Résultats : 83 texte(s)
Accéder à la liste des mots clefs.
Détail
Liste
51
p. 178-188
Explications des devises & des emblèmes peints sur les médaillons placés au-dessus de chaque Figure.
Début :
Au dessus de la Paix une Aurore dont l'éclat prompt & lumineux dissipe en un moment les [...]
Mots clefs :
Devises, Emblèmes, Jeune, Amour, Prince, Naissance du duc de Bourgogne, Sort, Mots, Peuple, Joie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Explications des devises & des emblèmes peints sur les médaillons placés au-dessus de chaque Figure.
Explications des devises & des emblèmes
peints sur les médaillons placés au-dessus de
chaque Figure.
Au dessus de la Paix une Aurore dont l'éclat
prompt & lumineux dissipe en un moment les
ténébres de la nuit, & ramene le Soleil, pour
exprimer le moment imptévu où naquit Monsci-
gneur le DUC DE BOUAGOGNE, dont la
naissance éveilla la Cour & tout Patis, & pressa
le retour du Roi à Versailles.
Luce fugat somnos, Solemque reducit.
Je parois dans les airs, & soudain ma lamiere
Des mortels assoupis écarte le sommeil;
A peine j'ouvre ma cartiete
Que je ramene le Soleil.
Le Signe de la Balance, sous lequel est né
Monseigneur le DUC DI BOURCOGNI
dont l'heureuse naissance assure plus que jamais
l'ordre de la succession dans la branche regnante.
Ex me invariabilis ordo.
De cet ordte immortel qui mésure les temps
J'annonce la marche assurée;
Er mon retour d'éternelle durée,
Doit triompher & du sort & des aus.
Une figure de Dauphin d'ou sort une eau
jaillissante avec ces mots;
Ex me utile, dulce fluit.
JANVIER. 1752.
179
De moi, signe toujours aimable,
Pour vous coule un nouveau présent
Goutez-en à longs rraits le charme bienfaisant
Peuples, il réunit l'utile & l'agréable.
Au dessus de la Force, dans un brillant par-
terre, un myrthe & un olivier entourés d'un
jeune lys, qui semble les unir plus étroitement
Fortius ac melius.
Rameaux sacrés qu'aujourd'hui j'environne,
Plus que jamais vous serez precieux;
Et la force que je vous donne
En m'unissant à vous, embellira vos nœuds.
Un Trône d'or, chargé des Armes de France-
sur lequel s'appuye de chaque côté, un Amous
qui en assûre la stabilité.
Fulcitur utrinque.
Trône, que de LOUIS la Famille féconde
Affranchira de l'Empire des ans
A jamais tu verras sur toi ses descendans
Servir d'exemple aux Rois & d'ornement au
monde.
Une Couronne d'or, à laquelle un Amour at-
tache un diamant, qui sert à l'affermir & à aug.
menter son éclat.
Et robur & decus addit.
Enfant de la Pélicité
Quel éclat en naissant t'annonce & t'envitonne !
Hvj
...*
180 MERCURE DE FRANCE.
Ta main donne à cette Courronne
D'un ornement nouveau la solide beauté.
Au-dessus de Minerve, on voit autour du ben-
ceau du jeune Prince Mars, Apollon & Minerve.
Ces Divinités se félicitent d'un Eleve si propre à
honorer les bienfaits, dont elles s'empressent de
le combler.
Quisque suo fe jactat alumno.
Sur ce nouvel Eleve, à l'envi, sans mesure,
Divinités, répandez vos bienfaits;
Il sçaura tour à tour les rendre avec usure,
Et toujours les Bourbous surpassent vos souhaits.
Deux grands Palmiers, au bas desquels est us
jeune Palmier, qui sort de leur tige commune.
Reddet origo parem.
Sorti d'une Tige immortelle,
Mon sort est d'égaler les Arbres les plus beaux;
Dans peu je serai digne d'elle
Par la hauteur de mes rameaux.
Le Chef d'un essain d'abeilles leur moutre uu
jeune rejetton, auquel il vient de donner le jour;
il abandonne à la République cet héritier destiné
& la gouverner, pour fuire allusion au sentiment
noble & généreux de Monseigneur le Dauphin
qui, à la Naissance de Monseigneur le Duc de
Bourgogne, dit que ce Prince étoit l'enfant de
tonte la France.
Genti, non mihi nascitur Hares.
Cet héritiet, qui de moi tient le jour,
Peuple, est à vous plus qu'à moi- même i
181
JANVIER. 1752.
Vous l'instruîrez par votre amout
A vous chérir autant que je vous aimie.
Au- dessus de l'Abondance, un aigle portant
son jeune aiglon, & volant entre le Soleil & son
pa élie, pour exprimer la joie qu'à la Naissanco
de Monseigneur le DUC DE BOURGOGNI, Mada-
me la Dauphine fit éclater, en présence du Roi
& de Monseigneur le Dauphin.
Ui Nato, inter utrumque, superbit.
Ces feux éblouissans qui frappent l'Univers
Superbe Aiglon, n'ont rien, dont tes regards
s'étonnent,
Et le double éclat qu'ils te donnent,
Dit que mon Sang est fait pour l'Empire des airs-
Un Oranger couvert de fleurs, au bas de sa
tige, une orange que la maturité a fait tomber,
& que le tems a rendu plus douce & plus agrea-
ble:
Tempore dulcior exis.
Le fruit que je viens de répandre,
Par sa beauté charme les yeux,
Et le tems qui l'a fait attendre,
Le rend encor plus précieur.
Pour marquer la joie générale que les peuples
témoignent par les Feux & les Illuminations á
Poccasion de la Naissance du Prince. Une main
tenant un verre ardent, exposé aux rayons da
Soleil; & au-dessous plusicurs feux qui s'allu-
ment.
182 MERCURE DEFRANCE.
Faecundus calor excitat Ignes-
Par mes feux j'anime le monde;
Mes ardeurs le rendent heureux,
Et c'est à ma chaleur féconde
Que s'allument mille autres feux.
D scription des Bas-reliefs, placés dans les
Pans coupés de la Ballustrade.
Le premier Bas-relief offre, à côté de l'His-
toire, le Destin qui montre au jeune Prince le
Portrait de Monseigneur le DUC DE BOURGOGNI,
Pere de Sa Majesté. Pour annoncer qu'un jout
cet Enfant; que la France tient dans ses bras
aura les rares vertus de son Bisayeul; il lui adresse
par allusion à ces mots de Virgile, Tu Marcellus
aris, ces patoles:
Tu Burgundus eris.
Sous ce nom qui promit à des Peuples heureux
Un Sage sur le Trône, & dans un Maître un Pere;
Croissez, beau Rejetton, d'une Tige si chere,
Vous aurez ses vertus & des jours plus nombreux.
Dans le second Bas-relief, Lucine appuyée sur
un berceau d'or, où est le Prince nouveau né, in-
vite le Tems, les Heures, les Parques & la Santé,
à conserver les jours du jeune Prince, à la Nais-
sance duquel elle vient de s'intéresser d'une façon
si marquée: pour les y engager, elle leur adresse
ces mots :
Magnum Jovis incrementum. Virg. Eclog. Iv.
Des mortels en naissant, vous qui réglez le sort,
d by Goo
JANVIER.
1752.
183
Sur celui, dont mes soins ont hâté la Naissance,
Signalez votre bienfaisance:
Le plus pur sang des Dieux est le sang dont il
sort.
Le troisième Bas-relief présente Jupiter sur un
trône de nues: l'Amour & l'Hymen prenant leur
essor croisent leurs flambeaux allumés; & sur la
terre on voit des Autels od Jupiter vent qu'ils
unissent les cœurs des mortels, hommage pour
lui plus touchant que toutes les autres offrandes:
pour marquer la volonté de Sa Majesté, qui tou-
jours attentive au bonheur de ses peuples, a or-
donné qu'on consacrât à former des alliances, les
dépenses que le zéle public destinoit à célébrer la
Naissance de Monseigneur le DUC DE BOUA-
GOGNE.
Ferte citi flammas, date tela & jungite dextras.
Volez, Amour; Hymen, descendez sur la terre»
Que vos flambeaux unis brillent pour les mortels:
Peu jaloux des respects qu'attire le tonnerre
Je ne veux que l'encens offert sur vos Autels.
Le quatrième Bas-relief, fait voir la Déesse de
la Peinture, accompagnée de Venus; elle montre
an jeune Prince, soutenu dans les bras d'une des
uois Graces, le Portrait de Madame la Dauphine,
avec ces mots de Virgile:
Incipe, parve Puer, ri, u cognoscere Matrem.
Virg. Egl. 4.
Aimal le Enfant, qui vient de nastre,
Contemple celle à qui tu dois le jous;
itized by God
184 MERCUREDE FRANCE.
Par son sourire elle te fait connoître
Qi'elle est la Mere de l'Amour.
Sur les Angles de la Balustrade sont posos qua-
tre Groupes de Génies.
Le premier représente deux Amours couronnés
de Pampres & de Lierre, mélant dans des Coupes
rehaussées d'or, le vin de Champagne avec celui-
de Bourgogne.
Jungito Burgundo Campani prcula Cives.
Le second offre deux autres Enfans couronnés
de fleurs, tenant des corbeilles remplies de roses
& de lys qu'ils répandent à pleines mains, avec-
ces mots:
Manibus date Lilia plenis. Virg. Liv. 6.
Le troisiéme montre un Groupe d'Amours, avec
des Couronnes de Myrte & d'Olivier, armés de
Carquois, & tenant en main des Ares tendus.
Nec vim tela ferunt. Virg. Liv. 7.
Le quatrième retrace le Génie de la France &
celui de la Bourgogne, unissant tendrement des-
Boucliers, sur lesquels sont peintes les Armes de
France & de Bourgogne. Autrefois ces Boucliers
ne se rapprochoient que pour les combats, aujour-
d'hui l'Amour & l'Hymen les confondent.
Non ut olim.
Au-dessus du Dôme s'éleve une Renommée,
prenant son essor dans les airs; sur la Bandelette
de sa Trompette, on lit ces mots: Felicitas Pu-
blica.
L'intéricur du Temple découvre au milieu
l'Autel de la Félicité publique, élevé sur trois de-
grés de marbre, sur lequel est un Foyer destiné à
recevo ir les parfums que brule un jeune Amout.
ed by Goc
JANVIER.
185
1752.
Autour du ceintre de l'Autel on lit ces vers de
Tibulle:
Dicamus bona verba, venit natalis ad aras;
Urantur pia thura focis, urantur odores.
Les Parois du Temple offre une nouvelle Ar-
chitecture d'Ordre Corinthien; sur la bordure
sont répandues les Armes de France & de Bourgo-
gne, les Flambeaux de l'Amour & de l'Hymen;
& dans des Cartouches rehaussés d'or on lit les
Inscriptions suivantes, qui annoncent la joie pu-
blique.
Ipse fuos adsit Genius visurus honores
Cui decorent sanctus mollia serta genas. Tib-
I1.
Bacche veni, dulcisque tuis è cornibus uva
Pendeat, & spicis tempora cinge Ceres. Tib-
III.
At tu natalis multos celebrande per aunos
Candidior semper, candidiorque veni! Tib.
IV.
Dum festiva novis fumant altaria flammis,
Urat vestra, Remi, pectora vivus amor.
L'intérieur du Temple n'étoit éclairé que par
la lueur du Foyer de l'Autel, & cette foitle Ju-
miere répandoit dans le Temple une obscurité
mystérieuse qui en augmentoit la majesté.
A chaque côté de l'Hôzel de-Ville sont placées
deux Figures, l'une représentant la Ville de Reimo
couronnée de Tours, contemplaut l'Image du
yGoc
186 MERCUREDEFRANCE.
jeune Prince, préferablement aux Monumens qui
lui restent de Jules Cesar,
Arcs superbes, des ans qui bravez les outrages,
Vos Héros n'ont plus rien qui flate mes regards;
L'Amour que je contemple a seul tous mes hom-
mages:
Un Bourbon m'est plus cher que Rome & ses
Césars.
De l'autre côté la Nymphe de Vesse engage ses
Naiades à s'unir à la joie publique, en reconnois-
sancedes nouveaux bienfaits de SaMajesté; elle veut
qu'elles renouvellent en l'honneur du Roi, ces
Fêtes * anciennes, où l'on couvroit de fleurs les
Urnes des Fontaines rendues célebres par quel-
qu'érénement qui éternisolt leur gloire.
Vous que LouIs fixe en ces lieux,
Naiades
à l'envie que votre onde jaillisse,
Et que son murmure s'unisse
Aux accens d'un Peuple joyeux.
De ce Peuple heureux & fidele
Imitez, s'il se peut, l'amour & les transports.
Du plus puissant des Rois la bonté paternelle
Allure pour jamais la gloire de vos bords:
Nymphes, soyez reconnoissantes;
Pour célébrer sa générosité,
Que vos Urnes obeissantes,
Ces fêtes s' apl elloient Fontanilia.
gitized by Goc
287
JANVIER.
1752.
En épanchant ici leurs Ondes bienfaisantes
Y versent la félicité;
Que leurs cours ne soit arrêté,
Que lors qu'au Temble de Mémoire
De Louis finira la gloire,
Le nom & la postérité.
Au dessus de la Porte de l'Hôtel de Ville, on
lit dans un cartouche, l'Inscription suivante:
LUDOVICO DECIMO QUINTO
Regi maximo & optimo
Pacis reparatori,
Suorum amori,
Et Ludovico Delphino ejus Filio dilectissimo
Paternarum virtutum amulatori;
Ob recens Natum Burgundia Ducem,
Gallia votorum summam, spem, delicias.
Pacis pignus fidissimum;
In impotenti exundantis latitia impetu
Et solemni aterna gratiarum actionis protestatione,
Hoc
Felicitatis publica monumentum.
S. P. Q R.
D. V. C.
Anno M. DCCLI.
TRADUCTION DE L'INSCRPTION.
Le Conseil & le Peuple de la Ville de Reims,
dans les effusions de la Joie la plus vive, & les té-
ized by Goc
-
288 MERCURE DE FRANCE.
moignages solemnels de leur éternelle reconnois-
sancè, dé jient, vouent, & consacrent ce Tempse
de la Felicite publique à LOUIS, RoI très-
grand & très bon, le Restaurateur de la Paix
l'amour de son peuple; & à LOUIS, Dau-
phin, son fils Bien-Aimé, en réjouissance de l'heu-
reuse naissance du DUC DE BOURGOGNE,
objet des vœux de la France, son espérance, &
ses délices. L'an du Seigneur mil sept cens cin-
quante & un.
peints sur les médaillons placés au-dessus de
chaque Figure.
Au dessus de la Paix une Aurore dont l'éclat
prompt & lumineux dissipe en un moment les
ténébres de la nuit, & ramene le Soleil, pour
exprimer le moment imptévu où naquit Monsci-
gneur le DUC DE BOUAGOGNE, dont la
naissance éveilla la Cour & tout Patis, & pressa
le retour du Roi à Versailles.
Luce fugat somnos, Solemque reducit.
Je parois dans les airs, & soudain ma lamiere
Des mortels assoupis écarte le sommeil;
A peine j'ouvre ma cartiete
Que je ramene le Soleil.
Le Signe de la Balance, sous lequel est né
Monseigneur le DUC DI BOURCOGNI
dont l'heureuse naissance assure plus que jamais
l'ordre de la succession dans la branche regnante.
Ex me invariabilis ordo.
De cet ordte immortel qui mésure les temps
J'annonce la marche assurée;
Er mon retour d'éternelle durée,
Doit triompher & du sort & des aus.
Une figure de Dauphin d'ou sort une eau
jaillissante avec ces mots;
Ex me utile, dulce fluit.
JANVIER. 1752.
179
De moi, signe toujours aimable,
Pour vous coule un nouveau présent
Goutez-en à longs rraits le charme bienfaisant
Peuples, il réunit l'utile & l'agréable.
Au dessus de la Force, dans un brillant par-
terre, un myrthe & un olivier entourés d'un
jeune lys, qui semble les unir plus étroitement
Fortius ac melius.
Rameaux sacrés qu'aujourd'hui j'environne,
Plus que jamais vous serez precieux;
Et la force que je vous donne
En m'unissant à vous, embellira vos nœuds.
Un Trône d'or, chargé des Armes de France-
sur lequel s'appuye de chaque côté, un Amous
qui en assûre la stabilité.
Fulcitur utrinque.
Trône, que de LOUIS la Famille féconde
Affranchira de l'Empire des ans
A jamais tu verras sur toi ses descendans
Servir d'exemple aux Rois & d'ornement au
monde.
Une Couronne d'or, à laquelle un Amour at-
tache un diamant, qui sert à l'affermir & à aug.
menter son éclat.
Et robur & decus addit.
Enfant de la Pélicité
Quel éclat en naissant t'annonce & t'envitonne !
Hvj
...*
180 MERCURE DE FRANCE.
Ta main donne à cette Courronne
D'un ornement nouveau la solide beauté.
Au-dessus de Minerve, on voit autour du ben-
ceau du jeune Prince Mars, Apollon & Minerve.
Ces Divinités se félicitent d'un Eleve si propre à
honorer les bienfaits, dont elles s'empressent de
le combler.
Quisque suo fe jactat alumno.
Sur ce nouvel Eleve, à l'envi, sans mesure,
Divinités, répandez vos bienfaits;
Il sçaura tour à tour les rendre avec usure,
Et toujours les Bourbous surpassent vos souhaits.
Deux grands Palmiers, au bas desquels est us
jeune Palmier, qui sort de leur tige commune.
Reddet origo parem.
Sorti d'une Tige immortelle,
Mon sort est d'égaler les Arbres les plus beaux;
Dans peu je serai digne d'elle
Par la hauteur de mes rameaux.
Le Chef d'un essain d'abeilles leur moutre uu
jeune rejetton, auquel il vient de donner le jour;
il abandonne à la République cet héritier destiné
& la gouverner, pour fuire allusion au sentiment
noble & généreux de Monseigneur le Dauphin
qui, à la Naissance de Monseigneur le Duc de
Bourgogne, dit que ce Prince étoit l'enfant de
tonte la France.
Genti, non mihi nascitur Hares.
Cet héritiet, qui de moi tient le jour,
Peuple, est à vous plus qu'à moi- même i
181
JANVIER. 1752.
Vous l'instruîrez par votre amout
A vous chérir autant que je vous aimie.
Au- dessus de l'Abondance, un aigle portant
son jeune aiglon, & volant entre le Soleil & son
pa élie, pour exprimer la joie qu'à la Naissanco
de Monseigneur le DUC DE BOURGOGNI, Mada-
me la Dauphine fit éclater, en présence du Roi
& de Monseigneur le Dauphin.
Ui Nato, inter utrumque, superbit.
Ces feux éblouissans qui frappent l'Univers
Superbe Aiglon, n'ont rien, dont tes regards
s'étonnent,
Et le double éclat qu'ils te donnent,
Dit que mon Sang est fait pour l'Empire des airs-
Un Oranger couvert de fleurs, au bas de sa
tige, une orange que la maturité a fait tomber,
& que le tems a rendu plus douce & plus agrea-
ble:
Tempore dulcior exis.
Le fruit que je viens de répandre,
Par sa beauté charme les yeux,
Et le tems qui l'a fait attendre,
Le rend encor plus précieur.
Pour marquer la joie générale que les peuples
témoignent par les Feux & les Illuminations á
Poccasion de la Naissance du Prince. Une main
tenant un verre ardent, exposé aux rayons da
Soleil; & au-dessous plusicurs feux qui s'allu-
ment.
182 MERCURE DEFRANCE.
Faecundus calor excitat Ignes-
Par mes feux j'anime le monde;
Mes ardeurs le rendent heureux,
Et c'est à ma chaleur féconde
Que s'allument mille autres feux.
D scription des Bas-reliefs, placés dans les
Pans coupés de la Ballustrade.
Le premier Bas-relief offre, à côté de l'His-
toire, le Destin qui montre au jeune Prince le
Portrait de Monseigneur le DUC DE BOURGOGNI,
Pere de Sa Majesté. Pour annoncer qu'un jout
cet Enfant; que la France tient dans ses bras
aura les rares vertus de son Bisayeul; il lui adresse
par allusion à ces mots de Virgile, Tu Marcellus
aris, ces patoles:
Tu Burgundus eris.
Sous ce nom qui promit à des Peuples heureux
Un Sage sur le Trône, & dans un Maître un Pere;
Croissez, beau Rejetton, d'une Tige si chere,
Vous aurez ses vertus & des jours plus nombreux.
Dans le second Bas-relief, Lucine appuyée sur
un berceau d'or, où est le Prince nouveau né, in-
vite le Tems, les Heures, les Parques & la Santé,
à conserver les jours du jeune Prince, à la Nais-
sance duquel elle vient de s'intéresser d'une façon
si marquée: pour les y engager, elle leur adresse
ces mots :
Magnum Jovis incrementum. Virg. Eclog. Iv.
Des mortels en naissant, vous qui réglez le sort,
d by Goo
JANVIER.
1752.
183
Sur celui, dont mes soins ont hâté la Naissance,
Signalez votre bienfaisance:
Le plus pur sang des Dieux est le sang dont il
sort.
Le troisième Bas-relief présente Jupiter sur un
trône de nues: l'Amour & l'Hymen prenant leur
essor croisent leurs flambeaux allumés; & sur la
terre on voit des Autels od Jupiter vent qu'ils
unissent les cœurs des mortels, hommage pour
lui plus touchant que toutes les autres offrandes:
pour marquer la volonté de Sa Majesté, qui tou-
jours attentive au bonheur de ses peuples, a or-
donné qu'on consacrât à former des alliances, les
dépenses que le zéle public destinoit à célébrer la
Naissance de Monseigneur le DUC DE BOUA-
GOGNE.
Ferte citi flammas, date tela & jungite dextras.
Volez, Amour; Hymen, descendez sur la terre»
Que vos flambeaux unis brillent pour les mortels:
Peu jaloux des respects qu'attire le tonnerre
Je ne veux que l'encens offert sur vos Autels.
Le quatrième Bas-relief, fait voir la Déesse de
la Peinture, accompagnée de Venus; elle montre
an jeune Prince, soutenu dans les bras d'une des
uois Graces, le Portrait de Madame la Dauphine,
avec ces mots de Virgile:
Incipe, parve Puer, ri, u cognoscere Matrem.
Virg. Egl. 4.
Aimal le Enfant, qui vient de nastre,
Contemple celle à qui tu dois le jous;
itized by God
184 MERCUREDE FRANCE.
Par son sourire elle te fait connoître
Qi'elle est la Mere de l'Amour.
Sur les Angles de la Balustrade sont posos qua-
tre Groupes de Génies.
Le premier représente deux Amours couronnés
de Pampres & de Lierre, mélant dans des Coupes
rehaussées d'or, le vin de Champagne avec celui-
de Bourgogne.
Jungito Burgundo Campani prcula Cives.
Le second offre deux autres Enfans couronnés
de fleurs, tenant des corbeilles remplies de roses
& de lys qu'ils répandent à pleines mains, avec-
ces mots:
Manibus date Lilia plenis. Virg. Liv. 6.
Le troisiéme montre un Groupe d'Amours, avec
des Couronnes de Myrte & d'Olivier, armés de
Carquois, & tenant en main des Ares tendus.
Nec vim tela ferunt. Virg. Liv. 7.
Le quatrième retrace le Génie de la France &
celui de la Bourgogne, unissant tendrement des-
Boucliers, sur lesquels sont peintes les Armes de
France & de Bourgogne. Autrefois ces Boucliers
ne se rapprochoient que pour les combats, aujour-
d'hui l'Amour & l'Hymen les confondent.
Non ut olim.
Au-dessus du Dôme s'éleve une Renommée,
prenant son essor dans les airs; sur la Bandelette
de sa Trompette, on lit ces mots: Felicitas Pu-
blica.
L'intéricur du Temple découvre au milieu
l'Autel de la Félicité publique, élevé sur trois de-
grés de marbre, sur lequel est un Foyer destiné à
recevo ir les parfums que brule un jeune Amout.
ed by Goc
JANVIER.
185
1752.
Autour du ceintre de l'Autel on lit ces vers de
Tibulle:
Dicamus bona verba, venit natalis ad aras;
Urantur pia thura focis, urantur odores.
Les Parois du Temple offre une nouvelle Ar-
chitecture d'Ordre Corinthien; sur la bordure
sont répandues les Armes de France & de Bourgo-
gne, les Flambeaux de l'Amour & de l'Hymen;
& dans des Cartouches rehaussés d'or on lit les
Inscriptions suivantes, qui annoncent la joie pu-
blique.
Ipse fuos adsit Genius visurus honores
Cui decorent sanctus mollia serta genas. Tib-
I1.
Bacche veni, dulcisque tuis è cornibus uva
Pendeat, & spicis tempora cinge Ceres. Tib-
III.
At tu natalis multos celebrande per aunos
Candidior semper, candidiorque veni! Tib.
IV.
Dum festiva novis fumant altaria flammis,
Urat vestra, Remi, pectora vivus amor.
L'intérieur du Temple n'étoit éclairé que par
la lueur du Foyer de l'Autel, & cette foitle Ju-
miere répandoit dans le Temple une obscurité
mystérieuse qui en augmentoit la majesté.
A chaque côté de l'Hôzel de-Ville sont placées
deux Figures, l'une représentant la Ville de Reimo
couronnée de Tours, contemplaut l'Image du
yGoc
186 MERCUREDEFRANCE.
jeune Prince, préferablement aux Monumens qui
lui restent de Jules Cesar,
Arcs superbes, des ans qui bravez les outrages,
Vos Héros n'ont plus rien qui flate mes regards;
L'Amour que je contemple a seul tous mes hom-
mages:
Un Bourbon m'est plus cher que Rome & ses
Césars.
De l'autre côté la Nymphe de Vesse engage ses
Naiades à s'unir à la joie publique, en reconnois-
sancedes nouveaux bienfaits de SaMajesté; elle veut
qu'elles renouvellent en l'honneur du Roi, ces
Fêtes * anciennes, où l'on couvroit de fleurs les
Urnes des Fontaines rendues célebres par quel-
qu'érénement qui éternisolt leur gloire.
Vous que LouIs fixe en ces lieux,
Naiades
à l'envie que votre onde jaillisse,
Et que son murmure s'unisse
Aux accens d'un Peuple joyeux.
De ce Peuple heureux & fidele
Imitez, s'il se peut, l'amour & les transports.
Du plus puissant des Rois la bonté paternelle
Allure pour jamais la gloire de vos bords:
Nymphes, soyez reconnoissantes;
Pour célébrer sa générosité,
Que vos Urnes obeissantes,
Ces fêtes s' apl elloient Fontanilia.
gitized by Goc
287
JANVIER.
1752.
En épanchant ici leurs Ondes bienfaisantes
Y versent la félicité;
Que leurs cours ne soit arrêté,
Que lors qu'au Temble de Mémoire
De Louis finira la gloire,
Le nom & la postérité.
Au dessus de la Porte de l'Hôtel de Ville, on
lit dans un cartouche, l'Inscription suivante:
LUDOVICO DECIMO QUINTO
Regi maximo & optimo
Pacis reparatori,
Suorum amori,
Et Ludovico Delphino ejus Filio dilectissimo
Paternarum virtutum amulatori;
Ob recens Natum Burgundia Ducem,
Gallia votorum summam, spem, delicias.
Pacis pignus fidissimum;
In impotenti exundantis latitia impetu
Et solemni aterna gratiarum actionis protestatione,
Hoc
Felicitatis publica monumentum.
S. P. Q R.
D. V. C.
Anno M. DCCLI.
TRADUCTION DE L'INSCRPTION.
Le Conseil & le Peuple de la Ville de Reims,
dans les effusions de la Joie la plus vive, & les té-
ized by Goc
-
288 MERCURE DE FRANCE.
moignages solemnels de leur éternelle reconnois-
sancè, dé jient, vouent, & consacrent ce Tempse
de la Felicite publique à LOUIS, RoI très-
grand & très bon, le Restaurateur de la Paix
l'amour de son peuple; & à LOUIS, Dau-
phin, son fils Bien-Aimé, en réjouissance de l'heu-
reuse naissance du DUC DE BOURGOGNE,
objet des vœux de la France, son espérance, &
ses délices. L'an du Seigneur mil sept cens cin-
quante & un.
Fermer
Résumé : Explications des devises & des emblèmes peints sur les médaillons placés au-dessus de chaque Figure.
Le texte célèbre la naissance du Duc de Bourgogne, fils du Dauphin, en 1751. Plusieurs emblèmes et devises symbolisent cet événement. Une aurore au-dessus de la Paix représente la naissance inattendue du Duc, avec la devise 'Luce fugat somnos, Solemque reducit'. Le signe de la Balance assure l'ordre de la succession royale, avec 'Ex me invariabilis ordo'. Un dauphin jaillissant symbolise les bienfaits de cette naissance, avec 'Ex me utile, dulce fluit'. La Force est illustrée par un myrthe, un olivier et un lys, signifiant la force et l'union, avec 'Fortius ac melius'. Un trône doré soutenu par des amours représente la stabilité royale, avec 'Fulcitur utrinque'. Une couronne d'or symbolise l'éclat et la robustesse du nouveau-né, avec 'Et robur et decus addit'. Autour du berceau, Mars, Apollon et Minerve célèbrent cet élève prometteur, avec 'Quae suo fiat alumno'. Des palmiers symbolisent la noblesse et la grandeur future du prince, avec 'Reddet origo parem'. Un essaim d'abeilles et un rejeton illustrent le dévouement du Dauphin à la France, avec 'Genti, non mihi nascitur haeres'. Un aigle et son aiglon expriment la joie de la Dauphine, avec 'Ut nato, inter utrum'. Les bas-reliefs montrent Jupiter, l'Amour et l'Hymen, symbolisant l'union des cœurs et la volonté du roi de former des alliances. La déesse de la Peinture et Vénus montrent au prince le portrait de la Dauphine, accompagnée d'une citation de Virgile. La balustrade est ornée de génies représentant l'union de la France et de la Bourgogne. Une Renommée proclame 'Felicitas Publica'. L'intérieur du temple, dédié à la Félicité publique, est orné d'inscriptions célébrant la joie publique. Des figures représentent Reims et la nymphe de Vesse, invitant à la reconnaissance des bienfaits du roi. Une inscription voue un temple de la Félicité publique à Louis XV et au Dauphin.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
52
p. 188-189
« La Façade de l'Hôtel de Ville présentoit par son Illumination un autre Spectacle. Au dessus du balcon [...] »
Début :
La Façade de l'Hôtel de Ville présentoit par son Illumination un autre Spectacle. Au dessus du balcon [...]
Mots clefs :
Ville, Illumination, Spectacle, Fête, Naissance du duc de Bourgogne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « La Façade de l'Hôtel de Ville présentoit par son Illumination un autre Spectacle. Au dessus du balcon [...] »
La Façade de l'Hôtel de Ville présentoit par son
Illumination un autre Spectacle. Au dessus du balcon
s'élevoit une estrade de six dégrés, où l'on
voyoit les portraits du Roi & de la Reine, sous un
dais enrichi de broderies & des Chiffres de leurs
Majestés.
La fête fut annoncée dès le matin par le bruit du
canon des remparts. L'Illumination commença
vers les sept heures du soir, au son des trom-
pettes, des fifres, des hanthois, des tavibours
& des tymbales, suivi des décharges du cinon &
de la mousqueterie des Chovaliers de l'Aiquebu-
se: cette Compagnie, par l'éclat de son unifor-
me, & la legéreté de ses évolutions, ajoutoit à la
fête un nonvel embélissement.
L'illumination, l'artifice & les Fusées volan-
tes, semblerent donner une espece de vie aux
figures symboliques dont le bâtiment du Temple
étoit décoré; & pour donnet un nouvel agrément
à ce spectacle, on avoit placé au balcon de l'Ho-
tel de Ville, un chœur nombrenx de symphonis-
tes, dont les airs exptimoient la joie universelle.
Une joie vive annonçoit le zéle, l'amour, & la
reconnoissance de tous les Citoyens pour notre au-
guste Monarque, & ces sentimens étoient élo-
zed by Goog
JANVIER.
1752.
189
quemment exprimés par leurs acclamations, &
par les cris redoublés de leurs vœux pour Sa Ma-
jesté & la Famille Royale.
Le même jour, le Palais Archiépiscopal de
M. le Prince de Rohan fut magnisiquement illu-
miné: le bon goût & l'arrangement de cette illu-
lumination attira un grand nombre de Specta-
teurs.
M. Rogier, Lieutenant des habitans, si distin-
gué par son zéle pout la gloire & les Intérêts de la
Ville, a voulu dans cette occasion se rendre le
Ministre de l'allégresse publique, & l'interprête de
l'amour du Peuple pout son Roi, par une fête
magnisique qu'il a donnée à laquelle ont été invi-
tés M. le Comte de Grand Pré, le Corps de Ville,
les Capitaines de la Bourgeoisie. & différentes au-
tres personnes. Plusieurs tables ont été servies àvec
autant d'ordre que de délicatesse & de magnifi-
cence. La foçade & l'intérieur de son Hôtel, of-
scoient une illumination charmante, par le nom-
bre & la disposition des lumieres qui formoient sur
la terrasse un spectacle nouveau, en feu figurant des
arcades, des portiques, & différens ornemens
d'Architecture.
La Ville de Reims, pour se conformer aux in-
tentions de Sa Majesté, a conclu qu'il seroit pris
sut les deniers dont l'administration lui est confiée,
la somme de quatre mille livres, pour doter vingt
filles.
Chacun s'empressa de seconder le zéle du Con-
seil de Ville par des Illuminations, qui furent
générales dans toute la Ville.
Le dessein du Temple, les devises & les emble-
mes, ont été imaginés, & les Inscriptions en
vers, composées par M. de Saulx, Chanoine de
l'Eglise de Reims, Chancelier de l'Université, &
Principal du College.
Illumination un autre Spectacle. Au dessus du balcon
s'élevoit une estrade de six dégrés, où l'on
voyoit les portraits du Roi & de la Reine, sous un
dais enrichi de broderies & des Chiffres de leurs
Majestés.
La fête fut annoncée dès le matin par le bruit du
canon des remparts. L'Illumination commença
vers les sept heures du soir, au son des trom-
pettes, des fifres, des hanthois, des tavibours
& des tymbales, suivi des décharges du cinon &
de la mousqueterie des Chovaliers de l'Aiquebu-
se: cette Compagnie, par l'éclat de son unifor-
me, & la legéreté de ses évolutions, ajoutoit à la
fête un nonvel embélissement.
L'illumination, l'artifice & les Fusées volan-
tes, semblerent donner une espece de vie aux
figures symboliques dont le bâtiment du Temple
étoit décoré; & pour donnet un nouvel agrément
à ce spectacle, on avoit placé au balcon de l'Ho-
tel de Ville, un chœur nombrenx de symphonis-
tes, dont les airs exptimoient la joie universelle.
Une joie vive annonçoit le zéle, l'amour, & la
reconnoissance de tous les Citoyens pour notre au-
guste Monarque, & ces sentimens étoient élo-
zed by Goog
JANVIER.
1752.
189
quemment exprimés par leurs acclamations, &
par les cris redoublés de leurs vœux pour Sa Ma-
jesté & la Famille Royale.
Le même jour, le Palais Archiépiscopal de
M. le Prince de Rohan fut magnisiquement illu-
miné: le bon goût & l'arrangement de cette illu-
lumination attira un grand nombre de Specta-
teurs.
M. Rogier, Lieutenant des habitans, si distin-
gué par son zéle pout la gloire & les Intérêts de la
Ville, a voulu dans cette occasion se rendre le
Ministre de l'allégresse publique, & l'interprête de
l'amour du Peuple pout son Roi, par une fête
magnisique qu'il a donnée à laquelle ont été invi-
tés M. le Comte de Grand Pré, le Corps de Ville,
les Capitaines de la Bourgeoisie. & différentes au-
tres personnes. Plusieurs tables ont été servies àvec
autant d'ordre que de délicatesse & de magnifi-
cence. La foçade & l'intérieur de son Hôtel, of-
scoient une illumination charmante, par le nom-
bre & la disposition des lumieres qui formoient sur
la terrasse un spectacle nouveau, en feu figurant des
arcades, des portiques, & différens ornemens
d'Architecture.
La Ville de Reims, pour se conformer aux in-
tentions de Sa Majesté, a conclu qu'il seroit pris
sut les deniers dont l'administration lui est confiée,
la somme de quatre mille livres, pour doter vingt
filles.
Chacun s'empressa de seconder le zéle du Con-
seil de Ville par des Illuminations, qui furent
générales dans toute la Ville.
Le dessein du Temple, les devises & les emble-
mes, ont été imaginés, & les Inscriptions en
vers, composées par M. de Saulx, Chanoine de
l'Eglise de Reims, Chancelier de l'Université, &
Principal du College.
Fermer
Résumé : « La Façade de l'Hôtel de Ville présentoit par son Illumination un autre Spectacle. Au dessus du balcon [...] »
En janvier 1752, Reims célébra le roi et la reine par diverses festivités. La façade de l'Hôtel de Ville fut illuminée et ornée des portraits royaux sous un dais brodé. La fête commença avec des tirs de canon et de musique, suivis de salves d'artillerie et de mousqueterie par les Chevaliers de l'Arquebuse. Des illuminations, feux d'artifice et fusées éclairantes animèrent les figures symboliques du Temple. Un chœur de musiciens joua des airs joyeux depuis le balcon de l'Hôtel de Ville. Le Palais Archiépiscopal du Prince de Rohan fut également illuminé, attirant de nombreux spectateurs. M. Rogier, Lieutenant des habitants, organisa une fête somptueuse avec des personnalités notables. La ville de Reims alloua 4000 livres pour doter vingt filles, selon les intentions royales. Des illuminations générales eurent lieu dans toute la ville. Les décorations du Temple, les devises et les emblèmes furent conçus par M. de Saulx, Chanoine de l'Église de Reims.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
53
p. 190-191
De Rochefort, le 20.
Début :
Un nouveau Vaisseau de quatre-vingt canons fut lancé à l'eau le 20, dans le Port de Rochefort, [...]
Mots clefs :
Rochefort, Jean-Baptiste Mac Nemara, Marine, Roi, Ville, Naissance du duc de Bourgogne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Rochefort, le 20.
De Rochefort, le 20.
Un nouveau Vaisseau de quatre-vingt canons
fut lancé à l'eau le 20, dans le Port de Rochefort,
& il a été nommé le Duc de Bourgogne. Il
arriva dans cette occasion un hazard, qui auroit
été regardé par les anciens Romains, comme un
augure digne de remarque. On avoit orné ce
Vaisseau de quelques btanches d'arbre: un oi-
seau, qu'un faucon poursuivoit à tire d'asle, s'y
refugia, & il y trouva un asile qui lui sauva la vie.
Le lendemain, on annonça par une salve de vingt
& une pièce de canon, les rejouissances pour la nais-
sance de Monseigneur le Duc de Bourgogne. A
midi, tout le Corps des Officiers de la Marine se
rendit chez M. de Macnemara, Chef d'Escadie
des Armées Navales du Roi, & Commandant à
Rochefort, qui avoit invité à cette fête les prin-
cipales Dames de la Ville, & tous les Etrangers
que la curiosité y avoit attirés. On servit plusieurs
tables, dont quatre étoient de trente couverts
& une de vingt. Les santés du Roi, de la Reine,
de Monseigneur le Dauphin, de Madame la Dau-
phine, & de Monseigneur le Duc de Bourgogne,
furent salvées chacune de vingt & un coup de
canon. Sur les cinq heures du soir, le Te Deum
fut chanté daus la Chapelle du Roi, & tout le
Clergé Séculier & Régulier de la Ville y assista,
Lorsque la nuit fut venue, on tira un feu d'arti-
fice dans la Prairie de Rhône. En même tems,
toutes les maisons de la Ville furent illuminées,
ainsi que le Château, l'Intendance & le Contrôle
& plusieurs fontaines de vin coulerent par ordre
de M. de Macnemara dans la Place du Château,
Le souper, que ce Commandant donna, ne ceda
191
JANVIER. 1752.
point au diner en magnificence. Toute la Com-
pagnie se rendit vers les onze heures à l'Hôtel des
Gardes de la Marine, qui étoit illuminé avec
beauçoup de goût & d'élégance, & où, M. de
Macnemara ouvrit le Bal avec Madame ie Nor-
mant de Mezy, épouse de l'Intendant de Roche-
fort. L'éclat de cette fête a répondu parfaitement
aux soins que M. de Macnemara a pris, & à l'ar-
deur avec laquelle tout le Corps de la Marine de
Rochefort l'a secondé, pout rendre ces rejouis-
sances dignes de l'évenement qui en étoit l'occa-
sion.
Un nouveau Vaisseau de quatre-vingt canons
fut lancé à l'eau le 20, dans le Port de Rochefort,
& il a été nommé le Duc de Bourgogne. Il
arriva dans cette occasion un hazard, qui auroit
été regardé par les anciens Romains, comme un
augure digne de remarque. On avoit orné ce
Vaisseau de quelques btanches d'arbre: un oi-
seau, qu'un faucon poursuivoit à tire d'asle, s'y
refugia, & il y trouva un asile qui lui sauva la vie.
Le lendemain, on annonça par une salve de vingt
& une pièce de canon, les rejouissances pour la nais-
sance de Monseigneur le Duc de Bourgogne. A
midi, tout le Corps des Officiers de la Marine se
rendit chez M. de Macnemara, Chef d'Escadie
des Armées Navales du Roi, & Commandant à
Rochefort, qui avoit invité à cette fête les prin-
cipales Dames de la Ville, & tous les Etrangers
que la curiosité y avoit attirés. On servit plusieurs
tables, dont quatre étoient de trente couverts
& une de vingt. Les santés du Roi, de la Reine,
de Monseigneur le Dauphin, de Madame la Dau-
phine, & de Monseigneur le Duc de Bourgogne,
furent salvées chacune de vingt & un coup de
canon. Sur les cinq heures du soir, le Te Deum
fut chanté daus la Chapelle du Roi, & tout le
Clergé Séculier & Régulier de la Ville y assista,
Lorsque la nuit fut venue, on tira un feu d'arti-
fice dans la Prairie de Rhône. En même tems,
toutes les maisons de la Ville furent illuminées,
ainsi que le Château, l'Intendance & le Contrôle
& plusieurs fontaines de vin coulerent par ordre
de M. de Macnemara dans la Place du Château,
Le souper, que ce Commandant donna, ne ceda
191
JANVIER. 1752.
point au diner en magnificence. Toute la Com-
pagnie se rendit vers les onze heures à l'Hôtel des
Gardes de la Marine, qui étoit illuminé avec
beauçoup de goût & d'élégance, & où, M. de
Macnemara ouvrit le Bal avec Madame ie Nor-
mant de Mezy, épouse de l'Intendant de Roche-
fort. L'éclat de cette fête a répondu parfaitement
aux soins que M. de Macnemara a pris, & à l'ar-
deur avec laquelle tout le Corps de la Marine de
Rochefort l'a secondé, pout rendre ces rejouis-
sances dignes de l'évenement qui en étoit l'occa-
sion.
Fermer
Résumé : De Rochefort, le 20.
Le 20 janvier 1752, le vaisseau de quatre-vingt canons nommé le Duc de Bourgogne a été lancé à Rochefort. Lors de cet événement, un oiseau, poursuivi par un faucon, a trouvé refuge sur le vaisseau. Le lendemain, une salve de vingt-et-un coups de canon a célébré la naissance du Duc de Bourgogne. À midi, M. de Macnemara, Chef d'Escadre des Armées Navales du Roi et Commandant à Rochefort, a invité les officiers de la marine, les principales dames de la ville et les étrangers présents. Les santés du Roi, de la Reine, du Dauphin, de la Dauphine et du Duc de Bourgogne ont été portées, chacune accompagnée de vingt-et-un coups de canon. En soirée, un Te Deum a été chanté dans la chapelle du Roi, suivi d'un feu d'artifice et d'illuminations dans toute la ville. Des fontaines de vin ont coulé sur la place du Château. M. de Macnemara a offert un somptueux souper, et un bal a été organisé à l'Hôtel des Gardes de la Marine. La fête, marquée par une grande magnificence, a été soigneusement organisée par M. de Macnemara et le corps de la marine de Rochefort.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
54
p. 191
De Sion, en Vallais, le 21.
Début :
Un Courier dépêché de Soleure, par M. le Marquis de Paulmy, ayant apporté ici la nouvelle [...]
Mots clefs :
Sion, Valais, Résident de France, Ville, Cathédrale, Chapitre, Naissance du duc de Bourgogne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Sion, en Vallais, le 21.
De Sion, en Vallais, le 21.
Un Courier dépêché de Soleure, par M. le
Marquis de Paulmy, ayant apporté ici la nouvelle
de la naissance de Monseigneur le Duc de Bour-
gogne, les Habitans de cette Ville ont montré la
même joie que s'ils avoient été François. L'Evê-
que & le Chapitre de la Cathédrale ont été des
premiers à faire éclater leurs sentimens, en chan-
tant solemnellement le Te Deum, après lequel
l'Evêque donna un somptueux repas au Résident
de France, ainsi qu'au Chapitre & au Conseil. Le
3 de ce mois, le Conseil en donna un qui ne fut
pas moins magnisique, & le 17 il assista au Te
Deum, que le Résident de France fit chanter en
musique dans la Cathédrale. Après cette cérémo-
nie, le Résident de France fit servir une table de
cent couverts. Deux fontaines de vin coulerent en
même tems par son ordre pour le peuple, à qui il
fit abandonner un bœeuf rôti. Le soir il y eut Bal
chez le Résident, & sa maison illuminée avec ma-
gnificence, offrit un spectacle qu'on n'avoit point
encore vû dans cette Ville,
Un Courier dépêché de Soleure, par M. le
Marquis de Paulmy, ayant apporté ici la nouvelle
de la naissance de Monseigneur le Duc de Bour-
gogne, les Habitans de cette Ville ont montré la
même joie que s'ils avoient été François. L'Evê-
que & le Chapitre de la Cathédrale ont été des
premiers à faire éclater leurs sentimens, en chan-
tant solemnellement le Te Deum, après lequel
l'Evêque donna un somptueux repas au Résident
de France, ainsi qu'au Chapitre & au Conseil. Le
3 de ce mois, le Conseil en donna un qui ne fut
pas moins magnisique, & le 17 il assista au Te
Deum, que le Résident de France fit chanter en
musique dans la Cathédrale. Après cette cérémo-
nie, le Résident de France fit servir une table de
cent couverts. Deux fontaines de vin coulerent en
même tems par son ordre pour le peuple, à qui il
fit abandonner un bœeuf rôti. Le soir il y eut Bal
chez le Résident, & sa maison illuminée avec ma-
gnificence, offrit un spectacle qu'on n'avoit point
encore vû dans cette Ville,
Fermer
Résumé : De Sion, en Vallais, le 21.
Le 21 du mois, la nouvelle de la naissance du Duc de Bourgogne est arrivée à Sion, en Valais. Les habitants ont manifesté leur joie de manière festive, comme s'ils étaient français. L'évêque et le chapitre de la cathédrale ont été parmi les premiers à célébrer cet événement en chantant solennellement le Te Deum. Ensuite, l'évêque a offert un somptueux repas au résident de France, ainsi qu'au chapitre et au conseil. Le 3 du mois, le conseil a organisé un autre repas somptueux. Le 17, le conseil a assisté à un Te Deum chanté en musique dans la cathédrale par le résident de France. Après la cérémonie, le résident a servi une table de cent couverts et a fait couler deux fontaines de vin pour le peuple, auquel il a également offert un bœuf rôti. Le soir, un bal a eu lieu chez le résident, dont la maison était illuminée avec magnificence, offrant un spectacle inédit dans la ville.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
55
p. 192-193
De Versailles.
Début :
Le 23, les Officiers du Bureau & ceux du Gobelet, de la bouche & de la fouriere de Madame [...]
Mots clefs :
Versailles, Dauphine, Concert, Feu d'artifice, Fête, Duchesse, Catherine-Nicole Le Maure, Naissance du duc de Bourgogne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Versailles.
De Versailles.
Le 23, les Officiers du Bureau & ceux du Gobelet,
de la bouche & de la fouriere de Madame
la Dauphine, ayant fait magnisiquement illumi-
ner l'Eglise des Recolets de Versailles; y firent
chanter le Te Deum, pour joindre leurs actions de
graces à celles de toute la France. Monseigneur
le Dauphin & Madame la Dauphine y assisterenti,
& le peuple, qui étoit accoutu sur leur passage
s'empressa de leur témoigner, l'intérête qu'il
prend à leur santé, & à leur satisfaction.
Il y eut le soit un Concert chez Madame la
Dauphine, & ensuite un très-beau feu d'artifice,
que les Habitans de Versailles firent tirer dans les
Jardins du Château, vis-à-vis de l'Appartement
de cette Priocesse.
La Duchesse de Lauraguais, Dame d'Atour de
Madame la Dauphine, donna le 24 une fête, à
laquelle présiderent également le goût & la ma-
gnificence. Monseigneut le Dauphin & Madame
la Dauphine, se rendirent vers les six heures du
soir, à la maison que cette Duchesse a dans la
principale avenue de Versailles, & la fête com-
mença par un Concert, composé de Musiciens du
premier ordre, entre autres de la célebre Demoi-
selle le Maure, de Madame & de M. Forquary
de M. Jeliotte & de M. Blavet. Au Concert suc-
ceda uu feu d'artifice, tiré sur la butte de Mont
horon, qui aptès le feu offrit un très-brillant
spectacle par une illumination aussi var ée qu'éle-
gante. On servit ensuite un soupet des plus splen-
dides, & la fête fut terminée par plusieurs cou-
plets, chantés à l'honneur de Monseigneur le Due
de Bourgogne, dans lesquels la Demoilelle le
Navite
JANVIER.
1752.
193
Maure fit admirer la supériorité de sa voix & de
son talent.
Le 23, les Officiers du Bureau & ceux du Gobelet,
de la bouche & de la fouriere de Madame
la Dauphine, ayant fait magnisiquement illumi-
ner l'Eglise des Recolets de Versailles; y firent
chanter le Te Deum, pour joindre leurs actions de
graces à celles de toute la France. Monseigneur
le Dauphin & Madame la Dauphine y assisterenti,
& le peuple, qui étoit accoutu sur leur passage
s'empressa de leur témoigner, l'intérête qu'il
prend à leur santé, & à leur satisfaction.
Il y eut le soit un Concert chez Madame la
Dauphine, & ensuite un très-beau feu d'artifice,
que les Habitans de Versailles firent tirer dans les
Jardins du Château, vis-à-vis de l'Appartement
de cette Priocesse.
La Duchesse de Lauraguais, Dame d'Atour de
Madame la Dauphine, donna le 24 une fête, à
laquelle présiderent également le goût & la ma-
gnificence. Monseigneut le Dauphin & Madame
la Dauphine, se rendirent vers les six heures du
soir, à la maison que cette Duchesse a dans la
principale avenue de Versailles, & la fête com-
mença par un Concert, composé de Musiciens du
premier ordre, entre autres de la célebre Demoi-
selle le Maure, de Madame & de M. Forquary
de M. Jeliotte & de M. Blavet. Au Concert suc-
ceda uu feu d'artifice, tiré sur la butte de Mont
horon, qui aptès le feu offrit un très-brillant
spectacle par une illumination aussi var ée qu'éle-
gante. On servit ensuite un soupet des plus splen-
dides, & la fête fut terminée par plusieurs cou-
plets, chantés à l'honneur de Monseigneur le Due
de Bourgogne, dans lesquels la Demoilelle le
Navite
JANVIER.
1752.
193
Maure fit admirer la supériorité de sa voix & de
son talent.
Fermer
Résumé : De Versailles.
Le 23 janvier 1752, à Versailles, les officiers du Bureau et du Gobelet, ainsi que ceux de la bouche et de la fourière de Madame la Dauphine, ont illuminé l'église des Récollets et y ont fait chanter le Te Deum pour exprimer leur gratitude. Monseigneur le Dauphin et Madame la Dauphine ont assisté à cet événement, et le peuple a manifesté son soutien lors de leur passage. Le soir, un concert et un feu d'artifice ont eu lieu dans les jardins du Château, devant l'appartement de Madame la Dauphine. Le 24 janvier, la Duchesse de Lauraguais a organisé une fête somptueuse. Le Dauphin et la Dauphine y ont assisté, accompagnée d'un concert avec des musiciens renommés comme Mademoiselle le Maure, Madame, M. Forqueray, M. Jéliotte et M. Blavet. Un feu d'artifice a été tiré sur la butte de Montbauron, suivi d'une illumination et d'un somptueux souper. La fête s'est conclue par des couplets chantés en l'honneur du Duc de Bourgogne, où Mademoiselle le Maure a montré son talent vocal.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
56
p. 193-194
D'Avignon, le 24.
Début :
Les bienfaits que les Habitans de cette Ville ont reçu de la Couronne de France, leur inspirent [...]
Mots clefs :
Avignon, Te Deum, Église, Vice-légat, Ville, Musique, Feu d'artifice, Naissance du duc de Bourgogne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : D'Avignon, le 24.
D'Avignon, le 24.
Les bienfaits que les Habitans de cette Ville
ont reçu de la Couronne de France, leur inspirent
une reconnoissance trop sincère, pour qu'ils
négligent aucune occasion de la faire éclater.
Pendant trois jours consécutifs, il y a eu ici des
rejouissances publiques pour la naissance de Mon-
seigneur le Duc de Bourgogne. Le 24 de ce mois,
le Deum fut chanté à plusieurs chœurs de musique
dans l'Eglise Métropolitaine par ordre du Vice-
Légat, qui y assista, étant accompagné de tous
les Tribunaux, ains: que du Corps de-Ville.
Après cette cétémonie, le Vice-Légat, an bruit
d'une décharge d'artillerie, & de plusieurs salves,
de mousqueterie des troupes de la garnison & de
la Milice Bourgeoise, alluma le Buchet qu'on
avoit préparé dans la Place, vis-à vis le Palais.
On tira le soir devant l'Hô el-de Vile un feu
d'artifice, & toutes les rues furent illuininées.
Le 25 & le 26, l'Archevêché, le Corps-de Vil'e
& le Chapitre de l'Eglise Métropolitaive, ont
fait successivement chanter le Te Deum dans cette
Eglise, en action de graces du même évenement.
Chacun de ces deux jours, on a renouvellé les
illuminations, & le : 6 le Corps-de Visse fit tirer.
un seeond seu d'artifice, de beaucoup plus grande
dépense encore que celui du 24. Ces fêtes. furent
terminées par un somptueux repas, que le Vice-
Légat donna à toute la Noblesse. Les, Célestins
dont le Couvent a été fondé par le Roi Charles
VI. out signalé en particulier leur zéle, en faisant
chanter une Messe solemnelle, & le Te Deum en
II. Vol.
tized by Goc
194 MERCUREDEFRANCE.
musique. Le Marquis de Crillon, & le Marquis
d'Aulan, n'ont rien épargné pour marquet leur
joie, & ils se sont distingues surtout par la beauté
des illuminations de leurs Hôtels.
Les bienfaits que les Habitans de cette Ville
ont reçu de la Couronne de France, leur inspirent
une reconnoissance trop sincère, pour qu'ils
négligent aucune occasion de la faire éclater.
Pendant trois jours consécutifs, il y a eu ici des
rejouissances publiques pour la naissance de Mon-
seigneur le Duc de Bourgogne. Le 24 de ce mois,
le Deum fut chanté à plusieurs chœurs de musique
dans l'Eglise Métropolitaine par ordre du Vice-
Légat, qui y assista, étant accompagné de tous
les Tribunaux, ains: que du Corps de-Ville.
Après cette cétémonie, le Vice-Légat, an bruit
d'une décharge d'artillerie, & de plusieurs salves,
de mousqueterie des troupes de la garnison & de
la Milice Bourgeoise, alluma le Buchet qu'on
avoit préparé dans la Place, vis-à vis le Palais.
On tira le soir devant l'Hô el-de Vile un feu
d'artifice, & toutes les rues furent illuininées.
Le 25 & le 26, l'Archevêché, le Corps-de Vil'e
& le Chapitre de l'Eglise Métropolitaive, ont
fait successivement chanter le Te Deum dans cette
Eglise, en action de graces du même évenement.
Chacun de ces deux jours, on a renouvellé les
illuminations, & le : 6 le Corps-de Visse fit tirer.
un seeond seu d'artifice, de beaucoup plus grande
dépense encore que celui du 24. Ces fêtes. furent
terminées par un somptueux repas, que le Vice-
Légat donna à toute la Noblesse. Les, Célestins
dont le Couvent a été fondé par le Roi Charles
VI. out signalé en particulier leur zéle, en faisant
chanter une Messe solemnelle, & le Te Deum en
II. Vol.
tized by Goc
194 MERCUREDEFRANCE.
musique. Le Marquis de Crillon, & le Marquis
d'Aulan, n'ont rien épargné pour marquet leur
joie, & ils se sont distingues surtout par la beauté
des illuminations de leurs Hôtels.
Fermer
Résumé : D'Avignon, le 24.
Les habitants d'Avignon ont manifesté leur reconnaissance envers la Couronne de France le 24 du mois, à l'occasion de la naissance du Duc de Bourgogne. Des festivités publiques ont duré trois jours. Le 24, un Te Deum a été chanté dans l'église métropolitaine par ordre du Vice-Légat, en présence des tribunaux et du corps de ville. Un bûcher a été allumé sur la place, suivi de salves d'artillerie et de mousqueterie. Un feu d'artifice a été tiré devant l'hôtel de ville, et les rues ont été illuminées. Les 25 et 26, l'archevêché, le corps de ville et le chapitre de l'église métropolitaine ont chanté le Te Deum en actions de grâce. Des illuminations ont été renouvelées chaque jour, et un second feu d'artifice a été tiré le 26. Les célébrations se sont conclues par un somptueux repas offert par le Vice-Légat à la noblesse. Les Célestins ont marqué leur zèle par une messe solennelle et le Te Deum en musique. Les marquis de Crillon et d'Aulan se sont distingués par la beauté des illuminations de leurs hôtels.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
57
p. 194-196
Du Havre le 28.
Début :
Je ne prends point, Monsieur, en mauvaise part les reproches que vous me faites de mon silence ; [...]
Mots clefs :
Le Havre, Hôtel de ville, Place, Naissance du duc de Bourgogne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Du Havre le 28.
Du Havre le 28.
Je ne prends point, Monsieur, en mauvaise
part les reproches que vous me faites de mon silence ;
vous les assa sonnez de termes si obligans, que
je ne sçautois vous en faire un crime. Je me per-
suade que vous me pardonnerez à votre tour ma
negligence, puisqu'elle n'a été occasionnée que
par un voyage, que j'ai fait au Havre de Grace
où j'ai resté jusqu'au 29. du mois passé.
Je ne comptois pas m'y atrêter si long tems;
mais j'ai différé mon retour de quelques jours
pour me trouver aux réjouissances qui s'y sont fai-
tes le 28 à l'occasion de la naissance de Monsei-
gneut le Duc de Bourgogne.
Comme j'en ai été satisfait, je crois que vous
me sçaurez bon gré de vous faire part de ce qui
s'y est passé.
Cette Ville, pour se conformer aux désirs de
Sa Majeste, a doté 21 pauvres filles nées de la-
dite Ville, ou du Faubourg, ausquelles elle a
donné à chacune quatre cens livtes. Afin de ren-
dre cet événement plus mémorable, les réjouis-
sances avoient été différées jusqu'au jour de leurs
mariages, pour n'en fatre qu'une même sête.
Ahuit heures du matin on battit la géné ale, &
à 9 heures la Garnison & la Bourgecisie étoient
sous les at mes, ils se rangerent en bataille sur la
Place d'Armes, à côté de l'Hôtel de Ville. A 10
heuies tout le cortège partit pour se rendre à l'E-
glise; un détachement de 50 Grenadiers ourrit
195
JANVIER. 1752.
la marche, la Bourgeoisie les suivit les drapeaux
déployés, en bordant les rues depuis l'Hôtel de
Ville, jusques dans la Cour de l'Eglise N. Dame.
M. le Comte de Beauvoir Lieutenant de Roi& Com-
mandant de la Place à la tête de Corps de-Ville,
marchoit au milieu. Les 21 filles accompagnées
de leurs affidés, les suivoient, & la marche étoit
fermée par les Gardes de M. le Duc de Saint Ai-
gnan Gouverneur de la Place, & par les tam-
oours, les trompettes, les hautbois, les fiffres &
les violons. Arrivez à l'Eglise, le Curé de la Pa-
roisse célébra les mariages avec les cérémonies or-
dinaires, & après la messe on chanta le Te Deum
& l'Exaudiat, qui furent suivis d'une infinité d'ac-
clamations, de vive le Roi, réitérées à plusieurs
reptises.
On retourna à l'Hôtel dé Ville dans le même
ordre, qu'on en étoit parti: les nouveaux mariés
y trouverent 2 tabies, l'une de 20; & l'autre de
22 couverts, où on seur servit à diner. Après le
repas on les fit passer dans un autre appartement,
ou la dot leur fut payée.
Sur les cinq heures du soir on mit le feu au bu-
cher, & peu après, les canons de la Citadelle, &
des ramparts de la Ville, tirerent chacun trois
décharges, qui furent répétées par la mousquet-
terie de la Garnison & des Bourgeois, qui bor-
doient les courtines des fortifications. Ce specta-
cle faisoit un fort bon effet, & représentoit une
Ville assiègée qui se deffendoit contre l'en-
nemi.
A six heures toute la Ville fut illuminée avec
beaucoup d'ordre & de bon goût, chacun s'étoit
distingué à l'envi à encherir les uns sut les autres,
soit par la quantité de lampions, soit par l'élégan-
atrangement, ou par des emblêmes, qui
ce de l'
175 MERCUREDEFRANCE.
avoient rapport à la fête que l'on célébroit. Ea
voici entre autres trois que j'ai retenues, parce
qu'elles m'ont frappé davantage.
L'une représentoit le soleil levant, qui dardoit
ses rayons sur une Campagne émaillée de fleurs. Oa
lisoit an bas ces mots.
Faecundat ab erta.
Cette premiere étoit placée au milieu des deun
suivantes.
Celle de la droite représentoit la couronne de
France soutenue par trois colonnes. Et elle avoit
pour devise.
Firma tribus.
Celle de la gauche étoit un lys qui portoit des
tiges inégales, dont une étoit encore naissante.
Et il y avoit au bas.
Nac erit surtulus impar,
Cette fete a été terminée par un bal que M. le
Comte de Beauvoir a donné à l'Hôtel de Ville
od il avoit fait inviter toutes les personnes distin-
guées de la Ville & des environs Je vous avoue
que j'ai été satisfait au de la de mon attente de
cette réjovissance, & du bon ordre avec lequel
olle a été exécutée, &c.
Je ne prends point, Monsieur, en mauvaise
part les reproches que vous me faites de mon silence ;
vous les assa sonnez de termes si obligans, que
je ne sçautois vous en faire un crime. Je me per-
suade que vous me pardonnerez à votre tour ma
negligence, puisqu'elle n'a été occasionnée que
par un voyage, que j'ai fait au Havre de Grace
où j'ai resté jusqu'au 29. du mois passé.
Je ne comptois pas m'y atrêter si long tems;
mais j'ai différé mon retour de quelques jours
pour me trouver aux réjouissances qui s'y sont fai-
tes le 28 à l'occasion de la naissance de Monsei-
gneut le Duc de Bourgogne.
Comme j'en ai été satisfait, je crois que vous
me sçaurez bon gré de vous faire part de ce qui
s'y est passé.
Cette Ville, pour se conformer aux désirs de
Sa Majeste, a doté 21 pauvres filles nées de la-
dite Ville, ou du Faubourg, ausquelles elle a
donné à chacune quatre cens livtes. Afin de ren-
dre cet événement plus mémorable, les réjouis-
sances avoient été différées jusqu'au jour de leurs
mariages, pour n'en fatre qu'une même sête.
Ahuit heures du matin on battit la géné ale, &
à 9 heures la Garnison & la Bourgecisie étoient
sous les at mes, ils se rangerent en bataille sur la
Place d'Armes, à côté de l'Hôtel de Ville. A 10
heuies tout le cortège partit pour se rendre à l'E-
glise; un détachement de 50 Grenadiers ourrit
195
JANVIER. 1752.
la marche, la Bourgeoisie les suivit les drapeaux
déployés, en bordant les rues depuis l'Hôtel de
Ville, jusques dans la Cour de l'Eglise N. Dame.
M. le Comte de Beauvoir Lieutenant de Roi& Com-
mandant de la Place à la tête de Corps de-Ville,
marchoit au milieu. Les 21 filles accompagnées
de leurs affidés, les suivoient, & la marche étoit
fermée par les Gardes de M. le Duc de Saint Ai-
gnan Gouverneur de la Place, & par les tam-
oours, les trompettes, les hautbois, les fiffres &
les violons. Arrivez à l'Eglise, le Curé de la Pa-
roisse célébra les mariages avec les cérémonies or-
dinaires, & après la messe on chanta le Te Deum
& l'Exaudiat, qui furent suivis d'une infinité d'ac-
clamations, de vive le Roi, réitérées à plusieurs
reptises.
On retourna à l'Hôtel dé Ville dans le même
ordre, qu'on en étoit parti: les nouveaux mariés
y trouverent 2 tabies, l'une de 20; & l'autre de
22 couverts, où on seur servit à diner. Après le
repas on les fit passer dans un autre appartement,
ou la dot leur fut payée.
Sur les cinq heures du soir on mit le feu au bu-
cher, & peu après, les canons de la Citadelle, &
des ramparts de la Ville, tirerent chacun trois
décharges, qui furent répétées par la mousquet-
terie de la Garnison & des Bourgeois, qui bor-
doient les courtines des fortifications. Ce specta-
cle faisoit un fort bon effet, & représentoit une
Ville assiègée qui se deffendoit contre l'en-
nemi.
A six heures toute la Ville fut illuminée avec
beaucoup d'ordre & de bon goût, chacun s'étoit
distingué à l'envi à encherir les uns sut les autres,
soit par la quantité de lampions, soit par l'élégan-
atrangement, ou par des emblêmes, qui
ce de l'
175 MERCUREDEFRANCE.
avoient rapport à la fête que l'on célébroit. Ea
voici entre autres trois que j'ai retenues, parce
qu'elles m'ont frappé davantage.
L'une représentoit le soleil levant, qui dardoit
ses rayons sur une Campagne émaillée de fleurs. Oa
lisoit an bas ces mots.
Faecundat ab erta.
Cette premiere étoit placée au milieu des deun
suivantes.
Celle de la droite représentoit la couronne de
France soutenue par trois colonnes. Et elle avoit
pour devise.
Firma tribus.
Celle de la gauche étoit un lys qui portoit des
tiges inégales, dont une étoit encore naissante.
Et il y avoit au bas.
Nac erit surtulus impar,
Cette fete a été terminée par un bal que M. le
Comte de Beauvoir a donné à l'Hôtel de Ville
od il avoit fait inviter toutes les personnes distin-
guées de la Ville & des environs Je vous avoue
que j'ai été satisfait au de la de mon attente de
cette réjovissance, & du bon ordre avec lequel
olle a été exécutée, &c.
Fermer
Résumé : Du Havre le 28.
Le 28 janvier 1752, l'auteur écrit depuis Le Havre pour expliquer son silence précédent, dû à un voyage au Havre de Grâce. Il y est resté jusqu'au 29 du mois précédent afin de participer aux célébrations marquant la naissance du Duc de Bourgogne. La ville a doté 21 jeunes filles pauvres, natives du Havre ou de ses faubourgs, chacune recevant 400 livres. Les festivités ont débuté à 8 heures du matin avec le battement général et la mise en place de la garnison et de la bourgeoisie sur la Place d'Armes. Un cortège, comprenant les filles et leurs familles, s'est dirigé vers l'église Notre-Dame pour les cérémonies de mariage, suivies d'un Te Deum et d'un Exaudiat. Après un dîner à l'Hôtel de Ville, les dots ont été remises aux mariées. En soirée, un bûcher a été allumé et des salves de canons tirées. À 6 heures, la ville a été illuminée avec des lanternes et des emblèmes symboliques. La fête s'est achevée par un bal organisé par le Comte de Beauvoir à l'Hôtel de Ville. L'auteur exprime sa satisfaction quant à l'organisation et au déroulement des festivités.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
58
p. 196-197
De Fontainebleau le 11 Novembre.
Début :
L'espérance de pouvoir, à l'exemple des Grands & des Riches, célébrer par quelque solemnité [...]
Mots clefs :
Fontainebleau, Cérémonie, Naissance du duc de Bourgogne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Fontainebleau le 11 Novembre.
De Fontainebleau le 11 Novembre.
L'espérance de pouvoir, à l'exemple des Grands
& des Riches, célébrer par quelque solemnité
religieuse & magnisique la naissance de Monsei-
gueur le Duc de Bourgogne, sembloit être inter-
dite aux Paurres de la Ville de Fontainebleau
197
JANVIER, 1752.
Il s'est trouvé à la Cour quelques personnes
charitables, qui scachant con bien- la voix
de l'indigent vertuent, est agréable, à Dien
& capable d'attirer de nouvelles Bénédictions sur
la Famille Royale, ont mis ces infortunés en
état de donner l'essor à leur zéle pat un Te
Deum chanté avec pompe. L'Abbé de la Cha-
tegnetaye, Comte de Lyon, & Aumônier du
Roi, y a officié, & le motet fut exécuté par les
Musiciens du Roi, qui se sont fait honneur de
servit d'Organes aux Preuvres dans cette cérémonie
remarquable. La Reine, Monseigneur le Dau-
phin, & Mesdames de France; en assistant à une
cérémonie si touchante par elle même, ont con-
tribué à la rendre encore plus intéressante.
L'espérance de pouvoir, à l'exemple des Grands
& des Riches, célébrer par quelque solemnité
religieuse & magnisique la naissance de Monsei-
gueur le Duc de Bourgogne, sembloit être inter-
dite aux Paurres de la Ville de Fontainebleau
197
JANVIER, 1752.
Il s'est trouvé à la Cour quelques personnes
charitables, qui scachant con bien- la voix
de l'indigent vertuent, est agréable, à Dien
& capable d'attirer de nouvelles Bénédictions sur
la Famille Royale, ont mis ces infortunés en
état de donner l'essor à leur zéle pat un Te
Deum chanté avec pompe. L'Abbé de la Cha-
tegnetaye, Comte de Lyon, & Aumônier du
Roi, y a officié, & le motet fut exécuté par les
Musiciens du Roi, qui se sont fait honneur de
servit d'Organes aux Preuvres dans cette cérémonie
remarquable. La Reine, Monseigneur le Dau-
phin, & Mesdames de France; en assistant à une
cérémonie si touchante par elle même, ont con-
tribué à la rendre encore plus intéressante.
Fermer
Résumé : De Fontainebleau le 11 Novembre.
Le 11 novembre à Fontainebleau, les pauvres, initialement exclus des célébrations pour la naissance du Duc de Bourgogne, ont pu participer grâce à des personnes charitables. Un Te Deum solennel a été organisé, dirigé par l'Abbé de Châtégnetaye et accompagné par les musiciens du roi. La reine, le Dauphin et Mesdames de France y ont assisté.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
59
p. 197-199
De Paris le 13.
Début :
La célébration des six cens mariages, déterminés par la Ville avec l'agrément de Sa Majesté, [...]
Mots clefs :
Paris, Mariages, Paroisse, Prévôt des marchands, Échevins, Salve générale, Célébration, Naissance du duc de Bourgogne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Paris le 13.
De Paris le 13.
La célébration des six cens mariages, déterminés
par la Ville avec l'agrément de Sa Majesté,
ayant été fixée au 9 de ce mois, cette fête fut an-
noncée la veille par les cloches de toutes les Pa-
roisses, & le 6 à six heures du matin par une salve
générale de l'artillerie de la Ville. Il y eut une
seconde salve à midi? lorsque ces mariages su-
rent célébrés. Le Duc de Gesvres, Gouverneur
de Paris, assista à ceux de l'Eglise de Saint Roch
sa Paroisse. Ceux de Saint Nicolas des Champs
Paroisse de M. de Bernage, Prevôt des Mar-
chands, se firent en présence de ce Magistrat. Mes-
sieurs Bontems, Gillet & Mirey, Echevins;
M. Moriau Procureur & Avocat du Roi &
de la Ville, & M. Taitbout, Greffier en chef
furent pésens chacun dans leurs Paroisses, aux ma-
riages qu'on y célébra, & M. Boucot, Receveur
de la Ville, se trouva à ceux de Saint Germain-
l'Auxertois. On avoit député des Conseillers de
Iiij
ized by Goc
198 MERCUREDE FRANCE.
la Ville & des Quartiniers, pour faire les hon-
neurs des mariages des autres Paroisses. Dans cet
Acte mémorable a régné une majesté, vraiment
digne de la cérémonie & de l'événement qui en
étoit l'occasion. Toutes les Eglises étoient ornées
de la même maniere qu'elles ont coutume de l'être
dans les jours de la plus grande solemnité, & l'on
ne peut trop louer les soins pris par les Curés pour
la décence & pour la commodité générale. La Vil-
le, non contente d'avoir doté & habillé les Ma-
riés, a pourvu à la dépense des festins & des
nôces auxquels les Mariés ont été conduits dans
des catosses fournis par la Ville, & ces festins
ont été servis dans des Salles particulieres pout
chaque Paroisse. Une affluence prodigieuse de
personnes de toutes les conditions s'est présentée
soit dans les Eglises, soit dans ces Salles, s afin de
jouir d'un spectacle si plein de charmes pour les
Amateurs de l'humanité & du bien public. Il
auroit été impossible de compter le nombre des
Spectateurs: il ne le seroit pas moins d'expriiner
les sentimens de joie, d'amous & de reconnois-
sance, des Mariés & de leurs familles, pour le
Roi & pour la Famille Royale, & la satisfaction
dont tous les cœurs ont paru pénétrés.
Le même jour le Prevôt des Marchands & Eche-
vins donnerent dans la grande Salle de l'Hôtel de
Ville un diner splendide, auquel le Duc de Ge-
vres fut invité, ainsi que les députés qui avoient
assisté de la part de la Ville à la célébration des
mariages. A la fin du repas on but au bruit des
fanfares, les santés de la Reine, de Monseigneur
le Dauphin, de Madame la Dauphine, & de Mes-
dames de France, & lorsque la santé du Roi
fut portée, il fut fait une salve générale d'artillerie.
Sur les six heures du soir, le Corps de Ville,
ayant à sa têté le Duc de Gêvtes, se rendit à l'E-
199
JANVIER. 1752.
glise de Saint Jean en Grêve, qui étoit éclairée &
décotée avec une magnificeence extraordinaire,
& il assista au Te Deum qu'il fit chanter en Musi-
que. LeMotet étoit de la composition du Sieur Cal-
viere. Au Sanctus, les canons de la Ville firent
une nonvelle salve. Après le Te Deum, la façada
de l'Hôtel de Ville fut illuminée, ainsi que les
Hôtels du Duc de Gêvres & du Prevôt des Mar-
chands, & les maisons des autres Officiers du Bu-
reau de la Ville Il y eut aussi des illuminations
chez les Députés de la Ville dans chaque Paroisse.
La célébration des six cens mariages, déterminés
par la Ville avec l'agrément de Sa Majesté,
ayant été fixée au 9 de ce mois, cette fête fut an-
noncée la veille par les cloches de toutes les Pa-
roisses, & le 6 à six heures du matin par une salve
générale de l'artillerie de la Ville. Il y eut une
seconde salve à midi? lorsque ces mariages su-
rent célébrés. Le Duc de Gesvres, Gouverneur
de Paris, assista à ceux de l'Eglise de Saint Roch
sa Paroisse. Ceux de Saint Nicolas des Champs
Paroisse de M. de Bernage, Prevôt des Mar-
chands, se firent en présence de ce Magistrat. Mes-
sieurs Bontems, Gillet & Mirey, Echevins;
M. Moriau Procureur & Avocat du Roi &
de la Ville, & M. Taitbout, Greffier en chef
furent pésens chacun dans leurs Paroisses, aux ma-
riages qu'on y célébra, & M. Boucot, Receveur
de la Ville, se trouva à ceux de Saint Germain-
l'Auxertois. On avoit député des Conseillers de
Iiij
ized by Goc
198 MERCUREDE FRANCE.
la Ville & des Quartiniers, pour faire les hon-
neurs des mariages des autres Paroisses. Dans cet
Acte mémorable a régné une majesté, vraiment
digne de la cérémonie & de l'événement qui en
étoit l'occasion. Toutes les Eglises étoient ornées
de la même maniere qu'elles ont coutume de l'être
dans les jours de la plus grande solemnité, & l'on
ne peut trop louer les soins pris par les Curés pour
la décence & pour la commodité générale. La Vil-
le, non contente d'avoir doté & habillé les Ma-
riés, a pourvu à la dépense des festins & des
nôces auxquels les Mariés ont été conduits dans
des catosses fournis par la Ville, & ces festins
ont été servis dans des Salles particulieres pout
chaque Paroisse. Une affluence prodigieuse de
personnes de toutes les conditions s'est présentée
soit dans les Eglises, soit dans ces Salles, s afin de
jouir d'un spectacle si plein de charmes pour les
Amateurs de l'humanité & du bien public. Il
auroit été impossible de compter le nombre des
Spectateurs: il ne le seroit pas moins d'expriiner
les sentimens de joie, d'amous & de reconnois-
sance, des Mariés & de leurs familles, pour le
Roi & pour la Famille Royale, & la satisfaction
dont tous les cœurs ont paru pénétrés.
Le même jour le Prevôt des Marchands & Eche-
vins donnerent dans la grande Salle de l'Hôtel de
Ville un diner splendide, auquel le Duc de Ge-
vres fut invité, ainsi que les députés qui avoient
assisté de la part de la Ville à la célébration des
mariages. A la fin du repas on but au bruit des
fanfares, les santés de la Reine, de Monseigneur
le Dauphin, de Madame la Dauphine, & de Mes-
dames de France, & lorsque la santé du Roi
fut portée, il fut fait une salve générale d'artillerie.
Sur les six heures du soir, le Corps de Ville,
ayant à sa têté le Duc de Gêvtes, se rendit à l'E-
199
JANVIER. 1752.
glise de Saint Jean en Grêve, qui étoit éclairée &
décotée avec une magnificeence extraordinaire,
& il assista au Te Deum qu'il fit chanter en Musi-
que. LeMotet étoit de la composition du Sieur Cal-
viere. Au Sanctus, les canons de la Ville firent
une nonvelle salve. Après le Te Deum, la façada
de l'Hôtel de Ville fut illuminée, ainsi que les
Hôtels du Duc de Gêvres & du Prevôt des Mar-
chands, & les maisons des autres Officiers du Bu-
reau de la Ville Il y eut aussi des illuminations
chez les Députés de la Ville dans chaque Paroisse.
Fermer
Résumé : De Paris le 13.
Le 13 janvier 1752, Paris a célébré six cents mariages approuvés par la Ville et le roi. Les festivités ont commencé le 8 janvier avec les cloches des paroisses et le 9 janvier avec des salves d'artillerie. Le Duc de Gesvres, gouverneur de Paris, a assisté aux mariés à l'église Saint-Roch, tandis que d'autres dignitaires, comme le Prévôt des Marchands et plusieurs échevins, ont participé dans leurs paroisses respectives. La Ville a doté et habillé les mariés et a organisé des festins paroissiaux. Une grande foule a assisté aux événements, exprimant joie et reconnaissance envers le roi et la famille royale. Le même jour, le Prévôt des Marchands et les échevins ont offert un dîner à l'Hôtel de Ville, auquel le Duc de Gesvres et les députés de la Ville ont été invités. Des toasts ont été portés à la santé de la reine, du dauphin, de la dauphine et des princesses de France, suivis de salves d'artillerie. En soirée, le corps de ville, dirigé par le Duc de Gesvres, s'est rendu à l'église Saint-Jean-en-Grève pour un Te Deum, accompagné de salves d'artillerie et d'illuminations.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
60
p. 199-205
RELATION Des Fêtes données à Rome pour la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne, par son Excellence M. le Duc de Nivernois.
Début :
Le Duc de Nivernois Ambassadeur extraordinaire de France auprès du Saint Siege, [...]
Mots clefs :
Fêtes, Rome, Naissance du duc de Bourgogne, Duc de Nivernois, Ambassadeur, Noblesse, Palais, Cardinaux, Goût, Fêtes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RELATION Des Fêtes données à Rome pour la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne, par son Excellence M. le Duc de Nivernois.
RELATION
Des Fêtes données à Rome pour la naissance
de Monseigneur le Duc de Bourgogne,
par son Excellence M. le Duc de Nivernois.
Le Duc de Nivernois Ambassadeur extraordinaire
de France auprès du Saint Siege,
ayant fixé au 22. 13. & 24. de Novembre les
fêtes qu'il devoit donner pour la naissance de
Monseigneui le Duc de Bourgogne, elles com-
mencerent Lundi matin 22. par un Te Deum so-
lemnel qui fut chanté dans l'Eglise Françoise de
Saint Louis. Son Excellence reçut avant de partit
les complimens d'un grand nombre de Prélats,
qui s'étoient rendus au Palais de France, &
ceux des Cardinaux, & des Princes Romains
qui envoyereut leurs Gentilshommes. On distri-
bua en abondance à tous avant de partit des gla-
ces & des stuits gelés.
Iiiij
200 MERCURE DEFRANCE.
M. l'Ambassadeur se rendit à l'Eglise de S.
Louis avec son train ordinaire composé de qua-
torze carosses qui étoient remplis de trente Pré-
lats & d'un cortège nombreux formé par les
Ftançois, & la Maison de son Excellence. L'E-
glise de Saint Louis étoit ornée avec beancoup
de goût & de magnificence, & prépaiée pour
tenir la chapelle cardinalitienne intimée par Sa
Sainteté Vingt-cinq Cardinaux s'y rendirent &
toute la Prélature. M. Vicentini Archevêque,
célebia pontificalement la messe qui fut sui-
vie d'un Te Deum chanté par la Musique du Pa-
pe, pendant lequel on fit une triple sal ve de
boëtes.
A trois heures après midi Son Excellence sui-
vie seulement de trois carosses, se tendit au
cours, où la course de Barbes indiquée pour ces
sêtes avoit attiré une foule prodigieuse de Nobles-
se & de peuple, & après y avoir fait deux tours
elle entra dans le Palais de l'Académie de Fran-
ee pour y recevoir les Cardinaux, les Prélats
& la Noblesse qui avoient été invités à s'y ren-
dre pour y voir la course. L'assemblée étoit aussi
nombreuse & aussi brillante qu'elle pouvoit l'è-
tre, & l'on servit, en attendant la course, un
superbe rafraîchissement. Dix sept chevaux cou-
rurent, dont quatorze appartenoient à des Sei-
goeurs Romains, & trois étoient venus de diffé-
rentes Villes d'Italie, & ce fut un cheval du
Prince Dom Camillo Rospigliosi qui fut vain-
queur. Le prix étoit une piéce d'une des plus bel-
les étoffes de Lvon fond d'argent à fleurs d'or.
Le sacté Collége, la Prélature & la Noblesse
étoient invités le même jour à une cantate, ou
Dame en deux Actes & en musique qui devoit
s'exécuter dans un salon du Palais Farnése. Ce
JANVIER. 1752. 201
sallon avoit été orné pour cet effet en maniere
de décoration théâtrale, sur les desseins & sous
la direction du Cavalier Jean Paul Panini, Pein-
tre & Architecte, dont le nom est célebre en Eu-
rope. Le sallon étoit éclairé par trente-neuf lus-
tres, plus de sept cens autres grosses bougles, &
environ cent cinquante flambeaux de cinq livres.
Il aété trouvé généralement du plus grand gout,
& de la plus grande magnificence, & l'on a dit
unanimement qu'on n'avoit jamais rien vu de
plus beau ni de plus brillant. Comme il seroit
difficile de donner une idée de ce spectacle, on
renvoie à la description détaillée qui suit cette
relation.
Madame la Princesse Borghese faisoit les hon-
neurs aux Dames qui se placerent sur une espe-
ce d'amphitheâtre pratiqué à œe dessein, & M.
l'Ambassadeur reçut les Cardinaux qui vinrent
au nombre de vingt- un. Les Acteurs de la canta-
te étoient vêtus d'habits brodés fort riches & de
très bon goût, conformes aux personnages qu'ils
représentoient. Tout l'Orchestre qui étoit dispose
en forme d'amphithéâtre composé de plus de
quatre vingt joveurs d'instrumens, vêtus d'habits
de théâtre tres-bien entendus, & ayant chacun
une couronne de fleurs sur la têre, formoient
un coup d'œil qui augmentoit encore l'agrément
& l'éciat de ce spectacle aussi brillaut qu'il pou-
voit l'être. La musique de la cantate qui est de la
tomposition du Signor Rinaldo de Capoue, fut
trouvée fort belle. Dans l'intervalle de la pre-
miere partie à la seconde, on distribua des gla-
ces, des eaux frasches & des fruits glaces à tout
le monde. Aprés la fin de la cantate, & le dé-
part des Cardinaux, les Dames passe rent dans la
gallerie du Palais appellé la gallerie des Caraches,
IV
zed by Goc
202 MERCURE DEFRANCE.
où elles trouverent une table de quatre-vingt
couverts, très-bien illuminée, & couverte d'un
magnifique ambigu. Dans les chambres voisines
étoient des tables volantes & des détachemens
de valets de-chambre destinés à les servir & à les
couvrir de viandes froides ou chaudes, suivant le
goût de ceux qui s'y rassembloient, de façon que
chacun fut servi comme il vouloit l'être, ce qui
parut plaire & surprendre également. Pendant le
temps du souper on avoit préparé le sallon pour
V danser. Les Dames y etant repasséés, M. le
Duc de Nivernois ouvrit le bal avec Madame
l'Ambassadiice de Venise. La sête ne finit qu'au
jour, & tant qu'elle dura, les Officiers de M.
l'Ambassadeur ne cesserent de porter & de pre-
senter dans tous les rangs des rafraschissemens
soit de fruits glaces, soit de vin, soit de ratafiat.
Le lendemain Mardi M. l'Ambassadeur se rendit
comme la veille, à l'Académie de France, où il
y eut le même concours de Cardinaux, de Pré-
lats & de Nob'esse. La troupe des chevaux qui
disputoient le prix étoit composée de seize
& ce fut encore un cheval de Dom Camillo Ros-
pigliosi qui remporta ce prix consistant, comme
celui de la veille, en une piéce d'étoffes de Lyon
des plus ri hes.
Le Mercredi étoit destiné à un Bal public, fait
non seulemeut pour la Noblesse, mais pour toute
la Ville, & pour cet effet le grand Appartement
du Parais Fatnese avoit été meublé, & éclairé su-
perbement; le Sallon, dont on vient de parler
au sujet de la Cantate, devoit servir à la Noblesse,
& les douze autres piéces, dont l'appartement
est composé, à tous les masques iudifferemment.
Outre ces salles, on avoit meublé des plus bel-
les tapisscries de Flandres & des Gobelins, les
17)2.
203
JANVIER.
trois grands portiques ou galleries ouvertes qui
occupent trois côtés du Palais. Deux de ces galle-
ries servoient aux Masques, & s'unissoient au
reste de l'appartement. Dans le troisiéme on avoit
dressé une longue table, au bout de laquelle étoit
un buffet en forme d'amphithéâtre richement dé-
coré, très-bien illuminé & chargé de toutes sor-
te de viandes, pâtés, pâtisseries, vins, liqueurs, &
toutes sortes de rafraîchissemens. Tous ceux qui
vinrent se presenter à cette table y trouverent
chondamment pendant toute la nuit tout ce qu'ils
pouvoient demander soit en glaces & fruits gla-
cés, soit en viandes, vins & ratafiats. On ne
cessa, comme au premier bal, de porter des ra-
fraschissemens dans la salle de la Noblesse, &
vers une heure après minuit, on vit paroître
dans le milieu de cette salle, six tables volantes
qui furent aussi- tot couvertes de viandes froides,
& les Cavaliers servant eux-mêmes les Dames,
& portant à manger à celles qui ne s'étoient,
poiut approchées des tables; tout le monde fit,
une espéce de souper dont la confusion & le des-
ordre parut ajouter à l'agrément de la fête. Ceux-
qui demanderent des mets chauds furent servis
sur le champ, comme le jout de l'ambigu: on
a compté qu'il pouvoit y avoir au moins huit à
neuf cens personnes dans la salle de la No-
blesse, & que dans le cours de la nuit il pouvoit
être venu trente mille personnes dans les autres.
Toutes les differentes parties de ces fêtes ont-
éé exécutées & servies avec un ordre qu'il esti
aussi rare que difficile d'observer dans une si
grande confusion, & l'abondance des prépara-
tifs a fait que rien n'a manqué, malgré le con-
cours prodigieux des Masques. Pendant les trois
jours qu'a duré la fête, l'Atchitecture extérieute
1vj
itized byC
204 MERCURE DEFRA NCE.
du Palais Farnese, & tout le tour de la
place a été illuminé de flambeaux de cire blan-
rche & de lampions, suivant l'usage du Pays Cet-
te place étoit ornée d'espece de portiques, for-
mes pare des branches de laurier qui faisoient
un spectacle fort agréable. Aux deux côtés étoient
deux fontaines de vin destinées au peuple Le Pa-
lais de M. l'Ambassadeur, ainsi que ceux des
Cardinaux & des Ministres, ont aussi été illuminés
pendant ces trois jours. Les maisons françoises
l'étoient aussi, & M. l'Ambassadeur avoit fait
distribuer pout cet effet vingt-cinq miile lu-
mieres.
Le Jeudi, M. l'Ambassadeur se rendit avec son
cortège, & en habit dde cérémonie, au Palais
Farnese où devoit venit Sa Sainteté pour don-
ner un coup d'œil au spectacle du sallon. Tous les
Acteurs de la cantate étoient disposés à leurs pla-
ces,, & dès que le Pape parut, on leva la toile
& on commença l'ouverture. Sa Sainteté enten-
dit chanter trois ariettes & un chœur, & ent la
bonté de témoigner à M l'Ambassadeur qu'elle
étoit fort satisfaite de ce qu'elle avoit vu.
Lorsque le Pape fut parti, on se hâta de défai-
re le thrône qui avoit été préparé pour sa Sain-
reté, & on remit la salle dans son premier état
cette soirée étant destinée à faire entendre la can-
tate à ceux qui n'avoient pas pu être admis à la
fête, ou la Noblesse seule & la Prélature pon-
vbient être admises; & pour donner une satisfac-
tion plus entiere à cet Ordre de personnes, le
Samedi suivant, il fut donné encore une répré-
sentation pour elles, de façon qu'en y compre-
nant denx répétitions qui ont été faites avec la
salle illuminée, & pour lesquelles, ainsi que
pour les deux dernieres sois, on avoit distribué
ized by Goc
205
1752.
JANVIER.
des billets, il y a eu quatre réprésentations, in-
dépendamment de celle du Lundi. On donne
ici les plus grands éloges à la magnificence & au
bon goût de ces fêtes, ainsi qu'à l'abondance
& à la somptuosité qui y ont regné. On dit
généralement qu'on n'a jamais rien vu de plus
beau ni de mieux entendu, & où il y ait eu un
plus grand air de magnificence. La Noblesse
Romaine s'est empressée dans cette circonstance
de donner à M. le Duc de Nivernois des Sar-
ques très-flatteuses de l'estime & de la préven-
tion favorable qu'on a pour lui. Tous les Ordres
se sont tassemblés, & jamais la Noblesse Romai.
ne n'avoit paru avec plus d'éclat. Un grand
nombre de Dames surtout ont fait voir dans
cette occasion des habits de masques du goût
le plus recherché, & de la plus grande richesse.
Il y avoit aussi un concours nombreux d'Etran-
gers de distinction qui contribuerent beaucoup
an succès de ces fêtes, en assurant qu'ils n'en
ont point vul dans les différentes Cours où ils
se sont trouvés, de comparables à ces dernieres
& pour tout dire en un mot, les Habitans de
cette Capitale du Monde la trouverent digne
d'eux & de leur Ville.
Des Fêtes données à Rome pour la naissance
de Monseigneur le Duc de Bourgogne,
par son Excellence M. le Duc de Nivernois.
Le Duc de Nivernois Ambassadeur extraordinaire
de France auprès du Saint Siege,
ayant fixé au 22. 13. & 24. de Novembre les
fêtes qu'il devoit donner pour la naissance de
Monseigneui le Duc de Bourgogne, elles com-
mencerent Lundi matin 22. par un Te Deum so-
lemnel qui fut chanté dans l'Eglise Françoise de
Saint Louis. Son Excellence reçut avant de partit
les complimens d'un grand nombre de Prélats,
qui s'étoient rendus au Palais de France, &
ceux des Cardinaux, & des Princes Romains
qui envoyereut leurs Gentilshommes. On distri-
bua en abondance à tous avant de partit des gla-
ces & des stuits gelés.
Iiiij
200 MERCURE DEFRANCE.
M. l'Ambassadeur se rendit à l'Eglise de S.
Louis avec son train ordinaire composé de qua-
torze carosses qui étoient remplis de trente Pré-
lats & d'un cortège nombreux formé par les
Ftançois, & la Maison de son Excellence. L'E-
glise de Saint Louis étoit ornée avec beancoup
de goût & de magnificence, & prépaiée pour
tenir la chapelle cardinalitienne intimée par Sa
Sainteté Vingt-cinq Cardinaux s'y rendirent &
toute la Prélature. M. Vicentini Archevêque,
célebia pontificalement la messe qui fut sui-
vie d'un Te Deum chanté par la Musique du Pa-
pe, pendant lequel on fit une triple sal ve de
boëtes.
A trois heures après midi Son Excellence sui-
vie seulement de trois carosses, se tendit au
cours, où la course de Barbes indiquée pour ces
sêtes avoit attiré une foule prodigieuse de Nobles-
se & de peuple, & après y avoir fait deux tours
elle entra dans le Palais de l'Académie de Fran-
ee pour y recevoir les Cardinaux, les Prélats
& la Noblesse qui avoient été invités à s'y ren-
dre pour y voir la course. L'assemblée étoit aussi
nombreuse & aussi brillante qu'elle pouvoit l'è-
tre, & l'on servit, en attendant la course, un
superbe rafraîchissement. Dix sept chevaux cou-
rurent, dont quatorze appartenoient à des Sei-
goeurs Romains, & trois étoient venus de diffé-
rentes Villes d'Italie, & ce fut un cheval du
Prince Dom Camillo Rospigliosi qui fut vain-
queur. Le prix étoit une piéce d'une des plus bel-
les étoffes de Lvon fond d'argent à fleurs d'or.
Le sacté Collége, la Prélature & la Noblesse
étoient invités le même jour à une cantate, ou
Dame en deux Actes & en musique qui devoit
s'exécuter dans un salon du Palais Farnése. Ce
JANVIER. 1752. 201
sallon avoit été orné pour cet effet en maniere
de décoration théâtrale, sur les desseins & sous
la direction du Cavalier Jean Paul Panini, Pein-
tre & Architecte, dont le nom est célebre en Eu-
rope. Le sallon étoit éclairé par trente-neuf lus-
tres, plus de sept cens autres grosses bougles, &
environ cent cinquante flambeaux de cinq livres.
Il aété trouvé généralement du plus grand gout,
& de la plus grande magnificence, & l'on a dit
unanimement qu'on n'avoit jamais rien vu de
plus beau ni de plus brillant. Comme il seroit
difficile de donner une idée de ce spectacle, on
renvoie à la description détaillée qui suit cette
relation.
Madame la Princesse Borghese faisoit les hon-
neurs aux Dames qui se placerent sur une espe-
ce d'amphitheâtre pratiqué à œe dessein, & M.
l'Ambassadeur reçut les Cardinaux qui vinrent
au nombre de vingt- un. Les Acteurs de la canta-
te étoient vêtus d'habits brodés fort riches & de
très bon goût, conformes aux personnages qu'ils
représentoient. Tout l'Orchestre qui étoit dispose
en forme d'amphithéâtre composé de plus de
quatre vingt joveurs d'instrumens, vêtus d'habits
de théâtre tres-bien entendus, & ayant chacun
une couronne de fleurs sur la têre, formoient
un coup d'œil qui augmentoit encore l'agrément
& l'éciat de ce spectacle aussi brillaut qu'il pou-
voit l'être. La musique de la cantate qui est de la
tomposition du Signor Rinaldo de Capoue, fut
trouvée fort belle. Dans l'intervalle de la pre-
miere partie à la seconde, on distribua des gla-
ces, des eaux frasches & des fruits glaces à tout
le monde. Aprés la fin de la cantate, & le dé-
part des Cardinaux, les Dames passe rent dans la
gallerie du Palais appellé la gallerie des Caraches,
IV
zed by Goc
202 MERCURE DEFRANCE.
où elles trouverent une table de quatre-vingt
couverts, très-bien illuminée, & couverte d'un
magnifique ambigu. Dans les chambres voisines
étoient des tables volantes & des détachemens
de valets de-chambre destinés à les servir & à les
couvrir de viandes froides ou chaudes, suivant le
goût de ceux qui s'y rassembloient, de façon que
chacun fut servi comme il vouloit l'être, ce qui
parut plaire & surprendre également. Pendant le
temps du souper on avoit préparé le sallon pour
V danser. Les Dames y etant repasséés, M. le
Duc de Nivernois ouvrit le bal avec Madame
l'Ambassadiice de Venise. La sête ne finit qu'au
jour, & tant qu'elle dura, les Officiers de M.
l'Ambassadeur ne cesserent de porter & de pre-
senter dans tous les rangs des rafraschissemens
soit de fruits glaces, soit de vin, soit de ratafiat.
Le lendemain Mardi M. l'Ambassadeur se rendit
comme la veille, à l'Académie de France, où il
y eut le même concours de Cardinaux, de Pré-
lats & de Nob'esse. La troupe des chevaux qui
disputoient le prix étoit composée de seize
& ce fut encore un cheval de Dom Camillo Ros-
pigliosi qui remporta ce prix consistant, comme
celui de la veille, en une piéce d'étoffes de Lyon
des plus ri hes.
Le Mercredi étoit destiné à un Bal public, fait
non seulemeut pour la Noblesse, mais pour toute
la Ville, & pour cet effet le grand Appartement
du Parais Fatnese avoit été meublé, & éclairé su-
perbement; le Sallon, dont on vient de parler
au sujet de la Cantate, devoit servir à la Noblesse,
& les douze autres piéces, dont l'appartement
est composé, à tous les masques iudifferemment.
Outre ces salles, on avoit meublé des plus bel-
les tapisscries de Flandres & des Gobelins, les
17)2.
203
JANVIER.
trois grands portiques ou galleries ouvertes qui
occupent trois côtés du Palais. Deux de ces galle-
ries servoient aux Masques, & s'unissoient au
reste de l'appartement. Dans le troisiéme on avoit
dressé une longue table, au bout de laquelle étoit
un buffet en forme d'amphithéâtre richement dé-
coré, très-bien illuminé & chargé de toutes sor-
te de viandes, pâtés, pâtisseries, vins, liqueurs, &
toutes sortes de rafraîchissemens. Tous ceux qui
vinrent se presenter à cette table y trouverent
chondamment pendant toute la nuit tout ce qu'ils
pouvoient demander soit en glaces & fruits gla-
cés, soit en viandes, vins & ratafiats. On ne
cessa, comme au premier bal, de porter des ra-
fraschissemens dans la salle de la Noblesse, &
vers une heure après minuit, on vit paroître
dans le milieu de cette salle, six tables volantes
qui furent aussi- tot couvertes de viandes froides,
& les Cavaliers servant eux-mêmes les Dames,
& portant à manger à celles qui ne s'étoient,
poiut approchées des tables; tout le monde fit,
une espéce de souper dont la confusion & le des-
ordre parut ajouter à l'agrément de la fête. Ceux-
qui demanderent des mets chauds furent servis
sur le champ, comme le jout de l'ambigu: on
a compté qu'il pouvoit y avoir au moins huit à
neuf cens personnes dans la salle de la No-
blesse, & que dans le cours de la nuit il pouvoit
être venu trente mille personnes dans les autres.
Toutes les differentes parties de ces fêtes ont-
éé exécutées & servies avec un ordre qu'il esti
aussi rare que difficile d'observer dans une si
grande confusion, & l'abondance des prépara-
tifs a fait que rien n'a manqué, malgré le con-
cours prodigieux des Masques. Pendant les trois
jours qu'a duré la fête, l'Atchitecture extérieute
1vj
itized byC
204 MERCURE DEFRA NCE.
du Palais Farnese, & tout le tour de la
place a été illuminé de flambeaux de cire blan-
rche & de lampions, suivant l'usage du Pays Cet-
te place étoit ornée d'espece de portiques, for-
mes pare des branches de laurier qui faisoient
un spectacle fort agréable. Aux deux côtés étoient
deux fontaines de vin destinées au peuple Le Pa-
lais de M. l'Ambassadeur, ainsi que ceux des
Cardinaux & des Ministres, ont aussi été illuminés
pendant ces trois jours. Les maisons françoises
l'étoient aussi, & M. l'Ambassadeur avoit fait
distribuer pout cet effet vingt-cinq miile lu-
mieres.
Le Jeudi, M. l'Ambassadeur se rendit avec son
cortège, & en habit dde cérémonie, au Palais
Farnese où devoit venit Sa Sainteté pour don-
ner un coup d'œil au spectacle du sallon. Tous les
Acteurs de la cantate étoient disposés à leurs pla-
ces,, & dès que le Pape parut, on leva la toile
& on commença l'ouverture. Sa Sainteté enten-
dit chanter trois ariettes & un chœur, & ent la
bonté de témoigner à M l'Ambassadeur qu'elle
étoit fort satisfaite de ce qu'elle avoit vu.
Lorsque le Pape fut parti, on se hâta de défai-
re le thrône qui avoit été préparé pour sa Sain-
reté, & on remit la salle dans son premier état
cette soirée étant destinée à faire entendre la can-
tate à ceux qui n'avoient pas pu être admis à la
fête, ou la Noblesse seule & la Prélature pon-
vbient être admises; & pour donner une satisfac-
tion plus entiere à cet Ordre de personnes, le
Samedi suivant, il fut donné encore une répré-
sentation pour elles, de façon qu'en y compre-
nant denx répétitions qui ont été faites avec la
salle illuminée, & pour lesquelles, ainsi que
pour les deux dernieres sois, on avoit distribué
ized by Goc
205
1752.
JANVIER.
des billets, il y a eu quatre réprésentations, in-
dépendamment de celle du Lundi. On donne
ici les plus grands éloges à la magnificence & au
bon goût de ces fêtes, ainsi qu'à l'abondance
& à la somptuosité qui y ont regné. On dit
généralement qu'on n'a jamais rien vu de plus
beau ni de mieux entendu, & où il y ait eu un
plus grand air de magnificence. La Noblesse
Romaine s'est empressée dans cette circonstance
de donner à M. le Duc de Nivernois des Sar-
ques très-flatteuses de l'estime & de la préven-
tion favorable qu'on a pour lui. Tous les Ordres
se sont tassemblés, & jamais la Noblesse Romai.
ne n'avoit paru avec plus d'éclat. Un grand
nombre de Dames surtout ont fait voir dans
cette occasion des habits de masques du goût
le plus recherché, & de la plus grande richesse.
Il y avoit aussi un concours nombreux d'Etran-
gers de distinction qui contribuerent beaucoup
an succès de ces fêtes, en assurant qu'ils n'en
ont point vul dans les différentes Cours où ils
se sont trouvés, de comparables à ces dernieres
& pour tout dire en un mot, les Habitans de
cette Capitale du Monde la trouverent digne
d'eux & de leur Ville.
Fermer
Résumé : RELATION Des Fêtes données à Rome pour la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne, par son Excellence M. le Duc de Nivernois.
Du 22 au 24 novembre, le Duc de Nivernois, ambassadeur de France auprès du Saint-Siège, organisa des fêtes à Rome pour célébrer la naissance du Duc de Bourgogne. Les festivités commencèrent par un Te Deum solennel à l'église Saint-Louis, en présence de prélats, cardinaux et princes romains. La messe fut célébrée par l'Archevêque Vincenti, et des glaces et des sorbets furent servis après la cérémonie. L'église était somptueusement décorée. L'après-midi du premier jour, une course de barbes eut lieu au cours, avec dix-sept chevaux participants. Un cheval du Prince Dom Camillo Rospigliosi remporta la course. Le soir, une cantate en deux actes fut exécutée au Palais Farnèse, décoré par le Cavalier Jean Paul Panini. La cantate, composée par le Signor Rinaldo de Capoue, fut acclamée. Des rafraîchissements furent offerts entre les actes, suivis d'un souper et d'un bal. Le lendemain, une nouvelle course de chevaux se tint à l'Académie de France, avec seize participants. Un autre cheval de Dom Camillo Rospigliosi remporta le prix. Le mercredi, un bal public fut organisé au Palais Farnèse, décoré de masques et de tapisseries. Trois grandes galeries offraient des rafraîchissements et environ huit à neuf cents personnes étaient présentes dans la salle de la Noblesse. Trente mille personnes visitèrent les autres parties du palais durant la nuit. Les festivités durèrent trois jours, avec des illuminations extérieures et des fontaines de vin sur la place. Les résidences de l'ambassadeur, des cardinaux, des ministres et des maisons françaises furent également illuminées. Le pape assista à une représentation musicale le jeudi. Au total, cinq représentations eurent lieu, incluant deux répétitions. Les festivités furent louées pour leur magnificence et leur bon goût, et la noblesse romaine exprima son estime pour l'ambassadeur.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
61
p. 205-208
Description du Sallon décoré pour la Cantate, & le Bal de la Noblesse.
Début :
En entrant, on voyoit en face l'orchestre destiné à placer les Musiciens ; il étoit formé par un [...]
Mots clefs :
Salon, Argent, Palmes, Colonnes, Fleurs de lys, Théâtre, Relief, Armes, Génies, Naissance du duc de Bourgogne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Description du Sallon décoré pour la Cantate, & le Bal de la Noblesse.
Description du Sallon décoré pour la Cantate,
& le Bal de la Noblesse.
En entrant, on voyoit en face l'orchestre destiné
à placer les Musiciens ; il étoit formé par un
amphitéatre circulaire: de six gradins, qui rem-
plissoit toute la largeur de la salle; au bas étoit
un banc, feint de velours cramoisy, brodé d'or,
sur lequel étoient assis les per'onnages chantans.
L'ouverture de cette espêce de Théatre, étoit
Digjines hod
206 MERCURE DE FRANCE
formée par quatre colonnes isolées d'ordre Com-
posite, surmontées d'un attique. Ces colonnes
étoient bleu-clait, & torse-canelées en or, dans
les deux tiers; le dervier tiers, qui étoit celui
d'en bas, étoit orné de festons de fleurs naturelles,
Les chapiteaux étoient ornés de dauphins, de lys,
&c. exécutés en relief & en argent. Le long de
l'architecture regnoient des guitlandes de fleurs
supportées chacune pat deux amours, exécutés
en lief & en argent; la frise de cet entablement
étoit ornée de coquilles en relief, travaillées en
or & en argent alternativement; à la plus gran-
de élevation de l'ouverture, de l'orchestre,
on voyoit les armes de France portées par deux
Génies, & surmontées par la Renommée. Ces
figures exécutées en relief, étoient de douze
palmes de hauteur, un pavillon bleu, semé de
fleurs de-lys d'or, accompagnoit le tout. Les
rôtés du Théatre représentoient un Temple ou-
vert, formé par des colonnes d'ordre Composite
qui s'accordoient avec les quatre colonnes, par
lesquelles étoit formée l'ouverture. Le fond re-
presentoit un Soleil brillant, qui répandoit sa lu-
miere sur un groupe de cinquante figures, les-
quelles représentoient la France, ayant d'un coté
la Religion & la Paix, de l'autre la Justice & l'A-
bondance. Cette décoration du sond fut cachée
jusqu'au commencement de la Cantare, par un
rideau fond blanc, semé de lys d'argent, distri-
bués avec beaucoup d'élégance. Les deux côtés de
la s. lle, étoient occupés par un ordre Composite
de pilastres, de cinquante palmes de hauteur,
Cet ordre étoit surmonté d'un attique de quatorze
palmes; les colonnes étoient feintes de lapis-
Jazuli, & les entre-colonnes formées par une
toile bleu & argent. Au milieu de chacune de ces
JANVIER.
1752.
207
dernieres étoient des dauphins en relief & en
argent, qui portoient des guirlandes pour
des lumieres. Entre chaque pilastre étoit un
trumeau de vingt palmes de hauteur, le reste de
l'élevation étoit occupé par deux cartouches,
ornés tous les deux, dans le goût de la décoration,
dans l'un desquels étoient peints deux amours,
jouant avec un lys, & dans le second les armes de
France, & le chistre du Roi, alternativement sur
un fond de toile bleu & argent. Les ornemens
des deux ofdres Composite & Attique, les chapi-
teaux, & tous les attributs qui les accompagnoient,
étoient exécutés en reliet d'or ou d'argent, &
parés de guitlandes & fleurs naturelles, disposées
avec beaucoup d'élegance. Le côté opposé a celui
du Théatre, étoit formé d'une architecture sem-
blable à celle des deux côtés correspondans. On,
voyoit au milieu deux Renominées en telief or
& argent, qui portoient les armes du Roi, &
trois Genies qui étoient au-dessus supportoient
un manteau bleu, semé de fleurs-de-lys d'or
& doublé d'hermine, qui s'étendoit sous l'écus-
son; au-dessous des armes de Fraoce, quatre pe-
tits Genies poctoient les écussons de Monseigneur
le Dauphin, & de Monseigneur le Duc de Bour-
gogne.
On avoit élevé de ce côté, à la hauteur de
douze palmes, un amphithéatre dont la convéxité
étoit de quatre-vingt six palmes, & la moindre
profondeur de quinze. A huit palmes & demie au-
dessus, étoit un balcen orné, ainsi que l'amphi-
théatre, d'une riche balustrade. Le plasond s'ac-
cordoit avec l'Attique, qui regnoit dans les qua-
tre côtés de la salle, & paroissoit en être la suite,
& le milieu étoit formé par des festons de fleurs
dont les Peintres Italiens entendent si bien la
disposition.
208 MERCUREDEFRANCE.
Quoique la réputation du Cavalier Jean-Paul
Panini soit faite depuis long.-tems, & que son
nom soit célébre même chez les Etrangers, on a
trouvé que ce sallon surpassoit encore ce qu'oa
se croyoit en droit d'attendre de lui, & on con-
vient unaniment qu'on n'a jamais vum de décora-
tion plus brillante, plus riche, & mieux enten-
due. Le dessein de cette salle, s'il étoit réelie-
ment exécuté, seroit, de l'aveu de tous les Con-
noisseurs, un morceau d'architectute compara-
ble à tout. Cet ouvrage acquiert un nouveau mé-
rite pour ceux qui peuvent juger des difficultés
qu'il y a en à vaincre, l'Architecte ayant dû s'ac-
commoder à la situation qu'il avoit, & ayant été
bien gèné par beaucoup de statues, dont le sal-
lon est plein, & qu'il n'éroit pas pratiquable de
déranger. Ce sillon étoit éclairé d'une lumiere
douce & égale, & en même tems aussi brillante
qu'elle pouvoit l'être, & égale à celle du jour.
& le Bal de la Noblesse.
En entrant, on voyoit en face l'orchestre destiné
à placer les Musiciens ; il étoit formé par un
amphitéatre circulaire: de six gradins, qui rem-
plissoit toute la largeur de la salle; au bas étoit
un banc, feint de velours cramoisy, brodé d'or,
sur lequel étoient assis les per'onnages chantans.
L'ouverture de cette espêce de Théatre, étoit
Digjines hod
206 MERCURE DE FRANCE
formée par quatre colonnes isolées d'ordre Com-
posite, surmontées d'un attique. Ces colonnes
étoient bleu-clait, & torse-canelées en or, dans
les deux tiers; le dervier tiers, qui étoit celui
d'en bas, étoit orné de festons de fleurs naturelles,
Les chapiteaux étoient ornés de dauphins, de lys,
&c. exécutés en relief & en argent. Le long de
l'architecture regnoient des guitlandes de fleurs
supportées chacune pat deux amours, exécutés
en lief & en argent; la frise de cet entablement
étoit ornée de coquilles en relief, travaillées en
or & en argent alternativement; à la plus gran-
de élevation de l'ouverture, de l'orchestre,
on voyoit les armes de France portées par deux
Génies, & surmontées par la Renommée. Ces
figures exécutées en relief, étoient de douze
palmes de hauteur, un pavillon bleu, semé de
fleurs de-lys d'or, accompagnoit le tout. Les
rôtés du Théatre représentoient un Temple ou-
vert, formé par des colonnes d'ordre Composite
qui s'accordoient avec les quatre colonnes, par
lesquelles étoit formée l'ouverture. Le fond re-
presentoit un Soleil brillant, qui répandoit sa lu-
miere sur un groupe de cinquante figures, les-
quelles représentoient la France, ayant d'un coté
la Religion & la Paix, de l'autre la Justice & l'A-
bondance. Cette décoration du sond fut cachée
jusqu'au commencement de la Cantare, par un
rideau fond blanc, semé de lys d'argent, distri-
bués avec beaucoup d'élégance. Les deux côtés de
la s. lle, étoient occupés par un ordre Composite
de pilastres, de cinquante palmes de hauteur,
Cet ordre étoit surmonté d'un attique de quatorze
palmes; les colonnes étoient feintes de lapis-
Jazuli, & les entre-colonnes formées par une
toile bleu & argent. Au milieu de chacune de ces
JANVIER.
1752.
207
dernieres étoient des dauphins en relief & en
argent, qui portoient des guirlandes pour
des lumieres. Entre chaque pilastre étoit un
trumeau de vingt palmes de hauteur, le reste de
l'élevation étoit occupé par deux cartouches,
ornés tous les deux, dans le goût de la décoration,
dans l'un desquels étoient peints deux amours,
jouant avec un lys, & dans le second les armes de
France, & le chistre du Roi, alternativement sur
un fond de toile bleu & argent. Les ornemens
des deux ofdres Composite & Attique, les chapi-
teaux, & tous les attributs qui les accompagnoient,
étoient exécutés en reliet d'or ou d'argent, &
parés de guitlandes & fleurs naturelles, disposées
avec beaucoup d'élegance. Le côté opposé a celui
du Théatre, étoit formé d'une architecture sem-
blable à celle des deux côtés correspondans. On,
voyoit au milieu deux Renominées en telief or
& argent, qui portoient les armes du Roi, &
trois Genies qui étoient au-dessus supportoient
un manteau bleu, semé de fleurs-de-lys d'or
& doublé d'hermine, qui s'étendoit sous l'écus-
son; au-dessous des armes de Fraoce, quatre pe-
tits Genies poctoient les écussons de Monseigneur
le Dauphin, & de Monseigneur le Duc de Bour-
gogne.
On avoit élevé de ce côté, à la hauteur de
douze palmes, un amphithéatre dont la convéxité
étoit de quatre-vingt six palmes, & la moindre
profondeur de quinze. A huit palmes & demie au-
dessus, étoit un balcen orné, ainsi que l'amphi-
théatre, d'une riche balustrade. Le plasond s'ac-
cordoit avec l'Attique, qui regnoit dans les qua-
tre côtés de la salle, & paroissoit en être la suite,
& le milieu étoit formé par des festons de fleurs
dont les Peintres Italiens entendent si bien la
disposition.
208 MERCUREDEFRANCE.
Quoique la réputation du Cavalier Jean-Paul
Panini soit faite depuis long.-tems, & que son
nom soit célébre même chez les Etrangers, on a
trouvé que ce sallon surpassoit encore ce qu'oa
se croyoit en droit d'attendre de lui, & on con-
vient unaniment qu'on n'a jamais vum de décora-
tion plus brillante, plus riche, & mieux enten-
due. Le dessein de cette salle, s'il étoit réelie-
ment exécuté, seroit, de l'aveu de tous les Con-
noisseurs, un morceau d'architectute compara-
ble à tout. Cet ouvrage acquiert un nouveau mé-
rite pour ceux qui peuvent juger des difficultés
qu'il y a en à vaincre, l'Architecte ayant dû s'ac-
commoder à la situation qu'il avoit, & ayant été
bien gèné par beaucoup de statues, dont le sal-
lon est plein, & qu'il n'éroit pas pratiquable de
déranger. Ce sillon étoit éclairé d'une lumiere
douce & égale, & en même tems aussi brillante
qu'elle pouvoit l'être, & égale à celle du jour.
Fermer
Résumé : Description du Sallon décoré pour la Cantate, & le Bal de la Noblesse.
Le texte décrit la décoration somptueuse d'un salon préparé pour une cantate et un bal de la noblesse. À l'entrée, un amphithéâtre circulaire de six gradins accueillait les musiciens et les chanteurs sur un banc de velours cramoisi brodé d'or. Cet espace était encadré par quatre colonnes d'ordre composite, bleues et torsadées d'or, ornées de festons de fleurs naturelles et de chapiteaux en relief argentés. Des guirlandes de fleurs soutenues par des amours en relief et en argent décoraient l'entablement, tandis que les armes de France étaient portées par deux génies surmontés de la Renommée. Les côtés du théâtre représentaient un temple ouvert avec des colonnes composites. Le fond montrait un soleil illuminant un groupe de cinquante figures symbolisant la France entourée de la Religion, la Paix, la Justice et l'Abondance. Cette décoration était cachée par un rideau blanc semé de lys d'argent jusqu'au début de la cantate. Les côtés de la salle étaient ornés de pilastres de cinquante palmes de hauteur, surmontés d'un attique de quatorze palmes, avec des colonnes feintes en lapis-lazuli et des entre-colonnes en toile bleue et argent. Des dauphins en relief et des cartouches ornés d'amours et des armes de France décoraient les espaces entre les pilastres. Du côté opposé au théâtre, une architecture similaire présentait des Renommées et des génies soutenant un manteau bleu semé de fleurs-de-lys. Un amphithéâtre de douze palmes de hauteur avec une balustrade richement décorée était également présent. Le plafond s'harmonisait avec l'attique des côtés de la salle et était orné de festons de fleurs. La décoration a été réalisée par le Cavalier Jean-Paul Pannini.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
62
p. 208-218
Relation des Fêtes données à Vienne, par M. le Marquis d'Hautefort, Ambassadeur de France, le 23 & 24 Novembre, à l'occasion de la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne.
Début :
M. le Marquis d'Hautefort n'eut pas plutôt reçu l'heureuse nouvelle de la naissance de Monseigneur [...]
Mots clefs :
Vienne, Marquis de Hautefort, Naissance du duc de Bourgogne, Salle, Place, Hôtel, Fleurs, Édifice, Amphithéâtre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Relation des Fêtes données à Vienne, par M. le Marquis d'Hautefort, Ambassadeur de France, le 23 & 24 Novembre, à l'occasion de la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne.
Relation des Fêtes données à Vienne, par M.
le Marquis d'Hautefort, Ambassadeur
de France, le 23 & 24 Novembre,
à l'occasion de la naissance de Monseigneur
le Duc de Bourgogne.
M. le Marquis d'Hautefort n'eut pas plutót
reçu l'heureuse nouvelle de la naissance de Monseigneur
le Duc de Bourgogne, qu'il fit toutes
ses dispositions pour célebrer, par des fêtes pu-
bliques & solemnelles, un évenement si desiré.
L'Hôte d'Harrach que Son Excellence occupe,
tout spacieux qu'il est, manque de plusieurs com-
modités essentielles en pareilles circonstances, &
la Place des Ecossois, sur laqueile regne la façade
JANVIER. 1752. 209
principale de cet Hôtel, n'offie à la vde que des
objets peu agréables ou par leur usage, ou par
leur itrégularité.
Il falloit remédier à ce double inconvénient.
en construisant une salle dans se jardin de cer
Hôtel, & en décorant la Place des Ecossois, com-
me on le dira ci-apiès.
On donna à cette salle les proportions les plus
regulieres, & elle reussit d'autant mieux, qu'elle
joignoit un ancien sallon fort orné, accompagné
de deux cabinets, qui étoient devenus des pieces
utiles pout servit de décharge.
La longueur de cette salle étoit de soixante-
treize pieds, sur quarante-buit de largeur & trente
de hanteur, le tout dans œuvre. Sa décoration
consistoit dans une suite de Pilastres d'ordre Com-
posite, peints en marbre sur toile; les canelures
les bases & les chapiteaux étoient dorés. Les en-
tre deux des Pilastres étoient remplis par des va-
ses de fleurs, portés sur des consoles dorées, &
au-dessus étoient des trophées de Musique, atta-
chés par des festons de fleurs. L'intervalle, depuis
la corniche qui couronnoit cette architecture
jusqu'au cordon du plafond, étoit en calote cir-
culaire, formée par des courbes en anses de pa-
nier, & il étoit rempli par des modillons, portant
d'aplomb sur les Pilastres, enrichis d'ornemens
dorés & de festons de fleurs.
La partie du plafond qui étoit peinte, & qui
occupoit le milieu, avoit trente pieds de long sur
vingt- deux de large. Elle étoit renfermée dans
un cartouche, en or entrelacé de fleurs. Quatre
medaillons répondoient aux quatre angles de ce
plafond. Ils contenoient des Genies, représentans
les beaux Arts, scavoir la Peinture, la Sculpture
la Musique & la Poësie. On voyoit au milieu de
jitized by Goc
210 MERCURE DE FRANCE.
la partie peinte, la Déesse Lucine, invitant Mer-
cure à aller annoncer au monde la naissance du
Prince qui faisoit le sujet de la fête. D'un côté
étoient plusieurs figures de femmes, préparant
des guirlandes de fleurs, & de l'autre d'autres
femmes, qui paroissoient se livrer aux transports
de la joie la plus vive. Plus bas étoit un groupe
d'enfans sur un nuage, tenans les uus l'Ecusson
des armes du Roi, d'autres une corne d'abon-
dance renversée d'où sortoient des Couronnes
des Sceptres, des Médailles d'or, &c. des Amours
voltigeans au-dessus de la figure principale, s'oc-
cupoient à former des Couronnes de fleurs.
Sur les trois portes, qui donnoient entrée dans
cette belle Salle, étoient peints des groupes d'en-
fans, s'amusant à couper des bleds, & à cueillit
des fruits & des raisins.
Sur chacune des faces les plus longues de cette
Salle, on avoit placé deux glaces qui par le moyen
des deux chassis dorés dont on les avoit cou-
vertes, paroissoient former autant de fenêtres.
Au dessus de chacune étoient peints des jeux d'en-
fans, & en général le dessein, l'ordre & le coloris
de tous ces tableaux, repondoient parfaitement
au sujet & au brillant du reste de la Salle.
En face de la principale enttée qui avoit été
pratiquée nécessairement au milieu de sa largeur
etoit une tribune fort profonde destinée à placet
les Musiciens; elle avançoit sur la Salle en for-
me citculaire d'environ quatre pieds dans sa plus
grande saillie, & on l'avoit renfermée par une
balustrade dorée. Sa décoration étoit aussi com-
posée d'ornemens dorés, sur uo fond blanc avec
des guirlandes de fleurs.
On avoit posé aux quatre angles de cette Salle
qui avoit été arrondis, quatre beaux poëles dont
JANVIER. 1752.
211
la chaleur entretenve avec soin & jointe à celle
d'un autre poële placé dans ie Sallon contigu,
rendoit l'une & l'autie piéce parfaitement habi-
table au milieu du plus grand froid de la saison.
Ces différentes pièces étoient éclairées par près de
500 bougies.
L'édifice construit en charpente en face & à
26 toises du milieu de l'Hlôtel de Son Excel-
lence, avoit la forme d'un amphitheâtre. La hau-
teur étoit de 36 pieds, & sa longueur en demi
ceintre de 136. Il étoit orné de colomnes & de
pilastres d'ordre lonique entre lesquels on voyoit
des panaux de toile transparente de hauteur pro-
portionnée sur lesquels étoient peints des trophées.
On avoit rempli les ouvertures des senêtres de
cet édisice, au nombre de six, d'un pareil nombre
de tableaux peints de même sur des toiles transpa-
rentes, contenant différentes allégories ingé-
nieuses rélatives à la naissance du Prince.
On remarquoit dans le premier à main gau-
che, la Déesse Lucine présentant à la France un
enfant; au dessus étoit le Signe de la balance sous
lequel il est né, présage heureux de sa justice;
au dessous paroissoit l'Automne avec tous ses
attributs. On lisoit immédatement sous le ceintre
de ce tableau ces mots, Di vini favoris pig-
nus.
Dans le tableau suivant, étoient représentées
les trois Parques, l'une filant les jours du Prince
nouveau-né, l'autre tournant le fusean & la troisié-
me jettant son ciseau, pour montrer par cette ac-
tion, combien elle étoit éloignée de vouloit
trancher le fil d'une vie si précieuse: au dessons
du ceintre étoient ces mots, Abhorret munere
fungi.
On voyoit dans le troisième la Déesse Asttée
zed by Goc
212 MERCUREDE FRANCE.
portée sur un nuage, d'ou sortoit un soleil levant
Saturne ou le Tems avec sa faula & Janus remar-
quable par son double visage, étoient plus bas &
sembloient applaudir à la devise Aurea condet se-
cula, qu'on lisoit au deflous du ceintre.
Le quatriéme tableau re: resentoit Jupiter or-
donnant à Vulcain de cesser de forger des armes
dans un moment où la naissance d'un Prince si
désiré, venoit encore affermir la paix de l'Europe.
On voyoit dans le lointain, les forges de Vulcain
& des Ciclopes animés au travail. Au dessous
du ceintre étoient ces mot, Cœptos auferte la-
bores.
Sur le cinquième étoient représentés le Dieu
de l'Hymen assis sur un nuage & au dessous la
France & la Pologne sous la figure de deux fem-
mes assisses, tenant un cœur avec ces mots, Se-
cundo conjugio.
Le sixième représentoit la France debout sur une
espece d'estrade, soutenant un Enfant qu'elle
montroit à l'Europe. On lisoit sous le ceintre de co
tableau les mots suivants, Felicitati regni &
orbis.
Au milien de ce vaste édifice paroissoit une por-
te entiérement ouverte & au dessus étoit un ta-
bleau sur toile transpatente comme les précédens
qui représentoit le génie de la France assis sur un
Trône, & à ses côrés la Justice & la,Prudence
avec tous leurs atttibuts. On lisoit au haut ces
mots, Consiliis Industria compar.
Sur l'entablement des deux bouts de l'édifice
en place de fronton, on voyoit en transparens
d'un cônté les Armes du Roi, dela Reine, & de l'au-
tre celles de Monseigneur le Dauphin & de Mada-
me la Dauphine, surmontées de leurs couronnes
avec leurs supports & les trophées, qui les accom-
res vO
1752.
213
JANVIER.
pagnoient. Ces trophées surpassoient la balustra-
de dont tout le reste de l'édifice étoit couronné,
Ces balustrades, percées à jour en transparens
étoient interrompuespar des pieds- d'estaux qui por-
toient à l'aplomp de toutes les colonnes, des
grands vases destinés à porter eux-mêmes des pots
à feu. Au devant de l'édifice étoit une gallerie éle-
vée à huit pieds de hauteur du rez de chaussée
fermée sur toute sa longueur dune balustrade, sur
les pieds-d'estaux de laquelle on avoit posé des
vases d'une très-belle proportion. Cette gallerie
étoit accessible au moyen d'un large escalier,
pratiqué à chacune de ses exttémites.
C'étoit au milieu de cette Place qu'on avoit
élevé un grand pied-d'estal de forme hexagone.
Sur les Codillons des angles étoient assisses quatre
sigures colossales de relief entiérement dorées,
représentant la riehesse, la valeus, la renommée
& la noblesse. Sur ce pied- d'estal s'éle voit une base
de même forme qui pottoit une pyramide de 62
pieds de hauteur dont toutes les faces jusqu'à la
pointe, étoient en transparens; on y avoit peint
ses chiffres du Roi, des dauphins & des fleurs de
lys. On remarquoit au pied de la face principale
de cette pyramide le grand écusson des Arines de
France, & sur la pointe, un globe transparer:
surmonté d'une sleur de lyode grandeurconvenable;
tous les angles étoient marques par un nom,
bre prodigieux de lumieres.
La façade du pied- d'estal du côté de l'Hôtel de
Son Excellence étoit chargée d'une Inscription
Latine peinte sur une toile transparente; elle an-
nonçoit le sujet de la fête & de la joie publique.
Les deux faces latérales du même pied. d'estal
avoient été décorées en fontaines, quatre dau-
phins places aux quatre coius à hauteur de corni,
itized by Goo
214 MERCUREDEFRANCE.
niche, jettoient du vin en abondance.
Tous ces différens corps étoient éclairés d'unt
infinité de lampions & de terrines dont la lumiere
ajoutoit à la beauté de leur forme & à la richesse
de leurs décorations.
Asin que l'amphithéatre fit tout son effet, on
avoit joint ce superbe édifice à l'Hôtel, par ua
rang d'arcades de chaque côté, qui, décrivant
une ligne circulaim, donnoient à la Place des
Ecossois une forme ronde, & en apparence beau-
coup plus spacieuse. Ces arcades avoient une hau-
teur & des ouvertures proportionnées. Elles étoient
figurées par des lampions depuis le socle jusqu'à
la tablette.
A l'egard de la façade de l'Hôtel, du côté de
la Place, on avoit suivi pout son illuminaion l'or-
dre de son archirecture, qui est des plus regulie-
res. Les trois rangs de fenêtres qui l'éclairent,
les Pilastres qui décorent les trumeaux, depuis le
socle jusqu'à la corniche servant d'entablement
& la corniche même, avoient été sigurés en lam-
pions. Le grand balcon, au-dessus de la porte-
cochere & les colonnes qui les soutiennent
étoient pareillement chargés de lumieres. On ea
avoit entouré les deux niches aux côtés de la por-
te, dans lesquelles on avoit placé deux figures de
relief, imitant le marbre blanc, repiésentant
Themis & Minerve. En tout, on pouvoit comp-
ter pout l'illumination de cette façade des arca-
des de l'amphitheatre, & de la pyramide, onze
mille lampions, & plus de quatte mille terrines.
Toutes ces dispositions étant achevées, M.
l'Ambassadeur jugea à propos de faire précéder
ces fêtes par uu repas splendi de qu'il donna aux
Ambassadeurs, & à tous les Ministres & Grands
Officiers de la Cour.
zed by Goo
JANVIER.
1752.
215
Quelques jours auparavant, S. Exc avoit fait
porter des billets d'invitation aux mêmes person-
nes, & à tout ce que la Cour & la Ville tenfer-
ment de plus distingué par le rang & la naissance,
pour se trouver, le Mardi 23 Novembre, à une
assemblée dans son Hôtel, pendant laquelle il y
autoit Concert, & le lendemain 24, au Bal paté,
& au souper qui devoi. le suivre.
L'assemblee se tiut dans la nouvelle Salle, dout
la description vient d'être faite. Plus de cinq cens
personnnes, de l'un & l'autre sexe, s'y rendirent
en habit de grand gala; on peut se représenter leur
maguisicence par celle, dont la haute Noblesse de
Vienne fait toujours montre dans les occasions
d'éclat; & ce qui en rehaussoit le prix, étoit un
nombre prodigieux de diamans, dont elle est en
usage de douner en même tems le brillant spec-
tacle.
Pendant l'assemblée, & peu après que chacun
eut pris place à des tables de jeu disposées dans la
salle & le sallon voifin, un Orchestre composé de
Musiciens choisis, & dirigé par le célebre Siani
connu en France, sous le nom de Desplanes, de-
puis long-tems Directeur de la Musique de la
Cour Imperiale, fit entendre successivement de
la Tribune, où il avoit été placé, les morceaux
les plus agréables de symphonie Françoise & Ita-
lienne; ils furent entremèlés de Concerto, exécu-
tés par le Sieur Fertari, célébre Violon d'Italie,
& qui justifia bien dans cette occasion la réputa-
tion dont il jouit. On distribua pendant cette as-
semblée toutes sottes de rafraichissemeus avec
profusion.
A cet amusement qui dura jusqu'à onze heures
du soit, & dont on sortit trés. satisfait, succeda le
lendemain celui du Bal paré & du repas, par le-
quel les fêtes devoient être terminées.
216 MERCUREDEFRANCE.
On se rendit ce jour-là, vers les six heures da
soir, dans la même salle où l'assemblée s'étoit te-
nue la veille, & avec même affluence. Tout s'y
trouvant préparé pour le Bal, il fut ouvert au son
d'une brillante symphonie, composée de plus de
trente instrumens, par M. l'Ambassadeur, & par
Madame la Comtesse d'Harrach, qu'il avoit prié
de vouloir bien en faire les honneurs.
Bientôt aptès, six Chambellans choisis parmi
ce qu'il y a de plus distingué à la Cour, ayanz
partagé, en quelque sorte, entr'eux le terrain de
la salle, prirent à danser les principales Dames du
Bal, chacune suivant son rang, ensorte qu'insen-
fiblement le plaisit de la danse devint le plaisir
général. Celui du jeu eut aussi ses partisans. Vinge
tables au moius placées, tant dans la salle même
du Bal que dans le sallon, furent continuellement
occupées jusqu'au moment du souper.
Lorsqu'on eut servi, chacun s'empresta de se
rendre aux tables qui avoient été distribuées pour
cet effet dans les appartemens de l'Hôtel. Plus de
deux cent cinquante personnes trouverent à s'y
placer. Le soin que l'on prit de servit toutes ces
tables également, l'ordre & l'intelligence qui
y furent apportés, le choix & l'abondance des
mets, la delicatesse & la diversité des vins, ne
laisserent rien à désirer.
Les attentions de M. l'Ambassadeut pendant
ce somptueux repas, s'étendirent à tous les ob-
jets. Il ne prit place à aucune table pout avoir
la liberté de se porter à toutes, & pour pouvois
commaniquer à ses illustres convives la jove
dont il étoit lui-même pénétré.
A une heure après minvit, on se leva de ta-
ble, & l'on coutut vers la salle du bal, où. deja
lo simphonie se. faisoit entendre. Les menuets
recom-
itized by Goo
JANVIER. 1752.
217
recommencerent, on leur fit succeder des dan-
ses allemandes, dont les pas & les mouvemens
bcaucoup plus viss & plus animés, redoublerent
encore la gaieté qui s'étoit dejà répandue. Le
jeu reprit aussi de tous côtés, & c'est dans ces
plaisirs que se passa le reste de la nuit jusqu'à
cinq heures du matin que la plupart des Dames
se retirerent.
Il reste présentement à parler de l'illumina-
tion générale de la place des Ecossois & de la
façade de l'Hôtel de son Excellence, qui eut
lieu le Mardi 23, & qui fut repetée le len-
demain 24.
La nuit vente, on vit tous les différens
corps qui composoient cette illumination, répan-
dre insensiblement la lumiere, & se couvrir en-
fin des feux les plus brillans. Les tableaux d'em-
blêmes, & tout ce qui dans la façade de l'am-
phithéâtre & dans la pyramide étoit peint sur
toile transparente, semblerent s'animer. L'Ar-
chitecture de ces corps dessinée en lampions
en parut plus saillante; bientôt la pyramide dont
on a dit que les angles avoient été pareillement
dessinés en lampions depuis sa base julqu'à la fleur
de lys qui la terminoit, ne fut plus qu'une co-
lomne de feu. On illumina en même tems la fa-
çade de l'Hôtel depuis le socle jusqu'au faîte
& les arcades qui formoient l'enceinte de la
place, de sorte que toutes ces parties se prê-
tant mutuellement un grand éclat, on vit long-
tems la nuit ceder la place au jour.
Ce fut-là le moment que l'on choisit pour fai-
re couler le vin en abondance. Le peuple qui
Pattendoit avec impatience, s'étoit muui, com-
me il arrive en pareil cas, de toutes sortes de
va ses pour s'en procurer d'amples provisions
II. Vol.
ed by G
218 MERCUREDEFRANCE.
& tous les efforts qu'on lui vit faire pour y par-
venir, donnerent pendant les deux jours un
spectacle assez amusant.
Deux Chœurs de trompettes & de tymbales
placés aux deux bouts de la gallerie de l'amphi-
théâtre, & qui se répondoient sans interrup-
tion, augmentoient par leurs fanfares l'émula-
tion de ce même peuple, & concouroient à ses
pla sirs. Son Excellence auroit désiré, pour les
varier davantage, pouvoit donner un feu d'ar-
tifice: mais ces sortes de spectacles ne sont pas
pas permis dans Vienue, à cause du danger
presqu'inévitable du feu, la plupart des mai-
lons étant couvertes en bois,
Les constructions & les décorations tant de
l'édifice en forme d'amphithéâtre & de la pyra-
mide, que de la salle du bal, avoient été in-
ventées & dirigées par le Sicur Gaetan Fanti
Architecte & Inspecteur de la gallerie des Pein-
tures de M. le Prince de Lichtenstein, & les su-
jets des tableaux du même amphithéâtre & des
peintures de la salle avoient été exécutés sur les
desseins du Sicur Vincent Fanti son sils.
le Marquis d'Hautefort, Ambassadeur
de France, le 23 & 24 Novembre,
à l'occasion de la naissance de Monseigneur
le Duc de Bourgogne.
M. le Marquis d'Hautefort n'eut pas plutót
reçu l'heureuse nouvelle de la naissance de Monseigneur
le Duc de Bourgogne, qu'il fit toutes
ses dispositions pour célebrer, par des fêtes pu-
bliques & solemnelles, un évenement si desiré.
L'Hôte d'Harrach que Son Excellence occupe,
tout spacieux qu'il est, manque de plusieurs com-
modités essentielles en pareilles circonstances, &
la Place des Ecossois, sur laqueile regne la façade
JANVIER. 1752. 209
principale de cet Hôtel, n'offie à la vde que des
objets peu agréables ou par leur usage, ou par
leur itrégularité.
Il falloit remédier à ce double inconvénient.
en construisant une salle dans se jardin de cer
Hôtel, & en décorant la Place des Ecossois, com-
me on le dira ci-apiès.
On donna à cette salle les proportions les plus
regulieres, & elle reussit d'autant mieux, qu'elle
joignoit un ancien sallon fort orné, accompagné
de deux cabinets, qui étoient devenus des pieces
utiles pout servit de décharge.
La longueur de cette salle étoit de soixante-
treize pieds, sur quarante-buit de largeur & trente
de hanteur, le tout dans œuvre. Sa décoration
consistoit dans une suite de Pilastres d'ordre Com-
posite, peints en marbre sur toile; les canelures
les bases & les chapiteaux étoient dorés. Les en-
tre deux des Pilastres étoient remplis par des va-
ses de fleurs, portés sur des consoles dorées, &
au-dessus étoient des trophées de Musique, atta-
chés par des festons de fleurs. L'intervalle, depuis
la corniche qui couronnoit cette architecture
jusqu'au cordon du plafond, étoit en calote cir-
culaire, formée par des courbes en anses de pa-
nier, & il étoit rempli par des modillons, portant
d'aplomb sur les Pilastres, enrichis d'ornemens
dorés & de festons de fleurs.
La partie du plafond qui étoit peinte, & qui
occupoit le milieu, avoit trente pieds de long sur
vingt- deux de large. Elle étoit renfermée dans
un cartouche, en or entrelacé de fleurs. Quatre
medaillons répondoient aux quatre angles de ce
plafond. Ils contenoient des Genies, représentans
les beaux Arts, scavoir la Peinture, la Sculpture
la Musique & la Poësie. On voyoit au milieu de
jitized by Goc
210 MERCURE DE FRANCE.
la partie peinte, la Déesse Lucine, invitant Mer-
cure à aller annoncer au monde la naissance du
Prince qui faisoit le sujet de la fête. D'un côté
étoient plusieurs figures de femmes, préparant
des guirlandes de fleurs, & de l'autre d'autres
femmes, qui paroissoient se livrer aux transports
de la joie la plus vive. Plus bas étoit un groupe
d'enfans sur un nuage, tenans les uus l'Ecusson
des armes du Roi, d'autres une corne d'abon-
dance renversée d'où sortoient des Couronnes
des Sceptres, des Médailles d'or, &c. des Amours
voltigeans au-dessus de la figure principale, s'oc-
cupoient à former des Couronnes de fleurs.
Sur les trois portes, qui donnoient entrée dans
cette belle Salle, étoient peints des groupes d'en-
fans, s'amusant à couper des bleds, & à cueillit
des fruits & des raisins.
Sur chacune des faces les plus longues de cette
Salle, on avoit placé deux glaces qui par le moyen
des deux chassis dorés dont on les avoit cou-
vertes, paroissoient former autant de fenêtres.
Au dessus de chacune étoient peints des jeux d'en-
fans, & en général le dessein, l'ordre & le coloris
de tous ces tableaux, repondoient parfaitement
au sujet & au brillant du reste de la Salle.
En face de la principale enttée qui avoit été
pratiquée nécessairement au milieu de sa largeur
etoit une tribune fort profonde destinée à placet
les Musiciens; elle avançoit sur la Salle en for-
me citculaire d'environ quatre pieds dans sa plus
grande saillie, & on l'avoit renfermée par une
balustrade dorée. Sa décoration étoit aussi com-
posée d'ornemens dorés, sur uo fond blanc avec
des guirlandes de fleurs.
On avoit posé aux quatre angles de cette Salle
qui avoit été arrondis, quatre beaux poëles dont
JANVIER. 1752.
211
la chaleur entretenve avec soin & jointe à celle
d'un autre poële placé dans ie Sallon contigu,
rendoit l'une & l'autie piéce parfaitement habi-
table au milieu du plus grand froid de la saison.
Ces différentes pièces étoient éclairées par près de
500 bougies.
L'édifice construit en charpente en face & à
26 toises du milieu de l'Hlôtel de Son Excel-
lence, avoit la forme d'un amphitheâtre. La hau-
teur étoit de 36 pieds, & sa longueur en demi
ceintre de 136. Il étoit orné de colomnes & de
pilastres d'ordre lonique entre lesquels on voyoit
des panaux de toile transparente de hauteur pro-
portionnée sur lesquels étoient peints des trophées.
On avoit rempli les ouvertures des senêtres de
cet édisice, au nombre de six, d'un pareil nombre
de tableaux peints de même sur des toiles transpa-
rentes, contenant différentes allégories ingé-
nieuses rélatives à la naissance du Prince.
On remarquoit dans le premier à main gau-
che, la Déesse Lucine présentant à la France un
enfant; au dessus étoit le Signe de la balance sous
lequel il est né, présage heureux de sa justice;
au dessous paroissoit l'Automne avec tous ses
attributs. On lisoit immédatement sous le ceintre
de ce tableau ces mots, Di vini favoris pig-
nus.
Dans le tableau suivant, étoient représentées
les trois Parques, l'une filant les jours du Prince
nouveau-né, l'autre tournant le fusean & la troisié-
me jettant son ciseau, pour montrer par cette ac-
tion, combien elle étoit éloignée de vouloit
trancher le fil d'une vie si précieuse: au dessons
du ceintre étoient ces mots, Abhorret munere
fungi.
On voyoit dans le troisième la Déesse Asttée
zed by Goc
212 MERCUREDE FRANCE.
portée sur un nuage, d'ou sortoit un soleil levant
Saturne ou le Tems avec sa faula & Janus remar-
quable par son double visage, étoient plus bas &
sembloient applaudir à la devise Aurea condet se-
cula, qu'on lisoit au deflous du ceintre.
Le quatriéme tableau re: resentoit Jupiter or-
donnant à Vulcain de cesser de forger des armes
dans un moment où la naissance d'un Prince si
désiré, venoit encore affermir la paix de l'Europe.
On voyoit dans le lointain, les forges de Vulcain
& des Ciclopes animés au travail. Au dessous
du ceintre étoient ces mot, Cœptos auferte la-
bores.
Sur le cinquième étoient représentés le Dieu
de l'Hymen assis sur un nuage & au dessous la
France & la Pologne sous la figure de deux fem-
mes assisses, tenant un cœur avec ces mots, Se-
cundo conjugio.
Le sixième représentoit la France debout sur une
espece d'estrade, soutenant un Enfant qu'elle
montroit à l'Europe. On lisoit sous le ceintre de co
tableau les mots suivants, Felicitati regni &
orbis.
Au milien de ce vaste édifice paroissoit une por-
te entiérement ouverte & au dessus étoit un ta-
bleau sur toile transpatente comme les précédens
qui représentoit le génie de la France assis sur un
Trône, & à ses côrés la Justice & la,Prudence
avec tous leurs atttibuts. On lisoit au haut ces
mots, Consiliis Industria compar.
Sur l'entablement des deux bouts de l'édifice
en place de fronton, on voyoit en transparens
d'un cônté les Armes du Roi, dela Reine, & de l'au-
tre celles de Monseigneur le Dauphin & de Mada-
me la Dauphine, surmontées de leurs couronnes
avec leurs supports & les trophées, qui les accom-
res vO
1752.
213
JANVIER.
pagnoient. Ces trophées surpassoient la balustra-
de dont tout le reste de l'édifice étoit couronné,
Ces balustrades, percées à jour en transparens
étoient interrompuespar des pieds- d'estaux qui por-
toient à l'aplomp de toutes les colonnes, des
grands vases destinés à porter eux-mêmes des pots
à feu. Au devant de l'édifice étoit une gallerie éle-
vée à huit pieds de hauteur du rez de chaussée
fermée sur toute sa longueur dune balustrade, sur
les pieds-d'estaux de laquelle on avoit posé des
vases d'une très-belle proportion. Cette gallerie
étoit accessible au moyen d'un large escalier,
pratiqué à chacune de ses exttémites.
C'étoit au milieu de cette Place qu'on avoit
élevé un grand pied-d'estal de forme hexagone.
Sur les Codillons des angles étoient assisses quatre
sigures colossales de relief entiérement dorées,
représentant la riehesse, la valeus, la renommée
& la noblesse. Sur ce pied- d'estal s'éle voit une base
de même forme qui pottoit une pyramide de 62
pieds de hauteur dont toutes les faces jusqu'à la
pointe, étoient en transparens; on y avoit peint
ses chiffres du Roi, des dauphins & des fleurs de
lys. On remarquoit au pied de la face principale
de cette pyramide le grand écusson des Arines de
France, & sur la pointe, un globe transparer:
surmonté d'une sleur de lyode grandeurconvenable;
tous les angles étoient marques par un nom,
bre prodigieux de lumieres.
La façade du pied- d'estal du côté de l'Hôtel de
Son Excellence étoit chargée d'une Inscription
Latine peinte sur une toile transparente; elle an-
nonçoit le sujet de la fête & de la joie publique.
Les deux faces latérales du même pied. d'estal
avoient été décorées en fontaines, quatre dau-
phins places aux quatre coius à hauteur de corni,
itized by Goo
214 MERCUREDEFRANCE.
niche, jettoient du vin en abondance.
Tous ces différens corps étoient éclairés d'unt
infinité de lampions & de terrines dont la lumiere
ajoutoit à la beauté de leur forme & à la richesse
de leurs décorations.
Asin que l'amphithéatre fit tout son effet, on
avoit joint ce superbe édifice à l'Hôtel, par ua
rang d'arcades de chaque côté, qui, décrivant
une ligne circulaim, donnoient à la Place des
Ecossois une forme ronde, & en apparence beau-
coup plus spacieuse. Ces arcades avoient une hau-
teur & des ouvertures proportionnées. Elles étoient
figurées par des lampions depuis le socle jusqu'à
la tablette.
A l'egard de la façade de l'Hôtel, du côté de
la Place, on avoit suivi pout son illuminaion l'or-
dre de son archirecture, qui est des plus regulie-
res. Les trois rangs de fenêtres qui l'éclairent,
les Pilastres qui décorent les trumeaux, depuis le
socle jusqu'à la corniche servant d'entablement
& la corniche même, avoient été sigurés en lam-
pions. Le grand balcon, au-dessus de la porte-
cochere & les colonnes qui les soutiennent
étoient pareillement chargés de lumieres. On ea
avoit entouré les deux niches aux côtés de la por-
te, dans lesquelles on avoit placé deux figures de
relief, imitant le marbre blanc, repiésentant
Themis & Minerve. En tout, on pouvoit comp-
ter pout l'illumination de cette façade des arca-
des de l'amphitheatre, & de la pyramide, onze
mille lampions, & plus de quatte mille terrines.
Toutes ces dispositions étant achevées, M.
l'Ambassadeur jugea à propos de faire précéder
ces fêtes par uu repas splendi de qu'il donna aux
Ambassadeurs, & à tous les Ministres & Grands
Officiers de la Cour.
zed by Goo
JANVIER.
1752.
215
Quelques jours auparavant, S. Exc avoit fait
porter des billets d'invitation aux mêmes person-
nes, & à tout ce que la Cour & la Ville tenfer-
ment de plus distingué par le rang & la naissance,
pour se trouver, le Mardi 23 Novembre, à une
assemblée dans son Hôtel, pendant laquelle il y
autoit Concert, & le lendemain 24, au Bal paté,
& au souper qui devoi. le suivre.
L'assemblee se tiut dans la nouvelle Salle, dout
la description vient d'être faite. Plus de cinq cens
personnnes, de l'un & l'autre sexe, s'y rendirent
en habit de grand gala; on peut se représenter leur
maguisicence par celle, dont la haute Noblesse de
Vienne fait toujours montre dans les occasions
d'éclat; & ce qui en rehaussoit le prix, étoit un
nombre prodigieux de diamans, dont elle est en
usage de douner en même tems le brillant spec-
tacle.
Pendant l'assemblée, & peu après que chacun
eut pris place à des tables de jeu disposées dans la
salle & le sallon voifin, un Orchestre composé de
Musiciens choisis, & dirigé par le célebre Siani
connu en France, sous le nom de Desplanes, de-
puis long-tems Directeur de la Musique de la
Cour Imperiale, fit entendre successivement de
la Tribune, où il avoit été placé, les morceaux
les plus agréables de symphonie Françoise & Ita-
lienne; ils furent entremèlés de Concerto, exécu-
tés par le Sieur Fertari, célébre Violon d'Italie,
& qui justifia bien dans cette occasion la réputa-
tion dont il jouit. On distribua pendant cette as-
semblée toutes sottes de rafraichissemeus avec
profusion.
A cet amusement qui dura jusqu'à onze heures
du soit, & dont on sortit trés. satisfait, succeda le
lendemain celui du Bal paré & du repas, par le-
quel les fêtes devoient être terminées.
216 MERCUREDEFRANCE.
On se rendit ce jour-là, vers les six heures da
soir, dans la même salle où l'assemblée s'étoit te-
nue la veille, & avec même affluence. Tout s'y
trouvant préparé pour le Bal, il fut ouvert au son
d'une brillante symphonie, composée de plus de
trente instrumens, par M. l'Ambassadeur, & par
Madame la Comtesse d'Harrach, qu'il avoit prié
de vouloir bien en faire les honneurs.
Bientôt aptès, six Chambellans choisis parmi
ce qu'il y a de plus distingué à la Cour, ayanz
partagé, en quelque sorte, entr'eux le terrain de
la salle, prirent à danser les principales Dames du
Bal, chacune suivant son rang, ensorte qu'insen-
fiblement le plaisit de la danse devint le plaisir
général. Celui du jeu eut aussi ses partisans. Vinge
tables au moius placées, tant dans la salle même
du Bal que dans le sallon, furent continuellement
occupées jusqu'au moment du souper.
Lorsqu'on eut servi, chacun s'empresta de se
rendre aux tables qui avoient été distribuées pour
cet effet dans les appartemens de l'Hôtel. Plus de
deux cent cinquante personnes trouverent à s'y
placer. Le soin que l'on prit de servit toutes ces
tables également, l'ordre & l'intelligence qui
y furent apportés, le choix & l'abondance des
mets, la delicatesse & la diversité des vins, ne
laisserent rien à désirer.
Les attentions de M. l'Ambassadeut pendant
ce somptueux repas, s'étendirent à tous les ob-
jets. Il ne prit place à aucune table pout avoir
la liberté de se porter à toutes, & pour pouvois
commaniquer à ses illustres convives la jove
dont il étoit lui-même pénétré.
A une heure après minvit, on se leva de ta-
ble, & l'on coutut vers la salle du bal, où. deja
lo simphonie se. faisoit entendre. Les menuets
recom-
itized by Goo
JANVIER. 1752.
217
recommencerent, on leur fit succeder des dan-
ses allemandes, dont les pas & les mouvemens
bcaucoup plus viss & plus animés, redoublerent
encore la gaieté qui s'étoit dejà répandue. Le
jeu reprit aussi de tous côtés, & c'est dans ces
plaisirs que se passa le reste de la nuit jusqu'à
cinq heures du matin que la plupart des Dames
se retirerent.
Il reste présentement à parler de l'illumina-
tion générale de la place des Ecossois & de la
façade de l'Hôtel de son Excellence, qui eut
lieu le Mardi 23, & qui fut repetée le len-
demain 24.
La nuit vente, on vit tous les différens
corps qui composoient cette illumination, répan-
dre insensiblement la lumiere, & se couvrir en-
fin des feux les plus brillans. Les tableaux d'em-
blêmes, & tout ce qui dans la façade de l'am-
phithéâtre & dans la pyramide étoit peint sur
toile transparente, semblerent s'animer. L'Ar-
chitecture de ces corps dessinée en lampions
en parut plus saillante; bientôt la pyramide dont
on a dit que les angles avoient été pareillement
dessinés en lampions depuis sa base julqu'à la fleur
de lys qui la terminoit, ne fut plus qu'une co-
lomne de feu. On illumina en même tems la fa-
çade de l'Hôtel depuis le socle jusqu'au faîte
& les arcades qui formoient l'enceinte de la
place, de sorte que toutes ces parties se prê-
tant mutuellement un grand éclat, on vit long-
tems la nuit ceder la place au jour.
Ce fut-là le moment que l'on choisit pour fai-
re couler le vin en abondance. Le peuple qui
Pattendoit avec impatience, s'étoit muui, com-
me il arrive en pareil cas, de toutes sortes de
va ses pour s'en procurer d'amples provisions
II. Vol.
ed by G
218 MERCUREDEFRANCE.
& tous les efforts qu'on lui vit faire pour y par-
venir, donnerent pendant les deux jours un
spectacle assez amusant.
Deux Chœurs de trompettes & de tymbales
placés aux deux bouts de la gallerie de l'amphi-
théâtre, & qui se répondoient sans interrup-
tion, augmentoient par leurs fanfares l'émula-
tion de ce même peuple, & concouroient à ses
pla sirs. Son Excellence auroit désiré, pour les
varier davantage, pouvoit donner un feu d'ar-
tifice: mais ces sortes de spectacles ne sont pas
pas permis dans Vienue, à cause du danger
presqu'inévitable du feu, la plupart des mai-
lons étant couvertes en bois,
Les constructions & les décorations tant de
l'édifice en forme d'amphithéâtre & de la pyra-
mide, que de la salle du bal, avoient été in-
ventées & dirigées par le Sicur Gaetan Fanti
Architecte & Inspecteur de la gallerie des Pein-
tures de M. le Prince de Lichtenstein, & les su-
jets des tableaux du même amphithéâtre & des
peintures de la salle avoient été exécutés sur les
desseins du Sicur Vincent Fanti son sils.
Fermer
Résumé : Relation des Fêtes données à Vienne, par M. le Marquis d'Hautefort, Ambassadeur de France, le 23 & 24 Novembre, à l'occasion de la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne.
Le Marquis d'Hautefort, ambassadeur de France à Vienne, organisa des fêtes publiques et solennelles les 23 et 24 novembre pour célébrer la naissance du Duc de Bourgogne. En raison des inconvénients de l'hôtel d'Harrach, une salle fut construite dans le jardin de l'ambassadeur et la Place des Écossais fut décorée. Cette salle, mesurant 73 pieds de longueur sur 48 de largeur et 30 de hauteur, était ornée de pilastres d'ordre composite peints en marbre sur toile, avec des bases et chapiteaux dorés. Elle comportait des vases de fleurs, des trophées de musique, et un plafond représentant la déesse Lucine invitant Mercure à annoncer la naissance du prince. Trois portes donnaient accès à la salle, décorées de groupes d'enfants s'amusant. Des glaces et des tableaux représentant des jeux d'enfants étaient placés sur les murs. Une tribune pour les musiciens, décorée de guirlandes de fleurs, était située en face de l'entrée principale. La salle était chauffée par cinq poêles et éclairée par près de 500 bougies. Les festivités incluaient divers tableaux symboliques. Le premier tableau montrait la déesse Astérée portée sur un nuage avec un soleil levant, accompagnée de Saturne et Janus. Le quatrième tableau représentait Jupiter ordonnant à Vulcain de cesser de forger des armes, marquant la paix en Europe. Le cinquième tableau montrait le dieu de l'Hymen avec la France et la Pologne représentées par deux femmes tenant un cœur. Le sixième tableau présentait la France tenant un enfant, symbolisant la félicité du royaume et du monde. Une porte ouverte menait à un tableau représentant le génie de la France avec la Justice et la Prudence. L'édifice était décoré des armes du roi, de la reine, du dauphin et de la dauphine, ainsi que de trophées et de vases. Une galerie élevée et un pied-d'estal hexagonal avec des figures colossales représentant la richesse, la valeur, la renommée et la noblesse étaient également présents. Une pyramide de 62 pieds de hauteur, décorée des chiffres du roi et des dauphins, surmontée d'un globe et d'une fleur de lys, était illuminée par un grand nombre de lumières. L'ambassadeur organisa un repas somptueux pour les ambassadeurs, ministres et grands officiers de la cour, suivi d'une assemblée avec concert et d'un bal masqué. Plus de cinq cents personnes assistèrent à ces événements.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
63
p. 219-229
RELATION Des réjouissances que le College de Belsunce & la Maison des Pensionnaires du même College, ont faites à l'occasion de la naissance de MONSEIGNEUR LE DUC DE BOURGOGNE, le 24. Novembre, &c.
Début :
La joie que la naissance de MONSEIGNEUR LE DUC DE BOURGOGNE à [sic] causée dans toute [...]
Mots clefs :
Collège de Belsunce, Naissance du duc de Bourgogne, Génie de la France, Zèle, Prince, Provence, Maison, Bonheur, Fêtes, Réjouissances
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RELATION Des réjouissances que le College de Belsunce & la Maison des Pensionnaires du même College, ont faites à l'occasion de la naissance de MONSEIGNEUR LE DUC DE BOURGOGNE, le 24. Novembre, &c.
RELATION
Des réjouissances que le College de Belsunce
& la Maison des Pensionnaires du même
College, ont faites à l'occasion de la
naissance de MONSEIGNEUR
LE DUC DE BOURGOGNE,
le 24. Novembre, &c.
La joie que la naissance de MONSEIGNEUR
LE DUC DE BOURGOGNE à [sic] causée dans toute
la France, & que l'Europe entiere a partagée
ne devoit point être bornée au court espace de
quelques semaines. On parle, & on patlera en-
core long temps de cet heureux évenement avec
les mêmes transports que fit naître dans tous
les cœurs la premiere nouvelle qui s'en répan-
dit. Ces transports & cette joie si juste & si vi-
ve, les Jesuites de Marseille n'ont pas cru de-
voir les renfermer dans le secret de leur mai-
son; & ils n'ont pas voulu en borner le té-
moignage à quelques pieces de poësie compo-
sces à ce sujet. Le bonheur étoit trop grand,
& ils le partageoient avec trop de monde
pour ne pas s'empresser à rendre publiques leur
allegresse & leurs actions de graces; & s'ils se
sont vu obligés de différer leurs fêtes à cause du
long séjour que l'on fait dans ce Pais plus qu'ail-
Jeurs à la campagne pendant l'Automne, ils
n'en ont été que plus attentifs à ne rien oublier
pour signaler leur zéle & leurs sentimens. Ilo
Kij
220 MERCUREDE FRANCE.
ont eu la satisfaction de voir que tout ce qui ra-
pelle au peuple le souvenir, du bienfait qu'il a
reçu du Ciel, renouvelle toute la vivacité de
ses transports & l'ardeur de ses empressemens.
Ces fêtes commencerent le Mercredi 24. No-
vembre par un discours latin fort applaudi, pro-
noncé par le Pere Abbressevin, Professeut de Rhé-
torique en présence de Monseigneur l'Evêque
Fondatenrdu College & de Messieurs les Echevins,
qui furent reçus au bivit des fanfares. L'Orateur ne
crut pas devoir séparer le bonheur du Prince de
celui des François. Il fit voir dans son premier
Point tout ce que laiaissance de Monseigneur
le Duc de Bourgogne a d'heureux pour la Fran-
ce, & tout ce que nous devons nous en pro-
mettre. Dans le second Point adressé au Prin-
ce lui-même, il lui assure par un juste retour
de la part du Peuple François (celui de tous les
peuples qui par ses sentimens & ses qualitès peut
le plus contribuer au bonheur de ses Souverains)
une félicité qui repond à celle que sa naissance
nous a apportée. La cour du College étoit en-
tierement tapissée; & on y voyoit un très-grand
nombre d'emblêmes & des devises dont les con-
noisseuts parurent fort satisfaits. La journée fut
terminée par une belle illumination.
Le lendemain Jeudi 15. Messieurs les Pension-
naires qui en attendant que la partie du Colle-
ge qu'ils habitoient auparavant soit rebatie
occupent la maison de Sainte-Croix, dont la
situation est des plus avantageuses, & où se
trouve un des plus beaux Observatoires de Fran-
ce, commencernt eleurs réjouissances pat un Te
Deum qui fut exécuté par l'Academie Royale
de Musique, & auquel Messieurs les Echevins
assisterent. Monseigneur l'Evêque y officia. Le
JANVIER. 1752. 221
zéle de cet Illustre Prélat pour la prospérité de
la maison Royale & le bien des peuples, est
trop connu pour avoir besoin du témoignage
public que la justice jointe à la reconnoissance
semble exiger qu'on lui rende ici. Il avoit dé-
jà éclaté d'une maniere digne de lui par la part
qu'il avoit prise aux fêtes que la Ville donna
& par la distribution qu'il fit faire d'une trés-
grande quantité de pains aux Pauvres de toutes
les Paroisies. Mais a t-il jamais sçu prescrire des
bornes à son zéle ou à sa complaisance : Le, Te
Deum fut suivi d'une salve d'un grand nombie
de boëtes, & dès l'entrée de la nuit toutes les
fenêtres de lla Maison furent illuminées en lam-
pions. Il y eut une grande quantité de caisses
de fusées, & un feu d'artifice tiré de dessus la
tertasse de l'Observatoire, dont l'illumination
qui étoit composée de plusieurs grandes pyramides
chargées de lampions, se faisoit surtour remat-
quer. Le tems qui ne pouvoit être plus beau, ne
la savorisa pas moins que la situation du lieu, l'un
des plus propres qu'on puisse imaginer pour cet
effet, aussi présenta- t'elle à tous ceux qui s'étoient
rendus en soule du côté du Port, un coup d'œil
des plus satis faisans.
Le Vendredi 26, les Jesuites célébrerent eux-
mêmes une grande Messe, qui fut accompagnée
d'un Discours Chrétien. M. l'Evêque & Mes-
sieurs les Echevins y assisterent; & l'Assembiée
fut également nombreuse & brillante. L'Egl. se de
Sainte Croix, l'une des plus belles de la Ville
étoit tapissée en Damas Cramoisy. On avoit eu
soin, pour que rien ne manquât a la décoration,
de l'orner de quantité de miroirs & de lustres en
cristal. A l'issue de la Grand-Messe, qui ainsi
que le Te Deum de la veille, avoit été chantée par
K iij
a
222 MERCUREDE FRANCE.
la Musique du Concert, il y eut une seconde de-
charge de Boëtes.
Ces paroles, tirées du Cantique de la Vierge,
la misericords du Sergneur s'étend de génération en
gé lération, servirent de texte au Discours. Après
avoit montté que c'est le Seigneur qui accorde
les bons Rois aux peuples & les grands bienfaits
aux bons Rois, qu'il perpetue leur gloire en per-
pétuant leur nom, & récompense leurs vertus en
étendant leur postérité: 1»» Le don, disoit l'Ora-
»teur, que le Seigneur vient de faire à LOUIS
„ & à ses peuples, présente un doubie motif à
„ notre reconnoissance. Elle se doit également,
» & à ce que le Seigneur fait pour nous, en nous
„donnant un Prince, l'objet de nos vœux, & à
„ ce qu'il s'est engagé à faire pour ce Prinee l'ob-
u» jet de notre tendresse. Ce qu'il fait pour nous
Ȏgale nos desirs: Ce qu'il s'engage a faire pour
o lui, doit égaler nos espérances. L'un est la
mesure de notre joie: l'autre sera le comble de
» notre félicité.
»Premiere Partie. Ce que le Seigneur fait
pour nous dans la Naissance de ce Prince, &
»qui remplit nos desirs dans toute leur étendue
„ c'est de flatter toute la délicatesse de norsenti-
mens pour la Maison Royale, & d'assurer la
o tranquillité de l'Eglise & de l'Etat.
»Seconde Partie. Ce que le Seigoeur s'est en-
„ gagé à faire pour ce Prince, & qui doit égaler
»nos espérances, c'est 1°. En le faisant u itre
»du sang des Bourbons, de lui assuter de grands
sentimens pour élever son cœur, & de grands
»excmples pour le former. 2°. En le faisant nai-
„ tre pour les destinées des Bourbons, d'attacher
»un grand nom à sa personne, & de grands in-
atérets à ses jours. Je n'ajouterai pas, dit l'Ora-
itized by Goog
JANVIER.
1752.
223.
„teur, qu'il promet par-la des grands évenemens
„à son Regne. Regne heureux ! le Ciel qui le
»prépare pour nos neveux, nous aimera sans
53 doute assez pour ne pas nous en faire jouir nous-
» mêmes.
Dans la Peroraison l'Orateur adresse au Ciel
des actions de graces pour la Naissance du Prin-
ce, & des vœeux pour la conservation de ses jours,
„ Conservez, Seigneur, dit-il, des jours qui nous
„ sont si précieux, &c. Mais conservez surtout
»son innocence. Prenez son cœur entre vos
»mains, puisque vous devez mettre un jour nos
„ destinées dans les siennes. Faites-en un Priuce
»selon votre cœur, & il sera toujours un Prince
selon le nôtre. Pour remplir, en un mot, nos
Desperances & nos desiis, prenez, graud Dieu !
prenez pour lui nos sentimens, &c.
On avoit annoncé pour l'après-midi, la repré-
sentation d'une Piéce intitulée: Les Fêtes Proven-
gales, &c. Mais, malgré toutes les mesures que
l'on avoit prises, la trop grande affluence de
monde, attirée par la réputation de l'Auteur, le
Pere Regis, en empêcha l'exécution, & l'on se vit
obligé de renvoyer la reptésentation à un autre
jour, & de chercher pour cet effet une salle plus
vaste, que ne l'étoit celle où le Theatre étoit
dressé selon la coûtume. Dans l'embarras où on
se trouvoit, on eut recours à M. de Charton
Commisiaire Général de la Marive, Ordonnateur
à Marseille, lequel avec cette bonté & cette
politesse, qui lui sont ordinaires & qui lui
gagnent, tous les cœurs, offrit une salle des
plus vastes qui soient dans le Parc. Son zéle
s'étoit déja signalé de la maniere la plus écla-
tante, par une sête brillante, dont on n'a pas
moins admiré l'ordre & le goût, que la magnifi-
cence & la somptuosité. C'est ce même zéle qui
K iiij
224 MERCUREDE FRANCE.
l'a porté à favoriser en tout la représentation d'u-
ne piéce, dont l'heureuse naissance qui vient de
combler les vœux de la France, étoit l'occasion
& le sujet. Sa complaisance alla même jusqu'à
faciliter, par les moyens qu'il fournit & les ordres
qu'il donna, l'exécution du projet qu'on avoit
formé de transporter le Théatre dans la nouvelle
salle, de sorte que tout se trouvant prêt pour le
Mardi 30, Messieurs les Pensionnaires y représen-
terent leur Pièce, qu'ils répeterent le lendemain.
On ne s'est point lassé d'admirer l'ordre & le
silence qui y regnerent, malgré le concours ex-
taordinaire de monde qui s'y rendit l'un & l'au-
tre jour. M. l'Evèque présida à l'une des repré-
sentations; & Messieurs les Echevins honorerent
l'autre de leut présence. Ces Messieurs, dont la
voix publique ne cesse de faire l'éloge, ont bien
voulu confondre en cette occasion la complai-
sance avec leur zéle. On ne pourroit jamais assex
louer leur politesse, & leur attention qu'ils ont
portées jusqu'à l'empressement, & presque au. dela
de ce qu'on auroit pu souhaiter. Ils s'étoient de-
là distingués dans les fêtes de la Ville: Empressés
à secondet les pieuses intentions de Sa Majesté
ils avoient relevé leurs rejouissances par la célé-
bration du Mariage de soixante-dix filles qu'ils
avoient dotées, & par un festin donné dans l'Hô-
tel de-Ville, auquel se trouverent tous les nou-
veaux époux avec leurs parens. Les Villes sont
heureuses, lorsqu'elles ont à leur tête des person-
nes qui scavent porter leur attention à tout ce qui
peut favorifer & animer le zéle des bons Ci-
toyens.
L'ouverture de la Pièce, dont on n'entreprend
de donner ici qu'une légere idée, se faisoit par le
genie de la France & pat celui de la Provence. Le
225
1752.
ANVIER.
après avoir parcouru les differentes Pro-
Les du puissant Etat auquel il préside, & avoir
epandu par tout la nouvelle, qui après avoir été
si long-tems l'objet de tous les vœeux, est devenue
celui de tous les transports, étoit arrêté par le
genie de la Provence. Celui-ci vouloit à son tour
se rendre témoin de la joie & des empressemens
d'une Province, qui par sa fidélité & son amour
pour ses Princes, ne le cede à aucune autre; &
sur ce que le genie de la France lui representoit
qu'il devoit encore ce jour-là même se transpor-
ter au Palais des Destins, pour les consulter sur le
sort du jeune Prince & le leur recommander, le
Génie de la Provence, après avoir redoublé ses
instances, ajodtoit:
Et n'est-ce pas dans la Provence
Qu'a patu cet homme divin
Qui lui-même régla les Arrêts du destin
Le Grand Nostradamus, si connu dans le monde,
Pour la conuoissance profonde
Qu'il avoit de tous les secrets
Que le Ciel tient encor cachés dans ses décrets
Je m'offre à le faire paroître;
Bien mieux que les destins il vous satisfera
Sur ce que vous voulez connoltre, &c.
Le Génie François gagné par cette promesse,
consentoit à s'arréter pour le reste du jour. Les
ordres sont aussi tôt donnés. On annonce les fe-
tes. Elles commencent, elles se succédent. Cha-
cun s'empresse à y prendre part. On en omet le
détail, pour ne pas trop charger cette description.
KV
gl
zed by Goo
226 MERCUREDEFRANC
On croit seulement devoir remarquer qu'on s.
étudié à les caractériser, de lorte qu'on ne po.
voit pas y méconnoître le goût, les usages & le
genie des Provençaux. Elles étoient accompa-
gnées d'une Cantate, de quelques Vaudevilles,
& de plusicurs danses, dont l'exécution fut extrê-
mement applaudie. Après une longue suite de
divertissemens, le Génie de Provence invitoit son
hôte à voir l'illumination des Galéres & des Vais.
seaux, telle qu'elle s'est faite bien des fois dans
les Ports de cette Province, & lui annonçoit pour
le lendemain un nouvel ordre de rejouissances;
mais celui ci empressé de se trouver à son terme,
lui rappelloit sa promesse. Le Génie Provençal
évoquoit alors l'onibre du célébre Nostradamus
qui lortoit du tombeau, & faisoit voir qu'il avoit
prédit dans ses Quatrains la Naissance du Prince.
Il en commençoit l'horoscope, que venoient
achever à son invitation, & avec moins d'obscu-
rité, quatre Troubadours. On sçait que c'est ainsi
que l'on nommoit les anciens Poëtes Provençaux.
Les Troubadours paroissoient, tenant chacun à la
main un Rameau symbolique, pris de quatre ar-
bres differens, mais qui tous ou sont particuliets
à la Provence, ou du moins y viennent plus aisé-
ment qu'ailleurs. Ces Rameaux, qui devoient
servir de présent au Prince, & qui étoient un pré-
sage de ce qu'il seroit un jour, étoient des ra-
meaux d'oranger, de grenadier, d'olivier & de
laurier. On s'est laissé persuader qu'on ne seroit
pas fâché de voit ici en langage moderne des
Tioubadours, la façon dont ils s'expriment sur la
qualité de leur présens & sur leur symbole:
tized by Goog
JANVIER. 1752.
227
2. Tr. Couneissez l'Aurengier & sabez quinte
audour
Porte pertout eme sei flour;
Vaqui de sei vertus la plus fidelle eimagi.
2. Tr. Aqueu Lautier de sa valour
Deou vous douna i'idée & vous servi de gagi.
3. Tr. L'Aulivier de la Pax es lou signe parfait;
La Pax sera toujou sei plus arden soubait.
4. Tr. Lou Migranié marque l'Empire;
Soun fruit es courouna: regarda de sei gran
Et lou nombre & l'ordre charman;
Coumprenez ce qu'aco vaou dire.
1. Tr. Prenez aquelei brou; scran noustre preq
sen.
Tr. Tenez de tout aco fasez une Couroune
Et pourtaleis & nostrei couers encen
A sa polidette Persoune, &c.
Enfin, le Génie de la France satis fait, se dis-
pose à partir; & ceui de la Provence finit ses
adieux, en lui disant:
...... Allez, portez de notre hommage
Le sincere tribut à cet auguste Enfant.
Et s'il se pent, à son pere en passant
Dites un mot de noîre zéle
De nos tendres respects, de notre ardeur si lelle,
Kvj
as
228 MERCUREDEFRANCE.
Et n'oubliez pas la Maman,
Tout notre bonheur nous vient d'elle.
Que votre sort est doux que vous êtes heureux,
De pouvoir à leuis pieds porter vos justes rœux !
Volez où le devoir, où l'amour vous appelle;
Sous les yeux de LOUIS & de son digne fils,
Voyez croître le nombre & l'éclat de nos Lys;
Que formé sur ce grand modelle
Cet Enfant soit un jour leur fidelle portrait.
Je n'ajoute plus rien à cet ardent souhait.
Er si nous avons en le bonheur de vous plaire
Allez, vantez par tout, non pas ce qu'on a fait,
Mais ce qu'on auroit voulu faire.
L'une & l'autre représentation fut terminée
par un Feu d'artisice, exécuté sur le Théatre avec
beaucoup de succès. Puisqu'on s'est enhardi ainserer
dans cette description quelques vers Provençaux,
& que dans une Piéce du caractère de celle-ci,
on a dii s'accommoder au goût du Pays, décidé
pour le langage qui lui est particulier, on va ter-
miner cette Reiation par un couplet Provençal,
qui fut chanté à la suite de quelques autres par un
Berger. Sur l'air: Lou beou Tirsis se proumenave,
&c.
Tout es charman din sa Persoune;
Et tout près d'eou
Les flous que lou printemps nous donne
N'an ren de beou
JANVIER. 1752.
229
Lei plus doux presen de Poumoune
Nous toquoun plu
Est lou plus beou fruit de l'Autoune
Quaguen agu.
Des réjouissances que le College de Belsunce
& la Maison des Pensionnaires du même
College, ont faites à l'occasion de la
naissance de MONSEIGNEUR
LE DUC DE BOURGOGNE,
le 24. Novembre, &c.
La joie que la naissance de MONSEIGNEUR
LE DUC DE BOURGOGNE à [sic] causée dans toute
la France, & que l'Europe entiere a partagée
ne devoit point être bornée au court espace de
quelques semaines. On parle, & on patlera en-
core long temps de cet heureux évenement avec
les mêmes transports que fit naître dans tous
les cœurs la premiere nouvelle qui s'en répan-
dit. Ces transports & cette joie si juste & si vi-
ve, les Jesuites de Marseille n'ont pas cru de-
voir les renfermer dans le secret de leur mai-
son; & ils n'ont pas voulu en borner le té-
moignage à quelques pieces de poësie compo-
sces à ce sujet. Le bonheur étoit trop grand,
& ils le partageoient avec trop de monde
pour ne pas s'empresser à rendre publiques leur
allegresse & leurs actions de graces; & s'ils se
sont vu obligés de différer leurs fêtes à cause du
long séjour que l'on fait dans ce Pais plus qu'ail-
Jeurs à la campagne pendant l'Automne, ils
n'en ont été que plus attentifs à ne rien oublier
pour signaler leur zéle & leurs sentimens. Ilo
Kij
220 MERCUREDE FRANCE.
ont eu la satisfaction de voir que tout ce qui ra-
pelle au peuple le souvenir, du bienfait qu'il a
reçu du Ciel, renouvelle toute la vivacité de
ses transports & l'ardeur de ses empressemens.
Ces fêtes commencerent le Mercredi 24. No-
vembre par un discours latin fort applaudi, pro-
noncé par le Pere Abbressevin, Professeut de Rhé-
torique en présence de Monseigneur l'Evêque
Fondatenrdu College & de Messieurs les Echevins,
qui furent reçus au bivit des fanfares. L'Orateur ne
crut pas devoir séparer le bonheur du Prince de
celui des François. Il fit voir dans son premier
Point tout ce que laiaissance de Monseigneur
le Duc de Bourgogne a d'heureux pour la Fran-
ce, & tout ce que nous devons nous en pro-
mettre. Dans le second Point adressé au Prin-
ce lui-même, il lui assure par un juste retour
de la part du Peuple François (celui de tous les
peuples qui par ses sentimens & ses qualitès peut
le plus contribuer au bonheur de ses Souverains)
une félicité qui repond à celle que sa naissance
nous a apportée. La cour du College étoit en-
tierement tapissée; & on y voyoit un très-grand
nombre d'emblêmes & des devises dont les con-
noisseuts parurent fort satisfaits. La journée fut
terminée par une belle illumination.
Le lendemain Jeudi 15. Messieurs les Pension-
naires qui en attendant que la partie du Colle-
ge qu'ils habitoient auparavant soit rebatie
occupent la maison de Sainte-Croix, dont la
situation est des plus avantageuses, & où se
trouve un des plus beaux Observatoires de Fran-
ce, commencernt eleurs réjouissances pat un Te
Deum qui fut exécuté par l'Academie Royale
de Musique, & auquel Messieurs les Echevins
assisterent. Monseigneur l'Evêque y officia. Le
JANVIER. 1752. 221
zéle de cet Illustre Prélat pour la prospérité de
la maison Royale & le bien des peuples, est
trop connu pour avoir besoin du témoignage
public que la justice jointe à la reconnoissance
semble exiger qu'on lui rende ici. Il avoit dé-
jà éclaté d'une maniere digne de lui par la part
qu'il avoit prise aux fêtes que la Ville donna
& par la distribution qu'il fit faire d'une trés-
grande quantité de pains aux Pauvres de toutes
les Paroisies. Mais a t-il jamais sçu prescrire des
bornes à son zéle ou à sa complaisance : Le, Te
Deum fut suivi d'une salve d'un grand nombie
de boëtes, & dès l'entrée de la nuit toutes les
fenêtres de lla Maison furent illuminées en lam-
pions. Il y eut une grande quantité de caisses
de fusées, & un feu d'artifice tiré de dessus la
tertasse de l'Observatoire, dont l'illumination
qui étoit composée de plusieurs grandes pyramides
chargées de lampions, se faisoit surtour remat-
quer. Le tems qui ne pouvoit être plus beau, ne
la savorisa pas moins que la situation du lieu, l'un
des plus propres qu'on puisse imaginer pour cet
effet, aussi présenta- t'elle à tous ceux qui s'étoient
rendus en soule du côté du Port, un coup d'œil
des plus satis faisans.
Le Vendredi 26, les Jesuites célébrerent eux-
mêmes une grande Messe, qui fut accompagnée
d'un Discours Chrétien. M. l'Evêque & Mes-
sieurs les Echevins y assisterent; & l'Assembiée
fut également nombreuse & brillante. L'Egl. se de
Sainte Croix, l'une des plus belles de la Ville
étoit tapissée en Damas Cramoisy. On avoit eu
soin, pour que rien ne manquât a la décoration,
de l'orner de quantité de miroirs & de lustres en
cristal. A l'issue de la Grand-Messe, qui ainsi
que le Te Deum de la veille, avoit été chantée par
K iij
a
222 MERCUREDE FRANCE.
la Musique du Concert, il y eut une seconde de-
charge de Boëtes.
Ces paroles, tirées du Cantique de la Vierge,
la misericords du Sergneur s'étend de génération en
gé lération, servirent de texte au Discours. Après
avoit montté que c'est le Seigneur qui accorde
les bons Rois aux peuples & les grands bienfaits
aux bons Rois, qu'il perpetue leur gloire en per-
pétuant leur nom, & récompense leurs vertus en
étendant leur postérité: 1»» Le don, disoit l'Ora-
»teur, que le Seigneur vient de faire à LOUIS
„ & à ses peuples, présente un doubie motif à
„ notre reconnoissance. Elle se doit également,
» & à ce que le Seigneur fait pour nous, en nous
„donnant un Prince, l'objet de nos vœux, & à
„ ce qu'il s'est engagé à faire pour ce Prinee l'ob-
u» jet de notre tendresse. Ce qu'il fait pour nous
Ȏgale nos desirs: Ce qu'il s'engage a faire pour
o lui, doit égaler nos espérances. L'un est la
mesure de notre joie: l'autre sera le comble de
» notre félicité.
»Premiere Partie. Ce que le Seigneur fait
pour nous dans la Naissance de ce Prince, &
»qui remplit nos desirs dans toute leur étendue
„ c'est de flatter toute la délicatesse de norsenti-
mens pour la Maison Royale, & d'assurer la
o tranquillité de l'Eglise & de l'Etat.
»Seconde Partie. Ce que le Seigoeur s'est en-
„ gagé à faire pour ce Prince, & qui doit égaler
»nos espérances, c'est 1°. En le faisant u itre
»du sang des Bourbons, de lui assuter de grands
sentimens pour élever son cœur, & de grands
»excmples pour le former. 2°. En le faisant nai-
„ tre pour les destinées des Bourbons, d'attacher
»un grand nom à sa personne, & de grands in-
atérets à ses jours. Je n'ajouterai pas, dit l'Ora-
itized by Goog
JANVIER.
1752.
223.
„teur, qu'il promet par-la des grands évenemens
„à son Regne. Regne heureux ! le Ciel qui le
»prépare pour nos neveux, nous aimera sans
53 doute assez pour ne pas nous en faire jouir nous-
» mêmes.
Dans la Peroraison l'Orateur adresse au Ciel
des actions de graces pour la Naissance du Prin-
ce, & des vœeux pour la conservation de ses jours,
„ Conservez, Seigneur, dit-il, des jours qui nous
„ sont si précieux, &c. Mais conservez surtout
»son innocence. Prenez son cœur entre vos
»mains, puisque vous devez mettre un jour nos
„ destinées dans les siennes. Faites-en un Priuce
»selon votre cœur, & il sera toujours un Prince
selon le nôtre. Pour remplir, en un mot, nos
Desperances & nos desiis, prenez, graud Dieu !
prenez pour lui nos sentimens, &c.
On avoit annoncé pour l'après-midi, la repré-
sentation d'une Piéce intitulée: Les Fêtes Proven-
gales, &c. Mais, malgré toutes les mesures que
l'on avoit prises, la trop grande affluence de
monde, attirée par la réputation de l'Auteur, le
Pere Regis, en empêcha l'exécution, & l'on se vit
obligé de renvoyer la reptésentation à un autre
jour, & de chercher pour cet effet une salle plus
vaste, que ne l'étoit celle où le Theatre étoit
dressé selon la coûtume. Dans l'embarras où on
se trouvoit, on eut recours à M. de Charton
Commisiaire Général de la Marive, Ordonnateur
à Marseille, lequel avec cette bonté & cette
politesse, qui lui sont ordinaires & qui lui
gagnent, tous les cœurs, offrit une salle des
plus vastes qui soient dans le Parc. Son zéle
s'étoit déja signalé de la maniere la plus écla-
tante, par une sête brillante, dont on n'a pas
moins admiré l'ordre & le goût, que la magnifi-
cence & la somptuosité. C'est ce même zéle qui
K iiij
224 MERCUREDE FRANCE.
l'a porté à favoriser en tout la représentation d'u-
ne piéce, dont l'heureuse naissance qui vient de
combler les vœux de la France, étoit l'occasion
& le sujet. Sa complaisance alla même jusqu'à
faciliter, par les moyens qu'il fournit & les ordres
qu'il donna, l'exécution du projet qu'on avoit
formé de transporter le Théatre dans la nouvelle
salle, de sorte que tout se trouvant prêt pour le
Mardi 30, Messieurs les Pensionnaires y représen-
terent leur Pièce, qu'ils répeterent le lendemain.
On ne s'est point lassé d'admirer l'ordre & le
silence qui y regnerent, malgré le concours ex-
taordinaire de monde qui s'y rendit l'un & l'au-
tre jour. M. l'Evèque présida à l'une des repré-
sentations; & Messieurs les Echevins honorerent
l'autre de leut présence. Ces Messieurs, dont la
voix publique ne cesse de faire l'éloge, ont bien
voulu confondre en cette occasion la complai-
sance avec leur zéle. On ne pourroit jamais assex
louer leur politesse, & leur attention qu'ils ont
portées jusqu'à l'empressement, & presque au. dela
de ce qu'on auroit pu souhaiter. Ils s'étoient de-
là distingués dans les fêtes de la Ville: Empressés
à secondet les pieuses intentions de Sa Majesté
ils avoient relevé leurs rejouissances par la célé-
bration du Mariage de soixante-dix filles qu'ils
avoient dotées, & par un festin donné dans l'Hô-
tel de-Ville, auquel se trouverent tous les nou-
veaux époux avec leurs parens. Les Villes sont
heureuses, lorsqu'elles ont à leur tête des person-
nes qui scavent porter leur attention à tout ce qui
peut favorifer & animer le zéle des bons Ci-
toyens.
L'ouverture de la Pièce, dont on n'entreprend
de donner ici qu'une légere idée, se faisoit par le
genie de la France & pat celui de la Provence. Le
225
1752.
ANVIER.
après avoir parcouru les differentes Pro-
Les du puissant Etat auquel il préside, & avoir
epandu par tout la nouvelle, qui après avoir été
si long-tems l'objet de tous les vœeux, est devenue
celui de tous les transports, étoit arrêté par le
genie de la Provence. Celui-ci vouloit à son tour
se rendre témoin de la joie & des empressemens
d'une Province, qui par sa fidélité & son amour
pour ses Princes, ne le cede à aucune autre; &
sur ce que le genie de la France lui representoit
qu'il devoit encore ce jour-là même se transpor-
ter au Palais des Destins, pour les consulter sur le
sort du jeune Prince & le leur recommander, le
Génie de la Provence, après avoir redoublé ses
instances, ajodtoit:
Et n'est-ce pas dans la Provence
Qu'a patu cet homme divin
Qui lui-même régla les Arrêts du destin
Le Grand Nostradamus, si connu dans le monde,
Pour la conuoissance profonde
Qu'il avoit de tous les secrets
Que le Ciel tient encor cachés dans ses décrets
Je m'offre à le faire paroître;
Bien mieux que les destins il vous satisfera
Sur ce que vous voulez connoltre, &c.
Le Génie François gagné par cette promesse,
consentoit à s'arréter pour le reste du jour. Les
ordres sont aussi tôt donnés. On annonce les fe-
tes. Elles commencent, elles se succédent. Cha-
cun s'empresse à y prendre part. On en omet le
détail, pour ne pas trop charger cette description.
KV
gl
zed by Goo
226 MERCUREDEFRANC
On croit seulement devoir remarquer qu'on s.
étudié à les caractériser, de lorte qu'on ne po.
voit pas y méconnoître le goût, les usages & le
genie des Provençaux. Elles étoient accompa-
gnées d'une Cantate, de quelques Vaudevilles,
& de plusicurs danses, dont l'exécution fut extrê-
mement applaudie. Après une longue suite de
divertissemens, le Génie de Provence invitoit son
hôte à voir l'illumination des Galéres & des Vais.
seaux, telle qu'elle s'est faite bien des fois dans
les Ports de cette Province, & lui annonçoit pour
le lendemain un nouvel ordre de rejouissances;
mais celui ci empressé de se trouver à son terme,
lui rappelloit sa promesse. Le Génie Provençal
évoquoit alors l'onibre du célébre Nostradamus
qui lortoit du tombeau, & faisoit voir qu'il avoit
prédit dans ses Quatrains la Naissance du Prince.
Il en commençoit l'horoscope, que venoient
achever à son invitation, & avec moins d'obscu-
rité, quatre Troubadours. On sçait que c'est ainsi
que l'on nommoit les anciens Poëtes Provençaux.
Les Troubadours paroissoient, tenant chacun à la
main un Rameau symbolique, pris de quatre ar-
bres differens, mais qui tous ou sont particuliets
à la Provence, ou du moins y viennent plus aisé-
ment qu'ailleurs. Ces Rameaux, qui devoient
servir de présent au Prince, & qui étoient un pré-
sage de ce qu'il seroit un jour, étoient des ra-
meaux d'oranger, de grenadier, d'olivier & de
laurier. On s'est laissé persuader qu'on ne seroit
pas fâché de voit ici en langage moderne des
Tioubadours, la façon dont ils s'expriment sur la
qualité de leur présens & sur leur symbole:
tized by Goog
JANVIER. 1752.
227
2. Tr. Couneissez l'Aurengier & sabez quinte
audour
Porte pertout eme sei flour;
Vaqui de sei vertus la plus fidelle eimagi.
2. Tr. Aqueu Lautier de sa valour
Deou vous douna i'idée & vous servi de gagi.
3. Tr. L'Aulivier de la Pax es lou signe parfait;
La Pax sera toujou sei plus arden soubait.
4. Tr. Lou Migranié marque l'Empire;
Soun fruit es courouna: regarda de sei gran
Et lou nombre & l'ordre charman;
Coumprenez ce qu'aco vaou dire.
1. Tr. Prenez aquelei brou; scran noustre preq
sen.
Tr. Tenez de tout aco fasez une Couroune
Et pourtaleis & nostrei couers encen
A sa polidette Persoune, &c.
Enfin, le Génie de la France satis fait, se dis-
pose à partir; & ceui de la Provence finit ses
adieux, en lui disant:
...... Allez, portez de notre hommage
Le sincere tribut à cet auguste Enfant.
Et s'il se pent, à son pere en passant
Dites un mot de noîre zéle
De nos tendres respects, de notre ardeur si lelle,
Kvj
as
228 MERCUREDEFRANCE.
Et n'oubliez pas la Maman,
Tout notre bonheur nous vient d'elle.
Que votre sort est doux que vous êtes heureux,
De pouvoir à leuis pieds porter vos justes rœux !
Volez où le devoir, où l'amour vous appelle;
Sous les yeux de LOUIS & de son digne fils,
Voyez croître le nombre & l'éclat de nos Lys;
Que formé sur ce grand modelle
Cet Enfant soit un jour leur fidelle portrait.
Je n'ajoute plus rien à cet ardent souhait.
Er si nous avons en le bonheur de vous plaire
Allez, vantez par tout, non pas ce qu'on a fait,
Mais ce qu'on auroit voulu faire.
L'une & l'autre représentation fut terminée
par un Feu d'artisice, exécuté sur le Théatre avec
beaucoup de succès. Puisqu'on s'est enhardi ainserer
dans cette description quelques vers Provençaux,
& que dans une Piéce du caractère de celle-ci,
on a dii s'accommoder au goût du Pays, décidé
pour le langage qui lui est particulier, on va ter-
miner cette Reiation par un couplet Provençal,
qui fut chanté à la suite de quelques autres par un
Berger. Sur l'air: Lou beou Tirsis se proumenave,
&c.
Tout es charman din sa Persoune;
Et tout près d'eou
Les flous que lou printemps nous donne
N'an ren de beou
JANVIER. 1752.
229
Lei plus doux presen de Poumoune
Nous toquoun plu
Est lou plus beou fruit de l'Autoune
Quaguen agu.
Fermer
Résumé : RELATION Des réjouissances que le College de Belsunce & la Maison des Pensionnaires du même College, ont faites à l'occasion de la naissance de MONSEIGNEUR LE DUC DE BOURGOGNE, le 24. Novembre, &c.
À Marseille, le Collège de Belsunce et la Maison des Pensionnaires ont organisé des festivités pour célébrer la naissance du Duc de Bourgogne le 24 novembre. Les Jésuites de Marseille ont exprimé leur joie publiquement. Les célébrations ont débuté par un discours latin du Père Abbressevin, en présence de l'évêque et des échevins, qui a souligné les bienfaits de la naissance du Duc pour la France et assuré la félicité du peuple français. La cour du collège était décorée d'emblèmes et de devises, et la journée s'est terminée par une illumination. Le lendemain, les pensionnaires ont commencé leurs réjouissances par un Te Deum exécuté par l'Académie Royale de Musique, suivi d'un feu d'artifice et d'une illumination. Le 26 novembre, les Jésuites ont célébré une grande messe avec un discours chrétien et une décoration somptueuse de l'église Sainte-Croix, exprimant la reconnaissance envers Dieu pour le don du prince et les espoirs pour son avenir. Le texte mentionne également les préparatifs et les obstacles rencontrés lors de la représentation de la pièce 'Les Fêtes Provençales' par le Père Régis. En raison de l'affluence, la représentation a été reportée et transférée dans une salle plus vaste. La pièce a finalement été jouée les 30 et 31 janvier 1752, en présence de l'évêque et des échevins. Elle mettait en scène les génies de la France et de la Provence, célébrant la naissance du prince et évoquant la figure de Nostradamus. Les festivités incluaient des cantates, des vaudevilles et des danses, très appréciés par le public. La célébration s'est terminée par un feu d'artifice et un couplet provençal chanté par un berger.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
64
p. 229
De Warsovie le 29 Novembre.
Début :
Il n'y a presque aucun Seigneur Polonois, qui n'ait marqué par des fêtes la joie que lui inspiroit [...]
Mots clefs :
Varsovie, Naissance du duc de Bourgogne, Pacha
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Warsovie le 29 Novembre.
De Warsovie le 29 Novembre.
Il n'y a presque aucun Seigneur Polonois, qui
n'ait marqué par des fêtes la joie que lui inspiroit
la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgo-
gne. Une circonstance, non moins remarquable
est que le Courier, chargé de porter la nouvelle
de certe naissance, au Comte Desalleurs, Am-
bassadeur du Roi Très-Chrétien à Constantino-
ple, ayant passé à Choczin, & ayant donné part
de cet événement, le Pacha ordonna qu'on fit
une salve générale de l'artillerie de la Place. Le
même Pacha envoya des exprès aux Pachas des
Villes voisines, ainsi qu'aux Kans de Crimée &
de Budziack, pour les informer du bonheur arri-
vé à la France. Le Hospodar de Moldavie à fai,
a assy des réjouissances publiques à la même occa-
sion.
Il n'y a presque aucun Seigneur Polonois, qui
n'ait marqué par des fêtes la joie que lui inspiroit
la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgo-
gne. Une circonstance, non moins remarquable
est que le Courier, chargé de porter la nouvelle
de certe naissance, au Comte Desalleurs, Am-
bassadeur du Roi Très-Chrétien à Constantino-
ple, ayant passé à Choczin, & ayant donné part
de cet événement, le Pacha ordonna qu'on fit
une salve générale de l'artillerie de la Place. Le
même Pacha envoya des exprès aux Pachas des
Villes voisines, ainsi qu'aux Kans de Crimée &
de Budziack, pour les informer du bonheur arri-
vé à la France. Le Hospodar de Moldavie à fai,
a assy des réjouissances publiques à la même occa-
sion.
Fermer
Résumé : De Warsovie le 29 Novembre.
Le 29 novembre, les seigneurs polonais ont fêté la naissance du Duc de Bourgogne à Varsovie. La nouvelle a été transmise à Choczin par un courrier. Le Pacha a ordonné une salve d'artillerie et informé les Pachas voisins et les Khans de Crimée et de Budziak. Le Hospodar de Moldavie a aussi organisé des réjouissances publiques.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
65
p. 229-230
De Versailles le 19 Décembre.
Début :
Leurs Majestés tinrent appartement dans la grande Gallerie, qui recevoit un nouvel éclat de [...]
Mots clefs :
Versailles, Galerie, Roi, Naissance du duc de Bourgogne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Versailles le 19 Décembre.
De Versailles le 19 Décembre.
Leurs Majestés tinrent appartement dans la
grande Gallerie, qui recevoit un nouvel éclat de
la multitude des lustres & des girandoles dont elle
(toit éclairée. Les Seigneurs & les Dames de la
Cour, ainsi que tous les Etrangers de distinction,
y parurent avec des habits d'une extrême magni-
ficence. Le Roi joua au lansquenet, & la Reine
au cavagnole, & il y eut plusieurs autres tabies
de jeu. Vers les onze heures du soir, Leurs Ma-
jestés sonperent avec Monseigneur le Dauphin,
ed by Goc
230 MERCURE DEFRANCE.
Madame la Dauphine & Mesdames de France. Le
même jour la décoration du feu d'artifice que le
Roi avoit ordonné de préparer vis-à-vis du bassin
de Latone, & qui fut tiré le 30, fut entierement
illuminé. La vatiété des couleurs de cette illumi-
mination, qui étoit toute en transparens, l'élé-
gance de chacune des parties dont elle étoit com-
posée, & leur parfait accord, formerent pour la
Gallerie une des plus belles perspectives.
Leurs Majestés tinrent appartement dans la
grande Gallerie, qui recevoit un nouvel éclat de
la multitude des lustres & des girandoles dont elle
(toit éclairée. Les Seigneurs & les Dames de la
Cour, ainsi que tous les Etrangers de distinction,
y parurent avec des habits d'une extrême magni-
ficence. Le Roi joua au lansquenet, & la Reine
au cavagnole, & il y eut plusieurs autres tabies
de jeu. Vers les onze heures du soir, Leurs Ma-
jestés sonperent avec Monseigneur le Dauphin,
ed by Goc
230 MERCURE DEFRANCE.
Madame la Dauphine & Mesdames de France. Le
même jour la décoration du feu d'artifice que le
Roi avoit ordonné de préparer vis-à-vis du bassin
de Latone, & qui fut tiré le 30, fut entierement
illuminé. La vatiété des couleurs de cette illumi-
mination, qui étoit toute en transparens, l'élé-
gance de chacune des parties dont elle étoit com-
posée, & leur parfait accord, formerent pour la
Gallerie une des plus belles perspectives.
Fermer
Résumé : De Versailles le 19 Décembre.
Le 19 décembre à Versailles, le roi et la reine reçurent des invités dans la grande Galerie illuminée. Ils jouèrent aux cartes tandis que d'autres tables étaient occupées. À onze heures, ils soupèrent avec le dauphin et les princesses. La décoration du futur feu d'artifice royal fut illuminée, offrant une perspective harmonieuse.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
66
p. 230-232
De Versailles le 30.
Début :
Le feu d'artifice que le Roi avoit ordonné de préparer dans les Jardins du Château, vis à-vis de [...]
Mots clefs :
Versailles, Naissance du duc de Bourgogne, Feu d'artifice, Fusées, Arc de triomphe, Félicité, Guirlandes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Versailles le 30.
De Versailles le 30.
Le feu d'artifice que le Roi avoit ordonné de
préparer dans les Jardins du Château, vis à-vis de
la grande Gallerie, fut tiré le tiente. L'édifice,
construit pour ce feu, s'étendoit depuis l'allée de
Saturne jusqu'à celle du Dragon, sur un plan cir-
culaire de cent quarante- deux toises. Il étoit com-
posé de trois Corps d'Architecture, dont le prin-
cipal étoit 'dOrdre Corinthien, & représentoit
un Arc de Triomphe, consacré à la Felicité.
Au devant des massiss, qui séparoient les 3 por-
tiques de l'arc de triomphe, étoient accouplées des
colonnes de lapis, ornées de guirlandes de lys &
de roses. Deux bas reliefs en or décoroient le des-
sus des portes latérales, qui accompagnoient
la grande arcade. Dans l'un paroissoit Appollon
distribuant aux Muses les differens attributs des
Sciences & des Beaux Arts. On voyoit, dans l'au-
tre, Cer s sur son char, répandant l'abondance,
La corniche portoit les Statues de la Justice, de la
Prudence, de la Tempérance & de la Magnani-
mité, entre lesquelles étoit, sur un pied d'estal
le Globe des Armes de France, soutenu par la
Force & par diflérens Genies. La Victoire & la
Paix le présentoient à la Felicité. Cette derniere
by Goc
JANVIER. 1752.
231
figure domincit le Groupe: elle tenoit un Cadu-
cée, Symbole de l'union, & selon les Egyptiens
le hierogliphe de la naissance des Grands-Hom-
mes. D'une corne d'abondance, qui étoit à ses
pieds, sortoient des fruits mêlés de fleurs. Près de
la Félicité, la Ronommée prenoit son vol pout aller
annoncer à l'Univers la naislance de Monseigneur
le Duc de Bourgogne & ses heureux destins.
Les deux autres Corps d'Architecture étoient
d'ordre Composite, & formoient des deux côtés de
l'arc de Triomphe, une continuite d'arcades en
niches, séparées par des pilastres revêtus de tro-
phés en or & de camayeux en azur. Les miédaillons
représentoient tous les Arts qui contribuent au bon-
heur, & ils étoient entoures de guirlandes de roses
lesquelles se réunissoient en festons au dessus des
ceintres & des pilastres.
Des avant-corps, aussi d'ordre Composite, ter-
minoient les ailes. Ils étoient ornés deStatues de dif-
sérentes Divinités. Des Faunes & des Tritons,
supportant des vases de Lapis surchargés de giran-
doles, interrompoieut la balustrade, qui couron-
noit ces avant-corps.
On avoit distribué des girandoles rout le long
de l'édisice. Plusicurs lustres pendoient du sein
des archivoltes, & toutes les niches étoient gar-
nies d'orangers dans des vases d'or, an tout des-
quels jouoient des guirlandes de fleurs naturelles.
A tiavers les portiques de l'arc de Tiiomphe on
découvroit dans le lointain le Temple de la Felicité.
Ce fut cette vaste & magnisique décoration,
qui fut illuminée le 19 par des transparens. Divers
cordons de feu dessinoient l'Architecture, & l'on
avoit placé sur la tertasse différens groupes de lu-
mieres, dont les effets s'accordoient avec l'objet
principal.
Le seu d'artifice, fut annoncé pra un bruit
ed by Go-
232 MERCUREDE FRANCE
de boëtes & de fusées d'honneur, & il à été
divisé en trois parties. La premiere fut compo-
sée de feu brillaus, qui représenterent succe ssi-
vement différentes formes, & qui furent ac-
compagnées de jets, d'iss, de bombes, & d'u-
ne grande multitude de fusées variées. Le second
changement offrit des cascades, qui occuperent
toute l'étendue de l'édifice, & dont la principale
en achevant de se précipiter, se métamorphosa
en plusieurs jets; ce coup de feu fut soutenu par
des fusées formant en l'air des berceaux de lumiere.
Dans le troisiéme changement, toute l'Architec-
ture se trouva représentée en seu clair. Uue gitan-
de de plus de huit mille fusées, coutonnée de bom-
bes brillantes, termina P'artifice. Les intervalles
qu'on fut obligé de mettre entre les divers chan-
gemens pour donner le tems la fumée de se dis-
siper, furent remplis par le tirage de cent caisses de
fusées, placées derriere l'arc de Triomphe & les
ailes. Le Roi ayant passé sur les dix heures du soir
dans l'appartement de la Reine, on tira au bout
de la piéce d'eau des Suisses, cinq bombes d'arti-
fices, qui firent un effet extraordinaire.
Le même jour, Leurs Majestés tinrent grand
appartement; & la Cour, tant pat l'extrême ri-
chesse des habits que par l'éclat & le nombre des
pierreries, surpassa encore la magnificence qu'el-
le avoit fait paroître le jour de l'illumination. La
Gallerie étoit éclaitée, ainsi qu'elle l'avoit été le
19, par trois rangs de lustres, suspendus à des
festons de gaze bouillonnée, qu'entouroient des
guirlandes de fleurs. Il y avoit des deux côtés une
grande quantité de girandoles sur des Torcheres
les unes d'argent, les autres d'or; & l'art, avec
lequel les lumieres étoient distribuées, pro-
duisoit un coup d'oil des plus frappans.
Le feu d'artifice que le Roi avoit ordonné de
préparer dans les Jardins du Château, vis à-vis de
la grande Gallerie, fut tiré le tiente. L'édifice,
construit pour ce feu, s'étendoit depuis l'allée de
Saturne jusqu'à celle du Dragon, sur un plan cir-
culaire de cent quarante- deux toises. Il étoit com-
posé de trois Corps d'Architecture, dont le prin-
cipal étoit 'dOrdre Corinthien, & représentoit
un Arc de Triomphe, consacré à la Felicité.
Au devant des massiss, qui séparoient les 3 por-
tiques de l'arc de triomphe, étoient accouplées des
colonnes de lapis, ornées de guirlandes de lys &
de roses. Deux bas reliefs en or décoroient le des-
sus des portes latérales, qui accompagnoient
la grande arcade. Dans l'un paroissoit Appollon
distribuant aux Muses les differens attributs des
Sciences & des Beaux Arts. On voyoit, dans l'au-
tre, Cer s sur son char, répandant l'abondance,
La corniche portoit les Statues de la Justice, de la
Prudence, de la Tempérance & de la Magnani-
mité, entre lesquelles étoit, sur un pied d'estal
le Globe des Armes de France, soutenu par la
Force & par diflérens Genies. La Victoire & la
Paix le présentoient à la Felicité. Cette derniere
by Goc
JANVIER. 1752.
231
figure domincit le Groupe: elle tenoit un Cadu-
cée, Symbole de l'union, & selon les Egyptiens
le hierogliphe de la naissance des Grands-Hom-
mes. D'une corne d'abondance, qui étoit à ses
pieds, sortoient des fruits mêlés de fleurs. Près de
la Félicité, la Ronommée prenoit son vol pout aller
annoncer à l'Univers la naislance de Monseigneur
le Duc de Bourgogne & ses heureux destins.
Les deux autres Corps d'Architecture étoient
d'ordre Composite, & formoient des deux côtés de
l'arc de Triomphe, une continuite d'arcades en
niches, séparées par des pilastres revêtus de tro-
phés en or & de camayeux en azur. Les miédaillons
représentoient tous les Arts qui contribuent au bon-
heur, & ils étoient entoures de guirlandes de roses
lesquelles se réunissoient en festons au dessus des
ceintres & des pilastres.
Des avant-corps, aussi d'ordre Composite, ter-
minoient les ailes. Ils étoient ornés deStatues de dif-
sérentes Divinités. Des Faunes & des Tritons,
supportant des vases de Lapis surchargés de giran-
doles, interrompoieut la balustrade, qui couron-
noit ces avant-corps.
On avoit distribué des girandoles rout le long
de l'édisice. Plusicurs lustres pendoient du sein
des archivoltes, & toutes les niches étoient gar-
nies d'orangers dans des vases d'or, an tout des-
quels jouoient des guirlandes de fleurs naturelles.
A tiavers les portiques de l'arc de Tiiomphe on
découvroit dans le lointain le Temple de la Felicité.
Ce fut cette vaste & magnisique décoration,
qui fut illuminée le 19 par des transparens. Divers
cordons de feu dessinoient l'Architecture, & l'on
avoit placé sur la tertasse différens groupes de lu-
mieres, dont les effets s'accordoient avec l'objet
principal.
Le seu d'artifice, fut annoncé pra un bruit
ed by Go-
232 MERCUREDE FRANCE
de boëtes & de fusées d'honneur, & il à été
divisé en trois parties. La premiere fut compo-
sée de feu brillaus, qui représenterent succe ssi-
vement différentes formes, & qui furent ac-
compagnées de jets, d'iss, de bombes, & d'u-
ne grande multitude de fusées variées. Le second
changement offrit des cascades, qui occuperent
toute l'étendue de l'édifice, & dont la principale
en achevant de se précipiter, se métamorphosa
en plusieurs jets; ce coup de feu fut soutenu par
des fusées formant en l'air des berceaux de lumiere.
Dans le troisiéme changement, toute l'Architec-
ture se trouva représentée en seu clair. Uue gitan-
de de plus de huit mille fusées, coutonnée de bom-
bes brillantes, termina P'artifice. Les intervalles
qu'on fut obligé de mettre entre les divers chan-
gemens pour donner le tems la fumée de se dis-
siper, furent remplis par le tirage de cent caisses de
fusées, placées derriere l'arc de Triomphe & les
ailes. Le Roi ayant passé sur les dix heures du soir
dans l'appartement de la Reine, on tira au bout
de la piéce d'eau des Suisses, cinq bombes d'arti-
fices, qui firent un effet extraordinaire.
Le même jour, Leurs Majestés tinrent grand
appartement; & la Cour, tant pat l'extrême ri-
chesse des habits que par l'éclat & le nombre des
pierreries, surpassa encore la magnificence qu'el-
le avoit fait paroître le jour de l'illumination. La
Gallerie étoit éclaitée, ainsi qu'elle l'avoit été le
19, par trois rangs de lustres, suspendus à des
festons de gaze bouillonnée, qu'entouroient des
guirlandes de fleurs. Il y avoit des deux côtés une
grande quantité de girandoles sur des Torcheres
les unes d'argent, les autres d'or; & l'art, avec
lequel les lumieres étoient distribuées, pro-
duisoit un coup d'oil des plus frappans.
Fermer
Résumé : De Versailles le 30.
Le 30 janvier 1752, un feu d'artifice fut organisé dans les jardins du Château de Versailles pour célébrer la naissance du Duc de Bourgogne. L'événement se déroula devant la grande galerie et impliqua la construction d'un édifice temporaire de forme circulaire, mesurant 140 mètres de diamètre. Cet édifice était composé de trois corps architecturaux distincts. Le principal, d'ordre corinthien, prenait la forme d'un arc de triomphe dédié à la félicité. Il était orné de colonnes de lapis, de guirlandes de lys et de roses, ainsi que de bas-reliefs illustrant Apollon distribuant des attributs aux Muses et Cérès répandant l'abondance. La corniche de cet arc supportait des statues symbolisant la Justice, la Prudence, la Tempérance et la Magnanimité, ainsi qu'un globe des armes de France soutenu par la Force et divers génies. La Victoire et la Paix présentaient ce globe à la Félicité, représentée avec un caducée et une corne d'abondance. Les deux autres corps architecturaux, d'ordre composite, formaient des arcades en niches de chaque côté de l'arc de triomphe. Ces arcades étaient décorées de trophées en or et de camées en azur. Des médaillons représentant les arts contribuant au bonheur étaient entourés de guirlandes de roses. Des statues de divinités, des faunes et des tritons supportant des vases de lapis ornés de girandoles interrompaient la balustrade des avant-corps. L'ensemble de l'édifice était illuminé par des girandoles, des lustres et des orangers placés dans des vases d'or. Le feu d'artifice débuta par des boîtes et des fusées d'honneur, puis se déroula en trois parties : des feux brillants représentant diverses formes, des cascades se transformant en jets, et enfin l'architecture entière représentée en feu clair.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
67
p. 233-238
De Cadix le 27 Novembre.
Début :
M. Des Varennes, Consul de France à Cadix, ayant reçu le 27 Septembre une lettre de [...]
Mots clefs :
Cadix, Naissance du duc de Bourgogne, Temple, Arcades, Nation française, Ordre, Place, Consul
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Cadix le 27 Novembre.
De Cadix le 27 Novembre.
M. Des Varennes, Consul de France à Cadix,
ayant reçu le 27 Septembre une lettre de
M. Rouillié, qui lui apprenoit l'heureuse naissance
de Monseigneur le Duc de Bourgogne, il en fit
part à toute la Nation Françoise, qui en témoi-
gna la plus vive joye. On prit aussi-tôt les arran-
gemens nécessaires pour la faire éclatter par des
fêres publiques. On choisit sis Commissaires par-
mi les plus ancieus Négocians, & la, Nation les
autorisa à faire toutes les dépenses nécessaires qui
leur seroient remboursées par le produit d'une
cottisation, qu'on feroit proportionnellement aux
facultés de chaque particulier de la Nation: on
forma ensuite le projet des Fêtes. M. Tamievot
dont le pere est membre de l'Académie d'Archi-
tecture de Paris, en fit le plan; elles commence-
rent le 24 Novembre pat une décharge du canon
de tous les vaisseaux & autres bâtimens François,
qui se trouverent dans la baye de Cadix, au nom-
bre de 34.
Le lendemain on chanta le Te Deum en musique
dans l'Eglise des Cordeliers M. l'Evêque de Cadix
l'entonna, & il célebra ensuite pontificalement la
Messe. M. le Gouverneur & toutes les personnes
de distinction de la Ville y assisterent. Le canon ne
ad by Go-
234 MERCURE DE FRANCE
cessa pas de tirer pendant toute la cérémonie.
L'après-midi, un grand nombre de Dames, &
toures les personnes les plus distinguées se rendi-
tent dans la maison de M. des Varennes; il leur fit
servir ce qu'on appelle en Espagne le Refresco
c'est-à-dire, toutes sortes d'eaux glacées, du
lait, des confitures, du chocolat, &c. M. l'Evê-
que, qui est Religieux de l'Ordre de Saint Domi-
nique, s'etant excusé à cause de son état de pa-
roître à une Fête publique, M. le Consul fit porter
dans son Palais toutes sortes de rafraîchissemens.
Le Refresco étant fini, on alla se placer sur les bal-
cons & sur l'Amphithéatre, qu'on avoit dressé de-
vant la maison du Consul, situé sur la Place Saint
Antoine, la plus belle & la plus spacieuse de Ca-
dix. On y tira un fort beau feu d'artifice, qui du-
ra pendant trois quarts d'heure; tout le monde en
parut extrêmement satisfoit: il y eut ensuite un
grand souper, pour 200 personnes; il fut suivi
d'un bal qui dura jusqu'au matin.
Toute la Place étoit illuminée pat de grands
flambeaux de cire blanche: il y eut aussi des illu-
minations devant toutes les maisons des Négo-
cians François. On avoit pratiqué des amphithéa-
ttes dans différens endtoits de la Place, & on y
avoit mis des Musiciens qui ne cesserent de jouer
de divers instrumens pendant une grande partie de
la nuit. Le Temple sur lequel le feu d'artifice étoit
placé, étoit composé de quatre faces égales, repré-
sentant chacune trois portiques d'Ordre Dorique;
l'entablement étoit couronné par une balustrade
dont les pieds-d'estaux supportoient aux quatre
coins chacun une statue, & les autres des vases.
Chaque façade avoit quarante-deux pieds & demi
de largeur, les arcades onze pieds d'ouverture,
& dix-sept & demi de hauteur. L'élévation du
JANVIER.
1752.
235
Temple, en y comprenant la balustrade, étoit
de vingt-huit pieds. L'intérieur du Temple for-
moit en tous sens trois ness d'égale élévation; le
milieu étoit soutenu par quatre colonnes isolées,
l'entre-deux des arcades par des demi-colonnes
& les angles par des quarts de colonne; toute
cette ordonnance intérieure étoit d'Ordre Ioni-
que, à la maniere de Scamozzi,
Au milieu du Temple s'élevoit sur un pied-d'es-
tal rond & d'Ordre lonique, une statue de mar-
bre blanc & de grandeur naturelle, représentant
le Génie protecteur de la France, avec ses attri-
buts, couronnée de lauriers, tenant un lys à la
main droite: sur sa base étoit cette inscription:
Genio
Galliarum Protectori,
Ob faustum
Serenissimae Delphina
Partum.
Id. Sept. anno
M. DCC. LI.
Le Temple étoit éclairé par 24 lustres de crif-
tal, dont 12 pendoient aux fleurons des architra-
ves, & les 12 auttes aux cless des arcades.
L'appui de la balustrade & le dessus de l'enta-
blement avoient chacun un cordon de lumiere, &
la frize étoit éclairée en dedans. Les pilliers des ar-
cades étoient illuminés par 120 bras, dont 72 de
cristal, & les autres de fer contourné & peint.
Comme ce Temple se fermoit pendant le jour
pour éviter le désordre, les arcades étoient bou-
by Go
236 MERCURE DE FRANCE.
chées par de grandes toiles peintes, & ornées de
figures en relief; les arcades du milieu avoient
une porte de bronze, au dessus des trois dégrés de
marbre, & le dessous des portes avoit chacun
un grand médaillon avec des figures embléma-
tiques.
Le premier représentoit un Dauphin, entortil-
lant une ancre avec sa queve, & pour legende
Ad spem spes addita.
Le second, un Aiglon auprès de sa mere,
Prolem dedit Jove dignam.
Le troisiéme, sun vase avec un lys naissant.
Crescent illa crescentis amore.
Le quatriéme, un laurier naissant
Nascitur ad coronas.
Les huit autres toiles des arcades représentoient
une Renommée, portant un bouclier aux armes de
Bourgogne, & sur la base cette inscription,
Nomina magna loquor.
La Religion près d'un autel, où elle acheve un
Sacrifice.
Vota Galliae a dimpleta.
L'Espérance à genoux, les yeux & les mains
élevées au Ciel, & recevant un enfant qui sont
d'une nuée.
Coeli munus optatum.
1752.
JANVIER.
237
Pallas tenant dans ses bras un jeune enfant qu'el-
le regarde avec complaisance
Laeta Deùm partu.
Le Génie de la France, habillé en Mars, mon-
trant au jeune Prince qui badine avec son armure
le Temple de la Gloire,
Huc mecum Borbonides.
Mercure montrant au jeune Prince le symbolo
des Arts & des Sciences.
Futura infantiae otia.
Le Tems rompant sa faulx,
Perennitas stirpis Borbonidum.
La France sous la figure d'un jeune guerrier, re-
cevant des armes de Junon
Dono Deae invictus.
Ce Temple fut illuminé par 1376 lumiéres; le
jour que l'on tira le feu d'artifice & le lendemain
il fut décoré par une statue de marbre blanc, hau-
te de 8 pieds, représentant le Roi en Empereur
Romain, la tête découverte & les cheveux flot-
tans: le pied- d'estal étoit chargé de trophées d'ar-
mes avec cette inscription.
LUD. XV
Regi amantissimo, patri patriae, hanc statuam
in culmine Templi Genio Galliarum consecra-
eshO
238 MERCURE DE FRANCE.
vit, erexit, vovit, dedicavit Gadibus Fran-
corum Natio, cum celebraret natalia Sere-
nissimi Ducis Burgundiae.
Les quatre statues qui lui servoient d'accompa-
gnement étoient la Force, la Prudence, la Modéra-
tion, & un groupe emblématique, représentant
un Génie qui offre le jeune Duc de Bourgogne à
la France.
Le 26 & le 27. la Place de Saint Antoine fut il-
luminée comme le jour précédent, de même que
la maison de M. le Consul, & celles de tous les
François. Les Musiciens au nombre de 60, furent
placés dans l'intérieut du Temple; ils jouerent en-
semble de differens instrumens pendant plusieurs
heures, ce qui faisoit un effet admirable. Tout
le monde a paru extrêmement latisfait de la ma-
niere brillante dont se sont passées ces Fêtes, & du
bon ordre qu'il y a eu; on ne cessoit de dou-
ner des louanges aux François, & de faire des
vœux pour l'illustre famille des Bourbons. Les
Frarçois établis à Seville & au Port Sainte Marie
quoiqu'ils ne soient pas à beaucoup piès ni en si
grand nombre, ni aussi riches que ceux de Cadiz
ont aussi donné dans cette occasion des preuves de
leur zele; ceux de Seville ont fait chanter un Te
Deum avec beaucoup de pompe, & ils ont fait
bien des aumônes aux François pauvres; ceux du
Port Sainte-Marie ont fait de même, & ils ont
fait tiret un fort joli seu d'artifice.
M. Des Varennes, Consul de France à Cadix,
ayant reçu le 27 Septembre une lettre de
M. Rouillié, qui lui apprenoit l'heureuse naissance
de Monseigneur le Duc de Bourgogne, il en fit
part à toute la Nation Françoise, qui en témoi-
gna la plus vive joye. On prit aussi-tôt les arran-
gemens nécessaires pour la faire éclatter par des
fêres publiques. On choisit sis Commissaires par-
mi les plus ancieus Négocians, & la, Nation les
autorisa à faire toutes les dépenses nécessaires qui
leur seroient remboursées par le produit d'une
cottisation, qu'on feroit proportionnellement aux
facultés de chaque particulier de la Nation: on
forma ensuite le projet des Fêtes. M. Tamievot
dont le pere est membre de l'Académie d'Archi-
tecture de Paris, en fit le plan; elles commence-
rent le 24 Novembre pat une décharge du canon
de tous les vaisseaux & autres bâtimens François,
qui se trouverent dans la baye de Cadix, au nom-
bre de 34.
Le lendemain on chanta le Te Deum en musique
dans l'Eglise des Cordeliers M. l'Evêque de Cadix
l'entonna, & il célebra ensuite pontificalement la
Messe. M. le Gouverneur & toutes les personnes
de distinction de la Ville y assisterent. Le canon ne
ad by Go-
234 MERCURE DE FRANCE
cessa pas de tirer pendant toute la cérémonie.
L'après-midi, un grand nombre de Dames, &
toures les personnes les plus distinguées se rendi-
tent dans la maison de M. des Varennes; il leur fit
servir ce qu'on appelle en Espagne le Refresco
c'est-à-dire, toutes sortes d'eaux glacées, du
lait, des confitures, du chocolat, &c. M. l'Evê-
que, qui est Religieux de l'Ordre de Saint Domi-
nique, s'etant excusé à cause de son état de pa-
roître à une Fête publique, M. le Consul fit porter
dans son Palais toutes sortes de rafraîchissemens.
Le Refresco étant fini, on alla se placer sur les bal-
cons & sur l'Amphithéatre, qu'on avoit dressé de-
vant la maison du Consul, situé sur la Place Saint
Antoine, la plus belle & la plus spacieuse de Ca-
dix. On y tira un fort beau feu d'artifice, qui du-
ra pendant trois quarts d'heure; tout le monde en
parut extrêmement satisfoit: il y eut ensuite un
grand souper, pour 200 personnes; il fut suivi
d'un bal qui dura jusqu'au matin.
Toute la Place étoit illuminée pat de grands
flambeaux de cire blanche: il y eut aussi des illu-
minations devant toutes les maisons des Négo-
cians François. On avoit pratiqué des amphithéa-
ttes dans différens endtoits de la Place, & on y
avoit mis des Musiciens qui ne cesserent de jouer
de divers instrumens pendant une grande partie de
la nuit. Le Temple sur lequel le feu d'artifice étoit
placé, étoit composé de quatre faces égales, repré-
sentant chacune trois portiques d'Ordre Dorique;
l'entablement étoit couronné par une balustrade
dont les pieds-d'estaux supportoient aux quatre
coins chacun une statue, & les autres des vases.
Chaque façade avoit quarante-deux pieds & demi
de largeur, les arcades onze pieds d'ouverture,
& dix-sept & demi de hauteur. L'élévation du
JANVIER.
1752.
235
Temple, en y comprenant la balustrade, étoit
de vingt-huit pieds. L'intérieur du Temple for-
moit en tous sens trois ness d'égale élévation; le
milieu étoit soutenu par quatre colonnes isolées,
l'entre-deux des arcades par des demi-colonnes
& les angles par des quarts de colonne; toute
cette ordonnance intérieure étoit d'Ordre Ioni-
que, à la maniere de Scamozzi,
Au milieu du Temple s'élevoit sur un pied-d'es-
tal rond & d'Ordre lonique, une statue de mar-
bre blanc & de grandeur naturelle, représentant
le Génie protecteur de la France, avec ses attri-
buts, couronnée de lauriers, tenant un lys à la
main droite: sur sa base étoit cette inscription:
Genio
Galliarum Protectori,
Ob faustum
Serenissimae Delphina
Partum.
Id. Sept. anno
M. DCC. LI.
Le Temple étoit éclairé par 24 lustres de crif-
tal, dont 12 pendoient aux fleurons des architra-
ves, & les 12 auttes aux cless des arcades.
L'appui de la balustrade & le dessus de l'enta-
blement avoient chacun un cordon de lumiere, &
la frize étoit éclairée en dedans. Les pilliers des ar-
cades étoient illuminés par 120 bras, dont 72 de
cristal, & les autres de fer contourné & peint.
Comme ce Temple se fermoit pendant le jour
pour éviter le désordre, les arcades étoient bou-
by Go
236 MERCURE DE FRANCE.
chées par de grandes toiles peintes, & ornées de
figures en relief; les arcades du milieu avoient
une porte de bronze, au dessus des trois dégrés de
marbre, & le dessous des portes avoit chacun
un grand médaillon avec des figures embléma-
tiques.
Le premier représentoit un Dauphin, entortil-
lant une ancre avec sa queve, & pour legende
Ad spem spes addita.
Le second, un Aiglon auprès de sa mere,
Prolem dedit Jove dignam.
Le troisiéme, sun vase avec un lys naissant.
Crescent illa crescentis amore.
Le quatriéme, un laurier naissant
Nascitur ad coronas.
Les huit autres toiles des arcades représentoient
une Renommée, portant un bouclier aux armes de
Bourgogne, & sur la base cette inscription,
Nomina magna loquor.
La Religion près d'un autel, où elle acheve un
Sacrifice.
Vota Galliae a dimpleta.
L'Espérance à genoux, les yeux & les mains
élevées au Ciel, & recevant un enfant qui sont
d'une nuée.
Coeli munus optatum.
1752.
JANVIER.
237
Pallas tenant dans ses bras un jeune enfant qu'el-
le regarde avec complaisance
Laeta Deùm partu.
Le Génie de la France, habillé en Mars, mon-
trant au jeune Prince qui badine avec son armure
le Temple de la Gloire,
Huc mecum Borbonides.
Mercure montrant au jeune Prince le symbolo
des Arts & des Sciences.
Futura infantiae otia.
Le Tems rompant sa faulx,
Perennitas stirpis Borbonidum.
La France sous la figure d'un jeune guerrier, re-
cevant des armes de Junon
Dono Deae invictus.
Ce Temple fut illuminé par 1376 lumiéres; le
jour que l'on tira le feu d'artifice & le lendemain
il fut décoré par une statue de marbre blanc, hau-
te de 8 pieds, représentant le Roi en Empereur
Romain, la tête découverte & les cheveux flot-
tans: le pied- d'estal étoit chargé de trophées d'ar-
mes avec cette inscription.
LUD. XV
Regi amantissimo, patri patriae, hanc statuam
in culmine Templi Genio Galliarum consecra-
eshO
238 MERCURE DE FRANCE.
vit, erexit, vovit, dedicavit Gadibus Fran-
corum Natio, cum celebraret natalia Sere-
nissimi Ducis Burgundiae.
Les quatre statues qui lui servoient d'accompa-
gnement étoient la Force, la Prudence, la Modéra-
tion, & un groupe emblématique, représentant
un Génie qui offre le jeune Duc de Bourgogne à
la France.
Le 26 & le 27. la Place de Saint Antoine fut il-
luminée comme le jour précédent, de même que
la maison de M. le Consul, & celles de tous les
François. Les Musiciens au nombre de 60, furent
placés dans l'intérieut du Temple; ils jouerent en-
semble de differens instrumens pendant plusieurs
heures, ce qui faisoit un effet admirable. Tout
le monde a paru extrêmement latisfait de la ma-
niere brillante dont se sont passées ces Fêtes, & du
bon ordre qu'il y a eu; on ne cessoit de dou-
ner des louanges aux François, & de faire des
vœux pour l'illustre famille des Bourbons. Les
Frarçois établis à Seville & au Port Sainte Marie
quoiqu'ils ne soient pas à beaucoup piès ni en si
grand nombre, ni aussi riches que ceux de Cadiz
ont aussi donné dans cette occasion des preuves de
leur zele; ceux de Seville ont fait chanter un Te
Deum avec beaucoup de pompe, & ils ont fait
bien des aumônes aux François pauvres; ceux du
Port Sainte-Marie ont fait de même, & ils ont
fait tiret un fort joli seu d'artifice.
Fermer
Résumé : De Cadix le 27 Novembre.
Le 27 novembre à Cadix, M. Des Varennes, Consul de France, annonça la naissance du Duc de Bourgogne, provoquant une grande joie parmi la Nation Française à Cadix. Des festivités furent organisées sous la direction de six commissaires choisis parmi les négociants les plus anciens. M. Tamievot, fils d'un membre de l'Académie d'Architecture de Paris, conçut le plan des célébrations. Les festivités commencèrent le 24 novembre par une salve de canons tirée par les vaisseaux français. Le lendemain, un Te Deum fut chanté dans l'église des Cordeliers, suivi d'une messe célébrée par l'évêque de Cadix. L'après-midi, des rafraîchissements furent offerts chez M. Des Varennes. Un feu d'artifice de trois quarts d'heure fut tiré depuis un temple décoré, suivi d'un grand souper et d'un bal. La place Saint-Antoine fut illuminée et ornée de musiciens jouant toute la nuit. Le temple, dédié au Génie protecteur de la France, fut illuminé par 1376 lumières. Les célébrations se poursuivirent les 26 et 27 novembre avec l'illumination de la place Saint-Antoine et de diverses maisons. Une statue de marbre blanc représentant Louis XV en empereur romain fut érigée, accompagnée d'une inscription dédiée à Louis XV et à la Nation Française. Quatre statues symbolisant la Force, la Prudence, la Modération et un Génie offrant le jeune Duc de Bourgogne à la France l'accompagnaient. Soixante musiciens jouèrent divers instruments à l'intérieur du temple. Les Français établis à Séville et au Port Sainte-Marie participèrent également, organisant des chants de Te Deum, des aumônes pour les pauvres et un feu d'artifice.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
68
p. 238-239
De Palerme le 8 Octobre.
Début :
Aussi-tôt que M. Gamelin, Vice-Consul de France à Palerme, eut appris l'heureuse nouvelle [...]
Mots clefs :
Palerme, Naissance du duc de Bourgogne, M. Gamelin, Bâtiments
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Palerme le 8 Octobre.
De Palerme le 8 Octobre.
Aussi-tôt que M. Gamelin, Vice-Consul de
France à Palerme, eut appris l'heureuse nouvelle
JANVIER.
1752.
239
de la naissance de Monseigneur le Duc de Bour-
gogne, il en fit part aux Négocians François qui
sont dans cette ville, & aux Capitaines de Bäti-
timens qui se trouvoient dans le Port; ils donne-
rent tous des marques d'une joye inexprimable, &
ils s'efforcerent de signaler leur zéle à l'occasion
d'un si glorieux évenement. Ils ont illuminé leurs
maisons pendant 3 jours avec des slambeaux de ci-
re, & leurs Batimens ont arboré leur pavillon. Le
7 M. Gamelin accompagné de toute la Nation
fit chantet un Motet & le To Deum en musique dans
l'Eglise des RR. PP. de la Trinité au Mole, il fut
suivi de la Bénédiction du très-Saint Sacrement,
& pendant cette cérémonie les Bâtimens firent unę
décharge de leurs canons & de leurs pierriers.
Aussi-tôt que M. Gamelin, Vice-Consul de
France à Palerme, eut appris l'heureuse nouvelle
JANVIER.
1752.
239
de la naissance de Monseigneur le Duc de Bour-
gogne, il en fit part aux Négocians François qui
sont dans cette ville, & aux Capitaines de Bäti-
timens qui se trouvoient dans le Port; ils donne-
rent tous des marques d'une joye inexprimable, &
ils s'efforcerent de signaler leur zéle à l'occasion
d'un si glorieux évenement. Ils ont illuminé leurs
maisons pendant 3 jours avec des slambeaux de ci-
re, & leurs Batimens ont arboré leur pavillon. Le
7 M. Gamelin accompagné de toute la Nation
fit chantet un Motet & le To Deum en musique dans
l'Eglise des RR. PP. de la Trinité au Mole, il fut
suivi de la Bénédiction du très-Saint Sacrement,
& pendant cette cérémonie les Bâtimens firent unę
décharge de leurs canons & de leurs pierriers.
Fermer
Résumé : De Palerme le 8 Octobre.
Le 8 octobre 1752, M. Gamelin, Vice-Consul de France à Palerme, annonça la naissance du Duc de Bourgogne. Les Français et capitaines de navires exprimèrent leur joie par des illuminations et des pavillons. Le 7 octobre, une cérémonie religieuse fut organisée, incluant un motet, un Te Deum et une bénédiction. Des salves de canons marquèrent l'événement.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
69
p. 239
De Messine le 10 Octobre.
Début :
M. d'Evant, Vice-Consul de France à Messine, ayant appris l'agréable nouvelle de la naissance de [...]
Mots clefs :
Messine, Naissance du duc de Bourgogne, M. d'Evant, Vice-consul de France, Maison
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Messine le 10 Octobre.
De Messine le 10 Octobre.
M. d'Evaut, Vice-Consul de France à Messine,
ayant appris l'agréable nouvelle de la naissance de
Monseigneur le Duc de Bourgogne, a fait illumi-
ner sa maison pendant trois jours avec des flam-
beaux de cire. Le 5, il fit chanter un Te Deum qui
fut suivi d'une grande Messe en musique, l'Etat
Major, & tous les Principaux de la ville y assiste.
rent. Il y eut ensuite un diner de 72 couverts dans
la maison de M. le Vice-Consul. On y but à la
santé du Roi & de la Famille Royale, au bruit de
mille boëtes & de onze canons. On témoigna leo
plus grands transports de joye pendant tout le re-
pas, & les cristaux partirent comme le canon.
Il y eut le soir un grand bal, le Prince de Mont-
fort, & l'épouse de M. le Vice-Consul en firent
l'ouverture.
M. d'Evaut, Vice-Consul de France à Messine,
ayant appris l'agréable nouvelle de la naissance de
Monseigneur le Duc de Bourgogne, a fait illumi-
ner sa maison pendant trois jours avec des flam-
beaux de cire. Le 5, il fit chanter un Te Deum qui
fut suivi d'une grande Messe en musique, l'Etat
Major, & tous les Principaux de la ville y assiste.
rent. Il y eut ensuite un diner de 72 couverts dans
la maison de M. le Vice-Consul. On y but à la
santé du Roi & de la Famille Royale, au bruit de
mille boëtes & de onze canons. On témoigna leo
plus grands transports de joye pendant tout le re-
pas, & les cristaux partirent comme le canon.
Il y eut le soir un grand bal, le Prince de Mont-
fort, & l'épouse de M. le Vice-Consul en firent
l'ouverture.
Fermer
Résumé : De Messine le 10 Octobre.
Le 10 octobre à Messine, M. d'Evaut, Vice-Consul de France, a célébré la naissance du Duc de Bourgogne en illuminant sa maison pendant trois jours. Le 5 octobre, il organisa un Te Deum et une grande messe musicale avec l'État-Major et les notables. Un dîner de 72 convives suivit, avec des toasts au Roi et à la Famille Royale, des salves d'armes et un bal ouvert par le Prince de Montfort.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
70
p. 240
De Barcelonne le 10 Octobre.
Début :
M. de Puyabry, Consul de la Nation Françoise à Barcelone, ayant appris le 19 Septembre à 3 [...]
Mots clefs :
Barcelone, Naissance du duc de Bourgogne, François de Puyabry
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Barcelonne le 10 Octobre.
De Barcelonne le 10 Octobre.
M. de Puyabry, Consul de la Nation Françoise
à Barcelone, ayant appris le 19 Septembre à 3
heures du matin, la naissance de Monseigneur le
Duc de Bourgogne, il se rendit à la pointe du jour
chez M. le Marquis de Lamina pour lui communi-
quer cette agréable nouvelle: ee Commandant
en témoigna une joye iufinie, & en sit part à tous
les Officiers de la Garnison. Ce Consul apprit en-
suite à tous les Négocians & aux autres François
résidens à Barcelonne cet évenement. Ils se ren-
dirent tous chez lui avec empressement pour le
complimenter à cette occasion, & cette heureuse
naissance fut célebrée avec toute sorte d'allégresse.
M. de Puyabry, Consul de la Nation Françoise
à Barcelone, ayant appris le 19 Septembre à 3
heures du matin, la naissance de Monseigneur le
Duc de Bourgogne, il se rendit à la pointe du jour
chez M. le Marquis de Lamina pour lui communi-
quer cette agréable nouvelle: ee Commandant
en témoigna une joye iufinie, & en sit part à tous
les Officiers de la Garnison. Ce Consul apprit en-
suite à tous les Négocians & aux autres François
résidens à Barcelonne cet évenement. Ils se ren-
dirent tous chez lui avec empressement pour le
complimenter à cette occasion, & cette heureuse
naissance fut célebrée avec toute sorte d'allégresse.
Fermer
Résumé : De Barcelonne le 10 Octobre.
Le 10 octobre, M. de Puyabry, Consul de France à Barcelone, a annoncé la naissance du Duc de Bourgogne le 19 septembre. La nouvelle a été partagée avec M. le Marquis de Lamina et les officiers, puis avec les négociants français. Tous ont exprimé leur joie et célébré l'événement.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
71
p. 240
De Lisbonne le 26 Octobre.
Début :
La Nation Françoise a fait chanter une grande Messe & un Te Deum en musique dans l'Eglise de [...]
Mots clefs :
Lisbonne, Naissance du duc de Bourgogne, Nation française
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Lisbonne le 26 Octobre.
De Lisbonne le 26 Octobre.
La Nation Françoise a fait chanter une grande
Messe & un Te Deum en musique dans l'Eglise de
Saint Louis, & tous les François établis ici ont
fait illuminer leurs maisons à l'occasion de la nais-
saoce de Monseigneur le Duc de Bourgogne. M.
du Verney Consul de France, donna le même jout
à diner à Messicurs les Sécrétaires d'Etat, aux Mi-
nistres éttangers, & à plusieurs des principaux Sei-
gneure de cette Cour; il fit illuminet sa maison, &
il donna un bal qui ne finit qu'avec la nuit; il fut
précédé de rafraschissemens, & interrompu par
un souper pour 80 personnes.
La Nation Françoise a fait chanter une grande
Messe & un Te Deum en musique dans l'Eglise de
Saint Louis, & tous les François établis ici ont
fait illuminer leurs maisons à l'occasion de la nais-
saoce de Monseigneur le Duc de Bourgogne. M.
du Verney Consul de France, donna le même jout
à diner à Messicurs les Sécrétaires d'Etat, aux Mi-
nistres éttangers, & à plusieurs des principaux Sei-
gneure de cette Cour; il fit illuminet sa maison, &
il donna un bal qui ne finit qu'avec la nuit; il fut
précédé de rafraschissemens, & interrompu par
un souper pour 80 personnes.
Fermer
Résumé : De Lisbonne le 26 Octobre.
Le 26 octobre à Lisbonne, la Nation Française a célébré la naissance du Duc de Bourgogne par une messe et un Te Deum à l'église de Saint Louis. Les Français résidant à Lisbonne ont illuminé leurs maisons. Monsieur du Verney, Consul de France, a organisé un dîner avec des dignitaires et un bal suivi de rafraîchissements et d'un souper pour 80 personnes.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
72
p. 240-241
De Malaga le 9 Novembre.
Début :
M. de Mortemard, Consul de France à Malaga, a donné deux fêtes pour célebrer la naissance [...]
Mots clefs :
Málaga, Naissance du duc de Bourgogne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Malaga le 9 Novembre.
De Malaga le 9 Novembre.
M. de Mortemard, Consul de France à Malaga,
a donné deux fêtes pour célebrer la naissance
de
M. de Mortemard, Consul de France à Malaga,
a donné deux fêtes pour célebrer la naissance
de
Fermer
73
p. 241
De Civitta Vechia le 15. Novembre.
Début :
M. Vedau, Consul de France, a donné ici des démonstrations publiques de sa joie à l'occasion [...]
Mots clefs :
Civitavecchia, Naissance du duc de Bourgogne, M. Vedau
74
p. 242
De Nice le 24. Novembre.
Début :
M. Julien, Consul de France à Nice, exécuta le 22. de ce mois, la Fête qu'il s'étoit proposé [...]
Mots clefs :
Nice, Naissance du duc de Bourgogne, M. Julien, Consuls
75
p. 243
De Cagliary le 29. Novembre.
Début :
M. le Grand[,] Consul de France, a commencé les Fêtes qu'il a données ici à l'occasion de [...]
Mots clefs :
Cagliari, Naissance du duc de Bourgogne, M. Le Grand, Fêtes, Ville, Consul de France
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Cagliary le 29. Novembre.
De Cagliary le 29. Novembre.
M. le Grand[,] Consul de France, a commencé
les Fêtes qu'il a données ici à l'occasion de
la Naissance de Monseigneur le Duc de Bour-
gogne par les Quarante-heures & les Indulgen-
ces qu'il avoit obtenues de M. l'Archevêque de
cette Ville: l'Eglise de Saint Louis tut choisie
pour cela, le grand-Autel, illuminé en pira-
mide, étoit surmonté par la Statue de Saint
Louis sous un dais, orné des armoiries du Roi
de Monseigneur le Dauphin, & de Monseigneur
le Duc de Bourgogne. Ces Fêtes furent annon-
cées le matin au lever du Soleil par une salve d'ar-
tillerie en arborant le pavillon au haut de la façade
del'Eigise. LaGrande-Messe & le Te Deum à grand
Chœur furent chantés par tout ce qu'il y a de
meilleurs Musiciens dans le Royaume, & il y
eut un discours prononcé par le R. P. Simon
Jesuite. La clôture des Quarante--Heures se fit
le troisiéme jour au soir par la Procession du
Saint Sacrement, M. le Consul y assista accom-
pagné des Consuls Etrangers & de tous les
François qui habitent cette Ville. Le premier
jour de ces Fêtes, M. le Consul donna à diner
acinquante personnes des plus distinguées de cette
Ville, il fit tirer le soir un fort beau feu d'arti-
fice, & pendant les trois jours, sa Maison fut il-
luminée par des flambeaux de cire- vierge, pélant
quatre livres chacun.
M. le Grand[,] Consul de France, a commencé
les Fêtes qu'il a données ici à l'occasion de
la Naissance de Monseigneur le Duc de Bour-
gogne par les Quarante-heures & les Indulgen-
ces qu'il avoit obtenues de M. l'Archevêque de
cette Ville: l'Eglise de Saint Louis tut choisie
pour cela, le grand-Autel, illuminé en pira-
mide, étoit surmonté par la Statue de Saint
Louis sous un dais, orné des armoiries du Roi
de Monseigneur le Dauphin, & de Monseigneur
le Duc de Bourgogne. Ces Fêtes furent annon-
cées le matin au lever du Soleil par une salve d'ar-
tillerie en arborant le pavillon au haut de la façade
del'Eigise. LaGrande-Messe & le Te Deum à grand
Chœur furent chantés par tout ce qu'il y a de
meilleurs Musiciens dans le Royaume, & il y
eut un discours prononcé par le R. P. Simon
Jesuite. La clôture des Quarante--Heures se fit
le troisiéme jour au soir par la Procession du
Saint Sacrement, M. le Consul y assista accom-
pagné des Consuls Etrangers & de tous les
François qui habitent cette Ville. Le premier
jour de ces Fêtes, M. le Consul donna à diner
acinquante personnes des plus distinguées de cette
Ville, il fit tirer le soir un fort beau feu d'arti-
fice, & pendant les trois jours, sa Maison fut il-
luminée par des flambeaux de cire- vierge, pélant
quatre livres chacun.
Fermer
Résumé : De Cagliary le 29. Novembre.
Le 29 novembre à Cagliari, le Grand Consul de France a organisé des festivités pour célébrer la naissance du Duc de Bourgogne. Ces célébrations comprenaient des Quarante-heures et des indulgences accordées par l'Archevêque de la ville. L'église de Saint-Louis a été choisie pour l'événement, avec un grand-autel illuminé en pyramide et surmonté d'une statue de Saint-Louis sous un dais orné des armoiries du Roi, du Dauphin et du Duc de Bourgogne. Les festivités ont débuté par une salve d'artillerie et l'arboration du pavillon sur la façade de l'église. La Grande-Messe et le Te Deum ont été chantés par les meilleurs musiciens du royaume, et un discours a été prononcé par le Père Simon, jésuite. La clôture des Quarante-heures a eu lieu le troisième jour par une procession du Saint-Sacrement, à laquelle le Consul a assisté avec les consuls étrangers et les Français résidant dans la ville. Le premier jour, le Consul a invité cinquante personnes distinguées à dîner et a organisé un feu d'artifice. Sa maison a été illuminée par des flambeaux de cire vierge pendant les trois jours.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
76
p. 244
De Senigaglia le 2. Décembre.
Début :
Mr le Comte de Beliandi Consul de France a fait chanter ici une Grande Messe & un Te [...]
Mots clefs :
Senigallia, Naissance du duc de Bourgogne, Comte de Beliandi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Senigaglia le 2. Décembre.
De Senigaglia le 2. Décembre.
Mr le Comte de Beliandi Consul de France
a fait chanter ici une Grande Messe & un Te
Deum, en actions de graces de l'heureuse nais-
sance de Monseigneur le Duc de Bourgogne. Il
avoit fait choixdes meilleurs Musiciens de la
Chapelle de Loretto: il y eut pendant la cérémo-
nie une double décharge des mortiets.
Mr le Comte de Beliandi Consul de France
a fait chanter ici une Grande Messe & un Te
Deum, en actions de graces de l'heureuse nais-
sance de Monseigneur le Duc de Bourgogne. Il
avoit fait choixdes meilleurs Musiciens de la
Chapelle de Loretto: il y eut pendant la cérémo-
nie une double décharge des mortiets.
Fermer
77
p. 244
D'Alicant le 8. Décembre.
Début :
La Nation françoise, établie dans cette Ville, a commencé le 14. du mois passé ses Fêtes [...]
Mots clefs :
Alicante, Naissance du duc de Bourgogne, Nation française, Valence
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : D'Alicant le 8. Décembre.
D'Alicant le 8. Décembre.
La Nation françoise, établie dans cette Ville,
a commencé le 14. du mois passé ses Fêtes
pour la Naissance de Monseigneur le Duc de
Bourgogne. Elles ont duré pendant trois jours
qui se sont passés avec toute la décence possible,
il n'y a aucun Ftançois qui n'ait donné de res-
pectueux témoignages de sa joie, de son zéle
& de ses vooux pour la prospérité du Roi & de
la Famille Royale.
La Nation Francoise, établie à Valence
pareillement fait sa fête le 29. du mois passé avec
beaucoup d'éclat.
La Nation françoise, établie dans cette Ville,
a commencé le 14. du mois passé ses Fêtes
pour la Naissance de Monseigneur le Duc de
Bourgogne. Elles ont duré pendant trois jours
qui se sont passés avec toute la décence possible,
il n'y a aucun Ftançois qui n'ait donné de res-
pectueux témoignages de sa joie, de son zéle
& de ses vooux pour la prospérité du Roi & de
la Famille Royale.
La Nation Francoise, établie à Valence
pareillement fait sa fête le 29. du mois passé avec
beaucoup d'éclat.
Fermer
Résumé : D'Alicant le 8. Décembre.
Le 8 décembre à Alicante, la Nation française a célébré la naissance du Duc de Bourgogne. Les festivités ont commencé le 14 novembre et duré trois jours. La communauté française a exprimé sa joie et ses vœux pour la prospérité du Roi et de la Famille Royale. À Valence, une fête a eu lieu le 29 novembre.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
78
p. 244-245
De Carthagene le 15. Décembre.
Début :
Les Fêtes de la Nation à l'occasion de la Naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne, [...]
Mots clefs :
Carthagène, Naissance du duc de Bourgogne, Nation, Église, Ville, Pays, Événement
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Carthagene le 15. Décembre.
De Carthagene le 15. Décembre.
Les Fêtes de la Nation à l'occasion de la Naissance
de Monseigneur le Duc de Bourgogne,
commencerent le 16. Novembre au soir dans
l'Eglise des Réligieux de Saint François de cet-
te Ville, par un Te Deum chanté par les meil-
leurs Musiciens du Pays, & une infinité de feux
zed by Goog
JANVIER.
1752. 24
de poudre volans; après quoi la Natiou, le Gou-
verneur & tous les Gens en place & Principaux
de la Ville s'étant rendus chez M. Marconiet
Consul de la Nation Françoise, on leur servit
avec abondance des rafraîchissemens.
Le lendemain on célébra dans la même Eglise
un Service divin accompagné de la même musi-
que, & il y fut ptononcé par un très habile
Prédicateur du Pays nn Sermon sur l'heureux
événement de la Naissance de Monseigneur le
Duc de Bourgogne.
Le 28. la Nation fit tirer un beau feu d'ar-
tifiec.
Les Députés & Négocians François établis
à Murcie, ont donné des marques de leur joie
dans un évenement aussi interellant, par des
sêtes semblables à celles qui ont été données à
Carthagene.
Les Fêtes de la Nation à l'occasion de la Naissance
de Monseigneur le Duc de Bourgogne,
commencerent le 16. Novembre au soir dans
l'Eglise des Réligieux de Saint François de cet-
te Ville, par un Te Deum chanté par les meil-
leurs Musiciens du Pays, & une infinité de feux
zed by Goog
JANVIER.
1752. 24
de poudre volans; après quoi la Natiou, le Gou-
verneur & tous les Gens en place & Principaux
de la Ville s'étant rendus chez M. Marconiet
Consul de la Nation Françoise, on leur servit
avec abondance des rafraîchissemens.
Le lendemain on célébra dans la même Eglise
un Service divin accompagné de la même musi-
que, & il y fut ptononcé par un très habile
Prédicateur du Pays nn Sermon sur l'heureux
événement de la Naissance de Monseigneur le
Duc de Bourgogne.
Le 28. la Nation fit tirer un beau feu d'ar-
tifiec.
Les Députés & Négocians François établis
à Murcie, ont donné des marques de leur joie
dans un évenement aussi interellant, par des
sêtes semblables à celles qui ont été données à
Carthagene.
Fermer
Résumé : De Carthagene le 15. Décembre.
Les festivités en l'honneur de la naissance du Duc de Bourgogne commencèrent le 16 novembre à Carthagène avec un Te Deum interprété par les meilleurs musiciens du pays, suivi de feux d'artifice. Le gouverneur, les notables et les principaux habitants se rassemblèrent ensuite chez M. Marconiet, consul de la nation française, où ils furent accueillis avec de nombreux rafraîchissements. Le jour suivant, un service religieux avec musique et un sermon sur l'heureux événement eut lieu dans la même église. Le 28 novembre, la nation organisa un grand feu d'artifice. Les députés et négociants français établis à Murcie célébrèrent également cet événement de manière similaire.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
79
p. 245
[D]'Ancône le 16 Décembre.
Début :
M. le Marquis de Benincasa, Consul de France a fait chanter ici le 13 un Te Deum en action de [...]
Mots clefs :
Ancône, Naissance du duc de Bourgogne, Marquis de Benincasa, Consul de France
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : [D]'Ancône le 16 Décembre.
[D]'Ancône le 16 Décembre.
M. le Marquis de Benincasa, Consul de France
a fait chanter ici le 13 un Te Deum en action de
graces de l'heureuse Naissance de Monseigneur le
Duc do Bourgogne: M. l'Evêque, le Chapitre,
le Gouverneur, les Magistrats & la Noblesse
y ont issisté en Corps: pendant cette cérémonie
les Bâtimeis qui se sont trouves dans ce Port
n'ont pas cessé de tirer.
M. le Consul sit distribuer ce même jour, à
sa porte, du pain & de l'argent à environ deun
mille Pauvres. Ensuite lI sit exécuter une Cantate
& le soir la Maiion fut illuminée,
M. le Marquis de Benincasa, Consul de France
a fait chanter ici le 13 un Te Deum en action de
graces de l'heureuse Naissance de Monseigneur le
Duc do Bourgogne: M. l'Evêque, le Chapitre,
le Gouverneur, les Magistrats & la Noblesse
y ont issisté en Corps: pendant cette cérémonie
les Bâtimeis qui se sont trouves dans ce Port
n'ont pas cessé de tirer.
M. le Consul sit distribuer ce même jour, à
sa porte, du pain & de l'argent à environ deun
mille Pauvres. Ensuite lI sit exécuter une Cantate
& le soir la Maiion fut illuminée,
Fermer
Résumé : [D]'Ancône le 16 Décembre.
Le 13 décembre à Ancône, le Marquis de Benincasa, Consul de France, a célébré la naissance du Duc de Bourgogne avec un Te Deum. L'évêque, le chapitre, le gouverneur, les magistrats et la noblesse étaient présents. Des salves ont été tirées depuis les bateaux du port. Le consul a distribué du pain et de l'argent à mille pauvres et sa maison a été illuminée. Une cantate a également été exécutée.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
80
p. 120-124
« AUGUSTIS parentibus Delphino & Delphinae gratulatio, habita in Regio Ludovici [...] »
Début :
AUGUSTIS parentibus Delphino & Delphinae gratulatio, habita in Regio Ludovici [...]
Mots clefs :
Nomen, Bonheur, Naissance du duc de Bourgogne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « AUGUSTIS parentibus Delphino & Delphinae gratulatio, habita in Regio Ludovici [...] »
AUGUSTIS parentibus Delphino & Delphinae
gratulatio, habita in Regio Ludovici
Magni Collegio Societatis Jesu. Die Mer-
curii vigesima quarta mensis Novembris
1751. A Joanne Baptista Geofftoi, ejus-
dem Societatis Sacerdote, Parisiis, ex Typo-
graphia Thiboust 1751.
L'Auteur de ce beau Discours repré-
sente la naissance de Monseigneut le Duc
de Bourgogne, comme un avantage qui
manquoit seul au bonheur de la Famille
Royale, qui suffit seul au bonheur de la
Nation. Ce plan qui a paru heureux est
exécuté hardiment, fortement & agréa-
blement. L'ouvrage entier est semé de
pensées saillantes, de sentimens tendres,
de contrastes ingénieux, d'images alter-
nativement vives & gracieuses. Le mor-
ceau qu'on va lire suffira pour faire juget
du style du Pere Geoffroy.
Quod si haeredem sibi non deesse tanti Du-
cum hi etiam quibus vix quidquam haeredi-
tatis est, quanti erat illo ut non careret au-
gustissima toto terrarum orbe familia, quae
quidquid commendationis affert antiquitas
quidqnid admirationis habet celebritas, quae-
gumque jura dominatus amplitudo colligit
quoscumque
e
121
FEVRIER. 1752.
quoscumque titulos meritorum copia complec-
tiiur; illud omne ab elapsis aetatibus intactum
recipit, ad auctum transmisit sequentibus, &
majorem laudibus inchoatum nepotum virin-
tibus cumulavit.
Antiquitatem dico splendoris: cedo enim
familiam hac ipsâ pluribus aetatibus nobili-
tatam; quae duodecim jam inde à saeculis
exorsa, esse vixe incepit priùs quam regnaret,
regnare non destitii ex quo incepit esse; quae
enixa semper, numquam exhausta, penè tot
Heroum mater fuii quot Principum; & post
quam parenies habuisset quos à nepotibus
adaequandos esse non crederet, nepotes
peperit quo: ipsis parentibus invidendos esse
fateretur. Visae suni stirpes aliae Regales titu-
bare cum soliis quibus inhaerebant; haec stetit,
Adultaratae propagino deceneri livorem
duxere & squallorem; haec floruit: debilitata
ramorum multitudine & inimitiae emarcuere
aliquando & defecere; haec pullulavit; vi-
duatae foeiu adoptivos surculos recepers; hac
dedii. Ai, puto, in hanc, ut in alias, non
saeviit vis tempestatum? Imo atrocius: incli-
natae sunt, haec firmata. Ad hanc, veluti
ad reliquas, ferrum atque ignem non admo-
vit inimicus furor? Imò propius: resectae sunt.
& ambustae: intacta haec & inoffensa. Con-
tra illam, sicuti contrà caeteras non structa
sunt arcanae molitiones? Imo insidiosius; ceci-
jitized by Goo
122 MERCUREDEFRANCE.
dere, permansit. Permansit autem non alimà
ope, sed vi propria; non inflectendo seip-
sam, & coden lo ventis, sed illorum fran-
gendo impetus; non daenno aliquot partium
sed cum singulorum incremento: ut cion
duanarent procellosi spiritus, cim vitulae-
reut tempestatum ignes, cim orbis crjuratus
in banc emnis rueret, staeret hac una in orbo
cmni, vigeret, germinaret, raelice permoa-
net terram, floreret vertice & deuunaretur.
Celebritatem dico gloria: cedo ullum lau-
dis genus quod illi defuerit quaqua padet
erbis, uunen ejus fama subvenit praeconiis
victoria insiguivit triumphis, sebacta urvi-
dia coluit obsequiis, barbaries emollita sovit
studiis, glovia horum neminibus adjanxit
Religio sanctorum fastis inscripsit; ut gens
oadem terris at coe'o denma, decorum excel-
suate superaverit id quod bumanen est, fa-
ciuorum wagnitudine adaquaverit id quod
heroicum est, imperii majestate colligerit id
quod Regium est, id etiam quod devinum est
virtutum unmensitate attigerit.
Dominatiis dico amplitudinem: codo gen-
tem ullan oui alia pluris obsecutae sunt?
Reges ab illâ procreaios sibi gratulata est
Hispania; ub illam orimdos Italia & Sicilia
venereuiur; ab illa Casares uccepit Germa-
nia, Regio plurima Principes, Europa ommt
Arbitros, Galliam foriunat legibus, Ams-
eO
* * .**
FEVRIER. 1752. 123
vicam permeavit navibus, Asiam iremefecit
urmis, orbem utrumque junxit commerciis;
Reges dedit ubi non regnavit; reverentiam
dbtinuit ubi uon exercuit imperium; subditos
fermè habet ubicumque homines natura; ut
quod Romanâ gente dictum est dici de illa
debeat, nil nisi Borbonium quod tueatur,
habere, & quocumque spectet, seipsam sibi
esse ad spectaculum.
Titulorum dico multitudinem: facessant ver)
illa ostentationis plena & invidiae nomina,
quae suis aliquot heroibus ad parennem ve-
rum ab ipsis gestarum commendationem im-
ponehat Roma, ut quae haredum pravitate
descivisseni in Republicâ familiae, majorum
revocatâ famâ se quodam modo repararent,
essetque avorum gloriosa recordatio appella-
rus ab illorum cognomento nepos etiam ab illo-
vum virtute degeneret... qui mos si apud nos
vigeret, opinor, cognomentis ejusmodi careret
Borkonia gens? cui suam appellationem pa-
tata vel domita Germania, suam subacta
toties Ratavia, suam vicla non semel An-
glia, suam Eurcpa sapius composita; suam
plaga omnis vel lustrata victoriis, vel bene-
ficiis devincta imponeret? Harum vero ap-
pellationum in locum, nomen posuit sanctitas
verendum coelo, nomen justitia borrendum
Frandibus, nomen magnanimitas timendun
bostibus, nomen amor ipse adorundum popu-
OO
124 MERCUREDEFRANCE.
lis; ut omnis virtus suum toties appellatun
audiat, quoties Borbonium appellatur.
gratulatio, habita in Regio Ludovici
Magni Collegio Societatis Jesu. Die Mer-
curii vigesima quarta mensis Novembris
1751. A Joanne Baptista Geofftoi, ejus-
dem Societatis Sacerdote, Parisiis, ex Typo-
graphia Thiboust 1751.
L'Auteur de ce beau Discours repré-
sente la naissance de Monseigneut le Duc
de Bourgogne, comme un avantage qui
manquoit seul au bonheur de la Famille
Royale, qui suffit seul au bonheur de la
Nation. Ce plan qui a paru heureux est
exécuté hardiment, fortement & agréa-
blement. L'ouvrage entier est semé de
pensées saillantes, de sentimens tendres,
de contrastes ingénieux, d'images alter-
nativement vives & gracieuses. Le mor-
ceau qu'on va lire suffira pour faire juget
du style du Pere Geoffroy.
Quod si haeredem sibi non deesse tanti Du-
cum hi etiam quibus vix quidquam haeredi-
tatis est, quanti erat illo ut non careret au-
gustissima toto terrarum orbe familia, quae
quidquid commendationis affert antiquitas
quidqnid admirationis habet celebritas, quae-
gumque jura dominatus amplitudo colligit
quoscumque
e
121
FEVRIER. 1752.
quoscumque titulos meritorum copia complec-
tiiur; illud omne ab elapsis aetatibus intactum
recipit, ad auctum transmisit sequentibus, &
majorem laudibus inchoatum nepotum virin-
tibus cumulavit.
Antiquitatem dico splendoris: cedo enim
familiam hac ipsâ pluribus aetatibus nobili-
tatam; quae duodecim jam inde à saeculis
exorsa, esse vixe incepit priùs quam regnaret,
regnare non destitii ex quo incepit esse; quae
enixa semper, numquam exhausta, penè tot
Heroum mater fuii quot Principum; & post
quam parenies habuisset quos à nepotibus
adaequandos esse non crederet, nepotes
peperit quo: ipsis parentibus invidendos esse
fateretur. Visae suni stirpes aliae Regales titu-
bare cum soliis quibus inhaerebant; haec stetit,
Adultaratae propagino deceneri livorem
duxere & squallorem; haec floruit: debilitata
ramorum multitudine & inimitiae emarcuere
aliquando & defecere; haec pullulavit; vi-
duatae foeiu adoptivos surculos recepers; hac
dedii. Ai, puto, in hanc, ut in alias, non
saeviit vis tempestatum? Imo atrocius: incli-
natae sunt, haec firmata. Ad hanc, veluti
ad reliquas, ferrum atque ignem non admo-
vit inimicus furor? Imò propius: resectae sunt.
& ambustae: intacta haec & inoffensa. Con-
tra illam, sicuti contrà caeteras non structa
sunt arcanae molitiones? Imo insidiosius; ceci-
jitized by Goo
122 MERCUREDEFRANCE.
dere, permansit. Permansit autem non alimà
ope, sed vi propria; non inflectendo seip-
sam, & coden lo ventis, sed illorum fran-
gendo impetus; non daenno aliquot partium
sed cum singulorum incremento: ut cion
duanarent procellosi spiritus, cim vitulae-
reut tempestatum ignes, cim orbis crjuratus
in banc emnis rueret, staeret hac una in orbo
cmni, vigeret, germinaret, raelice permoa-
net terram, floreret vertice & deuunaretur.
Celebritatem dico gloria: cedo ullum lau-
dis genus quod illi defuerit quaqua padet
erbis, uunen ejus fama subvenit praeconiis
victoria insiguivit triumphis, sebacta urvi-
dia coluit obsequiis, barbaries emollita sovit
studiis, glovia horum neminibus adjanxit
Religio sanctorum fastis inscripsit; ut gens
oadem terris at coe'o denma, decorum excel-
suate superaverit id quod bumanen est, fa-
ciuorum wagnitudine adaquaverit id quod
heroicum est, imperii majestate colligerit id
quod Regium est, id etiam quod devinum est
virtutum unmensitate attigerit.
Dominatiis dico amplitudinem: codo gen-
tem ullan oui alia pluris obsecutae sunt?
Reges ab illâ procreaios sibi gratulata est
Hispania; ub illam orimdos Italia & Sicilia
venereuiur; ab illa Casares uccepit Germa-
nia, Regio plurima Principes, Europa ommt
Arbitros, Galliam foriunat legibus, Ams-
eO
* * .**
FEVRIER. 1752. 123
vicam permeavit navibus, Asiam iremefecit
urmis, orbem utrumque junxit commerciis;
Reges dedit ubi non regnavit; reverentiam
dbtinuit ubi uon exercuit imperium; subditos
fermè habet ubicumque homines natura; ut
quod Romanâ gente dictum est dici de illa
debeat, nil nisi Borbonium quod tueatur,
habere, & quocumque spectet, seipsam sibi
esse ad spectaculum.
Titulorum dico multitudinem: facessant ver)
illa ostentationis plena & invidiae nomina,
quae suis aliquot heroibus ad parennem ve-
rum ab ipsis gestarum commendationem im-
ponehat Roma, ut quae haredum pravitate
descivisseni in Republicâ familiae, majorum
revocatâ famâ se quodam modo repararent,
essetque avorum gloriosa recordatio appella-
rus ab illorum cognomento nepos etiam ab illo-
vum virtute degeneret... qui mos si apud nos
vigeret, opinor, cognomentis ejusmodi careret
Borkonia gens? cui suam appellationem pa-
tata vel domita Germania, suam subacta
toties Ratavia, suam vicla non semel An-
glia, suam Eurcpa sapius composita; suam
plaga omnis vel lustrata victoriis, vel bene-
ficiis devincta imponeret? Harum vero ap-
pellationum in locum, nomen posuit sanctitas
verendum coelo, nomen justitia borrendum
Frandibus, nomen magnanimitas timendun
bostibus, nomen amor ipse adorundum popu-
OO
124 MERCUREDEFRANCE.
lis; ut omnis virtus suum toties appellatun
audiat, quoties Borbonium appellatur.
Fermer
Résumé : « AUGUSTIS parentibus Delphino & Delphinae gratulatio, habita in Regio Ludovici [...] »
Le 24 novembre 1751, le Père Jean-Baptiste Geoffroy prononce un discours de félicitations au Collège de Louis-le-Grand de la Société de Jésus à Paris pour célébrer la naissance du Duc de Bourgogne. Cet événement est présenté comme un complément au bonheur de la famille royale et de la nation. Le discours est salué pour son élégance stylistique, ses pensées profondes, ses sentiments tendres et ses images vivantes et gracieuses. Le texte met en lumière la famille royale, soulignant son antique noblesse et sa continuité dynastique. Malgré les tempêtes et les adversités, cette famille a toujours prospéré, restant intacte et florissante. Sa gloire est illustrée par ses victoires, ses triomphes et son influence religieuse. L'autorité de la famille royale est décrite comme immense, avec des rois et des nations reconnaissant sa suprématie. Les titres et les vertus de cette famille sont respectés et admirés à travers le monde.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
81
p. 155-156
« CELEBRATIONS des mariages de la Ville, de l'Eglise Collégiale & Paroissiale [...] »
Début :
CELEBRATIONS des mariages de la Ville, de l'Eglise Collégiale & Paroissiale [...]
Mots clefs :
Ville, Église, Paris, Naissance du duc de Bourgogne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « CELEBRATIONS des mariages de la Ville, de l'Eglise Collégiale & Paroissiale [...] »
CELEBRATIONS des mariages de
la Ville, de l'Eglise Collégiale & Paroissiale
de Saint Merry à Paris, faites le Mar-
dy 9 Novembre 1751. à l'occasion de la
naissance de Monseigueur le Duc de Bour
gogne; exhortation à ce sujet; par M.
Artaud Docteur de Sorbonne, Chefcier-
Curé dela dite Eglise. A Paris chez Heris-
sant, rue neuve Notre-Dame.
Si M. Artaud ne jouissoit pas depnis,
long-tems de la réputation de bien parler,
il l'auroit acquise par deux exhortations
que nous annonçons; elles sont pleines,
d'onction & de véhémence. L'Auteur y a
fait ingénieusement entrer tout ce que les
circonstances réunies de la naissance de
Fvj
156 MERCUREDEFRANCE.
Monseigneur le Duc de Bourgogne & de
la magnificence de la Ville luifournissoient.
la Ville, de l'Eglise Collégiale & Paroissiale
de Saint Merry à Paris, faites le Mar-
dy 9 Novembre 1751. à l'occasion de la
naissance de Monseigueur le Duc de Bour
gogne; exhortation à ce sujet; par M.
Artaud Docteur de Sorbonne, Chefcier-
Curé dela dite Eglise. A Paris chez Heris-
sant, rue neuve Notre-Dame.
Si M. Artaud ne jouissoit pas depnis,
long-tems de la réputation de bien parler,
il l'auroit acquise par deux exhortations
que nous annonçons; elles sont pleines,
d'onction & de véhémence. L'Auteur y a
fait ingénieusement entrer tout ce que les
circonstances réunies de la naissance de
Fvj
156 MERCUREDEFRANCE.
Monseigneur le Duc de Bourgogne & de
la magnificence de la Ville luifournissoient.
Fermer
Résumé : « CELEBRATIONS des mariages de la Ville, de l'Eglise Collégiale & Paroissiale [...] »
Le 9 novembre 1751, la Ville et l'Église Collégiale et Paroissiale de Saint Merry à Paris célèbrent la naissance du Duc de Bourgogne. M. Artaud, Docteur de Sorbonne et chef-curé, prononce une exhortation reconnue pour son éloquence et sa véhémence. Le livre est publié à Paris chez Hérissant.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
82
p. 134-136
« RECUEIL de Poësies sur la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne, [...] »
Début :
RECUEIL de Poësies sur la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne, [...]
Mots clefs :
Naissance du duc de Bourgogne, Compagnie de Jésus, Avignon, Épître, Recueil, Naissance, Collège, Chansons, Intermède, Jésuites
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « RECUEIL de Poësies sur la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne, [...] »
RECUEIL de Poësies sur la naissance
de Monseigneur le Duc de Bourgogne,
par les Peres de la Compagnie de Jesus du
College d'Avignon. A Avignon, chez
Jacques Garrignan, 1751.
Uigsired v.20O
MARS. 1752.
137
Les Jesuites sont en possession de célé-
brer tous les événemens qui intéressent le
bonheur ou la gloire de la Nation, avec
une vivacité & un éclat qui sont des preu-
ves certaines de leur zéle & de leur ma-
gnificence. Nous avons rendu compte des
Fêtes tout à fait brillantes & bien enten-
dues qu'ils ont données à Paris & à Mar-
feille. Celles du College d'Avignon ont
été plus simples, & ne sont pas moins
touchantes: elles ont produit un volume
de vers où les sentimens que doit inspirer
la Naissance de Monseigneur le Duc. de
Bourgogne à des cœurs bien faits, sont
exprimés avec goût & avec elprit. L'im-
possibilité où nous nous trouvons de rien
transcrire du recueil que nous annon-
çons, ne doit pas nous empêcher de nom-
mer les Auteurs qui ne se sont pas nommés
dans l'Imprimé. L'Epitre dédicatoireà M. le
Vice-legat, le Conseil des Dieux, & une
Elégie latine sont duPere Feraud: laPasto-
rale & le Compliment à Monseigneur le
Duc de Bourgogne, du Pere Bernard : les
Chansons du premier intermede de la Pas-
torale, les Stances à la Reine, & un
Rondeau qui est à la fin, du Pere Borelly:
les Chansons du second intermede, du
Pere Joubert: la Cantate du troisième in-
termede, l'Ode à Monseigneur le Dau-
136 MERCUREDEFRANCE.
phin, une autre Ode Françoise, les
triomphes de la Religion, & l'Epître à
Monseigneur le Dauphin, du Pere Besson.
l'Epître au Roi, l'Ode à Madame la Dau-
phine, & une autre Ode Françoise, du
Pere Ronbaud: une Ode & une Eglogue
latine, du Pere Veillet.
de Monseigneur le Duc de Bourgogne,
par les Peres de la Compagnie de Jesus du
College d'Avignon. A Avignon, chez
Jacques Garrignan, 1751.
Uigsired v.20O
MARS. 1752.
137
Les Jesuites sont en possession de célé-
brer tous les événemens qui intéressent le
bonheur ou la gloire de la Nation, avec
une vivacité & un éclat qui sont des preu-
ves certaines de leur zéle & de leur ma-
gnificence. Nous avons rendu compte des
Fêtes tout à fait brillantes & bien enten-
dues qu'ils ont données à Paris & à Mar-
feille. Celles du College d'Avignon ont
été plus simples, & ne sont pas moins
touchantes: elles ont produit un volume
de vers où les sentimens que doit inspirer
la Naissance de Monseigneur le Duc. de
Bourgogne à des cœurs bien faits, sont
exprimés avec goût & avec elprit. L'im-
possibilité où nous nous trouvons de rien
transcrire du recueil que nous annon-
çons, ne doit pas nous empêcher de nom-
mer les Auteurs qui ne se sont pas nommés
dans l'Imprimé. L'Epitre dédicatoireà M. le
Vice-legat, le Conseil des Dieux, & une
Elégie latine sont duPere Feraud: laPasto-
rale & le Compliment à Monseigneur le
Duc de Bourgogne, du Pere Bernard : les
Chansons du premier intermede de la Pas-
torale, les Stances à la Reine, & un
Rondeau qui est à la fin, du Pere Borelly:
les Chansons du second intermede, du
Pere Joubert: la Cantate du troisième in-
termede, l'Ode à Monseigneur le Dau-
136 MERCUREDEFRANCE.
phin, une autre Ode Françoise, les
triomphes de la Religion, & l'Epître à
Monseigneur le Dauphin, du Pere Besson.
l'Epître au Roi, l'Ode à Madame la Dau-
phine, & une autre Ode Françoise, du
Pere Ronbaud: une Ode & une Eglogue
latine, du Pere Veillet.
Fermer
Résumé : « RECUEIL de Poësies sur la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne, [...] »
En 1751, les Jésuites du Collège d'Avignon ont publié un recueil de poésies pour célébrer la naissance du Duc de Bourgogne. Connu pour leur zèle et leur magnificence dans la célébration des événements nationaux, les Jésuites ont organisé des fêtes touchantes, bien que plus modestes que celles de Paris et Marseille. Ce recueil, intitulé 'Poésies sur la Naissance du Duc de Bourgogne', comprend diverses œuvres poétiques. Le Père Feraud a écrit l'épître dédicatoire, 'Le Conseil des Dieux' et une élégie latine. Le Père Bernard a composé la pastorale et le compliment au Duc de Bourgogne. Le Père Borelly a créé les chansons du premier intermède de la pastorale, les stances à la Reine et un rondeau. Le Père Joubert a écrit les chansons du second intermède. Le Père Besson a composé la cantate du troisième intermède, deux odes, 'Les Triomphes de la Religion' et une épître au Dauphin. Le Père Ronbaud a rédigé l'épître au Roi, deux odes et une églogue latine. Enfin, le Père Veillet a écrit une ode et une églogue latine.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
83
p. 207-215
DESCRIPTION Des Fêtes données à Versailles par ordre du Roi le 19 & le 30 Décembre 1751. à l'occasion de la Naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne.
Début :
La Naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne ayant comblé les voeux de la France, [...]
Mots clefs :
Fêtes, Versailles, Corps, Feu, Architecture, Arc, Fleurs, Colonnes, Lapis, Guirlandes, Naissance du duc de Bourgogne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DESCRIPTION Des Fêtes données à Versailles par ordre du Roi le 19 & le 30 Décembre 1751. à l'occasion de la Naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne.
DESCRIPTION
Des Fêtes données à Versailles par ordre du
Roi le 19 & le 30 Décembre 1751. à
l'occasion de la Naissance de Monseigneur
le Duc de Bourgogne.
La Naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne
ayant comblé les voeux de la France,
le Roi voulut qu'elle fut celebrée à Versa illes par
des Fêtes dignes d'un évenement aussi cher à la
Nation.
M. le Duc deGesvres PremierGentilhomme de la
Chambre du Roi, en exercice, donna des ordres
en consequence. Ces Fêtes furent conduites par
Monsieur de Curys, Intendant & Contrôleur Gé-
néral de l'Argenterie, Menus Plaisirs, & Affaires
de la Chambre de Sa Majesté.
On n'eut que sixsemaines, environ, pour les pré-
paratifs, & tout fut prêt au terups marqué, mah-
gré les incommodités d'une saison contraire & ri-
gourense.
Musfines beO
208 MERCURE DE FRANCE.
En face de la grande Gallerie, on avoit formé ui,
vaste plancher qui s'étendoit depuis l'allée de Sa-
turne jusqu'à celle qui conduit au Bassin du Dra-
gon: ce plancher construit sur un terrain inégal
commençoit au bout du parterre d'eau à quatre
pieds de hauteur & s'avançoit de 30 toises jusqu'au
Bassin de Latone, au dessus duquel il avoit 36
pieds d'élévation.
Là sur un plancher circulaire de 142 toises re-
gnoient trois grands corps d'Architecture dont le
principal étoit un Arc de Triomphe isolé consacté
à la Félicité.
Cet édifice étoit d'ordre Corinthien; on y
montoit par 9 dégrés de maibre blanc, la porte
triomphale avoit 40 pieds d'élévation, elle étoit
accompagnée de deux autres qui terminoient leur
forme quarrée au dessous de l'Imposte à 28 pieds.
Au devant des massiss qui les divisoient étoient
accouplées des Colonnes de lapis canelées & eu-
tourées de Guirlandes de roses.
Leurs Pied-d'estaux de marbre breche violette
encadroient des Paneaux de lapis, sur lesquels
éclatoient des Festons en or.
Les Basses & les Chapiteaux étoient de bronze
doré, la Corniche de marbre breche violette, l'lm-
poste & les Archivoltes de marbre blanc veiné
ainsi que le Corps d'Architecture.
La Frise étoit festonnée de Guirlandes de lau-
rier en or sur un fond de lapis, & à l'endroit ou
l'entablement faisoit ressaut sur chaqne Grouppe
de Colonnes elle étoit enrichie de Palmes sur mon-
tées d'une Fleur de Lis.
Deux Bas reliess en or de 14 pieds de longueur
sur 8 de hauteur, décoroient le dessus des Portes
laterales.
Dans l'un paroissoit Apollon distribuant aux Mu-
MARS.
1752.
209
ses les différents attributs des Sciences & des
Beaux Arts.
On voyoit dans l'autre, Cérés sur son Char,
répandant l'abondance, elle étoit suivie de la Con-
corde & des Graces, & dans le fond du Tableau;
on découvroit un Soleil naissant.
Un Socle de marbre verd s'affermissoit sur la
Corniche, & portoit à l'endroit des Colonnes
les Statues de la Justice, de la Prudence, de la
Modération & de la Magnanimité.
Entre ces figures s'élevoit sur cinq dégrez de mar-
bre jaune antique, un pied d'estal de forme circu-
laire orné de canelures avec des ornemens en or,
& ceint par le haut d'un tors de feuilles de Chêne
en bronze doré.
Sur ce pied-d'estal on voyoit le Globe des Ar-
mes de France, soutenu par la force & par diffé-
tens Génies, la Victoire & la Paix le présentoient
à la Félicité; cette derniere figure dominoit le
Grouppe, elle tenoit un Caducée, simbole de l'u-
nion, & selon les Egyptiens le Hyerogliphe de la
naissance des Grands Hommes. D'une Corne d'a-
bondance qui étoit à ses pieds, sortoient des fruits
mêlés de fleurs. De l'autre côté la Renommée
prenoit son vol pour aller annoncer à l'Univers la
Naissance du Prince & ses heureux destins.
Toutes les Figures étoient de bronze doré, le Glo-
be étoit de lapis, & ses Fleurs de lys d'or, de mê,
me que sa Couronne qui terminoit l'arc de triom-
phe pat amortissement à 97 pieds d'élévation.
Les deux autres corps d'architecture étoient
d'un ordre composé, ils formoient des deux côtés
de l'Arc de triomphe une continuité d'arcades en
niches ornées de Paneaux & de Coquilles, ces ni-
ches étoiant séparées par des pilastres revêtus de
Trophées en bronze doré qui se détachoient sur
Hiues vOO
LIO MERCURE DEFRANCE.
un fond verd d'émeraude incrusté dans un marbre
blanc veiné.
Au-lessus des Trophées étoient des Camayeux
en azur en forine de médaillons, réprésentans
tous les Arts qui contribuent au bonheur & tous
les Etats qui y participent.
Des Guirlandes de fleurs de toute espêce leut
fervoient de bordures & se réunissoient en festons
au dessus des Ceintres & des Pilastres.
Des avant corps terminoient les ailes, ils étoient
ornés de Statues de différentes Divinités en bronze
doré, on y remarquoit d'un côté Jupiter, Junon,
Mercure & Minerve, & de l'autre, Apollon, Dia
ne, Mars & Venus.
Les Ballustres d'or bordoient les galleries ou
plates-formes qui regnoient généralement sut les
édifices des parties laterales, ils étoient interrom-
pus sur les avant cotps seulement par des Frontons
on s'appuyoient des Faunes & des Tritons de
bronze doré, tenant des tors de feuilles de chêne
entremélés de coquillages & supportans des vases
de lapis surchargés de Girandoles.
On avoit aussi distribué des Girandoles sur tous
les couronnemens, plusieurs lustres pendoient du
sein des archivoltes, & toutes les niches étoient
garnies d'Otangers dans des vases d'or, autour
desquels jouoient des guirlandes de fleurs naturel-
les.
Trois grands escaliers de sept degrez se presen-
toienr au-devant de toute la décoration.
Le principal occupoit 20 toises de face; les deux
autres qui répondoient aux avant-corps avoient
chacun 12 toises d'ouverture, des balustres s'éten-
doient entre ces escaliers d'un aîle à l'autre & for-
moient carrément, & par des angles coupés des
retours en saillies pour accompagner les Corpo-
avancés.
MARS. 1752.
211
Ces balustrades étoient divisées par seize
Pied- d'estaux portans des girandoles sur des for-
mes d'ornemens en lapis, rehaussées d'or &
entourées de guirlandes de fleurs.
A travers les portes de l'arc triomphal
& par les espaces qui divisoient les trois grands
corps d'architecture, on découvroit dans l'é-
loignement le Temple de la Félicité sur une
vaste terrasse, audevant de laquelle étoit une
fontaine ornée de Pilastres rustiques & de
Statues.
On montoit à cette terrasse par deux grands
escaliers: des colonnades d'Ordre Dorique
conduisoient aux dégrés du Temple.
Ce Temple étoit une rotonde d'Ordre Com-
posite, dont le corps étoit de Porphire, les
Colonnes & les Frises d'émeraudes, & les Cha-
pitaux, Bazes, Architraves, & Corniches
d'or, de même que les courbes & les festons
qui enrichissoient la Coupole.
On entroit dans ce Temple par huit Porti-
ques: au milieu du Sanctuaire étoit un riche
baldaquin, dont les rideaux retroussés, lais-
soient voir sur un Pied-d'estal de marbre verd
antique, la Statue en or de la Félicité. Des
balustres entouroient l'estrade: au de vant étoit
un Autel de Sacrifice, où brûloient des par-
fums en actions de graces.
Ou appercevoit au de-là du Temple & des
colonnades, une partie des jardins de la Fé-
licité, où s'élevoient des Palmiers, des Lau-
riers, des Myrthes, des Oliviers & autres Ar-
bres chargés de fleurs & de fruits.
Le Roi ordonna que cette décoration seroit
illuminée le 17, & qu'elle serviroit le 30 ;
pour un feu d'artifice. Sa Majesté devant tenir
212 MERCURÉDE FRANCE.
ces mêmes jours grand appartement, on décora
l'intérieur du Château avec autant de soin
que les jardins.
Trois rangées de lustres étoient attachées au
platfond de la galletie par des gazes bouillon-
nées, où s'entrelaçoient des festons de rozes.
Ces gazos, & ces festons étoient disposés de
manière qu'ils laissoient voir tout l'éclat des
Peintures, & toute la richesse des lambris.
Une multitude de girandoles s'elevoient à
la hauteur des lustres de chaque côté de la gal-
lerie, sur une longue file de gueridons dorés,
& de torcheres d'argent d'une compesition ga-
lante.
Des Amours assis sur ces torcheres, entre
des palmes & des mirthes, jouoient avec des
guirlandes de fleurs en cristaux, sous des ber-
ceaux d'étoiles.
Les Sallons de la Guerre & de la Paix ter-
minoient aux deux extrémités cette brillante
perspective; les autres appartemens étoient
décorés à proportion.
Le 19, sur les six heures du soir, le Roi &
toute la Conr s'étant rendus dans la gallerie,
la décoration qui faisoit face au Château, pa-
rut tout à coup illuminée, & malgré la con-
trariété du vent, on sentit l'effet que devoient
produire les différentes espéces d'illumination,
que l'on n'avoit point encore hazardé d'em-
ployer sous un même point de vue.
Leurs Majestés, après avoir joui quelques
momens de la beauté de ce spectacle, conti-
nuerent de tenir appartement jusqu'à dix heu-
res. Il y eut ensuite grand couvert, pendant
sequel tout le monde eut la liberté d'entrer
dans les appartemens.
213
MARS. 1752.
Le 30 du même mois, jour indiqué pour le
feu d'artifice, la décoration de l'arc de triom-
phe & des ailes parut toute différente. Des
Mosaiques dorées & découpées, remplissoient
les Piedestaux, les Frises, les Bas-reliefs, les
Pilastres, les Médaillons.
Les Colonnes étoient cannelées à jour, &
ceintes de bandeaux. Leurs Bazes & leurs Cha-
piteaux étoient découpés.
Des Piramides spirales remplaçoient les
orangers qui avoient décoré les niches.
Aux lustres & aux girandoles en succederent
d'autres composés d'artisice.
En face des corps d'Architecture étoient
plusieurs grandes Cascades d'artifice en am-
phithéâtre de quarante & cinquante pieds de
hauteur.
Au-devant de l'enceinte, on avoit placé
tout le long de la balustrade & vis-à vis les
escaliers de grandes Piéces figurées en com-
partimens.
Sur les côtés on voyoit des treillages en
berceaux qui s'étendoient jusqu'aux dégres de
la terrasse du Château.
L'arangement de toutes ces différentes pié-
ces composoit une décoration légere & ga-
lante, qui constrastoit avec celle que l'on avoit
vû les jours précédens,
Sur les cinq heures du soir, la gallerie fut
éclairée comme elle l'avoit été le 19.
Au moment que Leurs Majestés s'y rendi-
rent avec toute la Cour, on donna le signal
pour tirer le feu d'artifice, qui devoit être
exécuté selon les dispositions suivantes.
Des fusées d'honneurs & des fusés de table
drées de l'arc de triomphe & des ailes, au
Vigires vOO
214 MERCURE DE FRANCE.
bruit d'une infinité de boetes distribuées odans
plusieurs endroits du Parc, devoient servit
de prélude, & annoncer la premiere décora-
tion d'artifice, composées de Pièces figurées
formant en feu brillant différentes Mosaiques
successivement variées.
Après ce tableau, des gerbes, des Ifs, &
des napes de feu devoient occuper toute l'é-
tendue comprise entre les édifices, en même
tems que les grandes Cascades paroîtroient,
& donneroient naissance à douze grands jets
portans leur feu à quarante pieds d'élévation.
On devoit voir ensuite tous les contours de
l'Architecture dessinés par des feux de lance,
ainsi que les lustres, les girandoles & les pira-
mides tournantes, pendant que les Colonnes,
les Bas-reliefs, les Pilastres & les Médaillons
seroient pronnoncés par des feux mouvants
jouant derriere leurs découpures & leurs Mo-
saiques.
Au tiers de la durée des lances, devoient
paroître les treillages en berceaux qui bornoient
la terrasse, les Gloires qui couronnoient les
entablemens, & les Soleils fixes, dont le prin-
cipal fo moit un globe de seu de soixante pieds
de diametre.
Sur les trois corps d'Architecture étoient dis-
posés des vases lumineux, jettans continuelle-
ment des étoiles & des serpentaux, pour ser-
vir de cadre à cette brillante decoration.
Des bombes, des pluyes d'or, des grenades
à étoiles, de très grosses fusées de chevalet,
des pots-à-feu, des pots-à-égrettes & des
feux de caisses de toute e spéce, etoient desti-
nés à garnir les airs pendant toute la durée du
feu, qui devoit finir par une guirlande coma
MARS.
1752.
215
posée d'une multiiude infinie de fusées cou-
romhées de bombes brillantes, s'élevant tou-
tes à la fois de l'arc de triomphe & des ailes.
Après le feu d'artifice, il y eut apparte-
ment jusqu'à dix heures, & cette journée se
termina, comme la premiere, par un grand
couvert.
Ces Fêtes furent exécutées sur les plans &
desseins des Sieurs Slodtz, Dessinateur du Ca-
binet du Roi, Peintre & Sculpteur de ses me-
nus plaisirs.
Les Sieurs Dumas, Girault & Plenet furent
chargés de la construction des charpentes, &
le Sieur Vedy, de la partie concernant la ser-
rurerie.
Le Sieur l'Evêque, Garde-Magazin des me-
nus, & toutes les personnes employées dans
cette partie, se distinguerent par leur exactitu-
de à exécuter les ordres dont on les avoit
chargés.
Des Fêtes données à Versailles par ordre du
Roi le 19 & le 30 Décembre 1751. à
l'occasion de la Naissance de Monseigneur
le Duc de Bourgogne.
La Naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne
ayant comblé les voeux de la France,
le Roi voulut qu'elle fut celebrée à Versa illes par
des Fêtes dignes d'un évenement aussi cher à la
Nation.
M. le Duc deGesvres PremierGentilhomme de la
Chambre du Roi, en exercice, donna des ordres
en consequence. Ces Fêtes furent conduites par
Monsieur de Curys, Intendant & Contrôleur Gé-
néral de l'Argenterie, Menus Plaisirs, & Affaires
de la Chambre de Sa Majesté.
On n'eut que sixsemaines, environ, pour les pré-
paratifs, & tout fut prêt au terups marqué, mah-
gré les incommodités d'une saison contraire & ri-
gourense.
Musfines beO
208 MERCURE DE FRANCE.
En face de la grande Gallerie, on avoit formé ui,
vaste plancher qui s'étendoit depuis l'allée de Sa-
turne jusqu'à celle qui conduit au Bassin du Dra-
gon: ce plancher construit sur un terrain inégal
commençoit au bout du parterre d'eau à quatre
pieds de hauteur & s'avançoit de 30 toises jusqu'au
Bassin de Latone, au dessus duquel il avoit 36
pieds d'élévation.
Là sur un plancher circulaire de 142 toises re-
gnoient trois grands corps d'Architecture dont le
principal étoit un Arc de Triomphe isolé consacté
à la Félicité.
Cet édifice étoit d'ordre Corinthien; on y
montoit par 9 dégrés de maibre blanc, la porte
triomphale avoit 40 pieds d'élévation, elle étoit
accompagnée de deux autres qui terminoient leur
forme quarrée au dessous de l'Imposte à 28 pieds.
Au devant des massiss qui les divisoient étoient
accouplées des Colonnes de lapis canelées & eu-
tourées de Guirlandes de roses.
Leurs Pied-d'estaux de marbre breche violette
encadroient des Paneaux de lapis, sur lesquels
éclatoient des Festons en or.
Les Basses & les Chapiteaux étoient de bronze
doré, la Corniche de marbre breche violette, l'lm-
poste & les Archivoltes de marbre blanc veiné
ainsi que le Corps d'Architecture.
La Frise étoit festonnée de Guirlandes de lau-
rier en or sur un fond de lapis, & à l'endroit ou
l'entablement faisoit ressaut sur chaqne Grouppe
de Colonnes elle étoit enrichie de Palmes sur mon-
tées d'une Fleur de Lis.
Deux Bas reliess en or de 14 pieds de longueur
sur 8 de hauteur, décoroient le dessus des Portes
laterales.
Dans l'un paroissoit Apollon distribuant aux Mu-
MARS.
1752.
209
ses les différents attributs des Sciences & des
Beaux Arts.
On voyoit dans l'autre, Cérés sur son Char,
répandant l'abondance, elle étoit suivie de la Con-
corde & des Graces, & dans le fond du Tableau;
on découvroit un Soleil naissant.
Un Socle de marbre verd s'affermissoit sur la
Corniche, & portoit à l'endroit des Colonnes
les Statues de la Justice, de la Prudence, de la
Modération & de la Magnanimité.
Entre ces figures s'élevoit sur cinq dégrez de mar-
bre jaune antique, un pied d'estal de forme circu-
laire orné de canelures avec des ornemens en or,
& ceint par le haut d'un tors de feuilles de Chêne
en bronze doré.
Sur ce pied-d'estal on voyoit le Globe des Ar-
mes de France, soutenu par la force & par diffé-
tens Génies, la Victoire & la Paix le présentoient
à la Félicité; cette derniere figure dominoit le
Grouppe, elle tenoit un Caducée, simbole de l'u-
nion, & selon les Egyptiens le Hyerogliphe de la
naissance des Grands Hommes. D'une Corne d'a-
bondance qui étoit à ses pieds, sortoient des fruits
mêlés de fleurs. De l'autre côté la Renommée
prenoit son vol pour aller annoncer à l'Univers la
Naissance du Prince & ses heureux destins.
Toutes les Figures étoient de bronze doré, le Glo-
be étoit de lapis, & ses Fleurs de lys d'or, de mê,
me que sa Couronne qui terminoit l'arc de triom-
phe pat amortissement à 97 pieds d'élévation.
Les deux autres corps d'architecture étoient
d'un ordre composé, ils formoient des deux côtés
de l'Arc de triomphe une continuité d'arcades en
niches ornées de Paneaux & de Coquilles, ces ni-
ches étoiant séparées par des pilastres revêtus de
Trophées en bronze doré qui se détachoient sur
Hiues vOO
LIO MERCURE DEFRANCE.
un fond verd d'émeraude incrusté dans un marbre
blanc veiné.
Au-lessus des Trophées étoient des Camayeux
en azur en forine de médaillons, réprésentans
tous les Arts qui contribuent au bonheur & tous
les Etats qui y participent.
Des Guirlandes de fleurs de toute espêce leut
fervoient de bordures & se réunissoient en festons
au dessus des Ceintres & des Pilastres.
Des avant corps terminoient les ailes, ils étoient
ornés de Statues de différentes Divinités en bronze
doré, on y remarquoit d'un côté Jupiter, Junon,
Mercure & Minerve, & de l'autre, Apollon, Dia
ne, Mars & Venus.
Les Ballustres d'or bordoient les galleries ou
plates-formes qui regnoient généralement sut les
édifices des parties laterales, ils étoient interrom-
pus sur les avant cotps seulement par des Frontons
on s'appuyoient des Faunes & des Tritons de
bronze doré, tenant des tors de feuilles de chêne
entremélés de coquillages & supportans des vases
de lapis surchargés de Girandoles.
On avoit aussi distribué des Girandoles sur tous
les couronnemens, plusieurs lustres pendoient du
sein des archivoltes, & toutes les niches étoient
garnies d'Otangers dans des vases d'or, autour
desquels jouoient des guirlandes de fleurs naturel-
les.
Trois grands escaliers de sept degrez se presen-
toienr au-devant de toute la décoration.
Le principal occupoit 20 toises de face; les deux
autres qui répondoient aux avant-corps avoient
chacun 12 toises d'ouverture, des balustres s'éten-
doient entre ces escaliers d'un aîle à l'autre & for-
moient carrément, & par des angles coupés des
retours en saillies pour accompagner les Corpo-
avancés.
MARS. 1752.
211
Ces balustrades étoient divisées par seize
Pied- d'estaux portans des girandoles sur des for-
mes d'ornemens en lapis, rehaussées d'or &
entourées de guirlandes de fleurs.
A travers les portes de l'arc triomphal
& par les espaces qui divisoient les trois grands
corps d'architecture, on découvroit dans l'é-
loignement le Temple de la Félicité sur une
vaste terrasse, audevant de laquelle étoit une
fontaine ornée de Pilastres rustiques & de
Statues.
On montoit à cette terrasse par deux grands
escaliers: des colonnades d'Ordre Dorique
conduisoient aux dégrés du Temple.
Ce Temple étoit une rotonde d'Ordre Com-
posite, dont le corps étoit de Porphire, les
Colonnes & les Frises d'émeraudes, & les Cha-
pitaux, Bazes, Architraves, & Corniches
d'or, de même que les courbes & les festons
qui enrichissoient la Coupole.
On entroit dans ce Temple par huit Porti-
ques: au milieu du Sanctuaire étoit un riche
baldaquin, dont les rideaux retroussés, lais-
soient voir sur un Pied-d'estal de marbre verd
antique, la Statue en or de la Félicité. Des
balustres entouroient l'estrade: au de vant étoit
un Autel de Sacrifice, où brûloient des par-
fums en actions de graces.
Ou appercevoit au de-là du Temple & des
colonnades, une partie des jardins de la Fé-
licité, où s'élevoient des Palmiers, des Lau-
riers, des Myrthes, des Oliviers & autres Ar-
bres chargés de fleurs & de fruits.
Le Roi ordonna que cette décoration seroit
illuminée le 17, & qu'elle serviroit le 30 ;
pour un feu d'artifice. Sa Majesté devant tenir
212 MERCURÉDE FRANCE.
ces mêmes jours grand appartement, on décora
l'intérieur du Château avec autant de soin
que les jardins.
Trois rangées de lustres étoient attachées au
platfond de la galletie par des gazes bouillon-
nées, où s'entrelaçoient des festons de rozes.
Ces gazos, & ces festons étoient disposés de
manière qu'ils laissoient voir tout l'éclat des
Peintures, & toute la richesse des lambris.
Une multitude de girandoles s'elevoient à
la hauteur des lustres de chaque côté de la gal-
lerie, sur une longue file de gueridons dorés,
& de torcheres d'argent d'une compesition ga-
lante.
Des Amours assis sur ces torcheres, entre
des palmes & des mirthes, jouoient avec des
guirlandes de fleurs en cristaux, sous des ber-
ceaux d'étoiles.
Les Sallons de la Guerre & de la Paix ter-
minoient aux deux extrémités cette brillante
perspective; les autres appartemens étoient
décorés à proportion.
Le 19, sur les six heures du soir, le Roi &
toute la Conr s'étant rendus dans la gallerie,
la décoration qui faisoit face au Château, pa-
rut tout à coup illuminée, & malgré la con-
trariété du vent, on sentit l'effet que devoient
produire les différentes espéces d'illumination,
que l'on n'avoit point encore hazardé d'em-
ployer sous un même point de vue.
Leurs Majestés, après avoir joui quelques
momens de la beauté de ce spectacle, conti-
nuerent de tenir appartement jusqu'à dix heu-
res. Il y eut ensuite grand couvert, pendant
sequel tout le monde eut la liberté d'entrer
dans les appartemens.
213
MARS. 1752.
Le 30 du même mois, jour indiqué pour le
feu d'artifice, la décoration de l'arc de triom-
phe & des ailes parut toute différente. Des
Mosaiques dorées & découpées, remplissoient
les Piedestaux, les Frises, les Bas-reliefs, les
Pilastres, les Médaillons.
Les Colonnes étoient cannelées à jour, &
ceintes de bandeaux. Leurs Bazes & leurs Cha-
piteaux étoient découpés.
Des Piramides spirales remplaçoient les
orangers qui avoient décoré les niches.
Aux lustres & aux girandoles en succederent
d'autres composés d'artisice.
En face des corps d'Architecture étoient
plusieurs grandes Cascades d'artifice en am-
phithéâtre de quarante & cinquante pieds de
hauteur.
Au-devant de l'enceinte, on avoit placé
tout le long de la balustrade & vis-à vis les
escaliers de grandes Piéces figurées en com-
partimens.
Sur les côtés on voyoit des treillages en
berceaux qui s'étendoient jusqu'aux dégres de
la terrasse du Château.
L'arangement de toutes ces différentes pié-
ces composoit une décoration légere & ga-
lante, qui constrastoit avec celle que l'on avoit
vû les jours précédens,
Sur les cinq heures du soir, la gallerie fut
éclairée comme elle l'avoit été le 19.
Au moment que Leurs Majestés s'y rendi-
rent avec toute la Cour, on donna le signal
pour tirer le feu d'artifice, qui devoit être
exécuté selon les dispositions suivantes.
Des fusées d'honneurs & des fusés de table
drées de l'arc de triomphe & des ailes, au
Vigires vOO
214 MERCURE DE FRANCE.
bruit d'une infinité de boetes distribuées odans
plusieurs endroits du Parc, devoient servit
de prélude, & annoncer la premiere décora-
tion d'artifice, composées de Pièces figurées
formant en feu brillant différentes Mosaiques
successivement variées.
Après ce tableau, des gerbes, des Ifs, &
des napes de feu devoient occuper toute l'é-
tendue comprise entre les édifices, en même
tems que les grandes Cascades paroîtroient,
& donneroient naissance à douze grands jets
portans leur feu à quarante pieds d'élévation.
On devoit voir ensuite tous les contours de
l'Architecture dessinés par des feux de lance,
ainsi que les lustres, les girandoles & les pira-
mides tournantes, pendant que les Colonnes,
les Bas-reliefs, les Pilastres & les Médaillons
seroient pronnoncés par des feux mouvants
jouant derriere leurs découpures & leurs Mo-
saiques.
Au tiers de la durée des lances, devoient
paroître les treillages en berceaux qui bornoient
la terrasse, les Gloires qui couronnoient les
entablemens, & les Soleils fixes, dont le prin-
cipal fo moit un globe de seu de soixante pieds
de diametre.
Sur les trois corps d'Architecture étoient dis-
posés des vases lumineux, jettans continuelle-
ment des étoiles & des serpentaux, pour ser-
vir de cadre à cette brillante decoration.
Des bombes, des pluyes d'or, des grenades
à étoiles, de très grosses fusées de chevalet,
des pots-à-feu, des pots-à-égrettes & des
feux de caisses de toute e spéce, etoient desti-
nés à garnir les airs pendant toute la durée du
feu, qui devoit finir par une guirlande coma
MARS.
1752.
215
posée d'une multiiude infinie de fusées cou-
romhées de bombes brillantes, s'élevant tou-
tes à la fois de l'arc de triomphe & des ailes.
Après le feu d'artifice, il y eut apparte-
ment jusqu'à dix heures, & cette journée se
termina, comme la premiere, par un grand
couvert.
Ces Fêtes furent exécutées sur les plans &
desseins des Sieurs Slodtz, Dessinateur du Ca-
binet du Roi, Peintre & Sculpteur de ses me-
nus plaisirs.
Les Sieurs Dumas, Girault & Plenet furent
chargés de la construction des charpentes, &
le Sieur Vedy, de la partie concernant la ser-
rurerie.
Le Sieur l'Evêque, Garde-Magazin des me-
nus, & toutes les personnes employées dans
cette partie, se distinguerent par leur exactitu-
de à exécuter les ordres dont on les avoit
chargés.
Fermer
Résumé : DESCRIPTION Des Fêtes données à Versailles par ordre du Roi le 19 & le 30 Décembre 1751. à l'occasion de la Naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne.
En décembre 1751, des festivités furent organisées à Versailles pour célébrer la naissance du Duc de Bourgogne. Sous la direction du Duc de Gesvres et de Monsieur de Curys, une grande structure fut construite en six semaines face à la grande galerie. Cette structure comprenait un plancher circulaire de 142 toises avec trois principaux éléments architecturaux. L'élément central était un Arc de Triomphe dédié à la Félicité, de style corinthien, avec une porte triomphale de 40 pieds de hauteur flanquée de colonnes de lapis et de guirlandes de roses. Des statues représentant la Justice, la Prudence, la Modération et la Magnanimité, ainsi qu'un globe des armes de France, étaient présents. Les deux autres éléments architecturaux, de style composé, formaient des arcades ornées de panneaux, de coquilles, de trophées en bronze doré et de camées en azur. Diverses statues de divinités décoraient les avant-corps. En mars 1752, des décorations somptueuses furent préparées pour deux événements royaux. Les jardins furent ornés d'un arc triomphal avec des balustrades et des girandoles. À travers cet arc, on apercevait le Temple de la Félicité, une rotonde d'ordre composite richement décorée. La galerie du château fut ornée de lustres, de girandoles, de torches d'argent, d'amours et de guirlandes de fleurs en cristaux. Le 19 mars, le roi et la cour assistèrent à l'illumination des jardins. Le 30 mars, pour le feu d'artifice, la décoration fut modifiée avec des mosaïques dorées, des colonnes cannelées et des pyramides spiralées. Des cascades d'artifice et des pièces figurées furent placées autour de la balustrade. Le spectacle pyrotechnique inclut des vases lumineux projetant des étoiles et des serpentins, divers feux d'artifice comme des bombes, des pluies d'or, des grenades à étoiles, des fusées, des pots-à-feu et des feux de caisses. Le spectacle se conclut par une guirlande de fusées et de bombes brillantes. Après le spectacle, un grand couvert fut servi jusqu'à dix heures. Les fêtes furent conçues par les Sieurs Slodtz, Dessinateur du Cabinet du Roi, Peintre et Sculpteur des menus plaisirs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer