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1601
p. 228-230
ENIGME.
Début :
Je suis tantost Guillaume, & tantôt Magdelaine [...]
Mots clefs :
Cloche
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texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGME.
J Esuis tantost Guillaume
y
& tantostMadagdelaine
Etje ne fuis pourtant ny
fille ny garçon,
Aux Dames quelquefois
je donne la migraine
Quelquefois auxvieillards
,
je cause lefrisson
Je parle œJfeZj souvent
pour qui ne ri/entendpas.
Et plus souvent à qui ne
voudrait pas m'entendre.
Je ne marche que Jur mes
bras,
CJest par le col qu'il me
fautprendre -
Quand on me veutfaire
chanter,
En parlant aux gourmands, jescais les contenter.
Qucy que j'en desespere
aucuns quisonta table,
Etj'ay le talent admirable
De donner quelquefois des
conseils tres prudents,
Sans avoirraison ny bon
sens.
J Esuis tantost Guillaume
y
& tantostMadagdelaine
Etje ne fuis pourtant ny
fille ny garçon,
Aux Dames quelquefois
je donne la migraine
Quelquefois auxvieillards
,
je cause lefrisson
Je parle œJfeZj souvent
pour qui ne ri/entendpas.
Et plus souvent à qui ne
voudrait pas m'entendre.
Je ne marche que Jur mes
bras,
CJest par le col qu'il me
fautprendre -
Quand on me veutfaire
chanter,
En parlant aux gourmands, jescais les contenter.
Qucy que j'en desespere
aucuns quisonta table,
Etj'ay le talent admirable
De donner quelquefois des
conseils tres prudents,
Sans avoirraison ny bon
sens.
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1602
p. 230-231
ENVOY. par Madle Timide.
Début :
JE crains de ressembler en certaines choses, parce que je [...]
Mots clefs :
Écrevisse, Rougir
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texteReconnaissance textuelle : ENVOY. par Madle Timide.
EN VOY.
par Madle Timide.
JE crains de ressembler
en certaines chosès
,
parce
que je luy ressemble en
d'autrés, l'Ecrevisse pince sasnsrire, moyj'aime
à
rire sans pincer.Je
quitte mon humeur notre
comme l'Ecrervisse pour
ceux qui m'aiment de
bonne amitié, mais ainsi
que l'Ecrevisse
,
je recule
quand on me veut atrapper l'Ecrevisserougitdu
feu quelle sent
y
ÇJ3 moy
je rougis dufeu que l'on
sent pour moy
,
car pour
parleren Pedagogue
,
en
*
,go
Astrologue, j'aime mieux
loger dans la maison de
la Vierge que dans celle
de l'Ecrevisse & jamais le principe du jeu ne
logera dansmoncœur
par Madle Timide.
JE crains de ressembler
en certaines chosès
,
parce
que je luy ressemble en
d'autrés, l'Ecrevisse pince sasnsrire, moyj'aime
à
rire sans pincer.Je
quitte mon humeur notre
comme l'Ecrervisse pour
ceux qui m'aiment de
bonne amitié, mais ainsi
que l'Ecrevisse
,
je recule
quand on me veut atrapper l'Ecrevisserougitdu
feu quelle sent
y
ÇJ3 moy
je rougis dufeu que l'on
sent pour moy
,
car pour
parleren Pedagogue
,
en
*
,go
Astrologue, j'aime mieux
loger dans la maison de
la Vierge que dans celle
de l'Ecrevisse & jamais le principe du jeu ne
logera dansmoncœur
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Résumé : ENVOY. par Madle Timide.
Le texte 'EN VOY' de Madle Timide compare l'auteur à une écrevisse. Elle partage certains comportements, comme changer d'humeur et reculer lorsqu'on cherche à l'attraper. Contrairement à l'écrevisse, elle rit sans blesser et rougit face à l'affection. Astrologiquement, elle préfère la maison de la Vierge. Elle refuse que le principe du jeu loge dans son cœur.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1603
p. 232-233
PARODIE de la 2. Enigme dont le mot est les Chenets. Par Monsieur Vulcain.
Début :
Chenets, sont deux jumeaux de pareille grandeur, [...]
Mots clefs :
Chenets, Froideur
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texteReconnaissance textuelle : PARODIE de la 2. Enigme dont le mot est les Chenets. Par Monsieur Vulcain.
PARODIE
de la 2. Enigme dont le
mot est les Chenets.
Par Monsieur rulcain.
