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151
p. 202-203
De VIENNE, le 2 Août. Extrait d'une Lettre de Vienne, du 29 Juillet.
Début :
Nous avons appris, le 27 de ce mois, la nouvelle de la prise de [...]
Mots clefs :
Prise d'une ville, Artillerie, Attaque, Compagnies, Bataillons, Garnison, Conquête, Impératrice, Provisions, Munitions, Soldats, Déserteurs, Général Laudon, Armée
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texteReconnaissance textuelle : De VIENNE, le 2 Août. Extrait d'une Lettre de Vienne, du 29 Juillet.
De VIENNE , le 2 Août.
Extrait d'une Lettre de Vienne , du 29 Juillet.
Nous avons appris , le 27 de ce mois , la nouvelle
de la prife de Glatz . L'artillerie, confiftant
en quatre-vingt-deux canons & mortiers , diſtribuée
en quatorze batteries , n'avoit commencé à
tirer que le 26 à trois heures du matin . Le général
Laudon , qui étoit arrivé la veille pour juger
par lui- même des travaux & des progrès du fiége
, a fait attaquer à ſept heures du matin , par
deux Compagnies de Grenadiers , foutenues d'un
Bataillon , un ouvrage qui couvroit le chemin
couvert , & qui fut emporté fans réſiſtance . Les
Affiégeans ont pourfuivi les Pruffiens dans le chemin
couvert , & de là ils font entrés pêle-mêle
dans la Ville. Auflitôt la Garnifon s'eft rendue
à difciétion , & l'on s'eft emparé de la Ville &
du Château. Il reftoit encore un petit Fort , détaché
de la Place , qui eft abfolument dominé parle
Château , & qui s'eft rendu dans la journée .
La conquête de cette Place , ne coûte pas deux
cens hommes à l'Impératrice. L'artillerie n'a tiré
que pendant quatre heures , & l'emplacement
des batteries étoit fi bien choifi , & le feu fi bien
dirigé, que dans ce court efpace elle a caufé beaucoup
de dommage.
On a trouvé dans Glatz 22570 quintaux de farine
, 4.83 mefures de froment , 34828 mefures
d'avoine , 21870 quintaux de foin , & une grande
quantité d'autres provifions.
L'artillerie & les munitions de guerre confiftoient
en deux cens trois canons , mortiers ou
obufiers , avec quatre mille boulets , quatre mille
trois cens bombes , fix mille neuf cens grenades,
& dix-fept cens mille cartouches , tant de fufil
que de carabine.
SEPTEMBRE. 1760. 203
Lorfque nos troupes font entrées dans cette Pla
ce , la plupart des foldats qui compofoient la
garnion ont jetté bas les armes , & le font déclarés
déferteurs. Air fi , quoique leur nombre fût ,
au moment de la prife , de près de deux mille
cinq cens , nous n'avons pas fait plus de mille
prifonniers Pruſſiens .
Le Général Laudon a retiré fur le champ quinze
mille hommes des troupes employées au Siége
Pour renforcer fon armée , & dès aujourd'hui il
fe met en marche pour Breſlau.
Extrait d'une Lettre de Vienne , du 29 Juillet.
Nous avons appris , le 27 de ce mois , la nouvelle
de la prife de Glatz . L'artillerie, confiftant
en quatre-vingt-deux canons & mortiers , diſtribuée
en quatorze batteries , n'avoit commencé à
tirer que le 26 à trois heures du matin . Le général
Laudon , qui étoit arrivé la veille pour juger
par lui- même des travaux & des progrès du fiége
, a fait attaquer à ſept heures du matin , par
deux Compagnies de Grenadiers , foutenues d'un
Bataillon , un ouvrage qui couvroit le chemin
couvert , & qui fut emporté fans réſiſtance . Les
Affiégeans ont pourfuivi les Pruffiens dans le chemin
couvert , & de là ils font entrés pêle-mêle
dans la Ville. Auflitôt la Garnifon s'eft rendue
à difciétion , & l'on s'eft emparé de la Ville &
du Château. Il reftoit encore un petit Fort , détaché
de la Place , qui eft abfolument dominé parle
Château , & qui s'eft rendu dans la journée .
La conquête de cette Place , ne coûte pas deux
cens hommes à l'Impératrice. L'artillerie n'a tiré
que pendant quatre heures , & l'emplacement
des batteries étoit fi bien choifi , & le feu fi bien
dirigé, que dans ce court efpace elle a caufé beaucoup
de dommage.
On a trouvé dans Glatz 22570 quintaux de farine
, 4.83 mefures de froment , 34828 mefures
d'avoine , 21870 quintaux de foin , & une grande
quantité d'autres provifions.
L'artillerie & les munitions de guerre confiftoient
en deux cens trois canons , mortiers ou
obufiers , avec quatre mille boulets , quatre mille
trois cens bombes , fix mille neuf cens grenades,
& dix-fept cens mille cartouches , tant de fufil
que de carabine.
SEPTEMBRE. 1760. 203
Lorfque nos troupes font entrées dans cette Pla
ce , la plupart des foldats qui compofoient la
garnion ont jetté bas les armes , & le font déclarés
déferteurs. Air fi , quoique leur nombre fût ,
au moment de la prife , de près de deux mille
cinq cens , nous n'avons pas fait plus de mille
prifonniers Pruſſiens .
Le Général Laudon a retiré fur le champ quinze
mille hommes des troupes employées au Siége
Pour renforcer fon armée , & dès aujourd'hui il
fe met en marche pour Breſlau.
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Résumé : De VIENNE, le 2 Août. Extrait d'une Lettre de Vienne, du 29 Juillet.
Le 27 juillet, la prise de Glatz a été annoncée après une offensive rapide. L'artillerie, composée de quatre-vingt-deux canons et mortiers, a commencé à tirer le 26 juillet à trois heures du matin. Le général Laudon a ordonné une attaque à sept heures par deux compagnies de grenadiers soutenues par un bataillon. Un ouvrage couvrant le chemin couvert a été pris sans résistance, permettant l'entrée dans la ville. La garnison s'est rendue immédiatement, et la ville ainsi que le château ont été capturés. Un petit fort détaché s'est rendu dans la journée. La conquête de Glatz a coûté moins de deux cents hommes à l'Impératrice. L'artillerie a tiré pendant seulement quatre heures, causant des dommages significatifs grâce à un emplacement des batteries bien choisi et un tir précis. À Glatz, on a trouvé d'importantes provisions, dont 22 570 quintaux de farine, 4 83 mesures de froment, 34 828 mesures d'avoine, et 21 870 quintaux de foin. L'artillerie et les munitions comprenaient deux cent trois canons, mortiers ou obusiers, avec quatre mille boulets, quatre mille trois cents bombes, six mille neuf cents grenades, et dix-sept mille cartouches. Lors de l'entrée des troupes, la plupart des soldats de la garnison ont jeté leurs armes et se sont déclarés déserteurs. Sur environ deux mille cinq cents soldats présents, mille prisonniers prussiens ont été faits. Le général Laudon a retiré quinze mille hommes pour renforcer son armée et se dirige vers Breslau.
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152
p. 206
De [R]ATISBONNE, le premier Août.
Début :
Les Troupes du Duc de Wirtemberg sont en marche pour se rendre [...]
Mots clefs :
Duc, Troupes, Bataillons, Compagnie, Escadrons, Général, Marche, Corps, Armée
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texteReconnaissance textuelle : De [R]ATISBONNE, le premier Août.
De KATISBONNE , le premier Août.
Les Troupes du Duc de Wirtemberg font en
marche pour fe rendre en Saxe . Elles confiftent
én douze Bataillons , vingt Compagnies de Grenadiers
, quinze Elcadrons , & un corps de trois
cens Chafleurs , faifant en tout douze mille hom
mes . Elles feront rendues , le 13 de ce mois, à
Smalkalde. Le Général de Luzinsky , qui s'étoit
mis en marche de Romschild pour le réu
nir à l'armée de l'Empire , a eu ordre de rétrograder.
Le Corps qu'il commande formera l'avant-
garde de cette nouvelle armée, qui eſt commandé
par le Duc de Wirtemberg lui -même.
Les Troupes du Duc de Wirtemberg font en
marche pour fe rendre en Saxe . Elles confiftent
én douze Bataillons , vingt Compagnies de Grenadiers
, quinze Elcadrons , & un corps de trois
cens Chafleurs , faifant en tout douze mille hom
mes . Elles feront rendues , le 13 de ce mois, à
Smalkalde. Le Général de Luzinsky , qui s'étoit
mis en marche de Romschild pour le réu
nir à l'armée de l'Empire , a eu ordre de rétrograder.
Le Corps qu'il commande formera l'avant-
garde de cette nouvelle armée, qui eſt commandé
par le Duc de Wirtemberg lui -même.
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Résumé : De [R]ATISBONNE, le premier Août.
Le 1er août, les troupes du Duc de Wurtemberg, composées de douze bataillons, vingt compagnies de grenadiers, quinze escadrons et trois cents chasseurs, soit douze mille hommes, se dirigent vers la Saxe pour arriver à Smalkalde le 13 août. Le général de Luzinsky, revenu de Romschild, commande l'avant-garde de cette armée dirigée par le Duc de Wurtemberg.
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153
p. 210-212
De l'Armée commandée par le Maréchal Duc de Broglie, le 6 Août.
Début :
Nous avons appris que le Corps de troupes qui avoit été laissé aux ordres [...]
Mots clefs :
Troupes, Baron, Maréchal, Prince héréditaire, Colonel, Prince Ferdinand , Comte, Ennemis, Canons, Munitions, Maréchal de Broglie, Chevalier, Armée, Perte, Lieutenant, Attaque, Cavalerie
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texteReconnaissance textuelle : De l'Armée commandée par le Maréchal Duc de Broglie, le 6 Août.
De l'Armée commandée par le Maréchal Duc de
Broglie , le 6 Août .
Nos avons appris que le Corps de troupes
qui avoit été laifié aux ordres du Baron de Glaubitz
, Maréchal de Camp , pour couvrir Marbourg,
& qui avoit eu ordre de ſe porter
Embsdorff für le chemin de Treyla , a été furpris
, le 16 du mois dernier , par un Corps fort
fupérieur , commandé par le Prince héréditaire
de Brunswick , & que le fieur de Glaubitz a été
fait prifonnier avec une partie des troupes qu'il
commandoit. Le Comte d'Helfenberg , Colonel
du Régiment de fon nom , a été fait prifonnier.
Le Château de Dillenbourg , s'eft rendu le 15.
La Garnifon , compofée de cinq cens hommes ,
a été faite prifonniere de guerre.
Dans la nuit du 24 au 25 , le Prince Ferdinand
fut obligé , par les bonnes difpofitions que le
Maréchal de Broglie avoit faites , d'abandonner
fon camp de Saxenhaufen. Ce Prince marcha
fur Callel , couvrant fa retraite par une forte ar-'
riere- garde . {
Le 31 au matin , le Comte de Luface fe porta
fur Caffel. 11 attaqua , avec les Saxons & la Brigade
de la Marck , les retranchemens qui couvroient
la Ville. Les ennemis y avoient un corps
de fept à huit mille hommes , aux ordres du
Général Kilmanfeg , qui fut forcé de les abandonner.
Ce Corps fut vivement barcelé dans fa
retraite par les Volontaires de Haynaur par ceux
d'Auftrafie , & par les Dragons qui avoit paffé
la Fulde au- deffus & au- dellous de Callel. On a
SEPTEMBRE. 1760. 117
trouvé dans ces retranchemens dix huit piéces
de canon , avec une grande quantité de chariots
d'équipages , de chevaux & de vivres. Les ennemis
ont laiffé dans Caffel beaucoup de malades
& de munitions.
Le Maréchal de Broglie entra dans Caſſel , le
31 au foir. Il apprit , a fon arrivée ,
que le Che
valier de Muy avoit été attaqué le même jour ,
près de Varburg , par un Corps fort fupérieur à
celui qu'il comandoit. Il paroît que le Corps
des ennemis étoit fort de quarante mille hommes
, aux ordres du Prince héréditaire de Brunfwick
, & qu'il étoit foutenu par l'armée du Prince
Ferdinand. Le combat fut vif & des plus opiniâtres
pendant plus de quatre heures ; jamais
les troupes ne combattirent avec plus de fermeté
& d'ordre , ainfi que les Officiers généraux &
particuliers. Le Chevalier de Muy le porta partout
, & il n'ordonna la retraite que lorsqu'il s'y
vit forcé par la trop grande fupériorité des ennemis.
Elle fe fit en bon ordre , & les troupes ,
après avoir repaffé la Dymel , camperent , le
même jour , près de Volkmiffen.
La perte a été grande de part & d'autre. Le
Marquis de Caftries , Lieutenant Général , qui a
combattu pendant toute l'action à la tête de l'Infanterie
, a reçu une forte contufion d'un Bifcayen
. Le Marquis d'Amenezaga , Maréchal de
Camp , le Prince de Rohan Rochefort , le Comte
de Valence , Brigadier , Colonel du Régiment de
Bourbonnois , le Comte de Montbarey , Briga
dier- Colonel du Régiment de la Couronne , &
le Chevalier de la Tour du Pin , Aide- Major◄
Général , ont été bleffés. Le Chevalier de Muy ,
fait les plus grands éloges de la conduite de tous
ces Officiers , & de ceile du Marquis de Ségur ,
Lieutenant Général , qui a été chargé d'une des
212 MERCURE DE FRANCE
principales attaques. Le Marquis de Lugéac ,
Maréchal de Camp , a affuré la retraite de l'Infanterie
, par la charge qu'il a faire avec la Brigade
de Cavalerie de Bourbon , compofée de ce
Régiment & de ceux d'Archiac & de Beauvilliers.
Il s'eft fort diftingué , ainfi que les Colonels de
ces Régimens. Le Marquis de Champagne , Colonel
du Régiment de Rovergue , le Comte de
Gamache , Colonel du Régiment de Cavalerie-
Royal-Piémont , & les fieurs Jenner & Lockmin,
Colonels des Régimens Suiffes de leurs
noms , ont auffi combattu avec la plus grande
diftinction. Nous ignorons encore les noms & le
nombre des Offciers & des Soldats tués ou bleffés
& faits prifonniers. Le fieur de Lockman , eft
du nombre des derniers.
Le Comte de Luface eft campé , avec fa réſerve
, à la tête des défilés de Munden , près da
Village de Mulhaufen. C'eft le premier de ce
mois qu'il fit attaquer la Ville de Munden , dans
laquelle les ennemis avoient laiffé trois cens cinquante
hommes. Elle fut emportée , l'épée à la
main , par les Volontaires de Haynaur & d'Auftrafie
, commandés par les fieurs de Grandinaifon
& de Vignolles , & par les Grenadiers de la
Brigade de la Marck. On fit plus de trois cens
prifonniers , & l'on trouva plufieurs piéces de
canon , avec une grande quantité de munitions de
guerre & de bouche.
Broglie , le 6 Août .
