l'idée en abbregé.
LAVRAYE ELOQUENCE.
1 uN jour Penragruel
rencontra certainLice-nti.é,,
non autrement sçavant es;
sciences de son métier de
Docteur:mais en recompense
sçachant tres-foncicierement
danser & joüer
à la paume,lequel donc
rencontrépar Pentagruel,
fut interrogé d'où il venoit
5
& luy répondit,je
liens de l'urbe&citécelebrisjimt
quevulgairement onvocite
Lutece.Qu'est-ce à dire,
dit Pentagruel
,
à son truchementordinaire?
je suis
tout ebahi de tel jargon.
C'efc, répond letruchemenrjqu'il
vient de Paris:
Hé,reprit Pentagruel,.
à quoy passez-vous le
temps à Paris vous autres
licentiez^Nflw^repondit le
Licentié
, en nos occupations
dit: Quel diable de langa
ge est-cecy ? Ce nest que latinécorché, dit le Truchement,
& luy semble
qu'il est éloquent Orateur,
pource qu'ildédaigne
l'usance commune de
parler: or le Licentié
croyant que l'étonnement
Se ébahissement dePentagruel
venoit pour admirer
la haute beauté de cette
élocution, se reguinda encore
plus haut &: plus obleur,
si que par longueur
de periodes,poussa patience
à bout. Parbleu, dità
part-foi Pentagruel,je tapprendrai
quelle est vraie Se
naturelle éloquence ;puis
demadaauLicêciédequel
païs il étoit, à quoy répond
ainsi le Licencié.L'illustre
&honoriferantepropagation
demesaves&ataves, tire
son origine primordiale des
Régions Limosiniennes.J'entens
bien, dit Pentagruel,
tu n'es qu'un Limosin de
Limoge, & tu veux faire
5 le Demosthenes de Grece;
Or viens-cà que je te donne
un tour de peigne, lors
le prit à la gorge,disant :
tu écorches le Latin, moy
j'écorcheray le latiniseur,
si fort lui serroit la gorge
que le pauvre Limosin
commence à crier en Limosin,
vée Dicou Gentil.
latre : Hosaint Marsau !
secourami,bau,bau, laisias k
qu'ou AU nom de Dtous
y
dm
ne me tou cas grou.Ah5 dit
Pentagruel en le laissant ;
voila comment je te voulois
remettre en droit chemin
de vraye éloquence;
car à cette, heure viens-tu
de p, rler comme nature,
&, grand biente fasse icelle.
corrp&ion,-v.
Quoique je trouve
dans; cette;idéeune e fpece
de sublime, je ne
le. compareraipas sans
doute,à ce sublime
d'Homere, dans son
Vingtième Livre,oùil
Ïaicporter ainsiJupiter fàcNrëeibptluéendee4s'aDniseTuxA/tsembléedesDieux,
- '.i! r
Je vaisdonc m'asseoir
sur le sommet de l'Olimpe,
ôcregarder le combat :
mais pour vous autres vous
pouvez descendre,& prendre
ouvertement le party
deceux quevous favorilez,
car si Achille attaque
seullesTroyens,ils ne le
soûtiendront pas un moment
:comment le soû-
,tiendroient-ils aujourd'hui
qu'il est armé ,ôc que là
valeur est encoreaiguisée
par la douleur qu'il a de
la
mort de son amy J
qu'-
hier le voyant mêmesans
armes, ils furent remplis
/deterreur^,ôc..,
- E.î:n(.fuiteHomr ere fait
descendre les Dieux de
YOUmpC) qui animant
les troupes des deuxpartisye.
ng,agIentldfbataille, &se mêlenteux-mêmes
days le combat.
En cet endroit -je
quitte lebadinage par
respect, non pour la reputationseule
d'Homere,
mais pour la grandeur,
la majesté&l'élévation
de sa PoëGe;
quel genie! Se avec
quel art inceresse-t-il
icileCiel, la terre &
toute la nature au grad
fpe&acle qu'ilvanous
donner?il nous forceà
nousy interesser nousmêmes;&
voilal'effet
dusublime.
Pédantcecombat,continué
Homere, le Souverainmaître
des Dieux
tonne du haut duCiel,
'& Neptune élevant ses
flots ébranle laterre,
lescimes du Mont Ida
tremblent jusques dans
leurs
leursfondemens,Troye,
le champ de bataille&
les vaisseaux sontagitez.
par des secousses
violentes,le Roy; des
Enfers, épouvanté au
fond de son Palais, s'élance
de son Trône, &
s'écrie de toute sa force
dans la frayeur où il
est, que Neptune, d'un
coup de son Trident,
n'entrouvre laTerre
qui couvre les ombres,
&, qiie cet affreux séjour,
demeure éternelle
des tenebres & de la
mort, abhorré des Hommes8£
craint même des
Dieux,nereçoive pour
la premiere fois la lumiere,&
ne paroisse à
découvert, si grand eil
le bruit que font ces
Dieux, qui marchent
trleess/unsilco'rn*tre les au- ab-quor
Apollon armé detous
ses traits, attaque Neptune
; Minerves'oppose
à Mars, Diane
marche contre Junon,
mais Achille n'en
veut qu'à Hector, il le
cherche dans la mêlée,
impatient de verser le
fang deceHeros,sous
les yeux même du Dieu
Mars qui le protege.
Voila du beau, du
grand, il se fait sentir
par luy-même, il n'a
pasbesoin de Cõmentaire,
comme mille autres
endroits des anciens
Autheurs, qui ne
sont beaux qu'à proportion
de la creduliré
de ceux qui veulent
bien se prester aux. décisionsdes
Commentateurs.
Comparonsàpresent
., deux tableaux de nos
deux Autheurs sur le
même sujet, ils veulent
runU. l'autre representer
unetempeste..
,
Tout ~~p~
en peinture, en mufiqne,
En prose comme en vers.
sérieux ou comique,
Tempeste de Rubens;.
tempefle de Rablais,
jMrwe du grand Poëte
tragique*.
L'on pourroit comparer
la tempeste heroïque,.
Ala tempeste de Ma, -rais.
Ces vers sepeuvent chanter fit- PairdeJoconde.
TEMPESTE
DE
RABELAIS.
EN. nôtre nauf étions
avec Pentagruel le bon,
joyeusementtranquiles,&
étoit la mer tranquillement
triste; car Neptune
en son naturel est melancolique
& fonge-creux
pource qu'il est plus flegmatique
que sanguin.
Bonasse traîtreuse nous
invitoit à molle oisiveté
>1
ôc oisiveté nous invitoit à
boire,or à boisson vineuse
mêlions saucisses,boutargue
& jambons outrement
salez,pour plus vcu
luptueufement faire sentir,
& contraster suavité
nectarine ,douce non
comme,mais plus que lait.
O que feriez mieux, nous
cria le pilote au lieu d'icelles
salinesmangerviandes
douces,pource qu'incontinent
ne boirez peutêtreque
trop salé ; ce que
disoitlepilote par pronom
c::1:
stication; car pilotes ainsi
que chats en goutieres,
fleurent par instincpluyes
& orages.
Et de fait le beau
clair jour qui luisoit perdant
peu à peu sa transparence,
lumineuse
,
devint
d'abord comme entre
chien & loup,puis brun,
obscur, puis presquenoir,
puis si noir,si noir que
fumes saisis de mal peur;
* car autrelumiere n'éclaira
plus nos faces blêmes
&effrayées, que lueurs
d'éclairsfulminantspar
'Tecrevements
de flambantes
nuées, avec millions
de tonnerres tonigrondants
sur tous les tons
&intonations des orgues
de Jupin, les pedales ,
pou, dou ,dou
,
dou3
icy cromornes,Ton, ron,
ron ) ron &C cla
,
cla y
cla
,
clacla
,
misericorde
, crioit Panurge; détournez
l'orage, Tonnez
les cloches, mais cloches
ne sonnerent ,car en
avoit pour lors: voilà
tout en feu, voilà tout en
eau, bourasques de vents,
fiflemens horrifiques, ce1
la fait trois élements
dont de chacun , trop a-
Ivioiis n'y avoit que terre
qui nous manquoit,si
non pourtant que fondrieres
marines furent si
profondes,qu'en fin fond
d'abîmes ouverts eût-on
pu voir,harangs sur sable
-&C moruës engravées, or
'-du fio,nd d'iceuxabysmes r
vagues montoient aux
nuës
,
& d'icelles nûës.
fc precipitoient comme
torrents , montagnes
d'eau, foy disant vagues,
desquelles aucunes
tombant sur la nauf, Panurge
, qui de frayeur
extravaguoit, disoit ho
ho ho, quelle pluye estce
cy 5 vit-on jamais
pleuvoir vagues toutes
brandies: helas,helas
be be be be, , je nage, bou
bou bou bou, ha maudit
cordonnier, mes souliers
prennent l'eau par
le colet de mon pourpoint.
Ha que cette boit:
son est amere ! hala,
hola
,
je n'ay plus soif.
Te tairas - tu ?
crioit
Frere Jean, & viens
plustost nous aider à
manouvrer ,
où sont
nos boulingues
,
noftrc
trinquet est avau l'eau,
amis à ces rambades
Enfans, n'abandonnons,
le tirados, à moy, à moy.
Par icy, par la haut ,
par là bas.
Viens donc, Pcanurge,
viens, ventre de solles,
viens donc. Hé! ne jurons
point, disoit piteusement
Panurge, ne ju.
rons aujourd'huy, mais
demain tant que tu voudras
,
il est maintenant
heure de faire voeux,Se
promettre pelerinages :
ha ha
,
ha ha, ho ho
ho , ho, je nage, bou bi,
bou bous, sommes-nous
au fond? Ah je me
meurs! mais viens donc
icy nous aider, crioit
Frere Jean, au lieu de
moribonder,met la main
à l'estaransol
, gare la
pane, hau amure, amure
bas , peste soit du
pleurard qui nous est
nuisible au lieu de nous
aider. Ha! oüy oüy oüy,
reprenoit Panurge,vous
fuis nuisible
, mettezmoy
donc à terre afin
que puissiez à l'aise manouvrer
tout vostre soul-
Or icelle tempeste
ou tourmente, ou tourmentante
,comme voudrez
, commença à prendre
fin à force de durer,
comme toutes choses
mondaines: terre, terre,
cria le Pilote,& jugez
bien quelle jubilation
senfUlVlt
, a quoy prit
la plus forte part le
craintif Panurge, qui
defeendant le premier
sur l'arene,disoit,ôtrois
& quatre fois heureux.
Jardinier qui plante
choux, car au moins a-til
un pied sur terre, &
l'autre n'en est esloigné
que d'un fer de besche.
Or remettons tempeste
d'Homere à la pro- „ chaine mercuriale ainsi
que plusieurs autres bribes
des deux Autheurs
que nous paralelliferons
par maniere de passetemps
Rabelaisien, & -
non dogmatiquement ,
chose que- trop repeter
ne puis ; car pires sourds
n'y a que ceux qui ne
veulent point entendre.
Fermer
Résumé : ARTICLE BURLESQUE. SUITE DU PARALLELE d'Homere & de Rabelais.
L'article compare les œuvres d'Homère et de Rabelais, en soulignant les différences de style et de réception. L'auteur décide de rendre les contes de Rabelais plus accessibles et moins ennuyeux, notamment en retranchant une partie du conte du Cyclope d'Homère pour le rendre moins ennuyeux. Il propose plusieurs paradoxes, comme l'idée que le comique nécessite plus d'étendue d'esprit que le sérieux, et que les œuvres sérieuses excellentes contiennent du comique. L'auteur utilise une métaphore pour comparer la prévention à un taureau furieux et le badinage à une abeille légère qui le pique sans le blesser gravement. Il discute de la difficulté de percevoir le sublime dans les œuvres de Rabelais en raison de leur comique bas. Il cite un exemple de la vraie éloquence dans 'Pantagruel' et le compare à un passage sublime de l'Iliade. Le texte compare également deux descriptions de tempêtes, mettant en avant la tempête de Rubens, celle de Rabelais et la tempête héroïque d'Homère. Il décrit en détail la tempête narrée par Rabelais dans 'Pantagruel'. Cette tempête commence par une mer tranquille et mélancolique, puis se transforme en un chaos de vents, d'éclairs et de vagues monumentales. Les personnages, notamment Panurge et Frère Jean, réagissent avec peur et désespoir, mais aussi avec des tentatives de manœuvre pour sauver le navire. La tempête finit par s'apaiser, apportant un soulagement général, surtout à Panurge, qui exprime sa joie d'avoir enfin un pied sur terre. L'auteur admire la grandeur et la majesté de la poésie d'Homère, qui parvient à impliquer le ciel, la terre et toute la nature dans ses descriptions. Il conclut en quittant le badinage par respect pour Homère. Le texte mentionne la comparaison des tempêtes des deux auteurs comme un passe-temps, sans intention dogmatique.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
2
p. 90-106
NOUVELLES de divers endroits.
Début :
De Gironne le 26. Aoust. Mr le Marquis de Brancas [...]
Mots clefs :
Gironne, Fête, Bayonne, Gênes, Milan, Hambourg, Incendie, Leipzig, Tempête, Mortalité, Bétail, Maladie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : NOUVELLES de divers endroits.
NOUVELLESde
divers endroits.
De Gironne le 2.6.Aoufl.
Mr le Marquis de Brancas,
Lieutenant General des
Armées du Roy, Gouverneur
de Gironne, & Commandeur
de l'Ordre Militaire
de S. Louis, a donne une
grande Feste pour honorer
la mémoire de ce Sainr
,
&
pour donner des marques
de son zele au Roy ,à Sa
Majesté Catholique, &, à
Monseigneur le Prince des
Asturies, qui en porte le
nom.
Le 24 il ordonna aux
Trompettes de la Ville d'avertir
les Habitans d'illuminer
le soit toutes lesfenêtres
de leurs maisons; ce qui suc
cxecuté avec toutes les marques
d'un zele des plus ar..
dents.
Le 15. jour de laFeffe de
Saint Louis) Mr le Comto:
de Ficnnes. Lieutenant ge-
,
neral des Arméesdu Roy,
& Commandant enchefles
Troupes sur la Fronticre
Chevalier de Saint Louis;
Mr le Marquis deCaylus;
& Mr de Rignolet
,
Maré.
chauxdeCamp;Mr le
Comte de Valouse, & Mr
le Comte de Parabere,Brigadiers
; Mr de Grcfigny,
Lieutenant de Roy de la
Place; Mr deReding-, Cofanel;
Mr du Chayla,Ingénieur,
&c Chevalier deSaint
Louis;FEcac Major, & plufittiVs
Officiers des Quartiers
voisins, allèrent le matin
faire compliment à Mr le
Gouverneur,ainsi que le
Clergé dela Ville- laNo-
0
blesse, les Jurats, & les principaux
Bourgeois, & chacquuentl.
uluyypprercsfecnnttaauunn BBoouu--'
Toute cette Assemblée
se rendit ensuite dans une
Paroisse du Mercadal quiest
commune aux Religieuses
de Saint Bernard, où l'on
chanta une grande Mcffe en
Musique qui finit par le verset
Domine salvum sac Re..
gem.
L'aprésdinée il y eut un
grand Concert de voix &
dinstrumcns dans la maison
de Mr Prats, Gentilhomme
distingué &, premier Juratde
la Ville ,où logeoit Mr
le Marquis de Caraffa Seigneur
Napolitain, Maréchal
des Camps & Armées
de Sa Majesté Catholique;
Les Dames, quiestoientmagnifiquement
parées, furenc
placéessur des chaises&sur
des Carreaux à la maniere
Espagnole, selonleur rang.
dans une Salle fort spacieuse
illuminée par un grand
nombre de lustres, de girandoles
&de consoles garnies
de bougies.
On y servit une grande
, Collation, a prèslaquelle on
tira un beau Feu d'artifice
,
de l'invention de Mr de la
Grange. Il estoit dressé dans
la grande Place de la Ville;
C'étoit un Arcde Triomphe
defigurecxagonalc quifoû+
tenoit une cfpeccdelcl-lâé
! teau àquatre pans,orne d'un
) côtré d'Ecussons aux Armes
de France, & de l'autre d'Ecussons
des Armes d'Espa-
! gne,&entouré d'une balustrade
de Fleurs- delys,La
Statue Equestre de S, Louis
qui estoit au haut, sembloit
! détruire par des foudres qui
i
partoienc de sa main droite
quatre figures de Maures
qui representoient l'Herefie,
l'Idolâtrie, & les Sarrafins,
dont il avoir délivré la
Cité sainte; & les deux côtezoù
il n'y avoir pointd'E.
cussonsetoient garnis d'Emblêmes
à la loüange des deux
Rois, & du Gouverneur.
:
Une triple salve de prés
de cent pieces de canon fut
lesignalde l'exécution dece
Feu, après laquelle Mr le
Marquis de Brancas donna
un soupémagnifique.
De
DeBayonne le 24. Octobre.
La ReineDouairiere d'Espagne
ayantsouhaité daller
passer quinze jours au Château
de Bidache appartenant aMrle Duc de Grammont,
choisit Mr de Larretigny,
Commissaire Ordonnateur
des Classes au Département
de Bayonne, pour l'y conduire
,
Sa Majesté s'embarqua
le 22.. à neuf heures du
matin dans une Chaloupe
dela diligence avec laquelle
Mr de Larretigny ravoir:
fait conduire, qu'elle luy fit
l'honneur de le gratificr dune
tabattiere magnifique.
De Genes le 17.Octobre.
L'Archiduc débarquaicy
le 12. au matin; mais il ne
voulut point s'y arrester,
quoy qu'on luy eust fait
préparer un Logement: il
réfusa aussi les prefçnsde la
République, fous prétexte
qu'elle n'a point voulu le
reconnaître pour Royd'EC
pagne:il monta dans sa Calèche
à la sortie de la Chaloupe
qui le Init à terre, &
pritlaroute de Milan.
De Milanleil.Octobre
Depuis le 12. que l'Archiduc
est arrivé icy plusieursSeigneursy
font venus
le salüer
,
& entrautres le
Duc d'Ucede qui a quitté le
service du Roy Philippe V.
& qui cependant n'a pasesté
reçu par ce nouveau
Maistre, avec autant d'agrément
qu'ill'esperoit. Ce
Prince mange tous les jours,
en public, travaille avec ses
Ministres aux moyens de
trouver lesgrosses sommes
dont ila besoin. Le 157 le
Comte de Windischras,
Envoyé par l'Ambassadeur
de l'Archiduc à Francfort
luy aporta la nouvelle de
son Election à l'Empire.
Le Prince d'A vellino, & le
Marquis de Prié arriverent
le mesme jour de Rome.
On atrend un Depucé de la
Dicte Electorale qui aporte
l'Actedel'Election, & le
Cardinal Légat que le Pape
envoye pour complimenter
ce Prince.
De Hambourg le 6 Novembre
Le feu ayant pris à
Alrena le 2. de ce mois,
plus de trois cens maisons
ont este brulées, ainsi que
le Quartier des Juifs & leur
Synagogue; on y envoya
d'icy plusieurs Pompes pour
esteindre le feu avec des
Massons & des Charpentiers
; Mais telles coupures
que l'on fist dans les bastimens,
on ne put l'empescher
de le communiquer
des uns aux autres, & cet
incendie ne fut arresté que
le lendemain à cinq heures
du soir.
La Ville de Prestoë,
sicuée prés de la pointe
Méridionale de l'Iste de
de Zéeland, a esté entiere
mentréduiteen cendres.
De Leipfikle 5. Novembre.
Il fit hier une tempeste
si extraordinaire; qu'elle a
renversé pluficurs maisons,
déraciné & abbatu une
grande quantité d'arbres
dans les Forests & ailleurs,
rüiné les Jardins que le Roy
Auguste avoit fait faire
proche du Château de
Dresdec; & cette mesme
tempeste a fait perir un
Yacht magnifiquedel'Electeur
de Brandebourg.
DeVienne le 2. Novembre.
La mortalité parmy le
bettail dans l'Autriche &
»
dans la Hongrie est incroyable.
PouZrD peu que cela
dure l'on fera contraint
•
d'y vivre sans viande, san
beurre, sans fromage, &
sans laitage; & comme le
labour des Terres se fait
en ces Pays là presque uniquement
avec des Boeufs,il
y a beaucoup de Terres qui
y resteront en friche.Cette
maladie qui a d'abord règne
dans la Transylvanie, n'y a
presgue, laissé ni Boeufs,. ni
Vaches ni Moutons..
De Rome le 24. Octobre,
On reçut la semaine
dernière plusieursLettres
de Ferrare, portant que la
mortalité du bestail augmenroit
considerablement
dans le Veronois, le Vicentin
,
& le Padouan
, ce qui
faisoit aprehenderla contagion.
Ces lettres ayant (fié
luës dans la Congrégation
de la Consulte, il a esté
ordonné de prendre toutes
lesmesuresnecessaires pour
empêcher qu'il n'entrast
dans l'Etat Ecclesiastique
aucuns bestiaux venant de
ces Pays là, & on a recommandé
au Cardinal Impe.
rialc qui va à Milan de ne
passer paraucundesendroits
qui sont infectez de cette
maladie.
divers endroits.
De Gironne le 2.6.Aoufl.
Mr le Marquis de Brancas,
Lieutenant General des
Armées du Roy, Gouverneur
de Gironne, & Commandeur
de l'Ordre Militaire
de S. Louis, a donne une
grande Feste pour honorer
la mémoire de ce Sainr
,
&
pour donner des marques
de son zele au Roy ,à Sa
Majesté Catholique, &, à
Monseigneur le Prince des
Asturies, qui en porte le
nom.
Le 24 il ordonna aux
Trompettes de la Ville d'avertir
les Habitans d'illuminer
le soit toutes lesfenêtres
de leurs maisons; ce qui suc
cxecuté avec toutes les marques
d'un zele des plus ar..
dents.
Le 15. jour de laFeffe de
Saint Louis) Mr le Comto:
de Ficnnes. Lieutenant ge-
,
neral des Arméesdu Roy,
& Commandant enchefles
Troupes sur la Fronticre
Chevalier de Saint Louis;
Mr le Marquis deCaylus;
& Mr de Rignolet
,
Maré.
chauxdeCamp;Mr le
Comte de Valouse, & Mr
le Comte de Parabere,Brigadiers
; Mr de Grcfigny,
Lieutenant de Roy de la
Place; Mr deReding-, Cofanel;
Mr du Chayla,Ingénieur,
&c Chevalier deSaint
Louis;FEcac Major, & plufittiVs
Officiers des Quartiers
voisins, allèrent le matin
faire compliment à Mr le
Gouverneur,ainsi que le
Clergé dela Ville- laNo-
0
blesse, les Jurats, & les principaux
Bourgeois, & chacquuentl.
uluyypprercsfecnnttaauunn BBoouu--'
Toute cette Assemblée
se rendit ensuite dans une
Paroisse du Mercadal quiest
commune aux Religieuses
de Saint Bernard, où l'on
chanta une grande Mcffe en
Musique qui finit par le verset
Domine salvum sac Re..
gem.
L'aprésdinée il y eut un
grand Concert de voix &
dinstrumcns dans la maison
de Mr Prats, Gentilhomme
distingué &, premier Juratde
la Ville ,où logeoit Mr
le Marquis de Caraffa Seigneur
Napolitain, Maréchal
des Camps & Armées
de Sa Majesté Catholique;
Les Dames, quiestoientmagnifiquement
parées, furenc
placéessur des chaises&sur
des Carreaux à la maniere
Espagnole, selonleur rang.
dans une Salle fort spacieuse
illuminée par un grand
nombre de lustres, de girandoles
&de consoles garnies
de bougies.
On y servit une grande
, Collation, a prèslaquelle on
tira un beau Feu d'artifice
,
de l'invention de Mr de la
Grange. Il estoit dressé dans
la grande Place de la Ville;
C'étoit un Arcde Triomphe
defigurecxagonalc quifoû+
tenoit une cfpeccdelcl-lâé
! teau àquatre pans,orne d'un
) côtré d'Ecussons aux Armes
de France, & de l'autre d'Ecussons
des Armes d'Espa-
! gne,&entouré d'une balustrade
de Fleurs- delys,La
Statue Equestre de S, Louis
qui estoit au haut, sembloit
! détruire par des foudres qui
i
partoienc de sa main droite
quatre figures de Maures
qui representoient l'Herefie,
l'Idolâtrie, & les Sarrafins,
dont il avoir délivré la
Cité sainte; & les deux côtezoù
il n'y avoir pointd'E.
cussonsetoient garnis d'Emblêmes
à la loüange des deux
Rois, & du Gouverneur.
:
Une triple salve de prés
de cent pieces de canon fut
lesignalde l'exécution dece
Feu, après laquelle Mr le
Marquis de Brancas donna
un soupémagnifique.
De
DeBayonne le 24. Octobre.
La ReineDouairiere d'Espagne
ayantsouhaité daller
passer quinze jours au Château
de Bidache appartenant aMrle Duc de Grammont,
choisit Mr de Larretigny,
Commissaire Ordonnateur
des Classes au Département
de Bayonne, pour l'y conduire
,
Sa Majesté s'embarqua
le 22.. à neuf heures du
matin dans une Chaloupe
dela diligence avec laquelle
Mr de Larretigny ravoir:
fait conduire, qu'elle luy fit
l'honneur de le gratificr dune
tabattiere magnifique.
De Genes le 17.Octobre.
L'Archiduc débarquaicy
le 12. au matin; mais il ne
voulut point s'y arrester,
quoy qu'on luy eust fait
préparer un Logement: il
réfusa aussi les prefçnsde la
République, fous prétexte
qu'elle n'a point voulu le
reconnaître pour Royd'EC
pagne:il monta dans sa Calèche
à la sortie de la Chaloupe
qui le Init à terre, &
pritlaroute de Milan.
De Milanleil.Octobre
Depuis le 12. que l'Archiduc
est arrivé icy plusieursSeigneursy
font venus
le salüer
,
& entrautres le
Duc d'Ucede qui a quitté le
service du Roy Philippe V.
& qui cependant n'a pasesté
reçu par ce nouveau
Maistre, avec autant d'agrément
qu'ill'esperoit. Ce
Prince mange tous les jours,
en public, travaille avec ses
Ministres aux moyens de
trouver lesgrosses sommes
dont ila besoin. Le 157 le
Comte de Windischras,
Envoyé par l'Ambassadeur
de l'Archiduc à Francfort
luy aporta la nouvelle de
son Election à l'Empire.
Le Prince d'A vellino, & le
Marquis de Prié arriverent
le mesme jour de Rome.
On atrend un Depucé de la
Dicte Electorale qui aporte
l'Actedel'Election, & le
Cardinal Légat que le Pape
envoye pour complimenter
ce Prince.
De Hambourg le 6 Novembre
Le feu ayant pris à
Alrena le 2. de ce mois,
plus de trois cens maisons
ont este brulées, ainsi que
le Quartier des Juifs & leur
Synagogue; on y envoya
d'icy plusieurs Pompes pour
esteindre le feu avec des
Massons & des Charpentiers
; Mais telles coupures
que l'on fist dans les bastimens,
on ne put l'empescher
de le communiquer
des uns aux autres, & cet
incendie ne fut arresté que
le lendemain à cinq heures
du soir.
La Ville de Prestoë,
sicuée prés de la pointe
Méridionale de l'Iste de
de Zéeland, a esté entiere
mentréduiteen cendres.
De Leipfikle 5. Novembre.
Il fit hier une tempeste
si extraordinaire; qu'elle a
renversé pluficurs maisons,
déraciné & abbatu une
grande quantité d'arbres
dans les Forests & ailleurs,
rüiné les Jardins que le Roy
Auguste avoit fait faire
proche du Château de
Dresdec; & cette mesme
tempeste a fait perir un
Yacht magnifiquedel'Electeur
de Brandebourg.
DeVienne le 2. Novembre.
La mortalité parmy le
bettail dans l'Autriche &
»
dans la Hongrie est incroyable.
PouZrD peu que cela
dure l'on fera contraint
•
d'y vivre sans viande, san
beurre, sans fromage, &
sans laitage; & comme le
labour des Terres se fait
en ces Pays là presque uniquement
avec des Boeufs,il
y a beaucoup de Terres qui
y resteront en friche.Cette
maladie qui a d'abord règne
dans la Transylvanie, n'y a
presgue, laissé ni Boeufs,. ni
Vaches ni Moutons..
De Rome le 24. Octobre,
On reçut la semaine
dernière plusieursLettres
de Ferrare, portant que la
mortalité du bestail augmenroit
considerablement
dans le Veronois, le Vicentin
,
& le Padouan
, ce qui
faisoit aprehenderla contagion.
Ces lettres ayant (fié
luës dans la Congrégation
de la Consulte, il a esté
ordonné de prendre toutes
lesmesuresnecessaires pour
empêcher qu'il n'entrast
dans l'Etat Ecclesiastique
aucuns bestiaux venant de
ces Pays là, & on a recommandé
au Cardinal Impe.
rialc qui va à Milan de ne
passer paraucundesendroits
qui sont infectez de cette
maladie.
Fermer
Résumé : NOUVELLES de divers endroits.
Le texte relate divers événements survenus dans plusieurs villes européennes. À Gironne, le 2 juin, le Marquis de Brancas, Lieutenant Général des Armées du Roi, Gouverneur de Gironne et Commandeur de l'Ordre Militaire de Saint Louis, a organisé une grande fête en l'honneur de Saint Louis. Le 24 juin, il a ordonné aux trompettes de la ville d'avertir les habitants d'illuminer leurs fenêtres. Le 15 juin, divers dignitaires, dont le Comte de Fiennes, le Marquis de Caylus, et plusieurs brigadiers, ont rendu hommage au Gouverneur. Une messe solennelle a été chantée dans une paroisse, suivie d'un concert et d'un feu d'artifice dans la grande place de la ville. À Bayonne, le 24 octobre, la Reine Douairière d'Espagne a souhaité passer quinze jours au Château de Bidache, appartenant au Duc de Grammont. Elle a choisi Monsieur de Larretigny pour la conduire et l'a récompensé d'une tabatière magnifique. À Gênes, le 17 octobre, l'Archiduc a débarqué mais a refusé les honneurs de la République et a pris la route de Milan. À Milan, le 11 octobre, plusieurs seigneurs, dont le Duc d'Ucede, ont salué l'Archiduc. L'Archiduc a reçu la nouvelle de son élection à l'Empire et a travaillé avec ses ministres pour trouver des fonds. À Hambourg, le 6 novembre, un incendie a détruit plus de trois cents maisons à Alrena, y compris le quartier des Juifs et leur synagogue. La ville de Prestoë a été entièrement réduite en cendres. À Leipzig, le 5 novembre, une tempête a causé des dégâts importants, renversant des maisons et détruisant des jardins. À Vienne, le 2 novembre, une épidémie a décimé le bétail en Autriche et en Hongrie, menaçant l'agriculture et l'alimentation. À Rome, le 24 octobre, des lettres de Ferrare ont signalé une augmentation de la mortalité du bétail dans plusieurs régions, incitant les autorités à prendre des mesures pour empêcher la contagion.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
3
p. 207-211
CAPRICE amoureux fait inpromtu par Mr ... dans le moment où commença la derniere tempeste qui fit tant de ravages dans le mois de Decembre dernier.
Début :
Vents mutinez qui nous faites la guerre, [...]
Mots clefs :
Vents, Tempête, Chaos, Nature, Soleil
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CAPRICE amoureux fait inpromtu par Mr ... dans le moment où commença la derniere tempeste qui fit tant de ravages dans le mois de Decembre dernier.
CAPRICE
amoureuxfait inpromptu par Mr... dans le
moment où commença
La dernieretempeftequi
fit tant de ravages
dans le mois de Decembre dernier.
Vents mutinez qui nous
faires la guerre ,
Et dont les tranſports fu
· rieux
Effrayent la nature, & font
paflir les Cieux j
Redoublez vos efforts , &
208 MERCURE
replongez la Terre
Dans le premier cahos dont
l'ont tirée les Dieux.
N'offrez à mes regards que
des objets funeftes :
Montagnes à mes yeux
abilmez dans les mers ;
Precipitez -vous Corps celeftes :
Soleil , embrafez l'Univers ,
De ces vaines fureurs je
n'ay plus rienà craindre,
Je perds l'objet de mon
amour :
Defefpoir, à qui feul je me
livre en ce jour ,
Eclatez , c'est trop vous
contraindre ,
GALANT. 209
contraindre ,
Tout tremble , tout perit ,
Dieux , quels mugiffements !
Je ne fuis pas feul miſerable ,
Tout partage mon trifte
fort ;
Dans l'eftat où je fuis quel
fpectacle agreable !
Qu'il m'eft doux de mourir ,
mais quoy l'affreuſe mort
Loin de moy fuit , inexora
ble ,
Et me refufe fon fecours.
Ah, fans pouvoir mourir ,
à tout moment j'expire !
Octobre. 1712. S
210 MERCURE
Ne reſpectes tu donc mes
jours
Que pour prolonger mon
martyre,
C'est trop , c'eſt trop languir , precipices affreux
Ouvrez-vous , recevez un
amant malheureux.
Mortels infortunez ! jevous
fuis.... qui m'arreſte ?
Mais quel calme desja vient
regner dans les airs :
Où font donc ces horreurs
qu'excitoit la tempefte ?
