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12701
p. 58-59
« LE mot de la premiere Enigme du Mercure de Mars est la Langue. Celui [...] »
Début :
LE mot de la premiere Enigme du Mercure de Mars est la Langue. Celui [...]
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texteReconnaissance textuelle : « LE mot de la premiere Enigme du Mercure de Mars est la Langue. Celui [...] »
LE mot de la premiere Enigme du
Mercure de Mars est la Langue. Celui
de la feconde est la Crémaillère. Celui
de la troifiéme eſt Noël qui donne ce-
AVRIL. 1764.
59
lui de Léon. Celui du premier Logo-
gryphe eſt Fricandeau , dans lequel
on trouve cire , France , Caën , Caire
Icare , Inde , If, Candie , Canarie
د
air , eau , feu , avenir , ré , fa , car ,
ane , fard, cidre , vin , caffé , uni , nef,
cure , canard , art , farcin , navire , un,
neuf , nid , cri , Diacre , cráne
, aneau ,
rideau , cadeau , craie , canif , acier
,
fer, Franc , naif, ancre , cerf , Cain ,
cave , Diane , Faune , Racine , Cadi ,
ver , cuir , aune , aune , urne , rien , an
ride , Dieu. Celui du ſecond Logogry-
phe eſt Hermaphrodite.
Mercure de Mars est la Langue. Celui
de la feconde est la Crémaillère. Celui
de la troifiéme eſt Noël qui donne ce-
AVRIL. 1764.
59
lui de Léon. Celui du premier Logo-
gryphe eſt Fricandeau , dans lequel
on trouve cire , France , Caën , Caire
Icare , Inde , If, Candie , Canarie
د
air , eau , feu , avenir , ré , fa , car ,
ane , fard, cidre , vin , caffé , uni , nef,
cure , canard , art , farcin , navire , un,
neuf , nid , cri , Diacre , cráne
, aneau ,
rideau , cadeau , craie , canif , acier
,
fer, Franc , naif, ancre , cerf , Cain ,
cave , Diane , Faune , Racine , Cadi ,
ver , cuir , aune , aune , urne , rien , an
ride , Dieu. Celui du ſecond Logogry-
phe eſt Hermaphrodite.
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12702
p. 60
AUTRE.
Début :
Je suis long, je suis rond, je suis droit & bossu ; [...]
Mots clefs :
Fuseau
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texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE
fuis long , je ſuis rond , je ſuis droit &
boffu ;
La Nature m'habille en me mettant au monde,
Mais l'Art me dépouille tout nud.
Honteux de me voir tel, je tourne & fais la ronde?
D'une agilité ſans ſeconde ,
Seulement pour être vêtu.
Mais ma condition en est-elle meilleure ?
Quel est enfin le prix de mon empreſſement ?
Je ne gagne qu'un vêtement ,
Et quelquefois ce n'eſt pas pour une heure..
fuis long , je ſuis rond , je ſuis droit &
boffu ;
La Nature m'habille en me mettant au monde,
Mais l'Art me dépouille tout nud.
Honteux de me voir tel, je tourne & fais la ronde?
D'une agilité ſans ſeconde ,
Seulement pour être vêtu.
Mais ma condition en est-elle meilleure ?
Quel est enfin le prix de mon empreſſement ?
Je ne gagne qu'un vêtement ,
Et quelquefois ce n'eſt pas pour une heure..
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12703
p. 62
AUTRE.
Début :
En entier j'appartiens aux Rois [...]
Mots clefs :
Cordon
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texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
En entier j'appartiens aux Rois
Comme aux Enfans de S. François.
Divi ſez mes fix pieds : je donne de la tête
Tout à travers les bois .
Plus d'une fois ,
Le Nautonier qui , malgré la tempête ,
Comptoit ſur ſa fragile nef ,
Rapporter du Pérou les deux tiers de mon chef,
Près ou loin du rivage ,
Afait naufrage
Contre mon chef entier
,
Renverſé tout exprès pour tromper le Routier . *
Mon corps , ou la moitié de ce que je poſſéde ,
Préſente naturellement
Ce qu'on fait quand on céde
Gratuitement.
Retranchez- en un tiers : reſte une particule
De l'empire de la férule.
Si tout ceci , Lecteur , n'eſt pas de votre goût ,
Conſultez l'inſtrument qui guide le navire :
د
Il vous enſeignera les deux tiers de mon tout ;
Et ces deux tiers , pour tout vous dire
Vous donneront , dans un autre ordre offerts ,
Ce qu'eſt en forme l'Univers.
*Livre de Cartes Marines.
En entier j'appartiens aux Rois
Comme aux Enfans de S. François.
Divi ſez mes fix pieds : je donne de la tête
Tout à travers les bois .
Plus d'une fois ,
Le Nautonier qui , malgré la tempête ,
Comptoit ſur ſa fragile nef ,
Rapporter du Pérou les deux tiers de mon chef,
Près ou loin du rivage ,
Afait naufrage
Contre mon chef entier
,
Renverſé tout exprès pour tromper le Routier . *
Mon corps , ou la moitié de ce que je poſſéde ,
Préſente naturellement
Ce qu'on fait quand on céde
Gratuitement.
Retranchez- en un tiers : reſte une particule
De l'empire de la férule.
Si tout ceci , Lecteur , n'eſt pas de votre goût ,
Conſultez l'inſtrument qui guide le navire :
د
Il vous enſeignera les deux tiers de mon tout ;
Et ces deux tiers , pour tout vous dire
Vous donneront , dans un autre ordre offerts ,
Ce qu'eſt en forme l'Univers.
*Livre de Cartes Marines.
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12704
p. 68-72
LA POPULATION & la Beauté, Odes. A Londres, & se trouve à Paris chez Cailleau, rue S. Jacques, près les Mathurins, à S. André ; 1764 ; in-8 o .
Début :
NOUS croyons que le Public doit lire avec plaisir ces deux Odes : la premiere [...]
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texteReconnaissance textuelle : LA POPULATION & la Beauté, Odes. A Londres, & se trouve à Paris chez Cailleau, rue S. Jacques, près les Mathurins, à S. André ; 1764 ; in-8 o .
LA POPULATION & la Beauté,
Odes. A Londres, & se trouve à
Paris chez Cailleau, rue S. Jacques,
près les Mathurins, à S. André ;
1764 ; in-8o.
NOUS croyons que le Public doit
lire avec plaisir ces deux Odes : la premiere
eſt ſur un Sujet important ; l'Au-
teur , M. Sabatier , y peint avec force
les vices contraires à la population ;
nousavons admiré pluſieurs ſtrophes
AVRIL. 1764.
69
pleines de poëfie &de ſentiment. Nous
ſommes fachés de ne pouvoir parler
au long de ces deux Ouvrages : nous
allons citer quelques ſtrophes de la
première Ode ſans les choiſir. Le Poëte
parle de nos Ayeux.
Sitôt que de l'Amour les éloquentes flâmes
Leur faiſoit éprouver le beſoins de leurs âmes
Par des tranſports nouveaux ,
Ils couroient à l'autel conſacrer leur tendreſſe :
Etl'Hymen amoureux aux yeux d'une maîtreſſe
Allumoit ſes flambeaux.
Mais l'Hymen avili n'eſt qu'un Dieu mercenaire;
L'Epouſe la plus riche eſt celle qui doit plaire :
L'or ſeul peut nous charmer.
Des Pères inhumains maximes tyranniques !
Quoi , vous oſez ſoumettre àdes calculs iniques
Ledoux plaifir d'aimer ?
Jonetd'un vil deſir que le caprice augmente,
Ce mortel que chérit une épouſe charmante
Mépriſe ſes appas ,
Et payant des plaiſirs où la honte le guide,
Court dans les bras trompeurs d'une Laïs perfide
Acheter le trépas !
Viensdonc voir, malheureux, ton Epouſe éplorées
Entends-tu les ſoupirs d'une âme déchirée
Qui reclame ta foi ?
1
70 MERCURE DE FRANCE.
Elle te dit : Cruel , viens eſſuyer mes larmes.
Déja mon déſeſpoir auroit flétri mes charmes ,
S'ils n'étoient pas à toi.
Vous êtes plus cruels , vous Epoux inutiles ,
Qui contens d'un ſeul fils oſez être ſtériles
Jaloux de l'enrichir.
Vous qui préoccupésde ſa grandeur future ,
Dans vos embraſſemens arrêtez la nature
Et trompez ſon deſir.
L'apostrophe aux Loix que l'Auteur
excite à réprimer les abus qui arrêtent
la population,eſt pleine de vigueur : tout
ce qui eſt ſur l'agriculture nous a paru
très-beau.
La ſeconde Ode, qui eſt ſur la Beau-
té , brille ſurtout par la grandeur du
plan , & par la richefſe de la Poëfie.
Le Poëte y déplore avec raiſon l'édu-
cation étroite que l'on donne aux
femmes & qui étouffe leurs talens.
Eh ! comment voulez-vous que la beauté timide ,
Oifive par devoir , puiſſe d'un vol rapide
Atteindre vos lauriers brillans ?
Quand nous la deſtinons aux fleurs qui la cou-
ronnent ,
Quand tous les jeux qui l'environnent
De ſon fécond génie arrêtent les élans.
AVRIL. 1764.
71
Ce n'eſt point dans les champs embellis par
l'aurore ,
Que ſe forment la foudre & les brulans éclairs :
L'aigle altier amolli dans les jardins de Flore
Eût perdu l'empire des airs:
Au ſeul defir de plaire Elife abandonnée ,
N'eût point de ſes états fixant la deſtinée
Entrepris de nobles travaux :
Carthage en s'élevant menace l'Italie ,
Etl'ombre de Didon trahie
Erre autour d'Annibal & guide ſes drapeaura
La naiſſance de la beauté fait plaifir :
c'eſt dans un genre agréable qui con-
traſte avec les Strophes qui ſuivent :
l'Epiſode de Caſſandre , que le Poëte a
fi bien amené , jette la plus grande cha-
leur fur le reſte de l'Ode.
Ladiſcorde a mugi; déjà Troyelenflammée
N'eſt plusqu'un tourbillon qui rouledans lesairs :
Le ſang coule; &de morts cette plaine ſemée
S'abîme & les rend aux enfers :
Quel ſpectacle effroyable ! entendez-vous Caffan-
dre
Surun monceau fumant de ſa patrie en cendre,
Frapper les cieux de cris perçans ?
Les cheveux hériſſés & couverts de poufſière ,
Des temps elle ouvre la Barrière :
Et d'une voix lugubre exhale ces accens.
72 MERCURE DE FRANCE.
**O fatale beauté ! quel démon ſur tes traces
Du Ténare irrité déchaîne les horreurs ?
Le glaive deMégéreeſtdans les mains desgrâces
L'amour est le Dieu des fureurs.
Quel eſt ce Roi meurtri , renverſé de ſonTrône?
Barbare Clitemnestre : eh quoi , leCiel qui tonne
Ne tient pas ton bras ſuſpendu ?
Et toi , Sémiramis , toi , Reine forcenée,
Du fang de ton époux baignée ,
Tu le traînes mourant à tes pieds étendu !
Je vois Scylla trahir ſon Père & ſa Patrie ,
Et fuivrede Minos les drapeaux triomphans.
L'Amante de Jaſon , implacable Furie,
S'arme , elle immole ſes enfans :
Eh, quoi! le doux zéphir enfante-t-il l'orage?
Les ris , l'œil menaçant , étincelent de rage ;
Les plaiſirs creuſent des tombeaux.
La beauté n'eſt jamais que la vertu parée
Etdoit-elle être révérée ,
Dèsque de la Diſcorde elle tient les flambéaux ?
Ces Strophes ſuffiſent pour faire con-
noître le talent de M. Sabatier. Il confir-
me , par ces deux Piéces de Poëfies , la
réputation qu'il s'eſt déjà faite par d'au-
tres Poëmes Lyriques,& furtout par fon
Ode fur l'Enthouſiaſme , que les Con-
noiffeurs eſtiment.
Odes. A Londres, & se trouve à
Paris chez Cailleau, rue S. Jacques,
près les Mathurins, à S. André ;
1764 ; in-8o.
NOUS croyons que le Public doit
lire avec plaisir ces deux Odes : la premiere
eſt ſur un Sujet important ; l'Au-
teur , M. Sabatier , y peint avec force
les vices contraires à la population ;
nousavons admiré pluſieurs ſtrophes
AVRIL. 1764.
69
pleines de poëfie &de ſentiment. Nous
ſommes fachés de ne pouvoir parler
au long de ces deux Ouvrages : nous
allons citer quelques ſtrophes de la
première Ode ſans les choiſir. Le Poëte
parle de nos Ayeux.
Sitôt que de l'Amour les éloquentes flâmes
Leur faiſoit éprouver le beſoins de leurs âmes
Par des tranſports nouveaux ,
Ils couroient à l'autel conſacrer leur tendreſſe :
Etl'Hymen amoureux aux yeux d'une maîtreſſe
Allumoit ſes flambeaux.
Mais l'Hymen avili n'eſt qu'un Dieu mercenaire;
L'Epouſe la plus riche eſt celle qui doit plaire :
L'or ſeul peut nous charmer.
Des Pères inhumains maximes tyranniques !
Quoi , vous oſez ſoumettre àdes calculs iniques
Ledoux plaifir d'aimer ?
Jonetd'un vil deſir que le caprice augmente,
Ce mortel que chérit une épouſe charmante
Mépriſe ſes appas ,
Et payant des plaiſirs où la honte le guide,
Court dans les bras trompeurs d'une Laïs perfide
Acheter le trépas !
Viensdonc voir, malheureux, ton Epouſe éplorées
Entends-tu les ſoupirs d'une âme déchirée
Qui reclame ta foi ?
1
70 MERCURE DE FRANCE.
Elle te dit : Cruel , viens eſſuyer mes larmes.
Déja mon déſeſpoir auroit flétri mes charmes ,
S'ils n'étoient pas à toi.
Vous êtes plus cruels , vous Epoux inutiles ,
Qui contens d'un ſeul fils oſez être ſtériles
Jaloux de l'enrichir.
Vous qui préoccupésde ſa grandeur future ,
Dans vos embraſſemens arrêtez la nature
Et trompez ſon deſir.
L'apostrophe aux Loix que l'Auteur
excite à réprimer les abus qui arrêtent
la population,eſt pleine de vigueur : tout
ce qui eſt ſur l'agriculture nous a paru
très-beau.
La ſeconde Ode, qui eſt ſur la Beau-
té , brille ſurtout par la grandeur du
plan , & par la richefſe de la Poëfie.
Le Poëte y déplore avec raiſon l'édu-
cation étroite que l'on donne aux
femmes & qui étouffe leurs talens.
Eh ! comment voulez-vous que la beauté timide ,
Oifive par devoir , puiſſe d'un vol rapide
Atteindre vos lauriers brillans ?
Quand nous la deſtinons aux fleurs qui la cou-
ronnent ,
Quand tous les jeux qui l'environnent
De ſon fécond génie arrêtent les élans.
AVRIL. 1764.
71
Ce n'eſt point dans les champs embellis par
l'aurore ,
Que ſe forment la foudre & les brulans éclairs :
L'aigle altier amolli dans les jardins de Flore
Eût perdu l'empire des airs:
Au ſeul defir de plaire Elife abandonnée ,
N'eût point de ſes états fixant la deſtinée
Entrepris de nobles travaux :
Carthage en s'élevant menace l'Italie ,
Etl'ombre de Didon trahie
Erre autour d'Annibal & guide ſes drapeaura
La naiſſance de la beauté fait plaifir :
c'eſt dans un genre agréable qui con-
traſte avec les Strophes qui ſuivent :
l'Epiſode de Caſſandre , que le Poëte a
fi bien amené , jette la plus grande cha-
leur fur le reſte de l'Ode.
Ladiſcorde a mugi; déjà Troyelenflammée
N'eſt plusqu'un tourbillon qui rouledans lesairs :
Le ſang coule; &de morts cette plaine ſemée
S'abîme & les rend aux enfers :
Quel ſpectacle effroyable ! entendez-vous Caffan-
dre
Surun monceau fumant de ſa patrie en cendre,
Frapper les cieux de cris perçans ?
Les cheveux hériſſés & couverts de poufſière ,
Des temps elle ouvre la Barrière :
Et d'une voix lugubre exhale ces accens.
72 MERCURE DE FRANCE.
**O fatale beauté ! quel démon ſur tes traces
Du Ténare irrité déchaîne les horreurs ?
Le glaive deMégéreeſtdans les mains desgrâces
L'amour est le Dieu des fureurs.
Quel eſt ce Roi meurtri , renverſé de ſonTrône?
Barbare Clitemnestre : eh quoi , leCiel qui tonne
Ne tient pas ton bras ſuſpendu ?
Et toi , Sémiramis , toi , Reine forcenée,
Du fang de ton époux baignée ,
Tu le traînes mourant à tes pieds étendu !
Je vois Scylla trahir ſon Père & ſa Patrie ,
Et fuivrede Minos les drapeaux triomphans.
L'Amante de Jaſon , implacable Furie,
S'arme , elle immole ſes enfans :
Eh, quoi! le doux zéphir enfante-t-il l'orage?
Les ris , l'œil menaçant , étincelent de rage ;
Les plaiſirs creuſent des tombeaux.
La beauté n'eſt jamais que la vertu parée
Etdoit-elle être révérée ,
Dèsque de la Diſcorde elle tient les flambéaux ?
Ces Strophes ſuffiſent pour faire con-
noître le talent de M. Sabatier. Il confir-
me , par ces deux Piéces de Poëfies , la
réputation qu'il s'eſt déjà faite par d'au-
tres Poëmes Lyriques,& furtout par fon
Ode fur l'Enthouſiaſme , que les Con-
noiffeurs eſtiment.
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12705
p. 73-84
HISTOIRE de Méhémet II. Empereur Ottoman, enrichie de Lettres traduites du Grec & de l'Arabe ; ou Lettres Turques, historiques & politiques, écrites tant par Méhémet II. Empereur Ottoman, que par ses Généraux, ses Sultanes, un de ses Ambassadeurs, & Usum-Cassan, Roi de Perse, son contemporain ; traduites du Grec & de l'Arabe sur des Manuscrits trouvés à Constantinople, avec des notes intéressantes, & une Histoire de la Vie de ce Conquérant, par M. Belin de Monterzi ; à Paris, chez Duchesne, rue S. Jacques, au Temple du Goût, chez Panckoucke, rue & à côté de la Comédie Françoise, & chez Prault, quai de Conti ; avec approbation ; 1764 ; deux parties in-12 d'environ 150 pages chacune.
Début :
LA PRÉFACE désigne la voie par laquelle l'Auteur a eu le Manuscrit. Un [...]
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texteReconnaissance textuelle : HISTOIRE de Méhémet II. Empereur Ottoman, enrichie de Lettres traduites du Grec & de l'Arabe ; ou Lettres Turques, historiques & politiques, écrites tant par Méhémet II. Empereur Ottoman, que par ses Généraux, ses Sultanes, un de ses Ambassadeurs, & Usum-Cassan, Roi de Perse, son contemporain ; traduites du Grec & de l'Arabe sur des Manuscrits trouvés à Constantinople, avec des notes intéressantes, & une Histoire de la Vie de ce Conquérant, par M. Belin de Monterzi ; à Paris, chez Duchesne, rue S. Jacques, au Temple du Goût, chez Panckoucke, rue & à côté de la Comédie Françoise, & chez Prault, quai de Conti ; avec approbation ; 1764 ; deux parties in-12 d'environ 150 pages chacune.
HISTOIRE de Méhémet II. Empereur
Ottoman, enrichie de Lettres traduites
du Grec & de l'Arabe ; ou Lettres Turques,
historiques & politiques, écrites
tant par Méhémet II. Empereur Ottoman,
que par ses Généraux, ses Sultanes,
un de ses Ambassadeurs, &
Usum-Cassan, Roi de Perse, son
contemporain ; traduites du Grec & de
l'Arabe sur des Manuscrits trouvés à
Constantinople, avec des notes intéressantes,
& une Histoire de la Vie de ce
Conquérant, par M. Belin de Monterzi ;
à Paris, chez Duchesne, rue S.
Jacques, au Temple du Goût, chez
Panckoucke, rue & à côté de la Comédie
Françoise, & chez Prault, quai de
Conti ; avec approbation ; 1764 ;
deux parties in-12 d'environ 150 pages
chacune.
LA PRÉFACE désigne la voie par laquelle
l'Auteur a eu le Manuscrit. Un
I. Vol.
D
74 MERCURE DE FRANCE.
Seigneur Polonois , homme de Lettres,
le tenoit d'un Pacha , Gouverneur de
Province , & ce Seigneur en a fait part
à l'Editeur. Ce dernier , trouvant que
ces Lettres parloient des Batailles , des
Siéges & des principaux événemens du
Règne de Méhémet II, a été obligé ,
pour en développer les caufes,de puiſer
dans pluſieursAuteurs de cet Empire les
notes qui y avoient rapport, & d'écrire
toute la Vie de ce Monarque. La véné-
ration que les Turcs ont toujours eue
pourun Prince qui a été le Fondateurde
leur vaſte Empire , & l'envie que les
Grecs ont eue d'écrire les événemens
extraordinaires dont ils ont été témoins,
font croire avec beaucoup de probabi-
lité & de vraiſemblance , la poſſibilité
des Manufcrits que l'on peut trouver fur
leRègne d'un des plus célébres Conqué-
rans qui ayent paru dans le monde.
Origine des Turcs. Des Peuples origi-
naires des Scites conquirentle Turquef-
tan , d'où ils prirent le nomde Turcs.
Ils ſe réunirent ſous Ottoman , qui , de
Lieutenant-Général d'Aladin , Souve-
rain d'Alep & de Damas , devint ſon
fucceffeur , & hérita de la Bythinie &
du pays voiſin du MontOlimpe. Deux
fiécles & dix règnes s'écoulerent juf-
+
AVRIL. 1764.
75
qu'au couronnement de Méhémet II.
Amurat II , ſon père , ſurpaſſa tous ſes
prédéceſſeurs; il laiſſa un grand Empire
à ſon fils , qui remplit l'Europe & l'Afie
de la terreur de fon nom. Il affermit ſon
Trône par la mortde deux de ſes frères.
Scanderbeg , Roi d'Albanie , retarda
long-temps les ſuccès de ce Prince ; &
ce futaprès ſa mort, qu'il conquit fur
fon fils Jean les Etats que les Vénitiens,
fidèles obfervateurs de leurs engage -
mens , défendirent avec autant d'inuti-
lité que de perſévérance. Pluſieurs Let-
tres parlent du Siége & de la Priſe de
Conſtantinople en 1453 , & endonnent
des détails curieux , qu'il faut lire dans
l'Ouvrage même. La première eſt écrite
parMéhémet à Benféid , Sultane , à An-
drinople.
» Divine Sultane , je ne vous ai point
>> dit adieu ; n'en ſoyez point inquiette.
Il lui rend compte des raiſons qui l'ont
obligéde la quitter.Il finit ainſi ſa Lettre:
>>je ſouhaite de terminer bientôt cette
» expédition , pour pouvoir retourner à
>>Andrinople , & vous donner de nou-
>> velles preuvesde matendreſſe. Je vou-
>> drois que la flame qui me dévore ,
>> brillante Sultane , put voler fur les
» aîles des agréables Zéphirs ; qu'elle
Dij
76 MERCURE DE FRANCE.
>> pénétrât votre âme , & que l'extaſe
» du plaifir qu'elle vous feroit éprou-
» ver , durâtjuſqu'au moment de mon
→ arrivée.
Voici la réponſe en partie , les bornes
de ce Journal refferrant les Analyſes.
» Benféid, Sultane , à Méhémet . Em,
» pereur , à Satalie en Caramanie.
» Mille idées triftes me chagrinent ,
» cher Sultan , depuis que vous vous
» êtes éloigné de ces lieux. Vous les
>> avez quittés plus promptement que
>>les oiſeaux les plus rapides ne parcou
> rentla voute azurée. Lorſque des fon-
>> ges déſagréables , ayant-coureurs des
>>peines que je devois reffentir, ont fuf-
>>>pendu mes ſens , prêts à fortir de leur
>> afſoupiſſement, & que la lumière du
>>jour , frappant les organes de la vue ,
→ m'a réveillée; mon âme , par un effor
>>naturel ,portée fortement vers l'objet
>>que j'adore , a conçu , ſans le ſecours
>>de perfonne , l'éloignement du prin-
» cipe de ſa félicité. Mes craintes ont été
>> bientôt juſtifiées ; & la première voix
» qui m'a fait entendre les accens que je
»redoutois, ne m'a laiſſfé d'autre ſen
>>timent que celui de la plus vive dou-
leur.
Il y a d'autres penſées Aſiatiques
dans cette Lettre,
AVRIL. 1764.
77
Dans la troiſième , où Méhémet écrit
à la Sultane Benfeid, du Camp devant
Conſtantinople , à Andrinople ,au ſujet
d'Halifury , Prince de Caramanie , fon
Tributaire , qui s'étoit révolté , & en-
ſuite ſoumis , il y a ces expreſſions qui
peignent bien le naturel fougneux de
ce Conquérant.
» Il marche actuellement vers l'Armé-
>> nie , & je ſouhaite que le feu qu'il y
>>porte dure juſques aux temps où le
» Ciel ,favorable à mes vœux , me per-
>> mettra d'y voler , pour l'éteindre dans
»le ſang de ceux qui m'ont offenfé.
Une Deſcription de Conſtantinople ,
embellie par des métaphores agréables
& juftes de la plus belle ſituation qui
ſoit fans contredit dans le monde, en
donne une idée magnifique. On juge de
la politique de Méhémet , par le choix
qu'il fit de Gennadius , le plus ſçavant
de tous les Grecs , pour l'inſtaller Pa-
triarche de Conſtantinople , en lui met-
tant le Bâton paſtoral entre les mains ,
en préſence des Chrétiens & des Turcs.
Irène , la plus belle créature de cette
vaſte Capitale , paroît ſur la ſcène. Dans
une Lettre que ce Prince lui écrit de
Scutari , il lui dit que » les Femmes font
>> comme des eſſences précieuſes , qui
Diij
78 MERCURE DE FRANCE.
"
>>ont plus d'odeurs lorſqu'elles font
>>plus renfermées , & auxquelles il ne
>> reſte aucune fuavité lorſqu'on leur
>>>laiſſe prendre l'air. On peut les com-
>> parer à une table où il y a des fruits
>> exquis qui aiguiſentl'appétit de ceux
>>qui les voient, quand même ils ſe-
>> roient rafſafiés. En Grèce , en Italie ,
>> en France , elles ont toutes fortes de
>>>libertés : elles vont & viennent ac-
>>>compagnées , ou feules ; elle caquè-
>>tenttantqu'elles veulent ; & les ſages
» Musulmans , qui ſçavent prévoir ce
>>qui peut leur arriver de fâcheux , dé-
>> fendent aux femmes les converſations
>>avec les hommes , de peur qu'elles ne
>> ſe laiſſent enchanter par les oreilles
>> comme les aſpics.
» Je veux que vous n'ayez rien à de-
>> firer , idole de mon âme ; je vous
>> donnerai bientôt des preuves de la
>> flamme dontje brûle pourvos célef-
>>>tes attraits , en vous traitant en Reine ;
» vous méritez d'être élevée au rang le
>>plus diftingué ; mon amour vous en
>> réſerve les honneurs , & une félicité
>> fans partage.
4 La deſcriptiondu fiége de Belgrade
en 1456 dans une lettre écrite par un
des Généraux de Méhémet au Gouver
AVRIL. 1764.
79
neur de Conſtantinople eſt intéreſſante
par les exploits du fameux Hunniade ,
qui obligea ce Prince à le lever après
y avoir perdu une partie de ſes troupes.
Ce Conquérant ,après avoir foumis
une partie du Péloponnéſe , alla voir
Athènes dont il écrit une lettre à Mizai
Paleologue , Prince Grec , unde ſesGé-
néraux.
>> J'ai conſidéré les édifices que les
>> temps même ont épargnés ; pénétré
>> de reſpect & d'admiration pour ces
>> lieux fameux par les Platon , les So-
>> crate , les Euclide ,les Démosthène, les
» Miltiade&tantd'autres génies immor-
>> tels,guerriers invincibles,que ces con-
>> trées ſi déchuesde leur première gran-
>> deur ont vu briller autre fois ; mon âme
» élevée par des tranſports dont je n'ai
» pas été le maître vers ces ombres di-
>>vines , leur a adreſſé les vœux que ma
» débile plume a tâché d'exprimer.
» Oh vous ! qui dans un repos éter-
>>>nel goûtez à des diſtances infinies de
>> ce globe où ne ſont que des êtres im-
>>matériels , la félicité inéffable que le
>> ſuprême Auteur de l'Univers vous
>> avoitréſervée pour vous récompenfer
» de vos vertus , recevez l'encens &
>> les hommages decelui qui n'ayant pu
Div
80 MERCURE DE FRANCE.
» par l'ordre des deſtinées en être le
>> témoin , forme des defirs pour votre
>>bonheur en regardant les reſtes de ces
>>Palais & de ces Temples plus heureux
>> que moi d'avoir entendu vos céleſtes
» accens.
;
CetOuvrage fait connoître Monceni-
go, le plus grand Général qu'ait jamais
eu la République de Veniſe. Il porta
la guerre dans les Provinces de l'Afie
Mineure de l'Empire Ottoman & cal-
ma les troubles du Royaume de Chy-
pre. C'eſt un Perſonnage illustre dont
Moréri ni ſes Commentateurs n'ont ja-
mais fait mention. Ufum-Caffan a été
* auſſi oublié , ainſi qu'une infinité d'au-
tres. On feroit un bon Ouvrage de ce
qui leur manque.
Ce Roi de Perſe eut des démêlés avec
Méhémet ; toutes les lettres qu'ils ſe font
écrites n'ont pu être que très-intéreſſan-
tes; il y en a ſix où le génie de ces
deux Princes eſt bien développé. Le Sul-
tan veut engager Ufum- Caffan à rom-
pre les engagemens quil a pris avec les
Princes Chrétiens. » Tes intérêts ne
>> peuvent toucher fincérement les Al .
>>liés que tu as été chercher dans des
>> climats qui te ſont fi peu connus ; ils
>> font trop éloignés de toi pour crain-
>>dre ta vangeance lorſqu'ils t'aban-
AVRIL. 1764.
81
>> donneront. Joignons plutôt nos ar-
» mes , & faiſons trembler l'Europe ;
>> renverſons les Empires qui depuis la
> décadence & la divifion de celui qui
>> leur donna une première origine y
>> fleuriſſent par les Arts & le Com-
>> merce du monde ; fubjuguons des
>>>Nations trop foibles pour nous ré-
>> ſiſter. Voilà quelle doit être l'ambi-
>> tion d'un Souverain tel que toi , &c.
Ufum-Caffan lui demande la Cappa-
doce & la ville de Trébiſonde qu'il a
envahies ſur ſon beau-père David Com-
nène; il les lui refuſe , & la guerre ſe
déclare entr'eux. Le Roi de Perſe lui
écrit une lettre dont on ne rapporte-
rai ici que quelques expreffions. Après
lui avoir dit qu'il voudroit armer contre
lui tous les Rois de la Terre, & lui avoir
reproché ſon injustice, il ajoute : » Ton
>> ambition ſans bornes , qui depuis que
>>>tu es monté ſur le Trône te porte à
>> attaquer indiſtinctement tous tes voi-
>> fins , m'a engagé dans la Ligue des
>>> Princes qui veulent en arrêter les
>> cruels effets. Tu remplis de meurtres
» & de carnage les plus belles Provin-
» ces de l'Europe & de l'Afie ; & la
>> pente fatale au genre humain , qui
t'entraîne à élever un trophée enfan-
Dv
:
82 MERCURE DE FRANCE .
>>glanté fur les débris des Nations fub-
>> juguées , ne sçauroit être arrêtée avec
>> trop de célérité. Je me ſouviens des
>> ravages que tu as faits en Perſe dans
>>ta dernière irruption. Tu vins te raf-
>> fafier de ſang & du plaiſir ſtérite &
>>> barbare de facrifier à une vangeance
>> aveugle un nombre infini de mes Su-
>> jets dont j'ai pleuré la mort. Ton âme
>> dont la férocité eſt inacceffible à la
>> commifération , ne t'a point arraché
»une larme pour la perte de tes Sol-
>>dats qui moururent ſous les coups des
» miens. Il y a des traits auſſi forts dans
le reste de la lettre.
La Bataille de Jerwrack que gagna
Méhémet fur le Roi de Perſe , eſt dé-
crite dans une lettre qu'écrivit le Sul-
tan.Mamut, fonGrand-Vifir , le diſſuada
d'entrer dans l'intérieur de ce Royau-
me , & il fut diſgracié pour lui avoir
fuggéré des conſeils contraires à fon
ambition.
Il y a des images agréables dans les
lettres de la Sultane Miltide , à Méhémet;.
furtout dans celle où elle tâche de l'at-
tirer à Conſtantinople pour qu'il puiffe
ſe délaſſer de ſes travaux.
Elle em-
ploye tout ce que le ſéjour de cette
belle Capitale a de plus ſéduisant pour
l'engager à yvenir.
AVRIL. 1764 .
و
83
La mort d'Ufum-Caffan , & les divi-
fions qu'elle occafionne entre ſes deux
enfans , offrent à Méhémet une belle oc-
cafion d'envahir un Royaume agite par
des guerres civiles ; ſes lettres & celles
fon Ambaſſadeur renfermentdesdétails
curieux. On voit ce Prince s'occuper
de cette conquête & de la punition du
Soudan d'Egypte , ancien Allié du Roi
de Perſe. Pendant qu'il médite les plus
vaſtes projets, & qu'il ſe met à la tête de
trois cent mille combattans pour les
éxécuter ; en entrant en Afie , il eſt
attaqué d'une colique près de Nicomé-
die , Ville de Bythinie , de laquelle il
mourut le 3 Mai 1481 & de l'Hégire
886 , après avoir vêcu 53 ans & en
avoir régné près de 32.
Il liſoit ſouvent l'Hiſtoire Romaine
furtout celle d'Auguste & des autres
Céfars. Il faiſoit ſes délices de celles
d'Alexandre , de Constantin , & de
Théodore ; il avoit beaucoup de goût
pour la Peinture & la Muſique , & fit
fleurir l'Agriculture : il parloit non
ſeulement l'Arabe
langue affectée à
fa Nation , mais encore la Perfane ,
la Grecque & l'Italienne.
Tout ce qui peut faire connoître
le génie & les mœurs d'une Nation ,
Dvi
84 MERCURE DE FRANCE.
doit exciter notre curioſité. Cet Ou
vrage eft dans ce cas, & mérite d'être lu,
par le caractère aſiatique qui le diftin-
gue de beaucoup d'autres qui ont été
écrits fur lamême matière. Le prix des
deux brochures eſt de 1 liv. 16 f.
Ottoman, enrichie de Lettres traduites
du Grec & de l'Arabe ; ou Lettres Turques,
historiques & politiques, écrites
tant par Méhémet II. Empereur Ottoman,
que par ses Généraux, ses Sultanes,
un de ses Ambassadeurs, &
Usum-Cassan, Roi de Perse, son
contemporain ; traduites du Grec & de
l'Arabe sur des Manuscrits trouvés à
Constantinople, avec des notes intéressantes,
& une Histoire de la Vie de ce
Conquérant, par M. Belin de Monterzi ;
à Paris, chez Duchesne, rue S.
Jacques, au Temple du Goût, chez
Panckoucke, rue & à côté de la Comédie
Françoise, & chez Prault, quai de
Conti ; avec approbation ; 1764 ;
deux parties in-12 d'environ 150 pages
chacune.
LA PRÉFACE désigne la voie par laquelle
l'Auteur a eu le Manuscrit. Un
I. Vol.
D
74 MERCURE DE FRANCE.
Seigneur Polonois , homme de Lettres,
le tenoit d'un Pacha , Gouverneur de
Province , & ce Seigneur en a fait part
à l'Editeur. Ce dernier , trouvant que
ces Lettres parloient des Batailles , des
Siéges & des principaux événemens du
Règne de Méhémet II, a été obligé ,
pour en développer les caufes,de puiſer
dans pluſieursAuteurs de cet Empire les
notes qui y avoient rapport, & d'écrire
toute la Vie de ce Monarque. La véné-
ration que les Turcs ont toujours eue
pourun Prince qui a été le Fondateurde
leur vaſte Empire , & l'envie que les
Grecs ont eue d'écrire les événemens
extraordinaires dont ils ont été témoins,
font croire avec beaucoup de probabi-
lité & de vraiſemblance , la poſſibilité
des Manufcrits que l'on peut trouver fur
leRègne d'un des plus célébres Conqué-
rans qui ayent paru dans le monde.
Origine des Turcs. Des Peuples origi-
naires des Scites conquirentle Turquef-
tan , d'où ils prirent le nomde Turcs.
Ils ſe réunirent ſous Ottoman , qui , de
Lieutenant-Général d'Aladin , Souve-
rain d'Alep & de Damas , devint ſon
fucceffeur , & hérita de la Bythinie &
du pays voiſin du MontOlimpe. Deux
fiécles & dix règnes s'écoulerent juf-
+
AVRIL. 1764.
75
qu'au couronnement de Méhémet II.
Amurat II , ſon père , ſurpaſſa tous ſes
prédéceſſeurs; il laiſſa un grand Empire
à ſon fils , qui remplit l'Europe & l'Afie
de la terreur de fon nom. Il affermit ſon
Trône par la mortde deux de ſes frères.
Scanderbeg , Roi d'Albanie , retarda
long-temps les ſuccès de ce Prince ; &
ce futaprès ſa mort, qu'il conquit fur
fon fils Jean les Etats que les Vénitiens,
fidèles obfervateurs de leurs engage -
mens , défendirent avec autant d'inuti-
lité que de perſévérance. Pluſieurs Let-
tres parlent du Siége & de la Priſe de
Conſtantinople en 1453 , & endonnent
des détails curieux , qu'il faut lire dans
l'Ouvrage même. La première eſt écrite
parMéhémet à Benféid , Sultane , à An-
drinople.
» Divine Sultane , je ne vous ai point
>> dit adieu ; n'en ſoyez point inquiette.
Il lui rend compte des raiſons qui l'ont
obligéde la quitter.Il finit ainſi ſa Lettre:
>>je ſouhaite de terminer bientôt cette
» expédition , pour pouvoir retourner à
>>Andrinople , & vous donner de nou-
>> velles preuvesde matendreſſe. Je vou-
>> drois que la flame qui me dévore ,
>> brillante Sultane , put voler fur les
» aîles des agréables Zéphirs ; qu'elle
Dij
76 MERCURE DE FRANCE.
>> pénétrât votre âme , & que l'extaſe
» du plaifir qu'elle vous feroit éprou-
» ver , durâtjuſqu'au moment de mon
→ arrivée.
Voici la réponſe en partie , les bornes
de ce Journal refferrant les Analyſes.
» Benféid, Sultane , à Méhémet . Em,
» pereur , à Satalie en Caramanie.
» Mille idées triftes me chagrinent ,
» cher Sultan , depuis que vous vous
» êtes éloigné de ces lieux. Vous les
>> avez quittés plus promptement que
>>les oiſeaux les plus rapides ne parcou
> rentla voute azurée. Lorſque des fon-
>> ges déſagréables , ayant-coureurs des
>>peines que je devois reffentir, ont fuf-
>>>pendu mes ſens , prêts à fortir de leur
>> afſoupiſſement, & que la lumière du
>>jour , frappant les organes de la vue ,
→ m'a réveillée; mon âme , par un effor
>>naturel ,portée fortement vers l'objet
>>que j'adore , a conçu , ſans le ſecours
>>de perfonne , l'éloignement du prin-
» cipe de ſa félicité. Mes craintes ont été
>> bientôt juſtifiées ; & la première voix
» qui m'a fait entendre les accens que je
»redoutois, ne m'a laiſſfé d'autre ſen
>>timent que celui de la plus vive dou-
leur.
Il y a d'autres penſées Aſiatiques
dans cette Lettre,
AVRIL. 1764.
77
Dans la troiſième , où Méhémet écrit
à la Sultane Benfeid, du Camp devant
Conſtantinople , à Andrinople ,au ſujet
d'Halifury , Prince de Caramanie , fon
Tributaire , qui s'étoit révolté , & en-
ſuite ſoumis , il y a ces expreſſions qui
peignent bien le naturel fougneux de
ce Conquérant.
» Il marche actuellement vers l'Armé-
>> nie , & je ſouhaite que le feu qu'il y
>>porte dure juſques aux temps où le
» Ciel ,favorable à mes vœux , me per-
>> mettra d'y voler , pour l'éteindre dans
»le ſang de ceux qui m'ont offenfé.
Une Deſcription de Conſtantinople ,
embellie par des métaphores agréables
& juftes de la plus belle ſituation qui
ſoit fans contredit dans le monde, en
donne une idée magnifique. On juge de
la politique de Méhémet , par le choix
qu'il fit de Gennadius , le plus ſçavant
de tous les Grecs , pour l'inſtaller Pa-
triarche de Conſtantinople , en lui met-
tant le Bâton paſtoral entre les mains ,
en préſence des Chrétiens & des Turcs.
Irène , la plus belle créature de cette
vaſte Capitale , paroît ſur la ſcène. Dans
une Lettre que ce Prince lui écrit de
Scutari , il lui dit que » les Femmes font
>> comme des eſſences précieuſes , qui
Diij
78 MERCURE DE FRANCE.
"
>>ont plus d'odeurs lorſqu'elles font
>>plus renfermées , & auxquelles il ne
>> reſte aucune fuavité lorſqu'on leur
>>>laiſſe prendre l'air. On peut les com-
>> parer à une table où il y a des fruits
>> exquis qui aiguiſentl'appétit de ceux
>>qui les voient, quand même ils ſe-
>> roient rafſafiés. En Grèce , en Italie ,
>> en France , elles ont toutes fortes de
>>>libertés : elles vont & viennent ac-
>>>compagnées , ou feules ; elle caquè-
>>tenttantqu'elles veulent ; & les ſages
» Musulmans , qui ſçavent prévoir ce
>>qui peut leur arriver de fâcheux , dé-
>> fendent aux femmes les converſations
>>avec les hommes , de peur qu'elles ne
>> ſe laiſſent enchanter par les oreilles
>> comme les aſpics.
» Je veux que vous n'ayez rien à de-
>> firer , idole de mon âme ; je vous
>> donnerai bientôt des preuves de la
>> flamme dontje brûle pourvos célef-
>>>tes attraits , en vous traitant en Reine ;
» vous méritez d'être élevée au rang le
>>plus diftingué ; mon amour vous en
>> réſerve les honneurs , & une félicité
>> fans partage.
4 La deſcriptiondu fiége de Belgrade
en 1456 dans une lettre écrite par un
des Généraux de Méhémet au Gouver
AVRIL. 1764.
79
neur de Conſtantinople eſt intéreſſante
par les exploits du fameux Hunniade ,
qui obligea ce Prince à le lever après
y avoir perdu une partie de ſes troupes.
Ce Conquérant ,après avoir foumis
une partie du Péloponnéſe , alla voir
Athènes dont il écrit une lettre à Mizai
Paleologue , Prince Grec , unde ſesGé-
néraux.
>> J'ai conſidéré les édifices que les
>> temps même ont épargnés ; pénétré
>> de reſpect & d'admiration pour ces
>> lieux fameux par les Platon , les So-
>> crate , les Euclide ,les Démosthène, les
» Miltiade&tantd'autres génies immor-
>> tels,guerriers invincibles,que ces con-
>> trées ſi déchuesde leur première gran-
>> deur ont vu briller autre fois ; mon âme
» élevée par des tranſports dont je n'ai
» pas été le maître vers ces ombres di-
>>vines , leur a adreſſé les vœux que ma
» débile plume a tâché d'exprimer.
» Oh vous ! qui dans un repos éter-
>>>nel goûtez à des diſtances infinies de
>> ce globe où ne ſont que des êtres im-
>>matériels , la félicité inéffable que le
>> ſuprême Auteur de l'Univers vous
>> avoitréſervée pour vous récompenfer
» de vos vertus , recevez l'encens &
>> les hommages decelui qui n'ayant pu
Div
80 MERCURE DE FRANCE.
» par l'ordre des deſtinées en être le
>> témoin , forme des defirs pour votre
>>bonheur en regardant les reſtes de ces
>>Palais & de ces Temples plus heureux
>> que moi d'avoir entendu vos céleſtes
» accens.
;
CetOuvrage fait connoître Monceni-
go, le plus grand Général qu'ait jamais
eu la République de Veniſe. Il porta
la guerre dans les Provinces de l'Afie
Mineure de l'Empire Ottoman & cal-
ma les troubles du Royaume de Chy-
pre. C'eſt un Perſonnage illustre dont
Moréri ni ſes Commentateurs n'ont ja-
mais fait mention. Ufum-Caffan a été
* auſſi oublié , ainſi qu'une infinité d'au-
tres. On feroit un bon Ouvrage de ce
qui leur manque.
Ce Roi de Perſe eut des démêlés avec
Méhémet ; toutes les lettres qu'ils ſe font
écrites n'ont pu être que très-intéreſſan-
tes; il y en a ſix où le génie de ces
deux Princes eſt bien développé. Le Sul-
tan veut engager Ufum- Caffan à rom-
pre les engagemens quil a pris avec les
Princes Chrétiens. » Tes intérêts ne
>> peuvent toucher fincérement les Al .
>>liés que tu as été chercher dans des
>> climats qui te ſont fi peu connus ; ils
>> font trop éloignés de toi pour crain-
>>dre ta vangeance lorſqu'ils t'aban-
AVRIL. 1764.
81
>> donneront. Joignons plutôt nos ar-
» mes , & faiſons trembler l'Europe ;
>> renverſons les Empires qui depuis la
> décadence & la divifion de celui qui
>> leur donna une première origine y
>> fleuriſſent par les Arts & le Com-
>> merce du monde ; fubjuguons des
>>>Nations trop foibles pour nous ré-
>> ſiſter. Voilà quelle doit être l'ambi-
>> tion d'un Souverain tel que toi , &c.
Ufum-Caffan lui demande la Cappa-
doce & la ville de Trébiſonde qu'il a
envahies ſur ſon beau-père David Com-
nène; il les lui refuſe , & la guerre ſe
déclare entr'eux. Le Roi de Perſe lui
écrit une lettre dont on ne rapporte-
rai ici que quelques expreffions. Après
lui avoir dit qu'il voudroit armer contre
lui tous les Rois de la Terre, & lui avoir
reproché ſon injustice, il ajoute : » Ton
>> ambition ſans bornes , qui depuis que
>>>tu es monté ſur le Trône te porte à
>> attaquer indiſtinctement tous tes voi-
>> fins , m'a engagé dans la Ligue des
>>> Princes qui veulent en arrêter les
>> cruels effets. Tu remplis de meurtres
» & de carnage les plus belles Provin-
» ces de l'Europe & de l'Afie ; & la
>> pente fatale au genre humain , qui
t'entraîne à élever un trophée enfan-
Dv
:
82 MERCURE DE FRANCE .
>>glanté fur les débris des Nations fub-
>> juguées , ne sçauroit être arrêtée avec
>> trop de célérité. Je me ſouviens des
>> ravages que tu as faits en Perſe dans
>>ta dernière irruption. Tu vins te raf-
>> fafier de ſang & du plaiſir ſtérite &
>>> barbare de facrifier à une vangeance
>> aveugle un nombre infini de mes Su-
>> jets dont j'ai pleuré la mort. Ton âme
>> dont la férocité eſt inacceffible à la
>> commifération , ne t'a point arraché
»une larme pour la perte de tes Sol-
>>dats qui moururent ſous les coups des
» miens. Il y a des traits auſſi forts dans
le reste de la lettre.
La Bataille de Jerwrack que gagna
Méhémet fur le Roi de Perſe , eſt dé-
crite dans une lettre qu'écrivit le Sul-
tan.Mamut, fonGrand-Vifir , le diſſuada
d'entrer dans l'intérieur de ce Royau-
me , & il fut diſgracié pour lui avoir
fuggéré des conſeils contraires à fon
ambition.
Il y a des images agréables dans les
lettres de la Sultane Miltide , à Méhémet;.
furtout dans celle où elle tâche de l'at-
tirer à Conſtantinople pour qu'il puiffe
ſe délaſſer de ſes travaux.
Elle em-
ploye tout ce que le ſéjour de cette
belle Capitale a de plus ſéduisant pour
l'engager à yvenir.
AVRIL. 1764 .
و
83
La mort d'Ufum-Caffan , & les divi-
fions qu'elle occafionne entre ſes deux
enfans , offrent à Méhémet une belle oc-
cafion d'envahir un Royaume agite par
des guerres civiles ; ſes lettres & celles
fon Ambaſſadeur renfermentdesdétails
curieux. On voit ce Prince s'occuper
de cette conquête & de la punition du
Soudan d'Egypte , ancien Allié du Roi
de Perſe. Pendant qu'il médite les plus
vaſtes projets, & qu'il ſe met à la tête de
trois cent mille combattans pour les
éxécuter ; en entrant en Afie , il eſt
attaqué d'une colique près de Nicomé-
die , Ville de Bythinie , de laquelle il
mourut le 3 Mai 1481 & de l'Hégire
886 , après avoir vêcu 53 ans & en
avoir régné près de 32.