Nos avons appris que le Corps de troupes
qui avoit été laifié aux ordres du Baron de Glaubitz
, Maréchal de Camp , pour couvrir Marbourg,
& qui avoit eu ordre de ſe porter
Embsdorff für le chemin de Treyla , a été furpris
, le 16 du mois dernier , par un Corps fort
fupérieur , commandé par le Prince héréditaire
de Brunswick , & que le fieur de Glaubitz a été
fait prifonnier avec une partie des troupes qu'il
commandoit. Le Comte d'Helfenberg , Colonel
du Régiment de fon nom , a été fait prifonnier.
Le Château de Dillenbourg , s'eft rendu le 15.
La Garnifon , compofée de cinq cens hommes ,
a été faite prifonniere de guerre.
Dans la nuit du 24 au 25 , le Prince Ferdinand
fut obligé , par les bonnes difpofitions que le
Maréchal de Broglie avoit faites , d'abandonner
fon camp de Saxenhaufen. Ce Prince marcha
fur Callel , couvrant fa retraite par une forte ar-'
riere- garde . {
Le 31 au matin , le Comte de Luface fe porta
fur Caffel. 11 attaqua , avec les Saxons & la Brigade
de la Marck , les retranchemens qui couvroient
la Ville. Les ennemis y avoient un corps
de fept à huit mille hommes , aux ordres du
Général Kilmanfeg , qui fut forcé de les abandonner.
Ce Corps fut vivement barcelé dans fa
retraite par les Volontaires de Haynaur par ceux
d'Auftrafie , & par les Dragons qui avoit paffé
la Fulde au- deffus & au- dellous de Callel. On a
SEPTEMBRE. 1760. 117
trouvé dans ces retranchemens dix huit piéces
de canon , avec une grande quantité de chariots
d'équipages , de chevaux & de vivres. Les ennemis
ont laiffé dans Caffel beaucoup de malades
& de munitions.
Le Maréchal de Broglie entra dans Caſſel , le
31 au foir. Il apprit , a fon arrivée ,
que le Che
valier de Muy avoit été attaqué le même jour ,
près de Varburg , par un Corps fort fupérieur à
celui qu'il comandoit. Il paroît que le Corps
des ennemis étoit fort de quarante mille hommes
, aux ordres du Prince héréditaire de Brunfwick
, & qu'il étoit foutenu par l'armée du Prince
Ferdinand. Le combat fut vif & des plus opiniâtres
pendant plus de quatre heures ; jamais
les troupes ne combattirent avec plus de fermeté
& d'ordre , ainfi que les Officiers généraux &
particuliers. Le Chevalier de Muy le porta partout
, & il n'ordonna la retraite que lorsqu'il s'y
vit forcé par la trop grande fupériorité des ennemis.
Elle fe fit en bon ordre , & les troupes ,
après avoir repaffé la Dymel , camperent , le
même jour , près de Volkmiffen.
La perte a été grande de part & d'autre. Le
Marquis de Caftries , Lieutenant Général , qui a
combattu pendant toute l'action à la tête de l'Infanterie
, a reçu une forte contufion d'un Bifcayen
. Le Marquis d'Amenezaga , Maréchal de
Camp , le Prince de Rohan Rochefort , le Comte
de Valence , Brigadier , Colonel du Régiment de
Bourbonnois , le Comte de Montbarey , Briga
dier- Colonel du Régiment de la Couronne , &
le Chevalier de la Tour du Pin , Aide- Major◄
Général , ont été bleffés. Le Chevalier de Muy ,
fait les plus grands éloges de la conduite de tous
ces Officiers , & de ceile du Marquis de Ségur ,
Lieutenant Général , qui a été chargé d'une des
212 MERCURE DE FRANCE
principales attaques. Le Marquis de Lugéac ,
Maréchal de Camp , a affuré la retraite de l'Infanterie
, par la charge qu'il a faire avec la Brigade
de Cavalerie de Bourbon , compofée de ce
Régiment & de ceux d'Archiac & de Beauvilliers.
Il s'eft fort diftingué , ainfi que les Colonels de
ces Régimens. Le Marquis de Champagne , Colonel
du Régiment de Rovergue , le Comte de
Gamache , Colonel du Régiment de Cavalerie-
Royal-Piémont , & les fieurs Jenner & Lockmin,
Colonels des Régimens Suiffes de leurs
noms , ont auffi combattu avec la plus grande
diftinction. Nous ignorons encore les noms & le
nombre des Offciers & des Soldats tués ou bleffés
& faits prifonniers. Le fieur de Lockman , eft
du nombre des derniers.
Le Comte de Luface eft campé , avec fa réſerve
, à la tête des défilés de Munden , près da
Village de Mulhaufen. C'eft le premier de ce
mois qu'il fit attaquer la Ville de Munden , dans
laquelle les ennemis avoient laiffé trois cens cinquante
hommes. Elle fut emportée , l'épée à la
main , par les Volontaires de Haynaur & d'Auftrafie
, commandés par les fieurs de Grandinaifon
& de Vignolles , & par les Grenadiers de la
Brigade de la Marck. On fit plus de trois cens
prifonniers , & l'on trouva plufieurs piéces de
canon , avec une grande quantité de munitions de
guerre & de bouche.
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Résumé : De l'Armée commandée par le Maréchal Duc de Broglie, le 6 Août.
Le 6 août, des rapports indiquent que les troupes du Baron de Glaubitz, chargées de protéger Marbourg, ont été surprises le 16 juillet par une force supérieure dirigée par le Prince héréditaire de Brunswick. Glaubitz et le Comte d'Helfenberg ont été capturés. Le Château de Dillenbourg s'est rendu le 15 juillet, entraînant la capture de sa garnison de cinq cents hommes. La nuit du 24 au 25 août, le Prince Ferdinand a dû abandonner son camp de Saxenhaufen en raison des manœuvres du Maréchal de Broglie. Le 31 août, le Comte de Luface a attaqué Cassel avec les Saxons et la Brigade de la Marck, forçant le Général Kilmanseg à se retirer. Les forces ennemies ont laissé derrière elles des pièces d'artillerie, des chariots, des chevaux et des vivres. Le Maréchal de Broglie est entré à Cassel le 31 août et a appris que le Chevalier de Muy avait été attaqué près de Varburg par une force supérieure commandée par le Prince héréditaire de Brunswick, soutenue par l'armée du Prince Ferdinand. Le combat a été intense et la retraite s'est faite en bon ordre. Les pertes ont été lourdes des deux côtés, avec plusieurs officiers blessés, dont le Marquis de Castries et le Marquis d'Amenezaga. Par la suite, le Comte de Luface a attaqué et pris la ville de Munden, capturant plus de trois cents prisonniers et plusieurs pièces d'artillerie.
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154
p. 187-190
De VIENNE, le 7 Septembre.
Début :
On apprend de Constantinople, que les Hospodans de Valachie & de Moldavie [...]
Mots clefs :
Investiture, Principautés, Rébellion, Tremblement de terre, Maréchal Daun, Baron de Laudon, Armée, Ordres, Régiment, Cavalerie, Attaque, Combat, Artillerie, Colonel, Troupes, Ennemis, Prisonniers, Blessés et morts, Lieutenant, Prince Henri, Mouvements des troupes, Général, Fête, Mariage
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De VIENNE, le 7 Septembre.
De VIENNE , le 7 Septembre.
On apprend de Conftantinople, que les Hofpodas
de Valachie & de Moldavie ont reçu de la
Porte l'inveftiture de ces Principautés. Le Bacha
d'Iconium , ayant reçu l'ordre de venir rendre
compte de fa conduite au Grand- Seigneur , s'eft
révoltés il est à la tête de vingt mille hommes,
& il met à contribution les Pays voifins de fon
Gouvernement . On a délibéré dans un Divan
extraordinaire fur les moyens d'étouffer une
rebellion qui peut avoir de dangereufes fuites .
On a reffenti le 13 , vers les fept heures du
foir , une fecouffe de tremblement de terre ; mais
elle a été fort légére , & n'a caufé aucun dommage.
La Cour a reçu du Maréchal Comte de Daun
les détails fuivans de l'action paffée entre le
Corps du Baron de Laudon & l'Armée Pruffienne,
Ce Général , fe conformant aux ordres du
Comte de Daun , s'étoit mis en mouvement le
14 au foir , & il avoit paffé le Katzbach près de
Forthmuhle. L'avant-garde compofće de huis
188 MERCURE DE FRANCE.
'bataillons & de deux regimens de Cavalerie, étoit
commandée par le Général Baron de Wolfersdorff.
On marcha une partie de la nuit en fe dirigeant
vers les hauteurs de Banthen , où l'on devoit
le former pour attaquer le flane gauche de
l'Armée Pruffienne. Les deux bataillons des Grenadiers
de Laudon , qui formoient la tête de la
marche, rencontrerent en y arrivant , le régiment
des Huffards de Ziethen , qui fe retira avec
précipitation. Le Baron de Laudon fit alors hâter
la marche du refte de fon Corps pour s'affurer de
ces hauteurs , mais on s'apperçut , à la pointe du
jour , qu'elles étoient occupées par beaucoup d'Infanterie
& de Cavalerie Pruffienne. Il n'étoit plus
poffible d'éviter un combat ; ainfi l'ordre fut auffitôt
donné pour attaquer , & on le fit avec tant
de fuccès , que l'Ennemi fut obligé d'abandonner
ce poſte avec toute fon artillerie. Le Baron de
Laudon faifoit fes difpofitions pour profiter de cet
avantage , lorfque l'Armée Pruffienne , qui s'étoit
formée derriere le bois d'Humelen , marcha
pour l'attaquer. Le combat recommença avec la
plus grande vivacité , & devint général ; mais le
Baron de Laudon s'étant apperçu vers les fix
heures du matin qu'il avoit à foutenir l'effort de
toute l'Armée Pruſſienne , ordonna la retraite qui
fe fit fans précipitation , & avec la contenance la
plus ferme. Les deux bataillons des Grenadiers
de Laudon protégerent cette retraite en occupant
des hauteurs de Binowitz . Le Colonel de Rouvroi
y conduit l'artillerie , & il s'en fervit avec tant
d'habileté que les Corps Pruffiens , qui avoient été
détachés à notre pourſuite , furent contraints de
fe retirer .
Toutes les troupes fe font comportées dans
cette action avec la plus grande valeur, & la perte
de l'Ennemi ne peut être que fort confidérable.
OCTOBRE . 1760? 189
Les patrouilles envoyées le lendemain fur le
champ de bataille ont rapporté qu'il y avoir eu
deux Régimens Pruffiens prèfqu'entierement détruits.
Nous avons fait quantité de prifonniers
parmi lesquels font un Colonel , un Major , plufieurs
Capitaines & autres Officiers de moindre
grade.
Suivant l'état dreffé après cette affaire , nous
avons eu quatorze cens vingt & un hommes de
tués , & deux mille trois cens foixante & dix de
bleffés. Le nombre des manquans étoit de deux
mille cent quarante ; mais un grand nombre
de ces derniers rejoignent fucceffivement leurs
Corps.
Les Lieutenans- Généraux de Drafkowitz & de
Campitelli ont été bleffés ainsi que les Généraux-
Majors de Giannini,de Calemberg, de Gourcy & de
Rebbach. Le Baron de Biela & le Comte de Gondrecour,
Généraux- Majors, ont été faits prifonniers.
L'Armée du Prince Henri a fait un mouvement
depuis peu , pour fe réunir à celle du Ro
de Pruffe. Un corps de Troupes détaché de la
premiere , fous le commandement du Général
de Goltze , a paffé l'Oder à Koben . Son arrieregarde
a été attaquée par le Général de Tottleben ,
& elle a été fort maltraitée . On attend les détails
de cette petite action . Les Rufles font actuellement
dans les environs d'Herrenftadt, & leurs troupes
légéres s'étendent du côté de Wintzig & de Wohlau.
Le Général- Major de Gribauval fe rendit, le
23 du mois dernier , devant Schweidnitz , pour
diriger les opérations du fiége de cette Place.
L'Artillerie néceffaire partit le 21 , des environs
d'Olmutz. On a conduit ici depuis quelquesjours ,
fous fûre garde , un homme qui travailloit à exci
ter quelques mouvemens dans la Hongrie..
い
190 MERCURE DE FRANCE
On hâre les préparatifs des fêtes qui doivent
être exécutées à l'occafion du mariage de l'Archiduc.
Le Feld- Maréchal Prince de Lichtenſten ,
Grand- Maître de l'Artillerie , doit être à Parme
depuis le premier de ce mois. La plus grande partie
de la Maifon de la future Archiduchelle eſt en
chemin pour s'y rendre.
On apprend de Conftantinople, que les Hofpodas
de Valachie & de Moldavie ont reçu de la
Porte l'inveftiture de ces Principautés. Le Bacha
d'Iconium , ayant reçu l'ordre de venir rendre
compte de fa conduite au Grand- Seigneur , s'eft
révoltés il est à la tête de vingt mille hommes,
& il met à contribution les Pays voifins de fon
Gouvernement . On a délibéré dans un Divan
extraordinaire fur les moyens d'étouffer une
rebellion qui peut avoir de dangereufes fuites .
On a reffenti le 13 , vers les fept heures du
foir , une fecouffe de tremblement de terre ; mais
elle a été fort légére , & n'a caufé aucun dommage.
La Cour a reçu du Maréchal Comte de Daun
les détails fuivans de l'action paffée entre le
Corps du Baron de Laudon & l'Armée Pruffienne,
Ce Général , fe conformant aux ordres du
Comte de Daun , s'étoit mis en mouvement le
14 au foir , & il avoit paffé le Katzbach près de
Forthmuhle. L'avant-garde compofće de huis
188 MERCURE DE FRANCE.
'bataillons & de deux regimens de Cavalerie, étoit
commandée par le Général Baron de Wolfersdorff.
On marcha une partie de la nuit en fe dirigeant
vers les hauteurs de Banthen , où l'on devoit
le former pour attaquer le flane gauche de
l'Armée Pruffienne. Les deux bataillons des Grenadiers
de Laudon , qui formoient la tête de la
marche, rencontrerent en y arrivant , le régiment
des Huffards de Ziethen , qui fe retira avec
précipitation. Le Baron de Laudon fit alors hâter
la marche du refte de fon Corps pour s'affurer de
ces hauteurs , mais on s'apperçut , à la pointe du
jour , qu'elles étoient occupées par beaucoup d'Infanterie
& de Cavalerie Pruffienne. Il n'étoit plus
poffible d'éviter un combat ; ainfi l'ordre fut auffitôt
donné pour attaquer , & on le fit avec tant
de fuccès , que l'Ennemi fut obligé d'abandonner
ce poſte avec toute fon artillerie. Le Baron de
Laudon faifoit fes difpofitions pour profiter de cet
avantage , lorfque l'Armée Pruffienne , qui s'étoit
formée derriere le bois d'Humelen , marcha
pour l'attaquer. Le combat recommença avec la
plus grande vivacité , & devint général ; mais le
Baron de Laudon s'étant apperçu vers les fix
heures du matin qu'il avoit à foutenir l'effort de
toute l'Armée Pruſſienne , ordonna la retraite qui
fe fit fans précipitation , & avec la contenance la
plus ferme. Les deux bataillons des Grenadiers
de Laudon protégerent cette retraite en occupant
des hauteurs de Binowitz . Le Colonel de Rouvroi
y conduit l'artillerie , & il s'en fervit avec tant
d'habileté que les Corps Pruffiens , qui avoient été
détachés à notre pourſuite , furent contraints de
fe retirer .
