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p. 114-119
LETTRE de M. de BELLISLE, Secrétaire des Commandemens de S. A S. Mgr le DUC D'ORLEANS, à M. de VELYE, Membre de la Société Littéraire de Châlons-sur-Marne, le 24 Septembre 1763.
Début :
MONSEIGNEUR LE DUC D'ORLÉANS, Monsieur, qui est quant à présent, [...]
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE de M. de BELLISLE, Secrétaire des Commandemens de S. A S. Mgr le DUC D'ORLEANS, à M. de VELYE, Membre de la Société Littéraire de Châlons-sur-Marne, le 24 Septembre 1763.
LETTRE de M. de BELLISLE, Secrétaire
des Commandemens de S. A S.
Mgr le DUC D'ORLEANS, à M. de
VELYE, Membre de la Société Littéraire
de Châlons-sur-Marne, le 24
Septembre 1763.
MONSEIGNEUR LE DUC D'ORLÉANS,
Monsieur, qui est quant à présent,
le feul Prince appanagé de la Maiſon
de France , doit veiller avec une atten-
tion particulière , pour que perſonne ne
puiffe prétendre à un pareil titre , qui
n'eſt dû qu'aux males puînés de nos
Rois , & àl'aîné de la defcendance maf-
culine de ces puînés. En effet , l'Appa-
nage eſt une portion détachée des Do-
maines de la Couronne , que les Loix
de l'Etat donnent ,avec autant de juſtice
que de politique , aux puînés de nos
AVRIL. 1764.
115
Souverains , pour leur ſubſiſtance , &
pour leur tenir lieu du partage au Trône
qu'ils étoient en droit de prétendre fous
la première & la ſeconde Race. Une
longue expérience ayant fait fentir les
inconvéniens de cette divifion de Souve-
raineté , on y remédia au commence
mentde la troifiéme , par la Loi falutaire
des Appanages , qui font devenus dans
la ſuite reverfibles à la Couronne au dé-
faut de la ligne maſculine. Cette portion
que tientlePrince appanagé , avec des
prérogatives dignes de la fource dont
elles font émanées , & qui lui retracent
fans ceſſe l'éclat & les droits de fon ori-
gine , ainſi que ſes devoirs , eſt certai-
nement la plus noble & la plus belle de
toutes les tenures , & ne peut être affimi-
lée à aucune autre. D'après ces principes,
Monfieur ,Mgr le Duc d'Orléans n'a pu
voir fans ſurpriſe, dans le Mercure de
Francedu mois d'Avril 1760 ,tom. 2, p.
148, que , dans un article où l'Auteur du
Mercure rend compte d'une Séance pu-
blique de la Société Littéraire de Châ-
lons-fur-Marne , il ſoit dit que vous
avez continué la lecture de l'Hiſtoire de
la Ville , de la Comté-Pairie de Vertus ,
&de la fuite des Seigneurs qui ont pof-
fédé ce Domaine juſqu'à M. le Maréchal
116 MERCURE DE 2 FRANCE.
Prince de Soubiſe , qui le tient aujour--
d'hui comme un Appanage de la Maiſon
de France , étant héritierpour unepartie
de l'ancienne Maison de Bretagne , qui
le poſſedoit à ce titre. Voilà en peu de
mots , Monfieur, trois aſſertions bien ex-
traordinaires. 10. M.le Prince de Soubise
n'a jamais prétendu & ne peut pas pof
féder le Comté de Vertus comme- un
Appanage de la Maiſon de France.
2°. La Maiſon de Bretagne ne l'a point
poſſédé à ce titre. 3°. M. le Maréchal de
me héritier de l'ancienne Maison de
)
Soubiſe n'en eſt point propriétaire com--
Bretagne. Un ſimple extrait des ſça-
vans Ouvrages de M. Dupin & de M.
l'Abbé de Longuerues ſuffira pour éta-
blir la négative des faits que vous avez
avancés . Lors de la réunion de la Cham-
pagne à la Couronne de France , la Sei-
gneurie de Vertus entra dans le Do-
maine du Roi ; elle y eſt demeurée juf
qu'en 1361 , que le Roi Jean la donna
enpleine propriété, avec titre de Comté,
à Jean-Galeas Viscomti , pour dot de ſa
fille Isabelle que Viſcomti épouſa. Jean-
Galeas mariant ſa fille Valentine avec
Louis , Fils de France , Duc d'Orléans ,
en 1389, lui donna de même en dot le
Comté de Vertus. Marguerite , fille de
AVRIL 1764.
H7
Valentine & de Louis , Duc d'Orléans ,
**porta ce Comté dans la Maiſon de Bre-
tagne , en épouſant Richard , Comte
d'Estampes. De leur mariage naquit
François II , Duc de Bretagne , qui en
fit don à François , ſon fils naturel , fou-
che des Seigneurs d'Avangour. Si vous
voulez , Monfieur, confulter les preuves
de l'Hiſtoire de Bretagne , tome 3 , co-
lonne 1354 , vous y verrez qu'il fut en-
joint aux Seigneurs d'Avangour , par
pluſieurs Arrêts du Parlement, de ne
pointufurper le nom de Bretagne. Ces
Seigneurs ontcontinuédejouirdu Com-
té de Vertus de mâle en mâle , juſqu'en
1746 , que leur poſtérité mafculine s'é-
tant éteinte , leur fucceffion a paſſé à
M. le Prince de Soubiſe , iſſu deMarie
d'Avangour , qui avoit pour quatriéme
ayeul François d'Avangour, fils naturel
de François II. Ce n'eſt donc point
comme héritier de l'ancienne Maiſon de
Bretagne , que M. le Prince de Soubiſe
pofſéde le Comté de Vertus , mais com-
me héritier d'une branche illégitime de
cetteMaiſon. Ce n'eſt donc point com-
me en Appanage de la Maiſon de Fran-
ce, que M. le Prince de Soubife tient
aujourd'hui ce Comté , mais comme un
héritage qui lui eſt échu du chef d'une
18 MERCURE DE FRANCE.
grand-mère, laquelle avoit recueilli par
droit de fucceffion , la donation faite à
François d'Avangour fon auteur , parle
Duc de Bretagne. Enfin dans les diver-
ſes mutations du Comté de Vertus , qui
a paffé du Roi Jean à ſa fille Isabelle ,
d'Isabelle à Valentine de Milan , ſa fille ,
de Valentineà ſa fille Marguerite,deMar-
guerite, femmede Richard Comte d'Ef-
tampes , à leur fils François , Duc de
Bretagne , & du Duc François à Fran-
çois d'Avangour ſon fils naturel; on ne
reconnoît aucun des traits qui caractéri-
fent unAppanage du la Maiſon de Fran-
ce , & d'où l'on puiſſe inférer que la
Maiſon de Bretagne ait poſſédé à ce
titre le Comté de Vertus. Ces obferva-
tions , Monfieur , que j'ai l'honneur de
vous envoyer par ordre de Mgr le Duc
d'Orléans , & dont vous pouvez faire la
vérification dans notre Hiſtoire , vous
engageront ſans doute à faire inférer
dansleMercure un Article qui puiſſe ré-
former ce qui a été avancé à ce ſujet
dans celui d'Avril 1760 ; afin que les
perſonnesqui ne ſont pas inſtruites de la
nature des Appanages , ne ſe forment
pas de cette tenure des idées fauſſes ,
qu'il eſt important pour les Princes Ap-
panagers de ne pas laiſſer accréditer ; &
AVRIL. 1764.
119
comme la Société Littéraire de Cha-
lons ſe propoſede donner bientôt au
Public le recueil de ſes Mémoires
,
SA. S. fe flatte que vous aurez l'atten-
tion de fupprimer dans celui qui con-
cerne le Comtéde Vertus, le titre d'ap-
panage dont vous l'avez décoré , avant
d'avoir approfondi cette matière.
J'ai l'honneur d'être , &c.
des Commandemens de S. A S.
Mgr le DUC D'ORLEANS, à M. de
VELYE, Membre de la Société Littéraire
de Châlons-sur-Marne, le 24
Septembre 1763.
MONSEIGNEUR LE DUC D'ORLÉANS,
Monsieur, qui est quant à présent,
le feul Prince appanagé de la Maiſon
de France , doit veiller avec une atten-
tion particulière , pour que perſonne ne
puiffe prétendre à un pareil titre , qui
n'eſt dû qu'aux males puînés de nos
Rois , & àl'aîné de la defcendance maf-
culine de ces puînés. En effet , l'Appa-
nage eſt une portion détachée des Do-
maines de la Couronne , que les Loix
de l'Etat donnent ,avec autant de juſtice
que de politique , aux puînés de nos
AVRIL. 1764.
115
Souverains , pour leur ſubſiſtance , &
pour leur tenir lieu du partage au Trône
qu'ils étoient en droit de prétendre fous
la première & la ſeconde Race. Une
longue expérience ayant fait fentir les
inconvéniens de cette divifion de Souve-
raineté , on y remédia au commence
mentde la troifiéme , par la Loi falutaire
des Appanages , qui font devenus dans
la ſuite reverfibles à la Couronne au dé-
faut de la ligne maſculine. Cette portion
que tientlePrince appanagé , avec des
prérogatives dignes de la fource dont
elles font émanées , & qui lui retracent
fans ceſſe l'éclat & les droits de fon ori-
gine , ainſi que ſes devoirs , eſt certai-
nement la plus noble & la plus belle de
toutes les tenures , & ne peut être affimi-
lée à aucune autre. D'après ces principes,
Monfieur ,Mgr le Duc d'Orléans n'a pu
voir fans ſurpriſe, dans le Mercure de
Francedu mois d'Avril 1760 ,tom. 2, p.
148, que , dans un article où l'Auteur du
Mercure rend compte d'une Séance pu-
blique de la Société Littéraire de Châ-
lons-fur-Marne , il ſoit dit que vous
avez continué la lecture de l'Hiſtoire de
la Ville , de la Comté-Pairie de Vertus ,
&de la fuite des Seigneurs qui ont pof-
fédé ce Domaine juſqu'à M. le Maréchal
116 MERCURE DE 2 FRANCE.
Prince de Soubiſe , qui le tient aujour--
d'hui comme un Appanage de la Maiſon
de France , étant héritierpour unepartie
de l'ancienne Maison de Bretagne , qui
le poſſedoit à ce titre. Voilà en peu de
mots , Monfieur, trois aſſertions bien ex-
traordinaires. 10. M.le Prince de Soubise
n'a jamais prétendu & ne peut pas pof
féder le Comté de Vertus comme- un
Appanage de la Maiſon de France.
2°. La Maiſon de Bretagne ne l'a point
poſſédé à ce titre. 3°. M. le Maréchal de
me héritier de l'ancienne Maison de
)
Soubiſe n'en eſt point propriétaire com--
Bretagne. Un ſimple extrait des ſça-
vans Ouvrages de M. Dupin & de M.
l'Abbé de Longuerues ſuffira pour éta-
blir la négative des faits que vous avez
avancés . Lors de la réunion de la Cham-
pagne à la Couronne de France , la Sei-
gneurie de Vertus entra dans le Do-
maine du Roi ; elle y eſt demeurée juf
qu'en 1361 , que le Roi Jean la donna
enpleine propriété, avec titre de Comté,
à Jean-Galeas Viscomti , pour dot de ſa
fille Isabelle que Viſcomti épouſa. Jean-
Galeas mariant ſa fille Valentine avec
Louis , Fils de France , Duc d'Orléans ,
en 1389, lui donna de même en dot le
Comté de Vertus. Marguerite , fille de
AVRIL 1764.
H7
Valentine & de Louis , Duc d'Orléans ,
**porta ce Comté dans la Maiſon de Bre-
tagne , en épouſant Richard , Comte
d'Estampes. De leur mariage naquit
François II , Duc de Bretagne , qui en
fit don à François , ſon fils naturel , fou-
che des Seigneurs d'Avangour. Si vous
voulez , Monfieur, confulter les preuves
de l'Hiſtoire de Bretagne , tome 3 , co-
lonne 1354 , vous y verrez qu'il fut en-
joint aux Seigneurs d'Avangour , par
pluſieurs Arrêts du Parlement, de ne
pointufurper le nom de Bretagne. Ces
Seigneurs ontcontinuédejouirdu Com-
té de Vertus de mâle en mâle , juſqu'en
1746 , que leur poſtérité mafculine s'é-
tant éteinte , leur fucceffion a paſſé à
M. le Prince de Soubiſe , iſſu deMarie
d'Avangour , qui avoit pour quatriéme
ayeul François d'Avangour, fils naturel
de François II. Ce n'eſt donc point
comme héritier de l'ancienne Maiſon de
Bretagne , que M. le Prince de Soubiſe
pofſéde le Comté de Vertus , mais com-
me héritier d'une branche illégitime de
cetteMaiſon. Ce n'eſt donc point com-
me en Appanage de la Maiſon de Fran-
ce, que M. le Prince de Soubife tient
aujourd'hui ce Comté , mais comme un
héritage qui lui eſt échu du chef d'une
18 MERCURE DE FRANCE.
grand-mère, laquelle avoit recueilli par
droit de fucceffion , la donation faite à
François d'Avangour fon auteur , parle
Duc de Bretagne. Enfin dans les diver-
ſes mutations du Comté de Vertus , qui
a paffé du Roi Jean à ſa fille Isabelle ,
d'Isabelle à Valentine de Milan , ſa fille ,
de Valentineà ſa fille Marguerite,deMar-
guerite, femmede Richard Comte d'Ef-
tampes , à leur fils François , Duc de
Bretagne , & du Duc François à Fran-
çois d'Avangour ſon fils naturel; on ne
reconnoît aucun des traits qui caractéri-
fent unAppanage du la Maiſon de Fran-
ce , & d'où l'on puiſſe inférer que la
Maiſon de Bretagne ait poſſédé à ce
titre le Comté de Vertus. Ces obferva-
tions , Monfieur , que j'ai l'honneur de
vous envoyer par ordre de Mgr le Duc
d'Orléans , & dont vous pouvez faire la
vérification dans notre Hiſtoire , vous
engageront ſans doute à faire inférer
dansleMercure un Article qui puiſſe ré-
former ce qui a été avancé à ce ſujet
dans celui d'Avril 1760 ; afin que les
perſonnesqui ne ſont pas inſtruites de la
nature des Appanages , ne ſe forment
pas de cette tenure des idées fauſſes ,
qu'il eſt important pour les Princes Ap-
panagers de ne pas laiſſer accréditer ; &
AVRIL. 1764.
119
comme la Société Littéraire de Cha-
lons ſe propoſede donner bientôt au
Public le recueil de ſes Mémoires
,
SA. S. fe flatte que vous aurez l'atten-
tion de fupprimer dans celui qui con-
cerne le Comtéde Vertus, le titre d'ap-
panage dont vous l'avez décoré , avant
d'avoir approfondi cette matière.
J'ai l'honneur d'être , &c.
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Résumé : LETTRE de M. de BELLISLE, Secrétaire des Commandemens de S. A S. Mgr le DUC D'ORLEANS, à M. de VELYE, Membre de la Société Littéraire de Châlons-sur-Marne, le 24 Septembre 1763.
Le 24 septembre 1763, M. de Bellisle, secrétaire des commandements du duc d'Orléans, adresse une lettre à M. de Velye, membre de la Société Littéraire de Châlons-sur-Marne. Cette lettre aborde la question des appanages en France, qui sont attribués aux princes mâles puînés de la famille royale et à leurs descendants masculins. Les appanages constituent une portion des domaines de la Couronne destinée à assurer la subsistance des princes et à compenser leur exclusion de la succession au trône. M. de Bellisle conteste des informations publiées dans le Mercure de France en avril 1760, affirmant que le comté de Vertus serait un appanage de la Maison de France, possédé par le prince de Soubise en tant qu'héritier de la Maison de Bretagne. Il réfute cette affirmation en expliquant que le comté de Vertus a été donné en pleine propriété par le roi Jean à Jean-Galeas Visconti. Par la suite, il a été transmis par mariage à la Maison d'Orléans, puis à la Maison de Bretagne. M. de Bellisle précise que le prince de Soubise possède le comté non pas en tant qu'appanage, mais comme héritier d'une branche illégitime de la Maison de Bretagne. La lettre demande à M. de Velye de corriger ces informations dans les publications futures de la Société Littéraire de Châlons-sur-Marne afin d'éviter toute confusion concernant la nature des appanages et les droits associés.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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p. 119-122
RÉPONSE à la Lettre précédente, par M. FRADET, Secrétaire de la Société Littéraire de CHAALONS-SUR-MARNE, du 2 Février 1764.
Début :
MONSIEUR, Vous avez pris la peine d'écrire le 24 [...]
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texteReconnaissance textuelle : RÉPONSE à la Lettre précédente, par M. FRADET, Secrétaire de la Société Littéraire de CHAALONS-SUR-MARNE, du 2 Février 1764.
RÉPONSE à la Lettre précédente, par
M. FRADET, Secrétaire de la Société
Littéraire de CHAALONS-SUR-MARNE,
du 2 Février 1764.
MONSIEUR,
Vous avez pris la peine d'écrire le 24
Septembre dernier à M. de Velye, l'un
desMembres de la Société Littéraire de
Châalons ; vous lui avez marqué que
S. A. S. Mgr le DUCD'ORLÉANS ,
avoit lû avec ſurpriſe dans le 2º. Vol.
du Mercure de France du mois d'Avril
1760 , que notre Aſſocié avoit avancé
dans ſonHiſtoire de Vertus , que cette
Comté-Pairie étoit aujourd'hui tenue
|
20 MERCURE DE FRANCE.
par M. le Maréchal Prince de Soubife ,
comme un appanage de la Maiſon de
France , étant héritier pour une par-
tie de l'ancienne Maison de Bretagne
qui la poſſédoit à ce titre , & vous
lui avez démontré 1º. que Monfieur
le Prince de Soubiſe , n'avoit jamais
prétendu & ne pouvoit pas poſſéder le
Comté de Vertus comme un appanage
de la Maiſon de France. 2°. Que la
Maiſon deBretagne ne l'avoit point pof-
ſédé à ce titre. 3°. Que M. le Maréchal
de Soubiſe n'en étoit point propriétaire
comme héritier de l'ancienne Maiſon
de Bretagne. M. de Velye auroit eu
l'honneur de vous faire réponſe , & de
réformer ſon erreur , qui peut donner
de faufſes idées de la nature des appana-
ges aux perſonnes qui n'en ſont pas
bien inſtruites ; mais il étoit , lorsde la
réception de votre lettre , attaqué de la
maladie qui nous l'a enlevé environ
deuxmois après. Cette lettre s'eſt trouvée
parmi ſes papiers , qui viennent de nous
être remis ; & la Société ſe fait un devoir
de fatisfaire aux obligations qu'il n'a
pu remplir , & de donner à Mgr le Duc
d'Orléans des marques de ſon profond
reſpect. Elle peut uniquement dire pour
ſa juſtification & pour celle de fon Af-
focié
AVRIL. 1764.
121
ſocié , qu'elle n'a toléré cette aſſertion,
& qu'elle n'a été haſardée dans l'hiſtoi-
re du Comté de Vertus , que ſur la foi
d'un paſſage de M. de Ste Marthe dans
fon Hiſtoire de la Maiſon de France ,
Liv. 8. c. 3. furJean. 2°. Cet Auteurdit
qu'Iſabelle de France fut alliée vers 1360
avecJeanGaleas Viscomti,Duc deMilan,
& que par lettres du mois d'Avril 1361 ,
futfaitlechangementdu Comtéde Som-
myévre en Languedoc , baillé en ap-
panage à cette Princeſſe en faveur de
ſon mariage , à la charge de retour à la
Couronne défaillants fils & filles, avec la
Seigneurie de Vertus en Champagne ,
pour ce ,érigéeen Comté : mais fi MM. ,
de Sainte Marthe & de Velye avoient
faitattentionquel'appanage eſt une por-
tion détachée du Domaine de la Cou-
ronne, que les loix de l'Etat donnent à
charge de retour au défaut de la ligne
mafculine , aux mâles puinés de Fran-
ce pour leur ſubſiſtance ,& pour leur
tenir lieu du partage au Throne qu'ils
étoient endroitde prétendre ſous la pre-
mière & la ſeconde race de nos Rois ,
ils n'auroient pas dit que le Comté de
Vertus avoit été donné en appanage
à Isabelle de France , lors de fon ma-
riage avec Jean Galeas Viſcomti. MM.
I. Vol.
F
/
122 MERCURE DE FRANCE.
de Sainte Marthe & M. de Vélye n'a-
voient pas vu non plus fans doute les
lettres du moisd'Avril 1361 , citées par
le premier. On ne trouve rien dans ces
lettres , dont il m'a été remis une copie
que je crois fidelle , qui annonce que
les Terres de Sommyevre & de Vertus ,
ont été données en appanage à Isabelle
de France ; il paroit ſeulement que la
première lui a été donnée en dot , & la
feconde en remplacement de celle-ci ,
dont elle ne pouvoit jouir par les rai-
fonsdétaillées dans les lettres. C'eſt donc
une dot conftituée à Isabelle de France
&non un appanage , & aucun des pof-
fefſeurs de cette Terre n'a pu la tenir
depuis & la tranſmettre à perſonne fous
le titre d'appanage. La Société a re-
tranché cette affertion fi erronnée , de
l'écrit où elle s'étoit gliffée ; & elle ne
paroîtra point quand ſes mémoires ſe-
ront donnés à l'impreſſion. Je ſuis char-
gé de vous prier de ſa part ,de faire
agréer cette déclaration à Mgr leDuc
d'Orléans , & j'oſe eſpérer que S. A. S.
en ſera fatisfaite.
J'ai l'honneur d'être , &c.
M. FRADET, Secrétaire de la Société
Littéraire de CHAALONS-SUR-MARNE,
du 2 Février 1764.
MONSIEUR,
Vous avez pris la peine d'écrire le 24
Septembre dernier à M. de Velye, l'un
desMembres de la Société Littéraire de
Châalons ; vous lui avez marqué que
S. A. S. Mgr le DUCD'ORLÉANS ,
avoit lû avec ſurpriſe dans le 2º. Vol.
du Mercure de France du mois d'Avril
1760 , que notre Aſſocié avoit avancé
dans ſonHiſtoire de Vertus , que cette
Comté-Pairie étoit aujourd'hui tenue
|
20 MERCURE DE FRANCE.
par M. le Maréchal Prince de Soubife ,
comme un appanage de la Maiſon de
France , étant héritier pour une par-
tie de l'ancienne Maison de Bretagne
qui la poſſédoit à ce titre , & vous
lui avez démontré 1º. que Monfieur
le Prince de Soubiſe , n'avoit jamais
prétendu & ne pouvoit pas poſſéder le
Comté de Vertus comme un appanage
de la Maiſon de France. 2°. Que la
Maiſon deBretagne ne l'avoit point pof-
ſédé à ce titre. 3°. Que M. le Maréchal
de Soubiſe n'en étoit point propriétaire
comme héritier de l'ancienne Maiſon
de Bretagne. M. de Velye auroit eu
l'honneur de vous faire réponſe , & de
réformer ſon erreur , qui peut donner
de faufſes idées de la nature des appana-
ges aux perſonnes qui n'en ſont pas
bien inſtruites ; mais il étoit , lorsde la
réception de votre lettre , attaqué de la
maladie qui nous l'a enlevé environ
deuxmois après. Cette lettre s'eſt trouvée
parmi ſes papiers , qui viennent de nous
être remis ; & la Société ſe fait un devoir
de fatisfaire aux obligations qu'il n'a
pu remplir , & de donner à Mgr le Duc
d'Orléans des marques de ſon profond
reſpect. Elle peut uniquement dire pour
ſa juſtification & pour celle de fon Af-
focié
AVRIL. 1764.
121
ſocié , qu'elle n'a toléré cette aſſertion,
& qu'elle n'a été haſardée dans l'hiſtoi-
re du Comté de Vertus , que ſur la foi
d'un paſſage de M. de Ste Marthe dans
fon Hiſtoire de la Maiſon de France ,
Liv. 8. c. 3. furJean. 2°. Cet Auteurdit
qu'Iſabelle de France fut alliée vers 1360
avecJeanGaleas Viscomti,Duc deMilan,
& que par lettres du mois d'Avril 1361 ,
futfaitlechangementdu Comtéde Som-
myévre en Languedoc , baillé en ap-
panage à cette Princeſſe en faveur de
ſon mariage , à la charge de retour à la
Couronne défaillants fils & filles, avec la
Seigneurie de Vertus en Champagne ,
pour ce ,érigéeen Comté : mais fi MM. ,
de Sainte Marthe & de Velye avoient
faitattentionquel'appanage eſt une por-
tion détachée du Domaine de la Cou-
ronne, que les loix de l'Etat donnent à
charge de retour au défaut de la ligne
mafculine , aux mâles puinés de Fran-
ce pour leur ſubſiſtance ,& pour leur
tenir lieu du partage au Throne qu'ils
étoient endroitde prétendre ſous la pre-
mière & la ſeconde race de nos Rois ,
ils n'auroient pas dit que le Comté de
Vertus avoit été donné en appanage
à Isabelle de France , lors de fon ma-
riage avec Jean Galeas Viſcomti. MM.
I. Vol.
F
/
122 MERCURE DE FRANCE.
de Sainte Marthe & M. de Vélye n'a-
voient pas vu non plus fans doute les
lettres du moisd'Avril 1361 , citées par
le premier. On ne trouve rien dans ces
lettres , dont il m'a été remis une copie
que je crois fidelle , qui annonce que
les Terres de Sommyevre & de Vertus ,
ont été données en appanage à Isabelle
de France ; il paroit ſeulement que la
première lui a été donnée en dot , & la
feconde en remplacement de celle-ci ,
dont elle ne pouvoit jouir par les rai-
fonsdétaillées dans les lettres. C'eſt donc
une dot conftituée à Isabelle de France
&non un appanage , & aucun des pof-
fefſeurs de cette Terre n'a pu la tenir
depuis & la tranſmettre à perſonne fous
le titre d'appanage. La Société a re-
tranché cette affertion fi erronnée , de
l'écrit où elle s'étoit gliffée ; & elle ne
paroîtra point quand ſes mémoires ſe-
ront donnés à l'impreſſion. Je ſuis char-
gé de vous prier de ſa part ,de faire
agréer cette déclaration à Mgr leDuc
d'Orléans , & j'oſe eſpérer que S. A. S.
en ſera fatisfaite.
J'ai l'honneur d'être , &c.
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Résumé : RÉPONSE à la Lettre précédente, par M. FRADET, Secrétaire de la Société Littéraire de CHAALONS-SUR-MARNE, du 2 Février 1764.
Le 2 février 1764, M. Fradet, secrétaire de la Société Littéraire de Châlons-sur-Marne, répond à une lettre du 24 septembre précédent adressée à M. de Velye. Cette lettre visait à corriger une affirmation erronée dans l'Histoire de Vertus, selon laquelle le comté-pairie de Vertus était tenu par le Maréchal Prince de Soubise comme un appanage de la Maison de France, hérité de l'ancienne Maison de Bretagne. M. Fradet démontre que cette affirmation est incorrecte, car le Prince de Soubise ne pouvait posséder Vertus comme appanage et que la Maison de Bretagne ne l'avait jamais possédé à ce titre. M. de Velye, étant malade au moment de la réception de la lettre, n'a pas pu répondre. La Société Littéraire a donc pris l'initiative de rectifier l'erreur. L'affirmation erronée provenait d'un passage de l'Histoire de la Maison de France de M. de Sainte Marthe, qui mentionnait un échange de comtés en 1361 impliquant Isabelle de France. Après vérification, il s'est avéré que Vertus était une dot constituée pour Isabelle et non un appanage. La Société Littéraire a corrigé cette erreur et assure qu'elle ne figurera pas dans les mémoires imprimés. M. Fradet conclut en espérant que le Duc d'Orléans acceptera cette déclaration.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3
p. 123-125
EXTRAIT des Registres de l'Académie Royale des SCIENCES. Du 22 Février 1764.
Début :
NOUS avons examiné par ordre de l'Académie, un Mémoire de M. [...]
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texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT des Registres de l'Académie Royale des SCIENCES. Du 22 Février 1764.
EXTRAIT des Registres de l'Académie
Royale des SCIENCES.
Du 22 Février 1764.
NOUS avons examiné par ordre
de l'Académie, un Mémoire de M.
Biesta , Mª Horloger à Paris , fur une
nouvelle conſtruction de Montres, dans
leſquelles tout ce qui appartient à l'é-
chappement peut s'enlever ſans démon-
ter le reſte de la montre. Il eſt exacte-
ment vrai , & M. Biesta le dit dans ſon
Mémoire ,que la plus grande partie des
dérangemens & des accidens qui arri-
ventà une montre , viennent de l'altéra-
tion de l'échappement , & que très-fou-
vent on n'auroit nul beſoin de démon-
ter le reſte de la montre pour y remé-
dier , s'il étoit poffible d'y toucher fans
cela ; c'eſt cet avantage que M. Biefta
avoulu procurer aux montres. Par la
conſtruction qu'il propoſe : la potence,
la cantre-potence , le cocq , la couliffe ,
la roſette , le balancier , le piton , & le
reffort ſpiral y font portés par une pla-
que d'acier , tenant par trois vis à la
platine du nom qui eſt percée en cet
Fij
124 MERCURE DE FRANCE.
endroit pour donner paſſage à la roue de
rencontre , la potence &la contre-po-
tence. Cette conſtruction peut être ap-
pliquée à toutes les montres déjà faites,
& il eſt aisé de ſentir combien elle
peut être avantageuſe , ſur-tout pour
les Piéces compoſées , comme pour les
montres à ſonnerie , ou à répétition ,
qu'on ne ſera plus obligé de démonter
en entier pour le moindre dérangement
arrivé à l'échappement; ce qui peut
être d'autant plus utile, qu'on eft quel-
quefois obligé en voyage de ſe ſervir
d'Ouvriers médiocres qui pourroient
aifément gâter des parties auſſi délica-
tes , & qui leur font trop ſouvent in-
connues ; au lieu que les effets de l'é-
chappement font généralement connus
de tous ceux qui ont pratiqué l'Horlo-
gerie. Ces avantages font que nous ne
pouvons qu'applaudir à la conſtruction
deM. Biefta , qui nous a paru ingénieu-
fe , & mériter l'approbation de l'Aca-
démie. Signé, CAMUS & DE FOUCHY.
L'Auteur de cette invention eſt le
même qui a trouvé la manière d'ap-
pliquer aifément aux Pendules à ſecon-
des le temps vrai , également approuvé
par l'Académie Royale des Sciences. Il
demeure préfentement Cloître S. Ger-
AVRIL. 1764.
main - l'Auxerrois
Paris.
125
, en entrant par le
Louvre à gauche , au Temps vrai , à
Le prix pour appliquer ſon équation
aux Pendules à ſecondes , eft de huit
louis ; & l'application dela conftruction
mentionnée au certificat ci-joint ne
renchérit pas chez l'Auteur les montres
neuves ; mais pour donner les mêmes
avantages à celles qui ſont déjà faites ,
il prend pour une montre fimple deux
louis , & pour une à répétition trois
louis ; & MM. les Horlogers ſes Con-
frères peuvent compoſer avec l'Auteur ,
parce qu'ils pourront ſe réſerver cer-
tains Ouvrages pour eux-mêmes.
Royale des SCIENCES.
Du 22 Février 1764.
NOUS avons examiné par ordre
de l'Académie, un Mémoire de M.
Biesta , Mª Horloger à Paris , fur une
nouvelle conſtruction de Montres, dans
leſquelles tout ce qui appartient à l'é-
chappement peut s'enlever ſans démon-
ter le reſte de la montre. Il eſt exacte-
ment vrai , & M. Biesta le dit dans ſon
Mémoire ,que la plus grande partie des
dérangemens & des accidens qui arri-
ventà une montre , viennent de l'altéra-
tion de l'échappement , & que très-fou-
vent on n'auroit nul beſoin de démon-
ter le reſte de la montre pour y remé-
dier , s'il étoit poffible d'y toucher fans
cela ; c'eſt cet avantage que M. Biefta
avoulu procurer aux montres. Par la
conſtruction qu'il propoſe : la potence,
la cantre-potence , le cocq , la couliffe ,
la roſette , le balancier , le piton , & le
reffort ſpiral y font portés par une pla-
que d'acier , tenant par trois vis à la
platine du nom qui eſt percée en cet
Fij
124 MERCURE DE FRANCE.
endroit pour donner paſſage à la roue de
rencontre , la potence &la contre-po-
tence. Cette conſtruction peut être ap-
pliquée à toutes les montres déjà faites,
& il eſt aisé de ſentir combien elle
peut être avantageuſe , ſur-tout pour
les Piéces compoſées , comme pour les
montres à ſonnerie , ou à répétition ,
qu'on ne ſera plus obligé de démonter
en entier pour le moindre dérangement
arrivé à l'échappement; ce qui peut
être d'autant plus utile, qu'on eft quel-
quefois obligé en voyage de ſe ſervir
d'Ouvriers médiocres qui pourroient
aifément gâter des parties auſſi délica-
tes , & qui leur font trop ſouvent in-
connues ; au lieu que les effets de l'é-
chappement font généralement connus
de tous ceux qui ont pratiqué l'Horlo-
gerie. Ces avantages font que nous ne
pouvons qu'applaudir à la conſtruction
deM. Biefta , qui nous a paru ingénieu-
fe , & mériter l'approbation de l'Aca-
démie. Signé, CAMUS & DE FOUCHY.
L'Auteur de cette invention eſt le
même qui a trouvé la manière d'ap-
pliquer aifément aux Pendules à ſecon-
des le temps vrai , également approuvé
par l'Académie Royale des Sciences. Il
demeure préfentement Cloître S. Ger-
AVRIL. 1764.
main - l'Auxerrois
Paris.
125
, en entrant par le
Louvre à gauche , au Temps vrai , à
Le prix pour appliquer ſon équation
aux Pendules à ſecondes , eft de huit
louis ; & l'application dela conftruction
mentionnée au certificat ci-joint ne
renchérit pas chez l'Auteur les montres
neuves ; mais pour donner les mêmes
avantages à celles qui ſont déjà faites ,
il prend pour une montre fimple deux
louis , & pour une à répétition trois
louis ; & MM. les Horlogers ſes Con-
frères peuvent compoſer avec l'Auteur ,
parce qu'ils pourront ſe réſerver cer-
tains Ouvrages pour eux-mêmes.
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Résumé : EXTRAIT des Registres de l'Académie Royale des SCIENCES. Du 22 Février 1764.
Le 22 février 1764, l'Académie Royale des Sciences a examiné un mémoire de M. Biesta, horloger à Paris, présentant une nouvelle construction de montres. Cette innovation permet de remplacer l'échappement sans démonter l'ensemble de la montre, ce qui est crucial car les problèmes de montres proviennent souvent de cet élément. La construction de M. Biesta comprend plusieurs composants, tels que la potence, la contre-potence, le cocq, la couliffe, la rosette, le balancier, le piton et le ressort spiral, fixés sur une plaque d'acier attachée à la platine du mouvement. Cette innovation est applicable aux montres existantes et est particulièrement utile pour les montres complexes comme celles à sonnerie ou à répétition, évitant ainsi des démontages complets pour des réparations mineures. L'Académie a reconnu les avantages de cette construction et l'a approuvée. M. Biesta a également inventé une méthode pour appliquer le temps vrai aux pendules à secondes, approuvée par l'Académie. Il réside au Cloître Saint-Germain-l'Auxerrois à Paris. Les coûts pour appliquer cette innovation varient : huit louis pour les pendules à secondes, deux louis pour les montres simples et trois louis pour les montres à répétition. Les confrères horlogers peuvent négocier avec M. Biesta pour se réserver certains travaux.
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4
p. 125-127
PRIX proposé par la Société Royale d'Agriculture de Paris, pour l'année 1764.
Début :
PLUSIEURS Citoyens zélés pour les progrès de l'Agriculture, ayant déposé [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PRIX proposé par la Société Royale d'Agriculture de Paris, pour l'année 1764.
PRIX proposé par la Société Royale
d'Agriculture de Paris, pour l'année
1764.
PLUSIEURS Citoyens zélés pour les
progrès de l'Agriculture, ayant déposé
au Bureau de la Gazette du Commerce ,
différentes fommes , fur leſquelles feroit
prélevée celle de Six cens livres , pour
être employée aux Prix dont la Société
royale d'Agriculture choiſiroit le Sujet,
Fiij
4 126 MERCURE DE FRANCE.
elle n'a pas cru pouvoir en préſenter un
plus important à traiter, que lesMaladies
des Beſtiaux ; en conféquence , elle a
arrêté qu'elle adjugeroit un Prix de Six
cens livres , au Mémoire qui donneroit
ladescription , les causes , les effets & la
curation des Maladies épidémiques &
contagieuses des Beftiaux , les moyens
de les prévenir & d'enempêcher lespro-
grès.
Il ſera proclamé , dans une Aſſemblée
de la Société , au mois d'Avril 1765.
Les Pièces qui feront envoyées pour
concourir , doivent être remiſes avant le
1.er Janvier 1765 , à M. de Palerne ,
Secrétaire perpétuel de la Société , autre-
ment elles feront rejettées.
Les Auteurs ne mettront point leurs
noms ſur leurs ouvrages , mais dans un
paquet cacheté , portant un numéro
pareil à celui de la Pièce , avec une mê-
me deviſe ſur l'un & fur l'autre ; ces
paquets ne feront ouverts qu'après le ju-
gement du Prix.
Toutes perſonnes feront admiſes à
concourir , à l'exception des Membres
& Aſſociés qui compoſent la Société
Royale d'AgriculturedeParis: les Pièces
feront adreſſées à M. de Sauvigny ,
Conſeiller d'Etat, Intendantde la Gé
AVRIL. 1764.
127
néralité de Paris , qui fera paffer aux
Auteurs les récépiſſés du Secrétaire de
la Société; le Secrétaire délivera le prix
à celui qui lui repréſentera lerécépiffé
dela Pièce couronnée ; il n'y aura point
d'autre formalité.
d'Agriculture de Paris, pour l'année
1764.
PLUSIEURS Citoyens zélés pour les
progrès de l'Agriculture, ayant déposé
au Bureau de la Gazette du Commerce ,
différentes fommes , fur leſquelles feroit
prélevée celle de Six cens livres , pour
être employée aux Prix dont la Société
royale d'Agriculture choiſiroit le Sujet,
Fiij
4 126 MERCURE DE FRANCE.
elle n'a pas cru pouvoir en préſenter un
plus important à traiter, que lesMaladies
des Beſtiaux ; en conféquence , elle a
arrêté qu'elle adjugeroit un Prix de Six
cens livres , au Mémoire qui donneroit
ladescription , les causes , les effets & la
curation des Maladies épidémiques &
contagieuses des Beftiaux , les moyens
de les prévenir & d'enempêcher lespro-
grès.
Il ſera proclamé , dans une Aſſemblée
de la Société , au mois d'Avril 1765.
Les Pièces qui feront envoyées pour
concourir , doivent être remiſes avant le
1.er Janvier 1765 , à M. de Palerne ,
Secrétaire perpétuel de la Société , autre-
ment elles feront rejettées.
Les Auteurs ne mettront point leurs
noms ſur leurs ouvrages , mais dans un
paquet cacheté , portant un numéro
pareil à celui de la Pièce , avec une mê-
me deviſe ſur l'un & fur l'autre ; ces
paquets ne feront ouverts qu'après le ju-
gement du Prix.
Toutes perſonnes feront admiſes à
concourir , à l'exception des Membres
& Aſſociés qui compoſent la Société
Royale d'AgriculturedeParis: les Pièces
feront adreſſées à M. de Sauvigny ,
Conſeiller d'Etat, Intendantde la Gé
AVRIL. 1764.
127
néralité de Paris , qui fera paffer aux
Auteurs les récépiſſés du Secrétaire de
la Société; le Secrétaire délivera le prix
à celui qui lui repréſentera lerécépiffé
dela Pièce couronnée ; il n'y aura point
d'autre formalité.
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Résumé : PRIX proposé par la Société Royale d'Agriculture de Paris, pour l'année 1764.
En 1764, la Société Royale d'Agriculture de Paris a lancé un concours doté d'un prix de six cents livres pour promouvoir les avancées en agriculture. Le thème portait sur les maladies des bestiaux, notamment les maladies épidémiques et contagieuses. Le prix devait récompenser le mémoire expliquant le mieux les causes, les effets et les méthodes de prévention de ces maladies. Les participants avaient jusqu'au 1er janvier 1765 pour soumettre leurs travaux à M. de Palerne, secrétaire perpétuel de la Société. Les soumissions devaient être anonymes, identifiées par un numéro et une devise. Les membres et associés de la Société étaient exclus du concours. Les mémoires devaient être envoyés à M. de Sauvigny, conseiller d'État et intendant de la généralité de Paris, qui fournirait des récépissés. Le prix serait attribué à l'auteur présentant le récépissé du mémoire couronné, sans autre formalité.
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5
p. 127-129
PRIX proposé par la Société Royale d'Agriculture de Paris, pour l'année 1765.
Début :
LA SOCIÉTÉ desirant exciter de plus en plus l'industrie & l'émulation des [...]
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texteReconnaissance textuelle : PRIX proposé par la Société Royale d'Agriculture de Paris, pour l'année 1765.
PRIX proposé par la Société Royale
d'Agriculture de Paris, pour l'année
1765.
LA SOCIÉTÉ desirant exciter de plus
en plus l'industrie & l'émulation des
Cultivateurs , a réfolu & arrêté , dans
fon Affemblée du 8Décembre 1763 ,
qu'il fera fait un fonds chaque année,
par les Affociés , pour donner deux ou
plufieurs Prix , à ceux des Cultivateurs
&autres Particuliers appliqués aux foins
de la campagne , qui auront le mieux
réuffi dans les recherches qu'elle doit
leurpropoſer.
:
Le principal objetde ces recherches ,
fera d'éclairer fucceſſivement par des
expériences faites avec ſoin , les dif-
férentes pratiques de l'Agriculture & de
l'économie ruſtique.
Fiv
128 MERCURE DE FRANCE.
Un des Sujets qu'elle a choiſi pour
le Prix de 1765 , eſt , Le meilleur tra-
vailfur la qualité & fur l'emploi des
engraisqui conviennent aux terres , prin-
cipalement aux terres à blés , relative-
ment à leurqualité.
Des expériences bien faites,foit pour
employer de nouveaux engrais juſqu'à
préſent peu connus ou négligés , ſoit
pour fuppléer au fumier des animaux ,
lorſqu'on en a peu , ſoit pour perfec-
tionner la qualité des fumiers & autres
engrais , auront droit au Prix.
Ce Prix eſt de la ſomme de huit cens
livres ; il ſera proclamé , dans une Af-
ſemblée publique de la Société
, au
mois d'Avril 1766. Les Piéces qui ſe-
ront envoyées pourconcourir,doivent
être remiſes avant le 1st Janvier 1766 ,
à M. de Palerne , Secrétaire perpétuel
de la Société
rejettées.
2
autrement elles feront
Les Auteurs ne mettront point leurs
noms ſur leurs ouvrages , mais dans un
paquet cacheté, portant un numéro pa-
reil à celui de la Piéce , avec une même
deviſe ſur l'un & fur l'autre ; ces pa-
quets ne feront ouverts qu'après le ju-
mentdu Prix. Les Auteurspeuvent y in-
férer les certificats qu'ils auront prisdes
AVRIL. 1764.
129
perſonnes connues & dignes de foi qui
auront ſuivi ou vérifié leurs expérien-
ces , à l'effet d'en conſtater les réſultats.
La Piéce qui renfermera le plus de
faits , d'obſervations & d'expériences
utiles ſur l'art de fertiliſer la terre par
les engrais , ſera couronnée.
Toutes perſonnes feront admifes à
concourir , à l'exception des Membres
& Aſſociés qui compoſent la Société
Royale d'Agriculture de Paris : les Pié-
ces ferontadreſſées à M. de Sauvigny ,
Conſeiller d'Etat , Intendant de la Gé-
néralité de Paris , qui fera paffer aux
Auteurs les récépiſſés du Secrétaire de
la Société ; le Secrétaire délivrera le
Prix à celui qui lui repréſentera le ré-
cépiffé de la Piéce couronnée , il n'y
aura point d'autre formalité.
d'Agriculture de Paris, pour l'année
1765.
LA SOCIÉTÉ desirant exciter de plus
en plus l'industrie & l'émulation des
Cultivateurs , a réfolu & arrêté , dans
fon Affemblée du 8Décembre 1763 ,
qu'il fera fait un fonds chaque année,
par les Affociés , pour donner deux ou
plufieurs Prix , à ceux des Cultivateurs
&autres Particuliers appliqués aux foins
de la campagne , qui auront le mieux
réuffi dans les recherches qu'elle doit
leurpropoſer.
:
Le principal objetde ces recherches ,
fera d'éclairer fucceſſivement par des
expériences faites avec ſoin , les dif-
férentes pratiques de l'Agriculture & de
l'économie ruſtique.
Fiv
128 MERCURE DE FRANCE.
Un des Sujets qu'elle a choiſi pour
le Prix de 1765 , eſt , Le meilleur tra-
vailfur la qualité & fur l'emploi des
engraisqui conviennent aux terres , prin-
cipalement aux terres à blés , relative-
ment à leurqualité.
Des expériences bien faites,foit pour
employer de nouveaux engrais juſqu'à
préſent peu connus ou négligés , ſoit
pour fuppléer au fumier des animaux ,
lorſqu'on en a peu , ſoit pour perfec-
tionner la qualité des fumiers & autres
engrais , auront droit au Prix.
Ce Prix eſt de la ſomme de huit cens
livres ; il ſera proclamé , dans une Af-
ſemblée publique de la Société
, au
mois d'Avril 1766. Les Piéces qui ſe-
ront envoyées pourconcourir,doivent
être remiſes avant le 1st Janvier 1766 ,
à M. de Palerne , Secrétaire perpétuel
de la Société
rejettées.
2
autrement elles feront
Les Auteurs ne mettront point leurs
noms ſur leurs ouvrages , mais dans un
paquet cacheté, portant un numéro pa-
reil à celui de la Piéce , avec une même
deviſe ſur l'un & fur l'autre ; ces pa-
quets ne feront ouverts qu'après le ju-
mentdu Prix. Les Auteurspeuvent y in-
férer les certificats qu'ils auront prisdes
AVRIL. 1764.
129
perſonnes connues & dignes de foi qui
auront ſuivi ou vérifié leurs expérien-
ces , à l'effet d'en conſtater les réſultats.
La Piéce qui renfermera le plus de
faits , d'obſervations & d'expériences
utiles ſur l'art de fertiliſer la terre par
les engrais , ſera couronnée.
Toutes perſonnes feront admifes à
concourir , à l'exception des Membres
& Aſſociés qui compoſent la Société
Royale d'Agriculture de Paris : les Pié-
ces ferontadreſſées à M. de Sauvigny ,
Conſeiller d'Etat , Intendant de la Gé-
néralité de Paris , qui fera paffer aux
Auteurs les récépiſſés du Secrétaire de
la Société ; le Secrétaire délivrera le
Prix à celui qui lui repréſentera le ré-
cépiffé de la Piéce couronnée , il n'y
aura point d'autre formalité.
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Résumé : PRIX proposé par la Société Royale d'Agriculture de Paris, pour l'année 1765.
En 1763, la Société Royale d'Agriculture de Paris a instauré un fonds annuel pour récompenser les innovations agricoles. Pour 1765, le sujet porte sur les engrais adaptés aux terres à blé. Les recherches doivent explorer de nouveaux engrais ou améliorer ceux existants. Le prix, de huit cents livres, sera décerné en avril 1766. Les candidatures, anonymes et accompagnées d'une devise, doivent être soumises avant le 1er janvier 1766 à M. de Palerne. Les travaux seront évalués sur des faits et observations pratiques. Tous peuvent concourir, sauf les membres de la Société. Les soumissions doivent être envoyées à M. de Sauvigny, qui délivrera les récépissés et le prix.
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6
p. 129-131
SUJET du Prix de l'Académie des Sciences, Arts & Belles-Lettres de DIJON, pour l'année 1765.
Début :
IL est d'usage en Bourgogne de semer suivant trois différentes méthodes : [...]
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texteReconnaissance textuelle : SUJET du Prix de l'Académie des Sciences, Arts & Belles-Lettres de DIJON, pour l'année 1765.
SUJET du Prix de l'Académie des
Sciences, Arts & Belles-Lettres de
DIJON, pour l'année 1765.
IL est d'usage en Bourgogne de semer
suivant trois différentes méthodes :
1º. On ſeme dans les mêmes terres
la première année du Bled , la ſeconde
Fy
130 MERCURE DE FRANCE.
des Mars , & fucceffivement ainſi d'an-
née à autre.
2º. On y ſeme alternativement une
année de Bled, l'autre des Mars , & la
troifiéme on laiſſe la terre en jachère.
3º. On y ſeme une annéeduBled , la
ſeconde année , la terre reſte en ja-
chère ; & cette pratique s'obſerve conf-
tammentd'une année à l'autre.
D'après l'expofition de ces divers
façons d'enſemencer les terres en Bour-
gogne , l'Académie demande :
Quellesfont lesRaiſons physiques qui
doivent engager relativement aux diffé-
rens Terroirs , à préférer l'une de ces
trois méthodes ?
Les régles & les formalités qui s'ob-
ferventdanslesConcoursAcadémiques,
font aujourd'hui ſi généralement con-
nues , qu'il eſt inutile de les répéter
au ſujet de ce Programme. Il ſuffit
d'avertir ici , que les Mémoires qu'on
doit adreffer à M. Michault , Secrétaire
perpétuel de l'Académie, ruede Guiſe , à
Dijon , neferont reçus , francs de port ,
quejuſqu'au premier Avril 1765 inclufi-
vement: paffé lequel temps, ils ne pour-
ront, ſous quelque prétexte que ce ſoit,
avoir aucun droit au Concours ; ainſi
AVRIL. 1764
131
que ceux dont l'Auteur ſe ſera fait
connoître directement ou indirectement.
Sciences, Arts & Belles-Lettres de
DIJON, pour l'année 1765.
IL est d'usage en Bourgogne de semer
suivant trois différentes méthodes :
1º. On ſeme dans les mêmes terres
la première année du Bled , la ſeconde
Fy
130 MERCURE DE FRANCE.
des Mars , & fucceffivement ainſi d'an-
née à autre.
2º. On y ſeme alternativement une
année de Bled, l'autre des Mars , & la
troifiéme on laiſſe la terre en jachère.
3º. On y ſeme une annéeduBled , la
ſeconde année , la terre reſte en ja-
chère ; & cette pratique s'obſerve conf-
tammentd'une année à l'autre.
D'après l'expofition de ces divers
façons d'enſemencer les terres en Bour-
gogne , l'Académie demande :
Quellesfont lesRaiſons physiques qui
doivent engager relativement aux diffé-
rens Terroirs , à préférer l'une de ces
trois méthodes ?
Les régles & les formalités qui s'ob-
ferventdanslesConcoursAcadémiques,
font aujourd'hui ſi généralement con-
nues , qu'il eſt inutile de les répéter
au ſujet de ce Programme. Il ſuffit
d'avertir ici , que les Mémoires qu'on
doit adreffer à M. Michault , Secrétaire
perpétuel de l'Académie, ruede Guiſe , à
Dijon , neferont reçus , francs de port ,
quejuſqu'au premier Avril 1765 inclufi-
vement: paffé lequel temps, ils ne pour-
ront, ſous quelque prétexte que ce ſoit,
avoir aucun droit au Concours ; ainſi
AVRIL. 1764
131
que ceux dont l'Auteur ſe ſera fait
connoître directement ou indirectement.
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Résumé : SUJET du Prix de l'Académie des Sciences, Arts & Belles-Lettres de DIJON, pour l'année 1765.
Le texte décrit trois méthodes de semis pratiquées en Bourgogne et pose une question à l'Académie des Sciences, Arts & Belles-Lettres de Dijon pour l'année 1765. La première méthode consiste à alterner entre le blé et les Mars. La deuxième méthode alterne entre blé, Mars et une année de jachère. La troisième méthode implique de semer du blé une année, suivie d'une année de jachère. L'Académie demande quelles raisons physiques devraient inciter à privilégier une méthode plutôt qu'une autre en fonction des différents types de terroirs. Les mémoires répondant à cette question doivent être envoyés à M. Michault, Secrétaire perpétuel de l'Académie, avant le 1er avril 1765. Après cette date, les mémoires ne seront plus acceptés, même si l'auteur se fait connaître.
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