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Liste
1
p. 263-287
Reception faite au Roy par Mr le Marquis de Seignelay, dans sa Maison de Seaux. [titre d'après la table]
Début :
Le Roy ayant résolu d'aller souper à Sceaux, dans la Maison qui [...]
Mots clefs :
Famille royale, Duc, Pavillon, Réception, Duc de Seignelay, Jardins, Plaisir, Princes, Divertissement, Orangerie, Galeries, Symphonie, Madame la Dauphine, Monseigneur le Dauphin, Ornements, Tapisserie, Lumières
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texteReconnaissance textuelle : Reception faite au Roy par Mr le Marquis de Seignelay, dans sa Maison de Seaux. [titre d'après la table]
Le Roy ayant refolu d'aller
fouper à Sceaux , dans la
Maiſon qui appartient à M.
le Marquis de Seignelay, Sa
· Majeſté l'en avertit quelques
jours auparavant , afin
qu'il euft le temps de ſe preparer
à la recevoir avec toute
laMaiſon Royale . CeMarquis
donna auffi -toſt les ordres
qu'il crut neceffaires
pour répondre à l'honneur
qu'il devoit recevoir, & n'oublia
rien de tout ce qu'il s'i
magina devoir eftre agreable
à fa Majefté. Le jour fut
choify ; mais le temps s'é-
6
264 MERCURE
2
tant tourné à la pluye , il y
eut à craindre qu'il ne changeaſt
pas fitoft , & le Roy
eut la bonté de marquer un
autre jour. Ce fut le Lundy
16. de ce mois . M. le Marquis
de Seignelay prit de fi
grands foins d'empefcher la
foule , qu'il n'entra dans le
Chafteau que des perfonnes
diftinguées , & des Officiers
de la Maiſon Royale. Ce qui
l'engagea à ſe ſervir de cette
précaution , fut non ſeulement
afin que le Roy ne fuſt
point incommodé de la preſfe
qui fuit ordinairement ces
fortes
GALANT. 265
fortes de divertiffemens
mais encore afin qu'il ne viſt
point de perſonnes inconnuës
, qui ſont deux chofes
qui gefnent, & qui font caufe
qu'on ne jouit qu'imparfaitement
des plaifirs aufquels
on s'eft preparé. Ainſi
l'on peut dire que le premier
que Sa Majefte goûta en entrant
dans Seaux , fut celuy
de ne s'y trouver qu'avec fa
Cour ordinaire, & d'eftre af
furé que les divertiffemens
qu'on luy avoit preparez ,
feroient pour Elle des plaifirs
tranquilles . Le Roy ar-
Juillet 1685.
Ꮓ
266 MERCURE
riva à Seaux environ fur les
fix heures & demie du foir,
accompagné de Monfeigneur
le Dauphin , de Madame
la Dauphine , de Monfieur
, de Madame, de Monfieur
le Duc , de Madame la
Ducheffe , de Monfieur le
Duc de Bourbon , de Mademoiſelle
de Bourbon, deMófieur
le Duc du Maine , de
Mademoiſelle de Nantes, de
plufieurs Ducs & Pairs , Marefchaux
de France , & des
plus qualifiez Seigneurs de la
Cour. Quelques perfonnes
eftoient arrivées avant le
GALANT 267
Roy , du nombre defquelles
eftoient M. le Cardinal de
Bonzi , & M. le Nonce du
Pape. Sa Majeſté fut receuë
à la defcente de fon Caroffe,
par M. le Marquis de Seignelay
, M. le Coadjuteur de
Roüen, M. les Ducs de Che
vreuſe & de Beauvilliers, Mrs,
les Marquis de Maulevrier
& de Blainville, & M. le Bailly
Colbert. Meſdames les
Ducheffes de Chevreufe , de
Villeroy , de Beauvilliers &
de Mortemar; Mefdames les
Marquifes de Seignelay , de
Croifly, de Beuvron , de Me-
Zij
268 MERCURE
davy , & Madame la Comteffe
de Saint Geran, vinrent
recevoir Madame la Dauphine
& Madame . Le Roy
les falüà , avec cet air tout
engageant qui luy eſt ordinaire.
Il entra enfuite par la
porte du milieu dans l'Apartement
bas du Chafteau , où
il vit une enfilade de huit ou
neuf pieces fort proprement
meublées ; mais avec plus de
bon gouft què de richeffe ,
ou plûtoft avec une modeſte
magnificence , s'il eft permis
de parler ainfi. Au forcir de
cet Apartement , on trouva
GALANT. 269
be
fe
diverfes Chaiſes tirées par
des hommes,pour le promener
dans les Jardins . Il y a ya
long- temps qu'on fe fert de
2
l'uces
fortes de Chaifes à Verfailles
, & c'eft de là que l
fage en eft venu. Elles ne
font que pour une perſonne ,
inais il y en avoit une à Seaux
d'une invention finguliere
& toute nouvelle . Elle eftoit
à quatre places, & quatre paraffols
y eftoient attachez.
Rien n'eft fi commode & fi
doux que ces Chaiſes , parce
qu'elles font conduites par
des homines qui ne mar-
Z iij
270 MERCURE
chent point devant, mais qui
font de chaque cofté de la
Chaife. Madame la Dauphine
, Madame la Ducheffe
Madame la Princeffe deConty
, & Madame de Maintenon,
comme Dame d'Atour
de Madame la Dauphine ,
prirent place dans cette
Chaife ; & plufieurs Princeffes,
Ducheffes, & autres Dames
qualifiées , ſe ſervirent
des autres. Il y en eut quelques-
unes qui fe firent un
plaifir de marcher , & qui
fuivirent en cela l'exemple
de Madame .
GALANT. 271
Monfeigneur le Dauphin ,
Monfieur, Monfieur le Duc,
Monfieur le Duc de Bourbon
, Monfieur le Duc du
Maine, & tous les Princes &
Seigneurs de la Cour, accompagnerent
le Roy à pied , &
M. de Seignelay fut toûjours
auprés de Sa Majeſté , pour
luy montrer ce qu'il y avoit
à voir , & pour l'éclaircir de
ce qu'Elle auroit pû fouhaiter
d'apprendre touchant les
chofes qu'Elle voyoit. Il faut
remarquer que le Roy eftoit
au premier rang de toute la
Cour , & qu'il n'y avoit du
Z iiij
272 MERCURE
monde qu'à cofté & derriere
ce Prince ; de forte que rien
ne luy dérobant la veuë des
lieux où il fe promenoit , il
jou ïffoit fans obftacle de l'air
que la confufion empeſche
ordinairement de refpirer
dans ces fortes de divertiffemens.
Aprés qu'on eut traverſé
de belles Allées paliſſadées
,
on arriva à un Pavillon nommé
le Pavillon de l'Aurore ,
parce que l'Aurore en ſe levant
eft plûtoft remarquée
de ce lieu - là que d'aucun au-
& qu'il femble qu'elle
tre ,
GALANT. 273
ne paroiffe tous les matins
que pour l'éclairer . Ce Pavillon
peut
eftre encore appellé
le Pavillon de l'Aurore ,
à caufe qu'on y voit cette
Déeffe peinte de la main de
M. le Brun ; ce qui fuffit pour
faire juger des beautez du
dedans. Ce Pavillon a douze
ouvertures en comptant
celle de la porte ; & comme
ce Salon eft élevé, on monte
pour y entrer par deux Efcaliers
opofez l'un à l'autre . Il y
a dedans deux enfoncemens
qui fe regardent , & qui ren
fermét chacun trois croifées ,
274 MERCURE
Le tour de l'un de ces deux
enfoncemens eftoit remply
de toutes fortes d'eaux glacées
, de confitures feches , &
de fruits auffi beaux qu'ils ef
toient rares pour la faifon.
Il y avoit dans l'autre enfoncement
ce que la France a
de plus habiles Maiſtres pour
les inftrumens , & dequoy
faire entendre une fimphonie
douce & proportionnée
à l'étendue de ce lieu. Le
Roy , Monſeigneur le Dauphin,
Madame la Dauphine,
Monfieur,Madame, les Princes
, Princeffes, Ducheffes &
GALANT. 275
Dames qualifiées , entrerent
feules dans ce Salon , ce lieu
n'eftant pas affez fpacieux
pour contenir tous les Seigneurs
qui accompagnoient
Sa Majefté ; mais tous les
Courtifans eurent l'avantage
de faire leur Cour,en le promenant
dans le Jardin autour
des feneftres de ce Sa
lon , d'où ils eftoient veus de
tous ceux qui eftoient dedans,
& qui en rempliffoient
les feneftres , goûtant à la
fois quatre differens plaiſirs,
puis qu'ils refpiroient un air
frais & agreable, aprés avoir
276 MERCURE
effuyé la chaleur & la pouffiere
du chemin; qu'ils jouif
foient d'une tres-belle veuë
qui offroit des Bois , des Plaines
& des Cofteaux , & qui
en de certains endroits s'étendoit
juſqu'à Paris ; qu'ils
entendoient une fimphonie
tres - douce , & qu'ils ſe rafraichiffoient
en même teins
avec les fruits & les eaux glacées.
Toutes les Auguftes
Perfonnes qui remplifoient
ce Salon , s'y trouverent fr
commodément , qu'elles
demeurerent pendant plus
d'une heure, apres quoy l'on
y
1.
GALANT. 277
en defcendit pour continuer
la promenade. On vit une
belle piece d'eau qui eft à
cofté du Chaſteau , & l'on fe
rendit enfuite dans la Sale
appellée des Maronniers, où
font cinq Fontaines tres-agreables
, fçavoir quatre tirant
vers les Angles , & une
dans le milieu. On alla de là
dans un petit Bois fait en labirinthe
, & tout remply de
Fontaines , puis dans l'allée
d'eau. Le long de chaque
cofté de cette Allée, on voit
regner quantité de Buftes
fur des Scabellons, & des Jets
278 MERCURE
d'eau qui s'élevent auffi haut
que le Treillage. Chaque Jet
d'eau paroift entre deux Buftes
, & chaque Bufte entre
deux Jets d'eau . Il y a une
rigole le long du bas de chaque
cofté de l'Allée, pour recevoir
l'eau qui tombe d'un
fi grand nombre de Jets , &
aux quatre coins de cette Allée
font quatre grandes coquilles
qui reçoivent auſſi
l'eau. Derriere les Buftes &
les Jets d'eau , s'élèvent de
grands Treillages qui for
ment des murailles de verdure.
Au fortir d'un lieu fi
GALANT. 279
7
beau , & où l'on refpire une
fraicheur qui enchante , on
alla voir le Pavillon appellé
des quatre Vents . C'eſt un
lieu charmant pour la beauré
de la veuë ! on revint enfuite
le long du Mail, puis en
defcendant un peu , on fe
rendit auprés d'une piece
d'eau qui contient envi
ron fix arpens. Le lieu fut
trouvé fi agréable , que le
Roy voulut s'y repofer , afin
d'y demeurer plus longtemps.
Sa Majesté choifit
pour s'affeoir , un endroit
qui regarde en face une Caf-
4
1280 MERCURE
-I
1
'
cade , qui eft à l'autre bout
de cette piece d'eau . Elle
eft fur le panchant d'une
cofte , & comme les eaux en
font vives , on peut affeurer
que tout y eft naturel. Elle
forme trois Allées d'eau , &
elle eft ornée de plufieurs
Vafes de Bronze , qui font
entre les Baffins d'où -fortent
les Jets . Pendant que
le Roy & la Maiſon Royale
furent affis vis à vis de cette
Cafcade , plufieurs Gondoles
dorées & vitrées , garnies
de Damas de diverfes
couleurs , & conduites par
r
GALANT. 281
des Rameurs vétus de blanc ,
& fort proprement mis,
avec des Rubans de couleur,
firent divers tours fur la piece
d'eau , & pafferent plufieurs
fois devant le Roy,
afin de l'inviter à entrer dedans
, s'il euft eu envie de fe
promener fur l'eau ; mais ce
Prince infatigable aimant
mieux prendre à pied le plaifir
de la promenade vint
voir de prés la Caſcade,
qu'il avoit examinée de loin
pendant une demy heure. Il
demeura encore quelque
temps à la confiderer , puis
Fuillet 1685.
A a
282 MERCURE
il monta à pied jufqu'au
haut , & Madame la Dauphine
, & les Dames le fuivirent
dans leurs Chaifes. On
entendit au haut de la Cafcade
, l'agréable bruit de
plufieurs Haut-bois qui fe
mefloit à celuy des eaux. Ils
eftoient cachez derriere la
Paliffade , & marcherent
long- temps fans eftre veus ,
de maniere qu'il fembloit
que cette mélodie inviſible
eftoit en l'air , & que ceux
qui la formoient fe faifoient
un plaifir de fuivre le Roy.
On eut le mefme divertiffe-
1
GALANT. 283:
ment en plufieurs endroits .
1 du Jardin , ou les Flutes douces
& les Haut- bois eftoient
cachez dans des Bofquets ..
Il ne reftoit plus qu'une piece
d'eau à voir. Le Roy youlut
encore y aller aprés avoir
veu la Cafcade , & lors qu'on
retourna au Chateau le:
Ciel commença à s'obfcur
cir, comme fi le jour n'euft
voulu finir , que lors que ce
Prince n'avoit plus befoin
de fa clarté
, & que la nuit
n'euft confenty à paroiltre,.
que dans le temps que fon
obfcurité eftoit néceffaire
Aa ij
284 MERCURE
pour
donner plus de plaifir
à Sa Majeſté, en faifant bril
ler davantage les lieux qu'on
avoit illuminez pour la recevoir.
Quoy qu'il n'y euſt
aucunes lumieres attachées
aux Murailles du dehors du
Chafteau , ce que l'on appel.
le Illuminations , il ne laiffa
pas de paroiftre fort brillant
, lors que la Cour eut
tourné fes pas de ce cofté là.
Toutes les Feneftres en
eftoient ouvertes & un
grand nombre de Luftres en
Éclairoit les Appartemens
auffi bien qu'une Galerie
GALANT. 285
haute , & une Galerie baffe
par lefquelles on y entre, &
dont les ouvertures ne font
point fermées , ce qui faifoit
paroiftre les Luftres , les
Bras dorez , & les Tableaux ,
dont ces
eftoient remplies . Le Roy
traverfa une partie de cette
Galerie pour fe rendre dans
l'Orangerie , où un Concert
eftoit préparé. Il entra par
le bout oppofé à l'endroit
où eftoient ceux qui devoient
faire ce Concert.
Ainfi ce Prince les vit tous
d'abord en face. On avoit
deux Galeries
286 MERCURE
pris fept Toifes de profondeur
pour les Places , Elles
eftoient feparées du cofté
de l'Orangerie par de grands
Pilaftres de Marbre , qui
portoient une Façade ou
cinq Luftres eftoient attachez
. Le mefme ordre fuivoit
jufques au fond où paroiffoient
deux manieres
d'Escaliers de chaque cofté,
qui rampoient fuivant la
pente d'un Amphitheatre
qui eftoit dans le fond , &
qui paroiffoit conduire à une
Galerie , qui eftoit aufli dans
le fond au deffus de l'AmGALANT.
287
phitheatre. Tout ce fond
eftoit éclairé par beaucoup
de petits Luftres , & toutes
les faces des Pilaftres étoient
ornées de quantité de Plaques
portant plufieurs Bougies.
Tout le reste de l'Orangerie
eftoit paré d'une
tres- belle Tapiflerie
, reprefentant
toutes les Chaffes
des douze Mois de l'Année,
& de deux rangs de Luftres
qui régnoient depuis un
bout jufqu'à l'autre.
fouper à Sceaux , dans la
Maiſon qui appartient à M.
le Marquis de Seignelay, Sa
· Majeſté l'en avertit quelques
jours auparavant , afin
qu'il euft le temps de ſe preparer
à la recevoir avec toute
laMaiſon Royale . CeMarquis
donna auffi -toſt les ordres
qu'il crut neceffaires
pour répondre à l'honneur
qu'il devoit recevoir, & n'oublia
rien de tout ce qu'il s'i
magina devoir eftre agreable
à fa Majefté. Le jour fut
choify ; mais le temps s'é-
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264 MERCURE
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tant tourné à la pluye , il y
eut à craindre qu'il ne changeaſt
pas fitoft , & le Roy
eut la bonté de marquer un
autre jour. Ce fut le Lundy
16. de ce mois . M. le Marquis
de Seignelay prit de fi
grands foins d'empefcher la
foule , qu'il n'entra dans le
Chafteau que des perfonnes
diftinguées , & des Officiers
de la Maiſon Royale. Ce qui
l'engagea à ſe ſervir de cette
précaution , fut non ſeulement
afin que le Roy ne fuſt
point incommodé de la preſfe
qui fuit ordinairement ces
fortes
GALANT. 265
fortes de divertiffemens
mais encore afin qu'il ne viſt
point de perſonnes inconnuës
, qui ſont deux chofes
qui gefnent, & qui font caufe
qu'on ne jouit qu'imparfaitement
des plaifirs aufquels
on s'eft preparé. Ainſi
l'on peut dire que le premier
que Sa Majefte goûta en entrant
dans Seaux , fut celuy
de ne s'y trouver qu'avec fa
Cour ordinaire, & d'eftre af
furé que les divertiffemens
qu'on luy avoit preparez ,
feroient pour Elle des plaifirs
tranquilles . Le Roy ar-
Juillet 1685.
Ꮓ
266 MERCURE
riva à Seaux environ fur les
fix heures & demie du foir,
accompagné de Monfeigneur
le Dauphin , de Madame
la Dauphine , de Monfieur
, de Madame, de Monfieur
le Duc , de Madame la
Ducheffe , de Monfieur le
Duc de Bourbon , de Mademoiſelle
de Bourbon, deMófieur
le Duc du Maine , de
Mademoiſelle de Nantes, de
plufieurs Ducs & Pairs , Marefchaux
de France , & des
plus qualifiez Seigneurs de la
Cour. Quelques perfonnes
eftoient arrivées avant le
GALANT 267
Roy , du nombre defquelles
eftoient M. le Cardinal de
Bonzi , & M. le Nonce du
Pape. Sa Majeſté fut receuë
à la defcente de fon Caroffe,
par M. le Marquis de Seignelay
, M. le Coadjuteur de
Roüen, M. les Ducs de Che
vreuſe & de Beauvilliers, Mrs,
les Marquis de Maulevrier
& de Blainville, & M. le Bailly
Colbert. Meſdames les
Ducheffes de Chevreufe , de
Villeroy , de Beauvilliers &
de Mortemar; Mefdames les
Marquifes de Seignelay , de
Croifly, de Beuvron , de Me-
Zij
268 MERCURE
davy , & Madame la Comteffe
de Saint Geran, vinrent
recevoir Madame la Dauphine
& Madame . Le Roy
les falüà , avec cet air tout
engageant qui luy eſt ordinaire.
Il entra enfuite par la
porte du milieu dans l'Apartement
bas du Chafteau , où
il vit une enfilade de huit ou
neuf pieces fort proprement
meublées ; mais avec plus de
bon gouft què de richeffe ,
ou plûtoft avec une modeſte
magnificence , s'il eft permis
de parler ainfi. Au forcir de
cet Apartement , on trouva
GALANT. 269
be
fe
diverfes Chaiſes tirées par
des hommes,pour le promener
dans les Jardins . Il y a ya
long- temps qu'on fe fert de
2
l'uces
fortes de Chaifes à Verfailles
, & c'eft de là que l
fage en eft venu. Elles ne
font que pour une perſonne ,
inais il y en avoit une à Seaux
d'une invention finguliere
& toute nouvelle . Elle eftoit
à quatre places, & quatre paraffols
y eftoient attachez.
Rien n'eft fi commode & fi
doux que ces Chaiſes , parce
qu'elles font conduites par
des homines qui ne mar-
Z iij
270 MERCURE
chent point devant, mais qui
font de chaque cofté de la
Chaife. Madame la Dauphine
, Madame la Ducheffe
Madame la Princeffe deConty
, & Madame de Maintenon,
comme Dame d'Atour
de Madame la Dauphine ,
prirent place dans cette
Chaife ; & plufieurs Princeffes,
Ducheffes, & autres Dames
qualifiées , ſe ſervirent
des autres. Il y en eut quelques-
unes qui fe firent un
plaifir de marcher , & qui
fuivirent en cela l'exemple
de Madame .
GALANT. 271
Monfeigneur le Dauphin ,
Monfieur, Monfieur le Duc,
Monfieur le Duc de Bourbon
, Monfieur le Duc du
Maine, & tous les Princes &
Seigneurs de la Cour, accompagnerent
le Roy à pied , &
M. de Seignelay fut toûjours
auprés de Sa Majeſté , pour
luy montrer ce qu'il y avoit
à voir , & pour l'éclaircir de
ce qu'Elle auroit pû fouhaiter
d'apprendre touchant les
chofes qu'Elle voyoit. Il faut
remarquer que le Roy eftoit
au premier rang de toute la
Cour , & qu'il n'y avoit du
Z iiij
272 MERCURE
monde qu'à cofté & derriere
ce Prince ; de forte que rien
ne luy dérobant la veuë des
lieux où il fe promenoit , il
jou ïffoit fans obftacle de l'air
que la confufion empeſche
ordinairement de refpirer
dans ces fortes de divertiffemens.
Aprés qu'on eut traverſé
de belles Allées paliſſadées
,
on arriva à un Pavillon nommé
le Pavillon de l'Aurore ,
parce que l'Aurore en ſe levant
eft plûtoft remarquée
de ce lieu - là que d'aucun au-
& qu'il femble qu'elle
tre ,
GALANT. 273
ne paroiffe tous les matins
que pour l'éclairer . Ce Pavillon
peut
eftre encore appellé
le Pavillon de l'Aurore ,
à caufe qu'on y voit cette
Déeffe peinte de la main de
M. le Brun ; ce qui fuffit pour
faire juger des beautez du
dedans. Ce Pavillon a douze
ouvertures en comptant
celle de la porte ; & comme
ce Salon eft élevé, on monte
pour y entrer par deux Efcaliers
opofez l'un à l'autre . Il y
a dedans deux enfoncemens
qui fe regardent , & qui ren
fermét chacun trois croifées ,
274 MERCURE
Le tour de l'un de ces deux
enfoncemens eftoit remply
de toutes fortes d'eaux glacées
, de confitures feches , &
de fruits auffi beaux qu'ils ef
toient rares pour la faifon.
Il y avoit dans l'autre enfoncement
ce que la France a
de plus habiles Maiſtres pour
les inftrumens , & dequoy
faire entendre une fimphonie
douce & proportionnée
à l'étendue de ce lieu. Le
Roy , Monſeigneur le Dauphin,
Madame la Dauphine,
Monfieur,Madame, les Princes
, Princeffes, Ducheffes &
GALANT. 275
Dames qualifiées , entrerent
feules dans ce Salon , ce lieu
n'eftant pas affez fpacieux
pour contenir tous les Seigneurs
qui accompagnoient
Sa Majefté ; mais tous les
Courtifans eurent l'avantage
de faire leur Cour,en le promenant
dans le Jardin autour
des feneftres de ce Sa
lon , d'où ils eftoient veus de
tous ceux qui eftoient dedans,
& qui en rempliffoient
les feneftres , goûtant à la
fois quatre differens plaiſirs,
puis qu'ils refpiroient un air
frais & agreable, aprés avoir
276 MERCURE
effuyé la chaleur & la pouffiere
du chemin; qu'ils jouif
foient d'une tres-belle veuë
qui offroit des Bois , des Plaines
& des Cofteaux , & qui
en de certains endroits s'étendoit
juſqu'à Paris ; qu'ils
entendoient une fimphonie
tres - douce , & qu'ils ſe rafraichiffoient
en même teins
avec les fruits & les eaux glacées.
Toutes les Auguftes
Perfonnes qui remplifoient
ce Salon , s'y trouverent fr
commodément , qu'elles
demeurerent pendant plus
d'une heure, apres quoy l'on
y
1.
GALANT. 277
en defcendit pour continuer
la promenade. On vit une
belle piece d'eau qui eft à
cofté du Chaſteau , & l'on fe
rendit enfuite dans la Sale
appellée des Maronniers, où
font cinq Fontaines tres-agreables
, fçavoir quatre tirant
vers les Angles , & une
dans le milieu. On alla de là
dans un petit Bois fait en labirinthe
, & tout remply de
Fontaines , puis dans l'allée
d'eau. Le long de chaque
cofté de cette Allée, on voit
regner quantité de Buftes
fur des Scabellons, & des Jets
278 MERCURE
d'eau qui s'élevent auffi haut
que le Treillage. Chaque Jet
d'eau paroift entre deux Buftes
, & chaque Bufte entre
deux Jets d'eau . Il y a une
rigole le long du bas de chaque
cofté de l'Allée, pour recevoir
l'eau qui tombe d'un
fi grand nombre de Jets , &
aux quatre coins de cette Allée
font quatre grandes coquilles
qui reçoivent auſſi
l'eau. Derriere les Buftes &
les Jets d'eau , s'élèvent de
grands Treillages qui for
ment des murailles de verdure.
Au fortir d'un lieu fi
GALANT. 279
7
beau , & où l'on refpire une
fraicheur qui enchante , on
alla voir le Pavillon appellé
des quatre Vents . C'eſt un
lieu charmant pour la beauré
de la veuë ! on revint enfuite
le long du Mail, puis en
defcendant un peu , on fe
rendit auprés d'une piece
d'eau qui contient envi
ron fix arpens. Le lieu fut
trouvé fi agréable , que le
Roy voulut s'y repofer , afin
d'y demeurer plus longtemps.
Sa Majesté choifit
pour s'affeoir , un endroit
qui regarde en face une Caf-
4
1280 MERCURE
-I
1
'
cade , qui eft à l'autre bout
de cette piece d'eau . Elle
eft fur le panchant d'une
cofte , & comme les eaux en
font vives , on peut affeurer
que tout y eft naturel. Elle
forme trois Allées d'eau , &
elle eft ornée de plufieurs
Vafes de Bronze , qui font
entre les Baffins d'où -fortent
les Jets . Pendant que
le Roy & la Maiſon Royale
furent affis vis à vis de cette
Cafcade , plufieurs Gondoles
dorées & vitrées , garnies
de Damas de diverfes
couleurs , & conduites par
r
GALANT. 281
des Rameurs vétus de blanc ,
& fort proprement mis,
avec des Rubans de couleur,
firent divers tours fur la piece
d'eau , & pafferent plufieurs
fois devant le Roy,
afin de l'inviter à entrer dedans
, s'il euft eu envie de fe
promener fur l'eau ; mais ce
Prince infatigable aimant
mieux prendre à pied le plaifir
de la promenade vint
voir de prés la Caſcade,
qu'il avoit examinée de loin
pendant une demy heure. Il
demeura encore quelque
temps à la confiderer , puis
Fuillet 1685.
A a
282 MERCURE
il monta à pied jufqu'au
haut , & Madame la Dauphine
, & les Dames le fuivirent
dans leurs Chaifes. On
entendit au haut de la Cafcade
, l'agréable bruit de
plufieurs Haut-bois qui fe
mefloit à celuy des eaux. Ils
eftoient cachez derriere la
Paliffade , & marcherent
long- temps fans eftre veus ,
de maniere qu'il fembloit
que cette mélodie inviſible
eftoit en l'air , & que ceux
qui la formoient fe faifoient
un plaifir de fuivre le Roy.
On eut le mefme divertiffe-
1
GALANT. 283:
ment en plufieurs endroits .
1 du Jardin , ou les Flutes douces
& les Haut- bois eftoient
cachez dans des Bofquets ..
Il ne reftoit plus qu'une piece
d'eau à voir. Le Roy youlut
encore y aller aprés avoir
veu la Cafcade , & lors qu'on
retourna au Chateau le:
Ciel commença à s'obfcur
cir, comme fi le jour n'euft
voulu finir , que lors que ce
Prince n'avoit plus befoin
de fa clarté
, & que la nuit
n'euft confenty à paroiltre,.
que dans le temps que fon
obfcurité eftoit néceffaire
Aa ij
284 MERCURE
pour
donner plus de plaifir
à Sa Majeſté, en faifant bril
ler davantage les lieux qu'on
avoit illuminez pour la recevoir.
Quoy qu'il n'y euſt
aucunes lumieres attachées
aux Murailles du dehors du
Chafteau , ce que l'on appel.
le Illuminations , il ne laiffa
pas de paroiftre fort brillant
, lors que la Cour eut
tourné fes pas de ce cofté là.
Toutes les Feneftres en
eftoient ouvertes & un
grand nombre de Luftres en
Éclairoit les Appartemens
auffi bien qu'une Galerie
GALANT. 285
haute , & une Galerie baffe
par lefquelles on y entre, &
dont les ouvertures ne font
point fermées , ce qui faifoit
paroiftre les Luftres , les
Bras dorez , & les Tableaux ,
dont ces
eftoient remplies . Le Roy
traverfa une partie de cette
Galerie pour fe rendre dans
l'Orangerie , où un Concert
eftoit préparé. Il entra par
le bout oppofé à l'endroit
où eftoient ceux qui devoient
faire ce Concert.
Ainfi ce Prince les vit tous
d'abord en face. On avoit
deux Galeries
286 MERCURE
pris fept Toifes de profondeur
pour les Places , Elles
eftoient feparées du cofté
de l'Orangerie par de grands
Pilaftres de Marbre , qui
portoient une Façade ou
cinq Luftres eftoient attachez
. Le mefme ordre fuivoit
jufques au fond où paroiffoient
deux manieres
d'Escaliers de chaque cofté,
qui rampoient fuivant la
pente d'un Amphitheatre
qui eftoit dans le fond , &
qui paroiffoit conduire à une
Galerie , qui eftoit aufli dans
le fond au deffus de l'AmGALANT.
287
phitheatre. Tout ce fond
eftoit éclairé par beaucoup
de petits Luftres , & toutes
les faces des Pilaftres étoient
ornées de quantité de Plaques
portant plufieurs Bougies.
Tout le reste de l'Orangerie
eftoit paré d'une
tres- belle Tapiflerie
, reprefentant
toutes les Chaffes
des douze Mois de l'Année,
& de deux rangs de Luftres
qui régnoient depuis un
bout jufqu'à l'autre.
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Résumé : Reception faite au Roy par Mr le Marquis de Seignelay, dans sa Maison de Seaux. [titre d'après la table]
Le roi effectua une visite à Sceaux le 16 juillet 1685, initialement reportée en raison de la pluie. La visite était réservée à des personnes distinguées et aux officiers de la Maison Royale. Accompagné de membres de la famille royale et de nobles, le roi fut accueilli par le marquis de Seignelay et d'autres dignitaires. Il visita des pièces élégamment meublées, puis se promena dans les jardins avec le marquis. Ils traversèrent diverses allées jusqu'au Pavillon de l'Aurore, orné d'une peinture de Le Brun, où des rafraîchissements et des musiciens étaient disponibles. La visite se poursuivit dans un grand salon, mais celui-ci ne pouvait pas accueillir tous les courtisans. Ces derniers se promenèrent donc dans le jardin, appréciant l'air frais et la vue sur les bois, plaines et collines. Ils découvrirent plusieurs attractions, notamment une pièce d'eau, une salle des Maronniers avec cinq fontaines, un labyrinthe de bois avec des fontaines, et une allée d'eau bordée de bustes et de jets d'eau. La promenade se poursuivit jusqu'au pavillon des Quatre Vents, près d'une autre pièce d'eau où le roi décida de se reposer. Des gondoles dorées naviguaient sur l'eau, mais le roi préféra explorer une cascade, admirant sa beauté. Des musiciens jouaient des hautbois, contribuant à l'ambiance agréable. La visite s'acheva par un concert dans l'orangerie, richement décorée avec des pilastres de marbre, des lustres et une tapisserie illustrant les chasses des douze mois de l'année.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 196-224
Discours prononcé à la loüange du Roy sur la destruction de l'Heresie, par le Pere Quartier Jesuite, avec la description du lieu où ce Discours a esté prononcé, [titre d'après la table]
Début :
Le 17 du mois passé le Pere Quartier, l'un des Professeurs de la [...]
Mots clefs :
Professeur, Louis le Grand, Hérésie, Éloquence, Piété, Succès, Orateur, Religion, Henry IV, Louis XIII, Rébellion, Latin, Inscription, Devise, Tapisserie, Décors, Temples, Erreurs, Calvin, Bonté
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Discours prononcé à la loüange du Roy sur la destruction de l'Heresie, par le Pere Quartier Jesuite, avec la description du lieu où ce Discours a esté prononcé, [titre d'après la table]
Le 17. du raoispaslele Pere
Quarta er,lW'dcs Professeurs. ;
de. la Rhétorique att toWege
de Louis le Grand r pro
nonça une Harangue Latine
a l'honneur, du Roy fur la.
destructionde i'Hcrefie,dans
•;Ja^^elîe\í|ít voira^çautanc
deiiusteíseque cfclòqucncc.
.que la Pieté avoit este le seul
motif qui avoir ínípiní aï»
Roy le dcíïèin d'une fi glo
rieuse entreprise , que la &-
geûe luy avoir fourny les
moyens de 1 executer t&qùe
le bonheur en avoir rendu le
succès tel qu'on eust pû le
GALANT. 157
soufra ittcc; f*4r le Cardinal!
Ranuzzi avec pfusieurs Pre
lats & un grand nombre de
personnesd'un rang distingué
y aísista, & fat complimente
par des En.fans de la, premiere
Gualité.Tout îc monde sortit
fort satisfait de l'Orateur , &
particulierement de ce qu'il
loua ceCardinal d'une manie
re qui répondit parfaitement
à Tidée que toute la France a.
conçue de son merite. Le Heu
où' se prononça la Harangue
estoit orné de quantité d'inscriptions&
de devises qu r: ren>
fërmoiént tous les' moyens.
.198 MERCURE
dont Ici Roy s'est servy poar
détruire i'Heresie en France.
Un > Are. dé « triomphe d'un
OrdreTofcan estoit à l'entrée.
. La Religion tenant dans sa
main droite un Calice fur le
quel eítoit une Hostie lumi
neuse % & ayant le saintEfprit
'au defïùs de sa Teste , y *pa~
roiísoit dans l'endroit le plus
releve' , fupi uri Char tiré par
^deux Chevaux blancs. On
i vóyoït le Roy sûr un Piédestal
à costé d'elle , avec un Scep
tre à la main , pour faire voir
que ía justice & l'authòrité.de
{es Edits font les feules Ar
tnes dont il s'est fervy pour
detruire l'Heresie qu'on avoit
representée à ses pieds fous la
figure d'une Hidre.Les Bustes
deHenry IV. & deLouis XIII,
qui ont commencé íi heu
reusement à affoibrir l'Here-
&e dans le Royaume , estoir
auprés de la Figure du Roy.
Geiuy deHenry IV, estoit à
la droite fur un Fronton com
posé avec çe mot ,Jdehella'víti
écrit dans la Frise au deflòus
de çe Fronton. On sçait que
ce Prince .affoiblit extreme*
ment le party des Heretiques
en leur ostant leur plus fer-
R iiij
2ôo MERCURE
me s ppuy, lors qu'il renonça?
publiquement aux erreurs
dans lesquelles il avoit veicft
ju sqúfâlorS , Ce qû i en£&gfc*
les Princes de son Sangàem*
braiser comme luy la Relr*
gion Ca t ho! ique.Cette actiotk
estbit represeitf ee dans x*ti
Bas.réîter? e% forme d'ovaifcy
qu on voyoir daés Páfótei
devèk (ks.Golonnes avec cett*
BusteWíioôis X in . placé> sor
un semblable Fronton au d e£
fòus duquel on îisok ce moi
dans h éèiíe Jpvmttti fàísoic
face de l'autre collé au Buste
GALANT 2ot
de Henry IV. Ces autres
Wprs, Kup£ÏÏa expugnata, marquoient
dans le bas Relief
entre, les Colomnes ,que la.
prise de la Rochelle avoit
reprimé la rebellion des Hex
retiques ^ qui s'estoient reti
rez d'ans cette place avec
f&£çes leW j&FÇQ$. ¥a tGarj,
touche ^l^;<$V9Ìt placé
dans le Fronton de la porte,
represcntoit la démolît ion du
Temple de Charenton avec
ces mots. EdiSfam Nawetmjè
abrogAtum^ & cet aurre j&iqr
j>lus bas JE^i«^/>>jipouif faine
2oî MERCURE
ment éteint , THeresie , en
caíîant l'Edit de Nantes, 2c
en faisant détruire ceTemple.
Tout l'appareil jde la Salle
destinee à 1 a ceremonie,estoit
disposé par raportau deíîèin
de laHaranguequ'on y devoit
prononcer. Cette inscription
generale qu'on' Ji soi* <& bord
dans une Frise qui regnoit au
tour de la Salle, . t.' : . mr. •>
u ilfcVDOVIGO : MAGNQ.. j
AUCTA RELIGIONÇ.. ú
DEFENS A , RESTITVTA,
1 .AMPLI FIC A TA.
faisoit connoistre que cet
appareil estoit consacré à la
Gloire de Louis le Grand,
GALANT. 20?
pour avoir' soutenu les droirs
de l'ancienne Religion ,retably
son culte dans tous les en
droits du Royaume où l'Heresie
l'avoit aboly, étendu
íes bornes non feulement
dans la France , mais encore
dans les Pais écrangers. Sous
Un riche Dais estoic le Por
trait du Roy , soutenu d'un
costé parla'Pieté, de l'autre
par la Sagesse , tandis'que la
Felicite' Fe couronnoit , ce
qui faisoit voir que la Pieté
a inspiré à ce grand Monar
que le dessein d'exterminer
l'Heresie , que la Sagesse luy
2o4 MERCURE
en a foUrny les moyens , St
qie la Felicité a couronne
cette glorieuse entreprise.
C'est ce qu exprimoit cetee
inscription.
. EXTINXIT,
INSPIRANTE PIETATE,
PROMOVENTE SAP1ENT1A,
ÎELICITATE CORONANTE.
. A l'autre bout de la Salle,
& vis à vis du Portrait du
Roy , on voyois la Religion
dans une attitude qui fatsoit
. connoistre íà tranquillité.Elte
avait les yeux arrestez {ìir ce
Monarque , comme pour le
remercier du repos qu'elle
lu.y dpit, ce qu'elle exprimoit
GALANT. 20s
,j>ar deux Devises. Le Corps
de lune estbk une hautò
Montagne jíéWkfrée prefqu*
•de tous codiez par les rayons
du Soleit foret^'^s^ap^roehe'
Ixalíénnes pou^ àjiié, Vìusìtu
Roy est de verni grand par&fr
Vertus & paries Conqueste*,
pltìs il a trafvaiMà ètcínorcr lá
Religion. Une Vigne deve*
ifcrë pl«s feelle j& plus éten
due paf 4 appuy ou cite re^
eoit d'un grand arbre , faifoit
le Corps de l'autre I^evh'ey
zo6 MERCURE
&ees motsluy servoicnt d'a-
VdCyAmpJificat^fulàt, tutatur&
ornat , ce qui Faisoit voir, que
íì la Religion s'est étendue si
loin au dedans & au dehors
du Royaume , elle en est re
devable à la Pieté du Roy.
... La Galerie qui regne íùr
les trois faces de la Salle , étoit
tendue d'une Tapiíïèrie
eje verdure íùr laquelle on
aVoit disposé dix Inscriptions
qui expliquoient les moyens
dont le Roy s'est servy pour >
détruire l'Heresie en France.
La premiere Inscription marquoit
que le Roy ayant osté
GALANT. 207
aux Heretiques les Charges
qu'ils possedoient dans l'Epée
& dans la Robe , & les ayant
éloignez du Commerce ôc
des Ecoles, avoit rendu l'Hc
resie auíïì méprisable qu'elle
l'estoit lors qu'elle avoit
commencé à fe répandre. En,
voicy les cermes.
' ' , QJJ O D :
EJECTAM AULA , FORO , CASTRIS4 ,
COMMERCIO , SCHOLIS,,
H'^RESIM
AD NATALES TENEBRAS,
jVC P R I M A M IGNOBILITATJEM:
a.x ,.;iPAMNAV I.TV»; : ,
Cette Inscription estoic ex*
pliquee par deux Devises,
çour le sauver plus aifëment
da naufrage. On y liíbic ces
'paroles Q foret jatfum x èduh
?:.ìi ì íi.to s.» 3
Ogel^ucs Arbres j 49ns pîi
a coupé toutes les branches
à i& reserve de celles qui font
À la cime, faiíbient le Corps
^ia' .íecaa^è Deviíe Ivok
ces paroles, t/íC^/b affurgant*
.Afrique v$rs le ÇùlUsfuijfeat.
ver».
GAL&Ws,
Ea seconde Inícnptionexw
pîique'e. par deux'. Devises,
comme toutes les autres
estoit conceuë en ces termes.
EX C 15 1 S^TQTA GALLIAI
F AN ÍS IMPIIS MI LLE ,
EK.ECT.IS S A CR IS' j£DIBUSS
SE X A G I NT A>
HvERESEOS FUNDAMENTAv
CONVULSIT,
HELIGIONIS DÏTIONEM
. ; AMPLIAVIT.
n
DesMbntagnes& desRai.
chers entasiez lès uns fur les.;
autres pour escalader lès.
Êieux , & renversez* par uni
cou p de foudre , ma rqu oknec
4io MERCURE
les Temples des Herretiques
íabatus dans tout le Royaume.
Ces paroles serv oient d'Ame
à cette premiere Devise,
Jguod contraJuperos extmfiía.
Contre le Ciel ils estaient élevez^
'C Cx
,,1/autre Devise estoit le So
leil > qui d'un çosté fait fon
dre des Montagnes de neiges,
& de l'autre cleve des Va
peurs, avec ces mots , Hinc
defiruit , erigit inde.
S'il abat d'une part , il elezte de
' " fautre:
La troisième Inscription
çomprenoit par ces paroles
GALANT, zn
Te'Ioignement des Ministres
qui soûtenoient les esprits
dans les Erreurs de Calvin, &
dont la presence auroit empeschéles
progrès de la Reli
gion Catholique. ' . ; •>
. QUOD "
PULSIS E REGNI FINIBUS
LETIFÈRjE DOCTRINE
MAGÏSTÍUS,
SUUM HJRESI PRiESIDIUM
AC SPEM OMNEM ER1PUIT.
j. La premiere^ Devise estoiç
une Hydre avec toutes ses
Testes abatu'ës , & ces mots ,
Wfteuntabjàjf* ngcerg^iv,. .']
S ij
m MERCURE
. \*:$tfwe7^es fa Corps , leur vinsib
r&peuf nwre. rlcì^'r i n*
Dans ìa íeco«de on voyoits
T Aurore dilîipant par sa pre
sence ces petifs íèux qut lui
sent quelquefois pendant la
nuit , & qui .conduisent in
sensiblement nans les preci
pices , & dans les Rivieres.
Vunejtos dissipat ignes.
Leur faux brillant trofnpoit3 fort
éclat les di.ffìp».
Les Enfans des Calvinistes
que le Roy s'est ctï"ai,gêtlttymeíme
de faire elever dans îa
Religion Catholiques , fai^t
soient le íùjet 4eÀ quatçi©^p
13 ALANT
me Inícriprion , dont voicy^
ses ternies, ;n.V." . ;
. vr.u
civoft
AVULS05 AB H^RESIS GKEMIO
IN SINIJM AVIT^E RELIGIONISi
Les deux Devises estoienr,,
l'une de> jeunes Sauvageons,
entez fur de bons Arbres
avec ces paroles, íUíc vemevt
selicìus. '.v' '
feront en ÌM9' beaucoup
, mieujç fleyeí ; . . , : .
& l'autre, une branche de Co~
rail, qui ne devient precieux
qu aprés avoir, este tiré de
ai4 MERCURE
Mer avec ce mot Radicate
nulla , Jradicato tutto fvale.
De la main qui íarrache il reçoit
tout son prix. '* '
La cinquieme Inscription
regardoic les avantages que
la Religion Catholique a re
tirez des Missionnaires que
Sa Majesté a envoyez dans
tous les endroits du Royau
me où l'Heresie s'estoit ré
pandue, ce qui eítoit marque'
par ces mots. 3v Y '• .;
au o d
I.NSINGULAS GÁILLEPR0V1NCIAS
.M.1SSIS DÌVINI VERBI
GALANT,
POPULIS ERRORES MALOS
DE P U LIT,
PRISTINAM RELIGIONIS SPECIEM
REVOCAVIT. .
Elle estoit accompagnee de
ces deux Devises. L' Attre qui
precede le lever du Soleil
ravec ces paroles , Fugat tenebrcLs
, lucemque reducit.
jl ramene le jour en chaffant les
tenèbres. .'.'>;. .a
Des Phares élevez fur le
bord de la Mer , Monfirant
portumque 3 <viamque.
Ils montrent le chemin , &con-
^Luisent au <Pfr£, , . j, .>, , \
. La . sixième . Inscription &
*tf MERCURE
toit sur la bonté avec laquelle v
lè Roy a reçeu les nouveaux
Convertis , se faisant un pláiíìr
de les combler de ses gra
ces , afinde porter ceux qui
demeuroient engager dans
l'Herefie , à suivre lexemple
des auçrçs^ Voicy les termes ,
de Hnícriptioní L,?q,;y
* >> . v:^rRQÎ^q0 0:'' TíJ'XJLJ :
RfiGIA IN DESERENTES HjERBSIM,
LIBER ALI TATE,
. (LCTEROS Ap EANDEM;
."'A;ByfURANDAM,
ÍNV IT AV IT.
Les deux Devises quiTex»
,'• GALANT- %m
miere une Nacre de Perle
qui s'ouvre en mefme remps
•que le Soleil levant fait tom
ber la rosee , avec ces paroles,
Dona <vum in^veniunt.
Sçs.Prescns hy font un passage.
.:" Là' 'féconde representoit
des Vapeurs élevées par la
chaleur du Spleil , avec ces
mots , Ernos Coelo tîitt munem
tolkíî2t. ri p r rr i p Q y.\ f 1 ; >
Voì hten.fMts ' tóut-fu Jfjms nous
elevent au Ciel, 54 I
^ iÇPSéNMÍÏòit par ces pa
roles de la septième Inscrip
tion y,
Janvier 1686. T
ki8 MERCURE )
Q^U O D
OBSTINAT AM H #R E 51 M
, SOXO MILITUM STREPITU,^
RELIGIONIS DOCILÉM
î E C I T.
que íî le Roy aprés avoir
employé les plu« doux
moyens , s'eítoit veii con
traint de recourir à des re
medes un peu plus forts , on
avoit deu plûtbft l'imputerà
li bonté&àla tendreííe qu'il
avoic pour ses Sujets Herre
tiques , qua auciïffê envie
d'ufe.r de rìg icur contre eux^
Des Chiens qui couroienc
GALANT 219
aprés des Brebis égarées pour
?les ramener dans le Trou
peau fartaient leCôrps de la
premiercDevise aveç ce mot,
Vis arnica.
C'est une dsuce violence.
. ^L'autre estait un Diamant
<jue l'on tailloir , avec ces
paroles , Ben mi fa cki mi feri/
ce.
~ . Qui mefrappe me fait du bien.
. La revocation de l'Edit de
Nantes estoit expliquée en
ces termes dans la huitième
inscription.
*io MERCURE
A F F Lì C T A M* PR £T E R ITIS
CLADI BO S ' !
$Dl Ç.T I NANNETE.N^IS^
ABROGAT IÒ.NE 'é&OTECITÍ,
Le noeud Gordien coupé
:par la main d'Alexandre , faiioit
je Corps de, la premiere
Devise qui kceompagnoit
cette Inscription avec ces pa
roles , Frufíra tentassent al>f.
D'antres en vain L'auroient tenté
íhKa fecondeeítoit uneColomne^
quipâiP sa cheute en
traînait 4ans sa ruine tout
un Edifice qu'elle soûtenoit.
GALANT.. ztt
Traxit convulja ruinam,
Elie entraîne en tombant tout lè'
rejie aprés foy.
Les deàx Devises qui accompagnoient
la neuviéme:
Inscription conceue en ces.
termes,, ) ->ì r. ioO î.:nv.s' 'i ! ,
CONSTANT1 PIETAT1S EXEMPL0-.
RELIGION I PONDUS AC
fkisoient connoistre que le
Roy a. plus fait pour la. Reli
gion. par les exemples de fa
piete , que par tous les autres1,
moyens, dont il s'est ser.vy,
1 iif.
MERCURE.
contre l'Heresie. La premie
re eíloic une pierre d'Aiman
enlevant plusieurs anneaux
de fer^No» <vi3fêd<virtute\.
Par sa vertu' plùtòft que par lie
. ìi *\ Vi " i r
La seconde ëstbit le Soleil
avec un Cadran , une Pen
dule , une Montre ,&c. Otnnibtis
exemplum est , regalct,,
Jt est de toifs le m&ìelle & la regle.
La ; d'eVnidre Inscription
marqûòí rcjbé le ieîe du Roy
pout la kèîiçion Catholique
ne s'est: pas renferme dárvs la'
France . mais qu'il s est éten
du dans i'Europe par l'appuy
.. GALA W, m?
qu'il adonné aux Peine es ses
Voisins dans les afíaires de la
Religion,, & meírae dans les»
Pays les plus éloignez par les
Miíïions yôc parles celebres
Arnbaûades qu'il y envoyé
dans respeE^nce î d'y. átabíir
le "Cu lte du "y ra m pieu.i ,'Çette
Inscription qui fe Iifoit en ces
termes T . .
*W REMÒTÍS S ÏMÁS OR AS
B R O P A G A R E
ï E L I C rf Etf P'È'R' ^fe N T 'A VIT..
.T mjy
eíloir expliquee par ces.
deux Devises. La premiere
a voit pour corps le Soleil ,
qui: du centre de ; IjUriMreafe.
ou Copernic le faic immobile,
répand sa lumiere dans tour
le monde. HinC t&tmn' lucét in
De la dans tyujt fe mvnde ilr&* '
pand fa lumiere. » y
La seconde estoit un Fleu
ve dans fa source. DafioU
D'abàri aux Siens , ensuite aux
Etrangers.
