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1
p. 173-174
« Il paroît depuis peu une Estampe, gravée à l'occasion des mariages que la Ville [...] »
Début :
Il paroît depuis peu une Estampe, gravée à l'occasion des mariages que la Ville [...]
Mots clefs :
Estampe, Coeurs, Symbole, Naissance du duc de Bourgogne
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texteReconnaissance textuelle : « Il paroît depuis peu une Estampe, gravée à l'occasion des mariages que la Ville [...] »
Il paroît depuis peu une Estampe, gravée
à l'occasion des mariages que la Ville
de Paris a dottés pour célébrer l'heureuse
Naissance de Monseigneur le Duc de Bour-
gogne: en voici l'idée. Cette Estampe
représente, sous un pavillon fleurdelisé,
une estrade couverte d'un rapis pareil, sur
lequel est le Duc de Bourgogne avec son
Cordon bleu, & sa Croix de l'Ordre du
Saint Esprit. Il y est en maillot (ayant
néanmoins les mains libres (assis sur des
oreillers, & environné de lys & de ra-
meaux d'olivier, qui forment au dessus de
Huj
es
174 MERCUREDEFRANCE.
sa tête une espêce de berceau. On l'y voit
occupé à unir des cœeurs, symbole des al-
liances, dont sa naissance est l'heureuse
époque. A ses côtés sont deux Anges qui
lui présentent les cœeurs à mesure quon
les unit. Devant lui deux petits Anges
tiennent un linge où sont trois couples de
coeurs déja unis, tandis que d'autres sont
occupés à en apporter au Prince. Au-des-
sus sur des nuages sont quelques têntes de
Cherubins, qui peuvent exvrimer avec
les autres Anges qui ornent le sujet, que
les Esprits célestes président à ces maria-
ges, & ratifient dans le Ciel les alliances
que la piété du Roi à fait contracter parmi
ses Sujets. Au dessus des têtes de Cheru-
bins est cette devise Latine; Regius infans
Regi, patri, sibi, Civitati aeternos parat
amicos. Le fond de l'Estampe est un Soleil
levant dans l'horison, symbole de la nais-
sance du Prince, qui continuera, comme
ses illustres ayeux, à faire le bonheur de
ses peuples.
Le dessein de cette Estampe est de M.
Cochin, fils, le premier Artiste de l'Europe
en son genre. Elle a été fort agréablement
rendue par M. J. Tardieu, dont le talent
est fort connu. Ces deux Graveurs sont de
l'Académie.
à l'occasion des mariages que la Ville
de Paris a dottés pour célébrer l'heureuse
Naissance de Monseigneur le Duc de Bour-
gogne: en voici l'idée. Cette Estampe
représente, sous un pavillon fleurdelisé,
une estrade couverte d'un rapis pareil, sur
lequel est le Duc de Bourgogne avec son
Cordon bleu, & sa Croix de l'Ordre du
Saint Esprit. Il y est en maillot (ayant
néanmoins les mains libres (assis sur des
oreillers, & environné de lys & de ra-
meaux d'olivier, qui forment au dessus de
Huj
es
174 MERCUREDEFRANCE.
sa tête une espêce de berceau. On l'y voit
occupé à unir des cœeurs, symbole des al-
liances, dont sa naissance est l'heureuse
époque. A ses côtés sont deux Anges qui
lui présentent les cœeurs à mesure quon
les unit. Devant lui deux petits Anges
tiennent un linge où sont trois couples de
coeurs déja unis, tandis que d'autres sont
occupés à en apporter au Prince. Au-des-
sus sur des nuages sont quelques têntes de
Cherubins, qui peuvent exvrimer avec
les autres Anges qui ornent le sujet, que
les Esprits célestes président à ces maria-
ges, & ratifient dans le Ciel les alliances
que la piété du Roi à fait contracter parmi
ses Sujets. Au dessus des têtes de Cheru-
bins est cette devise Latine; Regius infans
Regi, patri, sibi, Civitati aeternos parat
amicos. Le fond de l'Estampe est un Soleil
levant dans l'horison, symbole de la nais-
sance du Prince, qui continuera, comme
ses illustres ayeux, à faire le bonheur de
ses peuples.
Le dessein de cette Estampe est de M.
Cochin, fils, le premier Artiste de l'Europe
en son genre. Elle a été fort agréablement
rendue par M. J. Tardieu, dont le talent
est fort connu. Ces deux Graveurs sont de
l'Académie.
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Résumé : « Il paroît depuis peu une Estampe, gravée à l'occasion des mariages que la Ville [...] »
Une estampe récente célèbre la naissance du Duc de Bourgogne et les mariages organisés en son honneur par la ville de Paris. Elle représente le Duc sous un pavillon fleurdelisé, assis sur une estrade drapée de manière similaire, portant le cordon bleu et la croix de l'Ordre du Saint-Esprit. Autour de lui, des lys et des rameaux d'olivier forment un berceau, et des cœurs symbolisent les alliances. Deux anges lui présentent des cœurs à unir, tandis que d'autres tiennent un linge avec des cœurs déjà unis. Des chérubins sur des nuages et une devise latine, 'Regius infans Regi, patri, sibi, Civitati aeternos parat amicos', indiquent la bénédiction divine sur ces unions. Le soleil levant symbolise la naissance du prince et son futur rôle bénéfique pour ses peuples. L'estampe est conçue par Charles-Nicolas Cochin et gravée par Jean-François Tardieu, tous deux membres de l'Académie.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 214
« On distribuera vers le milieu du mois un second Mercure de Janvier qui contiendra uniquement les [...] »
Début :
On distribuera vers le milieu du mois un second Mercure de Janvier qui contiendra uniquement les [...]
Mots clefs :
Naissance du duc de Bourgogne
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texteReconnaissance textuelle : « On distribuera vers le milieu du mois un second Mercure de Janvier qui contiendra uniquement les [...] »
On distribuera vers le milieu du mois un second
Mercure de Janvier qui contiendra uniquement les
vers qui ont été faits, & les fêtes qui ont été don-
nices a l'occasion de la Naissance de Monseigneur
le Duc de Bourgogne.
Mercure de Janvier qui contiendra uniquement les
vers qui ont été faits, & les fêtes qui ont été don-
nices a l'occasion de la Naissance de Monseigneur
le Duc de Bourgogne.
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3
p. 3-9
PREDICTION SUR LA NAISSANCE D'UN DUC DE BOURGOGNE. Par Madame Curé.
Début :
Loin d'ici Fées mensongeres du Parnasse, dont le langage fut [...]
Mots clefs :
Prédiction, Naissance du duc de Bourgogne, Peuples, Temps, Traits, Fils, Yeux, Dieux, Fille, Roi
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texteReconnaissance textuelle : PREDICTION SUR LA NAISSANCE D'UN DUC DE BOURGOGNE. Par Madame Curé.
PREDICTION
SUR LA NAISSANCE
D'UN DUC
DE BOURGOGNE.
Par Madame Curé.
Loin d'ici Fées mensongeres du
Parnasse, dont le langage fut
de tout tems consacré à l'impos-
ture. Je renonce à vos faveurs.
Vous fites jadis entendre sur le Tybre in-
digné, des accens impies, à la louange
A ij
II. Vol.
Digsiues vO
4 MERCUREDEFRANCE.
du * Meurtrier d'Agripine. Pour combien
de Tyrans vos nourrissons insensés allu-
merent-ils un encens criminel? Que de
traits leur plume sacrilège ne lança t'elle
pas contre des Héros bien-faisans, les
délices de leurs peuples & de toute la terre?
.
Je t'invoque, fils de l'Océan & de
Thétis, volage & savant Protée, à qui le
Livre des Destins est ouvert. Fais moi lire
dans l'avenit: éclaire moi. Quels seront
les fruits de l'Hymen glorieux qui joint
l'Auguste Lovis avec l'adorable Jo-
SEPHE? **Nos voeux & nos espérances
seront-ils trompés? La seule violence
peut, dit-on, arracher tes faveurs: mais
que peut une foible mortelle contre les
Dieux? Mes voeux & mon zéle seront les
sculs efforis que j'employrai pour te fixer.
Quels sentimens inconnus s'emparent
de moi! Je trenible, je frissonne. Quels
rayons viennent m'éclairer! L'avenir se dé-
voile à mesyeux. J'entens les bords enchan-
tés de la Seine reteutir de mille concerts
harmonieux. Les Peuples enyvtés de joie &
*Lucain dans sa Pharsile, a lové Nerou,
** Marie Josephe, P. iacesse de Pologue.
JANVIER. 1752.
d'allégresse célébrent à l'envi la bonté des
immortels. Un nouveau Lys va naître sur
nos rives fortunées. Lucine tend déja ses
mains propices à la Princesse adorable qui
le donne à notre amour. Parez- vous,
Apollon, de traits nouveaux & plus bril-
lans. Répandez, mon frere, une lumiere
& plus pure & plus belle. Elle va frapper
pour la premiere fois les yeux charmans
du petit- fils de LOVIS & de MARIN-
Je le vois dans son divin berceau entou-
ré des ris, des jeux & des graces. Vénus
en sa faveur, pardonne à la beauté de sa
rivale, la fille du Roi des Sarmates. * Elle
prodigue à cet enfant gloneux ses caresses.
Le Dieu de Paphos laissant tomber son arc
de ses mains redoutables, l'air sombre &
la tênte baissée, gémit & soupire, Ah! s'é-
crie-t'il, mon Empire est perdu! Je vois
un rival invincible dans cet enfant: il a
mes traits, mes graces: mais ai- je des yeux
comme lui, capables d'enflammer les cieux
& la tetre?
W
Tu souris, Prince illustre: l'Amour ir-
rité s'envole. Ah! quelle différence entre
toi & ceDieu cruel! Que de Sceptres brises!
La sille du Roi des Sarmates, c'est Madame
la Dauphine, qui est fille du Roi de Pologne. Les
Polonois s'appelloient autresois Sarmates.
Aiij
6 MERCUREDEFRANCE.
Que de Cités ravagées ; De combien de
maux & de calamités n est-il point l'Artisan
funeste? Mais que de Trônes soutenus! Que
de Nations sauvées! Que de bonheur & de
prospérité ta main prodigue va répandre
sur l'Univers!
Marchant sur les traces de ton auguste
Ayeul & de son fils, & digne comme eux
du nom si rare de BIEN-AIME, tuembarras-
seras l'Histoire. Clio, destinée à débrouiller
le cahos des Tems, nommera confusément,
dans nos fastes, trois Titus, plus ressemblans
encore par la bonté, la clemence, & par
routes les vertus des grands Rois, que par
le nom flatteur qui les annonce.
Peuples asservis sous un Maître barba-
re, * Grecs infortunés si différens de vos
Peres, fermez vos coeurs à une joye insen-
sée. Des Devins trompeurs brisant fausse-
ment, dans leurs oracles, vos fers & vos
chaînes, planterent nos Lys sut vos tristes
rives. Vaines illusions! Frivoles espéran-
ces ! Les destins propices préparent au
Prince qui vient de naître un bonheur plus
doux & plus sensible: il augmentera celui
de ses peuples.
* Ceitains Entousiastes ont prédit que la Fran-
ce détruiroit l'Empire des Turcs.
30
JANVIER.
1752.
La fille de Jupiter & de Thémis, Astrée
quitte les Cieux; elle vient habiter les
climats heureusemeni sou misà la Loi des
BOURBONS. Dicux! Quels tems me
découvres-tu, sçavant Prothée! L'avarice
expire, la discorde frémit, la pauvreté
s'envole, le fortuné Gaulois n'a de désirs
que pour remplir ceux des autres, de dé-
bats que pour exercer, à l'envi, sa généro-
fité, & de besoins que celui de remerciet
les Dieux de son abondance.
Le Tytan de nos plaisirs, le vil intérêt ne
forge plus de traits dorés pour le Dicu d'A-
mathonte. La tendresse, la constance, le
mystere effacent l'éclat des métaux funestes
qu'une main avare tira des entrailles de la
terre. Les Amans sçauront aimer; ils soupite-
ront pour des charmes toujours nouveaux
& toujours les mêmes, & ils ne s'en vante-
ront qu'à l'objet de leurs flammes.
L'ouvrage divin, dont le Vainqueur
pacisique de Fontenoy a jetté les fonde-
mens, s'acheve. Je vois la paix bâtir de ses
mains tranquilles son empire sur les debris
de celui de Bellone. L'arbre de Minerve
répand de toutes parts ses rameaux ver-
A iiij
LeNOO
9MERCURE DE FRANCE-
doyans. L'ambition, la cruauté & l'injustice
unissent envain leur fureur pour r'ouvrir-
un Templobarbare teint du sang des mortels
dévoués au Dieu des meurtres & du carnage.
Quel spectacle frappe mes yeux ! Je
vois, sous un ciel sercin & tranquille,
mille & mille Laboureurs amasser à l'en-
vi les dons abondans de la blonde Cerés.
La faux du Soldat effréné n'a pas moisson-
né leurs douces espérances. Bien-tôt, au
milieu de leurs chastes épouses & de leurs
enfans chéris, ils vont rroubler agréable-
ment le silence de leurs foyers parsibles,
par des hymnes sacrées que leur inspirora la
piété & la reconnoissance. Le doux Nectat
du fils de Sémelle prête une nouvelle force
à leurs voix saintement fatiguées. Les
Dieux applaudissent eux mêmes à des fêtes
dont ils ont dicté l'appareil.
Tu m'abandonnes, Dieu volage, incons-
tant Prothée. L'avenit se dérobe à mes
yeux. J'apperçois un tems bien différent,
trop présent encore à ma douleur; le pas-
sé funeste, où la Parque m'enleva le mor-
tel vertueux dont l'hymen avoit uni nos
destinées. Hélas! Quel abattement! Quel-
les douleurs! Mais de quels sons généreux-
viens-tu frapper mes oreilles? Je t'entens,
300
JANVIER. 1732.
ombre plaintive: Cesse, dis-tu, de répan-
dre des larmes stériles sur ma cendre: je-
quitte ta tendresse de regrets superflus: ta
Patrie prospére, tout rit à LO uIS: Ses
peuples sont heureux. Ton coeur pourroit-
il encore s'ouvrit à la tristesse:
SUR LA NAISSANCE
D'UN DUC
DE BOURGOGNE.
Par Madame Curé.
Loin d'ici Fées mensongeres du
Parnasse, dont le langage fut
de tout tems consacré à l'impos-
ture. Je renonce à vos faveurs.
Vous fites jadis entendre sur le Tybre in-
digné, des accens impies, à la louange
A ij
II. Vol.
Digsiues vO
4 MERCUREDEFRANCE.
du * Meurtrier d'Agripine. Pour combien
de Tyrans vos nourrissons insensés allu-
merent-ils un encens criminel? Que de
traits leur plume sacrilège ne lança t'elle
pas contre des Héros bien-faisans, les
délices de leurs peuples & de toute la terre?
.
Je t'invoque, fils de l'Océan & de
Thétis, volage & savant Protée, à qui le
Livre des Destins est ouvert. Fais moi lire
dans l'avenit: éclaire moi. Quels seront
les fruits de l'Hymen glorieux qui joint
l'Auguste Lovis avec l'adorable Jo-
SEPHE? **Nos voeux & nos espérances
seront-ils trompés? La seule violence
peut, dit-on, arracher tes faveurs: mais
que peut une foible mortelle contre les
Dieux? Mes voeux & mon zéle seront les
sculs efforis que j'employrai pour te fixer.
Quels sentimens inconnus s'emparent
de moi! Je trenible, je frissonne. Quels
rayons viennent m'éclairer! L'avenir se dé-
voile à mesyeux. J'entens les bords enchan-
tés de la Seine reteutir de mille concerts
harmonieux. Les Peuples enyvtés de joie &
*Lucain dans sa Pharsile, a lové Nerou,
** Marie Josephe, P. iacesse de Pologue.
JANVIER. 1752.
d'allégresse célébrent à l'envi la bonté des
immortels. Un nouveau Lys va naître sur
nos rives fortunées. Lucine tend déja ses
mains propices à la Princesse adorable qui
le donne à notre amour. Parez- vous,
Apollon, de traits nouveaux & plus bril-
lans. Répandez, mon frere, une lumiere
& plus pure & plus belle. Elle va frapper
pour la premiere fois les yeux charmans
du petit- fils de LOVIS & de MARIN-
Je le vois dans son divin berceau entou-
ré des ris, des jeux & des graces. Vénus
en sa faveur, pardonne à la beauté de sa
rivale, la fille du Roi des Sarmates. * Elle
prodigue à cet enfant gloneux ses caresses.
Le Dieu de Paphos laissant tomber son arc
de ses mains redoutables, l'air sombre &
la tênte baissée, gémit & soupire, Ah! s'é-
crie-t'il, mon Empire est perdu! Je vois
un rival invincible dans cet enfant: il a
mes traits, mes graces: mais ai- je des yeux
comme lui, capables d'enflammer les cieux
& la tetre?
W
Tu souris, Prince illustre: l'Amour ir-
rité s'envole. Ah! quelle différence entre
toi & ceDieu cruel! Que de Sceptres brises!
La sille du Roi des Sarmates, c'est Madame
la Dauphine, qui est fille du Roi de Pologne. Les
Polonois s'appelloient autresois Sarmates.
Aiij
6 MERCUREDEFRANCE.
Que de Cités ravagées ; De combien de
maux & de calamités n est-il point l'Artisan
funeste? Mais que de Trônes soutenus! Que
de Nations sauvées! Que de bonheur & de
prospérité ta main prodigue va répandre
sur l'Univers!
Marchant sur les traces de ton auguste
Ayeul & de son fils, & digne comme eux
du nom si rare de BIEN-AIME, tuembarras-
seras l'Histoire. Clio, destinée à débrouiller
le cahos des Tems, nommera confusément,
dans nos fastes, trois Titus, plus ressemblans
encore par la bonté, la clemence, & par
routes les vertus des grands Rois, que par
le nom flatteur qui les annonce.
Peuples asservis sous un Maître barba-
re, * Grecs infortunés si différens de vos
Peres, fermez vos coeurs à une joye insen-
sée. Des Devins trompeurs brisant fausse-
ment, dans leurs oracles, vos fers & vos
chaînes, planterent nos Lys sut vos tristes
rives. Vaines illusions! Frivoles espéran-
ces ! Les destins propices préparent au
Prince qui vient de naître un bonheur plus
doux & plus sensible: il augmentera celui
de ses peuples.
* Ceitains Entousiastes ont prédit que la Fran-
ce détruiroit l'Empire des Turcs.
30
JANVIER.
1752.
La fille de Jupiter & de Thémis, Astrée
quitte les Cieux; elle vient habiter les
climats heureusemeni sou misà la Loi des
BOURBONS. Dicux! Quels tems me
découvres-tu, sçavant Prothée! L'avarice
expire, la discorde frémit, la pauvreté
s'envole, le fortuné Gaulois n'a de désirs
que pour remplir ceux des autres, de dé-
bats que pour exercer, à l'envi, sa généro-
fité, & de besoins que celui de remerciet
les Dieux de son abondance.
Le Tytan de nos plaisirs, le vil intérêt ne
forge plus de traits dorés pour le Dicu d'A-
mathonte. La tendresse, la constance, le
mystere effacent l'éclat des métaux funestes
qu'une main avare tira des entrailles de la
terre. Les Amans sçauront aimer; ils soupite-
ront pour des charmes toujours nouveaux
& toujours les mêmes, & ils ne s'en vante-
ront qu'à l'objet de leurs flammes.
L'ouvrage divin, dont le Vainqueur
pacisique de Fontenoy a jetté les fonde-
mens, s'acheve. Je vois la paix bâtir de ses
mains tranquilles son empire sur les debris
de celui de Bellone. L'arbre de Minerve
répand de toutes parts ses rameaux ver-
A iiij
LeNOO
9MERCURE DE FRANCE-
doyans. L'ambition, la cruauté & l'injustice
unissent envain leur fureur pour r'ouvrir-
un Templobarbare teint du sang des mortels
dévoués au Dieu des meurtres & du carnage.
Quel spectacle frappe mes yeux ! Je
vois, sous un ciel sercin & tranquille,
mille & mille Laboureurs amasser à l'en-
vi les dons abondans de la blonde Cerés.
La faux du Soldat effréné n'a pas moisson-
né leurs douces espérances. Bien-tôt, au
milieu de leurs chastes épouses & de leurs
enfans chéris, ils vont rroubler agréable-
ment le silence de leurs foyers parsibles,
par des hymnes sacrées que leur inspirora la
piété & la reconnoissance. Le doux Nectat
du fils de Sémelle prête une nouvelle force
à leurs voix saintement fatiguées. Les
Dieux applaudissent eux mêmes à des fêtes
dont ils ont dicté l'appareil.
Tu m'abandonnes, Dieu volage, incons-
tant Prothée. L'avenit se dérobe à mes
yeux. J'apperçois un tems bien différent,
trop présent encore à ma douleur; le pas-
sé funeste, où la Parque m'enleva le mor-
tel vertueux dont l'hymen avoit uni nos
destinées. Hélas! Quel abattement! Quel-
les douleurs! Mais de quels sons généreux-
viens-tu frapper mes oreilles? Je t'entens,
300
JANVIER. 1732.
ombre plaintive: Cesse, dis-tu, de répan-
dre des larmes stériles sur ma cendre: je-
quitte ta tendresse de regrets superflus: ta
Patrie prospére, tout rit à LO uIS: Ses
peuples sont heureux. Ton coeur pourroit-
il encore s'ouvrit à la tristesse:
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Résumé : PREDICTION SUR LA NAISSANCE D'UN DUC DE BOURGOGNE. Par Madame Curé.
Madame Curé rédige une prédiction concernant la naissance d'un duc de Bourgogne. Elle invoque Protée pour révéler l'avenir et exprime ses espoirs liés au mariage de Louis et de Marie-Josèphe, princesse de Pologne. La prophétie annonce la venue d'un enfant béni, entouré de bonheur et de prospérité. Cet enfant, petit-fils de Louis et de Marie, est décrit comme ayant des traits et des grâces divines, capable d'inspirer amour et admiration. Il est destiné à suivre les traces de ses ancêtres, apportant bonheur et prospérité à ses peuples. La prédiction évoque une ère de paix et d'abondance, où l'avarice et la discorde disparaîtront, et où la France connaîtra une période de stabilité et de générosité. Par la suite, le texte exprime une profonde tristesse et une réflexion sur le temps et la perte. Le narrateur déplore l'inconstance du destin et la disparition d'un être cher, probablement un époux, emporté par la mort. Il évoque un passé douloureux et un avenir incertain. Une voix fantomatique, celle de l'être disparu, intervient pour consoler le narrateur. Elle rappelle que la patrie prospère sous le règne de Louis et que ses peuples sont heureux, encourageant le narrateur à cesser ses larmes et à ne plus nourrir de regrets inutiles.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4
p. 9-14
LES HOMMAGES DU PARNASSE, Présentés au Roi, à l'occasion de la Naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne. Par M. Gautier, Ancien Valet-de-Chambre de Sa Majesté.
Début :
Cedant hier à l'esprit qui m'entraîne, [...]
Mots clefs :
Apollon, Roi, Cour, Gloire, Héros, Temple, Dieu, Arts, Yeux, Naissance du duc de Bourgogne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LES HOMMAGES DU PARNASSE, Présentés au Roi, à l'occasion de la Naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne. Par M. Gautier, Ancien Valet-de-Chambre de Sa Majesté.
LES HOMMAGES
DU PARNASSE,
Présentés au Roi, à l'occasion de la Naissance
de Monseigneur le Duc de Bourgogne.
Par M. Gaubier, Ancien Valet-de-Chambre
de Sa Majesté.
Cedant hier à l'esprit qui m'entraîne,
J'osai porter mes pas dans le sacré valon;
l'échapai pat mes soins aux regurds d'Apollon,
Et côto yant saus bruit los bords de l'Hypocrene,,
J'atrive ensin au céleste séjour,
Od le Dieu des Arts tient sa cour.
La Nature toujours si féconde en miracles,
N'offrit jamais aux regards curieux
De plus magnisiques spectacles
Que ceux qui frapperent mes yeux.
Au sein du remple de Mémoire,
Apollon sur un Tronde élevé par la Gloire,
AV
10 MERCURE DE FRANCE
Entouré des Plaisirs, soutenu par les Arts,
Sur sa brillante Cour, promenoit ses regards.
Autour de lui les neuf Muses rangées,
Portoient les attributs divers
Des Sciences toujours par elles protégées
Et dont la connoissance enrichit l'univers.
De tous côtés accouroient sur leurs traces,
Les Poëtes fameux leurs plus chers favoris;
Autour d'eux voltigeoient les Graces
Qui leur avoient inspiré leuts écrits.
On voyoit le Chantre d'Achille
Couduire ce Héros à l'immottalité.
Près de lui paroissoit Virgile,
Dont la plume toujours fertile,
Sçut peindre à l'esprit enchanté
Mille sujets divers avec même beauté.
Le Maître de l'Art Poëtique
Chantre divin & famoux satyrique,
Horace y paroissoit avec ces traits mordans,
Dont il sçut foudroyer les vices de son tems.
Mais sur un lit de fleurs formé par la mollesse,
Sans cesse raffraîchi par l'aîle du Zéphir
l'apperçois dans les bras du Dieu de la tendresse
Le Légissaetur du plaisir.
C'est Ovile, le tendie Ovide
Ce Maître de la liberté.
Que la délicatesse guide
Daus ses leçons de volupte,
JANVIER.
1752.
11
L'Amour reçoit de lui son carquois & ses armes.
De lui l'Amour emprunte tous ses charmes,
Mortel divin fait pout tout animer,
Toi, par qui le plaisit respire sur la terre,
L'Amour t'inspira l'Art d'aimer,
Il apprend de toi l'Art de plaire.
Tandis qu'Ovide artête, & mon cour & met
yeux,
Apollon s'adressant à tous ces demi-Dieur
Leur dit avec un doux sourire:
Ornemens de ma Gloire, appui de mon Empire,
Je vous ai tous rassemblés dans ce jour-
Pour célébrer aux accords de ma lyre,
Le bonheur des Etats od LovIS tient ma Cour.
L'Hymen toujours heureux sous les loix de l'A-
mour
Donne un Prince aux François; cette illustre
naissance
Assure enfin le destin de la France.
Tous les Dieux à l'envi, répandent tour à tour
Sur cer Auguste Enfant une heureuse influence:
Et ce Prince, en un mot, est l'obiet précieur
Des vœux de l'nivers, & des faveurs des Dieuni-
Sur lui Jupiter lance un rayon de sa gloire,
Mars lui promet des jours tissus par la Victoite;:
Pallas de ses conseils, éclairant ses projets,
Guidera son jeune courage.
Craint de ses Ennemis, aimé de ses Sujets,,
Avj
12 MERCURE DE FRANCE.
Il aura les vertus du Héros & du Sage.
Tout lui promet le destin le plus beau,
Et si la slamme éclaire son berceau*,
On n'en doit concevoir qu'un illustre présage,
De son éclat futur, cet époque est le gage:
De l'Inde le Vainqueur fameux,
Le rival du Dieu des batailles,
Alexandre naquit à la clatté des feux
Qui du Temple d'Ephése embrasoient les murail.
les.
Rappellex-vous son pere au milieu des hazards,
D'un Roi victorieux suivant les étendarts.
Petit Fils de LOUIS, il suivra son exemple:
La Race des BOURBONS est celle des Heros;
Illustre enfin jusques dans le repos,
Adoré des mortels, leur cœeur sera son Temple.
Chanten les vertus, la beauté
D'une Auguste & jeune Princesse,
Qui paye à son époux le prix de sa tendresse,
En donnant un Héros à l'immortalité.
La cohorte celeste à l'instant réunie
Secondant les vœux d'Apolion,
Consacre de ses chants le divine harmonie,
A celebrer la Race de BOURBON.
*Le jour de la Naissance de Manseieneur le Das
de Bengogne. la sen o tris à la grana E curie du
Rei, à V'erfailles.
Er Alexanire naquis le nne jorr que le Terpie-
de Diaus ju: crie a Epiisc.
nes uO
JANVIER.
1752.
13.
Si j'eusse été prudent, si j'eusse pu me taire,
J'aurois vu jusqu'au bout cet auguste mystére;
Mais d'un zele indiscret me laissant emportet,
Voyant louer mes Rois, je me mis à chanter,
On s'apperçut bientôt que quelque téméraire
Jusqu'au Temple des Arts avoit osé monter.
Aux accens de ma voix, la douce melodie.
Au même instant avoit cessé,
Et de Chaptres divins. un essain amassé
Menaçoit de changer la Fête en Tragédie,
Quand Apollon surptis de ma témérité,
M'appelle, & me lançant, un regard irrité:
Mortel audacieux, me dit- il en colere:
Quel dessein t'amene en ces lieux?
L'Amout, le zele & le desir de plaire,
Repondis je, en baissant. les yeux;
A qui : reprit ce Dicu d'un ton moins furieux;
Au Monarque immortel, dont vous aimes la
gloire,
A mon Roi respecté de tous ces demi-Dieur,
Et dont je vois la place au Temple de Mémoire.
Alois faisaut briller sur son front la douceur,
Vas, me dit Apolion, j'excuse ton andace,
Suis les mouremens de ton cœur.
Tu venx plaire à LOUIS, va, parts, je te fais.
grace,
Porte Iui le récit de nos divius Concerts,
Les voeux, les hommages divers
Des Habitans & da Dien de Parnasst.
14 MERCUF
CE.
AU ROI.
SIRE, par des accens trop peu dignes de vous.
Je sens que d'Apollon je remplis mal l'attente
Mais si tous protégez une Muse tretublante,
Je ne craindrai point son courroux,
La vanité n'a point monté ma lyre,
Le respect, seul encens, dont le Ciel soit jaloux,
Est, SIRE, dans ce jour le seul Diou qui m'inspire
DU PARNASSE,
Présentés au Roi, à l'occasion de la Naissance
de Monseigneur le Duc de Bourgogne.
Par M. Gaubier, Ancien Valet-de-Chambre
de Sa Majesté.
Cedant hier à l'esprit qui m'entraîne,
J'osai porter mes pas dans le sacré valon;
l'échapai pat mes soins aux regurds d'Apollon,
Et côto yant saus bruit los bords de l'Hypocrene,,
J'atrive ensin au céleste séjour,
Od le Dieu des Arts tient sa cour.
La Nature toujours si féconde en miracles,
N'offrit jamais aux regards curieux
De plus magnisiques spectacles
Que ceux qui frapperent mes yeux.
Au sein du remple de Mémoire,
Apollon sur un Tronde élevé par la Gloire,
AV
10 MERCURE DE FRANCE
Entouré des Plaisirs, soutenu par les Arts,
Sur sa brillante Cour, promenoit ses regards.
Autour de lui les neuf Muses rangées,
Portoient les attributs divers
Des Sciences toujours par elles protégées
Et dont la connoissance enrichit l'univers.
De tous côtés accouroient sur leurs traces,
Les Poëtes fameux leurs plus chers favoris;
Autour d'eux voltigeoient les Graces
Qui leur avoient inspiré leuts écrits.
On voyoit le Chantre d'Achille
Couduire ce Héros à l'immottalité.
Près de lui paroissoit Virgile,
Dont la plume toujours fertile,
Sçut peindre à l'esprit enchanté
Mille sujets divers avec même beauté.
Le Maître de l'Art Poëtique
Chantre divin & famoux satyrique,
Horace y paroissoit avec ces traits mordans,
Dont il sçut foudroyer les vices de son tems.
Mais sur un lit de fleurs formé par la mollesse,
Sans cesse raffraîchi par l'aîle du Zéphir
l'apperçois dans les bras du Dieu de la tendresse
Le Légissaetur du plaisir.
C'est Ovile, le tendie Ovide
Ce Maître de la liberté.
Que la délicatesse guide
Daus ses leçons de volupte,
JANVIER.
1752.
11
L'Amour reçoit de lui son carquois & ses armes.
De lui l'Amour emprunte tous ses charmes,
Mortel divin fait pout tout animer,
Toi, par qui le plaisit respire sur la terre,
L'Amour t'inspira l'Art d'aimer,
Il apprend de toi l'Art de plaire.
Tandis qu'Ovide artête, & mon cour & met
yeux,
Apollon s'adressant à tous ces demi-Dieur
Leur dit avec un doux sourire:
Ornemens de ma Gloire, appui de mon Empire,
Je vous ai tous rassemblés dans ce jour-
Pour célébrer aux accords de ma lyre,
Le bonheur des Etats od LovIS tient ma Cour.
L'Hymen toujours heureux sous les loix de l'A-
mour
Donne un Prince aux François; cette illustre
naissance
Assure enfin le destin de la France.
Tous les Dieux à l'envi, répandent tour à tour
Sur cer Auguste Enfant une heureuse influence:
Et ce Prince, en un mot, est l'obiet précieur
Des vœux de l'nivers, & des faveurs des Dieuni-
Sur lui Jupiter lance un rayon de sa gloire,
Mars lui promet des jours tissus par la Victoite;:
Pallas de ses conseils, éclairant ses projets,
Guidera son jeune courage.
Craint de ses Ennemis, aimé de ses Sujets,,
Avj
12 MERCURE DE FRANCE.
Il aura les vertus du Héros & du Sage.
Tout lui promet le destin le plus beau,
Et si la slamme éclaire son berceau*,
On n'en doit concevoir qu'un illustre présage,
De son éclat futur, cet époque est le gage:
De l'Inde le Vainqueur fameux,
Le rival du Dieu des batailles,
Alexandre naquit à la clatté des feux
Qui du Temple d'Ephése embrasoient les murail.
les.
Rappellex-vous son pere au milieu des hazards,
D'un Roi victorieux suivant les étendarts.
Petit Fils de LOUIS, il suivra son exemple:
La Race des BOURBONS est celle des Heros;
Illustre enfin jusques dans le repos,
Adoré des mortels, leur cœeur sera son Temple.
Chanten les vertus, la beauté
D'une Auguste & jeune Princesse,
Qui paye à son époux le prix de sa tendresse,
En donnant un Héros à l'immortalité.
La cohorte celeste à l'instant réunie
Secondant les vœux d'Apolion,
Consacre de ses chants le divine harmonie,
A celebrer la Race de BOURBON.
*Le jour de la Naissance de Manseieneur le Das
de Bengogne. la sen o tris à la grana E curie du
Rei, à V'erfailles.
Er Alexanire naquis le nne jorr que le Terpie-
de Diaus ju: crie a Epiisc.
nes uO
JANVIER.
1752.
13.
Si j'eusse été prudent, si j'eusse pu me taire,
J'aurois vu jusqu'au bout cet auguste mystére;
Mais d'un zele indiscret me laissant emportet,
Voyant louer mes Rois, je me mis à chanter,
On s'apperçut bientôt que quelque téméraire
Jusqu'au Temple des Arts avoit osé monter.
Aux accens de ma voix, la douce melodie.
Au même instant avoit cessé,
Et de Chaptres divins. un essain amassé
Menaçoit de changer la Fête en Tragédie,
Quand Apollon surptis de ma témérité,
M'appelle, & me lançant, un regard irrité:
Mortel audacieux, me dit- il en colere:
Quel dessein t'amene en ces lieux?
L'Amout, le zele & le desir de plaire,
Repondis je, en baissant. les yeux;
A qui : reprit ce Dicu d'un ton moins furieux;
Au Monarque immortel, dont vous aimes la
gloire,
A mon Roi respecté de tous ces demi-Dieur,
Et dont je vois la place au Temple de Mémoire.
Alois faisaut briller sur son front la douceur,
Vas, me dit Apolion, j'excuse ton andace,
Suis les mouremens de ton cœur.
Tu venx plaire à LOUIS, va, parts, je te fais.
grace,
Porte Iui le récit de nos divius Concerts,
Les voeux, les hommages divers
Des Habitans & da Dien de Parnasst.
14 MERCUF
CE.
AU ROI.
SIRE, par des accens trop peu dignes de vous.
Je sens que d'Apollon je remplis mal l'attente
Mais si tous protégez une Muse tretublante,
Je ne craindrai point son courroux,
La vanité n'a point monté ma lyre,
Le respect, seul encens, dont le Ciel soit jaloux,
Est, SIRE, dans ce jour le seul Diou qui m'inspire
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Résumé : LES HOMMAGES DU PARNASSE, Présentés au Roi, à l'occasion de la Naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne. Par M. Gautier, Ancien Valet-de-Chambre de Sa Majesté.
Le poème 'Les Hommages du Parnasse' est dédié au roi à l'occasion de la naissance du Duc de Bourgogne. L'auteur, M. Gaubier, ancien valet de chambre du roi, relate une vision où il se rend au mont Parnasse, lieu sacré des arts et des muses. Sur place, il voit Apollon entouré des neuf Muses ainsi que des poètes illustres tels qu'Homère, Virgile, Horace et Ovide. Apollon annonce la naissance du Duc de Bourgogne et prédit pour lui un avenir glorieux et des vertus héroïques. Divers dieux, incluant Jupiter, Mars et Pallas, accordent leurs faveurs au nouveau-né. Le poème exalte également la lignée des Bourbons et la mère du Duc. Gaubier, emporté par son enthousiasme, se met à chanter mais est réprimandé par Apollon. Cependant, il obtient finalement la grâce divine pour transmettre les hommages du Parnasse au roi.
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5
p. 14-17
ODE A Monseigneur le Duc de Bourgogne.
Début :
Rempli de l'attrait où m'engage [...]
Mots clefs :
Naissance du duc de Bourgogne, Prince, Main, Poète, Désir
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texteReconnaissance textuelle : ODE A Monseigneur le Duc de Bourgogne.
ODE
A Monseigneur le Duc de Bourgogne.
Rempli de l'attrait où m'engage
Tout ce qu'on présage de toi,
Je veux t'offrir un tendre hommage
Mon cout m'en impose la loi:
Ma main sera son Interprête:
Mais, Prince charmant, un Poëte,
Seulement par amusement
Sans talent, sans art, sans délire,
Que jamais Apolion n'inspire,
Peut-il le faire dignement:
Non. De l'audace qui m'anime,
0
JANVIER.
1752.
Il faudroit arrêter le bruit;
Mais mon transport fût il un crime,
Mes yeux t'ont vû, ma main écrit.
Je suis saus doute un téméraire,
D'oser entrer dans la carriere
Où sont les Poëtes fameux
Que dis-je ? ils n'ont rien que j'envie:
S'ils me surpassent en génie,
L'amour me met au dessus d'eux,
L'éclat qui brille dans ta mere,
Est déja devenu le tien:
Imitant ton auguste pere:
Parfaitement digne du fien,
Tu seras grand, doux, équitable.
L'Empire des tiens est aimable
Il est beau de le soûtenir.
Ce n'est qu'en suivant leurs exemples,,
Que tu p.ux méniter les Temples
Que te prépare l'avenir.
Je chante, Prince, ta sagesse,
En chantant celle de mon Roi:
C'est ses vertus, c'est sa tendresse,
Que le desir admire en toi.
Ses hauts exploits, sa bonté rate,
L'heureuse Ecole qu'il. prépata
15
16. MERCURE DEFRANCE.
Aux fils des peres malheureux,
Assurent sa gloire constante
D'une immortalité brillante,
Conforme à l'ardent de nos veux.
Son nom est inêlé dans nos Fêtes
Aux noms des Rois les plus chéris:
Iliregne aujourd'hui sur nos têtes:
Ton Pere est le Roi de nos fils:
Nos neveux verront tou Empire;
Et, j'ose ici te le prédire,
Un Dieu caché parle à mon cour,
Te voyant marcher sur sa trace,,
Le Ciel éternisant ta race,
Eternisera leur bonheun
Je n'ai point le talent de plaire,
Je n'en connois que le desir;
Mais, jeune Prince, sans mystére,
Sourent on peur y parvenir.
Vets toi, sur cette confiance,
Mes chants volent en assurance,
Sur l'aile. de l'enchantement.
Ma Muse est peut-être indiscréte;
Mais contre le goût d'un Poëte,
La raison parle vainement.
JANVIER.
1752.
Reçois, grand Prince, mon hommage,
Prête l'oreille à mes accens;
Pout t'en crayonner une image
J'ai brulé mon premier encens.
Je ne pouvois. rien autre chose;
Et si déja plusieurs en prose
Te parloient avant mes Concerts,
Quand Page ouvrira ta pensée,
Souviens-toi que, l'ame embrasée,
Je l'ai fait le premier en vers.
Ciel! si jusques à ta mere
Mon ouvrage peut pénétrer
Quelle beauté, quel caractére,
Quel éclat y verrai- je entrer!
Il n'est plus rien qui m'épouvante:
Ses yeux, du feu qui nous enchante,,
Orneront mes expressions:
Ainsi l'Astre de la lumiere,
Parcourant sa vaste carriere,
Embellit tout de ses rayons.
Par M. D. L. F.
A Monseigneur le Duc de Bourgogne.
Rempli de l'attrait où m'engage
Tout ce qu'on présage de toi,
Je veux t'offrir un tendre hommage
Mon cout m'en impose la loi:
Ma main sera son Interprête:
Mais, Prince charmant, un Poëte,
Seulement par amusement
Sans talent, sans art, sans délire,
Que jamais Apolion n'inspire,
Peut-il le faire dignement:
Non. De l'audace qui m'anime,
0
JANVIER.
1752.
Il faudroit arrêter le bruit;
Mais mon transport fût il un crime,
Mes yeux t'ont vû, ma main écrit.
Je suis saus doute un téméraire,
D'oser entrer dans la carriere
Où sont les Poëtes fameux
Que dis-je ? ils n'ont rien que j'envie:
S'ils me surpassent en génie,
L'amour me met au dessus d'eux,
L'éclat qui brille dans ta mere,
Est déja devenu le tien:
Imitant ton auguste pere:
Parfaitement digne du fien,
Tu seras grand, doux, équitable.
L'Empire des tiens est aimable
Il est beau de le soûtenir.
Ce n'est qu'en suivant leurs exemples,,
Que tu p.ux méniter les Temples
Que te prépare l'avenir.
Je chante, Prince, ta sagesse,
En chantant celle de mon Roi:
C'est ses vertus, c'est sa tendresse,
Que le desir admire en toi.
Ses hauts exploits, sa bonté rate,
L'heureuse Ecole qu'il. prépata
15
16. MERCURE DEFRANCE.
Aux fils des peres malheureux,
Assurent sa gloire constante
D'une immortalité brillante,
Conforme à l'ardent de nos veux.
Son nom est inêlé dans nos Fêtes
Aux noms des Rois les plus chéris:
Iliregne aujourd'hui sur nos têtes:
Ton Pere est le Roi de nos fils:
Nos neveux verront tou Empire;
Et, j'ose ici te le prédire,
Un Dieu caché parle à mon cour,
Te voyant marcher sur sa trace,,
Le Ciel éternisant ta race,
Eternisera leur bonheun
Je n'ai point le talent de plaire,
Je n'en connois que le desir;
Mais, jeune Prince, sans mystére,
Sourent on peur y parvenir.
Vets toi, sur cette confiance,
Mes chants volent en assurance,
Sur l'aile. de l'enchantement.
Ma Muse est peut-être indiscréte;
Mais contre le goût d'un Poëte,
La raison parle vainement.
JANVIER.
1752.
Reçois, grand Prince, mon hommage,
Prête l'oreille à mes accens;
Pout t'en crayonner une image
J'ai brulé mon premier encens.
Je ne pouvois. rien autre chose;
Et si déja plusieurs en prose
Te parloient avant mes Concerts,
Quand Page ouvrira ta pensée,
Souviens-toi que, l'ame embrasée,
Je l'ai fait le premier en vers.
Ciel! si jusques à ta mere
Mon ouvrage peut pénétrer
Quelle beauté, quel caractére,
Quel éclat y verrai- je entrer!
Il n'est plus rien qui m'épouvante:
Ses yeux, du feu qui nous enchante,,
Orneront mes expressions:
Ainsi l'Astre de la lumiere,
Parcourant sa vaste carriere,
Embellit tout de ses rayons.
Par M. D. L. F.
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Résumé : ODE A Monseigneur le Duc de Bourgogne.
Le poème, daté de janvier 1752, est dédié à Monseigneur le Duc de Bourgogne. L'auteur, se considérant comme un poète sans talent, exprime son admiration et son désir de rendre hommage au duc. Il loue les qualités du duc, comparées à celles de ses parents, le roi et la reine, soulignant sa sagesse, sa grandeur et son potentiel pour gouverner avec justice et bonté. L'auteur espère que le duc suivra les exemples de ses ancêtres et continuera à maintenir l'empire de manière honorable. Il mentionne également les vertus et les exploits du roi, qui assurent sa gloire et son immortalité. Le poème se conclut par une déclaration d'admiration et de dévouement, avec l'espoir que ses vers puissent atteindre la mère du duc et refléter sa beauté et son caractère.
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6
p. 18-19
SUR LA NAISSANCE De Monseigneur le Duc de Bourgogne.
Début :
Contemplez à loisir, impatiens François, [...]
Mots clefs :
Rois, Naissance du duc de Bourgogne, Puissance, Dieux, Ciel
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUR LA NAISSANCE De Monseigneur le Duc de Bourgogne.
SUR LA NAISSANCE
De Monseigneur le Duc de Bourgogne.
Contemplez à loisir, impatiens François,
Ce fruit d'un saint hymen, où votre espoir se
fonde.
Sçachez que destinée à lui donner des loix,
L'Auguste Race de vos Rois,
Doit durer autant que le monde.
Que de garans n'aviez vos pas
Du présent que vous fait la céleste Puissance?
N'est-ce pas en faveur des sages Potentats,
Qu'éclate sa magnisicence!
Interrogez la Terre, interrogez les Cieux.
Tant de vertus, dont l'assemblage brille;
Dans le plus grand des Rois, l'Astre de sa famille,
Sont un encens, un parfum précieux,
Qui s'élevant jusqu'au Trône des Dieux,
En fait descendre sur la France,
Les Trésors de leur Providences
Le Ciel ne verse point tous ses dons à la fois,
Differens de ce que nous sommes,
Ces demi-Dieux, Enfans des Rois
Ne naissent pas comme les autres hommes.
JANVIER.
1752.
19
Par des présages éclatans,
De loin d'abord, il les présente,
Et nous les annonce long. tems,
Avant de templir notre attente.
S'il paroît quelquefois être sourd à nos vœux,
N'en doit- il rien couter pour devenir heureux?
Ce heau jour qui nous luit, ce jout devoit éclore
Du sein d'une bi illante Aurore,
Qui par son éclat edt détruit
Ces nuages épais, noirs enfaus de la nuit.
Il falloit, enchainant le démon de la guerre,
Que ce Roi qui toujours prodiguant les bien-
faits
Lorsqu'il dispose du Tonnerre,
Ne veut que protéger la Paix.
Il falloit que LOVIS eût pû rendre à la Terre,
Une entiere sérénité *.
Le Temple de Janus fermé par sa Puissance,
Nous préparoit à l'heureuse Naissance
Qui fait notre félicité.
FILLE du Ciel, chaste Lucine,
Fertilise à jamais cette Tige divine
Dont les Rameaux, les Rejettons divers,
Doivent un jour ombrager l'Univers.
M. Tanevot.
La tronquillité du Nord.
De Monseigneur le Duc de Bourgogne.
Contemplez à loisir, impatiens François,
Ce fruit d'un saint hymen, où votre espoir se
fonde.
Sçachez que destinée à lui donner des loix,
L'Auguste Race de vos Rois,
Doit durer autant que le monde.
Que de garans n'aviez vos pas
Du présent que vous fait la céleste Puissance?
N'est-ce pas en faveur des sages Potentats,
Qu'éclate sa magnisicence!
Interrogez la Terre, interrogez les Cieux.
Tant de vertus, dont l'assemblage brille;
Dans le plus grand des Rois, l'Astre de sa famille,
Sont un encens, un parfum précieux,
Qui s'élevant jusqu'au Trône des Dieux,
En fait descendre sur la France,
Les Trésors de leur Providences
Le Ciel ne verse point tous ses dons à la fois,
Differens de ce que nous sommes,
Ces demi-Dieux, Enfans des Rois
Ne naissent pas comme les autres hommes.
JANVIER.
1752.
19
Par des présages éclatans,
De loin d'abord, il les présente,
Et nous les annonce long. tems,
Avant de templir notre attente.
S'il paroît quelquefois être sourd à nos vœux,
N'en doit- il rien couter pour devenir heureux?
Ce heau jour qui nous luit, ce jout devoit éclore
Du sein d'une bi illante Aurore,
Qui par son éclat edt détruit
Ces nuages épais, noirs enfaus de la nuit.
Il falloit, enchainant le démon de la guerre,
Que ce Roi qui toujours prodiguant les bien-
faits
Lorsqu'il dispose du Tonnerre,
Ne veut que protéger la Paix.
Il falloit que LOVIS eût pû rendre à la Terre,
Une entiere sérénité *.
Le Temple de Janus fermé par sa Puissance,
Nous préparoit à l'heureuse Naissance
Qui fait notre félicité.
FILLE du Ciel, chaste Lucine,
Fertilise à jamais cette Tige divine
Dont les Rameaux, les Rejettons divers,
Doivent un jour ombrager l'Univers.
M. Tanevot.
La tronquillité du Nord.
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Résumé : SUR LA NAISSANCE De Monseigneur le Duc de Bourgogne.
Le texte célèbre la naissance du Duc de Bourgogne, fils du roi Louis XV, en janvier 1752. Cet enfant est destiné à gouverner grâce à sa lignée royale. Des signes divins et des présages annoncent cette naissance exceptionnelle. La paix et la sérénité sur Terre sont nécessaires pour accueillir cet événement, comparé à une aurore dissipant les ténèbres. Louis XV est décrit comme un protecteur de la paix, capable de fermer le temple de Janus, symbole de la fin des conflits. Le texte exprime le souhait que cette lignée royale continue de prospérer et de bénir l'univers.
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7
p. 23-25
TRANSPORT BACHIQUE Au sujet de la Naissance du nouveau Duc de Bourgogne.
Début :
Lucine donne enfin un Prince à la Bourgogne, [...]
Mots clefs :
Naissance du duc de Bourgogne, Jus, Prince, Dieux, Amis, Dieu
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texteReconnaissance textuelle : TRANSPORT BACHIQUE Au sujet de la Naissance du nouveau Duc de Bourgogne.
TRANSPORT BACHIQUE
Au sujet de la Naissance du nouveau Duc
de Bourgogne.
