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1
p. 81-85
Montre à eau. [titre d'après la table]
Début :
Je vous parlay dans ma Lettre du mois de Mars 1678 [...]
Mots clefs :
Muse, Mathématique, Parnasse, Montre, Ouvrage, Invention , Eau, Aiguilles, Cadran, Étui, Décors, Saisons, Pyramide, Admiration
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texteReconnaissance textuelle : Montre à eau. [titre d'après la table]
Je vous parlay dans ma Lettre
du mois de Mars 1678.d'une
dixiéme Muſe qui fe trouvoit
au Parnaffe de Sainte
Geneviefve , & vous appris
par celle du mois de Juillet
de la mefme année , qu'elle
avoit un Fils qui fans avoir
jamais appris les Mathematiques
, avoit fait une Montre
qui alloit un an entier,
fans qu'on fuft obligé de la
remonter , & qu'il eſtoit venu
à bout de ce merveilleux
Ouvrage , par les feules lu82
MERCURE
le
mieres que luy avoit prefte
la Nature . Il a fait une autre
Montre d'une invention
toute nouvelle . Elle eft à
Eau , & il n'en faut qu'une
chopine pour en entretenir
mouvement pendant
vingt fix heures . Ce n'eſt
que la pefanteur de l'air , &
la quantité de fes Colomnes
qui la font fortir de fon
refervoir jufqu'à la derniere
goute , & par un mouve
ment jufte & imperceptible
, cette Eau fait tourner
l'Aiguille du Cadran. Sa
Figure eft pyramidale , dans
GALANT. 83
l'efpace d'un pied en quarré.
L'Etuy , qui eft d'une Architecture
d'ordre Ionique , eft
enrichy de Coquillages de
differente groffeur , qui luy
fervent d'ornement avec
quelques Portraits & Païfages.
Aux quatre coins
font les quatre Saifons de
l'année
, qui partagent
le
temps par quatre Figures
d'émail. La premiere tient
une Fleur qui fignifie le
Printemps
; la feconde
,
une Gerbe de bled qui marque
l'Efté , la troifiéme un
Raifin , qui fait connoiſtre
1
84 MERCURE
l'Automne , & la derniere
un Fagot , pour faire entendre
l'Hyver. Plus haut font
les cinq Sens de Nature,
dont la veuë qui eſt le dernier
& le plus noble , tient
une Lunette dans fa main ,
& termine la Pyramide . Au
deffous on lit ce paffage du
fecond Livre des Roys , Si
cut aquæ dilabimur. Plufieurs
Sçavans dans les Mathematiques
Hidrauliques , ſont
venus voir ce Chef d'oeuvre
pour tâcher d'en découvrir
le fecret ; mais ils
n'ont pû en venir à bout ,
,
GALANT. 85
& ont efté obligez de fe contenter
de l'admirer.
du mois de Mars 1678.d'une
dixiéme Muſe qui fe trouvoit
au Parnaffe de Sainte
Geneviefve , & vous appris
par celle du mois de Juillet
de la mefme année , qu'elle
avoit un Fils qui fans avoir
jamais appris les Mathematiques
, avoit fait une Montre
qui alloit un an entier,
fans qu'on fuft obligé de la
remonter , & qu'il eſtoit venu
à bout de ce merveilleux
Ouvrage , par les feules lu82
MERCURE
le
mieres que luy avoit prefte
la Nature . Il a fait une autre
Montre d'une invention
toute nouvelle . Elle eft à
Eau , & il n'en faut qu'une
chopine pour en entretenir
mouvement pendant
vingt fix heures . Ce n'eſt
que la pefanteur de l'air , &
la quantité de fes Colomnes
qui la font fortir de fon
refervoir jufqu'à la derniere
goute , & par un mouve
ment jufte & imperceptible
, cette Eau fait tourner
l'Aiguille du Cadran. Sa
Figure eft pyramidale , dans
GALANT. 83
l'efpace d'un pied en quarré.
L'Etuy , qui eft d'une Architecture
d'ordre Ionique , eft
enrichy de Coquillages de
differente groffeur , qui luy
fervent d'ornement avec
quelques Portraits & Païfages.
Aux quatre coins
font les quatre Saifons de
l'année
, qui partagent
le
temps par quatre Figures
d'émail. La premiere tient
une Fleur qui fignifie le
Printemps
; la feconde
,
une Gerbe de bled qui marque
l'Efté , la troifiéme un
Raifin , qui fait connoiſtre
1
84 MERCURE
l'Automne , & la derniere
un Fagot , pour faire entendre
l'Hyver. Plus haut font
les cinq Sens de Nature,
dont la veuë qui eſt le dernier
& le plus noble , tient
une Lunette dans fa main ,
& termine la Pyramide . Au
deffous on lit ce paffage du
fecond Livre des Roys , Si
cut aquæ dilabimur. Plufieurs
Sçavans dans les Mathematiques
Hidrauliques , ſont
venus voir ce Chef d'oeuvre
pour tâcher d'en découvrir
le fecret ; mais ils
n'ont pû en venir à bout ,
,
GALANT. 85
& ont efté obligez de fe contenter
de l'admirer.
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Résumé : Montre à eau. [titre d'après la table]
Le texte décrit deux inventions horlogères remarquables. La première montre, mentionnée en mars et juillet 1678, fonctionne sans remontage pendant un an grâce à des principes naturels. La seconde invention est une montre à eau, alimentée par une chopine d'eau, capable de fonctionner pendant vingt-six heures. L'eau, mue par la pression atmosphérique et la gravité, fait tourner l'aiguille de manière fluide et imperceptible. Cette montre a une forme pyramidale, mesure un pied carré, et son étui ionique est décoré de coquillages, portraits et paysages. Les quatre saisons sont représentées par des figures d'émail aux coins, chacune tenant un symbole approprié : une fleur pour le printemps, une gerbe de blé pour l'été, un raisin pour l'automne et un fagot pour l'hiver. Au sommet, les cinq sens sont illustrés, avec la vue tenant une lunette. Une inscription latine, 'Si cut aquæ dilabimur', figure à la base. Plusieurs experts en mathématiques hydrauliques ont admiré cette montre sans réussir à en percer le secret.
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2
p. 201-205
Fontaine de la Piramide, [titre d'après la table]
Début :
Au bout de cette Allée on voit la Fontaine de la Pyramide. [...]
Mots clefs :
Fontaine de la pyramide, Figures, Tritons, Bassins, Marbre blanc, Nappe, Naturel, Pyramide, Nymphes, Ensemble
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texteReconnaissance textuelle : Fontaine de la Piramide, [titre d'après la table]
Au bout de cette Allée on
voit la Fontaine de la Piramide.
Elle est composée de quatre
Baffins de marbre blanc,,
les uns fur les autres , dont le
premier a 12. pieds de diametre
, & eft fait d'un ſeul
bloc de marbre. C'eſt peuteſtre
le plus grand ouvrage
que l'on puiſſe voir d'un ſeul
des Amb. de Siam.
195
mar
ner
morceaux. Les trois autres qui
font moins grands , ſont proportionez
à ce premier. Il
eſt porté par quatre Tritons
to plus grands que le naturel.
Les autres ſont ſoutenus de
meſme , mais avec la dimi
nution neceffaire tant pour
les Figures que pour les Baffins..
Tout cet ouvrage eft
de marbre blanc , & les Piédeſtaux
de marbre de coufleur.
Toutes les Figures &
tous les ornemens font de
bronze ; & le tout enſemble
pe Be fait qu'une nape d'eau ,
au traversde laquelle on apperçoit
les Figures.. Au bas
vras
196 SuiteduVoyage
de cette Pyramide eſt un
grand quarré d'eau qui en
reçoit la décharge , & qui
forme une nape qui couvre
un fort grand Bas-relief. On
voit au travers de la nape ,
huit ou dix Nymphes de
grandeur naturelle , qui ſe
baignent. Aux côtez de ce
Bas- relief font encore d'autres
Bas-reliefs qui reprefentent
des Fleuves , des Nymphes
& quelques Enfans , le
tout grand comme le naturel,
&fait par Me Girardon. Toutes
ces Figures la font fort
eſtimées.
Je ne ſçay ſi je pourray
yous
des Amb. de Siam.
197
vous bien exprimer le deluige
d'eau qu'on voit de l'en-
( droit où eſtoient les Ambaf-
But fadeurs. Ils avoient en face
Fallée d'eau & la Pyramide
a que je viens de vous décrire,
aux deux côtez le lieu appelé
les Trois Fontaines , &
de l'arc de Triomphe ; & derdriere
, la Fontaine du Dragon,
re & la grande piece de Nep-
Ne tune. Tout cela peut joüer
as enſemble , & eſt vû en même
temps ; &c'eſtà vous à vous
I figurer la beauté de ce ſpectacle
, en vous repreſentant
laprodigieuſe quantité d'eaux
qui fortent de tous ces endroits
.
voit la Fontaine de la Piramide.
Elle est composée de quatre
Baffins de marbre blanc,,
les uns fur les autres , dont le
premier a 12. pieds de diametre
, & eft fait d'un ſeul
bloc de marbre. C'eſt peuteſtre
le plus grand ouvrage
que l'on puiſſe voir d'un ſeul
des Amb. de Siam.
195
mar
ner
morceaux. Les trois autres qui
font moins grands , ſont proportionez
à ce premier. Il
eſt porté par quatre Tritons
to plus grands que le naturel.
Les autres ſont ſoutenus de
meſme , mais avec la dimi
nution neceffaire tant pour
les Figures que pour les Baffins..
Tout cet ouvrage eft
de marbre blanc , & les Piédeſtaux
de marbre de coufleur.
Toutes les Figures &
tous les ornemens font de
bronze ; & le tout enſemble
pe Be fait qu'une nape d'eau ,
au traversde laquelle on apperçoit
les Figures.. Au bas
vras
196 SuiteduVoyage
de cette Pyramide eſt un
grand quarré d'eau qui en
reçoit la décharge , & qui
forme une nape qui couvre
un fort grand Bas-relief. On
voit au travers de la nape ,
huit ou dix Nymphes de
grandeur naturelle , qui ſe
baignent. Aux côtez de ce
Bas- relief font encore d'autres
Bas-reliefs qui reprefentent
des Fleuves , des Nymphes
& quelques Enfans , le
tout grand comme le naturel,
&fait par Me Girardon. Toutes
ces Figures la font fort
eſtimées.
Je ne ſçay ſi je pourray
yous
des Amb. de Siam.
197
vous bien exprimer le deluige
d'eau qu'on voit de l'en-
( droit où eſtoient les Ambaf-
But fadeurs. Ils avoient en face
Fallée d'eau & la Pyramide
a que je viens de vous décrire,
aux deux côtez le lieu appelé
les Trois Fontaines , &
de l'arc de Triomphe ; & derdriere
, la Fontaine du Dragon,
re & la grande piece de Nep-
Ne tune. Tout cela peut joüer
as enſemble , & eſt vû en même
temps ; &c'eſtà vous à vous
I figurer la beauté de ce ſpectacle
, en vous repreſentant
laprodigieuſe quantité d'eaux
qui fortent de tous ces endroits
.
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Résumé : Fontaine de la Piramide, [titre d'après la table]
La Fontaine de la Pyramide, située au bout d'une allée, est composée de quatre bassins de marbre blanc superposés. Le premier bassin, d'un diamètre de 12 pieds, est taillé dans un seul bloc de marbre, probablement le plus grand ouvrage de marbre blanc des ambassadeurs de Siam. Les trois autres bassins, plus petits, sont proportionnés au premier. Chaque bassin est soutenu par des Tritons surdimensionnés. L'ensemble de la structure est en marbre blanc, avec des piédestaux en marbre coloré et des figures en bronze. L'eau forme une nappe transparente permettant d'apercevoir les figures. Au bas de la pyramide se trouve un grand bassin carré recevant l'eau et couvrant un vaste bas-relief. À travers cette nappe, on distingue huit à dix nymphes de grandeur naturelle. Autour de ce bas-relief, d'autres bas-reliefs représentent des fleuves, des nymphes et des enfants, tous de taille naturelle et réalisés par Me Girardon. Ces figures sont très appréciées. Le texte mentionne également l'impressionnante quantité d'eau visible depuis un point de vue élevé, avec plusieurs fontaines et structures environnantes, comme les Trois Fontaines, l'arc de Triomphe et la Fontaine du Dragon, créant un spectacle majestueux.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3
p. 1794-1800
« MONUMENTI AElia Laelia Crispis, sive celeberrimi AEnigmatis Bononiensis, [...] »
Début :
MONUMENTI AElia Laelia Crispis, sive celeberrimi AEnigmatis Bononiensis, [...]
Mots clefs :
Épitaphe, Tombeau, Monument, Pyramide, Dieu
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texteReconnaissance textuelle : « MONUMENTI AElia Laelia Crispis, sive celeberrimi AEnigmatis Bononiensis, [...] »
MONUMENTI Elia Lælia Crifpis ,.
five celeberrimi Enigmatis Bononienfis ,
Hiftorica Explicatio , Fragmentum Anti--
quum incerti Auctoris Bononiæ Senatui :
FRANCISCUS MASTRIUS . Additis
aliquibus Notis D. D. D. Bononiæ , typis
Conftantini Pifarri , vol . in- 4. 1717. C'eſtà-
dire ,, EXPLICATION hiftorique de las
fameufe Epitaphe énigmatique de Boulogne ,
&c. dédiée au Sénat de cette Ville, parFrançois
Mafirius, & c..
+
Comme ces Sçavans Journaliſtes onts.
parlé de ce Livre en l'année 1706. à l'oc--
afion
AOUST. 1730. 1793
cafion de la premiere Edition qui en fut
faite à Veniſe en 1702. & que dès l'année
1684. ils avoient auffi parlé dans leur
Journal de l'Ouvrage compofé fur le même
fujet par le Docteur Charles- CefarMalvafia
, celebre Jurifconfulte & Profeffeur
en Droit à Boulogne , ils ont eftimé
inutile de donner deux Extraits de la Differtation
de Maftrius ; mais le Public doit
leur fçavoir gré de produire ici , au lieu
d'une répetition , l'Explication de la même
Enigme , donnée par M. Heuman ,
leur Collegue , dans une Differtation imprimée
en 1706. & réimprimée deux ans
après fous ce titre , De Fato Uxoris Loti.
Car ce Sçavant croit , & il eft étonnant ,
difent nos Journaliſtes , que cette penſée
ne foit encore venue à perfonne ; il croit ,
dis- je , que l'Auteur du Monument énigmatique
de Boulogne , n'a eu d'autre intention,
en le compofant ,que d'écrire d'u
ne maniere ingénieufe & obfcure , le
malheur arrivé à la femme de Lor . Mais
avant que de voir l'application qu'il fait
dés termes de l'Infcription au fujer que
nous venons de dire , il eft bon de rap
porter cette Infcription dans fon entier ,
& telle que Maftrius l'a donnée plus ré--
cemment dans la feconde Edition de fon
Ouvrage , faite , comme nous l'avons dit ,
à Boulogne même en l'année 1717.
E vj DI.
(1796 MERCURE DE FRANCE
D. M.
Alia Lalia Crifpis
Nec Vir Nec Mulier
Nec Androgyna
Nec Puella nec Juvenis
Nec Anus
Nec cafta nec Meretrix
Nec Pudica
Sed omnia
Sublata
Neque fame neque ferro
Neque Veneno
Sed omnibus
Nec Colo nec Terris
Nec Aquis
Sed Ubique jacet.
Lucius Agatho Prifcius
Nec Maritus nec Amator
Nec Neceffarius
Neque Moerens neque gaudens
Neque Flens
Hanc
Nec Molem nec Pyramidem
Nec
Sepulcrum
Sed omnia
Scit & nefcit cui Pofuerit.
Nous la donnerons auffi en François , afin
que tous nos Lecteurs puiffent l'entendre
juger de l'interpretation de M. Heuman ,
& ufer auffi du droit que tout le Monde
AOUST . 1730. 1797
a de s'exercer fur cette fameufe Enigme ;
dans un temps , fur tout,où les fujets énigmatiques
paroiffent devenir du gout du
Public.
AUX DIEUX MANE S.
Alia , Lalia Crifpis , qui n'eft ni Hom
me , ni Femme , ni Hermaphrodite , ni Fille,
nijeune , ni vieille , ni chafte , ni prostituée,
ni pudique, mais tout cela enfemble : qui n'eft
ni morte de faim , qui n'a été tuée ni par
le fer , ni par le poifon ; mais par ces trois
chofes ensemble : n'eft ni au Ciel , ni dans
Peau , ni dans la terre ; mais eft par tout.
Lucius Agathon Prifcius , qui n'eft ni fon
mari , ni fon amant , ni fon parent ; ni trifte
ni joyeux , ni pleurant ; fçait & ne sçait pas
pour qui il a pofé ceci , qui n'est ni Monument
, ni Pyramide , ni Tombeau.
Voici quelles font les penfées de M.Heuman.
La femme de Lot , dit- il , changée ,
felon la plus commune opinion , en Statuë
de Sel , n'étoit plus ni homme , ni femme
, ni hermaphrodite , ni rien de tout
ce que marquent les premieres lignes de
l'Epitaphe , cependant elle avoit été tout
cela enfemble. Car elle a été femme & vieille
, & d'elle ont pû fortir un homme , un
Hermaphrodite , une fille , &c. deforte qu'étant
, pour ainfi- dire , la matiere premiere
de
1798 MERCURE DE FRANCE
de toutes ces chofes , on peut dire avec
raifon qu'elle a été tout cela.
Ce qui fuit marque encore mieux fon
deftin , & convient parfaitement à la fenime
de Lot ; car elle n'a péri ni par la faim,
ni par le fer , ni par le poifon ; quoiqu'on
puiffe dire que ces trois chofes enfemble lui
ont ôté la vie. 1º . Elle avala un mortel
poifon répandu dans l'air par la pluye de
fouffre qui tomboit alors du Ciel. 2º . Elle
fouffrit une faim fpirituelle par le regret
qu'elle eut en regardant Sodome , aux
biens qu'elle y laiffoit , dont le defir &
la convoitife la devoroient , regret & faim -
dans lefquels elle ceffa de vivre. 3 ° . J'avouë
, continue M. Heuman , que le fer
m'embarraffe un peu ; peut-être l'Auteur
de l'Epitaphe a- t- il eu en vûe le récit de
quelques Voyageurs , qui content que
cette Statue de Sel eft fouvent mutilée
par ceux qui én coupent des morceauxavec
un couteau ou autre inftrument der
fer , ajoûtant que ce qu'ils en enlevent
eft auffi- tôt reproduit , enforte que la Sta--
tuë ne paroît preſque jamais défectueuſe,
ce que notre Interprete eftime fabuleux.-
Au refte , il est très - vrai de dire que
la femme de Loth n'eft ni au Ciel , ni dans
Les eaux , ni fur la terre , c'est-à - dire fépa--
rément, & cependant elle eſt partout. Car
elle eft fituée comme dans l'air , par con--
Lequenes
AOUST. 1730. 1799
fequent on peut dire qu'elle eft au Ciel ,
elle n'eft pas moins tout enſemble dans
·les eaux lorfqu'il pleut , & fur la terre
puifqu'elle eft pofée deffus .
L'Auteur de ce Monument eft Dieu.
même , ainfi il eft appellé très- à propos
Lucius , car il eft la lumiere , le Pere des
lumieres , qui habite dans une lumiere
inacceffible , &c. Le nom d'Agatho lui
convient auffi parfaitement , car nul n'eft
parfaitement bon , fi ce n'eft Dieu . Enfin ›
ce n'eſt pas fans raifon que Prifcius eft à·
la fuite de ces deux noms , c'eft en effet
ce Vieillard reſpectable qui eft ainfi repré--
fenté par le Prophete Daniel. On peut
bien dire auffi de Dieu , que ce neft ni
le Mari, ni l'Amant , ni le parent de la
femme de Loth , ainfi il n'eft pas éton--
nant qu'en dreffant ce Monument
il
n'ait été ni trifte , ni joyeux , ni en état de
verfer des larmes.
.
,
Si quelqu'un regarde ce Monument
comme une Piramide , un Sépulchre , & c . il·
s'écartera de la maniere ordinaire de par--
ler. Cependant on peut dire que la Statue
de Sel femble avoir été tout cela. En effet
elle a été tout enfemble & Monument &
Pyramide , s'élevant en l'air à la maniere
des Pyramides , elle a été auffi un Séput--
chre , qui contient une perfonne fans vie..
Enfin Dieu fait , fans doute , ce qu'il a :
Rosé,
1800 MERCURE DE FRANCE
pofé , mais on peut dire , en un lens , qu'il
nefçait pas fi c'eft là un Monument ou une
Pyramide , ou un Tombeau , car Dieu n'a
voulu faire aucune de ces trois choſes.
D'autres finiffent l'Epitaphe par ces paroles.
C'est ici un Tombeau qui ne renferme
point de Cadavre , c'eft un Cadavre qui n'a
point de Tombeau , mais c'eft un Cadavre
qui eft lui-même fon Tombeau. Ces paroles
font fi claires , dit M.Heuman , en finiffant
fon Interpretation , & s'appliquent fi parfaitement
à la femme de Loth , que ce
feror perdre le temps que d'en ajoûter ici
l'explication
five celeberrimi Enigmatis Bononienfis ,
Hiftorica Explicatio , Fragmentum Anti--
quum incerti Auctoris Bononiæ Senatui :
FRANCISCUS MASTRIUS . Additis
aliquibus Notis D. D. D. Bononiæ , typis
Conftantini Pifarri , vol . in- 4. 1717. C'eſtà-
dire ,, EXPLICATION hiftorique de las
fameufe Epitaphe énigmatique de Boulogne ,
&c. dédiée au Sénat de cette Ville, parFrançois
Mafirius, & c..
+
Comme ces Sçavans Journaliſtes onts.
parlé de ce Livre en l'année 1706. à l'oc--
afion
AOUST. 1730. 1793
cafion de la premiere Edition qui en fut
faite à Veniſe en 1702. & que dès l'année
1684. ils avoient auffi parlé dans leur
Journal de l'Ouvrage compofé fur le même
fujet par le Docteur Charles- CefarMalvafia
, celebre Jurifconfulte & Profeffeur
en Droit à Boulogne , ils ont eftimé
inutile de donner deux Extraits de la Differtation
de Maftrius ; mais le Public doit
leur fçavoir gré de produire ici , au lieu
d'une répetition , l'Explication de la même
Enigme , donnée par M. Heuman ,
leur Collegue , dans une Differtation imprimée
en 1706. & réimprimée deux ans
après fous ce titre , De Fato Uxoris Loti.
Car ce Sçavant croit , & il eft étonnant ,
difent nos Journaliſtes , que cette penſée
ne foit encore venue à perfonne ; il croit ,
dis- je , que l'Auteur du Monument énigmatique
de Boulogne , n'a eu d'autre intention,
en le compofant ,que d'écrire d'u
ne maniere ingénieufe & obfcure , le
malheur arrivé à la femme de Lor . Mais
avant que de voir l'application qu'il fait
dés termes de l'Infcription au fujer que
nous venons de dire , il eft bon de rap
porter cette Infcription dans fon entier ,
& telle que Maftrius l'a donnée plus ré--
cemment dans la feconde Edition de fon
Ouvrage , faite , comme nous l'avons dit ,
à Boulogne même en l'année 1717.
E vj DI.
(1796 MERCURE DE FRANCE
D. M.
Alia Lalia Crifpis
Nec Vir Nec Mulier
Nec Androgyna
Nec Puella nec Juvenis
Nec Anus
Nec cafta nec Meretrix
Nec Pudica
Sed omnia
Sublata
Neque fame neque ferro
Neque Veneno
Sed omnibus
Nec Colo nec Terris
Nec Aquis
Sed Ubique jacet.
Lucius Agatho Prifcius
Nec Maritus nec Amator
Nec Neceffarius
Neque Moerens neque gaudens
Neque Flens
Hanc
Nec Molem nec Pyramidem
Nec
Sepulcrum
Sed omnia
Scit & nefcit cui Pofuerit.
Nous la donnerons auffi en François , afin
que tous nos Lecteurs puiffent l'entendre
juger de l'interpretation de M. Heuman ,
& ufer auffi du droit que tout le Monde
AOUST . 1730. 1797
a de s'exercer fur cette fameufe Enigme ;
dans un temps , fur tout,où les fujets énigmatiques
paroiffent devenir du gout du
Public.
AUX DIEUX MANE S.
Alia , Lalia Crifpis , qui n'eft ni Hom
me , ni Femme , ni Hermaphrodite , ni Fille,
nijeune , ni vieille , ni chafte , ni prostituée,
ni pudique, mais tout cela enfemble : qui n'eft
ni morte de faim , qui n'a été tuée ni par
le fer , ni par le poifon ; mais par ces trois
chofes ensemble : n'eft ni au Ciel , ni dans
Peau , ni dans la terre ; mais eft par tout.
Lucius Agathon Prifcius , qui n'eft ni fon
mari , ni fon amant , ni fon parent ; ni trifte
ni joyeux , ni pleurant ; fçait & ne sçait pas
pour qui il a pofé ceci , qui n'est ni Monument
, ni Pyramide , ni Tombeau.
Voici quelles font les penfées de M.Heuman.
La femme de Lot , dit- il , changée ,
felon la plus commune opinion , en Statuë
de Sel , n'étoit plus ni homme , ni femme
, ni hermaphrodite , ni rien de tout
ce que marquent les premieres lignes de
l'Epitaphe , cependant elle avoit été tout
cela enfemble. Car elle a été femme & vieille
, & d'elle ont pû fortir un homme , un
Hermaphrodite , une fille , &c. deforte qu'étant
, pour ainfi- dire , la matiere premiere
de
1798 MERCURE DE FRANCE
de toutes ces chofes , on peut dire avec
raifon qu'elle a été tout cela.
Ce qui fuit marque encore mieux fon
deftin , & convient parfaitement à la fenime
de Lot ; car elle n'a péri ni par la faim,
ni par le fer , ni par le poifon ; quoiqu'on
puiffe dire que ces trois chofes enfemble lui
ont ôté la vie. 1º . Elle avala un mortel
poifon répandu dans l'air par la pluye de
fouffre qui tomboit alors du Ciel. 2º . Elle
fouffrit une faim fpirituelle par le regret
qu'elle eut en regardant Sodome , aux
biens qu'elle y laiffoit , dont le defir &
la convoitife la devoroient , regret & faim -
dans lefquels elle ceffa de vivre. 3 ° . J'avouë
, continue M. Heuman , que le fer
m'embarraffe un peu ; peut-être l'Auteur
de l'Epitaphe a- t- il eu en vûe le récit de
quelques Voyageurs , qui content que
cette Statue de Sel eft fouvent mutilée
par ceux qui én coupent des morceauxavec
un couteau ou autre inftrument der
fer , ajoûtant que ce qu'ils en enlevent
eft auffi- tôt reproduit , enforte que la Sta--
tuë ne paroît preſque jamais défectueuſe,
ce que notre Interprete eftime fabuleux.-
Au refte , il est très - vrai de dire que
la femme de Loth n'eft ni au Ciel , ni dans
Les eaux , ni fur la terre , c'est-à - dire fépa--
rément, & cependant elle eſt partout. Car
elle eft fituée comme dans l'air , par con--
Lequenes
AOUST. 1730. 1799
fequent on peut dire qu'elle eft au Ciel ,
elle n'eft pas moins tout enſemble dans
·les eaux lorfqu'il pleut , & fur la terre
puifqu'elle eft pofée deffus .
L'Auteur de ce Monument eft Dieu.
même , ainfi il eft appellé très- à propos
Lucius , car il eft la lumiere , le Pere des
lumieres , qui habite dans une lumiere
inacceffible , &c. Le nom d'Agatho lui
convient auffi parfaitement , car nul n'eft
parfaitement bon , fi ce n'eft Dieu . Enfin ›
ce n'eſt pas fans raifon que Prifcius eft à·
la fuite de ces deux noms , c'eft en effet
ce Vieillard reſpectable qui eft ainfi repré--
fenté par le Prophete Daniel. On peut
bien dire auffi de Dieu , que ce neft ni
le Mari, ni l'Amant , ni le parent de la
femme de Loth , ainfi il n'eft pas éton--
nant qu'en dreffant ce Monument
il
n'ait été ni trifte , ni joyeux , ni en état de
verfer des larmes.
.
,
Si quelqu'un regarde ce Monument
comme une Piramide , un Sépulchre , & c . il·
s'écartera de la maniere ordinaire de par--
ler. Cependant on peut dire que la Statue
de Sel femble avoir été tout cela. En effet
elle a été tout enfemble & Monument &
Pyramide , s'élevant en l'air à la maniere
des Pyramides , elle a été auffi un Séput--
chre , qui contient une perfonne fans vie..
Enfin Dieu fait , fans doute , ce qu'il a :
Rosé,
1800 MERCURE DE FRANCE
pofé , mais on peut dire , en un lens , qu'il
nefçait pas fi c'eft là un Monument ou une
Pyramide , ou un Tombeau , car Dieu n'a
voulu faire aucune de ces trois choſes.
D'autres finiffent l'Epitaphe par ces paroles.
C'est ici un Tombeau qui ne renferme
point de Cadavre , c'eft un Cadavre qui n'a
point de Tombeau , mais c'eft un Cadavre
qui eft lui-même fon Tombeau. Ces paroles
font fi claires , dit M.Heuman , en finiffant
fon Interpretation , & s'appliquent fi parfaitement
à la femme de Loth , que ce
feror perdre le temps que d'en ajoûter ici
l'explication
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Résumé : « MONUMENTI AElia Laelia Crispis, sive celeberrimi AEnigmatis Bononiensis, [...] »
Le texte traite de l'explication historique d'une épitaphe énigmatique de Boulogne, dédiée au Sénat de cette ville par François Mastrius en 1717. Cette épitaphe a été mentionnée dans des journaux savants dès 1706 et 1684, où ils parlaient également d'un ouvrage similaire du Docteur Charles-César Malvasia. Les journalistes ont choisi de ne pas reproduire deux extraits de la dissertation de Mastrius, mais ont présenté l'explication de l'énigme par M. Heuman, publiée en 1706 et réimprimée en 1708. M. Heuman propose que l'épigramme énigmatique de Boulogne fait référence à la femme de Lot, transformée en statue de sel. Il explique que cette femme n'était plus ni homme, ni femme, ni hermaphrodite, mais avait été tout cela ensemble. Elle n'est morte ni de faim, ni par le fer, ni par le poison, mais par une combinaison de ces éléments. Heuman interprète également que la femme de Lot n'est ni au ciel, ni dans les eaux, ni sur la terre, mais partout à la fois. L'auteur du monument est identifié comme étant Dieu, représenté sous le nom de Lucius Agatho Prifcius. Dieu n'est ni le mari, ni l'amant, ni le parent de la femme de Lot, et n'a pas de sentiments humains. L'épigramme est vue comme une métaphore complexe de la condition de la femme de Lot, transformée en statue de sel.
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4
p. 2307-2310
Fête donnée par M. de Julienne, [titre d'après la table]
Début :
M. de Julienne, Chevalier de l'Ordre du Roi, Entrepreneur des Manufactures Royales [...]
Mots clefs :
Roi, Portique, Arcades, Pyramide, Colonne, Fête, Manufactures, M. de Julienne
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texteReconnaissance textuelle : Fête donnée par M. de Julienne, [titre d'après la table]
M. de Julienne , Chevalier de l'Ordre du
Roi , Entrepreneur des Manufactures Royales
des Draps& des Ecarlates des Gobelins ,
fit chanter le 17 Septembre , dans l'Egliſe
Royale & Paroiſſiale de S. Hyppolite un Te
Deum à grand Choeur, au fujet de la Convalefcence
du Roi.
Il donna à cette occafion un fouper de
25 couverts , & fit illuminer le Cloître de
l'Egliſe Paroiffiale & Collégiale de S. Marcel,
que les Chanoines lui avoient offert ,
comme un Lieu plus convenable , & à une
très-petite diftance où l'Hôtel des Manufactures
eſt ſitué.
L'Enclos
2308 MERCURE DE FRANCE.
L'Enclos de cet Hôtel eſt très-ſpacieux ;
lamoitié eſt plantée de fix rangées d'Ormes,
qui forment pluſieurs allées ,dont la principale
aboutit à la grande porte de l'Eglife.
A la tête de ces allées , on avoit conſtruit
un grand Portique , dont le milieu étoit
marqué par une grande Arcade de 10 pieds
d'ouverture fur 30 d'élévation , couronnée
d'un Fronton, fur la pointe duquel on liſoir
dans un Cartouche à fond bleu , en Ca
ractéres d'or , VIVE LE ROI. Au-deſſus
du Fronton , s'élevoit une Pyramide de 18
pieds de hauteur, terminée par une Fleur de
Lis de fix pieds. Cette Pyramide étoit auffi
peinte en bleu & garnie de Lampions ; on
voyoit vers le milieu de la Pyramide leChiffre
duRoi couronné,le tout profilé de Lampions
, ainſi que le reſte de la Décoration ,
ce qui faiſoit un très-bel effet , & qu'on
voyoit de fort loin.
La grande Arcade du milieu étoit accompagnéede
cinq moindres Arcades de chaque
côté. Toute cette ſuite d'Arcades étoit
interrompuë par une Colomne torſe, de 15
pieds de hauteur , avec ſa baze &fơn chapiteau.
Du chapiteaude chaque Colomne,s'élevoit
uneConſole pour ſervir d'appui à la corniche
de l'entablement. Sur cette corniche,on
avoit placé à l'aplomb de chaque Colomne,
des Vaſes d'une très-belle forme , & de
grandes
OCTOBRE. 1744. 2309
grandes Fleurs-de-Lis aux extrémités. Toutes
les Arcades dont on vient de parler ,
étoient ornées de Feſtons & de Guirlandes,
Au travers de ce grand Portique , de 16
toiſes de face , on voyoit dans l'éloignement
une autre Décoration , auſſi en Portique ,
repréſentant l'entrée d'un Palais en perfpective
; du milieu du Veſtibule pendoit un
Lustre de cristal , garni de bougies , & entre
les Arbres dont on a parlé , étoient encore
d'autres Luftres , qui répondoient aux Arcades
de ce Portique , &qui éclairoient des
Danſes , qui s'y étoient formées,
Pour que les Perſonnes de diſtinction
invitées à cette Fête , puſſent joüir commo
dément de ce gracieux coup d'oeil , M. de
Julienne avoit eu ſoin de faire conſtruire
un Amphithéatre , couvert & orné de Tapiſſeries
, capable de contenir 400 perfon.
nes; & afin qu'il ne manquât rien à cette
Fête , il avoit fait élever ſur chaque côté du
Cloître des Gradins , pour placer la Symphonie
, Violons , Tymbales , Trompettes
& Cors de Chaſſe , qui ſe répondoient alternativement
; & dans l'autre extrémité
étoient poſées deux piéces de Vin , qui furent
diſtribuées au Peuple. Pendant route
cette Fête , il fut tiré pluſieurs Boëres , qui
ne contribuerent pas peu à rendre cette réjoüiſſance
des plus ſolemnelles. On peut dire
!
2310 MERCURE DE FRANCE.
re enfin, que M. de Julienne, qui a été l'Inventeur
de ce Spectacle , n'a rien épargné
pour donner des marques de ſon zéle, pour,
célébrer l'heureux retour de la ſanté du
Roi.
Roi , Entrepreneur des Manufactures Royales
des Draps& des Ecarlates des Gobelins ,
fit chanter le 17 Septembre , dans l'Egliſe
Royale & Paroiſſiale de S. Hyppolite un Te
Deum à grand Choeur, au fujet de la Convalefcence
du Roi.
Il donna à cette occafion un fouper de
25 couverts , & fit illuminer le Cloître de
l'Egliſe Paroiffiale & Collégiale de S. Marcel,
que les Chanoines lui avoient offert ,
comme un Lieu plus convenable , & à une
très-petite diftance où l'Hôtel des Manufactures
eſt ſitué.
L'Enclos
2308 MERCURE DE FRANCE.
L'Enclos de cet Hôtel eſt très-ſpacieux ;
lamoitié eſt plantée de fix rangées d'Ormes,
qui forment pluſieurs allées ,dont la principale
aboutit à la grande porte de l'Eglife.
A la tête de ces allées , on avoit conſtruit
un grand Portique , dont le milieu étoit
marqué par une grande Arcade de 10 pieds
d'ouverture fur 30 d'élévation , couronnée
d'un Fronton, fur la pointe duquel on liſoir
dans un Cartouche à fond bleu , en Ca
ractéres d'or , VIVE LE ROI. Au-deſſus
du Fronton , s'élevoit une Pyramide de 18
pieds de hauteur, terminée par une Fleur de
Lis de fix pieds. Cette Pyramide étoit auffi
peinte en bleu & garnie de Lampions ; on
voyoit vers le milieu de la Pyramide leChiffre
duRoi couronné,le tout profilé de Lampions
, ainſi que le reſte de la Décoration ,
ce qui faiſoit un très-bel effet , & qu'on
voyoit de fort loin.
La grande Arcade du milieu étoit accompagnéede
cinq moindres Arcades de chaque
côté. Toute cette ſuite d'Arcades étoit
interrompuë par une Colomne torſe, de 15
pieds de hauteur , avec ſa baze &fơn chapiteau.
Du chapiteaude chaque Colomne,s'élevoit
uneConſole pour ſervir d'appui à la corniche
de l'entablement. Sur cette corniche,on
avoit placé à l'aplomb de chaque Colomne,
des Vaſes d'une très-belle forme , & de
grandes
OCTOBRE. 1744. 2309
grandes Fleurs-de-Lis aux extrémités. Toutes
les Arcades dont on vient de parler ,
étoient ornées de Feſtons & de Guirlandes,
Au travers de ce grand Portique , de 16
toiſes de face , on voyoit dans l'éloignement
une autre Décoration , auſſi en Portique ,
repréſentant l'entrée d'un Palais en perfpective
; du milieu du Veſtibule pendoit un
Lustre de cristal , garni de bougies , & entre
les Arbres dont on a parlé , étoient encore
d'autres Luftres , qui répondoient aux Arcades
de ce Portique , &qui éclairoient des
Danſes , qui s'y étoient formées,
Pour que les Perſonnes de diſtinction
invitées à cette Fête , puſſent joüir commo
dément de ce gracieux coup d'oeil , M. de
Julienne avoit eu ſoin de faire conſtruire
un Amphithéatre , couvert & orné de Tapiſſeries
, capable de contenir 400 perfon.
nes; & afin qu'il ne manquât rien à cette
Fête , il avoit fait élever ſur chaque côté du
Cloître des Gradins , pour placer la Symphonie
, Violons , Tymbales , Trompettes
& Cors de Chaſſe , qui ſe répondoient alternativement
; & dans l'autre extrémité
étoient poſées deux piéces de Vin , qui furent
diſtribuées au Peuple. Pendant route
cette Fête , il fut tiré pluſieurs Boëres , qui
ne contribuerent pas peu à rendre cette réjoüiſſance
des plus ſolemnelles. On peut dire
!
2310 MERCURE DE FRANCE.
re enfin, que M. de Julienne, qui a été l'Inventeur
de ce Spectacle , n'a rien épargné
pour donner des marques de ſon zéle, pour,
célébrer l'heureux retour de la ſanté du
Roi.
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Résumé : Fête donnée par M. de Julienne, [titre d'après la table]
Le 17 septembre, M. de Julienne, Chevalier de l'Ordre du Roi et Entrepreneur des Manufactures Royales des Draps et des Écarlates des Gobelins, organisa un Te Deum à Saint-Hippolyte pour célébrer la convalescence du Roi. Il offrit un souper de 25 couverts et illumina le cloître de l'église Saint-Marcel. L'Hôtel des Manufactures, doté d'un grand portique et d'une pyramide illuminée, fut décoré avec des colonnes torses, des consoles, des vases, des fleurs-de-lis, des festons et des guirlandes. Pour la fête, M. de Julienne fit construire un amphithéâtre couvert pour 400 personnes, avec des gradins pour une symphonie et divers instruments. Du vin fut distribué au peuple et des feux d'artifice furent tirés. M. de Julienne, inventeur de ce spectacle, n'épargna aucun effort pour célébrer le retour à la santé du Roi.
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5
p. 2311
Illumination des Théatins, [titre d'après la table]
Début :
L'illumination de la Maison des R. P. Théatins fut des plus brillantes. Le Corps de [...]
Mots clefs :
Horloge, Corps de logis, Étoile, Pyramide, Théatins
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texteReconnaissance textuelle : Illumination des Théatins, [titre d'après la table]
L'illumination de la Maiſon des R. P,
Théatinsfut des plus brillantes .Le Corps de
Logis & les deux aîles étoient éclairés de
trois grands cordons de lumiere , & les
Croiſées , qui donnent ſur la Seine , toutes
entourées de cinq rangs de Lampions. Le
Clocher de l'Horloge , qui eſt au milieu du
corps de Logis , étoit tout éclairé , & portoit
unePyramidede 6 à 7 pieds de hauteur,
terminée par une grande Etoile, qui repréſentoit
le Genie de la France , avec cette
Inſcription, GENIO GALLICO ; au-def
ſous de l'Horloge , étoit un grand Tableau,
qui repréſentoit un Soleil , fortant de l'Eclipſe
, avec cette Deviſe au-deſſus , Refurgo
clarior , & au bas , Je renais plus brillant. Ce
Tableau étoit entouré d'un nombre infini
de lumieres , qui alloient ſe rejoindre au
contour de l'Horloge & à la Pyramide, audeſſus
de laquelle brilloit l'Etoile , comme
autant de Diamans , qu'il y avoit de Lame
pions , remplis d'une graiſſe , compoſée exprès,
Théatinsfut des plus brillantes .Le Corps de
Logis & les deux aîles étoient éclairés de
trois grands cordons de lumiere , & les
Croiſées , qui donnent ſur la Seine , toutes
entourées de cinq rangs de Lampions. Le
Clocher de l'Horloge , qui eſt au milieu du
corps de Logis , étoit tout éclairé , & portoit
unePyramidede 6 à 7 pieds de hauteur,
terminée par une grande Etoile, qui repréſentoit
le Genie de la France , avec cette
Inſcription, GENIO GALLICO ; au-def
ſous de l'Horloge , étoit un grand Tableau,
qui repréſentoit un Soleil , fortant de l'Eclipſe
, avec cette Deviſe au-deſſus , Refurgo
clarior , & au bas , Je renais plus brillant. Ce
Tableau étoit entouré d'un nombre infini
de lumieres , qui alloient ſe rejoindre au
contour de l'Horloge & à la Pyramide, audeſſus
de laquelle brilloit l'Etoile , comme
autant de Diamans , qu'il y avoit de Lame
pions , remplis d'une graiſſe , compoſée exprès,
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Résumé : Illumination des Théatins, [titre d'après la table]
La Maison des Théatins fut illuminée de manière spectaculaire. Le bâtiment principal et ses ailes étaient éclairés par trois cordons de lumière. Les fenêtres sur la Seine étaient entourées de cinq rangées de lampions. Le clocher de l'horloge, surmonté d'une pyramide et d'une étoile représentant le Génie de la France, portait l'inscription 'GENIO GALLICO'. Un tableau sous l'horloge montrait un soleil sortant d'une éclipse avec la devise 'Refurgo clarior' et la phrase 'Je renais plus brillant'. Les lampions contenaient une graisse spéciale.
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6
p. 150-153
HÔTEL DE NOAILLES.
Début :
La façade de l'Hôtel, sur la ruë S. Honoré, a 30 toises de face, & est d'une fort belle [...]
Mots clefs :
Hôtel de Noailles, Roi, Colonnes, Tableau, Pyramide, Porte, Lampions, Terrines, Soleil, Architecture
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : HÔTEL DE NOAILLES.
HÔTEL DE NOAILLES.
La façade de l'Hôtel , fur la ruë S. Honoré,
a 30 toiſes de face , & eſt d'une fort
belle Architecture Moderne ; la porte cochere
, forme un avant-corps ſoutenu par
des Colonnes & Pilaſtres d'Ordonnance
Ionique , avec une attique au-deſſus ; toutes
les lignes , filets & membres d'Architecturequi
compoſent cette façade,étoientdeffinées
en Lampions & Terrines , de forte
qu'il y avoit des ſimples , doubles , triples ,
& quadruples Lampions , & Terrines
pour faire valoir & rendre la proportion
des différens membres d'Architecture ſur
NOVEMBRE. 1744. 15
leſquels les Lampions & Terrines étoient
appliquées
Au-deffus de la porte étoit un Tableau
transparent avec bordure d'emblême , &
ornement , & l'Infcription de Vive le Roi.
Le couronnement de cet avant- corps ,
eſt terminé par une balustrade , au-deſſus
de laquelle étoit élévé une grande Pyramide
de 36 pieds de hauteur , & terminée
par un Soleil.
:Au centre du Soleil étoit un Tableau
tranfparent , repréſentant la Lune , au-defſous
du Soleil ; un autre Tableau tranfparent
, repréſentant un Dauphin , &au-deffous
duDauphin, un autre Tableau tranſparent
repréſentant le chiffre du Roi, & enfin
fur la bafe de la Pyramide, un dernier Tableau
repréſentant les Armes du Roi , orné
deGuirlandes & couronnes ; aux deux côtés
de la Pyramide on voyoit quatre grands Vaſes
qui ſervoient de couronnement aux
Colonnes & Pilaftres . :
La grande & principale cour, dont l'Architecture
eſt ſemblable à celle de la face,
étoit auſſi garnie de Lampions & de Terrines.
En face de la porte cochere , eſt un beau
Veſtibule qui ſoutient une Terraſſe & Bal
luſtrade , par fix Colonnes & huit Pi
152 MERCURE DE FRANCE.
laſtres d'Ordre Compoſite , le tout def
finé en Boſſanges de feu , avec des Vaſes
de feu au-deſſus des Colonnes .
On avoit mis dans les entre- Colonnes
&dans les niches de grandes Girandoles
& des Luftres , ce qui faisoit la perfpective
la plus éclatante du point de vuë de
la ruë.
Après le Veſtibule eſt une grande porte
àdeux batans , qui laiſſoit appercevoir le
Jardin ; il étoit décoré d'une Galerie de
30 toiſes de longueur formée en feu .On appercevoit
au bout un grand Salon de feu
formé de Tableaux tranſperens , repréſentans
tous les attributs de la Guerre & de la
Victoire , & au milieu du Salon étoit un
Perſée , qui par l'artifice d'une perſpective
bien ménagée , paroiſſoit être fort éloigné.
Sur le principal corps du Bâtiment de
l'Hôtel eſt un Dôme à la Manfarde , d'une
د
belle proportion , il eſt iſolé , a 72
pieds de hauteur & par conféquent ſe
découvre de toutes parts , &principalement
de l'Appartement du Roi an Château
des Tuilleries. Ce Dôme eft couronné
par un Donjon entouré d'un Balcon
de Serrurerie .
On avoit élévé au dedans de ce Balcon ,
NOVEMBRE. 1744. 153
L
ane Pyramide triomphale à huit pans, qui
contenoit par ſon plan 7 pieds ſur 12 de
longueur , & 120 & demi de hauteur.
Elle étoit décorée dans ſes quatre principales
faces de quatre grandsTableaux tranfparens
, repréſentans des Trophées d'Armes.
Sur les quatres petites faces étoient huit
Ifs de feu ; la Pyramide étoit terminée &
couronnée d'unChapiteau d'Ordre Ionique
doré , au-deſſus étoit un Soleil à quatre
faces de 15 pieds de diamétre. Pour Deviſe
du Roi , & au centre des Soleils étoient des
Tableaux tranſparens , repréſentans les Armes
du Roi au lieu de tête, S
Le tout a été fait ſous la conduite & les
deſſeins de M. Charpentier , Architecte de
M. le Maréchal de Noailles , & exécuté
par M. Daffier Peintre.
La façade de l'Hôtel , fur la ruë S. Honoré,
a 30 toiſes de face , & eſt d'une fort
belle Architecture Moderne ; la porte cochere
, forme un avant-corps ſoutenu par
des Colonnes & Pilaſtres d'Ordonnance
Ionique , avec une attique au-deſſus ; toutes
les lignes , filets & membres d'Architecturequi
compoſent cette façade,étoientdeffinées
en Lampions & Terrines , de forte
qu'il y avoit des ſimples , doubles , triples ,
& quadruples Lampions , & Terrines
pour faire valoir & rendre la proportion
des différens membres d'Architecture ſur
NOVEMBRE. 1744. 15
leſquels les Lampions & Terrines étoient
appliquées
Au-deffus de la porte étoit un Tableau
transparent avec bordure d'emblême , &
ornement , & l'Infcription de Vive le Roi.
Le couronnement de cet avant- corps ,
eſt terminé par une balustrade , au-deſſus
de laquelle étoit élévé une grande Pyramide
de 36 pieds de hauteur , & terminée
par un Soleil.
:Au centre du Soleil étoit un Tableau
tranfparent , repréſentant la Lune , au-defſous
du Soleil ; un autre Tableau tranfparent
, repréſentant un Dauphin , &au-deffous
duDauphin, un autre Tableau tranſparent
repréſentant le chiffre du Roi, & enfin
fur la bafe de la Pyramide, un dernier Tableau
repréſentant les Armes du Roi , orné
deGuirlandes & couronnes ; aux deux côtés
de la Pyramide on voyoit quatre grands Vaſes
qui ſervoient de couronnement aux
Colonnes & Pilaftres . :
La grande & principale cour, dont l'Architecture
eſt ſemblable à celle de la face,
étoit auſſi garnie de Lampions & de Terrines.
En face de la porte cochere , eſt un beau
Veſtibule qui ſoutient une Terraſſe & Bal
luſtrade , par fix Colonnes & huit Pi
152 MERCURE DE FRANCE.
laſtres d'Ordre Compoſite , le tout def
finé en Boſſanges de feu , avec des Vaſes
de feu au-deſſus des Colonnes .
On avoit mis dans les entre- Colonnes
&dans les niches de grandes Girandoles
& des Luftres , ce qui faisoit la perfpective
la plus éclatante du point de vuë de
la ruë.
Après le Veſtibule eſt une grande porte
àdeux batans , qui laiſſoit appercevoir le
Jardin ; il étoit décoré d'une Galerie de
30 toiſes de longueur formée en feu .On appercevoit
au bout un grand Salon de feu
formé de Tableaux tranſperens , repréſentans
tous les attributs de la Guerre & de la
Victoire , & au milieu du Salon étoit un
Perſée , qui par l'artifice d'une perſpective
bien ménagée , paroiſſoit être fort éloigné.
Sur le principal corps du Bâtiment de
l'Hôtel eſt un Dôme à la Manfarde , d'une
د
belle proportion , il eſt iſolé , a 72
pieds de hauteur & par conféquent ſe
découvre de toutes parts , &principalement
de l'Appartement du Roi an Château
des Tuilleries. Ce Dôme eft couronné
par un Donjon entouré d'un Balcon
de Serrurerie .
On avoit élévé au dedans de ce Balcon ,
NOVEMBRE. 1744. 153
L
ane Pyramide triomphale à huit pans, qui
contenoit par ſon plan 7 pieds ſur 12 de
longueur , & 120 & demi de hauteur.
Elle étoit décorée dans ſes quatre principales
faces de quatre grandsTableaux tranfparens
, repréſentans des Trophées d'Armes.
Sur les quatres petites faces étoient huit
Ifs de feu ; la Pyramide étoit terminée &
couronnée d'unChapiteau d'Ordre Ionique
doré , au-deſſus étoit un Soleil à quatre
faces de 15 pieds de diamétre. Pour Deviſe
du Roi , & au centre des Soleils étoient des
Tableaux tranſparens , repréſentans les Armes
du Roi au lieu de tête, S
Le tout a été fait ſous la conduite & les
deſſeins de M. Charpentier , Architecte de
M. le Maréchal de Noailles , & exécuté
par M. Daffier Peintre.
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Résumé : HÔTEL DE NOAILLES.
L'Hôtel de Noailles, situé rue Saint-Honoré, se distingue par sa façade moderne de 30 toises, ornée de colonnes et pilastres ioniques, et une porte cochère avec une attique. La façade était illuminée par divers lampions et terrines, mettant en valeur ses éléments architecturaux. Au-dessus de la porte, un tableau transparent affichait l'inscription 'Vive le Roi'. Une pyramide de 36 pieds, couronnée d'un soleil et entourée de vases, surmontait l'avant-corps. La cour principale, également illuminée, menait à un vestibule soutenu par des colonnes composites et des pilastres, décoré de girandoles et lustres. Derrière le vestibule, un jardin ornait une galerie en feu conduisant à un salon décoré de tableaux transparents représentant des attributs de la guerre et de la victoire, avec une statue de Persée en perspective. Le bâtiment principal est couronné par un dôme mansardé de 72 pieds, visible depuis le Château des Tuileries, et surmonté d'un donjon avec un balcon en ferronnerie. Ce balcon abritait une pyramide triomphale à huit pans, décorée de tableaux transparents et de trophées d'armes, et couronnée d'un chapiteau ionique doré et d'un soleil à quatre faces. Les travaux ont été dirigés par M. Charpentier, architecte du Maréchal de Noailles, et exécutés par M. Daffier, peintre.
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7
p. 170-171
LOGOGRYPHE.
Début :
On me voit en tous lieux, & sur tout on m'admire [...]
Mots clefs :
Pyramide
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LOGOGRYPHE.
LOGO GRYPHE.
* ་
ON me voit en tous lieux , & fur tout on
m'admire
En un certain Pays que je ne veux pas dire :
Il faut ici , Lecteur , faire un effort d'efprit ;
Mon corps eft grand , il eft petit :
En combien de façons on change ſa ſtructure
Sercit chofe impoffible à dire , je te jure.
FEVRIER 1745 .
171
Il est opaque ou tranſparent ,
Fait pour les yeux , bon fous la dent ,
En marbre , en fruits , en pierre , en fucre ;
Il fait des uns la gloire & des autres le lucre :
Huit lettres compoſent mon tout ,
Combines , tu n'es pas au bout ;
Tu trouveras qu'en mes huit Lettres
Peintres, Sculpteurs & Géometres
Exercent fur moi leurs talens ,
Chacuns en genres differens
En trois lettres je forme un Element terrible
En quatre un inftrument penible,
En fix un Amant malheureux
Depuis peu remis fous nos yeux
En beaux vers & bonne mufique
Quoique fujette à la critique :
En cinq je te rappelle un combat furieux ;
Enquatre de la marchandiſe
Utile à tout , par tout de mife.
' en eft trop , mais avant de faire mes adieux ,
Je renferme cette ſubſtance
Qui de Dieu feul tient l'existence.
Par M. de LISSANCOURT de Xaintonge.
* ་
ON me voit en tous lieux , & fur tout on
m'admire
En un certain Pays que je ne veux pas dire :
Il faut ici , Lecteur , faire un effort d'efprit ;
Mon corps eft grand , il eft petit :
En combien de façons on change ſa ſtructure
Sercit chofe impoffible à dire , je te jure.
FEVRIER 1745 .
171
Il est opaque ou tranſparent ,
Fait pour les yeux , bon fous la dent ,
En marbre , en fruits , en pierre , en fucre ;
Il fait des uns la gloire & des autres le lucre :
Huit lettres compoſent mon tout ,
Combines , tu n'es pas au bout ;
Tu trouveras qu'en mes huit Lettres
Peintres, Sculpteurs & Géometres
Exercent fur moi leurs talens ,
Chacuns en genres differens
En trois lettres je forme un Element terrible
En quatre un inftrument penible,
En fix un Amant malheureux
Depuis peu remis fous nos yeux
En beaux vers & bonne mufique
Quoique fujette à la critique :
En cinq je te rappelle un combat furieux ;
Enquatre de la marchandiſe
Utile à tout , par tout de mife.
' en eft trop , mais avant de faire mes adieux ,
Je renferme cette ſubſtance
Qui de Dieu feul tient l'existence.
Par M. de LISSANCOURT de Xaintonge.
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8
p. 124-125
AUTRE.
Début :
Chez un peuple fameux dans l'Histoire & la Fable, [...]
Mots clefs :
Pyramide
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTR E.
Chez un peuple fameux dans l'Hiſtoire & la
Fable ,
De l'orgueil de ſes Rois je fus un monument.
Huit lettres font mon nom ; l'on y trouve af
amant ,
Connu par fon fort déplorable ;
Ce qui fert à faire un habit ,
Ce qu'a foin de cacher une vieille coquette ;
Une chofe très-rare ; un creux où l'eau croupit j
Ce qu'à quinze ans une fille fouhaite ;
Ce qu'on voit plus fouvent dans les mains d'un
feldar ,
NOVEMBRE. 1750. 125
Que dans celles d'un petit- maître.
Trois, quatre,cinq & huir,vont vous faire paroître
La choſe néceffaire au travail d'un forçat ;
Un homme à qui, trompés par l'efpérance ,
Bien des gens portent leur finance ;
L'endroit d'un Port où le Vaiffeau
Ne rencontre plus affez d'eau ;
Un Prince malheureux , comme Roi, comme pere;
Ce que plus d'un rimeur à la raison préfére ;
Les inftrumens d'un jeu connu dans les Caffés ;
Un péché capital , un jour de la femaine
De plus une févere peine
Que fouffriront les réprouvés ;
Une ville de Mofcovie ,
Avec un Duché d'Italie ;
Un nom qu'ont célébré le Taffe & l'Opera ;
Un Elément , & cætera.
Chez un peuple fameux dans l'Hiſtoire & la
Fable ,
De l'orgueil de ſes Rois je fus un monument.
Huit lettres font mon nom ; l'on y trouve af
amant ,
Connu par fon fort déplorable ;
Ce qui fert à faire un habit ,
Ce qu'a foin de cacher une vieille coquette ;
Une chofe très-rare ; un creux où l'eau croupit j
Ce qu'à quinze ans une fille fouhaite ;
Ce qu'on voit plus fouvent dans les mains d'un
feldar ,
NOVEMBRE. 1750. 125
Que dans celles d'un petit- maître.
Trois, quatre,cinq & huir,vont vous faire paroître
La choſe néceffaire au travail d'un forçat ;
Un homme à qui, trompés par l'efpérance ,
Bien des gens portent leur finance ;
L'endroit d'un Port où le Vaiffeau
Ne rencontre plus affez d'eau ;
Un Prince malheureux , comme Roi, comme pere;
Ce que plus d'un rimeur à la raison préfére ;
Les inftrumens d'un jeu connu dans les Caffés ;
Un péché capital , un jour de la femaine
De plus une févere peine
Que fouffriront les réprouvés ;
Une ville de Mofcovie ,
Avec un Duché d'Italie ;
Un nom qu'ont célébré le Taffe & l'Opera ;
Un Elément , & cætera.
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p. 149-150
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De mortels insensés, monument immortel, [...]
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Pyramide