Toutes les troupes fe font comportées dans
cette action avec la plus grande valeur, & la perte
de l'Ennemi ne peut être que fort confidérable.
OCTOBRE . 1760? 189
Les patrouilles envoyées le lendemain fur le
champ de bataille ont rapporté qu'il y avoir eu
deux Régimens Pruffiens prèfqu'entierement détruits.
Nous avons fait quantité de prifonniers
parmi lesquels font un Colonel , un Major , plufieurs
Capitaines & autres Officiers de moindre
grade.
Suivant l'état dreffé après cette affaire , nous
avons eu quatorze cens vingt & un hommes de
tués , & deux mille trois cens foixante & dix de
bleffés. Le nombre des manquans étoit de deux
mille cent quarante ; mais un grand nombre
de ces derniers rejoignent fucceffivement leurs
Corps.
Les Lieutenans- Généraux de Drafkowitz & de
Campitelli ont été bleffés ainsi que les Généraux-
Majors de Giannini,de Calemberg, de Gourcy & de
Rebbach. Le Baron de Biela & le Comte de Gondrecour,
Généraux- Majors, ont été faits prifonniers.
L'Armée du Prince Henri a fait un mouvement
depuis peu , pour fe réunir à celle du Ro
de Pruffe. Un corps de Troupes détaché de la
premiere , fous le commandement du Général
de Goltze , a paffé l'Oder à Koben . Son arrieregarde
a été attaquée par le Général de Tottleben ,
& elle a été fort maltraitée . On attend les détails
de cette petite action . Les Rufles font actuellement
dans les environs d'Herrenftadt, & leurs troupes
légéres s'étendent du côté de Wintzig & de Wohlau.
Le Général- Major de Gribauval fe rendit, le
23 du mois dernier , devant Schweidnitz , pour
diriger les opérations du fiége de cette Place.
L'Artillerie néceffaire partit le 21 , des environs
d'Olmutz. On a conduit ici depuis quelquesjours ,
fous fûre garde , un homme qui travailloit à exci
ter quelques mouvemens dans la Hongrie..
い
190 MERCURE DE FRANCE
On hâre les préparatifs des fêtes qui doivent
être exécutées à l'occafion du mariage de l'Archiduc.
Le Feld- Maréchal Prince de Lichtenſten ,
Grand- Maître de l'Artillerie , doit être à Parme
depuis le premier de ce mois. La plus grande partie
de la Maifon de la future Archiduchelle eſt en
chemin pour s'y rendre.
Fermer
Résumé : De VIENNE, le 7 Septembre.
Le 7 septembre, des nouvelles de Constantinople indiquent que les hospodars de Valachie et de Moldavie ont reçu l'investiture de la Porte pour leurs principautés. Le bacha d'Iconium, ayant reçu l'ordre de se rendre à Constantinople pour justifier sa conduite, s'est révolté et rassemble vingt mille hommes, mettant à contribution les pays voisins. Un divan extraordinaire a délibéré sur les moyens de réprimer cette rébellion. À Vienne, une secousse de tremblement de terre a été ressentie le 13 septembre sans causer de dommages. La Cour a reçu des détails du maréchal comte de Daun concernant une action entre le corps du baron de Laudon et l'armée prussienne. Le 14 septembre, le baron de Laudon, suivant les ordres du comte de Daun, a traversé le Katzbach près de Fortmuhle avec une avant-garde composée de huit bataillons et de deux régiments de cavalerie, commandée par le général baron de Wolfersdorff. L'armée a marché vers les hauteurs de Banthen pour attaquer le flanc gauche de l'armée prussienne. Les grenadiers de Laudon ont rencontré et repoussé le régiment des hussards de Ziethen. Le combat a commencé à l'aube et s'est intensifié, forçant les Prussiens à abandonner leur position avec leur artillerie. Le baron de Laudon a préparé une contre-attaque, mais l'armée prussienne, formée derrière le bois d'Humelen, a lancé une offensive. Le combat est devenu général, et Laudon a ordonné la retraite, protégée par les grenadiers et l'artillerie dirigée par le colonel de Rouvroi. Les pertes ennemies sont considérables, avec deux régiments prussiens presque entièrement détruits et de nombreux prisonniers, dont un colonel et plusieurs officiers. Les troupes autrichiennes ont subi des pertes de 1 421 tués, 2 360 blessés et 2 140 manquants, dont beaucoup ont rejoint leurs unités. Plusieurs généraux ont été blessés ou capturés. L'armée du prince Henri de Prusse a effectué un mouvement pour se réunir à celle du roi de Prusse. Un corps de troupes prussiennes, commandé par le général de Goltze, a traversé l'Oder à Koben et a été attaqué par le général de Tottleben. Les Russes sont actuellement près d'Herrenstadt, et leurs troupes légères se déplacent vers Wintzig et Wohlau. Le général-major de Gribauval dirige le siège de Schweidnitz, avec l'artillerie partie d'Olmutz. Un individu suspect a été arrêté pour avoir tenté de provoquer des troubles en Hongrie. À Vienne, les préparatifs pour les fêtes du mariage de l'archiduc sont en cours. Le feld-maréchal prince de Lichtenstein, grand-maître de l'artillerie, est attendu à Parme, et la maison de la future archiduchesse est en route pour s'y rendre.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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155
p. 190-194
De l'Armée de l'Empire, le 21 Août.
Début :
Le Feld-Maréchal Prince de Deux-Ponts, ayant résolu d'obliger les Prussiens [...]
Mots clefs :
Armée, Feld-maréchal, Prince de Deux-Ponts, Général, Mouvements des troupes, Prussiens, Corps, Ennemis, Camps militaires, Colonel, Ordre, Attaques, Résistance, Positions, Détachement, Cavalerie, Artillerie, Infanterie, Grenadiers, Prince Henri, Marche, Forces armées, Perte de l'ennemi, Champ de bataille
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De l'Armée de l'Empire, le 21 Août.
De l'Armée de l'Empire , le 21 Août.
Le Feld-Maréchal Prince de Deux -Ponts , ayant
réfolu d'obligerles Pruffiens à quitter les environs
de Drefde , fit avancer , dès le de ce mois , le
Prince de Stolberg avec la réferve à Keffeldorff.
Le Général de Weczey fe porta avec les troupes
Jégéres à Wilfdruff , d'où il étendit les poftes jufqu'à
Weiffdrop & Lamperfdorff. En même temps
le Général de Klééfeld marcha de Freyberg à Auguftulberg
, & il fit occuper par des détachemens
Roffwein & Seligenstadt . Ces difpofitions obligerent
les Pruffiens à fe retirer de la Ville de Noffen .
Il ne fe fit le 10 & le 11 aucun mouvement confidérable
, les poftes que nous avions du côté de
Seligenstadt furent attaqués par un Corps de Huffards
& de Dragons Pruffiens ; mais il fut repous
fé & fuivi jufqu'à Windifchbora ; l'on fit dans cetteoccafion
plufieurs prifonniers. Le pofte de Roffwein
fut attaqué le 11 par des forces fupérieures ,
& nos troupes furent obligées de fe replier. Mais
les Pruffiens , après avoir exigé des contributions
de cette petite ville , l'abandonnerent la nuit fuivante
; & nous y rentrâmes auffitôt . On eut avis
le même jour , que les ennemis raffembloient
au- deffous de leur Camp un grand nombre de
bateaux ; ce qui détermina le Prince de Deux-
Ponts à renforcer par un Corps de Grenadiers
& de Huffards le Colonel de Zetwitz , qui étoit
chargé de garder , avec les Bannaliſtes , la rive
OCTOBRE. 1760 191
droite de l'Elbe . On apprit que le fieur de Graven ,
Colonel dans le Régiment de Baroniai , avoit
marché de Gera à Naumbourg , & qu'à ſon approche
, le Colonel de Salemon s'étoit replie
fur Léipfick , & le Capitaine Kowars ſur Merſe
bourg.
L'Armée eut ordre , le 12 au foir , de fe tenir
prête à marcher. Les Grenadiers & les Carabiniers
, avec l'artillerie de réſerve , fe mirent en
mouvement , à l'entrée de la nuit , fous les ordres
du Lieutenant Général Comte de Guafco.
L'Armée décampa de Plawen , le 13 à la pointe
du jour , & marcha vers Meiffen . Elle établit fon
camp près de Reiodorff, fa droite appuyée à
Conitabel , & fa gauche à Sora . Le corps du
Général de Guafco prit pofte entre Seligenstadt
& Burckerswalde . Le Prince de Deux-Ponts fit
en même temps attaquer les poftes avancés des
ennemis par la réſerve du Général Prince de
Stolberg. Cette attaque eut tout le fuccès qu'on
pouvoit defirer. On délogea les Pruffiens des hauteurs
de Polentz & de Sihenrichen , & on les
pouffa jufqu'aux Fauxbourgs de Meiffen.Le Géné
ral Klééfeld chaffa auffi les ennemis des retran--
chemens qu'ils occupoient du côté d'Auguſtuſberg
, & il les repouffa jufqu'à Katzenhaufen :
pendant qu'on exécutoit ces attaques à la gauche
de l'Elbe , le Colonel de Zetwitz fe pofta fur la
droite à Alten- Clofter au - deffous du camp des
Ennemis , & il brûla les bateaux qu'ils y avoient
raffemblés . Il s'en trouva plufieurs qui venoient
d'arriver de Torgau , & qui étoient chargés de
vivres & de munitions de guerre. On continua ,
le 14 , de pouffer les Pruffiens de pofte en pofte ,
ils furent délogés des hauteurs de Katzenhaufen,
ainfi que des Villages de Miltitz , de Sopen & de
Gregitz , & ils le retirerent dans leur camp re
91 MERCURE DE FRANCE
tranché entre Lotayn & Meyffen, L'Armée occur
pa le pofte de Katzenhaufen , & le quartier général
fut établi à Haynitz. La Ville de Meiffen
fut évacuée , & nous en prîmes poffeffion . On y
trouva un magazin confidérable & beaucoup d'armes
. Un des fauxbourgs avoit été brûlé la veille ,
par ordre du Commandant Pruffien .
L'armée ne fit aucun mouvement le rs & le 16;
le Maréchal Prince de Deux - Ponts alla reconnoître
le Camp Pruffien , & il en trouva la poſition extrêmement
avantageufe. La difficulté de le forcer
lui fit prendre la réfolution d'en déloger l'ennemi
, en lui coupant fes communications ; dans ce
deffein il pouffa le corps de réſerve en avant juſqu'à
Giezenhayn fur le chemin de Lomatfch. Ce
mouvement détermina le Général Hulsen à quitter
fa pofition. L'Armée Pruffienne détendit fon
camp à dix heures du foir . Elle marcha toure
la nuit par Nieder-Miltitz , & par Welfch , &
elle alla camper entre Riefa & Brauffnitz. Auffitôt
qu'on eut avis de fa retraite , les troupes légéres
& quelques détachemens de Cavalerie furent
envoyés à fa pourſuite. On amena plufieurs
prifonniers avec quelques chevaux . Le Colonel
Zetwitz continua , le même jour , de marcher
le long de la rive droite de l'Elbe ; il fe porta de
de Wienbiehla à Zahdel , où il brûla encore fix
bateaux qui venoient de Torgau chargés de vivres
& de fourages pour l'Armée Pruffienne. Il y eur ,
près de Waldheim , une vive efcarmouche entre un
gros détachement Pruffien fous les ordres du Cofonel
de Kleift & un corps de nos Chaffeurs com .
mandé par le Colonel Otto ; ce dernier fut obligé
de fe replier fur Sloha . Il ne fut point pourfuivi
par les Pruffiens.
On fe remit en marche le 17 à midi , & l'on
occupa les hauteurs de Lomatfch. Le Corps des
Grenadiers
OCTOBRE . 1760. 193
Grenadiers fut porté en avant , & le Colonel de
Zetwitz fe pofta a Zeidlitz , d'où il poulla des Détachemens
jufqu'a Zehrhauzen. La réſerve du
Prince de Stolberg , qui avoit cottoyé les Pruffiens
pendant leur marche , prit poſte à Staucha..
Nous fumes informés , le lendemain au matin,
que l'armée Prullienne avoit profité de l'obfcurité
pour continuer fa retraite fur Strehla , & qu'elle
y campoit dans la même pofition que le Prince.
Henri avoit occupée l'année précédente. Sur cette.
nouvelle , l'Armée reçut ordre de poursuivre fa
marche , & elle vint camper à Riefa , où le quartier
général fut établi . On fit le même jour quel
ques prifonniers aux Pruffiens, & l'on reçut un
grand nombre de déſerteurs.
Le Maréchal Prince de Deux Ponts alla reconnoître
, le 19 au matin , avec le Baron de Haddick
, la pofition des Pruffiens. Il remarqua qu'ils
Occupoient une étendue beaucoup plus confidérable
que leurs forces ne leur permettoient. Cette
circonftance le détermina à les attaquer dès le
lendemain.
On le mit en marche , à minuit , du Camp de
Riela fur quatre colonnes ; & l'on fut , avant le
jour , à la portée de l'ennemi. La principale attaque
fut dirigée contre le Corps qui occupoit les
retranchemens de la montagne de Dirrenberg,
& le foin en fut confié au Prince de Stolberg. Ce
Général, à la tête de la réſerve ſoutenue par les
Grenadiers & par les Régimens de Palavicini &
de Saxe-Gotha aux ordres du Général Comte de
Guafco , commença l'attaque au point du jour.
Notre artillerie fut fi bien fervie , que les bateries
des ennemis furent démontées en peu de
temps ; & en moins de demi heure , nous fumes
maîtres de ce pofte important. Les ennemis fe
replierent en défordre fur une hauteur qu'ils
I. Vol. I
194 MERCURE DE FRANCE.
avoient derriere eux . Ils firent pendant quelques
hêúres une vigoureuſe réſiſtance ; mais le Géné
ral de Kleefeld , qui étoit chargé d'une des atta
ques , les prit en flanc avec tant de vivacité , qu'il
les obligea d'abandonner ce fecond poſte. Ils le res
tirèrent dans les retranchemens de Strehla , laillant
fur le champ de bataille un grand nombre de
morts & de bleffés . Il étoit à peine huit heures du
matin, lorſque nos troupes remporterent ce fecond
avantage.