Lucine donne enfin un Prince à la Bourgogne,
O Bachus, hâte- toi de lui donner du vin
Prépate ses pressoirs, fais murit son taisin;
Enyvre tour à tour la France & la Pologne:
Déja le fier Borée assiège nos climats
Déja des Aquilons la fougueuse insolence,
De tes dons renaissans menace l'abondance;
Viens; fils de Jupiter, dissipe ces frimats
Des airs, en un instant, fais cosset l'inclémence.
Un Prince nous est né; digne sang. de nos Dieux:
Mais sans ton jus victorieux
Que nous sont les transpoits, dont la France est
ravie?
Ton jus seul, ce jus précieux,
Sous d'aimables liens tient notre ame asservie,
24 MERCURE DE FRANCE.
Qui, saus ce jus délicieux,
C'est un suplice que la vie.
Protège la Bourgogne & ses riches coteaux:
Les voeux que pour hâter cette illustre naissance,
Ont faits les Habitans de ton Empire immense
De son divin nectar ont vuidé nos caveaux.
Ces vœux sont accomplis: le Prince vient de
naître
Pour célébrer un nouveau Maître,
Il nous faut des présens nouveaux.
Mais quel feu tout à coup me pénêtre & m'é-
claite ?
Où suis je ? Quel pouvoir s'empare de mes sens?
Silence, mes amis, c'est notre auguste Pere,
C'est Bachus, c'est lui que je sens....
Victoire, amis, chantons victoire,
Le Dieu rappelle à mon esprit
Ce que par un prodige incroyable, subit,
Le tems avoit enfin chassé de ma mémoire;
Venoz, courex, suivez mes pas,
Pénétrons hardiment dans tes demeures sombres
Que d'Autels renversés! que d'antiques décom-
bres !
Que de tristes témoins de nos joyeux combats !
A travers ces débris ouvrons- nous une route:
Voyex ces muids cachés sous une triple voûte,
Par quel charme inoui nous sont- ils échapés !
Un Dieu, n'en doutons point, un Dieu nous a
trompés
Bachus pour ce beau jour les réservoit sans doute.
Amis
Jigitized by Goog
JANVIER.
1752.
25
Amis, couronno ns nous de pampres, de festops,
Rangez-vous, prellez-vous autour de cette table,
Défonçons ces tonneaux: que leur jus délectable
Daus nos verre, fumans s'écoule à gros bouillons, a
Livtons nous l'un à l'autre une guerre agréable:
Rougissez, ò vainqueurs! triomphez, 8 vaincus:
Les Dieux même, les Dieux le cédent à Bacchus;
Osez-vous tésister à ce Dieu redoutable:
Mais parmi les festins & les bruyans plaisirs,
N'allons point oublier d'où viennent ces richesses-
Le Prince que le Ciel accorde à nos desirs,
Nous a seul de Bacchus attité les la gesses.
Puisse-t'il être aux Dieux un objet de caresses !
Que la Parque sensible à nos justes transports
N'interrompe jamais ses nobles destinées:
Puisse, puisse sans cesse au gré de nos esforts,
Le nombre de nos rougebords
Marquer celui de ses années !
Jette sur lui, Bacclius, un regard protecteur,
Conserve des François l'amour & l'e perance,
Telle la vigne en sa naissance
De l'ormeau qui l'éleve emprunte sa vigueur,
Ranime en son berceau cet Enfant adorable:
Qu'il croisse, pour sentir le prix de tes faveurs,
Qu'un jour, comme le tien, son Regne soit ai-
mable,
Qu'il dure aussi long. tems que la soif des buveurt-
Pavaut de Jaussal.
Au sujet de la Naissance du nouveau Duc
de Bourgogne.
Lucine donne enfin un Prince à la Bourgogne,
O Bachus, hâte- toi de lui donner du vin
Prépate ses pressoirs, fais murit son taisin;
Enyvre tour à tour la France & la Pologne:
Déja le fier Borée assiège nos climats
Déja des Aquilons la fougueuse insolence,
De tes dons renaissans menace l'abondance;
Viens; fils de Jupiter, dissipe ces frimats
Des airs, en un instant, fais cosset l'inclémence.
Un Prince nous est né; digne sang. de nos Dieux:
Mais sans ton jus victorieux
Que nous sont les transpoits, dont la France est
ravie?
Ton jus seul, ce jus précieux,
Sous d'aimables liens tient notre ame asservie,
24 MERCURE DE FRANCE.
Qui, saus ce jus délicieux,
C'est un suplice que la vie.
Protège la Bourgogne & ses riches coteaux:
Les voeux que pour hâter cette illustre naissance,
Ont faits les Habitans de ton Empire immense
De son divin nectar ont vuidé nos caveaux.
Ces vœux sont accomplis: le Prince vient de
naître
Pour célébrer un nouveau Maître,
Il nous faut des présens nouveaux.
Mais quel feu tout à coup me pénêtre & m'é-
claite ?
Où suis je ? Quel pouvoir s'empare de mes sens?
Silence, mes amis, c'est notre auguste Pere,
C'est Bachus, c'est lui que je sens....
Victoire, amis, chantons victoire,
Le Dieu rappelle à mon esprit
Ce que par un prodige incroyable, subit,
Le tems avoit enfin chassé de ma mémoire;
Venoz, courex, suivez mes pas,
Pénétrons hardiment dans tes demeures sombres
Que d'Autels renversés! que d'antiques décom-
bres !
Que de tristes témoins de nos joyeux combats !
A travers ces débris ouvrons- nous une route:
Voyex ces muids cachés sous une triple voûte,
Par quel charme inoui nous sont- ils échapés !
Un Dieu, n'en doutons point, un Dieu nous a
trompés
Bachus pour ce beau jour les réservoit sans doute.
Amis
Jigitized by Goog
JANVIER.
1752.
25
Amis, couronno ns nous de pampres, de festops,
Rangez-vous, prellez-vous autour de cette table,
Défonçons ces tonneaux: que leur jus délectable
Daus nos verre, fumans s'écoule à gros bouillons, a
Livtons nous l'un à l'autre une guerre agréable:
Rougissez, ò vainqueurs! triomphez, 8 vaincus:
Les Dieux même, les Dieux le cédent à Bacchus;
Osez-vous tésister à ce Dieu redoutable:
Mais parmi les festins & les bruyans plaisirs,
N'allons point oublier d'où viennent ces richesses-
Le Prince que le Ciel accorde à nos desirs,
Nous a seul de Bacchus attité les la gesses.
Puisse-t'il être aux Dieux un objet de caresses !
Que la Parque sensible à nos justes transports
N'interrompe jamais ses nobles destinées:
Puisse, puisse sans cesse au gré de nos esforts,
Le nombre de nos rougebords
Marquer celui de ses années !
Jette sur lui, Bacclius, un regard protecteur,
Conserve des François l'amour & l'e perance,
Telle la vigne en sa naissance
De l'ormeau qui l'éleve emprunte sa vigueur,
Ranime en son berceau cet Enfant adorable:
Qu'il croisse, pour sentir le prix de tes faveurs,
Qu'un jour, comme le tien, son Regne soit ai-
mable,
Qu'il dure aussi long. tems que la soif des buveurt-
Pavaut de Jaussal.
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Résumé : TRANSPORT BACHIQUE Au sujet de la Naissance du nouveau Duc de Bourgogne.
Le texte célèbre la naissance d'un prince en Bourgogne et invoque Bacchus, le dieu du vin, pour le protéger et le bénir. Il souhaite que Bacchus accélère la maturation du raisin et préserve les vignobles bourguignons des intempéries. Le vin est décrit comme essentiel à la vie et capable de lier les âmes. Une vision montre Bacchus guidant le narrateur à travers des caves, révélant des tonneaux de vin cachés. La communauté est conviée à fêter la naissance du prince avec des réjouissances et du vin, en honorant Bacchus. Le texte conclut par des vœux pour une longue vie et un règne heureux au prince, comparé à une vigne soutenue par un ormeau, et pour la protection continue de Bacchus sur la France.
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8
p. 26
A MONSEIGNEUR LE DUC DE BOURGOGNE.
Début :
Fruit de l'Hymen & de l'Amour, [...]
Mots clefs :
Naissance du duc de Bourgogne
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texteReconnaissance textuelle : A MONSEIGNEUR LE DUC DE BOURGOGNE.
A MONSEIGNEUR
LE DUC DE BOURGOGNE.
Fruit de l'Hymen & de l'Amour,
Rejetton d'une Race en grands hommes séconde,
Espoir de
de
1.
Fournis la carriere brillante
Que t'onvrent, au gré de nos vœux,
Et tes destins & tes ayeux.
Autour de ton berceau vois la troupe riante
Que con luit la gloire & la paix:
Vole dans leurs bras satisfaits,
Et daigne recevoir, pour combler leur attente,
L'olive & le laurier que leur main te présente.
Tu souris, tu reçois leurs dons !
O François, quel présage, & quel prodige étran-
ge!
Vous voyez sous le même lange,
Et César, & Titus, & le fils des Bourbons,
Mailhol.
LE DUC DE BOURGOGNE.
Fruit de l'Hymen & de l'Amour,
Rejetton d'une Race en grands hommes séconde,
Espoir de
de
1.
Fournis la carriere brillante
Que t'onvrent, au gré de nos vœux,
Et tes destins & tes ayeux.
Autour de ton berceau vois la troupe riante
Que con luit la gloire & la paix:
Vole dans leurs bras satisfaits,
Et daigne recevoir, pour combler leur attente,
L'olive & le laurier que leur main te présente.
Tu souris, tu reçois leurs dons !
O François, quel présage, & quel prodige étran-
ge!
Vous voyez sous le même lange,
Et César, & Titus, & le fils des Bourbons,
Mailhol.
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Résumé : A MONSEIGNEUR LE DUC DE BOURGOGNE.
Le texte est une dédicace au Duc de Bourgogne, François, né de l'amour et d'une lignée illustre. Il incarne l'espoir familial et est promis à une brillante carrière. Autour de lui, la gloire et la paix sont symbolisées par l'olive et le laurier. Son sourire face à ces présents est vu comme un bon présage. Le texte compare le Duc à César, Titus et le fils des Bourbons, soulignant sa grandeur et sa destinée exceptionnelle.
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9
p. 27
VERS Sur la Naissance du Duc de Bourgogne.
Début :
Lorsque je vois la France entiere, [...]
Mots clefs :
Naissance du duc de Bourgogne
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texteReconnaissance textuelle : VERS Sur la Naissance du Duc de Bourgogne.
VERS
Sur la Naissance du Duc de Bourgogne.
L'Orsque je vois la France entiere,
Faire éclatter un zéle aussi vif que sincére
Sur un évenement qui comble tous ses vœeux
Moi seul je garderois un coupable silence:
Dussé- je être sisfié: non; à mon tour je veux
Signaler ma rejouissance.
Apollon, je le sçais, m'a refusé ses dons,
Mais quoi! sans que sur le Parnasse
J'aille mandier une place
Qu'il n'accorde jamais qu'à ses chers nourrissons
Ne puis je donc me faire entendre:
Princesse, & vous, son époux bien-aimé
Digne fils de LOUIS, ce Roi si renommé,
Pour ce gage naissant de l'amour le plus tendre,
Agréez les transports du cœur le plus épris:
Que sur ce cher soutien de la gloire des lys
Les amis du Dieu de la lyre,
Exercent à l'envi leur esprit, leurs talens,
Pour moi, je n'ai qu'un cour, si l'on me voib
écrire
Peu curieux d'cloges & d'encens
Ce n'est point pour que l'on miadano, C
Mais pour montrei ce que jer sens.
J. [F.] Gu[i]chard[.]
Sur la Naissance du Duc de Bourgogne.
L'Orsque je vois la France entiere,
Faire éclatter un zéle aussi vif que sincére
Sur un évenement qui comble tous ses vœeux
Moi seul je garderois un coupable silence:
Dussé- je être sisfié: non; à mon tour je veux
Signaler ma rejouissance.
Apollon, je le sçais, m'a refusé ses dons,
Mais quoi! sans que sur le Parnasse
J'aille mandier une place
Qu'il n'accorde jamais qu'à ses chers nourrissons
Ne puis je donc me faire entendre:
Princesse, & vous, son époux bien-aimé
Digne fils de LOUIS, ce Roi si renommé,
Pour ce gage naissant de l'amour le plus tendre,
Agréez les transports du cœur le plus épris:
Que sur ce cher soutien de la gloire des lys
Les amis du Dieu de la lyre,
Exercent à l'envi leur esprit, leurs talens,
Pour moi, je n'ai qu'un cour, si l'on me voib
écrire
Peu curieux d'cloges & d'encens
Ce n'est point pour que l'on miadano, C
Mais pour montrei ce que jer sens.
J. [F.] Gu[i]chard[.]
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Résumé : VERS Sur la Naissance du Duc de Bourgogne.
Le poème 'Sur la Naissance du Duc de Bourgogne' célèbre la joie de la France à la naissance du duc. Le poète, conscient de son manque de talent, exprime sa réjouissance et félicite la princesse et son époux, fils du roi Louis. Il souligne l'importance de cet événement pour la monarchie française et souhaite exprimer ses sentiments sincères.
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10
p. 28-33
CANTATE Sur la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne, par M. Cretois, de la Ville de Meaux. A MONSEIGNEUR LE DAUPHIN.
Début :
DIGNE Fils d'un Monarque Auguste & Généreux, [...]
Mots clefs :
Naissance du duc de Bourgogne, Prince, Bouts de l'univers, Ciel, Louis, Déesse, Bonheur, Paix, Heureux
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texteReconnaissance textuelle : CANTATE Sur la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne, par M. Cretois, de la Ville de Meaux. A MONSEIGNEUR LE DAUPHIN.
CANTATE
Sur la naissance de Monseigneur le Duc de
Bourgogne, par M. Cretois, de la Ville
de Meaux.
A MONSEIGNEUR LE DAUPHIN.
DIGNE Fils d'un Monarque Auguste &
Généreux,
Grand Prince, pardonnez mon essor téméraire;
Daignez. un moment vous distraire:
Je chante le présent que vous ont fait les Dicux
Anotre tendrs amour si cher, si précieux.
Si mes accens peuvent vous plairo
De l'Univers entier je suis le plus heureux,
La France.
LOUIS avoit vaincu ses superbes rivaux;
Il avoit enchaîné la discorde ennemie.
Je jouissois des douceurs du repos;
Mais ma tranquilité sembloit mal affermie,
si le Ciel n'accordoit à mes empressemens
Un Prince qui, par sa naissance
Du Trône de mes Rois soutenant l'espérance
En assurât les fondemens.
JANVIER.
1752.
29
Peuples unissez-vous; aux transports d'allengressa
Joignez les plus charmans concerts;
Un Prince vous est né: Diligente Déesse,
Hâte-toi de fendre les airs;
Portes-en la nouvelle aux bouts de l'Univers
Chœur
Unissons-nous; aux transports d'allégresse
Joignons les plus charmans concerts.
Un Prince nous est né. Diligente Déesse,
Hâte-toi de fendre les airs;
Portes-en la nouvelle aux bouts de l'Univers,
La Renommée.
FRANCS, tu dois compter sur l'ardeur de mon zele.
Par cette importante nouvelle
Je vais remplit l'attente des Mortels.
Pour ton bonheur tout l'Univers soupire,
LOUIS chérit la Paix, protège ses Autels;
Sur les cœurs par ses soins il étend ton Empire-
Tu n'as plus d'envieux, tu n'as plus d'ennemis,
Ses vertus te les ont soumis.
Chæeur.
Vnissons-nous; aux transports d'allégresse
Joignons les plus charmans concerts.
Biij
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30 MERCURE DEFRANCE.
Un Prince nous est né. Diligente Déesse,
Hâte-toi de fendre les airs;
Portes-en la nouvelle aux bouts de l'Univers.
La France.
Tous les Peuples divers prendront part à ma joye.
L'Europe sur ses mauxa vu couler mes pleurs;
Le Laurier sur le front à la douleut en proie,
J'ai, l'olive à la main, dissipé ses malheurs.
Elle eut à combattre un Alcide;
Mais en tombant à ses genoux,
Elle connut qu'un Roi que la Justice guide
A le cœeur exemt de courroux.
Tous les Peuples divers prendront part à ma joye.
L'Europe sur ses maux a vu couler mes pleurs;
Le Laurier sur le front, à la douleur en proie,
J'ai, l'olive à la main, dissipé ses malheurs.
Vn Etranger.
Son repos tient à ta puissanco ;.
Elle est sensible à ton bonheur.
Partout tu maintiens la balance;
Aux Loix tu donnes la vigueur.
Tes Rois contens de leur partage
Ne sont point jaloux de nos droits;
JANVIER. 1752.
Sils font redouter leur courage,
Notre bien naît de leurs exploits.
Depuis la rive Orientale
Jusqu'aux lieux où finit le jour,
FRANCI, ca gloire est sans égale;
Tu sçais captiver notre amout.
Choeur d'Etrangers.
/es Rois contens de leur partage
Ne sont point jaloux de nos droits;
S'ils font redouter leur courage,
Notre bien naît de leurs exploits.
La France.
Illustre rejetton, ah! puissiez- vous connaître
La tendresse, pour vous, dont mon cœur est
épris
Des Augustes Epoux dont les Dieux vous font
naître
Vous aurez les vertus, les dons que je chéris,
Sur vos jours mon espoir se sonde;
Prince, pour faire des heureux
Le Ciel vous accorde à mes vœux;
Vivez pour le bonheur du Monde.
Que de votre tige féconde
Ilnaisse des Héros dignes de leurs Aieux;
Biiij
31
32 MERCURE DEFRANCE
Qu'un jour témoins de votre gloire,
Ils s'ouvrent un chemin au Temple de Mémoire;
Et que dans l'Empire des Lys
Refleurisse à jamais le Régne de LOUIS.
Illustre Rejetton, ab! puissiez- vous connoltre
La tendresse, pour vous, dont mon cour est
épris;
Des Augustes Epoux dont les Dieux vous font
naître,
Vous aurez les vertus, les dons que je chéris.
Chœeur.
Sur vos jours notre espoir se fonde,
Prince, pour faire des heureux,
Le Ciel vous accorde à nos vœux;
Vivez pour le bonheur du Monde.
Le Dieu tutelaire de la France.
YRANCI, godtez les doux fruits de la Paix;
Les plaisirs & les jeux ne finiront jamais;
Vous en jouirez d'âge en âge;
Les Immortels de leurs bienfaits
Vous donnent aujourd'hui le plus précieux gage.
Sur l'avenit mes yeux se sont ouverts;
Qelle gloire t'attend, Déesse fortunée :
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*-
JANVIER. 1752.
Aux Enfans de LOUIS que de Trônes offerts:
Je vois sa nombreuse Lignée,
Par d'equitables Loix, de cent Climats divera
Régler l'heureuse destinée.
Mortels, ne faites plus qu'un Peuple désormais;
C'est aux Bourbons à gouverner la Terre,
ke Ciel entre leurs mains a remis son Tonnerre:
Il les a faits les Héros de la Guerre
Et les Arbitres de la Paix.
Chœur.
Ne faisons plus qu'un Peuple désormais,
C'est aux Bourbons à gouverner la Terre;
Re Ciel entre leurs mains a remis son Tonnerre;
Il les a faits les Héros de la Guerre,
Et les Arbitres de la Paix.
Sur la naissance de Monseigneur le Duc de
Bourgogne, par M. Cretois, de la Ville
de Meaux.
A MONSEIGNEUR LE DAUPHIN.
DIGNE Fils d'un Monarque Auguste &
Généreux,
Grand Prince, pardonnez mon essor téméraire;
Daignez. un moment vous distraire:
Je chante le présent que vous ont fait les Dicux
Anotre tendrs amour si cher, si précieux.
Si mes accens peuvent vous plairo
De l'Univers entier je suis le plus heureux,
La France.
LOUIS avoit vaincu ses superbes rivaux;
Il avoit enchaîné la discorde ennemie.
Je jouissois des douceurs du repos;
Mais ma tranquilité sembloit mal affermie,
si le Ciel n'accordoit à mes empressemens
Un Prince qui, par sa naissance
Du Trône de mes Rois soutenant l'espérance
En assurât les fondemens.
JANVIER.
1752.
29
Peuples unissez-vous; aux transports d'allengressa
Joignez les plus charmans concerts;
Un Prince vous est né: Diligente Déesse,
Hâte-toi de fendre les airs;
Portes-en la nouvelle aux bouts de l'Univers
Chœur
Unissons-nous; aux transports d'allégresse
Joignons les plus charmans concerts.
Un Prince nous est né. Diligente Déesse,
Hâte-toi de fendre les airs;
Portes-en la nouvelle aux bouts de l'Univers,
La Renommée.
FRANCS, tu dois compter sur l'ardeur de mon zele.
Par cette importante nouvelle
Je vais remplit l'attente des Mortels.
Pour ton bonheur tout l'Univers soupire,
LOUIS chérit la Paix, protège ses Autels;
Sur les cœurs par ses soins il étend ton Empire-
Tu n'as plus d'envieux, tu n'as plus d'ennemis,
Ses vertus te les ont soumis.
Chæeur.
Vnissons-nous; aux transports d'allégresse
Joignons les plus charmans concerts.
Biij
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30 MERCURE DEFRANCE.
Un Prince nous est né. Diligente Déesse,
Hâte-toi de fendre les airs;
Portes-en la nouvelle aux bouts de l'Univers.
La France.
Tous les Peuples divers prendront part à ma joye.
L'Europe sur ses mauxa vu couler mes pleurs;
Le Laurier sur le front à la douleut en proie,
J'ai, l'olive à la main, dissipé ses malheurs.
Elle eut à combattre un Alcide;
Mais en tombant à ses genoux,
Elle connut qu'un Roi que la Justice guide
A le cœeur exemt de courroux.
Tous les Peuples divers prendront part à ma joye.
L'Europe sur ses maux a vu couler mes pleurs;
Le Laurier sur le front, à la douleur en proie,
J'ai, l'olive à la main, dissipé ses malheurs.
Vn Etranger.
Son repos tient à ta puissanco ;.
Elle est sensible à ton bonheur.
Partout tu maintiens la balance;
Aux Loix tu donnes la vigueur.
Tes Rois contens de leur partage
Ne sont point jaloux de nos droits;
JANVIER. 1752.
Sils font redouter leur courage,
Notre bien naît de leurs exploits.
Depuis la rive Orientale
Jusqu'aux lieux où finit le jour,
FRANCI, ca gloire est sans égale;
Tu sçais captiver notre amout.
Choeur d'Etrangers.
/es Rois contens de leur partage
Ne sont point jaloux de nos droits;
S'ils font redouter leur courage,
Notre bien naît de leurs exploits.
La France.
Illustre rejetton, ah! puissiez- vous connaître
La tendresse, pour vous, dont mon cœur est
épris
Des Augustes Epoux dont les Dieux vous font
naître
Vous aurez les vertus, les dons que je chéris,
Sur vos jours mon espoir se sonde;
Prince, pour faire des heureux
Le Ciel vous accorde à mes vœux;
Vivez pour le bonheur du Monde.
Que de votre tige féconde
Ilnaisse des Héros dignes de leurs Aieux;
Biiij
31
32 MERCURE DEFRANCE
Qu'un jour témoins de votre gloire,
Ils s'ouvrent un chemin au Temple de Mémoire;
Et que dans l'Empire des Lys
Refleurisse à jamais le Régne de LOUIS.
Illustre Rejetton, ab! puissiez- vous connoltre
La tendresse, pour vous, dont mon cour est
épris;
Des Augustes Epoux dont les Dieux vous font
naître,
Vous aurez les vertus, les dons que je chéris.
Chœeur.
Sur vos jours notre espoir se fonde,
Prince, pour faire des heureux,
Le Ciel vous accorde à nos vœux;
Vivez pour le bonheur du Monde.
Le Dieu tutelaire de la France.
YRANCI, godtez les doux fruits de la Paix;
Les plaisirs & les jeux ne finiront jamais;
Vous en jouirez d'âge en âge;
Les Immortels de leurs bienfaits
Vous donnent aujourd'hui le plus précieux gage.
Sur l'avenit mes yeux se sont ouverts;
Qelle gloire t'attend, Déesse fortunée :
ed by Goog
*-
JANVIER. 1752.
Aux Enfans de LOUIS que de Trônes offerts:
Je vois sa nombreuse Lignée,
Par d'equitables Loix, de cent Climats divera
Régler l'heureuse destinée.
Mortels, ne faites plus qu'un Peuple désormais;
C'est aux Bourbons à gouverner la Terre,
ke Ciel entre leurs mains a remis son Tonnerre:
Il les a faits les Héros de la Guerre
Et les Arbitres de la Paix.
Chœur.
Ne faisons plus qu'un Peuple désormais,
C'est aux Bourbons à gouverner la Terre;
Re Ciel entre leurs mains a remis son Tonnerre;
Il les a faits les Héros de la Guerre,
Et les Arbitres de la Paix.
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Résumé : CANTATE Sur la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne, par M. Cretois, de la Ville de Meaux. A MONSEIGNEUR LE DAUPHIN.
Le texte est une cantate célébrant la naissance du Duc de Bourgogne, fils du Dauphin et petit-fils du roi Louis XV. L'auteur s'adresse au Dauphin, lui demandant pardon pour son audace et exprimant la joie de la France à l'occasion de cette naissance. La France se réjouit des victoires de Louis XV sur ses rivaux et de la paix rétablie, mais cette tranquillité est complète avec la naissance du prince, qui assure la continuité dynastique. La cantate invite les peuples à se réjouir et à annoncer la nouvelle à travers le monde. Elle loue les vertus de Louis XV, qui aime la paix et protège les autels, soulignant que grâce à lui, la France n'a plus d'ennemis. Les étrangers reconnaissent la puissance et la justice de la France, dirigée par un roi qui maintient la balance et donne vigueur aux lois. La France espère que le nouveau prince héritera des vertus de ses parents et apportera bonheur et gloire au monde. La cantate se conclut par une invocation aux Bourbons, loués comme les héros de la guerre et les arbitres de la paix, et par un appel à l'unité des peuples sous leur gouvernance.
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11
p. 33-36
AU ROI, Sur la Naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne, par M. Lorin, Juge des Fermes & Subdélégué de l'Intendance à Bapaume. ODE. Temporibus spes quanta futuris !
Début :
Heureuse France, que ta joye [...]
Mots clefs :
Naissance du duc de Bourgogne, Roi, Bonheur, Paix, Charmes, Vertus, Digne
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texteReconnaissance textuelle : AU ROI, Sur la Naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne, par M. Lorin, Juge des Fermes & Subdélégué de l'Intendance à Bapaume. ODE. Temporibus spes quanta futuris !
AU ROI,
Sur la Naissance de Monseigneur le Duc de
Bourgogne, par M. Lorin, Juge des
Fermes & Subdélégué de l'Intendance à
Bapaume.
ODE.
Temporibus spes quanta futuris !
Heureuse France, que ta joye
Retentisse au delà des Mers,
EV
MedO
33.
34 MERCURE DE FRANCE.
Le bienfait que le Ciel t'envoye
Interesse tout l'Univers:
Ce Rejetton de cent Monarques
De ses jours respectés des Parques
Verra s'acroitre le bonheur,
Nouvel objet de ta tendresse
D'un regne rempli de sageste
Il perpétura la splendeur.
La Paix an gré de ton envie
Répandant sur toi ses faveurs,
Des charmes dont elle est suivie
Te prodiguera les douceurs:
Par ton influence entraînée
L'Europe attentive, étonnée
Te devra fa tranquilité
A nos neveux ce Prince auguste:
Retracera le siécle juste
Qui fait notre félicité.
Formé sur l'immortel exemple
D'un Héros chéri, révéré
Sorti d'un Fls qui lui ressemble
Quel sort lui sera préparé:
De ses merveilleuses années
Par mille bienfaits signalées
Les vertus marqueront le cours-
JANVIER. 1752.
Son nom beni de tous les âges
Sera des plus lointaines plages
Connu par d'utiles secours.
Couple à jamais chet à la France;
Epoux digne de tous nos vœux,
Vivez, comblez notre espérance,
Achevez de nous rendre heureux:
D'une union pleine de charmes,
D'on amour pur & sans allarmes-
Goutez les durables plaisirs;
Voyez d'un Monarque adorable
Le bonheur long, inaltérable
Remplir vos généreux désirs.
Toi, d'un Peuple soumis, sidéle-
Arbitre, tendre & bien-aimé
Jouis, grand Roi, de notre zéle
Jusqu'au tems le plus reculé:
Fuissent tes vertus qu'on admire
Avec ton sang se reproduire,
D'age en âge se succéder;
Et ta postérité féconde.
Digne objet de l'amour du monde-
Toujours en paix le gouverner.
Pacatumque reget putriis virtutilus orbem.
Wirg. Ecl. 4. v. 17.
Bvjj
zed by Goc
31.
36 MERCURE DEFRANCE.
ENVOI.
Souffrez qu'un fidéle transport
Jusqu'à vos pieds b. ule de se produire;
Le Respect, Sire, y vouloit contredire,
Mais aujourd'hui le zele est le plus fort.
Sur la Naissance de Monseigneur le Duc de
Bourgogne, par M. Lorin, Juge des
Fermes & Subdélégué de l'Intendance à
Bapaume.
ODE.
Temporibus spes quanta futuris !
Heureuse France, que ta joye
Retentisse au delà des Mers,
EV
MedO
33.
34 MERCURE DE FRANCE.
Le bienfait que le Ciel t'envoye
Interesse tout l'Univers:
Ce Rejetton de cent Monarques
De ses jours respectés des Parques
Verra s'acroitre le bonheur,
Nouvel objet de ta tendresse
D'un regne rempli de sageste
Il perpétura la splendeur.
La Paix an gré de ton envie
Répandant sur toi ses faveurs,
Des charmes dont elle est suivie
Te prodiguera les douceurs:
Par ton influence entraînée
L'Europe attentive, étonnée
Te devra fa tranquilité
A nos neveux ce Prince auguste:
Retracera le siécle juste
Qui fait notre félicité.
Formé sur l'immortel exemple
D'un Héros chéri, révéré
Sorti d'un Fls qui lui ressemble
Quel sort lui sera préparé:
De ses merveilleuses années
Par mille bienfaits signalées
Les vertus marqueront le cours-
JANVIER. 1752.
Son nom beni de tous les âges
Sera des plus lointaines plages
Connu par d'utiles secours.
Couple à jamais chet à la France;
Epoux digne de tous nos vœux,
Vivez, comblez notre espérance,
Achevez de nous rendre heureux:
D'une union pleine de charmes,
D'on amour pur & sans allarmes-
Goutez les durables plaisirs;
Voyez d'un Monarque adorable
Le bonheur long, inaltérable
Remplir vos généreux désirs.
Toi, d'un Peuple soumis, sidéle-
Arbitre, tendre & bien-aimé
Jouis, grand Roi, de notre zéle
Jusqu'au tems le plus reculé:
Fuissent tes vertus qu'on admire
Avec ton sang se reproduire,
D'age en âge se succéder;
Et ta postérité féconde.
Digne objet de l'amour du monde-
Toujours en paix le gouverner.
Pacatumque reget putriis virtutilus orbem.
Wirg. Ecl. 4. v. 17.
Bvjj
zed by Goc
31.
36 MERCURE DEFRANCE.
ENVOI.
Souffrez qu'un fidéle transport
Jusqu'à vos pieds b. ule de se produire;
Le Respect, Sire, y vouloit contredire,
Mais aujourd'hui le zele est le plus fort.
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Résumé : AU ROI, Sur la Naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne, par M. Lorin, Juge des Fermes & Subdélégué de l'Intendance à Bapaume. ODE. Temporibus spes quanta futuris !
Le texte est une ode célébrant la naissance du Duc de Bourgogne, fils du roi de France. M. Lorin, juge des Fermes et subdélégué de l'Intendance à Bapaume, exprime sa joie et son espoir pour l'avenir de la France grâce à cet événement. Il souligne que ce nouvel héritier apportera bonheur et sagesse au royaume et perpétuera la splendeur de la monarchie. La paix et la tranquillité en Europe sont également attendues sous son règne. Le Duc de Bourgogne est comparé à un héros et est destiné à être béni pour ses vertus et ses bienfaits. Le texte loue également le couple royal, souhaitant leur bonheur et une union durable. Enfin, il exprime le désir que les vertus du roi se perpétuent à travers sa descendance, assurant ainsi une gouvernance pacifique et aimée par le monde entier.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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12
p. 36-37
Sur les portraits du Roi, de la Reine, de Monseigneur le Dauphin & de Madame la Dauphine, à l'occasion de l'heureuse Naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne, par le même.
Début :
Sur celui du Roi. / Ce Roi, le bonheur & l'amour [...]
Mots clefs :
Portraits, Roi, Reine, Monseigneur le Dauphin, Madame la Dauphine, Naissance du duc de Bourgogne, Amour, Fils, Héros
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Sur les portraits du Roi, de la Reine, de Monseigneur le Dauphin & de Madame la Dauphine, à l'occasion de l'heureuse Naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne, par le même.
Sur les portraits du Roi, de la Reine, de
Monseigneur le Dauphin & de Madame
la Dauphine, à l'occasion de l'heureuse
Naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne,
par le même.
Sur celui du Roi. /
Ce Roi, le bonheur & l'amour
D'un Peuple à ses Maîtres fidelle,
Pour prix de ses bienfaits voit naître en ce grand
jour
Un nouvel héritier de sa gloire immortelle.
Sur colui de la Reine.
Reine, qu'avec transport l'avenir te contemple:
Si ta sublime piété
Donne à tout l'Univers le plus illustre exemple;
Que ne doit point la France à ta fécondité!
N
JANVIER. 1752.
Sur celui de Monseigneur le Dauphin.
Digne Fils d'un Héros cher à l'humanité,
I comble nos desirs, en devenant le Pere
D'un Fils dont la postétité
Reguera sur la terre entiere.
Sur celni de Madame la Dauphine.
Tant d'immortels Héros dont elle tient le jour;
Les graces dont elle est ornée;
Tout promettoit à notre amour
Les plus illustres fruits d'un auguste hyménée.
Gallufelici partu exuitan.
Monseigneur le Dauphin & de Madame
la Dauphine, à l'occasion de l'heureuse
Naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne,
par le même.
Sur celui du Roi. /
Ce Roi, le bonheur & l'amour
D'un Peuple à ses Maîtres fidelle,
Pour prix de ses bienfaits voit naître en ce grand
jour
Un nouvel héritier de sa gloire immortelle.
Sur colui de la Reine.
Reine, qu'avec transport l'avenir te contemple:
Si ta sublime piété
Donne à tout l'Univers le plus illustre exemple;
Que ne doit point la France à ta fécondité!
N
JANVIER. 1752.
Sur celui de Monseigneur le Dauphin.
Digne Fils d'un Héros cher à l'humanité,
I comble nos desirs, en devenant le Pere
D'un Fils dont la postétité
Reguera sur la terre entiere.
Sur celni de Madame la Dauphine.
Tant d'immortels Héros dont elle tient le jour;
Les graces dont elle est ornée;
Tout promettoit à notre amour
Les plus illustres fruits d'un auguste hyménée.
Gallufelici partu exuitan.
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Résumé : Sur les portraits du Roi, de la Reine, de Monseigneur le Dauphin & de Madame la Dauphine, à l'occasion de l'heureuse Naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne, par le même.
Le texte célèbre la naissance du Duc de Bourgogne, fils du Dauphin et de la Dauphine, en janvier 1752. Il met en lumière le bonheur du Roi et de la Reine, la piété de cette dernière et la dignité du Dauphin. La Dauphine est louée pour ses origines et ses grâces. La naissance est perçue comme une bénédiction pour la France.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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13
p. 37-38
AU ROI, Sur l'heureuse naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne, du 13 Septembre 1751.
Début :
Quel bonheur ! il jouit enfin de la clarté [...]
Mots clefs :
Naissance du duc de Bourgogne
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texteReconnaissance textuelle : AU ROI, Sur l'heureuse naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne, du 13 Septembre 1751.
AU ROI,
Sur l'heureuse naissance de Monseigneur le
Duc de Bourgogne, du 13 Septembre
1751.
Quel bonheur ! il jouit enfin de la clarté
Ce respectable Enfant, si long. tems soubaité.
Autour de lui les cœurs se réunissent,
Et tons de concert applaudissent
Au Ciel qui nous l'a présenté:
Que tous les échos retentissent
as
58. MERCUREDEFRANCE.
Des vœux qu'avec ardeur on fait pour sa santé,
Vivez, Prince sorti du Sang le plus Auguste,
Soyez aussi vaillant & juste,
Que le grand Roi dont vous tirez le jour,
Montrez vous aussi débonnaire
Aussi sage & prudent que votre illustre Pere,
Et venez avec eux partager notre amout.
Par la Canadienne.
Sur l'heureuse naissance de Monseigneur le
Duc de Bourgogne, du 13 Septembre
1751.
Quel bonheur ! il jouit enfin de la clarté
Ce respectable Enfant, si long. tems soubaité.
Autour de lui les cœurs se réunissent,
Et tons de concert applaudissent
Au Ciel qui nous l'a présenté:
Que tous les échos retentissent
as
58. MERCUREDEFRANCE.
Des vœux qu'avec ardeur on fait pour sa santé,
Vivez, Prince sorti du Sang le plus Auguste,
Soyez aussi vaillant & juste,
Que le grand Roi dont vous tirez le jour,
Montrez vous aussi débonnaire
Aussi sage & prudent que votre illustre Pere,
Et venez avec eux partager notre amout.
Par la Canadienne.
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Résumé : AU ROI, Sur l'heureuse naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne, du 13 Septembre 1751.
Le texte célèbre la naissance du Duc de Bourgogne le 13 septembre 1751, après une longue attente. Il exprime la joie et la gratitude. On souhaite au prince santé et vertus comme le courage, la justice, la bonté, la sagesse et la prudence, inspirées par ses ancêtres. On espère aussi qu'il aimera son peuple. L'auteur est identifié comme 'la Canadienne'.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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14
p. 38-40
NAISSANCE De Monseigneur le Duc de Bourgogne. Heureux présage.
Début :
La nuit régnoit, & ses épaisses ombres [...]
Mots clefs :
Naissance du duc de Bourgogne, Jour, Airs, Glorieux, Plaisirs
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texteReconnaissance textuelle : NAISSANCE De Monseigneur le Duc de Bourgogne. Heureux présage.
NAISSANCE
De Monseigneur le Duc de Bourgogne.
Heureux présage.
La nuit régnoit, & ses épaisses ombres
Rendoient encor, sans craindre le Soleil
Tous les réduits t: ès paisibles & sombres;
l'étois tranquil dans les bras du sommeil,
Quand la fureur d'un sublime salpêtre,
En s'élançant de cent gousfres d'airain,
D'un coup affreux frappant les airs soudain,
Vint ébran'er mon lit & ma fenêtre.
Je me réveille à ce bruit étonnant
Lout en sursaut & craignant le tonnerre;
JANVIER.
1752.
12
Mais je connus de la bruyante guerte
Le glorieux & funeste instrument.
Je pressentis une heureuse assurance
Du don Divin que rous faisoient les Cieux,
Pour être un jour le soutien précieux,
Par ses vertus, du Trône & de la France.
Le Ciel enfin comble tous nos désirs;
Pat ion secours, Princesse souveraine,
L'on voit déja sur les bords de la Seine
Régner les jeux, les ris; & les plaisirs:
Le tendre Amout à les suivre s'empresse,
Tout peint ici la plus vive allégresse:
Chacun célebre un jour si glorieux.
Jour qui promet les jours les plus heureur.
Ce jeune Dieu fut formé par les Graces;
Tout rend hommage à ses augustes traits,
D'Amour il a le port & les attraits,
Tous les plaisirs naissent dessus ses traces,
D'un Peuple entier il possede les cœurs.
* * * * * * * * * * * * *
. * * * * * * * * * * *
. . * * * * * . . .* .*
* * * * * * ** ** * **
. . . . * * . . . . . . .
Ses jours seront gravés au Temple de Mémoire;
Je vois les Dieux zélés le combler de faveurs;
Je vois Bellone & Mars, jaloux de ses honneurs,
lie suivre triomphant & tout brillant de gloire.
40 MERCUREDEFRANCE
Dé a la renommée agile dans les airs,
Annonce cet Oracle à cent Peuples divers,
Sans cesse avec ardeur sa bouche le publie,
Le Batave le sçait, on l'apprend en Asie;
Tout l'Univers entier coutemple nos plaisits,
Son Nom vole plus loin que ne font les Zéphirs,
Cette Déesse enfin vole au-delà des Ondes
Et va le publier dans tous les nouveaux Mondes.
De Monseigneur le Duc de Bourgogne.
Heureux présage.
La nuit régnoit, & ses épaisses ombres
Rendoient encor, sans craindre le Soleil
Tous les réduits t: ès paisibles & sombres;
l'étois tranquil dans les bras du sommeil,
Quand la fureur d'un sublime salpêtre,
En s'élançant de cent gousfres d'airain,
D'un coup affreux frappant les airs soudain,
Vint ébran'er mon lit & ma fenêtre.
Je me réveille à ce bruit étonnant
Lout en sursaut & craignant le tonnerre;
JANVIER.
1752.
12
Mais je connus de la bruyante guerte
Le glorieux & funeste instrument.
Je pressentis une heureuse assurance
Du don Divin que rous faisoient les Cieux,
Pour être un jour le soutien précieux,
Par ses vertus, du Trône & de la France.
Le Ciel enfin comble tous nos désirs;
Pat ion secours, Princesse souveraine,
L'on voit déja sur les bords de la Seine
Régner les jeux, les ris; & les plaisirs:
Le tendre Amout à les suivre s'empresse,
Tout peint ici la plus vive allégresse:
Chacun célebre un jour si glorieux.
Jour qui promet les jours les plus heureur.
Ce jeune Dieu fut formé par les Graces;
Tout rend hommage à ses augustes traits,
D'Amour il a le port & les attraits,
Tous les plaisirs naissent dessus ses traces,
D'un Peuple entier il possede les cœurs.
* * * * * * * * * * * * *
. * * * * * * * * * * *
. . * * * * * . . .* .*
* * * * * * ** ** * **
. . . . * * . . . . . . .
Ses jours seront gravés au Temple de Mémoire;
Je vois les Dieux zélés le combler de faveurs;
Je vois Bellone & Mars, jaloux de ses honneurs,
lie suivre triomphant & tout brillant de gloire.
40 MERCUREDEFRANCE
Dé a la renommée agile dans les airs,
Annonce cet Oracle à cent Peuples divers,
Sans cesse avec ardeur sa bouche le publie,
Le Batave le sçait, on l'apprend en Asie;
Tout l'Univers entier coutemple nos plaisits,
Son Nom vole plus loin que ne font les Zéphirs,
Cette Déesse enfin vole au-delà des Ondes
Et va le publier dans tous les nouveaux Mondes.
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Résumé : NAISSANCE De Monseigneur le Duc de Bourgogne. Heureux présage.
Le texte célèbre la naissance du Duc de Bourgogne, considérée comme un heureux présage. Un bruit violent, probablement un feu d'artifice, réveille le narrateur, qui comprend qu'il s'agit d'une célébration joyeuse et triomphale. Cette naissance est vue comme un don divin destiné à soutenir le trône et la France grâce aux vertus du nouveau-né. Le royaume est rempli de joie et d'allégresse, avec des jeux, des rires et des plaisirs partagés par tous. Le jeune duc est décrit comme formé par les Grâces, possédant les attraits de l'amour et inspirant l'admiration de tout un peuple. Les dieux sont prêts à lui accorder des faveurs, et les divinités de la guerre, Bellone et Mars, le suivront triomphant et couvert de gloire. La nouvelle de cette naissance est rapidement propagée par Mercure, la déesse de la renommée, à travers le monde entier, y compris les nouveaux mondes.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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15
p. 40-50
LA NAISSANCE DE MONSEIGNEUR LE DUC DE BOURGOGNE. ODE A Sa Majesté, le Roi de Pologne, Electeur de Saxe. Par M. d'Arnauld, Conseiller de Légation de Sa Majesté, & Membre de l'Académie Royale des Sciences & Belles-Lettres de Prusse. ......... Tu Lodoicus eris.
Début :
Grand Roi, qui permettez qu'une Muse timide [...]
Mots clefs :
Rois, Dieux, Dieu, Naissance du duc de Bourgogne, Terre, Enfant, Trône, Ange, Vertus
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texteReconnaissance textuelle : LA NAISSANCE DE MONSEIGNEUR LE DUC DE BOURGOGNE. ODE A Sa Majesté, le Roi de Pologne, Electeur de Saxe. Par M. d'Arnauld, Conseiller de Légation de Sa Majesté, & Membre de l'Académie Royale des Sciences & Belles-Lettres de Prusse. ......... Tu Lodoicus eris.
LA NAISSANCE
DE MONSEIGNEUR
LE DUC DE BOURGOGNE.
ODE
A Sa Majesté, le Roi de Pologne,
Electeur de Saxe. Par M. d'Arnauld,
Conseiller de Légation de Sa Majeste, &
Membre de l'Académie Royale des Sciences
& Belles-Lettres de Prusse.
......... Tu Lodoicus eris.
Grand Roi, qui permettez qu'une Muse timide
Dépoje a o pies jes écrits
Daignez favoriser l'audace qui me guide,
Digires b.0O
JANVIER. 1752.
41
Et qu' un de vos regards de mes vers soit le prix!
Quand l'Ange des Francois plein d'une ardeur tro
juste
Pour le Fils des Bourbous un former wus les voela,
Un seal les réunit, qu'il soit un autre Auguste!
Et nous n' aurons plus rien à demander aux Dicur.
en.
Cet astre radieux qu'une clatté (*) premiere
Annonçoit par ses feux naissans
Tel qu'un Dieu qui domine en sa vaste carriere
Se leve & darde ensin ses rayons tout puissans;
La Terre à son aspect tressaille d'allégresse,
Le Démon de la nuit rentre dans les enfers:
Et des jeux caressans la troupe enchanteresse
Revient de sa présence embellir l'Univers.
Franco, ainsi cet Enfant, le présent du Ciel même
Qu'il accorde à tes longs désirs
Vient remplir tes climats de sa splendeur suprême,
Et fixer dans ton sein la paix & les plaisira
Sur son divin berceau la flateuse espérance
Déja laisse tomber ses regards amoureux
Le Destin lui sourit, & l'Ange de la France
Comblé des dons du Ciel, lui porte encor ses
vœux.
(*) Madame, sour de Monseigneur le Duc de
Bourgogne.
Disirad hi0
CE MERCURE DE FRANCE.
Ane du grand Rousseau, du sublime Empirée
Où te couronnent les Talens
Abandonnie pour moi la demeure sacrée,
Viens me préter ta flamme & tes nobles élans,
Dans des vers immortels que je puisse redire
Ces vœux qu'un Dieu lui-même a sçu me révéler
Peuples, Rois, écoutez, c'est ce Dieu qui m'ins-
pire,
L'Ange même des lis par ma voix va patler.
»Grands Dieux (*) que jusqu'à vous l'humble &
„sainte priere
»Monte dans les flots de l'encens !
» Qe d'un Peuple enchanté, que de la France
„entiere
»S'élevent à vos pieds les cris reconnoissans !
»L'Héritier des Bourbons est votre auguste ou-
„vrage,
»Déja ses traits naissans décélent sa grandeur
»Mais ce n'est point asses, Dieux! qu'il soit votre
»image
(*) Personne ne doit ignorer que dans la hau-
te Poësie, Minerve ne veut signifier que la sagesse
qu'en un mot on entend par les Dieux & les im-
mortels, les anges & les esprits célestes. L'écriture
même en parlant de Dieu se sert de l'expression
de Dieu des Dieux.
JANVIER.
1752.
45
nSi vous ne l'échauffez d'une céleste ardeur.
wVenez, descendez tous dans l'azur d'un nuage,
»Sur ce berceau si glorieux,
»Qu'autour de cet Enfant votre cœur se partage,
»Qu'il confonde sur lui tous les rayons des Dieux!
» Quand vous voulez donner des Maîtres à la
terre
»Pout former cet ouvrage est-ce trop de vous
»tous?
»Suffit- il que leur bras soit armé du tonnerre,
»C'est la seule vertu qui les met près de vous
»Minerve, hâte toi; de ta divine Egide
» Viens couvrir cet auguste Enfant,
„ Que son premier regard s'attache sur le guide
»Qui doit le soutenir de son bras triomphant!
„ Ne t'écarte jamais de ses traces brillantes
Dans l'hotreur des combats cours, vole à son
»côté;
»Mais par d'autres chemins que les routes san-
„ glantes
» Qu'il s'éleve au sejour de l'immortalité !-
DEsprits même des Dieux, Enfans de la Déesse,
*Beaux arts, entourez son Berceau !
nA ses yeux que le jour offense encore & blesse,
44 MERCUREDEFRANCE.
»Faites déja briller votre immortel flambeau.
„Des vertus dans son sein r épandez les semences,
„ Vous êtes des vertus & l'oracle & l'appui,
»Réunissez vos dons, que vos trésois immenses
»Comme autant de torrens aillent se perdre en
» lui !
» Par vous il apprendra que ces Mastres du monde
»Ne sout dignes de leur éclat
» Que lorsque leur grandeur est la fource féconde
» D'où jaillisse la vie & le bien de l'Etat;
» Que ces Rois qui de sang & de combats avides,
»Font gémir & pleurer la tendre humanité,
»Verront leurs noms pareils à des vapeurs hu-
» mides
» Se dissiper au jour dunt luit la vérité.
Il sçaura pour le pauvre & l'orphelin timide,
» Pour les malheureux éplorés,
»Que les marches d'un trône où l'équité réside
»D'un salutaire autel sont autant de degrés;
„Il sçaura que sa main doit essuyer leurs larmes,
* Qu'un Roi n'est vraiment grand qu'autant qu'il
» est aimé;
„ Que de noms envolés avec le bruit des armes!
»Et du nom de Titus l'univers est charmé.
N
JANVIER.
1752.
45
„Il sçaura que la terre & lui-même ont un mai-
»tre,
„ Devant qui les Rois ne sont rien,
»Qu'il est un Dieu vengeur que tout doit recon,
»noitre,
„De cent mondes divers & l'ame & le soutien;
»Qu'à ce juge éternel tous les Rois sont comp-
ntables
»Des maux comme des biens de leur Trône
»émanés
»Qu'ensin si tous ses pas ne sont point équitables,
„Dans la nuit de la mort il seront entrainés.
