Résultats : 14595 texte(s)
Détail
Liste
10302
p. 195
DU LEVANT.
Début :
Le 9 de ce mois, le Chevalier de Vergennes, que le Roi de France [...]
Mots clefs :
Constantinople, Chevalier de Vergennes, Roi de France, Audience, Grand vizir, Sultane, Grossesse
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texteReconnaissance textuelle : DU LEVANT.
DU LEVANT.
le DE
CONSTANTINOPLE
14 , Février.
LE , de ce mois , le Chevalier de Vergennes ,
que le Roi de France a revêtu du caractere de fon
Ambaffadeur à la Porte eut en cette qualité fa
premiere audience du Grand Vifir. Il fut conduir
le lendemain à celle du Grand Seigneur , & il préfenta
la Lettre que Sa Majesté Très - Chrétienne a
écrite à Sa Hauteffe , pour la féliciter fur fon avénement
au Trône. On affure généralement qu'une
des Sultanes eft enceinte ; du moins il eft certain
que le Grand Seigneur a affigné un appartement
particulier à cette Favorite , & qu'elle eft traitée
avec des diftinctions , qui paroiffent confirmer le
bruit public.
le DE
CONSTANTINOPLE
14 , Février.
LE , de ce mois , le Chevalier de Vergennes ,
que le Roi de France a revêtu du caractere de fon
Ambaffadeur à la Porte eut en cette qualité fa
premiere audience du Grand Vifir. Il fut conduir
le lendemain à celle du Grand Seigneur , & il préfenta
la Lettre que Sa Majesté Très - Chrétienne a
écrite à Sa Hauteffe , pour la féliciter fur fon avénement
au Trône. On affure généralement qu'une
des Sultanes eft enceinte ; du moins il eft certain
que le Grand Seigneur a affigné un appartement
particulier à cette Favorite , & qu'elle eft traitée
avec des diftinctions , qui paroiffent confirmer le
bruit public.
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Résumé : DU LEVANT.
Le 14 février, le Chevalier de Vergennes, nouvel ambassadeur de France, a été reçu par le Grand Vizir et le Sultan. Il a remis une lettre du Roi de France félicitant le Sultan pour son avènement. Des rumeurs évoquent une grossesse d'une sultane, non confirmée, mais elle a reçu un appartement particulier et des distinctions.
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10303
p. 195
ALLEMAGNE.
Début :
On essuya le 18 du mois dernier dans toute la Silésie [...]
Mots clefs :
Wrocław, Ouragan, Destruction d'habitations, Destruction d'édifices
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texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
DE BRESLAU , le 9 Mars .
On effuya le 18 du mois dernier dans toute la
Siléfie un horrible ouragan ; non feulement les
maifons particulieres , mais même plufieurs édifices
publics , ont confidérablement fouffert ; la
plupart des arbres ont été déracinés dans la campagne.
DE BRESLAU , le 9 Mars .
On effuya le 18 du mois dernier dans toute la
Siléfie un horrible ouragan ; non feulement les
maifons particulieres , mais même plufieurs édifices
publics , ont confidérablement fouffert ; la
plupart des arbres ont été déracinés dans la campagne.
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10304
p. 196-197
ESPAGNE.
Début :
On a reçu, au sujet des tremblements de terre qui ont détruit [...]
Mots clefs :
Madrid, Lisbonne, Tremblement de terre, Quito, Pérou, Décombres, Morts, Régiments, Sieur Castres, Droit sur les marchandises étrangères
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texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
E&SPAGNE.
DE MADRID , le 16 Mars.
On a reçu , au fujet des tremblemens de terre
qui ont détruit la ville de Quíto dans le Pérou ,
une Relation contenant les particularités fuivantes.
Le 26 Avril de l'année derniere , à huit
heures du matin , de violentes fecouffes donnerent
les premieres allarmes , & durerent trois
minutes. Peu après les fecouffes recommencerent
, mais avec moins de force ; elles fe fuccéderent
prefque fans interruption pendant le refte
de la matinée . Le 27 , à cinq heures après- midi ,
la fecouffe fut fi forte , que la plupart des Habitans
fortirent de la Ville , afin de n'être pas enfevelis
fous les ruines de leurs maifons . Entre
onze heures & minuit la terre trembla de nouveau
pendant cinq minutes . Après un court intervalle
on éprouva un nouveau tremblement
& l'on compta quatorze fecouffes confécutives.
Pendant toute la nuit les Eccléfiaftiques & les
Religieux furent occupés à exhorter & à confeffer
dans les rues & dans les places publiques . L'air
retentiffoit de plaintes & de gémiffemens . Le 28
fut l'époque fatale de la ruine de la Ville. On ne
peut fans horreur fe rappeller le fouvenir de cette
affreufe journée . Édifices publics , maifons particulieres
, tout s'écroula fucceffivement . A ce cruel
fpectacle , les Magiftrats firent ouvrir les prifons ,
& donnerent la liberté à toutes les perfonnes qui
n'étoient pas détenues pour des crimes capitaux.
Le Vicaire Général , en l'abſence de l'Evêque ,
donna permiffion aux Religieufes de quitter leur
clôture. Heureufement dans le commun défaftre ,
il n'a péri que 14 ou 15 perfonnes , tant vieillards
AVRIL 1756. no
1.97
que femmes & enfans. Tous les Habitans font
actuellement
difperfés dans la campagne ſous des
Tentes ou dans des Baraques. Le Gouverneur a
retiré dans ſa maiſon de campagne plus de fix cens
perfonnes , & il fournit aux frais de leur fubfiftance
. Depuis le 28 Avril jufqu'au 30 Mai que
cette Relation a été écrite , il s'eft paffé peu de
jours fans qu'on n'ait fenti quelque fecouffe.
DE LISBONNE , le 19 Février.
Le 19 Février au matin , on fentit encore ici
une nouvelle fecouffe de tremblement de terre ;
ellé dara près de trois minutes , & fa direction parut
être de l'Eft au Sud . Plufieurs Régimens d'Infanterie
, & celui de Dragons d'Evora , travaillent
à ouvrir des chemins à travers les ruines des mai
fons pour les voitures deftinées à enlever les décombres.
A l'exemple du fieur Caftres , Envoyé
Extraordinaire du Roi de la Grande- Bretagne , les
autres Miniftres Etrangers ont fait des repréfentations
au fujet de l'augmentation des droits établis
fur les marchandifes qui viennent du dehors .
DE MADRID , le 16 Mars.
On a reçu , au fujet des tremblemens de terre
qui ont détruit la ville de Quíto dans le Pérou ,
une Relation contenant les particularités fuivantes.
Le 26 Avril de l'année derniere , à huit
heures du matin , de violentes fecouffes donnerent
les premieres allarmes , & durerent trois
minutes. Peu après les fecouffes recommencerent
, mais avec moins de force ; elles fe fuccéderent
prefque fans interruption pendant le refte
de la matinée . Le 27 , à cinq heures après- midi ,
la fecouffe fut fi forte , que la plupart des Habitans
fortirent de la Ville , afin de n'être pas enfevelis
fous les ruines de leurs maifons . Entre
onze heures & minuit la terre trembla de nouveau
pendant cinq minutes . Après un court intervalle
on éprouva un nouveau tremblement
& l'on compta quatorze fecouffes confécutives.
Pendant toute la nuit les Eccléfiaftiques & les
Religieux furent occupés à exhorter & à confeffer
dans les rues & dans les places publiques . L'air
retentiffoit de plaintes & de gémiffemens . Le 28
fut l'époque fatale de la ruine de la Ville. On ne
peut fans horreur fe rappeller le fouvenir de cette
affreufe journée . Édifices publics , maifons particulieres
, tout s'écroula fucceffivement . A ce cruel
fpectacle , les Magiftrats firent ouvrir les prifons ,
& donnerent la liberté à toutes les perfonnes qui
n'étoient pas détenues pour des crimes capitaux.
Le Vicaire Général , en l'abſence de l'Evêque ,
donna permiffion aux Religieufes de quitter leur
clôture. Heureufement dans le commun défaftre ,
il n'a péri que 14 ou 15 perfonnes , tant vieillards
AVRIL 1756. no
1.97
que femmes & enfans. Tous les Habitans font
actuellement
difperfés dans la campagne ſous des
Tentes ou dans des Baraques. Le Gouverneur a
retiré dans ſa maiſon de campagne plus de fix cens
perfonnes , & il fournit aux frais de leur fubfiftance
. Depuis le 28 Avril jufqu'au 30 Mai que
cette Relation a été écrite , il s'eft paffé peu de
jours fans qu'on n'ait fenti quelque fecouffe.
DE LISBONNE , le 19 Février.
Le 19 Février au matin , on fentit encore ici
une nouvelle fecouffe de tremblement de terre ;
ellé dara près de trois minutes , & fa direction parut
être de l'Eft au Sud . Plufieurs Régimens d'Infanterie
, & celui de Dragons d'Evora , travaillent
à ouvrir des chemins à travers les ruines des mai
fons pour les voitures deftinées à enlever les décombres.
A l'exemple du fieur Caftres , Envoyé
Extraordinaire du Roi de la Grande- Bretagne , les
autres Miniftres Etrangers ont fait des repréfentations
au fujet de l'augmentation des droits établis
fur les marchandifes qui viennent du dehors .
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Résumé : ESPAGNE.
Le 26 avril de l'année précédente, Quito, au Pérou, a été ravagée par des tremblements de terre. À huit heures du matin, des secousses violentes ont duré trois minutes, suivies de mouvements sismiques continus jusqu'à l'après-midi. Le 27 avril, une forte secousse a poussé les habitants à fuir la ville. Entre onze heures et minuit, la terre a tremblé à nouveau pendant cinq minutes, avec quatorze secousses consécutives. Les ecclésiastiques ont passé la nuit à réconforter les habitants. Le 28 avril, la ville était entièrement détruite, entraînant la libération des prisonniers non capitaux et la permission pour les religieuses de quitter leur cloître. Seules 14 ou 15 personnes, principalement des vieillards, femmes et enfants, ont péri. Les habitants se sont dispersés dans la campagne sous des tentes ou dans des baraques. Le gouverneur a accueilli plus de six cents personnes dans sa maison de campagne. Des secousses ont continué à être ressenties jusqu'au 30 mai. À Lisbonne, le 19 février, une nouvelle secousse a été ressentie pendant près de trois minutes. Les régiments d'infanterie et de dragons ont travaillé à dégager les ruines. Les ministres étrangers ont protesté contre l'augmentation des droits sur les marchandises étrangères.
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10305
p. 197-198
ITALIE.
Début :
Plusieurs habitants de cette Capitale prétendent que la nuit du 13 au 14 [...]
Mots clefs :
Naples, Palerme, Chevalier Gray, Audience du roi, Galères de Malte, Opium, Complot des Chiourmes, Empoisonnement, Mesures punitives
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texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
ITALI E.
འ
DE NAPLES , le 26 Février.
Plufieurs habitans de cette Capitale prétendent
que la nuit du 13 au 14 la terre a tremblé ici
pendant quelques fecondes . Ces jours derniers le
Chevalier Gray , Envoyé Extraordinaire de Sa
Majefté Britannique , eut une audience du Roi . Il
a paffé ici un Vaiffeau Anglois , à bord duquel
étoit un Officier , qui eft defcendu à terre . Cet
Officier , après avoir conféré avec le Chevalier
Gray, & avec le fieur Jamiñeau , Conful de la
1
I iij
198 MERCURE DE FRANCE.
Nation Angloife , s'eft rembarqué , & fon Batiment
a remis fur le champ à la voile. 1
DE PALERME , les Mars.
un
Deux Galeres de Malte ayant relâché ici ,
Forçat qui avoit eu la liberté de deſcendre à terre
demanda chez un Droguifte une certaine quantité
d'opium , & d'autres drogues fufpectes . Le Marchand
fous quelque prétexte , s'excufa de le fatisfaire
fur le champ , lui dit de repaffer dans une
heure , & pendant cet intervalle avertit les Commandans
des Galeres . L'Efclave fut arrêté ; il
avoua qu'une partie des Chiourmes avoit formé
le complot d'empoifonner tous les Chevaliers qui
étoient à bord des deux Bâtimens. On a pendu
ce miférable , & fes complices ont été jettés à la
mer.
འ
DE NAPLES , le 26 Février.
Plufieurs habitans de cette Capitale prétendent
que la nuit du 13 au 14 la terre a tremblé ici
pendant quelques fecondes . Ces jours derniers le
Chevalier Gray , Envoyé Extraordinaire de Sa
Majefté Britannique , eut une audience du Roi . Il
a paffé ici un Vaiffeau Anglois , à bord duquel
étoit un Officier , qui eft defcendu à terre . Cet
Officier , après avoir conféré avec le Chevalier
Gray, & avec le fieur Jamiñeau , Conful de la
1
I iij
198 MERCURE DE FRANCE.
Nation Angloife , s'eft rembarqué , & fon Batiment
a remis fur le champ à la voile. 1
DE PALERME , les Mars.
un
Deux Galeres de Malte ayant relâché ici ,
Forçat qui avoit eu la liberté de deſcendre à terre
demanda chez un Droguifte une certaine quantité
d'opium , & d'autres drogues fufpectes . Le Marchand
fous quelque prétexte , s'excufa de le fatisfaire
fur le champ , lui dit de repaffer dans une
heure , & pendant cet intervalle avertit les Commandans
des Galeres . L'Efclave fut arrêté ; il
avoua qu'une partie des Chiourmes avoit formé
le complot d'empoifonner tous les Chevaliers qui
étoient à bord des deux Bâtimens. On a pendu
ce miférable , & fes complices ont été jettés à la
mer.
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Résumé : ITALIE.
Le 26 février à Naples, des habitants signalent un tremblement de terre nocturne. Le Chevalier Gray, représentant britannique, a récemment rencontré le Roi. Un vaisseau anglais a accosté, transportant un officier qui a rencontré Gray et Jamiñeau, consul anglais, avant de repartir. À Palerme, le 1er mars, deux galères de Malte ont fait escale. Un forçat a acheté des drogues suspectes, alertant les commandants. Il a avoué un complot pour empoisonner les Chevaliers à bord. Le forçat a été pendu, et ses complices jetés à la mer.
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10306
p. 198-200
GRANDE-BRETAGNE.
Début :
La Cour a envoyé ordre à Portsmouth d'y préparer pour la [...]
Mots clefs :
Londres, Sa Majesté, Chambre des communes, Comte de Holderness, Amérique septentrionale, Régiment, Mobilisation, Français
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRANDE-BRETAGNE.
GRANDE - BRETAGNE.
DE LONDRES , le 25 Mars.
La Cour a envoyé ordre à Portſmouth d'y préparer
pour la Méditerranée une Eſcadre de dix
Vaiffeaux de guerre , dont les Amiraux Byng &
Weft auront le commandement . Les Commiffaires
de l'Amirauté ont fait arrêter à Sandwich l'équipage
d'une Chaloupe , qui a été détenue quelques
jours à Dunkerque , d'où elle a été relâchée .
Le 23 le Comte de Holderneff remit à la Chambre
, de la part du Roi , un Meffage , dont voici la
teneur. « Sa Majefté a reçu de différens endroits
» plufieurs avis réitérés , que la Cour de France
» a formé le projet de faire une invafion dans la
» Grande- Bretagne . Les grands préparatifs auf
» quels on travaille dans les Ports,de France , voiAVRIL.
1756.
199
» fins de mes Royaumes , & le langage que tien-
» nent les Miniftres François dans quelques Cours
étrangeres , ne laiffent prefque point lieu de
» douter de la réalité d'un tel deffein ; c'eft pour-
» quoi Sa Majesté a jugé qu'il étoit néceffaire de
>> vous faire part d'une nouvelle de fi haute im-
» portance pour le falut & le bonheur de la Na-
>> tion , & de vous informer qu'en conféquence
» des avis & des affurances de fon Parlement
» Elle a augmenté fes forces de terre & de mer ,
>> & pris les mesures convenables pour mettre fes
» Royaumes en état de défenſe contre une entrefon
prife conçue en haine des précautions dont Elle
» à ufé pour maintenir les droits & les poffeffions
» de la Couronne dans l'Amérique Septentrio-
» nale . Dans la vue de fe fortifier d'un nouveau
» fecours , Sa Majefté a requis que le Landgrave
» de Heffe-Caffel envoyât les troupes que par
» dernier Traité il eft obligé de fournir ; & les
» ordres font déja donnés pour leur tranſport. Sa
» Majesté fe repòfant fur la Protection Divine ,
>> ainfi que fur le zele & l'affection de ſes Sujets ,
» dont Elle a fait fi fouvent l'expérience , eft dé-
» terminée à ne négliger aucun moyen de fe dé-
>> fendre , & d'employer toutes les forces que Dieu
>> a mifes en fes mains , pour repouffer les efforts
>> hardis de fes ennemis. Elle ne doute point que
>> vous ne concouriez à un objet fi effentiel à
>> l'honneur de cette Couronne , au maintien de
» la Religion Proteftante , & à la confervation
» des libertés de ces Royaumes » . Le fieur Fox
porta à la Chambre des Communes un femblable
Meffage. Les deux Chambres ont préſenté chacune
une Adreffe à Sa Majefté pour l'affurer
qu'elles la feconderoient de tout leur pouvoir.
On affure que la Chambre des Communes , afin
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
de mettre le Roi en état de pourvoir plus efficacement
à la fureté de fa Perfonne & de fon Gouvernement
, autorifera Sa Majefté à emprunter jufqu'à
la concurrence d'un million fterling..
Tous les Officiers des troupes qui font en garnifon
à Gibraltar & dans l'Ile Minorque , partent
fucceffivement pour rejoindre leurs Corps . Le
Lord Bertie eft allé à Portfimouth , où il s'embarquera
pour Gibraltar avec fon Régiment . L'Amiral
Byng , à qui le Roi a donné le commandement
de l'Efcadre deftinée pour la Méditerranée ,
fe difpofe à mettre à la voile . On doit former
deux camps en Irlande , & l'on a ordonné d'y mettre
toutes les Milices fur pied.
DE LONDRES , le 25 Mars.
La Cour a envoyé ordre à Portſmouth d'y préparer
pour la Méditerranée une Eſcadre de dix
Vaiffeaux de guerre , dont les Amiraux Byng &
Weft auront le commandement . Les Commiffaires
de l'Amirauté ont fait arrêter à Sandwich l'équipage
d'une Chaloupe , qui a été détenue quelques
jours à Dunkerque , d'où elle a été relâchée .
Le 23 le Comte de Holderneff remit à la Chambre
, de la part du Roi , un Meffage , dont voici la
teneur. « Sa Majefté a reçu de différens endroits
» plufieurs avis réitérés , que la Cour de France
» a formé le projet de faire une invafion dans la
» Grande- Bretagne . Les grands préparatifs auf
» quels on travaille dans les Ports,de France , voiAVRIL.
1756.
199
» fins de mes Royaumes , & le langage que tien-
» nent les Miniftres François dans quelques Cours
étrangeres , ne laiffent prefque point lieu de
» douter de la réalité d'un tel deffein ; c'eft pour-
» quoi Sa Majesté a jugé qu'il étoit néceffaire de
>> vous faire part d'une nouvelle de fi haute im-
» portance pour le falut & le bonheur de la Na-
>> tion , & de vous informer qu'en conféquence
» des avis & des affurances de fon Parlement
» Elle a augmenté fes forces de terre & de mer ,
>> & pris les mesures convenables pour mettre fes
» Royaumes en état de défenſe contre une entrefon
prife conçue en haine des précautions dont Elle
» à ufé pour maintenir les droits & les poffeffions
» de la Couronne dans l'Amérique Septentrio-
» nale . Dans la vue de fe fortifier d'un nouveau
» fecours , Sa Majefté a requis que le Landgrave
» de Heffe-Caffel envoyât les troupes que par
» dernier Traité il eft obligé de fournir ; & les
» ordres font déja donnés pour leur tranſport. Sa
» Majesté fe repòfant fur la Protection Divine ,
>> ainfi que fur le zele & l'affection de ſes Sujets ,
» dont Elle a fait fi fouvent l'expérience , eft dé-
» terminée à ne négliger aucun moyen de fe dé-
>> fendre , & d'employer toutes les forces que Dieu
>> a mifes en fes mains , pour repouffer les efforts
>> hardis de fes ennemis. Elle ne doute point que
>> vous ne concouriez à un objet fi effentiel à
>> l'honneur de cette Couronne , au maintien de
» la Religion Proteftante , & à la confervation
» des libertés de ces Royaumes » . Le fieur Fox
porta à la Chambre des Communes un femblable
Meffage. Les deux Chambres ont préſenté chacune
une Adreffe à Sa Majefté pour l'affurer
qu'elles la feconderoient de tout leur pouvoir.
On affure que la Chambre des Communes , afin
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
de mettre le Roi en état de pourvoir plus efficacement
à la fureté de fa Perfonne & de fon Gouvernement
, autorifera Sa Majefté à emprunter jufqu'à
la concurrence d'un million fterling..
Tous les Officiers des troupes qui font en garnifon
à Gibraltar & dans l'Ile Minorque , partent
fucceffivement pour rejoindre leurs Corps . Le
Lord Bertie eft allé à Portfimouth , où il s'embarquera
pour Gibraltar avec fon Régiment . L'Amiral
Byng , à qui le Roi a donné le commandement
de l'Efcadre deftinée pour la Méditerranée ,
fe difpofe à mettre à la voile . On doit former
deux camps en Irlande , & l'on a ordonné d'y mettre
toutes les Milices fur pied.
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Résumé : GRANDE-BRETAGNE.
Le 25 mars 1756, la Cour britannique a ordonné la préparation d'une escadre de dix vaisseaux de guerre à Portsmouth, destinée à la Méditerranée, sous le commandement des amiraux Byng et West. Le 23 mars, le Comte de Holderness a informé la Chambre des préparatifs français pour une invasion de la Grande-Bretagne. En réponse, le Roi a augmenté les forces terrestres et navales et a pris des mesures de défense, incluant la requête d'envoi de troupes du Landgrave de Hesse-Cassel. Les Chambres ont assuré leur soutien au Roi et ont autorisé un emprunt d'un million de sterling pour la sécurité du Royaume. Les officiers des troupes à Gibraltar et Minorque ont rejoint leurs corps, et l'Amiral Byng se préparait à partir pour la Méditerranée. Deux camps devaient être formés en Irlande, et les milices y étaient mobilisées.
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10307
p. 200-211
Relation des Fêtes données à Aix, au College Royal-Bourbon, de la Compagnie de Jesus, à l'occaison de la naissance de Monseigneur le Comte de Provence.
Début :
Les Colleges n'étant pas moins destinés à former de bons citoyens à l'Etat, [...]
Mots clefs :
Comte de Provence, Naissance, Fêtes, Prince, Sa Majesté, Contrées de France, Bénédiction, Magistrats
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Relation des Fêtes données à Aix, au College Royal-Bourbon, de la Compagnie de Jesus, à l'occaison de la naissance de Monseigneur le Comte de Provence.
Relation des Fêtes données à Aix , au College
Royal- Bourbon , de la Compagnie de Jefus,
à l'occafion de la naiffance de Monfeigneur
le Comte de Provence .
LES Colleges n'étant pas moins deftinés à former
de bons citoyens à l'Etat , que des Sujets à
la République des Lettres , il n'eft pas furprenant
que ceux qui en ont la direction , dans les
événemens où nos Princes & la patrie font intéreffés
, excitent leurs jeunes Eleves à y prendre
part. La naiffance de Monfeigneur le Comte
de Provence étoit une époque trop favorable ,
pour que le College Royal - Bourbon des Jéfuites
AVRIL. 1756. 201
ne la célébrât pas . Il auroit cru négliger une
portion précieufe de l'éducation publique confiée
à fes foins , & manquer à ce qu'il doit à l'augufte
maifon des Bourbons fes fondateurs , s'il
avoit retenu captifs les tranfports de fa joie &
de fa reconnoiffance. C'eft dans ces vues qu'il
a donné quelques fêtes où la Religion & les
Beaux- Arts ont préfidé.
Le Vendredi matin , fecond jour de la nouvelle
année 1756 , elles furent annoncées par
diverfes décharges de boîtes . Vers les 11 heures ,
le P. Dufferre , l'un des Profeffeurs de Rhétorique
, prononça un Difcours François fur cet heureux
événement , en préſence de MM . les Confuls
& Affeffeurs d'Aix , Procureurs du Pays de
Provence , du Confeil de Ville , & d'une affemblée
des plus nombreufes & des plus brillantes
qu'on eût vues depuis long-temps. Ce qui fait
ehouer ces fortes de génethliaques , c'est que
pour l'ordinaire ils adoptent des idées trop vagues
, des préfages peu fondés , & qu'on y répete
ce qui a été déja dit bien des fois . Pour éviter
cet écueil , l'Orateur n'a envisagé la naiflance
du Prince dont il s'agit , que par l'intérêt qu'y
trouve la Provence . Mais il va nous tracer luimême
le plan de fon difcours , & nous en montrer
toute l'économie dans un exorde confacré en
grande partie à l'éloge des Bourbons.
Tandis que la Maifon puiffante , longtemps
rivale de nos Rois , & qui pendant tant de fiecles
a occupé le trône des Céfars , n'a pu échapper au
naufrage , ni continuer de donner des héritiers à
Charles V, Louis voit fa poftérité s'accroître , fe
perpétuer fous fes yeux , le fceptre affermi , la
fucceffion toujours plus affurée dans fon augufte
famille , le trône entouré de nouveaux foutiens ,
I v
202 MERCURE DE FRANCE.
& la tranquillité publique porter fur un plus
grand nombre d'appuis.
Ces grands objets qui ouvrent un vafte champ
à l'éloquence , & qui intéreffent tout coeur François
, je pourrois ici les peindre , & annoncer la
fplendeur que jettera fur le royaume le Prince
naiffant. J'évoquerois , j'interrogerois les mânes
des ayeux célebres , à qui il doit fon origine , &
indiquant rapidement ces grands Hommes , ces
grands Rois à qui l'antiquité payenne eût élevé
des Temples , & aufquels l'admiration , la reconnoiffance
, ont parmi nous dreffé des autels dans
les coeurs , je dirois : Peuples , mefurez la gloire
du nouveau Bourbon fur celle de fes ancêtres ;
parce qu'ils ont été , préfagez ce qu'il fera . Il eft
du fang des Héros, de ce fang fait pour donner des
Rois au monde , ou pour les protéger , de ce fang
qui affis fur les trônes de France , d'Espagne , de
Naples , de Sicile, de Parme , fait partout des heureux
, & rend le joug de la Royauté préférable à la
liberté la plus douce. Un Bourbon en naiffant ,
averti par je ne fçais quel cri du coeur , d'afpirer
à une grandeur fupérieure à celle de fon rang.
Marchant au milieu des trophées de fes ayeux ,
invefti des rayons de leur gloire , entouré des
plus beaux modeles , témoin des titres illuftres
de Saint , de Grand , de Jufte , de Bien-aimé
titres que l'adulation ne prodigua point , que la
vérité a donnés , que l'envie elle -même n'a pu
refufer , partout où il porte les yeux , il voit
des traces d'héroïfme , des ftatues élevées à leur
magnanimité. Tous les livres , tous les tableaux ,
font l'hiftoire de leurs triomphes. A peine fçaurat'il
bégayer qu'on lui parlera de Fontenoi ,
de
Lawfeld , des Provinces que le courage de fon
ayeul a conquifes , & que fa modération a tendues
; on lui dira qu'interrompant lui- même le
eft
AVRIL 1756. 203
cours de fes exploits , & pofant de plein gré fon
tonnerre , il a préféré la conquête des coeurs à
toutes les autres victoires . Avec des exemples fi
voifins , des encouragemens fi puiffans , ne ſeroit-
ce pas une espece de prodige que ce Prince
vînt à dégénérer , & que des aigles qui ont porté
hardiment leur vol dans les cieux ,
n'euffent engendré
qu'une timide colombe ?
Tels font les augures que je formerois à la
gloire de la Nation , fi je n'avois pas à célébrer
la naiffance d'un Comte de Provence. Mais cette
dénomination demande des traits moins généraux
, & plus propres à exprimer l'intérêt particulier
que vous prenez à cet événement . Bor-
"
nons-nous donc à féliciter la Provence de l'honneur
qu'elle a de donner fon nom à l'augufte
enfant qui vient de naître , & effayons de réfoudre
deux queftions qui femblent embraffer tout
ce qu'offre ce fujet. Qu'est- ce qui a procuré à la
Provence une diftinction fi glorieuſe & que
doit-elle en attendre ? Je trouve qu'elle en eft
redevable à l'amour du Roi pour cette Province
& à l'attachement de cette Province pour nos
Rois. Que doit-elle s'en promettre ? La protec
tion la plus fignalée ; diftinction , par conféquent
, la plus glorieufe dans fes caufes , la plus
avantageufe dans fes effets.
Pour vous donner une idée de cette piece d'éloquence
, citons- en quelques morceaux qui
vous feront connoître le ton & la maniere de
P'Auteur.
La faveur dont la Provence vient d'être honorée
, n'eft point une de ces démonſtrations d'eftime
& de bienveillance qu'on fçait fi bien affecter
dans les Cours , démonftrations verbales &
extérieures que la politique , que la néceflité des
I vi
204 MERCURE DE FRANCE.
conjonctures arrache fouvent & dont on fe fert
quelquefois pour payer le mérite & les fervices
. C'eft une marque non fufpecte , non équivoque
, à laquelle on ne fçauroit méconnoître
les fentimens favorables du Prince à notre égard.
Ce n'eft point une de ces graces qui tombent
uniquement fur quelques particuliers qu'on
éleve aux premieres charges , tandis que le corps
entier refte dans la pouffiere. Celle dont il s'agit
intéreffe toute la Province. Ce n'eft point un de
ces témoignages d'attachement , connus feulement
de la perfonne qui les reçoit & qui n'éclatent
point au- dehors , qu'on donne dans le fecret ,
& qu'on peut défavouer en public . Rien de fi folemnel
que le témoignage d'affection donné à
cette province . En nommant fon auguſte petitfils
Comte de Provence , le Roi dit à toute l'Europe
, dit au monde entier attentif à ſes démarches
, que la Provence eft une contrée privilé
giée & favorite , que c'est un nom qui lui eft cher,
& qu'il met dans fa famille pour avoir occafion
de l'entendre fouvent répéter .
L'Orateur prouve enfuite que l'affection du
Roi pour la Provence , eft l'unique caufe qui aic
pu lui procurer une diftinction li glorieufe ; que
ce n'étoit point une obligation qu'il eût à remplir
, ni un ufage qu'il fallut refpecter.
Le Dauphiné compte avec raifon parmi fes
plus belles prérogatives , celle de donner fon nom
à l'héritier préfomptif de la Couronne . Mais fans
prétendre dégrader fes privileges , ne peut-on pas
dire que le nom de Dauphin eft moins une preuve
de la bienveillance de nos Rois que de leur
juftice, une grace qu'ils accordent , qu'une dette
qu'ils acquittent Ici fans être déterminé par le
devoir , ou averti par la coutume , fans trouver
AVRIL. 1756. 205
dans l'espace de trois ficcles la moindre trace d'une
pareille prédilection , Louis n'écoutant que fon
amour pour cette Province , veut être le premier
à lui donner cette marque de préférence , & qu'une
fi brillante époque pour elle date de fon regne :
attention précieufe du Souverain que la Provence
doit mettre dans les faftes de fa gloire . Eh quoi !
fi le moindre figne de bonté de la part de ces maîtres
du monde eft remarqué avec foin ; fi un coup
d'oeil favorable jetté comme par hazard , fi un
éloge échappé eft recueilli avec tranfport , une
faveur auffi réfléchie , auſſi déciſive , auffi intéreffante
, trouveroit - elle des coeurs froids & diftraits
?
La diftinction que reçoit la Provence , n'eft pas
feulement la preuve de l'attachement du Roi pour
cette Province ; c'eft encore la récompenfe de
l'attachement de cette Province pour nos Rois.
Ici on met fous un feul point de vue les principaux
monumens de zele & de fidélité par lesquels
les Provençaux ont fignalé leur amour pour nos
Souverains ; leurs exploits , les fervices qu'ils ont
rendus à la Monarchie lorfque leur Pays eft devenu
le théâtre de la guerre. Chaque coup de pinceau
eft un nouveau trait glorieux à la Provence .
Trois fois l'Autriche eft venu fondre dans ces
contrées avec des forces redoutables , & trois fois
cette aigle , qui comptant fur une proie certaine ,
avoit pris fon effor vers la Provence , a été obligée
de revoler vers les lieux d'où elle étoit partie
; ces armées nombreufes qui avoient inondées
vos villes , ont été diffipées comme l'ombre , &
ceux qui ont échappé au carnage , obligés honteufement
de s'enfuir , n'ont emporté avec eux que le regret
d'avoir
ofé attaquer
une nation
f
fidèle
& fi formidable
,
206 MERCURE DE FRANCE.
L'Orateur fait une mention particuliere de la derniere
irruption des Autrichiens en 1746. Il peint
avec les plus vives couleurs les défaftres aufquels
la Provence fut alors en proie , & les efforts héroïques
qu'elle oppofa aux armées ennemies . Et
il conclut ainfi ce morceau :
Mais quelle contrée fournit à la France dans
ces temps critiques des reffources fi prodigieufes ?
Eft-ce un de ces pays riches de leur propre fonds ,
qui dans l'étendue ou la fertilité, trouvent de quoi
faire les plus grandes avances , & fubvenir aux
plus preffans befoins ? Non : c'eſt la Province la
plus ftérile du Royaume , & une des plus petites ;
où la terre eft aufli ingrate que le ciel y eft beau ,
& qui produit le fuperflu fans donner le néceffaire.
Mais que ne peut pas l'amour de la patrie , le zele
pour fon Roi ? Il multiplie , il étend les reffources ;
il fupplée à la ftérilité du fol ; il compenfe le défaut
des richeffes ; il adoucit les charges les plus
pefantes. C'eft cet amour qui foutient , qui confole
la Province malgré l'épuifement où fes derniers
efforts l'ont réduite , & dont elle n'eft
encore relevée .
pas
La protection fignalée que la Provence trouvera
dans le Prince nouveau -né , & les effets avantageux
qui en réfulteront , font la matiere de la
feconde partie.
N'eft-il pas naturel , dit le P. D. que le nom
de Comte de Provence , nom qui n'ayant point
été porté avant lui par aucun fils de nos Rois
doit l'affecter d'avantage , lui rappelle fans ceffe
les intérêts de cette Province , foit pour elle un
titre à fa protection , un gage de fes bienfaits ?
Rien ne demande d'être manié avec plus d'art
que la louange. Elle n'offre que des fadeurs aux
Héros même qui en font l'objet , fi fe préfentant
AVRIL. 1756 . 207
trop à découvert , elle ne ménage point la modeltie
de ceux dont on prétend flatter l'amour - propre.
Notre Orateur a brûlé quelques grains d'encens
en l'honneur de ce qu'il y a de plus illuftre
dans la Provence ; mais c'eft un encens léger &
qui n'eft nullement infipide. Il fuppofe que dès
que la raifon aura éclairé le Comte de Provence ,
la Province dont il tire fon nom , fera un des premiers
objets de fa curiofité ; que charmé de connoître
cette contrée , fes moeurs , fes grands
hommes , on lui vantera la magnificence de cette
ville ( d'Aix , ) le ton d'aménité & de politeffe qui
y regne , ton qui fembloit être affecté à la Ĉapitale
du Royaume , & c. Les diverſes réponſes
faites au jeune Prince pour fatisfaire fa curiofité ,
renferment les éloges des Cours fouveraines , des
chefs qu'elles ont à leur tête , de M. le Duc de
Villars , Gouverneur de la Provence , de la Nobleffe
, des Provençaux célebres dans le monde
fçavant , &c. éloges d'autant plus flatteurs qu'ils
font plus indirects , & qu'en peu de mots ils offrent
un grand fens .
Quel défir ces divers Portraits n'infpireront- ils
pas au jeune Comte d'avoir près de fa perfonne
quelques membres de cette Province ? Pourra-t'il
les connoître fans aimer l'enjouement du caractere
, la vivacité de l'efprit qui femblent être
comme un des fruits de ce terroir ? & pour combien
l'honneur de l'approcher va- t'il être l'origine
de la fortune & l'époque de l'élévation ? ( 1 )
(1 ) Un détail intéreffant préfage ici aux divers
Habitans de la Provence , au Patriote zélé , au
Guerrier courageux , à l'amateur éclairé , à l'induftrieux
Négociant des avantages relatifs à leur
état. Cette Peinture riante femble contrafter avec
208 MERCURE DE FRANCE.
.....
Ainfi le Seigneur dont le bras vient de s'appéfantir
fi fenfiblement fur une grande partie de
la Provence , veut bien lui ménager des motifs de
confolation. Tandis que les fleuves qui l'arrofent
franchiffant leurs barrieres , & s'ouvrant des routes
nouvelles , ont montré , après leur débordement
l'aviron fendant les flots , là où deux jours
auparavant la charrue ouvroit la terre ; tandis
que ce nouveau déluge offroit l'affreux fpectacle
de digues renverfées , d'édifices écroulés , de
champs inondés, de troupeaux noyés , d'hommes
enfevelis fous les eaux , de malheureux placés entre
la famine & le naufrage , & du haut de leurs
maifons appellant avec des cris plaintifs la charité
bienfaifante ; dans le temps que nos Contrées
étoient ainsi déſolées par ces fléaux que je ne fais
qu'ébaucher , & qui auroient été bien plus funef
tes fans l'active prudence des Peres de la Patrie ,
du milieu des maux , du fein des défaftres , nous
voyons fortir l'efpérance. Sur l'horizon de laFrance
brille un nouvel Aftre dont l'éclat rejaillit en
grande partie fur cette Province , & lui annonce
les plus beaux jours. Des mains de Louis , la Provence
reçoit fon petit-fils pour Génie tutélaire ,
pour Protecteur . Et quel Protecteur ! Eft - ici un
de ces foibles appuis qui manquent aux befoins
les plus preffans , de ces fragiles rofeaux que le
moindre foufe déracine , de ces favoris dont la
chûte eft fort voisine de l'élévation , que la bizarre
fortune montre tantôt au faîte de la grandeur
, tantôt rampant dans la pouffiere , aujourd'hui
excitant l'envie , demain objet de compaffion
Le fang , la qualité du Protecteur dont je
le tableau des malheurs qui ont derniérement affligé
cette Province .
AVRIL. 1756. 209
parle , le mettent à l'abri de ces étranges viciffitude
; fon rang les place néceffairement , & toujours
à la fource des graces , & nos espérances ne
fçauroient fe repofer fur un appui plus folide.,
Il feroit trop long de fuivre l'Orateur dans la
defcription brillante des Fêtes magnifiques que
M. le Duc de Villars & la Ville d'Aix ont données
à l'occafion de cette naiffance. On y rappelle les
abondantes largeffes d'un Prélat ( 1 ) refpectable,
qui font allés chercher l'indigence dans les fombres
réduits où elle fe cachoit , y ont porté la joie ,.
& en ont chaffé la faim.
Verfez , ô mon Dieu ; les plus amples bénédictions
fur cette Princeffe , dont la fécondité eft le
prix de la vertu , qui au milieu des écueils & des
naufrages , montrant la piété la plus pure, fuit de fi
près les traces de l'Efther de la France . Continuez
à combler de vos bienfaits fon augufte époux qui ,
deftiné à retracer à nos neveux les regnes les plus
fortunés , donné par fes rares qualités les plus belles
efpérances. Plus flatté d'être le premier fujet
du Roi , que l'héritier préfomptif de la Couronne ,
ce Prince n'ambitionne point de porter la main
aux rênes d'un empire qu'il gouvernera toujours
trop tôt au gré de ſes défirs ; & à l'ombre d'un trône
où il voit affife avec Louis XV, la juftice , la clémence
, la valeur , la générofité , il fe contente de
fe montrer , de fe rendre toujours plus digne de
régner. Ne ceffez point , Seigneur , de préfider aux
Confeils de ce Roi bien aimé, pour qui renaiffent
ces jours brillans de la France , ou Louis XIV
voyoit fon Fils unique pere de trois Princes , &
une nombreuſe poſtérité affermir toujours plus le
Sceptre dans fon augufte maiſon : mais dans cette
(1) Monseigneur l'Archevêque d'Aix.
210 MERCURE DE FRANCE.
:
diftribution de faveurs céleftes , réſervez en une
part abondante pour le Comte de Provence . Ce
ne font point des profpérités humaines, des couronnes
fragiles que nous ſouhaitons , que nous deman-
'dons pour ce Prince , nos voeux ont un objet plus
fublime puiffe -t'il avoir pour la Religion un
amour inaltérable ,& la maintenir dans fes droits, à
l'exemple de fes ayeux , plus touchés du nom de
très- Chrétien , de Fils aîné de l'Eglife , que des
titres fuperbes de monarque & de conquérant !
que tandis que les arts éclaireront fon efprit , les
vertus forment fon coeur ! Ecartez de fa perfonne
ces hommes dangereux qui fe font une gloire
d'être les Miniftres des paffions des Princes, d'éveil
ler la volupté , & de lui prêter de nouvelles armes
contre leur foibleffe ! Qu'il détefte la flatterie, dont
le poifon defféche les plus beaux fruits du naturel
& de l'éducation ! & que la vérité trop fouvent
captive dans les palais des Grands , à travers les
barrieres & les nuages qu'on lui oppofe , faffe retentir
à fon oreille fes divins oracles ! Pour s'exciter
à l'héroïſme qu'il jette de temps en temps les yeux
fur les Bourbons fes ancêtres ! Non ; il na pas befoin
d'encouragemens étrangers : les exemples domeftiques
fuffifent ; & fans fortir de ſa famille , il trouvera
Augufte , Titus , Antonin & Trajan.
Ce Difcours qui parut être fort goûté des connoiffeurs
, fut fuivie d'une grand'Meſſe en Mufique.
Au fortir de l'Eglife , on trouva la Cour du College
tapiffée & décorée d'emblêmes , de devifes ,
de vers en plufieurs langues , où les Muſes Grecques
, Latines , Italiennes , Françoiſes & Provençales
, payoient à l'envi un tribut poétique au
nouveau Comte de Provence.
Le 3 & le MM. les Penfionnaires S repréfenteAVRIL.
1756. 211
rent un Drame Héroïque intitulé le Génie Tutélaire
, en trois Actes en vers , mêlé de chants &
de danfes. Cette Piece de Théâtre , de la compofition
du P. de Beaumanoir , Profeffeur de Rhétorique
, fut très -bien exécutée & généralement
applaudie. Elle offroit fous le voile de l'allégorie ,
tout ce qui peut intéreffer la Provence . Le concours
de Spectateurs qu'elle attira , fut prodigieux:
MM. les Confuls , à la tête du Confeil de Ville , ont
préfidés à la premiere repréſentation. M. le Duc
de Villars , Mefdames de la Tour , premieres Préfidentes
& Intendantes , & profque tout ce qu'il y
a de perfonnes de diftinction dans cette Ville ,
ont honoré la feconde de leur préfeace . Une brillante
illumination chaque jour a terminé la fête.
Royal- Bourbon , de la Compagnie de Jefus,
à l'occafion de la naiffance de Monfeigneur
le Comte de Provence .
LES Colleges n'étant pas moins deftinés à former
de bons citoyens à l'Etat , que des Sujets à
la République des Lettres , il n'eft pas furprenant
que ceux qui en ont la direction , dans les
événemens où nos Princes & la patrie font intéreffés
, excitent leurs jeunes Eleves à y prendre
part. La naiffance de Monfeigneur le Comte
de Provence étoit une époque trop favorable ,
pour que le College Royal - Bourbon des Jéfuites
AVRIL. 1756. 201
ne la célébrât pas . Il auroit cru négliger une
portion précieufe de l'éducation publique confiée
à fes foins , & manquer à ce qu'il doit à l'augufte
maifon des Bourbons fes fondateurs , s'il
avoit retenu captifs les tranfports de fa joie &
de fa reconnoiffance. C'eft dans ces vues qu'il
a donné quelques fêtes où la Religion & les
Beaux- Arts ont préfidé.
Le Vendredi matin , fecond jour de la nouvelle
année 1756 , elles furent annoncées par
diverfes décharges de boîtes . Vers les 11 heures ,
le P. Dufferre , l'un des Profeffeurs de Rhétorique
, prononça un Difcours François fur cet heureux
événement , en préſence de MM . les Confuls
& Affeffeurs d'Aix , Procureurs du Pays de
Provence , du Confeil de Ville , & d'une affemblée
des plus nombreufes & des plus brillantes
qu'on eût vues depuis long-temps. Ce qui fait
ehouer ces fortes de génethliaques , c'est que
pour l'ordinaire ils adoptent des idées trop vagues
, des préfages peu fondés , & qu'on y répete
ce qui a été déja dit bien des fois . Pour éviter
cet écueil , l'Orateur n'a envisagé la naiflance
du Prince dont il s'agit , que par l'intérêt qu'y
trouve la Provence . Mais il va nous tracer luimême
le plan de fon difcours , & nous en montrer
toute l'économie dans un exorde confacré en
grande partie à l'éloge des Bourbons.
Tandis que la Maifon puiffante , longtemps
rivale de nos Rois , & qui pendant tant de fiecles
a occupé le trône des Céfars , n'a pu échapper au
naufrage , ni continuer de donner des héritiers à
Charles V, Louis voit fa poftérité s'accroître , fe
perpétuer fous fes yeux , le fceptre affermi , la
fucceffion toujours plus affurée dans fon augufte
famille , le trône entouré de nouveaux foutiens ,
I v
202 MERCURE DE FRANCE.
& la tranquillité publique porter fur un plus
grand nombre d'appuis.
Ces grands objets qui ouvrent un vafte champ
à l'éloquence , & qui intéreffent tout coeur François
, je pourrois ici les peindre , & annoncer la
fplendeur que jettera fur le royaume le Prince
naiffant. J'évoquerois , j'interrogerois les mânes
des ayeux célebres , à qui il doit fon origine , &
indiquant rapidement ces grands Hommes , ces
grands Rois à qui l'antiquité payenne eût élevé
des Temples , & aufquels l'admiration , la reconnoiffance
, ont parmi nous dreffé des autels dans
les coeurs , je dirois : Peuples , mefurez la gloire
du nouveau Bourbon fur celle de fes ancêtres ;
parce qu'ils ont été , préfagez ce qu'il fera . Il eft
du fang des Héros, de ce fang fait pour donner des
Rois au monde , ou pour les protéger , de ce fang
qui affis fur les trônes de France , d'Espagne , de
Naples , de Sicile, de Parme , fait partout des heureux
, & rend le joug de la Royauté préférable à la
liberté la plus douce. Un Bourbon en naiffant ,
averti par je ne fçais quel cri du coeur , d'afpirer
à une grandeur fupérieure à celle de fon rang.
Marchant au milieu des trophées de fes ayeux ,
invefti des rayons de leur gloire , entouré des
plus beaux modeles , témoin des titres illuftres
de Saint , de Grand , de Jufte , de Bien-aimé
titres que l'adulation ne prodigua point , que la
vérité a donnés , que l'envie elle -même n'a pu
refufer , partout où il porte les yeux , il voit
des traces d'héroïfme , des ftatues élevées à leur
magnanimité. Tous les livres , tous les tableaux ,
font l'hiftoire de leurs triomphes. A peine fçaurat'il
bégayer qu'on lui parlera de Fontenoi ,
de
Lawfeld , des Provinces que le courage de fon
ayeul a conquifes , & que fa modération a tendues
; on lui dira qu'interrompant lui- même le
eft
AVRIL 1756. 203
cours de fes exploits , & pofant de plein gré fon
tonnerre , il a préféré la conquête des coeurs à
toutes les autres victoires . Avec des exemples fi
voifins , des encouragemens fi puiffans , ne ſeroit-
ce pas une espece de prodige que ce Prince
vînt à dégénérer , & que des aigles qui ont porté
hardiment leur vol dans les cieux ,
n'euffent engendré
qu'une timide colombe ?
Tels font les augures que je formerois à la
gloire de la Nation , fi je n'avois pas à célébrer
la naiffance d'un Comte de Provence. Mais cette
dénomination demande des traits moins généraux
, & plus propres à exprimer l'intérêt particulier
que vous prenez à cet événement . Bor-
"
nons-nous donc à féliciter la Provence de l'honneur
qu'elle a de donner fon nom à l'augufte
enfant qui vient de naître , & effayons de réfoudre
deux queftions qui femblent embraffer tout
ce qu'offre ce fujet. Qu'est- ce qui a procuré à la
Provence une diftinction fi glorieuſe & que
doit-elle en attendre ? Je trouve qu'elle en eft
redevable à l'amour du Roi pour cette Province
& à l'attachement de cette Province pour nos
Rois. Que doit-elle s'en promettre ? La protec
tion la plus fignalée ; diftinction , par conféquent
, la plus glorieufe dans fes caufes , la plus
avantageufe dans fes effets.
Pour vous donner une idée de cette piece d'éloquence
, citons- en quelques morceaux qui
vous feront connoître le ton & la maniere de
P'Auteur.
La faveur dont la Provence vient d'être honorée
, n'eft point une de ces démonſtrations d'eftime
& de bienveillance qu'on fçait fi bien affecter
dans les Cours , démonftrations verbales &
extérieures que la politique , que la néceflité des
I vi
204 MERCURE DE FRANCE.
conjonctures arrache fouvent & dont on fe fert
quelquefois pour payer le mérite & les fervices
. C'eft une marque non fufpecte , non équivoque
, à laquelle on ne fçauroit méconnoître
les fentimens favorables du Prince à notre égard.
Ce n'eft point une de ces graces qui tombent
uniquement fur quelques particuliers qu'on
éleve aux premieres charges , tandis que le corps
entier refte dans la pouffiere. Celle dont il s'agit
intéreffe toute la Province. Ce n'eft point un de
ces témoignages d'attachement , connus feulement
de la perfonne qui les reçoit & qui n'éclatent
point au- dehors , qu'on donne dans le fecret ,
& qu'on peut défavouer en public . Rien de fi folemnel
que le témoignage d'affection donné à
cette province . En nommant fon auguſte petitfils
Comte de Provence , le Roi dit à toute l'Europe
, dit au monde entier attentif à ſes démarches
, que la Provence eft une contrée privilé
giée & favorite , que c'est un nom qui lui eft cher,
& qu'il met dans fa famille pour avoir occafion
de l'entendre fouvent répéter .
L'Orateur prouve enfuite que l'affection du
Roi pour la Provence , eft l'unique caufe qui aic
pu lui procurer une diftinction li glorieufe ; que
ce n'étoit point une obligation qu'il eût à remplir
, ni un ufage qu'il fallut refpecter.
Le Dauphiné compte avec raifon parmi fes
plus belles prérogatives , celle de donner fon nom
à l'héritier préfomptif de la Couronne . Mais fans
prétendre dégrader fes privileges , ne peut-on pas
dire que le nom de Dauphin eft moins une preuve
de la bienveillance de nos Rois que de leur
juftice, une grace qu'ils accordent , qu'une dette
qu'ils acquittent Ici fans être déterminé par le
devoir , ou averti par la coutume , fans trouver
AVRIL. 1756. 205
dans l'espace de trois ficcles la moindre trace d'une
pareille prédilection , Louis n'écoutant que fon
amour pour cette Province , veut être le premier
à lui donner cette marque de préférence , & qu'une
fi brillante époque pour elle date de fon regne :
attention précieufe du Souverain que la Provence
doit mettre dans les faftes de fa gloire . Eh quoi !
fi le moindre figne de bonté de la part de ces maîtres
du monde eft remarqué avec foin ; fi un coup
d'oeil favorable jetté comme par hazard , fi un
éloge échappé eft recueilli avec tranfport , une
faveur auffi réfléchie , auſſi déciſive , auffi intéreffante
, trouveroit - elle des coeurs froids & diftraits
?
La diftinction que reçoit la Provence , n'eft pas
feulement la preuve de l'attachement du Roi pour
cette Province ; c'eft encore la récompenfe de
l'attachement de cette Province pour nos Rois.
Ici on met fous un feul point de vue les principaux
monumens de zele & de fidélité par lesquels
les Provençaux ont fignalé leur amour pour nos
Souverains ; leurs exploits , les fervices qu'ils ont
rendus à la Monarchie lorfque leur Pays eft devenu
le théâtre de la guerre. Chaque coup de pinceau
eft un nouveau trait glorieux à la Provence .
Trois fois l'Autriche eft venu fondre dans ces
contrées avec des forces redoutables , & trois fois
cette aigle , qui comptant fur une proie certaine ,
avoit pris fon effor vers la Provence , a été obligée
de revoler vers les lieux d'où elle étoit partie
; ces armées nombreufes qui avoient inondées
vos villes , ont été diffipées comme l'ombre , &
ceux qui ont échappé au carnage , obligés honteufement
de s'enfuir , n'ont emporté avec eux que le regret
d'avoir
ofé attaquer
une nation
f
fidèle
& fi formidable
,
206 MERCURE DE FRANCE.
L'Orateur fait une mention particuliere de la derniere
irruption des Autrichiens en 1746. Il peint
avec les plus vives couleurs les défaftres aufquels
la Provence fut alors en proie , & les efforts héroïques
qu'elle oppofa aux armées ennemies . Et
il conclut ainfi ce morceau :
Mais quelle contrée fournit à la France dans
ces temps critiques des reffources fi prodigieufes ?
Eft-ce un de ces pays riches de leur propre fonds ,
qui dans l'étendue ou la fertilité, trouvent de quoi
faire les plus grandes avances , & fubvenir aux
plus preffans befoins ? Non : c'eſt la Province la
plus ftérile du Royaume , & une des plus petites ;
où la terre eft aufli ingrate que le ciel y eft beau ,
& qui produit le fuperflu fans donner le néceffaire.
Mais que ne peut pas l'amour de la patrie , le zele
pour fon Roi ? Il multiplie , il étend les reffources ;
il fupplée à la ftérilité du fol ; il compenfe le défaut
des richeffes ; il adoucit les charges les plus
pefantes. C'eft cet amour qui foutient , qui confole
la Province malgré l'épuifement où fes derniers
efforts l'ont réduite , & dont elle n'eft
encore relevée .
pas
La protection fignalée que la Provence trouvera
dans le Prince nouveau -né , & les effets avantageux
qui en réfulteront , font la matiere de la
feconde partie.
N'eft-il pas naturel , dit le P. D. que le nom
de Comte de Provence , nom qui n'ayant point
été porté avant lui par aucun fils de nos Rois
doit l'affecter d'avantage , lui rappelle fans ceffe
les intérêts de cette Province , foit pour elle un
titre à fa protection , un gage de fes bienfaits ?
Rien ne demande d'être manié avec plus d'art
que la louange. Elle n'offre que des fadeurs aux
Héros même qui en font l'objet , fi fe préfentant
AVRIL. 1756 . 207
trop à découvert , elle ne ménage point la modeltie
de ceux dont on prétend flatter l'amour - propre.
Notre Orateur a brûlé quelques grains d'encens
en l'honneur de ce qu'il y a de plus illuftre
dans la Provence ; mais c'eft un encens léger &
qui n'eft nullement infipide. Il fuppofe que dès
que la raifon aura éclairé le Comte de Provence ,
la Province dont il tire fon nom , fera un des premiers
objets de fa curiofité ; que charmé de connoître
cette contrée , fes moeurs , fes grands
hommes , on lui vantera la magnificence de cette
ville ( d'Aix , ) le ton d'aménité & de politeffe qui
y regne , ton qui fembloit être affecté à la Ĉapitale
du Royaume , & c. Les diverſes réponſes
faites au jeune Prince pour fatisfaire fa curiofité ,
renferment les éloges des Cours fouveraines , des
chefs qu'elles ont à leur tête , de M. le Duc de
Villars , Gouverneur de la Provence , de la Nobleffe
, des Provençaux célebres dans le monde
fçavant , &c. éloges d'autant plus flatteurs qu'ils
font plus indirects , & qu'en peu de mots ils offrent
un grand fens .
Quel défir ces divers Portraits n'infpireront- ils
pas au jeune Comte d'avoir près de fa perfonne
quelques membres de cette Province ? Pourra-t'il
les connoître fans aimer l'enjouement du caractere
, la vivacité de l'efprit qui femblent être
comme un des fruits de ce terroir ? & pour combien
l'honneur de l'approcher va- t'il être l'origine
de la fortune & l'époque de l'élévation ? ( 1 )
(1 ) Un détail intéreffant préfage ici aux divers
Habitans de la Provence , au Patriote zélé , au
Guerrier courageux , à l'amateur éclairé , à l'induftrieux
Négociant des avantages relatifs à leur
état. Cette Peinture riante femble contrafter avec
208 MERCURE DE FRANCE.
.....
Ainfi le Seigneur dont le bras vient de s'appéfantir
fi fenfiblement fur une grande partie de
la Provence , veut bien lui ménager des motifs de
confolation. Tandis que les fleuves qui l'arrofent
franchiffant leurs barrieres , & s'ouvrant des routes
nouvelles , ont montré , après leur débordement
l'aviron fendant les flots , là où deux jours
auparavant la charrue ouvroit la terre ; tandis
que ce nouveau déluge offroit l'affreux fpectacle
de digues renverfées , d'édifices écroulés , de
champs inondés, de troupeaux noyés , d'hommes
enfevelis fous les eaux , de malheureux placés entre
la famine & le naufrage , & du haut de leurs
maifons appellant avec des cris plaintifs la charité
bienfaifante ; dans le temps que nos Contrées
étoient ainsi déſolées par ces fléaux que je ne fais
qu'ébaucher , & qui auroient été bien plus funef
tes fans l'active prudence des Peres de la Patrie ,
du milieu des maux , du fein des défaftres , nous
voyons fortir l'efpérance. Sur l'horizon de laFrance
brille un nouvel Aftre dont l'éclat rejaillit en
grande partie fur cette Province , & lui annonce
les plus beaux jours. Des mains de Louis , la Provence
reçoit fon petit-fils pour Génie tutélaire ,
pour Protecteur . Et quel Protecteur ! Eft - ici un
de ces foibles appuis qui manquent aux befoins
les plus preffans , de ces fragiles rofeaux que le
moindre foufe déracine , de ces favoris dont la
chûte eft fort voisine de l'élévation , que la bizarre
fortune montre tantôt au faîte de la grandeur
, tantôt rampant dans la pouffiere , aujourd'hui
excitant l'envie , demain objet de compaffion
Le fang , la qualité du Protecteur dont je
le tableau des malheurs qui ont derniérement affligé
cette Province .
AVRIL. 1756. 209
parle , le mettent à l'abri de ces étranges viciffitude
; fon rang les place néceffairement , & toujours
à la fource des graces , & nos espérances ne
fçauroient fe repofer fur un appui plus folide.,
Il feroit trop long de fuivre l'Orateur dans la
defcription brillante des Fêtes magnifiques que
M. le Duc de Villars & la Ville d'Aix ont données
à l'occafion de cette naiffance. On y rappelle les
abondantes largeffes d'un Prélat ( 1 ) refpectable,
qui font allés chercher l'indigence dans les fombres
réduits où elle fe cachoit , y ont porté la joie ,.
& en ont chaffé la faim.
Verfez , ô mon Dieu ; les plus amples bénédictions
fur cette Princeffe , dont la fécondité eft le
prix de la vertu , qui au milieu des écueils & des
naufrages , montrant la piété la plus pure, fuit de fi
près les traces de l'Efther de la France . Continuez
à combler de vos bienfaits fon augufte époux qui ,
deftiné à retracer à nos neveux les regnes les plus
fortunés , donné par fes rares qualités les plus belles
efpérances. Plus flatté d'être le premier fujet
du Roi , que l'héritier préfomptif de la Couronne ,
ce Prince n'ambitionne point de porter la main
aux rênes d'un empire qu'il gouvernera toujours
trop tôt au gré de ſes défirs ; & à l'ombre d'un trône
où il voit affife avec Louis XV, la juftice , la clémence
, la valeur , la générofité , il fe contente de
fe montrer , de fe rendre toujours plus digne de
régner. Ne ceffez point , Seigneur , de préfider aux
Confeils de ce Roi bien aimé, pour qui renaiffent
ces jours brillans de la France , ou Louis XIV
voyoit fon Fils unique pere de trois Princes , &
une nombreuſe poſtérité affermir toujours plus le
Sceptre dans fon augufte maiſon : mais dans cette
(1) Monseigneur l'Archevêque d'Aix.
210 MERCURE DE FRANCE.
:
diftribution de faveurs céleftes , réſervez en une
part abondante pour le Comte de Provence . Ce
ne font point des profpérités humaines, des couronnes
fragiles que nous ſouhaitons , que nous deman-
'dons pour ce Prince , nos voeux ont un objet plus
fublime puiffe -t'il avoir pour la Religion un
amour inaltérable ,& la maintenir dans fes droits, à
l'exemple de fes ayeux , plus touchés du nom de
très- Chrétien , de Fils aîné de l'Eglife , que des
titres fuperbes de monarque & de conquérant !
que tandis que les arts éclaireront fon efprit , les
vertus forment fon coeur ! Ecartez de fa perfonne
ces hommes dangereux qui fe font une gloire
d'être les Miniftres des paffions des Princes, d'éveil
ler la volupté , & de lui prêter de nouvelles armes
contre leur foibleffe ! Qu'il détefte la flatterie, dont
le poifon defféche les plus beaux fruits du naturel
& de l'éducation ! & que la vérité trop fouvent
captive dans les palais des Grands , à travers les
barrieres & les nuages qu'on lui oppofe , faffe retentir
à fon oreille fes divins oracles ! Pour s'exciter
à l'héroïſme qu'il jette de temps en temps les yeux
fur les Bourbons fes ancêtres ! Non ; il na pas befoin
d'encouragemens étrangers : les exemples domeftiques
fuffifent ; & fans fortir de ſa famille , il trouvera
Augufte , Titus , Antonin & Trajan.
Ce Difcours qui parut être fort goûté des connoiffeurs
, fut fuivie d'une grand'Meſſe en Mufique.
Au fortir de l'Eglife , on trouva la Cour du College
tapiffée & décorée d'emblêmes , de devifes ,
de vers en plufieurs langues , où les Muſes Grecques
, Latines , Italiennes , Françoiſes & Provençales
, payoient à l'envi un tribut poétique au
nouveau Comte de Provence.
Le 3 & le MM. les Penfionnaires S repréfenteAVRIL.
1756. 211
rent un Drame Héroïque intitulé le Génie Tutélaire
, en trois Actes en vers , mêlé de chants &
de danfes. Cette Piece de Théâtre , de la compofition
du P. de Beaumanoir , Profeffeur de Rhétorique
, fut très -bien exécutée & généralement
applaudie. Elle offroit fous le voile de l'allégorie ,
tout ce qui peut intéreffer la Provence . Le concours
de Spectateurs qu'elle attira , fut prodigieux:
MM. les Confuls , à la tête du Confeil de Ville , ont
préfidés à la premiere repréſentation. M. le Duc
de Villars , Mefdames de la Tour , premieres Préfidentes
& Intendantes , & profque tout ce qu'il y
a de perfonnes de diftinction dans cette Ville ,
ont honoré la feconde de leur préfeace . Une brillante
illumination chaque jour a terminé la fête.
Fermer
Résumé : Relation des Fêtes données à Aix, au College Royal-Bourbon, de la Compagnie de Jesus, à l'occaison de la naissance de Monseigneur le Comte de Provence.
En avril 1756, le Collège Royal-Bourbon des Jésuites à Aix organisa des festivités pour célébrer la naissance du Comte de Provence. Ces événements visaient à former de bons citoyens et à honorer la maison des Bourbons, fondateurs du collège. Le 2 janvier 1756, le Père Dufferre, professeur de rhétorique, prononça un discours en présence de dignitaires locaux et d'une assemblée nombreuse. Il évita les généralités en se concentrant sur l'intérêt de la Provence pour la naissance du prince. Le discours souligna l'amour du roi pour la Provence et l'attachement de la Provence pour la monarchie, illustré par les services rendus lors des invasions autrichiennes. Le Père Dufferre mentionna également les ressources prodigieuses fournies par la Provence malgré sa stérilité, soulignant l'amour patriotique et le zèle pour le roi. Il conclut en espérant que le Comte de Provence, portant le nom de la province, en deviendrait un protecteur et un bienfaiteur. Parallèlement, le texte décrit les ravages causés par des inondations en Provence, avec des digues renversées, des édifices écroulés, des champs inondés, des troupeaux noyés et des hommes ensevelis. Malgré ces malheurs, une lueur d'espoir apparaît avec la naissance du Comte de Provence, présenté comme un appui solide et stable, contrairement aux favoris éphémères. Le Duc de Villars et la ville d'Aix organisèrent des fêtes magnifiques pour célébrer cette naissance, et un prélat respecté porta secours aux indigents. Des prières furent adressées pour la santé et la vertu du Comte de Provence, afin qu'il suive les traces de ses ancêtres illustres et gouverne avec justice et clémence. Les célébrations inclurent une grand-messe et une pièce de théâtre allégorique intitulée 'Le Génie Tutélaire', composée par le Père de Beaumanoir. Les représentations attirèrent un grand nombre de spectateurs distingués et furent marquées par des illuminations brillantes.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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10308
p. 211-216
« M. le Maréchal Duc de Coigny ayant obtenu la permission de se démettre de son [...] »
Début :
M. le Maréchal Duc de Coigny ayant obtenu la permission de se démettre de son [...]
Mots clefs :
Duc de Coigny, Comte de Coigny, Secousses, Versailles, Paris, Marquis, Régiments, La Reine, Sa Majesté, Nominations
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « M. le Maréchal Duc de Coigny ayant obtenu la permission de se démettre de son [...] »
M. le Maréchal Duc de Coigny ayant obtenu
la permiffion de fe démettre de fon Duché en
faveur de M. le Comte de Coigny , Mestre de
Camp Général des Dragons , fon petit-fils , madame
la Comteffe de Coigny fut préfentée le 22
Février à Leurs Majeftés & à la Famille Royale ,
par Madame la Comteffe de Coigny , Douairiere .
En qualité de Ducheffe elle prit le tabouret.
Le 18 Février , entre fept & huit heures du matin ,
il y eut dans cette Capitale deux fecouffes de trem .
blement de terre ; mais elles ont été fi légeres que
la plupart des habitans ne s'en font point apperçus.
On a effuyé les mêmes fecouffes à Verſailles . Elles
fe font fait fentir en plufieurs autres endroits. Les
avis reçus de Beauvais marquent qu'elles y ont
été fenfibles principalement pour les perfonnes
qui étoient encore couchées. On a fait à Paris la
même obfervation . A Saint Quentin , la direction
du mouvement a paru être de l'Oueſt au Sud- Eft³:
le tems étoit à la pluie , & un vent d'Oueſt ſouf212
MERCURE DE FRANCE.
floit modérément. La Cloche de l'Hôtel de Ville
de la Fere a fonné d'elle - même plufieurs coups.
On mande de Dieppe , que le Barométre étoit ,
le jour du tremblement, au dernier degré au deffus
de la tempête. A Aire , il tomboit de la pluie mê--
lée de neige. Dans la Ville de Metz , quelques
cheminées ont été abattues . Sedan a éprouvé les
mêmes accidens, Les fecouffes,Y ont duré une minure
& quelques fecondes , & ont été accompagnées
d'un bruit femblable à celui du tonnerre.
Du refte , on n'a remarqué aucune agitation extraordinaire
dans les eaux de la Meufe. A Fifmes ,
Laon , à Moyenvic , à Mons , à Namur , à Bruxel- ´
les , à Maeftricht , à Utrecht & à Amſterdam , les
fecouffes ont commencé environ à la même heure,
& ont été de la même durée . Elles n'ont commencé
à Liege qu'à neuf heures du matin , & elles ont
duré trois minutes. Au départ du courier , la terre
n'étoit pas encore dans un parfait repos.
à
Le 2 Mars . M. de Montenault préfenta au
Roi le fecond Volume de la nouvelle Edition
des Fables de la Fontaine. Sa Majeſté témoigna
en être très- fatisfaite.
Le Roi a difpofé du Gouvernement des Ville
& Château de Dieppe , qui vaquoit par la mort
de M. le Marquis de Saliere , en faveur de M. de
Mailly de Rubempré , Chevalier des Ordres de
Sa Majefté , Lieutenant Général de fes Armées ,
& premier Ecuyer de Madame la Dauphine .
La place d'Infpecteur Général de l'Infanterie ;
vacante par la même mort , a été donnée à M. le
Comte de Choifeul - Beaupré , qui étoit Infpecteur
Général furnuméraire.
M. Le Marquis du Châtelet - Lomont , Lieutenant-
Général des Armées du Roi & Commandeur
de l'Ordre Royal & Militaire de Saint Louis,a été
A VRIL. 1756 . 213
fait Grand Croix de cet Ordre. Sa Majefté a nommé
Grand Croix Honoraire du même Ordre M.
le Marquis de Valory , Lieutenant - Général , Miniftre
Plénipotentiaire auprès du Roi de Pruffe.
Elle a accordé une place de Commandeur à M. le
Marquis de Braffac , Maréchal de Camp .
Le Régiment de Cavalerie de Royal Etranger,
dont M. le Comte de Charleval à donné fa démiffion
, a été accordé à M. le Comte de Chabot ,
Colonel dans les Grenadiers de France ,
M. le Comte de Durfort & le Chevalier de Corn ,
Aides-Majors des Gardes du Corps , ayant obtenu
leur retraite ,font remplacés par M. le Chevalier de
Montaigu & par M. de Prifye. M. Le Chevalier
de Luflay a été nommé Sous- Aide - Major. M. le
Chevalier de Ligondé a obtenu une place d'Exempt,
vacante dans la Compagnie de Noailles par
la retraite de M. de Fumereau .
Le 12, la Marquife de Beauffremont fit , à l'occafion
de fon veuvage , fes révérences à Leurs Majeftés
& à la Famille Royale.
Le 16 , Monfeigneur le Duc de Berry fut fevré.
Le 17 , M. Peirenc de Moras , que le Roi a
nommé pour Adjoint à M. de Sechelles dans la
charge de Contrôleur Général des Finances
remercia Sa Majesté.
La Reine entendit le 20 une Meffe de Requiem ;
pendant laquelle la Mufique chanta le De Profundis,
pour l'Anniverfaire de la feue Reine de Pologne
Ducheffe de Lorraine & de Bar , Mere de Sa Majesté.
-
Le 28 Madame la Ducheffe de Luynes , Dame
d'Honneur de la Reine , préfenta à Leurs Majeftés
l'épouse de M. Perinc de Moras. *
Selon des lettres de Calais , une Frégate Angloife
de trente canons , s'approcha le 9 de ce Port ,
fous PavillonHollandois, en faifant le fignal de dan214
MERCURE DE FRANCE.
3
ger. On commanda auffitôt une Chaloupe avec un
Pilote & neufhommes , pour aller au fecours de
ce Bâtiment. La Frégate a enlevé la Chaloupe , &
l'a conduite dans un port de la Grande-Bretagne.
A
Le Roi a déclaré qu'il donnoit fa nomination
pour le Chapeau de Cardinal à l'Archevêque de
Rouen , Grand Aumônier de la Reine ; & le 20 ce
Prélat en remercia Sa Majesté.
La place de Confeiller au Confeil Royal des
Finances , vacante par la mort de M. d'Ormeffon ,
a été accordée à M. Trudaine Confeiller d'Etat
ordinaire & au Confeil Royal de Commerce
Intendant des Finances.
>
Sa Majeſté a donné à M. Peirenc de Moras celle
de Confeiller d'Etat , qui vaquoit par la même
mort.
M. de Sechelles , Miniftre d'Etat & Contrôleur
Général des Finances , s'étant démis de fa place de
Confeiller d'Etat , le Roi l'a accordé à M. Chauvelin
, Intendant des Finances.
M. Moreau de Beaumont , Intendant de Flandre
, a obtenu l'agrément de la charge d'Intendant
des Finances , dont étoit pourvu M. Peirenc de
Moras. Le Roi a nommé à l'Intendance de Flandre
M. de Caumartin , Intendant de Metz , & a
donné l'Intendance des trois Evêchés à M. de Bernage
de Vaux , Intendant de Moulins .
Sa Majefté a difpofé du Régiment Suiffe de Vie
gier en faveur de M. de Caftelar , Maréchal de
Camp , & Capitaine au Régiment des Gardes Suiffes.
M. de Reding , Brigadier d'Infanterie , & Lieutenant-
Colonel du Régiment Suiffe de Monin , a
étéfait Colonel de ce Régiment.
la
Madame la Baronne d'Oppede fut préſentée le
14 à Leurs Majeftés & à la Famille Royale par
Marquise de Janfon .
On fit le 22 de ce mois la Proceffion folemnelle
AVRIL. 1756. 215
qu'on a coutume de faire tous les ans , en mémoire
de la Réduction de cette Capitale fous l'obéiffance
de Henri IV. Le Corps de Ville y affifta fuivant
'ufage.
M.l'Abbé du Refnel , l'un des Quarante de l'Académie
Françoife , & Affocié de l'Académie
Royale des Belles - Lettres , a été élu par cette derniere
Compagnie , pour y remplir la place de
Penfionnaire , vacante par la mort de M. Blanchard.
On mande d'Avignon , que le 3 à fix heures du
foir , le tems étant très - calme , & la Lune en fon
couchant ne donnant qu'une foible lueur , on apperçut
vers le Sud-Eft , dans la moyenne région
de l'air , un Globe auffi lumineux que la Lune en
fon plein. Environ trois fecondes après , ce Globe
fe transforma en une espece de Comete , dont la
queue s'étendoit vers l'Oueft. Ce Météore ne tarda
pas à fe perdre en forme de fufée volante , nuancée
de diverfes couleurs ainfi que l'Arc- en- Ciel . La
fufée fe termina en trois pointes , de chacune
defquelles il fortit une étoile pareille à celles
qu'on imite dans les feux d'artifice.
Selon les avis reçus de Canne & de Nice , on y
a vu le même jour & à la même heure un femblable
phénomene. Dans ces deux dernieres Villes,
il a paru fous un beaucoup plus grand volume
que dans celle d'Avignon . A Nice , la fufée fut terminée
par quatre étoiles de couleur de foufre, Elle
fat fuivie de deux violens coups de tonnerre..
Le 28 Mars , M. Feydeau de Marville , en
qualité de Confeiller d'Etat ordinaire , fut préfenté
au Roi par M. de Lamoignon Chancelier de
France.
M. de Berulle, Maître des Requêtes , a été nom→
mé à l'Intendance du Bourbonnois, vacante par la
216 MERCURE DE FRANCE.
nomination de M. de Bernage de Vaux à l'Intendance
des trois Evêchés.
Dans le neuvieme tirage de la premiere Loterie
Royal , le premier Lot eft échu au numéro 57083 ;
le fecond Lot eft échu au numéro 28188 , & la
Prime au numéro 8198.
>
Le 20 Mars M. le Comte de Clermont fit dans la
Plaine de fon Château de Berny la revue de fon
Régiment d'Infanterie d'Enghien , commandé par
M.le Comte de Polignac, Colonel-Lieutenant de ce
Corps . Le Régiment exécuta avec toute la précifion
poffible les manceuvres & les évolutions que
le Prince ordonna ; ce qui dura trois heures . Après
la revue M. le Comte de Clermont donna un
dîner de la plus grande magnificence à tous les
Seigneurs & Officiers qui l'avoient accompagné.
Sa table étoit de foixante couverts . On fervit plufieurs
autres tables dans les appartemens du Château
. Dans une Allée du Parc vis - à- vis du Sallon
où mangeoit le Prince , on avoit dreffé une table
pour les Sergens du Régiment , & deux autres
tables , chacune de fept cens couverts , pour
Soldats. Deux Grenadiers furent députés par leurs
Compagnies , pour aller porter la fanté du Roi &
celle de M. le Comte de Clermont. Le Prince les
reçut avec cette affabilité qui lui eft naturelle ,
qui le rend également cher aux Militaires & aux
Gens de Lettres. Au fortir de table , M. le Comte
de Clermont diftribua des préfens aux Officiers du
Régiment , & fon portrait aux principaux . Pendant
les trois jours que le Régiment a paffé à
Berny , ce Prince a tenu table ouverte pour tous
les Officiers.
la permiffion de fe démettre de fon Duché en
faveur de M. le Comte de Coigny , Mestre de
Camp Général des Dragons , fon petit-fils , madame
la Comteffe de Coigny fut préfentée le 22
Février à Leurs Majeftés & à la Famille Royale ,
par Madame la Comteffe de Coigny , Douairiere .
En qualité de Ducheffe elle prit le tabouret.
Le 18 Février , entre fept & huit heures du matin ,
il y eut dans cette Capitale deux fecouffes de trem .
blement de terre ; mais elles ont été fi légeres que
la plupart des habitans ne s'en font point apperçus.
On a effuyé les mêmes fecouffes à Verſailles . Elles
fe font fait fentir en plufieurs autres endroits. Les
avis reçus de Beauvais marquent qu'elles y ont
été fenfibles principalement pour les perfonnes
qui étoient encore couchées. On a fait à Paris la
même obfervation . A Saint Quentin , la direction
du mouvement a paru être de l'Oueſt au Sud- Eft³:
le tems étoit à la pluie , & un vent d'Oueſt ſouf212
MERCURE DE FRANCE.
floit modérément. La Cloche de l'Hôtel de Ville
de la Fere a fonné d'elle - même plufieurs coups.
On mande de Dieppe , que le Barométre étoit ,
le jour du tremblement, au dernier degré au deffus
de la tempête. A Aire , il tomboit de la pluie mê--
lée de neige. Dans la Ville de Metz , quelques
cheminées ont été abattues . Sedan a éprouvé les
mêmes accidens, Les fecouffes,Y ont duré une minure
& quelques fecondes , & ont été accompagnées
d'un bruit femblable à celui du tonnerre.
Du refte , on n'a remarqué aucune agitation extraordinaire
dans les eaux de la Meufe. A Fifmes ,
Laon , à Moyenvic , à Mons , à Namur , à Bruxel- ´
les , à Maeftricht , à Utrecht & à Amſterdam , les
fecouffes ont commencé environ à la même heure,
& ont été de la même durée . Elles n'ont commencé
à Liege qu'à neuf heures du matin , & elles ont
duré trois minutes. Au départ du courier , la terre
n'étoit pas encore dans un parfait repos.
à
Le 2 Mars . M. de Montenault préfenta au
Roi le fecond Volume de la nouvelle Edition
des Fables de la Fontaine. Sa Majeſté témoigna
en être très- fatisfaite.
Le Roi a difpofé du Gouvernement des Ville
& Château de Dieppe , qui vaquoit par la mort
de M. le Marquis de Saliere , en faveur de M. de
Mailly de Rubempré , Chevalier des Ordres de
Sa Majefté , Lieutenant Général de fes Armées ,
& premier Ecuyer de Madame la Dauphine .
La place d'Infpecteur Général de l'Infanterie ;
vacante par la même mort , a été donnée à M. le
Comte de Choifeul - Beaupré , qui étoit Infpecteur
Général furnuméraire.
M. Le Marquis du Châtelet - Lomont , Lieutenant-
Général des Armées du Roi & Commandeur
de l'Ordre Royal & Militaire de Saint Louis,a été
A VRIL. 1756 . 213
fait Grand Croix de cet Ordre. Sa Majefté a nommé
Grand Croix Honoraire du même Ordre M.
le Marquis de Valory , Lieutenant - Général , Miniftre
Plénipotentiaire auprès du Roi de Pruffe.
Elle a accordé une place de Commandeur à M. le
Marquis de Braffac , Maréchal de Camp .
Le Régiment de Cavalerie de Royal Etranger,
dont M. le Comte de Charleval à donné fa démiffion
, a été accordé à M. le Comte de Chabot ,
Colonel dans les Grenadiers de France ,
M. le Comte de Durfort & le Chevalier de Corn ,
Aides-Majors des Gardes du Corps , ayant obtenu
leur retraite ,font remplacés par M. le Chevalier de
Montaigu & par M. de Prifye. M. Le Chevalier
de Luflay a été nommé Sous- Aide - Major. M. le
Chevalier de Ligondé a obtenu une place d'Exempt,
vacante dans la Compagnie de Noailles par
la retraite de M. de Fumereau .
Le 12, la Marquife de Beauffremont fit , à l'occafion
de fon veuvage , fes révérences à Leurs Majeftés
& à la Famille Royale.
Le 16 , Monfeigneur le Duc de Berry fut fevré.
Le 17 , M. Peirenc de Moras , que le Roi a
nommé pour Adjoint à M. de Sechelles dans la
charge de Contrôleur Général des Finances
remercia Sa Majesté.
La Reine entendit le 20 une Meffe de Requiem ;
pendant laquelle la Mufique chanta le De Profundis,
pour l'Anniverfaire de la feue Reine de Pologne
Ducheffe de Lorraine & de Bar , Mere de Sa Majesté.
-
Le 28 Madame la Ducheffe de Luynes , Dame
d'Honneur de la Reine , préfenta à Leurs Majeftés
l'épouse de M. Perinc de Moras. *
Selon des lettres de Calais , une Frégate Angloife
de trente canons , s'approcha le 9 de ce Port ,
fous PavillonHollandois, en faifant le fignal de dan214
MERCURE DE FRANCE.
3
ger. On commanda auffitôt une Chaloupe avec un
Pilote & neufhommes , pour aller au fecours de
ce Bâtiment. La Frégate a enlevé la Chaloupe , &
l'a conduite dans un port de la Grande-Bretagne.
A
Le Roi a déclaré qu'il donnoit fa nomination
pour le Chapeau de Cardinal à l'Archevêque de
Rouen , Grand Aumônier de la Reine ; & le 20 ce
Prélat en remercia Sa Majesté.
La place de Confeiller au Confeil Royal des
Finances , vacante par la mort de M. d'Ormeffon ,
a été accordée à M. Trudaine Confeiller d'Etat
ordinaire & au Confeil Royal de Commerce
Intendant des Finances.
>
Sa Majeſté a donné à M. Peirenc de Moras celle
de Confeiller d'Etat , qui vaquoit par la même
mort.
M. de Sechelles , Miniftre d'Etat & Contrôleur
Général des Finances , s'étant démis de fa place de
Confeiller d'Etat , le Roi l'a accordé à M. Chauvelin
, Intendant des Finances.
M. Moreau de Beaumont , Intendant de Flandre
, a obtenu l'agrément de la charge d'Intendant
des Finances , dont étoit pourvu M. Peirenc de
Moras. Le Roi a nommé à l'Intendance de Flandre
M. de Caumartin , Intendant de Metz , & a
donné l'Intendance des trois Evêchés à M. de Bernage
de Vaux , Intendant de Moulins .
Sa Majefté a difpofé du Régiment Suiffe de Vie
gier en faveur de M. de Caftelar , Maréchal de
Camp , & Capitaine au Régiment des Gardes Suiffes.
M. de Reding , Brigadier d'Infanterie , & Lieutenant-
Colonel du Régiment Suiffe de Monin , a
étéfait Colonel de ce Régiment.
la
Madame la Baronne d'Oppede fut préſentée le
14 à Leurs Majeftés & à la Famille Royale par
Marquise de Janfon .
On fit le 22 de ce mois la Proceffion folemnelle
AVRIL. 1756. 215
qu'on a coutume de faire tous les ans , en mémoire
de la Réduction de cette Capitale fous l'obéiffance
de Henri IV. Le Corps de Ville y affifta fuivant
'ufage.
M.l'Abbé du Refnel , l'un des Quarante de l'Académie
Françoife , & Affocié de l'Académie
Royale des Belles - Lettres , a été élu par cette derniere
Compagnie , pour y remplir la place de
Penfionnaire , vacante par la mort de M. Blanchard.
On mande d'Avignon , que le 3 à fix heures du
foir , le tems étant très - calme , & la Lune en fon
couchant ne donnant qu'une foible lueur , on apperçut
vers le Sud-Eft , dans la moyenne région
de l'air , un Globe auffi lumineux que la Lune en
fon plein. Environ trois fecondes après , ce Globe
fe transforma en une espece de Comete , dont la
queue s'étendoit vers l'Oueft. Ce Météore ne tarda
pas à fe perdre en forme de fufée volante , nuancée
de diverfes couleurs ainfi que l'Arc- en- Ciel . La
fufée fe termina en trois pointes , de chacune
defquelles il fortit une étoile pareille à celles
qu'on imite dans les feux d'artifice.
Selon les avis reçus de Canne & de Nice , on y
a vu le même jour & à la même heure un femblable
phénomene. Dans ces deux dernieres Villes,
il a paru fous un beaucoup plus grand volume
que dans celle d'Avignon . A Nice , la fufée fut terminée
par quatre étoiles de couleur de foufre, Elle
fat fuivie de deux violens coups de tonnerre..
Le 28 Mars , M. Feydeau de Marville , en
qualité de Confeiller d'Etat ordinaire , fut préfenté
au Roi par M. de Lamoignon Chancelier de
France.
M. de Berulle, Maître des Requêtes , a été nom→
mé à l'Intendance du Bourbonnois, vacante par la
216 MERCURE DE FRANCE.
nomination de M. de Bernage de Vaux à l'Intendance
des trois Evêchés.
Dans le neuvieme tirage de la premiere Loterie
Royal , le premier Lot eft échu au numéro 57083 ;
le fecond Lot eft échu au numéro 28188 , & la
Prime au numéro 8198.
>
Le 20 Mars M. le Comte de Clermont fit dans la
Plaine de fon Château de Berny la revue de fon
Régiment d'Infanterie d'Enghien , commandé par
M.le Comte de Polignac, Colonel-Lieutenant de ce
Corps . Le Régiment exécuta avec toute la précifion
poffible les manceuvres & les évolutions que
le Prince ordonna ; ce qui dura trois heures . Après
la revue M. le Comte de Clermont donna un
dîner de la plus grande magnificence à tous les
Seigneurs & Officiers qui l'avoient accompagné.
Sa table étoit de foixante couverts . On fervit plufieurs
autres tables dans les appartemens du Château
. Dans une Allée du Parc vis - à- vis du Sallon
où mangeoit le Prince , on avoit dreffé une table
pour les Sergens du Régiment , & deux autres
tables , chacune de fept cens couverts , pour
Soldats. Deux Grenadiers furent députés par leurs
Compagnies , pour aller porter la fanté du Roi &
celle de M. le Comte de Clermont. Le Prince les
reçut avec cette affabilité qui lui eft naturelle ,
qui le rend également cher aux Militaires & aux
Gens de Lettres. Au fortir de table , M. le Comte
de Clermont diftribua des préfens aux Officiers du
Régiment , & fon portrait aux principaux . Pendant
les trois jours que le Régiment a paffé à
Berny , ce Prince a tenu table ouverte pour tous
les Officiers.
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Résumé : « M. le Maréchal Duc de Coigny ayant obtenu la permission de se démettre de son [...] »
En février et avril 1756, plusieurs événements notables ont eu lieu. Le maréchal duc de Coigny a obtenu la permission de céder son duché à son petit-fils, le comte de Coigny. Madame la comtesse de Coigny a été présentée à Leurs Majestés et à la famille royale le 22 février, prenant le tabouret en qualité de duchesse. Le 18 février, deux secousses de tremblement de terre ont été ressenties à Paris et dans plusieurs autres villes, sans causer de dommages significatifs. Le 2 mars, M. de Montenault a présenté au roi le second volume de la nouvelle édition des Fables de La Fontaine. Le roi a également disposé du gouvernement de Dieppe en faveur de M. de Mailly de Rubempré. Plusieurs nominations et promotions militaires ont été annoncées, notamment celles de M. le marquis du Châtelet-Lomont et de M. le marquis de Valory. Le 12 avril, la marquise de Beauffremont a fait ses révérences à Leurs Majestés à l'occasion de son veuvage. Le 16 avril, Monseigneur le duc de Berry a été fiévreux. Le 20 avril, la reine a entendu une messe de Requiem pour l'anniversaire de la feue reine de Pologne. Madame la duchesse de Luynes a présenté à Leurs Majestés l'épouse de M. Perinc de Moras. Le roi a nommé l'archevêque de Rouen au chapeau de cardinal. Plusieurs autres nominations et promotions ont été effectuées, notamment dans les finances et les intendances. Le 22 avril, une procession solennelle a été organisée en mémoire de la réduction de la capitale sous l'obéissance de Henri IV. Le 28 mars, M. Feydeau de Marville a été présenté au roi en qualité de conseiller d'État ordinaire. Un phénomène météorologique inhabituel a été observé à Avignon, Cannes et Nice. Le 20 mars, le comte de Clermont a passé en revue son régiment d'infanterie à Berny, offrant un dîner somptueux aux seigneurs et officiers présents.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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10309
p. 217-234
MARIAGES ET MORTS. AVERTISSEMENT.
Début :
On a imprimé dans quelques ouvrages modernes, (I) que le Comte de [...]
Mots clefs :
Comtes, Marquis, Seigneurs, Mariages, Morts, Chevalier, Gentilhomme, Barons, Régiments, Ducs
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texteReconnaissance textuelle : MARIAGES ET MORTS. AVERTISSEMENT.
MARIAGES ET MORTS.
AVERTISSEMENT.
On a imprimé dans quelques ouvrages modèrnes,
( 1 ) que le Comte de Rupelmonde tué à l'action
paffée près de Paffenhoven en Baviere , le 15
Avril 1745 , étoit le dernier rejetton de fa maiſon.
Ceux qui ont avancé cette anecdote généalogique
, paroiffent avoir ignoré que la Branche
ainée de cette maifon eft continuée en la perfonne
de Ferdinand -Gillon de Recourt-de- Lens-de-
Licques , des Comtes de Boulogne , Seigneur &
Marquis de Licques , & c. c'eft un fait dont on
peut fe convaincre par les éclairciffemens fuivans ,
que l'on a cru devoir donner au public pour le défabufer
des impreffions qu'une pareille erreur
pourroit lui laiffer.
•
Philippes de Recourt-de- Lens- de- Licques , des
Comtes de Boulogne , Chevalier , Baron de Licques
, & de Boninghe , Chaſtelain héréditaire de
Lens , &c. Gouverneur de Cambray & du Cambréfis,
d'Harlem, de Louvain , de Lille , de Tournay ,
de Douay & d'Orchies , fut commis par le Roy
d'Efpagne , le 12 May 1586 , pour régler avec les
Commiffaires du Roy Henry III , tous les différens
qui pouvoient naître fur l'interprétation & l'exécution
des articles de la treve , conclue à Cambray le
23 Décemb. 1585. Ce Seigneur qui s'acquit la réputation
d'un des grands Capitaines de fon fiècle ,
(1 ) Poëme de Fontenoy , & Hiftoire de la guerre
de 1741.
II. Vol. K
218 MERCURÉ DE FRANCE.
mourut à Bruxelles le Vendredi Saint 1588 , lorqu'il
alloit être nommé Chevalier de l'ordre de la
Toifon d'Or. Il avoit fait fon teftament le premier
jour de Mars 1587 , & avoit été marié du confentement
de l'Empereur & de fon Confeil , le 3 Juin
1554 , avec Jeanne de Witthem , d'une illuftre
Maifon de Brabant , fortie par bâtardiſe des anciens
fouverains de cette Province , & alliée aux maifons
les plus confidérables des pays-Bas . De ce mariage
fortirent Gabriel , Baron de Licques qui fuit , &
Philippes de Recours - de - Lens- de - Licques, des
Comte de Boulogne , Baron de Wiskerque , &c .
qui a fait la branche des Comtes de Rupel
monde.
Gabriel de Recourt- de- Lens-de- Licques des
Comtes de Boulogne , Chevalier , Baron de Licques
& de Boninghe , &c . gouverneur de Charlemont
, & Colonel d'un Régiment de dix Compagnies
de gens de pieds , mourut à la fleur de fon
age en 1589 , ayant eu de fon mariage , qu'il avoit
contracté le 8 Juillet 1581 , avec Helene de
Mérode , d'une maiſon auffi illustre par fon ancienneté
que par fes alliances & fes fervices , fille de
Jean de Mérode , Seigneur de Moriamez & de
Philippote de Montfort , Philippes Baron de Licques
qui fuit :
i
Philippe de Recourt - de-Lens- de- Licques des
Comtes de Boulogne , Chevalier Baron de-Licques
& de Boninghe , &c. Gouverneur de Bourbourg
, Grand Bailli des Bois du Comté de Hainaut
, & de la Forêt de Mormal , & Confeiller du
Confeil de Guerre du Roi d'Efpagne , mourut le
28 May 1657 , & époula en premiere nôces , en
1614 , Sufane de Langlée , d'une branche cadette
de l'illuftre Maifon de Wavrin , dont il n'eut que
des filles ; il fe remaria en fecondes nôces , le 13
Juin 1630 à Louiſe de Cruninghe , Baronne de
AVRIL. 1736. 219
Cruninghe , & Vicomteffe de Zélande , héritiere
de fa maiſon , une des plus grandes des Pays-Bas ;
& cette alliance le fit tenir à toutes les têtes couronnées
de l'Europe . Elle étoit fille & héritiere de
Maximilien , Baron de Cruninghe , Vicomte de
Zélande , &c. & d'Eve Baronne de Kniphaufen-
Inhaufen , & petite-fille de Jean Baron de Cruninghe
, Vicomte de Zélande , &c ; & de Jacqueline'
de Bourgogne , fille d'Adolphe de Bourgogne , Seigneur
de Bevres & de la Vere, Amiral de Flandres,
& Chevalier de la Toifon d'Or ; & d'Anne de
Berghes-glimes; & petite- fille de Philippes de Bourgogne
, Seigneur de Bevres & de la Vere , Amiral
de Flandre , Gouverneur d'Artois , & Chevalier de
la Toiſon d'Or ; & d'Anne de Borfelle , fille de
Wolfard de Borfelle , Seigneur de la Verre, Comte
de Grandpré , Maréchal de France Chevalier de la
Toifon d'Or , &c ; & de charlotte de Bourbon ,
fille de Louis de Bourbon , Comte de Montpenfier
, Dauphin d'Auvergne , &c ; & de Gabriele de
la Tour ; de ce deuxieme mariage vint Philippes-
Charles-Bartholomé , Marquis de Licques qui fuit ;
& c'eft à caufe de cette alliance que MM. de
Licques portent en écartelure dans le grand cachet
de leurs armes , celles de l'augufte Maiſon de
Bourbon.
Philippes-Charles- Bartholomé de Recourt-de-
Lens-de- Licques , des Comtes de Boulogne , Che
valier Marquis de Licques , Baron de Boninghe &
de Cruninghe , Vicomte de Zélande , & c. Grand
Bailli des bois du Comté de Hainaut , Capitaine
d'une Compagnie franche, puis de cent chevaux de
Cuiraffiers , & gentilhomme de la chambre du
Prince de Baviere , électeur de Cologne , époufa
le 23 Janvier 1659 , Marguerite-Caroline - Gertrude
de Berlo , Chanoinefle de Mouftier , d'une
2.
Kij
220 MERCURE DE FRANCE.
illuftre Maiſon du pays de Liege , & fille de Paul ;
Baron de Berlo & de Bruff; & de Marie de L
Fontaine ; & eut de cette alliance un fils unique
nommé Ferdinand-Roch-Jean , Marquis de Lic
ques qui fuit ;
Ferdinand - Roch - Jean de Recourt- de- Lensde-
Licques des Comtes de Boulogne , Cheva
lier , Marquis de Licques, Baron de Boninghe ,
Vicomte de Zélande , &c . époufa le 23 Janvier
1700 , Anne-Michel- Alexandrine le Sart , mere.
d'un fils unique , nommé Ferdinand-Gillon , Marquis
de Licques qui fuit:
Ferdinand- Gillon de Recourt-de-Lens- de-Lic
ques des Comtes de Boulogne , Chevalier , Seigneur
& Marquis de Licques , Vicomte de Zélande
, Baron de Boninghe , &c . dernier hoir mâle
de fa maifon depuis la mort du Comte de Rupelmonde
, a épousé en 1730 Elifabeth de Lefpinayde
Marteville d'une ancienne maifon de Picardie ,
fille de Jacques , Marquis de Marteville , Maré
chal des Camps & Armées du Roi , & de Françoife
Abancourt. De ce mariage il n'a que trois filles ;
fçavoir :
?
1º. Catherine- Elifabeth-Henriette de Recourt
de-Lens-de-Licques des Comtes de Boulogne ,
mariée , en 1748 , à Louis - Eugene-Marie de
Beauffort, Comte de Beauffort , & de Moulle , & c.
d'une des plus anciennes & des plus illuftrés Mai
fons de la province d'Artois , fils de feu Chriftophe
- Louis de Beauffort , Comte de Beauffort , & cs
& de Marie-Anne-Françoife - Jofephe de Croix ;
2°. Louife- Aimée dite Mademoiſelle de
Lens ;,
>
3°. Marie-Gabriele-Victoire- Nymphe , dite
Mademoiſelle de Licques.
Philippe de Recourt- de- Lens- de - Licques des
AVRIL 1756. 22X
Comtes de Boulogne , Seigneur & Baron de Wifkerque
, & c. frere cadet de Gabriel Baron de Lic
ques , cité ci-deffus , & comme lui fils de Philippes,
Baron de Licques , & de Jeanne de Witthem ,
fut Colonel d'Infanterie Wallone , & Grand Bailli
du pays de Waes. Il épousa le 11 Juin 1590 ,
Marguerite de Steelan , d'une très -ancienne maifon
de Flandres , & tefta le 14 Juin 1630 ; de ce
mariage vint Servat Baron de Wiskerque qui
fuit :
Servat de Recourt - de - Lens- de - Licques des
Comte de Boulogne , Baron de Wiskerque, Grand
Bailli du pays de Wau , &c. époufa le 20 Septembre
1624 , Marguerite de Robles d'une illuftre mai .
fon originaire d'Efpagne, fille de Jean de Robles ,
Comte d'Annapes , Gouverneur de Lille , Douay
& Orchies & c. & de Marie de Liedekerque. De ce
mariage vint Philippes , Baron de Wiskerque &
Comte de Rupelmonde qui fuit :
Philippes de Recourt- de- Lens- de- Licques des
Comtes de Boulogne , Baron de Wiskerque , Seigneur
& Comte de Rupelmonde , &c . époufa le 3
Juillet 1655 , Marguerite de Baerlandt , d'une
ancienne maison des Pays-Bas ; il mourat fore
jeune, & laila pour fils unique Philippes Comte de
Rupelmonde , qui fuit :
Philippes de Recourt- de- Lens- de - Licques des
Comtes de Boulogne , Comte de Rupelmonde ,
Baron de Wiskerque &c. époufa le 21 Avril 1677 ,
Marie- Anne -Euſebe Truchfes , née Comteffe de
Wolfegg , d'une grande maifon d'Allemagne , &
fille de Guillaume , Truchfes Comte de Wolfegg ,
Gouverneur d'Amberg en Baviere , & d'Iſabelle-
Claire de Ligne- d'Aremberg & d'Arfchoft ; il
eut de ce mariage Maximilien- Philippes- Jofeph
Comte de Rupelmonde qui fuit :
K iij
222 MERCURE DE FRANCE.
Maximilien-Philippes-Jofeph de Recourt- de
Lens-de-Licques des Comtes de Boulogne , Comté
de Rupelmonde , Baron de Wiskerque , &c. Maréchal
des Camps & Armées du Roi d'Eſpagne ,
fut tué au Siege de Brihuega en Eſpagne le i 1 Décemb.
1710 , & avoit épousé le 24 Janvier 1705,
Marie-Marguerite d'Alegre, Dame du Palais de la
Reine , d'une illuftre maifon d'Auvergne , fille
d'Yves , Marquis d'Alegre , Maréchal de France &
Chevalier des ordres du Roi : il en eut pour fils
unique Yves - Marie Comte de Rupelmonde qui
fuit :
24
Yves-Marie de Recourt -de - Lens - de- Licques des
Comtes de Boulogne , Comte de Rupelmonde ,
Baron de Wiskerque , & c. Maréchal des camps &
armées du Roi , fut tué à la fleur de fon âge à l'acsion
paffée près de Paffenhoven en Baviere , le 1
Avril 1745. De fon mariage , dont le contrat fut
paffé en 1731 avec Marie- Chrétienne - Christine
de Gramont, dame du Palais de la Reine & fille de
Louis, Duc de Gramont , Pair de France, Chevalier
des ordres du Roi , Lieutenant général de fes Armées
, & Colonel du Régiment des gardes , & de-
Géneviève de Gontault de Biron , naquit le
Avril 1740 , un fils nommé Louis , mort peur de
temps avant fon Pere , en la perfonne de quis'éteignit
la feule branche cadette de la maifon de
Recourt- de-Lens- de- Licques , dont la branche
aînée feule fubfifte aujourd'hui dans la perfonne
du Marquis de Licques & de fes trois filles . Voyez
pour cette maifon qui par fon ancienneté,fes fervices
& fes alliances va de pair avec les plus grandes
du Royaume , l'Hiftoire des grands Officiers de la
Couronne , VII . vol . page 827 , où la Généalogie
eft rapportée ( affez imparfaitement ) à l'article des
Amiraux de France , à l'occafion de Charles de Re
AVRIL. 1756. 223
court-de Lens , & c. fait Amiral de France en 1418 .
Voyez auffi les tablettes Hiftoriques , Généalogiques
& Chronologiques , volume V. l'Armorial
Général de France de M. d'Hozier , premier Regiftre
, où il en eft parlé à l'occaſion de Ferdinand-
Roch -Jean , & de Ferdinand Gillon , Marquis
de Licques , fon fils , reçus Pages du Roi
dans fa grande écurie , l'un le 5 Août 1684 , &
l'autre le 21 Septembre 1722 , & ce que nous
avons dit de cette maifon dans les Mercures de:
France des mois de Juin 1731 , & 1745 , premier
volume , & c.
Jacques-François , Vicomte de CAMBIS , Colonel
du Régiment d'Infanterie de fon nom , fut marié le
18 Novemb. 1755. dans la Chapelle du Château de
Bellevue , avec Louife-Françoife- Gabriele de HENNIN
- LIETARD - DE - CHIMAY , fille d'Alexandre-
Gabriel de Hennin- Lietard , Prince de Chimay
Lieutenant Général des Armées du Roi , Lieutenant
-Feldt-Maréchal des Armées de l'Empereur ,
Grand d'Espagne de la premiere claffe , &c . mort:
le 18 Février 1745 , & de Gabriele- Françoife de
Beauvau , aujourd'hui Princeffe Douairiere de
Chimay. Le Curé de Meudon leur donna la Bénédiction
nuptiale . Leur Contrat de mariage avoit
été figné le 16 du même mois de Novembre , par
Leurs Majeftés & par la Famille Royale.
La Maifon de Cambis , originaire de Florence ,
a produit plufieurs grands hommes , entr'autres
Ludovifio Cambi , vivant en 1245 , lequel rendit
de grands fervices aux Papes Grégoire IX & Innocent
IV. Dante Cambi , Prieur de la Liberté de
Florence , qui vivoit en 1290 & 1300. Nero Cambi
, Gonfanonier de la République en 1421. Victor
Cambi , un des plus fameux partifans de la
faction Guelfe en 1450. François Cambi , qui
K.iiij.
224 MERCURE DE FRANCE.
époufa en 1492 Fiamette Corfini , &c. D'eux def
cendoit Luc Cambi , auquel cette Maiſon doit
fon établiſſement en France. Il quitta Florence
avec Marie de Pazzis , fon époufe , & Guy de
Cambi , fon frere , qui mourut fans enfans , pour
venir à Avignon , où il pofféda de grandes richeffes.
Il y fit fon Teftament le 13 Juin 1502 , &
laiffa douze enfans , fept garçons , dont trois ont
eu postérité , & cinq filles . Son fils aîné , Dominique
de Cambis , fut Baron d'Alais , Seigneur de
Saint-Paul , Saint-Martin - Malcap , &c. & tefta le
16 Janvier 1520. Il laiffa de fa femme Marguerite
Damians , entr'autres enfans Louis de Cambis
, Baron d'Alais , de Fons & de Sérignac , Seigneur
de Souftelles , &c. qui fut allié avec Marguerite
de Pluviers. De ce mariage vinrent entr'autres
, François de Cambis , Baron d'Alais , qui fuit ::
Jean de Cambis , Gentilhomme ordinaire du Prince
de Condé , Gouverneur de la Vignerie d'Alais ,
& Lieutenant de Roi au Gouvernement de Languedoc
, dont la poftérité fubfifte dans l'Orléa-.
nois , & Théodore de Cambis , Baron de Fons &
de Sérignac , qui forma une branche qui exifte
aujourd'hui en Languedoc.
François de Cambis , Baron d'Alais , fils aîné de-
Louis , fut Chevalier de l'Ordre du Roi , & époufa
Magdeleine de Villeneuve , fille de Claude , Marquis
de Trans , & d'Ifabelle de Feltres , de laquelle
il eut Georges de Cambis , Baron d'Alais , marié
à Itabelle de Thezan , fille d'Olivier , Vicomte du
Pujols & de Caffandre de Cenamy. De cette allian-.
ce fortirent quatre garçons , l'aîné defquels nommé
Jacques , époufa Catherine d'André , qui le
rendit pere de Jacques de Cambis , mort en 1653
fans poftérité . Sa foeur Ifabelle de Cambis , avoit
époufé Jacques de Berard , Seigneur de Montaler ,
AVRIL. 1756. 225
qui à caufe d'elle devint Baron d'Alais , Seigneur
de Souftelles , & c . Sa feconde foeur Ifabelle de
Cambis , époufa en 1655 Jean - François de la
Fare , Baron de la Salle , Meftre de Camp de
Cavalerie.
Nicolas de Cambis , cinquieme fils de Luc &
de Marie de Pazzis , fut auteur de la branche des
Seigneurs d'Auvaro en Provence , éteinte vers le
milieu du 16 fiecle .
Pierre de Cambis , fixieme fils de Luc , fut fait
Conful d'Avignon , du rang des Nobles de la
premiere claffe en 1547. Il avoit époufé dès le
28 Octobre 1525 , Françoiſe de Perruzzis , Dame
d'Orfan , au Diocèfe d'Uzès. Elle fut mere entr'autres
de Jéan de Cambis , Seigneur d'Orfan , Chevalier
de l'Ordre du Roi & de celui du Pape ,
premier Conful & Viguier de la Ville d'Avignon ,
au nom de laquelle il fut Ambaffadeur près du
Roi Henri III , qui le fit Chevalier de fa propre
main , & près du Pape . Il épouſa le 16 Avril 15552
Françoile de Clericis , qui le rendit pere de trois
garçons qui ont laiffé poftérité. Celle de Richard ,
qui étoit l'aîné , finit vers la fin du dernier fiecle.
Le ſecond nommé Louis , fit la branche des Seigneurs
d'Orfan dont on va parler ; & le troisieme ,
qui s'appelloit Antoine , fut auteur de celle des
Seigneurs d'Hortes , éteinte depuis environ cent
ans.
>
Louis de Cambis , fecond fils de Jean & de
Françoife de Clericis , fut Seigneur d'Orfan , &c.
premier Conful & Viguier d'Avignon , Capitaine
d'une Compagnie de Chevaux- Légers , & Chevalier
de l'Ordre du Roi. Il époufa par contrat du
16 Mai 1583 , Georgette de la Falêche , fille
d'Antoine , Chevalier de l'Ordre du Roi , & de
Françoife de Riccis. Il eut de ce mariage , 1º
Kv
226 MERCURE DE FRANCE.
f
t
Jean de Cambis , qui continua la ligne directe ;
2º. Paul de Cambis , auteur de la branche des
Marquis de Velleron , qui feront rapportés enfuite
; 3 ° . Octave de Cambis , Camerier du Pape
Urbain VIII.
I
Jean de Cambis , Seigneur d'Orfan , &c. fils
aîné de Louis & de Georgette de la Falêche , fut
allié par Contrat du 1 Mai 1616 , à Marguerite.
de Simiane , Dame de Cairane , qui le rendit pere
> entr'autres de Louis de Cambis , Seigneur d'Orfan
, &c. marié par Contrat du 13 Avril 1638 ,
avec Magdeleine de Baumefort. De cette alliance
vint entr'autres Charles de Cambis , Seigneur
d'Orfan & de Lagnes , qui époufa par Contrat du
30 Août 1674 , Marie- Anne Pilchotte de la Pape
dont vint Jacques de Cambis , Seigneur d'Orfan
&c. allié en 1690 , à Magdeleine de Guilhens de
Puy-Laval , qui fut mere de Louis - Charles de
: Cambis , Seigneur d'Orfan & de Lagnes , marié
en 1723 ´à Anne - Elifabeth de Pierne , fille de
Marc- Antoine , Seigneur d'Arenes & de Sufanne .
de Bafchi du Cayla. De ce mariage eft né le
7 Mars 1727 , Jacques- François de Cambis qui
donne lieu à cet article .
Paul de Cambis , fecond fils de Louis & de
Georgette de la Falêche , fut Baron de Brantes ,
Seigneur de Cairane , & Co- Seigneur de Velleron ,
Chevalier de l'Ordre du Roi , Capitaine- Lieutenant
du Régiment de Normandie , & Syndic de
la Nobleffe du Comté- Venaiffin , & en cette qualité
député au Roi Louis XIII . Il fut marié le 21
Février 1621 , à Gabriele de Rodulf, fille de Louis,
Seigneur de Limans , &c. & de Marthe de Grimoard
du Roure. De cette alliance vint François
de Cambis , Baron de Brantes , créé Marquis de
Velleron , par Bulle du Pape Clément IX. Il époufaAVRIL.
1756. 227
en 1653 Jeanne de Forbin , foeur du Cardinal de
Janfon, de laquelle il eut entr'autres Jofeph de
Cambis , & Louis-Dominique de Cambis qui ont :
laiffé postérité.
eft Jofeph de Cambis , Marquis de Velleron ,
mort le 6 Janvier 1736 , chef d'Efcadre des Galeres
du Roi , & Commandeur de l'Ordre Royal &
Militaire de S. Louis. H avoit épousé Angélique
de Cambis de Fargues , de laquelle il a laiffé
1º. Jofeph-Louis-Dominique de Cambis , Marquis
de Velleron , dit le Comte de Cambis , né en
Novembre 1706 , Colonel de l'Infanterie du
Comté- Vénaiffin , marié le 13 Avril 1741 , avec :
Anne- Louiſe de la Queille de Châteaugué , dont
eft née Marie Jofephine - Louife Sophie de
Cambis ;
-
2º. Angélique-Touffaint de Cambis , allié le
16 Mars 1716, à Louis - Joſeph Gras, Seigneur de
Préville ;
3°. Jeanne de Cambis , mariée le 16 Avril 1719 ,.
à Antoine Hoftager , Seigneur de Roquetaillade.
Louis- Dominique , Comte de Cambis , Lieutenant
général des Armées de Sa Majeſté , ſecond
fils de François & de Jeanne de Forbin , eft mort
à Londres , où il étoit Ambaffadeur du Roi , le
12 Février 1740 , laiffant de fa femme Catherine
Nicole Gruin , morte en 1754 ;
1º. Louis-Jofeph-Nicolas , Marquis de Cambis
, né le 1 Mars 1725 , Brigadier de Cavalerie en
Décembre 1748 , Meftre de Camp du Régiment :
de Bourbon, & Gouverneur de Sifteron...
2 % Anne-Victoire de Cambis , née à Turin ou
fon pere étoit Ambaffadeur , le 1 Juin 1726 , mariée
en Avril 1746 au Marquis d'Herbouville ,
Capitaine de Gendarmerie.
CAMBIS porte pour Armes d'azur au chêne d'or ,
22S MERCURE DE FRANCE.
mouvant d'une montagne à fix copeaux de même ,
foutenus par deux lions auffi d'or.
Le 2 Novembre 1755 ,mourut en fon Château
d'Andechy en Picardie , François- Simon de Riencourt
, Comte d'Andechy, marié le 2 Mai 1695 , à
Jeanne- Jule de Guerin de Tarnaut , fille de Robert
de Guerin de Tarnaut ,. & de Jeanne Huaut
de Montmagny , dont il eut Jeanne- Jule Dame
de S. Cyr ; Anne- Françoife , mariée les Mai
1728 , à Pierre de Guerin de Tarnaut , fon oncle
maternel , ancien Colonel d'un Régiment d'Infanterie
de fon nom & René-Léonor , Chevalier
Comte d'Andechy,marié le 23 Juin 1719 , à Jeanne
de Forceville , fille de Charles , Chevalier Seigneur
de Forceville , & d'Antoinette du Mouchet
de Vauffelles ; dont Barbe Simon Comte de Riencourt
, Capitaine de Cavalerie au Régiment d'Archyac
; Pierre de Riencourt, Prêtre ; Louis-François
, d'abord Page de Madame la Dauphine , puis
Lieutenant au Régiment d'Archyac , & trois filles
à S. Cyr
La Maifon de Riencourt alliée à celles . de
Mailloc , Montmorency , Amiens , Bournel , Ailly ,
Lamet , Rellencourt , Desfriches- Doria , Forceville
, la Fontaine , Guerin de Tarnaut , d'Angennes,
Fiercelin, Mareuil , Saiffeval , Saint Georges-
Verac , Joyeuse , &c..eft une des plus anciennes
de Picardie , où elle eft connue dès le commencement
du treizieme fiecle , comme on le
voit par les Cartulaires de différentes Abbayes.
En 1206 Thomas de Riencourt qualifié Chevalier ,
foufcrit à la donation de plufieurs biens que fait.
Enguerran de Pequigny Vidame d'Amiens , à l'Eglife
de Sainte Marie de Moliens . En 1223 Jean
de Riencourt fon fils tranfige avec les Religieux
de l'Abbaye du Gard, en préfence du Vidame d'A-
&
AVRIL. 1756. 229
"
miens , & leur laiffe quelques droits qu'il tenoit
d'Amelius de Bouelles fon ayeul , touchant les
marais de Croy. Hugues de Riencourt , fon fils ,
dans le dénombrement des terres de Riencourt &
Saint Leger , qu'il donne en 1259 , à Jean , Baron
de Pequigny, Vidame d'Amiens , prend les qualités
de Haut Puiffant Seigneur Meffire Hugues ,
Seigneur de Riencourt , Franqueville , Saint Leger,
Drueulfous Moliens le Vidame, Orival, Bergicourt ,
Tilloloy Vaux; ainfi il y a 500 ans que ces quatre
dernieres terres font dans la maifon de- Riencourt.
On trouve à la Chambre des Comptes de Paris
un Bref daté de Lyon , du Pape Innocent IV, à
P'Evêque d'Amiens , par lequel il accorde à Jeande
Ricncourt & à Hugues fon fils , dont on vient
de parler , les mêmes Indulgences que s'ils s'étoient
croifés pour la Terre Sainte , parce qu'ils
étoient difpofés à aller au fecours de l'Eglife Uni-
-verfelle contre les habitans d'Aix - la - Chapelle
{ contra Aquenſes } *;
" La Maifon s'eſt d'abord diviſée en deux bran→
ches formées par les deux enfans d'Enguerran ,
Seigneur de Riencourt , décedé en 1380. La branche
aînée eft tombée avec la Terre de ce nom
dans la maifon d'AUDENFORT , d'ou en celle de
TIERCELIN , par le mariage de Marguerite de Riencourt
, fille de Hugues, Seigneur de Riencourt , &
de Marie de Lamet , & petite- fille de Jean , Seigneur
de Riencourt , & de Márie de Montmorency,
* Comme le Pape étoit alors obligé de se fauver
de Rome a caufe de la guerre que lui faifoit l'Empereur
Frédéric II , qu'il avoit excommunié , le
Pape les engagea à lui prêter fecours , & à aller contre
les habitans d'Aix- la Chapelle , en leur promet
tant l'abſolution générale de leurs péchés..
230 MERCURE DE FRANCE.
*
de la branche de Bours , fille de Hugués de Monte
morency , Chevalier Seigneur de Bours , & de
Marie d'Ognies.
La branche de Riencourt d'Orival devenue aî→
née , s'eft fubdivifée en deux autres branches formées
par Raoul de Riencourt, Seigneur d'Orival ,.
Bergicourt , &c. & par Thomas de Riencourt-
Seigneur de Tilloloy , Vaux , &c. tous deux enfans
de Matthieu de Riencourt , vivant en 1430 .
Raoul de Riencourt , Chevalier Seigneur d'Orival
, Bergicourt , du Qefnel & Linas , vivoit en
1476 avec Jeanne de Borgeau fon épouſe , fille de
Jacques de Borgeau Seigneur dudit lieu , dont
deux enfans ; le cadet a formé la branche de Parfondru
près Laon. François de Riencourt , Chevalier
Seigneur de Parfondru & Drouay , fils de
Pierre de Riencourt , Chevalier , Seigneur defdits
lieux , & d'Ifabelle de Sons , marié en 1639, à Ju--
dith-Anne de Joyeuse de la branche de Montgobert
, fille de Robert de Joyeuſe , Baron de Verpeil
& de Montgobert , & de Judith Hennequin ,., .
étoit de cette branche , qui fubfifte encore aujour
d'hui près de Rhetel en Champagne .
Antoine de Rien court , Chevalier , Seigneur
d'Orival dont on vient de parler , eut de fa femme
Marie de Saquefpée , Adrien , Seigneur d'Orival
, marié à Charlotte de la Motte , fille de Char--
les de la Motte , Chevalier , Seigneur de Ville &
Montigny , & de Jeanne d'Abbeville ; dont
François , Seigneur d'Orival , Bergicourt , Morvillier
, Graville , &c. Gentilhomme de la Chambre
du Duc d'Anjou , frere d'Henri III , qui de
Dianne de Maillor fa femme , fille de Nicolas-
Baron de Mailloc , & de Charlotte de Monchy, eut
François, Seigneur deſdits lieux , marié 1º . en 1642,
à Catherine de Sennemon , fille de Jean de SenneAVRIL.
1756. 232
mon , & de Gabriele de Tier celin ; 2 ° à Marie de
Moreuil , fille d'Artus de Moreuil , Chevalier de
l'Ordre du Roi , & de Charlotte de Halluyn. Du
fecond lit vinrent deux filles , l'une mariée dans la
maifon du Blaifel en Boulenois , l'autre , dans
celle de Venoix en Normandie , & Jean- Auguſtin
de Riencourt , Marquis d'Orival , marié le 4 Janvier
1683 à Marie-Anne Desfriches -Doria, fille de
Charles Desfriches , Baron de Braffeufe, & d'Annedes
Etangs ; dont un Chevalier de Malte mort ;
le Comte d'Orival , ancien Capitaine aux Gardes ,
& Charles- François de Riencourt , Marquis d'Orival
, ancien Colonel du Régiment de la Reine-
Dragons ; lequel de Marie d'Angennes fa femme,
fille de Charles- François d'Augennes , Chevalier
Seigneur de Maintenon , Commandant des Ifles
Saint Pierre & Guadeloupe en la Martinique , eut
Marie-Adelaïde de Riencourt, mariée le 2 Janvier
1742 , à Pierre- Cefar de Saint Georges , Marquis de
Verac , Lieutenant- Général de Poitou , qui n'ont
laiffé à leur mort qu'un fils unique appellé le
Marquis de Verac.
La branche de Tilloloy vient , comme nous l'a.
vons dit , de Thomas de Riencourt , Chevalier
Seigneur de Tilloloy , Vaux , Arleux , S. Severin ,
marié à N. Deamont ; dont Hugues marié en fe
condes nôces à N. de Jalaife, avec laquelle il vivoit
en 1550 ; dont Chriftophe de Riencourt marié le
11 Août 1561 , à Claude le Hochart , fille de Benoît
le Hochart , Seigneur de Lepinay, & de Guil
lemette de Bournel ; dont Nicolas de Riencourt
Chevalier , Seigneur de Tilloloy , Vaux , Arleux ,
Saint Severin , marié le 9 Avril 1589 , avec Anne
d'Ailly , de la branche d'Annery , fille de Claude
d'Ailly, Chevalier , Seigneur de Montgerout, Lau
Bay , Clerfon , Montcornel &c. Chevalier de
232 MERCURE DE FRANCE.
l'Ordre du Roi , un des cent Gentilshommes de
la Maifon de Sa Majefté , Gentilhomme d'honneur
de la Reine , Enfeigne de la Compagnie des.
Gendarmes de M. de Villebon d'Eftouteville , &
de Jeanne de Joigny -Blondet fa premiere femme ,
veuve de Martin de Bournonville , Chevalier Seigneur
de Châteauregnaud , Gouverneur de Montreuil
. Heut de ce mariage Dianne de Riencourt ,
mariée à Charles de la Rue , Chevalier ; Anne
mariée en 1614 à François de Saiffeval , Chevalier
, Seigneur de Blerancourt ; Claude de Riencourt
qui a formé la branche de Boisgeffroy en
Normandie , où elle fubfifte encore ; marié 1º . à
Renée de l'Epinay ; 2 °. à Marie de Conveloire ; &
François de Riencourt,Chevalier, Seigneur de Til
loloy , marié le 16 Juin 1618 , à Marguerite de la
Fontaine , fille de Louis de la Fontaine , Chevalier
, Seigneur de Candore , & d'Ifabcau de Lan ;
dont trois enfans.
Le dernier , Leonor- René de Riencourt , Chevalier
Seigneur d'Andechy , Commandant du
fecond bataillon du Régiment de Lyonnois, marié
le 11 Septembre 1674 , à Catherine de Vinet ; dont
le Comte d'Andechy qui donne lieu à cet article.
Le fecond, Henri de Riencourt , Chevalier, Seigneur
de Ligneres , marié le 21 Décembre 1659 ,
à Marguerite de Hanffart , fille de Claude de Hanffart,
Seigneur d'Efcoquerre, & de Charlotte de l'Etoile
;
dont Louis de Riencourt qui , d'Elifabeth
d'Urre fa femme , à eu 1º . Louis- Claude de Rien
court , Seigneur de Ligneres , vivant actuellement
avec Catherine Gaillard fa femme , dont un fils
Page de la Reine , & plufieurs autres enfans. 2º .
Charles-Henri de Riencourt , qui a laidé à fà mort
plufieurs enfans d'Elifabeth de Cacheleu de Maifoncelle,
fa femme ; 3 ° . Louis,Chanoine d'Amiens ;
AVRIL. 1756. 233
4. Une fille mariée à Charles de Létoile, Seigneur
de Preville , & une autre mariée à Simon de Lana
glois, Chevalier, Capitaine au Régiment de Cham
pagne , Directeur des Fortifications du Soiffonmois.
Le fils aîné de François de Riencourt, & de Marguerite
de la Fontaine, nommé Louis de Riencourt;
Chevalier , Seigneur de Tilloloy , Vaux , Arleux ,
&c. eut de Marguerite Forestier fa- femme , une
fille mariée le 7 Janvier 1667 , à François de Forceville
, Chevalier , Seigneur de Forceville , Fontaines
, & c. & Ferdinand-Laurent de Riencourt ,
Capitaine de Cavalerie , marié le 4 Décembre
1684 , à Marie-Anne de Gaude , fille de Jean de
Gaude , Chevalier, Seigneur de Martainneville , &
de Marguerite de Croze ; dont Charles- Pierre- Paul
marié à N. de Bonnet ; Leonor-René , ancien Capitaine
de Cavalerie , & plufieurs autres enfans :
l'aîné de tous eft Louis- François de Riencourt, ancien
Officier au Régiment de Royal Piémont Cavalerie
, marié à Marguerite de Ternifien veuve
de N. de Sarcus , Chevalier , Seigneur de Courcelies
, dont deux enfans dans le fervice & deux
filles.
Les Armes de la Maifon de Riencourt font
d'argent à trois faces de gueules fretées d'or.
Catherine - Dorothée , née Princeffe Jablonouska
, époufe de Maximilien -François de Tenezyn
Duc Offolinski , Chevalier des Ordres du Roi ,
Grand Maître de la Maifon du Roi de Pologne
Duc de Lorraine , eft décédée fans enfans le s Janvier
1756. Elle étoit fille de Jean Staniflas , Palatin
de Ruffie , frere de Madame Royale , mere da
Roi de Pologne , & de Jeanne- Cafimire de Be
thune , niece de la Reine de Pologne , femme de
Jean LIL
234
Les deux illuftres Maifons de Jablonouski &
d'Offolinsky , des premieres de Pologne , font
connues & également recommendables par l'ancienneté
, l'illuftration & les grandes alliances
-par lefquelles elles appartiennent ou font alliées à
prefque tous les Souverains de l'Europe.
AVERTISSEMENT.
On a imprimé dans quelques ouvrages modèrnes,
( 1 ) que le Comte de Rupelmonde tué à l'action
paffée près de Paffenhoven en Baviere , le 15
Avril 1745 , étoit le dernier rejetton de fa maiſon.
Ceux qui ont avancé cette anecdote généalogique
, paroiffent avoir ignoré que la Branche
ainée de cette maifon eft continuée en la perfonne
de Ferdinand -Gillon de Recourt-de- Lens-de-
Licques , des Comtes de Boulogne , Seigneur &
Marquis de Licques , & c. c'eft un fait dont on
peut fe convaincre par les éclairciffemens fuivans ,
que l'on a cru devoir donner au public pour le défabufer
des impreffions qu'une pareille erreur
pourroit lui laiffer.
•
Philippes de Recourt-de- Lens- de- Licques , des
Comtes de Boulogne , Chevalier , Baron de Licques
, & de Boninghe , Chaſtelain héréditaire de
Lens , &c. Gouverneur de Cambray & du Cambréfis,
d'Harlem, de Louvain , de Lille , de Tournay ,
de Douay & d'Orchies , fut commis par le Roy
d'Efpagne , le 12 May 1586 , pour régler avec les
Commiffaires du Roy Henry III , tous les différens
qui pouvoient naître fur l'interprétation & l'exécution
des articles de la treve , conclue à Cambray le
23 Décemb. 1585. Ce Seigneur qui s'acquit la réputation
d'un des grands Capitaines de fon fiècle ,
(1 ) Poëme de Fontenoy , & Hiftoire de la guerre
de 1741.
II. Vol. K
218 MERCURÉ DE FRANCE.
mourut à Bruxelles le Vendredi Saint 1588 , lorqu'il
alloit être nommé Chevalier de l'ordre de la
Toifon d'Or. Il avoit fait fon teftament le premier
jour de Mars 1587 , & avoit été marié du confentement
de l'Empereur & de fon Confeil , le 3 Juin
1554 , avec Jeanne de Witthem , d'une illuftre
Maifon de Brabant , fortie par bâtardiſe des anciens
fouverains de cette Province , & alliée aux maifons
les plus confidérables des pays-Bas . De ce mariage
fortirent Gabriel , Baron de Licques qui fuit , &
Philippes de Recours - de - Lens- de - Licques, des
Comte de Boulogne , Baron de Wiskerque , &c .
qui a fait la branche des Comtes de Rupel
monde.
Gabriel de Recourt- de- Lens-de- Licques des
Comtes de Boulogne , Chevalier , Baron de Licques
& de Boninghe , &c . gouverneur de Charlemont
, & Colonel d'un Régiment de dix Compagnies
de gens de pieds , mourut à la fleur de fon
age en 1589 , ayant eu de fon mariage , qu'il avoit
contracté le 8 Juillet 1581 , avec Helene de
Mérode , d'une maiſon auffi illustre par fon ancienneté
que par fes alliances & fes fervices , fille de
Jean de Mérode , Seigneur de Moriamez & de
Philippote de Montfort , Philippes Baron de Licques
qui fuit :
i
Philippe de Recourt - de-Lens- de- Licques des
Comtes de Boulogne , Chevalier Baron de-Licques
& de Boninghe , &c. Gouverneur de Bourbourg
, Grand Bailli des Bois du Comté de Hainaut
, & de la Forêt de Mormal , & Confeiller du
Confeil de Guerre du Roi d'Efpagne , mourut le
28 May 1657 , & époula en premiere nôces , en
1614 , Sufane de Langlée , d'une branche cadette
de l'illuftre Maifon de Wavrin , dont il n'eut que
des filles ; il fe remaria en fecondes nôces , le 13
Juin 1630 à Louiſe de Cruninghe , Baronne de
AVRIL. 1736. 219
Cruninghe , & Vicomteffe de Zélande , héritiere
de fa maiſon , une des plus grandes des Pays-Bas ;
& cette alliance le fit tenir à toutes les têtes couronnées
de l'Europe . Elle étoit fille & héritiere de
Maximilien , Baron de Cruninghe , Vicomte de
Zélande , &c. & d'Eve Baronne de Kniphaufen-
Inhaufen , & petite-fille de Jean Baron de Cruninghe
, Vicomte de Zélande , &c ; & de Jacqueline'
de Bourgogne , fille d'Adolphe de Bourgogne , Seigneur
de Bevres & de la Vere, Amiral de Flandres,
& Chevalier de la Toifon d'Or ; & d'Anne de
Berghes-glimes; & petite- fille de Philippes de Bourgogne
, Seigneur de Bevres & de la Vere , Amiral
de Flandre , Gouverneur d'Artois , & Chevalier de
la Toiſon d'Or ; & d'Anne de Borfelle , fille de
Wolfard de Borfelle , Seigneur de la Verre, Comte
de Grandpré , Maréchal de France Chevalier de la
Toifon d'Or , &c ; & de charlotte de Bourbon ,
fille de Louis de Bourbon , Comte de Montpenfier
, Dauphin d'Auvergne , &c ; & de Gabriele de
la Tour ; de ce deuxieme mariage vint Philippes-
Charles-Bartholomé , Marquis de Licques qui fuit ;
& c'eft à caufe de cette alliance que MM. de
Licques portent en écartelure dans le grand cachet
de leurs armes , celles de l'augufte Maiſon de
Bourbon.
Philippes-Charles- Bartholomé de Recourt-de-
Lens-de- Licques , des Comtes de Boulogne , Che
valier Marquis de Licques , Baron de Boninghe &
de Cruninghe , Vicomte de Zélande , & c. Grand
Bailli des bois du Comté de Hainaut , Capitaine
d'une Compagnie franche, puis de cent chevaux de
Cuiraffiers , & gentilhomme de la chambre du
Prince de Baviere , électeur de Cologne , époufa
le 23 Janvier 1659 , Marguerite-Caroline - Gertrude
de Berlo , Chanoinefle de Mouftier , d'une
2.
Kij
220 MERCURE DE FRANCE.
illuftre Maiſon du pays de Liege , & fille de Paul ;
Baron de Berlo & de Bruff; & de Marie de L
Fontaine ; & eut de cette alliance un fils unique
nommé Ferdinand-Roch-Jean , Marquis de Lic
ques qui fuit ;
Ferdinand - Roch - Jean de Recourt- de- Lensde-
Licques des Comtes de Boulogne , Cheva
lier , Marquis de Licques, Baron de Boninghe ,
Vicomte de Zélande , &c . époufa le 23 Janvier
1700 , Anne-Michel- Alexandrine le Sart , mere.
d'un fils unique , nommé Ferdinand-Gillon , Marquis
de Licques qui fuit:
Ferdinand- Gillon de Recourt-de-Lens- de-Lic
ques des Comtes de Boulogne , Chevalier , Seigneur
& Marquis de Licques , Vicomte de Zélande
, Baron de Boninghe , &c . dernier hoir mâle
de fa maifon depuis la mort du Comte de Rupelmonde
, a épousé en 1730 Elifabeth de Lefpinayde
Marteville d'une ancienne maifon de Picardie ,
fille de Jacques , Marquis de Marteville , Maré
chal des Camps & Armées du Roi , & de Françoife
Abancourt. De ce mariage il n'a que trois filles ;
fçavoir :
?
1º. Catherine- Elifabeth-Henriette de Recourt
de-Lens-de-Licques des Comtes de Boulogne ,
mariée , en 1748 , à Louis - Eugene-Marie de
Beauffort, Comte de Beauffort , & de Moulle , & c.
d'une des plus anciennes & des plus illuftrés Mai
fons de la province d'Artois , fils de feu Chriftophe
- Louis de Beauffort , Comte de Beauffort , & cs
& de Marie-Anne-Françoife - Jofephe de Croix ;
2°. Louife- Aimée dite Mademoiſelle de
Lens ;,
>
3°. Marie-Gabriele-Victoire- Nymphe , dite
Mademoiſelle de Licques.
Philippe de Recourt- de- Lens- de - Licques des
AVRIL 1756. 22X
Comtes de Boulogne , Seigneur & Baron de Wifkerque
, & c. frere cadet de Gabriel Baron de Lic
ques , cité ci-deffus , & comme lui fils de Philippes,
Baron de Licques , & de Jeanne de Witthem ,
fut Colonel d'Infanterie Wallone , & Grand Bailli
du pays de Waes. Il épousa le 11 Juin 1590 ,
Marguerite de Steelan , d'une très -ancienne maifon
de Flandres , & tefta le 14 Juin 1630 ; de ce
mariage vint Servat Baron de Wiskerque qui
fuit :
Servat de Recourt - de - Lens- de - Licques des
Comte de Boulogne , Baron de Wiskerque, Grand
Bailli du pays de Wau , &c. époufa le 20 Septembre
1624 , Marguerite de Robles d'une illuftre mai .
fon originaire d'Efpagne, fille de Jean de Robles ,
Comte d'Annapes , Gouverneur de Lille , Douay
& Orchies & c. & de Marie de Liedekerque. De ce
mariage vint Philippes , Baron de Wiskerque &
Comte de Rupelmonde qui fuit :
Philippes de Recourt- de- Lens- de- Licques des
Comtes de Boulogne , Baron de Wiskerque , Seigneur
& Comte de Rupelmonde , &c . époufa le 3
Juillet 1655 , Marguerite de Baerlandt , d'une
ancienne maison des Pays-Bas ; il mourat fore
jeune, & laila pour fils unique Philippes Comte de
Rupelmonde , qui fuit :
Philippes de Recourt- de- Lens- de - Licques des
Comtes de Boulogne , Comte de Rupelmonde ,
Baron de Wiskerque &c. époufa le 21 Avril 1677 ,
Marie- Anne -Euſebe Truchfes , née Comteffe de
Wolfegg , d'une grande maifon d'Allemagne , &
fille de Guillaume , Truchfes Comte de Wolfegg ,
Gouverneur d'Amberg en Baviere , & d'Iſabelle-
Claire de Ligne- d'Aremberg & d'Arfchoft ; il
eut de ce mariage Maximilien- Philippes- Jofeph
Comte de Rupelmonde qui fuit :
K iij
222 MERCURE DE FRANCE.
Maximilien-Philippes-Jofeph de Recourt- de
Lens-de-Licques des Comtes de Boulogne , Comté
de Rupelmonde , Baron de Wiskerque , &c. Maréchal
des Camps & Armées du Roi d'Eſpagne ,
fut tué au Siege de Brihuega en Eſpagne le i 1 Décemb.
1710 , & avoit épousé le 24 Janvier 1705,
Marie-Marguerite d'Alegre, Dame du Palais de la
Reine , d'une illuftre maifon d'Auvergne , fille
d'Yves , Marquis d'Alegre , Maréchal de France &
Chevalier des ordres du Roi : il en eut pour fils
unique Yves - Marie Comte de Rupelmonde qui
fuit :
24
Yves-Marie de Recourt -de - Lens - de- Licques des
Comtes de Boulogne , Comte de Rupelmonde ,
Baron de Wiskerque , & c. Maréchal des camps &
armées du Roi , fut tué à la fleur de fon âge à l'acsion
paffée près de Paffenhoven en Baviere , le 1
Avril 1745. De fon mariage , dont le contrat fut
paffé en 1731 avec Marie- Chrétienne - Christine
de Gramont, dame du Palais de la Reine & fille de
Louis, Duc de Gramont , Pair de France, Chevalier
des ordres du Roi , Lieutenant général de fes Armées
, & Colonel du Régiment des gardes , & de-
Géneviève de Gontault de Biron , naquit le
Avril 1740 , un fils nommé Louis , mort peur de
temps avant fon Pere , en la perfonne de quis'éteignit
la feule branche cadette de la maifon de
Recourt- de-Lens- de- Licques , dont la branche
aînée feule fubfifte aujourd'hui dans la perfonne
du Marquis de Licques & de fes trois filles . Voyez
pour cette maifon qui par fon ancienneté,fes fervices
& fes alliances va de pair avec les plus grandes
du Royaume , l'Hiftoire des grands Officiers de la
Couronne , VII . vol . page 827 , où la Généalogie
eft rapportée ( affez imparfaitement ) à l'article des
Amiraux de France , à l'occafion de Charles de Re
AVRIL. 1756. 223
court-de Lens , & c. fait Amiral de France en 1418 .
Voyez auffi les tablettes Hiftoriques , Généalogiques
& Chronologiques , volume V. l'Armorial
Général de France de M. d'Hozier , premier Regiftre
, où il en eft parlé à l'occaſion de Ferdinand-
Roch -Jean , & de Ferdinand Gillon , Marquis
de Licques , fon fils , reçus Pages du Roi
dans fa grande écurie , l'un le 5 Août 1684 , &
l'autre le 21 Septembre 1722 , & ce que nous
avons dit de cette maifon dans les Mercures de:
France des mois de Juin 1731 , & 1745 , premier
volume , & c.
Jacques-François , Vicomte de CAMBIS , Colonel
du Régiment d'Infanterie de fon nom , fut marié le
18 Novemb. 1755. dans la Chapelle du Château de
Bellevue , avec Louife-Françoife- Gabriele de HENNIN
- LIETARD - DE - CHIMAY , fille d'Alexandre-
Gabriel de Hennin- Lietard , Prince de Chimay
Lieutenant Général des Armées du Roi , Lieutenant
-Feldt-Maréchal des Armées de l'Empereur ,
Grand d'Espagne de la premiere claffe , &c . mort:
le 18 Février 1745 , & de Gabriele- Françoife de
Beauvau , aujourd'hui Princeffe Douairiere de
Chimay. Le Curé de Meudon leur donna la Bénédiction
nuptiale . Leur Contrat de mariage avoit
été figné le 16 du même mois de Novembre , par
Leurs Majeftés & par la Famille Royale.
La Maifon de Cambis , originaire de Florence ,
a produit plufieurs grands hommes , entr'autres
Ludovifio Cambi , vivant en 1245 , lequel rendit
de grands fervices aux Papes Grégoire IX & Innocent
IV. Dante Cambi , Prieur de la Liberté de
Florence , qui vivoit en 1290 & 1300. Nero Cambi
, Gonfanonier de la République en 1421. Victor
Cambi , un des plus fameux partifans de la
faction Guelfe en 1450. François Cambi , qui
K.iiij.
224 MERCURE DE FRANCE.
époufa en 1492 Fiamette Corfini , &c. D'eux def
cendoit Luc Cambi , auquel cette Maiſon doit
fon établiſſement en France. Il quitta Florence
avec Marie de Pazzis , fon époufe , & Guy de
Cambi , fon frere , qui mourut fans enfans , pour
venir à Avignon , où il pofféda de grandes richeffes.
Il y fit fon Teftament le 13 Juin 1502 , &
laiffa douze enfans , fept garçons , dont trois ont
eu postérité , & cinq filles . Son fils aîné , Dominique
de Cambis , fut Baron d'Alais , Seigneur de
Saint-Paul , Saint-Martin - Malcap , &c. & tefta le
16 Janvier 1520. Il laiffa de fa femme Marguerite
Damians , entr'autres enfans Louis de Cambis
, Baron d'Alais , de Fons & de Sérignac , Seigneur
de Souftelles , &c. qui fut allié avec Marguerite
de Pluviers. De ce mariage vinrent entr'autres
, François de Cambis , Baron d'Alais , qui fuit ::
Jean de Cambis , Gentilhomme ordinaire du Prince
de Condé , Gouverneur de la Vignerie d'Alais ,
& Lieutenant de Roi au Gouvernement de Languedoc
, dont la poftérité fubfifte dans l'Orléa-.
nois , & Théodore de Cambis , Baron de Fons &
de Sérignac , qui forma une branche qui exifte
aujourd'hui en Languedoc.
François de Cambis , Baron d'Alais , fils aîné de-
Louis , fut Chevalier de l'Ordre du Roi , & époufa
Magdeleine de Villeneuve , fille de Claude , Marquis
de Trans , & d'Ifabelle de Feltres , de laquelle
il eut Georges de Cambis , Baron d'Alais , marié
à Itabelle de Thezan , fille d'Olivier , Vicomte du
Pujols & de Caffandre de Cenamy. De cette allian-.
ce fortirent quatre garçons , l'aîné defquels nommé
Jacques , époufa Catherine d'André , qui le
rendit pere de Jacques de Cambis , mort en 1653
fans poftérité . Sa foeur Ifabelle de Cambis , avoit
époufé Jacques de Berard , Seigneur de Montaler ,
AVRIL. 1756. 225
qui à caufe d'elle devint Baron d'Alais , Seigneur
de Souftelles , & c . Sa feconde foeur Ifabelle de
Cambis , époufa en 1655 Jean - François de la
Fare , Baron de la Salle , Meftre de Camp de
Cavalerie.
Nicolas de Cambis , cinquieme fils de Luc &
de Marie de Pazzis , fut auteur de la branche des
Seigneurs d'Auvaro en Provence , éteinte vers le
milieu du 16 fiecle .
Pierre de Cambis , fixieme fils de Luc , fut fait
Conful d'Avignon , du rang des Nobles de la
premiere claffe en 1547. Il avoit époufé dès le
28 Octobre 1525 , Françoiſe de Perruzzis , Dame
d'Orfan , au Diocèfe d'Uzès. Elle fut mere entr'autres
de Jéan de Cambis , Seigneur d'Orfan , Chevalier
de l'Ordre du Roi & de celui du Pape ,
premier Conful & Viguier de la Ville d'Avignon ,
au nom de laquelle il fut Ambaffadeur près du
Roi Henri III , qui le fit Chevalier de fa propre
main , & près du Pape . Il épouſa le 16 Avril 15552
Françoile de Clericis , qui le rendit pere de trois
garçons qui ont laiffé poftérité. Celle de Richard ,
qui étoit l'aîné , finit vers la fin du dernier fiecle.
Le ſecond nommé Louis , fit la branche des Seigneurs
d'Orfan dont on va parler ; & le troisieme ,
qui s'appelloit Antoine , fut auteur de celle des
Seigneurs d'Hortes , éteinte depuis environ cent
ans.
>
Louis de Cambis , fecond fils de Jean & de
Françoife de Clericis , fut Seigneur d'Orfan , &c.
premier Conful & Viguier d'Avignon , Capitaine
d'une Compagnie de Chevaux- Légers , & Chevalier
de l'Ordre du Roi. Il époufa par contrat du
16 Mai 1583 , Georgette de la Falêche , fille
d'Antoine , Chevalier de l'Ordre du Roi , & de
Françoife de Riccis. Il eut de ce mariage , 1º
Kv
226 MERCURE DE FRANCE.
f
t
Jean de Cambis , qui continua la ligne directe ;
2º. Paul de Cambis , auteur de la branche des
Marquis de Velleron , qui feront rapportés enfuite
; 3 ° . Octave de Cambis , Camerier du Pape
Urbain VIII.
I
Jean de Cambis , Seigneur d'Orfan , &c. fils
aîné de Louis & de Georgette de la Falêche , fut
allié par Contrat du 1 Mai 1616 , à Marguerite.
de Simiane , Dame de Cairane , qui le rendit pere
> entr'autres de Louis de Cambis , Seigneur d'Orfan
, &c. marié par Contrat du 13 Avril 1638 ,
avec Magdeleine de Baumefort. De cette alliance
vint entr'autres Charles de Cambis , Seigneur
d'Orfan & de Lagnes , qui époufa par Contrat du
30 Août 1674 , Marie- Anne Pilchotte de la Pape
dont vint Jacques de Cambis , Seigneur d'Orfan
&c. allié en 1690 , à Magdeleine de Guilhens de
Puy-Laval , qui fut mere de Louis - Charles de
: Cambis , Seigneur d'Orfan & de Lagnes , marié
en 1723 ´à Anne - Elifabeth de Pierne , fille de
Marc- Antoine , Seigneur d'Arenes & de Sufanne .
de Bafchi du Cayla. De ce mariage eft né le
7 Mars 1727 , Jacques- François de Cambis qui
donne lieu à cet article .
Paul de Cambis , fecond fils de Louis & de
Georgette de la Falêche , fut Baron de Brantes ,
Seigneur de Cairane , & Co- Seigneur de Velleron ,
Chevalier de l'Ordre du Roi , Capitaine- Lieutenant
du Régiment de Normandie , & Syndic de
la Nobleffe du Comté- Venaiffin , & en cette qualité
député au Roi Louis XIII . Il fut marié le 21
Février 1621 , à Gabriele de Rodulf, fille de Louis,
Seigneur de Limans , &c. & de Marthe de Grimoard
du Roure. De cette alliance vint François
de Cambis , Baron de Brantes , créé Marquis de
Velleron , par Bulle du Pape Clément IX. Il époufaAVRIL.
1756. 227
en 1653 Jeanne de Forbin , foeur du Cardinal de
Janfon, de laquelle il eut entr'autres Jofeph de
Cambis , & Louis-Dominique de Cambis qui ont :
laiffé postérité.
eft Jofeph de Cambis , Marquis de Velleron ,
mort le 6 Janvier 1736 , chef d'Efcadre des Galeres
du Roi , & Commandeur de l'Ordre Royal &
Militaire de S. Louis. H avoit épousé Angélique
de Cambis de Fargues , de laquelle il a laiffé
1º. Jofeph-Louis-Dominique de Cambis , Marquis
de Velleron , dit le Comte de Cambis , né en
Novembre 1706 , Colonel de l'Infanterie du
Comté- Vénaiffin , marié le 13 Avril 1741 , avec :
Anne- Louiſe de la Queille de Châteaugué , dont
eft née Marie Jofephine - Louife Sophie de
Cambis ;
-
2º. Angélique-Touffaint de Cambis , allié le
16 Mars 1716, à Louis - Joſeph Gras, Seigneur de
Préville ;
3°. Jeanne de Cambis , mariée le 16 Avril 1719 ,.
à Antoine Hoftager , Seigneur de Roquetaillade.
Louis- Dominique , Comte de Cambis , Lieutenant
général des Armées de Sa Majeſté , ſecond
fils de François & de Jeanne de Forbin , eft mort
à Londres , où il étoit Ambaffadeur du Roi , le
12 Février 1740 , laiffant de fa femme Catherine
Nicole Gruin , morte en 1754 ;
1º. Louis-Jofeph-Nicolas , Marquis de Cambis
, né le 1 Mars 1725 , Brigadier de Cavalerie en
Décembre 1748 , Meftre de Camp du Régiment :
de Bourbon, & Gouverneur de Sifteron...
2 % Anne-Victoire de Cambis , née à Turin ou
fon pere étoit Ambaffadeur , le 1 Juin 1726 , mariée
en Avril 1746 au Marquis d'Herbouville ,
Capitaine de Gendarmerie.
CAMBIS porte pour Armes d'azur au chêne d'or ,
22S MERCURE DE FRANCE.
mouvant d'une montagne à fix copeaux de même ,
foutenus par deux lions auffi d'or.
Le 2 Novembre 1755 ,mourut en fon Château
d'Andechy en Picardie , François- Simon de Riencourt
, Comte d'Andechy, marié le 2 Mai 1695 , à
Jeanne- Jule de Guerin de Tarnaut , fille de Robert
de Guerin de Tarnaut ,. & de Jeanne Huaut
de Montmagny , dont il eut Jeanne- Jule Dame
de S. Cyr ; Anne- Françoife , mariée les Mai
1728 , à Pierre de Guerin de Tarnaut , fon oncle
maternel , ancien Colonel d'un Régiment d'Infanterie
de fon nom & René-Léonor , Chevalier
Comte d'Andechy,marié le 23 Juin 1719 , à Jeanne
de Forceville , fille de Charles , Chevalier Seigneur
de Forceville , & d'Antoinette du Mouchet
de Vauffelles ; dont Barbe Simon Comte de Riencourt
, Capitaine de Cavalerie au Régiment d'Archyac
; Pierre de Riencourt, Prêtre ; Louis-François
, d'abord Page de Madame la Dauphine , puis
Lieutenant au Régiment d'Archyac , & trois filles
à S. Cyr
La Maifon de Riencourt alliée à celles . de
Mailloc , Montmorency , Amiens , Bournel , Ailly ,
Lamet , Rellencourt , Desfriches- Doria , Forceville
, la Fontaine , Guerin de Tarnaut , d'Angennes,
Fiercelin, Mareuil , Saiffeval , Saint Georges-
Verac , Joyeuse , &c..eft une des plus anciennes
de Picardie , où elle eft connue dès le commencement
du treizieme fiecle , comme on le
voit par les Cartulaires de différentes Abbayes.
En 1206 Thomas de Riencourt qualifié Chevalier ,
foufcrit à la donation de plufieurs biens que fait.
Enguerran de Pequigny Vidame d'Amiens , à l'Eglife
de Sainte Marie de Moliens . En 1223 Jean
de Riencourt fon fils tranfige avec les Religieux
de l'Abbaye du Gard, en préfence du Vidame d'A-
&
AVRIL. 1756. 229
"
miens , & leur laiffe quelques droits qu'il tenoit
d'Amelius de Bouelles fon ayeul , touchant les
marais de Croy. Hugues de Riencourt , fon fils ,
dans le dénombrement des terres de Riencourt &
Saint Leger , qu'il donne en 1259 , à Jean , Baron
de Pequigny, Vidame d'Amiens , prend les qualités
de Haut Puiffant Seigneur Meffire Hugues ,
Seigneur de Riencourt , Franqueville , Saint Leger,
Drueulfous Moliens le Vidame, Orival, Bergicourt ,
Tilloloy Vaux; ainfi il y a 500 ans que ces quatre
dernieres terres font dans la maifon de- Riencourt.
On trouve à la Chambre des Comptes de Paris
un Bref daté de Lyon , du Pape Innocent IV, à
P'Evêque d'Amiens , par lequel il accorde à Jeande
Ricncourt & à Hugues fon fils , dont on vient
de parler , les mêmes Indulgences que s'ils s'étoient
croifés pour la Terre Sainte , parce qu'ils
étoient difpofés à aller au fecours de l'Eglife Uni-
-verfelle contre les habitans d'Aix - la - Chapelle
{ contra Aquenſes } *;
" La Maifon s'eſt d'abord diviſée en deux bran→
ches formées par les deux enfans d'Enguerran ,
Seigneur de Riencourt , décedé en 1380. La branche
aînée eft tombée avec la Terre de ce nom
dans la maifon d'AUDENFORT , d'ou en celle de
TIERCELIN , par le mariage de Marguerite de Riencourt
, fille de Hugues, Seigneur de Riencourt , &
de Marie de Lamet , & petite- fille de Jean , Seigneur
de Riencourt , & de Márie de Montmorency,
* Comme le Pape étoit alors obligé de se fauver
de Rome a caufe de la guerre que lui faifoit l'Empereur
Frédéric II , qu'il avoit excommunié , le
Pape les engagea à lui prêter fecours , & à aller contre
les habitans d'Aix- la Chapelle , en leur promet
tant l'abſolution générale de leurs péchés..
230 MERCURE DE FRANCE.
*
de la branche de Bours , fille de Hugués de Monte
morency , Chevalier Seigneur de Bours , & de
Marie d'Ognies.
La branche de Riencourt d'Orival devenue aî→
née , s'eft fubdivifée en deux autres branches formées
par Raoul de Riencourt, Seigneur d'Orival ,.
Bergicourt , &c. & par Thomas de Riencourt-
Seigneur de Tilloloy , Vaux , &c. tous deux enfans
de Matthieu de Riencourt , vivant en 1430 .
Raoul de Riencourt , Chevalier Seigneur d'Orival
, Bergicourt , du Qefnel & Linas , vivoit en
1476 avec Jeanne de Borgeau fon épouſe , fille de
Jacques de Borgeau Seigneur dudit lieu , dont
deux enfans ; le cadet a formé la branche de Parfondru
près Laon. François de Riencourt , Chevalier
Seigneur de Parfondru & Drouay , fils de
Pierre de Riencourt , Chevalier , Seigneur defdits
lieux , & d'Ifabelle de Sons , marié en 1639, à Ju--
dith-Anne de Joyeuse de la branche de Montgobert
, fille de Robert de Joyeuſe , Baron de Verpeil
& de Montgobert , & de Judith Hennequin ,., .
étoit de cette branche , qui fubfifte encore aujour
d'hui près de Rhetel en Champagne .
Antoine de Rien court , Chevalier , Seigneur
d'Orival dont on vient de parler , eut de fa femme
Marie de Saquefpée , Adrien , Seigneur d'Orival
, marié à Charlotte de la Motte , fille de Char--
les de la Motte , Chevalier , Seigneur de Ville &
Montigny , & de Jeanne d'Abbeville ; dont
François , Seigneur d'Orival , Bergicourt , Morvillier
, Graville , &c. Gentilhomme de la Chambre
du Duc d'Anjou , frere d'Henri III , qui de
Dianne de Maillor fa femme , fille de Nicolas-
Baron de Mailloc , & de Charlotte de Monchy, eut
François, Seigneur deſdits lieux , marié 1º . en 1642,
à Catherine de Sennemon , fille de Jean de SenneAVRIL.
1756. 232
mon , & de Gabriele de Tier celin ; 2 ° à Marie de
Moreuil , fille d'Artus de Moreuil , Chevalier de
l'Ordre du Roi , & de Charlotte de Halluyn. Du
fecond lit vinrent deux filles , l'une mariée dans la
maifon du Blaifel en Boulenois , l'autre , dans
celle de Venoix en Normandie , & Jean- Auguſtin
de Riencourt , Marquis d'Orival , marié le 4 Janvier
1683 à Marie-Anne Desfriches -Doria, fille de
Charles Desfriches , Baron de Braffeufe, & d'Annedes
Etangs ; dont un Chevalier de Malte mort ;
le Comte d'Orival , ancien Capitaine aux Gardes ,
& Charles- François de Riencourt , Marquis d'Orival
, ancien Colonel du Régiment de la Reine-
Dragons ; lequel de Marie d'Angennes fa femme,
fille de Charles- François d'Augennes , Chevalier
Seigneur de Maintenon , Commandant des Ifles
Saint Pierre & Guadeloupe en la Martinique , eut
Marie-Adelaïde de Riencourt, mariée le 2 Janvier
1742 , à Pierre- Cefar de Saint Georges , Marquis de
Verac , Lieutenant- Général de Poitou , qui n'ont
laiffé à leur mort qu'un fils unique appellé le
Marquis de Verac.
La branche de Tilloloy vient , comme nous l'a.
vons dit , de Thomas de Riencourt , Chevalier
Seigneur de Tilloloy , Vaux , Arleux , S. Severin ,
marié à N. Deamont ; dont Hugues marié en fe
condes nôces à N. de Jalaife, avec laquelle il vivoit
en 1550 ; dont Chriftophe de Riencourt marié le
11 Août 1561 , à Claude le Hochart , fille de Benoît
le Hochart , Seigneur de Lepinay, & de Guil
lemette de Bournel ; dont Nicolas de Riencourt
Chevalier , Seigneur de Tilloloy , Vaux , Arleux ,
Saint Severin , marié le 9 Avril 1589 , avec Anne
d'Ailly , de la branche d'Annery , fille de Claude
d'Ailly, Chevalier , Seigneur de Montgerout, Lau
Bay , Clerfon , Montcornel &c. Chevalier de
232 MERCURE DE FRANCE.
l'Ordre du Roi , un des cent Gentilshommes de
la Maifon de Sa Majefté , Gentilhomme d'honneur
de la Reine , Enfeigne de la Compagnie des.
Gendarmes de M. de Villebon d'Eftouteville , &
de Jeanne de Joigny -Blondet fa premiere femme ,
veuve de Martin de Bournonville , Chevalier Seigneur
de Châteauregnaud , Gouverneur de Montreuil
. Heut de ce mariage Dianne de Riencourt ,
mariée à Charles de la Rue , Chevalier ; Anne
mariée en 1614 à François de Saiffeval , Chevalier
, Seigneur de Blerancourt ; Claude de Riencourt
qui a formé la branche de Boisgeffroy en
Normandie , où elle fubfifte encore ; marié 1º . à
Renée de l'Epinay ; 2 °. à Marie de Conveloire ; &
François de Riencourt,Chevalier, Seigneur de Til
loloy , marié le 16 Juin 1618 , à Marguerite de la
Fontaine , fille de Louis de la Fontaine , Chevalier
, Seigneur de Candore , & d'Ifabcau de Lan ;
dont trois enfans.
Le dernier , Leonor- René de Riencourt , Chevalier
Seigneur d'Andechy , Commandant du
fecond bataillon du Régiment de Lyonnois, marié
le 11 Septembre 1674 , à Catherine de Vinet ; dont
le Comte d'Andechy qui donne lieu à cet article.
Le fecond, Henri de Riencourt , Chevalier, Seigneur
de Ligneres , marié le 21 Décembre 1659 ,
à Marguerite de Hanffart , fille de Claude de Hanffart,
Seigneur d'Efcoquerre, & de Charlotte de l'Etoile
;
dont Louis de Riencourt qui , d'Elifabeth
d'Urre fa femme , à eu 1º . Louis- Claude de Rien
court , Seigneur de Ligneres , vivant actuellement
avec Catherine Gaillard fa femme , dont un fils
Page de la Reine , & plufieurs autres enfans. 2º .
Charles-Henri de Riencourt , qui a laidé à fà mort
plufieurs enfans d'Elifabeth de Cacheleu de Maifoncelle,
fa femme ; 3 ° . Louis,Chanoine d'Amiens ;
AVRIL. 1756. 233
4. Une fille mariée à Charles de Létoile, Seigneur
de Preville , & une autre mariée à Simon de Lana
glois, Chevalier, Capitaine au Régiment de Cham
pagne , Directeur des Fortifications du Soiffonmois.
Le fils aîné de François de Riencourt, & de Marguerite
de la Fontaine, nommé Louis de Riencourt;
Chevalier , Seigneur de Tilloloy , Vaux , Arleux ,
&c. eut de Marguerite Forestier fa- femme , une
fille mariée le 7 Janvier 1667 , à François de Forceville
, Chevalier , Seigneur de Forceville , Fontaines
, & c. & Ferdinand-Laurent de Riencourt ,
Capitaine de Cavalerie , marié le 4 Décembre
1684 , à Marie-Anne de Gaude , fille de Jean de
Gaude , Chevalier, Seigneur de Martainneville , &
de Marguerite de Croze ; dont Charles- Pierre- Paul
marié à N. de Bonnet ; Leonor-René , ancien Capitaine
de Cavalerie , & plufieurs autres enfans :
l'aîné de tous eft Louis- François de Riencourt, ancien
Officier au Régiment de Royal Piémont Cavalerie
, marié à Marguerite de Ternifien veuve
de N. de Sarcus , Chevalier , Seigneur de Courcelies
, dont deux enfans dans le fervice & deux
filles.
Les Armes de la Maifon de Riencourt font
d'argent à trois faces de gueules fretées d'or.
Catherine - Dorothée , née Princeffe Jablonouska
, époufe de Maximilien -François de Tenezyn
Duc Offolinski , Chevalier des Ordres du Roi ,
Grand Maître de la Maifon du Roi de Pologne
Duc de Lorraine , eft décédée fans enfans le s Janvier
1756. Elle étoit fille de Jean Staniflas , Palatin
de Ruffie , frere de Madame Royale , mere da
Roi de Pologne , & de Jeanne- Cafimire de Be
thune , niece de la Reine de Pologne , femme de
Jean LIL
234
Les deux illuftres Maifons de Jablonouski &
d'Offolinsky , des premieres de Pologne , font
connues & également recommendables par l'ancienneté
, l'illuftration & les grandes alliances
-par lefquelles elles appartiennent ou font alliées à
prefque tous les Souverains de l'Europe.
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Résumé : MARIAGES ET MORTS. AVERTISSEMENT.
Le texte traite des mariages et des décès au sein de la famille Recourt-de-Lens-de-Licques, des Comtes de Boulogne. Il corrige une erreur selon laquelle le Comte de Rupelmonde, tué en 1745, était le dernier descendant de sa maison. En réalité, la branche aînée continue avec Ferdinand-Gillon de Recourt-de-Lens-de-Licques. Le texte détaille les mariages et les décès de plusieurs membres de cette famille. Philippes de Recourt-de-Lens-de-Licques, gouverneur de plusieurs villes, a joué un rôle dans la régulation des différends entre le Roi d'Espagne et le Roi Henry III en 1586. Il est mort à Bruxelles en 1588. Son fils Gabriel est décédé en 1589, laissant un fils, Philippes, qui a continué la branche des Comtes de Rupelmonde. Philippe de Recourt-de-Lens-de-Licques, gouverneur de Bourbourg, a épousé Suzanne de Langlée en 1614 et Louise de Cruninghe en 1630. De ce second mariage est né Philippes-Charles-Bartholomé, Marquis de Licques. Ferdinand-Roch-Jean, fils de Philippes-Charles-Bartholomé, a épousé Anne-Michel-Alexandrine le Sart en 1700. Leur fils Ferdinand-Gillon a épousé Élisabeth de Lefpinay de Marteville en 1730, mais ils ont eu trois filles, Catherine-Élisabeth-Henriette, Louise-Aimée et Marie-Gabriele-Victoire-Nymphe. Le texte mentionne également Philippe de Recourt-de-Lens-de-Licques, Colonel d'Infanterie Wallone, et ses descendants, dont Maximilien-Philippe-Joseph, tué en 1710, et Yves-Marie, tué en 1745. Yves-Marie a laissé un fils, Louis, mort peu après son père, marquant la fin de la branche cadette de la famille. Enfin, le texte mentionne le mariage de Jacques-François, Vicomte de Cambis, avec Louise-Françoise-Gabriele de Hennin-Lietard de Chimay en 1755, et l'histoire de la maison de Cambis, originaire de Florence, avec plusieurs figures notables. Le texte présente également la généalogie et les alliances de la famille Riencourt. Louis de Riencourt, marié à Élisabeth d'Urre, a eu plusieurs enfants, dont Louis-Claude, Seigneur de Ligneres, marié à Catherine Gaillard, et Charles-Henri, qui a eu plusieurs enfants avec Élisabeth de Cacheleu de Maifoncelle. Louis de Riencourt a également eu un fils chanoine à Amiens, une fille mariée à Charles de Létoile, Seigneur de Preville, et une autre mariée à Simon de Langlois, Chevalier et Capitaine au Régiment de Champagne. Le fils aîné de François de Riencourt et Marguerite de la Fontaine, nommé Louis de Riencourt, Chevalier et Seigneur de Tilloloy, Vaux, et Arleux, a eu une fille mariée en 1667 à François de Forceville et Ferdinand-Laurent de Riencourt, Capitaine de Cavalerie, marié en 1684 à Marie-Anne de Gaude. Ferdinand-Laurent a eu plusieurs enfants, dont Charles-Pierre-Paul, marié à N. de Bonnet, et Léonor-René, ancien Capitaine de Cavalerie. Louis-François de Riencourt, ancien Officier au Régiment de Royal Piémont Cavalerie, marié à Marguerite de Ternisien, veuve de N. de Sarcus, a eu deux fils dans le service et deux filles. Les armes de la maison Riencourt sont d'argent à trois faces de gueules fretées d'or.
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10310
p. 234-236
TABLE DES ARTICLES.
Début :
Article Premier. Pieces Fugitives en Vers et en Prose. Epître à Thalie, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TABLE DES ARTICLES.
TABLE DES ARTICLES.
ARTICLE PREMIER.
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSE
FPitre àThalie ; page
Vers à Mademoiſelle Dudeffend , le jour de fa
fête ,
2
Il fut heureux , aventure qui arrive à peu de
monde ,
Ode ,
Penfées ,
10
23.
28
Vers à M. le Baron de *** par M. de Baſtide , 30-
Vers au grand Racine fur la mort du jeune Racine
, 35
Lettre à l'Auteur du Mercure au fujet de la furdité
& de la cécité
36 36
235
Vers fur l'infuffifance de la raifon dans tous les
>
âges ,
Impromptu ,
49
42
Vers à M. le Comte de Provence , par le fieur de
Pradal , Capucin , 43
Lettre de M. Relongue de la Louptiere , au fujet
de Mademoiſelle P... de Chartres ,
Epître à M. Rameau , par le même ,
Vers , par le même ,
Stances à Mademoiſelle Brohon ,
46
49
50
51
Réponse d'un Anonyme au bouquet de M. Vallier
,
52
Explication des Enigmes & des Logogryphes du
premier Mercure d'Avril ,
Enigme & Logogryphe ,
53
54
Couplets à une Demoiſelle qui fe plaignoit de ce
que fes cheveux tomboient , 56
ART. II . NOUVELLES LITTERAIRES.
Indication , Précis ou Extraits de livres nouveaux
,
57
Lettres de M. Dienert au fujet de fa liqueur fondante
,
77
84
Lettre de M. l'Abbé de Condillac à l'Auteur des
Lettres à un Amériquain ,
Lettres au fujet du Commentaire de l'Ordonnance
de la Marine , & du Livre de M. de la
Rue ,
96
Suite de la Séance publique de l'Académie de Befançon
,
112
ART. III. SCIENCES ET BELLES LETTRES.
Lettre au fujet du Prix de l'Académie Royale des
Sciences ,
Pharmacie. Differtation fur un corps embaumé ,
trouvé en Auvergne ,
125
127
236
Méchanique. Lettre du fieur Thillaye , Privilégié
pour les Pompes , à Rouen , 136
Séance publique de l'Académie Royale des Sciences
, des Belles Lettres & des Arts de Rouen ,
140
Sujets propofés par l'Académie Royale des Beaux
Arts , établie à Paris ,
ART. IV . BEAUX - ARTS.
165
Musique.
Gravure.
167
168
fieur le Mazurier ,
Peinture. Lettre de M. Colins à l'Auteur du Mercure
, 170
Explication d'un Tableau à l'encre de la Chine
178
Horlogerie. Extraits des Regiftres de l'Académie
Royale des Sciences au fujet d'une Pendule du
ART V. SPECTACLES.
180
Comédie Françoiſe. 189
Comédie Italienne . 190
Opéra Comique ,
191
Spectacle de S. Cyr , ibid.
Concert fpirituel ,
192
ARTICLE VI.
Nouvelles étrangeres ,
195
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c. 200
Mémoire généalogique ,
217
Mariages & Morts, 218
ARTICLE PREMIER.
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSE
FPitre àThalie ; page
Vers à Mademoiſelle Dudeffend , le jour de fa
fête ,
2
Il fut heureux , aventure qui arrive à peu de
monde ,
Ode ,
Penfées ,
10
23.
28
Vers à M. le Baron de *** par M. de Baſtide , 30-
Vers au grand Racine fur la mort du jeune Racine
, 35
Lettre à l'Auteur du Mercure au fujet de la furdité
& de la cécité
36 36
235
Vers fur l'infuffifance de la raifon dans tous les
>
âges ,
Impromptu ,
49
42
Vers à M. le Comte de Provence , par le fieur de
Pradal , Capucin , 43
Lettre de M. Relongue de la Louptiere , au fujet
de Mademoiſelle P... de Chartres ,
Epître à M. Rameau , par le même ,
Vers , par le même ,
Stances à Mademoiſelle Brohon ,
46
49
50
51
Réponse d'un Anonyme au bouquet de M. Vallier
,
52
Explication des Enigmes & des Logogryphes du
premier Mercure d'Avril ,
Enigme & Logogryphe ,
53
54
Couplets à une Demoiſelle qui fe plaignoit de ce
que fes cheveux tomboient , 56
ART. II . NOUVELLES LITTERAIRES.
Indication , Précis ou Extraits de livres nouveaux
,
57
Lettres de M. Dienert au fujet de fa liqueur fondante
,
77
84
Lettre de M. l'Abbé de Condillac à l'Auteur des
Lettres à un Amériquain ,
Lettres au fujet du Commentaire de l'Ordonnance
de la Marine , & du Livre de M. de la
Rue ,
96
Suite de la Séance publique de l'Académie de Befançon
,
112
ART. III. SCIENCES ET BELLES LETTRES.
Lettre au fujet du Prix de l'Académie Royale des
Sciences ,
Pharmacie. Differtation fur un corps embaumé ,
trouvé en Auvergne ,
125
127
236
Méchanique. Lettre du fieur Thillaye , Privilégié
pour les Pompes , à Rouen , 136
Séance publique de l'Académie Royale des Sciences
, des Belles Lettres & des Arts de Rouen ,
140
Sujets propofés par l'Académie Royale des Beaux
Arts , établie à Paris ,
ART. IV . BEAUX - ARTS.
165
Musique.
Gravure.
167
168
fieur le Mazurier ,
Peinture. Lettre de M. Colins à l'Auteur du Mercure
, 170
Explication d'un Tableau à l'encre de la Chine
178
Horlogerie. Extraits des Regiftres de l'Académie
Royale des Sciences au fujet d'une Pendule du
ART V. SPECTACLES.
180
Comédie Françoiſe. 189
Comédie Italienne . 190
Opéra Comique ,
191
Spectacle de S. Cyr , ibid.
Concert fpirituel ,
192
ARTICLE VI.
Nouvelles étrangeres ,
195
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c. 200
Mémoire généalogique ,
217
Mariages & Morts, 218
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Résumé : TABLE DES ARTICLES.
Le document présente une table des articles d'une publication, organisée en six sections principales. L'Article Premier rassemble des œuvres diverses en vers et en prose, telles que des épîtres, des odes, des pensées, des lettres et des impromptus, adressés à des personnalités comme Mademoiselle Dudeffend, M. le Baron de ***, Racine et M. Rameau. L'Article II se concentre sur les nouvelles littéraires, incluant des indications, des extraits de livres récents et des lettres sur divers sujets littéraires. L'Article III explore les sciences et les belles-lettres, avec des lettres sur des prix académiques, des dissertations sur des corps embaumés et des sujets de mécanique. L'Article IV traite des beaux-arts, couvrant la musique, la gravure, la peinture et l'horlogerie. L'Article V liste les spectacles, tels que la comédie française, la comédie italienne, l'opéra comique et les concerts spirituels. Enfin, l'Article VI comprend les nouvelles étrangères, les nouvelles de la cour et de Paris, ainsi que des mémoires généalogiques et des annonces de mariages et de décès.
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10311
p. 236
« De l'Imprimerie de Ch. A.Jombert. [...] »
Début :
De l'Imprimerie de Ch. A.Jombert. [...]
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texteReconnaissance textuelle : « De l'Imprimerie de Ch. A.Jombert. [...] »
De l'Imprimerie de Ch . Ant . Jombert.
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10312
p. 90
ENIGME.
Début :
Des plantes que l'on trouve en cent climats divers, [...]
Mots clefs :
Plante des pieds
10313
p. 245
DU LEVANT.
Début :
Il y eut hier en cette Ville un nouvel incendie : [...]
Mots clefs :
Constantinople, Incendie, Secours
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DU LEVANT.
DU LEVANT.
DE CONSTANTINOPLE , le 1 Mars.
IL y eut hier en cette ville un nouvel incendie
huit cens maifons ont été réduites en cendres.
Pendant tout le tems qu'a duré l'embraſement
le Grand Vifir a été à cheval , pour faire
fecours partout où il étoit néceffaire.
DE CONSTANTINOPLE , le 1 Mars.
IL y eut hier en cette ville un nouvel incendie
huit cens maifons ont été réduites en cendres.
Pendant tout le tems qu'a duré l'embraſement
le Grand Vifir a été à cheval , pour faire
fecours partout où il étoit néceffaire.
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10314
p. 245
DU NORD.
Début :
On a reçu avis qu'à Romdehlem, situé à environ vingt [...]
Mots clefs :
Copenhague, Effondrement d'une montagne, Inondations, Morts, Dégâts
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texteReconnaissance textuelle : DU NORD.
DU NOR D.
DE COPPENHAGUE, le 17 Mars.
On a reçu avis qu'à Romdehlem , fitué à environ
vingt lieues de Drontheim , une montagne
très haute s'étoit écroulée. Par cet accident , le
cours d'une riviere , qui a près de deux lieues de
large , a été interrompu , & toutes les campagnes
voifines ont été inondées. Il a péri trente
perfonnes & un grand nombre de beftiaux . Les
eaux ont renversé plufieurs maiſons.
DE COPPENHAGUE, le 17 Mars.
On a reçu avis qu'à Romdehlem , fitué à environ
vingt lieues de Drontheim , une montagne
très haute s'étoit écroulée. Par cet accident , le
cours d'une riviere , qui a près de deux lieues de
large , a été interrompu , & toutes les campagnes
voifines ont été inondées. Il a péri trente
perfonnes & un grand nombre de beftiaux . Les
eaux ont renversé plufieurs maiſons.
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10315
p. 245-246
ALLEMAGNE.
Début :
Le 26 du mois dernier, le Duc de Nivernois prit congé du Roi. [...]
Mots clefs :
Berlin, Duc de Nivernois, Présent du roi, Académie royale des sciences et belles-lettres, Élection, Chapitre Minden, Croix d'or
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texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
DE BERLIN , le 9 Avril.
Le 26 du mois dernier , le Duc de Nivernois
prit congé du Roi . Sa Majesté a fait préfent à ce
Seigneur de fon portrait enrichi de diamans , d'une
Liij
246 MERCURE DE FRANCE.
tabatiere faite de deux pierres précieufes , &
d'une bague de grand prix.
L'Académie Royale des Sciences & Belles - Lettres
, dans la Séance qu'elle tint le premier de ce
mois , élut l'Eveque de Breflaw & l'Abbé de Prades
, pour Académiciens Honoraires.
Sa Majefté a accordé aux Chanoines du Chapitre
de Minden le droit de porter une Croix d'Or
émaillée de blanc , fur laquelle eft l'Aigle Noir
de Pruffe au milieu d'une Etoile furmontée d'une
Couronne. On voit au revers un Chiffre compofé
des Lettres P. & G. qui défignent Saint Pierre
& Saint Georges , Patrons du Chapitre. Cette
Croix eſt attachée à un ruban céladon .
DE BERLIN , le 9 Avril.
Le 26 du mois dernier , le Duc de Nivernois
prit congé du Roi . Sa Majesté a fait préfent à ce
Seigneur de fon portrait enrichi de diamans , d'une
Liij
246 MERCURE DE FRANCE.
tabatiere faite de deux pierres précieufes , &
d'une bague de grand prix.
L'Académie Royale des Sciences & Belles - Lettres
, dans la Séance qu'elle tint le premier de ce
mois , élut l'Eveque de Breflaw & l'Abbé de Prades
, pour Académiciens Honoraires.
Sa Majefté a accordé aux Chanoines du Chapitre
de Minden le droit de porter une Croix d'Or
émaillée de blanc , fur laquelle eft l'Aigle Noir
de Pruffe au milieu d'une Etoile furmontée d'une
Couronne. On voit au revers un Chiffre compofé
des Lettres P. & G. qui défignent Saint Pierre
& Saint Georges , Patrons du Chapitre. Cette
Croix eſt attachée à un ruban céladon .
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Résumé : ALLEMAGNE.
Le 26 mars, le Duc de Nivernois reçut du Roi d'Allemagne un portrait orné de diamants, une tabatière et une bague. Le 1er avril, l'Académie Royale élut l'Évêque de Breslau et l'Abbé de Prades Académiciens Honoraires. Le Roi accorda aux Chanoines de Minden une Croix d'Or émaillée, ornée de l'Aigle Noir et attachée à un ruban céladon.
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10316
p. 246-247
ESPAGNE.
Début :
Don Ascensio Mendez, Prêtre, né à Coïmbre en Portugal, mourut [...]
Mots clefs :
Madrid, Don Ascensio Mendez, Lisbonne, Victimes du tremblement de terre, Projet de reconstruction, Secousses
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texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
ESPAGNE.
DE MADRID , le 6 Avril.
Don Afcenfio Mendez , Prêtre , né à Coïmbre
en Portugal , mourut ici le 24 du mois dernier ,
âgé de cent deux ans , quatre mois & vingt- fix
jours. Cette année , il traverfoit encore à pied
une partie de la Ville tous les matins , pour aller
dire la Meffe à l'Hôpital Général , & jamais il ne
s'eft fervi de lunettes,
DE LISBONNE , le 3 Mars.
La plupart des habitans de cette Capitale , à qui
il reste encore dans leurs maifons quelque partie
habitable , viennent l'occuper pendant le jour. Ils
retournent le foir à la campagne , pour y cou
cher fous des Tentes . Suivant le plan fur lequel
on fe propofe de rebâtir Lifbonne , fa nouvelle enceinte
fera confidérablement plus grande que l'ancienne
, tant parce que les rues feront plus lar
M A I. 1756. 247
3
ges , que parce que les maiſons n'auront que deux
étages.
La fécurité , dont on commençoit à jouir ici ,
n'a pas duré long - tems . Avant - hier on effuya
une nouvelle fecouffe de tremblement de terre ,
plus violente que toutes celles qui s'étoient fait
fentir depuis le 21 Décembre.
DE MADRID , le 6 Avril.
Don Afcenfio Mendez , Prêtre , né à Coïmbre
en Portugal , mourut ici le 24 du mois dernier ,
âgé de cent deux ans , quatre mois & vingt- fix
jours. Cette année , il traverfoit encore à pied
une partie de la Ville tous les matins , pour aller
dire la Meffe à l'Hôpital Général , & jamais il ne
s'eft fervi de lunettes,
DE LISBONNE , le 3 Mars.
La plupart des habitans de cette Capitale , à qui
il reste encore dans leurs maifons quelque partie
habitable , viennent l'occuper pendant le jour. Ils
retournent le foir à la campagne , pour y cou
cher fous des Tentes . Suivant le plan fur lequel
on fe propofe de rebâtir Lifbonne , fa nouvelle enceinte
fera confidérablement plus grande que l'ancienne
, tant parce que les rues feront plus lar
M A I. 1756. 247
3
ges , que parce que les maiſons n'auront que deux
étages.
La fécurité , dont on commençoit à jouir ici ,
n'a pas duré long - tems . Avant - hier on effuya
une nouvelle fecouffe de tremblement de terre ,
plus violente que toutes celles qui s'étoient fait
fentir depuis le 21 Décembre.
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Résumé : ESPAGNE.
Le texte décrit deux événements distincts en Espagne et au Portugal. À Madrid, le 6 avril, il est rapporté que Don Afcenfio Mendez, un prêtre né à Coïmbre au Portugal, est décédé le 24 mars à l'âge de 102 ans, 4 mois et 26 jours. Malgré son grand âge, il se rendait à pied chaque matin à l'Hôpital Général pour dire la messe et n'utilisait jamais de lunettes. À Lisbonne, le 3 mars, il est mentionné que les habitants de la capitale, dont les maisons sont encore habitables, les occupent pendant la journée et retournent camper dans des tentes à la campagne pour dormir. La reconstruction de Lisbonne prévoit une nouvelle enceinte plus grande que l'ancienne, avec des rues plus larges et des maisons à deux étages seulement. Cependant, la sécurité récemment retrouvée a été perturbée par un violent tremblement de terre survenu deux jours avant la date du rapport, plus puissant que ceux ressentis depuis le 21 décembre précédent.
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10317
p. 247-248
ITALIE.
Début :
On écrit de Malte, que pendant le cours de Février on y a [...]
Mots clefs :
Rome, Secousses, Comte de Stainville, Ambassadeur extraordinaire, Gentilhommes, Cardinal
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texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
ITALIE.
DE ROME, le 3 Avril.
On écrit de Malte , que pendant le cours de
Février on y a fenti deux fecouffes de tremblement
de terre , mais qu'elles ont cauſé peu
dommage.
de
Le 28 Mars , M. le Comte de Stainville, Ambaf
fadeur Extraordinaire du Roi de France , s'étant
rendu au Palais de la Chambre Apoftolique hors
de la porte du Peuple , tous les Miniftres Etrangers
, ainfi que les Cardinaux , les Princes , les
principaux Prélats & autres perfonnes de diftinction
, envoyerent dans leurs carroffes de céré~
monie leurs Gentilshommes , pour le complimenter.
Cet Ambaffadeur , accompagné du Cardinal
Portocarrero , & des Abbés de Canillac &
de Berulle , Auditeurs de Rote , le premier pour
la France , le fecond pour l'Eſpagne , monta enfuite
dans un carroffe de parade , que Te Cardinal
Valenti Gonzaga , Camerlingue du Saint Siege ,
& Secretaire d'Etat , lui avoit envoyé , & il fit en
cette Capitale fon Entrée publique. L'ordre fuivant
fut obfervé dans la marche : deux Poftillons ; deux
Couriers ; deux Trompettes ; fix Fourgons couverts
de houffes aux Armes de l'Ambaffadeur ;
Liv
248 MERCURE DE FRANCE.
1
>
fix chevaux de felle avec de riches caparaçons ;
trente- huit Eftafiers ; deux Suiffes à cheval ;
vingt-quatre Officiers ; un Ecuyer & un Sous-
Ecuyer. Aux deux côtés du carroffe , dans lequel
étoit l'Ambaffadeur , marchoient fes huit Pages à
cheval. Cette entrée , non feulement par la magnificence
de la Livrée de M. le Comte de Stainville
mais encore par le grand nombre des équipages
qui accompagnerent le cortége , a fourni à cette
Ville un fpectable des plus pompeux. Lorſque
l'Ambaffadeur fut arrivé au Palais de France , il
y fit diftribuer une grande abondance de rafraîchiffemens.
Quelque temps après , il fe rendit
avec fes carroffes & fa fuite au Palais du Quirinał ,
où il eut fa premiere audience publique du Pape.
M. le Comte de Stainville , après cette audience à
laquelle il fut conduit par le Cardinal Portocarrero,
rendit vifite au Cardinal Camerlingue . Il retourna
enfuite au Palais de France . Il y trouva les préfens
que Sa Sainteté y avoit fait porter , & qui
confiftoient en trente fix corbeilles , remplies de
rafraîchiffemens de diverfes efpeces.
DE ROME, le 3 Avril.
On écrit de Malte , que pendant le cours de
Février on y a fenti deux fecouffes de tremblement
de terre , mais qu'elles ont cauſé peu
dommage.
de
Le 28 Mars , M. le Comte de Stainville, Ambaf
fadeur Extraordinaire du Roi de France , s'étant
rendu au Palais de la Chambre Apoftolique hors
de la porte du Peuple , tous les Miniftres Etrangers
, ainfi que les Cardinaux , les Princes , les
principaux Prélats & autres perfonnes de diftinction
, envoyerent dans leurs carroffes de céré~
monie leurs Gentilshommes , pour le complimenter.
Cet Ambaffadeur , accompagné du Cardinal
Portocarrero , & des Abbés de Canillac &
de Berulle , Auditeurs de Rote , le premier pour
la France , le fecond pour l'Eſpagne , monta enfuite
dans un carroffe de parade , que Te Cardinal
Valenti Gonzaga , Camerlingue du Saint Siege ,
& Secretaire d'Etat , lui avoit envoyé , & il fit en
cette Capitale fon Entrée publique. L'ordre fuivant
fut obfervé dans la marche : deux Poftillons ; deux
Couriers ; deux Trompettes ; fix Fourgons couverts
de houffes aux Armes de l'Ambaffadeur ;
Liv
248 MERCURE DE FRANCE.
1
>
fix chevaux de felle avec de riches caparaçons ;
trente- huit Eftafiers ; deux Suiffes à cheval ;
vingt-quatre Officiers ; un Ecuyer & un Sous-
Ecuyer. Aux deux côtés du carroffe , dans lequel
étoit l'Ambaffadeur , marchoient fes huit Pages à
cheval. Cette entrée , non feulement par la magnificence
de la Livrée de M. le Comte de Stainville
mais encore par le grand nombre des équipages
qui accompagnerent le cortége , a fourni à cette
Ville un fpectable des plus pompeux. Lorſque
l'Ambaffadeur fut arrivé au Palais de France , il
y fit diftribuer une grande abondance de rafraîchiffemens.
Quelque temps après , il fe rendit
avec fes carroffes & fa fuite au Palais du Quirinał ,
où il eut fa premiere audience publique du Pape.
M. le Comte de Stainville , après cette audience à
laquelle il fut conduit par le Cardinal Portocarrero,
rendit vifite au Cardinal Camerlingue . Il retourna
enfuite au Palais de France . Il y trouva les préfens
que Sa Sainteté y avoit fait porter , & qui
confiftoient en trente fix corbeilles , remplies de
rafraîchiffemens de diverfes efpeces.
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Résumé : ITALIE.
En février, deux secousses sismiques ont été enregistrées à Malte, causant peu de dommages. Le 28 mars, le comte de Stainville, ambassadeur extraordinaire du roi de France, a effectué une entrée solennelle à Rome. Accompagné du cardinal Portocarrero et des abbés de Canillac et de Bérulle, il a été transporté dans un carrosse de parade fourni par le cardinal Valenti Gonzaga. Le cortège comprenait divers membres, dont des postillons, des courriers, des trompettes, des fourgons, des chevaux de selle, des estafiers, des suisses, des officiers et des pages. Cette entrée, marquée par la magnificence de la livrée de l'ambassadeur et le grand nombre d'équipages, a offert un spectacle pompeux à la ville. À son arrivée au Palais de France, l'ambassadeur a distribué des rafraîchissements. Il s'est ensuite rendu au Palais du Quirinal pour sa première audience publique avec le pape, accompagné du cardinal Portocarrero. Après cette audience, il a rendu visite au cardinal camerlingue avant de retourner au Palais de France, où il a trouvé des présents du pape, consistant en trente-six corbeilles de rafraîchissements variés.
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10318
p. 248-249
GRANDE-BRETAGNE.
Début :
Le 6, le Lord Marie, les Aldermans & les Scheriffs, [...]
Mots clefs :
Londres, Adresse au roi, Allégeance au roi, Lord Marie, Shérifs, Aldermans, Thomas Pownall, Gouverneur de la Nouvelle Angleterre, Régiments, Amérique
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texteReconnaissance textuelle : GRANDE-BRETAGNE.
GRANDE - BRETAGNE.
DE LONDRES , le 15 Avril.
Le 6, le Lord Marie , les Aldermans & les Scheriffs
, préfenterent au Roi une Adreſſe , par laquelle
ils affurerent Sa Majefté , qu'ils facrifieroient
leurs biens & leurs vies pour la défenſe de
fa Perfonne & de fon Gouvernement. Le Roi répondit
: Je vous remercie des marques que vous
me donnez de votre zele & de votre affection , &
je me repose fermement ſur vos promeffes. La Ville
de Londres peut toujours compter fur ma bienveil
MA I. 1756. 249
Lance fur ma protection. Le Corps des Négocians
de cette Capitale , & le Scheriff du Duché
d'Yorck , ont préfenté auffi des Adreffes à Sa Majeſté.
Le fieur Thomas Pownall vient d'être nommé
Gouverneur de la Nouvelle Angleterre , à la place
du fieur Shirley. Une partie des troupes deftinées
pour l'Acadie eft déja embarquée à Plymouth. On
fe propofe d'envoyer une fomme confidérable en
Amérique. Les , les Amiraux Byng & Weft firent
voile de Spitéad avec dix Vaiffeaux de guerre
pour la Méditerranée. Le Chef d'Efcadre Keppel
les fuivit le même jour avec 4 Vaiffeaux . Le Gouvernement
a donné ordre de couler à fond tous les
Bâtimens de Pêcheur , qui ont été pris fur les
François Le nombre des troupes Hanovériennes
qui doivent paffer dans la Grande - Bretagne , fera
de neuf mille hommes d'Infanterie , neuf cens de
Cavalerie , & trois cens du Corps d'Artillerie Gn
a tiré de l'Arcenal de la Tour quarante pieces decanon
, pour les tranſporter à Portſmouth . Sui
vant les nouvelles de Saffron - Walden , le 18 du
mois dernier à dix heures du matin , on y entendit
tout à coup un bruit extraordinaire . Peu après,
il tomba une grande quantité de grêle , dont la
plupart des grains avoient jufqu'à trois pouces &
demi de circonférence .
La Cour a ordonné de reftituer le Vaiſſeau
François , dont le Vaiffeau de guerre l'Expérience
s'eft emparé à peu de diſtance de Cadix,
DE LONDRES , le 15 Avril.
Le 6, le Lord Marie , les Aldermans & les Scheriffs
, préfenterent au Roi une Adreſſe , par laquelle
ils affurerent Sa Majefté , qu'ils facrifieroient
leurs biens & leurs vies pour la défenſe de
fa Perfonne & de fon Gouvernement. Le Roi répondit
: Je vous remercie des marques que vous
me donnez de votre zele & de votre affection , &
je me repose fermement ſur vos promeffes. La Ville
de Londres peut toujours compter fur ma bienveil
MA I. 1756. 249
Lance fur ma protection. Le Corps des Négocians
de cette Capitale , & le Scheriff du Duché
d'Yorck , ont préfenté auffi des Adreffes à Sa Majeſté.
Le fieur Thomas Pownall vient d'être nommé
Gouverneur de la Nouvelle Angleterre , à la place
du fieur Shirley. Une partie des troupes deftinées
pour l'Acadie eft déja embarquée à Plymouth. On
fe propofe d'envoyer une fomme confidérable en
Amérique. Les , les Amiraux Byng & Weft firent
voile de Spitéad avec dix Vaiffeaux de guerre
pour la Méditerranée. Le Chef d'Efcadre Keppel
les fuivit le même jour avec 4 Vaiffeaux . Le Gouvernement
a donné ordre de couler à fond tous les
Bâtimens de Pêcheur , qui ont été pris fur les
François Le nombre des troupes Hanovériennes
qui doivent paffer dans la Grande - Bretagne , fera
de neuf mille hommes d'Infanterie , neuf cens de
Cavalerie , & trois cens du Corps d'Artillerie Gn
a tiré de l'Arcenal de la Tour quarante pieces decanon
, pour les tranſporter à Portſmouth . Sui
vant les nouvelles de Saffron - Walden , le 18 du
mois dernier à dix heures du matin , on y entendit
tout à coup un bruit extraordinaire . Peu après,
il tomba une grande quantité de grêle , dont la
plupart des grains avoient jufqu'à trois pouces &
demi de circonférence .
La Cour a ordonné de reftituer le Vaiſſeau
François , dont le Vaiffeau de guerre l'Expérience
s'eft emparé à peu de diſtance de Cadix,
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Résumé : GRANDE-BRETAGNE.
Le 6 avril, les autorités de Londres, incluant le Lord Maire, les Aldermen et les Sheriffs, ont exprimé leur dévouement à défendre le roi et son gouvernement, même au prix de leurs biens et de leurs vies. Le roi a remercié et affirmé sa confiance en leur soutien. Les négociants de Londres et le Sheriff du Duché d'York ont également présenté des adresses similaires. Thomas Pownall a été nommé gouverneur de la Nouvelle Angleterre, succédant à Shirley. Des troupes pour l'Acadie ont été embarquées à Plymouth, et des renforts pour l'Amérique sont prévus. Les amiraux Byng et West, ainsi que le chef d'escadre Keppel, ont pris la mer vers la Méditerranée avec des vaisseaux de guerre. Le gouvernement a ordonné de couler les bateaux de pêche français capturés et a préparé des troupes hanovriennes pour la Grande-Bretagne, incluant de l'infanterie, de la cavalerie et de l'artillerie. Des canons ont été transférés de la Tour de Londres à Portsmouth. À Saffron-Walden, un phénomène météorologique inhabituel avec une chute de grêle de grande taille a été observé. La Cour a ordonné la restitution d'un vaisseau français capturé par le navire de guerre l'Expérience près de Cadix.
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10319
p. 250-256
« Le 4 Avril, M. le Marquis de Paulmy, Secretaire d'Etat au [...] »
Début :
Le 4 Avril, M. le Marquis de Paulmy, Secretaire d'Etat au [...]
Mots clefs :
Sa Majesté, Nominations, Arrêt du Conseil d'État, Pensions, Duchesse de Mazarin, Marais, Culture de la terre, Académies, Clergé, Ouragan
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le 4 Avril, M. le Marquis de Paulmy, Secretaire d'Etat au [...] »
LE 4 Avril , M. le Marquis de Pauliny , Secretaire
d'Etat au Département de la Guerre ,
furvivance de M. le Comte d'Argenfon , & Chancelier
de l'Ordre Royal & Militaire de Saint
Louis , préfenta au Roi les Commandeurs & Of
ficiers de l'Ordre , & les Bourfes de Jettons , ainfi
qu'il eft d'ufage.
Madame la Marquife de Choifeul & Madame
la Comteffe d'Efpiés furent préfentées le même
jour à Leurs Majeftés & à la Famille Royale.
Ce même jour , M. le Marquis de Monteil partit
pour le rendre à Bonn , en qualité de Miniftre
Plénipotentiaire du Roi près de l'Electeur de Cologne,
1
M.le Duc d'Orléans ayant invité le fieur Tronshin
, célebre Profeffeur de Médecine à Geneve
de fe rendre à Paris , pour inoculer la petite vérole
à M. le Duc de Chartres & à Mademoiſelle , cette
opération s'est faite au Palais Royal , le 25 du
mois dernier , après la préparation néceflaire
fans incifion , au moyen d'un léger véficatoire. Le
fuccès a répondu aux efpérances de M. le Duc &
de Madame la Ducheffe d'Orléans, & aux voeux de
toute la France .
Sur ce qui a été repréfenté au Roi , que plufieurs
terreins en marais & inondés , feroient propres
à produire de la Garance , & que quelques
perfonnes s'offroient à faire les frais néceffaires
pour cultiver cette plante qu'on eft obligé de tirer
MA I. 1756. 25T
par
des pays étrangers , & pour deffécher lesdits marais
, s'il lui plaifoit les faire jouir de quelques
exemptions & privileges , nommément de ceux
qui font attribués par l'Edit de 1607, ainfi que
la Déclaration de 1641 , & autres réglemens
fubféquens , à ceux qui font le defféchement des
marais incultes , Sa Majefté a ordonné que les particuliers
, qui voudroient entreprendre de cultiver
des plantations de Garance dans des marais &
autres lieux de pareille nature , ne pourroient
pendant vingt années , à compter du jour que les
defféchemens & défrichemens auront été commencés
, être impofés à la taille , eux ni ceux
qui feroient employés à ladite exploitation , pour
raifon de la propriété ou du profit à faire fur l'exploitation
des terres cultivées en Garance. Au cas
dans lequel ils feroient d'ailleurs impofables
pour leurs autres biens , facultés & exploitations ,
ils feront taxés d'office par l'Intendant & Commiffaire
départi . Veut de plus Sa Majefté qu'il leur
foit permis de tenir , tant à Paris que dans les autres
Villes & Lieux du Royaume , des magafins
de Garance provenant de leurs exploitations , &
de la vendre , foit en gros , foit en détail , fans
qu'ils puiffent être troublés ni inquiétés. Sa Majefté
évoque à Elle & à fon Confeil tous les procès
, différends & conteftations ; que ceux qui entreprendront
la culture defdites Garances pourront
avoirs, ou en demandant ou en défendant ,
pendant le cours de cinq années , pour raifon de
leurs entreprifes & des privileges à eux accordés .
Conféquemment Elle les renvoie, pardevant les In--
tendans & Commiffaires départis , pour être jugés
par eux en premiere inftance , fauf l'appel aus
Confeil.
22
Parsun Arrêt du Confeil d'Etat , l'Ordre de
Lvj
252 MERCURE DE FRANCE.
Malte , en payant la fomme de deux cens cine
quante mille livres par forme de don gratuit , eft
déchargé de l'exécution de l'Edit du mois de Mai:
1749 , portant établiffement du Vingtieme. Lef
dites deux cens cinquante mille livres feront
payées en cinq années , à raiſon de cinquante
mille livres chaque paiement , dont le premier
fera fait au mois d'Octobre prochain , & ainfi
d'année en année, jafqu'à l'entier acquittement de
la fomme totale. Entend Sa Majefté , que les penfions
établies & conftituées par les familles en faveur
des Chevaliers & Freres Novices , & les biens
'dont la jouiffance leur aura été abandonnée pour
le paiement , ou qui leur tiendront lieu defdites
penfions alimentaires , foient exemts de toute retenue
ou impofition du Vingtieme. Au cas que les
propriétaires , fermiers ou admodiateurs , mé
Tayers , locataires , receveurs , procureurs & autres
faifant valoir les biens chargés defdites penfions
, ayent été compris dans les rôles de ladite
impofition du Vingtieme , pour la totalité du produit
des biens dont ils jouiffent , fans aucune déduction
pour raifon des penfions dont ils font
chargés ; ils obtiendront , en repréſentant au. Prevôt
des Marchands & aux Intendans les titres enbonne
& due forme conftitutifs de ces penfions ,
les modérations du Vingtieme des fommes dont
ils feront tenus envers lefdits Chevaliers & Freres
Novices.
L'Académie Royale des Sciences ayant élu lefeur
Pingré , Chanoine Régulier & Bibliothécai
re de l'Abbaye de Sainte Geneviève , & le fieur
de Belidor , Colonel d'Infanterie , pour remplis
la place d'Affocié Libre qu'occupoit le feu fieur de
Gamaches dans cette Compagnie , le Roi informé
du mérite & des talens de l'un & de l'autre , les a
{
MAI. 1756. 253
nommés tous les deux. En même tems , Sa Majefté
a réglé que la premiere place , qui viendroir
à vaquer dans la Claffe des Affociés Libres , ne
feroit point remplie.
M. d'Alembert , de l'Académie Françoiſe & de
celle des Sciences , vient d'être nommé par cette
derniere Académie , Penfionnaire furnuméraire.
Le même Académicien vient auffi d'être élu extraordinairement
, à la recommandation du Pape ,
Affocié étranger de l'Inftitut de Bologne.
On apprend de Marfeille , que le Navire la
Sainte Elizabeth , Capitaine Jean-Jofeph Portail,
a eu , en revenant de Smirne , deux combats à
foutenir contre deux Bâtimens Anglois.
M. le Duc de Gefvres , Premier Gentilhomme
de la Chambre du Roi , & Gouverneur de Paris ,
& M. le Comte d'Argenſon , Miniftre & Secretaire
d'Etat , accompagnés de M. de Bernage ,, Prevôt
des Marchands, & de M. Stocard, Premier Echevin,
préfenterent le 8 à Sa Majeſté , avec M. le Marquis
de Marigny , Directeur & Ordonnateur Général
des Bâtimens , Arts & Manufactures , le Modele
en relief de la Place que la Ville fait conftruire
pour la Statue équestre du Roi. M. le Marquis de
Marigni conduifit enfuite le Roi au Modele de
P'Ecole Militaire. Sa Majefté donna des marques
de fa fatisfaction de l'un & de l'autre.
Le 9 Avril , à l'occaſion de la mort de la Princeffe
Douairiere de Rohan , le Prince de Condé ,
accompagné du Chevalier de Rohan & du Duc de
Duras , falua en long manteau de deuil leurs Ma
jeftés & la Famille Royale . La Princeffe de Guémené
, la Princeffe de Rohan , la Comteffe de
Marfan , la jeune Princeffe de Soubize , la Ducheffe
de Duras , la Ducheffe de Mazarin & la Ducheffe
de Chaulnes , saquitterent l'après- midi du
même cérémonial
254 MERCURE DE FRANCE.
Le Roi a accordé les Entrées de la Chambre
à l'Evêque de Chartres , Premier Aumônier
de la Reine , & frere de M. le Duc de Fleury .
La mort de Madame la Maréchal de Maillebois
laiffant une place vacante parmi les Dames nommées
pour accompagner Madame , le Roi en a
difpofé en faveur de Madame la Ducheffe de
Mazarin.
Sur la démiffion que M. le Duc de Bethune a
donné de fa place de Capitaine des Gardes du
Corps , Sa Majefté y a nommé M. le Duc de Mirpoix.
3 à
On a été informé par un courier , qui arriva le
14 Avril , de Rome , que le s le Pape avoit fait la
Promotion des Cardinaux pour les Couronnes. Les
nouveaux Membres du Sacré College font , M. de
Saulx de Tavannes , Archevêque de Rouen , à la
nomination du Roi l'Evêque de Conftance ,
la nomination de l'Empereur ; l'Archevêque de
Vienne en Autriche , à la nomination de l'Impératrice
Reine de Bohême & de Hongrie ; l'Archevêque
de Seville , à la nomination du Roi d'Efpagnes
M. de Luynes , Archevêque de Sens , à la
nomination du Chevalier de Saint Georges ; PA
chevêque de Turin , à la nomination du Roi de
Sardaigne ; Don François Saldanha de Gama ,
Principal de la Patriarchale de Lifbonne , à la
nomination du Roi de Portugal , M. dec Gêvre
Evêque de Beauvais , à la nomination du Roi de
Pologne Electeurs de Saxe ; & le fieur Archinto
Gouverneur de Rome
Le 13 Avril , à neuf heures & demie du
matin, Madame la Princeffe de Condé accoucha
heureufement d'un Prince , que le Roi a nommé
Duc de Bourbon. 1
Un Arrêt du Confeil d'Etat fixe à cinq livres da
MA I. 1756. 255
cent pefant les droits d'entrée dans le Royaume
fur les clous moyens & petits , venans de l'étran
ger, & à cinquante fols , auffi du cent pefant , les
droits fur les gros clous , dont le milliers en nombre
fera du poids de deux cens cinquante livres poidsde
marc..
Le premier tirage de la troifieme Loterie
Royale s'eft fait le 7 & les cinq jours fuivans . Le
principal Lot eſt échu au numéro 21959 ,
fecond au numéro 2378.
"
& le
Le Jeudi Saint , l'Evêque de Nantes ayant fait
PAbfoute, & le Roi ayant entendu le Sermon de la
Cêne de M. l'Abbé Bon , Théologal de la Cathédrale
d'Autun , Sa Majesté a lavé les pieds à douze
Pauvres , & les a fervis à table . M. le Prince de
Condé, Grand Maître de la Maiſon du Roi ,, étoit
à la tête des Maîtres d'Hôtel , & il précédoit le
fervice , dont les plats ont été portés par Monfei
gneur leDauphin , M. le Comte de Clermont, M. le
Prince de Conty, M. le Comte de la Marche , M. let
Comte d'Eu , M. le Duc de Penthievre , & par les
principaux Officiers de Sa Majefté .
La Reine entendit le Sermon de la Cêne , de M.
l'Abbé d'Efpiard , Chanoine de l'Eglife Métropo
litaine de Befançon , Confeiller- Clerc au Parle
ment de la même. Ville , & Prédicateur ordinaire
de Sa Majefté . L'Evêque de Nantes fit enfuite l'Abfoute
, après laquelle la Reine lava les pieds à
douze pauvres filles , que Sa Majefté fervit à table.
M.le Marquis de Chalmazel, premier Maître d'Hôtel
de la Reine , précéda le fervice . Les plats furent
portés par Madame la Dauphine , par Madame
, par Madame Sophie , par les Dames du Pa
lais , & par plufieurs autres Dames de la Cour.
M. de Sechelles ayant demandé la permiffion
de remettre la place de Contrôleur Général des
256 MERCURE DE FRANCE.
Finances à M. Peirenc de Moras , que le Roi lui
avoit donné pour adjoint , Sa Majefté y a confenti
; mais en même temps Elle a témoigné défiter
que ce Miniftre continuât d'affifter auConfeil .
Selon les avis reçus de Clermont en Auvergne
il s'y éleva le 18 après-midi un vent violent . Vers
les cinq heures du foir , il devint fi terrible , que
perfonne n'ofoit fortir de chez foi , & chacun
craignoit en même tems d'être enfeveli fous les
ruines de fa maifon . I renverfa plufieurs Bâtimens
& déracina une grande quantité des plus gros
arbres. Toutes les vitres des maiſons ont été caf
fées , prefque toutes les tuiles des toits emportées ,
& la plupart des cheminées abattues . Il y a eu un
homme tué dans la Ville . A.Riom , une Religieufe
du Monaftere de Notre- Dame a eu le même fort.
Plufieurs perfonnes ont été bleffées dangereufement.
Cet ouragan ne s'eft heureufement fait fendans
l'étendue de trois ou quatre lieues . Sa
que
durée n'a guere excédé deux heures .
tir
Sa Majefté a honoré de Lettres de Nobleffe M.
Dulattier , premier Chirurgien de la Reine.
Le 22 Avril , les Actions de la Compagnie des
Indes étoient à quatorze cens quatre-vingt - dixfept
livres ies Billets de la feconde Loterie
Royale , à fept cens trente -fix . Ceux de la premiere
& de la troifieme Loterie n'avoient point .
de prix fixe.
d'Etat au Département de la Guerre ,
furvivance de M. le Comte d'Argenfon , & Chancelier
de l'Ordre Royal & Militaire de Saint
Louis , préfenta au Roi les Commandeurs & Of
ficiers de l'Ordre , & les Bourfes de Jettons , ainfi
qu'il eft d'ufage.
Madame la Marquife de Choifeul & Madame
la Comteffe d'Efpiés furent préfentées le même
jour à Leurs Majeftés & à la Famille Royale.
Ce même jour , M. le Marquis de Monteil partit
pour le rendre à Bonn , en qualité de Miniftre
Plénipotentiaire du Roi près de l'Electeur de Cologne,
1
M.le Duc d'Orléans ayant invité le fieur Tronshin
, célebre Profeffeur de Médecine à Geneve
de fe rendre à Paris , pour inoculer la petite vérole
à M. le Duc de Chartres & à Mademoiſelle , cette
opération s'est faite au Palais Royal , le 25 du
mois dernier , après la préparation néceflaire
fans incifion , au moyen d'un léger véficatoire. Le
fuccès a répondu aux efpérances de M. le Duc &
de Madame la Ducheffe d'Orléans, & aux voeux de
toute la France .
Sur ce qui a été repréfenté au Roi , que plufieurs
terreins en marais & inondés , feroient propres
à produire de la Garance , & que quelques
perfonnes s'offroient à faire les frais néceffaires
pour cultiver cette plante qu'on eft obligé de tirer
MA I. 1756. 25T
par
des pays étrangers , & pour deffécher lesdits marais
, s'il lui plaifoit les faire jouir de quelques
exemptions & privileges , nommément de ceux
qui font attribués par l'Edit de 1607, ainfi que
la Déclaration de 1641 , & autres réglemens
fubféquens , à ceux qui font le defféchement des
marais incultes , Sa Majefté a ordonné que les particuliers
, qui voudroient entreprendre de cultiver
des plantations de Garance dans des marais &
autres lieux de pareille nature , ne pourroient
pendant vingt années , à compter du jour que les
defféchemens & défrichemens auront été commencés
, être impofés à la taille , eux ni ceux
qui feroient employés à ladite exploitation , pour
raifon de la propriété ou du profit à faire fur l'exploitation
des terres cultivées en Garance. Au cas
dans lequel ils feroient d'ailleurs impofables
pour leurs autres biens , facultés & exploitations ,
ils feront taxés d'office par l'Intendant & Commiffaire
départi . Veut de plus Sa Majefté qu'il leur
foit permis de tenir , tant à Paris que dans les autres
Villes & Lieux du Royaume , des magafins
de Garance provenant de leurs exploitations , &
de la vendre , foit en gros , foit en détail , fans
qu'ils puiffent être troublés ni inquiétés. Sa Majefté
évoque à Elle & à fon Confeil tous les procès
, différends & conteftations ; que ceux qui entreprendront
la culture defdites Garances pourront
avoirs, ou en demandant ou en défendant ,
pendant le cours de cinq années , pour raifon de
leurs entreprifes & des privileges à eux accordés .
Conféquemment Elle les renvoie, pardevant les In--
tendans & Commiffaires départis , pour être jugés
par eux en premiere inftance , fauf l'appel aus
Confeil.
22
Parsun Arrêt du Confeil d'Etat , l'Ordre de
Lvj
252 MERCURE DE FRANCE.
Malte , en payant la fomme de deux cens cine
quante mille livres par forme de don gratuit , eft
déchargé de l'exécution de l'Edit du mois de Mai:
1749 , portant établiffement du Vingtieme. Lef
dites deux cens cinquante mille livres feront
payées en cinq années , à raiſon de cinquante
mille livres chaque paiement , dont le premier
fera fait au mois d'Octobre prochain , & ainfi
d'année en année, jafqu'à l'entier acquittement de
la fomme totale. Entend Sa Majefté , que les penfions
établies & conftituées par les familles en faveur
des Chevaliers & Freres Novices , & les biens
'dont la jouiffance leur aura été abandonnée pour
le paiement , ou qui leur tiendront lieu defdites
penfions alimentaires , foient exemts de toute retenue
ou impofition du Vingtieme. Au cas que les
propriétaires , fermiers ou admodiateurs , mé
Tayers , locataires , receveurs , procureurs & autres
faifant valoir les biens chargés defdites penfions
, ayent été compris dans les rôles de ladite
impofition du Vingtieme , pour la totalité du produit
des biens dont ils jouiffent , fans aucune déduction
pour raifon des penfions dont ils font
chargés ; ils obtiendront , en repréſentant au. Prevôt
des Marchands & aux Intendans les titres enbonne
& due forme conftitutifs de ces penfions ,
les modérations du Vingtieme des fommes dont
ils feront tenus envers lefdits Chevaliers & Freres
Novices.
L'Académie Royale des Sciences ayant élu lefeur
Pingré , Chanoine Régulier & Bibliothécai
re de l'Abbaye de Sainte Geneviève , & le fieur
de Belidor , Colonel d'Infanterie , pour remplis
la place d'Affocié Libre qu'occupoit le feu fieur de
Gamaches dans cette Compagnie , le Roi informé
du mérite & des talens de l'un & de l'autre , les a
{
MAI. 1756. 253
nommés tous les deux. En même tems , Sa Majefté
a réglé que la premiere place , qui viendroir
à vaquer dans la Claffe des Affociés Libres , ne
feroit point remplie.
M. d'Alembert , de l'Académie Françoiſe & de
celle des Sciences , vient d'être nommé par cette
derniere Académie , Penfionnaire furnuméraire.
Le même Académicien vient auffi d'être élu extraordinairement
, à la recommandation du Pape ,
Affocié étranger de l'Inftitut de Bologne.
On apprend de Marfeille , que le Navire la
Sainte Elizabeth , Capitaine Jean-Jofeph Portail,
a eu , en revenant de Smirne , deux combats à
foutenir contre deux Bâtimens Anglois.
M. le Duc de Gefvres , Premier Gentilhomme
de la Chambre du Roi , & Gouverneur de Paris ,
& M. le Comte d'Argenſon , Miniftre & Secretaire
d'Etat , accompagnés de M. de Bernage ,, Prevôt
des Marchands, & de M. Stocard, Premier Echevin,
préfenterent le 8 à Sa Majeſté , avec M. le Marquis
de Marigny , Directeur & Ordonnateur Général
des Bâtimens , Arts & Manufactures , le Modele
en relief de la Place que la Ville fait conftruire
pour la Statue équestre du Roi. M. le Marquis de
Marigni conduifit enfuite le Roi au Modele de
P'Ecole Militaire. Sa Majefté donna des marques
de fa fatisfaction de l'un & de l'autre.
Le 9 Avril , à l'occaſion de la mort de la Princeffe
Douairiere de Rohan , le Prince de Condé ,
accompagné du Chevalier de Rohan & du Duc de
Duras , falua en long manteau de deuil leurs Ma
jeftés & la Famille Royale . La Princeffe de Guémené
, la Princeffe de Rohan , la Comteffe de
Marfan , la jeune Princeffe de Soubize , la Ducheffe
de Duras , la Ducheffe de Mazarin & la Ducheffe
de Chaulnes , saquitterent l'après- midi du
même cérémonial
254 MERCURE DE FRANCE.
Le Roi a accordé les Entrées de la Chambre
à l'Evêque de Chartres , Premier Aumônier
de la Reine , & frere de M. le Duc de Fleury .
La mort de Madame la Maréchal de Maillebois
laiffant une place vacante parmi les Dames nommées
pour accompagner Madame , le Roi en a
difpofé en faveur de Madame la Ducheffe de
Mazarin.
Sur la démiffion que M. le Duc de Bethune a
donné de fa place de Capitaine des Gardes du
Corps , Sa Majefté y a nommé M. le Duc de Mirpoix.
3 à
On a été informé par un courier , qui arriva le
14 Avril , de Rome , que le s le Pape avoit fait la
Promotion des Cardinaux pour les Couronnes. Les
nouveaux Membres du Sacré College font , M. de
Saulx de Tavannes , Archevêque de Rouen , à la
nomination du Roi l'Evêque de Conftance ,
la nomination de l'Empereur ; l'Archevêque de
Vienne en Autriche , à la nomination de l'Impératrice
Reine de Bohême & de Hongrie ; l'Archevêque
de Seville , à la nomination du Roi d'Efpagnes
M. de Luynes , Archevêque de Sens , à la
nomination du Chevalier de Saint Georges ; PA
chevêque de Turin , à la nomination du Roi de
Sardaigne ; Don François Saldanha de Gama ,
Principal de la Patriarchale de Lifbonne , à la
nomination du Roi de Portugal , M. dec Gêvre
Evêque de Beauvais , à la nomination du Roi de
Pologne Electeurs de Saxe ; & le fieur Archinto
Gouverneur de Rome
Le 13 Avril , à neuf heures & demie du
matin, Madame la Princeffe de Condé accoucha
heureufement d'un Prince , que le Roi a nommé
Duc de Bourbon. 1
Un Arrêt du Confeil d'Etat fixe à cinq livres da
MA I. 1756. 255
cent pefant les droits d'entrée dans le Royaume
fur les clous moyens & petits , venans de l'étran
ger, & à cinquante fols , auffi du cent pefant , les
droits fur les gros clous , dont le milliers en nombre
fera du poids de deux cens cinquante livres poidsde
marc..
Le premier tirage de la troifieme Loterie
Royale s'eft fait le 7 & les cinq jours fuivans . Le
principal Lot eſt échu au numéro 21959 ,
fecond au numéro 2378.
"
& le
Le Jeudi Saint , l'Evêque de Nantes ayant fait
PAbfoute, & le Roi ayant entendu le Sermon de la
Cêne de M. l'Abbé Bon , Théologal de la Cathédrale
d'Autun , Sa Majesté a lavé les pieds à douze
Pauvres , & les a fervis à table . M. le Prince de
Condé, Grand Maître de la Maiſon du Roi ,, étoit
à la tête des Maîtres d'Hôtel , & il précédoit le
fervice , dont les plats ont été portés par Monfei
gneur leDauphin , M. le Comte de Clermont, M. le
Prince de Conty, M. le Comte de la Marche , M. let
Comte d'Eu , M. le Duc de Penthievre , & par les
principaux Officiers de Sa Majefté .
La Reine entendit le Sermon de la Cêne , de M.
l'Abbé d'Efpiard , Chanoine de l'Eglife Métropo
litaine de Befançon , Confeiller- Clerc au Parle
ment de la même. Ville , & Prédicateur ordinaire
de Sa Majefté . L'Evêque de Nantes fit enfuite l'Abfoute
, après laquelle la Reine lava les pieds à
douze pauvres filles , que Sa Majefté fervit à table.
M.le Marquis de Chalmazel, premier Maître d'Hôtel
de la Reine , précéda le fervice . Les plats furent
portés par Madame la Dauphine , par Madame
, par Madame Sophie , par les Dames du Pa
lais , & par plufieurs autres Dames de la Cour.
M. de Sechelles ayant demandé la permiffion
de remettre la place de Contrôleur Général des
256 MERCURE DE FRANCE.
Finances à M. Peirenc de Moras , que le Roi lui
avoit donné pour adjoint , Sa Majefté y a confenti
; mais en même temps Elle a témoigné défiter
que ce Miniftre continuât d'affifter auConfeil .
Selon les avis reçus de Clermont en Auvergne
il s'y éleva le 18 après-midi un vent violent . Vers
les cinq heures du foir , il devint fi terrible , que
perfonne n'ofoit fortir de chez foi , & chacun
craignoit en même tems d'être enfeveli fous les
ruines de fa maifon . I renverfa plufieurs Bâtimens
& déracina une grande quantité des plus gros
arbres. Toutes les vitres des maiſons ont été caf
fées , prefque toutes les tuiles des toits emportées ,
& la plupart des cheminées abattues . Il y a eu un
homme tué dans la Ville . A.Riom , une Religieufe
du Monaftere de Notre- Dame a eu le même fort.
Plufieurs perfonnes ont été bleffées dangereufement.
Cet ouragan ne s'eft heureufement fait fendans
l'étendue de trois ou quatre lieues . Sa
que
durée n'a guere excédé deux heures .
tir
Sa Majefté a honoré de Lettres de Nobleffe M.
Dulattier , premier Chirurgien de la Reine.
Le 22 Avril , les Actions de la Compagnie des
Indes étoient à quatorze cens quatre-vingt - dixfept
livres ies Billets de la feconde Loterie
Royale , à fept cens trente -fix . Ceux de la premiere
& de la troifieme Loterie n'avoient point .
de prix fixe.
Fermer
Résumé : « Le 4 Avril, M. le Marquis de Paulmy, Secretaire d'Etat au [...] »
Le 4 avril, le Marquis de Pauliny présenta au Roi les Commandeurs et Officiers de l'Ordre Royal et Militaire de Saint-Louis, ainsi que les Bourdes de Jettons. Madame la Marquise de Choiseul et Madame la Comtesse d'Espiès furent également présentées au Roi et à la Famille Royale. Le Marquis de Monteil fut envoyé à Bonn en tant que Ministre Plénipotentiaire du Roi près de l'Électeur de Cologne. Le Duc d'Orléans fit venir le professeur de médecine Tronshin à Paris pour inoculer la petite vérole au Duc de Chartres et à Mademoiselle, opération réussie au Palais Royal le 25 du mois précédent. Le Roi accorda des exemptions fiscales pour vingt ans aux particuliers cultivant la garance dans des marais, ainsi que la permission de vendre cette plante sans être inquiétés. Il suspendit également les procès liés à cette culture pour cinq ans. Un arrêt du Conseil d'État exempta Malte du Vingtième en échange d'un paiement de 250 000 livres sur cinq ans et exempta les pensions des Chevaliers de Malte de cette imposition. L'Académie Royale des Sciences élut Pingré et Belidor comme Associés Libres, nommés par le Roi. D'Alembert fut nommé Pensionnaire surnuméraire et Associé étranger de l'Institut de Bologne. Le navire Sainte Elizabeth eut deux combats contre des bâtiments anglais. Le Duc de Gesvres et le Comte d'Argenson présentèrent au Roi le modèle de la Place pour la Statue équestre du Roi et celui de l'École Militaire. Le 9 avril, le Prince de Condé et plusieurs princesses saluèrent le Roi et la Famille Royale à l'occasion de la mort de la Princesse Douairière de Rohan. Le Roi accorda l'Entrée de la Chambre à l'Évêque de Chartres et nomma la Duchesse de Mazarin pour accompagner Madame, remplaçant la Maréchale de Maillebois. Le Duc de Mirpoix fut nommé Capitaine des Gardes du Corps. Le Pape promit plusieurs nouveaux cardinaux, dont l'Archevêque de Rouen à la nomination du Roi. Le 13 avril, la Princesse de Condé accoucha d'un prince, nommé Duc de Bourbon par le Roi. Un arrêt du Conseil d'État fixa les droits d'entrée pour les clous étrangers. La troisième Loterie Royale eut lieu du 7 au 12 avril. Le Jeudi Saint, le Roi et la Reine lavèrent les pieds de douze pauvres. Un violent ouragan frappa Clermont en Auvergne, causant des dégâts et des victimes. Le Roi anoblit Dulattier, premier Chirurgien de la Reine. Le 22 avril, les actions de la Compagnie des Indes étaient à 1 497 livres et les billets de la seconde Loterie Royale à 736 livres.
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Fermer
10320
p. 256
BÉNÉFICES DONNÉS.
Début :
Sa Majesté a donné l'Abbaye de Bonnefont, Ordre de Cîteaux, [...]
Mots clefs :
Abbayes, Diocèses, Ordre de Cîteaux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : BÉNÉFICES DONNÉS.
BÉNÉFICES DONNÉS..
SA Majefté a donné l'Abbaye de Bonnefont ,
Ordre de Cîteaux , Diocefe de Cominges , à l'Abbé
de Meyere , Vicaire Général de l'Evêché de
Laon , & l'Abbaye Réguliere du Pin , même Or--
dre , Dioceſe de Poitiers , à Dom Rouleau
Religieux de cer . Ordre , & Abbé de la Colombe.
SA Majefté a donné l'Abbaye de Bonnefont ,
Ordre de Cîteaux , Diocefe de Cominges , à l'Abbé
de Meyere , Vicaire Général de l'Evêché de
Laon , & l'Abbaye Réguliere du Pin , même Or--
dre , Dioceſe de Poitiers , à Dom Rouleau
Religieux de cer . Ordre , & Abbé de la Colombe.
Fermer
10321
p. 257-261
MORTS.
Début :
Joseph de Mailly, Marquis de Mailly-Hancourt, mourut le 7 Décembre dernier [...]
Mots clefs :
Morts, Marquis, Seigneur, Chevalier, Maison de Lostanges
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS.
MORT S.
Correction pour le premier volume de Janvier
1756.
L'articlefuivant ayant été donné peu exactement
dans le premier volume de Janvier, on le répétera ici
en entier.
Jofeph de Mailly , Marquis de Mailly-Haucourt
, mourut le 7 Décembre dernier au Château
de la Roche d'Evaux , dans le Maine , âgé de 75
ans . Il avoit été Page de la Petite Ecurie , enfuite
Moufquetaire Gris , d'où il paffa dans le Régiment
du Roi , qu'il ne quitta après plufieurs campagnes
que pour le marier en 1704 , à N.... de la Riviere
d'Evaux , de laquelle il a eu fix enfans , defquels
deux font morts en bas- âge,un étant Chevalier de
Malte , deux autres font morts plus âgés , l'un
Chevalier de Malte , & l'autre Eccléfiaftique . Lès
deux qui reftent font le Comte de Mailly , Lieutenant
Général des Armées du Roi , Infpecteur de
Cavalerie , & Demoiſelle Marie- Jofephe- Magdeleine
de Mailly domiciliée à Paris depuis plufieurs
années.
Correction pour le second volume de Janvier
1756.
p. 231 , lig. 21, aujourd'hui Préſident du Parlement,
effacez aujourd'hui , & lifez Préfident du Parlement
de Paris , mort à Soiffons le 29 Avril 1754
lequel avoit époufé le 25 Novembre 1729 , 1729 , &c.
2
Meffire Louis - Antoine- Charles de Saint
Simon , appellé le Chevalier de Courtomer
Chevalier de l'Ordre de Saint Jean de Jéruſalem,.
eft mort au Château de la Motte - Fouqué en
258 MERCURE DE FRANCE.
Normandie , âgé de vingt-un ans. Il étoit fils de
feu Meffire Gui- Antoine de Saint Simon , Marquis
de Courtomer, Meftre de Camp de Cavalerie,
& Capitaine des Gardes de feue Madame la Ducheffe
de Berri .
Meffire Jean-Louis de Loflanges , Marquis de
Beduer, Comte de Corn , Goudon, & c . Seigneur de
Sainte Neboule , Saint Laurens , Camboufie , Patron
de Liflac , eft mort le 27 Décembre dans fon
Château de Beduer en Querci , & a été inhumé le
lendemain dans l'Eglife du Monaftere des Religieufes
de Liffac. Il ne laiffe pas d'enfans de Marie
Pulcherie - Anaftafie de Foucaud - d'Alzon
Dame de Jonnac , Mandens , &c . fon épouse
qu'il a inftituée héritiere de tous fes biens , à la
charge de les rendre à fon choix à un Loftanges.
-
·
>
La Maiſon de Loftanges tire fon nom du Châ
teau de Loftanges , dans le Bas-Limofin , où elle
étoit confidérable dès le douzieme fiecle. La branche
des Marquis de Beduer eft fortie de celle de
Saint Alvaire , laquelle avoit été formée par
Jean-Aimar de Loftanges , Chevalier , qui époufa
le 27 Septembre 1446 , Antoinette de Vayrines ,
dite de Limeuil , Dame de Saint - Alvaire en Périgord
, de laquelle il eut entr'autres , Jean , dit
Janicor de Loftanges , Seigneur de Saint - Alvaire ,
allié par contrat , du 3 Janvier 1508 , à Marie
fille de Jean de Salagnac , Seigneur de la Motte-
Fenelon , Maître d'Hôtel ordinaire du Roi , & de
Catherine de Lauzieres-Themines. De ce mariage
fortirent, entr'autres , Bertrand , dont nous allons
parler ; & François , Auteur de la branche des Seigneurs
de Palliez en Saintonge.
Bertrand de Loftanges , Seigneur de Saint- Alvaire
, fut pere par Marie de Montberon de Hugues
, Seigneur de Saint - Alvaire , Chevalier de
ΜΑΙ . 1796. 259
l'ordre du Roi , Gentilhomme de la Chambre ,
Capitaine de cinquante hommes d'Armes de fes
Ordonnances , marié à Galiotte de Gourdon de
Genouillac , fille de Jean , Baron de Vaillac , Chevalier
de l'ordre du Roi , Gouverneur du Château-
Trompette , &c ; & de Jeanne le Brun , Dame
de Boiffet. Il eut de certe alliance , 1º . Jean-
Louis , qui a continué la branche de Saint- Alvaire.
2. Louis-François , qui a formé celle des
Marquis de Beduer , que nous rapporterons enfuite.
.
Jean-Louis de Loftanges , Baron de Saint - Alvaire
, fut allié à Elifabeth , fille de Jacques de
Cruffol , Duc d'Uzès , Pair de France , Chevalier
des Ordres du Roi , & de Françoile de Clermont-
Tonnerre. Il eut de ce mariage , entr'autres , Emmanuel-
Galliot de Loftanges , Marquis de Saint-
Alvaire , Sénéchal , & Gouverneur de Querci ,
qui de fa femme Claude - Simonne Eberard de
Saint-Sulpice , Dame du Vigan , a eu, entr'autres,
Louis de Loftanges qui fuit : Emmanuel , dit le
Comte de Saint-Alvaire , Gouverneur & Sénéchal
de Querci ; Louis , Seigneur d'Uffel ; & François ,
dit le Chevalier de Saint- Alvaire .
Louis de Loftanges , Marquis de Saint- Alvaire
, Baron du Vigan , Sénéchal & Gouverneur de
Querci , Chevalier de Saint Louis , perdit un ceil
à la Bataille de Senef , & fut noyé dans la Dordogne
en Décembre 1705. Il avoit épousé Roſe ,
fille de Louis , Marquis de Cadrieu , & de Marie
de Saint- Nectaire de Veyrieres , de laquelle il a eu ,
entr'autres , Armand - Louis - Claude - Simon de
Loftanges , Marquis de Sainte Alvaire , Sénéchal
& Gouverneur de Querci , allié en 1719 à Marie
de Larmandie de Longua. Leurs enfans font ,
1º. Armand - Louis - Marie , Marquis de Lof
tanges , Meftre de Camp du Régiment des Cui
260 MERCURE DE FRANCE..
raffiers du Roi , premier Ecuyer de Madame Adelaïde
, marié le 8 Mai 1754 , à Marie -Elizabeth-
Charlotte-Pauline de Galucci de l'Hôpital. Voyez
le Mercure du mois de Juin 1754 , fecond volume
pag. 197.
2º. Alexandre- Rofe de Loftanges , Marquis de
Cadrieu , né le 18 Octobre 1723 , Capitaine de
Dragons.
A
3. N ... de Loftanges , dit le Vicomte de
Saint - Alvaire , né en 1733 .
4°. Marie-Julie de Loftanges.
5º , 6º & 7°. Trois autres filles.
Louis-François de Loftanges , fecond fils de
Flugues , Seigneur de Saint- Alvaire & de Galiotte
de Gourdon de Genouillac , fut Colonel d'un Régiment
d'Infanterie dans les Armées des Rois Henri
IV & Louis XIII . II forma la branche des
Marquis de Beduer. Il époufa , 19. Jeanne de Luzech
, veuve & donataire de Jean de Narbonnez
Baron de Puillaunez & de Beduer , de laquelle il
n'eut point d'enfans. 2 ° Jeanne de Marqueyssac,
yeuve de N.... de Saint Aftier , Seigneur de Borie
, dont vint , entr'autres , Jean- Louis de Loftanges
, Comte de Beduer , Capitaine Commandant
le Régiment de Candale Cavalerie , député
de la Nobleffe de Guyenne , puis de celle de
Périgord. Il fut marié à Françoiſe de Gourdon de
Genouillac , fille de Jean , Seigneur de Reillac ,
& en eut deux fils , Francois- Louis qui fuit , &
Jean - Marguerit de Loftanges , Auteur de la
Branche de Cuxac , qui fera rapportée.
François-Louis -de Loftanges , Comte de Beduer
, qui mourut en 1692 , eut de fa femme
Marie-Renée Menardeau , entr'autres Louis- Henri
& Laurent de Loftanges. Louis - Henri- de
Loftanges , Comte de Beduer , fut marié à Fran
soife du Mont de laquelle il eut
>
MA I. 1756.
261
1. Louis de Loftanges , Marquis de Beduer ,
mort en Septembre 1746 , fans enfans de N..
du Maine du Bourg , petite fille du Maréchal du
Bourg , actuellement vivante.
..
20. Jean Louis , qui donne lieu à cet article ,
3°. Renée de Loſtanges , aujourd'hui Prieure de
Liffac.
Laurent de Loftanges , frere de Louis- Henri ,
a laiffé un fils nommé Louis de Loftanges , Seigneur
de Jarmons , Cornette de Cavaleriiee ,, àà préfent
Chefde la Branche de Beduer.
-
Jean Marguerit de Loftanges , fecond fils de
Jean-Louis, Comte de Beduer ; & de Françoife de
Gourdon de Genouillac , fut Marquis de Felains ,
Seigneur de Cufac ou Cuxac , en Rouergue , &
mourut en 1691. Il avoit épousé Marguerite de
Corn-d'Ampare dont il eut , entr'autres enfans ,
Jean-François de Loftanges , Seigneur de Cuxac ,
marié le 10 Août 1711 , à Françoiſe de la Mothe.
La Maifon de Loftanges porte pour Armes
d'argent au Lion de gueules courronné , accompagné
de cinq étoiles de même en orle.
Meffire François- Edouard le Gras de Vauberfey,
Chevalier , Seigneur de Montgenot , Lieute
nant des Maréchaux de France au département de
Champagne & de Brie , eft mort le 7 Mars dans
fon Château de Montgenot en Champagne , âgé
de 54 ans. Il avoit époufé le 11 Septembre dernier
Demoiſelle Marie Claire de Relongue - de la
Louptiere.
Correction pour le premier volume de Janvier
1756.
L'articlefuivant ayant été donné peu exactement
dans le premier volume de Janvier, on le répétera ici
en entier.
Jofeph de Mailly , Marquis de Mailly-Haucourt
, mourut le 7 Décembre dernier au Château
de la Roche d'Evaux , dans le Maine , âgé de 75
ans . Il avoit été Page de la Petite Ecurie , enfuite
Moufquetaire Gris , d'où il paffa dans le Régiment
du Roi , qu'il ne quitta après plufieurs campagnes
que pour le marier en 1704 , à N.... de la Riviere
d'Evaux , de laquelle il a eu fix enfans , defquels
deux font morts en bas- âge,un étant Chevalier de
Malte , deux autres font morts plus âgés , l'un
Chevalier de Malte , & l'autre Eccléfiaftique . Lès
deux qui reftent font le Comte de Mailly , Lieutenant
Général des Armées du Roi , Infpecteur de
Cavalerie , & Demoiſelle Marie- Jofephe- Magdeleine
de Mailly domiciliée à Paris depuis plufieurs
années.
Correction pour le second volume de Janvier
1756.
p. 231 , lig. 21, aujourd'hui Préſident du Parlement,
effacez aujourd'hui , & lifez Préfident du Parlement
de Paris , mort à Soiffons le 29 Avril 1754
lequel avoit époufé le 25 Novembre 1729 , 1729 , &c.
2
Meffire Louis - Antoine- Charles de Saint
Simon , appellé le Chevalier de Courtomer
Chevalier de l'Ordre de Saint Jean de Jéruſalem,.
eft mort au Château de la Motte - Fouqué en
258 MERCURE DE FRANCE.
Normandie , âgé de vingt-un ans. Il étoit fils de
feu Meffire Gui- Antoine de Saint Simon , Marquis
de Courtomer, Meftre de Camp de Cavalerie,
& Capitaine des Gardes de feue Madame la Ducheffe
de Berri .
Meffire Jean-Louis de Loflanges , Marquis de
Beduer, Comte de Corn , Goudon, & c . Seigneur de
Sainte Neboule , Saint Laurens , Camboufie , Patron
de Liflac , eft mort le 27 Décembre dans fon
Château de Beduer en Querci , & a été inhumé le
lendemain dans l'Eglife du Monaftere des Religieufes
de Liffac. Il ne laiffe pas d'enfans de Marie
Pulcherie - Anaftafie de Foucaud - d'Alzon
Dame de Jonnac , Mandens , &c . fon épouse
qu'il a inftituée héritiere de tous fes biens , à la
charge de les rendre à fon choix à un Loftanges.
-
·
>
La Maiſon de Loftanges tire fon nom du Châ
teau de Loftanges , dans le Bas-Limofin , où elle
étoit confidérable dès le douzieme fiecle. La branche
des Marquis de Beduer eft fortie de celle de
Saint Alvaire , laquelle avoit été formée par
Jean-Aimar de Loftanges , Chevalier , qui époufa
le 27 Septembre 1446 , Antoinette de Vayrines ,
dite de Limeuil , Dame de Saint - Alvaire en Périgord
, de laquelle il eut entr'autres , Jean , dit
Janicor de Loftanges , Seigneur de Saint - Alvaire ,
allié par contrat , du 3 Janvier 1508 , à Marie
fille de Jean de Salagnac , Seigneur de la Motte-
Fenelon , Maître d'Hôtel ordinaire du Roi , & de
Catherine de Lauzieres-Themines. De ce mariage
fortirent, entr'autres , Bertrand , dont nous allons
parler ; & François , Auteur de la branche des Seigneurs
de Palliez en Saintonge.
Bertrand de Loftanges , Seigneur de Saint- Alvaire
, fut pere par Marie de Montberon de Hugues
, Seigneur de Saint - Alvaire , Chevalier de
ΜΑΙ . 1796. 259
l'ordre du Roi , Gentilhomme de la Chambre ,
Capitaine de cinquante hommes d'Armes de fes
Ordonnances , marié à Galiotte de Gourdon de
Genouillac , fille de Jean , Baron de Vaillac , Chevalier
de l'ordre du Roi , Gouverneur du Château-
Trompette , &c ; & de Jeanne le Brun , Dame
de Boiffet. Il eut de certe alliance , 1º . Jean-
Louis , qui a continué la branche de Saint- Alvaire.
2. Louis-François , qui a formé celle des
Marquis de Beduer , que nous rapporterons enfuite.
.
Jean-Louis de Loftanges , Baron de Saint - Alvaire
, fut allié à Elifabeth , fille de Jacques de
Cruffol , Duc d'Uzès , Pair de France , Chevalier
des Ordres du Roi , & de Françoile de Clermont-
Tonnerre. Il eut de ce mariage , entr'autres , Emmanuel-
Galliot de Loftanges , Marquis de Saint-
Alvaire , Sénéchal , & Gouverneur de Querci ,
qui de fa femme Claude - Simonne Eberard de
Saint-Sulpice , Dame du Vigan , a eu, entr'autres,
Louis de Loftanges qui fuit : Emmanuel , dit le
Comte de Saint-Alvaire , Gouverneur & Sénéchal
de Querci ; Louis , Seigneur d'Uffel ; & François ,
dit le Chevalier de Saint- Alvaire .
Louis de Loftanges , Marquis de Saint- Alvaire
, Baron du Vigan , Sénéchal & Gouverneur de
Querci , Chevalier de Saint Louis , perdit un ceil
à la Bataille de Senef , & fut noyé dans la Dordogne
en Décembre 1705. Il avoit épousé Roſe ,
fille de Louis , Marquis de Cadrieu , & de Marie
de Saint- Nectaire de Veyrieres , de laquelle il a eu ,
entr'autres , Armand - Louis - Claude - Simon de
Loftanges , Marquis de Sainte Alvaire , Sénéchal
& Gouverneur de Querci , allié en 1719 à Marie
de Larmandie de Longua. Leurs enfans font ,
1º. Armand - Louis - Marie , Marquis de Lof
tanges , Meftre de Camp du Régiment des Cui
260 MERCURE DE FRANCE..
raffiers du Roi , premier Ecuyer de Madame Adelaïde
, marié le 8 Mai 1754 , à Marie -Elizabeth-
Charlotte-Pauline de Galucci de l'Hôpital. Voyez
le Mercure du mois de Juin 1754 , fecond volume
pag. 197.
2º. Alexandre- Rofe de Loftanges , Marquis de
Cadrieu , né le 18 Octobre 1723 , Capitaine de
Dragons.
A
3. N ... de Loftanges , dit le Vicomte de
Saint - Alvaire , né en 1733 .
4°. Marie-Julie de Loftanges.
5º , 6º & 7°. Trois autres filles.
Louis-François de Loftanges , fecond fils de
Flugues , Seigneur de Saint- Alvaire & de Galiotte
de Gourdon de Genouillac , fut Colonel d'un Régiment
d'Infanterie dans les Armées des Rois Henri
IV & Louis XIII . II forma la branche des
Marquis de Beduer. Il époufa , 19. Jeanne de Luzech
, veuve & donataire de Jean de Narbonnez
Baron de Puillaunez & de Beduer , de laquelle il
n'eut point d'enfans. 2 ° Jeanne de Marqueyssac,
yeuve de N.... de Saint Aftier , Seigneur de Borie
, dont vint , entr'autres , Jean- Louis de Loftanges
, Comte de Beduer , Capitaine Commandant
le Régiment de Candale Cavalerie , député
de la Nobleffe de Guyenne , puis de celle de
Périgord. Il fut marié à Françoiſe de Gourdon de
Genouillac , fille de Jean , Seigneur de Reillac ,
& en eut deux fils , Francois- Louis qui fuit , &
Jean - Marguerit de Loftanges , Auteur de la
Branche de Cuxac , qui fera rapportée.
François-Louis -de Loftanges , Comte de Beduer
, qui mourut en 1692 , eut de fa femme
Marie-Renée Menardeau , entr'autres Louis- Henri
& Laurent de Loftanges. Louis - Henri- de
Loftanges , Comte de Beduer , fut marié à Fran
soife du Mont de laquelle il eut
>
MA I. 1756.
261
1. Louis de Loftanges , Marquis de Beduer ,
mort en Septembre 1746 , fans enfans de N..
du Maine du Bourg , petite fille du Maréchal du
Bourg , actuellement vivante.
..
20. Jean Louis , qui donne lieu à cet article ,
3°. Renée de Loſtanges , aujourd'hui Prieure de
Liffac.
Laurent de Loftanges , frere de Louis- Henri ,
a laiffé un fils nommé Louis de Loftanges , Seigneur
de Jarmons , Cornette de Cavaleriiee ,, àà préfent
Chefde la Branche de Beduer.
-
Jean Marguerit de Loftanges , fecond fils de
Jean-Louis, Comte de Beduer ; & de Françoife de
Gourdon de Genouillac , fut Marquis de Felains ,
Seigneur de Cufac ou Cuxac , en Rouergue , &
mourut en 1691. Il avoit épousé Marguerite de
Corn-d'Ampare dont il eut , entr'autres enfans ,
Jean-François de Loftanges , Seigneur de Cuxac ,
marié le 10 Août 1711 , à Françoiſe de la Mothe.
La Maifon de Loftanges porte pour Armes
d'argent au Lion de gueules courronné , accompagné
de cinq étoiles de même en orle.
Meffire François- Edouard le Gras de Vauberfey,
Chevalier , Seigneur de Montgenot , Lieute
nant des Maréchaux de France au département de
Champagne & de Brie , eft mort le 7 Mars dans
fon Château de Montgenot en Champagne , âgé
de 54 ans. Il avoit époufé le 11 Septembre dernier
Demoiſelle Marie Claire de Relongue - de la
Louptiere.
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Résumé : MORTS.
En 1756, plusieurs décès et corrections de généalogie ont été enregistrés. Joseph de Mailly, Marquis de Mailly-Haucourt, est décédé le 7 décembre 1755 au Château de la Roche d'Evaux à l'âge de 75 ans. Il a occupé divers postes militaires et a eu six enfants. Deux sont décédés en bas âge, deux sont Chevaliers de Malte, un est ecclésiastique, et deux survivants sont le Comte de Mailly et Demoiselle Marie-Josèphe-Madeleine de Mailly. Le texte mentionne également des corrections pour le second volume de janvier 1756. Louis-Antoine-Charles de Saint Simon, Chevalier de Courtomer, est décédé à l'âge de 21 ans au Château de la Motte-Fouqué en Normandie. Jean-Louis de Loflanges, Marquis de Beduer, est décédé le 27 décembre 1755 dans son Château de Beduer en Quercy et a été inhumé le lendemain. Il n'a laissé aucun enfant et a institué son épouse héritière de tous ses biens. La Maison de Loflanges, tirant son nom du Château de Loflanges en Bas-Limousin, est mentionnée comme étant considérable dès le douzième siècle. Le texte détaille la généalogie des Marquis de Beduer, incluant plusieurs générations et alliances matrimoniales. François-Édouard le Gras de Vauberfey, Chevalier et Seigneur de Montgenot, est décédé le 7 mars 1756 à l'âge de 54 ans dans son Château de Montgenot en Champagne. Il avait épousé Demoiselle Marie Claire de Relongue-de-la-Louptiere.
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10322
p. 262
ERRATA. Pour le premier Volume du mois d'Avril.
Début :
Page 44, ligne derniere, que vous me donnerez de baiser en ce jour, [...]
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texteReconnaissance textuelle : ERRATA. Pour le premier Volume du mois d'Avril.
ERRATA.
Pour le premier Volume du mois d'Avril.
Page 44 , ligne derniere, que vous me donnerez
de baifer en ce jour , lifez , de baiſers en ce jour.
Page 72 , ligne 2 , toujous fufpendue , lifex ,
toujours.
Même page , ligne 19, de gente différent
lifex , de genre différent.
Page 93 , lig. 24 , Leg , réveil , rive , lif. rivé.
Pour le fecond Volume d'Avril.
Page 16 , ligne 3 , mais il n'en étoient plus, lifex ,
mais ils n'en étoient plus.
Page 31 , lig. 18 , depuis que loin de la barriere ,
lifez , depuis que loin de la banniere.
Page 192 & 193 , lig. 18 & lig. 3 , M. Profper ,
Muficien du Roi de Sardaigne , lifez , M.
Prover , &c.
Pour le premier Volume du mois d'Avril.
Page 44 , ligne derniere, que vous me donnerez
de baifer en ce jour , lifez , de baiſers en ce jour.
Page 72 , ligne 2 , toujous fufpendue , lifex ,
toujours.
Même page , ligne 19, de gente différent
lifex , de genre différent.
Page 93 , lig. 24 , Leg , réveil , rive , lif. rivé.
Pour le fecond Volume d'Avril.
Page 16 , ligne 3 , mais il n'en étoient plus, lifex ,
mais ils n'en étoient plus.
Page 31 , lig. 18 , depuis que loin de la barriere ,
lifez , depuis que loin de la banniere.
Page 192 & 193 , lig. 18 & lig. 3 , M. Profper ,
Muficien du Roi de Sardaigne , lifez , M.
Prover , &c.
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Résumé : ERRATA. Pour le premier Volume du mois d'Avril.
Le document liste les corrections typographiques pour les premiers et seconds volumes d'avril. Pour le premier volume, les corrections concernent les pages 44, 72 et 93. Pour le second volume, elles concernent les pages 16, 31, 192 et 193.
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10323
p. 262-264
TABLE DES ARTICLES.
Début :
Article premier. Pieces Fugitives en Vers et en Prose. Epître [...]
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texteReconnaissance textuelle : TABLE DES ARTICLES.
TABLE DES ARTICLES.
ARTICLE PREMIER.
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSE
Epitre de M. des M... à M. de M...
Les à Propos , hiftoire du fiecle paffé ,
Les Paffions , Idylle ,
Rondeau ,
page s™
8
20
22
Réponse aux Couplets de M. Relongue de la
Louptiere ,
23
263
Effai fur les Paſſions , 24
34
Vers à ce fujet , par le même Auteur ,
Réponse de Mlle de R... à la Differtation de M.
de Baftide , fur les égards qu'une femme doit à
un galant homme ,
La Rofe & le Lys , fable ,
36
47
Vers au fujet d'un repas dont tous les mets étoient
affaifonnés avec de l'ail , 49
Lettre du Comte de Canaple à Madame de Granfon
, par M. de Baſtide ,
Vers fur la mort de M. de Malezieu ,
Lettre à M. de Boiffy , par M. Aubert ,
Les deux Moineaux , fable , par le même,
Stances de M. Hagedorn ,
SI
59
60
63
65
Soliloque du même , à l'occafion de la mort pré
maturée de fon fils ,
Nouveau Dialogue des Morts ,
67
72
Ode de M. le Franc fur la mort de M. Racine , le
fils , 78
Explication de l'Enigme & du Logogryphe du
fecond Mercure d'Avril ,
Logogryphe ,
Enigme ,
Chanfon Languedocienne ,
ART. II. NOUVELLES LITTERAIRES.
83
86
90-
91
Effai fur les tremblemens de terre , premiere para
tie , 93
Extraits , Précis ou Indications de livres nouveaux
,
103
ART. III. SCIENCES ET BELLES Lettres.
Phyfique. Lettre à un Académicien de Dijon , &c;
Chirurgie, Réponſe du Frere Côme à la Lettre de
153
264
M. Vacher , fils aîné , inférée dans le Mercure
de Février , 172
Réponſe de M. Beranger aux Réflexions critiques
du fieur Daviel , inférées dans le Mercure du
mois d'Août 1755 ,
Extrait de la Séance publique de l'Académie des
Belles Lettres de Caen , du 13 Février 1755 , 205
ART. IV. BEAUX - ARTS.
182
Mufique.
Gravure.
219
ibid.
Lettre de M. Bellin , Ingénieur de la Marine , 221
Horlogerie.
Lettre à l'Auteur du Mercure , fur les Fontaines
de cuivre ,
ART. V. SPECTACLES,
231
235
Comédie Françoiſe. 239
Comédie Italienne . ibid.
Concert fpirituel ,
ibid.
Spectacle de la Salle des Machines , 243
ARTICLE VI.
Nouvelles étrangeres , 245
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c. 250
Bénéfices donnés ,
256
Mémoire généalogique ,
257
Mariages & Morts , 258
ARTICLE PREMIER.
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSE
Epitre de M. des M... à M. de M...
Les à Propos , hiftoire du fiecle paffé ,
Les Paffions , Idylle ,
Rondeau ,
page s™
8
20
22
Réponse aux Couplets de M. Relongue de la
Louptiere ,
23
263
Effai fur les Paſſions , 24
34
Vers à ce fujet , par le même Auteur ,
Réponse de Mlle de R... à la Differtation de M.
de Baftide , fur les égards qu'une femme doit à
un galant homme ,
La Rofe & le Lys , fable ,
36
47
Vers au fujet d'un repas dont tous les mets étoient
affaifonnés avec de l'ail , 49
Lettre du Comte de Canaple à Madame de Granfon
, par M. de Baſtide ,
Vers fur la mort de M. de Malezieu ,
Lettre à M. de Boiffy , par M. Aubert ,
Les deux Moineaux , fable , par le même,
Stances de M. Hagedorn ,
SI
59
60
63
65
Soliloque du même , à l'occafion de la mort pré
maturée de fon fils ,
Nouveau Dialogue des Morts ,
67
72
Ode de M. le Franc fur la mort de M. Racine , le
fils , 78
Explication de l'Enigme & du Logogryphe du
fecond Mercure d'Avril ,
Logogryphe ,
Enigme ,
Chanfon Languedocienne ,
ART. II. NOUVELLES LITTERAIRES.
83
86
90-
91
Effai fur les tremblemens de terre , premiere para
tie , 93
Extraits , Précis ou Indications de livres nouveaux
,
103
ART. III. SCIENCES ET BELLES Lettres.
Phyfique. Lettre à un Académicien de Dijon , &c;
Chirurgie, Réponſe du Frere Côme à la Lettre de
153
264
M. Vacher , fils aîné , inférée dans le Mercure
de Février , 172
Réponſe de M. Beranger aux Réflexions critiques
du fieur Daviel , inférées dans le Mercure du
mois d'Août 1755 ,
Extrait de la Séance publique de l'Académie des
Belles Lettres de Caen , du 13 Février 1755 , 205
ART. IV. BEAUX - ARTS.
182
Mufique.
Gravure.
219
ibid.
Lettre de M. Bellin , Ingénieur de la Marine , 221
Horlogerie.
Lettre à l'Auteur du Mercure , fur les Fontaines
de cuivre ,
ART. V. SPECTACLES,
231
235
Comédie Françoiſe. 239
Comédie Italienne . ibid.
Concert fpirituel ,
ibid.
Spectacle de la Salle des Machines , 243
ARTICLE VI.
Nouvelles étrangeres , 245
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c. 250
Bénéfices donnés ,
256
Mémoire généalogique ,
257
Mariages & Morts , 258
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Résumé : TABLE DES ARTICLES.
Le document présente une table des articles d'une publication, divisée en six sections principales. L'article premier répertorie diverses œuvres littéraires en vers et en prose, telles que des épîtres, des histoires, des idylles, des rondeaux, des essais, des fables, des lettres, des odes, et des énigmes. Les auteurs mentionnés incluent M. des M..., M. de M..., M. Relongue de la Louptiere, Mlle de R..., M. de Bastide, le Comte de Canaple, Madame de Granfon, M. Aubert, M. Hagedorn, et M. le Franc. L'article II traite des nouvelles littéraires, avec un essai sur les tremblements de terre et des extraits de livres récents. L'article III couvre les sciences et les belles-lettres, incluant des sujets de physique, de chirurgie, et des extraits de séances académiques. L'article IV aborde les beaux-arts, avec des sections sur la musique, la gravure, et l'horlogerie. L'article V se concentre sur les spectacles, incluant la comédie française, la comédie italienne, les concerts spirituels, et les spectacles de la Salle des Machines. Enfin, l'article VI présente les nouvelles étrangères, les nouvelles de la cour et de Paris, les bénéfices donnés, les mémoires généalogiques, ainsi que les mariages et décès.
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10324
p. 264
« De l'Imprimerie de Ch. A.Jombert [...] »
Début :
De l'Imprimerie de Ch. A.Jombert [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « De l'Imprimerie de Ch. A.Jombert [...] »
De l'Imprimerie de Ch. Ant. Jombert.
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10326
p. 70-71
LOGOGRYPHE.
Début :
Nous sommes les enfans d'un brave Militaire. [...]
Mots clefs :
Caractère d'imprimerie
10327
p. 119
« RÉFLEXIONS d'une Provinciale sur le discours de M. Rousseau, Citoyen de Geneve [...] »
Début :
RÉFLEXIONS d'une Provinciale sur le discours de M. Rousseau, Citoyen de Geneve [...]
Mots clefs :
Citoyen de Genève, Provinciale
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « RÉFLEXIONS d'une Provinciale sur le discours de M. Rousseau, Citoyen de Geneve [...] »
REFLEXIONS d'une Provinciale fur le
difcours de M. Rouffeau , Citoyen de Geneve
, touchant l'origine de l'inégalité des
conditions parmi les hommes. A Londres ,
& fe trouve à Paris , chez Lambert , rue
de la Comédie Françoiſe , 1756 .
pro-
Nous penfons que cette Provinciale a
le meilleur ton de Paris , que fes réflexions
font celles d'une femme d'efprit qui écrit
auffi- bien qu'elle penfe , & qu'elles feroient
honneur à l'homme le plus inftruir.
Elle combat le fentiment de M. R ... avec
les graces de fon fexe , & toute la folidité
du nôtre. Ce que nous trouvons en elle ,
de plus eſtimable , & que nous ofons
pofer pour modele , eft le ton de politeffe
& d'égard qui regne dans fon écrit d'un
bout à l'autre. Elle y rend à l'illuftre citoyen
de Geneve toute la juftice qu'il mérite
. L'éloge de l'Auteur y marche toujours
à côté de la critique de l'ouvrage . Nous
voyons depuis quelque temps avec fatisfaction
, que les guerres littéraires s'exercent
avec plus de décence , & qu'on y em
ploie pour armes , la force des raifons, préférablement
à celle des termes dont on
adoucit tous les jours la dureté.
difcours de M. Rouffeau , Citoyen de Geneve
, touchant l'origine de l'inégalité des
conditions parmi les hommes. A Londres ,
& fe trouve à Paris , chez Lambert , rue
de la Comédie Françoiſe , 1756 .
pro-
Nous penfons que cette Provinciale a
le meilleur ton de Paris , que fes réflexions
font celles d'une femme d'efprit qui écrit
auffi- bien qu'elle penfe , & qu'elles feroient
honneur à l'homme le plus inftruir.
Elle combat le fentiment de M. R ... avec
les graces de fon fexe , & toute la folidité
du nôtre. Ce que nous trouvons en elle ,
de plus eſtimable , & que nous ofons
pofer pour modele , eft le ton de politeffe
& d'égard qui regne dans fon écrit d'un
bout à l'autre. Elle y rend à l'illuftre citoyen
de Geneve toute la juftice qu'il mérite
. L'éloge de l'Auteur y marche toujours
à côté de la critique de l'ouvrage . Nous
voyons depuis quelque temps avec fatisfaction
, que les guerres littéraires s'exercent
avec plus de décence , & qu'on y em
ploie pour armes , la force des raifons, préférablement
à celle des termes dont on
adoucit tous les jours la dureté.
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Résumé : « RÉFLEXIONS d'une Provinciale sur le discours de M. Rousseau, Citoyen de Geneve [...] »
En 1756, une réflexion intitulée 'Réflexions d'une Provinciale' est publiée à Londres et à Paris. Ce texte, écrit par une femme d'esprit, est salué pour son style parisien et ses réflexions profondes. L'auteur anonyme critique le discours de Jean-Jacques Rousseau sur l'origine de l'inégalité parmi les hommes, tout en maintenant un ton poli et respectueux. Les réflexions sont reconnues pour leur solidité et leur élégance, et l'auteur rend hommage à Rousseau tout en critiquant son ouvrage. Le texte observe également une tendance positive dans les débats littéraires, où la décence et la raison dominent les attaques personnelles.
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10328
p. 120
« LETTRE d'un homme de Province à M. Rousseau, Citoyen de Geneve, au sujet [...] »
Début :
LETTRE d'un homme de Province à M. Rousseau, Citoyen de Geneve, au sujet [...]
Mots clefs :
Rousseau
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « LETTRE d'un homme de Province à M. Rousseau, Citoyen de Geneve, au sujet [...] »
LETTRE d'un homme de Province à
M. Rouffeau, Citoyen de Geneve , au fujet
de la feptieme lettre du feptieme Tome de
l'année littéraire , 1755 ; fe vend à Paris ,
chez Laurent Prault , au coin de la rue Gîtle-
coeur , à la fource des Sciences , 1756.
M. Rouffeau, Citoyen de Geneve , au fujet
de la feptieme lettre du feptieme Tome de
l'année littéraire , 1755 ; fe vend à Paris ,
chez Laurent Prault , au coin de la rue Gîtle-
coeur , à la fource des Sciences , 1756.
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10329
p. 207
DU NORD.
Début :
En conséquence d'un Décret qui vient d'être publié, les Vaisseaux soit [...]
Mots clefs :
Copenhague, Décret, Vaisseaux, Cronenbourg
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DU NORD.
DU NOR D.
DE
COPPENHAGUE , le IS Avril.
EN conféquence d'un Décret qui vient d'être
publié, les Vaiffeaux foit nationaux foit étrangers,
feront tenus à l'avenir , lorfqu'ils pafferont le
Sund , de baiffer le pavillon pendant cinq minutes
devant la fortereffe de Cronenbourg , fous
peine d'y être contrains par le canon de cette
Fortereffe.
DE
COPPENHAGUE , le IS Avril.
EN conféquence d'un Décret qui vient d'être
publié, les Vaiffeaux foit nationaux foit étrangers,
feront tenus à l'avenir , lorfqu'ils pafferont le
Sund , de baiffer le pavillon pendant cinq minutes
devant la fortereffe de Cronenbourg , fous
peine d'y être contrains par le canon de cette
Fortereffe.
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10330
p. 207-209
ALLEMAGNE.
Début :
On mande de Belgrade que la tranquillité y est enfin rétablie; [...]
Mots clefs :
Vienne, Dresde, Berlin, Bonn, Fin des séditions, Ali Pacha Hekin Oglou, Conférences de Hall, Diplomatie, Édit, Marquis de Monteil, Ministre plénipotentiaire de France
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
DE VIENNE , le 24 Avril.
On mande de Belgrade que la tranquillité y eft
enfin rétablie ; qu'Achmet , chef des féditieux , a
été étranglé , & que quelques autres des principaux
mutins ont été condamnés aux galeres . Selon
les avis reçus de Conftantinople , le Grand Vifir
Saïd Mehemet Pacha a été déposé le premier de
ce mois , & relégué à Stanchio , une des Iles de
P'Archipel. En attendant que Sa Hauteffe lui
donne un fucceffeur , l'Aga des Janiffaires remplit
les fonctions de premier Miniftre. On croit que
les fceaux de l'Empire feront confiés pour la cinquieme
fois au fameux Ali Pacha Hekin Oglou.
208 MERCURE DE FRANCE.
DE DRESDE , le 20 Avril.
Quelques Gazettes étrangeres ont publié fans
fondement , que les conférences de Hall étoient
rompues. Les Commiffaires du Roi & ceux de Sa
Majeſté Pruffienne continuent d'y être affemblés..
M. de Linau , Secretaire de l'Ainbaffade de France
en cette Cour , ayant obtenu la permiffion de
retourner à Paris à caufe de fes indifpofitions , eft
remplacé par M de Lancey qui a rélidé pendant
quelques années de la part de Sa Majeſté très-
Chrétienne auprès du Kan des Tartares de Crimée.
DE BERLIN , le 24 Avril.
Il paroît un Edit , par lequel le Roi défend la
fortie de toutes matieres d'or & d'argent . Les
Miniftres qui résident de la part du Roi à Vienne
& à Rat:fbonne , ont ordre de faire connoître à
l'Empereur & à la Diete de l'Empire , « que Sa
Majefté n'a jamais refufé de s'entendre avec le
>>Duc de Mecklenbourg fur les moyens d'accom-
»moder leur différend par des voies amiables ;
» qu'elle perfévere dans les mêmes difpofitions ,
»& qu'il ne dépend que de ce Prince de voir
l'affire bientôt terminée , s'il veut adopter les
tempéramens qui lui ont été propofés , & fe,
»prêter à des explications fatisfaifantes fur les
» malentendus qui ont été la fource principale
»du différend . »
DE BONN , le 22 Avril.
M. le Marquis de Monteil , nouveau Miniftre
Plénipotentiaire de France , eut le 16 & le 17 de
ce mois deux audiences particulieres de Son AlJUIN.
1756. 209
teffe Electorale . Le 19 , il eut fa premiere audience
publique. M. de Sindt alla le prendre dans les
carroffes de la Cour, En arrivant au Palais , M. le
Marquis de Monteil fut reçu au bas de l'escalier
par le Grand Echanfon ; à la falle des Gardes , par
le Grand Maître des Cuifines ; à la premiere antichambre
, par le Grand Maréchal , & à la feconde
par le Comte de Hohenzollern , Miniftre des Conférences.
Après l'audience , il eut l'honneur de
dîner avec l'Electeur.
DE VIENNE , le 24 Avril.
On mande de Belgrade que la tranquillité y eft
enfin rétablie ; qu'Achmet , chef des féditieux , a
été étranglé , & que quelques autres des principaux
mutins ont été condamnés aux galeres . Selon
les avis reçus de Conftantinople , le Grand Vifir
Saïd Mehemet Pacha a été déposé le premier de
ce mois , & relégué à Stanchio , une des Iles de
P'Archipel. En attendant que Sa Hauteffe lui
donne un fucceffeur , l'Aga des Janiffaires remplit
les fonctions de premier Miniftre. On croit que
les fceaux de l'Empire feront confiés pour la cinquieme
fois au fameux Ali Pacha Hekin Oglou.
208 MERCURE DE FRANCE.
DE DRESDE , le 20 Avril.
Quelques Gazettes étrangeres ont publié fans
fondement , que les conférences de Hall étoient
rompues. Les Commiffaires du Roi & ceux de Sa
Majeſté Pruffienne continuent d'y être affemblés..
M. de Linau , Secretaire de l'Ainbaffade de France
en cette Cour , ayant obtenu la permiffion de
retourner à Paris à caufe de fes indifpofitions , eft
remplacé par M de Lancey qui a rélidé pendant
quelques années de la part de Sa Majeſté très-
Chrétienne auprès du Kan des Tartares de Crimée.
DE BERLIN , le 24 Avril.
Il paroît un Edit , par lequel le Roi défend la
fortie de toutes matieres d'or & d'argent . Les
Miniftres qui résident de la part du Roi à Vienne
& à Rat:fbonne , ont ordre de faire connoître à
l'Empereur & à la Diete de l'Empire , « que Sa
Majefté n'a jamais refufé de s'entendre avec le
>>Duc de Mecklenbourg fur les moyens d'accom-
»moder leur différend par des voies amiables ;
» qu'elle perfévere dans les mêmes difpofitions ,
»& qu'il ne dépend que de ce Prince de voir
l'affire bientôt terminée , s'il veut adopter les
tempéramens qui lui ont été propofés , & fe,
»prêter à des explications fatisfaifantes fur les
» malentendus qui ont été la fource principale
»du différend . »
DE BONN , le 22 Avril.
M. le Marquis de Monteil , nouveau Miniftre
Plénipotentiaire de France , eut le 16 & le 17 de
ce mois deux audiences particulieres de Son AlJUIN.
1756. 209
teffe Electorale . Le 19 , il eut fa premiere audience
publique. M. de Sindt alla le prendre dans les
carroffes de la Cour, En arrivant au Palais , M. le
Marquis de Monteil fut reçu au bas de l'escalier
par le Grand Echanfon ; à la falle des Gardes , par
le Grand Maître des Cuifines ; à la premiere antichambre
, par le Grand Maréchal , & à la feconde
par le Comte de Hohenzollern , Miniftre des Conférences.
Après l'audience , il eut l'honneur de
dîner avec l'Electeur.
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Résumé : ALLEMAGNE.
En avril 1756, plusieurs événements politiques et diplomatiques marquent l'Europe. À Belgrade, la paix est rétablie après l'exécution d'Achmet, chef des rebelles, et la condamnation d'autres mutins aux galères. À Constantinople, le Grand Vizir Saïd Mehemet Pacha est déposé et exilé, et l'Aga des Janissaires assure l'intérim. À Dresde, les rumeurs sur la rupture des conférences de Halle sont infondées, et M. de Lancey remplace M. de Linau comme secrétaire de l'ambassade de France. À Berlin, un édit royal interdit l'exportation de matières d'or et d'argent, et les ministres du Roi tentent de résoudre un différend avec le Duc de Mecklenbourg de manière amiable. À Bonn, le Marquis de Monteil, nouveau ministre plénipotentiaire de France, rencontre l'Électeur et divers dignitaires de la cour.
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10331
p. 209
ESPAGNE.
Début :
Presque tous les jours on éprouve ici quelques nouvelles secousses [...]
Mots clefs :
Lisbonne, Tremblement de terre, Dégâts, Reconstruction, Régence d'Hambourg, Aide matérielle
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texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
ESPAGNE.
DE LISBONNE , le 28 Mars.
- Prefque tous les jours on éprouve ici quelques
nouvelles fecouffes de tremblement de terre . C'eſt
ordinairement pendant le crépuscule du matin &
quelques inftans après le coucher du foleil , qu'elles
fe font fentir . Le 11 , il y en eut une qui caufa
divers dommages. Une maifon dans laquelle
étoient logés fept Domeftiques du Comte d'Aran
da , Ambaffadeur Extraordinaire d'Efpagne , fur
renversée , & ils coururent rifque de périr fous
les ruines. Heureuſement on les en retira , mais
cinq ont été confidérablement bleffés.
Deux Navires chargés de bois de charpente &
d'autres matériaux, que la Régence de Hambourg
envoie au Roi pour être employés à la reconftruction
de cette Ville , font entrés dans le Tage .
DE LISBONNE , le 28 Mars.
- Prefque tous les jours on éprouve ici quelques
nouvelles fecouffes de tremblement de terre . C'eſt
ordinairement pendant le crépuscule du matin &
quelques inftans après le coucher du foleil , qu'elles
fe font fentir . Le 11 , il y en eut une qui caufa
divers dommages. Une maifon dans laquelle
étoient logés fept Domeftiques du Comte d'Aran
da , Ambaffadeur Extraordinaire d'Efpagne , fur
renversée , & ils coururent rifque de périr fous
les ruines. Heureuſement on les en retira , mais
cinq ont été confidérablement bleffés.
Deux Navires chargés de bois de charpente &
d'autres matériaux, que la Régence de Hambourg
envoie au Roi pour être employés à la reconftruction
de cette Ville , font entrés dans le Tage .
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Résumé : ESPAGNE.
Depuis le 28 mars, des secousses sismiques fréquentes sont signalées à Lisbonne, souvent au crépuscule ou après le coucher du soleil. Le 11 mars, une secousse a endommagé une maison abritant sept domestiques du Comte d'Aranda, blessant grièvement cinq d'entre eux. Deux navires de la Régence de Hambourg, chargés de matériaux pour la reconstruction, sont entrés dans le Tage.
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10332
p. 209-211
ITALIE.
Début :
Sur la nouvelle que cinq Corsaires de Barbarie ont paru sur la côte, [...]
Mots clefs :
Naples, Rome, Venise, Civitavecchia, Corsaires, Lutte, Éruption du Vésuve, Herculanum, Statues de marbre, M. de la Condamine, Tempête, Tremblement de terre
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texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
ITALI EN.
*
DE NAPLES , le 12 Avril.
Sur la nouvelle que cinq Corfaires de Barbarie
ont paru fur la côte , les quatre chabecs qu'on
210 MERCURE DE FRANCE .
armoit dans ce port en font fortis pour leur don
ner la chaffe. Trois vaiffeaux de guerre Anglois ,
qui croifoient depuis près de deux mois dans ces
parages , font allés joindre d'autres vaiffeaux de
leur nation dans le Golfe de Lyon.
Le Mont Vésuve continue de jetter beaucoup
de flammes , & de temps en temps on entend des
bruits fouterreins femblables à celui d'un violent
tonnerre.
On a tiré encore depuis peu des fouterreins
d'Herculanum trois Statues de marbre , qui paroiffent
être de l'école Grecque. La nouvelle galerie
que Sa Majefté a fait conftruire , eft actuellement
ornée de plufieurs des plus beaux ouvrages
du Titien , de Michel -Ange , de Raphaël , du
Guide & d'Aunibal Carache.
DE ROME , le 10 Avril.
M. de la Condamine , de l'Académie Royale
des Sciences de Paris , de celle de Berlin & de la
Société Royale de Londres , après avoir fait ici
un long féjour , fe difpofe à retourner en France .
Sa Sainteté l'admit le 6 à fon audience , & lui fit
un préfent d'une valeur confidérable .
DE CIVITAVECCHIA , le 26 Avril.
Il y a eu ces jours- ci une violente tempête.
Quelques Vaiffeaux ont échoué fur la côte , &
l'on affure que deux Bâtimens Barbareſques ont
péri avec leurs équipages.
DE VENISE , le 20 Avril.
On fentit ici le 13 de ce mois une fecouffe de
tremblement de terre , qui dura une demi-minute.
JUIN. 1756.
211
A trois heures après-midi , il y eut une feconde
fecouffe : l'une & l'autre n'ont caufé aucun dommage.
*
DE NAPLES , le 12 Avril.
Sur la nouvelle que cinq Corfaires de Barbarie
ont paru fur la côte , les quatre chabecs qu'on
210 MERCURE DE FRANCE .
armoit dans ce port en font fortis pour leur don
ner la chaffe. Trois vaiffeaux de guerre Anglois ,
qui croifoient depuis près de deux mois dans ces
parages , font allés joindre d'autres vaiffeaux de
leur nation dans le Golfe de Lyon.
Le Mont Vésuve continue de jetter beaucoup
de flammes , & de temps en temps on entend des
bruits fouterreins femblables à celui d'un violent
tonnerre.
On a tiré encore depuis peu des fouterreins
d'Herculanum trois Statues de marbre , qui paroiffent
être de l'école Grecque. La nouvelle galerie
que Sa Majefté a fait conftruire , eft actuellement
ornée de plufieurs des plus beaux ouvrages
du Titien , de Michel -Ange , de Raphaël , du
Guide & d'Aunibal Carache.
DE ROME , le 10 Avril.
M. de la Condamine , de l'Académie Royale
des Sciences de Paris , de celle de Berlin & de la
Société Royale de Londres , après avoir fait ici
un long féjour , fe difpofe à retourner en France .
Sa Sainteté l'admit le 6 à fon audience , & lui fit
un préfent d'une valeur confidérable .
DE CIVITAVECCHIA , le 26 Avril.
Il y a eu ces jours- ci une violente tempête.
Quelques Vaiffeaux ont échoué fur la côte , &
l'on affure que deux Bâtimens Barbareſques ont
péri avec leurs équipages.
DE VENISE , le 20 Avril.
On fentit ici le 13 de ce mois une fecouffe de
tremblement de terre , qui dura une demi-minute.
JUIN. 1756.
211
A trois heures après-midi , il y eut une feconde
fecouffe : l'une & l'autre n'ont caufé aucun dommage.
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Résumé : ITALIE.
Le 12 avril, Naples a armé quatre navires pour contrer cinq corsaires barbaresques apparus sur la côte. Trois vaisseaux de guerre anglais, présents depuis deux mois, ont rejoint d'autres navires dans le Golfe de Lyon. Le Mont Vésuve reste actif, projetant des flammes et des bruits souterrains. À Herculanum, trois statues de marbre de l'école grecque ont été découvertes. La nouvelle galerie du roi est décorée d'œuvres majeures du Titien, de Michel-Ange, de Raphaël, du Guide et d'Annibal Carrache. Le 10 avril, à Rome, M. de la Condamine, membre de plusieurs académies scientifiques, s'apprête à retourner en France après un long séjour. Le pape l'a reçu en audience le 6 avril et lui a offert un présent de valeur. Le 26 avril, à Civitavecchia, une tempête a causé l'échouage de plusieurs vaisseaux et la perte de deux bâtiments barbaresques avec leurs équipages. Le 20 avril, à Venise, deux secousses sismiques ont été ressenties le 13 avril sans causer de dommages.
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10333
p. 211-212
GRANDE-BRETAGNE.
Début :
On a reçu la confirmation que l'Escadre Françoise, commandée par M. Perrier de Salvert, [...]
Mots clefs :
Londres, Vaisseaux, Amiral Holbourne, Amérique, Siège du Fort de la Couronne, Tensions, Camps, Français, Fortifications
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texteReconnaissance textuelle : GRANDE-BRETAGNE.
GRANDE - BRETAGNE.
DE LONDRES , le 22 Avril.
On a reçu la confirmation
que l'Efcadre
Françoife
, commandée
par M. Perrier de Salvert ,
s'étoit emparée de trois Navires Anglois , dont un
a été conduit à Cadix , & les deux autres à Morlaix .
Le Vaiffeau de guerre le Newcastle
, de l'Eſcadre
de l'Amiral Hawke , a enlevé à la hauteur du Cap
Ortugal deux Bâtimens François : l'un de quatorze
canons & de cinquante
- fept hommes d'équipage
,
alloit au Cap Breton ; l'autre , chargé de vin ,
de
farine & de balles de moufquet , étoit deftiné pour
le Canada. L'Amiral
Holbourne
fit voile le is de
Plymouth
pour l'Amérique
avec quelques
Vaiffeaux
de guerre , & avec plufieurs
Bâtimens
de
tranfport
fur lefquels on a fait embarquer
le Régi
ment d'Otway
& celui des Montagnards
Ecoffois.
On équipe à Spithéad
une nouvelle
Efcadre de
huit Vaiffeaux
, dont l'Amiral Bofcawen
aura le
commandement
. Selon les lettres de la Virginie
on doit commencer
dans les premiers
jours du
mois prochain
le fiege du Fort de la Couronne
.
Les mêmes dépêches
affurent qu'on augmente
avec toute la diligence
poffible les fortifications
des principales
Villes des Colonies , & que l'on y
conftruit
divers Forts . On écrit d'Irlande
qu'on y
fait les difpofitions
néceffaires
pour les trois
camps que le Gouvernement
fe propofe d'y
former cette année. Le Lord Barrington
, Secretaire
de la Guerre , a annoncé
publiquement
, par
212 MERCURE DE FRANCE.
ordre du Roi , que la plupart des Régimens étant
complets , Sa Majefté juge à propos de fufpendre
l'exécution du Bill , qui ordonne de lever des foldats
par force.
>
Sa Majefté a fait fçavoir à M. le Chevalier de
Bouville commandant le Vaiffeau de guerre
François l'Espérance , & aux autres Officiers François
, prifonniers à Leycefter , qu'ils pouvoient
porter l'épée & fe promener hors de la Ville ,
pourvu qu'ils y rentraffent les foirs.
Tout le bois de fapin qui a été apporté en dernier
lieu de Norwege , a été acheté & embarqué
pour le Portugal . Les troupes n'attendent pour
camper que l'écoulement des eaux , qui en divers
endroits ont inondé une grande étendue de pays.
Le camp que l'on fe propofe de former dans les
environs de Cantorbery , fera composé de vingtcinq
mille hommes. On prépare des quartiers:
dans le Comte de Hampshire pour les troupes
Hanoveriennes & Heffoifes , qui débarqueront
dans un Port de cette Province.
Un Navire Anglois ayant échoué près de Calais ,
les François fe font emparés de fa cargaifon , &
ont fait l'équipage prifonnier. On équipe à Portf
mouth & à Plymouth deux Efcadres , dont le
public ignore la deſtination .
"
On affure que l'Amiral Byng est arrivé le 26
du mois dernier à Gibraltar. L'Efcadre de cet
Amiral fera renforcée de quatre Vaiffeaux , qui
doivent faire inceffamment voile de Spithéad.
DE LONDRES , le 22 Avril.
On a reçu la confirmation
que l'Efcadre
Françoife
, commandée
par M. Perrier de Salvert ,
s'étoit emparée de trois Navires Anglois , dont un
a été conduit à Cadix , & les deux autres à Morlaix .
Le Vaiffeau de guerre le Newcastle
, de l'Eſcadre
de l'Amiral Hawke , a enlevé à la hauteur du Cap
Ortugal deux Bâtimens François : l'un de quatorze
canons & de cinquante
- fept hommes d'équipage
,
alloit au Cap Breton ; l'autre , chargé de vin ,
de
farine & de balles de moufquet , étoit deftiné pour
le Canada. L'Amiral
Holbourne
fit voile le is de
Plymouth
pour l'Amérique
avec quelques
Vaiffeaux
de guerre , & avec plufieurs
Bâtimens
de
tranfport
fur lefquels on a fait embarquer
le Régi
ment d'Otway
& celui des Montagnards
Ecoffois.
On équipe à Spithéad
une nouvelle
Efcadre de
huit Vaiffeaux
, dont l'Amiral Bofcawen
aura le
commandement
. Selon les lettres de la Virginie
on doit commencer
dans les premiers
jours du
mois prochain
le fiege du Fort de la Couronne
.
Les mêmes dépêches
affurent qu'on augmente
avec toute la diligence
poffible les fortifications
des principales
Villes des Colonies , & que l'on y
conftruit
divers Forts . On écrit d'Irlande
qu'on y
fait les difpofitions
néceffaires
pour les trois
camps que le Gouvernement
fe propofe d'y
former cette année. Le Lord Barrington
, Secretaire
de la Guerre , a annoncé
publiquement
, par
212 MERCURE DE FRANCE.
ordre du Roi , que la plupart des Régimens étant
complets , Sa Majefté juge à propos de fufpendre
l'exécution du Bill , qui ordonne de lever des foldats
par force.
>
Sa Majefté a fait fçavoir à M. le Chevalier de
Bouville commandant le Vaiffeau de guerre
François l'Espérance , & aux autres Officiers François
, prifonniers à Leycefter , qu'ils pouvoient
porter l'épée & fe promener hors de la Ville ,
pourvu qu'ils y rentraffent les foirs.
Tout le bois de fapin qui a été apporté en dernier
lieu de Norwege , a été acheté & embarqué
pour le Portugal . Les troupes n'attendent pour
camper que l'écoulement des eaux , qui en divers
endroits ont inondé une grande étendue de pays.
Le camp que l'on fe propofe de former dans les
environs de Cantorbery , fera composé de vingtcinq
mille hommes. On prépare des quartiers:
dans le Comte de Hampshire pour les troupes
Hanoveriennes & Heffoifes , qui débarqueront
dans un Port de cette Province.
Un Navire Anglois ayant échoué près de Calais ,
les François fe font emparés de fa cargaifon , &
ont fait l'équipage prifonnier. On équipe à Portf
mouth & à Plymouth deux Efcadres , dont le
public ignore la deſtination .
"
On affure que l'Amiral Byng est arrivé le 26
du mois dernier à Gibraltar. L'Efcadre de cet
Amiral fera renforcée de quatre Vaiffeaux , qui
doivent faire inceffamment voile de Spithéad.
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Résumé : GRANDE-BRETAGNE.
Le 22 avril, des nouvelles rapportent que la frégate française commandée par M. Perrier de Salvert a capturé trois navires anglais. Le vaisseau britannique Newcastle, de l'escadre de l'amiral Hawke, a intercepté deux bâtiments français près du Cap Vertugal. L'amiral Holbourne a quitté Plymouth pour l'Amérique avec plusieurs vaisseaux et régiments. Une escadre de huit vaisseaux, commandée par l'amiral Boscawen, est en cours d'équipement à Spithead. En Virginie, le siège du Fort de la Couronne doit commencer début mai, tandis que les colonies renforcent leurs fortifications. En Irlande, trois camps doivent être formés. Le recrutement forcé des soldats est suspendu. Le roi a permis aux officiers français prisonniers à Leicester de porter l'épée. Tout le bois de sapin importé de Norvège a été acheté pour le Portugal. Les troupes attendent la baisse des eaux pour camper, notamment un camp de vingt-cinq mille hommes près de Cantorbery. Des quartiers sont préparés pour les troupes hanovriennes et hessoises. Un navire anglais échoué près de Calais a été capturé par les Français. Deux escadres sont en cours d'équipement à Portsmouth et Plymouth. L'amiral Byng est arrivé à Gibraltar et son escadre doit être renforcée.
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10334
p. 213-219
« Le 27 Avril, les Députés du Grand Conseil eurent audience du Roi. [...] »
Début :
Le 27 Avril, les Députés du Grand Conseil eurent audience du Roi. [...]
Mots clefs :
Députés du Grand Conseil, Comte de Spaar, Colonel, Géographie, Ouvrages, M. Buache, Cartes, Ordonnances du roi, Secousses, Roi de France, Nominations, Évêque, Invention d'une pompe à incendie, Martinique, M. de Tréville, Vaisseaux anglais, Tensions
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texteReconnaissance textuelle : « Le 27 Avril, les Députés du Grand Conseil eurent audience du Roi. [...] »
La 27 d'Avril , les Députés du Grand Confeil
eurent audience du Roi . Ils furent préſentés à Sa
Majefté par M. de Comte d'Argenfon , Miniftre
& Secretaire d'Etat , & conduits par M. Deſgranges
, Maître des Cérémonies. M. Caftanier d'Auriac
, Confeiller d'Etat & Premier Préfident de
cette Compagnie , porta la parole.
M. le Duc de Nivernois arriva le 22 de la Cour
de Berlin. Il fut préfenté au Roi par M. Rouillé ,
Miniftre & Secretaire d'Etat ayant le département
des Affaires Etrangeres. Sa Majesté accorda le
même jour les entrées de la chambre à M. le Duc
de Nivernois.
M. le Comte de Spaar , Maréchal de Camp ;
Commandeur de l'Ordre Royal & Militaire de
Saint Louis , & Colonel du Régiment Royal Suédois
, s'étant démis de ce Régiment , entre les
mains du Roi , Sa Majeſté en a diſpoſé en faveur
du Comte Alexandre de Spaar , fils aîné de cet
Officier. La famille de Spaar eft Suédoise d'origine.
M. le Comte de Spaar eft petit-fils du Comte
de ce nom , qui a été Ambaffadeur de Suede en
France , & il eft le premier de cette famille qui
ait été naturalifé François ,
Sa Majesté a accordé à M. le Marquis de Juigné
, Colonel dans le Corps des Grenadiers de
France , le Régiment d'Infanterie de Forez , dont
M. le Marquis de la Rochecourbon , Brigadier
214 MERCURE DE FRANCE.
d'Infanterie , a obtenu la permiffion de fe démettre.
La place de Colonel , vacante dans les Grenanadiers
de France , a été donnée à M. le Marquis
de Chaumont de Guitry.
M. Buache , premier Géographe du Roi & Adjoint
de l'Académie Royale des Sciences , préfenta
le 25 Avril à Sa Majefté deux ouvrages importans
fur la Géographie. Le premier a pour objet l'inftruction
de Monfeigneur le Duc de Bourgogne ,
& il confifte 1º. en une ſuite de huit Cartes manufcrites
, qui forment la premiere partie d'une
nouvelle Inftitution géographique & hiftorique ,
depuis la création jufqu'à Moïfe , y compris les
principes élémentaires ; 2°. en un Globe manuf
crit , qui s'ouvre & qui rend fenfible la forme que
prennent les hémiſpheres dans les projections ordinaires
; 3 °. en une Sphere qui ſe démonte
4°. en un volume manufcrit qui contient plufieurs
Mémoires concernant cette Inftitution , dont
le plan a été approuvé par l'Académie des Sciences.
Le fecond ouvrage eft une Carte manuſcrite
en deux grandes feuilles , où l'on voit tous les
lieux de l'Europe Occidentale qui ont éprouvé un
mouvement intérieur de la terre foit par les tremblemens
, foit par l'agitation des eaux. Les lieux
dans lefquels on a apperçu des feux aëriens
foupçonnés électriques , ou d'autres météores
depuis le premier Novembre 1755 , font auffi
marqués fur cette Carte. Elle eft le réſultat des recherches
de M. Buache & des obſervations™ lues à
l'Académie . L'Auteur a appliqué le tout fur fon
Plan phyfique , dont le principal objet eft les chaînes
des montagnes qui ceignent notre Globe
d'une maniere non interrompue , & il a diſtribué
les tremblemens , & c. par quatre commotions
JUIN. 1756. 215
principales. Il y obferve que les tremblemens fe
font fentir plus violemment le long des côtes ,
d'où il femble que le mouvement le communique
d'une façon moins fenfible dans l'intérieur
des terres , & redevient plus confidérable près des
montagnes.
Il a paru deux nouvelles Ordonnances du Roi ,
l'une portant Réglement pour les Ecoles du Corps
Royal de l'Artillerie & du Génie , l'autre concernant
les Milices.
M. de Burigny a été élu pour remplir la place
d'Affocié , qui vaquoit dans l'Académie des Belles-
Lettres par la nomination de l'Abbé du Refnel à
la place de Penfionnaire.
Le 29 Avril au foir , il eft arrivé à Verſailles
M. de Moncour, Capitaine de Dragons , dépêché
par M. le Maréchal Duc de Richelieu , lequel a
apporté la nouvelle de l'arrivée de la Flotte du
Roi , commandée par M. le Marquis de la Galiffonniere
, Lieutenant- Général des Armées Navales
, à l'Ile de Minorque, le 18 devant Ciutadella ,
oùles troupes ont fait leur débarquement fans
aucune oppofition de la part des Anglois , qui
avoient évacué cette Place le même jour au
matin .
Leurs Majeftés entendirent le s Mai une Meſſe
de Requiem , pendant laquelle le De profundis fut
chantée par la Mufique , pour l'anniverfaire de
Monſeigneur le Dauphin , ayeul du Roi.
Le premier Mai M. le Duc de Mirepoix arriva de
Languedoc. Il prêta ferment le 2 , entre les mains
du Roi , pour la charge de Capitaine des Gardes
du Corps , dont le Duc de Béthune s'eft démis.
Après la preftation de ferment M. le Duc de Mirepoix
fut reconnu des Gardes du Corps en la maniere
accoutumée , & il prit le fervice qu'il
216 MERCURE DE FRANCE.
continuera pendant le refte du Quartier.
Il y eut ici le 30 , vers neuf heures & un quart
du foir , deux nouvelles fecouffes de tremblement
de terre. Ainfi que celle du 18 Février ,
elles n'ont pas été fenties par une partie des habitans
de cette capitale. Une de ces fecoufles s'eft
fait fentir à Verfailles. Le même jour , & à la
même heure , il y en eut une violente dans un
canton de la Picardie. Au Château du Pleffis ,
fitué à quatre lieues de Montdidier , le tremblement
a été accompagné d'un bruit ſemblable à
celui que fait un grand vent , en agitant les arbres
d'un bois de haute futaie . Toute la charpente de
la couverture du Bâtiment a été ébranlée . Une
corniche de pierre de taille a été abattue. L'allarme
fut telle dans le Village & dans tous les
lieux voifins , à plus de deux lieues à la ronde
que les habitans pafferent la nuit , ou dans les
Eglifes ou en plein air. Le 26 , on avoit effuyé
au Pleffis & à Saint-Juft deux autres fecouffes plus
longues , mais moins effrayantes. Celles qu'on y
éprouva le 30 , durerent environ quinze fecondes.
→
Les nouveaux Drapeaux du Régiment des Gardes
Françoifes & de celui des Gardes Suifles , furent
portés le 6 Mai à l'Eglife Métropolitaine , où
ils furent benis par l'Abbé de Saint -Exupery ,
Doyen du Chapitre.
Le 13 Mai , les Députés du Parlement de
Rouen ont eu une audience du Roi. Ils ont été
préfentés à Sa Majesté par M. le Comte de Saint-
Florentin , Miniftre & Secretaire d'Etat , ayant le
département de la Province de Normandie.
Le même jour , le Roi fit dans la plaine des Sablons
la revue du Régiment des Gardes Françoiſes
& de celui des Gardes Suiffes . Ces deux Régimens,
après avoir fait l'exercice , défilerent en préſence
de
JUIN. 1756. 217
de Sa Majesté. Monfeigneur le Dauphin , Madame
la Dauphine , Madame , & Mefdames Victoire
, Sophie & Louife , affitterent à cette revue ,
après laquelle le Roi foupa au Château de la
Meute avec ce Prince & avec ces Princeffes .
Le Roi a nommé Commandeur de l'Ordre
Royal & Militaire de S. Louis M. le Comte de
Rafilly , Lieutenant Général des Armées de Sa
Majefté , & Commandant d'un Bataillon du Régiment
des Gardes Françoifes .
Les Chevaliers de l'Ordre de Saint Michel tinrent
le 8 du mois de Mai un Chapitre dans le grand
Couvent des Religieux de l'Obfervance. M. le
Duc de la Valliere , Chevalier des Ordres du Roi ,
y préfida en qualité de Commiffaire de Sa Majefté
. Il reçut Chevalier M. Perier , premier Commis
des Bâtimens du Roi.
Selon les lettres de Beauvais , le Courier qui
portoit la nouvelle de la nomination de l'Evêque
Comte de cette Ville au Cardinalat , y arriva la
nuit du 14 au 15 du mois d'Avril entre minuit &
une heure. Cette nomination fut annoncée au
public dès cinq heures du matin par le fon des
cloches de toutes les Eglifes , & par une triple
décharge d'artillerie. Le nouveau Cardinal fut
complimenté à fept heures par le Chapitre de la
Cathédrale , & enfuite par tous les autres Corps
de la Ville. Le 17 après - midi , le Chapitre précedé
des timballes & des trompettes du Régiment
Dauphin , Cavalerie , dont un détachement formoit
une double haie depuis le Palais épifcopal
jufqu'à la Cathédrale , alla prendre le Cardinal
de Gêvre en fon Palais , & le conduifit proceffionnellement
à l'Eglife . Après le Te Deum , qui fuc
chanté en mufique , le Cardinal fut reconduir
chez lui avec les mêmes cérémonies. Il y eut le
K
218 MERCURE DE FRANCE.
foir un feu de joie , & tous les habitans marquerent
à l'envi leur alegreffe par leurs acclamations.
L'Eglife Cathédrale fut magnifiquement
illuminée .
On écrit de Besançon que l'Abbé Dard a inventé
une Pompe , pour éteindre le feu dans les
incendies. Elle eft de trois corps en cuivre , &
deux hommes peuvent la faire jouer par le moyen
de deux manivelles. Cette machine pouffe l'eau à
foixante pieds de hauteur , fans boyaux , & audeffus
des maifons les plus élevées avec des boyaux.
Elle eft renfermée dans une caiffe qui contient
un muid , & qui montée fur un train à quatre
roues , peut paffer facilement par une porte de
trois pieds de large. L'ouvrage eft d'autant plus
folide , qu'il n'eft compofé d'aucune roue dans
l'intérieur , & que de quelque côté que Pon commence
à tourner les manivelles , on ne rifque
point de rien déranger.
On a reçu par des lettres de la Martinique la
Relation fuivante . «M.leChevalier d'Aubigny étant
» parti de Rochefort fur le Vaiffeau le Prudent, de
>> 74 canons , pour fe rendre à la Martinique , ac-
>> compagné de deux Frégates , l'Atalante , de 34
>> canons , commandée par M. Duchâteau de
» Bene , Capitaine de Vaiffeau , & le Zéphyr , de
» 30 canons , montée par M. de la Touche Tré-
» ville , Lieutenant de Vaiffeau , & Commandant
» de la Compagnie des Cadets à Rochefort ; la
» Frégate le Zéphyr , feparée des deux autres Bâti-
» mens , a rencontré le Vaiffeau Anglois le War-
» wick de 64 canons , qui croifoit depuis quel-
» que tems dans ces mers , & qui avoit enlevé aux
François plufieurs Navires. M. de Tréville a
» manoeuvré fi habilement , qu'il a laiffé croire au
» Capitaine Anglois , qu'il ne çommandoir qu'un
JUI N. 1756 . 219
>>
» Vaiffeau Marchand. L'Anglois l'a méprifé , &
» n'a pas daigné faire ouvrir fes fabords. M. de
» Tréville s'eft laiffé approcher à la portée du pif-
» tolet . Alors il a arboré le pavillon blanc , & a
>> lâché toute la bordée fur l'Anglois , qui , voyant
» fa méprife , a ordonné d'ouvrir promptement
» fes fabords. M. de Tréville , qui a deviné le
>> commandement de l'ennemi , à fait tirer fi à
» propos toute fa moufqueterie , que l'équipage
>> Anglois a difparu , & n'a ofé manoeuvrer . Au
» bruit de l'artillerie , le Vaiffeau le Prudent eft
» venu au fecours de la Frégate le Zéphyr avec la
Frégate l'Atalante. Le Capitaine Anglois
» voyant qu'il ne pouvoit échapper , a fait dire
» qu'il fe rendroit , mais au Commandant feule-
≫ment. Le Chevalier d'Aubigny pour lors a fait
» un fignal , qui a interrompu le feu de la Frégate
le Zéphyr pour un moment. C'étoit pour faire
» fçavoir à M. de Tréville qu'il eût à combattre le
» Vaiffeau , fi ce Bâtiment refufoit de fe rendre à
» la Frégate. Le Capitaine Anglois a craint l'évé
»> nement du combat , & s'eft rendu à M. de Tréville
. On ne sçauroit trop louer la valeur & la
» conduite de M. de Tréville , & le ſentiment gé-
» néreux du Chevalier d'Aubigny , quia cru devoir
» lui laiffer la gloire entiere de cette prife. Le
» Vaiffeau le Warwick a été conduit à la Marti-
>> nique. On eft à la pourfuite d'une Frégate Angloife
, qui croiſoit avec ce Vaiffeau .
eurent audience du Roi . Ils furent préſentés à Sa
Majefté par M. de Comte d'Argenfon , Miniftre
& Secretaire d'Etat , & conduits par M. Deſgranges
, Maître des Cérémonies. M. Caftanier d'Auriac
, Confeiller d'Etat & Premier Préfident de
cette Compagnie , porta la parole.
M. le Duc de Nivernois arriva le 22 de la Cour
de Berlin. Il fut préfenté au Roi par M. Rouillé ,
Miniftre & Secretaire d'Etat ayant le département
des Affaires Etrangeres. Sa Majesté accorda le
même jour les entrées de la chambre à M. le Duc
de Nivernois.
M. le Comte de Spaar , Maréchal de Camp ;
Commandeur de l'Ordre Royal & Militaire de
Saint Louis , & Colonel du Régiment Royal Suédois
, s'étant démis de ce Régiment , entre les
mains du Roi , Sa Majeſté en a diſpoſé en faveur
du Comte Alexandre de Spaar , fils aîné de cet
Officier. La famille de Spaar eft Suédoise d'origine.
M. le Comte de Spaar eft petit-fils du Comte
de ce nom , qui a été Ambaffadeur de Suede en
France , & il eft le premier de cette famille qui
ait été naturalifé François ,
Sa Majesté a accordé à M. le Marquis de Juigné
, Colonel dans le Corps des Grenadiers de
France , le Régiment d'Infanterie de Forez , dont
M. le Marquis de la Rochecourbon , Brigadier
214 MERCURE DE FRANCE.
d'Infanterie , a obtenu la permiffion de fe démettre.
La place de Colonel , vacante dans les Grenanadiers
de France , a été donnée à M. le Marquis
de Chaumont de Guitry.
M. Buache , premier Géographe du Roi & Adjoint
de l'Académie Royale des Sciences , préfenta
le 25 Avril à Sa Majefté deux ouvrages importans
fur la Géographie. Le premier a pour objet l'inftruction
de Monfeigneur le Duc de Bourgogne ,
& il confifte 1º. en une ſuite de huit Cartes manufcrites
, qui forment la premiere partie d'une
nouvelle Inftitution géographique & hiftorique ,
depuis la création jufqu'à Moïfe , y compris les
principes élémentaires ; 2°. en un Globe manuf
crit , qui s'ouvre & qui rend fenfible la forme que
prennent les hémiſpheres dans les projections ordinaires
; 3 °. en une Sphere qui ſe démonte
4°. en un volume manufcrit qui contient plufieurs
Mémoires concernant cette Inftitution , dont
le plan a été approuvé par l'Académie des Sciences.
Le fecond ouvrage eft une Carte manuſcrite
en deux grandes feuilles , où l'on voit tous les
lieux de l'Europe Occidentale qui ont éprouvé un
mouvement intérieur de la terre foit par les tremblemens
, foit par l'agitation des eaux. Les lieux
dans lefquels on a apperçu des feux aëriens
foupçonnés électriques , ou d'autres météores
depuis le premier Novembre 1755 , font auffi
marqués fur cette Carte. Elle eft le réſultat des recherches
de M. Buache & des obſervations™ lues à
l'Académie . L'Auteur a appliqué le tout fur fon
Plan phyfique , dont le principal objet eft les chaînes
des montagnes qui ceignent notre Globe
d'une maniere non interrompue , & il a diſtribué
les tremblemens , & c. par quatre commotions
JUIN. 1756. 215
principales. Il y obferve que les tremblemens fe
font fentir plus violemment le long des côtes ,
d'où il femble que le mouvement le communique
d'une façon moins fenfible dans l'intérieur
des terres , & redevient plus confidérable près des
montagnes.
Il a paru deux nouvelles Ordonnances du Roi ,
l'une portant Réglement pour les Ecoles du Corps
Royal de l'Artillerie & du Génie , l'autre concernant
les Milices.
M. de Burigny a été élu pour remplir la place
d'Affocié , qui vaquoit dans l'Académie des Belles-
Lettres par la nomination de l'Abbé du Refnel à
la place de Penfionnaire.
Le 29 Avril au foir , il eft arrivé à Verſailles
M. de Moncour, Capitaine de Dragons , dépêché
par M. le Maréchal Duc de Richelieu , lequel a
apporté la nouvelle de l'arrivée de la Flotte du
Roi , commandée par M. le Marquis de la Galiffonniere
, Lieutenant- Général des Armées Navales
, à l'Ile de Minorque, le 18 devant Ciutadella ,
oùles troupes ont fait leur débarquement fans
aucune oppofition de la part des Anglois , qui
avoient évacué cette Place le même jour au
matin .
Leurs Majeftés entendirent le s Mai une Meſſe
de Requiem , pendant laquelle le De profundis fut
chantée par la Mufique , pour l'anniverfaire de
Monſeigneur le Dauphin , ayeul du Roi.
Le premier Mai M. le Duc de Mirepoix arriva de
Languedoc. Il prêta ferment le 2 , entre les mains
du Roi , pour la charge de Capitaine des Gardes
du Corps , dont le Duc de Béthune s'eft démis.
Après la preftation de ferment M. le Duc de Mirepoix
fut reconnu des Gardes du Corps en la maniere
accoutumée , & il prit le fervice qu'il
216 MERCURE DE FRANCE.
continuera pendant le refte du Quartier.
Il y eut ici le 30 , vers neuf heures & un quart
du foir , deux nouvelles fecouffes de tremblement
de terre. Ainfi que celle du 18 Février ,
elles n'ont pas été fenties par une partie des habitans
de cette capitale. Une de ces fecoufles s'eft
fait fentir à Verfailles. Le même jour , & à la
même heure , il y en eut une violente dans un
canton de la Picardie. Au Château du Pleffis ,
fitué à quatre lieues de Montdidier , le tremblement
a été accompagné d'un bruit ſemblable à
celui que fait un grand vent , en agitant les arbres
d'un bois de haute futaie . Toute la charpente de
la couverture du Bâtiment a été ébranlée . Une
corniche de pierre de taille a été abattue. L'allarme
fut telle dans le Village & dans tous les
lieux voifins , à plus de deux lieues à la ronde
que les habitans pafferent la nuit , ou dans les
Eglifes ou en plein air. Le 26 , on avoit effuyé
au Pleffis & à Saint-Juft deux autres fecouffes plus
longues , mais moins effrayantes. Celles qu'on y
éprouva le 30 , durerent environ quinze fecondes.
→
Les nouveaux Drapeaux du Régiment des Gardes
Françoifes & de celui des Gardes Suifles , furent
portés le 6 Mai à l'Eglife Métropolitaine , où
ils furent benis par l'Abbé de Saint -Exupery ,
Doyen du Chapitre.
Le 13 Mai , les Députés du Parlement de
Rouen ont eu une audience du Roi. Ils ont été
préfentés à Sa Majesté par M. le Comte de Saint-
Florentin , Miniftre & Secretaire d'Etat , ayant le
département de la Province de Normandie.
Le même jour , le Roi fit dans la plaine des Sablons
la revue du Régiment des Gardes Françoiſes
& de celui des Gardes Suiffes . Ces deux Régimens,
après avoir fait l'exercice , défilerent en préſence
de
JUIN. 1756. 217
de Sa Majesté. Monfeigneur le Dauphin , Madame
la Dauphine , Madame , & Mefdames Victoire
, Sophie & Louife , affitterent à cette revue ,
après laquelle le Roi foupa au Château de la
Meute avec ce Prince & avec ces Princeffes .
Le Roi a nommé Commandeur de l'Ordre
Royal & Militaire de S. Louis M. le Comte de
Rafilly , Lieutenant Général des Armées de Sa
Majefté , & Commandant d'un Bataillon du Régiment
des Gardes Françoifes .
Les Chevaliers de l'Ordre de Saint Michel tinrent
le 8 du mois de Mai un Chapitre dans le grand
Couvent des Religieux de l'Obfervance. M. le
Duc de la Valliere , Chevalier des Ordres du Roi ,
y préfida en qualité de Commiffaire de Sa Majefté
. Il reçut Chevalier M. Perier , premier Commis
des Bâtimens du Roi.
Selon les lettres de Beauvais , le Courier qui
portoit la nouvelle de la nomination de l'Evêque
Comte de cette Ville au Cardinalat , y arriva la
nuit du 14 au 15 du mois d'Avril entre minuit &
une heure. Cette nomination fut annoncée au
public dès cinq heures du matin par le fon des
cloches de toutes les Eglifes , & par une triple
décharge d'artillerie. Le nouveau Cardinal fut
complimenté à fept heures par le Chapitre de la
Cathédrale , & enfuite par tous les autres Corps
de la Ville. Le 17 après - midi , le Chapitre précedé
des timballes & des trompettes du Régiment
Dauphin , Cavalerie , dont un détachement formoit
une double haie depuis le Palais épifcopal
jufqu'à la Cathédrale , alla prendre le Cardinal
de Gêvre en fon Palais , & le conduifit proceffionnellement
à l'Eglife . Après le Te Deum , qui fuc
chanté en mufique , le Cardinal fut reconduir
chez lui avec les mêmes cérémonies. Il y eut le
K
218 MERCURE DE FRANCE.
foir un feu de joie , & tous les habitans marquerent
à l'envi leur alegreffe par leurs acclamations.
L'Eglife Cathédrale fut magnifiquement
illuminée .
On écrit de Besançon que l'Abbé Dard a inventé
une Pompe , pour éteindre le feu dans les
incendies. Elle eft de trois corps en cuivre , &
deux hommes peuvent la faire jouer par le moyen
de deux manivelles. Cette machine pouffe l'eau à
foixante pieds de hauteur , fans boyaux , & audeffus
des maifons les plus élevées avec des boyaux.
Elle eft renfermée dans une caiffe qui contient
un muid , & qui montée fur un train à quatre
roues , peut paffer facilement par une porte de
trois pieds de large. L'ouvrage eft d'autant plus
folide , qu'il n'eft compofé d'aucune roue dans
l'intérieur , & que de quelque côté que Pon commence
à tourner les manivelles , on ne rifque
point de rien déranger.
On a reçu par des lettres de la Martinique la
Relation fuivante . «M.leChevalier d'Aubigny étant
» parti de Rochefort fur le Vaiffeau le Prudent, de
>> 74 canons , pour fe rendre à la Martinique , ac-
>> compagné de deux Frégates , l'Atalante , de 34
>> canons , commandée par M. Duchâteau de
» Bene , Capitaine de Vaiffeau , & le Zéphyr , de
» 30 canons , montée par M. de la Touche Tré-
» ville , Lieutenant de Vaiffeau , & Commandant
» de la Compagnie des Cadets à Rochefort ; la
» Frégate le Zéphyr , feparée des deux autres Bâti-
» mens , a rencontré le Vaiffeau Anglois le War-
» wick de 64 canons , qui croifoit depuis quel-
» que tems dans ces mers , & qui avoit enlevé aux
François plufieurs Navires. M. de Tréville a
» manoeuvré fi habilement , qu'il a laiffé croire au
» Capitaine Anglois , qu'il ne çommandoir qu'un
JUI N. 1756 . 219
>>
» Vaiffeau Marchand. L'Anglois l'a méprifé , &
» n'a pas daigné faire ouvrir fes fabords. M. de
» Tréville s'eft laiffé approcher à la portée du pif-
» tolet . Alors il a arboré le pavillon blanc , & a
>> lâché toute la bordée fur l'Anglois , qui , voyant
» fa méprife , a ordonné d'ouvrir promptement
» fes fabords. M. de Tréville , qui a deviné le
>> commandement de l'ennemi , à fait tirer fi à
» propos toute fa moufqueterie , que l'équipage
>> Anglois a difparu , & n'a ofé manoeuvrer . Au
» bruit de l'artillerie , le Vaiffeau le Prudent eft
» venu au fecours de la Frégate le Zéphyr avec la
Frégate l'Atalante. Le Capitaine Anglois
» voyant qu'il ne pouvoit échapper , a fait dire
» qu'il fe rendroit , mais au Commandant feule-
≫ment. Le Chevalier d'Aubigny pour lors a fait
» un fignal , qui a interrompu le feu de la Frégate
le Zéphyr pour un moment. C'étoit pour faire
» fçavoir à M. de Tréville qu'il eût à combattre le
» Vaiffeau , fi ce Bâtiment refufoit de fe rendre à
» la Frégate. Le Capitaine Anglois a craint l'évé
»> nement du combat , & s'eft rendu à M. de Tréville
. On ne sçauroit trop louer la valeur & la
» conduite de M. de Tréville , & le ſentiment gé-
» néreux du Chevalier d'Aubigny , quia cru devoir
» lui laiffer la gloire entiere de cette prife. Le
» Vaiffeau le Warwick a été conduit à la Marti-
>> nique. On eft à la pourfuite d'une Frégate Angloife
, qui croiſoit avec ce Vaiffeau .
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Résumé : « Le 27 Avril, les Députés du Grand Conseil eurent audience du Roi. [...] »
Du 27 avril au 13 mai, plusieurs événements marquants eurent lieu à la cour royale. Le 27 avril, les députés du Grand Conseil furent reçus par le Roi, présentés par le comte d'Argenfon et conduits par Desgranges. Le duc de Nivernois arriva de Berlin le 22 avril et fut présenté au Roi par Rouillé. Le comte de Spaar transmit son régiment Royal Suédois à son fils, Alexandre de Spaar. Le marquis de Juigné reçut le régiment d'infanterie de Forez, vacant après la démission du marquis de la Rochecourbon. Le marquis de Chaumont de Guitry fut nommé colonel des Grenadiers de France. Le géographe Buache présenta au Roi deux ouvrages : une nouvelle institution géographique et historique, et une carte des mouvements de la terre en Europe occidentale depuis novembre 1755. Le Roi publia deux ordonnances, l'une pour les écoles du Corps Royal de l'Artillerie et du Génie, l'autre concernant les milices. Burigny fut élu à l'Académie des Belles-Lettres pour remplacer l'abbé du Resnel. Le 29 avril, le capitaine de dragons Moncour annonça l'arrivée de la flotte royale à Minorque, commandée par le marquis de La Galissonnière. Le 5 mai, le Roi et la famille royale assistèrent à une messe de requiem pour l'anniversaire du dauphin. Le duc de Mirepoix arriva de Languedoc et prêta serment pour la charge de capitaine des Gardes du Corps. Le 30 avril, deux secousses de tremblement de terre furent ressenties à Paris et en Picardie. Les nouveaux drapeaux des régiments des Gardes Françaises et Suisses furent bénis le 6 mai. Le 13 mai, les députés du Parlement de Rouen furent reçus par le Roi, qui passa ensuite en revue les régiments des Gardes Françaises et Suisses. Le comte de Rafilly fut nommé commandeur de l'Ordre Royal et Militaire de Saint-Louis. Les Chevaliers de l'Ordre de Saint-Michel tinrent un chapitre le 8 mai, au cours duquel Perier fut reçu chevalier. L'évêque de Beauvais fut nommé cardinal et célébré à Beauvais. L'abbé Dard inventa une pompe pour éteindre les incendies. En Martinique, la frégate Zéphyr, commandée par de Tréville, captura le vaisseau anglais Warwick.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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10335
p. 219-220
BÉNÉFICES DONNÉS.
Début :
Le Roi a donné l'Abbaye Réguliere de S. Michel de Cuixa, [...]
Mots clefs :
Abbayes, Diocèses, Ordre de Saint-Benoît, Don de Cahors, Abbé de Frischman
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : BÉNÉFICES DONNÉS.
BÉNÉFICES DONNÉS.
LE Roi a donné l'Abbaye Réguliere de S. Michel
du Cuixa , Ordre de Saint Benoît , Diocèfe de
Perpignan , à Domi de Cahors , Religieux de
cette Abbaye.
Kij
220 MERCURE DE FRANCE.
Sa Majefté a auffi donné l'Abbaye de Beaulieu
Ordre de Saint Benoît , Diocèfe de Limoges , à
l'Abbé de Friſchman , chargé des affaires de Sa
Majefté à la Cour de Madrid.
LE Roi a donné l'Abbaye Réguliere de S. Michel
du Cuixa , Ordre de Saint Benoît , Diocèfe de
Perpignan , à Domi de Cahors , Religieux de
cette Abbaye.
Kij
220 MERCURE DE FRANCE.
Sa Majefté a auffi donné l'Abbaye de Beaulieu
Ordre de Saint Benoît , Diocèfe de Limoges , à
l'Abbé de Friſchman , chargé des affaires de Sa
Majefté à la Cour de Madrid.
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10336
p. *220-220
« Il paroît un livre intéressant: mais comme il nous a été envoyé [...] »
Début :
Il paroît un livre intéressant: mais comme il nous a été envoyé [...]
Mots clefs :
Ouvrage, Nouvelle parution
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Il paroît un livre intéressant: mais comme il nous a été envoyé [...] »
IL paroît un livre intéreſſant : mais comme
il nous a été envoyé trop tard pour être
annoncé dans la partie littéraire de ce Mercure,
nous avons cru devoir l'indiquer dans
les nouvelles. Il a pour titre , La Conduite
des François juftifiée , ou Obſervations fur un
écrit Anglois intitulé , Conduite des François
à l'égard de la nouvelle Ecoffe , depuis
fon premier établiſſement juſqu'à nos jours ;
par le S. D. L. G. D. C. Avocat en Parlement
. Prix 2 liv. A Utrecht , & il fe trouve
à Paris , chez le Breton , rue de la Harpe.
il nous a été envoyé trop tard pour être
annoncé dans la partie littéraire de ce Mercure,
nous avons cru devoir l'indiquer dans
les nouvelles. Il a pour titre , La Conduite
des François juftifiée , ou Obſervations fur un
écrit Anglois intitulé , Conduite des François
à l'égard de la nouvelle Ecoffe , depuis
fon premier établiſſement juſqu'à nos jours ;
par le S. D. L. G. D. C. Avocat en Parlement
. Prix 2 liv. A Utrecht , & il fe trouve
à Paris , chez le Breton , rue de la Harpe.
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Résumé : « Il paroît un livre intéressant: mais comme il nous a été envoyé [...] »
Le livre 'La Conduite des François juftifiée' de l'avocat S. D. L. G. D. C. répond à un écrit anglais critiquant la conduite des Français en Nouvelle-Écosse. Prix : deux livres. Disponible à Utrecht et Paris chez le libraire Breton. Annonce tardive dans la section des nouvelles.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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10337
p. 222-225
CHIRURGIE. Lettre qui prouve les progrès de l'avantage du Lithotome caché, pour l'opération de la pierre.
Début :
Monsieur & très-cher frere, permettez que je vous fasse mes très-humbles [...]
Mots clefs :
Opération, Lithotome, Nouvelle méthode, Maladie de la pierre, Succès, Chirurgien-Major de l'hôpital militaire, Chirurgien-Major du régiment de Bourbonnois
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CHIRURGIE. Lettre qui prouve les progrès de l'avantage du Lithotome caché, pour l'opération de la pierre.
CHIRURGIE.
LETTRE qui prouve les progrès de l'avantage
du Lithotome caché , pour l'opération de la
pierre.
Monfieur & très-cher frere , permettez que je
vous faffe mes très- humbles remerciemens de ce
que vous avez bien voulu m'envoyer vos inftrumens
pour la taille. J'avois pratiqué cette opération
avec le biftouri de M. Sechelden avec quelques
fuccès ; mais votre méthode m'ayant parue
fupérieure par le grand nombre d'épreuves que
j'avois faites fur les cadavres avec votre Lithoto
me , je pris le parti d'en injecter plufieurs , & da
repéter ces mêmes épreuves : elles me donnerent
lieu de me convaincre de plus en plus qu'elle
étoit préférable à toutes les autres . En effet , elle
xéunit les trois circonftances qui font la perfection,
JUI N. 1756 .
223
de nos opérations. Par votre méthode , on opere
sûrement , promptement & agréablement. On
opere sûrement ; j'ai vu ou j'ai taillé plus de 200
cadavres fans trouver une ligne de variation dans
la fection des parties. Cette fection eft toujours
rélative au degré d'écartement donné à votre Lithotome
.
L'opération fe fait promptement , en ce que
l'extraction fuit de fi près l'incifion , qu'à peine les
fpectateurs s'en apperçoivent.
L'opération fe fait agréablement ; car il n'en
réfulte qu'une plaie fimple , qui ne demande que
la réunion qui fe fait en peu de jours & prefque
fans aucun panfement . L'hiftoire fuivante va donner
un témoignage de cette vérité.
Le nommé Billon , dit la Violette , Soldat au
Régiment de Bourbonnois , Compagnie de Turenne
, âgé de 20 ans , entra dans l'Hôpital Militaire
de cette Place le 24 Mars dernier. Ses infirmités
étoient nombreuſes : outre un rhume de
poitrine & un cours de ventre , il reffentoit des
douleurs fourdes & inquiétantes dans les régions
iliaques ; il avoit de plus une incontinence d'urine
qu'il portoit depuis 12 ans . Lorfque fon rhume
& fon cours de ventre furent appaifés , j'examinai
s'il n'y avoit point de caufe qui entretînt l'écoulement
involontaire des urines , qui me parurent
chargées de quantité de glaires. Je l'interrogeai,
fur les fymptomes de la pierre , & quoiqu'il me
dit avoir été fondé en différens tems fans qu'on
s'en fût apperçu , j'eus la curiofité de le fonder à
mon tour. A peine ma fonde eut - elle pénétré dans
la veffie , qu'elle frappa un corps dur qui me fit
connoître l'exiſtence d'une pierre . Le malade défirant
en être débarraffé , il me preffa de lui en faire
l'extraction : je fis avertir pour cet effet M. Dageft,
Kiv
224 MERCURE DE FRANCE.
fon Chirurgien - Major ; M. Chaftanet , Maftre en
Chirurgie , Correfpondant de l'Académie Royale
de Chirurgie & Aide -Major dudit Hôpital ; Meffieurs
Prevoft & Warrocquier , Maîtres en Chirurgie
de cette Ville. Ces Meffieurs fe rendirent à
l'Hôpital le 29 d'Avril dernier , jour indiqué pour
l'opération. Je plaçai le malade dans la fituation
horizontale , & portai mon Lithotome au treizie-`
me degré d'écartement. L'opération fut faite avec
la plus grande promptitude : je tirai une pierre
ovale, plus longue que groffe , du poids d'une once
& un gros. Les urines commencerent à paffer par
les voies naturelles le troifieme jour , & le 15 la
plaie fut entiérement cicatrifée. Son incontinence
d'urine n'a plus eu lieu depuis le moment de l'extraction.
Je dois vous faire obferver que le malade
n'a pas fouffert le moindre accès de fievre .
Je vous ferois bien obligé de faire inférer ma
Lettre dans le Mercure. Je n'ai rien plus à coeur
que de faire connoître au Public ma façon de
penfer fur votre admirable Inftrument , & de pouvoir
vous convaincre qu'on ne peut être avec un
plus fincere attachement , &c.
Planeque , Chirurgien- Major de l'Hôpital
Militaire.
Nous fouffignés , certifions , que M. Planeque
nous a repréſenté fon taillé , & enfuite lu la préfente
Lettre écrite au Frere Côme , laquelle contient
la vérité de tout ce qui s'eft paffé . Ce que
nous promettons affirmer de nouveau fi nous en
fommes requis. Fait à l'Hôpital Militaire de Lille ,
ce 15 Mai 1756. L. Chastanet.
Dageft , Chirurgien- Major du Régiment de
Bourbonnois. L. E. Prevêt , A. Warocquier.
JUIN. 1756. 225
Je viens d'apprendre que M Maifonfort , Maître
Chirurgien à Tournay , a traité heureuſement
avec le Lithotome , & c.
LETTRE qui prouve les progrès de l'avantage
du Lithotome caché , pour l'opération de la
pierre.
Monfieur & très-cher frere , permettez que je
vous faffe mes très- humbles remerciemens de ce
que vous avez bien voulu m'envoyer vos inftrumens
pour la taille. J'avois pratiqué cette opération
avec le biftouri de M. Sechelden avec quelques
fuccès ; mais votre méthode m'ayant parue
fupérieure par le grand nombre d'épreuves que
j'avois faites fur les cadavres avec votre Lithoto
me , je pris le parti d'en injecter plufieurs , & da
repéter ces mêmes épreuves : elles me donnerent
lieu de me convaincre de plus en plus qu'elle
étoit préférable à toutes les autres . En effet , elle
xéunit les trois circonftances qui font la perfection,
JUI N. 1756 .
223
de nos opérations. Par votre méthode , on opere
sûrement , promptement & agréablement. On
opere sûrement ; j'ai vu ou j'ai taillé plus de 200
cadavres fans trouver une ligne de variation dans
la fection des parties. Cette fection eft toujours
rélative au degré d'écartement donné à votre Lithotome
.
L'opération fe fait promptement , en ce que
l'extraction fuit de fi près l'incifion , qu'à peine les
fpectateurs s'en apperçoivent.
L'opération fe fait agréablement ; car il n'en
réfulte qu'une plaie fimple , qui ne demande que
la réunion qui fe fait en peu de jours & prefque
fans aucun panfement . L'hiftoire fuivante va donner
un témoignage de cette vérité.
Le nommé Billon , dit la Violette , Soldat au
Régiment de Bourbonnois , Compagnie de Turenne
, âgé de 20 ans , entra dans l'Hôpital Militaire
de cette Place le 24 Mars dernier. Ses infirmités
étoient nombreuſes : outre un rhume de
poitrine & un cours de ventre , il reffentoit des
douleurs fourdes & inquiétantes dans les régions
iliaques ; il avoit de plus une incontinence d'urine
qu'il portoit depuis 12 ans . Lorfque fon rhume
& fon cours de ventre furent appaifés , j'examinai
s'il n'y avoit point de caufe qui entretînt l'écoulement
involontaire des urines , qui me parurent
chargées de quantité de glaires. Je l'interrogeai,
fur les fymptomes de la pierre , & quoiqu'il me
dit avoir été fondé en différens tems fans qu'on
s'en fût apperçu , j'eus la curiofité de le fonder à
mon tour. A peine ma fonde eut - elle pénétré dans
la veffie , qu'elle frappa un corps dur qui me fit
connoître l'exiſtence d'une pierre . Le malade défirant
en être débarraffé , il me preffa de lui en faire
l'extraction : je fis avertir pour cet effet M. Dageft,
Kiv
224 MERCURE DE FRANCE.
fon Chirurgien - Major ; M. Chaftanet , Maftre en
Chirurgie , Correfpondant de l'Académie Royale
de Chirurgie & Aide -Major dudit Hôpital ; Meffieurs
Prevoft & Warrocquier , Maîtres en Chirurgie
de cette Ville. Ces Meffieurs fe rendirent à
l'Hôpital le 29 d'Avril dernier , jour indiqué pour
l'opération. Je plaçai le malade dans la fituation
horizontale , & portai mon Lithotome au treizie-`
me degré d'écartement. L'opération fut faite avec
la plus grande promptitude : je tirai une pierre
ovale, plus longue que groffe , du poids d'une once
& un gros. Les urines commencerent à paffer par
les voies naturelles le troifieme jour , & le 15 la
plaie fut entiérement cicatrifée. Son incontinence
d'urine n'a plus eu lieu depuis le moment de l'extraction.
Je dois vous faire obferver que le malade
n'a pas fouffert le moindre accès de fievre .
Je vous ferois bien obligé de faire inférer ma
Lettre dans le Mercure. Je n'ai rien plus à coeur
que de faire connoître au Public ma façon de
penfer fur votre admirable Inftrument , & de pouvoir
vous convaincre qu'on ne peut être avec un
plus fincere attachement , &c.
Planeque , Chirurgien- Major de l'Hôpital
Militaire.
Nous fouffignés , certifions , que M. Planeque
nous a repréſenté fon taillé , & enfuite lu la préfente
Lettre écrite au Frere Côme , laquelle contient
la vérité de tout ce qui s'eft paffé . Ce que
nous promettons affirmer de nouveau fi nous en
fommes requis. Fait à l'Hôpital Militaire de Lille ,
ce 15 Mai 1756. L. Chastanet.
Dageft , Chirurgien- Major du Régiment de
Bourbonnois. L. E. Prevêt , A. Warocquier.
JUIN. 1756. 225
Je viens d'apprendre que M Maifonfort , Maître
Chirurgien à Tournay , a traité heureuſement
avec le Lithotome , & c.
Fermer
Résumé : CHIRURGIE. Lettre qui prouve les progrès de l'avantage du Lithotome caché, pour l'opération de la pierre.
Dans une lettre adressée à son frère, M. Planeque, Chirurgien-Major de l'Hôpital Militaire, décrit les avantages du lithotome caché pour l'opération de la pierre. Initialement, Planeque utilisait le bistouri de M. Sechelden avec succès, mais après de nombreuses expériences sur des cadavres, il a préféré le lithotome conçu par son frère. Cette méthode présente trois principaux avantages : la sécurité, la rapidité et le confort. L'opération est sûre car elle ne présente aucune variation dans la section des parties, rapide car l'extraction suit de près l'incision, et agréable car elle ne laisse qu'une plaie simple se cicatrisant rapidement. La lettre relate également le cas du soldat Billon, âgé de 20 ans, souffrant de diverses affections, dont une incontinence d'urine depuis 12 ans. Après avoir diagnostiqué une pierre dans la vessie, Planeque a effectué l'opération avec succès le 29 avril 1756, en présence de plusieurs chirurgiens. La pierre, pesant une once et un gros, a été extraite promptement, et le patient a récupéré sans fièvre ni incontinence ultérieure. La plaie était cicatrisée au bout de 15 jours. Planeque souhaite que cette lettre soit publiée pour témoigner de l'efficacité du lithotome. La lettre est certifiée par plusieurs chirurgiens présents lors de l'opération.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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10338
p. 227-235
« Madame la Comtesse de Noailles accoucha le 17 Avril d'un fils, [...] »
Début :
Madame la Comtesse de Noailles accoucha le 17 Avril d'un fils, [...]
Mots clefs :
Naissance, Comte de Rennel, Mariage, Comtes, Ducs, Maison de Rennel, Seigneurs, Saint-Empire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Madame la Comtesse de Noailles accoucha le 17 Avril d'un fils, [...] »
Madame la Comteffe de Noailles accoucha le
17 Avril d'un fils , qui a été tenu fur les fonts par .
le Bailly de Froulay , Ambaffadeur de Malte , &
par la Ducheffe douairiere de la Valliere , & a été
nommé Louis- Marie. Il portera le titre de Chevalier
d'Arpajon , étant deſtiné à remplir le privilege
accordé à feu Louis , Duc d'Arpajon , bifayeul
de la Comteffe de Noailles dans l'Ordre de Malte
( 1 ).
(1 ) Lorfque le Sultan Ibrahim menaçoit l'Ifle :
de Malte avec des forces formidables , le Duc
d'Arpajon alla volontairement au fecours de cette ·
Ifle. Il fut élu Chef du Conseil du Grand- Maître
Généraliffime des Armées de la Religion ,
pourvut fi bien à la sûreté de l'Ifle , que par reconnoiffance
le Grand- Maître ( Paul de Vintimille-
Lafcaris- Caftellar) , du confentement de l'Ordre, lui
accorda le 30 Mai 1645 , le privilege fingulier pour
Lui tous fes defcendans aînés , d'ajouter à leurs
Armes la Croix octogone de Malte avec les extrêmités
faillantes , comme la portent les Chevaliers
de Malte , & qu'un de fes defcendans , pour une
fois feulement au choix du pere , feroit Chevalier
en naiffant , grand Croix à l'âge de 16 ans . Ce
privilege a été reconnu certifié le 5 Mai 1715 , ..
par le Grand Maître Raimond Perellos de Rocafull. »
K vj
228 MERCURE DE FRANCE.
Dame N.... le Petit d'Avelnes , veuve de
Meffire Yves Jean - Baptifte de la Boiffiere , Comte
de Chambors , Ecuyer ordinaire du Roi , mort en
Août 1755 , eft accouchée au mois de Février ,
d'un fils qui a été tenu fur les fonts dans la Chapelle
du Château de Verfailles , par Monfeigneur
le Dauphin & Madame la Dauphine , & nommé
Louis - Jofeph-Jean-Bapt fte. L'Abbé de Raigecourt,
Aumônier du Roi , lui fuppléa les cérémonies du
Baptême en préſence du Curé de la Paroiffe de
Notre- Dame.
Jofeph-Balthafar , Comte de Rennel , de Lefcut,
& du S. Empire , Capitaine dans le Régiment
Royal- Barrois , a époufé le s Février à Méhoncourt
en Lorraine , Marguerite- Gabrielle de Rennel
fa coufine. Le contrat de mariage avoit écé
figné à Nanci le 31 Janvier précédent .
La maifon de Rennel , établie depuis trèslongtemps
en Lorraine , eft une des plus illuftres
de cette Province , tant par fon ancienneté
que par fes belles alliances. Richard de Rennel ,
Chevalier, vivoit fous le regne de Philippe de Valois
, près duquel il combattic vaillamment à la
bataille de Montcaffel en 1328 , & auquel il rendit
de grands fervices. Marguerite Stuard , qu'il
avoit épousée à la Cour du Roi d'Angleterre , le
rendit pere de Jean de Rennel , Chevalier , Capitaine
de 100 Lances , fire de Beaulieu par le don
que lui en fit le Roi Jean en 1350. Jeanne de
Hangeft , fon époufe , qui tefta en 1365 ,
fut mere
de Guillaume de Rennel , fire de Beaulieu , Chambellan
du Roi Charles VI , qui d'Yolande de Mouy,
eur pour enfans Bonaventure de Rennel , qui fuit
Jean , Chevalier de Rhodes , & Yolande , femme
de Matthieu de Riencourt , feigneur d'Orival.
;
Bonaventure de Rennel , fire de Beaulieu , Ca- '
JUI N. 1756. 229
pitaine de so hommes d'armes , époufa en 1415 ,
Alix de Soiffons , fille de Thibault , feigneur de
Moreuil , Gouverneur de Boulogne , & de Marguerite
de Poix. Il en eut Guillaume de Rennel , IF
du nom , fire de Beaulieu , Capitaine de so hommes
d'armes des ordonnances du Roi Louis XI.
marié en 1445 à Ifabeau , fille de Jean de Hangeft,
feigneur de Genlis , & de Marie de Sarrebruck ; il
en eut entr'autres enfans , Jean de Rennel , II du
nom , Capitaine d'une compagnie entretenue'
pour la garde de Boulogne , qui tefta le 10 Juin
1530 , & fut pere par fa femme Catherine d'Aumale
, fille de Jean d'Aumale , feigneur d'Efpaigni
, & de Jeanne de Soiffons-Moreuil , Vicomteffe
du Mont Notre- Dame , de Bonaventure de Rennel
, II du nom , Page du Duc de Lorraine en 1525,
puis premier Gentilhomme de la Chambre &
Principal Miniftre de Nicolas de Lorraine , Comte
de Vaudemont , pere de la Reine - Louife. H fut
auffi crée fecretaire d'Etat de Lorraine , le 11
Juillet 1552. Il mourut le 16 Mars 1584 , laiffant
de fa femme Marie de Janin de Manoncourt
morte en 1560 , qu'il avoit épousée le 3 Λούτ
1548 , Balthazar de Rennel , feigneur de Saint-
Bria , Jarville , S. Germain , S. Boin , Malzeville ,
Ecuyer d'écurie du Duc de Mercoeur , frere de la
Reine Louife , & depuis Miniftre d'Etat , & Préfident
de Lorraine , mort le 16 Novembre 1637 ,
âgé de 83 ans. Il avoit époufé le 9 Juin 1575 ,
Barbe de Lefcut . Elle etoit fille aînée de Jean de
Lefcut , Comte du S. Empire , & de Mayelle de
Beurges . C'est elle qui apporta dans la maifon de
Rennel le titre de Comte du S. Empire . Elle
mourut le 29 Mars 1637 , laiflant enti'autres enfans
Balthazar, II du nom , Comte de Rennel &
du S. Empire , Seigneur de Jarville & d'Andilly .
230 MERCURE DE FRANCE .
Confeiller d'Etat du Duc Charles IV , mort le 2
Novembre 1658. Il avoit époufé par contrat du
11 Janvier 1521 , Claude de Guérin du Montet.
Elle mourut le 3 Février 1641 , & fut mere de
François , Comte de Rennel & du S. Empire ,
qui fuit ; de Balthafar qui a fait la branche des .
Comtes de Rennel & de Lefcut , dont la poſtérité
fera rapportée après celle de fon frere aîné , & de
Charles-Jean, feigneur d'Andilly, Conſeiller d'état
du Duc Léopold , mort âgé de So ans , le 14 Avril
1716 , ne laiffant de fa femme Théreſe- Françoiſe
de Rouffelot que quatre filles. 1. Catherine Valerie
, morte en 1752 , veuve depuis 1739 de :
René de la Geard , dit le Marquis de Grefignac.
2º. Marie-Thérefe , morte en 1723 , veuve depuis
1708 de Charles- François de Serre , Confcil- :
fer d'Etat & Maître des Requêtes du Duc Léopold.
3 °. Marguerite- Reine , mariée en 1699 , à
Jean-Baptifte-André de Laugier , tué à la bataille
d'Hochftedt , étant capitaine au Régiment de
Languedoc. 4° . Marie- Antoinette , veuve du 10%
Mars 1734 , de Claude , Comte de la Rode , Baron
de Monconis , & Seigneur de Charnay en Bour
gogne.
François , Comte de Rennel & du S. Empire ,.
Seigneur de Jarville , Méhioncourt , Franconville ,
& Landecourt , fils aîné de Balthafar , II du nom
fut Confeiller d'Etat du Duc Charles IV, qui lui
donna en 1666 le commandement de Nanci , &
la Préfidence du Confeil de cette ville , & mourut
le 21 Février 1687. Il avoit épaulé 1º . par contrat
du 6 Novembre 1649 , Antoinette le Febvre ,.
Dame d'Ancy, morte le 5 Mai 1663. 2 ° . En 1664,
Antoinette le Marefchal , décédée le 2 Juin 1680.t
Il n'eut de cette feconde femme que Jeanne - Fran-*
goile de Rennel , mariée à Jofeph le Begue , C.-
JUIN. 1756. 23 .
du S. Empire & de Germiny , premier Miniftre
d'Etat de Lorraine , mort le 30 Janvier 1730 ,
onze mois après fa femme ; mais il eut de fon premier
mariage Marie -Françoiſe de Rennel , morce
le 28 Mai 1698 , femme de Charles- Henri de
Juvrecourt , commandant les Moufquetaires de la
garde du Duc Charles IV ; Balthafar- Jofeph - Dieudonné
, & Jean- Baptifte-Henri de Rennel , qui
ont laiffé postérité .
Balthafar-Jofeph-Dieudonné , Comte de Rennel
& du S. Empire , feigneur de Mehoncourt ,
d'Erbamont & de Circourt , Confeiller d'Etat du
Duc Léopold , & premier Préſident de la Chambre
des Comptes de Lorraine , né le 24 Septembre
1654 , mourut le 24 Février 1726. Il avoit
épousé par contrat du 23 Novembre 1687 , Françoife
de Huyn , niece du Comte de Huyn , Maré--
chal des Armées de l'Empereur, & Gouverneur de
Zizeth en Hongrie , décédée le premier Janvier
1723 , dont 1 °. Nicolas - François , qui fuit . 2º. Jofeph-
Ignace , Comte de Rennel & du Saint Em--
pire , Prélat-domeftique du Pape , Référendaire de
P'une & l'autre fignature , Grand- Chantre & Chanoine
de l'Eglife de S. Diez . 3 ° . Charles - François
, 'Comte de Rennel & du Saint Empire , Camé
rier d'honneur du Pape , & Chanoine de S. Diez.
4°. Jean-Baptifte-Henri-Balthafar,Comte de Rennel
& du Saint Empire , feigneur de Bouvigny ,
d'Erbamont & Circourt , ancien Capitaine aux
Gardes de l'Empereur.
Nicolas - François , Comte de Rennel & du Saint:
Empire , feigneur de Méhoncourt , a été créé Secretaire
d'Etat du Duc Léopold , le 20 Février
1721 , puis fon Miniftre Plénipotentiaire au Congrès
de Cambrai , enfin Commiffaire de l'Empereur
pour faire l'extradition de fes Duchés de
232 MERCURE DE FRANCE.
Lorraine & de Bar. Il a été maintenu avec ceux
de fon nom & de fes armes dans le titre de Comte
du Saint Empire , par Arrêt du Conſeil d'Etat ,
rendu à Luneville le 31 Août 1730 ,& tous les titres
justificatifs de fa filiation & illuftration de fa maifon
, ont été reconnus & vérifiés par Arrêt du Parlement
de Nanci dù 26 Septembre 1736. Il eft
veuf du 17 Décembre 1745 , de Magdeleine de
Pons , mariée par contrat du 20 Février 1732 , &
fille de Claude- Alexandre , Marquis de Pons de
Rennepont , Marechal des Camps & Armées du
Roi , & d'Anne- Dorothée de Bettainviller. Il a de
ce mariage , 1º . Jofeph-Ignace - Dieudonné , Comte
de Rennel & du Saint Empire , né le 20 Juin
1734 , Officier au Régiment du Roi infanterie ,
mort le 19 Novembre 1755. 2 ° . Marguerite - Ga→
brielle , née le 20 Mars 1739 , dont nous annon-
Cons le mariage. 3 ° . Anne - Marie , dite Mademoi
felle de Senlis , née le 21 Avril 1741. 4° . Jeanne-
Henriette , dite Mademoifelle de Moreuil , née le
3 Juin 1743. 5 ° . Elifabeth- Gloffinde , appellés
Mademoiſelle de Florainville , née le 17 Décembre
1745 .
I
Jean- Baptifte- Henri , Comte de Rennel & du
Saint Empire , feigneur d'Amelecourt . Colonel
d'infanterie , fecond fils de François , Comte de
Rennel & d'Antoinette le Fevre , eft mort le 3
Août 1748. Il avoit épousé par contrat du 16 Décembre
1692 , Maric- Nicole , morte les Novembre
1703 , fille de Henri- Philippe de Baillivy ,
commandant les Gendarmes de la Garde du Duc
Charles IV , & de Marie - Louife- Françoise de Voil
lot de Valleroy. De ce mariage font fortis , 1°. Charles
-Jean- Baptifte , Comte de Rennel & du Saint
Empire , Capitaine aux Gardes du Duc Léopold ,
mort le 8 Août 1724 , laiffaut de fa femme ClauJUIN.
1756. 233
de - Catherine le Febvre de S. Germain , foeur du
Comte de ce nom , une fille unique Anne- Catherine
de Rennel , née le jour de la mort de fon
pere , & mariée par contrat du 24 Février 1744, à
Jean- Baptifte -Hyacinthe- Dieudonné , Marquis
de Treftondam. 2. Antoine- Africain , dit le Chevalier
de Rennel , Officier au Régiment de Neuperg
, tué le 9 Octobre 1716 , au fiege de Temefwar.
3. Charles- François , Comte de Rennel &
du Saint Empire , né le zo Septembre 17c1 , & tué
de 12 Septembre 1719. Il avoit épousé par contrat
du 11 Octobre 1723 , Anne-Françoife- Scholaftique
de Greiche , de laquelle il a eu Anne - Catherine
de Rennel , mariée par contrat du 12 Juillet
1742, à fon oncle à la mode de Bretagne , Jean-
François , Comte de Grieche , feigneur de Jalocourt
, fils unique de Nicolas , Comte de Greiche,
Chambellan du Duc Léopold , & de Marie - Catherine
du Châtelet , foeur de René- François , Marquis
du Châtelet , Lieutenant Général des Armées
de l'Empereur.
Balthafar , III du nom , Comte de Rennel de
Lefcut & du Saint Empire , Seigneur de Jarville
fils puîné de Balthafar , II du nom , Comte de
Rennel , & de Claude de Guerin du Montet , mentionnés
ci- deffus , fut fubftitué au nom de Lefcut
par fon ayeule Barbe de Lefcut. Il mourut âgé de
quatre- vingts ans , lé 26 Octobre 1707 , ayant eu
de fon mariage , contracté le 8 Juillet 168 avec
Elizabeth , fille unique de Charles de Vitton , Seigneur
de Valfroicourt , Jean-Sigifbert , Comte
de Rennel de Lefcut & du Saint Empire , Confeil.
ler d'Etat du Duc Léopold , & fecond Préſident à
Mortier au Parlement de Nanci , décédé le 29
Juillet 1707. Il avoit épousé par Contrat du 3
Février 1687 , Catherine de Huyn , Dame de Bet234
MERCURE DE FRANCE.
toncourt, morte le Décembre 1741 , de laquelle
il cut , 1º. Thomas- Balthafar qui fuit. 2º. Jean-
Jofeph , Comte du Saint Empire , mort Chanoine
de S. Diez , le 20 Mars 1736. 3°.Charles, Comte
du Saint Empire , dit le Chevalier de Lefcut ,
ancien Capitaine aux Gardes du Duc de Lorraine.
4. Marguerite , veuve , du 4 Août 1751 , de Paul-
Melchior- Henri , Seigneur de Seichamps. 5 ° . Elifabeth
Catherine , morte le 5 Novembre 1751
femme de François de Lançon , Commandant à
Belle-ifle. 6°. Françoife , dite Mlle de Rennel , 7º.
Catherine , morte Religieufe en 1729.
Thomas - Balthafar, Comte de Rennel de Lefcut
& du Saint Empire , Seigneur de Bettoncourt , Capitaine
aux Gardes du Duc de Lorraine , mort le
17 Novembre 1749 , avoit épousé par Contrat du
26 Septembre 1722 Marie- Anne de Hoffelife , décédée
le 27 Mai 1730 , fille de Céfar de Hoffelife,
Seigneur de Burthecourt & de Chambrey , Capi
taine au Régiment de la Fere , & d'Antoinette de
Bouvet , Dame de Robert-Efpagne . De ce maria,
ge font fortis , 1 ° . Jofeph- Balthafar , Comte de
Rennel de Lefcut & du Saint Empire , Seigneur
de Bettoncourt , Burthecourt & Robert-Efpagne
né le 21 Août 1726 , qui donne lieu à cet article.
2°. Catherine- Gabrielle , mariée le 12 Avril 1746,
à Jean - Baptifte , Baron de Mahuet & du Saint
Empire , Comte de Mailly , dit le Comte de
Coyviller. 3 °. Marie- Therefe , dite Mlle de Lef
cut. 4°. Marguerite , dite Mlle de Burthecourt.
M. Conftant de Rebecque , Général au ſervice
'Hollande , Colonel d'un Régiment Suiffe de
fon nom , eft mort en Suiffe à Lauzanne , pays
de Vaux , canton de Berne , au commencement
de cette année , âgé de 79 ans . La famille de
Conftant de Rebecque eft d'une ancienne Nobleffe
JUIN. 1756. 235
originaire d'Artois , où elle a poffédé plufieurs
terres , & a eu des Charges honorables dans différentes
Cours . Elle a fourni des Chevaliers de S.
Jean de Jérufalem , & s'eft retirée en Suiffe après
les guerres de Religion.
17 Avril d'un fils , qui a été tenu fur les fonts par .
le Bailly de Froulay , Ambaffadeur de Malte , &
par la Ducheffe douairiere de la Valliere , & a été
nommé Louis- Marie. Il portera le titre de Chevalier
d'Arpajon , étant deſtiné à remplir le privilege
accordé à feu Louis , Duc d'Arpajon , bifayeul
de la Comteffe de Noailles dans l'Ordre de Malte
( 1 ).
(1 ) Lorfque le Sultan Ibrahim menaçoit l'Ifle :
de Malte avec des forces formidables , le Duc
d'Arpajon alla volontairement au fecours de cette ·
Ifle. Il fut élu Chef du Conseil du Grand- Maître
Généraliffime des Armées de la Religion ,
pourvut fi bien à la sûreté de l'Ifle , que par reconnoiffance
le Grand- Maître ( Paul de Vintimille-
Lafcaris- Caftellar) , du confentement de l'Ordre, lui
accorda le 30 Mai 1645 , le privilege fingulier pour
Lui tous fes defcendans aînés , d'ajouter à leurs
Armes la Croix octogone de Malte avec les extrêmités
faillantes , comme la portent les Chevaliers
de Malte , & qu'un de fes defcendans , pour une
fois feulement au choix du pere , feroit Chevalier
en naiffant , grand Croix à l'âge de 16 ans . Ce
privilege a été reconnu certifié le 5 Mai 1715 , ..
par le Grand Maître Raimond Perellos de Rocafull. »
K vj
228 MERCURE DE FRANCE.
Dame N.... le Petit d'Avelnes , veuve de
Meffire Yves Jean - Baptifte de la Boiffiere , Comte
de Chambors , Ecuyer ordinaire du Roi , mort en
Août 1755 , eft accouchée au mois de Février ,
d'un fils qui a été tenu fur les fonts dans la Chapelle
du Château de Verfailles , par Monfeigneur
le Dauphin & Madame la Dauphine , & nommé
Louis - Jofeph-Jean-Bapt fte. L'Abbé de Raigecourt,
Aumônier du Roi , lui fuppléa les cérémonies du
Baptême en préſence du Curé de la Paroiffe de
Notre- Dame.
Jofeph-Balthafar , Comte de Rennel , de Lefcut,
& du S. Empire , Capitaine dans le Régiment
Royal- Barrois , a époufé le s Février à Méhoncourt
en Lorraine , Marguerite- Gabrielle de Rennel
fa coufine. Le contrat de mariage avoit écé
figné à Nanci le 31 Janvier précédent .
La maifon de Rennel , établie depuis trèslongtemps
en Lorraine , eft une des plus illuftres
de cette Province , tant par fon ancienneté
que par fes belles alliances. Richard de Rennel ,
Chevalier, vivoit fous le regne de Philippe de Valois
, près duquel il combattic vaillamment à la
bataille de Montcaffel en 1328 , & auquel il rendit
de grands fervices. Marguerite Stuard , qu'il
avoit épousée à la Cour du Roi d'Angleterre , le
rendit pere de Jean de Rennel , Chevalier , Capitaine
de 100 Lances , fire de Beaulieu par le don
que lui en fit le Roi Jean en 1350. Jeanne de
Hangeft , fon époufe , qui tefta en 1365 ,
fut mere
de Guillaume de Rennel , fire de Beaulieu , Chambellan
du Roi Charles VI , qui d'Yolande de Mouy,
eur pour enfans Bonaventure de Rennel , qui fuit
Jean , Chevalier de Rhodes , & Yolande , femme
de Matthieu de Riencourt , feigneur d'Orival.
;
Bonaventure de Rennel , fire de Beaulieu , Ca- '
JUI N. 1756. 229
pitaine de so hommes d'armes , époufa en 1415 ,
Alix de Soiffons , fille de Thibault , feigneur de
Moreuil , Gouverneur de Boulogne , & de Marguerite
de Poix. Il en eut Guillaume de Rennel , IF
du nom , fire de Beaulieu , Capitaine de so hommes
d'armes des ordonnances du Roi Louis XI.
marié en 1445 à Ifabeau , fille de Jean de Hangeft,
feigneur de Genlis , & de Marie de Sarrebruck ; il
en eut entr'autres enfans , Jean de Rennel , II du
nom , Capitaine d'une compagnie entretenue'
pour la garde de Boulogne , qui tefta le 10 Juin
1530 , & fut pere par fa femme Catherine d'Aumale
, fille de Jean d'Aumale , feigneur d'Efpaigni
, & de Jeanne de Soiffons-Moreuil , Vicomteffe
du Mont Notre- Dame , de Bonaventure de Rennel
, II du nom , Page du Duc de Lorraine en 1525,
puis premier Gentilhomme de la Chambre &
Principal Miniftre de Nicolas de Lorraine , Comte
de Vaudemont , pere de la Reine - Louife. H fut
auffi crée fecretaire d'Etat de Lorraine , le 11
Juillet 1552. Il mourut le 16 Mars 1584 , laiffant
de fa femme Marie de Janin de Manoncourt
morte en 1560 , qu'il avoit épousée le 3 Λούτ
1548 , Balthazar de Rennel , feigneur de Saint-
Bria , Jarville , S. Germain , S. Boin , Malzeville ,
Ecuyer d'écurie du Duc de Mercoeur , frere de la
Reine Louife , & depuis Miniftre d'Etat , & Préfident
de Lorraine , mort le 16 Novembre 1637 ,
âgé de 83 ans. Il avoit époufé le 9 Juin 1575 ,
Barbe de Lefcut . Elle etoit fille aînée de Jean de
Lefcut , Comte du S. Empire , & de Mayelle de
Beurges . C'est elle qui apporta dans la maifon de
Rennel le titre de Comte du S. Empire . Elle
mourut le 29 Mars 1637 , laiflant enti'autres enfans
Balthazar, II du nom , Comte de Rennel &
du S. Empire , Seigneur de Jarville & d'Andilly .
230 MERCURE DE FRANCE .
Confeiller d'Etat du Duc Charles IV , mort le 2
Novembre 1658. Il avoit époufé par contrat du
11 Janvier 1521 , Claude de Guérin du Montet.
Elle mourut le 3 Février 1641 , & fut mere de
François , Comte de Rennel & du S. Empire ,
qui fuit ; de Balthafar qui a fait la branche des .
Comtes de Rennel & de Lefcut , dont la poſtérité
fera rapportée après celle de fon frere aîné , & de
Charles-Jean, feigneur d'Andilly, Conſeiller d'état
du Duc Léopold , mort âgé de So ans , le 14 Avril
1716 , ne laiffant de fa femme Théreſe- Françoiſe
de Rouffelot que quatre filles. 1. Catherine Valerie
, morte en 1752 , veuve depuis 1739 de :
René de la Geard , dit le Marquis de Grefignac.
2º. Marie-Thérefe , morte en 1723 , veuve depuis
1708 de Charles- François de Serre , Confcil- :
fer d'Etat & Maître des Requêtes du Duc Léopold.
3 °. Marguerite- Reine , mariée en 1699 , à
Jean-Baptifte-André de Laugier , tué à la bataille
d'Hochftedt , étant capitaine au Régiment de
Languedoc. 4° . Marie- Antoinette , veuve du 10%
Mars 1734 , de Claude , Comte de la Rode , Baron
de Monconis , & Seigneur de Charnay en Bour
gogne.
François , Comte de Rennel & du S. Empire ,.
Seigneur de Jarville , Méhioncourt , Franconville ,
& Landecourt , fils aîné de Balthafar , II du nom
fut Confeiller d'Etat du Duc Charles IV, qui lui
donna en 1666 le commandement de Nanci , &
la Préfidence du Confeil de cette ville , & mourut
le 21 Février 1687. Il avoit épaulé 1º . par contrat
du 6 Novembre 1649 , Antoinette le Febvre ,.
Dame d'Ancy, morte le 5 Mai 1663. 2 ° . En 1664,
Antoinette le Marefchal , décédée le 2 Juin 1680.t
Il n'eut de cette feconde femme que Jeanne - Fran-*
goile de Rennel , mariée à Jofeph le Begue , C.-
JUIN. 1756. 23 .
du S. Empire & de Germiny , premier Miniftre
d'Etat de Lorraine , mort le 30 Janvier 1730 ,
onze mois après fa femme ; mais il eut de fon premier
mariage Marie -Françoiſe de Rennel , morce
le 28 Mai 1698 , femme de Charles- Henri de
Juvrecourt , commandant les Moufquetaires de la
garde du Duc Charles IV ; Balthafar- Jofeph - Dieudonné
, & Jean- Baptifte-Henri de Rennel , qui
ont laiffé postérité .
Balthafar-Jofeph-Dieudonné , Comte de Rennel
& du S. Empire , feigneur de Mehoncourt ,
d'Erbamont & de Circourt , Confeiller d'Etat du
Duc Léopold , & premier Préſident de la Chambre
des Comptes de Lorraine , né le 24 Septembre
1654 , mourut le 24 Février 1726. Il avoit
épousé par contrat du 23 Novembre 1687 , Françoife
de Huyn , niece du Comte de Huyn , Maré--
chal des Armées de l'Empereur, & Gouverneur de
Zizeth en Hongrie , décédée le premier Janvier
1723 , dont 1 °. Nicolas - François , qui fuit . 2º. Jofeph-
Ignace , Comte de Rennel & du Saint Em--
pire , Prélat-domeftique du Pape , Référendaire de
P'une & l'autre fignature , Grand- Chantre & Chanoine
de l'Eglife de S. Diez . 3 ° . Charles - François
, 'Comte de Rennel & du Saint Empire , Camé
rier d'honneur du Pape , & Chanoine de S. Diez.
4°. Jean-Baptifte-Henri-Balthafar,Comte de Rennel
& du Saint Empire , feigneur de Bouvigny ,
d'Erbamont & Circourt , ancien Capitaine aux
Gardes de l'Empereur.
Nicolas - François , Comte de Rennel & du Saint:
Empire , feigneur de Méhoncourt , a été créé Secretaire
d'Etat du Duc Léopold , le 20 Février
1721 , puis fon Miniftre Plénipotentiaire au Congrès
de Cambrai , enfin Commiffaire de l'Empereur
pour faire l'extradition de fes Duchés de
232 MERCURE DE FRANCE.
Lorraine & de Bar. Il a été maintenu avec ceux
de fon nom & de fes armes dans le titre de Comte
du Saint Empire , par Arrêt du Conſeil d'Etat ,
rendu à Luneville le 31 Août 1730 ,& tous les titres
justificatifs de fa filiation & illuftration de fa maifon
, ont été reconnus & vérifiés par Arrêt du Parlement
de Nanci dù 26 Septembre 1736. Il eft
veuf du 17 Décembre 1745 , de Magdeleine de
Pons , mariée par contrat du 20 Février 1732 , &
fille de Claude- Alexandre , Marquis de Pons de
Rennepont , Marechal des Camps & Armées du
Roi , & d'Anne- Dorothée de Bettainviller. Il a de
ce mariage , 1º . Jofeph-Ignace - Dieudonné , Comte
de Rennel & du Saint Empire , né le 20 Juin
1734 , Officier au Régiment du Roi infanterie ,
mort le 19 Novembre 1755. 2 ° . Marguerite - Ga→
brielle , née le 20 Mars 1739 , dont nous annon-
Cons le mariage. 3 ° . Anne - Marie , dite Mademoi
felle de Senlis , née le 21 Avril 1741. 4° . Jeanne-
Henriette , dite Mademoifelle de Moreuil , née le
3 Juin 1743. 5 ° . Elifabeth- Gloffinde , appellés
Mademoiſelle de Florainville , née le 17 Décembre
1745 .
I
Jean- Baptifte- Henri , Comte de Rennel & du
Saint Empire , feigneur d'Amelecourt . Colonel
d'infanterie , fecond fils de François , Comte de
Rennel & d'Antoinette le Fevre , eft mort le 3
Août 1748. Il avoit épousé par contrat du 16 Décembre
1692 , Maric- Nicole , morte les Novembre
1703 , fille de Henri- Philippe de Baillivy ,
commandant les Gendarmes de la Garde du Duc
Charles IV , & de Marie - Louife- Françoise de Voil
lot de Valleroy. De ce mariage font fortis , 1°. Charles
-Jean- Baptifte , Comte de Rennel & du Saint
Empire , Capitaine aux Gardes du Duc Léopold ,
mort le 8 Août 1724 , laiffaut de fa femme ClauJUIN.
1756. 233
de - Catherine le Febvre de S. Germain , foeur du
Comte de ce nom , une fille unique Anne- Catherine
de Rennel , née le jour de la mort de fon
pere , & mariée par contrat du 24 Février 1744, à
Jean- Baptifte -Hyacinthe- Dieudonné , Marquis
de Treftondam. 2. Antoine- Africain , dit le Chevalier
de Rennel , Officier au Régiment de Neuperg
, tué le 9 Octobre 1716 , au fiege de Temefwar.
3. Charles- François , Comte de Rennel &
du Saint Empire , né le zo Septembre 17c1 , & tué
de 12 Septembre 1719. Il avoit épousé par contrat
du 11 Octobre 1723 , Anne-Françoife- Scholaftique
de Greiche , de laquelle il a eu Anne - Catherine
de Rennel , mariée par contrat du 12 Juillet
1742, à fon oncle à la mode de Bretagne , Jean-
François , Comte de Grieche , feigneur de Jalocourt
, fils unique de Nicolas , Comte de Greiche,
Chambellan du Duc Léopold , & de Marie - Catherine
du Châtelet , foeur de René- François , Marquis
du Châtelet , Lieutenant Général des Armées
de l'Empereur.
Balthafar , III du nom , Comte de Rennel de
Lefcut & du Saint Empire , Seigneur de Jarville
fils puîné de Balthafar , II du nom , Comte de
Rennel , & de Claude de Guerin du Montet , mentionnés
ci- deffus , fut fubftitué au nom de Lefcut
par fon ayeule Barbe de Lefcut. Il mourut âgé de
quatre- vingts ans , lé 26 Octobre 1707 , ayant eu
de fon mariage , contracté le 8 Juillet 168 avec
Elizabeth , fille unique de Charles de Vitton , Seigneur
de Valfroicourt , Jean-Sigifbert , Comte
de Rennel de Lefcut & du Saint Empire , Confeil.
ler d'Etat du Duc Léopold , & fecond Préſident à
Mortier au Parlement de Nanci , décédé le 29
Juillet 1707. Il avoit épousé par Contrat du 3
Février 1687 , Catherine de Huyn , Dame de Bet234
MERCURE DE FRANCE.
toncourt, morte le Décembre 1741 , de laquelle
il cut , 1º. Thomas- Balthafar qui fuit. 2º. Jean-
Jofeph , Comte du Saint Empire , mort Chanoine
de S. Diez , le 20 Mars 1736. 3°.Charles, Comte
du Saint Empire , dit le Chevalier de Lefcut ,
ancien Capitaine aux Gardes du Duc de Lorraine.
4. Marguerite , veuve , du 4 Août 1751 , de Paul-
Melchior- Henri , Seigneur de Seichamps. 5 ° . Elifabeth
Catherine , morte le 5 Novembre 1751
femme de François de Lançon , Commandant à
Belle-ifle. 6°. Françoife , dite Mlle de Rennel , 7º.
Catherine , morte Religieufe en 1729.
Thomas - Balthafar, Comte de Rennel de Lefcut
& du Saint Empire , Seigneur de Bettoncourt , Capitaine
aux Gardes du Duc de Lorraine , mort le
17 Novembre 1749 , avoit épousé par Contrat du
26 Septembre 1722 Marie- Anne de Hoffelife , décédée
le 27 Mai 1730 , fille de Céfar de Hoffelife,
Seigneur de Burthecourt & de Chambrey , Capi
taine au Régiment de la Fere , & d'Antoinette de
Bouvet , Dame de Robert-Efpagne . De ce maria,
ge font fortis , 1 ° . Jofeph- Balthafar , Comte de
Rennel de Lefcut & du Saint Empire , Seigneur
de Bettoncourt , Burthecourt & Robert-Efpagne
né le 21 Août 1726 , qui donne lieu à cet article.
2°. Catherine- Gabrielle , mariée le 12 Avril 1746,
à Jean - Baptifte , Baron de Mahuet & du Saint
Empire , Comte de Mailly , dit le Comte de
Coyviller. 3 °. Marie- Therefe , dite Mlle de Lef
cut. 4°. Marguerite , dite Mlle de Burthecourt.
M. Conftant de Rebecque , Général au ſervice
'Hollande , Colonel d'un Régiment Suiffe de
fon nom , eft mort en Suiffe à Lauzanne , pays
de Vaux , canton de Berne , au commencement
de cette année , âgé de 79 ans . La famille de
Conftant de Rebecque eft d'une ancienne Nobleffe
JUIN. 1756. 235
originaire d'Artois , où elle a poffédé plufieurs
terres , & a eu des Charges honorables dans différentes
Cours . Elle a fourni des Chevaliers de S.
Jean de Jérufalem , & s'eft retirée en Suiffe après
les guerres de Religion.
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Résumé : « Madame la Comtesse de Noailles accoucha le 17 Avril d'un fils, [...] »
Le texte relate plusieurs événements et généalogies au sein de la noblesse française et suisse. Le 17 avril, la Comtesse de Noailles a donné naissance à un fils, Louis-Marie, baptisé par le Bailly de Froulay et la Duchesse douairière de La Vallière. Louis-Marie portera le titre de Chevalier d'Arpajon et bénéficiera d'un privilège accordé à son arrière-grand-père, le Duc d'Arpajon, dans l'Ordre de Malte. Ce privilège permet à un descendant aîné d'ajouter la Croix octogone de Malte à ses armes et de devenir Chevalier à la naissance, grand Croix à seize ans. Le texte mentionne également le Sultan Ibrahim menaçant l'île de Malte et le Duc d'Arpajon allant à son secours. En reconnaissance, le Grand Maître de l'Ordre de Malte accorde un privilège singulier à la famille d'Arpajon. Dame N..., veuve de Messire Yves Jean-Baptiste de La Boissière, Comte de Chambors, a accouché en février d'un fils, Louis-Joseph-Jean-Baptiste, baptisé par le Dauphin et la Dauphine au château de Versailles. Joseph-Balthazar, Comte de Rennel, a épousé Marguerite-Gabrielle de Rennel, sa cousine, le 5 février à Méhoncourt en Lorraine. La maison de Rennel, établie en Lorraine, est illustre par son ancienneté et ses alliances. Richard de Rennel, Chevalier, a combattu à la bataille de Montcaffel en 1328. Plusieurs générations de la famille Rennel sont détaillées, avec leurs titres, alliances et services militaires. Le texte mentionne également des naissances, mariages et décès au sein de la famille Rennel, ainsi que leurs titres et fonctions, comme Conseiller d'État, Capitaine, et Prélat-domestique du Pape. La famille de Constant de Rebecque, originaire d'Artois, a possédé plusieurs terres et occupé des charges honorables dans diverses cours. Elle a compté parmi ses membres des Chevaliers de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem. Après les guerres de Religion, la famille s'est retirée en Suisse. Le décès de Charles de Constant de Rebecque est mentionné, survenu à de Vaux, dans le canton de Berne, au début de l'année 1756, à l'âge de 79 ans.
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10339
p. 235-237
Avis intéressant.
Début :
Le Baume de M. le Lievre opere tous les jours des guérisons surprenantes : [...]
Mots clefs :
Baume, M. le Lievre, Guérison, Témoignages de patients, Maux divers
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texteReconnaissance textuelle : Avis intéressant.
Avis intéressant.
LE Baume de M. le Lievre opere tous les jours
des guérifons furprenantes : parmi le grand nombre
, nous en citerons une très- finguliere ; elle eft
atteſtée par plufieurs témoins dignes de foi , & par
la malade elle-même que ce Baume a tiré des bras
236 MERCURE DE FRANCE .
de la mort , comme on va le voir dans la Lettre
que la reconnoiffance lui a dictée , & que nous
avons cru devoir rendre publique .
A M. le Lievre.
Je vous dois trop , Monfieur , pour ne pas émployer
les premiers momens de ma convalescence
àvous rendre grace de la meilleure fanté dont je
jouis de jour en jour , depuis l'inftant qu'un Ami
fenfible aux douleurs mortelles dont j'étois accablée
depuis fix mois , me perfuada de faire ufage de
votre Baume de vie . Je croirois d'ailleurs manquer
à l'humanité , fi je ne publiois continuellement les
merveilleux effets que j'en viens d'éprouver. Cet
Ami vous aura fans doute fait un détail de ma
maladie : ainfi vous fçavez qu'à une fievre lente
qui me rongeoit depuis fix mois font furvenus
des redoublemens , le tranfport au cerveau ; mais
ce qui a totalement fait defefpérer de mes jours ,
c'eft une infomnie depuis trois mois , une toux
affreufe qui me fuffoquoit , avec une rétention
d'urine & un dévoiement continuel pendant douze
jours. Les Médecins jugeant leur fecours inutile
dans cet état , & m'ayant abfolument abandonnée ,
j'attendois que la mort terminât mes peines , lorfque
cet Ami m'apporta la vie en me communiquant
votre Baume. Il y a quinze jours que j'en
fais l'ufage qu'il m'a preferit par vos ordres : il me
femble qu'à chaque minute je prends un nouvel
être toutes mes douleurs fe font infenfiblement
paffées ; & fi je n'étois retenue par la crainte de
m'expofer trop-tôt au grand air , j'aurois déja cedé
à l'empreffement que j'ai de voir mon Libérateur.
pour lui témoigner avec quels fentimens d'eftime
& de reconnoiffance , j'ai l'honneur , & c.
Signé , Antoinette de la Porte.
A Paris , le 16 Mars 1756.
JUIN. 1756. 237
Comme les grands maux qu'on a foufferts font
oublier facilement ceux qui nous font moins de
peine , j'oubliois de vous dire que j'avois encore
des dartres dont j'étois attaquée depuis plufieurs
années , & qu'elles ont également difparu. Je
crois , Monfieur , que vous ne ferez pas fâché de
voir ici ma guérifon atteftée par plufieurs perfonnes
dignes de foi , & qui ont été témoins de l'état
déplorable dans lequel j'étois avant de connoître
votre Baume.
De Bagarotty, Raucourt , Manon Vertely, Lavault.
LE Baume de M. le Lievre opere tous les jours
des guérifons furprenantes : parmi le grand nombre
, nous en citerons une très- finguliere ; elle eft
atteſtée par plufieurs témoins dignes de foi , & par
la malade elle-même que ce Baume a tiré des bras
236 MERCURE DE FRANCE .
de la mort , comme on va le voir dans la Lettre
que la reconnoiffance lui a dictée , & que nous
avons cru devoir rendre publique .
A M. le Lievre.
Je vous dois trop , Monfieur , pour ne pas émployer
les premiers momens de ma convalescence
àvous rendre grace de la meilleure fanté dont je
jouis de jour en jour , depuis l'inftant qu'un Ami
fenfible aux douleurs mortelles dont j'étois accablée
depuis fix mois , me perfuada de faire ufage de
votre Baume de vie . Je croirois d'ailleurs manquer
à l'humanité , fi je ne publiois continuellement les
merveilleux effets que j'en viens d'éprouver. Cet
Ami vous aura fans doute fait un détail de ma
maladie : ainfi vous fçavez qu'à une fievre lente
qui me rongeoit depuis fix mois font furvenus
des redoublemens , le tranfport au cerveau ; mais
ce qui a totalement fait defefpérer de mes jours ,
c'eft une infomnie depuis trois mois , une toux
affreufe qui me fuffoquoit , avec une rétention
d'urine & un dévoiement continuel pendant douze
jours. Les Médecins jugeant leur fecours inutile
dans cet état , & m'ayant abfolument abandonnée ,
j'attendois que la mort terminât mes peines , lorfque
cet Ami m'apporta la vie en me communiquant
votre Baume. Il y a quinze jours que j'en
fais l'ufage qu'il m'a preferit par vos ordres : il me
femble qu'à chaque minute je prends un nouvel
être toutes mes douleurs fe font infenfiblement
paffées ; & fi je n'étois retenue par la crainte de
m'expofer trop-tôt au grand air , j'aurois déja cedé
à l'empreffement que j'ai de voir mon Libérateur.
pour lui témoigner avec quels fentimens d'eftime
& de reconnoiffance , j'ai l'honneur , & c.
Signé , Antoinette de la Porte.
A Paris , le 16 Mars 1756.
JUIN. 1756. 237
Comme les grands maux qu'on a foufferts font
oublier facilement ceux qui nous font moins de
peine , j'oubliois de vous dire que j'avois encore
des dartres dont j'étois attaquée depuis plufieurs
années , & qu'elles ont également difparu. Je
crois , Monfieur , que vous ne ferez pas fâché de
voir ici ma guérifon atteftée par plufieurs perfonnes
dignes de foi , & qui ont été témoins de l'état
déplorable dans lequel j'étois avant de connoître
votre Baume.
De Bagarotty, Raucourt , Manon Vertely, Lavault.
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Résumé : Avis intéressant.
Le texte présente le témoignage d'Antoinette de la Porte sur les bienfaits du Baume de M. Le Lièvre. Après six mois de souffrance, elle a été guérie en quinze jours grâce à ce baume. Ses symptômes incluaient une fièvre lente, des troubles cérébraux, de l'insomnie, une toux sévère, une rétention d'urine et des diarrhées continues. Les médecins l'avaient abandonnée à son sort, mais un ami lui a administré le baume, lui permettant de retrouver la santé. Elle exprime sa gratitude envers M. Le Lièvre et mentionne également la disparition de dartres dont elle souffrait depuis plusieurs années. Plusieurs témoins, dont Bagarotty, Raucourt, Manon Vertely et Lavault, attestent de son état déplorable avant l'utilisation du baume.
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10340
p. 237-238
AVIS.
Début :
Le sieur le Comte, Vinaigrier ordinaire du Roi, de la Reine, & Princes, [...]
Mots clefs :
Sieur le Comte, Vinaigrier, Vinaigre admirable, Raffermissement de la peau, Teint clair, Rougeurs de la peau, Soins
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVIS.
AVIS,
LE fieur le Comte , Vinaigtier ordinaire du
•
>
Roi , de la Reine , & Princes, Inventeur des Vinaigres
, tant de table que de toilette , de propreté ,
& Pharmacie , juſqu'au nombre de cent foixante ,
donne avis au Public qu'ayant inventé & compofé
en 1754 , le Vinaigre admirable & fans pareil
ayant eu l'applaudiffement des Seigneurs & Dames
de la Cour , & approuvé de la faculté fe croit
obligé , par l'efficacité & les vertus dudit Vinaigre,
de renouveller au Public fes propriétés , qui font
de blanchir le vifage , d'unir & affermir la peau, &
lui donnerl'agrément d'un teint clair & frais , d'oter
les boutons , dartres , taches , & le hâle du vifage
& de la peau ; de rétablir & remettre les viſages
couperofés de différens âges dans leur naturel ; d'éteindre
promptement les rougeurs de la petite vérole.
Il raffermit la vue , ôte les rougeurs & inflammations
qu'il peut y avoir : il n'eft point mordant ,
ni corrofif, & ne peut endommager le teint ni la
peau. Ce Vinaigre a une odeur très agréable &
s'emploie pur & à froid, en s'en étuvant avec un linge imbibe le matin & le loir, & même dans la
journée. Les moindres bouteilles sont de neuf livres,
& la pinte trente-six livres.
Ledit sieur prévient qu'il n'y a que lui seul qui
a la. composition des Vinaigres fins, tant de table
que de toilette
,
& propriété pour le transport dans
les cours étrangeres& au delà des mers ,
sans que
lesdits Vinaigres se corrompent ; & pour assurance
,& confiance des personnes qui envoient chez lui,
les bouteilles sont cachetées des armes de leurs
Majestés
,
ainsi que sur les étiquettes de la
bouteille, qui enseignent sa demeure, pour éviter
que l'on soit trompé : & comme quelques partial- "
liers se mêlent de le contrefairé, & font distribuer
dans le Public des cartes imprimées
, comme font
les charlatans
,
sa demeure est toujours place de
l'Ecole, près le Pont-Neuf, à Paris, à l'enseignç
Renommée des Vinaigres fins.
LE fieur le Comte , Vinaigtier ordinaire du
•
>
Roi , de la Reine , & Princes, Inventeur des Vinaigres
, tant de table que de toilette , de propreté ,
& Pharmacie , juſqu'au nombre de cent foixante ,
donne avis au Public qu'ayant inventé & compofé
en 1754 , le Vinaigre admirable & fans pareil
ayant eu l'applaudiffement des Seigneurs & Dames
de la Cour , & approuvé de la faculté fe croit
obligé , par l'efficacité & les vertus dudit Vinaigre,
de renouveller au Public fes propriétés , qui font
de blanchir le vifage , d'unir & affermir la peau, &
lui donnerl'agrément d'un teint clair & frais , d'oter
les boutons , dartres , taches , & le hâle du vifage
& de la peau ; de rétablir & remettre les viſages
couperofés de différens âges dans leur naturel ; d'éteindre
promptement les rougeurs de la petite vérole.
Il raffermit la vue , ôte les rougeurs & inflammations
qu'il peut y avoir : il n'eft point mordant ,
ni corrofif, & ne peut endommager le teint ni la
peau. Ce Vinaigre a une odeur très agréable &
s'emploie pur & à froid, en s'en étuvant avec un linge imbibe le matin & le loir, & même dans la
journée. Les moindres bouteilles sont de neuf livres,
& la pinte trente-six livres.
Ledit sieur prévient qu'il n'y a que lui seul qui
a la. composition des Vinaigres fins, tant de table
que de toilette
,
& propriété pour le transport dans
les cours étrangeres& au delà des mers ,
sans que
lesdits Vinaigres se corrompent ; & pour assurance
,& confiance des personnes qui envoient chez lui,
les bouteilles sont cachetées des armes de leurs
Majestés
,
ainsi que sur les étiquettes de la
bouteille, qui enseignent sa demeure, pour éviter
que l'on soit trompé : & comme quelques partial- "
liers se mêlent de le contrefairé, & font distribuer
dans le Public des cartes imprimées
, comme font
les charlatans
,
sa demeure est toujours place de
l'Ecole, près le Pont-Neuf, à Paris, à l'enseignç
Renommée des Vinaigres fins.
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Résumé : AVIS.
En 1754, le Comte, vinaigrier ordinaire du Roi, de la Reine et des Princes, a inventé un vinaigre remarquable approuvé par la Cour et la faculté. Ce vinaigre blanchit le visage, unifie et raffermit la peau, élimine les boutons, taches et hâle, et rétablit les visages marqués par l'âge ou la variole. Il est non mordant, non corrosif, possède une odeur agréable et s'applique pur et à froid. Les bouteilles, cachetées des armes royales, sont disponibles en formats de neuf livres et trente-six livres la pinte. Le Comte met en garde contre les contrefaçons et indique sa demeure à Paris, place de l'Ecole, près le Pont-Neuf, à l'enseigne 'Renommée des Vinaigres fins'.
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10341
p. 238
ERRATA pour le Mercure de Mai.
Début :
Page 28, ligne 19 & 20, de l'aimable objet qui le lui propose, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ERRATA pour le Mercure de Mai.
E R RATA \
pour le Mercure de Mai.
P
Age zS ,
ligne 19 & 20 ,
l'aimable objet qui
le lai proppse, lisez
,
qui le lui inspire.
pour le Mercure de Mai.
P
Age zS ,
ligne 19 & 20 ,
l'aimable objet qui
le lai proppse, lisez
,
qui le lui inspire.
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10342
p. 239-240
TABLE DES ARTICLES.
Début :
Article Premier. Pieces Fugitives en Vers et en Prose. Ode sur les Tremblements de terre [...]
10343
p. 240
« La Chanson notée doit regarder la page 71. [...] »
Début :
La Chanson notée doit regarder la page 71. [...]
10344
p. 240
« De l'Imprimerie Ch. Ant. Jombert. [...] »
Début :
De l'Imprimerie Ch. Ant. Jombert. [...]
10345
p. 94
ENIGME.
Début :
Jusqu'au milieu du Sanctuaire, [...]
Mots clefs :
Lettre U
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGM E.
Juſqu'au milieu du Sanctuaire ,
J'ofe en tout temps porter mes pas :
Je fuis auffi formé pour fervir à la guerre ,
Sans qu'il me foit permis de paroître aux combats:
Toujours dans la moindre déroute ,
J'accompagne tous les Fuiards ,
Soit nature ou caprice , au milieu de la route ,
Je m'attache aux Drapeaux & non aux Etendards
Nouvel animal amphibie ,
J'habite le feu comme l'eau :
Le croiroit- on ? je fuis en vie ,
Sans jamais forur du tombeau.
Je me gliffe & deviens utile ,
Jufques chez Vénus & l'Amour :
Je vais jouer mon rôle en Ville ,
Et des Rois compofer la Cour.
Delà , dans un vallon , fur le bord d'un rivage .
Je vole accompagner la flûte & le hautbois :
J'évite des Oiseaux le plus tendre ramage ,
Préférant de m'unir aux douceurs de la voix ...
En un mot dans ton coeur , au fein de la nature ,
Lecteur , regarde bien , tu verras ma figure .
Juſqu'au milieu du Sanctuaire ,
J'ofe en tout temps porter mes pas :
Je fuis auffi formé pour fervir à la guerre ,
Sans qu'il me foit permis de paroître aux combats:
Toujours dans la moindre déroute ,
J'accompagne tous les Fuiards ,
Soit nature ou caprice , au milieu de la route ,
Je m'attache aux Drapeaux & non aux Etendards
Nouvel animal amphibie ,
J'habite le feu comme l'eau :
Le croiroit- on ? je fuis en vie ,
Sans jamais forur du tombeau.
Je me gliffe & deviens utile ,
Jufques chez Vénus & l'Amour :
Je vais jouer mon rôle en Ville ,
Et des Rois compofer la Cour.
Delà , dans un vallon , fur le bord d'un rivage .
Je vole accompagner la flûte & le hautbois :
J'évite des Oiseaux le plus tendre ramage ,
Préférant de m'unir aux douceurs de la voix ...
En un mot dans ton coeur , au fein de la nature ,
Lecteur , regarde bien , tu verras ma figure .
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10346
p. 201-202
ITALIE.
Début :
Le Mont Vesuve, après avoir fait longtemps entendre un grand bruit, a jetté [...]
Mots clefs :
Naples, Venise, Mont Vésuve, Nuages de cendres, Fumée, Attaque, Chabec de Tripoli, Combat
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
ITALI E
DE NAPLES , le 24 Avril.
Le Mont Vefuv
E Mont Vefuve , après avoir fait longtemps
entendre un grand bruit , a jetté pendant quatre
jours beaucoup de matiere bitumineule. Lorfque
cette éruption a ceffé , trois Seigneurs Angloisont
voulu monter au haut du Mont , pour examiner
les bouches du Volcan. Ils ont été prefque
fuffoqués par des nuages de cendres & de fumée
peu s'en eft fallu que leur curiofité ne leur air
fait éprouver le fort de Pline le Naturalifte .
&
DE VENISE , le 14 Mai.
Une Tartane , que commande le Comte Eva
nowitz , Dalmatien , fut attaquée le 19 du mois
dernier près des Bouches de Cattaro par un Chabec
de Tripoli , de quarante-deux canons , & de
cinq cens hommes d'équipage. Quoiqu'elle ne fût
montée que de quarante-fix Efclavons , elle s'eft
emparée du Bâtiment ennemi , après quatre heu
res de combat. Les Efclavons n'ont voulu accor--
der aucun quartier aux Tripolitains . La perte des.
premiers auroit été peu confidérable , fi le Chevalier
Evanowitz n'avoit pas été tué. Le Chabeç
I..
202 MERCURE DE FRANCE.
*
ayant été fi maltraité qu'il n'étoit plus en état de
fervir , on y a mis le feu.
DE NAPLES , le 24 Avril.
Le Mont Vefuv
E Mont Vefuve , après avoir fait longtemps
entendre un grand bruit , a jetté pendant quatre
jours beaucoup de matiere bitumineule. Lorfque
cette éruption a ceffé , trois Seigneurs Angloisont
voulu monter au haut du Mont , pour examiner
les bouches du Volcan. Ils ont été prefque
fuffoqués par des nuages de cendres & de fumée
peu s'en eft fallu que leur curiofité ne leur air
fait éprouver le fort de Pline le Naturalifte .
&
DE VENISE , le 14 Mai.
Une Tartane , que commande le Comte Eva
nowitz , Dalmatien , fut attaquée le 19 du mois
dernier près des Bouches de Cattaro par un Chabec
de Tripoli , de quarante-deux canons , & de
cinq cens hommes d'équipage. Quoiqu'elle ne fût
montée que de quarante-fix Efclavons , elle s'eft
emparée du Bâtiment ennemi , après quatre heu
res de combat. Les Efclavons n'ont voulu accor--
der aucun quartier aux Tripolitains . La perte des.
premiers auroit été peu confidérable , fi le Chevalier
Evanowitz n'avoit pas été tué. Le Chabeç
I..
202 MERCURE DE FRANCE.
*
ayant été fi maltraité qu'il n'étoit plus en état de
fervir , on y a mis le feu.
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Résumé : ITALIE.
Le 24 avril, le mont Vésuve a émis un grand bruit et expulsé une grande quantité de matière bitumineuse pendant quatre jours. À la fin de l'éruption, trois seigneurs anglais ont tenté de monter au sommet du volcan mais ont failli être asphyxiés par des nuages de cendres et de fumée. Le 14 mai, une tartane commandée par le Comte Evanowitz a été attaquée près des Bouches de Cattaro par un chébec de Tripoli équipé de quarante-deux canons et cinq cents hommes d'équipage. Malgré les quarante-six esclaves à bord de la tartane, ils ont capturé le navire ennemi après quatre heures de combat. Les esclaves n'ont accordé aucun quartier aux Tripolitains. La perte des esclaves aurait été minime si le Chevalier Evanowitz n'avait pas été tué. Le chébec, gravement endommagé, a été incendié.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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10347
p. 202
PAYS-BAS.
Début :
Il fut décidé le 25, dans l'assemblée des Etats Généraux, que cette [...]
Mots clefs :
La Haye, États généraux, Décisions, Neutralité, Guerre franco-anglaise
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PAYS-BAS.
PAYS- BAS.
DE LA HAYE , le 28 May.
Il fut décidé le 25 , dans l'affemblée des Etats
Généraux , que cette République obferveroit une
exacte neutralité dans la guerre qui s'eſt allumée
entre la France & la Grande- Bretagne.
DE LA HAYE , le 28 May.
Il fut décidé le 25 , dans l'affemblée des Etats
Généraux , que cette République obferveroit une
exacte neutralité dans la guerre qui s'eſt allumée
entre la France & la Grande- Bretagne.
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10348
p. 202-204
GRANDE-BRETAGNE.
Début :
Le Roi se rendit le 27 à la Chambre des Pairs avec les cérémonies accoutumées, [...]
Mots clefs :
Londres, Chambre des pairs, Chambre des communes, Sa Majesté, Discours, Guerre contre la France
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRANDE-BRETAGNE.
GRANDE-BRE•TAGNE.
DE LONDRES , le 31 Mai.
Le Roi fe rendit le 27 à la Chambre des Pairs
avec les cérémonies accoutumées , & Sa Majefté
ayant mandé la Chambre des Communes , fit la
clôture des Séances du Parlement par le Difcours
fuivant. MYLORDS ET MESSTEURS , il est juste qu'après
avoir donné une application fi longue &fi conf
tante aux affaires publiques , vous preniez quelque
relâche . It eft jufte auſſi que je vousfaſſe més remerciemens
finceres de l'ardeur efficace , avec laquelle
vous m'avez aidé à foutenir la caufe dans laquelle
je me trouve engagé pour la Nation . Les infultes
2
les hoftilités commifes depuis quelque temps par
les François contre mes Etats & contre mes Sujets
viennent d'être fuivies d'une invafion dans l'Ifle
Minorque , quoique cette poffeffion me foit garantie
par toutes les Puillances de l'Europe , en particulier
par le Roi des François. Ainfi , pour défendre
l'honneur de ma Couronne les droits de mes
Sujets , j'ai été dans la néceffité de déclarer formel-
Tement la guerre à la France. Je me repose sur la
JUILLET. 1756. 203
Protection Divine & fur la vigoureuſe affiftance de
mes fideles Sujets dans une cauſeſi jußte. MESSIEURS
DE LA CHAMBRE DES COMMUNES , je vous remercie
de la promptitude avec laquelle vous m'avez accordé
des fecours fi confidérables. Vous pouvez être af
furés , qu'ils feront employés aux fins falutaires
pour lesquelles vous les avez donnés . MYLORDS ET
MESSIEURS , rien ne m'a plus fatisfait que la confiance
, que vous avez en moi. C'est la marque la
plus agréable , que je puiſſe recevoir de votre reconnoiffance.
Auffi vous devez être perfuadés , queje
n'en ferai ufage que pour votre avantage. Le maintien
de votre Religion , de vos Libertés de votre
Indépendance , eft fera toujours mon principal
objet. Je compte que de votre côté , vous ne vous
manquerez pas à vous-mêmes. Le Roi , en terminant
les Séances du Parlement , s'eft contenté d'ajourner
cette Affemblée ; & le Parlement eft cen
fé n'être point prorogé , mais fufpendre feulement
fes délibérations.
En conféquence de la Déclaration de guerre ,
publiée le 18 , le Roi a ordonné d'expédier des
Lettres de Marque aux Armateurs , pour les autorifer
à faire la courfe. Sa Majefté fe réſervera la
moitié de toutes les prifes qui fe feront , foit en
Navires Marchands , foit en Bâtimens Corſaires ;
& les fommes , qui proviendront de cette réferve
, feront employées à donner des gratifications
aux équipages qui s'empareront de quelques
Vaiffeaux de guerre des ennemis. La Fregate la
Lime rentra le 23 dans ce Port , extrêmement
maltraitée. Elle a recu quatre- vingts coups de canon
dans la voile de fon grand perroquet , cinquante-
quatre dans fa grande voile , & plufieurs à
fleur d'eau .
Depuis qu'on a publié la Déclaration de guerre,
-Lvj
204 MERCURE DE FRANCE.
il s'eft préfenté à la Banque un fi grand nombre
de perfonnes , pour retirer leurs fonds , que , ne
pouvant faire face à toutes les demandes , elle a
été obligée un de ces jours derniers , de fufpendre
pendant huit heures les payemens .
DE LONDRES , le 31 Mai.
Le Roi fe rendit le 27 à la Chambre des Pairs
avec les cérémonies accoutumées , & Sa Majefté
ayant mandé la Chambre des Communes , fit la
clôture des Séances du Parlement par le Difcours
fuivant. MYLORDS ET MESSTEURS , il est juste qu'après
avoir donné une application fi longue &fi conf
tante aux affaires publiques , vous preniez quelque
relâche . It eft jufte auſſi que je vousfaſſe més remerciemens
finceres de l'ardeur efficace , avec laquelle
vous m'avez aidé à foutenir la caufe dans laquelle
je me trouve engagé pour la Nation . Les infultes
2
les hoftilités commifes depuis quelque temps par
les François contre mes Etats & contre mes Sujets
viennent d'être fuivies d'une invafion dans l'Ifle
Minorque , quoique cette poffeffion me foit garantie
par toutes les Puillances de l'Europe , en particulier
par le Roi des François. Ainfi , pour défendre
l'honneur de ma Couronne les droits de mes
Sujets , j'ai été dans la néceffité de déclarer formel-
Tement la guerre à la France. Je me repose sur la
JUILLET. 1756. 203
Protection Divine & fur la vigoureuſe affiftance de
mes fideles Sujets dans une cauſeſi jußte. MESSIEURS
DE LA CHAMBRE DES COMMUNES , je vous remercie
de la promptitude avec laquelle vous m'avez accordé
des fecours fi confidérables. Vous pouvez être af
furés , qu'ils feront employés aux fins falutaires
pour lesquelles vous les avez donnés . MYLORDS ET
MESSIEURS , rien ne m'a plus fatisfait que la confiance
, que vous avez en moi. C'est la marque la
plus agréable , que je puiſſe recevoir de votre reconnoiffance.
Auffi vous devez être perfuadés , queje
n'en ferai ufage que pour votre avantage. Le maintien
de votre Religion , de vos Libertés de votre
Indépendance , eft fera toujours mon principal
objet. Je compte que de votre côté , vous ne vous
manquerez pas à vous-mêmes. Le Roi , en terminant
les Séances du Parlement , s'eft contenté d'ajourner
cette Affemblée ; & le Parlement eft cen
fé n'être point prorogé , mais fufpendre feulement
fes délibérations.
En conféquence de la Déclaration de guerre ,
publiée le 18 , le Roi a ordonné d'expédier des
Lettres de Marque aux Armateurs , pour les autorifer
à faire la courfe. Sa Majefté fe réſervera la
moitié de toutes les prifes qui fe feront , foit en
Navires Marchands , foit en Bâtimens Corſaires ;
& les fommes , qui proviendront de cette réferve
, feront employées à donner des gratifications
aux équipages qui s'empareront de quelques
Vaiffeaux de guerre des ennemis. La Fregate la
Lime rentra le 23 dans ce Port , extrêmement
maltraitée. Elle a recu quatre- vingts coups de canon
dans la voile de fon grand perroquet , cinquante-
quatre dans fa grande voile , & plufieurs à
fleur d'eau .
Depuis qu'on a publié la Déclaration de guerre,
-Lvj
204 MERCURE DE FRANCE.
il s'eft préfenté à la Banque un fi grand nombre
de perfonnes , pour retirer leurs fonds , que , ne
pouvant faire face à toutes les demandes , elle a
été obligée un de ces jours derniers , de fufpendre
pendant huit heures les payemens .
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Résumé : GRANDE-BRETAGNE.
Le 27 mai, le roi de Grande-Bretagne a clôturé les séances du Parlement en exprimant sa gratitude aux parlementaires pour leur engagement face aux hostilités françaises, notamment l'invasion de Minorque. En réponse, il a déclaré la guerre à la France pour défendre l'honneur de sa couronne et les droits de ses sujets. Le roi a remercié les Communes pour les secours accordés et assuré qu'ils seraient utilisés à bon escient. Il a souligné son engagement à maintenir la religion, les libertés et l'indépendance de la nation. Le Parlement a été ajourné sans prorogation. Suite à la déclaration de guerre, le roi a ordonné l'expédition de lettres de marque aux armateurs pour autoriser la course. La Banque a suspendu les paiements pendant huit heures en raison d'un afflux massif de retraits. La frégate La Lime est rentrée au port gravement endommagée.
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10349
p. 204-217
« Le 9 Mai, le Bourg de Ferechampenoise, un des plus considérables du [...] »
Début :
Le 9 Mai, le Bourg de Ferechampenoise, un des plus considérables du [...]
Mots clefs :
Capitaine, Pensions militaires, Régiments, Compagnies, Artillerie, Maréchal de Richelieu, Escadre anglaise, Conflit franco-anglais sur terre, Frégates, Officiers de marine, Conflit franco-anglais sur mer, Impératrice Reine de Hongrie et Bohême, Traité défensif d'alliance, Sa Majesté, Marquis, Lieutenant, Ambassadeurs, Cérémonies, Cardinal de Tavannes
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texteReconnaissance textuelle : « Le 9 Mai, le Bourg de Ferechampenoise, un des plus considérables du [...] »
LE 9 Mai , le Bourg de Ferechampenoiſe , un
des plus confidérables du Diocèfe de Châlonsfur-
Marne , a été prefque totalement détruit par.
un horrible incendie. Les habitans ont eu à peine.
temps de pourvoir à leur fûreté , & de fauver
leurs enfans. Dans l'intervalle d'une heure , près
de mille perfonnes fe font trouvées fans azyle &
fans reffources.
le
Le 11 , M. le Duc de Biron , après avoir fait la
revue des Gardes Françoifes dans la Plaine des
Sablons où le Régiment étoit campé , déclara que
le Roi avoit accordé une penfion de mille livres
fur le Tréfor Royal à M. le Comte d'Afpremont ,
Maréchal de Camp , Commandant du troiſieme
Bataillon de ce Régiment ; une pareille penfion à.
M. de Savary , Lieutenant de Grenadiers , ayant
Brevet de Colonel ; une de quatre cens francs ,,
auffi fur le Tréfor Royal , à M. de Chaffincourt-
Tilly , Sous- Lieutenant ; des Brevets de Colonels.
au Marquis de Rafilly , Lieutenant de Grenadiers
& au Comte du Dreneuc , Lieutenant ; & la Croix
de Saint Louis au Vicomte de Jaucourt , Lieutenant
à M. de Chaban , Sous- Aide- Major; au
JUILLET. 1756. 206
Chevalier de Palme , au Marquis de la Rochebouffeau
, à MM. de la Motte , de Termont , &
de Chieza , Sous- Lieutenans , & à M. de la Bordenne
, Enfeigne de Grenadiers.
Le Roi ayant porté à dix-fept Compagnies les
Bataillons de fon Infanterie Françoife ; & Sa Majefté
voulant que les Bataillons des Régimens de
fon Infanterie Suiffe & Grifonne , qui ne font actuellement
que de quatre cens-vingt hommes en
quatre Compagnies de cent vingt hommes chacune,
y compris les Officiers , foient rapprochés de la
compofition des Bataillons François , Sa Majefté a
ordonné que les douze Compagnies de chacun
des neuf Régimens Suiffes & de celui de Salis Grifon
, qui font à ſon ſervice , formaffent dorénavant
deux Bataillons compofés de fix Compagnies
chacun , au lieu d'être diftribuées , commé
elles font préfentement , en trois Bataillons de
quatre Compagnies. Veut Sa Majefté , que les fix
Compagnies , qui doivent compofer chacun des
deux Bataillons par Régiment , y foient placées
fuivant le rang d'ancienneté des Capitaines , &
dans l'ordre qu'éxige la nouvelle formation prefcrite
par la préfente Ordonnance . Chacune de
ces Compagnies continuera d'être compofée de
cent vingt hommes , y compris cinq Officiers ;
chaque Capitaine devant y entretenir deux Sergens
à vingt-cinq livres chacun , un troifieme
Sergent & un Fourrier à vingt livres chacun , un
Porte-Enfeigne & un Capitaine d'Armes à dixhuit
livres chacun , un Prevôt à quinze livres
quatre Caporaux , quatre Anfpeffades & cent Fufiliers
, les Tambours & les Fifres compris. Eatend
au furplus Sa Majefté que les Officiers
qui commandoient les troifiemes Bataillons defdits
Régimens Suiffes & Grifons , confervent, tant
106 MERCURE DE FRANCE.
qu'ils ne fe trouveront pas pourvus d'un grade
fupérieur , les prérogatives qui étoient attachées
à leur emploi.
Le 27 Mai , les Députés des Etats d'Artois ont
eu audience du Roi . Ils ont été préſentés à Sa
Majefté par M. le Duc de Chaulnes , Gouverneur
de la Province , & par M. le Comte d'Argenfon ,
Miniftre & Secretaire d'Etat , ayant le Département
de cette Province , & conduits par M. Def
granges , Maître des Cérémonies. La Députation
étoit compofée , pour le Clergé , de Dom de
Briois d'Hulluch , Abbé de Saint Vaaft d'Arras ;
du Comte de Beaufort , pour la Nobleffe ; & de M.
Harduin , Avocat en Parlement , & ancien Echevin
des Ville & Cité d'Arras , pour le Tiers-Etat.
Dans le travail du Roi avec M. le Comte d'Eu,
concernant le Régiment des Gardes Suiffes , Sa
Majefté a augmenté de cinq cens livres la penfion
de quinze cens que M. de Réding , Maréchal de
Camp, Premier Capitaine de ce Régiment, a fur le
Tréfor Royal . Elle a accordé une penfion de 1000 1.
auffi fur le Tréfor Royal , au Baron de Befenwald,
Brigadier , Capitaine d'une Compagnie dans le
même Régiment ; une pareille penfion , fur l'Ordre
de Saint Louis , à M. de Peftallozzi , Brigadier
, Capitaine-Commandant de la Compagnie
Lieutenante-Colonelle ; une de huit cens livres ,
fur le Tréfor Royal , à M. Altermatt , troifieme
Aide - Major ; une Commiffion de Colonel
à M. Schwitzer , Premier Lieutenant de la Compagnie
de Phiffer ; la Croix de S. Louis au Chevalier
de Maillaudor , Premier Lieutenant de la
Compagnie Générale , & à M. Schwitzer de Buonas
, fecond Lieutenant de la même Compagnie..
Depuis la defcente des troupes du Roi dans
1le Minorque, M. le Maréchal de Richelieu a
JUILLET. 1756. 207
été principalement occupé du foin de furmonter
les difficultés qui fe font rencontrées dans le
tranfport de l'artillerie à Mahon , & des munitions
de guerre & de bouche. Il eft enfin parvenu
à faire conftruire fur le Mont des Signaux une
batterie de cinq pieces de canon & d'autant de
mortiers , qui a commencé à tirer le 8 de Mai au
matin. Il afait occuper le 9 au foir le Fauxbourg,
dit la Ravale , par un Détachement de cent Volontaires,
par quatre Compagnies de Grenadiers &
parfixPiquets,aux ordres de M. le Comte de Briqueville
, Colonel , avec cinq cens Travailleurs , pour y
former des épaulemens & établir des batteries . Le
10,M. le Marquis de Roquepine Brigadier , ayant
fous lui MM . de Gaunay & d'Elva , Colonels , de
Magnac & de Virmont , Lieutenans Colonels , eft
parti dès le matin avec douze cens hommes , pour
fe porter du côté du Fort Marlboroug derriere la
Tour de Benifaïd. M. le Comte de Briqueville a
été relevé le foir par M. de la Serre , Brigadier
avec trois Compagnies de Grenadiers & neuf Piquets.
Auffitôt après , les deux Bataillons du Régiment
Royal , & le premier du Régiment Royal
Comtois , fe font portés à la droite du Fauxbourg,
le long d'une chaîne de maifons qui en forment
Fenceinte , pour protéger le travail , que M. le
Maréchal de Richelieu eft allé vifiter. M. d'Elva,
Colonel à la fuite du Régiment Royal Italien , a
été bleffé légérement à l'épaule. Les journées du
11 & du 12 Mai , ont été employées à conſtruire
des batteries à la gauche , à la droite & au centre
du Fauxbourg, dit la Ravale, fans que la Garnifon
Angloife ait inquiété les travailleurs autrement'
que par les bombes & le canon. Le 12 au foir
le Détachement du Fauxbourg fut compofé de
fept Compagnies de Grenadiers , huit Piquets &
208 MERCURE DE FRANCE.
trois Compagnies de Volontaires , & les batte
ries de bombes commencerent à tirer pendant la
nuit. Le 17 , la batterie de canons de la droite fe
trouva en état de tirer , & fut très- bien fervie. Le
18 , M. du Pinay , qui commandoit celle de la
gauche , fut tué, & le Prince Louis de Wirtemberg
, Maréchal de Camp , fut légérement bleſſé.
Le 19 , P'Efcadre Angloife ayant paru en mer ,
M. le Maréchal de Richelieu envoya treize Piquets
à M. le Marquis de la Galiffonniere , & fit
les difpofitions néceffaires pour empêcher toute
communication avec les Affiégés. Le 20 , les deux
Bataillons du Régiment Royal , aux ordres de
M. le Comte de Maillebois , Lieutenant- Général ,
fe rendirent le foir au dépôt de la tranchée , d'ou
ils envoyerent relever les poftes du Fauxbourg par
leurs Grenadiers & fix Piquets , avec cinq autres
Compagnies de Grenadiers & fix Piquets de différens
Corps. Une bombe ayant mis le feu à une de
nos batteries à deux heures après-midi , les affiégés
redoublerent leur feu , & firent une fortie de
la Lunette de la Reine , dans laquelle nos Grenadiers
les firent rentrer auffitôt. Pendant la journée
du 21 au 22 , on répara les anciennes batteries
, & l'on continua la conftruction des nouvelles.
Le 22 , l'Efcadre Françoife ayant réparu devant
le Port , l'Armée fit le foir une réjouiſſance
pour l'avantage que cette Efcadre avoit remporté
fur celle des Anglois. Le 23 , M. le Comte de
Lannion releva M. le Marquis du Mefnil à la
tranchée, avec les deux Bataillons de Royal la Marine
, indépendamment d'un pofte de Brigadier
établi dans le Fauxbourg. Cette journée & celle
du 24 ont été employées , comme les précédentes,.
aux réparations & nouvelles conftructions de bat
tories.
>
•
JUILLET. 1756. 209
Les Frégates du Roi l'Aquilon , de quarante
canons , & la Fidele , de vingt- quatre , comman
dées par MM. de Maurville , Capitaine , & de Lizardais
, Lieutenant de Vaiffeau , qui avoient ef
corté au large quelques Navires , revenoient à
Rochefort , lorfque le 17 elles ont eu connoiffance
vers l'Ile d'Oléron , d'un Vaiffeau de guerre
Anglois , de cinquante- fix canons , & d'une Frégate
, de trente , qui leur ont donné chaffe. Le
combat s'eft engagé à fix heures du foir entre le
Vaiffeau de guerre Anglois avec fa Frégate , & les
deux Frégates du Roi , de maniere que la Frégate
laFidele, a auffieffuyé d'abord quelques bordées du
Vaiffeau de guerre Anglois ; mais il eft enfuite
devenu particulier du Vaiffeau de guerre Anglois
avec la Frégate l'Aquilon , & de la Frégate Angloife
avec la Frégate la Fidele , qui ont été bientôt
hors de la vue des premiers. Le combat de la
Frégate de l'Aquilon contre le Vaiffeau de guerre
Anglois a duré près de huit heures ; & celui de la
Frégate la Fidele contre la Frégate Angloife
près de fix. Nonobftant la grande fupériorité de
l'artillerie du Vaiffeau Anglois & de la Frégate ,
tant en nombre de canons qu'en poids des boulets
, les deux Frégates du Roi les ont mis hors
de combat ; & les Anglois fe font retirés : mais il
n'a pas été poffible aux Frégates du Roi , qui
étoient défemparées de toutes leur manoeuvres, de
les pourfuivre. Elles font rentrées à Rochefort le
19 & le 20. On ne fçauroit donner trop d'éloges
à la bravoure que les Officiers , les Gardes de la
Marine & les Equipages , ont fait paroître dans
cette occafion. M. de Maurville a eu le bras droit
fracaffé dès le commencement du combat , &
Fon a été obligé de le lui couper fur le champ .
Malgré cet accident , qui l'a obligé de céder le
210 MERCURE DE FRANCE.
commandement à M. de la Filliere , Capitaine en
fecond , il n'a pas ceffé de donner des marques
de la plus grande fermeté. M. de la Filliere a reçu
trois bleffures. M. Héron , Premier Lieutenant ,
a été tué fur le gaillard d'avant ; & le Chevalier
de Cardaillac , qui commandoit le Détachement
des Gardes de la Marine , a eu un bras caffé. Il
n'y a eu aucun Officier de tué ni de bleffé ſur la
Frégate la Fidele. Dans les Equipages, la Frégate
l'Aquilon a eu quinze hommes tués & vingt-fix
bleflés ; & la Frégate la Fidele , huit tués & dixhuit
bleffés.
La Cour vient de rendre public un Ecrit qui a
pour titre , MEMOIRE concernant le précis des faits
avec leurs piecesjuftificatives , pour fervir de réponfe
aux OBSERVATIONS envoyées par les Miniftres
d'Angleterre dans les Cours de l'Europe . L'objet
des Obfervations fur le premier Mémoire de la
France étoit de juftifier le refus fait par l'Angleterre
de fatisfaire à la réquifition du Roi , du 21
Décembre dernier , & de reftituer les Vaiffeaux
pris en pleine paix . Le feul moyen de colorer ce
refus étoit d'imputer aux François des hoftilités
antérieures à celles des Anglois , & cette fauffe
´imputation eft réfutée dans l'Ecrit que nous annonçons.
On n'oppofe aux fuppofitions des Anglois
que l'expofé le plus fimple de tout ce qui
s'eft paffé entre les deux Nations , foit en Amérique
, foit en Europe , depuis le dernier Traité
d'Aix-la- Chapelle ; & l'on n'avance aucun fait
qui ne foit ou avoué des deux Cours , ou prouvé
par des pieces authentiques & irréprochables.
Parmi ces pieces font celles qui ont été trouvées
dans les papiers du Général Braddock , après le
combat dans lequel il a perdu la vie.
Il paroît une Déclaration du Roi , portant fuf-
1
JUILLET. 1756. 211
penfion du Dixieme de l'Amiral , & autres encouragemens
pour la Courſe.
M. le Marquis de Juigné ayant préféré de commander
une Brigade dans le Régiment des Grenadiers
de France , le Roi a difpofé du Régiment
de Forez , en faveur de M. le Comte de Puyfegur,
Colonel dans celui des Grenadiers de France.
Le Roi a conclu avec l'Impératrice Reine de
Hongrie & de Bohême , un Acte ou Convention
de Neutralité , & un Traité défenfif d'Alliance &
d'Amitié. Cette Convention & ce Traité furent
fignés à Verſailles le premier du mois de Mai , &
les Ratifications y ont été échangées le 28 du
même mois.
Le 17 Mai aufoir , M. le Marquis de la Galif
fonniere , commandant l'Efcadre du Roi dans fa
Méditerranée , fut informé par la Frégate la Gracieufe
, qui étoit en croifiere fur Mayorque , qu'el
le avoit découvert une Eſcadre Angloiſe , qui pouvoit
être alors à huit ou dix lieues dans le Sud. Le
18 , l'Eſcadre du Roi manoeuvra pour aller à la
rencontre de celle des Anglois , mais le calme en
empêcha. Le 19 au matin , on découvrit l'Eſcadre
Angloife du haut des mâts. Elle étoit au vent ,
& il ne fut pas poffible à l'Efcadre du Roi , de
l'approcher jufqu'à la portée du canon. Le 20
M. le Marquis de la Galiffonniere étoit parvenu
gagner le vent : mais dans le tems qu'il ſe trouvoit
dans cette pofition , le vent changea tout
d'un coup ; ce qui rendit cet avantage à l'Eſcadre
Angloife. A deux heures & demie après-midi , les
deux Efcadres fe trouverent en lignes , celle dés
Anglois compofée de dix-huit voiles , dont treize
Vaiffeaux de ligné , & celle du Roi , de douze
Vaiffeaux & quatre Frégates. Le combat fut engagé
par l'avant-garde de l'Efcadre du Roi , qui
212 MERCURE DE FRANCE.
attaqua l'arriere- garde de celles des Anglois. II
devint fucceffivement général : mais il ne le fut
pas pendant tout le tems de fa durée. Les Vaiffeaux
Anglois , qui étoient les plus maltraités
des bordées des Vaiffeaux du Roi , profitant de
l'avantage du vent , pour fe mettre hors de la
portée du canon. L'Efcadre Angloife , après avoir
porté fes plus grands efforts fur l'arriere- garde de
celle du Roi , qu'elle a trouvée fi ferrée , & dont
elle a effuyé un fi grand feu , qu'elle n'a pu l'entamer
, a pris le parti de s'éloigner. Elle avoit
toujours confervé l'avantage du vent , ce qui l'a
mife en état de ne point s'engager. Le combat a
duré près de quatre heures. En général , il n'y a
eu aucun Vaiffeau de l'Efcadre Angloife , qui ait
foutenu longtemps le feu des Vaiffeaux de l'Efca
dre du Roi , lefquels ont peu fouffert. Ils étoient
entiérement réparés dans la nuit , & en état de
combattre le lendemain. Nous n'avons eu que
trente-huit hommes tués , & cent quatre- vingtquatre
bleffés. Aucun Officier n'a été tué. Ceux
qui ont été bleffés , font MM . de Peruffy & de
Puty , Enfeignes , & M. de Gibanelle , Garde de
la Marine , fur le Vaiffeau le Foudroyant ; M. de
Seignoret , Garde de la Marine , fur le Téméraire;
M. de Gravier , Lieutenant fur le Guerrier ; le
Chevalier d'Urre , Lieutenant fur le Sage ; le
Chevalier de Beaucoufe , Lieutenant ; M. d'Alberas
, Enfeigne , & M. Dubeny , Garde de la Marine
, fur le Content..
Depuis l'arrivée de ces nouvelles qui font du
21 , il eft venu des lettres de l'Efcadre , datées du
25. L'Efcadre Angloife n'avoit point reparu , &
celle du Roi continuoit de croifer devant l'entrée
du Port- Mahon . Le Chevalier de Beaucouſe ,
Lieutenant de Vaiffeau , qui avoit eu une cuiffe.
JUILLET. 1756. 213
caffée dans le combat du 20 , & qui avoit été
tranſporté à terre à Mahon , y étoit mort le 24 .
M. de Gibanelle & de Seignoret , Gardes de la
Marine , étoient fort mal à bord des Vaiffeaux fur
lefquels ils ont été bleffés , le premier ayant eu
les reins brifés , & le fecond les deux jambes caffées
. Mais le Chevalier d'Urre , Lieutenant de
Vaifleau , qui a eu un bras caffé , donnoit beaucoup
d'efpérance de guérifon. Les autres bleffés
le font peu dangereufement.
Le 6 Juin , jour de la Pentecôte , les Chevaliers
, Commandeurs & Officiers de l'Ordre du
Saint- Elprit , s'étant affemblés vers les onze heu--
res du matin dans le Cabinet du Roi , Sa Majesté
tint un Chapitre. L'Information des vie & moeurs,
& la Profeffion de Foi , du Marquis de Saint Vital
& du Prince Jablonowski , qui avoient été propofés
le premier Janvier pour être Chevaliers ,
furent admifes , & ils furent introduits dans le
Cabinet , & reçus Chevaliers de l'Ordre de Saint
Michel. Le Roi fortit enfuite de fon apparte
ment , pour aller à la Chapelle. Sa Majesté , devant
laquelle les deux Huiffiers de la Chambre
portoient leurs Maffes , étoit en Manteau , le
Collier de l'Ordre par-deffus , ainfi que celui de
l'Ordre de la Toifon d'Or. Elle étoit précédée
de Monfeigneur le Dauphin , du Duc d'Or
léans , du Prince de Condé , du Comte de Charolois
, du Comte de Clermont , du Prince de Conty
, du Comte de la Marche , du Comte d'Eu ;
du Duc de Penthievre , & des Chevaliers , Commandeurs
& Officiers de l'Ordre. Les deux nouveaux
Chevaliers , en habit de Novices , marchoient
entre les Chevaliers & les Officiers. Après
la grande Meffe , qui fut célébrée par le Prince
Conftantin , Commandeur de l'Ordre , & Prejer
Aumônier du Roi , Sa Majefté monta fux,.
214 MERCURE DE FRANCE .
fon Trône , & revêtit des Marques de l'Ordre les
deux nouveaux Chevaliers. Le Marquis de Saint
Vital eut pour Parrain le Maréchal de Clermont-
Tonnerre. Le Marquis de Matignon fut celui du
Prince Jablonowski. Cette cérémonie étant finie,
le Roi fut reconduit à ſon appartement en la maniere
accoutumée.
M. Dufort , Introducteur des Ambaffadeurs ,
alla le 7 prendre dans les carroffes du Roi & de la
Reine , le Cardinal de Tavannes en fon Hôtel à
Verfailles , & il le conduifit chez le Roi avec
l'Abbé Durini , Camérier Secret du Pape , nommé
par Sa Sainteté pour apporter les Bonnets aux
Cardinaux de Tavannes , de Luynes & de Gefvres.
Avant la Meffe du Roi , l'Abbé Durini fut conduit
, avec les cérémonies accoutumées , à l'au
dience le Roi lui donna dans fon Cabinet
que
& il préfenta à Sa Majesté un Bref de Sa Sainteté.
Après cette audience ,le Roi defcendit à la Chapelle
, où le Cardinal de Tavannes ſe rendit à la fin de
la Meffe , étant conduit par le fieur Dufort , Introducteur
des Ambaffadeurs, Monfieur Defgranà
la
reçut ges , Maître des Cérémonies , porte
La Chapelle le Cardinal de Tavannes , lequel alla
fe placer près du Prié-Dieu du Roi , du côté de
PEvangile , & fe mit à genoux fur un carreau.
L'Abbé Dutini , revêtu de fon habit de cérémonie
, ayant remis entre les mains du Cardinal de
Tavannes le Bref du Pape , alla prendre fur la
Crédence Près de l'Autel , du côté de l'Epître
un Baffin de vermeil doré , fur lequel étoit le
Bonnet , & il le préfenta au Roi. Sa Majesté prit
le Bonnet , & le mit fur la tête du Cardinal de
Tavannes , qui en le recevant , fit une profonde
inclination , & à l'inſtant même fe découvrit.
Dès que le Roi fut en marche pour fortir de la
Chapelle , le Cardinal de Tavannes entra dans la
de
JUILLET. 1756 . 215
Sacriftie , où il prit les habits de fa nouvelle dignité.
Il montà enfuite chez le Roi , étant accompagné
du Maître des Cérémonies. M. Dufort ,
Introducteur des Ambaffadeurs , qui étoit toujours
refté auprès du Cardinal de Tavannes , l'introduifit
dans le Cabinet du Roi , où ce Cardinal fit
fon remerciement à Sa Majesté . Le Cardinal de
Tavannes fut conduit avec les mêmes cérémonies.
à l'audience de la Reine , à laquelle il préfenta
P'Abbé Durini , qui remit à Sa Majesté un Bref
du Pape. Pendant l'audience , on apporta un
tabouret , & le Cardinal de Tavannes s'affit . Il
fut conduit enfuite à l'audience de Monfeigneur
le Dauphin , de Madame la Dauphine , de Madame
, & à celles de Mefdames Victoire , Sophie
& Louife. Après toutes ces audiences , le Cardinal
de Tavannes fut reconduit par M. Dufort , Introducteur
des Ambaffadeurs , dans les carroffes
du Roi & de la Reine à fon Hôtel , avec les cérémonies
obfervées lorſqu'on étoit allé le prendre
pour l'amener chez le Roi.
Le 8 , le Cardinal de Luynes , & le 10 le Cardinal
de Gefvres reçurent des mains du Roi dans
la Chapelle, le Bonnet de Cardinal avec les mêmes
cérémonies.
L'Eglife de l'Abbaye Royale de Pantemont
été bénîte le 30 de Mai , par Dom Couthaud, Religieux
de l'Abbaye de Cîteau , Docteur de Sorbonne
, & Provifeur du College. La cérémonie
en fut édifiante , & fuivie d'une grand'Meffe
chantée par les Religieux , au milieu de laquelle
M. l'Abbé de la Paufe fit un Diſcours , dontl'ob
jet étoit relatif à la pureté du Temple intérieur
fignifié par la Bénédiction du Temple extérieur
qui venoit d'être faite. L'après -dinée , après Vêpres
chantées , il y eut un Salut , dont la mufique
216 MERCURE DE FRANCE.
fut dirigée par M. Balbaftre, & très - bien exécutée.
La Bénédiction fut donnée par le R. P. Général
des Bénédictins , & Madame la Ducheffe de Modene
y aflifta avec la cour & plufieurs perfonnes
de diftinction.
Le 3 Juin , Monfeigneur le Dauphin & Madame
, fe rendirent dans cette Abbaye pour nommer
deux Cloches de la nouvelle Eglife . A la porte
extérieure , ils furent reçus avec les cérémonies
accoutumées , & complimentés avec applaudiffement
par Dom Couthaud : delà arrivés à la
porte de la grille du Choeur , Madame l'Abbeffe
de Pantemont , avec fa croffe , à la tête de fa
Communauté , & accompagnée de plufieurs autres
Abbeffes , les conduifit à leur prie- Dieu en
chantant le Laudate . Dom Couthaud fit la cérémonie
, qui fut fuivie du Salut pendant l'une &
l'autre , la mufique exécuta plufieurs morceaux
& Motets choifis. Enfuite Monfeigneur le Dau
phin & Madame fuivis de leur cour , furent conduits
au Réfectoire , où trois jeunes Demoiſelles
habillées en Vierges , préfenterent trois corbeilles
remplies tant de fleurs que d'ouvrages , bourfes , -
facs & noeuds d'épée : chacune déclama différentes
pieces de vers avec autant de nobleffe que de modeftie
; Madame l'Abbeffe préſenta dans le même
Réfectoire la collation à Monfeigneur le Dauphin
& à Madame. Il y avoit , entr'autres fingularités ,
les meilleurs fruits de primeur , & les plus rares
pour la faifon ; des melons , des pêches , des cerneaux
, du raifin . Enfuite Monſeigneur le Dauphin
& Madame voulurent parcourir les Bâtimens , &
partout le Prince & la Princeffe marquerent leur
fatisfaction.
On doit obferver ici que le Monaftere & l'Eglife
de l'Abbaye de Pantemont ont été faits &
conduits
JUILLET . 1756 . 217
conduits fur les deffeins de M. Contant , Architecte
du Roi , de Monfeigneur le Duc d'Orléans
& de l'Académie d'Architecture . Il étoit réservé
au talent & à la réputation de cet Artifte de
donner un exemple public que l'on pouvoit
voûter les Dômes & les Eglifes , fuivant la conftruction
des voûtes qu'il a fait exécuter avec ſuccès
dans le Château de Biffy , appartenant à M. le
Maréchal Duc de Belleifle ; l'Eglife & le Dôme
de Pantemont font les premiers exemples exécutés
en France de cette conftruction , qui prouvent
que l'ufage de ces voûtes feroient d'une grande
utilité pour être employé à la conſtruction de
nos Eglifes modernes , & que l'on pourroit par
cette pratique leur donner avec le bon goût de
l'architecture , l'élégance & la légéreté des Eglifes
gothiques , dont la conftruction hardie & folide
caufe autant de regrets que d'admiration .
des plus confidérables du Diocèfe de Châlonsfur-
Marne , a été prefque totalement détruit par.
un horrible incendie. Les habitans ont eu à peine.
temps de pourvoir à leur fûreté , & de fauver
leurs enfans. Dans l'intervalle d'une heure , près
de mille perfonnes fe font trouvées fans azyle &
fans reffources.
le
Le 11 , M. le Duc de Biron , après avoir fait la
revue des Gardes Françoifes dans la Plaine des
Sablons où le Régiment étoit campé , déclara que
le Roi avoit accordé une penfion de mille livres
fur le Tréfor Royal à M. le Comte d'Afpremont ,
Maréchal de Camp , Commandant du troiſieme
Bataillon de ce Régiment ; une pareille penfion à.
M. de Savary , Lieutenant de Grenadiers , ayant
Brevet de Colonel ; une de quatre cens francs ,,
auffi fur le Tréfor Royal , à M. de Chaffincourt-
Tilly , Sous- Lieutenant ; des Brevets de Colonels.
au Marquis de Rafilly , Lieutenant de Grenadiers
& au Comte du Dreneuc , Lieutenant ; & la Croix
de Saint Louis au Vicomte de Jaucourt , Lieutenant
à M. de Chaban , Sous- Aide- Major; au
JUILLET. 1756. 206
Chevalier de Palme , au Marquis de la Rochebouffeau
, à MM. de la Motte , de Termont , &
de Chieza , Sous- Lieutenans , & à M. de la Bordenne
, Enfeigne de Grenadiers.
Le Roi ayant porté à dix-fept Compagnies les
Bataillons de fon Infanterie Françoife ; & Sa Majefté
voulant que les Bataillons des Régimens de
fon Infanterie Suiffe & Grifonne , qui ne font actuellement
que de quatre cens-vingt hommes en
quatre Compagnies de cent vingt hommes chacune,
y compris les Officiers , foient rapprochés de la
compofition des Bataillons François , Sa Majefté a
ordonné que les douze Compagnies de chacun
des neuf Régimens Suiffes & de celui de Salis Grifon
, qui font à ſon ſervice , formaffent dorénavant
deux Bataillons compofés de fix Compagnies
chacun , au lieu d'être diftribuées , commé
elles font préfentement , en trois Bataillons de
quatre Compagnies. Veut Sa Majefté , que les fix
Compagnies , qui doivent compofer chacun des
deux Bataillons par Régiment , y foient placées
fuivant le rang d'ancienneté des Capitaines , &
dans l'ordre qu'éxige la nouvelle formation prefcrite
par la préfente Ordonnance . Chacune de
ces Compagnies continuera d'être compofée de
cent vingt hommes , y compris cinq Officiers ;
chaque Capitaine devant y entretenir deux Sergens
à vingt-cinq livres chacun , un troifieme
Sergent & un Fourrier à vingt livres chacun , un
Porte-Enfeigne & un Capitaine d'Armes à dixhuit
livres chacun , un Prevôt à quinze livres
quatre Caporaux , quatre Anfpeffades & cent Fufiliers
, les Tambours & les Fifres compris. Eatend
au furplus Sa Majefté que les Officiers
qui commandoient les troifiemes Bataillons defdits
Régimens Suiffes & Grifons , confervent, tant
106 MERCURE DE FRANCE.
qu'ils ne fe trouveront pas pourvus d'un grade
fupérieur , les prérogatives qui étoient attachées
à leur emploi.
Le 27 Mai , les Députés des Etats d'Artois ont
eu audience du Roi . Ils ont été préſentés à Sa
Majefté par M. le Duc de Chaulnes , Gouverneur
de la Province , & par M. le Comte d'Argenfon ,
Miniftre & Secretaire d'Etat , ayant le Département
de cette Province , & conduits par M. Def
granges , Maître des Cérémonies. La Députation
étoit compofée , pour le Clergé , de Dom de
Briois d'Hulluch , Abbé de Saint Vaaft d'Arras ;
du Comte de Beaufort , pour la Nobleffe ; & de M.
Harduin , Avocat en Parlement , & ancien Echevin
des Ville & Cité d'Arras , pour le Tiers-Etat.
Dans le travail du Roi avec M. le Comte d'Eu,
concernant le Régiment des Gardes Suiffes , Sa
Majefté a augmenté de cinq cens livres la penfion
de quinze cens que M. de Réding , Maréchal de
Camp, Premier Capitaine de ce Régiment, a fur le
Tréfor Royal . Elle a accordé une penfion de 1000 1.
auffi fur le Tréfor Royal , au Baron de Befenwald,
Brigadier , Capitaine d'une Compagnie dans le
même Régiment ; une pareille penfion , fur l'Ordre
de Saint Louis , à M. de Peftallozzi , Brigadier
, Capitaine-Commandant de la Compagnie
Lieutenante-Colonelle ; une de huit cens livres ,
fur le Tréfor Royal , à M. Altermatt , troifieme
Aide - Major ; une Commiffion de Colonel
à M. Schwitzer , Premier Lieutenant de la Compagnie
de Phiffer ; la Croix de S. Louis au Chevalier
de Maillaudor , Premier Lieutenant de la
Compagnie Générale , & à M. Schwitzer de Buonas
, fecond Lieutenant de la même Compagnie..
Depuis la defcente des troupes du Roi dans
1le Minorque, M. le Maréchal de Richelieu a
JUILLET. 1756. 207
été principalement occupé du foin de furmonter
les difficultés qui fe font rencontrées dans le
tranfport de l'artillerie à Mahon , & des munitions
de guerre & de bouche. Il eft enfin parvenu
à faire conftruire fur le Mont des Signaux une
batterie de cinq pieces de canon & d'autant de
mortiers , qui a commencé à tirer le 8 de Mai au
matin. Il afait occuper le 9 au foir le Fauxbourg,
dit la Ravale , par un Détachement de cent Volontaires,
par quatre Compagnies de Grenadiers &
parfixPiquets,aux ordres de M. le Comte de Briqueville
, Colonel , avec cinq cens Travailleurs , pour y
former des épaulemens & établir des batteries . Le
10,M. le Marquis de Roquepine Brigadier , ayant
fous lui MM . de Gaunay & d'Elva , Colonels , de
Magnac & de Virmont , Lieutenans Colonels , eft
parti dès le matin avec douze cens hommes , pour
fe porter du côté du Fort Marlboroug derriere la
Tour de Benifaïd. M. le Comte de Briqueville a
été relevé le foir par M. de la Serre , Brigadier
avec trois Compagnies de Grenadiers & neuf Piquets.
Auffitôt après , les deux Bataillons du Régiment
Royal , & le premier du Régiment Royal
Comtois , fe font portés à la droite du Fauxbourg,
le long d'une chaîne de maifons qui en forment
Fenceinte , pour protéger le travail , que M. le
Maréchal de Richelieu eft allé vifiter. M. d'Elva,
Colonel à la fuite du Régiment Royal Italien , a
été bleffé légérement à l'épaule. Les journées du
11 & du 12 Mai , ont été employées à conſtruire
des batteries à la gauche , à la droite & au centre
du Fauxbourg, dit la Ravale, fans que la Garnifon
Angloife ait inquiété les travailleurs autrement'
que par les bombes & le canon. Le 12 au foir
le Détachement du Fauxbourg fut compofé de
fept Compagnies de Grenadiers , huit Piquets &
208 MERCURE DE FRANCE.
trois Compagnies de Volontaires , & les batte
ries de bombes commencerent à tirer pendant la
nuit. Le 17 , la batterie de canons de la droite fe
trouva en état de tirer , & fut très- bien fervie. Le
18 , M. du Pinay , qui commandoit celle de la
gauche , fut tué, & le Prince Louis de Wirtemberg
, Maréchal de Camp , fut légérement bleſſé.
Le 19 , P'Efcadre Angloife ayant paru en mer ,
M. le Maréchal de Richelieu envoya treize Piquets
à M. le Marquis de la Galiffonniere , & fit
les difpofitions néceffaires pour empêcher toute
communication avec les Affiégés. Le 20 , les deux
Bataillons du Régiment Royal , aux ordres de
M. le Comte de Maillebois , Lieutenant- Général ,
fe rendirent le foir au dépôt de la tranchée , d'ou
ils envoyerent relever les poftes du Fauxbourg par
leurs Grenadiers & fix Piquets , avec cinq autres
Compagnies de Grenadiers & fix Piquets de différens
Corps. Une bombe ayant mis le feu à une de
nos batteries à deux heures après-midi , les affiégés
redoublerent leur feu , & firent une fortie de
la Lunette de la Reine , dans laquelle nos Grenadiers
les firent rentrer auffitôt. Pendant la journée
du 21 au 22 , on répara les anciennes batteries
, & l'on continua la conftruction des nouvelles.
Le 22 , l'Efcadre Françoife ayant réparu devant
le Port , l'Armée fit le foir une réjouiſſance
pour l'avantage que cette Efcadre avoit remporté
fur celle des Anglois. Le 23 , M. le Comte de
Lannion releva M. le Marquis du Mefnil à la
tranchée, avec les deux Bataillons de Royal la Marine
, indépendamment d'un pofte de Brigadier
établi dans le Fauxbourg. Cette journée & celle
du 24 ont été employées , comme les précédentes,.
aux réparations & nouvelles conftructions de bat
tories.
>
•
JUILLET. 1756. 209
Les Frégates du Roi l'Aquilon , de quarante
canons , & la Fidele , de vingt- quatre , comman
dées par MM. de Maurville , Capitaine , & de Lizardais
, Lieutenant de Vaiffeau , qui avoient ef
corté au large quelques Navires , revenoient à
Rochefort , lorfque le 17 elles ont eu connoiffance
vers l'Ile d'Oléron , d'un Vaiffeau de guerre
Anglois , de cinquante- fix canons , & d'une Frégate
, de trente , qui leur ont donné chaffe. Le
combat s'eft engagé à fix heures du foir entre le
Vaiffeau de guerre Anglois avec fa Frégate , & les
deux Frégates du Roi , de maniere que la Frégate
laFidele, a auffieffuyé d'abord quelques bordées du
Vaiffeau de guerre Anglois ; mais il eft enfuite
devenu particulier du Vaiffeau de guerre Anglois
avec la Frégate l'Aquilon , & de la Frégate Angloife
avec la Frégate la Fidele , qui ont été bientôt
hors de la vue des premiers. Le combat de la
Frégate de l'Aquilon contre le Vaiffeau de guerre
Anglois a duré près de huit heures ; & celui de la
Frégate la Fidele contre la Frégate Angloife
près de fix. Nonobftant la grande fupériorité de
l'artillerie du Vaiffeau Anglois & de la Frégate ,
tant en nombre de canons qu'en poids des boulets
, les deux Frégates du Roi les ont mis hors
de combat ; & les Anglois fe font retirés : mais il
n'a pas été poffible aux Frégates du Roi , qui
étoient défemparées de toutes leur manoeuvres, de
les pourfuivre. Elles font rentrées à Rochefort le
19 & le 20. On ne fçauroit donner trop d'éloges
à la bravoure que les Officiers , les Gardes de la
Marine & les Equipages , ont fait paroître dans
cette occafion. M. de Maurville a eu le bras droit
fracaffé dès le commencement du combat , &
Fon a été obligé de le lui couper fur le champ .
Malgré cet accident , qui l'a obligé de céder le
210 MERCURE DE FRANCE.
commandement à M. de la Filliere , Capitaine en
fecond , il n'a pas ceffé de donner des marques
de la plus grande fermeté. M. de la Filliere a reçu
trois bleffures. M. Héron , Premier Lieutenant ,
a été tué fur le gaillard d'avant ; & le Chevalier
de Cardaillac , qui commandoit le Détachement
des Gardes de la Marine , a eu un bras caffé. Il
n'y a eu aucun Officier de tué ni de bleffé ſur la
Frégate la Fidele. Dans les Equipages, la Frégate
l'Aquilon a eu quinze hommes tués & vingt-fix
bleflés ; & la Frégate la Fidele , huit tués & dixhuit
bleffés.
La Cour vient de rendre public un Ecrit qui a
pour titre , MEMOIRE concernant le précis des faits
avec leurs piecesjuftificatives , pour fervir de réponfe
aux OBSERVATIONS envoyées par les Miniftres
d'Angleterre dans les Cours de l'Europe . L'objet
des Obfervations fur le premier Mémoire de la
France étoit de juftifier le refus fait par l'Angleterre
de fatisfaire à la réquifition du Roi , du 21
Décembre dernier , & de reftituer les Vaiffeaux
pris en pleine paix . Le feul moyen de colorer ce
refus étoit d'imputer aux François des hoftilités
antérieures à celles des Anglois , & cette fauffe
´imputation eft réfutée dans l'Ecrit que nous annonçons.
On n'oppofe aux fuppofitions des Anglois
que l'expofé le plus fimple de tout ce qui
s'eft paffé entre les deux Nations , foit en Amérique
, foit en Europe , depuis le dernier Traité
d'Aix-la- Chapelle ; & l'on n'avance aucun fait
qui ne foit ou avoué des deux Cours , ou prouvé
par des pieces authentiques & irréprochables.
Parmi ces pieces font celles qui ont été trouvées
dans les papiers du Général Braddock , après le
combat dans lequel il a perdu la vie.
Il paroît une Déclaration du Roi , portant fuf-
1
JUILLET. 1756. 211
penfion du Dixieme de l'Amiral , & autres encouragemens
pour la Courſe.
M. le Marquis de Juigné ayant préféré de commander
une Brigade dans le Régiment des Grenadiers
de France , le Roi a difpofé du Régiment
de Forez , en faveur de M. le Comte de Puyfegur,
Colonel dans celui des Grenadiers de France.
Le Roi a conclu avec l'Impératrice Reine de
Hongrie & de Bohême , un Acte ou Convention
de Neutralité , & un Traité défenfif d'Alliance &
d'Amitié. Cette Convention & ce Traité furent
fignés à Verſailles le premier du mois de Mai , &
les Ratifications y ont été échangées le 28 du
même mois.
Le 17 Mai aufoir , M. le Marquis de la Galif
fonniere , commandant l'Efcadre du Roi dans fa
Méditerranée , fut informé par la Frégate la Gracieufe
, qui étoit en croifiere fur Mayorque , qu'el
le avoit découvert une Eſcadre Angloiſe , qui pouvoit
être alors à huit ou dix lieues dans le Sud. Le
18 , l'Eſcadre du Roi manoeuvra pour aller à la
rencontre de celle des Anglois , mais le calme en
empêcha. Le 19 au matin , on découvrit l'Eſcadre
Angloife du haut des mâts. Elle étoit au vent ,
& il ne fut pas poffible à l'Efcadre du Roi , de
l'approcher jufqu'à la portée du canon. Le 20
M. le Marquis de la Galiffonniere étoit parvenu
gagner le vent : mais dans le tems qu'il ſe trouvoit
dans cette pofition , le vent changea tout
d'un coup ; ce qui rendit cet avantage à l'Eſcadre
Angloife. A deux heures & demie après-midi , les
deux Efcadres fe trouverent en lignes , celle dés
Anglois compofée de dix-huit voiles , dont treize
Vaiffeaux de ligné , & celle du Roi , de douze
Vaiffeaux & quatre Frégates. Le combat fut engagé
par l'avant-garde de l'Efcadre du Roi , qui
212 MERCURE DE FRANCE.
attaqua l'arriere- garde de celles des Anglois. II
devint fucceffivement général : mais il ne le fut
pas pendant tout le tems de fa durée. Les Vaiffeaux
Anglois , qui étoient les plus maltraités
des bordées des Vaiffeaux du Roi , profitant de
l'avantage du vent , pour fe mettre hors de la
portée du canon. L'Efcadre Angloife , après avoir
porté fes plus grands efforts fur l'arriere- garde de
celle du Roi , qu'elle a trouvée fi ferrée , & dont
elle a effuyé un fi grand feu , qu'elle n'a pu l'entamer
, a pris le parti de s'éloigner. Elle avoit
toujours confervé l'avantage du vent , ce qui l'a
mife en état de ne point s'engager. Le combat a
duré près de quatre heures. En général , il n'y a
eu aucun Vaiffeau de l'Efcadre Angloife , qui ait
foutenu longtemps le feu des Vaiffeaux de l'Efca
dre du Roi , lefquels ont peu fouffert. Ils étoient
entiérement réparés dans la nuit , & en état de
combattre le lendemain. Nous n'avons eu que
trente-huit hommes tués , & cent quatre- vingtquatre
bleffés. Aucun Officier n'a été tué. Ceux
qui ont été bleffés , font MM . de Peruffy & de
Puty , Enfeignes , & M. de Gibanelle , Garde de
la Marine , fur le Vaiffeau le Foudroyant ; M. de
Seignoret , Garde de la Marine , fur le Téméraire;
M. de Gravier , Lieutenant fur le Guerrier ; le
Chevalier d'Urre , Lieutenant fur le Sage ; le
Chevalier de Beaucoufe , Lieutenant ; M. d'Alberas
, Enfeigne , & M. Dubeny , Garde de la Marine
, fur le Content..
Depuis l'arrivée de ces nouvelles qui font du
21 , il eft venu des lettres de l'Efcadre , datées du
25. L'Efcadre Angloife n'avoit point reparu , &
celle du Roi continuoit de croifer devant l'entrée
du Port- Mahon . Le Chevalier de Beaucouſe ,
Lieutenant de Vaiffeau , qui avoit eu une cuiffe.
JUILLET. 1756. 213
caffée dans le combat du 20 , & qui avoit été
tranſporté à terre à Mahon , y étoit mort le 24 .
M. de Gibanelle & de Seignoret , Gardes de la
Marine , étoient fort mal à bord des Vaiffeaux fur
lefquels ils ont été bleffés , le premier ayant eu
les reins brifés , & le fecond les deux jambes caffées
. Mais le Chevalier d'Urre , Lieutenant de
Vaifleau , qui a eu un bras caffé , donnoit beaucoup
d'efpérance de guérifon. Les autres bleffés
le font peu dangereufement.
Le 6 Juin , jour de la Pentecôte , les Chevaliers
, Commandeurs & Officiers de l'Ordre du
Saint- Elprit , s'étant affemblés vers les onze heu--
res du matin dans le Cabinet du Roi , Sa Majesté
tint un Chapitre. L'Information des vie & moeurs,
& la Profeffion de Foi , du Marquis de Saint Vital
& du Prince Jablonowski , qui avoient été propofés
le premier Janvier pour être Chevaliers ,
furent admifes , & ils furent introduits dans le
Cabinet , & reçus Chevaliers de l'Ordre de Saint
Michel. Le Roi fortit enfuite de fon apparte
ment , pour aller à la Chapelle. Sa Majesté , devant
laquelle les deux Huiffiers de la Chambre
portoient leurs Maffes , étoit en Manteau , le
Collier de l'Ordre par-deffus , ainfi que celui de
l'Ordre de la Toifon d'Or. Elle étoit précédée
de Monfeigneur le Dauphin , du Duc d'Or
léans , du Prince de Condé , du Comte de Charolois
, du Comte de Clermont , du Prince de Conty
, du Comte de la Marche , du Comte d'Eu ;
du Duc de Penthievre , & des Chevaliers , Commandeurs
& Officiers de l'Ordre. Les deux nouveaux
Chevaliers , en habit de Novices , marchoient
entre les Chevaliers & les Officiers. Après
la grande Meffe , qui fut célébrée par le Prince
Conftantin , Commandeur de l'Ordre , & Prejer
Aumônier du Roi , Sa Majefté monta fux,.
214 MERCURE DE FRANCE .
fon Trône , & revêtit des Marques de l'Ordre les
deux nouveaux Chevaliers. Le Marquis de Saint
Vital eut pour Parrain le Maréchal de Clermont-
Tonnerre. Le Marquis de Matignon fut celui du
Prince Jablonowski. Cette cérémonie étant finie,
le Roi fut reconduit à ſon appartement en la maniere
accoutumée.
M. Dufort , Introducteur des Ambaffadeurs ,
alla le 7 prendre dans les carroffes du Roi & de la
Reine , le Cardinal de Tavannes en fon Hôtel à
Verfailles , & il le conduifit chez le Roi avec
l'Abbé Durini , Camérier Secret du Pape , nommé
par Sa Sainteté pour apporter les Bonnets aux
Cardinaux de Tavannes , de Luynes & de Gefvres.
Avant la Meffe du Roi , l'Abbé Durini fut conduit
, avec les cérémonies accoutumées , à l'au
dience le Roi lui donna dans fon Cabinet
que
& il préfenta à Sa Majesté un Bref de Sa Sainteté.
Après cette audience ,le Roi defcendit à la Chapelle
, où le Cardinal de Tavannes ſe rendit à la fin de
la Meffe , étant conduit par le fieur Dufort , Introducteur
des Ambaffadeurs, Monfieur Defgranà
la
reçut ges , Maître des Cérémonies , porte
La Chapelle le Cardinal de Tavannes , lequel alla
fe placer près du Prié-Dieu du Roi , du côté de
PEvangile , & fe mit à genoux fur un carreau.
L'Abbé Dutini , revêtu de fon habit de cérémonie
, ayant remis entre les mains du Cardinal de
Tavannes le Bref du Pape , alla prendre fur la
Crédence Près de l'Autel , du côté de l'Epître
un Baffin de vermeil doré , fur lequel étoit le
Bonnet , & il le préfenta au Roi. Sa Majesté prit
le Bonnet , & le mit fur la tête du Cardinal de
Tavannes , qui en le recevant , fit une profonde
inclination , & à l'inſtant même fe découvrit.
Dès que le Roi fut en marche pour fortir de la
Chapelle , le Cardinal de Tavannes entra dans la
de
JUILLET. 1756 . 215
Sacriftie , où il prit les habits de fa nouvelle dignité.
Il montà enfuite chez le Roi , étant accompagné
du Maître des Cérémonies. M. Dufort ,
Introducteur des Ambaffadeurs , qui étoit toujours
refté auprès du Cardinal de Tavannes , l'introduifit
dans le Cabinet du Roi , où ce Cardinal fit
fon remerciement à Sa Majesté . Le Cardinal de
Tavannes fut conduit avec les mêmes cérémonies.
à l'audience de la Reine , à laquelle il préfenta
P'Abbé Durini , qui remit à Sa Majesté un Bref
du Pape. Pendant l'audience , on apporta un
tabouret , & le Cardinal de Tavannes s'affit . Il
fut conduit enfuite à l'audience de Monfeigneur
le Dauphin , de Madame la Dauphine , de Madame
, & à celles de Mefdames Victoire , Sophie
& Louife. Après toutes ces audiences , le Cardinal
de Tavannes fut reconduit par M. Dufort , Introducteur
des Ambaffadeurs , dans les carroffes
du Roi & de la Reine à fon Hôtel , avec les cérémonies
obfervées lorſqu'on étoit allé le prendre
pour l'amener chez le Roi.
Le 8 , le Cardinal de Luynes , & le 10 le Cardinal
de Gefvres reçurent des mains du Roi dans
la Chapelle, le Bonnet de Cardinal avec les mêmes
cérémonies.
L'Eglife de l'Abbaye Royale de Pantemont
été bénîte le 30 de Mai , par Dom Couthaud, Religieux
de l'Abbaye de Cîteau , Docteur de Sorbonne
, & Provifeur du College. La cérémonie
en fut édifiante , & fuivie d'une grand'Meffe
chantée par les Religieux , au milieu de laquelle
M. l'Abbé de la Paufe fit un Diſcours , dontl'ob
jet étoit relatif à la pureté du Temple intérieur
fignifié par la Bénédiction du Temple extérieur
qui venoit d'être faite. L'après -dinée , après Vêpres
chantées , il y eut un Salut , dont la mufique
216 MERCURE DE FRANCE.
fut dirigée par M. Balbaftre, & très - bien exécutée.
La Bénédiction fut donnée par le R. P. Général
des Bénédictins , & Madame la Ducheffe de Modene
y aflifta avec la cour & plufieurs perfonnes
de diftinction.
Le 3 Juin , Monfeigneur le Dauphin & Madame
, fe rendirent dans cette Abbaye pour nommer
deux Cloches de la nouvelle Eglife . A la porte
extérieure , ils furent reçus avec les cérémonies
accoutumées , & complimentés avec applaudiffement
par Dom Couthaud : delà arrivés à la
porte de la grille du Choeur , Madame l'Abbeffe
de Pantemont , avec fa croffe , à la tête de fa
Communauté , & accompagnée de plufieurs autres
Abbeffes , les conduifit à leur prie- Dieu en
chantant le Laudate . Dom Couthaud fit la cérémonie
, qui fut fuivie du Salut pendant l'une &
l'autre , la mufique exécuta plufieurs morceaux
& Motets choifis. Enfuite Monfeigneur le Dau
phin & Madame fuivis de leur cour , furent conduits
au Réfectoire , où trois jeunes Demoiſelles
habillées en Vierges , préfenterent trois corbeilles
remplies tant de fleurs que d'ouvrages , bourfes , -
facs & noeuds d'épée : chacune déclama différentes
pieces de vers avec autant de nobleffe que de modeftie
; Madame l'Abbeffe préſenta dans le même
Réfectoire la collation à Monfeigneur le Dauphin
& à Madame. Il y avoit , entr'autres fingularités ,
les meilleurs fruits de primeur , & les plus rares
pour la faifon ; des melons , des pêches , des cerneaux
, du raifin . Enfuite Monſeigneur le Dauphin
& Madame voulurent parcourir les Bâtimens , &
partout le Prince & la Princeffe marquerent leur
fatisfaction.
On doit obferver ici que le Monaftere & l'Eglife
de l'Abbaye de Pantemont ont été faits &
conduits
JUILLET . 1756 . 217
conduits fur les deffeins de M. Contant , Architecte
du Roi , de Monfeigneur le Duc d'Orléans
& de l'Académie d'Architecture . Il étoit réservé
au talent & à la réputation de cet Artifte de
donner un exemple public que l'on pouvoit
voûter les Dômes & les Eglifes , fuivant la conftruction
des voûtes qu'il a fait exécuter avec ſuccès
dans le Château de Biffy , appartenant à M. le
Maréchal Duc de Belleifle ; l'Eglife & le Dôme
de Pantemont font les premiers exemples exécutés
en France de cette conftruction , qui prouvent
que l'ufage de ces voûtes feroient d'une grande
utilité pour être employé à la conſtruction de
nos Eglifes modernes , & que l'on pourroit par
cette pratique leur donner avec le bon goût de
l'architecture , l'élégance & la légéreté des Eglifes
gothiques , dont la conftruction hardie & folide
caufe autant de regrets que d'admiration .
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Résumé : « Le 9 Mai, le Bourg de Ferechampenoise, un des plus considérables du [...] »
En mai 1756, plusieurs événements marquants ont eu lieu en France. Le 9 mai, le bourg de Ferechampenoise, dans le diocèse de Châlons-sur-Marne, a été presque entièrement détruit par un incendie, laissant près de mille personnes sans abri. Le 11 mai, le duc de Biron a annoncé des pensions royales pour plusieurs officiers des Gardes Françaises, dont le comte d'Aspreumont et le lieutenant Savary. Des brevets de colonel ont été attribués au marquis de Rafilly et au comte du Dreneuc, tandis que la croix de Saint-Louis a été décernée à plusieurs autres officiers. Le roi a ordonné la réorganisation des bataillons de l'infanterie française, suisse et grisonne, augmentant leur composition à dix-sept compagnies. Les régiments suisses et grisons ont été restructurés en deux bataillons de six compagnies chacun. Le 27 mai, les députés des États d'Artois ont été reçus par le roi, présentés par le duc de Chaulnes et le comte d'Argençon. La délégation comprenait Dom de Briois d'Hulluch pour le clergé, le comte de Beaufort pour la noblesse, et M. Harduin pour le tiers-état. En juillet 1756, le maréchal de Richelieu a supervisé les opérations militaires à Minorque, notamment la construction de batteries et la défense contre les forces anglaises. Plusieurs officiers ont été blessés ou tués lors des combats. Les frégates françaises l'Aquilon et la Fidèle ont engagé un combat contre des navires anglais près de l'île d'Oléron, mettant les navires anglais hors de combat malgré des pertes importantes. La cour a publié un mémoire en réponse aux observations des ministres anglais concernant les hostilités entre les deux nations. Le roi a signé un acte de neutralité et un traité d'alliance avec l'impératrice reine de Hongrie et de Bohême, ratifiés le 28 mai 1756. Le marquis de Juigné a pris le commandement d'une brigade dans le régiment des Grenadiers de France, et le comte de Puysegur a été nommé colonel du régiment de Forez. Un combat naval a opposé douze vaisseaux et quatre frégates françaises à la flotte anglaise. Les vaisseaux anglais, bien que malmenés, ont profité du vent pour se mettre hors de portée des canons français. Le combat a duré près de quatre heures, avec des pertes françaises de trente-huit hommes tués et cent quatre-vingt-quatre blessés, sans perte d'officiers. À la cour de France, le 6 juin, le roi a tenu un chapitre de l'Ordre du Saint-Esprit, au cours duquel le marquis de Saint-Vital et le prince Jablonowski ont été reçus chevaliers de l'Ordre de Saint-Michel. Le 7 juin, le cardinal de Tavannes a reçu son bonnet cardinalice des mains du roi. Les cardinaux de Luynes et de Gesvres ont également reçu leurs bonnets les 8 et 10 juin. Le 30 mai, l'église de l'Abbaye Royale de Panthemont a été bénie, suivie d'une messe et d'un salut musical. Le 3 juin, le dauphin et Madame ont visité l'abbaye pour nommer deux cloches et ont reçu des présents.
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p. 221
VERS Pour Monseigneur le Dauphin, prononcés par Mademoiselle de Guerchy.
Début :
Monseigneur, Dans l'âge d'or, une simple guirlande [...]
Mots clefs :
Coeurs, Temple, Âge
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texteReconnaissance textuelle : VERS Pour Monseigneur le Dauphin, prononcés par Mademoiselle de Guerchy.
VERS
Pour Monfeigneur le Dauphin , prononcés
par Mademoiselle de Guerchy.
MONSEIGNEUR,
Dans l'âge d'or , une fimple guirlande
Ornoit le Temple & paroit les Autels ;
Du lait , des fruits , étoient la feule offrande
Qu'une main pure offroit aux immortels.
Comme eux ici , vous , qui tenez leur place ,
Vous recevez l'hommage de nos coeurs ;
Et l'âge d'or à vos yeux ſe retrace
Par nos habits , fymbole de nos moeurs.
La vérité fans art & fans parure
Emprunte ici la voix du fentiment.
Daignez l'entendre , & recevez l'augure
Que nous infpire un tendre mouvement.
Dieu , que nos coeurs adorent en ce Temple ;
Rendra vos jours égaux à vos vertus ,
Et l'univers prendra de nous l'exemple
De les compter comme ceux de Titus.
Pour Monfeigneur le Dauphin , prononcés
par Mademoiselle de Guerchy.
MONSEIGNEUR,
Dans l'âge d'or , une fimple guirlande
Ornoit le Temple & paroit les Autels ;
Du lait , des fruits , étoient la feule offrande
Qu'une main pure offroit aux immortels.
Comme eux ici , vous , qui tenez leur place ,
Vous recevez l'hommage de nos coeurs ;
Et l'âge d'or à vos yeux ſe retrace
Par nos habits , fymbole de nos moeurs.
La vérité fans art & fans parure
Emprunte ici la voix du fentiment.
Daignez l'entendre , & recevez l'augure
Que nous infpire un tendre mouvement.
Dieu , que nos coeurs adorent en ce Temple ;
Rendra vos jours égaux à vos vertus ,
Et l'univers prendra de nous l'exemple
De les compter comme ceux de Titus.
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Résumé : VERS Pour Monseigneur le Dauphin, prononcés par Mademoiselle de Guerchy.
Le poème, adressé au Dauphin par Mademoiselle de Guerchy, compare l'âge d'or à la dévotion actuelle. Il loue la simplicité et la pureté des mœurs actuelles, symbolisées par les habits portés. Il souhaite que Dieu bénisse le Dauphin, lui accordant la vertu de l'empereur Titus et servant d'exemple à l'univers.
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