Cependant les ennemis occupoient en Force
leur Camp de Strehla. Pour en rendre l'accès plus
difficile , ils mirent le feu à deux villages qu'ils
avoient en avant. Mais lorfqu'ils virent qu'on fe
difpofoit à les attaquer , ils fe retirèrent du côté de
Torgau , à travers les bois & les défilés. Le Maréchal
Prince de Deux- Ponts détacha fur le champ
pour les pourfuivre fes troupes légères , foutenues
par quelques régimens de Cavalerie & de Dragons,
fous les ordres du Lieutenant Général Comte
de Lanthieri. La perte des ennemis n'eſt pas
encore conftatée ; mais on eftime qu'elle monte
à plus de deux mille hommes , & qu'elle eft au
moins double de la nôtre.
Le Feld-Maréchal Prince de Deux -Ponts , ayant
réfolu d'obligerles Pruffiens à quitter les environs
de Drefde , fit avancer , dès le de ce mois , le
Prince de Stolberg avec la réferve à Keffeldorff.
Le Général de Weczey fe porta avec les troupes
Jégéres à Wilfdruff , d'où il étendit les poftes jufqu'à
Weiffdrop & Lamperfdorff. En même temps
le Général de Klééfeld marcha de Freyberg à Auguftulberg
, & il fit occuper par des détachemens
Roffwein & Seligenstadt . Ces difpofitions obligerent
les Pruffiens à fe retirer de la Ville de Noffen .
Il ne fe fit le 10 & le 11 aucun mouvement confidérable
, les poftes que nous avions du côté de
Seligenstadt furent attaqués par un Corps de Huffards
& de Dragons Pruffiens ; mais il fut repous
fé & fuivi jufqu'à Windifchbora ; l'on fit dans cetteoccafion
plufieurs prifonniers. Le pofte de Roffwein
fut attaqué le 11 par des forces fupérieures ,
& nos troupes furent obligées de fe replier. Mais
les Pruffiens , après avoir exigé des contributions
de cette petite ville , l'abandonnerent la nuit fuivante
; & nous y rentrâmes auffitôt . On eut avis
le même jour , que les ennemis raffembloient
au- deffous de leur Camp un grand nombre de
bateaux ; ce qui détermina le Prince de Deux-
Ponts à renforcer par un Corps de Grenadiers
& de Huffards le Colonel de Zetwitz , qui étoit
chargé de garder , avec les Bannaliſtes , la rive
OCTOBRE. 1760 191
droite de l'Elbe . On apprit que le fieur de Graven ,
Colonel dans le Régiment de Baroniai , avoit
marché de Gera à Naumbourg , & qu'à ſon approche
, le Colonel de Salemon s'étoit replie
fur Léipfick , & le Capitaine Kowars ſur Merſe
bourg.
L'Armée eut ordre , le 12 au foir , de fe tenir
prête à marcher. Les Grenadiers & les Carabiniers
, avec l'artillerie de réſerve , fe mirent en
mouvement , à l'entrée de la nuit , fous les ordres
du Lieutenant Général Comte de Guafco.
L'Armée décampa de Plawen , le 13 à la pointe
du jour , & marcha vers Meiffen . Elle établit fon
camp près de Reiodorff, fa droite appuyée à
Conitabel , & fa gauche à Sora . Le corps du
Général de Guafco prit pofte entre Seligenstadt
& Burckerswalde . Le Prince de Deux-Ponts fit
en même temps attaquer les poftes avancés des
ennemis par la réſerve du Général Prince de
Stolberg. Cette attaque eut tout le fuccès qu'on
pouvoit defirer. On délogea les Pruffiens des hauteurs
de Polentz & de Sihenrichen , & on les
pouffa jufqu'aux Fauxbourgs de Meiffen.Le Géné
ral Klééfeld chaffa auffi les ennemis des retran--
chemens qu'ils occupoient du côté d'Auguſtuſberg
, & il les repouffa jufqu'à Katzenhaufen :
pendant qu'on exécutoit ces attaques à la gauche
de l'Elbe , le Colonel de Zetwitz fe pofta fur la
droite à Alten- Clofter au - deffous du camp des
Ennemis , & il brûla les bateaux qu'ils y avoient
raffemblés . Il s'en trouva plufieurs qui venoient
d'arriver de Torgau , & qui étoient chargés de
vivres & de munitions de guerre. On continua ,
le 14 , de pouffer les Pruffiens de pofte en pofte ,
ils furent délogés des hauteurs de Katzenhaufen,
ainfi que des Villages de Miltitz , de Sopen & de
Gregitz , & ils le retirerent dans leur camp re
91 MERCURE DE FRANCE
tranché entre Lotayn & Meyffen, L'Armée occur
pa le pofte de Katzenhaufen , & le quartier général
fut établi à Haynitz. La Ville de Meiffen
fut évacuée , & nous en prîmes poffeffion . On y
trouva un magazin confidérable & beaucoup d'armes
. Un des fauxbourgs avoit été brûlé la veille ,
par ordre du Commandant Pruffien .
L'armée ne fit aucun mouvement le rs & le 16;
le Maréchal Prince de Deux - Ponts alla reconnoître
le Camp Pruffien , & il en trouva la poſition extrêmement
avantageufe. La difficulté de le forcer
lui fit prendre la réfolution d'en déloger l'ennemi
, en lui coupant fes communications ; dans ce
deffein il pouffa le corps de réſerve en avant juſqu'à
Giezenhayn fur le chemin de Lomatfch. Ce
mouvement détermina le Général Hulsen à quitter
fa pofition. L'Armée Pruffienne détendit fon
camp à dix heures du foir . Elle marcha toure
la nuit par Nieder-Miltitz , & par Welfch , &
elle alla camper entre Riefa & Brauffnitz. Auffitôt
qu'on eut avis de fa retraite , les troupes légéres
& quelques détachemens de Cavalerie furent
envoyés à fa pourſuite. On amena plufieurs
prifonniers avec quelques chevaux . Le Colonel
Zetwitz continua , le même jour , de marcher
le long de la rive droite de l'Elbe ; il fe porta de
de Wienbiehla à Zahdel , où il brûla encore fix
bateaux qui venoient de Torgau chargés de vivres
& de fourages pour l'Armée Pruffienne. Il y eur ,
près de Waldheim , une vive efcarmouche entre un
gros détachement Pruffien fous les ordres du Cofonel
de Kleift & un corps de nos Chaffeurs com .
mandé par le Colonel Otto ; ce dernier fut obligé
de fe replier fur Sloha . Il ne fut point pourfuivi
par les Pruffiens.
On fe remit en marche le 17 à midi , & l'on
occupa les hauteurs de Lomatfch. Le Corps des
Grenadiers
OCTOBRE . 1760. 193
Grenadiers fut porté en avant , & le Colonel de
Zetwitz fe pofta a Zeidlitz , d'où il poulla des Détachemens
jufqu'a Zehrhauzen. La réſerve du
Prince de Stolberg , qui avoit cottoyé les Pruffiens
pendant leur marche , prit poſte à Staucha..
Nous fumes informés , le lendemain au matin,
que l'armée Prullienne avoit profité de l'obfcurité
pour continuer fa retraite fur Strehla , & qu'elle
y campoit dans la même pofition que le Prince.
Henri avoit occupée l'année précédente. Sur cette.
nouvelle , l'Armée reçut ordre de poursuivre fa
marche , & elle vint camper à Riefa , où le quartier
général fut établi . On fit le même jour quel
ques prifonniers aux Pruffiens, & l'on reçut un
grand nombre de déſerteurs.
Le Maréchal Prince de Deux Ponts alla reconnoître
, le 19 au matin , avec le Baron de Haddick
, la pofition des Pruffiens. Il remarqua qu'ils
Occupoient une étendue beaucoup plus confidérable
que leurs forces ne leur permettoient. Cette
circonftance le détermina à les attaquer dès le
lendemain.
On le mit en marche , à minuit , du Camp de
Riela fur quatre colonnes ; & l'on fut , avant le
jour , à la portée de l'ennemi. La principale attaque
fut dirigée contre le Corps qui occupoit les
retranchemens de la montagne de Dirrenberg,
& le foin en fut confié au Prince de Stolberg. Ce
Général, à la tête de la réſerve ſoutenue par les
Grenadiers & par les Régimens de Palavicini &
de Saxe-Gotha aux ordres du Général Comte de
Guafco , commença l'attaque au point du jour.
Notre artillerie fut fi bien fervie , que les bateries
des ennemis furent démontées en peu de
temps ; & en moins de demi heure , nous fumes
maîtres de ce pofte important. Les ennemis fe
replierent en défordre fur une hauteur qu'ils
I. Vol. I
194 MERCURE DE FRANCE.
avoient derriere eux . Ils firent pendant quelques
hêúres une vigoureuſe réſiſtance ; mais le Géné
ral de Kleefeld , qui étoit chargé d'une des atta
ques , les prit en flanc avec tant de vivacité , qu'il
les obligea d'abandonner ce fecond poſte. Ils le res
tirèrent dans les retranchemens de Strehla , laillant
fur le champ de bataille un grand nombre de
morts & de bleffés . Il étoit à peine huit heures du
matin, lorſque nos troupes remporterent ce fecond
avantage.
Cependant les ennemis occupoient en Force
leur Camp de Strehla. Pour en rendre l'accès plus
difficile , ils mirent le feu à deux villages qu'ils
avoient en avant. Mais lorfqu'ils virent qu'on fe
difpofoit à les attaquer , ils fe retirèrent du côté de
Torgau , à travers les bois & les défilés. Le Maréchal
Prince de Deux- Ponts détacha fur le champ
pour les pourfuivre fes troupes légères , foutenues
par quelques régimens de Cavalerie & de Dragons,
fous les ordres du Lieutenant Général Comte
de Lanthieri. La perte des ennemis n'eſt pas
encore conftatée ; mais on eftime qu'elle monte
à plus de deux mille hommes , & qu'elle eft au
moins double de la nôtre.
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Résumé : De l'Armée de l'Empire, le 21 Août.
Le 21 août, le Feld-Maréchal Prince de Deux-Ponts initia une offensive contre les Prussiens autour de Dresde. Il déploya le Prince de Stolberg avec la réserve à Keffeldorff et le Général de Weczey avec les troupes légères à Wilfdruff, étendant les postes jusqu'à Weiffdrop et Lamperfdorff. Le Général de Klééfeld, ayant marché de Freyberg à Auguftulberg, occupa Rosswein et Seligenstadt, forçant les Prussiens à se retirer de Nossen. Les 10 et 11 août, les Prussiens tentèrent d'attaquer les postes à Seligenstadt et Rosswein, mais furent repoussés. Le 12 août, l'armée reçut l'ordre de se préparer à marcher. Le 13 août, elle quitta Plawen pour Meissen et établit son camp près de Reiodorff. Les attaques contre les Prussiens furent couronnées de succès, les repoussant jusqu'aux faubourgs de Meissen. Le 14 août, les Prussiens furent délogés de plusieurs positions et se retirèrent dans leur camp retranché entre Lomatz et Meissen. Le 16 août, le Maréchal Prince de Deux-Ponts décida de couper les communications ennemies, forçant les Prussiens à se retirer. Le 17 août, l'armée occupa les hauteurs de Lomatz. Le 18 août, elle poursuivit les Prussiens en retraite jusqu'à Strehla. Le 19 août, le Maréchal reconnut la position ennemie et décida de les attaquer le lendemain. À minuit, l'armée se mit en marche et attaqua les Prussiens, les repoussant de plusieurs positions. Les Prussiens se retirèrent vers Torgau, laissant de lourdes pertes sur le champ de bataille.
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156
p. 199-200
De l'Armée, commandée par le Maréchal de Broglie, le 14 Septembre.
Début :
Cette Armée n'a pas encore fait de mouvement important, le quartier [...]
Mots clefs :
Armée, Mouvements des troupes, Quartier général, Prince Héréditaire de Brunswick, Régiments, Ville, Brigadier, Colonel, Retraite des ennemis, Prince de Condé, Escarmouche
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De l'Armée, commandée par le Maréchal de Broglie, le 14 Septembre.
De l'Armée , commandée par le Maréchal de
Broglie, le 14 Septembre
Cette Armée n'a pas encore fait de mouvement
important, le quartier général eſt toujours
à Immenhaufen .
>
Le 6 de ce mois , à deux heures du matin , un
Corps de quatre à cinq mille hommes , commandé
par le Prince héréditaire de Brunfwick.
fe porta fur Zierenberg , petite Ville de la Heffe ,
à trois lieues de Cafel ; elle étoit occupée par les
deux Régimens des Volontaires du Dauphiné &
de Clermont. Les Grenadiers Anglois , ayant pénétré
dans la Ville , y firent trois cens foixante &
feize prifonniers tant de l'Infanterie que des Dra
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
gons , & une trentaine d'Officiers , parmi lesquels
fe trouvent le fieur de Nortmann , Brigadier , qur
commandoit cette Brigade, & le Sr. de Comeiras,
Colonel du Régiment des Volontaires de Clermont
; ces deux Officiers ont été bleffés . Le fieur
de Viomenil , qui a auffi été bleffé légérement ,
ayant raffemblé ce qui reftoit des deux Régimens,
a fuivi les ennemis dans leur retraite , & a repris
Pofte à Zierenberg ; il y a eu dans cette affaire environ
cinquanté hommes tués , tant du côté des
Anglois , que de celui des François .
Le 9 , le Prince de Condé, ayant à fes ordres
différens Corps de troupes , au nombre d'environ
quinze mille hommes commandés par les Marquis
de Saint Pern , de Poyanne & de Ségur , Lieutenans
Généraux , par le Prince de Robecq, Maréchal
de Camp , & par le Baron de Clozen , Brigadier
, ayant prévenu l'ennemi fur les hauteurs
voifines de Geifmar , fit un fourage avec le plus
grand fuccès. Il n'y a eu que quelques efcarmouches
dans lesquelles on a fait quelques prifonniers,
& on n'a eu qu'un Officier & fix ou fept hommes
de blétlés.
Broglie, le 14 Septembre
Cette Armée n'a pas encore fait de mouvement
important, le quartier général eſt toujours
à Immenhaufen .
>
Le 6 de ce mois , à deux heures du matin , un
Corps de quatre à cinq mille hommes , commandé
par le Prince héréditaire de Brunfwick.
fe porta fur Zierenberg , petite Ville de la Heffe ,
à trois lieues de Cafel ; elle étoit occupée par les
deux Régimens des Volontaires du Dauphiné &
de Clermont. Les Grenadiers Anglois , ayant pénétré
dans la Ville , y firent trois cens foixante &
feize prifonniers tant de l'Infanterie que des Dra
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
gons , & une trentaine d'Officiers , parmi lesquels
fe trouvent le fieur de Nortmann , Brigadier , qur
commandoit cette Brigade, & le Sr. de Comeiras,
Colonel du Régiment des Volontaires de Clermont
; ces deux Officiers ont été bleffés . Le fieur
de Viomenil , qui a auffi été bleffé légérement ,
ayant raffemblé ce qui reftoit des deux Régimens,
a fuivi les ennemis dans leur retraite , & a repris
Pofte à Zierenberg ; il y a eu dans cette affaire environ
cinquanté hommes tués , tant du côté des
Anglois , que de celui des François .