Il liſoit ſouvent l'Hiſtoire Romaine
furtout celle d'Auguste & des autres
Céfars. Il faiſoit ſes délices de celles
d'Alexandre , de Constantin , & de
Théodore ; il avoit beaucoup de goût
pour la Peinture & la Muſique , & fit
fleurir l'Agriculture : il parloit non
ſeulement l'Arabe
langue affectée à
fa Nation , mais encore la Perfane ,
la Grecque & l'Italienne.
Tout ce qui peut faire connoître
le génie & les mœurs d'une Nation ,
Dvi
84 MERCURE DE FRANCE.
doit exciter notre curioſité. Cet Ou
vrage eft dans ce cas, & mérite d'être lu,
par le caractère aſiatique qui le diftin-
gue de beaucoup d'autres qui ont été
écrits fur lamême matière. Le prix des
deux brochures eſt de 1 liv. 16 f.
Fermer
12705
HISTOIRE de Méhémet II. Empereur Ottoman, enrichie de Lettres traduites du Grec & de l'Arabe ; ou Lettres Turques, historiques & politiques, écrites tant par Méhémet II. Empereur Ottoman, que par ses Généraux, ses Sultanes, un de ses Ambassadeurs, & Usum-Cassan, Roi de Perse, son contemporain ; traduites du Grec & de l'Arabe sur des Manuscrits trouvés à Constantinople, avec des notes intéressantes, & une Histoire de la Vie de ce Conquérant, par M. Belin de Monterzi ; à Paris, chez Duchesne, rue S. Jacques, au Temple du Goût, chez Panckoucke, rue & à côté de la Comédie Françoise, & chez Prault, quai de Conti ; avec approbation ; 1764 ; deux parties in-12 d'environ 150 pages chacune.
12706
p. 84-90
SUITE de l'Extrait de l'Ecole de Littérature.
Début :
PLUS nous avançons dans la lecture de cet Ouvrage estimable, plus [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUITE de l'Extrait de l'Ecole de Littérature.
SUITE de l'Extrait de l'Ecole
de Littérature.
PLUS nous avançons dans la lecture
de cet Ouvrage estimable, plus
nous fentons combien il eſt ſupérieur
à toutes les autres productions de ce
genre. Les cinquante Articles qui le
compoſent font , pour la plupart , au-
tantde morceaux de génie , qui exci-
tent dans l'âme du Lecteur des étincel-
les du beau feu qui les a produits. Non
ſeulement on y apprend les régles de
la Poëfie , de l'Eloquence , de l'Hiſtoire,
&c ; mais on croit encore ſentir
naître en ſoi le defir d'être Poëte ,
Orateur, Hiſtorien , &d'en acquérit les
talens. Nous ne citerons aujourd'hui que
le morceau fur l'Ode , pour ne pas oc-
cuper trop de placedans leMercure de ce
mois , où nous avons encore un grand
(
AVRIL. 1764.
85
nombre d'autres Livres à annoncer.
» S'il y a eu peu de bonnes Odes
>> juſqu'à préſent, c'eſt que la plupartde
>> ceux qui en ont fait , connoiffent peu
>> ce genre de Poëme. Il ſuppoſe deux
>> qualités qu'on pofféde rarement fé-
» parées , & qu'on réunit plus rarement
>> encore : un grand ſens dans le plan ,
»& toute la fureur de l'enthouſiaſme
>> dans l'éxécution. Demandez à un Fai-
>> feur d'Odes quelle différence il y a
>>> entre une Ode & des Stances fur
>> un même ſujet? Je ſuis für qu'il fera
>> très-embarraſſe de ſatifaire à votre
>>queſtion. Je vais donc tâcher d'éclair-
> cir ce point de littérature.
» Un Poëte ſe propoſe décrire ſur un
>>Sujet , tel que l'inconſtance de l'A-
>> mour ou de la fortune , la perte d'un
» ami , ſon éloignement , le malheur
» de la condition des hommes ; &c.
>> Il lui vient une penſée qu'il renferme
dans un certain nombre de vers dé-
>>terminé , dont le mêlange des rimes ,
>> le repos & la meſure ſont fixés ; &
>> il a fait une Stance. Il lui vient une
>> ſeconde penſée qu'il rend de la même
>> manière ; une troiſieme , une qua-
» triéme de même ; & il a fait une
» ſeconde , une troifiéme , une qua
86 MERCURE DE FRANCE.
>> triéme Stance , & ainſi de ſuite. Il
>> compoſe autant de Stances qu'il lui
» vient d'idées , ſans que ſon Poëme
>>>aitd'autres limites , que la fécondité
» ou la ſtériilté de ſon eſprit. On peut
» ajouter à ces Stances , on en peut
retrancher , fans que le Poëme en ſoit
>> aucunement altéré
ce qui montre
>>que fesdifférentesparties ne ſontpoint
>> liées par une vue générale , qui ait
>>dirigé le Poëte tandis qu'il compofoit.
» Si après la première Strophe on lui
» eût demandé quelle étoit celle qui
>>devoit fuccéder , il n'auroit pas pû le
>> dire. C'eſt ainſi qu'il faut juger de la
>>plûpart de nos Odes , qui en portentle
» titre , & qui n'en ſont point. Qu'est-
>> ce donc qu'une Ode ? Un ouvrage
>> diftingué du Poëme en Stances par
>> la fublimité des idées ? Point du tout
➡ il y a des Stances très-fublimes , très-
» élevées. Par la chaleur & par l'enthou-
>> ſiaſme ? Ce n'eſt point encore cela : it
» y a des Stances qui font au plushaut
» degré de ces deux qualités. Par le fu-
» jet ? Nullement : on peut compoſer
» des Stances ou une Ode ſur le même
>> ſujet. Tout Poëme a ſon but , & l'Ode
>> a le ſien , mais auquel elle s'avance
>>d'une manière qui lui eſt propre.
AVRIL. 1764.
87
» C'eſt , ou un fimple & unique raiſon-
> nement , qui aſes différens membres ,
» & qu'on pourroittoujours réduire à la
>> forme du fyllogifme; ou une ſuite de
>>
raiſonnemens , enchaînés les uns aux
>> autres , & dirigés à la même confé-
>> quence. Voilà ce qui forme le plande
» l'Ode : il exiſte dans la tête du Poëte ,
>> avant qu'il prenne la plume. Voilà le
>> fil qui le conduira ſecrettement à tra-
» vers le dédale où l'enthouſiaſme le
>>précipitera. Ce fil qui doit être pré-
>>paré de fang froid , ſuppoſe beaucoup
>>de dialectique , un jugement ſain ,un
>> grand ſens , unepleine & entière con-
>>noiſſancede ſon objet. Tout ceci pré-
>>ſuppoſé , quel eſt enſuite le travail du
>> Poëte ? C'eſt de s'emparer des dif
> férens membres de fon raiſonnement ,
» de les prouver , de les rendre ſenſi-
>> bles , de les vivifier par les comparai-
>> fons , les apostrophes , les figures , les
>> images , les traits hiſtoriques , les é-
carts mêmes ,& les rentrées heureuſes
» & de génie : c'eſt de ſe porter tantôt
» ſur un lieu , tantôt ſur un autre : c'eſt
>dediſpoſerſes preuves dela manière la
>>plus rapide& la plus frappante : c'eſtde
>> quitter un moyen, de lereprendre avec
>> plus de force , de le quitter encore , &
>>de paſſer à un ſecond : c'eſtde ſe mon-
1
88 MERCURE DE FRANCE.
» trer Logicien quelquefois , plus fou-
>>ventde dérober ſa logique : c'eſtd'é-
>>taler toutle luxe,toutelamagnificence,
>> toute la pompe de fon imagination ,
>> de ſe livrer à toute la hardieſſe de l'ex-
>>preffion , d'éprouver &de faire éprou-
>> ver aux autres toute la violence du ſen-
>> timent & de la paffion ; toujours in-
>> certain dans ſa marche ,jamais égaré.
>> Comme tous les détails font attachés
» à une baſe , on ne peut rien ajouter ,
>> rien retrancher à ſon Poëme ſans le
>>mutiler. Les parties tiennent toutes
>>les unes aux autres par une chaîne
>> réfléchie & raiſonnée;& les acceffoi-
>> res ne font que des embelliſſemens
>> proportionnés par leur étendue à l'ou-
>> vrage entier. Imaginez le Poëte lyri-
» que , porté ſur Pégaſe à travers les
>>>airs : l'animal aîle & fougueux ſe
>> perd quelquefois dans la nue ; quel-
>>>quefois il plane , quelquefois il def-
>> cend ,& ſe jette à droite ou à gauche
» de ſon chemin ;
il rentre dans ſa
>> route & la fuit avec une rapidité in-
>>croyable. On lui remarque une foule
>> de mouvemens divers ; mais il a un
>> chemin tracé , interrompu , ſur lequel
>> il s'arrête , revient ou ferpente ; mais
» qu'il fuit , & qui lemène à un terme.
AVRIL. 1764.
89
Les Romains ſembloient incliner ,
>>par inconſtance , à tranſporter le fié-
>>ge de l'Empire de Rome à Troye.Ho-
>> race ſe propoſe de leur faire ſentir la
>> folie & même l'impiété de ce projet.
>> Comment s'y prend-ildans ſon ode ,
>> Firmum & tenacempropofiti virum ? II
>>débute par un éloge fublime de la
>> conſtance. C'eſt par cette vertu que
» Romulus , Fondateur de Rome , mé-
>> rita d'être admis au rangdes Dieux ,
>> malgré les obſtacles qui s'oppofoient
> à ſonApothéoſe. Il falloit vaincre la
>> haine cruelle que Junon portoit de
>> tout temps aux Troyens & à leurs
>> reſtes malheureux. Ce ne fut pas fans
>> peine qu'on y réuſſit ; mais fléchie
>>malgréelle , elle jura dans ſon reffen-
>> timent, que fi l'on achevoit de man-
>> quer à la fatisfaction qui lui étoit due ;
>> que ſi Romulus inſpiroit jamais à ſes
>> fiers deſcendans de relever les murs
»de la ville qu'elle haïſſoit , elle reffuf-
>> citeroit ſes Grecs ;qu'ils ſe raſſemble-
>> roient de rechef ; qu'ils ſe préſente-
>> roient devant la nouvelle Troye; que
>> ſes murs ſeroient renverſés , ſes Sou-
>> verains égorgés , ſes maiſons brulées ;
>>que la cendre en ſeroit arrofée du
>>>fang de ſes habitans ; que les hom-
90 MERCURE DE FRANCE.
>> mes mis à mort ſous les yeux de leurs
>> femmes & de leurs enfans leur ten-
>>> droient inutilement les bras ; & que
>>>les reſtes de ce Peuple infortuné ſe-
>>> roient conduits dans une captivité qui
» n'auroit point de fin. Ce fut ainſi
» que Junon parla ; ou plutôt ce fut
>> ainſi que le Poëte intimida ſes Con-
>>citoyens par la bouche d'une Déeffe
>>>irritée & jalouſe; & qu'il compofa
>> une Ode où tout ſe tientfi intime-
» ment , qu'on ne peut ni y ajouter ,
>> ni en retrancher une ſeule phrase.
» Malherbe l'a bien imité , & a bien
>> ſenti ce que c'étoit qu'une Ode , lorf-
>> qu'il invitoit Louis XIII à marcher
>> contre les rebelles Rochelois. Dans
» ce Poëme , le Monarque eſt Jupiter..
» Les rebelles ſont les Titans foulevés
» contre le Ciel. Le Poëte s'embarque
>> dans la guerre des Titans. Il la peint:
>>on le croit égaré , perdu; on ne ſyait
> comment il reviendra à ſon ſujet ; &
>>> tout-à-coup , par une heureuſe tran-
>> fition, on s'apperçoit qu'il ne l'a pas
» perdu de vue un inftant ,&c, &c,&c.
Après ces principes généraux , on
entre dans le détail des régles particu-
lières de l'Ode.
de Littérature.
PLUS nous avançons dans la lecture
de cet Ouvrage estimable, plus
nous fentons combien il eſt ſupérieur
à toutes les autres productions de ce
genre. Les cinquante Articles qui le
compoſent font , pour la plupart , au-
tantde morceaux de génie , qui exci-
tent dans l'âme du Lecteur des étincel-
les du beau feu qui les a produits. Non
ſeulement on y apprend les régles de
la Poëfie , de l'Eloquence , de l'Hiſtoire,
&c ; mais on croit encore ſentir
naître en ſoi le defir d'être Poëte ,
Orateur, Hiſtorien , &d'en acquérit les
talens. Nous ne citerons aujourd'hui que
le morceau fur l'Ode , pour ne pas oc-
cuper trop de placedans leMercure de ce
mois , où nous avons encore un grand
(
AVRIL. 1764.
85
nombre d'autres Livres à annoncer.
» S'il y a eu peu de bonnes Odes
>> juſqu'à préſent, c'eſt que la plupartde
>> ceux qui en ont fait , connoiffent peu
>> ce genre de Poëme. Il ſuppoſe deux
>> qualités qu'on pofféde rarement fé-
» parées , & qu'on réunit plus rarement
>> encore : un grand ſens dans le plan ,
»& toute la fureur de l'enthouſiaſme
>> dans l'éxécution. Demandez à un Fai-
>> feur d'Odes quelle différence il y a
>>> entre une Ode & des Stances fur
>> un même ſujet? Je ſuis für qu'il fera
>> très-embarraſſe de ſatifaire à votre
>>queſtion. Je vais donc tâcher d'éclair-
> cir ce point de littérature.
» Un Poëte ſe propoſe décrire ſur un
>>Sujet , tel que l'inconſtance de l'A-
>> mour ou de la fortune , la perte d'un
» ami , ſon éloignement , le malheur
» de la condition des hommes ; &c.
>> Il lui vient une penſée qu'il renferme
dans un certain nombre de vers dé-
>>terminé , dont le mêlange des rimes ,
>> le repos & la meſure ſont fixés ; &
>> il a fait une Stance. Il lui vient une
>> ſeconde penſée qu'il rend de la même
>> manière ; une troiſieme , une qua-
» triéme de même ; & il a fait une
» ſeconde , une troifiéme , une qua
86 MERCURE DE FRANCE.
>> triéme Stance , & ainſi de ſuite. Il
>> compoſe autant de Stances qu'il lui
» vient d'idées , ſans que ſon Poëme
>>>aitd'autres limites , que la fécondité
» ou la ſtériilté de ſon eſprit. On peut
» ajouter à ces Stances , on en peut
retrancher , fans que le Poëme en ſoit
>> aucunement altéré
ce qui montre
>>que fesdifférentesparties ne ſontpoint
>> liées par une vue générale , qui ait
>>dirigé le Poëte tandis qu'il compofoit.
» Si après la première Strophe on lui
» eût demandé quelle étoit celle qui
>>devoit fuccéder , il n'auroit pas pû le
>> dire. C'eſt ainſi qu'il faut juger de la
>>plûpart de nos Odes , qui en portentle
» titre , & qui n'en ſont point. Qu'est-
>> ce donc qu'une Ode ? Un ouvrage
>> diftingué du Poëme en Stances par
>> la fublimité des idées ? Point du tout
➡ il y a des Stances très-fublimes , très-
» élevées. Par la chaleur & par l'enthou-
>> ſiaſme ? Ce n'eſt point encore cela : it
» y a des Stances qui font au plushaut
» degré de ces deux qualités. Par le fu-
» jet ? Nullement : on peut compoſer
» des Stances ou une Ode ſur le même
>> ſujet. Tout Poëme a ſon but , & l'Ode
>> a le ſien , mais auquel elle s'avance
>>d'une manière qui lui eſt propre.
AVRIL. 1764.
87
» C'eſt , ou un fimple & unique raiſon-
> nement , qui aſes différens membres ,
» & qu'on pourroittoujours réduire à la
>> forme du fyllogifme; ou une ſuite de
>>
raiſonnemens , enchaînés les uns aux
>> autres , & dirigés à la même confé-
>> quence. Voilà ce qui forme le plande
» l'Ode : il exiſte dans la tête du Poëte ,
>> avant qu'il prenne la plume. Voilà le
>> fil qui le conduira ſecrettement à tra-
» vers le dédale où l'enthouſiaſme le
>>précipitera. Ce fil qui doit être pré-
>>paré de fang froid , ſuppoſe beaucoup
>>de dialectique , un jugement ſain ,un
>> grand ſens , unepleine & entière con-
>>noiſſancede ſon objet. Tout ceci pré-
>>ſuppoſé , quel eſt enſuite le travail du
>> Poëte ? C'eſt de s'emparer des dif
> férens membres de fon raiſonnement ,
» de les prouver , de les rendre ſenſi-
>> bles , de les vivifier par les comparai-
>> fons , les apostrophes , les figures , les
>> images , les traits hiſtoriques , les é-
carts mêmes ,& les rentrées heureuſes
» & de génie : c'eſt de ſe porter tantôt
» ſur un lieu , tantôt ſur un autre : c'eſt
>dediſpoſerſes preuves dela manière la
>>plus rapide& la plus frappante : c'eſtde
>> quitter un moyen, de lereprendre avec
>> plus de force , de le quitter encore , &
>>de paſſer à un ſecond : c'eſtde ſe mon-
1
88 MERCURE DE FRANCE.
» trer Logicien quelquefois , plus fou-
>>ventde dérober ſa logique : c'eſtd'é-
>>taler toutle luxe,toutelamagnificence,
>> toute la pompe de fon imagination ,
>> de ſe livrer à toute la hardieſſe de l'ex-
>>preffion , d'éprouver &de faire éprou-
>> ver aux autres toute la violence du ſen-
>> timent & de la paffion ; toujours in-
>> certain dans ſa marche ,jamais égaré.
>> Comme tous les détails font attachés
» à une baſe , on ne peut rien ajouter ,
>> rien retrancher à ſon Poëme ſans le
>>mutiler. Les parties tiennent toutes
>>les unes aux autres par une chaîne
>> réfléchie & raiſonnée;& les acceffoi-
>> res ne font que des embelliſſemens
>> proportionnés par leur étendue à l'ou-
>> vrage entier. Imaginez le Poëte lyri-
» que , porté ſur Pégaſe à travers les
>>>airs : l'animal aîle & fougueux ſe
>> perd quelquefois dans la nue ; quel-
>>>quefois il plane , quelquefois il def-
>> cend ,& ſe jette à droite ou à gauche
» de ſon chemin ;
il rentre dans ſa
>> route & la fuit avec une rapidité in-
>>croyable. On lui remarque une foule
>> de mouvemens divers ; mais il a un
>> chemin tracé , interrompu , ſur lequel
>> il s'arrête , revient ou ferpente ; mais
» qu'il fuit , & qui lemène à un terme.
AVRIL. 1764.
89
Les Romains ſembloient incliner ,
>>par inconſtance , à tranſporter le fié-
>>ge de l'Empire de Rome à Troye.Ho-
>> race ſe propoſe de leur faire ſentir la
>> folie & même l'impiété de ce projet.
>> Comment s'y prend-ildans ſon ode ,
>> Firmum & tenacempropofiti virum ? II
>>débute par un éloge fublime de la
>> conſtance. C'eſt par cette vertu que
» Romulus , Fondateur de Rome , mé-
>> rita d'être admis au rangdes Dieux ,
>> malgré les obſtacles qui s'oppofoient
> à ſonApothéoſe. Il falloit vaincre la
>> haine cruelle que Junon portoit de
>> tout temps aux Troyens & à leurs
>> reſtes malheureux. Ce ne fut pas fans
>> peine qu'on y réuſſit ; mais fléchie
>>malgréelle , elle jura dans ſon reffen-
>> timent, que fi l'on achevoit de man-
>> quer à la fatisfaction qui lui étoit due ;
>> que ſi Romulus inſpiroit jamais à ſes
>> fiers deſcendans de relever les murs
»de la ville qu'elle haïſſoit , elle reffuf-
>> citeroit ſes Grecs ;qu'ils ſe raſſemble-
>> roient de rechef ; qu'ils ſe préſente-
>> roient devant la nouvelle Troye; que
>> ſes murs ſeroient renverſés , ſes Sou-
>> verains égorgés , ſes maiſons brulées ;
>>que la cendre en ſeroit arrofée du
>>>fang de ſes habitans ; que les hom-
90 MERCURE DE FRANCE.
>> mes mis à mort ſous les yeux de leurs
>> femmes & de leurs enfans leur ten-
>>> droient inutilement les bras ; & que
>>>les reſtes de ce Peuple infortuné ſe-
>>> roient conduits dans une captivité qui
» n'auroit point de fin. Ce fut ainſi
» que Junon parla ; ou plutôt ce fut
>> ainſi que le Poëte intimida ſes Con-
>>citoyens par la bouche d'une Déeffe
>>>irritée & jalouſe; & qu'il compofa
>> une Ode où tout ſe tientfi intime-
» ment , qu'on ne peut ni y ajouter ,
>> ni en retrancher une ſeule phrase.
» Malherbe l'a bien imité , & a bien
>> ſenti ce que c'étoit qu'une Ode , lorf-
>> qu'il invitoit Louis XIII à marcher
>> contre les rebelles Rochelois. Dans
» ce Poëme , le Monarque eſt Jupiter..
» Les rebelles ſont les Titans foulevés
» contre le Ciel. Le Poëte s'embarque
>> dans la guerre des Titans. Il la peint:
>>on le croit égaré , perdu; on ne ſyait
> comment il reviendra à ſon ſujet ; &
>>> tout-à-coup , par une heureuſe tran-
>> fition, on s'apperçoit qu'il ne l'a pas
» perdu de vue un inftant ,&c, &c,&c.
Après ces principes généraux , on
entre dans le détail des régles particu-
lières de l'Ode.
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12707
p. 91
ANNONCES DE LIVRES.
Début :
EPITRES à Messieurs d'Alembert, Thomas & d'Arget ; feuille in-8o. à la [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ANNONCES DE LIVRES.
ANNONCES DE LIVRES.
EPITRES à Messieurs d'Alembert,
Thomas & d'Arget ; feuille in-8o. à la
Haye, 1764.
Ces trois Epitres en vers font le fruit
dequelques momens de loiſirs que l'Au-
teur, qui ne ſe nommepas , à cru de-
voir conſacrer à la gloire des trois hom-
mes eſtimables à qui elles ſont adreſſées.
L'Epitre à M. d'Alembert a pour objet
l'invitation & les propoſitions qui lui
ont étéfaites par l'Impératrice de Ruffie,
pour l'engager à ſe charger de l'éduca-
tiondu Prince ſon fils. La nomination
de M. Thomas à la place de premier Se-
crétaire de Mgr le Duc de Praslin , eft
le ſujet de la ſeconde Epitre. La troi-
fiéme à M. d'Arget , eſt la prééminence
d'un bon caractère ſur les Talens. Ces
trois pièces joignent au mérite de la
Poëfie , celui du zèle & de la ſenſibilité.
EPITRES à Messieurs d'Alembert,
Thomas & d'Arget ; feuille in-8o. à la
Haye, 1764.
Ces trois Epitres en vers font le fruit
dequelques momens de loiſirs que l'Au-
teur, qui ne ſe nommepas , à cru de-
voir conſacrer à la gloire des trois hom-
mes eſtimables à qui elles ſont adreſſées.
L'Epitre à M. d'Alembert a pour objet
l'invitation & les propoſitions qui lui
ont étéfaites par l'Impératrice de Ruffie,
pour l'engager à ſe charger de l'éduca-
tiondu Prince ſon fils. La nomination
de M. Thomas à la place de premier Se-
crétaire de Mgr le Duc de Praslin , eft
le ſujet de la ſeconde Epitre. La troi-
fiéme à M. d'Arget , eſt la prééminence
d'un bon caractère ſur les Talens. Ces
trois pièces joignent au mérite de la
Poëfie , celui du zèle & de la ſenſibilité.
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12708
p. 91-93
« DAPHNIS & le premier Navigateur, Poëme de M. Gessner, traduit de l'Allemand, [...] »
Début :
DAPHNIS & le premier Navigateur, Poëme de M. Gessner, traduit de l'Allemand, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « DAPHNIS & le premier Navigateur, Poëme de M. Gessner, traduit de l'Allemand, [...] »
DAPHNIS & le premier Navigateur,
Poëme de M. Gessner, traduit de l'Allemand,
par M. Huber ; à Paris , chez
Vincent , Imprimeur- Libraire , rue S.
Severin ; 1764 ; avec approbation &
92 MERCURE DE FRANCE.
privilége du Roi ; un vol. in- 12 , avec
de jolies gravures.
L'accueil favorable qu'ont obtenu du
Public les Traductions de pluſieurs Ou-
vrages de M. Geffner', donne lieu de
croire que l'on ne verra pas avec moins
de plaifir les deux morceaux réunis
dans ce volume. C'eſt par le Poëme de
Daphnis , que M. Geffner a commencé
à ſe faire connoître dans le Monde litté
raire. Cet Ouvrage parut pour la pre-
mière fois en 1755 , & depuis on en a
donné pluſieurs Editions. Rien n'en
égale la ſimplicité, quant au fond &
quant au ſtyle. Il ne s'y trouve ni in-
trigue , ni catastrophe , & cependantil
y règne le plus grand intérêt; l'Auteur
y a peint l'innocence , la candeur & la
vertu , de cette manière ſimple , noble
& touchante qui caractériſe les Ouvra
ges des Anciens. Le Poëme intitulé , le
premierNavigateur, a paru pour la pre-
mière fois en 1762 , dans la belle Edi-
tion que M. Geffner a donnée de tous ſes
Ouvrages. On verra dans ce dernier
morceau , que l'Auteur n'a pas ſeule-
ment l'art de mêler avec le plus grand
fuccès le fentiment à l'image , mais en-
core que perſonne n'a ſcu mieux que
lui transformer l'image même en fenti
AVRIL. 1764.
93
ment. Qu'on life , par exemple , dans le
ſecond chant de ce Poëme , comment
Eole ordonne aux Aquilons de former
un orage fur la tête de l'homme cou-
pable , pendant qu'il commande aux
Zéphirs de ſouffler ſur l'homme inno-
cent & champêtre , pour le rafraîchir
dans ſes travaux. Ces deux Poëmes ne
feront point déplacés à côté de celuide
la Mort d'Abel , Ouvrage du même Au-
teur,& formeront, avec ſes Idylles, une
collection curieuſe & néceſſaire dans
le cabinetd'un Amateur.
Poëme de M. Gessner, traduit de l'Allemand,
par M. Huber ; à Paris , chez
Vincent , Imprimeur- Libraire , rue S.
Severin ; 1764 ; avec approbation &
92 MERCURE DE FRANCE.
privilége du Roi ; un vol. in- 12 , avec
de jolies gravures.
L'accueil favorable qu'ont obtenu du
Public les Traductions de pluſieurs Ou-
vrages de M. Geffner', donne lieu de
croire que l'on ne verra pas avec moins
de plaifir les deux morceaux réunis
dans ce volume. C'eſt par le Poëme de
Daphnis , que M. Geffner a commencé
à ſe faire connoître dans le Monde litté
raire. Cet Ouvrage parut pour la pre-
mière fois en 1755 , & depuis on en a
donné pluſieurs Editions. Rien n'en
égale la ſimplicité, quant au fond &
quant au ſtyle. Il ne s'y trouve ni in-
trigue , ni catastrophe , & cependantil
y règne le plus grand intérêt; l'Auteur
y a peint l'innocence , la candeur & la
vertu , de cette manière ſimple , noble
& touchante qui caractériſe les Ouvra
ges des Anciens. Le Poëme intitulé , le
premierNavigateur, a paru pour la pre-
mière fois en 1762 , dans la belle Edi-
tion que M. Geffner a donnée de tous ſes
Ouvrages. On verra dans ce dernier
morceau , que l'Auteur n'a pas ſeule-
ment l'art de mêler avec le plus grand
fuccès le fentiment à l'image , mais en-
core que perſonne n'a ſcu mieux que
lui transformer l'image même en fenti
AVRIL. 1764.
93
ment. Qu'on life , par exemple , dans le
ſecond chant de ce Poëme , comment
Eole ordonne aux Aquilons de former
un orage fur la tête de l'homme cou-
pable , pendant qu'il commande aux
Zéphirs de ſouffler ſur l'homme inno-
cent & champêtre , pour le rafraîchir
dans ſes travaux. Ces deux Poëmes ne
feront point déplacés à côté de celuide
la Mort d'Abel , Ouvrage du même Au-
teur,& formeront, avec ſes Idylles, une
collection curieuſe & néceſſaire dans
le cabinetd'un Amateur.
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12709
p. 93-113
« ABRÉGÉ des Principes de Morale, & des Règles de conduite qu'un Prêtre [...] »
Début :
ABRÉGÉ des Principes de Morale, & des Règles de conduite qu'un Prêtre [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « ABRÉGÉ des Principes de Morale, & des Règles de conduite qu'un Prêtre [...] »
ABRÉGÉ des Principes de Morale, &
des Règles de conduite qu'un Prêtre
doit fuivre pour bien adminiſtrer le
Sacrement de Pénitence ; par unEcclé-
ſiaſtique du Diocèce de B.... ; à Poi-
tiers, chez J. Felix Faucon , Imprimeur
de Mgr l'Evêque & du Clergé , place&
vis-à-vis l'Eglife Notre-Dame la Gran-
de; & à Paris , chez Ganeau , Libraire ,
rue & près de l'Egliſe de S. Severin ; un
vol. in-12 de 380 pages , 1763 ; avec
approbation & privilége du Roi.
Il paroît que le pieux Eccléſiaſtique
qui a compoſé cet Ouvrage , a connu
par expérience les maximes qu'on doit
obſerver dans le redoutable ministère du
94 MERCURE DE FRANCE.
Sacrement de Pénitence , & qu'il eſt
parfaitement inſtruit de tout ce qui eſt
requis pour éxercer utilement cette fonc-
tion. Il a raſſemblé dans cet Ecrit les
principes de la faine Morale ; il ena tiré
les plus juſtes conféquences ; il a facilité
aux jeunes Prêtres , qui travaillent dans
le ſacré Tribunal,les moyens de les met-
tre en pratique. Il eſt aiſé de compren-
dre combien ce Livre pourra être utile
aux Confeffeurs & aux Pénitens. Ceux-
ci y verront leurs devoirs clairement
expliqués ; ceux-là auront un guide für
pour ſe conduire eux-mêmes , & pour
faire marcher leurs Pénitens dans la voie
du ſalut , après les avoir tirés de l'état du
péché , par une abſolution falutaire. Les
matières de pratique y font traitées avec
autant de ſolidité que de préciſion ; on y
a recueilli avec ordre les points les plus
importans de la Morale.
RÉFLEXIONS militaires , par M. de
Bouffanelle , Chevalier de l'Ordre Royal
&Militaire de S. Louis, Mestre de Camp
de Cavalerie , Capitaine au Régiment du
Commiſſaire-Général , Membre de l'A-
cadémie des Sciences & Beaux-Arts de
la Ville de Béſiers ; à Paris , chez Du-
chefne , Libraire , rue S. Jacques , au
AVRIL. 1764.
95
Temple du Goût , & chez Durand ne-
veu , Libraire , rue S. Jacques , à la Sa-
geffe; 1764; avec approbation & pri-
vilége du Roi; brochure in-12 de 200
pages.
Les ſujets fur leſquels roulent ces Ré-
fléxions , font la Cavalerie , l'Officier
de Cavalerie , de Dragons , de Huſſards
&de toutes les Troupes à cheval , les
nouvelles Conſtitutions de la Cavalerie ,
l'éducation militaire , la Religion des
Anciens dans leurs Armées , la peine &
la récompenfe , le luxe dans le Militaire ,
l'amour de la gloire , la fubordination ,
la gaîté & l'enthouſiaſme néceſſaires aux
Gens de Guerre , le mariage des Offi-
ciers , les habits uniformes , les châti-
mens militaires , les connoiſſances mili-
taires des Anciens , les uſages & les ar-
mes des Anciens , les anciennes Cavale-
ries de différentes Nations , le cheval ,
le courage , la fauſſe émulation ou l'en-
vie. Tous ces différens Sujets nous ont
parus traités avec intelligence , & femés
de pluſieurs traits hiſtoriques , qui ren-
dent cette lecture très-curieuſe & très-
intéreſſante.
LESÉLÉMENS primitifs des Langues,
découverts par la comparaiſondes Raci-
96 MERCURE DE FRANCE.
nes de l'Hébreu avec celles du Grec , du
Latin & du François. Ouvrage dans le-
quel on éxamine la manière dont les
Langues ontpu ſe former , &ce qu'elles
peuvent avoir de commun; par M. Ber-
gier,Docteur en Théologie , Curédans
le Diocèſe de Besançon , à Paris , chez
Brocas & Humblot , rue S. Jacques , au
Chef S. Jean ; brochure in-12 de 350
pages; avec approbation & privilége
du Roi ; 1764.
Pluſieurs Sçavans avoient déja ſoup-
çonné que les Racines des Langues an-
ciennes pourroient bien être les mêmes
que cellesdes Langues modernes; mais
perſonnen'avoit encore tenté dele véri-
fier par un parallèle éxact & ſuivi,& c'eſt
cequ'entreprend M. Bergier , dans les
huit Differtations qui forment ce Re-
cueil , & qui traitent du changement
des Lettres dans la prononciation , de la
compofition des Mots , du Verbe ſub-
ſtantif, des Verbes hébreux & de leurs
Conjugaiſons, des différentes parties du
Diſcours , de la Syntaxe , du mêlange &
dela dérivation des Langues,& de l'uſa-
ge qu'onpeut fairedes racines.CetOuvra
ge nousparoît auſſi ingénieux que ſça-
vant,&propre à répandre beaucoup de
lumière ſur la ſcience de la Grammaire,
LES
AVRIL. 1764.
97
LES LOISIRS & Amusemens de ma
Solitude , Ouvrage moral ; à Laufane ,
& ſe trouve à Paris , chez Duchesne ,
Libraire , rue S. Jacques , au Temple du
Goût ; 1764 ; brochure in- 12 .
Cette Brochure contient des Penſées
détachées ſur divers ſujets de Morale , &
cinq ou fix Contes qui nous ont paru
très-bien écrits , & très- intéreſſans. On
dit que l'Ouvrage eſt d'un Militaire , qui
l'a compoſé dans ſes momens de loiſir.
Les Penſées & les Réfléxions qu'il pré-
ſente , ne font dictées , ni par une fauſſe
Philofophie , ni par un eſprit de Miſan-
tropie & de cauſticité. Tout y reſpire
l'honneur , la ſageſſe , l'humanité & l'a-
ménité des mœurs. Les gens de goût ne
trouveront d'autre défaut dans ce recueil
que d'être trop peu volumineux.
•DISSERTATION fur les Origines de
Toulouſe ; avec cette Epigraphe : Jam
feges eft ubi Trojafuit. Ovid. Ep. Penel.
Ulyf. à Avignon , chez Jean - Louis
Chambeau , Libraire - Imprimeur ; & fe
vend à Toulouse , chez Biroffe , Libraire,
à la Bible d'or ; 1764 ; brochure in-8°.
de 70 pages.
Cet Ecrit, plein de recherches ſça-
vantes , & qui préſente des vues nou-
I. Vol.
E
98 MERCURE DE FRANCE.
velles , méritoit , par ce double titre,
d'être dédié à M. l'Abbé Barthelemy
qui a fait lui-même des découvertes fi
ſcavantes dans l'Antiquité. L'Auteur ,
M. Audibert , Vicaire de Verfeil , nous
paroît avoir examiné avec la plus ſcru-
puleuſe attention , les Monumens anti-
ques qui fontaux environs de Toulouſe ,
&dans Toulouſe même ; & compa-
rant enſuite ces reſtes de l'Antiquité ,
avec ce qu'ont dit d'anciens Ecrivains
,
il en tire des conféquences fûres , qui
jettent le plus grand jour fur pluſieurs
pointsdenotre Hiſtoire.
REMARQUES fur pluſieurs branches
de Commerce & de Navigation ; nou-
velle Edition , ſans nom d'Auteur , ni de
Ville , ni d'Imprimeur ; 1764 ; brochure
in- 12 , en deux parties. *
L'Auteur nous paroît très-inſtruit des
divers objets qui font la matière de cet
Ouvrage; & nous croyons que l'intérêt
public demande que l'on fafle fur-tout
attention à l'endroit où il eſt parlé de la
fortiedes grains hors du Royaume, fans
lalibertéde laquelle il eſt impoffible , dit
l'Auteur , que l'Agriculteur ſe relèvede
l'étatd'abattement ſous lequel il languit,
* Nous venons d'apprendre quel'on en trouve
des Exemplaires ,chez M. Simon , rue S. Jacques.
AVRIL. 1764.
THEQUELEL
LYON
*
par les impôts dont il le croit cha
Les Pêcheries méritent auſſi l'attention
du Lecteur ; & l'on ne sçauroit affez
recommander l'exemption de tous les
droits de conſommation ſur l'entrée du
Poiffon dans le Royaume.
VOLTAIRE , Poëme en vers libres ,
par M. le Clerc de Mont-Merci , Avocar
au Parlement , avec cette Epigraphe :
Omnia transformatfefe in miracula re-
rum. Virg. Georg. Sans nomde Ville ni
de Libraire ; mais on en trouve des
Exemplaires partout où ſe diſtribuent
les Nouveautés. Brochure in-8°. de 76
pages ; 1764.
Un Poëme dont M. de Voltaire eft
le Sujet & le Héros , eſt un objet trop
intéreſſant pour nous en tenir à une
fimple annonce ; nous en donnerons
donc un Extrait détaillé dans le Mer-
cure prochain , l'abondance des matiè-
res ne nous permettant pas de l'inférer
dans celui-ci.
LES SAISONS & les Jours , Poëmes ;
1764. On trouve des Exemplaires de
cetteBrochure in-12, chez Bauche , Li-
braire , quai des Auguſtins.
On a réuni ſous un titre très-court ,
de très-jolies Piéces qui traitent des mê-
E ij
*
TOO MERCURE DE FRANCE.
mes matières , qui avoient couru manuf
crites , & dont quelques -unes même
avoient déja été imprimées. On connoît
depuis longtemps les quatre parties du
Jour de M. de B..... Les quatre Saiſons
du même Auteur n'étoient pas auſſi pu-
bliques. Celles de M. Bernard & les
deux points du jour de M. de S. L.
étoient diſperſés dans divers volumes ,
& n'avoientparu que défigurés pardes
lacunes ou des fautes conſidérables. On
doit donc ſçavoir gré au Libraire qui
les a réunis en un ſeul volume , en
les réimprimant très - correctement &
fur du beau papier. Nous ne dirons
rien du mérite de ces différens mor- /
ceaux de Poësie , que tout homme de
goût ne peut ſe diſpenſer d'avoir dans
fon cabinet.
DICTIONNAIRE de Titres
originaux pour les Fiefs , les Domaines
du Roi , l'Hiſtoire , la Généalogie , &
généralement tous les objets qui con-
cernentle Gouvernementde l'Etat ; ou
inventaire général du Cabinet du Che-
valier Blondeau de Charnage , ci-devant
Lieutenant d'Infanterie , demeurant à
Paris Faubourg S. Germain , rue Gué-
négaud , à la porte cochère à côté de
AVRIL. 1764.
IOT
PHotel d'Artois , à Paris , de l'impri-
merie de Michel Lambert , rue & à
côté de la Comédie Françoiſe ; 1764;
avec approbation & privilége du Roi.
Brochure in- 12 , de 200 pages.
Le Cabinet de M. Blondeau est com-
poſé de foixante-dix mille Titres , dont
environ foixante mille en originaux. Il
eſt diſtribué en 26 parties. Ce Diction-
naire commence par les Fiefs ; on don-
nera enfuite l'inventaire des Titres féo-
daux concernantles Archevêchés , Evê
chés , Abbayes , Prieurés , Chapitres ,
Cures, Communautés Religieuſes , &c.
On paffera enſuite à l'inventaire des
Titres concernant le Domaine ; & l'on
continuera celui des autres parties du
Cabinet; felon que les objets ſe pré-
fenteront. Tous les titres font rangés
par ordre alphabétique des noms des
Seigneuries pourles Fiefs,&desnoms de
Familles pour les Titres généalogiques.
TARIFS , ou comptes faits , con-
cernant les alliages & les bonifications
d'or & d'argent; par M. J. Xhrouet ;
à Paris , chez Guillyn , Libraire , Quai
des Auguſtins ; 1763 ; volume in-12.
La partie la plus délicate de l'Or-
févrerie étant les titres des matières
E iij
102 MERCURE DE FRANCE.
d'or & d'argent ; & leurs calculs , par
la grande juſteffe qu'ils éxigent , de-
venant extrêmement longs& difficiles ,
il n'est pas douteux qu'on ne les voie
avec plaifir réduits à une ſimple addi-
tion. C'eſt-là l'objet que l'Auteur s'eſt
propofé de remplir dans l'ouvrage que
nous annonçons. On y trouvera une
grande facilité pour mettre quelque Or
que ce puiffe être à 20 ,21 ,22 , 23 Ка-
rats ; & c. Le Livre est dédié à M. de
Gouve , Procreur Général en la Cour
des Monnoies. L'étendue de ſes lu-
mières dans cette partie , la juſteſſe de
fon difcernement , la place qu'il occu-
pe forment un préjugé favorable pour
çetOuvrage,qui ne peut être que d'une
très-grande utilité pour les Artiſtes qui
travaillent en or & en argent.
NÉCESSITÉ de penser à la mort, ou
Inftructions chrétiennes pour le temps
de la maladie ; Ouvrage non ſeulement
utile à ceux qui adminiſtrent les der-
niers Sacremens , & qui ont le ſoin
fpirituel des malades , mais encore aux
malades mêmes , & àceux qui leur don-
nentles ſecours temporels. On y a joint
l'Ordinaire de la Sainte Meſſe ,une
courte explication de l'Oraifon Domi
AVRIL. 1764.
103
nicale , une paraphraſe ſur les ſept
Pſeaumes de la Pénitence , les Prières
de l'adminiſtration du faint Viatique &
de l'Extrême- Onction, & les Prières des
Agonifans , en Latin & en François,ſe-
conde édition , revue , corrigée & aug-
mentée. A Senlis , & ſe vend à Paris
chez Desaint & Saillant , Libraires,rue
S. Jeande Beauvais ; Claude Hériſſant ,
Libraire-Imprimeur, rue Neuve Notre-
Dame , à la Croix d'Or ; & Hériſſant ,
rue S. Jacques , Imprimeur du Cabinet
duRoi 1764. AvecApprobation & Pri
vil. du Roi , Vol. in- 12 , d'environ 600
pages. Prix,21. broché & 2 1. 10 f. relié.
Ce Titre qui fait connoître ſuffifam-
ment l'objet & l'utilité de cet Ouvrage
édifiant , nous diſpenſe d'entrer dans
un plus grand détail.
INSTRUCTIONS familières en forme
d'entretiens , ſur les principaux objets
qui concernent la culture des Terres ;
Ouvrage à la fin duquel on trouvera
deux Mémoires fort intéreſſans ſur les
Bois ; par M. Thierriat , Conſeiller du
Roi , Garde-Marteau de la Maîtriſe des
Eaux & Forêts de Chaulny : avec cette
Epigraphe : Beatus ille qui procul nego-
tiis &c. Hor. A Paris, chez Mufierfils,
E iv
104 MERCURE DE FRANCE.
Libraire , quai des Auguſtins , au coin
de la rue Pavée , à S. Etienne ; 1763.
Brochure in-12. de 140 pages.
En faveur des enfans qu'on deſtine à
la culture des Terres , ce Livre est
par demandes & par réponſes. Les Maî
tres d'Ecole de Village pourront s'en
fervir pour leur apprendre à lire.
bien de l'Etat,
Ils
pourront même leur faire apprendre
par cœur les réponſes aux différentes
queſtions. Par ce moyen les enfans goû-
teront peu-à-peu-les principes de l'Au-
teur, connoîtront ce qu'ily a de mieux
dans les anciennes pratiques , & tra-
vailleront utilement pour eux & pour les
MÉMOIRES d'Azéma , contenant di-
verſes Anecdotes des régnes de Pierre-
lc- Grand , Empereur de Ruffie , & de
l'Impératrice Catherine ſon épouse , tra-
duits de Ruffe par M. Contant d'Orvil
le ; à Amſterdam , 1764 ; & fe trouvent
à Paris au Palais Royal , chez Mde la
Marche. Brochure en 2 parties in- 12.
Prix , 2 liv. 8 f.
Nous pourrons donnerun jour l'Ex-
trait de ce Roman nouveau.
LEÇONS de Phyſique Expérimentale,,
1
AVRIL. 1764 .
toutes les langues.
1ος
Tome VI. par M. l'Abbé Nollet, de l'A-
cadémie Royale des Sciences & Maître
de Phyſique & d'Hiſtoire Naturelle des
Enfans de France. Vol. in-12. de 527
pages , orné de 20 Planches en Taille-
douce bien déffinées & bien gravées.
A Paris , chez Hippolyte-LouisGuerin
& Louis-François Delatour, rue S. Jac-
ques , à S. Thomas d'Aquin ; 1764. Се
Volume contient quatre leçons , ſca-
voir la 18 , la 19,la 20 & la 21 qui eft
lå dernièrede cet Ouvrage.
La première de ces quatre leçons a
pour objet les mouvemens des.Aftres
& les phénomènes qui en réſultent ; la
2º traite des aimans tant naturels qu'ar-
tificiels; dans la 3 & dans la 4ª M. Lo
N. expoſeméthodiquement les phéno-
mènes de l'électricité , & fait voir par
un grand nombre d'exemples , qu'on
peutmaintenant rendre raiſon de toutes
ces merveilles , que bien des gens
croyent inexpliquables.
Il y a tout lieu de juger que ce volu
meaura lefort des autres qui ont été forr
accueillis du Public tant en France
que dans les païs étrangers. Ce Livre eff
८
devenu claſſique ;
il eſt traduit dans
Nous avons remarqué en parcou
Ey
31
106 MERCURE DE FRANCE .
rant le volume que nous annonçons,
que M. l'Abbé Nollet promet un Sup-
plément. En parlant de certaines quef-
tions , qu'il a été obligé d'omettre,
ou qu'il croit avoir un peu trop reſſer-
rées; mon deſſein , dit-il , eſt d'y reve-
>> nir ; ce fera dequoi former le Sup-
>> plément quej'ai promis dans ma Pré-
>>face , & que je regarde comme un en-
>> gagement que j'ai contracté , & dont
>> jedefire fort de pouvoir m'acquitter.
NOUVELLE Méthode pour aprendre
la langue Latine, par un ſyſtême ſi facile ,
qu'il eſt à la portée d'un enfant de cinq
àfix ans qui ſçait lire : & fi prompt qu'on
y fait plus de progrès en deux ou trois
années , qu'en huit ou dix , en ſuivant
la route ordinaire. Par M. Delaunai. 4
volumes in-8°. Prix , 18 liv. en feuilles,
A Paris , chez Gogué, Libraire , quai
desAuguſtins , au coin de la rue Pavée.
Et chez l'Auteur , Cloître S. Germain-
l'Auxerrois ; 1763 ; avec approbation &
pri ilége du Roi.
On délivre aux Souſcripteurs de cer
Ouvrage ces 4 volumes depuis le 15
Septembre 1761 : cependant l'Auteur
reçoit encore actuellement des plaintes
des Soufcripteurs des Provinces , qui
....
AVRIL. 1764.
107
diſent par leurs lettres qu'ils n'ont encore
que le premier Volume , quoiqu'ils ayent
payéletout , dès enſouſcrivant. Ce n'eſt
point la faute de l'Auteur , mais celle
des Commiffionnaires qui n'ont pas
retiré leurs volumes dans les temps in-
diqués. Néanmoins , comme il faut une
fin à tout , on avertit ici
les Souf-
cripteurs de faire retirer leurs volumes,
d'ici à la fin de Mars 1764
car ſans
cela ,& paffé ledit temps , leurs Souf-
criptions n'auront plus de valeur , &
ils perdrontce qu'ils auront avancé. En-
fin , pour que ces Souſcripteurs ne
puſſent point ignorerle préſent Avis ,
on l'a affiché pendant les mois de Jan-
vier , de Février & de Mars 1764 : &
on l'indiquera dans les Journaux litté-
raires.
ESSAL fur les Duchés de Lorraine&
de Bar , par M. Charles-LéopoldAn-
dreudeBeliftein , avec cette Epigraphe :
Natalefolum dulcedine cunctos
Ducit , & immemores nonfinit eſſe ſui.
Ovid.
A Amsterdam , & on en trouve des
Exemplaires à Paris chez Jorry , rue
E vi
108 MERCURE DE FRANCE.
& vis-à-vis de la Comédie Françoife.
Brochure , petit in-8°. de 250 pages.
Ce Livre qui n'a point été imprimé
en France , contient 15 Chapitres dans
lesquels on traite de l'état phyſique &
politique , des Finances , de l'Etat Mili-
taire , de l'Agriculture , du Luxe , des
Manufactures
Lorraine.
25
du Commerce de la
L'ESPRIT des Monarques Philoſo-
phes , Marc-Aurele , Julien , Stanislas:
& Frédéric; àAmsterdam , & fe trouve
à Paris chez Vincent , rue S. Severin ;
1764. volume in- 12. de 430 pages.
Depuis Salomon , le Philofophe ,le
Sage par excellence , dont les écrits
font partie des Livres Canoniques ,
Hiſtoire ancienne ne fournit que deux
Monarques , Marc-Auréle & Julien , qui
ayent laiffé des Ouvrages de Philoſo--
phie Morale & Politique. Après tant de
ffécles écoulés depuis le régne de ces
grands hommes , nous avons l'avanta-
ge de les voir revivre dans, Stanislas le
bienfaisant , & Frédéric le Salomon du
Nord. En reuniffant fous un même
point de vue les penſées & les leçons de
ces quatre Monarques , on voit que le
deffein de l'Auteur n'a pas été de less
AVRIL. 1764.
1091
publier toutes. Il s'eſt ſeulement affu-
jetti au titre & à l'objet de ſon Ouvra-
ge; & il n'a extrait de leurs écrits, que
les maximes qui les caractériſent plus
effentiellement comme MonarquesPhi-
lofophes. Il y a dans ce recueil des cho-
fes qui demandent à être connues plus
-ſpécialement , & qui nous fourniront
pour le Mercure prochain , un Extrait
intéreſſant & agréable..
P. VIRGILII Maronis Opera , cum
notis brevioribus , ad ufumfcholarum ;
Parifus , apud Defaint & Saillant , vid
S. Joannis Bellovacenfis , Brocas &
Humblot , viá San-Jacobæá , adinfigne
capitis S. Joannis ; 1764 ; cum privi-
legio Regis. Vol. in- 12 , minorisformæ.
Cette nouvelle édition des œuvres de
Virgile , faite en faveur des écoliers de
tous les Colléges de France , furpaffe
fans contredit , en beauté & en cor.
rection , toutes celles qui juſqu'à pré-
ſent ont été en uſage dans les claffes.
Le caractère en eſt pet,le papier très--
blanc & l'édition très-portative ; voilà
pourla partie Typographique. Les notes
en ſont courtes , claires , & ne diſent
que ce qu'il faut ſçavoir pour l'intel-
ligence du Texte, On a ſuivi d'ailleurs .
110 MERCURE DE FRANCE.
les manufcrits les plus eſtimés , les édi-
tions les plus correctes , & les Com-
mentateurs les plus célébres, pour ne
préfenter que le véritable ſens de l'Au-
teur..
LE MONDE moral , ou Mémoires
pour fervir à l'Hiſtoire du Cœur hu-
main.
On connoît cet Ouvrage qui parut
il y a quatre ans ; c'eſt un Roman en
deux parties de feu M. l'Abbé Prévot :
nous ne le rappellons , que pour dire
qu'on vient d'en donner la fuite dont
nous rendrons compte inceffamment.
LE PHILOSOPHE Négre , & le ſe-
cretdes Grecs. Ouvragetrop néceſſaire;
endeux parties in- 12; Londres , 1764 ,
& à Paris , chez Prault petit-fils , Quai
des Auguſtins , àl'Immortalité.
C'eſt un petit Roman composé par
M. M... dans lequel on dévoile lesma-
nœuvres des Joueurs fripons.
L'HISTOIRE de l'Irlande , ancienne
& moderne , tirée des monumens les
plus authentiques ; par M. l'AbbéMa-
Geoghegan; àParis , chezAntoine Bou-
det, Imprimeur duRoi,rue S. Jacques,
AVRIL . 1764.
FIE
à la Bible d'Or ; avec Approbation &
Privilége du Roi , 3 vol. in-4°.
CetOuvrage qui a été donné volume
par volume , & dont le troifiéme paroît
nouvellement , mérite qu'on en faffe un
ou pluſieurs extraits ; auſſi nous propo-
fons-nous d'y revenir plus d'une fois.
ŒUVRES diverſes de M. l'Abbé Clé-
ment , C. D. S. L. D. L. à Paris , chez
ClaudeHeriffant , rue neuve Notre-Da-
me , à la Croix d'Or; 1764 , avec Appro
bation & Privilége du Roi ; brochure
in-12 de 200 pages.
M. l'Abbé Clément atortde croire ,
dans ſa Préface , qu'il trouvera peude
lecteurs ; ſes Œuvres poëtiques font de
nature à lui en procurer un grand nom-
bres. Premiérement elles sont très va-
riées , & par là très-capables de plaireà
pluſieurs claffes de lecteurs. Elles ont en
fecond lieu , toutes les qualités qui font
le mérite de ces fortes de petites Piéces ;
on y trouve de l'eſprit ,du fentiment ,
du goût & de la Poësie. A la tête du
recueil ſont placées des Odes ſacrées ,
dontle Sujet efſt tiré des Pſeaumes ; elles
fontfuiviesde quelques traductions des
Hymnes du Breviaire de Paris. En
1735 , l'Académie Françoiſe avoit pro-
172 MERCURE DE FRANCE.
poſé pour le prix de l'Ode , les progrès
de la Mufique sous le régne de LOUIS
LE GRAND. M. l'Abbé Clément eut
le prix ; & fon Ode qui tient un rang
diftingué dans ce recueil , exprime , par
des Strophes harmonieuſes , tous les,
charmes de la Muſique. Nous n'in-
diquerons pas tous les Sujets que l'Au-
teur a traités ; il y a dans cette bro-
chure plus de quatre-vingt Pieces , tant
Odes qu'Epîtres , Bouquets , Portraits ,
Etrennes, Placets , Epitaphes , Epithala-
mes , Epigrammes , Cantatilles , Ron-
deaux , Fables , &c. Nous en avons rap-
porté une dans leSupplémentaux Piéces
fugitives du Mercure de Mars dernier..
Elle nous paroiſſoit de ſaiſons alors
2.
&nous nous réſervions d'en faire con-
noître l'Auteur dans le Mercure de ce
mois. Cette Piéce où il eſt queſtion
d'une aventure de bal
,
donner une idée du goût de l'Auteur ,,
&dumérite des autres Piéces qui com-
poſent cette brochure..
<
REQUÊTE au Roi , par la Dame
veuve Calas , feuille in-4° , & in-8° ,
on en trouvedes exemplaires chez les
Libraires du Palais Royal.
fuffit pour
L'Hiſtoire des ſieurs & Dames Ca
AVRIL. 1764.
11.3%
Ins , que tout le monde connoît pré-
ſentement , étoit un Sujet bien propre
à faire naître des vers touchans &
pathétiques: auſſi eſt-celà ce qui diſtin-
gue principalement cette Requête en
Vers , compoſée par un Poëte qui ade
la chaleur & du ſentiment..
GAZETTE Littéraire de l'Europe. A
Paris , au Bureau de la Gazette de Fran
ce. Prix de la Souſcription , 24 liv. par
an , papier ordinaire , & de 30 liv. pa-
pier plus grand & plus fin.
L'objet de cet Ouvrage périodique
eſt d'annoncer tous, les Mercredis de
chaque ſemaine, dans une feuille in-8º
de ſeize pages d'impreſſion , les Livres
qui paroiffent tant en France que dans
les Pays Etrangers. Pour ceux de Fran-
ce onn'en donne que l'annonce & une:
courte notice. A l'égard des Livres
Etrangers , outre cette annonce, on pù-
bliera à la fin de chaque mois quatre
feuilles de fupplément,dans lesquelles on
renverra les Traductions entières & les
Analyfes détaillées des Ouvrages quis
mériteront d'être plus particulièrement
connus.
La première feuille de cette Gazette
aparu le Mercredi 7 du mois de Mars.
des Règles de conduite qu'un Prêtre
doit fuivre pour bien adminiſtrer le
Sacrement de Pénitence ; par unEcclé-
ſiaſtique du Diocèce de B.... ; à Poi-
tiers, chez J. Felix Faucon , Imprimeur
de Mgr l'Evêque & du Clergé , place&
vis-à-vis l'Eglife Notre-Dame la Gran-
de; & à Paris , chez Ganeau , Libraire ,
rue & près de l'Egliſe de S. Severin ; un
vol. in-12 de 380 pages , 1763 ; avec
approbation & privilége du Roi.
Il paroît que le pieux Eccléſiaſtique
qui a compoſé cet Ouvrage , a connu
par expérience les maximes qu'on doit
obſerver dans le redoutable ministère du
94 MERCURE DE FRANCE.
Sacrement de Pénitence , & qu'il eſt
parfaitement inſtruit de tout ce qui eſt
requis pour éxercer utilement cette fonc-
tion. Il a raſſemblé dans cet Ecrit les
principes de la faine Morale ; il ena tiré
les plus juſtes conféquences ; il a facilité
aux jeunes Prêtres , qui travaillent dans
le ſacré Tribunal,les moyens de les met-
tre en pratique. Il eſt aiſé de compren-
dre combien ce Livre pourra être utile
aux Confeffeurs & aux Pénitens. Ceux-
ci y verront leurs devoirs clairement
expliqués ; ceux-là auront un guide für
pour ſe conduire eux-mêmes , & pour
faire marcher leurs Pénitens dans la voie
du ſalut , après les avoir tirés de l'état du
péché , par une abſolution falutaire. Les
matières de pratique y font traitées avec
autant de ſolidité que de préciſion ; on y
a recueilli avec ordre les points les plus
importans de la Morale.
RÉFLEXIONS militaires , par M. de
Bouffanelle , Chevalier de l'Ordre Royal
&Militaire de S. Louis, Mestre de Camp
de Cavalerie , Capitaine au Régiment du
Commiſſaire-Général , Membre de l'A-
cadémie des Sciences & Beaux-Arts de
la Ville de Béſiers ; à Paris , chez Du-
chefne , Libraire , rue S. Jacques , au
AVRIL. 1764.
95
Temple du Goût , & chez Durand ne-
veu , Libraire , rue S. Jacques , à la Sa-
geffe; 1764; avec approbation & pri-
vilége du Roi; brochure in-12 de 200
pages.
Les ſujets fur leſquels roulent ces Ré-
fléxions , font la Cavalerie , l'Officier
de Cavalerie , de Dragons , de Huſſards
&de toutes les Troupes à cheval , les
nouvelles Conſtitutions de la Cavalerie ,
l'éducation militaire , la Religion des
Anciens dans leurs Armées , la peine &
la récompenfe , le luxe dans le Militaire ,
l'amour de la gloire , la fubordination ,
la gaîté & l'enthouſiaſme néceſſaires aux
Gens de Guerre , le mariage des Offi-
ciers , les habits uniformes , les châti-
mens militaires , les connoiſſances mili-
taires des Anciens , les uſages & les ar-
mes des Anciens , les anciennes Cavale-
ries de différentes Nations , le cheval ,
le courage , la fauſſe émulation ou l'en-
vie. Tous ces différens Sujets nous ont
parus traités avec intelligence , & femés
de pluſieurs traits hiſtoriques , qui ren-
dent cette lecture très-curieuſe & très-
intéreſſante.
LESÉLÉMENS primitifs des Langues,
découverts par la comparaiſondes Raci-
96 MERCURE DE FRANCE.
nes de l'Hébreu avec celles du Grec , du
Latin & du François. Ouvrage dans le-
quel on éxamine la manière dont les
Langues ontpu ſe former , &ce qu'elles
peuvent avoir de commun; par M. Ber-
gier,Docteur en Théologie , Curédans
le Diocèſe de Besançon , à Paris , chez
Brocas & Humblot , rue S. Jacques , au
Chef S. Jean ; brochure in-12 de 350
pages; avec approbation & privilége
du Roi ; 1764.
Pluſieurs Sçavans avoient déja ſoup-
çonné que les Racines des Langues an-
ciennes pourroient bien être les mêmes
que cellesdes Langues modernes; mais
perſonnen'avoit encore tenté dele véri-
fier par un parallèle éxact & ſuivi,& c'eſt
cequ'entreprend M. Bergier , dans les
huit Differtations qui forment ce Re-
cueil , & qui traitent du changement
des Lettres dans la prononciation , de la
compofition des Mots , du Verbe ſub-
ſtantif, des Verbes hébreux & de leurs
Conjugaiſons, des différentes parties du
Diſcours , de la Syntaxe , du mêlange &
dela dérivation des Langues,& de l'uſa-
ge qu'onpeut fairedes racines.CetOuvra
ge nousparoît auſſi ingénieux que ſça-
vant,&propre à répandre beaucoup de
lumière ſur la ſcience de la Grammaire,
LES
AVRIL. 1764.
97
LES LOISIRS & Amusemens de ma
Solitude , Ouvrage moral ; à Laufane ,
& ſe trouve à Paris , chez Duchesne ,
Libraire , rue S. Jacques , au Temple du
Goût ; 1764 ; brochure in- 12 .
Cette Brochure contient des Penſées
détachées ſur divers ſujets de Morale , &
cinq ou fix Contes qui nous ont paru
très-bien écrits , & très- intéreſſans. On
dit que l'Ouvrage eſt d'un Militaire , qui
l'a compoſé dans ſes momens de loiſir.
Les Penſées & les Réfléxions qu'il pré-
ſente , ne font dictées , ni par une fauſſe
Philofophie , ni par un eſprit de Miſan-
tropie & de cauſticité. Tout y reſpire
l'honneur , la ſageſſe , l'humanité & l'a-
ménité des mœurs. Les gens de goût ne
trouveront d'autre défaut dans ce recueil
que d'être trop peu volumineux.
•DISSERTATION fur les Origines de
Toulouſe ; avec cette Epigraphe : Jam
feges eft ubi Trojafuit. Ovid. Ep. Penel.
Ulyf. à Avignon , chez Jean - Louis
Chambeau , Libraire - Imprimeur ; & fe
vend à Toulouse , chez Biroffe , Libraire,
à la Bible d'or ; 1764 ; brochure in-8°.
de 70 pages.
Cet Ecrit, plein de recherches ſça-
vantes , & qui préſente des vues nou-
I. Vol.
E
98 MERCURE DE FRANCE.
velles , méritoit , par ce double titre,
d'être dédié à M. l'Abbé Barthelemy
qui a fait lui-même des découvertes fi
ſcavantes dans l'Antiquité. L'Auteur ,
M. Audibert , Vicaire de Verfeil , nous
paroît avoir examiné avec la plus ſcru-
puleuſe attention , les Monumens anti-
ques qui fontaux environs de Toulouſe ,
&dans Toulouſe même ; & compa-
rant enſuite ces reſtes de l'Antiquité ,
avec ce qu'ont dit d'anciens Ecrivains
,
il en tire des conféquences fûres , qui
jettent le plus grand jour fur pluſieurs
pointsdenotre Hiſtoire.
REMARQUES fur pluſieurs branches
de Commerce & de Navigation ; nou-
velle Edition , ſans nom d'Auteur , ni de
Ville , ni d'Imprimeur ; 1764 ; brochure
in- 12 , en deux parties. *
L'Auteur nous paroît très-inſtruit des
divers objets qui font la matière de cet
Ouvrage; & nous croyons que l'intérêt
public demande que l'on fafle fur-tout
attention à l'endroit où il eſt parlé de la
fortiedes grains hors du Royaume, fans
lalibertéde laquelle il eſt impoffible , dit
l'Auteur , que l'Agriculteur ſe relèvede
l'étatd'abattement ſous lequel il languit,
* Nous venons d'apprendre quel'on en trouve
des Exemplaires ,chez M. Simon , rue S. Jacques.
AVRIL. 1764.
THEQUELEL
LYON
*
par les impôts dont il le croit cha
Les Pêcheries méritent auſſi l'attention
du Lecteur ; & l'on ne sçauroit affez
recommander l'exemption de tous les
droits de conſommation ſur l'entrée du
Poiffon dans le Royaume.
VOLTAIRE , Poëme en vers libres ,
par M. le Clerc de Mont-Merci , Avocar
au Parlement , avec cette Epigraphe :
Omnia transformatfefe in miracula re-
rum. Virg. Georg. Sans nomde Ville ni
de Libraire ; mais on en trouve des
Exemplaires partout où ſe diſtribuent
les Nouveautés. Brochure in-8°. de 76
pages ; 1764.
Un Poëme dont M. de Voltaire eft
le Sujet & le Héros , eſt un objet trop
intéreſſant pour nous en tenir à une
fimple annonce ; nous en donnerons
donc un Extrait détaillé dans le Mer-
cure prochain , l'abondance des matiè-
res ne nous permettant pas de l'inférer
dans celui-ci.
LES SAISONS & les Jours , Poëmes ;
1764. On trouve des Exemplaires de
cetteBrochure in-12, chez Bauche , Li-
braire , quai des Auguſtins.
On a réuni ſous un titre très-court ,
de très-jolies Piéces qui traitent des mê-
E ij
*
TOO MERCURE DE FRANCE.
mes matières , qui avoient couru manuf
crites , & dont quelques -unes même
avoient déja été imprimées. On connoît
depuis longtemps les quatre parties du
Jour de M. de B..... Les quatre Saiſons
du même Auteur n'étoient pas auſſi pu-
bliques. Celles de M. Bernard & les
deux points du jour de M. de S. L.
étoient diſperſés dans divers volumes ,
& n'avoientparu que défigurés pardes
lacunes ou des fautes conſidérables. On
doit donc ſçavoir gré au Libraire qui
les a réunis en un ſeul volume , en
les réimprimant très - correctement &
fur du beau papier. Nous ne dirons
rien du mérite de ces différens mor- /
ceaux de Poësie , que tout homme de
goût ne peut ſe diſpenſer d'avoir dans
fon cabinet.
DICTIONNAIRE de Titres
originaux pour les Fiefs , les Domaines
du Roi , l'Hiſtoire , la Généalogie , &
généralement tous les objets qui con-
cernentle Gouvernementde l'Etat ; ou
inventaire général du Cabinet du Che-
valier Blondeau de Charnage , ci-devant
Lieutenant d'Infanterie , demeurant à
Paris Faubourg S. Germain , rue Gué-
négaud , à la porte cochère à côté de
AVRIL. 1764.
IOT
PHotel d'Artois , à Paris , de l'impri-
merie de Michel Lambert , rue & à
côté de la Comédie Françoiſe ; 1764;
avec approbation & privilége du Roi.
Brochure in- 12 , de 200 pages.
Le Cabinet de M. Blondeau est com-
poſé de foixante-dix mille Titres , dont
environ foixante mille en originaux. Il
eſt diſtribué en 26 parties. Ce Diction-
naire commence par les Fiefs ; on don-
nera enfuite l'inventaire des Titres féo-
daux concernantles Archevêchés , Evê
chés , Abbayes , Prieurés , Chapitres ,
Cures, Communautés Religieuſes , &c.
On paffera enſuite à l'inventaire des
Titres concernant le Domaine ; & l'on
continuera celui des autres parties du
Cabinet; felon que les objets ſe pré-
fenteront. Tous les titres font rangés
par ordre alphabétique des noms des
Seigneuries pourles Fiefs,&desnoms de
Familles pour les Titres généalogiques.
TARIFS , ou comptes faits , con-
cernant les alliages & les bonifications
d'or & d'argent; par M. J. Xhrouet ;
à Paris , chez Guillyn , Libraire , Quai
des Auguſtins ; 1763 ; volume in-12.
La partie la plus délicate de l'Or-
févrerie étant les titres des matières
E iij
102 MERCURE DE FRANCE.
d'or & d'argent ; & leurs calculs , par
la grande juſteffe qu'ils éxigent , de-
venant extrêmement longs& difficiles ,
il n'est pas douteux qu'on ne les voie
avec plaifir réduits à une ſimple addi-
tion. C'eſt-là l'objet que l'Auteur s'eſt
propofé de remplir dans l'ouvrage que
nous annonçons. On y trouvera une
grande facilité pour mettre quelque Or
que ce puiffe être à 20 ,21 ,22 , 23 Ка-
rats ; & c. Le Livre est dédié à M. de
Gouve , Procreur Général en la Cour
des Monnoies. L'étendue de ſes lu-
mières dans cette partie , la juſteſſe de
fon difcernement , la place qu'il occu-
pe forment un préjugé favorable pour
çetOuvrage,qui ne peut être que d'une
très-grande utilité pour les Artiſtes qui
travaillent en or & en argent.
NÉCESSITÉ de penser à la mort, ou
Inftructions chrétiennes pour le temps
de la maladie ; Ouvrage non ſeulement
utile à ceux qui adminiſtrent les der-
niers Sacremens , & qui ont le ſoin
fpirituel des malades , mais encore aux
malades mêmes , & àceux qui leur don-
nentles ſecours temporels. On y a joint
l'Ordinaire de la Sainte Meſſe ,une
courte explication de l'Oraifon Domi
AVRIL. 1764.
103
nicale , une paraphraſe ſur les ſept
Pſeaumes de la Pénitence , les Prières
de l'adminiſtration du faint Viatique &
de l'Extrême- Onction, & les Prières des
Agonifans , en Latin & en François,ſe-
conde édition , revue , corrigée & aug-
mentée. A Senlis , & ſe vend à Paris
chez Desaint & Saillant , Libraires,rue
S. Jeande Beauvais ; Claude Hériſſant ,
Libraire-Imprimeur, rue Neuve Notre-
Dame , à la Croix d'Or ; & Hériſſant ,
rue S. Jacques , Imprimeur du Cabinet
duRoi 1764. AvecApprobation & Pri
vil. du Roi , Vol. in- 12 , d'environ 600
pages. Prix,21. broché & 2 1. 10 f. relié.
Ce Titre qui fait connoître ſuffifam-
ment l'objet & l'utilité de cet Ouvrage
édifiant , nous diſpenſe d'entrer dans
un plus grand détail.
INSTRUCTIONS familières en forme
d'entretiens , ſur les principaux objets
qui concernent la culture des Terres ;
Ouvrage à la fin duquel on trouvera
deux Mémoires fort intéreſſans ſur les
Bois ; par M. Thierriat , Conſeiller du
Roi , Garde-Marteau de la Maîtriſe des
Eaux & Forêts de Chaulny : avec cette
Epigraphe : Beatus ille qui procul nego-
tiis &c. Hor. A Paris, chez Mufierfils,
E iv
104 MERCURE DE FRANCE.
Libraire , quai des Auguſtins , au coin
de la rue Pavée , à S. Etienne ; 1763.
Brochure in-12. de 140 pages.
En faveur des enfans qu'on deſtine à
la culture des Terres , ce Livre est
par demandes & par réponſes. Les Maî
tres d'Ecole de Village pourront s'en
fervir pour leur apprendre à lire.
bien de l'Etat,
Ils
pourront même leur faire apprendre
par cœur les réponſes aux différentes
queſtions. Par ce moyen les enfans goû-
teront peu-à-peu-les principes de l'Au-
teur, connoîtront ce qu'ily a de mieux
dans les anciennes pratiques , & tra-
vailleront utilement pour eux & pour les
MÉMOIRES d'Azéma , contenant di-
verſes Anecdotes des régnes de Pierre-
lc- Grand , Empereur de Ruffie , & de
l'Impératrice Catherine ſon épouse , tra-
duits de Ruffe par M. Contant d'Orvil
le ; à Amſterdam , 1764 ; & fe trouvent
à Paris au Palais Royal , chez Mde la
Marche. Brochure en 2 parties in- 12.
Prix , 2 liv. 8 f.
Nous pourrons donnerun jour l'Ex-
trait de ce Roman nouveau.
LEÇONS de Phyſique Expérimentale,,
1
AVRIL. 1764 .
toutes les langues.
1ος
Tome VI. par M. l'Abbé Nollet, de l'A-
cadémie Royale des Sciences & Maître
de Phyſique & d'Hiſtoire Naturelle des
Enfans de France. Vol. in-12. de 527
pages , orné de 20 Planches en Taille-
douce bien déffinées & bien gravées.
A Paris , chez Hippolyte-LouisGuerin
& Louis-François Delatour, rue S. Jac-
ques , à S. Thomas d'Aquin ; 1764. Се
Volume contient quatre leçons , ſca-
voir la 18 , la 19,la 20 & la 21 qui eft
lå dernièrede cet Ouvrage.
La première de ces quatre leçons a
pour objet les mouvemens des.Aftres
& les phénomènes qui en réſultent ; la
2º traite des aimans tant naturels qu'ar-
tificiels; dans la 3 & dans la 4ª M. Lo
N. expoſeméthodiquement les phéno-
mènes de l'électricité , & fait voir par
un grand nombre d'exemples , qu'on
peutmaintenant rendre raiſon de toutes
ces merveilles , que bien des gens
croyent inexpliquables.
Il y a tout lieu de juger que ce volu
meaura lefort des autres qui ont été forr
accueillis du Public tant en France
que dans les païs étrangers. Ce Livre eff
८
devenu claſſique ;
il eſt traduit dans
Nous avons remarqué en parcou
Ey
31
106 MERCURE DE FRANCE .
rant le volume que nous annonçons,
que M. l'Abbé Nollet promet un Sup-
plément. En parlant de certaines quef-
tions , qu'il a été obligé d'omettre,
ou qu'il croit avoir un peu trop reſſer-
rées; mon deſſein , dit-il , eſt d'y reve-
>> nir ; ce fera dequoi former le Sup-
>> plément quej'ai promis dans ma Pré-
>>face , & que je regarde comme un en-
>> gagement que j'ai contracté , & dont
>> jedefire fort de pouvoir m'acquitter.
NOUVELLE Méthode pour aprendre
la langue Latine, par un ſyſtême ſi facile ,
qu'il eſt à la portée d'un enfant de cinq
àfix ans qui ſçait lire : & fi prompt qu'on
y fait plus de progrès en deux ou trois
années , qu'en huit ou dix , en ſuivant
la route ordinaire. Par M. Delaunai. 4
volumes in-8°. Prix , 18 liv. en feuilles,
A Paris , chez Gogué, Libraire , quai
desAuguſtins , au coin de la rue Pavée.
Et chez l'Auteur , Cloître S. Germain-
l'Auxerrois ; 1763 ; avec approbation &
pri ilége du Roi.
On délivre aux Souſcripteurs de cer
Ouvrage ces 4 volumes depuis le 15
Septembre 1761 : cependant l'Auteur
reçoit encore actuellement des plaintes
des Soufcripteurs des Provinces , qui
....
AVRIL. 1764.
107
diſent par leurs lettres qu'ils n'ont encore
que le premier Volume , quoiqu'ils ayent
payéletout , dès enſouſcrivant. Ce n'eſt
point la faute de l'Auteur , mais celle
des Commiffionnaires qui n'ont pas
retiré leurs volumes dans les temps in-
diqués. Néanmoins , comme il faut une
fin à tout , on avertit ici
les Souf-
cripteurs de faire retirer leurs volumes,
d'ici à la fin de Mars 1764
car ſans
cela ,& paffé ledit temps , leurs Souf-
criptions n'auront plus de valeur , &
ils perdrontce qu'ils auront avancé. En-
fin , pour que ces Souſcripteurs ne
puſſent point ignorerle préſent Avis ,
on l'a affiché pendant les mois de Jan-
vier , de Février & de Mars 1764 : &
on l'indiquera dans les Journaux litté-
raires.
ESSAL fur les Duchés de Lorraine&
de Bar , par M. Charles-LéopoldAn-
dreudeBeliftein , avec cette Epigraphe :
Natalefolum dulcedine cunctos
Ducit , & immemores nonfinit eſſe ſui.
Ovid.
A Amsterdam , & on en trouve des
Exemplaires à Paris chez Jorry , rue
E vi
108 MERCURE DE FRANCE.
& vis-à-vis de la Comédie Françoife.
Brochure , petit in-8°. de 250 pages.
Ce Livre qui n'a point été imprimé
en France , contient 15 Chapitres dans
lesquels on traite de l'état phyſique &
politique , des Finances , de l'Etat Mili-
taire , de l'Agriculture , du Luxe , des
Manufactures
Lorraine.
25
du Commerce de la
L'ESPRIT des Monarques Philoſo-
phes , Marc-Aurele , Julien , Stanislas:
& Frédéric; àAmsterdam , & fe trouve
à Paris chez Vincent , rue S. Severin ;
1764. volume in- 12. de 430 pages.
Depuis Salomon , le Philofophe ,le
Sage par excellence , dont les écrits
font partie des Livres Canoniques ,
Hiſtoire ancienne ne fournit que deux
Monarques , Marc-Auréle & Julien , qui
ayent laiffé des Ouvrages de Philoſo--
phie Morale & Politique. Après tant de
ffécles écoulés depuis le régne de ces
grands hommes , nous avons l'avanta-
ge de les voir revivre dans, Stanislas le
bienfaisant , & Frédéric le Salomon du
Nord. En reuniffant fous un même
point de vue les penſées & les leçons de
ces quatre Monarques , on voit que le
deffein de l'Auteur n'a pas été de less
AVRIL. 1764.
1091
publier toutes. Il s'eſt ſeulement affu-
jetti au titre & à l'objet de ſon Ouvra-
ge; & il n'a extrait de leurs écrits, que
les maximes qui les caractériſent plus
effentiellement comme MonarquesPhi-
lofophes. Il y a dans ce recueil des cho-
fes qui demandent à être connues plus
-ſpécialement , & qui nous fourniront
pour le Mercure prochain , un Extrait
intéreſſant & agréable..
P. VIRGILII Maronis Opera , cum
notis brevioribus , ad ufumfcholarum ;
Parifus , apud Defaint & Saillant , vid
S. Joannis Bellovacenfis , Brocas &
Humblot , viá San-Jacobæá , adinfigne
capitis S. Joannis ; 1764 ; cum privi-
legio Regis. Vol. in- 12 , minorisformæ.
Cette nouvelle édition des œuvres de
Virgile , faite en faveur des écoliers de
tous les Colléges de France , furpaffe
fans contredit , en beauté & en cor.
rection , toutes celles qui juſqu'à pré-
ſent ont été en uſage dans les claffes.
Le caractère en eſt pet,le papier très--
blanc & l'édition très-portative ; voilà
pourla partie Typographique. Les notes
en ſont courtes , claires , & ne diſent
que ce qu'il faut ſçavoir pour l'intel-
ligence du Texte, On a ſuivi d'ailleurs .
110 MERCURE DE FRANCE.
les manufcrits les plus eſtimés , les édi-
tions les plus correctes , & les Com-
mentateurs les plus célébres, pour ne
préfenter que le véritable ſens de l'Au-
teur..
LE MONDE moral , ou Mémoires
pour fervir à l'Hiſtoire du Cœur hu-
main.
On connoît cet Ouvrage qui parut
il y a quatre ans ; c'eſt un Roman en
deux parties de feu M. l'Abbé Prévot :
nous ne le rappellons , que pour dire
qu'on vient d'en donner la fuite dont
nous rendrons compte inceffamment.
LE PHILOSOPHE Négre , & le ſe-
cretdes Grecs. Ouvragetrop néceſſaire;
endeux parties in- 12; Londres , 1764 ,
& à Paris , chez Prault petit-fils , Quai
des Auguſtins , àl'Immortalité.
C'eſt un petit Roman composé par
M. M... dans lequel on dévoile lesma-
nœuvres des Joueurs fripons.
L'HISTOIRE de l'Irlande , ancienne
& moderne , tirée des monumens les
plus authentiques ; par M. l'AbbéMa-
Geoghegan; àParis , chezAntoine Bou-
det, Imprimeur duRoi,rue S. Jacques,
AVRIL . 1764.
FIE
à la Bible d'Or ; avec Approbation &
Privilége du Roi , 3 vol. in-4°.
CetOuvrage qui a été donné volume
par volume , & dont le troifiéme paroît
nouvellement , mérite qu'on en faffe un
ou pluſieurs extraits ; auſſi nous propo-
fons-nous d'y revenir plus d'une fois.
ŒUVRES diverſes de M. l'Abbé Clé-
ment , C. D. S. L. D. L. à Paris , chez
ClaudeHeriffant , rue neuve Notre-Da-
me , à la Croix d'Or; 1764 , avec Appro
bation & Privilége du Roi ; brochure
in-12 de 200 pages.
M. l'Abbé Clément atortde croire ,
dans ſa Préface , qu'il trouvera peude
lecteurs ; ſes Œuvres poëtiques font de
nature à lui en procurer un grand nom-
bres. Premiérement elles sont très va-
riées , & par là très-capables de plaireà
pluſieurs claffes de lecteurs. Elles ont en
fecond lieu , toutes les qualités qui font
le mérite de ces fortes de petites Piéces ;
on y trouve de l'eſprit ,du fentiment ,
du goût & de la Poësie. A la tête du
recueil ſont placées des Odes ſacrées ,
dontle Sujet efſt tiré des Pſeaumes ; elles
fontfuiviesde quelques traductions des
Hymnes du Breviaire de Paris. En
1735 , l'Académie Françoiſe avoit pro-
172 MERCURE DE FRANCE.
poſé pour le prix de l'Ode , les progrès
de la Mufique sous le régne de LOUIS
LE GRAND. M. l'Abbé Clément eut
le prix ; & fon Ode qui tient un rang
diftingué dans ce recueil , exprime , par
des Strophes harmonieuſes , tous les,
charmes de la Muſique. Nous n'in-
diquerons pas tous les Sujets que l'Au-
teur a traités ; il y a dans cette bro-
chure plus de quatre-vingt Pieces , tant
Odes qu'Epîtres , Bouquets , Portraits ,
Etrennes, Placets , Epitaphes , Epithala-
mes , Epigrammes , Cantatilles , Ron-
deaux , Fables , &c. Nous en avons rap-
porté une dans leSupplémentaux Piéces
fugitives du Mercure de Mars dernier..
Elle nous paroiſſoit de ſaiſons alors
2.
&nous nous réſervions d'en faire con-
noître l'Auteur dans le Mercure de ce
mois. Cette Piéce où il eſt queſtion
d'une aventure de bal
,
donner une idée du goût de l'Auteur ,,
&dumérite des autres Piéces qui com-
poſent cette brochure..
<
REQUÊTE au Roi , par la Dame
veuve Calas , feuille in-4° , & in-8° ,
on en trouvedes exemplaires chez les
Libraires du Palais Royal.
fuffit pour
L'Hiſtoire des ſieurs & Dames Ca
AVRIL. 1764.
11.3%
Ins , que tout le monde connoît pré-
ſentement , étoit un Sujet bien propre
à faire naître des vers touchans &
pathétiques: auſſi eſt-celà ce qui diſtin-
gue principalement cette Requête en
Vers , compoſée par un Poëte qui ade
la chaleur & du ſentiment..
GAZETTE Littéraire de l'Europe. A
Paris , au Bureau de la Gazette de Fran
ce. Prix de la Souſcription , 24 liv. par
an , papier ordinaire , & de 30 liv. pa-
pier plus grand & plus fin.
L'objet de cet Ouvrage périodique
eſt d'annoncer tous, les Mercredis de
chaque ſemaine, dans une feuille in-8º
de ſeize pages d'impreſſion , les Livres
qui paroiffent tant en France que dans
les Pays Etrangers. Pour ceux de Fran-
ce onn'en donne que l'annonce & une:
courte notice. A l'égard des Livres
Etrangers , outre cette annonce, on pù-
bliera à la fin de chaque mois quatre
feuilles de fupplément,dans lesquelles on
renverra les Traductions entières & les
Analyfes détaillées des Ouvrages quis
mériteront d'être plus particulièrement
connus.
La première feuille de cette Gazette
aparu le Mercredi 7 du mois de Mars.
Fermer
12710
p. 123-125
EXTRAIT des Registres de l'Académie Royale des SCIENCES. Du 22 Février 1764.
Début :
NOUS avons examiné par ordre de l'Académie, un Mémoire de M. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT des Registres de l'Académie Royale des SCIENCES. Du 22 Février 1764.
EXTRAIT des Registres de l'Académie
Royale des SCIENCES.
Du 22 Février 1764.
NOUS avons examiné par ordre
de l'Académie, un Mémoire de M.
Biesta , Mª Horloger à Paris , fur une
nouvelle conſtruction de Montres, dans
leſquelles tout ce qui appartient à l'é-
chappement peut s'enlever ſans démon-
ter le reſte de la montre. Il eſt exacte-
ment vrai , & M. Biesta le dit dans ſon
Mémoire ,que la plus grande partie des
dérangemens & des accidens qui arri-
ventà une montre , viennent de l'altéra-
tion de l'échappement , & que très-fou-
vent on n'auroit nul beſoin de démon-
ter le reſte de la montre pour y remé-
dier , s'il étoit poffible d'y toucher fans
cela ; c'eſt cet avantage que M. Biefta
avoulu procurer aux montres. Par la
conſtruction qu'il propoſe : la potence,
la cantre-potence , le cocq , la couliffe ,
la roſette , le balancier , le piton , & le
reffort ſpiral y font portés par une pla-
que d'acier , tenant par trois vis à la
platine du nom qui eſt percée en cet
Fij
124 MERCURE DE FRANCE.
endroit pour donner paſſage à la roue de
rencontre , la potence &la contre-po-
tence. Cette conſtruction peut être ap-
pliquée à toutes les montres déjà faites,
& il eſt aisé de ſentir combien elle
peut être avantageuſe , ſur-tout pour
les Piéces compoſées , comme pour les
montres à ſonnerie , ou à répétition ,
qu'on ne ſera plus obligé de démonter
en entier pour le moindre dérangement
arrivé à l'échappement; ce qui peut
être d'autant plus utile, qu'on eft quel-
quefois obligé en voyage de ſe ſervir
d'Ouvriers médiocres qui pourroient
aifément gâter des parties auſſi délica-
tes , & qui leur font trop ſouvent in-
connues ; au lieu que les effets de l'é-
chappement font généralement connus
de tous ceux qui ont pratiqué l'Horlo-
gerie. Ces avantages font que nous ne
pouvons qu'applaudir à la conſtruction
deM. Biefta , qui nous a paru ingénieu-
fe , & mériter l'approbation de l'Aca-
démie. Signé, CAMUS & DE FOUCHY.
L'Auteur de cette invention eſt le
même qui a trouvé la manière d'ap-
pliquer aifément aux Pendules à ſecon-
des le temps vrai , également approuvé
par l'Académie Royale des Sciences. Il
demeure préfentement Cloître S. Ger-
AVRIL. 1764.
main - l'Auxerrois
Paris.
125
, en entrant par le
Louvre à gauche , au Temps vrai , à
Le prix pour appliquer ſon équation
aux Pendules à ſecondes , eft de huit
louis ; & l'application dela conftruction
mentionnée au certificat ci-joint ne
renchérit pas chez l'Auteur les montres
neuves ; mais pour donner les mêmes
avantages à celles qui ſont déjà faites ,
il prend pour une montre fimple deux
louis , & pour une à répétition trois
louis ; & MM. les Horlogers ſes Con-
frères peuvent compoſer avec l'Auteur ,
parce qu'ils pourront ſe réſerver cer-
tains Ouvrages pour eux-mêmes.
Royale des SCIENCES.
Du 22 Février 1764.
NOUS avons examiné par ordre
de l'Académie, un Mémoire de M.
Biesta , Mª Horloger à Paris , fur une
nouvelle conſtruction de Montres, dans
leſquelles tout ce qui appartient à l'é-
chappement peut s'enlever ſans démon-
ter le reſte de la montre. Il eſt exacte-
ment vrai , & M. Biesta le dit dans ſon
Mémoire ,que la plus grande partie des
dérangemens & des accidens qui arri-
ventà une montre , viennent de l'altéra-
tion de l'échappement , & que très-fou-
vent on n'auroit nul beſoin de démon-
ter le reſte de la montre pour y remé-
dier , s'il étoit poffible d'y toucher fans
cela ; c'eſt cet avantage que M. Biefta
avoulu procurer aux montres. Par la
conſtruction qu'il propoſe : la potence,
la cantre-potence , le cocq , la couliffe ,
la roſette , le balancier , le piton , & le
reffort ſpiral y font portés par une pla-
que d'acier , tenant par trois vis à la
platine du nom qui eſt percée en cet
Fij
124 MERCURE DE FRANCE.
endroit pour donner paſſage à la roue de
rencontre , la potence &la contre-po-
tence. Cette conſtruction peut être ap-
pliquée à toutes les montres déjà faites,
& il eſt aisé de ſentir combien elle
peut être avantageuſe , ſur-tout pour
les Piéces compoſées , comme pour les
montres à ſonnerie , ou à répétition ,
qu'on ne ſera plus obligé de démonter
en entier pour le moindre dérangement
arrivé à l'échappement; ce qui peut
être d'autant plus utile, qu'on eft quel-
quefois obligé en voyage de ſe ſervir
d'Ouvriers médiocres qui pourroient
aifément gâter des parties auſſi délica-
tes , & qui leur font trop ſouvent in-
connues ; au lieu que les effets de l'é-
chappement font généralement connus
de tous ceux qui ont pratiqué l'Horlo-
gerie. Ces avantages font que nous ne
pouvons qu'applaudir à la conſtruction
deM. Biefta , qui nous a paru ingénieu-
fe , & mériter l'approbation de l'Aca-
démie. Signé, CAMUS & DE FOUCHY.
L'Auteur de cette invention eſt le
même qui a trouvé la manière d'ap-
pliquer aifément aux Pendules à ſecon-
des le temps vrai , également approuvé
par l'Académie Royale des Sciences. Il
demeure préfentement Cloître S. Ger-
AVRIL. 1764.
main - l'Auxerrois
Paris.
125
, en entrant par le
Louvre à gauche , au Temps vrai , à
Le prix pour appliquer ſon équation
aux Pendules à ſecondes , eft de huit
louis ; & l'application dela conftruction
mentionnée au certificat ci-joint ne
renchérit pas chez l'Auteur les montres
neuves ; mais pour donner les mêmes
avantages à celles qui ſont déjà faites ,
il prend pour une montre fimple deux
louis , & pour une à répétition trois
louis ; & MM. les Horlogers ſes Con-
frères peuvent compoſer avec l'Auteur ,
parce qu'ils pourront ſe réſerver cer-
tains Ouvrages pour eux-mêmes.
Fermer
12711
p. 125-127
PRIX proposé par la Société Royale d'Agriculture de Paris, pour l'année 1764.
Début :
PLUSIEURS Citoyens zélés pour les progrès de l'Agriculture, ayant déposé [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PRIX proposé par la Société Royale d'Agriculture de Paris, pour l'année 1764.
PRIX proposé par la Société Royale
d'Agriculture de Paris, pour l'année
1764.
PLUSIEURS Citoyens zélés pour les
progrès de l'Agriculture, ayant déposé
au Bureau de la Gazette du Commerce ,
différentes fommes , fur leſquelles feroit
prélevée celle de Six cens livres , pour
être employée aux Prix dont la Société
royale d'Agriculture choiſiroit le Sujet,
Fiij
4 126 MERCURE DE FRANCE.
elle n'a pas cru pouvoir en préſenter un
plus important à traiter, que lesMaladies
des Beſtiaux ; en conféquence , elle a
arrêté qu'elle adjugeroit un Prix de Six
cens livres , au Mémoire qui donneroit
ladescription , les causes , les effets & la
curation des Maladies épidémiques &
contagieuses des Beftiaux , les moyens
de les prévenir & d'enempêcher lespro-
grès.
Il ſera proclamé , dans une Aſſemblée
de la Société , au mois d'Avril 1765.
Les Pièces qui feront envoyées pour
concourir , doivent être remiſes avant le
1.er Janvier 1765 , à M. de Palerne ,
Secrétaire perpétuel de la Société , autre-
ment elles feront rejettées.
Les Auteurs ne mettront point leurs
noms ſur leurs ouvrages , mais dans un
paquet cacheté , portant un numéro
pareil à celui de la Pièce , avec une mê-
me deviſe ſur l'un & fur l'autre ; ces
paquets ne feront ouverts qu'après le ju-
gement du Prix.
Toutes perſonnes feront admiſes à
concourir , à l'exception des Membres
& Aſſociés qui compoſent la Société
Royale d'AgriculturedeParis: les Pièces
feront adreſſées à M. de Sauvigny ,
Conſeiller d'Etat, Intendantde la Gé
AVRIL. 1764.
127
néralité de Paris , qui fera paffer aux
Auteurs les récépiſſés du Secrétaire de
la Société; le Secrétaire délivera le prix
à celui qui lui repréſentera lerécépiffé
dela Pièce couronnée ; il n'y aura point
d'autre formalité.
d'Agriculture de Paris, pour l'année
1764.
PLUSIEURS Citoyens zélés pour les
progrès de l'Agriculture, ayant déposé
au Bureau de la Gazette du Commerce ,
différentes fommes , fur leſquelles feroit
prélevée celle de Six cens livres , pour
être employée aux Prix dont la Société
royale d'Agriculture choiſiroit le Sujet,
Fiij
4 126 MERCURE DE FRANCE.
elle n'a pas cru pouvoir en préſenter un
plus important à traiter, que lesMaladies
des Beſtiaux ; en conféquence , elle a
arrêté qu'elle adjugeroit un Prix de Six
cens livres , au Mémoire qui donneroit
ladescription , les causes , les effets & la
curation des Maladies épidémiques &
contagieuses des Beftiaux , les moyens
de les prévenir & d'enempêcher lespro-
grès.
Il ſera proclamé , dans une Aſſemblée
de la Société , au mois d'Avril 1765.
Les Pièces qui feront envoyées pour
concourir , doivent être remiſes avant le
1.er Janvier 1765 , à M. de Palerne ,
Secrétaire perpétuel de la Société , autre-
ment elles feront rejettées.
Les Auteurs ne mettront point leurs
noms ſur leurs ouvrages , mais dans un
paquet cacheté , portant un numéro
pareil à celui de la Pièce , avec une mê-
me deviſe ſur l'un & fur l'autre ; ces
paquets ne feront ouverts qu'après le ju-
gement du Prix.
Toutes perſonnes feront admiſes à
concourir , à l'exception des Membres
& Aſſociés qui compoſent la Société
Royale d'AgriculturedeParis: les Pièces
feront adreſſées à M. de Sauvigny ,
Conſeiller d'Etat, Intendantde la Gé
AVRIL. 1764.
127
néralité de Paris , qui fera paffer aux
Auteurs les récépiſſés du Secrétaire de
la Société; le Secrétaire délivera le prix
à celui qui lui repréſentera lerécépiffé
dela Pièce couronnée ; il n'y aura point
d'autre formalité.
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12712
p. 127-129
PRIX proposé par la Société Royale d'Agriculture de Paris, pour l'année 1765.
Début :
LA SOCIÉTÉ desirant exciter de plus en plus l'industrie & l'émulation des [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PRIX proposé par la Société Royale d'Agriculture de Paris, pour l'année 1765.
PRIX proposé par la Société Royale
d'Agriculture de Paris, pour l'année
1765.
LA SOCIÉTÉ desirant exciter de plus
en plus l'industrie & l'émulation des
Cultivateurs , a réfolu & arrêté , dans
fon Affemblée du 8Décembre 1763 ,
qu'il fera fait un fonds chaque année,
par les Affociés , pour donner deux ou
plufieurs Prix , à ceux des Cultivateurs
&autres Particuliers appliqués aux foins
de la campagne , qui auront le mieux
réuffi dans les recherches qu'elle doit
leurpropoſer.
:
Le principal objetde ces recherches ,
fera d'éclairer fucceſſivement par des
expériences faites avec ſoin , les dif-
férentes pratiques de l'Agriculture & de
l'économie ruſtique.
Fiv
128 MERCURE DE FRANCE.
Un des Sujets qu'elle a choiſi pour
le Prix de 1765 , eſt , Le meilleur tra-
vailfur la qualité & fur l'emploi des
engraisqui conviennent aux terres , prin-
cipalement aux terres à blés , relative-
ment à leurqualité.
Des expériences bien faites,foit pour
employer de nouveaux engrais juſqu'à
préſent peu connus ou négligés , ſoit
pour fuppléer au fumier des animaux ,
lorſqu'on en a peu , ſoit pour perfec-
tionner la qualité des fumiers & autres
engrais , auront droit au Prix.
Ce Prix eſt de la ſomme de huit cens
livres ; il ſera proclamé , dans une Af-
ſemblée publique de la Société
, au
mois d'Avril 1766. Les Piéces qui ſe-
ront envoyées pourconcourir,doivent
être remiſes avant le 1st Janvier 1766 ,
à M. de Palerne , Secrétaire perpétuel
de la Société
rejettées.
2
autrement elles feront
Les Auteurs ne mettront point leurs
noms ſur leurs ouvrages , mais dans un
paquet cacheté, portant un numéro pa-
reil à celui de la Piéce , avec une même
deviſe ſur l'un & fur l'autre ; ces pa-
quets ne feront ouverts qu'après le ju-
mentdu Prix. Les Auteurspeuvent y in-
férer les certificats qu'ils auront prisdes
AVRIL. 1764.
129
perſonnes connues & dignes de foi qui
auront ſuivi ou vérifié leurs expérien-
ces , à l'effet d'en conſtater les réſultats.
La Piéce qui renfermera le plus de
faits , d'obſervations & d'expériences
utiles ſur l'art de fertiliſer la terre par
les engrais , ſera couronnée.
Toutes perſonnes feront admifes à
concourir , à l'exception des Membres
& Aſſociés qui compoſent la Société
Royale d'Agriculture de Paris : les Pié-
ces ferontadreſſées à M. de Sauvigny ,
Conſeiller d'Etat , Intendant de la Gé-
néralité de Paris , qui fera paffer aux
Auteurs les récépiſſés du Secrétaire de
la Société ; le Secrétaire délivrera le
Prix à celui qui lui repréſentera le ré-
cépiffé de la Piéce couronnée , il n'y
aura point d'autre formalité.
d'Agriculture de Paris, pour l'année
1765.
LA SOCIÉTÉ desirant exciter de plus
en plus l'industrie & l'émulation des
Cultivateurs , a réfolu & arrêté , dans
fon Affemblée du 8Décembre 1763 ,
qu'il fera fait un fonds chaque année,
par les Affociés , pour donner deux ou
plufieurs Prix , à ceux des Cultivateurs
&autres Particuliers appliqués aux foins
de la campagne , qui auront le mieux
réuffi dans les recherches qu'elle doit
leurpropoſer.
:
Le principal objetde ces recherches ,
fera d'éclairer fucceſſivement par des
expériences faites avec ſoin , les dif-
férentes pratiques de l'Agriculture & de
l'économie ruſtique.
Fiv
128 MERCURE DE FRANCE.
Un des Sujets qu'elle a choiſi pour
le Prix de 1765 , eſt , Le meilleur tra-
vailfur la qualité & fur l'emploi des
engraisqui conviennent aux terres , prin-
cipalement aux terres à blés , relative-
ment à leurqualité.
Des expériences bien faites,foit pour
employer de nouveaux engrais juſqu'à
préſent peu connus ou négligés , ſoit
pour fuppléer au fumier des animaux ,
lorſqu'on en a peu , ſoit pour perfec-
tionner la qualité des fumiers & autres
engrais , auront droit au Prix.
Ce Prix eſt de la ſomme de huit cens
livres ; il ſera proclamé , dans une Af-
ſemblée publique de la Société
, au
mois d'Avril 1766. Les Piéces qui ſe-
ront envoyées pourconcourir,doivent
être remiſes avant le 1st Janvier 1766 ,
à M. de Palerne , Secrétaire perpétuel
de la Société
rejettées.
2
autrement elles feront
Les Auteurs ne mettront point leurs
noms ſur leurs ouvrages , mais dans un
paquet cacheté, portant un numéro pa-
reil à celui de la Piéce , avec une même
deviſe ſur l'un & fur l'autre ; ces pa-
quets ne feront ouverts qu'après le ju-
mentdu Prix. Les Auteurspeuvent y in-
férer les certificats qu'ils auront prisdes
AVRIL. 1764.
129
perſonnes connues & dignes de foi qui
auront ſuivi ou vérifié leurs expérien-
ces , à l'effet d'en conſtater les réſultats.
La Piéce qui renfermera le plus de
faits , d'obſervations & d'expériences
utiles ſur l'art de fertiliſer la terre par
les engrais , ſera couronnée.
Toutes perſonnes feront admifes à
concourir , à l'exception des Membres
& Aſſociés qui compoſent la Société
Royale d'Agriculture de Paris : les Pié-
ces ferontadreſſées à M. de Sauvigny ,
Conſeiller d'Etat , Intendant de la Gé-
néralité de Paris , qui fera paffer aux
Auteurs les récépiſſés du Secrétaire de
la Société ; le Secrétaire délivrera le
Prix à celui qui lui repréſentera le ré-
cépiffé de la Piéce couronnée , il n'y
aura point d'autre formalité.
Fermer
12713
p. 129-131
SUJET du Prix de l'Académie des Sciences, Arts & Belles-Lettres de DIJON, pour l'année 1765.
Début :
IL est d'usage en Bourgogne de semer suivant trois différentes méthodes : [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUJET du Prix de l'Académie des Sciences, Arts & Belles-Lettres de DIJON, pour l'année 1765.
SUJET du Prix de l'Académie des
Sciences, Arts & Belles-Lettres de
DIJON, pour l'année 1765.
IL est d'usage en Bourgogne de semer
suivant trois différentes méthodes :
1º. On ſeme dans les mêmes terres
la première année du Bled , la ſeconde
Fy
130 MERCURE DE FRANCE.
des Mars , & fucceffivement ainſi d'an-
née à autre.
2º. On y ſeme alternativement une
année de Bled, l'autre des Mars , & la
troifiéme on laiſſe la terre en jachère.
3º. On y ſeme une annéeduBled , la
ſeconde année , la terre reſte en ja-
chère ; & cette pratique s'obſerve conf-
tammentd'une année à l'autre.
D'après l'expofition de ces divers
façons d'enſemencer les terres en Bour-
gogne , l'Académie demande :
Quellesfont lesRaiſons physiques qui
doivent engager relativement aux diffé-
rens Terroirs , à préférer l'une de ces
trois méthodes ?
Les régles & les formalités qui s'ob-
ferventdanslesConcoursAcadémiques,
font aujourd'hui ſi généralement con-
nues , qu'il eſt inutile de les répéter
au ſujet de ce Programme. Il ſuffit
d'avertir ici , que les Mémoires qu'on
doit adreffer à M. Michault , Secrétaire
perpétuel de l'Académie, ruede Guiſe , à
Dijon , neferont reçus , francs de port ,
quejuſqu'au premier Avril 1765 inclufi-
vement: paffé lequel temps, ils ne pour-
ront, ſous quelque prétexte que ce ſoit,
avoir aucun droit au Concours ; ainſi
AVRIL. 1764
131
que ceux dont l'Auteur ſe ſera fait
connoître directement ou indirectement.
Sciences, Arts & Belles-Lettres de
DIJON, pour l'année 1765.
IL est d'usage en Bourgogne de semer
suivant trois différentes méthodes :
1º. On ſeme dans les mêmes terres
la première année du Bled , la ſeconde
Fy
130 MERCURE DE FRANCE.
des Mars , & fucceffivement ainſi d'an-
née à autre.
2º. On y ſeme alternativement une
année de Bled, l'autre des Mars , & la
troifiéme on laiſſe la terre en jachère.
3º. On y ſeme une annéeduBled , la
ſeconde année , la terre reſte en ja-
chère ; & cette pratique s'obſerve conf-
tammentd'une année à l'autre.
D'après l'expofition de ces divers
façons d'enſemencer les terres en Bour-
gogne , l'Académie demande :
Quellesfont lesRaiſons physiques qui
doivent engager relativement aux diffé-
rens Terroirs , à préférer l'une de ces
trois méthodes ?
Les régles & les formalités qui s'ob-
ferventdanslesConcoursAcadémiques,
font aujourd'hui ſi généralement con-
nues , qu'il eſt inutile de les répéter
au ſujet de ce Programme. Il ſuffit
d'avertir ici , que les Mémoires qu'on
doit adreffer à M. Michault , Secrétaire
perpétuel de l'Académie, ruede Guiſe , à
Dijon , neferont reçus , francs de port ,
quejuſqu'au premier Avril 1765 inclufi-
vement: paffé lequel temps, ils ne pour-
ront, ſous quelque prétexte que ce ſoit,
avoir aucun droit au Concours ; ainſi
AVRIL. 1764
131
que ceux dont l'Auteur ſe ſera fait
connoître directement ou indirectement.
Fermer
12714
p. 131-136
ÉCOLE ROYALE VÉTÉRINAIRE.
Début :
L'ÉMULATION & le zèle des Elèves de l'Ecole Royale Vétérinaire, loin de [...]
Mots clefs :
Élèves de l'École royale vétérinaire, Province, Animaux, Qualités, Brebis, Agneaux, Auvergne, Engraisser, Généralité
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ÉCOLE ROYALE VÉTÉRINAIRE.
ÉCOLE ROYALE VÉTÉRINAIRE.
L'ÉMULATION & le zèle des Elèves
de l'Ecole Royale Vétérinaire, loin de
ſe rallentir , ſemblent s'accroître & re-
doubler. La diſtribution du Prix concer-
nant le Bœuf, les Bêtes à laine & les
Chèvres , avoit été fixée au 15 Mars.
Malgré les travaux qu'entraînent l'étude
de l'Anatomie & les diſſections , ils ont
devancé le jour indiqué. Trente Elèves
ſe ſont montrés au Public le Samedi 3
de ce mois , & ce concours a été hono-
ré de la préſence de M. l'Intendant de
la Province , de pluſieurs Membres de
Ja Société d'Agriculture , & d'un nom-
bre confidérable de perſonnes de dif-
tinction .
Dans cette Séance,tenue ſelonl'uſage
ordinaire , les Contendans ont dévelop-
pédes principes & des faits très-intéreſ-
fans fur le choix des uns & des autres
animaux dont il s'agiſſoit , ſur la connoif-
fance de leur âge , ſur les ſoins qu'ils
exigent fur l'attention que demande la
Fvj
1
132 MERCURE DE FRANCE.
conſtruction des Etables & des Berge
ries,fur les alimens les plus convenables
dans les différentes ſaiſons , fur la ma-
nière d'apprivoifer les Bœufs & de les
foumettre au joug , ſur le temps & les
moyens de les engraiffer, fur la propa-
gation de cette eſpèce, fur les qualités
d'un bon Taureau , fur la beauté &
bontédes Vaches , tant communes que
Flandrines , fur le laitqu'elles donnent,
fur les eſpèces que nous pourrions tirer
avecle plus grandavantagedel'Etranger,
particulièrementdeJutland,ſurle régime
àfaire obferver auxVachespleines&prê-
tesà mettre bas , furle choix des Veaux
à élever par préférence , fur le temps de
les fevrer , fur la conformation desMou-
tons , fur leur toiſon , fur la tonte, fur
les différentes eſpèces connues en Fran-
ce& en Angleterre , ſur leurs produits
comparés , fur l'importance & fur la ma-
nière de faler ces animaux , fur les pâtu-
rages qui leur conviennent , fur ceux
qui leur font nuifibles , ſur l'heure & la
faifon de les conduire aux champs , fur
l'eau dont on doit les abreuver , fur les
moyens de les engraiffer, fur les avan-
tages des parcs pour amender les terres ,
fur les qualités d'un bon Bélier & d'une
Brebis mère , fur le temps de les accou
AVRIL. 1764.
133
pler , fur les foins à donner à la Brebis
qui doitagneler , & àl'Agneau qui vient
de naître , ſoit dans le cas où elle a mis
bas deux jumeaux , foir dans celui où
elle agnèle pour la première fois , foit
enfin eu égard aux Agneaux qui par-
viennent à une certaine force , fur
les Agneaux qui doivent être ſevrés ,
fur les Agneaux à livrer au Boucher ,
furles obfervations naturellesqui ſe pré-
ſentent à quiconque veut traiter & éle-
ver ces animaux , &c , fur le Bouc com-
paré au Béier , fur les diverſes races
dans l'eſpèce des Chèvres , fur les dif-
férences à remarquer entre elles & la
Brebis , fur leurs véritables pâturages ,
fur les qualités du Bouc & de là Chèvre
deſtinés à la propagation , fur le temps
de les accoupler , ſur les attentions à
donner à la Chèvre prête à chevroter ,
&aux Chevreaux més, en quelque nom-
bre que ce foit , &c. &c. &c.
A Tous ces points divers ont été ample-
ment difcutés par les Sieurs d'Auvergne
frères , Petite , Damne , Thomas , Beau-
mont fils , Greffet , Parnet, de la Provin-
ce de Franche-Comté ; Aima , Leger
Latour, de la Généralité de Bordeaux ,
Bigler, duCanton de Berne ; Boudier
1
134 MERCURE DE FRANCE.
Treitch & Teillard, de la Généralité
d'Auvergne ; Barjollin & Dupin , de la
Généralité de Limoges ; Kamerlet , de la
Ville de Nancy ; Beauvais & Didné ,
de la Généralité d'Amiens ; Chanu , de
la Province de Bourgogne ; Brachet , de
celle de Bugey ; Gay & Bethoux , de la
Province de Dauphiné ; D'anguien
Defavenieres , Deſchaux , Faure l'aîné ,
Thevenet & Mathias , de la Généralité
de Lyon.
L'embarras dans lequel MM. de la
Société d'Agriculture ſe ſont trouvés ,
relativement au Jugement qu'ils ont été
obligés de porter fur celui ou fur ceux
des Elèves à qui le Prix devoit être dé-
cerné,a obligé d'en donner deux au lieu
d'un : le premier de 50 liv. & le ſecond
de 48 liv.
Lesvuesde cesJuges intégres & éclai-
rés ont été dirigées ſur dix-huit de ces
trente Contendans. Ils ont adjugé le
premier prix aux Sieurs Petite, Parnet ,
Barjollin , Dupin , Damne , Bigler ,
Beauvais , D'anguien & Thevenet : ce-
lui-ci eſt âgé de douze ans. Ces Elèves
ayant tiré au fort , le Sieur Dupin en a
été favorifé ; mais ſes Concurrens, ne
trouvent pas moins dans la gloire qu'ils
ſe ſontacquiſe , larécompenſe qui flatte
AVRIL.
1764.
135
leplusdes hommes deſtinés à ſervir uti-
lement leur Patrie .
Le ſecond prix a été adjugé aux Sieurs
Gay , Bethoux , Treitch, Leger , Def-
chaux , âgé de treize ans , Chanu , Tho-
mas , Faure l'aîné & Defavenieres. Le
fort a décidé en faveur du Sr Deſchaux ,
fans rien diminuer de l'honneur attaché
auxfuffrages que les autres ontjuſtement
obtenus.
Le Sr Brachet , conſtamment attaché
à ſes devoirs , a mérité des éloges , & il
eût été couronné comme les autres con-
currens , s'il n'eût été employé au trai-
tement de pluſieurs maladies qui l'ont
appellé pendant quelque temps hors de
l'Ecole.
Le Sr Bredin , qui a porté pendant
près de ſept mois les ſecours les plus
efficaces dans pluſieurs Provinces dont
les Beſtiaux étoient frappés d'un fléau
cruel , n'a pu concourir dans cette cir-
conſtance ,parce qu'il s'eſt occupé à ré
parer , à certains égards non moins ef-
ſentiels , le temps qu'il avoit employé
ailleurs.
T
Il en eſt de même du Sr Bloufard, en
qui l'expreffion n'est point auffi facile
que l'intelligence.
Les Srs Latour , Greffet , les Frères
d'Auvergne , Beaumont fils , Didne
1
136 MERCURE DE FRANCE.
Aima , Kamerlet & Boudier ont ſatis-
fait le Public , & n'ont pu être regardés
comme des Sujets médiocres.
C'eſt avec beaucoup de fatisfaction
que nous inférons de pareils Articles
dans notre Journal. Les ſuccès de ces
Elèves continuentàfaire un honneur in-
fini à M. Bourgelat , Correfpondant de
l'Académie des Sciences de Paris , qui a
la Direction de l'Ecole Royale Vétéri
naire , & au Miniſtre ( M. Bertin ) à qui
la France & l'Europe même ſont rede-
vables d'un Etabliſſement fi utile. Nous
diſons l'Europe même; car un grand
nombre d'Etats & de Souverains , prin-
cipalement du Nord, ( parmi lesquels
oncompte le Roi de Prufſe) ont déja
envoyé à M. Bourgelat pluſieurs Elèves
pour ſe former dans cette Ecole ; & ces
Elèves s'y diftinguent par leurapplica
cation & leurs fuccès.
L'ÉMULATION & le zèle des Elèves
de l'Ecole Royale Vétérinaire, loin de
ſe rallentir , ſemblent s'accroître & re-
doubler. La diſtribution du Prix concer-
nant le Bœuf, les Bêtes à laine & les
Chèvres , avoit été fixée au 15 Mars.
Malgré les travaux qu'entraînent l'étude
de l'Anatomie & les diſſections , ils ont
devancé le jour indiqué. Trente Elèves
ſe ſont montrés au Public le Samedi 3
de ce mois , & ce concours a été hono-
ré de la préſence de M. l'Intendant de
la Province , de pluſieurs Membres de
Ja Société d'Agriculture , & d'un nom-
bre confidérable de perſonnes de dif-
tinction .
Dans cette Séance,tenue ſelonl'uſage
ordinaire , les Contendans ont dévelop-
pédes principes & des faits très-intéreſ-
fans fur le choix des uns & des autres
animaux dont il s'agiſſoit , ſur la connoif-
fance de leur âge , ſur les ſoins qu'ils
exigent fur l'attention que demande la
Fvj
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132 MERCURE DE FRANCE.
conſtruction des Etables & des Berge
ries,fur les alimens les plus convenables
dans les différentes ſaiſons , fur la ma-
nière d'apprivoifer les Bœufs & de les
foumettre au joug , ſur le temps & les
moyens de les engraiffer, fur la propa-
gation de cette eſpèce, fur les qualités
d'un bon Taureau , fur la beauté &
bontédes Vaches , tant communes que
Flandrines , fur le laitqu'elles donnent,
fur les eſpèces que nous pourrions tirer
avecle plus grandavantagedel'Etranger,
particulièrementdeJutland,ſurle régime
àfaire obferver auxVachespleines&prê-
tesà mettre bas , furle choix des Veaux
à élever par préférence , fur le temps de
les fevrer , fur la conformation desMou-
tons , fur leur toiſon , fur la tonte, fur
les différentes eſpèces connues en Fran-
ce& en Angleterre , ſur leurs produits
comparés , fur l'importance & fur la ma-
nière de faler ces animaux , fur les pâtu-
rages qui leur conviennent , fur ceux
qui leur font nuifibles , ſur l'heure & la
faifon de les conduire aux champs , fur
l'eau dont on doit les abreuver , fur les
moyens de les engraiffer, fur les avan-
tages des parcs pour amender les terres ,
fur les qualités d'un bon Bélier & d'une
Brebis mère , fur le temps de les accou
AVRIL. 1764.
133
pler , fur les foins à donner à la Brebis
qui doitagneler , & àl'Agneau qui vient
de naître , ſoit dans le cas où elle a mis
bas deux jumeaux , foir dans celui où
elle agnèle pour la première fois , foit
enfin eu égard aux Agneaux qui par-
viennent à une certaine force , fur
les Agneaux qui doivent être ſevrés ,
fur les Agneaux à livrer au Boucher ,
furles obfervations naturellesqui ſe pré-
ſentent à quiconque veut traiter & éle-
ver ces animaux , &c , fur le Bouc com-
paré au Béier , fur les diverſes races
dans l'eſpèce des Chèvres , fur les dif-
férences à remarquer entre elles & la
Brebis , fur leurs véritables pâturages ,
fur les qualités du Bouc & de là Chèvre
deſtinés à la propagation , fur le temps
de les accoupler , ſur les attentions à
donner à la Chèvre prête à chevroter ,
&aux Chevreaux més, en quelque nom-
bre que ce foit , &c. &c. &c.
A Tous ces points divers ont été ample-
ment difcutés par les Sieurs d'Auvergne
frères , Petite , Damne , Thomas , Beau-
mont fils , Greffet , Parnet, de la Provin-
ce de Franche-Comté ; Aima , Leger
Latour, de la Généralité de Bordeaux ,
Bigler, duCanton de Berne ; Boudier
1
134 MERCURE DE FRANCE.
Treitch & Teillard, de la Généralité
d'Auvergne ; Barjollin & Dupin , de la
Généralité de Limoges ; Kamerlet , de la
Ville de Nancy ; Beauvais & Didné ,
de la Généralité d'Amiens ; Chanu , de
la Province de Bourgogne ; Brachet , de
celle de Bugey ; Gay & Bethoux , de la
Province de Dauphiné ; D'anguien
Defavenieres , Deſchaux , Faure l'aîné ,
Thevenet & Mathias , de la Généralité
de Lyon.
L'embarras dans lequel MM. de la
Société d'Agriculture ſe ſont trouvés ,
relativement au Jugement qu'ils ont été
obligés de porter fur celui ou fur ceux
des Elèves à qui le Prix devoit être dé-
cerné,a obligé d'en donner deux au lieu
d'un : le premier de 50 liv. & le ſecond
de 48 liv.
Lesvuesde cesJuges intégres & éclai-
rés ont été dirigées ſur dix-huit de ces
trente Contendans. Ils ont adjugé le
premier prix aux Sieurs Petite, Parnet ,
Barjollin , Dupin , Damne , Bigler ,
Beauvais , D'anguien & Thevenet : ce-
lui-ci eſt âgé de douze ans. Ces Elèves
ayant tiré au fort , le Sieur Dupin en a
été favorifé ; mais ſes Concurrens, ne
trouvent pas moins dans la gloire qu'ils
ſe ſontacquiſe , larécompenſe qui flatte
AVRIL.
1764.
135
leplusdes hommes deſtinés à ſervir uti-
lement leur Patrie .
Le ſecond prix a été adjugé aux Sieurs
Gay , Bethoux , Treitch, Leger , Def-
chaux , âgé de treize ans , Chanu , Tho-
mas , Faure l'aîné & Defavenieres. Le
fort a décidé en faveur du Sr Deſchaux ,
fans rien diminuer de l'honneur attaché
auxfuffrages que les autres ontjuſtement
obtenus.
Le Sr Brachet , conſtamment attaché
à ſes devoirs , a mérité des éloges , & il
eût été couronné comme les autres con-
currens , s'il n'eût été employé au trai-
tement de pluſieurs maladies qui l'ont
appellé pendant quelque temps hors de
l'Ecole.
Le Sr Bredin , qui a porté pendant
près de ſept mois les ſecours les plus
efficaces dans pluſieurs Provinces dont
les Beſtiaux étoient frappés d'un fléau
cruel , n'a pu concourir dans cette cir-
conſtance ,parce qu'il s'eſt occupé à ré
parer , à certains égards non moins ef-
ſentiels , le temps qu'il avoit employé
ailleurs.
T
Il en eſt de même du Sr Bloufard, en
qui l'expreffion n'est point auffi facile
que l'intelligence.
Les Srs Latour , Greffet , les Frères
d'Auvergne , Beaumont fils , Didne
1
136 MERCURE DE FRANCE.
Aima , Kamerlet & Boudier ont ſatis-
fait le Public , & n'ont pu être regardés
comme des Sujets médiocres.
C'eſt avec beaucoup de fatisfaction
que nous inférons de pareils Articles
dans notre Journal. Les ſuccès de ces
Elèves continuentàfaire un honneur in-
fini à M. Bourgelat , Correfpondant de
l'Académie des Sciences de Paris , qui a
la Direction de l'Ecole Royale Vétéri
naire , & au Miniſtre ( M. Bertin ) à qui
la France & l'Europe même ſont rede-
vables d'un Etabliſſement fi utile. Nous
diſons l'Europe même; car un grand
nombre d'Etats & de Souverains , prin-
cipalement du Nord, ( parmi lesquels
oncompte le Roi de Prufſe) ont déja
envoyé à M. Bourgelat pluſieurs Elèves
pour ſe former dans cette Ecole ; & ces
Elèves s'y diftinguent par leurapplica
cation & leurs fuccès.
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12715
p. 148-150
AVIS.
Début :
ON a répandu contre le sieur Desnos une calomnie que nous croyons fort [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVIS.
AVIS.
ON a répandu contre le sieur Desnos
une calomnie que nous croyons fort
propre à exciter le mépris des honnêter
gens ; & on s'eſt ſervi pour cet effet de
AVRIL. 1764.
149
: la voie de Gazetier d'Utrecht. Il s'agit
de l'Eclipſe du premier Avril , dont ce
Géographe a donné une Carte qui a
paru a-peu-près dans le même temps que
celle du ſieur Latré. On veut que le Sr
Defnos ait été Plagiaire & condamné
pour tel par Arrêt du Parlement. Nous
nous croyons obligés de déſabuſer le
Public de l'idée de Plagiaire dont on
veut ternir la réputation du. Sr Defnos
& du prétendu Arrêt qui n'a jamais
exiſté. Le talent a toujours des ennemis
fecrets , enmême temps qu'il ades ad-
mirateurs. Il n'eſt pas étonnant que le
fieur Defnos ait été en but aux traits
d'unejaloufie ſecrette , & nous penſons
que le Gazetier d'Utrecht n'apprendra
qu'avec indignation , que l'on s'eſt ſervi
de ſa plume pour calomnier aux yeux
du Public un Citoyen qui enrichit cha-
que jour la Géographie des plus belles
productions du burin.
F Le fieur Defnos continue toujours à
débiter cette Carte de l'Eclipſe qui nous
a paru exécutée avec beaucoup de net-
teté & de juſteſſe ( Prix , 1 liv. 4 f. ) II
demeure rue S. Jacques , à l'Enſeigne
du Globe.
On trouve chez le ſieur Deſnos deux
nouveaux Globes terreſtres , célestes, &
Giij
150 MERCURE DE FRANCE.
des Sphères de toutes les grandeurs
proportionnés aux Cabinets & aux Bi-
bliothèques ; les Atlas hiſtoriques &
géographiques , tant anciens que mo-
dernes. L'Atlas particulier de la France
ancienne & moderne , repréſentée dans
tous ſes différens âges par autant de Car-
tes particulières depuis ſon origine juf
qu'à nos jours , & adaptées aux Ouvra-
ges de Mézerai, du P. Daniel, de M.
Je Préſident Hénault , & particuliére-
ment pour accompagner l'Hiſtoire de
France de MM. Vély & Vilaret
و &
P'Atlas chrorographique de laGénéralité
de Paris ,vol. in-4º. même grandeur.On
trouve auſſi généralement chez lui tout
les inftrumens qui concernentles Scien-
ces.
ON a répandu contre le sieur Desnos
une calomnie que nous croyons fort
propre à exciter le mépris des honnêter
gens ; & on s'eſt ſervi pour cet effet de
AVRIL. 1764.
149
: la voie de Gazetier d'Utrecht. Il s'agit
de l'Eclipſe du premier Avril , dont ce
Géographe a donné une Carte qui a
paru a-peu-près dans le même temps que
celle du ſieur Latré. On veut que le Sr
Defnos ait été Plagiaire & condamné
pour tel par Arrêt du Parlement. Nous
nous croyons obligés de déſabuſer le
Public de l'idée de Plagiaire dont on
veut ternir la réputation du. Sr Defnos
& du prétendu Arrêt qui n'a jamais
exiſté. Le talent a toujours des ennemis
fecrets , enmême temps qu'il ades ad-
mirateurs. Il n'eſt pas étonnant que le
fieur Defnos ait été en but aux traits
d'unejaloufie ſecrette , & nous penſons
que le Gazetier d'Utrecht n'apprendra
qu'avec indignation , que l'on s'eſt ſervi
de ſa plume pour calomnier aux yeux
du Public un Citoyen qui enrichit cha-
que jour la Géographie des plus belles
productions du burin.
F Le fieur Defnos continue toujours à
débiter cette Carte de l'Eclipſe qui nous
a paru exécutée avec beaucoup de net-
teté & de juſteſſe ( Prix , 1 liv. 4 f. ) II
demeure rue S. Jacques , à l'Enſeigne
du Globe.
On trouve chez le ſieur Deſnos deux
nouveaux Globes terreſtres , célestes, &
Giij
150 MERCURE DE FRANCE.
des Sphères de toutes les grandeurs
proportionnés aux Cabinets & aux Bi-
bliothèques ; les Atlas hiſtoriques &
géographiques , tant anciens que mo-
dernes. L'Atlas particulier de la France
ancienne & moderne , repréſentée dans
tous ſes différens âges par autant de Car-
tes particulières depuis ſon origine juf
qu'à nos jours , & adaptées aux Ouvra-
ges de Mézerai, du P. Daniel, de M.
Je Préſident Hénault , & particuliére-
ment pour accompagner l'Hiſtoire de
France de MM. Vély & Vilaret
و &
P'Atlas chrorographique de laGénéralité
de Paris ,vol. in-4º. même grandeur.On
trouve auſſi généralement chez lui tout
les inftrumens qui concernentles Scien-
ces.
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12716
p. 151-153
CHIRURGIE.
Début :
M. MAGET, Ancien Chirurgien Major dans la Marine, à découvert un [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CHIRURGIE.
CHIRURGIE.
M. MAGET, Ancien Chirurgien
Major dans la Marine, à découvert un
reméde qui , par l'application exté-
rieure , opére la guériſon des hernies ,
ou defcentes. Les 'expériences qu'il en
a faites pendant pluſieurs années , en
Province , lui ont toujours réuffi , ce
qui eft conftaté par les témoignages
des Chirurgiens , & des Magiftrats. II
adepuis fait , en cetteVille ,des épreu-
ves de ſon reméde ,tant ſous les yeux
de M. Petit , & d'autres Médecins à qui
M. Senac , premier Médecin du Roi ,
l'avoit adreſſé pour cet effet , que ſous
ceux de MM. Martin , & Neilson , le
premier Maître en Chirurgie à Paris
Giv
,
& le ſecond Chirurgien herniaire , auſſi
àParis ,& il a obtenules mêmes ſuccès ,
152 MERCURE DE FRANCE.
Enfin s'étant fait autoriſer à entrepren-
dre de pareilles cures , dans quelques
Hôpitaux de Paris , & notamment à
l'Hôpital Général , il a été reconnu que
le fieur Maget , par fon reméde & fa
méthode , avoit opéré des cures radica-
les ; il en a même étédreſſé des Procès-
Verbaux , fignés des Médecins , Chirur-
giens & adminiftrateurs. C'eſt après
toutes ces expériences & l'éxamen de
fon reméde , fait par la commiffion
Royale de Médecine , que M. Maget
a obtenu la permiffion d'adminiſtrer fon
reméde à Paris , & dans toute l'éten
due du Royaume , comme étant très-
efficace pour la guériſon des hernies
ou deſcentes , qu'il continue d'opérer
avecles ſuccès les plus conſtans. L'exer-
pledeM.Menjaud, Contrôleurdelabou-
chedeMadame la Dauphine à Verfail-
les en eſt unepreuve : il l'a guéri d'une
hernie complette à l'âge de ſoixante-
deux ans ; il eſt aujourd'hui ſans banda-
ge , & dans la plus grande fécurité.
L'Auteur a pourtémoins de cette gran-
de cure ,M. Martin , Maître en Chirur-
gie & M. Loustoneau , Chirurgien des
Enfans de France à Versailles. Ceux
qui écrirontfont priés d'affranchir leurs
lettres. M. Maget demeure chez M.
AVRIL. 1764.
après avoir vu ,
153
Lauzeret , Maître de Penſion , rued'Or-
léans , au coin de la rue du Gril, près du
Jardin du Roi à Paris.
M. MAGET, Ancien Chirurgien
Major dans la Marine, à découvert un
reméde qui , par l'application exté-
rieure , opére la guériſon des hernies ,
ou defcentes. Les 'expériences qu'il en
a faites pendant pluſieurs années , en
Province , lui ont toujours réuffi , ce
qui eft conftaté par les témoignages
des Chirurgiens , & des Magiftrats. II
adepuis fait , en cetteVille ,des épreu-
ves de ſon reméde ,tant ſous les yeux
de M. Petit , & d'autres Médecins à qui
M. Senac , premier Médecin du Roi ,
l'avoit adreſſé pour cet effet , que ſous
ceux de MM. Martin , & Neilson , le
premier Maître en Chirurgie à Paris
Giv
,
& le ſecond Chirurgien herniaire , auſſi
àParis ,& il a obtenules mêmes ſuccès ,
152 MERCURE DE FRANCE.
Enfin s'étant fait autoriſer à entrepren-
dre de pareilles cures , dans quelques
Hôpitaux de Paris , & notamment à
l'Hôpital Général , il a été reconnu que
le fieur Maget , par fon reméde & fa
méthode , avoit opéré des cures radica-
les ; il en a même étédreſſé des Procès-
Verbaux , fignés des Médecins , Chirur-
giens & adminiftrateurs. C'eſt après
toutes ces expériences & l'éxamen de
fon reméde , fait par la commiffion
Royale de Médecine , que M. Maget
a obtenu la permiffion d'adminiſtrer fon
reméde à Paris , & dans toute l'éten
due du Royaume , comme étant très-
efficace pour la guériſon des hernies
ou deſcentes , qu'il continue d'opérer
avecles ſuccès les plus conſtans. L'exer-
pledeM.Menjaud, Contrôleurdelabou-
chedeMadame la Dauphine à Verfail-
les en eſt unepreuve : il l'a guéri d'une
hernie complette à l'âge de ſoixante-
deux ans ; il eſt aujourd'hui ſans banda-
ge , & dans la plus grande fécurité.
L'Auteur a pourtémoins de cette gran-
de cure ,M. Martin , Maître en Chirur-
gie & M. Loustoneau , Chirurgien des
Enfans de France à Versailles. Ceux
qui écrirontfont priés d'affranchir leurs
lettres. M. Maget demeure chez M.
AVRIL. 1764.
après avoir vu ,
153
Lauzeret , Maître de Penſion , rued'Or-
léans , au coin de la rue du Gril, près du
Jardin du Roi à Paris.
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12717
p. 153-154
« LE SIEUR ANCÉAUME a découvert dans ses travaux, un Spécifique pour la [...] »
Début :
LE SIEUR ANCÉAUME a découvert dans ses travaux, un Spécifique pour la [...]
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texteReconnaissance textuelle : « LE SIEUR ANCÉAUME a découvert dans ses travaux, un Spécifique pour la [...] »
LE SIEUR ANCÉAUME a découvert
dans ses travaux, un Spécifique pour la
guériſon de la Teigne : il en a fait les
plus heureuſes expériences. Les avanta-
ges qu'on doit retirer d'un Remède auſſi
utile , conſiſte 1º. dans la guériſon ſure
& radicale de cette maladie , quelque
invétérée qu'elle puiſſe être ; 2º. àopérer
extérieurement, ſans aucun régime ,
fans douleur , & fans laiſſer à la partie
affectée aucune marque.
C'eſt ſur de pareils motifs queles plus
célébres Médecins de Paris , & nommé-
ment MM. Petit pere & fils , Thieullier ,
ancien Doyen de la Faculté, Morand',
Chirurgien des Invalides,Barbeaux, Du-
bourg & Marteaux , réſidens à l'Ecole de
Médecine , & autres , ſe ſont portés ,
ſuivi & examiné les
cures ſurprenantes opérées par ce Re-
mède , à en rendre les témoignages les
plus flatteurs , à la vuedeſquels , & après
un examen particulier de M. de Senac,
Premier Médecin du Roi , voulut , pour
que le Public profirât d'une découverte
fi importante , l'autoriſer par un Privi
Gv
154 MERCURE DE FRANCE.
lége qui pût le faire connoître.
Depuis ce Privilége , les ſuccès du S'
ANCÉAUME n'ont pas été moins heu-
reux. Dans les Aſſemblées particulières
de la Faculté ; on jugea même que ce
remède méritoit un Eloge public ; & en
effet , il fut fait mention dans les Jour-
naux deMédecine, des cures autant fur-
prenantes qu'il a opéré dans ce genre de
Maladie auquel il eſt deſtiné.
Le Sieur ANCÉAUME demeure rue
Grenier S. Lazare , au coin de celle de S.
Martin , à Paris. Et pour Pâques , il de-
meurera chez M. Mathieu l'aîné , Mar-
chand de Chevaux , rue & vis-à-vis la
Priſon S. Martin , au Renard. On le
trouve chez lui tous les jours.
dans ses travaux, un Spécifique pour la
guériſon de la Teigne : il en a fait les
plus heureuſes expériences. Les avanta-
ges qu'on doit retirer d'un Remède auſſi
utile , conſiſte 1º. dans la guériſon ſure
& radicale de cette maladie , quelque
invétérée qu'elle puiſſe être ; 2º. àopérer
extérieurement, ſans aucun régime ,
fans douleur , & fans laiſſer à la partie
affectée aucune marque.
C'eſt ſur de pareils motifs queles plus
célébres Médecins de Paris , & nommé-
ment MM. Petit pere & fils , Thieullier ,
ancien Doyen de la Faculté, Morand',
Chirurgien des Invalides,Barbeaux, Du-
bourg & Marteaux , réſidens à l'Ecole de
Médecine , & autres , ſe ſont portés ,
ſuivi & examiné les
cures ſurprenantes opérées par ce Re-
mède , à en rendre les témoignages les
plus flatteurs , à la vuedeſquels , & après
un examen particulier de M. de Senac,
Premier Médecin du Roi , voulut , pour
que le Public profirât d'une découverte
fi importante , l'autoriſer par un Privi
Gv
154 MERCURE DE FRANCE.
lége qui pût le faire connoître.
Depuis ce Privilége , les ſuccès du S'
ANCÉAUME n'ont pas été moins heu-
reux. Dans les Aſſemblées particulières
de la Faculté ; on jugea même que ce
remède méritoit un Eloge public ; & en
effet , il fut fait mention dans les Jour-
naux deMédecine, des cures autant fur-
prenantes qu'il a opéré dans ce genre de
Maladie auquel il eſt deſtiné.
Le Sieur ANCÉAUME demeure rue
Grenier S. Lazare , au coin de celle de S.
Martin , à Paris. Et pour Pâques , il de-
meurera chez M. Mathieu l'aîné , Mar-
chand de Chevaux , rue & vis-à-vis la
Priſon S. Martin , au Renard. On le
trouve chez lui tous les jours.
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12718
p. 154-156
HOPITAL DE M. LE MARECHAL DUC DE BIRON. Quarante & quarante-uniéme Traitement depuis son Etablissement.
Début :
Noms des Soldats. Compagnies. TOQUET Tourville. Joly, Dudreneuc. La Fleur, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : HOPITAL DE M. LE MARECHAL DUC DE BIRON. Quarante & quarante-uniéme Traitement depuis son Etablissement.
HOPITAL
DE M. LE MARECHAL DUC DE BIRON.
Quarante & quarante-uniéme Traitement
depuis son Etablissement.
Noms des Soldats.
Compagnies.
TOQUET Tourville.
Joly, Dudreneuc.
La Fleur,
AVRIL. 1764..
La Joye ,
Dubois,
D'ambonnet ,
D'agré ,
Patris ,
Rollin ,
Vavrey ,
Beaudevin ,
Thiebault ,
LeGras,
Congé ,
S. Flour ,
Neveu ,
Robert ,
S.Michel,
Julien ,
Cadet,
Appe ,
L'eſperance ,
Sans-Regret ,
Mantelle ,
Sarre-Louis ,
155
Dudrenenc
Villers.
Rafilly.
Mithon .
Viennay.
Viennay.
Coettrieu.
Dampierre.
Dampierre.
Demoges.
Villers.
Rafilly.
Dudreneuc.
Viennay.
Pronleroy.
Démoges.
Dampierre.
Colonelle.
Dudreneuc.
DeGraffe.
Viennay.
Gvj
Rafilly.
Rafilly.
Ces vingt-cinq Soldats ont été traités
Al'ordinaire & radicalement guéris des
156 MERCURE DE FRANCE.
maladies les plus graves & les plus
difficiles.
DE M. LE MARECHAL DUC DE BIRON.
Quarante & quarante-uniéme Traitement
depuis son Etablissement.
Noms des Soldats.
Compagnies.
TOQUET Tourville.
Joly, Dudreneuc.
La Fleur,
AVRIL. 1764..
La Joye ,
Dubois,
D'ambonnet ,
D'agré ,
Patris ,
Rollin ,
Vavrey ,
Beaudevin ,
Thiebault ,
LeGras,
Congé ,
S. Flour ,
Neveu ,
Robert ,
S.Michel,
Julien ,
Cadet,
Appe ,
L'eſperance ,
Sans-Regret ,
Mantelle ,
Sarre-Louis ,
155
Dudrenenc
Villers.
Rafilly.
Mithon .
Viennay.
Viennay.
Coettrieu.
Dampierre.
Dampierre.
Demoges.
Villers.
Rafilly.
Dudreneuc.
Viennay.
Pronleroy.
Démoges.
Dampierre.
Colonelle.
Dudreneuc.
DeGraffe.
Viennay.
Gvj
Rafilly.
Rafilly.
Ces vingt-cinq Soldats ont été traités
Al'ordinaire & radicalement guéris des
156 MERCURE DE FRANCE.
maladies les plus graves & les plus
difficiles.
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12719
p. 158-160
« M. Keyser, instruit que quelques personnes dans diverses Provinces, soit par [...] »
Début :
M. Keyser, instruit que quelques personnes dans diverses Provinces, soit par [...]
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texteReconnaissance textuelle : « M. Keyser, instruit que quelques personnes dans diverses Provinces, soit par [...] »
M. Keyser, instruit que quelques personnes
dans diverses Provinces, soit par
ignorance , foit par malice , cherchent
à difcréditer les dragées antivénérien-
nes par une mauvaiſe adminiſtration.
Les uns en donnant de ce reméde dès le
commencement des doſes trop fortes ,
afin d'en dégouter les malades , & de les
mettre dans le cas d'endiſcontinuerl'ufa-
ge, Les autres en donnant des doſes trop
ménagées tout le temps delacure , pour
qu'elles ne foientque palliatives,dans l'i-
dée que les malades enrejetterontlafaute
furl'inéfficacitédes dragées, M. Keyfer ,
AVRIL. 1764.
159
croit defon devoir , dans la vue de re-
médier à ces mauvaiſes intentions ,
d'avertir le Public qu'il n'eſt garant de
l'efficacité des dragées antivénériennes
& des guériſons radicales , qu'autant
qu'elles feront adminiſtrées fidélement
avec connoiſſance de cauſe ; & d'après
l'intention de ſa Méthode. Les per-
ſonnes qui feront dans le cas de ſe
plaindre du peu de ſuccès du reméde ,
ſont priées de confulter M. Keyfer lui-
même par une lettre affranchie en l'in-
formant de la façon dont ils auront été
traités , & de la quantité de dragées
qu'ils auront pris , ainſi que de l'effet
qu'ils en auront éprouvé ; en réponſe il
leur donnera des avis ſatisfaiſans.
Comme M. Keyser , eſt bien éloigné
de croire aucuns de ſes Correſpondans
capablesdepareilsprocédés,parce qu'illes
connoittrès-inſtruits , il inſiſte ſur la né-
ceffité de recommander aux perſonnes
qui enaurontbeſoin,des'adreſſer àeux de
préférence. Il ſçait de plus qu'il ſe trou-
ve à Bordeaux des perſonnes qui ne
ceſſent de déprimer les dragées antivé-
nériennes ,tandis qu'il eſt prouvé que
M. de la Plaine ſon Correſpondant y a
fait & continuede faire par leur moyen,
des cures ſurprenantes. C'eſt àlui que
;
160 MERCURE DE FRANCE .
les Malades doivent s'adreſſer ; & M.
Keyfer qui connoît & ſa probité & l'é-
tendue de ſes connoiffances dans l'ad-
miniſtration de ce reméde , garantit
qu'ils ne sçauroient mieux placer leur
confiance.
dans diverses Provinces, soit par
ignorance , foit par malice , cherchent
à difcréditer les dragées antivénérien-
nes par une mauvaiſe adminiſtration.
Les uns en donnant de ce reméde dès le
commencement des doſes trop fortes ,
afin d'en dégouter les malades , & de les
mettre dans le cas d'endiſcontinuerl'ufa-
ge, Les autres en donnant des doſes trop
ménagées tout le temps delacure , pour
qu'elles ne foientque palliatives,dans l'i-
dée que les malades enrejetterontlafaute
furl'inéfficacitédes dragées, M. Keyfer ,
AVRIL. 1764.
159
croit defon devoir , dans la vue de re-
médier à ces mauvaiſes intentions ,
d'avertir le Public qu'il n'eſt garant de
l'efficacité des dragées antivénériennes
& des guériſons radicales , qu'autant
qu'elles feront adminiſtrées fidélement
avec connoiſſance de cauſe ; & d'après
l'intention de ſa Méthode. Les per-
ſonnes qui feront dans le cas de ſe
plaindre du peu de ſuccès du reméde ,
ſont priées de confulter M. Keyfer lui-
même par une lettre affranchie en l'in-
formant de la façon dont ils auront été
traités , & de la quantité de dragées
qu'ils auront pris , ainſi que de l'effet
qu'ils en auront éprouvé ; en réponſe il
leur donnera des avis ſatisfaiſans.
Comme M. Keyser , eſt bien éloigné
de croire aucuns de ſes Correſpondans
capablesdepareilsprocédés,parce qu'illes
connoittrès-inſtruits , il inſiſte ſur la né-
ceffité de recommander aux perſonnes
qui enaurontbeſoin,des'adreſſer àeux de
préférence. Il ſçait de plus qu'il ſe trou-
ve à Bordeaux des perſonnes qui ne
ceſſent de déprimer les dragées antivé-
nériennes ,tandis qu'il eſt prouvé que
M. de la Plaine ſon Correſpondant y a
fait & continuede faire par leur moyen,
des cures ſurprenantes. C'eſt àlui que
;
160 MERCURE DE FRANCE .
les Malades doivent s'adreſſer ; & M.
Keyfer qui connoît & ſa probité & l'é-
tendue de ſes connoiffances dans l'ad-
miniſtration de ce reméde , garantit
qu'ils ne sçauroient mieux placer leur
confiance.
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12720
p. 160-165
LISTE de MM. les Médecins & Chirurgiens Correspondans de M. Keyser.
Début :
M. Imbert, Chancelier de la Faculté de Médecine. M. Fournier, [...]
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texteReconnaissance textuelle : LISTE de MM. les Médecins & Chirurgiens Correspondans de M. Keyser.
LISTE de MM. les Médecins & Chirurgiens
Correspondans de M. Keyser.
M. Imbert, Chancelier
de la Faculté de Médecine.
M. Fournier, Médecin
de l'Hôpital du Roi.
M. Batigne , Docteur à Montpellier.
en Médecine.
M. Goulard, Chirurgien
:
Major de l'Hôpital du
Roi.
M. Lecat , Secrétaire perpétuel de l'A-
cadémie des Sciences.
Les RR. PP. de la Charité.
l'Hôpital du Roi.
rité.
enChirurgie,
de
à Rouen.
M. Marmion, Médecin de à Grenoble.
Les RR. PP. de la Cha-
M. Defmoulins , MaîtreS àlaRochelle
AVRIL. 1764.
161
M. Razoux ,Docteur enMédecine.
àNifmes.
M. de Freffiniat , Docteur en Médecine.
à Limoges-
M. Reliquet , Docteur en Médecine.
àNantes.
M. Piers , Docteur en Médecine.
13
àTroyes.
M. Andirac , Docteur en Médecine.
à Cambrai,
M. Dourlen , Docteur en Médecine.
à S. Omer
M. Paris , Docteur en Médecine.
à Arles
M. Daffieu , Docteur enMédecine.....
à Tarbes.
M. Barjolle , Docteur enMédecine.
à Saumur...
M. Leriche, Chirurgien Major.
grave de Bareith .
à Strasbourg.
M. Ravaton , Chirurgien
Major.
M. Leguai , Chirurgien de
feu S. A. S. M. le Mar-
&de Marine.
à Landau.
MM. Demontreux & Duval , Chirur-
giens Majors des Hôpitaux Militaires
àBreft.
162 MERCURE DE FRANCE.
M. Souville , Chirurgien
Major de l'Hôpital.
M. Brugnieres , Chirurgien
Majorde Bearn.
M. Delapeyre , Chirurgien
Major.
M. Lepage, Maître en Chi-
M. Planoque, Chirurgien Ma-
àCalais.
M. Maret , Maître en Chirurgie. àDijon.
M. Rey, Maître en Chirurgie. à Lyon.
M. de la Plaine,Chirurgien àBordeaux
M. Bacquié, Maître en Chirurgie.
rurgie.
jor.
àToulouse.
M. Warocquier, Chirurgien.
àCaen
M. Guillon , Maître en Chir. à Orléans.
M. Buttet , Maître en Chirurgie.
Chirurgie.
M. Tenebre ,
Ma-3d
à Lille
aEtampes.
MM. Bongour & Duval , Maîtres en
à S.Malo.
M. Dupont , Maître en Chirurgie.
àRennes.
M. Chevreul , Maître en Chirurgie.
M. le Chauve
res.
àAngers.
àTours.
auPuy.
MM. Toujan , Chirurgiens&Apoticai
à l'Orient.
AVRIL. 1764.
163
M. J. B. Delamarque , Maître en Chi-
rurgie.
gienMajor.
Major d'Artois.
à l'Isle de Rhé.
M. Bernier , ChirurgienMajor.
M. Beauregard, Chirur-
àBefinçon.
M. Michel , Chirurgien àPerpignan.
M. Moffier, ChirurgienMajor.
àAvesnes.
M. Marjault , Chirurgien Major.
à Douai.
M. Miſaibel , ChirurgienMajor.
1
àNanci.
MM. Paton & de Villiers , Maîtres en
Chirurgie.
au Mans.
M. Carpentier , Maître en Chirurgie...
à Dunkerque.
M. Ponthier, Maître en Chirurgie.
àAix en Provence.
M. Douffin , Maître en Chirurgie.
à Xaintes.
M. Beauregard , Maître en Chirurgie.
àAvignon.
M. Delahaye , Chirurgien Major.
àRochefort.
M. Durand, ancien Chirurgien Major.
àArras.
M. Texereau, Maître en Chirurgie.
àPoitiers.
64 MERCURE DE FRANCE.
M. Rochebrun , Maître en Chirurgie.
à Ammerlerault.
M. Roux , Maître en Chirurgie.
M. Briffet , Chirurgien.
àMarseille.
M. Ferrand, Maître en Chirurgie.
M. le Docteur Cooper.
à Narbonne.
M. Frannié , Maître en Chirurgie.
à Montauban.
M. Lambert , Médecin & Chirurgien.
àGraffe.
PAYS ÉTRANGERS.
M. d'Artenfet , Maître en Chirurgie.
au Port au Prince.
M. d'Elbeuf, Chirurgien.
à Albi.
àAuxonne.
à Londres!
M. Godineau , ancien Chirurgien Major
desArmées , ſeul Correſpondant.
M. Soulas.
M. Naudinat , Médecin.
àMadrid.
M. Akrell,Chirurgien Major. à Stokolm.
MM. Guyot , Finc & Deharfu ,
Maîtres en Chirurgie.
àGenève.
M. Goddecharles , Maître en Chirurgie.
M. Bikker , Médecin.
àBruxelles.
M. Lecat, Médecin & ChirurgienMajor.
àGand.
àRotterdam.
àFlorence.
à Cadix
AVRIL. 1764.
M. Breydel , Chymiſte.
M. Laborye , Chirurgien.
M. Pujoll.
165
àBruges.
au Cap.
M. Chaffaing, Chirurg. à la Martinique.
M. Bonnet , Chirurgien. àS. Domingue.
àConstantinople.
Correspondans de M. Keyser.
M. Imbert, Chancelier
de la Faculté de Médecine.
M. Fournier, Médecin
de l'Hôpital du Roi.
M. Batigne , Docteur à Montpellier.
en Médecine.
M. Goulard, Chirurgien
:
Major de l'Hôpital du
Roi.
M. Lecat , Secrétaire perpétuel de l'A-
cadémie des Sciences.
Les RR. PP. de la Charité.
l'Hôpital du Roi.
rité.
enChirurgie,
de
à Rouen.
M. Marmion, Médecin de à Grenoble.
Les RR. PP. de la Cha-
M. Defmoulins , MaîtreS àlaRochelle
AVRIL. 1764.
161
M. Razoux ,Docteur enMédecine.
àNifmes.
M. de Freffiniat , Docteur en Médecine.
à Limoges-
M. Reliquet , Docteur en Médecine.
àNantes.
M. Piers , Docteur en Médecine.
13
àTroyes.
M. Andirac , Docteur en Médecine.
à Cambrai,
M. Dourlen , Docteur en Médecine.
à S. Omer
M. Paris , Docteur en Médecine.
à Arles
M. Daffieu , Docteur enMédecine.....
à Tarbes.
M. Barjolle , Docteur enMédecine.
à Saumur...
M. Leriche, Chirurgien Major.
grave de Bareith .
à Strasbourg.
M. Ravaton , Chirurgien
Major.
M. Leguai , Chirurgien de
feu S. A. S. M. le Mar-
&de Marine.
à Landau.
MM. Demontreux & Duval , Chirur-
giens Majors des Hôpitaux Militaires
àBreft.
162 MERCURE DE FRANCE.
M. Souville , Chirurgien
Major de l'Hôpital.
M. Brugnieres , Chirurgien
Majorde Bearn.
M. Delapeyre , Chirurgien
Major.
M. Lepage, Maître en Chi-
M. Planoque, Chirurgien Ma-
àCalais.
M. Maret , Maître en Chirurgie. àDijon.
M. Rey, Maître en Chirurgie. à Lyon.
M. de la Plaine,Chirurgien àBordeaux
M. Bacquié, Maître en Chirurgie.
rurgie.
jor.
àToulouse.
M. Warocquier, Chirurgien.
àCaen
M. Guillon , Maître en Chir. à Orléans.
M. Buttet , Maître en Chirurgie.
Chirurgie.
M. Tenebre ,
Ma-3d
à Lille
aEtampes.
MM. Bongour & Duval , Maîtres en
à S.Malo.
M. Dupont , Maître en Chirurgie.
àRennes.
M. Chevreul , Maître en Chirurgie.
M. le Chauve
res.
àAngers.
àTours.
auPuy.
MM. Toujan , Chirurgiens&Apoticai
à l'Orient.
AVRIL. 1764.
163
M. J. B. Delamarque , Maître en Chi-
rurgie.
gienMajor.
Major d'Artois.
à l'Isle de Rhé.
M. Bernier , ChirurgienMajor.
M. Beauregard, Chirur-
àBefinçon.
M. Michel , Chirurgien àPerpignan.
M. Moffier, ChirurgienMajor.
àAvesnes.
M. Marjault , Chirurgien Major.
à Douai.
M. Miſaibel , ChirurgienMajor.
1
àNanci.
MM. Paton & de Villiers , Maîtres en
Chirurgie.
au Mans.
M. Carpentier , Maître en Chirurgie...
à Dunkerque.
M. Ponthier, Maître en Chirurgie.
àAix en Provence.
M. Douffin , Maître en Chirurgie.
à Xaintes.
M. Beauregard , Maître en Chirurgie.
àAvignon.
M. Delahaye , Chirurgien Major.
àRochefort.
M. Durand, ancien Chirurgien Major.
àArras.
M. Texereau, Maître en Chirurgie.
àPoitiers.
64 MERCURE DE FRANCE.
M. Rochebrun , Maître en Chirurgie.
à Ammerlerault.
M. Roux , Maître en Chirurgie.
M. Briffet , Chirurgien.
àMarseille.
M. Ferrand, Maître en Chirurgie.
M. le Docteur Cooper.
à Narbonne.
M. Frannié , Maître en Chirurgie.
à Montauban.
M. Lambert , Médecin & Chirurgien.
àGraffe.
PAYS ÉTRANGERS.
M. d'Artenfet , Maître en Chirurgie.
au Port au Prince.
M. d'Elbeuf, Chirurgien.
à Albi.
àAuxonne.
à Londres!
M. Godineau , ancien Chirurgien Major
desArmées , ſeul Correſpondant.
M. Soulas.
M. Naudinat , Médecin.
àMadrid.
M. Akrell,Chirurgien Major. à Stokolm.
MM. Guyot , Finc & Deharfu ,
Maîtres en Chirurgie.
àGenève.
M. Goddecharles , Maître en Chirurgie.
M. Bikker , Médecin.
àBruxelles.
M. Lecat, Médecin & ChirurgienMajor.
àGand.
àRotterdam.
àFlorence.
à Cadix
AVRIL. 1764.
M. Breydel , Chymiſte.
M. Laborye , Chirurgien.
M. Pujoll.
165
àBruges.
au Cap.
M. Chaffaing, Chirurg. à la Martinique.
M. Bonnet , Chirurgien. àS. Domingue.
àConstantinople.
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12721
p. 165-167
MUSIQUE.
Début :
SYMPHONIES périodiques, no. 13, del Signor Van Malder, no. 14, del Signor [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MUSIQUE.
MUSIQUE.
SYMPHONIES périodiques, no. 13, del
Signor Van Malder, no. 14, del Signor
Heyden , nº. 15 , del Signor Back , nº.
16 , del Signor Pteiffer , nº. 17 , delSi-
gnorHchetky , nº. 18 , delSign. Frantzl.
Prix i liv. 16 f. chacune.
Ces Symphonies compoſent l'Euvre
XIV di vari Autori, Elles ſont intitulées,
les Noms inconnus, & ſe peuvent exécu-
ter à quatre parties.
Les fix enſemble ſe vendent 9 liv. A
Paris , chez Venier, ſeul Editeur deſdits
Ouvrages , rue S. Thomas du Louvre,
vis -à -vis le Château - d'eau , & aux
adreſſes ordinaires.
SEI DUETTI per Violino e Violon-
:
cello del Signor Giov. Bapt. Cirri. Prix
3 liv. 12.f. Chez le même Editeur. Ces
166 MERCURE DE FRANCE.
Duo font très-aiſés , & peuvents'exécu
ter àdeux Violoncelles , ou un Alto &
un par-deffus de Viole.
Les Amateurs font priés de ne point
confondre les Œuvres annoncées ci-def-
fus avec celles qui ont déja paru ſous le
nom des mêmes Auteurs.
L'attention que l'Editeur apporte ,
tant au choix des morceaux , qu'à la cor-
rection , à la beauté & à la propreté de
la gravure , eſt digne de l'empreſſement
des Amateurs pour les morceaux que le
Sr Venier donne au Pubiic.
SIX SONATES pour le Clavecin ,
dédiées à S. A. Madame la Comtesse de
Brionne , compoſées par M. Leontzi
Honaiier. Livre II. Prix en blanc 9 liv.
A Paris , chez l'Auteur , à l'Hôtel de
Soubiſe , vieille rue du Temple , & aux
adreſſes ordinaires de Muſique.
Cinquiéme Recueil des RÉCRÉA-
TIONS DE POLYMNIE , ou choix d'A -
riettes , Muſettes, Parodies , &c. dédiées
au Beau-Séxe. Recueillis & mis en or-
dre par M. le Loup , Maître de Flûte.
Prix, 3 liv. 12 f. A Paris , chez l'Editeur ,
& aux adreſſes ordinaires de Muſique.
• Ce nouveau Recueil eſt auſſi varié &
auſſi agréable que les précédens.
AVRIL. 1764
167
LES CHARMES DE L'HARMONIE ,
Ariette deBaffe-taille ou de Taille , chan-
tée dans les deux Talens , Comédie
mife en Muſique par M. le Chevalier
d'Herbain , & repréſentée par les Comé
diens.Italiens ordinaires du Roi. Prix,21,
8fols.
LE CŒUR ENFLAMMÉ , Ariette de la
même Piéce pour un Deffus. Prix I liv,
16 f. avec tous les accompagnemens par
le même Auteur , à Paris , aux adreſſes
ordinaires de Muſique.
SYMPHONIES périodiques, no. 13, del
Signor Van Malder, no. 14, del Signor
Heyden , nº. 15 , del Signor Back , nº.
16 , del Signor Pteiffer , nº. 17 , delSi-
gnorHchetky , nº. 18 , delSign. Frantzl.
Prix i liv. 16 f. chacune.
Ces Symphonies compoſent l'Euvre
XIV di vari Autori, Elles ſont intitulées,
les Noms inconnus, & ſe peuvent exécu-
ter à quatre parties.
Les fix enſemble ſe vendent 9 liv. A
Paris , chez Venier, ſeul Editeur deſdits
Ouvrages , rue S. Thomas du Louvre,
vis -à -vis le Château - d'eau , & aux
adreſſes ordinaires.
SEI DUETTI per Violino e Violon-
:
cello del Signor Giov. Bapt. Cirri. Prix
3 liv. 12.f. Chez le même Editeur. Ces
166 MERCURE DE FRANCE.
Duo font très-aiſés , & peuvents'exécu
ter àdeux Violoncelles , ou un Alto &
un par-deffus de Viole.
Les Amateurs font priés de ne point
confondre les Œuvres annoncées ci-def-
fus avec celles qui ont déja paru ſous le
nom des mêmes Auteurs.
L'attention que l'Editeur apporte ,
tant au choix des morceaux , qu'à la cor-
rection , à la beauté & à la propreté de
la gravure , eſt digne de l'empreſſement
des Amateurs pour les morceaux que le
Sr Venier donne au Pubiic.
SIX SONATES pour le Clavecin ,
dédiées à S. A. Madame la Comtesse de
Brionne , compoſées par M. Leontzi
Honaiier. Livre II. Prix en blanc 9 liv.
A Paris , chez l'Auteur , à l'Hôtel de
Soubiſe , vieille rue du Temple , & aux
adreſſes ordinaires de Muſique.
Cinquiéme Recueil des RÉCRÉA-
TIONS DE POLYMNIE , ou choix d'A -
riettes , Muſettes, Parodies , &c. dédiées
au Beau-Séxe. Recueillis & mis en or-
dre par M. le Loup , Maître de Flûte.
Prix, 3 liv. 12 f. A Paris , chez l'Editeur ,
& aux adreſſes ordinaires de Muſique.
• Ce nouveau Recueil eſt auſſi varié &
auſſi agréable que les précédens.
AVRIL. 1764
167
LES CHARMES DE L'HARMONIE ,
Ariette deBaffe-taille ou de Taille , chan-
tée dans les deux Talens , Comédie
mife en Muſique par M. le Chevalier
d'Herbain , & repréſentée par les Comé
diens.Italiens ordinaires du Roi. Prix,21,
8fols.
LE CŒUR ENFLAMMÉ , Ariette de la
même Piéce pour un Deffus. Prix I liv,
16 f. avec tous les accompagnemens par
le même Auteur , à Paris , aux adreſſes
ordinaires de Muſique.
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12722
p. 167-173
« LE Mardi 21 Février, les Comédiens François représentèrent l'Andrienne, [...] »
Début :
LE Mardi 21 Février, les Comédiens François représentèrent l'Andrienne, [...]
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texteReconnaissance textuelle : « LE Mardi 21 Février, les Comédiens François représentèrent l'Andrienne, [...] »
LE Mardi 21 Février, les Comédiens
François représentèrent l'Andrienne,
Comédie en cinq Actes & en vers du
feu SrBARON (de 1703), dans laquelle
le SrGRANDVALjouale rôle de Cimon,
la Dile PRÉVILLE jouoitle rôle de Gli-
cerie, &c.
168 MERCURE DE FRANCE.
Pour feconde Piéce , on donna I
Comtesse d'Efcarbagnas , Comédie d
MOLIERE , en un Acte & en prof
(de 1672).
Le lendemain 22 , on éxécuta deu
Actes d'Opéra ; ſçavoir , la Musique
ſeconde Entrée du Ballet des Talens Ly
riques , Poëme d'un Anonyme ,Muſiqu
de M. RAMEAU ; & la Provençale
Comédie-Ballet en un Acte , Poëme d
feu M. de la FOND , Muſique de feuM
MOURET. Dans le premier de ces Actes ,
la Dile LARRIVÉE chanta le rôle d'I
phife, & le Sr LARRIVÉE celuide Tirté.
La Dlle LANI y danſoit les principales
Entrées en Prêtreſſe. La Dile GUIMARD
en Lacédémonienne. Le Sr GARDEL &
le Sr CAMPIONI en Guerriers .
Dans la Provençale , la Dile ARNOUD
chantoit le rôle de Florine ; la Dile Cou-
PÉE , de la Muſique du Roi ,& Penfion-
naire de l'Académie Royalede Muſique,
chanta le rôle de Nérine , avec la même
jeuneſſe de voix , le même agrément &
le même art , que lorſqu'elle étoit au
Théâtre. On a diftingué avec d'autant
plus de plaifir le talent particulier de
cette agréable Cantatrice , pour l'exécu-
tion des Airs de Théâtre , que le goût &
les grâces de ce talent ſemblent ſe per
dr
AVRIL. 1764.
169
dre tous les jours , pour faire place a
d'autres parties uniquement muficales
,
qui ont fans doute leur prix, mais qui
ne dédommagent pas du genre qu'on
néglige.
Le Sieur JÉLIOTE chanta le rôle de
Léandre , le Sr GELIN celui du Tuteur.
La Dlle ALLARD danſa les pas ſeuls du
Ballet dans le caractère Provençal.
Le Jeudi 23 , les Comédiens François
repréſentèrent Idomenée, Tragédie nou-
velle de M. le Mierre. (a )
La petite Piéce qui ſuivit étoit l'Amour
Médecin , Comédie en un Acte & en
proſe de MOLIERE ( 1665. ).
Le Mardi 28 , les mêmes Comédiens
repréſentèrentle Légataire, Comédie en
cinq Actes & en vers , de REGNARD ,
(1706).
La grande Piéce fut ſuivie des Pré-
cieuses Ridicules , Comédie en un Acte
deMOLIERE (de 1659 ). La Dile FA-
NIER y joua le rôle de Marotte.
Le Mercredi 29 , les Comédiens Ita-
liens repréfentèrent le Diable à quatre ,
Opéra- Comique en trois Actes , avec
des Divertiſſemens , qui fut précédé du
( a ) Voyez ci-après dans l'Article de Paris , ce-
lui de la Comédie Françoiſe.
I. Vol.
H
170 MERCURE DE FRANCE.
Gondolier Vénitien , petite Piéce Ita-
lienne.
Le Jeudi premier Mars , les Comédiens
François repréſentèrent Rhadamiste ,
Tragédie de feu M. de CRÉBILLON
(1711 ). Enfuite , pour petite Piéce , la
Serenade, Comédie de REGNARD en
un Acte & en profe ( 1654 ).
Le Mardi 6 , dernier jour du Carna-
val ,
les Comédiens Italiens jouèrent
les Caquets , Comédie Françoiſe imitée
d'une Comédie Italienne de M. GOL-
DONI. Pour ſeconde Piéce , on joua la
Fille mal gardée, Opéra-Comique.
Le Mercredi , jour des Cendres , il
n'ya point eu deSpectacles à la Cour.
Le Jeudi 8 , les Comédiens François
repréſentèrent Phedre, Tragédie de
RACINE ( de 1677 ) .
La Dile DOLIGNY joua le rôle d'A-
ricie. Cette jeune Actrice n'avoit point
encore débuté dans le Tragique. Elle
porta dans ce rôle intéreſſant le charme
d'un naturel touchant & ſenſible , qui
forme le caractère de ſon talent , & qui
ſemble attaché aux infléxionsde ſa voix,
ainſi qu'à toute ſon action theatrale. Le
temps & l'exercice paroiſſent fortifier en
ellel'organe néceffaire pour foutenir la
déclamation du grand genre.
AVRIL. 1764.
171
Après la Tragédie , on donna pour
petite Pièce l'Amateur , Comédie nou-
velle de M. BARTHE , qui parut faire
plaifir , & qui futjouée , ainſi qu'à Pa-
ris , avec tout le feu & tout l'agrément
poffible. ( b )
Le Mardi 13 , les mêmes Comédiens
repréſentèrent la Surpriſe de l'Amour ,
Comédie en trois Actes & en proſe de
feu M. de MARIVAUX ( de 1727 ) .
Le Sr BELLECOUR jouoit le rôle du
Chevalier , le Sieur GRANGER celui du
Comte , la Dile PRÉVILLE celui de la
Marquise , le Sr PRÉVILLE celui du
Pédant, la Dile le KAIN lerôle de Li-
fette , & le Sr ARMAND celui de Valet.
On a paru fort content de cette Comé-
die , dont on ſcait combien les princi-
pauxrôles éxigentde talens.
La ſeconde Piéce fut Dupuis & Def-
ronais , Comédie en trois Actes , & en
vers de M. COLLÉ, la Demoiselle Pré-
ville y jouoit le rôle de Marianne
genre dans lequel cette Actrice a jour-
nellement de nouveaux ſuccès , & qui
conſtate en ellele grand talent.
Le Mercredi 14 , les Comédiens Ita-
liens exécuterent le Maître de Muſique ,
( b ) -Voyez ci-après l'Article de Paris ſur cette
Nouveauté.
Hij
172 MERCURE DE FRANCE.
&le Cadi dupé, Comédies mêlées d'A-
ricttes.
Le Jeudi 15 Mars , les Comédiens
François repréſentérent le Glorieux ,
Comédie en vers & en 5 Actes de feu
M. DESTOUCHES ( de 1732. ) Le rôle
du Glorieux étoit joué par le Sr BEL-
LECOUR , celui de Valère par le Sieur
MOLÉ , le rôle de Philinte par le Sieur
DAUBERVAL , celui de Licandre par
le Sr BRIZARD. Le rôle d'Isabelle par
la Dile PRÉVILLE , celui de Lifette par
la Dile DOLIGNI . Les Srs PRÉVILLE,
AUGE , & BOURET jouoient les rôles
de la Fleur , de Pasquin & d'un autre
Valet. Nous détaillons ici cette diftribu-
tion de rôles , parce qu'elle eſt la même
que celle dont nous avons eu occafion
de parler dans un des volumes précé-
dens à l'Article de Paris , & de faire
remarquer , à l'avantage de quelques-
uns des Acteurs , nouveaux dans les rô-
les de cette Comédie , l'honneur d'y
foutenir l'épreuve de la mémoire encore
exiſtante des talens fupérieurs pour cha-
cun deſquels cette Piéce ſemble avoir
été compofée.
La ſeconde Piéce fut l'Epoux par
fupercherie , Comédie en deux Actes &
en vers de feu M. DE BOISSY ( de
AVRIL. 1764.
173
1744. ) qui doit une forte de réfurrec
tton aux talens des Srs BELLECOUR ,
MOLÉ , & des Sr & Dile PREVILLE ,
par lamanière dont ils en exécutent les
rôles.
La fuite au prochain Mercure.
François représentèrent l'Andrienne,
Comédie en cinq Actes & en vers du
feu SrBARON (de 1703), dans laquelle
le SrGRANDVALjouale rôle de Cimon,
la Dile PRÉVILLE jouoitle rôle de Gli-
cerie, &c.
168 MERCURE DE FRANCE.
Pour feconde Piéce , on donna I
Comtesse d'Efcarbagnas , Comédie d
MOLIERE , en un Acte & en prof
(de 1672).
Le lendemain 22 , on éxécuta deu
Actes d'Opéra ; ſçavoir , la Musique
ſeconde Entrée du Ballet des Talens Ly
riques , Poëme d'un Anonyme ,Muſiqu
de M. RAMEAU ; & la Provençale
Comédie-Ballet en un Acte , Poëme d
feu M. de la FOND , Muſique de feuM
MOURET. Dans le premier de ces Actes ,
la Dile LARRIVÉE chanta le rôle d'I
phife, & le Sr LARRIVÉE celuide Tirté.
La Dlle LANI y danſoit les principales
Entrées en Prêtreſſe. La Dile GUIMARD
en Lacédémonienne. Le Sr GARDEL &
le Sr CAMPIONI en Guerriers .
Dans la Provençale , la Dile ARNOUD
chantoit le rôle de Florine ; la Dile Cou-
PÉE , de la Muſique du Roi ,& Penfion-
naire de l'Académie Royalede Muſique,
chanta le rôle de Nérine , avec la même
jeuneſſe de voix , le même agrément &
le même art , que lorſqu'elle étoit au
Théâtre. On a diftingué avec d'autant
plus de plaifir le talent particulier de
cette agréable Cantatrice , pour l'exécu-
tion des Airs de Théâtre , que le goût &
les grâces de ce talent ſemblent ſe per
dr
AVRIL. 1764.
169
dre tous les jours , pour faire place a
d'autres parties uniquement muficales
,
qui ont fans doute leur prix, mais qui
ne dédommagent pas du genre qu'on
néglige.
Le Sieur JÉLIOTE chanta le rôle de
Léandre , le Sr GELIN celui du Tuteur.
La Dlle ALLARD danſa les pas ſeuls du
Ballet dans le caractère Provençal.
Le Jeudi 23 , les Comédiens François
repréſentèrent Idomenée, Tragédie nou-
velle de M. le Mierre. (a )
La petite Piéce qui ſuivit étoit l'Amour
Médecin , Comédie en un Acte & en
proſe de MOLIERE ( 1665. ).
Le Mardi 28 , les mêmes Comédiens
repréſentèrentle Légataire, Comédie en
cinq Actes & en vers , de REGNARD ,
(1706).
La grande Piéce fut ſuivie des Pré-
cieuses Ridicules , Comédie en un Acte
deMOLIERE (de 1659 ). La Dile FA-
NIER y joua le rôle de Marotte.
Le Mercredi 29 , les Comédiens Ita-
liens repréfentèrent le Diable à quatre ,
Opéra- Comique en trois Actes , avec
des Divertiſſemens , qui fut précédé du
( a ) Voyez ci-après dans l'Article de Paris , ce-
lui de la Comédie Françoiſe.
I. Vol.
H
170 MERCURE DE FRANCE.
Gondolier Vénitien , petite Piéce Ita-
lienne.
Le Jeudi premier Mars , les Comédiens
François repréſentèrent Rhadamiste ,
Tragédie de feu M. de CRÉBILLON
(1711 ). Enfuite , pour petite Piéce , la
Serenade, Comédie de REGNARD en
un Acte & en profe ( 1654 ).
Le Mardi 6 , dernier jour du Carna-
val ,
les Comédiens Italiens jouèrent
les Caquets , Comédie Françoiſe imitée
d'une Comédie Italienne de M. GOL-
DONI. Pour ſeconde Piéce , on joua la
Fille mal gardée, Opéra-Comique.
Le Mercredi , jour des Cendres , il
n'ya point eu deSpectacles à la Cour.
Le Jeudi 8 , les Comédiens François
repréſentèrent Phedre, Tragédie de
RACINE ( de 1677 ) .
La Dile DOLIGNY joua le rôle d'A-
ricie. Cette jeune Actrice n'avoit point
encore débuté dans le Tragique. Elle
porta dans ce rôle intéreſſant le charme
d'un naturel touchant & ſenſible , qui
forme le caractère de ſon talent , & qui
ſemble attaché aux infléxionsde ſa voix,
ainſi qu'à toute ſon action theatrale. Le
temps & l'exercice paroiſſent fortifier en
ellel'organe néceffaire pour foutenir la
déclamation du grand genre.
AVRIL. 1764.
171
Après la Tragédie , on donna pour
petite Pièce l'Amateur , Comédie nou-
velle de M. BARTHE , qui parut faire
plaifir , & qui futjouée , ainſi qu'à Pa-
ris , avec tout le feu & tout l'agrément
poffible. ( b )
Le Mardi 13 , les mêmes Comédiens
repréſentèrent la Surpriſe de l'Amour ,
Comédie en trois Actes & en proſe de
feu M. de MARIVAUX ( de 1727 ) .
Le Sr BELLECOUR jouoit le rôle du
Chevalier , le Sieur GRANGER celui du
Comte , la Dile PRÉVILLE celui de la
Marquise , le Sr PRÉVILLE celui du
Pédant, la Dile le KAIN lerôle de Li-
fette , & le Sr ARMAND celui de Valet.
On a paru fort content de cette Comé-
die , dont on ſcait combien les princi-
pauxrôles éxigentde talens.
La ſeconde Piéce fut Dupuis & Def-
ronais , Comédie en trois Actes , & en
vers de M. COLLÉ, la Demoiselle Pré-
ville y jouoit le rôle de Marianne
genre dans lequel cette Actrice a jour-
nellement de nouveaux ſuccès , & qui
conſtate en ellele grand talent.
Le Mercredi 14 , les Comédiens Ita-
liens exécuterent le Maître de Muſique ,
( b ) -Voyez ci-après l'Article de Paris ſur cette
Nouveauté.
Hij
172 MERCURE DE FRANCE.
&le Cadi dupé, Comédies mêlées d'A-
ricttes.
Le Jeudi 15 Mars , les Comédiens
François repréſentérent le Glorieux ,
Comédie en vers & en 5 Actes de feu
M. DESTOUCHES ( de 1732. ) Le rôle
du Glorieux étoit joué par le Sr BEL-
LECOUR , celui de Valère par le Sieur
MOLÉ , le rôle de Philinte par le Sieur
DAUBERVAL , celui de Licandre par
le Sr BRIZARD. Le rôle d'Isabelle par
la Dile PRÉVILLE , celui de Lifette par
la Dile DOLIGNI . Les Srs PRÉVILLE,
AUGE , & BOURET jouoient les rôles
de la Fleur , de Pasquin & d'un autre
Valet. Nous détaillons ici cette diftribu-
tion de rôles , parce qu'elle eſt la même
que celle dont nous avons eu occafion
de parler dans un des volumes précé-
dens à l'Article de Paris , & de faire
remarquer , à l'avantage de quelques-
uns des Acteurs , nouveaux dans les rô-
les de cette Comédie , l'honneur d'y
foutenir l'épreuve de la mémoire encore
exiſtante des talens fupérieurs pour cha-
cun deſquels cette Piéce ſemble avoir
été compofée.
La ſeconde Piéce fut l'Epoux par
fupercherie , Comédie en deux Actes &
en vers de feu M. DE BOISSY ( de
AVRIL. 1764.
173
1744. ) qui doit une forte de réfurrec
tton aux talens des Srs BELLECOUR ,
MOLÉ , & des Sr & Dile PREVILLE ,
par lamanière dont ils en exécutent les
rôles.
La fuite au prochain Mercure.
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12723
p. 173-175
OPERA.
Début :
ON a continué Castor & Pollux, avec tout le succès que mériteront toujours [...]
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texteReconnaissance textuelle : OPERA.
OPERA.
ON a continué Castor & Pollux,
avec tout le succès que mériteront toujours
les beautés réunies de la Muſique
& de la Poëfie , jointes à la pompe & à
l'éclat d'un magnifique ſpectacle.
Ce que nous avons annoncé de M.
le Gros , dans un Supplément à l'Article
de l'Opéra , page 222 du Mercure de
Mars , s'est trouvé fi avantageurement
confirmé par le Public , que depuis le
jour du débutde cette nouvelle Haute-
contre dans le rôle de Titon , l'affluen-
ce du Public ne ceſſed'augmenter aux
repréſentations de cetOpéra.On l'a don-
né de ſuite les trois jours gras , & on le
continue actuellement les Mardi &Jeudi
de chaque ſemaine. Jamais Nouveauté
Hiij
174 MERCURE DE FRANCE.
du plus grand fuccès n'a attiré & fou-
tenu à aucun Théâtre un concours auſſi
nombreux de Spectateurs. Les ſuffrages
fur le compte de ce Sujet ſont unani-
mes & fans aucune des restrictions fi
fréquemment employées à l'égard de
ceux qui ont débuté avec le plus d'a-
vantage , & qui ont occupé par la ſuite
les premiers rangs ſur la Scène. Nous
exhortons ceux de nos Lecteurs qui ſe-
ront curieux de connoître le genre pro-
pre du mérite de ce nouveau Sujet , à
lire ce que nous en avons dit dans le
vol. précédent à l'Art. indiqué ci-deſſus.
Les Amateurs des Spectacles vraîment
honorables pourla Nation , voyent avec
plaifir revivre pour ainſi dire parminous
celui de l'Opéra. Comme une partie du
Public eſt ſouvent entraînée par le ſeul
concours de l'autre , les Partiſans du
goût eſpérent que cette partie mobile
des Spectateurs conduite par la circon-
ſtance , s'accoutumera inſenſiblement à
ne plus prendre la force du bruit pour
celle de la Muſique & le défordre de
ladéraiſon pour le charme de la gaîté.
Les Acteurs de l'Académie Royalede
Muſique ont déterminé de donner au
Public pour leur Benefit ou Capitation ,
troisActes charmans , quiforment cha-
1
AVRIL. 1764.
175
cun un petit Opéra , & dans des genres
différens; fçavoir Hilas & Zélie , Mufi-
que de M. de BURI;Pigmalion,Muſique
de M. RAMEAU , & Psyché, Muſique
de M. MONDONVILLE. M. LEGROS
chantera le rôle de Pigmalion. Lapre-
mière de ces repréſentations étoit indi-
quée pour le Samedi 31 Mars , la deu-
xiéme le Lundi 2 du préſent mois d'A-
vril , & la troifiéme pour le Samedi
ſuivant. L'empreſſement qu'il y a eu
à retenir des loges pour ce Spectacle ,
ne laiſſe pas douter de l'abondante re-
cettequeproduiront cesrepréſentations,
ON a continué Castor & Pollux,
avec tout le succès que mériteront toujours
les beautés réunies de la Muſique
& de la Poëfie , jointes à la pompe & à
l'éclat d'un magnifique ſpectacle.
Ce que nous avons annoncé de M.
le Gros , dans un Supplément à l'Article
de l'Opéra , page 222 du Mercure de
Mars , s'est trouvé fi avantageurement
confirmé par le Public , que depuis le
jour du débutde cette nouvelle Haute-
contre dans le rôle de Titon , l'affluen-
ce du Public ne ceſſed'augmenter aux
repréſentations de cetOpéra.On l'a don-
né de ſuite les trois jours gras , & on le
continue actuellement les Mardi &Jeudi
de chaque ſemaine. Jamais Nouveauté
Hiij
174 MERCURE DE FRANCE.
du plus grand fuccès n'a attiré & fou-
tenu à aucun Théâtre un concours auſſi
nombreux de Spectateurs. Les ſuffrages
fur le compte de ce Sujet ſont unani-
mes & fans aucune des restrictions fi
fréquemment employées à l'égard de
ceux qui ont débuté avec le plus d'a-
vantage , & qui ont occupé par la ſuite
les premiers rangs ſur la Scène. Nous
exhortons ceux de nos Lecteurs qui ſe-
ront curieux de connoître le genre pro-
pre du mérite de ce nouveau Sujet , à
lire ce que nous en avons dit dans le
vol. précédent à l'Art. indiqué ci-deſſus.
Les Amateurs des Spectacles vraîment
honorables pourla Nation , voyent avec
plaifir revivre pour ainſi dire parminous
celui de l'Opéra. Comme une partie du
Public eſt ſouvent entraînée par le ſeul
concours de l'autre , les Partiſans du
goût eſpérent que cette partie mobile
des Spectateurs conduite par la circon-
ſtance , s'accoutumera inſenſiblement à
ne plus prendre la force du bruit pour
celle de la Muſique & le défordre de
ladéraiſon pour le charme de la gaîté.
Les Acteurs de l'Académie Royalede
Muſique ont déterminé de donner au
Public pour leur Benefit ou Capitation ,
troisActes charmans , quiforment cha-
1
AVRIL. 1764.
175
cun un petit Opéra , & dans des genres
différens; fçavoir Hilas & Zélie , Mufi-
que de M. de BURI;Pigmalion,Muſique
de M. RAMEAU , & Psyché, Muſique
de M. MONDONVILLE. M. LEGROS
chantera le rôle de Pigmalion. Lapre-
mière de ces repréſentations étoit indi-
quée pour le Samedi 31 Mars , la deu-
xiéme le Lundi 2 du préſent mois d'A-
vril , & la troifiéme pour le Samedi
ſuivant. L'empreſſement qu'il y a eu
à retenir des loges pour ce Spectacle ,
ne laiſſe pas douter de l'abondante re-
cettequeproduiront cesrepréſentations,
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12724
p. 175-187
COMEDIE FRANÇOISE. EXTRAIT d'IDOMENÉE, Tragédie de M. LE MIERRE, représentée pour la première fois, le Lundi 13 Février 1764.
Début :
PERSONNAGES. ACTEURS. IDOMÉNÉE, Roi de Créte. M. Brizart. IDAMANTE, Fils [...]
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texteReconnaissance textuelle : COMEDIE FRANÇOISE. EXTRAIT d'IDOMENÉE, Tragédie de M. LE MIERRE, représentée pour la première fois, le Lundi 13 Février 1764.
COMEDIE FRANÇOISE.
EXTRAIT d'IDOMENÉE, Tragédie
de M. LE MIERRE, représentée
pour la première fois, le Lundi 13
Février 1764.
PERSONNAGES. ACTEURS. IDOMÉNÉE, Roi de Créte. M. Brizart.
IDAMANTE, Fils du Roi .
Femme d'IDAMANTE..
SOPHRONIME.
M. Le Kain.
ERIGONE , Filled'un Roi de Samos ,
Mlle Clairon .
M. Dubois.
Hiv
7
176 MERCURE DE FRANCE.
NAUSICRATE , Confident
d'IDAMANTE .
LE GRAND-PRESTRE.
PRESTRES.
PEUPLES.
GARDES.
M. Dauberval.
M. Blainville
La Scène est à CYDON , Capitale de la Crete.
Le Théâtre repréſente le rivage de la mer. On voit
d'un côté un Temple , & de l'autre un Palais.
IDOMENEE étoit un des Rois ligués de la Gréce,
qui allerentfaire le ſiége de Troye. A fon retour
il efluye une tempête terrible , & fait vœu , s'il
échappe du naufrage , d'immoler la première
perſonne qui s'offrira à ſa vue en abordant dans
fon Ifle. Neptune exauce ſon voœu; les flots ſe
calment, la mer eſt tranquille ; & Idoménée eſt
prêt d'arriver dans ſa Capitale.C'eſt le moment
où la Piéce commence.
АСТЕ PREMIER.
:
Idamante , qui , pendant la tempête , avoit or-
donné au Grand Prêtre d'implorer les Dieux pour
la conſervationde la Flotte d'Idoménée , lui com-
mande de faire un nouveau ſacrifice , qui pro-
cure à ſon père un prompt & heureux retour. Il
ne quitte point le rivagede la mer , dans l'eſpé-
rance de le voir bientôt arriver ; & là il s'entre-
tient avec ſon Confident de ſon amour pour ſon
père , de ſon impatience à le revoir ,de ſa crainte
de leperdre. Dans ce moment paroît Erigone ,
épouſed'Idamante , qui lui apprend l'arrivée de
AVRIL. 1764.
177
Sophronime , Serviteur fidéle d'Idoménée , & fon
Compagnon de voyage; on le fait venir ; on l'in-
terroge ; il ignore le fort du Roi.
Nous n'avons parcouru l'immenſité des mers ,
Qu'àtravers les écueils & qu'au jour des éclairs.
DesCyclades encor les roches menaçantes
Eralent les débris de nos pouppes fumantes ;
Le ſeul vaiſleau duRoi ſur les flots orageux ,
Sembloit comme un dépôt confervé par lesDieux.
Déjà même des vents la fureur fatisfaite
Nous redonnoit l'eſpoir d'arriver dans la Crete:
Mais non loinde cette fle & près dece rocher ,
D'où le frontde l'Ila ſe découvre au Nocher ,
Les vents impétueux rallument les tempêtes ;
LeCiel étincelant s'entr'ouvre ſur nos têtes ;
Le vaiſſeau dans les airs s'élance avec les eaux ;
Nous touchons juſqu'aux Cieux,nous roulons ſous
les flots.
Aces coups redoublés de Neptune & d'Eole ,
L'horreur , le péril croît , l'eſpoir fuit, la mort
vole ;
Plus de ſalut ; pouffé ſur lesécueils , hélas !
Notre vaiſſeau s'entr'ouvre & ſe briſe en éclats.
Dans la nuit ,dans l'effroi tout périt, tout s'égare ;
Je veux ſuivre le Roi , la vague nous ſépare ;
Et les flots ennemis m'entraînent fur ce bord ,
Où revenu ſans lui j'invoque encor la mort.
Erigone , à cerécit, fait éclater ſa douleur par
Hv
178 MERCURE DE FRANCE.
une invective véhémente contre Héléne , dont lès
amours ont cauſé tant de maux à la Gréce. Ida-
mante plus occupé de ſon père que d'Hélène, croit
que s'il avoit été auprès de lui pendant la tempê-
te , il l'auroit ſauvé du naufrage. Il va pour éle-
ver untombeau à ſa mémoire , lorſque Naufs-
crate , ſon Confident , lui apprend qu'on a vude
loin un homme qui s'avançoit lentement ſur le
rivage. Cette nouvelle fait renaître l'eſpoirdans
le cœur du jeune Prince , qui court du côté qu'on,
vient de lui indiquer.
:
ACTE ΙΙ.
Idomenée ſeul ſur le bordde la mer , déplore
le malheur de ſa Flotte , eſpére de trouver dans
les embraſſemens de ſon Fils quelque adouciſſe-
ment à ſa douleur. Mais un remord le remplit
d'allarmes , & empoiſonne fon eſpérance. Il fe
rappelle ſon funeſte ſerment.
Neptune , as-tu reçu ma promeſſe inhumaine ?
Ce Vœu que je t'ai fait d'immoler en ces lieux
Le premier que la rive offriroit à mes yeux !
-Ah ! quandje t'implorois pour rentrer dans la
Crete ,
Quand l'effroi m'a dicté ma priéřeindiſcrette ,
J'eſpérois épargner ſur les mers en fureur ,
La mort derous les miens , ce ſpectacle à mon
cœur ;
Etpar humanité dans ce péril extrême ,
J'attentois , trop aveugle , à l'humanité même.
AVRIL. 1764.
179
Peuple heureux ſous mon fils , unde vous ſur ce
bord ,
De mon premier regard recevra donc la mort.
Ah; montrez-vous en foule , & m'épargnez un
crime ,
En neme laiſſantpas difcerner ma victime.
Hélas! ſur ce rivage , où j'appelle le deuil
,
Je n'oſe faire un pas , ni jetter un coup d'œil ,
Ciel .... un infortuné s'avance ſur la rive..
C'eſt ſon Fils; il le reconnoîtdans le moment
où, pour accomplir ſon vœu , il eſt prêt à le poi-
gnarder. Il jette ſon poignard &détourne la vuë..
Un accueil ſi triſte ,après dix ans d'abfence , jette
l'effroi dans l'âme d'Idamante. Il preſſe le Roi
de lui découvrir le ſujet de ſa douleur ; mais c
père infortuné , que ſon malheur accable , fe.
ſouſtrait aux queſtions & aux embraſſemens de
fon fils. En fe retirant il eſt apperçu par Erigo-
ne ; & il ſe dérobe également àla vue. Elle vient
avec précipitation en témoigner ſon étonnement
au Prince ſon époux. Ils font inſtruits l'un &
l'autre par la bouche de Sophronime , que le vœu
indiſcret d'Idoménée eſt ce qui caule lon déſeſpoir.
Sophronime ignore , ainſi qu'Erigone , qu'Idamante
eſt le premier qui s'eſt offert à la vueduRoi; le
jeune Prince apprenant ce funeſte ſerment , ne
doute point qu'il ne ſoit la victime deſtinée à a
mort ; il cache ſon trouble ; il fuit pour n'en
rien laiſſer paroître aux yeux de ſon épaule..
ACTE III.
Sophronime tâche en vain de détourner Idoménée:
H vj
180 MERCURE DE FRANCE.
d'accomplirle vœu qu'il a fait à Neptune. Le Roi
veut ſauver la vie a ton fils ; mais il veut ſe l'o-
ter à lui-même. Il veut que le Prince & Erigone
quittent la Crére , & s'embarquent pour Samos.
C'eſt dans ces circonstances qu'Erigone , ignorant
toujours qu'Idamante eſt la victime , dit à Ido-
ménée :
1
Crete,
Je gémis de venir , malgré ce déſaveu ,
د
Preffer ſur l'Inconnu l'effet de votre vœu.
1
Seigneur , née à Samos, loin des mœurs de la
Loind'un culte inhumain que ma pitié rejette ,
On ſçaitvotre ferment ainſi que vos allarmes;
CePeuple entier s'étonne & ſe plaint de vos lar-
mes;
Il s'aſſemble ; il murmure ; il demande à grands
٢٠
cris
La victime promiſe à la loi du Pays ;
Loi dure , loi de ſang qu'a jamais je déreſte ,
Et que n'a pû dicter la justice céleste ;
Mais hélas ! établie à la honte des Dieux
Chez cePeuple barbare & fuperftitieux.
Celuidont la vertu l'abhorre au fond de l'âme ,
Craignant de plusgrands maux, lui-même la re-
clame.
Oui , fi vous refuſez d'obéir à la loi,
Pour écarter de vous un péril ſi funeſte.
T
1,
Vous remplilfez l'Etat de féſordre &d'effroi.
Abandonnez un ſeul pour fatisfaire au reſte ,
AVRIL. 1764.
Puiffe ce malheureux être ici le dernier
Que la Crete à nos Dieux verra facrifier.
IDOMENÉE.
Ciel! quedemandez-vous , ma fille ?
ERIGONE .
Pour vous , pour votre fils ...
IDOMENÉE , ( avec un cri. )
181
La patrie ,
L'humanité , tout parle à votre âme attendrie.
Il coûte à votre cœur de livrer a la mort
Un Mortel condamné ſeulement par le ſort.
Mais tout mefait trembler , une loi tyrannique ,
L'emportementdu Peuple, un fanatiſine antique.
Prévenez ſa fureur , Seigneur , pour vos Etats
Erigone ....
Seigneur!
Ah ! vous ne sçavez pas ,
ERIGONE,
IDOMENÉE ..
Jour fatal ! .... veu barbare ! ....
Jene ſçais oùje ſuis ....
ERIGONE.
Quel trouble vous égare !
IDOMENÉE.
Tremblez de me preffer & de m'interroger.
ERIGON E.
Quel étrange langage, & quel nouveau danger!
IDOMENÉE , ( à part. )
Je frémis de parler , je frémis de me taire.
٢٠
182 MERCURE DE FRANCE.
ERIGONE.
Achevez , quel qu'il ſoit , d'éclaircir cemyſtère.
IDOMENÉE .
La colèredes Dieur ... mes deſtins inouis ....
Madame ... apprenez tout , la victime eſt mon
Qui !!
fils..
ERIGONE.
IDOMENÉE..
Mon fils !
ERIGONE.
Je me meurs..
Elle s'évanouit ; le Roi & Sophronime lacon-
duiſent vers les degrésduTemple , où elle reſte
accabléede ſon déſeſpoir. Revenue à elle-même
& livrée à ſa douleur , elle entre dans le Tem-
plepour implorer les Dieux , tandis que le Prince
fon Epoux vient ſe dévouer à la mort. Le Roi
croit que la fuite de ſon fils appaiſera le Ciel.
Idamante préfere le trépas : Idoménée veut fuir
lui-même . le Peuple inſtruit du ſort du jeune
Prince qu'il adore , accourt en foule pour le
ſauver.Idoménée perſiſte àvouloir quitterlaCretes
Idamante fort pour retenir ſon Père & appai-
fer le Peuple..
ACTE IV.
Tout ſemble diſpoſé pour le départ du Roi de
Crete, lorſque le Grand-Prêtre vient lui déclarer
queles Dieuxdemandent le fang qu'il a promis..
S'il le refuſe, il lui prédit les plus grands mal
heurs. Voyez , lui dit-il ,
AVRIL. 1764.
183
Voyez ſur ces climats les vents ſouffler la mort.
Vos Sujets éperdus dans ces momens terribles,
Tomber autour devous, ſous descorps inviſibles,
Traînant, pour fuir ces bords,leurs pas appeſantis,
Et pouffant juſqu'à vous leurs lamentables cris.
Aux funébres accensde tant de voix plaintives ,
Auxphantômes errans qui couvriront ces rives,
Vous croirez voir le Styx fur ce bord effrayant ;
Vous mourrez mille fois dans ce Peuple expirant :
Et voyez votre fils , dans ce fléau funeſte ,
Lui-même enveloppé par le courroux céleste.
Ainſi vous ſubirez tous les malheurs unis ;..
Vous perdrez vos Sujets ſans ſauver votre fils.
IDOMENÉE .
LE GRAND - PRETRE.
1
Dans ce preſſant danger hâtez-vous de réſoudre.
Les Dieux peuvent frapper ; mais j'attendrai la
foudre..
Je ſuisPère.
Oui , Seigneur , & c'eſt de vos Sujets.
Le Ciel qui vous chargea de ces grands intérêts
Vous preſcrit avant tour l'amour de la patrie.
Veillez ſur les humains que l'Etat vous confie ,
C'eſt ledevoir des Rois , c'eſt la loi de leur rang
LeCiel n'a pointborné leur famille à leur ſang.
Leurpeuple eſt la première; & votre âme in
quiète
Sedoit dans ces momens toute entiére à laCrete
184 MERCURE DE FRANCE.
Iriez-vous l'accabler par des malheurs affreux ,
Enoſantdiſputer contre le choix des Dieux !
Si fur votre paſſage un deſtin moins févère
N'eûtmis, au lieu d'un Fils, qu'une tête étrangere,
Votre cœur aux dépens d'un ſang indifférent ,
Alors envers leCiels'acquittoit aiſément.
Cependant vous plongiez d'une main meurtrière
Dansledeuil& les pleurs une famille entiére.
Le fort tombe ſur vous ; vous ſouffrez ce
qu'ailleurs
Vous verſiez d'amertume & laiſſiez de malheurs ;
C'eſt ainſi qu'appaiſant l'éternellejustice,
Il fautque votrevœu devienne un ſacrifice.
Gemiſſez; mais cédez. Le doute où je vous vois
Expoſevotre fils & la Crete à la fois.
CesparolesduGrand-Prêtre replongent Idomé-
née dansſon premier déſeſpoir. En vain Erigone
entreprend de perfuader a ce Prince que l'ac-
compliffement d'un ferment comme le fien ,
eltpluscapabled'irriter , que d'appaiſer la Divini-
té. Elle tâchede le combattre par des raiſons& par
des exemples. Maisle Ciel ſemble , par des fléaux
qui épouvantent le Peuple , demander la victime
promile.
ACTE V.
Idamante , pour prévenir les malheurs qui
menacent la Crete, ſe dévoue àla mort: ni les
prières de ſes amis , ni les vœur de ſon Père ,
ni les larmes de ſon épouſe ne lui feront changer
*deréfolution.
1
AVRIL. 1764.
185
Auteurdes maux publics , me rendrai-je en ce
jour
L'horreur d'un Peuple entier dont tu m'as vu
l'amour ?
S'il fut heureux par moi , ſi ſa reconnoiſſance
Contre mon Père même avoit pris ma défenſe ;
S'il m'appelloit tantôt à ce ſuprême rang ,
Je vois en lui mon Peuple, & je lui dois mon
fang.
ERIGONE.
Voilà lefeulhonneur dont ton âme eſt jalouſe !
Ton Peuple ! .... mais , cruel , ta malheureuſe
épouſe i
IDAMANTE .
Et jemeurs pour toi-même , en détournant de
toi
Le fléau qui pourroit te frapperdevant moi.
ERIGON E.
:
En périrai-je moins ? ta vie étoit la mienne.
Tu n'en ſçaurois douter : ma mort ſuivra la
tienne.
Va , la contagion aveugle dans ſon cours ,
Lehazard en ces lieux peut épargner mes jours ,
Mais que fera lecoup oùta fureur s'obſtine ,
Qu'aſſurer à la fois & hâter ma ruine ?
Etqu'importe à mon fort que ce foit le fléau ,
Ou bien le déſeſpoir qui meplonge au tombeau?
Au moment où Idamante va s'arracher des
186 MERCURE DE FRANCE.
bras de ſon épouſe pour courir à la mort , les
Portes du Temple s'ouvrent ,& le Grand-Prêtre
paroît ſuivi des autres Prêtres & du Peuple.
ERIGONE.
Arrête ,dés Autels implacable Miniſtre ;
Tyran , qui veux ſoumettre àd'homicides loix
Les jours de l'innocence & le ſang de tes Rois.
Eh ! quel vœu faut-il done qu'Idamante accom-
pliffe?
Quel Dieu préſide au meurtre ,&preſcrit l'in-
juſtice?
(Mettant lamain furl'Autel. )
Voici ,voici l'Autel oùlesvœux les plusſaints
M'engagerent à lui... devant eux.. dans vos
mains !
Etvotre fanatiſme aveuglément préfére
Ades ſermens ſacrés un ferment ſanguinaire...
Ah ! s'ilfaut aujourd'hui violer l'un desdeux ,
Doit-ce être , répondez , le ſerment vertueux ?
Etdans les préjugés dont l'erreurvous domine ,
Unvœu n'est-il ſacré, que lorſqu'ilaffaffine ?
J'embraſſe cet Autel ; & pour en approcher ,
Cruels ,touteſanglante il faut m'en arracher..
Idoménée arrive duTemple avec précipitation
pour ſauver ſon fils de la mort& s'immoler lui-
même. Mais Idamante le prévient ; & voyant ſon
père prêt à ſe ſacrifier , il ſe frappe d'un poi-
gnard. Letonnerre gronde; Erigone tombe éva
nouie au pieddel'Autel ; Idoménée veut. ſe frape
AVRIL. 1764.
187
per de l'épéede Sophronime ;celui-ci le retient ,
& la Piéce finit par ces vers que prononce Ido-
ménée.
Ehbien,Dieu de la Crete ,
Mon fermenteſt rempli ,votre loi fatisfaite.
J'ai tout perdu. Cretois ,je vous rends votre foi.
Non ,je n'aiplusde fils; vous n'avez plus de Roi
Jequitte ces Autels , ce Trône , ce rivage.
Tout m'eſt affreux. Jefuisune ſanglante image.
Je vais chercher ailleurs des Dieux moins ennemiss
Je vais pleurer ailleurs mon ferment &mon fils.
CetteTragédie ſe trouve imprimée chez Du-
chefne , rue S. Jacques, au Temple duGoût ,au-
deſſusde la rue des Mathurins..
EXTRAIT d'IDOMENÉE, Tragédie
de M. LE MIERRE, représentée
pour la première fois, le Lundi 13
Février 1764.
PERSONNAGES. ACTEURS. IDOMÉNÉE, Roi de Créte. M. Brizart.
IDAMANTE, Fils du Roi .
Femme d'IDAMANTE..
SOPHRONIME.
M. Le Kain.
ERIGONE , Filled'un Roi de Samos ,
Mlle Clairon .
M. Dubois.
Hiv
7
176 MERCURE DE FRANCE.
NAUSICRATE , Confident
d'IDAMANTE .
LE GRAND-PRESTRE.
PRESTRES.
PEUPLES.
GARDES.
M. Dauberval.
M. Blainville
La Scène est à CYDON , Capitale de la Crete.
Le Théâtre repréſente le rivage de la mer. On voit
d'un côté un Temple , & de l'autre un Palais.
IDOMENEE étoit un des Rois ligués de la Gréce,
qui allerentfaire le ſiége de Troye. A fon retour
il efluye une tempête terrible , & fait vœu , s'il
échappe du naufrage , d'immoler la première
perſonne qui s'offrira à ſa vue en abordant dans
fon Ifle. Neptune exauce ſon voœu; les flots ſe
calment, la mer eſt tranquille ; & Idoménée eſt
prêt d'arriver dans ſa Capitale.C'eſt le moment
où la Piéce commence.
АСТЕ PREMIER.
:
Idamante , qui , pendant la tempête , avoit or-
donné au Grand Prêtre d'implorer les Dieux pour
la conſervationde la Flotte d'Idoménée , lui com-
mande de faire un nouveau ſacrifice , qui pro-
cure à ſon père un prompt & heureux retour. Il
ne quitte point le rivagede la mer , dans l'eſpé-
rance de le voir bientôt arriver ; & là il s'entre-
tient avec ſon Confident de ſon amour pour ſon
père , de ſon impatience à le revoir ,de ſa crainte
de leperdre. Dans ce moment paroît Erigone ,
épouſed'Idamante , qui lui apprend l'arrivée de
AVRIL. 1764.
177
Sophronime , Serviteur fidéle d'Idoménée , & fon
Compagnon de voyage; on le fait venir ; on l'in-
terroge ; il ignore le fort du Roi.
Nous n'avons parcouru l'immenſité des mers ,
Qu'àtravers les écueils & qu'au jour des éclairs.
DesCyclades encor les roches menaçantes
Eralent les débris de nos pouppes fumantes ;
Le ſeul vaiſleau duRoi ſur les flots orageux ,
Sembloit comme un dépôt confervé par lesDieux.
Déjà même des vents la fureur fatisfaite
Nous redonnoit l'eſpoir d'arriver dans la Crete:
Mais non loinde cette fle & près dece rocher ,
D'où le frontde l'Ila ſe découvre au Nocher ,
Les vents impétueux rallument les tempêtes ;
LeCiel étincelant s'entr'ouvre ſur nos têtes ;
Le vaiſſeau dans les airs s'élance avec les eaux ;
Nous touchons juſqu'aux Cieux,nous roulons ſous
les flots.
Aces coups redoublés de Neptune & d'Eole ,
L'horreur , le péril croît , l'eſpoir fuit, la mort
vole ;
Plus de ſalut ; pouffé ſur lesécueils , hélas !
Notre vaiſſeau s'entr'ouvre & ſe briſe en éclats.
Dans la nuit ,dans l'effroi tout périt, tout s'égare ;
Je veux ſuivre le Roi , la vague nous ſépare ;
Et les flots ennemis m'entraînent fur ce bord ,
Où revenu ſans lui j'invoque encor la mort.
Erigone , à cerécit, fait éclater ſa douleur par
Hv
178 MERCURE DE FRANCE.
une invective véhémente contre Héléne , dont lès
amours ont cauſé tant de maux à la Gréce. Ida-
mante plus occupé de ſon père que d'Hélène, croit
que s'il avoit été auprès de lui pendant la tempê-
te , il l'auroit ſauvé du naufrage. Il va pour éle-
ver untombeau à ſa mémoire , lorſque Naufs-
crate , ſon Confident , lui apprend qu'on a vude
loin un homme qui s'avançoit lentement ſur le
rivage. Cette nouvelle fait renaître l'eſpoirdans
le cœur du jeune Prince , qui court du côté qu'on,
vient de lui indiquer.
:
ACTE ΙΙ.
Idomenée ſeul ſur le bordde la mer , déplore
le malheur de ſa Flotte , eſpére de trouver dans
les embraſſemens de ſon Fils quelque adouciſſe-
ment à ſa douleur. Mais un remord le remplit
d'allarmes , & empoiſonne fon eſpérance. Il fe
rappelle ſon funeſte ſerment.
Neptune , as-tu reçu ma promeſſe inhumaine ?
Ce Vœu que je t'ai fait d'immoler en ces lieux
Le premier que la rive offriroit à mes yeux !
-Ah ! quandje t'implorois pour rentrer dans la
Crete ,
Quand l'effroi m'a dicté ma priéřeindiſcrette ,
J'eſpérois épargner ſur les mers en fureur ,
La mort derous les miens , ce ſpectacle à mon
cœur ;
Etpar humanité dans ce péril extrême ,
J'attentois , trop aveugle , à l'humanité même.
AVRIL. 1764.
179
Peuple heureux ſous mon fils , unde vous ſur ce
bord ,
De mon premier regard recevra donc la mort.
Ah; montrez-vous en foule , & m'épargnez un
crime ,
En neme laiſſantpas difcerner ma victime.
Hélas! ſur ce rivage , où j'appelle le deuil
,
Je n'oſe faire un pas , ni jetter un coup d'œil ,
Ciel .... un infortuné s'avance ſur la rive..
C'eſt ſon Fils; il le reconnoîtdans le moment
où, pour accomplir ſon vœu , il eſt prêt à le poi-
gnarder. Il jette ſon poignard &détourne la vuë..
Un accueil ſi triſte ,après dix ans d'abfence , jette
l'effroi dans l'âme d'Idamante. Il preſſe le Roi
de lui découvrir le ſujet de ſa douleur ; mais c
père infortuné , que ſon malheur accable , fe.
ſouſtrait aux queſtions & aux embraſſemens de
fon fils. En fe retirant il eſt apperçu par Erigo-
ne ; & il ſe dérobe également àla vue. Elle vient
avec précipitation en témoigner ſon étonnement
au Prince ſon époux. Ils font inſtruits l'un &
l'autre par la bouche de Sophronime , que le vœu
indiſcret d'Idoménée eſt ce qui caule lon déſeſpoir.
Sophronime ignore , ainſi qu'Erigone , qu'Idamante
eſt le premier qui s'eſt offert à la vueduRoi; le
jeune Prince apprenant ce funeſte ſerment , ne
doute point qu'il ne ſoit la victime deſtinée à a
mort ; il cache ſon trouble ; il fuit pour n'en
rien laiſſer paroître aux yeux de ſon épaule..
ACTE III.
Sophronime tâche en vain de détourner Idoménée:
H vj
180 MERCURE DE FRANCE.
d'accomplirle vœu qu'il a fait à Neptune. Le Roi
veut ſauver la vie a ton fils ; mais il veut ſe l'o-
ter à lui-même. Il veut que le Prince & Erigone
quittent la Crére , & s'embarquent pour Samos.
C'eſt dans ces circonstances qu'Erigone , ignorant
toujours qu'Idamante eſt la victime , dit à Ido-
ménée :
1
Crete,
Je gémis de venir , malgré ce déſaveu ,
د
Preffer ſur l'Inconnu l'effet de votre vœu.
1
Seigneur , née à Samos, loin des mœurs de la
Loind'un culte inhumain que ma pitié rejette ,
On ſçaitvotre ferment ainſi que vos allarmes;
CePeuple entier s'étonne & ſe plaint de vos lar-
mes;
Il s'aſſemble ; il murmure ; il demande à grands
٢٠
cris
La victime promiſe à la loi du Pays ;
Loi dure , loi de ſang qu'a jamais je déreſte ,
Et que n'a pû dicter la justice céleste ;
Mais hélas ! établie à la honte des Dieux
Chez cePeuple barbare & fuperftitieux.
Celuidont la vertu l'abhorre au fond de l'âme ,
Craignant de plusgrands maux, lui-même la re-
clame.
Oui , fi vous refuſez d'obéir à la loi,
Pour écarter de vous un péril ſi funeſte.
T
1,
Vous remplilfez l'Etat de féſordre &d'effroi.
Abandonnez un ſeul pour fatisfaire au reſte ,
AVRIL. 1764.
Puiffe ce malheureux être ici le dernier
Que la Crete à nos Dieux verra facrifier.
IDOMENÉE.
Ciel! quedemandez-vous , ma fille ?
ERIGONE .
Pour vous , pour votre fils ...
IDOMENÉE , ( avec un cri. )
181
La patrie ,
L'humanité , tout parle à votre âme attendrie.
Il coûte à votre cœur de livrer a la mort
Un Mortel condamné ſeulement par le ſort.
Mais tout mefait trembler , une loi tyrannique ,
L'emportementdu Peuple, un fanatiſine antique.
Prévenez ſa fureur , Seigneur , pour vos Etats
Erigone ....
Seigneur!
Ah ! vous ne sçavez pas ,
ERIGONE,
IDOMENÉE ..
Jour fatal ! .... veu barbare ! ....
Jene ſçais oùje ſuis ....
ERIGONE.
Quel trouble vous égare !
IDOMENÉE.
Tremblez de me preffer & de m'interroger.
ERIGON E.
Quel étrange langage, & quel nouveau danger!
IDOMENÉE , ( à part. )
Je frémis de parler , je frémis de me taire.
٢٠
182 MERCURE DE FRANCE.
ERIGONE.
Achevez , quel qu'il ſoit , d'éclaircir cemyſtère.
IDOMENÉE .
La colèredes Dieur ... mes deſtins inouis ....
Madame ... apprenez tout , la victime eſt mon
Qui !!
fils..
ERIGONE.
IDOMENÉE..
Mon fils !
ERIGONE.
Je me meurs..
Elle s'évanouit ; le Roi & Sophronime lacon-
duiſent vers les degrésduTemple , où elle reſte
accabléede ſon déſeſpoir. Revenue à elle-même
& livrée à ſa douleur , elle entre dans le Tem-
plepour implorer les Dieux , tandis que le Prince
fon Epoux vient ſe dévouer à la mort. Le Roi
croit que la fuite de ſon fils appaiſera le Ciel.
Idamante préfere le trépas : Idoménée veut fuir
lui-même . le Peuple inſtruit du ſort du jeune
Prince qu'il adore , accourt en foule pour le
ſauver.Idoménée perſiſte àvouloir quitterlaCretes
Idamante fort pour retenir ſon Père & appai-
fer le Peuple..
ACTE IV.
Tout ſemble diſpoſé pour le départ du Roi de
Crete, lorſque le Grand-Prêtre vient lui déclarer
queles Dieuxdemandent le fang qu'il a promis..
S'il le refuſe, il lui prédit les plus grands mal
heurs. Voyez , lui dit-il ,
AVRIL. 1764.
183
Voyez ſur ces climats les vents ſouffler la mort.
Vos Sujets éperdus dans ces momens terribles,
Tomber autour devous, ſous descorps inviſibles,
Traînant, pour fuir ces bords,leurs pas appeſantis,
Et pouffant juſqu'à vous leurs lamentables cris.
Aux funébres accensde tant de voix plaintives ,
Auxphantômes errans qui couvriront ces rives,
Vous croirez voir le Styx fur ce bord effrayant ;
Vous mourrez mille fois dans ce Peuple expirant :
Et voyez votre fils , dans ce fléau funeſte ,
Lui-même enveloppé par le courroux céleste.
Ainſi vous ſubirez tous les malheurs unis ;..
Vous perdrez vos Sujets ſans ſauver votre fils.
IDOMENÉE .
LE GRAND - PRETRE.
1
Dans ce preſſant danger hâtez-vous de réſoudre.
Les Dieux peuvent frapper ; mais j'attendrai la
foudre..
Je ſuisPère.
Oui , Seigneur , & c'eſt de vos Sujets.
Le Ciel qui vous chargea de ces grands intérêts
Vous preſcrit avant tour l'amour de la patrie.
Veillez ſur les humains que l'Etat vous confie ,
C'eſt ledevoir des Rois , c'eſt la loi de leur rang
LeCiel n'a pointborné leur famille à leur ſang.
Leurpeuple eſt la première; & votre âme in
quiète
Sedoit dans ces momens toute entiére à laCrete
184 MERCURE DE FRANCE.
Iriez-vous l'accabler par des malheurs affreux ,
Enoſantdiſputer contre le choix des Dieux !
Si fur votre paſſage un deſtin moins févère
N'eûtmis, au lieu d'un Fils, qu'une tête étrangere,
Votre cœur aux dépens d'un ſang indifférent ,
Alors envers leCiels'acquittoit aiſément.
Cependant vous plongiez d'une main meurtrière
Dansledeuil& les pleurs une famille entiére.
Le fort tombe ſur vous ; vous ſouffrez ce
qu'ailleurs
Vous verſiez d'amertume & laiſſiez de malheurs ;
C'eſt ainſi qu'appaiſant l'éternellejustice,
Il fautque votrevœu devienne un ſacrifice.
Gemiſſez; mais cédez. Le doute où je vous vois
Expoſevotre fils & la Crete à la fois.
CesparolesduGrand-Prêtre replongent Idomé-
née dansſon premier déſeſpoir. En vain Erigone
entreprend de perfuader a ce Prince que l'ac-
compliffement d'un ferment comme le fien ,
eltpluscapabled'irriter , que d'appaiſer la Divini-
té. Elle tâchede le combattre par des raiſons& par
des exemples. Maisle Ciel ſemble , par des fléaux
qui épouvantent le Peuple , demander la victime
promile.
ACTE V.
Idamante , pour prévenir les malheurs qui
menacent la Crete, ſe dévoue àla mort: ni les
prières de ſes amis , ni les vœur de ſon Père ,
ni les larmes de ſon épouſe ne lui feront changer
*deréfolution.
1
AVRIL. 1764.
185
Auteurdes maux publics , me rendrai-je en ce
jour
L'horreur d'un Peuple entier dont tu m'as vu
l'amour ?
S'il fut heureux par moi , ſi ſa reconnoiſſance
Contre mon Père même avoit pris ma défenſe ;
S'il m'appelloit tantôt à ce ſuprême rang ,
Je vois en lui mon Peuple, & je lui dois mon
fang.
ERIGONE.
Voilà lefeulhonneur dont ton âme eſt jalouſe !
Ton Peuple ! .... mais , cruel , ta malheureuſe
épouſe i
IDAMANTE .
Et jemeurs pour toi-même , en détournant de
toi
Le fléau qui pourroit te frapperdevant moi.
ERIGON E.
:
En périrai-je moins ? ta vie étoit la mienne.
Tu n'en ſçaurois douter : ma mort ſuivra la
tienne.
Va , la contagion aveugle dans ſon cours ,
Lehazard en ces lieux peut épargner mes jours ,
Mais que fera lecoup oùta fureur s'obſtine ,
Qu'aſſurer à la fois & hâter ma ruine ?
Etqu'importe à mon fort que ce foit le fléau ,
Ou bien le déſeſpoir qui meplonge au tombeau?
Au moment où Idamante va s'arracher des
186 MERCURE DE FRANCE.
bras de ſon épouſe pour courir à la mort , les
Portes du Temple s'ouvrent ,& le Grand-Prêtre
paroît ſuivi des autres Prêtres & du Peuple.
ERIGONE.
Arrête ,dés Autels implacable Miniſtre ;
Tyran , qui veux ſoumettre àd'homicides loix
Les jours de l'innocence & le ſang de tes Rois.
Eh ! quel vœu faut-il done qu'Idamante accom-
pliffe?
Quel Dieu préſide au meurtre ,&preſcrit l'in-
juſtice?
(Mettant lamain furl'Autel. )
Voici ,voici l'Autel oùlesvœux les plusſaints
M'engagerent à lui... devant eux.. dans vos
mains !
Etvotre fanatiſme aveuglément préfére
Ades ſermens ſacrés un ferment ſanguinaire...
Ah ! s'ilfaut aujourd'hui violer l'un desdeux ,
Doit-ce être , répondez , le ſerment vertueux ?
Etdans les préjugés dont l'erreurvous domine ,
Unvœu n'est-il ſacré, que lorſqu'ilaffaffine ?
J'embraſſe cet Autel ; & pour en approcher ,
Cruels ,touteſanglante il faut m'en arracher..
Idoménée arrive duTemple avec précipitation
pour ſauver ſon fils de la mort& s'immoler lui-
même. Mais Idamante le prévient ; & voyant ſon
père prêt à ſe ſacrifier , il ſe frappe d'un poi-
gnard. Letonnerre gronde; Erigone tombe éva
nouie au pieddel'Autel ; Idoménée veut. ſe frape
AVRIL. 1764.
187
per de l'épéede Sophronime ;celui-ci le retient ,
& la Piéce finit par ces vers que prononce Ido-
ménée.
Ehbien,Dieu de la Crete ,
Mon fermenteſt rempli ,votre loi fatisfaite.
J'ai tout perdu. Cretois ,je vous rends votre foi.
Non ,je n'aiplusde fils; vous n'avez plus de Roi
Jequitte ces Autels , ce Trône , ce rivage.
Tout m'eſt affreux. Jefuisune ſanglante image.
Je vais chercher ailleurs des Dieux moins ennemiss
Je vais pleurer ailleurs mon ferment &mon fils.
CetteTragédie ſe trouve imprimée chez Du-
chefne , rue S. Jacques, au Temple duGoût ,au-
deſſusde la rue des Mathurins..
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12725
p. 187-194
REMARQUES SUR la Tragédie d'IDOMÉNÉE.
Début :
Le Sujet que vient de traiter M. le Mierre est le même sur lequel un grand homme essaya ses [...]
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texteReconnaissance textuelle : REMARQUES SUR la Tragédie d'IDOMÉNÉE.
REMARQUES
SUR la Tragédie d'IDOMÉNÉE.
Le Sujet que vient de traiter M. le Mierre est
le même sur lequel un grand homme essaya ses
premiers talens. Quoique l'Idoménéede feu M. do
Crébillon ſoit regardé comme le plus foible de
fes Ouvrages ; quoiqu'il en eût lui-même cette
idée , on y apperçoit le germe des grands traits
qui ont illuſtré ce Poëte. La force de quelques
images , le nerf des penſées , la beauté mâle
d'une verfification dramatique , tour marquoit
l'aurore d'un jour plus éclatant. Ce fut appa-
remment à ce préſage que ſon Idoménée dut
leſuccès de rs repréſentations. On ſentit que
F'œuvre avoit manqué a l'Artiſte plutôt que
Artiſte à l'œuvre. Ce Sujet devint affez góc
188 MERCURE DE FRANCE.
néralement mis au nombre de ceux qui peu-
vent ſéduire par un trait dont on ſe préoccupe ,
mais qui à l'exécution ne payent jamais du tra
vailqu'ils coûtent. C'eſt ainſi que l'on doit pen-
fer , d'après le célèbre Auteur qui l'avoit tenté
,
de tout Sujet qui ne comporte eſſentiellement en
foi ,que la matière d'une ſeule belle Scène. Feu
M. Danchet enviſagea ce même Idoménée comme
plus propre à figurer à l'Opéra Il en fit auffi
Vellai dans un temps où l'on ſouffroit encore fur
ce Théâtre une certaine conduite & une marche
dans les Piéces, des fils & des développemens de
Scène , d'où réſultoit l'intérêt ,aux dépens à la
vérité des ſuperbes ſymphonies , des charmantes
Ariettes & desſaults perpétuels du Ballet , qui
ont fuccédé à cet ancien genre. Le Poëte Lyrique
avoit très - bien imaginé cependant, que les li-
cences propres au genre, lui fourniroient , pour
remplir les vuides du Sujet , des machines que
ne pouvoit pas admettre une Scène plus régu-
Lère.
L'Auteur du nouvel Idomenée n'a pas crû devoir
laiſſer perdre
la Scène Franç ile , un Sujet qui
ſembloit n'avoir été employé que comme pre-
miere eſquille par M. de Crébillon : il a tenté de
profiterdes erreurs d'un Grand Homme. Ce n'eſt
pas à nous de décider s'il a atteint ce but glo-
rieux , & rempli toute l'étendue de fon eſpoir.
Le Public , comme il arrive toujours , a porté
diversjugemens au Théâtre. Quand ces jugemen's
pour ou contre l'ouvrage ſeroient univoques ,
ils éprouvent ſouvent des modifications a la
lecture. En préſentant au Public celle de la
Piéce de M. le Mierre , nous nous bornerons
donc à ſuivre l'Auteur moderne dans les routes
a
qu'il a tenues entre le grand Poëte Tragique
AVRIL. 1764.
& le Poëte Lyrique qui l'avoient précédé.
189
L'Idomenée de M. de Crébillon paroît dès
l'ouverture de la Scène. L'expoſition qu'il fait
de ſon vœu barbare , de la rencontre de fon
fils , & des fleaux qu'attire ſur la Crete la ven-
geance impatiente des Dieux , ſemble être le
plan tracé de ce que M. le Mierre a mis en
action & ſous les yeux du Spectateur , mais dont
il ne commence la marche qu'au ſecond Acte
de ſa Tragédie. Nous ne devons pas laiſſer échap-
per l'adreſſe de ce moyen, pour abréger au moins
d'un Acte entier , une carrière difficile à remplir
dès l'inſtant que le moment fatal de la rencon-
tre du Père & du Fils eſt connue du Spectateur.
C'eſt cette difficulté à, ſe traîner pour ainſi dire,
depuis ce point intéreſſant juſqu'à la fin du cin-
quiéme Acte , qui avoit engagé l'ancien Auteur
à charger le malheureux Idoménée d'un nou-
veau tourment , par l'amour qu'il lui prête pour
Erixéne , & par la rivalité que cela produit
entre le Père & le Fils. Quoique le Poëte ly-
rique ( feu M. Danchet ) eût fufpendu la ren-
contre d'Idoménée & d'Idamante juſqu'au ſecond
Acte , quoiqu'il eût mis , ainſi qu'a fait M. le
Mierre , cette ſituation en action & ſous les
yeux du Spectateur , il ne s'étoit pas crû vrái-
ſembablement diſpenſé du beſoin de cet amour
&de cette rivalité entre le Père & le Fils. Il avoir
changé l'Erixénede M. de Crébillon en un Illione ,
Princeſſe qui par d'autres circonstances a des
motifs de devoir auſſi puiſſans que l'autre, pour
déteſter la tendreſſe de ces deux Princes , mais
qui céde cependant de même aux feux du plus
jeune. L'uſage du Théâtre Lyrique faifoit une
excufe à cet Auteur. Nous devons remarquer
avec éloges pour M. le Mierre, la juſteſſe de goûs
90 MERCURE DE FRANCE.
&de difcernement qui lui a fait ſupprimer cet
amour , ridicule dans un vieillard abſent depuis
longtemps , & dont l'âme eſt agitée , par un
mouvement auſſi important que l'eſt celui de ſe
croire obligé d'égorger lui-même un fils tendre-
ment aimé &digne de l'être. Quoiqu'en puiſſent
dire les Partiſans de cette frivole paſſion au
Théâtre , quel moment pour l'amour que la
fituation où ſe trouve Idoménée ! De quel poids
doit-il être ſur des eſprits ſenſés ? Quel intérêt
peut-il produiredans des cœurs honnêtes ? Lorf-
qu'il y a fur un perſonnage un motif d'intérêt
auſſi principal & d'une telle prééminence , ne
l'affoiblit-on pas plutôt que de l'augmenter en
accumulantdes moyens auſſi ſubordonnés ? Nous
ſçavons que feu M. de Crébillon blamoit lui-
même & ſe reprochoit l'amour d'Idomenée dont
M. le Mierre a débarraſſé ce caractére. La ten-
dreſſe légitime d'une épouſe vertueuſe pour
Idamante , l'attache & la lie à l'intérêt prin-
cipal , dans la nouvelle Tragédie ; il lui don-
ne ainſi unjeu naturel & convenable dans l'ac-
tion. Il a ſervi de plus au nouvel Auteur à ren-
dre moins vuidetoute la préparation du premier
Acte.
S'il est vraique la rencontre d'Idoménée &de
ſon fils au commencement du deuxième Acte,
ait été en quelque ſorte indiquée par l'Opéra de
M.Danchet , l'uſage qu'en fait M. le Mierre pa-
roît bien plus vif& bienplus frappant. Le Poëte
Lyrique a filé une reconnoiſſance qui fait lan-
guir la ſituation. Il eſt d'ailleurs bien plus vrai-
Lemblable qu'Idoménée , troublé par l'horreur de
fonvœu, trouvant la victime ſeule ſur ce rivage
ſe précipite ſur elle , que d'entrer en diſcuſſion
avec ce malheureux Inconnu. Au moment qu'il
AVRIL. 1764.
191
weut frapper , M. le Mierre fait voler le filsdans
Jes bras du père qui le reconnoît. Rien ne man-
que à cette ſituation pour la rendre du plus
grand effet, & du plus beau genre de tragique.
A cet égard tout paroît àl'avantage du nouvel
Auteur. Il nous reſte à voir s'il a pu éviter les
obstacles naturels du Sujet & remplir aveccha-
leur & intérêt les vuides qu'il préſente. Les deux
anciens Auteurs ſuſpendent longtemps la con-
noiſſance du ſecret d'Idoménée par ſonfils. M. le
Mierre la lui donne bien plutôt. Il en réſulte
peut-être un inconvénient pour ſa Piéce, qui eſt
de ne pas fonder ſur des motifs raiſonnables le
refus que fait Idamante de tous les moyens pro-
poſés par ſon père , pour lui ôter le pouvoir d'e-
xécuter ſon exécrable vœu. Telles ſont les pro-
poſitions de rendrela tête de ſon fils ſacrée pour
lui-même, par l'auguſte caractère de Roi , ou de
l'éloigner de la Crete & le dérober par là à la fu-
reur du Fanatiſme. Idamante , ignorant les
vrais motifs de ſon Père , & la cauſe de l'état
violent où il le voit , doit fe refuſer à toutes
ces propoſitions;mais en la connoillant , ce cou-
rage en lui , ſi ç'en eſt un , eſt une barbarie
contre ce Père infortuné. Il eſt vrai que tranf
portant l'ignorance du fatal ſecret ſur Erigone ,
M. le Mierre a trouvé la matière d'une fort
belle Scène , dans laquelle cette épouſe éplorée,
parun excès detendreſſe pour le Père & le Fils,
autant que par des raiſons d'état , pourſuit avec
chaleur , ſans le ſçavoir, la mort d'un époux
adoré. Sa fituation, en apprenant cefatal ſecret,
eſt d'une force vraiment tragique. Au lieu que
dans les deux autres Tragédies , c'eſt par des
motifs bas & criminels que les femmes preſ-
fent ledanger de leur amant ; ce qui rend
192 MERCURE DE FRANCE.
la mépriſe & bien moins intéreſſante , & bien
moins convenable àla dignité de ſentiment qu'é-
zigecelle de la Tragédie.
Les expédiens qui naiffent du Sujet pour
fufpendre la catastrophe, font à-peu-près les mê-
mes dans les trois Auteurs. Il ne peut guères
en effet s'en préſenter d'autres que l'éloigne-
ment d'Idamante & d'Idoménée
,
pour éluder
l'effet du vœu . Chacun des Auteurs a modifié
différemment les obſtacles qui s'oppoſent à ces
expédiens , principalement a la réſolution d'I-
doménée , de fuir & fon Fils & fes Etats. M.
de Crebillon ſe ſert d'un Oracle révélé par la fu-
reur d'Erixéne qui croit ne perdre que le père
qu'elle déreſte , & qui produit la mort du fils
qu'elle aime. Le Poëte Lyrique , grâce à la com-
modité des uſagesde ſa ſcène , préſente un Dieu
dans une machine qui arrête Idoménée. Le nou-
vel Auteur a fubititué à ce Dieu un Grand- Prêtre
qui prétend foutenir l'ordre des Dieux & le ſalur
desPeuples.
Ce moyen fournit une belle déclamation contre
le Fanatifme. Elle est convenablement placée
dans la bouche d'Erigone , étrangère au culte
des Cretois , mais n'y pourroit-on pas entrevoir
de Pinconféquence entre les grandes vérités phi-
loſophiques qu'elle contient , & l'événement de
la catastrophe. La fatalité eſt accomplie , &d'une
manière cruelle contre Idamante ; le Prêtre eſt
juſtifiédans ſes menaces ; il ſemble que le bur
moral n'eſt pas atteint ; car après les maximes
juſtes , & fermes que l'Auteur a miſes dans la
bouche d'Erigone , on est bien loin de le ſoup-
çonner d'avoirvoulu faire triompher la ſuperſti-
tion,de l'humanité & de la philofophie. Les autres
Auteurs avoient laiſſe
ſubſiſter fans critique ,
l'erreur
AVRIL. 1764.
193
l'erreur ſur laquelle eſt établie la fable du ſujet ;
c'étoitau moins n'avoir pas compromis les droits
de la vérité. Dans l'ancien Auteur tragique &
dans le nouveau , Idamante meurt de ſa propre
main; les Dieux ſont ſatisfaits , & le Père au
moins n'eſt pas chargé de l'horreur de l'exé-
cution. Le Poëte lyrique a ſeul rempli le vœu
dans toute ſon étendue. Il fait immoler le fils
par le père , en introduiſant Néméfis , qui ver-
ſe ſur lui tous ſes feux , qui égare ſa raiſon
,
& lui dérobe la connoiſſance de la victime dans
l'exécrable ſacrifice qu'il en fait; c'eſt aux Juges
de l'art à déterminer laquelle de ces catastrophes
eſt la plus régulière & la plus amenée par l'action.
Quelles quefoient les réfléxions qu'on faſſe à la
lecture de cette nouvelle Tragédie , ſur la na-
ture du Sujet , ſur les riſques qu'il y avoit à
l'entreprendre , on ne pourra ſans injustice ſe
refuſer à louer le courage d'avoir rempli une
carrière auſſi ingrate que celle qui reſte en-
tre le moment de la ſcène du ſecond Acte , &
lacaſtatrophe du cinquiéme. Nous croyons auſſi
que l'on y remarquera avec plaifir beaucoup de
vers heureux , & qui ont produit leur effer au
Théâtre. Si l'on ne craignoit de s'écarter tropde
l'opinion commune , on exhorteroit ici lesjeunes
Auteurs à tenter quelquefois de pareilles entrepri-
fes, ſans s'effrayer des noms &dela célébrité de
ceuxde leurs Prédéceſſeurs , qui ont manqué cer-
rains ſujets.Quelques exemples , rares à la vérité ,
ne font ils pas ſuffiſans pour nous autoriſer à
donner cet encouragement ? Les vrais Sujets tra-
giques ne font pasen ſi grand nombre , que bien
desgens le croyent , s'il en eſt quelques-uns ſur
leſquels des Muſes célèbres ſe ſoient éxercées
avec peu de ſuccès , pourquoi ſeroient-ils àjamais
I. Vol.
I
194 MERCURE DE FRANCE.
perdus pour les autres ? s'il en eſt même qui
par leur conſtitution , préſentent des difficultés
infurmontables en apparence ; pourquoi inter-
diroit-on au génie la gloire d'en triompher ? à
travers les naufrages d'une flotte entiere , un
Pilote plus heureux ou plus habile fait abor-
derauPort un Vaiſſeau dont la richeſſe dédom-
magede la perte des autres, Cen'eſt pas à ceux
qui attendent ces richeſſes ſur le rivage , à exa-
gérer les dangersqu'on éprouve , pour les leur
apporter. Ils peuvent plaindre , mais ne doivent
jamais blâmer ceux mêmes qui échouent à leur
vue.
SUR la Tragédie d'IDOMÉNÉE.
Le Sujet que vient de traiter M. le Mierre est
le même sur lequel un grand homme essaya ses
premiers talens. Quoique l'Idoménéede feu M. do
Crébillon ſoit regardé comme le plus foible de
fes Ouvrages ; quoiqu'il en eût lui-même cette
idée , on y apperçoit le germe des grands traits
qui ont illuſtré ce Poëte. La force de quelques
images , le nerf des penſées , la beauté mâle
d'une verfification dramatique , tour marquoit
l'aurore d'un jour plus éclatant. Ce fut appa-
remment à ce préſage que ſon Idoménée dut
leſuccès de rs repréſentations. On ſentit que
F'œuvre avoit manqué a l'Artiſte plutôt que
Artiſte à l'œuvre. Ce Sujet devint affez góc
188 MERCURE DE FRANCE.
néralement mis au nombre de ceux qui peu-
vent ſéduire par un trait dont on ſe préoccupe ,
mais qui à l'exécution ne payent jamais du tra
vailqu'ils coûtent. C'eſt ainſi que l'on doit pen-
fer , d'après le célèbre Auteur qui l'avoit tenté
,
de tout Sujet qui ne comporte eſſentiellement en
foi ,que la matière d'une ſeule belle Scène. Feu
M. Danchet enviſagea ce même Idoménée comme
plus propre à figurer à l'Opéra Il en fit auffi
Vellai dans un temps où l'on ſouffroit encore fur
ce Théâtre une certaine conduite & une marche
dans les Piéces, des fils & des développemens de
Scène , d'où réſultoit l'intérêt ,aux dépens à la
vérité des ſuperbes ſymphonies , des charmantes
Ariettes & desſaults perpétuels du Ballet , qui
ont fuccédé à cet ancien genre. Le Poëte Lyrique
avoit très - bien imaginé cependant, que les li-
cences propres au genre, lui fourniroient , pour
remplir les vuides du Sujet , des machines que
ne pouvoit pas admettre une Scène plus régu-
Lère.
L'Auteur du nouvel Idomenée n'a pas crû devoir
laiſſer perdre
la Scène Franç ile , un Sujet qui
ſembloit n'avoir été employé que comme pre-
miere eſquille par M. de Crébillon : il a tenté de
profiterdes erreurs d'un Grand Homme. Ce n'eſt
pas à nous de décider s'il a atteint ce but glo-
rieux , & rempli toute l'étendue de fon eſpoir.
Le Public , comme il arrive toujours , a porté
diversjugemens au Théâtre. Quand ces jugemen's
pour ou contre l'ouvrage ſeroient univoques ,
ils éprouvent ſouvent des modifications a la
lecture. En préſentant au Public celle de la
Piéce de M. le Mierre , nous nous bornerons
donc à ſuivre l'Auteur moderne dans les routes
a
qu'il a tenues entre le grand Poëte Tragique
AVRIL. 1764.
& le Poëte Lyrique qui l'avoient précédé.
189
L'Idomenée de M. de Crébillon paroît dès
l'ouverture de la Scène. L'expoſition qu'il fait
de ſon vœu barbare , de la rencontre de fon
fils , & des fleaux qu'attire ſur la Crete la ven-
geance impatiente des Dieux , ſemble être le
plan tracé de ce que M. le Mierre a mis en
action & ſous les yeux du Spectateur , mais dont
il ne commence la marche qu'au ſecond Acte
de ſa Tragédie. Nous ne devons pas laiſſer échap-
per l'adreſſe de ce moyen, pour abréger au moins
d'un Acte entier , une carrière difficile à remplir
dès l'inſtant que le moment fatal de la rencon-
tre du Père & du Fils eſt connue du Spectateur.
C'eſt cette difficulté à, ſe traîner pour ainſi dire,
depuis ce point intéreſſant juſqu'à la fin du cin-
quiéme Acte , qui avoit engagé l'ancien Auteur
à charger le malheureux Idoménée d'un nou-
veau tourment , par l'amour qu'il lui prête pour
Erixéne , & par la rivalité que cela produit
entre le Père & le Fils. Quoique le Poëte ly-
rique ( feu M. Danchet ) eût fufpendu la ren-
contre d'Idoménée & d'Idamante juſqu'au ſecond
Acte , quoiqu'il eût mis , ainſi qu'a fait M. le
Mierre , cette ſituation en action & ſous les
yeux du Spectateur , il ne s'étoit pas crû vrái-
ſembablement diſpenſé du beſoin de cet amour
&de cette rivalité entre le Père & le Fils. Il avoir
changé l'Erixénede M. de Crébillon en un Illione ,
Princeſſe qui par d'autres circonstances a des
motifs de devoir auſſi puiſſans que l'autre, pour
déteſter la tendreſſe de ces deux Princes , mais
qui céde cependant de même aux feux du plus
jeune. L'uſage du Théâtre Lyrique faifoit une
excufe à cet Auteur. Nous devons remarquer
avec éloges pour M. le Mierre, la juſteſſe de goûs
90 MERCURE DE FRANCE.
&de difcernement qui lui a fait ſupprimer cet
amour , ridicule dans un vieillard abſent depuis
longtemps , & dont l'âme eſt agitée , par un
mouvement auſſi important que l'eſt celui de ſe
croire obligé d'égorger lui-même un fils tendre-
ment aimé &digne de l'être. Quoiqu'en puiſſent
dire les Partiſans de cette frivole paſſion au
Théâtre , quel moment pour l'amour que la
fituation où ſe trouve Idoménée ! De quel poids
doit-il être ſur des eſprits ſenſés ? Quel intérêt
peut-il produiredans des cœurs honnêtes ? Lorf-
qu'il y a fur un perſonnage un motif d'intérêt
auſſi principal & d'une telle prééminence , ne
l'affoiblit-on pas plutôt que de l'augmenter en
accumulantdes moyens auſſi ſubordonnés ? Nous
ſçavons que feu M. de Crébillon blamoit lui-
même & ſe reprochoit l'amour d'Idomenée dont
M. le Mierre a débarraſſé ce caractére. La ten-
dreſſe légitime d'une épouſe vertueuſe pour
Idamante , l'attache & la lie à l'intérêt prin-
cipal , dans la nouvelle Tragédie ; il lui don-
ne ainſi unjeu naturel & convenable dans l'ac-
tion. Il a ſervi de plus au nouvel Auteur à ren-
dre moins vuidetoute la préparation du premier
Acte.
S'il est vraique la rencontre d'Idoménée &de
ſon fils au commencement du deuxième Acte,
ait été en quelque ſorte indiquée par l'Opéra de
M.Danchet , l'uſage qu'en fait M. le Mierre pa-
roît bien plus vif& bienplus frappant. Le Poëte
Lyrique a filé une reconnoiſſance qui fait lan-
guir la ſituation. Il eſt d'ailleurs bien plus vrai-
Lemblable qu'Idoménée , troublé par l'horreur de
fonvœu, trouvant la victime ſeule ſur ce rivage
ſe précipite ſur elle , que d'entrer en diſcuſſion
avec ce malheureux Inconnu. Au moment qu'il
AVRIL. 1764.
191
weut frapper , M. le Mierre fait voler le filsdans
Jes bras du père qui le reconnoît. Rien ne man-
que à cette ſituation pour la rendre du plus
grand effet, & du plus beau genre de tragique.
A cet égard tout paroît àl'avantage du nouvel
Auteur. Il nous reſte à voir s'il a pu éviter les
obstacles naturels du Sujet & remplir aveccha-
leur & intérêt les vuides qu'il préſente. Les deux
anciens Auteurs ſuſpendent longtemps la con-
noiſſance du ſecret d'Idoménée par ſonfils. M. le
Mierre la lui donne bien plutôt. Il en réſulte
peut-être un inconvénient pour ſa Piéce, qui eſt
de ne pas fonder ſur des motifs raiſonnables le
refus que fait Idamante de tous les moyens pro-
poſés par ſon père , pour lui ôter le pouvoir d'e-
xécuter ſon exécrable vœu. Telles ſont les pro-
poſitions de rendrela tête de ſon fils ſacrée pour
lui-même, par l'auguſte caractère de Roi , ou de
l'éloigner de la Crete & le dérober par là à la fu-
reur du Fanatiſme. Idamante , ignorant les
vrais motifs de ſon Père , & la cauſe de l'état
violent où il le voit , doit fe refuſer à toutes
ces propoſitions;mais en la connoillant , ce cou-
rage en lui , ſi ç'en eſt un , eſt une barbarie
contre ce Père infortuné. Il eſt vrai que tranf
portant l'ignorance du fatal ſecret ſur Erigone ,
M. le Mierre a trouvé la matière d'une fort
belle Scène , dans laquelle cette épouſe éplorée,
parun excès detendreſſe pour le Père & le Fils,
autant que par des raiſons d'état , pourſuit avec
chaleur , ſans le ſçavoir, la mort d'un époux
adoré. Sa fituation, en apprenant cefatal ſecret,
eſt d'une force vraiment tragique. Au lieu que
dans les deux autres Tragédies , c'eſt par des
motifs bas & criminels que les femmes preſ-
fent ledanger de leur amant ; ce qui rend
192 MERCURE DE FRANCE.
la mépriſe & bien moins intéreſſante , & bien
moins convenable àla dignité de ſentiment qu'é-
zigecelle de la Tragédie.
Les expédiens qui naiffent du Sujet pour
fufpendre la catastrophe, font à-peu-près les mê-
mes dans les trois Auteurs. Il ne peut guères
en effet s'en préſenter d'autres que l'éloigne-
ment d'Idamante & d'Idoménée
,
pour éluder
l'effet du vœu . Chacun des Auteurs a modifié
différemment les obſtacles qui s'oppoſent à ces
expédiens , principalement a la réſolution d'I-
doménée , de fuir & fon Fils & fes Etats. M.
de Crebillon ſe ſert d'un Oracle révélé par la fu-
reur d'Erixéne qui croit ne perdre que le père
qu'elle déreſte , & qui produit la mort du fils
qu'elle aime. Le Poëte Lyrique , grâce à la com-
modité des uſagesde ſa ſcène , préſente un Dieu
dans une machine qui arrête Idoménée. Le nou-
vel Auteur a fubititué à ce Dieu un Grand- Prêtre
qui prétend foutenir l'ordre des Dieux & le ſalur
desPeuples.
Ce moyen fournit une belle déclamation contre
le Fanatifme. Elle est convenablement placée
dans la bouche d'Erigone , étrangère au culte
des Cretois , mais n'y pourroit-on pas entrevoir
de Pinconféquence entre les grandes vérités phi-
loſophiques qu'elle contient , & l'événement de
la catastrophe. La fatalité eſt accomplie , &d'une
manière cruelle contre Idamante ; le Prêtre eſt
juſtifiédans ſes menaces ; il ſemble que le bur
moral n'eſt pas atteint ; car après les maximes
juſtes , & fermes que l'Auteur a miſes dans la
bouche d'Erigone , on est bien loin de le ſoup-
çonner d'avoirvoulu faire triompher la ſuperſti-
tion,de l'humanité & de la philofophie. Les autres
Auteurs avoient laiſſe
ſubſiſter fans critique ,
l'erreur
AVRIL. 1764.
193
l'erreur ſur laquelle eſt établie la fable du ſujet ;
c'étoitau moins n'avoir pas compromis les droits
de la vérité. Dans l'ancien Auteur tragique &
dans le nouveau , Idamante meurt de ſa propre
main; les Dieux ſont ſatisfaits , & le Père au
moins n'eſt pas chargé de l'horreur de l'exé-
cution. Le Poëte lyrique a ſeul rempli le vœu
dans toute ſon étendue. Il fait immoler le fils
par le père , en introduiſant Néméfis , qui ver-
ſe ſur lui tous ſes feux , qui égare ſa raiſon
,
& lui dérobe la connoiſſance de la victime dans
l'exécrable ſacrifice qu'il en fait; c'eſt aux Juges
de l'art à déterminer laquelle de ces catastrophes
eſt la plus régulière & la plus amenée par l'action.
Quelles quefoient les réfléxions qu'on faſſe à la
lecture de cette nouvelle Tragédie , ſur la na-
ture du Sujet , ſur les riſques qu'il y avoit à
l'entreprendre , on ne pourra ſans injustice ſe
refuſer à louer le courage d'avoir rempli une
carrière auſſi ingrate que celle qui reſte en-
tre le moment de la ſcène du ſecond Acte , &
lacaſtatrophe du cinquiéme. Nous croyons auſſi
que l'on y remarquera avec plaifir beaucoup de
vers heureux , & qui ont produit leur effer au
Théâtre. Si l'on ne craignoit de s'écarter tropde
l'opinion commune , on exhorteroit ici lesjeunes
Auteurs à tenter quelquefois de pareilles entrepri-
fes, ſans s'effrayer des noms &dela célébrité de
ceuxde leurs Prédéceſſeurs , qui ont manqué cer-
rains ſujets.Quelques exemples , rares à la vérité ,
ne font ils pas ſuffiſans pour nous autoriſer à
donner cet encouragement ? Les vrais Sujets tra-
giques ne font pasen ſi grand nombre , que bien
desgens le croyent , s'il en eſt quelques-uns ſur
leſquels des Muſes célèbres ſe ſoient éxercées
avec peu de ſuccès , pourquoi ſeroient-ils àjamais
I. Vol.
I
194 MERCURE DE FRANCE.
perdus pour les autres ? s'il en eſt même qui
par leur conſtitution , préſentent des difficultés
infurmontables en apparence ; pourquoi inter-
diroit-on au génie la gloire d'en triompher ? à
travers les naufrages d'une flotte entiere , un
Pilote plus heureux ou plus habile fait abor-
derauPort un Vaiſſeau dont la richeſſe dédom-
magede la perte des autres, Cen'eſt pas à ceux
qui attendent ces richeſſes ſur le rivage , à exa-
gérer les dangersqu'on éprouve , pour les leur
apporter. Ils peuvent plaindre , mais ne doivent
jamais blâmer ceux mêmes qui échouent à leur
vue.
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12726
p. 194-195
« Le 3 Mars on a donné la première représentation de l'Amateur, Comédie [...] »
Début :
Le 3 Mars on a donné la première représentation de l'Amateur, Comédie [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le 3 Mars on a donné la première représentation de l'Amateur, Comédie [...] »
Le 3 Mars on a donné la première
représentation de l'Amateur, Comédie
nouvelle en Vers & un Acte , par M.
