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1
p. 682-688
LETTRE écrite à M. D.L. R. Par le R. P. Michel le Quien, Dominicain, Bibliothequaire du Convent de S. Honoré, au sujet du dernier Ouvrage du P. Le Courayer &c.
Début :
Il m'importe peu à présent, Monsieur, que le P. Le Courayer veüille encore, [...]
Mots clefs :
Ordinations, Épiscopat, Sacre, Anglicans, Vérification, Schisme
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE écrite à M. D.L. R. Par le R. P. Michel le Quien, Dominicain, Bibliothequaire du Convent de S. Honoré, au sujet du dernier Ouvrage du P. Le Courayer &c.
LETTRE écrite à M. D. L. R. Par
le R. P. Michel le Quien , Dominicain
Bibliothequaire du Convent de S. Honoré,
au sujet du dernier Ouvrage du P. Le
Courayer&c.
L m'importe peu à présent , Monsieur,
que le P. Le Courayer veüille encore,
comme ses amis l'assurent , continuer
d'écrire pour ses Ordinations ; j'ai déclaré
que dorénavant je garderois le silence sur
ce sujet. Cependant , qu'il me réplique et
qu'il défende sa cause avec la solidité et
a sincerité que le sujet l'exige , je serai le
premier à lui applaudir ; je ne suis prévenu
en faveur de la mienne que parceque
j'en ai établi les preuves sur les principes
qu'il avoit lui-même posés . J'ai
de l'aveu même de ceux qu'il avoit éblouis
par sa défense , satisfait à tous les points
capitaux qu'il avoit exigé qu'on lui prouvât.
Il a demandé » qu'on lui citât des
» Historiens qui contredisent les Actes
» qu'il produisoit , ou qu'on rapportât
des
4
AVRIL: 1731. 683
» des Actes contraires aux siens , ou qu'on
fit voir qu'on ne peut concilier les Ac-
» tes avec des faits reconnus pour cer-
» tains. J'ai admis toutes ces disjonctives;
j'ai cité un bon nombre d'Auteurs contemporains
et oculaires qui contredisent
ouvertement la Relation qu'on a produite
du prétendu sacre de Mathieu Parker pour
l'Archevêché de Cantorberi. Le seul fait
du procès que l'Evêque de Londres Edmond
Bonner a soutenu contre le faux
Evêque de Winchester Robert Horn , suffisoit
pour ôter toute croyance à cette
Histoire , et la faire passer pour ce qu'elle
est , c'est-à-dire , pour un Roman.Le Prélat
Catholique y verifia contradictoirement
devant les Juges que les nouveaux
Evêques de la Reine Elizabeth avoient
envahi en cachete les Siéges d'Angleterre
sans avoir reçû l'imposition des mains
d'aucun Evêque , et tout haï qu'il étoit
des Protestans , le Parlement à qui l'affaire
avoit été déferée , le renvoya absous .
Quoi de plus C'est en lisant les Historiens
Anglicans que j'ai verifié
que le Registre
de Cranmer a été falsifié. Ces mêmes
Auteurs m'ont fourni des Actes autentiques
dans lesquels on trouve Mathieu
Parker reconnu pour Archevêque veritable
, anterieurement au tems auquel on
veut qu'il ait été ordonné ; j'en ai conclu
C vj
par
684 MERCURE DE FRANCE.
par une juste conséquence qu'il ne l'a
point été du tout; je ne me suis point
aheurté à soutenir son sacre dans une Auberge
; mais j'ai soutenu que si ce fait est
fabuleux , la Relation ne l'est pas moins.
me ,
J'ai verifié que le Registre qu'on vante
tant , est composé de feuilles détachées
qu'on n'a assemblées et reliées que longtems
après la mort de Parker , d'où j'ai
inferé qu'il a été aisé d'y mêler de faux
Actes. On a vû le refus que les Prélats
Anglicans ont fait à des Prêtres Catholiques
d'examiner ce Registre à loisir et à
tête reposée , dans le tems même qu'ils
ont commencé à l'annoncer . D'autres
personnes dignes de foi , mais qui ne ju
gent pas encore à propos qu'on les nomveulent
qu'on déclare au Public qu'étant
parties de France, et étant allées à Londres
depuis nos disputes contre le Docteur
d'Oxford pour avoir la satisfaction
de consulter les péces dont il est question,
elles s'en sont retournées sans l'avoir pû obtenir
de ceux qui en sont les Dépositaires.
Le Docteur d'Oxford a donc tort de se
vanter qu'étant à présent sur les lieux , it
est plus en état de justifier leur authenticité.
Je lui ai dit, et je le repéte , que sa
présence et son témoignage n'y servirone
de rien ; il n'est ni assez habile connoisseur
en anciennes Ecritures , ni assez
déAVRIL
1731. 685
désinteressé , ni peut- être assez sincere ,
pour qu'on doive déferer à son témoignage.
Enfin, quoiqu'il avance désormais
pour faire valoir ses prétendus Actes , tout
bien pe é dans une juste balance , tout ce
qu'il a allegué , ou qu'il pourra alleguer
dans la suite , ne l'emportera jamais sur les
preuves que je lui ai opposées , et cela me
suffit.
Quand même je lui passerois sa Relation
de Lambeth , outre les témoins que
j'ai cités contre l'Episcopat de Guillaume
Barlow , qu'il nous donne pour Consécrateur
de Parker , j'ai démontré clair
comme le jour, que puisque lui et les Anglois
sont obligés de convenir que ce Prélat
de la Réforme ne fut jamais sacré pour
le Siége de Saint Asaph , auquel il avoit
été nommé d'abord , il ne l'a point nonplus
été pour celui de Saint Davids où il
fut tran feré. Il est bon de repéter en
deux mots ma démonstration ; la voici :
Notre Docteur a lui-même publié les
Actes de la confirmation de ce faux Evêque
pour ce second Siége , avec le certificat
qu'en donna au Roi Henri VIII.
l'Archevêque Cranmer. Son grand Auteur
François Masson avoit auparavant
imprimé les Lettres Patentes de ce Prince,
par lesquelles , en vertu du certificat , il
fut mis en possession de l'Evêché , pour
jouir
686 MERCURE DE FRANCE
;
jouir du temporel et de tous les droits et
honneurs qui y étoient attachés ; le Brevet
de Henri qui ordonnoit à Cranmer
de faire à l'égard de Barlou , élû Evêque
de Saint Davids , tout ce qui étoit de
son office , omne quod tui officii est , c'està
dire , de le confirmer et de le sacrer ensuite
, s'il ne l'étoit pas , est du 21. Avril
.1536. les Actes de la confirmation sont
dattés du lendemain qui étoit un Vendredi
le Certificat est datté du même
jour 22. Avril ; enfin les Lettres Patentes
du Roi ont pour datte le 27. qui étoit
le Mercredi suivant . Cranmer auroit attendu
du moins au Dimanche 24. pour
donner son Certificat après l'avoir sacré,
s'il avoit eu envie d'en faire la cerémonie,
et attester par ce même Acte qu'il l'avoit
confirmé et sacré : il n'en a rien fait , il
n'a attesté que la confirmation , sans parler
de consécration , aussi ne l'auroit-il
pû faire un Vendredi. Le Roi lui même
dans ses Lettres Patentes données sur le
Certificat , ' ne fait aucune mention du Sacre
, mais seulement de la confirmation
ensorte qu'on ne peut plus supposer qu'il
y eut un Certificat de Sacre pour obtedans
ce
nir ces Lettres.
De tout cela j'ai conclu que
malheureux tems de schisme et de confusion
, Barlow Herétique , comme son
ArcheAVRIL
1731 687
pas-
Archevêque , de concert avec lui et avec
Thomas Cromwel , homme Seculier et
Vicaire General de Henri VIII. pour toutes
les affaires de l'Eglise , se sera fait
ser dans le monde pour veritable Evêque
sans avoir été sacré , et aura pris scéance
au Parlement sur les Lettres Patentes de
son Prince , en qualité de Pair et de Ba →
ron du Royaume. Voilà ce que je n'ai pas
craint d'appeller une démonstration contre
l'Episcopat de Guillaume Barlow ,
je me suis flatté que toutes les personnes
judicieuses en jugeront de même.
et
Ce que j'ai encore soutenu dans la se
conde Partie , de l'invalidité des formes.
d'Ordination , usitées par la Secte Anglicanne
depuis le Regne d'Edouard VI.
ne fait plus de difficulté , et il n'y a point
de Catholique qui ne convienne que leur
Episcopat Protestant est absolument nul
de ce côté- là. En vain leur Doffenseur
ose t il les comparer avec celui des Chrétiens
du Levant. J'en ai fait sentir la difference
en les comparant les unes avec les
autres et avec les Latines.Les Théologiens
Catholiques me sçauront sans doute gré
de leur avoir expliqué en quoi consiste
veritablement la forme de l'Ordination
dans toutes les Eglises d'Orient. La question
du Sacrifice n'est pas moins bien
éclaircie , et je doute que le Docteur d'Or
ford veüille encore y revenir.
388 MERCURE DE FRANCE
Il nous menace , dit on , de publier un
Ouvrage qui justifiera de Schisme , et les
Grecs et les Anglois. L'entreprise est digne
de son Auteur. Comme j'espere , avec
l'aide de Dieu , de publier l'Oriens Christianus
, il me sera aisé d'y trouver quelque
place pour réfuter ce Livre , et pour
redresser l'Auteur , qui ne peut gueres
manquer de s'égarer dans un Pays qu'il
ne connoît pas ; je finis , Monsieur , en
disant que la meilleure réponse qu'on
puisse opposer à ses déclamations , c'est
de les mépriser. La Satyre , les railleries ,
les insultes , sont ordinairement ses preuves
et ses argumens les plus forts , argumens
, je l'avouë , ausquels il est difficile
de répondre ; c'est à ces lieux communs
qu'ont d'ordinaire recours les Partisans
de l'erreur. Quia veritate non possunt , lacerant
conviciis , dit S. Jerôme.
Je suis , Monsieur , &c.
A Paris le 14. Fevrier
le R. P. Michel le Quien , Dominicain
Bibliothequaire du Convent de S. Honoré,
au sujet du dernier Ouvrage du P. Le
Courayer&c.
L m'importe peu à présent , Monsieur,
que le P. Le Courayer veüille encore,
comme ses amis l'assurent , continuer
d'écrire pour ses Ordinations ; j'ai déclaré
que dorénavant je garderois le silence sur
ce sujet. Cependant , qu'il me réplique et
qu'il défende sa cause avec la solidité et
a sincerité que le sujet l'exige , je serai le
premier à lui applaudir ; je ne suis prévenu
en faveur de la mienne que parceque
j'en ai établi les preuves sur les principes
qu'il avoit lui-même posés . J'ai
de l'aveu même de ceux qu'il avoit éblouis
par sa défense , satisfait à tous les points
capitaux qu'il avoit exigé qu'on lui prouvât.
Il a demandé » qu'on lui citât des
» Historiens qui contredisent les Actes
» qu'il produisoit , ou qu'on rapportât
des
4
AVRIL: 1731. 683
» des Actes contraires aux siens , ou qu'on
fit voir qu'on ne peut concilier les Ac-
» tes avec des faits reconnus pour cer-
» tains. J'ai admis toutes ces disjonctives;
j'ai cité un bon nombre d'Auteurs contemporains
et oculaires qui contredisent
ouvertement la Relation qu'on a produite
du prétendu sacre de Mathieu Parker pour
l'Archevêché de Cantorberi. Le seul fait
du procès que l'Evêque de Londres Edmond
Bonner a soutenu contre le faux
Evêque de Winchester Robert Horn , suffisoit
pour ôter toute croyance à cette
Histoire , et la faire passer pour ce qu'elle
est , c'est-à-dire , pour un Roman.Le Prélat
Catholique y verifia contradictoirement
devant les Juges que les nouveaux
Evêques de la Reine Elizabeth avoient
envahi en cachete les Siéges d'Angleterre
sans avoir reçû l'imposition des mains
d'aucun Evêque , et tout haï qu'il étoit
des Protestans , le Parlement à qui l'affaire
avoit été déferée , le renvoya absous .
Quoi de plus C'est en lisant les Historiens
Anglicans que j'ai verifié
que le Registre
de Cranmer a été falsifié. Ces mêmes
Auteurs m'ont fourni des Actes autentiques
dans lesquels on trouve Mathieu
Parker reconnu pour Archevêque veritable
, anterieurement au tems auquel on
veut qu'il ait été ordonné ; j'en ai conclu
C vj
par
684 MERCURE DE FRANCE.
par une juste conséquence qu'il ne l'a
point été du tout; je ne me suis point
aheurté à soutenir son sacre dans une Auberge
; mais j'ai soutenu que si ce fait est
fabuleux , la Relation ne l'est pas moins.
me ,
J'ai verifié que le Registre qu'on vante
tant , est composé de feuilles détachées
qu'on n'a assemblées et reliées que longtems
après la mort de Parker , d'où j'ai
inferé qu'il a été aisé d'y mêler de faux
Actes. On a vû le refus que les Prélats
Anglicans ont fait à des Prêtres Catholiques
d'examiner ce Registre à loisir et à
tête reposée , dans le tems même qu'ils
ont commencé à l'annoncer . D'autres
personnes dignes de foi , mais qui ne ju
gent pas encore à propos qu'on les nomveulent
qu'on déclare au Public qu'étant
parties de France, et étant allées à Londres
depuis nos disputes contre le Docteur
d'Oxford pour avoir la satisfaction
de consulter les péces dont il est question,
elles s'en sont retournées sans l'avoir pû obtenir
de ceux qui en sont les Dépositaires.
Le Docteur d'Oxford a donc tort de se
vanter qu'étant à présent sur les lieux , it
est plus en état de justifier leur authenticité.
Je lui ai dit, et je le repéte , que sa
présence et son témoignage n'y servirone
de rien ; il n'est ni assez habile connoisseur
en anciennes Ecritures , ni assez
déAVRIL
1731. 685
désinteressé , ni peut- être assez sincere ,
pour qu'on doive déferer à son témoignage.
Enfin, quoiqu'il avance désormais
pour faire valoir ses prétendus Actes , tout
bien pe é dans une juste balance , tout ce
qu'il a allegué , ou qu'il pourra alleguer
dans la suite , ne l'emportera jamais sur les
preuves que je lui ai opposées , et cela me
suffit.
Quand même je lui passerois sa Relation
de Lambeth , outre les témoins que
j'ai cités contre l'Episcopat de Guillaume
Barlow , qu'il nous donne pour Consécrateur
de Parker , j'ai démontré clair
comme le jour, que puisque lui et les Anglois
sont obligés de convenir que ce Prélat
de la Réforme ne fut jamais sacré pour
le Siége de Saint Asaph , auquel il avoit
été nommé d'abord , il ne l'a point nonplus
été pour celui de Saint Davids où il
fut tran feré. Il est bon de repéter en
deux mots ma démonstration ; la voici :
Notre Docteur a lui-même publié les
Actes de la confirmation de ce faux Evêque
pour ce second Siége , avec le certificat
qu'en donna au Roi Henri VIII.
l'Archevêque Cranmer. Son grand Auteur
François Masson avoit auparavant
imprimé les Lettres Patentes de ce Prince,
par lesquelles , en vertu du certificat , il
fut mis en possession de l'Evêché , pour
jouir
686 MERCURE DE FRANCE
;
jouir du temporel et de tous les droits et
honneurs qui y étoient attachés ; le Brevet
de Henri qui ordonnoit à Cranmer
de faire à l'égard de Barlou , élû Evêque
de Saint Davids , tout ce qui étoit de
son office , omne quod tui officii est , c'està
dire , de le confirmer et de le sacrer ensuite
, s'il ne l'étoit pas , est du 21. Avril
.1536. les Actes de la confirmation sont
dattés du lendemain qui étoit un Vendredi
le Certificat est datté du même
jour 22. Avril ; enfin les Lettres Patentes
du Roi ont pour datte le 27. qui étoit
le Mercredi suivant . Cranmer auroit attendu
du moins au Dimanche 24. pour
donner son Certificat après l'avoir sacré,
s'il avoit eu envie d'en faire la cerémonie,
et attester par ce même Acte qu'il l'avoit
confirmé et sacré : il n'en a rien fait , il
n'a attesté que la confirmation , sans parler
de consécration , aussi ne l'auroit-il
pû faire un Vendredi. Le Roi lui même
dans ses Lettres Patentes données sur le
Certificat , ' ne fait aucune mention du Sacre
, mais seulement de la confirmation
ensorte qu'on ne peut plus supposer qu'il
y eut un Certificat de Sacre pour obtedans
ce
nir ces Lettres.
De tout cela j'ai conclu que
malheureux tems de schisme et de confusion
, Barlow Herétique , comme son
ArcheAVRIL
1731 687
pas-
Archevêque , de concert avec lui et avec
Thomas Cromwel , homme Seculier et
Vicaire General de Henri VIII. pour toutes
les affaires de l'Eglise , se sera fait
ser dans le monde pour veritable Evêque
sans avoir été sacré , et aura pris scéance
au Parlement sur les Lettres Patentes de
son Prince , en qualité de Pair et de Ba →
ron du Royaume. Voilà ce que je n'ai pas
craint d'appeller une démonstration contre
l'Episcopat de Guillaume Barlow ,
je me suis flatté que toutes les personnes
judicieuses en jugeront de même.
et
Ce que j'ai encore soutenu dans la se
conde Partie , de l'invalidité des formes.
d'Ordination , usitées par la Secte Anglicanne
depuis le Regne d'Edouard VI.
ne fait plus de difficulté , et il n'y a point
de Catholique qui ne convienne que leur
Episcopat Protestant est absolument nul
de ce côté- là. En vain leur Doffenseur
ose t il les comparer avec celui des Chrétiens
du Levant. J'en ai fait sentir la difference
en les comparant les unes avec les
autres et avec les Latines.Les Théologiens
Catholiques me sçauront sans doute gré
de leur avoir expliqué en quoi consiste
veritablement la forme de l'Ordination
dans toutes les Eglises d'Orient. La question
du Sacrifice n'est pas moins bien
éclaircie , et je doute que le Docteur d'Or
ford veüille encore y revenir.
388 MERCURE DE FRANCE
Il nous menace , dit on , de publier un
Ouvrage qui justifiera de Schisme , et les
Grecs et les Anglois. L'entreprise est digne
de son Auteur. Comme j'espere , avec
l'aide de Dieu , de publier l'Oriens Christianus
, il me sera aisé d'y trouver quelque
place pour réfuter ce Livre , et pour
redresser l'Auteur , qui ne peut gueres
manquer de s'égarer dans un Pays qu'il
ne connoît pas ; je finis , Monsieur , en
disant que la meilleure réponse qu'on
puisse opposer à ses déclamations , c'est
de les mépriser. La Satyre , les railleries ,
les insultes , sont ordinairement ses preuves
et ses argumens les plus forts , argumens
, je l'avouë , ausquels il est difficile
de répondre ; c'est à ces lieux communs
qu'ont d'ordinaire recours les Partisans
de l'erreur. Quia veritate non possunt , lacerant
conviciis , dit S. Jerôme.
Je suis , Monsieur , &c.
A Paris le 14. Fevrier
Fermer
Résumé : LETTRE écrite à M. D.L. R. Par le R. P. Michel le Quien, Dominicain, Bibliothequaire du Convent de S. Honoré, au sujet du dernier Ouvrage du P. Le Courayer &c.
Le Père Michel Le Quien, dominicain et bibliothécaire du couvent de Saint-Honoré, adresse une lettre à M. D. L. R. concernant l'ouvrage du Père Le Courayer. Le Quien exprime son refus de débattre des ordinations, mais se déclare prêt à soutenir Le Courayer s'il défend sa cause avec sincérité. Il répond aux exigences de preuves de Le Courayer en citant des historiens contemporains et oculaires qui contredisent la relation du prétendu sacre de Mathieu Parker pour l'archevêché de Cantorbéry. Le Quien mentionne également le procès de l'évêque de Londres Edmond Bonner contre Robert Horn, démontrant que les nouveaux évêques de la reine Élisabeth ont pris possession des sièges épiscopaux sans imposition des mains. Le Quien affirme que le registre de Cranmer a été falsifié et que Mathieu Parker a été reconnu comme archevêque avant son prétendu sacre. Il souligne que ce registre est composé de feuilles détachées assemblées après la mort de Parker, facilitant l'ajout de faux actes. Les prélats anglicans ont refusé d'examiner ce registre aux prêtres catholiques, et des personnes dignes de foi n'ont pas pu consulter les pièces à Londres. Le Quien critique le Docteur d'Oxford, le jugeant ni suffisamment connaisseur en anciennes écritures, ni désintéressé, ni sincère pour justifier l'authenticité des actes. Il démontre que Guillaume Barlow, prétendu consécrateur de Parker, n'a jamais été sacré pour les sièges de Saint Asaph ou Saint Davids, malgré les actes de confirmation et les lettres patentes du roi Henri VIII. Selon Le Quien, Barlow s'est fait passer pour évêque sans être sacré, prenant place au Parlement grâce aux lettres patentes. Enfin, Le Quien aborde l'invalidité des formes d'ordination anglicanes depuis le règne d'Édouard VI, soulignant que l'épiscopat protestant est nul. Il mentionne un ouvrage que le Docteur d'Oxford menace de publier pour justifier le schisme des Grecs et des Anglois, et se prépare à le réfuter dans son propre ouvrage, l'Oriens Christianus. Le Quien conclut en recommandant de mépriser les déclamations et les insultes du Docteur d'Oxford, qui sont souvent ses preuves et arguments les plus forts.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 458-461
OBSERVATIONS du R. P. le Quien.
Début :
Il paroît par la Réponse que le P. Ribera a publiée contre le Livre du Ministre [...]
Mots clefs :
Église, Exarque, Archevêque, Grecs schismatiques, Doctrine, Ribera, Protestants
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : OBSERVATIONS du R. P. le Quien.
OBSERVATIONS du R. P. le Quien.
Il paroît par la Réponse que le P. Ri
bera a publice contre le Livre du Ministre
Luthérien François Buddeus , que
celui de l'Exarque Moscovite est un Ouvrage
de conséquence , et que c'est à bon.
droit que plusieurs Personnes judicieuses
ont écrit ici de ce Pays - là , qu'il est important
pour l'interêt de l'Eglise Catholique
qu'on le traduise en Latin , comme
on a fait en Grec un semblable Ecrit,
mais plus succint , de Pierre Mogilas ,
Archevêque et Métropolitain de la petite
Russie.
L'Ouvrage de l'Archevêque de Rezan ,
est solide et sérieux , très- digne du rang
que son Anteur a tenu dans son Eglise ;
et il n'a mérité d'être traité de Libelle
le Gazetier Hollandois, que parce que
par
ayant été composé pour prémunir ceux
de la Nation Kussienne contre les Nouveautez
pernicieuses qu'on vouloit y semer,
il a été à propos d'entrer dans quelque
M.ARS. 1733
459
que détail de la vie et des moeurs des
premiers Apôtres du nouvel Evangile.
Ce Prélat a crû , avec raison , que les
Moscovites faisant la comparaison de ces
Nouveautez avec les SS. Peres de l'Eglise
, dont ils ont , graces à Dieu , conservé
les Dogies , concevroient pour eux
plus d'éloignement et d'aversion . Rien ;
à la verité , n'est plus mortifiant pour
les Sectes Protestantes , qu'après les tentatives
réïterées et fréquentes qu'ils ont
faites pour introduire leur Doctrine chez
les Grecs Schismatiques , ils n'ayent obtenu
d'eux que des anathêmes , qu'ils
leur ont lancez dans plusieurs Conciles ;
et que dans un vaste Pays comme la Moscovie
, qui a si long - temps été fermé ,
pour ainssi - dire , aux Etrangers , la même
Doctrine que les Catholiques professent
et deffendent contre les Protestans , s'y
soit conservée pute et sans tache jusqu'à
présent.
Avant notre Exarque , Adam Olearius
tout Luthérien obstiné qu'il étoit , ne l'a
pas dissimulé en décrivant ses Voyages.
Il l'a même confirmé dans une Lettre
qu'il écrivit à M. du Cambout de Pont-
Château en 1667. témoignage qu'on ne
sçauroit dire avoir été obtenu par quelque
fraude que ce puisse être ; mais
C ij - donné
460 MERCURE DE FRANCE
donné par une personne non suspecte ,
pour détruire ce qu'un Ministre Calviniste
avoit crû devoir dire , qu'il avoit
écrit cela sans reflexion .
Les Protestans ont traité de Grecs latinisez
, ceux qui ont aussi donné des
témoignages de la conformité de la Doctrine
de leur Eglise avec celle de l'Eglise
Romaine , sur les Articles qui nous divisent
; on les a si solidement réfutez
qu'ils devroient rougir d'alleguer encore
une telle deffaite . C'est un lieu commun
des plus usez ; mais c'est en quoi Buddeus
, qui s'en sert pour s'y retrancher
a fait voir combien la Cause qu'il deffend
est insoutenable. C'est pourtant son
unique ressource , il veut qu'on croye
que l'Exarque Javorski , s'est voulu vens
dre et prostituer aux Romains , en pu
bliant son Ouvrage contre Luther.
Le Livre du P. Ribera merite d'être lû,
en attendant que nous ayions une Traduc
tion exacte de celui de l'Archevêque de
Rezan. Il est intitulé : RESPONSUM ANTAFOLOGETICUM
Ecclesia Catholica contra'
calumniosas Blasphemias Joan, Francisci
Buddei nomine vulgatas in Orthodoxos La
tinos et Gracos , quo PETRÆ FIDEI , à
Stephano Favorskio Resanensi Metropolita
&c. ad evertendum Lutheri Pantheon
jacte
MARS. 1733. 461
6
jacle , repetitus ictus . Datum ad omnes Fideles
et Sereniss . Altiss. et Potentiss. Domina
ANNE JOANNOWE , totius Russia Imperatrici
, & c. dicatum . A. R. P. F. Bernar
do Ribera , Barchinonensi ex Ord. Prad.
Sacra Theol. Doctore et Regio Prof. Publ.
apud Excell. D. Ducem DE LIRIA , &C.
Catholici Hispaniarum Regis Legatum in
Russiam , Missionario Apostolico . VIENNE
Typis Maria Theresia Volgein viduæ ,
Univ. Typogr. M. DCC . XXX I.
Cet ouvrage est d'une érudition exacte
et solide , et beaucoup plus ample que
ne l'est ordinairement celle des Théologiens
Espagnols , qui ne s'appliquent
guere à traiter de la Théologie Dogmatique.
L'Auteur témoigne qu'il ne l'a
publié qu'après l'avoir fait lire et examiner
par les Evêques de Russie , qui l'ont
exhorté à le faire au plutôt imprimer. Les
fréquentes Conférences qu'il a eûës avec
ces Prélats , lui font rendre d'eux ce témoignage
, que , quoiqu'ils se trouvent
aujourd'hui séparez de l'Eglise par la dépendance
où ils ont été de l'Eglise de
Constantinople , qui a fait schisme avec
celle de Rome , il n'a rien trouvé en eux.
de cette aversion et de cette haine que
les Grecs Schismatiques ont marqué dans
leurs Ecrits contre les Latins.
Il paroît par la Réponse que le P. Ri
bera a publice contre le Livre du Ministre
Luthérien François Buddeus , que
celui de l'Exarque Moscovite est un Ouvrage
de conséquence , et que c'est à bon.
droit que plusieurs Personnes judicieuses
ont écrit ici de ce Pays - là , qu'il est important
pour l'interêt de l'Eglise Catholique
qu'on le traduise en Latin , comme
on a fait en Grec un semblable Ecrit,
mais plus succint , de Pierre Mogilas ,
Archevêque et Métropolitain de la petite
Russie.
L'Ouvrage de l'Archevêque de Rezan ,
est solide et sérieux , très- digne du rang
que son Anteur a tenu dans son Eglise ;
et il n'a mérité d'être traité de Libelle
le Gazetier Hollandois, que parce que
par
ayant été composé pour prémunir ceux
de la Nation Kussienne contre les Nouveautez
pernicieuses qu'on vouloit y semer,
il a été à propos d'entrer dans quelque
M.ARS. 1733
459
que détail de la vie et des moeurs des
premiers Apôtres du nouvel Evangile.
Ce Prélat a crû , avec raison , que les
Moscovites faisant la comparaison de ces
Nouveautez avec les SS. Peres de l'Eglise
, dont ils ont , graces à Dieu , conservé
les Dogies , concevroient pour eux
plus d'éloignement et d'aversion . Rien ;
à la verité , n'est plus mortifiant pour
les Sectes Protestantes , qu'après les tentatives
réïterées et fréquentes qu'ils ont
faites pour introduire leur Doctrine chez
les Grecs Schismatiques , ils n'ayent obtenu
d'eux que des anathêmes , qu'ils
leur ont lancez dans plusieurs Conciles ;
et que dans un vaste Pays comme la Moscovie
, qui a si long - temps été fermé ,
pour ainssi - dire , aux Etrangers , la même
Doctrine que les Catholiques professent
et deffendent contre les Protestans , s'y
soit conservée pute et sans tache jusqu'à
présent.
Avant notre Exarque , Adam Olearius
tout Luthérien obstiné qu'il étoit , ne l'a
pas dissimulé en décrivant ses Voyages.
Il l'a même confirmé dans une Lettre
qu'il écrivit à M. du Cambout de Pont-
Château en 1667. témoignage qu'on ne
sçauroit dire avoir été obtenu par quelque
fraude que ce puisse être ; mais
C ij - donné
460 MERCURE DE FRANCE
donné par une personne non suspecte ,
pour détruire ce qu'un Ministre Calviniste
avoit crû devoir dire , qu'il avoit
écrit cela sans reflexion .
Les Protestans ont traité de Grecs latinisez
, ceux qui ont aussi donné des
témoignages de la conformité de la Doctrine
de leur Eglise avec celle de l'Eglise
Romaine , sur les Articles qui nous divisent
; on les a si solidement réfutez
qu'ils devroient rougir d'alleguer encore
une telle deffaite . C'est un lieu commun
des plus usez ; mais c'est en quoi Buddeus
, qui s'en sert pour s'y retrancher
a fait voir combien la Cause qu'il deffend
est insoutenable. C'est pourtant son
unique ressource , il veut qu'on croye
que l'Exarque Javorski , s'est voulu vens
dre et prostituer aux Romains , en pu
bliant son Ouvrage contre Luther.
Le Livre du P. Ribera merite d'être lû,
en attendant que nous ayions une Traduc
tion exacte de celui de l'Archevêque de
Rezan. Il est intitulé : RESPONSUM ANTAFOLOGETICUM
Ecclesia Catholica contra'
calumniosas Blasphemias Joan, Francisci
Buddei nomine vulgatas in Orthodoxos La
tinos et Gracos , quo PETRÆ FIDEI , à
Stephano Favorskio Resanensi Metropolita
&c. ad evertendum Lutheri Pantheon
jacte
MARS. 1733. 461
6
jacle , repetitus ictus . Datum ad omnes Fideles
et Sereniss . Altiss. et Potentiss. Domina
ANNE JOANNOWE , totius Russia Imperatrici
, & c. dicatum . A. R. P. F. Bernar
do Ribera , Barchinonensi ex Ord. Prad.
Sacra Theol. Doctore et Regio Prof. Publ.
apud Excell. D. Ducem DE LIRIA , &C.
Catholici Hispaniarum Regis Legatum in
Russiam , Missionario Apostolico . VIENNE
Typis Maria Theresia Volgein viduæ ,
Univ. Typogr. M. DCC . XXX I.
Cet ouvrage est d'une érudition exacte
et solide , et beaucoup plus ample que
ne l'est ordinairement celle des Théologiens
Espagnols , qui ne s'appliquent
guere à traiter de la Théologie Dogmatique.
L'Auteur témoigne qu'il ne l'a
publié qu'après l'avoir fait lire et examiner
par les Evêques de Russie , qui l'ont
exhorté à le faire au plutôt imprimer. Les
fréquentes Conférences qu'il a eûës avec
ces Prélats , lui font rendre d'eux ce témoignage
, que , quoiqu'ils se trouvent
aujourd'hui séparez de l'Eglise par la dépendance
où ils ont été de l'Eglise de
Constantinople , qui a fait schisme avec
celle de Rome , il n'a rien trouvé en eux.
de cette aversion et de cette haine que
les Grecs Schismatiques ont marqué dans
leurs Ecrits contre les Latins.
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Résumé : OBSERVATIONS du R. P. le Quien.
Le texte relate les observations du R. P. le Quien sur un ouvrage de l'Exarque Moscovite, considéré comme crucial pour l'Église Catholique et digne d'une traduction en latin. Cet ouvrage, rédigé par l'Archevêque de Rezan, est caractérisé par sa solidité et sa sérieux, ayant pour but de défendre les Moscovites contre les nouvelles doctrines protestantes. Les efforts des protestants pour diffuser leur doctrine en Russie ont été infructueux, comme l'a souligné Adam Olearius. Les protestants ont été contredits par des témoignages attestant de la conformité entre la doctrine de l'Église russe et celle de l'Église romaine. Le livre du P. Ribera, intitulé 'RESPONSUM ANTAFOLOGETICUM', est recommandé en attendant une traduction précise de l'ouvrage de l'Archevêque de Rezan. Cet ouvrage est apprécié pour son érudition et son ampleur. Il a été examiné par les évêques de Russie, qui n'ont manifesté aucune hostilité envers les Latins malgré le schisme avec l'Église de Rome.
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