Quevois je , le Soleil éclai
re l'Univers ,
Les vents ont fufpendu
GALANT. 211
leur
rage ,
Et ferme fur fes fondements
La Terre ne craint plus
l'orage
Qui confondoit les Elements ;
La nature eftonnée a diffi.
pé fon trouble
Et reprend la tranquillité?
Et ma feule douleur redouble op
Quand tout ceffe d'eftre
agité.
amoureuxfait inpromptu par Mr... dans le
moment où commença
La dernieretempeftequi
fit tant de ravages
dans le mois de Decembre dernier.
Vents mutinez qui nous
faires la guerre ,
Et dont les tranſports fu
· rieux
Effrayent la nature, & font
paflir les Cieux j
Redoublez vos efforts , &
208 MERCURE
replongez la Terre
Dans le premier cahos dont
l'ont tirée les Dieux.
N'offrez à mes regards que
des objets funeftes :
Montagnes à mes yeux
abilmez dans les mers ;
Precipitez -vous Corps celeftes :
Soleil , embrafez l'Univers ,
De ces vaines fureurs je
n'ay plus rienà craindre,
Je perds l'objet de mon
amour :
Defefpoir, à qui feul je me
livre en ce jour ,
Eclatez , c'est trop vous
contraindre ,
GALANT. 209
contraindre ,
Tout tremble , tout perit ,
Dieux , quels mugiffements !
Je ne fuis pas feul miſerable ,
Tout partage mon trifte
fort ;
Dans l'eftat où je fuis quel
fpectacle agreable !
Qu'il m'eft doux de mourir ,
mais quoy l'affreuſe mort
Loin de moy fuit , inexora
ble ,
Et me refufe fon fecours.
Ah, fans pouvoir mourir ,
à tout moment j'expire !
Octobre. 1712. S
210 MERCURE
Ne reſpectes tu donc mes
jours
Que pour prolonger mon
martyre,
C'est trop , c'eſt trop languir , precipices affreux
Ouvrez-vous , recevez un
amant malheureux.
Mortels infortunez ! jevous
fuis.... qui m'arreſte ?
Mais quel calme desja vient
regner dans les airs :
Où font donc ces horreurs
qu'excitoit la tempefte ?
Quevois je , le Soleil éclai
re l'Univers ,
Les vents ont fufpendu
GALANT. 211
leur
rage ,
Et ferme fur fes fondements
La Terre ne craint plus
l'orage
Qui confondoit les Elements ;
La nature eftonnée a diffi.
pé fon trouble
Et reprend la tranquillité?
Et ma feule douleur redouble op
Quand tout ceffe d'eftre
agité.
Fermer
Résumé : CAPRICE amoureux fait inpromtu par Mr ... dans le moment où commença la derniere tempeste qui fit tant de ravages dans le mois de Decembre dernier.
Le poème 'Caprice', publié dans le Mercure en octobre 1712, relate un amour malheureux durant une tempête dévastatrice survenue en décembre précédent. Le narrateur, désespéré par la perte de son amour, invoque les vents et les éléments naturels pour intensifier le chaos. Il souhaite voir des objets funestes et des montagnes s'abîmer dans les mers, et que le Soleil embrase l'univers. Malgré son désir de mourir, la mort lui échappe, augmentant son tourment. La tempête finit par se calmer, mais sa douleur redouble face au retour du calme. Le narrateur exprime son impossibilité de trouver la paix, même dans la mort.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
4
p. 751-752
Ancien Temple d'Hercule découvert, &c. [titre d'après la table]
Début :
Des Lettres de Lisbonne, du commencement du mois passé, portent [...]
Mots clefs :
Tempête, Lisbonne, Poisson, Inconnu, Hercule, Pêcheurs, Temple, Carthaginois, Statue
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Ancien Temple d'Hercule découvert, &c. [titre d'après la table]
Des Lettres de Lisbonne , du commencement
du mois passé , portent que
la derniere Tempête avoit fait échouet
sur la Côte , entre la Ville de Condé et
celle de Varzin , un Poisson d'une forme
extraordinaire , et inconnu à tous les Pêcheurs
et gens de Mer ; ce Poisson avoit
11. pieds 4. pouces de haut , et 46. pieds
8. pouces de circonference.
Ĉes Lettres ajoûtent , qu'on avoit ap
pris de Cadix , que quelques jours après
Fiiij la
752 MERCURE DE FRANCE
la même tempête on avoit trouvé sur le
bord de la Mer les ruines d'un ancien
Temple des Payens , avec une Statuë de
bronze et quelques Médailles qui font
conjecturer que ce Temple avoit été bâti
par les Carthaginois , et que c'étoit l'ancien
Temple d'Hercule.
du mois passé , portent que
la derniere Tempête avoit fait échouet
sur la Côte , entre la Ville de Condé et
celle de Varzin , un Poisson d'une forme
extraordinaire , et inconnu à tous les Pêcheurs
et gens de Mer ; ce Poisson avoit
11. pieds 4. pouces de haut , et 46. pieds
8. pouces de circonference.
Ĉes Lettres ajoûtent , qu'on avoit ap
pris de Cadix , que quelques jours après
Fiiij la
752 MERCURE DE FRANCE
la même tempête on avoit trouvé sur le
bord de la Mer les ruines d'un ancien
Temple des Payens , avec une Statuë de
bronze et quelques Médailles qui font
conjecturer que ce Temple avoit été bâti
par les Carthaginois , et que c'étoit l'ancien
Temple d'Hercule.
Fermer
Résumé : Ancien Temple d'Hercule découvert, &c. [titre d'après la table]
Des lettres de Lisbonne signalent un poisson inconnu échoué entre Condé et Varzin, mesurant 11 pieds 4 pouces de haut et 46 pieds 8 pouces de circonférence. À Cadix, des ruines d'un ancien temple païen, probablement carthaginois, ont été découvertes avec une statue de bronze et des médailles.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
5
p. 46-50
IMITATION de la XVI. Ode du II. Livre d'Horace, sur la Tranquilité.
Début :
Lorsqu'une Tempête soudaine, [...]
Mots clefs :
Imitation, Horace, Thrace, Tempête, Destinées, Tranquilité
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : IMITATION de la XVI. Ode du II. Livre d'Horace, sur la Tranquilité.
IMITATION de la XVI Ode
du II. Livre d'Horace , sur la...
Lorsqu'un
Tranquilité.
Orsqu'une Tempête soudaine ,,
De Thétis agite les flots,
L'image d'une mort certaine ,
S'offre aux timides Matelots :
Pour guide ils n'ont plus les Etoiles ,
La nuit étend ses sombres voiles ,
Lez
JANVIER. 1731. 47"
Le Pilote déconcerté ,
Pendant les cruelles allarmes ,
Demande , en répandant des larmes ,
Le repos , la tranquilité.
Le Thrace dont le cœur respire ,
Et le carnage, et la fureur ,
Dans les Combats pourtant soupire ,
Après la Paix et sa douceur ;
Les Medes qu'un beau Carquois pare,
Font des vœux pour un bien si rare ;
Les Diamans , la Pourpre , l'or ,
Ne sçauroient les rendre tranquiles ;.
Tous leurs efforts sont inutiles ,
Pour joüir d'un si cher trésor...
Avec les richesses d'Attale
Notre esprit est-il plus serein ?
Lés honneurs rendent-ils égale ,
L'ame de quelque Souverain ? '
Les Grands ont leurs soins pour escorte s
La Garde qui veille à leur porte ,
N'en deffendra point leurs Palais ;
Sous leurs toits ils volent sans cesse
Et le Licteur qui fend la
Neles écartera jamais.
pressé ,
Content :
48 MERCURE DE FRANCE
Content du modique heritage ,
Que lui transmirent ses Ayeux ,
Parmi les Mortels, le seul Sage ,
Goute un repos délicieux .
Sa table n'est point magnifique ,
On sert sur sa vaisselle antique ,
Peu de mets , sans trop d'appareil ;
Jamais l'avarice sordide,
La crainte au visage livide ,
N'interrompirent son sommeil.
Tel est l'ordre des Destinées
Que l'homme vive peu de temps ,
Ou que ses forces ruinées ,
Succombent sans le poids des ans.
Pourquoi des trésors de la Perse ,
Ce Marchand par un long commerce ,
A-t'il enrichi notre Bord 1
Il trouva dans chaque Hemisphere,
Des ressources à la misere ;
Mais en est- il contre la mort ?
Envain en des plages lointaines ,
Fuyons nous pour çhasser l'ennui ;
De l'Est les bruyantes haleines ,
Ne vont pas si vite que lui ;
Il nous suit sur Mer et sur Terse ,
II-
JANVIER. 1731. 49
Il nous accompagne à la guerre ,
Parmi les Escadrons nombreux
Sa course paroît plus rapide .
Que n'est celle du Cerftimide,
Suivi du Chasseur vigoureux,
Qu'une secrette inquietude ,
Ne trouble jamais nos plaisirs ;
Faisons notre premiere étude ,
De moderer tous nos desirs ;
Adoucissons par notre joye ,
Les maux dont nous sommes la proye
Il n'est point de bonheur parfait ;
Mon esprit joyeux et facile ,
Sur l'avenir se tient tranquile ,
Et du présent est satisfait.
Le fameux vainqueur de Pergame ,
Périt sous le fatal Cizeau ,
Lorsqu'il restoit beaucoup de trame ,
Pour faire tourner le Fuseau.
La vieillesse la plus chagrine ,
Use Tithon, elle le mine ;
O Grosphus , cet heureux moment ,
M'accorde une faveur durable ;
Pour vous peut être inexorable ,
La refuse-t'il constamment.
Auteur
so MERCURE DE FRANCE
Autour de vous vos Boeufs mugissent 3-
Vous voyez croître vos Troupeaux ;
Qui tantôt dans vos Prez bondissent ,
Tantôt errent sur vos Côteaux ;
De vos trésors ils sont la source ;
Vos Haras seront pour la course ;
Votre superbe ameublement
Ravit le Spectateur , l'enchante ;
La Pourpre n'est pas trop brillante ,
Pour vous servir de vêtement..
Pour moi , la bienfaisante Parque
M'accorde un champ fort limité ;
Mais c'est une plus grande marque ,›
De sa singuliere bonté ;
Si je n'ai qu'un petit Domaine ,
Elle m'a doté de la veine ,
D'ou coulent les lyriques chants &
Aux Sçavans je tâche de plaire ,
Et je méprise le vulgaire ,
Qui trouve mes Vers peu touchants.
Par M. Chabaud.
du II. Livre d'Horace , sur la...
Lorsqu'un
Tranquilité.
Orsqu'une Tempête soudaine ,,
De Thétis agite les flots,
L'image d'une mort certaine ,
S'offre aux timides Matelots :
Pour guide ils n'ont plus les Etoiles ,
La nuit étend ses sombres voiles ,
Lez
JANVIER. 1731. 47"
Le Pilote déconcerté ,
Pendant les cruelles allarmes ,
Demande , en répandant des larmes ,
Le repos , la tranquilité.
Le Thrace dont le cœur respire ,
Et le carnage, et la fureur ,
Dans les Combats pourtant soupire ,
Après la Paix et sa douceur ;
Les Medes qu'un beau Carquois pare,
Font des vœux pour un bien si rare ;
Les Diamans , la Pourpre , l'or ,
Ne sçauroient les rendre tranquiles ;.
Tous leurs efforts sont inutiles ,
Pour joüir d'un si cher trésor...
Avec les richesses d'Attale
Notre esprit est-il plus serein ?
Lés honneurs rendent-ils égale ,
L'ame de quelque Souverain ? '
Les Grands ont leurs soins pour escorte s
La Garde qui veille à leur porte ,
N'en deffendra point leurs Palais ;
Sous leurs toits ils volent sans cesse
Et le Licteur qui fend la
Neles écartera jamais.
pressé ,
Content :
48 MERCURE DE FRANCE
Content du modique heritage ,
Que lui transmirent ses Ayeux ,
Parmi les Mortels, le seul Sage ,
Goute un repos délicieux .
Sa table n'est point magnifique ,
On sert sur sa vaisselle antique ,
Peu de mets , sans trop d'appareil ;
Jamais l'avarice sordide,
La crainte au visage livide ,
N'interrompirent son sommeil.
Tel est l'ordre des Destinées
Que l'homme vive peu de temps ,
Ou que ses forces ruinées ,
Succombent sans le poids des ans.
Pourquoi des trésors de la Perse ,
Ce Marchand par un long commerce ,
A-t'il enrichi notre Bord 1
Il trouva dans chaque Hemisphere,
Des ressources à la misere ;
Mais en est- il contre la mort ?
Envain en des plages lointaines ,
Fuyons nous pour çhasser l'ennui ;
De l'Est les bruyantes haleines ,
Ne vont pas si vite que lui ;
Il nous suit sur Mer et sur Terse ,
II-
JANVIER. 1731. 49
Il nous accompagne à la guerre ,
Parmi les Escadrons nombreux
Sa course paroît plus rapide .
Que n'est celle du Cerftimide,
Suivi du Chasseur vigoureux,
Qu'une secrette inquietude ,
Ne trouble jamais nos plaisirs ;
Faisons notre premiere étude ,
De moderer tous nos desirs ;
Adoucissons par notre joye ,
Les maux dont nous sommes la proye
Il n'est point de bonheur parfait ;
Mon esprit joyeux et facile ,
Sur l'avenir se tient tranquile ,
Et du présent est satisfait.
Le fameux vainqueur de Pergame ,
Périt sous le fatal Cizeau ,
Lorsqu'il restoit beaucoup de trame ,
Pour faire tourner le Fuseau.
La vieillesse la plus chagrine ,
Use Tithon, elle le mine ;
O Grosphus , cet heureux moment ,
M'accorde une faveur durable ;
Pour vous peut être inexorable ,
La refuse-t'il constamment.
Auteur
so MERCURE DE FRANCE
Autour de vous vos Boeufs mugissent 3-
Vous voyez croître vos Troupeaux ;
Qui tantôt dans vos Prez bondissent ,
Tantôt errent sur vos Côteaux ;
De vos trésors ils sont la source ;
Vos Haras seront pour la course ;
Votre superbe ameublement
Ravit le Spectateur , l'enchante ;
La Pourpre n'est pas trop brillante ,
Pour vous servir de vêtement..
Pour moi , la bienfaisante Parque
M'accorde un champ fort limité ;
Mais c'est une plus grande marque ,›
De sa singuliere bonté ;
Si je n'ai qu'un petit Domaine ,
Elle m'a doté de la veine ,
D'ou coulent les lyriques chants &
Aux Sçavans je tâche de plaire ,
Et je méprise le vulgaire ,
Qui trouve mes Vers peu touchants.
Par M. Chabaud.
Fermer
Résumé : IMITATION de la XVI. Ode du II. Livre d'Horace, sur la Tranquilité.
Le texte, publié en janvier 1731, imite la seizième ode du deuxième livre d'Horace et explore la quête de tranquillité et de paix. Lors d'une tempête en mer, marins et pilote cherchent la tranquillité. De même, les Thraces, les Mèdes, les riches et les puissants aspirent à la paix, mais leurs efforts sont vains. Les honneurs et les richesses ne garantissent pas la sérénité. Seul un homme content de son modeste héritage trouve un repos délicieux, sans être troublé par l'avarice ou la crainte. La mort, inévitable, poursuit chacun, que ce soit sur mer, sur terre ou à la guerre. Le poète exhorte à modérer ses désirs et à se contenter du présent. Il compare la brièveté de la vie à celle du vainqueur de Pergame, mort prématurément. Le poète se réjouit de sa condition modeste mais heureuse, doté de la veine poétique, et méprise ceux qui ne comprennent pas ses vers.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
6
p. 2054-2055
ALLEMAGNE.
Début :
On a appris de Ratisbonne, qu'on y avoit communiqué à la Dictature, une Lettre du [...]
Mots clefs :
Allemagne, Tempête, Forteresse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
Naappris de Ratisbonne , qu'on y avoit la Dictature,qu'e Lettredit communiqué à la Dictature , une Lettre du
Commandant de Kehl,par laquelle il donne avis,
que si on ne lui envoye incessamment une certaine somme pour achepter les Matériaux necessaires , et faire travailler aux Fortifications de la
Place , il ne falloit pas esperer de sauver cette
Forteresse , qui étoit sur le point d'être emportée par les eaux ; et qu'en attendant, il avoit résolu d'en sortir avec la Garnison , l'Artillerie, les
Vivres et les Munitions , pour se retirer à Offenbourg , et de ne laisser à Kehl qu'un Capitaine ,
avec cent Soldats , qu'on pourra toujours retirer
avec des Bâteaux.
Ces Lettres ajoutent que les Ministres des Prin
ces Protestans de l'Empire avoient reçu des au- mônes considérables de plusieurs endroits , pour
Jes Fugitifs du Diocèse de Saltzbourg , et qu'ils
en avoient fait remettre 3000 Florins à Meinmingen , 2000 à Ausbourg , 1000 à Ottingen ,
1000 à Norlingue, et 1500 à Kauf-Heure , pour leur être distribuez en passant.
On assure que les Etats d'Hongrie ont résolu d'accorder au Duc de Lorraine un don gratuit
de oo mille Florins par an , outre les sommes
fixées pour l'entretien de ce Prince , en qualité
de Viceroy de ce Royaume.
N
S
On mande de Milan, qu'en vertu d'un Brefdu
Pape, le Cardinal , Archevêque de cette Ville
avoit fait pnblier un Mandement qui ordonne à
fous les Prêtres de son Diocèse de réciter pen- danc
SEPTEMBRE. 1732 2055
ན
dant une année la Collecte pour obtenir du Ciel
un héritier mâle à la Maison d'Autriche. Cette
Collecte se rêcite actuellement dans toutes les
Eglises du Royaume de Naples et dans la plupart de celles de la Haute et de la Basse- Autriche.
Le 25 Aoust , on essuya à Hambourg une
Tempête terrible qui causa beaucoup de domma
ge , tant dans la Ville , qu'à la Campagne. Plusieurs Navires qui étoient à l'Ancre dans l'Elbe ,
firent naufrage , et entre autres un sur lequel il y
avoit 28 personnes qui furent toutes noyées.
Les dernieres Lettres du Duché de Meckelbourg
portent que les Commissaires subdélégués de la
Commission Impériale étoient dans la disposition de faire le Siége de Domitz , pour obliger
le Duc Charles Léopold , à se soumettre aux Decrets du Conseil Aulique , et qu'on n'attendoit
que le consentement du Roy de Prusse , pour
Commencer ce Siége
Naappris de Ratisbonne , qu'on y avoit la Dictature,qu'e Lettredit communiqué à la Dictature , une Lettre du
Commandant de Kehl,par laquelle il donne avis,
que si on ne lui envoye incessamment une certaine somme pour achepter les Matériaux necessaires , et faire travailler aux Fortifications de la
Place , il ne falloit pas esperer de sauver cette
Forteresse , qui étoit sur le point d'être emportée par les eaux ; et qu'en attendant, il avoit résolu d'en sortir avec la Garnison , l'Artillerie, les
Vivres et les Munitions , pour se retirer à Offenbourg , et de ne laisser à Kehl qu'un Capitaine ,
avec cent Soldats , qu'on pourra toujours retirer
avec des Bâteaux.
Ces Lettres ajoutent que les Ministres des Prin
ces Protestans de l'Empire avoient reçu des au- mônes considérables de plusieurs endroits , pour
Jes Fugitifs du Diocèse de Saltzbourg , et qu'ils
en avoient fait remettre 3000 Florins à Meinmingen , 2000 à Ausbourg , 1000 à Ottingen ,
1000 à Norlingue, et 1500 à Kauf-Heure , pour leur être distribuez en passant.
On assure que les Etats d'Hongrie ont résolu d'accorder au Duc de Lorraine un don gratuit
de oo mille Florins par an , outre les sommes
fixées pour l'entretien de ce Prince , en qualité
de Viceroy de ce Royaume.
N
S
On mande de Milan, qu'en vertu d'un Brefdu
Pape, le Cardinal , Archevêque de cette Ville
avoit fait pnblier un Mandement qui ordonne à
fous les Prêtres de son Diocèse de réciter pen- danc
SEPTEMBRE. 1732 2055
ན
dant une année la Collecte pour obtenir du Ciel
un héritier mâle à la Maison d'Autriche. Cette
Collecte se rêcite actuellement dans toutes les
Eglises du Royaume de Naples et dans la plupart de celles de la Haute et de la Basse- Autriche.
Le 25 Aoust , on essuya à Hambourg une
Tempête terrible qui causa beaucoup de domma
ge , tant dans la Ville , qu'à la Campagne. Plusieurs Navires qui étoient à l'Ancre dans l'Elbe ,
firent naufrage , et entre autres un sur lequel il y
avoit 28 personnes qui furent toutes noyées.
Les dernieres Lettres du Duché de Meckelbourg
portent que les Commissaires subdélégués de la
Commission Impériale étoient dans la disposition de faire le Siége de Domitz , pour obliger
le Duc Charles Léopold , à se soumettre aux Decrets du Conseil Aulique , et qu'on n'attendoit
que le consentement du Roy de Prusse , pour
Commencer ce Siége
Fermer
Résumé : ALLEMAGNE.
En Allemagne, le commandant de Kehl alerte la dictature sur la nécessité d'envoyer des fonds pour renforcer les fortifications de Kehl, menacées par les eaux. Il prévoit de se retirer à Offenburg avec la garnison, l'artillerie, les vivres et les munitions, laissant un capitaine et cent soldats à Kehl. Les ministres des princes protestants de l'Empire ont reçu des aumônes pour les fugitifs du diocèse de Salzbourg, distribuées dans plusieurs villes. Les États d'Hongrie accordent au duc de Lorraine un don annuel de 60 000 florins, en plus des sommes pour son entretien en tant que vice-roi. À Milan, le cardinal-archevêque ordonne aux prêtres de réciter une collecte pour un héritier mâle à la maison d'Autriche, déjà en cours dans les églises du royaume de Naples et de l'Autriche. Le 25 août, une tempête à Hambourg a causé des dommages importants, entraînant le naufrage de plusieurs navires et la noyade de 28 personnes. Dans le duché de Mecklembourg, les commissaires de la Commission impériale se préparent à assiéger Domitz pour forcer le duc Charles Léopold à se soumettre aux décrets du Conseil Aulique, en attendant le consentement du roi de Prusse.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
7
p. 2274-2276
ESPAGNE.
Début :
Le Roi a donné des ordres pour faire lever deux nouveaux Régimens et les Recruës nécessaires [...]
Mots clefs :
Espagne, Tempête, Provisions, Vaisseaux, Siège de Ceuta, Hôpital
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
ESPAGNE.
E Roi a donné des ordres pour faire lever
deux nouveaux Régimens et les Recruës né
cessaires pour ceux qui ont servi cette année sux la Côte d'Afrique.
On écrit de Madrid que la nuit du sau 6 Septembre il y eut une tempête terrible du côté
de l'Escurial ; le Tonnere étant tombé sur ce
magnifique Couvent , mit le feu à la charpente
de la couverture du côté du Nord. Comme on
ne s'en apperçut que deux heures après , l'embra
sement étoit déja si considérable , que tous les
secours qu'on apporta pour éteindre le feu , furent inutiles ; il se communiqua au centre de ce
Monastere , du côté du Palais du Roi ; il détruisic
1
la
་
•
OCTOBRE. 1732. 2275
la Tour , embrasa l'Appartement du Patriarche et
le quartier des Chapelains , avec tant de violence qu'on ne pouvoit en approcher pour l'éteindre. Les Religieux se mirent en priere pour implorer le secours divin , et ils y porterent ensui te le S. Sacrement en procession : aussi-tôt que
le Prieur eut donné la bénédiction , on s'apperçût que les flammes faisoient moins de progrès ;
et leur violence s'étant ralentie , on acheva de
les éteindre : cependant le dommage que cet incendie a causé , est très-considérable , et on se- ra obligé de rebâtir à neuf tout ce que le feu a
attaqué , parce que toutes les pierres sont cal cinées.
Les Gouverneurs de Cadix , de Cartagene
d'Alicante et de Barcelone , ont ordre de rassembler des provisions dans les Magazins de ces
Villes , et le bruit court qu'on doit y armer
dans peu une Escadre de vingt-quatre vaisseaux
de Guerre.
Les derniers Vaisseaux richement chargez , arrivez en dernier lieu des Indes à Cadix , ont ap
porté pour le Roi une Perle d'une très-grande beauté , estimée 7500. Piastres.
Des Lettres de Tetouan portent , que le Roi
de Maroc paroissoit avoir abandonné son projet
de faire le Siége de Ceuta ; que ses Troupes qui
s'étoient approchées de cette Place , s'étoient retirées depuis un mois dans les Montagnes , et
qu'on ne doutoit pas que ce Prince ne fit ressentir au Duc de Riperda les effets de son indignation à l'occasion de cette entreprise dont il lui
avoit promis la réussite , en lui faisant accroire
qu'il avoit des intelligences dans la Ville .
Le 29 Septembre , l'Evêque de Laren fit la
sérémonie de la Dédicace de la nouvelle Eglise
Hvj de
2275 MENUURE DE ΓΙΑΝVUE
de l'Hôpital que les Prêtres de la Congrégation
de S. Pierre , natifs de Madrid , ont fait bâtir.
pour nourrir , habiller et inhumer les pauvres
Prêtres , tant Espagnols qu'Etrangers , qui auront
besoin du secours de cet Hôpital
E Roi a donné des ordres pour faire lever
deux nouveaux Régimens et les Recruës né
cessaires pour ceux qui ont servi cette année sux la Côte d'Afrique.
On écrit de Madrid que la nuit du sau 6 Septembre il y eut une tempête terrible du côté
de l'Escurial ; le Tonnere étant tombé sur ce
magnifique Couvent , mit le feu à la charpente
de la couverture du côté du Nord. Comme on
ne s'en apperçut que deux heures après , l'embra
sement étoit déja si considérable , que tous les
secours qu'on apporta pour éteindre le feu , furent inutiles ; il se communiqua au centre de ce
Monastere , du côté du Palais du Roi ; il détruisic
1
la
་
•
OCTOBRE. 1732. 2275
la Tour , embrasa l'Appartement du Patriarche et
le quartier des Chapelains , avec tant de violence qu'on ne pouvoit en approcher pour l'éteindre. Les Religieux se mirent en priere pour implorer le secours divin , et ils y porterent ensui te le S. Sacrement en procession : aussi-tôt que
le Prieur eut donné la bénédiction , on s'apperçût que les flammes faisoient moins de progrès ;
et leur violence s'étant ralentie , on acheva de
les éteindre : cependant le dommage que cet incendie a causé , est très-considérable , et on se- ra obligé de rebâtir à neuf tout ce que le feu a
attaqué , parce que toutes les pierres sont cal cinées.
Les Gouverneurs de Cadix , de Cartagene
d'Alicante et de Barcelone , ont ordre de rassembler des provisions dans les Magazins de ces
Villes , et le bruit court qu'on doit y armer
dans peu une Escadre de vingt-quatre vaisseaux
de Guerre.
Les derniers Vaisseaux richement chargez , arrivez en dernier lieu des Indes à Cadix , ont ap
porté pour le Roi une Perle d'une très-grande beauté , estimée 7500. Piastres.
Des Lettres de Tetouan portent , que le Roi
de Maroc paroissoit avoir abandonné son projet
de faire le Siége de Ceuta ; que ses Troupes qui
s'étoient approchées de cette Place , s'étoient retirées depuis un mois dans les Montagnes , et
qu'on ne doutoit pas que ce Prince ne fit ressentir au Duc de Riperda les effets de son indignation à l'occasion de cette entreprise dont il lui
avoit promis la réussite , en lui faisant accroire
qu'il avoit des intelligences dans la Ville .
Le 29 Septembre , l'Evêque de Laren fit la
sérémonie de la Dédicace de la nouvelle Eglise
Hvj de
2275 MENUURE DE ΓΙΑΝVUE
de l'Hôpital que les Prêtres de la Congrégation
de S. Pierre , natifs de Madrid , ont fait bâtir.
pour nourrir , habiller et inhumer les pauvres
Prêtres , tant Espagnols qu'Etrangers , qui auront
besoin du secours de cet Hôpital
Fermer
Résumé : ESPAGNE.
En Espagne, le roi a ordonné la levée de deux nouveaux régiments et le recrutement de soldats ayant servi sur la côte d'Afrique. Le 6 septembre, une tempête à l'Escurial a provoqué un incendie majeur au couvent, détruisant la tour, l'appartement du patriarche et le quartier des chapelains. Les flammes ont été maîtrisées après une procession avec le Saint-Sacrement, mais les dégâts nécessitent une reconstruction complète. Les gouverneurs de Cadix, Carthagène, Alicante et Barcelone ont reçu l'ordre de rassembler des provisions, et une escadre de vingt-quatre vaisseaux de guerre doit être armée prochainement. Des vaisseaux des Indes ont apporté au roi une perle estimée à 7500 piastres. Des lettres de Tétouan indiquent que le roi du Maroc a abandonné son projet de siège de Ceuta, et ses troupes se sont retirées dans les montagnes. Le duc de Riperda pourrait subir la colère du roi du Maroc pour cette entreprise. Le 29 septembre, l'évêque de Laren a dédié une nouvelle église de l'hôpital construit par les Prêtres de la Congrégation de Saint-Pierre à Madrid, destiné à nourrir, habiller et inhumer les pauvres prêtres, espagnols et étrangers.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
8
p. 1213
TURQUIE ET PERSE.
Début :
Le Capitaine d'un Vaisseau, arrivé de Mételin, sur les côtes d'Italie, a confirmé que [...]
Mots clefs :
Escadre algérienne, Tempête
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TURQUIE ET PERSE.
TURQUIE ET PERSE.
E Capitaine d'un Vaisseau , arrivé de Méte-
Llin , pur les côtes d'Italie , a confirme que
l'Escadre Algérienne avoit été surprise le premier
Avril , par une violente tempête , prés du
Port de cette Ville , et qu'elle avoit perdu son
Amiral de 70 Pieces de Canon , deux autres Vaisseaux
et deux Sultanes.
E Capitaine d'un Vaisseau , arrivé de Méte-
Llin , pur les côtes d'Italie , a confirme que
l'Escadre Algérienne avoit été surprise le premier
Avril , par une violente tempête , prés du
Port de cette Ville , et qu'elle avoit perdu son
Amiral de 70 Pieces de Canon , deux autres Vaisseaux
et deux Sultanes.
Fermer
9
p. 277-279
LE CHESNE ET L'ORMEAU. FABLE.
Début :
Certain Chêne orgueilleux, qui se disoit cousin [...]
Mots clefs :
Chêne, Ormeau, Tempête
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LE CHESNE ET L'ORMEAU. FABLE.
LE CHESNE ET L'ORMEAU .
C
FABL E.
Ertain Chêne orgueilleux , qui se disoit
cousin
Des nobles Chênes de Dodône ,
Prit le ton imposant d'un Sultan sur son Trône,
Pour tancer en ces mots un Ormeau son voisin
Misérable avorton , Arbre ignoble et débile ,
Voi combien je te suis utile ;
Je te mets à couvert des vents et des frimats ,
De l'orage et de la tempête ;
Tu fais pourtant si peu de cas ,
De mon attention à conserver ta tête ,
Qu'à regret tu me rends l'hommage qui m'est
dû ;
Toi , qui par ton exemple et ton zélê assidu ,
Devrois me procurer Phommage
م
De tous les Arbres du Village ;
Mais parle , vil Ormean ; sans moi , que seroistu
?
Quelque chose moins qu'un fêtu.
L'Ormeau reprit en son langage ;
Votre protection me fait beaucoup d'honneur
Mais il est pourtant vrai , Seigneur ,
Que j'aurois loin de vous profité davantaged
Dv Vous
278 MERCURE DE FRANCE
Vous m'offusquez par votre ombrage ;
Presque de tous côtez j'en suis envelopé ,
Vos rameaux quelquefois jusqu'au vif m'ong
frappé ,
Et m'ont causé plus de dommage ,
Que n'auroient fait les vents , la tempête et l'e
rage ;
Mais que veut dire ce courroux ,
Contre mon peu de complaisance ? "
Vous voulez des honneurs ? Quoi ! vous les avez
tous ;
Le Soleil ne luit que pour vous ;
Ay-je jamais frondé votre prééminence ?
Je vous entends , Seigneur. Un Esclave , entre
nous ,
Conviendroit à votre Excellence ,
Mais moi , j'aime ma liberté.
S'il plaisoit à la Providence ,
.
Bien- tôt quelque autre part je serais transplanté
Et je vous le dis net , tandis qu'aucun n'écoute
Cet Entretien ,
Votre voisinage , sans doute,
M'a fait plus de mal que de bien.
Je sçais, hélas ! ce qu'il m'en coute !
Ainsi par-là l'Ormeau . S'il eut été flateur
Il eut beni sa servitude ,
Vous devinez , ami Lecteur ,
Qu'il fut taxé d'ingratitude ;
>
L'orL'orgueil
n'est pas content d'un pareil Orateur.
Quiconque se parant du nom de Protecteur ;
N'est en effet qu'un fâcheux Maître ,
Sera facile à reconnoître
Aux traits du Chêne altier marquez dans ce
tableau ;
Quiconque est un ingrat , n'auroit jamais da
naître ;
Mais être ingrat comme l'Ormeau ,
Lecteur , tout de bon , est - ce l'être ?
