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801
p. 263-266
EPITAPHE DE MESSIRE ESPRIT FLECHIER, EVESQUE DE NISME.
Début :
En vous parlant de morts, je dois vous parler de l'Epitaphe / Ci gist un ESPRIT, Qui surprit [...]
Mots clefs :
Prélat, Immortel, Evêque de Nîmes, Chrétiens
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texteReconnaissance textuelle : EPITAPHE DE MESSIRE ESPRIT FLECHIER, EVESQUE DE NISME.
Envous parlant de morts ,
je dois vous parler de l'Epitaphe d'un Prelat qui auroit dû
eftre immortel >, fa vie eftant
fort neceffaire au falut des
ames aufquelles il a contribué
juſqu'à fon dernier foupir.
Cette Epitaphe eft de Mr
l'Abbé Plomet , que Mr l'Evêquede Nifmes avoit honoré
de fon eftime.
264 MERCURE
EPITAPHE
DE MESSIRE
ESPRIT FLECHIER,
EVESQUE DE NISMES..
Ci gift un ESPRIT,
Quifurpris
L'Universparfon EloquenceSçavant: on le vit à la Cour •
Briller comme l' Aftre dujour ,
Prêchant aux Rois la Penitence.
Poli ,fes Ouvrages divers ,
Soit dans la Profe , ou dans les
Vers ,
Ont
GALANT 265
Ont éternife fa Gloire ,
Immortalife fa Memoire.
Zelé comme un Aron , dans fes
brûlans transports ,
Ilprefentoitau Cielles vivans &
les morts.x
Prudent comme Moyfe,
Quels Portraits enchantez de la
Terrepromife
Ne fit-il pas , pour ſe gagner le
cœur
Du Mondaincorrompu , du rebelle
Pécheur?
Mars 1710.
Z
266 MERCUR
Tanteft commeJonas , il menaçoit
en Chaire ;
Souvent en Jeremie , il pleuroit la
mifere
Des Richesobftinez ,
Des Chreftiensfafcinez.
Humble , Simple, Pieux, Bienfaifant , Charitable ,
AuxGrands comme aux Petits il
parutrespectable:
Et dans l'Epifcopat en CHARLES
transformé,
Ilfinitfes beauxjours , en vertus
confommé
je dois vous parler de l'Epitaphe d'un Prelat qui auroit dû
eftre immortel >, fa vie eftant
fort neceffaire au falut des
ames aufquelles il a contribué
juſqu'à fon dernier foupir.
Cette Epitaphe eft de Mr
l'Abbé Plomet , que Mr l'Evêquede Nifmes avoit honoré
de fon eftime.
264 MERCURE
EPITAPHE
DE MESSIRE
ESPRIT FLECHIER,
EVESQUE DE NISMES..
Ci gift un ESPRIT,
Quifurpris
L'Universparfon EloquenceSçavant: on le vit à la Cour •
Briller comme l' Aftre dujour ,
Prêchant aux Rois la Penitence.
Poli ,fes Ouvrages divers ,
Soit dans la Profe , ou dans les
Vers ,
Ont
GALANT 265
Ont éternife fa Gloire ,
Immortalife fa Memoire.
Zelé comme un Aron , dans fes
brûlans transports ,
Ilprefentoitau Cielles vivans &
les morts.x
Prudent comme Moyfe,
Quels Portraits enchantez de la
Terrepromife
Ne fit-il pas , pour ſe gagner le
cœur
Du Mondaincorrompu , du rebelle
Pécheur?
Mars 1710.
Z
266 MERCUR
Tanteft commeJonas , il menaçoit
en Chaire ;
Souvent en Jeremie , il pleuroit la
mifere
Des Richesobftinez ,
Des Chreftiensfafcinez.
Humble , Simple, Pieux, Bienfaifant , Charitable ,
AuxGrands comme aux Petits il
parutrespectable:
Et dans l'Epifcopat en CHARLES
transformé,
Ilfinitfes beauxjours , en vertus
confommé
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Résumé : EPITAPHE DE MESSIRE ESPRIT FLECHIER, EVESQUE DE NISME.
L'épitaphe rend hommage à Esprit Fléchier, évêque de Nîmes, décédé en mars 1710. Fléchier est célébré pour son éloquence et son érudition, ayant marqué la cour et prêché la pénitence aux rois. Ses œuvres, en prose et en vers, ont perpétué sa renommée. Il est loué pour son zèle apostolique, sa prudence et sa capacité à toucher les cœurs des mondains et des pécheurs. Comparé à des figures bibliques comme Aaron, Moïse, Jonas et Jérémie, il est reconnu pour sa fermeté en chaire et sa compassion envers les riches obstinés et les chrétiens tièdes. Humble, simple, pieux et charitable, il a été respecté de tous et a achevé sa vie épiscopale avec des vertus accomplies. L'épitaphe est attribuée à l'abbé Plomet, honoré par l'évêque de Nîmes.
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802
p. 347-349
ENIGME.
Début :
L'on me voit aisément & mon estre est sensible, [...]
Mots clefs :
Chandelle
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texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGME.
L'on me voit aisément & mon
eftre eftfenfible
348 MERCURE
Maispourmebien comprendre
fçavoir qui je fuis ,
La chofe eft mal aifée ,
impoffible ,
paroift
C'eft on demeurent court les plus
rares efprits.
Sans me diminuer l'on prendde m
fubftance,
ma
Que je donne à chacun pour eftre
en füreté,
Et quoique j'en fourniffe à tous
en abondance,
J'en ay toûjours chez moy la même quantité.
Je medonnefanspoids ,fans nombre, &fans mefure ;
Etdepuis le Bergerjufques auplus
grand Roy,
GALANT 349.
Il n'est petit ny grand dans toute
la nature
Qui n'implore mon aide, & n'ait
befoin de moy.
Tout le monde s'en fert, & tous
à la même heure,
Rien deplus merveilleux,quoyque
de plus commun,
L'on me portepar tout de demeure
en demeure ,
Etfi toft qu'on me voit j'éblouis
I un chacun.
L'on me voit aisément & mon
eftre eftfenfible
348 MERCURE
Maispourmebien comprendre
fçavoir qui je fuis ,
La chofe eft mal aifée ,
impoffible ,
paroift
C'eft on demeurent court les plus
rares efprits.
Sans me diminuer l'on prendde m
fubftance,
ma
Que je donne à chacun pour eftre
en füreté,
Et quoique j'en fourniffe à tous
en abondance,
J'en ay toûjours chez moy la même quantité.
Je medonnefanspoids ,fans nombre, &fans mefure ;
Etdepuis le Bergerjufques auplus
grand Roy,
GALANT 349.
Il n'est petit ny grand dans toute
la nature
Qui n'implore mon aide, & n'ait
befoin de moy.
Tout le monde s'en fert, & tous
à la même heure,
Rien deplus merveilleux,quoyque
de plus commun,
L'on me portepar tout de demeure
en demeure ,
Etfi toft qu'on me voit j'éblouis
I un chacun.
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803
p. 349-350
AIR NOUVEAU.
Début :
L'Air qui suit est de Monsieur Charles. / On n'entend plus aux Champs [...]
Mots clefs :
Instruments, Musettes
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texteReconnaissance textuelle : AIR NOUVEAU.
L'Air qui fuit eft de Monfieur Charles.
A
350 MERCURE
AIR NOUVEAU.
On n'entendplus aux Champs
Le doux bruitdes Mufettes ;
Les Tambours , les Trompettes
Sont les feuls Inftrumens
Qui regnent en ce temps.
A
350 MERCURE
AIR NOUVEAU.
On n'entendplus aux Champs
Le doux bruitdes Mufettes ;
Les Tambours , les Trompettes
Sont les feuls Inftrumens
Qui regnent en ce temps.
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804
p. 76-8[1]
PARAPHRASE de la septiéme Leçon des Lamentations de Jeremie, accommodée au temps present par Mr Maugard.
Début :
Quoyque vous ne receviez ma Lettre qu'aprés Pasques, la / Si des bleds verdoyans la brillante apparence, [...]
Mots clefs :
Temps, Lamentations de Jérémie, Bonté divine, Ciel, Dieu
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texteReconnaissance textuelle : PARAPHRASE de la septiéme Leçon des Lamentations de Jeremie, accommodée au temps present par Mr Maugard.
Quoyque vous ne receviez
maLettre qu'aprés Pafques , la
plupart des nouvelles qu'elle
contient doivent eftre des chofes qui fe font paffées pendant
le Carême ; & comme c'est le
temps où l'on chante les Tenebres , l'Ouvrage qui fuit
convient fort au temps où il
a efté fait.
GALANT 77
PARAPHRASE
de la feptiéme Leçon des
Lamentations de Jeremie ,
accommodée au temps prefent par Mr Maugard.
Si des bleds verdoyans la brillante
apparence ,
Du trifte Laboureur reveille l'efperance ,
Etfemble avoir remis la joye en
tous les cœurs :
Si l'Orge a diffipé les horribles
langueurs
De ce cruel Vautourque l'on nommefamine,
G iij
78 MERCURE
Ilfaut en rendre grace àla bonté
divine ,
Qui tientfurnos befoins l'œilfans
ceffe arrefté,
Et produit l'abondance en lafterilité.
Dés que l'Aftre du jour recommence ſa courſe ,
Le Seigneur de fes dons ouvre la
riche fource ;
Son immuable foy tient ce qu'elle
promet ,
Etfa fainte parole eft autant que
L'effet.
Au raviſſant attrait d'un ſi precieux
gage ,
Le Seigneur, dit mon ame , eft
mon feul heritage,
GALANT 79
Eternelle beauté qui cauſez mes
Fe
foupirs ,
vous attends , venez combler
mesfaints defirs.
Le pauvre qui l'invoque en ce
temps de mifere ,
Connoît qu'il a pour luy les entrailles d'unpere.
I
Toujours bon, toujours doux ,
aime à s'approcher
D'uncœurqui plein d'amour vole
pour le chercher.
Heureux qui fans crier contre la
providence ,
Reçoit de fes travaux la jufte récompenfe.
Si lesfleaux font du Ciel de folides bienfaits, Giiij
80 MERCURE
Heureux qui de bonne heure a
ployé fous leurfaix.
Cefalutaire joug qu'il porte fur
Sa tête
Luy fait des plus grands maux
furmonter latempefte :
Le cheftoûjours panché fous la
main de fon Dieu,
Il enbenit les coups en tout temps,
en tout lieu.
Si d'espoir àfes yeux brille quelque lumiere ,
Il s'aneantira juſques dans la
pouffiere.
Il est de patience un modele parfait;
Si quelqu'un luy décharge un indignefoufflet
GALANT 82
Se fouvenant qu'il fort du vil
fein de la bouë
Acelui qui le frape il tendra l'au
tre jouë :
Il a le cœur fans ceffe humilié ,
contrit,
Etfon ame d'affronts s'abbreuve
&fe nourrit.
maLettre qu'aprés Pafques , la
plupart des nouvelles qu'elle
contient doivent eftre des chofes qui fe font paffées pendant
le Carême ; & comme c'est le
temps où l'on chante les Tenebres , l'Ouvrage qui fuit
convient fort au temps où il
a efté fait.
GALANT 77
PARAPHRASE
de la feptiéme Leçon des
Lamentations de Jeremie ,
accommodée au temps prefent par Mr Maugard.
Si des bleds verdoyans la brillante
apparence ,
Du trifte Laboureur reveille l'efperance ,
Etfemble avoir remis la joye en
tous les cœurs :
Si l'Orge a diffipé les horribles
langueurs
De ce cruel Vautourque l'on nommefamine,
G iij
78 MERCURE
Ilfaut en rendre grace àla bonté
divine ,
Qui tientfurnos befoins l'œilfans
ceffe arrefté,
Et produit l'abondance en lafterilité.
Dés que l'Aftre du jour recommence ſa courſe ,
Le Seigneur de fes dons ouvre la
riche fource ;
Son immuable foy tient ce qu'elle
promet ,
Etfa fainte parole eft autant que
L'effet.
Au raviſſant attrait d'un ſi precieux
gage ,
Le Seigneur, dit mon ame , eft
mon feul heritage,
GALANT 79
Eternelle beauté qui cauſez mes
Fe
foupirs ,
vous attends , venez combler
mesfaints defirs.
Le pauvre qui l'invoque en ce
temps de mifere ,
Connoît qu'il a pour luy les entrailles d'unpere.
I
Toujours bon, toujours doux ,
aime à s'approcher
D'uncœurqui plein d'amour vole
pour le chercher.
Heureux qui fans crier contre la
providence ,
Reçoit de fes travaux la jufte récompenfe.
Si lesfleaux font du Ciel de folides bienfaits, Giiij
80 MERCURE
Heureux qui de bonne heure a
ployé fous leurfaix.
Cefalutaire joug qu'il porte fur
Sa tête
Luy fait des plus grands maux
furmonter latempefte :
Le cheftoûjours panché fous la
main de fon Dieu,
Il enbenit les coups en tout temps,
en tout lieu.
Si d'espoir àfes yeux brille quelque lumiere ,
Il s'aneantira juſques dans la
pouffiere.
Il est de patience un modele parfait;
Si quelqu'un luy décharge un indignefoufflet
GALANT 82
Se fouvenant qu'il fort du vil
fein de la bouë
Acelui qui le frape il tendra l'au
tre jouë :
Il a le cœur fans ceffe humilié ,
contrit,
Etfon ame d'affronts s'abbreuve
&fe nourrit.
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Résumé : PARAPHRASE de la septiéme Leçon des Lamentations de Jeremie, accommodée au temps present par Mr Maugard.
Une lettre mentionne la réception d'une missive après Pâques, contenant des nouvelles survenues pendant le Carême. Elle fait référence à une œuvre adaptée des Lamentations de Jérémie par Monsieur Maugard, adaptée à la période des Ténèbres. Le texte exprime une gratitude envers la bonté divine pour l'abondance des récoltes, comparant la joie des laboureurs à la fin des langueurs de la famine. Il souligne la fidélité de Dieu qui pourvoit aux besoins humains. Le texte exprime également une attente fervente envers Dieu, décrit comme un héritage éternel et une beauté causant des soupirs. Il met en avant la bonté et la douceur de Dieu envers ceux qui l'invoquent, même dans les temps de misère. Enfin, il loue ceux qui acceptent les épreuves avec patience et humilité, bénissant les coups de Dieu et restant humbles face aux affronts.
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805
p. 8[1]-82
EPIGRAMME sur la stupidité des Impies.
Début :
Je crois que l'Epigramme qui suit est aussi de saison. Elle / Seigneur, dont l'immense pouvoir, [...]
Mots clefs :
Voir, Stupidité, Impies, Hommes aveugles
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texteReconnaissance textuelle : EPIGRAMME sur la stupidité des Impies.
Je crois que l'Epigramme
qui fuit eft auffi de faifon. Elle
eft de Mr l'Abbé Jacquelat.
EPIGRAMME
fur la ftupidité des Impies.
Seigneur , dont l'immense pou
voir
82 MERCURE
Et dont lafageffe infinie
De chaque creature ont marqué le
devoir,
De ce vafte Univers foûtiennent
l'harmonie ,
Et par ces grands effets fe font.
fentir voir.
Que de l'impieté qui regne dans
le monde,
Je reçois dans le cœur une douleur
profonde,
Des hommes aveugles &fous,
Et plus ftupides que des bêtes ,
Mofentdemanderoù vous étes,
·Et rien nepeut êtrefans vous.
qui fuit eft auffi de faifon. Elle
eft de Mr l'Abbé Jacquelat.
EPIGRAMME
fur la ftupidité des Impies.
Seigneur , dont l'immense pou
voir
82 MERCURE
Et dont lafageffe infinie
De chaque creature ont marqué le
devoir,
De ce vafte Univers foûtiennent
l'harmonie ,
Et par ces grands effets fe font.
fentir voir.
Que de l'impieté qui regne dans
le monde,
Je reçois dans le cœur une douleur
profonde,
Des hommes aveugles &fous,
Et plus ftupides que des bêtes ,
Mofentdemanderoù vous étes,
·Et rien nepeut êtrefans vous.
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Résumé : EPIGRAMME sur la stupidité des Impies.
L'épigramme de l'Abbé Jacquelat, 'Sur la stupidité des Impies', exprime la douleur de l'auteur face à l'impiété et à la stupidité des hommes qui se moquent de Dieu. Il souligne la puissance et la sagesse infinies de Dieu, omniprésent et manifesté à travers Ses œuvres. L'auteur déplore l'incrédulité de ceux qui nient l'existence divine.
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806
p. 82-93
Lettre de Monsieur l'Evesque de Nisme, à Monsieur le Pelletier, Ministre d'Etat.
Début :
Quoyque je vous aye déja parlé plus d'une fois de la mort [...]
Mots clefs :
Evêque de Nîmes, Mort, Mr le Pelletier, Visite, Âge, Affaiblissement
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Lettre de Monsieur l'Evesque de Nisme, à Monsieur le Pelletier, Ministre d'Etat.
Quoyque je vous aye déja
GALANT 83
le
parlé plus d'une fois de la mort
de Mr l'Evêque de Nifmes ,
on ne peut trop parler d'un
Serviteur de Dieu fi zelé, qui
a efté fi utile à fon prochain ,
& qui a tant travaillé pour
falut des ames. Jevous envoye
une Lettre écrite un peu avant
fa mort, & qui avec tous les
merveilleux Ouvrages de ce
Prelat, contribuera à faire vivre fa memoire.
Lettre de Monfieur l'Evefque
de Nifmes , à Monfieur le
Pelletier , Miniftre d'Etat.
Une viſite , Monſieur , queje
84 MERCURE
viens defaire à Mr le Ducd'Ufez depuis peu dans cette Provin
ce m'a empêché de répondre plutoft à votre derniere Lettre. Fe
vois que vous avez quitté voftre
folitude de Ville-Neuve , avant
que lafaifon de la Campagnefuft
paffée. Ilfaut ménager unefanté
foible , l'air deParis eft moinsfu
bril, lesfecours yfont plus prefens,
quand on approche de l'age
des Patriarches , il faut fe mettre fous lesfoins d'unefamille affectionnée, & recevoir de ſes enfans les fruitsde la bonne éducation
qu'on leur adonnée. La confidence
que vous mefaites de l'état où
yous croyez que vous réduit le
GALANT 85°
poids de vos années me toucheroit
davantagefi vous n'enparliezpas
fibien , &fije ne voyois encore
sout voftre efprit dans voftre Lettre &dans celle que MrBaville
m'a communiquée ; mais enfin vôtre apprehenfion eft raisonnable ;
tout ce qui tend àſa fin diminuë
neceffairement la vigueur paffée
les organes s'ufent , l'efprit s'afaiblit avec le corps , le feu qui nous
anime s'éteint infenfiblement &
la raison auffi bien que les fens
fuccombe quelquefoisfous les extrémitez de la vieilleffe.
Ceux qui comme vous ont mené une vie toûjours occupée , qui
ont efté chargez depenibles &im-
86 MERCURE
portantes affaires , qui ont pris à
cœur les interefts de l'Etat comme,
ceux de leurfamille , quifont ai
fément touchez des malheurs prefens & des miferes de la Patrie.
Ceux- là , dis-je , ont fujet de
craindre que l'application & l'u
fage qu'ils ont fait de leur efprit
n'y caufe enfin quelque défaillance. Ilyapeu de ces vieilleſſes heu
reufes qui fe foutiennent jufques
àlafin, où le temps n'ôte à l'homme quelque partie de luy- même
& cette benediction que Moyfe
prononçafur Azer: Sicut dies ju
ventutis tuæ ita erit fenectus
e fe renouvelle gueres de- tua ne
puis celle-là.
GALANT 87
M.Nous avons vû vous &moy,
Monfieur, des hommes dont on avoir eftimé le jugement & lafageffe, aprés avoir remply les premiers Emplois & les premiers
ChargesduRoyaume, traîner un
refte de vie dans une langueur pitoyable ,fans raifonnement , fans
intelligence , dans l'oubli de leur
propre nom.
Favouequecette espece de mort
vivante eft d'unegrande humiliation quandon lafent ou qu'on la
prévoir. L'homme nefait jamais
plus de pitiéque lorsqu'il commence ainfi à rentrer dans fon neant;
la mort naturelle eftlapeine du pe-
88 MERCURE
ché, la mort civile ou morale ag
mondeen eftlapenitence. Ilfauts'y
refigner quand on la voit approcher, dans le danger de nepouvoirplus offriràDieu avec liberté
les facrifices de bonnes œuvres d'
de louanges , luy en faire undefon
filence & defon inaction.
Aprés cela il faut fe confoler
de tout. L'Apoftre nous apprend
que foit que nous vivions , foit
que nous mourions`, nous fommes
au Seigneur, nous devons croire
que toute affliction , comme toute
confolation , viennent de luy, que
c'eft toûjours un bien que fa volonté s'accompliſſe en nous , &
GALANT 89
qu'en nous ôtant ce qui fert à le
connoiftre & à le fervir, il nous
ôte en mefme temps ce qui peut in
duire à l'offencer.
Cet affoibliffement que vous
eroy zremarqueren vostreperfon
ne eft une marquede l'attention que
vous avezfür vous mefme; iln'eft
pas étonnant que vous éprouviez
quelque changement &quelque
diminution de force , que vostre
imagination fe refroidiffe ; que
voftre applicationfe relâche ,
vosprieresfoient moinsferventes ,
que vos actions & vos penfées
foient moins vives , que le corps
quife corrompt, appefentiffe l'ames
Avril 1710.
H
que
90 MERCURE
vous touchez à ce terme fatal
de la vie , aude- là duquel il n'y
plus que travail & doulent
felon l'Écriture.
La reflexion que nous avons à
faire, Monfieur , car à deux ou
trois années prés , nous fommes
dans le mefme cas ; c'eſt de nous
regarderfur le declin de l'âge comme desferviteurs qui vont deve
nir inutiles ; de mettre à profit les
beures que Dieu nous laiffe avant
que cela vienne, où felon l'Evan
gile, ilne fera plus libre de tra
vailler pour le falut. Hatonsnous de luy offrir des reconnoiffan
ces des affections qui feront
GALANT 91
tous les jours plus ufees , e
prions-le que s'il veut nous punir
avantnoftremortpar laprivation
des douceurs temporelles & fpirituelles de la vie , il conferve du
moins dans nos cœurs mortifiez
un fond de Religion , de Foy
d'humilité depatience.
C'est une grace & une benediction du Ciel pour vous d'eftre
au milieu de vostrefamille , aimé
&honoré de vos enfans , qut
vous adouciront vos peines , qui
respecterontjufqu'à vosfoibleffes
& qui touchez de tendreffe , de
puiée de defir de vous prolonger
unrefte de vie , auront les mefmes
Hij
92 MERCURE
foins de voftre foibleffe que vous
aurez eu de leur enfance.
Quoique je fois perfuadé que
vous n'avez pas grand befoin de
nos leçons , & qu'un efpritfolide & tranquile comme le vostre,
ne foitpas d'ordinaire fujet à de
tels dérangemens , j'ay bien voula
vous obéir & vous témoigner avec quelle déference &avec quel
Zele jefuis , &c.
Cette Lettre a charmé tous
ceux qui l'ont lûë. On en a fait
ungrand nombre de Copies ,
& toutes les perfonnes qui font
fort avancées en âge en ont
voulu avoir; & c'eft une con-
GALANT 93
folation pour elles de penfer
qu'elles mourront dans le fein
d'une famille cherie , qui tâchera d'adoucir leurs maux,
& je ne doute point que la
kcture de cette Lettre nevous
doive faire beaucoup de platfir.
GALANT 83
le
parlé plus d'une fois de la mort
de Mr l'Evêque de Nifmes ,
on ne peut trop parler d'un
Serviteur de Dieu fi zelé, qui
a efté fi utile à fon prochain ,
& qui a tant travaillé pour
falut des ames. Jevous envoye
une Lettre écrite un peu avant
fa mort, & qui avec tous les
merveilleux Ouvrages de ce
Prelat, contribuera à faire vivre fa memoire.
Lettre de Monfieur l'Evefque
de Nifmes , à Monfieur le
Pelletier , Miniftre d'Etat.
Une viſite , Monſieur , queje
84 MERCURE
viens defaire à Mr le Ducd'Ufez depuis peu dans cette Provin
ce m'a empêché de répondre plutoft à votre derniere Lettre. Fe
vois que vous avez quitté voftre
folitude de Ville-Neuve , avant
que lafaifon de la Campagnefuft
paffée. Ilfaut ménager unefanté
foible , l'air deParis eft moinsfu
bril, lesfecours yfont plus prefens,
quand on approche de l'age
des Patriarches , il faut fe mettre fous lesfoins d'unefamille affectionnée, & recevoir de ſes enfans les fruitsde la bonne éducation
qu'on leur adonnée. La confidence
que vous mefaites de l'état où
yous croyez que vous réduit le
GALANT 85°
poids de vos années me toucheroit
davantagefi vous n'enparliezpas
fibien , &fije ne voyois encore
sout voftre efprit dans voftre Lettre &dans celle que MrBaville
m'a communiquée ; mais enfin vôtre apprehenfion eft raisonnable ;
tout ce qui tend àſa fin diminuë
neceffairement la vigueur paffée
les organes s'ufent , l'efprit s'afaiblit avec le corps , le feu qui nous
anime s'éteint infenfiblement &
la raison auffi bien que les fens
fuccombe quelquefoisfous les extrémitez de la vieilleffe.
Ceux qui comme vous ont mené une vie toûjours occupée , qui
ont efté chargez depenibles &im-
86 MERCURE
portantes affaires , qui ont pris à
cœur les interefts de l'Etat comme,
ceux de leurfamille , quifont ai
fément touchez des malheurs prefens & des miferes de la Patrie.
Ceux- là , dis-je , ont fujet de
craindre que l'application & l'u
fage qu'ils ont fait de leur efprit
n'y caufe enfin quelque défaillance. Ilyapeu de ces vieilleſſes heu
reufes qui fe foutiennent jufques
àlafin, où le temps n'ôte à l'homme quelque partie de luy- même
& cette benediction que Moyfe
prononçafur Azer: Sicut dies ju
ventutis tuæ ita erit fenectus
e fe renouvelle gueres de- tua ne
puis celle-là.
GALANT 87
M.Nous avons vû vous &moy,
Monfieur, des hommes dont on avoir eftimé le jugement & lafageffe, aprés avoir remply les premiers Emplois & les premiers
ChargesduRoyaume, traîner un
refte de vie dans une langueur pitoyable ,fans raifonnement , fans
intelligence , dans l'oubli de leur
propre nom.
Favouequecette espece de mort
vivante eft d'unegrande humiliation quandon lafent ou qu'on la
prévoir. L'homme nefait jamais
plus de pitiéque lorsqu'il commence ainfi à rentrer dans fon neant;
la mort naturelle eftlapeine du pe-
88 MERCURE
ché, la mort civile ou morale ag
mondeen eftlapenitence. Ilfauts'y
refigner quand on la voit approcher, dans le danger de nepouvoirplus offriràDieu avec liberté
les facrifices de bonnes œuvres d'
de louanges , luy en faire undefon
filence & defon inaction.
Aprés cela il faut fe confoler
de tout. L'Apoftre nous apprend
que foit que nous vivions , foit
que nous mourions`, nous fommes
au Seigneur, nous devons croire
que toute affliction , comme toute
confolation , viennent de luy, que
c'eft toûjours un bien que fa volonté s'accompliſſe en nous , &
GALANT 89
qu'en nous ôtant ce qui fert à le
connoiftre & à le fervir, il nous
ôte en mefme temps ce qui peut in
duire à l'offencer.
Cet affoibliffement que vous
eroy zremarqueren vostreperfon
ne eft une marquede l'attention que
vous avezfür vous mefme; iln'eft
pas étonnant que vous éprouviez
quelque changement &quelque
diminution de force , que vostre
imagination fe refroidiffe ; que
voftre applicationfe relâche ,
vosprieresfoient moinsferventes ,
que vos actions & vos penfées
foient moins vives , que le corps
quife corrompt, appefentiffe l'ames
Avril 1710.
H
que
90 MERCURE
vous touchez à ce terme fatal
de la vie , aude- là duquel il n'y
plus que travail & doulent
felon l'Écriture.
La reflexion que nous avons à
faire, Monfieur , car à deux ou
trois années prés , nous fommes
dans le mefme cas ; c'eſt de nous
regarderfur le declin de l'âge comme desferviteurs qui vont deve
nir inutiles ; de mettre à profit les
beures que Dieu nous laiffe avant
que cela vienne, où felon l'Evan
gile, ilne fera plus libre de tra
vailler pour le falut. Hatonsnous de luy offrir des reconnoiffan
ces des affections qui feront
GALANT 91
tous les jours plus ufees , e
prions-le que s'il veut nous punir
avantnoftremortpar laprivation
des douceurs temporelles & fpirituelles de la vie , il conferve du
moins dans nos cœurs mortifiez
un fond de Religion , de Foy
d'humilité depatience.
C'est une grace & une benediction du Ciel pour vous d'eftre
au milieu de vostrefamille , aimé
&honoré de vos enfans , qut
vous adouciront vos peines , qui
respecterontjufqu'à vosfoibleffes
& qui touchez de tendreffe , de
puiée de defir de vous prolonger
unrefte de vie , auront les mefmes
Hij
92 MERCURE
foins de voftre foibleffe que vous
aurez eu de leur enfance.
Quoique je fois perfuadé que
vous n'avez pas grand befoin de
nos leçons , & qu'un efpritfolide & tranquile comme le vostre,
ne foitpas d'ordinaire fujet à de
tels dérangemens , j'ay bien voula
vous obéir & vous témoigner avec quelle déference &avec quel
Zele jefuis , &c.
Cette Lettre a charmé tous
ceux qui l'ont lûë. On en a fait
ungrand nombre de Copies ,
& toutes les perfonnes qui font
fort avancées en âge en ont
voulu avoir; & c'eft une con-
GALANT 93
folation pour elles de penfer
qu'elles mourront dans le fein
d'une famille cherie , qui tâchera d'adoucir leurs maux,
& je ne doute point que la
kcture de cette Lettre nevous
doive faire beaucoup de platfir.
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Résumé : Lettre de Monsieur l'Evesque de Nisme, à Monsieur le Pelletier, Ministre d'Etat.
La lettre adressée à Monsieur le Pelletier, Ministre d'État, traite de la mort de l'Évêque de Nîmes, décrit comme un serviteur de Dieu zélé et utile à son prochain. L'auteur envoie une lettre écrite par l'Évêque peu avant son décès, destinée à perpétuer sa mémoire. L'Évêque explique qu'une visite au Duc d'Uzès l'a empêché de répondre plus tôt à la lettre de Pelletier. Il conseille à Pelletier de prendre soin de sa santé en raison de son âge avancé et de se reposer dans une famille affectionnée. L'Évêque reconnaît les appréhensions de Pelletier concernant la vieillesse et la diminution des forces physiques et mentales. Il mentionne que ceux qui ont mené une vie active et ont été chargés de responsabilités importantes peuvent craindre que leur esprit ne faiblisse avec l'âge. La lettre se termine par des réflexions sur la mort et la nécessité de se préparer spirituellement, en offrant des prières et des actions de grâce à Dieu. La lettre a été bien reçue et copiée par de nombreuses personnes âgées, leur offrant consolation et réconfort.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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807
p. 103-130
LETTRE De Mr l'Abbé Vere sur les Eaux de Balaruc, à Me de Camus, Religieuse de Saint Pierre de Lyon.
Début :
Vous me demandez de mettre toûjours beaucoup de varieté / Les Eaux de Balaruc en Languedoc, où vous accompagnâtes [...]
Mots clefs :
Eaux de Balaruc, Abbaye de Saint Pierre de Lyon, Sel fixe, Esprit acide, Couleur, Teinture, Purger, Sensible, Vitriol, Asthme
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE De Mr l'Abbé Vere sur les Eaux de Balaruc, à Me de Camus, Religieuse de Saint Pierre de Lyon.
Vous me demandez de mettre toûjours beaucoup de vaI iiij
104 MERCURE
rieté dans mes Lettres , ce qui
donne , dites - vous , la facilité
d'en quitter & d'en reprendre
fouvent la lecture , fans que la
memoire foit obligée de fe
charger du commencement
d'un Article qu'on n'aura pas
lû entier.
Vous fouhaitez auffi d'y
trouver toûjours des Articles
qui regardent la fanté , à caufe
de l'utilité que l'on peut tirer
de ces fortes d'Articles , & je
crois ne pouvoir mieux vous
fatisfaire qu'en vous envoyant
la Lettre fuivante, je vous prie
de vous fouvenir que ce n'eſt
pas moy qui parle.
GALANT 105
LETTRE
De Mr l'Abbé Vere fur les
Eaux de Balaruc , à Me de
Camus , Religieufe de Saint
Pierre de Lyon.
Les Eaux de Balaruc en Languedoc , où vous accompagnates
autrefois feuë Me l' Abbeſſe de
Saint Pierre, & dont vous m'avez demandé l'analyse , fontfort
chaudes & fumeufes. Quand on
en verfe quelques gouttes fur la
teinture defleurs de Mauve , la
couleur violette en eft d'abord
106 MERCURE
•
Ce changée en une couleur rouge.
qui prouve que ces Eaux font
impregnées d'un fel acide , tresvolatil. D'ailleurs , une pinte mefure de Montpellier, de cet eau ,
c'est- à- dire , trois livres & quatre onces , fourniffent deux dragmes d'un fel fori raboteux , fort
poreux, & fort blanc qui dés
qu'on l'a exposé à un air froid ,
commence de prendre une couleur
grife cendrée , & qui devient d'un
gris affezfoncé, tirant unpeufur
le roux , quand on le conferve
long- temps dans des phioles de
verres, quoy qu'elles foient bien
bouchées. Ce fel appliquéfur la
GALANT 107
langue y excite une acreté qui
tient de l'acidité ; ainfi on peut le
régarder comme un felfalé acres
dont l'acreté n'eftpas violente , ou
comme unfelfalé acre- doux , qui
ne fouffre aucune fermentation
quand on l'arrose d'huile de Tartre, ilfefermente tres-aifément
ఆ d'une manierefenfible lorsque
fon tiffu eft penetré par quelques
efprits acides. Il agace agace un peu les
dents , lorsqu'il a eſté mêlé
avec la teinture defleurs de Mauil luy donne une couleur verte fort approchante de celle d'une
émeraude; maispeu d'heures aprés
cette couleur fe change en une
ve,
108 MERCURE
autre rouffatre femblable , ou peu
s'en faut , à celle du vin mufcat
de Frontignan.
à
Lorfqu'on les a fait diftiller au
Bain Marie, elles paroiffent tout
fait infipides & ne changent
point la couleur du papier bleu ,
& elles ne font qu'éclaircir la
couleur de la teinture de fleurs de
Mauve , on en infere qu'elles
laiffent , lorfqu'on les fait diftiller
tout leurfel dans le fond de l'alembic ; & ce fel aa unun tiffu plus
ferré que celuy du fel qu'on avoit
tiré auparavant des mêmes eaux,
lorfqu'on les avoit fait évaporer.
Il eftoitformé par cubes plus irre-
GALANT 109
&
guliersque ceux du fel marin. Il
tiroit fur le roux, & le fut entierement aprés avoir efté exposé
à l'air , devint tres -humide.
Lorfqu'on le deffeche , iljette une
odeur fulphurée douce , affez
agreable , qui approche de
celle qui fort de la pomme de Renette , lorsqu'on la met fur des
charbons ardens ; le fel qu'on tire
aprés la diftillation ayant le tiffu
plusferré,fefermenteplus difficiLement que celui qu'on tire aprés
l'évaporation de ces eaux. Mêlé
avec la teinture defleurs de Mauve, il luy donne une couleur bleüe,
qui devenant de moment à autre
110 MERCURE
plus foncée : enfin , en prend une
aprés une heure ou deux, qui tire
fur un vert clair, & enfuite fur
un vert unpeu foncé; & au bout
4. heures une couleur rouſſâcelle du muſcat ſefait
de
tretelle
que
remarquer.
On découvre que le fel fixe de
ces eaux eft un fel acre ou alkali
pur; en en faifant évaporer une
quantité confiderable par un feu
moderé, en mêlant demy once
de ce fel avec une once demie
de tête morte de bol , on en tire
durant cinq oufix heures d'un feu
de reverbere affez violent , un
efprit acide , & cet efprit excite
GALANT III
unefermentation tres-fenfible toutes les fois qu'on en verfe quelques gouttes fur du fel de Tartre
&de fang humain , &fur des
corps terreftres qui ont une configuration depores , à peu prés femblables à celles des pores des fels
appellez alkalis. Cet efprit agace
les dents , rougit le papier bleu,
la teinture du Tournefal , le Sirop
violat la teinture de fleurs de
Mauve.
Mais lorsqu'onfait une leffive
de la matiere contenuë dans la
cornuë où a efté ce fel , on en tire
un autrefel d'un tiſſu fi ouvert que
les efprits de nitre , de vitriol &
712 MERCURE
•
ces
defouffre, le penetrentfans exciter aucune fermentation fenfible ,
quoique l'huile de vitriol , mais
impregnée de parties falines , acides , plus groffieres que celles de
efprits , le fermente un peu. Ce
fel tout relaché quefûtfon tiſſu ,
donna dans une experience faite
depuis peu , une couleur bleuë à la
teinture de fleurs de Mauve qui
prit d'abord une couleur verte ,
enfuite une rouffâtre.
Vingt-unjours aprés qu'on a tiré
un efprit acide du fel de ces eauxe
mêlé avec dela tête morte de Bol,
en mettant dans un vafe une once
du mêmefelfans mélange, on tire
GALANT 113
quelques heures aprés &par un
feu peu violent une dragme &
trente-fix grains d'un efprit acide
qui a une force égale à celle de
l'efprit dontje viens de parler, &
qui produit les mêmes effets . Le
fel contenu dans la cornuë où eftoit
cet efprit feramaffe par grains de
figure à peuprés ronde , quiforme
depetits pelotons entaffez les uns
fur les autres. Le poids de ce fel
eft de fix dragmes vingt- qua
tre grains ; ainfi on voit que la diftillation fe faitfans perte fenfible.
de lafubftance du corps diftillé.
Enfin on tire aprés deux heures
d'un feu reverbere fort moderé ,
Avril 1710.
K
114 MERCURE
d'une demi- once du fel tiré de ces
eauxdiftillées dans le Bain- marie ,
fans mélange d'aucun autre corps ,
un efprit acide qui paroift avoir
unpeu plus de pointe que celuy
qui est tiré du fel de ces mêmes
eaux , mêlé avec une once &demie de la même tefte morte deBol.
Cequiperfuadeque le Bolpreparé
d'une certaine maniere ne donne
jamais rien du fien à l'esprit acide
tiré du fel falé acre fixe du fang
humain. Car s'ilpouvoit luy communiquer quelque acidite' , felon
le fentiment de quelques Medecins , il en communiqueroit fans
doute au premier efprit qu'on tire
GALANT 115
du fel des eaux de Balaruc , &
en ce cas cet efprit auroit dû avoir
plus de force que celuy qu'on tire
des mêmes eauxfans le fecours de
la tefte morte de Bol.
Au reste lorsqu'on afiny la diftillation du fel tiré au Bainmarie
de ces eaux , on voit que ce fel
s'y fond , & qu'il s'y vitrifie en
partie , puifqu'il s'attache fi fort
àlafurface interne de la cavité
du vaſe , qu'il en eft comme infeparable ; & cefelquoy qu'en partie vitrifié , ne laiſſepas de fefermenter un peu lorsqu'on l'arrofe
de quelques goutres d'huile de Vitriol ; mais fon tiffu eft trop ouKij
116 MERCURE
vert pourpouvoir eftre fermenté
par l'efprit du Vitriol , &par
autres acides.
les
On voit doncpar tout ce que je
viens de dire , que ces eaux font
impregnées d'unfel acide volatil ,
&d'unfel falé acre , tres -fufceptible de fermentation ; ainfi il
leur faut reconnoître deux fortes
de principes fermentatifs , l'un
actif, l'autre paffif, & ces deux
principes operent unefermentation
continuelle , & par confequent les
rendent chaleureufes & fumeufes; leur chaleur cependant eftfuportable , quelque violente qu'elle
paroiffe d'abord , puifqu'elle ne
GALANT 117
change point la confiftence & la
couleur verte des feuilles de l'OZeille , quoy qu'on les y faffe
tremper long-temps. On y peut
mettre un auf dont on ouvrira
la coque , & l'y laiffer une heure,
aprés laquelle on ne reconnoîtra
pasplus d'alteration dansfon blanc
dansfonjaune , que s'il avoit
toujours eftédans l'eaufroide. La
fumée qui fort de ces eaux fem
ble un peu fulphurée , fur tout
prés de lafource , qu'on appelle le
Bain des Pauvres , parce que
c'eſt-là où ils fe baignent: il en
faut donc conclure que ces cause
contiennent quelques parties ful
118 MERCURE
phurées , puifqu'onéprouve qu'el
les rendent la peau douce & un
péu onctueuse, & que le felfixe
qu'on en tire lorsqu'on les diftille.
au Bainmarie, jette lorſqu'il eft:
détaché une odeur douce & agreable , qui ne peut eftre l'effet que
d'un fouffre tres fin.
On n'a plus lieu de douter aprés
tout ce queje viens de dire
ces eaux ne foient déterfives,
propres à diffondre toutes fortes
d'humeurs vifqucufes. En voicy
la preuve. Rempliffez une grande cuiliere de fer de ces eaux, &
mettez-yle jaune &le blanc d'un
œuffrais , vous y verrez que
que
GALANT 119
dans demy heure, & lorfque vous
aurezplongé cette cuiliere juſqu'à
fon bord dans la fource de ces
eaux, que le blanc de l'œuffera
entierement diffout , fans que l'eau
contenue dans la cuiliere paroiffe
le moins du monde vifquenfe.
Pour le jaune il eft vray que fa
furface exterieure pâlit un peu ;
mais fa confiftance naturelle ne
s'altere point. Vouspouvezfaire
une feconde experience ; c'eft de
remplir une cuiliere de fer auffi
grande que la premiere d'eau de
la mer un peu chaude , & d'y
mettre le blanc & le jaune d'un
euffrais , er de plonger enfuite
120 MERCURE
cette cuiliere prefque jufqu'à fon
bord dans la fource des eaux de
Balaruc , & vous verrez qu'aprés l'y avoir laiffée une heure, le
blanc de l'œuf ne paroîtra qu'un
peu diffout , parce que l'eau de la
mer en avoit détaché quelques
parties feulement , qui l'avoient
renduë tantfoit peugluante. Mettez enfin les deux cuilieres fur
deuxfourneaux également chauds
&vous verrez que le blanc de
l'œufqui s'eſtoir diſſout dans les
caux de Balaruc fe coagulera en
fe rarefiant en prenant la forme d'une crème fouettée , au lieu
que le blanc de l'œuf qui avoit
efté
GALANT 121
efté mis dans l'eau de la mer, &
qui n'avoit pas efté diffout , devint dur &
compacte comme
le blanc des œufs cuits au miroir.
Ainficeux qui ont regardé le fel
des eaux de Balaruc comme une
efpece de fel marin , fe détromperont aisément , pour peu qu'ils
veuillent faire quelque attention
à ce que j'ay dit de l'un &
de
l'autre de ces deux fels.
Mais ilfaut vous parler àprefent des effets falutaires de ces
eaux. Elles fontpurgatives, mais
fans violence & fans excés à cause
des fels dont elles font impreignées.
Elles gueriffent les maux d'efto
Avril 1710. L
122 MERCURE
machqui viennent durelâchement
des differens vaiffeaux qui le compofent , ou de la trop grande aigreur , ou de la foibleffe de fon levain , ou des humeurs visqueuses
collées à fa furface interne , ои
d'une lymphe trop épaiffe qui coule lentement dans les vaiffeaux
lymphatiques arteriels reneux; &
cela parce que fi les vaisseaux de
ce vifcerefe trouvent relâchez&
commeparalytiques , elles diffipent
par leurchaleur les humiditez qui
en produisent le relâchement , &
elles rétabliffent le reffortpar leurs
parties falines : fi le levain eft
trop aigre , elles l'amortiſſent &
GALANT 123
l'adouciſſent par leurfelfixe. S'il
eft trop aqueux & par confequent
foible , elles l'aninent par leurfel
acide volatil , le débaraffent
par leurfelfalé : s'ily a des humeurs gluantes dans l'eftomach
qui en empêchent les fonctions ,
elles le nettoyent en divifant les
fucs collez àfafurface interieure.
Lorfqu'il y a trop d'épaififfement
dans la lymphe , que fes conduits
lymphatiques arteriels nerveux
reçoivent de fes arteres pour la
porter dans les vines , elles fondent par leur chaleur cette épaiffeur& la font par leurs parties
falines acres couler librement , de
Lij
124 MERCURE
mêmeque lefuc lymphatique trop
épais qui laproduit. Ainfices eaux
procurent une facile digeftion en
rétabliffant le ferment de l'eftomach. Elles gueriffent auffi les
maux qui dépendent du relâchement ou des fermentations vicieufes qui s'excitent dans les caviteż
des boyaux.
Vous jugez par là , Madame
que ces eaux font tres bonnes
l'afthme humide , & qu'elles ne
conviennent point aux maux de
poitrine & du bas ventre.
Elles mordifient , defféchent ,
incarnent cicatrifent les ulceres , fur tout ceux qui viennent
GALANT 125
des playes fimples ; elles font admirables pour les maux de tefte exterieurs , lefroidque l'onfent quelquefoisfur lefommet de cette partie , & pour lesfluxions desyeux
pourvû qu'on obferve de s'enfaire
arrofer le derriere de la tefte & la
nuque du col cinq oufixfois , fçavoir le matin & le foir durant
deux ou troisjours. Elles gueriffent lorsqu'on s'y baigne trois ou
quatre fois les douleurs de rhumatifme ; elles excitent d'abord une
fueur difficile à foutenir , il faut
faire enfuite fuer le malade une
beure ou deux dans un lit. Comme on en rend laplus grande parLiij
126 MERCURE
tie par les felles & qu'elles font
fort chaudes fondantes , elles
divifent, adouciffent & mêmedifSipent par les fueurs qu'elles caufent les humeurs qui caufent les
maux que je vous ay détaillez.
Ellesfont auffimerveillenfespour
lesparalyfies quifuivent les apoplexies , diffipant & diffolvant
par leur chaleur & leurfel fixe ,
T'humeur qui bouche les nerfs , &
animantpar leur fel acide volatil
l'efprit animal à qui elles ouvrent
les routes naturelles en augmentant la vigueur , & par là elles
rendent le mouvement auxparties.
paralytiques. Elles gueriffent les
GALANT 127
dévoyemens , les pâles couleurs ,
les maladies melancoliques ,
de même que les fiévres intermittentes croniques.
On les prend fur les lieux en
Automne au Printemps. Il
faut prendre garde fur tout que
l'airn'entredans les bouteilles dans
lesquelles on les puife ; on les peut
transporter avec cette précaution ,
en boire en tout temps ; on les
boit même à Paris avecfuccés ,
ce qui leve toutesfortes de doutes
fur le transport.
de commencer à en Avant
que
boire
lorfqu'on
afini
, il faut
fe
le
lendemain
de la
purgapurger;
L iiij .
128 MERCURI
tion on en peutprendre àjeun & à
diverfes reprifes treize à quatorze
verres ou gobelets d'environ demi
feptier chacun dans le cours tout
au plus d'une heure & un quart.
Le premier coup eft de chopine ou
de deux verres de fuite. Il faut
prendre aprés les avoir prifes une
demie écuellée de bouillon de poulet.
La meilleure partie s'en va ordinairement par lesfelles , & on continuë d'en boire plus fouvent pendant trois jours & quelquefois
pendant quatre. Lorsqu'on ne les
boit pas fur les lieux , ilfaut obferver de les mettre au degré de
chaleur qu'elles ont à leurfource,
GALANY 129
qui est une chaleur approchante
de celle d'un bouillon tres- chaud ;
pour cela ilfaut déboucher la bouteille , laiffer tomber legerement le
bouchon dans le gouleau , enforte
qu'elle foit entre ouverte , mettre
du foin dans le fond d'un chaudron enforte que le verre ne touche point le chaudron & enfuite
remplir le chaudron d'eau , à qui
on donne le degré neceffaire de chaleur. Jefuis , Madame , &c.
Cette Lettre a paru d'autant
plus curieufe à tous ceux qui
Font luë qu'elle fait connoître
que la matiere a efté bien ap-
130 MERCURE
profondie par le grand nombre d'experiences que l'on a
faites , ce qui donne lieu d'efperer un falutaire effet de l'ufage des Eaux dont il y eſt parlé, & il feroit à fouhaiter que
les remedes dont on nous parle
tous les jours cuffent un effet
auffi fenfible.
104 MERCURE
rieté dans mes Lettres , ce qui
donne , dites - vous , la facilité
d'en quitter & d'en reprendre
fouvent la lecture , fans que la
memoire foit obligée de fe
charger du commencement
d'un Article qu'on n'aura pas
lû entier.
Vous fouhaitez auffi d'y
trouver toûjours des Articles
qui regardent la fanté , à caufe
de l'utilité que l'on peut tirer
de ces fortes d'Articles , & je
crois ne pouvoir mieux vous
fatisfaire qu'en vous envoyant
la Lettre fuivante, je vous prie
de vous fouvenir que ce n'eſt
pas moy qui parle.
GALANT 105
LETTRE
De Mr l'Abbé Vere fur les
Eaux de Balaruc , à Me de
Camus , Religieufe de Saint
Pierre de Lyon.
Les Eaux de Balaruc en Languedoc , où vous accompagnates
autrefois feuë Me l' Abbeſſe de
Saint Pierre, & dont vous m'avez demandé l'analyse , fontfort
chaudes & fumeufes. Quand on
en verfe quelques gouttes fur la
teinture defleurs de Mauve , la
couleur violette en eft d'abord
106 MERCURE
•
Ce changée en une couleur rouge.
qui prouve que ces Eaux font
impregnées d'un fel acide , tresvolatil. D'ailleurs , une pinte mefure de Montpellier, de cet eau ,
c'est- à- dire , trois livres & quatre onces , fourniffent deux dragmes d'un fel fori raboteux , fort
poreux, & fort blanc qui dés
qu'on l'a exposé à un air froid ,
commence de prendre une couleur
grife cendrée , & qui devient d'un
gris affezfoncé, tirant unpeufur
le roux , quand on le conferve
long- temps dans des phioles de
verres, quoy qu'elles foient bien
bouchées. Ce fel appliquéfur la
GALANT 107
langue y excite une acreté qui
tient de l'acidité ; ainfi on peut le
régarder comme un felfalé acres
dont l'acreté n'eftpas violente , ou
comme unfelfalé acre- doux , qui
ne fouffre aucune fermentation
quand on l'arrose d'huile de Tartre, ilfefermente tres-aifément
ఆ d'une manierefenfible lorsque
fon tiffu eft penetré par quelques
efprits acides. Il agace agace un peu les
dents , lorsqu'il a eſté mêlé
avec la teinture defleurs de Mauil luy donne une couleur verte fort approchante de celle d'une
émeraude; maispeu d'heures aprés
cette couleur fe change en une
ve,
108 MERCURE
autre rouffatre femblable , ou peu
s'en faut , à celle du vin mufcat
de Frontignan.
à
Lorfqu'on les a fait diftiller au
Bain Marie, elles paroiffent tout
fait infipides & ne changent
point la couleur du papier bleu ,
& elles ne font qu'éclaircir la
couleur de la teinture de fleurs de
Mauve , on en infere qu'elles
laiffent , lorfqu'on les fait diftiller
tout leurfel dans le fond de l'alembic ; & ce fel aa unun tiffu plus
ferré que celuy du fel qu'on avoit
tiré auparavant des mêmes eaux,
lorfqu'on les avoit fait évaporer.
Il eftoitformé par cubes plus irre-
GALANT 109
&
guliersque ceux du fel marin. Il
tiroit fur le roux, & le fut entierement aprés avoir efté exposé
à l'air , devint tres -humide.
Lorfqu'on le deffeche , iljette une
odeur fulphurée douce , affez
agreable , qui approche de
celle qui fort de la pomme de Renette , lorsqu'on la met fur des
charbons ardens ; le fel qu'on tire
aprés la diftillation ayant le tiffu
plusferré,fefermenteplus difficiLement que celui qu'on tire aprés
l'évaporation de ces eaux. Mêlé
avec la teinture defleurs de Mauve, il luy donne une couleur bleüe,
qui devenant de moment à autre
110 MERCURE
plus foncée : enfin , en prend une
aprés une heure ou deux, qui tire
fur un vert clair, & enfuite fur
un vert unpeu foncé; & au bout
4. heures une couleur rouſſâcelle du muſcat ſefait
de
tretelle
que
remarquer.
On découvre que le fel fixe de
ces eaux eft un fel acre ou alkali
pur; en en faifant évaporer une
quantité confiderable par un feu
moderé, en mêlant demy once
de ce fel avec une once demie
de tête morte de bol , on en tire
durant cinq oufix heures d'un feu
de reverbere affez violent , un
efprit acide , & cet efprit excite
GALANT III
unefermentation tres-fenfible toutes les fois qu'on en verfe quelques gouttes fur du fel de Tartre
&de fang humain , &fur des
corps terreftres qui ont une configuration depores , à peu prés femblables à celles des pores des fels
appellez alkalis. Cet efprit agace
les dents , rougit le papier bleu,
la teinture du Tournefal , le Sirop
violat la teinture de fleurs de
Mauve.
Mais lorsqu'onfait une leffive
de la matiere contenuë dans la
cornuë où a efté ce fel , on en tire
un autrefel d'un tiſſu fi ouvert que
les efprits de nitre , de vitriol &
712 MERCURE
•
ces
defouffre, le penetrentfans exciter aucune fermentation fenfible ,
quoique l'huile de vitriol , mais
impregnée de parties falines , acides , plus groffieres que celles de
efprits , le fermente un peu. Ce
fel tout relaché quefûtfon tiſſu ,
donna dans une experience faite
depuis peu , une couleur bleuë à la
teinture de fleurs de Mauve qui
prit d'abord une couleur verte ,
enfuite une rouffâtre.
Vingt-unjours aprés qu'on a tiré
un efprit acide du fel de ces eauxe
mêlé avec dela tête morte de Bol,
en mettant dans un vafe une once
du mêmefelfans mélange, on tire
GALANT 113
quelques heures aprés &par un
feu peu violent une dragme &
trente-fix grains d'un efprit acide
qui a une force égale à celle de
l'efprit dontje viens de parler, &
qui produit les mêmes effets . Le
fel contenu dans la cornuë où eftoit
cet efprit feramaffe par grains de
figure à peuprés ronde , quiforme
depetits pelotons entaffez les uns
fur les autres. Le poids de ce fel
eft de fix dragmes vingt- qua
tre grains ; ainfi on voit que la diftillation fe faitfans perte fenfible.
de lafubftance du corps diftillé.
Enfin on tire aprés deux heures
d'un feu reverbere fort moderé ,
Avril 1710.
K
114 MERCURE
d'une demi- once du fel tiré de ces
eauxdiftillées dans le Bain- marie ,
fans mélange d'aucun autre corps ,
un efprit acide qui paroift avoir
unpeu plus de pointe que celuy
qui est tiré du fel de ces mêmes
eaux , mêlé avec une once &demie de la même tefte morte deBol.
Cequiperfuadeque le Bolpreparé
d'une certaine maniere ne donne
jamais rien du fien à l'esprit acide
tiré du fel falé acre fixe du fang
humain. Car s'ilpouvoit luy communiquer quelque acidite' , felon
le fentiment de quelques Medecins , il en communiqueroit fans
doute au premier efprit qu'on tire
GALANT 115
du fel des eaux de Balaruc , &
en ce cas cet efprit auroit dû avoir
plus de force que celuy qu'on tire
des mêmes eauxfans le fecours de
la tefte morte de Bol.
Au reste lorsqu'on afiny la diftillation du fel tiré au Bainmarie
de ces eaux , on voit que ce fel
s'y fond , & qu'il s'y vitrifie en
partie , puifqu'il s'attache fi fort
àlafurface interne de la cavité
du vaſe , qu'il en eft comme infeparable ; & cefelquoy qu'en partie vitrifié , ne laiſſepas de fefermenter un peu lorsqu'on l'arrofe
de quelques goutres d'huile de Vitriol ; mais fon tiffu eft trop ouKij
116 MERCURE
vert pourpouvoir eftre fermenté
par l'efprit du Vitriol , &par
autres acides.
les
On voit doncpar tout ce que je
viens de dire , que ces eaux font
impregnées d'unfel acide volatil ,
&d'unfel falé acre , tres -fufceptible de fermentation ; ainfi il
leur faut reconnoître deux fortes
de principes fermentatifs , l'un
actif, l'autre paffif, & ces deux
principes operent unefermentation
continuelle , & par confequent les
rendent chaleureufes & fumeufes; leur chaleur cependant eftfuportable , quelque violente qu'elle
paroiffe d'abord , puifqu'elle ne
GALANT 117
change point la confiftence & la
couleur verte des feuilles de l'OZeille , quoy qu'on les y faffe
tremper long-temps. On y peut
mettre un auf dont on ouvrira
la coque , & l'y laiffer une heure,
aprés laquelle on ne reconnoîtra
pasplus d'alteration dansfon blanc
dansfonjaune , que s'il avoit
toujours eftédans l'eaufroide. La
fumée qui fort de ces eaux fem
ble un peu fulphurée , fur tout
prés de lafource , qu'on appelle le
Bain des Pauvres , parce que
c'eſt-là où ils fe baignent: il en
faut donc conclure que ces cause
contiennent quelques parties ful
118 MERCURE
phurées , puifqu'onéprouve qu'el
les rendent la peau douce & un
péu onctueuse, & que le felfixe
qu'on en tire lorsqu'on les diftille.
au Bainmarie, jette lorſqu'il eft:
détaché une odeur douce & agreable , qui ne peut eftre l'effet que
d'un fouffre tres fin.
On n'a plus lieu de douter aprés
tout ce queje viens de dire
ces eaux ne foient déterfives,
propres à diffondre toutes fortes
d'humeurs vifqucufes. En voicy
la preuve. Rempliffez une grande cuiliere de fer de ces eaux, &
mettez-yle jaune &le blanc d'un
œuffrais , vous y verrez que
que
GALANT 119
dans demy heure, & lorfque vous
aurezplongé cette cuiliere juſqu'à
fon bord dans la fource de ces
eaux, que le blanc de l'œuffera
entierement diffout , fans que l'eau
contenue dans la cuiliere paroiffe
le moins du monde vifquenfe.
Pour le jaune il eft vray que fa
furface exterieure pâlit un peu ;
mais fa confiftance naturelle ne
s'altere point. Vouspouvezfaire
une feconde experience ; c'eft de
remplir une cuiliere de fer auffi
grande que la premiere d'eau de
la mer un peu chaude , & d'y
mettre le blanc & le jaune d'un
euffrais , er de plonger enfuite
120 MERCURE
cette cuiliere prefque jufqu'à fon
bord dans la fource des eaux de
Balaruc , & vous verrez qu'aprés l'y avoir laiffée une heure, le
blanc de l'œuf ne paroîtra qu'un
peu diffout , parce que l'eau de la
mer en avoit détaché quelques
parties feulement , qui l'avoient
renduë tantfoit peugluante. Mettez enfin les deux cuilieres fur
deuxfourneaux également chauds
&vous verrez que le blanc de
l'œufqui s'eſtoir diſſout dans les
caux de Balaruc fe coagulera en
fe rarefiant en prenant la forme d'une crème fouettée , au lieu
que le blanc de l'œuf qui avoit
efté
GALANT 121
efté mis dans l'eau de la mer, &
qui n'avoit pas efté diffout , devint dur &
compacte comme
le blanc des œufs cuits au miroir.
Ainficeux qui ont regardé le fel
des eaux de Balaruc comme une
efpece de fel marin , fe détromperont aisément , pour peu qu'ils
veuillent faire quelque attention
à ce que j'ay dit de l'un &
de
l'autre de ces deux fels.
Mais ilfaut vous parler àprefent des effets falutaires de ces
eaux. Elles fontpurgatives, mais
fans violence & fans excés à cause
des fels dont elles font impreignées.
Elles gueriffent les maux d'efto
Avril 1710. L
122 MERCURE
machqui viennent durelâchement
des differens vaiffeaux qui le compofent , ou de la trop grande aigreur , ou de la foibleffe de fon levain , ou des humeurs visqueuses
collées à fa furface interne , ои
d'une lymphe trop épaiffe qui coule lentement dans les vaiffeaux
lymphatiques arteriels reneux; &
cela parce que fi les vaisseaux de
ce vifcerefe trouvent relâchez&
commeparalytiques , elles diffipent
par leurchaleur les humiditez qui
en produisent le relâchement , &
elles rétabliffent le reffortpar leurs
parties falines : fi le levain eft
trop aigre , elles l'amortiſſent &
GALANT 123
l'adouciſſent par leurfelfixe. S'il
eft trop aqueux & par confequent
foible , elles l'aninent par leurfel
acide volatil , le débaraffent
par leurfelfalé : s'ily a des humeurs gluantes dans l'eftomach
qui en empêchent les fonctions ,
elles le nettoyent en divifant les
fucs collez àfafurface interieure.
Lorfqu'il y a trop d'épaififfement
dans la lymphe , que fes conduits
lymphatiques arteriels nerveux
reçoivent de fes arteres pour la
porter dans les vines , elles fondent par leur chaleur cette épaiffeur& la font par leurs parties
falines acres couler librement , de
Lij
124 MERCURE
mêmeque lefuc lymphatique trop
épais qui laproduit. Ainfices eaux
procurent une facile digeftion en
rétabliffant le ferment de l'eftomach. Elles gueriffent auffi les
maux qui dépendent du relâchement ou des fermentations vicieufes qui s'excitent dans les caviteż
des boyaux.
Vous jugez par là , Madame
que ces eaux font tres bonnes
l'afthme humide , & qu'elles ne
conviennent point aux maux de
poitrine & du bas ventre.
Elles mordifient , defféchent ,
incarnent cicatrifent les ulceres , fur tout ceux qui viennent
GALANT 125
des playes fimples ; elles font admirables pour les maux de tefte exterieurs , lefroidque l'onfent quelquefoisfur lefommet de cette partie , & pour lesfluxions desyeux
pourvû qu'on obferve de s'enfaire
arrofer le derriere de la tefte & la
nuque du col cinq oufixfois , fçavoir le matin & le foir durant
deux ou troisjours. Elles gueriffent lorsqu'on s'y baigne trois ou
quatre fois les douleurs de rhumatifme ; elles excitent d'abord une
fueur difficile à foutenir , il faut
faire enfuite fuer le malade une
beure ou deux dans un lit. Comme on en rend laplus grande parLiij
126 MERCURE
tie par les felles & qu'elles font
fort chaudes fondantes , elles
divifent, adouciffent & mêmedifSipent par les fueurs qu'elles caufent les humeurs qui caufent les
maux que je vous ay détaillez.
Ellesfont auffimerveillenfespour
lesparalyfies quifuivent les apoplexies , diffipant & diffolvant
par leur chaleur & leurfel fixe ,
T'humeur qui bouche les nerfs , &
animantpar leur fel acide volatil
l'efprit animal à qui elles ouvrent
les routes naturelles en augmentant la vigueur , & par là elles
rendent le mouvement auxparties.
paralytiques. Elles gueriffent les
GALANT 127
dévoyemens , les pâles couleurs ,
les maladies melancoliques ,
de même que les fiévres intermittentes croniques.
On les prend fur les lieux en
Automne au Printemps. Il
faut prendre garde fur tout que
l'airn'entredans les bouteilles dans
lesquelles on les puife ; on les peut
transporter avec cette précaution ,
en boire en tout temps ; on les
boit même à Paris avecfuccés ,
ce qui leve toutesfortes de doutes
fur le transport.
de commencer à en Avant
que
boire
lorfqu'on
afini
, il faut
fe
le
lendemain
de la
purgapurger;
L iiij .
128 MERCURI
tion on en peutprendre àjeun & à
diverfes reprifes treize à quatorze
verres ou gobelets d'environ demi
feptier chacun dans le cours tout
au plus d'une heure & un quart.
Le premier coup eft de chopine ou
de deux verres de fuite. Il faut
prendre aprés les avoir prifes une
demie écuellée de bouillon de poulet.
La meilleure partie s'en va ordinairement par lesfelles , & on continuë d'en boire plus fouvent pendant trois jours & quelquefois
pendant quatre. Lorsqu'on ne les
boit pas fur les lieux , ilfaut obferver de les mettre au degré de
chaleur qu'elles ont à leurfource,
GALANY 129
qui est une chaleur approchante
de celle d'un bouillon tres- chaud ;
pour cela ilfaut déboucher la bouteille , laiffer tomber legerement le
bouchon dans le gouleau , enforte
qu'elle foit entre ouverte , mettre
du foin dans le fond d'un chaudron enforte que le verre ne touche point le chaudron & enfuite
remplir le chaudron d'eau , à qui
on donne le degré neceffaire de chaleur. Jefuis , Madame , &c.
Cette Lettre a paru d'autant
plus curieufe à tous ceux qui
Font luë qu'elle fait connoître
que la matiere a efté bien ap-
130 MERCURE
profondie par le grand nombre d'experiences que l'on a
faites , ce qui donne lieu d'efperer un falutaire effet de l'ufage des Eaux dont il y eſt parlé, & il feroit à fouhaiter que
les remedes dont on nous parle
tous les jours cuffent un effet
auffi fenfible.
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Résumé : LETTRE De Mr l'Abbé Vere sur les Eaux de Balaruc, à Me de Camus, Religieuse de Saint Pierre de Lyon.
La lettre de l'Abbé Vere fournit des informations détaillées sur les propriétés et les usages des eaux de Balaruc en Languedoc. Ces eaux, chaudes et fumantes, contiennent un sel acide volatil et un sel fixe acide. Lorsqu'on les verse sur la teinture de fleurs de mauve, la couleur violette devient rouge, indiquant la présence d'un acide. Une mesure de ces eaux produit un sel blanc, poreux et raboteux, qui change de couleur à l'air froid. Ce sel a une acidité modérée et ne fermente pas facilement. Distillées, les eaux de Balaruc apparaissent insipides et ne changent pas la couleur du papier bleu. Elles éclaircissent la teinture de fleurs de mauve, laissant leur sel dans l'alambic. Le sel obtenu par distillation est plus compact et se fermente moins facilement. Mélangé avec la teinture de mauve, il donne une couleur bleue qui devient verte puis roussâtre. Les eaux contiennent un sel acide ou alcalin pur. En évaporant ces eaux, on obtient un esprit acide qui fermente facilement avec le sel de tartre et le sang humain. Cet esprit agace les dents et rougit le papier bleu. Les eaux de Balaruc sont détergentes et dissolvent les humeurs visqueuses. Elles sont purgatives sans violence et guérissent les maux d'estomac en dissolvant les humeurs gluantes et en fondant les épaississements lymphatiques. Elles sont efficaces contre l'asthme humide, les ulcères, les maux de tête, les fluxions des yeux et les douleurs rhumatismales. Elles sont également utiles pour les paralysies suivant les apoplexies, en dissolvant l'humeur qui bloque les nerfs. Les eaux augmentent la vigueur et restaurent le mouvement des parties paralytiques. Elles traitent divers maux tels que les déviations, les pâles couleurs, les maladies mélancoliques et les fièvres intermittentes chroniques. Les eaux sont collectées en automne et au printemps et doivent être conservées dans des bouteilles hermétiques pour éviter l'entrée de l'air. Elles peuvent être transportées et consommées à tout moment, même à Paris. La méthode de consommation consiste à boire treize à quatorze verres d'environ demi-septier chacun sur une période d'une heure et un quart. Le premier verre est de chopine ou de deux verres de suite. Après la prise, il est recommandé de boire une demi-écuelle de bouillon de poulet. La meilleure partie des eaux est souvent éliminée par les selles, et la consommation peut se poursuivre pendant trois à quatre jours. Lorsqu'elles ne sont pas consommées sur place, les eaux doivent être maintenues à une température proche de celle d'un bouillon très chaud.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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808
p. 105-108
EPITHALAME.
Début :
Voicy une Epithalame que Mr Hervieux donna à S. A. S. / Parmy les voeux publics qu'on fait pour Vôtre Altesse, [...]
Mots clefs :
Héros, Mademoiselle d'Enguien, Mariage, Époux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EPITHALAME.
Voicy une Epithalame que
Mr Hervieux donna à S. A S.
Mademoiselle d'Enguien peu
avant son Mariage.
EPITHALAME.
Parmy les vœux publics qu'on)
fait pour Vôtre Alt ffe,
Permettez aujourd'huy
J
tres-illustre Princesse,
Qu'aupied de
nos
Autels le zele
de mon cœur
Offre pourvôtreHymen sapriere
au Seigneur,
Afin que d'un Heros, par d'heureux sacrifices,
Vous soyez pour long-temps l'amour cm les delices.
*
Des Peuples réjoüis les acclamatIons
,
Attireront sur vous les benedictions ;
De rares
qualitéz le Ciel ornant
vôtre amey
Veut d'un Epoux parfait recompenfr la flâme.
Vôtre merite acquis est digne du
haut rang
,
Que vous donne à la Cour l'honneur de vôtre Sang,
Au milieu des grandeurs vôtre
bontéprofonde;
Attire avec raisonlesyeux de
tout le monde;
Vôtre aimable douceur, &vôtre
pieté,
Accompagnent les foins de vôtre
charité;
Le nœud de vos grands cœursfaisant nôtre esperance,
Promet à
nos neveux unsoûtien
pour la France.
Vendôme aux Ennemisimprime
de l'effroy,
Son bras plus d'une fois leura
donné la loj
;
Ce Heros invincible aux travaux
de la guerre,
Quittant pour quelque temps
Mars avecson tonnerre,
Prend plaisirà se rendre aux doucours de l'Amour,
Qui du victorieuxtriomphent à
leurtour.
-
Vëuilleàjamais le cielcouronnant
sa viBoire>
Ala finde vos jours vous com- bler desa gloire.
Mr Hervieux donna à S. A S.
Mademoiselle d'Enguien peu
avant son Mariage.
EPITHALAME.
Parmy les vœux publics qu'on)
fait pour Vôtre Alt ffe,
Permettez aujourd'huy
J
tres-illustre Princesse,
Qu'aupied de
nos
Autels le zele
de mon cœur
Offre pourvôtreHymen sapriere
au Seigneur,
Afin que d'un Heros, par d'heureux sacrifices,
Vous soyez pour long-temps l'amour cm les delices.
*
Des Peuples réjoüis les acclamatIons
,
Attireront sur vous les benedictions ;
De rares
qualitéz le Ciel ornant
vôtre amey
Veut d'un Epoux parfait recompenfr la flâme.
Vôtre merite acquis est digne du
haut rang
,
Que vous donne à la Cour l'honneur de vôtre Sang,
Au milieu des grandeurs vôtre
bontéprofonde;
Attire avec raisonlesyeux de
tout le monde;
Vôtre aimable douceur, &vôtre
pieté,
Accompagnent les foins de vôtre
charité;
Le nœud de vos grands cœursfaisant nôtre esperance,
Promet à
nos neveux unsoûtien
pour la France.
Vendôme aux Ennemisimprime
de l'effroy,
Son bras plus d'une fois leura
donné la loj
;
Ce Heros invincible aux travaux
de la guerre,
Quittant pour quelque temps
Mars avecson tonnerre,
Prend plaisirà se rendre aux doucours de l'Amour,
Qui du victorieuxtriomphent à
leurtour.
-
Vëuilleàjamais le cielcouronnant
sa viBoire>
Ala finde vos jours vous com- bler desa gloire.
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Résumé : EPITHALAME.
Le texte est un épithalame composé par Monsieur Hervieux pour Mademoiselle d'Enguien à l'occasion de son mariage. L'auteur exprime ses vœux de bonheur pour le couple princier et prie pour que leur union soit bénie. Il souligne les qualités de la princesse, telles que sa bonté, sa douceur et sa piété, qui suscitent l'admiration générale. Le poème met en avant le mérite de la princesse, digne de son rang à la cour, et son union avec un époux parfait. Il évoque également le duc de Vendôme, connu pour ses exploits militaires, qui abandonne temporairement la guerre pour se consacrer à l'amour. Enfin, l'auteur souhaite que le ciel leur accorde gloire et bonheur jusqu'à la fin de leurs jours.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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809
p. 268-270
ENIGME.
Début :
Tout le monde est en peine, & chacun veut sçavoir [...]
Mots clefs :
Vent
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
uvelle du Pere Arrange
,
dont je vous en aydéja envoyé
d'autres, ainsi que plusieurs
Articles qui vous ont paru dignes de vostre curiosité.
ENIGME.
Tout le monde est en
peine, &
chacun veutsçavoir
Si je fuis un esprit
,
ou bien un
corps sans ame,
Rien ne peut égaler ma force &
mon pouvoir,
Et ce qui vient de moysurprend
l'homme Cm lafemme.
De tout ce que jefais & dontje
fuis l'auteur
Je n'en ay cependant aucune connoissance
;
Aujourd'huy je menace & faits
trembler de peur,
Et demain je console & remplis
d'esperance.
Sansjamaisme lasserjecours tout
l'Univers,
Je vais cr je reviens de l'un à
l'autre Pole,
L'on connoist sans me voir mes
mouvemens divers
,
Et le bruit que je faits me tient
lieu de parole
,
dont je vous en aydéja envoyé
d'autres, ainsi que plusieurs
Articles qui vous ont paru dignes de vostre curiosité.
ENIGME.
Tout le monde est en
peine, &
chacun veutsçavoir
Si je fuis un esprit
,
ou bien un
corps sans ame,
Rien ne peut égaler ma force &
mon pouvoir,
Et ce qui vient de moysurprend
l'homme Cm lafemme.
De tout ce que jefais & dontje
fuis l'auteur
Je n'en ay cependant aucune connoissance
;
Aujourd'huy je menace & faits
trembler de peur,
Et demain je console & remplis
d'esperance.
Sansjamaisme lasserjecours tout
l'Univers,
Je vais cr je reviens de l'un à
l'autre Pole,
L'on connoist sans me voir mes
mouvemens divers
,
Et le bruit que je faits me tient
lieu de parole
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810
p. 280-290
POEME Qui a remporté le Prix, par le Jugement de l'Academie des Jeux Floraux, sur la Verité.
Début :
En vous parlant de ceux qui ont remporté cette année les / L'Homme est il insensible à l'éclat de tes traits, [...]
Mots clefs :
Jeux floraux, Prix, Vérité, Sagesse, Astres, Aveuglement, Chercher
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : POEME Qui a remporté le Prix, par le Jugement de l'Academie des Jeux Floraux, sur la Verité.
En vous parlant deceuxqui
ont remporté cette année les
Prix des Jeux Floraux de T-oulouse, je vous ay parlé iccc-'
luy qui regarde la Vérité, composé par Mr l'Abbé Asselin.
On assure generalement guti
tousceuxqui ont travatiHcccc-1
te année pour ces Prix ont fait
de si beaux Ouvrages, qu'il a'
esté difficile d'adjuger les Prix,
ce qui doit augmenter lajlwre
Mr l'Abbé AtfcliIL
1
POEME
Qui a
remporté le Prix, par Le
Jugement de l'Academie des
Jeux Floraux, sur la Vérité.
L'Homme est-il insensible à l'éclat de tes traits,
Ou bien, loin de ses yeux tU-tu
fuipour jamais,
Verité,qu'à mes vœux dérobent
mille obstacles?
Toûjours avec lefaux je confonds
tes Oracles.
Pour fuir en te cherchant les
écueils que je crains,
Sers deguide toi-mêmeàmespas
incertains.
May 1 7 10. Aa
rar nos préjuge.-< seuls gouver.
nez dans l'enfance
, , L'erreuren nos
espritsprévient
la connoissance.
Que fert de réfléchir dans une autresaison t
Le joug de l'habitude asservit la
raifort,
Toujours loin du droitsens entraine:t par les AHtres,
Sur leurs fauxjugemens s'assermissent les nôtres;
Et de l'opinionesclaves malheureux
,
Nous vivons, nouspartons, &
nous pensons comme eux.
Loin du peupleséduitpar devaines images,
Chercherons-nous levraisuries
traces des Sages t
Jouets d'un faux éclatqui nous
éblouit tous,
Par des sentiers divers ils errent
comme nous.
Philosophes
en proyeàvotre incertitude
y Quel estpour votre espritlefruit
de votre étude ?
De quelqueconnoissance ose-t-il
Toujours
seflatter
plus
?
incertain,il riapprend qu'à douter.
Maisquoi?son impuissance irrite
son audace:
Dansses vastesprojets ilrieflrien
qu'il riembrajjc. ,
Aa.ij
Prétendant tout connoître, en sa
témérité
Par les bornes du monde il n'est
point arrêté.
Il veut d'un premier Etre appro.
fondir l'EjJence,
Il sondesesDecrets, mesure sa
Puielaance.
Aveugle!aquel excès porte-t-il
son orgueil!
Desa foible raison un atome efi
l'écueil.
Lassé sans s'arrêter & vaincu
sans se rendre,
C'estenvain qu'ils'obstine à voit"
loir le comprendre ;
Rencontrant l'infini dans un corps
limité.
Il conçoit d-autant moins qu'il 4
plusmédité.
Grand Dieu, dans Fembarrdf
qui confondsa foiblesse
, Quel est de tes desseins la profonde
fag,,ff! -
Les objetsqu'àsesjeux tu fçtts
envelope,
Rempliroientunesprit que tu dois
occuper.
Lorsqu'il jouit des biens que ta
main lui dispense,
Que luisert d'en chercher l'originâ
& l'essence ?
Pardessoins assidus qui confumeni
ses jours
Que luisert d'observer les Aftril
dans leurcours;
D'examiner si l'air, lefeu, la
terre Cm l'onde
Sont autant d'élemens qui composent lemonde:
Ousi, sans l'achon de leur concours divers,
Un principe plus simple a
forme
l'Univers !
Ilsçait à l'infini diviser des espaces,
Comparer des côtez, mesurer des
surfaces :
Des angles differens que forment
tous les corps,
Ilsçait approfondir les dijfrens
rapports.
Inutilestravaux! frivole connoissance!
Quel avantage a-t-il sur une
humble ignorance?
Pour s'occuper ainsi trop avaredu
temps,
Le vrai Sage ensçait mieux menager les instans.
Pourquoi j'embarrasserd'unevaine chimere?
Il est icipour l'homme un point,
seul necessaire.
Il doit, peu curieux etun sterile
sçavoir,
Chercher les vérité% quifondent
son devoir.
Les chercher.! ah! bien loin que
ce foin l'interesse,
C'est a les eviter qu'il s'applique
sans cesse.
La Nature enson cœur avoitfiû
les tracer;
Que ne tente.t-il pointpourles
en effacer!
Il a
fallu pour lui fous l'attrait
d'un vain songe
Couvrir
ces vérité^ du voile du
mensonge:
Et par des fictionsoccupant son
loisiir,
Cacher l'utilité fous l'appas dtt
plaisir.
Allais ennemi du vraidont il
craint de s'instruire,
Jusquesàl'ignorer a-t-il pû si
seduïre ?
Envain, pour s'endormir ausi;"
despassions, Son
Son esprit se dérobe à
ses reflexions:
Dans quelque Aveuglement qu'il
s'efforce de vivre,
La lumiere qu'il fuit vient par
tout lepoursuivre :
Eclairé malgré lui par un instinct
divin,
Il connoît un principe, il redoute
une fin.
Dans les remords pressans que le
crime fait naître,
Il tremble fous la main dont il a
reçu*l'être /> 1 :
Et contraint en secret d'adorerson
pouvoir,
Il sent la écrite qu'il n'a pas
voulu voir.
ont remporté cette année les
Prix des Jeux Floraux de T-oulouse, je vous ay parlé iccc-'
luy qui regarde la Vérité, composé par Mr l'Abbé Asselin.
On assure generalement guti
tousceuxqui ont travatiHcccc-1
te année pour ces Prix ont fait
de si beaux Ouvrages, qu'il a'
esté difficile d'adjuger les Prix,
ce qui doit augmenter lajlwre
Mr l'Abbé AtfcliIL
1
POEME
Qui a
remporté le Prix, par Le
Jugement de l'Academie des
Jeux Floraux, sur la Vérité.
L'Homme est-il insensible à l'éclat de tes traits,
Ou bien, loin de ses yeux tU-tu
fuipour jamais,
Verité,qu'à mes vœux dérobent
mille obstacles?
Toûjours avec lefaux je confonds
tes Oracles.
Pour fuir en te cherchant les
écueils que je crains,
Sers deguide toi-mêmeàmespas
incertains.
May 1 7 10. Aa
rar nos préjuge.-< seuls gouver.
nez dans l'enfance
, , L'erreuren nos
espritsprévient
la connoissance.
Que fert de réfléchir dans une autresaison t
Le joug de l'habitude asservit la
raifort,
Toujours loin du droitsens entraine:t par les AHtres,
Sur leurs fauxjugemens s'assermissent les nôtres;
Et de l'opinionesclaves malheureux
,
Nous vivons, nouspartons, &
nous pensons comme eux.
Loin du peupleséduitpar devaines images,
Chercherons-nous levraisuries
traces des Sages t
Jouets d'un faux éclatqui nous
éblouit tous,
Par des sentiers divers ils errent
comme nous.
Philosophes
en proyeàvotre incertitude
y Quel estpour votre espritlefruit
de votre étude ?
De quelqueconnoissance ose-t-il
Toujours
seflatter
plus
?
incertain,il riapprend qu'à douter.
Maisquoi?son impuissance irrite
son audace:
Dansses vastesprojets ilrieflrien
qu'il riembrajjc. ,
Aa.ij
Prétendant tout connoître, en sa
témérité
Par les bornes du monde il n'est
point arrêté.
Il veut d'un premier Etre appro.
fondir l'EjJence,
Il sondesesDecrets, mesure sa
Puielaance.
Aveugle!aquel excès porte-t-il
son orgueil!
Desa foible raison un atome efi
l'écueil.
Lassé sans s'arrêter & vaincu
sans se rendre,
C'estenvain qu'ils'obstine à voit"
loir le comprendre ;
Rencontrant l'infini dans un corps
limité.
Il conçoit d-autant moins qu'il 4
plusmédité.
Grand Dieu, dans Fembarrdf
qui confondsa foiblesse
, Quel est de tes desseins la profonde
fag,,ff! -
Les objetsqu'àsesjeux tu fçtts
envelope,
Rempliroientunesprit que tu dois
occuper.
Lorsqu'il jouit des biens que ta
main lui dispense,
Que luisert d'en chercher l'originâ
& l'essence ?
Pardessoins assidus qui confumeni
ses jours
Que luisert d'observer les Aftril
dans leurcours;
D'examiner si l'air, lefeu, la
terre Cm l'onde
Sont autant d'élemens qui composent lemonde:
Ousi, sans l'achon de leur concours divers,
Un principe plus simple a
forme
l'Univers !
Ilsçait à l'infini diviser des espaces,
Comparer des côtez, mesurer des
surfaces :
Des angles differens que forment
tous les corps,
Ilsçait approfondir les dijfrens
rapports.
Inutilestravaux! frivole connoissance!
Quel avantage a-t-il sur une
humble ignorance?
Pour s'occuper ainsi trop avaredu
temps,
Le vrai Sage ensçait mieux menager les instans.
Pourquoi j'embarrasserd'unevaine chimere?
Il est icipour l'homme un point,
seul necessaire.
Il doit, peu curieux etun sterile
sçavoir,
Chercher les vérité% quifondent
son devoir.
Les chercher.! ah! bien loin que
ce foin l'interesse,
C'est a les eviter qu'il s'applique
sans cesse.
La Nature enson cœur avoitfiû
les tracer;
Que ne tente.t-il pointpourles
en effacer!
Il a
fallu pour lui fous l'attrait
d'un vain songe
Couvrir
ces vérité^ du voile du
mensonge:
Et par des fictionsoccupant son
loisiir,
Cacher l'utilité fous l'appas dtt
plaisir.
Allais ennemi du vraidont il
craint de s'instruire,
Jusquesàl'ignorer a-t-il pû si
seduïre ?
Envain, pour s'endormir ausi;"
despassions, Son
Son esprit se dérobe à
ses reflexions:
Dans quelque Aveuglement qu'il
s'efforce de vivre,
La lumiere qu'il fuit vient par
tout lepoursuivre :
Eclairé malgré lui par un instinct
divin,
Il connoît un principe, il redoute
une fin.
Dans les remords pressans que le
crime fait naître,
Il tremble fous la main dont il a
reçu*l'être /> 1 :
Et contraint en secret d'adorerson
pouvoir,
Il sent la écrite qu'il n'a pas
voulu voir.
Fermer
Résumé : POEME Qui a remporté le Prix, par le Jugement de l'Academie des Jeux Floraux, sur la Verité.
Le poème 'Qui a remporté le Prix, par Le Jugement de l'Académie des Jeux Floraux, sur la Vérité' est l'œuvre de l'Abbé Asselin. Il traite de la quête de la vérité et des obstacles que l'homme rencontre dans cette recherche. L'auteur met en évidence que les préjugés et les habitudes empêchent souvent les individus de percevoir la vérité, les incitant à suivre les opinions des autres plutôt que de chercher la sagesse par eux-mêmes. Le poème critique également les philosophes, qui, malgré leurs études approfondies, restent incertains et incapables de connaître pleinement la vérité. Ils tentent de comprendre l'infini et les desseins de Dieu, mais leur raison limitée les en empêche. L'auteur suggère que l'homme devrait se concentrer sur les vérités nécessaires à son devoir plutôt que de s'engager dans des recherches vaines et frivoles. Le texte conclut en soulignant que, malgré ses efforts pour éviter la vérité, l'homme est toujours éclairé par un instinct divin qui lui fait connaître et redouter un principe supérieur et une fin ultime. Même dans ses remords, il sent la présence d'un pouvoir supérieur qu'il ne peut ignorer.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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811
s. p.
PREFACE.
Début :
Par où commencer ma Preface ? quel caractere prendrai-je ? [...]
Mots clefs :
Préface, Charge, Roi, Mes amusements
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PREFACE.
PREFACE.
PAroùcommencer ma
Preface? quel caractere
prendrai-je? le serieuxou
le comique. UnePreface
serieuse à la teste d'un
Mercure Galant, c'est
s'engager par écrit à ennuyer
le Public toute
annee; mais aussi une
Préfacé comique promet
un Livre de même
,
c'est
trop promettre, & l'on
n'est jamais moins réjoüissant
que quand on
a promis de l'estre.
Quel parti prendre? Il
est bien triste d'ennuyer
d'honnestes gens & tresdifficile
de les réjoüir. Il
faut pourtant caracteriser
une Préface;elle doit
annoncerparsoncaractere
celuy du Livre & de
l'Auteur; c'estce quime
fait trembler. Lesconsequencesqu'on
tire d'une
Preface décident quelquefois
de la réüssice du
Livre. Il faut si peu de
chose pour prévenir les
hommes
, & la prévention
a tant de part à leurs
décidons !
Macrainte redouble:
le choix d'un caractere
me tiens en suspens ; tirons
parti de cette incertitude.
Ouy., mon incertitude
me détermine, ôc
puisqu'une Préface tire à
consequenceje me déter
mine à n'en point faire.
Point de Préfacé,s'écriera-
t-on ! Il en faut
une; on s'y attends:vous
nous la -devez. J'enconviens;
l'einploy dont on
111a chargéest une espece
de Charge publique.
Ilfaut enfin que je me
fkffe recevoir Auteur à
la tête du Mercure Ga"
lant, & c'est par une
humble Préfacé qu'un
Auteur doit prêter serment
entre les mains du
Publicqu'il travaillera fidellement
à luy plaire.
Je jure que j'y tâcheray:
ceux qui font ferment de
plaire sont Cujets à fausser
leur ferment.
VnAuteur efi bien embarraJJéàlatejfc
defion
Livre: il ne fiait quelle
contenance tenir. J'tlfait
lefietonfefiaita rabattre
safierté; s'il affecte de t
s'humilier, on le méprifl;
s'ilditqueson travailfera
merveilleux, on n'en croit
rien;s'il dit que cejlpeu
de chose, on le croitfurfa
parole.Neparlera-t-il
point de Jes Ouvrages j
la dure neceJlitépour un
Auteur.
J'en juge par moy-même.
Je n'ay pû m'empêcher
de citer icy un article
de mes Amusements
sérieux&comiques.Mais
puisquej'ay tant fait que
de franchir les bornes de
la modestie, disons que
ce Livre a eu de la reiiilîte.
Peut-être que celapréviendra
en faveur de
celui-ci. Peut-être aussi
que cela luy fera tort;
On s'attendra à trouver
dans celui-ci certain air
ncuf& original qui a plû
dans l'autre: & c'est ce
quon ne trouvera point
icy. J'estois Auteur dans
mes Amusements; mais
dans un Mercure, je ne
puis estre qu'un Compilateur
de bons ou de
mauvais matériaux,tels
quon me les fournira.
Onn'en doit attendre de
moy que le choix & l'arrangement.
Ce qu'on
pourrait exiger est un
long Avant-propos que
j'ay resolu de ne point
faire, &: ce qui vous paroîtra
singulier, plus j'ay
de choses à vous dire
pour vousmettre aufait
de mon Ouvrage, &:
plus il est à propos que je
retranche ma Preface.
Ceparadoxe affecté est
en effet tres-singulier;
dira malignement ua
Critique:à cette singularité
je reconnois eneen
re l'Auteur des Amust
ments.
Je n'affecte jamais d'.J
tre singulie,& le bon
sens seul m'éloigne icy
de l'usage ordinaire. Il
me viendra tant de sujets
à traiter que je n'en prévois
pas la difference.
Quel ordre puis- je vous
promettre la-dessus.
Il est donc plus sensé
d'attendre que chaque
sujet s'offrant à moy, fasse
naître les reflexions
qui lui conviennent. Mes
reflexions seront plusjustes
& moins ennuyeuses
séparément, que si je les
faisois ici toutes ensembles.
Je vous promets
donc à chaque Article
un petit préambule : il
ne tiendra qu'à vous de
l'appeller Preface. Ainsi,
pour peu que mes préambules
soient ennuyeux;
vous aurez plus de Préfaces
que vous ne voudrez.
On a jugé à propos
que je misse au commencement
de mon Mercu.
re le Placet en vers que
j'ay eu l'honneur depresenter
au Roy. Je ne
vous le donne que comme
un simple badinage,
& je dois dire icy pour
l'intelligence de ce Placet,
que le Roy qui sçait
jetter les yeux sur les
plus petites choses, sans
perdre de vûë les plus
grandes, a souvent daignés'amuser
demesOuvrages.
PAroùcommencer ma
Preface? quel caractere
prendrai-je? le serieuxou
le comique. UnePreface
serieuse à la teste d'un
Mercure Galant, c'est
s'engager par écrit à ennuyer
le Public toute
annee; mais aussi une
Préfacé comique promet
un Livre de même
,
c'est
trop promettre, & l'on
n'est jamais moins réjoüissant
que quand on
a promis de l'estre.
Quel parti prendre? Il
est bien triste d'ennuyer
d'honnestes gens & tresdifficile
de les réjoüir. Il
faut pourtant caracteriser
une Préface;elle doit
annoncerparsoncaractere
celuy du Livre & de
l'Auteur; c'estce quime
fait trembler. Lesconsequencesqu'on
tire d'une
Preface décident quelquefois
de la réüssice du
Livre. Il faut si peu de
chose pour prévenir les
hommes
, & la prévention
a tant de part à leurs
décidons !
Macrainte redouble:
le choix d'un caractere
me tiens en suspens ; tirons
parti de cette incertitude.
Ouy., mon incertitude
me détermine, ôc
puisqu'une Préface tire à
consequenceje me déter
mine à n'en point faire.
Point de Préfacé,s'écriera-
t-on ! Il en faut
une; on s'y attends:vous
nous la -devez. J'enconviens;
l'einploy dont on
111a chargéest une espece
de Charge publique.
Ilfaut enfin que je me
fkffe recevoir Auteur à
la tête du Mercure Ga"
lant, & c'est par une
humble Préfacé qu'un
Auteur doit prêter serment
entre les mains du
Publicqu'il travaillera fidellement
à luy plaire.
Je jure que j'y tâcheray:
ceux qui font ferment de
plaire sont Cujets à fausser
leur ferment.
VnAuteur efi bien embarraJJéàlatejfc
defion
Livre: il ne fiait quelle
contenance tenir. J'tlfait
lefietonfefiaita rabattre
safierté; s'il affecte de t
s'humilier, on le méprifl;
s'ilditqueson travailfera
merveilleux, on n'en croit
rien;s'il dit que cejlpeu
de chose, on le croitfurfa
parole.Neparlera-t-il
point de Jes Ouvrages j
la dure neceJlitépour un
Auteur.
J'en juge par moy-même.
Je n'ay pû m'empêcher
de citer icy un article
de mes Amusements
sérieux&comiques.Mais
puisquej'ay tant fait que
de franchir les bornes de
la modestie, disons que
ce Livre a eu de la reiiilîte.
Peut-être que celapréviendra
en faveur de
celui-ci. Peut-être aussi
que cela luy fera tort;
On s'attendra à trouver
dans celui-ci certain air
ncuf& original qui a plû
dans l'autre: & c'est ce
quon ne trouvera point
icy. J'estois Auteur dans
mes Amusements; mais
dans un Mercure, je ne
puis estre qu'un Compilateur
de bons ou de
mauvais matériaux,tels
quon me les fournira.
Onn'en doit attendre de
moy que le choix & l'arrangement.
Ce qu'on
pourrait exiger est un
long Avant-propos que
j'ay resolu de ne point
faire, &: ce qui vous paroîtra
singulier, plus j'ay
de choses à vous dire
pour vousmettre aufait
de mon Ouvrage, &:
plus il est à propos que je
retranche ma Preface.
Ceparadoxe affecté est
en effet tres-singulier;
dira malignement ua
Critique:à cette singularité
je reconnois eneen
re l'Auteur des Amust
ments.
Je n'affecte jamais d'.J
tre singulie,& le bon
sens seul m'éloigne icy
de l'usage ordinaire. Il
me viendra tant de sujets
à traiter que je n'en prévois
pas la difference.
Quel ordre puis- je vous
promettre la-dessus.
Il est donc plus sensé
d'attendre que chaque
sujet s'offrant à moy, fasse
naître les reflexions
qui lui conviennent. Mes
reflexions seront plusjustes
& moins ennuyeuses
séparément, que si je les
faisois ici toutes ensembles.
Je vous promets
donc à chaque Article
un petit préambule : il
ne tiendra qu'à vous de
l'appeller Preface. Ainsi,
pour peu que mes préambules
soient ennuyeux;
vous aurez plus de Préfaces
que vous ne voudrez.
On a jugé à propos
que je misse au commencement
de mon Mercu.
re le Placet en vers que
j'ay eu l'honneur depresenter
au Roy. Je ne
vous le donne que comme
un simple badinage,
& je dois dire icy pour
l'intelligence de ce Placet,
que le Roy qui sçait
jetter les yeux sur les
plus petites choses, sans
perdre de vûë les plus
grandes, a souvent daignés'amuser
demesOuvrages.
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Résumé : PREFACE.
L'auteur de la préface exprime d'abord son dilemme quant au ton à adopter, oscillant entre sérieux et comique, afin d'éviter d'ennuyer ou de décevoir le public. Il souligne la complexité de rédiger une préface, qui doit révéler le caractère du livre et de l'auteur, et peut influencer le succès de l'ouvrage. L'auteur avoue son incertitude et décide finalement de ne pas écrire de préface, bien qu'il reconnaisse que cela soit attendu de lui. Il compare sa situation à celle d'un auteur embarrassé par la rédaction de sa préface, soulignant les risques de se vanter ou de s'humilier. L'auteur mentionne un de ses ouvrages précédents, 'Amusements sérieux et comiques', dont il cite un article. Il explique que dans le Mercure Galant, il ne peut être qu'un compilateur de matériaux. Il refuse de rédiger un long avant-propos et préfère que chaque sujet traité dans le livre soit introduit par un petit préambule. Enfin, il conclut en mentionnant l'ajout d'un placet en vers adressé au roi, présenté comme un simple badinage.
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812
s. p.
PLACET AU ROY. POUR LE PRIVILEGE du Mercure Galant.
Début :
Plaise au Roy, par Brevet, vouloir autoriser, [...]
Mots clefs :
Roi, Apollon, Mercure, Privilège
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texteReconnaissance textuelle : PLACET AU ROY. POUR LE PRIVILEGE du Mercure Galant.
PLACET
AUROY.
POUR LE PRIVILEGE
du Mercure Galant.
Plaije auRoy,parBrt
'Vtt, vouloirautoriser,
LePrivilege ancien que
fay de tamufer.
Tlai/e à ma Mufe au/fi
d'être badine&fage.
Plaist à moy3 me bornant
auprudentbadinagef
De nepasressemblerà ces
fouxferieux,
Qui veulentpenetrerjufqu'auxfecretsdesDieux.
De louersansjlater3 de
blâmersans médire,
D*êtrelibresansmoubier
,Polnt ridicule enfaisant
rtre
Etserieuxsansennuyer.
Enunmotplaife au Roy,
quejetâche a luyplaire,
Maissur tout plaise au
Boy mon desir de bien
faire.
slassè auRoy mon Mer
cure,& de-las'enjitivra
Qtiauxgens de bon cJPrit
mon Mercureplaira.
Ilaplûà saMajesté
de m'accorder le Privilege
que je luy demandois
; plaise à Apollon
m'inspirer quelques vers
dignes de ma reconnois
sance & de mon zele.
Hier me promenant
dans les Bosquets de
Marly, je les pris pour
ceux du Parnasse. Je crus
y voir Apollon, je m'imaginay
estre Mercure,
& voicy la Scene qui fè
passa entre Apollon &
moy.
AUROY.
POUR LE PRIVILEGE
du Mercure Galant.
Plaije auRoy,parBrt
'Vtt, vouloirautoriser,
LePrivilege ancien que
fay de tamufer.
Tlai/e à ma Mufe au/fi
d'être badine&fage.
Plaist à moy3 me bornant
auprudentbadinagef
De nepasressemblerà ces
fouxferieux,
Qui veulentpenetrerjufqu'auxfecretsdesDieux.
De louersansjlater3 de
blâmersans médire,
D*êtrelibresansmoubier
,Polnt ridicule enfaisant
rtre
Etserieuxsansennuyer.
Enunmotplaife au Roy,
quejetâche a luyplaire,
Maissur tout plaise au
Boy mon desir de bien
faire.
slassè auRoy mon Mer
cure,& de-las'enjitivra
Qtiauxgens de bon cJPrit
mon Mercureplaira.
Ilaplûà saMajesté
de m'accorder le Privilege
que je luy demandois
; plaise à Apollon
m'inspirer quelques vers
dignes de ma reconnois
sance & de mon zele.
Hier me promenant
dans les Bosquets de
Marly, je les pris pour
ceux du Parnasse. Je crus
y voir Apollon, je m'imaginay
estre Mercure,
& voicy la Scene qui fè
passa entre Apollon &
moy.
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Résumé : PLACET AU ROY. POUR LE PRIVILEGE du Mercure Galant.
L'auteur demande au roi un privilège pour le Mercure Galant, souhaitant un ton badin et sage. Il veut louer sans flatter, blâmer sans médire, être libre sans ridicule et sérieux sans ennui. Le roi accorde le privilège. Inspiré par Marly, l'auteur imagine une rencontre avec Apollon, se voyant comme Mercure.
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813
s. p.
MERCURE ET APOLLON.
Début :
Dans un Bois Apollon [...]
Mots clefs :
Mercure, Apollon
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texteReconnaissance textuelle : MERCURE ET APOLLON.
MERCURE,
ET APOLLON.
Dans un BoisApollon
revoit profondementy
SaLyresursonbraspenchoit
negligemment.
Mercure la ruoit/adejire,
Ilmédite un larcins quel
enferalefruit?
Ils'avance à petit bruit,
Voilasa mainsur la Lyre;
Mais Apollon séveille3
& luyprenant la main9
Arrefie3 quel efiton dep
(ein ?
Mondelein?je voulois
chanterce Royfifage,
Ce Roy dont les 'vertus
font refietter les Loix.
Alors d'un airsevere A*
pollon tenviflge :
Comment doncpetit personnage
>
Dît-UyCeifbien à toy dattentersur
mes droits:
Cesi bien à toy vraiment
(Toserchanterles Roy,
Dieu des Marchandsfo
rains, va borne ton au..
dace
Atrafiquertant bien que
mal
Faiftnt courir déplacé en
place
Le Sonnet &le Adadrij
gai
)
Ensidele Marchandfais
ton LivreJournal
9 SanstromperniJurfaire*
ornesta Marchandisè,
SoisplaisantJitupeux st
tu veuxmoralise>
Sauve-toy par leferieux
Lorjque tu ne pourras
mieuxfaire
Guy
y
l'on te permettra
memed'êtreennujeux,
Tant-p*upour toy ceftton
affaires
Maùsi ton vol audacieux
VajufouauxRots oujuf*
quauxDieux
Etsi tu prens l'tffir en
portanttes Nouvelles
Legrand DieuJupiter te
rognera lesailes.
Par ce ton menaçAntJ
Mercure ejl allarmé,
Honteux, confus
9
isse dl.
monte
Et tâchant de cacherfk
honte
AbaissesurJesyeux Jorz
bonnet emplumé.,
,Tournc le aos1Tve~utfuïr;
mais audace nouvelle,
Vnredoublementde Z-Jcte
Lefait encore insister.
Non Apolion, dit-il9je
nepuis resister
Parquelques Vers ilfaut
queje mefatisface9
LeRoy mafaitunegrâce.
Jepuissans témérité
Chanter au moinssabonté?
Je dois par reconnoieaizce.
Tais-toy, dit Apolton
le rejpect
)
lefitence,
Sont les Remerciemcns
qu'onexigedetoy,
Faire du bien gratis,c'est
leplaifrduRoy.
ET APOLLON.
Dans un BoisApollon
revoit profondementy
SaLyresursonbraspenchoit
negligemment.
Mercure la ruoit/adejire,
Ilmédite un larcins quel
enferalefruit?
Ils'avance à petit bruit,
Voilasa mainsur la Lyre;
Mais Apollon séveille3
& luyprenant la main9
Arrefie3 quel efiton dep
(ein ?
Mondelein?je voulois
chanterce Royfifage,
Ce Roy dont les 'vertus
font refietter les Loix.
Alors d'un airsevere A*
pollon tenviflge :
Comment doncpetit personnage
>
Dît-UyCeifbien à toy dattentersur
mes droits:
Cesi bien à toy vraiment
(Toserchanterles Roy,
Dieu des Marchandsfo
rains, va borne ton au..
dace
Atrafiquertant bien que
mal
Faiftnt courir déplacé en
place
Le Sonnet &le Adadrij
gai
)
Ensidele Marchandfais
ton LivreJournal
9 SanstromperniJurfaire*
ornesta Marchandisè,
SoisplaisantJitupeux st
tu veuxmoralise>
Sauve-toy par leferieux
Lorjque tu ne pourras
mieuxfaire
Guy
y
l'on te permettra
memed'êtreennujeux,
Tant-p*upour toy ceftton
affaires
Maùsi ton vol audacieux
VajufouauxRots oujuf*
quauxDieux
Etsi tu prens l'tffir en
portanttes Nouvelles
Legrand DieuJupiter te
rognera lesailes.
Par ce ton menaçAntJ
Mercure ejl allarmé,
Honteux, confus
9
isse dl.
monte
Et tâchant de cacherfk
honte
AbaissesurJesyeux Jorz
bonnet emplumé.,
,Tournc le aos1Tve~utfuïr;
mais audace nouvelle,
Vnredoublementde Z-Jcte
Lefait encore insister.
Non Apolion, dit-il9je
nepuis resister
Parquelques Vers ilfaut
queje mefatisface9
LeRoy mafaitunegrâce.
Jepuissans témérité
Chanter au moinssabonté?
Je dois par reconnoieaizce.
Tais-toy, dit Apolton
le rejpect
)
lefitence,
Sont les Remerciemcns
qu'onexigedetoy,
Faire du bien gratis,c'est
leplaifrduRoy.
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Résumé : MERCURE ET APOLLON.
Le texte relate une rencontre entre Apollon et Mercure dans un bois. Apollon, jouant de la lyre, est interrompu par Mercure qui tente de voler son instrument. Apollon réveillé, attrape la main de Mercure et l'interroge. Mercure explique vouloir chanter les vertus d'un roi. Apollon, sévère, rappelle à Mercure ses droits divins et lui conseille de se concentrer sur ses domaines, comme le commerce et la morale. Il met en garde Mercure contre les conséquences de ses actions, évoquant l'intervention de Jupiter. Mercure, alarmé, essaie de se justifier en mentionnant une grâce royale. Apollon insiste sur le respect et la déférence, soulignant que faire du bien gratuitement est le plaisir du roi.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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814
p. 1-5
Commencement du Mercure Galant. [titre d'après la table]
Début :
Je vais donc commencer mon Livre. Les commencemens sont imparfaits [...]
Mots clefs :
Mémoires
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Commencement du Mercure Galant. [titre d'après la table]
MERCURE
GALANT.
JE vais donc commencer
mon Livre. Les
commencemens sont imparfaits
dans toutes fortes
d'Ouvrages;mais sur
tout dans celui-ci qui
dépend des Mémoires
que l'on me fournira. Je
n'ay pas encore établi
mes correspondances:je
manque de matériaux &
d'habitude pour lesmettre
en oeuvre. Cependant
on voudra juger des
fuites par mes commencements.
Quelle injustice
! Ily a longtemps que
les Auteurs se plaignent
du Public, '& que le
Public est sourd à leurs
plaintes. :
Plus j'aurois fait attendre
mon piemier Mercure,
moins on lneut pardonné
ses défauts. Je vais
donc arranger à la hâte
le peu de matériaux que
j'ay: cette ébauche précipitée
fera suivie de plusieursautres,
peut-estre
encore plus imparfaites.
Il est bon de vous y preparer
d'abord. Pourroisje
àla continuë travailler,
limer &polir un Livre
par mois ? non, c'est
bien assez de l'ébaucher.
A l'égard du stile
,
vous l'aurez tel qu'ilme
viendra, naturel
,
& negligé.
Mais je m'appliqueray
fortement à démêler
le vray d'avec le
faux: à ne point dire de
verirez imprudentes, &C
à ne point mentirpar
complaisancé.
Commençons à mettre
en ordre le peu de
Memoires que j'ay pû recouvrer
des mois de Juin
& de Juillet; mais voici
quelques pacquets de
Lettres qui me sont venus
de Province: ouvrons
celui-ci.
C'est une Lettre
GALANT.
JE vais donc commencer
mon Livre. Les
commencemens sont imparfaits
dans toutes fortes
d'Ouvrages;mais sur
tout dans celui-ci qui
dépend des Mémoires
que l'on me fournira. Je
n'ay pas encore établi
mes correspondances:je
manque de matériaux &
d'habitude pour lesmettre
en oeuvre. Cependant
on voudra juger des
fuites par mes commencements.
Quelle injustice
! Ily a longtemps que
les Auteurs se plaignent
du Public, '& que le
Public est sourd à leurs
plaintes. :
Plus j'aurois fait attendre
mon piemier Mercure,
moins on lneut pardonné
ses défauts. Je vais
donc arranger à la hâte
le peu de matériaux que
j'ay: cette ébauche précipitée
fera suivie de plusieursautres,
peut-estre
encore plus imparfaites.
Il est bon de vous y preparer
d'abord. Pourroisje
àla continuë travailler,
limer &polir un Livre
par mois ? non, c'est
bien assez de l'ébaucher.
A l'égard du stile
,
vous l'aurez tel qu'ilme
viendra, naturel
,
& negligé.
Mais je m'appliqueray
fortement à démêler
le vray d'avec le
faux: à ne point dire de
verirez imprudentes, &C
à ne point mentirpar
complaisancé.
Commençons à mettre
en ordre le peu de
Memoires que j'ay pû recouvrer
des mois de Juin
& de Juillet; mais voici
quelques pacquets de
Lettres qui me sont venus
de Province: ouvrons
celui-ci.
C'est une Lettre
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Résumé : Commencement du Mercure Galant. [titre d'après la table]
Le texte est une introduction à la première édition du périodique 'Mercure Galant'. L'auteur reconnaît les imperfections initiales dues au manque de mémoires et de correspondances établies. Il regrette la sévérité du public envers les débuts de publications, malgré les plaintes des auteurs. L'auteur prévoit de publier rapidement les matériaux disponibles, anticipant des imperfections dans les éditions suivantes. Il souligne l'impossibilité de polir un livre mensuel, promettant un style naturel et négligé. L'auteur s'engage à distinguer le vrai du faux et à éviter les erreurs et les mensonges par complaisance. Il commence à organiser les mémoires des mois de juin et juillet, tout en recevant des lettres de province.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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815
p. 5-8
Lettre d'un Provincial. [titre d'après la table]
Début :
MONSIEUR, Quoyque Mercure ait des aîles, aussi bien que la [...]
Mots clefs :
Louanges, Éloges
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texteReconnaissance textuelle : Lettre d'un Provincial. [titre d'après la table]
MONSIEVR,
QuoyqueMercureait desailes,
aîles, aauuJjJjil bien que la
Renommée; néanmoins
rvoftrc renomméeprenant
un rvolplus prompta druancé
rvojfre Mercure
dans nos trovinees, &
rvojlrl mérite.
Par ce début flateur
je devine que ce Provin
cial voudroit établir entre
luy de moy un commerce
de louanges rcci--
proques.
jiyantappris Ojuevous
avez,fuccedc à Monfieur
Devizé, je vous demande
une petite place pour
unpetiteloge, dunpetit f4n petit elq
Officier dunepetiteElec.
tlon.
Ne l'ay-je pas deviné:
ce sont des éloges donc
on a besoin; on viendra
les chercher chez moy.
Croit-on que j'entienne
Bureau ? Non, je n'ay
point d'éloges à vendre;
j'en donnerois volontiers,
mais ce feroit à
ceux qui n'en ont pas
besoin c'est-à-dire qui
ont assez de réputation,
pour se passer de loüanges
ou assez de vertu
pour les mépriser.
QuoyqueMercureait desailes,
aîles, aauuJjJjil bien que la
Renommée; néanmoins
rvoftrc renomméeprenant
un rvolplus prompta druancé
rvojfre Mercure
dans nos trovinees, &
rvojlrl mérite.
Par ce début flateur
je devine que ce Provin
cial voudroit établir entre
luy de moy un commerce
de louanges rcci--
proques.
jiyantappris Ojuevous
avez,fuccedc à Monfieur
Devizé, je vous demande
une petite place pour
unpetiteloge, dunpetit f4n petit elq
Officier dunepetiteElec.
tlon.
Ne l'ay-je pas deviné:
ce sont des éloges donc
on a besoin; on viendra
les chercher chez moy.
Croit-on que j'entienne
Bureau ? Non, je n'ay
point d'éloges à vendre;
j'en donnerois volontiers,
mais ce feroit à
ceux qui n'en ont pas
besoin c'est-à-dire qui
ont assez de réputation,
pour se passer de loüanges
ou assez de vertu
pour les mépriser.
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Résumé : Lettre d'un Provincial. [titre d'après la table]
L'auteur d'une lettre compare la Renommée à Mercure et devine que le destinataire souhaite des louanges. Il mentionne avoir appris que le destinataire a succédé à Monsieur Devizé et demande une place pour loger un fan et un officier. Il précise qu'il ne vend pas d'éloges et les accorde seulement à ceux qui n'en ont pas besoin.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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816
p. 8-12
Loüanges. [titre d'après la table]
Début :
Les loüanges excessives font tort à ceux qui les reçoivent [...]
Mots clefs :
Louanges, Éloges, Résolution
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texteReconnaissance textuelle : Loüanges. [titre d'après la table]
Les loüanges excessives
font tort à ceux qui
les reçoivent & à ceux
qui les donnent: les
loüanges moderées offencent
ceux qui en vou-*"
droient de plus grandes;
n'en point donner du
tout c'est une extremité
vicieuse. Je fuis bien tenté
de tomber dans ce
vice-là.
Un simple raconteur
de Nouvelles doit s'abstenir
des Panegyriques
comme il doit renoncer
à la Satyre. C'enest fait,
je prens la resolution de
ne jamais loüer ni médire
; je renonce de bon
coeur au plaisir de médire
; maisj'avouë, que je
ne fcray beaucoup de
violence pour ne point
loüer.
La premiere violence
que je vais me faire , ce
fera celle de ne pas rendre
à mon Predecesseur
toute la justice qui luy
est dûë. Je luy dois un
éloge. Ouy, je niabstiens
avec peine de
loüer feu Mr Devizé
1 dont la probité, dont le
ze le ,
dontl'exactitude
infatigable, dont le.
Maisj'oubliois pourlui
ma resolution. le veuK
prouver en m'abstenant
d'un éloge si necessaire,
que je tiendray au Public
tout ce que je luy promettray.
Ce n'est point par humeur
chagrine que j'ay
pris la resolution de ne
loüer personne. C'est seulement
pour faire plaisir
à ceux qui meritent de
vrayes loüanges. Je raconteray
simplement les
actions louables qu'ils
aurontfaites: leurs actions
feront leur éloge
,
& je ne seray point
obligé de les confondre
avec ceux qu'on ne peut
loüer que par des loüanges
verbales.
font tort à ceux qui
les reçoivent & à ceux
qui les donnent: les
loüanges moderées offencent
ceux qui en vou-*"
droient de plus grandes;
n'en point donner du
tout c'est une extremité
vicieuse. Je fuis bien tenté
de tomber dans ce
vice-là.
Un simple raconteur
de Nouvelles doit s'abstenir
des Panegyriques
comme il doit renoncer
à la Satyre. C'enest fait,
je prens la resolution de
ne jamais loüer ni médire
; je renonce de bon
coeur au plaisir de médire
; maisj'avouë, que je
ne fcray beaucoup de
violence pour ne point
loüer.
La premiere violence
que je vais me faire , ce
fera celle de ne pas rendre
à mon Predecesseur
toute la justice qui luy
est dûë. Je luy dois un
éloge. Ouy, je niabstiens
avec peine de
loüer feu Mr Devizé
1 dont la probité, dont le
ze le ,
dontl'exactitude
infatigable, dont le.
Maisj'oubliois pourlui
ma resolution. le veuK
prouver en m'abstenant
d'un éloge si necessaire,
que je tiendray au Public
tout ce que je luy promettray.
Ce n'est point par humeur
chagrine que j'ay
pris la resolution de ne
loüer personne. C'est seulement
pour faire plaisir
à ceux qui meritent de
vrayes loüanges. Je raconteray
simplement les
actions louables qu'ils
aurontfaites: leurs actions
feront leur éloge
,
& je ne seray point
obligé de les confondre
avec ceux qu'on ne peut
loüer que par des loüanges
verbales.
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Résumé : Loüanges. [titre d'après la table]
Le texte aborde les risques des louanges excessives et modérées, qui peuvent être préjudiciables tant pour ceux qui les reçoivent que pour ceux qui les donnent. L'auteur reconnaît la tentation de tomber dans l'excès de louanges et choisit de s'abstenir de toute forme de panégyrique ou de satire. Il décide de ne jamais louer ni médire, bien que cela lui semble difficile. L'auteur mentionne qu'il ne rendra pas justice à son prédécesseur, M. Devizé, malgré ses qualités de probité, de zèle et d'exactitude infatigable. Cette décision est motivée par le désir de tenir ses promesses au public et d'éviter les louanges verbales. L'auteur préfère relater simplement les actions louables des personnes méritantes, laissant leurs actions parler d'elles-mêmes.
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817
p. 13-16
Digression sur les Nouvelles. [titre d'après la table]
Début :
Continuons à examiner ce que j'ay sur mon bureau [...]
Mots clefs :
Nouvelles, Politique, Journaux
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texteReconnaissance textuelle : Digression sur les Nouvelles. [titre d'après la table]
Continuons à examiner
ce que j'ay sur mon
Bureau. Encre les Mémoires
qu'on m'a donnez,
choisissons ceux
qui conviennent à mon
dessein.
Qifell: cecy ? c'est un
gros paquet de Relations
,
de Journaux, de
Nouvelles à la. main.
Voila des Lettres toutes
pleines d'érudition politique.
Ceux qui m'écrivent
assistent apparemment
incognito à tous
les Conseilsde l'Europe.
A les voiraffirmertrancher,
décider, leurs dé.
cisions sont des Maximes
d'Etat. L'un veut m'apprendre
les Interests des
Princes ; l'autre me jure
qu'il a le secret des Mi
nistres, & que ses avis
feront des Tresors pour
moy.
, Que derichesses dont
je n'ay pas besoin ! Je
vous remercie ,
Messieurs;
je vous rends grâces
de vos avis,&je vous
déclare que je ne me mêle
point de Politique. J'ai.
me à raisonner sur des
principes clairs, car Couvent
on se trompequand
on ne juge des causes
que par les évenemens.
Je me contenteray
doncd'exposersimplement
les faits publics U
averez sans m'amuser à
copierla Gazette. Je tâcheray
de récapituler en
peu demots, l'action,le
lieu, les noms, & sur tout
les dates des évenemens
afin que mon Mercure
puisse servir de Mémorial
pour en aller chercher
les détails dans les
Journaux.
Voicy par exemple la
forme que je donneray
à l'Article du Siege de
Douay.
ce que j'ay sur mon
Bureau. Encre les Mémoires
qu'on m'a donnez,
choisissons ceux
qui conviennent à mon
dessein.
Qifell: cecy ? c'est un
gros paquet de Relations
,
de Journaux, de
Nouvelles à la. main.
Voila des Lettres toutes
pleines d'érudition politique.
Ceux qui m'écrivent
assistent apparemment
incognito à tous
les Conseilsde l'Europe.
A les voiraffirmertrancher,
décider, leurs dé.
cisions sont des Maximes
d'Etat. L'un veut m'apprendre
les Interests des
Princes ; l'autre me jure
qu'il a le secret des Mi
nistres, & que ses avis
feront des Tresors pour
moy.
, Que derichesses dont
je n'ay pas besoin ! Je
vous remercie ,
Messieurs;
je vous rends grâces
de vos avis,&je vous
déclare que je ne me mêle
point de Politique. J'ai.
me à raisonner sur des
principes clairs, car Couvent
on se trompequand
on ne juge des causes
que par les évenemens.
Je me contenteray
doncd'exposersimplement
les faits publics U
averez sans m'amuser à
copierla Gazette. Je tâcheray
de récapituler en
peu demots, l'action,le
lieu, les noms, & sur tout
les dates des évenemens
afin que mon Mercure
puisse servir de Mémorial
pour en aller chercher
les détails dans les
Journaux.
Voicy par exemple la
forme que je donneray
à l'Article du Siege de
Douay.
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Résumé : Digression sur les Nouvelles. [titre d'après la table]
Le texte traite de la sélection de mémoires et de documents pour un projet spécifique. L'auteur examine divers documents, tels que des relations, des journaux et des lettres de correspondants bien informés sur la politique européenne. Ces lettres prétendent divulguer des secrets d'État et des intérêts des princes, mais l'auteur refuse poliment cette information, affirmant ne pas se mêler de politique. Il préfère se baser sur des principes clairs et éviter les erreurs de jugement fondées uniquement sur les événements. L'auteur choisit d'exposer les faits publics de manière concise, en récapitulant l'action, le lieu, les noms et surtout les dates des événements. Il illustre cette approche avec un exemple de la forme qu'il donnera à l'article sur le siège de Douai.
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818
p. 17-30
Nouvelles de Juin. [titre d'après la table]
Début :
De Paris le 26. Juin. LE 22. AVRIL la Ville [...]
Mots clefs :
Brigadier, Camp, Commandant, Versailles, Ratisbonne, Paris, Camp de Corbins
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texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de Juin. [titre d'après la table]
De Paris le z6.Juin.
*
LE ZI. AVRIL la Ville
de Douay a esté investie par
les Alliez.
LA NUIT DU 4.AU 5. JUIN
la tranchéeaesté ouverte.
LE 29.JUIN laVilleaesté
renduë par Capitulation,
avec le Fort de Scarpe.
Mrle Comte d'Albergothy
,
Lieutenant General,
Commandant en Chef.
Mr de Pomereu, Gouverneur.
Mrde Valory, Maréchal
de Camp, & Commandant
les Ingénieurs.
Mr le Comte de Dreux,
Maréchal de Camp.
M1le Duc de Mortemar,
Brigadier General d'Infanterie.
Mrle Comte de Lagnion,
Brigadier.
MrdeChastenay, Brigadier.
M' le Chevalier de Saucourt,
Commandant l'Artillerie.
Les Maréchaux de Camp
ont esté faits Lieutenans
Generaux.
ï M1 k Duc de Mortemar
aété faitMaréchal de Camp.
Mrle Marquis de Lille,
Colonel, a esté fait Brigadier.
Mrle Chevalier de Villouvet,
Colonel, a este fait Brigadier.
Il n'y avoit dans la Place
que 7500. hommes.
Le corps d'Armée détaché
pour le siege
,
estoit
composé de 40. Bataillons
& de 40. Escadrons.
Leur Artillerie estoit de
70. pieces de canori, & de
80.mortiers ou pieriers.
Les Assiegeans ont perdu
8. à 9000. hommes.
On a fait 32.sorties.
La droite de l'Ataque c*
toit commandée par lePrince
d'Anhalt-Dessau,& la
gauche par le Prince d'Orange.
L'Armée d'observation;
commandée par le Prince
Eugene,& par Milord Mari..
borough.
Je distingue les moindres
circonstances par
Articles, pour en faclliter
la recherche.
Je mets en forme de
Table la date des Lettres
davis, & à la teste de
chaque Articleladate du
fait dont il s'agit.Voicy,
par exemple, l'arrangement
que je suivray pour
les dates.
JDt Versailles le y. Juin.
LE 5. JUIN Monsieur
le Cardinal de Noailles béniz
la nouvelle Chapelle du
Chasteau avec les ceremonies
ordinaires.
Du Camp de Corbins le
t 5.Juin.
•
LE2.JUIN, Dom Juan
Anronio d'Amezaga,commandant
un détachement
de tArmeeduRoy d'Espagne,
prit d'alTaut la Ville
, d'Estadilla.
De Paris le 6.Juin.
LE le Roy a donné
à Mr Coypel;la Charge de
Garde des Tableaux & des
Peintures de la Couronne.
Elle vacquoit par la mort de
Mr Oats.
De Paris le 6.Juin.
LE 6.JU1N Louisedela
Baulme le Blanc,Duchesse
de la Valliere, est morte
âgée de 67. ans au grand
Convent des Carmelites.
Elle y avoit pris l Habit de
Religion fous le nom de
Soeur Louise de la Misericorde,
& elle y avoic passé 36. ans
dans la pratique de la penitence
la plus austere, & de
toutesles vertus chrêtiennes.
DeRatisbonnele
LIl E.leDucHenry de
Saxe -
Reinhield est more
sans enfans. Le Duc Jean-
Ernest de Salfeld son frere,
& le Duc de Saxe -
Meincngen
son neveu, ont pris
possession de ses Etats. Le
Duc de Saxe- Gotha,aussi
neveu du défunt s'yest opposé.
DeVcrfailleslei LE13. JUIN le Roy
a donnél'Abbaye d'Haulmont
à Don Ansbert Petit.
De Versailles le 13.Juin
LE13 JUINle Roy a
donné l'Abbaye de VernaisonàMcduRouffecdela
Baume.
- DeVeifailles le 13, Juin,
LE13 JUIN leRoya
donné l'Abbaye de Sainte
Claire de Clermont à Mc
Dagrain.
DeVeifâillesIt13.Juin..
LE 13. JUIN le Roy
a donné le Doyenné de
Saint Omer à Mr l'Abbé
des Lyons, Grand - Vicaire
de Saint Omer.
1
C'estassez de Nouvelles
de fuite: je les interrompray
souvent par des
Ouvragesd'esprit ou par
des Historiettes
,
quand
j'enauray. Cettealternative
des-ennuyera également
certains beaux
Esprits que les Nouvelles
fatiguent,&certains
Nouvellistes qu'un Ouvrage
d'esprit fait bâiller.
La difficulté,C'est de
trouver une especed'ordre
pour arranger d'une
maniere amusante tant
de sujets differens ou opposez.
Je trouve cela si
difficile que je desespere
d'yréüssir. Un bel ordre
est bien plus aisé à trouver.
L'ord re a des réglés ;
mais un desordre agreable
n'a gueres d'autres réglés
que la variété &c le
goust.
La variété est une re,.
gleseure pour plaire; je
vous promets de varier
quand j'auray dequoy. A
l'égarddu goust, la regle
feure c'est quelegoust
d'un seul homme ne
sçauroit plaire à tous.
-
Je ne puis pourtant arranger
que selon mon
goust. J'ensuis fâché
: je
tâcheray de reparer le dé..
faut de l'arrangement
par le bon choix des
Ouvrages.
En donnant d'abord
quelques Pieces composées
par des Auteurs du
premier ordre, je prétens
rendre honorable la place
que je donneray dans
mon Mercure. Je prie
donc tous les excellents
Compositeurs de s'y placer
,
afin qu'il soit honteux
de n'y pas estre
,
à
tous ceux qui me refuseront
leurs Ouvrages.
*
LE ZI. AVRIL la Ville
de Douay a esté investie par
les Alliez.
LA NUIT DU 4.AU 5. JUIN
la tranchéeaesté ouverte.
LE 29.JUIN laVilleaesté
renduë par Capitulation,
avec le Fort de Scarpe.
Mrle Comte d'Albergothy
,
Lieutenant General,
Commandant en Chef.
Mr de Pomereu, Gouverneur.
Mrde Valory, Maréchal
de Camp, & Commandant
les Ingénieurs.
Mr le Comte de Dreux,
Maréchal de Camp.
M1le Duc de Mortemar,
Brigadier General d'Infanterie.
Mrle Comte de Lagnion,
Brigadier.
MrdeChastenay, Brigadier.
M' le Chevalier de Saucourt,
Commandant l'Artillerie.
Les Maréchaux de Camp
ont esté faits Lieutenans
Generaux.
ï M1 k Duc de Mortemar
aété faitMaréchal de Camp.
Mrle Marquis de Lille,
Colonel, a esté fait Brigadier.
Mrle Chevalier de Villouvet,
Colonel, a este fait Brigadier.
Il n'y avoit dans la Place
que 7500. hommes.
Le corps d'Armée détaché
pour le siege
,
estoit
composé de 40. Bataillons
& de 40. Escadrons.
Leur Artillerie estoit de
70. pieces de canori, & de
80.mortiers ou pieriers.
Les Assiegeans ont perdu
8. à 9000. hommes.
On a fait 32.sorties.
La droite de l'Ataque c*
toit commandée par lePrince
d'Anhalt-Dessau,& la
gauche par le Prince d'Orange.
L'Armée d'observation;
commandée par le Prince
Eugene,& par Milord Mari..
borough.
Je distingue les moindres
circonstances par
Articles, pour en faclliter
la recherche.
Je mets en forme de
Table la date des Lettres
davis, & à la teste de
chaque Articleladate du
fait dont il s'agit.Voicy,
par exemple, l'arrangement
que je suivray pour
les dates.
JDt Versailles le y. Juin.
LE 5. JUIN Monsieur
le Cardinal de Noailles béniz
la nouvelle Chapelle du
Chasteau avec les ceremonies
ordinaires.
Du Camp de Corbins le
t 5.Juin.
•
LE2.JUIN, Dom Juan
Anronio d'Amezaga,commandant
un détachement
de tArmeeduRoy d'Espagne,
prit d'alTaut la Ville
, d'Estadilla.
De Paris le 6.Juin.
LE le Roy a donné
à Mr Coypel;la Charge de
Garde des Tableaux & des
Peintures de la Couronne.
Elle vacquoit par la mort de
Mr Oats.
De Paris le 6.Juin.
LE 6.JU1N Louisedela
Baulme le Blanc,Duchesse
de la Valliere, est morte
âgée de 67. ans au grand
Convent des Carmelites.
Elle y avoit pris l Habit de
Religion fous le nom de
Soeur Louise de la Misericorde,
& elle y avoic passé 36. ans
dans la pratique de la penitence
la plus austere, & de
toutesles vertus chrêtiennes.
DeRatisbonnele
LIl E.leDucHenry de
Saxe -
Reinhield est more
sans enfans. Le Duc Jean-
Ernest de Salfeld son frere,
& le Duc de Saxe -
Meincngen
son neveu, ont pris
possession de ses Etats. Le
Duc de Saxe- Gotha,aussi
neveu du défunt s'yest opposé.
DeVcrfailleslei LE13. JUIN le Roy
a donnél'Abbaye d'Haulmont
à Don Ansbert Petit.
De Versailles le 13.Juin
LE13 JUINle Roy a
donné l'Abbaye de VernaisonàMcduRouffecdela
Baume.
- DeVeifailles le 13, Juin,
LE13 JUIN leRoya
donné l'Abbaye de Sainte
Claire de Clermont à Mc
Dagrain.
DeVeifâillesIt13.Juin..
LE 13. JUIN le Roy
a donné le Doyenné de
Saint Omer à Mr l'Abbé
des Lyons, Grand - Vicaire
de Saint Omer.
1
C'estassez de Nouvelles
de fuite: je les interrompray
souvent par des
Ouvragesd'esprit ou par
des Historiettes
,
quand
j'enauray. Cettealternative
des-ennuyera également
certains beaux
Esprits que les Nouvelles
fatiguent,&certains
Nouvellistes qu'un Ouvrage
d'esprit fait bâiller.
La difficulté,C'est de
trouver une especed'ordre
pour arranger d'une
maniere amusante tant
de sujets differens ou opposez.
Je trouve cela si
difficile que je desespere
d'yréüssir. Un bel ordre
est bien plus aisé à trouver.
L'ord re a des réglés ;
mais un desordre agreable
n'a gueres d'autres réglés
que la variété &c le
goust.
La variété est une re,.
gleseure pour plaire; je
vous promets de varier
quand j'auray dequoy. A
l'égarddu goust, la regle
feure c'est quelegoust
d'un seul homme ne
sçauroit plaire à tous.
-
Je ne puis pourtant arranger
que selon mon
goust. J'ensuis fâché
: je
tâcheray de reparer le dé..
faut de l'arrangement
par le bon choix des
Ouvrages.
En donnant d'abord
quelques Pieces composées
par des Auteurs du
premier ordre, je prétens
rendre honorable la place
que je donneray dans
mon Mercure. Je prie
donc tous les excellents
Compositeurs de s'y placer
,
afin qu'il soit honteux
de n'y pas estre
,
à
tous ceux qui me refuseront
leurs Ouvrages.
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Résumé : Nouvelles de Juin. [titre d'après la table]
En juin, plusieurs événements historiques marquants ont eu lieu. Le 21 avril, les alliés ont investi la ville de Douai. La tranchée a été ouverte la nuit du 4 au 5 juin, et la ville s'est rendue le 29 juin par capitulation, accompagnée du Fort de Scarpe. Les principaux commandants étaient le Comte d'Albergothy, Lieutenant Général et Commandant en Chef, ainsi que plusieurs autres officiers de haut rang. La garnison de Douai comptait 7 500 hommes, tandis que le corps d'armée assiégeant était composé de 40 bataillons et 40 escadrons, avec une artillerie de 70 pièces de canon et 80 mortiers. Les assiégeants ont subi des pertes de 8 000 à 9 000 hommes et ont effectué 32 sorties. Les attaques étaient commandées par le Prince d'Anhalt-Dessau à droite et le Prince d'Orange à gauche. L'armée d'observation était dirigée par le Prince Eugène et Milord Marlborough. Parallèlement, d'autres événements notables ont eu lieu. Le 5 juin, la nouvelle chapelle du Château de Versailles a été bénie par le Cardinal de Noailles. Le 2 juin, la ville d'Estadilla a été prise par Dom Juan Antonio d'Amezaga. Le 6 juin, Louise de La Baume Le Blanc, Duchesse de La Vallière, est décédée à l'âge de 67 ans. Le 13 juin, le Roi a fait plusieurs donations d'abbayes et de doyennés. Le texte mentionne également la mort du Duc Henry de Saxe-Reinhield et les disputes de succession qui en ont découlé. L'auteur exprime ses difficultés à organiser les nouvelles de manière amusante et variée, tout en promettant de présenter des œuvres d'auteurs de premier ordre.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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819
p. 31-34
L'HONNEUR. FABLE. Par Monsieur De F**
Début :
Dans l'âge d'or que l'on nous vante tant, [...]
Mots clefs :
Honneur, Règne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : L'HONNEUR. FABLE. Par Monsieur De F**
L'HONNEUR
(.FA BLE.
ParMonsieurDeF**
Danstâged'orquel'on
nousvantetant,
Où l'on vivoitsans loix
1- '(J/fanJ CJntrainte
9 On croit quAmour eut
un regne éclatant:
C'eji une erreur9 issutsi
peu content
Qj£aJupiterilporta cette
plainte.
J'ajdes Sujetsj mais ils
fonttropfournis,
Dit-il) je regne,&je
riaypointdegloires
J'aimerois mieux dompter
des ennemis9
Je ne veuxplus d'Empirefans
ruiEfoire.
Ace difeoursJupinrenjt
&produit
L'aufiereHonneur, epouruenfail
des Belles,
Rivald'Amour, & Chef
defisRebelles.
Qui peut beaucoup avec
un peu de bruit.
L'Enfantmutin le con-
Jfidereenfacey
De près, de loin, (5puis.
sassant unfaut,
Pere des Dieux,dit-il,
jete rendsgrâcey
Tu m'as faitla le Adonfî
tre qu'ilmefaut:
ENVOY.
Fiere Beauté, vous que
riennesurmontet
Je ne dis pas, vous vous
rendrez, un jour;
Mais après tout, ceci
nestpointun Conte)
LHonneurfutfait pour thonneurde tjimour*
(.FA BLE.
ParMonsieurDeF**
Danstâged'orquel'on
nousvantetant,
Où l'on vivoitsans loix
1- '(J/fanJ CJntrainte
9 On croit quAmour eut
un regne éclatant:
C'eji une erreur9 issutsi
peu content
Qj£aJupiterilporta cette
plainte.
J'ajdes Sujetsj mais ils
fonttropfournis,
Dit-il) je regne,&je
riaypointdegloires
J'aimerois mieux dompter
des ennemis9
Je ne veuxplus d'Empirefans
ruiEfoire.
Ace difeoursJupinrenjt
&produit
L'aufiereHonneur, epouruenfail
des Belles,
Rivald'Amour, & Chef
defisRebelles.
Qui peut beaucoup avec
un peu de bruit.
L'Enfantmutin le con-
Jfidereenfacey
De près, de loin, (5puis.
sassant unfaut,
Pere des Dieux,dit-il,
jete rendsgrâcey
Tu m'as faitla le Adonfî
tre qu'ilmefaut:
ENVOY.
Fiere Beauté, vous que
riennesurmontet
Je ne dis pas, vous vous
rendrez, un jour;
Mais après tout, ceci
nestpointun Conte)
LHonneurfutfait pour thonneurde tjimour*
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Résumé : L'HONNEUR. FABLE. Par Monsieur De F**
Le texte 'L'HONNEUR' de Monsieur De F** traite de la relation entre l'Amour et l'Honneur. Jupiter, lassé de son règne sans défi, crée l'Honneur comme rival de l'Amour. L'Honneur, symbolisé par un Enfant mutin, remercie Jupiter pour sa force. Le poème se conclut par une adresse à une 'Fiere Beauté', soulignant que l'Honneur a été créé pour l'honneur de l'Amour.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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820
p. 35-36
« Pour l'honneur de mon Livre je voudrois bien avoir [...] »
Début :
Pour l'honneur de mon Livre je voudrois bien avoir [...]
Mots clefs :
Nouvelles
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texteReconnaissance textuelle : « Pour l'honneur de mon Livre je voudrois bien avoir [...] »
Pour l'honneur de mon
Livre je voudrais bien
avoir beaucoup de ces
PoësiesGalantes à y placer
; mais je n'en ay que
quatre ou cinq. Je les
distribuëray à differens
endroits pour interrompre
une multitude de
Nouvelles que trois mois
d'interregne m'obligent
de mettre dans un seul
Mercure. Celame peze ;
j'ay sur le dos, Juin, Juillet
, & Aoust. Je m'en
débarasse commejepuis.
Quand je n'auray qu'un
mois à remplir,vous aUJ
rez deux fois moins de
Nouvelles & deux fois
plus de Piecessolides ou
agreables. En attendant,
prenez patience.
Passons des Nouvelles
de Juin à celles de
Juillet.
Livre je voudrais bien
avoir beaucoup de ces
PoësiesGalantes à y placer
; mais je n'en ay que
quatre ou cinq. Je les
distribuëray à differens
endroits pour interrompre
une multitude de
Nouvelles que trois mois
d'interregne m'obligent
de mettre dans un seul
Mercure. Celame peze ;
j'ay sur le dos, Juin, Juillet
, & Aoust. Je m'en
débarasse commejepuis.
Quand je n'auray qu'un
mois à remplir,vous aUJ
rez deux fois moins de
Nouvelles & deux fois
plus de Piecessolides ou
agreables. En attendant,
prenez patience.
Passons des Nouvelles
de Juin à celles de
Juillet.
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Résumé : « Pour l'honneur de mon Livre je voudrois bien avoir [...] »
L'auteur regrette de ne disposer que de quatre ou cinq poèmes galants pour son livre. Il prévoit de les répartir parmi de nombreuses nouvelles dans un numéro du Mercure, couvrant les mois de juin, juillet et août. Il promet un contenu plus équilibré à l'avenir et passe des nouvelles de juin à celles de juillet.
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821
p. 38-47
Genealogies. [titre d'après la table]
Début :
Si j'avois envie de m'étendre sur les Genealogies [...]
Mots clefs :
Généalogies, Familles, Armand de Joyeuse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Genealogies. [titre d'après la table]
Sij'avois envie de m'étendre
sur les Genealo
gies, voicy une belle occasson
} mais je ne m'en
ferviray que pour m'expliq
uer sur cet Article,
comme j'ay fait sur les
autres à mesure qu'ils Ce
font presentez.
Comme j'ay resolu
d'éviter en tout les partis
extrêmes, je ne donneray
point dans 1 l'excés
ennuyeux desDiffertations
Genealogiques.
Qifon ne soit point bles
sé du terme d'ennuyeux;
les Genealogies les plus
belles sont les plus longues
,& par consequent
les plus ennuyeuses.
Je n'affecteray donc
point d'en remplir les
vuides de mon Livre;
aussi ne leur refuseray-je
point leur place quand
elles viendront àpropos;
mais je feray en sorte
qu'elles ne viendront à
propos que très-rarement
; c'est-dire pour
éclaircir certains faitsqui
dépendent de la connoissance
des Familles
, ou
pourdonnerquelques lumieres
sur les Alliances 1
ou enfin pour mettre en
jour quelques Titres dd
Noblesse connus de peu
de gens; car pour ceux
qui - ne sont point connues
du tout, il faut s'en
défier. Il y a long-temps
que la vanité des hommes
travaille en Genealogies,
& les nouvelles découvertes
là - dessus me
sont fufpe£tes.
Je ne m'attacheray
donc qu'à marquer Amplementl'état
present des
Familles, & je les seray
remonter le moins haur;
quejepourray de peur
qu'on ne les perde de
vûë ,ou plutost de peur
qu'on ne voye trop distinctement
leur origine;
car je prérens que lobfcurité
des origines fait
la grandeur des Maisons.
Une Genealogie effc
une espece de Perspective
dont la beauté consiste à
voir une longue fuite
d'objets: ils font plus
foiblement colorez, &
moins nettement deLTi
gnez à mesure qu'ilss'éloignent
: le point de
vue est ordinairement
un Lointain embrouille
qui laisse imaginer une
infinité d'objets qu'on
n'y voit point.
Ceux qui veulent
qu'on voye dans l'origine
de leur Maison plus
loin que le point de vûë,
croyait voir eux-mêmes
dans ces brouillards lointains
des Ancêtres bien
formez & bien distinguez
;mais
ZoDruez on ne les y ;maisoniielesyr
voit que comme on voit
dans des nuées bizarres
, des hommes
,
des
chevaux, des chimeres
enfin.
Que chacun y voye
ce qui luy fera plaisir;
maisj'ay resolu d'approfondirpeu
de Noblesses,
de peur de blesser ou la
vérité ou la chimere.
,
A l'égard des Familles
Cubalcernes il seroit à
souhaiter que leurs Genealogies
pussent s'illustrer
à mesure queleur fortune
augmente, car tel
que le Mercure croyoit
annoblir il y à trenteans
en le disant issu d'un
Gentilhomme Gascon ;
se fâcheroit à present si
je ne le saisois pas descendre
d'un Comte de Provence.
Cette digression a esté
longue, mais la voilasinie.
Revenons à Mrde
Joyeuse. Cet Article servira
de modele aux autres.
Jediray Amplement
que MrleMaréchal de
joyeuse estoit fils d'Antoine-
François de Joyeulè,
Gouverneur de Mouzon
&de Beaumont, 6c
de Marguerite de Joycuse.
-
Je ne laisseray pas de
dire quelquefois quelque
singularité d'une Maison
à propos d'un nom
qui m'en fera louvenir.
En un mot ,
si je
me fais des regles austeres
, je sçauray bien
les. éluder toutes les
fois que. je croiray pou-
- voir rejoüir ou il1ftnú
re.
sur les Genealo
gies, voicy une belle occasson
} mais je ne m'en
ferviray que pour m'expliq
uer sur cet Article,
comme j'ay fait sur les
autres à mesure qu'ils Ce
font presentez.
Comme j'ay resolu
d'éviter en tout les partis
extrêmes, je ne donneray
point dans 1 l'excés
ennuyeux desDiffertations
Genealogiques.
Qifon ne soit point bles
sé du terme d'ennuyeux;
les Genealogies les plus
belles sont les plus longues
,& par consequent
les plus ennuyeuses.
Je n'affecteray donc
point d'en remplir les
vuides de mon Livre;
aussi ne leur refuseray-je
point leur place quand
elles viendront àpropos;
mais je feray en sorte
qu'elles ne viendront à
propos que très-rarement
; c'est-dire pour
éclaircir certains faitsqui
dépendent de la connoissance
des Familles
, ou
pourdonnerquelques lumieres
sur les Alliances 1
ou enfin pour mettre en
jour quelques Titres dd
Noblesse connus de peu
de gens; car pour ceux
qui - ne sont point connues
du tout, il faut s'en
défier. Il y a long-temps
que la vanité des hommes
travaille en Genealogies,
& les nouvelles découvertes
là - dessus me
sont fufpe£tes.
Je ne m'attacheray
donc qu'à marquer Amplementl'état
present des
Familles, & je les seray
remonter le moins haur;
quejepourray de peur
qu'on ne les perde de
vûë ,ou plutost de peur
qu'on ne voye trop distinctement
leur origine;
car je prérens que lobfcurité
des origines fait
la grandeur des Maisons.
Une Genealogie effc
une espece de Perspective
dont la beauté consiste à
voir une longue fuite
d'objets: ils font plus
foiblement colorez, &
moins nettement deLTi
gnez à mesure qu'ilss'éloignent
: le point de
vue est ordinairement
un Lointain embrouille
qui laisse imaginer une
infinité d'objets qu'on
n'y voit point.
Ceux qui veulent
qu'on voye dans l'origine
de leur Maison plus
loin que le point de vûë,
croyait voir eux-mêmes
dans ces brouillards lointains
des Ancêtres bien
formez & bien distinguez
;mais
ZoDruez on ne les y ;maisoniielesyr
voit que comme on voit
dans des nuées bizarres
, des hommes
,
des
chevaux, des chimeres
enfin.
Que chacun y voye
ce qui luy fera plaisir;
maisj'ay resolu d'approfondirpeu
de Noblesses,
de peur de blesser ou la
vérité ou la chimere.
,
A l'égard des Familles
Cubalcernes il seroit à
souhaiter que leurs Genealogies
pussent s'illustrer
à mesure queleur fortune
augmente, car tel
que le Mercure croyoit
annoblir il y à trenteans
en le disant issu d'un
Gentilhomme Gascon ;
se fâcheroit à present si
je ne le saisois pas descendre
d'un Comte de Provence.
Cette digression a esté
longue, mais la voilasinie.
Revenons à Mrde
Joyeuse. Cet Article servira
de modele aux autres.
Jediray Amplement
que MrleMaréchal de
joyeuse estoit fils d'Antoine-
François de Joyeulè,
Gouverneur de Mouzon
&de Beaumont, 6c
de Marguerite de Joycuse.
-
Je ne laisseray pas de
dire quelquefois quelque
singularité d'une Maison
à propos d'un nom
qui m'en fera louvenir.
En un mot ,
si je
me fais des regles austeres
, je sçauray bien
les. éluder toutes les
fois que. je croiray pou-
- voir rejoüir ou il1ftnú
re.
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Résumé : Genealogies. [titre d'après la table]
L'auteur de l'ouvrage aborde les généalogies avec prudence, évitant les excès fastidieux tout en reconnaissant leur utilité pour éclaircir certains faits ou alliances familiales. Il préfère se concentrer sur l'état présent des familles, sans remonter trop loin dans leur histoire pour ne pas perdre de vue leur origine. Il compare une généalogie à une perspective où les objets s'éloignent et deviennent moins distincts. Méfiant envers les nouvelles découvertes généalogiques, il évite d'approfondir les lignées nobles pour ne pas blesser la vérité ou la chimère. Pour les familles enrichies, il souhaite que leurs généalogies s'illustrent avec leur fortune croissante. L'auteur mentionne brièvement la généalogie de Monsieur de Joyeuse et pourrait parler de singularités d'une maison en se rappelant d'un nom. Il affirme suivre des règles austères tout en sachant les éluder lorsque nécessaire.
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822
p. 58-71
LETTRES d'Appanage de M. le Duc de Berry, données à Versailles au mois de Juin 1710.
Début :
LOUIS par la grace de Dieu Roy de France & de [...]
Mots clefs :
Chambre des comptes, Apanage, Parlement, Seigneuries, Duc de Berry
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRES d'Appanage de M. le Duc de Berry, données à Versailles au mois de Juin 1710.
-LETTRES
D'Appanage de M. le
1
Duc de Herry3don~
nees a Verfaillesan
moisdeJuin 1710.
LaUlS
par la grace de,
Dieu Roy, de France & dg
Navarre: A tous presens Se
à venir, Salut. La Providence
divine ayanr distingué
nostre regne entre tousZ>les
aunes, par sa durée, par son
éclat & par le nombre de
nos Descendans, nous nous
sommes continuellementattachez
à les former a la vertu,
afin que leur éducation
répondant a leur naissance,
ils sussent autanc recommandables
par leurs sentimens,
qu'ils sontélevez par la splendeur du fang dont
ils sont sortis. Nostre trescher
& tres-améPetit-fils
Charles Fils de France
dignement répondu à , a nos
esperances; plus la grandeur
de son rang l'a placé all dessus de nos autres Sujets,
plus il nous a donnédes
marques respectueuses de sa
reconnoissance, desonactachement,
& de son obéissance.
Persuadez qu'il continuera
les mêmes devoirs à
nostre trèscher & trcès aamméé'
Fils le Dauphin son Pere, &
à nostre tres-cher & tresamé
Petit-fils le Duc de
Bourgogne son Frere aîné,
& à ses Descendans héritiers
présomptifs de la Couronne
, nous avons cru pouvoir
prendre en luy une entiere
confiance
,
& devoir
luy donner des preuves sen
fibles de nostre affection paternelle,&
c. Pour ces eauses
& aucres, de l'avis de
nostre Conseil nous avons
donnéà luy, &c.. pour Appanage,
selon la nature des
Appanages de laMaison de
France & les Loix de nostre
Royaume, les Duchcz d'Alençon
& d'Angoulesme, le
Comté de Ponthieu, & les
Chastellenies de Coignac&
de Merpins, réünis à nostre
Couronne par le decés de
nostre CousineElisabeth
d'Orléans, Duchesse de Guise
:
ensemble les Terres Se
Seigneuries de Noyelles
, Hiermont, Coutteville &
le Mesnil, par nous acquises
par Contrat passé entre
les Commissaires par nous
nommez, & Marie d'Orleans
Duchesse de Nemours
le 16. Décembre 1676. en
échange de la Baronie Terre
& Seigneurie de Parthenay,
ainsi que lesdits Duchez,
Comté,&c. se pourfuivenc
&comportent,étendent &
consistenten Villes, Citez,
Chasteaux
,
Chastellenies
, &C,a condition neanmoins
à l'égard des Bois
de fustaye
,
d'en user en
bon pere de famille, & de
n'en couper que pour L'entretenement
oc réparations
des Edifices & Chasteaux
de l'A ppanage, le tout jusqu'à
concurrence de la somme
de 200000. livres tournois
de revenu par chacun
an, &c. pour en joüir par
nostredit Petit ,fils & ses
hoirs masles en droite ligne,
par forme d'Appanage seuiemenc,
à commencer du
jour de la vérification qui
serafaitede ces Presentesen
nostre Cour de Parlement,
Chambre des Comptes, &£
Cour desAides, aux autoritez
,
prerogatives, & preeminences
qui appartiennent
au Titre de Duc, sans
aucune chose en retenir ni
reserver à nous ni à nostre
Couronne & Successeurs, à
l'exception feulement des
foy & hommage lige,Droits
de Ressort & Souveraineté,
la garde des Eglises Cathédrales
& autres qui sont de
fondation Royale, ou autrement
privilegiez,la connoissance
des cas Royaux,
& de ceux dont par prévention
nos Officiers doivent
& ont accoutumé de
connoistre, pour lesquels
decider & terminer seront
par nous créez, mis & établis
Juges des Exempts
&c. , Permettant & accordant
au surplus à nostredit
Petit-fils qu'il puisse & luy
foit loisible d'ordonner &
établir en l'une desVilles de
son Appanagc telle qu'il
avisera une Chambre des
Comptes.. àcondition que
de trois ans en trois ans les
Comptes qui feront rendus
en sa Chambre des Comptes
feront envoyez en nostre
Chambre des Comptes de
Paris, ou les doubles d'iceux,
&c. Et comme nôtreintention
est de procurer
à nostre Petit-fils toutes
les marques de grandeur &
de dlfllnâion qui peuvent
dépendre de nous, nous luy
avons accordé,&c. lesdits
Duchez en tous droits
& titre de Pairie avec les
prérogativesdesPrinces de
la Maison de France & autres
tenant de nostre Couronne
en Pairie, à la charge
toutcsfois que la connoissance
des causes & matieres
dont nos Juges Presidiaux
ont accoûtumé de connoîfréteur
demeurera, sans que
sous ombre de ladite Pairie,
ladite connoissance en soit
deévolunë par appel imme- nostre Cour
de Parlement; moyennant
lequel Appanage. ac- cepté.parnostredit Petitfilsen
presence de nostre.
Fils Louis Dauphin, & de
nostre. Petit-fils le Duc deBourgogne renonçant
tant pour luy que pour
ses hoirs,à toutes Terres,
Seigneuries, & immeubles
qui se trouveront dans nôtre
succession,soit que lesdites
Terres,Seigneuries &
immeubles soient unis ou
non à nostre Couronne;
ensemble à tous meubles &
effets mobiliers
,
de quelque
qualité & valeur qu'ils
soient, & pareillement nôtredit
Petit-fils & nous comme
son Tuteur aussinaturel
avons fait pareillerenonciation
à la succession à
écheoir de nostredit Fils
Louis Dauphin son Pere, lesquelles
renonciations sont
faites au profit de nostre
Couronne. Nous ordonnons
que suivant la nature
desdits Appanages & Loy
de nostre Royaume
,
& en
cas que nostredit Petit-fils
ou ses descendans masles en
loyal mariage vinssent à deceder
sans enfans masles,
en forte qu'il ne demeurast
aucun enfant masle descendant
par ligne des masles,
bien qu'il y eust eu fils ou
filles descendant d'iceux par
filles,audit cas lesdits Duchez,
&c.par nous donnez
à nostredit Petit fils retourneront
librement à nôtre
Couronne. Voulons
aussi qu'il soit permis à nôtredit
Petit-fils de racheter
si bon luy semble à son profit
nos Domaines engagez
dans l'étenduë desdits Du-»
chez, &c. en remboursant
enun seul payement les Acquéreurs,
&c.Sidonnons en
mandement à nos feaux Conseillers les Gens
tenantnostre Cour de Parlement,&
c. DonnéàVerfajlles
au mois de Juin l'aa
de grace mil sept cens dix;,
& de nostre Regnele soixantehuitiéme.
Signé, LOUIS;
&plus bas,.parleRoy,PHELYPEAUX.
Visa, PHELYPEAUX.
Veu au Conseil,
DESMARETZ. Et ÍceIJé du
grand Sceau de cire verte,
en lacs desoyerouge 6C
verte.
Registrées en Parlement
le dix Juillet mil sept cent
dix.
Il y à d'autres Lettres
qui accordent à Monseigneur
le Duc de Berry
& à ses Successeursmâles,
le Patronage des Eglises
, & la Collation de
tous les Benefices Consistoriaux
,
excepté les
Eveschez; &quiluypermettent
de nommer &
presenter aux Offices &
Commissions des Juges
des Exempts, Presidens,
Conseillers, &c.
D'Appanage de M. le
1
Duc de Herry3don~
nees a Verfaillesan
moisdeJuin 1710.
LaUlS
par la grace de,
Dieu Roy, de France & dg
Navarre: A tous presens Se
à venir, Salut. La Providence
divine ayanr distingué
nostre regne entre tousZ>les
aunes, par sa durée, par son
éclat & par le nombre de
nos Descendans, nous nous
sommes continuellementattachez
à les former a la vertu,
afin que leur éducation
répondant a leur naissance,
ils sussent autanc recommandables
par leurs sentimens,
qu'ils sontélevez par la splendeur du fang dont
ils sont sortis. Nostre trescher
& tres-améPetit-fils
Charles Fils de France
dignement répondu à , a nos
esperances; plus la grandeur
de son rang l'a placé all dessus de nos autres Sujets,
plus il nous a donnédes
marques respectueuses de sa
reconnoissance, desonactachement,
& de son obéissance.
Persuadez qu'il continuera
les mêmes devoirs à
nostre trèscher & trcès aamméé'
Fils le Dauphin son Pere, &
à nostre tres-cher & tresamé
Petit-fils le Duc de
Bourgogne son Frere aîné,
& à ses Descendans héritiers
présomptifs de la Couronne
, nous avons cru pouvoir
prendre en luy une entiere
confiance
,
& devoir
luy donner des preuves sen
fibles de nostre affection paternelle,&
c. Pour ces eauses
& aucres, de l'avis de
nostre Conseil nous avons
donnéà luy, &c.. pour Appanage,
selon la nature des
Appanages de laMaison de
France & les Loix de nostre
Royaume, les Duchcz d'Alençon
& d'Angoulesme, le
Comté de Ponthieu, & les
Chastellenies de Coignac&
de Merpins, réünis à nostre
Couronne par le decés de
nostre CousineElisabeth
d'Orléans, Duchesse de Guise
:
ensemble les Terres Se
Seigneuries de Noyelles
, Hiermont, Coutteville &
le Mesnil, par nous acquises
par Contrat passé entre
les Commissaires par nous
nommez, & Marie d'Orleans
Duchesse de Nemours
le 16. Décembre 1676. en
échange de la Baronie Terre
& Seigneurie de Parthenay,
ainsi que lesdits Duchez,
Comté,&c. se pourfuivenc
&comportent,étendent &
consistenten Villes, Citez,
Chasteaux
,
Chastellenies
, &C,a condition neanmoins
à l'égard des Bois
de fustaye
,
d'en user en
bon pere de famille, & de
n'en couper que pour L'entretenement
oc réparations
des Edifices & Chasteaux
de l'A ppanage, le tout jusqu'à
concurrence de la somme
de 200000. livres tournois
de revenu par chacun
an, &c. pour en joüir par
nostredit Petit ,fils & ses
hoirs masles en droite ligne,
par forme d'Appanage seuiemenc,
à commencer du
jour de la vérification qui
serafaitede ces Presentesen
nostre Cour de Parlement,
Chambre des Comptes, &£
Cour desAides, aux autoritez
,
prerogatives, & preeminences
qui appartiennent
au Titre de Duc, sans
aucune chose en retenir ni
reserver à nous ni à nostre
Couronne & Successeurs, à
l'exception feulement des
foy & hommage lige,Droits
de Ressort & Souveraineté,
la garde des Eglises Cathédrales
& autres qui sont de
fondation Royale, ou autrement
privilegiez,la connoissance
des cas Royaux,
& de ceux dont par prévention
nos Officiers doivent
& ont accoutumé de
connoistre, pour lesquels
decider & terminer seront
par nous créez, mis & établis
Juges des Exempts
&c. , Permettant & accordant
au surplus à nostredit
Petit-fils qu'il puisse & luy
foit loisible d'ordonner &
établir en l'une desVilles de
son Appanagc telle qu'il
avisera une Chambre des
Comptes.. àcondition que
de trois ans en trois ans les
Comptes qui feront rendus
en sa Chambre des Comptes
feront envoyez en nostre
Chambre des Comptes de
Paris, ou les doubles d'iceux,
&c. Et comme nôtreintention
est de procurer
à nostre Petit-fils toutes
les marques de grandeur &
de dlfllnâion qui peuvent
dépendre de nous, nous luy
avons accordé,&c. lesdits
Duchez en tous droits
& titre de Pairie avec les
prérogativesdesPrinces de
la Maison de France & autres
tenant de nostre Couronne
en Pairie, à la charge
toutcsfois que la connoissance
des causes & matieres
dont nos Juges Presidiaux
ont accoûtumé de connoîfréteur
demeurera, sans que
sous ombre de ladite Pairie,
ladite connoissance en soit
deévolunë par appel imme- nostre Cour
de Parlement; moyennant
lequel Appanage. ac- cepté.parnostredit Petitfilsen
presence de nostre.
Fils Louis Dauphin, & de
nostre. Petit-fils le Duc deBourgogne renonçant
tant pour luy que pour
ses hoirs,à toutes Terres,
Seigneuries, & immeubles
qui se trouveront dans nôtre
succession,soit que lesdites
Terres,Seigneuries &
immeubles soient unis ou
non à nostre Couronne;
ensemble à tous meubles &
effets mobiliers
,
de quelque
qualité & valeur qu'ils
soient, & pareillement nôtredit
Petit-fils & nous comme
son Tuteur aussinaturel
avons fait pareillerenonciation
à la succession à
écheoir de nostredit Fils
Louis Dauphin son Pere, lesquelles
renonciations sont
faites au profit de nostre
Couronne. Nous ordonnons
que suivant la nature
desdits Appanages & Loy
de nostre Royaume
,
& en
cas que nostredit Petit-fils
ou ses descendans masles en
loyal mariage vinssent à deceder
sans enfans masles,
en forte qu'il ne demeurast
aucun enfant masle descendant
par ligne des masles,
bien qu'il y eust eu fils ou
filles descendant d'iceux par
filles,audit cas lesdits Duchez,
&c.par nous donnez
à nostredit Petit fils retourneront
librement à nôtre
Couronne. Voulons
aussi qu'il soit permis à nôtredit
Petit-fils de racheter
si bon luy semble à son profit
nos Domaines engagez
dans l'étenduë desdits Du-»
chez, &c. en remboursant
enun seul payement les Acquéreurs,
&c.Sidonnons en
mandement à nos feaux Conseillers les Gens
tenantnostre Cour de Parlement,&
c. DonnéàVerfajlles
au mois de Juin l'aa
de grace mil sept cens dix;,
& de nostre Regnele soixantehuitiéme.
Signé, LOUIS;
&plus bas,.parleRoy,PHELYPEAUX.
Visa, PHELYPEAUX.
Veu au Conseil,
DESMARETZ. Et ÍceIJé du
grand Sceau de cire verte,
en lacs desoyerouge 6C
verte.
Registrées en Parlement
le dix Juillet mil sept cent
dix.
Il y à d'autres Lettres
qui accordent à Monseigneur
le Duc de Berry
& à ses Successeursmâles,
le Patronage des Eglises
, & la Collation de
tous les Benefices Consistoriaux
,
excepté les
Eveschez; &quiluypermettent
de nommer &
presenter aux Offices &
Commissions des Juges
des Exempts, Presidens,
Conseillers, &c.
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Résumé : LETTRES d'Appanage de M. le Duc de Berry, données à Versailles au mois de Juin 1710.
En juin 1710, le roi de France et de Navarre émit une lettre d'appanage visant à former ses descendants à la vertu et à la reconnaissance de leur rang. Le roi loua les qualités de son petit-fils Charles, fils de France, qui avait démontré respect et obéissance malgré sa haute position. En conséquence, le roi décida de lui accorder un appanage comprenant les duchés d'Alençon et d'Angoulême, le comté de Ponthieu, ainsi que les châtellenies de Coignac et de Merpins, et plusieurs terres et seigneuries. Ces terres avaient été réunies à la couronne après le décès de la duchesse de Guise et acquises par contrat en 1676. L'appanage rapportait un revenu annuel de 200 000 livres tournois et était transmissible aux héritiers mâles en ligne directe. Le roi accorda également à Charles les droits de pairie avec les prérogatives des princes de la Maison de France. En cas de décès sans héritier mâle, les terres reviendraient à la couronne. Charles renonça à toutes les terres et biens mobiliers de la succession du roi et de son père, le Dauphin. La lettre fut signée par le roi Louis et enregistrée au Parlement le 10 juillet 1710. Des lettres similaires accordèrent au duc de Berry le patronage des églises et la nomination à divers offices.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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823
p. 73-74
SPECIFIQUE infaillible qui allonge la vie de l'homme en abregeant les Maladies.
Début :
De tous les Manuscrits qu'on m'a envoyez, voicy [...]
Mots clefs :
Spécifique
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texteReconnaissance textuelle : SPECIFIQUE infaillible qui allonge la vie de l'homme en abregeant les Maladies.
SPECIFIQUE
infaillible qui allonge
la ruie de l'homme en
abrégéantlesMaladies.
De tous les Manuscrits
qu'onm'aenvoyez,
voicyceluy donc le Titre
est le plus interessant.
Faire vivre long-temps
&en bonne santé! Oliy,,
la promesse de cet homme-
là est tres-interessante.
Voyons ses preuves.
C'est une Listede Cure
étonnantes, miraculeu
ses Il a gueri non-seu
lement des hydropisie
formées; mais des ago
nies formées,
Je le crois sur sa pa
role; car je vois que c'est
un Empirique bas-Normand.
Plaçons vîte dan
mon Livre un Spécifique
si salutaire au genre humain,
mais non, j'aime
mieux vous donner une
Chanson,
infaillible qui allonge
la ruie de l'homme en
abrégéantlesMaladies.
De tous les Manuscrits
qu'onm'aenvoyez,
voicyceluy donc le Titre
est le plus interessant.
Faire vivre long-temps
&en bonne santé! Oliy,,
la promesse de cet homme-
là est tres-interessante.
Voyons ses preuves.
C'est une Listede Cure
étonnantes, miraculeu
ses Il a gueri non-seu
lement des hydropisie
formées; mais des ago
nies formées,
Je le crois sur sa pa
role; car je vois que c'est
un Empirique bas-Normand.
Plaçons vîte dan
mon Livre un Spécifique
si salutaire au genre humain,
mais non, j'aime
mieux vous donner une
Chanson,
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Résumé : SPECIFIQUE infaillible qui allonge la vie de l'homme en abregeant les Maladies.
Le manuscrit 'infaillible qui allonge la ruie de l'homme en abrégeant les Maladies' propose des guérisons miraculeuses, comme l'hydropisie. Son auteur, un Empirique bas-Normand, assure l'efficacité du remède. Cependant, l'auteur du texte hésite à l'inclure dans son livre, préférant offrir une chanson.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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824
p. 75-77
CHANSON.
Début :
Des climats Champenois [...]
Mots clefs :
Vin, Chanson, Musiciens, Poètes
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texteReconnaissance textuelle : CHANSON.
C'estune Chanson sur
le vin de Champagne ;
& le vin de Champagne
est une Recette plus naturelle
& plus éprouvée
que celle du bas-Normand.
CHANSON.
Des climats Champenois
où regne un air benin
Il nous vientfranche
JMarchandtJe,
Car lafranchife est dans
levin;
AiaïsauPaysNormand
rairetffrold&malin
Toutsy reJJènt du Dent
de Bisi
N'en attendez, ni bon
vin nifranchife.
Si cette Chanson ne
réussit point le Musicien
ne, s'en prendra pas au
Poëte
,
ni le Poëte au
Musicien. Je ne m'en
prendray qu'a mûY; car
j'ay fait seul l'air & les
paroles. S'il en estoit
ainsi des Opéra, que
dinvectivesépargnées
entre les Musiciens &C
les Poëtes.
,
Ce petit trait de satyre
m'estéchapé:j'endemande
pardon,sur tout
aux Poëtes. Je crainsencore
plus de me brouiller
avec eux qu'avec les.
Musiciens.
le vin de Champagne ;
& le vin de Champagne
est une Recette plus naturelle
& plus éprouvée
que celle du bas-Normand.
CHANSON.
Des climats Champenois
où regne un air benin
Il nous vientfranche
JMarchandtJe,
Car lafranchife est dans
levin;
AiaïsauPaysNormand
rairetffrold&malin
Toutsy reJJènt du Dent
de Bisi
N'en attendez, ni bon
vin nifranchife.
Si cette Chanson ne
réussit point le Musicien
ne, s'en prendra pas au
Poëte
,
ni le Poëte au
Musicien. Je ne m'en
prendray qu'a mûY; car
j'ay fait seul l'air & les
paroles. S'il en estoit
ainsi des Opéra, que
dinvectivesépargnées
entre les Musiciens &C
les Poëtes.
,
Ce petit trait de satyre
m'estéchapé:j'endemande
pardon,sur tout
aux Poëtes. Je crainsencore
plus de me brouiller
avec eux qu'avec les.
Musiciens.
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Résumé : CHANSON.
Le texte décrit une chanson vantant le vin de Champagne, jugé supérieur à celui du bas-Normand. Le climat champenois est favorable à un vin franc et de qualité, contrairement au climat normand. L'auteur revendique la chanson et s'excuse si elle déplaît, craignant particulièrement la réaction des poètes.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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825
p. 79-80
Emulation. [titre d'après la table]
Début :
Critiques sçavantes, Réponses opiniâtres, vives Epigrammes pour attaquer, plus vives [...]
Mots clefs :
Courage, Poètes, Savants
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texteReconnaissance textuelle : Emulation. [titre d'après la table]
Ce petit trait de satyre
m'estéchapé:j'endemande
pardon,sur tout
aux Poëtes. Je crainsencore
plus de me brouiller
avec eux qu'avec les.
Musiciens.
Ilest un certain nombre
d'Auteurs dont je
Toudrois estre airrçé fraternellement
comme je
les aime. Qui dit fraternellement
n'exclut point
les petites noises poëtiques
: tous les freres
ne font pas d'accord.
Deux ou trois disputes
par mois feroient un
fond pour mes Mercures
y ., A j'y mettrois même
jusquaux Critiquesqu'
on en feroit.
Courage Messieurs les
Auteurs, courage Messieurs
les Sçavants, animez-
vous un peu les
uns contre les autres, je
profiteray devos combats.
Critiques sçavantes,
Réponses opiniâtres, vives
Epigrammespourattaquer
,plus vives encore
pour se deffendre;
mais tour cela lans ma- lignité; point d'aigreur
dans vos ouvrages: 4
vous voulez que je les
imprime,je n'admettray
que de l'émulation.
Je voudroisque les
Poëtes & les Sçavants
disputassent noblement
Se poliment commelest
grands Guerriers font la
guerre. Voila le modele :
êtreennemis sans sehaïr9
aller au combat sans colere,
ôc s'entre- égorger
àl'amiable.
On ne devroit disputer
que contre ceuxqu'-
on eftline-,& ne critiquer
que dans la vûë de
/a-rtirer des réponsesinstructives
& curieuses.
m'estéchapé:j'endemande
pardon,sur tout
aux Poëtes. Je crainsencore
plus de me brouiller
avec eux qu'avec les.
Musiciens.
Ilest un certain nombre
d'Auteurs dont je
Toudrois estre airrçé fraternellement
comme je
les aime. Qui dit fraternellement
n'exclut point
les petites noises poëtiques
: tous les freres
ne font pas d'accord.
Deux ou trois disputes
par mois feroient un
fond pour mes Mercures
y ., A j'y mettrois même
jusquaux Critiquesqu'
on en feroit.
Courage Messieurs les
Auteurs, courage Messieurs
les Sçavants, animez-
vous un peu les
uns contre les autres, je
profiteray devos combats.
Critiques sçavantes,
Réponses opiniâtres, vives
Epigrammespourattaquer
,plus vives encore
pour se deffendre;
mais tour cela lans ma- lignité; point d'aigreur
dans vos ouvrages: 4
vous voulez que je les
imprime,je n'admettray
que de l'émulation.
Je voudroisque les
Poëtes & les Sçavants
disputassent noblement
Se poliment commelest
grands Guerriers font la
guerre. Voila le modele :
êtreennemis sans sehaïr9
aller au combat sans colere,
ôc s'entre- égorger
àl'amiable.
On ne devroit disputer
que contre ceuxqu'-
on eftline-,& ne critiquer
que dans la vûë de
/a-rtirer des réponsesinstructives
& curieuses.
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Résumé : Emulation. [titre d'après la table]
Le texte explore les relations entre auteurs, poètes et savants. L'auteur aspire à des liens fraternels tout en acceptant les disputes littéraires. Il encourage l'émulation entre auteurs et savants, mais sans aigreur. Les échanges doivent être nobles et polis, comme des guerriers respectueux. Les critiques et réponses doivent être instructives et curieuses, et les disputes doivent se faire contre des adversaires dignes de respect. La dignité et l'absence d'aigreur sont essentielles dans les débats littéraires.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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826
p. 81-84
Cornaline antique. [titre d'après la table]
Début :
C'est dans cet esprit que Mr de M.... a fait [...]
Mots clefs :
Orphée, Cornaline, Bacchus, Hymnes
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texteReconnaissance textuelle : Cornaline antique. [titre d'après la table]
C'est dans cet esprit:
que Mr de M.a fait
une Dissertation sur l'Estampe
d'une Cornaline
antique du Cabinet du
Roy, gravée par le lieur;
Monbart.
Je n'ay point lu ce que
les Mémoires de Trevoux
en ont dit dans le
mois de Juin dernier.
Ceux qui ne sont point
curieux de graveures antiques
peuvent aussi ne
pointlire lacourte réponse
que Mr deM. fait
icy. C'est luy qui va parler;
ce n'est plus moy.
On a ajouté au nom d'A..
lAmAS, le titre de Roy de
Thcbes
,
& ce n'est point
en cette qualité que je l'ay
cité; mais feulement comme
Mary d'Ino
, parce que
ce fut à l'un & à l'autre que
Mercure confia la premiere
éducation de Bacchus, selon
Apollodore.
On prétend que je devois
dire Qnomacrite au lieu d'Orphée
en parlant de ses
Hymnes. Je réponds que
ces Hymnes ont toujours
paru fous le nom d'Orphée;
que les Anciens confondoient
Bacchus avec Apollon
ou le Soleil. C'est le
sentiment de ce même Or.
phéedans sesHymnes,d Euripide
, de Virgile & Servius,
Lucain, Microbe &
autres.
On pretend que Pirgotelle
Graveur d'Alexandre
a esté l'Ouvrier de la Cornaline
en question;cette opinion
ne paroist pas vraysemblable,
J'ay fait voir dans ma
Dissertation le rapport que
peut avoir la figure du Pescheur
avec une Idille de
Theocrite.
que Mr de M.a fait
une Dissertation sur l'Estampe
d'une Cornaline
antique du Cabinet du
Roy, gravée par le lieur;
Monbart.
Je n'ay point lu ce que
les Mémoires de Trevoux
en ont dit dans le
mois de Juin dernier.
Ceux qui ne sont point
curieux de graveures antiques
peuvent aussi ne
pointlire lacourte réponse
que Mr deM. fait
icy. C'est luy qui va parler;
ce n'est plus moy.
On a ajouté au nom d'A..
lAmAS, le titre de Roy de
Thcbes
,
& ce n'est point
en cette qualité que je l'ay
cité; mais feulement comme
Mary d'Ino
, parce que
ce fut à l'un & à l'autre que
Mercure confia la premiere
éducation de Bacchus, selon
Apollodore.
On prétend que je devois
dire Qnomacrite au lieu d'Orphée
en parlant de ses
Hymnes. Je réponds que
ces Hymnes ont toujours
paru fous le nom d'Orphée;
que les Anciens confondoient
Bacchus avec Apollon
ou le Soleil. C'est le
sentiment de ce même Or.
phéedans sesHymnes,d Euripide
, de Virgile & Servius,
Lucain, Microbe &
autres.
On pretend que Pirgotelle
Graveur d'Alexandre
a esté l'Ouvrier de la Cornaline
en question;cette opinion
ne paroist pas vraysemblable,
J'ay fait voir dans ma
Dissertation le rapport que
peut avoir la figure du Pescheur
avec une Idille de
Theocrite.
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Résumé : Cornaline antique. [titre d'après la table]
Le texte discute d'une dissertation de Monsieur de M. portant sur une estampe d'une cornaline antique du Cabinet du Roy, gravée par Monbart. L'auteur n'a pas consulté les commentaires des Mémoires de Trevoux sur ce sujet et précise que ceux désintéressés par les gravures antiques peuvent ignorer sa réponse. Il clarifie une citation concernant Amasis, roi de Thèbes, en le mentionnant comme mari d'Ino, selon Apollodore. L'auteur répond à une critique sur l'utilisation du nom d'Orphée plutôt que Qnomacrite pour les Hymnes, en expliquant que les Anciens confondaient souvent Bacchus avec Apollon ou le Soleil, une confusion soutenue par plusieurs auteurs anciens. Il rejette également l'opinion selon laquelle Pirgotelle, graveur d'Alexandre, serait l'auteur de la cornaline. Enfin, l'auteur mentionne avoir établi un lien entre la figure du Pêcheur et une Idylle de Théocrite dans sa dissertation.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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827
p. 85
Transitions. [titre d'après la table]
Début :
[...] car j'ay besoin d'une Transition pour passer à [...]
Mots clefs :
Théocrite, Ode, Idylle
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texteReconnaissance textuelle : Transitions. [titre d'après la table]
Je ne fuis point assez
clairvoyant dans les tenebres
de l'Antiquité
pour decider si cette if--
gure du Pescheur a du
rapport avec une Idille
de Theocrite ; mais je
souhaiterois que cette
Idille fust une Ode,U.
que Theocrite fût Anacreon
, car j'ay besoin
d'une Transition pour
passer à une Ode Ana..
creontique que je veux
placer icy. Cherchons
donc une autre Transi- tion. Il nem'en viens point. Tant mieux;
c'est une occasion de
déclarer que quand il
ne me viendra point de
Transitions naturelles
> plutost que d'enfaire de
forcées, je m'enpassexay.
clairvoyant dans les tenebres
de l'Antiquité
pour decider si cette if--
gure du Pescheur a du
rapport avec une Idille
de Theocrite ; mais je
souhaiterois que cette
Idille fust une Ode,U.
que Theocrite fût Anacreon
, car j'ay besoin
d'une Transition pour
passer à une Ode Ana..
creontique que je veux
placer icy. Cherchons
donc une autre Transi- tion. Il nem'en viens point. Tant mieux;
c'est une occasion de
déclarer que quand il
ne me viendra point de
Transitions naturelles
> plutost que d'enfaire de
forcées, je m'enpassexay.
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Résumé : Transitions. [titre d'après la table]
L'auteur cherche une transition pour une ode anacréontique, évoquant une figure du Pêcheur et une idylle de Théocrite. Il souhaite que cette idylle soit une ode et que Théocrite soit Anacréon. Ne trouvant pas de transition naturelle, il choisit de s'en passer.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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828
p. 86-90
ODE ANACREONTIQUE. Par Mr Roy. Réception d'une nouvelle Muse.
Début :
Jusqu'à quand verrons-nous par neuf Filles ridées [...]
Mots clefs :
Amour, Muses
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texteReconnaissance textuelle : ODE ANACREONTIQUE. Par Mr Roy. Réception d'une nouvelle Muse.
ODE
ANACREONTIVE
Par Mr Roy.
Reception d'une nouvelle
Mule.
lulqUaquand verrons.
nous par neuf Filles
ridées
Le doublesommet habité
Avec de tels objetsoù
prendre des idées
D'agrément & de noUr
rveautc.
-W.
JMuJesj qui dans nos
Vers laiffezj couler la
g_ace
Maigre noflreétude
nosJoins
Lorsque d'un feu si heau
'Vous enjlamieZj,Horace
Vous avieZ deux mille
ans de moins.
Arvôtre âge tified bien dô
parlerdel'Hifloire
De ïAffyrie & deJes
Roiss
Mais laijjezj-la l'Amour:
pourcelebrerfa
gloire
Ce Dieu veutdeplusjeunes
VOIX.
Quoy, nous redirieZj*vou$
desfleurettes contées
Dutemps a'Helene&de
Pâris
Ah! ces fades douceurs
des Sçavansrefpeëtées
LeJeroient peu de nos
Iris.
C'a, veut - on dans nos
Vers ressusciter les Graces3
Conjultons L'Enfant de
PafJhos
Deles anitiques Soeurs
Phebusremplit lesplaces
Parautant dejeunesSaphos.
B;
Le choix estimportant,
quAmour tâche À le
faire.,
Ne prene que de tendres
coeurs
Des appas quonpourroit
adorera Cythere
Charmans mais modestes
vatnqueurs.
H
Qui choisis-tu d'abord?
ClinJeneJah
9 tu men.
chantes
Par l'hommage que tu
luy rends
Je nefuisinquiet que des
huit prétendantes
Qui doivent entrer fùr
les rangs.
ANACREONTIVE
Par Mr Roy.
Reception d'une nouvelle
Mule.
lulqUaquand verrons.
nous par neuf Filles
ridées
Le doublesommet habité
Avec de tels objetsoù
prendre des idées
D'agrément & de noUr
rveautc.
-W.
JMuJesj qui dans nos
Vers laiffezj couler la
g_ace
Maigre noflreétude
nosJoins
Lorsque d'un feu si heau
'Vous enjlamieZj,Horace
Vous avieZ deux mille
ans de moins.
Arvôtre âge tified bien dô
parlerdel'Hifloire
De ïAffyrie & deJes
Roiss
Mais laijjezj-la l'Amour:
pourcelebrerfa
gloire
Ce Dieu veutdeplusjeunes
VOIX.
Quoy, nous redirieZj*vou$
desfleurettes contées
Dutemps a'Helene&de
Pâris
Ah! ces fades douceurs
des Sçavansrefpeëtées
LeJeroient peu de nos
Iris.
C'a, veut - on dans nos
Vers ressusciter les Graces3
Conjultons L'Enfant de
PafJhos
Deles anitiques Soeurs
Phebusremplit lesplaces
Parautant dejeunesSaphos.
B;
Le choix estimportant,
quAmour tâche À le
faire.,
Ne prene que de tendres
coeurs
Des appas quonpourroit
adorera Cythere
Charmans mais modestes
vatnqueurs.
H
Qui choisis-tu d'abord?
ClinJeneJah
9 tu men.
chantes
Par l'hommage que tu
luy rends
Je nefuisinquiet que des
huit prétendantes
Qui doivent entrer fùr
les rangs.
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Résumé : ODE ANACREONTIQUE. Par Mr Roy. Réception d'une nouvelle Muse.
Le poème 'ODE ANACREONTIVE' de Mr Roy célèbre la réception d'une nouvelle mule. Il commence par décrire neuf filles ridées et des sommets habités, évoquant des idées d'agrément et de nouveauté. L'auteur s'adresse à Horace, soulignant que l'amour nécessite des voix plus jeunes pour célébrer sa gloire. Il critique les douceurs fades des savants et les histoires anciennes d'Hélène et de Pâris, préférant ressusciter les Grâces et les jeunes Saphos. Le poème met en avant l'importance du choix en amour, recommandant de sélectionner des cœurs tendres et des appas adorables, charmants mais modestes. L'auteur exprime son choix pour Clinjenejah, dont il chante les louanges, tout en mentionnant huit autres prétendantes qui doivent entrer dans les rangs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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829
p. 92-93
Monseigneur le Duc de Bourgogne. [titre d'après la table]
Début :
Pour faire connoistre quel est l'objet de mon émulation, [...]
Mots clefs :
Esprits, Émulation, Duc de Bourgogne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Monseigneur le Duc de Bourgogne. [titre d'après la table]
Quelqueagrément
que je puissejetter dans
mon Livre par des Poësies
galantes& badines)
on me dira qu'il faut des
Pieces solides pour contenter
les esprits solides.
Je ne le sçay que trop;
mon unique ambition
serois d'amuser par quelque
ouvrage sublime cet
esprit véritablement solide
dont la pénétration
& l'étendue nese fait
qu'un Jeu des Sciences
les plus profondes.
Pour faire connoistre
quel estl'objet de mon
émulation
)
il n'est pas
neccessaire que je prononce
son grand nom. On
fait qu'il est entre les
esprits du premier ordre,
ce qu'il est entre les Princes
du premier rang.
Quoy donc, parce que
je n'ay rien icy qui merite
l'attention de ce grand
Piiiice, n'honorera -t - il
point mes Bagatelles
'(j'un coup d'oeil. Ce seul
coupd'oeil feroit la fortune
de mon Livre, 6C
donneroit à l'Auteur
tant d'émulation qù-il,
seroit à coup feur son sécond
Livre plus solide,
que le premier.
que je puissejetter dans
mon Livre par des Poësies
galantes& badines)
on me dira qu'il faut des
Pieces solides pour contenter
les esprits solides.
Je ne le sçay que trop;
mon unique ambition
serois d'amuser par quelque
ouvrage sublime cet
esprit véritablement solide
dont la pénétration
& l'étendue nese fait
qu'un Jeu des Sciences
les plus profondes.
Pour faire connoistre
quel estl'objet de mon
émulation
)
il n'est pas
neccessaire que je prononce
son grand nom. On
fait qu'il est entre les
esprits du premier ordre,
ce qu'il est entre les Princes
du premier rang.
Quoy donc, parce que
je n'ay rien icy qui merite
l'attention de ce grand
Piiiice, n'honorera -t - il
point mes Bagatelles
'(j'un coup d'oeil. Ce seul
coupd'oeil feroit la fortune
de mon Livre, 6C
donneroit à l'Auteur
tant d'émulation qù-il,
seroit à coup feur son sécond
Livre plus solide,
que le premier.
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Résumé : Monseigneur le Duc de Bourgogne. [titre d'après la table]
L'auteur souhaite créer des œuvres littéraires pour des esprits exigeants. Il aspire à produire un ouvrage sublime et solide. Il espère l'attention d'une figure illustre, dont un simple regard suffirait à valoriser son livre et l'encourager à écrire un second ouvrage.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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830
p. 95-100
Repas d'excuses, de souhaits, & de promesses. [titre d'après la table]
Début :
On doit estre content de moy ; je promets beaucoup ; je souhaite [...]
Mots clefs :
Excuses, Repas, Bonne volonté, Applaudissements publics
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Repas d'excuses, de souhaits, & de promesses. [titre d'après la table]
Icy viendroit bien à
propos quelque Dissertation
savante ; mais je
l'ay déjà dit,ilme faut
plusieurs mois pour faire
un fond. Le fond me
manque,je ne puis vous
donner que du verbiage.
Je n'aimepoint à parler
surrien: excusezdonc si
je n'ay plus rien à vous
dire.
Si j'avois au moins
quelque Extrait curieux,
quelque Lettre sçavante,
quelque Dialogue Comique;
c'est ce que je
vous promets, comptez
là-dessus, je vous en promets.
le vous promets encore
des Critiques, des
Voyages, des Portraits,
& mille autres choses
quand il m'en viendra.
Je souhaite qu'il m'en
vienne; plus au Ciel
qu'il m'en fût venu.
On doit être content
de Inoy; je promets beaucoup;
je souhaite de bon
coeur, & mes excuses
sont bonnes. Cela me
fait souvenir d'un Repas
qu'on nous donnal'autre
jour.
Celuy qui nous 1reg
loit estoit homme de
bonne volonté. Il COln
mença son Repas par des
excusesavec une soupe
simple, naturelle, point
mal faisante, son ordi
naire enfin
,
qu'ilnous
donna, comme je vous
donne le mien.
Une Salade d'herbes
nouvelles nous annonçoit
un Rost solide. Le
Rost ne parut point y
mais on nous promit
pourcet hiver force Gibier
quon attendoit de
Province.
Nostre honlrne) honteux
de n'avoir ni entremets
ni fruit, voulut au
moins redoubler le vin;
c'estoit du vin de son cru
dont il eut bien voulu
nous enyvrer & dont il
s'enyvroit lui-même. Il
avaloit sa honte en soupirant
& faisoit des souhaits
à chaque coup qu'il
beuvoit. Plus au Ciel!
disoit-il, que vous fussiez
contents de ma bonne
volonté.Enfin, il but
jusqu'à devenir *sincere;
il nous avoua qu'il estoit
pauvre, & que s'il nous
avoit mal regalez, c'est
qu'il n'avoit ni fond ni
credit.
Moy
,
je n'ay point
encore établi mon crédit,
c'est-à-dire mes cor
respondances) ainsi je
n'ay pû vous donner que
des excuses, des promesses
&dessouhaits.
Je ne sçay si ce Repas
d'excuses. de promesses.,
& de souhaits ne pourroit
point faire le sujet
d'un petit Conte. Si
quelqu'un de ceux à qui
je le donne en Prose me
le pouvoit rendre en
Vers pour le premier
mois, je l'en ferois remercier
par des applaudissements
publics, supposé
qu'ilslesméritait.
C'est quelque
C'est quelque chose
que les applaudissements
publics. Je les propose
comme un Prix. Ce Prix
est bon à gagner ; ne
donnera-t-il point d'émulation?
Non
:J
les Poètes
font à present difficiles
à émouvoir.
Du temps des
propos quelque Dissertation
savante ; mais je
l'ay déjà dit,ilme faut
plusieurs mois pour faire
un fond. Le fond me
manque,je ne puis vous
donner que du verbiage.
Je n'aimepoint à parler
surrien: excusezdonc si
je n'ay plus rien à vous
dire.
Si j'avois au moins
quelque Extrait curieux,
quelque Lettre sçavante,
quelque Dialogue Comique;
c'est ce que je
vous promets, comptez
là-dessus, je vous en promets.
le vous promets encore
des Critiques, des
Voyages, des Portraits,
& mille autres choses
quand il m'en viendra.
Je souhaite qu'il m'en
vienne; plus au Ciel
qu'il m'en fût venu.
On doit être content
de Inoy; je promets beaucoup;
je souhaite de bon
coeur, & mes excuses
sont bonnes. Cela me
fait souvenir d'un Repas
qu'on nous donnal'autre
jour.
Celuy qui nous 1reg
loit estoit homme de
bonne volonté. Il COln
mença son Repas par des
excusesavec une soupe
simple, naturelle, point
mal faisante, son ordi
naire enfin
,
qu'ilnous
donna, comme je vous
donne le mien.
Une Salade d'herbes
nouvelles nous annonçoit
un Rost solide. Le
Rost ne parut point y
mais on nous promit
pourcet hiver force Gibier
quon attendoit de
Province.
Nostre honlrne) honteux
de n'avoir ni entremets
ni fruit, voulut au
moins redoubler le vin;
c'estoit du vin de son cru
dont il eut bien voulu
nous enyvrer & dont il
s'enyvroit lui-même. Il
avaloit sa honte en soupirant
& faisoit des souhaits
à chaque coup qu'il
beuvoit. Plus au Ciel!
disoit-il, que vous fussiez
contents de ma bonne
volonté.Enfin, il but
jusqu'à devenir *sincere;
il nous avoua qu'il estoit
pauvre, & que s'il nous
avoit mal regalez, c'est
qu'il n'avoit ni fond ni
credit.
Moy
,
je n'ay point
encore établi mon crédit,
c'est-à-dire mes cor
respondances) ainsi je
n'ay pû vous donner que
des excuses, des promesses
&dessouhaits.
Je ne sçay si ce Repas
d'excuses. de promesses.,
& de souhaits ne pourroit
point faire le sujet
d'un petit Conte. Si
quelqu'un de ceux à qui
je le donne en Prose me
le pouvoit rendre en
Vers pour le premier
mois, je l'en ferois remercier
par des applaudissements
publics, supposé
qu'ilslesméritait.
C'est quelque
C'est quelque chose
que les applaudissements
publics. Je les propose
comme un Prix. Ce Prix
est bon à gagner ; ne
donnera-t-il point d'émulation?
Non
:J
les Poètes
font à present difficiles
à émouvoir.
Du temps des
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Résumé : Repas d'excuses, de souhaits, & de promesses. [titre d'après la table]
Dans une lettre, l'auteur s'excuse de ne pouvoir fournir une dissertation savante en raison de l'absence de fond. Il regrette de n'offrir que des paroles vides et espère disposer de matériaux plus substantiels, tels que des extraits curieux, des lettres savantes ou des dialogues comiques. Il promet divers contenus futurs, comme des critiques, des voyages, des portraits et d'autres sujets, en espérant recevoir les matériaux nécessaires. L'auteur compare sa situation à celle d'un hôte bien intentionné mais pauvre, qui sert une soupe simple et promet du gibier pour l'hiver, compensant l'absence de plats principaux et de desserts par un surplus de vin. Il avoue sa pauvreté et son manque de crédit. Se comparant à cet hôte, l'auteur explique qu'il n'a pas encore établi ses correspondances et ne peut offrir que des excuses, des promesses et des souhaits. Il suggère que cette situation pourrait être le sujet d'un conte et propose des applaudissements publics comme prix pour une version en vers de ce conte, bien qu'il doute que les poètes actuels soient motivés par ce prix.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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831
p. 100-103
Auteurs. [titre d'après la table]
Début :
Du temps des Voitures ou des Benserades, j'aurois eu [...]
Mots clefs :
Auteurs
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Auteurs. [titre d'après la table]
Du temps des Voitures
ou des Benserades,j'auroiseu
cent moyens faciles
de m'attirer de petits
Ouvrages. La Troupe
du Parnasse estoit en haleine
; toujours alerte.
A peine avoit-on lâché
des Bouts-rimezqu'ils
estoient remplis. A peine
avoit-on proposé une
Question Galante ou
curieuse que tout Paris
estoit en rumeur. La
moindre petite nouveauté
jettéeaumilieu du
Peuple Gallant, estoit
une Pomme de discorde
qui excitoit de vives disputes;
&c l'on a vû entre
les Umniste, & les Jobelinsspour
deux Sonnets
, une guerre plus
opiniâtrequ'on ne la
vit jadis en Italie entre les
Guelphes & les Gibelins.
Ne resterait-il point
encore quelque éteincelle
de ce feu guerrier dans
l'imagination de nos
Poëtes. Voyons; je vais
donner feulement des
rimes pour trois Quatrains.
Je crains bien
que personne ne s'empresse
de remplir mes
Bouts - rimez. Qu'importe
,
j'en feray quitte
pour les remplir moymêAme.
ou des Benserades,j'auroiseu
cent moyens faciles
de m'attirer de petits
Ouvrages. La Troupe
du Parnasse estoit en haleine
; toujours alerte.
A peine avoit-on lâché
des Bouts-rimezqu'ils
estoient remplis. A peine
avoit-on proposé une
Question Galante ou
curieuse que tout Paris
estoit en rumeur. La
moindre petite nouveauté
jettéeaumilieu du
Peuple Gallant, estoit
une Pomme de discorde
qui excitoit de vives disputes;
&c l'on a vû entre
les Umniste, & les Jobelinsspour
deux Sonnets
, une guerre plus
opiniâtrequ'on ne la
vit jadis en Italie entre les
Guelphes & les Gibelins.
Ne resterait-il point
encore quelque éteincelle
de ce feu guerrier dans
l'imagination de nos
Poëtes. Voyons; je vais
donner feulement des
rimes pour trois Quatrains.
Je crains bien
que personne ne s'empresse
de remplir mes
Bouts - rimez. Qu'importe
,
j'en feray quitte
pour les remplir moymêAme.
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Résumé : Auteurs. [titre d'après la table]
À une époque, les poètes étaient très actifs et compétitifs. La troupe du Parnasse répondait à divers défis littéraires. Les nouveautés suscitaient des débats passionnés, comme la guerre entre les Umnistes et les Jobelins. L'auteur souhaite raviver cet esprit guerrier et propose des rimes pour trois quatrains, qu'il complétera lui-même si nécessaire.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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832
p. 104
BOUTS RIMEZ.
Début :
. . . . . . trente [...]
Mots clefs :
Bouts-rimés
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texteReconnaissance textuelle : BOUTS RIMEZ.
Je n'ay point choisi
pour mes Bouts-rimez
des rimes bizares parce
que je les crois les plus aifées
à remplir. Elles four-
- nissent delavariété enreveillant
l'imagination ;
au lieu que des rimes uniformes
& froides font
plus d'honneur à celuy
qui vient à boutd'en
vcariear letseinso&:l'nappl.iBOUTS
RIMEZ.
trente
quarante
rien
mien
cinquante
[OJXafltc
sien
rien
seprante
nonante
bien
chien
pour mes Bouts-rimez
des rimes bizares parce
que je les crois les plus aifées
à remplir. Elles four-
- nissent delavariété enreveillant
l'imagination ;
au lieu que des rimes uniformes
& froides font
plus d'honneur à celuy
qui vient à boutd'en
vcariear letseinso&:l'nappl.iBOUTS
RIMEZ.
trente
quarante
rien
mien
cinquante
[OJXafltc
sien
rien
seprante
nonante
bien
chien
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833
p. 109-116
Auteurs. [titre d'après la table]
Début :
Je fais de mon mieux (comme on voit) pour animer [...]
Mots clefs :
Auteurs, Chagriner
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Auteurs. [titre d'après la table]
Je fais de mon mieux
( comme on voit) pour
animer les Auteurs. Tant
que j'auray de leurs ouvrages
,
j'en mettray
peu des miens dans mon
Livre. Nef1:-il pas julle
que jefasse les honneurs
de chez moy ?
Ouy, je feray toûjours
civilement les honneurs
de mon Livre; mais je
ne, poufferay pas la politesse
jusqu'afaire l'éloge
des Pieces que j'y placeray.
Je me fuis déjà déclaré
sur les louanges.
Il n'y a rien à gagner
en nous louant nous autres
Auteurs, celuyqu'-
on loüe croit que c'est
une dette qu'on luypaye:
nulle reconnoissance de
sa part, & vous vous
brouillez à coup sûravec
ses Confreres car chacun
,
--.,"'- roitqu'on luy détodo,&
leslouanges
qu'on ne luy donne pas,
& celles qu'on donne
aux autres. Pour me ménager
avec tous je feray
neutre. Nulle preference.
Mais,dira-t-on, placer
un ouvrage dans vostre
Recueil, c'est le préférer
àceluy que vous n'y placez
pas?
Consequence mal tirée,
mon choix prouvera
seulement que l'un
conviendra mieux que
l'autre aux sujets que
j'auray commence a traiter
dans le moment que
je recevray l'ouvrage.
Mais, dira-t-on,c'est à
vous de vous assujettir à
ce qu'on vous donne &
l'on entrevoit que vous
cherchez de mauvaises
exeuses pour refuser certains
ouvrages, sans ea
chagriner les Auteurs.
L'excuse peut estre
mauvaise,mais il est loüable
d'enchercher pour
ne chagriner personne.
N'approfondissez point
mes inrentions. Je prometsde
placer les bons
ouvrages, 6C je souhaite
que ceux qui en feront
de mauvais puissent se
flater que je les placeray
quand Foccadon s'en prefentera.
Dans le fond il se pourra
faire que les meilleurs ouvrages
ferontquelquefois
les moins convenables à
mon arrangement. Ils
seront ou trop longs ou
trop courts, ou trop gays
ou trop sérieux
5 peutêtre
même trop beaux
pour faire un bon effet
avec mes bagatelles. Je
pourray les placer une
autrefois dans un plus
beau jour.
Joignez à cela, que je
puis avoir des raisons particulières,
pour ne point
parler de quelque chose
ou de quelqu'un dans
certains endroits par rapport
à certainescirconstances.
Enunmotjepuis
avoir mille bonnes raisons
pour refuser une
bonne chose;mais je prévois
qu'un seul refus
pourra souvent me faire
plusieurs ennemis; c'est
le malheur de mon employ.
Ceux qui en ont
de plus grands ne peuvent
pas contenter tout
le monde, & je prouveray
sans sortir de ma petite
Sphere, qu'on ne
scauroitconcourir au
bien public sans chagriner
plusieurs particuliers.
( comme on voit) pour
animer les Auteurs. Tant
que j'auray de leurs ouvrages
,
j'en mettray
peu des miens dans mon
Livre. Nef1:-il pas julle
que jefasse les honneurs
de chez moy ?
Ouy, je feray toûjours
civilement les honneurs
de mon Livre; mais je
ne, poufferay pas la politesse
jusqu'afaire l'éloge
des Pieces que j'y placeray.
Je me fuis déjà déclaré
sur les louanges.
Il n'y a rien à gagner
en nous louant nous autres
Auteurs, celuyqu'-
on loüe croit que c'est
une dette qu'on luypaye:
nulle reconnoissance de
sa part, & vous vous
brouillez à coup sûravec
ses Confreres car chacun
,
--.,"'- roitqu'on luy détodo,&
leslouanges
qu'on ne luy donne pas,
& celles qu'on donne
aux autres. Pour me ménager
avec tous je feray
neutre. Nulle preference.
Mais,dira-t-on, placer
un ouvrage dans vostre
Recueil, c'est le préférer
àceluy que vous n'y placez
pas?
Consequence mal tirée,
mon choix prouvera
seulement que l'un
conviendra mieux que
l'autre aux sujets que
j'auray commence a traiter
dans le moment que
je recevray l'ouvrage.
Mais, dira-t-on,c'est à
vous de vous assujettir à
ce qu'on vous donne &
l'on entrevoit que vous
cherchez de mauvaises
exeuses pour refuser certains
ouvrages, sans ea
chagriner les Auteurs.
L'excuse peut estre
mauvaise,mais il est loüable
d'enchercher pour
ne chagriner personne.
N'approfondissez point
mes inrentions. Je prometsde
placer les bons
ouvrages, 6C je souhaite
que ceux qui en feront
de mauvais puissent se
flater que je les placeray
quand Foccadon s'en prefentera.
Dans le fond il se pourra
faire que les meilleurs ouvrages
ferontquelquefois
les moins convenables à
mon arrangement. Ils
seront ou trop longs ou
trop courts, ou trop gays
ou trop sérieux
5 peutêtre
même trop beaux
pour faire un bon effet
avec mes bagatelles. Je
pourray les placer une
autrefois dans un plus
beau jour.
Joignez à cela, que je
puis avoir des raisons particulières,
pour ne point
parler de quelque chose
ou de quelqu'un dans
certains endroits par rapport
à certainescirconstances.
Enunmotjepuis
avoir mille bonnes raisons
pour refuser une
bonne chose;mais je prévois
qu'un seul refus
pourra souvent me faire
plusieurs ennemis; c'est
le malheur de mon employ.
Ceux qui en ont
de plus grands ne peuvent
pas contenter tout
le monde, & je prouveray
sans sortir de ma petite
Sphere, qu'on ne
scauroitconcourir au
bien public sans chagriner
plusieurs particuliers.
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Résumé : Auteurs. [titre d'après la table]
Un auteur compile des œuvres d'autres écrivains dans son livre. Il s'engage à inclure les ouvrages des auteurs tout en restant neutre et sans préférence pour éviter les rivalités. Il explique que les louanges créent des dettes et des conflits, préférant ainsi ne pas en faire. Le choix des œuvres dépendra de leur pertinence par rapport aux sujets traités. Il reconnaît que refuser certains ouvrages peut chagriner les auteurs, mais il cherchera à atténuer ce désagrément par des excuses. Il espère que les auteurs de mauvais ouvrages comprendront ses refus. Des raisons particulières peuvent l'empêcher de traiter certains sujets ou personnes. Malgré ses efforts, il anticipe que des refus pourraient lui créer des ennemis, soulignant que même les tâches modestes peuvent susciter des mécontentements.
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834
p. 116-120
Nouvelle Experience sur le Vitriol.
Début :
J'ay bien affaire du Vitriol, dira cely qui n'aime [...]
Mots clefs :
Vitriol, Vitriol blanc, Physicien, Fermentation, Expérience
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelle Experience sur le Vitriol.
Nouvelle Expériencesur
le Vitriol.
J'ay bien affaire du Vitriol.
dira ccluy qui n'aime
que les ouvrages Galants
? J'ay bien affaire de
Galanterie, dira ce vieux
Physicien ?
Moy je dis que j'ay ai:
faire de tout, parce que
je travaille pour tout le
monde. Cecy ferasi vous
voulez pour le Physicien
seul; c'est à luy qu'il faut
demander si cette Expérience
méritéd'être don.
née au Public. Il vous dira
avec raison que les
moindres Expériences en
Physique sont des chemins
ouverts pour arriver
aux plus importantes
découvertes;ainsi il fuffit
pour moy qu'une Expérience
soit vraye ,
&C
qu'elle soit nouvelle : je
tienscelle-ci de Mr Lemery
,
Medecin. Il est
de l' Academie Royale
des Sciences. deVitriolmêlé avec
lefer après une fermentation
mcdiocre
3
produit un Vitriol
vert fmblable au Vitriol naturels
mais quand au lieu dEsprisde
Vitriol onJeJertde l'huile
de VItriol, quieflU partie la
plusacide duVitriol, ilJefait
d'abord une petitefermentation
qui cejfc bien-tofl,quiaprès
quelques jotlrs se renouvelle
fous la forme de fusées blanches
qui s'¡/c'fIent jusques a la
jurjact du liquide3 &toute U
Truffe du fer devient une bouillie
ire.blanche, çy qui al'odeur
de soufre commun. Enfin quand
lafermentationeftcefféej lefer,
au lieu de devenirVitriol verd
comme dans l'opération précédentejdevient
tout d'un coup
Vitriol blanc; &on trouve à
sa surface une poussiere noire
dontilsemble s'être dépoüilJé,
& qui vray-semblablement
l'auroit rendu verd: carquand
on brouille ensemble le Vitriol
blanc&cette poussiere, il acquiert
une teinte de verd.
Ily a pluficurs remarquesa
fairefurceteopération^entrautres
la double fermentation
qui arrive, & dont l'une succedeà
l'autre;& en fécond lieu;)
de ce que par unefeule opération
onfait tout d'un coup du Vitriol
blanc, car onsçait que pour en
avoir, ilfaut calciner le Vitriol
'lJerd, &ensuite le drjJoudre, le
filtrer &faire évaporer la liqueur.
Nous passons ici les raifomemens
pbyfiques, & nous
nous contentons du faitqui est
remarquable.
le Vitriol.
J'ay bien affaire du Vitriol.
dira ccluy qui n'aime
que les ouvrages Galants
? J'ay bien affaire de
Galanterie, dira ce vieux
Physicien ?
Moy je dis que j'ay ai:
faire de tout, parce que
je travaille pour tout le
monde. Cecy ferasi vous
voulez pour le Physicien
seul; c'est à luy qu'il faut
demander si cette Expérience
méritéd'être don.
née au Public. Il vous dira
avec raison que les
moindres Expériences en
Physique sont des chemins
ouverts pour arriver
aux plus importantes
découvertes;ainsi il fuffit
pour moy qu'une Expérience
soit vraye ,
&C
qu'elle soit nouvelle : je
tienscelle-ci de Mr Lemery
,
Medecin. Il est
de l' Academie Royale
des Sciences. deVitriolmêlé avec
lefer après une fermentation
mcdiocre
3
produit un Vitriol
vert fmblable au Vitriol naturels
mais quand au lieu dEsprisde
Vitriol onJeJertde l'huile
de VItriol, quieflU partie la
plusacide duVitriol, ilJefait
d'abord une petitefermentation
qui cejfc bien-tofl,quiaprès
quelques jotlrs se renouvelle
fous la forme de fusées blanches
qui s'¡/c'fIent jusques a la
jurjact du liquide3 &toute U
Truffe du fer devient une bouillie
ire.blanche, çy qui al'odeur
de soufre commun. Enfin quand
lafermentationeftcefféej lefer,
au lieu de devenirVitriol verd
comme dans l'opération précédentejdevient
tout d'un coup
Vitriol blanc; &on trouve à
sa surface une poussiere noire
dontilsemble s'être dépoüilJé,
& qui vray-semblablement
l'auroit rendu verd: carquand
on brouille ensemble le Vitriol
blanc&cette poussiere, il acquiert
une teinte de verd.
Ily a pluficurs remarquesa
fairefurceteopération^entrautres
la double fermentation
qui arrive, & dont l'une succedeà
l'autre;& en fécond lieu;)
de ce que par unefeule opération
onfait tout d'un coup du Vitriol
blanc, car onsçait que pour en
avoir, ilfaut calciner le Vitriol
'lJerd, &ensuite le drjJoudre, le
filtrer &faire évaporer la liqueur.
Nous passons ici les raifomemens
pbyfiques, & nous
nous contentons du faitqui est
remarquable.
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Résumé : Nouvelle Experience sur le Vitriol.
Le texte décrit une expérience impliquant le vitriol, un composé chimique, réalisée par Monsieur Lemery, médecin membre de l'Académie Royale des Sciences. L'expérience consiste à mélanger du vitriol avec du fer, produisant un vitriol vert similaire au vitriol naturel. En utilisant de l'huile de vitriol, la partie la plus acide, une double fermentation se produit. Initialement, une petite fermentation apparaît, suivie de fusées blanches s'élevant à la surface. Le fer se transforme en une bouillie blanche à l'odeur de soufre. Une fois la fermentation terminée, le fer devient du vitriol blanc, avec une poussière noire à la surface qui, mélangée au vitriol blanc, lui donne une teinte verte. L'auteur met en évidence la double fermentation et la transformation rapide du fer en vitriol blanc, un processus habituellement long et complexe. Le texte se concentre sur la description du phénomène observé sans entrer dans les explications physiques détaillées.
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835
p. 141-144
« Quoyque je sois en quelque façon obligé à ne mettre [...] »
Début :
Quoyque je sois en quelque façon obligé à ne mettre [...]
Mots clefs :
Chansons
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Quoyque je sois en quelque façon obligé à ne mettre [...] »
Quoyqueje lois en
quelque façonobligéà
nemettre dans un Recueil
de Nouvelles que.
des Ouvrages nouveaux,
je me serviray
de l'occasion pour donner
de mois en mois
quelques-unes de mes
Chansons que j'avois
dessein de faire imprimer
en un seul volume
: vous aurez dans
celuy-cy huitcouplets
qui ont couru il y a
déja quelques années.
Afin qu'on ne me
chicane point sur leur
ancienneté, j'ajouste
quatre Couplets nouveaux.
Peutestremesme
que la correction
des premiers vous fera
nouvelle, car n'ayant
jamais donné à personne
mes Chansons, que
j'ay faites seulement
pour le plaisir de les
faire & de les chanter,
on ne les a retenues
qu'à moitié& c'est
une espece de nouveauté
qu'un original dont
on n a jamais vu que
des copies estropiées.
quelque façonobligéà
nemettre dans un Recueil
de Nouvelles que.
des Ouvrages nouveaux,
je me serviray
de l'occasion pour donner
de mois en mois
quelques-unes de mes
Chansons que j'avois
dessein de faire imprimer
en un seul volume
: vous aurez dans
celuy-cy huitcouplets
qui ont couru il y a
déja quelques années.
Afin qu'on ne me
chicane point sur leur
ancienneté, j'ajouste
quatre Couplets nouveaux.
Peutestremesme
que la correction
des premiers vous fera
nouvelle, car n'ayant
jamais donné à personne
mes Chansons, que
j'ay faites seulement
pour le plaisir de les
faire & de les chanter,
on ne les a retenues
qu'à moitié& c'est
une espece de nouveauté
qu'un original dont
on n a jamais vu que
des copies estropiées.
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Résumé : « Quoyque je sois en quelque façon obligé à ne mettre [...] »
L'auteur publie huit couplets anciens et quatre nouveaux dans un recueil de nouvelles. Il ajoute des couplets récents pour éviter les critiques sur l'ancienneté des autres. Les chansons, jamais partagées, semblent nouvelles après correction. Voir l'original après des copies erronées est une nouveauté.
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836
p. 145-146
CHANSON A BOIRE.
Début :
Un Sot qui veut faire l'habile, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CHANSON A BOIRE.
CHANSON
A BOlRE.
UnSot qui veut faire
l'habile,
Ditqu'en lisànt ilprétend
tout sÇavoir,
Vnfou quicourt deVillt
en Vîlle
En voyageant dit qu'il
prétendtoutvoir,
Lt moyje dis d'un ton
plus véritable,
Que sans sortir detable
Etsansavoirlà
Je sçay tout ê1 faytout
vuJI
Lorfquefay bienbu.
A BOlRE.
UnSot qui veut faire
l'habile,
Ditqu'en lisànt ilprétend
tout sÇavoir,
Vnfou quicourt deVillt
en Vîlle
En voyageant dit qu'il
prétendtoutvoir,
Lt moyje dis d'un ton
plus véritable,
Que sans sortir detable
Etsansavoirlà
Je sçay tout ê1 faytout
vuJI
Lorfquefay bienbu.
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837
p. 147-148
SUR LES PHILOSOPHES.
Début :
Dans Platon ni dans Epicure [...]
Mots clefs :
Philosophes, Nature
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUR LES PHILOSOPHES.
SUR
LES PHILOSOPHES.
Dans Platon ni dans
Epicure
Je ne "voispas quilfat
bien ltably
S'il est du uide en la
nature
OuJiïefpace est d'atômes
rempjl,
Dans un buveur la nature
decide
Quelle abhorre le vuide,
C'ar il est certain
Que)abhorreunverre en
main
Quandil r/eft pas plein.
LES PHILOSOPHES.
Dans Platon ni dans
Epicure
Je ne "voispas quilfat
bien ltably
S'il est du uide en la
nature
OuJiïefpace est d'atômes
rempjl,
Dans un buveur la nature
decide
Quelle abhorre le vuide,
C'ar il est certain
Que)abhorreunverre en
main
Quandil r/eft pas plein.
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838
p. 149-150
II. COUPLET DES PHILOSOPHES.
Début :
Grands Philosophes je vous blâme [...]
Mots clefs :
Philosophes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : II. COUPLET DES PHILOSOPHES.
II. COUPLET
DESPHILOSOPHES.
Grands Pbilofophes je
vous blâme
Etje veuxfaire un systême
nouveau
Vous avez, fait présider
J'ame
Lun dans le coeur, l'autre
dans le cerveau,
Sça'VeZ::vous bien ou la
miennes'avance
Pour teniraudiance
cest dans monpalais
Quelle juge £un vin
frais
Qui coule à longs traits.
DESPHILOSOPHES.
Grands Pbilofophes je
vous blâme
Etje veuxfaire un systême
nouveau
Vous avez, fait présider
J'ame
Lun dans le coeur, l'autre
dans le cerveau,
Sça'VeZ::vous bien ou la
miennes'avance
Pour teniraudiance
cest dans monpalais
Quelle juge £un vin
frais
Qui coule à longs traits.
Fermer
839
p. 151-152
SUR L'HISTOIRE.
Début :
De ceux qui vivent dans l'Histoire [...]
Mots clefs :
Histoire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUR L'HISTOIRE.
SUR
L'HISTOIRE.
De ceux qui ruirvent
dans ïHijloire
Adafoj jamais jerienvieray
le fort:
Nargues du temple de
Memoire
Où l'onnevitquelorsque
l'on est mort,
J'aime bien mieux vivre
pendant ma'vie
Tour boire avec Sylvie
>
Car je sentiray
Les momens que jevivray
Tantqueje hoiray
L'HISTOIRE.
De ceux qui ruirvent
dans ïHijloire
Adafoj jamais jerienvieray
le fort:
Nargues du temple de
Memoire
Où l'onnevitquelorsque
l'on est mort,
J'aime bien mieux vivre
pendant ma'vie
Tour boire avec Sylvie
>
Car je sentiray
Les momens que jevivray
Tantqueje hoiray
Fermer
840
p. 153-154
SUR LES MEDECINS.
Début :
Les noirs Ministres d'Hypocrate [...]
Mots clefs :
Médecins, Sirops
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUR LES MEDECINS.
SUR
LES MEDECINS.
Les noirsMiniJlres
cTHjpocroete
De deux Sjropsqu'ilsinfujent
dans l'eau,
Envoyent l'un chercher
laratey
Dépècenttautre aupaïs
du cerveau 0 Cefi grand hasard
quand unefeulegoutte
Peut bien juivre ja route,
Alais cette liqueur
Suremeritfarsa douceur,
Fortedroitaucoeur.
LES MEDECINS.
Les noirsMiniJlres
cTHjpocroete
De deux Sjropsqu'ilsinfujent
dans l'eau,
Envoyent l'un chercher
laratey
Dépècenttautre aupaïs
du cerveau 0 Cefi grand hasard
quand unefeulegoutte
Peut bien juivre ja route,
Alais cette liqueur
Suremeritfarsa douceur,
Fortedroitaucoeur.
Fermer
841
p. 155-156
SUR LES ASTRONOMES.
Début :
L'autre jour à l'Observatoire [...]
Mots clefs :
Astronomes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUR LES ASTRONOMES.
SUR
LES ASTRONOMES.
Lautre jour à l'Obsèrvatoire
Les ennemis du tranquile
sommeil
Voulurentparmalice noire
Me faire voir des taches
au Soleily
Pour lespunir d'ojer dans
leur Taniere
Denigrer la lumière
D'unajire divin
Je leur fis voir que leur
vin
N'ltoitpas clair fin.
LES ASTRONOMES.
Lautre jour à l'Obsèrvatoire
Les ennemis du tranquile
sommeil
Voulurentparmalice noire
Me faire voir des taches
au Soleily
Pour lespunir d'ojer dans
leur Taniere
Denigrer la lumière
D'unajire divin
Je leur fis voir que leur
vin
N'ltoitpas clair fin.
Fermer
842
p. 157-158
SUR LES NOUVELLISTES.
Début :
Un Nouvelliste politique [...]
Mots clefs :
Nouvellistes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUR LES NOUVELLISTES.
SUR
LES NOUVELLISTES.
UnNourvellifie politique
Qui tient conseil dans la
court du Pa/ais,
Demande au plusfou de
saclique
Si nom aurons ou laguerre
ou la paix,
Moy curieux d'une unique
nouvelle
Lorsqu , il pleut ou quil
gele
Du joir au matin
Je demande à mon voisin
durons-nous du vin.
LES NOUVELLISTES.
UnNourvellifie politique
Qui tient conseil dans la
court du Pa/ais,
Demande au plusfou de
saclique
Si nom aurons ou laguerre
ou la paix,
Moy curieux d'une unique
nouvelle
Lorsqu , il pleut ou quil
gele
Du joir au matin
Je demande à mon voisin
durons-nous du vin.
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843
p. 159-1[6]0
SUR LES USURIERS.
Début :
Un Usurier sur son grimoire [...]
Mots clefs :
Usuriers
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUR LES USURIERS.
SUR
LESUSURIERS:
UnVfurierfarfongrimOire
Parsoncalcultachantde
m)afronter,
Toutela nuit comptesans
boire
May je lapasse à boire
sans compter
A me tromperje mets toute
magloire
Jeprendsplaijir à croire
Comptantpar mes doigts
Y /1 .1 Que je riay bu qu'une
fois
2Quuaanndd j'en ay bu trois.
LESUSURIERS:
UnVfurierfarfongrimOire
Parsoncalcultachantde
m)afronter,
Toutela nuit comptesans
boire
May je lapasse à boire
sans compter
A me tromperje mets toute
magloire
Jeprendsplaijir à croire
Comptantpar mes doigts
Y /1 .1 Que je riay bu qu'une
fois
2Quuaanndd j'en ay bu trois.
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844
p. 161-162
SUR L'ORGUEIL HUMAIN.
Début :
De l'homme voicy la chimere [...]
Mots clefs :
Orgueil
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUR L'ORGUEIL HUMAIN.
Les quatre couplets
suivants font nouvellement
composez.
SUR
L'ORGUEILHUMAIN.
De thomme voicy la
chimere
Toutce qu'il"voit est fait
exprespour luy
Cejl pour luy que tourne
la (phere
Tout lunivers pour luy
feulejl conftruy
Sur un tel fait sesArguments
plausibles
NemefOntpssensibles
MailjemaperfOY
Que ce vin ejifait pour
moy
Lorsquejele boy.
suivants font nouvellement
composez.
SUR
L'ORGUEILHUMAIN.
De thomme voicy la
chimere
Toutce qu'il"voit est fait
exprespour luy
Cejl pour luy que tourne
la (phere
Tout lunivers pour luy
feulejl conftruy
Sur un tel fait sesArguments
plausibles
NemefOntpssensibles
MailjemaperfOY
Que ce vin ejifait pour
moy
Lorsquejele boy.
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845
p. 163-164
SUR LA JUSTICE.
Début :
Ni par Cujas ni par Barthole [...]
Mots clefs :
Justice
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUR LA JUSTICE.
SUR
LA JUSTICE.
Ni par Cujas ni par
Barthole
On ne fuit point exactementlaloy
Tous les contrats du Protocole
N'établiront jamais la
bonne fol
Lesfrancs buveurs de leur
vin font à table
Vnpartage équitable
C'est l'ujage ancien
Boy ton verre & moy le
1 mien
1 Chacun hoitfin bien.
LA JUSTICE.
Ni par Cujas ni par
Barthole
On ne fuit point exactementlaloy
Tous les contrats du Protocole
N'établiront jamais la
bonne fol
Lesfrancs buveurs de leur
vin font à table
Vnpartage équitable
C'est l'ujage ancien
Boy ton verre & moy le
1 mien
1 Chacun hoitfin bien.
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846
p. 165-166
SUR LA PEINTURE.
Début :
Si Raphaël peint le sublime [...]
Mots clefs :
Peinture
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUR LA PEINTURE.
SUR
LA PEINTURE.
Si Raphaëlpeint le Jublime
Si le Correge a peint Cfaces
& Ris
y Si le Brun les Tableaux
anime3
Et si Rubens excelle en
coloris
Mieux que Calot en grotesque
figure
Je charge la nature
1
Le plaijant tableau
Que je peints dans mon
cerveau 1 Parce vin nourvcau.
LA PEINTURE.
Si Raphaëlpeint le Jublime
Si le Correge a peint Cfaces
& Ris
y Si le Brun les Tableaux
anime3
Et si Rubens excelle en
coloris
Mieux que Calot en grotesque
figure
Je charge la nature
1
Le plaijant tableau
Que je peints dans mon
cerveau 1 Parce vin nourvcau.
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847
p. 167-168
SUR MON MERCURE GALANT.
Début :
Mercure vôle à tire d'ailes [...]
Mots clefs :
Mercure galant, Mercure
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUR MON MERCURE GALANT.
SUR.
MONMERCURE
GALANT.
Mercure vole à tire
d'ailes
Pour mapporter du bout
de l'univers
Des jeux galants es des
nouvelles
> Du vrAY, dufaux3 de la
prose & J des vers enfais le choix en invoquant
Minerve
JVLais pour entrertn verve
Je l'invoque en vain
Je n'attends ce feu divin
Que du Dieu du vin.
MONMERCURE
GALANT.
Mercure vole à tire
d'ailes
Pour mapporter du bout
de l'univers
Des jeux galants es des
nouvelles
> Du vrAY, dufaux3 de la
prose & J des vers enfais le choix en invoquant
Minerve
JVLais pour entrertn verve
Je l'invoque en vain
Je n'attends ce feu divin
Que du Dieu du vin.
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848
p. 181-185
Dates. [titre d'après la table]
Début :
Je m'apperçois icy d'une suite de dates du [...]
Mots clefs :
Dates, Époque, Exactitude
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Dates. [titre d'après la table]
Je mapperçois icy
d'une fuite de dates du
25. qui font un, effet af
fez ridiculeàlavûë. Ce(jt
une exactitude outréede
l'Imprimeur, à qui j'ay
recommandé de repeter
plutost vingt dates inutiles
que d'en obmettre
une necessaire.
On ne trouve ordinairement
dans les Gazettes
que les dates du jour
qu'on reçoit les Nouvelles
, c'est la date des
faits où je mattacheray
avec soin, & qui fera
une singularité utile dans
mon Journal.
Les dates sont plus
utiles qu'on ne pense.
C'est pour plusieurs personnes
une Memoire locale
qui les fait souvenir
de la pluspart des actions
de leur vie. Par
exemple
,
le jour qu'un
tel estentré en Charge,
peut servir d'Epoque à la
ruine d'une Famille,ouà
l'élévation d'une autre.
Un Pere avare ce/Te
de vivre: c'est l'Epoque
ou commence la pra
digalité du Fils.
DamonSc Dorimene
s'épouserent le 15. Décembre.
Ils se dévisagerent
le 18. De ces Epoquesl'on
en voit assez.
Le même jour où Belife
fut inconstante, son
Amant fidele mourut de
desespoir. De ces Epoques
,
l'on n'en voit
plus.
Vous voyez que les
dates font bonnes à mille
choses
,
sans compter
l'honneur que l'exactitude
des dates fait aux
Nouvellistes : c'est leur
erudition
,
cest aussi la
ressource de quelques
beaux esprits, que les dates
anciennes & sçavan-
* tes font briller dans les
Conventions comme
une Table exacte brille à
la fin d'un Livre.
d'une fuite de dates du
25. qui font un, effet af
fez ridiculeàlavûë. Ce(jt
une exactitude outréede
l'Imprimeur, à qui j'ay
recommandé de repeter
plutost vingt dates inutiles
que d'en obmettre
une necessaire.
On ne trouve ordinairement
dans les Gazettes
que les dates du jour
qu'on reçoit les Nouvelles
, c'est la date des
faits où je mattacheray
avec soin, & qui fera
une singularité utile dans
mon Journal.
Les dates sont plus
utiles qu'on ne pense.
C'est pour plusieurs personnes
une Memoire locale
qui les fait souvenir
de la pluspart des actions
de leur vie. Par
exemple
,
le jour qu'un
tel estentré en Charge,
peut servir d'Epoque à la
ruine d'une Famille,ouà
l'élévation d'une autre.
Un Pere avare ce/Te
de vivre: c'est l'Epoque
ou commence la pra
digalité du Fils.
DamonSc Dorimene
s'épouserent le 15. Décembre.
Ils se dévisagerent
le 18. De ces Epoquesl'on
en voit assez.
Le même jour où Belife
fut inconstante, son
Amant fidele mourut de
desespoir. De ces Epoques
,
l'on n'en voit
plus.
Vous voyez que les
dates font bonnes à mille
choses
,
sans compter
l'honneur que l'exactitude
des dates fait aux
Nouvellistes : c'est leur
erudition
,
cest aussi la
ressource de quelques
beaux esprits, que les dates
anciennes & sçavan-
* tes font briller dans les
Conventions comme
une Table exacte brille à
la fin d'un Livre.
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Résumé : Dates. [titre d'après la table]
Le texte aborde l'importance des dates dans les journaux et les gazettes. L'auteur critique une erreur de date dans un document et insiste sur la nécessité de précision. Il observe que les gazettes indiquent souvent les dates de réception des nouvelles plutôt que celles des événements eux-mêmes. Pour se distinguer, l'auteur décide de privilégier les dates des faits dans son journal. Les dates sont présentées comme des repères mémoriels essentiels pour les actions importantes de la vie, telles que l'entrée en charge d'une personne, qui peut marquer la ruine ou l'élévation d'une famille, ou le début de la prodigalité d'un fils après la mort d'un père avare. Le texte mentionne également des événements personnels, comme le mariage et la séparation de Damon et Dorimène, ou la mort d'un amant fidèle après l'inconstance de son amante. Enfin, l'auteur souligne que les dates sont cruciales pour l'honneur des nouvellistes, constituant leur érudition et une ressource pour les beaux esprits dans les conventions.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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849
p. 186-195
Clergé. [titre d'après la table]
Début :
De Versailles le 25. Juillet. LE 20. JUIN Messieurs [...]
Mots clefs :
Dieu, Harangue, Évêque de Troyes, Clergé, Versailles
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Clergé. [titre d'après la table]
DeVerfailles le 2J.
Juillet.
LE 20. JUIN Messieurs
les Deputez de l'Assemblée
generale du Clergé,qui a
commencéle 10. Mars, eurent
audiance du Roy. Ils
furent accompagnez par Mr
le Comte de Pontchartrain
Secretaire d'Etat, & conduits
par Mr Desgranges,
Maistre des Ceremonies.
Je n'ay pu mettre cet
Articleà son rang , parce
que j'attendois la Harangue
pour en faire
un Extrait.
Afin qu'il ne m'arrive
plus de pareils dérangemens,
j'ay imaginé de
mettre à la fin de chaque
Mercure, un Supplément
détaché, pour
y placer tout ce qui me
viendra trop tard, &; qui
pourroit retarder l'impression.
J'avertis en même
temps que je n'ay pu
parler des Familles de
cette derniere Nomination
de Juillet, faute de
loisir pour m'eninformer.
Cette faute de loisir
m'arrivera souvent,
à moins que le Public
ne me foulage en m'envoyant
des Mémoires.
Voicy l'Extrait de la
Harangue.
Mr l'Evêque de Troyes
fit une Harangue, dont
je rapporteray seulement
icy quelques endroits.
Il exposa d'abord le
respect & le dévouement
du Clergé, pour celuy
dont le Trône representele
Trône de Dieu
même; &: continua en
ces termes:
Nous voyons que le régné
de Dieu eflle modele
que V. M. fèpropofc
pour former le Jîen.Sageffi
à qui rienn-échape ;
application sans relâche
a tout connoifire & à
tout régler: Zele de la
jujiice j amour de la vérité
s fermeté toujours
égaleJgrandeur d'ame
qu'aucun evenement ne
peuttroublersquelspuifi
sans motifs de noftte pro.
fonde vénération! -)
-: Il s'étendit ensuite sur
le sujet de l'Assemblée
du Clergé: sur son ardeur
& sur sonzele à secourir
l'Etat dans une
guerre entreprise pour la
défense de la Justice&
de la Religion.
Vostreamour, continua-
t-il, pour l'Eglisè
9
est le principal motifqui
raffimble & qui arme
tantdePeuplessilsnefont
animcZoJ que contre le
Dejfruéfeur de l'Herifiç
qu'ilspoudroientrelever,
& contre le Dejfen/eur
de la Majejfé Royale
& l'unique ajjle des
Rois perjecutc pour la
Foy.
Mrl'Evêque de Troyes
fit sur la fin plusieurs
souhaits pour le bonheur
de la France; les voicy.
Que Dieu, qui difPosi
du coeur des Princes
aussi bien que de la Victoi- re. insPire à tous les
Princesliguez* des pensées
dejuflice&depaix..
& que l'abondanceprête
a succeder à une assette
fsiannsseexxeemmppllee,,rreennddee au
Royaumefin repos &sa
filicitl.
Ces souhaits, prononcez
au nom de l'Eglise,
dont les paroles font des
Oracles, me parurent
des prédictionsplutost
que des souhaits.
Plaije à Dieu, poursuivit-
il
,
d'ajoûter aux
années que vous aveZ
passées, un grand nombre
d'annéesheureuses
que nous ne cesserons de
luy demanderpourVotre
Aîajeflé.PuiJJieZj-vous
goûter le platfir de vous
voir revivre dans une
Po[terltémultipliéeSuivant
les bénédictions de
rEcriture.
EtpuijJent vos Sujets
•
combleZ.J chaquejour de
nouveauxtélnonagesd
vofirebonté3jo*uir dans
le calme & dans lajoye,
du plus precieux de tous
les biens, qui est, S [ R E)
de possèder long-temps le
plusgrand &le meilleur
des Rois.
Mre Denis-François
le Bouthillier de Chavigny,
Evêque de Troyes,
qui prononça cette Harangue
,
est fils de Mre
Armand- Léon le Bouthillier
j
aîné du nom j
Comte de Chavigny &c
de Pont - sur
- Seine,Se
d'Elisabeth Bossuet.
Juillet.
LE 20. JUIN Messieurs
les Deputez de l'Assemblée
generale du Clergé,qui a
commencéle 10. Mars, eurent
audiance du Roy. Ils
furent accompagnez par Mr
le Comte de Pontchartrain
Secretaire d'Etat, & conduits
par Mr Desgranges,
Maistre des Ceremonies.
Je n'ay pu mettre cet
Articleà son rang , parce
que j'attendois la Harangue
pour en faire
un Extrait.
Afin qu'il ne m'arrive
plus de pareils dérangemens,
j'ay imaginé de
mettre à la fin de chaque
Mercure, un Supplément
détaché, pour
y placer tout ce qui me
viendra trop tard, &; qui
pourroit retarder l'impression.
J'avertis en même
temps que je n'ay pu
parler des Familles de
cette derniere Nomination
de Juillet, faute de
loisir pour m'eninformer.
Cette faute de loisir
m'arrivera souvent,
à moins que le Public
ne me foulage en m'envoyant
des Mémoires.
Voicy l'Extrait de la
Harangue.
Mr l'Evêque de Troyes
fit une Harangue, dont
je rapporteray seulement
icy quelques endroits.
Il exposa d'abord le
respect & le dévouement
du Clergé, pour celuy
dont le Trône representele
Trône de Dieu
même; &: continua en
ces termes:
Nous voyons que le régné
de Dieu eflle modele
que V. M. fèpropofc
pour former le Jîen.Sageffi
à qui rienn-échape ;
application sans relâche
a tout connoifire & à
tout régler: Zele de la
jujiice j amour de la vérité
s fermeté toujours
égaleJgrandeur d'ame
qu'aucun evenement ne
peuttroublersquelspuifi
sans motifs de noftte pro.
fonde vénération! -)
-: Il s'étendit ensuite sur
le sujet de l'Assemblée
du Clergé: sur son ardeur
& sur sonzele à secourir
l'Etat dans une
guerre entreprise pour la
défense de la Justice&
de la Religion.
Vostreamour, continua-
t-il, pour l'Eglisè
9
est le principal motifqui
raffimble & qui arme
tantdePeuplessilsnefont
animcZoJ que contre le
Dejfruéfeur de l'Herifiç
qu'ilspoudroientrelever,
& contre le Dejfen/eur
de la Majejfé Royale
& l'unique ajjle des
Rois perjecutc pour la
Foy.
Mrl'Evêque de Troyes
fit sur la fin plusieurs
souhaits pour le bonheur
de la France; les voicy.
Que Dieu, qui difPosi
du coeur des Princes
aussi bien que de la Victoi- re. insPire à tous les
Princesliguez* des pensées
dejuflice&depaix..
& que l'abondanceprête
a succeder à une assette
fsiannsseexxeemmppllee,,rreennddee au
Royaumefin repos &sa
filicitl.
Ces souhaits, prononcez
au nom de l'Eglise,
dont les paroles font des
Oracles, me parurent
des prédictionsplutost
que des souhaits.
Plaije à Dieu, poursuivit-
il
,
d'ajoûter aux
années que vous aveZ
passées, un grand nombre
d'annéesheureuses
que nous ne cesserons de
luy demanderpourVotre
Aîajeflé.PuiJJieZj-vous
goûter le platfir de vous
voir revivre dans une
Po[terltémultipliéeSuivant
les bénédictions de
rEcriture.
EtpuijJent vos Sujets
•
combleZ.J chaquejour de
nouveauxtélnonagesd
vofirebonté3jo*uir dans
le calme & dans lajoye,
du plus precieux de tous
les biens, qui est, S [ R E)
de possèder long-temps le
plusgrand &le meilleur
des Rois.
Mre Denis-François
le Bouthillier de Chavigny,
Evêque de Troyes,
qui prononça cette Harangue
,
est fils de Mre
Armand- Léon le Bouthillier
j
aîné du nom j
Comte de Chavigny &c
de Pont - sur
- Seine,Se
d'Elisabeth Bossuet.
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Résumé : Clergé. [titre d'après la table]
Le 20 juin, les députés de l'Assemblée générale du Clergé, débutée le 10 mars, furent reçus par le roi en présence du Comte de Pontchartrain et de Desgranges. L'auteur du texte n'a pas pu inclure cet événement initialement, faute de la harangue complète. Pour éviter de tels problèmes à l'avenir, il prévoit de publier un supplément à la fin de chaque Mercure pour les informations tardives. Il mentionne également son manque d'informations sur les familles de la dernière nomination de juillet et invite le public à lui envoyer des mémoires. L'extrait de la harangue de l'Évêque de Troyes, Denis-François Le Bouthillier de Chavigny, exprime le respect et le dévouement du Clergé envers le roi. L'Évêque compare le règne de Dieu à celui du roi, soulignant ses qualités de sagesse, de justice, de vérité, de fermeté et de grandeur d'âme. Il parle de l'Assemblée du Clergé, de son ardeur à secourir l'État dans une guerre pour la défense de la justice et de la religion. L'Église est présentée comme le principal motif rassemblant et armant les peuples contre les ennemis de la Majesté Royale. L'Évêque exprime des souhaits pour le bonheur de la France, espérant la justice et la paix, et prie pour de nombreuses années heureuses pour le roi et ses sujets.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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850
p. 198-204
Reflexion sur cet Avis. [titre d'après la table]
Début :
Avant qu'on m'eût donné cet Avis, j'avois [...]
Mots clefs :
Mercure galant, Galanterie, Titre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Reflexion sur cet Avis. [titre d'après la table]
Avant quonm'eût
donné cet Avis, j'avois
déja fait reflexion que
mon Titre m'engageroit
à parler quelquefois de
Galanterie. Je m'y fuis
engagé volontiers , &C
je m'engage même d'en
parler souvent ; mais
quand je n'en parlerois
point du tout, je ne laifserois
pas d'appeller mon
Livre le Mercure Galant,
comme on appelle
le Pont neuf un Pont
qui n'est pas plus neuf,
que les derniers Mercu
res estoient Galants.
1
-
Dansle temps que le
- mot de Galant estoiten
honneur
:J
je crois que
l'usage n'en faisoit que
desapplications honorables
, & pour faire en un
-
mot l'éloge de quelqu'-
un, on disoit,c'est unga*
lant homme.A cet égard,
l'usage n'a point changé,
&l'on dit encore en tresbonne
part,c'estun galant
homme;mais c'estun
homme galant ne se dit
plus gueres sans qu'on
n'y joigne certaineidée
de fadeur& de petitesse.
J'admirecomme tout
dégénéré:je nevoudrois
pas jurer que Femme
galante n'aitesté jadis
un titre honorable.
Quoy qu'en bonne&
severe Morale, la Galantcrie
soit un dereglement
par rapport à la vertu,
elle ne laisse pas de regler
le vice; c'est- à-dire de
contenir l'Amour dans
- les bornes du respect &
de la bien-séance.
A coût prendre, on
pourroit avancer que la
Galanterie reforme plus
devices qu'elle ne détruit
de vertus, & qu'-
ainsi elle est utile &presque
necessaire à lafocieté
civile. Mais supposons
qu'elle ne soit pas necessaire
à la societé, elle l'est
du moins à tous ceux
qui veulent écrire galemment.
Pour ecriregalammentil
êtregalant. Parcette Maxime
commune je vais
convaincre d'erreur ceux
qui soûtiennent qu'il n'y
a plus parmi nous ni galanterie
ni delicatesse.
Voici mon Argument. !
Trois Auteurs differents
m'ont envoyé une
Ode & deux Madrigaux
,
qui ne peuvent
avoir cite dictez que par
le Genie de la Galanterie,
Voila donc trois hommes
galants; cela suppose
au moins autant de
femmes du même goust
àquiils ont voulu plal.,
re } trois & troisfont six,
c'est toûjours quelque
chose. Qu'on ne me dise
donc point qu'il n'y a
plus d'A mants galants.
donné cet Avis, j'avois
déja fait reflexion que
mon Titre m'engageroit
à parler quelquefois de
Galanterie. Je m'y fuis
engagé volontiers , &C
je m'engage même d'en
parler souvent ; mais
quand je n'en parlerois
point du tout, je ne laifserois
pas d'appeller mon
Livre le Mercure Galant,
comme on appelle
le Pont neuf un Pont
qui n'est pas plus neuf,
que les derniers Mercu
res estoient Galants.
1
-
Dansle temps que le
- mot de Galant estoiten
honneur
:J
je crois que
l'usage n'en faisoit que
desapplications honorables
, & pour faire en un
-
mot l'éloge de quelqu'-
un, on disoit,c'est unga*
lant homme.A cet égard,
l'usage n'a point changé,
&l'on dit encore en tresbonne
part,c'estun galant
homme;mais c'estun
homme galant ne se dit
plus gueres sans qu'on
n'y joigne certaineidée
de fadeur& de petitesse.
J'admirecomme tout
dégénéré:je nevoudrois
pas jurer que Femme
galante n'aitesté jadis
un titre honorable.
Quoy qu'en bonne&
severe Morale, la Galantcrie
soit un dereglement
par rapport à la vertu,
elle ne laisse pas de regler
le vice; c'est- à-dire de
contenir l'Amour dans
- les bornes du respect &
de la bien-séance.
A coût prendre, on
pourroit avancer que la
Galanterie reforme plus
devices qu'elle ne détruit
de vertus, & qu'-
ainsi elle est utile &presque
necessaire à lafocieté
civile. Mais supposons
qu'elle ne soit pas necessaire
à la societé, elle l'est
du moins à tous ceux
qui veulent écrire galemment.
Pour ecriregalammentil
êtregalant. Parcette Maxime
commune je vais
convaincre d'erreur ceux
qui soûtiennent qu'il n'y
a plus parmi nous ni galanterie
ni delicatesse.
Voici mon Argument. !
Trois Auteurs differents
m'ont envoyé une
Ode & deux Madrigaux
,
qui ne peuvent
avoir cite dictez que par
le Genie de la Galanterie,
Voila donc trois hommes
galants; cela suppose
au moins autant de
femmes du même goust
àquiils ont voulu plal.,
re } trois & troisfont six,
c'est toûjours quelque
chose. Qu'on ne me dise
donc point qu'il n'y a
plus d'A mants galants.
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Résumé : Reflexion sur cet Avis. [titre d'après la table]
Le texte aborde la notion de galanterie et son importance dans la société. L'auteur est amené à discuter de ce sujet en raison du titre de son livre, 'Le Mercure Galant'. Autrefois, le terme 'galant' était honorable et utilisé pour complimenter quelqu'un. Cependant, 'homme galant' peut désormais évoquer de la fadeur et de la petitesse. La galanterie, bien que moralement discutable, régule le vice en encadrant l'amour dans les limites du respect et de la bienséance. Elle est perçue comme utile et nécessaire à la société civile. L'auteur souligne que la galanterie est essentielle pour ceux qui souhaitent écrire de manière élégante. Il réfute l'idée que la galanterie et la délicatesse aient disparu, en se basant sur des œuvres littéraires récentes qui témoignent de la présence de personnes galantes.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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