BARTHE. Cette petite Piéce a eu to
repréſentations. Elle a été reçue avec
applaudiſſemens , & le Public a paru
en voir la continuation avec plaifir. Les
Lecteurs feront en état de juger par
eux-mêmes de l'agrément de cet Ou-
vrage * , dans lequel l'Auteur a été
très-bien ſecondé par le talent des Ac
teurs qui étoient MM. GRANDVAL ,
MOLÉ & PRÉVILLE, Mlles PRÉVILLE
& DOLIGNI. Quoique nous invitions
à lire cette Comédie en entier , nous
* On trouve cette Piéce imprimée in-12. à
Paris chez Duchesne , rue S. Jacques,
1
AVRIL. 1764.
195
ne nous diſpenſerons pas d'en donner
une notice ſelon l'uſage. Les bornes de
notre Article ſe trouvant remplies dans
ce Mercure , nous sommes obligés de
la remettre au deuxiéme vol. du mois ,
ainſi que les autres Nouveautés.
On doit tenir compte & applaudir au
zéle des Comédiens François pour le
vrai Pére de ce Théâtre ( MOLIERE )
par les ſoins qu'ils ont apportés à la
remiſe du Bourgeois-Gentilhomme,dont
la première repréſentation fut donnée
le Lundi gras. Le plaifir que le Public
y a pris a dû récompenfer ce zéle &
l'encourager.
représentation de l'Amateur, Comédie
nouvelle en Vers & un Acte , par M.
BARTHE. Cette petite Piéce a eu to
repréſentations. Elle a été reçue avec
applaudiſſemens , & le Public a paru
en voir la continuation avec plaifir. Les
Lecteurs feront en état de juger par
eux-mêmes de l'agrément de cet Ou-
vrage * , dans lequel l'Auteur a été
très-bien ſecondé par le talent des Ac
teurs qui étoient MM. GRANDVAL ,
MOLÉ & PRÉVILLE, Mlles PRÉVILLE
& DOLIGNI. Quoique nous invitions
à lire cette Comédie en entier , nous
* On trouve cette Piéce imprimée in-12. à
Paris chez Duchesne , rue S. Jacques,
1
AVRIL. 1764.
195
ne nous diſpenſerons pas d'en donner
une notice ſelon l'uſage. Les bornes de
notre Article ſe trouvant remplies dans
ce Mercure , nous sommes obligés de
la remettre au deuxiéme vol. du mois ,
ainſi que les autres Nouveautés.
On doit tenir compte & applaudir au
zéle des Comédiens François pour le
vrai Pére de ce Théâtre ( MOLIERE )
par les ſoins qu'ils ont apportés à la
remiſe du Bourgeois-Gentilhomme,dont
la première repréſentation fut donnée
le Lundi gras. Le plaifir que le Public
y a pris a dû récompenfer ce zéle &
l'encourager.
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12727
p. 195
« Le 17 Mars, on a donné la première Représentation d'Olimpie, Tragédie de [...] »
Début :
Le 17 Mars, on a donné la première Représentation d'Olimpie, Tragédie de [...]
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texteReconnaissance textuelle : « Le 17 Mars, on a donné la première Représentation d'Olimpie, Tragédie de [...] »
Le 17 Mars, on a donné la première
Représentation d'Olimpie, Tragédie de
M. de VOLTAIRE. Elle fut reçue avec
les applaudiſſemens dont cet illuftre Au-
teur eft depuis long-temps enpoffeffion.
On l'a continuée juſqu'à préſent. Le
concours des Spectateurs a prèſque tou-
jours augmenté à chaque Repréſenta-
tion. Comme nos Lecteurs ont pu lire
déja cette Tragédie , qui étoit imprimée
avant la Repréſentation, nous en remet-
tons l'Extrait à un autre Mercure , dans
lequel nous parlerons auffi de la beauté
&de la ſplendeur de fon Spectacle.
Représentation d'Olimpie, Tragédie de
M. de VOLTAIRE. Elle fut reçue avec
les applaudiſſemens dont cet illuftre Au-
teur eft depuis long-temps enpoffeffion.
On l'a continuée juſqu'à préſent. Le
concours des Spectateurs a prèſque tou-
jours augmenté à chaque Repréſenta-
tion. Comme nos Lecteurs ont pu lire
déja cette Tragédie , qui étoit imprimée
avant la Repréſentation, nous en remet-
tons l'Extrait à un autre Mercure , dans
lequel nous parlerons auffi de la beauté
&de la ſplendeur de fon Spectacle.
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12728
p. 196-197
COMÉDIE ITALIENNE.
Début :
LE Jeudi 8 Mars, on donna la première Représentation de Rose & Colas, [...]
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texteReconnaissance textuelle : COMÉDIE ITALIENNE.
COMÉDIE ITALIENNE.
LE Jeudi 8 Mars, on donna la première
Représentation de Rose & Colas,
Comédie nouvelle en un Acte , mêlée
d'Ariettes. Cet Ouvrage , dant les Paro-
les ſontde M. SEDAINE , & la Mufique
de M. de MONCIGNY , ſe continue tou-
jours avec ſuccès. Il y a eu dans les pre-
miers jours quelques contrariétés ſur la
Muſique,entre les Spectateurs ordinaires
de ce Théâtre. L'Auteur de On ne s'ar
viſe jamais de tout , employe ordinaire-
ment des chants plus analogues au Dra-
matique & à la douce naïveté des Sujets
ordinaires de ces fortes de Pièces , qu'u-
ne forte de Muſique dont quelques-uns
defireroientl'application à un genre plus
élevé. Les routes au reſte que M. de
MONCIGNY prend pour plaire au Public
paroiſſent juſtifiées par le concours fou-
renu des Spectateurs ; fans néanmoins
prétendre improuver les autres , & fans
que le Public en effet, rende moins de
juftice au mérite des genres différens
qui occupent cette Scène. On ne nous
AVRIL. 1764.
197
a pas encore mis en état de donner au-
cune notice des Paroles de cet Ouvrage.
LE Jeudi 8 Mars, on donna la première
Représentation de Rose & Colas,
Comédie nouvelle en un Acte , mêlée
d'Ariettes. Cet Ouvrage , dant les Paro-
les ſontde M. SEDAINE , & la Mufique
de M. de MONCIGNY , ſe continue tou-
jours avec ſuccès. Il y a eu dans les pre-
miers jours quelques contrariétés ſur la
Muſique,entre les Spectateurs ordinaires
de ce Théâtre. L'Auteur de On ne s'ar
viſe jamais de tout , employe ordinaire-
ment des chants plus analogues au Dra-
matique & à la douce naïveté des Sujets
ordinaires de ces fortes de Pièces , qu'u-
ne forte de Muſique dont quelques-uns
defireroientl'application à un genre plus
élevé. Les routes au reſte que M. de
MONCIGNY prend pour plaire au Public
paroiſſent juſtifiées par le concours fou-
renu des Spectateurs ; fans néanmoins
prétendre improuver les autres , & fans
que le Public en effet, rende moins de
juftice au mérite des genres différens
qui occupent cette Scène. On ne nous
AVRIL. 1764.
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a pas encore mis en état de donner au-
cune notice des Paroles de cet Ouvrage.
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12729
p. 197
CONCERT SPIRITUEL.
Début :
IL y a eu Concert le Lundi 26 Mars, Fête de l'ANNONCIATION. Le premier Motet qu'on y [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CONCERT SPIRITUEL.
CONCERT SPIRITUEL.
IL y a eu Concert le Lundi 26 Mars, Fête de
l'ANNONCIATION. Le premier Motet qu'on y
exécuta futLauda Jerufalem , Motetà grandchœur
deM. de Lalande. Le grand Motetde la fin du
Concert fut Confitemini , de M. l'Abbé GAULET ,
ci-devant Maître de Muſique dela Cathédralede
Paris. M. le GROS , nouvelle Haute-contre, dont
nous avons parlé dans l'Article de l'Opéra , &
dontlesſuccès y ſont ſi brillans, chantaunpetit
Motet de feu M.LEFEBVRE (Afferte Domino. ) Un
autre Public en apparence, une autre ſcène , s'il
eſt permis de ledire ,imprimèrent à ce Débutanť
une nouvelle frayeur dans les commencemens ,
&l'agrément de ſa voix en fut, ſinon altéré , au
moins ſenſiblement affoibli. Il ſe remit , & fit un
très-grand plaisir àtous lesAuditeurs , qui le té-
moignèrent par les applaudiſſemens. Dans ce
même Concert , M. MAYER Exécuta une Sonate
de ſa compoſition ſur la Harpe , & M. GAVINIÉS
un Concerto ſur le Violon. Mile HARDI chanta
un Air Italien.
IL y a eu Concert le Lundi 26 Mars, Fête de
l'ANNONCIATION. Le premier Motet qu'on y
exécuta futLauda Jerufalem , Motetà grandchœur
deM. de Lalande. Le grand Motetde la fin du
Concert fut Confitemini , de M. l'Abbé GAULET ,
ci-devant Maître de Muſique dela Cathédralede
Paris. M. le GROS , nouvelle Haute-contre, dont
nous avons parlé dans l'Article de l'Opéra , &
dontlesſuccès y ſont ſi brillans, chantaunpetit
Motet de feu M.LEFEBVRE (Afferte Domino. ) Un
autre Public en apparence, une autre ſcène , s'il
eſt permis de ledire ,imprimèrent à ce Débutanť
une nouvelle frayeur dans les commencemens ,
&l'agrément de ſa voix en fut, ſinon altéré , au
moins ſenſiblement affoibli. Il ſe remit , & fit un
très-grand plaisir àtous lesAuditeurs , qui le té-
moignèrent par les applaudiſſemens. Dans ce
même Concert , M. MAYER Exécuta une Sonate
de ſa compoſition ſur la Harpe , & M. GAVINIÉS
un Concerto ſur le Violon. Mile HARDI chanta
un Air Italien.
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12730
p. 198-199
SUPPLÉMENT à l'Art. des Spectacles. THÉATRE de Société de M. COLLÉ.
Début :
Nous avons annoncé dans le précédent Mercure, une des Piéces de ce [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUPPLÉMENT à l'Art. des Spectacles. THÉATRE de Société de M. COLLÉ.
SUPPLÉMENT à l'Art. des Spectacles.
THÉATRE de Société de M. COLLÉ.
Nous avons annoncé dans le précédent
Mercure, une des Piéces de ce
Théâtre intitulée la Veuve , Comédie en
un Acte & en Profe. Elle doit faire la
première Piéce du Recueil. Le Roffi-
gnol , Comédie en un Acte en Profe &
Vaudeville fait la ſeconde. Elles ſe trou-
vent l'une & l'autre chez Duchesne,rue
S. Jacques. La muſique ou le chant des
Vaudevilles du Rofſignol , eſt imprimée
dans la même Brochure in- 12.
Ces deux Piéces , que nos Lecteurs
nous ſçauront gré de leur avoir indi-
quées , n'ont été composées que pour
être jouées dans des maiſons particuliè-
res. Nous ſommes perfuadés qu'après la
lecture de ces Piéces , on jugera que
l'avis impriméde l'Auteur, quiles précé-
de,eſtplusun effetde ſa modeſtie qu'une
précaution de ſon amour-propre. Nous
nedonnerons d'analyſe en formed'aucu-
ne de ces deux Piéces pour ne pas ef-
fleurer le plaifir que nous croyons qu'en
AVRIL . 1764.
199
doit produire la lecture. Nous nous bor-
nerons à en ex-poſer ſommairement le
Sujet, en yajoutant quelques réfléxions ,
qui ſouvent font utiles au progrès & à la
connoiſſance de l'Art , quand elles font
ſuggérées par les Ouvrages d'Auteurs
tels que celui de ces Comédies.
Les mêmes raiſons que nous avons
alléguées plus haut , nous mettent dans
la néceffitéde ſuſpendre ce travail juf-
qu'au deuxiéme volume de ce mois.
Nous en faiſons de très-fincères excuſes
& à l'Auteur & à nos Lecteurs.
THÉATRE de Société de M. COLLÉ.
Nous avons annoncé dans le précédent
Mercure, une des Piéces de ce
Théâtre intitulée la Veuve , Comédie en
un Acte & en Profe. Elle doit faire la
première Piéce du Recueil. Le Roffi-
gnol , Comédie en un Acte en Profe &
Vaudeville fait la ſeconde. Elles ſe trou-
vent l'une & l'autre chez Duchesne,rue
S. Jacques. La muſique ou le chant des
Vaudevilles du Rofſignol , eſt imprimée
dans la même Brochure in- 12.
Ces deux Piéces , que nos Lecteurs
nous ſçauront gré de leur avoir indi-
quées , n'ont été composées que pour
être jouées dans des maiſons particuliè-
res. Nous ſommes perfuadés qu'après la
lecture de ces Piéces , on jugera que
l'avis impriméde l'Auteur, quiles précé-
de,eſtplusun effetde ſa modeſtie qu'une
précaution de ſon amour-propre. Nous
nedonnerons d'analyſe en formed'aucu-
ne de ces deux Piéces pour ne pas ef-
fleurer le plaifir que nous croyons qu'en
AVRIL . 1764.
199
doit produire la lecture. Nous nous bor-
nerons à en ex-poſer ſommairement le
Sujet, en yajoutant quelques réfléxions ,
qui ſouvent font utiles au progrès & à la
connoiſſance de l'Art , quand elles font
ſuggérées par les Ouvrages d'Auteurs
tels que celui de ces Comédies.
Les mêmes raiſons que nous avons
alléguées plus haut , nous mettent dans
la néceffitéde ſuſpendre ce travail juf-
qu'au deuxiéme volume de ce mois.
Nous en faiſons de très-fincères excuſes
& à l'Auteur & à nos Lecteurs.
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12731
p. 199-200
« Le 31 du mois dernier, la Marquis de Louvois fut présentée à Leurs [...] »
Début :
Le 31 du mois dernier, la Marquis de Louvois fut présentée à Leurs [...]
Mots clefs :
Marquise , Cardinal, Famille royale, Duc, Ambassadeur, Machine, Invention , Ouvrage, Horloger, Montres
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le 31 du mois dernier, la Marquis de Louvois fut présentée à Leurs [...] »
L E 31 du mois dernier , la Marquiſe de Louvois
fut préſentée à Leurs Majeſtés & à la Famille
Royale par la Marquiſe de Montmirel.
Le Cardinal de Bernis eſt arrivé ici le 9 de ce
mois & a eu l'honneur de faire , le même jour ,
ſa révérence à Leurs Majeſtés & à la Famille
Royale : il eſt reparti le lendemain pour retourner
à la même Campagne où il étoit.
Le Duc de Barwick , Grand d'Eſpagne , fut
préſenté le 10 au Roi par l'Ambaſſadeur de Naples.
Le 2 , le ſieur de Coteneuve a eu l'honneur de
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
,
préſenter au Roi une machine de ſon invention,
au moyen de laquelle la même perſonne peut
écrire trois copies à la fois du même ouvrage.
L'Auteur lui donne le nomde Polygraphe , ou Copiste
habile. Il y a quelques mois qu'on annonça
dans les papiers publics une machine de ce genre
préſentée à l'Impératrice Reine & inventée :
par le Comte de Neuperg. Le ſieur de Coteneuve
avoit achevé la ſienne & l'avoit miſe en uſage
devant le Marquis de Marigny le 21 Octobre dernier.
Il la préſenta à l'Académie Royale des
Sciences le 23 Novembre ſuivant. Les Commiſ
faires nommés pour l'examiner en ont fait un
rapport avantageux , & ont jugé cette machine
très- ingénieuſe & digne de l'approbation de l'Asadémie.
Parmi ſes différens avantages , elle a
celui d'être facile à tranſporter.
Le fieur Coupſon fils , Horloger à Paris , a eu
l'honneur de préſenter au Roi , le 10 de ce mois ,
une montre nouvelle de ſon invention. Elle est
compoſée de cinq roues comme les montres ordinaires
; mais l'Auteur a ſubſtitué au barillet , au
grand reffort , à la chaîne & à la fuſée , un ſimple
reffort qui opère le même effet que ces différentes
piéces , ſans en avoir les inconvéniens. On la met
en mouvement ſans clef pour vingt-quatre heures
, en preſſant feulement ſur un pouſſoir ſemblable
à celui d'une montre à répétition.
fut préſentée à Leurs Majeſtés & à la Famille
Royale par la Marquiſe de Montmirel.
Le Cardinal de Bernis eſt arrivé ici le 9 de ce
mois & a eu l'honneur de faire , le même jour ,
ſa révérence à Leurs Majeſtés & à la Famille
Royale : il eſt reparti le lendemain pour retourner
à la même Campagne où il étoit.
Le Duc de Barwick , Grand d'Eſpagne , fut
préſenté le 10 au Roi par l'Ambaſſadeur de Naples.
Le 2 , le ſieur de Coteneuve a eu l'honneur de
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
,
préſenter au Roi une machine de ſon invention,
au moyen de laquelle la même perſonne peut
écrire trois copies à la fois du même ouvrage.
L'Auteur lui donne le nomde Polygraphe , ou Copiste
habile. Il y a quelques mois qu'on annonça
dans les papiers publics une machine de ce genre
préſentée à l'Impératrice Reine & inventée :
par le Comte de Neuperg. Le ſieur de Coteneuve
avoit achevé la ſienne & l'avoit miſe en uſage
devant le Marquis de Marigny le 21 Octobre dernier.
Il la préſenta à l'Académie Royale des
Sciences le 23 Novembre ſuivant. Les Commiſ
faires nommés pour l'examiner en ont fait un
rapport avantageux , & ont jugé cette machine
très- ingénieuſe & digne de l'approbation de l'Asadémie.
Parmi ſes différens avantages , elle a
celui d'être facile à tranſporter.
Le fieur Coupſon fils , Horloger à Paris , a eu
l'honneur de préſenter au Roi , le 10 de ce mois ,
une montre nouvelle de ſon invention. Elle est
compoſée de cinq roues comme les montres ordinaires
; mais l'Auteur a ſubſtitué au barillet , au
grand reffort , à la chaîne & à la fuſée , un ſimple
reffort qui opère le même effet que ces différentes
piéces , ſans en avoir les inconvéniens. On la met
en mouvement ſans clef pour vingt-quatre heures
, en preſſant feulement ſur un pouſſoir ſemblable
à celui d'une montre à répétition.
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Résumé : « Le 31 du mois dernier, la Marquis de Louvois fut présentée à Leurs [...] »
Le 31 du mois dernier, la Marquise de Louvois fut présentée à Leurs Majestés et à la Famille Royale par la Marquise de Montmirel. Le Cardinal de Bernis arriva le 9 du mois, rendit hommage à Leurs Majestés et à la Famille Royale, puis repartit le lendemain pour sa campagne. Le Duc de Barwick, Grand d'Espagne, fut présenté au Roi le 10 par l'Ambassadeur de Naples. Le 2, le sieur de Coteneuve présenta au Roi une machine appelée Polygraphe, capable d'écrire trois copies simultanément. Cette invention avait déjà été approuvée par le Marquis de Marigny et l'Académie Royale des Sciences. Le 10 du mois, le sieur Coupson fils, horloger à Paris, présenta au Roi une montre innovante fonctionnant avec un simple ressort, sans clef, pour une durée de vingt-quatre heures.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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12732
p. 200-205
De PARIS, le 23 Janvier 1764.
Début :
Le 29 du mois dernier, les Princes & les Pairs sont venus pour prendre leurs [...]
Mots clefs :
Princes, Pairs, Assemblée, Parlement, Duc d'Orléans, Arrêt, Cour, Remontrances, Commissaires, Missions, Canada, Procès, Observatoire, Mouvement des astres, Comète, Loterie de l'école royale militaire, Tirage, Numéros
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De PARIS, le 23 Janvier 1764.
De PARIS , le 23 Janvier 1764 .
Le 29 du mois dernier , les Princes & les Pairs
font venus pour prendre leurs places à l'Aſſemblée
des Chambres du Parlement. Le Duc d'Orléans
a propoſé de mettre en délibération ce qu'il conviendroit
de faire , relativement aux droits & prérogatives
de la Pairie , ſur la validité du Décret
AVRIL. 1764 . 201
de priſe de corps décerné par le Parlement de
Toulouſe contre le Duc de Fitz James.
On a rendu un Arrêt portant que les Princes
& les Pairs ſeroient convoqués pour le lendemain
à huit heures du matin , & que le Premier Préſident
ſe retireroit pardevers le Roi pour lui rendre
compte de cet Arrêt & ſçavoir de Sa Majesté
ſi ſa volonté étoit de venir en ſon Parlement & fi
le jour lui convenoit.
Le lendemain 30 , le Premier Préſident ayant
rendu compte de ſa miſſion & ayant dit que le
Roi ne viendroit point en ſon Parlement , la délibération
a été repriſe au ſujet de la propoſition
faite par le Duc d'Orléans, & il a été rendu l'Arrêt
quifuit.
>>> LOUIS , par la grace de Dieu , Roi de
>> France & de Navarre : au premier Huiſſier de
>>> notre Cour de Parlement , ou autre notre Huif-
>> ſier ou Sergent ſur ce requis : ſçavoir faiſons;
>> que vû par notredite Cour , toutes les Cham-
>> bres aſſemblées, le récit fait par le Duc d'Or
>> léans le 29 Décembre de la préſente année
>> 1763 , les Extraits des Regiſtres des Délibéra-
>> tions du Parlement de Toulouſe des 13 , 15 &
>> 16 Septembre audit an , le Procès-Verbal fait
>>> audit Parlement de Toulouſe le 14 Décembre
>>> audit an , le Décret contre le Duc de Firz- Ja-
>> mes , Pair de France , décerné audit Parlement
>> de Toulouſe par Arrêt du 17 Décembre audit
>> an , le Procès-Verbal fait par Antoine Gailhard
>> & Bernard Garlene , Huiſſiers au Parlement de
>>T>oulouſe , du 19 deſdits mois & an leſdites
>> Pieces communiquées à notre Procureur Géné
>>> ral en exécution de l'Arrêt de notredite Cour
>> dudit jour 29 Décembre : autre Arrêt de no-
>> credite Cour dudit jour 29 Décembre qui or-
:
Iv
202 MERCURE DE FRANCE.
>> donne que les Princes & Pairs ſeront convoqués
>> pour le lendemain 30 dudit mois de Décem-
>>bre, huit heures du matin , & que le Premier
→→ Préſident nous ſera député , à l'effet de nous
>> inſtruire de ladite convocation & de ſçavoir s'il
>> eſt de notre volonté de venir à notre Parlement,
>>>& fi le jour nous convient:Concluſions de notre
>> Procureur Général : oui le rapport de MM.
>> Joſeph-Marie Terray & Leonard de Sahuguet,
>> Conſeillers : tout conſidéré.
» NOTREDITE COUR , toutes les Chambres
> aſſemblées , ſuffiſamment garnies de Pairs , en
>> vertu de la convocation ordonnée par l'Arrêt
>> du jour d'hier , toujours exiſtante , & eſſentiel-
•• lement & uniquement notre Cour des Pairs , a
dit& déclaré que , par l'Arrêt du Parlement de
>> Toulouſe du 17 Décembre de la préſente an-
» née 1763 , il a été incompétemment décrété con-
>> tre le Duc de Fitz - James , Pair de France , &
>> en cette qualité juſticiable de notre Cour des
>> Pairs ſeulement ; en conféquence déclare ledit
>> Décret , & tout ce qui s'en eſt enſuivi ou pourroit
s'en ſuivre , nul : fait défenſes à tous Huiffiers
ou Porteurs dudit Décret ou de toutes au-
> tres contraintes,d'en faire ſuite ſous telles peines
>> qu'il appartiendra . SI MANDONS mettre le pré-
>> ſent Arrêt à exécution ſuivant la forme&teneur ,
>> de ce faire te donnons pouvoir. Donné en notredite
Cour de Parlement , toutes les Cham-
>>bres aſſemblées , le trente Décembre , l'an de
>> grace mil ſept cent ſoixante- trois , & de notre
Régne le quarante-neuvième. Collationné ,
REGNAULT.
30 Signé , MAUPASSANT.
Le 31 , il a été arrêté qu'il ſeroit fait au Roi de
AVRIL . 1764 . 203
r
très-humbles & très-reſpectueuſes remontrances
fur les faits contenus dans les Procès-Verbaux que
le Parlement de Toulouſe a envoyés au Greffier
du Parlement de Paris , & qui avoient été dépoſés
au Greffe du Parlement ; & que pour fixer les objets
de ces remontrances , il feroit nommé des
Commiſſaires , leſquels ſe ſont aſſemblés le 4 de
cemois.
Les Commiſſaires ayant fini leur travail en ont
rendu compte le 16 aux Chambres aſſemblées. Les
objets ont été fixés & les Gens du Roi ont été chargés
de demander à Sa Majefté le lieu , le jour &
T'heure où il lui plairoit de recevoir leſdites remontrances
.
Le 18 , les Gens du Roi , rendant compte de
leur miſſion aux Chambres aſſemblées , ont dit
que Sa Majeſté recevroit les remontrances de ſon
Parlement , & que ſon intention étoit qu'elles lui
fuſſent préſentées Jeudi à fix heures du ſoir à Verfailles
par le Premier Préſident & deux Préſidens
du Parlement ; en conféquence , leſdites remontrances
ont été lues & fignées.
Le Procès qui s'inſtruiſoit depuis long-temps con
tre les Particuliers accuſés de malverſations dans
le Canada , a été jugé le 10 Décembre dernier : le
jugement eſt imprimé & paroît actuellement dans
lePublic. Il paroît auſſi un Arrêt duConſeil d'Etat
du Roi, daté du 31 du mois dernier , par lequel
Sa Majeſté évoque à ſon Conſeil toutes les conteſtations
, nées ou à naître , relatives à ce jugement
définitif & les renvoye pardevant les
Commiſſaires nommés par les Arrêts du Conſeil
du 15 Octobre 1758 , & du 29 Novembre 1761 ,
pour la liquidation des dettes de la Marine & des
Colonies , contractées en Canada.
,
La Princeſſe de Guémenée accoucha , le 18 de
I vj
204 MERCURE DE FRANCE.
ce mois , d'un fils qui portera le nom de Duc
de Monbazon .
Leſieur Meſſier , Aſtronome , attaché au dépôt
des Plans de la Marine , a découvert de l'Obfervatoire
de la Marine à l'Hôtel de Clugny , le 3
de ce mois ſur les huit heures da ſoir , une nouvelle
Comete : c'eſt la ſeptiéme que cet Aſtronome
découvre depuis fix ans. Le Ciel étoit très ferein ;
elle paroiſſoit alors près de l'Etoile Theta , de la
conſtellation du Dragon . A 9. heures 24 minutes
33 ſecondes du ſoir , elle avoit d'aſcenſion droite
236 degrés 29 minutes 16 ſecondes , & 58 degrés
52 minutes 58 ſecondes de déclinaiſons boréale :
le lendemain à fix heures 48 minutes ss ſecondes
du matin , ſon aſcenſion droite étoit de 241 degrés
56 minutes une ſeconde , & ſa déclinaiſon de s
degrés 2 minutes 54 ſecondes. On voit par ces
obſervations que cette Cométe a parcourus degrés
26 minutes 45 ſecondes d'aſcenſion droite
dans l'eſpacede 9 heures 24 minutes 22 ſecondes ,
&qu'elle s'eſt avancée vers le Pole de 29 minutes
56 ſecondes. Cette Cométe eſt conſidérable ; on
l'apperçoit à la vue ſimple , & elle égale en grandeur
les Etoiles de la troiſiéme claſſe ; le noyau
eſt environné d'une nébuloſité de 13 à 14 minutes
dediametre, & elle a une queue de deux degrés &
demi de longueur: elle ne ſe couche point & reſte
viſible toute la nuit on peut l'obſerver le ſoir au
Méridien ſous le Pole. Son mouvement eſt direct,
allant ſuivant l'ordre des ſignes .
Le fieur Montaigne , de la Société Royale d'Agriculture
de la Ville de Limoges , y a apperçu
cette Cométe le même jour que le ſieur Meſſier l'a
découverte à Paris. Le ſieur Montaigne l'a obſervée
le 4 , les & le 6 ſuivant ; il a trouvé que ſa lumiere
avoit un peu augmenté depuis la premiere
obſervation , & qu'elle devoit avoir un mouve
AVRIL. 1764. 205
ment d'environ huit degrés en vingt-quatre heures
ſur un arc de grand cercle. Le 7 , il a encore
obſervé la même Cométe às heures 45 minutes
du ſoir. Suivant cette derniere obſervation , la
Cométe avoit 285 degrés d'aſcenſion droite & 54
degrés 30 minutes de déclinaiſon boréale ; doù il
réíulte , d'après les obſervations antérieures , que
dans l'intervalle de 3 jours 1 sheures,elle a avancé de
4.5 degrés en aſcenſion droite , & que ſa déclinaiſon
boréale n'a diminué que de4 degrés.
Les , on a tiré la Loterie de l'Ecole Royale
Militaire. Les numéros ſortis de la roue de fortune,
font 84 87,82,86 , 23. Le prochain tirage
ſe fera le 6 Février.
Le 29 du mois dernier , les Princes & les Pairs
font venus pour prendre leurs places à l'Aſſemblée
des Chambres du Parlement. Le Duc d'Orléans
a propoſé de mettre en délibération ce qu'il conviendroit
de faire , relativement aux droits & prérogatives
de la Pairie , ſur la validité du Décret
AVRIL. 1764 . 201
de priſe de corps décerné par le Parlement de
Toulouſe contre le Duc de Fitz James.
On a rendu un Arrêt portant que les Princes
& les Pairs ſeroient convoqués pour le lendemain
à huit heures du matin , & que le Premier Préſident
ſe retireroit pardevers le Roi pour lui rendre
compte de cet Arrêt & ſçavoir de Sa Majesté
ſi ſa volonté étoit de venir en ſon Parlement & fi
le jour lui convenoit.
Le lendemain 30 , le Premier Préſident ayant
rendu compte de ſa miſſion & ayant dit que le
Roi ne viendroit point en ſon Parlement , la délibération
a été repriſe au ſujet de la propoſition
faite par le Duc d'Orléans, & il a été rendu l'Arrêt
quifuit.
>>> LOUIS , par la grace de Dieu , Roi de
>> France & de Navarre : au premier Huiſſier de
>>> notre Cour de Parlement , ou autre notre Huif-
>> ſier ou Sergent ſur ce requis : ſçavoir faiſons;
>> que vû par notredite Cour , toutes les Cham-
>> bres aſſemblées, le récit fait par le Duc d'Or
>> léans le 29 Décembre de la préſente année
>> 1763 , les Extraits des Regiſtres des Délibéra-
>> tions du Parlement de Toulouſe des 13 , 15 &
>> 16 Septembre audit an , le Procès-Verbal fait
>>> audit Parlement de Toulouſe le 14 Décembre
>>> audit an , le Décret contre le Duc de Firz- Ja-
>> mes , Pair de France , décerné audit Parlement
>> de Toulouſe par Arrêt du 17 Décembre audit
>> an , le Procès-Verbal fait par Antoine Gailhard
>> & Bernard Garlene , Huiſſiers au Parlement de
>>T>oulouſe , du 19 deſdits mois & an leſdites
>> Pieces communiquées à notre Procureur Géné
>>> ral en exécution de l'Arrêt de notredite Cour
>> dudit jour 29 Décembre : autre Arrêt de no-
>> credite Cour dudit jour 29 Décembre qui or-
:
Iv
202 MERCURE DE FRANCE.
>> donne que les Princes & Pairs ſeront convoqués
>> pour le lendemain 30 dudit mois de Décem-
>>bre, huit heures du matin , & que le Premier
→→ Préſident nous ſera député , à l'effet de nous
>> inſtruire de ladite convocation & de ſçavoir s'il
>> eſt de notre volonté de venir à notre Parlement,
>>>& fi le jour nous convient:Concluſions de notre
>> Procureur Général : oui le rapport de MM.
>> Joſeph-Marie Terray & Leonard de Sahuguet,
>> Conſeillers : tout conſidéré.
» NOTREDITE COUR , toutes les Chambres
> aſſemblées , ſuffiſamment garnies de Pairs , en
>> vertu de la convocation ordonnée par l'Arrêt
>> du jour d'hier , toujours exiſtante , & eſſentiel-
•• lement & uniquement notre Cour des Pairs , a
dit& déclaré que , par l'Arrêt du Parlement de
>> Toulouſe du 17 Décembre de la préſente an-
» née 1763 , il a été incompétemment décrété con-
>> tre le Duc de Fitz - James , Pair de France , &
>> en cette qualité juſticiable de notre Cour des
>> Pairs ſeulement ; en conféquence déclare ledit
>> Décret , & tout ce qui s'en eſt enſuivi ou pourroit
s'en ſuivre , nul : fait défenſes à tous Huiffiers
ou Porteurs dudit Décret ou de toutes au-
> tres contraintes,d'en faire ſuite ſous telles peines
>> qu'il appartiendra . SI MANDONS mettre le pré-
>> ſent Arrêt à exécution ſuivant la forme&teneur ,
>> de ce faire te donnons pouvoir. Donné en notredite
Cour de Parlement , toutes les Cham-
>>bres aſſemblées , le trente Décembre , l'an de
>> grace mil ſept cent ſoixante- trois , & de notre
Régne le quarante-neuvième. Collationné ,
REGNAULT.
30 Signé , MAUPASSANT.
Le 31 , il a été arrêté qu'il ſeroit fait au Roi de
AVRIL . 1764 . 203
r
très-humbles & très-reſpectueuſes remontrances
fur les faits contenus dans les Procès-Verbaux que
le Parlement de Toulouſe a envoyés au Greffier
du Parlement de Paris , & qui avoient été dépoſés
au Greffe du Parlement ; & que pour fixer les objets
de ces remontrances , il feroit nommé des
Commiſſaires , leſquels ſe ſont aſſemblés le 4 de
cemois.
Les Commiſſaires ayant fini leur travail en ont
rendu compte le 16 aux Chambres aſſemblées. Les
objets ont été fixés & les Gens du Roi ont été chargés
de demander à Sa Majefté le lieu , le jour &
T'heure où il lui plairoit de recevoir leſdites remontrances
.
Le 18 , les Gens du Roi , rendant compte de
leur miſſion aux Chambres aſſemblées , ont dit
que Sa Majeſté recevroit les remontrances de ſon
Parlement , & que ſon intention étoit qu'elles lui
fuſſent préſentées Jeudi à fix heures du ſoir à Verfailles
par le Premier Préſident & deux Préſidens
du Parlement ; en conféquence , leſdites remontrances
ont été lues & fignées.
Le Procès qui s'inſtruiſoit depuis long-temps con
tre les Particuliers accuſés de malverſations dans
le Canada , a été jugé le 10 Décembre dernier : le
jugement eſt imprimé & paroît actuellement dans
lePublic. Il paroît auſſi un Arrêt duConſeil d'Etat
du Roi, daté du 31 du mois dernier , par lequel
Sa Majeſté évoque à ſon Conſeil toutes les conteſtations
, nées ou à naître , relatives à ce jugement
définitif & les renvoye pardevant les
Commiſſaires nommés par les Arrêts du Conſeil
du 15 Octobre 1758 , & du 29 Novembre 1761 ,
pour la liquidation des dettes de la Marine & des
Colonies , contractées en Canada.
,
La Princeſſe de Guémenée accoucha , le 18 de
I vj
204 MERCURE DE FRANCE.
ce mois , d'un fils qui portera le nom de Duc
de Monbazon .
Leſieur Meſſier , Aſtronome , attaché au dépôt
des Plans de la Marine , a découvert de l'Obfervatoire
de la Marine à l'Hôtel de Clugny , le 3
de ce mois ſur les huit heures da ſoir , une nouvelle
Comete : c'eſt la ſeptiéme que cet Aſtronome
découvre depuis fix ans. Le Ciel étoit très ferein ;
elle paroiſſoit alors près de l'Etoile Theta , de la
conſtellation du Dragon . A 9. heures 24 minutes
33 ſecondes du ſoir , elle avoit d'aſcenſion droite
236 degrés 29 minutes 16 ſecondes , & 58 degrés
52 minutes 58 ſecondes de déclinaiſons boréale :
le lendemain à fix heures 48 minutes ss ſecondes
du matin , ſon aſcenſion droite étoit de 241 degrés
56 minutes une ſeconde , & ſa déclinaiſon de s
degrés 2 minutes 54 ſecondes. On voit par ces
obſervations que cette Cométe a parcourus degrés
26 minutes 45 ſecondes d'aſcenſion droite
dans l'eſpacede 9 heures 24 minutes 22 ſecondes ,
&qu'elle s'eſt avancée vers le Pole de 29 minutes
56 ſecondes. Cette Cométe eſt conſidérable ; on
l'apperçoit à la vue ſimple , & elle égale en grandeur
les Etoiles de la troiſiéme claſſe ; le noyau
eſt environné d'une nébuloſité de 13 à 14 minutes
dediametre, & elle a une queue de deux degrés &
demi de longueur: elle ne ſe couche point & reſte
viſible toute la nuit on peut l'obſerver le ſoir au
Méridien ſous le Pole. Son mouvement eſt direct,
allant ſuivant l'ordre des ſignes .
Le fieur Montaigne , de la Société Royale d'Agriculture
de la Ville de Limoges , y a apperçu
cette Cométe le même jour que le ſieur Meſſier l'a
découverte à Paris. Le ſieur Montaigne l'a obſervée
le 4 , les & le 6 ſuivant ; il a trouvé que ſa lumiere
avoit un peu augmenté depuis la premiere
obſervation , & qu'elle devoit avoir un mouve
AVRIL. 1764. 205
ment d'environ huit degrés en vingt-quatre heures
ſur un arc de grand cercle. Le 7 , il a encore
obſervé la même Cométe às heures 45 minutes
du ſoir. Suivant cette derniere obſervation , la
Cométe avoit 285 degrés d'aſcenſion droite & 54
degrés 30 minutes de déclinaiſon boréale ; doù il
réíulte , d'après les obſervations antérieures , que
dans l'intervalle de 3 jours 1 sheures,elle a avancé de
4.5 degrés en aſcenſion droite , & que ſa déclinaiſon
boréale n'a diminué que de4 degrés.
Les , on a tiré la Loterie de l'Ecole Royale
Militaire. Les numéros ſortis de la roue de fortune,
font 84 87,82,86 , 23. Le prochain tirage
ſe fera le 6 Février.
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Résumé : De PARIS, le 23 Janvier 1764.
Le 23 janvier 1764, le Parlement de Paris a délibéré sur les droits et prérogatives de la Pairie concernant un décret du Parlement de Toulouse. Le 29 décembre 1763, les Princes et Pairs avaient été convoqués pour discuter de la validité d'un décret de prise de corps contre le Duc de Fitz James. Le Premier Président avait été envoyé au Roi pour connaître sa volonté de se rendre au Parlement, mais le Roi avait refusé. La délibération a repris le lendemain, aboutissant à un arrêt. L'arrêt du Parlement de Paris a déclaré que le décret du Parlement de Toulouse était incompétent, car le Duc de Fitz James, en tant que Pair de France, était justiciable uniquement de la Cour des Pairs. Tout ce qui avait été fait ou pourrait être fait en vertu de ce décret a été déclaré nul. Des remontrances ont été préparées pour le Roi concernant les faits contenus dans les procès-verbaux du Parlement de Toulouse. Par ailleurs, un procès concernant des malversations au Canada a été jugé le 10 décembre 1763, et un arrêt du Conseil d'État du Roi a évoqué toutes les contestations relatives à ce jugement. La Princesse de Guémenée a accouché d'un fils le 18 janvier. L'astronome Messier a découvert une nouvelle comète le 3 janvier, observée également par le sieur Montaigne à Limoges. Enfin, la loterie de l'École Royale Militaire a été tirée, avec les numéros 84, 87, 82, 86 et 23.
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12733
p. 205
MARIAGE.
Début :
Henri-Bernard, Marquis d'Espagne, premier Baron né des États de la Vicomté [...]
Mots clefs :
Marquis d'Espagne, Baron, Demoiselle, Bénédiction nuptiale, Évêque
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MARIAGE.
MARIAGE.
Henri-Bernard , Marquis d'Eſpagne , premier
Baron né des Etats de la Vicomté de Nébouzand,
a épousé à Saint Lizier, le 27 Décembre dernier,
Dlle Claire-Charlotte de Cabalby. La Bénédiction
Nuptialé leur a été donnée par l'Evêque de Conferans.
Henri-Bernard , Marquis d'Eſpagne , premier
Baron né des Etats de la Vicomté de Nébouzand,
a épousé à Saint Lizier, le 27 Décembre dernier,
Dlle Claire-Charlotte de Cabalby. La Bénédiction
Nuptialé leur a été donnée par l'Evêque de Conferans.
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12734
p. 205-206
MORTS.
Début :
Messire Louis-Chardon, Seigneur de Parteville, Chevalier de l'Ordre [...]
Mots clefs :
Seigneur, Chevalier, Marquis, Colonel d'infanterie, Veuve, Décès, Dame
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS.
MORTS.
Meſſire Louis-Chardon, Seigneur de Parteville,
Chevalier de l'Ordre Royal & Militaire de Saint
Louis , & ancien Exempt des Gardes du Corps de
Sa Majefté , mort à Vernon en Normandie , le
25 Novembre 1763 , âgé d'environ ſoixante &
douze ans.
Bernard , Marquis de Verdelin , ancien Colonel
d'Infanterie , eſt mort à Paris le 27 Décembre
dernier dans la ſoixante-dix-ſeptiéme année de
fon âge
Antoinette-Henriette de Meſmes, veuve d'Hec
zor- Louis deGelas de Voiſins , Marquis d'Ambres,
206 MERCURE DE FRANCE.
Vicomte de Lautrec , Brigadier des Armées du
Roi & Lieutenant Général pour Sa Majesté en la
Province de Guyenne , eſt morte à Paris le 2 Janvier
, âgée de ſoixante- quatre ans.
Marie-Guyonne de Theobon- Rochefort , Marquiſe
de Pons , Dame d'Atour de feue Madame la
Ducheſſe de Berry , & depuis Dame d'Honneur
de feue Madame la Ducheſſe d'Orléans , épouſe
du Marquis de Pons , premier Maître de la Garderobe
de feu Monſeigneur le Duc de Berry , eſt
morte à Paris , le 6 , dans la quatre-vingt-troifiéme
année de fon âge.
Suivant les Regiſtres publics des Egliſes Paroiffiales
de cette Capitale , il y a eu, pendant le
cours de l'année derniere , 20171 Morts , 4479
Mariages , 17456 Baptêmes , & le nombre des
Enfans Trouvés ſe monte à 52530
Meſſire Louis-Chardon, Seigneur de Parteville,
Chevalier de l'Ordre Royal & Militaire de Saint
Louis , & ancien Exempt des Gardes du Corps de
Sa Majefté , mort à Vernon en Normandie , le
25 Novembre 1763 , âgé d'environ ſoixante &
douze ans.
Bernard , Marquis de Verdelin , ancien Colonel
d'Infanterie , eſt mort à Paris le 27 Décembre
dernier dans la ſoixante-dix-ſeptiéme année de
fon âge
Antoinette-Henriette de Meſmes, veuve d'Hec
zor- Louis deGelas de Voiſins , Marquis d'Ambres,
206 MERCURE DE FRANCE.
Vicomte de Lautrec , Brigadier des Armées du
Roi & Lieutenant Général pour Sa Majesté en la
Province de Guyenne , eſt morte à Paris le 2 Janvier
, âgée de ſoixante- quatre ans.
Marie-Guyonne de Theobon- Rochefort , Marquiſe
de Pons , Dame d'Atour de feue Madame la
Ducheſſe de Berry , & depuis Dame d'Honneur
de feue Madame la Ducheſſe d'Orléans , épouſe
du Marquis de Pons , premier Maître de la Garderobe
de feu Monſeigneur le Duc de Berry , eſt
morte à Paris , le 6 , dans la quatre-vingt-troifiéme
année de fon âge.
Suivant les Regiſtres publics des Egliſes Paroiffiales
de cette Capitale , il y a eu, pendant le
cours de l'année derniere , 20171 Morts , 4479
Mariages , 17456 Baptêmes , & le nombre des
Enfans Trouvés ſe monte à 52530
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Résumé : MORTS.
Le texte relate les décès de plusieurs personnalités notables et présente des statistiques démographiques pour l'année précédente. Messire Louis-Chardon, Seigneur de Parteville, Chevalier de l'Ordre Royal & Militaire de Saint Louis et ancien Exempt des Gardes du Corps du Roi, est décédé à Vernon en Normandie le 25 novembre 1763 à l'âge d'environ soixante-douze ans. Bernard, Marquis de Verdelin, ancien Colonel d'Infanterie, est mort à Paris le 27 décembre à l'âge de soixante-dix-sept ans. Antoinette-Henriette de Mesmes, veuve d'Hector-Louis de Gelas de Voisins, Marquis d'Ambres, Vicomte de Lautrec, Brigadier des Armées du Roi et Lieutenant Général en Guyenne, est décédée à Paris le 2 janvier à l'âge de soixante-quatre ans. Marie-Guyonne de Theobon-Rochefort, Marquise de Pons, Dame d'Atour de la défunte Duchesse de Berry et Dame d'Honneur de la défunte Duchesse d'Orléans, épouse du Marquis de Pons, premier Maître de la Garderobe du défunt Duc de Berry, est morte à Paris le 6 janvier à l'âge de quatre-vingt-trois ans. Les registres publics des églises paroissiales de Paris indiquent 20 171 décès, 4 479 mariages, 17 456 baptêmes et 52 530 enfants trouvés au cours de l'année précédente.
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12735
p. 206
De PETERSBOURG, le 10 Janvier 1764.
Début :
Le sieur de Saint Sauveur, Consul Général de France & cidevant Commissaire [...]
Mots clefs :
Consul général, Commissaire, Secrétaire, Impératrice, Trône
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texteReconnaissance textuelle : De PETERSBOURG, le 10 Janvier 1764.
De PETERSBOURG , le 10 Janvier 1764.
La ſieur de Saint Sauveur , Conſul Général de
France & cidevant Commiſſaire de la même Couronne
à Amſterdam , eſt mort ici le 8 de ce mois .
Le ſieur Wolkoff , ci-devant Secrétaire des
Commandemens du feu Empereur Pierre III , a
été rappellé d'Orembourg , où il avoit été exilé
lors de l'avénement de l'Impératrice au Trône.
On croit qu'il ſera employé de nouveau dans les
affaires étrangères .
La ſieur de Saint Sauveur , Conſul Général de
France & cidevant Commiſſaire de la même Couronne
à Amſterdam , eſt mort ici le 8 de ce mois .
Le ſieur Wolkoff , ci-devant Secrétaire des
Commandemens du feu Empereur Pierre III , a
été rappellé d'Orembourg , où il avoit été exilé
lors de l'avénement de l'Impératrice au Trône.
On croit qu'il ſera employé de nouveau dans les
affaires étrangères .
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12736
p. 207-208
De WARSOVIE, le 18 Janvier 1764.
Début :
Le Primat & les Sénateurs ayant consenti à donner à l'Impératrice [...]
Mots clefs :
Primat, Sénateur, Impératrice de Russie, Note, Roi de Pologne, Décès, Ministres, Ambassadeur, République
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texteReconnaissance textuelle : De WARSOVIE, le 18 Janvier 1764.
De WARSOVIE , le 18 Janvier 1764.
Le Primat & les Sénateurs ayant conſentià
donner à l'Impératrice de Ruſſie le titre Impérial
dont ils ne s'étoient point encore ſervis , & craignant
de compromettre les droits de la République
ſur la Ruſſie Polonoife , ont remis à ce ſujet
auComte de Keyſerling la Note ſuivante : .
>> A l'occaſion de la notification qu'on va faire
>> à Sa Majesté l'Impératrice de Ruſſie du décès,
>> du Roi de Pologne , le Primat , les Sénateurs
» & les Miniſtres de la République de Pologne
> ont fait connoître à l'Ambaſſadeur Extraordi-
>> naire& Plénipotentiaire de Ruffre , qu'en con-
>>>ſéquence des égards très-diftingués qu'ils ont
*pour une Puiſſance auſſi reſpectable que celle
>>> de Ruffie , ils étoient fort éloignés de lui con
>>teſter le titre d'Impériale qui convient ſi bien à
>>> l'étendue & aux forces de ſes vaſtes Etats ;
>> mais que , comme dans l'application on y
>> joint ces mots : de toutes les Ruffies , le Primat,
>>>les Sénateurs & les Miniſtres de la République
>>>ne pouvoient s'empêcher de repréſenter que
>>>l'Ordre Equeſtre & la Nation en général pour-
>> roient concevoir quelque inquiétude ſur la généralité
de cette dénomination de toutes les
>>> Ruffies , ayant à craindre que la Cour Impé-
>> riale de Ruſſie n'en tirât peut-être un jour des
>> conféquences ſur la poſſeſſion des Provinces
>> connues ſous la même dénomination & ap-
>> partenantes à la République tant en Pologne
** qu'en Lithuanie.
Sur cette Note, l'Ambaſſadeur Extraordinaire
& Plénipotentiaire de Ruſſie a déclaré que le titre
de Majesté Impériale de toutes les Ruffies étant
donné a l'Impératrice ſa très-gracieuſe Souverai
1
208 MERCURE DE FRANCE.
ne par toutes les autres Puiſſances , il ne ſeroit
pas convenable de vouloir rien changer à cet
égard , mais qu'il aſſuroit la ſéréniſſime République
de la manière la plus poſitive que Sa
Majesté l'Impératrice étoit ſi éloignée de ſe prévaloir
jamais de ce titre de toutes les Ruffies
pour former des prétentions quelconques ſur la
Ruſſie Polonoiſe , qu'elle eſt au contraire fermement
réſolue d'obſerver religieuſement le Traité
de Paix de 1686 au point qu'en cas de démembrement
, elle aſſiſteroit la République de toutes
ſes forces pour la maintenir dans l'état actuel de
fes poffeffions.
Le Primat & les Sénateurs ayant conſentià
donner à l'Impératrice de Ruſſie le titre Impérial
dont ils ne s'étoient point encore ſervis , & craignant
de compromettre les droits de la République
ſur la Ruſſie Polonoife , ont remis à ce ſujet
auComte de Keyſerling la Note ſuivante : .
>> A l'occaſion de la notification qu'on va faire
>> à Sa Majesté l'Impératrice de Ruſſie du décès,
>> du Roi de Pologne , le Primat , les Sénateurs
» & les Miniſtres de la République de Pologne
> ont fait connoître à l'Ambaſſadeur Extraordi-
>> naire& Plénipotentiaire de Ruffre , qu'en con-
>>>ſéquence des égards très-diftingués qu'ils ont
*pour une Puiſſance auſſi reſpectable que celle
>>> de Ruffie , ils étoient fort éloignés de lui con
>>teſter le titre d'Impériale qui convient ſi bien à
>>> l'étendue & aux forces de ſes vaſtes Etats ;
>> mais que , comme dans l'application on y
>> joint ces mots : de toutes les Ruffies , le Primat,
>>>les Sénateurs & les Miniſtres de la République
>>>ne pouvoient s'empêcher de repréſenter que
>>>l'Ordre Equeſtre & la Nation en général pour-
>> roient concevoir quelque inquiétude ſur la généralité
de cette dénomination de toutes les
>>> Ruffies , ayant à craindre que la Cour Impé-
>> riale de Ruſſie n'en tirât peut-être un jour des
>> conféquences ſur la poſſeſſion des Provinces
>> connues ſous la même dénomination & ap-
>> partenantes à la République tant en Pologne
** qu'en Lithuanie.
Sur cette Note, l'Ambaſſadeur Extraordinaire
& Plénipotentiaire de Ruſſie a déclaré que le titre
de Majesté Impériale de toutes les Ruffies étant
donné a l'Impératrice ſa très-gracieuſe Souverai
1
208 MERCURE DE FRANCE.
ne par toutes les autres Puiſſances , il ne ſeroit
pas convenable de vouloir rien changer à cet
égard , mais qu'il aſſuroit la ſéréniſſime République
de la manière la plus poſitive que Sa
Majesté l'Impératrice étoit ſi éloignée de ſe prévaloir
jamais de ce titre de toutes les Ruffies
pour former des prétentions quelconques ſur la
Ruſſie Polonoiſe , qu'elle eſt au contraire fermement
réſolue d'obſerver religieuſement le Traité
de Paix de 1686 au point qu'en cas de démembrement
, elle aſſiſteroit la République de toutes
ſes forces pour la maintenir dans l'état actuel de
fes poffeffions.
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Résumé : De WARSOVIE, le 18 Janvier 1764.
Le 18 janvier 1764, à Varsovie, le Primat et les Sénateurs de la République de Pologne ont accordé à l'Impératrice de Russie le titre impérial, tout en exprimant des réserves sur l'utilisation des mots 'de toutes les Russies'. Ils ont transmis ces préoccupations au Comte de Keyserling, Ambassadeur Extraordinaire et Plénipotentiaire de Russie. Les Polonais craignaient que ce titre ne compromette les droits de la République sur la Russie Polonoise, redoutant des conséquences sur la possession des provinces polonaises et lituaniennes. En réponse, l'Ambassadeur russe a affirmé que le titre était reconnu par toutes les autres Puissances et ne pouvait être modifié. Il a assuré la République de Pologne que l'Impératrice n'utiliserait pas ce titre pour formuler des prétentions sur la Russie Polonoise. Il a également garanti que la Russie respecterait le Traité de Paix de 1686 et assisterait la République pour maintenir ses possessions en cas de démembrement.
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12737
p. 208
De VIENNE, le 11 Janvier 1764.
Début :
Ces jours derniers, le Comte du Châtelet-Lomont, Ambassadeur de France [...]
Mots clefs :
Comte, Ambassadeur de France, Ordre du Saint-Esprit, Peste, Tremblements de terre
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texteReconnaissance textuelle : De VIENNE, le 11 Janvier 1764.
De VIENNE , le 11 Janvier 1764 .
Ces jours derniers , le Comte du Châtelet-Lomont
, Ambaſladeur de France à cette Cour , reçut
par un Courier les marques de l'Ordre du
Saint- Eſprit dont le Roi ſon Maître l'a décoré.
Dua Février:
On a été informé ici que la peſte s'eſt mani
feſtée en Boſnie , en Dalmatie & dans un des
fauxbourgs de Spalatro , Capitale de la Dalmatie
Vénitienne ſur le Golfe de Veniſe. On apprend
auſſi qu'il le pade peu de ſemaines où l'on n'éprouve
encore dans la Ville de Comore de nouvelles
fecouſſes de tremblement de terre .
Ces jours derniers , le Comte du Châtelet-Lomont
, Ambaſladeur de France à cette Cour , reçut
par un Courier les marques de l'Ordre du
Saint- Eſprit dont le Roi ſon Maître l'a décoré.
Dua Février:
On a été informé ici que la peſte s'eſt mani
feſtée en Boſnie , en Dalmatie & dans un des
fauxbourgs de Spalatro , Capitale de la Dalmatie
Vénitienne ſur le Golfe de Veniſe. On apprend
auſſi qu'il le pade peu de ſemaines où l'on n'éprouve
encore dans la Ville de Comore de nouvelles
fecouſſes de tremblement de terre .
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Résumé : De VIENNE, le 11 Janvier 1764.
Le 11 janvier 1764, le Comte du Châtelet-Lomont a reçu l'Ordre du Saint-Esprit à Vienne. Le 2 février, la peste a été signalée en Bosnie, en Dalmatie et à Spalatro. La ville de Comore a subi des secousses sismiques fréquentes.
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12738
p. 208-209
De RATISBONNE, le 19 Janvier 1764.
Début :
Le Prince Clément de Saxe, après avoir appris que la Cour de Rome [...]
Mots clefs :
Prince Clément de Saxe, Cour de Rome, Élection, Évêché, Chapitre, Bulle pontificale
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texteReconnaissance textuelle : De RATISBONNE, le 19 Janvier 1764.
De RATISBONNE , le 19 Janvier 1764 .
Le Prince Clément de Saxe , après avoir appris
que la Cour de Rome avoit confirmé l'élection
du Comte d'Outremont à l'Evêché de Liége , a
écrit à notre Chapitre une Lettre par laquelle
Son Altefle Royale déclare qu'elle accepte l'élection
qui a été faite de ſa perſonne pour l'Evê'
AVRIL. 1764. 209
ehéde cette Ville . On ne doute as que cePrince
ne vienne en prendre pofeſſion dès qu'il aura
reçu de Rome la Bulle de confirmation.
Le Prince Clément de Saxe , après avoir appris
que la Cour de Rome avoit confirmé l'élection
du Comte d'Outremont à l'Evêché de Liége , a
écrit à notre Chapitre une Lettre par laquelle
Son Altefle Royale déclare qu'elle accepte l'élection
qui a été faite de ſa perſonne pour l'Evê'
AVRIL. 1764. 209
ehéde cette Ville . On ne doute as que cePrince
ne vienne en prendre pofeſſion dès qu'il aura
reçu de Rome la Bulle de confirmation.
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12739
p. 209
De MADRID, le 24 Janvier 1764.
Début :
On a appris de Lisbonne que le Chevalier de Saint-Priest, Ministre [...]
Mots clefs :
Chevalier, Ministre plénipotentiaire, Audience du roi, Famille royale, Portugal
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texteReconnaissance textuelle : De MADRID, le 24 Janvier 1764.
De MADRID, le 24 Janvier 1764.
On a appris de Liſbonne que le Chevalier de
Saint-Prieſt , Miniſtre Plénipotentiaire du Roi
Très- Chrétien , avoit eu , le 17 de ce mois , fes
premières audiences du Roi , de la Reine &de la
Famille Royale de Portugal.
On a appris de Liſbonne que le Chevalier de
Saint-Prieſt , Miniſtre Plénipotentiaire du Roi
Très- Chrétien , avoit eu , le 17 de ce mois , fes
premières audiences du Roi , de la Reine &de la
Famille Royale de Portugal.
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12740
p. 209
De ROME, le 18 Janvier 1764.
Début :
Le Prélat Odni, nommé à l'Archevêché de Ravenne, doit se rendre [...]
Mots clefs :
Archevêché, Nominations, Cardinal, Nonce, Décès
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De ROME, le 18 Janvier 1764.
De ROME , le 18 Janvier 1764.
Le Prélat Odni , nommé à l'Archevêché de
Ravenne, doit ſe rendre à Francfort en qualité de
Nonce Extraordinaire à la Diéte.
Le Cardinal Furietti eſt mort en cette Capitale
le 14 , âgé de ſoixante-dix-neuf ans. Cette
mort fait vaquer dans le facré Collége un onziéme
Chapeau , en comptant celui qui eſt réſervé
à la nomination du Roi de Portugal.
Le Prélat Odni , nommé à l'Archevêché de
Ravenne, doit ſe rendre à Francfort en qualité de
Nonce Extraordinaire à la Diéte.
Le Cardinal Furietti eſt mort en cette Capitale
le 14 , âgé de ſoixante-dix-neuf ans. Cette
mort fait vaquer dans le facré Collége un onziéme
Chapeau , en comptant celui qui eſt réſervé
à la nomination du Roi de Portugal.
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12741
p. 209
De TURIN, le 18 Janvier 1764.
Début :
Hier, à cinq heures du soir, Madame la Duchesse de Savoye [...]
Mots clefs :
Duchesse, Accouchement, Princesse, Baptême
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De TURIN, le 18 Janvier 1764.
De TURIN , le 18 Janvier 1764.
Hier , à cinq heures du ſoir , Madame la Ducheſſe
de Savoye accoucha très - heureuſement
d'une Princeſſe qui fut tenue ce jour là-même
fur les fonts de Baptême par le Roi & Madame
Louiſe ſa Fille , & fut nommée Marie- Charlotte
Antoinette-Adélaïde.
Hier , à cinq heures du ſoir , Madame la Ducheſſe
de Savoye accoucha très - heureuſement
d'une Princeſſe qui fut tenue ce jour là-même
fur les fonts de Baptême par le Roi & Madame
Louiſe ſa Fille , & fut nommée Marie- Charlotte
Antoinette-Adélaïde.
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12742
p. 209
De LONDRES, le 31 Janvier 1764.
Début :
Le Prince Héréditaire de Brunswick arrivé ici le 13, a épousé le 16, [...]
Mots clefs :
Prince Héréditaire de Brunswick, Princesse, Mariage, Archevêque
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De LONDRES, le 31 Janvier 1764.
De LONDRES , le 31 Janvier 1764.
,
Le Prince Héréditaire de Brunswick, arrivé ici
le 13 , a épousé le 16 la Princefle Auguſte :
leur mariage a été célébré par l'Archevêque de
Cantorbery. Le 25 , le Prince eſt parti avec la
Princeffe fon épouſe pour repaſſer en Allemagne.
,
Le Prince Héréditaire de Brunswick, arrivé ici
le 13 , a épousé le 16 la Princefle Auguſte :
leur mariage a été célébré par l'Archevêque de
Cantorbery. Le 25 , le Prince eſt parti avec la
Princeffe fon épouſe pour repaſſer en Allemagne.
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12743
p. *210-210
De La HAYE, le 10 Février 1764.
Début :
Le 4 de ce mois, la Princesse de Nassau-Weilbourg est accouchée d'une [...]
Mots clefs :
Princesse, Accouchement, Baptême, Duchesse, Nomination, Landgrave
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De La HAYE, le 10 Février 1764.
De LA HAYE , le 10 Février 1764 .
,
Le 4 de ce mois , la Princeſſe de Naſſau-Weilbourg
eſt accouchée d'une Princeſſe qui a été te
nue ſur les fonts de Baptême , le 9 , par le Prince&
la Princeſſe Héréditaire de Brunswick , la
Princeffe Marie née Princeſſe d'Angleterre ,
épouſe du Landgrave de Heſſe-Caffel , le Margrave
régnant de Bade-Dourlach , la Ducheffe
Douairiere de Deux- Ponts & la Princeſſe Hend
riette de Naſſau - Saarbruck : elle a été nommée
Auguſte-Marie- Caroline.
,
Le 4 de ce mois , la Princeſſe de Naſſau-Weilbourg
eſt accouchée d'une Princeſſe qui a été te
nue ſur les fonts de Baptême , le 9 , par le Prince&
la Princeſſe Héréditaire de Brunswick , la
Princeffe Marie née Princeſſe d'Angleterre ,
épouſe du Landgrave de Heſſe-Caffel , le Margrave
régnant de Bade-Dourlach , la Ducheffe
Douairiere de Deux- Ponts & la Princeſſe Hend
riette de Naſſau - Saarbruck : elle a été nommée
Auguſte-Marie- Caroline.
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12744
p. 210-214
De VERSAILLES, le 15 Février 1764.
Début :
Le Roi a nommé pour son Ministre Plénipotentiaire auprès de [...]
Mots clefs :
Ministre plénipotentiaire, Comte, Consul, Famille royale, Fête de la Purification de la Sainte Vierge, Duc, Cérémonie, Audience, Noblesse, Anniversaire, Lettres de créance, Parlement, Contrat de mariage, Carte céleste, Comète, École royale militaire, Ouvrages
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De VERSAILLES, le 15 Février 1764.
De VERSAILLES , le is Février 1964 ..
LE Roi a nommé pour ſon Miniſtre Plénipo
tentiaire auprès de l'Etecteur de Cologne ,le Comte
de Drouville.
Sa Majeſté a nommé Conſul à Raguſe le
fieur Prevôt , à qui Elle avoit accordé le Confulat
de Morée ; celui-ci ſera donné au ſieur le
Maire, & le Vice-Confulat de Roffette en Egypte
au fieur Couſineri.
Le r. de ce mois , le ſieur Camyer , Recteur
de l'Univerſité , & Profeſſeur de Philoſophie au
Collége de Lizieux , a eu l'honneur de préſenter
ſuivant l'uſage , les Cierges de la Chande
leur à Leurs Majestés & à la Famille Royale ; le
même jour , le Père Touſtain de Fronteboſe ,
Vicaire-Général de l'Ordre de Notre-Dame de
AVRIL. 1764. 211
laMercy , accompagné de trois Religieux de ſa
Maiſon , eut auſſi l'honneur de préſenter un cierge
à la Reine pour ſatisfaire à une des conditions.
impoſées à cet Ordre lorſque Marie de Médicis
en permit l'établiſſement à Paris .
Le 2 , Fête de la Purification de la Ste Vierge ,
les Chevaliers , Commandeurs & Officiers de
l'Ordre du Saint-Eſprit s'étant afſemblés dans le
Cabinet du Roi vers les onze heures du matin ,
Sa Majesté ſe rendit à la Chapelle , étant précédée
de Mgr le Dauphin , du Duc d'Orléans , du
Duc de Chartres , du Prince de Condé , du Prince
de Conti , du Comte de la Marche , du Comte
d'Eu , du Duc de Penthiévre , du Prince de Lamballe
, & des Chevaliers , Commandeurs & Offciers
de l'Ordre. Sa Majeſté ,devant laquelle les
deux Huiſſiers de la Chambre portoient leurs
maſſes, étoit en Manteau , ayant le Collier de
l'Ordre pardeſſus , ainſi que de la Toiſon d'Or.
Loriqu'on eut chants 'Hymne Veni Creator ,le
Roi monta ſur ſon Trône , & reçut Chevaliers le
Comte de Saulx-Tavanne , Lieutenant-Général
de S. M. Chevalier d'Honneur de la Reine ,& le
Chevalierde Muy , Lieutenant-Général & Menin
de Mgr le Dauphin. Après la Grand'Meſſe qui
fut célébrée par l'Evêque Duc de Langres , Prélat
Commandeur , le Roi fut reconduit à fon appartement
en la manière accoutumée.
Les , Sa Majesté donna audience aux Députés
des Etats deBretagne , compoſés du Comte de
Kergueſec , pour la Nobleſſe,du ſieur de Montigay
, Maire de Fougeres , pour le Tiers-Etat ,&
du Comte de la Bourdonnaye , Procureur-Géné
ral-Syndic de la Province. Le Comte de Kergueſec
porta la parole en l'abſence de l'Evêque
de Rennes , Député du Clergé , qui ſe trouvoit
212 MERCURE DE FRANCE.
indiſpoſé. Ces Députés eurent enſuite audience
de la Reine & de la Famille Royale : ils furent
préſentés à Leurs Majestés par le Duc de Pen
thiévre , Gouverneur de la Province , & par le
Comte de Saint- Florentin , Miniſtre & Secrétaire
d'Etat , & conduits par le Marquis de Dreux ,
Grand-Maître des Cérémonies , & par le ſieur
Desgranges , Maître des Cérémonies.
Le 8 , le Marquis de Marigny a prêté ſerment
entre les mains du Roi , pour la Lieutenance-
Générale de l'Orléanois.
Le Comte de Noailles , Gouverneur de Verfailles
, accompagné des Officiers du Bailliage de
cette Ville , s'eſt rendu le is à l'Egliſe de Notre
Dame, Paroiſſe du Chateau , & y a affifté
au Te Deum qu'on y a chanté à l'occaſion de
'Anniverſaire de la Naiſſance du Roi ; il a allumé
enfuite le feu qui avoit été préparé vis-à-vis
du Portail de l'Eglife. La Garde des Invalides ,
qui s'y étoit rendue , a fait pluſieurs décharges de
Mouſqueterie.
Le 14 leGénéral Fontenai. Miniſtre Plénipotentiaire
de l'Electeur de Saxe , eut une audience
particulière du Roi , à qui il remit en cette qua
lité ſes lettres de créance. Le même jour , le
Comte de Bielinski , Envoyé Extraordinaire de la
République de Pologne , eut une audience publique
de Sa Majesté , à qui il fit part , au nom de
la République de la mort du Roi Auguſte III .
Le Géneral Fontenai & le Comte de Bielinski
furent conduits à cette audience , ainſi qu'à celles
de la Reine & de la Famille Royale , par le ſieur
Dufort , Introducteur des Ambaſſadeurs .
Le 13 , le Parlement de Grenoble fut préſenté
au koi par le Duc de Choiſeul , Miniſtre &
Secrétaire d'État ayant le Département de la Pro-
2
AVRIL. 1764. 213
vincedu Dauphiné , & conduit par le Marquis
de Dreux , Grand-Maître des Cérémonies , &
par le ſieur Desgranges,Maître des Cérémonies.
Le 12 , le Duc de Bourbon a été préſenté à
Leurs Majeſtés & à la Famille Royale , par le
Prince de Condé ſon père.
Les , la Comteile de Rouault fut préſentée à
Leurs Majestés & à la Famille Royale par la
Comteſſe du Rumain .
Le 26 du mois dernier , Leurs Majestés & la
Famille Royale ſignérent le Contrat de mariage
du Comte de Gralle , Capitaine de Vaiſſeau du
Roi , avec la Demoiſelle fille du ſieur Accaron ,
Commiſſaire de la Marine & premier Commis
des Colonies : & le 12 de ce mois , celui du Comte
de Barral avec Demoiſelle de la Motte.
Le ſieur Meſſier , Aftronome attaché au Dépôt
des Plans de la Marine de France , eut l'honneur
de préſenter au Roi , le 29 du mois dernier ,
une grande Carte céleſte ſur laquelle il avoit
tracé la route de la Cométe qui paroît préſentement
, d'après les obſervations qu'il a faitesdans
l'Obſervatoire de la Marine à Paris . Cette Cométe
a beaucoup perdu de ſa lumière depuis le
moment qu'on l'a découverte , elle ne paroît
plus que de la grandeur d'une étoile de la fixićmeclaſſe;
fon mouvement eſt auſſi très -rallenti,
le 29 Janvier , as heures si minutes du ſoir ;
elle avoit d'aſcenſion droite 328 degrés 16 minutes
37 ſecondes , & 17 degrés 43 minutes s
ſecondes de déclinaiſon boréale ; le lendemain à
fix heures 2 minutes 52 ſecondes du foir , fon
aſcenſion droite étoit de 328 degrés 30 minutes
22 ſecondes,& la déclinaiſon boréale de 16 degrés
57 minutes 21 ſecondes. Elle n'aura paſſé par ſon
périhélie que vers le iz de ce mois.
Le 8 de ce mois , l'Abbé de Burle de Curban
214 MERCURE DE FRANCE.
eut l'honneur de préſenter à Leurs Majeſtés,
àMgr le Dauphin & à Madame Adélaïde la dernière
partie de l'Ouvrage du feu ſieur de Réal ,
contenant l'examen des principaux Ouvrages
compoſés ſur les Matières de Gouvernement , &
dédiée à Madame Adélaïde.
Le 2 , le ſieur Targe fils , Profeſſeur de Mathématiques
à l'Ecole Royale Militaire , a eu l'honneur
de préſenter à Mgr le Duc de Berri & à
Mgr le Comtede Provence les Volumes XVI &
XVII . de l'Hiſtoire d'Angleterre de Smollet ,
traduits par leſieur Targe ſon père , Correſpondant
de l'Académie Royale de Marine , & cidevant
Profeſſeur à l'Ecole Royale Militaire.
La fuite des Nouvelles Politiques au Mercure
prochain.
LE Roi a nommé pour ſon Miniſtre Plénipo
tentiaire auprès de l'Etecteur de Cologne ,le Comte
de Drouville.
Sa Majeſté a nommé Conſul à Raguſe le
fieur Prevôt , à qui Elle avoit accordé le Confulat
de Morée ; celui-ci ſera donné au ſieur le
Maire, & le Vice-Confulat de Roffette en Egypte
au fieur Couſineri.
Le r. de ce mois , le ſieur Camyer , Recteur
de l'Univerſité , & Profeſſeur de Philoſophie au
Collége de Lizieux , a eu l'honneur de préſenter
ſuivant l'uſage , les Cierges de la Chande
leur à Leurs Majestés & à la Famille Royale ; le
même jour , le Père Touſtain de Fronteboſe ,
Vicaire-Général de l'Ordre de Notre-Dame de
AVRIL. 1764. 211
laMercy , accompagné de trois Religieux de ſa
Maiſon , eut auſſi l'honneur de préſenter un cierge
à la Reine pour ſatisfaire à une des conditions.
impoſées à cet Ordre lorſque Marie de Médicis
en permit l'établiſſement à Paris .
Le 2 , Fête de la Purification de la Ste Vierge ,
les Chevaliers , Commandeurs & Officiers de
l'Ordre du Saint-Eſprit s'étant afſemblés dans le
Cabinet du Roi vers les onze heures du matin ,
Sa Majesté ſe rendit à la Chapelle , étant précédée
de Mgr le Dauphin , du Duc d'Orléans , du
Duc de Chartres , du Prince de Condé , du Prince
de Conti , du Comte de la Marche , du Comte
d'Eu , du Duc de Penthiévre , du Prince de Lamballe
, & des Chevaliers , Commandeurs & Offciers
de l'Ordre. Sa Majeſté ,devant laquelle les
deux Huiſſiers de la Chambre portoient leurs
maſſes, étoit en Manteau , ayant le Collier de
l'Ordre pardeſſus , ainſi que de la Toiſon d'Or.
Loriqu'on eut chants 'Hymne Veni Creator ,le
Roi monta ſur ſon Trône , & reçut Chevaliers le
Comte de Saulx-Tavanne , Lieutenant-Général
de S. M. Chevalier d'Honneur de la Reine ,& le
Chevalierde Muy , Lieutenant-Général & Menin
de Mgr le Dauphin. Après la Grand'Meſſe qui
fut célébrée par l'Evêque Duc de Langres , Prélat
Commandeur , le Roi fut reconduit à fon appartement
en la manière accoutumée.
Les , Sa Majesté donna audience aux Députés
des Etats deBretagne , compoſés du Comte de
Kergueſec , pour la Nobleſſe,du ſieur de Montigay
, Maire de Fougeres , pour le Tiers-Etat ,&
du Comte de la Bourdonnaye , Procureur-Géné
ral-Syndic de la Province. Le Comte de Kergueſec
porta la parole en l'abſence de l'Evêque
de Rennes , Député du Clergé , qui ſe trouvoit
212 MERCURE DE FRANCE.
indiſpoſé. Ces Députés eurent enſuite audience
de la Reine & de la Famille Royale : ils furent
préſentés à Leurs Majestés par le Duc de Pen
thiévre , Gouverneur de la Province , & par le
Comte de Saint- Florentin , Miniſtre & Secrétaire
d'Etat , & conduits par le Marquis de Dreux ,
Grand-Maître des Cérémonies , & par le ſieur
Desgranges , Maître des Cérémonies.
Le 8 , le Marquis de Marigny a prêté ſerment
entre les mains du Roi , pour la Lieutenance-
Générale de l'Orléanois.
Le Comte de Noailles , Gouverneur de Verfailles
, accompagné des Officiers du Bailliage de
cette Ville , s'eſt rendu le is à l'Egliſe de Notre
Dame, Paroiſſe du Chateau , & y a affifté
au Te Deum qu'on y a chanté à l'occaſion de
'Anniverſaire de la Naiſſance du Roi ; il a allumé
enfuite le feu qui avoit été préparé vis-à-vis
du Portail de l'Eglife. La Garde des Invalides ,
qui s'y étoit rendue , a fait pluſieurs décharges de
Mouſqueterie.
Le 14 leGénéral Fontenai. Miniſtre Plénipotentiaire
de l'Electeur de Saxe , eut une audience
particulière du Roi , à qui il remit en cette qua
lité ſes lettres de créance. Le même jour , le
Comte de Bielinski , Envoyé Extraordinaire de la
République de Pologne , eut une audience publique
de Sa Majesté , à qui il fit part , au nom de
la République de la mort du Roi Auguſte III .
Le Géneral Fontenai & le Comte de Bielinski
furent conduits à cette audience , ainſi qu'à celles
de la Reine & de la Famille Royale , par le ſieur
Dufort , Introducteur des Ambaſſadeurs .
Le 13 , le Parlement de Grenoble fut préſenté
au koi par le Duc de Choiſeul , Miniſtre &
Secrétaire d'État ayant le Département de la Pro-
2
AVRIL. 1764. 213
vincedu Dauphiné , & conduit par le Marquis
de Dreux , Grand-Maître des Cérémonies , &
par le ſieur Desgranges,Maître des Cérémonies.
Le 12 , le Duc de Bourbon a été préſenté à
Leurs Majeſtés & à la Famille Royale , par le
Prince de Condé ſon père.
Les , la Comteile de Rouault fut préſentée à
Leurs Majestés & à la Famille Royale par la
Comteſſe du Rumain .
Le 26 du mois dernier , Leurs Majestés & la
Famille Royale ſignérent le Contrat de mariage
du Comte de Gralle , Capitaine de Vaiſſeau du
Roi , avec la Demoiſelle fille du ſieur Accaron ,
Commiſſaire de la Marine & premier Commis
des Colonies : & le 12 de ce mois , celui du Comte
de Barral avec Demoiſelle de la Motte.
Le ſieur Meſſier , Aftronome attaché au Dépôt
des Plans de la Marine de France , eut l'honneur
de préſenter au Roi , le 29 du mois dernier ,
une grande Carte céleſte ſur laquelle il avoit
tracé la route de la Cométe qui paroît préſentement
, d'après les obſervations qu'il a faitesdans
l'Obſervatoire de la Marine à Paris . Cette Cométe
a beaucoup perdu de ſa lumière depuis le
moment qu'on l'a découverte , elle ne paroît
plus que de la grandeur d'une étoile de la fixićmeclaſſe;
fon mouvement eſt auſſi très -rallenti,
le 29 Janvier , as heures si minutes du ſoir ;
elle avoit d'aſcenſion droite 328 degrés 16 minutes
37 ſecondes , & 17 degrés 43 minutes s
ſecondes de déclinaiſon boréale ; le lendemain à
fix heures 2 minutes 52 ſecondes du foir , fon
aſcenſion droite étoit de 328 degrés 30 minutes
22 ſecondes,& la déclinaiſon boréale de 16 degrés
57 minutes 21 ſecondes. Elle n'aura paſſé par ſon
périhélie que vers le iz de ce mois.
Le 8 de ce mois , l'Abbé de Burle de Curban
214 MERCURE DE FRANCE.
eut l'honneur de préſenter à Leurs Majeſtés,
àMgr le Dauphin & à Madame Adélaïde la dernière
partie de l'Ouvrage du feu ſieur de Réal ,
contenant l'examen des principaux Ouvrages
compoſés ſur les Matières de Gouvernement , &
dédiée à Madame Adélaïde.
Le 2 , le ſieur Targe fils , Profeſſeur de Mathématiques
à l'Ecole Royale Militaire , a eu l'honneur
de préſenter à Mgr le Duc de Berri & à
Mgr le Comtede Provence les Volumes XVI &
XVII . de l'Hiſtoire d'Angleterre de Smollet ,
traduits par leſieur Targe ſon père , Correſpondant
de l'Académie Royale de Marine , & cidevant
Profeſſeur à l'Ecole Royale Militaire.
La fuite des Nouvelles Politiques au Mercure
prochain.
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Résumé : De VERSAILLES, le 15 Février 1764.
En février 1964, le Roi a nommé plusieurs personnalités à des postes diplomatiques et consulaires. Le Comte de Drouville a été désigné Ministre Plénipotentiaire auprès de l'Électeur de Cologne. Le sieur Prevôt a été nommé Consul à Raguse, remplaçant ainsi le sieur le Maire au Consulat de Morée. Le sieur Cousineri a été nommé au Vice-Consulat de Roffette en Égypte. Le 1er février, le sieur Camyer, Recteur de l'Université et Professeur de Philosophie au Collège de Lisieux, a présenté les cierges de la Chandeleur à Leurs Majestés et à la Famille Royale. Le même jour, le Père Toustain de Frontebose, Vicaire-Général de l'Ordre de Notre-Dame de la Mercy, a présenté un cierge à la Reine. Le 2 avril, lors de la Fête de la Purification de la Sainte Vierge, les Chevaliers, Commandeurs et Officiers de l'Ordre du Saint-Esprit se sont rassemblés dans le Cabinet du Roi. Sa Majesté, accompagnée de plusieurs princes et dignitaires, a assisté à la messe célébrée par l'Évêque Duc de Langres. Après la messe, le Roi a reçu les Députés des États de Bretagne, composés du Comte de Kerguesec pour la Noblesse, du sieur de Montigay pour le Tiers-État, et du Comte de la Bourdonnaye pour le Clergé. Le 8 avril, le Marquis de Marigny a prêté serment pour la Lieutenance-Générale de l'Orléanois. Le Comte de Noailles, Gouverneur de Versailles, a assisté au Te Deum à l'occasion de l'anniversaire de la naissance du Roi. Le 14 avril, le Général Fontenai, Ministre Plénipotentiaire de l'Électeur de Saxe, et le Comte de Bielinski, Envoyé Extraordinaire de la République de Pologne, ont eu des audiences avec le Roi. Le 13 avril, le Parlement de Grenoble a été présenté au Roi par le Duc de Choiseul. Le Duc de Bourbon et la Comtesse de Rouault ont été présentés à Leurs Majestés et à la Famille Royale. Le 26 mars, Leurs Majestés ont signé le contrat de mariage du Comte de Gralle avec la Demoiselle fille du sieur Accaron. Le 12 avril, le contrat de mariage du Comte de Barral avec Demoiselle de la Motte a été signé. Le sieur Messier, Astronome attaché au Dépôt des Plans de la Marine, a présenté au Roi une carte céleste traçant la route d'une comète. Le 8 avril, l'Abbé de Burle de Curban a présenté un ouvrage sur les matières de gouvernement à Leurs Majestés et à Madame Adélaïde. Le sieur Targe fils, Professeur de Mathématiques à l'École Royale Militaire, a présenté des volumes de l'Histoire d'Angleterre de Smollet à Mgr le Duc de Berry et à Mgr le Comte de Provence.
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12745
p. 214-216
TABLE DES ARTICLES.
Début :
Piéces Fugitives en Vers et en Prose. Article Premier. Suite de l'Histoire raisonnée [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TABLE DES ARTICLES.
TABLE DES ARTICLES .
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSE.
ARTICLE PREMIER .
SUITE de l'Histoire raiſonnée des Plaidoyers
de Cicéron . Pages
VERS à S. A. S. Mgr l'ELECTEUR PALATIN
, ſur l'Académie des Sciences que ce
Prince vient d'inſtituer à Manheim .
10
AVRIL. 1764. 215
Le Jardinier & l'Oranger , Fable . 12
A l'Auteur du Mercure , Epitaphe de M. du
Viviée , C. du C. de V. 14
EPITRE a M. Ch . de Mo *** .
IS
LETTRE à M. De la Place , Auteur du Mercure ,
fur Abraham Duquesne. 17
A M. de Voltaire , menacé de perdre la vue. 22
ENVOI d'un Gâteau des Rois , à M. deMontaudouin.
23
RÉPONSE a M. le Chevalier de Juilly- Thomaffin
. 24
PORTRAIT de Madame de * * * par Mlle *** . 25
VERS de M. Saurin , de l'Académie Françoiſe
, à M. le Duc de Nivernois.
- VERS à Mile D.
ÉPIGRAMMES imitées de Martial.
CÉCILE , ou l'Amour Gaulois.
CHANSON à M *** ſur ſon mariage.
LETTRE de M. Dallet.
RÉPONSE de M. le Vicomte de Saint-Germain
Matinel
LES Tourterelles & les Enfans , Fable imitée
du Pogge.
28
29
ibid.
3
41
43
44
46
47
ibid,
49
19 & 60
61 & 62
63
In effigiem Viri clariffimi DD. DE LA
PEYRONNIE.
ROMANCE.
Oda anacreontique à M. M. ſur la piquure
d'un Coufin .
SUITE des Lettres d'un jeune Homme.
ÉNIGMES .
LOGOGRYPHES,
CHANSON.
ART. II . NOUVELLES LITTÉRAIRES .
Lettre à M. De la Place , Auteur du
* Mercure de France , ſur Charles- Antoine
Fabrot . 64
216 MERCURE DE FRANCE.
La Population & la Beauté , Odes.
HISTOIRE de Méhémet II , Empereur Ottoman
, par M. Belin de Monterzi.
SUITE de l'Extrait de l'École de Littérature.
ANNONCES de Livres.
8
73
84
91 & ſuiv.
ART. III . SCIENCES ET BELLES-LETTRES .
ACADÉMIES .
LETTRE de M. de Belleifle à M. de Velye,&c. 114
RÉPONSE à la Lettre précedente , par M.
Fradet.
EXTRAIT des Regiſtres de l'AcadémieRoyale
des SCIENCES ,
PRIX propoſé par la Société Royale d'Agriculture
de PARIS.
SUPET du Prix de l'Académie des Sciences ,
Arts & Belles- Lettres de DIJON .
ÉCOLE Royale Vétérinaire.
DIOPTRIQUE.
LETTRE à l'Auteur du Mercure.
GEOGRAPHIE.
CHIRURGIE.
119
123
125
129
131
136
148
ART. IV . BEAUX - ARTS .
ARTS UTLIES.
SI
HÔPITAL de M. le Maréchal Duc de Biron . 154
ARTS AGRÉABLES.
MUSIQUE.
ART. V. SPECTACLES.
165
SUITE des Spectacles de la Cour à Verſailles. 167
SPECTACLES de Paris.Opéra.
COMÉDIE Françoiſe.
COMÉDIE Italienne.
173
175
296
197
198
199
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSE.
ARTICLE PREMIER .
SUITE de l'Histoire raiſonnée des Plaidoyers
de Cicéron . Pages
VERS à S. A. S. Mgr l'ELECTEUR PALATIN
, ſur l'Académie des Sciences que ce
Prince vient d'inſtituer à Manheim .
10
AVRIL. 1764. 215
Le Jardinier & l'Oranger , Fable . 12
A l'Auteur du Mercure , Epitaphe de M. du
Viviée , C. du C. de V. 14
EPITRE a M. Ch . de Mo *** .
IS
LETTRE à M. De la Place , Auteur du Mercure ,
fur Abraham Duquesne. 17
A M. de Voltaire , menacé de perdre la vue. 22
ENVOI d'un Gâteau des Rois , à M. deMontaudouin.
23
RÉPONSE a M. le Chevalier de Juilly- Thomaffin
. 24
PORTRAIT de Madame de * * * par Mlle *** . 25
VERS de M. Saurin , de l'Académie Françoiſe
, à M. le Duc de Nivernois.
- VERS à Mile D.
ÉPIGRAMMES imitées de Martial.
CÉCILE , ou l'Amour Gaulois.
CHANSON à M *** ſur ſon mariage.
LETTRE de M. Dallet.
RÉPONSE de M. le Vicomte de Saint-Germain
Matinel
LES Tourterelles & les Enfans , Fable imitée
du Pogge.
28
29
ibid.
3
41
43
44
46
47
ibid,
49
19 & 60
61 & 62
63
In effigiem Viri clariffimi DD. DE LA
PEYRONNIE.
ROMANCE.
Oda anacreontique à M. M. ſur la piquure
d'un Coufin .
SUITE des Lettres d'un jeune Homme.
ÉNIGMES .
LOGOGRYPHES,
CHANSON.
ART. II . NOUVELLES LITTÉRAIRES .
Lettre à M. De la Place , Auteur du
* Mercure de France , ſur Charles- Antoine
Fabrot . 64
216 MERCURE DE FRANCE.
La Population & la Beauté , Odes.
HISTOIRE de Méhémet II , Empereur Ottoman
, par M. Belin de Monterzi.
SUITE de l'Extrait de l'École de Littérature.
ANNONCES de Livres.
8
73
84
91 & ſuiv.
ART. III . SCIENCES ET BELLES-LETTRES .
ACADÉMIES .
LETTRE de M. de Belleifle à M. de Velye,&c. 114
RÉPONSE à la Lettre précedente , par M.
Fradet.
EXTRAIT des Regiſtres de l'AcadémieRoyale
des SCIENCES ,
PRIX propoſé par la Société Royale d'Agriculture
de PARIS.
SUPET du Prix de l'Académie des Sciences ,
Arts & Belles- Lettres de DIJON .
ÉCOLE Royale Vétérinaire.
DIOPTRIQUE.
LETTRE à l'Auteur du Mercure.
GEOGRAPHIE.
CHIRURGIE.
119
123
125
129
131
136
148
ART. IV . BEAUX - ARTS .
ARTS UTLIES.
SI
HÔPITAL de M. le Maréchal Duc de Biron . 154
ARTS AGRÉABLES.
MUSIQUE.
ART. V. SPECTACLES.
165
SUITE des Spectacles de la Cour à Verſailles. 167
SPECTACLES de Paris.Opéra.
COMÉDIE Françoiſe.
COMÉDIE Italienne.
173
175
296
197
198
199
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Résumé : TABLE DES ARTICLES.
Le document présente une table des articles et des pièces fugitives en vers et en prose. Il inclut la suite de l'Histoire raisonnée des Plaidoyers de Cicéron, divers poèmes, épîtres, lettres et fables. Parmi les œuvres notables, on trouve des vers dédiés à Son Altesse Sérénissime Monseigneur l'Électeur Palatin, une fable intitulée 'Le Jardinier & l'Oranger', et plusieurs épigrammes imitées de Martial. Le texte mentionne également des lettres adressées à des personnalités telles que M. de Voltaire et M. de la Place, ainsi que des réponses à des correspondants. Les articles sont organisés en plusieurs sections : nouvelles littéraires, sciences et belles-lettres, beaux-arts, et spectacles. Les nouvelles littéraires comprennent une lettre sur Charles-Antoine Fabrot et une histoire de Méhémet II. Les sciences et belles-lettres couvrent des sujets variés comme les académies, la dioptrique, et la chirurgie. Les beaux-arts incluent des sections sur les arts utiles et agréables, avec une mention de l'hôpital du Maréchal Duc de Biron. Enfin, les spectacles traitent des représentations à la cour de Versailles et à Paris, incluant l'opéra, la comédie française et italienne.
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12746
p. 216
« De l'Imprimerie de Sebastien Jorry, rue & vis-à-vis la Comédie Françoise. [...] »
Début :
De l'Imprimerie de Sebastien Jorry, rue & vis-à-vis la Comédie Françoise. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « De l'Imprimerie de Sebastien Jorry, rue & vis-à-vis la Comédie Françoise. [...] »
De l'Imprimerie de SEBASTIEN JORRY ,
rue & vis-à-vis la Comédie Françoiſe.
rue & vis-à-vis la Comédie Françoiſe.
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12747
p. 53
ENIGME.
Début :
JAMAIS par moi lieux bas ne furent habités ; [...]
Mots clefs :
Coq d'un clocher
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
E N I G M E.
\
Jauxis par moi lieux bas ne furent habités ; .
Mon corps eſt agiſſant ſans vie; v,
Et l'on me voit tourner les yeux de tous côtés,
Quoique de regarder je n'aye aucune envie.
\
Jauxis par moi lieux bas ne furent habités ; .
Mon corps eſt agiſſant ſans vie; v,
Et l'on me voit tourner les yeux de tous côtés,
Quoique de regarder je n'aye aucune envie.
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12748
p. 53
AUTRE.
Début :
DANS les forêts j'ai pris naissance, [...]
Mots clefs :
Bâton de maréchal de France
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
A U T R JE.
D A N s les forêts j'ai pris naiſſance,
Et rien n'eſt égal à mon ſort,
Puiſque ce n'eſt qu'après ma mort
Qu'on me voit en grande puiſſance.
- Je reviens des champs dans les villes ,
J'acquiers de la beauté de maiſon en maiſon ;
Et quand on me poſſéde, on peut avec raiſon
Croire à l'Etat être des plus utiles,
A la Cour chacun me deſire ;
Je ſuis ſi bien auprès du Roi ,
Qu'il veut que je porte avec moi
- Quelque marque de ſon Empire ;
Mon régne eſt celui de la guerre ;
Et bien qu'eſclave des humains,
Quand je tombe en de bonnes mains,
Je fais trembler toute la Terre.
D A N s les forêts j'ai pris naiſſance,
Et rien n'eſt égal à mon ſort,
Puiſque ce n'eſt qu'après ma mort
Qu'on me voit en grande puiſſance.
- Je reviens des champs dans les villes ,
J'acquiers de la beauté de maiſon en maiſon ;
Et quand on me poſſéde, on peut avec raiſon
Croire à l'Etat être des plus utiles,
A la Cour chacun me deſire ;
Je ſuis ſi bien auprès du Roi ,
Qu'il veut que je porte avec moi
- Quelque marque de ſon Empire ;
Mon régne eſt celui de la guerre ;
Et bien qu'eſclave des humains,
Quand je tombe en de bonnes mains,
Je fais trembler toute la Terre.
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12749
p. 54-55
LOGOGRYPHE.
Début :
MON tout, ami Lecteur, est un objet immonde : [...]
Mots clefs :
Fange
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LOGOGRYPHE.
L O G O G R Y P H E.
M oN tout, ami Lecteur,eſt un objet immonde :
Rien de plus dégoûtant,rien de plus vil au monde-.
Mais diviſe mon être, & décompoſe-moi ;
Sous des traits différens je me préſente à toi.
D'abord j'ai de l'eſprit, ſi tu m'ôtes la tête ;
Qu'on m'ôte auſſi le ventre , & je ſuis une bête.
Coupe de plus ma queue, ô changement ſubit !
Je ceſſe d'être bête, & je n'ai plus d'eſprit.
Cependant, qui l'eût cru ? quel étrange myſtère !
D'une foule d'enfans je me vois le vrai père.
Mais ſi tu rends mon chef,je perds tous mes enfans,.
Je le deviens moi-même, & j'acquiers pour paº
16ºnS
Un Chaſſeur téméraire , un Animal timide
Que Calchas autrefois immola dans l'Aulide.
Laiſſe à côté mon chef, prends maintenant mon
corps :
Arraches-en le coeur ; & malgré tes e orts
\ Succombant à ton tour , d'une main ennemie ,
Te briſe auſſi ton corps, je t'arrache la vie.
Mais enfin de mon être ainſi martyriſé,
De mes membres épars, de mon corps diviſé
Prends mon coeur & ma queue , ajoutes-y ma,
tête,
A V R I L. 1764. 55
A l'abri, dans mon ſein, tu braves la tempête,
Tu traverſes les mers, tu vogues ſur les eaux,
· En dépit de l'orage, & du courroux des flots.
Be....... p. d, c. d. 1»-
M oN tout, ami Lecteur,eſt un objet immonde :
Rien de plus dégoûtant,rien de plus vil au monde-.
Mais diviſe mon être, & décompoſe-moi ;
Sous des traits différens je me préſente à toi.
D'abord j'ai de l'eſprit, ſi tu m'ôtes la tête ;
Qu'on m'ôte auſſi le ventre , & je ſuis une bête.
Coupe de plus ma queue, ô changement ſubit !
Je ceſſe d'être bête, & je n'ai plus d'eſprit.
Cependant, qui l'eût cru ? quel étrange myſtère !
D'une foule d'enfans je me vois le vrai père.
Mais ſi tu rends mon chef,je perds tous mes enfans,.
Je le deviens moi-même, & j'acquiers pour paº
16ºnS
Un Chaſſeur téméraire , un Animal timide
Que Calchas autrefois immola dans l'Aulide.
Laiſſe à côté mon chef, prends maintenant mon
corps :
Arraches-en le coeur ; & malgré tes e orts
\ Succombant à ton tour , d'une main ennemie ,
Te briſe auſſi ton corps, je t'arrache la vie.
Mais enfin de mon être ainſi martyriſé,
De mes membres épars, de mon corps diviſé
Prends mon coeur & ma queue , ajoutes-y ma,
tête,
A V R I L. 1764. 55
A l'abri, dans mon ſein, tu braves la tempête,
Tu traverſes les mers, tu vogues ſur les eaux,
· En dépit de l'orage, & du courroux des flots.
Be....... p. d, c. d. 1»-
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12750
p. 124-125
« DE l'imitation théâtrale, Essai tiré des Dialogues de Platon ; par M. J. J. [...] »
Début :
DE l'imitation théâtrale, Essai tiré des Dialogues de Platon ; par M. J. J. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « DE l'imitation théâtrale, Essai tiré des Dialogues de Platon ; par M. J. J. [...] »
DE l'imitation théâtrale , Eſſai tiré
des Dialogues de Platon; par M. J. J.
Rouſſeau de Genêve. A Amſterdam ,
chez Marc-Miehel Rey , & ſe trouve
à Paris , chez Ducheſne , rue S. Jac
ques , au Temple du Goût ; in-8°. de
48 pages. -
Ce petit Ecrit n'eſt qu'une eſpéce
d'Extrait de divers endroits où Platon
traite de l'imitation théâtrale. M. Rouſ
ſeau les a raſſemblés & liés dans la for
me d'un Diſcours ſuivi , au lieu de
celle du Dialogue qu'ils ont dans l'Ori
inal. L'occaſion de ce travail fut la
§ à M. d'Alembert ſur les Specta
cles ; mais n'ayant pû commodément
A V R I L. 1764. I2.5
l'y faire entrer , on l'a imprimé ſépa
rément.
des Dialogues de Platon; par M. J. J.
Rouſſeau de Genêve. A Amſterdam ,
chez Marc-Miehel Rey , & ſe trouve
à Paris , chez Ducheſne , rue S. Jac
ques , au Temple du Goût ; in-8°. de
48 pages. -
Ce petit Ecrit n'eſt qu'une eſpéce
d'Extrait de divers endroits où Platon
traite de l'imitation théâtrale. M. Rouſ
ſeau les a raſſemblés & liés dans la for
me d'un Diſcours ſuivi , au lieu de
celle du Dialogue qu'ils ont dans l'Ori
inal. L'occaſion de ce travail fut la
§ à M. d'Alembert ſur les Specta
cles ; mais n'ayant pû commodément
A V R I L. 1764. I2.5
l'y faire entrer , on l'a imprimé ſépa
rément.
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Résumé : « DE l'imitation théâtrale, Essai tiré des Dialogues de Platon ; par M. J. J. [...] »
L'essai 'De l'imitation théâtrale' de Jean-Jacques Rousseau, publié à Amsterdam et Paris, compile des extraits des dialogues de Platon sur l'imitation théâtrale en un discours continu. Motivé par une réponse à l'article de D'Alembert sur les spectacles, cet ouvrage de 48 pages en format in-octavo a été publié séparément.
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