Le 9 , le Prince de Condé, ayant à fes ordres
différens Corps de troupes , au nombre d'environ
quinze mille hommes commandés par les Marquis
de Saint Pern , de Poyanne & de Ségur , Lieutenans
Généraux , par le Prince de Robecq, Maréchal
de Camp , & par le Baron de Clozen , Brigadier
, ayant prévenu l'ennemi fur les hauteurs
voifines de Geifmar , fit un fourage avec le plus
grand fuccès. Il n'y a eu que quelques efcarmouches
dans lesquelles on a fait quelques prifonniers,
& on n'a eu qu'un Officier & fix ou fept hommes
de blétlés.
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Résumé : De l'Armée, commandée par le Maréchal de Broglie, le 14 Septembre.
Le 14 septembre, l'armée du Maréchal de Broglie était stationnée à Immenhaufen sans mouvement significatif. Le 6 septembre, à 2 heures du matin, le Prince héréditaire de Brunswick attaqua Zierenberg avec 4 à 5 000 hommes. La ville, occupée par les régiments des Volontaires du Dauphiné et de Clermont, fut prise par les grenadiers anglais, qui capturèrent 362 prisonniers, dont une trentaine d'officiers. Parmi eux, les sieurs de Nortmann et de Comeiras furent blessés. Le sieur de Viomenil, également blessé, rassembla les survivants et reprit la position. Cette bataille fit environ cinquante morts des deux côtés. Le 9 septembre, le Prince de Condé, à la tête de 15 000 hommes, surprit l'ennemi près de Geismar. Cette opération, menée par les marquis de Saint Pern, de Poyanne et de Ségur, ainsi que le prince de Robecq et le baron de Clozen, fut couronnée de succès avec quelques escarmouches mineures et plusieurs blessés.
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157
p. 204
De l'Armée de l'Empire, le 10 Septembre.
Début :
Nous attaquames, le 10, avec succès, quelques postes avancés des ennemis. [...]
Mots clefs :
Attaque, Ennemis, Succès, Postes militaires, Résistance, Prince de Deux-Ponts, Armée, Village, Opérations militaires
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texteReconnaissance textuelle : De l'Armée de l'Empire, le 10 Septembre.
De l'Armée de l'Empire , le 16 Septembre.
>
>
Nous attaquames , ' le 1o , avec fuccès , quelques
poftes avancés des ennemis. Ils fe repliérent avec
précipitation jufques fous le canon de leurs retranchemens
de Torgau. On reconnut , par ce
moyen , de fort près leur pofition . Le +1 les
ennemis attaquérent , à leur tour , vers le foir
nos poftes avancés ; mais on leur oppofa une
vigoureuſe réſiſtance & ils fe retirerent après
une heure d'attaque infructueufe. Le Prince de
Deux- Ponts a fon Quartier à Strehla où la droite
de l'Armée eft appuyée , & la gauche eft à Doberschitz
. Le Corps de réſerve eft entre Schilda
& Profthayn , & les Troupes légères occupent les
Bois & les Villages que nous avons en avant d'ici
à Torgau.
I
>
Le Prince de Deux-Ponts , informé de l'arrivée
du Duc de Wirtemberg dans les environs de Hall ,
lui dépêcha , le 1 ,, le Général d'Infanterie Baron
de Haddick , pour concerter les opérations du
refte de la Campagne. Le Général Lucfinsky occupe
Duben & fes environs.
>
>
Nous attaquames , ' le 1o , avec fuccès , quelques
poftes avancés des ennemis. Ils fe repliérent avec
précipitation jufques fous le canon de leurs retranchemens
de Torgau. On reconnut , par ce
moyen , de fort près leur pofition . Le +1 les
ennemis attaquérent , à leur tour , vers le foir
nos poftes avancés ; mais on leur oppofa une
vigoureuſe réſiſtance & ils fe retirerent après
une heure d'attaque infructueufe. Le Prince de
Deux- Ponts a fon Quartier à Strehla où la droite
de l'Armée eft appuyée , & la gauche eft à Doberschitz
. Le Corps de réſerve eft entre Schilda
& Profthayn , & les Troupes légères occupent les
Bois & les Villages que nous avons en avant d'ici
à Torgau.
I
>
Le Prince de Deux-Ponts , informé de l'arrivée
du Duc de Wirtemberg dans les environs de Hall ,
lui dépêcha , le 1 ,, le Général d'Infanterie Baron
de Haddick , pour concerter les opérations du
refte de la Campagne. Le Général Lucfinsky occupe
Duben & fes environs.
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Résumé : De l'Armée de l'Empire, le 10 Septembre.
Du 10 au 16 septembre, l'Armée de l'Empire a mené des opérations militaires autour de Torgau. Le 10 septembre, les troupes ont attaqué avec succès des postes avancés ennemis, qui se sont repliés jusqu'à leurs retranchements de Torgau, permettant ainsi de mieux connaître leur position. Le 11 septembre, les ennemis ont attaqué les postes avancés de l'Armée, mais ont été repoussés après une heure de combat infructueux. Le Prince de Deux-Ponts a établi son quartier général à Strehla, avec la droite de l'Armée appuyée à cet endroit et la gauche à Doberschitz. Le Corps de réserve est positionné entre Schilda et Prohstayn, tandis que les troupes légères occupent les bois et les villages situés entre la position actuelle de l'Armée et Torgau. Le Prince de Deux-Ponts a envoyé le Général d'Infanterie Baron de Haddick pour coordonner les opérations avec le Duc de Wurtemberg, récemment arrivé près de Halle. Le Général Lucinsky contrôle Duben et ses environs.
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158
p. 209-213
De FRANCFORT, le 22 Septembre.
Début :
On a été ici quelques jours sans recevoir des nouvelles de l'Armée. [...]
Mots clefs :
Armée, Corps, Détachement, Prince Ferdinand , Communication, Prisonniers, Maréchal de Broglie, Ennemis, Infanterie, Régiment, Comte, Bataille, Obstacle, Opérations militaires
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De FRANCFORT, le 22 Septembre.
De FRANCFORT , le 22 Septembre.
On a été ici quelques jours fans recevoir des
nouvelles de l'Armée. Un Corps détaché de celle .
"
210 MERCURE DE FRANCE.
da Prince Ferdinand s'érgit poſté fur Marburg &
ayoit interrompu la communication ; les polles
qui avoient été établis pour fa fureté s'étant repliés
à l'approche des ennemis , deux, Compagnies
da Régiment de Cavalerie de Rougrave , qui occupoient
celui de Butzbach , y furent attaquées
le au matin , & furent faites Prifonnieres de
guerre. Le Maréchal de Broglie , ayant eu avis
de la marche des ennemis , fit partir de Merdenhagen
, le 12 à la pointe du jour , le Corps
aux ordres du Comte de Stainville , Lieutenant
Général , & du Marquis d'Aubigni , Maréchal de
Camp , pour le pofter fur Marburg afin de leur
couper leur retraite . Ce Corps étoit compofé de
la Brigade d'Infanterie d'Auvergne ; de celle de
Bouillon formée de ce Régiment & de ceux de
Vierzet & d'Horion , & des Régimens, de Dragons
du Roi & de la Ferronaye ; & de la Brigade
de Cavalerie de Royal- Pologne , compoſée
de ce Régiment & de ceux de Poly & de Touftain,
Ilarriva le même jour à Marienhagen . On trouva
en arrivant un détachement des ennemis qui fe
reriroit de Marburg à Franckenberg . On leur fit
trente Prifonniers,
Le Comte de Stainville fut informé que le Corps
des ennemis , commandé par les Généraux de
Bulowet & de Ferien , n'ayant pu fe rendre maître
du Chateau de Marburg par la réſiſtance du fieur
Kenedy , Commandant , & après avoir fait quelque
dégât dans la Ville, fe retiroit auffi fur Franckenberg.
Il ne voulur pas manquer l'occaſion de
le joindre , & il fe remit en marche le 13 à la
pointe du jour. Il fe porta avec la plus grande
diligence vers Radern. Les ennemis étoient en
Bataille à une demi- lieue de ce Village. Le Comte
de Stainville fit auffi - tôt les difpofitions pour les
attaquer ; toutes les troupes pallerent le ruiffeau
OCTOBRE. 1760. 211
du ravin qui les féparoient des ennemis. Les deux
Régimens de Dragons , commandés par le Comte
de Cey , Brigadier , & la Caval rie de la Légion
Royale commandée par le Comte de Melfort
fe portérent pendant ce tems , avec la plus grande
vivacité fur la hauteur occupée par les ennemis.
Ils chargérent la Cavalerie qui s'y trouva & ils la
culbuterent. Le Comte de Ferfen furrué dans cette
charge.
Les ennemis furent fuivis de près , malgré les
obftacles du terrein , par les Grenadiers & les
Challeurs , par la Brigade d'Auvergne, commandée
par le Marquis de Rochambeau , Brigadier ,
& par l'Infanterie de la Légion Royale. Ils furent
ainfi obligés d'abandonner la hauteur qu'ils occupoient
; ils le retirérent par le Village de Munden
où leur droite avoit été appuyée , & ils gagnérent
une autre hauteur près de Neukirchen , On les y
canona vivement jufqu'à ceque les troupes devancées
par les Dragons , après avoir paffé un fecond
ruiffeau affez profond & un ravin difficile , les chaf
ferent de hauteurs , en hauteurs , & les obligerent
de s'appuyer à une haute montagne derniere leVillage
de Hallenberg .
Commela nuit approchoit , le Comte de Stainville
, afin d'empêcher les ennemis d'en profiter
pour affurer leur pofition, ou pour fe retirer en bon
ordre , ne perdit pas un moment à les faire attaquer.
La Brigade d'Auvergne gravit avec la plus
grande vivacité une montagne d'un accès très-difficile.
La Légion Royale & les Dragons s'y porterent
de même , malgré les obftacles du terrein & la roideur
de la montagne. Ils mirent les ennemis en déroute
les Dragons leur firent abandonner trois piéces
de Canon ; le fieur Duchemin, Major de la Légion
Royale, avec quelques Dragons de ce Corps ,
en prit auffi trois pieces , & l'on en trouva deur
212 MERCURE DE FRANCE.
autres abandonnées dans le bois. La nuit mit fin
au combat , qui avoit commencé à dix heures du
matin.
Le Corps des ennemis , étoit d'environ fix mille
hommes. Ils ont perdu beaucoup , & on leur a
fait près de 400 Priſonniers, parmi lesquels il y a
plufieurs Officiers. On leur a pris auffi tous les
bagages ; du côté des François , on n'a perdu qu'environ
cinquante hommes tués ou bleffès.
A
Depuis , le Maréchal de Broglie , ayant réfolu
de faire attaquer le Camp du Général Vangenheim
, par les troupes aux ordres du Comte de
Luface campées entre Fridlandet Vitzenhauſen ,
fe rendit pour cet effet au quartier du Comte de,
Luface , & il renforça fa réferve d'un Corps de
troupes tiré de l'Armée. Le Corps ennemi étoit
d'environ quinze mille hommes. On marcha fur
quatre colonnes dirigées fur Dransfeld ; auffi- tôt
qu'elles parurent fur la hauteur voiſine de cette
Ville , les ennemis leverent leur Camp & entrerent
dans le bois qu'ils avoient derriere eux. La Colonne
d'Infanterie de notre droite , aux ordres du
Comte de Luface , compofée du Corps Saxon &
des Brigades de Caftelas & de la Marck , s'avança
avec toute la diligence poffible . Elle étoit précédée
par le Comte de Vaux , Lieutenant Général , ayant
avec lui les Grenadiers & les Chaffeurs des ces Brigades
, & par le fieur de Klingenberg , Maréchal
de Camp , ayant avec lui trois Bataillons de Grenadiers
Saxons , foutenus de la Brigade Suiffe.de
Diesbach. L'attaque ne put commencer que vers
les fept heures du foir.Le feu de Moufquetterie fut ,
vif & dura plus d'une heure ; mais il futpeu meurtrier,
à caufe de l'obfcurité & de l'épaiffeur du bois .
Les ennemis furent pouffés jufqu'à l'efcarpement
du Vefer. Les Grenadiers Saxons leur prirent deux
piéces de Canon , & le fieur de Grandmaiſon ,
OCTOBRE. 1760. 213
Commandant les Volontaires de Hainault , en
prit deux autres & fit quelques Priſonniers,
Pendant ce tems- là , le Prince de Croy fit déboucher
de Munden un Détachement aux ordres
du fieur de la Borde , Lieutenant Colonel du Régiment
de Condé , pour le porter fur le pont des
-ennemis à Humel ; il l'attaqua & s'en rendit maître.
Mais les ennemis étant revenus par la gauche
du Véfer avec des forces fupérieures & beaucoup
d'Artillerie , il ne put le conferver . Le lendemain
matin , le fieur de Grandmaifon s'étant porté vers
ce pont , il le trouva abandonné ; il le fit
& en fit brifer les pontons.
trompre
Auffi- tôt après cette opération , le Prince de Robecq
, Maréchal de Camp , fut détaché avec fa divifion
pour aller à Gottinguen , d'où il a dû envoyer
des Détachemens fur Northeim & Eimbeck.
Le fieur de Cambefort , Commandant d'un
Corps de troupes légères , fe trouvant à Bocholtz
avec la troupe , fut averti qu'un Détachement fort
fupérieur au fien marchoit à lui : il ſe retira ; & ce
Détachement l'ayant fuivi , le fieur de Cambefort
fit volte-face , & l'attaqua avec tant de vivacité
qu'il le mit en déroute , & le pourſuivit jufqu'à
la porte de Coesfeldt. Il a tué ou bleffé dans ce
choc, plus de cinquante hommes aux ennemis ,
& il a fait trente quatre Prifonniers , avec lesquels
il a repris la route de Wefel. Il n'a eu que trois
hommes bleffés & trois autres faits Prifonniers.
On a été ici quelques jours fans recevoir des
nouvelles de l'Armée. Un Corps détaché de celle .
"
210 MERCURE DE FRANCE.
da Prince Ferdinand s'érgit poſté fur Marburg &
ayoit interrompu la communication ; les polles
qui avoient été établis pour fa fureté s'étant repliés
à l'approche des ennemis , deux, Compagnies
da Régiment de Cavalerie de Rougrave , qui occupoient
celui de Butzbach , y furent attaquées
le au matin , & furent faites Prifonnieres de
guerre. Le Maréchal de Broglie , ayant eu avis
de la marche des ennemis , fit partir de Merdenhagen
, le 12 à la pointe du jour , le Corps
aux ordres du Comte de Stainville , Lieutenant
Général , & du Marquis d'Aubigni , Maréchal de
Camp , pour le pofter fur Marburg afin de leur
couper leur retraite . Ce Corps étoit compofé de
la Brigade d'Infanterie d'Auvergne ; de celle de
Bouillon formée de ce Régiment & de ceux de
Vierzet & d'Horion , & des Régimens, de Dragons
du Roi & de la Ferronaye ; & de la Brigade
de Cavalerie de Royal- Pologne , compoſée
de ce Régiment & de ceux de Poly & de Touftain,
Ilarriva le même jour à Marienhagen . On trouva
en arrivant un détachement des ennemis qui fe
reriroit de Marburg à Franckenberg . On leur fit
trente Prifonniers,
Le Comte de Stainville fut informé que le Corps
des ennemis , commandé par les Généraux de
Bulowet & de Ferien , n'ayant pu fe rendre maître
du Chateau de Marburg par la réſiſtance du fieur
Kenedy , Commandant , & après avoir fait quelque
dégât dans la Ville, fe retiroit auffi fur Franckenberg.