» Sous vos ailes ainsi son Enfance chérie
»Comme un beau lys s'élevera,
»Et cette tendre fleur bien loin d'être flétrie
»En un fruit nourrissant par vous se changera.
„Tel un jeune Tilleul l'amour de la nature
„ Qu'un ruisseau bienfaisant abbreuve de ses eaux,
„ Voit tous les jours son front s'enrichir de ver-
„dure
nEt son tronc se répandre en d'utiles rameaux.
N
»Que de sa propre main, Beaux-Arts, il vous
»couronne
„ Près de lui qu'il vous fasse asseoir
»Comie les ornemens & la gloire du Trone,
46 MERCURE DE FRANCE.
» Le germe des vertus & le sceau du pouvoit !
„Louis du monde entier a mérité l'hommage
„En répandant sur vous ses généreux bienfaits,
»Et les vers de Corneille ont illustré son age
„Autant que la splendeur qu'il dut à ses hauts
» faits.
Ne viens point à ses piés, perside calomnie,
„ Soufflet tes feux & tes poisons
„ Dans sa naifsante aurore obscurcit le génie
„ Qui perce tôt ou tard, & darde ses rayons;
»Qu'assis au même rang de Virgile & d'Horace
»Ovide chante Auguste, & son régne immortel;
»La terre au Triumvir sans doute auroit fait
» grace,
„Si le Maître d'Ovide eut été moins cruel.
»Et vous, lâches flatteurs, vous corrupteurs in-
„fâmes
»La honte & l'opprobre des Rois,
»Vous qui portez l'orgueil & la mort dans leurs
»ames,
u Créateurs des Tytans, & destructeurs des loix,
„Fuyez, que le mensonge & la vile imposture
»N'exhalent point ici leur souffle empoisonneur
»Fuyez, n'infectez point une source aussi pure;
ed by G
1752.
JANVIER.
47
„Que l'univers entier y puise son bo iheus
Toi, sainte Vérité, ne crains point sa présence,
„ Et n'écarte pas ton flambeau,
» Toujours, pour qu'il mérite & régle sa puis-
»lance
» Des foiblesses des Rois offre lui le tableau;
»Quand il sçaura porter le sacré Diadême
»Pat un éloge libre ose l'encourager;
»S'il en pouvoit jamais ternir l'éclat suprême,
»Sans adoucir tes traits ose le corriger.
„ En lui faisant aimer cette fille céleste,
»L'immortelle Religion,
»Que sa raison démasque, & que son cœur dé-
po teste
»Le premier des Tyrans, la superstition;
„ Qu'il contemple les maux dont sa trace est
»suivie,
„ Les femmes, les vieillards, les enfaus immolés,
„Les Rois mêmes tombant sous son audace impie,
»Tous les crimes divers de son sein exhalés.
„Qu'il se souvienne enfin qu'étant ce que nous
» sommes,
„Comme nous soumis aux malheurs,
Mes
48 MERCURE DEFRANCE.
„ Autant humiliés que le dernier des hommes-
»Les Rois peuvent du sort épuiser les rigueurs
nMais le Monarque alors déployant sa grande
»ame
» Se met par sa constance au-dessus de l'humain
„ C'est alors qu'il, est Roi, que sa vertu s'enslam-
»me
n Maîttise la fortune & confond le destin.
25
nAinsi le Grand Louis trahi par la victoire,
»A vu le destin irrité
» Disputer à sou front le siège de la Gloire,
„ Ce laurier immortel qu'il avoit mérité.
nEn vain le sort jaloux vieut jusques sur le Trone,
wVient jusques dans ses bras lui ravir ses enfans,
„Aux fléaux conjurés dont l'horreur l'environne,
»Louis oppose encot les regards triomphans.
nOdivine amitié, flamme pure & sacrée
»Que ressentent si peu les Rois
»Transport de la belle ame aux vertus consa-
»crée
»Doux alimens des cours qui chérissent tes loix,
nAu nouveau Marcellus fais gouter tous tes
»charmes,
nA se remplir le cœeur de ses cheres allarmes
Qu'il
by Goo
JANVIER. 1752.
49
Qu'il connoisse en un mot la douceur de pleurer !
„Pour épuiser vos dons, sous les traits de sa
»mere,
„O! Dieux, puisse-t- il receler,
„La solide grandeur & l'ame de son pere;
»Petit fils de Lovis puisse- t- il l'égaler !
„ Mais conservez l'Ayeul votre image fidéle,
„Qu'il vive, s'il se peut, autant que ses bienfaits!
uQue cet enfant des Rois ait toujours un mo-
dele
»Digne du trône, ensin qu'il n'y monte jamais !
L'Ange dit, & soudain un sillon de lumiere
Entr'ouvre l'Olimpe éclairé
La Gloire qui des cieux traverse la carriere,
Couronne le berceau de son laurier sacté;
Sur ce front qui déja sourit à la déesse,
L'enfant reçoit l'éclat d'un immortel rayon.
Le Français s'applaudit transporté d'allégresse
Et plein d'un doux espoir, il attend un Bour-
bon.
N8
Digne fils de * Louis, à qui ta race antique
Doit ce rejetton, son appui,
Monseigneur le Dauphin.
C
II. Vol
Digistrss yL0
50 MERCURE DE FRANCE.
Lis ces vers ajoutés à l'offrande publique
Que la France à tes piés va porter aujourd'hui;:
Comme Français. ma voix a du se faire en-
tendre
Quand du sang des Bourbons le cours est aug.
menté
Comme sage encor plus, il ne peut trop s'éten,
dre
Pour le bien de la terre, & de l'humanité.
DE MONSEIGNEUR
LE DUC DE BOURGOGNE.
ODE
A Sa Majesté, le Roi de Pologne,
Electeur de Saxe. Par M. d'Arnauld,
Conseiller de Légation de Sa Majeste, &
Membre de l'Académie Royale des Sciences
& Belles-Lettres de Prusse.
......... Tu Lodoicus eris.
Grand Roi, qui permettez qu'une Muse timide
Dépoje a o pies jes écrits
Daignez favoriser l'audace qui me guide,
Digires b.0O
JANVIER. 1752.
41
Et qu' un de vos regards de mes vers soit le prix!
Quand l'Ange des Francois plein d'une ardeur tro
juste
Pour le Fils des Bourbous un former wus les voela,
Un seal les réunit, qu'il soit un autre Auguste!
Et nous n' aurons plus rien à demander aux Dicur.
en.
Cet astre radieux qu'une clatté (*) premiere
Annonçoit par ses feux naissans
Tel qu'un Dieu qui domine en sa vaste carriere
Se leve & darde ensin ses rayons tout puissans;
La Terre à son aspect tressaille d'allégresse,
Le Démon de la nuit rentre dans les enfers:
Et des jeux caressans la troupe enchanteresse
Revient de sa présence embellir l'Univers.
Franco, ainsi cet Enfant, le présent du Ciel même
Qu'il accorde à tes longs désirs
Vient remplir tes climats de sa splendeur suprême,
Et fixer dans ton sein la paix & les plaisira
Sur son divin berceau la flateuse espérance
Déja laisse tomber ses regards amoureux
Le Destin lui sourit, & l'Ange de la France
Comblé des dons du Ciel, lui porte encor ses
vœux.
(*) Madame, sour de Monseigneur le Duc de
Bourgogne.
Disirad hi0
CE MERCURE DE FRANCE.
Ane du grand Rousseau, du sublime Empirée
Où te couronnent les Talens
Abandonnie pour moi la demeure sacrée,
Viens me préter ta flamme & tes nobles élans,
Dans des vers immortels que je puisse redire
Ces vœux qu'un Dieu lui-même a sçu me révéler
Peuples, Rois, écoutez, c'est ce Dieu qui m'ins-
pire,
L'Ange même des lis par ma voix va patler.
»Grands Dieux (*) que jusqu'à vous l'humble &
„sainte priere
»Monte dans les flots de l'encens !
» Qe d'un Peuple enchanté, que de la France
„entiere
»S'élevent à vos pieds les cris reconnoissans !
»L'Héritier des Bourbons est votre auguste ou-
„vrage,
»Déja ses traits naissans décélent sa grandeur
»Mais ce n'est point asses, Dieux! qu'il soit votre
»image
(*) Personne ne doit ignorer que dans la hau-
te Poësie, Minerve ne veut signifier que la sagesse
qu'en un mot on entend par les Dieux & les im-
mortels, les anges & les esprits célestes. L'écriture
même en parlant de Dieu se sert de l'expression
de Dieu des Dieux.
JANVIER.
1752.
45
nSi vous ne l'échauffez d'une céleste ardeur.
wVenez, descendez tous dans l'azur d'un nuage,
»Sur ce berceau si glorieux,
»Qu'autour de cet Enfant votre cœur se partage,
»Qu'il confonde sur lui tous les rayons des Dieux!
» Quand vous voulez donner des Maîtres à la
terre
»Pout former cet ouvrage est-ce trop de vous
»tous?
»Suffit- il que leur bras soit armé du tonnerre,
»C'est la seule vertu qui les met près de vous
»Minerve, hâte toi; de ta divine Egide
» Viens couvrir cet auguste Enfant,
„ Que son premier regard s'attache sur le guide
»Qui doit le soutenir de son bras triomphant!
„ Ne t'écarte jamais de ses traces brillantes
Dans l'hotreur des combats cours, vole à son
»côté;
»Mais par d'autres chemins que les routes san-
„ glantes
» Qu'il s'éleve au sejour de l'immortalité !-
DEsprits même des Dieux, Enfans de la Déesse,
*Beaux arts, entourez son Berceau !
nA ses yeux que le jour offense encore & blesse,
44 MERCUREDEFRANCE.
»Faites déja briller votre immortel flambeau.
„Des vertus dans son sein r épandez les semences,
„ Vous êtes des vertus & l'oracle & l'appui,
»Réunissez vos dons, que vos trésois immenses
»Comme autant de torrens aillent se perdre en
» lui !
» Par vous il apprendra que ces Mastres du monde
»Ne sout dignes de leur éclat
» Que lorsque leur grandeur est la fource féconde
» D'où jaillisse la vie & le bien de l'Etat;
» Que ces Rois qui de sang & de combats avides,
»Font gémir & pleurer la tendre humanité,
»Verront leurs noms pareils à des vapeurs hu-
» mides
» Se dissiper au jour dunt luit la vérité.
Il sçaura pour le pauvre & l'orphelin timide,
» Pour les malheureux éplorés,
»Que les marches d'un trône où l'équité réside
»D'un salutaire autel sont autant de degrés;
„Il sçaura que sa main doit essuyer leurs larmes,
* Qu'un Roi n'est vraiment grand qu'autant qu'il
» est aimé;
„ Que de noms envolés avec le bruit des armes!
»Et du nom de Titus l'univers est charmé.
N
JANVIER.
1752.
45
„Il sçaura que la terre & lui-même ont un mai-
»tre,
„ Devant qui les Rois ne sont rien,
»Qu'il est un Dieu vengeur que tout doit recon,
»noitre,
„De cent mondes divers & l'ame & le soutien;
»Qu'à ce juge éternel tous les Rois sont comp-
ntables
»Des maux comme des biens de leur Trône
»émanés
»Qu'ensin si tous ses pas ne sont point équitables,
„Dans la nuit de la mort il seront entrainés.
» Sous vos ailes ainsi son Enfance chérie
»Comme un beau lys s'élevera,
»Et cette tendre fleur bien loin d'être flétrie
»En un fruit nourrissant par vous se changera.
„Tel un jeune Tilleul l'amour de la nature
„ Qu'un ruisseau bienfaisant abbreuve de ses eaux,
„ Voit tous les jours son front s'enrichir de ver-
„dure
nEt son tronc se répandre en d'utiles rameaux.
N
»Que de sa propre main, Beaux-Arts, il vous
»couronne
„ Près de lui qu'il vous fasse asseoir
»Comie les ornemens & la gloire du Trone,
46 MERCURE DE FRANCE.
» Le germe des vertus & le sceau du pouvoit !
„Louis du monde entier a mérité l'hommage
„En répandant sur vous ses généreux bienfaits,
»Et les vers de Corneille ont illustré son age
„Autant que la splendeur qu'il dut à ses hauts
» faits.
Ne viens point à ses piés, perside calomnie,
„ Soufflet tes feux & tes poisons
„ Dans sa naifsante aurore obscurcit le génie
„ Qui perce tôt ou tard, & darde ses rayons;
»Qu'assis au même rang de Virgile & d'Horace
»Ovide chante Auguste, & son régne immortel;
»La terre au Triumvir sans doute auroit fait
» grace,
„Si le Maître d'Ovide eut été moins cruel.
»Et vous, lâches flatteurs, vous corrupteurs in-
„fâmes
»La honte & l'opprobre des Rois,
»Vous qui portez l'orgueil & la mort dans leurs
»ames,
u Créateurs des Tytans, & destructeurs des loix,
„Fuyez, que le mensonge & la vile imposture
»N'exhalent point ici leur souffle empoisonneur
»Fuyez, n'infectez point une source aussi pure;
ed by G
1752.
JANVIER.
47
„Que l'univers entier y puise son bo iheus
Toi, sainte Vérité, ne crains point sa présence,
„ Et n'écarte pas ton flambeau,
» Toujours, pour qu'il mérite & régle sa puis-
»lance
» Des foiblesses des Rois offre lui le tableau;
»Quand il sçaura porter le sacré Diadême
»Pat un éloge libre ose l'encourager;
»S'il en pouvoit jamais ternir l'éclat suprême,
»Sans adoucir tes traits ose le corriger.
„ En lui faisant aimer cette fille céleste,
»L'immortelle Religion,
»Que sa raison démasque, & que son cœur dé-
po teste
»Le premier des Tyrans, la superstition;
„ Qu'il contemple les maux dont sa trace est
»suivie,
„ Les femmes, les vieillards, les enfaus immolés,
„Les Rois mêmes tombant sous son audace impie,
»Tous les crimes divers de son sein exhalés.
„Qu'il se souvienne enfin qu'étant ce que nous
» sommes,
„Comme nous soumis aux malheurs,
Mes
48 MERCURE DEFRANCE.
„ Autant humiliés que le dernier des hommes-
»Les Rois peuvent du sort épuiser les rigueurs
nMais le Monarque alors déployant sa grande
»ame
» Se met par sa constance au-dessus de l'humain
„ C'est alors qu'il, est Roi, que sa vertu s'enslam-
»me
n Maîttise la fortune & confond le destin.
25
nAinsi le Grand Louis trahi par la victoire,
»A vu le destin irrité
» Disputer à sou front le siège de la Gloire,
„ Ce laurier immortel qu'il avoit mérité.
nEn vain le sort jaloux vieut jusques sur le Trone,
wVient jusques dans ses bras lui ravir ses enfans,
„Aux fléaux conjurés dont l'horreur l'environne,
»Louis oppose encot les regards triomphans.
nOdivine amitié, flamme pure & sacrée
»Que ressentent si peu les Rois
»Transport de la belle ame aux vertus consa-
»crée
»Doux alimens des cours qui chérissent tes loix,
nAu nouveau Marcellus fais gouter tous tes
»charmes,
nA se remplir le cœeur de ses cheres allarmes
Qu'il
by Goo
JANVIER. 1752.
49
Qu'il connoisse en un mot la douceur de pleurer !
„Pour épuiser vos dons, sous les traits de sa
»mere,
„O! Dieux, puisse-t- il receler,
„La solide grandeur & l'ame de son pere;
»Petit fils de Lovis puisse- t- il l'égaler !
„ Mais conservez l'Ayeul votre image fidéle,
„Qu'il vive, s'il se peut, autant que ses bienfaits!
uQue cet enfant des Rois ait toujours un mo-
dele
»Digne du trône, ensin qu'il n'y monte jamais !
L'Ange dit, & soudain un sillon de lumiere
Entr'ouvre l'Olimpe éclairé
La Gloire qui des cieux traverse la carriere,
Couronne le berceau de son laurier sacté;
Sur ce front qui déja sourit à la déesse,
L'enfant reçoit l'éclat d'un immortel rayon.
Le Français s'applaudit transporté d'allégresse
Et plein d'un doux espoir, il attend un Bour-
bon.
N8
Digne fils de * Louis, à qui ta race antique
Doit ce rejetton, son appui,
Monseigneur le Dauphin.
C
II. Vol
Digistrss yL0
50 MERCURE DE FRANCE.
Lis ces vers ajoutés à l'offrande publique
Que la France à tes piés va porter aujourd'hui;:
Comme Français. ma voix a du se faire en-
tendre
Quand du sang des Bourbons le cours est aug.
menté
Comme sage encor plus, il ne peut trop s'éten,
dre
Pour le bien de la terre, & de l'humanité.
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Résumé : LA NAISSANCE DE MONSEIGNEUR LE DUC DE BOURGOGNE. ODE A Sa Majesté, le Roi de Pologne, Electeur de Saxe. Par M. d'Arnauld, Conseiller de Légation de Sa Majesté, & Membre de l'Académie Royale des Sciences & Belles-Lettres de Prusse. ......... Tu Lodoicus eris.
Le texte se compose de deux parties distinctes. La première est une ode célébrant la naissance du Duc de Bourgogne, fils des Bourbons, adressée au Roi de Pologne et Électeur de Saxe. L'auteur, M. d'Arnauld, compare cette naissance à l'apparition d'un astre radieux annonçant la paix et la joie en France. Il souhaite que le Duc soit protégé par les dieux et les arts, et qu'il gouverne avec vertu et justice. L'ode appelle à ce que le Duc apprenne à secourir les pauvres et les opprimés, et à être conscient de sa responsabilité divine. Les arts et les vertus doivent l'entourer et l'éduquer pour qu'il devienne un souverain juste et aimé, comparable à des figures historiques comme Titus. La seconde partie est un poème adressé à un membre de la famille royale française, probablement le Dauphin, fils de Louis XV. Le poème critique les flatteurs et les corrupteurs qui entourent les rois, les qualifiant de 'lâches flatteurs' et 'corrupteurs infâmes'. Il appelle à la vérité et à la vertu, exhortant le roi à se méfier du mensonge et de l'imposture. Le texte met en garde contre la superstition et ses maux, tout en soulignant que les rois peuvent se distinguer par leur constance et leur grandeur. Il évoque la figure de Louis XIV et souhaite que le Dauphin hérite des qualités de ses ancêtres, notamment la 'solide grandeur' et l''âme' de son père et de son grand-père. Le poème se termine par une vision prophétique où la Gloire couronne le berceau du Dauphin, symbolisant l'espoir et l'allégresse du peuple français pour l'avenir de la monarchie.
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15
16
p. 50-53
COUPLETS CHANTÉS Par les nouveaux Mariés de la Paroisse de Saint Laurent, aux nôces faites par la Ville à l'occasion de la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne, sur différens airs de Noëls. Sur l'air : Les Bourgeois de Chartres.
Début :
L'enfant qui vient de naître [...]
Mots clefs :
Ville, Conquérant, Vertus, Nouveaux mariés, Naissance du duc de Bourgogne
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texteReconnaissance textuelle : COUPLETS CHANTÉS Par les nouveaux Mariés de la Paroisse de Saint Laurent, aux nôces faites par la Ville à l'occasion de la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne, sur différens airs de Noëls. Sur l'air : Les Bourgeois de Chartres.
COUPLETS CHANTÉS
Par les nouveaux Mariés de la Paroisse de
Saint Laurent, aux nôces faites par la
Ville à l'occasion de la naissanee de Monseigneur
le Duc de Bourgogne, sur différens
airs de Noëls. Sur l'air : Les Bourgeois
de Chartres.
L'enfant qui vient de naître
Est un présent des cieux.
De notre Auguste Maître
Il vient comblet les vœeux.
Qu'il soit digne de lui ! Sa Clémence Héroique
Rendra ses Ennemis
Soumis.
Est- il un Conquérant
JANVIER. 1752.
51
Plus grand
Qu'un Hétos pacisique:
Ce Monarque intrépide
Affronte les hazards.
La valeur qui le guide
Animoit les Césars.
Mais des qu'aux champs de Mars il est couvert de
gloire
Il surpasse en vertus
Titus;
Conquérant généteux,
Ses yeux
Pleutent sur sa victoire.
WS
Déposant son Tonnerte,
On vit ce Potentat,
Des malheurs de la Guerre
Consoler le Soldat.
Peuples qu'il subjuguoit aux Plaines de la Flandre
Vous fûtes bien surpris,
Ravis
De voir dans un Vainqueur
Le cœur
De l'ami le plus tendre.
Cij
52 MERCUREDE FRANCE.
La France, Grande Reine
Fait pout vous mille vœux.
Vous êtes Souveraine
Pour faire des heureux.
Votre coeur est du paurre & l'espoir & l'azile.
Ce coeur rend vos bienfaits
Parfaits.
Vous êtes de la Cour
L'amiour
Et l'amour de la Ville.
Quelle aimable Famille
S'éleve sous vos Loix!
L'éclat dont elle brille
Charme l'espoir des Rois.
Vos Augustes Enfans suivent vos nobles tracea
Ils sont, tous ces Ensans,
Charmans.
Chacun est un Portrait
Complet
Des Vertus & des Graces.
Quelle heureuse abondance
Ce beau jour nous prédit !
Il n'est plus d'indigence
Quand Le Roi nous unit,
(.
JANVIER. 1752. * 53
S'il vient de nous doter, ce Prince débonnaire,
C'est que non-seulement,
Vrasment,
Louis est notre Roi;
Ma foi
C'est encor notre Pere.
Par les nouveaux Mariés de la Paroisse de
Saint Laurent, aux nôces faites par la
Ville à l'occasion de la naissanee de Monseigneur
le Duc de Bourgogne, sur différens
airs de Noëls. Sur l'air : Les Bourgeois
de Chartres.
L'enfant qui vient de naître
Est un présent des cieux.
De notre Auguste Maître
Il vient comblet les vœeux.
Qu'il soit digne de lui ! Sa Clémence Héroique
Rendra ses Ennemis
Soumis.
Est- il un Conquérant
JANVIER. 1752.
51
Plus grand
Qu'un Hétos pacisique:
Ce Monarque intrépide
Affronte les hazards.
La valeur qui le guide
Animoit les Césars.
Mais des qu'aux champs de Mars il est couvert de
gloire
Il surpasse en vertus
Titus;
Conquérant généteux,
Ses yeux
Pleutent sur sa victoire.
WS
Déposant son Tonnerte,
On vit ce Potentat,
Des malheurs de la Guerre
Consoler le Soldat.
Peuples qu'il subjuguoit aux Plaines de la Flandre
Vous fûtes bien surpris,
Ravis
De voir dans un Vainqueur
Le cœur
De l'ami le plus tendre.
Cij
52 MERCUREDE FRANCE.
La France, Grande Reine
Fait pout vous mille vœux.
Vous êtes Souveraine
Pour faire des heureux.
Votre coeur est du paurre & l'espoir & l'azile.
Ce coeur rend vos bienfaits
Parfaits.
Vous êtes de la Cour
L'amiour
Et l'amour de la Ville.
Quelle aimable Famille
S'éleve sous vos Loix!
L'éclat dont elle brille
Charme l'espoir des Rois.
Vos Augustes Enfans suivent vos nobles tracea
Ils sont, tous ces Ensans,
Charmans.
Chacun est un Portrait
Complet
Des Vertus & des Graces.
Quelle heureuse abondance
Ce beau jour nous prédit !
Il n'est plus d'indigence
Quand Le Roi nous unit,
(.
JANVIER. 1752. * 53
S'il vient de nous doter, ce Prince débonnaire,
C'est que non-seulement,
Vrasment,
Louis est notre Roi;
Ma foi
C'est encor notre Pere.
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Résumé : COUPLETS CHANTÉS Par les nouveaux Mariés de la Paroisse de Saint Laurent, aux nôces faites par la Ville à l'occasion de la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne, sur différens airs de Noëls. Sur l'air : Les Bourgeois de Chartres.
Le texte relate des couplets chantés par les nouveaux mariés de la paroisse de Saint-Laurent lors des noces célébrant la naissance du Duc de Bourgogne. Ces chants, accompagnés d'airs de Noël, adressent des vœux au nouveau-né, lui souhaitant d'hériter de la clémence héroïque de son maître et de posséder les qualités de conquérant intrépide et généreux des Césars et de Titus. Le monarque est décrit comme un vainqueur sur les champs de bataille, consolant les soldats et montrant un cœur tendre envers les peuples conquis, notamment en Flandre. La France est saluée comme une grande reine bienveillante pour ses sujets. La famille royale est présentée comme aimable et brillante, avec des enfants charmants incarnant les vertus et les grâces. Le texte met en avant l'abondance et l'absence de misère lorsque le roi unit le peuple, soulignant que Louis est à la fois leur roi et leur père.
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17
p. 53-55
AUTRES. Sut l'air : Joseph est bien marié.
Début :
Le Dauphin est bien marié, bis [...]
Mots clefs :
Dauphin, Marié, Princesse, Naissance du duc de Bourgogne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRES. Sut l'air : Joseph est bien marié.
AUTRES.
Sut l'air : Joseph est bien marié.
Le Dauphin est bien marié, bis
Vive sa chere Moitié.
bis.
Cette adorable Princesse
Répand partout l'allégresse,
Les biens, la félicité
Le Dauphin est bien marié.
Que d'accord avec nos voix
bis.
Nos cours expriment cent sois
bis.
Le zele qui nous dévore;
Et recommençons encore,
Quand nous aurons bien chanté,
Le Dauphin est bien marié.
Ma Princesse, en vérité,
bis:
Le Royanme est enchanté;
bis.
Ciij
34 MERCURE DE FRANCE.
Car jamais la politique
N'a fait pour la République
Un coup d'Etat si marqué.
Le Dauphin est bien marié.
La douceur & la bonté
biz.
La sagesse & la beauté,
bis.
Ornent bien une Couronne;
Mais pour affermit le Trône
Il faut la fécondité.
Le Dauphin est bien marié.
Le Ciel pour nous déclaré,
bis.
Nous assiste par degré.
bis.
Le Soleil qui vient d'éclorre
Fut annoncé par l'Aurore
Que nous eûmes l'an passé.
Le Dauphin est bien marié.
Mais ce nouvel Héritier
bis.
Ne sera pas le detuier:
bis.
Car Dieu promet aux bons P'rinces
Qu'il étendra leurs Provinces
Avec leur Postérité.
Le Dauphin est bien marié.
JANVIER.
1752.
Un jour puissent nos neveux,
Autant que nous être heureux.
L'Auguste Enfant qui respire
Sera digne de l'Empire
S'il tient de sa parenté.
Le Dauphin est bien marié.
bis.
Vive & triomphe sans fin
Notre généreux Dauphin.
bis.
Si son triomphe est durable,
Comme son cœur est aimable
C'en est pour l'éternité.
Le Dauphin est bien marié.
A l'objet de ses amours
bis.
Que Dieu donne de longs jours; bu.
Qu'il bénisse la Pologne
Pour le beau Duc de Bourgogne
Qu'elle nous a procuré.
Le Dauphin est bien marié.
dis.
De ces illustres Epoux
Le bonheur tombe sur nous;
bit.
Le fruit de leur Hyménée
A fait notre destinée;
Buvous tous à leur santé.
Le Dauphin est bien matié.
Sut l'air : Joseph est bien marié.
Le Dauphin est bien marié, bis
Vive sa chere Moitié.
bis.
Cette adorable Princesse
Répand partout l'allégresse,
Les biens, la félicité
Le Dauphin est bien marié.
Que d'accord avec nos voix
bis.
Nos cours expriment cent sois
bis.
Le zele qui nous dévore;
Et recommençons encore,
Quand nous aurons bien chanté,
Le Dauphin est bien marié.
Ma Princesse, en vérité,
bis:
Le Royanme est enchanté;
bis.
Ciij
34 MERCURE DE FRANCE.
Car jamais la politique
N'a fait pour la République
Un coup d'Etat si marqué.
Le Dauphin est bien marié.
La douceur & la bonté
biz.
La sagesse & la beauté,
bis.
Ornent bien une Couronne;
Mais pour affermit le Trône
Il faut la fécondité.
Le Dauphin est bien marié.
Le Ciel pour nous déclaré,
bis.
Nous assiste par degré.
bis.
Le Soleil qui vient d'éclorre
Fut annoncé par l'Aurore
Que nous eûmes l'an passé.
Le Dauphin est bien marié.
Mais ce nouvel Héritier
bis.
Ne sera pas le detuier:
bis.
Car Dieu promet aux bons P'rinces
Qu'il étendra leurs Provinces
Avec leur Postérité.
Le Dauphin est bien marié.
JANVIER.
1752.
Un jour puissent nos neveux,
Autant que nous être heureux.
L'Auguste Enfant qui respire
Sera digne de l'Empire
S'il tient de sa parenté.
Le Dauphin est bien marié.
bis.
Vive & triomphe sans fin
Notre généreux Dauphin.
bis.
Si son triomphe est durable,
Comme son cœur est aimable
C'en est pour l'éternité.
Le Dauphin est bien marié.
A l'objet de ses amours
bis.
Que Dieu donne de longs jours; bu.
Qu'il bénisse la Pologne
Pour le beau Duc de Bourgogne
Qu'elle nous a procuré.
Le Dauphin est bien marié.
dis.
De ces illustres Epoux
Le bonheur tombe sur nous;
bit.
Le fruit de leur Hyménée
A fait notre destinée;
Buvous tous à leur santé.
Le Dauphin est bien matié.
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Résumé : AUTRES. Sut l'air : Joseph est bien marié.
Le texte célèbre le mariage du Dauphin, fils du roi de France, avec une princesse polonaise, soulignant la joie et l'allégresse qu'il suscite. Il met en avant les qualités de la princesse, notamment sa douceur, sa bonté, sa sagesse et sa beauté, ainsi que l'importance de sa fécondité pour assurer la stabilité du trône. Cet événement est présenté comme un acte politique majeur bénéfique pour la République. La naissance d'un héritier est annoncée comme un signe du soutien divin et une promesse d'expansion des provinces royales. Le texte souhaite longévité et bonheur aux jeunes mariés et espère que leur union apportera prospérité et bonheur au peuple. Il conclut en célébrant le Dauphin et en bénissant la Pologne pour avoir fourni un époux illustre.
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18
p. 56-58
AUTRES. Sur l'air : Où s'en vont ces gais Bergers.
Début :
Voici le jour fortuné [...]
Mots clefs :
Ménage, Petit nouveau, Naissance du duc de Bourgogne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRES. Sur l'air : Où s'en vont ces gais Bergers.
AUTRES.
Sut l'air : Où s'en vont ces gais Bergers.
Voici le jour fortuné
De notre Mariage
Au Prince du Dauphiné
Rendons un juste hommage,
Et chantons le petit Nouveau né
Qui nous met en ménage.
A l'amour, à la gaieté
Puisque tout nous engage,
Triomphons en liberté
Et faisons grand tapage
Pour chanter le petit Nouveau-né
ui nous met en ménage.
Du Pere qui l'a formé
C'est la vivante image.
Il sera bien renommé
S'il devient aussi sage.
Célébrons le petit Nouveau-né
Qui nous met en ménage.
N
JANVIER.
De son Ayeul Bien-Aimé
L'invincible courage
Et l'ineffable bonté
Seront son appanage
Célébrons le petit Nouveu-né
Qui nous met en ménage.
Son bras sera redouté
Jusques chez le Sauvage,
Et son coeur sera fêté
Jnsqu'au dernier rivage.
Célébrons le petit Nouveau-né
Qui nous met en ménage.
Quel tems de prospérité
Cet enfant nous présage ?
De notre félicité
— Son nom seul est le gage.
Célébrons le petit Nouveau ré
Qui nous met en ménage.
Souvent le soleil levé
Ne chasse point l'orage;
Mais quand un Bourbon est né
Il n'est plus de nuage.
CV
1752. 57
58 MERCURE DEFRANCE.
Célébrons le petit Nouveau-né
Qui nous met en ménage.
N
Notre coeur est transporté
Des dons qu'il nous partage.
Ses bienfaits de tout côté
Disent en leut langage:
Célébrez le petit Nouveau né
Qui vous met en ménage.
Puisse l'Univers charmé
Etre son héritage,
Et son Régne confirmé
S'étendre au dernier âge.
Célébrons le perit nouveau- ne
Qui nous met en ménage.
Sut l'air : Où s'en vont ces gais Bergers.
Voici le jour fortuné
De notre Mariage
Au Prince du Dauphiné
Rendons un juste hommage,
Et chantons le petit Nouveau né
Qui nous met en ménage.
A l'amour, à la gaieté
Puisque tout nous engage,
Triomphons en liberté
Et faisons grand tapage
Pour chanter le petit Nouveau-né
ui nous met en ménage.
Du Pere qui l'a formé
C'est la vivante image.
Il sera bien renommé
S'il devient aussi sage.
Célébrons le petit Nouveau-né
Qui nous met en ménage.
N
JANVIER.
De son Ayeul Bien-Aimé
L'invincible courage
Et l'ineffable bonté
Seront son appanage
Célébrons le petit Nouveu-né
Qui nous met en ménage.
Son bras sera redouté
Jusques chez le Sauvage,
Et son coeur sera fêté
Jnsqu'au dernier rivage.
Célébrons le petit Nouveau-né
Qui nous met en ménage.
Quel tems de prospérité
Cet enfant nous présage ?
De notre félicité
— Son nom seul est le gage.
Célébrons le petit Nouveau ré
Qui nous met en ménage.
Souvent le soleil levé
Ne chasse point l'orage;
Mais quand un Bourbon est né
Il n'est plus de nuage.
CV
1752. 57
58 MERCURE DEFRANCE.
Célébrons le petit Nouveau-né
Qui nous met en ménage.
N
Notre coeur est transporté
Des dons qu'il nous partage.
Ses bienfaits de tout côté
Disent en leut langage:
Célébrez le petit Nouveau né
Qui vous met en ménage.
Puisse l'Univers charmé
Etre son héritage,
Et son Régne confirmé
S'étendre au dernier âge.
Célébrons le perit nouveau- ne
Qui nous met en ménage.
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Résumé : AUTRES. Sur l'air : Où s'en vont ces gais Bergers.
Le texte célèbre joyeusement la naissance d'un enfant, membre de la famille royale française, lié à la maison des Bourbons. Il annonce un 'jour fortuné' marqué par un mariage et une naissance, invitant à honorer le prince du Dauphiné et à fêter le nouveau-né. L'enfant porte les traits de son père et est destiné à une grande renommée s'il hérite de sa sagesse. Le poème souligne les qualités de courage et de bonté transmises par son aïeul, prédisant que l'enfant sera respecté et admiré partout. La naissance est perçue comme un signe de prospérité et de bonheur, apportant clarté et écartant les nuages. Le texte se conclut par des vœux pour que l'univers entier bénéficie de la bienveillance de l'enfant, espérant un règne long et bénéfique.
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19
p. 58-61
AUTRES. Sur l'air: Voici le jour solemnel de Noël.
Début :
L'Amour, l'Hymen & les Ris, [...]
Mots clefs :
Naissance du duc de Bourgogne, Jour, Amour, Fête
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRES. Sur l'air: Voici le jour solemnel de Noël.
AUTRES.
Sur l'air: Voici le jour solemnel de
Noël.
L'Amour, l'Hymen & les Ris,
Dan- Patis
Fout une fête chérie
JANVIER.
En faveur du Citoyen,
Pour le bien
Et l'honneur de la Patrie.
Qui nous donne ce beau jour,
Où l'Amour
S'unit avec l'abondance ?
C'est un rayon du soleil
Nonpareil
Qui fertilise la France.
Que pour jamais le burin,
Sur l'airain,
Grave les dons de la Ville:
Elle exécute un projet
Dont l'objet
N'est pas une œuvre stérile.
Le bien pub lic a dicté,
Arrêté,
Ce projet si beau, si sage;
Er la libéralité
A compté
De quoi couronner l'ouvrage.
1385
1752.
59
Cvj
60 MERCURE DEFRANCE.
Que ce systême est sensé,
Bien pensé !
Quand on pourvoit six cens Filles
On devient le bienfaicteur
Et l'auteur
De trois sois deux cens familles.
Vive notre Gouverneur
Ce Seigneur
Doux, officieux, affable.
Il fait voir qi'un Duc est grand
Doublement
Quand il sęait se rendre aimable.
On est bien venu chez lui
Sans appui.
Chez lui la foible in ligence
Peut piétendre au meme accès
Et succès
Que la plus haute opulence.
Que le Prevôt des Marchands
De nos chants
Excite aussi'allégresse.
Ceux qui lui succederont
JANVIER. 1752. 61
Ne pourront
Le surpasser en sagesse.
Dans dix siécles on sçaura,
On dira
Ce que firent les Bernages:
Leur gloire aura pour garants
Les Enfans
Issus de six cens ménages.
Cette Fête vaut bien mieux
Que ces feux
Où le salpêtre s'enslamme:
Ils se perdent en éclairs
Dans les airs;
Les bienfaits restent dans l'ame.
Sur l'air: Voici le jour solemnel de
Noël.
L'Amour, l'Hymen & les Ris,
Dan- Patis
Fout une fête chérie
JANVIER.
En faveur du Citoyen,
Pour le bien
Et l'honneur de la Patrie.
Qui nous donne ce beau jour,
Où l'Amour
S'unit avec l'abondance ?
C'est un rayon du soleil
Nonpareil
Qui fertilise la France.
Que pour jamais le burin,
Sur l'airain,
Grave les dons de la Ville:
Elle exécute un projet
Dont l'objet
N'est pas une œuvre stérile.
Le bien pub lic a dicté,
Arrêté,
Ce projet si beau, si sage;
Er la libéralité
A compté
De quoi couronner l'ouvrage.
1385
1752.
59
Cvj
60 MERCURE DEFRANCE.
Que ce systême est sensé,
Bien pensé !
Quand on pourvoit six cens Filles
On devient le bienfaicteur
Et l'auteur
De trois sois deux cens familles.
Vive notre Gouverneur
Ce Seigneur
Doux, officieux, affable.
Il fait voir qi'un Duc est grand
Doublement
Quand il sęait se rendre aimable.
On est bien venu chez lui
Sans appui.
Chez lui la foible in ligence
Peut piétendre au meme accès
Et succès
Que la plus haute opulence.
Que le Prevôt des Marchands
De nos chants
Excite aussi'allégresse.
Ceux qui lui succederont
JANVIER. 1752. 61
Ne pourront
Le surpasser en sagesse.
Dans dix siécles on sçaura,
On dira
Ce que firent les Bernages:
Leur gloire aura pour garants
Les Enfans
Issus de six cens ménages.
Cette Fête vaut bien mieux
Que ces feux
Où le salpêtre s'enslamme:
Ils se perdent en éclairs
Dans les airs;
Les bienfaits restent dans l'ame.
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Résumé : AUTRES. Sur l'air: Voici le jour solemnel de Noël.
En janvier 1752, une fête fut organisée en l'honneur des citoyens et de la patrie, célébrant l'amour, l'hymen et la joie, comparée à un rayon de soleil bénéfique pour la France. La ville initia un projet pour aider six cents filles, bénéficiant ainsi à trois fois plus de familles. Le gouverneur fut loué pour sa grandeur et son accessibilité, permettant à chacun, indépendamment de son statut, de l'approcher. Le prévôt des marchands fut également félicité pour sa sagesse et son rôle dans cette célébration. Cette initiative fut jugée mémorable et préférable aux feux d'artifice éphémères, car ses bienfaits dureraient dans les âmes et seraient reconnus par les générations futures.
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20
p. 62-63
COUPLETS Chantés par M. Jeliote, à la fête donnée à Madame la Dauphine, par Madame de l'Auraguais, à l'occasion de la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne. Air du Corbillon.
Début :
Accourez Bergers & Bergeres, [...]
Mots clefs :
Naissance du duc de Bourgogne, Nouveau né, Hommage, Pierre de Jélyotte, Madame la Dauphine, Fête
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : COUPLETS Chantés par M. Jeliote, à la fête donnée à Madame la Dauphine, par Madame de l'Auraguais, à l'occasion de la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne. Air du Corbillon.
COUPLETS
Chantés par M. Jeliote, à la fête donnée à
Madame la Dauphine, par Madame
de l'Auraguais, à l'occasion de la naissance
de Monseigneur le Duc de Bourgogne.
Air du Corbillon.
Accourez Bergers & Bergeres,
Un Dieu propice a comblé nos désirs;
Venez par des danses légeres;
Venez tracer l'image des plaisirs:
Enfin le Ciel nous a donné
Un joli petit, un petit joli, un joli petit Non-
veau-né.
L'heureux Enfantqui vient de naître
Est de nos lys un dignie rejetton,
L'Auguste fils de notre Mastre
Vient d'enrichir la France d'un Bourbon.
Vive le Poupon fortuné
Ce joli petit, &c.
1752.
JANVIER.
De toutes paris l'écho répête
En son honneur de subliines concerts,
Le son bruyant de la trompette
Fait éclater la joye au sein des aira.
Vivent ceux qui nous ont donné
Ce joli petit, &c.
Je puis sans être téméraire
A ces accords unit ma foible voix;
Le simple hommage du vulgaire
Ajoûte un prix à la gloire des Rois.
Chantons donc sans être étonné
Ce joli, &c.
L'esprit n'est pas notre partage,
Nous ignorons un langage flatteur
Mais pour rendre un fincére hommage
N'avons-nous pas l'éloquence du cœur.
Vivent ceux qui nous ont donne
Ce joli petit, &c.
Par M. Favart.
Chantés par M. Jeliote, à la fête donnée à
Madame la Dauphine, par Madame
de l'Auraguais, à l'occasion de la naissance
de Monseigneur le Duc de Bourgogne.
Air du Corbillon.
Accourez Bergers & Bergeres,
Un Dieu propice a comblé nos désirs;
Venez par des danses légeres;
Venez tracer l'image des plaisirs:
Enfin le Ciel nous a donné
Un joli petit, un petit joli, un joli petit Non-
veau-né.
L'heureux Enfantqui vient de naître
Est de nos lys un dignie rejetton,
L'Auguste fils de notre Mastre
Vient d'enrichir la France d'un Bourbon.
Vive le Poupon fortuné
Ce joli petit, &c.
1752.
JANVIER.
De toutes paris l'écho répête
En son honneur de subliines concerts,
Le son bruyant de la trompette
Fait éclater la joye au sein des aira.
Vivent ceux qui nous ont donné
Ce joli petit, &c.
Je puis sans être téméraire
A ces accords unit ma foible voix;
Le simple hommage du vulgaire
Ajoûte un prix à la gloire des Rois.
Chantons donc sans être étonné
Ce joli, &c.
L'esprit n'est pas notre partage,
Nous ignorons un langage flatteur
Mais pour rendre un fincére hommage
N'avons-nous pas l'éloquence du cœur.
Vivent ceux qui nous ont donne
Ce joli petit, &c.
Par M. Favart.
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Résumé : COUPLETS Chantés par M. Jeliote, à la fête donnée à Madame la Dauphine, par Madame de l'Auraguais, à l'occasion de la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne. Air du Corbillon.
Le texte relate une fête organisée par Madame de l'Auraguais pour célébrer la naissance du Duc de Bourgogne, fils de Madame la Dauphine. Les couplets chantés par M. Jeliote décrivent l'enfant comme un 'joli petit nouveau-né' et un 'digne rejeton de nos lys', soulignant son importance pour la France grâce à sa lignée bourbonienne. La joie et la célébration sont marquées par des danses et des concerts, accompagnés par des trompettes annonçant la nouvelle. Les auteurs, bien que modestes, expriment leur désir de participer aux festivités avec sincérité, affirmant que leur hommage vient du cœur. Les couplets sont attribués à M. Favart et datés de janvier 1752.
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21
p. 64-65
AUTRES. Sur l'air ; de mon Berger volage.
Début :
Un Enfant vient de naitre, [...]
Mots clefs :
Naissance du duc de Bourgogne, Enfant, Lys
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texteReconnaissance textuelle : AUTRES. Sur l'air ; de mon Berger volage.
AUTRES.
Sur l'ait ; de mon Berger volage.
Un Enfant vient de naitre,
Un enfant précieux,
Un Prince qui doit être
Digne de ses Ayeux,
L'augure est favorable,
Il sera notre amour.
Uue Colombe aimable
Produit-elle un Vautour ?
Nous soupirions sans cesse
Aptès ce gage heureux
Le don d'une Princesse
L'assuroit à nos veux;
J'ai vû la Roze éclore,
Le lis naît à son tour,
Une brillante Aurore
Annonçoit un beau jour.
Croissez parmi les graces
Espoir flatteur des lis
Rassemblez sur vos traces
JANVIER.
1752. 65
Les Arts, les Jeux, les Ris,
Si la gloire cruelle
Reclame un jour ses droits
Vous avez un modele
Dans le meilleur des Rois.
Dans le cristal de l'onde
L'azur des Cieux nous luit,
Et le flamheau du monde
S'y peint, s'y reproduit
Plus vivement encore
Par des traits éclatans,
Ce Roi que l'on adore
Se peint dans ses enfans.
Destin qui les fit nastre
Pour regir l'Univers
Conserve notre maître
Ses jours nous sont trop chers;
Mais ils iegnent d'avance,
Ces dignes successeurs
Leur empire commence
Leut trône est dans nos cœurs.
Par M. Favart.
Sur l'ait ; de mon Berger volage.
Un Enfant vient de naitre,
Un enfant précieux,
Un Prince qui doit être
Digne de ses Ayeux,
L'augure est favorable,
Il sera notre amour.
Uue Colombe aimable
Produit-elle un Vautour ?
Nous soupirions sans cesse
Aptès ce gage heureux
Le don d'une Princesse
L'assuroit à nos veux;
J'ai vû la Roze éclore,
Le lis naît à son tour,
Une brillante Aurore
Annonçoit un beau jour.
Croissez parmi les graces
Espoir flatteur des lis
Rassemblez sur vos traces
JANVIER.
1752. 65
Les Arts, les Jeux, les Ris,
Si la gloire cruelle
Reclame un jour ses droits
Vous avez un modele
Dans le meilleur des Rois.
Dans le cristal de l'onde
L'azur des Cieux nous luit,
Et le flamheau du monde
S'y peint, s'y reproduit
Plus vivement encore
Par des traits éclatans,
Ce Roi que l'on adore
Se peint dans ses enfans.
Destin qui les fit nastre
Pour regir l'Univers
Conserve notre maître
Ses jours nous sont trop chers;
Mais ils iegnent d'avance,
Ces dignes successeurs
Leur empire commence
Leut trône est dans nos cœurs.
Par M. Favart.
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Résumé : AUTRES. Sur l'air ; de mon Berger volage.
En 1752, un prince, fils d'un roi, est né. L'auteur espère que cet enfant honorera ses ancêtres et sera aimé de tous. La naissance du prince est comparée à celle d'une colombe, symbole de pureté et de paix, et non à celle d'un vautour, symbole de destruction. Elle est aussi comparée à l'éclosion d'une rose suivie de la naissance d'un lis, annonçant un avenir radieux. Le texte mentionne les arts, les jeux et les risques, soulignant que le prince a un modèle à suivre en la personne du 'meilleur des rois'. Le roi se reflète dans ses enfants, destinés à régner sur l'univers. L'auteur souhaite longévité au roi et exprime son attachement aux successeurs, dont l'empire commence déjà dans les cœurs des gens. Le poème est signé par M. Favart.
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22
p. 66-70
Air : Reçois dans ton galletas.
Début :
Signalons en ce grand jour [...]
Mots clefs :
Naissance du duc de Bourgogne, Roi, Amour, Hymen
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texteReconnaissance textuelle : Air : Reçois dans ton galletas.
Air : Reçois dans ton galletas.
Signalons en ce grand jour
La vive reconnoissance
Le respect, le tendre amour
Que nous devons au Roi de France
Qui pour combler tous nos vœux
bia.
Nous met aujourd'hui deux à deux.
Son fils pour notre bonheur
A fait un Duc de Bourgogne;
Pour témoigner que son cœur
Est charmé de cette besogne,
Il nous fait à notre tour
die.
Célebter l'Hymen & l'Amour.
Le Nouveau-né très long. tems
N'aura de nous qu'un hommage:
C'estpour servir ses parens
Que nous nous mettons en ménage,
Et nos descendans après
Lui fabriqueront des sujets.
JANVIER.
1752.
Louis sçait en vrai Héros
Faire gronder le tonnerre,
Il sçait calmer à propos
Toutes les hofreurs de la guerre;
I veut que ses bons sujets
Réparent les maux qu'elle a faiu.
N
Mais si ce maître chéti
Montre qu'il est notre pere;
La Ville fait voit aussi
Qu'elle est une excellente mere;
Nos enfans seront heureux
D'avoir de si nobles Ayeux.
Rendons grace au Magistrat
Qui sçait par un trait habile
Fai: e le bien de l'Etat,
En rendant sa dépense utile;
Le prosit en est plus clait
que de tiret sa poudre en l'air.
Quand on a fait de beaux feux
Il n'en reste que fumée
L'ardeur de nos tendres voux
Plus durable & plus animée
67
68 MERCURE DE FRANCE.
Produira des monumens
D'age en âge toujours vivans.
Vive notre bon Dauphia,
Son exemple nous convie
A nous appliquer sans fin
Au soutien de notre Patrie;
Donnons lui des serviteurs
Puisqu'il leur fait des protecteurs
Buvons tous à la santé
Du Prince qui vient de nastre,
Sa valeur, sa fermeté
Se sont deja fait reconnoître
Comme s'il eût sçu prévois
Notre empressement à le voit.
Nous verrons avant quinze ans
Briller aussi sa sagesse,
Ses papas & ses mamaus
Sont de la meilleure noblesse,
De plus, ils sont en vertus
Cent fois plus riches qu'en écus.
JANVIER.
1752.
Qu'en lui la bonté de cœur
Grande Reigne, soit transmise,
Qu'il ait aussi la douceur
Et que chez nous il éternise;
Tu fus un présent des cieux
S'il te ressemble, c'est tant mieux.
La Dauphine en le faisant
A fait le bonheur du mondo,
Ce Prince annonce en naissant
Qu'elle doit être aussi féconde
En Héros, en Conquérans
Comme elle est en agrémens.
De notre cher Gouverneur
Celebrons la bienveillance
La noblesse de son coeut
Egale sa magnificence
son plus agréable emploi
C'est d'aimer le peuple & le Roi.