Quarta er,lW'dcs Professeurs. ;
de. la Rhétorique att toWege
de Louis le Grand r pro
nonça une Harangue Latine
a l'honneur, du Roy fur la.
destructionde i'Hcrefie,dans
•;Ja^^elîe\í|ít voira^çautanc
deiiusteíseque cfclòqucncc.
.que la Pieté avoit este le seul
motif qui avoir ínípiní aï»
Roy le dcíïèin d'une fi glo
rieuse entreprise , que la &-
geûe luy avoir fourny les
moyens de 1 executer t&qùe
le bonheur en avoir rendu le
succès tel qu'on eust pû le
GALANT. 157
soufra ittcc; f*4r le Cardinal!
Ranuzzi avec pfusieurs Pre
lats & un grand nombre de
personnesd'un rang distingué
y aísista, & fat complimente
par des En.fans de la, premiere
Gualité.Tout îc monde sortit
fort satisfait de l'Orateur , &
particulierement de ce qu'il
loua ceCardinal d'une manie
re qui répondit parfaitement
à Tidée que toute la France a.
conçue de son merite. Le Heu
où' se prononça la Harangue
estoit orné de quantité d'inscriptions&
de devises qu r: ren>
fërmoiént tous les' moyens.
.198 MERCURE
dont Ici Roy s'est servy poar
détruire i'Heresie en France.
Un > Are. dé « triomphe d'un
OrdreTofcan estoit à l'entrée.
. La Religion tenant dans sa
main droite un Calice fur le
quel eítoit une Hostie lumi
neuse % & ayant le saintEfprit
'au defïùs de sa Teste , y *pa~
roiísoit dans l'endroit le plus
releve' , fupi uri Char tiré par
^deux Chevaux blancs. On
i vóyoït le Roy sûr un Piédestal
à costé d'elle , avec un Scep
tre à la main , pour faire voir
que ía justice & l'authòrité.de
{es Edits font les feules Ar
tnes dont il s'est fervy pour
detruire l'Heresie qu'on avoit
representée à ses pieds fous la
figure d'une Hidre.Les Bustes
deHenry IV. & deLouis XIII,
qui ont commencé íi heu
reusement à affoibrir l'Here-
&e dans le Royaume , estoir
auprés de la Figure du Roy.
Geiuy deHenry IV, estoit à
la droite fur un Fronton com
posé avec çe mot ,Jdehella'víti
écrit dans la Frise au deflòus
de çe Fronton. On sçait que
ce Prince .affoiblit extreme*
ment le party des Heretiques
en leur ostant leur plus fer-
R iiij
2ôo MERCURE
me s ppuy, lors qu'il renonça?
publiquement aux erreurs
dans lesquelles il avoit veicft
ju sqúfâlorS , Ce qû i en£&gfc*
les Princes de son Sangàem*
braiser comme luy la Relr*
gion Ca t ho! ique.Cette actiotk
estbit represeitf ee dans x*ti
Bas.réîter? e% forme d'ovaifcy
qu on voyoir daés Páfótei
devèk (ks.Golonnes avec cett*
BusteWíioôis X in . placé> sor
un semblable Fronton au d e£
fòus duquel on îisok ce moi
dans h éèiíe Jpvmttti fàísoic
face de l'autre collé au Buste
GALANT 2ot
de Henry IV. Ces autres
Wprs, Kup£ÏÏa expugnata, marquoient
dans le bas Relief
entre, les Colomnes ,que la.
prise de la Rochelle avoit
reprimé la rebellion des Hex
retiques ^ qui s'estoient reti
rez d'ans cette place avec
f&£çes leW j&FÇQ$. ¥a tGarj,
touche ^l^;<$V9Ìt placé
dans le Fronton de la porte,
represcntoit la démolît ion du
Temple de Charenton avec
ces mots. EdiSfam Nawetmjè
abrogAtum^ & cet aurre j&iqr
j>lus bas JE^i«^/>>jipouif faine
2oî MERCURE
ment éteint , THeresie , en
caíîant l'Edit de Nantes, 2c
en faisant détruire ceTemple.
Tout l'appareil jde la Salle
destinee à 1 a ceremonie,estoit
disposé par raportau deíîèin
de laHaranguequ'on y devoit
prononcer. Cette inscription
generale qu'on' Ji soi* <& bord
dans une Frise qui regnoit au
tour de la Salle, . t.' : . mr. •>
u ilfcVDOVIGO : MAGNQ.. j
AUCTA RELIGIONÇ.. ú
DEFENS A , RESTITVTA,
1 .AMPLI FIC A TA.
faisoit connoistre que cet
appareil estoit consacré à la
Gloire de Louis le Grand,
GALANT. 20?
pour avoir' soutenu les droirs
de l'ancienne Religion ,retably
son culte dans tous les en
droits du Royaume où l'Heresie
l'avoit aboly, étendu
íes bornes non feulement
dans la France , mais encore
dans les Pais écrangers. Sous
Un riche Dais estoic le Por
trait du Roy , soutenu d'un
costé parla'Pieté, de l'autre
par la Sagesse , tandis'que la
Felicite' Fe couronnoit , ce
qui faisoit voir que la Pieté
a inspiré à ce grand Monar
que le dessein d'exterminer
l'Heresie , que la Sagesse luy
2o4 MERCURE
en a foUrny les moyens , St
qie la Felicité a couronne
cette glorieuse entreprise.
C'est ce qu exprimoit cetee
inscription.
. EXTINXIT,
INSPIRANTE PIETATE,
PROMOVENTE SAP1ENT1A,
ÎELICITATE CORONANTE.
. A l'autre bout de la Salle,
& vis à vis du Portrait du
Roy , on voyois la Religion
dans une attitude qui fatsoit
. connoistre íà tranquillité.Elte
avait les yeux arrestez {ìir ce
Monarque , comme pour le
remercier du repos qu'elle
lu.y dpit, ce qu'elle exprimoit
GALANT. 20s
,j>ar deux Devises. Le Corps
de lune estbk une hautò
Montagne jíéWkfrée prefqu*
•de tous codiez par les rayons
du Soleit foret^'^s^ap^roehe'
Ixalíénnes pou^ àjiié, Vìusìtu
Roy est de verni grand par&fr
Vertus & paries Conqueste*,
pltìs il a trafvaiMà ètcínorcr lá
Religion. Une Vigne deve*
ifcrë pl«s feelle j& plus éten
due paf 4 appuy ou cite re^
eoit d'un grand arbre , faifoit
le Corps de l'autre I^evh'ey
zo6 MERCURE
&ees motsluy servoicnt d'a-
VdCyAmpJificat^fulàt, tutatur&
ornat , ce qui Faisoit voir, que
íì la Religion s'est étendue si
loin au dedans & au dehors
du Royaume , elle en est re
devable à la Pieté du Roy.
... La Galerie qui regne íùr
les trois faces de la Salle , étoit
tendue d'une Tapiíïèrie
eje verdure íùr laquelle on
aVoit disposé dix Inscriptions
qui expliquoient les moyens
dont le Roy s'est servy pour >
détruire l'Heresie en France.
La premiere Inscription marquoit
que le Roy ayant osté
GALANT. 207
aux Heretiques les Charges
qu'ils possedoient dans l'Epée
& dans la Robe , & les ayant
éloignez du Commerce ôc
des Ecoles, avoit rendu l'Hc
resie auíïì méprisable qu'elle
l'estoit lors qu'elle avoit
commencé à fe répandre. En,
voicy les cermes.
' ' , QJJ O D :
EJECTAM AULA , FORO , CASTRIS4 ,
COMMERCIO , SCHOLIS,,
H'^RESIM
AD NATALES TENEBRAS,
jVC P R I M A M IGNOBILITATJEM:
a.x ,.;iPAMNAV I.TV»; : ,
Cette Inscription estoic ex*
pliquee par deux Devises,
çour le sauver plus aifëment
da naufrage. On y liíbic ces
'paroles Q foret jatfum x èduh
?:.ìi ì íi.to s.» 3
Ogel^ucs Arbres j 49ns pîi
a coupé toutes les branches
à i& reserve de celles qui font
À la cime, faiíbient le Corps
^ia' .íecaa^è Deviíe Ivok
ces paroles, t/íC^/b affurgant*
.Afrique v$rs le ÇùlUsfuijfeat.
ver».
GAL&Ws,
Ea seconde Inícnptionexw
pîique'e. par deux'. Devises,
comme toutes les autres
estoit conceuë en ces termes.
EX C 15 1 S^TQTA GALLIAI
F AN ÍS IMPIIS MI LLE ,
EK.ECT.IS S A CR IS' j£DIBUSS
SE X A G I NT A>
HvERESEOS FUNDAMENTAv
CONVULSIT,
HELIGIONIS DÏTIONEM
. ; AMPLIAVIT.
n
DesMbntagnes& desRai.
chers entasiez lès uns fur les.;
autres pour escalader lès.
Êieux , & renversez* par uni
cou p de foudre , ma rqu oknec
4io MERCURE
les Temples des Herretiques
íabatus dans tout le Royaume.
Ces paroles serv oient d'Ame
à cette premiere Devise,
Jguod contraJuperos extmfiía.
Contre le Ciel ils estaient élevez^
'C Cx
,,1/autre Devise estoit le So
leil > qui d'un çosté fait fon
dre des Montagnes de neiges,
& de l'autre cleve des Va
peurs, avec ces mots , Hinc
defiruit , erigit inde.
S'il abat d'une part , il elezte de
' " fautre:
La troisième Inscription
çomprenoit par ces paroles
GALANT, zn
Te'Ioignement des Ministres
qui soûtenoient les esprits
dans les Erreurs de Calvin, &
dont la presence auroit empeschéles
progrès de la Reli
gion Catholique. ' . ; •>
. QUOD "
PULSIS E REGNI FINIBUS
LETIFÈRjE DOCTRINE
MAGÏSTÍUS,
SUUM HJRESI PRiESIDIUM
AC SPEM OMNEM ER1PUIT.
j. La premiere^ Devise estoiç
une Hydre avec toutes ses
Testes abatu'ës , & ces mots ,
Wfteuntabjàjf* ngcerg^iv,. .']
S ij
m MERCURE
. \*:$tfwe7^es fa Corps , leur vinsib
r&peuf nwre. rlcì^'r i n*
Dans ìa íeco«de on voyoits
T Aurore dilîipant par sa pre
sence ces petifs íèux qut lui
sent quelquefois pendant la
nuit , & qui .conduisent in
sensiblement nans les preci
pices , & dans les Rivieres.
Vunejtos dissipat ignes.
Leur faux brillant trofnpoit3 fort
éclat les di.ffìp».
Les Enfans des Calvinistes
que le Roy s'est ctï"ai,gêtlttymeíme
de faire elever dans îa
Religion Catholiques , fai^t
soient le íùjet 4eÀ quatçi©^p
13 ALANT
me Inícriprion , dont voicy^
ses ternies, ;n.V." . ;
. vr.u
civoft
AVULS05 AB H^RESIS GKEMIO
IN SINIJM AVIT^E RELIGIONISi
Les deux Devises estoienr,,
l'une de> jeunes Sauvageons,
entez fur de bons Arbres
avec ces paroles, íUíc vemevt
selicìus. '.v' '
feront en ÌM9' beaucoup
, mieujç fleyeí ; . . , : .
& l'autre, une branche de Co~
rail, qui ne devient precieux
qu aprés avoir, este tiré de
ai4 MERCURE
Mer avec ce mot Radicate
nulla , Jradicato tutto fvale.
De la main qui íarrache il reçoit
tout son prix. '* '
La cinquieme Inscription
regardoic les avantages que
la Religion Catholique a re
tirez des Missionnaires que
Sa Majesté a envoyez dans
tous les endroits du Royau
me où l'Heresie s'estoit ré
pandue, ce qui eítoit marque'
par ces mots. 3v Y '• .;
au o d
I.NSINGULAS GÁILLEPR0V1NCIAS
.M.1SSIS DÌVINI VERBI
GALANT,
POPULIS ERRORES MALOS
DE P U LIT,
PRISTINAM RELIGIONIS SPECIEM
REVOCAVIT. .
Elle estoit accompagnee de
ces deux Devises. L' Attre qui
precede le lever du Soleil
ravec ces paroles , Fugat tenebrcLs
, lucemque reducit.
jl ramene le jour en chaffant les
tenèbres. .'.'>;. .a
Des Phares élevez fur le
bord de la Mer , Monfirant
portumque 3 <viamque.