Il ne voulur pas manquer l'occaſion de
le joindre , & il fe remit en marche le 13 à la
pointe du jour. Il fe porta avec la plus grande
diligence vers Radern. Les ennemis étoient en
Bataille à une demi- lieue de ce Village. Le Comte
de Stainville fit auffi - tôt les difpofitions pour les
attaquer ; toutes les troupes pallerent le ruiffeau
OCTOBRE. 1760. 211
du ravin qui les féparoient des ennemis. Les deux
Régimens de Dragons , commandés par le Comte
de Cey , Brigadier , & la Caval rie de la Légion
Royale commandée par le Comte de Melfort
fe portérent pendant ce tems , avec la plus grande
vivacité fur la hauteur occupée par les ennemis.
Ils chargérent la Cavalerie qui s'y trouva & ils la
culbuterent. Le Comte de Ferfen furrué dans cette
charge.
Les ennemis furent fuivis de près , malgré les
obftacles du terrein , par les Grenadiers & les
Challeurs , par la Brigade d'Auvergne, commandée
par le Marquis de Rochambeau , Brigadier ,
& par l'Infanterie de la Légion Royale. Ils furent
ainfi obligés d'abandonner la hauteur qu'ils occupoient
; ils le retirérent par le Village de Munden
où leur droite avoit été appuyée , & ils gagnérent
une autre hauteur près de Neukirchen , On les y
canona vivement jufqu'à ceque les troupes devancées
par les Dragons , après avoir paffé un fecond
ruiffeau affez profond & un ravin difficile , les chaf
ferent de hauteurs , en hauteurs , & les obligerent
de s'appuyer à une haute montagne derniere leVillage
de Hallenberg .
Commela nuit approchoit , le Comte de Stainville
, afin d'empêcher les ennemis d'en profiter
pour affurer leur pofition, ou pour fe retirer en bon
ordre , ne perdit pas un moment à les faire attaquer.
La Brigade d'Auvergne gravit avec la plus
grande vivacité une montagne d'un accès très-difficile.
La Légion Royale & les Dragons s'y porterent
de même , malgré les obftacles du terrein & la roideur
de la montagne. Ils mirent les ennemis en déroute
les Dragons leur firent abandonner trois piéces
de Canon ; le fieur Duchemin, Major de la Légion
Royale, avec quelques Dragons de ce Corps ,
en prit auffi trois pieces , & l'on en trouva deur
212 MERCURE DE FRANCE.
autres abandonnées dans le bois. La nuit mit fin
au combat , qui avoit commencé à dix heures du
matin.
Le Corps des ennemis , étoit d'environ fix mille
hommes. Ils ont perdu beaucoup , & on leur a
fait près de 400 Priſonniers, parmi lesquels il y a
plufieurs Officiers. On leur a pris auffi tous les
bagages ; du côté des François , on n'a perdu qu'environ
cinquante hommes tués ou bleffès.
A
Depuis , le Maréchal de Broglie , ayant réfolu
de faire attaquer le Camp du Général Vangenheim
, par les troupes aux ordres du Comte de
Luface campées entre Fridlandet Vitzenhauſen ,
fe rendit pour cet effet au quartier du Comte de,
Luface , & il renforça fa réferve d'un Corps de
troupes tiré de l'Armée. Le Corps ennemi étoit
d'environ quinze mille hommes. On marcha fur
quatre colonnes dirigées fur Dransfeld ; auffi- tôt
qu'elles parurent fur la hauteur voiſine de cette
Ville , les ennemis leverent leur Camp & entrerent
dans le bois qu'ils avoient derriere eux. La Colonne
d'Infanterie de notre droite , aux ordres du
Comte de Luface , compofée du Corps Saxon &
des Brigades de Caftelas & de la Marck , s'avança
avec toute la diligence poffible . Elle étoit précédée
par le Comte de Vaux , Lieutenant Général , ayant
avec lui les Grenadiers & les Chaffeurs des ces Brigades
, & par le fieur de Klingenberg , Maréchal
de Camp , ayant avec lui trois Bataillons de Grenadiers
Saxons , foutenus de la Brigade Suiffe.de
Diesbach. L'attaque ne put commencer que vers
les fept heures du foir.Le feu de Moufquetterie fut ,
vif & dura plus d'une heure ; mais il futpeu meurtrier,
à caufe de l'obfcurité & de l'épaiffeur du bois .
Les ennemis furent pouffés jufqu'à l'efcarpement
du Vefer. Les Grenadiers Saxons leur prirent deux
piéces de Canon , & le fieur de Grandmaiſon ,
OCTOBRE. 1760. 213
Commandant les Volontaires de Hainault , en
prit deux autres & fit quelques Priſonniers,
Pendant ce tems- là , le Prince de Croy fit déboucher
de Munden un Détachement aux ordres
du fieur de la Borde , Lieutenant Colonel du Régiment
de Condé , pour le porter fur le pont des
-ennemis à Humel ; il l'attaqua & s'en rendit maître.
Mais les ennemis étant revenus par la gauche
du Véfer avec des forces fupérieures & beaucoup
d'Artillerie , il ne put le conferver . Le lendemain
matin , le fieur de Grandmaifon s'étant porté vers
ce pont , il le trouva abandonné ; il le fit
& en fit brifer les pontons.
trompre
Auffi- tôt après cette opération , le Prince de Robecq
, Maréchal de Camp , fut détaché avec fa divifion
pour aller à Gottinguen , d'où il a dû envoyer
des Détachemens fur Northeim & Eimbeck.
Le fieur de Cambefort , Commandant d'un
Corps de troupes légères , fe trouvant à Bocholtz
avec la troupe , fut averti qu'un Détachement fort
fupérieur au fien marchoit à lui : il ſe retira ; & ce
Détachement l'ayant fuivi , le fieur de Cambefort
fit volte-face , & l'attaqua avec tant de vivacité
qu'il le mit en déroute , & le pourſuivit jufqu'à
la porte de Coesfeldt. Il a tué ou bleffé dans ce
choc, plus de cinquante hommes aux ennemis ,
& il a fait trente quatre Prifonniers , avec lesquels
il a repris la route de Wefel. Il n'a eu que trois
hommes bleffés & trois autres faits Prifonniers.
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Résumé : De FRANCFORT, le 22 Septembre.
Le 22 septembre, les communications à Francfort étaient perturbées par un corps détaché du Prince Ferdinand à Marburg. Deux compagnies du Régiment de Cavalerie de Rougrave furent attaquées et capturées à Butzbach. Le Maréchal de Broglie, informé de la progression des ennemis, envoya un corps commandé par le Comte de Stainville et le Marquis d'Aubigni pour couper leur retraite. Ce corps, composé de diverses brigades d'infanterie et de cavalerie, arriva à Marienhagen et captura trente prisonniers ennemis. Le Comte de Stainville apprit que les ennemis, dirigés par les Généraux de Bulow et de Ferien, se retiraient vers Franckenberg après avoir échoué à prendre le Château de Marburg. Il les attaqua près de Radern, où les dragons et la cavalerie de la Légion Royale repoussèrent la cavalerie ennemie. Les ennemis furent repoussés jusqu'à Hallenberg. Le combat intense se termina à la nuit tombée, avec près de 400 prisonniers et plusieurs pièces de canon capturées par les Français. Par la suite, le Maréchal de Broglie décida d'attaquer le camp du Général Vangenheim. Les troupes françaises, dirigées par le Comte de Luface, marchèrent en quatre colonnes vers Dransfeld. Les ennemis levèrent leur camp et se retirèrent dans un bois. Les grenadiers saxons prirent deux pièces de canon, et le pont des ennemis à Humel fut brièvement conquis avant d'être abandonné. Le Prince de Robecq fut envoyé à Gottinguen avec sa division, tandis que le Sieur de Cambefort, commandant des troupes légères, mit en déroute un détachement ennemi près de Coesfeldt, capturant trente-quatre prisonniers.
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159
p. 213-214
De CASSEL, le 17 Septembre.
Début :
L'Armée a quitté le 13 de ce mois, le Camp d'Immenhausen, & elle est venue [...]
Mots clefs :
Armée, Camp, Réserve, Chevalier, Prince, Lieutenant, Comte
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De CASSEL, le 17 Septembre.
De CASSEL, le 17 Septembre.
L'Armée a quitté le 13 de ce mois , le Camp
d'Immenhauſen , & elle eft venue camper près de
cette Ville. La réſerve commandée par le Chevalier
de Muy , a été placée à la gauche de l'Armée.
Un Corps aux ordres du Prince de Croy , Lieutenant
Général , borde la baffe Fulde & la baſſe-
Verra. le Prince de Robecq eft placé avec ſa divifion
à Landverhagen & à Sandershaufen. Le
214 MERCURE DE FRANCE.
Comte de Chabot occupe Breitenbach , & la Těferve
du Comte de Luface campe au- delà de la
Verra entre Friedland & Vitzenhaufen.
L'Armée a quitté le 13 de ce mois , le Camp
d'Immenhauſen , & elle eft venue camper près de
cette Ville. La réſerve commandée par le Chevalier
de Muy , a été placée à la gauche de l'Armée.
Un Corps aux ordres du Prince de Croy , Lieutenant
Général , borde la baffe Fulde & la baſſe-
Verra. le Prince de Robecq eft placé avec ſa divifion
à Landverhagen & à Sandershaufen. Le
214 MERCURE DE FRANCE.
Comte de Chabot occupe Breitenbach , & la Těferve
du Comte de Luface campe au- delà de la
Verra entre Friedland & Vitzenhaufen.
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Résumé : De CASSEL, le 17 Septembre.
Le 17 septembre, l'armée a quitté Immenhausen le 13 septembre pour camper près de Cassel. La réserve, dirigée par le Chevalier de Muy, est à gauche. Le Prince de Croy est le long de la basse Fulde et de la basse-Verra. Le Prince de Robecq est à Landverhagen et Sandershaufen. Le Comte de Chabot occupe Breitenbach. La troupe du Comte de Luface est entre Friedland et Vitzenhaufen.
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160
p. 197
De CASSEL, le premier Octobre.
Début :
Après l'expédition du Comte de Lusace contre le Corps commandé [...]
Mots clefs :
Comte, Expédition, Général, Armée, Infanterie, Régiments, Cavalerie, Duc, Attaque, Prisonniers, Pertes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De CASSEL, le premier Octobre.
De CASSEL, le premier Octobre.
Après l'expédition du Comte de Luface contre
le Corps commandé par le Général Vangenheim ,
les troupes qui y avoient été employées revinrent
partie au Camp de Friedland , partie à l'Arniée .
On a fait cantonner quelques brigades d'Infanterie
, ainfi que la Gendarmerie & quelques Régimens
de Cavalerie Le Général Vangenheim campe
préfentement à Uflar , & l'on ne voit plus en
deça de la forêt de Solingen que des troupes légè
res des ennemis , qui ont de fréquentes elcar nouches
avec les nôtres , & qui cherchent ſouvent à
inquiéter nos fourages . Les Chaffeurs de Luckner
attaquérent , le 24 du mois dernier , un de nos
Détachemens près de Neftau , Village fitué fur la
Leyne , à quelque diftance de Gottingen. Cent
Dragons & quelque Infanterie , qui formoient ce
Détachement , furent obligés de céder au nombre.
Les Dragons ont été prèſque tous faits prilonniers.
Le Comte de Chabot & le Duc de Fronsac fu
rent détachés, le 27 , pour enlever le poste que les
ennemis occupoient à Vella , près de Varbourg.
Ceux-ci fe retirerent à l'approche de nos troupes
mais ils furent attaqués par le Duc de Fronfac avec
tant de vivacité & fi a propos , qu'ils perdirent
trente hommes , qui furent faits prifonniers avec
autant de chevaux.
Après l'expédition du Comte de Luface contre
le Corps commandé par le Général Vangenheim ,
les troupes qui y avoient été employées revinrent
partie au Camp de Friedland , partie à l'Arniée .
On a fait cantonner quelques brigades d'Infanterie
, ainfi que la Gendarmerie & quelques Régimens
de Cavalerie Le Général Vangenheim campe
préfentement à Uflar , & l'on ne voit plus en
deça de la forêt de Solingen que des troupes légè
res des ennemis , qui ont de fréquentes elcar nouches
avec les nôtres , & qui cherchent ſouvent à
inquiéter nos fourages . Les Chaffeurs de Luckner
attaquérent , le 24 du mois dernier , un de nos
Détachemens près de Neftau , Village fitué fur la
Leyne , à quelque diftance de Gottingen. Cent
Dragons & quelque Infanterie , qui formoient ce
Détachement , furent obligés de céder au nombre.
Les Dragons ont été prèſque tous faits prilonniers.
Le Comte de Chabot & le Duc de Fronsac fu
rent détachés, le 27 , pour enlever le poste que les
ennemis occupoient à Vella , près de Varbourg.
Ceux-ci fe retirerent à l'approche de nos troupes
mais ils furent attaqués par le Duc de Fronfac avec
tant de vivacité & fi a propos , qu'ils perdirent
trente hommes , qui furent faits prifonniers avec
autant de chevaux.
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Résumé : De CASSEL, le premier Octobre.
Le 1er octobre, après l'expédition du Comte de Luface contre les troupes du Général Vangenheim, les forces se répartirent entre le camp de Friedland et l'armée principale. Certaines brigades d'infanterie, la gendarmerie et quelques régiments de cavalerie furent cantonnés. Le Général Vangenheim est actuellement stationné à Uflar. De l'autre côté de la forêt de Solingen, des troupes légères ennemies mènent des escarmouches fréquentes avec les forces alliées, perturbant leurs approvisionnements. Le 24 septembre, les Chasseurs de Luckner attaquèrent un détachement près de Neftau, un village situé sur la Leyne, à proximité de Göttingen. Cent dragons et une partie de l'infanterie furent vaincus, et les dragons furent presque tous capturés. Le 27 septembre, le Comte de Chabot et le Duc de Fronsac furent envoyés pour enlever un poste ennemi à Vella, près de Varbourg. Les ennemis se retirèrent à l'approche des troupes alliées, mais furent attaqués avec succès par le Duc de Fronsac, entraînant la capture de trente hommes et autant de chevaux.
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161
p. 184
De PETERSBOURG, le 16 Octobre 1760.
Début :
Le Feld-Maréchal Comte de Butturlin est parti vers le commencement de [...]
Mots clefs :
Feld-maréchal, Armée, Commandement, Frontières, Comte, Contribution financière, Corps
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texteReconnaissance textuelle : De PETERSBOURG, le 16 Octobre 1760.
