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1
p. 296-316
« Ce Concert finy, le Roy sortit par la grande Porte qui est [...] »
Début :
Ce Concert finy, le Roy sortit par la grande Porte qui est [...]
Mots clefs :
Concert, Orangerie, Lumières, Table, Bassin, Amphithéâtre, Décors, Plafonds, Orfèvrerie, Duchesse, Princesse, Service, Roi, Couverts, Château
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texteReconnaissance textuelle : « Ce Concert finy, le Roy sortit par la grande Porte qui est [...] »
Ce Concert finy , le Roy
fortit par la grande Porte
qui eft au milieu de l'Orangerie
, & vit à main droite
un grand nombre d'Orangers
qui formoient des Allées
fort éclairées par un
grand nombre de Lumieres,
qui eftoient derriere les
Caiffes. Aprés avoir marché
environ trente pas dans
l'une de ces Allées , Sa MajeGALANT.
297
la
fté découvrit d'un feul coup
d'oeil toute la Feüillée ,
Table , & l'Illumination qui
eftoient dans le Boulin
grain. Le Baffin qui eft au
milieu de ce Boulingrain , &
à qui l'on peut donner le
nom de Canal à caufe de fa
grandeur , a trente- quatre
pieds & demy de large fur
quarante-huit de long, en y
comprenant les pleins Ceintres
, qui font aux deux bouts
du Baffin fur fa longueur.
La Table eftoit de quatre
pieds trois
ouces de large,
pouces
& régnoit tout autour du
298 MERCURE
Canal fuivant fon plan; mais
il n'y avoit de couverts qu '
deux endroits aux qui
étoient fous les Feüillées , &
qui occupoient les bouts du
Canal jufques aux Angles ,
& les deux parties des flancs
ou coftez eftoient en Amphitheatre
à trois gradins
defcendans du cofté de l'eau,
ce qui donnoit lieu à tous
ceux qui estoient à Table,
de voir tous les riches & galans
ornemens dont ces deux
coftez eftoient remplis . Le
Roy eftoit à Table fous le
milieu d'une Feüillée qui
GALANT. 299.
eftoit à l'un des bouts du
Canal , & Monfeigneur le
Dauphin eftoit fous le milieu
de la Feüillée qui luy
eftoit oppofé , dè maniere
qu'ils avoient quarante-huit
pieds d'eau entr'eux, & trente-
quatre & demy de large,
& deux coftez de Table de
quarante-huit pieds chacun
, garnis d'un cordon de
Corbeilles , & de Vazes de
Porcelaines remplis de
Fleurs , entre des Girandoles
, & d'autres machines.
d'Orfévrerie. L'Invention
en eftoit nouvelle . Elles
300 MERCURE
portoient jufqu'à vingt- cinq
Bougies chacune , il y en
avoit d'autres moins élevées.
Ces machines de lumieres
eftoient toutes differentes,
& les Figures Allegoriques
quelles reprefentoiét avoiét
du rapport au Roy. Les
deux autres Gradins jufqu'à
la Tablette du Baffin, étoient
tous garnis de mefine. Ileft
difficile de bien concevoir
le plaifir qu'avoient ceux
qui eftoient à Table. Il n'y
avoit perfonne au devant
qui les incommodaſt en les
regardant manger, Ils ne
GALANT. 301
voyoient que l'eau , des
Fleurs , de brillants Buffets,
& l'Illumination des Berceaux
, & toutes ces chofes
refléchiffant
dans l'eau , la
faifoient briller , & y paroiffoient
flotantes .
La Feüillée qui eſtoit à
chaque bout du Canal , &
qui couvroit les deux endroits
de la Table où l'on
mangea , eftoit de dix- huit
pieds de haut , & toute par
Arcades & formoit une
maniere de Veftibule. Ces
deux Feuillées eftoient fi ar-
>
riftement pofées , que les
302 MERCURE
Corniches & les autres parties
de l'Architecture
s'y diftinguoient
parfaitement
bien.
L'endroit où eftoit le
Roy, formoit un milieu dont
le plafond eftoit ceintré.
Les Plafonds des deux Aifles
eſtoient plats , tous les Por
tiques eftoient en Arcades ,
ornées des Armes & des
Chiffres de Sa Majeſté dans
le milieu . Plufieurs Luftres
& des Feftons de Fleurs
pendoient auſſi au milieu
des mefmes Arcades , & des
Feftons de Fleurs , ornoient
GALANT. 303
celle au milieu de laquelle
mangeoit leRoy . Toutes ces
Corniches eftoient bordées
de cent cinquante Girandoles
portant chacune fix Bougies
, & entre chaque Girandole
, il y avoit une Corbeille
d'argent remplie de
Fleurs . On avoit mis des
Rideaux de Damas blanc à
toutes les Arcades , afin
qu'on ne fuft pas furpris par
la pluye , & ces Rideaux
eftoient renoüez à chacun
desPilaftres ; de forte que fi le
mauvais temps fuft furvenu ,
on fe feroit trouvé enfermé
1
304 MERCURE
fous ces Feuillées , comme
dans des Tentes , & l'on n'y
auroit fouffert aucune incommodité.
Il y avoit deux
Buffets de parade vis à vis
les flancs de la Table , ils
cftoient appuyez chacun
contre une grande Arcade
de Berceaux du Boulingrain,
& ces Arcades formoient un
couronnement à chaque
Buffet . Ils eftoient de vingt
pieds de face, & avoient trois
Gradins . Chaque Gradin
eftoit de Glaces de Miroir,
& ces Glaces en faifant refléchir
l'Orfévrerie qui remGALANT.
305
pliffoit les Buffets , fembloient
la multiplier . Elle
eftoit compoſée de pluſieurs :
pieces curieufes de Vermeil
doré , d'argent & d'or , entre
lefquelles il y avoit un grand
nombre de Girandoles qui
portoient plufieurs Bougies
, & dont les lumieres :
multipliées dans les Glaces,,
faifoient doublement bril-
Ter l'Orfévrerie , puis qu'elles
donnoient auffide l'éclat
aux pieces qu'elles en reprefentoient.
Les coftez de ces
deux Buffets eftoient ornez”.
de plufieurs Orangers . Tout
Fuillet 1685. € c
206 MERCURE
le Berceau qui faifoit le
pourtour du Boulingrain,
eftoit illuminé depuis la Corniche
jufqu'au bas , & il y
avoit une lumiere à chaque
Maille du Treillage . Tous
les Ceintres des Portiques
& des Pillaſtres du Treillage
eftoient auffi ornez de luinieres
, & il y avoit une Girandole
de Criſtal au deffus
de chaque Pillaftre . Les Domes
qui font dans les Angles
, & qui s'élevent au deffus
des Berceaux eſtoient
entierement illuminez , & il
y avoit dans les fonds de ces
GALANT. 307
Berceaux quantité de Lumieres
qui formoient des
Soleils , & des Chiffres du
Roy avec des Couronnes
.
Il y eut cinq Services de
tout ce qu'il y avoit de plus
rare pour la Saiſon , à l'égard
des Viandes & des Fruits.
Ceux qui eurent l'honneur
de manger à la Table de Sa
Majeftéfurent,
Madame la Dauphine ..
Monfieur.
Madame la Ducheffe ..
Mademoiſelle de Nantes..
Cc ij
208 MERCURE
Madame la Ducheffe d'Arpajon.
Madame la Marefchale de
Rochefort.
Madame de Maintenon .
Madame la Princeffe d'Harcourt.
si amab.l
Madame la Ducheffe d'Uzés
.
Mademoiſelle d'Uzés.
Madame la Ducheffe de Villeroy.
Madame la Princeffe de
Montauban.
Madame la Ducheffe de
Sully.
Madame la Ducheffe de
GALANT. 309
Rocquelaure.
Madame la Marquiſe de
Thianges.
Madame la Comteffe de
Grainont.
Madame de Grancey .
Madame la Marquiſe de
Medavy.
Mademoiſelle
d'Arpajon .
Les fix Filles d'honneur
de
Madame la Dauphine ..
Le Roy fut fervy par M. le
Marquis de Seignelay , Madame
la Dauphine par M. le
Bailly Colbert, & Monfieur,
: par M. le Marquis de Blainville
.
310 MERCURE
Voicy les noms des perfonnes
qui remplirent les
places de la Table qui fut
fervie pour Monfeigneur le
Dauphin.
Madame .
Madame la Princeffet de
Conty.
"
Mademoiſelle de Bourbon.
Madame la Ducheffe de
Vantadour.
Madame de Duras Fort.
Madame la Princeffe de Lillebonne.
Mefdemoiſelles de Lillebonne.
Madame la Ducheffe de Gramont.
GALANT. 311
Madame la Ducheffe de
Foix.
Madame la Princeffe de Tingry
.