Ils montrent le chemin , &con-
^Luisent au <Pfr£, , . j, .>, , \
. La . sixième . Inscription &
*tf MERCURE
toit sur la bonté avec laquelle v
lè Roy a reçeu les nouveaux
Convertis , se faisant un pláiíìr
de les combler de ses gra
ces , afinde porter ceux qui
demeuroient engager dans
l'Herefie , à suivre lexemple
des auçrçs^ Voicy les termes ,
de Hnícriptioní L,?q,;y
* >> . v:^rRQÎ^q0 0:'' TíJ'XJLJ :
RfiGIA IN DESERENTES HjERBSIM,
LIBER ALI TATE,
. (LCTEROS Ap EANDEM;
."'A;ByfURANDAM,
ÍNV IT AV IT.
Les deux Devises quiTex»
,'• GALANT- %m
miere une Nacre de Perle
qui s'ouvre en mefme remps
•que le Soleil levant fait tom
ber la rosee , avec ces paroles,
Dona <vum in^veniunt.
Sçs.Prescns hy font un passage.
.:" Là' 'féconde representoit
des Vapeurs élevées par la
chaleur du Spleil , avec ces
mots , Ernos Coelo tîitt munem
tolkíî2t. ri p r rr i p Q y.\ f 1 ; >
Voì hten.fMts ' tóut-fu Jfjms nous
elevent au Ciel, 54 I
^ iÇPSéNMÍÏòit par ces pa
roles de la septième Inscrip
tion y,
Janvier 1686. T
ki8 MERCURE )
Q^U O D
OBSTINAT AM H #R E 51 M
, SOXO MILITUM STREPITU,^
RELIGIONIS DOCILÉM
î E C I T.
que íî le Roy aprés avoir
employé les plu« doux
moyens , s'eítoit veii con
traint de recourir à des re
medes un peu plus forts , on
avoit deu plûtbft l'imputerà
li bonté&àla tendreííe qu'il
avoic pour ses Sujets Herre
tiques , qua auciïffê envie
d'ufe.r de rìg icur contre eux^
Des Chiens qui couroienc
GALANT 219
aprés des Brebis égarées pour
?les ramener dans le Trou
peau fartaient leCôrps de la
premiercDevise aveç ce mot,
Vis arnica.
C'est une dsuce violence.
. ^L'autre estait un Diamant
<jue l'on tailloir , avec ces
paroles , Ben mi fa cki mi feri/
ce.
~ . Qui mefrappe me fait du bien.
. La revocation de l'Edit de
Nantes estoit expliquée en
ces termes dans la huitième
inscription.
*io MERCURE
A F F Lì C T A M* PR £T E R ITIS
CLADI BO S ' !
$Dl Ç.T I NANNETE.N^IS^
ABROGAT IÒ.NE 'é&OTECITÍ,
Le noeud Gordien coupé
:par la main d'Alexandre , faiioit
je Corps de, la premiere
Devise qui kceompagnoit
cette Inscription avec ces pa
roles , Frufíra tentassent al>f.
D'antres en vain L'auroient tenté
íhKa fecondeeítoit uneColomne^
quipâiP sa cheute en
traînait 4ans sa ruine tout
un Edifice qu'elle soûtenoit.
GALANT.. ztt
Traxit convulja ruinam,
Elie entraîne en tombant tout lè'
rejie aprés foy.
Les deàx Devises qui accompagnoient
la neuviéme:
Inscription conceue en ces.
termes,, ) ->ì r. ioO î.:nv.s' 'i ! ,
CONSTANT1 PIETAT1S EXEMPL0-.
RELIGION I PONDUS AC
fkisoient connoistre que le
Roy a. plus fait pour la. Reli
gion. par les exemples de fa
piete , que par tous les autres1,
moyens, dont il s'est ser.vy,
1 iif.
MERCURE.
contre l'Heresie. La premie
re eíloic une pierre d'Aiman
enlevant plusieurs anneaux
de fer^No» <vi3fêd<virtute\.
Par sa vertu' plùtòft que par lie
. ìi *\ Vi " i r
La seconde ëstbit le Soleil
avec un Cadran , une Pen
dule , une Montre ,&c. Otnnibtis
exemplum est , regalct,,
Jt est de toifs le m&ìelle & la regle.
La ; d'eVnidre Inscription
marqûòí rcjbé le ieîe du Roy
pout la kèîiçion Catholique
ne s'est: pas renferme dárvs la'
France . mais qu'il s est éten
du dans i'Europe par l'appuy
.. GALA W, m?
qu'il adonné aux Peine es ses
Voisins dans les afíaires de la
Religion,, & meírae dans les»
Pays les plus éloignez par les
Miíïions yôc parles celebres
Arnbaûades qu'il y envoyé
dans respeE^nce î d'y. átabíir
le "Cu lte du "y ra m pieu.i ,'Çette
Inscription qui fe Iifoit en ces
termes T . .
*W REMÒTÍS S ÏMÁS OR AS
B R O P A G A R E
ï E L I C rf Etf P'È'R' ^fe N T 'A VIT..
.T mjy
eíloir expliquee par ces.
deux Devises. La premiere
a voit pour corps le Soleil ,
qui: du centre de ; IjUriMreafe.
ou Copernic le faic immobile,
répand sa lumiere dans tour
le monde. HinC t&tmn' lucét in
De la dans tyujt fe mvnde ilr&* '
pand fa lumiere. » y
La seconde estoit un Fleu
ve dans fa source. DafioU
D'abàri aux Siens , ensuite aux
Etrangers.
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Résumé : Discours prononcé à la loüange du Roy sur la destruction de l'Heresie, par le Pere Quartier Jesuite, avec la description du lieu où ce Discours a esté prononcé, [titre d'après la table]
Le 17 du mois, les professeurs de rhétorique du collège Louis-le-Grand ont prononcé une harangue latine en l'honneur du roi pour célébrer la destruction de l'hérésie en France. Cette harangue mettait en avant la piété du roi comme motif principal, la sagesse comme moyen d'exécution et la félicité comme résultat. Le cardinal Ranuzzi et plusieurs prélats, ainsi qu'un grand nombre de personnes distinguées, ont assisté à cet événement. Le lieu était orné d'inscriptions et de devises rappelant les actions du roi contre l'hérésie. À l'entrée, un arc de triomphe représentait la Religion avec un calice lumineux et le Saint-Esprit, tandis que le roi, avec un sceptre, symbolisait la justice et l'autorité des édits royaux contre l'hérésie, figurée sous la forme d'une hydre. Les bustes de Henri IV et Louis XIII étaient également présents, soulignant leur contribution à l'affaiblissement de l'hérésie. Des inscriptions et des reliefs illustraient des événements clés, comme la prise de La Rochelle et la démolition du temple de Charenton, soulignant l'abrogation de l'Édit de Nantes. La salle était décorée pour refléter le thème de la harangue, avec une inscription générale célébrant la gloire de Louis le Grand pour avoir soutenu les droits de l'ancienne religion et étendu son influence. Le portrait du roi était soutenu par la Piété et la Sagesse, couronné par la Félicité. Plusieurs inscriptions et devises illustraient les efforts du roi pour promouvoir la religion catholique et combattre l'hérésie. Elles symbolisaient la persistance des hérétiques, la destruction des temples hérétiques, l'éloignement des ministres calvinistes, l'éducation des enfants calvinistes dans la foi catholique, et la bienveillance du roi envers les nouveaux convertis. Une inscription de janvier 1686 mentionnait l'utilisation de moyens plus stricts pour convaincre les hérétiques. L'inscription finale mettait en avant la piété exemplaire du roi et son soutien aux princes voisins dans les affaires religieuses, étendant ainsi l'influence catholique à travers l'Europe et au-delà.
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3
p. 2299-2301
Sacrifice d'Iphigenie, Tableau presenté au Roi, [titre d'après la table]
Début :
Le Tableau que M. Charles Coypel a fait pour être executé en Tapisserie pour [...]
Mots clefs :
Roi, Tableau, Tapisserie, Sacrifice, Victime
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texteReconnaissance textuelle : Sacrifice d'Iphigenie, Tableau presenté au Roi, [titre d'après la table]
Le Tableau que M. Charles Coypel
fait pour être executé en Tapifferie pour
fe Roi , aux Gobelins , fut expofé dans le
grand Appartement de S. M. à Verſailles,
fe z . de ce mois. Le Roi & la Reine
ont vû çe grand Ouvrage avec plaifir
L. M. en ont marqué leur fatisfaction à
Auteur , qui leur fut préfenté par le Duc
Dantin , toute la Cour a generalement
applaudi à cette admirable compofition .
Ce Tableau a 18. pieds de long fur 11.
de haut , & eft compofé de 30. figures .
Il repréfente le Sacrifice d'Iphigenie ;
on a choifi le moment où cette Princeffe
fe prefente à l'Autel , & dit le dernier
adieu à fon pere , en lui baifant la main .
Agamemnon , penetré de douleur , la
ferre
2300 MERCURE DE FRANCE
,
ferre dans fes bras , & l'on a tâché d'exprimer
la tendreffe d'un Pere fur le viſage
d'un Héros . Il ne paroît point murmurer
contre l'ordre des Dieux , ni vouloir s'oppofer
à leurs volontez , mais il laiffe juger
par fa douleur de la grandeur du Sacrifice
qu'il va leur faire . Neftor & Ulyffe
viennent l'arracher de l'Autel par des motifs
differens , la compaffion fait agir le
premier , la politique engage l'autre à prévenir
les obftacles que la tendreffe du fang
pourroit apporter à une action lui
qui paroît
auffi neceffaire qu'inhumaine. Calchas
& les Prêtres de fa fuite paroiffent
touchez du fort de la jeune Princeffe
ainfi que les Guerriers qui entourent l'Autel
. L'on a imaginé que rien n'étoit plus
capable de faire fentir la compaffion que
doit infpirer un Spectacle fi touchant,
que de la peindre fur le vifage de ceux
même qui font dans l'habitude de répandre
du fang. On a tâché auffi d'exprimer
les differens degrez & les differentes efpeces
de douleurs , felon la varieté d'âges
& de caracteres de ceux qui affiftent à ce
trifte Spectacle , & le plus ou moins d'interêt
qu'ils y prennent. On voit fur le
devant la Nourrice d'Iphigenic qui s'élance
avec fureur pour aller mettre obft
cle à l'accompliffement du Sacrifice . Elle
eft arrêtée par un Guerrier qui pleure luimême
OCTOBRE. 1730. 2301
même de le voir dans la neceflité de s'oppofer
à fon deffein . On y voit auffi deux
femmes de la fuite de la Princeffe , dont
la plus jeune veut fe cacher dans les bras
de l'autre , croyant déja voir le couteau
dans le fein de fa Maîtreffe , mais fa Compagne
, dans laquelle elle penfe trouver
du fecours , tombe elle- même évanoüie
fur elle.L'Autel eft environné de plufieurs
Inftrumens de Sacrifice , tels que le Couteau
facré , la Cuve dans laquelle on reçoit
le fang de la Victime , le Vafe qui
fervoit aux afperfions, la Caffette qui renfermoit
les Parfums , & autres , qui tous
expofez fans nul ménagement , fous les
yeux de la Victime , ôteroient aux Spectateurs
toute efperance , s'ils n'appercevoient
Diane qui defcend & qui donne
à penfer par un regard de compaffion
qu'elle laiffe tomber fur Iphigenie , qu'elle
ne vient que dans le deffein de la fauver,
la Déefle même commence à répandre fur
l'Armée cette vapeur , qui lui déroba la
connoiffance du fort de la Victime .
On préfenta auffi en même- temps au
Roi & à la Reine , deux Tableaux d'Architecture
de M. Meufnier , d'une beauté
finguliere , dont Leurs Majeftez parurent
trés-fatisfaites.
fait pour être executé en Tapifferie pour
fe Roi , aux Gobelins , fut expofé dans le
grand Appartement de S. M. à Verſailles,
fe z . de ce mois. Le Roi & la Reine
ont vû çe grand Ouvrage avec plaifir
L. M. en ont marqué leur fatisfaction à
Auteur , qui leur fut préfenté par le Duc
Dantin , toute la Cour a generalement
applaudi à cette admirable compofition .
Ce Tableau a 18. pieds de long fur 11.
de haut , & eft compofé de 30. figures .
Il repréfente le Sacrifice d'Iphigenie ;
on a choifi le moment où cette Princeffe
fe prefente à l'Autel , & dit le dernier
adieu à fon pere , en lui baifant la main .
Agamemnon , penetré de douleur , la
ferre
2300 MERCURE DE FRANCE
,
ferre dans fes bras , & l'on a tâché d'exprimer
la tendreffe d'un Pere fur le viſage
d'un Héros . Il ne paroît point murmurer
contre l'ordre des Dieux , ni vouloir s'oppofer
à leurs volontez , mais il laiffe juger
par fa douleur de la grandeur du Sacrifice
qu'il va leur faire . Neftor & Ulyffe
viennent l'arracher de l'Autel par des motifs
differens , la compaffion fait agir le
premier , la politique engage l'autre à prévenir
les obftacles que la tendreffe du fang
pourroit apporter à une action lui
qui paroît
auffi neceffaire qu'inhumaine. Calchas
& les Prêtres de fa fuite paroiffent
touchez du fort de la jeune Princeffe
ainfi que les Guerriers qui entourent l'Autel
. L'on a imaginé que rien n'étoit plus
capable de faire fentir la compaffion que
doit infpirer un Spectacle fi touchant,
que de la peindre fur le vifage de ceux
même qui font dans l'habitude de répandre
du fang. On a tâché auffi d'exprimer
les differens degrez & les differentes efpeces
de douleurs , felon la varieté d'âges
& de caracteres de ceux qui affiftent à ce
trifte Spectacle , & le plus ou moins d'interêt
qu'ils y prennent. On voit fur le
devant la Nourrice d'Iphigenic qui s'élance
avec fureur pour aller mettre obft
cle à l'accompliffement du Sacrifice . Elle
eft arrêtée par un Guerrier qui pleure luimême
OCTOBRE. 1730. 2301
même de le voir dans la neceflité de s'oppofer
à fon deffein . On y voit auffi deux
femmes de la fuite de la Princeffe , dont
la plus jeune veut fe cacher dans les bras
de l'autre , croyant déja voir le couteau
dans le fein de fa Maîtreffe , mais fa Compagne
, dans laquelle elle penfe trouver
du fecours , tombe elle- même évanoüie
fur elle.L'Autel eft environné de plufieurs
Inftrumens de Sacrifice , tels que le Couteau
facré , la Cuve dans laquelle on reçoit
le fang de la Victime , le Vafe qui
fervoit aux afperfions, la Caffette qui renfermoit
les Parfums , & autres , qui tous
expofez fans nul ménagement , fous les
yeux de la Victime , ôteroient aux Spectateurs
toute efperance , s'ils n'appercevoient
Diane qui defcend & qui donne
à penfer par un regard de compaffion
qu'elle laiffe tomber fur Iphigenie , qu'elle
ne vient que dans le deffein de la fauver,
la Déefle même commence à répandre fur
l'Armée cette vapeur , qui lui déroba la
connoiffance du fort de la Victime .
On préfenta auffi en même- temps au
Roi & à la Reine , deux Tableaux d'Architecture
de M. Meufnier , d'une beauté
finguliere , dont Leurs Majeftez parurent
trés-fatisfaites.
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Résumé : Sacrifice d'Iphigenie, Tableau presenté au Roi, [titre d'après la table]
Le tableau de Charles Coypel, destiné à être exécuté en tapisserie pour le roi aux Gobelins, a été exposé à Versailles le 23 octobre. Le roi et la reine ont exprimé leur satisfaction à l'auteur, présenté par le duc d'Antin, et la cour a applaudi la composition. Le tableau, mesurant 18 pieds de long sur 11 de haut, représente le sacrifice d'Iphigénie. Il montre le moment où la princesse se présente à l'autel et dit adieu à son père en lui baisant la main. Agamemnon, pénétré de douleur, la serre dans ses bras. Nestor et Ulysse tentent de l'arracher à l'autel pour des raisons différentes : la compassion pour le premier, la politique pour le second. Calchas, les prêtres, et les guerriers autour de l'autel semblent touchés par le sort de la jeune princesse. La nourrice d'Iphigénie est arrêtée par un guerrier en larmes, et deux femmes de la suite de la princesse réagissent différemment : l'une veut se cacher, l'autre est évanouie. L'autel est entouré d'instruments de sacrifice, mais Diane descend pour sauver Iphigénie, répandant une vapeur qui obscurcit la vision de l'armée. Deux tableaux d'architecture de M. Meusnier ont également été présentés au roi et à la reine, qui en ont été très satisfaits.
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4
p. 127-129
LOGOGRYPHE.
Début :
Ami Lecteur, j'offre à tes yeux [...]
Mots clefs :
Tapisserie
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texteReconnaissance textuelle : LOGOGRYPHE.
LOGO GRYPHE.
A
Mi Lecteur , j'offre à tes yeux
Mille objets , & fur tout des Héros & des Dieux
Rappelle- toi la deſtinée
De cette fille infortunée ,
Victime d'un tranſport jaloux ;
Qui paya cher... mais taifons- nous.
Je dois à l'Art bien plus qu'à la Nature.
Dix pieds compofent ma ftructure.
Renverse-moi , je fuis un mets friand.
Combine-moi , fois patient ,
Tu trouveras le nom qu'on donne à ſa maîtreſſe.
D'un Dieu, prife autrement , j'excitai la tendreffe ;
Mais quel changement dans mon fort
A tes yeux m'a donné la mort !
Je vois paroître un Poëte célébre ,
Dont Mirabeau fir l'oraiſon funebre ,
Et le vafe brillant où coule la liqueur,
Qui raffûre la tête & réjouit le coeur.
F iiij
128 MERCURE DE FRANCE .
Au Firmament , globe qui brille .
Autour de moi l'hyver s'affemble la famille,
Veux-tu m'interroger encor ?
J'étois, au tems de l'âge d'or ,
De l'Egypte Dieu tutelaire ,
Et d'une Nymphe amant téméraire.
Quittons l'hiftoire & courons le pays 3
Tu trouveras d'abord les Etats des Sophis
Province non loin de l'Afie ;
Ville fameuse en Italie ;
En France une grande Cité ,
Dont le nom , fi l'on veut , en perfonne cité .
D'une autre caufa la ruine.
Mais j'en dis trop , on me devine.
Renfermops -nous & changeons le tableau.
Le même mot t'offre un Pape , un oiſeau ;
Un Elément ; un morceau de muſique ;
Un grand outrage ; animal domeftique ;
Mauvaiſe rencontre fur mer ;
Inftrument tranchant & de fer ;
Ce qu'en route aux foldats on donne ;
Un nom très cher ; un Directeur de None ;
En France un titre défiré ;
Nom au Monarque confacré ,
Ancienne piéce de monnoye ;
Vive expreffion de la joye ;
Mets des enfans de Mahomet ;
Ce qui précede un grand banquet ;
JUIN. 129
•
1750.
Ce qui fit tort au bon Nicaife ;
Ce qui fait qu'au Sermon on eft mal à fon aife ;
Deux notes de musique, & deux péchés mortels
Efprit qui renverfa le Trône & les Autels ;
D'une meute guide invifible ;
Piége où le prend tout animal terrible ...
Mais , Lecteur , je veux t'égayer ,
Et j'apperçois que je te laffe.
De trente mots je te fais grace ,
Car je craindrois de t'ennuyer.
L. B ** . R ** . L. B ** . B **.
A
Mi Lecteur , j'offre à tes yeux
Mille objets , & fur tout des Héros & des Dieux
Rappelle- toi la deſtinée
De cette fille infortunée ,
Victime d'un tranſport jaloux ;
Qui paya cher... mais taifons- nous.
Je dois à l'Art bien plus qu'à la Nature.
Dix pieds compofent ma ftructure.
Renverse-moi , je fuis un mets friand.
Combine-moi , fois patient ,
Tu trouveras le nom qu'on donne à ſa maîtreſſe.
D'un Dieu, prife autrement , j'excitai la tendreffe ;
Mais quel changement dans mon fort
A tes yeux m'a donné la mort !
Je vois paroître un Poëte célébre ,
Dont Mirabeau fir l'oraiſon funebre ,
Et le vafe brillant où coule la liqueur,
Qui raffûre la tête & réjouit le coeur.
F iiij
128 MERCURE DE FRANCE .
Au Firmament , globe qui brille .
Autour de moi l'hyver s'affemble la famille,
Veux-tu m'interroger encor ?
J'étois, au tems de l'âge d'or ,
De l'Egypte Dieu tutelaire ,
Et d'une Nymphe amant téméraire.
Quittons l'hiftoire & courons le pays 3
Tu trouveras d'abord les Etats des Sophis
Province non loin de l'Afie ;
Ville fameuse en Italie ;
En France une grande Cité ,
Dont le nom , fi l'on veut , en perfonne cité .
D'une autre caufa la ruine.
Mais j'en dis trop , on me devine.
Renfermops -nous & changeons le tableau.
Le même mot t'offre un Pape , un oiſeau ;
Un Elément ; un morceau de muſique ;
Un grand outrage ; animal domeftique ;
Mauvaiſe rencontre fur mer ;
Inftrument tranchant & de fer ;
Ce qu'en route aux foldats on donne ;
Un nom très cher ; un Directeur de None ;
En France un titre défiré ;
Nom au Monarque confacré ,
Ancienne piéce de monnoye ;
Vive expreffion de la joye ;
Mets des enfans de Mahomet ;
Ce qui précede un grand banquet ;
JUIN. 129
•
1750.
Ce qui fit tort au bon Nicaife ;
Ce qui fait qu'au Sermon on eft mal à fon aife ;
Deux notes de musique, & deux péchés mortels
Efprit qui renverfa le Trône & les Autels ;
D'une meute guide invifible ;
Piége où le prend tout animal terrible ...
Mais , Lecteur , je veux t'égayer ,
Et j'apperçois que je te laffe.
De trente mots je te fais grace ,
Car je craindrois de t'ennuyer.
L. B ** . R ** . L. B ** . B **.
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5
p. 98
ENIGME.
Début :
Le luxe m'a donné naissance ; [...]
Mots clefs :
Tapisserie
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texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGM E.
LE luxe m'a donné naiffance ;
Ma Cour étoit jadis dans le Nord de la France ,
A préſent je regne à Paris .
Du Printems retraçant l'image ,
Des graces , des jeux & des iis ,
Je forme le doux affemblage :
J'embellis les Palais , j'habite chez les Grands ,
Et rarement dans les Villages ;
Cependant les forêts , les hameaux , les paysages
Font mes principaux ornemens .
Agréable en Eté , dans l'Hyver plus commode ,
Je fuis dans tous les tems de fervice & de mode :
Par mes enchantemens divers
Je fais fous un conp d'oeil paroître l'Univers ;
Des plus beaux monumens que préfente l'Hiftoire
Je fçais rappeller la mémoire ;
Sans plume , fans pinceau , je trace les portraits ;
Tu vas bientôt , Lecteur , me connoître à ces traits.
Muyart.
LE luxe m'a donné naiffance ;
Ma Cour étoit jadis dans le Nord de la France ,
A préſent je regne à Paris .
Du Printems retraçant l'image ,
Des graces , des jeux & des iis ,
Je forme le doux affemblage :
J'embellis les Palais , j'habite chez les Grands ,
Et rarement dans les Villages ;
Cependant les forêts , les hameaux , les paysages
Font mes principaux ornemens .
Agréable en Eté , dans l'Hyver plus commode ,
Je fuis dans tous les tems de fervice & de mode :
Par mes enchantemens divers
Je fais fous un conp d'oeil paroître l'Univers ;
Des plus beaux monumens que préfente l'Hiftoire
Je fçais rappeller la mémoire ;
Sans plume , fans pinceau , je trace les portraits ;
Tu vas bientôt , Lecteur , me connoître à ces traits.
Muyart.
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6
p. 262
AVIS.
Début :
Le Sr Théodore Odiot, dont il a été mentionner dans le Mercure [...]
Mots clefs :
Théodore Odiot, Tapisserie, Equipage, Bâtiment, Toilette, Peinture en cire, Exposition
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texteReconnaissance textuelle : AVIS.
AVIS.
Sr Théodore Odiot , dont il a été mention
L'dans le Mercure de Mai , avertit le Public
qu'il entreprend toutes fortes d'ouvrages , tant en
équipages , bâtimens , toilettes , qu'en tapifferies
, imitant l'étoffe de foie , avec dorure & fans
dorure , & qu'il tient manufacturede couleurs ,
tant en huile qu'en détrempe & en cire , foit à la
térébenthine , ou à l'eau , pattel , & généralement
tout ce qui concerne la peinture.
Le même artiſte avertit le Public , qu'il a peint
une falle chez lui de fa nouvelle compofition en
cire. Il n'en réſulte aucune mauvaiſe odeur , n'y
ayant point d'huile ni de térébenthine, quoiqu'elle
ait la même folidité , & que les couleurs ne foient
nullement changeantes. On pourra la voir depuis
neuf heures du matin jufqu'à midi ; & l'aprèsmidi
, depuis trois heures juſqu'à fix .
Il demeure rue baffe de laporte Saint Denis , la
troifiéme grandeporte après lecul de fac S. Laurens
Sr Théodore Odiot , dont il a été mention
L'dans le Mercure de Mai , avertit le Public
qu'il entreprend toutes fortes d'ouvrages , tant en
équipages , bâtimens , toilettes , qu'en tapifferies
, imitant l'étoffe de foie , avec dorure & fans
dorure , & qu'il tient manufacturede couleurs ,
tant en huile qu'en détrempe & en cire , foit à la
térébenthine , ou à l'eau , pattel , & généralement
tout ce qui concerne la peinture.
Le même artiſte avertit le Public , qu'il a peint
une falle chez lui de fa nouvelle compofition en
cire. Il n'en réſulte aucune mauvaiſe odeur , n'y
ayant point d'huile ni de térébenthine, quoiqu'elle
ait la même folidité , & que les couleurs ne foient
nullement changeantes. On pourra la voir depuis
neuf heures du matin jufqu'à midi ; & l'aprèsmidi
, depuis trois heures juſqu'à fix .
Il demeure rue baffe de laporte Saint Denis , la
troifiéme grandeporte après lecul de fac S. Laurens
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Résumé : AVIS.
Sr Théodore Odiot, mentionné dans le Mercure de Mai, propose des services en équipements, bâtiments, toilettes et tapisseries. Il fabrique des couleurs pour peinture et a créé une fresque avec une nouvelle composition en cire sans odeur. La fresque est visible rue basse de la porte Saint-Denis.
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7
p. 212
AUTRE.
Début :
Les sieurs Stoucrad & compagnie, ci-devant logés dans la maison de M. Titon, [...]
Mots clefs :
Toiles, Imitation d'étoffes, Tapisserie, Solidité, Beauté
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texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
Les fieurs Stoucrad & compagnie , ci- devant
logés dans la maifon de M. Titon , rue Montreuil,
continuent la fabrique des toiles dorées & argentées
à deffein , imitant les étoffes riches de France
, des Indes , de la Chine , & les damas de toutes
fortes de couleurs. Ces toiles font très-propres
pour tapiffer des antichambres , falles à manger ,
garde- robes & cabinets ; on en fait des paravents
& des écrans leur éclat eft auffi brillant , que
leur folidité reconnue. Nous pouvons l'attefter
par expérience. Il demeure rue de Charenton , à
l'hôtel de Gournay , la derniere porte cochere à
gauche , en entrant par la porte Saint Antoine.
Les fieurs Stoucrad & compagnie , ci- devant
logés dans la maifon de M. Titon , rue Montreuil,
continuent la fabrique des toiles dorées & argentées
à deffein , imitant les étoffes riches de France
, des Indes , de la Chine , & les damas de toutes
fortes de couleurs. Ces toiles font très-propres
pour tapiffer des antichambres , falles à manger ,
garde- robes & cabinets ; on en fait des paravents
& des écrans leur éclat eft auffi brillant , que
leur folidité reconnue. Nous pouvons l'attefter
par expérience. Il demeure rue de Charenton , à
l'hôtel de Gournay , la derniere porte cochere à
gauche , en entrant par la porte Saint Antoine.
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Résumé : AUTRE.
Stoucrad & compagnie fabrique des toiles dorées et argentées à Deffein, imitant les étoffes riches de France, des Indes et de la Chine, ainsi que les damas colorés. Ces toiles tapissent des antichambres, salles à manger, garde-robes et cabinets, et servent aussi pour des paravents et écrans. La société garantit la brillance et la solidité de ses produits. Elle est située rue de Charenton, à l'hôtel de Gournay, accessible par la dernière porte cochère à gauche en entrant par la porte Saint-Antoine.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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8
p. 212
AUTRE.
Début :
Le sieur Prudhomme, Marchand, rue des Lombards, vis-à-vis celle [...]
Mots clefs :
Marchand, Papier d'Indes, Décors, Tapisserie
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texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
LE fieur Prudhomme , Marchand , rue des Lombards
, vis-à-vis celle des cinq diamans , à la Prudence
, à Paris , donne avis qu'il lui eſt arrivé un
affortiment de très- beau papier des Indes , peint
des différentes grandeur & fonds , propre pour tapifferies
, deffus de portes , écrans & paravents ,
& qu'il eft afforti dans ces fortes de papiers , de
façon à ne laifler rien à déflrer.
LE fieur Prudhomme , Marchand , rue des Lombards
, vis-à-vis celle des cinq diamans , à la Prudence
, à Paris , donne avis qu'il lui eſt arrivé un
affortiment de très- beau papier des Indes , peint
des différentes grandeur & fonds , propre pour tapifferies
, deffus de portes , écrans & paravents ,
& qu'il eft afforti dans ces fortes de papiers , de
façon à ne laifler rien à déflrer.
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9
p. 66-67
AUTRE.
Début :
Je sers à la magnificence ; [...]
Mots clefs :
Tapisserie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
E fers à la magnificence ;
F'embellis un féjour où régne l'opulence ;
A la Cour , à la Ville , on me trouve ailément
A la Campage rarement ;
Et jufque dans la rue
Deux fois , par chacun an , on m'expofe à la vucă
Je puis me partager en dix pieds feulement ;
En ma diffection on trouve un élément ;
Le nom de l'artifan , qui me met en uſage ;
Celui d'un autre & fon friand ouvrages
Un nom qu'on ne donne qu'au Roi ;
Un Dieu qui fut jadis une affez groffe bête
Un oifeau fort criard & qui nous rompt la tête $
Un crime puni par la loi ;
Une ancienne Ville en Provence';
Une autre qui n'a pas d'égale dans la France
Ce qu'il faut faire quand on doit ;
Aux avaresfurtout ce qui fait de la peine
Le nom du raviffeur d'Hélene ;
Un vafe dans lequel on boit ;
Ce qu'on donne au foldat à certains jours de mar
che;
Le lieu duquel fort le lait de la vaches
Un des fept péchés capitaux ;
Un fléau redoutable ; un état monarchiques
gloire et mesplaisirs aimable Dieu de
la tendresse , A- mour, cherti -
ran de mon coeur, laisse moi someiller
sans ceße , ou réalise mon bonheur.
Air, avec Accompag ? deGuitarre.
12
04
L'autre jour un songe agréable
02
04
SI- ris
me peignoit mon
Sen.
Tircis
sible à mes soupirs ; mais un réveil
impitoiable, finit en un instant ma
MAR S. 1761 .
Un écumeur de mer ; deux notes de Mufique ;
Une Ville où l'on prend de minérales eaux ;
Celai duquel on tient la vie ,
En Latin ainſi qu'en François
Le comparatifde mauvais ;
Le figne de la moquerie 3
Je t'offre encor le nom de cet adroit archer ,
Par qui le père d'Alexandre
Perdit un oeil, le nom d'une Ville de Flandre :
Mais c'en eft trop , Lecteur , c'eſt à toi de cherchera
E fers à la magnificence ;
F'embellis un féjour où régne l'opulence ;
A la Cour , à la Ville , on me trouve ailément
A la Campage rarement ;
Et jufque dans la rue
Deux fois , par chacun an , on m'expofe à la vucă
Je puis me partager en dix pieds feulement ;
En ma diffection on trouve un élément ;
Le nom de l'artifan , qui me met en uſage ;
Celui d'un autre & fon friand ouvrages
Un nom qu'on ne donne qu'au Roi ;
Un Dieu qui fut jadis une affez groffe bête
Un oifeau fort criard & qui nous rompt la tête $
Un crime puni par la loi ;
Une ancienne Ville en Provence';
Une autre qui n'a pas d'égale dans la France
Ce qu'il faut faire quand on doit ;
Aux avaresfurtout ce qui fait de la peine
Le nom du raviffeur d'Hélene ;
Un vafe dans lequel on boit ;
Ce qu'on donne au foldat à certains jours de mar
che;
Le lieu duquel fort le lait de la vaches
Un des fept péchés capitaux ;
Un fléau redoutable ; un état monarchiques
gloire et mesplaisirs aimable Dieu de
la tendresse , A- mour, cherti -
ran de mon coeur, laisse moi someiller
sans ceße , ou réalise mon bonheur.
Air, avec Accompag ? deGuitarre.
12
04
L'autre jour un songe agréable
02
04
SI- ris
me peignoit mon
Sen.
Tircis
sible à mes soupirs ; mais un réveil
impitoiable, finit en un instant ma
MAR S. 1761 .
Un écumeur de mer ; deux notes de Mufique ;
Une Ville où l'on prend de minérales eaux ;
Celai duquel on tient la vie ,
En Latin ainſi qu'en François
Le comparatifde mauvais ;
Le figne de la moquerie 3
Je t'offre encor le nom de cet adroit archer ,
Par qui le père d'Alexandre
Perdit un oeil, le nom d'une Ville de Flandre :
Mais c'en eft trop , Lecteur , c'eſt à toi de cherchera
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10
p. 67-68
LOGOGRYPHE.
Début :
Au Luxe je dois l'éxistence ; [...]
Mots clefs :
Tapisserie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LOGOGRYPHE.
LOGOG RY PH E.
Au Luxe je dois l'éxiſtence ;
Auſſi jamais ne me vit- on
De ceux qui font dans l'indigence
Habiter la trifte maiſon.
Pour me faire paroître avec bien plus de grace ,
Dans un haut rang avec foin l'on me place ;
Mon frère plus petit que moi̟ ,
68 MERCURE DE FRANCE.
N'a pas un fi brillant emploi >
Car on le foule aux pieds , & dans cette poſture
Heft ſouvent couvert de pouffiere & d'ordure.
Cependant nous vivons de fi bonne amitié ,
Qu'en nous défuniffant je péris de moitié ;
Et mon plus grand chagrin d'être ainfi divifée ,
Eft que dans cet état on me tourne en rifée .
Remets-nous enſemble , Lecteur ,
Et change moitié de mon être
Tu me verras fouvent paroître ;
Sur la boutique du Traiteur.-
Par Mlle DU VERGER , d'Angers
Au Luxe je dois l'éxiſtence ;
Auſſi jamais ne me vit- on
De ceux qui font dans l'indigence
Habiter la trifte maiſon.
Pour me faire paroître avec bien plus de grace ,
Dans un haut rang avec foin l'on me place ;
Mon frère plus petit que moi̟ ,
68 MERCURE DE FRANCE.
N'a pas un fi brillant emploi >
Car on le foule aux pieds , & dans cette poſture
Heft ſouvent couvert de pouffiere & d'ordure.
Cependant nous vivons de fi bonne amitié ,
Qu'en nous défuniffant je péris de moitié ;
Et mon plus grand chagrin d'être ainfi divifée ,
Eft que dans cet état on me tourne en rifée .
Remets-nous enſemble , Lecteur ,
Et change moitié de mon être
Tu me verras fouvent paroître ;
Sur la boutique du Traiteur.-
Par Mlle DU VERGER , d'Angers
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11
p. 83
« LE mot de la premiere Enigme du second volume d'Avril est la Noix [...] »
Début :
LE mot de la premiere Enigme du second volume d'Avril est la Noix [...]
Mots clefs :
Noix, Cerneaux, Moulin à vent, Tapisserie, Tapis, Risée, Pâtisserie, Innocence, Ionie, Noce, Non, Ninon, Nonce, None, Oncle, Nice
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texteReconnaissance textuelle : « LE mot de la premiere Enigme du second volume d'Avril est la Noix [...] »
LE
Noix
E mot de la premiere Enigme du
fecond volume d'Avril eft la
qui , coupée en deux , devient Cernaux.
Celui de la feconde eft Moulin à vent.
Celui du premier Logogryphe eft Tapilferie
, dans lequel on trouve Tapis ,
rifée & Patiflerie . Celui du fecond eft
Innocence , dans lequel on trouve Io ,
nie , nôce , non , Ninon , nonce , none ,
oncle , Nice , & d'autres que je n'ai point
mis.
Noix
E mot de la premiere Enigme du
fecond volume d'Avril eft la
qui , coupée en deux , devient Cernaux.
Celui de la feconde eft Moulin à vent.
Celui du premier Logogryphe eft Tapilferie
, dans lequel on trouve Tapis ,
rifée & Patiflerie . Celui du fecond eft
Innocence , dans lequel on trouve Io ,
nie , nôce , non , Ninon , nonce , none ,
oncle , Nice , & d'autres que je n'ai point
mis.
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13
p. 106
LOGOGRIPHE.
Début :
Je pare, avec dix pieds, nombre d'appartemens ; [...]
Mots clefs :
Tapisserie