Résultats : 26 texte(s)
Accéder à la liste des mots clefs.
Détail
Liste
1
p. 10-15
EGLOGUE.
Début :
Je n'attendray point que vous m'ayez fait connoistre / Assise au bord de la Seine [...]
Mots clefs :
Génie, Bergère, Amant, Bocage, Nymphes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EGLOGUE.
Je n'attendray point que
vous m'ayez fait connoistre
le plaisir que vous aura infailliblementcausé
la lecture
de l'Idille de Madame
des Houlieres, employé
dans la premiere Partie de
cette Lettre, pour vous envoyer
un autre Ouvrage
de cette illustre Personne.
En voicy un Pastoral, dont
les Vers aisez, doux & naturels
, vous feront admirer
de plus en plus la beauté
de son Génie.
EGLOGUE.
ASjifi AH berd de la Seine
SurlefAnchtnt d'un CofteAN,
La Bergere Celtmcne
Laisepaijtreson Troupeau.
Il defeend dans /4 Prairie
SeAns quelle daignefinger le Loup peurramanger
SaBrebis la plmchérie.
Lesouvenir d'fin Berger
Jguc la Fortune cruelle
Force à vivre cloiçnê d'¿lic
Dtids un Climat EtfllrJlJr,
Cause la langueur mortelle
-..!!i Iny fait tout né^ligcY.
Tantojl cédantalaferce
Defis amoureux transports,
Elle grave sur l'etorce
Des Arbriffeaux de ces bords,
Puisse durer, puisse croistre
L'ardeur de mon jeune Amant,
Comme feront sur ce Hestre
Ces marques de mon tourment!
Tantost misant sur lefahlt
Le ??cmd'Acar:te & le fien,
Elle trouve infoportable
'u,'$ Zephirimpitoyable
En !/l/!,"t n'en laisse rien.
Quelle cruelle avanrurc,
1/ r A Dit- elle avec un forpir,
Si ce qu'a faitle Zéphir
M'est un veritable augure,
Que de si tendres amours,
Ne dureront pas toújours!
Je briferois ma Musete
S'il estoit un Iin posteur,
Et du fer de ma Houlete
Je me percerois le coeur.
A ces mots, elle repajjè
Dans sen esprit alarmé,
L'eir,A-str,ziis,l'estrit, I.-i
Î)
t,,ace
L'airyles
traits, l'ejlrit, lagrâce
De ce Berger trop atmr.
Les Op/caux de ce Bocare
SSceti,.'i-,iffnntptpootturrécccoouûteterrÓ
Ce qu'UsC'entendentchanter
Du beau Berger qui Rengage.
Ils voudraient le répeter,
Max leurplu& tendreramage
JNe~la fiauroit imiter. cette trijie Amante
Ne voit sur lherbe Îlaj/aldc
ïvlcjth'cr d'heureux Amans,
Qu'eue nesi reprefcote
Combien Cabsence d'Acante
Luycousse de doux immens.
Jamais des Bergersne viennent
De ces bords délicieux
Ou Jes dcfiwsleretiennent7
J$ueson amour curieux
Ne s'informeJices Lieux
OntdesNymphes assez, belles
Pourfaire des Infdclier.
Enfin millefois lejour
Bile veut, elle appréhendé
Tout ce que craiht &demande
Le'(pl)u"s violent amour. doitplaindre uneBergere
Si pÚlc a sdidrm.ir!
Tourqucy du plaisir etaimer
Faut-ilsefaire une affaire?
Jjjhtels Bergers en font autant
Daï;J £heureuxfiecle où nomjomwcs?
Mante quelle aime tant
Elflns -doute un Jnconfinnt
Comme tow les autres Hlmmts.
vous m'ayez fait connoistre
le plaisir que vous aura infailliblementcausé
la lecture
de l'Idille de Madame
des Houlieres, employé
dans la premiere Partie de
cette Lettre, pour vous envoyer
un autre Ouvrage
de cette illustre Personne.
En voicy un Pastoral, dont
les Vers aisez, doux & naturels
, vous feront admirer
de plus en plus la beauté
de son Génie.
EGLOGUE.
ASjifi AH berd de la Seine
SurlefAnchtnt d'un CofteAN,
La Bergere Celtmcne
Laisepaijtreson Troupeau.
Il defeend dans /4 Prairie
SeAns quelle daignefinger le Loup peurramanger
SaBrebis la plmchérie.
Lesouvenir d'fin Berger
Jguc la Fortune cruelle
Force à vivre cloiçnê d'¿lic
Dtids un Climat EtfllrJlJr,
Cause la langueur mortelle
-..!!i Iny fait tout né^ligcY.
Tantojl cédantalaferce
Defis amoureux transports,
Elle grave sur l'etorce
Des Arbriffeaux de ces bords,
Puisse durer, puisse croistre
L'ardeur de mon jeune Amant,
Comme feront sur ce Hestre
Ces marques de mon tourment!
Tantost misant sur lefahlt
Le ??cmd'Acar:te & le fien,
Elle trouve infoportable
'u,'$ Zephirimpitoyable
En !/l/!,"t n'en laisse rien.
Quelle cruelle avanrurc,
1/ r A Dit- elle avec un forpir,
Si ce qu'a faitle Zéphir
M'est un veritable augure,
Que de si tendres amours,
Ne dureront pas toújours!
Je briferois ma Musete
S'il estoit un Iin posteur,
Et du fer de ma Houlete
Je me percerois le coeur.
A ces mots, elle repajjè
Dans sen esprit alarmé,
L'eir,A-str,ziis,l'estrit, I.-i
Î)
t,,ace
L'airyles
traits, l'ejlrit, lagrâce
De ce Berger trop atmr.
Les Op/caux de ce Bocare
SSceti,.'i-,iffnntptpootturrécccoouûteterrÓ
Ce qu'UsC'entendentchanter
Du beau Berger qui Rengage.
Ils voudraient le répeter,
Max leurplu& tendreramage
JNe~la fiauroit imiter. cette trijie Amante
Ne voit sur lherbe Îlaj/aldc
ïvlcjth'cr d'heureux Amans,
Qu'eue nesi reprefcote
Combien Cabsence d'Acante
Luycousse de doux immens.
Jamais des Bergersne viennent
De ces bords délicieux
Ou Jes dcfiwsleretiennent7
J$ueson amour curieux
Ne s'informeJices Lieux
OntdesNymphes assez, belles
Pourfaire des Infdclier.
Enfin millefois lejour
Bile veut, elle appréhendé
Tout ce que craiht &demande
Le'(pl)u"s violent amour. doitplaindre uneBergere
Si pÚlc a sdidrm.ir!
Tourqucy du plaisir etaimer
Faut-ilsefaire une affaire?
Jjjhtels Bergers en font autant
Daï;J £heureuxfiecle où nomjomwcs?
Mante quelle aime tant
Elflns -doute un Jnconfinnt
Comme tow les autres Hlmmts.
Fermer
Résumé : EGLOGUE.
La lettre mentionne l'envoi d'un ouvrage pastoral et partage une idylle de Madame des Houlières. L'histoire met en scène Célimène, une bergère surveillant son troupeau. Elle se remémore un berger éloigné, ce qui cause sa langueur et son désespoir. Célimène exprime ses sentiments amoureux et ses craintes à travers des vers doux et naturels. Elle grave ses tourments sur les arbres et se plaint du zéphyr, qu'elle voit comme un mauvais présage. Elle envisage même le suicide si son amant est infidèle. Ses chants résonnent dans la vallée, touchant les autres bergers. Célimène se lamente sur l'absence de son amant et s'interroge sur les tourments de l'amour. Elle se demande si les bergers de son époque connaissent encore les plaisirs de l'amour.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
2
p. 11-16
REPONSE A L'EGLOGUE DE MADAME DES HOULIERES.
Début :
Tout ce qui part de l'illustre Madame des Houlieres / Tircis, le plus solitaire [...]
Mots clefs :
Célimène, Bergère, Heureux, Âme, Aimer
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : REPONSE A L'EGLOGUE DE MADAME DES HOULIERES.
Tout ce qui part de l'illuftre Madame des Houlieres eft fi achevé, qu'il ne fe
peutquevous n'ayez efté fortement frapée de l'Eglogue,
où elle fait parler Célimene,
fur les rigueurs de l'éloignement. Cette Eglogue eft dans
la feconde Partie de maLettre de Septembre. Rien n'eſt
plus touchant , ny plus finement tourné , que tout ce
qu'elle dit des inquiétudes de
cette aimable Bergere. Il faut
qu'àfontourle Bergerqu'elle
12 MERCURE
aime, vous faffe paroiſtre le
peu de fujet qu'elle a de craindre fon inconftance. C'eſtun
des plus beaux Efprits de
Bourgogne, qui fert d'interprete à fes fentimens.
25525-522SS SES222
REPONSE
A LEGLOGUE
DE MADAME
DES HOULIERES.
Tireis,leplusSolitaire De nos Bergers amoureux,
Tircis dont l'unique affaire
N'eftque d'aimer, &de plaire
GALANT. 13
Au cher Objet de fes vœux,
Eloigné de Célimene,
Viterrant de Plaine en Plaine,
Heureux, fi quelques Zephirs,
Pourfeconder fes defirs,
Vontporter à cette Belle,
Defes plus tendresfoupirs
L'haleine pure &fidelle;
Heureux , heureux millefor,
Quanddans ces triftesabois,
Couché fur l'herbefleurie,
Nulbruitfâcheux , nulle voix,
N'interromptfa refvérie.
Le fidellefouvenir
Defa Bergere charmante,
Suffitpour l'entretenir;
Afon ame qu'il enchante
Quelque autre quiſe préſente,
Il est preft à le bannir.
Ny Dorife , ny Lifette,
La Perfide , la Coquette,
14 MERCURE
Qu'il aimafi tendrement,
Son Troupeau , nyfa Houlette,
Nyfon Chien, nyfa Mufette,
Nepeuvent unfeul moment
Luyfervir d'amuſement.
Quetoutdance, que tout chante,
Quetout rie autourde luy,
Toûjours la Bergere abfente
Ferafon mortel ennuy.
La fidelle inquiétude
Dont il chérit l'habitude,
Des Lieux lesplusfréquentez).
Luy faitunefolitude.
Nuls attraits, nulles beautez,
Ne troublent lachere idée
Dontfon ame eftpoffedée,
Célimeneoccupe tout.
Ladouloureuſe fouffrance
D'une longue & dure abfence,
( Quelle épreuve àſaconſtance?)
Rien n'en peut venir àbont.
GALANT. 15
Satendreffe ingénieufe,
Sçait par d'invifiblesfoins
Tromperde mille Témoins
L'attention curieuſe.
s
Toutce qui rend vers les lieux ·
Où Célimene refpire,
Le Bergerlefuit desyeux.
Quene voudroit- ilpointdire!
Quandles oifeaux de nos Bois,
Desdouxaccens deleur voix,
Font entendre le ramage.
Ne chantez pas davantage,
Leur dit-il, petits Oifeaux,
Allez tous vers ma Maîtreffe,
Inventez des Airs nouveaux.
Allez tous chanter fans ceffe
Parlez-luy de ma trifteffe,
Allez tous de la tendreffe
Ranimer les fentimens,
Peut-eftre bien languiffans.
Belles Eaux de nos Fontaines,
"
16 MERCURE
Coulez dans ces vaſtes Plaines;
Allez dans ce beau fejour,
Aucher Objet de mes peines
Allez faire voftre cour.
Allez par l'ordre de Flore,
Allez naître fous les pas
De la Belle que j'adore.
Fleurs riantes, vos appas
Nefuffiront pas encore.
C'est ainsi quedu Berger
L'ame vivementbleffée,
Laiffanterrerfa pensée,
Tâche defe foulager.
Ileftfidelle il eft tendre;
Mais eft. ilfage d'attendre,
Que Célimene aujourd'huy
Soitfenfible comme lay?
Non, non , l'amour qui l'enflâme
Le devroismoins occuper,
Puis que Célimene eft Femme,
C'est affez pourle womper..
peutquevous n'ayez efté fortement frapée de l'Eglogue,
où elle fait parler Célimene,
fur les rigueurs de l'éloignement. Cette Eglogue eft dans
la feconde Partie de maLettre de Septembre. Rien n'eſt
plus touchant , ny plus finement tourné , que tout ce
qu'elle dit des inquiétudes de
cette aimable Bergere. Il faut
qu'àfontourle Bergerqu'elle
12 MERCURE
aime, vous faffe paroiſtre le
peu de fujet qu'elle a de craindre fon inconftance. C'eſtun
des plus beaux Efprits de
Bourgogne, qui fert d'interprete à fes fentimens.
25525-522SS SES222
REPONSE
A LEGLOGUE
DE MADAME
DES HOULIERES.
Tireis,leplusSolitaire De nos Bergers amoureux,
Tircis dont l'unique affaire
N'eftque d'aimer, &de plaire
GALANT. 13
Au cher Objet de fes vœux,
Eloigné de Célimene,
Viterrant de Plaine en Plaine,
Heureux, fi quelques Zephirs,
Pourfeconder fes defirs,
Vontporter à cette Belle,
Defes plus tendresfoupirs
L'haleine pure &fidelle;
Heureux , heureux millefor,
Quanddans ces triftesabois,
Couché fur l'herbefleurie,
Nulbruitfâcheux , nulle voix,
N'interromptfa refvérie.
Le fidellefouvenir
Defa Bergere charmante,
Suffitpour l'entretenir;
Afon ame qu'il enchante
Quelque autre quiſe préſente,
Il est preft à le bannir.
Ny Dorife , ny Lifette,
La Perfide , la Coquette,
14 MERCURE
Qu'il aimafi tendrement,
Son Troupeau , nyfa Houlette,
Nyfon Chien, nyfa Mufette,
Nepeuvent unfeul moment
Luyfervir d'amuſement.
Quetoutdance, que tout chante,
Quetout rie autourde luy,
Toûjours la Bergere abfente
Ferafon mortel ennuy.
La fidelle inquiétude
Dont il chérit l'habitude,
Des Lieux lesplusfréquentez).
Luy faitunefolitude.
Nuls attraits, nulles beautez,
Ne troublent lachere idée
Dontfon ame eftpoffedée,
Célimeneoccupe tout.
Ladouloureuſe fouffrance
D'une longue & dure abfence,
( Quelle épreuve àſaconſtance?)
Rien n'en peut venir àbont.
GALANT. 15
Satendreffe ingénieufe,
Sçait par d'invifiblesfoins
Tromperde mille Témoins
L'attention curieuſe.
s
Toutce qui rend vers les lieux ·
Où Célimene refpire,
Le Bergerlefuit desyeux.
Quene voudroit- ilpointdire!
Quandles oifeaux de nos Bois,
Desdouxaccens deleur voix,
Font entendre le ramage.
Ne chantez pas davantage,
Leur dit-il, petits Oifeaux,
Allez tous vers ma Maîtreffe,
Inventez des Airs nouveaux.
Allez tous chanter fans ceffe
Parlez-luy de ma trifteffe,
Allez tous de la tendreffe
Ranimer les fentimens,
Peut-eftre bien languiffans.
Belles Eaux de nos Fontaines,
"
16 MERCURE
Coulez dans ces vaſtes Plaines;
Allez dans ce beau fejour,
Aucher Objet de mes peines
Allez faire voftre cour.
Allez par l'ordre de Flore,
Allez naître fous les pas
De la Belle que j'adore.
Fleurs riantes, vos appas
Nefuffiront pas encore.
C'est ainsi quedu Berger
L'ame vivementbleffée,
Laiffanterrerfa pensée,
Tâche defe foulager.
Ileftfidelle il eft tendre;
Mais eft. ilfage d'attendre,
Que Célimene aujourd'huy
Soitfenfible comme lay?
Non, non , l'amour qui l'enflâme
Le devroismoins occuper,
Puis que Célimene eft Femme,
C'est affez pourle womper..
Fermer
Résumé : REPONSE A L'EGLOGUE DE MADAME DES HOULIERES.
Le texte présente une églogue de Madame des Houlières, située dans la seconde partie de la 'Lettre de Septembre'. Cette églogue met en scène Célimène, une bergère tourmentée par l'éloignement de son bien-aimé. L'œuvre est appréciée pour sa sensibilité et sa finesse. Tircis, un berger amoureux de Célimène, répond à cette églogue en exprimant son amour et son attente. Malgré les plaisirs de la nature et les distractions, Tircis reste obsédé par Célimène et ne trouve de réconfort que dans le souvenir de sa bergère. Il souhaite que les oiseaux et les eaux des fontaines portent ses messages d'amour à Célimène. La douleur de l'absence et l'amour constant de Tircis sont soulignés, mettant en avant la profondeur de ses sentiments.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
3
p. 114-121
Eglogue de Madame des Houlieres, [titre d'après la table]
Début :
Voicy des Vers qui sont admirez de toute la Cour. / La Terre fatiguée, impuissante, inutile, [...]
Mots clefs :
Hélas, Appas, Bocage, Dire, Lieux, Hiver, Tircis, Bergère, Troupeau
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Eglogue de Madame des Houlieres, [titre d'après la table]
Voicy des Vers qui sont
admirez de toute la Cour;
Ils sont de Madame des Houlieres,c'est tout dire., i
LA Terrefitiguéimpitiffk'atey
inutile,
Fréparait à rHJverun triomphe
facile.
LeSoleilsans éçlaiprécipitantfin.
cours,
JRendait déjàles nuits plus longues
que letjeurs,
JVvandU Bergere Iris de mille appas,
ornée,
it malgrétant d'appas Amante infortunée,
RegardantlesBuissons a demy dé- pouillcz.
Vous, que mes pleurs, dit die, ont
ta&t defols 1tlo'¡illez
De l'Automne en counoux rcfftntez les.
outrages,
Tombez, Feuilles, tombez, vous dont:
les noirs ombrages
Des plaijirs de Tiretsfaifsient les
fûretez,
Etpayez les chagrins que vousmavez coûtez.
Lieux toujours opposezau bonhclIYde ma vie,
C'est icy qua l'Amour je me vis
asservie.
Icyfay vu l'iiigratqui- me tientfous
sesloixi
Jcyjayfoûpirépourlapremiere fois*-
Mats tandis quepourluyjecraignais* mesfoibîtjfes,
il appelloitfin chien,Caccablçit de
carejjesi
Du desordreoujeHoisloin desipré--
iMloir^
Le Cruelne vitrienrou ne voulut rieh
VOIr.
Ilhua mes Moutons, mon Habit, flJ/J
Houlete,
iltrioffrit de chanter lin Airsursa
Mufte;
il votilutm'enseigner quelleherbe va
paissant
Tour reprendresaforce un Troupeau
languissant;
Ce que fait le Soltildes hrouillers
qu'ilAttire,
N'avIJit.itrien,hélus! deplut doux
a me dire?
Depuis cejourfatal queriay-jepoint
fouffcft?
l/llbflnce, laraison,l'orgueil, rienne
mefert. fay de nos vieux PaHeursconfiâtele
plu*(âge;
j'aymistouffu conseilsvainement
enuflgej
De Victimes, d1Encensfayfatigue
lesDieux; dautres Bergerssouvent
tournélesyeux;
Mais ny lejeuneAtis, ny le tendre
Philene,
Les délicesy l* honneur des Rives de la
Seine,
Dontlefrsntfutcentfoisde Viirthes
couronné,
Sfavans en. Part de vaincre un courageobstiné
Et quej'aidoàmoy-mesme a me rendre inconstante
2i'ontpurompre un moment le charme
qui m'enchante.
Encorserois-je heureuse en ce honteux
lien,
Si ne pouvant maimer, mon Berger
naimmtriem
Mais ilaimeâmesyeux une Beauté
commune
AfoJJederfon cœuril bornefafortunt;
C'estpour ellequ'ilperd le foin defis
Troupeaux;
Tourellefeulementréformentfes Pi-
¡ell/lx;
Etloin dese laffir desfaveurs. quHa
d'elle,
Sa tendresse en reprenduneforce neuvelie.
Bocages, de leursfeux uniques
Confidens,
Bocages quejehays, vottsfiçavez.sije
mens,
Depuis que les beauxjours moyfeule
funefies,
D'un long & trisse Hyver eurent
cbâffé lesrefies,
Jufqua l'heureux débris de. vosfrêles*
beautez,
J$j*elsjours ont-ilspassez, dansces
lieuxécartez,?
JVuevoui a
CIngrate
que j'adore,
Jïnc milgréfesfroideurs,hélas,je
Calme encore!
Jgj/ene tuypeigniez-voos ccs mouvcmens confus,
Ces tourmens,cestransports. que vaut
avez, tantvus!
Jgue ne luy dificz-vous, pour tenter
-ZI-le
fdtendrese,
,
J^uejeJcAymieux aimerque que, luy, que
sa M([Îtrejfi!
Mais ma raisons"égare. Ah! quels.,
foins, quelssecours
Dits-je attendre de t\é>u<> quiftïvex*
leurs amours?
Les Dieux à mes malheursferontpl-tu
ftcourables;
VHyveraurapourmoydesrigueurs
favorables.
Ilapproche, & déja les pugueux:
Aquilons
j
Tbr leurflufle glacé dé]oient nos
Valons;
La neige qui bien-tojîcouvrira la
Prairie,
Retiendra les Trouleaux dans chaque
Bcrgric,
Et Fon ne verraplusfous voflre omafïgeajfis,
Nj Ihenreufc Daphné,nyl'amoureux
TircÚ,
Mais,hélas! quelcfpsirmeflûte
e me confoie?
Avecrapiditéle tanpsfuité" s'en- e, vol
Et bientosi le PrintempsA mon âme
odieux
Ramènera Tirets & Daphné dans ccs
lieux.
FtüiHes, vowreviendrez,,vousrendrez, ces BoÚjÕrnbrcs;
Ilss'aimeront emorfousvosperfdes çwbres^.£i
Et nusvivesdouleurs, G mestranj^
porisjalouxy
Fourmon ingratAmantrenaifront
avec ions.
admirez de toute la Cour;
Ils sont de Madame des Houlieres,c'est tout dire., i
LA Terrefitiguéimpitiffk'atey
inutile,
Fréparait à rHJverun triomphe
facile.
LeSoleilsans éçlaiprécipitantfin.
cours,
JRendait déjàles nuits plus longues
que letjeurs,
JVvandU Bergere Iris de mille appas,
ornée,
it malgrétant d'appas Amante infortunée,
RegardantlesBuissons a demy dé- pouillcz.
Vous, que mes pleurs, dit die, ont
ta&t defols 1tlo'¡illez
De l'Automne en counoux rcfftntez les.
outrages,
Tombez, Feuilles, tombez, vous dont:
les noirs ombrages
Des plaijirs de Tiretsfaifsient les
fûretez,
Etpayez les chagrins que vousmavez coûtez.
Lieux toujours opposezau bonhclIYde ma vie,
C'est icy qua l'Amour je me vis
asservie.
Icyfay vu l'iiigratqui- me tientfous
sesloixi
Jcyjayfoûpirépourlapremiere fois*-
Mats tandis quepourluyjecraignais* mesfoibîtjfes,
il appelloitfin chien,Caccablçit de
carejjesi
Du desordreoujeHoisloin desipré--
iMloir^
Le Cruelne vitrienrou ne voulut rieh
VOIr.
Ilhua mes Moutons, mon Habit, flJ/J
Houlete,
iltrioffrit de chanter lin Airsursa
Mufte;
il votilutm'enseigner quelleherbe va
paissant
Tour reprendresaforce un Troupeau
languissant;
Ce que fait le Soltildes hrouillers
qu'ilAttire,
N'avIJit.itrien,hélus! deplut doux
a me dire?
Depuis cejourfatal queriay-jepoint
fouffcft?
l/llbflnce, laraison,l'orgueil, rienne
mefert. fay de nos vieux PaHeursconfiâtele
plu*(âge;
j'aymistouffu conseilsvainement
enuflgej
De Victimes, d1Encensfayfatigue
lesDieux; dautres Bergerssouvent
tournélesyeux;
Mais ny lejeuneAtis, ny le tendre
Philene,
Les délicesy l* honneur des Rives de la
Seine,
Dontlefrsntfutcentfoisde Viirthes
couronné,
Sfavans en. Part de vaincre un courageobstiné
Et quej'aidoàmoy-mesme a me rendre inconstante
2i'ontpurompre un moment le charme
qui m'enchante.
Encorserois-je heureuse en ce honteux
lien,
Si ne pouvant maimer, mon Berger
naimmtriem
Mais ilaimeâmesyeux une Beauté
commune
AfoJJederfon cœuril bornefafortunt;
C'estpour ellequ'ilperd le foin defis
Troupeaux;
Tourellefeulementréformentfes Pi-
¡ell/lx;
Etloin dese laffir desfaveurs. quHa
d'elle,
Sa tendresse en reprenduneforce neuvelie.
Bocages, de leursfeux uniques
Confidens,
Bocages quejehays, vottsfiçavez.sije
mens,
Depuis que les beauxjours moyfeule
funefies,
D'un long & trisse Hyver eurent
cbâffé lesrefies,
Jufqua l'heureux débris de. vosfrêles*
beautez,
J$j*elsjours ont-ilspassez, dansces
lieuxécartez,?
JVuevoui a
CIngrate
que j'adore,
Jïnc milgréfesfroideurs,hélas,je
Calme encore!
Jgj/ene tuypeigniez-voos ccs mouvcmens confus,
Ces tourmens,cestransports. que vaut
avez, tantvus!
Jgue ne luy dificz-vous, pour tenter
-ZI-le
fdtendrese,
,
J^uejeJcAymieux aimerque que, luy, que
sa M([Îtrejfi!
Mais ma raisons"égare. Ah! quels.,
foins, quelssecours
Dits-je attendre de t\é>u<> quiftïvex*
leurs amours?
Les Dieux à mes malheursferontpl-tu
ftcourables;
VHyveraurapourmoydesrigueurs
favorables.
Ilapproche, & déja les pugueux:
Aquilons
j
Tbr leurflufle glacé dé]oient nos
Valons;
La neige qui bien-tojîcouvrira la
Prairie,
Retiendra les Trouleaux dans chaque
Bcrgric,
Et Fon ne verraplusfous voflre omafïgeajfis,
Nj Ihenreufc Daphné,nyl'amoureux
TircÚ,
Mais,hélas! quelcfpsirmeflûte
e me confoie?
Avecrapiditéle tanpsfuité" s'en- e, vol
Et bientosi le PrintempsA mon âme
odieux
Ramènera Tirets & Daphné dans ccs
lieux.
FtüiHes, vowreviendrez,,vousrendrez, ces BoÚjÕrnbrcs;
Ilss'aimeront emorfousvosperfdes çwbres^.£i
Et nusvivesdouleurs, G mestranj^
porisjalouxy
Fourmon ingratAmantrenaifront
avec ions.
Fermer
Résumé : Eglogue de Madame des Houlieres, [titre d'après la table]
Le poème de Madame des Houlières relate les tourments d'une bergère nommée Iris, éprise d'un berger inconstant. La narratrice décrit la fin de l'été et l'arrivée de l'automne, symbolisant la fin de ses espoirs amoureux. Elle se remémore le moment où elle a vu son amant pour la première fois, mais celui-ci l'a rejetée. Depuis, elle est incapable de l'oublier malgré les conseils et les prières. La douleur d'Iris est accentuée par le fait que son amant aime une autre femme. Elle se tourne vers les bocages, témoins de ses souffrances, et espère que l'hiver apportera un soulagement. Cependant, elle craint le retour du printemps, qui ramènera son amant et sa bien-aimée, renforçant ainsi sa jalousie et sa douleur.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
4
p. 157-161
PLAINTE POUR UN MOUTON à sa Bergere.
Début :
Quoy que les Moutons soient doux, ils se plaignent / Bergere, il n'est rien moins que beau [...]
Mots clefs :
Bergère, Hameau, Mouton, Rude, Ennui, Chien, Toison d'or, Amour, Mutineries, Bergeries
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PLAINTE POUR UN MOUTON à sa Bergere.
Quoy que les Moutons
foient doux , ils ſe plaignent
quelquefois . Les Vers qui
fuivent nous le font connoître.
Ils font de M ' Vignier
de Richelieu.
158 MERCURE
7
PLAINTE
POUR UN MOUTON
à fa
Bergere .
B Ergere, il n'est rien moins que
De s'enfermerdans le Hameau,
Quand voftre Mouton tout en nage
Est couru des Chiens du Village,
Et vient pour fe fauver chez vous
De ces Chiens pires que
des Loups.
En vain il bêle, en vain il gratte,
En vain il s'écorche la patte,
Vous aviez enjoint à Ñannon
De n'ouvrirpoint à ce Mouton.
Depuis un traitement fi rude
Plein d'ennuy, plein d'inquiétude,
On croit à le voir qu'il estfou.
Sans manger le quart defonfou,
GALANT.
159
Il ne fait que tourner fans ceffe,
Tant fon petit coeur est en preffe,
Et pour vous le dire entre nous,
Je nene fçay s'il n'est pointjaloux,
Car vousfçavez bien qu'une Beste ,
Commel'Homme amartelen tefte.
Ilcraint , & non pasfans raison,
Qu'estantfur l'arriere Saifon,
Cela veutdire defon âge,
Sa Bergere ne foit volage.
Mais qu'elle ne s'y trompepas ,
Unvieux Mouton , fors en un cas,
Doit l'emporterprés d'une Belle,
Surjeane Mouton fans cervelleż
Et je fuis bien feur que Buscon ,
S'ilvoyoit un autre Mouton,
Fapperoit d'une telle forte,
Qu'il luyferoit paffer laporte
Beaucoup plus vite que le pas ,
Quand vous ne le voudriez pas.
Ce Chien vous aime, il estfidelle,
160 MERCURE
Mais de voir une Amour nouvelle,
Eust- il du Mouton de Colches
La Toifon d'or deffus le dos,
Ily feroit entrer fagrife,
Et cela n'estpoint apocrife.
Alors quelfracas , quel conflit,
S'il approchoit de voftre Lit
Dans le temps que Dame Pareffe
Ou quelque petitefoibleſſe,
Vous retiennent à ruminer,
Sans pouvoir vous déterminer,
l'entens à quiter voftre Couche,
Où comme ailleurs toûjours farouche,
Vousferiez enrager l'Amour,
S'ilvousyfurprenoit unjour!
C'est là qu'imitant fa Maistreffe,
Auffi Tygre qu'elle est Tygreffe,
N'eftantpoint defes Dépendans,
Il le mordroit à belles dents.
Je croy de plus, que vostre Chatte
Feroitfor devoir de fa patte,
GALANT.: 161
En miolant d'un trife ton ,
Al'aspect de ce fin Monton.
Pour le voftre perdez l'envie
De le changer de voſtre vies
Puis que vousfçavez ce qu'il vaut
Traitez- le toujours comme ilfaut;
Autrement la mutinerie
Se mettant dans la Bergerie,
Bergere, Les Chiens & les Chats
Vous laifferoient piller & mangerpar
les Rats.
foient doux , ils ſe plaignent
quelquefois . Les Vers qui
fuivent nous le font connoître.
Ils font de M ' Vignier
de Richelieu.
158 MERCURE
7
PLAINTE
POUR UN MOUTON
à fa
Bergere .
B Ergere, il n'est rien moins que
De s'enfermerdans le Hameau,
Quand voftre Mouton tout en nage
Est couru des Chiens du Village,
Et vient pour fe fauver chez vous
De ces Chiens pires que
des Loups.
En vain il bêle, en vain il gratte,
En vain il s'écorche la patte,
Vous aviez enjoint à Ñannon
De n'ouvrirpoint à ce Mouton.
Depuis un traitement fi rude
Plein d'ennuy, plein d'inquiétude,
On croit à le voir qu'il estfou.
Sans manger le quart defonfou,
GALANT.
159
Il ne fait que tourner fans ceffe,
Tant fon petit coeur est en preffe,
Et pour vous le dire entre nous,
Je nene fçay s'il n'est pointjaloux,
Car vousfçavez bien qu'une Beste ,
Commel'Homme amartelen tefte.
Ilcraint , & non pasfans raison,
Qu'estantfur l'arriere Saifon,
Cela veutdire defon âge,
Sa Bergere ne foit volage.
Mais qu'elle ne s'y trompepas ,
Unvieux Mouton , fors en un cas,
Doit l'emporterprés d'une Belle,
Surjeane Mouton fans cervelleż
Et je fuis bien feur que Buscon ,
S'ilvoyoit un autre Mouton,
Fapperoit d'une telle forte,
Qu'il luyferoit paffer laporte
Beaucoup plus vite que le pas ,
Quand vous ne le voudriez pas.
Ce Chien vous aime, il estfidelle,
160 MERCURE
Mais de voir une Amour nouvelle,
Eust- il du Mouton de Colches
La Toifon d'or deffus le dos,
Ily feroit entrer fagrife,
Et cela n'estpoint apocrife.
Alors quelfracas , quel conflit,
S'il approchoit de voftre Lit
Dans le temps que Dame Pareffe
Ou quelque petitefoibleſſe,
Vous retiennent à ruminer,
Sans pouvoir vous déterminer,
l'entens à quiter voftre Couche,
Où comme ailleurs toûjours farouche,
Vousferiez enrager l'Amour,
S'ilvousyfurprenoit unjour!
C'est là qu'imitant fa Maistreffe,
Auffi Tygre qu'elle est Tygreffe,
N'eftantpoint defes Dépendans,
Il le mordroit à belles dents.
Je croy de plus, que vostre Chatte
Feroitfor devoir de fa patte,
GALANT.: 161
En miolant d'un trife ton ,
Al'aspect de ce fin Monton.
Pour le voftre perdez l'envie
De le changer de voſtre vies
Puis que vousfçavez ce qu'il vaut
Traitez- le toujours comme ilfaut;
Autrement la mutinerie
Se mettant dans la Bergerie,
Bergere, Les Chiens & les Chats
Vous laifferoient piller & mangerpar
les Rats.
Fermer
Résumé : PLAINTE POUR UN MOUTON à sa Bergere.
Le texte est une plainte poétique adressée à une bergère au sujet de son mouton. Ce dernier, poursuivi par des chiens, cherche refuge auprès d'elle, mais elle refuse de l'accueillir sur ordre de l'annonciateur. Le mouton, affolé et inquiet, semble fou et ne mange plus. Le narrateur suggère que le mouton pourrait être jaloux, craignant l'infidélité de la bergère. Il compare un mouton âgé à un jeune mouton sans cervelle, affirmant que le premier a plus de valeur. Le chien Buscon, bien que fidèle, pourrait laisser entrer un autre mouton par jalousie, provoquant des conflits. La bergère est mise en garde contre les conséquences négatives de changer son mouton, car cela pourrait entraîner une mutinerie parmi les animaux, rendant la bergerie vulnérable aux rats.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
5
p. 16-18
SONNET.
Début :
Les deux Réponses qui suivent à deux Questions du / Si un Amant qui est trahi par sa Maitresse, [...]
Mots clefs :
Amant, Maîtresse, Amour, Bergère, Mort, Trahison, Honneur, Plaisir
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SONNET.
Les deux Reponjes qui JuiveM À
deux guefions du XXIX.Extraordinaire,
font de M. Magnin,
dont je vom ay envoyé tant de
beaux Ouvrages à U gloire de SA
'-JJajel".
Si un Amant qui est trahi par sa
Maistresse, est en droit de publier
ses faveurs.
SONNET.
JEtaimois, tu leifçais, je taimois tert »
drement ;
Tu connoiffiis mon coeur, il efloitfifidelle,
Hors toy ,nulle Bergere a mes yeux nel - toitbelle,
Et ne pouvoit pretendre a m'avoirpour
AmAnt.
Jetefiuivoispartout, fAbfenc d'un mo.;-
ment
Efloit a mon amour une mort eternelle ;
Jamais enfin, jamais, tu t'en fiouviens j
cruelle,
Vn Berger amoureux naimasiconfiant-*
mont-
Et tu mofies trahir,perfide! a cet ou* trage
J.:/q!:'a,:! devrait A ller le transport de ma
r.{(!( !
Après celay dtvrois-je encortcménager?
Mais ne crains point quicy le courroux
me furmente,
J'estimeplus l'honneur de ne mepointvav.
Ier>
Ruelefoible plalfîrde te couvrirde honte.
deux guefions du XXIX.Extraordinaire,
font de M. Magnin,
dont je vom ay envoyé tant de
beaux Ouvrages à U gloire de SA
'-JJajel".
Si un Amant qui est trahi par sa
Maistresse, est en droit de publier
ses faveurs.
SONNET.
JEtaimois, tu leifçais, je taimois tert »
drement ;
Tu connoiffiis mon coeur, il efloitfifidelle,
Hors toy ,nulle Bergere a mes yeux nel - toitbelle,
Et ne pouvoit pretendre a m'avoirpour
AmAnt.
Jetefiuivoispartout, fAbfenc d'un mo.;-
ment
Efloit a mon amour une mort eternelle ;
Jamais enfin, jamais, tu t'en fiouviens j
cruelle,
Vn Berger amoureux naimasiconfiant-*
mont-
Et tu mofies trahir,perfide! a cet ou* trage
J.:/q!:'a,:! devrait A ller le transport de ma
r.{(!( !
Après celay dtvrois-je encortcménager?
Mais ne crains point quicy le courroux
me furmente,
J'estimeplus l'honneur de ne mepointvav.
Ier>
Ruelefoible plalfîrde te couvrirde honte.
Fermer
Résumé : SONNET.
La lettre évoque deux ouvrages de M. Magnin dédiés à Sa Majesté et discute de la publication des faveurs d'un amant trahi. Le sonnet exprime la douleur d'un amant fidèle trahi subitement. Il choisit de préserver son honneur sans se venger.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
6
p. 301-312
VERS GALANS.
Début :
Voicy des Vers qu'un Berger de vostre connoissance / Daignez, belle Diane, écouter ma priere. [...]
Mots clefs :
Diane, Prière, Curiosité, Bergère, Printemps, Coeurs, Désirs, Cupidon, Belle, Héros, Amour, Seigneur, Lettre, Tentation, Adam, Douceur, Marins, Pureté, Galant
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : VERS GALANS.
Voicy des Vers quunBergtr de
'iojlre connoi/fluue adrejja demieimcnt
Il une jeuneEnjoÜee, qui
floit venue dansfonHameau, pour
'y rtfaire d'un mal de poitrine; à4
lui luy Ayantfilouté la Clef de Jk
Zhambre, cherchoit àluy faire quelque
piece pourJe divertir.J'y ajoute
une Lettre qui regarde cette Belle,
'& qui fut écrite en mifmettmps
arce Berger à un de kurs Amis,
Ojficier de la Marine.
----.---.--.-
VERS GALANS.
Dlignez., belleDiane, ÙeutermA
priere.
Dites-mey, que cherche en ces lieux
yoftrcespritcurieux? r cherchez. -vous ma Panetière t
Ma Houlette ou mon Chalumeau>
Sans doute, tout cela vousferoitnecessaire,
Si vont estiez Bergere,
MAis grâces à vosyeux,vostrefort est
plus beau. w
Sont-ce des Fleurs, un Lis,dujafmin,
quelques Roses?
Non, non, sur vostre teint, on en
Voit trop eléclifes ; Et malgré vostre mal
,
il en brille
en tout temps,
De pltts belles cent fois, que nen a
le Printemps.
Est-ce mon coeur ? - Helat ! vous en
parlerjen'ose.
L'amour vous apprendra qu'il est dans
vos liens.
Du jour que vos beaux yeux ont éclairè
les miens;
Je laijfte a cette noble confie
14 vous tn raconter la prise & Ill,!
defin;
1t comme de fA peine, il fait tous
ses plaisirs.
Est-ce quelyHAutrechose?
Ah! vous Fpavez. trop bien
Que qui donne fin cteur, ne se re.
serverien;
LA raison fowtient cet usage,,
Et Cupidon tout nud
, en rend hon
témoignage.
!vayant donc rien a moy, fut ne
foit toutà vous,
Cefltemps perdu d* chercher J..
vantage.
Il eji vray, Diane, entre nous,
Que si mon fort clioit plus deux,
Et que vous m'aimassiez, autant que
je vous aime..
Vous pourriez., fécondant mes voeH..
Chercher à fmlager mes feux;
NAis je vois à regret quil n'en rft
pas de mesme;
Il sen faut plus de la moitié,
1QHeaale ne fait Camitié,
La Voffre est mediocre -& la mien-i
ne est extrême.
Vous cherchez, donc, belle Diane^
en vain, A moins que de chercher a faireIIIfIW
malice.
Ah! Jî ctft là vostre Jtjfem
Je tien porteray pas mif. plainte ài,
la IHf/ice;
, Dieu veuille qu'elle rèùssisse,
le m'offrea tout souffrir, vostrefUUA:
sir mestcher, Dianey vous pouvez chercher.
Cette Belle, qu'on faitpasser
pour digne imitatrice d'un fameux
Heros, (c'est delaRancune,
l'un des principaux du Roman n
Comique,) chercha tant,qu'elle
trouva moyen d'exercer fonhu..1
meurhonneJstement malicieuse;
(
&lâ. piece qu'elle fit au Berger, C
ronna occaiion à ces lecon^ls
jcrs.
ous AVez. réussi,Ceau ne vous conte
guere,
le fuis percé de tous costez..
ïJte lefiu qui me brûle & quime
desespere
(Heud'Amour,} riagit-il ainsisur vos
beautez ?
vous verrois bt'en-tolf y chercher S,
rcmede,
Mon eau pourrait vont foklager.
coureroisaussi, sans remise.. a votre
aide:
leureux devons servir, heureux de
me vanger.
dais helasî'lemoyen d'enflameruner
Belle
- Qui ne veut quefe r.ifratchir?
4h poitrine malade!ah malade cruelle!'
uiJJè.. en vous guerissant, le Seigneur,'
voiu fléchir.
Voicy la Lettre du BBeerrggeerr,,
l'ofifcier de la Marine. LAuriez-vous cru, Seigneur
Marin, la jeune Diane
faitune action qui la rend cligner
d'avoir une des premieres Placeæ
dans la Galerie des Femmes-for-*
tesj actionheroïque & des plus
belles. On avoit lèrvy sur sa ra.£
bJe, sans y penser, une aiBettoi
deFramboifes des mieux condi-i
tionnées ) & comme elle lesaimes
passionnément, elle ne les a pasjs
pluroft veuës, qu'ellea porté la¡il
cüeilier à l'assiette pour en pren.-l dre mais retenue tout à conptj
par la force imperieuse de sa rai-ij
for, 4
Non, non, mJ-t-llle dit, nepcnfhz,pdtï.si
Btrgtr,
Que jen aille manger; lw ne veux point m'attirer de repr,ci);,)
«.
; Non plter que faire de jaloux ; Je veux avoir le coeur de rock*,
Etpourlaframboise,&p9H*-vovs\
[ Rcfiftanrdoncdelnforceà!•.
i::ntation, elle n'a pas cour',
aie ce fruit qui luy estoitdéfenun
par son Medecin.
ii fEpouse âAdllm en euflfait tant
autant
A l'égard de la Tomme,
v[t Seigneur eust esiècontant,-
Et le pauvre homme
N'eust pas avallé le morceau,
nQui comme du poison mm cgnduit, atr
tombeau j
Mais moins forte que nnftreBelle;.
L'appétit femportasur elle.
le-Et mey hlefiè
,
malade, & p"efqf;;'
mort d'amour,
.rYtUi'TIIX que ye ftrm, fenfoiffî? fin;"
& /W. Ceij'
Je ne vous conre pas ma peine,
Seigneur Marin, pour vous faire
pitié, j'aimerois mieux vous faire
envie. Je vous l'apprens seulement
, à cause de l'égalité de
nos fortunes auprès de cette
Belle.
,
Car enfin, quoy qu'on en dégoise1 e
Jesçay des fidelles témoins
De tous vos petits foins, **
De Tite, de Marqiti*, & de Dame
Fraxfoife;
QuaprèsAvoir languy trots mois a ses
genoux, f
Doncèreux comme laframboise,
Son coeurwom a paru tout aussi dur
qu* nous.
>
A dire vray ,
je ne vois point de
raison qui duft induire une Dame
àtraiter mieux un Marin qu'un
ergerj & sil meit pertllb de
:nisexpliquer finceremenc nfés. mes
Les Marins font des gens
ur quil'on ne peut pas fonder grttn.
de assurance.
cars coeurs font des vaisseaux qui vos
guent a tous vents, font comme la Mer, sujetsa fin.
constance-
Il rien efi pas de mesme des Bergers
Leurs tendrescoeursprennent rAcinil
Comme les plans de leurs Vergers ;
t leur fidellc Amour paroiss mesme a
leur mine.
On sçait de plus que les Marins
mt un peu fanfarons, médifans &
malins;
Hautant prefcjue vaudroit ef/re pris
des Corsaires,
Quaveceuxavoir des affaires.
Au lieu cjue les Bergers dans leursui
jeux & leurs rù Sont , comme leurs brebis,
Toujoursaccompagnez. de la pure inno-ú
cence,
SAns malice & sans médifance-
Je ne dis rien de la difcretlon,
LAttendre des Marins, cefl une illu-
[ton.
Sont-ils en Mer? Ilsriontplpts rien a
faire
Leurs Bell,esfontbien loin le temps du*
re àse taire, Il fautparlery chacun parle à fan sur,
Et chacuny, trahit les secrets de l'a-
'-mOHr.
Les Bergers au contraire
Rarement éloignez, des objets de leurs
voeux,
Et toujours occupez, de mille-foins pour
eux,
Ont trop de peur de leur déplaire,
Pour jamaisdivulguer leur amoureux
miftereAjoutez
a cela, que vos Mans
si.nt Íujlr à donner des noms
eu obligeans, aux personnes à
ui ils doivent le plus de refpeai
uuque, sans aller plus loin que
belle cause de nos peines, ils
nt osé la nommer la Signera B4.
MCU&, au lieu que nos Bergers
ccommodent toujours leurufae
à leur devoir; & honorent
tte Dameavec raison, du beau
3m de Diane, qui est une triple
léelfe, comme vous sçavez.
Ce n'est pas qu'il n'y ait des
tarins de l'humeur des Bergers5
ais on voit rarement des Berde
celle des Marins: & à
garder les choses en général,
fnme je fait sans vouloir ofnier
personne en particulier,
fâcher un Amy comme vous,
que j'aime &quej'estimeinfîainimenc,
je croy en vérité
, que
s'il y avoir quelque préférence ai
efpererde la belle Diarre, ce ne;
reroit pas pour les gens de vostres
forte, rmis pour ceux de la.
mienne.
J'ofeaufji meflater, qu'aprèssa mulaiic
Framboise&moy pourrons bien fapprochlr
Et luy trouver l'ameattendrie,
.AJe lieu de [on coeur de rocher. -
Du moinsenay-je grande envie.
C'efl -pourtant fous le bon pUi/tr j
Du Galant qui tAlceu choisir,
Pour partager les douceurs desavie.
Vous douterez peut-estre de
cette protection ; mais je vous
allure qu'elle n'est pas moins sincere
quecelle que jevousay Faite
d'estre inviolablemenr, Seigneur
Marin. Vôtre,&c.LeB.deFI.'
'iojlre connoi/fluue adrejja demieimcnt
Il une jeuneEnjoÜee, qui
floit venue dansfonHameau, pour
'y rtfaire d'un mal de poitrine; à4
lui luy Ayantfilouté la Clef de Jk
Zhambre, cherchoit àluy faire quelque
piece pourJe divertir.J'y ajoute
une Lettre qui regarde cette Belle,
'& qui fut écrite en mifmettmps
arce Berger à un de kurs Amis,
Ojficier de la Marine.
----.---.--.-
VERS GALANS.
Dlignez., belleDiane, ÙeutermA
priere.
Dites-mey, que cherche en ces lieux
yoftrcespritcurieux? r cherchez. -vous ma Panetière t
Ma Houlette ou mon Chalumeau>
Sans doute, tout cela vousferoitnecessaire,
Si vont estiez Bergere,
MAis grâces à vosyeux,vostrefort est
plus beau. w
Sont-ce des Fleurs, un Lis,dujafmin,
quelques Roses?
Non, non, sur vostre teint, on en
Voit trop eléclifes ; Et malgré vostre mal
,
il en brille
en tout temps,
De pltts belles cent fois, que nen a
le Printemps.
Est-ce mon coeur ? - Helat ! vous en
parlerjen'ose.
L'amour vous apprendra qu'il est dans
vos liens.
Du jour que vos beaux yeux ont éclairè
les miens;
Je laijfte a cette noble confie
14 vous tn raconter la prise & Ill,!
defin;
1t comme de fA peine, il fait tous
ses plaisirs.
Est-ce quelyHAutrechose?
Ah! vous Fpavez. trop bien
Que qui donne fin cteur, ne se re.
serverien;
LA raison fowtient cet usage,,
Et Cupidon tout nud
, en rend hon
témoignage.
!vayant donc rien a moy, fut ne
foit toutà vous,
Cefltemps perdu d* chercher J..
vantage.
Il eji vray, Diane, entre nous,
Que si mon fort clioit plus deux,
Et que vous m'aimassiez, autant que
je vous aime..
Vous pourriez., fécondant mes voeH..
Chercher à fmlager mes feux;
NAis je vois à regret quil n'en rft
pas de mesme;
Il sen faut plus de la moitié,
1QHeaale ne fait Camitié,
La Voffre est mediocre -& la mien-i
ne est extrême.
Vous cherchez, donc, belle Diane^
en vain, A moins que de chercher a faireIIIfIW
malice.
Ah! Jî ctft là vostre Jtjfem
Je tien porteray pas mif. plainte ài,
la IHf/ice;
, Dieu veuille qu'elle rèùssisse,
le m'offrea tout souffrir, vostrefUUA:
sir mestcher, Dianey vous pouvez chercher.
Cette Belle, qu'on faitpasser
pour digne imitatrice d'un fameux
Heros, (c'est delaRancune,
l'un des principaux du Roman n
Comique,) chercha tant,qu'elle
trouva moyen d'exercer fonhu..1
meurhonneJstement malicieuse;
(
&lâ. piece qu'elle fit au Berger, C
ronna occaiion à ces lecon^ls
jcrs.
ous AVez. réussi,Ceau ne vous conte
guere,
le fuis percé de tous costez..
ïJte lefiu qui me brûle & quime
desespere
(Heud'Amour,} riagit-il ainsisur vos
beautez ?
vous verrois bt'en-tolf y chercher S,
rcmede,
Mon eau pourrait vont foklager.
coureroisaussi, sans remise.. a votre
aide:
leureux devons servir, heureux de
me vanger.
dais helasî'lemoyen d'enflameruner
Belle
- Qui ne veut quefe r.ifratchir?
4h poitrine malade!ah malade cruelle!'
uiJJè.. en vous guerissant, le Seigneur,'
voiu fléchir.
Voicy la Lettre du BBeerrggeerr,,
l'ofifcier de la Marine. LAuriez-vous cru, Seigneur
Marin, la jeune Diane
faitune action qui la rend cligner
d'avoir une des premieres Placeæ
dans la Galerie des Femmes-for-*
tesj actionheroïque & des plus
belles. On avoit lèrvy sur sa ra.£
bJe, sans y penser, une aiBettoi
deFramboifes des mieux condi-i
tionnées ) & comme elle lesaimes
passionnément, elle ne les a pasjs
pluroft veuës, qu'ellea porté la¡il
cüeilier à l'assiette pour en pren.-l dre mais retenue tout à conptj
par la force imperieuse de sa rai-ij
for, 4
Non, non, mJ-t-llle dit, nepcnfhz,pdtï.si
Btrgtr,
Que jen aille manger; lw ne veux point m'attirer de repr,ci);,)
«.
; Non plter que faire de jaloux ; Je veux avoir le coeur de rock*,
Etpourlaframboise,&p9H*-vovs\
[ Rcfiftanrdoncdelnforceà!•.
i::ntation, elle n'a pas cour',
aie ce fruit qui luy estoitdéfenun
par son Medecin.
ii fEpouse âAdllm en euflfait tant
autant
A l'égard de la Tomme,
v[t Seigneur eust esiècontant,-
Et le pauvre homme
N'eust pas avallé le morceau,
nQui comme du poison mm cgnduit, atr
tombeau j
Mais moins forte que nnftreBelle;.
L'appétit femportasur elle.
le-Et mey hlefiè
,
malade, & p"efqf;;'
mort d'amour,
.rYtUi'TIIX que ye ftrm, fenfoiffî? fin;"
& /W. Ceij'
Je ne vous conre pas ma peine,
Seigneur Marin, pour vous faire
pitié, j'aimerois mieux vous faire
envie. Je vous l'apprens seulement
, à cause de l'égalité de
nos fortunes auprès de cette
Belle.
,
Car enfin, quoy qu'on en dégoise1 e
Jesçay des fidelles témoins
De tous vos petits foins, **
De Tite, de Marqiti*, & de Dame
Fraxfoife;
QuaprèsAvoir languy trots mois a ses
genoux, f
Doncèreux comme laframboise,
Son coeurwom a paru tout aussi dur
qu* nous.
>
A dire vray ,
je ne vois point de
raison qui duft induire une Dame
àtraiter mieux un Marin qu'un
ergerj & sil meit pertllb de
:nisexpliquer finceremenc nfés. mes
Les Marins font des gens
ur quil'on ne peut pas fonder grttn.
de assurance.
cars coeurs font des vaisseaux qui vos
guent a tous vents, font comme la Mer, sujetsa fin.
constance-
Il rien efi pas de mesme des Bergers
Leurs tendrescoeursprennent rAcinil
Comme les plans de leurs Vergers ;
t leur fidellc Amour paroiss mesme a
leur mine.
On sçait de plus que les Marins
mt un peu fanfarons, médifans &
malins;
Hautant prefcjue vaudroit ef/re pris
des Corsaires,
Quaveceuxavoir des affaires.
Au lieu cjue les Bergers dans leursui
jeux & leurs rù Sont , comme leurs brebis,
Toujoursaccompagnez. de la pure inno-ú
cence,
SAns malice & sans médifance-
Je ne dis rien de la difcretlon,
LAttendre des Marins, cefl une illu-
[ton.
Sont-ils en Mer? Ilsriontplpts rien a
faire
Leurs Bell,esfontbien loin le temps du*
re àse taire, Il fautparlery chacun parle à fan sur,
Et chacuny, trahit les secrets de l'a-
'-mOHr.
Les Bergers au contraire
Rarement éloignez, des objets de leurs
voeux,
Et toujours occupez, de mille-foins pour
eux,
Ont trop de peur de leur déplaire,
Pour jamaisdivulguer leur amoureux
miftereAjoutez
a cela, que vos Mans
si.nt Íujlr à donner des noms
eu obligeans, aux personnes à
ui ils doivent le plus de refpeai
uuque, sans aller plus loin que
belle cause de nos peines, ils
nt osé la nommer la Signera B4.
MCU&, au lieu que nos Bergers
ccommodent toujours leurufae
à leur devoir; & honorent
tte Dameavec raison, du beau
3m de Diane, qui est une triple
léelfe, comme vous sçavez.
Ce n'est pas qu'il n'y ait des
tarins de l'humeur des Bergers5
ais on voit rarement des Berde
celle des Marins: & à
garder les choses en général,
fnme je fait sans vouloir ofnier
personne en particulier,
fâcher un Amy comme vous,
que j'aime &quej'estimeinfîainimenc,
je croy en vérité
, que
s'il y avoir quelque préférence ai
efpererde la belle Diarre, ce ne;
reroit pas pour les gens de vostres
forte, rmis pour ceux de la.
mienne.
J'ofeaufji meflater, qu'aprèssa mulaiic
Framboise&moy pourrons bien fapprochlr
Et luy trouver l'ameattendrie,
.AJe lieu de [on coeur de rocher. -
Du moinsenay-je grande envie.
C'efl -pourtant fous le bon pUi/tr j
Du Galant qui tAlceu choisir,
Pour partager les douceurs desavie.
Vous douterez peut-estre de
cette protection ; mais je vous
allure qu'elle n'est pas moins sincere
quecelle que jevousay Faite
d'estre inviolablemenr, Seigneur
Marin. Vôtre,&c.LeB.deFI.'
Fermer
Résumé : VERS GALANS.
Le texte raconte l'histoire de Diane, une jeune femme en convalescence dans un hameau. Un berger, épris d'elle, tente de la séduire par des vers galants, exprimant son amour. Diane, connue pour sa malice, résiste à la tentation de manger des framboises pour éviter les reproches. Le berger écrit ensuite à un ami officier de marine, vantant l'héroïsme de Diane et comparant les bergers aux marins. Il met en avant la fidélité et la discrétion des bergers, contrastant avec l'inconstance et l'indiscrétion des marins. Le narrateur souligne que les bergers sont plus prudents et respectueux en matière de comportements amoureux. Bien qu'il reconnaisse l'existence de marins partageant les qualités des bergers, il estime que Diane serait mieux appréciée par des personnes de sa condition. Le narrateur exprime son espoir d'adoucir le cœur de Diane et assure sa dévotion au seigneur Marin.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
7
p. 205-206
AIR NOUVEAU.
Début :
Je ne vous préviendray point sur l'Air nouveau que je / L'Amour, le seul amour est cause [...]
Mots clefs :
Amour, Troupeau, Bergère
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AIR NOUVEAU.
Je ne vous préviendray
point fur l'Air nouveau que
je vous envoye. Vous en jugerez
, je vous le laiffe chanter.
AIR NOUVEAU.
' Amour , le feul amour eft
Lacauſe
Que je neglige mon Troupeau ;
Mais comme il eft le moindre du Hameau
On dira
que c'est peu de choſe.
206 MERCURE
Ah ! quandj'aurois tous les Montons
Des Bergers de nos Cantons,
Fe les negligerois encore
Pour la Bergere que j'adore.
point fur l'Air nouveau que
je vous envoye. Vous en jugerez
, je vous le laiffe chanter.
AIR NOUVEAU.
' Amour , le feul amour eft
Lacauſe
Que je neglige mon Troupeau ;
Mais comme il eft le moindre du Hameau
On dira
que c'est peu de choſe.
206 MERCURE
Ah ! quandj'aurois tous les Montons
Des Bergers de nos Cantons,
Fe les negligerois encore
Pour la Bergere que j'adore.
Fermer
8
p. 103-107
STANCES.
Début :
Arrestez, jeune Bergere, [...]
Mots clefs :
Amant, Bergère
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : STANCES.
STANCES.
Arreftez , jeune Bergere ,
Je fuis un Amant fincere ,
Un Amant vous fait il peur
Je n'ay qu'un mot à
v
dire
Ff.iiij
104 PIECES
Ec tout ce que je deſire ,
C'eft de vous tirer d'erreur
Le temps vous pourfait fans
ceffe ,
L'éclat de voſtre jeuneffe ,
Sera bientoft effacé ,
Le temps détruir toutes
chofes ,
Et l'on ne voit plus de
rofes ,
Quand le Printemps eſt paſ
fé.
Les plus fombres nuits finif-
21 fent ,
Leurs ombres s'évanoüiffent,
1
FUGITIVES . ros
Et rendent bien toft le jour s
Mais quand l'aimable jeu
neffe
A fait place à la vielleffe ,
Elle ignore le retour.
L'éclat des fleurs naturelles,
Fait l'ornement de nos Belles
,
On prife leur nouveauté ;
Mais au bout d'une journée,
Cette heureufe déftinée ,
Finit avec leur beauté !
Vos attraits belle Silvie,
Ne mettront point voſtre
for vice
106
PIECES
Hors des atteintes du fort ,
Il vous proméne fans ceffe ,
Du bel âge à la vieilleffe ;
De la vicilleffe à la mort.
-
Ainfi foyez moins volage ;
Er puis qu'avec le bel âge ,
Le plaifir paffe & s'enfuit ,
Quittez voftre indifference ,
La nuit à grands pas s'avan-
CC
Profitez du jour qui luit.
Un peu de tendre folie ,
Fait d'une Fille jolie ,
Le plaifir & le bonheur
;
Et dans le déclin de l'âge ,,
FUGITIVES. 107
Un dehors fier & fauvage.
Luy rend la gloire & l'honneur
.
Par cette leçon fidelle ,
Tircis prefloit une belle ,
D'avoir pitié de fon mal
Son Difcours la rendit fage
Mais elle n'en fit ufage ,
Qu'au profit de fon Rival .
Arreftez , jeune Bergere ,
Je fuis un Amant fincere ,
Un Amant vous fait il peur
Je n'ay qu'un mot à
v
dire
Ff.iiij
104 PIECES
Ec tout ce que je deſire ,
C'eft de vous tirer d'erreur
Le temps vous pourfait fans
ceffe ,
L'éclat de voſtre jeuneffe ,
Sera bientoft effacé ,
Le temps détruir toutes
chofes ,
Et l'on ne voit plus de
rofes ,
Quand le Printemps eſt paſ
fé.
Les plus fombres nuits finif-
21 fent ,
Leurs ombres s'évanoüiffent,
1
FUGITIVES . ros
Et rendent bien toft le jour s
Mais quand l'aimable jeu
neffe
A fait place à la vielleffe ,
Elle ignore le retour.
L'éclat des fleurs naturelles,
Fait l'ornement de nos Belles
,
On prife leur nouveauté ;
Mais au bout d'une journée,
Cette heureufe déftinée ,
Finit avec leur beauté !
Vos attraits belle Silvie,
Ne mettront point voſtre
for vice
106
PIECES
Hors des atteintes du fort ,
Il vous proméne fans ceffe ,
Du bel âge à la vieilleffe ;
De la vicilleffe à la mort.
-
Ainfi foyez moins volage ;
Er puis qu'avec le bel âge ,
Le plaifir paffe & s'enfuit ,
Quittez voftre indifference ,
La nuit à grands pas s'avan-
CC
Profitez du jour qui luit.
Un peu de tendre folie ,
Fait d'une Fille jolie ,
Le plaifir & le bonheur
;
Et dans le déclin de l'âge ,,
FUGITIVES. 107
Un dehors fier & fauvage.
Luy rend la gloire & l'honneur
.
Par cette leçon fidelle ,
Tircis prefloit une belle ,
D'avoir pitié de fon mal
Son Difcours la rendit fage
Mais elle n'en fit ufage ,
Qu'au profit de fon Rival .
Fermer
Résumé : STANCES.
Le texte est une série de stances poétiques adressées à une jeune bergère. L'auteur, se présentant comme un amant sincère, l'exhorte à apprécier sa jeunesse et sa beauté avant qu'elles ne disparaissent. Il met en garde contre le passage inexorable du temps, qui efface la jeunesse et la beauté, comparant cette transformation à la fin des nuits sombres et à la fin de la beauté des fleurs. L'auteur souligne que la jeunesse et la beauté sont éphémères, tandis que la vieillesse et la mort sont inévitables. Il encourage la jeune bergère à profiter du moment présent et à ne pas être indifférente, car la jeunesse et le plaisir passent rapidement. L'auteur conclut en racontant l'histoire de Tircis, qui a tenté de convaincre une belle de sa sincérité, mais sans succès, car elle a préféré son rival.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
9
p. 184-201
PIECE NOUVELLE Dialogue entre un Berger & une Bergere, par M. D. A.
Début :
Philis, tous nos Bergers vous repetent sans cesse, [...]
Mots clefs :
Berger, Bergère, Dialogue, Amour, Philis, Coeur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PIECE NOUVELLE Dialogue entre un Berger & une Bergere, par M. D. A.
PIECE NOUVELLE
Dialogue entre un Berger & une
Bergere, parM. D. A.
*
LE BERGER.
PHilis,
tous nos Bergers
vous repetent sans
cesse,
Qu'ils sentent pour vous
de l'amour,
Je les voy gémir chaque
jour
D'un nouveau tourment,
qui les presse,
Je
Je ne puis comprendre
leurs maux,
Jevoy tous les jours leurs
troupeaux
Aussi gras que les mins,
bondir dans cette
plaine;
Les biens que le Printemps
amene
Sont communs à
tous les
Bergers,
Et pour tous, les Zephirs
legers
Rafraîchissentnos Champs
de leurs douces haleines.
Quelles peuvent être les
peines
Qu'ils vous racontent tous
les jours,
Belle Phifis,daignez milapprendre
Que peuvent être ces amours;
Qui font couler les pleurs
que je leur voy répandre.
LA BERGERE.
Vous le sçaurez à vôtre
tour,
Attendez sans impatience,
Berger,à connoître l'Amour,
Gardez vostre heureuse
ignorance •
Autant que ce Dieu le voudra,
Quand le fatal moment
viendra,
Pour acquérir cette science,
Malgré toute vôtre innocence,
yôtre cœur vous avertira,
J LE BERGER.
Suis-je le seul de ces Campagnes,
Qui ne connoisse pas l'amour?
LA BERGERE.
Berger,mes aimables compagnes
Vous le feront connoître
un jour.
LE BERGER.
Non, belle Philis, ce mystere
Dont les Bergers [e plaignent tous,
J'ayme mieux l'apprendre
de vous
Cent fois, que d'une autre Bergere
LA BERGERE.
Eh bien, sçachez donc
quel'amour ":
Se prend dans les yeux
d'une belle,
Le sensible Berger, qui la
,
voit chaque jour,
Luy trouve chaque jour
une grace nouvelle,
Ce feu s'augmente incessamment
Auprès de l'aimable Bergere, Ildevient enfin un tour-
'- ment
Si le Berger la trouve fiere.
LE BERGER.
Si vousnommez amour,
cefeu qui brûle en
nous,
i
Et dont onnepeutsedéfendre,
Ai-je btfoin de vous apprendre
Que je brûle d'amourpour
vous?
LA BERGERE.
Berger, iln'est pas temps,
je dois encor vous dire,
Qu'il est un amour impofleur,
Qui ne cherche qu'à se
produire, L.
Au lieu que la ifncereardeur ,.,"
Qu'un veritable amour inf
pire, t
Est un secret de nôtre
cœur,
Dont les yeux seuls doiventinstruire.
LE BERGER.
N'oubliez pas, Philis, f
vous faites un choix,
Que sans sçavoir le nom
du Dieu quifait qu'on
ayme
J'en ai rempli toutes les
loix,
Jugez de mon amour extrême,
Sans cesse je vous regardois,
Si c'etf ainsiqu'un cœur
soupire,
Ah! quand j'aurois connu
tout ce que je sentois
Aurois-je pû mieux vous
le dire?
LA
LA BERGERE.
Oüi
3
mais vous en dites
autant
A la bergere Floriselle,
Lors que d'un air vif &
content
On vous voit danser avec
elle.
Je içay qu'à louër ses appas
La fested'hier s'estpassée,
Vous suivîtes long-temps
ses pas,
Et même sa rigueur en parut offensée:
Sans ses refus enfin, vous
ne m'aimeriez pas.
LE BERGER.
Je trouvois du plaisiràvoir
cette bergere,
Je ne puis le désavouër,
J'aimois à l'entendre louër:
Mais expliquez-moy ce
mystere;
Ses appas me paroissoient
doux,
Florifelle sçavoit me plaire,
Et parmi ces plaisirs je ne
pensois qu'àvous,
Philis, ne se peut-il point
faire,
Qu'elle ait quelques-uns
de vos traits?
Les- bergers n'aiment-ils
jamais
Ce qui ressmbre à leur
bergere ?
LA BERGERE.
Laissons ces discours dangereux,
Rejoignons nostroupeaux,
retournons à la plaine,
j
Reservons tous nos soins
poureux,
Le reste donne trop de
(
peine.
LE BERGER.
Helas déja nous nous qüitçpns?
Craignez-ousque dans
ces prairies
Un loup enlevenos moutons?
Voicy les miens errans far
ces herbes fleuries,
Ils me furent bien chers:
mais je les donne tous,
Philis, pour être encore un
moment avec vous.
LA BERGERE.
Je vous ferois, berger,
lemême sacrifice,
Mes troupeaux ne sont pas
ce quej'aime lemieux £
Je consens même qu'à mes
1
yeux
Un loup cruel. me les ravisse y
Si contre un plus doux artifice
Je puis garder helas, un
-,
bien LEplus BERGER. .precièux»
Helas! si pour me fuir vous
allez dans ces plaines,
Quevais-je devenir tout le
reste du jour?
Je voulois connoîtrel'amour -
Je neconnoîtray que ses
peines.
LA BERGERE.
D'aujourd'hui tu visfous sa I°Y>
Et tu te plains de son empire
Surluij'aurai tantôt cent
choses à te dire
Tu ne le connois pas carsibienque pasen- en
car .,(
-LEBERGER.
Belle: Philis mon coeur
soupire,
De ne pas le connoître
mieux
Demeurez encore en ces
lieux
Pour achever de m'en ine.
truire.
Mais vous suyez, Philis,
nonnel'eiperez pas,
Sans vous je ne scaurois
plus vivre,
Tircis à force de la suivre
La fit revenir sur les pas,
Auprès d'elle coucher sur
la fraîche verdure,
Tircisluy dit en soupirant
Toutce que la simple na-
ture
Sçait dicter au plus ignorant,
Philis dont le coeur étoit
tendre
Ne put se lasser de l'entendre
Et connut trop tard le danger.
Pour une bergere amou.
reuse
L'ignorance d'un beau berger
Est mille fois plus dangereuse,
Que l'experience trompeuse
D'un berger sujet a
changer.
La nuit commença sa carrière
Trop tôt pour de telles
amours,
Il salut se quitter, & la jeune bergere
Finit par ce tendre discours :
Tu viens d'apprendre en ce
bocage,
Ce que c'est que l'amour
au comble des souhaits,
Puisse-tu n'apprendre jamais
Ce que c'est que l'amour
volage
Dialogue entre un Berger & une
Bergere, parM. D. A.
*
LE BERGER.
PHilis,
tous nos Bergers
vous repetent sans
cesse,
Qu'ils sentent pour vous
de l'amour,
Je les voy gémir chaque
jour
D'un nouveau tourment,
qui les presse,
Je
Je ne puis comprendre
leurs maux,
Jevoy tous les jours leurs
troupeaux
Aussi gras que les mins,
bondir dans cette
plaine;
Les biens que le Printemps
amene
Sont communs à
tous les
Bergers,
Et pour tous, les Zephirs
legers
Rafraîchissentnos Champs
de leurs douces haleines.
Quelles peuvent être les
peines
Qu'ils vous racontent tous
les jours,
Belle Phifis,daignez milapprendre
Que peuvent être ces amours;
Qui font couler les pleurs
que je leur voy répandre.
LA BERGERE.
Vous le sçaurez à vôtre
tour,
Attendez sans impatience,
Berger,à connoître l'Amour,
Gardez vostre heureuse
ignorance •
Autant que ce Dieu le voudra,
Quand le fatal moment
viendra,
Pour acquérir cette science,
Malgré toute vôtre innocence,
yôtre cœur vous avertira,
J LE BERGER.
Suis-je le seul de ces Campagnes,
Qui ne connoisse pas l'amour?
LA BERGERE.
Berger,mes aimables compagnes
Vous le feront connoître
un jour.
LE BERGER.
Non, belle Philis, ce mystere
Dont les Bergers [e plaignent tous,
J'ayme mieux l'apprendre
de vous
Cent fois, que d'une autre Bergere
LA BERGERE.
Eh bien, sçachez donc
quel'amour ":
Se prend dans les yeux
d'une belle,
Le sensible Berger, qui la
,
voit chaque jour,
Luy trouve chaque jour
une grace nouvelle,
Ce feu s'augmente incessamment
Auprès de l'aimable Bergere, Ildevient enfin un tour-
'- ment
Si le Berger la trouve fiere.
LE BERGER.
Si vousnommez amour,
cefeu qui brûle en
nous,
i
Et dont onnepeutsedéfendre,
Ai-je btfoin de vous apprendre
Que je brûle d'amourpour
vous?
LA BERGERE.
Berger, iln'est pas temps,
je dois encor vous dire,
Qu'il est un amour impofleur,
Qui ne cherche qu'à se
produire, L.
Au lieu que la ifncereardeur ,.,"
Qu'un veritable amour inf
pire, t
Est un secret de nôtre
cœur,
Dont les yeux seuls doiventinstruire.
LE BERGER.
N'oubliez pas, Philis, f
vous faites un choix,
Que sans sçavoir le nom
du Dieu quifait qu'on
ayme
J'en ai rempli toutes les
loix,
Jugez de mon amour extrême,
Sans cesse je vous regardois,
Si c'etf ainsiqu'un cœur
soupire,
Ah! quand j'aurois connu
tout ce que je sentois
Aurois-je pû mieux vous
le dire?
LA
LA BERGERE.
Oüi
3
mais vous en dites
autant
A la bergere Floriselle,
Lors que d'un air vif &
content
On vous voit danser avec
elle.
Je içay qu'à louër ses appas
La fested'hier s'estpassée,
Vous suivîtes long-temps
ses pas,
Et même sa rigueur en parut offensée:
Sans ses refus enfin, vous
ne m'aimeriez pas.
LE BERGER.
Je trouvois du plaisiràvoir
cette bergere,
Je ne puis le désavouër,
J'aimois à l'entendre louër:
Mais expliquez-moy ce
mystere;
Ses appas me paroissoient
doux,
Florifelle sçavoit me plaire,
Et parmi ces plaisirs je ne
pensois qu'àvous,
Philis, ne se peut-il point
faire,
Qu'elle ait quelques-uns
de vos traits?
Les- bergers n'aiment-ils
jamais
Ce qui ressmbre à leur
bergere ?
LA BERGERE.
Laissons ces discours dangereux,
Rejoignons nostroupeaux,
retournons à la plaine,
j
Reservons tous nos soins
poureux,
Le reste donne trop de
(
peine.
LE BERGER.
Helas déja nous nous qüitçpns?
Craignez-ousque dans
ces prairies
Un loup enlevenos moutons?
Voicy les miens errans far
ces herbes fleuries,
Ils me furent bien chers:
mais je les donne tous,
Philis, pour être encore un
moment avec vous.
LA BERGERE.
Je vous ferois, berger,
lemême sacrifice,
Mes troupeaux ne sont pas
ce quej'aime lemieux £
Je consens même qu'à mes
1
yeux
Un loup cruel. me les ravisse y
Si contre un plus doux artifice
Je puis garder helas, un
-,
bien LEplus BERGER. .precièux»
Helas! si pour me fuir vous
allez dans ces plaines,
Quevais-je devenir tout le
reste du jour?
Je voulois connoîtrel'amour -
Je neconnoîtray que ses
peines.
LA BERGERE.
D'aujourd'hui tu visfous sa I°Y>
Et tu te plains de son empire
Surluij'aurai tantôt cent
choses à te dire
Tu ne le connois pas carsibienque pasen- en
car .,(
-LEBERGER.
Belle: Philis mon coeur
soupire,
De ne pas le connoître
mieux
Demeurez encore en ces
lieux
Pour achever de m'en ine.
truire.
Mais vous suyez, Philis,
nonnel'eiperez pas,
Sans vous je ne scaurois
plus vivre,
Tircis à force de la suivre
La fit revenir sur les pas,
Auprès d'elle coucher sur
la fraîche verdure,
Tircisluy dit en soupirant
Toutce que la simple na-
ture
Sçait dicter au plus ignorant,
Philis dont le coeur étoit
tendre
Ne put se lasser de l'entendre
Et connut trop tard le danger.
Pour une bergere amou.
reuse
L'ignorance d'un beau berger
Est mille fois plus dangereuse,
Que l'experience trompeuse
D'un berger sujet a
changer.
La nuit commença sa carrière
Trop tôt pour de telles
amours,
Il salut se quitter, & la jeune bergere
Finit par ce tendre discours :
Tu viens d'apprendre en ce
bocage,
Ce que c'est que l'amour
au comble des souhaits,
Puisse-tu n'apprendre jamais
Ce que c'est que l'amour
volage
Fermer
Résumé : PIECE NOUVELLE Dialogue entre un Berger & une Bergere, par M. D. A.
Le texte relate un dialogue entre un berger et une bergère nommée Philis. Intrigué par les souffrances amoureuses de ses pairs, le berger interroge Philis sur la nature de l'amour. Philis lui répond qu'il comprendra l'amour lorsqu'il le vivra. Le berger avoue alors son amour pour Philis, mais elle lui parle des différentes formes d'amour, notamment l'amour impur qui cherche à se manifester et l'amour sincère qui reste secret. Philis reproche au berger de montrer de l'affection à une autre bergère, Floriselle. Le berger explique que ses sentiments pour Philis étaient présents même lorsqu'il appréciait Floriselle. Philis, inquiète, suggère de rejoindre leurs troupeaux, mais le berger exprime son désir de rester avec elle. Philis raconte ensuite l'histoire de Tircis et d'une bergère qui, par ignorance, a souffert de son amour. Finalement, Philis et le berger doivent se séparer à l'approche de la nuit, Philis lui souhaitant de ne jamais connaître l'amour volage.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
10
p. 233-262
EGLOGUE.
Début :
LA Bergere Dorise, & la Bergere Aminte, [...]
Mots clefs :
Bergère, Amour, Amitié, Cœurs, Confidences, Rivalité, Troupeaux, Curiosité, Mystères, Bagatelle
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EGLOGUE.
EGLO GUE.
LA Bergere Dortsi9 &,'
ItlBergtrAminte
S'cntretenoitnt un your
feulesy &sans contrtVnte,
Et fou* LtappaJ trompeur
d'une longue amitié
Feignantd'ouvrir leurs
coeurs>en cachaient la
',,1 , moitié..
Sijamaison a vu lasaussè ->confidence :.
- .;
./)t la finmitc ménager
l'apparence,
Sijamais en amour onJfi
1 ; bien .., Tour piller un ftcret,en
xonferwantlefîen,
jiwzc Hnfô.ill:lgall'unc&
l'autreBtrgere
JFitpvur\y>réussir tout ce."
qu'Ufalloitfaire.
Lfutie&Vautre ejl&itbçUe
-
';.; & croyokmevi'fc#*-*
Leprix quellefeigrioïtde
rtèpétntdiJj?atèK^
'o' (
_r 'Jr,
rI une&l*auW£*tifàret
déférantcfojtffîàiïkétf*
¡.Je ne point aimer brx-M
-
guérit*la renommée>
Z)<%nsle ménagementd'a.
nefanjferigueur,
N?ccupoitfin esprit qu'"
déguiserson coeur:
Donse efl-oitplusfine,
4.mmteplusdiscrete, 4cela prés aufond3 att*
tant.qu'eUe coquette. j£)éj&pour enjuger cepvr*
traitfaute auxyeux,
Maisfatfon$4esparler,om
enjugeramieux.
01 uofis qui connoificT^ le
fenckant de vas lImel'
at nous njoukzj garder le
secret de o vosfamés,
Parle'l^discretementyle
feu de vos amours
Sam cela brillerapar tout
dans vos discours,
Le coeur pour se cacher ni
prend qu'un foinfrivole*
On négligé14Idue& le
secrets'envole.
De cent mots ambigus h
1
voile decevant
Offreuneseureté qui man**
que tres-fbuventy
El four dijjimliler,qvot
— —
*
quel. nimagine>
La grande obfcurtté fait
meme quondevtne.
De cette vente ton ne
pourra douter
En lf;antl'entretienqueje
, vais raconter.
Lejourefloitferaln&la
plaineriante
jîux^Troupeaux réjouis
montroit l'herbe naif-
JaNtt
Etles Zepbirscueillant les
- fremices desfleurs* -
Repandoient danslesairs
de nouvellesodeurs
Sur le cojleauprochain les
";,
Bcrgeres sjjifçs, <. Dufoi dese connût[Ire
également éprises,
<j
Aprê'.s avo,irunpeu^ve,
pris des détours,
Dorife lapreȔieree?ztame.
lediicours.
DvO RI S&.
NNoass... BB~e,rrog-ers amoureuxs'ajemblenf.
dans la
xiÇlaine,, , » !Ir. l Map ce ncjt p/ç. fein
desTroupeaux qui les
mtiney
Les Rcrgeres en foule y
cowrent à leurtour.
Qtton-ejttfungrandloifîr
quandonnapoint d'a-
- m,o.uAr!MI-NTE...,on fait entrer l'amo-u' fr
dans toutes- lesaffaires.
Des foins les pluÀcom-
.t muns on e%sais
mijleres>
Ilen e{titoutefois•quantité
v
•
,;JinnOlMns.l -.
Maisje n'enpuujuger
que par ce que le tells.
DORISE.
Je vous enîensy Amintt;
&vois la consequence.
Ce que t'ay dit pourtant
nejïpointce quejepen- se
Ma bouche auroit trahy
moncoeur&sans raif
son Évezeinterprete à
cette trahison.
AMINTE.
Çcjtsans 4:f;&HIJ'.dçjfew
qm
quej'ay ditmapesse
Etjenycroyoïs pas Don-
Jeinteressee>
Maü-vous partez* d'un
air, afairepresumer
Que vous nignorez* pas
cequecejlqued'aimer.
DORISE.
Je* connût* de l'amour ce
que fen entens dIre.
Pour,ensêntir les.feux cela.
peut-tLftfjine?
AminteJapreneZ-moy-Ce
, que vous enpenp
Peut-estrepourmmfiruire
enfçaveT-vous aJftZj.
AMINTE.
La defaite ejtadroite, &
dtgnedeDonse.
fNejt-cfpoint Dorilasqui.
"vous l'auroit apprise?
Par le* foins qu'il rvOUJ
rend ilsefait remar-
:. quer
JEtquelquefoùpeut-estre il
aimeàs*expliquer.
DORISE.
Tous les foinsqu'il me
rend) ne me font rien vvcomprendre,
1 'Mliis çeux de Telàmon,
ruous les devez,entendrt)
Ce Bergerfris de ruous est
afiezjajjidu;
Tout le temps qutlypaffe,
jiminte, /f-il perdu?
AMINTE.
J'entiens compte, Dorifl
& rftn ajpoint de
honte;
Maiseft-ce À tamourfeul
que l'on doit rendre
compte?
FAut-il absolument qu'il
femjledetout?
Ne âecide-t-on rien que
surce quilrefout ?
DORISE.
Vostre coeur vous diratout
ce qu'ilenfaut croire,
Et vous voulez, en vain
en déguiser l'hifloires
JMaispourmoy,la-dessus
faypeud'attention,
L'on a beau menparler, je rinfçaùque lenom.
AMINTE.
Que le nom! c.cft troppeu ;
moy sen sçay davantage
J Car je vois bien au moins
que L'amour rieft pas
,(age,
EtJije vous disois, Dorj.
se> que cessvous
R::J me l'avez,appris,
vous mettrois-je en cour*
roux?
DORISE.
Point du tout; mais enfin
d'où vous vient lapenfee,
Que des traits de Famour
mon amefoit blessèe?
Sur quoy devinez,-vous.
ma(enfibihté?
Trouve{- vous DoriUf
par moysibientraité?
AMINTE.
Non pas tanten effetqu'il
mérité de l'estre
Mais quefert la froideur
que vous faites paroitre?
Sans cesse & sans raison
par tout vous le bLâmeZ,
Vous le maltraitez* trop?
Dortfe, vous laimeZj,
DORISE.
Le nom de Telamon
vous mpofesilences
On ne (roit pourtant pas
que ce nomvous ojfen.
(è,
Des qu'on parle de luy3
vous c,,'jîneeZd'ebtretien.
N'en di:es-vous point
trop J
quand vous ne
dites rien?
AMIN TE.
Malheureux Dorilas,
ta jlame qu'on mcpr/
je 1
Se devroit rebuter, mais
quelle est masurprise,
Devoir, quand on revient
lejoir dans le
Hamau,
Dorift te charger dufoin
de (On Troupeau! DORISE.
AmintcJ Te/Amon, avec indifférence
Entendparlerde tOYJfanJ
rompre le silence.
Dans cet étatglacé, d'où
vient doncqueje vois
Que ton chienfiaitfi bien
obéir asis volx?
AMINTE.
Uautrejour quon railloit
de vofire amour, Bergert
Vousfussessur le point de
vous mettre en co.lere ;
Mais un moment après,
avecque Dorilas
JeJcay q.'4'on VOUJ vitrire>
& lui parlertout bas.
D ORISE.
elamon pour rester à
l'écartJe retires
O) quon dije de lu,J
vousnAverIen à
dtre,
Mais toutefois vos yeuxs
sije les entens bien,
Luj fontraijon detout3
quand vous ne ditet
rien.
AMINTE.
r Dorije>ilfautenfinque
je vous dcfabufe;
Nemenageplus tantm
coeur que ton refafe.
Dt/a depuis long-temps
Dúrtlas s'offre à moj>
Matspourrois-je l'aimer
s'il vous manque dt
.fiy?
DORISE.
AhJvous meprevenez,
01 commencez* à
croire
Que Telamon sur vous
me donne la Victoire>
De cette trahi/onjeferois
de moitié,
Sifofois lâchement tra
hir noffre amitié.
AMINTE.
Vne telle amitiésans
douteejlprçcieujes
si ne la crojois paspourtant
sigenereuse,
Je la menagtray, Bergère,
apurement,
Et vous conferverayvos
droits survofire
Ornant.
DORISE.
Je n'auray pas ce foin>
car vous tftes si belle
Que vous fçanreZj aJJt
guenr un injidel/e.
Mais je le vois venir, ce
malheureux Bergzr.
Sans doute qu'il vous
cherche, & ne vent
pas changer.
& AMIN TE.
Quoy9 vous le voye
Jeul?ouvrez^, Usyeuxè
Bergere,
Dorilas taccompagne; a
quoy bon ce mtftcre;
Sice nom prononcévous
met dans l'embarras,
Je diray bien aussi que Je
neDleO"voRis pIaSs. E.
Vous pouvez.., le nommer,
& le voirsans
contrainte,
Vosyeux & vojire coeur
y - ptrdrount trop,
Aminte.
De tout cet embarras je
evais vous délivrer>
Ilarrive9 & je voisqu'il
faut vous le livrer.
TELAMON.
toutes deux à Fécarts &
silong-temps3 Birgeres!
Fourrions-nousdemander
quelles douces affaires
Ontpu vous occuper dans
ce lona;entretien?
Et DorilÓas, & moj ,
n'y
sommes nous de rien?
AMINTE.
Je vous laijje a pensèr,
demandez*-le a Dorifes
Horsdeparler de vous,
qne voulez-vousquGn
dift?
Maisce qu'on en disoit
nous pouleroit trop
loiny.
Songeons à nos Troupeaux
il en faut
prendrefoin.
DORILAS.
Quoyy vous vous retu
rez, si promptement,
cruelles?
Vnpeu plus de hontépour
desBefgtrS fidel/es;
Chacune pour loeijferpaîtreencore
Ion Troupeau
; La partie efl heureuft
& le jourejtsi beau.
DO RISE.
Si vous entT*tprenieZde faire la partie
Vous aurteZ de la peine
a larendreajjortic.
Ouand le coeur riejl pas
Lhre àfuivrefindejïr3
Il est bon d'éditer l'embabarras
de choisir.
DORILAS.
Voilà ce qui s'appelle
un Enigme parfaite.
En avez-vous la clef,
Telamon?
TEL A MON.
Jesouhaite
Q-uaumoins Aminte, 4- rluianet quue.de quitter ce
AMINTE.
Je nay rien a vous dires
adieUJ Bcrgtreadieu.
Les Bergeres alors du coteau
défendirent.
Inquieti, & rêveurs, les
Bergers lesfutvirent,
On neJe parla plue qu'en
mots ntrecoupeZJ#
Les coeurs de l'avanture
tjJoient trop occupet
On amassa desfleurs dans
la Plainefleurie,
Viatmes du dépit, & de
la resverie ;
On en jetta soudain les
feuilles à l'écart,
Les rameaux, du chagrin
eurent aussi leur part;
Toutce quise trouvafous
la rnainilu passa:ge)
Fut brifepar l'effetd'une
secrette rage>
Chacun Je separa pour
joindrefon Troupeau,
Quoy qu'ilne fust point
tard on gagna le Hameau
} Mais malheuren chemin
aux Brebis écartées,
Elles riavoient jamais
,
estesi mal traitées,
On repoussa du pied les carefics
deschiens9
On eujtdïtquechacun ml--
connoijJÕtt lesfiens.
D'un airsi froid enfin on
finit lajournée»
eu'on<vtîbienqu'onalloit
changerdedejlwe'e.
Sans doute les Bergersfié
raccommoderonty
On lés écouterafî-tofiqu'ils
f parleront*
Maissur leur amitié3 Je
croy que les Bereres,
'd , -1
9
Aprés ce déméfié, ne compterontplusgueres.
tlal'une avec Cautre on
les voit rarement>
Uarjcrfion s'augmente en
cet éloignement.
Que l'on apprenne donc,
qu'une amitiéfideLlc
Finit aJjèz., souvent sur
une bagatelley
Etque sil'on prétendqu*
elle dure toujours
JIne faUt point troubler
les secrettes amours.
Quandon veuttrop avant
foüillerdanJ ces misteres
y La curiofitéfaitdegrandes
affaires.
LA Bergere Dortsi9 &,'
ItlBergtrAminte
S'cntretenoitnt un your
feulesy &sans contrtVnte,
Et fou* LtappaJ trompeur
d'une longue amitié
Feignantd'ouvrir leurs
coeurs>en cachaient la
',,1 , moitié..
Sijamaison a vu lasaussè ->confidence :.
- .;
./)t la finmitc ménager
l'apparence,
Sijamais en amour onJfi
1 ; bien .., Tour piller un ftcret,en
xonferwantlefîen,
jiwzc Hnfô.ill:lgall'unc&
l'autreBtrgere
JFitpvur\y>réussir tout ce."
qu'Ufalloitfaire.
Lfutie&Vautre ejl&itbçUe
-
';.; & croyokmevi'fc#*-*
Leprix quellefeigrioïtde
rtèpétntdiJj?atèK^
'o' (
_r 'Jr,
rI une&l*auW£*tifàret
déférantcfojtffîàiïkétf*
¡.Je ne point aimer brx-M
-
guérit*la renommée>
Z)<%nsle ménagementd'a.
nefanjferigueur,
N?ccupoitfin esprit qu'"
déguiserson coeur:
Donse efl-oitplusfine,
4.mmteplusdiscrete, 4cela prés aufond3 att*
tant.qu'eUe coquette. j£)éj&pour enjuger cepvr*
traitfaute auxyeux,
Maisfatfon$4esparler,om
enjugeramieux.
01 uofis qui connoificT^ le
fenckant de vas lImel'
at nous njoukzj garder le
secret de o vosfamés,
Parle'l^discretementyle
feu de vos amours
Sam cela brillerapar tout
dans vos discours,
Le coeur pour se cacher ni
prend qu'un foinfrivole*
On négligé14Idue& le
secrets'envole.
De cent mots ambigus h
1
voile decevant
Offreuneseureté qui man**
que tres-fbuventy
El four dijjimliler,qvot
— —
*
quel. nimagine>
La grande obfcurtté fait
meme quondevtne.
De cette vente ton ne
pourra douter
En lf;antl'entretienqueje
, vais raconter.
Lejourefloitferaln&la
plaineriante
jîux^Troupeaux réjouis
montroit l'herbe naif-
JaNtt
Etles Zepbirscueillant les
- fremices desfleurs* -
Repandoient danslesairs
de nouvellesodeurs
Sur le cojleauprochain les
";,
Bcrgeres sjjifçs, <. Dufoi dese connût[Ire
également éprises,
<j
Aprê'.s avo,irunpeu^ve,
pris des détours,
Dorife lapreȔieree?ztame.
lediicours.
DvO RI S&.
NNoass... BB~e,rrog-ers amoureuxs'ajemblenf.
dans la
xiÇlaine,, , » !Ir. l Map ce ncjt p/ç. fein
desTroupeaux qui les
mtiney
Les Rcrgeres en foule y
cowrent à leurtour.
Qtton-ejttfungrandloifîr
quandonnapoint d'a-
- m,o.uAr!MI-NTE...,on fait entrer l'amo-u' fr
dans toutes- lesaffaires.
Des foins les pluÀcom-
.t muns on e%sais
mijleres>
Ilen e{titoutefois•quantité
v
•
,;JinnOlMns.l -.
Maisje n'enpuujuger
que par ce que le tells.
DORISE.
Je vous enîensy Amintt;
&vois la consequence.
Ce que t'ay dit pourtant
nejïpointce quejepen- se
Ma bouche auroit trahy
moncoeur&sans raif
son Évezeinterprete à
cette trahison.
AMINTE.
Çcjtsans 4:f;&HIJ'.dçjfew
qm
quej'ay ditmapesse
Etjenycroyoïs pas Don-
Jeinteressee>
Maü-vous partez* d'un
air, afairepresumer
Que vous nignorez* pas
cequecejlqued'aimer.
DORISE.
Je* connût* de l'amour ce
que fen entens dIre.
Pour,ensêntir les.feux cela.
peut-tLftfjine?
AminteJapreneZ-moy-Ce
, que vous enpenp
Peut-estrepourmmfiruire
enfçaveT-vous aJftZj.
AMINTE.
La defaite ejtadroite, &
dtgnedeDonse.
fNejt-cfpoint Dorilasqui.
"vous l'auroit apprise?
Par le* foins qu'il rvOUJ
rend ilsefait remar-
:. quer
JEtquelquefoùpeut-estre il
aimeàs*expliquer.
DORISE.
Tous les foinsqu'il me
rend) ne me font rien vvcomprendre,
1 'Mliis çeux de Telàmon,
ruous les devez,entendrt)
Ce Bergerfris de ruous est
afiezjajjidu;
Tout le temps qutlypaffe,
jiminte, /f-il perdu?
AMINTE.
J'entiens compte, Dorifl
& rftn ajpoint de
honte;
Maiseft-ce À tamourfeul
que l'on doit rendre
compte?
FAut-il absolument qu'il
femjledetout?
Ne âecide-t-on rien que
surce quilrefout ?
DORISE.
Vostre coeur vous diratout
ce qu'ilenfaut croire,
Et vous voulez, en vain
en déguiser l'hifloires
JMaispourmoy,la-dessus
faypeud'attention,
L'on a beau menparler, je rinfçaùque lenom.
AMINTE.
Que le nom! c.cft troppeu ;
moy sen sçay davantage
J Car je vois bien au moins
que L'amour rieft pas
,(age,
EtJije vous disois, Dorj.
se> que cessvous
R::J me l'avez,appris,
vous mettrois-je en cour*
roux?
DORISE.
Point du tout; mais enfin
d'où vous vient lapenfee,
Que des traits de Famour
mon amefoit blessèe?
Sur quoy devinez,-vous.
ma(enfibihté?
Trouve{- vous DoriUf
par moysibientraité?
AMINTE.
Non pas tanten effetqu'il
mérité de l'estre
Mais quefert la froideur
que vous faites paroitre?
Sans cesse & sans raison
par tout vous le bLâmeZ,
Vous le maltraitez* trop?
Dortfe, vous laimeZj,
DORISE.
Le nom de Telamon
vous mpofesilences
On ne (roit pourtant pas
que ce nomvous ojfen.
(è,
Des qu'on parle de luy3
vous c,,'jîneeZd'ebtretien.
N'en di:es-vous point
trop J
quand vous ne
dites rien?
AMIN TE.
Malheureux Dorilas,
ta jlame qu'on mcpr/
je 1
Se devroit rebuter, mais
quelle est masurprise,
Devoir, quand on revient
lejoir dans le
Hamau,
Dorift te charger dufoin
de (On Troupeau! DORISE.
AmintcJ Te/Amon, avec indifférence
Entendparlerde tOYJfanJ
rompre le silence.
Dans cet étatglacé, d'où
vient doncqueje vois
Que ton chienfiaitfi bien
obéir asis volx?
AMINTE.
Uautrejour quon railloit
de vofire amour, Bergert
Vousfussessur le point de
vous mettre en co.lere ;
Mais un moment après,
avecque Dorilas
JeJcay q.'4'on VOUJ vitrire>
& lui parlertout bas.
D ORISE.
elamon pour rester à
l'écartJe retires
O) quon dije de lu,J
vousnAverIen à
dtre,
Mais toutefois vos yeuxs
sije les entens bien,
Luj fontraijon detout3
quand vous ne ditet
rien.
AMINTE.
r Dorije>ilfautenfinque
je vous dcfabufe;
Nemenageplus tantm
coeur que ton refafe.
Dt/a depuis long-temps
Dúrtlas s'offre à moj>
Matspourrois-je l'aimer
s'il vous manque dt
.fiy?
DORISE.
AhJvous meprevenez,
01 commencez* à
croire
Que Telamon sur vous
me donne la Victoire>
De cette trahi/onjeferois
de moitié,
Sifofois lâchement tra
hir noffre amitié.
AMINTE.
Vne telle amitiésans
douteejlprçcieujes
si ne la crojois paspourtant
sigenereuse,
Je la menagtray, Bergère,
apurement,
Et vous conferverayvos
droits survofire
Ornant.
DORISE.
Je n'auray pas ce foin>
car vous tftes si belle
Que vous fçanreZj aJJt
guenr un injidel/e.
Mais je le vois venir, ce
malheureux Bergzr.
Sans doute qu'il vous
cherche, & ne vent
pas changer.
& AMIN TE.
Quoy9 vous le voye
Jeul?ouvrez^, Usyeuxè
Bergere,
Dorilas taccompagne; a
quoy bon ce mtftcre;
Sice nom prononcévous
met dans l'embarras,
Je diray bien aussi que Je
neDleO"voRis pIaSs. E.
Vous pouvez.., le nommer,
& le voirsans
contrainte,
Vosyeux & vojire coeur
y - ptrdrount trop,
Aminte.
De tout cet embarras je
evais vous délivrer>
Ilarrive9 & je voisqu'il
faut vous le livrer.
TELAMON.
toutes deux à Fécarts &
silong-temps3 Birgeres!
Fourrions-nousdemander
quelles douces affaires
Ontpu vous occuper dans
ce lona;entretien?
Et DorilÓas, & moj ,
n'y
sommes nous de rien?
AMINTE.
Je vous laijje a pensèr,
demandez*-le a Dorifes
Horsdeparler de vous,
qne voulez-vousquGn
dift?
Maisce qu'on en disoit
nous pouleroit trop
loiny.
Songeons à nos Troupeaux
il en faut
prendrefoin.
DORILAS.
Quoyy vous vous retu
rez, si promptement,
cruelles?
Vnpeu plus de hontépour
desBefgtrS fidel/es;
Chacune pour loeijferpaîtreencore
Ion Troupeau
; La partie efl heureuft
& le jourejtsi beau.
DO RISE.
Si vous entT*tprenieZde faire la partie
Vous aurteZ de la peine
a larendreajjortic.
Ouand le coeur riejl pas
Lhre àfuivrefindejïr3
Il est bon d'éditer l'embabarras
de choisir.
DORILAS.
Voilà ce qui s'appelle
un Enigme parfaite.
En avez-vous la clef,
Telamon?
TEL A MON.
Jesouhaite
Q-uaumoins Aminte, 4- rluianet quue.de quitter ce
AMINTE.
Je nay rien a vous dires
adieUJ Bcrgtreadieu.
Les Bergeres alors du coteau
défendirent.
Inquieti, & rêveurs, les
Bergers lesfutvirent,
On neJe parla plue qu'en
mots ntrecoupeZJ#
Les coeurs de l'avanture
tjJoient trop occupet
On amassa desfleurs dans
la Plainefleurie,
Viatmes du dépit, & de
la resverie ;
On en jetta soudain les
feuilles à l'écart,
Les rameaux, du chagrin
eurent aussi leur part;
Toutce quise trouvafous
la rnainilu passa:ge)
Fut brifepar l'effetd'une
secrette rage>
Chacun Je separa pour
joindrefon Troupeau,
Quoy qu'ilne fust point
tard on gagna le Hameau
} Mais malheuren chemin
aux Brebis écartées,
Elles riavoient jamais
,
estesi mal traitées,
On repoussa du pied les carefics
deschiens9
On eujtdïtquechacun ml--
connoijJÕtt lesfiens.
D'un airsi froid enfin on
finit lajournée»
eu'on<vtîbienqu'onalloit
changerdedejlwe'e.
Sans doute les Bergersfié
raccommoderonty
On lés écouterafî-tofiqu'ils
f parleront*
Maissur leur amitié3 Je
croy que les Bereres,
'd , -1
9
Aprés ce déméfié, ne compterontplusgueres.
tlal'une avec Cautre on
les voit rarement>
Uarjcrfion s'augmente en
cet éloignement.
Que l'on apprenne donc,
qu'une amitiéfideLlc
Finit aJjèz., souvent sur
une bagatelley
Etque sil'on prétendqu*
elle dure toujours
JIne faUt point troubler
les secrettes amours.
Quandon veuttrop avant
foüillerdanJ ces misteres
y La curiofitéfaitdegrandes
affaires.
Fermer
Résumé : EGLOGUE.
Le texte relate une conversation entre deux bergères, Dorise et Aminthe, et deux bergers, Dorilas et Télamon, dans un cadre pastoral. Dorise et Aminthe expriment leurs sentiments amoureux tout en cachant leurs véritables émotions derrière une façade de confiance et de discrétion. Aminthe accuse Dorise de dissimuler ses sentiments envers Télamon, mais Dorise nie toute implication amoureuse. Cette discussion révèle des tensions et des malentendus entre les personnages. Lorsque Télamon et Dorilas interviennent, les bergères restent évasives sur leurs sentiments. La journée se conclut sur une note amère, avec les bergères et les bergers se séparant froidement. Le texte souligne les complications et les malentendus qui peuvent surgir dans les relations amoureuses et amicales, insistant sur l'importance de la discrétion et de la prudence dans les affaires de cœur.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
11
p. 81-126
LES AMOURS PASTORALES de Daphnis & Chloé.
Début :
Les Amours Pastorales de Daphnis & Chloé dont on donne [...]
Mots clefs :
Daphnis, Chloé, Amour, Nymphes, Beauté, Bergère, Mariage, Coeur, Charmes, Amants, Enfants, Troupeau, Dieux, Ville, Vendanges, Caverne, Espérance, Secours, Vieillard, Argent, Pastorale, Chèvres, Curiosité, Fontaine, Merveilles, Fleurs, Confidences, Enseignes, Maison
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LES AMOURS PASTORALES de Daphnis & Chloé.
LES AMOURS PASTORALES •
de Dephnis & Choć.
L
on
ES Amours Paftorales de
Daphnis & Chloé dont
donne icil'extrait , ſont devenuës
trop à la mode, pour ne pas fatisfaire
à la curiofité des perfonnes
qui ne les ont pas encore lûës .
On feroit même tenté par la
fuite , de préférer ces fortes
d'extraits aux Hiftorietes ordinaires
du Mercure ; à moins
qu'on ne les jugeât aflez interreffantes
par elle - mêmes . Le
goût du Public en tout genre ,
me fervira toûjours de regle fur
le choix des morceaux ; j'attends
qu'il en décide .
Je reviens à Longus , Auteur
de cette Hiftoire , il l'a écrite en
1
Fanvier 1717 .
82 LE NOUVEAU
Grec , elle a été traduite en
François par le célébre Amiot
& réimprimée nouvellement :
c'eft de cette édition que j'ai
tiré cet extrait .
On croit ce Roman pofterieur
à celui des Amours de Théagenes
& Chariclée , composé par
Heliodore ,qui vivoit fous l'Empire
de Théodofe & d'Arcadius
fur la fin du quatrième fiécle .
Le Sçavant M. Huet ancien
Evêque d'Avranche , dans fon
Traité de l'Origine des Romans ,
a jugé trés favorablement de ces
Paftorales. Le ftyle de Longus ,
felon ſon ſentiment , eft fimple,
aife , naturel & concis , fans
obfcurité ; fes expreßions font
MERCURE.
83
pleines de vivacité de feu :
ilproduit avec esprit , ilpeint
avec agrément , il difpofe fes
images avec adreffe : les caracteresfont
gardez exactement ,
les Epiſodes naiffent de l'argument
, les paßions & lesfentimensfont
traitez avec une délicareffe
affez convenable à la
fimplicité des Bergers.
Il auroit été à fouhaiter qu'il
nous en eût donné une nous
velle traduction , comme il avoit
eu deffein de le faire dans fa jeuneffe
à l'imitation de l'ancien
Evêque d'Auxerre ; il faut croire
qu'elle auroit été plus châtiée
de toutes les manieres.
I ij
84 LE NOUVEAU
La Preface eft une fiction que
l'Auteur a imaginée , pour donner
àfon Roman quelque air de
verité. Il y fuppofe , qu'étant
dans un Temple de l'Ile de
Metelin , ily remarqua un Tableau
qui lui plût extremement ;
& que n'en pouvant découvrir
le fujet , il s'en informa des gens
du Païs , qui lui racontérent
cette même Hiftoire , qu'il nous
donne fous le titre des Amours
Paftorales de Daphnis & Chloé.
LIVRE PREMIER .
N Citoyen de Mitilene ,
nommé Dionyfophanes UN
>
avoit auprés de la Ville une
Terre affez confiderable
. Lamon
MERCURE.
85
fon Fermier s'étant apperçu qu'
une de fes chevres abandonnoit
fon petit , & s'écartoit du troupeau
; la curiofité l'obligeant à la
fuivre , il la furprit donnant à
tetter à un enfant richement emmailloté
, enveloppé d'un manteau
, dont l'agraffe étoit d'or ,
ayant auprés de lui une petite
épée dorée , à manche d'yvoire .
Touché de compaffion , il le releva
& le remit à fa femme Myrtale
, qui n'ayant point d'héritiers
, l'éleva comme le fien propre
, fous le nom de Daphnis.
A deux ans de là , même
savanture arriva à Dryas , autre
Berger du même canton , qui
cherchant une Brebis égarée de
fon troupeau , la trouva allait-
I iij
86 LE NOUVEAU
tant une petite fille expofée dans
la Caverne des Nymphes , ayant
à fes côtez une coëffe tiffuë d'or ,
des patins dorez & des brodequins
brodez d'or : II la prit
entre fes bras avec ces marques
de
reconnoiffance
, & la portant
à fa femme Napé , elle la reçût
en vraie mere, & l'appella Chloé.
Ces deux enfans devinrent .
grands en peu de tems ; &montroient
bien à leur gentilleſſe &
beauté , qu'ils n'étoient point iffus
de gens de Village, nex de Payfans.
de
Daphnis ayant atteint l'âge
15 ans, & Chloé celui de 13 ,
Lamon & Dryas eurent même
MERCURE. 87
nuit , mêmefonge. Il leurfut
avis que les Nymphes dont les
ftarues étoient dans la caverne
ou' l'on avoit trouvé Chloé,
livroient Daphnis & Chloé
entre les mains d'un jeune
Garfonnet fort gentil & beau
à merveille , lequel avoit des
ailes aux e'paules , & portoit
de petites fléches avec un petit
are , que ce jeune Garfoner
les touchant tous deux d'une
même fléche , commanda à l'un
de paître delà en avant les chévres
, &à l'autre les brebis.
Les Pafteurs s'éveillerent ,
Liiij
88 LE NOUVEAU
confternés de voir leur nouri
riffons deſtinés à garder les troupeaux
; mais eftimans que le
parti le plus fage qu'ils pûſſent
prendre , étoit de le foumettre
à la volonté des Dieux . Ils les
envoyerent aux champs , aprés
avoir facrifié au jeune Garfonnet
ailé , dont ils ignoroient
le vérirable nom .
Daphnis & Chloé devenus
Bergers , prenoient tous les divertiffements
convenables à leur
âge & à leur états .
Ainfi comme ils étoient occupez
à tels jeux , Amour leur
dreffa à bon efcient une telle
embuche.
Daphnis courant rapidement
MERCURE. 89
pour
aprés une de fes chèvres , tomba
dans une foffe trés profonde ,
qu'on avoit couverte de ramées
& de mouffe fervir de
piége aux Loups . Heureuſement
Chloé n'étoit pas loin , & croyant
encore le danger plus
grand , elle y courut , & fit tant
par fes foins & par le fecours
d'un païfan du voifinage , qu'elle
retira le pauvre Berger : alors
tranſporté de reconnoiffance , il
ne pût fe refufer à fon premier
mouvement , qui le porta à l'embraffer
; mais que ce tranfport
leur couta cher à l'un & à
l'autre . Depuis ce moment , ils
ne cefférent de foûpirer , fe fentant
confumer d'une ardeur
qu'ils n'avoient point connue.
90 LE NOUVEAU
jufques aloes . Souvent Daphnis
alloit ainfi devifant &parlant
pareillement en lui-même.
Comment ? les Hirondeles
chantent , ma flute ne dit
mot. Comment ? les Chevraux
fautent je fuis asfis . Comment
toutesfleursfont en vigueur,
&je n'enfais point de
bouquets ni de chapelets ; la
violette & le muguet fleu
riffent , Daphnis fe fane ,
Dorcon à la fin deviendra plus
beau
que
moi.
Ce Dorcon étoit auffi éperdument
amoureux de Chloé ,
comme il étoit riche , il crût
MERCURE.
91
pouvoir l'obtenir deDrias,s'il la
lui demandoit en mariage ; mais
malgré fes préfens , elle lui fut refufée.
Se voyant fans efpérance
de ce côté , il eût recours à une
rufe bien digne de la groffiertédu
perfonnage : Il fe couvrir d'une
peau de loup,& alla fe tapir dans
un buiffon proche la fontaine , où
Chloé menoit boire fon troude
tems
peau . Elle y vint peu
aprés , mais les chiens ayant
éventés le miférable
Dorcon
,
fe jetterent deffus , & l'auroient
déchiré
, s'il n'avoit imploré
l'affiftance
de Daphnis
& de
Ch'oé , qui étant trop fimples,
pour pénétrer fa mauvaiſe intention
, le fecoururent
, & ne
lui fçûrent pas même, mauvais
92 LE NOUVEAU
gré de cette Avanture .
Leur paffion cependant augmentant
de jour en jour , & leur
fimplicité demeurant même ;
la folitude leur offroit mille occafions
favorables pour déveloper
leurs fentiments , fans bleffer
l'innocence de leurs moeurs.
Daphnis ayant un jour ſurpris
Chloé endormie , s'arrêta à la
confidérer , & plein d'admiration
, il fe difoit , 0 comment fes
beauxyeux dormentfoüevement?
Quefon bateine fent bon ? Les
pommiers ni les aubépines fleuries
n'ontpoint la fenteurfi douce.
Ces réflexions fûrent intérompues
par une Cygale , qui pourfuivie
d'une Hirondelle , fe refugia
dans le fein de la Bergere .
MERCURE.
93
•
Chloé s'éveillant en furfaut ,
la Cygale feprii à chanter , comme
fi avec son chant elle lui eut
voulu rendre graces de fonfalut,
à l'occafion de quoi Chloé , ne fçachant
ce que c'étoit , s'écria derechefbienfort,
& Daphnis fe prit
auffi dérechef à rire , lors àprofitant
defa peur tira la gentille
Cygale , qu'elle remit au même
endroit d'où il l'avoit tirée.
Ils vivoient ainfi heureux
lorfque des Corfaires de la Ville
de Tyr, firent une defcente dans
Alle de Metelin , pillants & enlevants
tout ce qui fe trouva
à leur paffage . Daphnis cut le
malheur de tomber entre leurs
mains , & malgré les cris , il
trouva des impitoyables , qui le ,
traînerent dans leur Vaiffeau .
94 LE NOUVEAU.
Happelloit encore ' Chloé à
fon fecours lorfqu'elle arriva ,
conduifant fes brebis , & lui apportant
une flute nouvelle. Elle
n'eut pas plûtôt vû le danger
où il étoit , qu'elle courut demander
du fecours à Dorcon ,
qui en avoit beſoin lui- même ;
car ces Bergers ayant voulu faire
réſiſtance à ces brigands , qui
emmenoient fes boeufs , ils l'a
voient bleffé dangereufement .
Tout ce qu'il pût faire dans cet
état , fut de lui remettre fa flute
avec laquelle il avoit coutume
de rappeller fon troupeau du
pâturage , lui confeillant de s'en
fervir pour le même deffein.
En effet Chloé étant retournée
promptement, il n'eut pas plûMERCURE.
95
*
tôt joué l'air ordinaire du rapel ,
que les boeufs qui étoient déja
embarquez , s'élancerent tous
en même tems de la barque , &
l'ayant renversée par leur poids ,
ils regagnerent le rivage . Il fut
facile à Daphnis habillé à la legere
, de fe fauver.
Pour les Corfaires qui étoient
armés péfament , ils furent tous
noyez. Le premier foin de ces
deux Amans après un tel bonheur
, fut de fe rendre dans la
caverne des Nymphes , pour leur
rendre graces de cette événement
, & couronner leurs ftatuës
de fleurs .
96 LE NOUVEAU
LIVRE SECOND.
,
Les Vendanges étant furvenuës
, Daphnis & Chloé ,
trop occupés pour mener paître
leurs Troupeaux n'avoient
plus la même liberté de ſe voir.
Ils étoient trop obfervés pour
s'entretenir auffi familierement,
qu'ils faifoient auparavant .
Les plus jolies Vendangeufes
jettoient toutes les yeux fur
Daphnis , & en le louant ,
difoient , qu'il étoit ausſi beau
que Bachus : Les Vendageurs
de leur côté , jettoient à Chloé
plufieurs paroles à la traverſe,
&
MERCURE. 97
& fautoient aprés elle , comme
feroient les Satyres autour de
Bachus ; difant qu'ils feroient
de devenir Moutons , contens
moyennant qu'une ausfi aimable
Bergere les menât aux
Champs.
Les Vendanges finies , il
leur fut permis de retourner à
leurs amuſemens ordinaires,
Ainfi qu'ils folatroient , comme
deux jeunes Levrons , furvint
en leurcompagnie unViellard
, vêtu d'une Peliffe de
peau de Chevre , des fabots en
fes pieds , un Biffac tout ufé
Fanvier i717.
K
98 LE NOUVEAU NOUVE
pendu à fon col ; lequel fe feant
auprés d'eux , fe prit à leur
dire : Mes enfans , je fuis le
Vieillard Philetas qui ai chantée
maintes chansons à l'honneur
de ces Nymphes, je viens
ici pour vous déclarer ce que
j'ai vú, & annoncer ce que j'ai
oui. I'ai un beau Verger , que
j'ai moi- même planté : environ
le midy , j'y ai apperçû unjeugarfonnet
deffous mes Grenadiers
, qui tenoit enfes mains
des pommes de Grenades ; il
étoit blanc comme lait , rouge
commefeu , poli & net comme
ne
MERCURE.
99
s'il ne venoit que d'être lavé :
Il étoit nud , il étoit feul , &fe
joüoit à cueillir de mes fruits ,
commefi le Verger eût étéfien.
Si m'en fuis courų vers lui ,
craignant
que ( comme il étoit
fretillant
& remuant
) il ne
rompit quelques branches de
mes Grenadiers : mais il m'eft
• échapé des mains , tantôtfe coulant
par entre les Rofiers , tantôtfe
cachant fous les Pavots ,
commeferoit un petit perdriau.
Enfin , las & recrú , en m'ap
puyant fur mon báton , &prenant
garde qu'il ne s'enfouit ,
$35006 `-
Kij
100 LE NOUVEAU
je lui ai demandé à qui il étoit
de nos voisins , & à quelle occafion
il venoit ainfi cueillir les
fruits du jardin d'autrui ? Il
ne m'a rien répondu ; mais s'approchant
de moi , s'eft pris à
rire fort délicatement , en me
jettant des grains de Grenades,
ce qui m'a je nefçai comment )
amolli attendri le coeur:
deforte queje n'ai plus fçû me
courroucer à lui, fil'ai prié de
s'en venir hardiment à moi fans
· rien craindre , jurant que je le
laifferois aller quand il voudroit
, avec des pommes & des
MERCURE. for
grenades , moyennant qu'il me
donnát un baiferfeulement. Et
adoncquesfeprenant à rire avec ·
une chere , gaye , & bonne &
gentille grace , m'a jetté une
voix fi aimable & fi douce ,
que ni l'Hirondelle, ni le Roẞignol,
ni le Cygne , fût-il außi
vieil que moi , n'en fçauroit
jetter de pareille , difant , quant
à moi , Philetas , ce ne me feroit
point de peine de te baifer;
mais garde que ce que tu me
demandes , ne foit un don mal
Seant , peu convenable à
ن و م
ton âge , pource que ta vieilleffe
Kiij
102 LE NOUVEAU
n'empêchera point que tu ne
brûles de défir de me fuivre ,
aprés que tu m'auras baife :
il n'y a Aigle ni Faucon , tant
ait-il l'aile vite légere , qui
pût me poursuivre. Ie ne fuis
point enfant , combien que j'en
aye l'apparence , ains fuis plus
le vieil Saturne , je
ancien que
te connois dés-lors qu'étant en
lafleur de ton âge , tu gardois`
ici prés un fi beau
Boeufs ,
troupeau de
étois auprés de toi,
quand tujouois deta flutefous
ces Hêtres , lorfque tu érois
amoureux dela belle Amarillis
MERCURE. 103
mais tu ne me voyois pas encore
, quoi queje fuffe continuellement
auprés de ton amie. Pour
le prefent , je gouverne außi
Daphnis & Chloé, & aprés
que je les ai mis enſemble , je
m'en viens en ton Verger , là
ou' je prens plaiſir aux arbres
& aux fleurs que tu y as plantez,
& me lave en ces fontaines,
qui eft la caufe que toutes les
plantes les fleurs de ton jardin
font fi belles à voir , pour
ce qu'elles font nourries & ar
rofées de l'eau où je mefuis lavé.
Si-tôt qu'il eut achevé ces
304 LE NOUVEAU
1
paroles , il s'en eft envolédeẞus
un arbre , ne plus ne moins que
feroit un petit Roẞignol , &
en fautelant de branche en
branche par entre les feuilles ,
eſt à la fin monté jusques à la
cime : j'ai vû fes petites ailes ,
fon petit arc & fes fléches en
echarpe fur fes épaules , aprés
quoi il a disparu . Mes enfans,
je vous affûre que vous êtes
tous deux dévouez & dédiez
à l'Amour , & qu'Amour à
Join de vous. Si lui demanderent
qu'est-ce que c'étoit que
l'Amour , fic'étoit un enfant ou
bien
MERCURE. 105
lien un oiseau , & quelle puifonce
il avoit. Adonc Philetas
Scommenca derechefà leur dire:
Amour est un Dieu , mais un
enfant jeune & beau , & qui
ades ailes , pour cette cauſe
prent-ilplaifir ahenter entre les
jeunes gens, il cherche les beautez
, & fait voler les coeurs
des hommes , ayant fi grand
pouvoir, que le grand Iupiter
n'en a point tant . Il domine
fur les élémens , fur les étoiles
fur ceux qui font Dieux
comme lui. Toutes les fleurs
font ouvrages d'Amour, tou-
Janvier 1717.
L
106 LE NOUVEAU
•
tes les plantes & tous les arbres
font de fa facture. Moimême
ai autrefois été , jeune
ai aimé Amarillide ; mais
lors , il ne me fouvenoit de
manger,ni de boire , ni ne prenois
aucun repos. Il n'y a médecine
, ni efpéce aucune de
charmes , qui puiffeguérir le
mal d'amour. ,lui feul eft capable
d'y apporter remede.
Philetas aprés leur avoir
conté ces merveilles , fe fèpara
d'eux . Alors ces deux jeunes
Amans demeurants feuls , &
n'ayans jamais auparavant
MERCURF. 107
oüiparler d'Amour ,fe trouverent
en plus grande d'étreſſe
PAque
paravant , pource que
mour commençoit à les toucher
au vif, retournés qu'ils furent
en leurs maifons,fe mirent chacun
à rapporter ce qu'ils fentoient
en leurs coeurs avec ce
qu'ils avoient oui raporter
au vieillard , fi difoient ainfi
part eux , les Amants font
douloureux , auffi le fommes
nous ils ne font compte
de boire ni de manger , ausfi
peu en faifons nous : ils ne
peuvent dormir , nous fomà
Lij
108 LE NOUVEAU
mes tous de même : il leur eft
avis qu'ils brûlent , je crois
que nous avons du feu dedans
le corps , ils défirent s'entrevoir
, & pour ce faire , nous
fouhaitons
que
la nuit ne dure
gueres, & que le jour revien
ne bien-tôt.
Doncques eft-ce laqu'on appelle
Amour , & nous nous
entr'aimons l'un & l'autre ,
fine le favions pas.
lorf-
Cette matiere faifoit fouvent
le fujet de leur entretien ,
qu'une nouvelle Avanture vint
traverfer leurs innocens plaifirs.
De jeunes gens de la Ville de
MERCURE. 109
>
Methymne étans venus fur les
côtes de l'Ile de Metelin pour
chaffer , attacherent leur bateau
au rivage avec un cordon d'ofier.
Les Chévres de Daphnis ayant
coupé cet ofier la barque
s'éloigna bien-tôt du rivage ; les
Chaffeurs s'en étant aperçû ,
s'en prirent à Daphnis , & l'auroient
tué , s'il n'avoit été fecouru
promptement par Chloé ,
qui à l'aide des voifins , le tira
des mains de ces furieux.
Ces jeunes gens retournez à
Methimne , firent affembler le
Confeil de la Ville , & fe plaignirent
du prétendu outrage
qu'ils avoient reçûs des Mithvleniens
. Sur leur rapport , on
ordonna à un Capitaine d'armer
Liij
110 LE NOUVEAU
dix Galeres
+
pour ravager laCôte
de Mithilene, ; il obéit , & le
lendemain y ayant fait une defcente,
il enleva une grande quan
tité de butins , le troupeau
de
Chloé & Chloé elle - même .
Sitôt que Daphnis fut inftruit de
cet enlèvement
, il courut fondant
en pleurs à la caverne des
Nymphes , fe profterner aux
pieds de leurs Statuës & de
celle de Pan pour leur redemander
fa chere Chloé : 11 fac
exaucé ; car dans le moment ,
la flote des Methimniens
fut af
faillie par une infinité de prodiges
; Pan apparu au Chef
nommé Briacxa ; le menaçant de
le faire périr avec tout équi
s'il ne rendoit Chloé page
>
MERCURE. TH
du
& tout ce qu'il avoit ravi aux
Mithileniens. Ce Capitaine
n'ofant résister à l'ordre
Dieu , ramena lui - même fa
proye, & dédommagea les Mithileniens
des défordres qu'il
avoit caufé fur leurs Terres .
Dans quel tranſports de joye
ne fe trouverent pas nos deux.
Amans , lorfqu'ils fe virent réünis
?
Comme ils étoient fort religieux
, ils s'emprefferent d'aller
facrifier aux Nymphes & à
Pan , pour remercier ces Divinitez
protectrices de toutes
les graces qu'ils en avoient reçues
, & fe jurerent dans leur
Temple un amour éternel .
Liiij
112 LE NOUVEAU
J
LIVRE TROISIE' ME.
Quelque tems aprés la femme
d'un Fermier nommé Licenium
, jeune & belle , voyant
paffer Daphnis tous les matins
devant fa maiſon , ne put
défendre fon coeur des charmes
de ce Berger , elle le fuivit
fans en être apperçûs , &
s'étant cachée derriere un buiffon
où Daphnis fe rencontroit
d'ordinaire avec Chloé , elle
entendit tout ce qu'ils fe dirent ;
& comme l'Amour eft ingé .
nieux , elle parut tout à coup en
prefence de ces deux Amans
contrefaifant parfaitement
bien la defolée : Helas ! mon
MERCURE 113
ami , dit - elle , je te prie, aidemoi.
Ie n'avois que vingt pauvres
oifons , & voilà un Aigle
qui vient de m'en ravir le
plus beau : Daphnis ne fe défiant
point de l'embuche ,ſe leva
incontinent ,prit fa houlètre , &
s'en alla aprés Lecenium qui
le mena fort loin de Chloé , &
fort avant dans le Bois , auprés
d'une fontaine , où elle fit affeoir
Daphnis .
Comme elle étoit auffi hardie ,
que Daphnis étoit fimple , elle
attaqua fon coeur par tout ce
qu'il y a de plus preffant : mais
elle ne put lui faire oublier
Chloé ; elle le renvoya encore
114 LE NOUVEAU
plus amoureux de fa Bergere
qu'auparavant.
Comme il n'étoit fait mention
que des charmes de Chloé
dans tout le canton , fa beauté
engagea plufieurs Bergers à la
demander en mariage à Dryas :
Ils en furent écoutés , & le bon
homme réfolut de lui en choifir
un pour Epoux aux vendanges
prochaines . Chloé allarmée.
de cette nouvelle , découvrit
à Daphnis l'intention de Dryas .
Aprés avoir pleuré l'un & l'autre ,
& s'être donné de nouvelles:
affùrances de mourir plû- ôt que
d'être infidéls . Daphnis prit
tout à coup le party de faire
confidence de fon amour à
Myrtale femme de Lamon fon
MERCURE. 115
pere nourricier ; elle approuva
ſa recherche , & en parla à fon
mari. Lamon confiderant que
Daphnis pouvoit être d'une
illuſtre naiſſance, appellaſafemme,
béte , de vouloir empêcher que
fon nouriçon fut marié avec la
fille d'un Berger , vû quepar les
enfeignes de connoiffances qu'il
avoit trouvez quant & lui, elle lui
promettoit bien plusgrand état.
Myrtale qui ne vouloit pas
defeſpérer cet amoureux Berger,
lui fit entendre que Lamon fon
pere étant fort pauvre en comparaifon
de Dryas pere de
Chloé , Elle croyoit qu'il étoit
plus fage de ne point s'expoſer.
à un refus ; mais que s'il arri-
Voit quelque événement qui lui
1 LE NOUVEAU.
fut favorable , elle lui donnoit
fon confentement. Daphnis
n'efperant rien par les voyes
ordinaires , addreffa fes voeux
aux Nymphes dans cette extrémité.
Elles lui apparurent la nuit
fuivante , & lui ordonnerent
d'aller fur le bord de la mer,
l'affûrant que l'endroit où il
verroit unDauphin mort, il trouveroit
une bourſe , qui le Met 、
troit en état d'être auffi riche
queDryas; mais ci- aprés tu leferas
bien davantage. Dahpnis s'éleva
tour réjoui , & aprés avoir rejoint
Chloé & invoqué les Nymphes
, il n'eut pas grande peine
à découvrir la bourfe : Il courut,
avec cet argent chez Dryas ,
qui lui promit Chloé .
MERCURE. 17
Mais Lamon ne fut point fi
facile ; il dit à Daphnis qu' qu'étant
efclave affibien que lui , il ne lui
étoit pas permis de difpofer de
la moindre chofe , fans en avoir
auparavant obtenu le confentement
de fon maître ; que Dionifophanes
devant fe rendre bientôt
à fa terre pour y faire vendanges
, il feroit tous les efforts
auprés de lui pour en avoir l'agrement.
Nos deux amants vivoient
dans cette douce attente , gardants
toûjours leurs troupeaux
enfemble. Un jour qu'ils s'amufoient
à chercher des fruits ,
Daphnis apperçut à la cime de la
plus haute branche d'un pommier
, une pomme pomme unique ,
118 LE NOUVEAU
qui étoit belle & groffe à merveille
, y étant monté alaigrement
malgré Chloé , il la cueillit
la lui préfentant, lui dit,
Chloé ma mie , le beau tems a
produit cette belle pomme
bel arbre la nourric , le beau
un
la bonne Soleil l'a meurie ,
fortune la contregardée pour
une belle Bergere.
Chloé la reçut avec une grace
qui paya trop le Berger
LIVRE QUATRIE' ME.
Cet Automne tant defiré par
Daphnis & Chloé , arriva enfin.
Ils attendoient avec impaMERCURE.
119
tience l'arrivée du maître de Lamon,
fe fit préceder par fon fils
Aftyle , accompagné d'un nomméGnathon
mauvais plaifanı &
grand gourmand. Celui- ci ayant
confideré Daphnis & l'ayant
trouvé à fon gré , conçût le deffein
de le demander à fon jeune
Maître dans l'efperance de le
vendre & d'en tirer une groffe
fommed'argent. Il en fit la
propotifionà
Aftylequi fatigué de les
importunités , lui promit d'employer
fon crédit auprés de fon
pere pour qu'il lui en fit prefent.
Dionifophanes fuivit de prés fon
fils à la campagne, & ayant trouvé
fes troupeaux & fes
vergers
en bon état, il loüa Lamon & fa
famille du foin qu'ils prenoient
120 LE NOUVEAU
de fa Terre , Daphnis lui ayant
été prefenté , & le bon homme
de Fermier ayant extremement
vanté les bonnes qualitez de ce
jeune Berger en prefence d'Aftyle
& de Gnathon , Aftyle en
prit occafion de le demander à
fon pere pour l'emmener à Mytilene
,fous prétexte que ce jeune
homme lui feroit encore plus utile
à la Ville qu'à la Campagne;
mais Lainon ayant découvert à
quoi on le refervoit, prit le parti
de s'aller jetter aux pieds de fon
Maiftre & de lui déclarer que ce
jeune Berger n'étoit point fon
fils comme on le croioit qu'il l'avoit
trouvé abandonné & allaité
par une de fes Chèvres avec des
joyaux qu'on lui avoit laiffez
le
MERÇURE. 12Î
pour reconnoître un jour , &
qu'il les gardoit encore. Dionifophanes
étonné de ces circonſtances
, ordonna fur le champ
qu'on lui aportât ces fignes de reconnoiffances.
Apeine eût- il jetté
les yeux fur le petit Mantelet
d'écarlate & la pet telépée à poignée
d'yvoire, qu'il s'écria , ô Jupiter
& appella avec empreſſement
fa femme qui l'accompagnoit
, & qui voyant ces marquos,
s'écria encoreplus fort, 0fa
tales Déeffes ? nefont ce pas ici les
joyaux que nous expofames avec.
notre enfant ce font eux -mêmes,
mon mary.Daphnis eit vôtre fils ,
&rgarde les Chèvres de fon pro-
11
* tatbit permis aux parents dans les anciens
temps de Gè & d. Rome , dịcxpofer
leurs enfans lorfqu'ils en avoient trop
122 LE NOUVEAU
•
pre pere. Dans le moment
ils
coururent
embraffer
ce cher en
fant , & pleurant de joie ils le
tinrent long - tems ferré, entre
leurs bras . Aftyle ayant recou
vré un frere dans un Berger , lui
donna toutes les marques
les
plus vives de tendreffe
. Ce fut
pour lors que Dionifophanes
adreffant
la parole à Aftyle , ne
foispasmari , lui dit ce bon pela
se, de ce que tu n'auras que
moitié de ma fucceffion
, il n'y a
heritage
au monde qui vaille un
bon frere , Je fouhaite donc que
Daphnis ait en fon partage cette
Terre ci & que Lamon & Myrtale
qui l'ont fi foigneufement
élévé ,foient à lui , afin qu'il puiffe
leurfaire tout le bien qu'ilmerite
.
Daphnis
cependant
avoit pei-
འ
1
MERCURE. 123
ne à revenir de fon étonnement,
& quoiqu'il fut fort agité par les
differens fentimens qui fe paffoient
au dedans de lui , fa chere
Chloé lui étoit continuellement
préfente , & ne trouvant
point de bonheur égal à celui de
la poffeder , il étoit prêt de faire
confidence à fon pere de la
paffion qu'il reffentoit pour elle,
lorfque Dryas inftruit de l'heureux
changement qui venoit
d'arriver dans la fortune de Daphnis
, fe préfenta tout à coup
avec l'aimable Chloé au milieu
de l'affemblée , dans l'efperance
qu'elle pourroit peut- être auſſi
retrouver les parents . Sa beaute
& fes graces naïves attirerent
les yeux de la compagnie . Pour
Mij
124 LE NOUVEAU
lors Dryas prenant la parole ,
Plût aux Dieux , dit - il , que cettejeune
fille fut affez favoriféedu
Deftin pour retrouver auffi fes
parents , & montrant en mêmetems
les enfeignes de reconnoiffances
, il eft aifé , ajoûta - t-il , de
voir que fes parens font des perfonnes
diftinguées & qu'elle est
fortable pour être la femme de
Daphnis.Dionifophanes prenant
garde dans le moment au vifage
de fon fils , apperçût qu'il changeoit
de couleur & le détournoit
pour pleurer ; il lui fut aifé
d'en déviner la caufe , & ce bon
pere fouhaita pour lors que les
Dieux revelaffent la naiffance de
cette Bergere , afin de pouvoir
l'unir avec Daphnis comme
MERCURE. 125
toute la maiſon ne refpiroit que
joïe , il donna le foir un grand .
repas , où il invita es meilleurs
amis & les plus apparents de la
Ville : à l'iffue du banquet , il fe
fit apporter dans un baffin d'argent
ces enfeignes ; un vieillard
nommé Megacles les ayant confiderez
, â Dieux que vois-je là !
mapauvre fille qu'eſt - tu dévenuë !
eft tu encore en vie ? · Je te prie
Dionifophanes de me dire d'où tu
les arecouvrées ; n'aye point d'enviequeje
retrouve ma fille comme
tu as recouvré ton fils. Dionifophanes
fe levant de table alla
chercher Chloé , & la remettant
entre les mains de Megacles lui
dit : Voici l'enfant que tu as fait
expoſer, prens-là avec ces enſei-
*
126 LE NOUVEAU
gnes , & la prenant , baille - la en
mariage à Daphnis .
La Cérémonie des Nôces fe
fit fur le champ au grand contentement
des parents , & encore
plus de nos deux Amans .
de Dephnis & Choć.
L
on
ES Amours Paftorales de
Daphnis & Chloé dont
donne icil'extrait , ſont devenuës
trop à la mode, pour ne pas fatisfaire
à la curiofité des perfonnes
qui ne les ont pas encore lûës .
On feroit même tenté par la
fuite , de préférer ces fortes
d'extraits aux Hiftorietes ordinaires
du Mercure ; à moins
qu'on ne les jugeât aflez interreffantes
par elle - mêmes . Le
goût du Public en tout genre ,
me fervira toûjours de regle fur
le choix des morceaux ; j'attends
qu'il en décide .
Je reviens à Longus , Auteur
de cette Hiftoire , il l'a écrite en
1
Fanvier 1717 .
82 LE NOUVEAU
Grec , elle a été traduite en
François par le célébre Amiot
& réimprimée nouvellement :
c'eft de cette édition que j'ai
tiré cet extrait .
On croit ce Roman pofterieur
à celui des Amours de Théagenes
& Chariclée , composé par
Heliodore ,qui vivoit fous l'Empire
de Théodofe & d'Arcadius
fur la fin du quatrième fiécle .
Le Sçavant M. Huet ancien
Evêque d'Avranche , dans fon
Traité de l'Origine des Romans ,
a jugé trés favorablement de ces
Paftorales. Le ftyle de Longus ,
felon ſon ſentiment , eft fimple,
aife , naturel & concis , fans
obfcurité ; fes expreßions font
MERCURE.
83
pleines de vivacité de feu :
ilproduit avec esprit , ilpeint
avec agrément , il difpofe fes
images avec adreffe : les caracteresfont
gardez exactement ,
les Epiſodes naiffent de l'argument
, les paßions & lesfentimensfont
traitez avec une délicareffe
affez convenable à la
fimplicité des Bergers.
Il auroit été à fouhaiter qu'il
nous en eût donné une nous
velle traduction , comme il avoit
eu deffein de le faire dans fa jeuneffe
à l'imitation de l'ancien
Evêque d'Auxerre ; il faut croire
qu'elle auroit été plus châtiée
de toutes les manieres.
I ij
84 LE NOUVEAU
La Preface eft une fiction que
l'Auteur a imaginée , pour donner
àfon Roman quelque air de
verité. Il y fuppofe , qu'étant
dans un Temple de l'Ile de
Metelin , ily remarqua un Tableau
qui lui plût extremement ;
& que n'en pouvant découvrir
le fujet , il s'en informa des gens
du Païs , qui lui racontérent
cette même Hiftoire , qu'il nous
donne fous le titre des Amours
Paftorales de Daphnis & Chloé.
LIVRE PREMIER .
N Citoyen de Mitilene ,
nommé Dionyfophanes UN
>
avoit auprés de la Ville une
Terre affez confiderable
. Lamon
MERCURE.
85
fon Fermier s'étant apperçu qu'
une de fes chevres abandonnoit
fon petit , & s'écartoit du troupeau
; la curiofité l'obligeant à la
fuivre , il la furprit donnant à
tetter à un enfant richement emmailloté
, enveloppé d'un manteau
, dont l'agraffe étoit d'or ,
ayant auprés de lui une petite
épée dorée , à manche d'yvoire .
Touché de compaffion , il le releva
& le remit à fa femme Myrtale
, qui n'ayant point d'héritiers
, l'éleva comme le fien propre
, fous le nom de Daphnis.
A deux ans de là , même
savanture arriva à Dryas , autre
Berger du même canton , qui
cherchant une Brebis égarée de
fon troupeau , la trouva allait-
I iij
86 LE NOUVEAU
tant une petite fille expofée dans
la Caverne des Nymphes , ayant
à fes côtez une coëffe tiffuë d'or ,
des patins dorez & des brodequins
brodez d'or : II la prit
entre fes bras avec ces marques
de
reconnoiffance
, & la portant
à fa femme Napé , elle la reçût
en vraie mere, & l'appella Chloé.
Ces deux enfans devinrent .
grands en peu de tems ; &montroient
bien à leur gentilleſſe &
beauté , qu'ils n'étoient point iffus
de gens de Village, nex de Payfans.
de
Daphnis ayant atteint l'âge
15 ans, & Chloé celui de 13 ,
Lamon & Dryas eurent même
MERCURE. 87
nuit , mêmefonge. Il leurfut
avis que les Nymphes dont les
ftarues étoient dans la caverne
ou' l'on avoit trouvé Chloé,
livroient Daphnis & Chloé
entre les mains d'un jeune
Garfonnet fort gentil & beau
à merveille , lequel avoit des
ailes aux e'paules , & portoit
de petites fléches avec un petit
are , que ce jeune Garfoner
les touchant tous deux d'une
même fléche , commanda à l'un
de paître delà en avant les chévres
, &à l'autre les brebis.
Les Pafteurs s'éveillerent ,
Liiij
88 LE NOUVEAU
confternés de voir leur nouri
riffons deſtinés à garder les troupeaux
; mais eftimans que le
parti le plus fage qu'ils pûſſent
prendre , étoit de le foumettre
à la volonté des Dieux . Ils les
envoyerent aux champs , aprés
avoir facrifié au jeune Garfonnet
ailé , dont ils ignoroient
le vérirable nom .
Daphnis & Chloé devenus
Bergers , prenoient tous les divertiffements
convenables à leur
âge & à leur états .
Ainfi comme ils étoient occupez
à tels jeux , Amour leur
dreffa à bon efcient une telle
embuche.
Daphnis courant rapidement
MERCURE. 89
pour
aprés une de fes chèvres , tomba
dans une foffe trés profonde ,
qu'on avoit couverte de ramées
& de mouffe fervir de
piége aux Loups . Heureuſement
Chloé n'étoit pas loin , & croyant
encore le danger plus
grand , elle y courut , & fit tant
par fes foins & par le fecours
d'un païfan du voifinage , qu'elle
retira le pauvre Berger : alors
tranſporté de reconnoiffance , il
ne pût fe refufer à fon premier
mouvement , qui le porta à l'embraffer
; mais que ce tranfport
leur couta cher à l'un & à
l'autre . Depuis ce moment , ils
ne cefférent de foûpirer , fe fentant
confumer d'une ardeur
qu'ils n'avoient point connue.
90 LE NOUVEAU
jufques aloes . Souvent Daphnis
alloit ainfi devifant &parlant
pareillement en lui-même.
Comment ? les Hirondeles
chantent , ma flute ne dit
mot. Comment ? les Chevraux
fautent je fuis asfis . Comment
toutesfleursfont en vigueur,
&je n'enfais point de
bouquets ni de chapelets ; la
violette & le muguet fleu
riffent , Daphnis fe fane ,
Dorcon à la fin deviendra plus
beau
que
moi.
Ce Dorcon étoit auffi éperdument
amoureux de Chloé ,
comme il étoit riche , il crût
MERCURE.
91
pouvoir l'obtenir deDrias,s'il la
lui demandoit en mariage ; mais
malgré fes préfens , elle lui fut refufée.
Se voyant fans efpérance
de ce côté , il eût recours à une
rufe bien digne de la groffiertédu
perfonnage : Il fe couvrir d'une
peau de loup,& alla fe tapir dans
un buiffon proche la fontaine , où
Chloé menoit boire fon troude
tems
peau . Elle y vint peu
aprés , mais les chiens ayant
éventés le miférable
Dorcon
,
fe jetterent deffus , & l'auroient
déchiré
, s'il n'avoit imploré
l'affiftance
de Daphnis
& de
Ch'oé , qui étant trop fimples,
pour pénétrer fa mauvaiſe intention
, le fecoururent
, & ne
lui fçûrent pas même, mauvais
92 LE NOUVEAU
gré de cette Avanture .
Leur paffion cependant augmentant
de jour en jour , & leur
fimplicité demeurant même ;
la folitude leur offroit mille occafions
favorables pour déveloper
leurs fentiments , fans bleffer
l'innocence de leurs moeurs.
Daphnis ayant un jour ſurpris
Chloé endormie , s'arrêta à la
confidérer , & plein d'admiration
, il fe difoit , 0 comment fes
beauxyeux dormentfoüevement?
Quefon bateine fent bon ? Les
pommiers ni les aubépines fleuries
n'ontpoint la fenteurfi douce.
Ces réflexions fûrent intérompues
par une Cygale , qui pourfuivie
d'une Hirondelle , fe refugia
dans le fein de la Bergere .
MERCURE.
93
•
Chloé s'éveillant en furfaut ,
la Cygale feprii à chanter , comme
fi avec son chant elle lui eut
voulu rendre graces de fonfalut,
à l'occafion de quoi Chloé , ne fçachant
ce que c'étoit , s'écria derechefbienfort,
& Daphnis fe prit
auffi dérechef à rire , lors àprofitant
defa peur tira la gentille
Cygale , qu'elle remit au même
endroit d'où il l'avoit tirée.
Ils vivoient ainfi heureux
lorfque des Corfaires de la Ville
de Tyr, firent une defcente dans
Alle de Metelin , pillants & enlevants
tout ce qui fe trouva
à leur paffage . Daphnis cut le
malheur de tomber entre leurs
mains , & malgré les cris , il
trouva des impitoyables , qui le ,
traînerent dans leur Vaiffeau .
94 LE NOUVEAU.
Happelloit encore ' Chloé à
fon fecours lorfqu'elle arriva ,
conduifant fes brebis , & lui apportant
une flute nouvelle. Elle
n'eut pas plûtôt vû le danger
où il étoit , qu'elle courut demander
du fecours à Dorcon ,
qui en avoit beſoin lui- même ;
car ces Bergers ayant voulu faire
réſiſtance à ces brigands , qui
emmenoient fes boeufs , ils l'a
voient bleffé dangereufement .
Tout ce qu'il pût faire dans cet
état , fut de lui remettre fa flute
avec laquelle il avoit coutume
de rappeller fon troupeau du
pâturage , lui confeillant de s'en
fervir pour le même deffein.
En effet Chloé étant retournée
promptement, il n'eut pas plûMERCURE.
95
*
tôt joué l'air ordinaire du rapel ,
que les boeufs qui étoient déja
embarquez , s'élancerent tous
en même tems de la barque , &
l'ayant renversée par leur poids ,
ils regagnerent le rivage . Il fut
facile à Daphnis habillé à la legere
, de fe fauver.
Pour les Corfaires qui étoient
armés péfament , ils furent tous
noyez. Le premier foin de ces
deux Amans après un tel bonheur
, fut de fe rendre dans la
caverne des Nymphes , pour leur
rendre graces de cette événement
, & couronner leurs ftatuës
de fleurs .
96 LE NOUVEAU
LIVRE SECOND.
,
Les Vendanges étant furvenuës
, Daphnis & Chloé ,
trop occupés pour mener paître
leurs Troupeaux n'avoient
plus la même liberté de ſe voir.
Ils étoient trop obfervés pour
s'entretenir auffi familierement,
qu'ils faifoient auparavant .
Les plus jolies Vendangeufes
jettoient toutes les yeux fur
Daphnis , & en le louant ,
difoient , qu'il étoit ausſi beau
que Bachus : Les Vendageurs
de leur côté , jettoient à Chloé
plufieurs paroles à la traverſe,
&
MERCURE. 97
& fautoient aprés elle , comme
feroient les Satyres autour de
Bachus ; difant qu'ils feroient
de devenir Moutons , contens
moyennant qu'une ausfi aimable
Bergere les menât aux
Champs.
Les Vendanges finies , il
leur fut permis de retourner à
leurs amuſemens ordinaires,
Ainfi qu'ils folatroient , comme
deux jeunes Levrons , furvint
en leurcompagnie unViellard
, vêtu d'une Peliffe de
peau de Chevre , des fabots en
fes pieds , un Biffac tout ufé
Fanvier i717.
K
98 LE NOUVEAU NOUVE
pendu à fon col ; lequel fe feant
auprés d'eux , fe prit à leur
dire : Mes enfans , je fuis le
Vieillard Philetas qui ai chantée
maintes chansons à l'honneur
de ces Nymphes, je viens
ici pour vous déclarer ce que
j'ai vú, & annoncer ce que j'ai
oui. I'ai un beau Verger , que
j'ai moi- même planté : environ
le midy , j'y ai apperçû unjeugarfonnet
deffous mes Grenadiers
, qui tenoit enfes mains
des pommes de Grenades ; il
étoit blanc comme lait , rouge
commefeu , poli & net comme
ne
MERCURE.
99
s'il ne venoit que d'être lavé :
Il étoit nud , il étoit feul , &fe
joüoit à cueillir de mes fruits ,
commefi le Verger eût étéfien.
Si m'en fuis courų vers lui ,
craignant
que ( comme il étoit
fretillant
& remuant
) il ne
rompit quelques branches de
mes Grenadiers : mais il m'eft
• échapé des mains , tantôtfe coulant
par entre les Rofiers , tantôtfe
cachant fous les Pavots ,
commeferoit un petit perdriau.
Enfin , las & recrú , en m'ap
puyant fur mon báton , &prenant
garde qu'il ne s'enfouit ,
$35006 `-
Kij
100 LE NOUVEAU
je lui ai demandé à qui il étoit
de nos voisins , & à quelle occafion
il venoit ainfi cueillir les
fruits du jardin d'autrui ? Il
ne m'a rien répondu ; mais s'approchant
de moi , s'eft pris à
rire fort délicatement , en me
jettant des grains de Grenades,
ce qui m'a je nefçai comment )
amolli attendri le coeur:
deforte queje n'ai plus fçû me
courroucer à lui, fil'ai prié de
s'en venir hardiment à moi fans
· rien craindre , jurant que je le
laifferois aller quand il voudroit
, avec des pommes & des
MERCURE. for
grenades , moyennant qu'il me
donnát un baiferfeulement. Et
adoncquesfeprenant à rire avec ·
une chere , gaye , & bonne &
gentille grace , m'a jetté une
voix fi aimable & fi douce ,
que ni l'Hirondelle, ni le Roẞignol,
ni le Cygne , fût-il außi
vieil que moi , n'en fçauroit
jetter de pareille , difant , quant
à moi , Philetas , ce ne me feroit
point de peine de te baifer;
mais garde que ce que tu me
demandes , ne foit un don mal
Seant , peu convenable à
ن و م
ton âge , pource que ta vieilleffe
Kiij
102 LE NOUVEAU
n'empêchera point que tu ne
brûles de défir de me fuivre ,
aprés que tu m'auras baife :
il n'y a Aigle ni Faucon , tant
ait-il l'aile vite légere , qui
pût me poursuivre. Ie ne fuis
point enfant , combien que j'en
aye l'apparence , ains fuis plus
le vieil Saturne , je
ancien que
te connois dés-lors qu'étant en
lafleur de ton âge , tu gardois`
ici prés un fi beau
Boeufs ,
troupeau de
étois auprés de toi,
quand tujouois deta flutefous
ces Hêtres , lorfque tu érois
amoureux dela belle Amarillis
MERCURE. 103
mais tu ne me voyois pas encore
, quoi queje fuffe continuellement
auprés de ton amie. Pour
le prefent , je gouverne außi
Daphnis & Chloé, & aprés
que je les ai mis enſemble , je
m'en viens en ton Verger , là
ou' je prens plaiſir aux arbres
& aux fleurs que tu y as plantez,
& me lave en ces fontaines,
qui eft la caufe que toutes les
plantes les fleurs de ton jardin
font fi belles à voir , pour
ce qu'elles font nourries & ar
rofées de l'eau où je mefuis lavé.
Si-tôt qu'il eut achevé ces
304 LE NOUVEAU
1
paroles , il s'en eft envolédeẞus
un arbre , ne plus ne moins que
feroit un petit Roẞignol , &
en fautelant de branche en
branche par entre les feuilles ,
eſt à la fin monté jusques à la
cime : j'ai vû fes petites ailes ,
fon petit arc & fes fléches en
echarpe fur fes épaules , aprés
quoi il a disparu . Mes enfans,
je vous affûre que vous êtes
tous deux dévouez & dédiez
à l'Amour , & qu'Amour à
Join de vous. Si lui demanderent
qu'est-ce que c'étoit que
l'Amour , fic'étoit un enfant ou
bien
MERCURE. 105
lien un oiseau , & quelle puifonce
il avoit. Adonc Philetas
Scommenca derechefà leur dire:
Amour est un Dieu , mais un
enfant jeune & beau , & qui
ades ailes , pour cette cauſe
prent-ilplaifir ahenter entre les
jeunes gens, il cherche les beautez
, & fait voler les coeurs
des hommes , ayant fi grand
pouvoir, que le grand Iupiter
n'en a point tant . Il domine
fur les élémens , fur les étoiles
fur ceux qui font Dieux
comme lui. Toutes les fleurs
font ouvrages d'Amour, tou-
Janvier 1717.
L
106 LE NOUVEAU
•
tes les plantes & tous les arbres
font de fa facture. Moimême
ai autrefois été , jeune
ai aimé Amarillide ; mais
lors , il ne me fouvenoit de
manger,ni de boire , ni ne prenois
aucun repos. Il n'y a médecine
, ni efpéce aucune de
charmes , qui puiffeguérir le
mal d'amour. ,lui feul eft capable
d'y apporter remede.
Philetas aprés leur avoir
conté ces merveilles , fe fèpara
d'eux . Alors ces deux jeunes
Amans demeurants feuls , &
n'ayans jamais auparavant
MERCURF. 107
oüiparler d'Amour ,fe trouverent
en plus grande d'étreſſe
PAque
paravant , pource que
mour commençoit à les toucher
au vif, retournés qu'ils furent
en leurs maifons,fe mirent chacun
à rapporter ce qu'ils fentoient
en leurs coeurs avec ce
qu'ils avoient oui raporter
au vieillard , fi difoient ainfi
part eux , les Amants font
douloureux , auffi le fommes
nous ils ne font compte
de boire ni de manger , ausfi
peu en faifons nous : ils ne
peuvent dormir , nous fomà
Lij
108 LE NOUVEAU
mes tous de même : il leur eft
avis qu'ils brûlent , je crois
que nous avons du feu dedans
le corps , ils défirent s'entrevoir
, & pour ce faire , nous
fouhaitons
que
la nuit ne dure
gueres, & que le jour revien
ne bien-tôt.
Doncques eft-ce laqu'on appelle
Amour , & nous nous
entr'aimons l'un & l'autre ,
fine le favions pas.
lorf-
Cette matiere faifoit fouvent
le fujet de leur entretien ,
qu'une nouvelle Avanture vint
traverfer leurs innocens plaifirs.
De jeunes gens de la Ville de
MERCURE. 109
>
Methymne étans venus fur les
côtes de l'Ile de Metelin pour
chaffer , attacherent leur bateau
au rivage avec un cordon d'ofier.
Les Chévres de Daphnis ayant
coupé cet ofier la barque
s'éloigna bien-tôt du rivage ; les
Chaffeurs s'en étant aperçû ,
s'en prirent à Daphnis , & l'auroient
tué , s'il n'avoit été fecouru
promptement par Chloé ,
qui à l'aide des voifins , le tira
des mains de ces furieux.
Ces jeunes gens retournez à
Methimne , firent affembler le
Confeil de la Ville , & fe plaignirent
du prétendu outrage
qu'ils avoient reçûs des Mithvleniens
. Sur leur rapport , on
ordonna à un Capitaine d'armer
Liij
110 LE NOUVEAU
dix Galeres
+
pour ravager laCôte
de Mithilene, ; il obéit , & le
lendemain y ayant fait une defcente,
il enleva une grande quan
tité de butins , le troupeau
de
Chloé & Chloé elle - même .
Sitôt que Daphnis fut inftruit de
cet enlèvement
, il courut fondant
en pleurs à la caverne des
Nymphes , fe profterner aux
pieds de leurs Statuës & de
celle de Pan pour leur redemander
fa chere Chloé : 11 fac
exaucé ; car dans le moment ,
la flote des Methimniens
fut af
faillie par une infinité de prodiges
; Pan apparu au Chef
nommé Briacxa ; le menaçant de
le faire périr avec tout équi
s'il ne rendoit Chloé page
>
MERCURE. TH
du
& tout ce qu'il avoit ravi aux
Mithileniens. Ce Capitaine
n'ofant résister à l'ordre
Dieu , ramena lui - même fa
proye, & dédommagea les Mithileniens
des défordres qu'il
avoit caufé fur leurs Terres .
Dans quel tranſports de joye
ne fe trouverent pas nos deux.
Amans , lorfqu'ils fe virent réünis
?
Comme ils étoient fort religieux
, ils s'emprefferent d'aller
facrifier aux Nymphes & à
Pan , pour remercier ces Divinitez
protectrices de toutes
les graces qu'ils en avoient reçues
, & fe jurerent dans leur
Temple un amour éternel .
Liiij
112 LE NOUVEAU
J
LIVRE TROISIE' ME.
Quelque tems aprés la femme
d'un Fermier nommé Licenium
, jeune & belle , voyant
paffer Daphnis tous les matins
devant fa maiſon , ne put
défendre fon coeur des charmes
de ce Berger , elle le fuivit
fans en être apperçûs , &
s'étant cachée derriere un buiffon
où Daphnis fe rencontroit
d'ordinaire avec Chloé , elle
entendit tout ce qu'ils fe dirent ;
& comme l'Amour eft ingé .
nieux , elle parut tout à coup en
prefence de ces deux Amans
contrefaifant parfaitement
bien la defolée : Helas ! mon
MERCURE 113
ami , dit - elle , je te prie, aidemoi.
Ie n'avois que vingt pauvres
oifons , & voilà un Aigle
qui vient de m'en ravir le
plus beau : Daphnis ne fe défiant
point de l'embuche ,ſe leva
incontinent ,prit fa houlètre , &
s'en alla aprés Lecenium qui
le mena fort loin de Chloé , &
fort avant dans le Bois , auprés
d'une fontaine , où elle fit affeoir
Daphnis .
Comme elle étoit auffi hardie ,
que Daphnis étoit fimple , elle
attaqua fon coeur par tout ce
qu'il y a de plus preffant : mais
elle ne put lui faire oublier
Chloé ; elle le renvoya encore
114 LE NOUVEAU
plus amoureux de fa Bergere
qu'auparavant.
Comme il n'étoit fait mention
que des charmes de Chloé
dans tout le canton , fa beauté
engagea plufieurs Bergers à la
demander en mariage à Dryas :
Ils en furent écoutés , & le bon
homme réfolut de lui en choifir
un pour Epoux aux vendanges
prochaines . Chloé allarmée.
de cette nouvelle , découvrit
à Daphnis l'intention de Dryas .
Aprés avoir pleuré l'un & l'autre ,
& s'être donné de nouvelles:
affùrances de mourir plû- ôt que
d'être infidéls . Daphnis prit
tout à coup le party de faire
confidence de fon amour à
Myrtale femme de Lamon fon
MERCURE. 115
pere nourricier ; elle approuva
ſa recherche , & en parla à fon
mari. Lamon confiderant que
Daphnis pouvoit être d'une
illuſtre naiſſance, appellaſafemme,
béte , de vouloir empêcher que
fon nouriçon fut marié avec la
fille d'un Berger , vû quepar les
enfeignes de connoiffances qu'il
avoit trouvez quant & lui, elle lui
promettoit bien plusgrand état.
Myrtale qui ne vouloit pas
defeſpérer cet amoureux Berger,
lui fit entendre que Lamon fon
pere étant fort pauvre en comparaifon
de Dryas pere de
Chloé , Elle croyoit qu'il étoit
plus fage de ne point s'expoſer.
à un refus ; mais que s'il arri-
Voit quelque événement qui lui
1 LE NOUVEAU.
fut favorable , elle lui donnoit
fon confentement. Daphnis
n'efperant rien par les voyes
ordinaires , addreffa fes voeux
aux Nymphes dans cette extrémité.
Elles lui apparurent la nuit
fuivante , & lui ordonnerent
d'aller fur le bord de la mer,
l'affûrant que l'endroit où il
verroit unDauphin mort, il trouveroit
une bourſe , qui le Met 、
troit en état d'être auffi riche
queDryas; mais ci- aprés tu leferas
bien davantage. Dahpnis s'éleva
tour réjoui , & aprés avoir rejoint
Chloé & invoqué les Nymphes
, il n'eut pas grande peine
à découvrir la bourfe : Il courut,
avec cet argent chez Dryas ,
qui lui promit Chloé .
MERCURE. 17
Mais Lamon ne fut point fi
facile ; il dit à Daphnis qu' qu'étant
efclave affibien que lui , il ne lui
étoit pas permis de difpofer de
la moindre chofe , fans en avoir
auparavant obtenu le confentement
de fon maître ; que Dionifophanes
devant fe rendre bientôt
à fa terre pour y faire vendanges
, il feroit tous les efforts
auprés de lui pour en avoir l'agrement.
Nos deux amants vivoient
dans cette douce attente , gardants
toûjours leurs troupeaux
enfemble. Un jour qu'ils s'amufoient
à chercher des fruits ,
Daphnis apperçut à la cime de la
plus haute branche d'un pommier
, une pomme pomme unique ,
118 LE NOUVEAU
qui étoit belle & groffe à merveille
, y étant monté alaigrement
malgré Chloé , il la cueillit
la lui préfentant, lui dit,
Chloé ma mie , le beau tems a
produit cette belle pomme
bel arbre la nourric , le beau
un
la bonne Soleil l'a meurie ,
fortune la contregardée pour
une belle Bergere.
Chloé la reçut avec une grace
qui paya trop le Berger
LIVRE QUATRIE' ME.
Cet Automne tant defiré par
Daphnis & Chloé , arriva enfin.
Ils attendoient avec impaMERCURE.
119
tience l'arrivée du maître de Lamon,
fe fit préceder par fon fils
Aftyle , accompagné d'un nomméGnathon
mauvais plaifanı &
grand gourmand. Celui- ci ayant
confideré Daphnis & l'ayant
trouvé à fon gré , conçût le deffein
de le demander à fon jeune
Maître dans l'efperance de le
vendre & d'en tirer une groffe
fommed'argent. Il en fit la
propotifionà
Aftylequi fatigué de les
importunités , lui promit d'employer
fon crédit auprés de fon
pere pour qu'il lui en fit prefent.
Dionifophanes fuivit de prés fon
fils à la campagne, & ayant trouvé
fes troupeaux & fes
vergers
en bon état, il loüa Lamon & fa
famille du foin qu'ils prenoient
120 LE NOUVEAU
de fa Terre , Daphnis lui ayant
été prefenté , & le bon homme
de Fermier ayant extremement
vanté les bonnes qualitez de ce
jeune Berger en prefence d'Aftyle
& de Gnathon , Aftyle en
prit occafion de le demander à
fon pere pour l'emmener à Mytilene
,fous prétexte que ce jeune
homme lui feroit encore plus utile
à la Ville qu'à la Campagne;
mais Lainon ayant découvert à
quoi on le refervoit, prit le parti
de s'aller jetter aux pieds de fon
Maiftre & de lui déclarer que ce
jeune Berger n'étoit point fon
fils comme on le croioit qu'il l'avoit
trouvé abandonné & allaité
par une de fes Chèvres avec des
joyaux qu'on lui avoit laiffez
le
MERÇURE. 12Î
pour reconnoître un jour , &
qu'il les gardoit encore. Dionifophanes
étonné de ces circonſtances
, ordonna fur le champ
qu'on lui aportât ces fignes de reconnoiffances.
Apeine eût- il jetté
les yeux fur le petit Mantelet
d'écarlate & la pet telépée à poignée
d'yvoire, qu'il s'écria , ô Jupiter
& appella avec empreſſement
fa femme qui l'accompagnoit
, & qui voyant ces marquos,
s'écria encoreplus fort, 0fa
tales Déeffes ? nefont ce pas ici les
joyaux que nous expofames avec.
notre enfant ce font eux -mêmes,
mon mary.Daphnis eit vôtre fils ,
&rgarde les Chèvres de fon pro-
11
* tatbit permis aux parents dans les anciens
temps de Gè & d. Rome , dịcxpofer
leurs enfans lorfqu'ils en avoient trop
122 LE NOUVEAU
•
pre pere. Dans le moment
ils
coururent
embraffer
ce cher en
fant , & pleurant de joie ils le
tinrent long - tems ferré, entre
leurs bras . Aftyle ayant recou
vré un frere dans un Berger , lui
donna toutes les marques
les
plus vives de tendreffe
. Ce fut
pour lors que Dionifophanes
adreffant
la parole à Aftyle , ne
foispasmari , lui dit ce bon pela
se, de ce que tu n'auras que
moitié de ma fucceffion
, il n'y a
heritage
au monde qui vaille un
bon frere , Je fouhaite donc que
Daphnis ait en fon partage cette
Terre ci & que Lamon & Myrtale
qui l'ont fi foigneufement
élévé ,foient à lui , afin qu'il puiffe
leurfaire tout le bien qu'ilmerite
.
Daphnis
cependant
avoit pei-
འ
1
MERCURE. 123
ne à revenir de fon étonnement,
& quoiqu'il fut fort agité par les
differens fentimens qui fe paffoient
au dedans de lui , fa chere
Chloé lui étoit continuellement
préfente , & ne trouvant
point de bonheur égal à celui de
la poffeder , il étoit prêt de faire
confidence à fon pere de la
paffion qu'il reffentoit pour elle,
lorfque Dryas inftruit de l'heureux
changement qui venoit
d'arriver dans la fortune de Daphnis
, fe préfenta tout à coup
avec l'aimable Chloé au milieu
de l'affemblée , dans l'efperance
qu'elle pourroit peut- être auſſi
retrouver les parents . Sa beaute
& fes graces naïves attirerent
les yeux de la compagnie . Pour
Mij
124 LE NOUVEAU
lors Dryas prenant la parole ,
Plût aux Dieux , dit - il , que cettejeune
fille fut affez favoriféedu
Deftin pour retrouver auffi fes
parents , & montrant en mêmetems
les enfeignes de reconnoiffances
, il eft aifé , ajoûta - t-il , de
voir que fes parens font des perfonnes
diftinguées & qu'elle est
fortable pour être la femme de
Daphnis.Dionifophanes prenant
garde dans le moment au vifage
de fon fils , apperçût qu'il changeoit
de couleur & le détournoit
pour pleurer ; il lui fut aifé
d'en déviner la caufe , & ce bon
pere fouhaita pour lors que les
Dieux revelaffent la naiffance de
cette Bergere , afin de pouvoir
l'unir avec Daphnis comme
MERCURE. 125
toute la maiſon ne refpiroit que
joïe , il donna le foir un grand .
repas , où il invita es meilleurs
amis & les plus apparents de la
Ville : à l'iffue du banquet , il fe
fit apporter dans un baffin d'argent
ces enfeignes ; un vieillard
nommé Megacles les ayant confiderez
, â Dieux que vois-je là !
mapauvre fille qu'eſt - tu dévenuë !
eft tu encore en vie ? · Je te prie
Dionifophanes de me dire d'où tu
les arecouvrées ; n'aye point d'enviequeje
retrouve ma fille comme
tu as recouvré ton fils. Dionifophanes
fe levant de table alla
chercher Chloé , & la remettant
entre les mains de Megacles lui
dit : Voici l'enfant que tu as fait
expoſer, prens-là avec ces enſei-
*
126 LE NOUVEAU
gnes , & la prenant , baille - la en
mariage à Daphnis .
La Cérémonie des Nôces fe
fit fur le champ au grand contentement
des parents , & encore
plus de nos deux Amans .
Fermer
12
p. 425-428
LE DESESPOIR AMOUREUX. CANTATE.
Début :
Tandis que nos Bergers rassemblez dans la Plaine, [...]
Mots clefs :
Bergère, Berger, Amoureux, Coeur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LE DESESPOIR AMOUREUX. CANTATE.
LE DESESPOIR AMOUREUX ,
T
CANTATE.
Andis que nos Bergers raffemblez
dans la Plaine ,
Danfoient au fon des Chalumeaux
,
Sur un affreux Rocher le fils du vieux Silene ,
Tircis , le beau Tircis , l'honneur de nos Hameaux
,
Se plaignoit des rigueurs de l'ingrate Climene.
A ij II
426 MERCURE DE FRANCE ;
Il s'adreffoit , mais vainement ,
Aux Zéphirs , aux Echos , à l'Onde fugitive ,
Et d'une voix douce & plaintive ;
Il leur contoit ainfi fon amoureux tourment
Ruiffeaux , ceffez votre murmure ;
Ceffez de foupirer , Zéphirs ;
Laiffez aux peines que j'endure ,
L'ennui , les plaintes , les foupirs ;
Le doux penchant de la Nature ,
Vous mene au gré de vos defirs ;
Ces Champs , ces Fleurs , cette Verdure
Ne vous offrent que des plaifirs.
Ruiffeaux , ceffez votre murmure ,
Ceffez de foupirer , Zéphirs .
Laiffez , &c.
J'aime une Bergere inflexible ;
Mes maux ne peuvent la toucher ?
Son coeur paroît plus infenfible ,
Plus dur que le plus dur Rocher.
Le foin d'accroître mon martire ,
Eft pour elle un plaifir charmants
Plus je languis , plus je foupire ,
Plus elle rit de mon tourment.
Ruiffeaux , ceffez votre murmure
Ceffez de foupirer , Zéphirs ,
Laiffez , & c.
Non
MARS. 1730. 427
Accablé du poids de ma chaîne ,
Non,non, je ne vis point, je ne fais que languit.
Trop aimable Climene ,
Ou foulage ma peine ,
Ou laiffe-moi mourir .
Climene étoit alors dans le prochain Bocage 1
Elle vient au récit des peines du Berger ,
Et bien loin de les foulager ,
Par des fourirs mocqueurs les accroît davan
tage.
Pour ce Berger trop amoureux ,
Ah !quel chagrin ! quel tourment douloureux !
Il gémit , il fe meurt aux pieds de la Bergere ,
Dont la froideur le defefpere.
Son coeur , fon triſte coeur ,
De fi cruels mépris , de tant d'indifference ,
Ne peut plus fupporter la barbare rigueur.
Et fon ame livrée à fa vive douleur ,
Sent enfin fuccomber fa force & fa conſtance,
Ses maux étoient fi vifs & fi preffants ,
Qu'il en marqua la violence ,
Par ces triftes accents:
Defefpoir funefte ,
Viens à mon fecours ;
Acheve le reſte ,
De mes triſtes jours.
Climene détefte ,
Mes tendres amours;
A iij
Dea
428 MERCURE DE FRANCE.
Defefpoir funefte ,
Viens , & c.
Tout à coup agité d'un tranfport furieux ,
Il court au bord d'un affreux précipice ;
Y porte fes regards , puis les fixant aux Cieux ,
S'écrie: ah ! c'en eft fait ! paffons aux fombres
lieux ;
Caron , fois moi propice ;
Et toi , funefte Amour , reçois ce facrifice.
A ces mots , de la Roche il alloit ſe jetter s
Mais quand il vit que la Bergere ,
Ne venoit point l'arrêter ;
Il s'affit doucement fur la tendre fougeres
Non , lui dit-il , ne preffe point tes pas
Raffure-toi , Climene ,
Ta frayeur eſt vaine ;
Je renonces au Trepas .
On oublie en mourant fon amour & fa peine s
Et moi , je veux porter ta chaîne ;
Je veux vivre & fouffrir pour ne t'oublier pas
Raffure - toi , Climene ,
Ta frayeur eft vaine
Je renonce au trépas .
La Bergere fe mit à rire ,
Et le Berger auffi,
Le deſeſpoir dans l'amoureux Empire ,
Finit toûjours ainfi.
Par M. Palmary de Cabors.
T
CANTATE.
Andis que nos Bergers raffemblez
dans la Plaine ,
Danfoient au fon des Chalumeaux
,
Sur un affreux Rocher le fils du vieux Silene ,
Tircis , le beau Tircis , l'honneur de nos Hameaux
,
Se plaignoit des rigueurs de l'ingrate Climene.
A ij II
426 MERCURE DE FRANCE ;
Il s'adreffoit , mais vainement ,
Aux Zéphirs , aux Echos , à l'Onde fugitive ,
Et d'une voix douce & plaintive ;
Il leur contoit ainfi fon amoureux tourment
Ruiffeaux , ceffez votre murmure ;
Ceffez de foupirer , Zéphirs ;
Laiffez aux peines que j'endure ,
L'ennui , les plaintes , les foupirs ;
Le doux penchant de la Nature ,
Vous mene au gré de vos defirs ;
Ces Champs , ces Fleurs , cette Verdure
Ne vous offrent que des plaifirs.
Ruiffeaux , ceffez votre murmure ,
Ceffez de foupirer , Zéphirs .
Laiffez , &c.
J'aime une Bergere inflexible ;
Mes maux ne peuvent la toucher ?
Son coeur paroît plus infenfible ,
Plus dur que le plus dur Rocher.
Le foin d'accroître mon martire ,
Eft pour elle un plaifir charmants
Plus je languis , plus je foupire ,
Plus elle rit de mon tourment.
Ruiffeaux , ceffez votre murmure
Ceffez de foupirer , Zéphirs ,
Laiffez , & c.
Non
MARS. 1730. 427
Accablé du poids de ma chaîne ,
Non,non, je ne vis point, je ne fais que languit.
Trop aimable Climene ,
Ou foulage ma peine ,
Ou laiffe-moi mourir .
Climene étoit alors dans le prochain Bocage 1
Elle vient au récit des peines du Berger ,
Et bien loin de les foulager ,
Par des fourirs mocqueurs les accroît davan
tage.
Pour ce Berger trop amoureux ,
Ah !quel chagrin ! quel tourment douloureux !
Il gémit , il fe meurt aux pieds de la Bergere ,
Dont la froideur le defefpere.
Son coeur , fon triſte coeur ,
De fi cruels mépris , de tant d'indifference ,
Ne peut plus fupporter la barbare rigueur.
Et fon ame livrée à fa vive douleur ,
Sent enfin fuccomber fa force & fa conſtance,
Ses maux étoient fi vifs & fi preffants ,
Qu'il en marqua la violence ,
Par ces triftes accents:
Defefpoir funefte ,
Viens à mon fecours ;
Acheve le reſte ,
De mes triſtes jours.
Climene détefte ,
Mes tendres amours;
A iij
Dea
428 MERCURE DE FRANCE.
Defefpoir funefte ,
Viens , & c.
Tout à coup agité d'un tranfport furieux ,
Il court au bord d'un affreux précipice ;
Y porte fes regards , puis les fixant aux Cieux ,
S'écrie: ah ! c'en eft fait ! paffons aux fombres
lieux ;
Caron , fois moi propice ;
Et toi , funefte Amour , reçois ce facrifice.
A ces mots , de la Roche il alloit ſe jetter s
Mais quand il vit que la Bergere ,
Ne venoit point l'arrêter ;
Il s'affit doucement fur la tendre fougeres
Non , lui dit-il , ne preffe point tes pas
Raffure-toi , Climene ,
Ta frayeur eſt vaine ;
Je renonces au Trepas .
On oublie en mourant fon amour & fa peine s
Et moi , je veux porter ta chaîne ;
Je veux vivre & fouffrir pour ne t'oublier pas
Raffure - toi , Climene ,
Ta frayeur eft vaine
Je renonce au trépas .
La Bergere fe mit à rire ,
Et le Berger auffi,
Le deſeſpoir dans l'amoureux Empire ,
Finit toûjours ainfi.
Par M. Palmary de Cabors.
Fermer
Résumé : LE DESESPOIR AMOUREUX. CANTATE.
Le texte 'Le Désespoir Amoureux' est une cantate qui relate la souffrance du berger Tircis, fils de Silène, épris de la bergère Climène. Tircis exprime sa douleur aux éléments naturels, sans trouver de réconfort. Il se plaint de l'insensibilité de Climène, dont le cœur semble se réjouir de ses tourments. Accablé, Tircis implore Climène de soulager sa souffrance ou de le laisser mourir. Cependant, Climène, présente dans un bocage voisin, accentue ses tourments par des soupirs moqueurs. Désespéré, Tircis envisage de se jeter dans un précipice, mais change d'avis en constatant que Climène ne vient pas l'arrêter. Il décide de vivre pour continuer à souffrir et à se souvenir de son amour. La cantate se conclut par le rire de Climène et Tircis, soulignant que le désespoir amoureux finit toujours de manière similaire. L'auteur de cette cantate est M. Palmary de Cabors.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
13
p. 426-429
IDILE.
Début :
Plus mon coeur amoureux vous presse de vous rendre, [...]
Mots clefs :
Tircis, Aminte, Bergère, Amour, Plaisirs
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : IDILE.
I DILE.-
Tircis.
Lus mon cœur amoureux vous presse de vous s
rendre ,
Plus le vôtre abusé , s'obstine à se deffendre ,
Ainsi coulent nos plus beaux jours ;
Aminte.
Le Dieu d'amour fait trop verser de larmes;
Tircis.
Pour échapper au pouvoir de ses charmes
Vous cherchez mille vains détours.
Aminte.
Du doux Tyran qui cherche à me surprend
Je crains le dangereux poison ;
Je le fuis ; ai-je tort d'opposer ma raison ,
Auxpieges qu'il voudroit me tendre ?
Tircis
MARS. 17328 427
Tircis.
Bergere , craignez moins de vous y laisser
prendre.
Quels doux plaisirs , quelles felicitez ,
Quand on aime un Berger discret , fidele et tendre !
L'Amour a des attraits qu'il faut avoir goutez
Pour pouvoir les comprendre.
Quels doux plaisirs , quelles felicitez ,
Quand on aime un Berger discret , fidele et
tendre!
Ensemble.
Il faut chercher à se guérir ,
Des maux que cause une inhumaine ?
Plutôt que de mourir ,
On doit briser sa chaîne.
Tircis.
Mais si le puissant Dieu , Maître de l'Univers
Qui d'un coup de sa foudre,
Mit les Titans en poudre ,-
Tout inconstant qu'il est , vouloit porter vos fers
Pour venir sur l'herbette ,
Vous parler d'amourette ,
S'il quittoit sa brillante Cour;
Si pour gage dé son'amour ,
Il vous offroit un Sceptre au lieu d'une houlette,
Al'attrait d'un bonheur si doux, si glorieux,
Votre cœur pourroit- il ... , .
Aminte
428 MERCURE DE FRANCE
Aminte.
Ah! s'il étoit possible ,
Qu'Amour rendît mon cœur sensible ,
Le plus puissant de tous les Dieux,
Ne seroit pas l'Amant qui me plairoit le mieux,
Tircis
Que cet aveu flatte mon ame !
Le doux et tendre espoir qui conduit au plaisir ,
Aidé par l'amoureux desir ,
S'efforce à s'expliquer en faveur de ma flamme ;
Mais ce n'est point de l'espoir séducteur >
Aminte, c'est de vous que je voudrois apprendre
Qui seroit ce Rival si rempli de bonheur ,
Qui mieux que Jupiter auroit droit de prétendre
A l'Empire de votre cœur.
Aminte.
Un Berger fidele et tendre ,
S'il me pouvoit jurer une éternelle ardeur.
Tircis.
Je ne connoissois pas mon plus parfait bonheur ;
Aminte , vous m'aimiez vous chérissiez ma flamme !
Et je vous accusois d'une injuste rigueur 1
Ah ! si j'avois plutôt reconnu mon erreur
Que j'aurois épargné de tourmens à mon amèr
Mortelle Divinité,
Bergere
MARS. 1732. 429
Bergere que j'adore ,
'Ah ! vous m'ôtez ma liberté ,
Par des charmes plus doux encore,
Que l'éclat de la beauté.
Aminte.
In vous plaignant de ma froideurextrême ,
Berger , vous parliez autrement.
Tircis.
Si je ne parlois pas de même ;
C'est dans l'excès de mon toutment.
Ensemble.
Ledoux Ruisseau qui coule dans la Plaine ,
Suit son penchant , s'abandonne à son cours;
Fuyons , fuyons une contrainte vaine ;
Aimons , allons où le desir nous mene;
Et qu'ainsi coulent nos beaux jours ;
Fuyons , fuyons une contrainte vaine;
Aimons , allons où le desir nous mene ;
Et qu'ainsi coulent nos beaux jours.
Par M. de Balmary de Cabors,
Tircis.
Lus mon cœur amoureux vous presse de vous s
rendre ,
Plus le vôtre abusé , s'obstine à se deffendre ,
Ainsi coulent nos plus beaux jours ;
Aminte.
Le Dieu d'amour fait trop verser de larmes;
Tircis.
Pour échapper au pouvoir de ses charmes
Vous cherchez mille vains détours.
Aminte.
Du doux Tyran qui cherche à me surprend
Je crains le dangereux poison ;
Je le fuis ; ai-je tort d'opposer ma raison ,
Auxpieges qu'il voudroit me tendre ?
Tircis
MARS. 17328 427
Tircis.
Bergere , craignez moins de vous y laisser
prendre.
Quels doux plaisirs , quelles felicitez ,
Quand on aime un Berger discret , fidele et tendre !
L'Amour a des attraits qu'il faut avoir goutez
Pour pouvoir les comprendre.
Quels doux plaisirs , quelles felicitez ,
Quand on aime un Berger discret , fidele et
tendre!
Ensemble.
Il faut chercher à se guérir ,
Des maux que cause une inhumaine ?
Plutôt que de mourir ,
On doit briser sa chaîne.
Tircis.
Mais si le puissant Dieu , Maître de l'Univers
Qui d'un coup de sa foudre,
Mit les Titans en poudre ,-
Tout inconstant qu'il est , vouloit porter vos fers
Pour venir sur l'herbette ,
Vous parler d'amourette ,
S'il quittoit sa brillante Cour;
Si pour gage dé son'amour ,
Il vous offroit un Sceptre au lieu d'une houlette,
Al'attrait d'un bonheur si doux, si glorieux,
Votre cœur pourroit- il ... , .
Aminte
428 MERCURE DE FRANCE
Aminte.
Ah! s'il étoit possible ,
Qu'Amour rendît mon cœur sensible ,
Le plus puissant de tous les Dieux,
Ne seroit pas l'Amant qui me plairoit le mieux,
Tircis
Que cet aveu flatte mon ame !
Le doux et tendre espoir qui conduit au plaisir ,
Aidé par l'amoureux desir ,
S'efforce à s'expliquer en faveur de ma flamme ;
Mais ce n'est point de l'espoir séducteur >
Aminte, c'est de vous que je voudrois apprendre
Qui seroit ce Rival si rempli de bonheur ,
Qui mieux que Jupiter auroit droit de prétendre
A l'Empire de votre cœur.
Aminte.
Un Berger fidele et tendre ,
S'il me pouvoit jurer une éternelle ardeur.
Tircis.
Je ne connoissois pas mon plus parfait bonheur ;
Aminte , vous m'aimiez vous chérissiez ma flamme !
Et je vous accusois d'une injuste rigueur 1
Ah ! si j'avois plutôt reconnu mon erreur
Que j'aurois épargné de tourmens à mon amèr
Mortelle Divinité,
Bergere
MARS. 1732. 429
Bergere que j'adore ,
'Ah ! vous m'ôtez ma liberté ,
Par des charmes plus doux encore,
Que l'éclat de la beauté.
Aminte.
In vous plaignant de ma froideurextrême ,
Berger , vous parliez autrement.
Tircis.
Si je ne parlois pas de même ;
C'est dans l'excès de mon toutment.
Ensemble.
Ledoux Ruisseau qui coule dans la Plaine ,
Suit son penchant , s'abandonne à son cours;
Fuyons , fuyons une contrainte vaine ;
Aimons , allons où le desir nous mene;
Et qu'ainsi coulent nos beaux jours ;
Fuyons , fuyons une contrainte vaine;
Aimons , allons où le desir nous mene ;
Et qu'ainsi coulent nos beaux jours.
Par M. de Balmary de Cabors,
Fermer
Résumé : IDILE.
Le texte relate un dialogue entre Tircis et Aminte, deux personnages amoureux. Tircis souhaite rejoindre Aminte, mais celle-ci hésite, craignant les dangers de l'amour. Tircis vante les plaisirs de l'amour avec un berger fidèle et tendre. Aminte, bien que touchée, exprime ses doutes. Tircis imagine ensuite Jupiter déclarant son amour à Aminte, mais elle préfère un berger fidèle. Tircis, flatté, demande qui est ce rival. Aminte souhaite un berger capable de lui jurer un amour éternel. Tircis regrette ses erreurs passées et avoue son amour. Le dialogue se conclut par une réflexion sur la liberté et le désir, les personnages souhaitant suivre leurs penchants naturels et vivre leurs amours librement, loin des contraintes.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
14
p. [1]-12
EPITRE A M. P***, par M. d'Arnaud.
Début :
Cher P***, toi dont les tendres sons, [...]
Mots clefs :
Amour, Heureux, Volupté, Plaisir, Amours, Yeux, Jours, Coeur, Ami, Mains, Liberté, Plaisirs, Bergère
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EPITRE A M. P***, par M. d'Arnaud.
EPITRE
A M. P *** , par M. d'Arnaud.
C
Her P *** , toi dont les tendres.
fons ,
Enfans de la délicateffe ,
Des Chaulieux & des Pavillons
Réveillent la douce moleffe ;
Toi qui nous peins avec adreffe ,
Sous de voluptueux , atours ,
La Liberté , fille de la Pareffe ,
cre
2 MERCURE DE FRANCE
Mere des folâtres Amours ,
Du féjour de l'Indifference T
Dans les bras de l'Oifiveté -
Goûtant au fein de l'indolence
Une fage tranquillité ,
Loin de ces Lieux où l'opulence
Répand fes trésors corrupteurs ,
Où le foible éclat des grandeurs ,
Eblouit la fombre ignorance ,.
Fayant la trifte aufterité
D'Orgon , dont le dehors fauvage
Du mafque de la pïeté ,
Du plus honteux libertinage
Couvrant la fcandaleuſe image
Trompe les yeux de l'équité .
Confervant dans mon esclavage
Le repos & la liberté
C'est ainsi qu'avec négligence ,
Accouplant des Vers inégaux ,.
Sans fortir de ma nonchalance
Je te fais part de mes travaux.
Ainfi fous des couleurs légeres ,
Tour à tour Calot & Pouffin
D'un pinceau critique ou badin.
De cent figures paffageres
Je vais t'ébaucher ie deflein ..
Amour me conduira la main :
Jamiais
JANVIER.
1743
Jamais ce Dieu ne gâta la Nature ;
De l'embellir il a toujours pris foin ,
Et s'il dédaigne la parure ,
C'eft qu'il n'en eut jamais befoin.
Tel eft le portrait véritable
De cet amour maintenant oublié ,
Il reffembloit à l'amitié
>
Et l'amitié n'eſt plus aimble ;
Ah ! revenez fiécles heureux ,
Venez écarter les orages
Qui de ces paisibles bocages
Font des déferts les plus affreux..
Retracez - nous ces riants Païlages ,
Qui n'offroient aux regards des fages
Qu'une fimple varieté ;
Nos Soleils étoient fans nuages ,
Et nos jours fans obfcurité ;
Le coeur parloit , & ce naïf langage
Suffifoit pour être écouté ;
Un lit de mouffe , un verd feuillage
Servoient d'Autels à la fidelité ;
Par fon éclat peu defirable
L'or n'avoit poins terni nos moeurs ;
Nous goûtions ces plaifirs flateurs ,
Nés d'une volupté durable ,
Nourris d'innocentes faveurs.
L'Amour ne connoiffoit de maître
Qu'un
4
MERCURE DE
FRANCE
Qu'un réciproque changement ;
Ses feux bruloient ...
"
Ou
s'éteignoient dans le même moment
Les noeuds d'une vive tendreffe
Nous ferroient
volontairement ;
Le naturel , le fentiment ,
Mieux que la froide politeffe
S'exprimoient avec agrément.
On rejetteit l'infipide jufteffe
De ces difcours faſtidieux ;
Organes de la flaterie ;
Le coeur parloit avec les yeux &
Les yeux étoient fans fourberie
L'interêt , la bigotterie ,
Le menfonge , la trahifon ,
L'orgueil , la vengeance , l'envie :
N'avoient point verfé leur poiſon
Sur le berceau de notre vie ;
L'Amour étoit notre Divinité ;
L'Art n'étaloit pas ces preftiges
Confacrés à la Vanité ,
De la Nature on fuivoit les veftiges ;
Rien ne voiloit fa nudité.
Le Narcife , la Violette.
Suffifoient aux charmes d'Iris :
Lifandre en connoifloit le prix.
Tantôt fur la douce Mufette
Affis
JANVIER. 1743.
Affis fous un ombrage frais ,
Daphnis redifoit aux Forêts
Le nom de la jeune Lifette :
Ce ruiffeau dans fon propre cours
Promenoit fes ondes errantes ,
Et n'alloit point par de nouveaux détours
S'ouvrir des routes differentes .
Que notre fort paroiffoit enchanteur !
Tout reffentoit cet heureux don de plaire
Le Berger étoit moins trompeur ,
Et la Bergere plus fincere:
Alors regnoit la Volupté
Non , cette volupté traîtreffe,
Qui de fa coupe enchantereffe
Verſe en nos coeurs l'impureté ,
Et d'une féduiſante yvrefle
Nous cachant la malignité ,
De la railon lâche Maîtreffe ,.
Nous endort dans l'iniquité ;
Mais cette volupté tranquille ,
Qui , loin d'empoifonner nos fens ;
Rend toujours le plaifir facile ,
Quand les defirs font innocens.
Tel étoit ce bonheur fuprême ,
Le partage de nos Ayeux :
Auffi parfaits que les Dieux mêmes ,
Ils le montroient adorables comme eux.
Mais
MERCURE DE FRANCE
Mais , cher Ami , cette brillante Aurore
A ceffé de nous éclairer ,
Telle qu'un débile Phoſphore
Qu'on voit naître & s'évaporer 5
L'idquiétude & l'avarice
Volent fans ceffe autour de ces Palais
Creufés des mains de l'injuftice,
Et le repaire des forfaits.
En vain l'innocence opprimée
A ce Senat fait entendre fes cris ,
Thémis voit fes
par propres
fils
Brifer le fer dont ils l'avoient armée
D'une coupable obfcurité
Développons les replis les plus fombres ,
Que les feux de la vérité
De cette nuit éclairciffent les ombres ,
Et d'un voile mystérieux
Que notre ceil perçant les nuages ,
Sur ces criminelles images
Fixe fes regards curieux ;
Ne troublons point le repos léthargique
Des Quintius & des Pifons ;
Laiffons cet Orgueilleux cynique
Débiter les graves Leçons ;
Que le faftueux Xenocrate
Aille parmi les Maltotiers
De la Morale de Socrate
1
Citer
JANVIER :
1741
Citer des Chapitres entiers.
Pour moi , dans cette folitude ,
Content de mes fimples deftins
Loin des .
Je vis exempt d'inquiétude ;
Mon coeur eft mon unique étude
Vertueux par tempérament ,
Rimant fans art & par caprices ,
Libertin par amuſement ,
Me
portant bien par artifices ;
Tels font mes vertus & mes vicent
Jamais mon coeur ne fe dément
Lize y trouve un fidéle Amant ,
Et Damon un Ami fincere.
L'amour eft un mal néceffaire :
On ne peut vivre fans aimer :
Trop heureux fi je fçavois plaire ,
Comme P. *** fçait charmer !
Ne fouffrons pas que la fombre Sageffe
Obfcurciffe nos plus beaux jours,
Tandis que l'aimable jeuneſſe
Cueille les fleurs & les amours
Volons de Bergere en Bergere ,
Tel que le folâtre Zéphir
Qui fur l'aile du doux plaifir
Careffe la tendre fougere.
Loin d'ici ces Spectres fçavans ,
MERCURE DE FRANCE
Qui d'un Orgueilleux Zénoniſme
Fredonnent les triftes accens :
›Qu'ils aillent de leur pédautiſme
Débiter les Dogmes pefans .
Gra
Cro
04
Pour nous , vrais enfans de Thalie ;
Sages par goût , & foux par enjoûment
De leur vaine philofophie
Banniffons le raifontement ;
Chaffons cette mélancolie
Qui nous plonge dans le néant.
Je préfere le fentiment
A la précieufe harmonie
D'un Orateur affoupiffant ,
Qui des pointes de l'ironie
Décore un ftyle languiffant
De l'uniforme fymétrie
Fuyons le diffonant accord ;
J'aime mieux ** en furie
Qu'Houdart , dont le bon fens m'endort,
Je ne prétends point du Parnaſſe
M'ouvrir les obliques fentiers ,
Et difputer à ** les Lauriers
Qui couronnerent fon audace ;
De l'Hélicon pour jamais éloigné ,
Je quitte ces charmans rivages ,
Où tant de fois fous ces ombrages
Les Mufes m'ont accompagné
ten
stat
file
nde
bac
dro
adis
e
TOD
JANVIER .
1743 .
Je regrette ces lieux champêtres ,
Où mon nom des mains de l'amour
Gravé fur l'écorce des Hêtres ,
Croiffoit avec eux chaque jour.
Od font ces ruifleaux , ces prairies
Ces bois , qui malgré les hyvers
Peuplés de Mirthes toujours verts
Sembloient fur ces rives fleuries
Raffembler cent plaifirs divers
De ces paifibles folitudes
Pourquoi retracer le tableaua
Il nourrit mes inquiétudes ;
Je rends à l'amour fon piuceau.
Satisfait d'admirer Voltaire ,
Et d'applaudir à fes Ecrits ,
Ami , je confens à me taire ;
Le filence eft doux à ce prix !
Ovide , Properce , Tibulle ,
Au badinage de Catuller
Joindront celui d'Anacreon ,
Tandis qu'Horace & Ciceron ,
Unis par un noeud agréable ,
D'une Philofophie aimable
Sçauront revêtir la raiſon .
Enée & le bouillant Achille
M'animeront de leurs tranfports ;
Lilton , de fes fougueux accords
Surto
MERCURE DE FRANCE
Surpendra mon ame immobile.
Armide & fon volage Amant
Me feront part de leur brulante flâme à
La tendreffe , l'emportement
Se communiqueront à mon ame.
Mairant , Maupertuis , m'inftruiront
Bernard , Prévost , m'amuſeront .
Ainfi volant de merveille en merveille
De ces ingénieux Auteurs ,
Semblable à la prudente Abeille 3
Je fucerai les fruits avec les fleurs.
Si mon efprit eft encore idolâtre '
Des fentimens raffinés du Théatre
Zaïre en pleurs , Radamifthe , Brutus
M'infpireront tour à tour leurs vertus,
Ami , daigne accepter ces rimes ,
Filles d'un innocent loifir ;
Tu fçauras peindre le plaifir
Sous des images plus fublimes ;
C'eſt à toi par tes doux accens
De charmer ce Sexe folâtre ,
Qui de fes attraits idolâtre ,
Brigue nos voeux & notre encens.
Des fons enchanteurs de ta Lyre
Tu fufpens le cours des Ruiffeaux
L'Amour , l'ame de tes travaux ,
Te dicte ces Vers qu'on admire ;
Pal
JANVIER. 1713.
ar une brillante union
Tu raffembles dans ta perfonne
Sophocle , Orphée , Anacréon ,
Sous les traits du fils de Latone .
Tantôt , par d'heureux monumens
Tu nous peins le plaifir fincere
D'un couple fortuné d'Amans ,
Qui folâtrent fur la fougere.
Tantôt l'air docile à ta voix ,
Formant une lente cadence ,
Semble s'animer fous tes doigts ,
Et de Tircis exprimer la fouffrance
On te voit , nouvel Amphion ,
Rendre la conftance à Liſette ,
Dont une faveur indifcrette
Avoit éteint la paffion ;
Ton plaifir naît avec ta gloire ,
A l'ombre des Mirthes fleuris .
Goûte les fruits de ta victoire ,
Et tandis qu'entouré de Ris ,
Couronné d'illets & de Rofes ,
Tu cueilleras dans les Champs de Cypris
Mille fleurs pour toi feul éclofes ;
Tandis que d'Amours en Amours
Tel que le Papillon volage ,
Tu promeneras tes beaux jours
Sans jamais fixer ton hommage ,
Le goût , la paix , la volupté ,
Nous tiendront dans un eſclavage
>
2
Plus
1
12 MERCURE DE FRANCE
Plus charmant que la liberté.
P *** , c'eſt affés écrire ;
Le caprice m'ôte la Lyre
Qu'il avoit remife en mes mains ;
Je vais loin des bords du Permeffe
Confommer mes heureux deſtins.
Tandis que l'aveugle richeſſe
De fes trésors ébloüit les Humains ,
Et fur leurs jours à pleines mains ;
Répand les pleurs & la triſteſſe ,
Mes yeux , trahis par le fommeil ,
Ferment leur péfante paupiere ;
La nuit , dans un ſombre appareil ,
Va de la céleste carriere
A fes Courfiers entr'ouvrir la barrierę,
Puiffai-je , après un prompt réveil ,
De Phébus revoir la lumiere ,
Et fentir de nouveaux défirs
Qui , loin d'irriter ma pareffe ,
En créant de nouveaux plaifirs ,
M'arracheront des bras de la molefle
A M. P *** , par M. d'Arnaud.
C
Her P *** , toi dont les tendres.
fons ,
Enfans de la délicateffe ,
Des Chaulieux & des Pavillons
Réveillent la douce moleffe ;
Toi qui nous peins avec adreffe ,
Sous de voluptueux , atours ,
La Liberté , fille de la Pareffe ,
cre
2 MERCURE DE FRANCE
Mere des folâtres Amours ,
Du féjour de l'Indifference T
Dans les bras de l'Oifiveté -
Goûtant au fein de l'indolence
Une fage tranquillité ,
Loin de ces Lieux où l'opulence
Répand fes trésors corrupteurs ,
Où le foible éclat des grandeurs ,
Eblouit la fombre ignorance ,.
Fayant la trifte aufterité
D'Orgon , dont le dehors fauvage
Du mafque de la pïeté ,
Du plus honteux libertinage
Couvrant la fcandaleuſe image
Trompe les yeux de l'équité .
Confervant dans mon esclavage
Le repos & la liberté
C'est ainsi qu'avec négligence ,
Accouplant des Vers inégaux ,.
Sans fortir de ma nonchalance
Je te fais part de mes travaux.
Ainfi fous des couleurs légeres ,
Tour à tour Calot & Pouffin
D'un pinceau critique ou badin.
De cent figures paffageres
Je vais t'ébaucher ie deflein ..
Amour me conduira la main :
Jamiais
JANVIER.
1743
Jamais ce Dieu ne gâta la Nature ;
De l'embellir il a toujours pris foin ,
Et s'il dédaigne la parure ,
C'eft qu'il n'en eut jamais befoin.
Tel eft le portrait véritable
De cet amour maintenant oublié ,
Il reffembloit à l'amitié
>
Et l'amitié n'eſt plus aimble ;
Ah ! revenez fiécles heureux ,
Venez écarter les orages
Qui de ces paisibles bocages
Font des déferts les plus affreux..
Retracez - nous ces riants Païlages ,
Qui n'offroient aux regards des fages
Qu'une fimple varieté ;
Nos Soleils étoient fans nuages ,
Et nos jours fans obfcurité ;
Le coeur parloit , & ce naïf langage
Suffifoit pour être écouté ;
Un lit de mouffe , un verd feuillage
Servoient d'Autels à la fidelité ;
Par fon éclat peu defirable
L'or n'avoit poins terni nos moeurs ;
Nous goûtions ces plaifirs flateurs ,
Nés d'une volupté durable ,
Nourris d'innocentes faveurs.
L'Amour ne connoiffoit de maître
Qu'un
4
MERCURE DE
FRANCE
Qu'un réciproque changement ;
Ses feux bruloient ...
"
Ou
s'éteignoient dans le même moment
Les noeuds d'une vive tendreffe
Nous ferroient
volontairement ;
Le naturel , le fentiment ,
Mieux que la froide politeffe
S'exprimoient avec agrément.
On rejetteit l'infipide jufteffe
De ces difcours faſtidieux ;
Organes de la flaterie ;
Le coeur parloit avec les yeux &
Les yeux étoient fans fourberie
L'interêt , la bigotterie ,
Le menfonge , la trahifon ,
L'orgueil , la vengeance , l'envie :
N'avoient point verfé leur poiſon
Sur le berceau de notre vie ;
L'Amour étoit notre Divinité ;
L'Art n'étaloit pas ces preftiges
Confacrés à la Vanité ,
De la Nature on fuivoit les veftiges ;
Rien ne voiloit fa nudité.
Le Narcife , la Violette.
Suffifoient aux charmes d'Iris :
Lifandre en connoifloit le prix.
Tantôt fur la douce Mufette
Affis
JANVIER. 1743.
Affis fous un ombrage frais ,
Daphnis redifoit aux Forêts
Le nom de la jeune Lifette :
Ce ruiffeau dans fon propre cours
Promenoit fes ondes errantes ,
Et n'alloit point par de nouveaux détours
S'ouvrir des routes differentes .
Que notre fort paroiffoit enchanteur !
Tout reffentoit cet heureux don de plaire
Le Berger étoit moins trompeur ,
Et la Bergere plus fincere:
Alors regnoit la Volupté
Non , cette volupté traîtreffe,
Qui de fa coupe enchantereffe
Verſe en nos coeurs l'impureté ,
Et d'une féduiſante yvrefle
Nous cachant la malignité ,
De la railon lâche Maîtreffe ,.
Nous endort dans l'iniquité ;
Mais cette volupté tranquille ,
Qui , loin d'empoifonner nos fens ;
Rend toujours le plaifir facile ,
Quand les defirs font innocens.
Tel étoit ce bonheur fuprême ,
Le partage de nos Ayeux :
Auffi parfaits que les Dieux mêmes ,
Ils le montroient adorables comme eux.
Mais
MERCURE DE FRANCE
Mais , cher Ami , cette brillante Aurore
A ceffé de nous éclairer ,
Telle qu'un débile Phoſphore
Qu'on voit naître & s'évaporer 5
L'idquiétude & l'avarice
Volent fans ceffe autour de ces Palais
Creufés des mains de l'injuftice,
Et le repaire des forfaits.
En vain l'innocence opprimée
A ce Senat fait entendre fes cris ,
Thémis voit fes
par propres
fils
Brifer le fer dont ils l'avoient armée
D'une coupable obfcurité
Développons les replis les plus fombres ,
Que les feux de la vérité
De cette nuit éclairciffent les ombres ,
Et d'un voile mystérieux
Que notre ceil perçant les nuages ,
Sur ces criminelles images
Fixe fes regards curieux ;
Ne troublons point le repos léthargique
Des Quintius & des Pifons ;
Laiffons cet Orgueilleux cynique
Débiter les graves Leçons ;
Que le faftueux Xenocrate
Aille parmi les Maltotiers
De la Morale de Socrate
1
Citer
JANVIER :
1741
Citer des Chapitres entiers.
Pour moi , dans cette folitude ,
Content de mes fimples deftins
Loin des .
Je vis exempt d'inquiétude ;
Mon coeur eft mon unique étude
Vertueux par tempérament ,
Rimant fans art & par caprices ,
Libertin par amuſement ,
Me
portant bien par artifices ;
Tels font mes vertus & mes vicent
Jamais mon coeur ne fe dément
Lize y trouve un fidéle Amant ,
Et Damon un Ami fincere.
L'amour eft un mal néceffaire :
On ne peut vivre fans aimer :
Trop heureux fi je fçavois plaire ,
Comme P. *** fçait charmer !
Ne fouffrons pas que la fombre Sageffe
Obfcurciffe nos plus beaux jours,
Tandis que l'aimable jeuneſſe
Cueille les fleurs & les amours
Volons de Bergere en Bergere ,
Tel que le folâtre Zéphir
Qui fur l'aile du doux plaifir
Careffe la tendre fougere.
Loin d'ici ces Spectres fçavans ,
MERCURE DE FRANCE
Qui d'un Orgueilleux Zénoniſme
Fredonnent les triftes accens :
›Qu'ils aillent de leur pédautiſme
Débiter les Dogmes pefans .
Gra
Cro
04
Pour nous , vrais enfans de Thalie ;
Sages par goût , & foux par enjoûment
De leur vaine philofophie
Banniffons le raifontement ;
Chaffons cette mélancolie
Qui nous plonge dans le néant.
Je préfere le fentiment
A la précieufe harmonie
D'un Orateur affoupiffant ,
Qui des pointes de l'ironie
Décore un ftyle languiffant
De l'uniforme fymétrie
Fuyons le diffonant accord ;
J'aime mieux ** en furie
Qu'Houdart , dont le bon fens m'endort,
Je ne prétends point du Parnaſſe
M'ouvrir les obliques fentiers ,
Et difputer à ** les Lauriers
Qui couronnerent fon audace ;
De l'Hélicon pour jamais éloigné ,
Je quitte ces charmans rivages ,
Où tant de fois fous ces ombrages
Les Mufes m'ont accompagné
ten
stat
file
nde
bac
dro
adis
e
TOD
JANVIER .
1743 .
Je regrette ces lieux champêtres ,
Où mon nom des mains de l'amour
Gravé fur l'écorce des Hêtres ,
Croiffoit avec eux chaque jour.
Od font ces ruifleaux , ces prairies
Ces bois , qui malgré les hyvers
Peuplés de Mirthes toujours verts
Sembloient fur ces rives fleuries
Raffembler cent plaifirs divers
De ces paifibles folitudes
Pourquoi retracer le tableaua
Il nourrit mes inquiétudes ;
Je rends à l'amour fon piuceau.
Satisfait d'admirer Voltaire ,
Et d'applaudir à fes Ecrits ,
Ami , je confens à me taire ;
Le filence eft doux à ce prix !
Ovide , Properce , Tibulle ,
Au badinage de Catuller
Joindront celui d'Anacreon ,
Tandis qu'Horace & Ciceron ,
Unis par un noeud agréable ,
D'une Philofophie aimable
Sçauront revêtir la raiſon .
Enée & le bouillant Achille
M'animeront de leurs tranfports ;
Lilton , de fes fougueux accords
Surto
MERCURE DE FRANCE
Surpendra mon ame immobile.
Armide & fon volage Amant
Me feront part de leur brulante flâme à
La tendreffe , l'emportement
Se communiqueront à mon ame.
Mairant , Maupertuis , m'inftruiront
Bernard , Prévost , m'amuſeront .
Ainfi volant de merveille en merveille
De ces ingénieux Auteurs ,
Semblable à la prudente Abeille 3
Je fucerai les fruits avec les fleurs.
Si mon efprit eft encore idolâtre '
Des fentimens raffinés du Théatre
Zaïre en pleurs , Radamifthe , Brutus
M'infpireront tour à tour leurs vertus,
Ami , daigne accepter ces rimes ,
Filles d'un innocent loifir ;
Tu fçauras peindre le plaifir
Sous des images plus fublimes ;
C'eſt à toi par tes doux accens
De charmer ce Sexe folâtre ,
Qui de fes attraits idolâtre ,
Brigue nos voeux & notre encens.
Des fons enchanteurs de ta Lyre
Tu fufpens le cours des Ruiffeaux
L'Amour , l'ame de tes travaux ,
Te dicte ces Vers qu'on admire ;
Pal
JANVIER. 1713.
ar une brillante union
Tu raffembles dans ta perfonne
Sophocle , Orphée , Anacréon ,
Sous les traits du fils de Latone .
Tantôt , par d'heureux monumens
Tu nous peins le plaifir fincere
D'un couple fortuné d'Amans ,
Qui folâtrent fur la fougere.
Tantôt l'air docile à ta voix ,
Formant une lente cadence ,
Semble s'animer fous tes doigts ,
Et de Tircis exprimer la fouffrance
On te voit , nouvel Amphion ,
Rendre la conftance à Liſette ,
Dont une faveur indifcrette
Avoit éteint la paffion ;
Ton plaifir naît avec ta gloire ,
A l'ombre des Mirthes fleuris .
Goûte les fruits de ta victoire ,
Et tandis qu'entouré de Ris ,
Couronné d'illets & de Rofes ,
Tu cueilleras dans les Champs de Cypris
Mille fleurs pour toi feul éclofes ;
Tandis que d'Amours en Amours
Tel que le Papillon volage ,
Tu promeneras tes beaux jours
Sans jamais fixer ton hommage ,
Le goût , la paix , la volupté ,
Nous tiendront dans un eſclavage
>
2
Plus
1
12 MERCURE DE FRANCE
Plus charmant que la liberté.
P *** , c'eſt affés écrire ;
Le caprice m'ôte la Lyre
Qu'il avoit remife en mes mains ;
Je vais loin des bords du Permeffe
Confommer mes heureux deſtins.
Tandis que l'aveugle richeſſe
De fes trésors ébloüit les Humains ,
Et fur leurs jours à pleines mains ;
Répand les pleurs & la triſteſſe ,
Mes yeux , trahis par le fommeil ,
Ferment leur péfante paupiere ;
La nuit , dans un ſombre appareil ,
Va de la céleste carriere
A fes Courfiers entr'ouvrir la barrierę,
Puiffai-je , après un prompt réveil ,
De Phébus revoir la lumiere ,
Et fentir de nouveaux défirs
Qui , loin d'irriter ma pareffe ,
En créant de nouveaux plaifirs ,
M'arracheront des bras de la molefle
Fermer
15
p. 69-70
VAUDEVILLE.
Début :
Une timide Bergere, [...]
Mots clefs :
Berger, Bergère, Fillettes, Amour
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : VAUDEVILLE.
VAUDEVILLE.
UNE
timide
Bergere,
Mais fenfible au jeu d'amour ,
Au fond d'un bois folitaire ,
Chantoit ainfi l'autre jour :
Quel plaifir pour les fillettes ;
Avec un tendre Berger ,
Si l'on pouvoit fans danger ,
Se laiffer , fe laiffer conter fleurettes .
Le jeune Colin s'exprime
D'un air qui flate mon coeur ;
Pourquoi du feu qui l'anime ,
N'ofai-je écouter l'ardeur ,
Quel plaifir pour les fillettes , & c.
70 MERCURE DE FRANCE.
Colin , fous un verd feuillage ,
Ecoutoit cette chanson ,
En entrant dans le bocage
Il répondit fur ce con :
Quel plaifir pour les fillettes ,
Avec un prudent Berger
Elles peuvent fans danger ,
Se laiffer conter , & c .
Hélas ! lui dit Célimene ,
L'amour eſt ſouvent trompeuf.
Quand un aveugle nous méne ,
On doit toujours avoir peur.
Quel plaifir pour les fillettes ,
Avec un tendre Berger ;
Mais pourrai-je fans danger ,
Me laiffer , me laiffer conter fleurettes.
La Bergere plus fenfible
Du Berger crut le ferment ;
Colin paroît moins terrible
En paroiffant plus charmant :
Quel plaifir pour les fillettes ,
Avec un tendre Berger ;
On croit bientôt fans danger ,
Se laiffer , fe laiffer conter fleurettes.
UNE
timide
Bergere,
Mais fenfible au jeu d'amour ,
Au fond d'un bois folitaire ,
Chantoit ainfi l'autre jour :
Quel plaifir pour les fillettes ;
Avec un tendre Berger ,
Si l'on pouvoit fans danger ,
Se laiffer , fe laiffer conter fleurettes .
Le jeune Colin s'exprime
D'un air qui flate mon coeur ;
Pourquoi du feu qui l'anime ,
N'ofai-je écouter l'ardeur ,
Quel plaifir pour les fillettes , & c.
70 MERCURE DE FRANCE.
Colin , fous un verd feuillage ,
Ecoutoit cette chanson ,
En entrant dans le bocage
Il répondit fur ce con :
Quel plaifir pour les fillettes ,
Avec un prudent Berger
Elles peuvent fans danger ,
Se laiffer conter , & c .
Hélas ! lui dit Célimene ,
L'amour eſt ſouvent trompeuf.
Quand un aveugle nous méne ,
On doit toujours avoir peur.
Quel plaifir pour les fillettes ,
Avec un tendre Berger ;
Mais pourrai-je fans danger ,
Me laiffer , me laiffer conter fleurettes.
La Bergere plus fenfible
Du Berger crut le ferment ;
Colin paroît moins terrible
En paroiffant plus charmant :
Quel plaifir pour les fillettes ,
Avec un tendre Berger ;
On croit bientôt fans danger ,
Se laiffer , fe laiffer conter fleurettes.
Fermer
Résumé : VAUDEVILLE.
Le texte décrit un vaudeville où une bergère timide, mais sensible aux jeux de l'amour, chante dans un bois solitaire sur le plaisir des fillettes de se laisser conter fleurettes par un berger tendre sans danger. Colin, un jeune homme, écoute cette chanson et y répond en exprimant son désir. Célimène, un autre personnage, met en garde contre les tromperies de l'amour. La bergère, séduite par les paroles charmantes de Colin, finit par le trouver moins effrayant et plus attirant. Le vaudeville se conclut sur l'idée que les fillettes peuvent se laisser conter fleurettes par un berger tendre sans danger.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
16
p. 41-46
TRADUCTION De l'Eté de M. l'Abbé Métastaze.
Début :
Des pleurs précieux de l'Aurore [...]
Mots clefs :
Bergère, Chaleur, Amour
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TRADUCTION De l'Eté de M. l'Abbé Métastaze.
TRADUCTION
De l'Eté de M. l'Abbé Métaftaze.
DEs pleurs précieux de l'Aurore
Nos champs ne font plus pénétrés ;
brillantes couleurs de Flore ,
Njardins ne font plus parés.
L Eté , qu'un blond épic couronne ,
Amene déja la moiffon :
Et la chaleur qui l'environne ,
A terni l'éclat du
gazon.
#
L'air appéfanti nous accable ,
Sitôt que le foleil s'enfuit :
Son feu déposé dans le ſable ,
S'éleve & réchauffe la nuit.
Ces prez voifins d'une fontaine
N'ont plus de ruiffeau bienfaicteurs.
L'autan , fous fa brulante haleine ,
Voit plier la tige des fleurs.
42 MERCURE DE FRANCE:
Des nuages , la terre aride
Ne reçoit aucun aliment :
De leurs dons fa furface avide
Partout fe fillonne & fe fend.
L'arbre que le printems décore ,
N'a plus fa premiere verdeur :
Et le rayon qui le dévore .
Paroît y laiffer fa couleur.
Le faule ingrat fur le rivage ;
A ce ruiffeau qui le nourrit
Ceffant de porter fon ombrage ;
Le livre au chaud qui le tarit.
3
On voit ,fans en craindre l'outrage ,
Le moiffonneur , fous le foleil ,
Accablé du poids de l'ouvrage ,
Gouter la douceur du fommeil .
串
Près de lui la Bergere aimable ,
Courant d'un pas rapide & prompt ,
Ote d'une ma n fécourable
La fueur qui baigne fon front.
NOVEMBRE. 1755. 43
Nos guèrets couverts de pouffiere
Du timide gibier qui fuit
N'offrent plus la piste légere
A l'ennemi qui le pourfuit.
Vainement le chaffeur tourmente
Le chien bientôt las d'aboyer ;
Son haleine courte & fréquente
Paffe & repaffe à ſon gofier.
Ce taureau bondiffant fur l'herbe ,
Dont le Berger a vu l'ardeur,
Et qui furieux & fuperbe
Porta fa flamme dans fon coeur •
Cédant au chaud qui l'extenue ,
Mugit , fe couche lentement ,
Tandis que la géniffe émue
Répond à fon mugiffement.
8
Du roffignol , que rien n'égale ,
Quand les accens charment nos bois ,
Le fon aigu de la cigale
A remplacé la douce voix.
44 MERCURE DE FRANCE.
Le ferpent qui fe renouvelle ,
Siffle , épouvante les pafteurs ;
Fier , au rayon qui le décele ,
Il oppofe mille couleurs.
Au fond de l'élement humide
Qu'attiédit la chaleur du jour ,
Sous l'algue le poiffon timide ,
Cherche à tempérer fon féjour.
D'une faiſon auſſi terrible
Je fupporterois la rigueur ;
Si Life à mes foupirs fenfible ;
S'attendriffoit en ma faveur .
Qu'Amour aux déferts de Lybie ,
Ou dans les climats les plus froids ,
Me mene au gré de fon envie ,
J'y fuis heureux , fi je t'y vois.
Quoique la, cime en foit brulée ;
Ce mont , par fon dos recourbé
Par cette ombrageufe vallée )
A la chaleur eft dérobé,
NOVEMBRE. 1755. 45
De ce côteau coule une fource ,
Dont la chute épure fes eaux
Et qui partagée en la courſe ,
Se répand en mille ruiffeaux,
Jamais la Bergere n'y mene
L'importun troupeau qui la fuit ;
La lune y paroît incertaine ,
Foiblement le foleil y luit.
Qu'en ces beaux lieux la nuit nous trompe ;
Qu'elle nous preſſe de jouir ;
Et qu'aucun fouci n'interrompe
Le moment heureux du plaifir.
Pourquoi chercher dans le nuage
Du fombre & douteux avenir ;
Il n'eft qu'un tems pour le bel âge ,
Life , l'amour doit le remplir,
Si le Dieu du Pinde m'inſpire ,
Si l'amour m'affure ta foi ,
Que le fort contre mor confpire ,
Je l'attends fans aucun effroi.
46 MERCURE DE FRANCE.
Ni le luxe de la richeſſe ,
Ni le faux éclat de l'honneur ,
Ni les glaces de la vieilleffe
Ne changeront jamais mon coeur.
Tout courbé , la tête chenue ,
Mon luth fléchira fous mes doigts ;
A fa corde alors mal tendue
J'accorderai ma foible voix.
Je chercherai l'amour encore
Dans ces beaux yeux moins empreffés ;
Et fur cette main que j'adore ,
Mes froids baifers feront tracés,
Grands Dieux , qu'aucun trouble n'altere ,
De nos maux , paiſibles témoins ,
Souffrez que mon luth , ma Bergere ,
Soient toujours l'objet de mes foins.
#
i
Que pour nous la parque moitis dure ,
D'un long fil couvre ſon fuſeau ,
Life , d'une flamme auffi pure
Je brulerai jufqu'au tombeau.
Pallu , de Poitiers.
De l'Eté de M. l'Abbé Métaftaze.
DEs pleurs précieux de l'Aurore
Nos champs ne font plus pénétrés ;
brillantes couleurs de Flore ,
Njardins ne font plus parés.
L Eté , qu'un blond épic couronne ,
Amene déja la moiffon :
Et la chaleur qui l'environne ,
A terni l'éclat du
gazon.
#
L'air appéfanti nous accable ,
Sitôt que le foleil s'enfuit :
Son feu déposé dans le ſable ,
S'éleve & réchauffe la nuit.
Ces prez voifins d'une fontaine
N'ont plus de ruiffeau bienfaicteurs.
L'autan , fous fa brulante haleine ,
Voit plier la tige des fleurs.
42 MERCURE DE FRANCE:
Des nuages , la terre aride
Ne reçoit aucun aliment :
De leurs dons fa furface avide
Partout fe fillonne & fe fend.
L'arbre que le printems décore ,
N'a plus fa premiere verdeur :
Et le rayon qui le dévore .
Paroît y laiffer fa couleur.
Le faule ingrat fur le rivage ;
A ce ruiffeau qui le nourrit
Ceffant de porter fon ombrage ;
Le livre au chaud qui le tarit.
3
On voit ,fans en craindre l'outrage ,
Le moiffonneur , fous le foleil ,
Accablé du poids de l'ouvrage ,
Gouter la douceur du fommeil .
串
Près de lui la Bergere aimable ,
Courant d'un pas rapide & prompt ,
Ote d'une ma n fécourable
La fueur qui baigne fon front.
NOVEMBRE. 1755. 43
Nos guèrets couverts de pouffiere
Du timide gibier qui fuit
N'offrent plus la piste légere
A l'ennemi qui le pourfuit.
Vainement le chaffeur tourmente
Le chien bientôt las d'aboyer ;
Son haleine courte & fréquente
Paffe & repaffe à ſon gofier.
Ce taureau bondiffant fur l'herbe ,
Dont le Berger a vu l'ardeur,
Et qui furieux & fuperbe
Porta fa flamme dans fon coeur •
Cédant au chaud qui l'extenue ,
Mugit , fe couche lentement ,
Tandis que la géniffe émue
Répond à fon mugiffement.
8
Du roffignol , que rien n'égale ,
Quand les accens charment nos bois ,
Le fon aigu de la cigale
A remplacé la douce voix.
44 MERCURE DE FRANCE.
Le ferpent qui fe renouvelle ,
Siffle , épouvante les pafteurs ;
Fier , au rayon qui le décele ,
Il oppofe mille couleurs.
Au fond de l'élement humide
Qu'attiédit la chaleur du jour ,
Sous l'algue le poiffon timide ,
Cherche à tempérer fon féjour.
D'une faiſon auſſi terrible
Je fupporterois la rigueur ;
Si Life à mes foupirs fenfible ;
S'attendriffoit en ma faveur .
Qu'Amour aux déferts de Lybie ,
Ou dans les climats les plus froids ,
Me mene au gré de fon envie ,
J'y fuis heureux , fi je t'y vois.
Quoique la, cime en foit brulée ;
Ce mont , par fon dos recourbé
Par cette ombrageufe vallée )
A la chaleur eft dérobé,
NOVEMBRE. 1755. 45
De ce côteau coule une fource ,
Dont la chute épure fes eaux
Et qui partagée en la courſe ,
Se répand en mille ruiffeaux,
Jamais la Bergere n'y mene
L'importun troupeau qui la fuit ;
La lune y paroît incertaine ,
Foiblement le foleil y luit.
Qu'en ces beaux lieux la nuit nous trompe ;
Qu'elle nous preſſe de jouir ;
Et qu'aucun fouci n'interrompe
Le moment heureux du plaifir.
Pourquoi chercher dans le nuage
Du fombre & douteux avenir ;
Il n'eft qu'un tems pour le bel âge ,
Life , l'amour doit le remplir,
Si le Dieu du Pinde m'inſpire ,
Si l'amour m'affure ta foi ,
Que le fort contre mor confpire ,
Je l'attends fans aucun effroi.
46 MERCURE DE FRANCE.
Ni le luxe de la richeſſe ,
Ni le faux éclat de l'honneur ,
Ni les glaces de la vieilleffe
Ne changeront jamais mon coeur.
Tout courbé , la tête chenue ,
Mon luth fléchira fous mes doigts ;
A fa corde alors mal tendue
J'accorderai ma foible voix.
Je chercherai l'amour encore
Dans ces beaux yeux moins empreffés ;
Et fur cette main que j'adore ,
Mes froids baifers feront tracés,
Grands Dieux , qu'aucun trouble n'altere ,
De nos maux , paiſibles témoins ,
Souffrez que mon luth , ma Bergere ,
Soient toujours l'objet de mes foins.
#
i
Que pour nous la parque moitis dure ,
D'un long fil couvre ſon fuſeau ,
Life , d'une flamme auffi pure
Je brulerai jufqu'au tombeau.
Pallu , de Poitiers.
Fermer
Résumé : TRADUCTION De l'Eté de M. l'Abbé Métastaze.
Le poème 'Des pleurs précieux de l'Aurore' de l'Abbé Métafaze, publié dans le Mercure de France en novembre 1755, décrit les effets dévastateurs de la chaleur estivale sur la nature. Les champs et les jardins ont perdu leur éclat, et les arbres ont perdu leur verdure. La chaleur intense rend les nuits étouffantes et les sources d'eau sont taries. Les animaux, tels que les taureaux et les chiens, souffrent de la chaleur. Les bergers et les moissonneurs cherchent refuge dans le sommeil. Le poète exprime son amour inconditionnel pour une personne, affirmant qu'il serait heureux en sa compagnie même dans les conditions les plus difficiles. Il souhaite que son amour reste pur et constant jusqu'à la fin de sa vie, malgré les épreuves.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
17
p. 70-72
COUPLETS A mettre en chant.
Début :
Dans ces bois où le sort m'amène, [...]
Mots clefs :
Chant, Douceur, Appas, Amour, Maîtresse, Bergère
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : COUPLETS A mettre en chant.
COUPLETS
DANS
A mettre en chant.
ANS ces bois où le fort m'amène ,
Sous ces ombrages frais ,
Tout me parle de l'inhumaine
Dont la beauté m'enchaîne ,
Tout m'en offre les traits.
Ce matin , en voyant éclore
Les rayons du Soleil ,
Je difois : ô riante Aurore ,
AVRIL. 1763. 71
De celle que j'adore
Tu me peins le réveil !
Tu charmes en vain ce boccage,
Roffignol enchanteur ;
Tu ne fçaurois dans ton ramage,
Dé fon brillant langage
Egaler lá douceur.
Il fort de fa bouche vermeille
Un miel plus précieux
Que ne l'eft celui de l'abeille ;
Elle charme l'oreille
Auffi bien que les
yeux.
Son efprit , fa raiſon égale
Ses appas féducteurs.
Outre la beauté qu'elle étale ,
Ainfi la rofe exhale
Les plus douces odeurs.
Hélas ! que cette fleur cruelle
Dont on craint d'approcher ,
Nous peint fidélement ma belle !
On foupire pour elle,
Et l'on n'ofe y toucher.
Viens fléchir fon coeur intraitable ,
Amour puis- je eſpérer :
72 MERCURE DE FRANCE.
Que tu la rende un jour capable
Du fentiment aimable
Qu'elle fçait inſpirer ?
Près de fa compagne charmante
Un jeune Tourtereau ,
(
Brulé du feu qui me tourmente ,
De fa voix gémiffante
Attriftoit ce coteau.
J'ai vu la farouche maîtreſſe
Méprifer les foupirs.
Touchée enfin de fa tendreffe
Voilà qu'elle s'empreſſe
De combler fes defirs.
Par cette agréable avanture
Mon fort femble éclairci.
Faut- il en accepter l'augure ?
Et les maux que j'endure
Finiront-ils ainfi ?
Oui , je fléchirai ma Bergère ;
Mes maux n'auront qu'un temps.
Quand l'hyver nous a fait la guerre,
Il laiffe en paix la Tèrre ,
Et fait place au Printemps.
Par M. GERMAIN DE CRAIN.
DANS
A mettre en chant.
ANS ces bois où le fort m'amène ,
Sous ces ombrages frais ,
Tout me parle de l'inhumaine
Dont la beauté m'enchaîne ,
Tout m'en offre les traits.
Ce matin , en voyant éclore
Les rayons du Soleil ,
Je difois : ô riante Aurore ,
AVRIL. 1763. 71
De celle que j'adore
Tu me peins le réveil !
Tu charmes en vain ce boccage,
Roffignol enchanteur ;
Tu ne fçaurois dans ton ramage,
Dé fon brillant langage
Egaler lá douceur.
Il fort de fa bouche vermeille
Un miel plus précieux
Que ne l'eft celui de l'abeille ;
Elle charme l'oreille
Auffi bien que les
yeux.
Son efprit , fa raiſon égale
Ses appas féducteurs.
Outre la beauté qu'elle étale ,
Ainfi la rofe exhale
Les plus douces odeurs.
Hélas ! que cette fleur cruelle
Dont on craint d'approcher ,
Nous peint fidélement ma belle !
On foupire pour elle,
Et l'on n'ofe y toucher.
Viens fléchir fon coeur intraitable ,
Amour puis- je eſpérer :
72 MERCURE DE FRANCE.
Que tu la rende un jour capable
Du fentiment aimable
Qu'elle fçait inſpirer ?
Près de fa compagne charmante
Un jeune Tourtereau ,
(
Brulé du feu qui me tourmente ,
De fa voix gémiffante
Attriftoit ce coteau.
J'ai vu la farouche maîtreſſe
Méprifer les foupirs.
Touchée enfin de fa tendreffe
Voilà qu'elle s'empreſſe
De combler fes defirs.
Par cette agréable avanture
Mon fort femble éclairci.
Faut- il en accepter l'augure ?
Et les maux que j'endure
Finiront-ils ainfi ?
Oui , je fléchirai ma Bergère ;
Mes maux n'auront qu'un temps.
Quand l'hyver nous a fait la guerre,
Il laiffe en paix la Tèrre ,
Et fait place au Printemps.
Par M. GERMAIN DE CRAIN.
Fermer
Résumé : COUPLETS A mettre en chant.
Le poème 'Couplets' de M. Germain de Crain, écrit en avril 1763, relate une promenade dans un bois où le narrateur observe des signes de la beauté d'une femme aimée. Il compare cette beauté à celle de l'aube et à la douceur du chant des oiseaux. Le narrateur admire l'esprit, la raison et la beauté de cette femme, mais la compare également à une fleur cruelle dont on craint de s'approcher. Il exprime son désir de voir son amour réciproque et raconte l'histoire d'un jeune tourtereau méprisé qui finit par voir sa maîtresse céder à ses avances. Le narrateur espère que son propre sort s'éclaircira de la même manière, que ses maux prendront fin, comme l'hiver laisse place au printemps.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
18
p. 11-13
ÉPITRE à Mlle D. S. P.
Début :
Vous de qui le charmant sourire [...]
Mots clefs :
Sourire, Séducteur, Bergère, Plaire, Beauté, Coquette, Nature, Égayer
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ÉPITRE à Mlle D. S. P.
ÉPITRE à Mlle D. S. P.
Vous de qui le charmant fourire
Enchante fans prétention ,
S. P ... fi mon léger crayon
Vous peint fous le nom de Thémire ,
Ce n'eft point une fiction.
De la plus naïve Bergère
Vous avez l'attrait féducteur ;
Sans que l'efprit commande au coeur
Vous avez le talent de plaires
Voilà tout l'art de la beauté :
Il ne vous manque en vérité ,
Que le corfet & la houlette .
Tandis que la vaine coquette ,
Sans ceffe un miroir à la main ,
Voit écouler chaque matin
A vj
12 MERCURE DE FRANCE.
A l'étude de fa toilette ,
Place une mouche avec deffein
Et par le rouge qu'elle apprête
Ranime fon vifage éteint.
Le coloris de votre teint
Ne doit rien à votre parure ,
Vous le tenez de la Nature:
Il coûte peu, fa beauté dure,
Et fon effet eft plus certain.
Devotre fexe, ô ma Thémire,
Vous raffemblez les agrémens ;
Mais vos goûts font bien différens :
L'on ne vous entend point médire
A tous propos , fur les paffans
Lâcher l'épigramme , puis rire.
L'on ne vous voit point fur les rangs
Parmi nos Belles étalées ,
Dans de fpacieuſes allées ,
Minauder d'un air dédaigneur ;-
Nile Petit- Maître ennuyeux
Lorgner votre aimable figure ,
Et dire d'un ton précieux
Elle n'eft pas mal , je vous jure !'
Thémire , vous aimez bien mieux
Tous les foirs fous le frais ombrage
Que procure le Maronnier
Avec la vive , le Tel
Jouir des momens du jeune âge,
Et déçem mnt vous égayer.
AOUST. 1763. 13
Tout à la fois heureufe & fage ,
Puiffiez -vous encore longtemps !
Goûter ces plaifirs innocens !
Il en eft , aimable Thémire ,
De plus parfaits , de plus touchans ,
L'amour par vos yeux les infpire ,
Et dans mon âme je les fens.
#1 Juillet 1763,
Vous de qui le charmant fourire
Enchante fans prétention ,
S. P ... fi mon léger crayon
Vous peint fous le nom de Thémire ,
Ce n'eft point une fiction.
De la plus naïve Bergère
Vous avez l'attrait féducteur ;
Sans que l'efprit commande au coeur
Vous avez le talent de plaires
Voilà tout l'art de la beauté :
Il ne vous manque en vérité ,
Que le corfet & la houlette .
Tandis que la vaine coquette ,
Sans ceffe un miroir à la main ,
Voit écouler chaque matin
A vj
12 MERCURE DE FRANCE.
A l'étude de fa toilette ,
Place une mouche avec deffein
Et par le rouge qu'elle apprête
Ranime fon vifage éteint.
Le coloris de votre teint
Ne doit rien à votre parure ,
Vous le tenez de la Nature:
Il coûte peu, fa beauté dure,
Et fon effet eft plus certain.
Devotre fexe, ô ma Thémire,
Vous raffemblez les agrémens ;
Mais vos goûts font bien différens :
L'on ne vous entend point médire
A tous propos , fur les paffans
Lâcher l'épigramme , puis rire.
L'on ne vous voit point fur les rangs
Parmi nos Belles étalées ,
Dans de fpacieuſes allées ,
Minauder d'un air dédaigneur ;-
Nile Petit- Maître ennuyeux
Lorgner votre aimable figure ,
Et dire d'un ton précieux
Elle n'eft pas mal , je vous jure !'
Thémire , vous aimez bien mieux
Tous les foirs fous le frais ombrage
Que procure le Maronnier
Avec la vive , le Tel
Jouir des momens du jeune âge,
Et déçem mnt vous égayer.
AOUST. 1763. 13
Tout à la fois heureufe & fage ,
Puiffiez -vous encore longtemps !
Goûter ces plaifirs innocens !
Il en eft , aimable Thémire ,
De plus parfaits , de plus touchans ,
L'amour par vos yeux les infpire ,
Et dans mon âme je les fens.
#1 Juillet 1763,
Fermer
19
p. 66-68
ROMANCE.
Début :
DÉFIEZ-VOUS sans cesse, [...]
Mots clefs :
Amour, Bergère, Romance, Malheur, Raison, Tendre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ROMANCE.
ROMANCE.
DiPIZ-VOUS fans ceffe ,
Bergères , de l'Amour ;
Ce Dieu flatte, careffe ,
Et bleffe tour-à-tour.
D'une jeune Bergère
Ecoutez le malheur ,
Si c'en eft un de plaire
Et de donner fon coeur.
Les fleurs & la verdure
Renaiffoient dans nos champs }
L'onde par fon murmure
Annonçoit le Printemps ;
Romance .
ᎠᎦ
Deffie's
vous sans cesse
cesse Bergère de l'a.-
= mour, Ce Dieu flatte
ca - resse Et blesse
W
tour a
tour: D'une jeune ber -ge-1
W
Ecoutes le malheur , Si c'en est un de
plaire Et de donner son oeoeur.
THE
NEW
YORK
PUBLIC
LIBRARY
.
ASTOR
, LENOX
AND TILDEN
FOUNDATIONS
.
SEPTEMBRE. 1763 .
Philomèle fredonne.
L'âme dans ſes beaux jours
Aux langueurs s'abandonne ,
C'eſt le temps des amours.
La fenfible Climène ,
La fleur de ce hameau ,'
Un matin dans la plaine
Conduifoit fon troupeau,
Elle y trouva Clitandre ,
Rougit & foupira ;
Elle avoit le coeur tendre à
Clitandre en profita.
L'Amour dès leur enfance
Avoit uni leurs coeurs ,
Tous deux de la conſtance
Ils goûtoient les douceurs .
Ainfi tendre & fidèle ,
Le Berger amoureux
Demandoit à fa Belle ,
Qu'elle comblât fes voeux.
Ufons de la jeuneſſe ,
Livrons-nous au plaifir ,
Le temps coule fans ceffe ,
Il éteint le defir ,
La vieilleffe pefante ,
Yers nous vient à pas lents:
68 MERCURE DE FRANCE.
Croyez- moi , chère Amante ,
Les plaifirs n'ont qu'un temps.
La Bergère interdite
Ecoute ces chanſons .
A répandre elle héfie ,
Et cède à ces doux fons,
Son âme fatisfaite ,
S'ouvre au feu du defir.
La Raifon eft muette
A la voix du plaiſir.
La Bergère timide
Defire , & n'ofe pass
L'Amour qui la déci
Termine fes combats .
Pour finir fon euvrage ,
Il faifit un rofeau ,
Puis au fond d'un bocag●
Il chaffe fon troupeau.
Climène en fuit la traee ,
Et dit à fon Amant ,
Ne me fais point de grace !
Un regard la dément .
Le trop rofé Clitandre
S'en rapporte à fes yeux.
L'Amour qui fçait entendre
Mérite d'être heureux.
DiPIZ-VOUS fans ceffe ,
Bergères , de l'Amour ;
Ce Dieu flatte, careffe ,
Et bleffe tour-à-tour.
D'une jeune Bergère
Ecoutez le malheur ,
Si c'en eft un de plaire
Et de donner fon coeur.
Les fleurs & la verdure
Renaiffoient dans nos champs }
L'onde par fon murmure
Annonçoit le Printemps ;
Romance .
ᎠᎦ
Deffie's
vous sans cesse
cesse Bergère de l'a.-
= mour, Ce Dieu flatte
ca - resse Et blesse
W
tour a
tour: D'une jeune ber -ge-1
W
Ecoutes le malheur , Si c'en est un de
plaire Et de donner son oeoeur.
THE
NEW
YORK
PUBLIC
LIBRARY
.
ASTOR
, LENOX
AND TILDEN
FOUNDATIONS
.
SEPTEMBRE. 1763 .
Philomèle fredonne.
L'âme dans ſes beaux jours
Aux langueurs s'abandonne ,
C'eſt le temps des amours.
La fenfible Climène ,
La fleur de ce hameau ,'
Un matin dans la plaine
Conduifoit fon troupeau,
Elle y trouva Clitandre ,
Rougit & foupira ;
Elle avoit le coeur tendre à
Clitandre en profita.
L'Amour dès leur enfance
Avoit uni leurs coeurs ,
Tous deux de la conſtance
Ils goûtoient les douceurs .
Ainfi tendre & fidèle ,
Le Berger amoureux
Demandoit à fa Belle ,
Qu'elle comblât fes voeux.
Ufons de la jeuneſſe ,
Livrons-nous au plaifir ,
Le temps coule fans ceffe ,
Il éteint le defir ,
La vieilleffe pefante ,
Yers nous vient à pas lents:
68 MERCURE DE FRANCE.
Croyez- moi , chère Amante ,
Les plaifirs n'ont qu'un temps.
La Bergère interdite
Ecoute ces chanſons .
A répandre elle héfie ,
Et cède à ces doux fons,
Son âme fatisfaite ,
S'ouvre au feu du defir.
La Raifon eft muette
A la voix du plaiſir.
La Bergère timide
Defire , & n'ofe pass
L'Amour qui la déci
Termine fes combats .
Pour finir fon euvrage ,
Il faifit un rofeau ,
Puis au fond d'un bocag●
Il chaffe fon troupeau.
Climène en fuit la traee ,
Et dit à fon Amant ,
Ne me fais point de grace !
Un regard la dément .
Le trop rofé Clitandre
S'en rapporte à fes yeux.
L'Amour qui fçait entendre
Mérite d'être heureux.
Fermer
20
p. 66-67
L'HEUREUX LARCIN. AIR : Jusques dans la moindre chose.
Début :
LA jeune & tendre Lisette, [...]
Mots clefs :
Amour, Larcin, Berger, Bouquet, Craintes, Bergère
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : L'HEUREUX LARCIN. AIR : Jusques dans la moindre chose.
L'HEUREUX LARCIN.
AIR : Jufques dans la moindre chofe,
LAA jeune & tendre Liſette
Dormoit feule en un bosquet.
Colin , qui de loin la guette ,
Veut dérober fon bouquet .
L'Amour le guide & l'infpire ;
Tour favorile fes voeux.
Life s'éveille , & fcupire ....
Le Berger étoit heureux .
Mineur.
C'est donc en vain , dit la Belle ,
Que j'ai cru juſqu'à ce jour ,
Oppofer un coeur rebelle
Aux piéges que tend l'Amour ?
I
OCTOBRE. 1763.
67
Quoique nos craintes préſagent ,
C'eſt un plaifir d'y tomber....
Les vrais Amans le partagent ;
Falloit-il le dérober ?
Majeur.
Pardon , charmante Bergère !
Pardon s'écria Colin ,
Si ma flâme téméraire
T'a fait un fi doux larcin .
Ce que l'Amour m'a fait prendre ,
Si tu doutois de ma foi ,
Je fuis prêt de te le rendre ,
Pour ne le devoir qu'à toi.
D. L. P..
AIR : Jufques dans la moindre chofe,
LAA jeune & tendre Liſette
Dormoit feule en un bosquet.
Colin , qui de loin la guette ,
Veut dérober fon bouquet .
L'Amour le guide & l'infpire ;
Tour favorile fes voeux.
Life s'éveille , & fcupire ....
Le Berger étoit heureux .
Mineur.
C'est donc en vain , dit la Belle ,
Que j'ai cru juſqu'à ce jour ,
Oppofer un coeur rebelle
Aux piéges que tend l'Amour ?
I
OCTOBRE. 1763.
67
Quoique nos craintes préſagent ,
C'eſt un plaifir d'y tomber....
Les vrais Amans le partagent ;
Falloit-il le dérober ?
Majeur.
Pardon , charmante Bergère !
Pardon s'écria Colin ,
Si ma flâme téméraire
T'a fait un fi doux larcin .
Ce que l'Amour m'a fait prendre ,
Si tu doutois de ma foi ,
Je fuis prêt de te le rendre ,
Pour ne le devoir qu'à toi.
D. L. P..
Fermer
21
p. 85
RONDEAU.
Début :
AMANS, si votre Bergère [...]
Mots clefs :
Rondeau, Bergère, Amour, Plaisir, Bonheur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RONDEAU.
RONDEAU .
AMANS , fi votre Bergère
Devient coquette ou légère ,
Sans regretter de trompeuſes faveurs,
Aimez ailleurs .
Si vous rentrez dans ſes chaînes ,
L'Amour rira de vos peines :
Ce Dieu ſe plaît à doubler les tourmens
Des ſots amans.
Dût-elle effacer Vénus même ,
Il faut être aimé quand on aime :
Le Plaiſir n'eſt que l'ombre du bonheur ,
Si l'on n'eſt ſûr du coeur :
Lui ſeul fait naître les defirs
Qui mènent aux vrais plaiſirs.
Amans , ſi votre Bergère , &c.
LaMuſique est de M.DU COUDRAY, Etudiant
au Collège d'Harcourt, âgé de douze ans.
Les Paroles, de M. D. L. P.....
AMANS , fi votre Bergère
Devient coquette ou légère ,
Sans regretter de trompeuſes faveurs,
Aimez ailleurs .
Si vous rentrez dans ſes chaînes ,
L'Amour rira de vos peines :
Ce Dieu ſe plaît à doubler les tourmens
Des ſots amans.
Dût-elle effacer Vénus même ,
Il faut être aimé quand on aime :
Le Plaiſir n'eſt que l'ombre du bonheur ,
Si l'on n'eſt ſûr du coeur :
Lui ſeul fait naître les defirs
Qui mènent aux vrais plaiſirs.
Amans , ſi votre Bergère , &c.
LaMuſique est de M.DU COUDRAY, Etudiant
au Collège d'Harcourt, âgé de douze ans.
Les Paroles, de M. D. L. P.....
Fermer
22
p. 70
RONDEAU.
Début :
AMANS, si votre Bergère, [...]
Mots clefs :
Amour, Amants, Bergère
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RONDEAU.
R o N D E A U. *
A MANs, ſi votre Bergère,
Devient coquette, ou légère ;
Atten dez de plus fortunés inſtans,
Soyez conſtans.
L'Amour, content de vos chaînes ;
Sçaura terminer vos peines ;
Il récompenſe toujours les tourmens
Des vrais Amans.
Jamais une Déeſſe même
Ne rebute un Mortel qui l'aime : - -
Hélas c'eſt pour faire ſon bonheur ;
Qu'Amour attaque un coeur ,
Et le remplit de ces deſirs
Qui ménent aux vrais plaiſirs.
Amans, ſi votre Bergère &c.
* Ce Rondeau eſt une parodie à peu-près ſur les
mêmes rimes de celui du Mercure de Novemb. 1763.
Paroles & Muſique del ſignor Michele Doloretti
da Roano,
A MANs, ſi votre Bergère,
Devient coquette, ou légère ;
Atten dez de plus fortunés inſtans,
Soyez conſtans.
L'Amour, content de vos chaînes ;
Sçaura terminer vos peines ;
Il récompenſe toujours les tourmens
Des vrais Amans.
Jamais une Déeſſe même
Ne rebute un Mortel qui l'aime : - -
Hélas c'eſt pour faire ſon bonheur ;
Qu'Amour attaque un coeur ,
Et le remplit de ces deſirs
Qui ménent aux vrais plaiſirs.
Amans, ſi votre Bergère &c.
* Ce Rondeau eſt une parodie à peu-près ſur les
mêmes rimes de celui du Mercure de Novemb. 1763.
Paroles & Muſique del ſignor Michele Doloretti
da Roano,
Fermer
23
p. 178
III.
Début :
La Bergère prévoyante, estampe d'environ dix-sept pouces de hauteur, gravée par [...]
Mots clefs :
Bergère, Berger, Jacques Aliamet, François Boucher
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : III.
III.
LaBergère prévoyante, eftampe d'environ
dix- ſept pouces de hauteur , gravée par
M. Aliamet , d'après un tableau de M.
Boucher.
C'eſt une Bergère qui enchaîne avec
des fleurs fon Berger endormi ; fujet
d'une compoſition galante , & ſupérieurement
gravé . A Paris , chez Aliamet
Graveur du Roi , & de L. M. Impériale
& Royale , rue des Mathurins , vis- à- vis
celle des Maçons .
LaBergère prévoyante, eftampe d'environ
dix- ſept pouces de hauteur , gravée par
M. Aliamet , d'après un tableau de M.
Boucher.
C'eſt une Bergère qui enchaîne avec
des fleurs fon Berger endormi ; fujet
d'une compoſition galante , & ſupérieurement
gravé . A Paris , chez Aliamet
Graveur du Roi , & de L. M. Impériale
& Royale , rue des Mathurins , vis- à- vis
celle des Maçons .
Fermer