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1
p. 163-172
Description d'une Horloge extraordinaire presentée au Roy & qui doit estre suspenduë comme un Lustre. [titre d'après la table]
Début :
Les Horloges qui nous font connoistre combien nous avons passé [...]
Mots clefs :
Horloge, Globe, Argent, Heures, Fleur de lis, Pendule, Cercle
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texteReconnaissance textuelle : Description d'une Horloge extraordinaire presentée au Roy & qui doit estre suspenduë comme un Lustre. [titre d'après la table]
Les Horloges qui nous font connoiſtre combien nous
avons paffé d'heures de chaque jour où nous vivons, nepeuvent nous apprendre combien il nous en reſte encor àpaſſer. On en a
GALANT. 103 preſenté une au Roy depuis quelques jours d'une beauté &
d'une invention toute extraordinaire. Il n'y a rien de mieux travailléque cet Ouvrage , & on ne peut affez admirer l'intelli- gence & l'efprit de cette ingé- nieuſe Perſonne qui en a donné l'idée. Cette Horloge faite en Globe a un pied de diametre,
&ſonne les heures & les quarts fur trois Timbres. Elle est àPendule , & en commençant parle bas , on voit les Quarts & les Minutes ſur le plus petit de ſes Cercles. Les Jours dela Semaine
fontmarquez furun plusgrand,
&ſur unautre encor plus grand que ce dernier font les Saiſons avec les Planetes dansleursMaifons. La Lune y paro'ſt : C'eſt une petite Boule tournante qui en montre tous les jours peu à
E iiij
104 LE MERCVRE
peu le croiſſant&le declin, com- me on le découvre dans le Ciel.
Cette petite Lune fuit le premier mobile qui eſt le movement regulier de vingt-quatre heures,
& retrograde chaquejour à pro- portionde cequ'il faut pour fai- reſa révolution entiere en vingt- neufjours &demy. On voit en mefme temps ſon quantiéme,
fon aſpect avec le Soleil , la Ma- -rée & le lieu qu'elle occupe dans les Signes. Le Soleil eſt placé fur un plus grand Cercle.
L'Heurey eft marquée aufli bien que le Jour de l'Année &le De- gré du Signe où il eft , avec ſon lever & fon coucher. Tous ces
Cercles compofent un peu plus que la moitié de ce Globe , & en forment la partie inferieure. II n'y a rien dans celle d'enhaut,
parce qu'ayant eſté fait pour
GALANT. 105 I
el
eftre fufpendu comme un Luf- tre, il auroit eſté inutile d'y mar- quer ce qu'il euſt eſté impoſſible de voir. Le premier Cercle eſt d'argent , leſecond d'or, &ainfi de tous les autres. Le Soleil eft
d'or , grand comme une Piece de Trente fols , pofé ſur une double L d'acier cizelé en relief , & bluy. Un des coſtez de la Lune eſt d'argent , & l'autre eſt d'or émaillé d'azur avec de
petites Etoilles d'or. CetteLune eft comme enfermée à moitié
dans une Boëte qui eſt auſſi d'or,
émaillée d'azur & parfemée de petitesEtoilles dumeſme metal.
UnNuage d'or émaillé la porte.
On diroit à ſa couleur qu'il eſt éclairé du Soleil couchant.L'Aiguille qui montre les Planetes dans leurs Maiſons , eſt faite d'a
Ev
106 LE MERCVRE
cier en relief , & compoſée de deux Arcs & d'une Fleche qu'on regarde comme les armes d'A- pollon. Un Sceptre , un Bafton Royal , & une Couronne de France, forment celle qui mar- que le Jour de la Semaine ; &
celle qui indique les Quarts , a
la figure d'une Fleur de LYS. II y a des branchages d'acier fort délicats qui compoſentunHori- fon pour cacher le Soleil pen- dantla nuit ſous un voile tranf
parent. Le reſtedu Globe qu'on peutnommer la partie ſupérieu- re , eſt rendu parfait par une Caloted'argent, fur laquelle on apercé àjour les fix Signes Me- ridionaux avec les principales Conftellations , & des Etoilles
en confufion. Au deſſus de ce
GlobeparoîtunNüaged'argent remply des principaux Vents
GALAN Τ. 107
e
1
1
qui imitent parfaitementle na- turel. Ce Nüage porte unBuif- fondePalmes&de Lauriersd'or
fur lequel eſt poſée une Medail.
le duRoy enbas relief d'or , &
autour de ce Buiſſon il y a trois Enfans de ronde boffe , dont
l'un merune Couronne de Laurier fur cette Medaille , l'autre
la regarde en foûtenant leBuif- fon, & le troifiéme tient une
Trompette. Pour le dedans du Globe il eſt remply d'environ trois cens Pieces qui forment enſemble dix tres-beaux Mouvemens , dont il y en a la plus grande partie nouvellement trouvée par M' Martinot Hor- logeur du Roy , & Inventeur de ce merveilleux Chef- d'œuvre. Mr Balain Orfévre du Roy,
& Controlleur des Poinçons de France , ya contribué de tout ce
E vj
108 LE MERCVRE
qui dépendoit de fon Art ,& le deffus de la Calote eſt de fon
invention.
avons paffé d'heures de chaque jour où nous vivons, nepeuvent nous apprendre combien il nous en reſte encor àpaſſer. On en a
GALANT. 103 preſenté une au Roy depuis quelques jours d'une beauté &
d'une invention toute extraordinaire. Il n'y a rien de mieux travailléque cet Ouvrage , & on ne peut affez admirer l'intelli- gence & l'efprit de cette ingé- nieuſe Perſonne qui en a donné l'idée. Cette Horloge faite en Globe a un pied de diametre,
&ſonne les heures & les quarts fur trois Timbres. Elle est àPendule , & en commençant parle bas , on voit les Quarts & les Minutes ſur le plus petit de ſes Cercles. Les Jours dela Semaine
fontmarquez furun plusgrand,
&ſur unautre encor plus grand que ce dernier font les Saiſons avec les Planetes dansleursMaifons. La Lune y paro'ſt : C'eſt une petite Boule tournante qui en montre tous les jours peu à
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104 LE MERCVRE
peu le croiſſant&le declin, com- me on le découvre dans le Ciel.
Cette petite Lune fuit le premier mobile qui eſt le movement regulier de vingt-quatre heures,
& retrograde chaquejour à pro- portionde cequ'il faut pour fai- reſa révolution entiere en vingt- neufjours &demy. On voit en mefme temps ſon quantiéme,
fon aſpect avec le Soleil , la Ma- -rée & le lieu qu'elle occupe dans les Signes. Le Soleil eſt placé fur un plus grand Cercle.
L'Heurey eft marquée aufli bien que le Jour de l'Année &le De- gré du Signe où il eft , avec ſon lever & fon coucher. Tous ces
Cercles compofent un peu plus que la moitié de ce Globe , & en forment la partie inferieure. II n'y a rien dans celle d'enhaut,
parce qu'ayant eſté fait pour
GALANT. 105 I
el
eftre fufpendu comme un Luf- tre, il auroit eſté inutile d'y mar- quer ce qu'il euſt eſté impoſſible de voir. Le premier Cercle eſt d'argent , leſecond d'or, &ainfi de tous les autres. Le Soleil eft
d'or , grand comme une Piece de Trente fols , pofé ſur une double L d'acier cizelé en relief , & bluy. Un des coſtez de la Lune eſt d'argent , & l'autre eſt d'or émaillé d'azur avec de
petites Etoilles d'or. CetteLune eft comme enfermée à moitié
dans une Boëte qui eſt auſſi d'or,
émaillée d'azur & parfemée de petitesEtoilles dumeſme metal.
UnNuage d'or émaillé la porte.
On diroit à ſa couleur qu'il eſt éclairé du Soleil couchant.L'Aiguille qui montre les Planetes dans leurs Maiſons , eſt faite d'a
Ev
106 LE MERCVRE
cier en relief , & compoſée de deux Arcs & d'une Fleche qu'on regarde comme les armes d'A- pollon. Un Sceptre , un Bafton Royal , & une Couronne de France, forment celle qui mar- que le Jour de la Semaine ; &
celle qui indique les Quarts , a
la figure d'une Fleur de LYS. II y a des branchages d'acier fort délicats qui compoſentunHori- fon pour cacher le Soleil pen- dantla nuit ſous un voile tranf
parent. Le reſtedu Globe qu'on peutnommer la partie ſupérieu- re , eſt rendu parfait par une Caloted'argent, fur laquelle on apercé àjour les fix Signes Me- ridionaux avec les principales Conftellations , & des Etoilles
en confufion. Au deſſus de ce
GlobeparoîtunNüaged'argent remply des principaux Vents
GALAN Τ. 107
e
1
1
qui imitent parfaitementle na- turel. Ce Nüage porte unBuif- fondePalmes&de Lauriersd'or
fur lequel eſt poſée une Medail.
le duRoy enbas relief d'or , &
autour de ce Buiſſon il y a trois Enfans de ronde boffe , dont
l'un merune Couronne de Laurier fur cette Medaille , l'autre
la regarde en foûtenant leBuif- fon, & le troifiéme tient une
Trompette. Pour le dedans du Globe il eſt remply d'environ trois cens Pieces qui forment enſemble dix tres-beaux Mouvemens , dont il y en a la plus grande partie nouvellement trouvée par M' Martinot Hor- logeur du Roy , & Inventeur de ce merveilleux Chef- d'œuvre. Mr Balain Orfévre du Roy,
& Controlleur des Poinçons de France , ya contribué de tout ce
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108 LE MERCVRE
qui dépendoit de fon Art ,& le deffus de la Calote eſt de fon
invention.
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Résumé : Description d'une Horloge extraordinaire presentée au Roy & qui doit estre suspenduë comme un Lustre. [titre d'après la table]
Le texte décrit une horloge exceptionnelle présentée au roi, remarquable par sa beauté et son ingéniosité. Cette horloge, en forme de globe, mesure un pied de diamètre et sonne les heures et les quarts sur trois timbres. Elle est à pendule et affiche les quarts et les minutes sur un petit cercle, les jours de la semaine sur un cercle plus grand, et les saisons avec les planètes sur un cercle encore plus grand. La Lune, représentée par une petite boule tournante, montre les phases lunaires et suit un mouvement rétrograde pour compléter sa révolution en vingt-neuf jours et demi. Le Soleil est placé sur un cercle plus grand, indiquant l'heure, le jour de l'année, et le degré du signe zodiacal avec son lever et son coucher. Les cercles sont en argent et en or, et les planètes sont marquées par une aiguille en forme d'arc et de flèche. La partie supérieure du globe est ornée de constellations et d'étoiles, avec un nuage argenté représentant les vents. Au sommet, une médaille du roi est posée sur un buisson de palmes et de lauriers, entourée de trois enfants tenant une couronne, regardant la médaille, et tenant une trompette. L'intérieur du globe contient environ trois cents pièces formant dix mouvements, dont plusieurs inventés par M. Martinot, l'horlogeur du roi. M. Balain, orfèvre du roi, a contribué à l'œuvre avec l'invention de la calotte supérieure.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 185-217
Liste des Presens pour le Roy de Siam, pour la Princesse Reine, pour M. Constance, & pour les Ambassadeurs qui sont venus en France. [titre d'après la table]
Début :
J'ay poussé trop loin tout ce qui regard[e] l'Ambassade de [...]
Mots clefs :
Ambassade de Siam, Présents, Siam, Travail, Argent, Ouvrages, Pierreries, Lever du soleil, Coucher du soleil, Lune, Diamants, Étoiles fixes, Globe, Cercle, Ligne, Degré, Signes, Sabre, Montres, Horloge, Soleil, Poignée, Pièces de draps, Fourreau, Manière de compter
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texteReconnaissance textuelle : Liste des Presens pour le Roy de Siam, pour la Princesse Reine, pour M. Constance, & pour les Ambassadeurs qui sont venus en France. [titre d'après la table]
J'ay pouffé trop loin tout
ce qui regard l'Ambassadede
Siam en France, pour ne pas
achever, en vous apprenant ce
qu il y a long temps que vis desirez sçavoir & dont il m'a
été impossible d'estreplûtost
nformé de la manière que je
le souhaitois. On peut dire
que c'efl: la feule chose qui
manquoic au Journal de cette
Ambiflade, après les quatre
Lettres que je vous ay écrites
là-dessus,&ce que je vous ay
appris dans ma derniere, rouchant
ce qui s'eil: passé a Brest
avant rembarquement des
Âmbassadeurs
,
& dans le
temps qu'ils se sont embarquez.
Je vous envoye donc
cette Liste des Presens si desirée,
& dont la richessè marque
la grandeur du Roy. Il y
a beaucoup de choses parmy
le grand nombred'Articles
que vous allez voir, qui font
pour la Princessè Reyne.
) Cent cinquante pieces de
Draps de toutes fortes de couleurs,
des plusfins & des plus
baaux qui se soient trouvez en
Europe.
Quatre-vingts pieces de
Draps d'or, & de Brocarda
d'ordedifferens desseins, d'une
grande richdTe) & d'un
grand prix.
Cent Fusils qui tirent chacun
six coups. Ils font d'un
travail tres-singulier. Il y ena
beaucoup dont les ornemens
font d'or; les autres font enrichisd'argent,
& iapiufparc
ontefté faits par M. Piraube.
Vingt paires de Pistolets,
dont plusieurs tirent aussi six
coups, qui font autant de
chefj-d'oeuvrcs de l'art, & de
la magnificence, ainsi qu'un1
très-grand nombre d'autres
armes à feu. Il y a aussi des
Cuirasses
,
& d'autres orneniensde
Guerre d'un tres-beau
travail, & d'une très-grande
beauté, tant a cause des divers,
ouvrages de cizelure, que de
la nouvelle maniéré qu'on a
trouvée dy,appliquer l'or &:
l'argent.î Le tout estgarny
d'une infinité de Pierreries;de
ofrteque le travail, & la richesseles
rendent d'un fort
grand prix., :;!. ;:'neu
Douze Vertes, ou chcmifes,
aFufage des Siamois, pour la
PrincesseReyne. La pluspart
font de Point de France, ôci
toutesd'unepiece. On met,
des écofes d'or, ou de couleur
dcuous, ce qui en fait paroître
le dessein. Les Ouvrages donty
je vous parle, font d'une beau-j
té& d'une delicatesse si surprenante,
qquu'"oonnnn'a'ajajamin~aiiiss rien
vû en Europe de ce travail,
qui en ait approché. Il
Douze Mouchoirs dumêmeOuvrage
, mais dont les.
desseins font differens.
;
Douze Pendules faites par^
M.Turet, entre lesquellesil
yen a trois d'or, cizelées de:
Bas-reliefs d'un tres-beau travail.
Elles montrent le mouvement
annuel,& le diurne
la longueur des jours & des;
nuits pendant toute l'annéen
le lever& le coucher du Soleil]
pour l'horisondeSiam, lage;
de la Lune, & la maniéré de:
compter les filüisàlaSiamjise
par Lunaison, ayant deux
Lunes, dont l'une marque
30, jours, & l'autre 2p. ôc
ainsi successivement.
Quatre Montres d'or, ou
Pendules émaillées de couleursdifférentes.
Deux Horloges sonnantes,
dont les boëtes sont enrichies
de tres-beaux Bas-reliefs. Elles
font émaillées de diverses couleurs,&
montrent l'âge de la
Lune, &la maniere de compter
les mois à la Siamoise.
Trente-six Montres d'or.
de divedes maniérés, enrichies
de Pierreries, avec leurs boëces
garnies de Diamans & dl
clous d'or. t
Deux Globes faits par Bail
thazar Martinot
,
Horlogeu:
de la défunte Reyne mere d
Roy. L'un cit cdelle) & ra
prelente le mouvement d-
Firm,-tiiientoù l'ont attachéa
les Etoiles fixes deplufieun
grandeurs, posé s (Ion leu:
longitude, & 1.tiride. Ce:
Etoiles font d'or & ie relief
&sontappliquée le Glc.":,
bequieHd'argent gravé. O
y voit les Conste a ons
cclJ
stes par figures es ct iieiit po
sécs. Le mouv m AZ V !
Glold
Globe est de tourner sur ses
deux Pôles Artique & Antarctique.
Le Zodiaque est placé
lfur la ligne ccliptique en la
'maniéré ordinaire, sur laquelle
ligne le Soleil fait son touren
(un an, & ainsi il fait son afcen-
-fion oblique d'un Tropique en
,un autre Tropique. Il fait conÈnoiftre
son lever s son coucher
par toute la terre, par le
imoyen d'un cercle déclinant
'êcmobile,quisemes selon la
lliauteur des Climats & des
dieux ou l'on s'en veut servir.
rLeSoleil & la Lune font emportez
en 24. heures avec le
premier Mobile auFirmamenc:
lequel saic Ion cours en 3~<
jours, & par consequent le:
Etoiles fixes ont leur mOUj
vemenc ordinaire, & l'on y
voit leur lever & coucher fui
l'horison, comme les autre:
Planeres. LaLunea sonmoui
vement naturel qui retrogradc:
& se renouvelle tous les vingt:
neufjours & demy ,ce qui tlÍi
connoiilre les afped:s auSolciï
& ses fkuations dans chaque
degré des Signes, par chaque
jour ôc chaque heure. Ce Gloc
be est Cilpendu en l'air par 11
Pôle Areique. il chemine paj
[a pesanteur, & remonte en
Douflânt la mainpar dessous. >premier Meridienestfixe,
klesheures sont posées fixes
iu droit de la Ligne équinoxiae
sur un cercle horisontal, cou-
3e de deux cercles verticaux
lngle droit & d'un cercle oblilue
déclinant,qui sert à conloillre
le passagedes Astres
'ers l'horizon. L'Horloge qui
st dedans, peut souffrir telle
i1meirtation qu'on voudra, &
sur la Mer. Elle marque
es minutes qui peuvent estre
tiles pour la Navigation, &
pourconnoistre les lonritu-^
des & les latitudes.
Le Globe terrestreest d'argen
sur un pied tres-propre ,
où
font gravées en Langue Sia.
moise les principales,Parties du
monde, & ladivision geogra
fique sort exacte. Il ya dedani
une Pendule sonnante qui v.
huit jours,&qui fait mouvoi
par l'endroitdela Ligne équi
noxiale un Zodiaque placé et
Ecliptique, qui est emportée
4. heures On y voit deu
cercles d'argent. L'un porte le
douze Signes, & l'autre Ic:
douze mois à la maniere Sia
moise. Le Soleil estentreeux*
,& fait son cours naturel, parcourant
tous les degrez des Signes
de degré en degré, ôc
faisant connoistre les parties
de la Terre qui sont éclairées
selon les Saisons. A. l'air des
Pôles, quiestl'Antartique,
est un Cadran.d'Horloge qui
marque encore m! inutes,
les heures ,les jours, les tuoi:",
Ôc les Lunes ;. desorte que les
mesmes motions se trouvent
Ce Globe s'arreste comme le
Celeste ;mais les manieres de
mettre en pratique sont fort
différentes. C'est un cravailde
speculation particulière, auquel
MMartinoes'estfort applii
qué)& il a outre ces deux Globes
trois sort belles Pendule:
avec les heures en Siamois,&
plusieurs fort belles Montra
faites par le mesme.
Un Sabre garny de sors
beaux Diamans, de groflfe
Emeraudes, & de très- beaux
Rubis.
Un Sabre dont la poignée esr
d'or massif, & garnie aussibien
que le fourreau, de Turquoises
de la Vieille roche, ôc de
plus de quatre - vingts - dix
Pierres d'une grosseur surprenante.
Un autre Sabre dont la poignée
est aussi d'ormassif, sur
laquelle, auin bien que sur le
fourreau, sont enchassées douze
grosses Emeraudes, divers
gros Diamans
, te beaucoup
d':-,utr s Pierreriess
Cinq Miroirs de cristal de
roche, dont les bordures sont
tres-artistement travaillées, &
garnies de Pierreries.
Plufieurs autres Miroirs,
quantité de Boëtes d'or, &
beaucoup de Poignards dont
les poignées font d'or massif,
& d'or de rapport, faits par
Mr Bains, fort estimé pour ces
sortes d'Ouvrages. f' -*.
Quatre Cabinets, quatre
Ecritoires d'or massif & de
Iiï.iXi'c.r.ni:dor> servant de
-L 1 <- '.- :>. Toul - .-s ) aVvC tolites les garnitures,
qui consistent en un
tres-grand nombre de petites
Boëtes d'or d'un tres-beau travail,
enrichies de Diamans, &;J
de diverses autres Pierreries..
Douze Tasses à prendre du
Thé & du Cassé,& d'autres
liqueurs, faites à l'usage des
Siamois, toutes d'or. Elles
sont émaillées - de plusieurs
couleurs, & garnies de Pierreries,
avec leurs, boëtes. de Filigranne
d'or, & de Vermeil
doré,&d'une très- bellecizetare,
if-a?i:fod
Uri-€ Couronne d'or garnie
de gros Diamant3&de gros.
Rubisd'Orienr, avec un tour
de fort grosses Perles. Cette
Couronne est d'un travail trèsbeau
& tres-delicat, & les Pierreriesenfont
parfaites..
* Plusieurs petits Cabinets
d'Ambre, avec des Bas-reliefs
tres-delicatement travaillez,&
desFigures de mesme matière
qui en font le couronnement
Deux Miroirs à bordure
d'Ambre avec des Glaces des
plus grandes qui se puissent
faire. On ne peut rien ajoutée
à la beauté des bordures, qui
font très-larges. On y voir
une insiuité de Bas-reliefs, &
de figures différences, auOE,.
bien que divers ornemens,
convenant à l'Ambre sur lesquels
ils sont cizelez;car il y
en a de diverses fortes. C'effc
le travail de plusieurs années..
Douze grands Lustres de
Cristal de Roche. .-
;'" Douze Girandoles dumênie
Christal, & fort hautes.
Douze Tapis faits à la Ma-'*
nufacture deChalliotapellée,
Sajvontrk. Ils sont à fonds d'or,
d'un tres-bèau deflcin, & fort
grands.; - 1 !
; Quatre Tentures de Tapisserie
à fond d'or. de la Manufacture
Royale des Gobelins.
Ell s
representent les Maisons
Royales & plusieursHistoires.
t',
Quarante-huit Cartes d'une
inventiontrésrare, toutes
dorrées, & enrichies d'ornemens
extraordinaires par les
plus
ti
habiles Ouvriers du
Royaume.
Unetres-grande quantité
d'Instrumens bde Mathematique,
pour la Navigation, pour
les Eaux, & pourtout ce qui
concerne cette Science, les uns
d'or, lesautresd'argent, ôc
les autres de cuivre doré. Tous
ces Instrumens sont très bien
travaillez.
Quantité de Compas de:
proportion.
Plusieurs Selles, Housses,
& Foureaux de Pistolet, les;
unes brodées d'or, & les autres
d'or, & d'argent;
Plusieurs Brides & autres;
Harnois garnis de pierreries.,
Une HoussedeCheval,& une:
Housse d'Eléphantd'unetrèsbelle
broderie dont une partie
du dessein est formé par un tres
grand nombre de Pierreries.
Plusieurs Juste-au corps,Vesses)
Casaquins&Baudriers à
àla façon des Siamois, tous
délicatement brodez & [ernez
de perles.
Plusieurs Miroirs ardens d'une
construction nouvelle, &
qui bien qu'ils n'ayent qu'un
pied de diametre, font autant
d'effet &ont autant d'achvice
que tous ceux qu'ona veus
jusquapresent. àj
hfii On peut aisémentdistin^
guer parmy ces Articles les
choses qui conviennent à la
-
Princcflè Reyne;commedes
Chemises de Point, des Montrès
,* des Pendules, des Miroirs,
des Ecritoires, des Caffettesjdes
Cabinets, & généralement
tout ce qui regardeI
les toilettes, soit pour l'ufa
ge,foit pour l'ornement.
Comme Mr Confiancecft
Catholique, il y à une tresbelle
Chapelle pour luy avec
quantité d'autrespresens qui
luyconviennent. Il y à aussi
un Habit du Roy pour le meme
Mr Confiance, accompagné
de tout ce qui regardele
reste de l'habillement. Il avoit?
témoigné aux Ambassadeurs
avant leur départ, qu'il souhaitoit
avec passion avoir un
des Habits de ce Prince. Tous
ces presens sont accompagnez
de plusieurs autres, au nom de
MonseigneurleDauphin & de
Madame la Dauphine.
-
Je vous ay marqué la manière
galante dont Monsieur
a fait des pre sens quelque
temps avant le départ des Ambaffadeurs.
Un jeune Prince qui n'est
pas moins estimé par son ciprit
que par la grandeur de sa
naissance, a faitaussi un present
crés-confiderabic auRojn
deSiam. C'estungrand Livre
ou toutes les Conquestesdu
Roydepuisiecommencemenc
de [on Regne,sont peintes sun
du Velin, & vis à vis de chaque
Tableau, qui represente»
ou la prise d'une Place, ou le
gain d'une Bataille, ou quelque
action éclatante, & guerriere;
l'Histoire dece Tableau
est écrite, &toute renfermée
dans la page. Il y à une autre
page blanche qu'on à laissée
pour y mettre la Traduction
:qume l'ooniesn.d<oit faire en SiaFRESENSDES.
M.
Aux Ambdjjadeurs.
Plusieurs Portraits du Roy»
d'or émaillé, & garnis de
diamans.
Plusieurs Chaînes d'or avec
la Medaille desa Majesté.
Six Luftrcs de Cristal de
roche à chacun des trois Ambaladeurs.
- Plusieurs pieces de draps fin.;!
de diverses couleurs.
Plusieurs pieces de Draps
d'or &de Brocards d'or.
Plusieurs Fusils, Pistolets
&autres Armes, tres-riches &
cres-curieuses. Une infinité
d'autres, presens à leurufage jj
comme des Sabres & des
Poignards garnis d'or.:
1J Des Tasses d'or àprendrâl
du Thé, & du Caffé.
1, - Des Cartes, des Compas &:.
des Machines de toutes Í()rtesL;
pour lesCieux, pour la N:-*
vigation, pour les Forrifica-a
tions, & pour divers aurress
Arts.
Trois Cabinets de Cristal ddss
roche taillé à facerres, un peui
plus grands que des Calfates
ordinaires,mais beaucoup plus;,
élevez. Ils font encourez de co^
lomncs-de Vermeil d'oré de di-,
versordres d'Archlteâure,&de
plusieurs autres ornemens. Les
dedans font d'une tres -belle
Graveure, parce que la cizelure
y auroit incommodé. Ces
Cabinets, quoy que quarrez
long, ont des couverclesélevez
qui les font paroistre à
demy en DOines) & ne s'ouvrent
que par le dessus.
Plusieurs Tables de Marbre
de diverses couleurs.,& de diverses
maniérés.
Mrs de Croissy & de Segne-
[ay, ont aussi envoyé de trèsbeaux
presens àMrConftance,
qui leur en avoic envoya
de 5um. Parmy ceux qui fonti
partis, i; v a des Miroirs dune
giùnckur, & d'une eaute,
Piufieurs Vases, Buires
Bassins, &: Bocals de Verniei
doré, dont la cizelure eftl
tres-belle. Il y aussi-pluficura1
Ouvrages des Manufactures:
de France, & de tout ce qui:
sby faeit deaplusurare.&de plus-
PRESENS DES JESVlTES
au Roy de Siam.
-Deux'grandes Machines,:
l'une pour les Planettes
)
&
l'autre pourlesEclipse. J'en
ayI donné ?la deCcription, &
celle de leurs effetsdans mi
LettredeSiam, où je parle de
l'Observatoire. On a ajouté a
cette Machine un mouvement
d'Horloge qui donne defoy
même tous les jours la fituation
des Planettesdans le Ciel,
&r'ne laisse pas de faire connoîrre
le pasle & l'avenir, par
l'aat present des Plancttes
dans le Ciel, comme on fai-
Foit aux Machines qui ont précédé
celle-cy.
L Un Globe suspendu allant k"*
par son propre poids.
Deux tres-belles Horloges^
al lant sur un plan incliné.
Quatres grandes Pendules3.
façonnées comme celles de:
rObfervatoire.
Quatre autres portatives.
Un mouvement qu'on nomme
Pàraletique, pour fèrviti
à obfcrver avec de grands Verres
(ans tuyaux, & plufieursc
autres Instrumens de Mathematique,
& d'Âstrologie.
Des Montres qui peuvent
se remonter sans qu'on serti
a pperçoive, & sans qu'ortj
fâche qu'on les remonte, &;
qui se trouvent remontées ,
pourvcu qu'on les ouvre seulement
une fois le jour pour
/oir l'heure. Quand on les
)uvre plus souvent? on ne
es remonte quaproporion
du temps qu'on a été [ans
es ouvrir.
Tous ces Ouvrages ont été
âits par M' Turet, dont le
jenie est admirable pour ces
brtes de choies, & qui n'est
las moins connu & cftimé
hez les Edrangers,qu'il l'cit
n France.Ilsferontconnoistre
ux Peuples d'Orient que les
¡eaux Arts fleunflent beaucoup
plusen ce Royaume qu'a
la Chine & au Japon; ôclei
Indiens qui croyent surpasses
en richesses tous les Peuple;:
de la Terre, verront par le:
Presens du Roy,fortis de 1;
feule Cour de France que le:
Indes n'en fournirent pas aui
tant à toutes les autres Nai
tions pendant des Siecles eru
tiers. La pluspart de tous ce
Ouvrages ont étéveus che::
M Alvarés quia conduit pan
ticulierement ceux qui (on
enrichis de Pierreries>dont:
a fourny unfort grand nonn
bre. Son aaiviré a fait voir fo<
zef
tele^latopt fait mettre dans
des caissesde plomb, scellées
avecd'autre; plomb, de Íorte-)
que tout ce que ces caisses rerq
fermeest- impénétrable à l'air
dehMer
ce qui regard l'Ambassadede
Siam en France, pour ne pas
achever, en vous apprenant ce
qu il y a long temps que vis desirez sçavoir & dont il m'a
été impossible d'estreplûtost
nformé de la manière que je
le souhaitois. On peut dire
que c'efl: la feule chose qui
manquoic au Journal de cette
Ambiflade, après les quatre
Lettres que je vous ay écrites
là-dessus,&ce que je vous ay
appris dans ma derniere, rouchant
ce qui s'eil: passé a Brest
avant rembarquement des
Âmbassadeurs
,
& dans le
temps qu'ils se sont embarquez.
Je vous envoye donc
cette Liste des Presens si desirée,
& dont la richessè marque
la grandeur du Roy. Il y
a beaucoup de choses parmy
le grand nombred'Articles
que vous allez voir, qui font
pour la Princessè Reyne.
) Cent cinquante pieces de
Draps de toutes fortes de couleurs,
des plusfins & des plus
baaux qui se soient trouvez en
Europe.
Quatre-vingts pieces de
Draps d'or, & de Brocarda
d'ordedifferens desseins, d'une
grande richdTe) & d'un
grand prix.
Cent Fusils qui tirent chacun
six coups. Ils font d'un
travail tres-singulier. Il y ena
beaucoup dont les ornemens
font d'or; les autres font enrichisd'argent,
& iapiufparc
ontefté faits par M. Piraube.
Vingt paires de Pistolets,
dont plusieurs tirent aussi six
coups, qui font autant de
chefj-d'oeuvrcs de l'art, & de
la magnificence, ainsi qu'un1
très-grand nombre d'autres
armes à feu. Il y a aussi des
Cuirasses
,
& d'autres orneniensde
Guerre d'un tres-beau
travail, & d'une très-grande
beauté, tant a cause des divers,
ouvrages de cizelure, que de
la nouvelle maniéré qu'on a
trouvée dy,appliquer l'or &:
l'argent.î Le tout estgarny
d'une infinité de Pierreries;de
ofrteque le travail, & la richesseles
rendent d'un fort
grand prix., :;!. ;:'neu
Douze Vertes, ou chcmifes,
aFufage des Siamois, pour la
PrincesseReyne. La pluspart
font de Point de France, ôci
toutesd'unepiece. On met,
des écofes d'or, ou de couleur
dcuous, ce qui en fait paroître
le dessein. Les Ouvrages donty
je vous parle, font d'une beau-j
té& d'une delicatesse si surprenante,
qquu'"oonnnn'a'ajajamin~aiiiss rien
vû en Europe de ce travail,
qui en ait approché. Il
Douze Mouchoirs dumêmeOuvrage
, mais dont les.
desseins font differens.
;
Douze Pendules faites par^
M.Turet, entre lesquellesil
yen a trois d'or, cizelées de:
Bas-reliefs d'un tres-beau travail.
Elles montrent le mouvement
annuel,& le diurne
la longueur des jours & des;
nuits pendant toute l'annéen
le lever& le coucher du Soleil]
pour l'horisondeSiam, lage;
de la Lune, & la maniéré de:
compter les filüisàlaSiamjise
par Lunaison, ayant deux
Lunes, dont l'une marque
30, jours, & l'autre 2p. ôc
ainsi successivement.
Quatre Montres d'or, ou
Pendules émaillées de couleursdifférentes.
Deux Horloges sonnantes,
dont les boëtes sont enrichies
de tres-beaux Bas-reliefs. Elles
font émaillées de diverses couleurs,&
montrent l'âge de la
Lune, &la maniere de compter
les mois à la Siamoise.
Trente-six Montres d'or.
de divedes maniérés, enrichies
de Pierreries, avec leurs boëces
garnies de Diamans & dl
clous d'or. t
Deux Globes faits par Bail
thazar Martinot
,
Horlogeu:
de la défunte Reyne mere d
Roy. L'un cit cdelle) & ra
prelente le mouvement d-
Firm,-tiiientoù l'ont attachéa
les Etoiles fixes deplufieun
grandeurs, posé s (Ion leu:
longitude, & 1.tiride. Ce:
Etoiles font d'or & ie relief
&sontappliquée le Glc.":,
bequieHd'argent gravé. O
y voit les Conste a ons
cclJ
stes par figures es ct iieiit po
sécs. Le mouv m AZ V !
Glold
Globe est de tourner sur ses
deux Pôles Artique & Antarctique.
Le Zodiaque est placé
lfur la ligne ccliptique en la
'maniéré ordinaire, sur laquelle
ligne le Soleil fait son touren
(un an, & ainsi il fait son afcen-
-fion oblique d'un Tropique en
,un autre Tropique. Il fait conÈnoiftre
son lever s son coucher
par toute la terre, par le
imoyen d'un cercle déclinant
'êcmobile,quisemes selon la
lliauteur des Climats & des
dieux ou l'on s'en veut servir.
rLeSoleil & la Lune font emportez
en 24. heures avec le
premier Mobile auFirmamenc:
lequel saic Ion cours en 3~<
jours, & par consequent le:
Etoiles fixes ont leur mOUj
vemenc ordinaire, & l'on y
voit leur lever & coucher fui
l'horison, comme les autre:
Planeres. LaLunea sonmoui
vement naturel qui retrogradc:
& se renouvelle tous les vingt:
neufjours & demy ,ce qui tlÍi
connoiilre les afped:s auSolciï
& ses fkuations dans chaque
degré des Signes, par chaque
jour ôc chaque heure. Ce Gloc
be est Cilpendu en l'air par 11
Pôle Areique. il chemine paj
[a pesanteur, & remonte en
Douflânt la mainpar dessous. >premier Meridienestfixe,
klesheures sont posées fixes
iu droit de la Ligne équinoxiae
sur un cercle horisontal, cou-
3e de deux cercles verticaux
lngle droit & d'un cercle oblilue
déclinant,qui sert à conloillre
le passagedes Astres
'ers l'horizon. L'Horloge qui
st dedans, peut souffrir telle
i1meirtation qu'on voudra, &
sur la Mer. Elle marque
es minutes qui peuvent estre
tiles pour la Navigation, &
pourconnoistre les lonritu-^
des & les latitudes.
Le Globe terrestreest d'argen
sur un pied tres-propre ,
où
font gravées en Langue Sia.
moise les principales,Parties du
monde, & ladivision geogra
fique sort exacte. Il ya dedani
une Pendule sonnante qui v.
huit jours,&qui fait mouvoi
par l'endroitdela Ligne équi
noxiale un Zodiaque placé et
Ecliptique, qui est emportée
4. heures On y voit deu
cercles d'argent. L'un porte le
douze Signes, & l'autre Ic:
douze mois à la maniere Sia
moise. Le Soleil estentreeux*
,& fait son cours naturel, parcourant
tous les degrez des Signes
de degré en degré, ôc
faisant connoistre les parties
de la Terre qui sont éclairées
selon les Saisons. A. l'air des
Pôles, quiestl'Antartique,
est un Cadran.d'Horloge qui
marque encore m! inutes,
les heures ,les jours, les tuoi:",
Ôc les Lunes ;. desorte que les
mesmes motions se trouvent
Ce Globe s'arreste comme le
Celeste ;mais les manieres de
mettre en pratique sont fort
différentes. C'est un cravailde
speculation particulière, auquel
MMartinoes'estfort applii
qué)& il a outre ces deux Globes
trois sort belles Pendule:
avec les heures en Siamois,&
plusieurs fort belles Montra
faites par le mesme.
Un Sabre garny de sors
beaux Diamans, de groflfe
Emeraudes, & de très- beaux
Rubis.
Un Sabre dont la poignée esr
d'or massif, & garnie aussibien
que le fourreau, de Turquoises
de la Vieille roche, ôc de
plus de quatre - vingts - dix
Pierres d'une grosseur surprenante.
Un autre Sabre dont la poignée
est aussi d'ormassif, sur
laquelle, auin bien que sur le
fourreau, sont enchassées douze
grosses Emeraudes, divers
gros Diamans
, te beaucoup
d':-,utr s Pierreriess
Cinq Miroirs de cristal de
roche, dont les bordures sont
tres-artistement travaillées, &
garnies de Pierreries.
Plufieurs autres Miroirs,
quantité de Boëtes d'or, &
beaucoup de Poignards dont
les poignées font d'or massif,
& d'or de rapport, faits par
Mr Bains, fort estimé pour ces
sortes d'Ouvrages. f' -*.
Quatre Cabinets, quatre
Ecritoires d'or massif & de
Iiï.iXi'c.r.ni:dor> servant de
-L 1 <- '.- :>. Toul - .-s ) aVvC tolites les garnitures,
qui consistent en un
tres-grand nombre de petites
Boëtes d'or d'un tres-beau travail,
enrichies de Diamans, &;J
de diverses autres Pierreries..
Douze Tasses à prendre du
Thé & du Cassé,& d'autres
liqueurs, faites à l'usage des
Siamois, toutes d'or. Elles
sont émaillées - de plusieurs
couleurs, & garnies de Pierreries,
avec leurs, boëtes. de Filigranne
d'or, & de Vermeil
doré,&d'une très- bellecizetare,
if-a?i:fod
Uri-€ Couronne d'or garnie
de gros Diamant3&de gros.
Rubisd'Orienr, avec un tour
de fort grosses Perles. Cette
Couronne est d'un travail trèsbeau
& tres-delicat, & les Pierreriesenfont
parfaites..
* Plusieurs petits Cabinets
d'Ambre, avec des Bas-reliefs
tres-delicatement travaillez,&
desFigures de mesme matière
qui en font le couronnement
Deux Miroirs à bordure
d'Ambre avec des Glaces des
plus grandes qui se puissent
faire. On ne peut rien ajoutée
à la beauté des bordures, qui
font très-larges. On y voir
une insiuité de Bas-reliefs, &
de figures différences, auOE,.
bien que divers ornemens,
convenant à l'Ambre sur lesquels
ils sont cizelez;car il y
en a de diverses fortes. C'effc
le travail de plusieurs années..
Douze grands Lustres de
Cristal de Roche. .-
;'" Douze Girandoles dumênie
Christal, & fort hautes.
Douze Tapis faits à la Ma-'*
nufacture deChalliotapellée,
Sajvontrk. Ils sont à fonds d'or,
d'un tres-bèau deflcin, & fort
grands.; - 1 !
; Quatre Tentures de Tapisserie
à fond d'or. de la Manufacture
Royale des Gobelins.
Ell s
representent les Maisons
Royales & plusieursHistoires.
t',
Quarante-huit Cartes d'une
inventiontrésrare, toutes
dorrées, & enrichies d'ornemens
extraordinaires par les
plus
ti
habiles Ouvriers du
Royaume.
Unetres-grande quantité
d'Instrumens bde Mathematique,
pour la Navigation, pour
les Eaux, & pourtout ce qui
concerne cette Science, les uns
d'or, lesautresd'argent, ôc
les autres de cuivre doré. Tous
ces Instrumens sont très bien
travaillez.
Quantité de Compas de:
proportion.
Plusieurs Selles, Housses,
& Foureaux de Pistolet, les;
unes brodées d'or, & les autres
d'or, & d'argent;
Plusieurs Brides & autres;
Harnois garnis de pierreries.,
Une HoussedeCheval,& une:
Housse d'Eléphantd'unetrèsbelle
broderie dont une partie
du dessein est formé par un tres
grand nombre de Pierreries.
Plusieurs Juste-au corps,Vesses)
Casaquins&Baudriers à
àla façon des Siamois, tous
délicatement brodez & [ernez
de perles.
Plusieurs Miroirs ardens d'une
construction nouvelle, &
qui bien qu'ils n'ayent qu'un
pied de diametre, font autant
d'effet &ont autant d'achvice
que tous ceux qu'ona veus
jusquapresent. àj
hfii On peut aisémentdistin^
guer parmy ces Articles les
choses qui conviennent à la
-
Princcflè Reyne;commedes
Chemises de Point, des Montrès
,* des Pendules, des Miroirs,
des Ecritoires, des Caffettesjdes
Cabinets, & généralement
tout ce qui regardeI
les toilettes, soit pour l'ufa
ge,foit pour l'ornement.
Comme Mr Confiancecft
Catholique, il y à une tresbelle
Chapelle pour luy avec
quantité d'autrespresens qui
luyconviennent. Il y à aussi
un Habit du Roy pour le meme
Mr Confiance, accompagné
de tout ce qui regardele
reste de l'habillement. Il avoit?
témoigné aux Ambassadeurs
avant leur départ, qu'il souhaitoit
avec passion avoir un
des Habits de ce Prince. Tous
ces presens sont accompagnez
de plusieurs autres, au nom de
MonseigneurleDauphin & de
Madame la Dauphine.
-
Je vous ay marqué la manière
galante dont Monsieur
a fait des pre sens quelque
temps avant le départ des Ambaffadeurs.
Un jeune Prince qui n'est
pas moins estimé par son ciprit
que par la grandeur de sa
naissance, a faitaussi un present
crés-confiderabic auRojn
deSiam. C'estungrand Livre
ou toutes les Conquestesdu
Roydepuisiecommencemenc
de [on Regne,sont peintes sun
du Velin, & vis à vis de chaque
Tableau, qui represente»
ou la prise d'une Place, ou le
gain d'une Bataille, ou quelque
action éclatante, & guerriere;
l'Histoire dece Tableau
est écrite, &toute renfermée
dans la page. Il y à une autre
page blanche qu'on à laissée
pour y mettre la Traduction
:qume l'ooniesn.d<oit faire en SiaFRESENSDES.
M.
Aux Ambdjjadeurs.
Plusieurs Portraits du Roy»
d'or émaillé, & garnis de
diamans.
Plusieurs Chaînes d'or avec
la Medaille desa Majesté.
Six Luftrcs de Cristal de
roche à chacun des trois Ambaladeurs.
- Plusieurs pieces de draps fin.;!
de diverses couleurs.
Plusieurs pieces de Draps
d'or &de Brocards d'or.
Plusieurs Fusils, Pistolets
&autres Armes, tres-riches &
cres-curieuses. Une infinité
d'autres, presens à leurufage jj
comme des Sabres & des
Poignards garnis d'or.:
1J Des Tasses d'or àprendrâl
du Thé, & du Caffé.
1, - Des Cartes, des Compas &:.
des Machines de toutes Í()rtesL;
pour lesCieux, pour la N:-*
vigation, pour les Forrifica-a
tions, & pour divers aurress
Arts.
Trois Cabinets de Cristal ddss
roche taillé à facerres, un peui
plus grands que des Calfates
ordinaires,mais beaucoup plus;,
élevez. Ils font encourez de co^
lomncs-de Vermeil d'oré de di-,
versordres d'Archlteâure,&de
plusieurs autres ornemens. Les
dedans font d'une tres -belle
Graveure, parce que la cizelure
y auroit incommodé. Ces
Cabinets, quoy que quarrez
long, ont des couverclesélevez
qui les font paroistre à
demy en DOines) & ne s'ouvrent
que par le dessus.
Plusieurs Tables de Marbre
de diverses couleurs.,& de diverses
maniérés.
Mrs de Croissy & de Segne-
[ay, ont aussi envoyé de trèsbeaux
presens àMrConftance,
qui leur en avoic envoya
de 5um. Parmy ceux qui fonti
partis, i; v a des Miroirs dune
giùnckur, & d'une eaute,
Piufieurs Vases, Buires
Bassins, &: Bocals de Verniei
doré, dont la cizelure eftl
tres-belle. Il y aussi-pluficura1
Ouvrages des Manufactures:
de France, & de tout ce qui:
sby faeit deaplusurare.&de plus-
PRESENS DES JESVlTES
au Roy de Siam.
-Deux'grandes Machines,:
l'une pour les Planettes
)
&
l'autre pourlesEclipse. J'en
ayI donné ?la deCcription, &
celle de leurs effetsdans mi
LettredeSiam, où je parle de
l'Observatoire. On a ajouté a
cette Machine un mouvement
d'Horloge qui donne defoy
même tous les jours la fituation
des Planettesdans le Ciel,
&r'ne laisse pas de faire connoîrre
le pasle & l'avenir, par
l'aat present des Plancttes
dans le Ciel, comme on fai-
Foit aux Machines qui ont précédé
celle-cy.
L Un Globe suspendu allant k"*
par son propre poids.
Deux tres-belles Horloges^
al lant sur un plan incliné.
Quatres grandes Pendules3.
façonnées comme celles de:
rObfervatoire.
Quatre autres portatives.
Un mouvement qu'on nomme
Pàraletique, pour fèrviti
à obfcrver avec de grands Verres
(ans tuyaux, & plufieursc
autres Instrumens de Mathematique,
& d'Âstrologie.
Des Montres qui peuvent
se remonter sans qu'on serti
a pperçoive, & sans qu'ortj
fâche qu'on les remonte, &;
qui se trouvent remontées ,
pourvcu qu'on les ouvre seulement
une fois le jour pour
/oir l'heure. Quand on les
)uvre plus souvent? on ne
es remonte quaproporion
du temps qu'on a été [ans
es ouvrir.
Tous ces Ouvrages ont été
âits par M' Turet, dont le
jenie est admirable pour ces
brtes de choies, & qui n'est
las moins connu & cftimé
hez les Edrangers,qu'il l'cit
n France.Ilsferontconnoistre
ux Peuples d'Orient que les
¡eaux Arts fleunflent beaucoup
plusen ce Royaume qu'a
la Chine & au Japon; ôclei
Indiens qui croyent surpasses
en richesses tous les Peuple;:
de la Terre, verront par le:
Presens du Roy,fortis de 1;
feule Cour de France que le:
Indes n'en fournirent pas aui
tant à toutes les autres Nai
tions pendant des Siecles eru
tiers. La pluspart de tous ce
Ouvrages ont étéveus che::
M Alvarés quia conduit pan
ticulierement ceux qui (on
enrichis de Pierreries>dont:
a fourny unfort grand nonn
bre. Son aaiviré a fait voir fo<
zef
tele^latopt fait mettre dans
des caissesde plomb, scellées
avecd'autre; plomb, de Íorte-)
que tout ce que ces caisses rerq
fermeest- impénétrable à l'air
dehMer
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Résumé : Liste des Presens pour le Roy de Siam, pour la Princesse Reine, pour M. Constance, & pour les Ambassadeurs qui sont venus en France. [titre d'après la table]
Le texte décrit les présents offerts par le roi de France à l'ambassade de Siam. L'auteur exprime des regrets de n'avoir pas pu fournir ces informations plus tôt. La liste des présents est détaillée et inclut divers articles destinés à la princesse reine de Siam. Parmi ces articles, on trouve des draps de différentes couleurs et matériaux précieux. Les armes, telles que des fusils et pistolets, sont ornées d'or et d'argent. Les ornements de guerre, comme les cuirasses, sont enrichis de pierreries. Les vêtements et accessoires offerts sont de grande qualité. Les objets notables incluent des pendules, montres et horloges, ainsi que des globes célestes et terrestres. Des sabres ornés de pierres précieuses, des miroirs, des cabinets et écritoires en or, des tasses pour le thé, une couronne d'or, des lustres et girandoles en cristal, des tapisseries, des cartes, et des instruments de mathématiques sont également mentionnés. Les présents incluent aussi des selles et housses brodées, ainsi que des miroirs ardents. Pour Monsieur Confiance, catholique, des articles spécifiques comme une chapelle et un habit du roi sont prévus. Un jeune prince a offert un livre illustrant les conquêtes du roi de France. Tous ces présents sont accompagnés de ceux de Monseigneur le Dauphin et de Madame la Dauphine.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
3
p. 30-54
Livre nouveau.
Début :
On vient de me mettre entre les mains un Manuscrit [...]
Mots clefs :
Cercle, Soleil, Monde, Milieu, Terre, Copernic, Zodiaque, Méridien, Longitude, Mer, Règles, Degré
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Livre nouveau.
oNvient de me mettre
entre les mains un Manuscrit
tout neuf, dont j'espere
vous donner un Extrait
quand je l'auray parcouru
à loisir. Comme
il y a dans ce Livre quelque
chose de très interessant
pour la navigation,
j'ay eu impatience de
l'annoncer. Quoyque ce qt-le.ce soit unfujçtfèi-ieux Ôc
Important, on n'a pas
laissé d'y meller du badi-
;
nage pour le rendre plus
à la portéede tour le monde.
Voicy par exemple le
titre:
- Le Chemin des gens d'esprit,
Dialogueenjoué & sèrieux
entre Mr Du petit C- Mr
Augrand J'Vol. in li.
Contenant plusieurs Historiettes
,
& autres petites
pieces curieuses ; une Reformation
des Systesmes
du Monde des Anciens &
des Modernes; & un
Moyen pour trouver les
Longirndes
, avec autant
de preçision qu'ontrouve
lesLatitudes.
ParR. MAUNY.
En attendant (monvous
en donne un ample Ex*,
traie, en voicy uneidée
qui m'aestecommuniquée
par un des amis de l'Aurteur
: car il est juste de
vous donner, autant qu'-
on pourra, des nouveautez
avantmesme qu'elles
paroissent, pour vous dédommager
de l'ancienneté
de quelques morceaux
qu'on donnefinr.
plement, parce qu'ils font
bons., ou parce que n'eflant
pas imprimez, ils
- peuvent estre nouveaux,
pour beaucoup de persons.
nes.. 1,
Letitre deceLivreconvient
à la maniere dont les
sujets y sont traitez: on y
commence d'abord par les
fujcrs. les plus petits, qui
conduisent insensiblement
aux plus grands,&c c'est la
route que suivent ordinairement
les gensd'esprit.
Le commencement est
un badinage qui conduit
insensiblement, par le recit
de plusieurs historiettes,.
à la morale la plus serieuse.
Il donne ensuite un petit
Systeme du Monde, figuré,
qui donne occasîon
de détruire les opinions de
Pcolemée
,
de Copernic,
de Tichobrahé & de Def.
carres, sur la sicuarion &
sur les mouvements du Soleil
& de la Terre, & particulièrement
celle de Copernic
qu'il combaten dif-
Ferens endroits par des raisons
tres fimples & tres na. turelles.Voicyl'opinion
du nouvel. Auteur, & dans
ses propres termes.
;
Je suppose quelaTerre
est directement dans le
ce milieu du Monde,com- *
me l'ont suppose Prole-
,
mée&Tichobrahémais
qu'au lieu d'y être immo-$c
bile, elle s'y meut sur son
Axe; que cet Axe ou plu- «
stoit la Ligne que l'on a*
imaginée palier d'u npolecc.
à l'autre )efl: inclinée vers
le Septentrion, ainsi que«
le marquent les Globes
cc ordinaires;que la Terre«
tourne dessus du mefLnecc
costéque tourne le Soleil«
dans sonCiel,qu'elle ne»
fait son tour qu'en un an,
»& quele Soleil n'a qu'un
»mouvement qu'ilfait aur
»,rour,de „ son Ciel en k? heuresou un jour nacu-
'Ife!.,
Voicyce qu'il dit enfuile
pour faire connoistre
quecesmouvementsde la
Terre & du Soleil peuvent
assez bien se rapporter
pour operer l'accroisseiiient&
la diminution des
jours& des nuits avec le
changement desSaisons,
Pour le bien comprendreimaginez-
vous que
nous
nous fommesaun.Juin"
qui est Je pluslong Jourcc
de l'année: que ce jourlà
la partie de la surface
de la Terre que nous ha- cc
bitons, est leplus prés
du Cercle ou tourne le-e"
Soleilqu'elle puisse en Cf
approcher; quele Cer- Ce
cle où tourne Je Soleil
Cafixe)& noncetAstre;
que la partie de lafurface
de la Terre -que nous"
habitons, s'esloigne ducc
Cercle où tourne le So-f* leiljusqu'au22.Decem cc'
brequi est leplus court
,, jour de Iannee, & que
,, depuis le 22. Décembre
jusqu'au 11. Juin de 1an-
„ née suivante,cette mes-
„ me partie de la surface
/, de la Terre, s'approche
,, du Cercle ou tourne le Soleil. Il me semble que
;y
cela est aisé à concevoir,
5) en supposant que la Ter-
,, re fait son tour en un an
,,,de la manière que je vous l'ayexpliqué,& que c'est ce mouvement de laTer-
,, re qui fait les Equinoxes
) & les Solstices
,
& non
,),
le Soleil, qui ne n-ionte,
'& ne baisse pas plus dans (jC
un tempsque dansun au- €c
cre~&: qui ne tourne point
en biaifanc comme une"
éTcharpee,rmraies bi,en«la" Monopinion à cet égard
est fondée sur une"
experienceque vous pouyez
faire facilement. Pre-,,,r
nez un cercle de dernli-ce
muid, divisez-"
tre parties égales avec"
un compas ; marquez yee
Içs points de .diviGon'c
dans le milieudela lar- cc
geur en dedans;atta-f<
»
chez-le sur une tabie ou
,, sur une planche avec une
5> pointe que vous ferez ,,,,passer dans un de ces pints de division
, ,, en observantquececercle
„n'incline d'aucun costé;
c'està-dire
,
qui1 soit fr
droit, que le point d'en-
;) haut soit à plomb sur ce-
J" luy d'enbas; faites deux
,, petites mortoises surla
table ou la planche dont
,, le milieu foit vis-à-vis la
testede sa pointe, & qui
33
soientesloignees decette
JJ pointe chacune de trois
poucesafin qu'il yaitun'"
espace de six bons pou-,,'"
ces entre ces deux mor
toises
,
dans lesquelles
vous serezentrer un peu
à force deux petites re- cc,
gles assez hautes pour(C
deborder d'un pouce au'*
dessusdu cercle; cela
vous donnera.lafacilitétÇ
de les cloüer aux bouts
d'une petite barre -quite
aura aussi six bons pouces
de longueur
, que
vousattacherezen cra.cc
vers sur lehaut duCer-"
clevis-à-vis du point
"que vous y aurez mar-
,>
qué.Lorsqueces regles,
aurontesté affermies de
"cette maniere,vous marquerez
dans le milieu de
"leur hauteur:"& de leur
,)
largeur, le point central
>}
du Cercle:ce pointcentral.
ellant marque, vous
"prendrez avec un com-
"pas environ la troisiéme
partie du demi diametre
iyde ce Cercle que vous
"marquerez sur l'une dei,
Regles au dessus du point
central, & sur l'autre au
"deiT?us de ce mesme
point central;aprés quoy
vous percerez les deux CCt
Regles avec une fort petite
vrille, à l'endroit où
vous aurez faitces deux"
marques,afin qu'en par.
fant dans les deux trollS,cc
un morceau de fil dtar.(C
chal bien droit, il se trou-"
ve en ligne diagonale.
Prenez ensuiteune boule
dont le diamerren'exce- <c
de pas l'espace qu'il y aura
entre les deux Regles;
percez la de part en part,
ensorte que l'épaisseur se cl
trouveégale tour à l'en- el
"tour du trou; placez î&
"entrevos deux Regles otb
vous la ferez tenir par lé
3> moy en de vostre broche
de fil d'arc hal
,
de laquelyy
le vous courberez un peei
9)
le bout qui fera en haut,
yyâSn de l'empescher de
"glisseren bas. Cette boule
estant ainsi place'e;»
„ vous marquerez quatre
points dessus
,
dire6leiment
vis-à-vis des quatre
"que vous aurezmarquez
3y(ur leCercle. Vous su p*. "parerez que ce Cercle
JJ
sera celuy où tournera le
Soleil, & que cette bou- 1r- leseralaTerre; que le'&.
point d'enhaut &, celuy <f
,. d'en bas,marquez sur la
boule, seront les points Ct:
des deux Solstices, & quec<
ceux des deux costez fe-((
ront les deux pointsdes"
Equinoxesvous suppo- c.,
ferez aussi que le Soleil<c
fait letour de sonCercle
en 24.heures, ou un jour"
naturel, & que laTerre"
ne fait le sien qu'en une cc
année.Celasuppose,vous"
verrez qu'en faisanttour-c,"
ner la boulctot,,sioursdu,",e
mesme costé, les points
desSolstices s'éloigne-
,, ront pendant six mois du
Cercle oùtourne leSoleil,
& s'en raprocheront
3,
pendant six autres mois,
',,& quelespointsdesEqui-
"noxes passeront tous les
fîxjjiois d'un costé de ce cercle àJautre.
Decette experience artificielle,
on passe à une
nouvelle définition duflus
& reflus de la Mer, qui est
aussi tres sensible
,
& enfiiitc
au moyen de pouvoir
trouver les Longitudes
dans tous les points dit
Monde, avec autant de
précisionqu'on trouve les
Latitudes. L'Autheur dit
en un endroit:
-- Je crois que la Terre
se meut de la maniere«
dont je l'ay expliqué; que
te Soleilpasse vis-àvis les"-
douze Signes du Zodiaque
en 24.. heures ou un «
jour naturel; que la par.,
tie du premier Meridien
quiest dans la Zone Tor- «
ride, paÍfe vis- à -vis de «
ces douze Signes dans le.ùcours
d'une année; que*
,)C0111111e dans toutes les
»obfervarions astronomi-
» ques que l'on a faitesjus-
« qu'à present, l'onatous-
"jours supposé que le Globe
de la Terre estoit im-
«mobile ou qu'il se mou-
»voit autrement qu'il Ce,
MCIIT, c'est ce qui doit
t) avoir empesché que l'on.
n'é1ie encore pû sçavoir
« le véritable & le plus seur
Mmoyen de trouver les
» Longitudes dans tous les
points du Monde;& que.
«
si l'on fixoit un point dans
le Zodiaquevis-a vis duquel
lepremier Meri- «
diense trouveroitJepre-cc
mier jour de l an, ou un «
autre jour remarquable,«
on connoiftroit dans quel«
point il seroit tous les au-«
tres jours del'année, & «
par le mesme moyen )es«
Longitudes dans tous les
pointsdu Monde,avec «
plusde précision que l'on
n'aencorefait,parceque
pour connoistre précise
ment en quel lieu on feroit,
on n'auroit qu'à observer
vis- à -vis de quel"
point du Zodiaque on se
"trouveroit ,&compter
ensuitecombien il y au-
« roit de degrez. depuis ce
point duZodiaque juf-
""qu'à celuy vis-à-vis du-
-»
quel lepremier Meridien
devroit se trouver.
1.
Il ditdans un autre endroit:
» Vous comprenez bien
« qu'il seraaussi facile de
«trouver le Degré du pre-
"mier Meridien,qu'il a
» esté facilejusqu'à prefenc
» de trouver le Degré du
» Soleil, ea supposant qu'il
avoit un cours annuel, «
& que j'attribuë à la par-«
tie du premier Meridien«
qui est entre les Cercles
(C des Tropiques, ce quecc
Ptolemée&Tichobrahé «
ont attribué au Soleil. «
Dans un autre,en parlant
de l'observation qu'on
dcvroit faire pourconnoistre
dans quel Degré de
tel Signe se trouveroit le
premier Meridien un certain
jour de l'année,il dit:
Mais en disantun cer- «
tain jour de l'année
,
je"
ne dis pas qu'on ne de- «
') vroit faire cette observa-
3)
tion qu'un seul jour; je
„ veux dire qu'a prés l'avoir
5, faire pendantunan,&
marqué chaque jour vis-
„ à-vis de quel Degré de
„ tel Signe lé trouveroit le
„ premier Meridien
, on
choisiroit un jour remarj9
quabledans l'année,d'où
„ l'on comenceroità com- „pterle „ Degré du premier Meridien; & j'ajouste
„ que pourque cette observation
fust juste
,
il fau-
„ droit la faire de dessus
,, la pointe occidentale de
Tille
i-sie.où,l'on fait passer“
le premier Meridien. (C
Ces endroits, ainsi que,
tous lesautres.sont entremeslenzM
de contradiét.ions.
Ci derépliqués qui y donnent
encore plus de forcer
mais cependant l'Autheur
finit en disant qu'il n'a
point allez de sagacitény
de présomption pour croire
pouvoir donner au public
un ouvrage parfait, ôc
que s'ille publie , c'est
particulièrement dans le
dessein que si lesSçavants
trouvent sonopinion sur le"
mouvement du Soleil, ôC
sur celuy de la Terre, digne
de leur atrention ,ils
travailleront aux moyens
de la rendre utileà la marine.
entre les mains un Manuscrit
tout neuf, dont j'espere
vous donner un Extrait
quand je l'auray parcouru
à loisir. Comme
il y a dans ce Livre quelque
chose de très interessant
pour la navigation,
j'ay eu impatience de
l'annoncer. Quoyque ce qt-le.ce soit unfujçtfèi-ieux Ôc
Important, on n'a pas
laissé d'y meller du badi-
;
nage pour le rendre plus
à la portéede tour le monde.
Voicy par exemple le
titre:
- Le Chemin des gens d'esprit,
Dialogueenjoué & sèrieux
entre Mr Du petit C- Mr
Augrand J'Vol. in li.
Contenant plusieurs Historiettes
,
& autres petites
pieces curieuses ; une Reformation
des Systesmes
du Monde des Anciens &
des Modernes; & un
Moyen pour trouver les
Longirndes
, avec autant
de preçision qu'ontrouve
lesLatitudes.
ParR. MAUNY.
En attendant (monvous
en donne un ample Ex*,
traie, en voicy uneidée
qui m'aestecommuniquée
par un des amis de l'Aurteur
: car il est juste de
vous donner, autant qu'-
on pourra, des nouveautez
avantmesme qu'elles
paroissent, pour vous dédommager
de l'ancienneté
de quelques morceaux
qu'on donnefinr.
plement, parce qu'ils font
bons., ou parce que n'eflant
pas imprimez, ils
- peuvent estre nouveaux,
pour beaucoup de persons.
nes.. 1,
Letitre deceLivreconvient
à la maniere dont les
sujets y sont traitez: on y
commence d'abord par les
fujcrs. les plus petits, qui
conduisent insensiblement
aux plus grands,&c c'est la
route que suivent ordinairement
les gensd'esprit.
Le commencement est
un badinage qui conduit
insensiblement, par le recit
de plusieurs historiettes,.
à la morale la plus serieuse.
Il donne ensuite un petit
Systeme du Monde, figuré,
qui donne occasîon
de détruire les opinions de
Pcolemée
,
de Copernic,
de Tichobrahé & de Def.
carres, sur la sicuarion &
sur les mouvements du Soleil
& de la Terre, & particulièrement
celle de Copernic
qu'il combaten dif-
Ferens endroits par des raisons
tres fimples & tres na. turelles.Voicyl'opinion
du nouvel. Auteur, & dans
ses propres termes.
;
Je suppose quelaTerre
est directement dans le
ce milieu du Monde,com- *
me l'ont suppose Prole-
,
mée&Tichobrahémais
qu'au lieu d'y être immo-$c
bile, elle s'y meut sur son
Axe; que cet Axe ou plu- «
stoit la Ligne que l'on a*
imaginée palier d'u npolecc.
à l'autre )efl: inclinée vers
le Septentrion, ainsi que«
le marquent les Globes
cc ordinaires;que la Terre«
tourne dessus du mefLnecc
costéque tourne le Soleil«
dans sonCiel,qu'elle ne»
fait son tour qu'en un an,
»& quele Soleil n'a qu'un
»mouvement qu'ilfait aur
»,rour,de „ son Ciel en k? heuresou un jour nacu-
'Ife!.,
Voicyce qu'il dit enfuile
pour faire connoistre
quecesmouvementsde la
Terre & du Soleil peuvent
assez bien se rapporter
pour operer l'accroisseiiient&
la diminution des
jours& des nuits avec le
changement desSaisons,
Pour le bien comprendreimaginez-
vous que
nous
nous fommesaun.Juin"
qui est Je pluslong Jourcc
de l'année: que ce jourlà
la partie de la surface
de la Terre que nous ha- cc
bitons, est leplus prés
du Cercle ou tourne le-e"
Soleilqu'elle puisse en Cf
approcher; quele Cer- Ce
cle où tourne Je Soleil
Cafixe)& noncetAstre;
que la partie de lafurface
de la Terre -que nous"
habitons, s'esloigne ducc
Cercle où tourne le So-f* leiljusqu'au22.Decem cc'
brequi est leplus court
,, jour de Iannee, & que
,, depuis le 22. Décembre
jusqu'au 11. Juin de 1an-
„ née suivante,cette mes-
„ me partie de la surface
/, de la Terre, s'approche
,, du Cercle ou tourne le Soleil. Il me semble que
;y
cela est aisé à concevoir,
5) en supposant que la Ter-
,, re fait son tour en un an
,,,de la manière que je vous l'ayexpliqué,& que c'est ce mouvement de laTer-
,, re qui fait les Equinoxes
) & les Solstices
,
& non
,),
le Soleil, qui ne n-ionte,
'& ne baisse pas plus dans (jC
un tempsque dansun au- €c
cre~&: qui ne tourne point
en biaifanc comme une"
éTcharpee,rmraies bi,en«la" Monopinion à cet égard
est fondée sur une"
experienceque vous pouyez
faire facilement. Pre-,,,r
nez un cercle de dernli-ce
muid, divisez-"
tre parties égales avec"
un compas ; marquez yee
Içs points de .diviGon'c
dans le milieudela lar- cc
geur en dedans;atta-f<
»
chez-le sur une tabie ou
,, sur une planche avec une
5> pointe que vous ferez ,,,,passer dans un de ces pints de division
, ,, en observantquececercle
„n'incline d'aucun costé;
c'està-dire
,
qui1 soit fr
droit, que le point d'en-
;) haut soit à plomb sur ce-
J" luy d'enbas; faites deux
,, petites mortoises surla
table ou la planche dont
,, le milieu foit vis-à-vis la
testede sa pointe, & qui
33
soientesloignees decette
JJ pointe chacune de trois
poucesafin qu'il yaitun'"
espace de six bons pou-,,'"
ces entre ces deux mor
toises
,
dans lesquelles
vous serezentrer un peu
à force deux petites re- cc,
gles assez hautes pour(C
deborder d'un pouce au'*
dessusdu cercle; cela
vous donnera.lafacilitétÇ
de les cloüer aux bouts
d'une petite barre -quite
aura aussi six bons pouces
de longueur
, que
vousattacherezen cra.cc
vers sur lehaut duCer-"
clevis-à-vis du point
"que vous y aurez mar-
,>
qué.Lorsqueces regles,
aurontesté affermies de
"cette maniere,vous marquerez
dans le milieu de
"leur hauteur:"& de leur
,)
largeur, le point central
>}
du Cercle:ce pointcentral.
ellant marque, vous
"prendrez avec un com-
"pas environ la troisiéme
partie du demi diametre
iyde ce Cercle que vous
"marquerez sur l'une dei,
Regles au dessus du point
central, & sur l'autre au
"deiT?us de ce mesme
point central;aprés quoy
vous percerez les deux CCt
Regles avec une fort petite
vrille, à l'endroit où
vous aurez faitces deux"
marques,afin qu'en par.
fant dans les deux trollS,cc
un morceau de fil dtar.(C
chal bien droit, il se trou-"
ve en ligne diagonale.
Prenez ensuiteune boule
dont le diamerren'exce- <c
de pas l'espace qu'il y aura
entre les deux Regles;
percez la de part en part,
ensorte que l'épaisseur se cl
trouveégale tour à l'en- el
"tour du trou; placez î&
"entrevos deux Regles otb
vous la ferez tenir par lé
3> moy en de vostre broche
de fil d'arc hal
,
de laquelyy
le vous courberez un peei
9)
le bout qui fera en haut,
yyâSn de l'empescher de
"glisseren bas. Cette boule
estant ainsi place'e;»
„ vous marquerez quatre
points dessus
,
dire6leiment
vis-à-vis des quatre
"que vous aurezmarquez
3y(ur leCercle. Vous su p*. "parerez que ce Cercle
JJ
sera celuy où tournera le
Soleil, & que cette bou- 1r- leseralaTerre; que le'&.
point d'enhaut &, celuy <f
,. d'en bas,marquez sur la
boule, seront les points Ct:
des deux Solstices, & quec<
ceux des deux costez fe-((
ront les deux pointsdes"
Equinoxesvous suppo- c.,
ferez aussi que le Soleil<c
fait letour de sonCercle
en 24.heures, ou un jour"
naturel, & que laTerre"
ne fait le sien qu'en une cc
année.Celasuppose,vous"
verrez qu'en faisanttour-c,"
ner la boulctot,,sioursdu,",e
mesme costé, les points
desSolstices s'éloigne-
,, ront pendant six mois du
Cercle oùtourne leSoleil,
& s'en raprocheront
3,
pendant six autres mois,
',,& quelespointsdesEqui-
"noxes passeront tous les
fîxjjiois d'un costé de ce cercle àJautre.
Decette experience artificielle,
on passe à une
nouvelle définition duflus
& reflus de la Mer, qui est
aussi tres sensible
,
& enfiiitc
au moyen de pouvoir
trouver les Longitudes
dans tous les points dit
Monde, avec autant de
précisionqu'on trouve les
Latitudes. L'Autheur dit
en un endroit:
-- Je crois que la Terre
se meut de la maniere«
dont je l'ay expliqué; que
te Soleilpasse vis-àvis les"-
douze Signes du Zodiaque
en 24.. heures ou un «
jour naturel; que la par.,
tie du premier Meridien
quiest dans la Zone Tor- «
ride, paÍfe vis- à -vis de «
ces douze Signes dans le.ùcours
d'une année; que*
,)C0111111e dans toutes les
»obfervarions astronomi-
» ques que l'on a faitesjus-
« qu'à present, l'onatous-
"jours supposé que le Globe
de la Terre estoit im-
«mobile ou qu'il se mou-
»voit autrement qu'il Ce,
MCIIT, c'est ce qui doit
t) avoir empesché que l'on.
n'é1ie encore pû sçavoir
« le véritable & le plus seur
Mmoyen de trouver les
» Longitudes dans tous les
points du Monde;& que.
«
si l'on fixoit un point dans
le Zodiaquevis-a vis duquel
lepremier Meri- «
diense trouveroitJepre-cc
mier jour de l an, ou un «
autre jour remarquable,«
on connoiftroit dans quel«
point il seroit tous les au-«
tres jours del'année, & «
par le mesme moyen )es«
Longitudes dans tous les
pointsdu Monde,avec «
plusde précision que l'on
n'aencorefait,parceque
pour connoistre précise
ment en quel lieu on feroit,
on n'auroit qu'à observer
vis- à -vis de quel"
point du Zodiaque on se
"trouveroit ,&compter
ensuitecombien il y au-
« roit de degrez. depuis ce
point duZodiaque juf-
""qu'à celuy vis-à-vis du-
-»
quel lepremier Meridien
devroit se trouver.
1.
Il ditdans un autre endroit:
» Vous comprenez bien
« qu'il seraaussi facile de
«trouver le Degré du pre-
"mier Meridien,qu'il a
» esté facilejusqu'à prefenc
» de trouver le Degré du
» Soleil, ea supposant qu'il
avoit un cours annuel, «
& que j'attribuë à la par-«
tie du premier Meridien«
qui est entre les Cercles
(C des Tropiques, ce quecc
Ptolemée&Tichobrahé «
ont attribué au Soleil. «
Dans un autre,en parlant
de l'observation qu'on
dcvroit faire pourconnoistre
dans quel Degré de
tel Signe se trouveroit le
premier Meridien un certain
jour de l'année,il dit:
Mais en disantun cer- «
tain jour de l'année
,
je"
ne dis pas qu'on ne de- «
') vroit faire cette observa-
3)
tion qu'un seul jour; je
„ veux dire qu'a prés l'avoir
5, faire pendantunan,&
marqué chaque jour vis-
„ à-vis de quel Degré de
„ tel Signe lé trouveroit le
„ premier Meridien
, on
choisiroit un jour remarj9
quabledans l'année,d'où
„ l'on comenceroità com- „pterle „ Degré du premier Meridien; & j'ajouste
„ que pourque cette observation
fust juste
,
il fau-
„ droit la faire de dessus
,, la pointe occidentale de
Tille
i-sie.où,l'on fait passer“
le premier Meridien. (C
Ces endroits, ainsi que,
tous lesautres.sont entremeslenzM
de contradiét.ions.
Ci derépliqués qui y donnent
encore plus de forcer
mais cependant l'Autheur
finit en disant qu'il n'a
point allez de sagacitény
de présomption pour croire
pouvoir donner au public
un ouvrage parfait, ôc
que s'ille publie , c'est
particulièrement dans le
dessein que si lesSçavants
trouvent sonopinion sur le"
mouvement du Soleil, ôC
sur celuy de la Terre, digne
de leur atrention ,ils
travailleront aux moyens
de la rendre utileà la marine.
Fermer
Résumé : Livre nouveau.
Le manuscrit 'Le Chemin des gens d'esprit' est un dialogue entre Monsieur Du Petit C- et Monsieur Augrand. Il contient des historiettes, des pièces curieuses, une réforme des systèmes du monde anciens et modernes, et une méthode pour déterminer les longitudes avec la même précision que les latitudes. L'auteur, R. Mauny, propose une nouvelle théorie sur les mouvements de la Terre et du Soleil. Selon cette théorie, la Terre est au centre de l'univers et tourne sur son axe incliné, effectuant une rotation annuelle. Cette théorie explique les variations des jours et des nuits ainsi que les saisons. L'auteur utilise une expérience avec un cercle et une boule représentant respectivement le Soleil et la Terre pour illustrer sa théorie. Il suggère également une nouvelle méthode pour observer les longitudes en fixant un point dans le Zodiaque. Le manuscrit inclut des contradictions et des erreurs, mais l'auteur espère que les savants pourront améliorer et utiliser ses idées pour la navigation.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
4
p. 114-124
Observations sur une mort subite.
Début :
Un jeune homme de seize ans, qui depuis l'âge de [...]
Mots clefs :
Veine, Sang, Ventricule, Coeur, Cercle, Poumon, Jeune, Difficulté, Entonnoir
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Observations sur une mort subite.
Observations sur une mort
subite.
Un jeune homme de seize
ans, qui depuis l'âge de
quatorze ans maigrissoit,
étoit sujet à une toux & à
une difficulté de respirer
) & tomboit en foiblesse
quand il avoit fait quelque
exercice violent, ou s'étoit
mis dans une grande colere,
s'étant un soir emporté
avec excés contre un
camarade qu'il avoit
, &
ayant aprés cela soupé deux
fois plus qu'à l'ordinaire,
se coucha à dix heures, &
dormit jusqu'à deux, qu'il
fut réveillé par une toux
violente, à laquelle succeda
un grand crachement de
fang & la mort à cinq
heures du matiu.)
On l'ouvrit, & on "îui
trouva beaucoup de fang
fort peu écumeux dans la
trachée & dans ses bronches
;
du fang noirâtre & à
demi caillé dans les deux
troncs de la veine cave,
dans le ventricule droit du
coeur, & dans l'artere pulmonaire
; pas une goutte
de fang dans le ventriculegauohe.-
Le tronc de la veine du
poumon étoit extraordinairement
dilaté, & aussi
gros quetout le coeur, lx;
la cavité étoit assezexactement
occupée par un corps
étranger rond, & épais de
deux pouces.
Le cercle membraneux
qui entoure intérieurement
l'embouchure de l'oreillette
gauche dans le coeur
étoit par son bord inférieur
plus épais qu'à l'ordinaire,
osseux&plus étroit que par
le bord supericur
; ce qui
est contraire à la conformation
commune.
Pour rendre raison de la
mort de ce jeune homme,
& des accidens qui l'ont
precedée, on ne se sert que
d'un seul des faits qu'on a
observez
,
& on en deduic
tous les autres.--.J
Le cercle membraneux
placé à l'embouchure de
loreillette gauche du coeur
est une espece de petit entonnoir,
dont l'ouverture
la plus étroiteesttournée
vers le haut ou vers la bafe
du coeur. Le fang poussé
par la contraction de l'oreillette
gauche est obligéd'augmenter
sa vîtesse,pour
passer d'abord par la partie
la plus étroite de cet entonnoir;
après quoy il coule
sans difficulté par la partie
la plus large dans le ventricule
gauche.
Supposé, comme il est
assez vrai-semblable, que
par la premiere conformation
du corps de ce jeune
homme cct entonnoir fût
renversé, & que le bord le
plus étroit du cercle membranenx
fût en bas, le fang
qui a passé d'abord par la
- partie la plus large sans augmenter
sa vÎcelfe) n'a pû
passer facilement par la
partie la plus étroite; ôc
dans l'effort qu'il a fait contre
l'obstacle, c'est à dire
contre le bord inférieur de
ce cercle
,
ill'a frapé [avçc
plus de force, ôc a poussé
dans les interstices de ces
fibres des particules salines,
qui non feulement l'ont
Tendu à la longe plus épais,
parce qu'elles s'y amassoient
en grande quantité :
mais qui l'ont encore rendu
0sseux
-
parce quelles étoient
salines.
Ce bord devenu osseux a
perdu sa flexibilieé,&quand k fang de la veine du poumon
se presrentoi- t pour entrer
1 rrer dans le ventricule gauche,
& que le cercle membraneux
auroit dû s'élargir
pour faciliter son entrée,
l'ossificationl'en empêchoie,
& une partie du fang
demeuroit dans la veine.
De là l'extrêmedilatation
de ce vaisseau
, & le polype.
,-
Le polype formé, le fang
ne passoit plus qu'avec
beaucoup de peine dans la
veine du poumon, & par consequent sejournoit dans
les arteres de cette partie,
s'y amassoit, les dilatoit,
les rendoit plus minces, &
élargiffoit leurs pores. Les
parties les plus subtiles du
fang, comme ses sels & les
serositez,s'échapoient donc
aisément par ces pores
agrandis, & de là elles ne
pouvoient passer que dans
la cavité des cellules du
poûmon
,
dans les bronches
Se dans la trachée.
Cette cause de la toux &
de la difficulté de respirer
est assez évidente. Il est clair
aussi que la colere ou un
grand exercice subtilisant
encore plus le fang, lui
! donnoient encore plus de
i facilité à passer dans les
1 conduits de la respiration,
f & que comme il abandonnoit
presrque entierement
la route des veines pulmonaires
, & que par confe- Iqucnt le ventricule gauche
! avoir peu de fang à pousser
r dans l'aorte,lesfoiblesses
f devoient s'en ensuivre, Ôc
I
enfin lamort, lors qu'il ne
passa aucun fang de la veine
du poumon dans le ventricule
gauche.
A tout cela il est aisé de
joindre ce que les alimens
pris avec excés dans de pareilles
circonitances, peuvent
avoir contribué à une
mort si prompte.
subite.
Un jeune homme de seize
ans, qui depuis l'âge de
quatorze ans maigrissoit,
étoit sujet à une toux & à
une difficulté de respirer
) & tomboit en foiblesse
quand il avoit fait quelque
exercice violent, ou s'étoit
mis dans une grande colere,
s'étant un soir emporté
avec excés contre un
camarade qu'il avoit
, &
ayant aprés cela soupé deux
fois plus qu'à l'ordinaire,
se coucha à dix heures, &
dormit jusqu'à deux, qu'il
fut réveillé par une toux
violente, à laquelle succeda
un grand crachement de
fang & la mort à cinq
heures du matiu.)
On l'ouvrit, & on "îui
trouva beaucoup de fang
fort peu écumeux dans la
trachée & dans ses bronches
;
du fang noirâtre & à
demi caillé dans les deux
troncs de la veine cave,
dans le ventricule droit du
coeur, & dans l'artere pulmonaire
; pas une goutte
de fang dans le ventriculegauohe.-
Le tronc de la veine du
poumon étoit extraordinairement
dilaté, & aussi
gros quetout le coeur, lx;
la cavité étoit assezexactement
occupée par un corps
étranger rond, & épais de
deux pouces.
Le cercle membraneux
qui entoure intérieurement
l'embouchure de l'oreillette
gauche dans le coeur
étoit par son bord inférieur
plus épais qu'à l'ordinaire,
osseux&plus étroit que par
le bord supericur
; ce qui
est contraire à la conformation
commune.
Pour rendre raison de la
mort de ce jeune homme,
& des accidens qui l'ont
precedée, on ne se sert que
d'un seul des faits qu'on a
observez
,
& on en deduic
tous les autres.--.J
Le cercle membraneux
placé à l'embouchure de
loreillette gauche du coeur
est une espece de petit entonnoir,
dont l'ouverture
la plus étroiteesttournée
vers le haut ou vers la bafe
du coeur. Le fang poussé
par la contraction de l'oreillette
gauche est obligéd'augmenter
sa vîtesse,pour
passer d'abord par la partie
la plus étroite de cet entonnoir;
après quoy il coule
sans difficulté par la partie
la plus large dans le ventricule
gauche.
Supposé, comme il est
assez vrai-semblable, que
par la premiere conformation
du corps de ce jeune
homme cct entonnoir fût
renversé, & que le bord le
plus étroit du cercle membranenx
fût en bas, le fang
qui a passé d'abord par la
- partie la plus large sans augmenter
sa vÎcelfe) n'a pû
passer facilement par la
partie la plus étroite; ôc
dans l'effort qu'il a fait contre
l'obstacle, c'est à dire
contre le bord inférieur de
ce cercle
,
ill'a frapé [avçc
plus de force, ôc a poussé
dans les interstices de ces
fibres des particules salines,
qui non feulement l'ont
Tendu à la longe plus épais,
parce qu'elles s'y amassoient
en grande quantité :
mais qui l'ont encore rendu
0sseux
-
parce quelles étoient
salines.
Ce bord devenu osseux a
perdu sa flexibilieé,&quand k fang de la veine du poumon
se presrentoi- t pour entrer
1 rrer dans le ventricule gauche,
& que le cercle membraneux
auroit dû s'élargir
pour faciliter son entrée,
l'ossificationl'en empêchoie,
& une partie du fang
demeuroit dans la veine.
De là l'extrêmedilatation
de ce vaisseau
, & le polype.
,-
Le polype formé, le fang
ne passoit plus qu'avec
beaucoup de peine dans la
veine du poumon, & par consequent sejournoit dans
les arteres de cette partie,
s'y amassoit, les dilatoit,
les rendoit plus minces, &
élargiffoit leurs pores. Les
parties les plus subtiles du
fang, comme ses sels & les
serositez,s'échapoient donc
aisément par ces pores
agrandis, & de là elles ne
pouvoient passer que dans
la cavité des cellules du
poûmon
,
dans les bronches
Se dans la trachée.
Cette cause de la toux &
de la difficulté de respirer
est assez évidente. Il est clair
aussi que la colere ou un
grand exercice subtilisant
encore plus le fang, lui
! donnoient encore plus de
i facilité à passer dans les
1 conduits de la respiration,
f & que comme il abandonnoit
presrque entierement
la route des veines pulmonaires
, & que par confe- Iqucnt le ventricule gauche
! avoir peu de fang à pousser
r dans l'aorte,lesfoiblesses
f devoient s'en ensuivre, Ôc
I
enfin lamort, lors qu'il ne
passa aucun fang de la veine
du poumon dans le ventricule
gauche.
A tout cela il est aisé de
joindre ce que les alimens
pris avec excés dans de pareilles
circonitances, peuvent
avoir contribué à une
mort si prompte.
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Résumé : Observations sur une mort subite.
Le texte relate le cas d'un jeune homme de seize ans ayant souffert depuis l'âge de quatorze ans de maigreur, toux, difficulté à respirer et faiblesse après des efforts intenses ou des colères. Une soirée, après un accès de colère et un repas copieux, il décéda subitement à la suite d'une violente quinte de toux. L'autopsie révéla une accumulation de sang dans la trachée, les bronches, les troncs de la veine cave, le ventricule droit du cœur et l'artère pulmonaire, mais aucune trace de sang dans le ventricule gauche. Le tronc de la veine pulmonaire était dilaté et contenait un corps étranger. Le cercle membraneux entourant l'embouchure de l'oreillette gauche du cœur présentait une conformation anormale, avec un bord inférieur épaissi et osseux. La cause de la mort fut attribuée à une anomalie congénitale. Normalement, le sang passe par un entonnoir membraneux dont l'ouverture la plus étroite est tournée vers le haut. Chez ce jeune homme, cet entonnoir était renversé, rendant difficile le passage du sang. Les efforts du sang contre cet obstacle avaient épaissi et ossifié le bord inférieur du cercle membraneux, empêchant ainsi le sang de passer correctement. Cela provoqua une dilatation extrême de la veine pulmonaire et la formation d'un polype. Le sang, ne passant plus correctement, s'accumula dans les artères pulmonaires, causant toux et difficulté à respirer. La colère ou l'exercice intensif exacerbait ces symptômes en facilitant le passage du sang dans les conduits respiratoires, privant ainsi le ventricule gauche de sang et entraînant des faiblesses fatales.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5
p. 274-294
REPONSE de M. Meynier, Ingenieur du Roy pour la Marine, cy-devant Professeur Royal d'Hidrographie, sur ce que M. Bouguer, cy-devant Professeur d'Hidrographie au Croisic, à present Professeur Royal d'Hidrographie au Havre de Grace a dit au sujet du Demi-Cercle que M. Meynier a inventé pour observer sur Mer et à Terre, la hauteur du Soleil et des Etoiles, sans qu'il soit necessaire de voir l'horison; et au sujet du Quart de Cercle que M. Bouguer a donné pour être preferable au Demi-Cercle et à tous les autres Instrumens qui sont en usage sur Mer, pour le même sujet.
Début :
Comme des amis communs entre M. Bouguet et moi, m'avoient [...]
Mots clefs :
Hydrographie, Cercle, Hauteur, Mer, Terre, Demi-cercle, Professeur royal, Rayon, Instruments, Figure, Pinule, Mouvement, Observations, Astres, Marteau, Circonférence
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texteReconnaissance textuelle : REPONSE de M. Meynier, Ingenieur du Roy pour la Marine, cy-devant Professeur Royal d'Hidrographie, sur ce que M. Bouguer, cy-devant Professeur d'Hidrographie au Croisic, à present Professeur Royal d'Hidrographie au Havre de Grace a dit au sujet du Demi-Cercle que M. Meynier a inventé pour observer sur Mer et à Terre, la hauteur du Soleil et des Etoiles, sans qu'il soit necessaire de voir l'horison; et au sujet du Quart de Cercle que M. Bouguer a donné pour être preferable au Demi-Cercle et à tous les autres Instrumens qui sont en usage sur Mer, pour le même sujet.
REPONSE de M. Meynier , Ingenieur
du Roy pour la Marine , cy- devant Professeur Royal d'Hidrographie , sur ce que
M.Bouguer, cy- devant Professeur d'Hidrographie au Croisic , à present Professeur Royal d'Hidrographie au Havre de
Grace a dit au sujet du Demi- Cercle que
·M. Meynier a inventé pour observer sur
Meret à Terre , la hauteur du Soleil et
des Etoiles , sans qu'il soit necessaire de
voir l'horisons et au sujet du Quart de
Cercle que M. Bouguer a donné pour être
preferable au Demi Cercle et à tous les
autres Instrumens qui sont en usage sur
Mer, pour le même sujet.
C
Omme des amis communs entre
M. Bouguer et moi , m'avoient dit
lui avoir représenté le tort qu'il a eû de
parler de mon Demi- Cercle de la maniere qu'il en a parlé dans un Ouvrage
intitulé : De la Méthode d'observer exactement sur Merla hauteur des Astres , imprimé
FEVRIER 1732. 295
primé à Paris , chez Claude Jombert en
l'année 1729 , j'avois crû qu'il auroit pû
y faire attention et reparer sa faute dans
le Public ; mais bien loin qu'il en ait été
question , depuis plus de deux ans et demi que j'ai lieu de me plaindre de la
fausse idée qu'il en a donnée dans son Li
vre ; il m'a fait verbalement depuis peu
de jours une espece de défi d'y répondre ,
ce qui m'a indispensablement engagé à
mettre la main à la plume.
On voit dans l'Histoire de l'Académie
Royale des Sciences , de l'année 17 : 4.
page 93. où M. Bouguer a dit avoir lû
la description de mon demi Cerle , que
ces Mrs l'approuverent après l'avoir examiné et après en avoir fait plusieurs observations au Soleil. Il est extraordinaire
qu'après cela M. Bouguer , qui ne l'avoit
pas vû, en ait fait un portrait au Public
qui n'y a aucune ressemblance , et qu'en
même temps il l'ait condamné sur ce
portrait d'une façon fort singuliere , malgré l'Approbation de l'Académie Royale
des Sciences.
Pour prouver que M. Bouguer a condamné ce demi Cercle sans le connoître
je rapporte ici mot-à-mot ce qu'il en a
dit , où il ne paroît pas qu'il en ait connu
la construction , la suspension ni les usa
Diiij ges.
1
276 MERCURE DE FRANCE
1
ges. J'ai aussi copié exactement la figure
3. de la premiere Planche de son Livre,
qu'il a donnée pour celle de mon demi
Cercle ; je la représente ici notée du même
chiffre 3. et des mêmes lettres. Je donne
en même temps le Dessein de mon demi
Cercle , dans la figure 4. étant suspendu
dans la Caisse MRTV, qui le met à
couvert du vent , de la même maniere
et au même état qu'il étoit lorsque l'Académie Royale des Sciences l'a examiné:
Je l'ai encore en cèt état- là , dans la même Caisse , de maniere qu'on peut ve
rifier très-facilement ce que j'avance.
La Caisse de cet Instrument est noir*
cie en dedans , afin d'absorber les rayons
du Soleil , elle ne devroit être represen
tée ouverte que par dessus ; mais je l'ai
représentée aussi ouverte par devant , afin
de voir plus distinctement toute la figure du demi Cercle et de sa suspension/
Pendant toutes les observations qui ont
été faites avec cet Instrument , sa Caisse
étoit posée à terre ou sur une table , ou
sur quelque banc , de maniere que l'Observateur n'avoit point d'autre attention
que
du
celle de regarder sur la circonference
de l'Instrument , le degré que le rayon
Soleil y marquoit , qui étoit celui de sa
hauteur sur l'horison. On peut verifier
facilement
LYON
*
1893*
partie interieure de l'Arc , et fait connoi hauteur comine dans l'Aneau Astronomique
Instrument peut être aussi d'usage la nuit ,
observer la hauteur des Etoiles ; mais appai
ment qu'on le suspend dans un sens contraire
qu'on vise à l'Etoile par la Pinule du centre pår une autre Pinule située sur la circonferen
Nous ne connoissons ce demi Cercle que pour Dy avo
ou sur une table > our
sur quelque banc , de maniere que l'Observateur n'avoit point d'autre attention.
que celle de regarder sur la circonference
de l'Instrument , le degré que le rayon du
Soleil y marquoit , qui étoit celui de sa
hauteur sur l'horison. On peut verifier facilement
FEVRIER 1732. 377
facilement ce demi Cercle pour sçavoir
s'il est juste , exposant simplement sa
Caisse successivement des deux côtez
MR. aux rayons du Soleil vers l'heure de
midi , car pour lors si le rayon du Soleil
qui passeroit par le centre I. marquoit le
même degré sur les deux côtez du demi
Cercle , son diamétre AC. seroit horisontal ; et si par hazard il inclinoit de quelque côté, ce qui ne pourroit arriver que
par quelque accident extraordinaire , outre qu'on pourroit y remedier sur le
champ par le moyen du petit poids S.
en le faisant glisser le long du diamétre
AC. on pourroit s'en servir aussi quoiqu'incline , comme je l'ai démontré dans
mes Mémoires. Voici ce que M. Bouguer
en a dit.
On voit dans la figure 3. le demi Cercle de
M. Meynier , actuellement Professeur Royal
d'Hidrographie au Havre de Grace. Ce demi
Cercle se suspend par la Boucle A. fig. 3. et le
rayon du Soleil passant par la pinule C. qui répond au centre , vient se rendre en E dans la
partie interieure de l'Arc , et fait connoître la
hauteur comme dans l'Aneau Astronomique. Cet
Instrument peut être aussi d'usagé la nuit , pour
observer la hauteur des Etoiles ; mais apparemment qu'on le suspend dans un sens contraire , et
qu'on vise à l'Etoile par la Pinule du centre ,
pår une autre Pinule située sur la circonference.
Nous ne connoissons ce demi Cercle que pour en
D v avoir
et
278 MERCURE DE FRANCE
avoir vu une description très succinte dans l'Histoire de l'Académie Royale des Sciences de l'An- née 1724. page 93. mais nous ne doutons point
que son sçavant Auteur ne lui procure une situation constamment horisontale , malgré le poids
de la Pinule , qui est située sur la circonference ,
et qu'on est obligé de faire monter ou descendre,
selon que les hauteurs sont plus ou moins
grandes.
Article premier , M. Bouguer dit que
la figure 3. represente mon demi Cercle ;
qu'il est suspendu par la Boucle A. et qu'il
fait connoître la hauteur du Soleil , comme
dans l'Anneau Astronomique. Il suffit de
regarder la figure qu'il donne pour celle
de mon demi Cercle , et de la comparer
avec la figure 4. qui en est la veritable
figure , pour en voir d'abord la difference. Bien loin que mon demi Cercle fig.
4. soit suspendu par la Boucle A. de la
figure 3. il est suspendu sur les deux Pivots NB. dans la Caisse MRVT. qui le
garantit du vent , lesquels Pivots NB.
sont portez par une seconde suspension
XNBZ de même que les Boussoles de
Mer. Ce demi Cercle a un poids O. vers
son milieu , lequel poids ayant le centre
de son mouvement particulier en P.
vibrations particulieres tendent à détruire plutôt le mouvement que le vaisseau
imprime au demi Cercle ; car à mesure
ses
que
FEVRIER: 1732. 279
les vibrations du poids O. et celles du
demi Cercle ADC. ne se font pas en
temps égaux , elles se contrarient récipro
quement et se détruisent mutuellement
en beaucoup moins de temps. Il est évident que par cette suspension l'Instrument obéit beaucoup mieux au Roulis
et au Tangage du Vaisseau , qu'il n'y
obeïroit s'il étoit suspendu par une Boucle; car si la suspension de la Boucle va- loit mieux on s'en serviroit pour suspendre les Boussoles de Mer ; mais l'experience prouve le contraire. On voit par là combien cet Instrument est different
de l'Astrolabe , de même que ses usages ,
et que parconsequent la comparaison de
M. Bouguer , n'est pas juste.
Article II. Il a dit que pour dit que pour observer
la hauteur des Etoilles pendant la nuit , apparemment on suspend mon demi Cercle d'un
sens contraire, et qu'on vise à l'Etoile par
la Pinule du centre. Ce terme d'apparemmentfait voir qu'il ne croit pas lui- méme
connoître la construction de cet Instrument , non- plus que ses usages ; mais
bien loin qu'on soit obligé de le suspendre d'un sens contraire , on ne fait jamais aucun changement à sa suspension
dans aucun de ses usages , et la Pinule.
du centre ne sert jamais pour observer la
D vj hauteur
280 MERCURE DE FRANCE
prohauteur des Etoiles ; car on trouve leur
hauteur avec cet Instrument par la
prieté des Angles formez à là circonfe
rence du Cercle, qui ont un avantage con.
siderable sur ceux qui sont formez au centre du même Cercle , en ce que leurs degrez occupent un Arc double des autres,
comme il est démontré dans la 24. Proposition du troisiéme Livre d'Euclide ,
ce qui rend leurs divisions parconsequent
beaucoup plus distinctes. Comme , par
exemple , l'Angle F A C. qui est celui de
la hauteur de l'Etoile L , qui est formé au
point A. de la circonference , qui est égal
à l'Angle A F E. qui est aussi à la circonference , qui est mesuré par la moitié de
l'Arc AE , égal à l'Arc FC, et qui est indiqué par l'extrémité E. de l'alidade E F.
Article III. Il condamne ce demi Cer→
cle , en disant qu'il croit que je lui procurerai une situation constamment horisontale,
malgré le poids de la Pinule , qui est située
sur la circonference qu'on est obligé de faire
monter ou descendre , selon que les hauteurs
sont plus ou moins grandes. Comme il est
necessaire dans tous les usages de ce demi
Cercle , que son dismétre A C. prenne
de lui- même une situation horisontale ,
quoique l'Astre soit plus ou moins élevé
cola seroit impossible , si le poids de quel
que
FEVRIER. 1732 28
que pinule qui seroit située sur sa circon
ference étoit capable de faire incliner
l'Instrument à mesure qu'elle se trouveroit plus ou moins élevée autour du de
mi Cercle , parce que pour lors son poids
agiroit sur des lignes verticales qui se
roient differemment éloignées de la ligne
verticale qui passeroit par le centre de
gravité du demi Cercle , ce qui feroit
changer l'équilibre de l'Instrument à
mesure que la hauteur de la Pinule changeroit Apparemment que M. Bouguer a
pris delà occasion de vouloir persuader
au Public que mon demi Cercle ayant
une Pinule qu'on fait monter ou descendre plus ou moins , suivant les differentes
hauteurs des Astres , ne devoit pas conserver sa situation horisontale, à cause du
poids de cette même Pinule ; mais il au
roit dû faire attention que si cela eût eu
lieu, Mrs de l'Académie ne l'eussent point
approuvé , étant très- capables de s'en être
appercûs , et si ensuite il eût été convaincu de cette verité , il n'auroit pas avancé
la chose si hardiment ; d'ailleurs les principes des forces mouvantes nous apprennent que tout corps qui a un mouvement circulaire autour d'un Cercle ou
d'un demi Cercle , ou autour de quelque
point, peut conserver toûjours le même
équilibre
282 MERCURE DE FRANCE
équilibre sur le centre de son mouvement , par le moyen d'un autre poids
qui aura le même mouvement sur un
bras de Levier opposé ; c'est ce qu'on
voit aux Pinules des Astrolabes qui montent et descendent autour de sa circonference de l'Instrument sans en changer
l'équilibre.
Je ne crois pas non-plus qu'il eût parlé de même de ce demi Cercle, si auparavant il eût pris connoissance de sa cons-
"truction, de sa suspension et de ses usages ,
parce qu'il auroit vû que la Pinule A. qui
est la seule qui soit située à la circonfe
rence de cet Instrument , n'est pas mobile , mais qu'elle est toûjours fixe à l'extremité A du diamétre AC , et que par
cette raison la hauteur de l'œil qu'on place
en K du côté de cette même Pinule , ne
change pas lorsqu'on fait l'observation
quoique la hauteur de l'Astre change. II
auroit aussi vû que la Pinule A ayant été
mise d'équilibre , avec le demi Cercle
ADC , sur le centre commun I , elle ne
doit jamais changer la situation horisontale de l'Instrument qui se suspend continuellement de lui- même par la verticale
qui passe par son centre de mouvement
et par son centre de gravité ; et que pour
ce qui est de la seconde Pinule F , elle se
trouve
FEVRIER. 17327 28
trouve toujours plus ou moins élevée audessus du demi Cercle , suivant les dif
ferentes hauteurs des Etoiles sur l'horidans le temps de l'observation ;
et que le centre de mouvement er de
gravité de l'Alidade EF , qui la porte ,
étant au centre I du demi Cercle , elle:
ne doit non-plus rien changer à l'équili
bre de l'Instrument dans quelque situation qu'on la mette ; et s'il eût demandé
à l'Académie des Sciences une plus gran-.
de instruction sur mon demi Cercle, comme il en étoit correspondant , on lui auroit communiqué , sans doute, le desseinet le Memoire que j'y ai laissé à ce sujet ;
on auroit pû lui communiquer en mêmetemps un Certificat autentique qu'elle
avoit reçû touchant les experiences qui
furent faites avec ce demi Ĉercle dans la
Rade de Brest , sur le Vaisseau du Roy
l'Elisabeth, qui n'ont été écartez que d'environ une minute de la vraye latitude
du lieu où elles furent faites , quoique le
Vaisseau eût beaucoup de mouvement
puisque lors de la derniere observation
le vent nous fit faire près de deux lieuës
de chemin en une heure de temps dans
un gros Bateau qu'on nomme Bugalet,
qui n'avoit qu'une seule Voile. J'avois
fait faire ce demi Cercle entierement semblable
284 MERCURE DE FRANCE
blable à celui dont il est parlé dans l'His
toire de l'Académie des Sciences de l'année 1724. il avoit seulement été divisé:
avec plus de soin. Avantque de partir pour
Brest, Mrs. de Cassini et deMaraldi, comparerent en ma presence à l'Observatoire
Royal plusieurs Observations faites avec›
ce demi Cercle à celles qui furent faites
en même temps avec un quart de Cercle
d'environ trois pieds de rayon , elles furent toutes trouvées égales à celles du
quart de Cercle de l'Observatoire à une
ou deux minutes près ; mais sans doute
que dans ce temps-là l'Histoire de l'Académie étoit imprimée , sans quoi je suis
persuadé que ces Mrs. y auroient fait inserer ces dernieres Observations.
Article IV. Il dit Connoître cet Ins
trument pour en avoir vu une Description
très-succinte dans l'Histoire de l'Académie
Royale des Sciences de l'année 1724. pages
93. Je rapporte ici cette même Descrip
tion mot à- mot , afin de faire voir au Public qu'elle ne l'autorise en rien du tout
sur l'idée qu'il a voulu lui donner de mon
demi Cercle.
Description de l'Académie. Un Instrument de
M. Meynier , consistant en un demi Cercle dont le diamétré se met dans une situation horisontale
par la maniere dont il est suspendu. Il sert à apprendre sur Mer, sans qu'il soit necessaire des voir
FEVRIER. 1732. 28
voir l'horison , la distance du bord superieur der
Soleil au Zenith, par le moyen de l'ombre faite
par les rayons qui passent par une fente qui
répond au centre du demi Cercle et va se projetter sur une circonference graduée , il sert aussi.à observer la hauteur du Soleil et des Etoiles , depuis l'horison jusques à environ so degrez , par
le moyende deux Pinules , avec lesquelles on vise
l'Astre. On a fait avec cet Instrument plusieurs
Observations qui ont été le plus souvent à 8 ou
10. minutes près , les mêmes que celles qui
se faisoient en même- temps avec un quart de
Cercle de deux pieds de rayon. Cet Instrument
est ingenieux et commode à cause que pour les
Observations des Etoiles, l'œil est toujours placé
à la même hauteur , quoique l'Etoile soit diffe- remment élevée , et parce qu'on n'a pas besoin
de voir l'horison. On a crû qu'il seroit préferable sur Mer à la plupart des Instrumens qu'on y'
employe , s'il y donnoit les hauteurs avec la même précision que sur Terre , ce que l'experience seule peut décider.
Je conviens que cette description est
tres- succinte ; mais cependant on n'y
trouve point du tout que ce demi cerclesoit suspendu par une boule , ni qu'il
donne la hauteur des Astres , comme l'As
trolabe ; ony voit seulement qu'il se place
horisontalement par la maniere dont il est
suspendu , et qui fait assez entendre que
cette maniere de le suspendre n'est pas
par une boule, car il auroit été plus court
et plus naturel à Mrs de l'Academie de l
dire
286 MERCURE DE FRANCÈ
dire dans leur Description. On n'y trouve
non plus rien qui donne aucune idée
qu'il faille suspendre ce demi Cercle d'un
sens contraire pour observer la hauteur
des Etoiles ; n'y qu'on vise à l'Etoile par
la Pinule du centre , ni rien qui puisse
faire douter que le poids des Pinules qui
y sont, puisse faire changer la situation
horisontale de l'instrument , en observant
la hauteur des Etoiles.
Il est surprenant que M. Bouguer n'ait
compris que le mot de demi Cercle ,
dans la Description de l'Académie , au
sujet de cet instrument, qu'il en ait donné
une idée au public, entierement différente
tant au sujet de sa construction , que de
sa suspension et de ses usages , par une interprétation , qui n'y a aucune ressemblance; qu'il en ait même parlé d'une maniere à faire voir évidemment qu'il ne le
connoissoit du tout point ; et qu'ensuite
il l'ait condamné d'une façon tres- singu
liere , en disant qu'il croit queje lui procurerai une situation constamment horisontale
malgré le poids de la Pinule , qui est à la
circonference.
Je propose à M. Bouguer de faire avec
lui l'experience de son quart de Cercle
et en même temps celle ce mon demi
Cercle , et celle du quart de Cercle Anglois ,
FEVRIER. 1932. 287
glois , en présence des personnes qu'il jugera à propos , afin de voir par là si sort
quart de Cercle vaut mieux que ces autres instruments , à la mer et à terre même , lorsqu'il fait du vent , ou lorsque
le corps de l'Observateur est en mouvement; mais puisqu'il a condamné mon
demi Cercle sans aucuu fondement , il
ne doit pas trouver mauvais que je détaille au public les raisons qui condamnent avec fondement le quart de Cercle qu'il a donné dans le même ouvrage ,
que j'ai cité , comme un instrument préférable au quart de Cercle des Anglois, et
à tous les autres instrumens qu'on employe sur Mer , pour observer la hauteur des Astres.
La figure 5 , represente le quart de Cer
cle dont les Anglois se servent pour. ob
server la hauteur des Astres.
La figure 6 , représente exactement le
quart de Cercle de M. Bouguer , qui ne
differe du quart de Cercle des Anglais
que parce qu'il est formé d'un seul- Arc ,
É FD , de même que tous les quarts de
Cercle ordinaires que tous ses rayons
sont égaux au grand rayon du quart de
Cercle Anglois , c'est à dire d'environ 23
pouces de longueur ; et que celui des Anglois , figure 5 , est formé de deux differentes
288 MERCURE DE FRANCE
rentes portions de Cercle A BHD. dont
les rayons CCA.A. CH. sont inégaux , le
grand CH. est d'environ 23 pouces , il y
en a quelquefois qui ont quelques pouces de plus, mais je n'en ai point vû qui
en eussent moins ; l'Arc D H. que ce
rayon soutient , est d'environ 25 à 30 dégrez. On appuye contre l'épaule le côté
Dde cet Arc, lorsqu'on fait l'observa-.
tion ; le reste des dégrez de ce quart de
Cercle , est sur le petit Arc A'B , qui n'est
ordinairement que de à 10 pouces de
rayon. J'en ai cependant vu un qui avoit
ce même rayon , d'environ un pied.
Nous avons en France , depuis treslong- temps , beaucoup de Pilotes qui se
servent du quart de Cercle Anglois, figu
re 5. Plusieurs y mettent un verre lanticalaire au martcau A, qui réunit les rayons
du Soleil sur le Marteau C , qui est au
centre de l'instrument; beaucoup d'autres
né se servent que d'un petit trou rond au
même Marteau , en place de Verre , et
quelquesautres ne se servent que de l'ombre qui tombé du bord du même Marteau
A' , sur celui du centre C.
Il y a long-temps que j'ai entendu dire
à nos Pilotes de Brest , et à ceux de Tou-.
lon , que ce qui a obligé de reformer le
quart de Cercle ordinaire , formé par un
seul
FEVRIER 1732. 289
?
seul rayon , comme celui de la figure 6 , a
été , premierement , parce que le vent
avoit beaucoup plus de force sur la circonference E H,figure 5 , que sur la semblable circonférence A B. Secondement
parce que cette circonference E H, outre
qu'elle recevoit beaucoup plus de vent
étant plus grande , étoit ausst beaucoup
plus éloignée de la main de l'Observateur qui tenoit l'instrument en I , de
maniere que la force du vent agissoit sur
un Lévier beaucoup plus long , qui fatiguoit davantage l'Observateur, et qui causoit un plus grand mouvement à l'instru
ment ; de sorte que non-seulement l'Observateur ne pouvoit pas le tenir si ferme,
mais pas même si vertical , ni si horisontal , à cause du vent , ce qui rendoit l'observation d'autant plus douteuse que le
vent étoit plusfort. Troisiémement, parce
que le bord de l'ombre du Marteau E. figure 6 , en tombant sur le Marteau C, de
la distance E C , lorsqu'elle étoit d'environ 23 pouces, étoit beaucoup moins sensible sur ce même Marteau C , que lorsqu'il ne tombe que de la distance A C ,
figures , qui n'est ordinairement que
d'environ 9 pouces. Quatrièmement
parce que la distance EC , figure 5 et 6 ,
étant d'environ 23 pouces , le mouvement
>
290 MERCURE DE FRANCE
ment de l'ombre du bord du Marteau, ou
le mouvement du rayon du Soleil , qui
tomboit du Marteau E sur le Marteau C,
parcouroient un espace qui étoit plus de
deux fois et demi aussi grand , que l'espace qu'ils parcourent sur le même Marteau C , lorsque cette distance n'est que d'environ 9 pouces , telle que A C, figure
55 car quoique le mouvement des deux
instrumens , figure $ et 6 , fût le même,
le mouvement de l'ombre du Marteau E,
ou le mouvement du rayon du Soleil ,
qui tomberoit du même Marteau E , sur
celui du centre C, des figures 5 et 6 , seroit au mouvement de cette même ombre , ou rayon qui tomberoit du Marteau A, sur le Marteau C , de la figure
5 :: comme le rayon EC, des figures 5
et 6 , est au rayon A C de la figure 5 , ce
qui formoit une tres-grande difficulté ,
parce que pour lors on ne pouvoit estimer le milieu de ce mouvement que tresimparfaitement;car comme il falloit aussi
estimer en même temps le milieu des
rayons du Soleil sur le Marteau C ; ces
deux estimations qui doivent se faire dans
le même instant , étoient d'autant plus
difficiles et douteuses , que le mouvement
de ce rayon sur le Marteau du centre C
étoit plus grand. Cinquièmement , parce
-
que
FEVRIER. 1732. 291
pas
que lorsqu'on a voulu avoir le rayon du
Soleil sur le Marteau C , par le moyen
d'un trou au Marteau E , quelque petit
que fût ce trou , l'étendue du rayon de
Astre qui y passoit étoit fort grande sur
le Marteau C, et beaucoup moins distincte , principalement lorsque le Soleil n'est
bien brillant , comme cela arrive tressouvent à la Mer ; ce qui n'est pas de même lorsque la longueur du rayon de l'A
tre n'est que de 9 à re pouces. Sixièmement , parce que ces difficultez augmentoient encore davantage , lorsque le Soleil étoit fort élevé sur l'horison , ou près
du Zénith ; car pour lors l'étendue de son
rayon sur le Marteau C, prenoit une figure ovale , beaucoup plus grande,à cause de l'obliquité du plan du Marteau C,
avec le rayon de l'Astre. Septiémement ,
parce que lorsqu'on a voulu mettre un
verre lenticulaire au Marteau E, figure 6,
pour réunir les rayons du Soleil sur le
Marteau C, on a trouvé qu'un verre d'environ 23 pouces de foyer , ne donnoit pas
les rayons de l'Astre si bien réinis qu'un
verre d'environ 9 pouces de foyer , de
maniere qu'on n'en pouvoit pas estimer
le milieu si exactement ; d'ailleurs cette
lentille ne détruisoit pas l'augmentation
du mouvement des rayons du Soleil sur
le
292 MERCURE DE FRANCE
le Marteau C , ce qui est un tres- grand
obstacle , auquel on n'a pû remedier
qu'en racourcissant considerablement le
rayon à une partie du quart de Cercle ,
comme on le voit à la figure 5 .
Etant en Angleterre l'année derniere,
et scachant que tous les Anglois se servent sur Mer du quart de Cercle , de la
figures , je m'informai pourquoi ils ne
font pas ce quart de Cercle regulier, c'està-dire d'un seul arc de Cercle. On me répondit à peu près la même chose que ce
que j'en avois apris de nos Pilotes François. On y ajouta seulement,que ceux qui
voudroient se servir d'un quart de Cercle d'un seul Arc , pour observer la hauteur des Astres sur Mer, en seroient bientôt desabusez, puisqu'eux-mêmes ne se servent pas de l'Arc du grand rayon tout
seul pour observer la hauteur du Soleil, à
cause des raisons susdites , quoiqu'ils le
pussent toutes les fois que les dégrez de
la hauteur de l'Astre n'excedent pas les
dégrez de l'Arc du grand rayon de l'ins
trument.
Quand même nos Pilotes et les Anglois
n'auroient pas pour eux l'experience
comme ils l'ont , qui confirme leurs raisons , elles sont trop pour ne
pas s'y rendre ; et ils sont fondez à croire
évidentes
qu'ils
FEVRIER.
1732. 293
qu'ils ont eux - mêmes reformé le quart
de Cercle ordinaire , avec connoissance
de cause et avec fondement , pour leur
servir plus exactement et plus commodé
ment à observer la hauteur des Astres sur
Mer , en formant le quart de Cercle de
deux differens Arcs , comme celui de la
figure 5.
Les raisons que je viens de détailler
font voit que ce n'est pas le seul embarras
de l'instrument qui a occasionné la réforme que les Pilotes en ont faite , mais bien
la nécessité ; ce qui nous prouve que l'expérience sur cette matiere en a plus appris
aux Pilotes que la Théorie. Car il est assez
évident à ceux qui ignorent ces expériences , que le quart de Cercle qui auroit
deux pieds de rayon , devroit être plus
précis que celui qui n'en auroit que 9 ou
10pouces,parce que les divisions de ce premier seroient beaucoup plus grandes que
celles de l'autre , et par consequent plus
distinctes et plus exactes ; cela est incontestable à terre; mais le raisonnement doit
ceder à
l'expérience ,
principalement en
ce qui regarde la navigation.
Si M. Beguer , dont la Théorie est
profonde , avoit pratiqué la Mer ou fait seulement une campagne de long cours ,
pendant laquelle il se futservi de son quart
E de
294 MERCURE DE FRANCE
de Cercle, figure 5, pour observer la haureur du Soleil , je ne croi pas qu'il l'eut
proposé ensuite pour s'en servir à la Mer,
préférablement aux instrumens ordinai
res , parce qu'il en auroit senti lui-même
les difficultez mentionnées cy-dessus.
du Roy pour la Marine , cy- devant Professeur Royal d'Hidrographie , sur ce que
M.Bouguer, cy- devant Professeur d'Hidrographie au Croisic , à present Professeur Royal d'Hidrographie au Havre de
Grace a dit au sujet du Demi- Cercle que
·M. Meynier a inventé pour observer sur
Meret à Terre , la hauteur du Soleil et
des Etoiles , sans qu'il soit necessaire de
voir l'horisons et au sujet du Quart de
Cercle que M. Bouguer a donné pour être
preferable au Demi Cercle et à tous les
autres Instrumens qui sont en usage sur
Mer, pour le même sujet.
C
Omme des amis communs entre
M. Bouguer et moi , m'avoient dit
lui avoir représenté le tort qu'il a eû de
parler de mon Demi- Cercle de la maniere qu'il en a parlé dans un Ouvrage
intitulé : De la Méthode d'observer exactement sur Merla hauteur des Astres , imprimé
FEVRIER 1732. 295
primé à Paris , chez Claude Jombert en
l'année 1729 , j'avois crû qu'il auroit pû
y faire attention et reparer sa faute dans
le Public ; mais bien loin qu'il en ait été
question , depuis plus de deux ans et demi que j'ai lieu de me plaindre de la
fausse idée qu'il en a donnée dans son Li
vre ; il m'a fait verbalement depuis peu
de jours une espece de défi d'y répondre ,
ce qui m'a indispensablement engagé à
mettre la main à la plume.
On voit dans l'Histoire de l'Académie
Royale des Sciences , de l'année 17 : 4.
page 93. où M. Bouguer a dit avoir lû
la description de mon demi Cerle , que
ces Mrs l'approuverent après l'avoir examiné et après en avoir fait plusieurs observations au Soleil. Il est extraordinaire
qu'après cela M. Bouguer , qui ne l'avoit
pas vû, en ait fait un portrait au Public
qui n'y a aucune ressemblance , et qu'en
même temps il l'ait condamné sur ce
portrait d'une façon fort singuliere , malgré l'Approbation de l'Académie Royale
des Sciences.
Pour prouver que M. Bouguer a condamné ce demi Cercle sans le connoître
je rapporte ici mot-à-mot ce qu'il en a
dit , où il ne paroît pas qu'il en ait connu
la construction , la suspension ni les usa
Diiij ges.
1
276 MERCURE DE FRANCE
1
ges. J'ai aussi copié exactement la figure
3. de la premiere Planche de son Livre,
qu'il a donnée pour celle de mon demi
Cercle ; je la représente ici notée du même
chiffre 3. et des mêmes lettres. Je donne
en même temps le Dessein de mon demi
Cercle , dans la figure 4. étant suspendu
dans la Caisse MRTV, qui le met à
couvert du vent , de la même maniere
et au même état qu'il étoit lorsque l'Académie Royale des Sciences l'a examiné:
Je l'ai encore en cèt état- là , dans la même Caisse , de maniere qu'on peut ve
rifier très-facilement ce que j'avance.
La Caisse de cet Instrument est noir*
cie en dedans , afin d'absorber les rayons
du Soleil , elle ne devroit être represen
tée ouverte que par dessus ; mais je l'ai
représentée aussi ouverte par devant , afin
de voir plus distinctement toute la figure du demi Cercle et de sa suspension/
Pendant toutes les observations qui ont
été faites avec cet Instrument , sa Caisse
étoit posée à terre ou sur une table , ou
sur quelque banc , de maniere que l'Observateur n'avoit point d'autre attention
que
du
celle de regarder sur la circonference
de l'Instrument , le degré que le rayon
Soleil y marquoit , qui étoit celui de sa
hauteur sur l'horison. On peut verifier
facilement
LYON
*
1893*
partie interieure de l'Arc , et fait connoi hauteur comine dans l'Aneau Astronomique
Instrument peut être aussi d'usage la nuit ,
observer la hauteur des Etoiles ; mais appai
ment qu'on le suspend dans un sens contraire
qu'on vise à l'Etoile par la Pinule du centre pår une autre Pinule située sur la circonferen
Nous ne connoissons ce demi Cercle que pour Dy avo
ou sur une table > our
sur quelque banc , de maniere que l'Observateur n'avoit point d'autre attention.
que celle de regarder sur la circonference
de l'Instrument , le degré que le rayon du
Soleil y marquoit , qui étoit celui de sa
hauteur sur l'horison. On peut verifier facilement
FEVRIER 1732. 377
facilement ce demi Cercle pour sçavoir
s'il est juste , exposant simplement sa
Caisse successivement des deux côtez
MR. aux rayons du Soleil vers l'heure de
midi , car pour lors si le rayon du Soleil
qui passeroit par le centre I. marquoit le
même degré sur les deux côtez du demi
Cercle , son diamétre AC. seroit horisontal ; et si par hazard il inclinoit de quelque côté, ce qui ne pourroit arriver que
par quelque accident extraordinaire , outre qu'on pourroit y remedier sur le
champ par le moyen du petit poids S.
en le faisant glisser le long du diamétre
AC. on pourroit s'en servir aussi quoiqu'incline , comme je l'ai démontré dans
mes Mémoires. Voici ce que M. Bouguer
en a dit.
On voit dans la figure 3. le demi Cercle de
M. Meynier , actuellement Professeur Royal
d'Hidrographie au Havre de Grace. Ce demi
Cercle se suspend par la Boucle A. fig. 3. et le
rayon du Soleil passant par la pinule C. qui répond au centre , vient se rendre en E dans la
partie interieure de l'Arc , et fait connoître la
hauteur comme dans l'Aneau Astronomique. Cet
Instrument peut être aussi d'usagé la nuit , pour
observer la hauteur des Etoiles ; mais apparemment qu'on le suspend dans un sens contraire , et
qu'on vise à l'Etoile par la Pinule du centre ,
pår une autre Pinule située sur la circonference.
Nous ne connoissons ce demi Cercle que pour en
D v avoir
et
278 MERCURE DE FRANCE
avoir vu une description très succinte dans l'Histoire de l'Académie Royale des Sciences de l'An- née 1724. page 93. mais nous ne doutons point
que son sçavant Auteur ne lui procure une situation constamment horisontale , malgré le poids
de la Pinule , qui est située sur la circonference ,
et qu'on est obligé de faire monter ou descendre,
selon que les hauteurs sont plus ou moins
grandes.
Article premier , M. Bouguer dit que
la figure 3. represente mon demi Cercle ;
qu'il est suspendu par la Boucle A. et qu'il
fait connoître la hauteur du Soleil , comme
dans l'Anneau Astronomique. Il suffit de
regarder la figure qu'il donne pour celle
de mon demi Cercle , et de la comparer
avec la figure 4. qui en est la veritable
figure , pour en voir d'abord la difference. Bien loin que mon demi Cercle fig.
4. soit suspendu par la Boucle A. de la
figure 3. il est suspendu sur les deux Pivots NB. dans la Caisse MRVT. qui le
garantit du vent , lesquels Pivots NB.
sont portez par une seconde suspension
XNBZ de même que les Boussoles de
Mer. Ce demi Cercle a un poids O. vers
son milieu , lequel poids ayant le centre
de son mouvement particulier en P.
vibrations particulieres tendent à détruire plutôt le mouvement que le vaisseau
imprime au demi Cercle ; car à mesure
ses
que
FEVRIER: 1732. 279
les vibrations du poids O. et celles du
demi Cercle ADC. ne se font pas en
temps égaux , elles se contrarient récipro
quement et se détruisent mutuellement
en beaucoup moins de temps. Il est évident que par cette suspension l'Instrument obéit beaucoup mieux au Roulis
et au Tangage du Vaisseau , qu'il n'y
obeïroit s'il étoit suspendu par une Boucle; car si la suspension de la Boucle va- loit mieux on s'en serviroit pour suspendre les Boussoles de Mer ; mais l'experience prouve le contraire. On voit par là combien cet Instrument est different
de l'Astrolabe , de même que ses usages ,
et que parconsequent la comparaison de
M. Bouguer , n'est pas juste.
Article II. Il a dit que pour dit que pour observer
la hauteur des Etoilles pendant la nuit , apparemment on suspend mon demi Cercle d'un
sens contraire, et qu'on vise à l'Etoile par
la Pinule du centre. Ce terme d'apparemmentfait voir qu'il ne croit pas lui- méme
connoître la construction de cet Instrument , non- plus que ses usages ; mais
bien loin qu'on soit obligé de le suspendre d'un sens contraire , on ne fait jamais aucun changement à sa suspension
dans aucun de ses usages , et la Pinule.
du centre ne sert jamais pour observer la
D vj hauteur
280 MERCURE DE FRANCE
prohauteur des Etoiles ; car on trouve leur
hauteur avec cet Instrument par la
prieté des Angles formez à là circonfe
rence du Cercle, qui ont un avantage con.
siderable sur ceux qui sont formez au centre du même Cercle , en ce que leurs degrez occupent un Arc double des autres,
comme il est démontré dans la 24. Proposition du troisiéme Livre d'Euclide ,
ce qui rend leurs divisions parconsequent
beaucoup plus distinctes. Comme , par
exemple , l'Angle F A C. qui est celui de
la hauteur de l'Etoile L , qui est formé au
point A. de la circonference , qui est égal
à l'Angle A F E. qui est aussi à la circonference , qui est mesuré par la moitié de
l'Arc AE , égal à l'Arc FC, et qui est indiqué par l'extrémité E. de l'alidade E F.
Article III. Il condamne ce demi Cer→
cle , en disant qu'il croit que je lui procurerai une situation constamment horisontale,
malgré le poids de la Pinule , qui est située
sur la circonference qu'on est obligé de faire
monter ou descendre , selon que les hauteurs
sont plus ou moins grandes. Comme il est
necessaire dans tous les usages de ce demi
Cercle , que son dismétre A C. prenne
de lui- même une situation horisontale ,
quoique l'Astre soit plus ou moins élevé
cola seroit impossible , si le poids de quel
que
FEVRIER. 1732 28
que pinule qui seroit située sur sa circon
ference étoit capable de faire incliner
l'Instrument à mesure qu'elle se trouveroit plus ou moins élevée autour du de
mi Cercle , parce que pour lors son poids
agiroit sur des lignes verticales qui se
roient differemment éloignées de la ligne
verticale qui passeroit par le centre de
gravité du demi Cercle , ce qui feroit
changer l'équilibre de l'Instrument à
mesure que la hauteur de la Pinule changeroit Apparemment que M. Bouguer a
pris delà occasion de vouloir persuader
au Public que mon demi Cercle ayant
une Pinule qu'on fait monter ou descendre plus ou moins , suivant les differentes
hauteurs des Astres , ne devoit pas conserver sa situation horisontale, à cause du
poids de cette même Pinule ; mais il au
roit dû faire attention que si cela eût eu
lieu, Mrs de l'Académie ne l'eussent point
approuvé , étant très- capables de s'en être
appercûs , et si ensuite il eût été convaincu de cette verité , il n'auroit pas avancé
la chose si hardiment ; d'ailleurs les principes des forces mouvantes nous apprennent que tout corps qui a un mouvement circulaire autour d'un Cercle ou
d'un demi Cercle , ou autour de quelque
point, peut conserver toûjours le même
équilibre
282 MERCURE DE FRANCE
équilibre sur le centre de son mouvement , par le moyen d'un autre poids
qui aura le même mouvement sur un
bras de Levier opposé ; c'est ce qu'on
voit aux Pinules des Astrolabes qui montent et descendent autour de sa circonference de l'Instrument sans en changer
l'équilibre.
Je ne crois pas non-plus qu'il eût parlé de même de ce demi Cercle, si auparavant il eût pris connoissance de sa cons-
"truction, de sa suspension et de ses usages ,
parce qu'il auroit vû que la Pinule A. qui
est la seule qui soit située à la circonfe
rence de cet Instrument , n'est pas mobile , mais qu'elle est toûjours fixe à l'extremité A du diamétre AC , et que par
cette raison la hauteur de l'œil qu'on place
en K du côté de cette même Pinule , ne
change pas lorsqu'on fait l'observation
quoique la hauteur de l'Astre change. II
auroit aussi vû que la Pinule A ayant été
mise d'équilibre , avec le demi Cercle
ADC , sur le centre commun I , elle ne
doit jamais changer la situation horisontale de l'Instrument qui se suspend continuellement de lui- même par la verticale
qui passe par son centre de mouvement
et par son centre de gravité ; et que pour
ce qui est de la seconde Pinule F , elle se
trouve
FEVRIER. 17327 28
trouve toujours plus ou moins élevée audessus du demi Cercle , suivant les dif
ferentes hauteurs des Etoiles sur l'horidans le temps de l'observation ;
et que le centre de mouvement er de
gravité de l'Alidade EF , qui la porte ,
étant au centre I du demi Cercle , elle:
ne doit non-plus rien changer à l'équili
bre de l'Instrument dans quelque situation qu'on la mette ; et s'il eût demandé
à l'Académie des Sciences une plus gran-.
de instruction sur mon demi Cercle, comme il en étoit correspondant , on lui auroit communiqué , sans doute, le desseinet le Memoire que j'y ai laissé à ce sujet ;
on auroit pû lui communiquer en mêmetemps un Certificat autentique qu'elle
avoit reçû touchant les experiences qui
furent faites avec ce demi Ĉercle dans la
Rade de Brest , sur le Vaisseau du Roy
l'Elisabeth, qui n'ont été écartez que d'environ une minute de la vraye latitude
du lieu où elles furent faites , quoique le
Vaisseau eût beaucoup de mouvement
puisque lors de la derniere observation
le vent nous fit faire près de deux lieuës
de chemin en une heure de temps dans
un gros Bateau qu'on nomme Bugalet,
qui n'avoit qu'une seule Voile. J'avois
fait faire ce demi Cercle entierement semblable
284 MERCURE DE FRANCE
blable à celui dont il est parlé dans l'His
toire de l'Académie des Sciences de l'année 1724. il avoit seulement été divisé:
avec plus de soin. Avantque de partir pour
Brest, Mrs. de Cassini et deMaraldi, comparerent en ma presence à l'Observatoire
Royal plusieurs Observations faites avec›
ce demi Cercle à celles qui furent faites
en même temps avec un quart de Cercle
d'environ trois pieds de rayon , elles furent toutes trouvées égales à celles du
quart de Cercle de l'Observatoire à une
ou deux minutes près ; mais sans doute
que dans ce temps-là l'Histoire de l'Académie étoit imprimée , sans quoi je suis
persuadé que ces Mrs. y auroient fait inserer ces dernieres Observations.
Article IV. Il dit Connoître cet Ins
trument pour en avoir vu une Description
très-succinte dans l'Histoire de l'Académie
Royale des Sciences de l'année 1724. pages
93. Je rapporte ici cette même Descrip
tion mot à- mot , afin de faire voir au Public qu'elle ne l'autorise en rien du tout
sur l'idée qu'il a voulu lui donner de mon
demi Cercle.
Description de l'Académie. Un Instrument de
M. Meynier , consistant en un demi Cercle dont le diamétré se met dans une situation horisontale
par la maniere dont il est suspendu. Il sert à apprendre sur Mer, sans qu'il soit necessaire des voir
FEVRIER. 1732. 28
voir l'horison , la distance du bord superieur der
Soleil au Zenith, par le moyen de l'ombre faite
par les rayons qui passent par une fente qui
répond au centre du demi Cercle et va se projetter sur une circonference graduée , il sert aussi.à observer la hauteur du Soleil et des Etoiles , depuis l'horison jusques à environ so degrez , par
le moyende deux Pinules , avec lesquelles on vise
l'Astre. On a fait avec cet Instrument plusieurs
Observations qui ont été le plus souvent à 8 ou
10. minutes près , les mêmes que celles qui
se faisoient en même- temps avec un quart de
Cercle de deux pieds de rayon. Cet Instrument
est ingenieux et commode à cause que pour les
Observations des Etoiles, l'œil est toujours placé
à la même hauteur , quoique l'Etoile soit diffe- remment élevée , et parce qu'on n'a pas besoin
de voir l'horison. On a crû qu'il seroit préferable sur Mer à la plupart des Instrumens qu'on y'
employe , s'il y donnoit les hauteurs avec la même précision que sur Terre , ce que l'experience seule peut décider.
Je conviens que cette description est
tres- succinte ; mais cependant on n'y
trouve point du tout que ce demi cerclesoit suspendu par une boule , ni qu'il
donne la hauteur des Astres , comme l'As
trolabe ; ony voit seulement qu'il se place
horisontalement par la maniere dont il est
suspendu , et qui fait assez entendre que
cette maniere de le suspendre n'est pas
par une boule, car il auroit été plus court
et plus naturel à Mrs de l'Academie de l
dire
286 MERCURE DE FRANCÈ
dire dans leur Description. On n'y trouve
non plus rien qui donne aucune idée
qu'il faille suspendre ce demi Cercle d'un
sens contraire pour observer la hauteur
des Etoiles ; n'y qu'on vise à l'Etoile par
la Pinule du centre , ni rien qui puisse
faire douter que le poids des Pinules qui
y sont, puisse faire changer la situation
horisontale de l'instrument , en observant
la hauteur des Etoiles.
Il est surprenant que M. Bouguer n'ait
compris que le mot de demi Cercle ,
dans la Description de l'Académie , au
sujet de cet instrument, qu'il en ait donné
une idée au public, entierement différente
tant au sujet de sa construction , que de
sa suspension et de ses usages , par une interprétation , qui n'y a aucune ressemblance; qu'il en ait même parlé d'une maniere à faire voir évidemment qu'il ne le
connoissoit du tout point ; et qu'ensuite
il l'ait condamné d'une façon tres- singu
liere , en disant qu'il croit queje lui procurerai une situation constamment horisontale
malgré le poids de la Pinule , qui est à la
circonference.
Je propose à M. Bouguer de faire avec
lui l'experience de son quart de Cercle
et en même temps celle ce mon demi
Cercle , et celle du quart de Cercle Anglois ,
FEVRIER. 1932. 287
glois , en présence des personnes qu'il jugera à propos , afin de voir par là si sort
quart de Cercle vaut mieux que ces autres instruments , à la mer et à terre même , lorsqu'il fait du vent , ou lorsque
le corps de l'Observateur est en mouvement; mais puisqu'il a condamné mon
demi Cercle sans aucuu fondement , il
ne doit pas trouver mauvais que je détaille au public les raisons qui condamnent avec fondement le quart de Cercle qu'il a donné dans le même ouvrage ,
que j'ai cité , comme un instrument préférable au quart de Cercle des Anglois, et
à tous les autres instrumens qu'on employe sur Mer , pour observer la hauteur des Astres.
La figure 5 , represente le quart de Cer
cle dont les Anglois se servent pour. ob
server la hauteur des Astres.
La figure 6 , représente exactement le
quart de Cercle de M. Bouguer , qui ne
differe du quart de Cercle des Anglais
que parce qu'il est formé d'un seul- Arc ,
É FD , de même que tous les quarts de
Cercle ordinaires que tous ses rayons
sont égaux au grand rayon du quart de
Cercle Anglois , c'est à dire d'environ 23
pouces de longueur ; et que celui des Anglois , figure 5 , est formé de deux differentes
288 MERCURE DE FRANCE
rentes portions de Cercle A BHD. dont
les rayons CCA.A. CH. sont inégaux , le
grand CH. est d'environ 23 pouces , il y
en a quelquefois qui ont quelques pouces de plus, mais je n'en ai point vû qui
en eussent moins ; l'Arc D H. que ce
rayon soutient , est d'environ 25 à 30 dégrez. On appuye contre l'épaule le côté
Dde cet Arc, lorsqu'on fait l'observa-.
tion ; le reste des dégrez de ce quart de
Cercle , est sur le petit Arc A'B , qui n'est
ordinairement que de à 10 pouces de
rayon. J'en ai cependant vu un qui avoit
ce même rayon , d'environ un pied.
Nous avons en France , depuis treslong- temps , beaucoup de Pilotes qui se
servent du quart de Cercle Anglois, figu
re 5. Plusieurs y mettent un verre lanticalaire au martcau A, qui réunit les rayons
du Soleil sur le Marteau C , qui est au
centre de l'instrument; beaucoup d'autres
né se servent que d'un petit trou rond au
même Marteau , en place de Verre , et
quelquesautres ne se servent que de l'ombre qui tombé du bord du même Marteau
A' , sur celui du centre C.
Il y a long-temps que j'ai entendu dire
à nos Pilotes de Brest , et à ceux de Tou-.
lon , que ce qui a obligé de reformer le
quart de Cercle ordinaire , formé par un
seul
FEVRIER 1732. 289
?
seul rayon , comme celui de la figure 6 , a
été , premierement , parce que le vent
avoit beaucoup plus de force sur la circonference E H,figure 5 , que sur la semblable circonférence A B. Secondement
parce que cette circonference E H, outre
qu'elle recevoit beaucoup plus de vent
étant plus grande , étoit ausst beaucoup
plus éloignée de la main de l'Observateur qui tenoit l'instrument en I , de
maniere que la force du vent agissoit sur
un Lévier beaucoup plus long , qui fatiguoit davantage l'Observateur, et qui causoit un plus grand mouvement à l'instru
ment ; de sorte que non-seulement l'Observateur ne pouvoit pas le tenir si ferme,
mais pas même si vertical , ni si horisontal , à cause du vent , ce qui rendoit l'observation d'autant plus douteuse que le
vent étoit plusfort. Troisiémement, parce
que le bord de l'ombre du Marteau E. figure 6 , en tombant sur le Marteau C, de
la distance E C , lorsqu'elle étoit d'environ 23 pouces, étoit beaucoup moins sensible sur ce même Marteau C , que lorsqu'il ne tombe que de la distance A C ,
figures , qui n'est ordinairement que
d'environ 9 pouces. Quatrièmement
parce que la distance EC , figure 5 et 6 ,
étant d'environ 23 pouces , le mouvement
>
290 MERCURE DE FRANCE
ment de l'ombre du bord du Marteau, ou
le mouvement du rayon du Soleil , qui
tomboit du Marteau E sur le Marteau C,
parcouroient un espace qui étoit plus de
deux fois et demi aussi grand , que l'espace qu'ils parcourent sur le même Marteau C , lorsque cette distance n'est que d'environ 9 pouces , telle que A C, figure
55 car quoique le mouvement des deux
instrumens , figure $ et 6 , fût le même,
le mouvement de l'ombre du Marteau E,
ou le mouvement du rayon du Soleil ,
qui tomberoit du même Marteau E , sur
celui du centre C, des figures 5 et 6 , seroit au mouvement de cette même ombre , ou rayon qui tomberoit du Marteau A, sur le Marteau C , de la figure
5 :: comme le rayon EC, des figures 5
et 6 , est au rayon A C de la figure 5 , ce
qui formoit une tres-grande difficulté ,
parce que pour lors on ne pouvoit estimer le milieu de ce mouvement que tresimparfaitement;car comme il falloit aussi
estimer en même temps le milieu des
rayons du Soleil sur le Marteau C ; ces
deux estimations qui doivent se faire dans
le même instant , étoient d'autant plus
difficiles et douteuses , que le mouvement
de ce rayon sur le Marteau du centre C
étoit plus grand. Cinquièmement , parce
-
que
FEVRIER. 1732. 291
pas
que lorsqu'on a voulu avoir le rayon du
Soleil sur le Marteau C , par le moyen
d'un trou au Marteau E , quelque petit
que fût ce trou , l'étendue du rayon de
Astre qui y passoit étoit fort grande sur
le Marteau C, et beaucoup moins distincte , principalement lorsque le Soleil n'est
bien brillant , comme cela arrive tressouvent à la Mer ; ce qui n'est pas de même lorsque la longueur du rayon de l'A
tre n'est que de 9 à re pouces. Sixièmement , parce que ces difficultez augmentoient encore davantage , lorsque le Soleil étoit fort élevé sur l'horison , ou près
du Zénith ; car pour lors l'étendue de son
rayon sur le Marteau C, prenoit une figure ovale , beaucoup plus grande,à cause de l'obliquité du plan du Marteau C,
avec le rayon de l'Astre. Septiémement ,
parce que lorsqu'on a voulu mettre un
verre lenticulaire au Marteau E, figure 6,
pour réunir les rayons du Soleil sur le
Marteau C, on a trouvé qu'un verre d'environ 23 pouces de foyer , ne donnoit pas
les rayons de l'Astre si bien réinis qu'un
verre d'environ 9 pouces de foyer , de
maniere qu'on n'en pouvoit pas estimer
le milieu si exactement ; d'ailleurs cette
lentille ne détruisoit pas l'augmentation
du mouvement des rayons du Soleil sur
le
292 MERCURE DE FRANCE
le Marteau C , ce qui est un tres- grand
obstacle , auquel on n'a pû remedier
qu'en racourcissant considerablement le
rayon à une partie du quart de Cercle ,
comme on le voit à la figure 5 .
Etant en Angleterre l'année derniere,
et scachant que tous les Anglois se servent sur Mer du quart de Cercle , de la
figures , je m'informai pourquoi ils ne
font pas ce quart de Cercle regulier, c'està-dire d'un seul arc de Cercle. On me répondit à peu près la même chose que ce
que j'en avois apris de nos Pilotes François. On y ajouta seulement,que ceux qui
voudroient se servir d'un quart de Cercle d'un seul Arc , pour observer la hauteur des Astres sur Mer, en seroient bientôt desabusez, puisqu'eux-mêmes ne se servent pas de l'Arc du grand rayon tout
seul pour observer la hauteur du Soleil, à
cause des raisons susdites , quoiqu'ils le
pussent toutes les fois que les dégrez de
la hauteur de l'Astre n'excedent pas les
dégrez de l'Arc du grand rayon de l'ins
trument.
Quand même nos Pilotes et les Anglois
n'auroient pas pour eux l'experience
comme ils l'ont , qui confirme leurs raisons , elles sont trop pour ne
pas s'y rendre ; et ils sont fondez à croire
évidentes
qu'ils
FEVRIER.
1732. 293
qu'ils ont eux - mêmes reformé le quart
de Cercle ordinaire , avec connoissance
de cause et avec fondement , pour leur
servir plus exactement et plus commodé
ment à observer la hauteur des Astres sur
Mer , en formant le quart de Cercle de
deux differens Arcs , comme celui de la
figure 5.
Les raisons que je viens de détailler
font voit que ce n'est pas le seul embarras
de l'instrument qui a occasionné la réforme que les Pilotes en ont faite , mais bien
la nécessité ; ce qui nous prouve que l'expérience sur cette matiere en a plus appris
aux Pilotes que la Théorie. Car il est assez
évident à ceux qui ignorent ces expériences , que le quart de Cercle qui auroit
deux pieds de rayon , devroit être plus
précis que celui qui n'en auroit que 9 ou
10pouces,parce que les divisions de ce premier seroient beaucoup plus grandes que
celles de l'autre , et par consequent plus
distinctes et plus exactes ; cela est incontestable à terre; mais le raisonnement doit
ceder à
l'expérience ,
principalement en
ce qui regarde la navigation.
Si M. Beguer , dont la Théorie est
profonde , avoit pratiqué la Mer ou fait seulement une campagne de long cours ,
pendant laquelle il se futservi de son quart
E de
294 MERCURE DE FRANCE
de Cercle, figure 5, pour observer la haureur du Soleil , je ne croi pas qu'il l'eut
proposé ensuite pour s'en servir à la Mer,
préférablement aux instrumens ordinai
res , parce qu'il en auroit senti lui-même
les difficultez mentionnées cy-dessus.
Fermer
Résumé : REPONSE de M. Meynier, Ingenieur du Roy pour la Marine, cy-devant Professeur Royal d'Hidrographie, sur ce que M. Bouguer, cy-devant Professeur d'Hidrographie au Croisic, à present Professeur Royal d'Hidrographie au Havre de Grace a dit au sujet du Demi-Cercle que M. Meynier a inventé pour observer sur Mer et à Terre, la hauteur du Soleil et des Etoiles, sans qu'il soit necessaire de voir l'horison; et au sujet du Quart de Cercle que M. Bouguer a donné pour être preferable au Demi-Cercle et à tous les autres Instrumens qui sont en usage sur Mer, pour le même sujet.
M. Meynier, ingénieur du Roy pour la Marine et ancien professeur royal d'hidrographie, répond à M. Bouguer, qui a critiqué son invention du demi-cercle pour observer la hauteur du Soleil et des étoiles sans voir l'horizon. Meynier conteste les affirmations de Bouguer, qui a préféré le quart de cercle à son demi-cercle dans un ouvrage publié en 1729. Meynier souligne que l'Académie Royale des Sciences avait approuvé son demi-cercle après l'avoir examiné et utilisé pour des observations solaires. Meynier reproche à Bouguer de ne pas avoir connu la construction, la suspension et les usages de son demi-cercle, et de l'avoir condamné sur la base d'une description incorrecte. Il présente des figures comparant la représentation erronée de Bouguer avec la véritable figure de son demi-cercle. Meynier explique que son instrument est suspendu dans une caisse qui le protège du vent et qu'il est conçu pour s'adapter au roulis et au tangage du vaisseau. Il détaille également les usages de son demi-cercle, tant pour les observations diurnes que nocturnes, et réfute les critiques de Bouguer sur la stabilité horizontale de l'instrument. Meynier affirme que les principes des forces mouvantes permettent à l'instrument de conserver son équilibre, et que l'Académie Royale des Sciences avait validé son fonctionnement par des expériences réussies. En 1724, des observations faites avec un demi-cercle ont été comparées à celles réalisées avec un quart de cercle de trois pieds de rayon, et les résultats ont été jugés égaux à une ou deux minutes près. Cependant, ces observations n'ont pas été incluses dans l'Histoire de l'Académie des Sciences, probablement parce qu'elle était déjà imprimée. Le texte mentionne également une description succincte d'un instrument de M. Meynier, consistant en un demi-cercle horizontal, utilisé pour mesurer la distance du Soleil au zénith et observer la hauteur des astres. Cet instrument a été jugé ingénieux et commode, bien que son utilité en mer reste à prouver. L'auteur critique M. Bouguer pour avoir mal interprété la description de l'instrument et propose de comparer les performances du quart de cercle de Bouguer avec celles du demi-cercle et du quart de cercle anglais en présence de témoins. Les pilotes ont réformé le quart de cercle ordinaire, formé d'un seul arc, en un instrument à deux arcs différents pour des raisons pratiques et d'expérience. Enfin, l'auteur souligne que la théorie doit céder à l'expérience, surtout en navigation, et critique M. Bouguer pour ne pas avoir suffisamment pratiqué en mer avant de proposer son instrument.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5
REPONSE de M. Meynier, Ingenieur du Roy pour la Marine, cy-devant Professeur Royal d'Hidrographie, sur ce que M. Bouguer, cy-devant Professeur d'Hidrographie au Croisic, à present Professeur Royal d'Hidrographie au Havre de Grace a dit au sujet du Demi-Cercle que M. Meynier a inventé pour observer sur Mer et à Terre, la hauteur du Soleil et des Etoiles, sans qu'il soit necessaire de voir l'horison; et au sujet du Quart de Cercle que M. Bouguer a donné pour être preferable au Demi-Cercle et à tous les autres Instrumens qui sont en usage sur Mer, pour le même sujet.
6
p. 2668-2672
LETTRE de M. Thiout, Horloger, à M. le Chevalier de .... au sujet de la Pendule que M. Pierre le Roy annonce dans le Mercure de Septembre dernier.
Début :
MONSIEUR, Les marques d'estime dont vous m'honorez, et [...]
Mots clefs :
Pierre Le Roy, Pendule, Roue, Cercle, Quantième, Palette, Temps vrai, Ressort, Description, Cadran, Minutes, Roues, Pignon, Justesse, Échappement
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE de M. Thiout, Horloger, à M. le Chevalier de .... au sujet de la Pendule que M. Pierre le Roy annonce dans le Mercure de Septembre dernier.
LETTRE de M. Thiout , Horloger
à M. le Chevalier de .... au sujet de
la Pendule que M. Pierre le Roy annonce
dans le Mercure de Sept.mbre dernier.
MONSIEUR ,
Les marques d'estime dont vous m'honorez ',
et l'envie que vous m'avez témoignée de sçavoir
par moi les proprietez de la Pendule que M.Pierre
le Roy annonce, confirment l'interêt que vous
prenez au progrès des Arts . Je vais donc Monsieur
, m'en acquitter le plus succinctement qu'il
me sera possible , selon la description que vous
en avez vûë de l'Auteur.
Cette Pendule marque le temps vrai , par le
moyen d'un cercle appliqué à la circonférence
du Cadran , où sont gravez les mois et quantiémes
inégalement , selon que l'Equation le demande
; les 60. minutes y sont aussi gravées ,
I. Kd • de
DECEMBRE. 1733. 2659
He sorte qu'en le tournant à la main jusqu'an
quantiéme marqué avec deux index , l'Aiguille
des minutes marque sur ledit Cercle le temps
vrai.
Cette méthode , quoique très - bonne , a des
difficultez qui empêchent que le Public n'en tire
Pavantage qu'il desireroit , parce qu'il est diffi
cile d'en faire prendre connoissance aux personnes
même intelligentes , et en ce qu'il faut s'ap
procher du Cadran toutes les fois que l'on veut
avoir l'heure , et avoir toujours égard aux nouvelles
positions du Cercle après l'avoir mis au
quantième , ce qui n'est guère utile pour un usage
ordinaire , mais très-bon pour un Sçavant
comme étoit l'Inventeur , feu M. de la Hire , or
comme est M.du Fay ; qui l'a si bien perfec-
*tionnée.
M. le Roy a ajoûté une détente fort ingénieuse
, après ce Cercle , pour faire sonner le temps
vrai , mais M. Enderlin en a imaginé une , où
il évite les talus qui sont à celle de M. le Roy , ce
qui la rend plus parfaite et plus facile à executer.
Cette Pendule marque le quantiéme du mois
avec une roue de plus, tandis qu'il faut trois roues
et deux pignons aux autres Pendules qui le masquent
, selon M. le Roy. Je ne crois pas que son
dessein soit d'en imposer, cependant il sçait bien
que nos quantiémes ordinaires ne sont composez
que d'un pignon de 16. posé sur la roue de Cadran.
Une roue de 32. engrainée dedans ; portant
une cheville qui passe toutes les 24. heures,prend
une dent du Cercle qui fait changer le chiffre; ainsi
cela ne fait absolument que trois roues, y com
gris le pignon ce qui estbien simple )mais il paroît
que M. le Roy encherit sur cette simplicité , ne
donnant qu'une seule roue à son quantiéme. Il a,
La Volo Fy sans
1670 MERCURE DE FRANCE
sans doute , oublié de compter les deux autres of
il se sert de differentes machines qui font plus
que l'équivalent des deux roues qu'il y a de plus
au quantiéme connû,
La justesse des Pendules ne paroissant pas assez
suffisante avec l'échappement ordinaire , M.
Roy dit avoir imaginé , pour augmenter cette
justesse, un nouvel Echappement qui consiste en
une seule Palette et deux Rochets enarbrez sur le
même Axe. L'un de ces Rochets est plus grand
que l'autre, Lorsque le petit frappe la Palette et
qu'il échappe, le grand se repose sur le Cylindre
de la Verge jusqu'à- ce que la vibration lui ameng
une entaille faite dans ledit Cylindre et en passant,
le petit Rochet frappe la Palette , et ainsi succes
.sivement.. AS 2
que
Remarquez , s'il vous plait , Monsicur ,
cet échappement perd moitié de l'avantage qu'a
celui de la roue de rencontre , n'y ayant que la
moitié des vibrations de Chassées , comme s'il Y
avoit du danger de donner trop de maintien au
Pendule , il est vrai que pour recuperer cette peste
, M. le Roi est obligé de tenir la Palete grande,
mais il n'en résulte que l'inégalité de la force
motrice et du Kouage qui influe plus abondam
›ment sur une grande Palette que sur deux petites,
ce qui est évident , on pourroit s'imaginer , n'y
ayant qu'une Palette de frappée, que la vibration
ne reçoit qu'un choc plus ou moins fort , sans
autre consequence , et que la vibration reve,
nant, elle est independante de toutes causes accip
dentelles. Il faut faire attention que le choc ing-
-gal donne de grandes et de petites vibrations
ainsi celle que l'on prétendroit naturelle ne l'est
pas , étant plus ou moins grande. Il y auroit beau
coup de choses à dire là- dessus , ce que j'ai re
I. Va connú
DECEMBRE. 1753. 2677
cennu par une petite experience que j'en ai faite
en 1725. après M. du Tertre. A l'égard de sa
plus grande durée il seroit difficile de le prouver
, étant égal en avantages.
M. le Roy auroit bien du ne pas faire plus de
mistere à donner la description de rendre égale
l'action du grand ressort des l'endules , qu'il dit
avoir imaginé , qu'à donner la description de sa
détente, le Public lui en auroit sçu bon gré; mais
avec un peu d'attention , on reconnoîtra que la
maniere dont il se sert , est la même que celle que
l'on a pratiquée aux Montres à barillet tournant,
qui est, à la verité , excellente pour une Pendule ,
puisque l'on voit des Montres à minutes sur ce
principe , aller aussi régulierement 24. heures
que celles à fusée.
Voici , Monsieur , comme on dispose un mouvement
de Pendule , quand on veut se servir de
ce principe de justesse ; on donne les mêmes
nombres aux rouages comme pour aller 18 .
jours , où il ne faut que six tours de barillet ›
on noye une petite roue sur celle du barillet excentriquement
; on y ajuste quarément à l'arbres
une dent , et la petite roue en ayant 4. on fait
fait faire un bon ressort de neuf tours , dans les
quels on en chosit 4. des plus égaux , que l'on
fixe au moyen de cette petite roue excentrique ,
ainsi il y a environ trois tours de bande et deux
de reste , font cinq , et quatre d'employez , font
neuf , les quatre tours de réserves tirent douze
jours très- régulierement ; mais comme on remonte
la Pendule tous les huit jours , il n'y a
qu'environ trois tours des neuf qui travaillent ,
ce qui auginente encore la régularité
Ce qui confirme que c'est là la Méthode dont
M. le Roy se sert , c'est qu'après la fusée il ne
5. Ja Vol.
F vi peac
2872 MERCURE DE FRANCE
peut y en avoir d'autre avec laquelle on puisse
mieux regler l'action du grand ressort et qui garantisse
mieux les fractures qui peuvent arriver
en la remontant , comme M. le Roy le remar➡
que Il y a des Horlogers , qui observent encore
pour corriger l'action du ressort , de tenir le
premier pignon plus petit que d'ordinaire et
grossissent les autres en proportion .
A l'égard du bouton dont M. le Roy
se sert pour tourner le Cercle sans ouvrir
la boëte , il faut qu'il y ait long temps qu'il l'ait
imaginé , y ayant 6. ou 7. ans que moi et d'autres
le mettent en usage. Je suis très- respectueusement
, Monsieur , &c .
à M. le Chevalier de .... au sujet de
la Pendule que M. Pierre le Roy annonce
dans le Mercure de Sept.mbre dernier.
MONSIEUR ,
Les marques d'estime dont vous m'honorez ',
et l'envie que vous m'avez témoignée de sçavoir
par moi les proprietez de la Pendule que M.Pierre
le Roy annonce, confirment l'interêt que vous
prenez au progrès des Arts . Je vais donc Monsieur
, m'en acquitter le plus succinctement qu'il
me sera possible , selon la description que vous
en avez vûë de l'Auteur.
Cette Pendule marque le temps vrai , par le
moyen d'un cercle appliqué à la circonférence
du Cadran , où sont gravez les mois et quantiémes
inégalement , selon que l'Equation le demande
; les 60. minutes y sont aussi gravées ,
I. Kd • de
DECEMBRE. 1733. 2659
He sorte qu'en le tournant à la main jusqu'an
quantiéme marqué avec deux index , l'Aiguille
des minutes marque sur ledit Cercle le temps
vrai.
Cette méthode , quoique très - bonne , a des
difficultez qui empêchent que le Public n'en tire
Pavantage qu'il desireroit , parce qu'il est diffi
cile d'en faire prendre connoissance aux personnes
même intelligentes , et en ce qu'il faut s'ap
procher du Cadran toutes les fois que l'on veut
avoir l'heure , et avoir toujours égard aux nouvelles
positions du Cercle après l'avoir mis au
quantième , ce qui n'est guère utile pour un usage
ordinaire , mais très-bon pour un Sçavant
comme étoit l'Inventeur , feu M. de la Hire , or
comme est M.du Fay ; qui l'a si bien perfec-
*tionnée.
M. le Roy a ajoûté une détente fort ingénieuse
, après ce Cercle , pour faire sonner le temps
vrai , mais M. Enderlin en a imaginé une , où
il évite les talus qui sont à celle de M. le Roy , ce
qui la rend plus parfaite et plus facile à executer.
Cette Pendule marque le quantiéme du mois
avec une roue de plus, tandis qu'il faut trois roues
et deux pignons aux autres Pendules qui le masquent
, selon M. le Roy. Je ne crois pas que son
dessein soit d'en imposer, cependant il sçait bien
que nos quantiémes ordinaires ne sont composez
que d'un pignon de 16. posé sur la roue de Cadran.
Une roue de 32. engrainée dedans ; portant
une cheville qui passe toutes les 24. heures,prend
une dent du Cercle qui fait changer le chiffre; ainsi
cela ne fait absolument que trois roues, y com
gris le pignon ce qui estbien simple )mais il paroît
que M. le Roy encherit sur cette simplicité , ne
donnant qu'une seule roue à son quantiéme. Il a,
La Volo Fy sans
1670 MERCURE DE FRANCE
sans doute , oublié de compter les deux autres of
il se sert de differentes machines qui font plus
que l'équivalent des deux roues qu'il y a de plus
au quantiéme connû,
La justesse des Pendules ne paroissant pas assez
suffisante avec l'échappement ordinaire , M.
Roy dit avoir imaginé , pour augmenter cette
justesse, un nouvel Echappement qui consiste en
une seule Palette et deux Rochets enarbrez sur le
même Axe. L'un de ces Rochets est plus grand
que l'autre, Lorsque le petit frappe la Palette et
qu'il échappe, le grand se repose sur le Cylindre
de la Verge jusqu'à- ce que la vibration lui ameng
une entaille faite dans ledit Cylindre et en passant,
le petit Rochet frappe la Palette , et ainsi succes
.sivement.. AS 2
que
Remarquez , s'il vous plait , Monsicur ,
cet échappement perd moitié de l'avantage qu'a
celui de la roue de rencontre , n'y ayant que la
moitié des vibrations de Chassées , comme s'il Y
avoit du danger de donner trop de maintien au
Pendule , il est vrai que pour recuperer cette peste
, M. le Roi est obligé de tenir la Palete grande,
mais il n'en résulte que l'inégalité de la force
motrice et du Kouage qui influe plus abondam
›ment sur une grande Palette que sur deux petites,
ce qui est évident , on pourroit s'imaginer , n'y
ayant qu'une Palette de frappée, que la vibration
ne reçoit qu'un choc plus ou moins fort , sans
autre consequence , et que la vibration reve,
nant, elle est independante de toutes causes accip
dentelles. Il faut faire attention que le choc ing-
-gal donne de grandes et de petites vibrations
ainsi celle que l'on prétendroit naturelle ne l'est
pas , étant plus ou moins grande. Il y auroit beau
coup de choses à dire là- dessus , ce que j'ai re
I. Va connú
DECEMBRE. 1753. 2677
cennu par une petite experience que j'en ai faite
en 1725. après M. du Tertre. A l'égard de sa
plus grande durée il seroit difficile de le prouver
, étant égal en avantages.
M. le Roy auroit bien du ne pas faire plus de
mistere à donner la description de rendre égale
l'action du grand ressort des l'endules , qu'il dit
avoir imaginé , qu'à donner la description de sa
détente, le Public lui en auroit sçu bon gré; mais
avec un peu d'attention , on reconnoîtra que la
maniere dont il se sert , est la même que celle que
l'on a pratiquée aux Montres à barillet tournant,
qui est, à la verité , excellente pour une Pendule ,
puisque l'on voit des Montres à minutes sur ce
principe , aller aussi régulierement 24. heures
que celles à fusée.
Voici , Monsieur , comme on dispose un mouvement
de Pendule , quand on veut se servir de
ce principe de justesse ; on donne les mêmes
nombres aux rouages comme pour aller 18 .
jours , où il ne faut que six tours de barillet ›
on noye une petite roue sur celle du barillet excentriquement
; on y ajuste quarément à l'arbres
une dent , et la petite roue en ayant 4. on fait
fait faire un bon ressort de neuf tours , dans les
quels on en chosit 4. des plus égaux , que l'on
fixe au moyen de cette petite roue excentrique ,
ainsi il y a environ trois tours de bande et deux
de reste , font cinq , et quatre d'employez , font
neuf , les quatre tours de réserves tirent douze
jours très- régulierement ; mais comme on remonte
la Pendule tous les huit jours , il n'y a
qu'environ trois tours des neuf qui travaillent ,
ce qui auginente encore la régularité
Ce qui confirme que c'est là la Méthode dont
M. le Roy se sert , c'est qu'après la fusée il ne
5. Ja Vol.
F vi peac
2872 MERCURE DE FRANCE
peut y en avoir d'autre avec laquelle on puisse
mieux regler l'action du grand ressort et qui garantisse
mieux les fractures qui peuvent arriver
en la remontant , comme M. le Roy le remar➡
que Il y a des Horlogers , qui observent encore
pour corriger l'action du ressort , de tenir le
premier pignon plus petit que d'ordinaire et
grossissent les autres en proportion .
A l'égard du bouton dont M. le Roy
se sert pour tourner le Cercle sans ouvrir
la boëte , il faut qu'il y ait long temps qu'il l'ait
imaginé , y ayant 6. ou 7. ans que moi et d'autres
le mettent en usage. Je suis très- respectueusement
, Monsieur , &c .
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Résumé : LETTRE de M. Thiout, Horloger, à M. le Chevalier de .... au sujet de la Pendule que M. Pierre le Roy annonce dans le Mercure de Septembre dernier.
La lettre de M. Thiout, horloger, adressée à M. le Chevalier de..., traite des caractéristiques et des améliorations apportées à une pendule annoncée par M. Pierre le Roy dans le Mercure de septembre précédent. Cette pendule marque le temps vrai grâce à un cercle appliqué à la circonférence du cadran, où sont gravés les mois, les quantièmes inégalement, ainsi que les minutes. Cependant, cette méthode, bien que bonne, présente des difficultés pour le public en raison de sa complexité et de la nécessité de s'approcher fréquemment du cadran. M. le Roy a ajouté une détente ingénieuse pour faire sonner le temps vrai, mais M. Enderlin a proposé une solution plus parfaite et facile à exécuter. La pendule marque également le quantième du mois avec une seule roue, contrairement aux autres pendules qui en utilisent trois roues et deux pignons. M. Thiout remet en question cette simplification, estimant que le design de M. le Roy est plus complexe qu'il ne le prétend. Pour augmenter la justesse des pendules, M. le Roy a imaginé un nouvel échappement avec une seule palette et deux rochets sur le même axe. Cependant, cet échappement perd la moitié de l'avantage de celui de la roue de rencontre, ce qui entraîne des inégalités dans la force motrice et le couple. M. Thiout critique également le mystère entourant la description de la méthode de M. le Roy pour rendre égale l'action du grand ressort des pendules, notant que cette méthode est similaire à celle utilisée dans les montres à barillet tournant. Il décrit en détail la disposition du mouvement de la pendule pour garantir une régularité maximale. Enfin, M. Thiout mentionne que le bouton utilisé par M. le Roy pour tourner le cercle sans ouvrir la boîte est une innovation déjà en usage depuis plusieurs années par lui-même et d'autres horlogers.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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7
p. 2844-2851
SECONDE PARTIE de la Répo[nse] de M. le Gendre, Marquis de S. Aub[in-]sur-Loire, au Problême contenu dans [le] Mercure du mois de Septembre derni[er] sur l'Essence de la Matiere.
Début :
Je me suis engagé à réfuter le raisonnemen[t sur] le Calcul, par lesquels l'Auteur du Prob[lê]me [...]
Mots clefs :
Problème, Essence de la matière, Infini, Infiniment grand, Infiniment petit, Cercle, Passage, Prolongement, Calcul, Infinité
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SECONDE PARTIE de la Répo[nse] de M. le Gendre, Marquis de S. Aub[in-]sur-Loire, au Problême contenu dans [le] Mercure du mois de Septembre derni[er] sur l'Essence de la Matiere.
SECONDE PARTIE de la Répo
de M.le Gendre, Marquis de S.Aub
sur-Loire, AH Problème contenu dam
Mercure du trois de Septembre dcrnij
sur l'Essence de la Matiere.
JE me suis engagé à réfuter le raisonnement
le Calcul, par lesquelsl'Auteur du Prot
me a prétendu dépoüiller la Mariere de ses pi
prietez. Il me reste à achever la Partie du R
sonnement, et à démontrer celle du Calcul. J
ferai encore une sous-division, et je partage
en deux Mercures,premièrement ce qui me
te à traiter suivant le Raisonnement, en sect
lieu, ce qui concerne le Calcul..
J'ai suffisamment établi que ce qui est exte
sible de plus en plus à l'infini, ne prut être s
poséétendu à l'infini, que par conséquent, d
la Géométrie, comme dans la Physique,tout
réduit au fini divisible et extensible de plus
plus à l'infini; que le passage du fini à l'infin
le retour sont impossibles, et que c'est la rais Il Foi. p.
pour laquelle on s'efforce inutilement de les expliquer.
La solution que l'Auteur du Prob ême
donne à cette difficulté , par l'éxaltation d'une
nature inférieure , comme du point à la ligne ,
de la ligne à la surface , de la surface au solide
est opposée au Systême des Infinitaires , que
composent les Plans d'autres Plans infiniment
petits , et les solides d'autres solides pareillement
elementaires. L'Auteur du Prob ême ajoûte : » le
» passage du fini à l'infii n'a ici rien de plus
extraordinaire que ce raisonnement , où il est
incontestable . Je prends un écu , puis un demi
écu , puis un quart , un demi quart , &c . Cela
fait un mouvement croissant et qui peut tou-
»jours croître à l'infini ; ou bien par un mouve
32 ment instantanée et fini , je prends d'un seul
» coup deux écus , cela va au même ; et que sçait
» on même si ce n'est pas plutôt le premier que
le second de ces mouvemens qui est infini
»Au moins le premier ne finit pas , et le second
finit aussi - tôt.
Comment l'Auteur du Problême entend-il que
ces deux mouvements vont au même , puisque
de son aveu , le premier ne finit pas et que le
second finit aussi tot ? Le fini ne contient point
P'infini , à moins qu'on n'ajoûte ce correctif, que
c'est un infini essentiellement concentré dans
son enveloppe et inépuisable dans sa mine, qu'au
cun développement ne peut épuiser, La divisibilité
à l'infini est la contradictoire de la division
à l'infini . L'infiniment petit est un indivisible, qui ,
par consequent est exclus de la divisibilité à l'in
fini. Autrement ce seroit rejetter , et admettre les
indivisibles , exclure et supposer les arômes. Bien
loin de conclure de la divisibilité à l'infini , que
Ja matiere contienne une infinité de parties ,
II. Vol.
2848 MERCURE L FRANCE
prolongement qu'on a supposé capable d'auge
mentation à l'infini , étoit achevé et rendu infini,
ou supposé infini , le prolongement infini seroit
toujours égal à la premiere dimension finie de
ce morceau de cire ou de ce lingot d'or. Voilà
en quoi la supposition renferme les deux contradictoires
; sçavoir , que le morceau de cire ou le
lingot d'or puissent être prolongez toujours de
plus en plus , et que leur prolongement soit terminé
, c'est- à - dire qu'ils passent du fini à l'infini
, ou d'un degré inferieur d'infini à un degré
superieur. Car quelque prolongement qu'on ait
donné à ce morceau de cire, ou à ce lingot d'or,
puisque ce prolongement est toujours capable
d'augmentation à l'infini , il ne peut jamais ête
achevé , à quelque progrès d'extension qu'on
l'arrête , il est fini , et étant égal à la dimension
originaire,c'est une quantité finie égale à une autre
quantité finie ; mais il est impossible et contardictoire,
que l'infini et le fini soient égaux entr'eux
, comme on prétend neanmoins le démon
trer dans les Livres des plus sçavans Géometres ,
au sujet des espaces asymptotiques hyperboli
ques , et en plusieurs autres occasions.
Suivant les Principes du Systême de l'Infini ,
les rayons d'un cercle sont des quantitez constantes
qui n'ont point de difference , mais suivant
les mêmes Principes , le cercle étant un polygone
d'une infinité de côtez, le rayon ne peut
être égal à l'apotême. Outre que l'infiniment petit
, comme je l'ai démontré , est un être de raison
, en le supposant neanmoins , le cercle ne
$
* Guinée , l'Hopital , Memoires de l'Académie
Royale des Sciences. Elemens de la Géometrie de
PInfini de M. de Fontenelle , &c.
II. Vol.
peur
DECEMBR E. 1733. 2849
f
peut être un polygone d'une infinité de côtez ,
ar si l'approximation des apotêmes est infinie , il
n'y a plus de polygone . Cette proposition que
le cercle est un polygone d'une infinité de cô ez,
est d'Archimede , ce grand Géometre en a fait
la supposition , pour parvenir à l'approximation
la plus exacte de la quadrature du cercle . S'il
avoit donné cette supposition pour géométrique,
ce seroit le cas d'appliquer ce qui a été dit par
le celebre Viette ; la conclusion d'Archimede ne
peut être juste , que celle d'Euclide ne soit fausse . *
Si verè Archimedes , fallaciter conclusit Euclides.
Car suivant Archimede , les rayons du cercle ne
pourroient être égaux entr'eux , au lieu que , suivant
Euclide , ils sont nécessairement égaux en-
2
tr'eux .
Pour prouver le passage du fini à l'infini , on
alleguera peut - être que dans les Démonstrations
appellées de maximis et minimis , il se fait un
passage du fini à l'infini . Voici comment le Marquis
de l'Hôpital ** s'exprime à ce sujet. » On
conçoit aisément qu'une quantité qui diminuë
» continuellement
, ne peut devenir de positive
négative , sans passer par le zéro ; mais on ne
voit pas avec la même évidence , que lorsqu'elle
augmente elle doive passer par l'infini ..
C'est ce qu'il entreprend de démontrer. Je soutiens
au contraire que ni l'infiniment grand ni l'infiniment
petit ne se rencontrent jamais dans les
courbes . Il est vrai que du positif au négatif , on
passe toujours par zero , mais ce passage n'a rien
de commun avec l'infiniment petit , et le changement
d'une quantité qui augmente , ne la fait
* Viette , Supplem . Géometr.
** Anal. des infinim. petits. §. 3. pag. 42 .
II. Vol. E 104-
10.30 " c
non-plus jamais passer par l'infiniment grand. Le
changement qui donne liea à cette expression de
l'infini , c'est que la soutangente devient perpen
diculaire ou parallele. Dans les chiffres il est
clair , que soit qu'on descende des nombres entiers
aux fractions , soit qu'on remonte des frac
tions aux nombres entiers, le passage est toujours
le même par zero , sans que l'infiniment grand ni
l'infiniment petit y entrent pour rien .
Si l'on attribue l'infiniment grand à tout ce
qui est parallele , si un côté du triangle differen
ciel devenant nul , l'autre côté est infiniment
grand par rapport à ce côté qui devient nul , en
ce sens- là on pourra dire que tout ce qui existe de
plus petit dans la Nature , est infiniment grand .
Il faut donc avertir que par cette expression de
grandeur infinie , on doit entendre tout ce qu'on
peut concevoir de plus petit ; l'infiniment grand
et l'infiniment petit sont confondus. Qui ne
voit que ces expressions sont entierement contraires
aux idées qu'elles représentent ? Répondra-
t'on au sujet de ces expressions de l'infiniment
grand et du plus qu'infini , que les noms
des choses sont arbitraires ? Mais les noms des
choses ne doivent jamais présenter un sens opposé
aux idées generales , et à plus forte raison ,
aux veritez primitives et incommutables , et aux
notions claires dans lesquelles consiste l'évideace
même. Aristote , Ciceron , et plusieurs
Naturalistes , ont parlé d'un petit animal aîlé ,
qui ne vit qu'un jour , et qui pour cette raison a
été appellé Ephémere.Si l'on découvroit quelque
animal dont la vie fût bornée à la moitié d'un
jour et que les Naturalistes s'exprimassent ainsi ,
le petit animal qui ne vit que la moitié d'un
jour , est éternel ( en sous- entendant par rapport
II. Vol.
ce qui ne vit point du tout ) et la durée de
l'Ephemere est plus qu'éternelle, étant égale à la
duiée éternelle de cet autre petit animal', et de
plus à une demie journée , ces expressions pourtoient-
elles se concilier avec les idées que tous les
hommes se sont formées de la durée du temps ?
Il est démontré que le plus qu'infini est contradictoire
, qu'il ne peut y avoir differens ordres
d'infinis que le fini et l'infini ne peuvent
être égaux , que ce qui est extensible ou divisible
à l'infini , ne peut être supposé entierement
étendu ni entierement divisé ; que l'infiniment
grand et l'infiniment petit en Géométrie comme
en Physique sont des êtres de raison , que le fini
ne contient point l'infini , enfin que les principes
sur lesquels l'Auteur du Probiême s'est tondé
pour dépouiller la matiere de ses proprietez ,
sont insoutenables par le raisonnement.
l'acheverai dans le prochain Mercure cette
Démonstration par le Calcul ; et les observations
qui me restent à faire , sont d'autant plus importantes
, que le Calcul algebrique s'étant emparé
aujourd'hui des avenues de presque toutes les
Sciences , il est d'une conséquence extrême de le
rendre juste et exact dans la derniere précision.
de M.le Gendre, Marquis de S.Aub
sur-Loire, AH Problème contenu dam
Mercure du trois de Septembre dcrnij
sur l'Essence de la Matiere.
JE me suis engagé à réfuter le raisonnement
le Calcul, par lesquelsl'Auteur du Prot
me a prétendu dépoüiller la Mariere de ses pi
prietez. Il me reste à achever la Partie du R
sonnement, et à démontrer celle du Calcul. J
ferai encore une sous-division, et je partage
en deux Mercures,premièrement ce qui me
te à traiter suivant le Raisonnement, en sect
lieu, ce qui concerne le Calcul..
J'ai suffisamment établi que ce qui est exte
sible de plus en plus à l'infini, ne prut être s
poséétendu à l'infini, que par conséquent, d
la Géométrie, comme dans la Physique,tout
réduit au fini divisible et extensible de plus
plus à l'infini; que le passage du fini à l'infin
le retour sont impossibles, et que c'est la rais Il Foi. p.
pour laquelle on s'efforce inutilement de les expliquer.
La solution que l'Auteur du Prob ême
donne à cette difficulté , par l'éxaltation d'une
nature inférieure , comme du point à la ligne ,
de la ligne à la surface , de la surface au solide
est opposée au Systême des Infinitaires , que
composent les Plans d'autres Plans infiniment
petits , et les solides d'autres solides pareillement
elementaires. L'Auteur du Prob ême ajoûte : » le
» passage du fini à l'infii n'a ici rien de plus
extraordinaire que ce raisonnement , où il est
incontestable . Je prends un écu , puis un demi
écu , puis un quart , un demi quart , &c . Cela
fait un mouvement croissant et qui peut tou-
»jours croître à l'infini ; ou bien par un mouve
32 ment instantanée et fini , je prends d'un seul
» coup deux écus , cela va au même ; et que sçait
» on même si ce n'est pas plutôt le premier que
le second de ces mouvemens qui est infini
»Au moins le premier ne finit pas , et le second
finit aussi - tôt.
Comment l'Auteur du Problême entend-il que
ces deux mouvements vont au même , puisque
de son aveu , le premier ne finit pas et que le
second finit aussi tot ? Le fini ne contient point
P'infini , à moins qu'on n'ajoûte ce correctif, que
c'est un infini essentiellement concentré dans
son enveloppe et inépuisable dans sa mine, qu'au
cun développement ne peut épuiser, La divisibilité
à l'infini est la contradictoire de la division
à l'infini . L'infiniment petit est un indivisible, qui ,
par consequent est exclus de la divisibilité à l'in
fini. Autrement ce seroit rejetter , et admettre les
indivisibles , exclure et supposer les arômes. Bien
loin de conclure de la divisibilité à l'infini , que
Ja matiere contienne une infinité de parties ,
II. Vol.
2848 MERCURE L FRANCE
prolongement qu'on a supposé capable d'auge
mentation à l'infini , étoit achevé et rendu infini,
ou supposé infini , le prolongement infini seroit
toujours égal à la premiere dimension finie de
ce morceau de cire ou de ce lingot d'or. Voilà
en quoi la supposition renferme les deux contradictoires
; sçavoir , que le morceau de cire ou le
lingot d'or puissent être prolongez toujours de
plus en plus , et que leur prolongement soit terminé
, c'est- à - dire qu'ils passent du fini à l'infini
, ou d'un degré inferieur d'infini à un degré
superieur. Car quelque prolongement qu'on ait
donné à ce morceau de cire, ou à ce lingot d'or,
puisque ce prolongement est toujours capable
d'augmentation à l'infini , il ne peut jamais ête
achevé , à quelque progrès d'extension qu'on
l'arrête , il est fini , et étant égal à la dimension
originaire,c'est une quantité finie égale à une autre
quantité finie ; mais il est impossible et contardictoire,
que l'infini et le fini soient égaux entr'eux
, comme on prétend neanmoins le démon
trer dans les Livres des plus sçavans Géometres ,
au sujet des espaces asymptotiques hyperboli
ques , et en plusieurs autres occasions.
Suivant les Principes du Systême de l'Infini ,
les rayons d'un cercle sont des quantitez constantes
qui n'ont point de difference , mais suivant
les mêmes Principes , le cercle étant un polygone
d'une infinité de côtez, le rayon ne peut
être égal à l'apotême. Outre que l'infiniment petit
, comme je l'ai démontré , est un être de raison
, en le supposant neanmoins , le cercle ne
$
* Guinée , l'Hopital , Memoires de l'Académie
Royale des Sciences. Elemens de la Géometrie de
PInfini de M. de Fontenelle , &c.
II. Vol.
peur
DECEMBR E. 1733. 2849
f
peut être un polygone d'une infinité de côtez ,
ar si l'approximation des apotêmes est infinie , il
n'y a plus de polygone . Cette proposition que
le cercle est un polygone d'une infinité de cô ez,
est d'Archimede , ce grand Géometre en a fait
la supposition , pour parvenir à l'approximation
la plus exacte de la quadrature du cercle . S'il
avoit donné cette supposition pour géométrique,
ce seroit le cas d'appliquer ce qui a été dit par
le celebre Viette ; la conclusion d'Archimede ne
peut être juste , que celle d'Euclide ne soit fausse . *
Si verè Archimedes , fallaciter conclusit Euclides.
Car suivant Archimede , les rayons du cercle ne
pourroient être égaux entr'eux , au lieu que , suivant
Euclide , ils sont nécessairement égaux en-
2
tr'eux .
Pour prouver le passage du fini à l'infini , on
alleguera peut - être que dans les Démonstrations
appellées de maximis et minimis , il se fait un
passage du fini à l'infini . Voici comment le Marquis
de l'Hôpital ** s'exprime à ce sujet. » On
conçoit aisément qu'une quantité qui diminuë
» continuellement
, ne peut devenir de positive
négative , sans passer par le zéro ; mais on ne
voit pas avec la même évidence , que lorsqu'elle
augmente elle doive passer par l'infini ..
C'est ce qu'il entreprend de démontrer. Je soutiens
au contraire que ni l'infiniment grand ni l'infiniment
petit ne se rencontrent jamais dans les
courbes . Il est vrai que du positif au négatif , on
passe toujours par zero , mais ce passage n'a rien
de commun avec l'infiniment petit , et le changement
d'une quantité qui augmente , ne la fait
* Viette , Supplem . Géometr.
** Anal. des infinim. petits. §. 3. pag. 42 .
II. Vol. E 104-
10.30 " c
non-plus jamais passer par l'infiniment grand. Le
changement qui donne liea à cette expression de
l'infini , c'est que la soutangente devient perpen
diculaire ou parallele. Dans les chiffres il est
clair , que soit qu'on descende des nombres entiers
aux fractions , soit qu'on remonte des frac
tions aux nombres entiers, le passage est toujours
le même par zero , sans que l'infiniment grand ni
l'infiniment petit y entrent pour rien .
Si l'on attribue l'infiniment grand à tout ce
qui est parallele , si un côté du triangle differen
ciel devenant nul , l'autre côté est infiniment
grand par rapport à ce côté qui devient nul , en
ce sens- là on pourra dire que tout ce qui existe de
plus petit dans la Nature , est infiniment grand .
Il faut donc avertir que par cette expression de
grandeur infinie , on doit entendre tout ce qu'on
peut concevoir de plus petit ; l'infiniment grand
et l'infiniment petit sont confondus. Qui ne
voit que ces expressions sont entierement contraires
aux idées qu'elles représentent ? Répondra-
t'on au sujet de ces expressions de l'infiniment
grand et du plus qu'infini , que les noms
des choses sont arbitraires ? Mais les noms des
choses ne doivent jamais présenter un sens opposé
aux idées generales , et à plus forte raison ,
aux veritez primitives et incommutables , et aux
notions claires dans lesquelles consiste l'évideace
même. Aristote , Ciceron , et plusieurs
Naturalistes , ont parlé d'un petit animal aîlé ,
qui ne vit qu'un jour , et qui pour cette raison a
été appellé Ephémere.Si l'on découvroit quelque
animal dont la vie fût bornée à la moitié d'un
jour et que les Naturalistes s'exprimassent ainsi ,
le petit animal qui ne vit que la moitié d'un
jour , est éternel ( en sous- entendant par rapport
II. Vol.
ce qui ne vit point du tout ) et la durée de
l'Ephemere est plus qu'éternelle, étant égale à la
duiée éternelle de cet autre petit animal', et de
plus à une demie journée , ces expressions pourtoient-
elles se concilier avec les idées que tous les
hommes se sont formées de la durée du temps ?
Il est démontré que le plus qu'infini est contradictoire
, qu'il ne peut y avoir differens ordres
d'infinis que le fini et l'infini ne peuvent
être égaux , que ce qui est extensible ou divisible
à l'infini , ne peut être supposé entierement
étendu ni entierement divisé ; que l'infiniment
grand et l'infiniment petit en Géométrie comme
en Physique sont des êtres de raison , que le fini
ne contient point l'infini , enfin que les principes
sur lesquels l'Auteur du Probiême s'est tondé
pour dépouiller la matiere de ses proprietez ,
sont insoutenables par le raisonnement.
l'acheverai dans le prochain Mercure cette
Démonstration par le Calcul ; et les observations
qui me restent à faire , sont d'autant plus importantes
, que le Calcul algebrique s'étant emparé
aujourd'hui des avenues de presque toutes les
Sciences , il est d'une conséquence extrême de le
rendre juste et exact dans la derniere précision.
Fermer
Résumé : SECONDE PARTIE de la Répo[nse] de M. le Gendre, Marquis de S. Aub[in-]sur-Loire, au Problême contenu dans [le] Mercure du mois de Septembre derni[er] sur l'Essence de la Matiere.
Dans un texte publié dans le Mercure de septembre 1733, le Marquis de l'Aubespine réfute la théorie de l'essence de la matière présentée dans le 'Problème'. L'auteur du 'Problème' propose que la matière soit extensible à l'infini, une idée que le Marquis conteste vigoureusement. Il argue que le passage du fini à l'infini est impossible et que la matière ne peut être réduite à des éléments infiniment petits. Le Marquis critique également la comparaison faite par l'auteur du 'Problème' entre la division d'un écu et le passage du fini à l'infini, affirmant que ces deux processus ne sont pas équivalents. Il démontre que l'infiniment petit est un indivisible, ce qui exclut la possibilité de divisibilité à l'infini. De plus, il remet en question la proposition d'Archimède selon laquelle le cercle est un polygone à une infinité de côtés, la jugeant contradictoire. Le Marquis conclut que les principes sur lesquels l'auteur du 'Problème' s'est fondé pour décrire la matière sont insoutenables. Il prévoit d'achever sa démonstration dans le prochain Mercure en se concentrant sur le calcul.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
8
p. 285-292
LETTRE écrite à M. D. L. R. sur les Pendules à quadran mobile, par le sieur Julien le Roy, A. D. de la Societé des Arts.
Début :
J'ai remarqué, Monsieur, deux choses qui m'interessent dans la Lettre de M. [...]
Mots clefs :
Cercle, Pendules, Usage, Société des arts, Public, Cadran, Échappement, M. Dufay, Équation, Pendule
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE écrite à M. D. L. R. sur les Pendules à quadran mobile, par le sieur Julien le Roy, A. D. de la Societé des Arts.
LETTRE écrite à M. D. L. R. sur les
Pendules à quadran mobile , par le sieur
Julien le Roy , A. D. de la Societé des
Arts.
J'ai remarqué , Monsieur , deux choses
J'ai remarqué , la 2 deue deM.
Thiou , inserée dans le Mercure de Décembre
1733. pag. 2668. l'une qu'il donne
des idées désavantageuses des Pendules
à cercle d'Equation , et l'autre , qu'il y
avance que c'est M. Dufay qui les a perfectionnées.
Comme j'ai vendu plusieurs de ces
Pendules , dont j'ai loué la justesse et l'utilité
; et que je me suis déclaré le seul
Auteur de la disposition avantageuse de
leurs Cadrans , pour marquer le tems vrai ,
et le tems moyen : ces deux motifs m'obligent
, Monsieur , à vous adresser cette
Lettre , pour me justifier dans le Public
du reproche qu'il auroit droit de me faire ,
si M. Th . accusoit juste dans toute la critique
qu'il fait de la Pendule de M. Pierre
le Roy , mon frere : c'est ce que je vais
faire le plus succinctement qu'il me sera
possible.
Dans i
186 MERCURE DE FRANCE
Dans le même Mercure pag. 2669. M.
Th . dit : « Cette me hode , quoique très
bonne , a des difficultez qui empêchent
» que le public n'en tire tout l'avantage
» qu'il désireroit , parce qu'il est difficile
d'en faire prendre connoissance aux
» personnes même intelligentes , et en ce
» qu'il faut s'approcher du Cadran toutes
>> les fois qu'on veut voir l'heure , et avoir
» toûjours égard aux nouvelles positions
»du Cercle après l'avoir misau quantiéme,
» ce qui nest guerre utile pourun usage ordinaire
, mais très - bon pour un sçavant ,
» comme étoit l'Inventeur , feu M. Dela-
» hire ,, et comme est M. Dufay , qui l'a
» si bien perfectionné.
29
Qui ne croiroit après avoir lû cet article
, que M. Th. n'a jamais voulu faire
de ces Pendules à cercle , parce qu'il les
a trouvées défectueuses ? Cependant il n'y
a peut -être pas d'Horlogeur à Paris qui en
ait fait un aussi grand nombre que lui ;
j'en appelle à témoins tous ceux qui en
ont de sa façon ; auroit- t'il vendu des ouvrages
qu'il n'estimoit pas?Ou voudroit- il
inspirer du mépris pour ceux qu'il n'a
point fait ? On en jugera par ce qui suit .
Lui- même a répandu dans le public en
1735. un Ecrit , imprimé chez la veuve
Knapen , qui a pour titre Instruction sur
l'usage
FEVRIER. 1734 287
Pusage du cercle d'Equation , que le sieur
Th. ajoûte à ses Pendules. Cet imprimé de
trois
pages commence par ces termes.
»Ce Cercle , nouvellement inventé , est
placé à la circonference du Cadran de la
» Pendule , où il est mobile , et divisé
» suivant la table du tems moyen au midy
» vrai , &c. & plus bas , par le cercle
dit il , on a non seulement l'heure du
» Soleil pour tous les jours de l'année
>> mais aussi la facilité d'y vérifier sa Pen-
> dule , &c. -
Comment M. Th. accordera- t'il ses
propres contradictions ? en 1730. il fait
imprimer , et donne au public un usage
pour regler les Pendules qu'il fait à Cercle
d'équation , et en 1733. il avance dans le
Mercu e qu'elles ne sontgueres utiles pour un
usage ordinaire.
En 1730. ce même Cercle lui a paru
nouvellement inventé. Si une invention
qu'il dattoit de huit années et plus , pou
voit alors passer pour nouvelle , il a eu
raison ; car c'est en 1722. que je fis pour
M. de Marian , de l'Académie des Sciences
, la premiere de ces Pendules à Cercle
d'Equation , et peu après une autre , que
M. Dufay me demanda pour M. Landais.
M. Th. veut faire entendre au public
que
288 MERCURE DE FRANCE
que ces Pendules ne sont gueres utiles pour un
usage ordinaire , mais très - bonnes pour un
Sçavant.
.
En effet ne faut -il pas l'être beaucoup
pour sçavoir le quantiéme du mois ? Et
pour tourner avec la main unCadran où il
est gravé , et le mettre vis-à-vis un Index
qui est fixe ? Cela est à peu près aussi difficile
d'ouvrir une montre pour
que
mettre à l'heure .
la
Pour montrer que M. Th. se trompe
totalement , quand il avance que M. Dufay
a perfectionné les Pendules .en questión
, je vais rapporter mot à mot l'Extrait
du Memoire de cet Académicien
qui est inseré dans ceux de l'Académie
Royale des Sciences , année 1725. page 72 .
«Nous avons vû les changemens qu'y
a fait le sieurJulien le Roy : il ne s'en est
» pas tenu - là ; il a imaginé de couper en
»deux la Courbe de M. Delahyre, qui re-
»venoit quatre fois sur elle- même en ser
»pentant, et par ce moyen il l'a tracée sur
» un cercle de laiton mobile , qui entoure
» le Cadran de la Pendule ; ayant placé ex-
» terieurement sur la fausse plaque deux
alidades fixes, l'une à l'heure de midy , et
l'autre à six heures , il ne reste plus qu'à
» tourner avec la main ce Cercle qui porte
» aussi un Cadran de minutes , et placer le
» jour
FEVRIER. 1734 . 289
» jour dont on veut sçavoir l'équation
»sous celle des alidades à laquelle le mois
répond par ce moyer l'aiguille des
» minutes qui marque sur le Cadran fixe
» de la Pendule l'heure moyenne et regu-
» liere , marquera sur le Cadran mobile
>> l'heure du Soleil ; je crois qu'il est difficile
de rien imaginer de plus simple , de
» plus exact , de plus commode , &c.
Peut- on rien dire de plus précis , de
plus clair , et de plus juste que ce que dit
M. Dufay dans cet article ? Il y rend avec
la derniere équité ce qui est dû à M. Delahire
, Inventeur de cette Courbe , et à
moi qui ai imaginé les changemens avantageux
qui l'ont rendue utile ; cette façon
dont je l'ai appliquée aux Pendules, a même
fourni à M. Dufay l'idée d'une machine
de carton , qui est analogue au Cadran
mobile , et qu'il a imaginé pour l'utilité
de ceux qui n'ont point de Cercle d'équation
à leur Pendule .
Si M. Th. avoit lû le Memoire de
M. du Fay , on doit penser qu'il auroit
équitablement suivi son exemple , et ne se
seroit nullement exposé à laisser entrevoir
qu'il ne lui a attribué le mérite de cette
production , qu'à dessein d'en dépoüiller
celui qui en est le veritable Auteur.
Voilà , M. ce que j'avois à vous écrire
sur
"
20 MERCURE DE FRANCE
sur un article de la Lettre de M. Th.
à l'égard de ce qu'elle contient d'ailleurs,
mon frere est très - capable d'y répondre.
Mais pendant que j'ai la plume à la main,
je suis bien aise , M. d'avoir l'honneur
de vous dire un mot sur un autre petit
démêlé d'Horlogerie que j'ai à finir avec
M. Th. au sujet d'un Echappement de
Montre qu'il a voulu mettre en usage
à Paris , deux ans après que ce même
Echappement avoit été abandonné et reconnu
pour mauvais à Londres. Voici
de quoi il s'agit.
Dans le Mercure d'Avril 1729. page
746. j'écrivis à M. Th . une Lettre dont
voici le premier article .
>> Lorsque vous vous êtes déterminé ;
» M. à donner au Public , par la voye du
» Mercure du mois dernier , page 544.
» une idée avantageuse de l'Echappement
de M. de Flamanville , vous ignoriez
» apparemment que la pluspart des Hor-
» logers de Londres l'ont mis en usage
» dès le commencement de l'année 17.7 .
» et l'ont totalement abandonné vers la
» fin de la même année .
Le Mercure de May suivant contient
une Réponse de M. Th. je n'en donnerai
point ici l'Extrait , parce qu'elle mérite
d'être lûë en entier , afin d'y voir
avec
FEVRIER. 1734 291
avec quelle confiance il y annonce le
succès du nouvel Echappement qu'il appliquoit
pour lors à ses Montres. Comme
cette Lettre fit impression sur l'esprit
de quelques personnes , et que je
fis refléxion alors combien il est difficile
au Public de juger sainement de la bonté
des Montres par leur construction ; je me
déterminai à differer ma réplique , prévoyant
que l'usage du nouvel Echappement
seroit aussi défectueux à Paris qu'il
avoit été trouvé deux ans auparavant à
Londres . A présent que mes conjectures
sont confirmées , je vous fais part , M. de
de ce que j'ay appris sur ce sujet.
Les Ouvriers de M. Th. ont publié il
y a environ deux ans , que j'avois prévû
dans ma Lettre tout ce qui lui étoit
arrivé , et qu'il avoit été obligé de remettre
à l'ordinaire toutes les Montres où
il avoit appliqué le nouvel Echappement
qu'il avoit adopté ; mais si on suppose
que ces discours ont été tenus sans fondement
, je demanderai pourquoi il n'a
pas appliqué ce merveilleux Echappement
à la Montre d'or à quantiéme
à secondes et à répetition , qu'il a eu
l'honneur de faire depuis environ un
an pour M. le Comte de Clermont ?
et pourquoi il n'en a pas fait usage en
travail-
1
292 MERCURE DE FRANCE
travaillant pour un Prince aussi respectable
par ses lumieres , que par la protection
éclatante qu'il accorde aux Arts,
et à ceux qui les professent ?
qui
En attendant que M. Th. nous rende
raison de ses variations , concluons , M.
qu'il seroit avantageux aux Horlogers
nous succederont , et aux progrès
de l'Horlogerie , qu'il nous instruisit- des
raisons qui l'ont déterminé , tant à ne
plus faire de ces Montres- là , qu'à ne
plus dorer les roues de rencontres , comme
il le marque dans sa Lettre du même
Mercure , page 980. Se seroit - il enfin
apperçu que le feu , le Mercure ,
l'eau forte , et les gratteboises , sont des
agents qui détruisent la dureté , la forme
et l'égalité que doivent avoir les dents
d'une roue de rencontre ? Faites- moi la
grace , M. d'être persuadé que je n'ai ici
principalement en vûe que de soutenir
l'usage d'une sorte de Pendule qui est
géneralement approuvée des Sçavans et
des Horlogers , parce que sa construction
est aussi simple qu'elle est commode
et utile au Public. Je suis , &c.
Le Memoire de M. de la Hire , dont
il est question dans ma Lettre , est inseré
dans ceux de l'Académie Royale des
Sciences , année 1717. page 242 .
Pendules à quadran mobile , par le sieur
Julien le Roy , A. D. de la Societé des
Arts.
J'ai remarqué , Monsieur , deux choses
J'ai remarqué , la 2 deue deM.
Thiou , inserée dans le Mercure de Décembre
1733. pag. 2668. l'une qu'il donne
des idées désavantageuses des Pendules
à cercle d'Equation , et l'autre , qu'il y
avance que c'est M. Dufay qui les a perfectionnées.
Comme j'ai vendu plusieurs de ces
Pendules , dont j'ai loué la justesse et l'utilité
; et que je me suis déclaré le seul
Auteur de la disposition avantageuse de
leurs Cadrans , pour marquer le tems vrai ,
et le tems moyen : ces deux motifs m'obligent
, Monsieur , à vous adresser cette
Lettre , pour me justifier dans le Public
du reproche qu'il auroit droit de me faire ,
si M. Th . accusoit juste dans toute la critique
qu'il fait de la Pendule de M. Pierre
le Roy , mon frere : c'est ce que je vais
faire le plus succinctement qu'il me sera
possible.
Dans i
186 MERCURE DE FRANCE
Dans le même Mercure pag. 2669. M.
Th . dit : « Cette me hode , quoique très
bonne , a des difficultez qui empêchent
» que le public n'en tire tout l'avantage
» qu'il désireroit , parce qu'il est difficile
d'en faire prendre connoissance aux
» personnes même intelligentes , et en ce
» qu'il faut s'approcher du Cadran toutes
>> les fois qu'on veut voir l'heure , et avoir
» toûjours égard aux nouvelles positions
»du Cercle après l'avoir misau quantiéme,
» ce qui nest guerre utile pourun usage ordinaire
, mais très - bon pour un sçavant ,
» comme étoit l'Inventeur , feu M. Dela-
» hire ,, et comme est M. Dufay , qui l'a
» si bien perfectionné.
29
Qui ne croiroit après avoir lû cet article
, que M. Th. n'a jamais voulu faire
de ces Pendules à cercle , parce qu'il les
a trouvées défectueuses ? Cependant il n'y
a peut -être pas d'Horlogeur à Paris qui en
ait fait un aussi grand nombre que lui ;
j'en appelle à témoins tous ceux qui en
ont de sa façon ; auroit- t'il vendu des ouvrages
qu'il n'estimoit pas?Ou voudroit- il
inspirer du mépris pour ceux qu'il n'a
point fait ? On en jugera par ce qui suit .
Lui- même a répandu dans le public en
1735. un Ecrit , imprimé chez la veuve
Knapen , qui a pour titre Instruction sur
l'usage
FEVRIER. 1734 287
Pusage du cercle d'Equation , que le sieur
Th. ajoûte à ses Pendules. Cet imprimé de
trois
pages commence par ces termes.
»Ce Cercle , nouvellement inventé , est
placé à la circonference du Cadran de la
» Pendule , où il est mobile , et divisé
» suivant la table du tems moyen au midy
» vrai , &c. & plus bas , par le cercle
dit il , on a non seulement l'heure du
» Soleil pour tous les jours de l'année
>> mais aussi la facilité d'y vérifier sa Pen-
> dule , &c. -
Comment M. Th. accordera- t'il ses
propres contradictions ? en 1730. il fait
imprimer , et donne au public un usage
pour regler les Pendules qu'il fait à Cercle
d'équation , et en 1733. il avance dans le
Mercu e qu'elles ne sontgueres utiles pour un
usage ordinaire.
En 1730. ce même Cercle lui a paru
nouvellement inventé. Si une invention
qu'il dattoit de huit années et plus , pou
voit alors passer pour nouvelle , il a eu
raison ; car c'est en 1722. que je fis pour
M. de Marian , de l'Académie des Sciences
, la premiere de ces Pendules à Cercle
d'Equation , et peu après une autre , que
M. Dufay me demanda pour M. Landais.
M. Th. veut faire entendre au public
que
288 MERCURE DE FRANCE
que ces Pendules ne sont gueres utiles pour un
usage ordinaire , mais très - bonnes pour un
Sçavant.
.
En effet ne faut -il pas l'être beaucoup
pour sçavoir le quantiéme du mois ? Et
pour tourner avec la main unCadran où il
est gravé , et le mettre vis-à-vis un Index
qui est fixe ? Cela est à peu près aussi difficile
d'ouvrir une montre pour
que
mettre à l'heure .
la
Pour montrer que M. Th. se trompe
totalement , quand il avance que M. Dufay
a perfectionné les Pendules .en questión
, je vais rapporter mot à mot l'Extrait
du Memoire de cet Académicien
qui est inseré dans ceux de l'Académie
Royale des Sciences , année 1725. page 72 .
«Nous avons vû les changemens qu'y
a fait le sieurJulien le Roy : il ne s'en est
» pas tenu - là ; il a imaginé de couper en
»deux la Courbe de M. Delahyre, qui re-
»venoit quatre fois sur elle- même en ser
»pentant, et par ce moyen il l'a tracée sur
» un cercle de laiton mobile , qui entoure
» le Cadran de la Pendule ; ayant placé ex-
» terieurement sur la fausse plaque deux
alidades fixes, l'une à l'heure de midy , et
l'autre à six heures , il ne reste plus qu'à
» tourner avec la main ce Cercle qui porte
» aussi un Cadran de minutes , et placer le
» jour
FEVRIER. 1734 . 289
» jour dont on veut sçavoir l'équation
»sous celle des alidades à laquelle le mois
répond par ce moyer l'aiguille des
» minutes qui marque sur le Cadran fixe
» de la Pendule l'heure moyenne et regu-
» liere , marquera sur le Cadran mobile
>> l'heure du Soleil ; je crois qu'il est difficile
de rien imaginer de plus simple , de
» plus exact , de plus commode , &c.
Peut- on rien dire de plus précis , de
plus clair , et de plus juste que ce que dit
M. Dufay dans cet article ? Il y rend avec
la derniere équité ce qui est dû à M. Delahire
, Inventeur de cette Courbe , et à
moi qui ai imaginé les changemens avantageux
qui l'ont rendue utile ; cette façon
dont je l'ai appliquée aux Pendules, a même
fourni à M. Dufay l'idée d'une machine
de carton , qui est analogue au Cadran
mobile , et qu'il a imaginé pour l'utilité
de ceux qui n'ont point de Cercle d'équation
à leur Pendule .
Si M. Th. avoit lû le Memoire de
M. du Fay , on doit penser qu'il auroit
équitablement suivi son exemple , et ne se
seroit nullement exposé à laisser entrevoir
qu'il ne lui a attribué le mérite de cette
production , qu'à dessein d'en dépoüiller
celui qui en est le veritable Auteur.
Voilà , M. ce que j'avois à vous écrire
sur
"
20 MERCURE DE FRANCE
sur un article de la Lettre de M. Th.
à l'égard de ce qu'elle contient d'ailleurs,
mon frere est très - capable d'y répondre.
Mais pendant que j'ai la plume à la main,
je suis bien aise , M. d'avoir l'honneur
de vous dire un mot sur un autre petit
démêlé d'Horlogerie que j'ai à finir avec
M. Th. au sujet d'un Echappement de
Montre qu'il a voulu mettre en usage
à Paris , deux ans après que ce même
Echappement avoit été abandonné et reconnu
pour mauvais à Londres. Voici
de quoi il s'agit.
Dans le Mercure d'Avril 1729. page
746. j'écrivis à M. Th . une Lettre dont
voici le premier article .
>> Lorsque vous vous êtes déterminé ;
» M. à donner au Public , par la voye du
» Mercure du mois dernier , page 544.
» une idée avantageuse de l'Echappement
de M. de Flamanville , vous ignoriez
» apparemment que la pluspart des Hor-
» logers de Londres l'ont mis en usage
» dès le commencement de l'année 17.7 .
» et l'ont totalement abandonné vers la
» fin de la même année .
Le Mercure de May suivant contient
une Réponse de M. Th. je n'en donnerai
point ici l'Extrait , parce qu'elle mérite
d'être lûë en entier , afin d'y voir
avec
FEVRIER. 1734 291
avec quelle confiance il y annonce le
succès du nouvel Echappement qu'il appliquoit
pour lors à ses Montres. Comme
cette Lettre fit impression sur l'esprit
de quelques personnes , et que je
fis refléxion alors combien il est difficile
au Public de juger sainement de la bonté
des Montres par leur construction ; je me
déterminai à differer ma réplique , prévoyant
que l'usage du nouvel Echappement
seroit aussi défectueux à Paris qu'il
avoit été trouvé deux ans auparavant à
Londres . A présent que mes conjectures
sont confirmées , je vous fais part , M. de
de ce que j'ay appris sur ce sujet.
Les Ouvriers de M. Th. ont publié il
y a environ deux ans , que j'avois prévû
dans ma Lettre tout ce qui lui étoit
arrivé , et qu'il avoit été obligé de remettre
à l'ordinaire toutes les Montres où
il avoit appliqué le nouvel Echappement
qu'il avoit adopté ; mais si on suppose
que ces discours ont été tenus sans fondement
, je demanderai pourquoi il n'a
pas appliqué ce merveilleux Echappement
à la Montre d'or à quantiéme
à secondes et à répetition , qu'il a eu
l'honneur de faire depuis environ un
an pour M. le Comte de Clermont ?
et pourquoi il n'en a pas fait usage en
travail-
1
292 MERCURE DE FRANCE
travaillant pour un Prince aussi respectable
par ses lumieres , que par la protection
éclatante qu'il accorde aux Arts,
et à ceux qui les professent ?
qui
En attendant que M. Th. nous rende
raison de ses variations , concluons , M.
qu'il seroit avantageux aux Horlogers
nous succederont , et aux progrès
de l'Horlogerie , qu'il nous instruisit- des
raisons qui l'ont déterminé , tant à ne
plus faire de ces Montres- là , qu'à ne
plus dorer les roues de rencontres , comme
il le marque dans sa Lettre du même
Mercure , page 980. Se seroit - il enfin
apperçu que le feu , le Mercure ,
l'eau forte , et les gratteboises , sont des
agents qui détruisent la dureté , la forme
et l'égalité que doivent avoir les dents
d'une roue de rencontre ? Faites- moi la
grace , M. d'être persuadé que je n'ai ici
principalement en vûe que de soutenir
l'usage d'une sorte de Pendule qui est
géneralement approuvée des Sçavans et
des Horlogers , parce que sa construction
est aussi simple qu'elle est commode
et utile au Public. Je suis , &c.
Le Memoire de M. de la Hire , dont
il est question dans ma Lettre , est inseré
dans ceux de l'Académie Royale des
Sciences , année 1717. page 242 .
Fermer
Résumé : LETTRE écrite à M. D. L. R. sur les Pendules à quadran mobile, par le sieur Julien le Roy, A. D. de la Societé des Arts.
Julien Le Roy répond à des critiques formulées par M. Thiou dans le Mercure de Décembre 1733. Il conteste deux points principaux : les idées désavantageuses sur les pendules à cercle d'équation et l'attribution des perfectionnements à M. Dufay. Julien Le Roy affirme être l'auteur de la disposition avantageuse des cadrans de ces pendules, permettant de marquer le temps vrai et le temps moyen. Il souligne que M. Thiou, malgré ses critiques, a fabriqué et vendu un grand nombre de ces pendules et a même publié un écrit en 1735 expliquant leur usage. Julien Le Roy rappelle qu'il a inventé ces pendules en 1722 et les a améliorées par la suite. Il cite un mémoire de M. Dufay de 1725, qui reconnaît ses contributions. Julien Le Roy mentionne également un différend concernant un échappement de montre, critiqué à Londres avant de l'être à Paris. Il exprime son souhait de promouvoir l'usage des pendules à cercle d'équation, appréciées pour leur simplicité et leur utilité.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
9
p. 1130-1139
LETTRE de M. Pierre le Roy, Horloger, à M. de .... pour servir de Réponse à la Lettre de M. Thiout, insérée dans le Mercure de France, Décembre 1733. page 2668.
Début :
Vous êtes sans doute surpris, Monsieur, de la Lettre que vous avez [...]
Mots clefs :
Détente, Levée, Minutes, Pendule, M. Thiout, Roue, Cercle, Cadran, M. Enderlin, Cliquet, Rochet
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE de M. Pierre le Roy, Horloger, à M. de .... pour servir de Réponse à la Lettre de M. Thiout, insérée dans le Mercure de France, Décembre 1733. page 2668.
LETTRE de M. Pierre le Roy ,
Horloger , à M. de .... pour servir de
Réponse à la Lettre de M. Thiout ,
insérée dans le Mercure de France ,
Décembre 1733. page 2668 .
Vsieur,de la Lettre que vous avez
Ous êtes sans doute surpris , Monlûe
dans le Mercure , au sujet de la Pendule
que j'ai annoncée dans le même
Journal au mois de Septembre dernier.-
Les commoditez et les avantages que
vous y avez trouvé et que M. 1 hiout
n'y veut pas reconnoître , font , sans
doute , le sujet des explications plus par
I. Vol. ticulieres.
JUIN. 1734 7134
>
ticulieres que vous me demandez.
Ma Pendule marque les minutes du
tems vrai sur un cercle mobile autour
du Cadran , et le mouvement de ce cercle
se regle en mettant sous un Index le
quantiéme du mois marqué sur ce cercle.
Vous ne vous attendiez pas que M.
Thiout feroit au Public , et même aux
personnes intelligentes, l'injustice de leur
refuser assez de connoissance pour met
tre le quantiéme du mois sous un Index ,
et pour s'approcher du Cadran jusqu'à
une distance convenable toutes les fois
que l'on veut voir l'heure du tems vrai,
Ma Pendule n'a point d'autre défaut
que les autres dans cette partie ; et quoique
les minutes du tems vrai ne conviennent
point avec celles du tems moyen
le cercle mobile où elles sont marquées
étant blanc , et les chifres étant noirs et
gros , il est très- facile de les remarquer au
moins d'aussi loin qu'on peut voir l'aiguille
des minutes : Or depuis qu'il n'y
a point de difficulté pour remarquer
la
minute à laquelle répond l'aiguille , on
y peut trouver l'avantage que je m'étois.
proposé.
Si j'avois mis une détente ordinaire à
ma Pendule , elle n'auroit sonné les
que
heures du tems moyen , et par
J. Vol.
consequent
1132 MERCURE DE FRANCE
quent la sonnerie auroit pû retarder et
avancer d'un quart d'heure sur le tems
vrai auquel on se regle. Pour éviter cet
inconvenient , j'ai imaginé une détente
qui ne la fait sonner que quand l'éguille
Est à 60. minutes du rems vrai .
M. Thiout avoue que ma détente est in
genicuse ; mais pour en diminuer le merite
il dit que M. Enderlin en a imaginé
une autre , où il évite les talus qui sont à
la mienne, ce qui la rend plus parfaite et
plus facile à executer, M. Thiout devoit
donner la description de cette détente
pour qu'on pût en faire la comparaison et
remarquer les avantages de l'une sur l'autre.
Pour vous faire sentir , M. combien
ma détente est au dessus de celle de M.
Enderlin , il faut les décrire toutes deux.
Lorsqu'on fait tourner le Cadran du
tems vrai dans ma Pendule , ce Cadran
emporte avec lui au- dedans de la cadrature
un levier , à l'extrêmité duquel est
un cercle concentrique , à la rouë des minutes,
et qui peut se mouvoir perpendiculairement
au plan du Cadran , dont la
circonference répond toujours à la détente
de la sonnerie , ensorte que ce cercle ne
sçauroit se mouvoir sans faire lever la
détente . Ce cercle qu'on peut appeller
levée circulaire , a deux plans inclinés de
1. Vol. champ,
JUIN. 1734- 3133
champ' , et chaque plan incliné en occupe
la moitié ; ensurte que ce cercle ressemble
à une rouë de rencontre qui n'auroit
que deux dents : l'un des plans inclinés
répond toujours à 60. minutes du Cadran
mobile , et l'autre à trente minutes.
La roue des minutes , au lieu de cheville
, porte un plan incliné , sur lequel
les plans inclinés du cercle concentrique
reposent toujours , ainsi la rouë des minutes
en tournant , fait mouvoir ce cercle
perpendiculairement au plan du Cadran:
et leve la détente de la sonnerie , quand
le plan incliné de la rouë de minutes est
arrivé au sommet du plan incliné qui répond
à 6c. minutes ou à 30 minutes du
Cadran mobile , le plan incliné du cercle
concentrique qui étoit engagé , se dé
gage. Ce cercle reprend sa situation na
turelle , la détente retombe et permet à
la Pendule de sonner.
ainsi
Vous voyez par ce détail , M. que ma:
détente a deux avantages sur les déten
tes mêmes ordinaires. 1 ° . Il y a toujours
un plan incliné de la levée qui répose
sur le plan incliné de la chaussée
la resistance que le mouvement trouve
est toujours uniforme , au lieu que dans
lęs Pendules ordinaires la levée ne porte
sur la cheville qu'environ un quart d'heu-
I.Vol.
,
134 MERCURE DE FRANCE
re avant l'heure ou la demie , par consequent
le mouvement ne trouve pas toujours
une resistance égale. La cheville
dans l'opération qu'elle fait , n'agit pas
toujours sous ce même angle , et sa force
n'est pas ménagée comme dans ma Penduke
.
>
la
2º. Puisque chaque plan incliné de
ma détente occupe un demi cercle
rouë de minutes employe une demie heure
entiere à lever la détente , au lieu que
cette opération se fait dans un quart
d'heure dans les Pendules ordinaires , et
comme leurs forces sont en raison renversée
des tems employés à surmonter une
même resistance , ma rouë de minutes ne
doit employer pour lever ma détente ,
que la moitié de la force qui se trouve
employée pour lever les détentes ordinai-
ECS.
M. Thiout n'avoit pas , sans doute , fait
ces reflexions , quand il a mis ma détente
au- dessous de celle de M. Enderlin
qui , comme on va le faire voir , demande
beaucoup plus de force que les détentes
ordinaires ; car pour la détente de M.
Enderlin , il y a au centre de la quadrature
un rochet porté sur une virole fixée
à la platine , au travers de laquelle passe
la tige qui porte la rouë de minute ;
I. Vol.
он
JUIN. 1734. 1135
ou rouë dechaussée . Ce rochet à un bras
qui est toujours engagé dans la levée de
la détente , ensorte qu'il ne sçauroit être
mû sans mouvoir cette levée . Le Cadran
mobile des minutes porte aussi une au
tre levée mobile sur une cheville dont
le bout répond toujours à 60. minutes du
Cadran mobile des minutes , et cette levée
porte à son extrêmité un cliquet pous
sé par un ressort qui peut s'engager dans
les dents du rochet dont j'ai parlé.
La chaussée porte deux chevilles , l'une
pour l'heure , et l'autre pour la demie.
Chaque cheville prend à son tour le bout
de cette derniere lévée , la pousse et fait
engager le cliquet dans une dent du rochet.
Ce cliquet , ou pour mieux dire la
Jevée , ( parce que le cliquet ne sert à la
levée que de point d'appui dans la dent
du rochet , ) fait tourner le rochet , qui
en tournant fait lever la détente par le
moyen de son bras qui est engagé dans
la levée ; et quand la cheville de la rouë
de minutes est dégagée , la détente reprend
sa place et la Pendule sonne.
Examinons presentement cette détente
, et voyons si elle peut ésre mise
en parallele avec la mienne. D'abord il
faut plus de force pour mouvoir la levée
qui tient au Cadran mobile que pour le-
I. Vol. Ver
1136 MERCURE DE FRANCE
ver celle des Pendules ordinaires , parce
qu'il faut vaincre la resistance d'un ressort
, qui doit non -seulement renvoyer
la levée , mais qui doit encore dégager le
cliquet qui est engagé et poussé dans le
rochet par un ressort . Outre cela il est évident
que le mouvement qu'il faut donner
au rochet et à la détente de la sonnerie
, oppose de nouvelles resistances
qui ne se trouvent point ailleurs . La détente
de M. Enderlin a donc trois défiuts.
1. L'operation pour lever la détente
se fait dans un demi quart d'heure
ou environ , et dès-là la résistance que
fait la premiere levée à la cheville qui la
pousse est plus que double de celle des
levées ordinaires . 2. Cetre premiere le
vée qui porte le cliquer , doit faire tour
ner le rochet, et ce rochet doit reprendre
sa situation . Il faut donc un ressort à ce
rochet pour le ramener , et par consequent
voilà une resistance nouvelle , qui
seule est beaucoup plus considerable que
toutes celles qui se trouvent dans ma
pendule et dans les Pendules ordinaires :
Un examen plus severe feroit encore voir
un inconvenient dans la virole sur laquelle
tourne le rochet , car cette virole
étant grosse , le mouvement du rochet
ne sçauroit se faire sans beaucoup de
frottement. 3
JUIN. 1734. 1137
3°. A l'endroit où le bras au rochet est
engagé avec la levée de la détente , il
se fait encore un nouveau fottement que
le mouvement de la Pendule doit vaincre.
>
Enfin , puisque c'est la cheville de la
rouë de minute qui doit faire faire toutes
ces operation xausquelles elle employe une
grande partie de sa force , qu'eile les fait
dans un demi quart d heure ou environ
sous des angles continuellement variés ,
et qu'elle est libre le reste du tems. Personne
ne sera surpris si la Pendule dont
M. ,Thiout vante tant la détente , n'a pas
toute la regularité qu'on exige d'une
bonne Pendule .
A l'égard de l'éxecution de ces deux détentes,
il est visible que celle de la mienne
est beaucoup plus facile que celle de
l'autre. Premierement , en ce que ma levée
circulaire n'a pas besoin d'autre précision
que d'être à peu près concentrée à
la rouë de minutes , et d'être partagée en
deux parties égales par les deux plans inclinés
, au lieu que la détente de M. Enderlin
demande que la levée qui porte
le cliquet soit parfaitement concentrée
, autrement le cliquet pourroit bien
manquer. Le rochet , ou du moins le
bout de cette levée , étant plus ou moins
J. Vol. proche
138 MERCURE DE FRANCE
proche du centre se dégagetoit plus tard
ou plûtôt de la cheville , et la Pendule
ne sonneroit pas précisement à 60. minutes
, ni à 30. minutes. Secondement , il
n'y a dans ma Pendule que la levée circulaire
à mouvoir pour faire lever la détente.
de la sonnerie , ainsi il n'y a qu'une piece
qui peut demander quelque regularité .
Dans la Pendule de M. Enderlin , la levée
qui porte le cliquet demande au moins
autant de regularité que ma levée circulaire
; le cliquet que porte cette levée demande
aussi de la regularité ; le bras qui
reçoit dans sa fente la cheville de la levée
de la sonnerie , demande encore de la
sujetion , sans compter le rochet qui doit
être bienfait et bien libre sur sa virole.
Enfin toutes les pieces à mouvoir consommant
une trop grande partie de la force
de la Pendule la pourroient faire arrêter si
elle étoit mal faite , cu construite par une
main moins habile que celle de M. Enderlin
. Je conclus donc ; M. que ma détente
est beaucoup plus aisée à executer,
plus solide , moins fatiguante pour le
mouvement , et par consequent préferable
à la sienne ; et je suis même étonné
que M. Enderlin , qui avoit beaucoup
de genie , et qui avoit vû ma détente
quatre ans ayant d'imaginer la sienne ,
L.Vol.
l'ait
JUI N. 1734. 1139
l'ait faite si défectueuse et si contraire aux
principes de la bonne horlogerie.
Ma Pendule marque aussi le quantiéme
du mois d'une maniere plus simple
qu'on ne le fait ordinairement. M.Thiout
me rend justice , en disant qu'il ne croit
pas que mon dessein soit d'en imposer ,
quand j'ai dit que les quantiémes ordinai
res se marquoient par le moyen de trois
roues et deux pignons. Il est vrai que
c'est une faute qui s'est glissée , mais j'ai
voulu dire trois rouleaux , deux rouës et
un pignon , au lieu que dans ma Pendule
je ne mets que trois chevilles sur le barillet
de sonnerie qui fait son tour en trois
jours qui prend chaque jour à minuit
une dent de la roue du quantiéme. J'avols
regardé cette façon de faire marquer
le jour du mois comme une idée qui peut
venir à tout le monde , c'est pourquoi
je n'en avois pas donné la description
dans la Lettre où j'ai annoncé ma Pendule
et je ne la donne aujourd'hui que
pour vous faire voir , Monsieur , que je
n'ajoute à ma Pendule qu'une seule rouë
pour lui faire marquer le quantiéme au
lieu de trois rouleaux , deux roues et un
pignon qui sont enployées dans les Pendules
ordinaires pour la même operation .
A restepourle Mercure prochain.
Horloger , à M. de .... pour servir de
Réponse à la Lettre de M. Thiout ,
insérée dans le Mercure de France ,
Décembre 1733. page 2668 .
Vsieur,de la Lettre que vous avez
Ous êtes sans doute surpris , Monlûe
dans le Mercure , au sujet de la Pendule
que j'ai annoncée dans le même
Journal au mois de Septembre dernier.-
Les commoditez et les avantages que
vous y avez trouvé et que M. 1 hiout
n'y veut pas reconnoître , font , sans
doute , le sujet des explications plus par
I. Vol. ticulieres.
JUIN. 1734 7134
>
ticulieres que vous me demandez.
Ma Pendule marque les minutes du
tems vrai sur un cercle mobile autour
du Cadran , et le mouvement de ce cercle
se regle en mettant sous un Index le
quantiéme du mois marqué sur ce cercle.
Vous ne vous attendiez pas que M.
Thiout feroit au Public , et même aux
personnes intelligentes, l'injustice de leur
refuser assez de connoissance pour met
tre le quantiéme du mois sous un Index ,
et pour s'approcher du Cadran jusqu'à
une distance convenable toutes les fois
que l'on veut voir l'heure du tems vrai,
Ma Pendule n'a point d'autre défaut
que les autres dans cette partie ; et quoique
les minutes du tems vrai ne conviennent
point avec celles du tems moyen
le cercle mobile où elles sont marquées
étant blanc , et les chifres étant noirs et
gros , il est très- facile de les remarquer au
moins d'aussi loin qu'on peut voir l'aiguille
des minutes : Or depuis qu'il n'y
a point de difficulté pour remarquer
la
minute à laquelle répond l'aiguille , on
y peut trouver l'avantage que je m'étois.
proposé.
Si j'avois mis une détente ordinaire à
ma Pendule , elle n'auroit sonné les
que
heures du tems moyen , et par
J. Vol.
consequent
1132 MERCURE DE FRANCE
quent la sonnerie auroit pû retarder et
avancer d'un quart d'heure sur le tems
vrai auquel on se regle. Pour éviter cet
inconvenient , j'ai imaginé une détente
qui ne la fait sonner que quand l'éguille
Est à 60. minutes du rems vrai .
M. Thiout avoue que ma détente est in
genicuse ; mais pour en diminuer le merite
il dit que M. Enderlin en a imaginé
une autre , où il évite les talus qui sont à
la mienne, ce qui la rend plus parfaite et
plus facile à executer, M. Thiout devoit
donner la description de cette détente
pour qu'on pût en faire la comparaison et
remarquer les avantages de l'une sur l'autre.
Pour vous faire sentir , M. combien
ma détente est au dessus de celle de M.
Enderlin , il faut les décrire toutes deux.
Lorsqu'on fait tourner le Cadran du
tems vrai dans ma Pendule , ce Cadran
emporte avec lui au- dedans de la cadrature
un levier , à l'extrêmité duquel est
un cercle concentrique , à la rouë des minutes,
et qui peut se mouvoir perpendiculairement
au plan du Cadran , dont la
circonference répond toujours à la détente
de la sonnerie , ensorte que ce cercle ne
sçauroit se mouvoir sans faire lever la
détente . Ce cercle qu'on peut appeller
levée circulaire , a deux plans inclinés de
1. Vol. champ,
JUIN. 1734- 3133
champ' , et chaque plan incliné en occupe
la moitié ; ensurte que ce cercle ressemble
à une rouë de rencontre qui n'auroit
que deux dents : l'un des plans inclinés
répond toujours à 60. minutes du Cadran
mobile , et l'autre à trente minutes.
La roue des minutes , au lieu de cheville
, porte un plan incliné , sur lequel
les plans inclinés du cercle concentrique
reposent toujours , ainsi la rouë des minutes
en tournant , fait mouvoir ce cercle
perpendiculairement au plan du Cadran:
et leve la détente de la sonnerie , quand
le plan incliné de la rouë de minutes est
arrivé au sommet du plan incliné qui répond
à 6c. minutes ou à 30 minutes du
Cadran mobile , le plan incliné du cercle
concentrique qui étoit engagé , se dé
gage. Ce cercle reprend sa situation na
turelle , la détente retombe et permet à
la Pendule de sonner.
ainsi
Vous voyez par ce détail , M. que ma:
détente a deux avantages sur les déten
tes mêmes ordinaires. 1 ° . Il y a toujours
un plan incliné de la levée qui répose
sur le plan incliné de la chaussée
la resistance que le mouvement trouve
est toujours uniforme , au lieu que dans
lęs Pendules ordinaires la levée ne porte
sur la cheville qu'environ un quart d'heu-
I.Vol.
,
134 MERCURE DE FRANCE
re avant l'heure ou la demie , par consequent
le mouvement ne trouve pas toujours
une resistance égale. La cheville
dans l'opération qu'elle fait , n'agit pas
toujours sous ce même angle , et sa force
n'est pas ménagée comme dans ma Penduke
.
>
la
2º. Puisque chaque plan incliné de
ma détente occupe un demi cercle
rouë de minutes employe une demie heure
entiere à lever la détente , au lieu que
cette opération se fait dans un quart
d'heure dans les Pendules ordinaires , et
comme leurs forces sont en raison renversée
des tems employés à surmonter une
même resistance , ma rouë de minutes ne
doit employer pour lever ma détente ,
que la moitié de la force qui se trouve
employée pour lever les détentes ordinai-
ECS.
M. Thiout n'avoit pas , sans doute , fait
ces reflexions , quand il a mis ma détente
au- dessous de celle de M. Enderlin
qui , comme on va le faire voir , demande
beaucoup plus de force que les détentes
ordinaires ; car pour la détente de M.
Enderlin , il y a au centre de la quadrature
un rochet porté sur une virole fixée
à la platine , au travers de laquelle passe
la tige qui porte la rouë de minute ;
I. Vol.
он
JUIN. 1734. 1135
ou rouë dechaussée . Ce rochet à un bras
qui est toujours engagé dans la levée de
la détente , ensorte qu'il ne sçauroit être
mû sans mouvoir cette levée . Le Cadran
mobile des minutes porte aussi une au
tre levée mobile sur une cheville dont
le bout répond toujours à 60. minutes du
Cadran mobile des minutes , et cette levée
porte à son extrêmité un cliquet pous
sé par un ressort qui peut s'engager dans
les dents du rochet dont j'ai parlé.
La chaussée porte deux chevilles , l'une
pour l'heure , et l'autre pour la demie.
Chaque cheville prend à son tour le bout
de cette derniere lévée , la pousse et fait
engager le cliquet dans une dent du rochet.
Ce cliquet , ou pour mieux dire la
Jevée , ( parce que le cliquet ne sert à la
levée que de point d'appui dans la dent
du rochet , ) fait tourner le rochet , qui
en tournant fait lever la détente par le
moyen de son bras qui est engagé dans
la levée ; et quand la cheville de la rouë
de minutes est dégagée , la détente reprend
sa place et la Pendule sonne.
Examinons presentement cette détente
, et voyons si elle peut ésre mise
en parallele avec la mienne. D'abord il
faut plus de force pour mouvoir la levée
qui tient au Cadran mobile que pour le-
I. Vol. Ver
1136 MERCURE DE FRANCE
ver celle des Pendules ordinaires , parce
qu'il faut vaincre la resistance d'un ressort
, qui doit non -seulement renvoyer
la levée , mais qui doit encore dégager le
cliquet qui est engagé et poussé dans le
rochet par un ressort . Outre cela il est évident
que le mouvement qu'il faut donner
au rochet et à la détente de la sonnerie
, oppose de nouvelles resistances
qui ne se trouvent point ailleurs . La détente
de M. Enderlin a donc trois défiuts.
1. L'operation pour lever la détente
se fait dans un demi quart d'heure
ou environ , et dès-là la résistance que
fait la premiere levée à la cheville qui la
pousse est plus que double de celle des
levées ordinaires . 2. Cetre premiere le
vée qui porte le cliquer , doit faire tour
ner le rochet, et ce rochet doit reprendre
sa situation . Il faut donc un ressort à ce
rochet pour le ramener , et par consequent
voilà une resistance nouvelle , qui
seule est beaucoup plus considerable que
toutes celles qui se trouvent dans ma
pendule et dans les Pendules ordinaires :
Un examen plus severe feroit encore voir
un inconvenient dans la virole sur laquelle
tourne le rochet , car cette virole
étant grosse , le mouvement du rochet
ne sçauroit se faire sans beaucoup de
frottement. 3
JUIN. 1734. 1137
3°. A l'endroit où le bras au rochet est
engagé avec la levée de la détente , il
se fait encore un nouveau fottement que
le mouvement de la Pendule doit vaincre.
>
Enfin , puisque c'est la cheville de la
rouë de minute qui doit faire faire toutes
ces operation xausquelles elle employe une
grande partie de sa force , qu'eile les fait
dans un demi quart d heure ou environ
sous des angles continuellement variés ,
et qu'elle est libre le reste du tems. Personne
ne sera surpris si la Pendule dont
M. ,Thiout vante tant la détente , n'a pas
toute la regularité qu'on exige d'une
bonne Pendule .
A l'égard de l'éxecution de ces deux détentes,
il est visible que celle de la mienne
est beaucoup plus facile que celle de
l'autre. Premierement , en ce que ma levée
circulaire n'a pas besoin d'autre précision
que d'être à peu près concentrée à
la rouë de minutes , et d'être partagée en
deux parties égales par les deux plans inclinés
, au lieu que la détente de M. Enderlin
demande que la levée qui porte
le cliquet soit parfaitement concentrée
, autrement le cliquet pourroit bien
manquer. Le rochet , ou du moins le
bout de cette levée , étant plus ou moins
J. Vol. proche
138 MERCURE DE FRANCE
proche du centre se dégagetoit plus tard
ou plûtôt de la cheville , et la Pendule
ne sonneroit pas précisement à 60. minutes
, ni à 30. minutes. Secondement , il
n'y a dans ma Pendule que la levée circulaire
à mouvoir pour faire lever la détente.
de la sonnerie , ainsi il n'y a qu'une piece
qui peut demander quelque regularité .
Dans la Pendule de M. Enderlin , la levée
qui porte le cliquet demande au moins
autant de regularité que ma levée circulaire
; le cliquet que porte cette levée demande
aussi de la regularité ; le bras qui
reçoit dans sa fente la cheville de la levée
de la sonnerie , demande encore de la
sujetion , sans compter le rochet qui doit
être bienfait et bien libre sur sa virole.
Enfin toutes les pieces à mouvoir consommant
une trop grande partie de la force
de la Pendule la pourroient faire arrêter si
elle étoit mal faite , cu construite par une
main moins habile que celle de M. Enderlin
. Je conclus donc ; M. que ma détente
est beaucoup plus aisée à executer,
plus solide , moins fatiguante pour le
mouvement , et par consequent préferable
à la sienne ; et je suis même étonné
que M. Enderlin , qui avoit beaucoup
de genie , et qui avoit vû ma détente
quatre ans ayant d'imaginer la sienne ,
L.Vol.
l'ait
JUI N. 1734. 1139
l'ait faite si défectueuse et si contraire aux
principes de la bonne horlogerie.
Ma Pendule marque aussi le quantiéme
du mois d'une maniere plus simple
qu'on ne le fait ordinairement. M.Thiout
me rend justice , en disant qu'il ne croit
pas que mon dessein soit d'en imposer ,
quand j'ai dit que les quantiémes ordinai
res se marquoient par le moyen de trois
roues et deux pignons. Il est vrai que
c'est une faute qui s'est glissée , mais j'ai
voulu dire trois rouleaux , deux rouës et
un pignon , au lieu que dans ma Pendule
je ne mets que trois chevilles sur le barillet
de sonnerie qui fait son tour en trois
jours qui prend chaque jour à minuit
une dent de la roue du quantiéme. J'avols
regardé cette façon de faire marquer
le jour du mois comme une idée qui peut
venir à tout le monde , c'est pourquoi
je n'en avois pas donné la description
dans la Lettre où j'ai annoncé ma Pendule
et je ne la donne aujourd'hui que
pour vous faire voir , Monsieur , que je
n'ajoute à ma Pendule qu'une seule rouë
pour lui faire marquer le quantiéme au
lieu de trois rouleaux , deux roues et un
pignon qui sont enployées dans les Pendules
ordinaires pour la même operation .
A restepourle Mercure prochain.
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Résumé : LETTRE de M. Pierre le Roy, Horloger, à M. de .... pour servir de Réponse à la Lettre de M. Thiout, insérée dans le Mercure de France, Décembre 1733. page 2668.
La lettre de M. Pierre le Roy, horloger, répond à une critique de M. Thiout publiée dans le Mercure de France en décembre 1733. Le Roy défend sa pendule, qui affiche les minutes du temps vrai sur un cercle mobile autour du cadran, ajustable selon le quantième du mois. Il conteste l'injustice de Thiout, qui ne reconnaît pas les avantages de sa pendule, notamment la facilité de lecture des minutes du temps vrai grâce à un cercle mobile blanc avec des chiffres noirs et gros. Le Roy explique que sa pendule utilise une détente innovante permettant de sonner les heures du temps vrai, évitant ainsi les erreurs de quart d'heure observées avec les détentes ordinaires. Il décrit en détail le mécanisme de sa détente, soulignant ses avantages par rapport aux détentes ordinaires et à celle de M. Enderlin. La détente de Le Roy offre une résistance uniforme et nécessite moins de force, ce qui la rend plus efficace et durable. Il critique également la détente de M. Enderlin, qui nécessite plus de force et présente des résistances supplémentaires, rendant la pendule moins régulière. Le Roy affirme que sa détente est plus facile à exécuter et moins fatiguante pour le mouvement de la pendule. Enfin, Le Roy mentionne que sa pendule indique le quantième du mois de manière plus simple, utilisant trois chevilles sur le barillet de sonnerie au lieu des trois rouleaux, deux roues et un pignon employés dans les pendules ordinaires.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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10
p. 55-64
« HISTOIRE DES RECHERCHES SUR LA QUADRATURE DU CERCLE, ouvrage [...] »
Début :
HISTOIRE DES RECHERCHES SUR LA QUADRATURE DU CERCLE, ouvrage [...]
Mots clefs :
Géomètres, Cercle, Quadrature, Géométrie, Découvertes, Figure, Exactitude
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H
ISTOIRE DES RECHERCHES SUR LA
QUADRATURE DU CERCLE > ouvrage
propre à inftruire des découvertes réelles
fur ce problême célébre , &c. A Paris ,
chez Jombert. 1755.
Il fuffit qu'une queſtion ait de la célébrité
dans une fcience , pour la voir auffitôt
exciter les efforts de ceux qui font les
moins capables de la réfoudre. La quadrature
du cercle , la tranfmutation des
métaux , le mouvement perpétuel , le problême
des longitudes nous en fourniffent
journellement des exemples. Pour un Chymifte
habile que l'efpérance de parvenir
au grand oeuvre a entraîné dans cette recherche
,
, que de gens épuiſent encore leur
fortune & leur fanté à combiner des minéraux
, fans fçavoir la différence dun acide
& d'un alkali ! combien de perfonnes recherchent
les longitudes ou le mouvement
perpétuel , qui ignorent les loix les plus
fimples de la méchanique , les procédés
les plus ordinaires de l'aftronomie & de la
Civ
16 MERCURE DE FRANCE.
navigation ! Mais c'eft fur- tout à l'occafion
de la quadrature du cercle que cette remarque
fe vérifie ; rien n'eft plus ordinaire aujourd'hui
, & rien ne l'a plus été dans tous
les tems que de voir ce problême tenté par
des perfonnes peu verfées dans la Géométrie,
ordinairement même fi étrangeres dans
cette fcience , qu'elles font obligées , par
un retour modefte fur elles - mêmes , de regarder
leur découverte comme une révélation
fpéciale dont la divinité les a favorifées.
Nous fommes cependant fort éloignés
de mettre le problême de la quadrature du
cercle dans le même rang que le mouvement
perpétuel & la pierre philofophale :
ces deux dernieres recherches ne peuvent
Occuper que des gens qui n'ont pas affez
de connoiffances pour voir le chimérique
de leur objet. La quadrature du cercle eft
un problême raisonnable , & qui devoit
naturellement occuper les Géometres. En
effet , l'objet de la Géométrie eft de mefurer
les différentes efpéces d'étendues ou
de figures : quand on dit mefurer , cela doit
s'entendre avec cette précifion qui eft la vérité
même , & par des voies telles que celles
que la Géométrie fe permet , c'est- à - dire
fans tâtonnement , fans méchanifme , &
d'une maniere démonftrative. La quadraAVRIL.
1755. 57
ture du cercle eft la mefure exacte de la
furface renfermée dans cette courbe fi fimple
, & néanmoins fi rebelle à la Geométrie
: on l'appelle la quadrature , parce que
la coutume étant dans toutes les mesures de
rappeller la grandeur mefurée à la figure la
plus fimple, les Géometres ont pris le quarré
pour celle à laquelle ils rappelleroient toutes
les étendues fuperficielles. Ainfi la quadrature
, la meſure d'une furface d'une
figure , font des termes tout-à-fait fynonimes
en Géométrie : de là l'on voit que c'eft
n'avoir aucune idée da problême ni de la
Géométrie , que de donner à ces termes
de la quadrature du cercle le fens qu'y
attache le vulgaire , en s'imaginant qu'il
s'agit de faire un cercle quarré.
De tout tems d'habiles Géometres ont
fait des efforts ou pour mefurer le cercle
avec toute l'exactitude poffible , ou
pour approcher de plus en plus de fa mefure
précife ; & leurs travaux ont fucceffivement
enrichi la Géométrie de belles découvertes
de tout tems auffi des pygmées
en Géométrie ont annoncé avec emphaſe
la découverte de la quadrature du cercle ,
& ont excité la rifée des Géometres intelligens.
Je dois remarquer que les premiers
ontrarement crû avoir touché le but , qu'ils
fe font prefque jamais mépris au point
Cv
18 MERCURE DE FRANCE.
de penfer qu'ils euffent trouvé la folution
parfaite du problème. On peut échouet
fans honte à la recherche d'une queſtion
géométrique , mais on ne peut fans honte
donner des paralogifmes pour de légitimes
démonftrations.
L'objet que s'eft propofé l'auteur de
l'hiftoire que nous annonçons , n'a pas
été de tirer de la pouffiere les méprifables
tentatives que la quadrature du cercle a
excitées ; des paralogifmes qui n'en ont
jamais impofé qu'à leurs auteurs , des prétentions
d'une abfurdité palpable , méritoient
trop peu d'occuper la plume d'un
hiftorien raifonnable. L'auteur a judicieufement
penſé ne devoir préfenter que les
découvertes réelles dont ce problême a été
l'occafion il n'a cependant pas entierement
négligé de faire connoître quelquesuns
de ceux qui ont acquis une malheureufe
célébrité par leurs mauvais raifonnemens
& leur obftination à youloir les faire
adopter. Nous allons donner à préfent une
idée un peu détaillée de ce que contient
cet ouvrage .
Après une préface où l'auteur expofe
quel a été fon objet , quelle utilité peut
réfulter de fon travail , & qui contient
plufieurs chofes inftructives concernant
la quadrature du cercle , & ceux qui s'obfAVRIL.
1755. 59
tinent à la chercher , il entre en matiere .
Le premier chapitre eft occupé à donner
une idée claire de la nature du problême ,
des moyens que la Géométrie permet d'employer
pour le réfoudre ; on y explique les
diverfes manieres de l'envifager , & furtout
l'utilité qu'on doit lui affigner . Nous
ne pouvons nous difpenfer de remarquer
avec l'auteur , que c'est une erreur , & une
erreur qui ne peut être accréditée qu'auprès
de gens entierement deftitués des notions
de la Géométrie & de l'Aftronomie' , que de
penfer que le problême des longitudes dépend
de celui de la quadrature du cercle :
c'en eft encore une que de croire qu'il y
ait des récompenfes à efpérer pour celui
qui réfoudra ce dernier problême. On convient
que la théorie de la Géométrie y gagneroit
une vérité nouvelle , quoique
peut-être fort stérile , mais la pratique
n'en recevroit aucun avantage : car les Géometres
ont des moyens affez fimples d'approcher
de la grandeur du cercle , jufqu'à
une telle exactitude qu'elle furpaffe de
beaucoup nos befoins. Il leur eft facile
d'affigner un nombre qui ne s'écarteroit
que d'un pied , ou d'un pouce , d'une ligne
; que dis- je ! de l'épaiffeur d'un chede
la véritable grandeur d'un cercle
, dont le demi-diametre feroit celui de
Cvj
60 MERCURE DE FRANCE.
la terre , & même d'un autre incomparablement
plus grand.
Après ces préliminaires , l'auteur fait l'hiftoire
de ce problême chez les anciens : c'eft
l'objet du fecond chapitre. Cette queftion ',
dit-il , a dû être prefque auffi ancienne
que la Géométrie ; car les premiers Géometres
s'éleverent bientôt au- delà des confidérations
élémentaires des figures rectilignes
, & après ces figures le cercle eft
celle qui fe préfente la prémiere. Auffi
Anaxagore s'en occupa-t- il dans fa prifon ,
& prefque dès le tems de ce Philofophe la
quadrature du cercle étoit devenue célebre
jufques auprès du vulgaire . Nous rencontrons
ici un trait curieux , c'eft qu'Ariftophane
joua les Géométres au fujet de la
quadrature du cercle , dans la perfonne du
célebre Meton , l'inventeur du cycle lunaire.
Ce Poëte l'introduit fur la fcene dans
fa comédie des Oiseaux , & lui fait tenir
des propos impertinens fur la Géométrie
& fur l'Aftronomie. Voulez- vous , dit Meton
à l'autre interlocuteur , qui lui demande
qui il eft & à quoi il eft bon ; voulezvous
, dit - il , que la regle & l'équerre en
main , je vous quare le cercle ? Ce trait peut
encore avoir rapport à la folie fimulée ,
par laquelle un autre Ecrivain nous apprend
que ce Mathématicien fçut s'exempAVRIL.
1755. 61
ter d'aller à la guerre de Sicile .
>
Ces plaifanteries d'Ariftophane n'empêcherent
cependant pas les Géométres , ou
contemporains , ou fucceffeurs de Meton ,
de continuer à s'intéreffer au problême de la
quadrature du cercle . Hippocrate le tenta ,
& en donna même une faufle folution
mais l'auteur de cet ouvrage le juftifie.
Quoiqu'ilen foit, les travaux d'Hippocrate
fur ce fujet font devenus recommendables
chez la postérité géometre par la découverte
incidente de fes lunulles abfolument quarrables.
On appelle ainfi une portion du cercle
en forme de croiffant dont on démontre
très-bien l'égalité avec une figure rectiligne
, quoique le moyen de quarrer le
cercle ait éludé jufqu'ici tous les efforts
de la Géométrie . Plufieurs Géometres modernes
ont amplifié cette invention d'Hippocrate
, ce qu'on trouve fommairement
expliqué dans une note.
Lorfque les Géometres ne peuvent par
venir à la dimenſion préciſe d'une figure
ils fe bornent à en approcher de plus en
plus près. Archimede recourut à cette
voie , & donna , comme tout le monde
fçait , le rapport de fept à vingt - deux
pour la raifon approchée du diametre à la
circonférence. On remarque ici quelques
fineſſes particulieres dans le calcul d'Ar62
MERCURE DE FRANCE.
chimede , & l'on cite quelques anciens
qui avoient laborieufement encheri fur fon
exactitude. Ce chapitre eft terminé par
quelques réflexions fur les courbes qui
dépendent de la quadrature du cercle ; on
démontre que c'eft en vain qu'on cherchera
par leur moyen la folution de ce problême
.
Le troifieme chapitre eſt deſtiné à faire
connoître les découvertes faites fur la mefure
du cercle , depuis la renaiffance des
fciences en Europe jufques à l'invention
des nouveaux calculs. On voit ici fucceffivement
les approximations de Metius
de Viete , d'Adrianus Romanus , de Ludolph
, les inventions de Snellius & d'Huygens
pour en diminuer le travail , la quadrature
prétendue de Gregoire de Saint-
Vincent , à qui l'on donne une place diftinguée
de celle des autres qui fe font
trompés fur ce fujet , la querelle qu'elle
excita , celle qui s'éleva bientôt après entre
Gregori & M. Huygens fur une démonftration
que le premier propofa pour
établir l'impoffibilité de la quadrature du
cercle , &c.
Le quatrieme paroîtra fans doute trèsintéreffant
aux Géometres , car il contient
les travaux de ceux qui ont employé les
nouvelles méthodes pour parvenir à la foAVRIL.
1755. 63
lution du problême : c'eft même à l'occafion
de cette recherche que plufieurs de
çes méthodes nouvelles ont été imaginées.
L'auteur fait à cette occafion l'hiftoire de
la naiffance du calcul intégral ; on y voit
comment Wallis , le premier , trouva une
fuite infinie de nombres pour exprimer la
grandeur du cercle , que Milord Brouncker
défigna d'une autre façon particuliere ;
mais ceci ne regardoit encore que le cercle
entier , Wallis ne put en faire autant à l'égard
de fes parties quelconques , dont la
mefure eft néceffaire pour la folution parfaite
du problême ; & ce fut en cherchant
à furmonter cet obftacle que le grand Newton
, jeune encore , & depuis peu initié
dans la Géométrie , trouva la théorie des
fuites infinies , le calcul appellé intégral
parmi nous , & plufieurs autres méthodes.
On trouvera ici expofé avec beaucoup de
foin & de clarté les divers dégrés par lefquels
les différentes inventions fe font
développées , & celles qui les ont fuivies ;
ces chofes & une foule d'autres également
intéreffantes , du moins pour les Géometres
, ne font gueres fufceptibles d'extrait ,
ou conviendroient peu à un ouvrage périodique
de la nature de celui- ci ; c'eft pourquoi
nous nous bornons à les avoir indiquées.
64 MERCURE DE FRANCE .
C'auroit été omettre une partie remarquable
de l'hiſtoire de la quadrature du cercle
, que de fupprimer entierement celle de
divers Géometres ou prétendus Géometres,
qui fe font fingularifés par leurs erreurs ou
leurs prétentions abfurdes fur ce fujet . On
en palle en revûe quelques- uns , je dis avec
l'auteur , quelques - uns , car cette matiere
feule fourniroit celle d'un gros volume.
Nous devons approuver fa délicateſſe à ne
pas s'étendre beaucoup fur des objets trop
peu dignes en effet d'occuper les loisirs d'un
Ecrivain fenfé , & trop peu capables d'amufer
les lecteurs raifonnables.L'ouvrage enfin
eft terminé par un dernier chapitre , où l'on
traite hiftoriquement deux autres problêmes
prefque auffi célebres que celui de la
quadrature du cercle , & qui ont été l'occafion
d'autant de méprifes ridicules ou
deshonorantes pour leurs auteurs : ce font
ceux de la trifection de l'angle & de la
duplication du cube. Ce dernier fujet nous
a paru traité avec le même foin , la même
exactitude , & ne peut manquer de plaire
aux Géometres.
ISTOIRE DES RECHERCHES SUR LA
QUADRATURE DU CERCLE > ouvrage
propre à inftruire des découvertes réelles
fur ce problême célébre , &c. A Paris ,
chez Jombert. 1755.
Il fuffit qu'une queſtion ait de la célébrité
dans une fcience , pour la voir auffitôt
exciter les efforts de ceux qui font les
moins capables de la réfoudre. La quadrature
du cercle , la tranfmutation des
métaux , le mouvement perpétuel , le problême
des longitudes nous en fourniffent
journellement des exemples. Pour un Chymifte
habile que l'efpérance de parvenir
au grand oeuvre a entraîné dans cette recherche
,
, que de gens épuiſent encore leur
fortune & leur fanté à combiner des minéraux
, fans fçavoir la différence dun acide
& d'un alkali ! combien de perfonnes recherchent
les longitudes ou le mouvement
perpétuel , qui ignorent les loix les plus
fimples de la méchanique , les procédés
les plus ordinaires de l'aftronomie & de la
Civ
16 MERCURE DE FRANCE.
navigation ! Mais c'eft fur- tout à l'occafion
de la quadrature du cercle que cette remarque
fe vérifie ; rien n'eft plus ordinaire aujourd'hui
, & rien ne l'a plus été dans tous
les tems que de voir ce problême tenté par
des perfonnes peu verfées dans la Géométrie,
ordinairement même fi étrangeres dans
cette fcience , qu'elles font obligées , par
un retour modefte fur elles - mêmes , de regarder
leur découverte comme une révélation
fpéciale dont la divinité les a favorifées.
Nous fommes cependant fort éloignés
de mettre le problême de la quadrature du
cercle dans le même rang que le mouvement
perpétuel & la pierre philofophale :
ces deux dernieres recherches ne peuvent
Occuper que des gens qui n'ont pas affez
de connoiffances pour voir le chimérique
de leur objet. La quadrature du cercle eft
un problême raisonnable , & qui devoit
naturellement occuper les Géometres. En
effet , l'objet de la Géométrie eft de mefurer
les différentes efpéces d'étendues ou
de figures : quand on dit mefurer , cela doit
s'entendre avec cette précifion qui eft la vérité
même , & par des voies telles que celles
que la Géométrie fe permet , c'est- à - dire
fans tâtonnement , fans méchanifme , &
d'une maniere démonftrative. La quadraAVRIL.
1755. 57
ture du cercle eft la mefure exacte de la
furface renfermée dans cette courbe fi fimple
, & néanmoins fi rebelle à la Geométrie
: on l'appelle la quadrature , parce que
la coutume étant dans toutes les mesures de
rappeller la grandeur mefurée à la figure la
plus fimple, les Géometres ont pris le quarré
pour celle à laquelle ils rappelleroient toutes
les étendues fuperficielles. Ainfi la quadrature
, la meſure d'une furface d'une
figure , font des termes tout-à-fait fynonimes
en Géométrie : de là l'on voit que c'eft
n'avoir aucune idée da problême ni de la
Géométrie , que de donner à ces termes
de la quadrature du cercle le fens qu'y
attache le vulgaire , en s'imaginant qu'il
s'agit de faire un cercle quarré.
De tout tems d'habiles Géometres ont
fait des efforts ou pour mefurer le cercle
avec toute l'exactitude poffible , ou
pour approcher de plus en plus de fa mefure
précife ; & leurs travaux ont fucceffivement
enrichi la Géométrie de belles découvertes
de tout tems auffi des pygmées
en Géométrie ont annoncé avec emphaſe
la découverte de la quadrature du cercle ,
& ont excité la rifée des Géometres intelligens.
Je dois remarquer que les premiers
ontrarement crû avoir touché le but , qu'ils
fe font prefque jamais mépris au point
Cv
18 MERCURE DE FRANCE.
de penfer qu'ils euffent trouvé la folution
parfaite du problème. On peut échouet
fans honte à la recherche d'une queſtion
géométrique , mais on ne peut fans honte
donner des paralogifmes pour de légitimes
démonftrations.
L'objet que s'eft propofé l'auteur de
l'hiftoire que nous annonçons , n'a pas
été de tirer de la pouffiere les méprifables
tentatives que la quadrature du cercle a
excitées ; des paralogifmes qui n'en ont
jamais impofé qu'à leurs auteurs , des prétentions
d'une abfurdité palpable , méritoient
trop peu d'occuper la plume d'un
hiftorien raifonnable. L'auteur a judicieufement
penſé ne devoir préfenter que les
découvertes réelles dont ce problême a été
l'occafion il n'a cependant pas entierement
négligé de faire connoître quelquesuns
de ceux qui ont acquis une malheureufe
célébrité par leurs mauvais raifonnemens
& leur obftination à youloir les faire
adopter. Nous allons donner à préfent une
idée un peu détaillée de ce que contient
cet ouvrage .
Après une préface où l'auteur expofe
quel a été fon objet , quelle utilité peut
réfulter de fon travail , & qui contient
plufieurs chofes inftructives concernant
la quadrature du cercle , & ceux qui s'obfAVRIL.
1755. 59
tinent à la chercher , il entre en matiere .
Le premier chapitre eft occupé à donner
une idée claire de la nature du problême ,
des moyens que la Géométrie permet d'employer
pour le réfoudre ; on y explique les
diverfes manieres de l'envifager , & furtout
l'utilité qu'on doit lui affigner . Nous
ne pouvons nous difpenfer de remarquer
avec l'auteur , que c'est une erreur , & une
erreur qui ne peut être accréditée qu'auprès
de gens entierement deftitués des notions
de la Géométrie & de l'Aftronomie' , que de
penfer que le problême des longitudes dépend
de celui de la quadrature du cercle :
c'en eft encore une que de croire qu'il y
ait des récompenfes à efpérer pour celui
qui réfoudra ce dernier problême. On convient
que la théorie de la Géométrie y gagneroit
une vérité nouvelle , quoique
peut-être fort stérile , mais la pratique
n'en recevroit aucun avantage : car les Géometres
ont des moyens affez fimples d'approcher
de la grandeur du cercle , jufqu'à
une telle exactitude qu'elle furpaffe de
beaucoup nos befoins. Il leur eft facile
d'affigner un nombre qui ne s'écarteroit
que d'un pied , ou d'un pouce , d'une ligne
; que dis- je ! de l'épaiffeur d'un chede
la véritable grandeur d'un cercle
, dont le demi-diametre feroit celui de
Cvj
60 MERCURE DE FRANCE.
la terre , & même d'un autre incomparablement
plus grand.
Après ces préliminaires , l'auteur fait l'hiftoire
de ce problême chez les anciens : c'eft
l'objet du fecond chapitre. Cette queftion ',
dit-il , a dû être prefque auffi ancienne
que la Géométrie ; car les premiers Géometres
s'éleverent bientôt au- delà des confidérations
élémentaires des figures rectilignes
, & après ces figures le cercle eft
celle qui fe préfente la prémiere. Auffi
Anaxagore s'en occupa-t- il dans fa prifon ,
& prefque dès le tems de ce Philofophe la
quadrature du cercle étoit devenue célebre
jufques auprès du vulgaire . Nous rencontrons
ici un trait curieux , c'eft qu'Ariftophane
joua les Géométres au fujet de la
quadrature du cercle , dans la perfonne du
célebre Meton , l'inventeur du cycle lunaire.
Ce Poëte l'introduit fur la fcene dans
fa comédie des Oiseaux , & lui fait tenir
des propos impertinens fur la Géométrie
& fur l'Aftronomie. Voulez- vous , dit Meton
à l'autre interlocuteur , qui lui demande
qui il eft & à quoi il eft bon ; voulezvous
, dit - il , que la regle & l'équerre en
main , je vous quare le cercle ? Ce trait peut
encore avoir rapport à la folie fimulée ,
par laquelle un autre Ecrivain nous apprend
que ce Mathématicien fçut s'exempAVRIL.
1755. 61
ter d'aller à la guerre de Sicile .
>
Ces plaifanteries d'Ariftophane n'empêcherent
cependant pas les Géométres , ou
contemporains , ou fucceffeurs de Meton ,
de continuer à s'intéreffer au problême de la
quadrature du cercle . Hippocrate le tenta ,
& en donna même une faufle folution
mais l'auteur de cet ouvrage le juftifie.
Quoiqu'ilen foit, les travaux d'Hippocrate
fur ce fujet font devenus recommendables
chez la postérité géometre par la découverte
incidente de fes lunulles abfolument quarrables.
On appelle ainfi une portion du cercle
en forme de croiffant dont on démontre
très-bien l'égalité avec une figure rectiligne
, quoique le moyen de quarrer le
cercle ait éludé jufqu'ici tous les efforts
de la Géométrie . Plufieurs Géometres modernes
ont amplifié cette invention d'Hippocrate
, ce qu'on trouve fommairement
expliqué dans une note.
Lorfque les Géometres ne peuvent par
venir à la dimenſion préciſe d'une figure
ils fe bornent à en approcher de plus en
plus près. Archimede recourut à cette
voie , & donna , comme tout le monde
fçait , le rapport de fept à vingt - deux
pour la raifon approchée du diametre à la
circonférence. On remarque ici quelques
fineſſes particulieres dans le calcul d'Ar62
MERCURE DE FRANCE.
chimede , & l'on cite quelques anciens
qui avoient laborieufement encheri fur fon
exactitude. Ce chapitre eft terminé par
quelques réflexions fur les courbes qui
dépendent de la quadrature du cercle ; on
démontre que c'eft en vain qu'on cherchera
par leur moyen la folution de ce problême
.
Le troifieme chapitre eſt deſtiné à faire
connoître les découvertes faites fur la mefure
du cercle , depuis la renaiffance des
fciences en Europe jufques à l'invention
des nouveaux calculs. On voit ici fucceffivement
les approximations de Metius
de Viete , d'Adrianus Romanus , de Ludolph
, les inventions de Snellius & d'Huygens
pour en diminuer le travail , la quadrature
prétendue de Gregoire de Saint-
Vincent , à qui l'on donne une place diftinguée
de celle des autres qui fe font
trompés fur ce fujet , la querelle qu'elle
excita , celle qui s'éleva bientôt après entre
Gregori & M. Huygens fur une démonftration
que le premier propofa pour
établir l'impoffibilité de la quadrature du
cercle , &c.
Le quatrieme paroîtra fans doute trèsintéreffant
aux Géometres , car il contient
les travaux de ceux qui ont employé les
nouvelles méthodes pour parvenir à la foAVRIL.
1755. 63
lution du problême : c'eft même à l'occafion
de cette recherche que plufieurs de
çes méthodes nouvelles ont été imaginées.
L'auteur fait à cette occafion l'hiftoire de
la naiffance du calcul intégral ; on y voit
comment Wallis , le premier , trouva une
fuite infinie de nombres pour exprimer la
grandeur du cercle , que Milord Brouncker
défigna d'une autre façon particuliere ;
mais ceci ne regardoit encore que le cercle
entier , Wallis ne put en faire autant à l'égard
de fes parties quelconques , dont la
mefure eft néceffaire pour la folution parfaite
du problême ; & ce fut en cherchant
à furmonter cet obftacle que le grand Newton
, jeune encore , & depuis peu initié
dans la Géométrie , trouva la théorie des
fuites infinies , le calcul appellé intégral
parmi nous , & plufieurs autres méthodes.
On trouvera ici expofé avec beaucoup de
foin & de clarté les divers dégrés par lefquels
les différentes inventions fe font
développées , & celles qui les ont fuivies ;
ces chofes & une foule d'autres également
intéreffantes , du moins pour les Géometres
, ne font gueres fufceptibles d'extrait ,
ou conviendroient peu à un ouvrage périodique
de la nature de celui- ci ; c'eft pourquoi
nous nous bornons à les avoir indiquées.
64 MERCURE DE FRANCE .
C'auroit été omettre une partie remarquable
de l'hiſtoire de la quadrature du cercle
, que de fupprimer entierement celle de
divers Géometres ou prétendus Géometres,
qui fe font fingularifés par leurs erreurs ou
leurs prétentions abfurdes fur ce fujet . On
en palle en revûe quelques- uns , je dis avec
l'auteur , quelques - uns , car cette matiere
feule fourniroit celle d'un gros volume.
Nous devons approuver fa délicateſſe à ne
pas s'étendre beaucoup fur des objets trop
peu dignes en effet d'occuper les loisirs d'un
Ecrivain fenfé , & trop peu capables d'amufer
les lecteurs raifonnables.L'ouvrage enfin
eft terminé par un dernier chapitre , où l'on
traite hiftoriquement deux autres problêmes
prefque auffi célebres que celui de la
quadrature du cercle , & qui ont été l'occafion
d'autant de méprifes ridicules ou
deshonorantes pour leurs auteurs : ce font
ceux de la trifection de l'angle & de la
duplication du cube. Ce dernier fujet nous
a paru traité avec le même foin , la même
exactitude , & ne peut manquer de plaire
aux Géometres.
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Résumé : « HISTOIRE DES RECHERCHES SUR LA QUADRATURE DU CERCLE, ouvrage [...] »
Le texte aborde l'histoire des recherches sur la quadrature du cercle, un problème géométrique célèbre. Il souligne que des questions célèbres, telles que la quadrature du cercle, la transmutation des métaux, le mouvement perpétuel et le problème des longitudes, attirent souvent des tentatives de résolution par des personnes peu compétentes. La quadrature du cercle consiste à mesurer exactement la surface d'un cercle en la rapportant à un carré, ce qui est un problème légitime en géométrie. Le texte distingue la quadrature du cercle des recherches chimériques comme le mouvement perpétuel ou la pierre philosophale. Il explique que la géométrie vise à mesurer les figures de manière précise et démonstrative, sans tâtonnement ni mécanisme. Des géomètres compétents ont travaillé sur ce problème, enrichissant la géométrie de découvertes, tandis que d'autres, moins compétents, ont annoncé faussement avoir résolu le problème. L'ouvrage mentionné se concentre sur les découvertes réelles liées à la quadrature du cercle, tout en mentionnant quelques erreurs notables. Il commence par une préface expliquant l'objet et l'utilité du travail, suivi de chapitres détaillant la nature du problème, les efforts des anciens géomètres comme Anaxagore et Hippocrate, et les travaux modernes depuis la renaissance des sciences en Europe. Le texte mentionne également les contributions d'Archimède, Metius, Vieta, Ludolph, Snellius, Huygens, et d'autres, ainsi que les nouvelles méthodes comme le calcul intégral développé par Newton. Enfin, l'ouvrage traite brièvement des erreurs et prétentions absurdes de certains prétendus géomètres, et aborde d'autres problèmes célèbres comme la trisection de l'angle et la duplication du cube.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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11
p. 131-133
REPONSE de M. Liger, Commis au Bureau de la Guerre, à l'affiche de M. le Chevalier de Causans, portant qu'il y a dix mille livres déposées chez M. Aleaume, Notaire, rue de Condé, à Paris, pour le premier qui prouvera l'erreur de la Quadrature du cercle de mondit sieur le Chevalier de Causans, qui m'a fait l'honneur de me faire remettre cette affiche.
Début :
On ne peut attaquer les principes de M. le Chevalier de Causans, sans [...]
Mots clefs :
Quadrature du cercle, Chevalier de Causans, Cercle
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : REPONSE de M. Liger, Commis au Bureau de la Guerre, à l'affiche de M. le Chevalier de Causans, portant qu'il y a dix mille livres déposées chez M. Aleaume, Notaire, rue de Condé, à Paris, pour le premier qui prouvera l'erreur de la Quadrature du cercle de mondit sieur le Chevalier de Causans, qui m'a fait l'honneur de me faire remettre cette affiche.
REPONSE de M. Liger , Commis au
Bureau de la Guerre , à l'affiche de M.
le Chevalier de Caufans , portant qu'il y
a dix mille livres dépofées chez M. Aleanme
, Notaire , rue de Condé , à Paris
rue
pour le premier qui prouvera l'erreur de
la Quadrature du cercle de me e de mondit fieur
24
le Chevalier de Caufans , qui m'a fait
Phonneur de me fand remettre che
affiche
Nne peut attaquer les principes de
M. le Chevalier de Caufans , fans
faire un volume qui ne pourroit entrer
dans les Journaux ou feuilles publiques
mais comme tout ce qui accompagne fa
quadrature , tant dans fa premiere que fe
conde partie , dépend & fait une fuite
conféquente du rapport du diametre à la
circonference , qu'il foutient être de 7 à 21 ,
il s'enfuit que c'eft feulement à ce feul
article qu'il eft néceffaire de s'attacher . M.
le Chevalier de Caufans expofe qu'un cer
cle dont le diametre eft de trois pouces,
eft égal au quarré de ce même diametre ,
dont les côtés ont auffi trois pouces cha
cun. M. le Chevalier de Caufans eft le
feul Géometre qui ignore que toute figure
inferite eft plus petite que celle qui lar effl
circonfcrite.
Fvj
#3 MERCURE DE FRANCE.
Le quarré du diametre ayant fes côtés
de 3 pouces ou 36 lignes chacun , vaut
1296 lignes quarrées ; & comme M. le
Chevalier de Caufans veut que la circulaire
ne contienne que trois fois fon diametre
jufte , il s'enfuivtoit que trois fois
ce diametre ne vaudroient que 1r0o88 lignes
pour fa prétendue circulaire , laquelle
multipliée par le demi-rayono , on auroit
pour la fuperficie du cercle972 lignes quarrées
donc fuivant M. le Chevalier de
Caufans , le cercle de fa deuxième figure
eft plus petit que le quarré de fon diame,
tre , de 324 lignes quarrées done il s'en
faut beaucoup que le cercle inferir dans
le quarré de fon diametre foit égal atú
quarré du même diametre qui lui eft naturellement
circonfcrit. Que M. le Chevalien
de Caufans , ainfi que le public , prenne la
peine de voir la préface de ma quadrature
que l'on trouve chez Gueffier , Libraire ,
attenant l'Hôtel-Dieu , on verra que trois:
fois le diametre ne forment dans le cercle
qu'une figure dont les côtés font autanti
de demi- diametres. Or cette figure qui n'eſt
compofée que de fix triangles équilaté
raux , ne touchant la circulaire qu'en fix
points , & ne faifant qu'un exagone ren➡»
fermé dans le cercle , il eft trop évident
pour en douter que cette figure eft bien
AVRIL 1755. 173
plus petite que le cercle dans lequel elle
eft infcrite , & qu'au contraire le quarré
du diametre eft beaucoup plus grand que
le cercle auquel il eft circonfcrit.
M. le Chevalier de Gaufans a éludé le
calcul des fuperficies de fon quarré circonferit
& de fon cercle infcrit , que je
viens ci- devant de développer , ce qu'il
étoit question de prouver. J'effime que M.
le Chevalier de Caufans ferendra à ces rai
fons , & qu'il voudra bien avouer que je
fuis en droit d'exiger de fon engagement
public ,, ade me faire remettre fon ordre
pour toucher les dix mille livres qu'il eft.
convenu par fon affiche de faire payer 2
celui qui le tireroit de fon erreur, am vel.
newyodol 14 on LIGER , Commis
ng an Bureau de la Guerre
A Versailles , le 30 Décembre 1754,
Bureau de la Guerre , à l'affiche de M.
le Chevalier de Caufans , portant qu'il y
a dix mille livres dépofées chez M. Aleanme
, Notaire , rue de Condé , à Paris
rue
pour le premier qui prouvera l'erreur de
la Quadrature du cercle de me e de mondit fieur
24
le Chevalier de Caufans , qui m'a fait
Phonneur de me fand remettre che
affiche
Nne peut attaquer les principes de
M. le Chevalier de Caufans , fans
faire un volume qui ne pourroit entrer
dans les Journaux ou feuilles publiques
mais comme tout ce qui accompagne fa
quadrature , tant dans fa premiere que fe
conde partie , dépend & fait une fuite
conféquente du rapport du diametre à la
circonference , qu'il foutient être de 7 à 21 ,
il s'enfuit que c'eft feulement à ce feul
article qu'il eft néceffaire de s'attacher . M.
le Chevalier de Caufans expofe qu'un cer
cle dont le diametre eft de trois pouces,
eft égal au quarré de ce même diametre ,
dont les côtés ont auffi trois pouces cha
cun. M. le Chevalier de Caufans eft le
feul Géometre qui ignore que toute figure
inferite eft plus petite que celle qui lar effl
circonfcrite.
Fvj
#3 MERCURE DE FRANCE.
Le quarré du diametre ayant fes côtés
de 3 pouces ou 36 lignes chacun , vaut
1296 lignes quarrées ; & comme M. le
Chevalier de Caufans veut que la circulaire
ne contienne que trois fois fon diametre
jufte , il s'enfuivtoit que trois fois
ce diametre ne vaudroient que 1r0o88 lignes
pour fa prétendue circulaire , laquelle
multipliée par le demi-rayono , on auroit
pour la fuperficie du cercle972 lignes quarrées
donc fuivant M. le Chevalier de
Caufans , le cercle de fa deuxième figure
eft plus petit que le quarré de fon diame,
tre , de 324 lignes quarrées done il s'en
faut beaucoup que le cercle inferir dans
le quarré de fon diametre foit égal atú
quarré du même diametre qui lui eft naturellement
circonfcrit. Que M. le Chevalien
de Caufans , ainfi que le public , prenne la
peine de voir la préface de ma quadrature
que l'on trouve chez Gueffier , Libraire ,
attenant l'Hôtel-Dieu , on verra que trois:
fois le diametre ne forment dans le cercle
qu'une figure dont les côtés font autanti
de demi- diametres. Or cette figure qui n'eſt
compofée que de fix triangles équilaté
raux , ne touchant la circulaire qu'en fix
points , & ne faifant qu'un exagone ren➡»
fermé dans le cercle , il eft trop évident
pour en douter que cette figure eft bien
AVRIL 1755. 173
plus petite que le cercle dans lequel elle
eft infcrite , & qu'au contraire le quarré
du diametre eft beaucoup plus grand que
le cercle auquel il eft circonfcrit.
M. le Chevalier de Gaufans a éludé le
calcul des fuperficies de fon quarré circonferit
& de fon cercle infcrit , que je
viens ci- devant de développer , ce qu'il
étoit question de prouver. J'effime que M.
le Chevalier de Caufans ferendra à ces rai
fons , & qu'il voudra bien avouer que je
fuis en droit d'exiger de fon engagement
public ,, ade me faire remettre fon ordre
pour toucher les dix mille livres qu'il eft.
convenu par fon affiche de faire payer 2
celui qui le tireroit de fon erreur, am vel.
newyodol 14 on LIGER , Commis
ng an Bureau de la Guerre
A Versailles , le 30 Décembre 1754,
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Résumé : REPONSE de M. Liger, Commis au Bureau de la Guerre, à l'affiche de M. le Chevalier de Causans, portant qu'il y a dix mille livres déposées chez M. Aleaume, Notaire, rue de Condé, à Paris, pour le premier qui prouvera l'erreur de la Quadrature du cercle de mondit sieur le Chevalier de Causans, qui m'a fait l'honneur de me faire remettre cette affiche.
M. Liger, Commis au Bureau de la Guerre, répond à une affiche du Chevalier de Caufans, qui propose une récompense de dix mille livres pour celui qui prouvera l'erreur de sa quadrature du cercle. Liger souligne que les principes de Caufans nécessiteraient un volume trop volumineux pour être publié dans les journaux. Il se concentre sur l'erreur spécifique concernant le rapport du diamètre à la circonférence, que Caufans affirme être de 7 à 21. Caufans affirme qu'un cercle de trois pouces de diamètre est égal au carré de ce diamètre. Liger conteste cette affirmation en démontrant que la superficie du cercle, selon les calculs de Caufans, est plus petite que celle du carré du diamètre. Il explique que la figure proposée par Caufans, composée de six triangles équilatéraux, est bien plus petite que le cercle dans lequel elle est inscrite. Liger invite Caufans et le public à consulter la préface de sa propre quadrature, disponible chez le libraire Gueffier, pour vérifier ses arguments. Il conclut en affirmant que Caufans a éludé les calculs nécessaires pour prouver son erreur et demande que Caufans respecte son engagement public de payer la récompense.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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11
REPONSE de M. Liger, Commis au Bureau de la Guerre, à l'affiche de M. le Chevalier de Causans, portant qu'il y a dix mille livres déposées chez M. Aleaume, Notaire, rue de Condé, à Paris, pour le premier qui prouvera l'erreur de la Quadrature du cercle de mondit sieur le Chevalier de Causans, qui m'a fait l'honneur de me faire remettre cette affiche.
12
p. 89-93
MEMOIRE
Début :
POUR le sieur Pierre Estève, de la Société royale des Sciences de Montpellier [...]
Mots clefs :
Quadrature du cercle, Découverte, Cercle
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MEMOIRE
MEMOIRE
OUR le fieur Pierre Eftève , de la Société
royale des Sciences de Montpellier
, contre Meffire Jofeph - Louis- Vincent
de Mauleon de Caufans , & c . & contre le
fieur Jean Digard , ancien Ingénieur du
Roi , au fujet du prix propofé par M. de
Caufans , au premier qui démontreroit un
Paralogifme dans fa démonftration de la
quadrature du cercle . A Paris , chez Ch.
Aut. Jombert, Imprimeur- Libraire du Roi,
rue Dauphine ; & chez Duchefne , Libraire
, rue S. Jacques , au Temple du Goût ,
36 pag. in-4°.
Il n'eft prefque perfonne qui ignore que
M. le Chevalier de Caufans croit avoir
trouvé la quadrature du cercle : il a du
moins annoncé plufieurs fois dans tous les
Journaux la nouvelle de cette découverte.
D'abord il avoit fixé fa récompenfe à quatre
millions qui devoient lui être donnés
en forme de foufcription ; mais lorsqu'il
y a eu feulement fix cens mille livres dépofées
, il a bien voulu publier ce qu'il
appelloit une découverte merveilleuſe.
Comme il ne pouvoit fe faire adjuger l'argent
qui étoit dépofé pour être fa récompenfe
fans fe faire juger fur fes démonſtra
go MERCURE DE FRANCE .
tions , il configna chez un Notaire la fomme
de dix mille livres qui devoit être remife
au premier qui démontreroit un paralogifme
dans fa découverte de la quadrature
du cercle. C'eft ce prix qui fait
l'objet du procès littéraire dont traite le
mémoire que nous venons d'annoncer. On
y trouvera d'abord un précis très-exact de
tout ce qu'il y a d'hiftorique dans cette affaire
, nous y renvoyons le lecteur pour ne
l'entretenir ici que de ce qui fait le fonds
du procès .
M. Eftève nous apprend qu'il eft le premier
qui ait convaincu M. le Chevalier
de Caufans d'erreur : En effet il n'y a perfonne
qui ait déposé avant lui une démonftration
du paralogifme en queftion. Il a
donc rempli tout ce qui étoit impofé par
l'affiche qui avoit annoncé le prix , & il
feroit en droit de fe faire adjuger pour
lui-même les dix mille livres ; cependant
voici quelles font fes conclufions.
» Etant le premier qui a démontré au
» Chevalier de Caufans un paralogifme
» dans fa quadrature du cercle , il deman-
» de qu'il plaife à la Cour que les dix miln
le livres lui foient remifes comme ju-
» ftement acquifes ; & pour fonder une
» chaire de Mathématiques qui fera à fa
» nomination & pour l'inftruction de ceux
SEPTEMBRE. 1755. 91
qui pourroient à l'avenir confier indifcretement
leur fortune à un paralogifine
fait fur la quadrature du cercle.
L'Auteur du mémoire paffe enfuite aux
moyens qui établiffent fon droit . Il plaide
fa cauſe comme s'il étoit devant la Grand'-
Chambre du Parlement , qui doit juger
cette affaire. Il prouve que M. de Caufans
a fait un véritable contrat avec le
public , qu'il ne fçauroit s'en faire relever
qu'en implorant la proteclion que les Magiftrats
ne refufent point aux mineurs. Il fait
obferver que ce prix a été proposé avec
les formalités les plus rigoureufes que
la juftice ait jamais prefcrites pour cimenter
irrévocablement les conventions ;
qu'on ne doit pas le regarder comme un
pari , mais plutôt comme la récompenſe
des talens & le payement d'un travail qui
n'a été entrepris que pour fatisfaire M. de
Caufans à qui il étoit utile.
Pour qu'on puiffe connoître le ton &
le ſtyle de l'ouvrage , nous allons en tranſcrire
un paragraphe.
" Mais doit on être forcé à payer chere-
» ment ceux qui par de folides raiſons nous
» prouvent no re erreur ? Oui , quand on
l'a promis il eft vrai que dans la plu
» part des hommes l'amour propre s'oppofe
à un pareil marché; mais cela n'em-
J
(92 MERCURE
DE
FRANCE
.
n
99
pêche pas que M. de Caufans ne fe foit
engagé à donner dix mille livres à qui
lui démontreroit qu'il a ignoré les véri-
»tables principes de la géométrie . Puifque
» la loi ne lui a pas interdit les moyens de
» faire ufage de ce qu'il poffede , fon en-
» gagement ne fçauroit être revoqué. Si
» M. de Caufans eût été un homme vain
» & avide d'éloges , il auroit pû propofer
» la même fomme à qui auroit prouvé
qu'il étoit un grand homme ; mais n'é-
»coutant que les fentimens philofophiques
» dont il fait profeffion , il a feulement
demandé la démonftration de fon erreur.
Il feroit à fouhaiter que cet exemple
admirable trouva des imitateurs
» en propofant des prix pour qui nous dé-
» montreroit nos erreurs , nos défauts , nos
» vices & nos ridicules , on apprendroit à
» fe connoître foi -même , & on devien-
» droit plus parfait. C'eft à M. de Caufans
" que nous fommes redevables de cette
» idée avantageufe au bien de la fociété ,
» & nous ne fçaurions nous diſpenſer de
» lui en faire ici honneur.
On trouve encore dans ce mémoire un
dérail des avantages que procureroit la
découverte de la quadrature du cercle.
Les bornes de cet extrait ne nous permertent
pas de fuivre M. Eftève dans le dé-
(
SEPTEMBRE. 1755. 93
-veloppement de tous fes moyens , nous
nous contenterons de dire qu'indépendamment
de l'intérêt qu'on doit prendre à une
caufe qui doit être plaidée folemnellement
en la Grand'Chambre du Parlement ,
ce mémoire mérite d'être lû comme ouvrage
d'efprit & de littérature.
Voici le trait qui termine ce mémoire.
M. Eftève , après avoir prouvé que M. de
Caufans doit être condamné aux dépens :
ajoute » que fi M. de Caufans en faifant
»fon dépôt & fes affiches , n'a eu d'autre
» deffein que de violer le droit des gens
» en plaifantant le public en ce cas il
doit être condamné à des dommages
" en forme de réparation , & expier par
» la perte de fon argent l'indécence de fa
» mauvaiſe plaifanterie.
OUR le fieur Pierre Eftève , de la Société
royale des Sciences de Montpellier
, contre Meffire Jofeph - Louis- Vincent
de Mauleon de Caufans , & c . & contre le
fieur Jean Digard , ancien Ingénieur du
Roi , au fujet du prix propofé par M. de
Caufans , au premier qui démontreroit un
Paralogifme dans fa démonftration de la
quadrature du cercle . A Paris , chez Ch.
Aut. Jombert, Imprimeur- Libraire du Roi,
rue Dauphine ; & chez Duchefne , Libraire
, rue S. Jacques , au Temple du Goût ,
36 pag. in-4°.
Il n'eft prefque perfonne qui ignore que
M. le Chevalier de Caufans croit avoir
trouvé la quadrature du cercle : il a du
moins annoncé plufieurs fois dans tous les
Journaux la nouvelle de cette découverte.
D'abord il avoit fixé fa récompenfe à quatre
millions qui devoient lui être donnés
en forme de foufcription ; mais lorsqu'il
y a eu feulement fix cens mille livres dépofées
, il a bien voulu publier ce qu'il
appelloit une découverte merveilleuſe.
Comme il ne pouvoit fe faire adjuger l'argent
qui étoit dépofé pour être fa récompenfe
fans fe faire juger fur fes démonſtra
go MERCURE DE FRANCE .
tions , il configna chez un Notaire la fomme
de dix mille livres qui devoit être remife
au premier qui démontreroit un paralogifme
dans fa découverte de la quadrature
du cercle. C'eft ce prix qui fait
l'objet du procès littéraire dont traite le
mémoire que nous venons d'annoncer. On
y trouvera d'abord un précis très-exact de
tout ce qu'il y a d'hiftorique dans cette affaire
, nous y renvoyons le lecteur pour ne
l'entretenir ici que de ce qui fait le fonds
du procès .
M. Eftève nous apprend qu'il eft le premier
qui ait convaincu M. le Chevalier
de Caufans d'erreur : En effet il n'y a perfonne
qui ait déposé avant lui une démonftration
du paralogifme en queftion. Il a
donc rempli tout ce qui étoit impofé par
l'affiche qui avoit annoncé le prix , & il
feroit en droit de fe faire adjuger pour
lui-même les dix mille livres ; cependant
voici quelles font fes conclufions.
» Etant le premier qui a démontré au
» Chevalier de Caufans un paralogifme
» dans fa quadrature du cercle , il deman-
» de qu'il plaife à la Cour que les dix miln
le livres lui foient remifes comme ju-
» ftement acquifes ; & pour fonder une
» chaire de Mathématiques qui fera à fa
» nomination & pour l'inftruction de ceux
SEPTEMBRE. 1755. 91
qui pourroient à l'avenir confier indifcretement
leur fortune à un paralogifine
fait fur la quadrature du cercle.
L'Auteur du mémoire paffe enfuite aux
moyens qui établiffent fon droit . Il plaide
fa cauſe comme s'il étoit devant la Grand'-
Chambre du Parlement , qui doit juger
cette affaire. Il prouve que M. de Caufans
a fait un véritable contrat avec le
public , qu'il ne fçauroit s'en faire relever
qu'en implorant la proteclion que les Magiftrats
ne refufent point aux mineurs. Il fait
obferver que ce prix a été proposé avec
les formalités les plus rigoureufes que
la juftice ait jamais prefcrites pour cimenter
irrévocablement les conventions ;
qu'on ne doit pas le regarder comme un
pari , mais plutôt comme la récompenſe
des talens & le payement d'un travail qui
n'a été entrepris que pour fatisfaire M. de
Caufans à qui il étoit utile.
Pour qu'on puiffe connoître le ton &
le ſtyle de l'ouvrage , nous allons en tranſcrire
un paragraphe.
" Mais doit on être forcé à payer chere-
» ment ceux qui par de folides raiſons nous
» prouvent no re erreur ? Oui , quand on
l'a promis il eft vrai que dans la plu
» part des hommes l'amour propre s'oppofe
à un pareil marché; mais cela n'em-
J
(92 MERCURE
DE
FRANCE
.
n
99
pêche pas que M. de Caufans ne fe foit
engagé à donner dix mille livres à qui
lui démontreroit qu'il a ignoré les véri-
»tables principes de la géométrie . Puifque
» la loi ne lui a pas interdit les moyens de
» faire ufage de ce qu'il poffede , fon en-
» gagement ne fçauroit être revoqué. Si
» M. de Caufans eût été un homme vain
» & avide d'éloges , il auroit pû propofer
» la même fomme à qui auroit prouvé
qu'il étoit un grand homme ; mais n'é-
»coutant que les fentimens philofophiques
» dont il fait profeffion , il a feulement
demandé la démonftration de fon erreur.
Il feroit à fouhaiter que cet exemple
admirable trouva des imitateurs
» en propofant des prix pour qui nous dé-
» montreroit nos erreurs , nos défauts , nos
» vices & nos ridicules , on apprendroit à
» fe connoître foi -même , & on devien-
» droit plus parfait. C'eft à M. de Caufans
" que nous fommes redevables de cette
» idée avantageufe au bien de la fociété ,
» & nous ne fçaurions nous diſpenſer de
» lui en faire ici honneur.
On trouve encore dans ce mémoire un
dérail des avantages que procureroit la
découverte de la quadrature du cercle.
Les bornes de cet extrait ne nous permertent
pas de fuivre M. Eftève dans le dé-
(
SEPTEMBRE. 1755. 93
-veloppement de tous fes moyens , nous
nous contenterons de dire qu'indépendamment
de l'intérêt qu'on doit prendre à une
caufe qui doit être plaidée folemnellement
en la Grand'Chambre du Parlement ,
ce mémoire mérite d'être lû comme ouvrage
d'efprit & de littérature.
Voici le trait qui termine ce mémoire.
M. Eftève , après avoir prouvé que M. de
Caufans doit être condamné aux dépens :
ajoute » que fi M. de Caufans en faifant
»fon dépôt & fes affiches , n'a eu d'autre
» deffein que de violer le droit des gens
» en plaifantant le public en ce cas il
doit être condamné à des dommages
" en forme de réparation , & expier par
» la perte de fon argent l'indécence de fa
» mauvaiſe plaifanterie.
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Résumé : MEMOIRE
Le texte présente un mémoire rédigé par Pierre Estève, membre de la Société royale des Sciences de Montpellier, adressé contre Joseph-Louis-Vincent de Mauleon de Caussans et Jean Digard. Ce mémoire traite du prix proposé par Caussans pour quiconque démontrerait un paralogisme dans sa démonstration de la quadrature du cercle. Initialement, Caussans avait offert une récompense de quatre millions, puis réduit à six cent mille livres, et finalement déposé dix mille livres chez un notaire pour celui qui trouverait une erreur dans sa démonstration. Pierre Estève affirme avoir été le premier à démontrer un paralogisme dans la quadrature du cercle de Caussans, ce qui le rend éligible pour recevoir les dix mille livres. Il demande que cette somme lui soit remise afin de fonder une chaire de mathématiques et prévenir les erreurs futures dans ce domaine. Le mémoire détaille les arguments juridiques et éthiques soutenant la demande d'Estève, soulignant que Caussans s'était contractuellement engagé à récompenser quiconque prouverait son erreur. Le texte met également en avant les avantages potentiels de la découverte de la quadrature du cercle et loue l'initiative de Caussans, tout en critiquant son comportement si son intention était de tromper le public. Estève conclut en demandant que Caussans soit condamné aux dépens et à des dommages-intérêts si ses actions étaient malveillantes.
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