Madame la marefchalle de
Humieres.
Mademoiſelle de Humieres .
Madame la Ducheffe de la
Ferté.
Madame la Comteffe de
Roye.
Mademoiſelle de Rouffy.
Madame de Coafquin.
Madame la marquife de Beringuen.
Madame la Marquise de
Maré.
312 MERCURE
Madame la Comteffe dev
Bury.
Madame la Marquife de la.
Fare ..
Les quatre Filles d'honneur
de Madame.
Monfeigneur
le Dauphin
fut fervy par M. le Marquis
de Maulevrier , qui fervit
auffi Madame
. Quelques
Dames dont les noms me
font échapez , eurent encore
place à ces deux Tables .
Les Trompettes & les Timbales
, les Violons , les Flutes
douces , & les Haut -bois , fe
firent entendre alternativement
GALANT 313
ment pendant le repas . Je
vous envoye une Figure gravée.
Elle eft veuë d'un des
coftez des Buffets , & fait
voir la Feüillée entiere , de
maniere qu'il n'y manque
qu'un des coftez du Boulingrain
, un des Buffets , & les
deux Gradins qui estoient
fur le bord de l'eau de l'un
des flancs de la Table . S'il
euft efté poffible que la graveure
euft fait voir le tout,
il ne manqueroit rien à cette
Planche . Dans le temps
que le Roy fe mit à Table,
on fervit dans le Chafteau
Dd
Juillet 1685.
314 MERCURE
1
&
deux Tables de vingt àtrente
Couverts , chacune pour
les Perfonnes diftinguées de
la Cour , qui voulurent y
prendre place. Il y en avoit
encore plufieurs autres le
long du deffous des Berceaux
du Boulingrain
quantité de Buffets où l'on
ne refufoit pas à boire à tous
ceux qui en fouhaitoient,
non plus que des Plats de la
defferte du Roy , qui furent
prefque tous donnez à ceux
qui en demanderent. Il y
avoit auffi des Tables le long
des Murailles des Courts du
GALANT. 315
Chafteau où
mangerent les
Valets. Sa Majesté en ſe levant
de Table ſe tourna vers
M. le Marquis de Seignelay ,
& luy marqua
avec cet air
tout engageant , & qui luy
eft fi naturel , la fatisfaction
qu'Elle avoit de la maniere
dont Elle avoit efté receuë.
Ce Prince fit enfuite le tour
du Boulingrain. Il examina
les Buffets , les Berceaux &
la Feüillée , puis eſtant ſorty
du Jardin pour
monter en
Caroffe , il trouva les mefmes
Perfonnes qui l'avoient
receu à fon arrivée , & les
Ddij
316 MERCURE
falua avec le mefme air de
bonté qu'il avoit fait en entrant
: aprés quoy il monta
en Caroffe , & trouva les
Cours , la Porte & l'avenue
du Chafteau , bordées de
groffes lumieres. On peut
dire que M. de Seignelay
n'a rien oublié pour recevoir
un ſi grand monarque
,
& que M. Berrin a parfaite.
ment bien répondu à l'intention
de ce marquis.
fortit par la grande Porte
qui eft au milieu de l'Orangerie
, & vit à main droite
un grand nombre d'Orangers
qui formoient des Allées
fort éclairées par un
grand nombre de Lumieres,
qui eftoient derriere les
Caiffes. Aprés avoir marché
environ trente pas dans
l'une de ces Allées , Sa MajeGALANT.
297
la
fté découvrit d'un feul coup
d'oeil toute la Feüillée ,
Table , & l'Illumination qui
eftoient dans le Boulin
grain. Le Baffin qui eft au
milieu de ce Boulingrain , &
à qui l'on peut donner le
nom de Canal à caufe de fa
grandeur , a trente- quatre
pieds & demy de large fur
quarante-huit de long, en y
comprenant les pleins Ceintres
, qui font aux deux bouts
du Baffin fur fa longueur.
La Table eftoit de quatre
pieds trois
ouces de large,
pouces
& régnoit tout autour du
298 MERCURE
Canal fuivant fon plan; mais
il n'y avoit de couverts qu '
deux endroits aux qui
étoient fous les Feüillées , &
qui occupoient les bouts du
Canal jufques aux Angles ,
& les deux parties des flancs
ou coftez eftoient en Amphitheatre
à trois gradins
defcendans du cofté de l'eau,
ce qui donnoit lieu à tous
ceux qui estoient à Table,
de voir tous les riches & galans
ornemens dont ces deux
coftez eftoient remplis . Le
Roy eftoit à Table fous le
milieu d'une Feüillée qui
GALANT. 299.
eftoit à l'un des bouts du
Canal , & Monfeigneur le
Dauphin eftoit fous le milieu
de la Feüillée qui luy
eftoit oppofé , dè maniere
qu'ils avoient quarante-huit
pieds d'eau entr'eux, & trente-
quatre & demy de large,
& deux coftez de Table de
quarante-huit pieds chacun
, garnis d'un cordon de
Corbeilles , & de Vazes de
Porcelaines remplis de
Fleurs , entre des Girandoles
, & d'autres machines.
d'Orfévrerie. L'Invention
en eftoit nouvelle . Elles
300 MERCURE
portoient jufqu'à vingt- cinq
Bougies chacune , il y en
avoit d'autres moins élevées.
Ces machines de lumieres
eftoient toutes differentes,
& les Figures Allegoriques
quelles reprefentoiét avoiét
du rapport au Roy. Les
deux autres Gradins jufqu'à
la Tablette du Baffin, étoient
tous garnis de mefine. Ileft
difficile de bien concevoir
le plaifir qu'avoient ceux
qui eftoient à Table. Il n'y
avoit perfonne au devant
qui les incommodaſt en les
regardant manger, Ils ne
GALANT. 301
voyoient que l'eau , des
Fleurs , de brillants Buffets,
& l'Illumination des Berceaux
, & toutes ces chofes
refléchiffant
dans l'eau , la
faifoient briller , & y paroiffoient
flotantes .
La Feüillée qui eſtoit à
chaque bout du Canal , &
qui couvroit les deux endroits
de la Table où l'on
mangea , eftoit de dix- huit
pieds de haut , & toute par
Arcades & formoit une
maniere de Veftibule. Ces
deux Feuillées eftoient fi ar-
>
riftement pofées , que les
302 MERCURE
Corniches & les autres parties
de l'Architecture
s'y diftinguoient
parfaitement
bien.
L'endroit où eftoit le
Roy, formoit un milieu dont
le plafond eftoit ceintré.
Les Plafonds des deux Aifles
eſtoient plats , tous les Por
tiques eftoient en Arcades ,
ornées des Armes & des
Chiffres de Sa Majeſté dans
le milieu . Plufieurs Luftres
& des Feftons de Fleurs
pendoient auſſi au milieu
des mefmes Arcades , & des
Feftons de Fleurs , ornoient
GALANT. 303
celle au milieu de laquelle
mangeoit leRoy . Toutes ces
Corniches eftoient bordées
de cent cinquante Girandoles
portant chacune fix Bougies
, & entre chaque Girandole
, il y avoit une Corbeille
d'argent remplie de
Fleurs . On avoit mis des
Rideaux de Damas blanc à
toutes les Arcades , afin
qu'on ne fuft pas furpris par
la pluye , & ces Rideaux
eftoient renoüez à chacun
desPilaftres ; de forte que fi le
mauvais temps fuft furvenu ,
on fe feroit trouvé enfermé
1
304 MERCURE
fous ces Feuillées , comme
dans des Tentes , & l'on n'y
auroit fouffert aucune incommodité.
Il y avoit deux
Buffets de parade vis à vis
les flancs de la Table , ils
cftoient appuyez chacun
contre une grande Arcade
de Berceaux du Boulingrain,
& ces Arcades formoient un
couronnement à chaque
Buffet . Ils eftoient de vingt
pieds de face, & avoient trois
Gradins . Chaque Gradin
eftoit de Glaces de Miroir,
& ces Glaces en faifant refléchir
l'Orfévrerie qui remGALANT.
305
pliffoit les Buffets , fembloient
la multiplier . Elle
eftoit compoſée de pluſieurs :
pieces curieufes de Vermeil
doré , d'argent & d'or , entre
lefquelles il y avoit un grand
nombre de Girandoles qui
portoient plufieurs Bougies
, & dont les lumieres :
multipliées dans les Glaces,,
faifoient doublement bril-
Ter l'Orfévrerie , puis qu'elles
donnoient auffide l'éclat
aux pieces qu'elles en reprefentoient.