De PETERSBOURG , le 16 Octobre 1760.
Le Feld-Maréchal Comte de Buttarlin eft parti
vers le commencement de ce mois , pour aller
prendre le Commandement de notre Armée fur
les Frontieres de la Siléfie ; la maladie continuelle
du Feld Maréchal Comte de Soltikoff ne lui permettant
plus de faire les Fonctions de Général . Le
Comte de Fermer commande cette Armée jufqu'à
l'arrivée du Comte de Butturlin .
Les Ruffes , après avoir exigé de la Ville de
Francfort fur l'Oder , une comtribution de cinquante
mille écus , ont décampé de fes environs , & ils
marchent , par Droffen & Zietenzig fur Driefen ,
pour entrer dans la Poméranie. Un de leurs Corps
a déjà pénétré jufqu'auprès de Schwedt , fous les
ordres du Général de Czernichew.
Le Feld-Maréchal Comte de Buttarlin eft parti
vers le commencement de ce mois , pour aller
prendre le Commandement de notre Armée fur
les Frontieres de la Siléfie ; la maladie continuelle
du Feld Maréchal Comte de Soltikoff ne lui permettant
plus de faire les Fonctions de Général . Le
Comte de Fermer commande cette Armée jufqu'à
l'arrivée du Comte de Butturlin .
Les Ruffes , après avoir exigé de la Ville de
Francfort fur l'Oder , une comtribution de cinquante
mille écus , ont décampé de fes environs , & ils
marchent , par Droffen & Zietenzig fur Driefen ,
pour entrer dans la Poméranie. Un de leurs Corps
a déjà pénétré jufqu'auprès de Schwedt , fous les
ordres du Général de Czernichew.
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Résumé : De PETERSBOURG, le 16 Octobre 1760.
Le 16 octobre 1760, le comte de Buttarlin prend le commandement de l'armée en Silésie en raison de la maladie du comte de Soltikoff. Le comte de Fermer assure l'intérim. Les Russes exigent 50 000 écus de Francfort-sur-l'Oder et se dirigent vers la Poméranie. Un corps d'armée atteint Schwedt sous les ordres du général de Czernichew.
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162
p. 189-192
De PARIS , le 24 Janvier 1763.
Début :
Le 22 de ce mois, l'Académie Françoise a tenu une Séance publique pour la réception de l'Abbé [...]
Mots clefs :
Armée, Abbé, Aumônier, Caporal
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texteReconnaissance textuelle : De PARIS , le 24 Janvier 1763.
De PARIS , le 24 Janvier 1763 .
Le 22 de ce mois , l'Académie Françoiſe a tenu
uneSéance publique pour la réception de l'Abbé
de Voifenon. Le Duc de S. Aignan , qui exerçoit
les fonctions de Directeur à la place du Duc
de Nivernois , a répondu au Difcours du nouvel
Académicien . Le fieur Watelet a lu enfuite une
imitation en vers du troifiéme Chant de la Jérufalem
délivrée du Taffe.
Il vient de paroître une Ordonnance du Roi,
en datte du 11 Décembre 1762 , concernant le
Corps des Grenadiers de France : on joint ici le
contenu des principaux Articles qui la compo-
Lent.
Le Régiment des Grenadiers de France fera , à
l'avenir , défigné fous le nom du CORPS DES
GRENADIERS DE FRANCE, Il continuera d'être divifé
en quatre Brigades , de douze compagnies
chacune ; mais le fervice de ces brigades étant
diftingué de celui de tous les Régimens , Sa Majefté
veut qu'à l'avenir , il n'y ait plus de Drapeau
dans ce Corps. Chacune des quarante- huit Compagnies
qui compofent ledit Corps fera portée
au nombre de cinquante-deux Grenadiers , &
commandée ,foit en temps de paix , foit en temps
de guerre , par un Capitaine , un Lieutenant &
un Sous- Lieutenant ; les Grenadiers qui viendront
à manquer ne feront plus fournis par les
feules compagnies des Grenadiers Royaux , on
les tirera des compagnies des Grenadiers de tous
190 MERCURE DE FRANCE .
des Régimens de l'Infanterie Françoife . S. M. veut
que des quatre places de Lieutenans- Colonels , il
en foit fupprimé deux , pour en être confervé feulement
deux ; le premier commandera la premiere
& la feconde brigade , & le ſecond , les
deux fuivantes , en l'abfence du Colonel , ou du
Commandant en fecond. A l'avenir , le rang
de Colonel ne fera point attaché à la charge
de Major , & celui -ci ne commandera le Corps
qu'en l'abſence des Colonel , Colonel - Commandant
, & Lieutenant - Colonel , mais fupérieurement
à tous les Capitaines. Sa Majefté voulant
attacher un Major a deux brigades dudit Corps.
il fera créé un fecond Major qui jouira des mêmes
rangs & prérogratives que le premier. La charge
d'Aide- Major eft fupprimée. Sa Majesté ſe réferve
la nomination des Lieutenans-Colonels &
des Majors du Corps des Grenadiers de France ,
fon intention étant de les choifir à l'avenir parmi
ceux des Capitaines de tous les Régimens
d'Infanterie indiftinctement , Qu'elle jugera devoir
mériter cet avancement ; Elle le réferve
auffi de choisir parmi les Capitaines de ce Corps
ceux qu'elle jugera à propos de faire paffer
à des charges de Lieutenans- Colonels & de Majors
, dans d'autres Régiment de l'infanterie Françoife.
les mêmes confidérations qui ont porté Sa
Majesté à régler aux troupes de fon Infanterie
une paie de Paix & une paie de Guerre
l'ont engagé à accorder le même traitement au
Corps de Grenadiers de France ; & Sa Majeſté
voulant en même tems donner à ce Corps , qui
fera compofé de la plus précieufe partie de les
troupes , des marques de fa fatisfaction Elle
a réglé qu'il feroit , dans tous les temps , donné
un fol de plus de folde à tous les Sergens , Ca-
9
FEVRIER. 1763. -191.
peraux , Fourriers , Appointés , Grenadiers , &
Tambours de ce Corps , qu'à ceux de fon Infanterie
Françoile ; & en conféquence , Elle veut
que des appointemens & folde foient payés audit
Corps fur le pied fuivant , fçavoir , POUR
LES COMPAGNIES à chaque Capitaine , 2000
livres par an , en temps de paix , & 3000 livres
en tems de guerre ; à chaque Lieutenant , 900
livres en paix , & 1200 livres en guerre ; à
chaque Sous- Lieutenant , 600 livres en paix , &
200 livres en guerre à chaque Sergent , 240
livres en paix , & 246 livres en guerre ; à chaque
Fourrier , 198 liv . en paix , & 204 livres en
guerre ; à chaque Caporal , 174 livres en paix
& 180 livres en guerre : à chaque Appointé ,
156 liv . en paix , & 162 livres en guerre ; à chaque
Grenadier & Tambour , 138 liv. en paix , &
144 liv. en guerre . POUR L'ETAT MAJOR ; au Colonel
Propriétaire . 20000 livres par an ,
tout temps ; au Colonel Commandant en fecond
10000 livres en tout temps ; à chaque Colonel
qui fervira audit Corps , pendant le temps
qu'il fera de fervice , feulement , 3600 livres en
paix , & fooo livres en guerre ; à chaque Lieutenant-
Colonel , 5000 livres en paix & 6000 liv.
en guerres à chaque Major , 4000 livres en paix ,
& 5000 livres en guerre ; à chaque Aide- Major ,
1800 liv. en paix, & 2400 liv. en guerre; à chaque
Sous -Aide-Major , 1000 livres en paix , & 15000
livres en guerre ; au Tréforier , 3000 en paix &
4000 en guerre ; au Quartier- Maître , 600 liv.
en paix , & 800 livres en guerre ; à l'Aumônier,
soo livres en paix , & 720 livres en guerre ; au
Chirurgien , oo livres en paix , & 720 livres en
guerre ; au Tambour- Major , 252 livres en tout
temps ; à chacun des douze Inftrumens , 138 liv.
en
192 MERCURE DE FRANCE.
>
en paix , & 144 livres en guerre. La paye de guerre
ne fera donnée audit Corps , que lorsqu'il fervira
en Campagne , à commencer du jour de fon arrivée
à l'armée jufqu'à celui de ſon départ de l'ar-
-mée pour rentrer dans le Royaume. L'uniforme
du Corps des Grenadiers de France confiſtera en
un habit bleu , revers , collet , paremens & doublure
citron , avec des agrémens blancs ſur l'havefte
& culotte blanches , poches ordinaires ,
garnies de trois gros boutons & autant fur le
parement , fept petits au revers , & quatre gros
deffous ; boutons blancs & plats avec une roſe au
milieu. Les Grenadiers feront coeffés de bonnets
de peau d'ours avec une plaque blanche au - devant
marquée des Armes du Roi. Sa Majesté veut
que le Corps des Grenadiers de France foit affujetzi
à toutes les régles preſcrites par fon Ordonnance
du ro Décembre de cette année , concernant l'Infanterie
Françoife.
Le 22 de ce mois , l'Académie Françoiſe a tenu
uneSéance publique pour la réception de l'Abbé
de Voifenon. Le Duc de S. Aignan , qui exerçoit
les fonctions de Directeur à la place du Duc
de Nivernois , a répondu au Difcours du nouvel
Académicien . Le fieur Watelet a lu enfuite une
imitation en vers du troifiéme Chant de la Jérufalem
délivrée du Taffe.
Il vient de paroître une Ordonnance du Roi,
en datte du 11 Décembre 1762 , concernant le
Corps des Grenadiers de France : on joint ici le
contenu des principaux Articles qui la compo-
Lent.
Le Régiment des Grenadiers de France fera , à
l'avenir , défigné fous le nom du CORPS DES
GRENADIERS DE FRANCE, Il continuera d'être divifé
en quatre Brigades , de douze compagnies
chacune ; mais le fervice de ces brigades étant
diftingué de celui de tous les Régimens , Sa Majefté
veut qu'à l'avenir , il n'y ait plus de Drapeau
dans ce Corps. Chacune des quarante- huit Compagnies
qui compofent ledit Corps fera portée
au nombre de cinquante-deux Grenadiers , &
commandée ,foit en temps de paix , foit en temps
de guerre , par un Capitaine , un Lieutenant &
un Sous- Lieutenant ; les Grenadiers qui viendront
à manquer ne feront plus fournis par les
feules compagnies des Grenadiers Royaux , on
les tirera des compagnies des Grenadiers de tous
190 MERCURE DE FRANCE .
des Régimens de l'Infanterie Françoife . S. M. veut
que des quatre places de Lieutenans- Colonels , il
en foit fupprimé deux , pour en être confervé feulement
deux ; le premier commandera la premiere
& la feconde brigade , & le ſecond , les
deux fuivantes , en l'abfence du Colonel , ou du
Commandant en fecond. A l'avenir , le rang
de Colonel ne fera point attaché à la charge
de Major , & celui -ci ne commandera le Corps
qu'en l'abſence des Colonel , Colonel - Commandant
, & Lieutenant - Colonel , mais fupérieurement
à tous les Capitaines. Sa Majefté voulant
attacher un Major a deux brigades dudit Corps.
il fera créé un fecond Major qui jouira des mêmes
rangs & prérogratives que le premier. La charge
d'Aide- Major eft fupprimée. Sa Majesté ſe réferve
la nomination des Lieutenans-Colonels &
des Majors du Corps des Grenadiers de France ,
fon intention étant de les choifir à l'avenir parmi
ceux des Capitaines de tous les Régimens
d'Infanterie indiftinctement , Qu'elle jugera devoir
mériter cet avancement ; Elle le réferve
auffi de choisir parmi les Capitaines de ce Corps
ceux qu'elle jugera à propos de faire paffer
à des charges de Lieutenans- Colonels & de Majors
, dans d'autres Régiment de l'infanterie Françoife.
les mêmes confidérations qui ont porté Sa
Majesté à régler aux troupes de fon Infanterie
une paie de Paix & une paie de Guerre
l'ont engagé à accorder le même traitement au
Corps de Grenadiers de France ; & Sa Majeſté
voulant en même tems donner à ce Corps , qui
fera compofé de la plus précieufe partie de les
troupes , des marques de fa fatisfaction Elle
a réglé qu'il feroit , dans tous les temps , donné
un fol de plus de folde à tous les Sergens , Ca-
9
FEVRIER. 1763. -191.
peraux , Fourriers , Appointés , Grenadiers , &
Tambours de ce Corps , qu'à ceux de fon Infanterie
Françoile ; & en conféquence , Elle veut
que des appointemens & folde foient payés audit
Corps fur le pied fuivant , fçavoir , POUR
LES COMPAGNIES à chaque Capitaine , 2000
livres par an , en temps de paix , & 3000 livres
en tems de guerre ; à chaque Lieutenant , 900
livres en paix , & 1200 livres en guerre ; à
chaque Sous- Lieutenant , 600 livres en paix , &
200 livres en guerre à chaque Sergent , 240
livres en paix , & 246 livres en guerre ; à chaque
Fourrier , 198 liv . en paix , & 204 livres en
guerre ; à chaque Caporal , 174 livres en paix
& 180 livres en guerre : à chaque Appointé ,
156 liv . en paix , & 162 livres en guerre ; à chaque
Grenadier & Tambour , 138 liv. en paix , &
144 liv. en guerre . POUR L'ETAT MAJOR ; au Colonel
Propriétaire . 20000 livres par an ,
tout temps ; au Colonel Commandant en fecond
10000 livres en tout temps ; à chaque Colonel
qui fervira audit Corps , pendant le temps
qu'il fera de fervice , feulement , 3600 livres en
paix , & fooo livres en guerre ; à chaque Lieutenant-
Colonel , 5000 livres en paix & 6000 liv.
en guerres à chaque Major , 4000 livres en paix ,
& 5000 livres en guerre ; à chaque Aide- Major ,
1800 liv. en paix, & 2400 liv. en guerre; à chaque
Sous -Aide-Major , 1000 livres en paix , & 15000
livres en guerre ; au Tréforier , 3000 en paix &
4000 en guerre ; au Quartier- Maître , 600 liv.
en paix , & 800 livres en guerre ; à l'Aumônier,
soo livres en paix , & 720 livres en guerre ; au
Chirurgien , oo livres en paix , & 720 livres en
guerre ; au Tambour- Major , 252 livres en tout
temps ; à chacun des douze Inftrumens , 138 liv.
en
192 MERCURE DE FRANCE.
>
en paix , & 144 livres en guerre. La paye de guerre
ne fera donnée audit Corps , que lorsqu'il fervira
en Campagne , à commencer du jour de fon arrivée
à l'armée jufqu'à celui de ſon départ de l'ar-
-mée pour rentrer dans le Royaume. L'uniforme
du Corps des Grenadiers de France confiſtera en
un habit bleu , revers , collet , paremens & doublure
citron , avec des agrémens blancs ſur l'havefte
& culotte blanches , poches ordinaires ,
garnies de trois gros boutons & autant fur le
parement , fept petits au revers , & quatre gros
deffous ; boutons blancs & plats avec une roſe au
milieu. Les Grenadiers feront coeffés de bonnets
de peau d'ours avec une plaque blanche au - devant
marquée des Armes du Roi. Sa Majesté veut
que le Corps des Grenadiers de France foit affujetzi
à toutes les régles preſcrites par fon Ordonnance
du ro Décembre de cette année , concernant l'Infanterie
Françoife.