F. M. F.
C
FABL E.
Ertain Chêne orgueilleux , qui se disoit
cousin
Des nobles Chênes de Dodône ,
Prit le ton imposant d'un Sultan sur son Trône,
Pour tancer en ces mots un Ormeau son voisin
Misérable avorton , Arbre ignoble et débile ,
Voi combien je te suis utile ;
Je te mets à couvert des vents et des frimats ,
De l'orage et de la tempête ;
Tu fais pourtant si peu de cas ,
De mon attention à conserver ta tête ,
Qu'à regret tu me rends l'hommage qui m'est
dû ;
Toi , qui par ton exemple et ton zélê assidu ,
Devrois me procurer Phommage
م
De tous les Arbres du Village ;
Mais parle , vil Ormean ; sans moi , que seroistu
?
Quelque chose moins qu'un fêtu.
L'Ormeau reprit en son langage ;
Votre protection me fait beaucoup d'honneur
Mais il est pourtant vrai , Seigneur ,
Que j'aurois loin de vous profité davantaged
Dv Vous
278 MERCURE DE FRANCE
Vous m'offusquez par votre ombrage ;
Presque de tous côtez j'en suis envelopé ,
Vos rameaux quelquefois jusqu'au vif m'ong
frappé ,
Et m'ont causé plus de dommage ,
Que n'auroient fait les vents , la tempête et l'e
rage ;
Mais que veut dire ce courroux ,
Contre mon peu de complaisance ? "
Vous voulez des honneurs ? Quoi ! vous les avez
tous ;
Le Soleil ne luit que pour vous ;
Ay-je jamais frondé votre prééminence ?
Je vous entends , Seigneur. Un Esclave , entre
nous ,
Conviendroit à votre Excellence ,
Mais moi , j'aime ma liberté.
S'il plaisoit à la Providence ,
.
Bien- tôt quelque autre part je serais transplanté
Et je vous le dis net , tandis qu'aucun n'écoute
Cet Entretien ,
Votre voisinage , sans doute,
M'a fait plus de mal que de bien.
Je sçais, hélas ! ce qu'il m'en coute !
Ainsi par-là l'Ormeau . S'il eut été flateur
Il eut beni sa servitude ,
Vous devinez , ami Lecteur ,
Qu'il fut taxé d'ingratitude ;
>
L'orL'orgueil
n'est pas content d'un pareil Orateur.
Quiconque se parant du nom de Protecteur ;
N'est en effet qu'un fâcheux Maître ,
Sera facile à reconnoître
Aux traits du Chêne altier marquez dans ce
tableau ;
Quiconque est un ingrat , n'auroit jamais da
naître ;
Mais être ingrat comme l'Ormeau ,
Lecteur , tout de bon , est - ce l'être ?
F. M. F.
Fermer
Résumé : LE CHESNE ET L'ORMEAU. FABLE.
La fable 'Le Chêne et l'Ormeau' oppose un Chêne orgueilleux à un Ormeau voisin. Le Chêne se vante de protéger l'Ormeau des vents, du froid, de l'orage et des tempêtes, mais reproche à l'Ormeau de ne pas lui rendre hommage. L'Ormeau rétorque qu'il souffre de l'ombre et des branches du Chêne, qui lui causent plus de dommages que les intempéries. Il affirme préférer être transplanté ailleurs plutôt que de subir le voisinage du Chêne. Le Chêne, offensé, accuse l'Ormeau d'ingratitude. La fable conclut en soulignant que l'orgueil du Chêne le rend insupportable et que l'ingratitude de l'Ormeau est relative, car il subit des préjudices réels.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
10
p. 217-218
DU NORD.
Début :
Une troupe de voleurs commettoit depuis quelques tems beaucoup de brigandages [...]
Mots clefs :
Saint-Petersbourg, Stockholm, Drontheim, Brigandage, Commerce, Biorno Stafelgraan, Tempête
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DU NORD.
DU NOR D.
DE PETERSBOURG , le 5 Septembre.
les
Une troupe de voleurs commettoit depuis quel
que tems beaucoup de brigandages dans les environs
de Mofcou. On a découvert qu'elle avoit
pour chefun ancien Officier d'Artillerie , qui pour
quelques malverfations avoit été privé de fon emploi
. Il a été arrêté , ainfi que plufieurs de fes complices.
Ayant prouvé qu'il étoit Gentilhomme ,
au lieu de recevoir le Knout en public , il l'a reçu
dans une chambre de la Citadelle ; & au lieu
de le marquer fur le front & fur les joues , on
s'eft contenté de le marquer fur une épaule. Enfuite
il a été conduit à Rogerwik , pour y être
employé aux travaux,
K
218 MERCURE DE FRANCE.
DE STOCKHOLM , le 11 Septembre.
Deux navires chargés de bled étant arrivés de
Dantzick , & ayant fait baiffer confidérablement
le prix de cette denrée , un riche négociant , nommé
Borno Stafelgraan , qui en avoit fait de grands
amas , dans l'efpérance de profiter de la difette
s'eft pendu de défe fpoir. Les Magiftrats ont fait
attacher fon cadavre à une potence , & ont confifqué
fon magafin , dont ils ont envoyé les grains
aux Hôpitaux. Sa femme a été condamnée à une
amende de quatorze cens écus .
DE DRONTHEIM , le 2 Septembre.
On effuya le 26 du mois dernier dans le Comté
de Jalfberg une tempête fi terrible , que des per-
Tonnes âgées de quatre- vingt-dix ans , ne fe fouviennent
point d'en avoir vu une pareille. Vers
les dix heures du matin , il ſe forma à l'oueft , au
nord & à l'eft , d'épais nuages qui fe raffemblerent
au mieu de l'horifon , & obfcureirent le
ciel de tous côtés , excepté au fud. Entre midi &
une heure , l'orage commença par une pluie violente
, accompagnée d'affreux coups de tonnerre,
A cette pluie fuccéda une grêle d'une groffeur
prodigieufe. Les fruits de la terre de plus de quarante
métairies , ont été totalement détruits. Toutes
les vitres qui regardoient le couchant , le feptentrion
& le levant , ont été brifées . Plufieurs
perfonnes , dans la campagne , ont été tuées ou
bleflées . Le feu du ciel à réduit en cendres cing
ou fix maiſons.
DE PETERSBOURG , le 5 Septembre.
les
Une troupe de voleurs commettoit depuis quel
que tems beaucoup de brigandages dans les environs
de Mofcou. On a découvert qu'elle avoit
pour chefun ancien Officier d'Artillerie , qui pour
quelques malverfations avoit été privé de fon emploi
. Il a été arrêté , ainfi que plufieurs de fes complices.
Ayant prouvé qu'il étoit Gentilhomme ,
au lieu de recevoir le Knout en public , il l'a reçu
dans une chambre de la Citadelle ; & au lieu
de le marquer fur le front & fur les joues , on
s'eft contenté de le marquer fur une épaule. Enfuite
il a été conduit à Rogerwik , pour y être
employé aux travaux,
K
218 MERCURE DE FRANCE.
DE STOCKHOLM , le 11 Septembre.
Deux navires chargés de bled étant arrivés de
Dantzick , & ayant fait baiffer confidérablement
le prix de cette denrée , un riche négociant , nommé
Borno Stafelgraan , qui en avoit fait de grands
amas , dans l'efpérance de profiter de la difette
s'eft pendu de défe fpoir. Les Magiftrats ont fait
attacher fon cadavre à une potence , & ont confifqué
fon magafin , dont ils ont envoyé les grains
aux Hôpitaux. Sa femme a été condamnée à une
amende de quatorze cens écus .
DE DRONTHEIM , le 2 Septembre.
On effuya le 26 du mois dernier dans le Comté
de Jalfberg une tempête fi terrible , que des per-
Tonnes âgées de quatre- vingt-dix ans , ne fe fouviennent
point d'en avoir vu une pareille. Vers
les dix heures du matin , il ſe forma à l'oueft , au
nord & à l'eft , d'épais nuages qui fe raffemblerent
au mieu de l'horifon , & obfcureirent le
ciel de tous côtés , excepté au fud. Entre midi &
une heure , l'orage commença par une pluie violente
, accompagnée d'affreux coups de tonnerre,
A cette pluie fuccéda une grêle d'une groffeur
prodigieufe. Les fruits de la terre de plus de quarante
métairies , ont été totalement détruits. Toutes
les vitres qui regardoient le couchant , le feptentrion
& le levant , ont été brifées . Plufieurs
perfonnes , dans la campagne , ont été tuées ou
bleflées . Le feu du ciel à réduit en cendres cing
ou fix maiſons.
Fermer
Résumé : DU NORD.
En Russie, au début septembre, une bande de voleurs dirigée par un ancien officier d'artillerie, démis pour malversations, a été arrêtée à Moscou. Le chef, en raison de son statut de gentilhomme, a été fouetté en privé et marqué sur l'épaule avant d'être envoyé à Rogervik pour travailler. En Suède, l'arrivée de deux navires de blé à Stockholm a fait chuter les prix, ruinant Borno Stafelgraan, qui s'est pendu. Les autorités ont exposé son cadavre et confisqué ses biens pour les hôpitaux, tandis que sa femme a été condamnée à une amende de quatorze cents écus. À Drontheim, une tempête dévastatrice a frappé le comté de Jalsberg le 26 août, détruisant les récoltes de plus de quarante métairies, blessant ou tuant plusieurs personnes, et incendiant cinq ou six maisons.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
11
p. 209-211
ITALIE.
Début :
Sur la nouvelle que cinq Corsaires de Barbarie ont paru sur la côte, [...]
Mots clefs :
Naples, Rome, Venise, Civitavecchia, Corsaires , Lutte, Éruption du Vésuve, Herculanum, Statues de marbre, M. de la Condamine, Tempête, Tremblement de terre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
ITALI EN.
*
DE NAPLES , le 12 Avril.
Sur la nouvelle que cinq Corfaires de Barbarie
ont paru fur la côte , les quatre chabecs qu'on
210 MERCURE DE FRANCE .
armoit dans ce port en font fortis pour leur don
ner la chaffe. Trois vaiffeaux de guerre Anglois ,
qui croifoient depuis près de deux mois dans ces
parages , font allés joindre d'autres vaiffeaux de
leur nation dans le Golfe de Lyon.
Le Mont Vésuve continue de jetter beaucoup
de flammes , & de temps en temps on entend des
bruits fouterreins femblables à celui d'un violent
tonnerre.
On a tiré encore depuis peu des fouterreins
d'Herculanum trois Statues de marbre , qui paroiffent
être de l'école Grecque. La nouvelle galerie
que Sa Majefté a fait conftruire , eft actuellement
ornée de plufieurs des plus beaux ouvrages
du Titien , de Michel -Ange , de Raphaël , du
Guide & d'Aunibal Carache.
DE ROME , le 10 Avril.
M. de la Condamine , de l'Académie Royale
des Sciences de Paris , de celle de Berlin & de la
Société Royale de Londres , après avoir fait ici
un long féjour , fe difpofe à retourner en France .
Sa Sainteté l'admit le 6 à fon audience , & lui fit
un préfent d'une valeur confidérable .
DE CIVITAVECCHIA , le 26 Avril.
Il y a eu ces jours- ci une violente tempête.
Quelques Vaiffeaux ont échoué fur la côte , &
l'on affure que deux Bâtimens Barbareſques ont
péri avec leurs équipages.
DE VENISE , le 20 Avril.
On fentit ici le 13 de ce mois une fecouffe de
tremblement de terre , qui dura une demi-minute.
JUIN. 1756.
211
A trois heures après-midi , il y eut une feconde
fecouffe : l'une & l'autre n'ont caufé aucun dommage.
*
DE NAPLES , le 12 Avril.
Sur la nouvelle que cinq Corfaires de Barbarie
ont paru fur la côte , les quatre chabecs qu'on
210 MERCURE DE FRANCE .
armoit dans ce port en font fortis pour leur don
ner la chaffe. Trois vaiffeaux de guerre Anglois ,
qui croifoient depuis près de deux mois dans ces
parages , font allés joindre d'autres vaiffeaux de
leur nation dans le Golfe de Lyon.
Le Mont Vésuve continue de jetter beaucoup
de flammes , & de temps en temps on entend des
bruits fouterreins femblables à celui d'un violent
tonnerre.
On a tiré encore depuis peu des fouterreins
d'Herculanum trois Statues de marbre , qui paroiffent
être de l'école Grecque. La nouvelle galerie
que Sa Majefté a fait conftruire , eft actuellement
ornée de plufieurs des plus beaux ouvrages
du Titien , de Michel -Ange , de Raphaël , du
Guide & d'Aunibal Carache.
DE ROME , le 10 Avril.
M. de la Condamine , de l'Académie Royale
des Sciences de Paris , de celle de Berlin & de la
Société Royale de Londres , après avoir fait ici
un long féjour , fe difpofe à retourner en France .
Sa Sainteté l'admit le 6 à fon audience , & lui fit
un préfent d'une valeur confidérable .
DE CIVITAVECCHIA , le 26 Avril.
Il y a eu ces jours- ci une violente tempête.
Quelques Vaiffeaux ont échoué fur la côte , &
l'on affure que deux Bâtimens Barbareſques ont
péri avec leurs équipages.
DE VENISE , le 20 Avril.
On fentit ici le 13 de ce mois une fecouffe de
tremblement de terre , qui dura une demi-minute.
JUIN. 1756.
211
A trois heures après-midi , il y eut une feconde
fecouffe : l'une & l'autre n'ont caufé aucun dommage.
Fermer
Résumé : ITALIE.
Le 12 avril, Naples a armé quatre navires pour contrer cinq corsaires barbaresques apparus sur la côte. Trois vaisseaux de guerre anglais, présents depuis deux mois, ont rejoint d'autres navires dans le Golfe de Lyon. Le Mont Vésuve reste actif, projetant des flammes et des bruits souterrains. À Herculanum, trois statues de marbre de l'école grecque ont été découvertes. La nouvelle galerie du roi est décorée d'œuvres majeures du Titien, de Michel-Ange, de Raphaël, du Guide et d'Annibal Carrache. Le 10 avril, à Rome, M. de la Condamine, membre de plusieurs académies scientifiques, s'apprête à retourner en France après un long séjour. Le pape l'a reçu en audience le 6 avril et lui a offert un présent de valeur. Le 26 avril, à Civitavecchia, une tempête a causé l'échouage de plusieurs vaisseaux et la perte de deux bâtiments barbaresques avec leurs équipages. Le 20 avril, à Venise, deux secousses sismiques ont été ressenties le 13 avril sans causer de dommages.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
12
p. 221
ALLEMAGNE.
Début :
Il y eut ici le 19 de ce mois une affreuse tempête. [...]
Mots clefs :
Francfort, Aix-la-Chapelle, Tempête, Dégâts, Grêle, Animaux morts, Récoltes détruites, Tremblement de terre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
DE FRANCFORT , le 25 Juin.
ItLy eut ici le 19 de ce mois une affreufe
tempête. Les perfonnes les plus âgées ne fe fouviennent
pas d'en avoir vu une femblable.
La plupart des toits ont été emportés par le vent ,
ou brifés par la grêle , dont plufieurs grains
étoit de la groffeur d'un ceuf de poule. Un grand
nombre d'animaux ont été tués dans la campagne ,
Le dommage qu'elle a fouffert , eft d'autant
plus à déplorer , qu'on avoit l'efpérance d'une
abondante récolte. On a éprouvé les mêmes accidens
le même jour à Cologne .
D'AIX LA CHAPELLE , le 8 Juin.
·
Il y eut ici le 3 Juin une fecouffe de tremblement
de terre. On a reçu avis qu'elle avoit
été beaucoup plus violente à Duren , à Sittart ,
à Maeftricht , à Liége & à Cologne. Heureufement
elle n'a cauſé nulle part aucun dommage.
DE FRANCFORT , le 25 Juin.
ItLy eut ici le 19 de ce mois une affreufe
tempête. Les perfonnes les plus âgées ne fe fouviennent
pas d'en avoir vu une femblable.
La plupart des toits ont été emportés par le vent ,
ou brifés par la grêle , dont plufieurs grains
étoit de la groffeur d'un ceuf de poule. Un grand
nombre d'animaux ont été tués dans la campagne ,
Le dommage qu'elle a fouffert , eft d'autant
plus à déplorer , qu'on avoit l'efpérance d'une
abondante récolte. On a éprouvé les mêmes accidens
le même jour à Cologne .
D'AIX LA CHAPELLE , le 8 Juin.
·
Il y eut ici le 3 Juin une fecouffe de tremblement
de terre. On a reçu avis qu'elle avoit
été beaucoup plus violente à Duren , à Sittart ,
à Maeftricht , à Liége & à Cologne. Heureufement
elle n'a cauſé nulle part aucun dommage.
Fermer
Résumé : ALLEMAGNE.
Le 19 juin, Francfort et Cologne ont été touchées par une violente tempête, endommageant les toits et tuant des animaux. Le 3 juin, un séisme a été ressenti à Aix-la-Chapelle et dans plusieurs villes voisines, sans causer de dégâts.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
13
p. 196-198
ESPAGNE.
Début :
Depuis trois semaines on n'a entendu ici aucun bruit souterrein, ni senti [...]
Mots clefs :
Lisbonne, Barcelone, Tempête, Maladies, Elvas, Essaim de sauterelles, Ravages des champs, Don Antoine Barcelos, Galiotes, Combats sur mer
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
ESPAGNE.
DE LISBONNE , le 7 Juin.
Depuis trois ſemaines on n'a entendu ici aucun
bruit fouterrein , ni fenti aucune feçouffe . Mais
le 29 Juin on en éprouva une à quatre lieues de
cette Ville dans les environs des montagnes de
Cintra. Il y eut le 24 du même mois , & les deux
jours fuivans , une horrible tempête . Ce ne fur
qu'avec beaucoup de peine qu'on empêcha les
Tentes de la Famille Royale , d'être emportées
par le vent . Le 30 Leurs Majeftés partirent avec
les Infans Don Pedre & Don Antoine , pour Salvaterra
.
Les maladies font de grands ravages dans la
Province d'Alentejo .
La ville d'Elvas & ſes environs , non feulement
ont partagé tous les défaftres communs au refte
du Royaume , mais encore ont éprouvé un féau
particulier. Le ciel fe couvrit fubitement , il y a
quelques jours , d'un nuage fi épais , que la lumière
du foleil en fut prefque toralement éclipfée . Bientôt
ce nuage defcendit jufqu'à terre , & l'on s'apperçut
qu'il n'étoit autre chofe qu'une multitude
infinie de fauterelles . Elles fe répandirent en un
inftant dans toute la campagne ; & il y en avoit
A O UST. 1756. 197
'dans plufieurs endroits jufqu'à la hauteur de deux
palmes. En vain les païfans eurent- ils recours à
tous les moyens poffibles , pour exterminer ces.
infectes. Il en paroiffoit le lendemain un plus
grand nombre , qu'on n'en avoit détruit la veille .
Les champs n'en ont été délivrés , qu'après avoir
été entiérement ravagés. Une partie de ces animaux
voraces eft allée ſe précipiter dans la Guadiana
& dans d'autres rivieres : une autre partie eft
venue fondre fur cette Ville , & s'ils n'y ont pas
caufé le même dommage qu'à la campagne , ils y
ont caufé beaucoup d'incommodité.
DE BARCELONE , le 27 Juin .
Don Antoine Barcelos , Commandant le Cha
bec le Courier de Mayorque , étant parti d'ici
pour Palma , découvrit le 13 de ce mois , entre
deux & trois heures du matin , fur la pointe de
Lio- Liobnegat , deux Galiotes Barbareſques , qui
avoient les voiles ferrées. Dès que les Galiotes
l'apperçurent , elles mirent leurs voiles au vent ,
& s'aidant en même- tems de leurs rames , elles
vinrent fur lui . Lorfqu'elles furent à deux portées
de canon , elles reconnurent à la manceuvre
que le Chabec n'étoit pas un Navire Marchand.
Elles revirerent de bord , dans le deffein de
prendre la fuite. Don Barcelo gagna le vent. Un
calme qui furvint , facilita à l'un des Corfaires
le moyen de dériver fur le Chabec. Les Elpagnols
préfenterent la proue à l'ennemi , qui eut
fon éperon & fa vergue de trinquet rompus . Cet
accident ne le rebuta point . Quelques-uns de fes
gens fauterent avec intrépidité dans le Chabec ,
mais ils furent fur le champ maſſacrés. Tous
ceux qui les fuivirent , eurent le même fort ; &
I j
198 MERCURE DE FRANCE.
les autres furent obligés de fe rendre. La Galiote
étoit armée de deux canons & de douze
pierriers . Il y avoit à bord vingt-quatre Turcs &
quarante-cinq Maures. Cinquante & un hommes
de cet équipage ont été tués à l'abordage ; &
douze , du nombre defquels eft le Capitaine nommé
Ali , ont été bleffés. Perfonne n'a été tué du
côté des Eſpagnols , & ils n'ont eu de bleffés que
leur Contre-Maître & cinq Matelots. Le fuccès de
ce combat fait d'autant plus d'honneur à Don Barcelos
, que fon équipage n'étoit compofé que
de quarante-quatre hommes , y compris huit
Mouffes. On a fçu par le Capitaine Ali , que
la Galiote dont on s'eft emparé , appartenoit au
Bey d'Alger. L'autre Galiote , qui a pris la fuite
pendant l'action , eft plus forte que celle- ci ea
équipage.
DE LISBONNE , le 7 Juin.
Depuis trois ſemaines on n'a entendu ici aucun
bruit fouterrein , ni fenti aucune feçouffe . Mais
le 29 Juin on en éprouva une à quatre lieues de
cette Ville dans les environs des montagnes de
Cintra. Il y eut le 24 du même mois , & les deux
jours fuivans , une horrible tempête . Ce ne fur
qu'avec beaucoup de peine qu'on empêcha les
Tentes de la Famille Royale , d'être emportées
par le vent . Le 30 Leurs Majeftés partirent avec
les Infans Don Pedre & Don Antoine , pour Salvaterra
.
Les maladies font de grands ravages dans la
Province d'Alentejo .
La ville d'Elvas & ſes environs , non feulement
ont partagé tous les défaftres communs au refte
du Royaume , mais encore ont éprouvé un féau
particulier. Le ciel fe couvrit fubitement , il y a
quelques jours , d'un nuage fi épais , que la lumière
du foleil en fut prefque toralement éclipfée . Bientôt
ce nuage defcendit jufqu'à terre , & l'on s'apperçut
qu'il n'étoit autre chofe qu'une multitude
infinie de fauterelles . Elles fe répandirent en un
inftant dans toute la campagne ; & il y en avoit
A O UST. 1756. 197
'dans plufieurs endroits jufqu'à la hauteur de deux
palmes. En vain les païfans eurent- ils recours à
tous les moyens poffibles , pour exterminer ces.
infectes. Il en paroiffoit le lendemain un plus
grand nombre , qu'on n'en avoit détruit la veille .
Les champs n'en ont été délivrés , qu'après avoir
été entiérement ravagés. Une partie de ces animaux
voraces eft allée ſe précipiter dans la Guadiana
& dans d'autres rivieres : une autre partie eft
venue fondre fur cette Ville , & s'ils n'y ont pas
caufé le même dommage qu'à la campagne , ils y
ont caufé beaucoup d'incommodité.
DE BARCELONE , le 27 Juin .
Don Antoine Barcelos , Commandant le Cha
bec le Courier de Mayorque , étant parti d'ici
pour Palma , découvrit le 13 de ce mois , entre
deux & trois heures du matin , fur la pointe de
Lio- Liobnegat , deux Galiotes Barbareſques , qui
avoient les voiles ferrées. Dès que les Galiotes
l'apperçurent , elles mirent leurs voiles au vent ,
& s'aidant en même- tems de leurs rames , elles
vinrent fur lui . Lorfqu'elles furent à deux portées
de canon , elles reconnurent à la manceuvre
que le Chabec n'étoit pas un Navire Marchand.
Elles revirerent de bord , dans le deffein de
prendre la fuite. Don Barcelo gagna le vent. Un
calme qui furvint , facilita à l'un des Corfaires
le moyen de dériver fur le Chabec. Les Elpagnols
préfenterent la proue à l'ennemi , qui eut
fon éperon & fa vergue de trinquet rompus . Cet
accident ne le rebuta point . Quelques-uns de fes
gens fauterent avec intrépidité dans le Chabec ,
mais ils furent fur le champ maſſacrés. Tous
ceux qui les fuivirent , eurent le même fort ; &
I j
198 MERCURE DE FRANCE.
les autres furent obligés de fe rendre. La Galiote
étoit armée de deux canons & de douze
pierriers . Il y avoit à bord vingt-quatre Turcs &
quarante-cinq Maures. Cinquante & un hommes
de cet équipage ont été tués à l'abordage ; &
douze , du nombre defquels eft le Capitaine nommé
Ali , ont été bleffés. Perfonne n'a été tué du
côté des Eſpagnols , & ils n'ont eu de bleffés que
leur Contre-Maître & cinq Matelots. Le fuccès de
ce combat fait d'autant plus d'honneur à Don Barcelos
, que fon équipage n'étoit compofé que
de quarante-quatre hommes , y compris huit
Mouffes. On a fçu par le Capitaine Ali , que
la Galiote dont on s'eft emparé , appartenoit au
Bey d'Alger. L'autre Galiote , qui a pris la fuite
pendant l'action , eft plus forte que celle- ci ea
équipage.
Fermer
Résumé : ESPAGNE.
En juin 1756, plusieurs événements marquants se sont produits en Espagne et ses environs. À Lisbonne, après trois semaines de tranquillité, une secousse sismique a été ressentie près des montagnes de Cintra le 29 juin. Une violente tempête a également frappé la région du 24 au 26 juin, mettant en danger les tentes de la famille royale, qui a quitté Lisbonne pour Salvaterra le 30 juin. La province d'Alentejo était touchée par des maladies. À Elvas, un nuage de sauterelles a causé des ravages malgré les efforts pour les exterminer, envahissant les champs et atteignant la ville. À Barcelone, le 27 juin, Don Antoine Barcelos, commandant le chébec le Courier de Mayorque, a affronté deux galiotes barbaresques près de Lio-Liobnegat. Après un combat acharné, les Espagnols ont capturé une galiote, tuant 51 membres de l'équipage ennemi et en blessant 12, sans perte de leur côté. La galiote capturée appartenait au Bey d'Alger. L'équipage espagnol, composé de 44 hommes, a été salué pour son courage.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
14
p. 200-201
ITALIE.
Début :
Le 17 de ce mois, quelques minutes avant midi, le ciel [...]
Mots clefs :
Padoue, Rafale de vent, Tremblement de terre, Tempête, Ville détruite, Destruction d'édifices, Dégâts, Victimes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
ITALI E.
DE PADOUE , le 23 Août.'
Le 17 de ce mois , quelques minutes avant
midi , le ciel s'obfcurcit tout-à- coup , & il s'éleva
un vent fi violent , que les toits de la plupart des
maifons furent emportés. Dans la campagne , les
arbres les plus forts ont été couchés par terre.
Plufieurs voitures chargées ont été jettées dans
des ravins. Prefque tous les bateaux qui étoient
fur la Brente ont péri. Diverfes fecouffes de tremblement
de terre ont fuivi cette horrible tempête
, & ont ajouté de nouveaux défaftres à ceux
qu'on venoit d'éprouver. Une partie de la Ville a
OCTOBRE. 1756. 201
été détruite . Des édifices confidérables , entr'autres
l'Hôtel de Ville , qui faifoit l'admiration des
étrangers , ont été ruinés de fond en comble.
Un grand nombre de perſonnes ont été ensevelies
fous leurs habitations.
DE PADOUE , le 23 Août.'
Le 17 de ce mois , quelques minutes avant
midi , le ciel s'obfcurcit tout-à- coup , & il s'éleva
un vent fi violent , que les toits de la plupart des
maifons furent emportés. Dans la campagne , les
arbres les plus forts ont été couchés par terre.
Plufieurs voitures chargées ont été jettées dans
des ravins. Prefque tous les bateaux qui étoient
fur la Brente ont péri. Diverfes fecouffes de tremblement
de terre ont fuivi cette horrible tempête
, & ont ajouté de nouveaux défaftres à ceux
qu'on venoit d'éprouver. Une partie de la Ville a
OCTOBRE. 1756. 201
été détruite . Des édifices confidérables , entr'autres
l'Hôtel de Ville , qui faifoit l'admiration des
étrangers , ont été ruinés de fond en comble.
Un grand nombre de perſonnes ont été ensevelies
fous leurs habitations.
Fermer
Résumé : ITALIE.
Le 17 août, une violente tempête a frappé Padoue, arrachant des toits et renversant des arbres. Des voitures et des bateaux ont été détruits. Des secousses sismiques ont suivi, aggravant les dégâts. L'Hôtel de Ville et d'autres édifices importants ont été détruits, causant de nombreuses victimes ensevelies sous les décombres.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
15
p. 196-201
PAYS-BAS.
Début :
Le sieur de Kauderbach, Ministre Résident du Roi de Pologne Electeur de [...]
Mots clefs :
La Haye, Sieur Kauderbach, États généraux , Mémoire, Invasion, Electorat de Saxe, Seigneurs, La Reine, Traité de neutralité, Amsterdam, Tempête, Naufrages, Bruxelles, Bataille, Prussiens, Croates
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PAYS-BAS.
PAYS- BAS.
DE LA HAYE , le 8 Octobre.
Le fieur de Kauderbach , Miniftre Réſident da
Roi de Pologne Electeur de Saxe auprès des
Etats Généraux , leur a préfenté le 30 du mos
dernier le Mémoire fuivant .
« L'Invafion de l'Electorat de Saxe par les trou
»pes Pruffiennes eft un de ces attentats contre les
Loix refpectables des Nations , qui réclame de
»lui-même les fecours de toutes les Puiffances in
téreflées à conferver leur liberté & leur indépen-
>> dance.
» Le Roi , mon augufte Maître , a vu fes Etats
Héréditaires envahis dans le fein de la paix la
plus profonde , quoique S. M. ait évité avec
foin toutes les démarches qui auroient pa don
L
NOVEMBRE
. 1756.
197 . »ner la moindre ombre d'inquiétude
à fes voifins." » Dès les premieres
lueurs de méfintelligence >>entre les Cours de Vienne & de Berlin , S. M. a enjoint expreffément
à fes Miniftres d'annoncer
a toutes les Cours de L'Europe , qu'Elle étoit
d'ob-"
»refolue , dans les conjectures
préfentes , d'oc
»Terver la plus exacte neutralité. 251
297708
» Le fimple expofe des faits fuffira , pour dé- montrer à Vos Hautes Puiffances
, à quels ex- »ces on s'eft porté contre les Etats Héréditaires
du Roi , & de quelle importance
il eft pour tou- tes les Puiflances
d'arrêter un torrent , qui peut » les entraîner
elles- mêmes dans fa courfe . » Sa Majefté , fur le compte que je lui ai rendu »des premieres
impreffions
qu'a faites dans l'Etat »de V. H, P. l'entrée hoftile du Roi de Pruffe dans »fon Electorat , a reconny avec fenfibilité les fen- ntimens de l'ancienne
& conftante
amitié , qui
»lie le Roi avec votre République
. » Vous repréfenter
, Hauts & Puiffans
Seiun
Etat libre , tranquille
& neutre , en- »gneurs , yahi par un ennemi qui fe couvre des dehors de »l'amitié
, qui fans alléguer
le moindre
grief & la moindre
prétention
, mais fondé uniquement »fur la convenance
, s'empare
à main armée da toutes les Villes , & même de la Capitale
, dé- mande
les Places fortes comme Wittemberg
,
>>en fortifie d'autres comme Torgau , ce n'eft que »crayonner
foiblement
l'oppreffion
fous laquelle »gémiffent
les fideles Sujets de Sa Majefte, Les »Bourgeois
défarmés
, les Magiftrats
enlevés pour » fervir de garans des contributions
injuftes & enor- mes en vivres & en fourrages
, les caifles faifies » les revenus
de l'Electorat
confifqués
, les Arfe-
»naux de Drefde, de Léipfick, de Weiffenfels
& de »Zeitz , forcés, l'artillerie
& les armes pillées &
tij
198 MERCURE DE FRANCE.
tranfportées à Magdebourg , tous ces procédés
n'étoient qu'un préliminaire des traitemens
inouis qu'alloit effuyer une Reine , que les vertus
devoient rendre refpectable à fes ennemis
»mêmes. C'eſt d'entre les bras facrés de certe
Augufte Princeffe , qu'ont été enlevées avec
»menace & violence les Archives de l'Etat
malgré la fécurité fous laquelle S. M. croyoit
pouvoir vivre à l'abri des Loix divines & humaines
, & malgré les affurances réitérées qui lui
»avoient été données de la part du Roi de Pruffe ,
»que non feulement fa perfonne & fa réfidence
feroient en fûreté , mais même que la Garniſon
Pruffienne feroit fous fes ordres.
