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p. 274-294
REPONSE de M. Meynier, Ingenieur du Roy pour la Marine, cy-devant Professeur Royal d'Hidrographie, sur ce que M. Bouguer, cy-devant Professeur d'Hidrographie au Croisic, à present Professeur Royal d'Hidrographie au Havre de Grace a dit au sujet du Demi-Cercle que M. Meynier a inventé pour observer sur Mer et à Terre, la hauteur du Soleil et des Etoiles, sans qu'il soit necessaire de voir l'horison; et au sujet du Quart de Cercle que M. Bouguer a donné pour être preferable au Demi-Cercle et à tous les autres Instrumens qui sont en usage sur Mer, pour le même sujet.
Début :
Comme des amis communs entre M. Bouguet et moi, m'avoient [...]
Mots clefs :
Hydrographie, Cercle, Hauteur, Mer, Terre, Demi-cercle, Professeur royal, Rayon, Instruments, Figure, Pinule, Mouvement, Observations, Astres, Marteau, Circonférence
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texteReconnaissance textuelle : REPONSE de M. Meynier, Ingenieur du Roy pour la Marine, cy-devant Professeur Royal d'Hidrographie, sur ce que M. Bouguer, cy-devant Professeur d'Hidrographie au Croisic, à present Professeur Royal d'Hidrographie au Havre de Grace a dit au sujet du Demi-Cercle que M. Meynier a inventé pour observer sur Mer et à Terre, la hauteur du Soleil et des Etoiles, sans qu'il soit necessaire de voir l'horison; et au sujet du Quart de Cercle que M. Bouguer a donné pour être preferable au Demi-Cercle et à tous les autres Instrumens qui sont en usage sur Mer, pour le même sujet.
REPONSE de M. Meynier , Ingenieur
du Roy pour la Marine , cy- devant Professeur Royal d'Hidrographie , sur ce que
M.Bouguer, cy- devant Professeur d'Hidrographie au Croisic , à present Professeur Royal d'Hidrographie au Havre de
Grace a dit au sujet du Demi- Cercle que
·M. Meynier a inventé pour observer sur
Meret à Terre , la hauteur du Soleil et
des Etoiles , sans qu'il soit necessaire de
voir l'horisons et au sujet du Quart de
Cercle que M. Bouguer a donné pour être
preferable au Demi Cercle et à tous les
autres Instrumens qui sont en usage sur
Mer, pour le même sujet.
C
Omme des amis communs entre
M. Bouguer et moi , m'avoient dit
lui avoir représenté le tort qu'il a eû de
parler de mon Demi- Cercle de la maniere qu'il en a parlé dans un Ouvrage
intitulé : De la Méthode d'observer exactement sur Merla hauteur des Astres , imprimé
FEVRIER 1732. 295
primé à Paris , chez Claude Jombert en
l'année 1729 , j'avois crû qu'il auroit pû
y faire attention et reparer sa faute dans
le Public ; mais bien loin qu'il en ait été
question , depuis plus de deux ans et demi que j'ai lieu de me plaindre de la
fausse idée qu'il en a donnée dans son Li
vre ; il m'a fait verbalement depuis peu
de jours une espece de défi d'y répondre ,
ce qui m'a indispensablement engagé à
mettre la main à la plume.
On voit dans l'Histoire de l'Académie
Royale des Sciences , de l'année 17 : 4.
page 93. où M. Bouguer a dit avoir lû
la description de mon demi Cerle , que
ces Mrs l'approuverent après l'avoir examiné et après en avoir fait plusieurs observations au Soleil. Il est extraordinaire
qu'après cela M. Bouguer , qui ne l'avoit
pas vû, en ait fait un portrait au Public
qui n'y a aucune ressemblance , et qu'en
même temps il l'ait condamné sur ce
portrait d'une façon fort singuliere , malgré l'Approbation de l'Académie Royale
des Sciences.
Pour prouver que M. Bouguer a condamné ce demi Cercle sans le connoître
je rapporte ici mot-à-mot ce qu'il en a
dit , où il ne paroît pas qu'il en ait connu
la construction , la suspension ni les usa
Diiij ges.
1
276 MERCURE DE FRANCE
1
ges. J'ai aussi copié exactement la figure
3. de la premiere Planche de son Livre,
qu'il a donnée pour celle de mon demi
Cercle ; je la représente ici notée du même
chiffre 3. et des mêmes lettres. Je donne
en même temps le Dessein de mon demi
Cercle , dans la figure 4. étant suspendu
dans la Caisse MRTV, qui le met à
couvert du vent , de la même maniere
et au même état qu'il étoit lorsque l'Académie Royale des Sciences l'a examiné:
Je l'ai encore en cèt état- là , dans la même Caisse , de maniere qu'on peut ve
rifier très-facilement ce que j'avance.
La Caisse de cet Instrument est noir*
cie en dedans , afin d'absorber les rayons
du Soleil , elle ne devroit être represen
tée ouverte que par dessus ; mais je l'ai
représentée aussi ouverte par devant , afin
de voir plus distinctement toute la figure du demi Cercle et de sa suspension/
Pendant toutes les observations qui ont
été faites avec cet Instrument , sa Caisse
étoit posée à terre ou sur une table , ou
sur quelque banc , de maniere que l'Observateur n'avoit point d'autre attention
que
du
celle de regarder sur la circonference
de l'Instrument , le degré que le rayon
Soleil y marquoit , qui étoit celui de sa
hauteur sur l'horison. On peut verifier
facilement
LYON
*
1893*
partie interieure de l'Arc , et fait connoi hauteur comine dans l'Aneau Astronomique
Instrument peut être aussi d'usage la nuit ,
observer la hauteur des Etoiles ; mais appai
ment qu'on le suspend dans un sens contraire
qu'on vise à l'Etoile par la Pinule du centre pår une autre Pinule située sur la circonferen
Nous ne connoissons ce demi Cercle que pour Dy avo
ou sur une table > our
sur quelque banc , de maniere que l'Observateur n'avoit point d'autre attention.
que celle de regarder sur la circonference
de l'Instrument , le degré que le rayon du
Soleil y marquoit , qui étoit celui de sa
hauteur sur l'horison. On peut verifier facilement
FEVRIER 1732. 377
facilement ce demi Cercle pour sçavoir
s'il est juste , exposant simplement sa
Caisse successivement des deux côtez
MR. aux rayons du Soleil vers l'heure de
midi , car pour lors si le rayon du Soleil
qui passeroit par le centre I. marquoit le
même degré sur les deux côtez du demi
Cercle , son diamétre AC. seroit horisontal ; et si par hazard il inclinoit de quelque côté, ce qui ne pourroit arriver que
par quelque accident extraordinaire , outre qu'on pourroit y remedier sur le
champ par le moyen du petit poids S.
en le faisant glisser le long du diamétre
AC. on pourroit s'en servir aussi quoiqu'incline , comme je l'ai démontré dans
mes Mémoires. Voici ce que M. Bouguer
en a dit.
On voit dans la figure 3. le demi Cercle de
M. Meynier , actuellement Professeur Royal
d'Hidrographie au Havre de Grace. Ce demi
Cercle se suspend par la Boucle A. fig. 3. et le
rayon du Soleil passant par la pinule C. qui répond au centre , vient se rendre en E dans la
partie interieure de l'Arc , et fait connoître la
hauteur comme dans l'Aneau Astronomique. Cet
Instrument peut être aussi d'usagé la nuit , pour
observer la hauteur des Etoiles ; mais apparemment qu'on le suspend dans un sens contraire , et
qu'on vise à l'Etoile par la Pinule du centre ,
pår une autre Pinule située sur la circonference.
Nous ne connoissons ce demi Cercle que pour en
D v avoir
et
278 MERCURE DE FRANCE
avoir vu une description très succinte dans l'Histoire de l'Académie Royale des Sciences de l'An- née 1724. page 93. mais nous ne doutons point
que son sçavant Auteur ne lui procure une situation constamment horisontale , malgré le poids
de la Pinule , qui est située sur la circonference ,
et qu'on est obligé de faire monter ou descendre,
selon que les hauteurs sont plus ou moins
grandes.
Article premier , M. Bouguer dit que
la figure 3. represente mon demi Cercle ;
qu'il est suspendu par la Boucle A. et qu'il
fait connoître la hauteur du Soleil , comme
dans l'Anneau Astronomique. Il suffit de
regarder la figure qu'il donne pour celle
de mon demi Cercle , et de la comparer
avec la figure 4. qui en est la veritable
figure , pour en voir d'abord la difference. Bien loin que mon demi Cercle fig.
4. soit suspendu par la Boucle A. de la
figure 3. il est suspendu sur les deux Pivots NB. dans la Caisse MRVT. qui le
garantit du vent , lesquels Pivots NB.
sont portez par une seconde suspension
XNBZ de même que les Boussoles de
Mer. Ce demi Cercle a un poids O. vers
son milieu , lequel poids ayant le centre
de son mouvement particulier en P.
vibrations particulieres tendent à détruire plutôt le mouvement que le vaisseau
imprime au demi Cercle ; car à mesure
ses
que
FEVRIER: 1732. 279
les vibrations du poids O. et celles du
demi Cercle ADC. ne se font pas en
temps égaux , elles se contrarient récipro
quement et se détruisent mutuellement
en beaucoup moins de temps. Il est évident que par cette suspension l'Instrument obéit beaucoup mieux au Roulis
et au Tangage du Vaisseau , qu'il n'y
obeïroit s'il étoit suspendu par une Boucle; car si la suspension de la Boucle va- loit mieux on s'en serviroit pour suspendre les Boussoles de Mer ; mais l'experience prouve le contraire. On voit par là combien cet Instrument est different
de l'Astrolabe , de même que ses usages ,
et que parconsequent la comparaison de
M. Bouguer , n'est pas juste.
Article II. Il a dit que pour dit que pour observer
la hauteur des Etoilles pendant la nuit , apparemment on suspend mon demi Cercle d'un
sens contraire, et qu'on vise à l'Etoile par
la Pinule du centre. Ce terme d'apparemmentfait voir qu'il ne croit pas lui- méme
connoître la construction de cet Instrument , non- plus que ses usages ; mais
bien loin qu'on soit obligé de le suspendre d'un sens contraire , on ne fait jamais aucun changement à sa suspension
dans aucun de ses usages , et la Pinule.
du centre ne sert jamais pour observer la
D vj hauteur
280 MERCURE DE FRANCE
prohauteur des Etoiles ; car on trouve leur
hauteur avec cet Instrument par la
prieté des Angles formez à là circonfe
rence du Cercle, qui ont un avantage con.
siderable sur ceux qui sont formez au centre du même Cercle , en ce que leurs degrez occupent un Arc double des autres,
comme il est démontré dans la 24. Proposition du troisiéme Livre d'Euclide ,
ce qui rend leurs divisions parconsequent
beaucoup plus distinctes. Comme , par
exemple , l'Angle F A C. qui est celui de
la hauteur de l'Etoile L , qui est formé au
point A. de la circonference , qui est égal
à l'Angle A F E. qui est aussi à la circonference , qui est mesuré par la moitié de
l'Arc AE , égal à l'Arc FC, et qui est indiqué par l'extrémité E. de l'alidade E F.
Article III. Il condamne ce demi Cer→
cle , en disant qu'il croit que je lui procurerai une situation constamment horisontale,
malgré le poids de la Pinule , qui est située
sur la circonference qu'on est obligé de faire
monter ou descendre , selon que les hauteurs
sont plus ou moins grandes. Comme il est
necessaire dans tous les usages de ce demi
Cercle , que son dismétre A C. prenne
de lui- même une situation horisontale ,
quoique l'Astre soit plus ou moins élevé
cola seroit impossible , si le poids de quel
que
FEVRIER. 1732 28
que pinule qui seroit située sur sa circon
ference étoit capable de faire incliner
l'Instrument à mesure qu'elle se trouveroit plus ou moins élevée autour du de
mi Cercle , parce que pour lors son poids
agiroit sur des lignes verticales qui se
roient differemment éloignées de la ligne
verticale qui passeroit par le centre de
gravité du demi Cercle , ce qui feroit
changer l'équilibre de l'Instrument à
mesure que la hauteur de la Pinule changeroit Apparemment que M. Bouguer a
pris delà occasion de vouloir persuader
au Public que mon demi Cercle ayant
une Pinule qu'on fait monter ou descendre plus ou moins , suivant les differentes
hauteurs des Astres , ne devoit pas conserver sa situation horisontale, à cause du
poids de cette même Pinule ; mais il au
roit dû faire attention que si cela eût eu
lieu, Mrs de l'Académie ne l'eussent point
approuvé , étant très- capables de s'en être
appercûs , et si ensuite il eût été convaincu de cette verité , il n'auroit pas avancé
la chose si hardiment ; d'ailleurs les principes des forces mouvantes nous apprennent que tout corps qui a un mouvement circulaire autour d'un Cercle ou
d'un demi Cercle , ou autour de quelque
point, peut conserver toûjours le même
équilibre
282 MERCURE DE FRANCE
équilibre sur le centre de son mouvement , par le moyen d'un autre poids
qui aura le même mouvement sur un
bras de Levier opposé ; c'est ce qu'on
voit aux Pinules des Astrolabes qui montent et descendent autour de sa circonference de l'Instrument sans en changer
l'équilibre.
Je ne crois pas non-plus qu'il eût parlé de même de ce demi Cercle, si auparavant il eût pris connoissance de sa cons-
"truction, de sa suspension et de ses usages ,
parce qu'il auroit vû que la Pinule A. qui
est la seule qui soit située à la circonfe
rence de cet Instrument , n'est pas mobile , mais qu'elle est toûjours fixe à l'extremité A du diamétre AC , et que par
cette raison la hauteur de l'œil qu'on place
en K du côté de cette même Pinule , ne
change pas lorsqu'on fait l'observation
quoique la hauteur de l'Astre change. II
auroit aussi vû que la Pinule A ayant été
mise d'équilibre , avec le demi Cercle
ADC , sur le centre commun I , elle ne
doit jamais changer la situation horisontale de l'Instrument qui se suspend continuellement de lui- même par la verticale
qui passe par son centre de mouvement
et par son centre de gravité ; et que pour
ce qui est de la seconde Pinule F , elle se
trouve
FEVRIER. 17327 28
trouve toujours plus ou moins élevée audessus du demi Cercle , suivant les dif
ferentes hauteurs des Etoiles sur l'horidans le temps de l'observation ;
et que le centre de mouvement er de
gravité de l'Alidade EF , qui la porte ,
étant au centre I du demi Cercle , elle:
ne doit non-plus rien changer à l'équili
bre de l'Instrument dans quelque situation qu'on la mette ; et s'il eût demandé
à l'Académie des Sciences une plus gran-.
de instruction sur mon demi Cercle, comme il en étoit correspondant , on lui auroit communiqué , sans doute, le desseinet le Memoire que j'y ai laissé à ce sujet ;
on auroit pû lui communiquer en mêmetemps un Certificat autentique qu'elle
avoit reçû touchant les experiences qui
furent faites avec ce demi Ĉercle dans la
Rade de Brest , sur le Vaisseau du Roy
l'Elisabeth, qui n'ont été écartez que d'environ une minute de la vraye latitude
du lieu où elles furent faites , quoique le
Vaisseau eût beaucoup de mouvement
puisque lors de la derniere observation
le vent nous fit faire près de deux lieuës
de chemin en une heure de temps dans
un gros Bateau qu'on nomme Bugalet,
qui n'avoit qu'une seule Voile. J'avois
fait faire ce demi Cercle entierement semblable
284 MERCURE DE FRANCE
blable à celui dont il est parlé dans l'His
toire de l'Académie des Sciences de l'année 1724. il avoit seulement été divisé:
avec plus de soin. Avantque de partir pour
Brest, Mrs. de Cassini et deMaraldi, comparerent en ma presence à l'Observatoire
Royal plusieurs Observations faites avec›
ce demi Cercle à celles qui furent faites
en même temps avec un quart de Cercle
d'environ trois pieds de rayon , elles furent toutes trouvées égales à celles du
quart de Cercle de l'Observatoire à une
ou deux minutes près ; mais sans doute
que dans ce temps-là l'Histoire de l'Académie étoit imprimée , sans quoi je suis
persuadé que ces Mrs. y auroient fait inserer ces dernieres Observations.
Article IV. Il dit Connoître cet Ins
trument pour en avoir vu une Description
très-succinte dans l'Histoire de l'Académie
Royale des Sciences de l'année 1724. pages
93. Je rapporte ici cette même Descrip
tion mot à- mot , afin de faire voir au Public qu'elle ne l'autorise en rien du tout
sur l'idée qu'il a voulu lui donner de mon
demi Cercle.
Description de l'Académie. Un Instrument de
M. Meynier , consistant en un demi Cercle dont le diamétré se met dans une situation horisontale
par la maniere dont il est suspendu. Il sert à apprendre sur Mer, sans qu'il soit necessaire des voir
FEVRIER. 1732. 28
voir l'horison , la distance du bord superieur der
Soleil au Zenith, par le moyen de l'ombre faite
par les rayons qui passent par une fente qui
répond au centre du demi Cercle et va se projetter sur une circonference graduée , il sert aussi.à observer la hauteur du Soleil et des Etoiles , depuis l'horison jusques à environ so degrez , par
le moyende deux Pinules , avec lesquelles on vise
l'Astre. On a fait avec cet Instrument plusieurs
Observations qui ont été le plus souvent à 8 ou
10. minutes près , les mêmes que celles qui
se faisoient en même- temps avec un quart de
Cercle de deux pieds de rayon. Cet Instrument
est ingenieux et commode à cause que pour les
Observations des Etoiles, l'œil est toujours placé
à la même hauteur , quoique l'Etoile soit diffe- remment élevée , et parce qu'on n'a pas besoin
de voir l'horison. On a crû qu'il seroit préferable sur Mer à la plupart des Instrumens qu'on y'
employe , s'il y donnoit les hauteurs avec la même précision que sur Terre , ce que l'experience seule peut décider.
Je conviens que cette description est
tres- succinte ; mais cependant on n'y
trouve point du tout que ce demi cerclesoit suspendu par une boule , ni qu'il
donne la hauteur des Astres , comme l'As
trolabe ; ony voit seulement qu'il se place
horisontalement par la maniere dont il est
suspendu , et qui fait assez entendre que
cette maniere de le suspendre n'est pas
par une boule, car il auroit été plus court
et plus naturel à Mrs de l'Academie de l
dire
286 MERCURE DE FRANCÈ
dire dans leur Description. On n'y trouve
non plus rien qui donne aucune idée
qu'il faille suspendre ce demi Cercle d'un
sens contraire pour observer la hauteur
des Etoiles ; n'y qu'on vise à l'Etoile par
la Pinule du centre , ni rien qui puisse
faire douter que le poids des Pinules qui
y sont, puisse faire changer la situation
horisontale de l'instrument , en observant
la hauteur des Etoiles.
Il est surprenant que M. Bouguer n'ait
compris que le mot de demi Cercle ,
dans la Description de l'Académie , au
sujet de cet instrument, qu'il en ait donné
une idée au public, entierement différente
tant au sujet de sa construction , que de
sa suspension et de ses usages , par une interprétation , qui n'y a aucune ressemblance; qu'il en ait même parlé d'une maniere à faire voir évidemment qu'il ne le
connoissoit du tout point ; et qu'ensuite
il l'ait condamné d'une façon tres- singu
liere , en disant qu'il croit queje lui procurerai une situation constamment horisontale
malgré le poids de la Pinule , qui est à la
circonference.
Je propose à M. Bouguer de faire avec
lui l'experience de son quart de Cercle
et en même temps celle ce mon demi
Cercle , et celle du quart de Cercle Anglois ,
FEVRIER. 1932. 287
glois , en présence des personnes qu'il jugera à propos , afin de voir par là si sort
quart de Cercle vaut mieux que ces autres instruments , à la mer et à terre même , lorsqu'il fait du vent , ou lorsque
le corps de l'Observateur est en mouvement; mais puisqu'il a condamné mon
demi Cercle sans aucuu fondement , il
ne doit pas trouver mauvais que je détaille au public les raisons qui condamnent avec fondement le quart de Cercle qu'il a donné dans le même ouvrage ,
que j'ai cité , comme un instrument préférable au quart de Cercle des Anglois, et
à tous les autres instrumens qu'on employe sur Mer , pour observer la hauteur des Astres.
La figure 5 , represente le quart de Cer
cle dont les Anglois se servent pour. ob
server la hauteur des Astres.
La figure 6 , représente exactement le
quart de Cercle de M. Bouguer , qui ne
differe du quart de Cercle des Anglais
que parce qu'il est formé d'un seul- Arc ,
É FD , de même que tous les quarts de
Cercle ordinaires que tous ses rayons
sont égaux au grand rayon du quart de
Cercle Anglois , c'est à dire d'environ 23
pouces de longueur ; et que celui des Anglois , figure 5 , est formé de deux differentes
288 MERCURE DE FRANCE
rentes portions de Cercle A BHD. dont
les rayons CCA.A. CH. sont inégaux , le
grand CH. est d'environ 23 pouces , il y
en a quelquefois qui ont quelques pouces de plus, mais je n'en ai point vû qui
en eussent moins ; l'Arc D H. que ce
rayon soutient , est d'environ 25 à 30 dégrez. On appuye contre l'épaule le côté
Dde cet Arc, lorsqu'on fait l'observa-.
tion ; le reste des dégrez de ce quart de
Cercle , est sur le petit Arc A'B , qui n'est
ordinairement que de à 10 pouces de
rayon. J'en ai cependant vu un qui avoit
ce même rayon , d'environ un pied.
Nous avons en France , depuis treslong- temps , beaucoup de Pilotes qui se
servent du quart de Cercle Anglois, figu
re 5. Plusieurs y mettent un verre lanticalaire au martcau A, qui réunit les rayons
du Soleil sur le Marteau C , qui est au
centre de l'instrument; beaucoup d'autres
né se servent que d'un petit trou rond au
même Marteau , en place de Verre , et
quelquesautres ne se servent que de l'ombre qui tombé du bord du même Marteau
A' , sur celui du centre C.
Il y a long-temps que j'ai entendu dire
à nos Pilotes de Brest , et à ceux de Tou-.
lon , que ce qui a obligé de reformer le
quart de Cercle ordinaire , formé par un
seul
FEVRIER 1732. 289
?
seul rayon , comme celui de la figure 6 , a
été , premierement , parce que le vent
avoit beaucoup plus de force sur la circonference E H,figure 5 , que sur la semblable circonférence A B. Secondement
parce que cette circonference E H, outre
qu'elle recevoit beaucoup plus de vent
étant plus grande , étoit ausst beaucoup
plus éloignée de la main de l'Observateur qui tenoit l'instrument en I , de
maniere que la force du vent agissoit sur
un Lévier beaucoup plus long , qui fatiguoit davantage l'Observateur, et qui causoit un plus grand mouvement à l'instru
ment ; de sorte que non-seulement l'Observateur ne pouvoit pas le tenir si ferme,
mais pas même si vertical , ni si horisontal , à cause du vent , ce qui rendoit l'observation d'autant plus douteuse que le
vent étoit plusfort. Troisiémement, parce
que le bord de l'ombre du Marteau E. figure 6 , en tombant sur le Marteau C, de
la distance E C , lorsqu'elle étoit d'environ 23 pouces, étoit beaucoup moins sensible sur ce même Marteau C , que lorsqu'il ne tombe que de la distance A C ,
figures , qui n'est ordinairement que
d'environ 9 pouces. Quatrièmement
parce que la distance EC , figure 5 et 6 ,
étant d'environ 23 pouces , le mouvement
>
290 MERCURE DE FRANCE
ment de l'ombre du bord du Marteau, ou
le mouvement du rayon du Soleil , qui
tomboit du Marteau E sur le Marteau C,
parcouroient un espace qui étoit plus de
deux fois et demi aussi grand , que l'espace qu'ils parcourent sur le même Marteau C , lorsque cette distance n'est que d'environ 9 pouces , telle que A C, figure
55 car quoique le mouvement des deux
instrumens , figure $ et 6 , fût le même,
le mouvement de l'ombre du Marteau E,
ou le mouvement du rayon du Soleil ,
qui tomberoit du même Marteau E , sur
celui du centre C, des figures 5 et 6 , seroit au mouvement de cette même ombre , ou rayon qui tomberoit du Marteau A, sur le Marteau C , de la figure
5 :: comme le rayon EC, des figures 5
et 6 , est au rayon A C de la figure 5 , ce
qui formoit une tres-grande difficulté ,
parce que pour lors on ne pouvoit estimer le milieu de ce mouvement que tresimparfaitement;car comme il falloit aussi
estimer en même temps le milieu des
rayons du Soleil sur le Marteau C ; ces
deux estimations qui doivent se faire dans
le même instant , étoient d'autant plus
difficiles et douteuses , que le mouvement
de ce rayon sur le Marteau du centre C
étoit plus grand. Cinquièmement , parce
-
que
FEVRIER. 1732. 291
pas
que lorsqu'on a voulu avoir le rayon du
Soleil sur le Marteau C , par le moyen
d'un trou au Marteau E , quelque petit
que fût ce trou , l'étendue du rayon de
Astre qui y passoit étoit fort grande sur
le Marteau C, et beaucoup moins distincte , principalement lorsque le Soleil n'est
bien brillant , comme cela arrive tressouvent à la Mer ; ce qui n'est pas de même lorsque la longueur du rayon de l'A
tre n'est que de 9 à re pouces. Sixièmement , parce que ces difficultez augmentoient encore davantage , lorsque le Soleil étoit fort élevé sur l'horison , ou près
du Zénith ; car pour lors l'étendue de son
rayon sur le Marteau C, prenoit une figure ovale , beaucoup plus grande,à cause de l'obliquité du plan du Marteau C,
avec le rayon de l'Astre. Septiémement ,
parce que lorsqu'on a voulu mettre un
verre lenticulaire au Marteau E, figure 6,
pour réunir les rayons du Soleil sur le
Marteau C, on a trouvé qu'un verre d'environ 23 pouces de foyer , ne donnoit pas
les rayons de l'Astre si bien réinis qu'un
verre d'environ 9 pouces de foyer , de
maniere qu'on n'en pouvoit pas estimer
le milieu si exactement ; d'ailleurs cette
lentille ne détruisoit pas l'augmentation
du mouvement des rayons du Soleil sur
le
292 MERCURE DE FRANCE
le Marteau C , ce qui est un tres- grand
obstacle , auquel on n'a pû remedier
qu'en racourcissant considerablement le
rayon à une partie du quart de Cercle ,
comme on le voit à la figure 5 .
Etant en Angleterre l'année derniere,
et scachant que tous les Anglois se servent sur Mer du quart de Cercle , de la
figures , je m'informai pourquoi ils ne
font pas ce quart de Cercle regulier, c'està-dire d'un seul arc de Cercle. On me répondit à peu près la même chose que ce
que j'en avois apris de nos Pilotes François. On y ajouta seulement,que ceux qui
voudroient se servir d'un quart de Cercle d'un seul Arc , pour observer la hauteur des Astres sur Mer, en seroient bientôt desabusez, puisqu'eux-mêmes ne se servent pas de l'Arc du grand rayon tout
seul pour observer la hauteur du Soleil, à
cause des raisons susdites , quoiqu'ils le
pussent toutes les fois que les dégrez de
la hauteur de l'Astre n'excedent pas les
dégrez de l'Arc du grand rayon de l'ins
trument.
Quand même nos Pilotes et les Anglois
n'auroient pas pour eux l'experience
comme ils l'ont , qui confirme leurs raisons , elles sont trop pour ne
pas s'y rendre ; et ils sont fondez à croire
évidentes
qu'ils
FEVRIER.
1732. 293
qu'ils ont eux - mêmes reformé le quart
de Cercle ordinaire , avec connoissance
de cause et avec fondement , pour leur
servir plus exactement et plus commodé
ment à observer la hauteur des Astres sur
Mer , en formant le quart de Cercle de
deux differens Arcs , comme celui de la
figure 5.
Les raisons que je viens de détailler
font voit que ce n'est pas le seul embarras
de l'instrument qui a occasionné la réforme que les Pilotes en ont faite , mais bien
la nécessité ; ce qui nous prouve que l'expérience sur cette matiere en a plus appris
aux Pilotes que la Théorie. Car il est assez
évident à ceux qui ignorent ces expériences , que le quart de Cercle qui auroit
deux pieds de rayon , devroit être plus
précis que celui qui n'en auroit que 9 ou
10pouces,parce que les divisions de ce premier seroient beaucoup plus grandes que
celles de l'autre , et par consequent plus
distinctes et plus exactes ; cela est incontestable à terre; mais le raisonnement doit
ceder à
l'expérience ,
principalement en
ce qui regarde la navigation.
Si M. Beguer , dont la Théorie est
profonde , avoit pratiqué la Mer ou fait seulement une campagne de long cours ,
pendant laquelle il se futservi de son quart
E de
294 MERCURE DE FRANCE
de Cercle, figure 5, pour observer la haureur du Soleil , je ne croi pas qu'il l'eut
proposé ensuite pour s'en servir à la Mer,
préférablement aux instrumens ordinai
res , parce qu'il en auroit senti lui-même
les difficultez mentionnées cy-dessus.
du Roy pour la Marine , cy- devant Professeur Royal d'Hidrographie , sur ce que
M.Bouguer, cy- devant Professeur d'Hidrographie au Croisic , à present Professeur Royal d'Hidrographie au Havre de
Grace a dit au sujet du Demi- Cercle que
·M. Meynier a inventé pour observer sur
Meret à Terre , la hauteur du Soleil et
des Etoiles , sans qu'il soit necessaire de
voir l'horisons et au sujet du Quart de
Cercle que M. Bouguer a donné pour être
preferable au Demi Cercle et à tous les
autres Instrumens qui sont en usage sur
Mer, pour le même sujet.
C
Omme des amis communs entre
M. Bouguer et moi , m'avoient dit
lui avoir représenté le tort qu'il a eû de
parler de mon Demi- Cercle de la maniere qu'il en a parlé dans un Ouvrage
intitulé : De la Méthode d'observer exactement sur Merla hauteur des Astres , imprimé
FEVRIER 1732. 295
primé à Paris , chez Claude Jombert en
l'année 1729 , j'avois crû qu'il auroit pû
y faire attention et reparer sa faute dans
le Public ; mais bien loin qu'il en ait été
question , depuis plus de deux ans et demi que j'ai lieu de me plaindre de la
fausse idée qu'il en a donnée dans son Li
vre ; il m'a fait verbalement depuis peu
de jours une espece de défi d'y répondre ,
ce qui m'a indispensablement engagé à
mettre la main à la plume.
On voit dans l'Histoire de l'Académie
Royale des Sciences , de l'année 17 : 4.
page 93. où M. Bouguer a dit avoir lû
la description de mon demi Cerle , que
ces Mrs l'approuverent après l'avoir examiné et après en avoir fait plusieurs observations au Soleil. Il est extraordinaire
qu'après cela M. Bouguer , qui ne l'avoit
pas vû, en ait fait un portrait au Public
qui n'y a aucune ressemblance , et qu'en
même temps il l'ait condamné sur ce
portrait d'une façon fort singuliere , malgré l'Approbation de l'Académie Royale
des Sciences.
Pour prouver que M. Bouguer a condamné ce demi Cercle sans le connoître
je rapporte ici mot-à-mot ce qu'il en a
dit , où il ne paroît pas qu'il en ait connu
la construction , la suspension ni les usa
Diiij ges.
1
276 MERCURE DE FRANCE
1
ges. J'ai aussi copié exactement la figure
3. de la premiere Planche de son Livre,
qu'il a donnée pour celle de mon demi
Cercle ; je la représente ici notée du même
chiffre 3. et des mêmes lettres. Je donne
en même temps le Dessein de mon demi
Cercle , dans la figure 4. étant suspendu
dans la Caisse MRTV, qui le met à
couvert du vent , de la même maniere
et au même état qu'il étoit lorsque l'Académie Royale des Sciences l'a examiné:
Je l'ai encore en cèt état- là , dans la même Caisse , de maniere qu'on peut ve
rifier très-facilement ce que j'avance.
La Caisse de cet Instrument est noir*
cie en dedans , afin d'absorber les rayons
du Soleil , elle ne devroit être represen
tée ouverte que par dessus ; mais je l'ai
représentée aussi ouverte par devant , afin
de voir plus distinctement toute la figure du demi Cercle et de sa suspension/
Pendant toutes les observations qui ont
été faites avec cet Instrument , sa Caisse
étoit posée à terre ou sur une table , ou
sur quelque banc , de maniere que l'Observateur n'avoit point d'autre attention
que
du
celle de regarder sur la circonference
de l'Instrument , le degré que le rayon
Soleil y marquoit , qui étoit celui de sa
hauteur sur l'horison. On peut verifier
facilement
LYON
*
1893*
partie interieure de l'Arc , et fait connoi hauteur comine dans l'Aneau Astronomique
Instrument peut être aussi d'usage la nuit ,
observer la hauteur des Etoiles ; mais appai
ment qu'on le suspend dans un sens contraire
qu'on vise à l'Etoile par la Pinule du centre pår une autre Pinule située sur la circonferen
Nous ne connoissons ce demi Cercle que pour Dy avo
ou sur une table > our
sur quelque banc , de maniere que l'Observateur n'avoit point d'autre attention.
que celle de regarder sur la circonference
de l'Instrument , le degré que le rayon du
Soleil y marquoit , qui étoit celui de sa
hauteur sur l'horison. On peut verifier facilement
FEVRIER 1732. 377
facilement ce demi Cercle pour sçavoir
s'il est juste , exposant simplement sa
Caisse successivement des deux côtez
MR. aux rayons du Soleil vers l'heure de
midi , car pour lors si le rayon du Soleil
qui passeroit par le centre I. marquoit le
même degré sur les deux côtez du demi
Cercle , son diamétre AC. seroit horisontal ; et si par hazard il inclinoit de quelque côté, ce qui ne pourroit arriver que
par quelque accident extraordinaire , outre qu'on pourroit y remedier sur le
champ par le moyen du petit poids S.
en le faisant glisser le long du diamétre
AC. on pourroit s'en servir aussi quoiqu'incline , comme je l'ai démontré dans
mes Mémoires. Voici ce que M. Bouguer
en a dit.
On voit dans la figure 3. le demi Cercle de
M. Meynier , actuellement Professeur Royal
d'Hidrographie au Havre de Grace. Ce demi
Cercle se suspend par la Boucle A. fig. 3. et le
rayon du Soleil passant par la pinule C. qui répond au centre , vient se rendre en E dans la
partie interieure de l'Arc , et fait connoître la
hauteur comme dans l'Aneau Astronomique. Cet
Instrument peut être aussi d'usagé la nuit , pour
observer la hauteur des Etoiles ; mais apparemment qu'on le suspend dans un sens contraire , et
qu'on vise à l'Etoile par la Pinule du centre ,
pår une autre Pinule située sur la circonference.
Nous ne connoissons ce demi Cercle que pour en
D v avoir
et
278 MERCURE DE FRANCE
avoir vu une description très succinte dans l'Histoire de l'Académie Royale des Sciences de l'An- née 1724. page 93. mais nous ne doutons point
que son sçavant Auteur ne lui procure une situation constamment horisontale , malgré le poids
de la Pinule , qui est située sur la circonference ,
et qu'on est obligé de faire monter ou descendre,
selon que les hauteurs sont plus ou moins
grandes.
Article premier , M. Bouguer dit que
la figure 3. represente mon demi Cercle ;
qu'il est suspendu par la Boucle A. et qu'il
fait connoître la hauteur du Soleil , comme
dans l'Anneau Astronomique. Il suffit de
regarder la figure qu'il donne pour celle
de mon demi Cercle , et de la comparer
avec la figure 4. qui en est la veritable
figure , pour en voir d'abord la difference. Bien loin que mon demi Cercle fig.
4. soit suspendu par la Boucle A. de la
figure 3. il est suspendu sur les deux Pivots NB. dans la Caisse MRVT. qui le
garantit du vent , lesquels Pivots NB.
sont portez par une seconde suspension
XNBZ de même que les Boussoles de
Mer. Ce demi Cercle a un poids O. vers
son milieu , lequel poids ayant le centre
de son mouvement particulier en P.
vibrations particulieres tendent à détruire plutôt le mouvement que le vaisseau
imprime au demi Cercle ; car à mesure
ses
que
FEVRIER: 1732. 279
les vibrations du poids O. et celles du
demi Cercle ADC. ne se font pas en
temps égaux , elles se contrarient récipro
quement et se détruisent mutuellement
en beaucoup moins de temps. Il est évident que par cette suspension l'Instrument obéit beaucoup mieux au Roulis
et au Tangage du Vaisseau , qu'il n'y
obeïroit s'il étoit suspendu par une Boucle; car si la suspension de la Boucle va- loit mieux on s'en serviroit pour suspendre les Boussoles de Mer ; mais l'experience prouve le contraire. On voit par là combien cet Instrument est different
de l'Astrolabe , de même que ses usages ,
et que parconsequent la comparaison de
M. Bouguer , n'est pas juste.
Article II. Il a dit que pour dit que pour observer
la hauteur des Etoilles pendant la nuit , apparemment on suspend mon demi Cercle d'un
sens contraire, et qu'on vise à l'Etoile par
la Pinule du centre. Ce terme d'apparemmentfait voir qu'il ne croit pas lui- méme
connoître la construction de cet Instrument , non- plus que ses usages ; mais
bien loin qu'on soit obligé de le suspendre d'un sens contraire , on ne fait jamais aucun changement à sa suspension
dans aucun de ses usages , et la Pinule.
du centre ne sert jamais pour observer la
D vj hauteur
280 MERCURE DE FRANCE
prohauteur des Etoiles ; car on trouve leur
hauteur avec cet Instrument par la
prieté des Angles formez à là circonfe
rence du Cercle, qui ont un avantage con.
siderable sur ceux qui sont formez au centre du même Cercle , en ce que leurs degrez occupent un Arc double des autres,
comme il est démontré dans la 24. Proposition du troisiéme Livre d'Euclide ,
ce qui rend leurs divisions parconsequent
beaucoup plus distinctes. Comme , par
exemple , l'Angle F A C. qui est celui de
la hauteur de l'Etoile L , qui est formé au
point A. de la circonference , qui est égal
à l'Angle A F E. qui est aussi à la circonference , qui est mesuré par la moitié de
l'Arc AE , égal à l'Arc FC, et qui est indiqué par l'extrémité E. de l'alidade E F.
Article III. Il condamne ce demi Cer→
cle , en disant qu'il croit que je lui procurerai une situation constamment horisontale,
malgré le poids de la Pinule , qui est située
sur la circonference qu'on est obligé de faire
monter ou descendre , selon que les hauteurs
sont plus ou moins grandes. Comme il est
necessaire dans tous les usages de ce demi
Cercle , que son dismétre A C. prenne
de lui- même une situation horisontale ,
quoique l'Astre soit plus ou moins élevé
cola seroit impossible , si le poids de quel
que
FEVRIER. 1732 28
que pinule qui seroit située sur sa circon
ference étoit capable de faire incliner
l'Instrument à mesure qu'elle se trouveroit plus ou moins élevée autour du de
mi Cercle , parce que pour lors son poids
agiroit sur des lignes verticales qui se
roient differemment éloignées de la ligne
verticale qui passeroit par le centre de
gravité du demi Cercle , ce qui feroit
changer l'équilibre de l'Instrument à
mesure que la hauteur de la Pinule changeroit Apparemment que M. Bouguer a
pris delà occasion de vouloir persuader
au Public que mon demi Cercle ayant
une Pinule qu'on fait monter ou descendre plus ou moins , suivant les differentes
hauteurs des Astres , ne devoit pas conserver sa situation horisontale, à cause du
poids de cette même Pinule ; mais il au
roit dû faire attention que si cela eût eu
lieu, Mrs de l'Académie ne l'eussent point
approuvé , étant très- capables de s'en être
appercûs , et si ensuite il eût été convaincu de cette verité , il n'auroit pas avancé
la chose si hardiment ; d'ailleurs les principes des forces mouvantes nous apprennent que tout corps qui a un mouvement circulaire autour d'un Cercle ou
d'un demi Cercle , ou autour de quelque
point, peut conserver toûjours le même
équilibre
282 MERCURE DE FRANCE
équilibre sur le centre de son mouvement , par le moyen d'un autre poids
qui aura le même mouvement sur un
bras de Levier opposé ; c'est ce qu'on
voit aux Pinules des Astrolabes qui montent et descendent autour de sa circonference de l'Instrument sans en changer
l'équilibre.
Je ne crois pas non-plus qu'il eût parlé de même de ce demi Cercle, si auparavant il eût pris connoissance de sa cons-
"truction, de sa suspension et de ses usages ,
parce qu'il auroit vû que la Pinule A. qui
est la seule qui soit située à la circonfe
rence de cet Instrument , n'est pas mobile , mais qu'elle est toûjours fixe à l'extremité A du diamétre AC , et que par
cette raison la hauteur de l'œil qu'on place
en K du côté de cette même Pinule , ne
change pas lorsqu'on fait l'observation
quoique la hauteur de l'Astre change. II
auroit aussi vû que la Pinule A ayant été
mise d'équilibre , avec le demi Cercle
ADC , sur le centre commun I , elle ne
doit jamais changer la situation horisontale de l'Instrument qui se suspend continuellement de lui- même par la verticale
qui passe par son centre de mouvement
et par son centre de gravité ; et que pour
ce qui est de la seconde Pinule F , elle se
trouve
FEVRIER. 17327 28
trouve toujours plus ou moins élevée audessus du demi Cercle , suivant les dif
ferentes hauteurs des Etoiles sur l'horidans le temps de l'observation ;
et que le centre de mouvement er de
gravité de l'Alidade EF , qui la porte ,
étant au centre I du demi Cercle , elle:
ne doit non-plus rien changer à l'équili
bre de l'Instrument dans quelque situation qu'on la mette ; et s'il eût demandé
à l'Académie des Sciences une plus gran-.
de instruction sur mon demi Cercle, comme il en étoit correspondant , on lui auroit communiqué , sans doute, le desseinet le Memoire que j'y ai laissé à ce sujet ;
on auroit pû lui communiquer en mêmetemps un Certificat autentique qu'elle
avoit reçû touchant les experiences qui
furent faites avec ce demi Ĉercle dans la
Rade de Brest , sur le Vaisseau du Roy
l'Elisabeth, qui n'ont été écartez que d'environ une minute de la vraye latitude
du lieu où elles furent faites , quoique le
Vaisseau eût beaucoup de mouvement
puisque lors de la derniere observation
le vent nous fit faire près de deux lieuës
de chemin en une heure de temps dans
un gros Bateau qu'on nomme Bugalet,
qui n'avoit qu'une seule Voile. J'avois
fait faire ce demi Cercle entierement semblable
284 MERCURE DE FRANCE
blable à celui dont il est parlé dans l'His
toire de l'Académie des Sciences de l'année 1724. il avoit seulement été divisé:
avec plus de soin. Avantque de partir pour
Brest, Mrs. de Cassini et deMaraldi, comparerent en ma presence à l'Observatoire
Royal plusieurs Observations faites avec›
ce demi Cercle à celles qui furent faites
en même temps avec un quart de Cercle
d'environ trois pieds de rayon , elles furent toutes trouvées égales à celles du
quart de Cercle de l'Observatoire à une
ou deux minutes près ; mais sans doute
que dans ce temps-là l'Histoire de l'Académie étoit imprimée , sans quoi je suis
persuadé que ces Mrs. y auroient fait inserer ces dernieres Observations.
Article IV. Il dit Connoître cet Ins
trument pour en avoir vu une Description
très-succinte dans l'Histoire de l'Académie
Royale des Sciences de l'année 1724. pages
93. Je rapporte ici cette même Descrip
tion mot à- mot , afin de faire voir au Public qu'elle ne l'autorise en rien du tout
sur l'idée qu'il a voulu lui donner de mon
demi Cercle.
Description de l'Académie. Un Instrument de
M. Meynier , consistant en un demi Cercle dont le diamétré se met dans une situation horisontale
par la maniere dont il est suspendu. Il sert à apprendre sur Mer, sans qu'il soit necessaire des voir
FEVRIER. 1732. 28
voir l'horison , la distance du bord superieur der
Soleil au Zenith, par le moyen de l'ombre faite
par les rayons qui passent par une fente qui
répond au centre du demi Cercle et va se projetter sur une circonference graduée , il sert aussi.à observer la hauteur du Soleil et des Etoiles , depuis l'horison jusques à environ so degrez , par
le moyende deux Pinules , avec lesquelles on vise
l'Astre. On a fait avec cet Instrument plusieurs
Observations qui ont été le plus souvent à 8 ou
10. minutes près , les mêmes que celles qui
se faisoient en même- temps avec un quart de
Cercle de deux pieds de rayon. Cet Instrument
est ingenieux et commode à cause que pour les
Observations des Etoiles, l'œil est toujours placé
à la même hauteur , quoique l'Etoile soit diffe- remment élevée , et parce qu'on n'a pas besoin
de voir l'horison. On a crû qu'il seroit préferable sur Mer à la plupart des Instrumens qu'on y'
employe , s'il y donnoit les hauteurs avec la même précision que sur Terre , ce que l'experience seule peut décider.
Je conviens que cette description est
tres- succinte ; mais cependant on n'y
trouve point du tout que ce demi cerclesoit suspendu par une boule , ni qu'il
donne la hauteur des Astres , comme l'As
trolabe ; ony voit seulement qu'il se place
horisontalement par la maniere dont il est
suspendu , et qui fait assez entendre que
cette maniere de le suspendre n'est pas
par une boule, car il auroit été plus court
et plus naturel à Mrs de l'Academie de l
dire
286 MERCURE DE FRANCÈ
dire dans leur Description. On n'y trouve
non plus rien qui donne aucune idée
qu'il faille suspendre ce demi Cercle d'un
sens contraire pour observer la hauteur
des Etoiles ; n'y qu'on vise à l'Etoile par
la Pinule du centre , ni rien qui puisse
faire douter que le poids des Pinules qui
y sont, puisse faire changer la situation
horisontale de l'instrument , en observant
la hauteur des Etoiles.
Il est surprenant que M. Bouguer n'ait
compris que le mot de demi Cercle ,
dans la Description de l'Académie , au
sujet de cet instrument, qu'il en ait donné
une idée au public, entierement différente
tant au sujet de sa construction , que de
sa suspension et de ses usages , par une interprétation , qui n'y a aucune ressemblance; qu'il en ait même parlé d'une maniere à faire voir évidemment qu'il ne le
connoissoit du tout point ; et qu'ensuite
il l'ait condamné d'une façon tres- singu
liere , en disant qu'il croit queje lui procurerai une situation constamment horisontale
malgré le poids de la Pinule , qui est à la
circonference.
Je propose à M. Bouguer de faire avec
lui l'experience de son quart de Cercle
et en même temps celle ce mon demi
Cercle , et celle du quart de Cercle Anglois ,
FEVRIER. 1932. 287
glois , en présence des personnes qu'il jugera à propos , afin de voir par là si sort
quart de Cercle vaut mieux que ces autres instruments , à la mer et à terre même , lorsqu'il fait du vent , ou lorsque
le corps de l'Observateur est en mouvement; mais puisqu'il a condamné mon
demi Cercle sans aucuu fondement , il
ne doit pas trouver mauvais que je détaille au public les raisons qui condamnent avec fondement le quart de Cercle qu'il a donné dans le même ouvrage ,
que j'ai cité , comme un instrument préférable au quart de Cercle des Anglois, et
à tous les autres instrumens qu'on employe sur Mer , pour observer la hauteur des Astres.
La figure 5 , represente le quart de Cer
cle dont les Anglois se servent pour. ob
server la hauteur des Astres.
La figure 6 , représente exactement le
quart de Cercle de M. Bouguer , qui ne
differe du quart de Cercle des Anglais
que parce qu'il est formé d'un seul- Arc ,
É FD , de même que tous les quarts de
Cercle ordinaires que tous ses rayons
sont égaux au grand rayon du quart de
Cercle Anglois , c'est à dire d'environ 23
pouces de longueur ; et que celui des Anglois , figure 5 , est formé de deux differentes
288 MERCURE DE FRANCE
rentes portions de Cercle A BHD. dont
les rayons CCA.A. CH. sont inégaux , le
grand CH. est d'environ 23 pouces , il y
en a quelquefois qui ont quelques pouces de plus, mais je n'en ai point vû qui
en eussent moins ; l'Arc D H. que ce
rayon soutient , est d'environ 25 à 30 dégrez. On appuye contre l'épaule le côté
Dde cet Arc, lorsqu'on fait l'observa-.
tion ; le reste des dégrez de ce quart de
Cercle , est sur le petit Arc A'B , qui n'est
ordinairement que de à 10 pouces de
rayon. J'en ai cependant vu un qui avoit
ce même rayon , d'environ un pied.
Nous avons en France , depuis treslong- temps , beaucoup de Pilotes qui se
servent du quart de Cercle Anglois, figu
re 5. Plusieurs y mettent un verre lanticalaire au martcau A, qui réunit les rayons
du Soleil sur le Marteau C , qui est au
centre de l'instrument; beaucoup d'autres
né se servent que d'un petit trou rond au
même Marteau , en place de Verre , et
quelquesautres ne se servent que de l'ombre qui tombé du bord du même Marteau
A' , sur celui du centre C.
Il y a long-temps que j'ai entendu dire
à nos Pilotes de Brest , et à ceux de Tou-.
lon , que ce qui a obligé de reformer le
quart de Cercle ordinaire , formé par un
seul
FEVRIER 1732. 289
?
seul rayon , comme celui de la figure 6 , a
été , premierement , parce que le vent
avoit beaucoup plus de force sur la circonference E H,figure 5 , que sur la semblable circonférence A B. Secondement
parce que cette circonference E H, outre
qu'elle recevoit beaucoup plus de vent
étant plus grande , étoit ausst beaucoup
plus éloignée de la main de l'Observateur qui tenoit l'instrument en I , de
maniere que la force du vent agissoit sur
un Lévier beaucoup plus long , qui fatiguoit davantage l'Observateur, et qui causoit un plus grand mouvement à l'instru
ment ; de sorte que non-seulement l'Observateur ne pouvoit pas le tenir si ferme,
mais pas même si vertical , ni si horisontal , à cause du vent , ce qui rendoit l'observation d'autant plus douteuse que le
vent étoit plusfort. Troisiémement, parce
que le bord de l'ombre du Marteau E. figure 6 , en tombant sur le Marteau C, de
la distance E C , lorsqu'elle étoit d'environ 23 pouces, étoit beaucoup moins sensible sur ce même Marteau C , que lorsqu'il ne tombe que de la distance A C ,
figures , qui n'est ordinairement que
d'environ 9 pouces. Quatrièmement
parce que la distance EC , figure 5 et 6 ,
étant d'environ 23 pouces , le mouvement
>
290 MERCURE DE FRANCE
ment de l'ombre du bord du Marteau, ou
le mouvement du rayon du Soleil , qui
tomboit du Marteau E sur le Marteau C,
parcouroient un espace qui étoit plus de
deux fois et demi aussi grand , que l'espace qu'ils parcourent sur le même Marteau C , lorsque cette distance n'est que d'environ 9 pouces , telle que A C, figure
55 car quoique le mouvement des deux
instrumens , figure $ et 6 , fût le même,
le mouvement de l'ombre du Marteau E,
ou le mouvement du rayon du Soleil ,
qui tomberoit du même Marteau E , sur
celui du centre C, des figures 5 et 6 , seroit au mouvement de cette même ombre , ou rayon qui tomberoit du Marteau A, sur le Marteau C , de la figure
5 :: comme le rayon EC, des figures 5
et 6 , est au rayon A C de la figure 5 , ce
qui formoit une tres-grande difficulté ,
parce que pour lors on ne pouvoit estimer le milieu de ce mouvement que tresimparfaitement;car comme il falloit aussi
estimer en même temps le milieu des
rayons du Soleil sur le Marteau C ; ces
deux estimations qui doivent se faire dans
le même instant , étoient d'autant plus
difficiles et douteuses , que le mouvement
de ce rayon sur le Marteau du centre C
étoit plus grand. Cinquièmement , parce
-
que
FEVRIER. 1732. 291
pas
que lorsqu'on a voulu avoir le rayon du
Soleil sur le Marteau C , par le moyen
d'un trou au Marteau E , quelque petit
que fût ce trou , l'étendue du rayon de
Astre qui y passoit étoit fort grande sur
le Marteau C, et beaucoup moins distincte , principalement lorsque le Soleil n'est
bien brillant , comme cela arrive tressouvent à la Mer ; ce qui n'est pas de même lorsque la longueur du rayon de l'A
tre n'est que de 9 à re pouces. Sixièmement , parce que ces difficultez augmentoient encore davantage , lorsque le Soleil étoit fort élevé sur l'horison , ou près
du Zénith ; car pour lors l'étendue de son
rayon sur le Marteau C, prenoit une figure ovale , beaucoup plus grande,à cause de l'obliquité du plan du Marteau C,
avec le rayon de l'Astre. Septiémement ,
parce que lorsqu'on a voulu mettre un
verre lenticulaire au Marteau E, figure 6,
pour réunir les rayons du Soleil sur le
Marteau C, on a trouvé qu'un verre d'environ 23 pouces de foyer , ne donnoit pas
les rayons de l'Astre si bien réinis qu'un
verre d'environ 9 pouces de foyer , de
maniere qu'on n'en pouvoit pas estimer
le milieu si exactement ; d'ailleurs cette
lentille ne détruisoit pas l'augmentation
du mouvement des rayons du Soleil sur
le
292 MERCURE DE FRANCE
le Marteau C , ce qui est un tres- grand
obstacle , auquel on n'a pû remedier
qu'en racourcissant considerablement le
rayon à une partie du quart de Cercle ,
comme on le voit à la figure 5 .
Etant en Angleterre l'année derniere,
et scachant que tous les Anglois se servent sur Mer du quart de Cercle , de la
figures , je m'informai pourquoi ils ne
font pas ce quart de Cercle regulier, c'està-dire d'un seul arc de Cercle. On me répondit à peu près la même chose que ce
que j'en avois apris de nos Pilotes François. On y ajouta seulement,que ceux qui
voudroient se servir d'un quart de Cercle d'un seul Arc , pour observer la hauteur des Astres sur Mer, en seroient bientôt desabusez, puisqu'eux-mêmes ne se servent pas de l'Arc du grand rayon tout
seul pour observer la hauteur du Soleil, à
cause des raisons susdites , quoiqu'ils le
pussent toutes les fois que les dégrez de
la hauteur de l'Astre n'excedent pas les
dégrez de l'Arc du grand rayon de l'ins
trument.
Quand même nos Pilotes et les Anglois
n'auroient pas pour eux l'experience
comme ils l'ont , qui confirme leurs raisons , elles sont trop pour ne
pas s'y rendre ; et ils sont fondez à croire
évidentes
qu'ils
FEVRIER.
1732. 293
qu'ils ont eux - mêmes reformé le quart
de Cercle ordinaire , avec connoissance
de cause et avec fondement , pour leur
servir plus exactement et plus commodé
ment à observer la hauteur des Astres sur
Mer , en formant le quart de Cercle de
deux differens Arcs , comme celui de la
figure 5.
Les raisons que je viens de détailler
font voit que ce n'est pas le seul embarras
de l'instrument qui a occasionné la réforme que les Pilotes en ont faite , mais bien
la nécessité ; ce qui nous prouve que l'expérience sur cette matiere en a plus appris
aux Pilotes que la Théorie. Car il est assez
évident à ceux qui ignorent ces expériences , que le quart de Cercle qui auroit
deux pieds de rayon , devroit être plus
précis que celui qui n'en auroit que 9 ou
10pouces,parce que les divisions de ce premier seroient beaucoup plus grandes que
celles de l'autre , et par consequent plus
distinctes et plus exactes ; cela est incontestable à terre; mais le raisonnement doit
ceder à
l'expérience ,
principalement en
ce qui regarde la navigation.
Si M. Beguer , dont la Théorie est
profonde , avoit pratiqué la Mer ou fait seulement une campagne de long cours ,
pendant laquelle il se futservi de son quart
E de
294 MERCURE DE FRANCE
de Cercle, figure 5, pour observer la haureur du Soleil , je ne croi pas qu'il l'eut
proposé ensuite pour s'en servir à la Mer,
préférablement aux instrumens ordinai
res , parce qu'il en auroit senti lui-même
les difficultez mentionnées cy-dessus.
Fermer
Résumé : REPONSE de M. Meynier, Ingenieur du Roy pour la Marine, cy-devant Professeur Royal d'Hidrographie, sur ce que M. Bouguer, cy-devant Professeur d'Hidrographie au Croisic, à present Professeur Royal d'Hidrographie au Havre de Grace a dit au sujet du Demi-Cercle que M. Meynier a inventé pour observer sur Mer et à Terre, la hauteur du Soleil et des Etoiles, sans qu'il soit necessaire de voir l'horison; et au sujet du Quart de Cercle que M. Bouguer a donné pour être preferable au Demi-Cercle et à tous les autres Instrumens qui sont en usage sur Mer, pour le même sujet.
M. Meynier, ingénieur du Roy pour la Marine et ancien professeur royal d'hidrographie, répond à M. Bouguer, qui a critiqué son invention du demi-cercle pour observer la hauteur du Soleil et des étoiles sans voir l'horizon. Meynier conteste les affirmations de Bouguer, qui a préféré le quart de cercle à son demi-cercle dans un ouvrage publié en 1729. Meynier souligne que l'Académie Royale des Sciences avait approuvé son demi-cercle après l'avoir examiné et utilisé pour des observations solaires. Meynier reproche à Bouguer de ne pas avoir connu la construction, la suspension et les usages de son demi-cercle, et de l'avoir condamné sur la base d'une description incorrecte. Il présente des figures comparant la représentation erronée de Bouguer avec la véritable figure de son demi-cercle. Meynier explique que son instrument est suspendu dans une caisse qui le protège du vent et qu'il est conçu pour s'adapter au roulis et au tangage du vaisseau. Il détaille également les usages de son demi-cercle, tant pour les observations diurnes que nocturnes, et réfute les critiques de Bouguer sur la stabilité horizontale de l'instrument. Meynier affirme que les principes des forces mouvantes permettent à l'instrument de conserver son équilibre, et que l'Académie Royale des Sciences avait validé son fonctionnement par des expériences réussies. En 1724, des observations faites avec un demi-cercle ont été comparées à celles réalisées avec un quart de cercle de trois pieds de rayon, et les résultats ont été jugés égaux à une ou deux minutes près. Cependant, ces observations n'ont pas été incluses dans l'Histoire de l'Académie des Sciences, probablement parce qu'elle était déjà imprimée. Le texte mentionne également une description succincte d'un instrument de M. Meynier, consistant en un demi-cercle horizontal, utilisé pour mesurer la distance du Soleil au zénith et observer la hauteur des astres. Cet instrument a été jugé ingénieux et commode, bien que son utilité en mer reste à prouver. L'auteur critique M. Bouguer pour avoir mal interprété la description de l'instrument et propose de comparer les performances du quart de cercle de Bouguer avec celles du demi-cercle et du quart de cercle anglais en présence de témoins. Les pilotes ont réformé le quart de cercle ordinaire, formé d'un seul arc, en un instrument à deux arcs différents pour des raisons pratiques et d'expérience. Enfin, l'auteur souligne que la théorie doit céder à l'expérience, surtout en navigation, et critique M. Bouguer pour ne pas avoir suffisamment pratiqué en mer avant de proposer son instrument.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1
REPONSE de M. Meynier, Ingenieur du Roy pour la Marine, cy-devant Professeur Royal d'Hidrographie, sur ce que M. Bouguer, cy-devant Professeur d'Hidrographie au Croisic, à present Professeur Royal d'Hidrographie au Havre de Grace a dit au sujet du Demi-Cercle que M. Meynier a inventé pour observer sur Mer et à Terre, la hauteur du Soleil et des Etoiles, sans qu'il soit necessaire de voir l'horison; et au sujet du Quart de Cercle que M. Bouguer a donné pour être preferable au Demi-Cercle et à tous les autres Instrumens qui sont en usage sur Mer, pour le même sujet.
2
p. 693-706
LETTRE de M. Bouguer, à M. Meynier, au sujet d'un Ecrit inseré dans le Mercure de France du mois de Février dernier, page 274. et suiv.
Début :
MONSIEUR, La plûpart des personnes qui jetteront les yeux sur [...]
Mots clefs :
Demi-cercle, Pinule, Circonférence, Instrument, Académie royale des sciences, Balancier, Vibrations, Machine, Boussole
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE de M. Bouguer, à M. Meynier, au sujet d'un Ecrit inseré dans le Mercure de France du mois de Février dernier, page 274. et suiv.
LETTRE de M. Bouguer , à M. Meynier, au sujet d'un Ecrit inseré dans le
Mercure de France du mois de Février
dernier, page 274. et suiv.
MONONSIEUR,
La plupart des personnes qui jetteront
les yeux sur l'Ecrit que vous avez fait inserer dans le Mercure de France de
Fevrier
4 MERCURE DE FRANCE
Fevrier dernier , ne pourront jamais découvrir pourquoi vous exagerez si fort
la faute dont vous m'accusez, ni pourquoi vous poussez si loin vos plaintes.
Ils verront , non-seulement que je ne
pouvois pas découvrir toutes les particularitez de votre demi Cercle , dans une
Description qui ne les contenoit pas , ils
verront encore que si je n'en ai pas donné
une idée assez exacte , je n'avois aucune
mauvaise intention , et ils ne comprendront point ce qui peut vous avoir fait
prendre pour une censure , ce qu'on ne
doit regarder que commeune espece d'approbation. Je n'ai pas une notion assez
distincte de votre demi Cercle ; il me
semble qu'il est sujet à un inconvénient,
et j'affirme aussi-tôt sur la connoissance
que j'ai de vos lumieres , que vous avez
trouvé le moyen de l'éviter : Nous ne
connoissons ce demi Cercle , ce sont mes
propres termes , que pour en avoir vu une
description très-succincte ; mais nous ne dontons point que son sçavant Auteur ne lui
procure une situation constamment horisontale , malgré le poids de la Pinule qui est
située sur la circonference. Je le demande à
tout le monde , je le demande même à
vos amis les plus intimes , si c'est- là le
langage d'un homme qui cherche à vous
offenser
AVRIL. 1732 695
offenser , et si ce ne sont pas là plutôt les
termes de la prédilection et de l'estime.
Mais puisque vous me forcez à expHquer l'Enigme; je vais montrer comment
Fai , malgré moi , donné occasion à votre
chagrin. Tous les Instrumens dont on peut
se servir en Mer pour observer la hau
teur des Astres , se réduisent à deux especes ; ou ils se mettent de niveau par
leur propre pesanteur , ou c'est le Pilote
qui les met dans cette situation , en vi
sant à l'horison sensible. Je me suis trouvé dans la nécessité d'examiner ces di
vers Instrumens ; cet examen fait le sujet
de la premiere Partie d'un petit Traité
publié en 1729. qui remporta le Prix proposé par l'Académie Royale des Sciences.
Je me déclarai dans cet Ouvrage pour les
Instrumens de la seconde espece , lesquels
sont en usage depuis longtemps dans la
Marine , et je justifiai mon choix par des
raisons , qui , parcequ'elles sont generales,
donnent l'exclusion à votre demi Cercle,
comme à tous les autres Instrumens qui
sont suspendus de la même maniere. Vollà, je pense , ce qui vous a indisposé contre moi ; car je mets à part tous les autres
motifs. Vous avez trouvé mes raisons trop
fortes , quoique j'aye eu la politesse de >
n'en faire aucune application particuliere;
D elles
695 MERCURE DE FRANCE
elles vous ont fâché en même- temps qu'elles vous ont paru utiles ; et comme vous
avez senti qu'il n'étoit point à propos
d'y répondre , vous vous êtes à la fin crû
obligé d'écrire au moins contre l'endroit où je parlois avantageusement de
vous. Il vous est facile de me réfuter de
cette sorte , et vous pouvez continuer
tant que vous le voudrez , à m'apprendre
toutes les particularitez de votre demi
cercle , avec tout l'appareil d'une réprimande. Il vous importe peu d'ailleurs de
le faire sans aucune apparence de necessité, pouvû que vous puissiez faire croire
qu'il ne s'agis point entre nous d'autre
chose. Mais comme on ne peut point en
imposer au Public , qui est un Juge trop
éclairé , il s'appercevra bien que vous
abandonnez réellement la deffense de votre cause, et que vous ne touchez pointdu
tout au sujet.
Il n'importe point en effet , que j'aye
bien ou mal décrit votre demi Cercle ,
puisque j'ay déclaré moi- même que je ne
le connoissois pas parfaitement. Toute
la question est de sçavoir si j'ai pû cependant le condamner avec tous les autres Instrumens de la même espece. Or
il me suffiroit pour avoir ce droit , de
sçavoir qu'il se plaçoit de niveau par sa
construc
AVRIL. 1732. 697
construction et qu'il étoit suspendu par
sa partie superieure. Car dès lors je pouvois le regarder comme un Pendule dont
l'agitation est continuelle , puisque le Navire est sans cesse sujet pendant sa marche ; ou au tangage ou au roulis , ou à
faire quelques élans , et que son mouvement n'est jamais parfaitement uniforme.
Si l'Instrument étoit suspendu par son
centre de gravité , toutes ses parties participeroient en même temps aux secousses; mais aussi tôt qu'il est suspendu par
un autre endroit , une de ses extrémitez
doit toûjours recevoir par l'entremise des
Ressorts et des Balanciers , l'agitation
du Vaisseau , pendant que les autres parties n'auront encore que leur premier
mouvement , et ainsi il doit être sujet à
faire sans cesse des vibrations , lesquelles
seront encore perpetuées par la main de
l'Observateur , qui est obligé presque
chaque instant de toucher à la Boëte pour
l'orienter , ou à l'Allidade pour la diriger.
Remarquez de plus que quelques foibles
que soient ces vibrations , elles feront
toûjours que l'Instrument perdra sa situa-
*
à
★ Les Balanciers sont des especes de Cercles ou
de Quadres de cuivre , dont on se sert avec des
Pivots à l'oposite l'un de l'autre , pour suspendre en Mer les Boussoles.
Dij tion
98 MERCURE DE FRANCE
tion verticale de plusieurs degrez , et qu'll
la perdra dans divers sens , à cause de
Pirrégularité des secousses. Or en voilà
assez pour rendre deffectueuses presque
toutes les Observations qu'on fera au
Soleil ; d'autant plus que le temps absolument propre à les faire , s'échappe avec
rapidité. Mais ce sera encore toute autre
chose , lorsqu'on voudra la nuit prendre
la hauteur des Etoiles. Car comment voulez vous pendant que votre demi Cercle
sera agité et que l'Observateur sera aussi
exposé de son côté à un grand mouvement et à un mouvement qui n'a aucune
conformité avec celui du demi Cercle ,
puisque l'Observateur est toûjours obligé
de s'incliner d'un côté lorsque le Navire
s'incline de l'autre, comment voulez- vous
que pendant cette complication de deux
ou trois mouvemens qui ne s'accordent
point , le Pilote puisse appliquer l'œil à
une Pinule extrémement étroite , et viser
à un objet aussi difficile à saisir qu'une
Etoile Vous devez bien sentir que cela
est absolument impossible avec tous les
Instrumens de l'espece du vôtre , sans
aucune exception ; et que pour réüssir
dans une pareille Observation , on est
obligé, comme je l'ai toûjours soutenu ,
d'employer ceux qui sont actuellement
›
en
A VRIE 17327 699
en usage. Car il faut qu'on puisse ôter
à l'Instrument dont on se sert , tous ses
balancemens particuliers et l'assujettir
contre l'œil et il faut parçonséquent
que le Pilote se charge de tout le soin
de le disposer en visant à l'horison sen- sible.
>
Mais je serois obligé de transcrire
presque toute la premiere Partie de mon
petit Traité , si je voulois vous rapporter
toutes les choses qui vous interessent et
auxquelles vous n'entreprenez point de
répondre. Je pourrois cependant encore
ajouter, maintenant que je connois mieux
votre demi Cercle , que comme une de
ses graduations est conforme à celle de
l'Anneau Astronomique , il doit être extrémement difficile de distinguer avec
exactitude les scrupules du degré, et que
ce n'a pû être que par hazard , ou parce
que vous sçaviez d'avance la hauteur que
vous deviez trouver , que vous ne vous
êtes trompé à Brest que d'environ une
minute. Je pourrois encore vous montrer combien est inutile la suspension que
vous employez , faute d'avoir fait attention qu'on ne doit se servir de Balancier
que lorsqu'on veut suspendre quelque
chose par un point qui est interieur et
qui ne se presente pas aisément. Est-il
Diij question
700 MERCURE DE FRANCE
question de suspendre une Boussole où
une Lampe par un point qu'on ne peut
point aller chercher au- dedans , il faut
dans cette rencontre mettte un Balancier
par dehors. Mais ce n'est plus la même.
chose , aussi- tôt qu'il s'agit de suspendre
un corps par un endroit qui est exterieur
et qu'on peut saisir sans peine. Car tous
les Balanciers que vous mettriez , ne serviroient qu'à rendre immobile un certain
point par rapport à la Boëte et aussi- tôt
que vous en avez la commodité, vous devez bien plutôt suspendre l'Instrument
immédiatement à ce point , sans rendre
inutilement la Machine plus composée et
plus sujette à se déranger. J'insisterois
sur toutes ces choses et je tâcherois de les
porter jusqu'à la derniere évidence, si je ne.
voyois quevous ne donnez aucuneatteinte
à mes premieres Remarques , et que vous
les laissez subsister dans toute leur force..
Je vois d'ailleurs qu'elles ont fait quelque impression sur vous , et qu'elles ne
vous ont pas été inutiles. Car vous avez
depuis changé d'avis dans la construction
d'un autre Instrument destiné encore à
des usages nautiques. Il s'agit , dans un
Ouvrage que vous venez de donner au
Public , de la suspension des Boussoles , et
quoiqu'elles ayent déja un Balancier comme
AVRIL. 1732. 701
me votre demi Cercle , vous reconnoissez néanmoins que tant qu'elles sont appliquées sur quelque chose qui tient au
Vaisseau , elles en reçoivent tous les mou
vemens , et que les Observations se trouvent par là dérangées ; parce que , ditesvous , (a) tantôt le Soleil ne peut être vû
par la fenêtre qui est du côté de l'Observateur, que beaucoup au- dessus ou aux côtez
de lafenêtre opposée à cause du mouvement,
comme lorsque le Vaisseau est incliné du côté
du Soleil on àla droite ou à lagauche, de
PObservateur , lorsqu'il fait Observation ;
et tantôt , &c. C'est pourquoi vous aimez
mieux maintenant laisser au Pilote le soin
de donner à l'Instrument la situation
qu'il doit avoir, et cela parce que (b) le
Pilote , par une habitude qui lui est enpar tie devenuë naturelle à la Mer, entretenant
assez bien son corps en équilibre , et en même temps l'Instrument qui qui lui sert lui sert pour observer la latitude , quoique dans ce temps- la le Vaisseau incline considerablement , tantôt
d'un côté, tantôt de l'autre , à cause du roulis et du Tangage, il entretiendra cet Instrument dans le même équilibre de son corps.
lorsqu'il s'en servira pour observer la déclinaison de l'Aiguille aimantée , tant au Soleil qu'aux Etoiles , ce qui rendra l'Obser-
(a) Au bas de la page 6. (b) Page 17.
Diiij vation
702 MERCURE DE FRANCE
vation bien plus seure. Je vous félicite,
Monsieur , sur votre changement , mais
souffrez en même-temps que je m'en pré
vale ; puisque vous mettez vous même le
sceau à votre condamnation en employant contre les Boussoles ordinaires ,
les mêmes raisons , aux termes près , que
j'avois déja employées contre votre demiCercle.
•
Après cela je ne suis plus étonné si vous
ne lui donnez plus la préference sur l'Arbalestrille ni sur le quartier Anglois ordinaire , et si vous n'entreprenez pas même de la comparer à un Instrument que
j'ai proposé , qui est soutenu par son centre de gravité et qui est parconsequent
de même espece que le vôtre, quoique
je le croye beaucoup mieux suspendu.
Tout ce que vous prétendez faire , c'est
de montrer que je me suis mépris lorsque j'ai préferé le quart de Cercle formé
d'un seul Arc , non- pas à votre demi Cercle , dont il n'étoit plus question , mais
au quartier Anglois ordinaire. Que j'aye
cependant bien ou mal choisi dans cette
derniere circonstance , le sort de votre
Instrument ne change point ; et si je ne
me suis trompé que dans cette rencontre,
j'ai toûjours eu l'avantage de rendre un
service assez considerable au Public , en
pros-
A-V R- IL. 17.320 703
·
proscrivant toutes ces diverses suspensions , dons on vouloit , mal à propos
lui faire embrasser l'usage. Mais de quelle
manieré prouvez- vous que le quart de
Cercle formé d'un seul Arc , est moins
exact que le quartier Anglois ? La nature
de vos preuves me dispense d'y répondre.
Il s'agit d'un changement fait il y a plus
d'un siecle ; il s'agit de sçavoir les motifs
qui ont déterminé à le faire , et vous m'alleguez pour cela l'experience des Marins
d'aujourd'hui. Nous avons une suite de
Traités de Navigation, qui nous marquent
les divers progrès du Pilotage ; Pierre de
Médine et Pierre Nonius en Espagne et
en Portugal; Willebrod Snellius et plu- sieurs autres en Hollande ; M. Denis et
les P. Fournier et Dechales en France ,
ont écrit sur cet Art , et nous en ont représenté tous les differens âges. Mais vous
ne consultez point ces Livres ; vous vous
adressez à nos Pilotes , pour qu'ils vous
rendent compte d'une chose qu'ils doivent encore moins sçavoir que vous, puisqu'elle ne s'est point passée sous leurs
yeux ni de leur temps , et qu'elle n'est
pour eux qu'un point de pure spéculation. De grace , Monsieur , ne renversez
pas ainsi une autre fois l'ordre des cho
ses ou si à la honte des Professeurs
Dv VOUS
2
My
704 MERCURE DE FRANCE
vous suivez encore une pareille conduite,
faites au moins assez usage de vos lumieres , pour peser les réponses que les Pilotes vous feront. Ils vous ont assuré ,
dites-vous , qu'on a abandonné l'usage du
quart de Cerclé formé d'un seul " Arc ,
parce qu'on a experimentéque cet Instrument est sujet à tel et tel inconvenient.
Mais ne deviez- vous pas penser qu'on ne
peut rien établir sur une experience que
personne n'a vûë et que personne ne peut
attester ? ne deviez - vous pas encore examiner si les inconveniens dont on vous
parloit, étoient réels , et s'il n'étoit pas
possible de les lever ?
Je finis , Monsieur , en vous assurant
que comme je n'ai que faire d'en venir
à l'experience pour sçavoir ce que je dois
penser de votre demi Cercle , je ne crois
pas que je me donne jamais la peine d'en
faire l'essai. Je m'imagine bien que vous
me ferez encore un crime de ce que je
persiste ainsi à condamner une Production qui a été approuvée par une Compagnie , dont je suis plus interessé que
personne au monde , à faire valoir les
Jugemens. Ce reproche me toucheroit ,
s'il n'étoit aussi mal fondé que les autres;
et si l'Académie des Sciences , qui prononce toûjours avec autant de prudence
que
AVRIL 1732 705
que de lumieres , n'avoit pas eu le soin
de mettre de sages restrictions à l'Approbation qu'elle vous donna. Cette Compagnie a , outre cela , assez montré depuis
qu'elle ne prétendoit point avoir décidé
la question en votre faveur , puisqu'elle
en a fait le sujet du Prix qui fut distri-,
bué en 1729. et dont elle m'honora. Objectez-moi encore , si vous le voulez , que
je n'ai point été en Mer ; je vous répondrai que si dans certaines matieres de Marine , la premiere chose est d'acquerir des
connoissances de fait , et de se former
une juste idée des mouvemens de la Mer
et de ceux du Vaisseau , le point le plus
essentiel et en même- temps le plus dif.
ficile , est de penetrer la cause de tous
ces mouvemens et d'être en état d'en prévoir les divers effets ; et j'ajouterai qu'on
peut s'appliquer à tout cela avec autant
de succès à Terre que dans tout autre
endroit. Je dois aussi me rendre ce bon
témoignage , puisque vous m'y obligez ,
que quoique je connusse tout le péril
qu'il y avoit à venir remplir une place
que vous aviez occupée , vous qui avez
-fait un voyage de long cours ; personne
ne s'est encore apperçu ici que je n'aye
cultivé l'Hydrographie que dans le Cabinet. J'ai l'honneur d'être , malgré tous
D vj nos
7c6 MERCURE DE FRANCE
nos differends , avec bien de la conside
ration , Monsieur , votre , &c. -
Au Havre , le premier d'Avril 1732.
Mercure de France du mois de Février
dernier, page 274. et suiv.
MONONSIEUR,
La plupart des personnes qui jetteront
les yeux sur l'Ecrit que vous avez fait inserer dans le Mercure de France de
Fevrier
4 MERCURE DE FRANCE
Fevrier dernier , ne pourront jamais découvrir pourquoi vous exagerez si fort
la faute dont vous m'accusez, ni pourquoi vous poussez si loin vos plaintes.
Ils verront , non-seulement que je ne
pouvois pas découvrir toutes les particularitez de votre demi Cercle , dans une
Description qui ne les contenoit pas , ils
verront encore que si je n'en ai pas donné
une idée assez exacte , je n'avois aucune
mauvaise intention , et ils ne comprendront point ce qui peut vous avoir fait
prendre pour une censure , ce qu'on ne
doit regarder que commeune espece d'approbation. Je n'ai pas une notion assez
distincte de votre demi Cercle ; il me
semble qu'il est sujet à un inconvénient,
et j'affirme aussi-tôt sur la connoissance
que j'ai de vos lumieres , que vous avez
trouvé le moyen de l'éviter : Nous ne
connoissons ce demi Cercle , ce sont mes
propres termes , que pour en avoir vu une
description très-succincte ; mais nous ne dontons point que son sçavant Auteur ne lui
procure une situation constamment horisontale , malgré le poids de la Pinule qui est
située sur la circonference. Je le demande à
tout le monde , je le demande même à
vos amis les plus intimes , si c'est- là le
langage d'un homme qui cherche à vous
offenser
AVRIL. 1732 695
offenser , et si ce ne sont pas là plutôt les
termes de la prédilection et de l'estime.
Mais puisque vous me forcez à expHquer l'Enigme; je vais montrer comment
Fai , malgré moi , donné occasion à votre
chagrin. Tous les Instrumens dont on peut
se servir en Mer pour observer la hau
teur des Astres , se réduisent à deux especes ; ou ils se mettent de niveau par
leur propre pesanteur , ou c'est le Pilote
qui les met dans cette situation , en vi
sant à l'horison sensible. Je me suis trouvé dans la nécessité d'examiner ces di
vers Instrumens ; cet examen fait le sujet
de la premiere Partie d'un petit Traité
publié en 1729. qui remporta le Prix proposé par l'Académie Royale des Sciences.
Je me déclarai dans cet Ouvrage pour les
Instrumens de la seconde espece , lesquels
sont en usage depuis longtemps dans la
Marine , et je justifiai mon choix par des
raisons , qui , parcequ'elles sont generales,
donnent l'exclusion à votre demi Cercle,
comme à tous les autres Instrumens qui
sont suspendus de la même maniere. Vollà, je pense , ce qui vous a indisposé contre moi ; car je mets à part tous les autres
motifs. Vous avez trouvé mes raisons trop
fortes , quoique j'aye eu la politesse de >
n'en faire aucune application particuliere;
D elles
695 MERCURE DE FRANCE
elles vous ont fâché en même- temps qu'elles vous ont paru utiles ; et comme vous
avez senti qu'il n'étoit point à propos
d'y répondre , vous vous êtes à la fin crû
obligé d'écrire au moins contre l'endroit où je parlois avantageusement de
vous. Il vous est facile de me réfuter de
cette sorte , et vous pouvez continuer
tant que vous le voudrez , à m'apprendre
toutes les particularitez de votre demi
cercle , avec tout l'appareil d'une réprimande. Il vous importe peu d'ailleurs de
le faire sans aucune apparence de necessité, pouvû que vous puissiez faire croire
qu'il ne s'agis point entre nous d'autre
chose. Mais comme on ne peut point en
imposer au Public , qui est un Juge trop
éclairé , il s'appercevra bien que vous
abandonnez réellement la deffense de votre cause, et que vous ne touchez pointdu
tout au sujet.
Il n'importe point en effet , que j'aye
bien ou mal décrit votre demi Cercle ,
puisque j'ay déclaré moi- même que je ne
le connoissois pas parfaitement. Toute
la question est de sçavoir si j'ai pû cependant le condamner avec tous les autres Instrumens de la même espece. Or
il me suffiroit pour avoir ce droit , de
sçavoir qu'il se plaçoit de niveau par sa
construc
AVRIL. 1732. 697
construction et qu'il étoit suspendu par
sa partie superieure. Car dès lors je pouvois le regarder comme un Pendule dont
l'agitation est continuelle , puisque le Navire est sans cesse sujet pendant sa marche ; ou au tangage ou au roulis , ou à
faire quelques élans , et que son mouvement n'est jamais parfaitement uniforme.
Si l'Instrument étoit suspendu par son
centre de gravité , toutes ses parties participeroient en même temps aux secousses; mais aussi tôt qu'il est suspendu par
un autre endroit , une de ses extrémitez
doit toûjours recevoir par l'entremise des
Ressorts et des Balanciers , l'agitation
du Vaisseau , pendant que les autres parties n'auront encore que leur premier
mouvement , et ainsi il doit être sujet à
faire sans cesse des vibrations , lesquelles
seront encore perpetuées par la main de
l'Observateur , qui est obligé presque
chaque instant de toucher à la Boëte pour
l'orienter , ou à l'Allidade pour la diriger.
Remarquez de plus que quelques foibles
que soient ces vibrations , elles feront
toûjours que l'Instrument perdra sa situa-
*
à
★ Les Balanciers sont des especes de Cercles ou
de Quadres de cuivre , dont on se sert avec des
Pivots à l'oposite l'un de l'autre , pour suspendre en Mer les Boussoles.
Dij tion
98 MERCURE DE FRANCE
tion verticale de plusieurs degrez , et qu'll
la perdra dans divers sens , à cause de
Pirrégularité des secousses. Or en voilà
assez pour rendre deffectueuses presque
toutes les Observations qu'on fera au
Soleil ; d'autant plus que le temps absolument propre à les faire , s'échappe avec
rapidité. Mais ce sera encore toute autre
chose , lorsqu'on voudra la nuit prendre
la hauteur des Etoiles. Car comment voulez vous pendant que votre demi Cercle
sera agité et que l'Observateur sera aussi
exposé de son côté à un grand mouvement et à un mouvement qui n'a aucune
conformité avec celui du demi Cercle ,
puisque l'Observateur est toûjours obligé
de s'incliner d'un côté lorsque le Navire
s'incline de l'autre, comment voulez- vous
que pendant cette complication de deux
ou trois mouvemens qui ne s'accordent
point , le Pilote puisse appliquer l'œil à
une Pinule extrémement étroite , et viser
à un objet aussi difficile à saisir qu'une
Etoile Vous devez bien sentir que cela
est absolument impossible avec tous les
Instrumens de l'espece du vôtre , sans
aucune exception ; et que pour réüssir
dans une pareille Observation , on est
obligé, comme je l'ai toûjours soutenu ,
d'employer ceux qui sont actuellement
›
en
A VRIE 17327 699
en usage. Car il faut qu'on puisse ôter
à l'Instrument dont on se sert , tous ses
balancemens particuliers et l'assujettir
contre l'œil et il faut parçonséquent
que le Pilote se charge de tout le soin
de le disposer en visant à l'horison sen- sible.
>
Mais je serois obligé de transcrire
presque toute la premiere Partie de mon
petit Traité , si je voulois vous rapporter
toutes les choses qui vous interessent et
auxquelles vous n'entreprenez point de
répondre. Je pourrois cependant encore
ajouter, maintenant que je connois mieux
votre demi Cercle , que comme une de
ses graduations est conforme à celle de
l'Anneau Astronomique , il doit être extrémement difficile de distinguer avec
exactitude les scrupules du degré, et que
ce n'a pû être que par hazard , ou parce
que vous sçaviez d'avance la hauteur que
vous deviez trouver , que vous ne vous
êtes trompé à Brest que d'environ une
minute. Je pourrois encore vous montrer combien est inutile la suspension que
vous employez , faute d'avoir fait attention qu'on ne doit se servir de Balancier
que lorsqu'on veut suspendre quelque
chose par un point qui est interieur et
qui ne se presente pas aisément. Est-il
Diij question
700 MERCURE DE FRANCE
question de suspendre une Boussole où
une Lampe par un point qu'on ne peut
point aller chercher au- dedans , il faut
dans cette rencontre mettte un Balancier
par dehors. Mais ce n'est plus la même.
chose , aussi- tôt qu'il s'agit de suspendre
un corps par un endroit qui est exterieur
et qu'on peut saisir sans peine. Car tous
les Balanciers que vous mettriez , ne serviroient qu'à rendre immobile un certain
point par rapport à la Boëte et aussi- tôt
que vous en avez la commodité, vous devez bien plutôt suspendre l'Instrument
immédiatement à ce point , sans rendre
inutilement la Machine plus composée et
plus sujette à se déranger. J'insisterois
sur toutes ces choses et je tâcherois de les
porter jusqu'à la derniere évidence, si je ne.
voyois quevous ne donnez aucuneatteinte
à mes premieres Remarques , et que vous
les laissez subsister dans toute leur force..
Je vois d'ailleurs qu'elles ont fait quelque impression sur vous , et qu'elles ne
vous ont pas été inutiles. Car vous avez
depuis changé d'avis dans la construction
d'un autre Instrument destiné encore à
des usages nautiques. Il s'agit , dans un
Ouvrage que vous venez de donner au
Public , de la suspension des Boussoles , et
quoiqu'elles ayent déja un Balancier comme
AVRIL. 1732. 701
me votre demi Cercle , vous reconnoissez néanmoins que tant qu'elles sont appliquées sur quelque chose qui tient au
Vaisseau , elles en reçoivent tous les mou
vemens , et que les Observations se trouvent par là dérangées ; parce que , ditesvous , (a) tantôt le Soleil ne peut être vû
par la fenêtre qui est du côté de l'Observateur, que beaucoup au- dessus ou aux côtez
de lafenêtre opposée à cause du mouvement,
comme lorsque le Vaisseau est incliné du côté
du Soleil on àla droite ou à lagauche, de
PObservateur , lorsqu'il fait Observation ;
et tantôt , &c. C'est pourquoi vous aimez
mieux maintenant laisser au Pilote le soin
de donner à l'Instrument la situation
qu'il doit avoir, et cela parce que (b) le
Pilote , par une habitude qui lui est enpar tie devenuë naturelle à la Mer, entretenant
assez bien son corps en équilibre , et en même temps l'Instrument qui qui lui sert lui sert pour observer la latitude , quoique dans ce temps- la le Vaisseau incline considerablement , tantôt
d'un côté, tantôt de l'autre , à cause du roulis et du Tangage, il entretiendra cet Instrument dans le même équilibre de son corps.
lorsqu'il s'en servira pour observer la déclinaison de l'Aiguille aimantée , tant au Soleil qu'aux Etoiles , ce qui rendra l'Obser-
(a) Au bas de la page 6. (b) Page 17.
Diiij vation
702 MERCURE DE FRANCE
vation bien plus seure. Je vous félicite,
Monsieur , sur votre changement , mais
souffrez en même-temps que je m'en pré
vale ; puisque vous mettez vous même le
sceau à votre condamnation en employant contre les Boussoles ordinaires ,
les mêmes raisons , aux termes près , que
j'avois déja employées contre votre demiCercle.
•
Après cela je ne suis plus étonné si vous
ne lui donnez plus la préference sur l'Arbalestrille ni sur le quartier Anglois ordinaire , et si vous n'entreprenez pas même de la comparer à un Instrument que
j'ai proposé , qui est soutenu par son centre de gravité et qui est parconsequent
de même espece que le vôtre, quoique
je le croye beaucoup mieux suspendu.
Tout ce que vous prétendez faire , c'est
de montrer que je me suis mépris lorsque j'ai préferé le quart de Cercle formé
d'un seul Arc , non- pas à votre demi Cercle , dont il n'étoit plus question , mais
au quartier Anglois ordinaire. Que j'aye
cependant bien ou mal choisi dans cette
derniere circonstance , le sort de votre
Instrument ne change point ; et si je ne
me suis trompé que dans cette rencontre,
j'ai toûjours eu l'avantage de rendre un
service assez considerable au Public , en
pros-
A-V R- IL. 17.320 703
·
proscrivant toutes ces diverses suspensions , dons on vouloit , mal à propos
lui faire embrasser l'usage. Mais de quelle
manieré prouvez- vous que le quart de
Cercle formé d'un seul Arc , est moins
exact que le quartier Anglois ? La nature
de vos preuves me dispense d'y répondre.
Il s'agit d'un changement fait il y a plus
d'un siecle ; il s'agit de sçavoir les motifs
qui ont déterminé à le faire , et vous m'alleguez pour cela l'experience des Marins
d'aujourd'hui. Nous avons une suite de
Traités de Navigation, qui nous marquent
les divers progrès du Pilotage ; Pierre de
Médine et Pierre Nonius en Espagne et
en Portugal; Willebrod Snellius et plu- sieurs autres en Hollande ; M. Denis et
les P. Fournier et Dechales en France ,
ont écrit sur cet Art , et nous en ont représenté tous les differens âges. Mais vous
ne consultez point ces Livres ; vous vous
adressez à nos Pilotes , pour qu'ils vous
rendent compte d'une chose qu'ils doivent encore moins sçavoir que vous, puisqu'elle ne s'est point passée sous leurs
yeux ni de leur temps , et qu'elle n'est
pour eux qu'un point de pure spéculation. De grace , Monsieur , ne renversez
pas ainsi une autre fois l'ordre des cho
ses ou si à la honte des Professeurs
Dv VOUS
2
My
704 MERCURE DE FRANCE
vous suivez encore une pareille conduite,
faites au moins assez usage de vos lumieres , pour peser les réponses que les Pilotes vous feront. Ils vous ont assuré ,
dites-vous , qu'on a abandonné l'usage du
quart de Cerclé formé d'un seul " Arc ,
parce qu'on a experimentéque cet Instrument est sujet à tel et tel inconvenient.
Mais ne deviez- vous pas penser qu'on ne
peut rien établir sur une experience que
personne n'a vûë et que personne ne peut
attester ? ne deviez - vous pas encore examiner si les inconveniens dont on vous
parloit, étoient réels , et s'il n'étoit pas
possible de les lever ?
Je finis , Monsieur , en vous assurant
que comme je n'ai que faire d'en venir
à l'experience pour sçavoir ce que je dois
penser de votre demi Cercle , je ne crois
pas que je me donne jamais la peine d'en
faire l'essai. Je m'imagine bien que vous
me ferez encore un crime de ce que je
persiste ainsi à condamner une Production qui a été approuvée par une Compagnie , dont je suis plus interessé que
personne au monde , à faire valoir les
Jugemens. Ce reproche me toucheroit ,
s'il n'étoit aussi mal fondé que les autres;
et si l'Académie des Sciences , qui prononce toûjours avec autant de prudence
que
AVRIL 1732 705
que de lumieres , n'avoit pas eu le soin
de mettre de sages restrictions à l'Approbation qu'elle vous donna. Cette Compagnie a , outre cela , assez montré depuis
qu'elle ne prétendoit point avoir décidé
la question en votre faveur , puisqu'elle
en a fait le sujet du Prix qui fut distri-,
bué en 1729. et dont elle m'honora. Objectez-moi encore , si vous le voulez , que
je n'ai point été en Mer ; je vous répondrai que si dans certaines matieres de Marine , la premiere chose est d'acquerir des
connoissances de fait , et de se former
une juste idée des mouvemens de la Mer
et de ceux du Vaisseau , le point le plus
essentiel et en même- temps le plus dif.
ficile , est de penetrer la cause de tous
ces mouvemens et d'être en état d'en prévoir les divers effets ; et j'ajouterai qu'on
peut s'appliquer à tout cela avec autant
de succès à Terre que dans tout autre
endroit. Je dois aussi me rendre ce bon
témoignage , puisque vous m'y obligez ,
que quoique je connusse tout le péril
qu'il y avoit à venir remplir une place
que vous aviez occupée , vous qui avez
-fait un voyage de long cours ; personne
ne s'est encore apperçu ici que je n'aye
cultivé l'Hydrographie que dans le Cabinet. J'ai l'honneur d'être , malgré tous
D vj nos
7c6 MERCURE DE FRANCE
nos differends , avec bien de la conside
ration , Monsieur , votre , &c. -
Au Havre , le premier d'Avril 1732.
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Résumé : LETTRE de M. Bouguer, à M. Meynier, au sujet d'un Ecrit inseré dans le Mercure de France du mois de Février dernier, page 274. et suiv.
La lettre de M. Bouguer à M. Méchain répond à des critiques publiées dans le Mercure de France de février précédent concernant une description de son demi-cercle. Bouguer affirme que ses remarques étaient bienveillantes et non malveillantes. Il reconnaît ne pas avoir une connaissance parfaite du demi-cercle de Méchain mais exprime des réserves sur son utilisation en mer. Bouguer rappelle avoir publié un traité en 1729, récompensé par l'Académie Royale des Sciences, où il justifiait l'usage d'instruments de la seconde espèce, ceux que le pilote met en niveau en visant l'horizon sensible. Il pense que Méchain s'est offensé car ses raisons excluaient les instruments suspendus, comme le demi-cercle. Bouguer détaille les inconvénients des instruments suspendus, notamment les vibrations causées par le tangage et le roulis du navire, rendant les observations astronomiques imprécises. Il insiste sur l'impossibilité d'utiliser efficacement ces instruments pour observer les étoiles en raison des mouvements contradictoires du navire et de l'observateur. Il note également que Méchain a modifié sa position sur la suspension des boussoles, reconnaissant les problèmes soulevés par Bouguer. Méchain préfère désormais laisser au pilote le soin de mettre l'instrument en niveau, ce que Bouguer considère comme une validation de ses arguments. Bouguer critique Méchain pour ne pas avoir consulté les traités historiques de navigation et pour se fier uniquement aux expériences actuelles des marins, ce qui est insuffisant pour juger des évolutions passées. Par ailleurs, un texte daté du 1er avril 1732 conteste l'abandon de l'usage d'un quart de cercle formé d'un seul arc. L'auteur critique l'absence de preuves concrètes et d'expériences vérifiables concernant les inconvénients supposés de cet instrument. Il souligne l'importance de vérifier la réalité de ces inconvénients et la possibilité de les surmonter. Il exprime son refus de tester cet instrument, affirmant qu'il n'a pas besoin d'expérience pour se forger une opinion. L'auteur mentionne que l'Académie des Sciences a approuvé le quart de cercle avec des restrictions et a fait de son évaluation le sujet d'un prix en 1729. Il reconnaît ne pas avoir navigué mais affirme que la compréhension des mouvements marins et la prédiction de leurs effets peuvent être étudiées à terre avec succès. Enfin, il se défend d'avoir négligé l'hydrographie et affirme avoir cultivé cette discipline dans son cabinet.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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p. 124
PROBLÉME DE GEOMÉTRIE.
Début :
Un triangle isocéle étant circonscrit à deux cercles contigus, dont les diamètres [...]
Mots clefs :
Triangle isocèle, Cercles, Diamètres, Circonférence, Côtes
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texteReconnaissance textuelle : PROBLÉME DE GEOMÉTRIE.
PROBLEME DE GEOMÉTRIE.
Un triangle ifocéle étant circonfcrit
à deux cercles contigus , dont les diamètres
font m & n ; de manière que fa
bafe touche la grande circonférence ,
& chacun de fes côtés , celle-ci & la
petite on demande quel eft dans ce
triangle le rapport de la bafe aux côtés.
Proposé par ALBERT , Etudiant en
Mathématique, fous M. BAUBÉ à Lyon.
A Lyon , ce 28 Mars 1763.
Un triangle ifocéle étant circonfcrit
à deux cercles contigus , dont les diamètres
font m & n ; de manière que fa
bafe touche la grande circonférence ,
& chacun de fes côtés , celle-ci & la
petite on demande quel eft dans ce
triangle le rapport de la bafe aux côtés.
Proposé par ALBERT , Etudiant en
Mathématique, fous M. BAUBÉ à Lyon.
A Lyon , ce 28 Mars 1763.
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