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Résumé : De PARIS , le 24 Janvier 1763.
Le 24 janvier 1763, l'Académie Françoise a organisé une séance publique pour accueillir l'Abbé de Voifenon. Le Duc de S. Aignan a répondu au discours du nouvel académicien, et le sieur Watelet a présenté une imitation en vers du troisième chant de la Jérusalem délivrée du Tasse. Par ailleurs, une ordonnance royale du 11 décembre 1762 a réformé le Corps des Grenadiers de France. Ce corps, désormais officiellement nommé ainsi, reste divisé en quatre brigades de douze compagnies chacune. Les drapeaux sont supprimés, et chaque compagnie compte cinquante-deux grenadiers, dirigés par un capitaine, un lieutenant et un sous-lieutenant. Les recrues manquantes seront prises parmi les compagnies des grenadiers de tous les régiments d'infanterie française. L'ordonnance supprime deux des quatre places de lieutenants-colonels, en conservant deux. Le rang de colonel n'est plus attaché à la charge de major, qui commandera le corps en l'absence des colonels. Un second major est créé avec les mêmes rangs et prérogatives que le premier, et la charge d'aide-major est supprimée. Le roi se réserve la nomination des lieutenants-colonels et des majors, qu'il choisira parmi les capitaines de tous les régiments d'infanterie. Le traitement du Corps des Grenadiers de France est réglé avec une solde de paix et une solde de guerre, similaire à celle de l'infanterie française. Une solde supplémentaire est accordée à tous les grades. Les appointements et soldes sont détaillés pour chaque grade, tant en temps de paix qu'en temps de guerre. La paye de guerre sera donnée lors des campagnes militaires. L'uniforme du corps comprend un habit bleu avec des revers, collet, parements et doublure citron, des agréments blancs, et une coiffure de bonnets de peau d'ours avec une plaque blanche marquée des armes du roi. Le corps est soumis à toutes les règles prescrites par l'ordonnance du 10 décembre 1762 concernant l'infanterie française.
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163
p. 182
DE COPPENHAGUE, le 8 Janvier 1763.
Début :
Le Roi a nommé Lieutenant-Général de ses Armées le sieur de Chazot, Gentilhomme [...]
Mots clefs :
Roi, Lieutenant général, Gentilhomme, Armée, Commandant, Nomination
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texteReconnaissance textuelle : DE COPPENHAGUE, le 8 Janvier 1763.
DE COPPENHAGUE , le 8 Janvier 1763.
.
Le Roi a nommé Lieutenant- Général de fes
Armées le fieur de Chaz ot , Gentilhomme François
, Commandant de Lubeck.
.
Le Roi a nommé Lieutenant- Général de fes
Armées le fieur de Chaz ot , Gentilhomme François
, Commandant de Lubeck.
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164
p. 183
DE MADRID, le 25 Janvier 1763.
Début :
Le Roi vient de confirmer en faveur du Comte Don Casimir Pignatelli, [...]
Mots clefs :
Roi, Comte, Lieutenant général, Armée, Majesté très chrétienne, Titre, Nomination
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texteReconnaissance textuelle : DE MADRID, le 25 Janvier 1763.
De Madrid , le 25 Janvier 1763.
Le Roi vient de confirmer en faveur du Comte
Don Cafimir Pignatelli , Lieutenant- Général des
Armées de Sa Majesté Très- Chrétienne , le titre
de Grand d'Espagne , attaché à la maifon d'Egmont.
Sa Majesté a relevé pour toujours ce titre
du droit de Lanfas , & de demi- annate.
Le Roi vient de confirmer en faveur du Comte
Don Cafimir Pignatelli , Lieutenant- Général des
Armées de Sa Majesté Très- Chrétienne , le titre
de Grand d'Espagne , attaché à la maifon d'Egmont.
Sa Majesté a relevé pour toujours ce titre
du droit de Lanfas , & de demi- annate.
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165
p. 207-209
« Le Duc de Biren est arrivé avec sa famille à Mittau, & y a fait son entrée [...] »
Début :
Le Duc de Biren est arrivé avec sa famille à Mittau, & y a fait son entrée [...]
Mots clefs :
Duc de Biren, Magistrat, Garde, Magistrats, Exécution militaire, Régence, Couronne, Troupes russes, Artillerie, Attaque, Lituanie, Noblesse, Armée, Assemblée
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texteReconnaissance textuelle : « Le Duc de Biren est arrivé avec sa famille à Mittau, & y a fait son entrée [...] »
Le Duc de Biren eſt arrivé avec . La famille
""
20
208 MERCURE DE FRANCE.
•
•
à Mittau , & y a fait fon entrée folemnelle k
22 du mois dernier . Le Magiſtrat & les Gardes
de la Bourgeoifie , qui ont d'abord refuſé de
prêter fement de fidélité au nouveau Duc , y
'ont été contraints par des éxécutions militaires.
Le fieur Simolin a même fait menacer les Magiftrats
de les faire enlever. La nuit avant cette
entrée folemnelle , on avoit enlevé de l'arc de
triomphe érigé en 1759 pour l'hommage rendu
au Prince Charles comme Duc de Courlande ,
la Couronne Royale & Ducale de ce Prince , fes
armes & celles de la Couronne de Pologne ,
ainfi que les infcriptions qui avoient été gra
vées fur ce monument. Les Membres de la Régence
Ducale ont été fommés par un Officier
Ruffe envoyé par le fieur Simolin de reconnoître
& de fervir le Duc de Biren comme légitime Duc
de Courlande ; mais ils ont répondu qu'ils ne
pouvoient le faire ; fans manquet à la fidélité
qu'ils doivent au Roi & à la République comme
Seigneurs Suzerains de ces Duchés , & au double
ferment de Vaffaux & de Serviteurs qu'ils ont
prêté au Prince Charles leur légitime Duc. Le
Dimanche fuivant , les troupes Ruffes ont forcé
la porte de la Tribune Ducale dans la principale
Eglife Luthérienne de Mittau. Le Duc de Biren
s'y est rendu ; & le Sur-Intendant Luthérien a
été forcé de le haranguer en qualité de Souverain
du pays , & d'entonner le Te Deum , qui
a été chanté au bruit d'une décharge de l'artillerie
Ruffe. La Bourgeoisie a été forcée de nouveau
à illuminer fes maifons le foir. Mais tour cet appareil
& ces actes de violence n'ont pu ébranler
la fermeté du Prince Charles , qui perfifte à refter
dans fon Palais jufqu'à la dernière extrémité.
AVRIL. 1763. 209
Du 17 Février..
Des nouvelles de Lithuanie nous apprennent
que le fieur Zabielo , Grand Veneur de ce Duché
, préfidant à la Diétine qui s'eft affemblée le
de ce mois à Kowno pour l'élection des Députés
au Tribunal annuel de Lithuanie , a haran-.
gué la Nobleffe de ce diftrict , & lui a expoſé d'une
manière G pathétique fes droits & la fituation du.
Duc Charles , qu'il a déterminé tous les Gentilshommes
de ce canton , au nombre de près de
cinq cens , à marcher avec leur fuité à Mittau ,
qui n'eft qu'à deux petites journées de Kowno ,
pour y foutenir la caufe du fils de leur Roi , y
défendre fa perfonne , & fe joindre à la partie
de la Nobleffe Courlandoiſe qui lui eſt reſtée fidelle.
Toute cette troupe s'eft mife en marche le 8 ,
accompagnée de quelques Dragons de l'armée de
Lithuanie , & elle a du être rendue le lendemain
à Mittau. On ignore encore quel effet cet événement
aura produit parmi les Partifans du Duc
de Biren , & ce qui s'eft paffé dans l'affemblée
de la Nobleife qu'il avoit indiquée pour le ro..
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20
208 MERCURE DE FRANCE.
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•
à Mittau , & y a fait fon entrée folemnelle k
22 du mois dernier . Le Magiſtrat & les Gardes
de la Bourgeoifie , qui ont d'abord refuſé de
prêter fement de fidélité au nouveau Duc , y
'ont été contraints par des éxécutions militaires.
Le fieur Simolin a même fait menacer les Magiftrats
de les faire enlever. La nuit avant cette
entrée folemnelle , on avoit enlevé de l'arc de
triomphe érigé en 1759 pour l'hommage rendu
au Prince Charles comme Duc de Courlande ,
la Couronne Royale & Ducale de ce Prince , fes
armes & celles de la Couronne de Pologne ,
ainfi que les infcriptions qui avoient été gra
vées fur ce monument. Les Membres de la Régence
Ducale ont été fommés par un Officier
Ruffe envoyé par le fieur Simolin de reconnoître
& de fervir le Duc de Biren comme légitime Duc
de Courlande ; mais ils ont répondu qu'ils ne
pouvoient le faire ; fans manquet à la fidélité
qu'ils doivent au Roi & à la République comme
Seigneurs Suzerains de ces Duchés , & au double
ferment de Vaffaux & de Serviteurs qu'ils ont
prêté au Prince Charles leur légitime Duc. Le
Dimanche fuivant , les troupes Ruffes ont forcé
la porte de la Tribune Ducale dans la principale
Eglife Luthérienne de Mittau. Le Duc de Biren
s'y est rendu ; & le Sur-Intendant Luthérien a
été forcé de le haranguer en qualité de Souverain
du pays , & d'entonner le Te Deum , qui
a été chanté au bruit d'une décharge de l'artillerie
Ruffe. La Bourgeoisie a été forcée de nouveau
à illuminer fes maifons le foir. Mais tour cet appareil
& ces actes de violence n'ont pu ébranler
la fermeté du Prince Charles , qui perfifte à refter
dans fon Palais jufqu'à la dernière extrémité.
AVRIL. 1763. 209
Du 17 Février..
Des nouvelles de Lithuanie nous apprennent
que le fieur Zabielo , Grand Veneur de ce Duché
, préfidant à la Diétine qui s'eft affemblée le
de ce mois à Kowno pour l'élection des Députés
au Tribunal annuel de Lithuanie , a haran-.
gué la Nobleffe de ce diftrict , & lui a expoſé d'une
manière G pathétique fes droits & la fituation du.
Duc Charles , qu'il a déterminé tous les Gentilshommes
de ce canton , au nombre de près de
cinq cens , à marcher avec leur fuité à Mittau ,
qui n'eft qu'à deux petites journées de Kowno ,
pour y foutenir la caufe du fils de leur Roi , y
défendre fa perfonne , & fe joindre à la partie
de la Nobleffe Courlandoiſe qui lui eſt reſtée fidelle.
Toute cette troupe s'eft mife en marche le 8 ,
accompagnée de quelques Dragons de l'armée de
Lithuanie , & elle a du être rendue le lendemain
à Mittau. On ignore encore quel effet cet événement
aura produit parmi les Partifans du Duc
de Biren , & ce qui s'eft paffé dans l'affemblée
de la Nobleife qu'il avoit indiquée pour le ro..
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Résumé : « Le Duc de Biren est arrivé avec sa famille à Mittau, & y a fait son entrée [...] »
Le Duc de Biren a fait une entrée solennelle à Mittau le 22 du mois dernier. Initialement, le magistrat et les gardes bourgeois avaient refusé de prêter serment de fidélité au nouveau duc, mais ils y ont été contraints par des exécutions militaires. La nuit précédant cette entrée, des éléments symboliques, tels que la couronne royale et ducale du Prince Charles, ont été enlevés d'un arc de triomphe. Les membres de la régence ducale ont refusé de reconnaître le Duc de Biren comme légitime duc de Courlande, invoquant leur fidélité au Roi et à la République. Les troupes russes ont forcé l'accès à la tribune ducale dans la principale église luthérienne de Mittau, où le Duc de Biren a été acclamé par le sur-intendant luthérien. Malgré ces actes de violence, le Prince Charles persiste à rester dans son palais. En Lituanie, le sieur Zabielo, Grand Veneur, a harangué la noblesse lors d'une diétine à Kowno, les incitant à soutenir le Duc Charles. Près de cinq cents gentilshommes se sont mis en marche vers Mittau pour défendre le Duc Charles, accompagnés de quelques dragons de l'armée de Lituanie.
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166
p. 209-210
De DRESDE le 18 Mars 1764.
Début :
On apprend de Warsovie, que la division & le trouble subsistent toujours dans les [...]
Mots clefs :
Varsovie, Troubles, Scission, Comte, Électeur, Lieutenant-général, Armée
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texteReconnaissance textuelle : De DRESDE le 18 Mars 1764.
De DREs DE le 18 Mars 1764.
On apprend de Warſovie, que la diviſion & le
trouble ſubſiſtent toujours dans les diſtricts, où
il y a eu Sciſſion , mais juſqu'à préſent ces querelles
n'ont pas été auſſi meurtrieres qu'on pouvoit le
craindre. On compte qu'il n'y a pas eu dix hom
mes de tués, quoiqu'il y ait eut plus de cent mille
coups de ſabre donnés dans les Diétines.
Le Comte de Marainville, Brigadier des Armées
de Sa Majeſté Très-Chrétienne, qui a été em
ployé pendant toute la guerre dernière aux Ar
mées Impériales, vient d'obtenir du Roi ſon Mat
21o MERCURE DE FRANCE.
tre la permiſſiond'entrer au ſervice de notre Élec
teur avec le grade de Lieutenant-Général & de
Quartier-Maître Général de l'Armée Saxone.
On apprend de Warſovie, que la diviſion & le
trouble ſubſiſtent toujours dans les diſtricts, où
il y a eu Sciſſion , mais juſqu'à préſent ces querelles
n'ont pas été auſſi meurtrieres qu'on pouvoit le
craindre. On compte qu'il n'y a pas eu dix hom
mes de tués, quoiqu'il y ait eut plus de cent mille
coups de ſabre donnés dans les Diétines.
Le Comte de Marainville, Brigadier des Armées
de Sa Majeſté Très-Chrétienne, qui a été em
ployé pendant toute la guerre dernière aux Ar
mées Impériales, vient d'obtenir du Roi ſon Mat
21o MERCURE DE FRANCE.
tre la permiſſiond'entrer au ſervice de notre Élec
teur avec le grade de Lieutenant-Général & de
Quartier-Maître Général de l'Armée Saxone.
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Résumé : De DRESDE le 18 Mars 1764.
Le 18 mars 1764, des troubles persistants sont signalés dans les districts polonais scindés. Les affrontements, bien que violents, ont causé environ dix morts malgré plus de cent mille coups de sabre échangés lors des Diétines. Le Comte de Marainville a obtenu la permission du roi de France pour servir l'Électeur de Saxe comme Lieutenant-Général et Quartier-Maître Général.
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