Cette Augufte & tendre Mère de fes fideles
» Sujets , reftés à Dreſde par un facrifice qu'Elle
»faifoit au bonheur des Saxons , comptoit du ſein
»du tumulte régir en fécurité les Etats de fon Augufte
Epoux ; que des foins également impor
tans avoient fait voler à la tête de fon armée ,
pour défendre fon honneur outragé , & rendre
au zele & à l'amour de fes peuples , ce qu'ils
Davoient lieu d'attendre de la valeur & de la fermeté
d'un Prince fi magnanime. Cette Princeffe
❤a vu ôter toute activité au Conſeil Privé , & fubftituer
au légitime Gouvernement un Directoire
arbitraire , qui ne connoît d'autre droit que fa
propre volonté.
Tels font , Hauts & Puiffans Seigneurs , les
premiers exploits d'un Prince , qui annonce
qu'il n'entreprend la guerre uniquement que
pour la défenfe de la liberté du Corps Germanique
, & pour la protection de la Religion Proteftante
, à laquelle il porte un coup d'autant
plus funefte , qu'il commence par écraſer ce même
Etat à qui cette Religion doit ſon établife,
10
1
1
။
NOVEMBRE. 1756: 199
>>ment & la confervation de fes droits les plus précieux
, en même temps qu'il enfreint toutes les
Loix refpectables , qui font l'union du Corps
Germanique , fous prétexte d'une défenfe , dontl'Empire
n'a befoin que contre lui -même.
Un Traité folemnel de Neutralité , offert par
»Sa Majefté , toutes les fûretés compatibles avec fa
>>fouveraineté , n'ont pu arrêter les projets formés
d'envahir & d'écrafer la Saxe. Le Roi , retiré
» dans ſon camp , n'a dû conſulter que fon honneur
& le zele de fes Sujets , pour rejetter , comme
elles le méritoient , les propofitions énor-
>>mes & inouies qu'on lui a faites , d'abandonner"
»durant cette guerre au Roi de Pruffe l'adminiftra-
»tion de ſes États & le commandement de fon ar
» mée.
» La cauſe de la Saxe eft commune à toutes les
Puiffances , puifque fon fort leur annonce celui '
» qu'elles doivent s'attendre d'éprouver , dès que
le Droit de Gens & la foi des Traités ne font plus
wun frein refpecté .
» Vos Hautes Puiffances verront , par la Copie
ci- jointe de la Déclaration que le Roi a fait publier
dans fon camp , que le Roi de Prufſe , en
» proteftant de n'être entré que comme ami en
» Saxe , n'exige pas moins que l'entier facrifice de
cet Electorat que fes prétentions énormes ont
wobligé Sa Majefté de déclarer à ce Prince
squ'Elle eft réfolue de défendre la jufte caufe jufqu'à
la derniere goutte de fon fang , plutôt que
d'accepter des conditions auffi odieufes & auffi
injurieufes à fa gloire.
» Dans la feconde annexe , V. H. P. remarqueront
que le Roi de Pruffe , dans l'expofé de:
fes motifs , qu'il a fait publier fous les yeux d'un '
Prince dont il fe dit ami , ne daigne pas feule--
Iiy
200 MERCURE DE FRANCE.
»ment alléguer de prétexte , pour colorer l'ufur-
»pation du territoire & des revenus de Sa Majeſté .
» Dans ces circonstances , le Roi attend de tou-
»tes les Puiffances , à qui l'honneur eft en recom-
»mandation , & en particulier de V. H. Puiffances
qui ont été de tout temps fi jaloufes de leur
liberté & de leur indépendance , qu'Eiles
»prêteront à Sa Majefté , par l'emploi de leurs
»bons offices & par d'autres moyens plus effica
ces , les fecours que tout Etat doit pour fon pro-
» pre intérêt à un autre Etat opprimé injuftement ,
quand même il ne feroit lié par aucun Traité. »
D'AMSTERDAM , le 11 Octobre.
On effuya le 7 de ce mois fur ces côtes une
affreufe tempête. Elle a caufé un grand nom
bre de naufrages. Quelques Vaiffeaux , entre
Jefquels on compte un Vaiffeau de guerre de
la République , & un Vaiffeau de la Compagnie
des Indes Orientales , ont péri au Texel. Quantité
d'autres ont été jettés fur le fable , ou pouffes
en pleine mer; & l'on n'a aucune nouvelle de
plufieurs de ces derniers.
DE BRUXELLES , le 16.Octobre.
Depuis l'arrivée du Courier , par lequel on a
reça la nouvelle de la bataille donnée en Boheme
le premier de ce mois , on a appris qu'un Détachement
confidérable de Pruffiens ayant paffé
l'Elbe pour enlever des fourrages fur la droite de
cette riviere , il a été attaqué au retour par un
corps de Croates ; que les ennemis ont eu près
de cinq cens hommes tués en cette occafion ; que
les Croates leur ont enlevé foixante - quatorze
NOVEMBRE . 1756. 201
mille rations de fourrage , & que le pont fur lequel
les Pruffiens avoient paffé la riviere , a été
brûlé.
DE LA HAYE , le 8 Octobre.
Le fieur de Kauderbach , Miniftre Réſident da
Roi de Pologne Electeur de Saxe auprès des
Etats Généraux , leur a préfenté le 30 du mos
dernier le Mémoire fuivant .
« L'Invafion de l'Electorat de Saxe par les trou
»pes Pruffiennes eft un de ces attentats contre les
Loix refpectables des Nations , qui réclame de
»lui-même les fecours de toutes les Puiffances in
téreflées à conferver leur liberté & leur indépen-
>> dance.
» Le Roi , mon augufte Maître , a vu fes Etats
Héréditaires envahis dans le fein de la paix la
plus profonde , quoique S. M. ait évité avec
foin toutes les démarches qui auroient pa don
L
NOVEMBRE
. 1756.
197 . »ner la moindre ombre d'inquiétude
à fes voifins." » Dès les premieres
lueurs de méfintelligence >>entre les Cours de Vienne & de Berlin , S. M. a enjoint expreffément
à fes Miniftres d'annoncer
a toutes les Cours de L'Europe , qu'Elle étoit
d'ob-"
»refolue , dans les conjectures
préfentes , d'oc
»Terver la plus exacte neutralité. 251
297708
» Le fimple expofe des faits fuffira , pour dé- montrer à Vos Hautes Puiffances
, à quels ex- »ces on s'eft porté contre les Etats Héréditaires
du Roi , & de quelle importance
il eft pour tou- tes les Puiflances
d'arrêter un torrent , qui peut » les entraîner
elles- mêmes dans fa courfe . » Sa Majefté , fur le compte que je lui ai rendu »des premieres
impreffions
qu'a faites dans l'Etat »de V. H, P. l'entrée hoftile du Roi de Pruffe dans »fon Electorat , a reconny avec fenfibilité les fen- ntimens de l'ancienne
& conftante
amitié , qui
»lie le Roi avec votre République
. » Vous repréfenter
, Hauts & Puiffans
Seiun
Etat libre , tranquille
& neutre , en- »gneurs , yahi par un ennemi qui fe couvre des dehors de »l'amitié
, qui fans alléguer
le moindre
grief & la moindre
prétention
, mais fondé uniquement »fur la convenance
, s'empare
à main armée da toutes les Villes , & même de la Capitale
, dé- mande
les Places fortes comme Wittemberg
,
>>en fortifie d'autres comme Torgau , ce n'eft que »crayonner
foiblement
l'oppreffion
fous laquelle »gémiffent
les fideles Sujets de Sa Majefte, Les »Bourgeois
défarmés
, les Magiftrats
enlevés pour » fervir de garans des contributions
injuftes & enor- mes en vivres & en fourrages
, les caifles faifies » les revenus
de l'Electorat
confifqués
, les Arfe-
»naux de Drefde, de Léipfick, de Weiffenfels
& de »Zeitz , forcés, l'artillerie
& les armes pillées &
tij
198 MERCURE DE FRANCE.
tranfportées à Magdebourg , tous ces procédés
n'étoient qu'un préliminaire des traitemens
inouis qu'alloit effuyer une Reine , que les vertus
devoient rendre refpectable à fes ennemis
»mêmes. C'eſt d'entre les bras facrés de certe
Augufte Princeffe , qu'ont été enlevées avec
»menace & violence les Archives de l'Etat
malgré la fécurité fous laquelle S. M. croyoit
pouvoir vivre à l'abri des Loix divines & humaines
, & malgré les affurances réitérées qui lui
»avoient été données de la part du Roi de Pruffe ,
»que non feulement fa perfonne & fa réfidence
feroient en fûreté , mais même que la Garniſon
Pruffienne feroit fous fes ordres.
Cette Augufte & tendre Mère de fes fideles
» Sujets , reftés à Dreſde par un facrifice qu'Elle
»faifoit au bonheur des Saxons , comptoit du ſein
»du tumulte régir en fécurité les Etats de fon Augufte
Epoux ; que des foins également impor
tans avoient fait voler à la tête de fon armée ,
pour défendre fon honneur outragé , & rendre
au zele & à l'amour de fes peuples , ce qu'ils
Davoient lieu d'attendre de la valeur & de la fermeté
d'un Prince fi magnanime. Cette Princeffe
❤a vu ôter toute activité au Conſeil Privé , & fubftituer
au légitime Gouvernement un Directoire
arbitraire , qui ne connoît d'autre droit que fa
propre volonté.
Tels font , Hauts & Puiffans Seigneurs , les
premiers exploits d'un Prince , qui annonce
qu'il n'entreprend la guerre uniquement que
pour la défenfe de la liberté du Corps Germanique
, & pour la protection de la Religion Proteftante
, à laquelle il porte un coup d'autant
plus funefte , qu'il commence par écraſer ce même
Etat à qui cette Religion doit ſon établife,
10
1
1
။
NOVEMBRE. 1756: 199
>>ment & la confervation de fes droits les plus précieux
, en même temps qu'il enfreint toutes les
Loix refpectables , qui font l'union du Corps
Germanique , fous prétexte d'une défenfe , dontl'Empire
n'a befoin que contre lui -même.
Un Traité folemnel de Neutralité , offert par
»Sa Majefté , toutes les fûretés compatibles avec fa
>>fouveraineté , n'ont pu arrêter les projets formés
d'envahir & d'écrafer la Saxe. Le Roi , retiré
» dans ſon camp , n'a dû conſulter que fon honneur
& le zele de fes Sujets , pour rejetter , comme
elles le méritoient , les propofitions énor-
>>mes & inouies qu'on lui a faites , d'abandonner"
»durant cette guerre au Roi de Pruffe l'adminiftra-
»tion de ſes États & le commandement de fon ar
» mée.
» La cauſe de la Saxe eft commune à toutes les
Puiffances , puifque fon fort leur annonce celui '
» qu'elles doivent s'attendre d'éprouver , dès que
le Droit de Gens & la foi des Traités ne font plus
wun frein refpecté .
» Vos Hautes Puiffances verront , par la Copie
ci- jointe de la Déclaration que le Roi a fait publier
dans fon camp , que le Roi de Prufſe , en
» proteftant de n'être entré que comme ami en
» Saxe , n'exige pas moins que l'entier facrifice de
cet Electorat que fes prétentions énormes ont
wobligé Sa Majefté de déclarer à ce Prince
squ'Elle eft réfolue de défendre la jufte caufe jufqu'à
la derniere goutte de fon fang , plutôt que
d'accepter des conditions auffi odieufes & auffi
injurieufes à fa gloire.
» Dans la feconde annexe , V. H. P. remarqueront
que le Roi de Pruffe , dans l'expofé de:
fes motifs , qu'il a fait publier fous les yeux d'un '
Prince dont il fe dit ami , ne daigne pas feule--
Iiy
200 MERCURE DE FRANCE.
»ment alléguer de prétexte , pour colorer l'ufur-
»pation du territoire & des revenus de Sa Majeſté .
» Dans ces circonstances , le Roi attend de tou-
»tes les Puiffances , à qui l'honneur eft en recom-
»mandation , & en particulier de V. H. Puiffances
qui ont été de tout temps fi jaloufes de leur
liberté & de leur indépendance , qu'Eiles
»prêteront à Sa Majefté , par l'emploi de leurs
»bons offices & par d'autres moyens plus effica
ces , les fecours que tout Etat doit pour fon pro-
» pre intérêt à un autre Etat opprimé injuftement ,
quand même il ne feroit lié par aucun Traité. »
D'AMSTERDAM , le 11 Octobre.
On effuya le 7 de ce mois fur ces côtes une
affreufe tempête. Elle a caufé un grand nom
bre de naufrages. Quelques Vaiffeaux , entre
Jefquels on compte un Vaiffeau de guerre de
la République , & un Vaiffeau de la Compagnie
des Indes Orientales , ont péri au Texel. Quantité
d'autres ont été jettés fur le fable , ou pouffes
en pleine mer; & l'on n'a aucune nouvelle de
plufieurs de ces derniers.
DE BRUXELLES , le 16.Octobre.
Depuis l'arrivée du Courier , par lequel on a
reça la nouvelle de la bataille donnée en Boheme
le premier de ce mois , on a appris qu'un Détachement
confidérable de Pruffiens ayant paffé
l'Elbe pour enlever des fourrages fur la droite de
cette riviere , il a été attaqué au retour par un
corps de Croates ; que les ennemis ont eu près
de cinq cens hommes tués en cette occafion ; que
les Croates leur ont enlevé foixante - quatorze
NOVEMBRE . 1756. 201
mille rations de fourrage , & que le pont fur lequel
les Pruffiens avoient paffé la riviere , a été
brûlé.
Fermer
Résumé : PAYS-BAS.
Le 8 octobre 1756, le ministre résident du roi de Pologne et électeur de Saxe auprès des États Généraux des Pays-Bas a présenté un mémoire relatant l'invasion de l'Électorat de Saxe par les troupes prussiennes. Cette invasion est qualifiée d'atteinte aux lois internationales, justifiant l'intervention des puissances souhaitant préserver leur liberté et indépendance. Le roi de Saxe, bien qu'ayant tenté de maintenir la neutralité, a vu ses États héréditaires envahis sans provocation. Le mémoire met en lumière les violences commises par les Prussiens, incluant l'occupation de villes, la fortification de places fortes et la confiscation des revenus de l'Électorat. La reine de Saxe a été particulièrement affectée, avec les archives de l'État saisies malgré les garanties de sécurité offertes par le roi de Prusse. Un directoire arbitraire a été imposé, remplaçant le gouvernement légitime. Le roi de Saxe a refusé les propositions prussiennes de renoncer à l'administration de ses États et au commandement de son armée. Il appelle les puissances européennes à soutenir la Saxe, affirmant que la défense de cet État est cruciale pour toutes les puissances, car elle protège le droit des gens et la fidélité des traités. Le roi de Prusse, malgré ses déclarations d'amitié, exige la capitulation totale de l'Électorat, ce que le roi de Saxe refuse, prêt à défendre sa cause jusqu'au bout.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
16
p. 203-204
ESPAGNE.
Début :
Les Lettres de Buenos-Ayres marquent que, depuis la victoire remportée par [...]
Mots clefs :
Madrid, Buenos Aires, Victoire contre les Sauvages, Roi Très-Chrétien, Lisbonne, Navires, Marchandises, Danger, Tempête
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
ESPAGNE.
DE MADRID , le 25 Janvier.
Les Lettres de Buenos - Ayres marquent que ,
depuis la victoire remportée par les troupes Efpagnoles
& Portugaifes fur les Indiens voifins de la
riviere d'Urugay , les Vainqueurs ont continué
leur marche ; que malgré tous les obſtacles que
leur oppofoit un pays montueux & couvert de
bois , ils ont foumis tous les peuples de ces cantons
; & que ces peuples fe difpofent à paffer
dans les nouveaux établiffemens , qui leur ont été
affignés.
Un Courier étant arrivé le 20 de Versailles ;
avec la nouvelle que le Roi Très- Chrétien étoit
Ivj
204 MERCURE DE FRANCE.
parfaitement guéri de fa bleffure , le Roi fit chanter
fur le champ le Te Deum dans fa Chapelle
& ordonna qu'on célébrât cet heureux événement
par trois jours de réjouiffances & d'illuminations.
DE LISBONNE , le 4 Janvier.
Il a été annoncé dans les lettres datées du
23 du mois dernier , que deux Navires de la flotte
de la Baie de Tous les Saints étoient en grand
danger. Quelque diligence qu'on ait apportée.
pour les fecourir , ils ont coulé bas dans la Barre.
Ces Bâtimens fe nommoient le Gafparino & la
Sanada. Le premier étoit le Navire le plus riche
de la flotte. Outre fon chargement particulier ,
il avoit une partie de celui du Vaiffeau de retour
de Goa , qui étant arrivé à la Baie de Tous les
Saints , ne fe trouva pas en état de continuer fa
route. Des équipages du Gafparino & de la Sanada
, il n'a péri que deux Matelots. Dans la
même tempête deux Navirės Anglois , qui étoient
à l'ancre dans le Tage , ont eu leurs cables brifés.
Un de ces Bâtimens a échoué contre un banc de
fable ; mais on a fauvé toute la cargaifon. Hier ,
le feu du ciel tomba fur un Vaiffeau de guerre
la même Nation , renverfa le grand mât , & tua
quelques perfonnes de l'équipage.
DE MADRID , le 25 Janvier.
Les Lettres de Buenos - Ayres marquent que ,
depuis la victoire remportée par les troupes Efpagnoles
& Portugaifes fur les Indiens voifins de la
riviere d'Urugay , les Vainqueurs ont continué
leur marche ; que malgré tous les obſtacles que
leur oppofoit un pays montueux & couvert de
bois , ils ont foumis tous les peuples de ces cantons
; & que ces peuples fe difpofent à paffer
dans les nouveaux établiffemens , qui leur ont été
affignés.
Un Courier étant arrivé le 20 de Versailles ;
avec la nouvelle que le Roi Très- Chrétien étoit
Ivj
204 MERCURE DE FRANCE.
parfaitement guéri de fa bleffure , le Roi fit chanter
fur le champ le Te Deum dans fa Chapelle
& ordonna qu'on célébrât cet heureux événement
par trois jours de réjouiffances & d'illuminations.
DE LISBONNE , le 4 Janvier.
Il a été annoncé dans les lettres datées du
23 du mois dernier , que deux Navires de la flotte
de la Baie de Tous les Saints étoient en grand
danger. Quelque diligence qu'on ait apportée.
pour les fecourir , ils ont coulé bas dans la Barre.
Ces Bâtimens fe nommoient le Gafparino & la
Sanada. Le premier étoit le Navire le plus riche
de la flotte. Outre fon chargement particulier ,
il avoit une partie de celui du Vaiffeau de retour
de Goa , qui étant arrivé à la Baie de Tous les
Saints , ne fe trouva pas en état de continuer fa
route. Des équipages du Gafparino & de la Sanada
, il n'a péri que deux Matelots. Dans la
même tempête deux Navirės Anglois , qui étoient
à l'ancre dans le Tage , ont eu leurs cables brifés.
Un de ces Bâtimens a échoué contre un banc de
fable ; mais on a fauvé toute la cargaifon. Hier ,
le feu du ciel tomba fur un Vaiffeau de guerre
la même Nation , renverfa le grand mât , & tua
quelques perfonnes de l'équipage.
Fermer
Résumé : ESPAGNE.
Le texte décrit plusieurs événements en Espagne, en France et au Portugal. En Espagne, des lettres de Buenos Aires rapportent la victoire des troupes espagnoles et portugaises contre les Indiens voisins de la rivière d'Uruguay. Les vainqueurs ont soumis les peuples des cantons environnants, qui se préparent à s'installer dans de nouveaux établissements. En France, un courrier arrivé à Versailles le 20 janvier annonce la guérison complète du roi Louis XV d'une blessure. Un Te Deum a été chanté dans la chapelle royale et trois jours de réjouissances ont été ordonnés. Au Portugal, des lettres datées du 23 décembre précédent signalent le naufrage de deux navires de la flotte de la Baie de Tous les Saints, le Gasparino et la Sanada, malgré les efforts de secours. Le Gasparino transportait une partie du chargement d'un vaisseau de retour de Goa. Seuls deux matelots ont péri. Deux navires anglais ont également subi des dommages lors de la même tempête, mais leur cargaison a été sauvée. Enfin, un vaisseau de guerre anglais a été frappé par la foudre, renversant son grand mât et tuant plusieurs membres de l'équipage.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
17
p. 205-206
DE PARIS, le 22 Décembre.
Début :
Le 17 de ce mois le Parlement, toutes les Chambres assemblées, enregistra un Edit, [...]
Mots clefs :
Parlement, Édit, Rentes viagères, Vaisseaux anglais, Croisic, Officiers, Canons, Menace , Ennemis, Escarmouche, Canada, Tempête
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE PARIS, le 22 Décembre.
De PARIS , le 22 Décembre .
Le 17 de ce mois le Parlement , toutes les
Chambres affemblées , enregistra un Edit , portant
création de trois millions de rentes viagè
res , en forme de Tontine , divifées en actions
de deux cens livres chacune , diſtribuées en huit
claffes & établies fur la Ferme Générale des Pof
tes & fur les Aydes & Gabelles .
On mande de Vannes , que plufieurs vaiſſeaux
Anglois ont paru à la hauteur du Croific. Le
Chef d'Efcadre qui les commande a envoyé un
Officier à terre, qui a demandé que l'on rendît
le canon des vailleaux de leur Nation qui ont
été brulés fur cette côte , avec menace de bombarder
le Croific fi on ne les rendoit pas . On a
rejetté la demande & mépriſé la menace. Au
fitôt les vaiffeaux ennemis ont commencé le
bombardement de cette Ville .
Suivant les dernieres nouvelles du 23 de ce
mois , l'armée d'Allemagne continue d'occuper
fes cantonnemens dans les environs de Friedberg
; celle des ennemis eft toujours dans la
même poſition . Il y a eu quelques eſcarmouches
entre les poftes avancés ; on a fait quelques
prifonniers aux ennemis.
Du s. Janvier.
Le feur Canon , Lieutenant de frégate , qui
étoit parti au mois de Mars de l'année derniere
avec un convoi pour le Canada , en eft de retour.
Suivant les dernieres Lettres de Cadix , on
ne défarme point les vaiffeaux ; on a reçu des
ordres contraires , ainfi que pour les troupes de
206 MERCURE DE FRANCE.
•
terre. Ces Lettres ajoutent qu'une tempête a difperfé
l'Efcadre Angloife qui croifoit dans ces parages
, & que trois de fes plus gros vaiffeaux ont
été démâtés , & mis hors d'état de tenir la mer.
Les cinq vaiffeaux François & les quatre frégates
qui étoient fortis du Portles , ont été obligés
d'y rentrer le 7 .
Le 17 de ce mois le Parlement , toutes les
Chambres affemblées , enregistra un Edit , portant
création de trois millions de rentes viagè
res , en forme de Tontine , divifées en actions
de deux cens livres chacune , diſtribuées en huit
claffes & établies fur la Ferme Générale des Pof
tes & fur les Aydes & Gabelles .
On mande de Vannes , que plufieurs vaiſſeaux
Anglois ont paru à la hauteur du Croific. Le
Chef d'Efcadre qui les commande a envoyé un
Officier à terre, qui a demandé que l'on rendît
le canon des vailleaux de leur Nation qui ont
été brulés fur cette côte , avec menace de bombarder
le Croific fi on ne les rendoit pas . On a
rejetté la demande & mépriſé la menace. Au
fitôt les vaiffeaux ennemis ont commencé le
bombardement de cette Ville .
Suivant les dernieres nouvelles du 23 de ce
mois , l'armée d'Allemagne continue d'occuper
fes cantonnemens dans les environs de Friedberg
; celle des ennemis eft toujours dans la
même poſition . Il y a eu quelques eſcarmouches
entre les poftes avancés ; on a fait quelques
prifonniers aux ennemis.
Du s. Janvier.
Le feur Canon , Lieutenant de frégate , qui
étoit parti au mois de Mars de l'année derniere
avec un convoi pour le Canada , en eft de retour.
Suivant les dernieres Lettres de Cadix , on
ne défarme point les vaiffeaux ; on a reçu des
ordres contraires , ainfi que pour les troupes de
206 MERCURE DE FRANCE.
•
terre. Ces Lettres ajoutent qu'une tempête a difperfé
l'Efcadre Angloife qui croifoit dans ces parages
, & que trois de fes plus gros vaiffeaux ont
été démâtés , & mis hors d'état de tenir la mer.
Les cinq vaiffeaux François & les quatre frégates
qui étoient fortis du Portles , ont été obligés
d'y rentrer le 7 .
Fermer
Résumé : DE PARIS, le 22 Décembre.
Le 17 décembre, le Parlement de Paris enregistra un édit créant trois millions de rentes viagères sous forme de tontine, divisées en actions de 200 livres chacune, réparties en huit classes. Ces rentes étaient établies sur la Ferme Générale des Postes, les Aydes et les Gabelles. À Vannes, plusieurs vaisseaux anglais apparurent au large du Croisic. Leur chef demanda la restitution des canons des vaisseaux anglais brûlés sur la côte, menaçant de bombarder la ville en cas de refus. La demande fut rejetée, entraînant le bombardement de la ville par les vaisseaux ennemis. En Allemagne, l'armée continua d'occuper ses cantonnements près de Friedberg, tandis que l'armée ennemie resta en position. Quelques escarmouches eurent lieu entre les postes avancés, résultant en la capture de quelques prisonniers ennemis. Le 1er janvier, le lieutenant de frégate Canon, parti en mars précédent avec un convoi pour le Canada, revint. Selon les dernières lettres de Cadix, les vaisseaux ne furent pas désarmés et des ordres contraires furent reçus pour les troupes de terre. Une tempête dispersa l'escadre anglaise, démâtant trois de ses plus gros vaisseaux et les rendant inaptes à naviguer. Les cinq vaisseaux français et les quatre frégates fortifiant Portles durent y rentrer le 7.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
18
p. 206
DE LISBONNE, le 30 Décembre 1759.
Début :
Le 13, on essuya une violente tempête, qui a causé beaucoup de dommage parmi les [...]
Mots clefs :
Tempête, Dégâts, Vaisseaux, Cargaison, Forteresse, Afrique, Prisonniers, Rebelles
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE LISBONNE, le 30 Décembre 1759.
De LISBONE , le 30 Décembre 1759.
Le 13 , on effuya une violente tempête , qui a
caufé beaucoup de dommage parmi les vaiffeaux
qui étoient dans la Baye. Quelques - uns ont péri ,
d'autres ont échoué, & ont eu feur cargaiſon fort
endommagée. Cependant la perte eft beaucoup
moins grande qu'on ne l'avoit d'abord eftimée,
On a embarqué , pour la fortereffe de Mafagan
en Affrique , plufieurs prifonniers d'Etat:
c'étoient, fuivant les conjectures , des coupables
de la derniere conjuration .
Le 13 , on effuya une violente tempête , qui a
caufé beaucoup de dommage parmi les vaiffeaux
qui étoient dans la Baye. Quelques - uns ont péri ,
d'autres ont échoué, & ont eu feur cargaiſon fort
endommagée. Cependant la perte eft beaucoup
moins grande qu'on ne l'avoit d'abord eftimée,
On a embarqué , pour la fortereffe de Mafagan
en Affrique , plufieurs prifonniers d'Etat:
c'étoient, fuivant les conjectures , des coupables
de la derniere conjuration .
Fermer
19
p. 207-208
DE LONDRES, le 8 Janvier.
Début :
On est toujours dans l'inquiétude au sujet du sieur Thurot, & de sa petite [...]
Mots clefs :
Escadre, Norvège, Vaisseaux, Amiral, Tempête, Prince Ferdinand , Chambre des communes, Emprunt, Georges l'Aveugle, Décès
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE LONDRES, le 8 Janvier.
De LONDRES , le 8 Janvier.
On est toujours dans l'inquiétude au fujet dur
fieur Thurot, & de fa petite efcadre. Quelques avis
venus des Côtes de Norwege , vers la fin du mois
dernier , apprenoient qu'il croifoit fur ces Côtes ,
& qu'il avoit intercepté plufieurs vaiffeaux Anglois.
On dépêcha auffitôt un Courier au Chef
d'efcadre Boys , qui étoit ftationné dans la rade
de Leith en Ecoffe , avec ordre de fe remettre à fa
pourfuite. I fit à l'inftant fes difpofitions pour
appareiller au premier vent favorable , & il fit
prendre les devans aux canots le Scourge & l'Ai
gle. On n'en a plus eu de nouvelles depuis.
On a appris,du 30 , que l'Amiral Saunders eft,
fur fon départ pour aller relever l'Amiral Brode
208 MERCURE DE FRANCE.
rick , qui eft forti de Cadix le 4 du mois dernier.
Il a été de nouveau accueilli par une violente
tempête , qui l'a obligé de fe réfugier en trèsmauvais
état à Gibraltar . On eftime ici qu'il a
été heureux d'être fi près de ce port : car l'eſcadre
Françoife , compofée de cinq vaiffeaux de ligne, &
de trois frégates , eft fortie bientôt après , On
fçait qu'elle a paffé fans oppofition le détroit ,
failant voile pour Toulon .
Après bien des conteftations , la Chambre des
Communes donna , le 23 de ce mois , fon approbation
au Bill concernant l'emprunt de huit millions
de livres sterling , par annuités ; & il vient
feulement d'être arrêté . On dit , qu'on portera.
jufqu'à vingt mille hommes , le corps de troupes
deftiné à renforcer le Prince Ferdinand , fous lesordres
des Généraux Barington & Honeywood.
Il eft mort, à Lithe , dans le Comté de Weftmerland
, un aveugle dès l'enfance , qui par fes
connoiffances pouvoit être réputé l'émule du
célèbre Saunderfon . Il fe nommoit Georges Bercket
, ou , plus vulgairement ,Georges l'Aveugle.
La privation de la vue ne l'avoit pas empêché
de faire dans la Théologie , la Morale , la Métaphyfique
, la Mufique & la Philofophie naturelle ,
des progrès qui étonnoient ceux même qui étoient
le plus verfés dans ces fciences .
On est toujours dans l'inquiétude au fujet dur
fieur Thurot, & de fa petite efcadre. Quelques avis
venus des Côtes de Norwege , vers la fin du mois
dernier , apprenoient qu'il croifoit fur ces Côtes ,
& qu'il avoit intercepté plufieurs vaiffeaux Anglois.
On dépêcha auffitôt un Courier au Chef
d'efcadre Boys , qui étoit ftationné dans la rade
de Leith en Ecoffe , avec ordre de fe remettre à fa
pourfuite. I fit à l'inftant fes difpofitions pour
appareiller au premier vent favorable , & il fit
prendre les devans aux canots le Scourge & l'Ai
gle. On n'en a plus eu de nouvelles depuis.
On a appris,du 30 , que l'Amiral Saunders eft,
fur fon départ pour aller relever l'Amiral Brode
208 MERCURE DE FRANCE.
rick , qui eft forti de Cadix le 4 du mois dernier.
Il a été de nouveau accueilli par une violente
tempête , qui l'a obligé de fe réfugier en trèsmauvais
état à Gibraltar . On eftime ici qu'il a
été heureux d'être fi près de ce port : car l'eſcadre
Françoife , compofée de cinq vaiffeaux de ligne, &
de trois frégates , eft fortie bientôt après , On
fçait qu'elle a paffé fans oppofition le détroit ,
failant voile pour Toulon .
Après bien des conteftations , la Chambre des
Communes donna , le 23 de ce mois , fon approbation
au Bill concernant l'emprunt de huit millions
de livres sterling , par annuités ; & il vient
feulement d'être arrêté . On dit , qu'on portera.
jufqu'à vingt mille hommes , le corps de troupes
deftiné à renforcer le Prince Ferdinand , fous lesordres
des Généraux Barington & Honeywood.
Il eft mort, à Lithe , dans le Comté de Weftmerland
, un aveugle dès l'enfance , qui par fes
connoiffances pouvoit être réputé l'émule du
célèbre Saunderfon . Il fe nommoit Georges Bercket
, ou , plus vulgairement ,Georges l'Aveugle.
La privation de la vue ne l'avoit pas empêché
de faire dans la Théologie , la Morale , la Métaphyfique
, la Mufique & la Philofophie naturelle ,
des progrès qui étonnoient ceux même qui étoient
le plus verfés dans ces fciences .
Fermer
Résumé : DE LONDRES, le 8 Janvier.
Le 8 janvier, une inquiétude grandit à Londres face aux activités du flibustier Thurot et de son escadre, repérés en Norvège après avoir intercepté plusieurs vaisseaux anglais. Le chef d'escadre Boys, basé à Leith en Écosse, a reçu l'ordre de les poursuivre avec les navires Scourge et Aigle, dont les nouvelles sont absentes depuis. L'amiral Saunders, en route pour remplacer l'amiral Bodewick à Cadix, a dû se réfugier à Gibraltar en raison d'une tempête. L'escadre française, composée de cinq vaisseaux de ligne et trois frégates, a traversé le détroit de Gibraltar sans obstacle, direction Toulon. La Chambre des Communes a validé un emprunt de huit millions de livres sterling et prévoit de renforcer les troupes du Prince Ferdinand à vingt mille hommes, sous les ordres des généraux Barington et Honeywood. Par ailleurs, Georges Bercket, un aveugle de naissance connu pour ses connaissances en théologie, morale, métaphysique, musique et philosophie naturelle, est décédé à Lithe dans le comté de Weftmerland.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer