Résultats : 6 texte(s)
Accéder à la liste des mots clefs.
Détail
Liste
1
p. 382-388
ESPAGNE.
Début :
On a chanté à Cadix un Te Deum solemnel, et on a fait des Prieres publiques pour remercier [...]
Mots clefs :
Te Deum, Prières publiques, Cessation, Maladie, Cadix, Málaga
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
ESPAGNE.
et on a fait des Prieres públiques pour re--
mercier Dieu de la cessation de la derniere maladiè
qui avoit tous les simptomes d'une maladie
contagieuse.
Le bruit court qu'on va établir à Malaga une:
nouvelle Compagnie de Commerce , dont les Directeurs
feront leur sejour ordinaire â Cadix .
et on a fait des Prieres públiques pour re--
mercier Dieu de la cessation de la derniere maladiè
qui avoit tous les simptomes d'une maladie
contagieuse.
Le bruit court qu'on va établir à Malaga une:
nouvelle Compagnie de Commerce , dont les Directeurs
feront leur sejour ordinaire â Cadix .
Fermer
2
p. 223-224
ESPAGNE.
Début :
La flotte qui avoit fait voile le 21 Décembre de l'année [...]
Mots clefs :
Lisbonne, Madrid, Málaga, Alicante, Flotte marchande, Marchandises, Lingots, Navires
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
ESPAGNE
.
DE LISBONNE , le 31 Juillet.
La flotte qui avoit fait voile le 21 Décembre
de l'année derniere de Fernambouc , eft de retour
ici depuis le 24 de ce mois. Elle eft compofée de
onze navires marchands , & indépendamment
des
marchandifes dont elle eft chargée , elle a apporté
deux cens cinq mille quatre cens cruzades.
Deux bâtimens de la Capitainerie de Paraïbafont
venus de conſerve avec cette fotte.
Kiv
24 MERCURE DE FRANCE.
DE MADRID , le 2 Septembre.
On a appris par un courier extraordinaire de Dog
Etienne-Jofeph d'Abaria , Préſident du Tribunal de
la Contractation des Indes, que le vaiffeau la Nuefta
Segnora de Begogna étoit entré le 22 du mois
dernier dans le port de Cadix. Ce bâtiment qui
revient de Callao de Lima , avoit à bord la valeur
de quatre cens cinquante-trois mille deux
cens vingt-neuf piaftres , tant en lingots d'or
qu'en vaiffelle d'argent , outre huit cens fept
quintaux d'étain , cinq cens quarante - cinq de
cuivre , deux cens cinquante livres de baume ,
une grande quantité de cafcarille & de laine de
Vigogne , & plufieurs autres marchandiſes.
DE MALAGA , le 14 Août.
Deux chabecs françois envoyés en courſe contre
les Saletins , ont amené dans ce port une barque
de Tetuan , dont ils fe font rendus maîtres
& fur laquelle ils ont fait feize cfclaves.
D'ALICANTE , le 31 Août.
Un navire venant de Portugal , a rapporté que
M. Claftrier , Commandant d'un bâtiment de
Marſeille , armé pour donner la chaffe aux Barbarefques
, s'étoit emparé d'une galiotte de Salé ,
fur laquelle il y avoit quatre- vingt Maures.
Quelques jours auparavant cette galiotte avoit
enlevé deux navires efpagnols & une tartane
françoife. Le Capitaine du bâtiment par lequel
on a reçu ces avis a ajouté que fans le fecours
de M. Claftrier , il auroit été pris par la même
galiotte.
.
DE LISBONNE , le 31 Juillet.
La flotte qui avoit fait voile le 21 Décembre
de l'année derniere de Fernambouc , eft de retour
ici depuis le 24 de ce mois. Elle eft compofée de
onze navires marchands , & indépendamment
des
marchandifes dont elle eft chargée , elle a apporté
deux cens cinq mille quatre cens cruzades.
Deux bâtimens de la Capitainerie de Paraïbafont
venus de conſerve avec cette fotte.
Kiv
24 MERCURE DE FRANCE.
DE MADRID , le 2 Septembre.
On a appris par un courier extraordinaire de Dog
Etienne-Jofeph d'Abaria , Préſident du Tribunal de
la Contractation des Indes, que le vaiffeau la Nuefta
Segnora de Begogna étoit entré le 22 du mois
dernier dans le port de Cadix. Ce bâtiment qui
revient de Callao de Lima , avoit à bord la valeur
de quatre cens cinquante-trois mille deux
cens vingt-neuf piaftres , tant en lingots d'or
qu'en vaiffelle d'argent , outre huit cens fept
quintaux d'étain , cinq cens quarante - cinq de
cuivre , deux cens cinquante livres de baume ,
une grande quantité de cafcarille & de laine de
Vigogne , & plufieurs autres marchandiſes.
DE MALAGA , le 14 Août.
Deux chabecs françois envoyés en courſe contre
les Saletins , ont amené dans ce port une barque
de Tetuan , dont ils fe font rendus maîtres
& fur laquelle ils ont fait feize cfclaves.
D'ALICANTE , le 31 Août.
Un navire venant de Portugal , a rapporté que
M. Claftrier , Commandant d'un bâtiment de
Marſeille , armé pour donner la chaffe aux Barbarefques
, s'étoit emparé d'une galiotte de Salé ,
fur laquelle il y avoit quatre- vingt Maures.
Quelques jours auparavant cette galiotte avoit
enlevé deux navires efpagnols & une tartane
françoife. Le Capitaine du bâtiment par lequel
on a reçu ces avis a ajouté que fans le fecours
de M. Claftrier , il auroit été pris par la même
galiotte.
Fermer
Résumé : ESPAGNE.
Le 24 juillet, une flotte de onze navires marchands est revenue à Lisbonne après avoir quitté Fernambouc le 21 décembre précédent, transportant des marchandises et 254 400 cruzades. Deux bâtiments de la Capitainerie de Paraïba l'accompagnaient. Le 22 août, le vaisseau 'Nuestra Señora de Begona' est arrivé au port de Cadix en provenance de Callao de Lima avec 453 229 piastres en lingots d'or et vaisselle d'argent, 877 quintaux d'étain, 545 quintaux de cuivre, 250 livres de baume, de la cannelle, de la laine de vigogne et diverses autres marchandises. Le 14 août, deux navires français ont capturé une barque de Tétouan et fait seize esclaves. Le 31 août, un navire en provenance du Portugal a rapporté que M. Clastrier, commandant un bâtiment de Marseille, avait capturé une galiotte de Salé avec 80 Maures à bord. Cette galiotte avait précédemment capturé deux navires espagnols et une tartane française. Le capitaine du bâtiment a ajouté qu'il aurait été pris par la même galiotte sans l'intervention de M. Clastrier.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
3
p. 213-216
ESPAGNE.