L'amour que dans norre cœeur
Le Dien de l'Hymen fait naître
N'affoiblira point l'ardeur
Que nous sentons pour notre maître;
»..
69
70 MERCUREDEFRANCE.
En aimant bien nos maris
Nous en servirons mieux Louis,
Buvons à notre Curé
C'est l'arc boutan de la fête,
Son zéle a tout préparé
Il nous promet le tête à tête;
Mais il n'a pas tout fini
Et nous aurons besoin de lui.
La Ville qui dans son sein
Nous a donné la naissanoe,
Mettra la derniere main
Aux faveurs qu'elle nous dispense,
Si nous avons pour pareins
Le Prevôt & les Echevins.
C'est avec plaisir, grand Roi,
Que notre zéle s'exhale,
L'avenir verra qu'an Roi
Fut une ame vrayment Royale;
Car notre postérité
Sera l'œeuvre de ta bonté,
Signalons en ce grand jour
La vive reconnoissance
Le respect, le tendre amour
Que nous devons au Roi de France
Qui pour combler tous nos vœux
bia.
Nous met aujourd'hui deux à deux.
Son fils pour notre bonheur
A fait un Duc de Bourgogne;
Pour témoigner que son cœur
Est charmé de cette besogne,
Il nous fait à notre tour
die.
Célebter l'Hymen & l'Amour.
Le Nouveau-né très long. tems
N'aura de nous qu'un hommage:
C'estpour servir ses parens
Que nous nous mettons en ménage,
Et nos descendans après
Lui fabriqueront des sujets.
JANVIER.
1752.
Louis sçait en vrai Héros
Faire gronder le tonnerre,
Il sçait calmer à propos
Toutes les hofreurs de la guerre;
I veut que ses bons sujets
Réparent les maux qu'elle a faiu.
N
Mais si ce maître chéti
Montre qu'il est notre pere;
La Ville fait voit aussi
Qu'elle est une excellente mere;
Nos enfans seront heureux
D'avoir de si nobles Ayeux.
Rendons grace au Magistrat
Qui sçait par un trait habile
Fai: e le bien de l'Etat,
En rendant sa dépense utile;
Le prosit en est plus clait
que de tiret sa poudre en l'air.
Quand on a fait de beaux feux
Il n'en reste que fumée
L'ardeur de nos tendres voux
Plus durable & plus animée
67
68 MERCURE DE FRANCE.
Produira des monumens
D'age en âge toujours vivans.
Vive notre bon Dauphia,
Son exemple nous convie
A nous appliquer sans fin
Au soutien de notre Patrie;
Donnons lui des serviteurs
Puisqu'il leur fait des protecteurs
Buvons tous à la santé
Du Prince qui vient de nastre,
Sa valeur, sa fermeté
Se sont deja fait reconnoître
Comme s'il eût sçu prévois
Notre empressement à le voit.
Nous verrons avant quinze ans
Briller aussi sa sagesse,
Ses papas & ses mamaus
Sont de la meilleure noblesse,
De plus, ils sont en vertus
Cent fois plus riches qu'en écus.
JANVIER.
1752.
Qu'en lui la bonté de cœur
Grande Reigne, soit transmise,
Qu'il ait aussi la douceur
Et que chez nous il éternise;
Tu fus un présent des cieux
S'il te ressemble, c'est tant mieux.
La Dauphine en le faisant
A fait le bonheur du mondo,
Ce Prince annonce en naissant
Qu'elle doit être aussi féconde
En Héros, en Conquérans
Comme elle est en agrémens.
De notre cher Gouverneur
Celebrons la bienveillance
La noblesse de son coeut
Egale sa magnificence
son plus agréable emploi
C'est d'aimer le peuple & le Roi.
L'amour que dans norre cœeur
Le Dien de l'Hymen fait naître
N'affoiblira point l'ardeur
Que nous sentons pour notre maître;
»..
69
70 MERCUREDEFRANCE.
En aimant bien nos maris
Nous en servirons mieux Louis,
Buvons à notre Curé
C'est l'arc boutan de la fête,
Son zéle a tout préparé
Il nous promet le tête à tête;
Mais il n'a pas tout fini
Et nous aurons besoin de lui.
La Ville qui dans son sein
Nous a donné la naissanoe,
Mettra la derniere main
Aux faveurs qu'elle nous dispense,
Si nous avons pour pareins
Le Prevôt & les Echevins.
C'est avec plaisir, grand Roi,
Que notre zéle s'exhale,
L'avenir verra qu'an Roi
Fut une ame vrayment Royale;
Car notre postérité
Sera l'œeuvre de ta bonté,
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Résumé : Air : Reçois dans ton galletas.
En janvier 1752, un poème célèbre plusieurs événements et figures royales. Il exprime la reconnaissance envers le Roi de France pour avoir uni son fils, le Duc de Bourgogne, afin de garantir le bonheur du peuple. Le nouveau-né royal reçoit l'hommage des sujets, qui s'engagent à servir ses parents et à assurer la continuité de la lignée royale. Louis XV est loué pour sa capacité à contrôler la guerre et à réparer ses ravages. La ville est comparée à une mère excellente, apportant bonheur grâce à des ancêtres nobles. Le magistrat est remercié pour sa gestion utile et durable de l'État. Le poème célèbre également la naissance d'un prince, soulignant sa future valeur, fermeté et sagesse, ainsi que la noblesse et les vertus de ses parents. La Dauphine est félicitée pour sa fécondité. Le gouverneur est loué pour sa bienveillance et sa noblesse, et le curé est remercié pour son rôle dans la fête. Le texte exprime l'amour pour les maris et le service au roi, remerciant la ville et ses dirigeants pour leurs faveurs. Il conclut en espérant que la postérité témoignera de la bonté royale.
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23
p. 71-72
CHANSON NOUVELLE Sur la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne. Sur l'air : La bonne avanture au gué.
Début :
A Versailles après mi nuit, [...]
Mots clefs :
Naissance du duc de Bourgogne, Bonne besogne, Au gué, Nuit, Boire, Danser
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CHANSON NOUVELLE Sur la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne. Sur l'air : La bonne avanture au gué.
CHANSON NOUVELLE
Sur la naissance de Monseigneur le
Duc de Bourgogne.
Sur l'air : La bonne avanture au gué.
A Versailles après mi nuit,
Le Duc de Bourgogne
Est arrivé cette nuit
Sans appareil & sans bruit;
La bonne besogne au gué
La bonne besogne.
Pour boire à ce Nouveau-né
Faut rougir sa trogne;
Ce Prince est un Dieu donné,
Nous serons tous fortunés;
La bonne besogne au gué.
bis.
Buvons donc à sa santé;
En vin de Bourgogne,
De Champagne & Montraché
Il faut tout nous ennivrer,
La bonne besogne, &c.
72 MERCUREDEFRANCE.
Ma commere Magdelon,
Allons à Boulogne,
Pour danser un cotillon,
Et manger le saucisson
La bonne besogne.
bic
Il est permis en ce jour
D'être un bon yvrogne
De danser, & tour à tour,
De boire, & faire l'amour;
La bonne besogne au gué.
bis.
Vive le Roi, le Dauphia
Le Duc de Bourgogne;
Et de la Danphine enfio
Il nous faut chanter sans fin;
La bonne besogne au gué,
La bonne besogne.
Sur la naissance de Monseigneur le
Duc de Bourgogne.
Sur l'air : La bonne avanture au gué.
A Versailles après mi nuit,
Le Duc de Bourgogne
Est arrivé cette nuit
Sans appareil & sans bruit;
La bonne besogne au gué
La bonne besogne.
Pour boire à ce Nouveau-né
Faut rougir sa trogne;
Ce Prince est un Dieu donné,
Nous serons tous fortunés;
La bonne besogne au gué.
bis.
Buvons donc à sa santé;
En vin de Bourgogne,
De Champagne & Montraché
Il faut tout nous ennivrer,
La bonne besogne, &c.
72 MERCUREDEFRANCE.
Ma commere Magdelon,
Allons à Boulogne,
Pour danser un cotillon,
Et manger le saucisson
La bonne besogne.
bic
Il est permis en ce jour
D'être un bon yvrogne
De danser, & tour à tour,
De boire, & faire l'amour;
La bonne besogne au gué.
bis.
Vive le Roi, le Dauphia
Le Duc de Bourgogne;
Et de la Danphine enfio
Il nous faut chanter sans fin;
La bonne besogne au gué,
La bonne besogne.
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Résumé : CHANSON NOUVELLE Sur la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne. Sur l'air : La bonne avanture au gué.
La chanson célèbre la naissance du Duc de Bourgogne à Versailles, survenue après minuit sans cérémonie. Elle invite à fêter cet événement avec des vins prestigieux comme ceux de Bourgogne, de Champagne et de Montrachet. Le duc est vu comme un don divin apportant la fortune. La chanson encourage la joie, la danse, la boisson et l'amour. Elle exalte la santé du roi, du dauphin, du duc et de la dauphine. Le refrain 'La bonne besogne au gué' souligne la liesse populaire.
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24
p. 78-82
ODE Sur la Naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne. Par M. LANCELIN. Fortes generantur à fortibus.
Début :
L'Oiseau qui d'un oeil immobile [...]
Mots clefs :
Naissance du duc de Bourgogne, Sang, Gloire, Roi, Héros, Histoire
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texteReconnaissance textuelle : ODE Sur la Naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne. Par M. LANCELIN. Fortes generantur à fortibus.
ODE
Sur la Naissance de Monseigneur le Duc
de Bourgogne.
Par M. LANCELIN.
Fortes generantur à fortibus.
L'Oiseau qui d'un oeil immobile
Soutient les regards du Soleil
Rempli d'une vigueur fertile
Engendre toujours son pareil.
C'est du coursier plein de courage,
Que naît sur les rives du Tage
Le coursier vainqueur du repos;
De-là par un effort suprême
Dans son sang se peignant lui-même
Le Hétos produit le Héros.
N'en cherchons point ailleurs les marques
Que dans la race des Bourbons:
L'hétoisme de nos Morarques
A passé dans leurs rejettons;
Ainsi l'Enfant qui vient de naîtro
Anos yeux fera reparoître
zed by Goo
JANVIER. 1752.
Les fameux Hétos de son Sang;
Toujours aussi vaillant que juste
Il sera l'héritier auguste
De leurs vertus & de leur rang.
De ta vie il lira l'Histoire.
GRAND ROI, pour apprendre à regner;
S'il cherche le champ de la gloire
Ton exemple peut l'enseigner.
Ne t'a-t-on pas vd dans l'orage,
De la prudence & du courage
A tes Chess disputer le prix?
Ton audace au fort des batailles,
Parmi d'horribles funérailles,,
A sixé nos regards surpris.
La Lis de toi seul occupée,
Pour te voir, suspendoit son cours.
Des miracles de ton épée
L'Escaut se souviendra toujours.
Quel pouvoir au sein de la gloire
T'a fait abjurer la Victoire?
Tu gémis du sort des humains;
Leur sang crie & se fait enteudre,
Une voix si chere & si tendre
Eteint la foudre dans tes mains.
Diiij
79
80 MERCUREDEFRANCE.
Tu parles ... la paix ressuscite:
Le Ciel fait briller un beau jour.
L'affreuse troupe du Cocyte
Rentre dans l'infernal séjour.
Forcé de respecter nos têtes
Mars neévoque plus les tempêtes
Des flancs de l'airain embrasé:
Le Citoyen libre & tranquile
Ne craint plus de voir son azile
Tomber sous la foudre écrasé.
Mais quels noirs objets se découvrent
A mes sens d'horreur suspendus?
Sous mes pas les ensers s'entrouvrent
Je vois des monstres confondus.
Le bras d'un autre fils d'Alcmene
A dompté l'orgueil & la haine
A mis la vengeance au tombeau.
Par un nouveau coup terrassée,
Je vois la discorde insensée
Gémir sans glaive & sans flambeau.
Plongée au gouffre du Tartare
Par l'effort d'un Roi triomphant
Cette divinité barbare
Pleure son couroux impuissant
JANVIER.
1752.
Sur ses couleuvres étouffées
LOUIS érige des trophées
De sa valeur fruits immortels,
De son sang la source féconde
Fixe enfin le bonheur du monde
Sur des fondemens éternels.
Que vois-je ? quel otdre d'années
Vient se présenter à mes yeux:
Pour nous les Parques fortunées
Filent des jours délicieux.
Le Héros naissant qu'environne
L'auguste Majesté du Tróne
De Trajan auta les vertus,
LQUIS, tu seras son modéle,
S'il t'écoute, il est Marc-Aurele,
Et s'il t'imite, il est Titus.
Du brillant sejour du Tonnerre
Déja la céleste Pallas
Pour lui s'élance sur la Terre:
Les Arts accompagnent ses pas.
Le pinceau sçavant des Apelles
Et le ciseau des Praxitelles
Se ranimeront à sa voix;
Dans les archives de l'histoire,
81
DV
82 MERCURE DE FRANCE.
Clio consacrera sa gloire
Et la justice de ses loix.
Zerer.
ee
D'un chene dont le vaste ombrage
Met à couvert les arbrisseaux,
Ce rejetton sous son feuillage
S'éleve parmi les rameaux;
Mais bientôt cherchant la lumiere
Il portera sa cime altiere
Plus haut qu'un ced e ambitieux:
Phénomene étonnant & rare
Ses pieds toucheront le Tenare,
Sa tête sera dans les Cieux.
GRAND ROI, déja d'un nouveau lustro
L'Univers voit briller tes Lis:
Par le fruit d'un Hymen illustre
Tes augustes voux sont remplis.
Quel terus peut borner ta puissance :
Ta gloire est comme un fleuve immense
Qui coule plein de Majesté,
Inépuisable dans sa source
Elle ne finira sa course
Qu'au sein de l'immortalité.
Sur la Naissance de Monseigneur le Duc
de Bourgogne.
Par M. LANCELIN.
Fortes generantur à fortibus.
L'Oiseau qui d'un oeil immobile
Soutient les regards du Soleil
Rempli d'une vigueur fertile
Engendre toujours son pareil.
C'est du coursier plein de courage,
Que naît sur les rives du Tage
Le coursier vainqueur du repos;
De-là par un effort suprême
Dans son sang se peignant lui-même
Le Hétos produit le Héros.
N'en cherchons point ailleurs les marques
Que dans la race des Bourbons:
L'hétoisme de nos Morarques
A passé dans leurs rejettons;
Ainsi l'Enfant qui vient de naîtro
Anos yeux fera reparoître
zed by Goo
JANVIER. 1752.
Les fameux Hétos de son Sang;
Toujours aussi vaillant que juste
Il sera l'héritier auguste
De leurs vertus & de leur rang.
De ta vie il lira l'Histoire.
GRAND ROI, pour apprendre à regner;
S'il cherche le champ de la gloire
Ton exemple peut l'enseigner.
Ne t'a-t-on pas vd dans l'orage,
De la prudence & du courage
A tes Chess disputer le prix?
Ton audace au fort des batailles,
Parmi d'horribles funérailles,,
A sixé nos regards surpris.
La Lis de toi seul occupée,
Pour te voir, suspendoit son cours.
Des miracles de ton épée
L'Escaut se souviendra toujours.
Quel pouvoir au sein de la gloire
T'a fait abjurer la Victoire?
Tu gémis du sort des humains;
Leur sang crie & se fait enteudre,
Une voix si chere & si tendre
Eteint la foudre dans tes mains.
Diiij
79
80 MERCUREDEFRANCE.
Tu parles ... la paix ressuscite:
Le Ciel fait briller un beau jour.
L'affreuse troupe du Cocyte
Rentre dans l'infernal séjour.
Forcé de respecter nos têtes
Mars neévoque plus les tempêtes
Des flancs de l'airain embrasé:
Le Citoyen libre & tranquile
Ne craint plus de voir son azile
Tomber sous la foudre écrasé.
Mais quels noirs objets se découvrent
A mes sens d'horreur suspendus?
Sous mes pas les ensers s'entrouvrent
Je vois des monstres confondus.
Le bras d'un autre fils d'Alcmene
A dompté l'orgueil & la haine
A mis la vengeance au tombeau.
Par un nouveau coup terrassée,
Je vois la discorde insensée
Gémir sans glaive & sans flambeau.
Plongée au gouffre du Tartare
Par l'effort d'un Roi triomphant
Cette divinité barbare
Pleure son couroux impuissant
JANVIER.
1752.
Sur ses couleuvres étouffées
LOUIS érige des trophées
De sa valeur fruits immortels,
De son sang la source féconde
Fixe enfin le bonheur du monde
Sur des fondemens éternels.
Que vois-je ? quel otdre d'années
Vient se présenter à mes yeux:
Pour nous les Parques fortunées
Filent des jours délicieux.
Le Héros naissant qu'environne
L'auguste Majesté du Tróne
De Trajan auta les vertus,
LQUIS, tu seras son modéle,
S'il t'écoute, il est Marc-Aurele,
Et s'il t'imite, il est Titus.
Du brillant sejour du Tonnerre
Déja la céleste Pallas
Pour lui s'élance sur la Terre:
Les Arts accompagnent ses pas.
Le pinceau sçavant des Apelles
Et le ciseau des Praxitelles
Se ranimeront à sa voix;
Dans les archives de l'histoire,
81
DV
82 MERCURE DE FRANCE.
Clio consacrera sa gloire
Et la justice de ses loix.
Zerer.
ee
D'un chene dont le vaste ombrage
Met à couvert les arbrisseaux,
Ce rejetton sous son feuillage
S'éleve parmi les rameaux;
Mais bientôt cherchant la lumiere
Il portera sa cime altiere
Plus haut qu'un ced e ambitieux:
Phénomene étonnant & rare
Ses pieds toucheront le Tenare,
Sa tête sera dans les Cieux.
GRAND ROI, déja d'un nouveau lustro
L'Univers voit briller tes Lis:
Par le fruit d'un Hymen illustre
Tes augustes voux sont remplis.
Quel terus peut borner ta puissance :
Ta gloire est comme un fleuve immense
Qui coule plein de Majesté,
Inépuisable dans sa source
Elle ne finira sa course
Qu'au sein de l'immortalité.
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Résumé : ODE Sur la Naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne. Par M. LANCELIN. Fortes generantur à fortibus.
Le poème 'ODE Sur la Naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne', écrit par M. Lancelin en janvier 1752, célèbre la naissance d'un membre de la famille royale française. Il souligne la transmission des vertus et du courage à travers les générations des Bourbons. La lignée royale est comparée à des oiseaux et des chevaux nobles, symbolisant la force et la bravoure. Le poème loue les qualités du roi Louis XV, mettant en avant sa prudence, son courage et sa capacité à établir la paix. Il évoque également les exploits militaires du roi et son rôle dans la consolidation de la paix. Le texte prédit que le nouvel enfant royal suivra les exemples de ses ancêtres, notamment ceux de Louis XV, et héritera de leurs vertus. Le poème se conclut en exaltant la grandeur et la pérennité de la dynastie, comparant la gloire du roi à un fleuve immense et éternel.
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25
p. 83-85
AU ROI, Sur la Naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne.
Début :
GRAND ROI, tes voeux enfin, & les nôtres remplis [...]
Mots clefs :
Naissance du duc de Bourgogne, Gloire, Fils, Yeux, Amour
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AU ROI, Sur la Naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne.
AU ROI,
Sur la Naissance de Monseigneur le Duc
de Bourgogne.
GRAND ROI, tes voeux enfin, & les nôtres
remplis
Eternisent ton sang, & la gloire des Lys.
Le Ciel qui dans tes mains déposa le Tonnerre,
Qui te soumit la Paix, pour la rendre à la Terre,
Par un dernier bienfait couronne ton bonheur.
Un Fils, de tes vertus fidele imitateur,
Vainqueur à tes côtés, au sortir de l'enfance,
Renfermoit en lui seul toute notre espérance.
Ta sagesse veillant pour ce fils, & pour nous,
Lui choisit un objet digne d'un tel Epoux,
La Vertu, sous les traits d'une jeune Mortelle,
Du Sexe né pour plaire ornement & modele.
Elle acquitte aujourd'hui la gloire de ton choix
De leurs chastes ardeurs quel doux fruit tu reçois
VoI tous les yeux trempés de larmes d'allégresse,
Tu peux avec ton Peuple en verset sans foiblesse,
Tes périls, tes combats, tes succès signalés;
Tes jours même, tes jours deux sois renouvellés,
Et le Ciel atrétant le ciseau de la Parque,
Rien ne put décelet l'homme dans le Monarque.
Tu vis d'un œil égal ces grands évenemens
Mais ce beau jour permet l'essor aux sentimens.
DV
84 MERCUREDEFRANCE.
Quand notre joie éclate & si vive, & si pure,
Laisse éclater aussi la voix de la Nature.
Des rives de la Seine Habitans fortunés,
Et du meilleur des Rois Sujets passionnés,
Sur le marbre & l'airain vous tracez son image;
De ses traits si chéris l'aspect vous dédommage
Des momens que l'on perd éloigné de ses yeux;
Du plus fidel amour ce gage précieux
Annonce les récits réservés à l'Histoire.
Mais tout l'effort des Arts suffit. il pour sa gloire ?
Des Vertus du Héros symboles éclatans
Renfermés dans l'espace, assujettis au Tems.
LOUIS se peindra mieux dans son auguste Race.
Eh! quels seront les tems, les lieux, qu'elle n'em-
brasse?
Ses Fils commanderont à nos derniers Neveux,
Et ses Filles rendront d'autres Peuples heureux.
CROISSIZ, cher Rejetton d'une Tige inimos-
t:lie;
Ajoutez à l'éclat que vous recevez d'elle.
Vous avez de l'Amour la douceur, la beauté,
Mais l'Amour est enfant, il l'a toujours été:
Bientôt, grace aux Destius, vous cesserez de
l'être,
La foiblesse de l'âge est prête à disparêtre.
AUTOUR de son berceau volez Jeux inocens,
Mais ne vous flattez pas de l'amuser long. tems;
JANVIER. 1752.
8
Il va vous échapper, la Gloire le réclame,
La Gloire, seule Amante à captiver son ame.
MUSES, déja pour lui vos trésors sont ouverts,
Vous allez à ses yeux offrir tout l'univers,
Tous les climats, où doit voler sa Renommée
Par des progrès constans accrue, & confirmée
Vous allez de l'Histoire évoquer les Hétos
Qui sçurent des Mortels assurer le repos,
Ses Ayeux couronnés, à qui l'heureuse France
Doit ses Autels, ses loix, ses armes, sa puissance;
Mais parmi tant d'objets, Muses, arrêtez-vous
A l'Exemple yivant, qui les rassemble tous.
Sit tibi consimilis natus.
Ovid Trist. 4.
ROY, Chevalier de l'Ordre de S. Michel.
Sur la Naissance de Monseigneur le Duc
de Bourgogne.
GRAND ROI, tes voeux enfin, & les nôtres
remplis
Eternisent ton sang, & la gloire des Lys.
Le Ciel qui dans tes mains déposa le Tonnerre,
Qui te soumit la Paix, pour la rendre à la Terre,
Par un dernier bienfait couronne ton bonheur.
Un Fils, de tes vertus fidele imitateur,
Vainqueur à tes côtés, au sortir de l'enfance,
Renfermoit en lui seul toute notre espérance.
Ta sagesse veillant pour ce fils, & pour nous,
Lui choisit un objet digne d'un tel Epoux,
La Vertu, sous les traits d'une jeune Mortelle,
Du Sexe né pour plaire ornement & modele.
Elle acquitte aujourd'hui la gloire de ton choix
De leurs chastes ardeurs quel doux fruit tu reçois
VoI tous les yeux trempés de larmes d'allégresse,
Tu peux avec ton Peuple en verset sans foiblesse,
Tes périls, tes combats, tes succès signalés;
Tes jours même, tes jours deux sois renouvellés,
Et le Ciel atrétant le ciseau de la Parque,
Rien ne put décelet l'homme dans le Monarque.
Tu vis d'un œil égal ces grands évenemens
Mais ce beau jour permet l'essor aux sentimens.
DV
84 MERCUREDEFRANCE.
Quand notre joie éclate & si vive, & si pure,
Laisse éclater aussi la voix de la Nature.
Des rives de la Seine Habitans fortunés,
Et du meilleur des Rois Sujets passionnés,
Sur le marbre & l'airain vous tracez son image;
De ses traits si chéris l'aspect vous dédommage
Des momens que l'on perd éloigné de ses yeux;
Du plus fidel amour ce gage précieux
Annonce les récits réservés à l'Histoire.
Mais tout l'effort des Arts suffit. il pour sa gloire ?
Des Vertus du Héros symboles éclatans
Renfermés dans l'espace, assujettis au Tems.
LOUIS se peindra mieux dans son auguste Race.
Eh! quels seront les tems, les lieux, qu'elle n'em-
brasse?
Ses Fils commanderont à nos derniers Neveux,
Et ses Filles rendront d'autres Peuples heureux.
CROISSIZ, cher Rejetton d'une Tige inimos-
t:lie;
Ajoutez à l'éclat que vous recevez d'elle.
Vous avez de l'Amour la douceur, la beauté,
Mais l'Amour est enfant, il l'a toujours été:
Bientôt, grace aux Destius, vous cesserez de
l'être,
La foiblesse de l'âge est prête à disparêtre.
AUTOUR de son berceau volez Jeux inocens,
Mais ne vous flattez pas de l'amuser long. tems;
JANVIER. 1752.
8
Il va vous échapper, la Gloire le réclame,
La Gloire, seule Amante à captiver son ame.
MUSES, déja pour lui vos trésors sont ouverts,
Vous allez à ses yeux offrir tout l'univers,
Tous les climats, où doit voler sa Renommée
Par des progrès constans accrue, & confirmée
Vous allez de l'Histoire évoquer les Hétos
Qui sçurent des Mortels assurer le repos,
Ses Ayeux couronnés, à qui l'heureuse France
Doit ses Autels, ses loix, ses armes, sa puissance;
Mais parmi tant d'objets, Muses, arrêtez-vous
A l'Exemple yivant, qui les rassemble tous.
Sit tibi consimilis natus.
Ovid Trist. 4.
ROY, Chevalier de l'Ordre de S. Michel.
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Résumé : AU ROI, Sur la Naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne.
Le texte célèbre la naissance du Duc de Bourgogne, fils du roi, réalisée grâce aux vœux royaux et assurant la continuité de la lignée royale. Le ciel a accordé au roi un dernier bienfait en lui offrant un fils, déjà porteur des vertus royales et promis à devenir un grand vainqueur. La sagesse du roi a choisi une épouse vertueuse pour ce fils, incarnant la vertu et la beauté. Cette naissance est perçue comme un moment de grande joie, justifiant les combats et les périls affrontés par le roi. Le texte exprime l'espoir que la postérité se souviendra des exploits du roi et de sa descendance, destinée à gouverner et à apporter le bonheur à divers peuples. Les muses sont appelées à inspirer le jeune duc avec des exemples héroïques et l'exemple vivant de ses ancêtres. Le texte se conclut par une citation latine d'Ovide, exprimant le désir d'avoir un héritier semblable au père.
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26
p. 86-87
Sur la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne. 13 Septembre 1751.
Début :
O Nuit, qui des jours les plus beaux [...]
Mots clefs :
Naissance du duc de Bourgogne, Monde, Dieux, Auguste enfant
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texteReconnaissance textuelle : Sur la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne. 13 Septembre 1751.
Sur la naissance de Monseigneur le
Duc de Bourgogne.
13 Septembre 1751.
O Nuit, qui des jours les plus beaux
Deviendra la source féconde,
Et qui déssechant nos pavots,
Viens de troubler notre repos
Pour assurer celui du monde
Quel sommeil tranquille & profond
Vaut l'insomnie universe le
Que le bruit heureux du canon,
Que d'une naissance si belle
A causé par tout la nouvelle?
Auguste Enfant, amour de l'Univers.
Sur les biens que tu fais éclore
Lorsque tous les yeux sont ouverts,
Les tiens seuls sont fermés encore;
Sourd à nos vœnx tu les remplis,
Dieux! que ta foiblesse est puissante!
Tu fais déja l'apui des Lys,
Tu naîs à peine, & leur éclat s'augmente.
Au gré du monde satisfait
Commence une illustre cartiere,
JANVIER.
1752.
Si ta naissance est un bienfait
Que sera donc ta vie entiere:
ENVOY
A Madame la Duchesse de Tallard.
Ovous que la vertu comme le rang appelle
A veiller sur le sang des Rois,
Digne de leur auguste choix,
Cultivez cette fleur nouvelle;
D'un tel honneur qui ne seroit jaloux!
Ces demi Dieux sur qui notre bonheur se fonde,
Nés pour donner des loix au monde,
Semblent en recevoir de vous.
M. Lemiere.
Duc de Bourgogne.
13 Septembre 1751.
O Nuit, qui des jours les plus beaux
Deviendra la source féconde,
Et qui déssechant nos pavots,
Viens de troubler notre repos
Pour assurer celui du monde
Quel sommeil tranquille & profond
Vaut l'insomnie universe le
Que le bruit heureux du canon,
Que d'une naissance si belle
A causé par tout la nouvelle?
Auguste Enfant, amour de l'Univers.
Sur les biens que tu fais éclore
Lorsque tous les yeux sont ouverts,
Les tiens seuls sont fermés encore;
Sourd à nos vœnx tu les remplis,
Dieux! que ta foiblesse est puissante!
Tu fais déja l'apui des Lys,
Tu naîs à peine, & leur éclat s'augmente.
Au gré du monde satisfait
Commence une illustre cartiere,
JANVIER.
1752.
Si ta naissance est un bienfait
Que sera donc ta vie entiere:
ENVOY
A Madame la Duchesse de Tallard.
Ovous que la vertu comme le rang appelle
A veiller sur le sang des Rois,
Digne de leur auguste choix,
Cultivez cette fleur nouvelle;
D'un tel honneur qui ne seroit jaloux!
Ces demi Dieux sur qui notre bonheur se fonde,
Nés pour donner des loix au monde,
Semblent en recevoir de vous.
M. Lemiere.
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Résumé : Sur la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne. 13 Septembre 1751.
Le texte célèbre la naissance du Duc de Bourgogne le 13 septembre 1751, une nuit de tranquillité et de bonheur universel marquée par le bruit joyeux du canon. Le nouveau-né, décrit comme un 'auguste Enfant' et 'amour de l'Univers', symbolise une puissance et un espoir pour l'avenir. Sa venue accroît l'éclat de la maison royale des Lys. Le poème exprime l'espoir que sa vie future apportera davantage de bienfaits. Une dédicace à Madame la Duchesse de Tallard souligne son rôle crucial dans l'éducation et la protection de ce sang royal, la qualifiant de digne de cette responsabilité. Les rois semblent recevoir des lois de sa part. L'auteur, M. Lemiere, exprime sa gratitude et son admiration pour la Duchesse et l'importance de la naissance du Duc de Bourgogne.
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27
p. 88
VERS Sur la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne.
Début :
L'autre jour en ces lieux qu'arrose le Permesse [...]
Mots clefs :
Naissance du duc de Bourgogne, Chanter
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texteReconnaissance textuelle : VERS Sur la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne.
VERS
Sur la naissance de Monseigneur le Duc
de Bourgogne.
L'autre jour en ces lieux qu'arrose le Permesse
Guidé par le désir de chanter mes amours,
Du Dieu, qui d'Arouet regit la douce ivresse
A nos Rimeurs François j'eutendis ce discours:
vous chers Nourissons, qui pat d'heuteuses
veilles
De l'Empire des Lis consacrez les merveilles,
Vous, que j'ornai toujours de mes plus tendres
dons
Pour cet illustre Enfant dont le sang des Bourbons
Dans ces jours si cheris vient d'enrichir la France
De vos doctes transports montrez la violence:
Ranimez vos concerts, redoublez vos chansons
Que votre zèle au monde annonce sa naissance
Le chanter aujourd'hui doit êtte votre emploi;
Mais lorsque sur les pas de votre auguste Roi
Il ira nouveau Mars, enchainer la victoire;
Pour célébrer alors ses hauts faits & sa gloire
Ce ne sera pas trop que moi.
Sur la naissance de Monseigneur le Duc
de Bourgogne.
L'autre jour en ces lieux qu'arrose le Permesse
Guidé par le désir de chanter mes amours,
Du Dieu, qui d'Arouet regit la douce ivresse
A nos Rimeurs François j'eutendis ce discours:
vous chers Nourissons, qui pat d'heuteuses
veilles
De l'Empire des Lis consacrez les merveilles,
Vous, que j'ornai toujours de mes plus tendres
dons
Pour cet illustre Enfant dont le sang des Bourbons
Dans ces jours si cheris vient d'enrichir la France
De vos doctes transports montrez la violence:
Ranimez vos concerts, redoublez vos chansons
Que votre zèle au monde annonce sa naissance
Le chanter aujourd'hui doit êtte votre emploi;
Mais lorsque sur les pas de votre auguste Roi
Il ira nouveau Mars, enchainer la victoire;
Pour célébrer alors ses hauts faits & sa gloire
Ce ne sera pas trop que moi.
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Résumé : VERS Sur la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne.
Le poème 'Vers' célèbre la naissance du Duc de Bourgogne, membre des Bourbons. Une voix divine inspire les poètes français à chanter les mérites de cet enfant. Elle les encourage à montrer leur talent et leur enthousiasme. La voix promet aussi de célébrer les futurs exploits militaires du Duc.
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28
p. 89-90
AUTRES Présentés à Madame la Dauphine, sur la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne.
Début :
FRANCE ! voici l'objet de tes voeux les plus tendres, [...]
Mots clefs :
Naissance du duc de Bourgogne, Vertus, Heureux, État, Amour, Louis
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texteReconnaissance textuelle : AUTRES Présentés à Madame la Dauphine, sur la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne.
AUTRES
Présentés à Madame la Dauphine, sur la
naissance de Monseigneur le Duc
de Bourgogne.
FRANCE ! voici l'objet de tes voeux les plus
tendres,
De ton espoir le plus charmant.
O Capets! 6 Bombons! vos genereuses cendres
Ont tréssailli de joie en cet heureux moment!
Ce Prince à tout l'Etat si cher, si nécessaire,
Soutiendra de vos nous la gloire hétéditaite;
Muses: favorisez un présage si beau !
Ecartez à jamais de ce sacré berceau
La dangereuse ffatterie.
Que l'infléxible vérité,
Le tendre amour de la Patrie,
Et la sagesse & l'équité
Réglent le cours heureux de cette auguste vie;
Dites-lui que ces feux, ces concerts enchanteurs,
Ces accens du plaisir, ces viss transports des
cœurs
Sont un prix que l'Amour aime à payer d'avance
Aux vertus qui feront le bonheur de la France,
Aux vertus dont son Pere, aux vertus dont Louis
(0
90 MERCUREDE FRANCE.
Donnent l'exemple au Monde & surtout à leur
fils.
O toi! des Souverains l'arbitre & le modele,
Noble esclave des loix que te dicta ton zèle,
Penitent sur le Thrône & grand Roi daus les fers
Louis! sur cet enfant que tes yeux soient ouverts!
Veille sur les Destins d'une tête si chere;
De l'Etat, comme Toi, qu'il soit un jour le Pere;
Touché de ton exemple, instruit par tes leçons
Qu'il ait encor l'esprit, les graces de sa Mere
Et qu'il nous aime autant que nous la cherissons.
GAILLARD.
Présentés à Madame la Dauphine, sur la
naissance de Monseigneur le Duc
de Bourgogne.
FRANCE ! voici l'objet de tes voeux les plus
tendres,
De ton espoir le plus charmant.
O Capets! 6 Bombons! vos genereuses cendres
Ont tréssailli de joie en cet heureux moment!
Ce Prince à tout l'Etat si cher, si nécessaire,
Soutiendra de vos nous la gloire hétéditaite;
Muses: favorisez un présage si beau !
Ecartez à jamais de ce sacré berceau
La dangereuse ffatterie.
Que l'infléxible vérité,
Le tendre amour de la Patrie,
Et la sagesse & l'équité
Réglent le cours heureux de cette auguste vie;
Dites-lui que ces feux, ces concerts enchanteurs,
Ces accens du plaisir, ces viss transports des
cœurs
Sont un prix que l'Amour aime à payer d'avance
Aux vertus qui feront le bonheur de la France,
Aux vertus dont son Pere, aux vertus dont Louis
(0
90 MERCUREDE FRANCE.
Donnent l'exemple au Monde & surtout à leur
fils.
O toi! des Souverains l'arbitre & le modele,
Noble esclave des loix que te dicta ton zèle,
Penitent sur le Thrône & grand Roi daus les fers
Louis! sur cet enfant que tes yeux soient ouverts!
Veille sur les Destins d'une tête si chere;
De l'Etat, comme Toi, qu'il soit un jour le Pere;
Touché de ton exemple, instruit par tes leçons
Qu'il ait encor l'esprit, les graces de sa Mere
Et qu'il nous aime autant que nous la cherissons.
GAILLARD.
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Résumé : AUTRES Présentés à Madame la Dauphine, sur la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne.
Le texte célèbre la naissance du Duc de Bourgogne, fils de la Dauphine et petit-fils du roi Louis XIV. Il exprime des vœux pour l'avenir du prince, espérant qu'il devienne un soutien précieux pour l'État et porte la gloire des Capétiens et des Bourbons. Les Muses sont invoquées pour protéger l'enfant de la flatterie et guider sa vie par la vérité, l'amour de la patrie, la sagesse et l'équité. Le poème encourage le prince à suivre l'exemple de vertu de son père et de son grand-père, Louis XIV, présenté comme un modèle de souveraineté et de piété. Il souhaite aussi que l'enfant hérite des qualités de sa mère et devienne un futur père de la nation, inspiré par les enseignements de Louis XIV.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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29
p. 91-93
EPITRE De M. V. R. M. L. à M. D***, en Province, à l'occasion de la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne.
Début :
Viens ami, vole au sein des jeux & de l'amour, [...]
Mots clefs :
Naissance du duc de Bourgogne, Amour, Prince
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EPITRE De M. V. R. M. L. à M. D***, en Province, à l'occasion de la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne.
EPITRE
De M. V. R. M. L. à M. D***,
en
Province, à l'occasion de la naissance de
Monseigneur le Duc de Bourgogne.
Viens ami, vole au sein des jeux & de l'amour,
Viens partager ma joie & la rendre parfaite;
Paris à quitter ta retraite
Par de nouveaux plaisirs, t'invite chaque jour;
Tu sçais pour quel objet, * la Princesse emptessée:
Formoit les plus sincéres vœux;
Le ciel enfin lui donne un enfant précieux
Armé du même trait dont elle fut blessée.
De la vie en naissant il goûte la douceur
Sa mere la partage avec lui sans allarmes,
Un Prince né pour le commun bonheur,
Pouvoit- il naître dans les larmes:
Des graces le trio sacré
Etoit prése nt à sa naissance;
L'Hymenée & l'Amour pour lui d'intelligence,
De leurs flambeaux l'ont éclairé;
Les Nimph es de la Seine arrivant en cadence,
De leurs roseaux l'ont décoté.
Madame le Dauphine.
———
92 MERCURE DE FRANCE.
Des combats la Déesse altiere
Voulut ouvrir, dit-on, sa débile paupiere;
Et rit, en découvrant dans d'aussi foibles yeux,
Le feu noble & sacré qui rendit ses ayeux
Si chétis dans la paix, & si grands dano la
guerre.
Déja par cent Coursiers fougueux
La Renommée instruit toute la terre
Du présent que nous font les Dieux
Et ces bouches d'airain, dont l'Anglois fut la
proye
Instrumens meurtiiers des guerrieres fureurs,
Ne sont plus que ceux de la joye
Qui regne dans tous les cœurs.
Dans ce séjour d'opulence,
De la corne d'abondance
Je vois les trésors s'écouler
Chacun par sa magnificence
Veut aujourd'hui se signaler.
La Bourgogno en faveur d'un Prince,
Nouvel appui de sa Province,
S'efforçant de briller d'un plus beau coloris,
Rassemble autour du verre & les jeux & les riu
Six cent Vierges infortunées
De leurs Amants accompagnées
Vont subir aux Autels une plus douce lot;
Et croiront satisfaire à la reconnoissance
JANVIER. 1752.
91
En se hâtant de donner à la France
Des Sojets dignes de leur Roi....
Mais cher D**, quel nouvel êtro
Vient tout à coup frapper mes sens!
Déjà le soustre & le salpêtre
Jusqu'aux cieux portent notre encens,
Et dans l'air agité tracent en traits de flàmme
L'ardeur des sentimens qui ravissent notre ame.
Eu ce moment la plume échappe de mes
mains,
Saus doute tu permets qu'on cesse de t'écrire;
Quand avec tout Paris il faut dire & redire,
Vive le Roi, le pere & l'ami des humains.
De M. V. R. M. L. à M. D***,
en
Province, à l'occasion de la naissance de
Monseigneur le Duc de Bourgogne.
Viens ami, vole au sein des jeux & de l'amour,
Viens partager ma joie & la rendre parfaite;
Paris à quitter ta retraite
Par de nouveaux plaisirs, t'invite chaque jour;
Tu sçais pour quel objet, * la Princesse emptessée:
Formoit les plus sincéres vœux;
Le ciel enfin lui donne un enfant précieux
Armé du même trait dont elle fut blessée.
De la vie en naissant il goûte la douceur
Sa mere la partage avec lui sans allarmes,
Un Prince né pour le commun bonheur,
Pouvoit- il naître dans les larmes:
Des graces le trio sacré
Etoit prése nt à sa naissance;
L'Hymenée & l'Amour pour lui d'intelligence,
De leurs flambeaux l'ont éclairé;
Les Nimph es de la Seine arrivant en cadence,
De leurs roseaux l'ont décoté.
Madame le Dauphine.
———
92 MERCURE DE FRANCE.
Des combats la Déesse altiere
Voulut ouvrir, dit-on, sa débile paupiere;
Et rit, en découvrant dans d'aussi foibles yeux,
Le feu noble & sacré qui rendit ses ayeux
Si chétis dans la paix, & si grands dano la
guerre.
Déja par cent Coursiers fougueux
La Renommée instruit toute la terre
Du présent que nous font les Dieux
Et ces bouches d'airain, dont l'Anglois fut la
proye
Instrumens meurtiiers des guerrieres fureurs,
Ne sont plus que ceux de la joye
Qui regne dans tous les cœurs.
Dans ce séjour d'opulence,
De la corne d'abondance
Je vois les trésors s'écouler
Chacun par sa magnificence
Veut aujourd'hui se signaler.
La Bourgogno en faveur d'un Prince,
Nouvel appui de sa Province,
S'efforçant de briller d'un plus beau coloris,
Rassemble autour du verre & les jeux & les riu
Six cent Vierges infortunées
De leurs Amants accompagnées
Vont subir aux Autels une plus douce lot;
Et croiront satisfaire à la reconnoissance
JANVIER. 1752.
91
En se hâtant de donner à la France
Des Sojets dignes de leur Roi....
Mais cher D**, quel nouvel êtro
Vient tout à coup frapper mes sens!
Déjà le soustre & le salpêtre
Jusqu'aux cieux portent notre encens,
Et dans l'air agité tracent en traits de flàmme
L'ardeur des sentimens qui ravissent notre ame.
Eu ce moment la plume échappe de mes
mains,
Saus doute tu permets qu'on cesse de t'écrire;
Quand avec tout Paris il faut dire & redire,
Vive le Roi, le pere & l'ami des humains.
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Résumé : EPITRE De M. V. R. M. L. à M. D***, en Province, à l'occasion de la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne.
L'épître célèbre la naissance du Duc de Bourgogne, fils de la Princesse et du Dauphin. L'auteur invite son ami à quitter sa retraite parisienne pour partager cette joie. La Princesse avait exprimé des vœux sincères pour cet événement, et le ciel lui a accordé un enfant précieux. Le nouveau-né est décrit comme apportant le bonheur commun et naissant sans larmes. À sa naissance, les grâces sacrées, l'Hyménée et l'Amour étaient présents, éclairant le prince de leurs flambeaux. Les nymphes de la Seine l'ont accueilli avec des roseaux. La déesse Bellone a ouvert les yeux pour voir le feu noble dans ceux du prince. La Renommée annonce la nouvelle à travers le monde, et les bouches d'airain célèbrent désormais la joie. La Bourgogne se pare de ses plus beaux atours pour honorer le nouveau prince. Six cents vierges, accompagnées de leurs amants, se préparent à se marier en signe de reconnaissance. L'auteur est interrompu par les feux d'artifice célébrant la naissance et conclut en acclamant le roi, père et ami des humains.
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30
p. 94-101
COMPLIMENTS Faits le 26 Septembre 1751, à l'occasion de la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne, par la députation des Dames de la Halle.
Début :
AU ROI. SIRE, les voeux de la France sont exaucés, [...]
Mots clefs :
Naissance du duc de Bourgogne, Espérances, Majesté, Félicité, Peuples, Délices, Allégresse, Voeux, Sujets
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : COMPLIMENTS Faits le 26 Septembre 1751, à l'occasion de la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne, par la députation des Dames de la Halle.
COMPLIMENTS
Faits le 26 Sepiembre 1751, à l'occasion
de la naissance de Monseigneur le Duc de
Bourgogne, par la députation des Dames
de la Halle.
AU ROI.
SIRE, les voeux de la France sont
exaucés, une éclatante Aurore nous
avoit annoncé le plus beau jour, il
vient de luire à nos yeux, & ses rayons
sont le terme & l'accomplissement de nos
plus douces espérances; jusqu'ici le ciel
nous laissoit encore des vœux à fotmer;
les succès étonnans & rapides de votre
Majesté, le nombre de ses conquêtes, sa
modération dans ses victoires, sa gran-
deur & sa générosité dans la paix, tant de
traits éclatans qui fourniront aux siécles à
venit moins de sujets d'admiration que
d'incrédulité, nont contribué à la gloire
de votre Majesté & à celle de la France. Il
étoit réservé à Monseigneur le Duc de
Bourgogne de mettre le comble à son bon-
heur, sa naissance assurant votre félicité
JANVIER. 1752.
95
devient la source & le garant de la nôtre.
Ce Prince sera ainsi que vous, Site, la
terteur de ses ennemis, le Pere de ses
peuples, l'arbitre & le modele des Rois
& Iadmiration de l'Univers; en mar-
chant sur vos traces, en suivant celles
de son auguste pere, il sera un jour la gloi-
te de la Nation, les delices de nos artie-
res-neveux & le bonheur de leurs en-
fans.
Quel avantage pour nous, Sire, dans
une occasion si chere, si précieuse à notre
amour, de pouvoir porter aux pieds de vo-
tre Majeste, la joye qui nous anime, &
les sentimens viss & respectueux qu'ellę
nous inspire !
ALAREINE.
MADAME, le Ciel occupé du
bonheur de votre Majesté, & de celui
de ses peuples, vient d'y mettre le comble
par la naissance de Monseigneur le Duc de
Bourgogne; pénétrées de lajoye vive & pu-
re que nous cause cet heureux événement,
nous osons la porter aux pieds de votre
Majesté, & la suplier d'en agréer le respec-
tueux témoignage. L'Europe entiere parta-
ge notre allegresse, & nous n'y mettons
d'autres bornes que celles de notre amour.
Tel est, Madame, le prix de vos vertus,
Dgsinad hiL0
96 MERCUREDEFRANCE.
le succès de nos voeux & l'accomplissement
de nos desirs: il ne nous en reste plus à
former; les bienfaits précieux que Dieu ré-
pand sur nous, sont de surs garants de no-
tre bonheur, & le gage le plus assuré de
la prospérité de votre Majesté & de toute
la Famille Royale.
AMONSEIGNEURLEDAUPHIN
MONSEIGNEUR, Nous avons partagé
avec vous la vive allégresse que cause à toute
l'Europe la naissance de Monseigneur le Duc
de Bourgogne; ce gage précieux de la ten-
dresse d'une auguste épouse, nous fait
espérer qu'il est des bienfaits que la re-
connoissance ne peut jamais égaler, & que
les expressions qui pouroient la témoigner
ne servent souvent qu'à l'affoiblir. Quelle
idée pourrions-nous vous donner, Mon-
scigneur, de la joye dont nous sommes
pénétrées, qui pût approcher du sentiment
qui nous l'inspire? Quels voeux nous res-
teroit il ençore à former, tandis que
nous trouvons dans cet événement for-
tuné, le comble de nos espérances & la
source de la félicité publique. La France
trouve dans cet auguste enfant, l'appui de
son Trône & les délices de sespeuples; l'Eu-
rope trouvera en lui un garant du main-
tien de la tranquilité que notre incompara-
ble
JANVIER.
1752.
97
ble Monarque lui a procuré, & nos dernie:s
neveux gouteront l'heureux avantage de
pouvoir comparer leur bonheur à celui de
leur ayeux. Que de titres, Monscigneur
qui consacreront à jamais notre zéle, no-
tre amour & notre reconnoissance!
AMADAME LA DAUPHINE.
MADAME, il ne fut jamais d'occa-
sion plus favorable de faire éclater les
transports de notre joye, que celle de la
naissance de Monseigneur le Duc de Bour-
gogne. Jamais la France n a eû tant de jus-
tes sujets de s'y livrer; vous venez faire
briller un soleil né pour le bonheurdu mon-
de, & ce bonheur est votre ouvrage : aux
vertus de son auguste mere, ce jeune
Prince joindra celles qui font les grands
Rois; il apprendra de Louis le Bien-Ai-
mé & de Monseigneur le Dauphin, l'Art
de regner sur les coeurs, né comme eux
avec ce désir si marqué & toujours suivi de
rendre les peuples heureux, il en aura
un jour le pouvoir, & ne croira pas à leur
exemple en devoir faire un autre usage.
Mais, Madame, ce bonheur n'est réservé
qu'aux siccles à venis. Heureuses d'avoir
tant de motifs de concevoir des espérances
flateuses, dont nos descendans goûteront
II. Vol.
jitized by
98 MERCURE DE FRANCE.
tout le fruit; plus heureuses encore de
graver dans leurs coeurs notre respectueux
amour pour vous, & d'y perpétuer notre
reconnoissance.
A MONSEIGNEUR LE DUC
DE BOURGOGNE.
MONSEIGNEUR, nous venons vous
offrit n os respectueux hommages; mais, la
joye qu'e nous inspire votrenaissance, nous
n essayerons pas de vous l'exprimer. Vous
trouverez un jour dans les services & la
fidélité de nos descendans, dont vous fe-
rez les délices, des preuves de l'amour de
leurs peres dont vous faites les douces es-
pérances.
A MADAME.
MADAME, votre naissance fue
pour nous le présage de nos plus douces
espérances, celle de Monseigneur le Duc
de Bourgogne en devient aujourd'hui l'ac-
complissement, l'une excita toute notre
joye, l'autre assure la durée de notre bon-
heur. Vous ferez, Madame, les délices
des peuples sut qui vous regnerez, il fera la
félicité de ceux qui vivront sous ses loix.
Quelle circonstances plus favorables pour
faire éclater les transports de notre allé-
gresse & ceux de notre amour.
JANVIER. 1752.
99
AMESDAMES.
MESDAMES, rien ne peut éga-
ler la joye que nous cause la naissance de
Monseigneut le Duc de Bourgogne, nous
nous livrons aux justes trasports qu'elle
nous inspire, sans pouvoir les contenit,
n'y les rendre; l'encens fome sur les Au-
tels, l'air brille de nouveaux feux & reten-
tit de mille cris d'allégresse; tout annonce
la nôtre, mais ne l'exprime pas; notre
coeur suffit à peine à la sentit, comment
pourrions-nous en faire connoître toute
l'étendue, mais nous nous flattons que vous
en jugez par la vôtre. C'est dans cette
confiance, Mesdames, que nous osons la
faire éclatter, & vous supplions d'en agréer
les respectueux hommages.
AMONSIEUR LE DUC DE
GESVRES.
En supliant votre Grandeur d'agréer les
respectueux hommages que nous osons lui
presenter, c'est remplir le premier de
nos devoirs, c'est vous offrir un foi-
ble tribut que la reconnoissance exige &
que le sentiment nous inspire, notre bon-
heur est d'éprouver vos bontés, & notre
gloire de les publier.
Dépositaire & Ministre de l'autorité
Ei
100 MERCUREDE FRANCE.
sactée que sa Majesté vous a confiée, Paris
& la premiere Province du Royaume ne
connoissent votre pouvoit que par leut
félicité; leurs habitans moins frappés de l'é
clat d'un nom illustre depuis tant de siécles
pat les exploits les plus glorieux, que des
vertus que vous leur faites paroître, voyent
avec autant de plaisit que d'admitation
que vous ayez réuni en vous seul toutes
celles de vos ayeux. Ils regardent à juste
titre que la confiance & l'amitié du plus
grand Roi du monde, les titres honorables
& les dignités éminentes de votre Gran-
deur, sont moins le prix des services de
ses ancêtres, que la preuve & la ré-
compenses des vôtres. Vous les régissez
moins par vôtre autorité quę par vos bien-
faits; mais c'est principalement sur nous
Monseigneur, que vous avez pris plaisir
à les répandre: C'est vous qui rendez notre
très invincible Monarque sensible à nos
prieres; c'est vous qui portez aux pieds
de son Trône nos respects & nos vœux:
ses graces seront le gage de son amour pa-
ternel pour ses sujets & le fruit de vos
soins genéteux; c'est sous vos auspices que
nous venons d'avoir l'honneur de témoi-
gnet à Madame la Dauphine, la vivre
allégresse que nous ressentons de la naissan-
ce de Monseigneur le Duc de Bourgogne,
ed by Goo
JANVIER. 1752.
101
& que nous avons le glorieux avantage de
publier vos bienfaits & notre reconnois-
sance.
Faits le 26 Sepiembre 1751, à l'occasion
de la naissance de Monseigneur le Duc de
Bourgogne, par la députation des Dames
de la Halle.
AU ROI.
SIRE, les voeux de la France sont
exaucés, une éclatante Aurore nous
avoit annoncé le plus beau jour, il
vient de luire à nos yeux, & ses rayons
sont le terme & l'accomplissement de nos
plus douces espérances; jusqu'ici le ciel
nous laissoit encore des vœux à fotmer;
les succès étonnans & rapides de votre
Majesté, le nombre de ses conquêtes, sa
modération dans ses victoires, sa gran-
deur & sa générosité dans la paix, tant de
traits éclatans qui fourniront aux siécles à
venit moins de sujets d'admiration que
d'incrédulité, nont contribué à la gloire
de votre Majesté & à celle de la France. Il
étoit réservé à Monseigneur le Duc de
Bourgogne de mettre le comble à son bon-
heur, sa naissance assurant votre félicité
JANVIER. 1752.
95
devient la source & le garant de la nôtre.
Ce Prince sera ainsi que vous, Site, la
terteur de ses ennemis, le Pere de ses
peuples, l'arbitre & le modele des Rois
& Iadmiration de l'Univers; en mar-
chant sur vos traces, en suivant celles
de son auguste pere, il sera un jour la gloi-
te de la Nation, les delices de nos artie-
res-neveux & le bonheur de leurs en-
fans.
Quel avantage pour nous, Sire, dans
une occasion si chere, si précieuse à notre
amour, de pouvoir porter aux pieds de vo-
tre Majeste, la joye qui nous anime, &
les sentimens viss & respectueux qu'ellę
nous inspire !
ALAREINE.
MADAME, le Ciel occupé du
bonheur de votre Majesté, & de celui
de ses peuples, vient d'y mettre le comble
par la naissance de Monseigneur le Duc de
Bourgogne; pénétrées de lajoye vive & pu-
re que nous cause cet heureux événement,
nous osons la porter aux pieds de votre
Majesté, & la suplier d'en agréer le respec-
tueux témoignage. L'Europe entiere parta-
ge notre allegresse, & nous n'y mettons
d'autres bornes que celles de notre amour.
Tel est, Madame, le prix de vos vertus,
Dgsinad hiL0
96 MERCUREDEFRANCE.
le succès de nos voeux & l'accomplissement
de nos desirs: il ne nous en reste plus à
former; les bienfaits précieux que Dieu ré-
pand sur nous, sont de surs garants de no-
tre bonheur, & le gage le plus assuré de
la prospérité de votre Majesté & de toute
la Famille Royale.
AMONSEIGNEURLEDAUPHIN
MONSEIGNEUR, Nous avons partagé
avec vous la vive allégresse que cause à toute
l'Europe la naissance de Monseigneur le Duc
de Bourgogne; ce gage précieux de la ten-
dresse d'une auguste épouse, nous fait
espérer qu'il est des bienfaits que la re-
connoissance ne peut jamais égaler, & que
les expressions qui pouroient la témoigner
ne servent souvent qu'à l'affoiblir. Quelle
idée pourrions-nous vous donner, Mon-
scigneur, de la joye dont nous sommes
pénétrées, qui pût approcher du sentiment
qui nous l'inspire? Quels voeux nous res-
teroit il ençore à former, tandis que
nous trouvons dans cet événement for-
tuné, le comble de nos espérances & la
source de la félicité publique. La France
trouve dans cet auguste enfant, l'appui de
son Trône & les délices de sespeuples; l'Eu-
rope trouvera en lui un garant du main-
tien de la tranquilité que notre incompara-
ble
JANVIER.
1752.
97
ble Monarque lui a procuré, & nos dernie:s
neveux gouteront l'heureux avantage de
pouvoir comparer leur bonheur à celui de
leur ayeux. Que de titres, Monscigneur
qui consacreront à jamais notre zéle, no-
tre amour & notre reconnoissance!
AMADAME LA DAUPHINE.
MADAME, il ne fut jamais d'occa-
sion plus favorable de faire éclater les
transports de notre joye, que celle de la
naissance de Monseigneur le Duc de Bour-
gogne. Jamais la France n a eû tant de jus-
tes sujets de s'y livrer; vous venez faire
briller un soleil né pour le bonheurdu mon-
de, & ce bonheur est votre ouvrage : aux
vertus de son auguste mere, ce jeune
Prince joindra celles qui font les grands
Rois; il apprendra de Louis le Bien-Ai-
mé & de Monseigneur le Dauphin, l'Art
de regner sur les coeurs, né comme eux
avec ce désir si marqué & toujours suivi de
rendre les peuples heureux, il en aura
un jour le pouvoir, & ne croira pas à leur
exemple en devoir faire un autre usage.
Mais, Madame, ce bonheur n'est réservé
qu'aux siccles à venis. Heureuses d'avoir
tant de motifs de concevoir des espérances
flateuses, dont nos descendans goûteront
II. Vol.
jitized by
98 MERCURE DE FRANCE.
tout le fruit; plus heureuses encore de
graver dans leurs coeurs notre respectueux
amour pour vous, & d'y perpétuer notre
reconnoissance.
A MONSEIGNEUR LE DUC
DE BOURGOGNE.
MONSEIGNEUR, nous venons vous
offrit n os respectueux hommages; mais, la
joye qu'e nous inspire votrenaissance, nous
n essayerons pas de vous l'exprimer. Vous
trouverez un jour dans les services & la
fidélité de nos descendans, dont vous fe-
rez les délices, des preuves de l'amour de
leurs peres dont vous faites les douces es-
pérances.
A MADAME.
MADAME, votre naissance fue
pour nous le présage de nos plus douces
espérances, celle de Monseigneur le Duc
de Bourgogne en devient aujourd'hui l'ac-
complissement, l'une excita toute notre
joye, l'autre assure la durée de notre bon-
heur. Vous ferez, Madame, les délices
des peuples sut qui vous regnerez, il fera la
félicité de ceux qui vivront sous ses loix.
Quelle circonstances plus favorables pour
faire éclater les transports de notre allé-
gresse & ceux de notre amour.
JANVIER. 1752.
99
AMESDAMES.
MESDAMES, rien ne peut éga-
ler la joye que nous cause la naissance de
Monseigneut le Duc de Bourgogne, nous
nous livrons aux justes trasports qu'elle
nous inspire, sans pouvoir les contenit,
n'y les rendre; l'encens fome sur les Au-
tels, l'air brille de nouveaux feux & reten-
tit de mille cris d'allégresse; tout annonce
la nôtre, mais ne l'exprime pas; notre
coeur suffit à peine à la sentit, comment
pourrions-nous en faire connoître toute
l'étendue, mais nous nous flattons que vous
en jugez par la vôtre. C'est dans cette
confiance, Mesdames, que nous osons la
faire éclatter, & vous supplions d'en agréer
les respectueux hommages.
AMONSIEUR LE DUC DE
GESVRES.
En supliant votre Grandeur d'agréer les
respectueux hommages que nous osons lui
presenter, c'est remplir le premier de
nos devoirs, c'est vous offrir un foi-
ble tribut que la reconnoissance exige &
que le sentiment nous inspire, notre bon-
heur est d'éprouver vos bontés, & notre
gloire de les publier.
Dépositaire & Ministre de l'autorité
Ei
100 MERCUREDE FRANCE.
sactée que sa Majesté vous a confiée, Paris
& la premiere Province du Royaume ne
connoissent votre pouvoit que par leut
félicité; leurs habitans moins frappés de l'é
clat d'un nom illustre depuis tant de siécles
pat les exploits les plus glorieux, que des
vertus que vous leur faites paroître, voyent
avec autant de plaisit que d'admitation
que vous ayez réuni en vous seul toutes
celles de vos ayeux. Ils regardent à juste
titre que la confiance & l'amitié du plus
grand Roi du monde, les titres honorables
& les dignités éminentes de votre Gran-
deur, sont moins le prix des services de
ses ancêtres, que la preuve & la ré-
compenses des vôtres. Vous les régissez
moins par vôtre autorité quę par vos bien-
faits; mais c'est principalement sur nous
Monseigneur, que vous avez pris plaisir
à les répandre: C'est vous qui rendez notre
très invincible Monarque sensible à nos
prieres; c'est vous qui portez aux pieds
de son Trône nos respects & nos vœux:
ses graces seront le gage de son amour pa-
ternel pour ses sujets & le fruit de vos
soins genéteux; c'est sous vos auspices que
nous venons d'avoir l'honneur de témoi-
gnet à Madame la Dauphine, la vivre
allégresse que nous ressentons de la naissan-
ce de Monseigneur le Duc de Bourgogne,
ed by Goo
JANVIER. 1752.
101
& que nous avons le glorieux avantage de
publier vos bienfaits & notre reconnois-
sance.
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Résumé : COMPLIMENTS Faits le 26 Septembre 1751, à l'occasion de la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne, par la députation des Dames de la Halle.
Le document célèbre la naissance du Duc de Bourgogne, fils du Dauphin et de la Dauphine, survenue le 26 septembre 1751. Les Dames de la Halle manifestent leur joie et leurs vœux pour le nouveau-né et la famille royale. Elles mettent en avant les succès militaires et la modération du roi, ainsi que la grandeur et la générosité de la monarchie française. La naissance du Duc de Bourgogne est perçue comme l'accomplissement des espérances nationales et la garantie du bonheur futur de la France. Le texte exprime également l'admiration et la reconnaissance envers le roi et la reine, ainsi que les espoirs placés dans l'avenir du jeune prince, vu comme un futur souverain juste et bienveillant. Les auteurs adressent leurs hommages au Duc de Bourgogne, à la Dauphine et à la famille royale, exprimant leur allégresse et leur fidélité. Une lettre adressée au Duc de Gesvres exprime une grande allégresse et reconnaissance pour la naissance du Duc de Bourgogne. Les auteurs rendent hommage aux bienfaits et à l'autorité du Duc de Gesvres, soulignant que la félicité de Paris et de la première province du royaume est due à ses vertus et actions. Les habitants voient en lui une réunion des qualités de ses ancêtres et apprécient sa capacité à obtenir les faveurs du roi. Le duc est perçu comme un régisseur bienveillant, utilisant ses bienfaits plutôt que son autorité. La lettre se conclut par une expression de gratitude pour les soins et les attentions du duc, permettant de témoigner de la joie liée à la naissance du Duc de Bourgogne et de publier les bienfaits et la reconnaissance envers le duc.
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31
p. 108-109
D'Arpajon le 14 Septerbre.
Début :
Aussi-tôt que la nouvelle de la naissance de Monseigneur le Duc de [...]
Mots clefs :
Arpajon, Comte de Noailles, Château, Naissance du duc de Bourgogne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : D'Arpajon le 14 Septerbre.
D'Arpajon le 14 Septerbre.
Aussi-tôt que la nouvelle de la naissance
de Monseigneur le Duc de
Bourgogne fut artivée à Arpajon, elle fut
annoncee au peuple par le son de toutes
les cloches, & par plusicurs salves d'un
grand nombre de boctes. En même tems
les boutiques furent fermées, & sans atten-
dre les ordres du Magistrat, chacun ne
s'occupa que du soin de célébrer un éve-
nement si intéressant. Une Compagnie
de cent jeunes gens, lestement vêtus, s as-
fembla dans la Place, & fit une triple dé-
charge de mousqueterie. De-li, marchant
au son des tambours & des fifres, ils se
rendirent à la porte de la grande Eglise,
où le peûple étoit déja accouru en foule.
Après le Te Deum, pendant lequel il y eut
plusieurs nouvelles salves de boëtes & de
mousqueterie, la meme Compagnie de
jeunes gens retourna sur la Place, & le
Magistrat mit le feu au bucher qu on y
avoit préparé. En conséquence des ordres
envoyés par le Comte e Noailles, qui est
Seigneur d'Arpajon, le Château fut en-
tierement illuminé, ainsi que l'avenue
edO
JANVIER. 1752. 10
qui y conduit. Ce Château est situé en tre
deux bras de la riviere d'Orge, & l'illu-
mination se répétant dans les eaux, forma
un coup d'oil également agréable & frap-
pant. Le Comte de Noailles avoit ordoa-
né qu'elle fût accompagnée d'un souper
splendide; ses intentions furent parfaite-
ment remplies, & l'on but les santés du
Roi & de la Famille Royale au bruit du
canon. La Ville de son côté, suivit avec
transport l'exemple du Chateau. Il y eut
des illuminations dans toutes les rues, &
un feu de vant chaque maison, & tous les
Habitans, dans 1yvresse de leur joie,
s'empressoient à l'envi de distribuer des
rafraichissemens aux Passans. Pendant la
plus grande partie de la nuit on ne vit de
tous côtés que des danses, & l'air retentit
des acclamations réitérées de Vive le Roi.
L'allégresse générale sembla faire de toute
la Ville une seule famille. Le Comte de
Noailles, indépendamment des autres
marques éclatantes qu'il a données de ses
sentimens en cette occasion, a dotté plu-
sieurs filles dans ses Terres d'Arpajon, de
Poix & de Mouchy, & non content des
sommes qu'il a données pour cet effet, il
s'est chargé de payer pendant cinq ans la
Taille des nouveaux mariés.
Aussi-tôt que la nouvelle de la naissance
de Monseigneur le Duc de
Bourgogne fut artivée à Arpajon, elle fut
annoncee au peuple par le son de toutes
les cloches, & par plusicurs salves d'un
grand nombre de boctes. En même tems
les boutiques furent fermées, & sans atten-
dre les ordres du Magistrat, chacun ne
s'occupa que du soin de célébrer un éve-
nement si intéressant. Une Compagnie
de cent jeunes gens, lestement vêtus, s as-
fembla dans la Place, & fit une triple dé-
charge de mousqueterie. De-li, marchant
au son des tambours & des fifres, ils se
rendirent à la porte de la grande Eglise,
où le peûple étoit déja accouru en foule.
Après le Te Deum, pendant lequel il y eut
plusieurs nouvelles salves de boëtes & de
mousqueterie, la meme Compagnie de
jeunes gens retourna sur la Place, & le
Magistrat mit le feu au bucher qu on y
avoit préparé. En conséquence des ordres
envoyés par le Comte e Noailles, qui est
Seigneur d'Arpajon, le Château fut en-
tierement illuminé, ainsi que l'avenue
edO
JANVIER. 1752. 10
qui y conduit. Ce Château est situé en tre
deux bras de la riviere d'Orge, & l'illu-
mination se répétant dans les eaux, forma
un coup d'oil également agréable & frap-
pant. Le Comte de Noailles avoit ordoa-
né qu'elle fût accompagnée d'un souper
splendide; ses intentions furent parfaite-
ment remplies, & l'on but les santés du
Roi & de la Famille Royale au bruit du
canon. La Ville de son côté, suivit avec
transport l'exemple du Chateau. Il y eut
des illuminations dans toutes les rues, &
un feu de vant chaque maison, & tous les
Habitans, dans 1yvresse de leur joie,
s'empressoient à l'envi de distribuer des
rafraichissemens aux Passans. Pendant la
plus grande partie de la nuit on ne vit de
tous côtés que des danses, & l'air retentit
des acclamations réitérées de Vive le Roi.
L'allégresse générale sembla faire de toute
la Ville une seule famille. Le Comte de
Noailles, indépendamment des autres
marques éclatantes qu'il a données de ses
sentimens en cette occasion, a dotté plu-
sieurs filles dans ses Terres d'Arpajon, de
Poix & de Mouchy, & non content des
sommes qu'il a données pour cet effet, il
s'est chargé de payer pendant cinq ans la
Taille des nouveaux mariés.
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Résumé : D'Arpajon le 14 Septerbre.
Le 14 septembre, la naissance du Duc de Bourgogne fut annoncée à Arpajon. La nouvelle fut célébrée par le son des cloches et des salves d'artillerie. Les boutiques fermèrent et les habitants se rassemblèrent pour fêter l'événement. Une compagnie de jeunes gens tira des salves de mousqueterie et se rendit à l'église pour le Te Deum, accompagnée de nouvelles salves. Ils retournèrent ensuite sur la place où le magistrat alluma un bûcher. Sur ordre du Comte de Noailles, seigneur d'Arpajon, le château et son avenue furent illuminés, reflétant la lumière dans la rivière d'Orge. Le Comte organisa un souper somptueux où les santés du Roi et de la Famille Royale furent portées au bruit du canon. La ville suivit cet exemple avec des illuminations et des feux dans toutes les rues. Les habitants distribuèrent des rafraîchissements et dansèrent toute la nuit, acclamant le Roi. Le Comte de Noailles dota plusieurs filles dans ses terres et s'engagea à payer la taille des nouveaux mariés pendant cinq ans.
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32
p. 110-111
Du Petit-Châtelet.
Début :
Le même jour, & les trois suivans, les prisonniers retenus pour dettes au Petit-Châtelet [...]
Mots clefs :
Petit Châtelet, Rue Saint-Jacques, Prisonniers, Naissance du duc de Bourgogne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Du Petit-Châtelet.
Du Petit-Châtelet.
Le même jour, & les trois suivans, les
prisonniers retenus pour dettes au Petit-Châtelet
ont donné, selon leut pouvoir
des marques de la part qu'ils prennent à la
joie publique. Pendant ces quatre jours,
ils ont fait illuminet, du côté de la rue
Saint Jacques & du côté du Petit Pont,
toutes les tablettes du couronnement du-
Petit-Châtelet, pat un grand nombre de
lampions & de pots à fcu. Du côté du
Petit-Pont étoit cette Inscription eh trans-
parent, Etiam in tenebris: on lisoit celle-
ci du côté de la rue Saint Jacques: Fidem
nec vincula mutant. Ces prisonniers firent
chanter le 17 le Te Deum dans la Cha-
pelle de la prison. Le 19 au soit, ils re-
nouvellerent l'illumination des jours pré-
cédens, & au lieu de la premiere Inscrip-
tion, qui étoit en face du Petit Pont, ils
mirent celle-ci: Gaudet & ipse dolor. Sut
la platte forme du bâtiment, un orches-
tre nombreux, composé de timballes,
trompettes, cors-de-chasse, violons &
autres instrumens, exécuta diverses fanfa-
res, lorsque leurs Majestés passerent, sor
mirablement préparés. Rien n'est égal
Huss uO
II
JANVIER. 1752.
en allant à l'Eglise Métropolitaine, soit à
leur retour.
Le même jour, & les trois suivans, les
prisonniers retenus pour dettes au Petit-Châtelet
ont donné, selon leut pouvoir
des marques de la part qu'ils prennent à la
joie publique. Pendant ces quatre jours,
ils ont fait illuminet, du côté de la rue
Saint Jacques & du côté du Petit Pont,
toutes les tablettes du couronnement du-
Petit-Châtelet, pat un grand nombre de
lampions & de pots à fcu. Du côté du
Petit-Pont étoit cette Inscription eh trans-
parent, Etiam in tenebris: on lisoit celle-
ci du côté de la rue Saint Jacques: Fidem
nec vincula mutant. Ces prisonniers firent
chanter le 17 le Te Deum dans la Cha-
pelle de la prison. Le 19 au soit, ils re-
nouvellerent l'illumination des jours pré-
cédens, & au lieu de la premiere Inscrip-
tion, qui étoit en face du Petit Pont, ils
mirent celle-ci: Gaudet & ipse dolor. Sut
la platte forme du bâtiment, un orches-
tre nombreux, composé de timballes,
trompettes, cors-de-chasse, violons &
autres instrumens, exécuta diverses fanfa-
res, lorsque leurs Majestés passerent, sor
mirablement préparés. Rien n'est égal
Huss uO
II
JANVIER. 1752.
en allant à l'Eglise Métropolitaine, soit à
leur retour.
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Résumé : Du Petit-Châtelet.
Du 17 au 20 janvier 1752, les prisonniers pour dettes du Petit-Châtelet à Paris ont organisé des célébrations publiques. Ils ont illuminé les fenêtres de la prison avec des lampions et des pots à feu, tant du côté de la rue Saint-Jacques que du côté du Petit Pont. Des inscriptions latines étaient affichées : 'Etiam in tenebris' du côté du Petit Pont et 'Fidem nec vincula mutant' du côté de la rue Saint-Jacques. Le 17 janvier, les prisonniers ont chanté le Te Deum dans la chapelle de la prison. Le 19 janvier, ils ont renouvelé l'illumination et modifié l'inscription du Petit Pont en 'Gaudet & ipse dolor'. Par ailleurs, un orchestre a joué des fanfares lors du passage des souverains à l'église métropolitaine et à leur retour.
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33
p. 111-114
De Lyon le 15.
Début :
Ce fut le Mercredi 15 Septembre à cinq heures du matin, que M. le Marquis de [...]
Mots clefs :
Lyon, Commandant, Roi, Cardinal, Repas, Naissance du duc de Bourgogne
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texteReconnaissance textuelle : De Lyon le 15.
De Lyon le 15.
Ce fut le Mercredi 15 Septembre à cinq
heures du matin, que M. le Marquis de
Rochebaron, Commandant pour le Roi
dans la Ville de Lyon, & dans les Pro-
vinces de Lyonnois, Forez & Beaujolois,
apprit ici par un Courier, que le Lundi
précédent vers une heure & un quart
après minuit, Madame la Dauphine étoit
heureusement accouchée d'un Prince. La
joie d'un évenement si imporiant se ré-
pandit bientôt par ses ordres dans toute
la Ville: elle fut instruite aussi-tôt de cet-
te heureuse nouvelle par le bruit des boë-
tes & du canon du Château de Pierre-
scize, qui furent tirés par les ordres de
M. le Commandant, & par le son de tou-
tes les cloches, Son Emmence M. le Car-
dinal de Tencin, ayant ordonné qu'elles
fussent incontinent sonnées. Toute cette
journée & les suivantes, se passerent en
transports d'allégresse. Les ordres de M.
le Commandant & les Ordonnances de
nos Magistrats, à qui l'amour du peuple
Lyonnois pour le Roi est si connu, étoient
moins des commandemens que des in vi-
tations qui trouverent tous les cœurs ad-
pires vO
112 MERCUREDE FRANCE.
à l'impatience avec laquelle on a attendu
les ordres nécessaires pour rendre tous en-
semble à Dieu de solemnelles actions de
graces pout un bienfait si signalé. Le Man-
dement de M. le Cardinal de Tencin,
que nous avons le bonheur d'avoit au mi-
lieu de nous, annonça enfin l'arrivée de
ces ordres tant desirés, & le Dimanche,
troisiéme jour du mois d'Octobre, le Te
Deum fut chanté après la grande Messe.
Toutes les cloches de la Ville sonnerent
à cet instant, comme elles avoient fait la
veille au soir, le jour, le matin & à midi
par plusieurs décharges de boëtes, suivant
les ordres de M. le Commandant. Après
le Te Deum, M. le Cardinal donna un
grand repas à la Noblesse & à tous les
Corps de la Ville. La table qui formoit
un fer à cheval de près de cent couverts,
étoit dressée dans la grande Salle de l'Ar-
chevêché; elle fut servie avec toute la
délicatesse, toute la profusion & tout
l'ordre imaginable. Il y eut pendant tout
le repas une belle symphonie, & l'on y
but la santé du Roi, de la Reine & de
toute la famille Royale, au bruit des boë-
tes, des tymbales & des trompettes. Le
dine sini, on passa dans les appartemens
du Palais Archiepiscopal, qui ont vune sur
dby
JANVIER. 1752. 113
la Saône. Ils étoient déja remplis de tou-
tes les Dames de la Ville, à qui l'on fit
servir des rafraschissemens. Elles étoient
venues pour jouir du spectacle de la Joûte,
exercice extremement amusant, & dans
lequel nos Bateliers excellent. Les Quais,
les Ponts & les fenêtres, tout étoit plein,
de monde. Sur la Riviere même il s'etois
formé un grand cercle, composé de co-
ches & de grands bateaux attachés ensem-
blę sans aucune interruption, sur lesquels
il y avoit un peuple infini. Le coup d'oil
étoit aussi charmant que singulier. Au mi-
lieu de cette grande enceinte se fit la
Joûte, dont le succès fut parfait. M. le
Cardinal couronna ces divertissemens par
une œuvre de charité qui fut générale-
ment applaudie, en distribuant quinze
ou vingt dots à de pauvres filles qui doi-
vent être mariées dans l'année, en mé-
moire du bonheur public que l'on célé-
broit ce jour. là.
Il y eut des danses publiques dans des
loges dressées exprès sur la Place de Louis
le Grand, & sur celle des Terreaux,
Messieurs du Consulat avoient aussi fait
placer des Fontaines de vin dans toutes
les Places.
Iorsque la nuit fut venue, le Consulat
fit tirer successivement deux beaux feux
114 MERCURE DEFRANCE
d'artifice, l'un sur le Pont de pierre de
Saône, & l'autre vis-à-vis l'Hotel-de-Vil-
le. Tous deux réussirent, malgré le tems
qui n'étoit pas favorable. Toutes les mai-
sons furent illuminées, & l'Hôtel-de-
Ville en particulier l'étoit d'un dessein &
d'un goût qui firent grand honneur aux
zélés Magistrats qui avoient ordonné cette
décoration. Le lendemain Lundi, M. le
Marquis de Rochebaron, Commandant
pour le Roi, donna un splendide repas à
une Compagnie de près de cent personnes
des plus distinguées, & le sur-lendemain
Mardi, il y eut chez M. l'Intendant un
Bal où rien ne manqua de ce qui pouvoit
rendre la fête complette. Ainsi furent ter-
minées des rejouissances, dont l'objet res-
tera éternellement gravé dans le fond de
nos cœurs.
Ce fut le Mercredi 15 Septembre à cinq
heures du matin, que M. le Marquis de
Rochebaron, Commandant pour le Roi
dans la Ville de Lyon, & dans les Pro-
vinces de Lyonnois, Forez & Beaujolois,
apprit ici par un Courier, que le Lundi
précédent vers une heure & un quart
après minuit, Madame la Dauphine étoit
heureusement accouchée d'un Prince. La
joie d'un évenement si imporiant se ré-
pandit bientôt par ses ordres dans toute
la Ville: elle fut instruite aussi-tôt de cet-
te heureuse nouvelle par le bruit des boë-
tes & du canon du Château de Pierre-
scize, qui furent tirés par les ordres de
M. le Commandant, & par le son de tou-
tes les cloches, Son Emmence M. le Car-
dinal de Tencin, ayant ordonné qu'elles
fussent incontinent sonnées. Toute cette
journée & les suivantes, se passerent en
transports d'allégresse. Les ordres de M.
le Commandant & les Ordonnances de
nos Magistrats, à qui l'amour du peuple
Lyonnois pour le Roi est si connu, étoient
moins des commandemens que des in vi-
tations qui trouverent tous les cœurs ad-
pires vO
112 MERCUREDE FRANCE.
à l'impatience avec laquelle on a attendu
les ordres nécessaires pour rendre tous en-
semble à Dieu de solemnelles actions de
graces pout un bienfait si signalé. Le Man-
dement de M. le Cardinal de Tencin,
que nous avons le bonheur d'avoit au mi-
lieu de nous, annonça enfin l'arrivée de
ces ordres tant desirés, & le Dimanche,
troisiéme jour du mois d'Octobre, le Te
Deum fut chanté après la grande Messe.
Toutes les cloches de la Ville sonnerent
à cet instant, comme elles avoient fait la
veille au soir, le jour, le matin & à midi
par plusieurs décharges de boëtes, suivant
les ordres de M. le Commandant. Après
le Te Deum, M. le Cardinal donna un
grand repas à la Noblesse & à tous les
Corps de la Ville. La table qui formoit
un fer à cheval de près de cent couverts,
étoit dressée dans la grande Salle de l'Ar-
chevêché; elle fut servie avec toute la
délicatesse, toute la profusion & tout
l'ordre imaginable. Il y eut pendant tout
le repas une belle symphonie, & l'on y
but la santé du Roi, de la Reine & de
toute la famille Royale, au bruit des boë-
tes, des tymbales & des trompettes. Le
dine sini, on passa dans les appartemens
du Palais Archiepiscopal, qui ont vune sur
dby
JANVIER. 1752. 113
la Saône. Ils étoient déja remplis de tou-
tes les Dames de la Ville, à qui l'on fit
servir des rafraschissemens. Elles étoient
venues pour jouir du spectacle de la Joûte,
exercice extremement amusant, & dans
lequel nos Bateliers excellent. Les Quais,
les Ponts & les fenêtres, tout étoit plein,
de monde. Sur la Riviere même il s'etois
formé un grand cercle, composé de co-
ches & de grands bateaux attachés ensem-
blę sans aucune interruption, sur lesquels
il y avoit un peuple infini. Le coup d'oil
étoit aussi charmant que singulier. Au mi-
lieu de cette grande enceinte se fit la
Joûte, dont le succès fut parfait. M. le
Cardinal couronna ces divertissemens par
une œuvre de charité qui fut générale-
ment applaudie, en distribuant quinze
ou vingt dots à de pauvres filles qui doi-
vent être mariées dans l'année, en mé-
moire du bonheur public que l'on célé-
broit ce jour. là.
Il y eut des danses publiques dans des
loges dressées exprès sur la Place de Louis
le Grand, & sur celle des Terreaux,
Messieurs du Consulat avoient aussi fait
placer des Fontaines de vin dans toutes
les Places.
Iorsque la nuit fut venue, le Consulat
fit tirer successivement deux beaux feux
114 MERCURE DEFRANCE
d'artifice, l'un sur le Pont de pierre de
Saône, & l'autre vis-à-vis l'Hotel-de-Vil-
le. Tous deux réussirent, malgré le tems
qui n'étoit pas favorable. Toutes les mai-
sons furent illuminées, & l'Hôtel-de-
Ville en particulier l'étoit d'un dessein &
d'un goût qui firent grand honneur aux
zélés Magistrats qui avoient ordonné cette
décoration. Le lendemain Lundi, M. le
Marquis de Rochebaron, Commandant
pour le Roi, donna un splendide repas à
une Compagnie de près de cent personnes
des plus distinguées, & le sur-lendemain
Mardi, il y eut chez M. l'Intendant un
Bal où rien ne manqua de ce qui pouvoit
rendre la fête complette. Ainsi furent ter-
minées des rejouissances, dont l'objet res-
tera éternellement gravé dans le fond de
nos cœurs.
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Résumé : De Lyon le 15.
Le 15 septembre, le Marquis de Rochebaron, représentant le roi à Lyon, reçut la nouvelle que la Dauphine avait donné naissance à un prince la nuit précédente. Cette annonce suscita une grande joie dans la ville, accompagnée de salves de canons et du son des cloches ordonné par le Cardinal de Tencin. Les célébrations furent intenses et variées. Le 3 octobre, un Te Deum fut chanté après la messe, suivi d'un grand repas offert par le Cardinal à la noblesse et aux représentants de la ville. Des joutes sur la Saône, des danses publiques et des fontaines de vin furent organisées. Le soir, des feux d'artifice illuminèrent Lyon. Le lendemain, le Marquis de Rochebaron offrit un repas somptueux, et deux jours plus tard, un bal fut donné par l'intendant. Ces festivités reflétaient la gratitude de la population lyonnaise pour la naissance du prince.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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34
p. 114-128
DESCRIPTION des illuminations faites à Lyon, le 15 Septembre & 3 Octobre 1751, & jours suivans, pour célébrer la Naissance de Monseigneur, le Duc de Bourgogne.
Début :
Messieurs les Prévôt des Marchands & Echevins firent élever sur le Pont de pierre [...]
Mots clefs :
Lyon, Illuminations, Naissance du duc de Bourgogne, Transparent, Lampions, Fleurs de lys, Mots, Étoiles, Feu, Place, Milieu, Façade, Cartouche, Couronne
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texteReconnaissance textuelle : DESCRIPTION des illuminations faites à Lyon, le 15 Septembre & 3 Octobre 1751, & jours suivans, pour célébrer la Naissance de Monseigneur, le Duc de Bourgogne.
DESCRIPTION des illuminations faites
à Lyon, le 15 Septembre & 3 Octobre
1751, & jours suivans, pour célébrer la
Naissance de Monseigneur, le Duc de
Bourgogne.
Messieurs les Prévôt des Marchands &
Echevins firent élever sur le Pont de pierre
de la Riviere de Saône un édifice en
charpente, qui représentoit un grand Por-
tique soutenant un Temple, & qui étoit
JANVIER. 1752.
115
surmonté par un nuage, sur lequel étoit
une Renommée qui paroissoit voler dans
toutes les extrêmités de la terre. Le Génie
de la France étoit à l'entrée du Temple,
tenant en ses mains un enfant; & on lisoit
au bas cette inscription:
Magna quidem Patrisque fui, Matrisque
voluptas, nostra tamen major....
Il y avoit près de-là un dépôt d'artifice
en fusées, feux volans, serpenteaux &
étoiles, ausquels on mit le feu sur les sept
heures du soit; cet artifice réussit parfaite-
ment, & on admira en particulier la va-
riété des objets qu'il produisit, en soleils,
tourbillons & gerbes de feu. On laissa
consumer entierement la machine par
les flammes.
On avoit élevé sur la Place des Ter-
reaux une pyramide, toute couverte de
chandelles ardentes; on fit sortir de la ba-
se du pied-d'estal un feu d'artifite d'exécu-
tion pyrique, accompagné d'une grande
quantité de fusées volantes; on fut charmé
principalement de celles d'où sortoient
des étoiles de feu.
La façade de l'Hôtel de-Ville étoit flan-
quée d'un ouvrage d'architecture d'otdre,
lonique complet; le portrait de Monsei-
gneur le Dauphin se voyoit dans un trans-
d by Goo
116 MERCUREDEFRANCE.
parent à droite, sous lequel étoit un autre
transparent qui représentoit le Soleil, un
Aigle & un Aiglon, avec ces mots;
Vim promovebit insitam.
Il est aisé de voir que le Soleil désignoit
le Roi, que l'Aigle représentoit Monsei-
gneur le Dauphin, l'Aiglon Monseigneur
le Duc de Bourgogne, & que les mots
Latins exprimoient, que Monseigneur le
Dauphin enflammera par son exemple,
l'ardeur naturelle qu aura Monseigneur le
Dac de Bourgogne, de s'élever jusqu'aux
vertus héroiques de Sa Majesté.
A gauche étoit le portrait de Madame.
la Dauphine, sous lequel étoit un trans-
parent, qui représentoit une nacre ou-
verte, au-dedans de laquelle étoit une
perle, avec ces mots:
Vna prole dives.
Faisant allusion au bonheur de la France,
qui paroît consommé par un évenement si
favorable pour elle.
Au milieu étoit le portrait de Monsei-
gneur le Duc de Bourgogne, enveloppé
dans des langes très riches: sous ce portrait
étoit peint un nid d'Alcyon, flottant sur
une mer tranquille, avec ces mots:
JANVIER. 1752. 117
Nascor pacis amans.
Donnant à entendre que ce Prince est
né dans un tems où toute l'Europe étoit
en paix, & qu'il est pour elle une espé-
rance de la voir à jamais durable. Sur la
frise regnoit cette inscription:
Stat Fortuna Domus.
Ces lettres étoient formées par une pro-
digieuse quantité de lumiere: le reste de
toute cette vaste architecture étoit éclairé
par environ seize mille lampions, qui re-
présentoient des fleurs-de. lys, & different
compartimens extrêmement ingénieux.
Toute la Ville étoit éclairée, & l'on
peut dire que la joie générale éclatoit de
toutes parts, par l'empressement avec le-
quel chaque Citoyen s'efforçoit de don-
ner des preuves publiques de son conten-
tement, & de son amour pour Sa Ma-
jesté.
La façade de l'Hotel de M. le Comman-
dant étoit éclairée d'un nombre prodi-
gieux de lampions, placés avec tout l'art
imaginable.
Le portail de l'Hôtel de l'Intendance
étoit également orné de compartimens en
lampions.
Le devant de l'Hôtel de M. le Prévoe
118 MERCUREDEFRANCE.
des Marchands étoit garni de deux colon-
nes d'ordre corinthien, chargées de lam-
pions, rangés en compartimens; elles ser-
voient à soutenit un grand transparent,
sur lequel étoit peint une ancre entrelacés
de lys des vallées, avec ces mots:
Aternitati nominis Borbonii.
Les maisons, où demeurent Messicurs
les Echevins, & celle de M. le Receveur
de la Ville, étoient illuminées pat une
grande quantité de lampions. Toute la
Place de Louis-le-Grand étoit extrêmement
éclaitée.
On admira entr'autres, l'illumination
que le Directeur du Domaine du Roi
avoit fait placer aux fenêtres de son ap-
partement, dont voici le détail,
Autour des trois fenêtres de cet appar-
tement, situé Place de Louis-le-Grand, on
voyoit une illumination particuliere, in-
dépendante de celle de la maison où est
la Direction; elle consistoit en un ceintre
de lampions autour des trois fenêtres;
dans les entre-deux des croisées des Fleurs
de Lys en lampions au-dessus, & au-des-
sous des étoiles.
Du milieu de chaque fenêtre en haut,
un transparent; chaque transparent re-
présentoit un Firmament, fond bleu, avec
d by God
119
JANVIER. 1752.
des nuages en blanc, ornés de differentes
ombres dans les bordures. Dans les trois
cransparens, sur le fond bleu, des étoiles
d'argent en bas, & en haut des Fleurs de
Lys d'or.
Dans le premier transparent, un car-
touche compolé par deux LL. d'or, ornées
d'agrémens, enlacées à la base du cartou-
che, de façon qu'elles partageoient le Fir-
mament en deux parties inégales: dans
la supérieure, qui étoit la plus grande,
des Fleurs de Lys d'or sans nombre: dans
la partie inférieure, des étoiles en argent,
semées çà & là; ce cartouche étoit sur-
monté de la Couronne de France. Dans
la partie supérieure, trois Fleurs de Lys en
or; dans l'inférieure, trois étoiles en ar-
gent; dans le milieu,
Sur les astres voyez les Lys
Avoit ici pleine victoire;
Ils méritent bien cette gloire;
Ils sont l'attribut de LOUIS.
Pour confirmer cette idée, on s'est rapa
pellé deux anciens vers Latins, que l'on
1 ajoutés dans le même cartouche; les
roici:
Seu venere solo, seu funt huc edita coolo
Lilia, digna solo, sunt quoque digns polo,
120 MERCUREDEFRANCE-
Dans le second transpatent, pareil car-
rouche, également formé par deux LL.
d'or, ornees & enlacées, environné d'un
pareil Firmament avec Fleurs de Lys'en
or au-dessus, étoiles en argent au-dessous.
Le cartouche surmonté de la Couronne du
Dauphin, contenoit dans la partie supé-
rieure trois Fleurs de Lys, dans l'infé-
rieure un double Dauphin, dont la queue-
tortillée jettoit à dtoite & à gauche des
Lys de jardin épanovis ou en boutons, le
groupe portoit sur la base du cartouche;
dans le milieu on lisoit les vers suivans;
Vive le bien-aimé Monatque
Qui fait le bonheur des François;
Que son cher Fils oublié de la Parque,
Vive & sut nous regne à jamais.
Dans le troisiême transparent, également
formé, pareil cartouche surmonté de la
Couronne du Duc de Bourgogne, trois
Fleurs de Lys dans le haut, trois étoiles
dans le bas: dans le milieu,
Célébrons l'heureuse Naissance
D'un nouveau Prince de Bourbon;
Il comble les vœux de la France,
Et nous donne grande esperance
De voir long. tems cette auguste Maison
Sur nous avoir toute puissance.
Dans
zed by Goo
JANVIER.
1752. 121
Dans la base de l'illumination, pour faire
connoître de qui elle venoit, (attendu
que la Direction est dans une maison ex-
trêmement respectable), on a mis sous
les trois fenêtres qui la composent, un
grand quadre ceintré par les bouts, dans
l'une des moitiés duquel on a écrit:
Par cette Illumination
On voit que du Roi le Domaine,
.*
Pour Sa Majesté Souveraine
Prouve son zéle & sa soumission.
Pour remplir l'autre moitié du quadre,
on y a mis le passage d'un ancien Auteur
Latin.
Frivola haec fortassis & nimis etiam brevia
videbuntur, sed tamen honesta curiositas ea
non respuit.
Le tout a été éclairé pendant trois nuits
par cinq cens lampions: s'il y avoit eu
d'autres illuminations dans la ville pen-
dant les jours suivans, on auroit continué
celle-là; quoiqu'il n'y en ait pas eu, on a
laissé tout en place pendant huit jours, &
peudant huit nuits éclairé derriere les trans-
parents, assez pour les rendre lisibles.
Sur ce qu on sçut que dans la Ville on
devoit illuminer en quelques endroits,
on fit encote illuminer le tout par cinque
II. Vol.
Digiiued hed
122 MERCUREDEFRANCE.
cens lampions le Dimanche 10 Octobre.
Le même jour, des violons & hautbois
ont fait danser tout le monde devant les fe-
nêtres de la direction, depuis deux heures
après-midy, jusqu'à deux heures après-mi-
nuit.
Pour terminer l'illumination & relative-
ment à la dépense qu'elle a coûté, on a
mis la devise suivante:
Pour corps, une couronne d'or chargée
de beaucoup de pierreries:
Pour ame, ces mots:
Onerosa, sed gloriosa.
Le Portail de la Chapelle des Pénitens
de la Royale Compagnie de Notre-Dame
des Confalons, étoit garni d'un grand
nombre de lampions; on lisoit en lettres
de feu cette inscription:
Nos Vota.
Faisant connoîntre pat là que comme l'ins-
titution principale de cette Compagnie
est de prier spécialement pout la perfonne
sacrée de S. M. & pour la famille Royale,
la part qu'elle prenoit à la joie publique
par les transports de son allégresse s'accor-
doit aussi avec son devoir. Cette Compa-
gnie chanta avec beaucoup de solemnité &
de pompe un Te Deum, en actious de gra-
ces, le Dimanche 10 Octobre.
JANVIER. 1752. 123
Les RR. PP. Célestins firent une trés-
belle illumination le dixiéme d'Octobre;
toute la façade de leur superbe bâtiment
étoit illuminée par un nombre prodigieux
de lampions disposés avec beaucoup de
goût & d'agrément.
L'illumination de la maison du Bureau
de la Communauté des Fabriquans en
étosfes d'or, d'argent & de soie, située
dans la rue S. Dominique, étoit superbe
& bien ingénieuse.
La façade étoit illuminée d'environ
quatre mille lampions qui formoient des
Fleurs de lys, des Etoiles & des desseins
d'architecture, qui accompagnoient trois
pyramides; il y avoit sur la maison un
fronton en transparent aux armes de Bour-
gogne, de quatorze pieds de hauteur, ac-
compagnés de deux urnes en transparent
de huit pieds de haut.
Au balcon qui remplit le milieu de la
façade, il y avoit un transparent qui repré-
sentoit un Soleil levant, avec ces mom:
Simul exoritur, simul excitat artes.
A la croisée du côté droit du grand bal-
con, un autre transparent représentant un
Lys, dont la principale fleur étoit épanovie,
F1
124 MERCURE DEFRANCE.
la seconde à moitié ouverte, & la troisié-
me en boutons, avec ces mots:
Splendida Domus jucundo risit odore.
A la croisée à gauche le transparent pré-
sentoit une grenade ouverte & couronnée
d'unę Couronne Royale, avec ces mots:
Regali splendida fructu.
On a voulu faire entendre par ces ins-
criptions que certe auguste Naissance est un
presage pour le Royaume, que ses Manu-
factures & tous les Arts vont ranimer leut
zéle & seront plus que jamais occupés à at-
tirer dans nos Ports les richesses de l'un &
l'autre monde.
La Messagerie de Strasbourg, dont le
Bureau est établi sur la place des Terreaux,
fit une illumination aussi ingénieuse qu'é-
légante. Sur un grand transparent étoit
peint un char de triomphe, auquel étoit
attelé un grand nombre de chevaux, &
conduits par le Génie de la France, avec
ces mots.:
Centum quadrijugos agitaho ad nuntia currus.
Ce transparent étoit surmonté d'un Dau-
phin d'azur, & formé par des lampions;
JANVIER.
1752.
125
de chaque côté étoient des Fleurs de Lys
en lumiéres.
Le Bureau des Diligences du Rhône,
des Messageries de Provence & de Lan-
guedoc, établi sur le quai de St. Antoine,
présentoit une illumination extrêmement
ingénieuse: la principale piéce étoit un
transparent sur lequel étoient peints deux
Dauphins entrelacés soutenant une cou-
ronne, avec ces mots :
His nixa stabit.
L'Illumination chez le sieur Lorget,
Caffetier aux Terreaux, consistoit en un
tableau transparent, représentant Mon-
seigneur le Duc de Bourgogne, nouveau-
né, avec ce vers de la quatrième églogue
de Virgile:
Cara Deùm soboles, Magnum jovis incre-
mentum.
Tous les étages de sa maison étoient or-
nés de pyramides & Fleurs de Lys, garnis
en lampions & guirlandes de verdure, en
orangers, par des globes de verre de dif-
férentes couleurs, jettant leur reverbéra-
tion sur la place en forme de soleils, dans
le goût d'Italie.
Fiij
126 MERCURE DE FRANCE.
Le sieur Mignard, Marchand, rue Lan-
terne, fit aussi une illumination particu-
liére; elle consistoit en un Globe en forme
de soleil, qu'il avoit placé & suspendu
dans le misieu de la rue: on voyoit sur les
deux faces une Fleur de Lys d'or, sur la-
quelle s'élevoit une petite éminence, d'où
sortoit un jeune olivier qui poussoit vers
la tige un tendre rejeton; le tout étoit en-
tourré par ces mots:
Triumphali è stipite surgens.
Il y a eu dans la Ville bien d'autres II-
luminations particuliéres, elles étoient un
témoignage de la sincérité de la joie des
Citoyens, & une marque de leur bon goût;
si on ne les rappelle pas ici, c'est pour se
conformer à l'intention de ceux dont la
modestie nous oblige de nous taire.
On s'est efforcé dans les Villes de la Pro-
vince d'exécuter les ordres que Monsei-
gneur le Commandant a donnés pour les
Réjouissances publiques, & dans les Mai-
sons de campagne aux environs de Lyon,
il y a eu des Illuminations particuliéres.
Son Eminence Monseigneur le Cardinal
de Tencin fit chanter dans la Chapelle de
son Château d'Ullins, un Te Deum, avec
JANVIER. 1752. 127
beaucoup de pompe; & le soir le Château
fut illuminé.
MM. Charet, pere & fils, empressés de
donner des marques parriculieres de leur
joie sur la naissance de Monseigneur le
Duc de Bourgogne, firent le Dimanche
10 Octobre une Illumination des plus jo-
lies dans leur Château de Grangeblanche.
Les cours & avant-cours étoient toutes
illuminées, & plus particuliérement enco-
re la façade du Château; toutes les fenê-
tres étoient garnies de lampions, & ceux
qui avoient été placés daus les intervalles
formoient des Fleurs de Lys, des pyrami-
des ou divers autres desseins d'architecture
les plus convenables au bâtiment, & les
plus avantageux pour le coup d'œil; on
avoit placé sur le palcon principal un Ta-
bleau transparent, representant Monseis
gneur le Duc de Bourgogne; on lisoit au
bas ce Vers d'Horace:
Serus in coelum redeas, diuque laetus intersis
populo.
1e Liv. des Odes, Ode 2.
Le Parterre formant un quarté parfait,
étoit décoré d'un millier de pots-a-feu de
différentes grosscurs, & l'on voyoit s'éle-
ver dans le milieu douze girandoles de
...
Fiij
zed by Goc
—---
128 MERCUREDEFRANCE.
fer-blanc de six à sept pieds de hauteur,
toutes garnies d'un nombre très considé-
rable de lampions qui finissoient en pyra-
mides, & faisoient un effet merveilleux.
Au milieu de ce parterre on avoit dressé
un Théatre sur lequel étoient placées tou-
tes sortes de fusées, moulinets, serpen-
teaux & autres artifices des plus particu-
liers. Le feu y fut mis par un dragon qui
partit du Château, & l'on vit à linstant
tout le Ciel en feu, plein d'étoiles artifi-
cielles qui sembloient faire disparoitre la
nuit.
Ce premier Artifice fut suivi de deux
autres également beaux, pendant lesquels
on fit plusieurs décharges successives de
boëtes; le temps favorable qui regnoit
contribua beaucoup à faire briller cette
gête, conduite avec autant d'ordre que de
gout; & on ne sçauroit trop regretter que
l'éloignement du Château ait empêché
toute la Ville d'y prendre part.
à Lyon, le 15 Septembre & 3 Octobre
1751, & jours suivans, pour célébrer la
Naissance de Monseigneur, le Duc de
Bourgogne.
Messieurs les Prévôt des Marchands &
Echevins firent élever sur le Pont de pierre
de la Riviere de Saône un édifice en
charpente, qui représentoit un grand Por-
tique soutenant un Temple, & qui étoit
JANVIER. 1752.
115
surmonté par un nuage, sur lequel étoit
une Renommée qui paroissoit voler dans
toutes les extrêmités de la terre. Le Génie
de la France étoit à l'entrée du Temple,
tenant en ses mains un enfant; & on lisoit
au bas cette inscription:
Magna quidem Patrisque fui, Matrisque
voluptas, nostra tamen major....
Il y avoit près de-là un dépôt d'artifice
en fusées, feux volans, serpenteaux &
étoiles, ausquels on mit le feu sur les sept
heures du soit; cet artifice réussit parfaite-
ment, & on admira en particulier la va-
riété des objets qu'il produisit, en soleils,
tourbillons & gerbes de feu. On laissa
consumer entierement la machine par
les flammes.
On avoit élevé sur la Place des Ter-
reaux une pyramide, toute couverte de
chandelles ardentes; on fit sortir de la ba-
se du pied-d'estal un feu d'artifite d'exécu-
tion pyrique, accompagné d'une grande
quantité de fusées volantes; on fut charmé
principalement de celles d'où sortoient
des étoiles de feu.
La façade de l'Hôtel de-Ville étoit flan-
quée d'un ouvrage d'architecture d'otdre,
lonique complet; le portrait de Monsei-
gneur le Dauphin se voyoit dans un trans-
d by Goo
116 MERCUREDEFRANCE.
parent à droite, sous lequel étoit un autre
transparent qui représentoit le Soleil, un
Aigle & un Aiglon, avec ces mots;
Vim promovebit insitam.
Il est aisé de voir que le Soleil désignoit
le Roi, que l'Aigle représentoit Monsei-
gneur le Dauphin, l'Aiglon Monseigneur
le Duc de Bourgogne, & que les mots
Latins exprimoient, que Monseigneur le
Dauphin enflammera par son exemple,
l'ardeur naturelle qu aura Monseigneur le
Dac de Bourgogne, de s'élever jusqu'aux
vertus héroiques de Sa Majesté.
A gauche étoit le portrait de Madame.
la Dauphine, sous lequel étoit un trans-
parent, qui représentoit une nacre ou-
verte, au-dedans de laquelle étoit une
perle, avec ces mots:
Vna prole dives.
Faisant allusion au bonheur de la France,
qui paroît consommé par un évenement si
favorable pour elle.
Au milieu étoit le portrait de Monsei-
gneur le Duc de Bourgogne, enveloppé
dans des langes très riches: sous ce portrait
étoit peint un nid d'Alcyon, flottant sur
une mer tranquille, avec ces mots:
JANVIER. 1752. 117
Nascor pacis amans.
Donnant à entendre que ce Prince est
né dans un tems où toute l'Europe étoit
en paix, & qu'il est pour elle une espé-
rance de la voir à jamais durable. Sur la
frise regnoit cette inscription:
Stat Fortuna Domus.
Ces lettres étoient formées par une pro-
digieuse quantité de lumiere: le reste de
toute cette vaste architecture étoit éclairé
par environ seize mille lampions, qui re-
présentoient des fleurs-de. lys, & different
compartimens extrêmement ingénieux.
Toute la Ville étoit éclairée, & l'on
peut dire que la joie générale éclatoit de
toutes parts, par l'empressement avec le-
quel chaque Citoyen s'efforçoit de don-
ner des preuves publiques de son conten-
tement, & de son amour pour Sa Ma-
jesté.
La façade de l'Hotel de M. le Comman-
dant étoit éclairée d'un nombre prodi-
gieux de lampions, placés avec tout l'art
imaginable.
Le portail de l'Hôtel de l'Intendance
étoit également orné de compartimens en
lampions.
Le devant de l'Hôtel de M. le Prévoe
118 MERCUREDEFRANCE.
des Marchands étoit garni de deux colon-
nes d'ordre corinthien, chargées de lam-
pions, rangés en compartimens; elles ser-
voient à soutenit un grand transparent,
sur lequel étoit peint une ancre entrelacés
de lys des vallées, avec ces mots:
Aternitati nominis Borbonii.
Les maisons, où demeurent Messicurs
les Echevins, & celle de M. le Receveur
de la Ville, étoient illuminées pat une
grande quantité de lampions. Toute la
Place de Louis-le-Grand étoit extrêmement
éclaitée.
On admira entr'autres, l'illumination
que le Directeur du Domaine du Roi
avoit fait placer aux fenêtres de son ap-
partement, dont voici le détail,
Autour des trois fenêtres de cet appar-
tement, situé Place de Louis-le-Grand, on
voyoit une illumination particuliere, in-
dépendante de celle de la maison où est
la Direction; elle consistoit en un ceintre
de lampions autour des trois fenêtres;
dans les entre-deux des croisées des Fleurs
de Lys en lampions au-dessus, & au-des-
sous des étoiles.
Du milieu de chaque fenêtre en haut,
un transparent; chaque transparent re-
présentoit un Firmament, fond bleu, avec
d by God
119
JANVIER. 1752.
des nuages en blanc, ornés de differentes
ombres dans les bordures. Dans les trois
cransparens, sur le fond bleu, des étoiles
d'argent en bas, & en haut des Fleurs de
Lys d'or.
Dans le premier transparent, un car-
touche compolé par deux LL. d'or, ornées
d'agrémens, enlacées à la base du cartou-
che, de façon qu'elles partageoient le Fir-
mament en deux parties inégales: dans
la supérieure, qui étoit la plus grande,
des Fleurs de Lys d'or sans nombre: dans
la partie inférieure, des étoiles en argent,
semées çà & là; ce cartouche étoit sur-
monté de la Couronne de France. Dans
la partie supérieure, trois Fleurs de Lys en
or; dans l'inférieure, trois étoiles en ar-
gent; dans le milieu,
Sur les astres voyez les Lys
Avoit ici pleine victoire;
Ils méritent bien cette gloire;
Ils sont l'attribut de LOUIS.
Pour confirmer cette idée, on s'est rapa
pellé deux anciens vers Latins, que l'on
1 ajoutés dans le même cartouche; les
roici:
Seu venere solo, seu funt huc edita coolo
Lilia, digna solo, sunt quoque digns polo,
120 MERCUREDEFRANCE-
Dans le second transpatent, pareil car-
rouche, également formé par deux LL.
d'or, ornees & enlacées, environné d'un
pareil Firmament avec Fleurs de Lys'en
or au-dessus, étoiles en argent au-dessous.
Le cartouche surmonté de la Couronne du
Dauphin, contenoit dans la partie supé-
rieure trois Fleurs de Lys, dans l'infé-
rieure un double Dauphin, dont la queue-
tortillée jettoit à dtoite & à gauche des
Lys de jardin épanovis ou en boutons, le
groupe portoit sur la base du cartouche;
dans le milieu on lisoit les vers suivans;
Vive le bien-aimé Monatque
Qui fait le bonheur des François;
Que son cher Fils oublié de la Parque,
Vive & sut nous regne à jamais.
Dans le troisiême transparent, également
formé, pareil cartouche surmonté de la
Couronne du Duc de Bourgogne, trois
Fleurs de Lys dans le haut, trois étoiles
dans le bas: dans le milieu,
Célébrons l'heureuse Naissance
D'un nouveau Prince de Bourbon;
Il comble les vœux de la France,
Et nous donne grande esperance
De voir long. tems cette auguste Maison
Sur nous avoir toute puissance.
Dans
zed by Goo
JANVIER.
1752. 121
Dans la base de l'illumination, pour faire
connoître de qui elle venoit, (attendu
que la Direction est dans une maison ex-
trêmement respectable), on a mis sous
les trois fenêtres qui la composent, un
grand quadre ceintré par les bouts, dans
l'une des moitiés duquel on a écrit:
Par cette Illumination
On voit que du Roi le Domaine,
.*
Pour Sa Majesté Souveraine
Prouve son zéle & sa soumission.
Pour remplir l'autre moitié du quadre,
on y a mis le passage d'un ancien Auteur
Latin.
Frivola haec fortassis & nimis etiam brevia
videbuntur, sed tamen honesta curiositas ea
non respuit.
Le tout a été éclairé pendant trois nuits
par cinq cens lampions: s'il y avoit eu
d'autres illuminations dans la ville pen-
dant les jours suivans, on auroit continué
celle-là; quoiqu'il n'y en ait pas eu, on a
laissé tout en place pendant huit jours, &
peudant huit nuits éclairé derriere les trans-
parents, assez pour les rendre lisibles.
Sur ce qu on sçut que dans la Ville on
devoit illuminer en quelques endroits,
on fit encote illuminer le tout par cinque
II. Vol.
Digiiued hed
122 MERCUREDEFRANCE.
cens lampions le Dimanche 10 Octobre.
Le même jour, des violons & hautbois
ont fait danser tout le monde devant les fe-
nêtres de la direction, depuis deux heures
après-midy, jusqu'à deux heures après-mi-
nuit.
Pour terminer l'illumination & relative-
ment à la dépense qu'elle a coûté, on a
mis la devise suivante:
Pour corps, une couronne d'or chargée
de beaucoup de pierreries:
Pour ame, ces mots:
Onerosa, sed gloriosa.
Le Portail de la Chapelle des Pénitens
de la Royale Compagnie de Notre-Dame
des Confalons, étoit garni d'un grand
nombre de lampions; on lisoit en lettres
de feu cette inscription:
Nos Vota.
Faisant connoîntre pat là que comme l'ins-
titution principale de cette Compagnie
est de prier spécialement pout la perfonne
sacrée de S. M. & pour la famille Royale,
la part qu'elle prenoit à la joie publique
par les transports de son allégresse s'accor-
doit aussi avec son devoir. Cette Compa-
gnie chanta avec beaucoup de solemnité &
de pompe un Te Deum, en actious de gra-
ces, le Dimanche 10 Octobre.
JANVIER. 1752. 123
Les RR. PP. Célestins firent une trés-
belle illumination le dixiéme d'Octobre;
toute la façade de leur superbe bâtiment
étoit illuminée par un nombre prodigieux
de lampions disposés avec beaucoup de
goût & d'agrément.
L'illumination de la maison du Bureau
de la Communauté des Fabriquans en
étosfes d'or, d'argent & de soie, située
dans la rue S. Dominique, étoit superbe
& bien ingénieuse.
La façade étoit illuminée d'environ
quatre mille lampions qui formoient des
Fleurs de lys, des Etoiles & des desseins
d'architecture, qui accompagnoient trois
pyramides; il y avoit sur la maison un
fronton en transparent aux armes de Bour-
gogne, de quatorze pieds de hauteur, ac-
compagnés de deux urnes en transparent
de huit pieds de haut.
Au balcon qui remplit le milieu de la
façade, il y avoit un transparent qui repré-
sentoit un Soleil levant, avec ces mom:
Simul exoritur, simul excitat artes.
A la croisée du côté droit du grand bal-
con, un autre transparent représentant un
Lys, dont la principale fleur étoit épanovie,
F1
124 MERCURE DEFRANCE.
la seconde à moitié ouverte, & la troisié-
me en boutons, avec ces mots:
Splendida Domus jucundo risit odore.
A la croisée à gauche le transparent pré-
sentoit une grenade ouverte & couronnée
d'unę Couronne Royale, avec ces mots:
Regali splendida fructu.
On a voulu faire entendre par ces ins-
criptions que certe auguste Naissance est un
presage pour le Royaume, que ses Manu-
factures & tous les Arts vont ranimer leut
zéle & seront plus que jamais occupés à at-
tirer dans nos Ports les richesses de l'un &
l'autre monde.
La Messagerie de Strasbourg, dont le
Bureau est établi sur la place des Terreaux,
fit une illumination aussi ingénieuse qu'é-
légante. Sur un grand transparent étoit
peint un char de triomphe, auquel étoit
attelé un grand nombre de chevaux, &
conduits par le Génie de la France, avec
ces mots.:
Centum quadrijugos agitaho ad nuntia currus.
Ce transparent étoit surmonté d'un Dau-
phin d'azur, & formé par des lampions;
JANVIER.
1752.
125
de chaque côté étoient des Fleurs de Lys
en lumiéres.
Le Bureau des Diligences du Rhône,
des Messageries de Provence & de Lan-
guedoc, établi sur le quai de St. Antoine,
présentoit une illumination extrêmement
ingénieuse: la principale piéce étoit un
transparent sur lequel étoient peints deux
Dauphins entrelacés soutenant une cou-
ronne, avec ces mots :
His nixa stabit.
L'Illumination chez le sieur Lorget,
Caffetier aux Terreaux, consistoit en un
tableau transparent, représentant Mon-
seigneur le Duc de Bourgogne, nouveau-
né, avec ce vers de la quatrième églogue
de Virgile:
Cara Deùm soboles, Magnum jovis incre-
mentum.
Tous les étages de sa maison étoient or-
nés de pyramides & Fleurs de Lys, garnis
en lampions & guirlandes de verdure, en
orangers, par des globes de verre de dif-
férentes couleurs, jettant leur reverbéra-
tion sur la place en forme de soleils, dans
le goût d'Italie.
Fiij
126 MERCURE DE FRANCE.
Le sieur Mignard, Marchand, rue Lan-
terne, fit aussi une illumination particu-
liére; elle consistoit en un Globe en forme
de soleil, qu'il avoit placé & suspendu
dans le misieu de la rue: on voyoit sur les
deux faces une Fleur de Lys d'or, sur la-
quelle s'élevoit une petite éminence, d'où
sortoit un jeune olivier qui poussoit vers
la tige un tendre rejeton; le tout étoit en-
tourré par ces mots:
Triumphali è stipite surgens.
Il y a eu dans la Ville bien d'autres II-
luminations particuliéres, elles étoient un
témoignage de la sincérité de la joie des
Citoyens, & une marque de leur bon goût;
si on ne les rappelle pas ici, c'est pour se
conformer à l'intention de ceux dont la
modestie nous oblige de nous taire.
On s'est efforcé dans les Villes de la Pro-
vince d'exécuter les ordres que Monsei-
gneur le Commandant a donnés pour les
Réjouissances publiques, & dans les Mai-
sons de campagne aux environs de Lyon,
il y a eu des Illuminations particuliéres.
Son Eminence Monseigneur le Cardinal
de Tencin fit chanter dans la Chapelle de
son Château d'Ullins, un Te Deum, avec
JANVIER. 1752. 127
beaucoup de pompe; & le soir le Château
fut illuminé.
MM. Charet, pere & fils, empressés de
donner des marques parriculieres de leur
joie sur la naissance de Monseigneur le
Duc de Bourgogne, firent le Dimanche
10 Octobre une Illumination des plus jo-
lies dans leur Château de Grangeblanche.
Les cours & avant-cours étoient toutes
illuminées, & plus particuliérement enco-
re la façade du Château; toutes les fenê-
tres étoient garnies de lampions, & ceux
qui avoient été placés daus les intervalles
formoient des Fleurs de Lys, des pyrami-
des ou divers autres desseins d'architecture
les plus convenables au bâtiment, & les
plus avantageux pour le coup d'œil; on
avoit placé sur le palcon principal un Ta-
bleau transparent, representant Monseis
gneur le Duc de Bourgogne; on lisoit au
bas ce Vers d'Horace:
Serus in coelum redeas, diuque laetus intersis
populo.
1e Liv. des Odes, Ode 2.
Le Parterre formant un quarté parfait,
étoit décoré d'un millier de pots-a-feu de
différentes grosscurs, & l'on voyoit s'éle-
ver dans le milieu douze girandoles de
...
Fiij
zed by Goc
—---
128 MERCUREDEFRANCE.
fer-blanc de six à sept pieds de hauteur,
toutes garnies d'un nombre très considé-
rable de lampions qui finissoient en pyra-
mides, & faisoient un effet merveilleux.
Au milieu de ce parterre on avoit dressé
un Théatre sur lequel étoient placées tou-
tes sortes de fusées, moulinets, serpen-
teaux & autres artifices des plus particu-
liers. Le feu y fut mis par un dragon qui
partit du Château, & l'on vit à linstant
tout le Ciel en feu, plein d'étoiles artifi-
cielles qui sembloient faire disparoitre la
nuit.
Ce premier Artifice fut suivi de deux
autres également beaux, pendant lesquels
on fit plusieurs décharges successives de
boëtes; le temps favorable qui regnoit
contribua beaucoup à faire briller cette
gête, conduite avec autant d'ordre que de
gout; & on ne sçauroit trop regretter que
l'éloignement du Château ait empêché
toute la Ville d'y prendre part.
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Résumé : DESCRIPTION des illuminations faites à Lyon, le 15 Septembre & 3 Octobre 1751, & jours suivans, pour célébrer la Naissance de Monseigneur, le Duc de Bourgogne.
En septembre et octobre 1751, Lyon a célébré la naissance du Duc de Bourgogne par diverses illuminations. Sur le Pont de Pierre, un édifice représentant un portique avec un temple surmonté d'un nuage et une Renommée volante a été érigé. À l'entrée, le Génie de la France tenait un enfant avec une inscription latine. Un feu d'artifice a été allumé, produisant des soleils, tourbillons et gerbes de feu. Sur la Place des Terreaux, une pyramide de chandelles ardentes et des feux d'artifice ont été installés. La façade de l'Hôtel de Ville était décorée de portraits du Dauphin, de la Dauphine et du Duc de Bourgogne, ainsi que de symboles comme le Soleil, un Aigle et un Aiglon, accompagnés d'inscriptions latines. La ville entière était illuminée avec des lampions formant des fleurs de lys et divers compartiments ingénieux. Les façades de plusieurs hôtels importants étaient ornées de lampions. La Place de Louis-le-Grand était particulièrement bien éclairée, avec des transparents représentant des firmaments et des étoiles. En janvier 1752, des illuminations ont marqué d'autres événements royaux, incluant des transparents avec des fleurs de lys, des dauphins et des vers en l'honneur du roi et de son fils. Plusieurs institutions et compagnies ont participé aux festivités, illuminant leurs façades et chantant des Te Deum. En province, les villes ont suivi les ordres du commandant pour les réjouissances publiques. Le Cardinal de Tencin a fait chanter un Te Deum et illuminer son château. Les sieurs Charet ont organisé une illumination spectaculaire dans leur château de Grangeblanche, avec des lampions, des tableaux transparents et des feux d'artifice. Ces célébrations témoignaient de la joie des citoyens et de leur loyauté envers la maison royale.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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35
p. 128-129
Du 18.
Début :
M. le Marquis de la Tour Maubourg Lieutenant Général des Armées de Sa Majesté, [...]
Mots clefs :
Château de Maubourg, Marquis de La Tour Maubourg, Naissance du duc de Bourgogne, Feu d'artifice
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Du 18.
Du 18.
M. le Marquis de la Tour Maubourg
Lieutenant Général des Armées de Sa Majesté,
& Inspecteur Général de l'Infante-
rie, voulant faire éclater ses sentimens
par des démonstrations publiques, donna
te 18 une fête magnisique, & fit tirer un
OC
1752.
JANVIER.
129
feu d'artifice dans son Château de Mau-
bourg, près la Ville de S. Etienne, en
Forez.
M. le Marquis de la Tour Maubourg
Lieutenant Général des Armées de Sa Majesté,
& Inspecteur Général de l'Infante-
rie, voulant faire éclater ses sentimens
par des démonstrations publiques, donna
te 18 une fête magnisique, & fit tirer un
OC
1752.
JANVIER.
129
feu d'artifice dans son Château de Mau-
bourg, près la Ville de S. Etienne, en
Forez.
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36
p. 129
Du 21.
Début :
La Reine, accompagnée de Monseigneur le Dauphin & de Mesdames de France, [...]
Mots clefs :
Reine, Roi, Musique, Église de la paroisse du château de Versailles, Naissance du duc de Bourgogne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Du 21.
Du 21.
La Reine, accompagnée de Monseigneur
le Dauphin & de Mesdames de France,
se rendit le 21 à l'Eglise de la paroisse
du Château de Versailles, & sa Majesté y
assista au Te Deum que le Corps de Musi-
que de la Chapelle du Roi y fit chanter,
en action de graces de la nouvelle marque
que Dieu vient de donner au Roi, de sa
protection. L'Evêque de Bayeux, premier
Aumônier de Madame la Dauphine y of-
sicia pontificalement.
La Musique du Motet étoit de l'Abbé
Blanchare, Maître de Musique de la Cha-
pelle du Roi, en quartier.
La Reine, accompagnée de Monseigneur
le Dauphin & de Mesdames de France,
se rendit le 21 à l'Eglise de la paroisse
du Château de Versailles, & sa Majesté y
assista au Te Deum que le Corps de Musi-
que de la Chapelle du Roi y fit chanter,
en action de graces de la nouvelle marque
que Dieu vient de donner au Roi, de sa
protection. L'Evêque de Bayeux, premier
Aumônier de Madame la Dauphine y of-
sicia pontificalement.
La Musique du Motet étoit de l'Abbé
Blanchare, Maître de Musique de la Cha-
pelle du Roi, en quartier.
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Résumé : Du 21.
Le 21, la Reine, accompagnée du Dauphin et de Mesdames de France, se rendit à l'église paroissiale du Château de Versailles. Elle assista à un Te Deum dirigé par l'Évêque de Bayeux pour remercier Dieu de sa protection envers le Roi. La musique fut composée par l'Abbé Blanchard, Maître de Musique de la Chapelle du Roi.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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37
p. 129-134
De Soleure le 22 Septembre.
Début :
Un Courier arriva de Versailles le 16 de ce mois, pour annoncer au Marquis de [...]
Mots clefs :
Soleure, Marquis de Paulmy, Église collégiale, Ambassadeur, Naissance du duc de Bourgogne, Événement, Dauphine, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Soleure le 22 Septembre.
De Soleure le 22 Septembre.
Un Courier arriva de Versailles le 16 de
ce mois, pour annoncer au Marquis de
Paulmy, Ambassadeur du Roi de Prance,
la naissance de Monseigneur le Duc de
Bourgogne. Cet évenement a causé ici une
joye générale. Le Conseil de ce Canton,
& le Chaputre de l'Eglise Collégiale de
cette Ville, sont allés complimenter le
Marquis de Paulmy, & il s'est renda
Nues uO
130 MERCUREDE FRANCE.
cliez lui un concours extraordinaire de
personnes de tous les Ordres, pour lui
témoigner la part qu'elles prenoient au
bonheur de la France. Des que cet Ambas-
sadeur a reçu la nouvelle des couches de
Madame la Dauphine, il s'est empressé de
faire éclater son zéle, en faisant chanter
dans l'Eglise des Cordeliers, le Te Deum
au bruit d'un grand nombre de boëtes; en
faisant illuminet toutes les nuits son Hô-
tel, devant lequel des fontaines de vin
ont coulé presque continuellement, &
en tenant matin & soir table ouverte. Non.
content de ces premieres démonstrations
de ses sentimens, il donna hier au Con-
seil de ce Canton, au Chapitre de l'Eglise
Collégiale, & à tous les habitans les
plus considérables, soit de cette Ville,
soit des environs, un diner splendide
auquel se sont trouvées plus de cent cin-
quante personnes. A chaquo santé du
Roi & de la Reine, de Monseigneut le
Dauphin, de Madame la Dauphine, de
Monseigneur le Duc de Bourgogne, de
Madashe, & de Mesdames de France, il y
a eu une salve de toute l'attillerie de la
Ville, & plus de six cens coups de canon
ont été tirés à cette occasion. L'Après-
midi, outre les fontaines de vin placée
près de l'Hôtel du Marquis de Pauliny,
d by Goc
JANVIER. 1751.
131
on en fit couler six autres par l'ordre de
cet Ambassadeur, en différens endroits. Ilfit
jetter au peuple, dans ces mêmes en-
droits, une grande quantité de médailles,
sur lesquelles on lisoit d'un côté, Gallia
fit partu felixe, & de l'autre, Laetantur
Amici. Au commencement de la nuit,
l'Hôtel du Marquis de Paulmy, par une
illumination qui dessinoit l'ordre d'Ar-
chitecture du bâtiment, ioffrit un des plus
beaux spectacles qu on puisse voir en ce
genre. Le repas qu on a fervi le soir chez
cet Ambassadeur, n a point cédé, ni pour
la profusion, ni pour la délicatesse, à ce-
lui du matin. Un magnisique Bal, qui a
duré jusqu'au jour, & pendant lequel
on a distribué une abondance prodigieuse
de tafraichissemens, a terminé cette fête,
dont l'éclat a d'autant plus frappé, que le
Marquis de Paulmy, etant obligé de faire
un voyage à Paris, n'a eu que très- peu
de tems pour la faire préparer.
Voici le Discours que cet Ambassadeur
prononça, lorsqu'il se rendit à l'Hôtel de
Ville, pour donner part au Conseil de la
naissance de Monseigneur le Duc de Bour-
gogne. » Magnifiques Seigneurs, les voeux
„de la France sont comblés; l'attente
„de l'Europe entiere est remplie. La nais-
»sance de Monseigneur le Duc de Bour-
Fvj
zed by Goc
132 MERCURE DE FRANCE.
»gogne assure la tranquilité d'une Mo-
»narchie, dont la prospérité aura tou-
„jours la plus grande influence sur le
„maintien de votre liberté. Vous parta-
» gez la joye vive & pure, dont tous les
» Sujets du Roi mon Maître, sont pénétrés
»dans ce moment. Vous prenez à l'heu-
„reux évenement, que je vous annonce
»le même intérêt qu'eux; & s'il peut y
„ avoir quelque différence dans la manie-
„re, dont on doit envisager votre zéle
»& le nôtre, elle est toute à votre avan-
„tage, puisque nous ne faisons que rem-
„plit dans toute leur étendue, envers le
»meilleur des Peres & le plus aimable des
» Maîtres de l'Univers, des devoirs aux-
oquels nous serions coupables de man-
„quer; au lieu que Vous, Magnifiques
„Seigneurs, étrangers pour ainsi dire dans
„notre famille, vous avez le mérite d'a-
„dopter librement tous nos sentimens,
» & de vous les rendre propres. Quel
»bonheur pour moi de pouvoir offrir
»à Sa Majesté le tableau touchant de vos
„dispositions pour elle, & de pouvoit ain-
» si lui faire connoître jusqu ou S'étend son
„ empire sur les coeurs; genre de domi-
„nation, dont elle a si constament mon-
„tré qu'elle étoit uniquement flattée. Je
»vous invite, Magniliques Seigneurs, à
zed by Goog
JANVIER. 1752-
133
»venir encore aux pieds des Autels, renou-
»veller de concert nos Actions de graces.
» Continuez d'unit vos cœeurs aux nôtres.
„Que le zéle, que vous montrez aujour-
„d'hui, soit le présage & le modéle de la
„ conduite que vous tiendrez dans tous les
» tems & dans toutes les occasions. Que
„ notre prospérité vous soit toujours éga-
»lement chére. Votre bonheur fera tou-
» jours partie du nôtre. Puissent nos deux
„ Nations reconnoître, pendant une longue
„ suite de siécles, dans l'Auguste Maison qui
„donne des Maîtres à la France; nous,
„des Souverains aussi glorieux que justes,
„ aussi dignes de notre amour que de nos
»hommages; vous, Magnisiques Sei-
„ gneurs, de puissans Défenseurs de votre
„liberré, & de constans Amis de votre.
„ République.
Après ce discours, le Conseil se rendit
avec le Marquis de Paulmy, à l'Eglise
Collégiale, ou le Te Deum fut chanté avec
encore plus d'apareil & de pompe, qu'il
ne l'avoit été dans l'Eglise des Corde-
liers.
La naissance de Monseigneur le Duc de
Bourgogne a produit la même impression
sur tous les Cantons, soit Catholiques soit
Protestans, & ils se disposent à célébrer cet
événement par toutes les démonstrations
134 MERCURE DE FRANCE
qui peuvent prouver l'attachement du
Corps Helvétique pour la Maison de
France.
Un Courier arriva de Versailles le 16 de
ce mois, pour annoncer au Marquis de
Paulmy, Ambassadeur du Roi de Prance,
la naissance de Monseigneur le Duc de
Bourgogne. Cet évenement a causé ici une
joye générale. Le Conseil de ce Canton,
& le Chaputre de l'Eglise Collégiale de
cette Ville, sont allés complimenter le
Marquis de Paulmy, & il s'est renda
Nues uO
130 MERCUREDE FRANCE.
cliez lui un concours extraordinaire de
personnes de tous les Ordres, pour lui
témoigner la part qu'elles prenoient au
bonheur de la France. Des que cet Ambas-
sadeur a reçu la nouvelle des couches de
Madame la Dauphine, il s'est empressé de
faire éclater son zéle, en faisant chanter
dans l'Eglise des Cordeliers, le Te Deum
au bruit d'un grand nombre de boëtes; en
faisant illuminet toutes les nuits son Hô-
tel, devant lequel des fontaines de vin
ont coulé presque continuellement, &
en tenant matin & soir table ouverte. Non.
content de ces premieres démonstrations
de ses sentimens, il donna hier au Con-
seil de ce Canton, au Chapitre de l'Eglise
Collégiale, & à tous les habitans les
plus considérables, soit de cette Ville,
soit des environs, un diner splendide
auquel se sont trouvées plus de cent cin-
quante personnes. A chaquo santé du
Roi & de la Reine, de Monseigneut le
Dauphin, de Madame la Dauphine, de
Monseigneur le Duc de Bourgogne, de
Madashe, & de Mesdames de France, il y
a eu une salve de toute l'attillerie de la
Ville, & plus de six cens coups de canon
ont été tirés à cette occasion. L'Après-
midi, outre les fontaines de vin placée
près de l'Hôtel du Marquis de Pauliny,
d by Goc
JANVIER. 1751.
131
on en fit couler six autres par l'ordre de
cet Ambassadeur, en différens endroits. Ilfit
jetter au peuple, dans ces mêmes en-
droits, une grande quantité de médailles,
sur lesquelles on lisoit d'un côté, Gallia
fit partu felixe, & de l'autre, Laetantur
Amici. Au commencement de la nuit,
l'Hôtel du Marquis de Paulmy, par une
illumination qui dessinoit l'ordre d'Ar-
chitecture du bâtiment, ioffrit un des plus
beaux spectacles qu on puisse voir en ce
genre. Le repas qu on a fervi le soir chez
cet Ambassadeur, n a point cédé, ni pour
la profusion, ni pour la délicatesse, à ce-
lui du matin. Un magnisique Bal, qui a
duré jusqu'au jour, & pendant lequel
on a distribué une abondance prodigieuse
de tafraichissemens, a terminé cette fête,
dont l'éclat a d'autant plus frappé, que le
Marquis de Paulmy, etant obligé de faire
un voyage à Paris, n'a eu que très- peu
de tems pour la faire préparer.
Voici le Discours que cet Ambassadeur
prononça, lorsqu'il se rendit à l'Hôtel de
Ville, pour donner part au Conseil de la
naissance de Monseigneur le Duc de Bour-
gogne. » Magnifiques Seigneurs, les voeux
„de la France sont comblés; l'attente
„de l'Europe entiere est remplie. La nais-
»sance de Monseigneur le Duc de Bour-
Fvj
zed by Goc
132 MERCURE DE FRANCE.
»gogne assure la tranquilité d'une Mo-
»narchie, dont la prospérité aura tou-
„jours la plus grande influence sur le
„maintien de votre liberté. Vous parta-
» gez la joye vive & pure, dont tous les
» Sujets du Roi mon Maître, sont pénétrés
»dans ce moment. Vous prenez à l'heu-
„reux évenement, que je vous annonce
»le même intérêt qu'eux; & s'il peut y
„ avoir quelque différence dans la manie-
„re, dont on doit envisager votre zéle
»& le nôtre, elle est toute à votre avan-
„tage, puisque nous ne faisons que rem-
„plit dans toute leur étendue, envers le
»meilleur des Peres & le plus aimable des
» Maîtres de l'Univers, des devoirs aux-
oquels nous serions coupables de man-
„quer; au lieu que Vous, Magnifiques
„Seigneurs, étrangers pour ainsi dire dans
„notre famille, vous avez le mérite d'a-
„dopter librement tous nos sentimens,
» & de vous les rendre propres. Quel
»bonheur pour moi de pouvoir offrir
»à Sa Majesté le tableau touchant de vos
„dispositions pour elle, & de pouvoit ain-
» si lui faire connoître jusqu ou S'étend son
„ empire sur les coeurs; genre de domi-
„nation, dont elle a si constament mon-
„tré qu'elle étoit uniquement flattée. Je
»vous invite, Magniliques Seigneurs, à
zed by Goog
JANVIER. 1752-
133
»venir encore aux pieds des Autels, renou-
»veller de concert nos Actions de graces.
» Continuez d'unit vos cœeurs aux nôtres.
„Que le zéle, que vous montrez aujour-
„d'hui, soit le présage & le modéle de la
„ conduite que vous tiendrez dans tous les
» tems & dans toutes les occasions. Que
„ notre prospérité vous soit toujours éga-
»lement chére. Votre bonheur fera tou-
» jours partie du nôtre. Puissent nos deux
„ Nations reconnoître, pendant une longue
„ suite de siécles, dans l'Auguste Maison qui
„donne des Maîtres à la France; nous,
„des Souverains aussi glorieux que justes,
„ aussi dignes de notre amour que de nos
»hommages; vous, Magnisiques Sei-
„ gneurs, de puissans Défenseurs de votre
„liberré, & de constans Amis de votre.
„ République.
Après ce discours, le Conseil se rendit
avec le Marquis de Paulmy, à l'Eglise
Collégiale, ou le Te Deum fut chanté avec
encore plus d'apareil & de pompe, qu'il
ne l'avoit été dans l'Eglise des Corde-
liers.
La naissance de Monseigneur le Duc de
Bourgogne a produit la même impression
sur tous les Cantons, soit Catholiques soit
Protestans, & ils se disposent à célébrer cet
événement par toutes les démonstrations
134 MERCURE DE FRANCE
qui peuvent prouver l'attachement du
Corps Helvétique pour la Maison de
France.
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Résumé : De Soleure le 22 Septembre.
Le 22 septembre, un courrier parvint à Soleure depuis Versailles, annonçant au Marquis de Paulmy, ambassadeur du roi de France, la naissance du Duc de Bourgogne. Cette nouvelle fut accueillie avec une grande joie à Soleure. Le Conseil du canton et le chapitre de l'église collégiale adressèrent leurs félicitations à l'ambassadeur, qui organisa diverses festivités pour célébrer l'événement. Dès la réception de la nouvelle, il fit chanter le Te Deum dans l'église des Cordeliers, illumina son hôtel chaque nuit et offrit du vin au public. Il invita également le Conseil du canton, le chapitre de l'église collégiale et les habitants notables à un dîner somptueux, suivi de salves d'artillerie et de distributions de médailles commémoratives. Un bal fut organisé le soir, marqué par une abondance de rafraîchissements. L'ambassadeur prononça un discours à l'hôtel de ville, exprimant la joie de la France et l'importance de l'événement pour la monarchie française. Ensuite, le Conseil et l'ambassadeur se rendirent à l'église collégiale pour un Te Deum solennel. La nouvelle de la naissance du Duc de Bourgogne fut favorablement accueillie par tous les cantons suisses, tant catholiques que protestants, qui se préparaient à célébrer l'événement avec des démonstrations de soutien à la Maison de France.
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38
p. 134-137
De Metz. le 26.
Début :
M. Le Maréchal de Belle-Isle a célébré, d'une maniere vraiment digne de lui, [...]
Mots clefs :
Metz, Maréchal de Belle-Isle, Tables, Table, Ville, Cheval, Couverts, Soldats, Naissance du duc de Bourgogne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Metz. le 26.
De Metz. le 26.
M. Le Maréchal de Belle-Isle a célébré,
d'une maniere vraiment digne de lui,
l'heureux événement qui comble les
rœeux des François. Les Regimens de Na-
varre, d'Alsace, de Touraine, de Cam-
bis & de Séédorf, & un Bataillon d'Ar-
tillerie, sont en garnison dans la Ville de
Metz. Outre ces troupes, qui composent
quinze Bataillons, il se trouve dans la
même Ville le Régiment de Cavalerie
d'Orléans, les Volontaires Royaux, &
deux Compagnies de Mineurs & d'Ou-
vriers. Le Maréchal Duc deBelle- Isse s'est
proposé de donner à diner à tous les Sol-
dats de ces Corps, formant ensemble huit
mille hommes effectifs. Le 26, jour fixé
pour cette Fête, elle fut annoncée à la
pointe du jour par une salve générale de
artillerie des remparts. Lorsque les Déta-
chemens, commandes pour porter le pain
& les viandes, eurent couvert les tables
les Soldats fortirent des Cazernes. Les
tables de chaque Régiment étoient en
fer à cheval, & les Soldats s'y place-
rent en dedans & en dehors sur des Ban-
d by Goo
JANVIER.
1752. 135
quettes, qui régnoient des deux côtés. Il
avoit été ordonné une livre & demie de
viande, autant de pain, & une pinte de vin
pour chaque Soldat. Dans l'intérieur du fer
a cheval de chaque table, étoit une table
pour les Sergens, auxquels on fervit de
plus qu'aux Soldats, plusieurs pâtés froids.
Vis- à- vis du milieu & aux deux extrêmi-
tés de chaque fer à cheval, on avoit cons-
truit des Orchestres, où différens Instru-
mens de Musique, pendant tout le diner,
exécuterent des symphonies melées de fan-
fares. Le Maréchal & la Maréchale de Bel-
le-Isse se rendirent à l'endroit où les tables
étoient dressées, & ils burent à chaque
table la santé du Roi.
A quatre heures après midi, l'on chan-
ta dans l'Eglise Cathédrale de Metz, au
bruit d'une nouvelle salve de l'artillerie, le
Te Deum auquel l'Evêque de Metz officia
pontificalement. Toutes les Dames de la
Ville s'assemblerent ensuite sur la terrasse
de l'Hôtel du Gouverneut, pour voir tirer
le feu d'artifice qui avoit été préparé sur
l'Esplanade. Il commença à sept heures,
& il fut allumé par ure Colombe, à la-
quelle la Princesse de Wirteniberg mit le
feu. En com prenant le tems des trois salves
des canons des remparts, & des trois dé-
charges de la mousqueterie de toutes les
es
136 MERCUREDE FRANCE.
troupes qui étoient sous les armes tant fur
l'Esplanade que dans la Citadelle, il dura
une heure. Vers les huit heures du soir,
on servit les tables destinées pour les per-
sonnes qui avoient été invitées à souper
à l'Hôtel du Gouvernement. La principale
table à laquelle étoit la Princesse de Vir-
temberg, étoit en fer à cheval, & étoit de
soixante-dix couverts. La Maréchale Du-
chesse de Belle-Isse en fit les honneurs:
cinquante- trois Dames souperent à cette ta-
ble, & le reste des couverts fut rempli par
l'Evêque de Metz, par M. de Creil, In-
tendant de la Province, par M. de Mon-
tholon, premier Président du Parlement
de Metz, par le Doyen de la Cathédrale,
& pat quelques Etrangers de distinction. Ily
eut onze autres tables, dont une de trente
couverts, trois de vingt-cinque & sept chacu-
ne de douze, servies avecla même délicates-
se & la même profusion que la premiere.
Quelque considérable que fût le nombre
des couverts, le nombre des Convives
l'excéda de beaucoup, & tous les Officiers
de la Garnison, à l'exception de ceux qui
étoient à leurs postes, souperent au Gou-
vernement. Pendant tout le repas, des
fontaines de vin coulerent pour le Peu-
ple, on lui distribua de la viande & du
pain.
jines vO
JANVIER. 1752.
137
On se leva de table à onze heures du
soir, & l'on commença le Bal paré, qui
dura jusqu'au lendemain matin. L'Hôtel
du Gouvernement fut illuminé avec au-
tant de goût que de magnificence. Indé-
pendamment de cinque autres Bals qui fu-
rent donnés au Peuple dans les places pu-
bliques, le Maréchal Duc de Belle-Isse
avoit donné ordre qu'il y eût dans la Salle
de la Comédie, un Bal pour la Bour-
geoisie.
L'Evêque de Metz a signalé aussi son
zéle, en donnant à diner à quinze cens.
pauvres dans les cours de son Palais Episco-
pal, & la Ville, pour se conformer nux
sages vûes du Roi, a résolu de donner des
dots à cinquante filles.
M. Le Maréchal de Belle-Isle a célébré,
d'une maniere vraiment digne de lui,
l'heureux événement qui comble les
rœeux des François. Les Regimens de Na-
varre, d'Alsace, de Touraine, de Cam-
bis & de Séédorf, & un Bataillon d'Ar-
tillerie, sont en garnison dans la Ville de
Metz. Outre ces troupes, qui composent
quinze Bataillons, il se trouve dans la
même Ville le Régiment de Cavalerie
d'Orléans, les Volontaires Royaux, &
deux Compagnies de Mineurs & d'Ou-
vriers. Le Maréchal Duc deBelle- Isse s'est
proposé de donner à diner à tous les Sol-
dats de ces Corps, formant ensemble huit
mille hommes effectifs. Le 26, jour fixé
pour cette Fête, elle fut annoncée à la
pointe du jour par une salve générale de
artillerie des remparts. Lorsque les Déta-
chemens, commandes pour porter le pain
& les viandes, eurent couvert les tables
les Soldats fortirent des Cazernes. Les
tables de chaque Régiment étoient en
fer à cheval, & les Soldats s'y place-
rent en dedans & en dehors sur des Ban-
d by Goo
JANVIER.
1752. 135
quettes, qui régnoient des deux côtés. Il
avoit été ordonné une livre & demie de
viande, autant de pain, & une pinte de vin
pour chaque Soldat. Dans l'intérieur du fer
a cheval de chaque table, étoit une table
pour les Sergens, auxquels on fervit de
plus qu'aux Soldats, plusieurs pâtés froids.
Vis- à- vis du milieu & aux deux extrêmi-
tés de chaque fer à cheval, on avoit cons-
truit des Orchestres, où différens Instru-
mens de Musique, pendant tout le diner,
exécuterent des symphonies melées de fan-
fares. Le Maréchal & la Maréchale de Bel-
le-Isse se rendirent à l'endroit où les tables
étoient dressées, & ils burent à chaque
table la santé du Roi.
A quatre heures après midi, l'on chan-
ta dans l'Eglise Cathédrale de Metz, au
bruit d'une nouvelle salve de l'artillerie, le
Te Deum auquel l'Evêque de Metz officia
pontificalement. Toutes les Dames de la
Ville s'assemblerent ensuite sur la terrasse
de l'Hôtel du Gouverneut, pour voir tirer
le feu d'artifice qui avoit été préparé sur
l'Esplanade. Il commença à sept heures,
& il fut allumé par ure Colombe, à la-
quelle la Princesse de Wirteniberg mit le
feu. En com prenant le tems des trois salves
des canons des remparts, & des trois dé-
charges de la mousqueterie de toutes les
es
136 MERCUREDE FRANCE.
troupes qui étoient sous les armes tant fur
l'Esplanade que dans la Citadelle, il dura
une heure. Vers les huit heures du soir,
on servit les tables destinées pour les per-
sonnes qui avoient été invitées à souper
à l'Hôtel du Gouvernement. La principale
table à laquelle étoit la Princesse de Vir-
temberg, étoit en fer à cheval, & étoit de
soixante-dix couverts. La Maréchale Du-
chesse de Belle-Isse en fit les honneurs:
cinquante- trois Dames souperent à cette ta-
ble, & le reste des couverts fut rempli par
l'Evêque de Metz, par M. de Creil, In-
tendant de la Province, par M. de Mon-
tholon, premier Président du Parlement
de Metz, par le Doyen de la Cathédrale,
& pat quelques Etrangers de distinction. Ily
eut onze autres tables, dont une de trente
couverts, trois de vingt-cinque & sept chacu-
ne de douze, servies avecla même délicates-
se & la même profusion que la premiere.
Quelque considérable que fût le nombre
des couverts, le nombre des Convives
l'excéda de beaucoup, & tous les Officiers
de la Garnison, à l'exception de ceux qui
étoient à leurs postes, souperent au Gou-
vernement. Pendant tout le repas, des
fontaines de vin coulerent pour le Peu-
ple, on lui distribua de la viande & du
pain.
jines vO
JANVIER. 1752.
137
On se leva de table à onze heures du
soir, & l'on commença le Bal paré, qui
dura jusqu'au lendemain matin. L'Hôtel
du Gouvernement fut illuminé avec au-
tant de goût que de magnificence. Indé-
pendamment de cinque autres Bals qui fu-
rent donnés au Peuple dans les places pu-
bliques, le Maréchal Duc de Belle-Isse
avoit donné ordre qu'il y eût dans la Salle
de la Comédie, un Bal pour la Bour-
geoisie.
L'Evêque de Metz a signalé aussi son
zéle, en donnant à diner à quinze cens.
pauvres dans les cours de son Palais Episco-
pal, & la Ville, pour se conformer nux
sages vûes du Roi, a résolu de donner des
dots à cinquante filles.
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Résumé : De Metz. le 26.
Le 26 janvier 1752, à Metz, le maréchal de Belle-Isle a célébré un événement significatif pour les Français. La ville accueillait plusieurs régiments, incluant ceux de Navarre, d'Alsace, de Touraine, de Cambis et de Sédorf, ainsi qu'un bataillon d'artillerie, totalisant quinze bataillons. S'y ajoutaient le régiment de cavalerie d'Orléans, les Volontaires Royaux, et deux compagnies de mineurs et d'ouvriers, soit environ huit mille hommes. Pour marquer cet événement, le maréchal organisa un dîner pour tous les soldats, précédé d'une salve d'artillerie. Chaque soldat reçut une livre et demie de viande, autant de pain et une pinte de vin, accompagnés par des orchestres jouant durant le repas. Le maréchal et la maréchale de Belle-Isle portèrent un toast à la santé du roi à chaque table. Après le dîner, un Te Deum fut chanté à la cathédrale de Metz, suivi d'un feu d'artifice allumé par la princesse de Wirtenberg. À 20 heures, un souper fut servi à l'hôtel du gouvernement pour les invités, incluant la princesse de Wirtenberg, l'évêque de Metz et d'autres dignitaires. Onze autres tables furent également dressées pour les convives. Du vin fut distribué au peuple, ainsi que de la viande et du pain. Après le souper, un bal débuta et se poursuivit jusqu'au matin. L'hôtel du gouvernement fut illuminé, et cinq autres bals furent organisés pour le peuple. L'évêque de Metz offrit un dîner à mille cinq cents pauvres, et la ville décida de fournir des dots à cinquante filles.
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39
p. 137-139
RELATION d: la fête donnée par S. A. Monseigneur le Prince de Monaco, le 26 au sujet de la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne.
Début :
Le Prince de Monaco, qui étoit à sa Maison de Plaisance de Carnolez, lorsqu'il [...]
Mots clefs :
Prince de Monaco, Troupes, Palais, Magnificence, Naissance du duc de Bourgogne
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texteReconnaissance textuelle : RELATION d: la fête donnée par S. A. Monseigneur le Prince de Monaco, le 26 au sujet de la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne.
RELATION d: la fête donnée par
S. A. Monseigneur le Prince de Monaco,
le 26 au sujet de la naissance de Monseigneur
le Duc de Bourgogne.
Le Prince de Monaco, qui étoit à sa Maison
de Plaisance de Carnolez, lorsqu'il
apprit la naissance de Monseigneur le Duc
de Bourgogne, envoya sur le champ ses
ordres à Monaco pour qu'on annonçât aux
habitans cette intéressante nouvelle par
une salve de 25 coups de canon; il ordon-
lized by Goo
138 MERCUREDEFRANCE.
na en même-tems les préparatifs de réjouis-
sances dignes du zéle qui l'anime, & se
rendit dans sa Capitale pour les célébrer
le 26 du mois derniet, jour indiqué pour
la fête. Sa Compagnie de Cadets & un
détachement de ses Grenadiers, ainsi que
les troupes de France, se mirent sous les ar-
mes à quatre heures après midi; le Prince
accompagné de la Noblesse & des Magis-
trats, assista dans la Chapelle du Palais,
ornée avec la plus grande magnificence,
au Te Deum qui fut chanté au bruit de
toute l'artillerie; il fit ensuite jetter de
l'argent au peuple & tous les environs du
Palais retentirent des acclamations réité-
rées de vive le Roi de France & notre
Prince. A l'entrée de la nuit les troupes dé-
filerent le long des remparts & l'on fit trois
salves générales du canon de la Place aus-
quelles les troupes répondirent par unpareil
nombre de salves de toute leur mousquet-
terie; à ce signal toute la Ville fut illumi-
née, on tira en même tems un très beau
feu d'arrifice: les troupes s'étant ren-
dues sous des tentes qui avoient été dres-
sées exprès, elles y trouverent des tables
servies avec autant de propreté que d'abon-
dance.
Le Prince de Monaco alla les voir sou-
per, & après être retourné au Palais dont
JANVIER. 1752.
139
l'illumination offroit un coup d'œil égale-
ment magnifique & varié par l'intelligence
dans le dessein & par les devises adoptées
au sujet, il soupa avec les Dames, les
principaux Officiers des troupes & plu-
sieurs autres personnes de distinction.
Outre sa table il y en eut deux autres dans
lesquelles brillerent la même profusion &
la même délicatesse; les santés du Roi,
de la Reine, de Monseigneur le Dauphin,
de Madame la Dauphine, de Monseigneur
le Duc de Bourgogne, & de Mesdames de
France, furent saluées chacune de vingt-
cinque coups de canon. Les trois tables, ayant
demande la permission de boire à la santé
du Prince de Monaco, il ne voulut point
y consentir, & il répondit que tous les hon-
neurs du jour devoient être pour le Roi &
pour la Famille Royale. Le repas fut sui-
vit d'un Bal, qui dura jusqu'à six heures du
matin & qui soit par le nombre prodi-
gieux de bougie dont il fut éclairé, soit
pat l'abondance des rafraichissements &
confitures de toutes especes qu'on y distri-
bua, ne céda point en magnificence au
reste de la fête.
S. A. Monseigneur le Prince de Monaco,
le 26 au sujet de la naissance de Monseigneur
le Duc de Bourgogne.
Le Prince de Monaco, qui étoit à sa Maison
de Plaisance de Carnolez, lorsqu'il
apprit la naissance de Monseigneur le Duc
de Bourgogne, envoya sur le champ ses
ordres à Monaco pour qu'on annonçât aux
habitans cette intéressante nouvelle par
une salve de 25 coups de canon; il ordon-
lized by Goo
138 MERCUREDEFRANCE.
na en même-tems les préparatifs de réjouis-
sances dignes du zéle qui l'anime, & se
rendit dans sa Capitale pour les célébrer
le 26 du mois derniet, jour indiqué pour
la fête. Sa Compagnie de Cadets & un
détachement de ses Grenadiers, ainsi que
les troupes de France, se mirent sous les ar-
mes à quatre heures après midi; le Prince
accompagné de la Noblesse & des Magis-
trats, assista dans la Chapelle du Palais,
ornée avec la plus grande magnificence,
au Te Deum qui fut chanté au bruit de
toute l'artillerie; il fit ensuite jetter de
l'argent au peuple & tous les environs du
Palais retentirent des acclamations réité-
rées de vive le Roi de France & notre
Prince. A l'entrée de la nuit les troupes dé-
filerent le long des remparts & l'on fit trois
salves générales du canon de la Place aus-
quelles les troupes répondirent par unpareil
nombre de salves de toute leur mousquet-
terie; à ce signal toute la Ville fut illumi-
née, on tira en même tems un très beau
feu d'arrifice: les troupes s'étant ren-
dues sous des tentes qui avoient été dres-
sées exprès, elles y trouverent des tables
servies avec autant de propreté que d'abon-
dance.
Le Prince de Monaco alla les voir sou-
per, & après être retourné au Palais dont
JANVIER. 1752.
139
l'illumination offroit un coup d'œil égale-
ment magnifique & varié par l'intelligence
dans le dessein & par les devises adoptées
au sujet, il soupa avec les Dames, les
principaux Officiers des troupes & plu-
sieurs autres personnes de distinction.
Outre sa table il y en eut deux autres dans
lesquelles brillerent la même profusion &
la même délicatesse; les santés du Roi,
de la Reine, de Monseigneur le Dauphin,
de Madame la Dauphine, de Monseigneur
le Duc de Bourgogne, & de Mesdames de
France, furent saluées chacune de vingt-
cinque coups de canon. Les trois tables, ayant
demande la permission de boire à la santé
du Prince de Monaco, il ne voulut point
y consentir, & il répondit que tous les hon-
neurs du jour devoient être pour le Roi &
pour la Famille Royale. Le repas fut sui-
vit d'un Bal, qui dura jusqu'à six heures du
matin & qui soit par le nombre prodi-
gieux de bougie dont il fut éclairé, soit
pat l'abondance des rafraichissements &
confitures de toutes especes qu'on y distri-
bua, ne céda point en magnificence au
reste de la fête.
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Résumé : RELATION d: la fête donnée par S. A. Monseigneur le Prince de Monaco, le 26 au sujet de la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne.
Le Prince de Monaco, résidant à sa maison de Plaisance de Carnolez, apprit la naissance du Duc de Bourgogne et ordonna des festivités. À Monaco, une salve de 25 coups de canon annonça la nouvelle. Le 26 du mois, le Prince se rendit à Monaco pour célébrer l'événement. À 16 heures, la Compagnie de Cadets, les Grenadiers et les troupes françaises se mirent sous les armes. Le Prince, accompagné de la noblesse et des magistrats, assista à un Te Deum dans la chapelle du Palais, suivie de distributions d'argent au peuple. En soirée, les troupes défilèrent et tirèrent des salves, tandis que la ville fut illuminée et un feu d'artifice fut tiré. Les troupes soupèrent sous des tentes. Le Prince visita ensuite les troupes, puis soupa au Palais avec des dames et des officiers distingués. Trois tables furent dressées, offrant profusion et délicatesse. Les santés du Roi, de la Reine, du Dauphin, de la Dauphine, du Duc de Bourgogne et des princesses furent saluées par des salves de canon. Un bal suivit jusqu'à 6 heures du matin, éclairé par de nombreuses bougies et offrant divers rafraîchissements.
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40
p. 139-143
De Genèves le même jour.
Début :
Aussi-tôt que M. de Montpeyroux, Résident de France en cette Ville, eut reçu la [...]
Mots clefs :
Genève, Jean de Montpeyroux, Dauphine, Hôtel, Honneur, Palme, Accouchement, Naissance du duc de Bourgogne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Genèves le même jour.
De Genèves le même jour.
Aussi-tôt que M. de Montpeyroux, Résident
de France en cette Ville, eut reçu la
tized by Goc
240 MERCUREDE FRANCE.
nouvelle de l'heureux accouchement de
Madame la Dauphine, il en donna part
aux Magistrats, & l'un de ses principaux
soins a eté de rendre à Dieu de solemnelles
actions de graces d'un événement désiré
avec tant d'ardeur par tous les François. Le
26, il fit chanter le Te Deum dans sa Cha-
pelle, qui étoit éclairée & ornée avec une
extrême magnificence. Après cette cérémo-
nie, à laquelle il assista un si grand nom-
bre de personnes, soit de France, soit
de Suisse & de Savoye, que non seule-
ment la Chapelle & les Salles voisines,
mais encore la cour de la Maison, étoient
remplies, M. de Montpeyroux donna un
repas somptueux. Le 30, il donna un se-
cond repas dans l'Hôtel de Ville, & il y
invita les Magistrats, les Officiers qui
ont été ou qui sont au service de France,
& toutes les personnes de considération,
tant de la Ville que des environs. La table
étoit de cent dix couverts, & fl y eut qua-
tre services, chacun de cent douze plats.
On salua les santés du Roi, & de la Reine
de France, de Monseigneur le Dauphin
de Madame la Dauphine, & de Monsei-
gneur le Duc de Bourgogne, de cent un
coups de canon; celles de Madame, & de
Mesdames de France, de soixante & un
& celle de la République, de quarante.
O
JANVIER. 1752. 141
Vers les sept heures du soir, l'Hôtel de
M. de Montpeyroux fut illuminé. Un
Ordre feint d'Architecture, de cinquan-
re pieds de haut, en masquoit la façade.
De chaque côté étoit une pyramide, du
pied d'estal de la laquelle il couloit une
fontaine de vin pour le peuple. Sur la fri-
se, on lisoit cette inscription, Jam nova
Progenies coelo dimittitur alio. Chaque partie
de la maison, ainsi que la façade, étoit
éclairée par une quantité innombrable de
lampions & de pots à feu. Presque tous les
habitans de cette Ville, en faisant illumi-
ner aussi leurs maisons, & en les ornant
d'emblêmes relatifs à la circonstance, ont
montré la part qu'ils prenoient au bouheur
de la France. Le bal, que le sieur de Mont-
peyroux avoit fait préparer, commença à
onze heuresdu soir. LaSalle destinée pource
bal, & qui est celle où le Conseil des Deùx
Cens sassemble dans l'Hôtel de Ville,
étoit richement décorée, il s'y trouva trois
cens Dames & quatre cens Cavaliers. Pendant
toute la nuit on ne cessa de distribuer des
rafraîchissemens de toute espéce. A sept
heures du matin, le bal finit, & la Com-
pagnie se retira également satisfaite de la
beauté de la fête, & de la manière dont
M. de Montpeyroux en a fait les honneurs.
142 MERCURE DEFRANCE.
Le même jour, l'Archi-Confraitie
Royale des Chevaliers-Voyageurs &
Palmiers du Saint Sepulchre de Jerusa-
lem, érigée en l'Eglise des RR. PP. Cor-
deliers du Grand Couvent à Paris, fit célé-
brer solemnellement la Messe, & c hanter le
Te Deum en musique, en action de graces
de l'heureux accouchement de Madame la
Dauphine, & la naissance de Monsei-
gneur le Duc de Bourgogne.
Le 2 Octobre suivant, elle députa
Messieurs Boivin, Syndic; Marigaux, de
la Riviere, le Fevre Dergny, & de Va-
renne, Administrateurs, pout compli-
menter Leurs Majestés, & Monseigneur le
Dauphin.
Ils y furent conduits par M. le Duc de
Gesvres, Pair de France, & Premier Gen-
tilhomme de la Chambre du Roi, & ils
eurent l'honneur de prononcer leurs com-
plimens, en demandant la permission de
présenter la palme à Monseigneur le Duc
de Bourgogne, ce qui leur fut accordé.
Madame la Duchesse de Tallard, Gou-
vernante des Enfans de France, les ayant
fait approcher de Monseigneur le Duc de
Bourgogne, M. Boivin eut l'honneur de
le complimonter dans les termes suivans:
ed by Goo
JANVIER7IO. 1752. 143
„MONSEIGNEUR,
„ Le coeur plus que l'usage, enhardit
»les Confreres de Jerusalem à vous pré-
„ senter la palme, que n'ont point rejettée
„les illustres Auteurs de votre naissance.
» Ce signe en votre enfance annonce les
„lauriers que vous aurez à cueillir sur
» leurs traces dans un âge plus avancé.
Ensuite il eut l'honneur de présenter la
palme de l'Archi-Confrairie, elle fut ac-
ceptée par Madame la Duchesse de Tallard
qui signa pour le Prince.
Aussi-tôt que M. de Montpeyroux, Résident
de France en cette Ville, eut reçu la
tized by Goc
240 MERCUREDE FRANCE.
nouvelle de l'heureux accouchement de
Madame la Dauphine, il en donna part
aux Magistrats, & l'un de ses principaux
soins a eté de rendre à Dieu de solemnelles
actions de graces d'un événement désiré
avec tant d'ardeur par tous les François. Le
26, il fit chanter le Te Deum dans sa Cha-
pelle, qui étoit éclairée & ornée avec une
extrême magnificence. Après cette cérémo-
nie, à laquelle il assista un si grand nom-
bre de personnes, soit de France, soit
de Suisse & de Savoye, que non seule-
ment la Chapelle & les Salles voisines,
mais encore la cour de la Maison, étoient
remplies, M. de Montpeyroux donna un
repas somptueux. Le 30, il donna un se-
cond repas dans l'Hôtel de Ville, & il y
invita les Magistrats, les Officiers qui
ont été ou qui sont au service de France,
& toutes les personnes de considération,
tant de la Ville que des environs. La table
étoit de cent dix couverts, & fl y eut qua-
tre services, chacun de cent douze plats.
On salua les santés du Roi, & de la Reine
de France, de Monseigneur le Dauphin
de Madame la Dauphine, & de Monsei-
gneur le Duc de Bourgogne, de cent un
coups de canon; celles de Madame, & de
Mesdames de France, de soixante & un
& celle de la République, de quarante.
O
JANVIER. 1752. 141
Vers les sept heures du soir, l'Hôtel de
M. de Montpeyroux fut illuminé. Un
Ordre feint d'Architecture, de cinquan-
re pieds de haut, en masquoit la façade.
De chaque côté étoit une pyramide, du
pied d'estal de la laquelle il couloit une
fontaine de vin pour le peuple. Sur la fri-
se, on lisoit cette inscription, Jam nova
Progenies coelo dimittitur alio. Chaque partie
de la maison, ainsi que la façade, étoit
éclairée par une quantité innombrable de
lampions & de pots à feu. Presque tous les
habitans de cette Ville, en faisant illumi-
ner aussi leurs maisons, & en les ornant
d'emblêmes relatifs à la circonstance, ont
montré la part qu'ils prenoient au bouheur
de la France. Le bal, que le sieur de Mont-
peyroux avoit fait préparer, commença à
onze heuresdu soir. LaSalle destinée pource
bal, & qui est celle où le Conseil des Deùx
Cens sassemble dans l'Hôtel de Ville,
étoit richement décorée, il s'y trouva trois
cens Dames & quatre cens Cavaliers. Pendant
toute la nuit on ne cessa de distribuer des
rafraîchissemens de toute espéce. A sept
heures du matin, le bal finit, & la Com-
pagnie se retira également satisfaite de la
beauté de la fête, & de la manière dont
M. de Montpeyroux en a fait les honneurs.
142 MERCURE DEFRANCE.
Le même jour, l'Archi-Confraitie
Royale des Chevaliers-Voyageurs &
Palmiers du Saint Sepulchre de Jerusa-
lem, érigée en l'Eglise des RR. PP. Cor-
deliers du Grand Couvent à Paris, fit célé-
brer solemnellement la Messe, & c hanter le
Te Deum en musique, en action de graces
de l'heureux accouchement de Madame la
Dauphine, & la naissance de Monsei-
gneur le Duc de Bourgogne.
Le 2 Octobre suivant, elle députa
Messieurs Boivin, Syndic; Marigaux, de
la Riviere, le Fevre Dergny, & de Va-
renne, Administrateurs, pout compli-
menter Leurs Majestés, & Monseigneur le
Dauphin.
Ils y furent conduits par M. le Duc de
Gesvres, Pair de France, & Premier Gen-
tilhomme de la Chambre du Roi, & ils
eurent l'honneur de prononcer leurs com-
plimens, en demandant la permission de
présenter la palme à Monseigneur le Duc
de Bourgogne, ce qui leur fut accordé.
Madame la Duchesse de Tallard, Gou-
vernante des Enfans de France, les ayant
fait approcher de Monseigneur le Duc de
Bourgogne, M. Boivin eut l'honneur de
le complimonter dans les termes suivans:
ed by Goo
JANVIER7IO. 1752. 143
„MONSEIGNEUR,
„ Le coeur plus que l'usage, enhardit
»les Confreres de Jerusalem à vous pré-
„ senter la palme, que n'ont point rejettée
„les illustres Auteurs de votre naissance.
» Ce signe en votre enfance annonce les
„lauriers que vous aurez à cueillir sur
» leurs traces dans un âge plus avancé.
Ensuite il eut l'honneur de présenter la
palme de l'Archi-Confrairie, elle fut ac-
ceptée par Madame la Duchesse de Tallard
qui signa pour le Prince.
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Résumé : De Genèves le même jour.
À Genève, après l'annonce de l'accouchement de Madame la Dauphine, M. de Montpeyroux, Résident de France, informa les magistrats et organisa diverses actions de grâce. Le 26, il fit chanter le Te Deum dans sa chapelle, décorée somptueusement, suivi d'un repas fastueux auquel participèrent des personnalités françaises, suisses et savoyardes. Le 30, il offrit un second banquet à l'Hôtel de Ville, réunissant magistrats, officiers français et notables. Ce repas compta cent dix convives avec quatre services de cent douze plats chacun. Des salves de canons marquèrent les santés royales. Le soir, la résidence de M. de Montpeyroux fut illuminée et décorée, avec des fontaines de vin pour le peuple. Un bal fut organisé dans la salle du Conseil des Deux Cens, rassemblant trois cents dames et quatre cents cavaliers, et se prolongea jusqu'au matin. Parallèlement, l'Archi-Confrérie Royale des Chevaliers-Voyageurs et Palmiers du Saint-Sépulcre de Jérusalem célébra une messe et chanta le Te Deum en action de grâce le même jour. Le 2 octobre, des représentants de cette confrérie furent envoyés à la cour pour féliciter Leurs Majestés et le Dauphin, sous la conduite du Duc de Gesvres. Ils offrirent une palme au Duc de Bourgogne, que la Duchesse de Tallard accepta en son nom.
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41
p. 143-144
Le 30.
Début :
On chanta le Te Deum dans l'Eglise Métropolitaine de Bordeaux, avec [...]
Mots clefs :
Naissance du duc de Bourgogne, Église métropolitaine de Bordeaux, Ville, Porte
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Le 30.
Le 30.
On chanta le Te Deum dans l'Eglise
Métropolitaine de Bordeaux, avec
toute la solemnité possible, en action de
graces de l'heureux accouchement de Ma-
dame la Dauphine. Après cette cérémo-
nie, les Jurats, ayant à leur tênte M. de
Tourny, Intendant de la Province, & la
Milice Bourgeoise étant sous les armes,
allerent au milieu des acclamations du
peuple & au bruit de l'artillerie, tant de
ia Ville que des Vaisseaux, poser la pre-
miere pierre d'une nouvelle Porte que la
Ville fait construire, & à laquelle les Bor-
delois, avec la permission du Roi, donne-
ront le nom de Porte du Duc de Bourgogne,
Ily eut ensuite un feu devant l'Hôtel-de-
144 MERCUREDE FRANCE.
Ville, & des illuminations dans toutes les
rues, & l'on tira une quantité prodigieu-
se de fusées; le Corps de-Ville de Bor-
deaux a résolu de doter cent soixante-dix
filles, & à cet Acte de liberalité, si avan-
tageux au bien public, il joindra plusieurs
autres largesses considérables, qui seront
distribuées dans toutes les Patoisses de la
Ville & de sa Jurisdiction.
On chanta le Te Deum dans l'Eglise
Métropolitaine de Bordeaux, avec
toute la solemnité possible, en action de
graces de l'heureux accouchement de Ma-
dame la Dauphine. Après cette cérémo-
nie, les Jurats, ayant à leur tênte M. de
Tourny, Intendant de la Province, & la
Milice Bourgeoise étant sous les armes,
allerent au milieu des acclamations du
peuple & au bruit de l'artillerie, tant de
ia Ville que des Vaisseaux, poser la pre-
miere pierre d'une nouvelle Porte que la
Ville fait construire, & à laquelle les Bor-
delois, avec la permission du Roi, donne-
ront le nom de Porte du Duc de Bourgogne,
Ily eut ensuite un feu devant l'Hôtel-de-
144 MERCUREDE FRANCE.
Ville, & des illuminations dans toutes les
rues, & l'on tira une quantité prodigieu-
se de fusées; le Corps de-Ville de Bor-
deaux a résolu de doter cent soixante-dix
filles, & à cet Acte de liberalité, si avan-
tageux au bien public, il joindra plusieurs
autres largesses considérables, qui seront
distribuées dans toutes les Patoisses de la
Ville & de sa Jurisdiction.
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Résumé : Le 30.
Le 30, un Te Deum fut chanté à l'Église Métropolitaine de Bordeaux pour célébrer la naissance du Dauphin. Après cette cérémonie, les Jurats, dirigés par M. de Tourny, Intendant de la Province, et la Milice Bourgeoise, armés, se rendirent au milieu des acclamations du peuple et des salves d'artillerie pour poser la première pierre d'une nouvelle porte. Cette porte, construite par la ville, sera nommée Porte du Duc de Bourgogne avec la permission du Roi. Un feu d'artifice fut tiré devant l'Hôtel-de-Ville, suivi d'illuminations dans toutes les rues et de nombreuses fusées. Le Corps de Ville de Bordeaux décida également de doter cent soixante-dix filles et de distribuer plusieurs autres largesses considérables dans toutes les paroisses de la ville et de sa juridiction.
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42
p. 144-149
EXTRAIT D'une Lettre écrite, par un Citoyen de Marseille, à un de ses amis à Paris, au sujet des rejouissances, faites par le Corps de la Marine, & les fêtes données par M. de Charron, à l'occasion de la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne.
Début :
M. le Chevalier de Piles, Chef d'Escadre, Commandant la Marine à Marseille, [...]
Mots clefs :
Marseille, Réjouissances, Corps de la marine, Monsieur de Charron, Chevalier de Piles, Toussaint de Fortia, Vaisseau, Amiral, Appartements, Naissance du duc de Bourgogne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT D'une Lettre écrite, par un Citoyen de Marseille, à un de ses amis à Paris, au sujet des rejouissances, faites par le Corps de la Marine, & les fêtes données par M. de Charron, à l'occasion de la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne.
EXTRAIT
D'une Lettre écrite, par un Citoyen de Marseille,
à un de ses amis à Paris, au sujet
des rejouissances, faites par le Corps de la
Marine, & les fêtes données par M. de
Charron, à l'occasion de la naissance de
Monseigneur le Duc de Bourgogne.
M. le Chevalier de Piles, Chef d'Escadre,
Commandant la Marine à Marseille,
& M. de Charron, Commissaire
Général Ordonnateur, avoient reçu des
ordres pour faire chanter le Te Deum sur
le Vaisseau portant Pavillon Amiral, &
faire des rejouissances publiques à l'occa-
sion de la naissance de Monseigneur le
Duc de Bourgogne.
Le Samedi au soir 9 Octobre, après le
coucher du Soleil, le Vaisseau portant Pa-
villon
d by Goo
JANVIER. 1752.
145
villon Amiral, tira vingt- un coup de ca-
non, tout l'extérieur de l'Arsenal & les
portes des maisons, habitées par Messieurs
de Piles & de Charron, furent illumi-
nées.
Le lendemain Dimanche, M. le Che-
valier de Piles donna un grand diné à
tout le Corps de la Marine, après lequel
il se rendit au Vaisseau Amiral, où le Te
Deum fut chanté par les Musiciens du
Concert de la Ville: les troupes de la
Marine firent à la suite du Te Deum une
décharge de mousqueterie, le Vaisseau
Amiral tira vingt-un coup de candn, &
dix-huit Vaisseaux Marchands, rangés ex-
près au milieu du Port, firent feu de tou-
te leur artillerie, ces décharges furent ré-
petées trois fois; les illuminations de l'ex-
térieur de l'Arsenal furent les mêmes que
le jour précédent. M. de la Croix de
Marraguais, Major de la Marine, fit cou-
ler à ses frais une fontaine de vin à la por-
te des Casernes, on y lisoit cette inscrip-
tion: Quantos effundit in usus.
A dix heures du soir les fêtes données
par M. de Charron commencerent. Les
portes de l'Hôtel de l'Intendance de la
Marine qu'il occupe, furent ouvertes à,
six mille personnes qu'il avoit invitées par
billets: cette maison devint alors le palais
II. Vol,
ed by Goo
146 MERCUREDEERANCE.
de la joie & de la inagnificence; tous les
appartemens étoient destinés à des rejouis-
sances particulieres, le jardin somptueu-
sement illuminé, offroit le spectacle le
plus noble & le plus brillant du monde;
deux rangs de portiques, pratiqués de
chaque coté du jardin, dans l'intervalle
de deux allées de marroniers, taillés en
évantail, étoient garnis de lampions; au
centre de chaque portique étoit suspendu
un lustre en goblets de cristal, cette ar-
chitecture artificielle, répondoit à celle
de la façade des appartemens qui étoit
parfaitement bien éclairée. Le côté op-
posé étoit terminé par un temple de lu-
miere, dont l'architecture tracée par des
lampions répandus avec autant d'art que
de profusion, formoit l'aspect le plus sur-
prenant & le plus agréable; au faîte de ce
Temple paroissoit un Soleil couronné,
ayant deux étoiles à ses côtés, au dessous
on lisoit l'inscription suivante:
Fulgens & proprio sinul & splendore
paterno.
Les berceaux qui regnent tout autour
de ce vaste jardin, étoient aussi éclairés
en-dedans par deux cordons de lumiere
en lampions.
Ce. spectacle étoit animé pat les danses
JANVIER. 1752. 147
d'un peuple innom brable, qui au son de
plusieurs tambourins, distribués dans diffe-
rens endroits de ces nouveaux champs éli-
sées, témoignoient l'allégresse la plus vi-
ve. Des cors-de-chasse, placés aux senê-
tres des appartemens, se firent entendre
pendant toute la nuit. La variété des dé-
guisemens, dont les Habitans de Mar-
seille avoient pris soin de se parer, ajou-
toit un nouvel agrément à la fête; des
millions de fusées partirent aussi jusqu'au
jour, du milieu de ce jardin enchanté.
Les appartemens du rez de-chaussée
étoient destinés à réprésenter le théâtre de
la Fortune: cette Déesse partagea l'agré-
ment de la fête, & ne chercha qu'à amu-
ser ceux qui sacrifioient sur ses Autels sans
faire de mécontens.
Je devrois, cher ami, garder le silence sur
la somptuosité du bal, ce sont-là de ces
beautés inexprimables: imaginez- vous
tout ce que le Dieu Momus dirigé par le
bon goût & inspité par la décence, pour-
roit inventer de plus noble & de plus
amusant: voilà l'idée la plus juste que se
puisse vous donner de ce spectacle. La No-
plesse la plus qualifiée des deux sexes s'y
tronva réunie: car vous sçaurez que M. de
Charron, l'homme du monde le plus at-
tentif & le plus galant, avoit invité les
Gij
itized by Goo
148 MERCUREDE FRANCE.
Dames par des billets particuliers, les
Citoyens les plus distingués y parurent
sans être déguisés, & tous les Officiers de
la Marine en habit uniforme. L'heure de
la fête ne permit pas à M. le Chevalier
de Piles, leur Commandant, de s'y trou-
ver. Plusieurs corps nombreux de sym-
phonie étoient placés dans differentes
chambres. C'est au son de tous ces instru-
mens qu'une foule, aussi charmante que
joyeuse formoit mille Ballets agréables.
Tous les Dieux sembloient présider à cet-
te fête, Comus voulut en partager les
honneurs, il ordonna chez M. de Char-
ron un ambigu délicieux, tout ce que la
libéralité & la délicatesse pouvoit imagi-
ner d'agréable, y fut servi des mains de
l'Abondance; les vins, les liqueurs, les
glaces, les rafraîchissemens de toute es-
péce & des mets plus solides y furent
distribues jusqu'au jour avec profusion, &
sans distinction à tout le monde : on ne
vit jamais donner & recevoir de meilleur
coeur. Ce qui vous étonnera, cher ami,
c'est d'apprendre que le bon ordre prési-
doit particulierement à cette Fête: plu-
sieurs corps- de-garde & des sentinelles se-
mées avec intelligence prévinrent tout dé-
sordre, on eût dit que la sagesse & la dé-
gence marchoit partout avec la gayeté.
ed by Goo-
JANVIER. 1752.
149
Vous comprenez que l'intention de M. de
Charron n'étoit pas d'exclure des réjouis-
sances publiques les personnes ausquelles
il n'avoit pas envoyé de billets, aussi vit-il
avec un plaisir infini que plus de vingt
mille y assisterent, & tout le monde con-
vint que l'on n'avoit jamais vû une fête
plus belle, plus goûtée, & plus générale-
ment applaudie.
Quand le peuple rassasié de plaisir com-
mença à se retirer, M. de Charron rassem-
bla dans un salon séparé les Dames les plus
distinguées qui formerent alors un bal
dont l'arrangement & la parure presente-
rent un spectacle nouveau. Je ne vous rends
qu'imparfaitement le détail de ces réjouis-
sances qui furent terminées le Lundi par
l'illumination generale de l'Arsenal & par
des décharges de canon & de Mousquet-
terie, pareilles à celles qui avoient été fai-
tes la veille, &c.
D'une Lettre écrite, par un Citoyen de Marseille,
à un de ses amis à Paris, au sujet
des rejouissances, faites par le Corps de la
Marine, & les fêtes données par M. de
Charron, à l'occasion de la naissance de
Monseigneur le Duc de Bourgogne.
M. le Chevalier de Piles, Chef d'Escadre,
Commandant la Marine à Marseille,
& M. de Charron, Commissaire
Général Ordonnateur, avoient reçu des
ordres pour faire chanter le Te Deum sur
le Vaisseau portant Pavillon Amiral, &
faire des rejouissances publiques à l'occa-
sion de la naissance de Monseigneur le
Duc de Bourgogne.
Le Samedi au soir 9 Octobre, après le
coucher du Soleil, le Vaisseau portant Pa-
villon
d by Goo
JANVIER. 1752.
145
villon Amiral, tira vingt- un coup de ca-
non, tout l'extérieur de l'Arsenal & les
portes des maisons, habitées par Messieurs
de Piles & de Charron, furent illumi-
nées.
Le lendemain Dimanche, M. le Che-
valier de Piles donna un grand diné à
tout le Corps de la Marine, après lequel
il se rendit au Vaisseau Amiral, où le Te
Deum fut chanté par les Musiciens du
Concert de la Ville: les troupes de la
Marine firent à la suite du Te Deum une
décharge de mousqueterie, le Vaisseau
Amiral tira vingt-un coup de candn, &
dix-huit Vaisseaux Marchands, rangés ex-
près au milieu du Port, firent feu de tou-
te leur artillerie, ces décharges furent ré-
petées trois fois; les illuminations de l'ex-
térieur de l'Arsenal furent les mêmes que
le jour précédent. M. de la Croix de
Marraguais, Major de la Marine, fit cou-
ler à ses frais une fontaine de vin à la por-
te des Casernes, on y lisoit cette inscrip-
tion: Quantos effundit in usus.
A dix heures du soir les fêtes données
par M. de Charron commencerent. Les
portes de l'Hôtel de l'Intendance de la
Marine qu'il occupe, furent ouvertes à,
six mille personnes qu'il avoit invitées par
billets: cette maison devint alors le palais
II. Vol,
ed by Goo
146 MERCUREDEERANCE.
de la joie & de la inagnificence; tous les
appartemens étoient destinés à des rejouis-
sances particulieres, le jardin somptueu-
sement illuminé, offroit le spectacle le
plus noble & le plus brillant du monde;
deux rangs de portiques, pratiqués de
chaque coté du jardin, dans l'intervalle
de deux allées de marroniers, taillés en
évantail, étoient garnis de lampions; au
centre de chaque portique étoit suspendu
un lustre en goblets de cristal, cette ar-
chitecture artificielle, répondoit à celle
de la façade des appartemens qui étoit
parfaitement bien éclairée. Le côté op-
posé étoit terminé par un temple de lu-
miere, dont l'architecture tracée par des
lampions répandus avec autant d'art que
de profusion, formoit l'aspect le plus sur-
prenant & le plus agréable; au faîte de ce
Temple paroissoit un Soleil couronné,
ayant deux étoiles à ses côtés, au dessous
on lisoit l'inscription suivante:
Fulgens & proprio sinul & splendore
paterno.
Les berceaux qui regnent tout autour
de ce vaste jardin, étoient aussi éclairés
en-dedans par deux cordons de lumiere
en lampions.
Ce. spectacle étoit animé pat les danses
JANVIER. 1752. 147
d'un peuple innom brable, qui au son de
plusieurs tambourins, distribués dans diffe-
rens endroits de ces nouveaux champs éli-
sées, témoignoient l'allégresse la plus vi-
ve. Des cors-de-chasse, placés aux senê-
tres des appartemens, se firent entendre
pendant toute la nuit. La variété des dé-
guisemens, dont les Habitans de Mar-
seille avoient pris soin de se parer, ajou-
toit un nouvel agrément à la fête; des
millions de fusées partirent aussi jusqu'au
jour, du milieu de ce jardin enchanté.
Les appartemens du rez de-chaussée
étoient destinés à réprésenter le théâtre de
la Fortune: cette Déesse partagea l'agré-
ment de la fête, & ne chercha qu'à amu-
ser ceux qui sacrifioient sur ses Autels sans
faire de mécontens.
Je devrois, cher ami, garder le silence sur
la somptuosité du bal, ce sont-là de ces
beautés inexprimables: imaginez- vous
tout ce que le Dieu Momus dirigé par le
bon goût & inspité par la décence, pour-
roit inventer de plus noble & de plus
amusant: voilà l'idée la plus juste que se
puisse vous donner de ce spectacle. La No-
plesse la plus qualifiée des deux sexes s'y
tronva réunie: car vous sçaurez que M. de
Charron, l'homme du monde le plus at-
tentif & le plus galant, avoit invité les
Gij
itized by Goo
148 MERCUREDE FRANCE.
Dames par des billets particuliers, les
Citoyens les plus distingués y parurent
sans être déguisés, & tous les Officiers de
la Marine en habit uniforme. L'heure de
la fête ne permit pas à M. le Chevalier
de Piles, leur Commandant, de s'y trou-
ver. Plusieurs corps nombreux de sym-
phonie étoient placés dans differentes
chambres. C'est au son de tous ces instru-
mens qu'une foule, aussi charmante que
joyeuse formoit mille Ballets agréables.
Tous les Dieux sembloient présider à cet-
te fête, Comus voulut en partager les
honneurs, il ordonna chez M. de Char-
ron un ambigu délicieux, tout ce que la
libéralité & la délicatesse pouvoit imagi-
ner d'agréable, y fut servi des mains de
l'Abondance; les vins, les liqueurs, les
glaces, les rafraîchissemens de toute es-
péce & des mets plus solides y furent
distribues jusqu'au jour avec profusion, &
sans distinction à tout le monde : on ne
vit jamais donner & recevoir de meilleur
coeur. Ce qui vous étonnera, cher ami,
c'est d'apprendre que le bon ordre prési-
doit particulierement à cette Fête: plu-
sieurs corps- de-garde & des sentinelles se-
mées avec intelligence prévinrent tout dé-
sordre, on eût dit que la sagesse & la dé-
gence marchoit partout avec la gayeté.
ed by Goo-
JANVIER. 1752.
149
Vous comprenez que l'intention de M. de
Charron n'étoit pas d'exclure des réjouis-
sances publiques les personnes ausquelles
il n'avoit pas envoyé de billets, aussi vit-il
avec un plaisir infini que plus de vingt
mille y assisterent, & tout le monde con-
vint que l'on n'avoit jamais vû une fête
plus belle, plus goûtée, & plus générale-
ment applaudie.
Quand le peuple rassasié de plaisir com-
mença à se retirer, M. de Charron rassem-
bla dans un salon séparé les Dames les plus
distinguées qui formerent alors un bal
dont l'arrangement & la parure presente-
rent un spectacle nouveau. Je ne vous rends
qu'imparfaitement le détail de ces réjouis-
sances qui furent terminées le Lundi par
l'illumination generale de l'Arsenal & par
des décharges de canon & de Mousquet-
terie, pareilles à celles qui avoient été fai-
tes la veille, &c.
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Résumé : EXTRAIT D'une Lettre écrite, par un Citoyen de Marseille, à un de ses amis à Paris, au sujet des rejouissances, faites par le Corps de la Marine, & les fêtes données par M. de Charron, à l'occasion de la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne.
À Marseille, des festivités furent organisées pour célébrer la naissance du Duc de Bourgogne. Le Chevalier de Piles et M. de Charron furent chargés de préparer ces événements. Le 9 octobre, après le coucher du soleil, le vaisseau amiral tira vingt-et-un coups de canon. Les bâtiments de l'Arsenal ainsi que les maisons de M. de Piles et de M. de Charron furent illuminés. Le dimanche suivant, M. de Piles organisa un grand dîner pour le Corps de la Marine, suivi du chant du Te Deum sur le vaisseau amiral. Les troupes de la Marine tirèrent des salves de mousqueterie, et plusieurs vaisseaux marchands firent feu de leur artillerie. Les illuminations furent renouvelées, et une fontaine de vin fut offerte par M. de la Croix de Marraguais. Dans la soirée, M. de Charron ouvrit l'Hôtel de l'Intendance de la Marine à six mille invités. Le jardin, somptueusement illuminé, offrit un spectacle magnifique avec des portiques garnis de lampions et un temple de lumière. Des danses, des musiques et des feux d'artifice animèrent la fête jusqu'au matin. Les appartements du rez-de-chaussée accueillirent un bal somptueux réunissant la noblesse et les officiers de la Marine. Plus de vingt mille personnes assistèrent aux réjouissances, malgré l'absence de billets pour certaines. Après les festivités principales, M. de Charron organisa un bal pour les dames les plus distinguées dans un salon séparé. Les réjouissances se conclurent le lundi par l'illumination générale de l'Arsenal et des salves de canons et de mousqueterie.
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43
p. 149-152
Des Chevaliers de l'Arbalête.
Début :
Le Samedi 9 Octobre, jour & fête de Saint Denis, la Compagnie Royale des [...]
Mots clefs :
Chevaliers de l'Arbalète, Paris, Oiseau, Compagnie, Prévôt des marchands, Officiers, Tirage, Marchands échevins, Naissance du duc de Bourgogne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Des Chevaliers de l'Arbalête.
Des Chevaliers de l'Arbalête.
Le Samedi 9 Octobre, jour & fête de
Saint Denis, la Compagnie Royale des
Chevaliers de l'Arbalête & de l'Arquebu-
ze de Paris, fit chanter dans l'Eglise de
la Maason Professe des Jésuites, une mes-
se & un Te Deum de la composition de M.
Corette, qui fut très-bien exécuté; en
G iij
tized by Goc
150 MERCUREDEFRANCE.
action de graces de l'heureux accouche-
ment de Madame la Dauphine, & de la
naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne.
MM. le Prevôt des Marchands, Echevins
& Corps de Ville, qui y avo ient été in-
vités, sy rendirent précedés d'un détache-
ment de leurs Gardes: on tira à leur
entrée, à leur sortie, & au commencement
du Te Deum, une salve de boëtes.
Le Dimanche 24, cette même Com-
pagnie tira par extraordinaire, un oiseau
dans son hôtel hors la Porte Saint Antoi-
ne, en réjouissance du même sujet. Le
Dimanche précédent, quatre de ses prin-
cipaux Officiers avoient été à Versailles
pour suplier Sa Majesté d'honorer la Com-
pagnie de sa présence le jour du tirage de
cet oisean, ou de nommer un Seigneur
pour représenter sa personne & tirer en son-
nom. Ces Officiers ayant à leur tête M.
le Comte de Tresmes, Licutenant Général
des Armées duRoi, & leur Colonel eurent
l'honneur d'être présentés à sa Majeste
par M. de Gêvres, premier Gentilhomme
de la Chambre & Gouverneur de Paris; le
Roi les reçut avec une très-grande bonté &
leur dit: j'accorde ce qu'on me demande, &
je nomme M. le Comte de Tresmes pour me
représenter. Le jour du tirage de l'oiseau
ayant été fixé au 24 Octobre, Messicurs
by Goc
JANVIER. 1752.
131
les Prevôt des Marchands, Echevins &
Corps de Ville qui avoient été pareille-
ment invités, arriverent à l'Hôtel de l'Ar-
quebuse à une heure après-midy, precédés
d'un détachement de leurs Gardes. Ils y fu-
rent reçus pat les principaux Officiers de
la Compagnie qui étoit en uniforme,
sous les armes, tambours battans, dra-
peau déployé, & au bruit d'une salve de
boëtes: ils furent conduits en une galerie
en face de la butte qui leur étoit destinée,
& qui étoit toute tapissée de damas cra-
moisi avec des crépines d'or & les fauteuils
parcils. Peu de tems aptès M. le Comte
de Tresmes arriva accompagné de plu-
fieurs autres Seigneurs; il fut reçu avee
quelques cérémonies de plus. MM. les
Prevot des Marchands & Echevins des-
cendirent de la galerie où ils étoient placés
pour le recevoir: il fut conduit à la butie
où étoit placé l'oiseau, & sur le coté de
laquelle étoit une estrade de quatre deorés
eouverts d'un tapis, sur laquelle il y
avoit un fauteuil & au dessus un dais, le
tout de velours relevé en or: aux côtés du
fauteuil en bas de l'estrade étoient deux
Chevaliers sous les armes pour garder la
place de Sa Majesté. M. le Comte de Tres-
mes n'ayant point occupé ce fauteuil, il
monta à la galerie & s'y placo à la droite
G iij
a
152 MERCUREDEFRANCE.
de M. le Prevôt des Marchands. Quelque
tems après, la Compagnie sous les armes,
& ses Officiers à la tête, vinrent prendre
M. le Comte de Tresmes, le conduisi-
rent à la Salle du tirage tambours battans
& là, il tira deux très-beaux coups d'Ar-
quebuse sur l'oiseau, le premier pour &
au nom de Sa Majesté, & le second,
pour lui en sa qualité de Colonel de la
Compagnie, apres quoi il fut de même re-
conduit dans la galerie. Les Officiers &
Chevaliers commencerent ensuite à tiret
suivant l'ordre du numéro qui leur étoit
échu pour ce tirage & l'oiseau fut abbatu
au dix-huitième coup avant la fin de la
halte, par le sicur Vaucher qui gagna le
premier prix.
L'oiseau abbatu l'on posa un autre Pan-
ton pour tiret le second prix. M. le Com-
te de Tresmes, tira le premier, comme
Colonel & toute la Compagnie ensuite
dans le même ordre que la premiere fois.
Le sieur Brosset ayant fait le plus près coup
de la broche, gagna ce second prix.
Ces prix consistent en deux très-belles
& grandes médailles d'argent que Mes-
sieurs le Prevôt des Marchands & Echevins
donnent tous les ans au nom de la Ville le
jour du tirage de l'oiseau, qu'ils honorent
de leurs présences; elles ont d'un côté les
Le Samedi 9 Octobre, jour & fête de
Saint Denis, la Compagnie Royale des
Chevaliers de l'Arbalête & de l'Arquebu-
ze de Paris, fit chanter dans l'Eglise de
la Maason Professe des Jésuites, une mes-
se & un Te Deum de la composition de M.
Corette, qui fut très-bien exécuté; en
G iij
tized by Goc
150 MERCUREDEFRANCE.
action de graces de l'heureux accouche-
ment de Madame la Dauphine, & de la
naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne.
MM. le Prevôt des Marchands, Echevins
& Corps de Ville, qui y avo ient été in-
vités, sy rendirent précedés d'un détache-
ment de leurs Gardes: on tira à leur
entrée, à leur sortie, & au commencement
du Te Deum, une salve de boëtes.
Le Dimanche 24, cette même Com-
pagnie tira par extraordinaire, un oiseau
dans son hôtel hors la Porte Saint Antoi-
ne, en réjouissance du même sujet. Le
Dimanche précédent, quatre de ses prin-
cipaux Officiers avoient été à Versailles
pour suplier Sa Majesté d'honorer la Com-
pagnie de sa présence le jour du tirage de
cet oisean, ou de nommer un Seigneur
pour représenter sa personne & tirer en son-
nom. Ces Officiers ayant à leur tête M.
le Comte de Tresmes, Licutenant Général
des Armées duRoi, & leur Colonel eurent
l'honneur d'être présentés à sa Majeste
par M. de Gêvres, premier Gentilhomme
de la Chambre & Gouverneur de Paris; le
Roi les reçut avec une très-grande bonté &
leur dit: j'accorde ce qu'on me demande, &
je nomme M. le Comte de Tresmes pour me
représenter. Le jour du tirage de l'oiseau
ayant été fixé au 24 Octobre, Messicurs
by Goc
JANVIER. 1752.
131
les Prevôt des Marchands, Echevins &
Corps de Ville qui avoient été pareille-
ment invités, arriverent à l'Hôtel de l'Ar-
quebuse à une heure après-midy, precédés
d'un détachement de leurs Gardes. Ils y fu-
rent reçus pat les principaux Officiers de
la Compagnie qui étoit en uniforme,
sous les armes, tambours battans, dra-
peau déployé, & au bruit d'une salve de
boëtes: ils furent conduits en une galerie
en face de la butte qui leur étoit destinée,
& qui étoit toute tapissée de damas cra-
moisi avec des crépines d'or & les fauteuils
parcils. Peu de tems aptès M. le Comte
de Tresmes arriva accompagné de plu-
fieurs autres Seigneurs; il fut reçu avee
quelques cérémonies de plus. MM. les
Prevot des Marchands & Echevins des-
cendirent de la galerie où ils étoient placés
pour le recevoir: il fut conduit à la butie
où étoit placé l'oiseau, & sur le coté de
laquelle étoit une estrade de quatre deorés
eouverts d'un tapis, sur laquelle il y
avoit un fauteuil & au dessus un dais, le
tout de velours relevé en or: aux côtés du
fauteuil en bas de l'estrade étoient deux
Chevaliers sous les armes pour garder la
place de Sa Majesté. M. le Comte de Tres-
mes n'ayant point occupé ce fauteuil, il
monta à la galerie & s'y placo à la droite
G iij
a
152 MERCUREDEFRANCE.
de M. le Prevôt des Marchands. Quelque
tems après, la Compagnie sous les armes,
& ses Officiers à la tête, vinrent prendre
M. le Comte de Tresmes, le conduisi-
rent à la Salle du tirage tambours battans
& là, il tira deux très-beaux coups d'Ar-
quebuse sur l'oiseau, le premier pour &
au nom de Sa Majesté, & le second,
pour lui en sa qualité de Colonel de la
Compagnie, apres quoi il fut de même re-
conduit dans la galerie. Les Officiers &
Chevaliers commencerent ensuite à tiret
suivant l'ordre du numéro qui leur étoit
échu pour ce tirage & l'oiseau fut abbatu
au dix-huitième coup avant la fin de la
halte, par le sicur Vaucher qui gagna le
premier prix.
L'oiseau abbatu l'on posa un autre Pan-
ton pour tiret le second prix. M. le Com-
te de Tresmes, tira le premier, comme
Colonel & toute la Compagnie ensuite
dans le même ordre que la premiere fois.
Le sieur Brosset ayant fait le plus près coup
de la broche, gagna ce second prix.
Ces prix consistent en deux très-belles
& grandes médailles d'argent que Mes-
sieurs le Prevôt des Marchands & Echevins
donnent tous les ans au nom de la Ville le
jour du tirage de l'oiseau, qu'ils honorent
de leurs présences; elles ont d'un côté les
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Résumé : Des Chevaliers de l'Arbalête.
Le 9 octobre, la Compagnie Royale des Chevaliers de l'Arbalète et de l'Arquebuse de Paris organisa une messe et un Te Deum à l'église de la Maison Professe des Jésuites pour célébrer l'accouchement heureux de Madame la Dauphine et la naissance du Duc de Bourgogne. Les autorités municipales, incluant le Prévôt des Marchands et les Échevins, assistèrent à cet événement, escortées par un détachement de gardes. Des salves de mousquets furent tirées à leur entrée, sortie et au début du Te Deum. Le 24 octobre, la compagnie organisa un tir exceptionnel d'un oiseau dans son hôtel près de la Porte Saint-Antoine. La veille, quatre officiers principaux se rendirent à Versailles pour inviter le roi à assister à l'événement ou à désigner un représentant. Le roi accepta et nomma le Comte de Tresmes pour le représenter. Lors du tir, les autorités municipales arrivèrent escortées par des gardes et furent accueillies par les officiers en uniforme. Le Comte de Tresmes tira deux coups d'arquebuse, le premier au nom du roi et le second en tant que colonel de la compagnie. L'oiseau fut abattu au dix-huitième coup par le sieur Vaucher, qui remporta le premier prix. Un second oiseau fut ensuite tiré pour le second prix, remporté par le sieur Brosset. Les prix étaient des médailles d'argent offertes par le Prévôt des Marchands et les Échevins au nom de la ville.
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44
p. 161-163
De Parme, le 14 Octobre.
Début :
M. le Marquis de Crussol, Ministre Plénipotentiaire auprès de l'Infant Don [...]
Mots clefs :
Marquis de Crussol, Parme, Armes, Décoration, Musique, Bal, Sujet, Naissance du duc de Bourgogne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Parme, le 14 Octobre.
De Parme, le 14 Octobre.
M. le Marquis de Crussol, Ministre
Plénipotentiaire auprès de l'Infant Don
Philippe, Duc de Parme, célébra Jeudi
14 Octobre, la naissance de Monseigneur
le Duc de Bourgogne, par une fête qu'il
donna dans sa Maison à Colorno: il y
avoit invité la Cour, & la Noblesse du
Pays, qui s'y rendit vers les six heures du
soit; leurs Altesses Royales lui firent aussi
l'honneur d'y venir. On commença par
un feu d'artifice, après lequel, pendant
quon illuminoit la décoration & le jar-
din, les personnes invitées passerent dans
une gallerie bien décorée, à l'extrêmité
de laquelle étoit un orchestre: on exécuta
plusieurs morceaux de musique, & le
Concert finit par une Ode allégorique au
sujet, qui y fut chantée: un Bal masqué, &
un ambigu succéderent à la musique. Le
Bal, ainsi que l'illumination durerent jus-
qu au jour. Il y a eu grande profusion de
rafraîchissemens de toute espéce, & on
distribua pendant toute la nuit au peuple
quantité de viande & de vin devant sa
maison qui étoit illuminée.
La décoration du feu d'artifice tepré-
sentoit une masse de rochers ceintrée en
plan, de l'étendue de cent pieds, dont la
ed by Goc
.
162 MERCUREDEFRANCE.
partie du milieu ouverte, en forme de
grotte rustique, laissoit voir la campagne
qui étoit derriere; sur ces rochers s'éle-
voit une tertasle ornée d'une balustrade,
sur laquelle étoit fondé un Arc-de-triom-
phe a ordte Corinthien, qui faisoit le
sujet principal de l'allégorie; on voyoit
au plus haut de cet Arc, Lucihe appuyée
sut un globe d'azur aux armes de France;
à la droite de cette Déesse, qui étoit assise
sur un groupe de nuée, étoit la Felicité
publique couronnée de fleurs, tenant un
caducée d'or & à sa gauche étoit la Fécon-
dité; sut les flanes de la corniche de l'arc,
du côté droit, étoient placées en perspec-
tive les Armes de Monseigneur le Dau-
phin, & du côté gauche celles de Madame
la Dauphine, éclairées de lumieres trans-
parentes, & entourées de rayons lumi-
neux, ainsi que celle des Armes de Fran-
ee, qui étoient au sommet de l'édifice. A
quatre vingt pieds de hauteur, entre les
colonnes au niveau de leur base, étoient
représentées douze fontaines en niche,
dont l'eau jettée par des dauphins for-
moient une cascade. Sur deux piéd'estaux,
poses au bas des gradins de l'arc, on voyoit
les fleuves de Seine & d'Elbe, appuyés sut
leur urne: cet arc étoit environné de por-
tiques en loges d'ordre Ionique; au-dessus
d by Goe
JANVIER. 1752.
163
du couronnement de la face principale de
ces portiques étoit à la droite la statue de
Mars, se reposant sur ses armes, avec cette
inscription sur sa frise de l'entablement.
Belli & pacis artibus.
Du côté gauche, en parallele à la sta-
tue de Mars, étoit celle de la Paix, te-
nant une corne d'abondance; au dessous
étoit écrite cette inscription:
Gallia felicitati nato.
Au-dessus de la grotte rustique, parois-
foit la Renommée, les aîles étendues, te-
nant de la main droite une trompette, &
de la gauche déployant une banderole,
fur laquelle on lisoit ce vers de Virgile:
En nova progenies coelo demittitur alto.
Deux avenues de pyramides en lumiere
conduisoient, à cet édifice, qui étoit
construit dans le milieu d'un jardin, au-
fond duquel est un paysage qu'on avoit
illuminé, & qu'on voyoit dans le loin-
tain; à travers les portiques, toute la ma-
chine étoit illuminée, comme les décora-
tions de Théatre, & ornée de lustres dans
les arcades de chacun des portiques.
L'Ode suivante est allégorique au sujet
représenté par la décoration, & fut chan-
tée à la fin de la musique, avant que d'en-
trer dans la salle du bal.
M. le Marquis de Crussol, Ministre
Plénipotentiaire auprès de l'Infant Don
Philippe, Duc de Parme, célébra Jeudi
14 Octobre, la naissance de Monseigneur
le Duc de Bourgogne, par une fête qu'il
donna dans sa Maison à Colorno: il y
avoit invité la Cour, & la Noblesse du
Pays, qui s'y rendit vers les six heures du
soit; leurs Altesses Royales lui firent aussi
l'honneur d'y venir. On commença par
un feu d'artifice, après lequel, pendant
quon illuminoit la décoration & le jar-
din, les personnes invitées passerent dans
une gallerie bien décorée, à l'extrêmité
de laquelle étoit un orchestre: on exécuta
plusieurs morceaux de musique, & le
Concert finit par une Ode allégorique au
sujet, qui y fut chantée: un Bal masqué, &
un ambigu succéderent à la musique. Le
Bal, ainsi que l'illumination durerent jus-
qu au jour. Il y a eu grande profusion de
rafraîchissemens de toute espéce, & on
distribua pendant toute la nuit au peuple
quantité de viande & de vin devant sa
maison qui étoit illuminée.
La décoration du feu d'artifice tepré-
sentoit une masse de rochers ceintrée en
plan, de l'étendue de cent pieds, dont la
ed by Goc
.
162 MERCUREDEFRANCE.
partie du milieu ouverte, en forme de
grotte rustique, laissoit voir la campagne
qui étoit derriere; sur ces rochers s'éle-
voit une tertasle ornée d'une balustrade,
sur laquelle étoit fondé un Arc-de-triom-
phe a ordte Corinthien, qui faisoit le
sujet principal de l'allégorie; on voyoit
au plus haut de cet Arc, Lucihe appuyée
sut un globe d'azur aux armes de France;
à la droite de cette Déesse, qui étoit assise
sur un groupe de nuée, étoit la Felicité
publique couronnée de fleurs, tenant un
caducée d'or & à sa gauche étoit la Fécon-
dité; sut les flanes de la corniche de l'arc,
du côté droit, étoient placées en perspec-
tive les Armes de Monseigneur le Dau-
phin, & du côté gauche celles de Madame
la Dauphine, éclairées de lumieres trans-
parentes, & entourées de rayons lumi-
neux, ainsi que celle des Armes de Fran-
ee, qui étoient au sommet de l'édifice. A
quatre vingt pieds de hauteur, entre les
colonnes au niveau de leur base, étoient
représentées douze fontaines en niche,
dont l'eau jettée par des dauphins for-
moient une cascade. Sur deux piéd'estaux,
poses au bas des gradins de l'arc, on voyoit
les fleuves de Seine & d'Elbe, appuyés sut
leur urne: cet arc étoit environné de por-
tiques en loges d'ordre Ionique; au-dessus
d by Goe
JANVIER. 1752.
163
du couronnement de la face principale de
ces portiques étoit à la droite la statue de
Mars, se reposant sur ses armes, avec cette
inscription sur sa frise de l'entablement.
Belli & pacis artibus.
Du côté gauche, en parallele à la sta-
tue de Mars, étoit celle de la Paix, te-
nant une corne d'abondance; au dessous
étoit écrite cette inscription:
Gallia felicitati nato.
Au-dessus de la grotte rustique, parois-
foit la Renommée, les aîles étendues, te-
nant de la main droite une trompette, &
de la gauche déployant une banderole,
fur laquelle on lisoit ce vers de Virgile:
En nova progenies coelo demittitur alto.
Deux avenues de pyramides en lumiere
conduisoient, à cet édifice, qui étoit
construit dans le milieu d'un jardin, au-
fond duquel est un paysage qu'on avoit
illuminé, & qu'on voyoit dans le loin-
tain; à travers les portiques, toute la ma-
chine étoit illuminée, comme les décora-
tions de Théatre, & ornée de lustres dans
les arcades de chacun des portiques.
L'Ode suivante est allégorique au sujet
représenté par la décoration, & fut chan-
tée à la fin de la musique, avant que d'en-
trer dans la salle du bal.
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Résumé : De Parme, le 14 Octobre.
Le 14 octobre, le Marquis de Crussol, Ministre Plénipotentiaire auprès de l'Infant Don Philippe, Duc de Parme, a organisé une fête à Colorno pour célébrer la naissance du Duc de Bourgogne. La Cour, la noblesse locale et Leurs Altesses Royales y ont été conviées. La soirée a débuté par un feu d'artifice, suivi d'illuminations et de décorations. Les invités ont ensuite écouté de la musique dans une galerie ornée, concluant par une ode allégorique. Un bal masqué et un buffet ont suivi, prolongant la fête jusqu'au matin avec des rafraîchissements abondants et des distributions de nourriture et de vin au peuple. La décoration du feu d'artifice représentait une masse de rochers avec une grotte rustique, une terrasse et un Arc-de-Triomphe corinthien au sommet. Lucina, la Félicité publique et la Fécondité étaient représentées autour de l'arc, ainsi que les armes du Dauphin, de la Dauphine et de la France. Douze fontaines formaient une cascade, et les fleuves Seine et Elbe étaient figurés au bas des gradins. Des statues de Mars et de la Paix, accompagnées d'inscriptions latines, entouraient l'arc. La Renommée, tenant une trompette et une banderole avec un vers de Virgile, apparaissait au-dessus de la grotte. Deux avenues de pyramides lumineuses menaient à l'édifice, illuminé comme un décor de théâtre.
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45
p. 164-169
CANZONE Da Cantarsi a voce sola interrotta dal Coro.
Début :
Voce sola. PIANTA seconda / Ne' Germi tuoi [...]
Mots clefs :
Voce sola, Coro, Naissance du duc de Bourgogne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CANZONE Da Cantarsi a voce sola interrotta dal Coro.
CANZONE
Da Cantarsi a voce sola interrotta dal Coro.
Voce sola. PIANTA seconda /
Ne' Germi tuoi
Di tanti EROI,
Di tanti RE,
Come tornasti
Al primo onore !
Come il timore
Gioja si fe!
Il tuo SOSTEGNO
E'NATO,eNATO,
Ben sospirato
Per lunghi di.
Come Felice,
Alteramente
Impaziente
Nell' aure usci !
Vanne, o LUCINA,
Vanne orgogliosa,
Avventurosa
FECONDITA.
Nacque con questo
FRUTTO immortale
Coro.
JANVIER. 1752.
L'universale
FELICITA.
Gracie, mirate,
Mirate, Amori,
I suoi tesori
PACE versar:
Mirate l'Arti
Liete fra loro
Il Secol d' oro
Ricominciar.
II Mondo a i Geni
Tranquilli in send
Bello, e sereno
Tutto divien:
Muse, vincete
L'usato suono:
Tropp' alto DONG
Cantar convien.
BORBONIO
Almo,
PEGNO adorabile,
Un DONO sei.
Che ugual non à.
FRANCIA Magnanima,
L'alta tua Glotia
Dei sommi Dei
Pensier si fa.
165
166 MERCUREDEFRANCE.
Voce sola. Ridente volge
Al nobil FIGLIO
Il fiero ciglio
IL DIO GUERRIER;
E in Lui gli sembra
Fra mille squadre
Già l'AVO, e il PADRE
Vivo vedet.
Posa sull' Armii
Ma in quel sembiante,
Che trionfante
Di là portò
Dove le Rocche
Vinte non anco
II VALORFRANCO
Primo espugno.
D'un PARGOLETTO
Augusto in CUNA
Vede Fortuua
Già, setva al piè;
Vede il suo grande
Destino in ciélo
Che sotto il velo
Tutto ancoâ è.
Nemiche fronti
Più volte dome
165
JANVIER. 1752.
Vede al suo NOME
Già impallidir;
Che un SANGUE invitto
Di gloria impresso
Giammai se stesso
Non può mentit.
REGIUSTI, ePRODI
Col braccio eterno
FAVOR superno
Cosi sostien:
Muse, vincete
L'usato suono:
Tropp' alto DONO
Cantar convien.
De i Forti l'Indole,
Cov.
LASTIRPE EROICA
Del GRANLUIGI
Rigermogliò.
Vadan men celebri
Alcmena, e Tetide;
Maggior prodigi
GALLIA dar può.
Voce sola. ELBA, che udisti
Là sul tuo lido
168 MERCUREDE FRANCE.
Il fausto grido
Del gran NATAL.
Mira per esso
La GENITRICE
Fatta felice
Fatta immortal.
penti la SENNA
Sonanti, e liete
L'onde inquiete
Tutte agitar
Ed affrettarsi
Per incontrarti,
Per abbracciarti
In grembo al Mar.
Muse, il SUGGETTO
D'Omero degno
Vince l' ingegno,
Forza è tacer.
Vengan le Danze
Portando in viso
L'amico riso
Ed il piacer.
Coro. Le Danze amabili
Guida, o Tersicore:
Go
Gioja
JANVIER. 1752.
169
Gioja più giusta
Qual mai sara ?
Voti più teneri,
Cure più fervide
Qual CUNA AUGUSTA
Intorno avrà?
Da Cantarsi a voce sola interrotta dal Coro.
Voce sola. PIANTA seconda /
Ne' Germi tuoi
Di tanti EROI,
Di tanti RE,
Come tornasti
Al primo onore !
Come il timore
Gioja si fe!
Il tuo SOSTEGNO
E'NATO,eNATO,
Ben sospirato
Per lunghi di.
Come Felice,
Alteramente
Impaziente
Nell' aure usci !
Vanne, o LUCINA,
Vanne orgogliosa,
Avventurosa
FECONDITA.
Nacque con questo
FRUTTO immortale
Coro.
JANVIER. 1752.
L'universale
FELICITA.
Gracie, mirate,
Mirate, Amori,
I suoi tesori
PACE versar:
Mirate l'Arti
Liete fra loro
Il Secol d' oro
Ricominciar.
II Mondo a i Geni
Tranquilli in send
Bello, e sereno
Tutto divien:
Muse, vincete
L'usato suono:
Tropp' alto DONG
Cantar convien.
BORBONIO
Almo,
PEGNO adorabile,
Un DONO sei.
Che ugual non à.
FRANCIA Magnanima,
L'alta tua Glotia
Dei sommi Dei
Pensier si fa.
165
166 MERCUREDEFRANCE.
Voce sola. Ridente volge
Al nobil FIGLIO
Il fiero ciglio
IL DIO GUERRIER;
E in Lui gli sembra
Fra mille squadre
Già l'AVO, e il PADRE
Vivo vedet.
Posa sull' Armii
Ma in quel sembiante,
Che trionfante
Di là portò
Dove le Rocche
Vinte non anco
II VALORFRANCO
Primo espugno.
D'un PARGOLETTO
Augusto in CUNA
Vede Fortuua
Già, setva al piè;
Vede il suo grande
Destino in ciélo
Che sotto il velo
Tutto ancoâ è.
Nemiche fronti
Più volte dome
165
JANVIER. 1752.
Vede al suo NOME
Già impallidir;
Che un SANGUE invitto
Di gloria impresso
Giammai se stesso
Non può mentit.
REGIUSTI, ePRODI
Col braccio eterno
FAVOR superno
Cosi sostien:
Muse, vincete
L'usato suono:
Tropp' alto DONO
Cantar convien.
De i Forti l'Indole,
Cov.
LASTIRPE EROICA
Del GRANLUIGI
Rigermogliò.
Vadan men celebri
Alcmena, e Tetide;
Maggior prodigi
GALLIA dar può.
Voce sola. ELBA, che udisti
Là sul tuo lido
168 MERCUREDE FRANCE.
Il fausto grido
Del gran NATAL.
Mira per esso
La GENITRICE
Fatta felice
Fatta immortal.
penti la SENNA
Sonanti, e liete
L'onde inquiete
Tutte agitar
Ed affrettarsi
Per incontrarti,
Per abbracciarti
In grembo al Mar.
Muse, il SUGGETTO
D'Omero degno
Vince l' ingegno,
Forza è tacer.
Vengan le Danze
Portando in viso
L'amico riso
Ed il piacer.
Coro. Le Danze amabili
Guida, o Tersicore:
Go
Gioja
JANVIER. 1752.
169
Gioja più giusta
Qual mai sara ?
Voti più teneri,
Cure più fervide
Qual CUNA AUGUSTA
Intorno avrà?
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Résumé : CANZONE Da Cantarsi a voce sola interrotta dal Coro.
La canzone célèbre la naissance d'un enfant royal en janvier 1752. Une voix solitaire loue la lignée héroïque et royale de l'enfant, soulignant son retour à l'honneur et la joie qu'il apporte. Un chœur rejoint ensuite pour célébrer la félicité universelle et la paix promise par cet événement. La France est décrite comme magnanime, avec des pensées comparables à celles des dieux. Le dieu de la guerre voit en l'enfant des qualités de courage et de victoire. La voix évoque l'île d'Elbe, témoin du cri joyeux de la naissance, et imagine la mère heureuse et immortelle. Les muses sont invitées à chanter ce sujet digne d'Homère. Des danses et des joies entourent cette naissance auguste, accompagnées de vœux tendres et de soins fervents.
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46
p. 169-170
De Bourges, le 17 Octobre.
Début :
Le Te Deum odonné par Sa Majesté a été célébré par son Eminence Monseigneur le Cardinal [...]
Mots clefs :
Bourges, Cathédrale de Bourges, Éminence, Cardinal, Corps, Naissance du duc de Bourgogne, Mariages
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texteReconnaissance textuelle : De Bourges, le 17 Octobre.
De Bourges, le 17 Octobre.
Le Te Deum odonné par Sa Majesté a été
célébré par son Eminence Monseigneur le Cardinal
de la Rochefoucault dans l'Eglise Cathé-
drale de Bourges. M. l'Intendant & tous les
Corps y ont assisté. La milice bourgroise étoit
sous les armes, le canon a tiré: le Corps de
Ville a fait un seu de joie dans le lieu accoutu-
mé, & la Maison de Ville & toutes les mai-
sons des particuliers étoient illuminées. Le Pa-
lais de l'Archevêché & celui du Roi où loge M.
l'Intendant l'étoient pareillement, & il a été ti-
ré dans chacun un feu d'artifice. Nous vou-
drions qu'il nous fût permis de rendre compte
au Public de toutes les charités & ibéralités que
son Eminence M. le Cardinal de la Rochefou-
cault a déjà répanduies, & s'est proposéé de ré-
pandre à l'occasion de cet heureux événe-
ment.
Nous avons appris depuis, que le Lundi 22. de
Novembre, M. Dodart Intendant de Bourges,
avoit donné un bal à toute la Ville, où il avoit
été servi toutes sortes de rafraîchissemens, &
qui n'avoit pu s'exécuter lors des premieres ré-
jouissances à cause de l'absence de presque tous
ceux qui pouvoient y être invités. La Ville de
H
II. Vol.
by
179 MERCUREDE FRANCE.
Bourges a marié quatorze filles: celle de Cha-
teauroux sis: celle d'Yssoudun quatre: celle de
la Chaché deux: celle de Saint-Amand une: cel-
le de Dieu-le-Roi une: celle de Chatillon une :
celle de la Charité deux; outre dix filles de cam-
pagne qui ont été mariées soit pat M. l'Inten-
dant, soit pac Messicurs les Receveurs-Généraux
de la Province: ce qui fait en tout trente- neuf
mariages dans la Genéralité de Bourges.
Le Te Deum odonné par Sa Majesté a été
célébré par son Eminence Monseigneur le Cardinal
de la Rochefoucault dans l'Eglise Cathé-
drale de Bourges. M. l'Intendant & tous les
Corps y ont assisté. La milice bourgroise étoit
sous les armes, le canon a tiré: le Corps de
Ville a fait un seu de joie dans le lieu accoutu-
mé, & la Maison de Ville & toutes les mai-
sons des particuliers étoient illuminées. Le Pa-
lais de l'Archevêché & celui du Roi où loge M.
l'Intendant l'étoient pareillement, & il a été ti-
ré dans chacun un feu d'artifice. Nous vou-
drions qu'il nous fût permis de rendre compte
au Public de toutes les charités & ibéralités que
son Eminence M. le Cardinal de la Rochefou-
cault a déjà répanduies, & s'est proposéé de ré-
pandre à l'occasion de cet heureux événe-
ment.
Nous avons appris depuis, que le Lundi 22. de
Novembre, M. Dodart Intendant de Bourges,
avoit donné un bal à toute la Ville, où il avoit
été servi toutes sortes de rafraîchissemens, &
qui n'avoit pu s'exécuter lors des premieres ré-
jouissances à cause de l'absence de presque tous
ceux qui pouvoient y être invités. La Ville de
H
II. Vol.
by
179 MERCUREDE FRANCE.
Bourges a marié quatorze filles: celle de Cha-
teauroux sis: celle d'Yssoudun quatre: celle de
la Chaché deux: celle de Saint-Amand une: cel-
le de Dieu-le-Roi une: celle de Chatillon une :
celle de la Charité deux; outre dix filles de cam-
pagne qui ont été mariées soit pat M. l'Inten-
dant, soit pac Messicurs les Receveurs-Généraux
de la Province: ce qui fait en tout trente- neuf
mariages dans la Genéralité de Bourges.
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Résumé : De Bourges, le 17 Octobre.
Le 17 octobre, un Te Deum a été ordonné par Sa Majesté et célébré par le Cardinal de la Rochefoucauld dans la cathédrale de Bourges. L'événement a rassemblé M. l'Intendant, divers corps, la milice bourgroise et a été marqué par des salves de canon. La ville a organisé un feu d'artifice et illuminé plusieurs bâtiments, dont le Palais de l'Archevêché et celui du Roi. Les auteurs souhaitent souligner les charités et libéralités du Cardinal à cette occasion. Le 22 novembre, M. Dodart, Intendant de Bourges, a donné un bal avec des rafraîchissements, initialement reporté en raison de l'absence de nombreux invités. Par ailleurs, la ville de Bourges et plusieurs localités voisines ont célébré trente-neuf mariages, répartis comme suit : quatorze à Bourges, six à Châteauroux, quatre à Yssoudun, deux à La Châché, une à Saint-Amand, une à Dieu-le-Roi, une à Chatillon, deux à La Charité, et dix dans les campagnes.
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47
p. 170-171
De l'Orient.
Début :
Le 17. d'Octobre la Compagnie des Indes fit faire des réjouissances pour la naissance de Monseigneur [...]
Mots clefs :
Lorient, Compagnie des Indes, Réjouissances, Naissance du duc de Bourgogne
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texteReconnaissance textuelle : De l'Orient.
De l'Orient.
Le 17. d'Octobre la Compagnie des Indes fit
faire des réjouissances pout la naissance de Monseigneur
le Duc de Bourgogne La fête qu'elle
a donnée à cette occasion étoit proportionnée à
la joie qu'elle a ressentie de cet heureux évene-
ment. Elle fut annonçée le matin par une salve de
quatre-vingt coups de canon. A quatre heures du
soit on chanta le Te Deum pendant lequel il y
cut deux autres salvos d'Artillerie, & trois dé-
charges de Mousquetterie par les troupes de la
Compagnie qui étoient sous les armes. Il
avoit sur la place d'armes quatre fontaines de
vin; & l'on distribua au peuple une grande quan-
tité de pain & de viande. Le soir il y eut une
magnisique illumination à l'Hôtel des ventes, à
la machine à Mater, & à deux vaisseaux qui
étoient en rade. La variété qui regnoit dans ces
différentes parties formoit un spectacle très-
agréable. La Comédie fut donnée gratis, & la
Compagnie en fit les frais.
M. Godeheu Directeur, commandant au port
de l'Orient, qui cherche toujours les occasions
de se distinguer dans la place qu'il occupe, vou-
lut aussi donnet des preuves de son zele, & ter-
mina la fête par un graud repas suivi du bal. Il
ed by Goo
JANVIER.
1752.
171
avoit fait construire une salle de cent pieds de
long sur l'endroit appellé le parterie. Ceux qu'il
avoit invités à souper s'y rendirent apiès la Co-
médie: on trouva cinq tables de vingt cinq cou-
verts magnisiquement servies dont les places fu-
rent presque toutes remplies par les Danes de
l'Orient. Il n'y avoit à chaque table que le nom-
bre de Cavaliers nécessaires pour en faire les
honneurs; le reste étoit occupé à servir les Da-
mes. Après le repas qui dura jusqu'à minuit, on
entra dans une salle de bal très-bien éclairée :
les orchestres étoient nombreux, & on y servit
pendant toute la uuit des rafraîchissemens de tou-
te espêce. A six heures du matin chacun se retira
également satisfait de la beauté de la fête, & de
la façon dont M. le Commandant en avoit fait
les honneurs.
Le 17. d'Octobre la Compagnie des Indes fit
faire des réjouissances pout la naissance de Monseigneur
le Duc de Bourgogne La fête qu'elle
a donnée à cette occasion étoit proportionnée à
la joie qu'elle a ressentie de cet heureux évene-
ment. Elle fut annonçée le matin par une salve de
quatre-vingt coups de canon. A quatre heures du
soit on chanta le Te Deum pendant lequel il y
cut deux autres salvos d'Artillerie, & trois dé-
charges de Mousquetterie par les troupes de la
Compagnie qui étoient sous les armes. Il
avoit sur la place d'armes quatre fontaines de
vin; & l'on distribua au peuple une grande quan-
tité de pain & de viande. Le soir il y eut une
magnisique illumination à l'Hôtel des ventes, à
la machine à Mater, & à deux vaisseaux qui
étoient en rade. La variété qui regnoit dans ces
différentes parties formoit un spectacle très-
agréable. La Comédie fut donnée gratis, & la
Compagnie en fit les frais.
M. Godeheu Directeur, commandant au port
de l'Orient, qui cherche toujours les occasions
de se distinguer dans la place qu'il occupe, vou-
lut aussi donnet des preuves de son zele, & ter-
mina la fête par un graud repas suivi du bal. Il
ed by Goo
JANVIER.
1752.
171
avoit fait construire une salle de cent pieds de
long sur l'endroit appellé le parterie. Ceux qu'il
avoit invités à souper s'y rendirent apiès la Co-
médie: on trouva cinq tables de vingt cinq cou-
verts magnisiquement servies dont les places fu-
rent presque toutes remplies par les Danes de
l'Orient. Il n'y avoit à chaque table que le nom-
bre de Cavaliers nécessaires pour en faire les
honneurs; le reste étoit occupé à servir les Da-
mes. Après le repas qui dura jusqu'à minuit, on
entra dans une salle de bal très-bien éclairée :
les orchestres étoient nombreux, & on y servit
pendant toute la uuit des rafraîchissemens de tou-
te espêce. A six heures du matin chacun se retira
également satisfait de la beauté de la fête, & de
la façon dont M. le Commandant en avoit fait
les honneurs.
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Résumé : De l'Orient.
Le 17 octobre, la Compagnie des Indes célébra la naissance du Duc de Bourgogne par diverses festivités. La journée débuta par une salve de quatre-vingt coups de canon. À 16 heures, un Te Deum fut chanté, accompagné de salves d'artillerie et de décharges de mousqueterie. Sur la place d'armes, des fontaines de vin, du pain et de la viande furent distribués au peuple. Le soir, une illumination eut lieu à l'Hôtel des ventes, à la machine à Mater et sur deux vaisseaux en rade. La Comédie fut offerte gratuitement, avec les frais pris en charge par la Compagnie. M. Godeheu, directeur et commandant au port de l'Orient, organisa un grand repas suivi d'un bal après la Comédie. Une salle de cent pieds de long fut construite pour accueillir cinq tables de vingt-cinq couverts, principalement occupées par les dames de l'Orient. Le bal, avec orchestres et rafraîchissements, se prolongea jusqu'à six heures du matin, laissant tous les participants satisfaits.
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48
p. 171-173
De Perpignan le 17. Octobre.
Début :
La Province du Roussillon a donné les plus grandes marques de joie à l'occasion de la naissance [...]
Mots clefs :
Perpignan, Roussillon, Feu d'artifice, Place, Province, Décoration, Comte de Mailly, Naissance du duc de Bourgogne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Perpignan le 17. Octobre.
De Perpignan le 17. Octobre.
La Province du Roussillon a donné les plus
grandes marques de joie à l'occasion de la naissance
de Monseigneur le Duc de Bourgogne.
Ily aeu à Perpignan de brillantes fêtes pendant
huit jours, elles avoient attiré dans cette Ville
un grand nombre d'Etrangers: les Espagnols
surtout y ont accouru en foule.
Les réjouissances y commencerent le 17. Oc-
tobre par un Te Deum qui fut chanté dans
l'Eglise Cathédrale avec la plus grande pompe.
M. le Comte de Mailly Licutenant Génetal &
Commandant de la Province y assista à la tête
de tous les Corps, celui de la Noblesse & du
Militaire étoit très-nombreux. Il y eut ensuite
un feu devant l'Hôtel de Ville, toutes les mai-
sons furent illuminées, & les sontaines de vin
Hij
ed by Goc
172 MERCUREDE FRANCE.
coulerent en abondance. On fit le lendemain
quarante mariages; & le jout d'aptès, l'Hôtel
de Ville termina sa fête par un fort beau feu d'at-
tifice.
Le 20. M. le Comte de Mailly commença
une fête particuliere. On avoit formé une salle
en décoration qui occupoit toute la place d'ar-
mes. Il y avoit quatre ares de triomphe dans les
coins, ils étoient unis par une colonade suivie
& entrecoupée de deux autres arcs de triomphe
intérieurs qui étoient remplis de toute sorte de
Musiciens. On avoit élevé a l'un des deux bouts
une décoration de plus de soixante pieds de
hauteur, elle étoit d'un goût exquis, & ornée
de différentes emblêmes, cette décoration for-
moit l'établissement d'un feu d'artifice. On avoit
élevé en face un amphithéa te couvert, où plus
de quatre cent personnes furent placées: il y
avoit aussi divers autres établissemens pour conte-
nit les différens Etats & le peuple. Cette fête
fut annonçée par trois décharges de toute l'Ar-
tilletie des ramparts: une quantité prodigieu-
se de tambours, de tymballes, de trompettes
& toute sorte d'instrumens y répondirent succes-
sivement. On tira ensuite le feu d'artifice qui fut
aussi heureusement qu'agréablement composé,
Aussi tôt toute la place fut illuminée, & les Da-
mes, au nombre de plus de cent, en habits de
masques de différens caracteres, descendirent de
l'amphithéâtre avec leurs danseurs habillés de mê-
me; elles entrerent par les quatre arcs de triom-
phe formant différens cadtilles, & ouvrirent les
danses au bruit de tous les instrumens, elles re-
monterent ensuite à l'amphithéâtre, & la place
fut laissée libre à tout le peuple qui y entra de
même par différentes danses, & y troura des
jitized by Goo,
JANVIER. 1752.
173
fontaines de vin qui n'ont cessé de couler pen-
dant trois jours: les danses & les illuminations
ont aussi duré tout ce tems. Après le premier
coup d'œeil, toutes les Dames se rendirent chezM.
le Comte de Mailly, où l'on servit cinq tables
avec la plus grande somptuosité. On y admit
plus de quatre cens personnes. On ouvrit en-
suite un bal qui dura jusqu'à huit heures du ma-
tin. Le jour d'aptès les Dames, reparurent à la
place d'armes avec les mêmes habillemens, &
revinrent enfuite chez M. le Comte de Mailiy
terminer cette gtande fête par un bal, od l'on
n'oublia rien pour satisfaire tout le monde.
M. Bertin, Intendant de la Province, donna le
Jendemain une fête tout à fait galante, & de fort
bon goût: les Dames reparurent sur la place com-
me les jours précedens: le peuple s'y rendit en-
suite, les fontaines de vin coulerent encore; on
distribua un chariot de viandes de différentes
sortes. On se rendit enfuite à l'Intendance où
l'on tira un feu d'artifice qui fut trouvé très-beau.
On servit aussi- 1ôt un souper où la profusion ne
nuisit pas à la délicatesse. Un bal qui dura jus-
qu'à huit heures du matio termina le Lundi 25.
toutes ces fêtes commencées depuis le 17, du mê-
me mois. Tont le monde, & les Espagnols fur-
tout, ont paru extrêmement satisfaits de la ma-
gnificence & du bon ordre avec lequel toutes
ces fêtes ont été célebrées.
La Province du Roussillon a donné les plus
grandes marques de joie à l'occasion de la naissance
de Monseigneur le Duc de Bourgogne.
Ily aeu à Perpignan de brillantes fêtes pendant
huit jours, elles avoient attiré dans cette Ville
un grand nombre d'Etrangers: les Espagnols
surtout y ont accouru en foule.
Les réjouissances y commencerent le 17. Oc-
tobre par un Te Deum qui fut chanté dans
l'Eglise Cathédrale avec la plus grande pompe.
M. le Comte de Mailly Licutenant Génetal &
Commandant de la Province y assista à la tête
de tous les Corps, celui de la Noblesse & du
Militaire étoit très-nombreux. Il y eut ensuite
un feu devant l'Hôtel de Ville, toutes les mai-
sons furent illuminées, & les sontaines de vin
Hij
ed by Goc
172 MERCUREDE FRANCE.
coulerent en abondance. On fit le lendemain
quarante mariages; & le jout d'aptès, l'Hôtel
de Ville termina sa fête par un fort beau feu d'at-
tifice.
Le 20. M. le Comte de Mailly commença
une fête particuliere. On avoit formé une salle
en décoration qui occupoit toute la place d'ar-
mes. Il y avoit quatre ares de triomphe dans les
coins, ils étoient unis par une colonade suivie
& entrecoupée de deux autres arcs de triomphe
intérieurs qui étoient remplis de toute sorte de
Musiciens. On avoit élevé a l'un des deux bouts
une décoration de plus de soixante pieds de
hauteur, elle étoit d'un goût exquis, & ornée
de différentes emblêmes, cette décoration for-
moit l'établissement d'un feu d'artifice. On avoit
élevé en face un amphithéa te couvert, où plus
de quatre cent personnes furent placées: il y
avoit aussi divers autres établissemens pour conte-
nit les différens Etats & le peuple. Cette fête
fut annonçée par trois décharges de toute l'Ar-
tilletie des ramparts: une quantité prodigieu-
se de tambours, de tymballes, de trompettes
& toute sorte d'instrumens y répondirent succes-
sivement. On tira ensuite le feu d'artifice qui fut
aussi heureusement qu'agréablement composé,
Aussi tôt toute la place fut illuminée, & les Da-
mes, au nombre de plus de cent, en habits de
masques de différens caracteres, descendirent de
l'amphithéâtre avec leurs danseurs habillés de mê-
me; elles entrerent par les quatre arcs de triom-
phe formant différens cadtilles, & ouvrirent les
danses au bruit de tous les instrumens, elles re-
monterent ensuite à l'amphithéâtre, & la place
fut laissée libre à tout le peuple qui y entra de
même par différentes danses, & y troura des
jitized by Goo,
JANVIER. 1752.
173
fontaines de vin qui n'ont cessé de couler pen-
dant trois jours: les danses & les illuminations
ont aussi duré tout ce tems. Après le premier
coup d'œeil, toutes les Dames se rendirent chezM.
le Comte de Mailly, où l'on servit cinq tables
avec la plus grande somptuosité. On y admit
plus de quatre cens personnes. On ouvrit en-
suite un bal qui dura jusqu'à huit heures du ma-
tin. Le jour d'aptès les Dames, reparurent à la
place d'armes avec les mêmes habillemens, &
revinrent enfuite chez M. le Comte de Mailiy
terminer cette gtande fête par un bal, od l'on
n'oublia rien pour satisfaire tout le monde.
M. Bertin, Intendant de la Province, donna le
Jendemain une fête tout à fait galante, & de fort
bon goût: les Dames reparurent sur la place com-
me les jours précedens: le peuple s'y rendit en-
suite, les fontaines de vin coulerent encore; on
distribua un chariot de viandes de différentes
sortes. On se rendit enfuite à l'Intendance où
l'on tira un feu d'artifice qui fut trouvé très-beau.
On servit aussi- 1ôt un souper où la profusion ne
nuisit pas à la délicatesse. Un bal qui dura jus-
qu'à huit heures du matio termina le Lundi 25.
toutes ces fêtes commencées depuis le 17, du mê-
me mois. Tont le monde, & les Espagnols fur-
tout, ont paru extrêmement satisfaits de la ma-
gnificence & du bon ordre avec lequel toutes
ces fêtes ont été célebrées.
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Résumé : De Perpignan le 17. Octobre.
Le 17 octobre, la province du Roussillon a célébré la naissance du Duc de Bourgogne avec des festivités de huit jours à Perpignan, attirant de nombreux étrangers, dont des Espagnols. Les réjouissances ont commencé par un Te Deum solennel à la cathédrale, en présence de M. le Comte de Mailly, Lieutenant Général et Commandant de la province, ainsi que de la noblesse et des militaires. Les premiers jours ont été marqués par des feux d'artifice, des illuminations et des fontaines de vin. Le 20 octobre, M. le Comte de Mailly a organisé une fête sur la place d'armes, décorée de quatre arcs de triomphe et d'une colonnade. Cette soirée a inclus un feu d'artifice et des danses masquées, avec la participation de plus de cent dames et de nombreux spectateurs. Les festivités ont continué jusqu'au 25 octobre, incluant des bals, des distributions de nourriture et des illuminations. Les Espagnols ont particulièrement apprécié la magnificence et l'organisation de ces événements.
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49
p. 173-174
De Trelon près d'Avesnes.
Début :
Le 17. du même mois Mademoiselle la Comtesse de Merode, voulant aussi donner des démonstrations [...]
Mots clefs :
Treslon, Château, Naissance du duc de Bourgogne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Trelon près d'Avesnes.
De Trelon près d'Avesnes.
Le 17. du même mois Mademoiselle la Comtesse
de Merode, voulant aussi donner des démonstrations
publiques de son zéle, fit chanter, dans
la Chapelle de son Château de Trelon près
H liij
174 MERCUREDEFRANCE.
Avesnes, le Te Deum auquel l'Abhé de l'Ab-
baye réguliere de Liessies officia pontificalement.
Elle donna le même jour un souper splendide
& un grand bal, & son Château, tant à l'ex-
térieur que dans l'intérieur, fut magnisique-
ment illuminé.
Le 17. du même mois Mademoiselle la Comtesse
de Merode, voulant aussi donner des démonstrations
publiques de son zéle, fit chanter, dans
la Chapelle de son Château de Trelon près
H liij
174 MERCUREDEFRANCE.
Avesnes, le Te Deum auquel l'Abhé de l'Ab-
baye réguliere de Liessies officia pontificalement.
Elle donna le même jour un souper splendide
& un grand bal, & son Château, tant à l'ex-
térieur que dans l'intérieur, fut magnisique-
ment illuminé.
Fermer
50
p. 174-177
LE TEMPLE de la felicité publique figuré par le feu de joie élevé par les soins de Messieurs les Lieutenant, Gens du Conseil, Echevins, Gouverneurs de la Ville de Reims, & tiré devant l'Hôtel de Ville, pour la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne, en présence de M. le Comte de Grand Pré, Lieutenant Général de la Province, qui mit le feu avec M. le Lie[u]tenant des Habitans, le Lundi 18. Octobre. Jam nova progenies caelo demittitur alto, Jam redit & virgo, redeunt Saturnia regna, Virg. Eglog. IV.
Début :
La naissance de Monseigneur le DUC DE BOURG[O]GNE, est un événement qui [...]
Mots clefs :
Félicité publique, Feu de joie, Reims, Temple, Figure, Ville, Majesté, Naissance du duc de Bourgogne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LE TEMPLE de la felicité publique figuré par le feu de joie élevé par les soins de Messieurs les Lieutenant, Gens du Conseil, Echevins, Gouverneurs de la Ville de Reims, & tiré devant l'Hôtel de Ville, pour la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne, en présence de M. le Comte de Grand Pré, Lieutenant Général de la Province, qui mit le feu avec M. le Lie[u]tenant des Habitans, le Lundi 18. Octobre. Jam nova progenies caelo demittitur alto, Jam redit & virgo, redeunt Saturnia regna, Virg. Eglog. IV.
LE TEMPLE de la felicité publique
figuré par le feu de joie élevé par les
soins de Messieurs les Lieutenant, Gens
du Conseil, Echevins, Gouverneurs de
la Ville de Reims, & tirè devant l'Hôtel
de Ville, pour la naissance de Monseigneur
le Duc de Bourgogne, en presence
de M. le Comte de Grand Pré, Lieutenant
Général de la Province, qui mit le
feu avec M. le Lie[u]tenant des Habitans,
le Lundi 18. Octobre.
Jam nova progenies caelo demittitur alto,
Jam redit & virgo, redeunt Saturnia regna,
Virg. Eglog. IV.
La naissance de Monseigneur le DUC DE
BOURG[O]GNE, est un événement qui
met tout à la fois le comble aux vœux de Sa
Majesté, à ceux de Monseigneur le Dauphin
& au bonheur des Peuples.
La Ville de Reims, toujours distinguée par
son empressement à signaler son zele dans les
circonstances qui intéressent Sa Majesté & la fé-
JANVIER. 1752.
175
liciré de son Royaume, a voulu donner un specta-
cle digne de l'amour & de la reconnoissance dont
elle est si vivement pénétrée pour les bienfaits
dont Sa Majessé vient de la combler, & qui lui
fournissent les moyens de hâter l'éxécution des
fontaines amenées dans l'enceinte de ses muis. El-
le a cru devoir profiter des circonstances de la
joie publique pour reconnostre une faveur aussi
honorable; & au plaisir de se conformer aux in-
tentions de Sa Majesté, sur l'objet des dots
elle a joint la satisfaction de faire éclater les
mouvemens de sa gratitude.
Le Temple de la félicité publique, par une
imitation de celui qui fut élevé dans Rome sous
le plus grand & le meilleur des Empereurs, † est
le monument qui a paru au Conseil de Ville
le plus propre à exprimer ses sentimens pour un
Prince qui fait revivre les vertus d'Auguste.
Cet édifice d'ordre Corinthien, a cinquante-
cinque pieds d'élévation & vingt pieds de face, suu
un plan octogone, élevé sur cinq dégrés de mar-
bre; les pilastres, aussi de marbre, sont posés
sur des pieds-d'estaux couronnés de leur entable-
ment: dans les grandes faces s'ouvrent quatre
portiques en plein ceintre, ornés de leur impos-
te & archivolte, chargés de caducées, de car-
quois, & des armes de Ftance & de Bourgo-
gne : ces portiques découvrent l'intérieur du
Temple.
Dans les pans conpés de l'édifice du Temple
*Sa Majesté a accordé à la Vi. le de Reims, pour
remt lir cet objet, la somme de cent quatre- vingt mille
livres.
† Ce Temple fut banti par les soins de Lepidus. Dion.
Livre 44.
Hiij
Itized by Goog
176 MERCUREDEFRANCE.
sont placées quatre figures héroiques posées sur
leurs pied-d'estaux, au bas de chacun desquels on
lit dans un cattouche quatre vers, qui ont
rapport à la figure. Au dessus sont des médail-
lons en camoieux, rehaussés d'or, suspendus par
des mascarons.
Une balustrade aussi octogone, surmonte l'en-
tablement; dans les pans coupés sont des bas-
reliefs, & les inscriptions qui y ont tapport sont
placées dans la frise: sur les tablettes des piéd-d'es-
taux sont polés des groupes d'Amours & des
vases.
Au niveau de la corniche s'éleve un attique
sur lequel est appuyé un dôme de figure octo-
gone, enrichi de guirlandes; au sommet du
dôme est un amortissement qui porte la figure de
la Renommée terminant l'edifice du Temple.
Chaque figure placée dans les pans coupés de-
vient, par le caractere qui lui est propre, la Di-
vinité tutélaire du Temple; ces figures sont la
Paix, Minerve, la Force & l'Abondance.
La Paix tenant d'une main un rameau d'oli-
vier, & de l'autre un flambeau avec lequel elle
brule un trophée d'armes, pour annoncer que
son regne est plus que jamais assuré par la nais-
sance du jeune Priace.
A jamais sous mes pieds que la discorde expire;
L'Amout qui vient de naître écarte ses forfaits,
Et de LoUIS l'heureux empire
Deviendra pour toujours celui de mes bienfaits.
L'Abondance, caractérisée par la corne d'A-
malthée qu'elle tient daus ses bras, promet au
peuple ses bienfaits.
JANVIER. 1752.
177
Peuples, un fils du sang des Dieux,
De mes laveurs pour vous est la douce espérance,
Mes dons versés à sa naissance
Par les mains de LOUIS combleront tous vos
vœux.
Minerve portant d'une main le livre de ses
Joix, & de l'autre des desseins d'Architecture &
de Mathématique, semble exprimer que le Due
DE BOURGOGNI, instruit par les leçons de la Sa-
gesse, sera un jour la gloire & le protecteur des
beaux Arts.
Un Eleve nouveau, formé par mes otacles,
De ce Temple sacré sera le ferme appui,
Il crostra pour sa gloire, & deux Héros en lui
Verront de leurs vertus retracer les miracles.
La Force, armée d'une massue, terrasse à
ses pieds une Hydre representant la Discorde,
France, qu'a tes regards mes armes, mon con-
rage
N'annoncent désormais la crainte ni l'horreur;
Sous les yeux de LOUIS elles n'ont d'autre
usage,
Que d'affermit la paix, ta gloire & ton bonhour.
figuré par le feu de joie élevé par les
soins de Messieurs les Lieutenant, Gens
du Conseil, Echevins, Gouverneurs de
la Ville de Reims, & tirè devant l'Hôtel
de Ville, pour la naissance de Monseigneur
le Duc de Bourgogne, en presence
de M. le Comte de Grand Pré, Lieutenant
Général de la Province, qui mit le
feu avec M. le Lie[u]tenant des Habitans,
le Lundi 18. Octobre.
Jam nova progenies caelo demittitur alto,
Jam redit & virgo, redeunt Saturnia regna,
Virg. Eglog. IV.
La naissance de Monseigneur le DUC DE
BOURG[O]GNE, est un événement qui
met tout à la fois le comble aux vœux de Sa
Majesté, à ceux de Monseigneur le Dauphin
& au bonheur des Peuples.
La Ville de Reims, toujours distinguée par
son empressement à signaler son zele dans les
circonstances qui intéressent Sa Majesté & la fé-
JANVIER. 1752.
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liciré de son Royaume, a voulu donner un specta-
cle digne de l'amour & de la reconnoissance dont
elle est si vivement pénétrée pour les bienfaits
dont Sa Majessé vient de la combler, & qui lui
fournissent les moyens de hâter l'éxécution des
fontaines amenées dans l'enceinte de ses muis. El-
le a cru devoir profiter des circonstances de la
joie publique pour reconnostre une faveur aussi
honorable; & au plaisir de se conformer aux in-
tentions de Sa Majesté, sur l'objet des dots
elle a joint la satisfaction de faire éclater les
mouvemens de sa gratitude.
Le Temple de la félicité publique, par une
imitation de celui qui fut élevé dans Rome sous
le plus grand & le meilleur des Empereurs, † est
le monument qui a paru au Conseil de Ville
le plus propre à exprimer ses sentimens pour un
Prince qui fait revivre les vertus d'Auguste.
Cet édifice d'ordre Corinthien, a cinquante-
cinque pieds d'élévation & vingt pieds de face, suu
un plan octogone, élevé sur cinq dégrés de mar-
bre; les pilastres, aussi de marbre, sont posés
sur des pieds-d'estaux couronnés de leur entable-
ment: dans les grandes faces s'ouvrent quatre
portiques en plein ceintre, ornés de leur impos-
te & archivolte, chargés de caducées, de car-
quois, & des armes de Ftance & de Bourgo-
gne : ces portiques découvrent l'intérieur du
Temple.
Dans les pans conpés de l'édifice du Temple
*Sa Majesté a accordé à la Vi. le de Reims, pour
remt lir cet objet, la somme de cent quatre- vingt mille
livres.
† Ce Temple fut banti par les soins de Lepidus. Dion.
Livre 44.
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176 MERCUREDEFRANCE.
sont placées quatre figures héroiques posées sur
leurs pied-d'estaux, au bas de chacun desquels on
lit dans un cattouche quatre vers, qui ont
rapport à la figure. Au dessus sont des médail-
lons en camoieux, rehaussés d'or, suspendus par
des mascarons.
Une balustrade aussi octogone, surmonte l'en-
tablement; dans les pans coupés sont des bas-
reliefs, & les inscriptions qui y ont tapport sont
placées dans la frise: sur les tablettes des piéd-d'es-
taux sont polés des groupes d'Amours & des
vases.
Au niveau de la corniche s'éleve un attique
sur lequel est appuyé un dôme de figure octo-
gone, enrichi de guirlandes; au sommet du
dôme est un amortissement qui porte la figure de
la Renommée terminant l'edifice du Temple.
Chaque figure placée dans les pans coupés de-
vient, par le caractere qui lui est propre, la Di-
vinité tutélaire du Temple; ces figures sont la
Paix, Minerve, la Force & l'Abondance.
La Paix tenant d'une main un rameau d'oli-
vier, & de l'autre un flambeau avec lequel elle
brule un trophée d'armes, pour annoncer que
son regne est plus que jamais assuré par la nais-
sance du jeune Priace.
A jamais sous mes pieds que la discorde expire;
L'Amout qui vient de naître écarte ses forfaits,
Et de LoUIS l'heureux empire
Deviendra pour toujours celui de mes bienfaits.
L'Abondance, caractérisée par la corne d'A-
malthée qu'elle tient daus ses bras, promet au
peuple ses bienfaits.
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Peuples, un fils du sang des Dieux,
De mes laveurs pour vous est la douce espérance,
Mes dons versés à sa naissance
Par les mains de LOUIS combleront tous vos
vœux.
Minerve portant d'une main le livre de ses
Joix, & de l'autre des desseins d'Architecture &
de Mathématique, semble exprimer que le Due
DE BOURGOGNI, instruit par les leçons de la Sa-
gesse, sera un jour la gloire & le protecteur des
beaux Arts.
Un Eleve nouveau, formé par mes otacles,
De ce Temple sacré sera le ferme appui,
Il crostra pour sa gloire, & deux Héros en lui
Verront de leurs vertus retracer les miracles.
La Force, armée d'une massue, terrasse à
ses pieds une Hydre representant la Discorde,
France, qu'a tes regards mes armes, mon con-
rage
N'annoncent désormais la crainte ni l'horreur;
Sous les yeux de LOUIS elles n'ont d'autre
usage,
Que d'affermit la paix, ta gloire & ton bonhour.
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Résumé : LE TEMPLE de la felicité publique figuré par le feu de joie élevé par les soins de Messieurs les Lieutenant, Gens du Conseil, Echevins, Gouverneurs de la Ville de Reims, & tiré devant l'Hôtel de Ville, pour la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne, en présence de M. le Comte de Grand Pré, Lieutenant Général de la Province, qui mit le feu avec M. le Lie[u]tenant des Habitans, le Lundi 18. Octobre. Jam nova progenies caelo demittitur alto, Jam redit & virgo, redeunt Saturnia regna, Virg. Eglog. IV.
Le texte relate les festivités organisées à Reims pour célébrer la naissance du Duc de Bourgogne, un événement qui a réjoui le roi, le Dauphin et le peuple. La ville de Reims, réputée pour son loyalisme envers la monarchie, a mis en place un spectacle public pour manifester sa gratitude. À cette occasion, un 'Temple de la félicité publique' a été construit, s'inspirant d'un monument romain érigé sous Auguste. Ce bâtiment, de style corinthien, mesure cinquante-cinq pieds de haut et vingt pieds de large, et est structuré sur un plan octogonal avec cinq degrés de marbre. Il est décoré de pilastres, de portiques et de symboles représentant la France et la Bourgogne. Le temple abrite quatre figures allégoriques : la Paix, Minerve, la Force et l'Abondance. Chacune de ces figures est accompagnée de vers et de symboles appropriés. La Paix est représentée en train de brûler un trophée d'armes, symbolisant la fin des conflits. L'Abondance tient une corne d'Amalthée, représentant la prospérité. Minerve, déesse de la sagesse, porte des livres et des plans architecturaux. La Force, quant à elle, terrasse une hydre symbolisant la discorde. Le roi a alloué une somme de cent quatre-vingt mille livres pour financer ce projet monumental.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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LE TEMPLE de la felicité publique figuré par le feu de joie élevé par les soins de Messieurs les Lieutenant, Gens du Conseil, Echevins, Gouverneurs de la Ville de Reims, & tiré devant l'Hôtel de Ville, pour la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne, en présence de M. le Comte de Grand Pré, Lieutenant Général de la Province, qui mit le feu avec M. le Lie[u]tenant des Habitans, le Lundi 18. Octobre. Jam nova progenies caelo demittitur alto, Jam redit & virgo, redeunt Saturnia regna, Virg. Eglog. IV.