Les coftez de ces
deux Buffets eftoient ornez”.
de plufieurs Orangers . Tout
Fuillet 1685. € c
206 MERCURE
le Berceau qui faifoit le
pourtour du Boulingrain,
eftoit illuminé depuis la Corniche
jufqu'au bas , & il y
avoit une lumiere à chaque
Maille du Treillage . Tous
les Ceintres des Portiques
& des Pillaſtres du Treillage
eftoient auffi ornez de luinieres
, & il y avoit une Girandole
de Criſtal au deffus
de chaque Pillaftre . Les Domes
qui font dans les Angles
, & qui s'élevent au deffus
des Berceaux eſtoient
entierement illuminez , & il
y avoit dans les fonds de ces
GALANT. 307
Berceaux quantité de Lumieres
qui formoient des
Soleils , & des Chiffres du
Roy avec des Couronnes
.
Il y eut cinq Services de
tout ce qu'il y avoit de plus
rare pour la Saiſon , à l'égard
des Viandes & des Fruits.
Ceux qui eurent l'honneur
de manger à la Table de Sa
Majeftéfurent,
Madame la Dauphine ..
Monfieur.
Madame la Ducheffe ..
Mademoiſelle de Nantes..
Cc ij
208 MERCURE
Madame la Ducheffe d'Arpajon.
Madame la Marefchale de
Rochefort.
Madame de Maintenon .
Madame la Princeffe d'Harcourt.
si amab.l
Madame la Ducheffe d'Uzés
.
Mademoiſelle d'Uzés.
Madame la Ducheffe de Villeroy.
Madame la Princeffe de
Montauban.
Madame la Ducheffe de
Sully.
Madame la Ducheffe de
GALANT. 309
Rocquelaure.
Madame la Marquiſe de
Thianges.
Madame la Comteffe de
Grainont.
Madame de Grancey .
Madame la Marquiſe de
Medavy.
Mademoiſelle
d'Arpajon .
Les fix Filles d'honneur
de
Madame la Dauphine ..
Le Roy fut fervy par M. le
Marquis de Seignelay , Madame
la Dauphine par M. le
Bailly Colbert, & Monfieur,
: par M. le Marquis de Blainville
.
310 MERCURE
Voicy les noms des perfonnes
qui remplirent les
places de la Table qui fut
fervie pour Monfeigneur le
Dauphin.
Madame .
Madame la Princeffet de
Conty.
"
Mademoiſelle de Bourbon.
Madame la Ducheffe de
Vantadour.
Madame de Duras Fort.
Madame la Princeffe de Lillebonne.
Mefdemoiſelles de Lillebonne.
Madame la Ducheffe de Gramont.
GALANT. 311
Madame la Ducheffe de
Foix.
Madame la Princeffe de Tingry
.
Madame la marefchalle de
Humieres.
Mademoiſelle de Humieres .
Madame la Ducheffe de la
Ferté.
Madame la Comteffe de
Roye.
Mademoiſelle de Rouffy.
Madame de Coafquin.
Madame la marquife de Beringuen.
Madame la Marquise de
Maré.
312 MERCURE
Madame la Comteffe dev
Bury.
Madame la Marquife de la.
Fare ..
Les quatre Filles d'honneur
de Madame.
Monfeigneur
le Dauphin
fut fervy par M. le Marquis
de Maulevrier , qui fervit
auffi Madame
. Quelques
Dames dont les noms me
font échapez , eurent encore
place à ces deux Tables .
Les Trompettes & les Timbales
, les Violons , les Flutes
douces , & les Haut -bois , fe
firent entendre alternativement
GALANT 313
ment pendant le repas . Je
vous envoye une Figure gravée.
Elle eft veuë d'un des
coftez des Buffets , & fait
voir la Feüillée entiere , de
maniere qu'il n'y manque
qu'un des coftez du Boulingrain
, un des Buffets , & les
deux Gradins qui estoient
fur le bord de l'eau de l'un
des flancs de la Table . S'il
euft efté poffible que la graveure
euft fait voir le tout,
il ne manqueroit rien à cette
Planche . Dans le temps
que le Roy fe mit à Table,
on fervit dans le Chafteau
Dd
Juillet 1685.
314 MERCURE
1
&
deux Tables de vingt àtrente
Couverts , chacune pour
les Perfonnes diftinguées de
la Cour , qui voulurent y
prendre place. Il y en avoit
encore plufieurs autres le
long du deffous des Berceaux
du Boulingrain
quantité de Buffets où l'on
ne refufoit pas à boire à tous
ceux qui en fouhaitoient,
non plus que des Plats de la
defferte du Roy , qui furent
prefque tous donnez à ceux
qui en demanderent. Il y
avoit auffi des Tables le long
des Murailles des Courts du
GALANT. 315
Chafteau où
mangerent les
Valets. Sa Majesté en ſe levant
de Table ſe tourna vers
M. le Marquis de Seignelay ,
& luy marqua
avec cet air
tout engageant , & qui luy
eft fi naturel , la fatisfaction
qu'Elle avoit de la maniere
dont Elle avoit efté receuë.
Ce Prince fit enfuite le tour
du Boulingrain. Il examina
les Buffets , les Berceaux &
la Feüillée , puis eſtant ſorty
du Jardin pour
monter en
Caroffe , il trouva les mefmes
Perfonnes qui l'avoient
receu à fon arrivée , & les
Ddij
316 MERCURE
falua avec le mefme air de
bonté qu'il avoit fait en entrant
: aprés quoy il monta
en Caroffe , & trouva les
Cours , la Porte & l'avenue
du Chafteau , bordées de
groffes lumieres. On peut
dire que M. de Seignelay
n'a rien oublié pour recevoir
un ſi grand monarque
,
& que M. Berrin a parfaite.
ment bien répondu à l'intention
de ce marquis.
Fermer
Résumé : « Ce Concert finy, le Roy sortit par la grande Porte qui est [...] »
En juillet 1685, un événement festif se déroula au château de Juillet. Après un concert, le roi quitta l'Orangerie pour se rendre dans le boulingrin, un bassin de 34,5 pieds de large sur 48 pieds de long. Autour de ce bassin, une table de 4 pieds 3 pouces de large était disposée, avec des couverts à ses extrémités sous des feuillages. Le roi et le dauphin étaient placés à chaque extrémité, séparés par 48 pieds d'eau et 34,5 pieds de terre. La table était ornée de corbeilles et de vases de porcelaine remplis de fleurs, ainsi que de girandoles et d'autres décorations en orfèvrerie. Des gradins permettaient aux convives de voir les ornements sans être dérangés. Les feuillées à chaque bout du canal mesuraient 18 pieds de haut et étaient décorées d'arcades. Le plafond de la section du roi était cintré, tandis que ceux des ailes étaient plats, tous ornés des armes et des chiffres du roi. Des lustres et des festons de fleurs pendaient des arcades, et des corniches étaient bordées de girandoles et de corbeilles d'argent remplies de fleurs. Des rideaux de damas blanc protégeaient contre la pluie. Deux buffets de parade étaient placés face aux flancs de la table, ornés de glaces et d'orfèvrerie. Le berceau entourant le boulingrin était entièrement illuminé, avec des lumières à chaque maille du treillage et des girandoles de cristal au-dessus des piliers. Les angles étaient décorés de soleils et de chiffres du roi couronnés. Le roi fut servi par le marquis de Seignelay, la dauphine par le bailli Colbert, et Monsieur par le marquis de Blainville. Diverses duchesses, princesses, marquises, comtesses et demoiselles d'honneur étaient présentes. Deux tables de vingt à trente couverts furent préparées pour les personnes distinguées de la cour. Des buffets offraient boissons et plats aux invités. Des musiciens jouèrent des trompettes, timbales, violons, flûtes douces et hautbois pendant le repas. Après le dîner, le roi exprima sa satisfaction au marquis de Seignelay et inspecta les installations avant de quitter le château, escorté par des lumières.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 2912-2920
CEREMONIE de la Benediction des quatre nouvelles Cloches de l'Abbaye Sainte Geneviéve.
Début :
Il a été parlé dans le Mercure du mois d'Octobre de deux Cloches bénites à [...]
Mots clefs :
Bénédiction, Cloches, Abbaye de Sainte Geneviève, Prieur, Patrone de Paris, Comtesse de Trêmes, Prévôt, Amphithéâtre, Charpente, Sonnerie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CEREMONIE de la Benediction des quatre nouvelles Cloches de l'Abbaye Sainte Geneviéve.
CEREMONIE de la Benediction des
quatre nouvelles Cloches de l'Abbaye
Sainte Geneviève.
Idactée de deux Cloches bénites à
L a été parlé dans le Mercure du mois
Sainte Geneviève au mois de Septembre
dernier par l'Abbé de cette Abbaye : voici
ce qui s'est passé pour la bénédiction de
celles qui restoient.
Le Corps de Ville de Paris s'étant volontiers engagé de les nommer , on avoit
fait inscrire sur ces Cloches les noms et
les Armoiries de chacun de ces Mrs comme Parrains , on avoit pris la même précaution au sujet des Titres , Qualitez et
Blazon de Madame la Comtesse deTrémes
qui devoit être la Maraine.
Pour fixer le jour de la Cerémonie , les
Chanoines Réguliers de Sainte Genevieve
ffrent une députation à la Ville de huit
Religieux ; ils furent reçûs le 21 Novembre à la premiere Porte de l'Hôtel de Vilpar les Huissiers en Robe , lesquels les
ayant conduits jusqu'au haut de l'escalier,
deux Echevins , qui étoient venus au devant , les introduisirent , et les firent placer vis-à-vis M. le Prévôt des Marchands
le
II. Vol. après
DECEMBRE. 1732. 2913
après quelques révérences à Mrs de Ville
qui étoient debout.
J
La Compagnie ayant pris séance , le
Prieur de Sainte Geneviève , Chef de la
députation , complimenta ces Mrs sur le
zele , qu'à l'exemple de leurs Ancêtres
ils témoignoient pour la gloire de la Patrone de Paris , et les remercia de la nouvelle preuve qu'ils en donnoient dans la
conjoncture présente. Le Discours fini ,
le Procureur du Roi prit la parole , et rappellant les bienfaits obtenus par l'inter-,
cession de Sainte Geneviève , loua le zele
desReligieux à prier continuellementpour
les besoins publics. Le Prévôt des Marchands résuma ensuite ce qu'on venoit de
dire , et répondit que Mrs de Ville , et
lui en particulier , s'estimoient heureux
de donner cette marque de leur veneration pour la Patrone de Paris , et de concourir ainsi à la splendeur de l'Office Divin
dans une Eglise où les Citoyens ont toujours éprouvé les faveurs du Ciel ; il ajoûta quelques mots obligeans pour les Chanoines Réguliers , et fixa le jour de la Cérémonie au 27 Novembre , à dix heures
du matin. La Compagnie s'étant levée ,
les Religieux furent reconduits par les
deux Echevins qui les avoient reçûs.
Le jour de la Cerémonie ainsi arrêté
11. Vol.
Mrs
2914 MERCURE DE FRANCE
Mrs de Ville prirent des mesures pour ob
tenir du Roi la permission d'assister à
cette Benediction en grand habit de cerémonie ( comme cela se pratique en pareille occasion ) le Roi eut la bonté de l'accorder.
>
Le 27 Novembre , le Prévôt des Marchands , les Echevins et le Procureur du
Roi , se rendirent à l'Hôtel de Ville revêtus de Robbes de Velours , usitées seulement dans les plus grandes solemnitez ;
ils en partirent en Carosse , précedez de
quelques Archers de Ville , les autres Archers ayant le Commandant à leur tête
marchoient aux côtez des Carosses , lesquels étoient suivis de plusieurs autres
Čarosses où étoient les principaux Offciers , et le Colonel des 300. Archers de
Ville.
9
Mrs de Ville arriverent à 10 heures à
P'Abbaye , et furent d'abord conduits dans
une grande Sale où ils se reposerent pendant quelque tems. Ils se mirent ensuite
en marche , précedez de leurs Huissiers
en Robe mi-partie de rouge et de bleu ,
accompagnez de l'Etat- Major et des Gardes en habits d'Ordonnance neufs , ce qui
formoit un grand et pompeux Cortege
au bruit des Tambours et des Hautbois ,
et au son des deux premieres Cloches nou vellement bénites.
DECEMBRE. 1732. 2915
Ces Mrs continuerent leur marche vers
l'Eglise parmi une foule innombrable de
peuple , et une grande quantité de pauvres à qui on fit distribuer des aumônes
considérables. Ils furent reçûs à l'Eglise
et complimentez suivant la coûtume des
grandes cerémonies ; puis ayant passé au
milieu de la Communauté qui étoit en
haye dans la Nef, ils furent placez sur la
gauche d'un Autel qu'on avoit dressé exprès , et qui étoit adossé à la porte du
Chœur. Un excellent Concert d'instrument se fit entendre en même tems , et
ne discontinua point pendant la cerémonie.
La Comtesse de Trêmes arriva peu de
tems après dans un grand Carosse drapé ,
qu'environnoient 30 Valets de pied , cette Dame étoit en Robe de Cour , préce
dée de ses Pages , de quelques Ecuyers , et
accompagnée de plusieurs Dames de distinction . Les Chanoines la feçûrent en cerémonie , elle se plaça ( après avoir été
saluée du Corps de Ville ) auprès du Prévôt des Marchands et des Echevins ; les
anciens Echevins ( qui étoient en exercice quand le Corps de la Ville délibera de
nommer les quatre Cloches ) furent placez sur la même ligne , de même que les
Conseillers de l'Hôtel de Ville, On avoit
II. Vel. ta-
2916 MERCURE DE FRANCE
tapissé toute la façade de l'Eglise , pour
annoncer une solemnité extraordinaire
et on avoit couvert de grands tapis de
pied tout le pavé depuis la premiere porte de l'Eglise jusqu'à celle du Choeur ,
où étoit l'Autel dont on a parlé.
La Nef, destinée pour la cerémonie
avoit été ornée par le sieur Guillemont
Tapissier du Clergé et de la Ville , d'une
maniere fort ingenieuse , de même que
l'Autel qui étoit orné de 36 grands
Chandeliers d'argent garnis de gros cierges aux Armes de la Ville. Vis- à-vis l'Autel étoit un magnifique Lustre de cristal
à 18 branches qui donnoit une lumiere
des plus brillantes. Au- dessus de l'Autel
s'élevoit un magnifique Dais de Velours
brodé d'or , avec un assortiment relatif
orné de Cartouches historiques et symbo
liques , aussi brodez d'or , qui venoient
aboutir au Retable de l'Autel.
Cet Aurel étant placé au fond du milieu de la Nef, il restoit aux deux côtez
un intervale considerable : le tout formoit une face entiere ornée de tapisseries
semées de Fleur-de- lys d'or , ce qui fai
soit une superbe décoration et un beau
point de vue. On avoit pratiqué une
Tribune sur le Jubé qui est entre le
Chœur et la Nef, pour la Reine DoüaiII. Vol. riere
DECEMBRE. 1732 2917
riere d'Espagne ; tout le dedans étoit orné de Damas cramoisi , lé devant fermé
avec des rideaux de la même étoffe , et
l'appui du dehors paré d'un tapis brodé
d'or : la suite deS. M. C. occupoit le reste
du Jubé , qui étoit aussi orné à proportion.
Un Amphithéatre de six Gradins occu
poit les deux aîles de la Nef, ils étoient
couverts de Tapis de Perse et de verdure ,
les Pilliers étoient aussi ornez d'étoffes
depuis les Chapitaux jusqu'au pavé. Cet
Amphithéatre , parallele à la longueur de
la Nef, venoit de chaque côté se terminer circulairement à la Porte de l'Eglise.
On avoit pratiqué une autre Tribune à
côté du Jubé des Orgues , qui est audessus de cette Porte , presqu'au niveau
du Jubé , pour y placer une partie des
Musiciens et des Simfonistes , et le retour
de cette Tribune joignoit les premiers
pilliers de la Nef, Le sieur Dornel , Or- .
ganiste de l'Abbaye , fit éxécuter difféTens motets de sa composition , convena
bles à la solemnité de la Cerémonie , par
un excellent Chœur de musique composé
de plus de 80 personnes.
Ôn avoit construit au milieu de la
Nef, un quarré de charpente de 20 pieds
de long sur 14 de large , élevé dans une
II. Vol.
juste
2918 MERCURE DE FRANCE
juste proportion , et soutenu par 12 Colomnes couvertes de Satin blanc , sur le
quel étoient contournez de distance en
distance des cordons à glands d'or.Le Plafond de cette Charpente étoit couvert de
Damas cramoisi , et le dessus orné de riches Tapisseries de verdure. Les pentes .
collaterales étoient bordées de franges d'or
en Feston , avec des Aigretes touffues et
panachées aux quatre coins de l'Edifice ,
qui représentoit un somptueux et magni
fique Dais.
C'est dans cette Charpente qu'on avoit
suspendu les quatre Cloches , disposées
sans se toucher , et sans pouvoir presque
connoître à quoi elles tenoient , les differentes étoffes dont elles étoient ornées
avoient caché les cordages , les poulies , et
les autres machines , &c. Une Toile de
Batiste des plus fines , ornée d'une dentelle de deux pieds de hauteur et d'un
.goût exquis , couyroit les Cloches d'une manière également simple et noble.
Une étoffe rouge placée entre les Cloches
et la Toille , relevoit encore la beauté de
la dentelle.
Ce n'est pas le seul ornement dont Mrs
de Ville auroient voulu décorer les nouvelles Cloches , si le tems limité avoit pû
le leur permettre. Pour suppléer à cette II. Vol.
mis-
DECEMBRE. 1732. 2919
( mission , ils font faire actuellement à
Lyon un Drap d'or des plus précieux pour
de magnifiques Ornemens , qui ne serviront à l'Eglise de Sainte Genevieve
qu'aux jours des Fêtes les plus solemnelles.
-
L'Abbé de Sainte Geneviève commença la Cerémonie par une Messe basse
pendant laquelle le Choeur de Musique
chanta un très beau Motet. Après la
Messe l'Abbé alla prendre ses Habits Pontificaux , il revint accompagné de treize
Officiers magnifiquement revêtus , quatre en Tuniques et neufen Chapes. Les
Officiers de Justice de l'Abbaye en Robe
parurent en même tems. L'Abbé , selon
ce qui est marqué dans les Rituels , alla
aussi-tôt demander sous l'invocation de
quels Saints les Cloches seroient bénites ;
et cette Rubrique accomplie il tinta cha
que Cloche trois fois , la Comtesse de
Trêmes et le Prévôt des Marchands firent
la même chose , les autres Magistrats tinterent chacun séparément ; pour faciliter
cet essai de sonnerie , on avoit attaché
plusieurs cordons tissus d'argent , relevés
par des houpes très riches , aux battans
des Cloches.
Differents Pseaumes furent chantés pendant cetteCerémonie, soit en Plein- Chant,
I. Vol. avec
1920 MERCURE DE FRANCE
4
avec l'Orgue , ou en Musique. Les fanfá
res des Trompettes et des Hautbois accompagnoient et animoient ce chant. Les
Antiennes préliminaires aux Pseaumes
étoient toujours entonnées à l'Officiant
par le Grand- Chantre qui présidoit au
Choeur avec le Bâton de son Office. L'Abbé termina la Cerémonie par la Benediction qu'il donna pontificalement. Il alla
ensuite remercier la Comtesse de Trêmes
et Mrs de Ville , qui répondirent de la
maniere la plus gracieuse.
La Comtesse de Trêmes fut reconduite
par les Chanoines jusqu'à son Carosse, et
Mrs de Ville furent conduits dans un
Appartement de l'Abbaye , où ils accepterent le dîner qu'on leur avoit fait préparer. Une multitude prodigieuse de Feu
ple , qui n'avoit pu être témoin de cette
Cerémonie , s'empressa d'entrer dans l'Eglise , qui fût ouverte jusqu'au soir pour
satisfaire à la curiosité publique.
quatre nouvelles Cloches de l'Abbaye
Sainte Geneviève.
Idactée de deux Cloches bénites à
L a été parlé dans le Mercure du mois
Sainte Geneviève au mois de Septembre
dernier par l'Abbé de cette Abbaye : voici
ce qui s'est passé pour la bénédiction de
celles qui restoient.
Le Corps de Ville de Paris s'étant volontiers engagé de les nommer , on avoit
fait inscrire sur ces Cloches les noms et
les Armoiries de chacun de ces Mrs comme Parrains , on avoit pris la même précaution au sujet des Titres , Qualitez et
Blazon de Madame la Comtesse deTrémes
qui devoit être la Maraine.
Pour fixer le jour de la Cerémonie , les
Chanoines Réguliers de Sainte Genevieve
ffrent une députation à la Ville de huit
Religieux ; ils furent reçûs le 21 Novembre à la premiere Porte de l'Hôtel de Vilpar les Huissiers en Robe , lesquels les
ayant conduits jusqu'au haut de l'escalier,
deux Echevins , qui étoient venus au devant , les introduisirent , et les firent placer vis-à-vis M. le Prévôt des Marchands
le
II. Vol. après
DECEMBRE. 1732. 2913
après quelques révérences à Mrs de Ville
qui étoient debout.
J
La Compagnie ayant pris séance , le
Prieur de Sainte Geneviève , Chef de la
députation , complimenta ces Mrs sur le
zele , qu'à l'exemple de leurs Ancêtres
ils témoignoient pour la gloire de la Patrone de Paris , et les remercia de la nouvelle preuve qu'ils en donnoient dans la
conjoncture présente. Le Discours fini ,
le Procureur du Roi prit la parole , et rappellant les bienfaits obtenus par l'inter-,
cession de Sainte Geneviève , loua le zele
desReligieux à prier continuellementpour
les besoins publics. Le Prévôt des Marchands résuma ensuite ce qu'on venoit de
dire , et répondit que Mrs de Ville , et
lui en particulier , s'estimoient heureux
de donner cette marque de leur veneration pour la Patrone de Paris , et de concourir ainsi à la splendeur de l'Office Divin
dans une Eglise où les Citoyens ont toujours éprouvé les faveurs du Ciel ; il ajoûta quelques mots obligeans pour les Chanoines Réguliers , et fixa le jour de la Cérémonie au 27 Novembre , à dix heures
du matin. La Compagnie s'étant levée ,
les Religieux furent reconduits par les
deux Echevins qui les avoient reçûs.
Le jour de la Cerémonie ainsi arrêté
11. Vol.
Mrs
2914 MERCURE DE FRANCE
Mrs de Ville prirent des mesures pour ob
tenir du Roi la permission d'assister à
cette Benediction en grand habit de cerémonie ( comme cela se pratique en pareille occasion ) le Roi eut la bonté de l'accorder.
>
Le 27 Novembre , le Prévôt des Marchands , les Echevins et le Procureur du
Roi , se rendirent à l'Hôtel de Ville revêtus de Robbes de Velours , usitées seulement dans les plus grandes solemnitez ;
ils en partirent en Carosse , précedez de
quelques Archers de Ville , les autres Archers ayant le Commandant à leur tête
marchoient aux côtez des Carosses , lesquels étoient suivis de plusieurs autres
Čarosses où étoient les principaux Offciers , et le Colonel des 300. Archers de
Ville.
9
Mrs de Ville arriverent à 10 heures à
P'Abbaye , et furent d'abord conduits dans
une grande Sale où ils se reposerent pendant quelque tems. Ils se mirent ensuite
en marche , précedez de leurs Huissiers
en Robe mi-partie de rouge et de bleu ,
accompagnez de l'Etat- Major et des Gardes en habits d'Ordonnance neufs , ce qui
formoit un grand et pompeux Cortege
au bruit des Tambours et des Hautbois ,
et au son des deux premieres Cloches nou vellement bénites.
DECEMBRE. 1732. 2915
Ces Mrs continuerent leur marche vers
l'Eglise parmi une foule innombrable de
peuple , et une grande quantité de pauvres à qui on fit distribuer des aumônes
considérables. Ils furent reçûs à l'Eglise
et complimentez suivant la coûtume des
grandes cerémonies ; puis ayant passé au
milieu de la Communauté qui étoit en
haye dans la Nef, ils furent placez sur la
gauche d'un Autel qu'on avoit dressé exprès , et qui étoit adossé à la porte du
Chœur. Un excellent Concert d'instrument se fit entendre en même tems , et
ne discontinua point pendant la cerémonie.
La Comtesse de Trêmes arriva peu de
tems après dans un grand Carosse drapé ,
qu'environnoient 30 Valets de pied , cette Dame étoit en Robe de Cour , préce
dée de ses Pages , de quelques Ecuyers , et
accompagnée de plusieurs Dames de distinction . Les Chanoines la feçûrent en cerémonie , elle se plaça ( après avoir été
saluée du Corps de Ville ) auprès du Prévôt des Marchands et des Echevins ; les
anciens Echevins ( qui étoient en exercice quand le Corps de la Ville délibera de
nommer les quatre Cloches ) furent placez sur la même ligne , de même que les
Conseillers de l'Hôtel de Ville, On avoit
II. Vel. ta-
2916 MERCURE DE FRANCE
tapissé toute la façade de l'Eglise , pour
annoncer une solemnité extraordinaire
et on avoit couvert de grands tapis de
pied tout le pavé depuis la premiere porte de l'Eglise jusqu'à celle du Choeur ,
où étoit l'Autel dont on a parlé.
La Nef, destinée pour la cerémonie
avoit été ornée par le sieur Guillemont
Tapissier du Clergé et de la Ville , d'une
maniere fort ingenieuse , de même que
l'Autel qui étoit orné de 36 grands
Chandeliers d'argent garnis de gros cierges aux Armes de la Ville. Vis- à-vis l'Autel étoit un magnifique Lustre de cristal
à 18 branches qui donnoit une lumiere
des plus brillantes. Au- dessus de l'Autel
s'élevoit un magnifique Dais de Velours
brodé d'or , avec un assortiment relatif
orné de Cartouches historiques et symbo
liques , aussi brodez d'or , qui venoient
aboutir au Retable de l'Autel.
Cet Aurel étant placé au fond du milieu de la Nef, il restoit aux deux côtez
un intervale considerable : le tout formoit une face entiere ornée de tapisseries
semées de Fleur-de- lys d'or , ce qui fai
soit une superbe décoration et un beau
point de vue. On avoit pratiqué une
Tribune sur le Jubé qui est entre le
Chœur et la Nef, pour la Reine DoüaiII. Vol. riere
DECEMBRE. 1732 2917
riere d'Espagne ; tout le dedans étoit orné de Damas cramoisi , lé devant fermé
avec des rideaux de la même étoffe , et
l'appui du dehors paré d'un tapis brodé
d'or : la suite deS. M. C. occupoit le reste
du Jubé , qui étoit aussi orné à proportion.
Un Amphithéatre de six Gradins occu
poit les deux aîles de la Nef, ils étoient
couverts de Tapis de Perse et de verdure ,
les Pilliers étoient aussi ornez d'étoffes
depuis les Chapitaux jusqu'au pavé. Cet
Amphithéatre , parallele à la longueur de
la Nef, venoit de chaque côté se terminer circulairement à la Porte de l'Eglise.
On avoit pratiqué une autre Tribune à
côté du Jubé des Orgues , qui est audessus de cette Porte , presqu'au niveau
du Jubé , pour y placer une partie des
Musiciens et des Simfonistes , et le retour
de cette Tribune joignoit les premiers
pilliers de la Nef, Le sieur Dornel , Or- .
ganiste de l'Abbaye , fit éxécuter difféTens motets de sa composition , convena
bles à la solemnité de la Cerémonie , par
un excellent Chœur de musique composé
de plus de 80 personnes.
Ôn avoit construit au milieu de la
Nef, un quarré de charpente de 20 pieds
de long sur 14 de large , élevé dans une
II. Vol.
juste
2918 MERCURE DE FRANCE
juste proportion , et soutenu par 12 Colomnes couvertes de Satin blanc , sur le
quel étoient contournez de distance en
distance des cordons à glands d'or.Le Plafond de cette Charpente étoit couvert de
Damas cramoisi , et le dessus orné de riches Tapisseries de verdure. Les pentes .
collaterales étoient bordées de franges d'or
en Feston , avec des Aigretes touffues et
panachées aux quatre coins de l'Edifice ,
qui représentoit un somptueux et magni
fique Dais.
C'est dans cette Charpente qu'on avoit
suspendu les quatre Cloches , disposées
sans se toucher , et sans pouvoir presque
connoître à quoi elles tenoient , les differentes étoffes dont elles étoient ornées
avoient caché les cordages , les poulies , et
les autres machines , &c. Une Toile de
Batiste des plus fines , ornée d'une dentelle de deux pieds de hauteur et d'un
.goût exquis , couyroit les Cloches d'une manière également simple et noble.
Une étoffe rouge placée entre les Cloches
et la Toille , relevoit encore la beauté de
la dentelle.
Ce n'est pas le seul ornement dont Mrs
de Ville auroient voulu décorer les nouvelles Cloches , si le tems limité avoit pû
le leur permettre. Pour suppléer à cette II. Vol.
mis-
DECEMBRE. 1732. 2919
( mission , ils font faire actuellement à
Lyon un Drap d'or des plus précieux pour
de magnifiques Ornemens , qui ne serviront à l'Eglise de Sainte Genevieve
qu'aux jours des Fêtes les plus solemnelles.
-
L'Abbé de Sainte Geneviève commença la Cerémonie par une Messe basse
pendant laquelle le Choeur de Musique
chanta un très beau Motet. Après la
Messe l'Abbé alla prendre ses Habits Pontificaux , il revint accompagné de treize
Officiers magnifiquement revêtus , quatre en Tuniques et neufen Chapes. Les
Officiers de Justice de l'Abbaye en Robe
parurent en même tems. L'Abbé , selon
ce qui est marqué dans les Rituels , alla
aussi-tôt demander sous l'invocation de
quels Saints les Cloches seroient bénites ;
et cette Rubrique accomplie il tinta cha
que Cloche trois fois , la Comtesse de
Trêmes et le Prévôt des Marchands firent
la même chose , les autres Magistrats tinterent chacun séparément ; pour faciliter
cet essai de sonnerie , on avoit attaché
plusieurs cordons tissus d'argent , relevés
par des houpes très riches , aux battans
des Cloches.
Differents Pseaumes furent chantés pendant cetteCerémonie, soit en Plein- Chant,
I. Vol. avec
1920 MERCURE DE FRANCE
4
avec l'Orgue , ou en Musique. Les fanfá
res des Trompettes et des Hautbois accompagnoient et animoient ce chant. Les
Antiennes préliminaires aux Pseaumes
étoient toujours entonnées à l'Officiant
par le Grand- Chantre qui présidoit au
Choeur avec le Bâton de son Office. L'Abbé termina la Cerémonie par la Benediction qu'il donna pontificalement. Il alla
ensuite remercier la Comtesse de Trêmes
et Mrs de Ville , qui répondirent de la
maniere la plus gracieuse.
La Comtesse de Trêmes fut reconduite
par les Chanoines jusqu'à son Carosse, et
Mrs de Ville furent conduits dans un
Appartement de l'Abbaye , où ils accepterent le dîner qu'on leur avoit fait préparer. Une multitude prodigieuse de Feu
ple , qui n'avoit pu être témoin de cette
Cerémonie , s'empressa d'entrer dans l'Eglise , qui fût ouverte jusqu'au soir pour
satisfaire à la curiosité publique.
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Résumé : CEREMONIE de la Benediction des quatre nouvelles Cloches de l'Abbaye Sainte Geneviéve.
Le texte relate la cérémonie de bénédiction des quatre nouvelles cloches de l'Abbaye Sainte Geneviève à Paris. Les cloches portaient les noms et armoiries des membres du Corps de Ville de Paris, qui les avaient parrainées. La Comtesse de Trémes fut désignée comme marraine. Pour déterminer la date de la cérémonie, les Chanoines de Sainte Geneviève envoyèrent une délégation à la Ville de Paris, qui fut reçue le 21 novembre. Le Prévôt des Marchands fixa la cérémonie au 27 novembre. Le jour de la cérémonie, les membres du Corps de Ville se rendirent à l'Abbaye en grand habit de cérémonie, précédés par des archers et suivis par d'autres officiels. Ils furent accueillis par une foule nombreuse et des pauvres à qui des aumônes furent distribuées. L'église était richement décorée avec des tapisseries, des chandeliers d'argent et un lustre de cristal. La Comtesse de Trémes arriva peu après, accompagnée de sa suite. La cérémonie débuta par une messe basse suivie de la bénédiction des cloches. L'Abbé, assisté de treize officiers, demanda sous l'invocation de quels saints les cloches seraient bénites. Chaque cloche fut sonnée trois fois par l'Abbé, la Comtesse de Trémes, le Prévôt des Marchands et les autres magistrats. Des psaumes et des antiennes furent chantés, accompagnés par un chœur de musique et des instruments. La cérémonie se conclut par la bénédiction pontificale de l'Abbé, qui remercia ensuite la Comtesse de Trémes et les membres du Corps de Ville. Après la cérémonie, la Comtesse de Trémes fut reconduite à son carrosse, et les membres du Corps de Ville acceptèrent un dîner préparé à l'Abbaye. L'église resta ouverte jusqu'au soir pour permettre au public de voir les décorations.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3
p. 166-170
Ouverture des Ecoles de Chirurgie de Bordeaux, [titre d'après la table]
Début :
L'ouverture des Ecoles des Maîtres en Chirurgie de Bordeaux, qui avoit [...]
Mots clefs :
Chirurgie, Amphithéâtre, Élèves, Maîtres en chirurgie, Bordeaux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Ouverture des Ecoles de Chirurgie de Bordeaux, [titre d'après la table]
'Ouverture des Ecoles des Maîtres en
L Chirurgie de Bordeaux , qui avoit
été annoncée dans les nouvelles publiques
pour le commencement de Mai , n'a pu fo
faire que dans le mois de Juin . Ils ont célébré
cette fête avec beaucoup d'éclat pendant
trois jours confécutifs. Le 18 ils
firent chanter une grand'Meffe folemnelle
du S. Efprit , après laquelle le Célébrant fit
la bénédiction de l'amphithéatre , & en fit
la dédicace à S. Cofme. Le 19 , on fir
depuis fix heures du matin jufqu'au foir
plufieurs décharges des canons qu'on avoit
placés dans la Cour. A trois heures de
l'après -midi , les Maîtres en Chirurgie fe
rendirent dans l'amphithéatre pour entendre
prononcer par le fieur Balai , lieute
nant de Monfieur le premier Chirurgien
du Roi , un difcours très- éloquent , relatif
*au fujer , & qui fat du goût de tout le
monde. Le Parlement , le Corps de Ville ,
l'Univerfité , l'Académie Royale des Sciences
, & un très - grand nombre de perſonnes
de diftinction , honorerent l'affemblée de
leur préfence , & témoignerent par un
applaudiffement général , la fatisfaction
NOVEMBRE. 1755. 167
qu'ils avoient d'un établiſſement auffi précieux
pour la confervation des citoyens.
Après le difcours les Officiers de la compagnie
firent fervir toutes fortes de rafraî
chiffemens qu'ils avoient eu la précaution
de faire préparer dans une falle à caufe de
la chaleur exceffive de la faifon . Le foir ,
il y eut un grand repas pendant lequel on
décora l'Ecole d'une brillante illumina
tion : la principale entrée étoit ornée de
plufieurs pilaftres & panneaux formant
un ordre Ionique ; on avoit pofé au - deffus
plufieurs vafes entre lefquels étoit un fronton
d'un beau deffein, qui couronnoit toute
la façade & en faifoit le principal ornement
: le tout étoit garni de lampions &
I de pots de feu. Dans l'intérieur de la cour,
on voyoit le pleinthe de l'architrave de
l'amphithéatre garni de terrines de feu ;
les pilaftres de fon entrée imitant un ordre
Dorique étoient parfemés d'une infinité
de lampions , & ornés de guirlandes , de
pampres & de lauriers , ce qui offroit le
fpectacle le plus gracieux & le plus amufant
qu'on ait vu depuis longtems dans
cette ville. Vers les onze heures du foir
il y eut un feu d'artifice très-bien exécuté,
avant & après lequel on jetta une trèsgrande
quantité de fufées jufqu'à une
heure après minuit. La férénité de la nuit
168 MERCURE DE FRANCE.
ne contribua pas peu à embellir la décoration.
Beaucoup de perfonnes & plufieurs
dames attirées la curiofité de voir le
par
feu d'artifice , furent régalées de plufieurs
rafraîchiffemens qu'on eut l'honneur de
leur préfenter : le peuple participa auffi à
la joie générale ; on fit couler fans interruption
pendant l'après-midi , deux fonaines
de vin ; tout fe paffa dans le plus
grand ordre , malgré l'affluence & le concours
prodigieux du peuple qui venoit de
routes parts.
Quelque eclatante que fût cette fète ,
elle n'auroit fait dans les efprits qu'une
légere fenfation , fi les Maîtres en Chirurgie
ne s'étoient attachés à en perpétuer
le fouvenir par des exercices plus durables
; ils avoient affigné au lendemain
une fête plus intéreffante pour les Eleves
en Chirurgie ; en effet , le 20 ils affifterent
en foule dans l'amphithéatre , à la
premiere démonftration de l'Oftéologie
qui leur fut faite par le fieur Dubruel , &
qu'il continue avec toute l'efficacité poffible.
Ce n'eft pas le feul cours que cette
compagnie s'eft propofé de faire : elle a
nommé quatre démonftrateurs * pour
remplir fes intentions. Le fieur Lafourcade
fils , trairera des principes de Chirur-
Les quatre Démonftrateurs font Maîtres- ès- arts.
gie ,
NOVEMBRE. 1755. 169
gie , le fieur Larrieu fils démontrera l'anatomie
, le fieur Dupuy fera les opérations
de Chirurgie ; & le fieur Dubruel , après
avoir fait la démonftration des os , traitera
des maladies qui les affectent. On a cru
devoir commencer par ce dernier cours
afin de faciliter aux éleves en Chirurgie
les moyens les plus fûrs de faire de plus
grands progrès , & pour les mettre en état
d'acquerir plus promptement les connoiffances
que doivent leur donner les autres
Démonftrateurs. Le grand nombre des curieux
qui affiftent aux leçons , & l'affiduité
des éleves qui s'y rendent , plutôt par
émulation que par bienféance , font des
fürs garans du fuccès & des avantages
qu'on doit fe promettre de cet établiffement
ordonné par le Roi , ( conformément
aux lettres patentes du 8 Septembre 1752)
' conftruit par la generofité des Maîtres en
Chirurgie , & foutenu par la protection &
les bienfaits de M. de la Martiniere , premier
Chirurgien de Sa Majefté , qui en a
donné des preuves à cette compagnie dans
bien des occafions , notamment l'année
derniere , en lui obtenant des ftaruts follicités
depuis plufieurs années, par lefquels
les Maîtres en Chirurgie lettres jouiront dorénavant
de prérogatives honorables , ainfi
que ceux qui exerceront ou feront exercer
H
170 MERCURE DE FRANCE.
par leurs éleves la Chirurgie , fans aucun
mêlange de barberie .
L Chirurgie de Bordeaux , qui avoit
été annoncée dans les nouvelles publiques
pour le commencement de Mai , n'a pu fo
faire que dans le mois de Juin . Ils ont célébré
cette fête avec beaucoup d'éclat pendant
trois jours confécutifs. Le 18 ils
firent chanter une grand'Meffe folemnelle
du S. Efprit , après laquelle le Célébrant fit
la bénédiction de l'amphithéatre , & en fit
la dédicace à S. Cofme. Le 19 , on fir
depuis fix heures du matin jufqu'au foir
plufieurs décharges des canons qu'on avoit
placés dans la Cour. A trois heures de
l'après -midi , les Maîtres en Chirurgie fe
rendirent dans l'amphithéatre pour entendre
prononcer par le fieur Balai , lieute
nant de Monfieur le premier Chirurgien
du Roi , un difcours très- éloquent , relatif
*au fujer , & qui fat du goût de tout le
monde. Le Parlement , le Corps de Ville ,
l'Univerfité , l'Académie Royale des Sciences
, & un très - grand nombre de perſonnes
de diftinction , honorerent l'affemblée de
leur préfence , & témoignerent par un
applaudiffement général , la fatisfaction
NOVEMBRE. 1755. 167
qu'ils avoient d'un établiſſement auffi précieux
pour la confervation des citoyens.
Après le difcours les Officiers de la compagnie
firent fervir toutes fortes de rafraî
chiffemens qu'ils avoient eu la précaution
de faire préparer dans une falle à caufe de
la chaleur exceffive de la faifon . Le foir ,
il y eut un grand repas pendant lequel on
décora l'Ecole d'une brillante illumina
tion : la principale entrée étoit ornée de
plufieurs pilaftres & panneaux formant
un ordre Ionique ; on avoit pofé au - deffus
plufieurs vafes entre lefquels étoit un fronton
d'un beau deffein, qui couronnoit toute
la façade & en faifoit le principal ornement
: le tout étoit garni de lampions &
I de pots de feu. Dans l'intérieur de la cour,
on voyoit le pleinthe de l'architrave de
l'amphithéatre garni de terrines de feu ;
les pilaftres de fon entrée imitant un ordre
Dorique étoient parfemés d'une infinité
de lampions , & ornés de guirlandes , de
pampres & de lauriers , ce qui offroit le
fpectacle le plus gracieux & le plus amufant
qu'on ait vu depuis longtems dans
cette ville. Vers les onze heures du foir
il y eut un feu d'artifice très-bien exécuté,
avant & après lequel on jetta une trèsgrande
quantité de fufées jufqu'à une
heure après minuit. La férénité de la nuit
168 MERCURE DE FRANCE.
ne contribua pas peu à embellir la décoration.
Beaucoup de perfonnes & plufieurs
dames attirées la curiofité de voir le
par
feu d'artifice , furent régalées de plufieurs
rafraîchiffemens qu'on eut l'honneur de
leur préfenter : le peuple participa auffi à
la joie générale ; on fit couler fans interruption
pendant l'après-midi , deux fonaines
de vin ; tout fe paffa dans le plus
grand ordre , malgré l'affluence & le concours
prodigieux du peuple qui venoit de
routes parts.
Quelque eclatante que fût cette fète ,
elle n'auroit fait dans les efprits qu'une
légere fenfation , fi les Maîtres en Chirurgie
ne s'étoient attachés à en perpétuer
le fouvenir par des exercices plus durables
; ils avoient affigné au lendemain
une fête plus intéreffante pour les Eleves
en Chirurgie ; en effet , le 20 ils affifterent
en foule dans l'amphithéatre , à la
premiere démonftration de l'Oftéologie
qui leur fut faite par le fieur Dubruel , &
qu'il continue avec toute l'efficacité poffible.
Ce n'eft pas le feul cours que cette
compagnie s'eft propofé de faire : elle a
nommé quatre démonftrateurs * pour
remplir fes intentions. Le fieur Lafourcade
fils , trairera des principes de Chirur-
Les quatre Démonftrateurs font Maîtres- ès- arts.
gie ,
NOVEMBRE. 1755. 169
gie , le fieur Larrieu fils démontrera l'anatomie
, le fieur Dupuy fera les opérations
de Chirurgie ; & le fieur Dubruel , après
avoir fait la démonftration des os , traitera
des maladies qui les affectent. On a cru
devoir commencer par ce dernier cours
afin de faciliter aux éleves en Chirurgie
les moyens les plus fûrs de faire de plus
grands progrès , & pour les mettre en état
d'acquerir plus promptement les connoiffances
que doivent leur donner les autres
Démonftrateurs. Le grand nombre des curieux
qui affiftent aux leçons , & l'affiduité
des éleves qui s'y rendent , plutôt par
émulation que par bienféance , font des
fürs garans du fuccès & des avantages
qu'on doit fe promettre de cet établiffement
ordonné par le Roi , ( conformément
aux lettres patentes du 8 Septembre 1752)
' conftruit par la generofité des Maîtres en
Chirurgie , & foutenu par la protection &
les bienfaits de M. de la Martiniere , premier
Chirurgien de Sa Majefté , qui en a
donné des preuves à cette compagnie dans
bien des occafions , notamment l'année
derniere , en lui obtenant des ftaruts follicités
depuis plufieurs années, par lefquels
les Maîtres en Chirurgie lettres jouiront dorénavant
de prérogatives honorables , ainfi
que ceux qui exerceront ou feront exercer
H
170 MERCURE DE FRANCE.
par leurs éleves la Chirurgie , fans aucun
mêlange de barberie .
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Résumé : Ouverture des Ecoles de Chirurgie de Bordeaux, [titre d'après la table]
L'ouverture des Écoles des Maîtres en Chirurgie de Bordeaux, initialement prévue pour mai, a eu lieu en juin sur trois jours. Le 18 juin, une grand-messe solennelle du Saint-Esprit a été chantée, suivie de la bénédiction et de la dédicace de l'amphithéâtre à Saint-Côme. Le 19 juin, des salves de canons ont été tirées et un discours élogieux sur la chirurgie a été prononcé par le sieur Balai. De nombreuses personnalités, dont le Parlement, le Corps de Ville, l'Université, et l'Académie Royale des Sciences, ont assisté à l'événement, exprimant leur satisfaction pour cet établissement bénéfique à la conservation des citoyens. Après le discours, des rafraîchissements et un grand repas ont été offerts, accompagnés d'une illumination brillante de l'école et d'un feu d'artifice. Le peuple a également participé à la joie générale avec des fontaines de vin coulant sans interruption. Le 20 juin, une démonstration d'ostéologie a été faite par le sieur Dubruel, marquant le début des cours. Quatre démonstrateurs ont été nommés pour enseigner divers aspects de la chirurgie : Lafourcade fils pour les principes de chirurgie, Larrieu fils pour l'anatomie, Dupuy pour les opérations de chirurgie, et Dubruel pour les maladies osseuses. L'établissement, ordonné par le Roi et soutenu par la générosité des Maîtres en Chirurgie et la protection de M. de la Martinière, promet un succès et des avantages significatifs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4
p. 185-187
SPECTACLES DE PARIS. ACADÉMIE ROYALE DE MUSIQUE. CONCERTS FRANÇOIS.
Début :
ON a repris le Vendredi 3 Juin, le Concert, commençant par l'ouverture [...]
Mots clefs :
Concerts, Palais, Amphithéâtre, Statue du roi, Académie royale de musique
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texteReconnaissance textuelle : SPECTACLES DE PARIS. ACADÉMIE ROYALE DE MUSIQUE. CONCERTS FRANÇOIS.
SPECTACLES DE PARIS.
ACADÉMIE ROYALE DE MUSIQUE.
CONCERTS FRANÇOIS .
O
Na repris le Vendredi 3 Juin , ! e Concert
, commençant
par l'ouverture
de Pigmalion
, & c. donné pour la premiere
fois le 6 Mai.
Le 10 , on a repris un Concert donné
le 27 Mai , commençant par l'ouverture
des Talens Lyriques , &c.
Le 10 , reprife du Concert commençant
par le Prologue de Tarfis & Zélie ,
& c. donné le 20 Mai .
Le Vendredi 24 , on a donné un Concert
nouveau qui méritoit le fuccès brillant
qu'il a eu. Il a commencé par l'Accord
des Dieux , PROLOGUE de NAïs
à l'occafion de la Paix ; différens morceaux
d'Opéra plus agréables lés uns
que les autres fuivirent ce début. Le
Concert fut terminé par des fragmens ,
dans lesquels on chanta partie du divertiffement
du troifiéme Acte d'Iffé.
Mademoiſelle CHEVALIER Y chanta
avec beaucoup de diſtinction , ainſi que
186 MERCURE DE FRANCE.
Mademoiſelle ARNOULD qui porte partout
jufques au Concert le charme du
fentiment qu'elle exprime. Mademoifelle
LARRIVÉE fit très-grand plaifir ,
dans un Roffignol , morceau du genre
qui lui eft fpécialement propre , & dans
lequel cette Cantatrice peut toujours
compter fur les fuffrages du Public .
Meffieurs GELIN , LARRIVÉE & DURAND
, chanterent auffi dans le même
Concert avec le fuccès que méritent
proportionellement leurs talens & leurs
voix .
Le zéle des Directeurs pour le choix ,
l'arrangement & l'éxécution de ces Concerts
ne s'étant point démenti juſqu'à
préfent , l'empreffement du Public a
toujours été le même ; enforte que neuf
Concerts , depuis deux mois ont produit
de recette la fomme de 28392 liv .
L'Académie - Royale de Mufique
n'ayant point actuellement de Théâtre ,
& n'ayant pû conféquemment donner ',
fuivant l'ufage,des marques de fon zéle
dans les réjouiffances publiques , par la
repréſentation gratis de fon Spectacle ;
on y a fuppléé par un très- grand concert
de fymphonie , éxécuté le 20 , ( jour de
l'inauguration de la Statue du Roi ) dans
Te jardin du Palais des Thuilleries, fur un
JUILLET. 1763 . 187
Amphithéâtre illuminé , conftruit contre
la façade du Palais.
ACADÉMIE ROYALE DE MUSIQUE.
CONCERTS FRANÇOIS .
O
Na repris le Vendredi 3 Juin , ! e Concert
, commençant
par l'ouverture
de Pigmalion
, & c. donné pour la premiere
fois le 6 Mai.
Le 10 , on a repris un Concert donné
le 27 Mai , commençant par l'ouverture
des Talens Lyriques , &c.
Le 10 , reprife du Concert commençant
par le Prologue de Tarfis & Zélie ,
& c. donné le 20 Mai .
Le Vendredi 24 , on a donné un Concert
nouveau qui méritoit le fuccès brillant
qu'il a eu. Il a commencé par l'Accord
des Dieux , PROLOGUE de NAïs
à l'occafion de la Paix ; différens morceaux
d'Opéra plus agréables lés uns
que les autres fuivirent ce début. Le
Concert fut terminé par des fragmens ,
dans lesquels on chanta partie du divertiffement
du troifiéme Acte d'Iffé.
Mademoiſelle CHEVALIER Y chanta
avec beaucoup de diſtinction , ainſi que
186 MERCURE DE FRANCE.
Mademoiſelle ARNOULD qui porte partout
jufques au Concert le charme du
fentiment qu'elle exprime. Mademoifelle
LARRIVÉE fit très-grand plaifir ,
dans un Roffignol , morceau du genre
qui lui eft fpécialement propre , & dans
lequel cette Cantatrice peut toujours
compter fur les fuffrages du Public .
Meffieurs GELIN , LARRIVÉE & DURAND
, chanterent auffi dans le même
Concert avec le fuccès que méritent
proportionellement leurs talens & leurs
voix .
Le zéle des Directeurs pour le choix ,
l'arrangement & l'éxécution de ces Concerts
ne s'étant point démenti juſqu'à
préfent , l'empreffement du Public a
toujours été le même ; enforte que neuf
Concerts , depuis deux mois ont produit
de recette la fomme de 28392 liv .
L'Académie - Royale de Mufique
n'ayant point actuellement de Théâtre ,
& n'ayant pû conféquemment donner ',
fuivant l'ufage,des marques de fon zéle
dans les réjouiffances publiques , par la
repréſentation gratis de fon Spectacle ;
on y a fuppléé par un très- grand concert
de fymphonie , éxécuté le 20 , ( jour de
l'inauguration de la Statue du Roi ) dans
Te jardin du Palais des Thuilleries, fur un
JUILLET. 1763 . 187
Amphithéâtre illuminé , conftruit contre
la façade du Palais.
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