Début :
Nous avons éprouvé le même tremblement, dont les lettres de Portugal [...]
Mots clefs :
Ceuta, Belém, Compostelle, Cadix, Málaga, Tremblements de terre, Crue de la mer, Décrue de la mer, Dégâts, Vols et brigandages, Maladies
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
ESPAGNE.
DE CEUTA , le 24 Novembre.
Nous avons éprouvé le même tremblement ,
dont les lettres de Portugal rapportent des effets
fi funcftes. Le premier de ce mois , à dix heures
dix minutes du matin , nous eûmes une fecouffe
qui dura environ trente fecondes . Elle fut fuivie
peu après de quelques autres plus légeres , dont
la durée fut de trois minutes. Les fept pointes
du fommet de la montagnedes Sept Freres ont
paru s'élever & s'abaiffer , foit que ce mouvement
ait été réel , foit que ce n'ait été qu'une apparence
occafionnée dans les yeux des Spectateurs
par le propre mouvement de leurs corps.
La mer monta de la hauteur de fept pieds , & un
quart-d'heure après elle baiffa tellement , qu'il
refta quantité de barques & de poiffons à fec fur
le fable. Ces flux & feflux fe fuccéderent alternativement
jufqu'au lendemain matin ; mais à
deux heures après-midi ils commencerent à diminuer
par dégrés . Le 3 , à fept heures du matin ,
214 MERCURE DE FRANCE.
nous effuyâmes une nouvelle fecouffe affez vi
ve , mais très-courte. Il y en eut une légere le
4 , à deux heures après-midi. Les , à huit heures
un quart du foir , nouvelle fecouffle plus forte
que les deux précédentes. On en a eu encore
quelques- unes depuis le 6 jufqu'au 16. Le 17 , à
dix heures & demie du matin , on en reffentit
une autre plus confidérable , accompagnée d'une
horrible tempête . Pendant les fecoufles du premier
de ce mois , les fontaines de cette ville &
du château ont ceffé de couler. Leurs eaux font
enfuite revenues avec autant de rapidité que d'abondance.
Les Maures qui bloquent cette ville , épouvantés
par le tremblement , s'étoient réfugiés
dans l'intérieur des terres. Ils font revenus dans
leur camp , depuis que leur premiere terreur eſt
diffipée.
On mande de Tanger , que de même qu'ici ,
pendant le tremblement les fontaines ont tari , &
qu'enfuite elles ont donné une grande abondance
d'eau rouge comme du fang ; que la mer fur
la côte voisine a monté de cinquante pieds , &
que fes eaux dans cette crue ont perdu prefque
toute leur amertume & toute leur falure.
DE BELEM , le 19 Décembre.
Les exemples de févérité étant néceffaires pour
réprimer les brigandages qui fe commettent journellement
dans ce Royaume , on a exécuté depuis
quinze jours plus de deux cens perfonnes
convaincues de différens délits . Quoique les tremblemens
de terre n'ayent pas entiérement ceffé ,
les & qu'il y ait eu encore le 11 une fecouffe ,
habitans de Lifbonne commencent à ſe remettre
เอา
Les
OL
D
C
FEVRIER. 1756. 215
T
de leur épouvante. Ils font occupés à chercher
dans les ruines de cette malheureufe ville ceux
de leurs effets , qui ont échappé à la voracité des
Hammes , & à l'avidité des voleurs . Il regne quantité
de maladies cauſées par la rigueur de la faifon,
& par les autres incommodités auxquelles
les riches comme les pauvres , ont été exposés
dans le défaftre général. Sa Majesté ne s'eft point
encore expliquée , & elle feroit rebâtir Lisbonne ,
ou fi elle fonderoit iei une nouvelle ville .
DE COMPOSTELLE , le 22 Novemb.
Cette ville n'a pas été exemte du fléau , qui a
caufé en plufieurs endroits tant de ravage ; mais
elle en a peu fouffert. Celle de la Corogne a
efluyé des allarmes plus confidérables. Voici la
copie d'une lettre écrite de ce port. « Le trem-
» blement de terre du premier de ce mois s'eft
» fait fentir ici d'une façon très -violente . Il a du-
» ré cinq minutes. Tous les édifices en ont été
» ébranlés ; cependant il n'y en a eu aucun de
>> renverfé . La mier pendant les fecouffes s'enfla
» prodigieufement. En plufieurs endroits elle Ra-
» roiffoit bouillonner. A midi elle monta telle-
» ment , qu'on ne l'avoit jamais vue à une pa-
» reille hauteur. Depuis une heure jufqu'à une
» heure & demie , elle monta & baiffa fept fois,
> On devoit avoir la baffe mer à fix heures du
» foir , à fept heures & demie on ne l'avoit pas
encore. Peu après la mer baiffa un tiers de plus
que dans les plus vives eaux. La pleine mer paroiffant
devoir venir à proportion , l'on crai-
» gnit que la ville ne fût fubmergée Les flux &
>> reflux ne cefferent que fur les dix heures du ma-
» tin du jour fuivant , que l'oude reprit enfin fon
» affiette ordinaire .
216 MERCURE DE FRANCE .
DE CADIX , le 14 Décembre.
A quelque diſtance de ce port on a découvert
depuis peu un rocher , qui juſqu'à préſent
n'avoit pas été apperçu des Navigateurs . On conjecture
qu'il a été formé par les effets du dernier
tremblement. Le vaiffeau de guerre Anglois le
Briſtol, en allant au devant d'une flotte qui
de Turquie , a heurté contre cet écueil. Ce bâtiment
a été obligé de relâcher ici pour réparer le
dommage qu'il a fouffert.
revient
DE MALAGA , le 10 Décembre.
On fentit le 27 du mois dernier à Cordoue une
fecoufle affez forte. Il y en eut une ici le 29.
Pendant plufieurs jours on a remarqué une agitation
extraordinaire dans les eaux.
DE CEUTA , le 24 Novembre.
Nous avons éprouvé le même tremblement ,
dont les lettres de Portugal rapportent des effets
fi funcftes. Le premier de ce mois , à dix heures
dix minutes du matin , nous eûmes une fecouffe
qui dura environ trente fecondes . Elle fut fuivie
peu après de quelques autres plus légeres , dont
la durée fut de trois minutes. Les fept pointes
du fommet de la montagnedes Sept Freres ont
paru s'élever & s'abaiffer , foit que ce mouvement
ait été réel , foit que ce n'ait été qu'une apparence
occafionnée dans les yeux des Spectateurs
par le propre mouvement de leurs corps.
La mer monta de la hauteur de fept pieds , & un
quart-d'heure après elle baiffa tellement , qu'il
refta quantité de barques & de poiffons à fec fur
le fable. Ces flux & feflux fe fuccéderent alternativement
jufqu'au lendemain matin ; mais à
deux heures après-midi ils commencerent à diminuer
par dégrés . Le 3 , à fept heures du matin ,
214 MERCURE DE FRANCE.
nous effuyâmes une nouvelle fecouffe affez vi
ve , mais très-courte. Il y en eut une légere le
4 , à deux heures après-midi. Les , à huit heures
un quart du foir , nouvelle fecouffle plus forte
que les deux précédentes. On en a eu encore
quelques- unes depuis le 6 jufqu'au 16. Le 17 , à
dix heures & demie du matin , on en reffentit
une autre plus confidérable , accompagnée d'une
horrible tempête . Pendant les fecoufles du premier
de ce mois , les fontaines de cette ville &
du château ont ceffé de couler. Leurs eaux font
enfuite revenues avec autant de rapidité que d'abondance.
Les Maures qui bloquent cette ville , épouvantés
par le tremblement , s'étoient réfugiés
dans l'intérieur des terres. Ils font revenus dans
leur camp , depuis que leur premiere terreur eſt
diffipée.
On mande de Tanger , que de même qu'ici ,
pendant le tremblement les fontaines ont tari , &
qu'enfuite elles ont donné une grande abondance
d'eau rouge comme du fang ; que la mer fur
la côte voisine a monté de cinquante pieds , &
que fes eaux dans cette crue ont perdu prefque
toute leur amertume & toute leur falure.
DE BELEM , le 19 Décembre.
Les exemples de févérité étant néceffaires pour
réprimer les brigandages qui fe commettent journellement
dans ce Royaume , on a exécuté depuis
quinze jours plus de deux cens perfonnes
convaincues de différens délits . Quoique les tremblemens
de terre n'ayent pas entiérement ceffé ,
les & qu'il y ait eu encore le 11 une fecouffe ,
habitans de Lifbonne commencent à ſe remettre
เอา
Les
OL
D
C
FEVRIER. 1756. 215
T
de leur épouvante. Ils font occupés à chercher
dans les ruines de cette malheureufe ville ceux
de leurs effets , qui ont échappé à la voracité des
Hammes , & à l'avidité des voleurs . Il regne quantité
de maladies cauſées par la rigueur de la faifon,
& par les autres incommodités auxquelles
les riches comme les pauvres , ont été exposés
dans le défaftre général. Sa Majesté ne s'eft point
encore expliquée , & elle feroit rebâtir Lisbonne ,
ou fi elle fonderoit iei une nouvelle ville .
DE COMPOSTELLE , le 22 Novemb.
Cette ville n'a pas été exemte du fléau , qui a
caufé en plufieurs endroits tant de ravage ; mais
elle en a peu fouffert. Celle de la Corogne a
efluyé des allarmes plus confidérables. Voici la
copie d'une lettre écrite de ce port. « Le trem-
» blement de terre du premier de ce mois s'eft
» fait fentir ici d'une façon très -violente . Il a du-
» ré cinq minutes. Tous les édifices en ont été
» ébranlés ; cependant il n'y en a eu aucun de
>> renverfé . La mier pendant les fecouffes s'enfla
» prodigieufement. En plufieurs endroits elle Ra-
» roiffoit bouillonner. A midi elle monta telle-
» ment , qu'on ne l'avoit jamais vue à une pa-
» reille hauteur. Depuis une heure jufqu'à une
» heure & demie , elle monta & baiffa fept fois,
> On devoit avoir la baffe mer à fix heures du
» foir , à fept heures & demie on ne l'avoit pas
encore. Peu après la mer baiffa un tiers de plus
que dans les plus vives eaux. La pleine mer paroiffant
devoir venir à proportion , l'on crai-
» gnit que la ville ne fût fubmergée Les flux &
>> reflux ne cefferent que fur les dix heures du ma-
» tin du jour fuivant , que l'oude reprit enfin fon
» affiette ordinaire .
216 MERCURE DE FRANCE .
DE CADIX , le 14 Décembre.
A quelque diſtance de ce port on a découvert
depuis peu un rocher , qui juſqu'à préſent
n'avoit pas été apperçu des Navigateurs . On conjecture
qu'il a été formé par les effets du dernier
tremblement. Le vaiffeau de guerre Anglois le
Briſtol, en allant au devant d'une flotte qui
de Turquie , a heurté contre cet écueil. Ce bâtiment
a été obligé de relâcher ici pour réparer le
dommage qu'il a fouffert.
revient
DE MALAGA , le 10 Décembre.
On fentit le 27 du mois dernier à Cordoue une
fecoufle affez forte. Il y en eut une ici le 29.
Pendant plufieurs jours on a remarqué une agitation
extraordinaire dans les eaux.
Fermer
Résumé : ESPAGNE.
Le 1er novembre, Ceuta a été frappée par un tremblement de terre d'environ trente secondes, suivi de secousses plus légères durant trois minutes. Les habitants ont observé des mouvements dans les montagnes et une montée de la mer de sept pieds, suivie d'un reflux laissant des barques échouées. Ces flux et reflux se sont succédé jusqu'au lendemain matin, diminuant progressivement. Des secousses ont continué jusqu'au 17 novembre, accompagnées d'une tempête. Pendant les secousses, les fontaines de la ville ont cessé de couler avant de revenir avec abondance. Les Maures, qui bloquaient la ville, se sont réfugiés à l'intérieur des terres avant de revenir. À Tanger, les fontaines ont également tari puis ont produit de l'eau rouge. La mer a monté de cinquante pieds, perdant son amertume et sa salure. À Lisbonne, malgré les tremblements persistants, les habitants commencent à se remettre de leur épouvante et cherchent leurs effets parmi les ruines. De nombreuses maladies sévissent en raison du froid et des autres inconvénients. Le roi n'a pas encore décidé s'il reconstruira Lisbonne ou fondera une nouvelle ville. À Compostelle, la ville a peu souffert du séisme, contrairement à La Corogne où le tremblement a duré cinq minutes, ébranlant les édifices sans en renverser. La mer a monté et baissé de manière inhabituelle, causant des inquiétudes de submersion. À Cadix, un nouveau rocher a été découvert, probablement formé par le tremblement, endommageant un vaisseau anglais. À Malaga, une secousse a été ressentie le 29 novembre, accompagnée d'une agitation extraordinaire des eaux.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
4
p. 218-219
ESPAGNE.
Début :
Il y eut le 3 de ce mois à Obédos & dans les environs un violent [...]
Mots clefs :
Lisbonne, Obidos, Tremblement de terre, Reconstruction de la capitale, Paraguay, Rébellion matée, Málaga
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
ESPAGNE.
DE LISBONNE , le 14 Août.
11 y eut le 3 de ce mois à Obédos & dans les
environs un violent tremblement de terre . Dans
quelques montagnes voisinages de ce Bourg , il
OCTOBRE. 1756. 219
s'eft fait diverfes ouvertures , d'où il fort de l'eau
en abondance. On commencera le mois de Janvier
prochain , à rebâtir cette Capitale , & l'on y
employera vingt mille Ouvriers. Les maiſons
n'auront que deux étages. La largeur des princi
pales rues fera de dix toifes.
DE MADRID , le 21 Septembre.
On apprend du Paraguay , que les troupes du
Roi , jointes à celles de Portugal , ont défait un
corps de Rebelles . Ces derniers ont perdu quatorze
cens hommes , & on leur a enlevé huit canons
& autant de Drapeaux. Du côté des Européens
, il n'y a eu que cinq Soldats tués & quarante-
trois bleffés .
On a reçu avis de Malaga , qu'un Armateur
de Marſeille avoit repris quatre Navires François
que la Frégate l'Espérance , de l'Efcadre de l'Ami
fal Hawke , conduiſoit à Gibraltar.
DE LISBONNE , le 14 Août.
11 y eut le 3 de ce mois à Obédos & dans les
environs un violent tremblement de terre . Dans
quelques montagnes voisinages de ce Bourg , il
OCTOBRE. 1756. 219
s'eft fait diverfes ouvertures , d'où il fort de l'eau
en abondance. On commencera le mois de Janvier
prochain , à rebâtir cette Capitale , & l'on y
employera vingt mille Ouvriers. Les maiſons
n'auront que deux étages. La largeur des princi
pales rues fera de dix toifes.
DE MADRID , le 21 Septembre.
On apprend du Paraguay , que les troupes du
Roi , jointes à celles de Portugal , ont défait un
corps de Rebelles . Ces derniers ont perdu quatorze
cens hommes , & on leur a enlevé huit canons
& autant de Drapeaux. Du côté des Européens
, il n'y a eu que cinq Soldats tués & quarante-
trois bleffés .
On a reçu avis de Malaga , qu'un Armateur
de Marſeille avoit repris quatre Navires François
que la Frégate l'Espérance , de l'Efcadre de l'Ami
fal Hawke , conduiſoit à Gibraltar.
Fermer
Résumé : ESPAGNE.
Le 3 août, un séisme a touché Obédos en Espagne, provoquant des ouvertures dans les montagnes d'où l'eau a jailli. La reconstruction débutera en janvier avec vingt mille ouvriers. Les nouvelles maisons auront deux étages maximum et les principales rues feront dix toises de large. À Madrid, le 21 septembre, les troupes espagnoles et portugaises ont vaincu des rebelles au Paraguay, subissant cinq morts et quarante-trois blessés. À Malaga, un armateur a repris quatre navires français.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
5
p. 184-185
ESPAGNE.
Début :
Le sieur du Revest ayant fait voile de Toulon avec les Vaisseaux [...]
Mots clefs :
Málaga, Vaisseaux de guerre, Equipage, Amiral, Attaque
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
ESPAGNE.
DE MALAGA le 9 Mai.
3 ୨
?
Le fieur du Reveft ayant fait voile de Toulon
avec les Vaiffeaux de guerre le Hector , de 74
pieces de canon , l'Achille , le Vaillant & le Sage
, de 64 chacun ; un gros temps l'avoit obligé
de relâcher ici . Le Conful , qui réfide en cette
Ville de la part de la Nation Angloife , en informa
fur le champ l'Amiral Saunders . A cette nouvelle
, cet Amiral leva l'ancre de la Baie de Gibraltar
, avec les Vaiffeaux de guerre le Culloden ,
le Berwick , la Princeffe Louife , le Portland & le
Guernesey. Il y avoit fur chacun de ces Bâtimens
outre l'équipage , cent cinquante homme de troupes
de Marine. Les , le fieur du Reveſt remit à la
voile , pour continuer fa route . Près du Détroit
il rencontra l'Efcadre Angloiſe. L'Amiral Saunders
prit le vent fur les François , & fe mit en ligne
pour les attaquer. Le Sieur du Reveft forma
auffi fa ligne . En même- temps , cherchant à
gagner le vent , il lâcha uue bordée , qui donna
dans les agrêts des Vaiffeaux le Portland & lè
Guernesey mais qui ne leur caufa qu'un lére
dommage. Les deux Efcadres fe canonnerent
"'
JUI N. 1757 .
pendant près de deux heures. La nuit les fépara's
& l'Efcadre Françoife , qui n'avoit d'autre but
que de paffer le détroit , pourfuivit fa navigation,
DE MALAGA le 9 Mai.
3 ୨
?
Le fieur du Reveft ayant fait voile de Toulon
avec les Vaiffeaux de guerre le Hector , de 74
pieces de canon , l'Achille , le Vaillant & le Sage
, de 64 chacun ; un gros temps l'avoit obligé
de relâcher ici . Le Conful , qui réfide en cette
Ville de la part de la Nation Angloife , en informa
fur le champ l'Amiral Saunders . A cette nouvelle
, cet Amiral leva l'ancre de la Baie de Gibraltar
, avec les Vaiffeaux de guerre le Culloden ,
le Berwick , la Princeffe Louife , le Portland & le
Guernesey. Il y avoit fur chacun de ces Bâtimens
outre l'équipage , cent cinquante homme de troupes
de Marine. Les , le fieur du Reveſt remit à la
voile , pour continuer fa route . Près du Détroit
il rencontra l'Efcadre Angloiſe. L'Amiral Saunders
prit le vent fur les François , & fe mit en ligne
pour les attaquer. Le Sieur du Reveft forma
auffi fa ligne . En même- temps , cherchant à
gagner le vent , il lâcha uue bordée , qui donna
dans les agrêts des Vaiffeaux le Portland & lè
Guernesey mais qui ne leur caufa qu'un lére
dommage. Les deux Efcadres fe canonnerent
"'
JUI N. 1757 .
pendant près de deux heures. La nuit les fépara's
& l'Efcadre Françoife , qui n'avoit d'autre but
que de paffer le détroit , pourfuivit fa navigation,
Fermer
Résumé : ESPAGNE.
Le 9 mai 1757, le navire français le Revest, accompagné des vaisseaux Hector, Achille, Vaillant et Sage, quitta Toulon mais dut se réfugier à Malaga en raison de mauvaises conditions météorologiques. Le consul britannique à Malaga informa l'amiral Saunders, qui leva l'ancre de la baie de Gibraltar avec les vaisseaux Culloden, Berwick, Princesse Louise, Portland et Guernesey, chacun transportant 150 hommes de troupes de marine. Le Revest reprit la mer et rencontra la flotte anglaise près du détroit de Gibraltar. L'amiral Saunders engagea le combat. Une bordée française causa peu de dommages aux vaisseaux Portland et Guernesey. Les deux escadres s'affrontèrent pendant près de deux heures avant que la nuit ne les sépare. L'escadre française, dont l'objectif était de traverser le détroit, poursuivit sa route.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
6
p. 182-188
« Ls 23 de ce mois, Sa Majesté Impériale a reçu les marques de l'Ordre de l'Aigle noir, des mains [...] »
Début :
Ls 23 de ce mois, Sa Majesté Impériale a reçu les marques de l'Ordre de l'Aigle noir, des mains [...]
Mots clefs :
Duc, Traité, Général, Cour, Ministre, Règlement, Moscou, Vienne, Camp de l'armée autrichienne, Silésie, Dresde, Erlangen, Franconie, Hambourg, Ratisbonne, Madrid, Málaga, Civitavecchia, Bastia, Turin, Londres
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Ls 23 de ce mois, Sa Majesté Impériale a reçu les marques de l'Ordre de l'Aigle noir, des mains [...] »
NOUVELLES POLITIQUES.
Janvier 1763. II. Vol.
De Moscou , le 30 Novembre 1762.
Ls 23 de ce mois , Sa Majeſté Impériale a reçu
les marques de l'Ordre de l'Aigle noir , des mains
du Baron de Goltz , Miniftre du Roi de Pruffe. LE23:
On adécouvert une confpiration qui s'étoit tramée
contre l'Impératrice . Les Chefs du complot
étoient les trois freres Gourieff , Officiers des Gardes
Ifmael , & les deux Hroufchef, dont l'un étoit
Officier , & l'autre Maréchal des Logis du Régiment
d'Engermanie. Les coupables , fur le rapport
des Juges , ont été condamnés par le Sénat
à être écartelés. Mais fa Majefté Impériale a commué
leur fupplice rigoureux , en un genre de
punition , qui n'avoit pas encore été employé en
Ruffie. Les coupables ont été conduits dans une
place publique le 8 de ce mois ; là ils ont été dégradés
de nobleffe ; le Bourreau les a fouffletés ,
leur a brifé leurs épées par deffus leurs têtes ;
après quoi , ils ont été transférés en Sibérie .
De VIENNE , le 25 Décembre.
&
L'Empereur & l'impératrice font dans la
plus grande affliction de la mort de l'Archidu
JANVIER. 1763. 183
cheffe Jeanne ; cette jeune Princeffe , après avoir
lutté pendant vingt - quatre jours contre une maladie
cruelle , a enfin fuccombé Jeudi dernier
entre quatre & cinq heures après midi. C'étoit
la cinquième des Archiduchelles filles de leurs
Majeltés Impériales & Royales. Elle fe nommoit
Jeanne- Gabrielle- Jofeph - Antoine , & étoit née le
4 Février 1750. Son corps a été inhumé fans cérémonie
, parce qu'ily a eu dans les derniers jours
de fa maladie , qui étoit une fiévre milliaire , une
érruption pourpreufe. La Cour prendra le deuil
pour trois mois.
Du Camp de l'Armée Autrichienne en Siléfie
le 26 Novembre 1762 .
Le Général de Bethlem , qui a pris fon Quartier
Général à Jagerndorff , occupe vingt- fix Villages
de la Haute- Siléfie Pruffienne. L'amniſtie
dont il eft convenu avec le Général Werner depuis
le 1 de ce mois , n'a point de terme fixe :
mais on nepourra le rompre , de l'un ou de l'autre
côté , qu'en s'avertiffant trois jours auparavant.
La même convention a eu lieu entre le Maréchal
de Daun & le Prince de Bevern.
Le Général Beck a pris fon quartier d'hyver à
Wartha , & le Baron de Loudon a établi le fien à
Scharfeneck. Le Général O- Donel remplace le
Maréchal de Dun pendant Phyver.
De DRESDE , le Décembre ,
La fufpenfion d'armes entre les armées Autrichienne
& Pruffienne n'a été réglée qu'après de
grands débats de part & d'autre. On eft convenu
de fixer une ligne de féparation entre les quartiers
refpectifs des deux Armées. La Ligne commence
à Marckliffa , paffe à Lobau , Bautzen , Ca-,7
184 MERCURE DE FRANCE .
mentz , Konigsbruck , vient finir à Groffenhayn,
& fuit le Canal qui communique de la Schvartz-
Elfter à l'Elbe . Les Autrichiens confervent de leur
côté le terrein qui eft entre le cours de la riviére
& celui du ruiffeau de Klein- Triebfche , en gagnant
la forêt de Tharand qui leur refte. Leur
ligne fuit la Wilde-Weifferitz jufqu'à ſa ſource
& de-là continue au pied des montagnes juſqu'à
Olmitz & Adorff , afin de couvrir la Bohème . Le
Général Haddick a détaché de fon Armée huit
Bataillons & quatre Régimens de Cavalerie ,
pour les joindre à l'Armée de l'Empire .
EXTRAIT d'une Lettre écrite d'Erlang en Franconie
, le 7 Décembre.
On apprend de Bareuth que l'Armée de l'Empire
s'avance en force , pour obliger les Pruffiens
à fe retirer du Cercle. L'avant- garde , après avoir
repoufflé le Corps du Comte de Schulembourg ,
qui étoit à Creuffen , eſt arrivée à Saint Jean près
de Bareuth . Un Régiment de Cuiraffiers Autrichiens
& un Régiment de Dragons fe font portés à
Virbens & Neuftadt fur le Kulm , aux ordres du
Général Pellegrini. Le Prince de Stolberg doit
être de fa perfonne à Weiden , & le Général k léefel
doit avancer par le Haut Palatinat . On allure
que ces difpofitions ont déja fait retirer les Pruffiens
des environs de Bareuth On préfume que le
Général Kleift ne tiendra point à Bamberg , &
qu'il s'empreffera de rentrer en Saxe , pour ne
pas expofer aux hazards de la guerre le butin
confidérable qu'il a enlevé dans la Franconie.
On mande de Leipfick que le Roi de Pruffe s'eft
tranſporté à Gotha ; que la ville de Nuremberg a
été fermée il y a quelques jours, & que le Général
Kleift y eft entré avec un détachement pour y lever
des contributions.
JANVIER . 1763. 185
De la FRANCONIE , le 4 Décembre .
Le Corps du Général Kleift s'eft replié jufqu'à
Schleuffingen , où il a été renforcé par celui de
Trimbach , compofé de mille hommes. Le Général
Comte de Neuwied occupe les environs de
Plauen. L'Armée de l'Empire a établi fon quartier
général à Lauff , à quelques lieues de Nuremberg
, & l'on a diftribué des troupes dans les
villages circonvoisins. Cette Armée vient d'être
renforcée par fix Régimens Autrichiens , un Corps
de Huffards & un de Croates. Il eſt resté fix mille.
hommes dans le pays de Bareuth , afin de couvrir
les endroits les plus exposés.
De HAMBOURG , le 20 Décembre.
Suivant les nouvelles de Warfovie , le Comte
de Keyferling , Envoyé extraordinaire de Ruffie
auprès du Roi & de la République de Pologne ,
eft arrivé dans cette Capitale à la fin de Novembre.
On prétend qu'il eft chargé de traiter l'affaire
de la Courlande , & de concilier , s'il eft poffible
, les intérêts du Duc de Biren avec ceux du
Prince Charles ; mais on ne fait rien de précis fur
les véritables intentions de la Cour de Ruffie >
quoiqu'elles paroiffent très-favorables au Duc
Erneft- Jean.
Le fieur Simolin , Miniftre de Ruffie auprès du
Duc de Biren , a reçu de Mofcou des dépêches ,
par lesquelles on lui marque que la difcuffion qui
s'étoit élevée entre fa Cour & celle de Dannemarck
, au ſujet du Holſtein , étoit entiérement
terminée.
De RATISBONNE , le 20 Décembre.
Le Cercle de Baviere a formé une délibération
186 MERCURE DE FRANCE.
dont l'objet eft de prier l'Empereur de vouloir bien
permettre que l'on détachât de l'Armée de l'Empire
le contingent de ce Cerccle pour couvrir les
Etats qui le compofent . Le Cercle de Suabe , affemblé
à Ulm , a formé , à ce qu'on prétend , la
même délibération .
On mande de Berlin que le Comte de Finckenſtein
, Miniftre & Secrétaire d'Etat au département
des Affaires étrangeres, eft parti de cette
Ville le 13 de grand matin pour le rendre à Leipfick
, où Sa Majefté Pruffienne l'a mandé . Cette
nouvelle donne quelques efperances pour la paix
en Allemagne .
De MADRID , le 7 Décembre.
Avant- hier il eft arrivé de Paris un Courier
qui a apporté les ratifications des articles préliminaires
de Paix conclus entre cette Cour & celle de
France , d'une part ; & l'Angleterre & le Portugal
, de l'autre , & fignés le 3 Novembre dernier.
Sa Majefté a fait expédier auffi tot les ordres néceffaires
pour la ceffation des hoftilités.
De MALAGA , le 16 Novembre.
Le fieur Perrier de Salvert , Lieutenant de la
Frégate Françoife l'Oiseau , commandée par le
Chevalier de Modene , eft arrivée dans ce Port
avec cent quatre - vingt hommes de l'équipage,
On a fu de lui les détails fuivans concernant la
prife de ce bâtiment.
Le 23 Octobre dernier le Chevalier de Modène
découvrit , à la hauteur du Cap de Palos , un
Navire Anglois , auquel il donna la chaffe ; mais
ayant reconnu que c'étoit un vaifleau de guerre
fupérieur en force , il abandonna fa pourſuite &
prit chaffe à ſon tour . Vers les cinq heures du
JANVIER . 1763. 187
foir le vaiffeau ennemi l'atteignit , & le força de
fe rendre après un combat très - vif , qui dura
trois heures. La Frégate reçut trente coups de
canon à fleur d'eau ; quarante- huit hommes
furent mis hors de combat , & il y en eut treize
de tués , du nombre defquels font les fieurs de
Gineftous , de Mauperthuis & de Sainte - Croix .
Le Chevalier de Modene a eu le bras droit emporté
d'un coup de mitraille ; le fieur Perrier de
Salvert une forte contufion au bras , & le fieur de
Chalus une légére bleffure à la main . L'ennemia
eu vingt hommes tués ou bleflés . Le bâtiment Anglois
eft la Brune , Frégate de trente- quatre piéces
de canon & de deux cens foixante hommes
d'équipage. Elle a conduit fa priſe à Gibraltar ,
où eft refté le Chevalier de Modene , dont la
bleffure ne laiffe pas craindre pour ſa vie .
De CIVITA-VECCHIA , le 16 Décembre.
Les démêlés de la Cour de Rome avec la République
de Gênes fubfiftent toujours dans le
même état. La République a demandé la médiation
du Roi des deux Siciles , & l'Abbé Cazali
eft actuellement à Naples pour négocier
cette affaire.
On a déja commencé à deffécher les Marais
Pontins , & les premiers travaux ont été fort heureux
; mais il eft à craindre que cette belle &
grande entreprife ne fott funefte aux habitans des
campagnes voisines , & peut-être de Rome même.
Le remuement de ces terres marécageules pourroit
bien dans les chaleurs dé l'été infecter l'air ,
& répandre des maladies dans les environs.
De la BASTIE , le 22 Novembre.
1
Il n'eſt pas vrai , comme on l'avoit appris d'un
188 MERCURE DE FRANCE.
Navire arrivé ici dernierement , que nos trou?
pes le foient emparées de Rogliani. Paſcal Paoli ,
eft encore à Cafinca.
Le Vifiteur Apoftolique eſt toujours dans l'Etat
de Gênes , quoiqu'on ait répandu le bruit qu'il :
en étoit parti pour retourner en Italie.
De TURIN , le 2p Décembre.
La Princeffe Polixene de Savoye , fille du
Prince de Carignan , eft morte le zo , d'une maladie
de langueur , qui étoit la fuite d'une fiévre
inflammatoire avec oppreffion de poitrine . Elle
n'étoit agée que de feize ans ; la Cour prendra
le deuil demain à cette occafion , & le portera
quinze jours.
De LONDRES , le 16 Décembre.
Le Duc de Nivernois a eu aujoud'hui fa
premiere audience du Duc d'Yorck , Frere du
Roi. Ce Miniftre a toujours de fréquentes conférences
avec les Miniftres du Roi , au füjer
du Traité définitif, auquel les difpofitions de la
Nation ne paroillent apporter aucune difficulté.
Janvier 1763. II. Vol.
De Moscou , le 30 Novembre 1762.
Ls 23 de ce mois , Sa Majeſté Impériale a reçu
les marques de l'Ordre de l'Aigle noir , des mains
du Baron de Goltz , Miniftre du Roi de Pruffe. LE23:
On adécouvert une confpiration qui s'étoit tramée
contre l'Impératrice . Les Chefs du complot
étoient les trois freres Gourieff , Officiers des Gardes
Ifmael , & les deux Hroufchef, dont l'un étoit
Officier , & l'autre Maréchal des Logis du Régiment
d'Engermanie. Les coupables , fur le rapport
des Juges , ont été condamnés par le Sénat
à être écartelés. Mais fa Majefté Impériale a commué
leur fupplice rigoureux , en un genre de
punition , qui n'avoit pas encore été employé en
Ruffie. Les coupables ont été conduits dans une
place publique le 8 de ce mois ; là ils ont été dégradés
de nobleffe ; le Bourreau les a fouffletés ,
leur a brifé leurs épées par deffus leurs têtes ;
après quoi , ils ont été transférés en Sibérie .
De VIENNE , le 25 Décembre.
&
L'Empereur & l'impératrice font dans la
plus grande affliction de la mort de l'Archidu
JANVIER. 1763. 183
cheffe Jeanne ; cette jeune Princeffe , après avoir
lutté pendant vingt - quatre jours contre une maladie
cruelle , a enfin fuccombé Jeudi dernier
entre quatre & cinq heures après midi. C'étoit
la cinquième des Archiduchelles filles de leurs
Majeltés Impériales & Royales. Elle fe nommoit
Jeanne- Gabrielle- Jofeph - Antoine , & étoit née le
4 Février 1750. Son corps a été inhumé fans cérémonie
, parce qu'ily a eu dans les derniers jours
de fa maladie , qui étoit une fiévre milliaire , une
érruption pourpreufe. La Cour prendra le deuil
pour trois mois.
Du Camp de l'Armée Autrichienne en Siléfie
le 26 Novembre 1762 .
Le Général de Bethlem , qui a pris fon Quartier
Général à Jagerndorff , occupe vingt- fix Villages
de la Haute- Siléfie Pruffienne. L'amniſtie
dont il eft convenu avec le Général Werner depuis
le 1 de ce mois , n'a point de terme fixe :
mais on nepourra le rompre , de l'un ou de l'autre
côté , qu'en s'avertiffant trois jours auparavant.
La même convention a eu lieu entre le Maréchal
de Daun & le Prince de Bevern.
Le Général Beck a pris fon quartier d'hyver à
Wartha , & le Baron de Loudon a établi le fien à
Scharfeneck. Le Général O- Donel remplace le
Maréchal de Dun pendant Phyver.
De DRESDE , le Décembre ,
La fufpenfion d'armes entre les armées Autrichienne
& Pruffienne n'a été réglée qu'après de
grands débats de part & d'autre. On eft convenu
de fixer une ligne de féparation entre les quartiers
refpectifs des deux Armées. La Ligne commence
à Marckliffa , paffe à Lobau , Bautzen , Ca-,7
184 MERCURE DE FRANCE .
mentz , Konigsbruck , vient finir à Groffenhayn,
& fuit le Canal qui communique de la Schvartz-
Elfter à l'Elbe . Les Autrichiens confervent de leur
côté le terrein qui eft entre le cours de la riviére
& celui du ruiffeau de Klein- Triebfche , en gagnant
la forêt de Tharand qui leur refte. Leur
ligne fuit la Wilde-Weifferitz jufqu'à ſa ſource
& de-là continue au pied des montagnes juſqu'à
Olmitz & Adorff , afin de couvrir la Bohème . Le
Général Haddick a détaché de fon Armée huit
Bataillons & quatre Régimens de Cavalerie ,
pour les joindre à l'Armée de l'Empire .
EXTRAIT d'une Lettre écrite d'Erlang en Franconie
, le 7 Décembre.
On apprend de Bareuth que l'Armée de l'Empire
s'avance en force , pour obliger les Pruffiens
à fe retirer du Cercle. L'avant- garde , après avoir
repoufflé le Corps du Comte de Schulembourg ,
qui étoit à Creuffen , eſt arrivée à Saint Jean près
de Bareuth . Un Régiment de Cuiraffiers Autrichiens
& un Régiment de Dragons fe font portés à
Virbens & Neuftadt fur le Kulm , aux ordres du
Général Pellegrini. Le Prince de Stolberg doit
être de fa perfonne à Weiden , & le Général k léefel
doit avancer par le Haut Palatinat . On allure
que ces difpofitions ont déja fait retirer les Pruffiens
des environs de Bareuth On préfume que le
Général Kleift ne tiendra point à Bamberg , &
qu'il s'empreffera de rentrer en Saxe , pour ne
pas expofer aux hazards de la guerre le butin
confidérable qu'il a enlevé dans la Franconie.
On mande de Leipfick que le Roi de Pruffe s'eft
tranſporté à Gotha ; que la ville de Nuremberg a
été fermée il y a quelques jours, & que le Général
Kleift y eft entré avec un détachement pour y lever
des contributions.
JANVIER . 1763. 185
De la FRANCONIE , le 4 Décembre .
Le Corps du Général Kleift s'eft replié jufqu'à
Schleuffingen , où il a été renforcé par celui de
Trimbach , compofé de mille hommes. Le Général
Comte de Neuwied occupe les environs de
Plauen. L'Armée de l'Empire a établi fon quartier
général à Lauff , à quelques lieues de Nuremberg
, & l'on a diftribué des troupes dans les
villages circonvoisins. Cette Armée vient d'être
renforcée par fix Régimens Autrichiens , un Corps
de Huffards & un de Croates. Il eſt resté fix mille.
hommes dans le pays de Bareuth , afin de couvrir
les endroits les plus exposés.
De HAMBOURG , le 20 Décembre.
Suivant les nouvelles de Warfovie , le Comte
de Keyferling , Envoyé extraordinaire de Ruffie
auprès du Roi & de la République de Pologne ,
eft arrivé dans cette Capitale à la fin de Novembre.
On prétend qu'il eft chargé de traiter l'affaire
de la Courlande , & de concilier , s'il eft poffible
, les intérêts du Duc de Biren avec ceux du
Prince Charles ; mais on ne fait rien de précis fur
les véritables intentions de la Cour de Ruffie >
quoiqu'elles paroiffent très-favorables au Duc
Erneft- Jean.
Le fieur Simolin , Miniftre de Ruffie auprès du
Duc de Biren , a reçu de Mofcou des dépêches ,
par lesquelles on lui marque que la difcuffion qui
s'étoit élevée entre fa Cour & celle de Dannemarck
, au ſujet du Holſtein , étoit entiérement
terminée.
De RATISBONNE , le 20 Décembre.
Le Cercle de Baviere a formé une délibération
186 MERCURE DE FRANCE.
dont l'objet eft de prier l'Empereur de vouloir bien
permettre que l'on détachât de l'Armée de l'Empire
le contingent de ce Cerccle pour couvrir les
Etats qui le compofent . Le Cercle de Suabe , affemblé
à Ulm , a formé , à ce qu'on prétend , la
même délibération .
On mande de Berlin que le Comte de Finckenſtein
, Miniftre & Secrétaire d'Etat au département
des Affaires étrangeres, eft parti de cette
Ville le 13 de grand matin pour le rendre à Leipfick
, où Sa Majefté Pruffienne l'a mandé . Cette
nouvelle donne quelques efperances pour la paix
en Allemagne .
De MADRID , le 7 Décembre.
Avant- hier il eft arrivé de Paris un Courier
qui a apporté les ratifications des articles préliminaires
de Paix conclus entre cette Cour & celle de
France , d'une part ; & l'Angleterre & le Portugal
, de l'autre , & fignés le 3 Novembre dernier.
Sa Majefté a fait expédier auffi tot les ordres néceffaires
pour la ceffation des hoftilités.
De MALAGA , le 16 Novembre.
Le fieur Perrier de Salvert , Lieutenant de la
Frégate Françoife l'Oiseau , commandée par le
Chevalier de Modene , eft arrivée dans ce Port
avec cent quatre - vingt hommes de l'équipage,
On a fu de lui les détails fuivans concernant la
prife de ce bâtiment.
Le 23 Octobre dernier le Chevalier de Modène
découvrit , à la hauteur du Cap de Palos , un
Navire Anglois , auquel il donna la chaffe ; mais
ayant reconnu que c'étoit un vaifleau de guerre
fupérieur en force , il abandonna fa pourſuite &
prit chaffe à ſon tour . Vers les cinq heures du
JANVIER . 1763. 187
foir le vaiffeau ennemi l'atteignit , & le força de
fe rendre après un combat très - vif , qui dura
trois heures. La Frégate reçut trente coups de
canon à fleur d'eau ; quarante- huit hommes
furent mis hors de combat , & il y en eut treize
de tués , du nombre defquels font les fieurs de
Gineftous , de Mauperthuis & de Sainte - Croix .
Le Chevalier de Modene a eu le bras droit emporté
d'un coup de mitraille ; le fieur Perrier de
Salvert une forte contufion au bras , & le fieur de
Chalus une légére bleffure à la main . L'ennemia
eu vingt hommes tués ou bleflés . Le bâtiment Anglois
eft la Brune , Frégate de trente- quatre piéces
de canon & de deux cens foixante hommes
d'équipage. Elle a conduit fa priſe à Gibraltar ,
où eft refté le Chevalier de Modene , dont la
bleffure ne laiffe pas craindre pour ſa vie .
De CIVITA-VECCHIA , le 16 Décembre.
Les démêlés de la Cour de Rome avec la République
de Gênes fubfiftent toujours dans le
même état. La République a demandé la médiation
du Roi des deux Siciles , & l'Abbé Cazali
eft actuellement à Naples pour négocier
cette affaire.
On a déja commencé à deffécher les Marais
Pontins , & les premiers travaux ont été fort heureux
; mais il eft à craindre que cette belle &
grande entreprife ne fott funefte aux habitans des
campagnes voisines , & peut-être de Rome même.
Le remuement de ces terres marécageules pourroit
bien dans les chaleurs dé l'été infecter l'air ,
& répandre des maladies dans les environs.
De la BASTIE , le 22 Novembre.
1
Il n'eſt pas vrai , comme on l'avoit appris d'un
188 MERCURE DE FRANCE.
Navire arrivé ici dernierement , que nos trou?
pes le foient emparées de Rogliani. Paſcal Paoli ,
eft encore à Cafinca.
Le Vifiteur Apoftolique eſt toujours dans l'Etat
de Gênes , quoiqu'on ait répandu le bruit qu'il :
en étoit parti pour retourner en Italie.
De TURIN , le 2p Décembre.
La Princeffe Polixene de Savoye , fille du
Prince de Carignan , eft morte le zo , d'une maladie
de langueur , qui étoit la fuite d'une fiévre
inflammatoire avec oppreffion de poitrine . Elle
n'étoit agée que de feize ans ; la Cour prendra
le deuil demain à cette occafion , & le portera
quinze jours.
De LONDRES , le 16 Décembre.
Le Duc de Nivernois a eu aujoud'hui fa
premiere audience du Duc d'Yorck , Frere du
Roi. Ce Miniftre a toujours de fréquentes conférences
avec les Miniftres du Roi , au füjer
du Traité définitif, auquel les difpofitions de la
Nation ne paroillent apporter aucune difficulté.
Fermer
Résumé : « Ls 23 de ce mois, Sa Majesté Impériale a reçu les marques de l'Ordre de l'Aigle noir, des mains [...] »
En janvier 1763, plusieurs événements politiques et militaires significatifs ont été rapportés. À Moscou, le 23 novembre 1762, l'Impératrice de Russie a reçu l'Ordre de l'Aigle noir des mains du Baron de Goltz. Une conspiration contre l'Impératrice, impliquant les frères Gourieff et les frères Hroufchef, a été découverte. Les conspirateurs ont été condamnés par le Sénat à être écartelés, mais l'Impératrice a commué leur peine en dégradation et exil en Sibérie. À Vienne, l'Empereur et l'Impératrice étaient en deuil suite à la mort de l'Archiduchesse Jeanne, décédée après une maladie de vingt-quatre jours. Son corps a été inhumé sans cérémonie en raison d'une éruption pourpreuse. Sur le front militaire, en Silésie, le Général de Bethlem occupait plusieurs villages et une amnistie avait été conclue avec le Général Werner. Les Autrichiens et les Prussiens ont convenu d'une ligne de séparation pour leurs quartiers respectifs. En Franconie, l'Armée de l'Empire avançait pour repousser les Prussiens, et des troupes ont été déployées pour couvrir les régions exposées. À Dresde, la suspension d'armes entre les armées autrichienne et prussienne a été réglée après de longs débats. Les Autrichiens ont conservé des territoires stratégiques pour couvrir la Bohème. En Pologne, le Comte de Keyferling est arrivé à Varsovie pour traiter de l'affaire de la Courlande. À Madrid, les ratifications des articles préliminaires de paix entre la France, l'Angleterre, et le Portugal ont été signées, mettant fin aux hostilités. En Méditerranée, la frégate française l'Oiseau a été capturée par un navire anglais après un combat intense. Le Chevalier de Modène a été blessé et conduit à Gibraltar. À Civita-Vecchia, les travaux de drainage des Marais Pontins ont commencé, mais des inquiétudes subsistent quant aux risques sanitaires. À Turin, la Princesse Polixène de Savoie est décédée à l'âge de seize ans, et la Cour a observé un deuil de quinze jours. À Londres, le Duc de Nivernois a eu sa première audience avec le Duc d'Yorck, et des conférences fréquentes ont lieu en vue de finaliser un traité définitif.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer