Résultats : 12008 texte(s)
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3651
s. p.
TABLE.
Début :
Dedicace de l'Auteur du present Livre à son Altesse Royale [...]
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texteReconnaissance textuelle : TABLE.
TABLE.
DEdicace de l'Auteur du prefent
Livre àSon AlteffeRoya
le Monseigneurle Duc de
Chartres.
3
Vers de M. Dufresny preſentez
à Son Alteffe Royale Mon-
Seigneur le Duc d'Orleans
Regent de France. 8
Ode de M. P.fur le mêmeſujer.
14
Histoire nouvelle& veritable.
24
Apologie de l'Auteur. 83
A ij
TABLE.
84 Réponſe deMendoce .
Ode de M. l'AbbéPelegrin ,fur
leſujet proposépour le Prix de
jet propo
l'Académie Françoise.
AM. de la Motte , Conte. 101
Tres beau raisonnement de l'Auteur
LII
Lettreà Mademoiselle de L **.•
I
Sonnets ſur les rimes proposées le
mois dernier. 120
Bouquet. 129
Chanfon. 133
Chapitre des Enigmes. 136
Livres nouveaux. Article digne
de toute la curiofitédu Lecteur,
&convenable aux interêts de
TABLE.
l'Auteur. 14F
Autre belle Reflexion de l'Autear.
145
Chapitre où il est parlé difcretement
&en peu de mots de
l'Opera ,de la Foire de la
148
154
Comedie.
Nouvelle galante.
d'Afrique , voisine de Ceuta ,
Nouvelle de Melilla , Ville
?
appartenante au Roy d'Efpagne
,&affiegée depuis longtemps
par les Maures. 159
DeConstantinople.
De Londres.
De Venise....
De Vienne.
170
172
1.73
174
TABLE.
DeHambourg.
D'Edimbourg.
1
178
183
Extrait d'une Lettre de Copenbague
au fujet de l'Ambaßadeur
dePerfe. 193
Extrait des Lettres de Londres.
194
DeParis. 201
DeVernon , en Normandie. 203
Article desMorts. 204
Mariages. 221
Vers deMadameV.. àlaloüange
de Monsieur le Regent.
227
Sonnet ſur le mêmesujet. 233
Triomphe des beaux yeux d'Iris.
234
1
TABLE.
Questions dignes de l'attention
& des Réponſes de tous les
beaux efprits. 238
Ceremonie faite à S. Denis le
jour de l'inhumation de Loüis
XIV. 242
Ode à Meſſieurs de l'Académie
Françoise , prononcée dans l'Académie
le jour de la distribution
des Prix , par M. Roy.
252
Vers Latins à la loüange dujeune
Roy. 261
Compliment de l'Auteur. 264
Avis. 2671
Avis. 272
Avis utile à toutle monde. 278
TABLE .
Avis.
Avertiſſement.
THEAGE DE
LYON
280
28 1I
DEdicace de l'Auteur du prefent
Livre àSon AlteffeRoya
le Monseigneurle Duc de
Chartres.
3
Vers de M. Dufresny preſentez
à Son Alteffe Royale Mon-
Seigneur le Duc d'Orleans
Regent de France. 8
Ode de M. P.fur le mêmeſujer.
14
Histoire nouvelle& veritable.
24
Apologie de l'Auteur. 83
A ij
TABLE.
84 Réponſe deMendoce .
Ode de M. l'AbbéPelegrin ,fur
leſujet proposépour le Prix de
jet propo
l'Académie Françoise.
AM. de la Motte , Conte. 101
Tres beau raisonnement de l'Auteur
LII
Lettreà Mademoiselle de L **.•
I
Sonnets ſur les rimes proposées le
mois dernier. 120
Bouquet. 129
Chanfon. 133
Chapitre des Enigmes. 136
Livres nouveaux. Article digne
de toute la curiofitédu Lecteur,
&convenable aux interêts de
TABLE.
l'Auteur. 14F
Autre belle Reflexion de l'Autear.
145
Chapitre où il est parlé difcretement
&en peu de mots de
l'Opera ,de la Foire de la
148
154
Comedie.
Nouvelle galante.
d'Afrique , voisine de Ceuta ,
Nouvelle de Melilla , Ville
?
appartenante au Roy d'Efpagne
,&affiegée depuis longtemps
par les Maures. 159
DeConstantinople.
De Londres.
De Venise....
De Vienne.
170
172
1.73
174
TABLE.
DeHambourg.
D'Edimbourg.
1
178
183
Extrait d'une Lettre de Copenbague
au fujet de l'Ambaßadeur
dePerfe. 193
Extrait des Lettres de Londres.
194
DeParis. 201
DeVernon , en Normandie. 203
Article desMorts. 204
Mariages. 221
Vers deMadameV.. àlaloüange
de Monsieur le Regent.
227
Sonnet ſur le mêmesujet. 233
Triomphe des beaux yeux d'Iris.
234
1
TABLE.
Questions dignes de l'attention
& des Réponſes de tous les
beaux efprits. 238
Ceremonie faite à S. Denis le
jour de l'inhumation de Loüis
XIV. 242
Ode à Meſſieurs de l'Académie
Françoise , prononcée dans l'Académie
le jour de la distribution
des Prix , par M. Roy.
252
Vers Latins à la loüange dujeune
Roy. 261
Compliment de l'Auteur. 264
Avis. 2671
Avis. 272
Avis utile à toutle monde. 278
TABLE .
Avis.
Avertiſſement.
THEAGE DE
LYON
280
28 1I
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3652
s. p.
Avis pour placer la Figure.
Début :
La Figure doit regarder la page 134 [...]
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134
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134
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3653
p. 2-5
Exorde. [titre d'après la table]
Début :
In aternum permanebit memoria ejus. Le Regne [...]
Mots clefs :
Louis le Grand, Prix de l'Académie
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texteReconnaissance textuelle : Exorde. [titre d'après la table]
N aternum permanebit
nemoria ejus . Le Regne
glorieux de Louis le
Grand lera
prefent à la me-
Novembre 1715 .
A ij
4 MERCURE
moire des hommes jufqu'à la
fin des Siecles. Les premiers
efprits des Nations de la terre
ont celebré les merveilles de
Les actions , & chacun à proportion
de fon génie a voulu
chanter les louanges . Ceux
qui y ont mieux réüffi en ont
remporté les Lauriers qu'ont
merirez leurs chants.Les autres
contens de fe montrer fur la
Lice , ont fait ce qu'ils ont pû
pour remplir certe brillante
carriere ; & leur coeur a fuppléé
avec éclat , où leur efprit
n'a pas triomphé . Toutes les
Odes qui ont concouru avec
GALANT: S
celle deM Roy pour lePrix de
l'Académie qu'il a remporté ,
font de cette nature , & il n'en
elt pas une qui ne faffe honneur
à leurs Auteurs. Celle
qu'on va lire eft de ce nombre.
nemoria ejus . Le Regne
glorieux de Louis le
Grand lera
prefent à la me-
Novembre 1715 .
A ij
4 MERCURE
moire des hommes jufqu'à la
fin des Siecles. Les premiers
efprits des Nations de la terre
ont celebré les merveilles de
Les actions , & chacun à proportion
de fon génie a voulu
chanter les louanges . Ceux
qui y ont mieux réüffi en ont
remporté les Lauriers qu'ont
merirez leurs chants.Les autres
contens de fe montrer fur la
Lice , ont fait ce qu'ils ont pû
pour remplir certe brillante
carriere ; & leur coeur a fuppléé
avec éclat , où leur efprit
n'a pas triomphé . Toutes les
Odes qui ont concouru avec
GALANT: S
celle deM Roy pour lePrix de
l'Académie qu'il a remporté ,
font de cette nature , & il n'en
elt pas une qui ne faffe honneur
à leurs Auteurs. Celle
qu'on va lire eft de ce nombre.
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3654
p. 13-14
« L'Ode qu'on vient de lire fut faite, comme on l'a dit, [...] »
Début :
L'Ode qu'on vient de lire fut faite, comme on l'a dit, [...]
Mots clefs :
Roi
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texteReconnaissance textuelle : « L'Ode qu'on vient de lire fut faite, comme on l'a dit, [...] »
L'Ode qu'on vient de lire
fut faire , comme on l'a dit
fur les avantages de la Paix , &
fur l'obligation que nous
avons à Louis le Grand de nous
14 MERCURE
l'avoir procurée : celle cy eft
une des meilleures qu'on ait
faires fur la mort de ce grand.
Roy.
fut faire , comme on l'a dit
fur les avantages de la Paix , &
fur l'obligation que nous
avons à Louis le Grand de nous
14 MERCURE
l'avoir procurée : celle cy eft
une des meilleures qu'on ait
faires fur la mort de ce grand.
Roy.
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3655
p. 25-64
Extrait de l'Oraison funébre du Roy, que le R. Pere Porée a pronconé le 12. de camons dans le College des Jesuites. [titre d'après la table]
Début :
Le 12. de ce mois les Jesuites du College de Loüis le [...]
Mots clefs :
Roi, Orateur, Oraison funèbre, Collège des Jésuites, Soleil, Prince, Religion, Paix, Guerre, Corps, Succès, Vertus, Mort, Gloire, Ennemis, Père, Public, Deuil, Éloge, Royaume
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Extrait de l'Oraison funébre du Roy, que le R. Pere Porée a pronconé le 12. de camons dans le College des Jesuites. [titre d'après la table]
Le 12. de ce mois les Jefuites
du College de Lours le
Grandrendirent les devoirs funebres
au feu Roy , avecitout
l'appareil & toute la magnificence
,qu'on avoit droit d'atrendre
de leur reconnoiffance
envers la facrée Perfonne de
leur Fondateur.
La Ceremonie commença le
matin par un Service folemnel.
Outre plufieurs perfonnes de
confideration qui compofoient
l'Affemblée , on avoit
fait choix de cent Penfionnai
res d'une qualité diſtinguée ,
qui tous en grand deüil rem-
Novembre 1715. C
26 MERCURE
pliffoient la Nefde la Chapelle,
ayant à leur tefte le Chevalier
-d'Orleans , qui menoir le deuil .
Le reste au nombre de trois
cens farent obligez de demeui.
terb dans les Tribunes , parce
que le Cataphalque occupoit
une grande partie du terrain.
Le foir le P. Porrée , l'un
des Profeffeurs de la Rherorique
, prononça l'Eloge funebre
du feu Roy avec l'applau
diffement general de la plus
nombreuſe & de la plus au
gufteraſſemblée qui ſe ſoir vûë
depuis long- temps dans leur
College : Les Cardinaux de
GALANT . 27
Polignac & de Biffy , trente
Prélats tant Archevêques
qu'Evêques , plufieurs Abbez
de diftinction , des Confillers
d'Etat , Meffieurs les Avo
cats generaux , plufieurs Préfidens
& Confeillers du Parle
ment , & des autres Cours Superieures
honorerent de leur
prefence la Cérémonie.qnɔar
Pri Lorfque tous ces Meffieurs
curent pris chacun leurs places ,
le Pere Porrée prononça en La
tin l'Oraifon funebre du Roy.
Le nom de Orateur fait
F'Eloge de fa piece , & la réputation
pouvoit feule répondre
diq chim Gijimas
28
MERCURE
du fuccés. On n'a pas oublié
celle qu'il fit il y a quelques
années à la mort de Monfeigneur
le Dauphin. On y admira
dés lors , ces rares talens
pour l'Eloquence qui le font
regarder comme un des premiers
Orateurs de noftre fiecle.
C'est peu de dire qu'on
reconnoift le même Auteur
dans la picce dont nous parlons
icy. Il a fallu qu'il fe furpaffar
luy- même, pour remplir toute
l'idée que des vertus heroïques
& lesplus beau de tous les
Regnes avoient fait concevoir
du Prince qu'il avoir à reprefenter.
Rien de plus heureux
GALANT. 29
& de plus noble que le deffein
que fourniffoit naturellement
le furnom de Grand que toutes
les Nations n'ont pû refuſer
aux éminentes qualitez de
Louis XIV. L'Orateur s'y atta
chant , a montré dans les trois
parties de fon difcours que ce
Prince a merité un furnom fi
glorieux , parce qu'il a efté
Grand dans la guerre , plus
grand dans la Paix , & tres
grand par tout ce qu'il a fait
en faveur de la Religion.
Dans la premiere partie
l'Orateur commence par re-
* Divifion .
C iij
30 MERCURE
connoiftre trois fources de
grandeur pour les Princes obligez
de faire la guerre , foit
qu'on la faffe avec fuccés fous
leurs aufpices , foit qu'on la
faffe fous leurs aufpices & par
leur confeil , foit enfin qu'ils
contribuent perfonnellement
au fuccés de la guerre qui fe
fait par leur confeil & fous
leur conduite . Enfuite , paffant
fous filence routes les entreprifes
glorieufes à la France
fous les aufpices de fon Roy
encore jeune , l'Orateur vient
tout d'un coup à celles que de
Prince a fait reüffir par fes con--
"
GALANT 31
feils ou par la valeur . Là il dépeine
tout ce qui peut rendre
un Roy grand dans l'art militaire
, à fçavoir de grandes
guerres 3 de grandes vertus
de grandes actions , de grands
évenemens
, & il conclut que
toutes ces chofes qu'on voit
féparement dans les autres .
regnes fe trouvant réunies
enſemble dans celuy du feu
Roy, ont juftifié le furnom de
grand qu'il a porté.5
An conçoit aifément quel
vafte champ s'ouvre icy à l'Orateur
; un feul mot qu'il ditfournit
plufieurs pensées à
C iiij
32 MERCURE
l'Auditeur . Quelques momens
d'attention qu'on luy donne
ne laiffent rien ignorer des
exploits belliqueux d'un regner
auffi fertile en évenemens qu'il
eft fingulier dans fa longue
durée; l'énergie de l'expreflion
fupplée à la précifion du ftile
pour ne rien omettre de confi,
derable , prefqu'au même inf¬1
tant on fe trouve tranſportés
à la fuite de fon heros en Flan
dre,en Espagne, en Savoye , en
Italie , en Allemagne , en Aftique
, en Amerique fur Mery
& fur Terre pour y admirer
des prodiges de fageffe dans
GALANT. 33.
C
les confeils & de valeur dans
l'execution ; & l'on eft furpris
d'appercevoir fous le même
point de vûë ,batailles gagnées ,
fieges de Villes prifes , armees
nombreuſes mifes en déroute,
Provinces conquifes , guerres
domestiques , étrangères , heu
reuſement terminées cent
peuples jaloux humilicz , au
rant de Nations ennemies cont
traintes dimplorer la clemence
our der folliciter l'alliance d'un
Roy prefque toûjours victo
rieux , & mille autres faits merveilleux
que l'antiquité fabu
leafe n'ofarmême inventer
34 MERCURE
en faveur de fes Heros , tanti
elle les crût éloignez du vrayfemblable
, mais que la verité
de l'histoire fçaura dépeindre
dans la vie de Louis le Grand,
fans craindre le foupçon der
farterie oued infideléssivos
Tant de faits memorables
réunis enſemble nelaiffent plus :
aucun doute que Louis XIV.
n'ait eftergrand dans la guerre ; ”
mais où trouver quelque cho
fe de plus heroïque, pour mon
trer qu'il a efté encore plus .
grand dans la Paix tout autre ?
Orateur auroit peut etre té
choüé à cette ſeconde propol
GALANT 35
fition;le Pere Porréé l'a prouvé
invinciblement dans fa fecon.
de partie , en faifant voir qu'il
cft plus glorieux à un Prince
de réparer ou d'augmenter les
forces de fon Empire que d'en
étendre bien loin les limites !
de reformer par de fages loix
les abus qui fe font gliffez par
mi les peuples , que d'impofer
la loy aux étrangers ; de faire
fleurir les beaux Arts dans le
fein du Royaume , que de
porter audehors la terreur de
fon nom & d'étonner l'Univers
par le nombre & la rapidité
de fes conqueftes ; ce que Louis
*
36 MERCURE
le Grand a cu le bonheur de
faire pendant la Paix , que le
bien de l'Etat & l'amour de
fes fujets luy ont fait quelquefois
rechercher aux dépens
même de fa propre gloire , &
plus fouvent accorder à fes
ennemis auffi charmez de, fa
moderation au milieu de fes
triomphes , qu'ils avoient été
effrayez de la puiffance durant
tout le cours de les victoires.F
L'Orateur parcoure enfuire
les fruits précieux de la Paix
que la fageffe & laa vigilance
de Lous le Grand ont fait
goûter à fes fujets , la facilité
GALANT. 37
du commerce & Fabondance
établies dans le Royaume par
tous les moyens imaginables ,
la fureur des Duels reprimée ,
moins par de fanglantes exécutions
, que par la feule crainte
de déplaire au Prince qui s'engage
par ferment à punir les
coupables , les frequentes divifions
de la nobleffe & dù¹peuple
affoupies , en adouciffint
d'un cofte la fiere domination ,
& en humiliant de l'autre l'infolente
revolte ; la faveur ou
Pavarice qui s'étoient gliffez
dans quelques Tribunaux ,
bannies les foins du Prince
par
38 MERGURE
& par les confeils de cet auguſte
Senat , où l'on trouve
la Juftice toûjours voilée ,
& tou ours prête à employer
fon autorité à la défenfe de
la vertu , pu fes vives lumieres
à prononcer d'équitables
Arrefts qui peuvent fervir
de regles à tous les Juges de
la terre ; les fçavans & les letcheris
, favorifez des regards
bien - faifants de la Majefté
Royale ; les beaux arts
mis en honneur & portez dans
la France à leur derniere perfection
, par les frequentes.
largeffes que le Prince répand
tres
GALANT (39
avec profufion: fur tous ceux
quiy excellent ; ce font autant
de monumensi.confacrezo à
l'immortalité
pour éternifer
-le fouvenir d'un Roy encore
plus grand dans la Paix que
dans la guerregautanelde rémoignages
incontestables qui
fervent de preuve à cette fe
sconde Partie.god a: lavor-ob
¿ Que ne puis - je au moins
emprunter de l'Orateur des
grands traits & les nobles expreffions
qu'il a fçû y mettre
en oeuvre pour faire un parfait
caractere du Prince que les
droits de fon fang , les befoins
40 MERCURE
preffans del Etat, la fuperiorité
du merito perfonnel , tous les
voeux des grands & du peuple
appelloient également au Gou
vernement de la France ; ce fé-
Toit en faifant de ce Prince le
plus betsEloge qu'on puiffe
imaginer, le dépeindre tel qu'il
eft dans l'efprit & dans le coeur
de tous les bons François , &
& en même temps procurer à
l'Orateur toutes les louanges
qu'il merite
Refte til encore quelque
chofe de plus confiderable
pour faire voir que Louis
XIV. grand dans la guerre ,
i djang
plus
GALANT
plus grand dans la paix , a efté
tres grand par ce qu'il a fait en
faveur de la Religion ? oüy ,
lOrateur le montre dans fa
troifiéme partie en difant d'a- .
bord que la Paix & la Guerre
partageants fucceffivement
la vie des Princes , leur laiffent
moins le loifir de faire de gran- 1
des chofes dans l'un ou dans
l'autre au licu que la Reli
gion qui releve les actions dess
Princes , & qui doit les accom
pagner par tout jusqu'au tom - 1
beau , les met en état d'entreprendre
& d'executer pour
elle de tres grandes chofts
Novembre 1715ach Dawab
44 MERCURE
durant tout le cours de leur:
vie ; il fait aprés cela l'applica
tion de ce principe à ſon ſujet,
en avançant que Louis XIV.
a executé de tres grandes chofes
pendant tout le temps de
fa vie en faveur de la Religion ,
foit en la vangeant par fes
Edits des infultes qu'elle a re
ceu de fes ennemis ; foit en
contribuant , de fes bienfaits
à l'amplifier & à l'établir dans
toutes les parties du monde¹¹
foit en l'honorant & la faifant !
refpecter de les fujets par l'édification
de fes exemples.
L'impieté & l'herefie font
deux ennemis puiffants qui le
GALANT . 43
*
font élévez de tout temps contre
la Religion ; l'Orateur nous
fait remarquer quela pieré d'un
Roy tres - cheftien , qui portoit
avec juftice le titre glorieux
de fils aîné de l'Eglife , confa
cra le premier de fes Edits à la
deftruction des blafphêmes .
que des langues impies ofoient
proferer contre la Divinité.
L'Orateur nous fait voir enfuite
les foins du Roy à extirper
le Calvinifme , le Fantenime
& le Quictifme, que le zele de
ce Prince , le plus religieux qui
fot jamais , combattit en dif
ferents temps.
molinique
Dij
44 MERCURE
Je palle fous filence tant
de Temples fuperbes érigez
au Seigneur fur les ruines
de l'herefie détruite tant
d'afyles de la charité ou fon,
dez avec une magnificence
Royale , ou plus amplement
pourvûs pour fournir aux be
foins differens des miferes pur
bliques & particulières ; rant
de Miffions Etrangeres foûrenuës
de fa protection & de fes,
bienfaits chez les Nations infideles
, qui n'ont fouvent per
mis la Prédication de l'Evan
gile , ou reçû favorablement
Its Miniftres de la fainte Pa
GALANT 45
role , qu'à la recommandation
de ce grand Monarque dont
elles avoient conçu une fi haute
idée.
11010
?
Elt il aucune partie du mon
de , ajoûte Orateur , où
par ordre du Prince religieux
dont nous pleurons la pette
les intencfs de la`Religión
n'ayent pas roûjours cfté preferezà
ceux du Prince même2
Mais je ne puis omettre en,
finiflanc se que Orateur rap
porte des grands exemples de
vertus Chrêtiennes qui ont
fajt honneur à la Religion &
qui rendent ſi précieuſe devant i
2
46 - MERCURE
Dieu & devant les hommes la *
memoire du Prince qui les a
donnez pendant ſa vie & juſ
qu'à fa mort . Exemples de reconnoiffance
& de réfpect,
pour Dieu dans le temps de
la profperité ; exemples de fermeté
& de pemtence dans
l'adverfice , qui met ſouvent
les plus grands Heros au nîveau
des autres hommes"
cxemples de fidélité & de fóûmillion
aux ordres de la Pho
vidence dans l'éclypfe de la
victoire ou dans la perte de fes
chfans; exemplesde tranquillis ?
té d'efprit & de détachement?
GALANT: 47
du monde aux approches du
dernier moment qui nous ravic
un Prince digne de l'immortalité
fur la terre , fi fes vertus
morales & chrétiennes ne luy!
en avoient merité une plus
glorieufe dans le Ciel .
L'Orateur, fait voir en cet
endroit que chez luy le coeur
parle encore plus éloquemment
que l'efprit . Rien de plus
beau que les fentimens chre
tiens qu'il a cû foin de recueillir
de la bouche du Roy mourant
, qui s'attendriffant fur les
larmes qu'il voit couler autour
de lay , confole luy même les
48 MERCURE
Princes de fon fang de la mort
prochaine d'un fi bon pere ,,
& les Grands de fa Cour les fidelles
fujets , de la perte irreparable
d'un fi grand Roy
rien de plus touchant que les,
vox ardens que l'Orateur
adreffe au Cichen faveur du
jeune Roy , feul refte , mais,
refte précieux d'une Famille
augufte , fi nombreuſe il y a
quelques années , & maintenant
prefque toute, enleve teenfevelie
dans la pouffiere du tombeau ;
enfin rien de plus achevé que
l'éloge que l'Orateur fait encore
icy de Monfeigneur le
Regent ,
GALANT. 49
Regent , en qui il dit que le
jeune Roy retrouvera les
grands exemples de fon Pere ,
la tendreffe de fon Aycul , &
les fages inftructions qu'un
grand genie & une longue
experience pouvoient luy faire
attendre de fon Bifayeul .
Il n'eft pas étonnant aprés
cela que l'Orateur ait réüni en
fa faveur tous les fuffrages d'une
illuftre & nombreufe affemblée
composée de Cardinaux ,
de Prelats , & de plufieurs perfonnes
diftinguées dans la robe
& dans l'épée . Il me pardonnera
fi je n'ay pas donné icy
Novembre 1715.. E
50 MERCURE
•
une idée affez avantageufe de
fa piece. J'avoue de bonne
foy que je n'ay pû exprimer
toutes les beautez que j'y ay
remarqué ; mais peut eltre
auray je au moins excité la
curiofité du public qui s'empreffera
de la lire fi toft qu'elle
paroiftra , & cela feul me fait
efperer que l'Orateur & le
public me fçauront bon gré
demes bonnes intentions.
On diftribua un grand
nombre de pieces de Vers
Latins & François à la loüange
du feu Roy , meflez des plus
juftes regrets, qui ne peuvent
GALANT si
eftre adoucis que par les efperances
que donne le jeune Monarque
fous la conduite du
Prince , qui , pour le bonheur
de la France , eft chargé de ſon
éducation & du gouvernement
du Royaume pendant
la minorité.
Le lieu où fur prononcé le
difcours étoit auffi fuperbement
décoré que le peu d'efpace
qu'il renferme , & la trifteffe
du fujet le pouvoient permettre.
L'obscurité generale caufée
par la tenture de deuil étoit
relevée par trois lez de velours
femez de fleurs de lys d'or &
E ij
52 MERCURE
de larmes d'argent , au deffus
defquels regnoit un contour
de feftons formez par des toilles
herminées , qui faifoient un
bel effet.
Sur une corniche élevée de
huit pieds de terre étoient pofées
huit grandes pyramides
decorées de riches Ecuffons de
France & de Navarre , dont
l'extrêmité portoit jufqu'au
plafond. Les entre deux de ces
pyramides étoient occupez de
magnifiques cartouches où la
vie de Louis le Grand étoit reprefentée
fous des fymboles
heroïques qui compofoient
GALANT. 53
autant de Deviles ; qui toutes
avoient pour corps le Soleil
que le feu Roy avoit adopté
pour fon fymbole.
La premiere Devife reprefentoit
fa Naiffance , d'autant
plus admirable, qu'elle fut plus
longtemps attendue & plus ardemment
defirée . Le corps
de la Devife
étoit
un Soleil
qui
commence
à paroître
fur l'ho- rizon
, avec
ces paroles
Italien- nes
: MARABIL
' . SUBITOQUE
NASCE
; Dés
fa naiſſance
il a de
quoy
charmer
.
La feconde marquoit les
commencements
heureux de
E iij
$ 4 MERCURE
la
fon Regne , fignalez par
force & la fagefle avec laquelle
il diffipa les troubles & les diffenfions
domeftiques , & furmonta
les efforts des Ennemis
Etrangers. Cette Deviſe avoit
pour corps le Soleil , qui paroît
entier fur l'horizon , & qui
écarte les nuages formez par
les vapeurs de la nuit ; ces deux
mots Latins: OBSTANTIA VIN
CIT , luy fervoient d'Ame ,qui
fignifient : Rien ne s'oppose à luy
dont il ne vienne à bout.
La troifiéme exprimoit les
premieres Conqueftes du Roy
Grapides & fi impreveuës qu'-
GALANT. SS
elles jetterent dans toute l'Europe
la crainte & l'épouvante.
Le Soleil au milieu des nuages ,
dont il forme les éclairs & la
foudre,failoit le corps de cette
Devife , qui avoit pour Ame
C ces paroles : INCERTUM CUI
TELA PARET , Qui fçait où porteront
fes traits ?
y
es
La quatriéme defignoit lat
triple Alliance contre la France
, & qui tourna à la gloire du
Roy par le fuccés avec lequel
il fçût confondre certe Ligue
formidable . On avoit peint des
Vents , qui par leuts fouffles
impetueux s'efforcent d'obf
E iiij
56
MERCURE
curcir le Soleil , avec cette Infcription
: NEQUIT VIS CONJURATA
NOCERE ; Tous leurs
efforts unis n'ont pû nuire à fa
gloire.
La cinquième fignifioit l'élevation
de la Maifon de Bourbon
à la Monarchie d'Espagne
dans la perfonne de Philippes
de France Duc d'Anjou , qui
fut accordé par Louis le Grand
aux voeux empreffèz de toute
la Nation. C'est l'Aftre de las
nuit dans fon plein , qui reçoit
du Soleil la lumiere , dont il
brille , avec ces paroles pour
Ame : QUOD REGNAT , REGALANT.
57
GNAT AB ILLO , S'il regne c'est
à luy qu'il en eft redevable
La fixiéme marquoit ce qu'il
y a de plus grand & de plus
fingulier dans la vie du feu
Roy,qui n'a fait fervir toute
fa puiffance & toute la gloire
que pour faire briller la Religion
avec plus d'éclat Le corps
de cette Devife eft une riche &
haute Montagne, fymbole naturel
de la Religion , comme
le marquent les Saintes Lettres ,
& qui paroit d'autant plus
éclairée , que leSoleil approche
de plus prés de fon Midy L'Ame
de cette Devife étoient ces:
58 MERCURE
paroles Italiennes : Piùs'INALZA
, PIÙ M'ILLUSTRA ; Plus il
s'élever plus je brille.
ᏃᎪ
La feptiéme faifoit voir que
le Roy avoit efté un modele
parfait de pieté qu'on pouvoir
fuivre fans crainte d'être trompé.
C'eftoit le Soleil , & plufieurs
fortes de Cadrans &
d'Horloges , dont tous les
mouvements pour être justes
doivent être reglez par ceux
du Soleil . Ces paroles que Vir,!
gile a dites du Soleil même fervoient
d'Ame à cette Devife :
QUIS DICERE FALSUM AUDEAT
? Oferoit- on le condamner
de faux ?
GALANT . 19
La huitième étoit faite fur
la derniere maladie du Roy ,
que toute la France a fi vivement
reffentic . Elle reprefentoit
le Soleil échpfé & des fleurs
penchées & fermées ; ces paroles
fervoient d'ame à ces
Q corps UNIUS LANGOR IN
OMNES , La foibleffe d'un feul
fe fait fentir à tous.
La neuviéme exprimoit la
mort du Roy, dont la Religion
& la Pieté donnent de
juftes affeurances , qu'il n'eft
forti de ce monde que pour
aller briller dans un autre.
C'eft le Soleil dans fon couGO
MERCURE
chant accompagné de ces
paroles : NON UNi debitus
ORBI ; Il fe devoit à plus d'un
monde.
La derniere fignifioit , que
la Memoire du Roy vivra dans
tous les Siecles : c'est ce que
vouloir dire le Soleil couché ,
des ardeurs duquel l'horifon
paroift encore embrazé avec
ces paroles pour ame : NON
TOTUS PERIIT ; Il n'eft pas
peri tout entier.
Monfieur le Duc d'Orleans
a trop de rapport avec la perfonne
du feu Roy , par les
lumieres & la fagelle qu'il fait
GALANT.
GI
paroistre dans le Gouvernement
du Royaume , & avec
celle du jeune Prince qu'il
inftruit par ſes exemples à
regner un jour avec fuccés ,
pour n'avoir pas de place dans
les Devifes qui reprefentent la
vie de Louis le Grand. Le
Symbole dont on a fait choix
pour exprimer ce double rapport
a paru fi heureux , qu'on
a déja une partie du public
pour garant qu'il ne déplaira
pas . C'eft le Phofphore qui
brille entre le Soleil , qui s'éleve
d'un cofté de l'Hemifphere
, & qui fe couche de l'autre.
62 MERGURE
Les paroles qui fervent d'ame
à cette Devife fe font mieux
entendre en latin , qu'elles ne
peuvent eftre rendues en
noftre langue. Les voicy :
SURGENTEM INTER MEDIUS
QUE CADENTEM . Elles veulent
dire ; Il tient fa place entre celui
qui s'éleve & celui qui difparoît.
Dans le fond de la falle étoit
un trophée composé de tous
les inftrumens des Sciences &
des Arts , dans la bafe duquel
on hifoit certe Infcription
:
LUDOVICO MAGNO
ARTIUM NOSTRARUM
PATRONO .
GALANT. 63
Les Jefuites ont voulu exprimer
par là qu'ils regardoient
leur College comme
un bien fait qu'ils tenoient de
la main Royale de Louis le
Grand , & par le nom glorieux
dont il a honoré cette Maifon,
& par les bien faits qu'ils en
ont reçûs.
Tout l'appareil de cette décoration
étoit éclairé d'un trésgrand
nombre de lumieres ,
qui augmentoient la Pompe &
la magnificence.
On donnera bien- toft au
public la Harangue larine ,
pour dédommager ceux qui
64 MERCURE
n'ont pas eu le plaifir de Pentendre
prononcer
.
du College de Lours le
Grandrendirent les devoirs funebres
au feu Roy , avecitout
l'appareil & toute la magnificence
,qu'on avoit droit d'atrendre
de leur reconnoiffance
envers la facrée Perfonne de
leur Fondateur.
La Ceremonie commença le
matin par un Service folemnel.
Outre plufieurs perfonnes de
confideration qui compofoient
l'Affemblée , on avoit
fait choix de cent Penfionnai
res d'une qualité diſtinguée ,
qui tous en grand deüil rem-
Novembre 1715. C
26 MERCURE
pliffoient la Nefde la Chapelle,
ayant à leur tefte le Chevalier
-d'Orleans , qui menoir le deuil .
Le reste au nombre de trois
cens farent obligez de demeui.
terb dans les Tribunes , parce
que le Cataphalque occupoit
une grande partie du terrain.
Le foir le P. Porrée , l'un
des Profeffeurs de la Rherorique
, prononça l'Eloge funebre
du feu Roy avec l'applau
diffement general de la plus
nombreuſe & de la plus au
gufteraſſemblée qui ſe ſoir vûë
depuis long- temps dans leur
College : Les Cardinaux de
GALANT . 27
Polignac & de Biffy , trente
Prélats tant Archevêques
qu'Evêques , plufieurs Abbez
de diftinction , des Confillers
d'Etat , Meffieurs les Avo
cats generaux , plufieurs Préfidens
& Confeillers du Parle
ment , & des autres Cours Superieures
honorerent de leur
prefence la Cérémonie.qnɔar
Pri Lorfque tous ces Meffieurs
curent pris chacun leurs places ,
le Pere Porrée prononça en La
tin l'Oraifon funebre du Roy.
Le nom de Orateur fait
F'Eloge de fa piece , & la réputation
pouvoit feule répondre
diq chim Gijimas
28
MERCURE
du fuccés. On n'a pas oublié
celle qu'il fit il y a quelques
années à la mort de Monfeigneur
le Dauphin. On y admira
dés lors , ces rares talens
pour l'Eloquence qui le font
regarder comme un des premiers
Orateurs de noftre fiecle.
C'est peu de dire qu'on
reconnoift le même Auteur
dans la picce dont nous parlons
icy. Il a fallu qu'il fe furpaffar
luy- même, pour remplir toute
l'idée que des vertus heroïques
& lesplus beau de tous les
Regnes avoient fait concevoir
du Prince qu'il avoir à reprefenter.
Rien de plus heureux
GALANT. 29
& de plus noble que le deffein
que fourniffoit naturellement
le furnom de Grand que toutes
les Nations n'ont pû refuſer
aux éminentes qualitez de
Louis XIV. L'Orateur s'y atta
chant , a montré dans les trois
parties de fon difcours que ce
Prince a merité un furnom fi
glorieux , parce qu'il a efté
Grand dans la guerre , plus
grand dans la Paix , & tres
grand par tout ce qu'il a fait
en faveur de la Religion.
Dans la premiere partie
l'Orateur commence par re-
* Divifion .
C iij
30 MERCURE
connoiftre trois fources de
grandeur pour les Princes obligez
de faire la guerre , foit
qu'on la faffe avec fuccés fous
leurs aufpices , foit qu'on la
faffe fous leurs aufpices & par
leur confeil , foit enfin qu'ils
contribuent perfonnellement
au fuccés de la guerre qui fe
fait par leur confeil & fous
leur conduite . Enfuite , paffant
fous filence routes les entreprifes
glorieufes à la France
fous les aufpices de fon Roy
encore jeune , l'Orateur vient
tout d'un coup à celles que de
Prince a fait reüffir par fes con--
"
GALANT 31
feils ou par la valeur . Là il dépeine
tout ce qui peut rendre
un Roy grand dans l'art militaire
, à fçavoir de grandes
guerres 3 de grandes vertus
de grandes actions , de grands
évenemens
, & il conclut que
toutes ces chofes qu'on voit
féparement dans les autres .
regnes fe trouvant réunies
enſemble dans celuy du feu
Roy, ont juftifié le furnom de
grand qu'il a porté.5
An conçoit aifément quel
vafte champ s'ouvre icy à l'Orateur
; un feul mot qu'il ditfournit
plufieurs pensées à
C iiij
32 MERCURE
l'Auditeur . Quelques momens
d'attention qu'on luy donne
ne laiffent rien ignorer des
exploits belliqueux d'un regner
auffi fertile en évenemens qu'il
eft fingulier dans fa longue
durée; l'énergie de l'expreflion
fupplée à la précifion du ftile
pour ne rien omettre de confi,
derable , prefqu'au même inf¬1
tant on fe trouve tranſportés
à la fuite de fon heros en Flan
dre,en Espagne, en Savoye , en
Italie , en Allemagne , en Aftique
, en Amerique fur Mery
& fur Terre pour y admirer
des prodiges de fageffe dans
GALANT. 33.
C
les confeils & de valeur dans
l'execution ; & l'on eft furpris
d'appercevoir fous le même
point de vûë ,batailles gagnées ,
fieges de Villes prifes , armees
nombreuſes mifes en déroute,
Provinces conquifes , guerres
domestiques , étrangères , heu
reuſement terminées cent
peuples jaloux humilicz , au
rant de Nations ennemies cont
traintes dimplorer la clemence
our der folliciter l'alliance d'un
Roy prefque toûjours victo
rieux , & mille autres faits merveilleux
que l'antiquité fabu
leafe n'ofarmême inventer
34 MERCURE
en faveur de fes Heros , tanti
elle les crût éloignez du vrayfemblable
, mais que la verité
de l'histoire fçaura dépeindre
dans la vie de Louis le Grand,
fans craindre le foupçon der
farterie oued infideléssivos
Tant de faits memorables
réunis enſemble nelaiffent plus :
aucun doute que Louis XIV.
n'ait eftergrand dans la guerre ; ”
mais où trouver quelque cho
fe de plus heroïque, pour mon
trer qu'il a efté encore plus .
grand dans la Paix tout autre ?
Orateur auroit peut etre té
choüé à cette ſeconde propol
GALANT 35
fition;le Pere Porréé l'a prouvé
invinciblement dans fa fecon.
de partie , en faifant voir qu'il
cft plus glorieux à un Prince
de réparer ou d'augmenter les
forces de fon Empire que d'en
étendre bien loin les limites !
de reformer par de fages loix
les abus qui fe font gliffez par
mi les peuples , que d'impofer
la loy aux étrangers ; de faire
fleurir les beaux Arts dans le
fein du Royaume , que de
porter audehors la terreur de
fon nom & d'étonner l'Univers
par le nombre & la rapidité
de fes conqueftes ; ce que Louis
*
36 MERCURE
le Grand a cu le bonheur de
faire pendant la Paix , que le
bien de l'Etat & l'amour de
fes fujets luy ont fait quelquefois
rechercher aux dépens
même de fa propre gloire , &
plus fouvent accorder à fes
ennemis auffi charmez de, fa
moderation au milieu de fes
triomphes , qu'ils avoient été
effrayez de la puiffance durant
tout le cours de les victoires.F
L'Orateur parcoure enfuire
les fruits précieux de la Paix
que la fageffe & laa vigilance
de Lous le Grand ont fait
goûter à fes fujets , la facilité
GALANT. 37
du commerce & Fabondance
établies dans le Royaume par
tous les moyens imaginables ,
la fureur des Duels reprimée ,
moins par de fanglantes exécutions
, que par la feule crainte
de déplaire au Prince qui s'engage
par ferment à punir les
coupables , les frequentes divifions
de la nobleffe & dù¹peuple
affoupies , en adouciffint
d'un cofte la fiere domination ,
& en humiliant de l'autre l'infolente
revolte ; la faveur ou
Pavarice qui s'étoient gliffez
dans quelques Tribunaux ,
bannies les foins du Prince
par
38 MERGURE
& par les confeils de cet auguſte
Senat , où l'on trouve
la Juftice toûjours voilée ,
& tou ours prête à employer
fon autorité à la défenfe de
la vertu , pu fes vives lumieres
à prononcer d'équitables
Arrefts qui peuvent fervir
de regles à tous les Juges de
la terre ; les fçavans & les letcheris
, favorifez des regards
bien - faifants de la Majefté
Royale ; les beaux arts
mis en honneur & portez dans
la France à leur derniere perfection
, par les frequentes.
largeffes que le Prince répand
tres
GALANT (39
avec profufion: fur tous ceux
quiy excellent ; ce font autant
de monumensi.confacrezo à
l'immortalité
pour éternifer
-le fouvenir d'un Roy encore
plus grand dans la Paix que
dans la guerregautanelde rémoignages
incontestables qui
fervent de preuve à cette fe
sconde Partie.god a: lavor-ob
¿ Que ne puis - je au moins
emprunter de l'Orateur des
grands traits & les nobles expreffions
qu'il a fçû y mettre
en oeuvre pour faire un parfait
caractere du Prince que les
droits de fon fang , les befoins
40 MERCURE
preffans del Etat, la fuperiorité
du merito perfonnel , tous les
voeux des grands & du peuple
appelloient également au Gou
vernement de la France ; ce fé-
Toit en faifant de ce Prince le
plus betsEloge qu'on puiffe
imaginer, le dépeindre tel qu'il
eft dans l'efprit & dans le coeur
de tous les bons François , &
& en même temps procurer à
l'Orateur toutes les louanges
qu'il merite
Refte til encore quelque
chofe de plus confiderable
pour faire voir que Louis
XIV. grand dans la guerre ,
i djang
plus
GALANT
plus grand dans la paix , a efté
tres grand par ce qu'il a fait en
faveur de la Religion ? oüy ,
lOrateur le montre dans fa
troifiéme partie en difant d'a- .
bord que la Paix & la Guerre
partageants fucceffivement
la vie des Princes , leur laiffent
moins le loifir de faire de gran- 1
des chofes dans l'un ou dans
l'autre au licu que la Reli
gion qui releve les actions dess
Princes , & qui doit les accom
pagner par tout jusqu'au tom - 1
beau , les met en état d'entreprendre
& d'executer pour
elle de tres grandes chofts
Novembre 1715ach Dawab
44 MERCURE
durant tout le cours de leur:
vie ; il fait aprés cela l'applica
tion de ce principe à ſon ſujet,
en avançant que Louis XIV.
a executé de tres grandes chofes
pendant tout le temps de
fa vie en faveur de la Religion ,
foit en la vangeant par fes
Edits des infultes qu'elle a re
ceu de fes ennemis ; foit en
contribuant , de fes bienfaits
à l'amplifier & à l'établir dans
toutes les parties du monde¹¹
foit en l'honorant & la faifant !
refpecter de les fujets par l'édification
de fes exemples.
L'impieté & l'herefie font
deux ennemis puiffants qui le
GALANT . 43
*
font élévez de tout temps contre
la Religion ; l'Orateur nous
fait remarquer quela pieré d'un
Roy tres - cheftien , qui portoit
avec juftice le titre glorieux
de fils aîné de l'Eglife , confa
cra le premier de fes Edits à la
deftruction des blafphêmes .
que des langues impies ofoient
proferer contre la Divinité.
L'Orateur nous fait voir enfuite
les foins du Roy à extirper
le Calvinifme , le Fantenime
& le Quictifme, que le zele de
ce Prince , le plus religieux qui
fot jamais , combattit en dif
ferents temps.
molinique
Dij
44 MERCURE
Je palle fous filence tant
de Temples fuperbes érigez
au Seigneur fur les ruines
de l'herefie détruite tant
d'afyles de la charité ou fon,
dez avec une magnificence
Royale , ou plus amplement
pourvûs pour fournir aux be
foins differens des miferes pur
bliques & particulières ; rant
de Miffions Etrangeres foûrenuës
de fa protection & de fes,
bienfaits chez les Nations infideles
, qui n'ont fouvent per
mis la Prédication de l'Evan
gile , ou reçû favorablement
Its Miniftres de la fainte Pa
GALANT 45
role , qu'à la recommandation
de ce grand Monarque dont
elles avoient conçu une fi haute
idée.
11010
?
Elt il aucune partie du mon
de , ajoûte Orateur , où
par ordre du Prince religieux
dont nous pleurons la pette
les intencfs de la`Religión
n'ayent pas roûjours cfté preferezà
ceux du Prince même2
Mais je ne puis omettre en,
finiflanc se que Orateur rap
porte des grands exemples de
vertus Chrêtiennes qui ont
fajt honneur à la Religion &
qui rendent ſi précieuſe devant i
2
46 - MERCURE
Dieu & devant les hommes la *
memoire du Prince qui les a
donnez pendant ſa vie & juſ
qu'à fa mort . Exemples de reconnoiffance
& de réfpect,
pour Dieu dans le temps de
la profperité ; exemples de fermeté
& de pemtence dans
l'adverfice , qui met ſouvent
les plus grands Heros au nîveau
des autres hommes"
cxemples de fidélité & de fóûmillion
aux ordres de la Pho
vidence dans l'éclypfe de la
victoire ou dans la perte de fes
chfans; exemplesde tranquillis ?
té d'efprit & de détachement?
GALANT: 47
du monde aux approches du
dernier moment qui nous ravic
un Prince digne de l'immortalité
fur la terre , fi fes vertus
morales & chrétiennes ne luy!
en avoient merité une plus
glorieufe dans le Ciel .
L'Orateur, fait voir en cet
endroit que chez luy le coeur
parle encore plus éloquemment
que l'efprit . Rien de plus
beau que les fentimens chre
tiens qu'il a cû foin de recueillir
de la bouche du Roy mourant
, qui s'attendriffant fur les
larmes qu'il voit couler autour
de lay , confole luy même les
48 MERCURE
Princes de fon fang de la mort
prochaine d'un fi bon pere ,,
& les Grands de fa Cour les fidelles
fujets , de la perte irreparable
d'un fi grand Roy
rien de plus touchant que les,
vox ardens que l'Orateur
adreffe au Cichen faveur du
jeune Roy , feul refte , mais,
refte précieux d'une Famille
augufte , fi nombreuſe il y a
quelques années , & maintenant
prefque toute, enleve teenfevelie
dans la pouffiere du tombeau ;
enfin rien de plus achevé que
l'éloge que l'Orateur fait encore
icy de Monfeigneur le
Regent ,
GALANT. 49
Regent , en qui il dit que le
jeune Roy retrouvera les
grands exemples de fon Pere ,
la tendreffe de fon Aycul , &
les fages inftructions qu'un
grand genie & une longue
experience pouvoient luy faire
attendre de fon Bifayeul .
Il n'eft pas étonnant aprés
cela que l'Orateur ait réüni en
fa faveur tous les fuffrages d'une
illuftre & nombreufe affemblée
composée de Cardinaux ,
de Prelats , & de plufieurs perfonnes
diftinguées dans la robe
& dans l'épée . Il me pardonnera
fi je n'ay pas donné icy
Novembre 1715.. E
50 MERCURE
•
une idée affez avantageufe de
fa piece. J'avoue de bonne
foy que je n'ay pû exprimer
toutes les beautez que j'y ay
remarqué ; mais peut eltre
auray je au moins excité la
curiofité du public qui s'empreffera
de la lire fi toft qu'elle
paroiftra , & cela feul me fait
efperer que l'Orateur & le
public me fçauront bon gré
demes bonnes intentions.
On diftribua un grand
nombre de pieces de Vers
Latins & François à la loüange
du feu Roy , meflez des plus
juftes regrets, qui ne peuvent
GALANT si
eftre adoucis que par les efperances
que donne le jeune Monarque
fous la conduite du
Prince , qui , pour le bonheur
de la France , eft chargé de ſon
éducation & du gouvernement
du Royaume pendant
la minorité.
Le lieu où fur prononcé le
difcours étoit auffi fuperbement
décoré que le peu d'efpace
qu'il renferme , & la trifteffe
du fujet le pouvoient permettre.
L'obscurité generale caufée
par la tenture de deuil étoit
relevée par trois lez de velours
femez de fleurs de lys d'or &
E ij
52 MERCURE
de larmes d'argent , au deffus
defquels regnoit un contour
de feftons formez par des toilles
herminées , qui faifoient un
bel effet.
Sur une corniche élevée de
huit pieds de terre étoient pofées
huit grandes pyramides
decorées de riches Ecuffons de
France & de Navarre , dont
l'extrêmité portoit jufqu'au
plafond. Les entre deux de ces
pyramides étoient occupez de
magnifiques cartouches où la
vie de Louis le Grand étoit reprefentée
fous des fymboles
heroïques qui compofoient
GALANT. 53
autant de Deviles ; qui toutes
avoient pour corps le Soleil
que le feu Roy avoit adopté
pour fon fymbole.
La premiere Devife reprefentoit
fa Naiffance , d'autant
plus admirable, qu'elle fut plus
longtemps attendue & plus ardemment
defirée . Le corps
de la Devife
étoit
un Soleil
qui
commence
à paroître
fur l'ho- rizon
, avec
ces paroles
Italien- nes
: MARABIL
' . SUBITOQUE
NASCE
; Dés
fa naiſſance
il a de
quoy
charmer
.
La feconde marquoit les
commencements
heureux de
E iij
$ 4 MERCURE
la
fon Regne , fignalez par
force & la fagefle avec laquelle
il diffipa les troubles & les diffenfions
domeftiques , & furmonta
les efforts des Ennemis
Etrangers. Cette Deviſe avoit
pour corps le Soleil , qui paroît
entier fur l'horizon , & qui
écarte les nuages formez par
les vapeurs de la nuit ; ces deux
mots Latins: OBSTANTIA VIN
CIT , luy fervoient d'Ame ,qui
fignifient : Rien ne s'oppose à luy
dont il ne vienne à bout.
La troifiéme exprimoit les
premieres Conqueftes du Roy
Grapides & fi impreveuës qu'-
GALANT. SS
elles jetterent dans toute l'Europe
la crainte & l'épouvante.
Le Soleil au milieu des nuages ,
dont il forme les éclairs & la
foudre,failoit le corps de cette
Devife , qui avoit pour Ame
C ces paroles : INCERTUM CUI
TELA PARET , Qui fçait où porteront
fes traits ?
y
es
La quatriéme defignoit lat
triple Alliance contre la France
, & qui tourna à la gloire du
Roy par le fuccés avec lequel
il fçût confondre certe Ligue
formidable . On avoit peint des
Vents , qui par leuts fouffles
impetueux s'efforcent d'obf
E iiij
56
MERCURE
curcir le Soleil , avec cette Infcription
: NEQUIT VIS CONJURATA
NOCERE ; Tous leurs
efforts unis n'ont pû nuire à fa
gloire.
La cinquième fignifioit l'élevation
de la Maifon de Bourbon
à la Monarchie d'Espagne
dans la perfonne de Philippes
de France Duc d'Anjou , qui
fut accordé par Louis le Grand
aux voeux empreffèz de toute
la Nation. C'est l'Aftre de las
nuit dans fon plein , qui reçoit
du Soleil la lumiere , dont il
brille , avec ces paroles pour
Ame : QUOD REGNAT , REGALANT.
57
GNAT AB ILLO , S'il regne c'est
à luy qu'il en eft redevable
La fixiéme marquoit ce qu'il
y a de plus grand & de plus
fingulier dans la vie du feu
Roy,qui n'a fait fervir toute
fa puiffance & toute la gloire
que pour faire briller la Religion
avec plus d'éclat Le corps
de cette Devife eft une riche &
haute Montagne, fymbole naturel
de la Religion , comme
le marquent les Saintes Lettres ,
& qui paroit d'autant plus
éclairée , que leSoleil approche
de plus prés de fon Midy L'Ame
de cette Devife étoient ces:
58 MERCURE
paroles Italiennes : Piùs'INALZA
, PIÙ M'ILLUSTRA ; Plus il
s'élever plus je brille.
ᏃᎪ
La feptiéme faifoit voir que
le Roy avoit efté un modele
parfait de pieté qu'on pouvoir
fuivre fans crainte d'être trompé.
C'eftoit le Soleil , & plufieurs
fortes de Cadrans &
d'Horloges , dont tous les
mouvements pour être justes
doivent être reglez par ceux
du Soleil . Ces paroles que Vir,!
gile a dites du Soleil même fervoient
d'Ame à cette Devife :
QUIS DICERE FALSUM AUDEAT
? Oferoit- on le condamner
de faux ?
GALANT . 19
La huitième étoit faite fur
la derniere maladie du Roy ,
que toute la France a fi vivement
reffentic . Elle reprefentoit
le Soleil échpfé & des fleurs
penchées & fermées ; ces paroles
fervoient d'ame à ces
Q corps UNIUS LANGOR IN
OMNES , La foibleffe d'un feul
fe fait fentir à tous.
La neuviéme exprimoit la
mort du Roy, dont la Religion
& la Pieté donnent de
juftes affeurances , qu'il n'eft
forti de ce monde que pour
aller briller dans un autre.
C'eft le Soleil dans fon couGO
MERCURE
chant accompagné de ces
paroles : NON UNi debitus
ORBI ; Il fe devoit à plus d'un
monde.
La derniere fignifioit , que
la Memoire du Roy vivra dans
tous les Siecles : c'est ce que
vouloir dire le Soleil couché ,
des ardeurs duquel l'horifon
paroift encore embrazé avec
ces paroles pour ame : NON
TOTUS PERIIT ; Il n'eft pas
peri tout entier.
Monfieur le Duc d'Orleans
a trop de rapport avec la perfonne
du feu Roy , par les
lumieres & la fagelle qu'il fait
GALANT.
GI
paroistre dans le Gouvernement
du Royaume , & avec
celle du jeune Prince qu'il
inftruit par ſes exemples à
regner un jour avec fuccés ,
pour n'avoir pas de place dans
les Devifes qui reprefentent la
vie de Louis le Grand. Le
Symbole dont on a fait choix
pour exprimer ce double rapport
a paru fi heureux , qu'on
a déja une partie du public
pour garant qu'il ne déplaira
pas . C'eft le Phofphore qui
brille entre le Soleil , qui s'éleve
d'un cofté de l'Hemifphere
, & qui fe couche de l'autre.
62 MERGURE
Les paroles qui fervent d'ame
à cette Devife fe font mieux
entendre en latin , qu'elles ne
peuvent eftre rendues en
noftre langue. Les voicy :
SURGENTEM INTER MEDIUS
QUE CADENTEM . Elles veulent
dire ; Il tient fa place entre celui
qui s'éleve & celui qui difparoît.
Dans le fond de la falle étoit
un trophée composé de tous
les inftrumens des Sciences &
des Arts , dans la bafe duquel
on hifoit certe Infcription
:
LUDOVICO MAGNO
ARTIUM NOSTRARUM
PATRONO .
GALANT. 63
Les Jefuites ont voulu exprimer
par là qu'ils regardoient
leur College comme
un bien fait qu'ils tenoient de
la main Royale de Louis le
Grand , & par le nom glorieux
dont il a honoré cette Maifon,
& par les bien faits qu'ils en
ont reçûs.
Tout l'appareil de cette décoration
étoit éclairé d'un trésgrand
nombre de lumieres ,
qui augmentoient la Pompe &
la magnificence.
On donnera bien- toft au
public la Harangue larine ,
pour dédommager ceux qui
64 MERCURE
n'ont pas eu le plaifir de Pentendre
prononcer
.
Fermer
3656
p. 64-90
Histoire. [titre d'après la table]
Début :
Je vous rends mille graces, Madame de la bonté que [...]
Mots clefs :
Conseiller, Chevalier, Femme, Temps, Mari, Femme, Abbé, Voyage, Joie, Homme, Mari, Époux, Sommeil, Yeux, Nuit, Jaloux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Histoire. [titre d'après la table]
Je vous rends mille graces,
Madame , de la bonté que
vous avez cûë de m'envoyer
une Hiftoire. Je vous affeure
que vous eftes l'unique perfonne
à qui j'ay cette obligation
, & que malgré mes inftances
, on m'a laiſſe impitoyablement
donner vingt - deux
volumes au Public , fans me
faire un pareil prefent . Ma reconnoiffance
proportionnée à
voftre generofité , trouvez bon
que je falle part aux lecteurs
du
A
GALANT.
65
du don que vous m'avez fait ..
Dans une Ville dont je ne
tairois pas le nom fi je ne
craignois que mon indifcretion
ne demafqua trop mes
Acteurs , une jeune Demoifelle
de qualité, belle à l'avenant ,
nommée Julie , époufa , il y
a quelque temps , par inclination
un homme de condition
qui luy donna bientoſt aprés
fujet de fe repentir du choix
imprudent de fon coeur. Il
devint fi extraordinairement
jaloux , qu'il fit toutes les extravagances
du plus bouru de
tous les hommes , & qu'il fut
Novembre
1715 . F
66
MERCURE
cent fois fur le point d'en ufer
avec fa femme felon l'ufage
que les maris jaloux pratiquene
fagement en Italie; mais cette
précaution n'auroit pas encore
fuffi pour mettre fon efprit
en repos. Cependant Julie
vivoit d'une façon qui ne luy
donnoit aucune prife fur fa
conduire ; mais comme c'eft
le propre de la jalouſic , de
rendre continuellement foup.
çonneux , la fageffe la plus
aultere n'oppole que de foibles
remparts contre les furcurs
d'un jaloux.
Il y avoit prés d'un an qu'ils
GALANT. 67
s'étoient volontairement fé-
4
parez de biens , & quoiqu'ils
habitaffent une même maiſon
ils ne fe voyoient que lorfque
les accez frenetiques de fa
jaloufic portoient cet homme
fâcheux à des excés qui pouffoient
à bout la patience de
Julie. Forcée de fouffrir fans
fe plaindre , elle gemiffoit
dans l'horreur de fon efclava-
`ge. Cette trifte victime de la
fureur d'un brutal n'avoit
pour tout appuy , qu'un frere.
qui put la mettre à l'abry de
fes violences ; mais malheureuſement
ce frere qu'elle ai-
Fij
63
MERCURE
elle
moit autant qu'elle en étoit
aimée , étant abfent
n'attendoit que du Ciel l'adouciffement
de fon fort : aprés
avoir longtemps langui dans
une condition fi miferable ,
elle fe vie tout d'un coup &
contre fon attente au moment
de gouter quelques
repos . Se
trouvant
un foir indifpofées
,
elle ordonna
à fa femme de
chambre
de laiffer bruler toute
la nuit de la bougie dans
fon appartement
. La chambre
de fan mary qui étoit vis -à - vis
de la fienne , le trouvant
éclai
rée par la reverberation
de la
j
je
in
fo
lun
tou
land
com
de
to
les
Pr
pas
m
Tang
GALANT . 69
lumiere , la nouveauté de cette
lueur furprit fort ce jaloux.
Comme le fommeil n'avoit
jamais d'empire fur les yeux , &
qu'auffi troublez que fon coeur
ils luy reprefentoient les objets
fuivant le rapport de fon
imagination , il trouve dans
fon raifonnement fur cette
lumiere , de quoy augmenter
tous fes foupçons , & fans balancer
un inftant , il fe leve
comme un furieux , il s'arme
de toutes pieces , il forme mille
projets qui ne rendoient
pas moins qu'à laver dans le
fang de Julic, la honte qu'il s'i70
MERCURE
maginoit eltre faite à lon honneur
;il arrive à l'appartement
.
de fa femme dont il trouve
la porte à demy ouverte ; alors
une étincelle de moderation
qui ne luy étoit pas ordinaire ,
fuccede
à fes emportements
,
il avance fans bruit jufqu'au
lit de Julie , tenant un Alimbeau
d'une main , & fon épée
de l'autre,qu'il laiffe tomber à
terre dans le moment qu'il
reconnoift le peu de befoin
qu'il en a ,
fans que le bruit
qu'elle fair en tombant réveille
fa Julie.
Le fommeil donne quelGALANT.
7-19
quefois de l'avantage , outre
que Julie étoit admirablement
belle , elle éroit alors
dans une fituation à faire naî
tre mille defirs , & fon cruel
époux a depuis cette avanture
, avoué cent fois , qu'elle
n'avoit jamais paru fi belle à
fes yeux ; il éteignit , dans le
plaifir de la regarder , toute la
fureur de fon dernier caprice ;
enfin il s'affic for fon lir où le .
bruit d'un rideau qu'il tira
avec affez de force l'arracha
des bras du fommeil. Il eft
difficile d'exprimer ce qu'elle
devint à la vûë de fon mari ;
72 MERCURE
mais conftamment une faïeur
mortelle s'empara de les lens ;
elle ne prefagea rien que de
funelte du fujet de cette vifite ,
& elle.crut que fon époux ne
la luy rendoit que pour luy
donner la mort ; alors le defefpoir
, ou la fermeté fuccedant
à fes noires inquietudes , elle
conjura fon époux en verfant
un torrent de larmes de luy
ravir enfin une miferable vie
qu'elle ne pouvoit plus traîner
dans de pareilles horreurs .Mais
ce mari éperdu n'eût garde
d'écouter une telle prière , il la
raffeura au contraire par des
paroles
GALANT . 73
paroles pleines de tendreffe ,
il luy demanda mille pardons
de l'indignité de ſes foupçons ,
il luy avoüa que cette même
nuit il en avoit conceu de fi
terribles qu'il ne pouvoit affez
fe reprocher l'injuftice qu'il
faifoit à fa vertu ; ilajouta que
quand il étoit capable de raifon
il gemifloit amerement
des folles erreurs où le plon;
geoit la jaloufie ; mais que
n'étant pas le maitre de fes
odieux
mouvements il la
prioit pour mettre fon efprit
& fa perfonne en repos , de
fe retirer dans un Convent ,
Novembre 1715. G
›
74 MERCURE
feulement pendant le temps
d'un voyage qu'il alloit entreprendre
, que ce voyage ne
dureroit pas plus de trois mois,
& qu'il efperoit qu'à fon retour
elle le trouveroit tel qu'il
devoit eftre pour meriter fa
confiance & fon amour.
Julie charmée de cette propofition
l'accepta avec joye ,
elle ne put affez admirer le
changement de fon mari , &
pour mieux cimenter cette
reconciliation , elle confentit
à luy laiffer paffer le reste de la
nuit avec elle , & oublia bientoft
dans les bras du fommeil ,
i
GALANT.
75
ou fi l'on veut même d'une
autre Divinité , tout ce qu'elle
avoit receu
d'outrages pendant
le cours de deux années .
Elle ne demanda qu'un jour
pour le preparer à entrer dans
un Convent qu'elle choisit à
dix lieues de fa Ville , fon mari
l'y conduifit avec toute la
démonstration de joye que
peut donner un homme content
, & il ne luy refufa rien de
tout ce qui luy
convenoit pour
la mettre en état de
paroiftre
avec
diftinction dans un endroit
où le fafte eft aufli- bien
établi , ou du moins cherche à
Gij
76 MERCURE
·
s'établir avec autant d'empire
que dans le monde. Leur féparation
fut touchante &
Julie pleurant de joye , cub
la confolation de voir fon
mari verfer des larmes de dout
leur en luy difant adieu
4
03
Il luy donna pendant fix
femaines exactement
de fes
nouvelles : nais le temps de la
faire fortir de fon Convent ,
étant preft d'expirer , fes empreffements
foralentirent
, fes
lettres devinrent moins frequefites
, & enfin il ne luy écrivit
plus. Julie n'auroiteû garde
de fe plaindre de l'inconfGALANT
77
1
tance de ſon époux , fi le
défaut des fecours les plus neceffaires
ne luy cut appris à
murmurerɔde la négligence.
D'ailleurs aune indifpofition
dont elle ne pouvoit pas connoiftre
la cauſe , & qui cependant
étoit vrayement une fuite
de la complaifance qu'elle
avoit cu dans fon dernier raccommodement
avec fon mari ,
neluy permit pas de refter davantage
dans fon Convent ;
la difette où elle commençoit
à fe voir , & la neceffité indif
penfable de veiller à ſa ſanté ,
en arracherent , elle retourna
Giij
78 MERCURE
à la Ville-dont elle étoit fortie
avec tant de joye , pour aller
fe mettre dans un faint azyle
à couvert des fureurs de fon
mari , qui de fon côté n'avoit
entrepris le voyage done on
a parlé , que pour avoir lieu
d'accufet la femme de luy'
avoir fait un prefent , qu'il
ne devoit qu'à la liberalité
d'une Maîtreffe qu'il entretenoit
depuis longtemps ; mais
c'eftoit fa femme qu'il vouloir
rendre de tous coûtez la victi
me de cette avanture.
< Sur ces entrefaités quelques
perfonnes touchées de fon
GALANT. 79
E
état luy donnerent avis que
fon mari formoit de funeftes
deffeins contre elle ; la jufte
haine qu'elle avoit conccuë
pour luy , & la crainte de fe
1 voir expofée à de pareilles
violences , la déterminerent à
prendre fon party , dés qu'elle
vit fa fanté un peu rétablie.
Comme elle n'étoit pas en
feureté dans fa Ville , fon
mary ayant obtenu une Lettre
de cachet pour la faire
honteufement enfermer , elle
fongea à fe mettre à couvert
des perquifitions qu'il ne
on manqueroit pas de faire con-
·
>
Giiij
80 MERCURE
tre elle , & fe fut à la faveur
d'un déguiſement qu'elle le
rendit dans la Capitale de la
Province. Elle s'infinua fous
le nom du Chevalier de l'Ile
dans toutes les compagnies où
l'on fe piquoit de recevoir le
beau monde ; elle paffa pour
un jeune Officier nouvellement
arrivé des Indes , heureufement
qu'elle en fçavoit la
carte , & répondoit fi pertinemment
à toutes les queftions
qu'on luy faifoit fur ce
chapitre , que l'on ne s'ayilat
jamais de la foupçonner de
menfonge ; fon mari s'y tromGALANT.
81
pa comme les autres , il s'étoit
douté qu'elle avoit choisi cette
Ville pour le lieu de la retraite ;
mais il ne l'auroit jamais cherchée
au milieu de tout ce qu'il
y avoit de jeunes gens dans les
affemblées , dans les caffez , &
au billard même , où elle luy
gagna un jour partie, revange ,
& le tour. Il eft vray que par
le fecours d'une pommade
elle s'étoit fi bien bruniele tein ,
qu'elle avoit auparavant d'une
blancheur éblouffante
, que
cela la rendoit entierement
méconnoiffable ; auffi ne l'auroit
on jamais reconnue fans
82
MERCURE
la trahison d'une femme de
chambre qui apprit à fon mari
toutes les circonstances de fon
déguisement.
Ce fut un coup de foudre
pour la pauvre Julie , quand
on l'avertit de fonger à s'éloigner
encore . Une feule perfonne
qui veilloit à fes interefts
auprés de fon mari , avoit découvert
que fon fecret étoit
éventé , & luy avoit fait dire
qu'il n'y avoit plus de ſcureté
pour elle à rester dans la Ville
où elle étoit Elle forma alors
le deffein de fe rendre à Paris
& prit en même temps une
GALANT.
83
ferme réfolution de ne jama s
paroiftre ce que fon fexe exigeoit
qu'elle parut.
Avant de quitter la Province
, elle fe rendir à l'affemblée
des Etats qui fe tenoient cette
année à ***. Une Dame de fes
amies qui avoit fon fecret , &
à qui elle avoit fait confidence
du deffein qu'elle avoit d'aller
à Paris , propofa à un jeune
Confeiller de fes parents de
faire ce voyage avec le Chevafier
de l'Ifle , ce que le Confeiller
accepta avec joye ; il
mit même de la particunAbbé
de fes camis , homme de fort
84 MERCURE
bonne mine , & de bonne
compagnie.
A la premiere couchée il ne
fe trouva que deux lits dans
l'Auberge , le Chevalier de
I'lfle voulut feul en occuper
un , l'Abbé prouva par bel &
bon argument fondé fur fon
embonpoint , qu'il devoit oc
cuper l'autre: c'eft à dire, Meffieurs
, dit le Confeiller , que
vous m'en deftinez un à la bel
le étoile ; les nuits font un peur
trop fraîches pour cela , ainfi
il eft à propos que le fort en
decide & me faffe au inoins
conchers avec l'unirde a vous
GALANT. 83
deux ; le Chevalier de l'lfle
n'eût pas le mot à repliquer ,
le fort tomba fur luy , & quel
que chofe qu'il fit pour le dé ,
fendre de coucher en compa
gnic il fallut en paſſer par là ,
ou découvrir des raifons que
fon interêt luy ordonnoit de
taire enfin aprés avoir bien
marchandé , chacun fe coucha
, il prit de temps en temps
de fi longues envies de rire au
Chevalier, qu'il luy fut impoffible
de fermer les yeux , & de
laiffer dormir fon camarade :
ces faillies le firent pafler dans
l'efprit du Confeiller pour un
86 MERCURE
P
tres mauvais coucheur , il dit
même le lendemain où il leur
arriva encore la même chofe
que la veille , qu'il ne tireroit
plus au fort , & qu'il vouloit
coucher feulà fon tour . L'Ab
be vit bien que le Chevalier
de l'Ifle alloit être fon camarade
pour cettes nuit ;
ils s'en
défendirent l'un & l'autre autant
qu'ils purent , mais il fallut
ceder au temps , & le Chevalier
fut obligé de coucher avec
l'Abbé ; la quantité de monde
que l'Affemblée des Etats avoit
attiré dans les Villes voifines
de celle où ils fe tenoient
, renGALANT.
87
doit par tout aux environs les
logemens fi rares , que pendant
quatre jours le Confeiller,
le Chevalier & l'Abbé fe virent
contraints tous les foirs
de coucher enſemble à tour
de rolle ; comme ils conti
nuoient leur route , Julie reçût
une lettre qui luy apprenoit
que fon mary à l'extrêmi
té , demandoir à la voir avec
beaucoup d'instance , pour luy
faire une réparation publique
du tort que luy avoit fait dans
le monde l'indignité de fes
foupçons . Elle n'auroit ajouté
aucune foy à cette nouvelle ,
88 MERCURE
fi elle n'avoit cu une confiance
entiere en la perfonne qui la
luy avoit écrite , & fi elle ne s'étoit
jufqu'à lors parfaitement
bien trouvée des confeils qu'
elle avoit reçû d'elle . Elle ne
perdit point de temps , elle
declara à l'Abbé , & au Confeiller
le fecret de ſon déguifement
; elle interrompit fon
voyage & le leur , & fe mit
enfin d'une façon à pouvoir
reparoiftre aux yeux de fon
mary ,qui heureufement pour
elle rendit l'ame entre fes bras,
le fur -lendemain de fon arrivéc,
aprés néanmoins luy avoir
faic
GALANT. 89
!
fait une ample amende honorable
, & luy avoir demandé
fincerement pardon de tous
les mauvais traitemens qu'il
luy avoit faits , Julie le regre
ta comme fi elle avoit cu toute
la vie fujet de s'en loüer ;
l'Abbé & le Confeiller l'allerent
voir , & la complimenterent
de la façon dont elle
étoit échapée de leurs mains ;
le Confeiller fur tout concut
tant d'eftime pour elle , qu'a
prés la premiere année de fon
deüil il luy propofa de l'époufer
, ce qu'elle accepta ; & voila
dequoy , dit l'Hiftoire, ils font
Novembre 1715.
H
90 MERCURE
encore trés - contens . Il n'y eut
que l'Abbé qui n'eut pas les
rieurs de fon colté , & qui
fit voeu de ne coucher avec
perfonne , fans s'informer ſi
c'étoit chair ou poiffon
Madame , de la bonté que
vous avez cûë de m'envoyer
une Hiftoire. Je vous affeure
que vous eftes l'unique perfonne
à qui j'ay cette obligation
, & que malgré mes inftances
, on m'a laiſſe impitoyablement
donner vingt - deux
volumes au Public , fans me
faire un pareil prefent . Ma reconnoiffance
proportionnée à
voftre generofité , trouvez bon
que je falle part aux lecteurs
du
A
GALANT.
65
du don que vous m'avez fait ..
Dans une Ville dont je ne
tairois pas le nom fi je ne
craignois que mon indifcretion
ne demafqua trop mes
Acteurs , une jeune Demoifelle
de qualité, belle à l'avenant ,
nommée Julie , époufa , il y
a quelque temps , par inclination
un homme de condition
qui luy donna bientoſt aprés
fujet de fe repentir du choix
imprudent de fon coeur. Il
devint fi extraordinairement
jaloux , qu'il fit toutes les extravagances
du plus bouru de
tous les hommes , & qu'il fut
Novembre
1715 . F
66
MERCURE
cent fois fur le point d'en ufer
avec fa femme felon l'ufage
que les maris jaloux pratiquene
fagement en Italie; mais cette
précaution n'auroit pas encore
fuffi pour mettre fon efprit
en repos. Cependant Julie
vivoit d'une façon qui ne luy
donnoit aucune prife fur fa
conduire ; mais comme c'eft
le propre de la jalouſic , de
rendre continuellement foup.
çonneux , la fageffe la plus
aultere n'oppole que de foibles
remparts contre les furcurs
d'un jaloux.
Il y avoit prés d'un an qu'ils
GALANT. 67
s'étoient volontairement fé-
4
parez de biens , & quoiqu'ils
habitaffent une même maiſon
ils ne fe voyoient que lorfque
les accez frenetiques de fa
jaloufic portoient cet homme
fâcheux à des excés qui pouffoient
à bout la patience de
Julie. Forcée de fouffrir fans
fe plaindre , elle gemiffoit
dans l'horreur de fon efclava-
`ge. Cette trifte victime de la
fureur d'un brutal n'avoit
pour tout appuy , qu'un frere.
qui put la mettre à l'abry de
fes violences ; mais malheureuſement
ce frere qu'elle ai-
Fij
63
MERCURE
elle
moit autant qu'elle en étoit
aimée , étant abfent
n'attendoit que du Ciel l'adouciffement
de fon fort : aprés
avoir longtemps langui dans
une condition fi miferable ,
elle fe vie tout d'un coup &
contre fon attente au moment
de gouter quelques
repos . Se
trouvant
un foir indifpofées
,
elle ordonna
à fa femme de
chambre
de laiffer bruler toute
la nuit de la bougie dans
fon appartement
. La chambre
de fan mary qui étoit vis -à - vis
de la fienne , le trouvant
éclai
rée par la reverberation
de la
j
je
in
fo
lun
tou
land
com
de
to
les
Pr
pas
m
Tang
GALANT . 69
lumiere , la nouveauté de cette
lueur furprit fort ce jaloux.
Comme le fommeil n'avoit
jamais d'empire fur les yeux , &
qu'auffi troublez que fon coeur
ils luy reprefentoient les objets
fuivant le rapport de fon
imagination , il trouve dans
fon raifonnement fur cette
lumiere , de quoy augmenter
tous fes foupçons , & fans balancer
un inftant , il fe leve
comme un furieux , il s'arme
de toutes pieces , il forme mille
projets qui ne rendoient
pas moins qu'à laver dans le
fang de Julic, la honte qu'il s'i70
MERCURE
maginoit eltre faite à lon honneur
;il arrive à l'appartement
.
de fa femme dont il trouve
la porte à demy ouverte ; alors
une étincelle de moderation
qui ne luy étoit pas ordinaire ,
fuccede
à fes emportements
,
il avance fans bruit jufqu'au
lit de Julie , tenant un Alimbeau
d'une main , & fon épée
de l'autre,qu'il laiffe tomber à
terre dans le moment qu'il
reconnoift le peu de befoin
qu'il en a ,
fans que le bruit
qu'elle fair en tombant réveille
fa Julie.
Le fommeil donne quelGALANT.
7-19
quefois de l'avantage , outre
que Julie étoit admirablement
belle , elle éroit alors
dans une fituation à faire naî
tre mille defirs , & fon cruel
époux a depuis cette avanture
, avoué cent fois , qu'elle
n'avoit jamais paru fi belle à
fes yeux ; il éteignit , dans le
plaifir de la regarder , toute la
fureur de fon dernier caprice ;
enfin il s'affic for fon lir où le .
bruit d'un rideau qu'il tira
avec affez de force l'arracha
des bras du fommeil. Il eft
difficile d'exprimer ce qu'elle
devint à la vûë de fon mari ;
72 MERCURE
mais conftamment une faïeur
mortelle s'empara de les lens ;
elle ne prefagea rien que de
funelte du fujet de cette vifite ,
& elle.crut que fon époux ne
la luy rendoit que pour luy
donner la mort ; alors le defefpoir
, ou la fermeté fuccedant
à fes noires inquietudes , elle
conjura fon époux en verfant
un torrent de larmes de luy
ravir enfin une miferable vie
qu'elle ne pouvoit plus traîner
dans de pareilles horreurs .Mais
ce mari éperdu n'eût garde
d'écouter une telle prière , il la
raffeura au contraire par des
paroles
GALANT . 73
paroles pleines de tendreffe ,
il luy demanda mille pardons
de l'indignité de ſes foupçons ,
il luy avoüa que cette même
nuit il en avoit conceu de fi
terribles qu'il ne pouvoit affez
fe reprocher l'injuftice qu'il
faifoit à fa vertu ; ilajouta que
quand il étoit capable de raifon
il gemifloit amerement
des folles erreurs où le plon;
geoit la jaloufie ; mais que
n'étant pas le maitre de fes
odieux
mouvements il la
prioit pour mettre fon efprit
& fa perfonne en repos , de
fe retirer dans un Convent ,
Novembre 1715. G
›
74 MERCURE
feulement pendant le temps
d'un voyage qu'il alloit entreprendre
, que ce voyage ne
dureroit pas plus de trois mois,
& qu'il efperoit qu'à fon retour
elle le trouveroit tel qu'il
devoit eftre pour meriter fa
confiance & fon amour.
Julie charmée de cette propofition
l'accepta avec joye ,
elle ne put affez admirer le
changement de fon mari , &
pour mieux cimenter cette
reconciliation , elle confentit
à luy laiffer paffer le reste de la
nuit avec elle , & oublia bientoft
dans les bras du fommeil ,
i
GALANT.
75
ou fi l'on veut même d'une
autre Divinité , tout ce qu'elle
avoit receu
d'outrages pendant
le cours de deux années .
Elle ne demanda qu'un jour
pour le preparer à entrer dans
un Convent qu'elle choisit à
dix lieues de fa Ville , fon mari
l'y conduifit avec toute la
démonstration de joye que
peut donner un homme content
, & il ne luy refufa rien de
tout ce qui luy
convenoit pour
la mettre en état de
paroiftre
avec
diftinction dans un endroit
où le fafte eft aufli- bien
établi , ou du moins cherche à
Gij
76 MERCURE
·
s'établir avec autant d'empire
que dans le monde. Leur féparation
fut touchante &
Julie pleurant de joye , cub
la confolation de voir fon
mari verfer des larmes de dout
leur en luy difant adieu
4
03
Il luy donna pendant fix
femaines exactement
de fes
nouvelles : nais le temps de la
faire fortir de fon Convent ,
étant preft d'expirer , fes empreffements
foralentirent
, fes
lettres devinrent moins frequefites
, & enfin il ne luy écrivit
plus. Julie n'auroiteû garde
de fe plaindre de l'inconfGALANT
77
1
tance de ſon époux , fi le
défaut des fecours les plus neceffaires
ne luy cut appris à
murmurerɔde la négligence.
D'ailleurs aune indifpofition
dont elle ne pouvoit pas connoiftre
la cauſe , & qui cependant
étoit vrayement une fuite
de la complaifance qu'elle
avoit cu dans fon dernier raccommodement
avec fon mari ,
neluy permit pas de refter davantage
dans fon Convent ;
la difette où elle commençoit
à fe voir , & la neceffité indif
penfable de veiller à ſa ſanté ,
en arracherent , elle retourna
Giij
78 MERCURE
à la Ville-dont elle étoit fortie
avec tant de joye , pour aller
fe mettre dans un faint azyle
à couvert des fureurs de fon
mari , qui de fon côté n'avoit
entrepris le voyage done on
a parlé , que pour avoir lieu
d'accufet la femme de luy'
avoir fait un prefent , qu'il
ne devoit qu'à la liberalité
d'une Maîtreffe qu'il entretenoit
depuis longtemps ; mais
c'eftoit fa femme qu'il vouloir
rendre de tous coûtez la victi
me de cette avanture.
< Sur ces entrefaités quelques
perfonnes touchées de fon
GALANT. 79
E
état luy donnerent avis que
fon mari formoit de funeftes
deffeins contre elle ; la jufte
haine qu'elle avoit conccuë
pour luy , & la crainte de fe
1 voir expofée à de pareilles
violences , la déterminerent à
prendre fon party , dés qu'elle
vit fa fanté un peu rétablie.
Comme elle n'étoit pas en
feureté dans fa Ville , fon
mary ayant obtenu une Lettre
de cachet pour la faire
honteufement enfermer , elle
fongea à fe mettre à couvert
des perquifitions qu'il ne
on manqueroit pas de faire con-
·
>
Giiij
80 MERCURE
tre elle , & fe fut à la faveur
d'un déguiſement qu'elle le
rendit dans la Capitale de la
Province. Elle s'infinua fous
le nom du Chevalier de l'Ile
dans toutes les compagnies où
l'on fe piquoit de recevoir le
beau monde ; elle paffa pour
un jeune Officier nouvellement
arrivé des Indes , heureufement
qu'elle en fçavoit la
carte , & répondoit fi pertinemment
à toutes les queftions
qu'on luy faifoit fur ce
chapitre , que l'on ne s'ayilat
jamais de la foupçonner de
menfonge ; fon mari s'y tromGALANT.
81
pa comme les autres , il s'étoit
douté qu'elle avoit choisi cette
Ville pour le lieu de la retraite ;
mais il ne l'auroit jamais cherchée
au milieu de tout ce qu'il
y avoit de jeunes gens dans les
affemblées , dans les caffez , &
au billard même , où elle luy
gagna un jour partie, revange ,
& le tour. Il eft vray que par
le fecours d'une pommade
elle s'étoit fi bien bruniele tein ,
qu'elle avoit auparavant d'une
blancheur éblouffante
, que
cela la rendoit entierement
méconnoiffable ; auffi ne l'auroit
on jamais reconnue fans
82
MERCURE
la trahison d'une femme de
chambre qui apprit à fon mari
toutes les circonstances de fon
déguisement.
Ce fut un coup de foudre
pour la pauvre Julie , quand
on l'avertit de fonger à s'éloigner
encore . Une feule perfonne
qui veilloit à fes interefts
auprés de fon mari , avoit découvert
que fon fecret étoit
éventé , & luy avoit fait dire
qu'il n'y avoit plus de ſcureté
pour elle à rester dans la Ville
où elle étoit Elle forma alors
le deffein de fe rendre à Paris
& prit en même temps une
GALANT.
83
ferme réfolution de ne jama s
paroiftre ce que fon fexe exigeoit
qu'elle parut.
Avant de quitter la Province
, elle fe rendir à l'affemblée
des Etats qui fe tenoient cette
année à ***. Une Dame de fes
amies qui avoit fon fecret , &
à qui elle avoit fait confidence
du deffein qu'elle avoit d'aller
à Paris , propofa à un jeune
Confeiller de fes parents de
faire ce voyage avec le Chevafier
de l'Ifle , ce que le Confeiller
accepta avec joye ; il
mit même de la particunAbbé
de fes camis , homme de fort
84 MERCURE
bonne mine , & de bonne
compagnie.
A la premiere couchée il ne
fe trouva que deux lits dans
l'Auberge , le Chevalier de
I'lfle voulut feul en occuper
un , l'Abbé prouva par bel &
bon argument fondé fur fon
embonpoint , qu'il devoit oc
cuper l'autre: c'eft à dire, Meffieurs
, dit le Confeiller , que
vous m'en deftinez un à la bel
le étoile ; les nuits font un peur
trop fraîches pour cela , ainfi
il eft à propos que le fort en
decide & me faffe au inoins
conchers avec l'unirde a vous
GALANT. 83
deux ; le Chevalier de l'lfle
n'eût pas le mot à repliquer ,
le fort tomba fur luy , & quel
que chofe qu'il fit pour le dé ,
fendre de coucher en compa
gnic il fallut en paſſer par là ,
ou découvrir des raifons que
fon interêt luy ordonnoit de
taire enfin aprés avoir bien
marchandé , chacun fe coucha
, il prit de temps en temps
de fi longues envies de rire au
Chevalier, qu'il luy fut impoffible
de fermer les yeux , & de
laiffer dormir fon camarade :
ces faillies le firent pafler dans
l'efprit du Confeiller pour un
86 MERCURE
P
tres mauvais coucheur , il dit
même le lendemain où il leur
arriva encore la même chofe
que la veille , qu'il ne tireroit
plus au fort , & qu'il vouloit
coucher feulà fon tour . L'Ab
be vit bien que le Chevalier
de l'Ifle alloit être fon camarade
pour cettes nuit ;
ils s'en
défendirent l'un & l'autre autant
qu'ils purent , mais il fallut
ceder au temps , & le Chevalier
fut obligé de coucher avec
l'Abbé ; la quantité de monde
que l'Affemblée des Etats avoit
attiré dans les Villes voifines
de celle où ils fe tenoient
, renGALANT.
87
doit par tout aux environs les
logemens fi rares , que pendant
quatre jours le Confeiller,
le Chevalier & l'Abbé fe virent
contraints tous les foirs
de coucher enſemble à tour
de rolle ; comme ils conti
nuoient leur route , Julie reçût
une lettre qui luy apprenoit
que fon mary à l'extrêmi
té , demandoir à la voir avec
beaucoup d'instance , pour luy
faire une réparation publique
du tort que luy avoit fait dans
le monde l'indignité de fes
foupçons . Elle n'auroit ajouté
aucune foy à cette nouvelle ,
88 MERCURE
fi elle n'avoit cu une confiance
entiere en la perfonne qui la
luy avoit écrite , & fi elle ne s'étoit
jufqu'à lors parfaitement
bien trouvée des confeils qu'
elle avoit reçû d'elle . Elle ne
perdit point de temps , elle
declara à l'Abbé , & au Confeiller
le fecret de ſon déguifement
; elle interrompit fon
voyage & le leur , & fe mit
enfin d'une façon à pouvoir
reparoiftre aux yeux de fon
mary ,qui heureufement pour
elle rendit l'ame entre fes bras,
le fur -lendemain de fon arrivéc,
aprés néanmoins luy avoir
faic
GALANT. 89
!
fait une ample amende honorable
, & luy avoir demandé
fincerement pardon de tous
les mauvais traitemens qu'il
luy avoit faits , Julie le regre
ta comme fi elle avoit cu toute
la vie fujet de s'en loüer ;
l'Abbé & le Confeiller l'allerent
voir , & la complimenterent
de la façon dont elle
étoit échapée de leurs mains ;
le Confeiller fur tout concut
tant d'eftime pour elle , qu'a
prés la premiere année de fon
deüil il luy propofa de l'époufer
, ce qu'elle accepta ; & voila
dequoy , dit l'Hiftoire, ils font
Novembre 1715.
H
90 MERCURE
encore trés - contens . Il n'y eut
que l'Abbé qui n'eut pas les
rieurs de fon colté , & qui
fit voeu de ne coucher avec
perfonne , fans s'informer ſi
c'étoit chair ou poiffon
Fermer
3657
p. 90
« On ajoûte à cette Histoire que la veille de leur hymen, [...] »
Début :
On ajoûte à cette Histoire que la veille de leur hymen, [...]
Mots clefs :
Chanson
3658
p. 93
« La lecture d'un Conte me paroît du moins aussi amusante [...] »
Début :
La lecture d'un Conte me paroît du moins aussi amusante [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « La lecture d'un Conte me paroît du moins aussi amusante [...] »
La lecture d'un Conte me
paroît du moins auffi amuſante
qu'une Chanfon . Je m'en
rapporte au Ledtour.
paroît du moins auffi amuſante
qu'une Chanfon . Je m'en
rapporte au Ledtour.
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3659
p. 99
« Pendant qu'il est question de Vers, la lecture d'une Epigramme [...] »
Début :
Pendant qu'il est question de Vers, la lecture d'une Epigramme [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Pendant qu'il est question de Vers, la lecture d'une Epigramme [...] »
Pendant qu'il eft queſtion
de Vers , la lecture d'une Epigramme
& de deux ou trois
Sonnets n'ef
pas une affaire.
La matiere dont ils traitent eft
tellement du goût de tout le
monde , qu'il n'eft pas permis
de s'ennuyer à les lire.
de Vers , la lecture d'une Epigramme
& de deux ou trois
Sonnets n'ef
pas une affaire.
La matiere dont ils traitent eft
tellement du goût de tout le
monde , qu'il n'eft pas permis
de s'ennuyer à les lire.
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3660
p. 101
« Je prie l'Auteur de cette Epigramme de se souvenir du [...] »
Début :
Je prie l'Auteur de cette Epigramme de se souvenir du [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Je prie l'Auteur de cette Epigramme de se souvenir du [...] »
Je prie l'Auteur de cette
Epigramme de fe fouvenir du
moins par reconnoiffance , de
payer dorénavant le port des
paquets qu'il me fera l'honneur
de m'envoyer , & je demande
la même grace à ceux
dont la negligence m'oblige à
fupprimer les Ouvrages.
Epigramme de fe fouvenir du
moins par reconnoiffance , de
payer dorénavant le port des
paquets qu'il me fera l'honneur
de m'envoyer , & je demande
la même grace à ceux
dont la negligence m'oblige à
fupprimer les Ouvrages.
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3661
p. 106-107
« En voicy encore un autre sur des Bouts-rimez que j'ay [...] »
Début :
En voicy encore un autre sur des Bouts-rimez que j'ay [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « En voicy encore un autre sur des Bouts-rimez que j'ay [...] »
En voicy encore un autre
fur des Bouts-rimez que j'ay
propofcz, & qui s'étoit échapé
dans les papiers du mois paſſé ;
GALANT . 107
mais il ne merite pas de languir
& de perir dans l'obſcu
SPACOT
rité.
fur des Bouts-rimez que j'ay
propofcz, & qui s'étoit échapé
dans les papiers du mois paſſé ;
GALANT . 107
mais il ne merite pas de languir
& de perir dans l'obſcu
SPACOT
rité.
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3662
p. 113-114
Chapitre des Enigmes. [titre d'après la table]
Début :
Pour des Enigmes, il est trop juste de vous en donner, [...]
Mots clefs :
Bateau échappé, Lunette d'approche
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Chapitre des Enigmes. [titre d'après la table]
Pour des Enigmes , il eſt
trop jufte de vous en donner ,
puifqu'elles font ( & tout le
monde en convient ) le principal
ornement de ce Volume.
Le mot de celles du mois paffé
étoit le Bateau échapé , & la
Lunette d'approche. Les noms de
ceux qui les ont deviné font ,
la Bergere Tire - oreille ,
Comteffe d'Efcarbagnas , le
petit Chat de Clelic , le bienheureux
Aronce , la belle bru
ne de la ruë neuve S. Euftache,
le Comte de G. C. D⋅ fon aimable
Epouſe, & le faux bourdon
des Capucins. Paffons à
Novembre 1715 . K
la
114 MERCURE
celles de ce mois .
trop jufte de vous en donner ,
puifqu'elles font ( & tout le
monde en convient ) le principal
ornement de ce Volume.
Le mot de celles du mois paffé
étoit le Bateau échapé , & la
Lunette d'approche. Les noms de
ceux qui les ont deviné font ,
la Bergere Tire - oreille ,
Comteffe d'Efcarbagnas , le
petit Chat de Clelic , le bienheureux
Aronce , la belle bru
ne de la ruë neuve S. Euftache,
le Comte de G. C. D⋅ fon aimable
Epouſe, & le faux bourdon
des Capucins. Paffons à
Novembre 1715 . K
la
114 MERCURE
celles de ce mois .
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3663
p. 118-119
« Passons maintenant, sous le bon plaisir du Lecteur, aux Nouvelles [...] »
Début :
Passons maintenant, sous le bon plaisir du Lecteur, aux Nouvelles [...]
Mots clefs :
Lecteurs
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Passons maintenant, sous le bon plaisir du Lecteur, aux Nouvelles [...] »
Paffons maintenant , fous le
bon plaifir du Lecteur , aux
Nouvelles du temps. Il en eft ,
je ne me trompe , de cet article
, ce qu'il en eft de la parade
des Danfeurs de Corde ,
dans les Preaux des Foires. Le
peuple s'empreffe à regarder
les divertiffements dont ces
Baladins le regalent en dehors ,
& peu fe mettent en peine de
voir ce qui fe paffe au - dedans.
De même une Hiftoire , des
GALANT . 119
Pieces de Poëfie galante , des
Contes , des Enigmes amufent
les Lecteurs ; & la plupart
bâille fur les Nouvelles. Ils ont
neanmoins fouvent tort , & il
y a des temps où je leur confeillerois
d'en faire un meilleur
uſage : au refte c'eft leur affaire
, & la mienne eft d'aller toû
jours mon chemin .
bon plaifir du Lecteur , aux
Nouvelles du temps. Il en eft ,
je ne me trompe , de cet article
, ce qu'il en eft de la parade
des Danfeurs de Corde ,
dans les Preaux des Foires. Le
peuple s'empreffe à regarder
les divertiffements dont ces
Baladins le regalent en dehors ,
& peu fe mettent en peine de
voir ce qui fe paffe au - dedans.
De même une Hiftoire , des
GALANT . 119
Pieces de Poëfie galante , des
Contes , des Enigmes amufent
les Lecteurs ; & la plupart
bâille fur les Nouvelles. Ils ont
neanmoins fouvent tort , & il
y a des temps où je leur confeillerois
d'en faire un meilleur
uſage : au refte c'eft leur affaire
, & la mienne eft d'aller toû
jours mon chemin .
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3664
p. 119-126
A Rome le 12. Octobre.
Début :
Le Pape qui devoit partir Lundy dernier pour Castel [...]
Mots clefs :
Religieux, Rome, Prince, Pape, Apothicaire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A Rome le 12. Octobre.
A Rome le 12. Octobre.
Le Pape qui devoit partir
Lundy dernier pour Caftel
Gandolfe , ne partit que Mercredy
, ayant voulu aupara
120
MERCURE
vant donner Audiance a
l'Ambafladeur
de Portugal
au fujet des affaires de la Chine.
Ce Miniftre fut ledit jour
Lundy l'espace de deux heures
en conference avec Sa Sainteté
Le Cardinal Albani eftrefté
icy chargé de la Surintendance
des affaires du Gouvernement .
La Congregation de l'Im
munité fut dernierement
aug .
mentée de deux Prelats qui
font Meffieurs Lambertini
& Cervini, ing so
I
Le Prince Carpegna fuc
ces jours paffez aux pieds de
Sa Sainteté , on dit qu'à cette
occafion ,
GALANT.
12 I
occafion , Elle luy fit quelque
forte de remontrance fur les
pertes confiderables qui ſe
faifoient au jeu chez la Princeffe
la femme. Depuis ce
temps- là l'on n'y joüe plus ,
& les portes du Palais font
fermées dés les fix heures du
foir.
Dimanche dernier à l'heure
du dîné , un valet inconnu ſe
prefenta au Convent des PP.
de la Trinité de Sainte Françoiſe
, avec une Truite , difant
que c'eftoit pour le Superieur ,
fans dire de quelle part elle
venoit. Le Portier reçut le
Novembre 1715 . L
122 MERCURE
prefent , & l'ayant remis au
Superieur dans le temps qu'on
fe mettoit à table , ce Pere.
crut que cela luy eftoit envoyé
par quelques Religieufes de
fes amies ; il la fit diftribuer à
tous les Religieux qui eftoient
à table , qui en mangerent de
bon appetit. Mais vers les
quatre heures du même jour
le Superieur & tous les Religieux
qui en avoient mangé
furent attaquez d'une colique
fi violente ,que chacun demandoit
à le Confeffer . Malheureufement
perfonne ne le
trouvoit en état de fe donner
GALANT . 123
J
du fecours , à la referve d'un
Frere Lay qui avoit gardé ſa
portion de la Truite . Il vint
pourtant du monde , & cette
Communauté reçut du fou ,
lagement par les remedes &
les vomitifs qu'on donna à
chacun de ces Religieux , qui
par ce moyen curent le bonheur
de furmonter la malignité
du poiſon . On en fit enfuite
l'épreuve fur la portion du
Frere Lay , & on trouva qu'il
y avoit dedans d'une certaine
poudre appellée icy Cantarella .
Le P. Superieur croit que ce
coup ne peut venir que d'un
Lij
124 MERCURE
certain Religieux qui fut
dernierement chaffé du Convent
.
L'on a mis en priſon par
ordre du Pape , un homme
qui recevoit pour le jeu de
Genes contre les défenles ' qui
en ont efté faites . On a trouvé
chez luy plufieurs milliers
d'écus qui ont efté faifis &
portez au Gouvernement
.
Comme on fuppofoir que
l'Apoticaire du Prince Borghefe
, fut affocié avec luy dans
ce negoce , on envoya arreſter
cet Apoticaire dans le Palais
de la famille de Son Excellen蒙
着
1
GALANT
>
25
ce où il fait få demeure. Il
avoit alors compagnie chez
luy , entre autres le Maître
de chambre , le Procureur , &
le premier homme d'affaire
du Prince. Ils furent tous
arreſtez & retenus dans l'Apoticairerie
, depuis les fept heures
du foir jufqu'à trois heu
res aprés minuit. Pendant ce
temps - là on fit une recherche
dans tous les papiers , aprés
quoy tous ceux qui avoient
efté arreftez furent relâchez à
l'exception de l'Apoticaire.
Le Prince eft fort irrité de ce
que fans aucun égard on
Liij
126 MERGURE
détenu fes domestiques qui
n'avoient nulle part dans cette
affaire .
Le Pape qui devoit partir
Lundy dernier pour Caftel
Gandolfe , ne partit que Mercredy
, ayant voulu aupara
120
MERCURE
vant donner Audiance a
l'Ambafladeur
de Portugal
au fujet des affaires de la Chine.
Ce Miniftre fut ledit jour
Lundy l'espace de deux heures
en conference avec Sa Sainteté
Le Cardinal Albani eftrefté
icy chargé de la Surintendance
des affaires du Gouvernement .
La Congregation de l'Im
munité fut dernierement
aug .
mentée de deux Prelats qui
font Meffieurs Lambertini
& Cervini, ing so
I
Le Prince Carpegna fuc
ces jours paffez aux pieds de
Sa Sainteté , on dit qu'à cette
occafion ,
GALANT.
12 I
occafion , Elle luy fit quelque
forte de remontrance fur les
pertes confiderables qui ſe
faifoient au jeu chez la Princeffe
la femme. Depuis ce
temps- là l'on n'y joüe plus ,
& les portes du Palais font
fermées dés les fix heures du
foir.
Dimanche dernier à l'heure
du dîné , un valet inconnu ſe
prefenta au Convent des PP.
de la Trinité de Sainte Françoiſe
, avec une Truite , difant
que c'eftoit pour le Superieur ,
fans dire de quelle part elle
venoit. Le Portier reçut le
Novembre 1715 . L
122 MERCURE
prefent , & l'ayant remis au
Superieur dans le temps qu'on
fe mettoit à table , ce Pere.
crut que cela luy eftoit envoyé
par quelques Religieufes de
fes amies ; il la fit diftribuer à
tous les Religieux qui eftoient
à table , qui en mangerent de
bon appetit. Mais vers les
quatre heures du même jour
le Superieur & tous les Religieux
qui en avoient mangé
furent attaquez d'une colique
fi violente ,que chacun demandoit
à le Confeffer . Malheureufement
perfonne ne le
trouvoit en état de fe donner
GALANT . 123
J
du fecours , à la referve d'un
Frere Lay qui avoit gardé ſa
portion de la Truite . Il vint
pourtant du monde , & cette
Communauté reçut du fou ,
lagement par les remedes &
les vomitifs qu'on donna à
chacun de ces Religieux , qui
par ce moyen curent le bonheur
de furmonter la malignité
du poiſon . On en fit enfuite
l'épreuve fur la portion du
Frere Lay , & on trouva qu'il
y avoit dedans d'une certaine
poudre appellée icy Cantarella .
Le P. Superieur croit que ce
coup ne peut venir que d'un
Lij
124 MERCURE
certain Religieux qui fut
dernierement chaffé du Convent
.
L'on a mis en priſon par
ordre du Pape , un homme
qui recevoit pour le jeu de
Genes contre les défenles ' qui
en ont efté faites . On a trouvé
chez luy plufieurs milliers
d'écus qui ont efté faifis &
portez au Gouvernement
.
Comme on fuppofoir que
l'Apoticaire du Prince Borghefe
, fut affocié avec luy dans
ce negoce , on envoya arreſter
cet Apoticaire dans le Palais
de la famille de Son Excellen蒙
着
1
GALANT
>
25
ce où il fait få demeure. Il
avoit alors compagnie chez
luy , entre autres le Maître
de chambre , le Procureur , &
le premier homme d'affaire
du Prince. Ils furent tous
arreſtez & retenus dans l'Apoticairerie
, depuis les fept heures
du foir jufqu'à trois heu
res aprés minuit. Pendant ce
temps - là on fit une recherche
dans tous les papiers , aprés
quoy tous ceux qui avoient
efté arreftez furent relâchez à
l'exception de l'Apoticaire.
