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1
p. 285-2[89]
SENTIMENS SUR les trois premieres Questions proposées dans le XXIX Extraordinaire du Mercure Galant.
Début :
Si un Courtisan trompé dans ses esperances, est plus à plaindre [...]
Mots clefs :
Amant, Coeur, Amour, Courtisan, Tromperie, Passion, Héros, Chagrin, Maîtresse, Maux, Trahison, Beauté, Indiscrétion, Prodigalité, Avarice, Secourir, Misérables
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texteReconnaissance textuelle : SENTIMENS SUR les trois premieres Questions proposées dans le XXIX Extraordinaire du Mercure Galant.
SENTIMENS. s-V'll
les trois premières Zuelfions pro.
foféesdms le XXIX,Extraordi-
-
- naire du Mercure Gdant.
Si un Courtisan trompé dans ses
esperances,est plus à plaindre
qu'un Amant passionné
,
qui
ne peut toucher le coeur de la
Personne qu'il aime. IL n'eflcharmant lrüJCj(¡J,'lIn LOVIS
dans le monde;
Lors ejuun Courtisandanssa Cour.
Surquelqueesperancesefonde, 1
Et qu'il ne voit jamais le jour
Qttecefameux Héros a ses defirsrépondt;
Je le p'ains centfois plus qu'un Amant
dont l'amour
Nepeuttoucher lecoeur desa Bruneousa
Blonde.
C'estunmortelchagrin pour luy,
Qui luyfait d'autantplus âennuJ
Qitilnytrouvepoint deremede.
Vnefaveurdu Royferoittomfèsplaifirr;
LAnobleambition qui toujours lepossede
L'empe!êh! deformer ailleurs d'autres
desirs.
A{AU un Amantquipourune MattreJlè
Pleu-re.,languit, &roupireranscefe,
Sans quesesmaux puissent toucherfsll
coeur,
Ne peut-il pas avec une aute Belle
Qui ne luy fera point cruelle
Seconsolerde
@
sonmalheur?
Il eneP tant defavorables
Jldais je fais malma couravouât charmante
Iris,
£>ui pbaleros,ijfez. toujours des plut impitoya-
Et qui n'avez, pourmoy que de cruels mépris.
Changez d'humeur, beautésevère,
TrAirez-moy plm humainement,
Et pour lors ilse pourra faire
Qu'on me verra changer mt/fi de sentiment.
Si l'Infidélité d'une Maistresse
peutautoriserun Amant trahy àestreindiscret.
O
VandcCunetendre pafilon
'AlcandrepourPkiltsfentque[on Al ame efi prist,fènt queson est
JQuoy que cettebeauté lefuye&le mé- prise
Quelle teillee eennff~inn Ppoouurr ltuy jjvujfrqquu'aà lIao ttrraa--
hison,
Soninfidéliténar'en qui l'authorife
Afaire a cette Belleune indifèretion.
Lesecret en Amour doit e/lre inviolable, Et lui nesçauroit le garder,
Merite peu ce quunob, etaimable
Afou amour peut accorder.
Tourse vanger ll/tle infidelle,
Tout ce ejut peutfaire un Amant,
Ccfimitant cettecruelle
Defaire unautreengagement.
SilacharmanteIris dontmonameejf
ravie,
Voitloitdunefaveursoulagermonamour.
Et me trahir le mesme jour,
Je nenparlerait de ma vie.
Si la Prodigalité est moins condamnablequel'Avarice.
J E condamne fort rAVttricc,
Dans les Hommes cejlun grand
vice.
Tel vsrroit tout languirauprès deset
tresors,
Sans enmettre un tessondehors.
Poursecourirun Misérable,
Et
Et luy-mesme d'argent toujours infajjùtblej
Avec tout ce qu'il a de bien,
Manque de tout, plutofl que dese donner
rien.
Est-il rien de plut condamnable?
Mais dans la Prodigalité
Je ne voy rien digne de blâme;
C'est une genérosité
Quinesçauroitsortirque d'unegrandeur
d'ame.
Etsi r excez. enfaitdu mal,
Ce nest rien qu'à celuy dont le coeur libéral
.A moins pour luy quep4ur les aH/ru,
Oude qui les biensfont les nofires.
Maisou je ne pourray jamais la soûtenir,
C'efl dans le coeur d'une beauté cruelle
Dtnt mes Rivauxsçavent tout obtenir
Quandje ne puis rien avoird'elle.
DIEREVILLE,
les trois premières Zuelfions pro.
foféesdms le XXIX,Extraordi-
-
- naire du Mercure Gdant.
Si un Courtisan trompé dans ses
esperances,est plus à plaindre
qu'un Amant passionné
,
qui
ne peut toucher le coeur de la
Personne qu'il aime. IL n'eflcharmant lrüJCj(¡J,'lIn LOVIS
dans le monde;
Lors ejuun Courtisandanssa Cour.
Surquelqueesperancesefonde, 1
Et qu'il ne voit jamais le jour
Qttecefameux Héros a ses defirsrépondt;
Je le p'ains centfois plus qu'un Amant
dont l'amour
Nepeuttoucher lecoeur desa Bruneousa
Blonde.
C'estunmortelchagrin pour luy,
Qui luyfait d'autantplus âennuJ
Qitilnytrouvepoint deremede.
Vnefaveurdu Royferoittomfèsplaifirr;
LAnobleambition qui toujours lepossede
L'empe!êh! deformer ailleurs d'autres
desirs.
A{AU un Amantquipourune MattreJlè
Pleu-re.,languit, &roupireranscefe,
Sans quesesmaux puissent toucherfsll
coeur,
Ne peut-il pas avec une aute Belle
Qui ne luy fera point cruelle
Seconsolerde
@
sonmalheur?
Il eneP tant defavorables
Jldais je fais malma couravouât charmante
Iris,
£>ui pbaleros,ijfez. toujours des plut impitoya-
Et qui n'avez, pourmoy que de cruels mépris.
Changez d'humeur, beautésevère,
TrAirez-moy plm humainement,
Et pour lors ilse pourra faire
Qu'on me verra changer mt/fi de sentiment.
Si l'Infidélité d'une Maistresse
peutautoriserun Amant trahy àestreindiscret.
O
VandcCunetendre pafilon
'AlcandrepourPkiltsfentque[on Al ame efi prist,fènt queson est
JQuoy que cettebeauté lefuye&le mé- prise
Quelle teillee eennff~inn Ppoouurr ltuy jjvujfrqquu'aà lIao ttrraa--
hison,
Soninfidéliténar'en qui l'authorife
Afaire a cette Belleune indifèretion.
Lesecret en Amour doit e/lre inviolable, Et lui nesçauroit le garder,
Merite peu ce quunob, etaimable
Afou amour peut accorder.
Tourse vanger ll/tle infidelle,
Tout ce ejut peutfaire un Amant,
Ccfimitant cettecruelle
Defaire unautreengagement.
SilacharmanteIris dontmonameejf
ravie,
Voitloitdunefaveursoulagermonamour.
Et me trahir le mesme jour,
Je nenparlerait de ma vie.
Si la Prodigalité est moins condamnablequel'Avarice.
J E condamne fort rAVttricc,
Dans les Hommes cejlun grand
vice.
Tel vsrroit tout languirauprès deset
tresors,
Sans enmettre un tessondehors.
Poursecourirun Misérable,
Et
Et luy-mesme d'argent toujours infajjùtblej
Avec tout ce qu'il a de bien,
Manque de tout, plutofl que dese donner
rien.
Est-il rien de plut condamnable?
Mais dans la Prodigalité
Je ne voy rien digne de blâme;
C'est une genérosité
Quinesçauroitsortirque d'unegrandeur
d'ame.
Etsi r excez. enfaitdu mal,
Ce nest rien qu'à celuy dont le coeur libéral
.A moins pour luy quep4ur les aH/ru,
Oude qui les biensfont les nofires.
Maisou je ne pourray jamais la soûtenir,
C'efl dans le coeur d'une beauté cruelle
Dtnt mes Rivauxsçavent tout obtenir
Quandje ne puis rien avoird'elle.
DIEREVILLE,
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2
p. 207-240
HISTORIETTE.
Début :
L'Amour n'est point à couvert de la destinée, & [...]
Mots clefs :
Amour, Inconstance, Destinée , Attachement , Beauté, Esprit, Gentilhomme, Affaires, Passion, Ambition, Mariage, Rivalité, Trahison, Séduction, Jalousie, Chagrin, Vengeance, Fidélité
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texteReconnaissance textuelle : HISTORIETTE.
HISTORIETTE.
L'Amour nJielt point à
couvert de la destinée
, &
les changemens qui arrivent
tous les jours dans
les liaisons les mieux establies
sont assez connoistre
que les mouvements de
nostre coeur ne font pas fixez
par le premier choix
que nous faisons. Un certain
je ne sçay quoy qui
nousentraisne en dépitde
nous, nous determine à
estre inconstans;& quand
mille exem ples ne serviroient
pas à justifier ce que
je dis,l'avanture donrje vais
vous faire part en seroit la
preuve. Une Demoiselle
fort bien faite,estimable
par sa beauté, & plus encorepar
son esprit qu'elle
avoir vif&très penetrant,
estantvenuë depuis peu de
-
mois prendre soin de quelques
affaires dans une petite
Ville peu esloignée de
Paris, y fut connuë en fort
peu
peu de tems de tout ce
qu'elle y trouva de personnes
denaissance. Son pere
& sa mere qui estoient de
qualité, mais qui avoient
peu de biens, luy connoisfant
du talent pour venir à
bouc de mille chicannes
qui leur estoient faites,&
par lesquelles on taschoit
de renverser leurs précentions
,quoyquejustement
fondées
,
s'estoient reposez
sur elle de la conservation
de leursinterests,&
elles'appliquoitàles mainteniravec
tant d'exactitude
& de conduite, qu'elle
eut bientost demesté les
difficultez quiempefchoient
qu'on ne luy rendit
justice. Son habileté fie
bruit, & tout le monde
marquant de rempressement
pour la servis auprés
de ses Juges, un Gentilhomme
, maistre de son
bien, & des plus riches de
tout le Pays, n'épargna ni
son crédit,ni ses soins pour
luy faire voir combien il
prenoit de part à ses avantages.
Angelique receut
agréablement le secours
i
qu'illuy donnaj&comme
dans le besoin qu'elle avoic
de luy les visites assidues
luy estoient permises
,
insensiblement
le Cavalier
prit pour elle un attachement
plus fort qu'il ne l'avoit
cru. Il connut bien
que ce qu'on luy Jonneroiç
en la mariant n'approcheroit
pas
'*
de ce qu'il pouvoit
prérendre; mais l'amour
commençant à l'cc.
bloüir,il considera que les
grands biens qu'il avoit lui
attireroient beaucoup d'affaires,
& dans cette veuë,
il crut qu'illuy feroit plus
avantageux d'avoir une
femme qui y mettroit ordre
, que d'épouserunefille
qui luy apportant une
dote considerable
, ne se
mefleroit de rien, & n'auroit
l'esprit porté qu'àfaire
de la dépense.Labellequi
s'apperceut de la conquête
que son merite luy avoir
fait faire , la menagea si
adroitement, que le Cavalier
fut enfin contraint de
luydeclarer sapassion On
ne doute point qu'il ne fut
écouté avec plaisir. Elle lui
marqua une estimepleine
de reconnoissance ; & en
l'assurant que ses parens ne
luy seroient point contraires,
elle eut pour luy des
égards d'honnesteté & de
complaisance qui luy firent
connoistre qu'il estoitaimé.
Commeelle avoit de
l'ambition,elle voulut s'asfurer
un rang, & se servir
du pouvoir que sa passion
luy donnoit sur son esprit,
pour luy marquer qu'il y alloit
de sa gloire de pren dre
une Charge avant que de
l'épouser. Le Cavalier avoit
ce dessein depuis quelque
temps, & ainsi en luy promettant
de la satisfaire,il
ne faisoitquece qu'il avoic
desja resolu. Les affaires
d'Angelique s'estantterminées
de la maniere la plus
avantageuse qu'elleeût pû
le souhaiter
,
elle retourna
à Paris, où son Amant la
suivit deux jours après. Son
pere & sa mere qu'elle avoit
instruit de l'estas des
choses, luy firent un accuëil
tres-obligeant, & pour estre
moins en peril de le
laisser échapper, ils luy offrirent
un Appartement
chez eux. L'offre estoit trop
favorable à l'amour duCavalier
pour n'estre pas accepté.
Il logea chez le perc
de laBelle;& ne songeant
qu'à avancer ses affaires, il
prit son avis sur la Charge
qu'il vouloit achepter.Tandis
qu'ontravailloit à lever
des difficultez assez legercs
qui empeschoient de conclurre
le marché de cette
Charge, l'amour fit paroitre
sa bizarrerie par les sentimens
qu'il inspira au Cavalier
pour une soeur d'Angelique.
Cette cadetteavoit
dans les yeux un fort grand
deffaut, dont beaucou p de
gensne se seroient pas accommodez
; & ce deffaut,
tout grand qu'ilestoit
,
ne
pur dérourner le Cavalier
du dessein qu'il prit de ne
vivre que pour elle. Il est
vray ,
qu'excepté ce deffaut,
il n'y avoit rien de
plus aimable.Elle avoit un
tein qui ébloüissoit
,
d*$
traits reguliers dans tout
son visaoge,•des mains & desbras d'une beauté (ans
, pareiflle,uinentailleeaisée;&
fine; & ce quiengageoit
encoreplus,elle estoitdu
ne humeur si douce & G.
agreable queparcetteseulequalité
elleestoit digne
duplus fort amour. Plus
leCavalierla vit,plusil la
trouvacharmante.Illuy
contoit cent folies,& l'enjouëment
avec lequel elle
y répondoit, estoit tout plein de
4
feu ,&. d'esprit.
Riennedevenoit suspect
dans leurs conversations,
parce qu'elles se faisoient
sans àQCun. mystere
,
&:
que l'occasion qu'ils avoient
de se parler àtoute
heure les rendant fortfamiliers,
ne laissoitrienvoir
iqlui fûtrecherche.Eneffet/'
n'yavoit que des sentimens
d'honnestetéducôté
decetteaimable cadette,
qui ne doutant point que
leCavalier .n'épousait..sa:;
soeur,estoitincapable d'aller
pour luyplus loin que
l'estime. Il n'enestoit pasi
ainsi du Cavalier. Le pen^*
chantqui l'entraisnoitvers
Julie,c'estoit ainsiqu'on
nommoitlacadette, eut
tant deforcequ'aprés lui
avoit dit plusieursfois en
badinantqu'ilestoitcharmé
desesmanieras,ils'expliqua
enfin serieusement
sur l'ardent amour • qu'elle
layavoitdonné. Julietournantlachose
en plaisanterie,
luyditqu'il perdoit
l'esprit;toutes lesdeclarations
qu'illuyfit ensuite
luy attirant la mesmeréponse,
illuydemanda un
jour quel désegrément Ôir
dans
son
hitmëtïr[du dans
sa personneluy faisoit
croire qu'ilnemeritoitque
ses mépris. Julie, qaecc
reprochefurprir*seAÇEUS
obligée deluy répondre
d'un ton un peu serieuxi,
qu'il se faisoit tort auiff^-
bien qu'à elle quand il
l'accusoit de le me'priser,
,& que s'il lui eût marqué
del'estime avant quede
s'engager avec si^foeur/
peut-estrene lui eust-ellc.
pas donnésujet de seplain-
-ài-é.^u peu dereconnoiC*.
sancequ'elleauroiteu de
: ses sentimens; maisqu'en fl'eftâcoù estoient les choqu'avec
lesïrcferves-qu'il
trouvoit injustes. Cette réponse
animala passion ; Ce
fut assez qu'il crustt nedéplaire
pas pour l'engager
à aimeravecplus de vio-
~îehée;îl abandonna, son
coeur à tout son penchant,
& ne songea plus qu'à persuader
Julie de sonveritable
attachement. Comme
elle estoitsage, ellevoulut
leguérir en lui donnant
moins d'occasionsdel'entretenierdesonamour;
;rnâi$*plus elle avoit soin
de les éviter, plus illes re-
,
cherchoit.Cetempressement
fut remarquée .& il
:,fettahitbientoft& par
soninquiétude ,; lorsque
fpour le fuïr cette cadette- senfermoit exprisdans sa
chambre,&- par, les regards
pleinsdamour,qu'il
;jettoit sur elle quand illa
voyoitdeyant destémoins.
L'aisnée qui trouvaquel?-
cque refroidissementdans
les maniérés du CavalierJ, >» ensoupçonnaauflitoftla
cause.Ellç pritgardejqu^l
navoit plus auprès de sa
joçurces airs enjoiiez & lu
:bres qu1a-vou pris tantdç
ibis. Elle les .voyait embafailes
fitor quoleursyeuxfe
renconcroienr,ôçla contrainte
qu'ils s'ilup.osoient
J'un & rau.tre Ce lon les. div,
veerrescess'vy-ecuuëc1iCq¡uUt\lleessoobbHli--
geoient de s'observer, luy
fut enfin une indice de la
rrahifonqui lay cftoir faite.
Commeelle estoit ficre,
elle s'en feroit volontiers
vengeeenle prévenant par
ion cjungejnçncjmaisd
Je avpird£ fort peu de biens?en renonçantan
Cavalier elle
n'etoitpas furedexroirver
un :aurrc:fPareilquil'eust
confoléc xfesr avanrao-es
qu'elle auroit perdue ERllfe
rsfolut de dissimuler;& fc
Contenta desoulager ses
-t,' chagriné par- ; -, - ]4ùes quelques
plaintes qui deconcercerent
le Cavalier. Le troublequ'il
fit paroiflre suc
un aveu de son crimeelleen
tira desconfequettces
qui lui firent examiner
de plus prés tous lesfujers
quelleavoit de fe- deffier
de on amour.Leunma~-
riage ne se devant faire
quaprès cWEculcer lc+
vees touchantLr charge
qiriti vouloir-avoir'elfe
découvrit qu- ne teneit;
qu'à luy de les voir finies,
f&aqisuoeitlnesaiosbtrsetnacelpeosuqiuro'ii^eyn*c
avoir aucun autre fondée
mène que le defilein de gau
gner du terni. Remplie dfe
tous cés fouprons, & vouw
lanceftre* cclaircie dece
qu'elleapprehendoit relfe
pria son pere & sa mere
de vouloir presserlescheM
ses, leur faisant connoistre,
[ans leur parler de sa
foeur, ce qu'il y avoit
.4.r~q~~:~fqer~nT.
jypbftin^i<pn,4^Çav/alter
fur- les prétenduësdifficihi^
rez de la Charge avoic déjà
commencéàleur devenir
suspecte.-jlç, renrreriQrenten
particulier., & luy
dirent, que comme ilsl'a*-
voient logé chez eux >oni
lqïiuuarrnt^ijejrrodipc,..;dvaonirs'&tolountg^te-
.cçpips ^jiffçrpr le mariage
^IpAÈ p#i^^oit cpnvena>>;
que pour;:einpe^her.Iç?
fafcheu* difcoursril falloir
longerg terminerçette.af- fajre«Reliait mile.
fcefoin
-
d'attendre quileuft
fini (on autretraite. Le Cavalier
ne balançapoint far
le parti qu'il avoit à prendre.
IL leur repçjiditqu'il
se sôuvenoit dela, parole
qu'il avait doppée
, &
qu'il Tâ tiendrour avec joïç
en telteras qu'il leur plairoit*,
quilayoit promis d'entre
leur Gcndre., & qu'ilse
feroit un bonheur de le dc<-
venir, mais que ce feroit
en epousant la cadette pouf
qui il sentoit la plus violente
passion
;
qu'il trouçvoit
enelle tout ce* qui
pouvait lesarefairejq1!s
l'humeur de son aisnée êtoit
si peu compatiflante
avec la tienne , qu'elle rre
'hpeouurerurxoitque'terendre trial- ; Ce ques'ils rIl
soient ce qu'ildemandôté
aveclescplilsinftanresprte^
res; ilférdft côntrainrd'é (h
étirer.IlTenirStcette reponsèavec
tant de fermeté
,& toutcequ'ils purent
ce defleirieue si peud'efset,
quene voulant pas rifquer
une si bonne fortune,
ils se virent obligerde conïcntir
a ce qu'il voulÙr. La
feule condition qu'ils exigèrent
»fut que lachofe lè sirau.plustost&eri fçcrct,
afin Que l'aînée fit moins,
éclater."son rcfTehrimenc
quand elleapprendroic
luip injnftice-qui n'auroic,
plus de remède. Le transl
port qui l'obligea de se jet-l'
tera leurspieds pour leurs
rendre grâce de ce qu'ils
faifoiencpour luy, leur
fut une preuve dekvio-''
lence avec laquelle il aimait.
Ils direntà Angélique,,
que quelques raisons -'"~- :jl ¿Lt.,
q'u'Us eutreht: puappoftrf,
le CavalierNettoie si bien
mis en ceste de ne fc poins
marier-quiIn'tut traJcedc làCharge*qu'illeuravQÎt
este impossible den rien
obtenir.Elle compritce
vouloic direrirt refu?
siobstine, &ejifiic,p(qiie'c
audernierpoint: Cependant
toutseconcerroit fccfrecëitientpôurle
mariage
ifaCavalier & de la cadette,
6cil nemanquoitpoor
l'achever qu'une oçcasion
d'en faire la cercmonie
fins queJîaifnécenpu£k
«Tien^fçayoir.cElliBts^ôfffio
favorable peude joursa
persétosi.sU:-nteeDndamreemdeonntfacimelelcea^,
la priade lui tenir <comp&ȣ
gniedansune partie»de*
promenade qui l'enga- - géoît'àallerpasser^queU:
quesjours ala campagne,
Angelique y alla; &euch
assez de forced'esprit pourd
se rneitreaudessus, der fc*:
chagrins ,y;pàroiftra
d'une humeur toute char,s?
mante. Onluy dit qu'onr«
voyoit bien que lajoye
unmariage prêssà;fefai^*
re iiotkmit :au.JJr belles 4c>
grands sujetsd'en~
rrient 3c f>&ur affoibiir la
bèiïf^ÙfcÇftoic
:'1;W ~po~ sép^#;
<yi,'ori jugeoiemal d'elle;
qu'il falloitpourlatoucher
dfccçrtgînçft çp^plaiJàtW
ççsScéc^rpu^s,4'efpri^
qu'ellen'avoit potfiHfcotfivc
dans le Cavalier ;&que
]$&€&>&$tf/a^pkfbC ji;G-
''¥tt.,..Jà-, traîne
!
çnlon.
gwàF que .paw <~J)~
vouioitl'engagerà épothsersa
cadette.Un vieux
garçonfôrc riche,$c re-
.-, : ve stu
Veftj d'une Charge plus
côn(lderab!e, que; cele
^orn^le*CavalierttrakoiC",
itïi'dieeirriant^que quoif
qi/ft eûttousjours esté indiffèrentpoarle
mariage-,
41 vouloiravoir ces tou«s
dVfpm^qui^lmplaifq»erft
tartr,afin de luyoffrirses
*fcrviccssSe quepourles
^cotîi'pîaifiincc^illoy-ii#ok
'aisëifcritépondreîAng^-
lliquéluyrepartit''-¡Ual'-eR
'riant,quelleavoie cm de-
* cûcfâïr'c&luyoc-quï^ftolc
"ftfoftde Ionjgé&É1, faqu^
liotit premire
3*
iïij seroient
^(Tezl'undel'autre;
Surcepies la levietbQ£±,
t~fipç£jçnf4iar>çnj&$dce*uixdjoeus.rdsçruccoemubïfmeunAmant
declaré eç
die à une maistresse;ilgoû-
~asi bien foû-efpric,que
malgrétoutes lesresolutions
prises de demeurer
toujourslibre,il parla eafin
4cnnnfafriâge, Cetteproposition
fut ct.ua
d'Angelique. Elletrouvoit
un rangquicontetoitson
~M;AtPIC,
me à^ui elle '^ouviic foa
•;
ccçw*entrai dansla contu
sJgacejàp;vieik Officier è.ôç
luyfitpromettreque puisqpril,
scîlcrit;déclaré avec
son amie
,
ilen iroitfaire
la demande dans les fox?
mes apressonretour. Ao*
gelique estantrevenue ccçrmnrta à rscoynn pp~e~ree lr'eenn9g'aaggce,4.
ment ou l'on s'estoit mis
pourelle. Lemariagje de
lacadetteestoitfait;ce fut
• pourJuyune joye sensiblé
de voir finir plustost qu'il
f}cTayoit.^çnirembarrai
de te cacher. Cetteadroite
filledissimulant son reflet^
"timénr, ~tWIia deserendre
coure aimablepourle Cavalier
,afindereveillerson
: amour,&deluydonner
parlaplus de regret dela
perdre. Le lendemainelle
remarqua sans estreveue,
que le Cavàliers'èstoitcouole
dans sa chambre délà
soeur,&que la porte en
avoit esté au{fitbftrFerm'éei
Si elleeut ladouleur,elle eut de la joye en meflriè
temps de ce que sa
I
foeur faisant 0"det
avancessiindignesd'elle,
mettoit leic-al
valier hors d'estat de la voirloir,
pour sa femme.Cetre
penséelui remplie l'esprit,
E|lcçrutqfi'ilr^fufepait de
l'epouseraprés les ofreurs
qu'il enavoit obtenuës, &
qu'ainsielle seroit vengée
&d'elle&deluy, quand
son mariage avec l'Officier
ne laisseroit plus. aucun
prerexteà son pere de garder
leCavalier. CetOfficiertintparole.
Onavoit
esteaverti de savisite,& le
Cavalier qui la sçavoitalia
iQUt expréssouperenville
,
&ne revint que.forttard.
L'Officiercharmédel'ac.
*
cuélquï luifut fait, nesortit
point qu'onn'eustfigné
des articles.Angeliquequi
naspiroitqu'à joüir de
vengeance ,
attendisà G.;,
coucher que leCavalierfust
révenn. Apresluiavoirfait
quelquespUimes.delan}*-
niere dont il en usoit po^fc elledepuisquelque rems,
elleajoustaqu'elle lavpiç
timens favorablesqu'elle
luy avoirmarqué d'abord,
qu'ellevenoit ;d£/eagagejf
à un autre,&qu'un Contrat
dem~gc~~sa
separoit pour jamais. Ilseignit
vivejnençxogtçhiî 4e_cy tte
nouvelle. Augeiique pleinede
son triompheenlevoyant a-iii1
accablé, le quitta sans lui donner
letemsde répondra,c'étoit
ce qu'if avoitsouhaitté.Ilse
coucha forttranquillement, Sç
le lendemain comme il l'avoit
concerté avec sonbeaupere ££
atec sa femme,ilalla
chez
un
amidans un quartier éloigné,
oùildemeurajusqu'à ce qu'on,
~çût:sais;lemari^gplÀng^ljqu^
qui imputa cette retraité a'fj>n
deseespoir ,en
.-
sentir (a Vanité
agréablementflatée. Elleépousal'Officier,&
deuxjqursaprés.
le Cavalier revint auprèsde sa
femme. La nouvelle mariée ne
l'eûtpasplustost appris,qu'elle
alla trouver son pere, & luy fit
connoitre le péril où Julie eftoit
exposée s'il gardoitchez
luyleCavalier.Son pereluy
dit, que puisqqu'elleavoittout
sujet d'estre contente, il estoit
pesruadé qu'elle aimait sa soeur
pbur prendre partà ses avanta
ges ; après quoy illuyexpliqua
ce quiestoit arrivé: Le dépit
qu'elle,eue*,de s'estrepromis
une veugeance >
qui ne tournoitqu'asahonte
,la mit, dans
ila deff>rdr6~d'éfpVjhcroy2-
ble.Elle sorit blusquement,
& depuis trois moisqu'elle est
mariée
,
elle n'a
,
point encore
voulu.voirsa soeur
L'Amour nJielt point à
couvert de la destinée
, &
les changemens qui arrivent
tous les jours dans
les liaisons les mieux establies
sont assez connoistre
que les mouvements de
nostre coeur ne font pas fixez
par le premier choix
que nous faisons. Un certain
je ne sçay quoy qui
nousentraisne en dépitde
nous, nous determine à
estre inconstans;& quand
mille exem ples ne serviroient
pas à justifier ce que
je dis,l'avanture donrje vais
vous faire part en seroit la
preuve. Une Demoiselle
fort bien faite,estimable
par sa beauté, & plus encorepar
son esprit qu'elle
avoir vif&très penetrant,
estantvenuë depuis peu de
-
mois prendre soin de quelques
affaires dans une petite
Ville peu esloignée de
Paris, y fut connuë en fort
peu
peu de tems de tout ce
qu'elle y trouva de personnes
denaissance. Son pere
& sa mere qui estoient de
qualité, mais qui avoient
peu de biens, luy connoisfant
du talent pour venir à
bouc de mille chicannes
qui leur estoient faites,&
par lesquelles on taschoit
de renverser leurs précentions
,quoyquejustement
fondées
,
s'estoient reposez
sur elle de la conservation
de leursinterests,&
elles'appliquoitàles mainteniravec
tant d'exactitude
& de conduite, qu'elle
eut bientost demesté les
difficultez quiempefchoient
qu'on ne luy rendit
justice. Son habileté fie
bruit, & tout le monde
marquant de rempressement
pour la servis auprés
de ses Juges, un Gentilhomme
, maistre de son
bien, & des plus riches de
tout le Pays, n'épargna ni
son crédit,ni ses soins pour
luy faire voir combien il
prenoit de part à ses avantages.
Angelique receut
agréablement le secours
i
qu'illuy donnaj&comme
dans le besoin qu'elle avoic
de luy les visites assidues
luy estoient permises
,
insensiblement
le Cavalier
prit pour elle un attachement
plus fort qu'il ne l'avoit
cru. Il connut bien
que ce qu'on luy Jonneroiç
en la mariant n'approcheroit
pas
'*
de ce qu'il pouvoit
prérendre; mais l'amour
commençant à l'cc.
bloüir,il considera que les
grands biens qu'il avoit lui
attireroient beaucoup d'affaires,
& dans cette veuë,
il crut qu'illuy feroit plus
avantageux d'avoir une
femme qui y mettroit ordre
, que d'épouserunefille
qui luy apportant une
dote considerable
, ne se
mefleroit de rien, & n'auroit
l'esprit porté qu'àfaire
de la dépense.Labellequi
s'apperceut de la conquête
que son merite luy avoir
fait faire , la menagea si
adroitement, que le Cavalier
fut enfin contraint de
luydeclarer sapassion On
ne doute point qu'il ne fut
écouté avec plaisir. Elle lui
marqua une estimepleine
de reconnoissance ; & en
l'assurant que ses parens ne
luy seroient point contraires,
elle eut pour luy des
égards d'honnesteté & de
complaisance qui luy firent
connoistre qu'il estoitaimé.
Commeelle avoit de
l'ambition,elle voulut s'asfurer
un rang, & se servir
du pouvoir que sa passion
luy donnoit sur son esprit,
pour luy marquer qu'il y alloit
de sa gloire de pren dre
une Charge avant que de
l'épouser. Le Cavalier avoit
ce dessein depuis quelque
temps, & ainsi en luy promettant
de la satisfaire,il
ne faisoitquece qu'il avoic
desja resolu. Les affaires
d'Angelique s'estantterminées
de la maniere la plus
avantageuse qu'elleeût pû
le souhaiter
,
elle retourna
à Paris, où son Amant la
suivit deux jours après. Son
pere & sa mere qu'elle avoit
instruit de l'estas des
choses, luy firent un accuëil
tres-obligeant, & pour estre
moins en peril de le
laisser échapper, ils luy offrirent
un Appartement
chez eux. L'offre estoit trop
favorable à l'amour duCavalier
pour n'estre pas accepté.
Il logea chez le perc
de laBelle;& ne songeant
qu'à avancer ses affaires, il
prit son avis sur la Charge
qu'il vouloit achepter.Tandis
qu'ontravailloit à lever
des difficultez assez legercs
qui empeschoient de conclurre
le marché de cette
Charge, l'amour fit paroitre
sa bizarrerie par les sentimens
qu'il inspira au Cavalier
pour une soeur d'Angelique.
Cette cadetteavoit
dans les yeux un fort grand
deffaut, dont beaucou p de
gensne se seroient pas accommodez
; & ce deffaut,
tout grand qu'ilestoit
,
ne
pur dérourner le Cavalier
du dessein qu'il prit de ne
vivre que pour elle. Il est
vray ,
qu'excepté ce deffaut,
il n'y avoit rien de
plus aimable.Elle avoit un
tein qui ébloüissoit
,
d*$
traits reguliers dans tout
son visaoge,•des mains & desbras d'une beauté (ans
, pareiflle,uinentailleeaisée;&
fine; & ce quiengageoit
encoreplus,elle estoitdu
ne humeur si douce & G.
agreable queparcetteseulequalité
elleestoit digne
duplus fort amour. Plus
leCavalierla vit,plusil la
trouvacharmante.Illuy
contoit cent folies,& l'enjouëment
avec lequel elle
y répondoit, estoit tout plein de
4
feu ,&. d'esprit.
Riennedevenoit suspect
dans leurs conversations,
parce qu'elles se faisoient
sans àQCun. mystere
,
&:
que l'occasion qu'ils avoient
de se parler àtoute
heure les rendant fortfamiliers,
ne laissoitrienvoir
iqlui fûtrecherche.Eneffet/'
n'yavoit que des sentimens
d'honnestetéducôté
decetteaimable cadette,
qui ne doutant point que
leCavalier .n'épousait..sa:;
soeur,estoitincapable d'aller
pour luyplus loin que
l'estime. Il n'enestoit pasi
ainsi du Cavalier. Le pen^*
chantqui l'entraisnoitvers
Julie,c'estoit ainsiqu'on
nommoitlacadette, eut
tant deforcequ'aprés lui
avoit dit plusieursfois en
badinantqu'ilestoitcharmé
desesmanieras,ils'expliqua
enfin serieusement
sur l'ardent amour • qu'elle
layavoitdonné. Julietournantlachose
en plaisanterie,
luyditqu'il perdoit
l'esprit;toutes lesdeclarations
qu'illuyfit ensuite
luy attirant la mesmeréponse,
illuydemanda un
jour quel désegrément Ôir
dans
son
hitmëtïr[du dans
sa personneluy faisoit
croire qu'ilnemeritoitque
ses mépris. Julie, qaecc
reprochefurprir*seAÇEUS
obligée deluy répondre
d'un ton un peu serieuxi,
qu'il se faisoit tort auiff^-
bien qu'à elle quand il
l'accusoit de le me'priser,
,& que s'il lui eût marqué
del'estime avant quede
s'engager avec si^foeur/
peut-estrene lui eust-ellc.
pas donnésujet de seplain-
-ài-é.^u peu dereconnoiC*.
sancequ'elleauroiteu de
: ses sentimens; maisqu'en fl'eftâcoù estoient les choqu'avec
lesïrcferves-qu'il
trouvoit injustes. Cette réponse
animala passion ; Ce
fut assez qu'il crustt nedéplaire
pas pour l'engager
à aimeravecplus de vio-
~îehée;îl abandonna, son
coeur à tout son penchant,
& ne songea plus qu'à persuader
Julie de sonveritable
attachement. Comme
elle estoitsage, ellevoulut
leguérir en lui donnant
moins d'occasionsdel'entretenierdesonamour;
;rnâi$*plus elle avoit soin
de les éviter, plus illes re-
,
cherchoit.Cetempressement
fut remarquée .& il
:,fettahitbientoft& par
soninquiétude ,; lorsque
fpour le fuïr cette cadette- senfermoit exprisdans sa
chambre,&- par, les regards
pleinsdamour,qu'il
;jettoit sur elle quand illa
voyoitdeyant destémoins.
L'aisnée qui trouvaquel?-
cque refroidissementdans
les maniérés du CavalierJ, >» ensoupçonnaauflitoftla
cause.Ellç pritgardejqu^l
navoit plus auprès de sa
joçurces airs enjoiiez & lu
:bres qu1a-vou pris tantdç
ibis. Elle les .voyait embafailes
fitor quoleursyeuxfe
renconcroienr,ôçla contrainte
qu'ils s'ilup.osoient
J'un & rau.tre Ce lon les. div,
veerrescess'vy-ecuuëc1iCq¡uUt\lleessoobbHli--
geoient de s'observer, luy
fut enfin une indice de la
rrahifonqui lay cftoir faite.
Commeelle estoit ficre,
elle s'en feroit volontiers
vengeeenle prévenant par
ion cjungejnçncjmaisd
Je avpird£ fort peu de biens?en renonçantan
Cavalier elle
n'etoitpas furedexroirver
un :aurrc:fPareilquil'eust
confoléc xfesr avanrao-es
qu'elle auroit perdue ERllfe
rsfolut de dissimuler;& fc
Contenta desoulager ses
-t,' chagriné par- ; -, - ]4ùes quelques
plaintes qui deconcercerent
le Cavalier. Le troublequ'il
fit paroiflre suc
un aveu de son crimeelleen
tira desconfequettces
qui lui firent examiner
de plus prés tous lesfujers
quelleavoit de fe- deffier
de on amour.Leunma~-
riage ne se devant faire
quaprès cWEculcer lc+
vees touchantLr charge
qiriti vouloir-avoir'elfe
découvrit qu- ne teneit;
qu'à luy de les voir finies,
f&aqisuoeitlnesaiosbtrsetnacelpeosuqiuro'ii^eyn*c
avoir aucun autre fondée
mène que le defilein de gau
gner du terni. Remplie dfe
tous cés fouprons, & vouw
lanceftre* cclaircie dece
qu'elleapprehendoit relfe
pria son pere & sa mere
de vouloir presserlescheM
ses, leur faisant connoistre,
[ans leur parler de sa
foeur, ce qu'il y avoit
.4.r~q~~:~fqer~nT.
jypbftin^i<pn,4^Çav/alter
fur- les prétenduësdifficihi^
rez de la Charge avoic déjà
commencéàleur devenir
suspecte.-jlç, renrreriQrenten
particulier., & luy
dirent, que comme ilsl'a*-
voient logé chez eux >oni
lqïiuuarrnt^ijejrrodipc,..;dvaonirs'&tolountg^te-
.cçpips ^jiffçrpr le mariage
^IpAÈ p#i^^oit cpnvena>>;
que pour;:einpe^her.Iç?
fafcheu* difcoursril falloir
longerg terminerçette.af- fajre«Reliait mile.
fcefoin
-
d'attendre quileuft
fini (on autretraite. Le Cavalier
ne balançapoint far
le parti qu'il avoit à prendre.
IL leur repçjiditqu'il
se sôuvenoit dela, parole
qu'il avait doppée
, &
qu'il Tâ tiendrour avec joïç
en telteras qu'il leur plairoit*,
quilayoit promis d'entre
leur Gcndre., & qu'ilse
feroit un bonheur de le dc<-
venir, mais que ce feroit
en epousant la cadette pouf
qui il sentoit la plus violente
passion
;
qu'il trouçvoit
enelle tout ce* qui
pouvait lesarefairejq1!s
l'humeur de son aisnée êtoit
si peu compatiflante
avec la tienne , qu'elle rre
'hpeouurerurxoitque'terendre trial- ; Ce ques'ils rIl
soient ce qu'ildemandôté
aveclescplilsinftanresprte^
res; ilférdft côntrainrd'é (h
étirer.IlTenirStcette reponsèavec
tant de fermeté
,& toutcequ'ils purent
ce defleirieue si peud'efset,
quene voulant pas rifquer
une si bonne fortune,
ils se virent obligerde conïcntir
a ce qu'il voulÙr. La
feule condition qu'ils exigèrent
»fut que lachofe lè sirau.plustost&eri fçcrct,
afin Que l'aînée fit moins,
éclater."son rcfTehrimenc
quand elleapprendroic
luip injnftice-qui n'auroic,
plus de remède. Le transl
port qui l'obligea de se jet-l'
tera leurspieds pour leurs
rendre grâce de ce qu'ils
faifoiencpour luy, leur
fut une preuve dekvio-''
lence avec laquelle il aimait.
Ils direntà Angélique,,
que quelques raisons -'"~- :jl ¿Lt.,
q'u'Us eutreht: puappoftrf,
le CavalierNettoie si bien
mis en ceste de ne fc poins
marier-quiIn'tut traJcedc làCharge*qu'illeuravQÎt
este impossible den rien
obtenir.Elle compritce
vouloic direrirt refu?
siobstine, &ejifiic,p(qiie'c
audernierpoint: Cependant
toutseconcerroit fccfrecëitientpôurle
mariage
ifaCavalier & de la cadette,
6cil nemanquoitpoor
l'achever qu'une oçcasion
d'en faire la cercmonie
fins queJîaifnécenpu£k
«Tien^fçayoir.cElliBts^ôfffio
favorable peude joursa
persétosi.sU:-nteeDndamreemdeonntfacimelelcea^,
la priade lui tenir <comp&ȣ
gniedansune partie»de*
promenade qui l'enga- - géoît'àallerpasser^queU:
quesjours ala campagne,
Angelique y alla; &euch
assez de forced'esprit pourd
se rneitreaudessus, der fc*:
chagrins ,y;pàroiftra
d'une humeur toute char,s?
mante. Onluy dit qu'onr«
voyoit bien que lajoye
unmariage prêssà;fefai^*
re iiotkmit :au.JJr belles 4c>
grands sujetsd'en~
rrient 3c f>&ur affoibiir la
bèiïf^ÙfcÇftoic
:'1;W ~po~ sép^#;
<yi,'ori jugeoiemal d'elle;
qu'il falloitpourlatoucher
dfccçrtgînçft çp^plaiJàtW
ççsScéc^rpu^s,4'efpri^
qu'ellen'avoit potfiHfcotfivc
dans le Cavalier ;&que
]$&€&>&$tf/a^pkfbC ji;G-
''¥tt.,..Jà-, traîne
!
çnlon.
gwàF que .paw <~J)~
vouioitl'engagerà épothsersa
cadette.Un vieux
garçonfôrc riche,$c re-
.-, : ve stu
Veftj d'une Charge plus
côn(lderab!e, que; cele
^orn^le*CavalierttrakoiC",
itïi'dieeirriant^que quoif
qi/ft eûttousjours esté indiffèrentpoarle
mariage-,
41 vouloiravoir ces tou«s
dVfpm^qui^lmplaifq»erft
tartr,afin de luyoffrirses
*fcrviccssSe quepourles
^cotîi'pîaifiincc^illoy-ii#ok
'aisëifcritépondreîAng^-
lliquéluyrepartit''-¡Ual'-eR
'riant,quelleavoie cm de-
* cûcfâïr'c&luyoc-quï^ftolc
"ftfoftde Ionjgé&É1, faqu^
liotit premire
3*
iïij seroient
^(Tezl'undel'autre;
Surcepies la levietbQ£±,
t~fipç£jçnf4iar>çnj&$dce*uixdjoeus.rdsçruccoemubïfmeunAmant
declaré eç
die à une maistresse;ilgoû-
~asi bien foû-efpric,que
malgrétoutes lesresolutions
prises de demeurer
toujourslibre,il parla eafin
4cnnnfafriâge, Cetteproposition
fut ct.ua
d'Angelique. Elletrouvoit
un rangquicontetoitson
~M;AtPIC,
me à^ui elle '^ouviic foa
•;
ccçw*entrai dansla contu
sJgacejàp;vieik Officier è.ôç
luyfitpromettreque puisqpril,
scîlcrit;déclaré avec
son amie
,
ilen iroitfaire
la demande dans les fox?
mes apressonretour. Ao*
gelique estantrevenue ccçrmnrta à rscoynn pp~e~ree lr'eenn9g'aaggce,4.
ment ou l'on s'estoit mis
pourelle. Lemariagje de
lacadetteestoitfait;ce fut
• pourJuyune joye sensiblé
de voir finir plustost qu'il
f}cTayoit.^çnirembarrai
de te cacher. Cetteadroite
filledissimulant son reflet^
"timénr, ~tWIia deserendre
coure aimablepourle Cavalier
,afindereveillerson
: amour,&deluydonner
parlaplus de regret dela
perdre. Le lendemainelle
remarqua sans estreveue,
que le Cavàliers'èstoitcouole
dans sa chambre délà
soeur,&que la porte en
avoit esté au{fitbftrFerm'éei
Si elleeut ladouleur,elle eut de la joye en meflriè
temps de ce que sa
I
foeur faisant 0"det
avancessiindignesd'elle,
mettoit leic-al
valier hors d'estat de la voirloir,
pour sa femme.Cetre
penséelui remplie l'esprit,
E|lcçrutqfi'ilr^fufepait de
l'epouseraprés les ofreurs
qu'il enavoit obtenuës, &
qu'ainsielle seroit vengée
&d'elle&deluy, quand
son mariage avec l'Officier
ne laisseroit plus. aucun
prerexteà son pere de garder
leCavalier. CetOfficiertintparole.
Onavoit
esteaverti de savisite,& le
Cavalier qui la sçavoitalia
iQUt expréssouperenville
,
&ne revint que.forttard.
L'Officiercharmédel'ac.
*
cuélquï luifut fait, nesortit
point qu'onn'eustfigné
des articles.Angeliquequi
naspiroitqu'à joüir de
vengeance ,
attendisà G.;,
coucher que leCavalierfust
révenn. Apresluiavoirfait
quelquespUimes.delan}*-
niere dont il en usoit po^fc elledepuisquelque rems,
elleajoustaqu'elle lavpiç
timens favorablesqu'elle
luy avoirmarqué d'abord,
qu'ellevenoit ;d£/eagagejf
à un autre,&qu'un Contrat
dem~gc~~sa
separoit pour jamais. Ilseignit
vivejnençxogtçhiî 4e_cy tte
nouvelle. Augeiique pleinede
son triompheenlevoyant a-iii1
accablé, le quitta sans lui donner
letemsde répondra,c'étoit
ce qu'if avoitsouhaitté.Ilse
coucha forttranquillement, Sç
le lendemain comme il l'avoit
concerté avec sonbeaupere ££
atec sa femme,ilalla
chez
un
amidans un quartier éloigné,
oùildemeurajusqu'à ce qu'on,
~çût:sais;lemari^gplÀng^ljqu^
qui imputa cette retraité a'fj>n
deseespoir ,en
.-
sentir (a Vanité
agréablementflatée. Elleépousal'Officier,&
deuxjqursaprés.
le Cavalier revint auprèsde sa
femme. La nouvelle mariée ne
l'eûtpasplustost appris,qu'elle
alla trouver son pere, & luy fit
connoitre le péril où Julie eftoit
exposée s'il gardoitchez
luyleCavalier.Son pereluy
dit, que puisqqu'elleavoittout
sujet d'estre contente, il estoit
pesruadé qu'elle aimait sa soeur
pbur prendre partà ses avanta
ges ; après quoy illuyexpliqua
ce quiestoit arrivé: Le dépit
qu'elle,eue*,de s'estrepromis
une veugeance >
qui ne tournoitqu'asahonte
,la mit, dans
ila deff>rdr6~d'éfpVjhcroy2-
ble.Elle sorit blusquement,
& depuis trois moisqu'elle est
mariée
,
elle n'a
,
point encore
voulu.voirsa soeur
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Résumé : HISTORIETTE.
Le texte raconte les péripéties amoureuses et les manœuvres stratégiques d'Angélique, une jeune femme intelligente et belle, et d'un gentilhomme riche. Angélique se rend dans une petite ville près de Paris pour régler des affaires et attire rapidement l'attention du gentilhomme, qui tombe amoureux d'elle. Consciente de son pouvoir, Angélique manœuvre habilement pour obtenir une déclaration d'amour et une charge avant le mariage. Cependant, le gentilhomme rencontre Julie, la sœur cadette d'Angélique, et se trouve attiré par elle malgré un défaut physique notable. Julie, sage et douce, repousse d'abord ses avances mais finit par succomber. Angélique, devinant la situation, dissimule sa douleur et accepte de se marier avec un officier. Le gentilhomme obtient la charge et épouse Julie, tandis qu'Angélique se venge en se mariant rapidement, privant ainsi son père de garder le gentilhomme dans la famille. Parallèlement, un cavalier revient tard chez lui après un voyage. Un officier, charmé par Angélique, apprend qu'elle ne sortira pas tant que certains articles ne seront pas signés. Angélique, assoiffée de vengeance, attend le retour du cavalier pour lui révéler qu'elle est fiancée à un autre et que leur contrat de mariage les sépare à jamais. Accablé, le cavalier se couche tranquillement. Le lendemain, il se rend chez un ami dans un quartier éloigné pour éviter d'être saisi. Angélique épouse l'officier deux jours plus tard. Le cavalier revient ensuite auprès de sa femme, mais la nouvelle mariée informe son père du danger que court Julie si le cavalier reste. Le père explique la situation à sa fille, qui, dépitée de ne pas avoir obtenu sa vengeance, refuse de voir sa sœur depuis trois mois.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3
p. 479-480
IMITATION De l'Ode IX. du troisieme Livre d'Horace, Donec gratus eram &c. DIALOGUE. Tirsis, Philis.
Début :
Philis tant que sensible à mes vives tendresses [...]
Mots clefs :
Dialogue, Ode, Horace, Trahison, Fidélité, Réconciliation
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : IMITATION De l'Ode IX. du troisieme Livre d'Horace, Donec gratus eram &c. DIALOGUE. Tirsis, Philis.
IMITATION
De l'Ode IX. du troisieme Livre d'Horace ..
Donec gratus eram & c.
DIALOGUE ,
Tirsis , Philis.
Tirsis.
PHilis tant que sensible à mes vives tendresses
De tout autre Berger tu dédaignas la foi ,
Je préferois ton coeur à l'éclat des Richesses
Je le préferois même à la pourpre d'un Roi.
Philis
480 MERCURE DE FRANCE
Philis.
Ingrat , jusqu'au moment que je te vis changer
J'estimois plus mon sort que celui d'une Reine ; -
Le beau Médor n'eut pû rendre mon coeur leger
Lorsque tu me quittas pour la jeune Climene..
Tirsis.
Elle chante souvent nos amoureux transports;
Le charme de sa voix tient mon ame ravie ;
Climene me feroit voler à mille morts
Si ma mort ajoûtoit quelques jours à sa vie..
Philis.
Oui , je dois à Medor une ardeur éternelle ,
Malgré mes longs mépris il resta sous ma loi;
Il est respectueux , ardent , tendre , fidelle ,
Je lui jure ma vie est plus à lui qu'à moi.
Tirsis.
Quoique son coeur leger m'ait payé de froideur,
Quoiqu'en appas Venus le cede à ma Bergere ,
Si l'oubliant pour toi je te rendois mon coeur
Flechirois - tu , Philis , ton injuste colere ?
Philis.
Quoique Medor soit beau plus que l'Astre du jour
Quoique le vent soit moins inconstant que ton ame
Hélas!rends-moi ton coeur ,je te rends mon amour ,
Et la mort pourra seule en éteindre la flamme.
Le Chevalier de Montador.
De l'Ode IX. du troisieme Livre d'Horace ..
Donec gratus eram & c.
DIALOGUE ,
Tirsis , Philis.
Tirsis.
PHilis tant que sensible à mes vives tendresses
De tout autre Berger tu dédaignas la foi ,
Je préferois ton coeur à l'éclat des Richesses
Je le préferois même à la pourpre d'un Roi.
Philis
480 MERCURE DE FRANCE
Philis.
Ingrat , jusqu'au moment que je te vis changer
J'estimois plus mon sort que celui d'une Reine ; -
Le beau Médor n'eut pû rendre mon coeur leger
Lorsque tu me quittas pour la jeune Climene..
Tirsis.
Elle chante souvent nos amoureux transports;
Le charme de sa voix tient mon ame ravie ;
Climene me feroit voler à mille morts
Si ma mort ajoûtoit quelques jours à sa vie..
Philis.
Oui , je dois à Medor une ardeur éternelle ,
Malgré mes longs mépris il resta sous ma loi;
Il est respectueux , ardent , tendre , fidelle ,
Je lui jure ma vie est plus à lui qu'à moi.
Tirsis.
Quoique son coeur leger m'ait payé de froideur,
Quoiqu'en appas Venus le cede à ma Bergere ,
Si l'oubliant pour toi je te rendois mon coeur
Flechirois - tu , Philis , ton injuste colere ?
Philis.
Quoique Medor soit beau plus que l'Astre du jour
Quoique le vent soit moins inconstant que ton ame
Hélas!rends-moi ton coeur ,je te rends mon amour ,
Et la mort pourra seule en éteindre la flamme.
Le Chevalier de Montador.
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Résumé : IMITATION De l'Ode IX. du troisieme Livre d'Horace, Donec gratus eram &c. DIALOGUE. Tirsis, Philis.
Le texte relate un dialogue entre Tirsis et Philis, deux bergers, qui discutent de leurs amours et déceptions. Tirsis rappelle à Philis qu'elle avait autrefois choisi son amour plutôt que les richesses et la royauté. Philis accuse Tirsis d'ingratitude après qu'il l'a quittée pour Climène. Tirsis admire Climène, tandis que Philis confesse son amour éternel pour Médor, qui est resté fidèle malgré ses mépris. Tirsis propose de revenir vers Philis, mais elle refuse d'abord, critiquant son inconstance. Finalement, Philis accepte de pardonner Tirsis et de lui rendre son amour, affirmant que seule la mort pourra éteindre leur flamme.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4
s. p.
L'AMBITION. ODE.
Début :
Ambition, funeste Idole, [...]
Mots clefs :
Ambition, Trahison, Barbare, Héros, Vertu
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : L'AMBITION. ODE.
L'AMBITION.
O D E.
Mbition , funeste Idole ,
Aux pieds de tes sanglans Autels ,
Esclavés d'un espoir frivole ,
Verra-t'on toûjours les Mortels ?
La Verité fût allarmée ;
Thémis aujourd'hui désarmée ,
Est en butte aux affronts des Grands.
Ciel ! j'en frémis ; les plus noirs crimes ,
1Vol. A ij Font
1050 MERCURE DE FRANCE
Font naître ces tristes Victimes ,
Que t'amenent ses Conquerans.
Ministre de leurs Sacrifices ,
La fureur leur prête ses traits ,
L'imposture ses artifices ,
La trahison tous ses forfaits,
L'innocence autrefois chérie ,
Succombe à tant de barbarie ;
Chaçun craint de la soutenir;
Et la malice triomphante,
Fiere des horreurs qu'elle enfante ,
Se rit d'un heureux avenir.
'Ainsi qu'un Torrent dans la Plaine ,
Grossi de plus de cent Ruisseaux ,
Perse, brise , renverse , entraîne ,
Tout ce qu'on oppose à ses Eaux,
Tels , et plus furieux encore ,
Ceux que l'ambition dévore ,
Ravagent tout par leurs fureurs,
Avec eux la guerre s'avance ,
La Paix fuit ; l'effroy la devance ,
L'homme en voit naître ses malheurs,
Que vois-je ! quel Spectacle horrible
Frappe mes regards effrayez !
I. Vol. Aux
JUIN. 17327 IOSI
1
Aux coups d'un instrument terrible ,
Mille Murs tombent foudroyez !
Ici des Rois portant la foudre ,
Détruisent tout pour mettre en poudre
Les Provinces de leurs voisins.
Là le frere poursuit le frere ,
Le fils dans le sang de son pere ,
Porte de parricides, mains,
Au sortir de tes mains sacrées ,
Grand Dieu ! que l'homme étoit heureux !
Il t'aimoit , tes Loix adorées ,
Remplissoient l'ardeur de ses vœux.
Fidele , il te loüoit sans cesse >
Dans ce séjour que ta sagessè ,
Avoit fait pour lui plein d'appas.
Fortuné temps ! où l'innocence ,
Partage aimable de l'enfance ,
Conduisoit seule tous ses pas.
Maîtres de la Paix , de la guerre ,
Ministres du divin pouvoir ,
Images des Dieux sur la Terre ;
Rois, vous qui faites tout mouvoir ,
Jusqu'à quand pleins de projets vastes ,
Ne voudrez-vous remplir vos Fastes ,
Que d'exploits cruels, odieux !
I. Vol. A iij Jusqu'à
1052 MERCURE DE FRANCE
Jusqu'à quand sous votre Couronne ,
Sous l'éclat qui vous environne ,
Yerrons-nous des ambitieux ?
來
L'Ambition fait le Barbare ,
Le Héros naît de la Vertu.
Auguste la prenant pour Phare,
Rome vit le vice abbatu.
Par tout il mit fin à la plaintes
La nuit , chacun exempt de crainte,
Goutoit un tranquille sommeil.
Il étoit aux Loix méprisées ,
Ce que sont de douces rosées ,
Aux Champs brulez par le Soleil.
諾
Un Hydropique a beau se plaindre ,
On ne sçauroit le contenter ;
Sa soif ne peut jamais s'éteindre,
Et l'eau ne sert qu'à l'irriter ; -
Ainsi les Grands insatiables ,
En vain sont-ils si redoutables ,
Ils forment des projets divers.
Toute la Grece mise en cendre ,
Ne satisfait pas Alexandre ,
Il veut subjuguer l'Univers.
1. Vol. Qu'est-ce
JUIN. 1732. 1053
Qu'est- ce qu'un Roy qui n'a pour guide
Que vœux outrez , qu'ambition
Un furieux , un homicide ,
L'horreur de chaque Nation.
Un Tigre que la faim agite ,
Tantôt un Lion qui s'irrite ,
Ét que rien ne peut retenir.
Enfin un énorme assemblage ,
De vice , de crime , et de rage ,
Que Dieu produit pour nous punir .
B **. D **.
O D E.
Mbition , funeste Idole ,
Aux pieds de tes sanglans Autels ,
Esclavés d'un espoir frivole ,
Verra-t'on toûjours les Mortels ?
La Verité fût allarmée ;
Thémis aujourd'hui désarmée ,
Est en butte aux affronts des Grands.
Ciel ! j'en frémis ; les plus noirs crimes ,
1Vol. A ij Font
1050 MERCURE DE FRANCE
Font naître ces tristes Victimes ,
Que t'amenent ses Conquerans.
Ministre de leurs Sacrifices ,
La fureur leur prête ses traits ,
L'imposture ses artifices ,
La trahison tous ses forfaits,
L'innocence autrefois chérie ,
Succombe à tant de barbarie ;
Chaçun craint de la soutenir;
Et la malice triomphante,
Fiere des horreurs qu'elle enfante ,
Se rit d'un heureux avenir.
'Ainsi qu'un Torrent dans la Plaine ,
Grossi de plus de cent Ruisseaux ,
Perse, brise , renverse , entraîne ,
Tout ce qu'on oppose à ses Eaux,
Tels , et plus furieux encore ,
Ceux que l'ambition dévore ,
Ravagent tout par leurs fureurs,
Avec eux la guerre s'avance ,
La Paix fuit ; l'effroy la devance ,
L'homme en voit naître ses malheurs,
Que vois-je ! quel Spectacle horrible
Frappe mes regards effrayez !
I. Vol. Aux
JUIN. 17327 IOSI
1
Aux coups d'un instrument terrible ,
Mille Murs tombent foudroyez !
Ici des Rois portant la foudre ,
Détruisent tout pour mettre en poudre
Les Provinces de leurs voisins.
Là le frere poursuit le frere ,
Le fils dans le sang de son pere ,
Porte de parricides, mains,
Au sortir de tes mains sacrées ,
Grand Dieu ! que l'homme étoit heureux !
Il t'aimoit , tes Loix adorées ,
Remplissoient l'ardeur de ses vœux.
Fidele , il te loüoit sans cesse >
Dans ce séjour que ta sagessè ,
Avoit fait pour lui plein d'appas.
Fortuné temps ! où l'innocence ,
Partage aimable de l'enfance ,
Conduisoit seule tous ses pas.
Maîtres de la Paix , de la guerre ,
Ministres du divin pouvoir ,
Images des Dieux sur la Terre ;
Rois, vous qui faites tout mouvoir ,
Jusqu'à quand pleins de projets vastes ,
Ne voudrez-vous remplir vos Fastes ,
Que d'exploits cruels, odieux !
I. Vol. A iij Jusqu'à
1052 MERCURE DE FRANCE
Jusqu'à quand sous votre Couronne ,
Sous l'éclat qui vous environne ,
Yerrons-nous des ambitieux ?
來
L'Ambition fait le Barbare ,
Le Héros naît de la Vertu.
Auguste la prenant pour Phare,
Rome vit le vice abbatu.
Par tout il mit fin à la plaintes
La nuit , chacun exempt de crainte,
Goutoit un tranquille sommeil.
Il étoit aux Loix méprisées ,
Ce que sont de douces rosées ,
Aux Champs brulez par le Soleil.
諾
Un Hydropique a beau se plaindre ,
On ne sçauroit le contenter ;
Sa soif ne peut jamais s'éteindre,
Et l'eau ne sert qu'à l'irriter ; -
Ainsi les Grands insatiables ,
En vain sont-ils si redoutables ,
Ils forment des projets divers.
Toute la Grece mise en cendre ,
Ne satisfait pas Alexandre ,
Il veut subjuguer l'Univers.
1. Vol. Qu'est-ce
JUIN. 1732. 1053
Qu'est- ce qu'un Roy qui n'a pour guide
Que vœux outrez , qu'ambition
Un furieux , un homicide ,
L'horreur de chaque Nation.
Un Tigre que la faim agite ,
Tantôt un Lion qui s'irrite ,
Ét que rien ne peut retenir.
Enfin un énorme assemblage ,
De vice , de crime , et de rage ,
Que Dieu produit pour nous punir .
B **. D **.
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Résumé : L'AMBITION. ODE.
Le texte 'L'Ambition' critique les ravages de l'ambition dévorante. L'auteur dépeint des hommes esclaves d'un espoir futile, la vérité alarmée et Thémis désarmée face aux puissants. Les crimes les plus noirs engendrent des victimes tragiques, sacrifiées par la fureur, l'imposture et la trahison. L'innocence succombe à la barbarie, et la malice triomphante se moque d'un avenir heureux. L'ambition, comparée à un torrent dévastateur, ravage tout sur son passage, entraînant la guerre et les malheurs humains. Les rois, maîtres de la paix et de la guerre, sont accusés de remplir leurs fastes d'exploits cruels et odieux. L'auteur évoque un passé où l'homme était heureux, aimant Dieu et vivant en paix. Il critique les grands insatiables, comparés à un hydropique dont la soif ne peut être étanchée. Alexandre, par exemple, ne se contente pas de conquérir la Grèce mais veut soumettre l'univers entier. Un roi guidé par l'ambition est décrit comme un furieux, un homicide, l'horreur des nations, comparable à un tigre ou un lion enragé. L'ambition est présentée comme un assemblage monstrueux de vice, de crime et de rage, produit par Dieu pour punir les hommes.
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5
p. 175
DU LEVANT.
Début :
Le 25 du mois dernier, Nischangi Pacha, Grand Visir, fut mandé [...]
Mots clefs :
Constantinople, Nischangi Pacha, Grand vizir, Exécution, Trahison, Saïd Effendi
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texteReconnaissance textuelle : DU LEVANT.
D U L E V" A A7 7 .
DE CoNsTANTINoPLE, le 2 Novembre.
LE 2 5 du mois dernier, Niſchangi Tacha ;
Grand Viſir , fut mandé par le Grand Seigneur,
qui ſur le champ lui ôta les Sceaux de l'Empire,
& le fit conduire entre les deux portes intérieures
du Palais. Il y demeura juſqu'au lendemain après
midi, qu'on lui apporta le fatal cordon. Ce Grand
Viſir n'étoit âgé que de trente-quatre ans.Son
corps a été expoſé à la vue du peuple avec un
écriteau conçu en ces termes : Voilà le corps du
fervers Niſchangi, qui a trahi la confiance du
Sultan ſon maître, & qui a mérité l'indignation
de Sa Hauteſſe par les forfaits dont il s'eſt rendu
coupable. Que chacun profite de cet exemple. Saïd
Effendi, dont le mérite & la probité ſont géné
ralement reconnus, a été déclaré Grand Vifir ;
& la place de Kiaya qu'il occupoit, a été donnée
au Reis Effendi.
DE CoNsTANTINoPLE, le 2 Novembre.
LE 2 5 du mois dernier, Niſchangi Tacha ;
Grand Viſir , fut mandé par le Grand Seigneur,
qui ſur le champ lui ôta les Sceaux de l'Empire,
& le fit conduire entre les deux portes intérieures
du Palais. Il y demeura juſqu'au lendemain après
midi, qu'on lui apporta le fatal cordon. Ce Grand
Viſir n'étoit âgé que de trente-quatre ans.Son
corps a été expoſé à la vue du peuple avec un
écriteau conçu en ces termes : Voilà le corps du
fervers Niſchangi, qui a trahi la confiance du
Sultan ſon maître, & qui a mérité l'indignation
de Sa Hauteſſe par les forfaits dont il s'eſt rendu
coupable. Que chacun profite de cet exemple. Saïd
Effendi, dont le mérite & la probité ſont géné
ralement reconnus, a été déclaré Grand Vifir ;
& la place de Kiaya qu'il occupoit, a été donnée
au Reis Effendi.
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Résumé : DU LEVANT.
Le 25 octobre, Nischangi Tacha, Grand Visir âgé de 34 ans, fut destitué et exécuté sur ordre du Grand Seigneur. Son corps fut exposé avec un écriteau dénonçant sa trahison. Saïd Effendi, connu pour son mérite, le remplaça. La fonction de Kiaya fut attribuée au Reis Effendi.
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6
p. *150-150
De GENES, le 18 Août 1764.
Début :
On a appris de Corse que Pascal Paoli s'étoit rendu maître [...]
Mots clefs :
Corse, Pascal de Paoli, Poste, Rebelles, Trahison, Troupes, Escarmouche
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De GENES, le 18 Août 1764.
De GENES , le 18 Août 1764.
On a appris de Corfe que Pafcal Paoli s'étoit
renda maître du Pofte de Brando , qui lui a
été livré par trahifon , & où il a fait quelques
prifonniers. Comme les Rebelles s'approchent
toujours plus près de la Baftie , le Commiffaire
Général de la République a réfolu de faire évacuer
le Pofte des Capucins , fitué près de ladite Ville ,
pour ne pas expofer les Troupes qui y font à
être enlevées par les Rebelles . Il y a eu près
d'Algaiola , entre nos Troupes & les Rebelles
une efcarmouche dans laquelle ces derniers nous
ont fait dix prifonniers ; ils continuent toujours
de bloquer S. Florent par terre & par mer.
On a appris de Corfe que Pafcal Paoli s'étoit
renda maître du Pofte de Brando , qui lui a
été livré par trahifon , & où il a fait quelques
prifonniers. Comme les Rebelles s'approchent
toujours plus près de la Baftie , le Commiffaire
Général de la République a réfolu de faire évacuer
le Pofte des Capucins , fitué près de ladite Ville ,
pour ne pas expofer les Troupes qui y font à
être enlevées par les Rebelles . Il y a eu près
d'Algaiola , entre nos Troupes & les Rebelles
une efcarmouche dans laquelle ces derniers nous
ont fait dix prifonniers ; ils continuent toujours
de bloquer S. Florent par terre & par mer.
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Résumé : De GENES, le 18 Août 1764.
Le 18 août 1764, Pascal Paoli prend le poste de Brando par trahison et fait des prisonniers. Les rebelles approchent de la Bastie, menant à l'évacuation du poste des Capucins. Près d'Algaiola, une escarmouche entraîne la capture de dix prisonniers. Les rebelles maintiennent le blocus de Saint-Florent par terre et par mer.
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