Le Prince eft fort irrité de ce
que fans aucun égard on
Liij
126 MERGURE
détenu fes domestiques qui
n'avoient nulle part dans cette
affaire .
Fermer
3665
p. 126-130
A Venise le 12. Novembre.
Début :
L'on a receu icy cette semaine des Lettres de M. le [...]
Mots clefs :
Général, Turcs, Venise
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A Venise le 12. Novembre.
AVenife le 12. Novembre.
L'on a receu icy cette femaine
des Lettres de M. le
General Delphini , par la voye
d'Ottrante, datées deGlimini le
19. Septembre , il mande que
fa fanté ferétabliſſant & ayant
cu avis que Napoli de Malvoifie
, fe défendoit encore
il fe difpofoit à porter du
fecours à cette Place , qu'il
mettroit inceffamment à la
GALANT. 127
voile avec les quatre Vaiſſeaux
& tous les fiens , à l'exception
de deux de ces Vaiffeaux qui
ne pouvoient plus fervir ; que
les Turcs avoient fait paſſer
25. à 30000. hommes dans
l'Ile de Sainte Maure , pour
en faire le Siege ; que quatre
galeres s'en étoient approchées
yavoient jetté du monde , en
forte que la Garnifon eftoit de
mille hommes environ ; que
les Turcs n'avoient point encore
leur canons , & qu'il lâcheroit
avant fon départ les
Galeres , tant pour jetter de
nouveaux fecours dans la Pla-
Liiij
128 MERCURE
ce,s'il eftoit poffible d'y réüffir ,
que pour incommoder les
affiegeans. Il y a de l'apparence
que ce General n'aura pas
voulu eftre fpectateur de la
prife de cette Place & qu'il
prend le prétexte d'aller fecourir
Napoli de Malvoific , car
je le crois trop fage pour rifquer
de combattre contre la
Aotte des Turcs beaucoup
fuperieure à la fienne .
L'ona auffi receu des Lettres
de Dalmatie du 16. Septembre
; elles portent que nonobftant
la chute des neiges ,
les Turcs fe raffembloient de
GALANT. 129
nouveau dans l'Albanic , & du
cofté de Narenta , qu'il paroiffoit
qu'ils avoient deffein de
faire quelque fiege , & le Grand
Vifir avoit fait étrangler le Pacha
qui avoit levé celuy de
Siga .
Un Courrier arrivé de Vienne
Mercredy , a apporté le
traité d'engagement de M. le
Comte de Schulembourg, auquella
République a enfin accordé
les 10000. fequins qu'il
demandoit pour entrer à fon
fervice. Comme ce n'eft pas
icy l'ufage de donner une fi
groffe fomme , on luy a donné.
plufieurs Charges pour avoir
130 MERCURE
un prétexte de le faire , & il
fera Maréchal General des Débarquements,
& General d'Artillerie.
Tout fon commandement
fe réduira à deffendrela
Villede Corfou , fi la guerre
continuë.
-
Le Senat a pris la réſolution
de rappeller les bannis
moyennant une certaine fomme
proportionnée à leurs facultez
, & l'on a éleu unMagif.
trat pour regler cette fomme.
On reprendra la fuite des
Nouvelles dans un autre en- .
droit de ce Volume.
L'on a receu icy cette femaine
des Lettres de M. le
General Delphini , par la voye
d'Ottrante, datées deGlimini le
19. Septembre , il mande que
fa fanté ferétabliſſant & ayant
cu avis que Napoli de Malvoifie
, fe défendoit encore
il fe difpofoit à porter du
fecours à cette Place , qu'il
mettroit inceffamment à la
GALANT. 127
voile avec les quatre Vaiſſeaux
& tous les fiens , à l'exception
de deux de ces Vaiffeaux qui
ne pouvoient plus fervir ; que
les Turcs avoient fait paſſer
25. à 30000. hommes dans
l'Ile de Sainte Maure , pour
en faire le Siege ; que quatre
galeres s'en étoient approchées
yavoient jetté du monde , en
forte que la Garnifon eftoit de
mille hommes environ ; que
les Turcs n'avoient point encore
leur canons , & qu'il lâcheroit
avant fon départ les
Galeres , tant pour jetter de
nouveaux fecours dans la Pla-
Liiij
128 MERCURE
ce,s'il eftoit poffible d'y réüffir ,
que pour incommoder les
affiegeans. Il y a de l'apparence
que ce General n'aura pas
voulu eftre fpectateur de la
prife de cette Place & qu'il
prend le prétexte d'aller fecourir
Napoli de Malvoific , car
je le crois trop fage pour rifquer
de combattre contre la
Aotte des Turcs beaucoup
fuperieure à la fienne .
L'ona auffi receu des Lettres
de Dalmatie du 16. Septembre
; elles portent que nonobftant
la chute des neiges ,
les Turcs fe raffembloient de
GALANT. 129
nouveau dans l'Albanic , & du
cofté de Narenta , qu'il paroiffoit
qu'ils avoient deffein de
faire quelque fiege , & le Grand
Vifir avoit fait étrangler le Pacha
qui avoit levé celuy de
Siga .
Un Courrier arrivé de Vienne
Mercredy , a apporté le
traité d'engagement de M. le
Comte de Schulembourg, auquella
République a enfin accordé
les 10000. fequins qu'il
demandoit pour entrer à fon
fervice. Comme ce n'eft pas
icy l'ufage de donner une fi
groffe fomme , on luy a donné.
plufieurs Charges pour avoir
130 MERCURE
un prétexte de le faire , & il
fera Maréchal General des Débarquements,
& General d'Artillerie.
Tout fon commandement
fe réduira à deffendrela
Villede Corfou , fi la guerre
continuë.
-
Le Senat a pris la réſolution
de rappeller les bannis
moyennant une certaine fomme
proportionnée à leurs facultez
, & l'on a éleu unMagif.
trat pour regler cette fomme.
On reprendra la fuite des
Nouvelles dans un autre en- .
droit de ce Volume.
Fermer
3666
p. 146-147
« Ce Poëme latin est le premier qui ait paru pour le Roy [...] »
Début :
Ce Poëme latin est le premier qui ait paru pour le Roy [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Ce Poëme latin est le premier qui ait paru pour le Roy [...] »
Ce Poëme latin eft le
mier qui ait paru pour le Roy
depuis la mort de ce Monarque.
Il eft de M. l'Abbé Jamoays,
originaire de Bretagne,
fort connu dans la Republique
des Lettres , par quantité de
pieces de bon goût , & fur tout
GALANT . 147
par celles de Poëfie qu'il a
données au public , & qu'il a
eu l'honneur de prefenter à
feu Monfeigneur le Duc de
Bourgogne fur ce Prince , &
fur la naiffance de feus Nof
feigneurs les Ducs de Bretagne
.
mier qui ait paru pour le Roy
depuis la mort de ce Monarque.
Il eft de M. l'Abbé Jamoays,
originaire de Bretagne,
fort connu dans la Republique
des Lettres , par quantité de
pieces de bon goût , & fur tout
GALANT . 147
par celles de Poëfie qu'il a
données au public , & qu'il a
eu l'honneur de prefenter à
feu Monfeigneur le Duc de
Bourgogne fur ce Prince , &
fur la naiffance de feus Nof
feigneurs les Ducs de Bretagne
.
Fermer
3667
p. 148-150
« Le 23. du mois passé, Madame de Mailly, Abbesse de [...] »
Début :
Le 23. du mois passé, Madame de Mailly, Abbesse de [...]
Mots clefs :
Abbesse, Oraison funèbre, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le 23. du mois passé, Madame de Mailly, Abbesse de [...] »
Le
23. du
mois
paffé
, Madame
de
Mailly
, Abbeffe
de
l'Abbaye
Royale
de
Poiffy
,
fit
faire
un
Service
folemnel
à l'honneur
du
Roy
. Toute
fon
Eglife
fut
tenduë
de
noir
jufqu'à
la voute
; & les
cartouches
des
armes
& des
chif
res
du
Monarque
deffunt
y
GALANT. 142
"
eftoient diftribuez avec beaucoup
de goût & de fymerrie.
La Repreſentation y eftoit entourée
d'un grand nombre de
cierges & de chandeliers d'argent.
La Pompe funebre y fut
Loûtenue par tout avec une
magnificence digne du lieu ,
du fujet & de l'illuftte Abbeffe
qui l'ordonnoit. L'Oraiſon
funebre y fut prononcée par
M. I Abbé Maffon qui s'atti
ra les applaudiffemens d'une
affemblée nombreufe & choifie.
Il fit voir que le feu Roy:
ayoit cfté victorieux comme
David , auffi fage que Salo
·
Niij
150 MERCURE
mon , & auffi pieux que S.
Lous ; trois grands fujets d'Eloge
dont l'Orateur fit,comme
trois grands tableaux où il reprefenta
toute la vie du Roy
en abregé , & en détail tous
les plus beaux traits de fa valeur
, de fa fageffe & de la Re-i
ligion . Madame de Mailly a
圈
Refprit fi jufte & le goût fi
exquis joints à une naiffance
illuftre , qu'on entrevoit natu
rellement dans fes actions les
plus indifferentes, comme dans
celles qui exigent plus d'attention
d'elle , la grandeur de fon
ame , & l'éclat de fon nom ,
23. du
mois
paffé
, Madame
de
Mailly
, Abbeffe
de
l'Abbaye
Royale
de
Poiffy
,
fit
faire
un
Service
folemnel
à l'honneur
du
Roy
. Toute
fon
Eglife
fut
tenduë
de
noir
jufqu'à
la voute
; & les
cartouches
des
armes
& des
chif
res
du
Monarque
deffunt
y
GALANT. 142
"
eftoient diftribuez avec beaucoup
de goût & de fymerrie.
La Repreſentation y eftoit entourée
d'un grand nombre de
cierges & de chandeliers d'argent.
La Pompe funebre y fut
Loûtenue par tout avec une
magnificence digne du lieu ,
du fujet & de l'illuftte Abbeffe
qui l'ordonnoit. L'Oraiſon
funebre y fut prononcée par
M. I Abbé Maffon qui s'atti
ra les applaudiffemens d'une
affemblée nombreufe & choifie.
Il fit voir que le feu Roy:
ayoit cfté victorieux comme
David , auffi fage que Salo
·
Niij
150 MERCURE
mon , & auffi pieux que S.
Lous ; trois grands fujets d'Eloge
dont l'Orateur fit,comme
trois grands tableaux où il reprefenta
toute la vie du Roy
en abregé , & en détail tous
les plus beaux traits de fa valeur
, de fa fageffe & de la Re-i
ligion . Madame de Mailly a
圈
Refprit fi jufte & le goût fi
exquis joints à une naiffance
illuftre , qu'on entrevoit natu
rellement dans fes actions les
plus indifferentes, comme dans
celles qui exigent plus d'attention
d'elle , la grandeur de fon
ame , & l'éclat de fon nom ,
Fermer
3668
p. 164-185
Premier article des Morts. [titre d'après la table]
Début :
Si toutes les Genealogies ressembloient à celle cy, le Lecteur [...]
Mots clefs :
Roi, Mort, Gouverneur, Maréchal, Seigneur, Régiment, Général, Capitaine, Gouverneur, Lieutenant, Chevalier, Armée du roi, Mousquetaire, Parlement, Vie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Premier article des Morts. [titre d'après la table]
Si toutes les Genealogies reffembloient
à celle cy , le Lecteur
ne craindroit jamais de´
s'ennuyer de la lecture de cet
article , & la vie d'un homme
illuftre fa
naiffance & par
par
fes actions , foit pour hono .
rer fes manes , foit pour faire
fon éloge pendant la vie , eſt
toûjours une hiftoire agréable
à lire.
Meffire Daniel de Montef
quiou , Chevalier Seigneur de
Prechac , Galiax , Mauhic &
GALANT. 165
du Bedat , Lieutenant General
des Armées du Roy , Gouverneur
de Scheleſtat , Commandeur
de l'Ordre de S. Louis ,
Senechal d'Armagnac, & Capitaine
Châtelain de Lectoure,
decedé d'une maniere auffi
chrêtienne qu'il avoit toû¦ours
vêcu , le 25. Juillet 175A à
Scheleftat , où il a toûjours
refidé depuis qu'il avoit eſté
nommé Gouverneur de cette
Place ; étoit de l'illuftre Maifon
de Montefquiou , qui a
donné à l'Etat des Maréchaux
de France , & à l'Eglife des
Cardinaux , des Evêques , &c.
166
MERCURE
Eile a tité fon nom de la Terre
de Montefquiou , ſeconde
Baronnie d'Armagnac , dont
le Seigneur eft Chanoine né à
l'Eglife Cathedrale d'Auch
& y a rang au Choeur aprés les
dignitez , & avant les Chanoines.
Auriane de Lamothe fut mariée
dans l'onziéme ficcle avec
Raymond Aymoric , fecond
fils d'Aymeric , Comte de Fezenfac
, d'où font iffuës plufieurs
familles du nom de
Montefquiou qui fubfiftent
encore aujourd'huy avec éclat,
y ayant un Maréchal de FranGALANT.
167
ce & des Lieutenans Generaux.
Decembre 1634 ..
Le
137
M. de Prechac nâquit au
Château de Galiax en Armagnac
fon pere s'appelloit
Meffire Jean Paul de Montef
quiou , Chevalier Seigneur de
Prechac & de Galiax , fa mere
Catherine de Laas de Lurbe ,
d'une ancienne Maifon de
Bearn .
Feu Monfieur de Baas , Capitaine
- Lieutenant de la
premiere
Compagnie des Moufquetaires
, coufin germain de
fon pere , l'ayant attiré à Paris,
voulut qu'à l'exemple de plu168
MERCURE
fieurs autres Gentilshommes , il
fervit d'abord en qualité de
volontaire au Regiment, des
Gardes Françoifes pendant les
années 1654. 1655 & 16 56.
d'où il paffa en 1657. dans la
premiere Compagnie des
Moufquetaires , où it fur Sous-
Brigadier. Le Roy , dont il
avoit l'honneur d'eftre connu
particulierement , l'envoya
pout affaires fecretes en Eſpagne
, & à fon retour fa Majefté
luy donna le 16. Octobre
1665. une Compagnie au Regiment
de Champagne , où il
cut le brevet de Major le premier
GALANT. 169
mier Septembre 1675. & fervit
depuis en cette qualité , &
comme Major de Brigade, jufqu'au
16. Janvier 1678. qu'il
fut nommé Inspecteur General
de l'Infanterie.
Le 28. Novembre 1681.
il fut faitColonel du Regiment
de Champagne , le 24. Aouſt
1688. Brigadier des Armées
du Roy , le 30. Mars 1693 .
Maréchal de Camp , le 13 .
Juin de la même année Gouverneur
de Rofes , le 20. Octobre
1699. Gouverneur de
Scheleftat , le premier Mars
1704 Senéchal d'Armagnac ,
Novembre 1715 . 1715. P
170 MERCURE
& Capitaine Châtelain deLectoure
, le 26. d'O&obre de la
même année , Lieutenant General
des Armées du Roy .
Il avoit eu fucceffivement
les Commanderies de S Omer
& d Ypres , lesquelles ayant
efté réunies à l'Ordre de S.
Lazare , il fut nommé Commandeur
de l'Ordre des Louis,
lorfque cet Ordre fut inftitué.
Pendant qu'il étoit dans les
Moufquetaires, il ſe troùva en
l'année 1657. aux Sieges de
Montmedy, Herbemont, Vifton
, & Neufchatel , & en
1658. au fiege de Dunkerque.
GALANT. 171
En 1672. étant Capitaine
au Regiment de Champagne ,
il fe trouva au fameux paffage
de Tholus fur le Rhin , où le
Roy commandoit en perſonno,
& en dix fieges , entr'autres
celuy de Nimegue & celuy
du Fort de Schenk.
En 1674. il fe trouva au
combat de Turqueim en Alface
, & au fiege d'Antoin , où
il fut bleffé dangereufement
au pied gauche.
En 1675. il fe diftingua au
combat d'Altheneim en Brifchaw
, où il eut un cheval tué
fous luy & le talon droit percé
Pij
172 •
MERCURE
d'un coup de moufquer
.
En 1677. il fe trouva au
fiege de Fribourg C 1678 .
aux fieges de Hombourg & de
Botſche.
basta nou v
En 1689. au fiegede Campredon
en Catalogne , où il
commandoit l'Infanterie en
qualité de Brigadier.
En 1691 aux fleges de la
Seu d'Urgel , & des Châteaux
deValence & de Sor, où il commandoit
en Chefing daiq an
En 1693. au fiege de Rofes ,
où il fe fignala en qualité de
Maréchal de Camp , & le
Gouvernement de cette Place
GALANT 173
luy fut donné aprés qu'elle eût
été prife.Main
En 1694. au Combat du
paffage du Ter où l'Armée
d'Espagne retranchée de l'autre
côté de lariviere , & fupe .
rieure en nombre à celle de
France , fut défaite par M. le
Maréchal de Noailles , & enfuite
aux fieges de Palamos , de
Girone , d'Oltalric , & de Caf
telfoüillet . En voulant faire entrer
un convoy en 1695 ilfut
bleffe d'un coup de mouſquer
à la cuiffe , ce qui n'empêcha
pas qu'il n'y fic entrer le Convoye
a kupeƆ vyplat
Piij
174 MERCURE
En 1697, au fameux fiegel
de Barcelone fous M. le Duc
de Vendofme.
7
* 0 :
• Quoyqu'il fut Gouverneur
de Rofes depuis 1695 ) il he
laiffoit pas de fervir Hyver &
Efté ,en qualité de Maréchal de
Camp ; ila même commandé
divers Camps volants . Ce n'eſt
que depuis qu'il a efté Gouver
neur de Scheleftat qu'il a pref .
que toûjours efté obligé de
demeurer dans cetre Place. 113
Jamais Officier n'a efté plus
attaché à fon devoir & à l'ob
fervation de la difcipline militaire
, que luy. Ce qu'il a por
GALANT . 175
té fi loin que pendant . 61. ans
de fervice,il n'eft allé que trois
fois fur les terres en fon pays
& trois fois à la Cour. Lors
qu'il y vint en 1699. craignant
que le Roy , dont il avoit autrefois
efté particulierement
connu , pendant qu'il fervoit
dans les Moufquetaires , ne
l'eut oublié , il pria M. le Maréchal
de Noailles de le prefenter
, de quoy Sa Majeſté
s'étant apperceuë , elle dit
en fouriant : Prechac croit
que
je ne le connois plus ,parce qu'il ne -
vient point à la Cour; & en luy
mettant la main fur l'épaule
P iiij
176 MERGURE
que
gauche luy dit. Ily a longtemps
Tous nous connoiffons.
Dans tous les emplois qu'il
a cu , il s'eft toûjours contenté
de les appointemens, ſans mê→
me vouloir ufer de certains
droits établis par la Coûtume,
ni recevoir les prefens qu'on
luy offroit.
Il n'a jamais rien demandé
à la Cour , & s'il a eu des
cimplois , ce n'eſt que fur le
rapport des Generaux fous
lefquels il a fervi . Feu M. le
Prince de Condé , M. de Tu-
Meffieurs les Maré- renne
chaux de Luxembourg & de
GALANT. 177
*
Noailles , & M. le Duc de
Vendofme. Il eût feulement
l'honneur d'écrire en 1692. à
Sa Majefté, pour la fupplier de
ſe ſouvenir des bontez qu'elle
luy avoit autrefois temoignée,
&des fervices qu'il rendoit de
puis prés de 40 ans , & c'eft
Meffire Clement de Montef
quiou de Prechac fon frere ,
Abbé de Berdoüe , & de Valbone,
& Prieur de Saint Feliou,
qui fe trouvant à Paris en 1704 .
fit demander de luy même la
Charge de Senéchal d'Armagnac
qui venoit de vacquer
par la mort de M. le Marquis
d'Hautmont .
178 MERCURE
En l'année 1681. il refufa
d'accepter la Lieutenance Colonelle
du Regiment deChampagne,
que M. de Louvois luy
écrivit que
le Roy luy donnoit
, difant qu'il y avoit trois
Capitaines plus anciens que
luy , & qu'il ne leur donneroit
jamais la mortification d'être
commandez par leur cadet. Le
Miniftre approuva cette delicateffe
, fit placer ces trois Ca
pitaines , & ainfi M. de Prechac
étant demeuré plus ancien
Capitaine , fut fait Lieutenant
Colonel .
Ce fut auffi en ce temps - là
GALANT. 179
qu'étant Inspecteur General
d'Infanterie
à Pignerol & en
Dauphiné , il eut ordre d'envoyer
à la Cour un état de tous
les Officiers de fon Départe
ment , de leurs Pays , de leurs
fervices , des occafions où ils
s'étoient trouvez & den leurs
bleffures: De quoy il s'acquita
avec exactitude à l'égard de
tous les autres ; il n'oublia que
luy- même. Ce qui obligea M.
de Louvois à luy écrire en ces
termes :Fay fait voir au Roy
l'état que vous m'avez envoyé.
Sa Majesté en aété fort contente,
a admiré voftre modeftie de ne
180 MERGURE
pas vous
vous
mettre
mettre
au nnombre
des
bleſſez
, n'ignorant
pas que vous l'avez
été à Antoin
& à Altheneim
;
c'est pour
cela qu'elle
vous
donne
la Commanderie
de
S.Omero
quel
ab . mm
Enfin
M. de Prechac
chargé
d'honneurs
& d'années
ayant
eu une
attaque
d'apoplexie
peu aprés
Pâques
, regarda
cela
comme
un avis
que la mort
étoit
prochaine
, & redoubla
les difpofitions
qu'il
y avoit
apportées
toute
la vie , ayant
vecu
d'une
maniere
auffiregu
liere
que s'il eût été dans
un
Cloître
. Il regla
tout
ce qui
GALANT. 181
pouvoit concerner ſon Gouvernement
, en ayant fait un
état qu'il remit au Lieutenant
de Roy , & continua neanmoins
de faire les fonctions de
Gouverneur jufqu'au dernier
moment de fa vie , ayant n
core donné les ordres en cette
qualité la veille de fa mort.
Il eftoit marié avec Madame
Claire Marguerite de Lau ,
Dame de Mauhic & du Bedat,
fille & heritiere du Comte de
Lau , Chef d'une ancienne
Maiſon en Armagnac , dont
il n'a point eu d'enfans .
3 Meffire Eftienne Bouchu
182 MERCURE
Sieur de Leffart , Confeiller
d'Etat , cy - devant Intendant
de Grenoble & des Armées
d'Italie & de Dauphiné , pere
de Madame la Comteffe de
Teffé qu'il laiffe pour la feule
& unique heritiere , & neveu
de Mcffice Pierre Bouchu,
premier Préfident du Parle
ment de Dijon , dont je vous
appris la mort dans le Mercure
du mois paffé mourut à
Tournus le Octobre
1715. Il eftoit fils de M. Bouchu,
Intendant de Bourgogne,
mort en 1683 & petit fils de
Meffire Jean Bouchu , & de
P
GALANT . 183
Dame Marie de Montholon ,
Préfident à Mortier du Parle
ment de Dijon , & reçû en
1644. premier Préfident du
même Parlement : cette famille
qui eft originaire de la Viile
de Monbard en Bourgogne, &
qui depuis prés de cent années,
rempliffoit les premieres dignitez
de la Robe dans le Parlement
de fa Province , ne fubfifte
plus & fon nom & fa famille
fe trouvera éteinte aprés
la mort de Dom Pierre Bouchu
, Abbé & Chef General
de Clairvaux , & de N. Bouchu
, Abbé d'Ambournay.
184 MERCURE
Mcffire Jean de Berbify ,
Chevalier Seigneur & Baron
de Vantoux , Préfident à
Mortier au Parlement de Dijon,
dont la famille depuis plus
de 200. ans a fourni dans le
même Parlement plufieurs
Confeillers & des Prefidens ,
fuccede à la dignité de premier
Préfident , vacante par la mort
de Mr Bouchu .
Meffire Henry Jules Duguay
, Chevalier Confeiller du
Roy , cy- devant Intendant de
la Marine à Dunkerque, mourut
le 10 Novembre 1715. âgé
d'environ 60 , ans Il eftoit fils
de
GALANT 185
de Meffire Nicolas Benigne
Duguay , Seigneur de Beffey,
Baron de Chizans , premier
Prefident de la Chambre des
Comptes de Dijon , & Inten
dane de Marine enBourgogne,
& de Dame Marie Chapelain.
Il fervoir dans la Marine depuis
plus de trente années avec
beaucoup de merite & de diftinction.
Il laiffe trois fils qui y
fervent , dont l'aifné a efté
fait au Siege de Douay Enfei
ghe de Vaiffeaux . Cefar Duguay
, Baron de Chazans , l'un
de fes freres,mourut en 1708. à
Breft , Lieutenant de Vaiffeaux .
à celle cy , le Lecteur
ne craindroit jamais de´
s'ennuyer de la lecture de cet
article , & la vie d'un homme
illuftre fa
naiffance & par
par
fes actions , foit pour hono .
rer fes manes , foit pour faire
fon éloge pendant la vie , eſt
toûjours une hiftoire agréable
à lire.
Meffire Daniel de Montef
quiou , Chevalier Seigneur de
Prechac , Galiax , Mauhic &
GALANT. 165
du Bedat , Lieutenant General
des Armées du Roy , Gouverneur
de Scheleſtat , Commandeur
de l'Ordre de S. Louis ,
Senechal d'Armagnac, & Capitaine
Châtelain de Lectoure,
decedé d'une maniere auffi
chrêtienne qu'il avoit toû¦ours
vêcu , le 25. Juillet 175A à
Scheleftat , où il a toûjours
refidé depuis qu'il avoit eſté
nommé Gouverneur de cette
Place ; étoit de l'illuftre Maifon
de Montefquiou , qui a
donné à l'Etat des Maréchaux
de France , & à l'Eglife des
Cardinaux , des Evêques , &c.
166
MERCURE
Eile a tité fon nom de la Terre
de Montefquiou , ſeconde
Baronnie d'Armagnac , dont
le Seigneur eft Chanoine né à
l'Eglife Cathedrale d'Auch
& y a rang au Choeur aprés les
dignitez , & avant les Chanoines.
Auriane de Lamothe fut mariée
dans l'onziéme ficcle avec
Raymond Aymoric , fecond
fils d'Aymeric , Comte de Fezenfac
, d'où font iffuës plufieurs
familles du nom de
Montefquiou qui fubfiftent
encore aujourd'huy avec éclat,
y ayant un Maréchal de FranGALANT.
167
ce & des Lieutenans Generaux.
Decembre 1634 ..
Le
137
M. de Prechac nâquit au
Château de Galiax en Armagnac
fon pere s'appelloit
Meffire Jean Paul de Montef
quiou , Chevalier Seigneur de
Prechac & de Galiax , fa mere
Catherine de Laas de Lurbe ,
d'une ancienne Maifon de
Bearn .
Feu Monfieur de Baas , Capitaine
- Lieutenant de la
premiere
Compagnie des Moufquetaires
, coufin germain de
fon pere , l'ayant attiré à Paris,
voulut qu'à l'exemple de plu168
MERCURE
fieurs autres Gentilshommes , il
fervit d'abord en qualité de
volontaire au Regiment, des
Gardes Françoifes pendant les
années 1654. 1655 & 16 56.
d'où il paffa en 1657. dans la
premiere Compagnie des
Moufquetaires , où it fur Sous-
Brigadier. Le Roy , dont il
avoit l'honneur d'eftre connu
particulierement , l'envoya
pout affaires fecretes en Eſpagne
, & à fon retour fa Majefté
luy donna le 16. Octobre
1665. une Compagnie au Regiment
de Champagne , où il
cut le brevet de Major le premier
GALANT. 169
mier Septembre 1675. & fervit
depuis en cette qualité , &
comme Major de Brigade, jufqu'au
16. Janvier 1678. qu'il
fut nommé Inspecteur General
de l'Infanterie.
Le 28. Novembre 1681.
il fut faitColonel du Regiment
de Champagne , le 24. Aouſt
1688. Brigadier des Armées
du Roy , le 30. Mars 1693 .
Maréchal de Camp , le 13 .
Juin de la même année Gouverneur
de Rofes , le 20. Octobre
1699. Gouverneur de
Scheleftat , le premier Mars
1704 Senéchal d'Armagnac ,
Novembre 1715 . 1715. P
170 MERCURE
& Capitaine Châtelain deLectoure
, le 26. d'O&obre de la
même année , Lieutenant General
des Armées du Roy .
Il avoit eu fucceffivement
les Commanderies de S Omer
& d Ypres , lesquelles ayant
efté réunies à l'Ordre de S.
Lazare , il fut nommé Commandeur
de l'Ordre des Louis,
lorfque cet Ordre fut inftitué.
Pendant qu'il étoit dans les
Moufquetaires, il ſe troùva en
l'année 1657. aux Sieges de
Montmedy, Herbemont, Vifton
, & Neufchatel , & en
1658. au fiege de Dunkerque.
GALANT. 171
En 1672. étant Capitaine
au Regiment de Champagne ,
il fe trouva au fameux paffage
de Tholus fur le Rhin , où le
Roy commandoit en perſonno,
& en dix fieges , entr'autres
celuy de Nimegue & celuy
du Fort de Schenk.
En 1674. il fe trouva au
combat de Turqueim en Alface
, & au fiege d'Antoin , où
il fut bleffé dangereufement
au pied gauche.
En 1675. il fe diftingua au
combat d'Altheneim en Brifchaw
, où il eut un cheval tué
fous luy & le talon droit percé
Pij
172 •
MERCURE
d'un coup de moufquer
.
En 1677. il fe trouva au
fiege de Fribourg C 1678 .
aux fieges de Hombourg & de
Botſche.
basta nou v
En 1689. au fiegede Campredon
en Catalogne , où il
commandoit l'Infanterie en
qualité de Brigadier.
En 1691 aux fleges de la
Seu d'Urgel , & des Châteaux
deValence & de Sor, où il commandoit
en Chefing daiq an
En 1693. au fiege de Rofes ,
où il fe fignala en qualité de
Maréchal de Camp , & le
Gouvernement de cette Place
GALANT 173
luy fut donné aprés qu'elle eût
été prife.Main
En 1694. au Combat du
paffage du Ter où l'Armée
d'Espagne retranchée de l'autre
côté de lariviere , & fupe .
rieure en nombre à celle de
France , fut défaite par M. le
Maréchal de Noailles , & enfuite
aux fieges de Palamos , de
Girone , d'Oltalric , & de Caf
telfoüillet . En voulant faire entrer
un convoy en 1695 ilfut
bleffe d'un coup de mouſquer
à la cuiffe , ce qui n'empêcha
pas qu'il n'y fic entrer le Convoye
a kupeƆ vyplat
Piij
174 MERCURE
En 1697, au fameux fiegel
de Barcelone fous M. le Duc
de Vendofme.
7
* 0 :
• Quoyqu'il fut Gouverneur
de Rofes depuis 1695 ) il he
laiffoit pas de fervir Hyver &
Efté ,en qualité de Maréchal de
Camp ; ila même commandé
divers Camps volants . Ce n'eſt
que depuis qu'il a efté Gouver
neur de Scheleftat qu'il a pref .
que toûjours efté obligé de
demeurer dans cetre Place. 113
Jamais Officier n'a efté plus
attaché à fon devoir & à l'ob
fervation de la difcipline militaire
, que luy. Ce qu'il a por
GALANT . 175
té fi loin que pendant . 61. ans
de fervice,il n'eft allé que trois
fois fur les terres en fon pays
& trois fois à la Cour. Lors
qu'il y vint en 1699. craignant
que le Roy , dont il avoit autrefois
efté particulierement
connu , pendant qu'il fervoit
dans les Moufquetaires , ne
l'eut oublié , il pria M. le Maréchal
de Noailles de le prefenter
, de quoy Sa Majeſté
s'étant apperceuë , elle dit
en fouriant : Prechac croit
que
je ne le connois plus ,parce qu'il ne -
vient point à la Cour; & en luy
mettant la main fur l'épaule
P iiij
176 MERGURE
que
gauche luy dit. Ily a longtemps
Tous nous connoiffons.
Dans tous les emplois qu'il
a cu , il s'eft toûjours contenté
de les appointemens, ſans mê→
me vouloir ufer de certains
droits établis par la Coûtume,
ni recevoir les prefens qu'on
luy offroit.
Il n'a jamais rien demandé
à la Cour , & s'il a eu des
cimplois , ce n'eſt que fur le
rapport des Generaux fous
lefquels il a fervi . Feu M. le
Prince de Condé , M. de Tu-
Meffieurs les Maré- renne
chaux de Luxembourg & de
GALANT. 177
*
Noailles , & M. le Duc de
Vendofme. Il eût feulement
l'honneur d'écrire en 1692. à
Sa Majefté, pour la fupplier de
ſe ſouvenir des bontez qu'elle
luy avoit autrefois temoignée,
&des fervices qu'il rendoit de
puis prés de 40 ans , & c'eft
Meffire Clement de Montef
quiou de Prechac fon frere ,
Abbé de Berdoüe , & de Valbone,
& Prieur de Saint Feliou,
qui fe trouvant à Paris en 1704 .
fit demander de luy même la
Charge de Senéchal d'Armagnac
qui venoit de vacquer
par la mort de M. le Marquis
d'Hautmont .
178 MERCURE
En l'année 1681. il refufa
d'accepter la Lieutenance Colonelle
du Regiment deChampagne,
que M. de Louvois luy
écrivit que
le Roy luy donnoit
, difant qu'il y avoit trois
Capitaines plus anciens que
luy , & qu'il ne leur donneroit
jamais la mortification d'être
commandez par leur cadet. Le
Miniftre approuva cette delicateffe
, fit placer ces trois Ca
pitaines , & ainfi M. de Prechac
étant demeuré plus ancien
Capitaine , fut fait Lieutenant
Colonel .
Ce fut auffi en ce temps - là
GALANT. 179
qu'étant Inspecteur General
d'Infanterie
à Pignerol & en
Dauphiné , il eut ordre d'envoyer
à la Cour un état de tous
les Officiers de fon Départe
ment , de leurs Pays , de leurs
fervices , des occafions où ils
s'étoient trouvez & den leurs
bleffures: De quoy il s'acquita
avec exactitude à l'égard de
tous les autres ; il n'oublia que
luy- même. Ce qui obligea M.
de Louvois à luy écrire en ces
termes :Fay fait voir au Roy
l'état que vous m'avez envoyé.
Sa Majesté en aété fort contente,
a admiré voftre modeftie de ne
180 MERGURE
pas vous
vous
mettre
mettre
au nnombre
des
bleſſez
, n'ignorant
pas que vous l'avez
été à Antoin
& à Altheneim
;
c'est pour
cela qu'elle
vous
donne
la Commanderie
de
S.Omero
quel
ab . mm
Enfin
M. de Prechac
chargé
d'honneurs
& d'années
ayant
eu une
attaque
d'apoplexie
peu aprés
Pâques
, regarda
cela
comme
un avis
que la mort
étoit
prochaine
, & redoubla
les difpofitions
qu'il
y avoit
apportées
toute
la vie , ayant
vecu
d'une
maniere
auffiregu
liere
que s'il eût été dans
un
Cloître
. Il regla
tout
ce qui
GALANT. 181
pouvoit concerner ſon Gouvernement
, en ayant fait un
état qu'il remit au Lieutenant
de Roy , & continua neanmoins
de faire les fonctions de
Gouverneur jufqu'au dernier
moment de fa vie , ayant n
core donné les ordres en cette
qualité la veille de fa mort.
Il eftoit marié avec Madame
Claire Marguerite de Lau ,
Dame de Mauhic & du Bedat,
fille & heritiere du Comte de
Lau , Chef d'une ancienne
Maiſon en Armagnac , dont
il n'a point eu d'enfans .
3 Meffire Eftienne Bouchu
182 MERCURE
Sieur de Leffart , Confeiller
d'Etat , cy - devant Intendant
de Grenoble & des Armées
d'Italie & de Dauphiné , pere
de Madame la Comteffe de
Teffé qu'il laiffe pour la feule
& unique heritiere , & neveu
de Mcffice Pierre Bouchu,
premier Préfident du Parle
ment de Dijon , dont je vous
appris la mort dans le Mercure
du mois paffé mourut à
Tournus le Octobre
1715. Il eftoit fils de M. Bouchu,
Intendant de Bourgogne,
mort en 1683 & petit fils de
Meffire Jean Bouchu , & de
P
GALANT . 183
Dame Marie de Montholon ,
Préfident à Mortier du Parle
ment de Dijon , & reçû en
1644. premier Préfident du
même Parlement : cette famille
qui eft originaire de la Viile
de Monbard en Bourgogne, &
qui depuis prés de cent années,
rempliffoit les premieres dignitez
de la Robe dans le Parlement
de fa Province , ne fubfifte
plus & fon nom & fa famille
fe trouvera éteinte aprés
la mort de Dom Pierre Bouchu
, Abbé & Chef General
de Clairvaux , & de N. Bouchu
, Abbé d'Ambournay.
184 MERCURE
Mcffire Jean de Berbify ,
Chevalier Seigneur & Baron
de Vantoux , Préfident à
Mortier au Parlement de Dijon,
dont la famille depuis plus
de 200. ans a fourni dans le
même Parlement plufieurs
Confeillers & des Prefidens ,
fuccede à la dignité de premier
Préfident , vacante par la mort
de Mr Bouchu .
Meffire Henry Jules Duguay
, Chevalier Confeiller du
Roy , cy- devant Intendant de
la Marine à Dunkerque, mourut
le 10 Novembre 1715. âgé
d'environ 60 , ans Il eftoit fils
de
GALANT 185
de Meffire Nicolas Benigne
Duguay , Seigneur de Beffey,
Baron de Chizans , premier
Prefident de la Chambre des
Comptes de Dijon , & Inten
dane de Marine enBourgogne,
& de Dame Marie Chapelain.
Il fervoir dans la Marine depuis
plus de trente années avec
beaucoup de merite & de diftinction.
Il laiffe trois fils qui y
fervent , dont l'aifné a efté
fait au Siege de Douay Enfei
ghe de Vaiffeaux . Cefar Duguay
, Baron de Chazans , l'un
de fes freres,mourut en 1708. à
Breft , Lieutenant de Vaiffeaux .
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3669
p. 186
« Je prie le Lecteur de me permettre d'interrompre cet [...] »
Début :
Je prie le Lecteur de me permettre d'interrompre cet [...]
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texteReconnaissance textuelle : « Je prie le Lecteur de me permettre d'interrompre cet [...] »
Je prie le Lecteur de me
permettre, d'interrompre cet
article que nous reprendrons
ailleurs pour luy faire part du
Mariage de
permettre, d'interrompre cet
article que nous reprendrons
ailleurs pour luy faire part du
Mariage de
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3670
p. 186-194
Mariage. [titre d'après la table]
Début :
Loüis François Bouschet Comte de Sourches qui a épousé le [...]
Mots clefs :
Seigneur, Chevalier, Mariage, Dame, Comte, Province, Marquis
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Mariage. [titre d'après la table]
Mariage de
Louis François de Bouſcher
Comte deSourches qui a épou
fé le 23. du mois paffé Hilaire
Urfule de Thierfault , fille de
Meffire Pierre de Thier fault.
Le Comte de Sourches eft
fils de Loüis François de Boufchet
Marquis de Sourches
cy- devant Grand Prevost de
France. Et de Dame Marie:
G neviève de Chambe, Comteffe
de Montforcay.
GALANT. 187
La Maiſon de Bouschet eft
originaire du Maine auprésd'Alençon
, & une des meilleures
de cette Province , la bran
cheaînée tomba en quenoüille
, l'heritiere épousa Robert
Comte d'Alençon ſous le Regne
de Philippes Augufte ,
& Robert Comte d'Alençon
donna fon nom à Robert de
Boufchet qui étoit en 12 50.
Seigneur des Terres de la Ferté
Maffé & de Saint Leonard
des Bois ,fituées auprés d'Alençon
.
Ce Robert de Boufchet
époufa Gabrielle de Lonvay ,
Qij
188
MERCURE
duquel mariage cft forti Pierre
de Boufchet .
Pierre de Bouschet épousa
en 1301. Leonard de Hertré
fille du Seigneur de Hertré ,
dont eft venu Baudouin de
Boufchet , Chevalier Seigneur
de la Tournerie , de la Ferté,
Maffé & de Saint Leonard des
Bois , qui fut marié à Dame
Charlotte de Clinchamps en
Fan 1355. fous le regne de
Jean Roy de France , duquel
mariage eft venu Hardoüin de
Boufchet Chevalier Seigneur
de Saint Leonard des Bois &
plufieurs autres lieux , & Jean
GALANT. 189
de Boufchet qui a fait la branche
des Seigneurs de Malesfre,
& pour lors Lieutenants &
Senechaux de la Province du
Maine. Ce Jean'eût pour fils
Gilles de Boufchet auffi Seigneur
de Malesfre , & qui a
fait la branche des cadets de
cecofté là : il fur premier Ma
tre d'Holtel de M. le Duc de
Montpenfier freredu Roy.
Hardouin de Boulchet
Chevalier deSaint Leonard des
Bois & autres lieux , épouſa Dae
Jacqueline de Longaunay
d'une tres- bonne & tres ancienne
nobleffe de Norman190
MERCURE
die , d'où eft forti Jean de
Bouschet 11. du nom , Chevalier
Seigneur de Saint Leonard
des Bois & de la Ferriere , qui
fut marié à Dame Charlotte
d'Affé en l'an 1415. fous le
regne de Charles VI. De ce
mariage eft venu Guillaume de
Boufchet , Chevalier Seigneur
de S. Leonard des Bois , qui fut
Lieutenant & Connêtable de
la Ville & Chaſtel du Mans ; il
époufa en l'an 1470 Dame
Jeanne de Vaffé , fille de Jean
de Vaffé , dit Grognet , fous le
regne de Louis XI. Ce Jean de
Vaffé donna en faveur de ce
GALANT. 199
mariage à la fille Jeanne , la
Terre & Seigneurie de Sourches.
De ce mariage eft venu Baudoüin
II . du nom , qui époufa
Dame Marguerite de Berenger
en l'an 1522. d'où eft forti
René de Boulcher , Chevalier
Seigneur Baron de Bernay &
de Sourches, qui époufa Dame
Loüife de Thevalle , une des
plus anciennes Maiſons du
Royaume.
De ce mariage eft venu
Mellire François de Boufchet,
Chevalier , Seigneur de Sourches
, Chevalier de l'Ordre du
192 MERCURE
Roy , qui fut Enfeigne , & enfuite
Lieutenant de la Compagnie
de Monfieur le Duc de
Montpenfier : il fut fait depuis
Capitaine de jo . hommes
d'Armes, & enfuiteLieutenane
General des Armées du Roy :
il époula Dame Sidoine du
Plefis de Liancourt. zuvla
De ce mariage eft forti Mcffire
Honorat de Boufeher
Chevalier Seigneur Marquis
de Sourches & de S. Leonard
des Bois : cet Honorat deBoufchet
époufa Dame Catherine
Hurault de Chiverny.
$
De ce mariage eft venu Jean
de
CALANT. 193
de Boufcher , Chevalier Seigneur
Marquis de Sourches .
Chevalier des Ordres du Roy ,
grand Prevoft de France , &
Gouverneur de la Province du
Maine , qui fut marié à Dame
Marie de Nevelet , dont eſt
forti Meffire Loüis François de
Boufcher , Marquis de Sourches
, Comte de Montforeau ,
grand Prevolt de France , &
Gouverneur de la Province du
Maine qui épousa Marie Geneviève
de Chambes , Comreffe
de Montforeau.
La Maifon de Thierfault
eft originaire de Bretagne &
Novembre 1715. R
194 MERCURE
eft d'one tres-banne & tresancienne
Nobleffe de cette
Province.
Louis François de Bouſcher
Comte deSourches qui a épou
fé le 23. du mois paffé Hilaire
Urfule de Thierfault , fille de
Meffire Pierre de Thier fault.
Le Comte de Sourches eft
fils de Loüis François de Boufchet
Marquis de Sourches
cy- devant Grand Prevost de
France. Et de Dame Marie:
G neviève de Chambe, Comteffe
de Montforcay.
GALANT. 187
La Maiſon de Bouschet eft
originaire du Maine auprésd'Alençon
, & une des meilleures
de cette Province , la bran
cheaînée tomba en quenoüille
, l'heritiere épousa Robert
Comte d'Alençon ſous le Regne
de Philippes Augufte ,
& Robert Comte d'Alençon
donna fon nom à Robert de
Boufchet qui étoit en 12 50.
Seigneur des Terres de la Ferté
Maffé & de Saint Leonard
des Bois ,fituées auprés d'Alençon
.
Ce Robert de Boufchet
époufa Gabrielle de Lonvay ,
Qij
188
MERCURE
duquel mariage cft forti Pierre
de Boufchet .
Pierre de Bouschet épousa
en 1301. Leonard de Hertré
fille du Seigneur de Hertré ,
dont eft venu Baudouin de
Boufchet , Chevalier Seigneur
de la Tournerie , de la Ferté,
Maffé & de Saint Leonard des
Bois , qui fut marié à Dame
Charlotte de Clinchamps en
Fan 1355. fous le regne de
Jean Roy de France , duquel
mariage eft venu Hardoüin de
Boufchet Chevalier Seigneur
de Saint Leonard des Bois &
plufieurs autres lieux , & Jean
GALANT. 189
de Boufchet qui a fait la branche
des Seigneurs de Malesfre,
& pour lors Lieutenants &
Senechaux de la Province du
Maine. Ce Jean'eût pour fils
Gilles de Boufchet auffi Seigneur
de Malesfre , & qui a
fait la branche des cadets de
cecofté là : il fur premier Ma
tre d'Holtel de M. le Duc de
Montpenfier freredu Roy.
Hardouin de Boulchet
Chevalier deSaint Leonard des
Bois & autres lieux , épouſa Dae
Jacqueline de Longaunay
d'une tres- bonne & tres ancienne
nobleffe de Norman190
MERCURE
die , d'où eft forti Jean de
Bouschet 11. du nom , Chevalier
Seigneur de Saint Leonard
des Bois & de la Ferriere , qui
fut marié à Dame Charlotte
d'Affé en l'an 1415. fous le
regne de Charles VI. De ce
mariage eft venu Guillaume de
Boufchet , Chevalier Seigneur
de S. Leonard des Bois , qui fut
Lieutenant & Connêtable de
la Ville & Chaſtel du Mans ; il
époufa en l'an 1470 Dame
Jeanne de Vaffé , fille de Jean
de Vaffé , dit Grognet , fous le
regne de Louis XI. Ce Jean de
Vaffé donna en faveur de ce
GALANT. 199
mariage à la fille Jeanne , la
Terre & Seigneurie de Sourches.
De ce mariage eft venu Baudoüin
II . du nom , qui époufa
Dame Marguerite de Berenger
en l'an 1522. d'où eft forti
René de Boulcher , Chevalier
Seigneur Baron de Bernay &
de Sourches, qui époufa Dame
Loüife de Thevalle , une des
plus anciennes Maiſons du
Royaume.
De ce mariage eft venu
Mellire François de Boufchet,
Chevalier , Seigneur de Sourches
, Chevalier de l'Ordre du
192 MERCURE
Roy , qui fut Enfeigne , & enfuite
Lieutenant de la Compagnie
de Monfieur le Duc de
Montpenfier : il fut fait depuis
Capitaine de jo . hommes
d'Armes, & enfuiteLieutenane
General des Armées du Roy :
il époula Dame Sidoine du
Plefis de Liancourt. zuvla
De ce mariage eft forti Mcffire
Honorat de Boufeher
Chevalier Seigneur Marquis
de Sourches & de S. Leonard
des Bois : cet Honorat deBoufchet
époufa Dame Catherine
Hurault de Chiverny.
$
De ce mariage eft venu Jean
de
CALANT. 193
de Boufcher , Chevalier Seigneur
Marquis de Sourches .
Chevalier des Ordres du Roy ,
grand Prevoft de France , &
Gouverneur de la Province du
Maine , qui fut marié à Dame
Marie de Nevelet , dont eſt
forti Meffire Loüis François de
Boufcher , Marquis de Sourches
, Comte de Montforeau ,
grand Prevolt de France , &
Gouverneur de la Province du
Maine qui épousa Marie Geneviève
de Chambes , Comreffe
de Montforeau.
La Maifon de Thierfault
eft originaire de Bretagne &
Novembre 1715. R
194 MERCURE
eft d'one tres-banne & tresancienne
Nobleffe de cette
Province.
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3671
p. 194-197
Justification de l'Auteur. [titre d'après la table]
Début :
La liberté qu'on a de m'en imposer, tant qu'on veut, dans [...]
Mots clefs :
Vertu, Vérité, Homme, Conséquence
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Justification de l'Auteur. [titre d'après la table]
ubLa liberté qu'on arde m'en
impoſer , tant qu'on veut, dans
les Memoires qu'on m'envoye,
fans qu'il me foit poflible
de demefler la verité ;fur tout
lorfque la confequence des
évenemens qu'on m'écrit , ne
peut pas m'être fenfible , faute
de connoiftre les gens dont on
me parle , m'expofe quelquefois
au malheur de publier des
chofes defagréables & fauffes,
m'eft par exemple as-
&e
qui
ar
GALANT. 195
rivé trés innocemment dans le
Mercure du mois dernier , &
je dois au merite & à la vertu
de Mademoiſelle Yma une réparation
autentique ; on avoit
malicieufement prêté à cetre
Demoiselle une Avanture qui
ne luy eftpoint arrivée , & des
gens mal intentionnez pour
elle , ont fuppofé qu'elle avoit
fait une démarche hardie , à
Jaquelle elle n'a jamais efté capable
de penfer. Voicy la verité
du fait telle que je l'ay apprife,
aprés m'en cftre informé
avec la derniere exactitude.
Mademoiſelle Yma accabléc
·
Rij
196 MERCURE
des importunitez d'un homme
pour lequel par les plus puiflantes
raifons du monde elle doit
avoir une parfaite indiff.rence,
aprés avoir mis en uſage tous
les expedients que la vertu la
plus exacte & la plus rigide
preferit en pareilles occafions ,
fe déroba le 4. du mois paffé
aux violentes & honteufes
pourfuites de cet homme pour
s'aller jetter dans un Couvent,
& y chercher un afyle où elle
pût mettre fa vertu à couvert
de tant d'injuftes perfecutions:
cette précaution pleine de fageffe
a donné lieu aux mauGALANT.
197
vais contes que j'en ay fait
dans le dernier Mercure , parce
que j'ay crû le pouvoir faire
fans que cela tirat à aucune
confequence , & que Mademoiſelle
Yma étoit un nom
-purement inventé , & dont l'avanture
n'avoit pas plus de
fondement
que le nom . J'ay
depuis découvert clairement
la tromperie que l'on m'avoit
faite , & je luy rends aujour
d'huy , autant qu'il eft en mon
pouvoir , toute la justice que
je dois à fa vertu , digne cer-
Gainement d'un parfait éloge
impoſer , tant qu'on veut, dans
les Memoires qu'on m'envoye,
fans qu'il me foit poflible
de demefler la verité ;fur tout
lorfque la confequence des
évenemens qu'on m'écrit , ne
peut pas m'être fenfible , faute
de connoiftre les gens dont on
me parle , m'expofe quelquefois
au malheur de publier des
chofes defagréables & fauffes,
m'eft par exemple as-
&e
qui
ar
GALANT. 195
rivé trés innocemment dans le
Mercure du mois dernier , &
je dois au merite & à la vertu
de Mademoiſelle Yma une réparation
autentique ; on avoit
malicieufement prêté à cetre
Demoiselle une Avanture qui
ne luy eftpoint arrivée , & des
gens mal intentionnez pour
elle , ont fuppofé qu'elle avoit
fait une démarche hardie , à
Jaquelle elle n'a jamais efté capable
de penfer. Voicy la verité
du fait telle que je l'ay apprife,
aprés m'en cftre informé
avec la derniere exactitude.
Mademoiſelle Yma accabléc
·
Rij
196 MERCURE
des importunitez d'un homme
pour lequel par les plus puiflantes
raifons du monde elle doit
avoir une parfaite indiff.rence,
aprés avoir mis en uſage tous
les expedients que la vertu la
plus exacte & la plus rigide
preferit en pareilles occafions ,
fe déroba le 4. du mois paffé
aux violentes & honteufes
pourfuites de cet homme pour
s'aller jetter dans un Couvent,
& y chercher un afyle où elle
pût mettre fa vertu à couvert
de tant d'injuftes perfecutions:
cette précaution pleine de fageffe
a donné lieu aux mauGALANT.
197
vais contes que j'en ay fait
dans le dernier Mercure , parce
que j'ay crû le pouvoir faire
fans que cela tirat à aucune
confequence , & que Mademoiſelle
Yma étoit un nom
-purement inventé , & dont l'avanture
n'avoit pas plus de
fondement
que le nom . J'ay
depuis découvert clairement
la tromperie que l'on m'avoit
faite , & je luy rends aujour
d'huy , autant qu'il eft en mon
pouvoir , toute la justice que
je dois à fa vertu , digne cer-
Gainement d'un parfait éloge
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3672
p. 198-205
Second Chapitre des Morts.
Début :
Messire Nicolas Lesdo, Chevalier Seigneur de Digulville, [...]
Mots clefs :
Seigneur, Fils, Parlement, Roi, Dame, Maître des requêtes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Second Chapitre des Morts.
Second Chapitre des Morts.
Meffire Nicolas Leído , Chevalier
Seigneur de Digulville ,
Brigadier des Armées du Roy,
Infpecteur general d'Infanteric
, & Chevalier de l'Ordre
de S. Louis , mourut le 26. Octobre
dernier : il étoit frere de
Melfice Jean Baptifte de Lefdo
, Seigneur de la Riviere , &
Digulville , Premier Préfidenc
de la Chambre des Comptes
de Normandie , & fortoit d'une
Famille diftinguée dans la
Vicomté de Valogne.
GALANT (199
DE
Meffire Etienne Maignart ,
Marquis de Bernieres , Confeiller
honoraire auParlement,
mourut le 26. Octobre dernier.
Il avoit épousé en 1666 .
Magdelaine Faucon , fille de
Jean Paul Faucon , Seigneur
de Ris , Premier Préfident au
Parlement de Rouen , dont il
a laiffe pour fils unique Mel
fite Charles Etienne Maignart,
Seigneur de Bernieres , Maître
des Requêtes , & cy devant Intendant
du Haynault : il étoit´
fils de Charles Maignart , Scigneur
de Bernieres Maître
desRequêtes , & d'Anne Ame-
Riiij
200 MERGURE
lot , petit fils de Charles Maignat
, Seigneur de Bernieres ,
Préfident au Parlement de
Rouen , & de Françoiſe Puchot
, arriere petit fils deCharles
Maignart, Seigneur de Bernieres
, Maître des Requêtes ,
puis Préfident au Parlement de
Roüen , & Confeiller d'Etat ,
& de Magdelaine Voyfin , lequel
Charles Maignart étoit
fils de Jean de Maignart , Scigneur
de Bernieres , Préfidenc
en la Cour des Aydes de Nor
mandie l'an 1574 & de Marie
de Croixmart , petit fils de
Thomas Maignart , Seigneur
GALANT. 201
de Bernieres , General en la
Cour des Aydes de Normandie
, & arriere petit fils de Guillaume
Maignart , Seigneur de
Bernieres , Confeiller auParlement
de Rouen , lequel étoit
fils de Richard Maignart , Seigneur
du Fief de la Reine , lequel
fe fignala contre les Anglois
pour le fervice du Roy
Charles VII. fous l'obéiffince
duquel iliremit la Ville de Ver
non l'an1454 Pat tous ces de
grez remóntez , il le voir que
la Famille de Maignart de Bernieres
', originaire dé Normandie
, eft une des plus illuftres ,
202
MERCURE
& des plus anciennes de la Ro
be : M. de Bernieres qui donne
lieu à cet article , avoit pour
neveu Meffire . Maignart de
Bernieres , Seigneur de Beaurotz,
encore à prefent Préfident
à Mortier au Parlement de
Normandie .
Gafpard le Moyne , Ecuyer
Sieur de Baron , Premier Cornette
de la feconde Compagnie
des Moufquetaires du
Roy , & Mettre de Camp de
Cavaleric , mourut le 31. Octobre
dernier , & fa place a été
donnée à M. de Canhillac .
Dame Geneviève le Duc ,
GALANT. 203
veuve de Meffire François Talon
, ancien Maître d'Hôtel du
Roy , mourut le 26. Octobre
dernier , laiffant plufieurs enfans
M.Talon fon mary étoit
de même Famille , & tress
- proche
parent de Meffieurs Talon,
Avocats Generaux , & Préfi .
dent à Mortier au Parlement
de Paris.
Dame Geneviève de Turmenyes
, femme de Moffire
Français des Reaulx , Seigneur
de Coquelin , qu'elle avoit
époufé en 1697. mourut le.....
Octobre 1715. Elle étoit four
de Meffire Jean de Turme
204 MERCURE
nyes , Seigneur de Nointel, cydevant
Maître des Requêtes ,
& à prefent Garde du Trefor
Royal ; de M. de Turmenyes ,
cy- devant Colonel du Regi
ment du Vexin , de Dame Marie
Marguerite de Turmenyes ,
femme de Meffire Alphonfe
Denis Huguet , Confeiller au
Parlement , & mere de Madame
la Comteffe de Roucy , &
de Dame ... de Turmenyes ,
femme de Meffire .... de la
Rochefoucault
, Marquis de
Bayeres ils font tous enfans
de feu Jean de Turmenyes ,
Seigneur de Nointel , Garde
•
GALANT. 205
du Trefor Royal , & de Dame
Marie Anne le Bel ; M. des
Reaulx eft fils de feu Meffire
René des Reaulx , Seigneur de
Grify , &c. Lieutenant des Gardes
du Corps du Roy , & Maréchal
de les Camps & Armées
, & d'Anne de Rochereau
.
Les Familles des Reaulx , &
de Rochereau font rapportées
dans le Nobiliaire de Champagne.
Meffire Nicolas Leído , Chevalier
Seigneur de Digulville ,
Brigadier des Armées du Roy,
Infpecteur general d'Infanteric
, & Chevalier de l'Ordre
de S. Louis , mourut le 26. Octobre
dernier : il étoit frere de
Melfice Jean Baptifte de Lefdo
, Seigneur de la Riviere , &
Digulville , Premier Préfidenc
de la Chambre des Comptes
de Normandie , & fortoit d'une
Famille diftinguée dans la
Vicomté de Valogne.
GALANT (199
DE
Meffire Etienne Maignart ,
Marquis de Bernieres , Confeiller
honoraire auParlement,
mourut le 26. Octobre dernier.
Il avoit épousé en 1666 .
Magdelaine Faucon , fille de
Jean Paul Faucon , Seigneur
de Ris , Premier Préfident au
Parlement de Rouen , dont il
a laiffe pour fils unique Mel
fite Charles Etienne Maignart,
Seigneur de Bernieres , Maître
des Requêtes , & cy devant Intendant
du Haynault : il étoit´
fils de Charles Maignart , Scigneur
de Bernieres Maître
desRequêtes , & d'Anne Ame-
Riiij
200 MERGURE
lot , petit fils de Charles Maignat
, Seigneur de Bernieres ,
Préfident au Parlement de
Rouen , & de Françoiſe Puchot
, arriere petit fils deCharles
Maignart, Seigneur de Bernieres
, Maître des Requêtes ,
puis Préfident au Parlement de
Roüen , & Confeiller d'Etat ,
& de Magdelaine Voyfin , lequel
Charles Maignart étoit
fils de Jean de Maignart , Scigneur
de Bernieres , Préfidenc
en la Cour des Aydes de Nor
mandie l'an 1574 & de Marie
de Croixmart , petit fils de
Thomas Maignart , Seigneur
GALANT. 201
de Bernieres , General en la
Cour des Aydes de Normandie
, & arriere petit fils de Guillaume
Maignart , Seigneur de
Bernieres , Confeiller auParlement
de Rouen , lequel étoit
fils de Richard Maignart , Seigneur
du Fief de la Reine , lequel
fe fignala contre les Anglois
pour le fervice du Roy
Charles VII. fous l'obéiffince
duquel iliremit la Ville de Ver
non l'an1454 Pat tous ces de
grez remóntez , il le voir que
la Famille de Maignart de Bernieres
', originaire dé Normandie
, eft une des plus illuftres ,
202
MERCURE
& des plus anciennes de la Ro
be : M. de Bernieres qui donne
lieu à cet article , avoit pour
neveu Meffire . Maignart de
Bernieres , Seigneur de Beaurotz,
encore à prefent Préfident
à Mortier au Parlement de
Normandie .
Gafpard le Moyne , Ecuyer
Sieur de Baron , Premier Cornette
de la feconde Compagnie
des Moufquetaires du
Roy , & Mettre de Camp de
Cavaleric , mourut le 31. Octobre
dernier , & fa place a été
donnée à M. de Canhillac .
Dame Geneviève le Duc ,
GALANT. 203
veuve de Meffire François Talon
, ancien Maître d'Hôtel du
Roy , mourut le 26. Octobre
dernier , laiffant plufieurs enfans
M.Talon fon mary étoit
de même Famille , & tress
- proche
parent de Meffieurs Talon,
Avocats Generaux , & Préfi .
dent à Mortier au Parlement
de Paris.
Dame Geneviève de Turmenyes
, femme de Moffire
Français des Reaulx , Seigneur
de Coquelin , qu'elle avoit
époufé en 1697. mourut le.....
Octobre 1715. Elle étoit four
de Meffire Jean de Turme
204 MERCURE
nyes , Seigneur de Nointel, cydevant
Maître des Requêtes ,
& à prefent Garde du Trefor
Royal ; de M. de Turmenyes ,
cy- devant Colonel du Regi
ment du Vexin , de Dame Marie
Marguerite de Turmenyes ,
femme de Meffire Alphonfe
Denis Huguet , Confeiller au
Parlement , & mere de Madame
la Comteffe de Roucy , &
de Dame ... de Turmenyes ,
femme de Meffire .... de la
Rochefoucault
, Marquis de
Bayeres ils font tous enfans
de feu Jean de Turmenyes ,
Seigneur de Nointel , Garde
•
GALANT. 205
du Trefor Royal , & de Dame
Marie Anne le Bel ; M. des
Reaulx eft fils de feu Meffire
René des Reaulx , Seigneur de
Grify , &c. Lieutenant des Gardes
du Corps du Roy , & Maréchal
de les Camps & Armées
, & d'Anne de Rochereau
.
Les Familles des Reaulx , &
de Rochereau font rapportées
dans le Nobiliaire de Champagne.
Fermer
3673
p. 205-208
Dons du Roy. [titre d'après la table]
Début :
Sur la démission que M. le Comte de Pontchartrain a faite [...]
Mots clefs :
Comte, Roi, Duc de Berry, Duchesse de Berry
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Dons du Roy. [titre d'après la table]
Sur la démiffion que M. le
Comte de Pontchartrain a faire
entre les mains du Roy de
206 MERCURE
faCharge de Secretaire d'Etat,
Sa Majesté en a pourveu le
Comte de Maurepas fon fils
aîné âgé de 14. ans feulement,
& en attendant qu'il ait atteint
l'âge de 25 ans le Marquis de
la Vrilliere fera cette Charge ,
dont le Comte de Maurepas à
prêté le ferment entre les
mains de Sa Majesté à Vincennes
le 13.de ce mois LeComte
de Maurepas eft le neuvième
Secretaire d'Etat de ſaMaiſon.
M.le Chevalier de Roye ,
cy-devant Capitaine des Gardes
du Corps de Monfeigneur
GALANT. 207
le Duc de Berry , a été faic Ca.
pitaine des Gardes du Corps
de Madame la Ducheffe de
Berry. Le Comte de Rion a
été faic Lieutenant , le Cheval
lier de Courtemer , neveu du
Duc de la Force , a été fait Enfeigne,
& le Marquis de Sabran
Exempt de cette Compagnie.
M.le Chevalier de Roye a tiré
de la Gendarmerie douze hommes
des mieux faits pour les
incorporer dans faCompagnie
qui eft une des plus belles
qu'on ait jamais veuë.
On donnera le mois prochain
un état prefent & entier
de tous les Officiers qui come
208 MERCURE
pofent la Maiſon du Roy.
De ceux de la Maifon du
Regent.
De la Maifon de Madame
la Ducheffe de Berry ; de celle
de Madame , & de celle deMadame
la Duchefle d'Orleans.
Comte de Pontchartrain a faire
entre les mains du Roy de
206 MERCURE
faCharge de Secretaire d'Etat,
Sa Majesté en a pourveu le
Comte de Maurepas fon fils
aîné âgé de 14. ans feulement,
& en attendant qu'il ait atteint
l'âge de 25 ans le Marquis de
la Vrilliere fera cette Charge ,
dont le Comte de Maurepas à
prêté le ferment entre les
mains de Sa Majesté à Vincennes
le 13.de ce mois LeComte
de Maurepas eft le neuvième
Secretaire d'Etat de ſaMaiſon.
M.le Chevalier de Roye ,
cy-devant Capitaine des Gardes
du Corps de Monfeigneur
GALANT. 207
le Duc de Berry , a été faic Ca.
pitaine des Gardes du Corps
de Madame la Ducheffe de
Berry. Le Comte de Rion a
été faic Lieutenant , le Cheval
lier de Courtemer , neveu du
Duc de la Force , a été fait Enfeigne,
& le Marquis de Sabran
Exempt de cette Compagnie.
M.le Chevalier de Roye a tiré
de la Gendarmerie douze hommes
des mieux faits pour les
incorporer dans faCompagnie
qui eft une des plus belles
qu'on ait jamais veuë.
On donnera le mois prochain
un état prefent & entier
de tous les Officiers qui come
208 MERCURE
pofent la Maiſon du Roy.
De ceux de la Maifon du
Regent.
De la Maifon de Madame
la Ducheffe de Berry ; de celle
de Madame , & de celle deMadame
la Duchefle d'Orleans.
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3674
p. 208
« Le dessein que j'ay de donner incessamment une suite du [...] »
Début :
Le dessein que j'ay de donner incessamment une suite du [...]
Mots clefs :
Nouvelles étrangères
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le dessein que j'ay de donner incessamment une suite du [...] »
Le deffein que j'ay de don
ner inceffimment une fuite du
Mercure de ce mois , m'oblige
à retrancher de ce premier Vo
lume toutes les Nouvelles étrangeres
dont je devois faire
un fecond article , pour faire
paffer celles qu'un retardement
de huit jours rendroit trop
vicilles .
ner inceffimment une fuite du
Mercure de ce mois , m'oblige
à retrancher de ce premier Vo
lume toutes les Nouvelles étrangeres
dont je devois faire
un fecond article , pour faire
paffer celles qu'un retardement
de huit jours rendroit trop
vicilles .
Fermer
3675
p. 297-301
AVERTISSEMENT.
Début :
Je recommande encore l'affranchissement des ports de lettres, & [...]
Mots clefs :
Public, Journal, Circonstances, Louis XIV, Louis XV
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVERTISSEMENT.
AVERTISSEMENT.
Je recommande encore
l'affranchiffement des ports de
lettres , & j'ay mes raifons
pour ne ceffer de le faire . J'avertis
en même temps mes
Lecteurs , que je ne donne
point de chanfons fans la note,
non plus que de Livres fans
mon paraphe , composé com .
me je l'ay déja dit d'une L. &
198 MERCURE
de deux doublesF. enlaffees enfemble
& fermées par un D.
d'une façon inimitable. Si
l'on trouve quelqu'un de mes
exemplaires qui n'ait point
ces deux conditions , on m'obligera
infiniment de me le
renvoyer. Je fuis encore obligé
en confcience , d'avertir le
Public , que je lui ay donné
les premiers jours du prefent
mois , le Journal Historique
de toutes les circonftances fingulieres
qui ont precedé la
mort du Roy Louis XIV.
de l'avenement de Louis XV.
à la Couronne de France , avec
GALANT . 299
>
une Lifte exacte & étenduë de
l'établiffement des Confeils ,
des noms , qualitez , demeurés
& départements des Préfi .
dents , & des Confeillers defdits
Confeils. J'ay ajoûté à
cela,l'avis le plus rare & le plus
précieux dont on puiffe faire
part au Public. Je lui ay an
noncé M. de Villards , Auteur
de la plus merveilleufe découverte
du monde , comme un
homme à qui feront infiniment
redevables tous cen
ne fe piquent pas d'une orgueilleufe
incredulité . Mon
témoignage fondé ſur mon
300 MERCURE
experience ne fuffit pas pour
établir l'excellence de fon cau
merveilleufe ; mais plufieurs,
perfonnes dignes de foy ,en pu
blieroient les prodiges , fi les,
circonftances de leurs maladies
ne les condamnoient pas au
filence . D'ailleurs M. de Villards
ne fouhaite rien tant que
de fatisfaire les curieux , en
leur démontrant les vertus de
fon cau , qui eft certainement
un remede univerfel , dont les
qualitez ont efté amplement
déduites dans le Journal dont
je viens de parler. Ce Livre.
fe vend chez D. Joller , &.
GALANT. 301
J. Lamelle , au bout du Pont
S. Michel , du côté du Marché
neuf, au Livre Royal.
Je recommande encore
l'affranchiffement des ports de
lettres , & j'ay mes raifons
pour ne ceffer de le faire . J'avertis
en même temps mes
Lecteurs , que je ne donne
point de chanfons fans la note,
non plus que de Livres fans
mon paraphe , composé com .
me je l'ay déja dit d'une L. &
198 MERCURE
de deux doublesF. enlaffees enfemble
& fermées par un D.
d'une façon inimitable. Si
l'on trouve quelqu'un de mes
exemplaires qui n'ait point
ces deux conditions , on m'obligera
infiniment de me le
renvoyer. Je fuis encore obligé
en confcience , d'avertir le
Public , que je lui ay donné
les premiers jours du prefent
mois , le Journal Historique
de toutes les circonftances fingulieres
qui ont precedé la
mort du Roy Louis XIV.
de l'avenement de Louis XV.
à la Couronne de France , avec
GALANT . 299
>
une Lifte exacte & étenduë de
l'établiffement des Confeils ,
des noms , qualitez , demeurés
& départements des Préfi .
dents , & des Confeillers defdits
Confeils. J'ay ajoûté à
cela,l'avis le plus rare & le plus
précieux dont on puiffe faire
part au Public. Je lui ay an
noncé M. de Villards , Auteur
de la plus merveilleufe découverte
du monde , comme un
homme à qui feront infiniment
redevables tous cen
ne fe piquent pas d'une orgueilleufe
incredulité . Mon
témoignage fondé ſur mon
300 MERCURE
experience ne fuffit pas pour
établir l'excellence de fon cau
merveilleufe ; mais plufieurs,
perfonnes dignes de foy ,en pu
blieroient les prodiges , fi les,
circonftances de leurs maladies
ne les condamnoient pas au
filence . D'ailleurs M. de Villards
ne fouhaite rien tant que
de fatisfaire les curieux , en
leur démontrant les vertus de
fon cau , qui eft certainement
un remede univerfel , dont les
qualitez ont efté amplement
déduites dans le Journal dont
je viens de parler. Ce Livre.
fe vend chez D. Joller , &.
GALANT. 301
J. Lamelle , au bout du Pont
S. Michel , du côté du Marché
neuf, au Livre Royal.
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3676
p. 301-308
AVIS.
Début :
Le sieur de Woolhouse (Gentilhomme & Oeuliste Anglois) qui a [...]
Mots clefs :
Oeil, Yeux, Oculiste , Malades
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVIS.
AVIS.
and Le fieur de Woolhoufe
Gentilhomme & Oculifte
Anglois ) qui a demeuré ci - devant
à l'Hoftel Noftre Dame ',
rue S. Benoist , au Fauxbourg
S. Germain , & dernierement
à l'Hoftel d'Hollande de la
rue du Colombier , proche le
Palais Abbatial de S. Germain
des Prez , demeure prefente
ment au College de l'Ave
1
302 MERCURE
Maria , vis-à vis le petit Portail
de S. Eftienne du Mont
attenant l'Abbaïe de Sainte
Geneviève , dans l'Univerfité .
Il y enfeigne ( en peu de tems )
& pratique heureufement quarante
differentes operations
manuelles fur l'oeil , ( indif
penfablement neceffaires pour
la guerifon radicale d'autant
de differents maux de l'oeil , )
eftant Oculifte ( de Pereen Fils )
depuis quatre generations . Il
a des fçavants Eleves dans les
principales Villes de Europe.
Il traite les Pauvres ( qui font
munis des Certificats de leurs
GALANT. 303
Curez) pour l'amour de Dieu,
& il remedie ( par des medicaments
doux , prompts & feurs)
à tous les autres maux d'yeux
( gueriffables ) entre les cent
foixante & treize diverſes indifpofitions,
aufquelles cet organe
admirable eft fujet . Il
donne les noms & les demeures
des Perfonnes qu'il a gueries
( de pareilles maladies ) à
tous ceux qui voudront en
être éclaircis, quoiqu'il devroit
être affez connu depuis vingtfept
années qu'il a efté à Paris,
Et comme la plupart des Malades
qui font venu confulter
304 MERCURE
M. de Woolhouſe ( depuis
long temps ) au fujet de l'incommodité
de leurs yeux ,
yeux , ſe
font trouvez abfolument incurables
, & qu'ils fe plaignent
fort d'avoir efté maltraitez ailleurs
, pendant plufieurs mois,
avec perte irreparable de leurs
yeux ; ledit Sieur de Woolhou .
Le fait certifier au Public , qu'il
répond d'abord pour la guerifon
abfolue & radicale , ou
bien qu'il declare par écrit la
maladie incurable au premier
coup d'oeil , retranchant de la
forte , tous les abus que l'ignorance
, ou avarice peuvent
fuggerer
GALANT. 305
fuggerer aux femmelettes , &
autres dont toutle talent & fçavoir
-faire confiſtant en quelque
eau , ou en quelque poudre,
ne fçauroit eftre bon qu'à
une maladie particuliere ; de
forte qu'il y a toûjours plus
de cent contre un , que le malade
à la fin ne perde fa vûë.
Et par ce que des Sçavans
& curieux Etrangers , ſe font
toûjours un plaifir ( en venant
voir la riche Bibliotheque de
Sainte Geneviève du Mont )
d'entrer chez M. de Woolhou
fe pour voir les differences curiofitez
d'inftrumens , & des
Novembre
1715.
Cc
306 MERCURE
livres ophthalmiques , d'Anaromies
artificielles & de preparations
naturelles de l'oeil ,
& ( entr'autres ) d'une Anatomie
artificielle , qui luy a efté
envoyée par le grand Duc de
Florence ( à caufe d'un Eleve
Florentin , qui apprend actuellement
l'Art d'Oculifte du
Sieur de Woolhoufe , aux dépens
de ce Souverain ; ) mais
ces Curieux fufdits perdent
fouvent leur peine par l'ab
fence de M. de Woolhouse ;
ainfi on leurs fait fçavoir que
ledit Gentilhomimereftera chez
luy tous les Lundis juſqu'à
GALANT. 307
midy pour les bien recevoir, &
fatisfaire à leurs fouhaits , &
à leurs empreffemens .
a
M. de Woolhoufe fait auffi
fignifier qu'il ne reçoit aucune
Lettre des Provinces , fans que
le port n'en foit affranchi
& qu'on ne le trouve chez
luy , que jufqu'à midy au matin
, & aprés cinq heures du
foir : & enfin qu'il veut bien
acheter ( à prix raiſonnable )
toutes fortes d'inftrumens appartenans
aux Oculiftes , tout
Manuferit on Livre imprimé
fen routes fortes de langages )
qui traite exprés de cette Art,
Ccij
308 MERCURE
foit en partie, foit en general ;
enfin toute curiofité oculaire ,
digne du cabinet d'une perfonne
curieufe en cette forte
de rareté.
Il eft auffi bon d'avertir qu'-
il y a aux environs , quatre à
cinq perfonnes qui fe font
paffer clandeftinement pour
Juy , qu'ils furprennent & détournent
les Malades par des
gens apoftez exprés dans le
voifinage , & qu'ils les menent
à un autre College où le Sieur
de Woolhouſe n'a jamais demeuré,
quoy qu'en effet il y
demeure quelque Medecin ou
Etudiant en Chip,gic , &c.
and Le fieur de Woolhoufe
Gentilhomme & Oculifte
Anglois ) qui a demeuré ci - devant
à l'Hoftel Noftre Dame ',
rue S. Benoist , au Fauxbourg
S. Germain , & dernierement
à l'Hoftel d'Hollande de la
rue du Colombier , proche le
Palais Abbatial de S. Germain
des Prez , demeure prefente
ment au College de l'Ave
1
302 MERCURE
Maria , vis-à vis le petit Portail
de S. Eftienne du Mont
attenant l'Abbaïe de Sainte
Geneviève , dans l'Univerfité .
Il y enfeigne ( en peu de tems )
& pratique heureufement quarante
differentes operations
manuelles fur l'oeil , ( indif
penfablement neceffaires pour
la guerifon radicale d'autant
de differents maux de l'oeil , )
eftant Oculifte ( de Pereen Fils )
depuis quatre generations . Il
a des fçavants Eleves dans les
principales Villes de Europe.
Il traite les Pauvres ( qui font
munis des Certificats de leurs
GALANT. 303
Curez) pour l'amour de Dieu,
& il remedie ( par des medicaments
doux , prompts & feurs)
à tous les autres maux d'yeux
( gueriffables ) entre les cent
foixante & treize diverſes indifpofitions,
aufquelles cet organe
admirable eft fujet . Il
donne les noms & les demeures
des Perfonnes qu'il a gueries
( de pareilles maladies ) à
tous ceux qui voudront en
être éclaircis, quoiqu'il devroit
être affez connu depuis vingtfept
années qu'il a efté à Paris,
Et comme la plupart des Malades
qui font venu confulter
304 MERCURE
M. de Woolhouſe ( depuis
long temps ) au fujet de l'incommodité
de leurs yeux ,
yeux , ſe
font trouvez abfolument incurables
, & qu'ils fe plaignent
fort d'avoir efté maltraitez ailleurs
, pendant plufieurs mois,
avec perte irreparable de leurs
yeux ; ledit Sieur de Woolhou .
Le fait certifier au Public , qu'il
répond d'abord pour la guerifon
abfolue & radicale , ou
bien qu'il declare par écrit la
maladie incurable au premier
coup d'oeil , retranchant de la
forte , tous les abus que l'ignorance
, ou avarice peuvent
fuggerer
GALANT. 305
fuggerer aux femmelettes , &
autres dont toutle talent & fçavoir
-faire confiſtant en quelque
eau , ou en quelque poudre,
ne fçauroit eftre bon qu'à
une maladie particuliere ; de
forte qu'il y a toûjours plus
de cent contre un , que le malade
à la fin ne perde fa vûë.
Et par ce que des Sçavans
& curieux Etrangers , ſe font
toûjours un plaifir ( en venant
voir la riche Bibliotheque de
Sainte Geneviève du Mont )
d'entrer chez M. de Woolhou
fe pour voir les differences curiofitez
d'inftrumens , & des
Novembre
1715.
Cc
306 MERCURE
livres ophthalmiques , d'Anaromies
artificielles & de preparations
naturelles de l'oeil ,
& ( entr'autres ) d'une Anatomie
artificielle , qui luy a efté
envoyée par le grand Duc de
Florence ( à caufe d'un Eleve
Florentin , qui apprend actuellement
l'Art d'Oculifte du
Sieur de Woolhoufe , aux dépens
de ce Souverain ; ) mais
ces Curieux fufdits perdent
fouvent leur peine par l'ab
fence de M. de Woolhouse ;
ainfi on leurs fait fçavoir que
ledit Gentilhomimereftera chez
luy tous les Lundis juſqu'à
GALANT. 307
midy pour les bien recevoir, &
fatisfaire à leurs fouhaits , &
à leurs empreffemens .
a
M. de Woolhoufe fait auffi
fignifier qu'il ne reçoit aucune
Lettre des Provinces , fans que
le port n'en foit affranchi
& qu'on ne le trouve chez
luy , que jufqu'à midy au matin
, & aprés cinq heures du
foir : & enfin qu'il veut bien
acheter ( à prix raiſonnable )
toutes fortes d'inftrumens appartenans
aux Oculiftes , tout
Manuferit on Livre imprimé
fen routes fortes de langages )
qui traite exprés de cette Art,
Ccij
308 MERCURE
foit en partie, foit en general ;
enfin toute curiofité oculaire ,
digne du cabinet d'une perfonne
curieufe en cette forte
de rareté.
Il eft auffi bon d'avertir qu'-
il y a aux environs , quatre à
cinq perfonnes qui fe font
paffer clandeftinement pour
Juy , qu'ils furprennent & détournent
les Malades par des
gens apoftez exprés dans le
voifinage , & qu'ils les menent
à un autre College où le Sieur
de Woolhouſe n'a jamais demeuré,
quoy qu'en effet il y
demeure quelque Medecin ou
Etudiant en Chip,gic , &c.
Fermer
3677
s. p.
TABLE.
Début :
Exorde. 3 Ode sur la Paix. 5 Le Coeur de [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TABLE.
TABLE
Exorde.
Odefur la Paix.
3
S
Le Coeur de Louis le Grand,
Ode.
14
Extrait de l'Oraifon funebre du
Roy , que
le R. Pere Porée
a prononcé le 12. de ce mois
dans le College desJefuites. 25
Hiftoire .
Chanfon.
64
Le Curieux Impertinent , Conte.
Epigramme.
94
100
TABLE.
102
Sonnet à S. A.R. Monseigneur
le Duc d'Orleans , Regent du
Royaume.
Autrefur la mort du Roy. 104
Autrefur des Bouts- rimez. 107
Rondeau à M. le Marquis
Autre à Damon .
Chapitre des Enigmes .
**
.
· 109
11 I
113
Nouvelles.
118
Extrait d'un Poëme Latinfur la
mort de Louis XIV. 130
Réponse aux Questions..
151
Premier article des Morts . 164
Mariage.
awwali 8.6
194
198
Juftification de l'Auteur.
Second article des Morts.
TABL E.
Dons du Roy.
205
Extrait de la Tragedie nouvelle,
intitulée Marius . 209
Avertiffement auffi important
aux Lecteurs qu'utile à l'Auteur.
Avis
TRERIE
BLIO
DE
LA
LYON
VILLE
*
297
301
Exorde.
Odefur la Paix.
3
S
Le Coeur de Louis le Grand,
Ode.
14
Extrait de l'Oraifon funebre du
Roy , que
le R. Pere Porée
a prononcé le 12. de ce mois
dans le College desJefuites. 25
Hiftoire .
Chanfon.
64
Le Curieux Impertinent , Conte.
Epigramme.
94
100
TABLE.
102
Sonnet à S. A.R. Monseigneur
le Duc d'Orleans , Regent du
Royaume.
Autrefur la mort du Roy. 104
Autrefur des Bouts- rimez. 107
Rondeau à M. le Marquis
Autre à Damon .
Chapitre des Enigmes .
**
.
· 109
11 I
113
Nouvelles.
118
Extrait d'un Poëme Latinfur la
mort de Louis XIV. 130
Réponse aux Questions..
151
Premier article des Morts . 164
Mariage.
awwali 8.6
194
198
Juftification de l'Auteur.
Second article des Morts.
TABL E.
Dons du Roy.
205
Extrait de la Tragedie nouvelle,
intitulée Marius . 209
Avertiffement auffi important
aux Lecteurs qu'utile à l'Auteur.
Avis
TRERIE
BLIO
DE
LA
LYON
VILLE
*
297
301
Fermer
3678
s. p.
« La Figure doit regarde la p. 91 [...] »
Début :
La Figure doit regarde la p. 91 [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « La Figure doit regarde la p. 91 [...] »
La Figure doit regarder la p. 91
Fermer
3679
p. 9
« En attendant de vos nouvelles, amusez vous de ce qui [...] »
Début :
En attendant de vos nouvelles, amusez vous de ce qui [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « En attendant de vos nouvelles, amusez vous de ce qui [...] »
En attendant de vos nou
velles , amuſez vous de ce qui
vous conviendra dans ce Vo
lume.
velles , amuſez vous de ce qui
vous conviendra dans ce Vo
lume.
Fermer
3680
p. 26
« Cette Invitation aux Poëtes à faire l'Eloge du Roy a eu [...] »
Début :
Cette Invitation aux Poëtes à faire l'Eloge du Roy a eu [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Cette Invitation aux Poëtes à faire l'Eloge du Roy a eu [...] »
Cette Invitation aux Poëtes
à faire l'Eloge du Roy a cu
fon effet , & a donné licu
l'Ode ſuivante.
à faire l'Eloge du Roy a cu
fon effet , & a donné licu
l'Ode ſuivante.
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3681
p. 36-42
HARANGUE faite à S. A. R. Monseigneur le Duc d'Orleans, Regent du Royaume, par M. de Montempuys, Recteur de l'Université, le Mardy 26. Novembre 1715.
Début :
Il est juste, & c'est bien la moindre chose, que les meilleures / L'Université honorée par nos Roys vos ayeux du titre de Fille [...]
Mots clefs :
Université, Rois, Régent, Régent du Royaume, Duc d'Orléans
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texteReconnaissance textuelle : HARANGUE faite à S. A. R. Monseigneur le Duc d'Orleans, Regent du Royaume, par M. de Montempuys, Recteur de l'Université, le Mardy 26. Novembre 1715.
Il eſt juſte, & c'eſt bien la
moindre choſe , que les meilleures
pieces paſſent les premieres
, c'eſt une amorce pour
les Lecteurs , &une preference
dont ils ſçavent gré à l'Auteur.
Le nom, le merite & l'érudition
de M. de Montem-
1
GALANT. 37
puys , Recteur de l'Univerſité ,
répondent de l'équité de mon
choix. Voicy fon difcours ??
4
HARANGUE
faite à S. A.R. Monſeigneur
le Duc d'Orleans , Regent
du Royaume , par M. de
Montempuys , Recteur de
l'Univerſité , le Mardy 26.
Novembre 171
1
MONSEIGNEUR ,
L'Univerſité honorée par nos
Roys vos ayeux du titre de Fille
aînée asouhaité avec empreſſe
38 MERCURE
ment deſepreſenterdevantV. A.
R. attentive qu'elle a toûjours
eftéàcelles de vos grandes qualitez
qui ont le plus de rapport à
fes occupations paisibles , elle admire
depuis longtemps en V. A.
R.labeauté, l'étenduë d'eſprit,
laſcience ,le goust,&la connoisfancedes
beaux arts.
Maintenant , elle voit l'ufage
de ces rares talents dans laforme
de gouvernement que vous
venez d'établirdans leRoyaume.
Tout a concouru , Monseigneur,
àvous en afßûrer la Regence ,
lesdroitsde vostre naiſſance augufle
jugement unanime des te
GALANT. 3 ,
Grands des Magistrats , les
voeux de tout le peuple , dans un
tel accord , dont àpeiney a-t-il
un seul exemple , chacun reconnoift
une providence particuliere
qui dans le temps que Dieu
nous affligeoit par les pertes confiderables
que nous avons faites ,
vous preparoit , Monseigneur ,
pourune reffource fûre aux regrets
aux peines d'un bon peuplequi
parsafidelité&ſon attachement
àfes Rois a toujours morité
d'avoirde bons maistres.
Déja l'on reffent les effets de
vôtre Regence universelle ,elle
pourvoit àtout beſoin ; active,
40 MERCURE
elle prendfurelle les travaux les
plus grands ; clairvoyante , elle
diftingue le bien & le mab, Va
vrai &leſéduisant ; reglée,elle
conferue les droits de chaque états
puiſſante , elle contient tout dans
le devoir& dans le respect,dou
ce , elle vous laiſſe d'un accésfabienfaisante
cile, , ellene fefait
fentirque par le bien qu'ellefait
la distribution des graces estlafeule
referve qu'ellese faſſeſurtous les
drais. 201
Puiſſions nous avoirpartaux
bontiz de V. 4. R. j'ose te dire
de la Compagnie au nom de laquelle
j'ay l'honneur de parler
nous
i
GALANT. 41
nous pouvons y prétendre par
l'ancienneté & la nobleffe de
Notre établiſſement ,parla pureté
de nos maximes qui nesont que
les loix du Royaume ,par l'utilité
de nosfonctions ,par la fimplicité
de nos moeurs , nul interest ne nous
amenera devant vous , Monfeigneur,
fi ce n'est celuydu bien public
, nulle ambition ,ſice n'est
celle d'eftre agreables à V. A. R.
&de l'aſſeurer de nos reſpects les
plus profonds , nulle inquiétude ,
ſi ce n'eſtſur voſtre ſanté. Permettez-
nous , Monseigneur , de
vous demander pour premiere
grace de la ménager cette precieuse
Decembre 1715. D
42 MERCURE
fanté,que vosfoinsfoientpartagés
entre vostre Royale Perfonne&
l'Etat. De vostre confervation ,
Monseigneur , dépendce que nou's
Jouhaitons leplus , l'éducation du
Roy dans les principes de nosLibertez
, qui ne sont que les droits
les plusfacrezde la Couronne&
de l'Episcopat , l'affermiſſement
& la durée d'un gouvernement
tout parfait ,le rétabliſſement des
Lettres dans lear Splendeur
dans leur liberté.
moindre choſe , que les meilleures
pieces paſſent les premieres
, c'eſt une amorce pour
les Lecteurs , &une preference
dont ils ſçavent gré à l'Auteur.
Le nom, le merite & l'érudition
de M. de Montem-
1
GALANT. 37
puys , Recteur de l'Univerſité ,
répondent de l'équité de mon
choix. Voicy fon difcours ??
4
HARANGUE
faite à S. A.R. Monſeigneur
le Duc d'Orleans , Regent
du Royaume , par M. de
Montempuys , Recteur de
l'Univerſité , le Mardy 26.
Novembre 171
1
MONSEIGNEUR ,
L'Univerſité honorée par nos
Roys vos ayeux du titre de Fille
aînée asouhaité avec empreſſe
38 MERCURE
ment deſepreſenterdevantV. A.
R. attentive qu'elle a toûjours
eftéàcelles de vos grandes qualitez
qui ont le plus de rapport à
fes occupations paisibles , elle admire
depuis longtemps en V. A.
R.labeauté, l'étenduë d'eſprit,
laſcience ,le goust,&la connoisfancedes
beaux arts.
Maintenant , elle voit l'ufage
de ces rares talents dans laforme
de gouvernement que vous
venez d'établirdans leRoyaume.
Tout a concouru , Monseigneur,
àvous en afßûrer la Regence ,
lesdroitsde vostre naiſſance augufle
jugement unanime des te
GALANT. 3 ,
Grands des Magistrats , les
voeux de tout le peuple , dans un
tel accord , dont àpeiney a-t-il
un seul exemple , chacun reconnoift
une providence particuliere
qui dans le temps que Dieu
nous affligeoit par les pertes confiderables
que nous avons faites ,
vous preparoit , Monseigneur ,
pourune reffource fûre aux regrets
aux peines d'un bon peuplequi
parsafidelité&ſon attachement
àfes Rois a toujours morité
d'avoirde bons maistres.
Déja l'on reffent les effets de
vôtre Regence universelle ,elle
pourvoit àtout beſoin ; active,
40 MERCURE
elle prendfurelle les travaux les
plus grands ; clairvoyante , elle
diftingue le bien & le mab, Va
vrai &leſéduisant ; reglée,elle
conferue les droits de chaque états
puiſſante , elle contient tout dans
le devoir& dans le respect,dou
ce , elle vous laiſſe d'un accésfabienfaisante
cile, , ellene fefait
fentirque par le bien qu'ellefait
la distribution des graces estlafeule
referve qu'ellese faſſeſurtous les
drais. 201
Puiſſions nous avoirpartaux
bontiz de V. 4. R. j'ose te dire
de la Compagnie au nom de laquelle
j'ay l'honneur de parler
nous
i
GALANT. 41
nous pouvons y prétendre par
l'ancienneté & la nobleffe de
Notre établiſſement ,parla pureté
de nos maximes qui nesont que
les loix du Royaume ,par l'utilité
de nosfonctions ,par la fimplicité
de nos moeurs , nul interest ne nous
amenera devant vous , Monfeigneur,
fi ce n'est celuydu bien public
, nulle ambition ,ſice n'est
celle d'eftre agreables à V. A. R.
&de l'aſſeurer de nos reſpects les
plus profonds , nulle inquiétude ,
ſi ce n'eſtſur voſtre ſanté. Permettez-
nous , Monseigneur , de
vous demander pour premiere
grace de la ménager cette precieuse
Decembre 1715. D
42 MERCURE
fanté,que vosfoinsfoientpartagés
entre vostre Royale Perfonne&
l'Etat. De vostre confervation ,
Monseigneur , dépendce que nou's
Jouhaitons leplus , l'éducation du
Roy dans les principes de nosLibertez
, qui ne sont que les droits
les plusfacrezde la Couronne&
de l'Episcopat , l'affermiſſement
& la durée d'un gouvernement
tout parfait ,le rétabliſſement des
Lettres dans lear Splendeur
dans leur liberté.
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3682
p. 42-48
Preface sur l'Histoire galante de l'Ambassadeur de Perse, que l'Auteur a prudemment divisée par Chapitres. [titre d'après la table]
Début :
Il y a déja si longtemps que je vous promets l'Histoire des [...]
Mots clefs :
Ambassadeur, Galanteries, Ambassadeur de Perse, Mehmet Riza Beg
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Preface sur l'Histoire galante de l'Ambassadeur de Perse, que l'Auteur a prudemment divisée par Chapitres. [titre d'après la table]
Il y a déja ſi longtempsque
je vous promets 1Hiſtoire des 1
galanteries de l'Ambaſſadeur
GALANT. 43
de Perſe , qu'il eſt enfin temsde
vous tenir parole. Je ne crains
pas qu'on me reproche de violer
icy aucun droit , puiſque
j'ay eul'honneur de promettre
moy-même de vive voix , &
par écrit , à Son Excellence Perfane
, un troifiéme Volume
rempli uniquement & fidelement
de tout ce qu'il y a cû
de plus bizarre & de plus galant
dans ſes Avantures.
rem
Madame de D. R. dont je
parleray plus amplement en
temps & lieu , & qui eſt la
tres-digne mere de la Maîtreſſe
de ce grand Ambaſſadeur
Dij
44 MERCURE
pleura amerement de ma menace
, & s'en effraya avec tant
de douleur , qu'elle fut en gemir
aux pieds de Mehemet Rifa
Beg , qui jura auffi-toft par
fon cimeterre&parMahomet,
de me partir en deux comme
un navet.
Alors l'Athenien Padery
fon Interprete , & Archigrec
en tours de Maiſtre Gonin ,
m'annonça d'un air effaré combien
grande eſtoit la colere
de fon Maiſtre , & me conjura
, au nom de noftre Dieu ,
de ne pas me preſenter devant
fon excellente face : mais foit
1
1
GALANT 45
4
que ce jour-là j'cuffe peu de
difpofition à m'effrayer , ou
que je me miſſe peu en peine
de l'intereſt que Padery prennoit
à mon falut , je me fis introduire
par Jofeph dans la
Chambre de l'Ambaſſadeur
je luy demanday avec une honneſte
hardieße foixante écus qu'-
il me devoit , & j'ajoûtay à ce
la qu'il gagneroit davantage à
me les payer genereuſement ,
qu'àme les retenir ; qu'au reſte
je te fuppliois de me pardonner
la liberté que je prenois
de luy reprefenter par la treshumble
demande que l'avarice
ربک
46 MERCURE
de Padery m'obligeoit à luy
faire , à quoy l'engageoit
la glorieuſe qualité de l'Ambafladeur
du trés - Haut
trés Magnifique &trés Puif
fant Empereur du monde ,
fon Maître. J'achevay ma
harangue en luy faiſant de
belles reverences , mon hu
milité le déſarma , & ma requête
fut enfin écoutéc & réponduë
fur lechamp. Ilme fit
dire , qu'en reconnoiſſance de
la juſtice quej'avois renduë à
ſon grand air , à ſon eſprit&
à ſes vertus , dans le cours de
fonHiſtoire, ( dont la poſterité
GALANT. 47
:
د
n'aura, fije ne me trompe, d'o
bligation qu'à moy ) il me donneroit
inceflamment une belle
Montre d'or un Diamant
ou au moins une Epée d'or.
En attendant il me fit donner
du caffé; mais du caffé ſi plein
de marc & fi mal fait , que j'eû
bien peur de le rejetter ſur ſon
tapis. Joſeph qui m'avoit introduit
remarqua alors mon
inquiétude ,& heureuſement
pour moy , il me mit à la porte
un moment avant que le caffé
fit fon effer. J'ay depuis dîné
pluſieurs fois chez Son Excellence
en confideration deſdits
48 MERCURE
foixante écus dont je n'ay jamais
pû arracher un denier.
Voilàmon cher Lecteur , mon
grief& ma Preface , voicy fon .
Hittoire .
je vous promets 1Hiſtoire des 1
galanteries de l'Ambaſſadeur
GALANT. 43
de Perſe , qu'il eſt enfin temsde
vous tenir parole. Je ne crains
pas qu'on me reproche de violer
icy aucun droit , puiſque
j'ay eul'honneur de promettre
moy-même de vive voix , &
par écrit , à Son Excellence Perfane
, un troifiéme Volume
rempli uniquement & fidelement
de tout ce qu'il y a cû
de plus bizarre & de plus galant
dans ſes Avantures.
rem
Madame de D. R. dont je
parleray plus amplement en
temps & lieu , & qui eſt la
tres-digne mere de la Maîtreſſe
de ce grand Ambaſſadeur
Dij
44 MERCURE
pleura amerement de ma menace
, & s'en effraya avec tant
de douleur , qu'elle fut en gemir
aux pieds de Mehemet Rifa
Beg , qui jura auffi-toft par
fon cimeterre&parMahomet,
de me partir en deux comme
un navet.
Alors l'Athenien Padery
fon Interprete , & Archigrec
en tours de Maiſtre Gonin ,
m'annonça d'un air effaré combien
grande eſtoit la colere
de fon Maiſtre , & me conjura
, au nom de noftre Dieu ,
de ne pas me preſenter devant
fon excellente face : mais foit
1
1
GALANT 45
4
que ce jour-là j'cuffe peu de
difpofition à m'effrayer , ou
que je me miſſe peu en peine
de l'intereſt que Padery prennoit
à mon falut , je me fis introduire
par Jofeph dans la
Chambre de l'Ambaſſadeur
je luy demanday avec une honneſte
hardieße foixante écus qu'-
il me devoit , & j'ajoûtay à ce
la qu'il gagneroit davantage à
me les payer genereuſement ,
qu'àme les retenir ; qu'au reſte
je te fuppliois de me pardonner
la liberté que je prenois
de luy reprefenter par la treshumble
demande que l'avarice
ربک
46 MERCURE
de Padery m'obligeoit à luy
faire , à quoy l'engageoit
la glorieuſe qualité de l'Ambafladeur
du trés - Haut
trés Magnifique &trés Puif
fant Empereur du monde ,
fon Maître. J'achevay ma
harangue en luy faiſant de
belles reverences , mon hu
milité le déſarma , & ma requête
fut enfin écoutéc & réponduë
fur lechamp. Ilme fit
dire , qu'en reconnoiſſance de
la juſtice quej'avois renduë à
ſon grand air , à ſon eſprit&
à ſes vertus , dans le cours de
fonHiſtoire, ( dont la poſterité
GALANT. 47
:
د
n'aura, fije ne me trompe, d'o
bligation qu'à moy ) il me donneroit
inceflamment une belle
Montre d'or un Diamant
ou au moins une Epée d'or.
En attendant il me fit donner
du caffé; mais du caffé ſi plein
de marc & fi mal fait , que j'eû
bien peur de le rejetter ſur ſon
tapis. Joſeph qui m'avoit introduit
remarqua alors mon
inquiétude ,& heureuſement
pour moy , il me mit à la porte
un moment avant que le caffé
fit fon effer. J'ay depuis dîné
pluſieurs fois chez Son Excellence
en confideration deſdits
48 MERCURE
foixante écus dont je n'ay jamais
pû arracher un denier.
Voilàmon cher Lecteur , mon
grief& ma Preface , voicy fon .
Hittoire .
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3683
p. 48-58
CHAPITRE I. DES EVENEMENS curieux qui ont precedé la Mission de Mehemet Riza Beg, en France.
Début :
Lorsque M. Fabre fut envoyé de Constantinople en Perse, pa [...]
Mots clefs :
Mehmet Riza Beg, Ambassadeur de Perse, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CHAPITRE I. DES EVENEMENS curieux qui ont precedé la Mission de Mehemet Riza Beg, en France.
CHAPITRE I.
DESEVENEMENS
curieux qui ont precedé la
Mission de Mehmet Riza
Bigen France.
Lorſque M. Fabre fut envoyé
de Conſtantinople en
Perfe , pa M. de Feriol , Ambafladeur
à la Porte , & qu'il
cût
GALANT. 49
cût receu de luy ics Lettres
d'Envoyé Extraordinaire &
les Preſens du Royde France,
pour le Roy de Perſe , il tomba
malade à Erivan .
,
Une jeune & belle fille de
Dijon qu'il avoit eû la précaution
de mener avec luy , pour
ne pas s'ennuyer en chemin
employa tous ſes ſoins pour
luy fauver la vie; mais la mort
qui l'enleva , la rendit en peu
dejours , veuvede ſonAmant.
Alors elle tint un petitConſeil
dans ſamaiſon , les enfans du
deffunt ,& fes domeſtiques qui
avoient une grande opinion
Decembre 1715 . E
رم MERCURE
de ſon eſprit , ſe déclarerent
tous pour elle Leurs fuffrages
&leurs foumiſſions la raffeurerent
contre tous les perils ,
que ſans leur ſecours , ella
pouvoit courir dans une Contrée
auffi éloignée des lieux où
elle avoit receu le jour. Mademoiſelle
P. ( c'eſt le nom de
cette belle perſonne , qui eſt
maintenant à Paris ) ſe ſaiſit
alors des papiers&des inftruc ,
tions de M. Fabre , & forma
le projet de remettre elle-même
dans les mains du Sophi de
Perfe ,les preſens deſtinez pour
Sa Hautefle , &dont la Cour
GALANT. SE
de France avoit chargé fon
Amant. Elle prit en même
temps caractere ,& en veritable
Ambaſladrice de France ,
elle déclara à Fars Ali , alors
* Kan d'Erivan , les ordres
qu'elle avoit du Roy Loüis
XIV. ſon Maître ,de ſe rendre
inceſſamment à Hifpahan.
Pluſieurs Courriers furent auffitoſt
dépêchez pour aller
annoncer aux Miniſtres du
Roy de Perſe , l'arrivée de
Madame l'Ambaſſadrice de
France àErivan , Mademoiſelle
P. auroitjoüé fon rôle àmer-
Gouverneur.
E ij
52 MERCURE
veille , ( car elle a beaucoup
d'eſprit ) fi malheureuſement
Fars Ali n'étoit devenu amoureux
d'elle. La paſſion du Kan
qui l'embarraſſa prodigieute,
ment , fufpendit l'execution
de ſes projets & les ruïna mê,
me entiérement , parce que ,
fur ces entrefaites M. de Feriol
fut inſtruit des grands
deſſeins de Madame l'Ambafſadrice
, & prie de juſtes meſures
pour en empêcher l'effer.
Mehemet Riza Beg qui eſt le
Heros de cette hiſtoire ,& qui
n'étoit alors * qu'un chétifCen-
* Parod. d'Heraclius ,Trag, de Cor.
neille...
.
1
GALANT. 53
tenier des Troupes d' Armenie , la
vit un jour qu'elle faiſoitune
Cavalcade dans la Ville d'Erivan
, ſuiviede tous ſes domef
tiques ; il la trouva fi belle
qu'ilne pût deffendre ſoncoeur
du feu de ſes beaux yeux , &
fon amour prenant chaque
jour de nouvelles forces dans
l'éclat des charmes qu'il adoroit
, il eût enfin l'inſolence de
luy déclarer fa paſſion ; mais
il en fut receu de la même
maniere que la plus brillante
coquette de France recevroit
unProcureur Fiſcal qui oferoit
devenir amoureux d'elle,&luy
E iij
54 MERCURE
faire le temeraire aveu de fon
amour. Elle vit bien qu'il n'y
avoit pas de l'eauà boire avec
unAmantde cette eſpece, ſes
yeux dédaignant même le
Kin qui brûloit pour elle , avoient
réſolu de n'eſſayer leurs
traits que fur le coeur du Sophi,
Ce Prince alors s'approchant
d'Erivan , ſur la nouvelle
qu'il receut de la qualité , des
beautez & de l'arrivée de cette
grande Damedans la Capitale
de l'Armenie , luy envoya des
Eſclaves , des chevaux & des
chameaux chargez de vivres
& de prefens , clcortez d'un
GALANT. SS
gros de Cavaleric , qui avoit
ordre de l'eſcorter elle même ,
juſques dans la Ville où il avoit
réſoluderecevoir cette illuftre
Ambaſſadrice ; mais le fuccés
ne répondit pas à fon attente ,
&des Lettres qui luy furent
envoyées de Conſtantinople ,
le détromperent au milieu des
grands préparatifs qu'il failoit
pour cette pompeufe ceremonic.
Il s'indigna de la fupercheriede
cette fille,dont l'hiſtoire
luy fut écrite , affez fidelement
pour le dégoûter de l'envie
de la voir , & il envoya fur
le champ au Kan d'Erivan ,
,
Eijij
56 MERCURE
ordrede la chaſſer des terres de
fon Empire. Alors ce Kan
voyant renaître ſes eſperances
par le malheur de cette belle &
infortunée victime de la colere
du Sultan , forma le defſein
de l'enfermer dans ſon
Serrail , de renvoyer ſes domeſtiques
en Europe , & d'écrire
auffitôt àſon Maître qu'il
avoit executé l'ordre de Sa
Hauteſſe. Je ne ſçay par quelle
voye le jaloux Mehemet fut
inftruit des deſſeins du Kan ,
mais je ſçay de bonne part que
la frayeur qu'il eûr qu'elle ne
fut à jamais la proye de cet
GALANT. 57
homme violent , le détermina
àl'avertir (quoiqu'il en coutât
infiniment àſon repos )du funeſte
projet qu'il avoit formé
contre elle. Elle profita de l'avis
,& revint enfin en Europe,
aux dépens de tout ce qu'elle
avoit pû ménager d'argent ,&
à la faveur de mille déguiſes
ments dont le détail ſeroit d'une
longueur prodigieuſe , &
peut être même ennuyeuſe ,
malgré le grand fuccés dont ſe
fatte celuy qui a pris la peine
d'écrire toutes les circonſtances
de cette merveilleuſe Hil
toire , qu'il promet de rendre
38 MERCURE
inceſſamment pubique tous le
nom del Heroine de Perfe , qui
a depuis peu , par parenthefe ,
eſlayé de donner à Paris des
marques de fa reconnoiffance ,
à fon liberateur;mais dés qu'on
ſçût qu'elle s'acharnoit à luy
rendre des viſites , on eût foin
de la mettre ſous la garde d'un
Moger d Erat , qui a répondu
d'elle , pendant tout le féjour
que cet Ambaſſadeur a
fait icy. Revenons maintenant
al'Hintone de ſon Ambaſlade.
DESEVENEMENS
curieux qui ont precedé la
Mission de Mehmet Riza
Bigen France.
Lorſque M. Fabre fut envoyé
de Conſtantinople en
Perfe , pa M. de Feriol , Ambafladeur
à la Porte , & qu'il
cût
GALANT. 49
cût receu de luy ics Lettres
d'Envoyé Extraordinaire &
les Preſens du Royde France,
pour le Roy de Perſe , il tomba
malade à Erivan .
,
Une jeune & belle fille de
Dijon qu'il avoit eû la précaution
de mener avec luy , pour
ne pas s'ennuyer en chemin
employa tous ſes ſoins pour
luy fauver la vie; mais la mort
qui l'enleva , la rendit en peu
dejours , veuvede ſonAmant.
Alors elle tint un petitConſeil
dans ſamaiſon , les enfans du
deffunt ,& fes domeſtiques qui
avoient une grande opinion
Decembre 1715 . E
رم MERCURE
de ſon eſprit , ſe déclarerent
tous pour elle Leurs fuffrages
&leurs foumiſſions la raffeurerent
contre tous les perils ,
que ſans leur ſecours , ella
pouvoit courir dans une Contrée
auffi éloignée des lieux où
elle avoit receu le jour. Mademoiſelle
P. ( c'eſt le nom de
cette belle perſonne , qui eſt
maintenant à Paris ) ſe ſaiſit
alors des papiers&des inftruc ,
tions de M. Fabre , & forma
le projet de remettre elle-même
dans les mains du Sophi de
Perfe ,les preſens deſtinez pour
Sa Hautefle , &dont la Cour
GALANT. SE
de France avoit chargé fon
Amant. Elle prit en même
temps caractere ,& en veritable
Ambaſladrice de France ,
elle déclara à Fars Ali , alors
* Kan d'Erivan , les ordres
qu'elle avoit du Roy Loüis
XIV. ſon Maître ,de ſe rendre
inceſſamment à Hifpahan.
Pluſieurs Courriers furent auffitoſt
dépêchez pour aller
annoncer aux Miniſtres du
Roy de Perſe , l'arrivée de
Madame l'Ambaſſadrice de
France àErivan , Mademoiſelle
P. auroitjoüé fon rôle àmer-
Gouverneur.
E ij
52 MERCURE
veille , ( car elle a beaucoup
d'eſprit ) fi malheureuſement
Fars Ali n'étoit devenu amoureux
d'elle. La paſſion du Kan
qui l'embarraſſa prodigieute,
ment , fufpendit l'execution
de ſes projets & les ruïna mê,
me entiérement , parce que ,
fur ces entrefaites M. de Feriol
fut inſtruit des grands
deſſeins de Madame l'Ambafſadrice
, & prie de juſtes meſures
pour en empêcher l'effer.
Mehemet Riza Beg qui eſt le
Heros de cette hiſtoire ,& qui
n'étoit alors * qu'un chétifCen-
* Parod. d'Heraclius ,Trag, de Cor.
neille...
.
1
GALANT. 53
tenier des Troupes d' Armenie , la
vit un jour qu'elle faiſoitune
Cavalcade dans la Ville d'Erivan
, ſuiviede tous ſes domef
tiques ; il la trouva fi belle
qu'ilne pût deffendre ſoncoeur
du feu de ſes beaux yeux , &
fon amour prenant chaque
jour de nouvelles forces dans
l'éclat des charmes qu'il adoroit
, il eût enfin l'inſolence de
luy déclarer fa paſſion ; mais
il en fut receu de la même
maniere que la plus brillante
coquette de France recevroit
unProcureur Fiſcal qui oferoit
devenir amoureux d'elle,&luy
E iij
54 MERCURE
faire le temeraire aveu de fon
amour. Elle vit bien qu'il n'y
avoit pas de l'eauà boire avec
unAmantde cette eſpece, ſes
yeux dédaignant même le
Kin qui brûloit pour elle , avoient
réſolu de n'eſſayer leurs
traits que fur le coeur du Sophi,
Ce Prince alors s'approchant
d'Erivan , ſur la nouvelle
qu'il receut de la qualité , des
beautez & de l'arrivée de cette
grande Damedans la Capitale
de l'Armenie , luy envoya des
Eſclaves , des chevaux & des
chameaux chargez de vivres
& de prefens , clcortez d'un
GALANT. SS
gros de Cavaleric , qui avoit
ordre de l'eſcorter elle même ,
juſques dans la Ville où il avoit
réſoluderecevoir cette illuftre
Ambaſſadrice ; mais le fuccés
ne répondit pas à fon attente ,
&des Lettres qui luy furent
envoyées de Conſtantinople ,
le détromperent au milieu des
grands préparatifs qu'il failoit
pour cette pompeufe ceremonic.
Il s'indigna de la fupercheriede
cette fille,dont l'hiſtoire
luy fut écrite , affez fidelement
pour le dégoûter de l'envie
de la voir , & il envoya fur
le champ au Kan d'Erivan ,
,
Eijij
56 MERCURE
ordrede la chaſſer des terres de
fon Empire. Alors ce Kan
voyant renaître ſes eſperances
par le malheur de cette belle &
infortunée victime de la colere
du Sultan , forma le defſein
de l'enfermer dans ſon
Serrail , de renvoyer ſes domeſtiques
en Europe , & d'écrire
auffitôt àſon Maître qu'il
avoit executé l'ordre de Sa
Hauteſſe. Je ne ſçay par quelle
voye le jaloux Mehemet fut
inftruit des deſſeins du Kan ,
mais je ſçay de bonne part que
la frayeur qu'il eûr qu'elle ne
fut à jamais la proye de cet
GALANT. 57
homme violent , le détermina
àl'avertir (quoiqu'il en coutât
infiniment àſon repos )du funeſte
projet qu'il avoit formé
contre elle. Elle profita de l'avis
,& revint enfin en Europe,
aux dépens de tout ce qu'elle
avoit pû ménager d'argent ,&
à la faveur de mille déguiſes
ments dont le détail ſeroit d'une
longueur prodigieuſe , &
peut être même ennuyeuſe ,
malgré le grand fuccés dont ſe
fatte celuy qui a pris la peine
d'écrire toutes les circonſtances
de cette merveilleuſe Hil
toire , qu'il promet de rendre
38 MERCURE
inceſſamment pubique tous le
nom del Heroine de Perfe , qui
a depuis peu , par parenthefe ,
eſlayé de donner à Paris des
marques de fa reconnoiffance ,
à fon liberateur;mais dés qu'on
ſçût qu'elle s'acharnoit à luy
rendre des viſites , on eût foin
de la mettre ſous la garde d'un
Moger d Erat , qui a répondu
d'elle , pendant tout le féjour
que cet Ambaſſadeur a
fait icy. Revenons maintenant
al'Hintone de ſon Ambaſlade.
Fermer
3684
p. 59-74
CHAPITRE II. Comment Mehemet Riza Beg fut nommé par le Kan d'Erivan, Ambassadeur de Perse en France.
Début :
Aprés la mort de M. Fabre & la desertion de l'Heroïne de [...]
Mots clefs :
Homme, Mehmet Riza Beg, France, Lettre, Ambassadeur, Empereur, Smyrne, Perse, Ambassadeur de Perse, Capitaine
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CHAPITRE II. Comment Mehemet Riza Beg fut nommé par le Kan d'Erivan, Ambassadeur de Perse en France.
CHAPITRE II.
Comment Mehemet Riza Beg
fut nommé par le Kan d'Eri-
-van , Ambassadeur dePerfe
en France.
Aprés la mort deM. Fabre
&ladefertion de l'Heroïne de
Perfe , M. Michel aujourd'hui
Conful d'Alep , & qui étoit
alors à Conftantinople , fut
choifi par la Cour pour ſucce
derrà M. Fabre , al fe rendir
auffingttà Eruvan , Meher
mot Rzabeg luy fitkonfidence
A
M 2
60 MERCURE
du ſervice quil avoit rendu à
Mademoiselle P. &le pria en
même temps de folliciter pour
luy la haute paye auprés du
premier Ministre du Sophi ,
lorſqu'il feroit arrivé à Hifpaham.
Michel luypromit tout,
& lorſqu'il fut arrivé dans la
Capitale de la Perſe ,il parla
en effet de luy au Vizir , com
me d'un homme d'eſprit &
de merite. La recommandation
de Michel luy valut la
place de * Kalenter', qui devint
alors vacante par la mort
de celuy qui l'occupoit. Cependant
Michel fu avec lesMin
* Maire.
GALANC. 61
niftres de Perfe un/ Traité
avantageux à laNation,& s'acquitta
avec honneur de fa commiſſion.
Le temps de fa Milfion
expiré , il retourna en Europe
par Erivan , où il trouva
Mehemet inſtallé dans la dignité
qu'il luy avoit procurée.
L'ingratMehemet feignit non
ſeulement de ne le pas reconnoître,
mais il le traita comme
un homme dont la prefence
l'importunoir. Cette horrible
ingratitude du Kalenter àl'endroit
d'un Chrêtien à qui il
devoit fa fortune , donna une
grande opinion de fon cou
62 MERCURE
rage aux Mutulmans , Perſon
nage au reſte dont il a à merveille
ſoûtenu le caractere en
France. :
Pluſieurs années aprés le
départ de Michel , une Eſcadre
Françoiſe commandée par M.
de Château-Moran porta en
Perſe la nouvelle de la grande
Journée de Marchiennes , où
M. le Maréchal de Villats remporta
une infigne victoire fur
nos Ennemis. Alors le fuccés
de nos armes nous faiſant des
amis même aux extrêmitez du
monde , nous attira des compliments
de pluſieurs Rois ſur
GALANT. 63.
lagloire de nos conquêtes.
Le Roy de Perſe voulut être
du nombre des congratulants.
Mais preffentant apparemment
qu'il étoit d'une extreme
importance pour le ſujet
fur qui tomberoit l'honneur
de fon choix, qu'on ignorarà
Conſtantinople qu'il envoïoit
un Ambaſladeur en France , il
ſe ſervit d'un Millionnaire ,
homme ayant du côté de l'efprit,
tous les talents neceſſaires
pour s'acquitter plus mal que
perſonne d'une grande commiffion
; il le fit charger de
ſes intentions& de ſes Lettres
64 MERCURE
par ſes Miniftres. Elles étoient
adreflees au Kan d'Erivan , &
portoient en ſubſtance que Sa
Hauteſſe 1 Empereur des Rois
& le grand Roy du monde ,
ayant deſlein d'envoyer un
Ambaſſadeur au trés grand
Empereur des François , il luy
étoit enjoint à luy Kan d'Armenie
, de choiſir entre tous
les Vaſſaux de ſon Gouvernement
,l'homme qu'il jugeroit
leplus digne deremplir cette
éclatante place , & de l'envoyer
le plus ſecretement qu'il
luy feroit poſſible , en France
avec les émeraudes pâles , les
perles
GALANT. 65
perles grifes , & les pots d'onguent
que le Miffionnaire luy
remettroit és mains. Le Kan
qui avoit perfecuté à outrance
tous les Marchands François
qui avoient paffé à Erivan ,
choiſit justement dans l'illuſtre
Mahomet Riza Beg un homme
qui ne les avoit pas mieux traité
que luy , il jetta les yeux fur
cet homme , non- feulement
en confideration de lahaine
qu'il luy sçavoit pour nous ;
mais parce qu'il lehaïffoit luy
même ,& qu'il préſumoit fur
quelques apparences ,que cette
commiffionl'éloigneroit peut-
Decembre 1715 . F
66 MERCURE
/
eftre pour toujours. Le Miffionnaire
voyant ce choix du
Kan ne pût s'empêcher de
lever les yeux au Ciel & de
ſe recrier ſur les qualitez du
perſonnage qu'on nous deſti
noit. Sondépit en fut même
fi grand , que quoyqu'il n'cut
que médiocrement d'efprit ,
il écrivit fur la muraille de la
maiſon oùil logeoit à Erivan ,
&dans tous les caravanfarais
de laGeorgie , de laMingrelie,
& de la Mer noire par où il
paffa en revenant en Europe.
Un teljourMhemet Riza Beg,
Kalenter d'Erivan,a esté nommé
CALANT. 67
:
Ambassadeurde l'Empereur de
Perſe, auprés de l'Empereur de
France.
L
Le bruit de cette Election
fe répandit bien toſt ſur la
route que devoit tenir l'Ambaffadeur
luy même. Les
Turcs ne tarderent pas à en
eſtre informez : & ce fut cette
malice dont le ſuccés ne nous
pouvoit eftre qu'avantageux ,
qui ſuſcita à Mehemet Riza
Beg toutes les traverſes qu'il
cut à efſſuyer àKaars , à Erzerom
, à Smyrne , à Conſtantinople
, & à Alexandrette , jufqu'au
moment que Paderi le
Fij
68 MERCURE
reçût dans la Barque du Capitaine
de Cuges. Mais ces perils
font amplement circonftanciez
dans le Journal qui a
paru de l'Hiſtoire de cet Ambaffadeur
, & il eſt trés inutile
de repeter ici aucune de ces
Avantures Il eſt ſeulement à
propos, pour donner une juſte
idée du génie de ce rare Perfonnage,
de dire deux mots de ce
qui luy arriva à Smyrne ; mais
pouvant, comme de raiſon ,
n'en eſtre pas crû fur ma parole
, je prie le Lecteur de me
permettre d'emprunter icy le
témoignage ſuffifant de M. de
GALANT. 69
L
Fontenu , Conſul de la Nation
Françoiſe à Smyrne. Voicy
mot pour mot la copie de
deux lettres de ſa main.
Extrait d'une Lettre de
Smyrne , 12. Juin 1715.
al
Vous avezraison , Monfieur,
d'eſtre ſurpris que l'Ambassadeur
de Perſe ayant fait un affezlong
Séjour à Smyrne , il ne ſe foit
pas embarquésur leVaisseau que
j'avois fait preparer pour porter
fes Prefents en France, avec une
partie defon équipage ; il n'a tenu
qu'à luy de le faire , je luy en
MERCURE
avois donne toutes les facilitez
imaginables ; mais c'est un esprit
fi bizarre&fifantaſsque , qu'il
ne m'a pas esté poſſible de vaincre
les difficultez chimeriques qu'il
P'étoit formées . M. de Saint
Olon pourra vous apprendre quelle
forte de caract re d'homme se peut
eftre. Je n'en connois
pareille trempe ; ainfi
s'en prendre qu'à luy feui de tous
les math urs qui luy font arrivez
en Turquie , depuis qu'ilaquitié
Smyrne contre mon avis.
aucun de
il ne doit
1 i
GALANT
Extrait d'une autre Lettre de
Smyrnedu 25 Jailler }
Vous m'apprennez, Monfieur,
que l'Ambassadeur de Perfe se
plaint de moy, la grandtori , ilde
vroit bienpluſtoſt s'en leür,ily
auroit bien de l'injustice dans fon
fait; de me rendre refponfable,tant
deses indifcretionsſurſa route en
Turquie, que pendant leféjour qu'-
itafait ààSSmmyrne, où il ne m'a
pas étépoffibledefurmonterfes dif
ficultez, quelquesfaciles quefuffiniles
moyensque je luy ay propofezpourfon
embarquement. Le
72 MERCURE
fait eft, que j'avois hors du Chateau
un Vaisseau tout preft, dont
le Capitaine homme de bonnevolonté
& d'expedients , ſecondoit
parfaitement mes vûës , pour les
temps , les lieux &la fireté du
paßage. Ce que j'ay fait pour le
bagage, les lettres de créance, les
Priſents , & quelques perfonnes
de la fuite de l'Ambassadeur,jus.
tifie aß zqu'il n'a tenu qu'à luy
de profiter des juſtes mesures que
j'avois priſes, &que ſes irrefor
lutions mal fondées ont rinduës
inutiles , à fon égard ſeulement.
Il ne doit donc s'en prendre qu'à
luy- même des traverſesfâcheuſes
dont
GALANT 73
dont cette fauffe & premiere dé
marche a estéſuivie. Le Capitaine
Marcel qui est trés connu
àToulon est témoin du procedé bi
zarre de cet Ambaſſadeur.
Cette lecture fuffit pour juftifier
tous les bruits qui ont
couru ſur le compte de cer
Ambaſſadeur , & pour condamner
tous les éloges que je
luy ay donnez moy même ;
mais on n'a point de reproche
à faire la deffus à un Auteur
qui travaille aujourd'huy
(comme bien d'autres ) plus
fans contredit pour ſon intereft
, que pour ſa gloire. D'ail-
Decembre 1715 . G
74 MERCURE
leurs le bon plaifir de mes fu
perieurs me preſcrivoit alors
d'en dire quatre fois plus de
bien que je n'en ſavois,
Comment Mehemet Riza Beg
fut nommé par le Kan d'Eri-
-van , Ambassadeur dePerfe
en France.
Aprés la mort deM. Fabre
&ladefertion de l'Heroïne de
Perfe , M. Michel aujourd'hui
Conful d'Alep , & qui étoit
alors à Conftantinople , fut
choifi par la Cour pour ſucce
derrà M. Fabre , al fe rendir
auffingttà Eruvan , Meher
mot Rzabeg luy fitkonfidence
A
M 2
60 MERCURE
du ſervice quil avoit rendu à
Mademoiselle P. &le pria en
même temps de folliciter pour
luy la haute paye auprés du
premier Ministre du Sophi ,
lorſqu'il feroit arrivé à Hifpaham.
Michel luypromit tout,
& lorſqu'il fut arrivé dans la
Capitale de la Perſe ,il parla
en effet de luy au Vizir , com
me d'un homme d'eſprit &
de merite. La recommandation
de Michel luy valut la
place de * Kalenter', qui devint
alors vacante par la mort
de celuy qui l'occupoit. Cependant
Michel fu avec lesMin
* Maire.
GALANC. 61
niftres de Perfe un/ Traité
avantageux à laNation,& s'acquitta
avec honneur de fa commiſſion.
Le temps de fa Milfion
expiré , il retourna en Europe
par Erivan , où il trouva
Mehemet inſtallé dans la dignité
qu'il luy avoit procurée.
L'ingratMehemet feignit non
ſeulement de ne le pas reconnoître,
mais il le traita comme
un homme dont la prefence
l'importunoir. Cette horrible
ingratitude du Kalenter àl'endroit
d'un Chrêtien à qui il
devoit fa fortune , donna une
grande opinion de fon cou
62 MERCURE
rage aux Mutulmans , Perſon
nage au reſte dont il a à merveille
ſoûtenu le caractere en
France. :
Pluſieurs années aprés le
départ de Michel , une Eſcadre
Françoiſe commandée par M.
de Château-Moran porta en
Perſe la nouvelle de la grande
Journée de Marchiennes , où
M. le Maréchal de Villats remporta
une infigne victoire fur
nos Ennemis. Alors le fuccés
de nos armes nous faiſant des
amis même aux extrêmitez du
monde , nous attira des compliments
de pluſieurs Rois ſur
GALANT. 63.
lagloire de nos conquêtes.
Le Roy de Perſe voulut être
du nombre des congratulants.
Mais preffentant apparemment
qu'il étoit d'une extreme
importance pour le ſujet
fur qui tomberoit l'honneur
de fon choix, qu'on ignorarà
Conſtantinople qu'il envoïoit
un Ambaſladeur en France , il
ſe ſervit d'un Millionnaire ,
homme ayant du côté de l'efprit,
tous les talents neceſſaires
pour s'acquitter plus mal que
perſonne d'une grande commiffion
; il le fit charger de
ſes intentions& de ſes Lettres
64 MERCURE
par ſes Miniftres. Elles étoient
adreflees au Kan d'Erivan , &
portoient en ſubſtance que Sa
Hauteſſe 1 Empereur des Rois
& le grand Roy du monde ,
ayant deſlein d'envoyer un
Ambaſſadeur au trés grand
Empereur des François , il luy
étoit enjoint à luy Kan d'Armenie
, de choiſir entre tous
les Vaſſaux de ſon Gouvernement
,l'homme qu'il jugeroit
leplus digne deremplir cette
éclatante place , & de l'envoyer
le plus ſecretement qu'il
luy feroit poſſible , en France
avec les émeraudes pâles , les
perles
GALANT. 65
perles grifes , & les pots d'onguent
que le Miffionnaire luy
remettroit és mains. Le Kan
qui avoit perfecuté à outrance
tous les Marchands François
qui avoient paffé à Erivan ,
choiſit justement dans l'illuſtre
Mahomet Riza Beg un homme
qui ne les avoit pas mieux traité
que luy , il jetta les yeux fur
cet homme , non- feulement
en confideration de lahaine
qu'il luy sçavoit pour nous ;
mais parce qu'il lehaïffoit luy
même ,& qu'il préſumoit fur
quelques apparences ,que cette
commiffionl'éloigneroit peut-
Decembre 1715 . F
66 MERCURE
/
eftre pour toujours. Le Miffionnaire
voyant ce choix du
Kan ne pût s'empêcher de
lever les yeux au Ciel & de
ſe recrier ſur les qualitez du
perſonnage qu'on nous deſti
noit. Sondépit en fut même
fi grand , que quoyqu'il n'cut
que médiocrement d'efprit ,
il écrivit fur la muraille de la
maiſon oùil logeoit à Erivan ,
&dans tous les caravanfarais
de laGeorgie , de laMingrelie,
& de la Mer noire par où il
paffa en revenant en Europe.
Un teljourMhemet Riza Beg,
Kalenter d'Erivan,a esté nommé
CALANT. 67
:
Ambassadeurde l'Empereur de
Perſe, auprés de l'Empereur de
France.
L
Le bruit de cette Election
fe répandit bien toſt ſur la
route que devoit tenir l'Ambaffadeur
luy même. Les
Turcs ne tarderent pas à en
eſtre informez : & ce fut cette
malice dont le ſuccés ne nous
pouvoit eftre qu'avantageux ,
qui ſuſcita à Mehemet Riza
Beg toutes les traverſes qu'il
cut à efſſuyer àKaars , à Erzerom
, à Smyrne , à Conſtantinople
, & à Alexandrette , jufqu'au
moment que Paderi le
Fij
68 MERCURE
reçût dans la Barque du Capitaine
de Cuges. Mais ces perils
font amplement circonftanciez
dans le Journal qui a
paru de l'Hiſtoire de cet Ambaffadeur
, & il eſt trés inutile
de repeter ici aucune de ces
Avantures Il eſt ſeulement à
propos, pour donner une juſte
idée du génie de ce rare Perfonnage,
de dire deux mots de ce
qui luy arriva à Smyrne ; mais
pouvant, comme de raiſon ,
n'en eſtre pas crû fur ma parole
, je prie le Lecteur de me
permettre d'emprunter icy le
témoignage ſuffifant de M. de
GALANT. 69
L
Fontenu , Conſul de la Nation
Françoiſe à Smyrne. Voicy
mot pour mot la copie de
deux lettres de ſa main.
Extrait d'une Lettre de
Smyrne , 12. Juin 1715.
al
Vous avezraison , Monfieur,
d'eſtre ſurpris que l'Ambassadeur
de Perſe ayant fait un affezlong
Séjour à Smyrne , il ne ſe foit
pas embarquésur leVaisseau que
j'avois fait preparer pour porter
fes Prefents en France, avec une
partie defon équipage ; il n'a tenu
qu'à luy de le faire , je luy en
MERCURE
avois donne toutes les facilitez
imaginables ; mais c'est un esprit
fi bizarre&fifantaſsque , qu'il
ne m'a pas esté poſſible de vaincre
les difficultez chimeriques qu'il
P'étoit formées . M. de Saint
Olon pourra vous apprendre quelle
forte de caract re d'homme se peut
eftre. Je n'en connois
pareille trempe ; ainfi
s'en prendre qu'à luy feui de tous
les math urs qui luy font arrivez
en Turquie , depuis qu'ilaquitié
Smyrne contre mon avis.
aucun de
il ne doit
1 i
GALANT
Extrait d'une autre Lettre de
Smyrnedu 25 Jailler }
Vous m'apprennez, Monfieur,
que l'Ambassadeur de Perfe se
plaint de moy, la grandtori , ilde
vroit bienpluſtoſt s'en leür,ily
auroit bien de l'injustice dans fon
fait; de me rendre refponfable,tant
deses indifcretionsſurſa route en
Turquie, que pendant leféjour qu'-
itafait ààSSmmyrne, où il ne m'a
pas étépoffibledefurmonterfes dif
ficultez, quelquesfaciles quefuffiniles
moyensque je luy ay propofezpourfon
embarquement. Le
72 MERCURE
fait eft, que j'avois hors du Chateau
un Vaisseau tout preft, dont
le Capitaine homme de bonnevolonté
& d'expedients , ſecondoit
parfaitement mes vûës , pour les
temps , les lieux &la fireté du
paßage. Ce que j'ay fait pour le
bagage, les lettres de créance, les
Priſents , & quelques perfonnes
de la fuite de l'Ambassadeur,jus.
tifie aß zqu'il n'a tenu qu'à luy
de profiter des juſtes mesures que
j'avois priſes, &que ſes irrefor
lutions mal fondées ont rinduës
inutiles , à fon égard ſeulement.
Il ne doit donc s'en prendre qu'à
luy- même des traverſesfâcheuſes
dont
GALANT 73
dont cette fauffe & premiere dé
marche a estéſuivie. Le Capitaine
Marcel qui est trés connu
àToulon est témoin du procedé bi
zarre de cet Ambaſſadeur.
Cette lecture fuffit pour juftifier
tous les bruits qui ont
couru ſur le compte de cer
Ambaſſadeur , & pour condamner
tous les éloges que je
luy ay donnez moy même ;
mais on n'a point de reproche
à faire la deffus à un Auteur
qui travaille aujourd'huy
(comme bien d'autres ) plus
fans contredit pour ſon intereft
, que pour ſa gloire. D'ail-
Decembre 1715 . G
74 MERCURE
leurs le bon plaifir de mes fu
perieurs me preſcrivoit alors
d'en dire quatre fois plus de
bien que je n'en ſavois,
Fermer
3685
p. 74-90
CHAPITRE III. Comment Mehemet Riza Beg arriva à Marseille, & ses beaux dits & gestes en cette Ville.
Début :
Or est il que Mehemet Riza Beg arriva à Marseille, aprés [...]
Mots clefs :
Mehmet Riza Beg, Marseille, Ville, Dame, Maison, Temps, Ambassadeur, Tête
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CHAPITRE III. Comment Mehemet Riza Beg arriva à Marseille, & ses beaux dits & gestes en cette Ville.
CHAPITRE III
Comment Mehemet Riza Beg
arriva à Marseille, fes
beaux dits & geftes en cette
Ville.
00 2102
Or eſt il que Mehemet Riza
Begarriva à Marſeille, aprés
avoir cû grandement pour fur
la Mer , & y avoir fait enrager
pendant toutes la traverGALANT.
75
fée , Padery & le Capitaine de
Cujes. Dés qu'il fut entre le
Chaſteau d'If& la Ville àune
demie lieuë du Port , on envoya
le Chaloupe à terre , an
noncer l'arrivée de Son Excel.
lence , qui s'impatientoit depuis
longtemps du ſéjour qu'
elle faisoit dans ſa Barque.
Mais comme l'uſage eſt defaire
faire quarantaine àtous les
baſtimens qui reviennent du
Levant , de crainte que ces
mauditsLevantins n'apportene
la peſte en France , il eût tout
le loiſir de s'impatienter encore.
On luy fit cependant
Gij
76 MERCURE
grace de quelques jours , mais
avant ſon débarquement ,A
goubheanhonnête homme&
riche Marchand Armenien ,
qui eſt encore icy pour les
affaires du Commerce ,& qui
étoit arrivé à Marseille, deux
mois avant luy , par le moyen
du Navire dans lequel M. de
Fontenu luy avoit procuré fon
embarquement àSmyrne , fut
à bord de fon bateau pour
luy rendre une viſite ; à la vûë
Mehemet ſe courrouça , &
entra dans une ſi grande fureur
, parce qu'il avoit eu le
bonheur d'arriver plutôt que
GALANT. 77
lu'y, qu'ilvoulut ſur le champ
luy couper la tête. Pluſieurs
Matēlots François qui ſejetterent
ſurluy , luy firent rengatner
ſon cimeterre ; mais il jura
par Mahomet qu'il ne porteroit
pas ſa tête bien loin. Cependant
l'eſperance qu'on lui
donna de le faire bien-tôt coucher
à la Ville , & quelques
pieces d'étoffe &d'argentl'appaiferent......
A la fin on le débarqua
avec tout ſon monde. Ce fut
alors que parut avec éclat la
magnificencede ſon équipage.
Deux gros paquets de vieux
Giij
78 MERCURE
haillons liez avec des cordes ,
& gras comme des bonnets
d'eſclaves , enchaſſez dans des
tapis de Perſe ſemblables à de
vieilles couvertures de mulet ,
compofoient ſachambre , fon
lit & la toilette. Chacun de
ſes domeſtiques portoit fon
bagage ſur ſon épaule , avec
quelques uſtancils de la cuiſine
de I Ambaſſadeur, dont la feule
pipe étoit portée avec refpoet
, comme en triomphe ,au
milieu de ce pompeux cortege.
Voicy l'ordre de ſa marche.
Des qu'il fut hors de la
Chaloupe , il trouva le long
GALANT. 79
du Port du côté où ſont les
Galeres,unevingtaine deChe.
vaux pourluy& pour ſes gens.
Ilmonta fur celuy qui luy fut
preſenté ,& au milieu de ſes
-ferviteurs conduit par le ſieur
-Defmarais , Lieutenant de la
Maréchauffée de Marseille il
arriva à la Maiſon de M de
-Cartigny , Tuivi d'une foule
depetitsenfans qui ne cefferent
de crier aprés luy, il a ch... au
lit. Il demanda à ſon Interaprete
de que fignifioient ſes
acclamations , l'officicux Paderi
qui rempliſſoit dignement
cette charge ,Huyorépondit ,
Giiij
80 MERCURE
que le Peuple parces, eris ,le
combloit de loüanges & de
benedictions. La joyes'empara
de fon ame , & un mouvement
de generoſué ſuccedant
àla joye, il fit jester à cettepopulace
qui estoit aſſemblée autour
de fa maiſon , pluſieurs
pieces de menuë monnoye
qu'il emprunta. Paderi qui depuis
a grapillé ſur tout , commença
à grapiller fur cette
hboralité. R
25) MarAtnou, Intendant des
Galeres, de Marfeille que la
Cour avoit changé de luy faire
tousles bons traitemens ima
GALANT. 81
ginables , le combla d'honneurs&
del preſents ,qu'il re-
-ceut comme une detre. Illexagera
d'abord àl'infini les droits
&la dépenſe des Ambaſfadeurs
de fon païs chez les autres
Nations du monde , il parla
d'un fimple Perfan comme
d'un demi Dicuà nôtre égard,
&de fonMaître à praportion,
ils'étonna qu'on n'eût pas en-
-voyé une Armée pour le recevoir
ſur la frontiere de noſtre
Empite yib murmura de nos
façonsille plaignit) della
mediocrité de fa dépenſe dont
il exigea da valeur en eſpecès
182 MERCURE
P
fonnantes , enfin il menaça de
s'enretourner en Perfe , ſa on
-ne luy donnoit pas des équipages
proportionnez à la magnificence
de ſes idées. Acette
amenace , M. Ainouluy dit
qu'il étoit le maître , & qu'il
avoit à ſon ſervice unVaiſſeau
tout prêt à mettre à la voile.
Cette maniere de décider luy
déplût , & il en auroit temoigné
fon refentiment à M.Arnou
fi les charmes de ſon épouafe
n'avoient pasofarvi d'obſti
èle à ſa colere. Un feulregard
des yeux de Madame Arnou
2(qui eſtune des plus gracicut
GALANC. 83
ſes femmes de France ,) fuffit
pour appaiſer ſon courroux. Il
luy fit de trés - jolis compliments
, & luy promit l'honneur
de ſa protection auprés
du Roy. La Dame receut ſes
offres de ſervice avec de grandes
démonttrations de reconnoiſſance&
de joyc.
Sur ces entrefaites Mi de
S. Olon arriva à Marseille ,
chargé d'amples commiffions
de laCour ſur tout ce qui concernoit
le ceremonial & le dé
tail de la maiſon de ſon Excellence
, à qui il avoir , en partantde
Paris , pris la peine d'é
84 MERCURE
crire une tres-belle & tresobligeante
Lettre , qui avoit
été receuë à peu prés , comme
il le fut luy même ; mais ces
minuties ne font qu'allonger
cette Hiſtoire , dont le Lecteur
s'impatiente déja de lire
les merveilleux & valeureux
évenements.
Lot.Decembre , treiziéme
jour de ſon arrivée àMar
feille , on le meria à l'Opera , où
(comme je l'ay dit dans mon
Journal , ) on luy avoit prepare
au milieu de l' Amphitheatre une
place pour luyſeul ,avecdes couf
fins un matelas couverts d'un
GALANT
riche tapis . M. de S. Olon étoit
affis à côté de luy sur un banc,
Paderi Dipiſes Interpretes
affis de l'autre , pour luy exp
quer de temps en temps quelques
endroits de l'Opera d'Amadis de
Grece , qu'on representoit alors.
Pendant tout le temps que dura
ce ſpectacle , il fuma à fon ordinaire.
Il prit du Thé &du Caffé,
&en envoyaà Madame l'Inten
dante & aux Dames qui étoient
dansſa loge ; il dit qu'ilavoit été
Surpris de la beautédu ſpectacle,
des danſes, de la musique ,
qu'il étoit charmé de tout ce qu'il
venoit de voir ; mais il ne ſe
1
86 MERCURE
vanta pas le même jour de la
vive atteinte de tendreſſe que
venoient de porter à fon coeur
les doux attraits deMeſdemoiſelles
Catin & Cato : ces deux
incomparables filles avoient fi
biendanſé,& fait àl'envil'une
de l'autre , de ſi jolies mines à
ſa fantaiſie , que l'infidele Mehemet
extafie de leurs gamba
des , en oublia les beaux yeux ,
qui dans cetteVille avoient été
ſes premiers vainqueurs ; en
quoy il fit tres ſagement. Il
raiſonna fort bien ſans doute
alors , & il n'y a dans cet endroit
de ſon Hiſtoire , certai-
८
GALANT. 87
•
nement pas licu d'en douter.
Voicy autant qu'il peutm'en
ſouvenir , à peu prés le raiſonnement
qu'il ſe fit. La premiere
Dame qui m'a plû icy , est une
Dame diftinguée par fon rang ,
comme par sa beauté ,&plus
verineuse encore qu'elle n'a de
graces de dignité, tant pis pour
elle. Que m'importe à moy d'aimer
une bonneste femme ?jiray
me caffer la tête contre un rocher
&jeperdray mon temps ,mapei
ne & mes pas . Voila ,parMa
homet , un joly Perſonnage pour
un Ambaſſateur d'un si grand
Empereur. Non non il nefera pas
88 MERCURE
L
dit quejefois venu de filoin , que
j'aye couru tant deperils , &que
je l'aye tanı defois échapéfibelle,
pour m' attacher à une cruelle affez
ennemie d'elle-même pour dédaigner
lesfaveurs inestimables dont
voudroit l'honorer un Musulman
tel que moy. Venez charmantes
Baladines que je viens de
voir danſer le cotillon defi bonne
grace,vous avez vous- même
trouvé grace devant ma face.Jay
encore dans ma valise quelques
vieilles peaux de Renard échapées
à l'avarice des Turcs زا dontje
prétends que vous vous faffiez
des bonnetsſuperbes , pour en orner
GALANT. 89
ner deformais vôtre chef. Cette
belle réſolution prife , il fit appeller
cceess Demoiſelles ,&leur
donna à chacune le preſent ſi
bien medité : il accompagna
cette galanterie de quelques
-careſſes qui mirent tellement
le coeur au ventre de ces deux
pauvres filles , qu'elles briguerent
avec ſuccés la conqueſte
du fien.
Une melancolie tendre , &
l'amour de la retraite ſont
ordinairement les premiers
effets d'une grande paffion.
Ondevient trifte , morne , tout
ennuye hors l'objet aimé, com-
Decembre 1715. H
4
१० MERCURE
me il avint à noſtre Ambaſfadeur
, il ſe ſequeſtra du monde
, il ſe fit apporter ſon caffé ,
ſa pipe & fa gamele dans l'endroitle
plus fecret de fa maifon,
il s'y enferma , & les palmes
de l'amour firent dans cet
appartement de fon Palais ,
les délices de ſon ſéjour.
Comment Mehemet Riza Beg
arriva à Marseille, fes
beaux dits & geftes en cette
Ville.
00 2102
Or eſt il que Mehemet Riza
Begarriva à Marſeille, aprés
avoir cû grandement pour fur
la Mer , & y avoir fait enrager
pendant toutes la traverGALANT.
75
fée , Padery & le Capitaine de
Cujes. Dés qu'il fut entre le
Chaſteau d'If& la Ville àune
demie lieuë du Port , on envoya
le Chaloupe à terre , an
noncer l'arrivée de Son Excel.
lence , qui s'impatientoit depuis
longtemps du ſéjour qu'
elle faisoit dans ſa Barque.
Mais comme l'uſage eſt defaire
faire quarantaine àtous les
baſtimens qui reviennent du
Levant , de crainte que ces
mauditsLevantins n'apportene
la peſte en France , il eût tout
le loiſir de s'impatienter encore.
On luy fit cependant
Gij
76 MERCURE
grace de quelques jours , mais
avant ſon débarquement ,A
goubheanhonnête homme&
riche Marchand Armenien ,
qui eſt encore icy pour les
affaires du Commerce ,& qui
étoit arrivé à Marseille, deux
mois avant luy , par le moyen
du Navire dans lequel M. de
Fontenu luy avoit procuré fon
embarquement àSmyrne , fut
à bord de fon bateau pour
luy rendre une viſite ; à la vûë
Mehemet ſe courrouça , &
entra dans une ſi grande fureur
, parce qu'il avoit eu le
bonheur d'arriver plutôt que
GALANT. 77
lu'y, qu'ilvoulut ſur le champ
luy couper la tête. Pluſieurs
Matēlots François qui ſejetterent
ſurluy , luy firent rengatner
ſon cimeterre ; mais il jura
par Mahomet qu'il ne porteroit
pas ſa tête bien loin. Cependant
l'eſperance qu'on lui
donna de le faire bien-tôt coucher
à la Ville , & quelques
pieces d'étoffe &d'argentl'appaiferent......
A la fin on le débarqua
avec tout ſon monde. Ce fut
alors que parut avec éclat la
magnificencede ſon équipage.
Deux gros paquets de vieux
Giij
78 MERCURE
haillons liez avec des cordes ,
& gras comme des bonnets
d'eſclaves , enchaſſez dans des
tapis de Perſe ſemblables à de
vieilles couvertures de mulet ,
compofoient ſachambre , fon
lit & la toilette. Chacun de
ſes domeſtiques portoit fon
bagage ſur ſon épaule , avec
quelques uſtancils de la cuiſine
de I Ambaſſadeur, dont la feule
pipe étoit portée avec refpoet
, comme en triomphe ,au
milieu de ce pompeux cortege.
Voicy l'ordre de ſa marche.
Des qu'il fut hors de la
Chaloupe , il trouva le long
GALANT. 79
du Port du côté où ſont les
Galeres,unevingtaine deChe.
vaux pourluy& pour ſes gens.
Ilmonta fur celuy qui luy fut
preſenté ,& au milieu de ſes
-ferviteurs conduit par le ſieur
-Defmarais , Lieutenant de la
Maréchauffée de Marseille il
arriva à la Maiſon de M de
-Cartigny , Tuivi d'une foule
depetitsenfans qui ne cefferent
de crier aprés luy, il a ch... au
lit. Il demanda à ſon Interaprete
de que fignifioient ſes
acclamations , l'officicux Paderi
qui rempliſſoit dignement
cette charge ,Huyorépondit ,
Giiij
80 MERCURE
que le Peuple parces, eris ,le
combloit de loüanges & de
benedictions. La joyes'empara
de fon ame , & un mouvement
de generoſué ſuccedant
àla joye, il fit jester à cettepopulace
qui estoit aſſemblée autour
de fa maiſon , pluſieurs
pieces de menuë monnoye
qu'il emprunta. Paderi qui depuis
a grapillé ſur tout , commença
à grapiller fur cette
hboralité. R
25) MarAtnou, Intendant des
Galeres, de Marfeille que la
Cour avoit changé de luy faire
tousles bons traitemens ima
GALANT. 81
ginables , le combla d'honneurs&
del preſents ,qu'il re-
-ceut comme une detre. Illexagera
d'abord àl'infini les droits
&la dépenſe des Ambaſfadeurs
de fon païs chez les autres
Nations du monde , il parla
d'un fimple Perfan comme
d'un demi Dicuà nôtre égard,
&de fonMaître à praportion,
ils'étonna qu'on n'eût pas en-
-voyé une Armée pour le recevoir
ſur la frontiere de noſtre
Empite yib murmura de nos
façonsille plaignit) della
mediocrité de fa dépenſe dont
il exigea da valeur en eſpecès
182 MERCURE
P
fonnantes , enfin il menaça de
s'enretourner en Perfe , ſa on
-ne luy donnoit pas des équipages
proportionnez à la magnificence
de ſes idées. Acette
amenace , M. Ainouluy dit
qu'il étoit le maître , & qu'il
avoit à ſon ſervice unVaiſſeau
tout prêt à mettre à la voile.
Cette maniere de décider luy
déplût , & il en auroit temoigné
fon refentiment à M.Arnou
fi les charmes de ſon épouafe
n'avoient pasofarvi d'obſti
èle à ſa colere. Un feulregard
des yeux de Madame Arnou
2(qui eſtune des plus gracicut
GALANC. 83
ſes femmes de France ,) fuffit
pour appaiſer ſon courroux. Il
luy fit de trés - jolis compliments
, & luy promit l'honneur
de ſa protection auprés
du Roy. La Dame receut ſes
offres de ſervice avec de grandes
démonttrations de reconnoiſſance&
de joyc.
Sur ces entrefaites Mi de
S. Olon arriva à Marseille ,
chargé d'amples commiffions
de laCour ſur tout ce qui concernoit
le ceremonial & le dé
tail de la maiſon de ſon Excellence
, à qui il avoir , en partantde
Paris , pris la peine d'é
84 MERCURE
crire une tres-belle & tresobligeante
Lettre , qui avoit
été receuë à peu prés , comme
il le fut luy même ; mais ces
minuties ne font qu'allonger
cette Hiſtoire , dont le Lecteur
s'impatiente déja de lire
les merveilleux & valeureux
évenements.
Lot.Decembre , treiziéme
jour de ſon arrivée àMar
feille , on le meria à l'Opera , où
(comme je l'ay dit dans mon
Journal , ) on luy avoit prepare
au milieu de l' Amphitheatre une
place pour luyſeul ,avecdes couf
fins un matelas couverts d'un
GALANT
riche tapis . M. de S. Olon étoit
affis à côté de luy sur un banc,
Paderi Dipiſes Interpretes
affis de l'autre , pour luy exp
quer de temps en temps quelques
endroits de l'Opera d'Amadis de
Grece , qu'on representoit alors.
Pendant tout le temps que dura
ce ſpectacle , il fuma à fon ordinaire.
Il prit du Thé &du Caffé,
&en envoyaà Madame l'Inten
dante & aux Dames qui étoient
dansſa loge ; il dit qu'ilavoit été
Surpris de la beautédu ſpectacle,
des danſes, de la musique ,
qu'il étoit charmé de tout ce qu'il
venoit de voir ; mais il ne ſe
1
86 MERCURE
vanta pas le même jour de la
vive atteinte de tendreſſe que
venoient de porter à fon coeur
les doux attraits deMeſdemoiſelles
Catin & Cato : ces deux
incomparables filles avoient fi
biendanſé,& fait àl'envil'une
de l'autre , de ſi jolies mines à
ſa fantaiſie , que l'infidele Mehemet
extafie de leurs gamba
des , en oublia les beaux yeux ,
qui dans cetteVille avoient été
ſes premiers vainqueurs ; en
quoy il fit tres ſagement. Il
raiſonna fort bien ſans doute
alors , & il n'y a dans cet endroit
de ſon Hiſtoire , certai-
८
GALANT. 87
•
nement pas licu d'en douter.
Voicy autant qu'il peutm'en
ſouvenir , à peu prés le raiſonnement
qu'il ſe fit. La premiere
Dame qui m'a plû icy , est une
Dame diftinguée par fon rang ,
comme par sa beauté ,&plus
verineuse encore qu'elle n'a de
graces de dignité, tant pis pour
elle. Que m'importe à moy d'aimer
une bonneste femme ?jiray
me caffer la tête contre un rocher
&jeperdray mon temps ,mapei
ne & mes pas . Voila ,parMa
homet , un joly Perſonnage pour
un Ambaſſateur d'un si grand
Empereur. Non non il nefera pas
88 MERCURE
L
dit quejefois venu de filoin , que
j'aye couru tant deperils , &que
je l'aye tanı defois échapéfibelle,
pour m' attacher à une cruelle affez
ennemie d'elle-même pour dédaigner
lesfaveurs inestimables dont
voudroit l'honorer un Musulman
tel que moy. Venez charmantes
Baladines que je viens de
voir danſer le cotillon defi bonne
grace,vous avez vous- même
trouvé grace devant ma face.Jay
encore dans ma valise quelques
vieilles peaux de Renard échapées
à l'avarice des Turcs زا dontje
prétends que vous vous faffiez
des bonnetsſuperbes , pour en orner
GALANT. 89
ner deformais vôtre chef. Cette
belle réſolution prife , il fit appeller
cceess Demoiſelles ,&leur
donna à chacune le preſent ſi
bien medité : il accompagna
cette galanterie de quelques
-careſſes qui mirent tellement
le coeur au ventre de ces deux
pauvres filles , qu'elles briguerent
avec ſuccés la conqueſte
du fien.
Une melancolie tendre , &
l'amour de la retraite ſont
ordinairement les premiers
effets d'une grande paffion.
Ondevient trifte , morne , tout
ennuye hors l'objet aimé, com-
Decembre 1715. H
4
१० MERCURE
me il avint à noſtre Ambaſfadeur
, il ſe ſequeſtra du monde
, il ſe fit apporter ſon caffé ,
ſa pipe & fa gamele dans l'endroitle
plus fecret de fa maifon,
il s'y enferma , & les palmes
de l'amour firent dans cet
appartement de fon Palais ,
les délices de ſon ſéjour.
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3686
p. 91-99
CHAPITRE IV. Suite du Chapitre precedent, & comment Mehemet pourfendit un Cochon d'un seul coup de son cimeterre.
Début :
Rien au monde n'est plus charmant que les dehors de la [...]
Mots clefs :
Mehmet Riza Beg, Bélier, Cochon, Village, Ville, Cimeterre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CHAPITRE IV. Suite du Chapitre precedent, & comment Mehemet pourfendit un Cochon d'un seul coup de son cimeterre.
CHAPITRE IV.
Suite du Chapitre precedent ,&
comment Mehemet pourfendit
un Cochon d'un feul coup de
fon cimeterre.
Rien au monde n'eſt plus
charmant que les dehors de la
Villede Mar ſeille , & chacun
depuis le premier juſqu'audernier
de fes habitans a fa baſtide
, autrement dit unemaiſon
de campagne , où les Dimanches&
les Feftes tour le peuple
va ſe recréer,comme nos Bour.
Hij
92 MERCURE
geois aux guinguettes de Paris.
Mehemet ſe promenant
un jour du coſté du * Mazargue
, au milieu de tous les gens
le coeur navré de douleur d'avoir
appris que fa chere Cato
venoit de luy faire une infidelité,
eſſaya , avec l'aide des pro.
pos joyeux que luy tenoit Paderi,
de hoyer promptement
fon chagrin dansles agrémens
d'one intrigue nouvelle : & le
même jour une jolie payſane
de vangea de la perfidie
ingrate danſenſe. Quq réfultat-
il de cette avanture ? le voicy;
de fon
Village aux environs de Marſeille.
GALANT. 93
on
on prétend,maintenant que le
temps& la curiofité nous ont
dévoilé tous ces myſteres, que
la Payſane étoit une des plus
dégourdies filles deMarseille,
(Ville où les filles ne font
afleurement pas ſettes
ajoûte que l'eſpoir d'attraper
quelques piltoles de Son Excellence,
tous le bon plaifir de
Paderi, luy fir entreprendre ce
gracieux déguisement , qui
cût un figrand fuccés pour fa
réputation , que longtemps
aprés , lebrun courut à Lyon
&à Paris que l'Ambaladeur
avoit emporté de Marseille
1
1
94 MERCURE
un douloureux gage des inci--
dents de cette galanterie; mais
nenous écartons pas , s'il vous
plaît, du Village de Mazargue
dont cette digreffion nous a
tiré.
no C'eſt icy que le lecteur est
obligé d'admirer la haute vail
lance de Mahomet. Les Gabes
des douze Peling heureusement
mis à fin dans le châtel duRoy
Hugon à l'exception de celuy
d'Olivier avec la fille du bon Sire,
parfontque forfanteries en
comparaton de ce merveilleur
geften & one preux Chevalier
ne fit un ſi braye mechief , en
GALANT. 95
un mot , ce que l'on va lire ,
n'eſt pas un conte , & c'eſt
dans la peinture exacte de ces
1
rares exploits , que ſe dévelopent
avecgloire les talens éloquens
d'un hiſtorien fidele.
Imaginez- vous donc voir à
prefent ? Mehemet fur fon
ſeant , au milieu d'une place
où l'on bat du bled , ſa pipe à
la bouche , environné d'un
côté ,deſes Pages , Elclaves ,
&autres quidans , & de front
ocoupé agréablement de la mûë
d'un grand nombre de jeunes
Senbelles filles ,que fon ordre
abfolui fait impitoyablement
dinfer au fon des muſettes &
96 MERCURE
des tabourins , jutqu'à cequ'elles
,& les inftrumens qui les
animent , en tombent ſur les
dents.
Maintenant voyez lemonter
legerement ſur un fuperbe
courfier fare des ſauts,des
voltes caracoller ,& courir
dans une carriere raboteufe ,
aſqu'àce qu'un maudit trone
d'Olivier mal déraciné, culbut
telecheval & Ebuyer parter
re. Admitezate enfin s'égofil-
Jant d'appellertous fes domef
riques pour l'aider àferelever,
&leur dommander preſquic
dans le même moments d'af.
golfombler
GALANT. 97
fembler tous les ſpectateurs ,
gens de Ville , de Village &
autres , autour de ſaperſonne,
pour montrer le beau tour que
je vais vous conter. Brt
Il ſe fit apporter un gros
belier qui paiffoit aux environs
du lieu où il étoit , ſans fonger
ſeulement qu'il y cut un
Ambaſſadeur de Perſeau monde,
il fit lier les quatre jambes
de ce pauvre animal , qu'il ordonna
à un de ſes favoris de
foulever par l'extrêmité des
pieds à une hauteur raiſonnable:
puis aprés une courto
priere , adreſſée à je ne ſçai
Decembre 1715 . I
2
98 MERCURE
quel Saint de fon Pays , il tira
fon redoutable,Cimeterre , &
d'un ſeul revers bien aſſené , il
coupa les quatre jambes de ce
miferable belier . On a pas de
peine à comprendre coinbien
il reçût d'éloges fur ce prodi.
gieux fait d'armes. Il en fut
tellement enyvré , qu'à quatre
pas de là , un monstrueux co.
chon en paya la folle enchere.
Animé outre meſuredu ſuccés
dont la fortune venoitde couronner
ſa valeur , par la défaite
du belier , il tomba fur le cochon
,& d'un ſeul coupdeCi
meterre il le pourfendit en
DE
さない
7. GALANT
deux parts. Il remonta auli
toſt à cheval , d'un ait dodat
gneux , & prit , commefide rien
n'eût eſté,le chemin de la Ville,
aprés avoir néanmoins payé &
abandonné au pillage de fi
précicuſes dépoilles.
JJee ffeerrooiis de cette journée,
douze tableaux parcils à celuy
cy , fi je n'avois pas peur
qu'on les prit pour le bouclier
d'Achille.
Suite du Chapitre precedent ,&
comment Mehemet pourfendit
un Cochon d'un feul coup de
fon cimeterre.
Rien au monde n'eſt plus
charmant que les dehors de la
Villede Mar ſeille , & chacun
depuis le premier juſqu'audernier
de fes habitans a fa baſtide
, autrement dit unemaiſon
de campagne , où les Dimanches&
les Feftes tour le peuple
va ſe recréer,comme nos Bour.
Hij
92 MERCURE
geois aux guinguettes de Paris.
Mehemet ſe promenant
un jour du coſté du * Mazargue
, au milieu de tous les gens
le coeur navré de douleur d'avoir
appris que fa chere Cato
venoit de luy faire une infidelité,
eſſaya , avec l'aide des pro.
pos joyeux que luy tenoit Paderi,
de hoyer promptement
fon chagrin dansles agrémens
d'one intrigue nouvelle : & le
même jour une jolie payſane
de vangea de la perfidie
ingrate danſenſe. Quq réfultat-
il de cette avanture ? le voicy;
de fon
Village aux environs de Marſeille.
GALANT. 93
on
on prétend,maintenant que le
temps& la curiofité nous ont
dévoilé tous ces myſteres, que
la Payſane étoit une des plus
dégourdies filles deMarseille,
(Ville où les filles ne font
afleurement pas ſettes
ajoûte que l'eſpoir d'attraper
quelques piltoles de Son Excellence,
tous le bon plaifir de
Paderi, luy fir entreprendre ce
gracieux déguisement , qui
cût un figrand fuccés pour fa
réputation , que longtemps
aprés , lebrun courut à Lyon
&à Paris que l'Ambaladeur
avoit emporté de Marseille
1
1
94 MERCURE
un douloureux gage des inci--
dents de cette galanterie; mais
nenous écartons pas , s'il vous
plaît, du Village de Mazargue
dont cette digreffion nous a
tiré.
no C'eſt icy que le lecteur est
obligé d'admirer la haute vail
lance de Mahomet. Les Gabes
des douze Peling heureusement
mis à fin dans le châtel duRoy
Hugon à l'exception de celuy
d'Olivier avec la fille du bon Sire,
parfontque forfanteries en
comparaton de ce merveilleur
geften & one preux Chevalier
ne fit un ſi braye mechief , en
GALANT. 95
un mot , ce que l'on va lire ,
n'eſt pas un conte , & c'eſt
dans la peinture exacte de ces
1
rares exploits , que ſe dévelopent
avecgloire les talens éloquens
d'un hiſtorien fidele.
Imaginez- vous donc voir à
prefent ? Mehemet fur fon
ſeant , au milieu d'une place
où l'on bat du bled , ſa pipe à
la bouche , environné d'un
côté ,deſes Pages , Elclaves ,
&autres quidans , & de front
ocoupé agréablement de la mûë
d'un grand nombre de jeunes
Senbelles filles ,que fon ordre
abfolui fait impitoyablement
dinfer au fon des muſettes &
96 MERCURE
des tabourins , jutqu'à cequ'elles
,& les inftrumens qui les
animent , en tombent ſur les
dents.
Maintenant voyez lemonter
legerement ſur un fuperbe
courfier fare des ſauts,des
voltes caracoller ,& courir
dans une carriere raboteufe ,
aſqu'àce qu'un maudit trone
d'Olivier mal déraciné, culbut
telecheval & Ebuyer parter
re. Admitezate enfin s'égofil-
Jant d'appellertous fes domef
riques pour l'aider àferelever,
&leur dommander preſquic
dans le même moments d'af.
golfombler
GALANT. 97
fembler tous les ſpectateurs ,
gens de Ville , de Village &
autres , autour de ſaperſonne,
pour montrer le beau tour que
je vais vous conter. Brt
Il ſe fit apporter un gros
belier qui paiffoit aux environs
du lieu où il étoit , ſans fonger
ſeulement qu'il y cut un
Ambaſſadeur de Perſeau monde,
il fit lier les quatre jambes
de ce pauvre animal , qu'il ordonna
à un de ſes favoris de
foulever par l'extrêmité des
pieds à une hauteur raiſonnable:
puis aprés une courto
priere , adreſſée à je ne ſçai
Decembre 1715 . I
2
98 MERCURE
quel Saint de fon Pays , il tira
fon redoutable,Cimeterre , &
d'un ſeul revers bien aſſené , il
coupa les quatre jambes de ce
miferable belier . On a pas de
peine à comprendre coinbien
il reçût d'éloges fur ce prodi.
gieux fait d'armes. Il en fut
tellement enyvré , qu'à quatre
pas de là , un monstrueux co.
chon en paya la folle enchere.
Animé outre meſuredu ſuccés
dont la fortune venoitde couronner
ſa valeur , par la défaite
du belier , il tomba fur le cochon
,& d'un ſeul coupdeCi
meterre il le pourfendit en
DE
さない
7. GALANT
deux parts. Il remonta auli
toſt à cheval , d'un ait dodat
gneux , & prit , commefide rien
n'eût eſté,le chemin de la Ville,
aprés avoir néanmoins payé &
abandonné au pillage de fi
précicuſes dépoilles.
JJee ffeerrooiis de cette journée,
douze tableaux parcils à celuy
cy , fi je n'avois pas peur
qu'on les prit pour le bouclier
d'Achille.
Fermer
3687
p. 100-113
CHAPITRE V. Suite du Chapitre precedent, & de quantité d'autres belles choses que fit & dit Mehemet, jusqu'au jour qu'il sortit de Marseille.
Début :
Si tout ce qu'il y a d'écrivains négligents, semez comme [...]
Mots clefs :
Mehmet Riza Beg, Monde, Maître, Marseille, Empereur d'Orient, Roi de France
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CHAPITRE V. Suite du Chapitre precedent, & de quantité d'autres belles choses que fit & dit Mehemet, jusqu'au jour qu'il sortit de Marseille.
CHAPITRE V.
t
Suite du Chapitre precedent ,
de quantité d'autres belles cho-
1. fes que fit & dit Mibemet,
jusqu'au jour qu'il fortit de
Marseille.
-30
जी
Si tout ce qu'il y a d'écrivains
négligents , ſemez.comme
vermine dans tous les Etats
du monde , imitoient mon
exactitude à conter juſqu'aux
moindres circonstances des
évenemens que j'expoſe aux
yeux du Public , l'excés du tra
GALANT. 101
vail les dégoûteroit , & nous
affranchiroit bien-toſt de l'en
nuy que nous cauſe leurs miferables
écrits. Pour moy qui
ne veux rien laiffer à defirer
au Lecteur,jeiluy apprends que
Mehemet de retour à la Ville,
aprés avoir coupé les jambes
du belier , & tué lon cochon ,
alla chez Midame l'Intendante
, où il trouvaluurn grand
nombre de belles Dames af
ſemblées,quiil ſedéchauſſa en
leur prefence,& fe careffa avec
ſes mains les doigts &la plante
des pieds . Ce tableau n'eſt pas
beau; mais ce n'eſt pas ma
Getableau
Iiij
102 MERCURE
faute,il eft indiſpentablement
attaché à la verité de cette
Hiſtoire. En même temps il
leur fit comprendre par grimace
& par Interprete , qu'il
venoit de faire les deux plus
beaux coups du monde. Alors
pour celebrer avec plus d'honneur
cette double victoire ,
Madame l'Intendante l'invita
àdiner le lendemain chez elle;
il topa à la propoſition , &
fut fe coucher en attendant.
Je ne ſçaymaintenantcommentme
tirer du mauvais pas
où je ſuis,j'ay bien peur que
le piedne me gliffe ;& tout ce
GALANT. 103
que je peux vous dire de plus
vray, c'eſt que c'eſt icy un des
chefs d'oeuvre de mon recit ...
deux mots néanmoins fuffiront
peutd'affaire
.
eſtre , pour me tirer
Pendant que Mehemet faifoit
ſa viſite , l'obligeant Padery
introduiſoit dans la
chambre de Son Excellence ,
la Payſane dont nous avons
parlé tantoſt , où il l'entretint
à ſon dam , juſqu'au retour
de fon Maiſtre. Vers les
quatre ou cinq heures du matin
, le Coq chanta , Mehemer
s'éveilla , & la belle s'en alla
I iiij
104 MERCURE
attendre le jour chez fon con
ducteur. Enfin aprés bien des
vetilles qui n'ont nul rapport
aux faits importants de cette
Hiſtoire , midy fonna. Alors
l'Ambaffadeur fit une douzaine
de nouvelles incartades
avant de ſe rendre à la maiſon
de Madame Arnou , que ſes
marmitons Muſulmans avoient
dés le matin eſté mettre
en defordre , pour préparer le
feftin de leur Maiſtre , qui ne
voulut jamais fouffrir,ni avant,
ni aprés , que les Chreſtiens
touch fient à ſes viandes.
Ala fin tous les convives fe
GALANT. 103
i
!
mirent à table ; Mehemet fut
ſeplanter commeun finge, au
milieu d'un Theatre qu'on
avoit dreffé dans l'endroit de
la falle où il convenoit qu'il
fut. Alors M. Arnou luy fit
le Salamalek , en luy portant
la ſanté du Roy , qu'il refuſa
longtemps de boire , diſant
pour ſes raiſons que c'eſtoir
à luy M. Arnou à boire le
premier à la fanté du Sophi
fon Maiſtre , qu'il ne pou
voit pas donner une moindre
marque de refſpect au plus
grand Seigneur du monde , &
qu'aprés qu'il luy auroitrendu
:
106 MERCURE
cethommage, il verroit cequ'il
auroit àfaire àl'égard du Roy
de France , qui n'entroit pas à
fon gré en comparaiſon , avec
le plus puffant Empereur de
l'Orient. La diſpute s'échauffa
fur ce point , &de telle façon,
que peu s'en fallut que tout le
feſtin ne fut troublé , que les
tables ne fuſſent culbutées , &
qu'enfin il ne s'en retournât
ſans boite. Ce qui ſeroit arrivé
fans miracle , fiun perſonnage
bien avifé , n'avoit criéà pleine
voix , Meſſeigneurs , Meffieurs.
Mesdames , pour rétablir icy
le calme &l'union qui doivent
GALANT. 107
estreparmy nous , &pour empêcher
que du reſte de ce jour, la
difcorde aux crins heriffeznetrouble
la tranquillité de cettefeste,
j'opine qu'il convientàla Majesté
des deux Empereurs qui donnent
lieu à cette altercation que
Monfieur Mehemet Riza Beg,
Monsieur Arnou boivent chacun
en même temps à lafanté des
Rois deurs Maistres.
Auffitoftdit, auſſi coſt fait,
les deux coupes furent remplies
de part & d'autre , l'une
de vin,& l'autre de forbet pour
le Mahometan. Hs bûrene
cofia chacun leur portion
108 MERCURE
Alors l'aſſemblée ſe mit à cries
vivent , vivent les deux Empereurs
, les boëtes à tirer , les
violons , tambours , fifres , &
haut bois à joüer, les tables à
ſe couvrir , & les convivés à
manger...
On m'a affûré maintes fois
que Mehemet, en mangeant
fon pileau , avoit dit dans le
repas quantité de belles chofes;
en voicyuneentreautres, c'eſt
une douceur dont il regala
MadameArnou. Vous estes, luy
dit il , Noble comme un Palmier,
vermeille comme une cerise, et
belle comme la Lune , &ficher
CALANT. 109
rie du S. Prophète , que ſi vow's
vouliez emb affer l'Alcoran , il
vous aimerott aprés vostre mort ,
plus que la mieux aimée de toutes
fes femmes ,& vous feriez enfemble
les bonneurs &les delices
defon Paradis.
La Dame le remercia fort
poliment de la magnificence
-dedecompliment,&la feſte ſe
paſſa en paix & en lieffe. Le
four on fit un grand lanſquenet
avec pluſieurs repriſes
d'hombre , où l'Ambaſſadeur
auroit cûle loiſir de s'ennuyer
longtemps f, i Madame Arnou
& quelques Dames n'a
110 MERCURE
voient pas cû l'honnêteté de
quitter le jeu pour aller s'en.
nuyer avecluy. Cefut encette
occaſion qu'il dit par reconnoiffance
à Madame Arnou
qu'elle étoit uneDame pleine
de merite & d'eſprit , qu'elle
ſçavoit fort bien vivre ,& qu'il
rendroit un bon témoignage
d'elle à la Cour & aux Minif
tres.
Cette converſation& tous
les plaiſirs de cette journée
finis , il retourna à ſa maiſon
avec fon cortege ordinaire
& le même ſoir il effuya une
furicuſe aubade de MademoiGALANT
هللا
felle Catin , qui avoit appris
avec douleur l'avanture de la
Payſane , & qui la luy avoit
reprochée avectant d'aigreur
qu'il ciût ne pouvoit mieux
faire , pour la ranger à fon
devoir , que luy caffer fur le
viſage ,un platde fayence qui
ſe trouva ſous ſa main. Cette
querelle n'eût pas de ſuite ,une
petite generofité &quelques
careffes réparérent tout ce
déſordre.
Le lendemain M. de S.
Olon , dont il avoit cent fois
mis la patience à bout , fut
luyfignifier qu'il falloit partir
112 MERCURE
de Martealle , & s'acheminer
pour la Capitale de ceRoyaume,
il luy remontra que la rigueur
de la ſaiſon , la fonte
des neiges , & le débordement
des rivieres , leur pourroient
ôter les moyens de fortir de
la Provence , s'il attendoit que
cesCinconveniens empêchaf
fent la fuite de ſon voyage ;
mais Mehemet ſe trouvoit
bien à Marseille ,& la crainte
d'entortir auſſi toſt queM. de
S. Olon' le prétendoit , le mit .
dans une ſigrande colere, qu'il
jura de tout tuër , ſi on ne le
laffoit en scpos. Onil'appaila
pourtant
GALANT
pourtant encore
& on fit fi
bien à force de bellesraiſons ,
que le vingt-deux Decembre
1714 on le ravit aux inconſolableshabitans
deMarſeille.
t
Suite du Chapitre precedent ,
de quantité d'autres belles cho-
1. fes que fit & dit Mibemet,
jusqu'au jour qu'il fortit de
Marseille.
-30
जी
Si tout ce qu'il y a d'écrivains
négligents , ſemez.comme
vermine dans tous les Etats
du monde , imitoient mon
exactitude à conter juſqu'aux
moindres circonstances des
évenemens que j'expoſe aux
yeux du Public , l'excés du tra
GALANT. 101
vail les dégoûteroit , & nous
affranchiroit bien-toſt de l'en
nuy que nous cauſe leurs miferables
écrits. Pour moy qui
ne veux rien laiffer à defirer
au Lecteur,jeiluy apprends que
Mehemet de retour à la Ville,
aprés avoir coupé les jambes
du belier , & tué lon cochon ,
alla chez Midame l'Intendante
, où il trouvaluurn grand
nombre de belles Dames af
ſemblées,quiil ſedéchauſſa en
leur prefence,& fe careffa avec
ſes mains les doigts &la plante
des pieds . Ce tableau n'eſt pas
beau; mais ce n'eſt pas ma
Getableau
Iiij
102 MERCURE
faute,il eft indiſpentablement
attaché à la verité de cette
Hiſtoire. En même temps il
leur fit comprendre par grimace
& par Interprete , qu'il
venoit de faire les deux plus
beaux coups du monde. Alors
pour celebrer avec plus d'honneur
cette double victoire ,
Madame l'Intendante l'invita
àdiner le lendemain chez elle;
il topa à la propoſition , &
fut fe coucher en attendant.
Je ne ſçaymaintenantcommentme
tirer du mauvais pas
où je ſuis,j'ay bien peur que
le piedne me gliffe ;& tout ce
GALANT. 103
que je peux vous dire de plus
vray, c'eſt que c'eſt icy un des
chefs d'oeuvre de mon recit ...
deux mots néanmoins fuffiront
peutd'affaire
.
eſtre , pour me tirer
Pendant que Mehemet faifoit
ſa viſite , l'obligeant Padery
introduiſoit dans la
chambre de Son Excellence ,
la Payſane dont nous avons
parlé tantoſt , où il l'entretint
à ſon dam , juſqu'au retour
de fon Maiſtre. Vers les
quatre ou cinq heures du matin
, le Coq chanta , Mehemer
s'éveilla , & la belle s'en alla
I iiij
104 MERCURE
attendre le jour chez fon con
ducteur. Enfin aprés bien des
vetilles qui n'ont nul rapport
aux faits importants de cette
Hiſtoire , midy fonna. Alors
l'Ambaffadeur fit une douzaine
de nouvelles incartades
avant de ſe rendre à la maiſon
de Madame Arnou , que ſes
marmitons Muſulmans avoient
dés le matin eſté mettre
en defordre , pour préparer le
feftin de leur Maiſtre , qui ne
voulut jamais fouffrir,ni avant,
ni aprés , que les Chreſtiens
touch fient à ſes viandes.
Ala fin tous les convives fe
GALANT. 103
i
!
mirent à table ; Mehemet fut
ſeplanter commeun finge, au
milieu d'un Theatre qu'on
avoit dreffé dans l'endroit de
la falle où il convenoit qu'il
fut. Alors M. Arnou luy fit
le Salamalek , en luy portant
la ſanté du Roy , qu'il refuſa
longtemps de boire , diſant
pour ſes raiſons que c'eſtoir
à luy M. Arnou à boire le
premier à la fanté du Sophi
fon Maiſtre , qu'il ne pou
voit pas donner une moindre
marque de refſpect au plus
grand Seigneur du monde , &
qu'aprés qu'il luy auroitrendu
:
106 MERCURE
cethommage, il verroit cequ'il
auroit àfaire àl'égard du Roy
de France , qui n'entroit pas à
fon gré en comparaiſon , avec
le plus puffant Empereur de
l'Orient. La diſpute s'échauffa
fur ce point , &de telle façon,
que peu s'en fallut que tout le
feſtin ne fut troublé , que les
tables ne fuſſent culbutées , &
qu'enfin il ne s'en retournât
ſans boite. Ce qui ſeroit arrivé
fans miracle , fiun perſonnage
bien avifé , n'avoit criéà pleine
voix , Meſſeigneurs , Meffieurs.
Mesdames , pour rétablir icy
le calme &l'union qui doivent
GALANT. 107
estreparmy nous , &pour empêcher
que du reſte de ce jour, la
difcorde aux crins heriffeznetrouble
la tranquillité de cettefeste,
j'opine qu'il convientàla Majesté
des deux Empereurs qui donnent
lieu à cette altercation que
Monfieur Mehemet Riza Beg,
Monsieur Arnou boivent chacun
en même temps à lafanté des
Rois deurs Maistres.
Auffitoftdit, auſſi coſt fait,
les deux coupes furent remplies
de part & d'autre , l'une
de vin,& l'autre de forbet pour
le Mahometan. Hs bûrene
cofia chacun leur portion
108 MERCURE
Alors l'aſſemblée ſe mit à cries
vivent , vivent les deux Empereurs
, les boëtes à tirer , les
violons , tambours , fifres , &
haut bois à joüer, les tables à
ſe couvrir , & les convivés à
manger...
On m'a affûré maintes fois
que Mehemet, en mangeant
fon pileau , avoit dit dans le
repas quantité de belles chofes;
en voicyuneentreautres, c'eſt
une douceur dont il regala
MadameArnou. Vous estes, luy
dit il , Noble comme un Palmier,
vermeille comme une cerise, et
belle comme la Lune , &ficher
CALANT. 109
rie du S. Prophète , que ſi vow's
vouliez emb affer l'Alcoran , il
vous aimerott aprés vostre mort ,
plus que la mieux aimée de toutes
fes femmes ,& vous feriez enfemble
les bonneurs &les delices
defon Paradis.
La Dame le remercia fort
poliment de la magnificence
-dedecompliment,&la feſte ſe
paſſa en paix & en lieffe. Le
four on fit un grand lanſquenet
avec pluſieurs repriſes
d'hombre , où l'Ambaſſadeur
auroit cûle loiſir de s'ennuyer
longtemps f, i Madame Arnou
& quelques Dames n'a
110 MERCURE
voient pas cû l'honnêteté de
quitter le jeu pour aller s'en.
nuyer avecluy. Cefut encette
occaſion qu'il dit par reconnoiffance
à Madame Arnou
qu'elle étoit uneDame pleine
de merite & d'eſprit , qu'elle
ſçavoit fort bien vivre ,& qu'il
rendroit un bon témoignage
d'elle à la Cour & aux Minif
tres.
Cette converſation& tous
les plaiſirs de cette journée
finis , il retourna à ſa maiſon
avec fon cortege ordinaire
& le même ſoir il effuya une
furicuſe aubade de MademoiGALANT
هللا
felle Catin , qui avoit appris
avec douleur l'avanture de la
Payſane , & qui la luy avoit
reprochée avectant d'aigreur
qu'il ciût ne pouvoit mieux
faire , pour la ranger à fon
devoir , que luy caffer fur le
viſage ,un platde fayence qui
ſe trouva ſous ſa main. Cette
querelle n'eût pas de ſuite ,une
petite generofité &quelques
careffes réparérent tout ce
déſordre.
Le lendemain M. de S.
Olon , dont il avoit cent fois
mis la patience à bout , fut
luyfignifier qu'il falloit partir
112 MERCURE
de Martealle , & s'acheminer
pour la Capitale de ceRoyaume,
il luy remontra que la rigueur
de la ſaiſon , la fonte
des neiges , & le débordement
des rivieres , leur pourroient
ôter les moyens de fortir de
la Provence , s'il attendoit que
cesCinconveniens empêchaf
fent la fuite de ſon voyage ;
mais Mehemet ſe trouvoit
bien à Marseille ,& la crainte
d'entortir auſſi toſt queM. de
S. Olon' le prétendoit , le mit .
dans une ſigrande colere, qu'il
jura de tout tuër , ſi on ne le
laffoit en scpos. Onil'appaila
pourtant
GALANT
pourtant encore
& on fit fi
bien à force de bellesraiſons ,
que le vingt-deux Decembre
1714 on le ravit aux inconſolableshabitans
deMarſeille.
Fermer
3688
p. 113-129
CHAPITRE VI. DES AVANTURES, disgraces, & extravagances singulieres qui arriverent, pendant le voyage de Mehemet, depuis Marseille, jusqu'à Lyon.
Début :
Une des principales difficultez qui faisoient apprehender à [...]
Mots clefs :
Mehmet Riza Beg, Ambassadeur, Lyon, Marseille, Valence, Compliment, Paris, Officiers, Soldats
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CHAPITRE VI. DES AVANTURES, disgraces, & extravagances singulieres qui arriverent, pendant le voyage de Mehemet, depuis Marseille, jusqu'à Lyon.
CHAPITRE VI.
DES AVANTURES ,
disgraces , extravagances
fingulieres qui arriverent,pendant
le voyage de Mehemet د
depuis Marseille , jusqu'à
Lyon.
Une des principales difficultez
qui faifoient apprehender à
Decembre 1715 .. K
114 MERCURE
Mehemet fon départ de Marſeille
, c'eſt qu'après avoir em
prunté à toutes mains , il y
eſtoitredevable àtout lemonde
,&qu'il ne devoit fa braverie
en robes d'étoffes d'or &
d'argent pour couvrirſa mifeargent
pou
il eſt fort bien dit recomme il
dans l'Opera de Theonoe )
pout cacher fai bien que mal
la pauvreté des fiens ,& pour
caparaçonner les chevaux
qu'on cut l'indulgence de luy
prêter , qu'à la bonté de quelques
Marchands qui luy avancerent
à beaux deniers comptants,
le prix de ces dépenfes.
Il craignit le blame&les noms
GALANT. τις
odieux quenous donnons volontiers
à tous ceux qui nous
eſcroquent. Neanmoins il ſo
tira de ce mauvais pas ſous
caution , & monta enfin à
chevalle 22. du mois de Decembre
1714.
Il ſe lamenta à la porte de
cette belle Ville , de regret de
la quitter , & voyagea ainfi
juſqu'à Aix , d'où la mauvaiſe
humeur l'accompagna
tout le lendemain juſqu'à
Lambeze , & fi M. Honoré ,
Aſſeſſeur des Etats , à ladite
Ville, n'avoit étudié,compofé,
&prononcé enfin àMehemet
Kij
116 MERCURE
un tres beau&tres long compliment
où ſon Excellence
n'entendoit rien , ny les Interprêtes
non plus , peut eltre
que le reſte de l'auditoire , ſa
melancolie auroit pû avoir des
fuites tres fâcheuſes ; mais les
Dames vinrent heureuſement
àla queuë de ce compliment ,
l'Ambaſſadeur les trouva bellcs
,& les receut bien . I fuma,
ſoupa , fe coucha& dormit de
même.
Lelendemain il ſe levapour
aller à Orgon ; mais avant
d'arriver à cette Ville , il luy
fallut paffer la Durance , qui
GALANT. 117
eſt la plus capricieuſe riviere
de France , & qui ſe trouva
malheureuſement pour luy, le
même jour , d'auſſi méchante
humeurqu'il avoit eſté la veille
& la furveille. Cependant
aprés bien des peines & des
perils , il la traverſa à force
de bras , ſes Mariniers invoquant
d'un côté S. Nicolas ,&
luy& fsgens , Mahomet du
leur , ce qui fit , à ce que l'on
m'a afſcuré ,un conflit deJurif
diction qui penſa tout gâter.
Orgon eſt untrou où on ne
fot pa curieux de voir
où il ne s'ennuya qu'une nuit,
,&
118 MERCURE
guere
Delà il fut à Avignon
mais il n'y fut pas bien receu
parlaraiſon queles Orientaux,
quelques zelez Musulmans
qu'ils folent,ne trouvent
leurcompte dans les Etats du
S Pere Auſfi en déguerpit- il
le lendemain du grand matin,
pour aller coucher àOrange,
où il paffa une ſoirée fort
agreable. Les habitans de ce
canton ne font pas ſi ſcrupuleux
que leurs voiſins , & l'on
ne trouve pas aux portes de
leur Ville ( comme aux environs
)des ſoldats qui couchent
en joug les paffants, pour leur
GALANT. 119
faire dire leur Confiteor. Fy ay
dit le mien , moy qui vous parle,
j'ay eu bien peur, que la pour
ne me le fit oublier , auquel cas
j'étois tondu. A Orange , vous
dis-je,Mehemet fut charméde
la bonne compagnie , tout le
monde s'empreffaale divertir,
&par reconnoiffance il fit prefenter
du thé &du caffe àtout
le monde ; mais per fonne n'en
voulut. Il fit enfuite trois
triftes couchées; mais en revanche
il luy arriva à Valence
une avanture digne de
toute l'attention du Lecteur ,
&de tous les efforts de l'imagination
de l'Auteur.
120 MERCURE
Un empreſſe porteur de
mauvaiſes nouvelleseſtoit parti
la veille de Montelimar , &
&eſtoit venu àtoute bride annoncer
( comme choſe trés
importante ) aux Habitans ,
Echevins , Maire &Gouverneur
de Valence , que le len
demain l'Ambaſſadeur, de
Per ſe y devoit arriver avec tout
fon train. Alors les bonnes
gens s'imaginent que c'eſt tout
au moins le grand Mogol qui
va tomber chez eux , ils fonnent
la groſſe Cloche de la
Ville , les Magiſtrats s'affemblent
, le peuple fourmille
surp
CALANT. II
dansles ruës ,onamorçe les canons
des remparts, on prepare
des feux d'artifice , on dreſſe
tout l'appareil d'ungrandbanquet,&&
l'om ordonne àla gare
niſon de prendre les armes au
premier coup de tambour.
Tout ainſi diſpoſé ,on attend
Son Excellence , à bon
efcient. Elle arrive en effet
vers lestrois heures aprés midi,
alors chacun s'empreffe à re-
1 garder d'un oeil de pitié une
troupe deBohêmes , moüillez
juſqu'auxios , faits comme des
mouces& érintez comme des
foldats de recruë. Un brancart
Decembre 1715 .
22 MERCURE
porté pardes mules, fur deiquel
dit on, font les Preſents meſe
timables que le Grand Sophi
envoye au Roy ,8s douxipants
vres caleches crotécs. juſques
par deſſus l'imperial,dans lafa
quelles ſont ſagement , àdeur
aife , &incognito ,Models.
Olon , & deux ou trois autres
François que deuts commif
fions attachentàla fuite de ce
charmantEtrangerade role
Quandiphanoommencé
une fortiſe, on veut llachever,
celaeſtde l'uſage ,la dépense
de cellercy étoit faire ,&coles
entrepreneursde cette fottiſe
n'en voulurent pas avoir ledéGALANT
1
7
menti La voicytelle à peu prés
qu'on me l'a écrite.
Le Maire de Valence mal
informéapparemmentdesufa
ges& coûtumes de l'Alcoran
ſe rendit en robede ceremo
nic accompagné d'un bon
nombre deRobins , ſuivis chacun
de leurs domestiques au
logis de l'Ambaſſadeur , à qui
il fit un beau compliment,
en luy preſentant le vin de la
Ville. Mehemer impatient
d'apprendre ce que ſignifioit
ce nouveau ceremonial , demanda
ce qu'il y avoit dans
ces bouteilles. On luy dit que
4
Lij
4
124 MERCURE
C'étoit du vin.Alors le feu
luy montant au vifage , il dit ,
enmettant la main fur la poignée
de fon fabre , est- ce pour
on'infulter que cette canaille m'apporte
du vin, à moyqui n'en bois
pas? parMahomet, fi ces gens ne
fortent , fi on ne leurcaffe toutà
l'heure leurs bouteilles fur la
teste,je les vais tous exterminer.
On ne les fir pas languir pour
leur apprendre l'intention de
Monfieur Ambaladeur , ny
pour les hater de gagner l'ef
calier , d'où ils furent bien tốt
dans la rue, à fe regarder comne
des gens parfaitement ré
GALANT, 125
compenfez de leur ſotte civili
té. Cependant les, Interpretes,
& les Armeniens/quicſtoient
à ſon ſervice , s'accommode.
rent àbon compte du prefent
des Mflieurs de Ville , dont
ils bûrent le vin à bon mart
ché.
2 Le même foit il arriva une
autre avanture non moins fin,
guliere que celle cy , mais
d'une nature bien differente.
On avoit détaché des compa
gnies de lagarniſon, un certain
nombre de foldats pour mont
ter la garde à la maiſon de
Mehemet. Le ſieur des Marais,
Liij
126 MERCURE
Lieutenantde la Marechauffée
de Marseille , qui avoit ordre
de ſuivre l'Ambaſſadeur julqu'à
Paris,&d'eſcorter ſesPre
ſents avecquatre archers de ſa
brigade , regarda cette nouvel.
le garde comme une injure
qu'on luy faiſoit ,& prétendie
que l'Officier & les foldats
qu'on avoit envoyez pour
honorer d'avantage le Per
fan , n'avoient rien à faire , ny
de garde à monter où il eſtoir?
L'Officier commandé , voulut
de ſon cofté faire ſon devoir ,
& ſans écouter le verbiage du
Gout des Marais ,alloit faire
GALANT. 127
main baſſe ſurduy & fur fes
gans zadorſque l'Ambaffadeur
parut. Sa prefence appaifa ce
tumulte , & l'Officier fut congediende
son poste avec fes
foldatsios abaca da
ob Lerefte de cette nuit ſe paffarà
Vordinziic both al
Lelendemainil fut coucher
S Vallier , &de Vallier à
Vienne, où il reçût des hon
neurs plus fimples , & mieux
concertez qu'à Valence , &
dont ill fortit tres- content',
pour se rendre à Lyon , cù il
luy arriva des chofes firares,
que d'eſpace qu'elles occu-
Liiij
128 MERCURE
peroientacyyme déterminerà
renmedtrela urie autre fois à les
conter: Je diviſeray cate Hif
toire en quatreparties, fil'on
eft contentdecellequ'onvient
de lire ; la ſeconde contiendra
les Avantures deMehemetde.
puis la Ville de Lyon , où jede
laiſſe juſqu'au jour de fontEntrée
à Paris lastroiſiénič & la
quatriéme inſtruiront le Leereur
detoutes les circonstances
curieuſes de ſon Audience à
Verfailles ,&de ſon ſéjourlà
Paris, juſqu'au jour de fonembarquement
au Havrerne vul
-Plus nous irons en avant,
GALANT. 129
plus nous verrons le beau &
le merveilleux de cetre Hif
toire. Ainſt il eſtidevoſtreprudence
de m'encourager àvous
sseenniirruppaarroollee,, ſſiiivvoous eſtes cur
Tieux d'en ſçavoir la fina
DES AVANTURES ,
disgraces , extravagances
fingulieres qui arriverent,pendant
le voyage de Mehemet د
depuis Marseille , jusqu'à
Lyon.
Une des principales difficultez
qui faifoient apprehender à
Decembre 1715 .. K
114 MERCURE
Mehemet fon départ de Marſeille
, c'eſt qu'après avoir em
prunté à toutes mains , il y
eſtoitredevable àtout lemonde
,&qu'il ne devoit fa braverie
en robes d'étoffes d'or &
d'argent pour couvrirſa mifeargent
pou
il eſt fort bien dit recomme il
dans l'Opera de Theonoe )
pout cacher fai bien que mal
la pauvreté des fiens ,& pour
caparaçonner les chevaux
qu'on cut l'indulgence de luy
prêter , qu'à la bonté de quelques
Marchands qui luy avancerent
à beaux deniers comptants,
le prix de ces dépenfes.
Il craignit le blame&les noms
GALANT. τις
odieux quenous donnons volontiers
à tous ceux qui nous
eſcroquent. Neanmoins il ſo
tira de ce mauvais pas ſous
caution , & monta enfin à
chevalle 22. du mois de Decembre
1714.
Il ſe lamenta à la porte de
cette belle Ville , de regret de
la quitter , & voyagea ainfi
juſqu'à Aix , d'où la mauvaiſe
humeur l'accompagna
tout le lendemain juſqu'à
Lambeze , & fi M. Honoré ,
Aſſeſſeur des Etats , à ladite
Ville, n'avoit étudié,compofé,
&prononcé enfin àMehemet
Kij
116 MERCURE
un tres beau&tres long compliment
où ſon Excellence
n'entendoit rien , ny les Interprêtes
non plus , peut eltre
que le reſte de l'auditoire , ſa
melancolie auroit pû avoir des
fuites tres fâcheuſes ; mais les
Dames vinrent heureuſement
àla queuë de ce compliment ,
l'Ambaſſadeur les trouva bellcs
,& les receut bien . I fuma,
ſoupa , fe coucha& dormit de
même.
Lelendemain il ſe levapour
aller à Orgon ; mais avant
d'arriver à cette Ville , il luy
fallut paffer la Durance , qui
GALANT. 117
eſt la plus capricieuſe riviere
de France , & qui ſe trouva
malheureuſement pour luy, le
même jour , d'auſſi méchante
humeurqu'il avoit eſté la veille
& la furveille. Cependant
aprés bien des peines & des
perils , il la traverſa à force
de bras , ſes Mariniers invoquant
d'un côté S. Nicolas ,&
luy& fsgens , Mahomet du
leur , ce qui fit , à ce que l'on
m'a afſcuré ,un conflit deJurif
diction qui penſa tout gâter.
Orgon eſt untrou où on ne
fot pa curieux de voir
où il ne s'ennuya qu'une nuit,
,&
118 MERCURE
guere
Delà il fut à Avignon
mais il n'y fut pas bien receu
parlaraiſon queles Orientaux,
quelques zelez Musulmans
qu'ils folent,ne trouvent
leurcompte dans les Etats du
S Pere Auſfi en déguerpit- il
le lendemain du grand matin,
pour aller coucher àOrange,
où il paffa une ſoirée fort
agreable. Les habitans de ce
canton ne font pas ſi ſcrupuleux
que leurs voiſins , & l'on
ne trouve pas aux portes de
leur Ville ( comme aux environs
)des ſoldats qui couchent
en joug les paffants, pour leur
GALANT. 119
faire dire leur Confiteor. Fy ay
dit le mien , moy qui vous parle,
j'ay eu bien peur, que la pour
ne me le fit oublier , auquel cas
j'étois tondu. A Orange , vous
dis-je,Mehemet fut charméde
la bonne compagnie , tout le
monde s'empreffaale divertir,
&par reconnoiffance il fit prefenter
du thé &du caffe àtout
le monde ; mais per fonne n'en
voulut. Il fit enfuite trois
triftes couchées; mais en revanche
il luy arriva à Valence
une avanture digne de
toute l'attention du Lecteur ,
&de tous les efforts de l'imagination
de l'Auteur.
120 MERCURE
Un empreſſe porteur de
mauvaiſes nouvelleseſtoit parti
la veille de Montelimar , &
&eſtoit venu àtoute bride annoncer
( comme choſe trés
importante ) aux Habitans ,
Echevins , Maire &Gouverneur
de Valence , que le len
demain l'Ambaſſadeur, de
Per ſe y devoit arriver avec tout
fon train. Alors les bonnes
gens s'imaginent que c'eſt tout
au moins le grand Mogol qui
va tomber chez eux , ils fonnent
la groſſe Cloche de la
Ville , les Magiſtrats s'affemblent
, le peuple fourmille
surp
CALANT. II
dansles ruës ,onamorçe les canons
des remparts, on prepare
des feux d'artifice , on dreſſe
tout l'appareil d'ungrandbanquet,&&
l'om ordonne àla gare
niſon de prendre les armes au
premier coup de tambour.
Tout ainſi diſpoſé ,on attend
Son Excellence , à bon
efcient. Elle arrive en effet
vers lestrois heures aprés midi,
alors chacun s'empreffe à re-
1 garder d'un oeil de pitié une
troupe deBohêmes , moüillez
juſqu'auxios , faits comme des
mouces& érintez comme des
foldats de recruë. Un brancart
Decembre 1715 .
22 MERCURE
porté pardes mules, fur deiquel
dit on, font les Preſents meſe
timables que le Grand Sophi
envoye au Roy ,8s douxipants
vres caleches crotécs. juſques
par deſſus l'imperial,dans lafa
quelles ſont ſagement , àdeur
aife , &incognito ,Models.
Olon , & deux ou trois autres
François que deuts commif
fions attachentàla fuite de ce
charmantEtrangerade role
Quandiphanoommencé
une fortiſe, on veut llachever,
celaeſtde l'uſage ,la dépense
de cellercy étoit faire ,&coles
entrepreneursde cette fottiſe
n'en voulurent pas avoir ledéGALANT
1
7
menti La voicytelle à peu prés
qu'on me l'a écrite.
Le Maire de Valence mal
informéapparemmentdesufa
ges& coûtumes de l'Alcoran
ſe rendit en robede ceremo
nic accompagné d'un bon
nombre deRobins , ſuivis chacun
de leurs domestiques au
logis de l'Ambaſſadeur , à qui
il fit un beau compliment,
en luy preſentant le vin de la
Ville. Mehemer impatient
d'apprendre ce que ſignifioit
ce nouveau ceremonial , demanda
ce qu'il y avoit dans
ces bouteilles. On luy dit que
4
Lij
4
124 MERCURE
C'étoit du vin.Alors le feu
luy montant au vifage , il dit ,
enmettant la main fur la poignée
de fon fabre , est- ce pour
on'infulter que cette canaille m'apporte
du vin, à moyqui n'en bois
pas? parMahomet, fi ces gens ne
fortent , fi on ne leurcaffe toutà
l'heure leurs bouteilles fur la
teste,je les vais tous exterminer.
On ne les fir pas languir pour
leur apprendre l'intention de
Monfieur Ambaladeur , ny
pour les hater de gagner l'ef
calier , d'où ils furent bien tốt
dans la rue, à fe regarder comne
des gens parfaitement ré
GALANT, 125
compenfez de leur ſotte civili
té. Cependant les, Interpretes,
& les Armeniens/quicſtoient
à ſon ſervice , s'accommode.
rent àbon compte du prefent
des Mflieurs de Ville , dont
ils bûrent le vin à bon mart
ché.
2 Le même foit il arriva une
autre avanture non moins fin,
guliere que celle cy , mais
d'une nature bien differente.
On avoit détaché des compa
gnies de lagarniſon, un certain
nombre de foldats pour mont
ter la garde à la maiſon de
Mehemet. Le ſieur des Marais,
Liij
126 MERCURE
Lieutenantde la Marechauffée
de Marseille , qui avoit ordre
de ſuivre l'Ambaſſadeur julqu'à
Paris,&d'eſcorter ſesPre
ſents avecquatre archers de ſa
brigade , regarda cette nouvel.
le garde comme une injure
qu'on luy faiſoit ,& prétendie
que l'Officier & les foldats
qu'on avoit envoyez pour
honorer d'avantage le Per
fan , n'avoient rien à faire , ny
de garde à monter où il eſtoir?
L'Officier commandé , voulut
de ſon cofté faire ſon devoir ,
& ſans écouter le verbiage du
Gout des Marais ,alloit faire
GALANT. 127
main baſſe ſurduy & fur fes
gans zadorſque l'Ambaffadeur
parut. Sa prefence appaifa ce
tumulte , & l'Officier fut congediende
son poste avec fes
foldatsios abaca da
ob Lerefte de cette nuit ſe paffarà
Vordinziic both al
Lelendemainil fut coucher
S Vallier , &de Vallier à
Vienne, où il reçût des hon
neurs plus fimples , & mieux
concertez qu'à Valence , &
dont ill fortit tres- content',
pour se rendre à Lyon , cù il
luy arriva des chofes firares,
que d'eſpace qu'elles occu-
Liiij
128 MERCURE
peroientacyyme déterminerà
renmedtrela urie autre fois à les
conter: Je diviſeray cate Hif
toire en quatreparties, fil'on
eft contentdecellequ'onvient
de lire ; la ſeconde contiendra
les Avantures deMehemetde.
puis la Ville de Lyon , où jede
laiſſe juſqu'au jour de fontEntrée
à Paris lastroiſiénič & la
quatriéme inſtruiront le Leereur
detoutes les circonstances
curieuſes de ſon Audience à
Verfailles ,&de ſon ſéjourlà
Paris, juſqu'au jour de fonembarquement
au Havrerne vul
-Plus nous irons en avant,
GALANT. 129
plus nous verrons le beau &
le merveilleux de cetre Hif
toire. Ainſt il eſtidevoſtreprudence
de m'encourager àvous
sseenniirruppaarroollee,, ſſiiivvoous eſtes cur
Tieux d'en ſçavoir la fina
Fermer
3689
p. 129-130
« Aprés avoir promis le mois passé de donner un Etat des [...] »
Début :
Aprés avoir promis le mois passé de donner un Etat des [...]
Mots clefs :
Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Aprés avoir promis le mois passé de donner un Etat des [...] »
Aprés avoir promis le mois
paffe de donner un Etat des
Principaux Officiers de laMaifon
du Roy , de celle du Regenti,
de Madamela Dacheffe
deBerryy delMud me,& de
Midamela Ducheffe d'Or
leans , en confideration, des
changements qui y font arrivez
depuis la mort du Roy ,
130 MERCURE
il eft juſte que jevtienne ama
parole ce mois cy en vous en
donnantune Lifte que j'ayrem
due auffi exacte qu'il m'a eſté
poſſiblede le faire, à quoy je
ne me fetois certainement
pas engagé,ſij'en avois preveu
Jes difficultez. Au reftes'il y a
quelques omiffions ,comme
jay lieu de l'apprehender , je
prie le lecteur d'avoir l'indul
gence d'attendre que je lesré
pare, ce que je feray à la pre
miere occafionqui s'en prefentera.
paffe de donner un Etat des
Principaux Officiers de laMaifon
du Roy , de celle du Regenti,
de Madamela Dacheffe
deBerryy delMud me,& de
Midamela Ducheffe d'Or
leans , en confideration, des
changements qui y font arrivez
depuis la mort du Roy ,
130 MERCURE
il eft juſte que jevtienne ama
parole ce mois cy en vous en
donnantune Lifte que j'ayrem
due auffi exacte qu'il m'a eſté
poſſiblede le faire, à quoy je
ne me fetois certainement
pas engagé,ſij'en avois preveu
Jes difficultez. Au reftes'il y a
quelques omiffions ,comme
jay lieu de l'apprehender , je
prie le lecteur d'avoir l'indul
gence d'attendre que je lesré
pare, ce que je feray à la pre
miere occafionqui s'en prefentera.
Fermer
3690
p. 131-175
ETAT contenant les noms des Officiers de la Maison du Roy LOUIS XV. à present regnant ; ceux de Madame, Fille de France Duchesse de Berry, de Madame, de M. le Duc d'Orleans, Regent du Royaume, & de Madame la Duchesse d'Orleans.
Début :
La Chapelle du Roy est composée du grand Aumônier de France. [...]
Mots clefs :
Louis XV, Duc d'Orléans, Régent du Royaume, Duchesse de Berry, Officiers de la Maison du roi Louis XV, Officiers de la Maison du roi, Roi, Abbé, Marquis, Chanoine, Chapelle, Aumônier, Chevalier, Écuyers, Gouverneur, Gentilshommes, Prince, Clercs, Chapelain, Écurie, Marquise , Duchesse, Chirurgien, Médecin
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ETAT contenant les noms des Officiers de la Maison du Roy LOUIS XV. à present regnant ; ceux de Madame, Fille de France Duchesse de Berry, de Madame, de M. le Duc d'Orleans, Regent du Royaume, & de Madame la Duchesse d'Orleans.
ETAT contenant les noms
des Officiers de la Maiſon
du Roy Louis XV. à
preſent regnant ; ceux de
Madame , Fille de France
Ducheffe de Berry , de Madame
, de M. le Duc d'Orleans,
Regentdu Royaume,
&de Madame la Ducheſſe
d'Orleans.
La Chapelle du Roy est compofée
-du grandAumônier de France.
M. le Cardinal de Rohan
Commandeur né des Ordres
du Roy , Evêque &Prince de
Strasbourg.
132 MERCURE
Du premier Aumônier , &
autres Aumôniers de quartier.
Le premier Aumonier.
M.le Duc de Coiflin, Evêque
&Prince de Metz , Commandeur
de l'Ordre du S. Efprit ,
Le Maistre del'Oratoire.
M. l'Evêque de S Omer.
Le Confeffeur duRoy.
: Ily a buit Aumoniers , deux
àchaque Quartier.
M. l'Abbé Morel , Chanoi
ne de l'Eglise de Paris &Confeiller
au Parlement......
Mal'Abbé de Maulevrier,
Chanoine& Comte de Lyon.
pandane
GALANT
M'Abbéd Entragues ,
Abbé de Valence, couro sb
M.l'Abbé du Cambour,
M. l'Abbé d'Argentre, Abbéde
Sainte CROIXIM
M. l'Abbé de Choiſeul
M. l'Abbé de Rochebonne,
Grand Vicaire de Lyon
M. l'Abbé de Froulay ,
Grand Vicairede Toulouſe.
Ily a huit Chapelains dequartier
un ordinaire .
M Salomongod of M
M. Henrion.
M. Fauvel ; Chanoine de S.
Quentin& Abbé deClairfay.
M. de la Croix , Docteur
deSorbonne.
134 MERCURE
M. de Varcanes Docteur
de Sorbonne.
M. Traboüiller , Chanoine
deMeaux.I
M. Poiffon ,Abbé deBournet
.
MGoüault.
Un Chapelain ordinaire
&Sacristain.
M. Archon , Abbé de S.
Gilbert.
Ily a huit Clercs deChapelle.
M. Pothonier , Docteur en
Theologie
M. Pelliffier .
M. Buffon, Chanoined'Or-
Jeansd
:
1
GALANT. 135
M. Pernoſt , Prieur d'Ef-
い
pointed
2010
Ob MoHazon J.M
M. Bezançon, Chanoine de
Methonian M
M. Maupoint.
M. Johor 1 1
Le Maistre de la Chapelle-
Musique.
M. leCardinal de Polignac.
Cette Chapelle est composée des
Chapelains pour les grandes Meffes,
quifont:
M. Jouilhac
Dubais . 2.
NG
136 MERCURE
Quatre Clercs de Chapelle.
M. Bourgain ,Chanoine de
Reims papa sud.M
M. Caillet , Principal du
College des Craffins.
M. Tiſſu , Chanoine de S.
Nicolas du Louvre.
M. Poitevin Chanoine de
Reims.
Un Clerc ordinaire.
1
M. Favart , Chanoine de
Reims.
Cette Chapelle comprend tous
les Muſiciens & Symphonistes ,
quifont en tres-grand nombre.
Du
1
GALANT. 137
DuGrandMaistre de laMaiſon
du Roy
M. le Duc, Princedu Sang.
Surintendant à l'éducation
du Roy.
M. le Duc du Maine , Prince
Souverain de Dombes .
Le Gouverneur du Roy
M. le Maréchal de Villeroy.
Le Sous-Gouverneur.
M. le Comte de Ruffey.
Trois. Gentilshommes de la
Manche.
M. Dauffi .
M. Darcis .
M. de Pezé.
Decembre 1715. M
٤
138 MERCURE
4 Une Gouvernante...
Me la Ducheffe de Ventadour.
2
Une Sous-Gouvernante.
Me de la Lande .
7
Le premier Maistre d'Hostel.
M. le Marquis de Livry.
900
Douze Maistres d'Hostelfervantsparquartiers
, unMaiftre
d'Hoftel ordinaire. Mol 24
M. leComte d'Igny.
M.Dappoigny.
M. de la Godiniere.20
M. de Francine.
Mde laMeſangere.
M.Dumans.
M. Darzilliers.
GALANT 139
MadeMalegre M
Maade Cambraya
Ma de Montman l
-M.D'Herouvillo
N.... andmed
VaAdaifore d'Hostelordinaire.
M. de Vauvré , Intendant,
&du Conſeil de laRegence.
Du grand RannetierANT
-Mille Duc de Briffac.
Trente fix Gentilshommes
Servants / T
LG Le grandChambellan )
M. le Duc d'Albret
Quatre premiers Gentilshommes
de la Chambre.
M. le Duc de Threſmes.
4
Mij
140 MERCURE
M. le Duc d'Aumohrl
M. le Duc delaTremoille-
M. le DucdeMordemalt.
Quatre premiers Valers-de-
Chambre.....
M leMarquis deGambais,
Gouverneur de LimogesM
M.Bontemps
Mile Marquis de Chance-
?
Trente - deux Valets - de-
Chambre , fervans hoit par
quartierend Ahsulot M
Grand Maistre de la Garde-robe
M. lo Duc de la Rochefoucaatmida
ob sul sl .M
M
GALANT. 141
Deux Mailtresde la Garderobe:
salepМ М
M. le Marquis de la Salle
M. le Marquis de Mailleboisparovi
of of M
1 Premier Medecin.IM
M. Poirier. 71023
Huit Medecins fervans par
quartiersbou
Sous PremierChirurgien.
M. Maréchal.
M
M
Huit Chirurgiens forvans
par quartier, ashxis
Un Apotiquaire & quatre
aides , mob M
Un Directeur General des Ba
timensupig
M. le DuodAntid...
142 MERCURE
Le grand Maréchal des Logis.
M. le Marquis de Cany
Quatre Capitaines des Gardes
du Corps.
M. le Duc de Noaillesand
M. le Maréchal Duc d'Harcourt
.
M. le Duc de Villeroy.
4
M. le Duc de Charroft
M.fonFils reccuen ſurvivance.
Un Major. 11
MDavignono H
DeuxAydes Majorso q
CM. deBruzac.iroga att
M. de Parıfontaine.
12. Lieutenants fervants
par quartier.
12. Enfeignos
GALANT. 143
Capitaine des Cent- Suiffes .
M. le Marquis de Courtanvaux.
MO
Le Capitaine des Gardes
dela Porde
M. leMarquis de laChaife.
Le Capitaine des Gardos de la
Prevofté de l'Hostel.
M.leComtede Montſoreaus
Le Capitaine- Lieutenanti11
desGendarmes.
M. le Prince deRohana
Le Capitaine Litutenam
des Chevaux- Legers
M le Duc deChaulnes.
T
-LeColoneldesGardes Françoises.
M. le Duc de Guiche.
...11
144 MERCURE
Le Colonel General des Suiffes.
M.leDucduMaine,Prince
Souverain de Dombes.v
Le Colonel du Regiment
des Gardes Swiffes .
Mide Raynold.
Le GrandEcuyer.
M. le Comte d'Armagnac,
Chevalier de l'Ordre du Saint
Efpritai
Trois Ecuyers Cavalcadours.
Mode Vaux
M.de Romance.DA
M. de la Magdelaine.
Frois Ordinaires . LI
M. de Neuville.
MdAvricourt.1 M
Ν... Le
GALANT 145
Le Premier Ecuyer.
M. de Beringhen ,Chevalier
de l'Ordre du Roy.
Vingt Ecuyers ſervants par
quartier.
د. Ilyagrand nombre desPages
de la grande&petite Ecurie
, fans compter ceux de la
Chambre.
AMLe Grand Fauconnier.
Male Comte des Marets,
Le Grand Louvetier.
M. leMarquisd'Heudicourt.
LeJuge de la Cour.
LeGrand Prevoſt de France.
LeGrand-Maître desCeremonies.
M. le Marquis de Dreux.
Decembre 1715. N
146 MERCURE
Un Maître desCeremonies.
M. Deſgranges. " sh.M
Deux Introducteurs des Ambaf
Sadeurs .
M.le Marquis de Magni .
M. le Chevalier deSanctor,
MAISON DE MADAME ,
Fille de France , Duchéſſe
de Berry.
Officiers Ecclefiaftiques.
Un premier Aumônier.
M. l'AbbédeCaſtriez,Abbé
deValmagne ,& deMonaftier.
GALANT . 147
i
Quatre Aumoniers.
M. l'Abbé de Berny.
M. l'Abbé de Rouget ,
GrandVicaire d'Alby.
M. l'Abbé du Tremblay.
• M. l'Abbé Danglade.
Un Aumônier ordinaire.
M. l'Abbé d'Avejan, Prieur
du Vigan.
Quatre Chapelains.
M. Dupleffis , Chanoine de
S. Quentin.
M. Levouë , Chanoine du
Mans .
M. Girard , Chanoine de
Clermont.
Nij
148 MERCURE
M. Rafy , Chanoine d'Auxerre.
Un Chapelain ordinaire.
M. Capet.
Quatre Clercs de Chapelle.
M. Rabeuf , Principal du
Prin
College de Preſſes.
M. Francfort,
M Lucas .
M. Guinot , Chanoine de
Beaun
Un Clerc de Chapelle ordinaire.
M. Bayo.
The Un Copfefleur. L
Ν...
Un Confeffeur du commun.
M. Avenel.
८
GALANT. 149
Un Sommier de Chapelle.
M. Dupuis.
CHAMBRE.
DAMES.
Une Dame d'Honneur.
Me la Duchefſſe de S. Simon.
Une Dame d'Atour.
Me la Marquifede Pons
S. Maurice.
131 Dames du Palais
&
MelaMarquiſe de Brancas.
Me la Comteſſe de Clermont.
Me la Marquiſe d'Armen
tieres.
Niij
150 MERCURE
Me la Marquiſe deBeauvau.
Une premiere Femme de
Chambre.
Mlic. Davaiſe... d
Douze Femmes de Chambre.
Quatre Huifiers de la
Chambre.
Un ordinaire .
Quatre Huiffiers du Cabinet.
Quatre Huiffiers de l'Antichambres
HUuDp M.M
Huit Valets deChambre.
Unordinaire.
Officiers de Santé.
Un premier Medecinis
M. Douté.
GALANT 151
Un Chirurgien du Corps .
M. Lardy.
Un Apoticaire du Corps.
M. Imbert.
Garderobe.
Quatre Valets de Garde-
Qua
robe.
Un ordinaire.
UnPorte- Manteau .
M. Jolly.
Chambre aux Deniers.
Un Chevalier d'Honneur.
M. le Marquis de Goëtenfao
, Lieutenant general des
Armées du Roy...M
Un premier Maistre d'Hostel.
M. le Comte de Saumery.
Niij
152 MERCURE
QuatreMaistres d'Hostel.
M. de la Marc..
M. Tourole. BRO
M. Juffan . admi.M
M. de la Valette.
1
Un Maistre d'Hostel ordinaire.
M. Bertin.
Doux Controlleurs generaux.
M. Levesque.
IN
M. le Baſtier.T.M
Huit Gentilshommesfervants.
M. Champion.S
M.Pingré.
Mol M
MdeCourcelles.pilo
M. Deſenelos.chsmA
M.de Bertun.
M.Larconcau.M
GALANT. 153
M. Porot.
M. de la Girardiere.
Un Gentilhomme ſervant
simordinaire M
M. deLaverdina LŨ
Un Controlleur Clercd'Office.
M. Pezier.
QuatreControlleursClercs
2000
Ecurie.
Un premier Ecuyer.
M. le Chevalier d'Hautefort
, Maréchal des Camps &
Armées du Roy.
ໂຄວ
Quatre Ecuyers.
M. de Makan
M. Boubée , Capitaine de
Cavalcric.
154 MERCURE
2 M. de Suzanges .
M. du Faure.05.11
Un Ecuyer Cavalcadour.
M. de la Vaſſorerie .
Un Maréchal des Logis
Un Fourier.RODU
Un Controlleur generaldes
Un Secretaire des Commandemens,
Maison, Finances.
M. deMontgelas
Un Surintendant des Maiſons
Finances, 1101 t
M. de Maynon.
Un Intendant des Maiſons
Finances. M
th Mi Paulmier, deng.M
A
رک
GALANT. ISS
Six Secretaires de Finances.
Un Secretaire ordinaire.
Un Treforier General de la
maison.
M. de Merandon .
UnGouverneur & un ſous-
Gouverneur des Pages.
Un Chapelain & Precepteur.
M. Stephanel , Chanoine
dePignetol.
Do Gardes duCorps François.
M. de Roye,Marquis dela
Rochefoucault, Maréchal des
Camps & Armées du Roy ,
Capitaine LieutenantdesGen
darmes Flamands.
156 MERCURE
:
Vn Lieutenant.
M. le Comte de Rion.
Vn Enseigne.
M. le Chevalier deCourtemer.
DeuxExempts.
M. le Marquis de Sabran.
M. le Marquis deBriquemaure.
Doux Maréchaux de Logis.
M. du Coudray.
N.
Un Officier des Gardes du
Corps Suiffes.ов М
CinquanteGardesduCorps.
UnTrompette.
Un Tymbalieriσμο
Vn Treforier
M. de S. Bonet.
GALANT. 157
********
MAISON DE MADAME ,
Ducheffe d Orleans .
Un premier Aumônier,
M. l'Abbé de Magnas.
Quatre Aumonters, M
M. l'Abbé Berthet , Prieur
de S. Leonard de Dreux!
M.I Abbé de Verthamont,
Grand Vicaire de Nantes.
A M. l'Abbé de Belle Fontaine.
M. l'Abbé Dubuc
Un Aumônier ordinaire.
M ! Abbé de Lagors,Chanoine
de Metz. ;
158 MERCURE
Quaire Chapelains..
M. Mouchet.
M Cornuo.
M. Roblattre.
Ν....
Un Chapelain ordinaire.
M. Refſeguier.
Quatre Clercs de Chapelle.
M. de Lamothe Vilbray.
M. de Maumonet.
M. Bloüin .
M. de S. Martin , Archidiacre
de S. Brieuc.
Un Clerc de Chapelle ordinaire.
M. Maillard.
Confeßeur ordinaire.
Le R. P. de Linieres,Jeſuite.
GALANT 139
- Un Aumômerdu Commun.
M Coſtel , Chanoine de
SainteOpportuni
Un Confeßeur du Commun.
M.Morlet .
Un Sommier de Chapelle.
M Prevons dou
CHAMBRE.
DA ME
Dame d'Honneur
Madame la Ducheffe de
- Brancas.
Dame d'Atour.
Madame de Chaſteautiers.
12. Femmes de Chambre.
160 MERCURE)
Premier Medecin.
MoTered biob M
Un Chirurgien du Corps.2
M. Carrere.
Vn Apoticairedu Corps.M
M. Bolduc. eine 2
Un Chevalier d'Honneur.
M. le Marquis de Soliers.
DeuxpremiersMaistres d'Hôtel.
M. de Collins,Seigneur de
Lucante.
M. Leauthier ,Capitaine de
Vaificau .
Quatre Maistres d'Hostel
M. Boüillerot.
M. Chapotin.
M. Aubert.
Μ.
1
GALANT. 161
M. Dazy.
Un Maistre d'Hostel ordinaire.
M. Hardy.
Deux Controlleurs Generaux.
M. de la Fonſtiere.
M. Le Grand..
Huit Gentilshommes fervants.
Quatre Controlleurs.
Un Controlleur ordinaire.
Ecurie.
Un premier Ecuyer.
M. le Comte de Simianes.
Quatres Ecuyers..
M. le Roy
M. de Leſcure.
Decembre 17.15.
:
A
162 MERCURE
M. Moët.
N. !
Vn Ecuyer ordinaire.
M. de Balenne.
Deux Ecuyers Cavalcadours.
M. de Vaux..
- M. Sevin.
Un Secretaire des Comman
licdemens.
M. de Baudry , Maître des
Requeſtes , & du Conſeil de
Regence.
Vn Treforier de la maison.
MidaPigisaree of M
Vn Gouverneur des Pages.
M. de Grandchamp.
Vn Precepteur &Aumônier.
M. Baſtide.
GALANT. 163
MAISON DE MONSIEUR
le Duc d'Orleans , Petit Fils
de France , Regent du
Royaume.
Officiers Ecclefiaftiques.
Un premier Aumônier.
M. l'Abbé de Treſſan ,
Comte de Lyon , Abbé de
Longpont & de Lepau.
Le R. P. Confeffeur.
Le R. P. du Trevou, Jeſuite.
Vn Maistre de l'Oratoire,
M. l'Abbé de Simiane.
Vn Maistre de la Chapelle &
Mufique.
M. l'Abbé Pajot. Oij
164 MERCURE
Quatre Aumôniers.
M. Abbé Mallet
M. l'Abbé Dionis .......
M. l'Abbé Sonning , Abbé
deBaugency.
M'Abbé de Ruaudě.
Vn Aumônier ordinaire.
M. l'Abbé de Rabines, Abbé
de S. Jean en Vallée &
Chanoine du Mans
Quatre Chapelains.nod
M. Larcher , Chanoine de
Clery.c
4
M. de Bremond
M. Caper.
M. Bayo.
AM
Quatre Clercs de Chapelle.
M.Domino.CATM
GALANT. 165
M. Gervais , Chanoine de
Clery.
Ν. Ν.
Vn Clerc de Chapelle ordinaire.
M. Harcourt! TO
Vn Aumônier & Confeffeur de
laMaison.
* M. Seiguenor.
LaChambre.
Deux premiers Gentilshommes
de la Chambre.
M. le Marquis d'Armentieres.
M. le Marquis de Simiane.
Quatre Chambellans.
M. le Marquis de la Guierthe
intent o
166 MERCURE
M. Cabre.
M. Fargis.
M. Maſparo.
Vn Chambellan ordinaire.
M. de Turmenyes.
Plufieurs Gentilshommes
de la Chambre.
Vn Introducteur des Ambaſladeurs
.
M Marpre scars Cl
Vn Gouverneur des Pages.
لا
Officiers de Santé.
.201
Vn premier Medecin .
M. de Chirac , Profeſſeur
en l'Univerſité de Montpellier
& de l'Académie des
Sciences.
د
GALANT. 167
Quatre Medecins.
M. Helvetius.
M. Vignon.
M. Seignette.
M Imbert .
Vn premier Chirurgien.
M. Hardy.
Quatre Chirurgiens.
M.Batıffier.
M. Franchet.
M. Lemoine.
M. Creſpin.
2
Vn Chirurgien ordinaire.
M. Dumont...
QuatrepremiersValetsde-Chambres
ordinaires...
M. Coche.
168 MERCURE
M. de S. Leger.
M. Imbert.
M. Deſnots.
Pluſieurs Huiffiers pour la
Chambre ,, anti Chambre &
Cabinet.
Huit Valetsde Chambre.
Un ordinaire..
Garderobe.
10
Deux Maistres de la Garderobe..
M. le Marquis de Pluvaut.
M. le Comte deBreauté.
Vn premier Maistre d'Hoſtel.
M. de Matarel. JM
Quatre Maistres d'Hostel
' M. Gaillard.
M. lc Febvre.
M
GALANT .. 169
M. Maupoint.
M. Coufin
Deux Controlleurs Generaux.
M. de Lurel.
M. de Freſquiere. M
Huit Gentilshommesfervans.
Ecurie.
1
Un premier Ecuyer.
M. leMarquis Deffiat, Chevalier
de l'Ordre du S. Eſprit.
Quatre Ecuyers.
M. le Caron.
M. Dombrer.de
M. Duchefne.
Ν. TM
Decembre 1715 . P
170 MERCURE
Un Capitaine des Gardes de la
Porte.
A
M. de Longeville.
Un Lieutenant.
M. Torfe. A
Gens du Confeil.
Un Chancelier & garde des
Sceaux.
M. Terat , Marquis de
Chantôme , Officier de l'Ordre
du S. Eíprit.
Deux Secretaires des Commandemens.
M. l'Abbé de Theſut .
M. Doublet.
Un Sur- Intendant des Finances.
M. Terat.
GALANT. 171
Deux Intendans.
M. de S. Jorry.
M. Baille.
Un Aumônier pour l'Ecurie.
M. Boüillerot
Un premier Veneur.
M. le Marquis d'Effiar .
Gardes du Corps Francois.
Deux Capitaines.
M. le Marquis d'Etampes ,
Chevalier de l'Ordre du S.
Eſprit .
M. le Marquis de la Fare.
Deux Lieutenans.
M. de Lagni .
M. de Marolles.
Pij
172 MERCURE
Deux Enseignes .
M. de S. Germain,
M. de la Bachelerie.
Gardes du Corps Suißes.
Un Capitaine .
M. le Marquis de Nancré.
Deux Lieutenans.
M. de Chevry.
M. de Filtz .
Un Sur-Intendant des Bastimens.
M. de Terat...
Un Intendant.
M. Girard.
GALANT. 173
********
MAISON DE MADAME
la Ducheſſe d'Orleans .
Officiers Ecclefiaftiques.
M. l'Abbé Genais de l'Académie
Françoiſe .
M. l'Abbé Boulanger.
Un Chapelain.
M. le Page.
-Un Clerc de Chapelle .
M. le Page.
DAMES .
La Dame d'Honneur.
Madame la Maréchale de
Rochefort.
Piij
174 MERCURE
La Dame d'Atour.
Madame la Marquiſe de
Caftriez .
1
Dames du Palais.
Madame la Marquiſe de
Conflans . :
Madame la Comteffe de
Tonnerre.
Madame la Comteſſe de
Poitiers .
Madame la Marquiſe d'Epinay.
Premiere Femme de Chambre.
Madame Imbert .
Onze Femmes de Chambre.
•Le Chevalier d'Honneur.
M le Marquis deCaſtriez.
GALANT. 175
e
Maistres d'Hostel.c
Un ControlleurGeneral.
11
M. Fronton de Vaugelas.
ном за Есuries DO 2109
Premier Ecuyer
1: Male Comte de S. Pierre.
Dlux Ecuyers.
Ma de la Serre Panat
MaGirautis
Eruyers Cavalcadours.
Made Buffe
LM.xDurand vanaiol !
Un Secretaire des Commande;
ios mensol sh 1
M. de S. Preſtros
des Officiers de la Maiſon
du Roy Louis XV. à
preſent regnant ; ceux de
Madame , Fille de France
Ducheffe de Berry , de Madame
, de M. le Duc d'Orleans,
Regentdu Royaume,
&de Madame la Ducheſſe
d'Orleans.
La Chapelle du Roy est compofée
-du grandAumônier de France.
M. le Cardinal de Rohan
Commandeur né des Ordres
du Roy , Evêque &Prince de
Strasbourg.
132 MERCURE
Du premier Aumônier , &
autres Aumôniers de quartier.
Le premier Aumonier.
M.le Duc de Coiflin, Evêque
&Prince de Metz , Commandeur
de l'Ordre du S. Efprit ,
Le Maistre del'Oratoire.
M. l'Evêque de S Omer.
Le Confeffeur duRoy.
: Ily a buit Aumoniers , deux
àchaque Quartier.
M. l'Abbé Morel , Chanoi
ne de l'Eglise de Paris &Confeiller
au Parlement......
Mal'Abbé de Maulevrier,
Chanoine& Comte de Lyon.
pandane
GALANT
M'Abbéd Entragues ,
Abbé de Valence, couro sb
M.l'Abbé du Cambour,
M. l'Abbé d'Argentre, Abbéde
Sainte CROIXIM
M. l'Abbé de Choiſeul
M. l'Abbé de Rochebonne,
Grand Vicaire de Lyon
M. l'Abbé de Froulay ,
Grand Vicairede Toulouſe.
Ily a huit Chapelains dequartier
un ordinaire .
M Salomongod of M
M. Henrion.
M. Fauvel ; Chanoine de S.
Quentin& Abbé deClairfay.
M. de la Croix , Docteur
deSorbonne.
134 MERCURE
M. de Varcanes Docteur
de Sorbonne.
M. Traboüiller , Chanoine
deMeaux.I
M. Poiffon ,Abbé deBournet
.
MGoüault.
Un Chapelain ordinaire
&Sacristain.
M. Archon , Abbé de S.
Gilbert.
Ily a huit Clercs deChapelle.
M. Pothonier , Docteur en
Theologie
M. Pelliffier .
M. Buffon, Chanoined'Or-
Jeansd
:
1
GALANT. 135
M. Pernoſt , Prieur d'Ef-
い
pointed
2010
Ob MoHazon J.M
M. Bezançon, Chanoine de
Methonian M
M. Maupoint.
M. Johor 1 1
Le Maistre de la Chapelle-
Musique.
M. leCardinal de Polignac.
Cette Chapelle est composée des
Chapelains pour les grandes Meffes,
quifont:
M. Jouilhac
Dubais . 2.
NG
136 MERCURE
Quatre Clercs de Chapelle.
M. Bourgain ,Chanoine de
Reims papa sud.M
M. Caillet , Principal du
College des Craffins.
M. Tiſſu , Chanoine de S.
Nicolas du Louvre.
M. Poitevin Chanoine de
Reims.
Un Clerc ordinaire.
1
M. Favart , Chanoine de
Reims.
Cette Chapelle comprend tous
les Muſiciens & Symphonistes ,
quifont en tres-grand nombre.
Du
1
GALANT. 137
DuGrandMaistre de laMaiſon
du Roy
M. le Duc, Princedu Sang.
Surintendant à l'éducation
du Roy.
M. le Duc du Maine , Prince
Souverain de Dombes .
Le Gouverneur du Roy
M. le Maréchal de Villeroy.
Le Sous-Gouverneur.
M. le Comte de Ruffey.
Trois. Gentilshommes de la
Manche.
M. Dauffi .
M. Darcis .
M. de Pezé.
Decembre 1715. M
٤
138 MERCURE
4 Une Gouvernante...
Me la Ducheffe de Ventadour.
2
Une Sous-Gouvernante.
Me de la Lande .
7
Le premier Maistre d'Hostel.
M. le Marquis de Livry.
900
Douze Maistres d'Hostelfervantsparquartiers
, unMaiftre
d'Hoftel ordinaire. Mol 24
M. leComte d'Igny.
M.Dappoigny.
M. de la Godiniere.20
M. de Francine.
Mde laMeſangere.
M.Dumans.
M. Darzilliers.
GALANT 139
MadeMalegre M
Maade Cambraya
Ma de Montman l
-M.D'Herouvillo
N.... andmed
VaAdaifore d'Hostelordinaire.
M. de Vauvré , Intendant,
&du Conſeil de laRegence.
Du grand RannetierANT
-Mille Duc de Briffac.
Trente fix Gentilshommes
Servants / T
LG Le grandChambellan )
M. le Duc d'Albret
Quatre premiers Gentilshommes
de la Chambre.
M. le Duc de Threſmes.
4
Mij
140 MERCURE
M. le Duc d'Aumohrl
M. le Duc delaTremoille-
M. le DucdeMordemalt.
Quatre premiers Valers-de-
Chambre.....
M leMarquis deGambais,
Gouverneur de LimogesM
M.Bontemps
Mile Marquis de Chance-
?
Trente - deux Valets - de-
Chambre , fervans hoit par
quartierend Ahsulot M
Grand Maistre de la Garde-robe
M. lo Duc de la Rochefoucaatmida
ob sul sl .M
M
GALANT. 141
Deux Mailtresde la Garderobe:
salepМ М
M. le Marquis de la Salle
M. le Marquis de Mailleboisparovi
of of M
1 Premier Medecin.IM
M. Poirier. 71023
Huit Medecins fervans par
quartiersbou
Sous PremierChirurgien.
M. Maréchal.
M
M
Huit Chirurgiens forvans
par quartier, ashxis
Un Apotiquaire & quatre
aides , mob M
Un Directeur General des Ba
timensupig
M. le DuodAntid...
142 MERCURE
Le grand Maréchal des Logis.
M. le Marquis de Cany
Quatre Capitaines des Gardes
du Corps.
M. le Duc de Noaillesand
M. le Maréchal Duc d'Harcourt
.
M. le Duc de Villeroy.
4
M. le Duc de Charroft
M.fonFils reccuen ſurvivance.
Un Major. 11
MDavignono H
DeuxAydes Majorso q
CM. deBruzac.iroga att
M. de Parıfontaine.
12. Lieutenants fervants
par quartier.
12. Enfeignos
GALANT. 143
Capitaine des Cent- Suiffes .
M. le Marquis de Courtanvaux.
MO
Le Capitaine des Gardes
dela Porde
M. leMarquis de laChaife.
Le Capitaine des Gardos de la
Prevofté de l'Hostel.
M.leComtede Montſoreaus
Le Capitaine- Lieutenanti11
desGendarmes.
M. le Prince deRohana
Le Capitaine Litutenam
des Chevaux- Legers
M le Duc deChaulnes.
T
-LeColoneldesGardes Françoises.
M. le Duc de Guiche.
...11
144 MERCURE
Le Colonel General des Suiffes.
M.leDucduMaine,Prince
Souverain de Dombes.v
Le Colonel du Regiment
des Gardes Swiffes .
Mide Raynold.
Le GrandEcuyer.
M. le Comte d'Armagnac,
Chevalier de l'Ordre du Saint
Efpritai
Trois Ecuyers Cavalcadours.
Mode Vaux
M.de Romance.DA
M. de la Magdelaine.
Frois Ordinaires . LI
M. de Neuville.
MdAvricourt.1 M
Ν... Le
GALANT 145
Le Premier Ecuyer.
M. de Beringhen ,Chevalier
de l'Ordre du Roy.
Vingt Ecuyers ſervants par
quartier.
د. Ilyagrand nombre desPages
de la grande&petite Ecurie
, fans compter ceux de la
Chambre.
AMLe Grand Fauconnier.
Male Comte des Marets,
Le Grand Louvetier.
M. leMarquisd'Heudicourt.
LeJuge de la Cour.
LeGrand Prevoſt de France.
LeGrand-Maître desCeremonies.
M. le Marquis de Dreux.
Decembre 1715. N
146 MERCURE
Un Maître desCeremonies.
M. Deſgranges. " sh.M
Deux Introducteurs des Ambaf
Sadeurs .
M.le Marquis de Magni .
M. le Chevalier deSanctor,
MAISON DE MADAME ,
Fille de France , Duchéſſe
de Berry.
Officiers Ecclefiaftiques.
Un premier Aumônier.
M. l'AbbédeCaſtriez,Abbé
deValmagne ,& deMonaftier.
GALANT . 147
i
Quatre Aumoniers.
M. l'Abbé de Berny.
M. l'Abbé de Rouget ,
GrandVicaire d'Alby.
M. l'Abbé du Tremblay.
• M. l'Abbé Danglade.
Un Aumônier ordinaire.
M. l'Abbé d'Avejan, Prieur
du Vigan.
Quatre Chapelains.
M. Dupleffis , Chanoine de
S. Quentin.
M. Levouë , Chanoine du
Mans .
M. Girard , Chanoine de
Clermont.
Nij
148 MERCURE
M. Rafy , Chanoine d'Auxerre.
Un Chapelain ordinaire.
M. Capet.
Quatre Clercs de Chapelle.
M. Rabeuf , Principal du
Prin
College de Preſſes.
M. Francfort,
M Lucas .
M. Guinot , Chanoine de
Beaun
Un Clerc de Chapelle ordinaire.
M. Bayo.
The Un Copfefleur. L
Ν...
Un Confeffeur du commun.
M. Avenel.
८
GALANT. 149
Un Sommier de Chapelle.
M. Dupuis.
CHAMBRE.
DAMES.
Une Dame d'Honneur.
Me la Duchefſſe de S. Simon.
Une Dame d'Atour.
Me la Marquifede Pons
S. Maurice.
131 Dames du Palais
&
MelaMarquiſe de Brancas.
Me la Comteſſe de Clermont.
Me la Marquiſe d'Armen
tieres.
Niij
150 MERCURE
Me la Marquiſe deBeauvau.
Une premiere Femme de
Chambre.
Mlic. Davaiſe... d
Douze Femmes de Chambre.
Quatre Huifiers de la
Chambre.
Un ordinaire .
Quatre Huiffiers du Cabinet.
Quatre Huiffiers de l'Antichambres
HUuDp M.M
Huit Valets deChambre.
Unordinaire.
Officiers de Santé.
Un premier Medecinis
M. Douté.
GALANT 151
Un Chirurgien du Corps .
M. Lardy.
Un Apoticaire du Corps.
M. Imbert.
Garderobe.
Quatre Valets de Garde-
Qua
robe.
Un ordinaire.
UnPorte- Manteau .
M. Jolly.
Chambre aux Deniers.
Un Chevalier d'Honneur.
M. le Marquis de Goëtenfao
, Lieutenant general des
Armées du Roy...M
Un premier Maistre d'Hostel.
M. le Comte de Saumery.
Niij
152 MERCURE
QuatreMaistres d'Hostel.
M. de la Marc..
M. Tourole. BRO
M. Juffan . admi.M
M. de la Valette.
1
Un Maistre d'Hostel ordinaire.
M. Bertin.
Doux Controlleurs generaux.
M. Levesque.
IN
M. le Baſtier.T.M
Huit Gentilshommesfervants.
M. Champion.S
M.Pingré.
Mol M
MdeCourcelles.pilo
M. Deſenelos.chsmA
M.de Bertun.
M.Larconcau.M
GALANT. 153
M. Porot.
M. de la Girardiere.
Un Gentilhomme ſervant
simordinaire M
M. deLaverdina LŨ
Un Controlleur Clercd'Office.
M. Pezier.
QuatreControlleursClercs
2000
Ecurie.
Un premier Ecuyer.
M. le Chevalier d'Hautefort
, Maréchal des Camps &
Armées du Roy.
ໂຄວ
Quatre Ecuyers.
M. de Makan
M. Boubée , Capitaine de
Cavalcric.
154 MERCURE
2 M. de Suzanges .
M. du Faure.05.11
Un Ecuyer Cavalcadour.
M. de la Vaſſorerie .
Un Maréchal des Logis
Un Fourier.RODU
Un Controlleur generaldes
Un Secretaire des Commandemens,
Maison, Finances.
M. deMontgelas
Un Surintendant des Maiſons
Finances, 1101 t
M. de Maynon.
Un Intendant des Maiſons
Finances. M
th Mi Paulmier, deng.M
A
رک
GALANT. ISS
Six Secretaires de Finances.
Un Secretaire ordinaire.
Un Treforier General de la
maison.
M. de Merandon .
UnGouverneur & un ſous-
Gouverneur des Pages.
Un Chapelain & Precepteur.
M. Stephanel , Chanoine
dePignetol.
Do Gardes duCorps François.
M. de Roye,Marquis dela
Rochefoucault, Maréchal des
Camps & Armées du Roy ,
Capitaine LieutenantdesGen
darmes Flamands.
156 MERCURE
:
Vn Lieutenant.
M. le Comte de Rion.
Vn Enseigne.
M. le Chevalier deCourtemer.
DeuxExempts.
M. le Marquis de Sabran.
M. le Marquis deBriquemaure.
Doux Maréchaux de Logis.
M. du Coudray.
N.
Un Officier des Gardes du
Corps Suiffes.ов М
CinquanteGardesduCorps.
UnTrompette.
Un Tymbalieriσμο
Vn Treforier
M. de S. Bonet.
GALANT. 157
********
MAISON DE MADAME ,
Ducheffe d Orleans .
Un premier Aumônier,
M. l'Abbé de Magnas.
Quatre Aumonters, M
M. l'Abbé Berthet , Prieur
de S. Leonard de Dreux!
M.I Abbé de Verthamont,
Grand Vicaire de Nantes.
A M. l'Abbé de Belle Fontaine.
M. l'Abbé Dubuc
Un Aumônier ordinaire.
M ! Abbé de Lagors,Chanoine
de Metz. ;
158 MERCURE
Quaire Chapelains..
M. Mouchet.
M Cornuo.
M. Roblattre.
Ν....
Un Chapelain ordinaire.
M. Refſeguier.
Quatre Clercs de Chapelle.
M. de Lamothe Vilbray.
M. de Maumonet.
M. Bloüin .
M. de S. Martin , Archidiacre
de S. Brieuc.
Un Clerc de Chapelle ordinaire.
M. Maillard.
Confeßeur ordinaire.
Le R. P. de Linieres,Jeſuite.
GALANT 139
- Un Aumômerdu Commun.
M Coſtel , Chanoine de
SainteOpportuni
Un Confeßeur du Commun.
M.Morlet .
Un Sommier de Chapelle.
M Prevons dou
CHAMBRE.
DA ME
Dame d'Honneur
Madame la Ducheffe de
- Brancas.
Dame d'Atour.
Madame de Chaſteautiers.
12. Femmes de Chambre.
160 MERCURE)
Premier Medecin.
MoTered biob M
Un Chirurgien du Corps.2
M. Carrere.
Vn Apoticairedu Corps.M
M. Bolduc. eine 2
Un Chevalier d'Honneur.
M. le Marquis de Soliers.
DeuxpremiersMaistres d'Hôtel.
M. de Collins,Seigneur de
Lucante.
M. Leauthier ,Capitaine de
Vaificau .
Quatre Maistres d'Hostel
M. Boüillerot.
M. Chapotin.
M. Aubert.
Μ.
1
GALANT. 161
M. Dazy.
Un Maistre d'Hostel ordinaire.
M. Hardy.
Deux Controlleurs Generaux.
M. de la Fonſtiere.
M. Le Grand..
Huit Gentilshommes fervants.
Quatre Controlleurs.
Un Controlleur ordinaire.
Ecurie.
Un premier Ecuyer.
M. le Comte de Simianes.
Quatres Ecuyers..
M. le Roy
M. de Leſcure.
Decembre 17.15.
:
A
162 MERCURE
M. Moët.
N. !
Vn Ecuyer ordinaire.
M. de Balenne.
Deux Ecuyers Cavalcadours.
M. de Vaux..
- M. Sevin.
Un Secretaire des Comman
licdemens.
M. de Baudry , Maître des
Requeſtes , & du Conſeil de
Regence.
Vn Treforier de la maison.
MidaPigisaree of M
Vn Gouverneur des Pages.
M. de Grandchamp.
Vn Precepteur &Aumônier.
M. Baſtide.
GALANT. 163
MAISON DE MONSIEUR
le Duc d'Orleans , Petit Fils
de France , Regent du
Royaume.
Officiers Ecclefiaftiques.
Un premier Aumônier.
M. l'Abbé de Treſſan ,
Comte de Lyon , Abbé de
Longpont & de Lepau.
Le R. P. Confeffeur.
Le R. P. du Trevou, Jeſuite.
Vn Maistre de l'Oratoire,
M. l'Abbé de Simiane.
Vn Maistre de la Chapelle &
Mufique.
M. l'Abbé Pajot. Oij
164 MERCURE
Quatre Aumôniers.
M. Abbé Mallet
M. l'Abbé Dionis .......
M. l'Abbé Sonning , Abbé
deBaugency.
M'Abbé de Ruaudě.
Vn Aumônier ordinaire.
M. l'Abbé de Rabines, Abbé
de S. Jean en Vallée &
Chanoine du Mans
Quatre Chapelains.nod
M. Larcher , Chanoine de
Clery.c
4
M. de Bremond
M. Caper.
M. Bayo.
AM
Quatre Clercs de Chapelle.
M.Domino.CATM
GALANT. 165
M. Gervais , Chanoine de
Clery.
Ν. Ν.
Vn Clerc de Chapelle ordinaire.
M. Harcourt! TO
Vn Aumônier & Confeffeur de
laMaison.
* M. Seiguenor.
LaChambre.
Deux premiers Gentilshommes
de la Chambre.
M. le Marquis d'Armentieres.
M. le Marquis de Simiane.
Quatre Chambellans.
M. le Marquis de la Guierthe
intent o
166 MERCURE
M. Cabre.
M. Fargis.
M. Maſparo.
Vn Chambellan ordinaire.
M. de Turmenyes.
Plufieurs Gentilshommes
de la Chambre.
Vn Introducteur des Ambaſladeurs
.
M Marpre scars Cl
Vn Gouverneur des Pages.
لا
Officiers de Santé.
.201
Vn premier Medecin .
M. de Chirac , Profeſſeur
en l'Univerſité de Montpellier
& de l'Académie des
Sciences.
د
GALANT. 167
Quatre Medecins.
M. Helvetius.
M. Vignon.
M. Seignette.
M Imbert .
Vn premier Chirurgien.
M. Hardy.
Quatre Chirurgiens.
M.Batıffier.
M. Franchet.
M. Lemoine.
M. Creſpin.
2
Vn Chirurgien ordinaire.
M. Dumont...
QuatrepremiersValetsde-Chambres
ordinaires...
M. Coche.
168 MERCURE
M. de S. Leger.
M. Imbert.
M. Deſnots.
Pluſieurs Huiffiers pour la
Chambre ,, anti Chambre &
Cabinet.
Huit Valetsde Chambre.
Un ordinaire..
Garderobe.
10
Deux Maistres de la Garderobe..
M. le Marquis de Pluvaut.
M. le Comte deBreauté.
Vn premier Maistre d'Hoſtel.
M. de Matarel. JM
Quatre Maistres d'Hostel
' M. Gaillard.
M. lc Febvre.
M
GALANT .. 169
M. Maupoint.
M. Coufin
Deux Controlleurs Generaux.
M. de Lurel.
M. de Freſquiere. M
Huit Gentilshommesfervans.
Ecurie.
1
Un premier Ecuyer.
M. leMarquis Deffiat, Chevalier
de l'Ordre du S. Eſprit.
Quatre Ecuyers.
M. le Caron.
M. Dombrer.de
M. Duchefne.
Ν. TM
Decembre 1715 . P
170 MERCURE
Un Capitaine des Gardes de la
Porte.
A
M. de Longeville.
Un Lieutenant.
M. Torfe. A
Gens du Confeil.
Un Chancelier & garde des
Sceaux.
M. Terat , Marquis de
Chantôme , Officier de l'Ordre
du S. Eíprit.
Deux Secretaires des Commandemens.
M. l'Abbé de Theſut .
M. Doublet.
Un Sur- Intendant des Finances.
M. Terat.
GALANT. 171
Deux Intendans.
M. de S. Jorry.
M. Baille.
Un Aumônier pour l'Ecurie.
M. Boüillerot
Un premier Veneur.
M. le Marquis d'Effiar .
Gardes du Corps Francois.
Deux Capitaines.
M. le Marquis d'Etampes ,
Chevalier de l'Ordre du S.
Eſprit .
M. le Marquis de la Fare.
Deux Lieutenans.
M. de Lagni .
M. de Marolles.
Pij
172 MERCURE
Deux Enseignes .
M. de S. Germain,
M. de la Bachelerie.
Gardes du Corps Suißes.
Un Capitaine .
M. le Marquis de Nancré.
Deux Lieutenans.
M. de Chevry.
M. de Filtz .
Un Sur-Intendant des Bastimens.
M. de Terat...
Un Intendant.
M. Girard.
GALANT. 173
********
MAISON DE MADAME
la Ducheſſe d'Orleans .
Officiers Ecclefiaftiques.
M. l'Abbé Genais de l'Académie
Françoiſe .
M. l'Abbé Boulanger.
Un Chapelain.
M. le Page.
-Un Clerc de Chapelle .
M. le Page.
DAMES .
La Dame d'Honneur.
Madame la Maréchale de
Rochefort.
Piij
174 MERCURE
La Dame d'Atour.
Madame la Marquiſe de
Caftriez .
1
Dames du Palais.
Madame la Marquiſe de
Conflans . :
Madame la Comteffe de
Tonnerre.
Madame la Comteſſe de
Poitiers .
Madame la Marquiſe d'Epinay.
Premiere Femme de Chambre.
Madame Imbert .
Onze Femmes de Chambre.
•Le Chevalier d'Honneur.
M le Marquis deCaſtriez.
GALANT. 175
e
Maistres d'Hostel.c
Un ControlleurGeneral.
11
M. Fronton de Vaugelas.
ном за Есuries DO 2109
Premier Ecuyer
1: Male Comte de S. Pierre.
Dlux Ecuyers.
Ma de la Serre Panat
MaGirautis
Eruyers Cavalcadours.
Made Buffe
LM.xDurand vanaiol !
Un Secretaire des Commande;
ios mensol sh 1
M. de S. Preſtros
Fermer
3691
p. 176-177
« S'il m'étoit permis de dire librement mon sentiment contre [...] »
Début :
S'il m'étoit permis de dire librement mon sentiment contre [...]
Mots clefs :
Nouvelles, Mercure galant
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « S'il m'étoit permis de dire librement mon sentiment contre [...] »
176 MERCURE
م
S'il m'étoit permis de dire
librement monſentiment contre
un uſage établidepuis pluſieurs
années,j'avoürois encore
une fois ingenuëment auxlecteurs
que je ne croy point le
Mercure Galant un Livre où
l'on doive's'attendre à trouver
des nouvelles , que leur merite
& la fraîcheur de leurs dates
puiſſent rendre intereſſantes
& qu'à l'exception de celles de
Paris , où ce Livre s'imprime ,
l'éloignement des lieux rend
toutes fos autres nouvelles fort
,
vieilles , lors qu'il paroift : &
que par confequent j'en fupGALANT
. 177
primerois ( fi c'étoit la mode
des Mercures ) generalement
toutes celles que les Gazettes
annoncent chaque ſemaine ,à
l'exception ſeulement de certainsgrands
évenemens qu'on
ne peut trop publier ; mais on
abeau dire on a l'entêrement
de vouloir des nouvelles , en
voicy quione font certaine--
ment pas mauvaiſend
م
S'il m'étoit permis de dire
librement monſentiment contre
un uſage établidepuis pluſieurs
années,j'avoürois encore
une fois ingenuëment auxlecteurs
que je ne croy point le
Mercure Galant un Livre où
l'on doive's'attendre à trouver
des nouvelles , que leur merite
& la fraîcheur de leurs dates
puiſſent rendre intereſſantes
& qu'à l'exception de celles de
Paris , où ce Livre s'imprime ,
l'éloignement des lieux rend
toutes fos autres nouvelles fort
,
vieilles , lors qu'il paroift : &
que par confequent j'en fupGALANT
. 177
primerois ( fi c'étoit la mode
des Mercures ) generalement
toutes celles que les Gazettes
annoncent chaque ſemaine ,à
l'exception ſeulement de certainsgrands
évenemens qu'on
ne peut trop publier ; mais on
abeau dire on a l'entêrement
de vouloir des nouvelles , en
voicy quione font certaine--
ment pas mauvaiſend
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3692
p. 177-183
NOUVELLES. A Venise le 23. Novembre 1715.
Début :
M. le Comte de Schulembourg doit estre arrivé hier [...]
Mots clefs :
Venise, République, Campagne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : NOUVELLES. A Venise le 23. Novembre 1715.
NOUVELLES
AVenisele 23.Novembre 171 5 .
.. M. le Comte de Schulembourg
doit eſtre arrivé hier
>
178 MERCURE
icy dans un Lazaret qui luy a
eſté préparé. Ilſera plus à
portéequ'à celuyde Verone ,
de conferer avec les Chefs de
ce Gouvernement ſur les operations
de la Campagne pro
chaine.
3.M. Grimani: qui abeſté élu
CapitaineGeneral en la place
de M. Delphin commenceà
fe laiffer perfuader d'accepter
cet employ ; mais il fait en
même-remps des demandes
pour eſtre misen état de le pou
voir foutenir mieux que ne
pouvoit faire fonpredeceffeur.
Il demande troupes , muniGALANT
179
tions & argent en beaucoup
plusgrandequantité.
L'on a appris que M. Delphin
étoit de retour à Zante,
de la courſe qu'il a faite dans
l'Archipel. Il s'eſt avancé julqu'auCap
Doro dans l'Iſle de
Negrepont , d'où il a eſté obli
gé par un vent contraire de
retourner ſur ſes pas. Sa pre
fonce acausé de l'allarme aux
habitants des Ifles de l'Archi
pel qui ſe ſont donnez avis les
uns aux autres de ſa proximité,
par de grands feux qu'ils ont
allumez dans ces Ifles. Huir
Galeres qui étoient à Mitilene
180 MERCURE
ſe ſont retirées promptement
dans leCanalde Conſtantinople.
04
Il est arrivé des Lettres du
General de Dalmatie , & du
Commandant de Caſtel- Nuovo.
Ils mandent que les Turcs
s'étoient enfin retirez dans
leurs quartiers d'hyver ; mais
qu'ils faiſoientdans l'Albanie ,
dans l'Epie& dans les Provinces
du voisinage,des amas immenſes
de proviſions , &munitions
de guerre. Ils rendent
compte de l'état où se trouvent
toutes les Places de Dal-s
matie& celles de Caſtel-Nuos
GALANT. 181
!
vo ,&de cequi feroit neceſſaire
pour les mettre en état de
deffenfe ,& ils ſupplient le
Senat de leurenvoyer ces fecours
le plus promptement
qu'il fera poffible.
On affeure que certainementla
Republique n'a encore
ſigné aucun traité avec l'Empereur
,& que queiquebeſoin
que l'on ait icy d'une diverſion
puiſſanteen Hongrie , on ne
peut ſe réfoudre à confentir à
de certaines conditions que ce
Prince voudroit exiger de la
Republique. A
Le Conſul de la Nationa
182 MERCURE
1
remis aujourd'huy au College
les Paffeports du Roy , pour
les Ambaffadeurs Extraordinaires
de la Republique.
On eft informé icy de la
crainte où l'on eſt preſentement
à Vienne d'eftre attaqué
laCampagne prochaine par les
Tures dans la Hongrie,& on
croit que peut- eſtre l'on voudraprofiter
de cette occafion
favorable pour faire la paix
avec la Porte,qui vray ſemblablement
n'en ſerapas éloignée.
Le Prince Electoral de Baviere
doit venir inceſſamment
icy pour paſſer de-là à Rome,
GALANT. 183
on luy a déja retenu unPalais.
Il ſera accompagné de ſept
Seigneurs de ſa Cour & ſuivy
de ſoixante perſonnes.
AVenisele 23.Novembre 171 5 .
.. M. le Comte de Schulembourg
doit eſtre arrivé hier
>
178 MERCURE
icy dans un Lazaret qui luy a
eſté préparé. Ilſera plus à
portéequ'à celuyde Verone ,
de conferer avec les Chefs de
ce Gouvernement ſur les operations
de la Campagne pro
chaine.
3.M. Grimani: qui abeſté élu
CapitaineGeneral en la place
de M. Delphin commenceà
fe laiffer perfuader d'accepter
cet employ ; mais il fait en
même-remps des demandes
pour eſtre misen état de le pou
voir foutenir mieux que ne
pouvoit faire fonpredeceffeur.
Il demande troupes , muniGALANT
179
tions & argent en beaucoup
plusgrandequantité.
L'on a appris que M. Delphin
étoit de retour à Zante,
de la courſe qu'il a faite dans
l'Archipel. Il s'eſt avancé julqu'auCap
Doro dans l'Iſle de
Negrepont , d'où il a eſté obli
gé par un vent contraire de
retourner ſur ſes pas. Sa pre
fonce acausé de l'allarme aux
habitants des Ifles de l'Archi
pel qui ſe ſont donnez avis les
uns aux autres de ſa proximité,
par de grands feux qu'ils ont
allumez dans ces Ifles. Huir
Galeres qui étoient à Mitilene
180 MERCURE
ſe ſont retirées promptement
dans leCanalde Conſtantinople.
04
Il est arrivé des Lettres du
General de Dalmatie , & du
Commandant de Caſtel- Nuovo.
Ils mandent que les Turcs
s'étoient enfin retirez dans
leurs quartiers d'hyver ; mais
qu'ils faiſoientdans l'Albanie ,
dans l'Epie& dans les Provinces
du voisinage,des amas immenſes
de proviſions , &munitions
de guerre. Ils rendent
compte de l'état où se trouvent
toutes les Places de Dal-s
matie& celles de Caſtel-Nuos
GALANT. 181
!
vo ,&de cequi feroit neceſſaire
pour les mettre en état de
deffenfe ,& ils ſupplient le
Senat de leurenvoyer ces fecours
le plus promptement
qu'il fera poffible.
On affeure que certainementla
Republique n'a encore
ſigné aucun traité avec l'Empereur
,& que queiquebeſoin
que l'on ait icy d'une diverſion
puiſſanteen Hongrie , on ne
peut ſe réfoudre à confentir à
de certaines conditions que ce
Prince voudroit exiger de la
Republique. A
Le Conſul de la Nationa
182 MERCURE
1
remis aujourd'huy au College
les Paffeports du Roy , pour
les Ambaffadeurs Extraordinaires
de la Republique.
On eft informé icy de la
crainte où l'on eſt preſentement
à Vienne d'eftre attaqué
laCampagne prochaine par les
Tures dans la Hongrie,& on
croit que peut- eſtre l'on voudraprofiter
de cette occafion
favorable pour faire la paix
avec la Porte,qui vray ſemblablement
n'en ſerapas éloignée.
Le Prince Electoral de Baviere
doit venir inceſſamment
icy pour paſſer de-là à Rome,
GALANT. 183
on luy a déja retenu unPalais.
Il ſera accompagné de ſept
Seigneurs de ſa Cour & ſuivy
de ſoixante perſonnes.
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3693
p. 183-189
A Rome ce 23. Novembre 1715.
Début :
Dimanche matin le Pape fut au Vatican où il dîna. Il [...]
Mots clefs :
Pape, Rome, Empereur, Sainteté
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A Rome ce 23. Novembre 1715.
A Rome ce 2 3. Novembre171 5.
- Dimanche matin le Pape
fut au Vatican où il dîna. Il
fut enſuite paffer quelques
heuresdans la Salledes Archi
ves avant que de retourner à
Monte-Cavallo , il deſcendit
dans S. Pierre pour faire ſa
priere , il y confideraavecplaifir
la belle lampe d'argent qu'il
yafait faire qui acoûté 3000.
184 MERCURE
écus. Une partie de cette fomme
a cité prife des amendes
auſquelles pluſieurs perſonnes
de distinction furent condamnées
il yaquatre ans , pour
avoir donné bal contre les
deffenſes qui en furent faites
alors. Sa Sainteté a auffi contribué
du ſien à cettedépenſe.
Le même jour Dimanche
au ſoir le Pape cût quelque accés
de fiévre dont il fut encore
incommodé le jour ſuivant ;
mais Sa Sainteté eſt à preſent
bien remiſe de cette indiſpofition.
1
Jeudy l'Ambaffadeur de
!
l'Empereur
GALANT. 185
l'Empereur fut rendre vifite à
celui dePologne, qui donna un
beau rafraîchiſſement. Ce Miniſtre
en fortant faillit à tom.
ber à la deſcente de l'eſcalier , &
ſe fit fi mal à un doigt en voulant
ſe retenir qu'on le crût
d'abord rompû . Cela n'a pourtant
pas empêché qu'il ne ſoit
allé Vendredy 6. à l'Audience
du Pape.
On a appris icy preſqu'en'
même temps la mort de quatre
Evêques , ſçavoir de Citta
• deCaſtello, d'Orvieto ,deMafia
& d'Umbriatico ; on ſuppoſe
qa'ils ont eſté empoifonnez,&
Decembre 1715 .
186 MERCURE
ce qui donne licu à cette ſuppoſition
, eſt que le Viceroy de
Naples , a , dit on , envoyé des
Commiſſaires à Umbriatico
pour informer là- deſſus.
Le Cardinal Spada vint dernierement
de ſon Evêché d'or
fino à Rome ; mais il ne s'y eſt
arrêté que deux jours , encore
s'eſt- il tenu pendant ce peu de
tempsdans unparfait incognito
chez l'Avocat Montecatini .Le
motif de ſa venuë n'eſt autre
choſe que pour ſe mettre par
ce moyen en état de pouvoir
participer au Rotolo. Il eſt
maintenant retourné à ſa réſiGALANT.
187
dence Epifcopale.
Mardy dernier M. de Gamache
, nouvel Auditeur de
Rote pour la France , ſoûtint
ſa Theſe avec un applaudiſſement
univerſel.
Le bruit s'eſt répandu icy
que le Roy de Portugal pourroit
bien venir à Rome par
devotion , mais tout-à-fait incognito.
On veutmême que le
Pape ait donné cette nouvelle
dans la Congregation duSaint
Office de Jeudy dernier . On
ajoûte que Sa Sainteté eftdans
le deſſein , au cas que cela arrive
, de loger Sa Majefté au
Qij
188 MERCURE 6
Vatican dans l'Appartement
des Etrangers.
Ces jours paffez pluſieurs
Archers du Capitole traveſtis
ſe trouverent prochedes André
de la Val , Quartier de
l'Ambaſſadeur de l'Empereur,
malheureuſement pour eux
ils furent reconnus par desDomeſtiques
de ce Miniſtre , qui
aprés les avoir defarmez , leur.-
donnerent des coups de bâtons.
Pareille choſe arriva à un
autre Archer , qui dans la maifon
du Marquis de Bufalo receut
le même traitement des
GALANT. 189
Domestiques du même Ambaffadeur
, & fr cet Archer
n'eût dit qu'il étoit venu par
ordre de M. le Gouverneur ;
pour le fervice du Marquis , if
n'en auroit pas été quitte à ſi
bonmarché.
- Dimanche matin le Pape
fut au Vatican où il dîna. Il
fut enſuite paffer quelques
heuresdans la Salledes Archi
ves avant que de retourner à
Monte-Cavallo , il deſcendit
dans S. Pierre pour faire ſa
priere , il y confideraavecplaifir
la belle lampe d'argent qu'il
yafait faire qui acoûté 3000.
184 MERCURE
écus. Une partie de cette fomme
a cité prife des amendes
auſquelles pluſieurs perſonnes
de distinction furent condamnées
il yaquatre ans , pour
avoir donné bal contre les
deffenſes qui en furent faites
alors. Sa Sainteté a auffi contribué
du ſien à cettedépenſe.
Le même jour Dimanche
au ſoir le Pape cût quelque accés
de fiévre dont il fut encore
incommodé le jour ſuivant ;
mais Sa Sainteté eſt à preſent
bien remiſe de cette indiſpofition.
1
Jeudy l'Ambaffadeur de
!
l'Empereur
GALANT. 185
l'Empereur fut rendre vifite à
celui dePologne, qui donna un
beau rafraîchiſſement. Ce Miniſtre
en fortant faillit à tom.
ber à la deſcente de l'eſcalier , &
ſe fit fi mal à un doigt en voulant
ſe retenir qu'on le crût
d'abord rompû . Cela n'a pourtant
pas empêché qu'il ne ſoit
allé Vendredy 6. à l'Audience
du Pape.
On a appris icy preſqu'en'
même temps la mort de quatre
Evêques , ſçavoir de Citta
• deCaſtello, d'Orvieto ,deMafia
& d'Umbriatico ; on ſuppoſe
qa'ils ont eſté empoifonnez,&
Decembre 1715 .
186 MERCURE
ce qui donne licu à cette ſuppoſition
, eſt que le Viceroy de
Naples , a , dit on , envoyé des
Commiſſaires à Umbriatico
pour informer là- deſſus.
Le Cardinal Spada vint dernierement
de ſon Evêché d'or
fino à Rome ; mais il ne s'y eſt
arrêté que deux jours , encore
s'eſt- il tenu pendant ce peu de
tempsdans unparfait incognito
chez l'Avocat Montecatini .Le
motif de ſa venuë n'eſt autre
choſe que pour ſe mettre par
ce moyen en état de pouvoir
participer au Rotolo. Il eſt
maintenant retourné à ſa réſiGALANT.
187
dence Epifcopale.
Mardy dernier M. de Gamache
, nouvel Auditeur de
Rote pour la France , ſoûtint
ſa Theſe avec un applaudiſſement
univerſel.
Le bruit s'eſt répandu icy
que le Roy de Portugal pourroit
bien venir à Rome par
devotion , mais tout-à-fait incognito.
On veutmême que le
Pape ait donné cette nouvelle
dans la Congregation duSaint
Office de Jeudy dernier . On
ajoûte que Sa Sainteté eftdans
le deſſein , au cas que cela arrive
, de loger Sa Majefté au
Qij
188 MERCURE 6
Vatican dans l'Appartement
des Etrangers.
Ces jours paffez pluſieurs
Archers du Capitole traveſtis
ſe trouverent prochedes André
de la Val , Quartier de
l'Ambaſſadeur de l'Empereur,
malheureuſement pour eux
ils furent reconnus par desDomeſtiques
de ce Miniſtre , qui
aprés les avoir defarmez , leur.-
donnerent des coups de bâtons.
Pareille choſe arriva à un
autre Archer , qui dans la maifon
du Marquis de Bufalo receut
le même traitement des
GALANT. 189
Domestiques du même Ambaffadeur
, & fr cet Archer
n'eût dit qu'il étoit venu par
ordre de M. le Gouverneur ;
pour le fervice du Marquis , if
n'en auroit pas été quitte à ſi
bonmarché.
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3694
p. 189-191
Extrait d'une Lettre du Cardinal de la Tremoille, du 23 Novembre.
Début :
Le Pape qui s'enrhuma Dimanche dernier en allant passer la [...]
Mots clefs :
Pape, Cardinal de la Trémoille
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Extrait d'une Lettre du Cardinal de la Tremoille, du 23 Novembre.
Extrait d'une Lettre duCardi
nal de la Tremoille , du
23. Novembre.
Le Pape qui s'enrhuma Dimanche
dernieren allant pafferla
journée au Vatican , a continue
d'être incommodé de fon rhume.
avec un peu d'alteration ,&cela
190 MERCURE
l'a empêché d'aſſiſterà la Chapelle
de l'Anniverſairedeſa créa
tion ; mais Sa Saintetéſe porte
mieux, &on efpere que celan'au
ra point defuite.
Le bruit s'estfort répandu icy
de la promotion prochaine desGar
dinaux , & quoyqu'on la donne
affeurée,j'ay de la peine à meperfuader
que le Pape ait un nombre
fuffisant de places vacantespour
remplir le nombre de ceux
que Sa Sainteté voudroit avancer
à la dignité de Cardinal. Il est
pray qu'elle voudroit bien auffi
faire un mouvementdanslaPrélature
, & cela neſe peut faire
GALANT9
qu'en élevant ceux qui en occupent
les principales Charges.
nal de la Tremoille , du
23. Novembre.
Le Pape qui s'enrhuma Dimanche
dernieren allant pafferla
journée au Vatican , a continue
d'être incommodé de fon rhume.
avec un peu d'alteration ,&cela
190 MERCURE
l'a empêché d'aſſiſterà la Chapelle
de l'Anniverſairedeſa créa
tion ; mais Sa Saintetéſe porte
mieux, &on efpere que celan'au
ra point defuite.
Le bruit s'estfort répandu icy
de la promotion prochaine desGar
dinaux , & quoyqu'on la donne
affeurée,j'ay de la peine à meperfuader
que le Pape ait un nombre
fuffisant de places vacantespour
remplir le nombre de ceux
que Sa Sainteté voudroit avancer
à la dignité de Cardinal. Il est
pray qu'elle voudroit bien auffi
faire un mouvementdanslaPrélature
, & cela neſe peut faire
GALANT9
qu'en élevant ceux qui en occupent
les principales Charges.
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3695
p. 191-196
De Hambourg. [titre d'après la table]
Début :
On écrit de Hambourg du 29. du mois passé, que les Lettres [...]
Mots clefs :
Roi de Suède, Stralsund, Hambourg, Camp, Ennemis
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Hambourg. [titre d'après la table]
On écrit de Hambourg du
29. du mois paſſé , que lesLettres
du Camp des Alliez devant
Stralzund portent que le
Roy de Suede , dans l'attaque
qu'il fit des forces des Alliez ,
qui avoient fait deſcente dans
l'Ifle de Rugen , avoit donné
des marques d'une valeur extraordinaire
, menant diverſes
fois à la charge ſa Cavalerie &&
fon Infanterie , qui combattirent
à ſon exemple avec une
vigueur ſurprenante ; mais
192 MERCURE
qu'il avoit enfin été obligé de
ceder au nombre fuperieurde
ſes Ennemis. Ily fut bleffé legerement
au bras , & ayant
appris que ſes retranchements
devant Stralzund avoient eſté
forcez , il reſolut d'y retourner
avec deux mille hommes,
pour tâcher de les reprendre,
laiſfant les meilleurs ordres
qu'il put dans Rugen. Depuis
fon départ les Alliez ſe font
emparez de toute l'Ifle le 17.
& on mande que de fix mille
hommes qui y étoient , ſeulement
deux mille s'étoient res
cirez à Stralzund avec le Roy
de
1
GALANT 193
de Suede; que le reſte avoit été
tué ou pris. Parmi les prifonniers
, les Majors Generaux
Marſchall , Mellin , Stromfelde
,& Grothauſen ; ſeize
Colonels , Lieutenants-Colonels
, ou Majors vingt-huit
Capitaines , trente fix Lieutenants
, Cornettes , ou Enſeignes
; deux mille Soldats ; foixante
& dix Canons. Les prifonniers
ont eſté partagez entre
les deux Rois , ainſi que
P'Artillerie , dont le Roy de
Pruſſe a cu la plus grande partic.
Le Roy de Dannemark a
pris poſſeſſion de l'Iſle de Ru-
Decembre1715. R
194 MERCURE
gen , oùil a mis pour Commandant
le General Dewitz ,
avec quatre Bataillons , & dix
Eſcadrons . La Garniſon de la
petite IſledeRugen,manquant
de vivres , a trouvé moyen de
s'embarquer , & de ſe retirer
en Suede. La Flotte Danoiſe
qui a ſervi à ladeſcentedeRugen
, bloque preſentement
Stralzund du coſté de la Mer .
Le Roy de Suede qui y eſtavec
fixmillehommes, eſt toûjours
àcheval , donnant ſes ordres
pour la conſervation de la-
Ville, qu'il eſt reſolu de deffendre
juſqu'à la derniere extreGALANT.
195
mité. Les afliegeans fouffrent
beaucoup dans leCamp, leurs
tranchées ayant eſté remplies
d'eau par les pluïes preſque
continuelles . On a cu avis que
la Flotte Sucdoiſe compoféc
dedix huit Vaiſſeauxde ligne ,
& de pluſieurs Bâtimens de
tranſport , avoit trois fois mis
àla voile à Carelſcroon ; mais
qu'elle y avoit toûjours clé
repouffée par les vents contraires.
On écrit de Dreſde quele
Roy de Pologne ſe préparoit
à en partir pour retourner à
Varſovie , afin de travailler à
appaiſer les troubles qui au.
Rij
196 MERCURE
gmentent en ce Pis-là.
29. du mois paſſé , que lesLettres
du Camp des Alliez devant
Stralzund portent que le
Roy de Suede , dans l'attaque
qu'il fit des forces des Alliez ,
qui avoient fait deſcente dans
l'Ifle de Rugen , avoit donné
des marques d'une valeur extraordinaire
, menant diverſes
fois à la charge ſa Cavalerie &&
fon Infanterie , qui combattirent
à ſon exemple avec une
vigueur ſurprenante ; mais
192 MERCURE
qu'il avoit enfin été obligé de
ceder au nombre fuperieurde
ſes Ennemis. Ily fut bleffé legerement
au bras , & ayant
appris que ſes retranchements
devant Stralzund avoient eſté
forcez , il reſolut d'y retourner
avec deux mille hommes,
pour tâcher de les reprendre,
laiſfant les meilleurs ordres
qu'il put dans Rugen. Depuis
fon départ les Alliez ſe font
emparez de toute l'Ifle le 17.
& on mande que de fix mille
hommes qui y étoient , ſeulement
deux mille s'étoient res
cirez à Stralzund avec le Roy
de
1
GALANT 193
de Suede; que le reſte avoit été
tué ou pris. Parmi les prifonniers
, les Majors Generaux
Marſchall , Mellin , Stromfelde
,& Grothauſen ; ſeize
Colonels , Lieutenants-Colonels
, ou Majors vingt-huit
Capitaines , trente fix Lieutenants
, Cornettes , ou Enſeignes
; deux mille Soldats ; foixante
& dix Canons. Les prifonniers
ont eſté partagez entre
les deux Rois , ainſi que
P'Artillerie , dont le Roy de
Pruſſe a cu la plus grande partic.
Le Roy de Dannemark a
pris poſſeſſion de l'Iſle de Ru-
Decembre1715. R
194 MERCURE
gen , oùil a mis pour Commandant
le General Dewitz ,
avec quatre Bataillons , & dix
Eſcadrons . La Garniſon de la
petite IſledeRugen,manquant
de vivres , a trouvé moyen de
s'embarquer , & de ſe retirer
en Suede. La Flotte Danoiſe
qui a ſervi à ladeſcentedeRugen
, bloque preſentement
Stralzund du coſté de la Mer .
Le Roy de Suede qui y eſtavec
fixmillehommes, eſt toûjours
àcheval , donnant ſes ordres
pour la conſervation de la-
Ville, qu'il eſt reſolu de deffendre
juſqu'à la derniere extreGALANT.
195
mité. Les afliegeans fouffrent
beaucoup dans leCamp, leurs
tranchées ayant eſté remplies
d'eau par les pluïes preſque
continuelles . On a cu avis que
la Flotte Sucdoiſe compoféc
dedix huit Vaiſſeauxde ligne ,
& de pluſieurs Bâtimens de
tranſport , avoit trois fois mis
àla voile à Carelſcroon ; mais
qu'elle y avoit toûjours clé
repouffée par les vents contraires.
On écrit de Dreſde quele
Roy de Pologne ſe préparoit
à en partir pour retourner à
Varſovie , afin de travailler à
appaiſer les troubles qui au.
Rij
196 MERCURE
gmentent en ce Pis-là.
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3696
p. 196-200
De Vienne. [titre d'après la table]
Début :
On mande de Vienne le 23. Novembre 1715. que le 17. [...]
Mots clefs :
Roi de Hongrie, Vienne, Armée
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Vienne. [titre d'après la table]
Onmande de Vienne le 23 .
Novembre 1715 que le 17.
de ce mois au foir ,& le 18. au
matin , on celebra les obfeques
du Roy Tres - Chrêtien
Loüis XIV. dans l'Egliſe des
Religieux Auguftins Déchauf.
fez prés du Palais. Ony avoit
dreſſe , par ordre de l'Empereur,
un magnifique mauſolée,
élevé juſqu'à la voute de l'Eglife
, orné de douze ſtatuës!,
d'emblêmes , &d'infcriptions
à la loüange du feu Roy, avec
une quantitéextraordinaire de
Hambeaux ,la veille &le jour on
-
GALANT. 197
:
fonna toutes lds cloches de la +
Ville,&desFauxbourgs.Lapremiere
Meſſe fut celebrée par
l'Evêque de Neustadt ,&la ſeconde
par un autre Evêque.
L'Empereury afſiſta avec
les Imperatrices Doüairieres ,
les Archiducheflies , les Miniftres
, les Seigneurs , &
&Dames de la Cour , tous
engrand deül. L'Imperatrice
Regnante ne pût pas s'y trous
ver , àcauſe de ſa groffeffe qui
eft fort avancée. Le 19. Feſte
de Sainte Elifabeth , fille d'André
Roy de Hongrie , l'Imperatrice
, & l'Archiducheſſe
Riij
198 MERCURE
foeur aînée de l'Empereur ,qui
en portent le nom ,receurent
ſuivant la coûtume , les complimens
de toute laCour , en
habits de ceremonic. Le 18,
le Regiment d'Infanterie Imperial
duComteMaximilien de
Staremberg arriva icy deBrif
gau , par le Danube , & il doit
inceflamment continuer ſa
route vers la Hongrie. Suivant
les derniers avis de Turquie,
le Grand Vifir ,& le Capitan
Pacha étoient arrivez à Andrinople
auprés du Grand Sei
gneur,qui devoit dans quinze
jours retourner àConſtantinoRQUE
DELA
199
GALANT DE
Ils travaulent àà augmen
ter l'Armée Navale , &les
forces deterre ,afin de former
trois Armées , l'une en Dalmatie
,l'autre fur les Fronticres
de Pologne , & de Mofcovie
,& la troifiéme du côté de
la Hongrie. Onajoûte que le
12. d'Octobre , le Caïmakam,
Gouverneur de Conftantino
ple , avon envoyé prendre à
Pera,par trente Tures , le Re
fident de la République de
Genes , qu'ils amenerent en
robe de chambre fans perruque
& fans chapeau. Le Caïmakam
luy reprocha que fa
ple.
مل
Rij
200 MERCURE
République avoit fourni des
Vaiſſeaux , des Matelors , &
d'autres ſecours aux Venitiens
contrele Grand Seigneur , &
enfuiteil le fit conduire ſur une
Tartanne Genoiſe qui étoit
dans le Port avec ordre de
د
partir inceſſamment.
Novembre 1715 que le 17.
de ce mois au foir ,& le 18. au
matin , on celebra les obfeques
du Roy Tres - Chrêtien
Loüis XIV. dans l'Egliſe des
Religieux Auguftins Déchauf.
fez prés du Palais. Ony avoit
dreſſe , par ordre de l'Empereur,
un magnifique mauſolée,
élevé juſqu'à la voute de l'Eglife
, orné de douze ſtatuës!,
d'emblêmes , &d'infcriptions
à la loüange du feu Roy, avec
une quantitéextraordinaire de
Hambeaux ,la veille &le jour on
-
GALANT. 197
:
fonna toutes lds cloches de la +
Ville,&desFauxbourgs.Lapremiere
Meſſe fut celebrée par
l'Evêque de Neustadt ,&la ſeconde
par un autre Evêque.
L'Empereury afſiſta avec
les Imperatrices Doüairieres ,
les Archiducheflies , les Miniftres
, les Seigneurs , &
&Dames de la Cour , tous
engrand deül. L'Imperatrice
Regnante ne pût pas s'y trous
ver , àcauſe de ſa groffeffe qui
eft fort avancée. Le 19. Feſte
de Sainte Elifabeth , fille d'André
Roy de Hongrie , l'Imperatrice
, & l'Archiducheſſe
Riij
198 MERCURE
foeur aînée de l'Empereur ,qui
en portent le nom ,receurent
ſuivant la coûtume , les complimens
de toute laCour , en
habits de ceremonic. Le 18,
le Regiment d'Infanterie Imperial
duComteMaximilien de
Staremberg arriva icy deBrif
gau , par le Danube , & il doit
inceflamment continuer ſa
route vers la Hongrie. Suivant
les derniers avis de Turquie,
le Grand Vifir ,& le Capitan
Pacha étoient arrivez à Andrinople
auprés du Grand Sei
gneur,qui devoit dans quinze
jours retourner àConſtantinoRQUE
DELA
199
GALANT DE
Ils travaulent àà augmen
ter l'Armée Navale , &les
forces deterre ,afin de former
trois Armées , l'une en Dalmatie
,l'autre fur les Fronticres
de Pologne , & de Mofcovie
,& la troifiéme du côté de
la Hongrie. Onajoûte que le
12. d'Octobre , le Caïmakam,
Gouverneur de Conftantino
ple , avon envoyé prendre à
Pera,par trente Tures , le Re
fident de la République de
Genes , qu'ils amenerent en
robe de chambre fans perruque
& fans chapeau. Le Caïmakam
luy reprocha que fa
ple.
مل
Rij
200 MERCURE
République avoit fourni des
Vaiſſeaux , des Matelors , &
d'autres ſecours aux Venitiens
contrele Grand Seigneur , &
enfuiteil le fit conduire ſur une
Tartanne Genoiſe qui étoit
dans le Port avec ordre de
د
partir inceſſamment.
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3697
p. 200-207
De Madrid. [titre d'après la table]
Début :
On écrit de Madrid le 25. Novembre 1715. que le [...]
Mots clefs :
Madrid, Roi, Vaisseaux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Madrid. [titre d'après la table]
On écrit de Madrid le
25. Novembre 1715. que le
19. le jour de Sainte Elifabeth,
qui eſt la feſte de la Reine ,
les Seigneurs allerent le matin
luy baifer la main , & les Dames
l'apreſdinée. Le 24 on
celebra dans l'Eghſe du ColleGALANT
2018
ge Imperial des Jefuitestes
obfeques desOfficiers ,&Soldats
morts au ſerviceduRoy.
LesGrands, les Officiers Militaires
,& les principaux Miniftres
y affifterent. Le 21. le
Roy fit publier uncOrdonnance
, par laquelleal elt enjoint à
tous les Officiers réformez del
ſe preſenteravec leurs Patentes
devant les CommiffairesGeneraux
,pour eltreenregiſtrez,
& eſtre employez quand l'occafion
s'en preſentera , ſelon
leurs ſervices ,&leurs merites."
On aeſté confolé par les nouvelles
qu'on a receuës do ta
202 MERCURE
Flottede lanouvelle Eſpagne,
pas leſquelles on afeeu qu'il
ne s'en estoit perdu que deux
Bâtimens, que d'autresavoient
échoüez ſur les Coſtes de la
Floride ; mais qu'on en avoit
retirétoutl'or ,&tout l'argent
&la plupart des marchandifes.
Sur ces avis , le Roy a
envoyé ordre à Cadis d'équi
- peravectoute la diligence pol
fible , quatre Valleaux qui y
font , &il a ordonné au Mar
quis de Valero , nommé à la
Viceroyauté de la nouvelleEfpagne,
de partir incellamment
pour aller àCadis s'y embarGALANT.
203
$
quer, Ses mitructions portent
qu'il ſe rendra en droiture à
la Havane, où ces quatre Vaif
ſeaux débarqueront les marchandiſes
qu'ils portent & ils
feront chargez des effets de la
Flotte ,qui vont à douze millions
d'écus en or& en argent
ſeulement.Onvouloit donner
la conduite de ces Vaſſeaux à
l'Amiral Don Andrezde Pezs
mais comme il s'eft excuſe ſur
fon grand âge ,on croit qu'on
nommera en ſa place le ſicur
AreſtiquetaBiſcain , qui a fait
pluſieurs fois le voyage des In
des Occidentales . En même
204 MERCURE
temps le Roy a donné le
Gouvernement de BuenosYa
rés au Brigadier Don Bruno
deZabala , la Lieutenance de
Roy ,& du Païs quien dépend
au Colonel Don Dionifio
Martinez de laVéga ,le Gouvernement
de la Havane , au
Brigadier Don Vincente de
Rexa , & la Lieutenance de
Roy de Portobelo , à Don
Manuel Rodriguez Carbonel,
Colonel du Regiment de Santiago.
Les dernieres Lettres
de Cadis portent que les quatre
Vanfeaux qui doivent por-
1
ter à Carthagene le Prince de
م
GALANT. 205
Santo Buono , Viceroy du
Perou ,avoient fait voile le 14.
eſcortez juſqu'aux,Canaries ,
pat un. Vaiſſeau François ,&
par les trois du ſieur Martinet.
Comme on travaille àlaug
menter les forces de laMarine,
tant pour la garde des Coſtes,
que pour envoyer plus ſouvent
des Flottes en Amerique , on
a publié dans tout le Royau
me , que toutes les perſonnes
experimentées dans la Marine
ayent à le preſenter dans les
Ports , pour eftre employées.
On écrit de Lisbonne du 11.
decemois ,que le PrinceDon
206 MERCURE
:
Manuël , frere du Roy , étoit
fortile4. ſous prétexte d'aller
àla challe versBelem , qu'aprés
yavoir fait ſes dévotions , il
s'étoit mis dans uneChaloupe
qu'il avoit fait preparer ,&
qu'il éroit allé s'embarquer fur
un Vaiſſeau Anglois qui l'attendoit
,& qui partit auſſitoſt
avecun vent favorable. Il n'avoit
avec luyqueDon Manuel
Telles de Sylva , fils du Comte
de Tarouca ,&deux domeſtiques.
Oncroit que le deſſein
de ce Prince eſt de voyager ,
ou d'aller en Hongrie pour
ſo trouver à la guerre contre
CALANI. 207
les Tures . Le même jour14.
une partiende la Flone du
Brefil entta dans le Tage fuivie
des autres Vaiſſeaux. On
affûrequ'elle est tres riche ,&
qu'elle eft chargée entr'autres
devingt millions de livres en
or. On ajoûte que les Corfaires
de Salé avoient pris fur les
cottes deux Vaiſſeaux François
, trois Hollandois ,& dix
Anglois.
25. Novembre 1715. que le
19. le jour de Sainte Elifabeth,
qui eſt la feſte de la Reine ,
les Seigneurs allerent le matin
luy baifer la main , & les Dames
l'apreſdinée. Le 24 on
celebra dans l'Eghſe du ColleGALANT
2018
ge Imperial des Jefuitestes
obfeques desOfficiers ,&Soldats
morts au ſerviceduRoy.
LesGrands, les Officiers Militaires
,& les principaux Miniftres
y affifterent. Le 21. le
Roy fit publier uncOrdonnance
, par laquelleal elt enjoint à
tous les Officiers réformez del
ſe preſenteravec leurs Patentes
devant les CommiffairesGeneraux
,pour eltreenregiſtrez,
& eſtre employez quand l'occafion
s'en preſentera , ſelon
leurs ſervices ,&leurs merites."
On aeſté confolé par les nouvelles
qu'on a receuës do ta
202 MERCURE
Flottede lanouvelle Eſpagne,
pas leſquelles on afeeu qu'il
ne s'en estoit perdu que deux
Bâtimens, que d'autresavoient
échoüez ſur les Coſtes de la
Floride ; mais qu'on en avoit
retirétoutl'or ,&tout l'argent
&la plupart des marchandifes.
Sur ces avis , le Roy a
envoyé ordre à Cadis d'équi
- peravectoute la diligence pol
fible , quatre Valleaux qui y
font , &il a ordonné au Mar
quis de Valero , nommé à la
Viceroyauté de la nouvelleEfpagne,
de partir incellamment
pour aller àCadis s'y embarGALANT.
203
$
quer, Ses mitructions portent
qu'il ſe rendra en droiture à
la Havane, où ces quatre Vaif
ſeaux débarqueront les marchandiſes
qu'ils portent & ils
feront chargez des effets de la
Flotte ,qui vont à douze millions
d'écus en or& en argent
ſeulement.Onvouloit donner
la conduite de ces Vaſſeaux à
l'Amiral Don Andrezde Pezs
mais comme il s'eft excuſe ſur
fon grand âge ,on croit qu'on
nommera en ſa place le ſicur
AreſtiquetaBiſcain , qui a fait
pluſieurs fois le voyage des In
des Occidentales . En même
204 MERCURE
temps le Roy a donné le
Gouvernement de BuenosYa
rés au Brigadier Don Bruno
deZabala , la Lieutenance de
Roy ,& du Païs quien dépend
au Colonel Don Dionifio
Martinez de laVéga ,le Gouvernement
de la Havane , au
Brigadier Don Vincente de
Rexa , & la Lieutenance de
Roy de Portobelo , à Don
Manuel Rodriguez Carbonel,
Colonel du Regiment de Santiago.
Les dernieres Lettres
de Cadis portent que les quatre
Vanfeaux qui doivent por-
1
ter à Carthagene le Prince de
م
GALANT. 205
Santo Buono , Viceroy du
Perou ,avoient fait voile le 14.
eſcortez juſqu'aux,Canaries ,
pat un. Vaiſſeau François ,&
par les trois du ſieur Martinet.
Comme on travaille àlaug
menter les forces de laMarine,
tant pour la garde des Coſtes,
que pour envoyer plus ſouvent
des Flottes en Amerique , on
a publié dans tout le Royau
me , que toutes les perſonnes
experimentées dans la Marine
ayent à le preſenter dans les
Ports , pour eftre employées.
On écrit de Lisbonne du 11.
decemois ,que le PrinceDon
206 MERCURE
:
Manuël , frere du Roy , étoit
fortile4. ſous prétexte d'aller
àla challe versBelem , qu'aprés
yavoir fait ſes dévotions , il
s'étoit mis dans uneChaloupe
qu'il avoit fait preparer ,&
qu'il éroit allé s'embarquer fur
un Vaiſſeau Anglois qui l'attendoit
,& qui partit auſſitoſt
avecun vent favorable. Il n'avoit
avec luyqueDon Manuel
Telles de Sylva , fils du Comte
de Tarouca ,&deux domeſtiques.
Oncroit que le deſſein
de ce Prince eſt de voyager ,
ou d'aller en Hongrie pour
ſo trouver à la guerre contre
CALANI. 207
les Tures . Le même jour14.
une partiende la Flone du
Brefil entta dans le Tage fuivie
des autres Vaiſſeaux. On
affûrequ'elle est tres riche ,&
qu'elle eft chargée entr'autres
devingt millions de livres en
or. On ajoûte que les Corfaires
de Salé avoient pris fur les
cottes deux Vaiſſeaux François
, trois Hollandois ,& dix
Anglois.
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3698
p. 207-213
De Londres. [titre d'après la table]
Début :
On écrit de Londres du 28. Novembre 1715. que le 25. [...]
Mots clefs :
Londres, Régiment, Dragons, Troupes, Général
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Londres. [titre d'après la table]
On écrit de Londres du 28 .
Novembre 1715. que le 25.
& le 26. de ce mois on reçût
divers avis que le Corps des
Mécontents d'Ecoffe , & de
208 MERCURE
Northumberland avoient été
défaits par le General Wills à
Preſton , dans le Comté de
Lancaftre:& on aa ſçûles parcicularirez
ſuivantes. Le 22 .
des Mécontents arriverent à
Preſton au nombrede prés de
cinq mille , avec quatre pieces
de canon de campagne , & ils
s'y barricaderent pour attendre
la jonction de ceuxde leur
parti LeGeneralWills qui étoit
arrivé à Wiggam , entre Warington
&Preſton , en ayant
eſté informé, marcha pour les
attaquer avec les Regimens de
Cavaleric ,&de Dragons.de
Pitt,
GALANT. 209
Pitt , de Wyrme de Honywood,
de Dorme , de Munden
, de Stanhope , & celuy
d'Infanterie de Preſton , ayant
laillé le Regiment de Dragons
deNewton à Mancheſter , où
il y avoit beaucoup de gens
mal affectionnez . Il arrivale
23. à une heure aprés midy
au Pont de Ribble , éloigné
d'un quart de lieuë de Preſton,
&gardé par cent chevaux &
cent Fantaſſins , quia l'approche
des Troupes du General
Walls, fe retirerent dansasla
Villezainfi il palla ke Pont fans
aucune oppofition , & il fit
Dicembre 1715 . S
210 MERCURE
avancer le Regimentde Prefton
, foutenu par des Dragons
pour attaquer les barricades.
Les Mécontents les deffendirent
d'abord avec beaucoup
de valeur , faiſant en même
temps un grand feu des maiſons
voiſines. Le Regiment de
Preſtony ſouffritbeaucoup,&
fut obligé d'y mettre le feu
ce qui les fic abandonner par
les Mécontens , & enſuite les
barrieres furent forcées. Le
Regiment de Preſton y cut
quatre Capitaines , & plus de
cent foldits tuez , outre les
bleflez. Le General Wills luy
GALANT. 211
ordonna de s'y retrancher ,&
il diſtribua ſa Cavalerie ,& fes
Dragons autour de la Ville ,
pour empêcher les Mécontens
des'échaper. ls firent une fortic;
mais aprés un rude combat,
ils furent repouſicz. Le
24. à neuf heures du matin ,
le General Carpenter qui s'avançoit
par leComté d'York,
arriva avec les Regimens de
Dragons de Cobham , de
Churchill & de Molefwooth.
Aune heure aprés midy les
Aſſiegez envoyerent demander
à capituler ; mais on leur
répondit qu'on ne pouvoit
Sij
212 MERCURE
1
leur accorder d'autres condi->
tions , que de mettre bas les
armes , de ſe rendre àdifcretion
,&de ſe remettre àla clemence
du Roy. Les Affiegez,
aprés pluſieurs difficultez , furent
obligez d'y confentir , ſe
voyant enfermez de tous côtez;
ſeulement cinq à fix Gentilshommes
bien montez, tenterent
de fortir , &donnerent
dans le Regiment de Cavalerie
de Pitt , où ils furent tous
tuez. Les Troupes du Roy
devoient le 25. entrer dans la
Ville, & en prendre poffeffion.
Les Mécontens avoient củ
GALANT 213
dans les attaques trois cons
hommes tuez ou bleffez , &
il en reſtoit dix fept cens bien
armez, les autres n'avoient que
des épées &des baſtons : on a
envoyé ordre de prendre fix
ou ſept Officiers à la demy
paye qui estoient parmi eux ,
& d'envoyer icy les principaux
Chefs.
Novembre 1715. que le 25.
& le 26. de ce mois on reçût
divers avis que le Corps des
Mécontents d'Ecoffe , & de
208 MERCURE
Northumberland avoient été
défaits par le General Wills à
Preſton , dans le Comté de
Lancaftre:& on aa ſçûles parcicularirez
ſuivantes. Le 22 .
des Mécontents arriverent à
Preſton au nombrede prés de
cinq mille , avec quatre pieces
de canon de campagne , & ils
s'y barricaderent pour attendre
la jonction de ceuxde leur
parti LeGeneralWills qui étoit
arrivé à Wiggam , entre Warington
&Preſton , en ayant
eſté informé, marcha pour les
attaquer avec les Regimens de
Cavaleric ,&de Dragons.de
Pitt,
GALANT. 209
Pitt , de Wyrme de Honywood,
de Dorme , de Munden
, de Stanhope , & celuy
d'Infanterie de Preſton , ayant
laillé le Regiment de Dragons
deNewton à Mancheſter , où
il y avoit beaucoup de gens
mal affectionnez . Il arrivale
23. à une heure aprés midy
au Pont de Ribble , éloigné
d'un quart de lieuë de Preſton,
&gardé par cent chevaux &
cent Fantaſſins , quia l'approche
des Troupes du General
Walls, fe retirerent dansasla
Villezainfi il palla ke Pont fans
aucune oppofition , & il fit
Dicembre 1715 . S
210 MERCURE
avancer le Regimentde Prefton
, foutenu par des Dragons
pour attaquer les barricades.
Les Mécontents les deffendirent
d'abord avec beaucoup
de valeur , faiſant en même
temps un grand feu des maiſons
voiſines. Le Regiment de
Preſtony ſouffritbeaucoup,&
fut obligé d'y mettre le feu
ce qui les fic abandonner par
les Mécontens , & enſuite les
barrieres furent forcées. Le
Regiment de Preſton y cut
quatre Capitaines , & plus de
cent foldits tuez , outre les
bleflez. Le General Wills luy
GALANT. 211
ordonna de s'y retrancher ,&
il diſtribua ſa Cavalerie ,& fes
Dragons autour de la Ville ,
pour empêcher les Mécontens
des'échaper. ls firent une fortic;
mais aprés un rude combat,
ils furent repouſicz. Le
24. à neuf heures du matin ,
le General Carpenter qui s'avançoit
par leComté d'York,
arriva avec les Regimens de
Dragons de Cobham , de
Churchill & de Molefwooth.
Aune heure aprés midy les
Aſſiegez envoyerent demander
à capituler ; mais on leur
répondit qu'on ne pouvoit
Sij
212 MERCURE
1
leur accorder d'autres condi->
tions , que de mettre bas les
armes , de ſe rendre àdifcretion
,&de ſe remettre àla clemence
du Roy. Les Affiegez,
aprés pluſieurs difficultez , furent
obligez d'y confentir , ſe
voyant enfermez de tous côtez;
ſeulement cinq à fix Gentilshommes
bien montez, tenterent
de fortir , &donnerent
dans le Regiment de Cavalerie
de Pitt , où ils furent tous
tuez. Les Troupes du Roy
devoient le 25. entrer dans la
Ville, & en prendre poffeffion.
Les Mécontens avoient củ
GALANT 213
dans les attaques trois cons
hommes tuez ou bleffez , &
il en reſtoit dix fept cens bien
armez, les autres n'avoient que
des épées &des baſtons : on a
envoyé ordre de prendre fix
ou ſept Officiers à la demy
paye qui estoient parmi eux ,
& d'envoyer icy les principaux
Chefs.
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3699
p. 213-214
De la Haye. [titre d'après la table]
Début :
On mande de la Haye du 12. de ce mois que l'Infant [...]
Mots clefs :
La Haye
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De la Haye. [titre d'après la table]
On mande de la Hayedu
12. de ce mois que l'Infant
Don Manuel , frere du Roy
de Portugal , y arriva parMer
deLisbonne le 277dumois der-1
nier,ayant eſté pour faivi quel
que temps pat un Corfaire
214 MERCURE
d'Alger . Il eſtoit accompagné
parDonManuel,ſecond fils du
Comte de Tarouca, Ambaſſadeur
de S.M. Portugaife,chez
lequel il eſt logé incognito. Le
Traité de la Barriere conclu à
Anvers le 15. Novembre, n'a
pas encore eſté publié , & on
croit qu'il ne le ſera qu'aprés
que les rat fications auront été
échangées. Néanmoins on a
appris par quelques copies qui
en ont été vûës , qu'il con
tient vingt neufarticles , dont
toutes les Gazettes ont fait un
ample détail
12. de ce mois que l'Infant
Don Manuel , frere du Roy
de Portugal , y arriva parMer
deLisbonne le 277dumois der-1
nier,ayant eſté pour faivi quel
que temps pat un Corfaire
214 MERCURE
d'Alger . Il eſtoit accompagné
parDonManuel,ſecond fils du
Comte de Tarouca, Ambaſſadeur
de S.M. Portugaife,chez
lequel il eſt logé incognito. Le
Traité de la Barriere conclu à
Anvers le 15. Novembre, n'a
pas encore eſté publié , & on
croit qu'il ne le ſera qu'aprés
que les rat fications auront été
échangées. Néanmoins on a
appris par quelques copies qui
en ont été vûës , qu'il con
tient vingt neufarticles , dont
toutes les Gazettes ont fait un
ample détail
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3700
p. 215-218
De Paris, le 14.
Début :
Le 6. de ce mois, le Bailly de Mesmes, Ambassadeur Extraordinaire [...]
Mots clefs :
Duc d'Orléans, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Paris, le 14.
DeParis ,le 14 17
Le 6. de ce mois , leBailly
de Meſmes , Ambaſſadeur Extraordinaire
de la Religion de
Malthe,eut audience publique
deMonfieur leDucd Orleans;
deMadame , &de Madamela
Ducheffed'Orleans, qu'il com
plimenta fur la mort du feu
Roy , & preſenta des lettres
du grand Maistre.
A
{
Le 19. du mois dernier , on
celebra dans l'EglifeCathedra
lede Saint Jean de Lyon ,un
Service folemnel pour le feu
216 MERCURE
1
1
1
1
Roy,& 1Oratfon Fanebre fut
prononcée par le ſieur duTeil.
Lett. de ce mois , l'Univerfité
celebra un Service folennel
dansla Chapelle de Sorbonne,
pour le repos de l'ame du feu
Roy Le Cardinal de Noailles,
Archevelquede Paris , Provi
ſeurde Sorbonne , celebrala
Meffe , & le fieur Grenant ,
Profeffeur au College deHarcourt,
prononçal'Eloge Funebreen
Latin Le ſieur deMon
tempuys Recteur , les Procureurs
des Nations , les Facultez,
leurs Doyens à lateſte,y affife!
terent en habits de ceremonie,
ainfi
GALANT. 217
ainſi que le premier Préſident,
pluſieurs Préſidents & Confeillers
du Parlement , les Gens
du Roy , &d'autres perſonnes
de distinction .
Le 12. les Jefuites de la
Maiſon Profefle , en celebre.
rent un dansleur Eglife , & le
Pere de la Ferté prononça
l'OraiſonFunebre.
On en celebra le 2. de ce
mois un à Grenoble , où l'Evêque
officia pontificalement ,
le Parlement , & la Chambre
desComptes y aſſiſterenr.
Le 14. l'Evêque Comte de
Chaalons , en fit celebrer un
Decembre 1715. T
218 MERCURE
dans ſa Cathedrale.
Le 6. de ce mois , leBailly
de Meſmes , Ambaſſadeur Extraordinaire
de la Religion de
Malthe,eut audience publique
deMonfieur leDucd Orleans;
deMadame , &de Madamela
Ducheffed'Orleans, qu'il com
plimenta fur la mort du feu
Roy , & preſenta des lettres
du grand Maistre.
A
{
Le 19. du mois dernier , on
celebra dans l'EglifeCathedra
lede Saint Jean de Lyon ,un
Service folemnel pour le feu
216 MERCURE
1
1
1
1
Roy,& 1Oratfon Fanebre fut
prononcée par le ſieur duTeil.
Lett. de ce mois , l'Univerfité
celebra un Service folennel
dansla Chapelle de Sorbonne,
pour le repos de l'ame du feu
Roy Le Cardinal de Noailles,
Archevelquede Paris , Provi
ſeurde Sorbonne , celebrala
Meffe , & le fieur Grenant ,
Profeffeur au College deHarcourt,
prononçal'Eloge Funebreen
Latin Le ſieur deMon
tempuys Recteur , les Procureurs
des Nations , les Facultez,
leurs Doyens à lateſte,y affife!
terent en habits de ceremonie,
ainfi
GALANT. 217
ainſi que le premier Préſident,
pluſieurs Préſidents & Confeillers
du Parlement , les Gens
du Roy , &d'autres perſonnes
de distinction .
Le 12. les Jefuites de la
Maiſon Profefle , en celebre.
rent un dansleur Eglife , & le
Pere de la Ferté prononça
l'OraiſonFunebre.
On en celebra le 2. de ce
mois un à Grenoble , où l'Evêque
officia pontificalement ,
le Parlement , & la Chambre
desComptes y aſſiſterenr.
Le 14. l'Evêque Comte de
Chaalons , en fit celebrer un
Decembre 1715. T
218 MERCURE
dans ſa Cathedrale.
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