CHenets sont deux jumeaux de pareille
grandeur
Assis aux deux coflez, d'une maistresse,
Nous brûlons d'une mesme ardeur,
Quand l'Epoux Doritie
,
estcausequ'onsempresse
De
De venirpartager le beau
feu qui nous presse.
Plus ilfait chaud &
plus nous anj;ms de
froideur,
Plusil fait froid & plus
nostre )11 face Î estIÎ terme.
Et si le Ciel tousjours
exerçoit sa rigueur
On nous verroit tousjours
en bonne compagnie
de la 2. Enigme dont le
mot est les Chenets.
Par Monsieur rulcain.
CHenets sont deux jumeaux de pareille
grandeur
Assis aux deux coflez, d'une maistresse,
Nous brûlons d'une mesme ardeur,
Quand l'Epoux Doritie
,
estcausequ'onsempresse
De
De venirpartager le beau
feu qui nous presse.
Plus ilfait chaud &
plus nous anj;ms de
froideur,
Plusil fait froid & plus
nostre )11 face Î estIÎ terme.
Et si le Ciel tousjours
exerçoit sa rigueur
On nous verroit tousjours
en bonne compagnie
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Résumé : PARODIE de la 2. Enigme dont le mot est les Chenets. Par Monsieur Vulcain.
Le texte décrit une parodie de la deuxième énigme, dont le mot est 'Chenets'. Les chenets sont deux jumeaux de même grandeur, assis de chaque côté d'une maîtresse. Ils brûlent d'une même ardeur et se pressent de partager le feu. Plus il fait chaud, plus ils animent de froideur, et inversement, plus il fait froid, plus leur flamme est vive. S'il pleut toujours, ils sont en bonne compagnie.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1604
p. 26-42
STANCES.
Début :
Si j'entre dans ta route, [...]
Mots clefs :
Dieu, Esprit, Seigneur, Loi, Foi, Grâce
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texteReconnaissance textuelle : STANCES.
STANCES.
SI j'entre dans ta route ,
6 Suprême Sageße
L'amour propre m'arrête,
&me rappelle à foy ;
Et pour un vain objet de
joye ou de trifteffe,
GALANT.
27
Infensé je te laiffe ,
Et je mets en oubli ta loy.
Si dans les vains tranf
ports dont l'ardeur nous,
poffede
Je veux de la raifon emprunter
du fecours ,
'Ils
s'enflament encor par
ce foible remede ,
Tout obftacle leur cede ;
C'efl un torrent qui croît
toûjours.
Je pense affezSouvent à
Cij
28 MERCURE
Pordre falutaire
Qui borne nos defirs par
un jufte compas :
Mais ce penfer , femblable
à la flâme legere
Qu'on voit quand il éclaire
,
Me luit & ne m'échauffe
pas.
Quand j'écoute ta voix ,
elle me perfuade ,
Et je veux t'obeïr en cet
heureux moment :
Mais ce vouloir n'eft rien
1
GALANT. 29
qu'un fouhait de malade
,
Qui trouve amer ou fade
Le plus agreable aliment.
Le vice plein d'amorce ,
ainfi qu'une Syrene ,
Qui chante , qui nous flate
, & qui furprend
nos fens ,
Par fes appas trompeurs
en fes gouffres m'entraîne
Avec fi peu de peine ,
Queje l'écoute je conses.
C iij
30 MERCURE
Loy de la providence ! hé
quepouvoit- on dire ?
Helas!un Dieu cachéconduit
tous ces reffors.
La meilleure partie eft
foumise à lapire,
Et loin d'avoir l'empire ;
Notre esprit obeït au corps.
Mais , ô Mufe , tout
beau , tu te rends eriminelle
En fondant des fecrets que
cache un Dieu jaloux ;
Confeffe & reconnois fa
GALANT .
31
bonté
paternelle ,
Tous nos biens viennent
d'elle ,
Et tous nos maux viennent
de nous.
Que fi l'on s'attachoit à
cet Estre fuprême
De qui vient notre force
tout notre pouvoir
,
Et fuivant les confeils
d'une ferveur extrême
On fe quittoit foy- même ,
Sans peine on feroit fon
devoir.
Ciiij
32 MERCURE
Nos esprits éclairez, d'u
ne vive lumiere ,
Sans nul empêchement
voyant la verité,
Mépriferoient alors comme
vile pouffiere
Ce qui fert de matiere
A nos voeux pleins de
vanité.
Mais l'homme quittant
Dieu , par qui tout
eft facile ,
Par qui contre l'erreur,
l'esprit eft affermi,
GALANT.. 33.
En vain pour s'en garder
fe croit affez , habile ;
Car comme il eft fragile ,
Lui-même il eft fon ennemi.
L'homme s'aime , il eft
vrai,mais d'un amour
perfide
i
Qui le mene au trépaspar
un
chemin trompeur
Et lorsqueton esprit ne lui
fert pas de guide,
Comme il est trop avide
,
34 MERCURE
Il court lui-même à for
malheur.
Défens- moy done de moy ,
munis-moy de ta grace ,
Ne te laße jamais , Seigneur,
de m'affifter;
Regle mes paffions , repri
me leur audace :
Quelque effort queje falſe ,
Sans toyje n'ypuis refifter.
Puis-je regler le cours de
ma nef vagabonde ,
Des vagues & des vents
GALANT 39
foutenir les combats ;
Eviter les rochers qui font
cachez fous l'onde
Dans une nuit profonde ,
Si ta main ne me guide
pas ?
La mer de cette vie est fi
pleine d'orage ,
Quefi l'on ne craintpoint,
on n'a point de raiſon ;
Et quoique d'un béau tems;
on tire un bon prefage ,
On faitfouvent naufrage.
En la plus tranquille faifon.
36 MERCURE
Parmi tant de périls notre
unique reßource
Eft d'avoir toujours l'oeil
deßus ta volonté ,
Semblables au nocher qui
fe regle en fa courfe
Sur l'étoile de l'ourfe ,
Et fe rend au port fou
haité.
Afin qu'à l'avenir je vogue
en affurance ,
Eclaire - moy ,
Seigneur
du flambeau de la
foy,
GALANT. 37
Donne- moy de l'amour ,
remplis-moy d'esperance
,
Et fais qu'avec constance
Je m'attache à ta fainte
loy.
La volonté de l'homme eft
toûjours chancelante ,
Il croit , ildoute , il craint,
il veut & ne veut pas ,
Le préfent lui déplait, &
fon ame inconstante
Voit dans la chofe abfente,
Ou croit voir les plus doux
appas.
38 MERCURE
Il fuit toute fa vie une
vaine chimere ,
Un lumineux fantome ,
un néant précieux ;
De fes plaifirs paẞez la
douceur eft amere ,
Et le bien qu'il espere
Bientoft fe dérobe à fes
yeux.
Ta conftance , Seigneur ,
toute conftance efface ,
Ton vouloir par le temps
n'est jamais limité ;
Qui le fuit eft heureux ,
GALANT .
39
il jouit de ta grace ,
Et nul mal ne
menace
De
troubler(a félicité.
Il est toujours content , il
nage dans la joye ,
Il ne craint ni n'efpere ,
épris d'un vaiu défir ;
Et quand mefme du mal
il femble être la
proye ,
Scachant que Dieu l'envoye
Il n'en fent aucun déplaifir.
40 MERCURE
Si cet hymnefacré te plaift
comme il me touche ,
Doux & charmant objet
de nos pieux concerts ,
Fais , quandjefuis debout
ou gifant dans ma
couche ,
Que d'une pure bouche
Je chante inceffamment
ces vers.
Heureux quidu pechépeut
fortir de la fange ,
Dans une paix profonde il
voit couler fes jours ,
En
GALANT. 41
En tout temps , en tous
lieux il chante ta
loйange ,
Et par un beureux change
S'il meurt , c'est pour vivre
toujours
.
Mais malheureux celui
qui , plongé dans le
vice ,
De remords douloureux
voit punir fes forfaits,
Et qui par la terreur qu'-
imprime ta justice ,
Janv. 1713.
D
42 MERCURE
Sent déja le fupplice
Qu'il doit endurer à jamais
.
SI j'entre dans ta route ,
6 Suprême Sageße
L'amour propre m'arrête,
&me rappelle à foy ;
Et pour un vain objet de
joye ou de trifteffe,
GALANT.
27
Infensé je te laiffe ,
Et je mets en oubli ta loy.
Si dans les vains tranf
ports dont l'ardeur nous,
poffede
Je veux de la raifon emprunter
du fecours ,
'Ils
s'enflament encor par
ce foible remede ,
Tout obftacle leur cede ;
C'efl un torrent qui croît
toûjours.
Je pense affezSouvent à
Cij
28 MERCURE
Pordre falutaire
Qui borne nos defirs par
un jufte compas :
Mais ce penfer , femblable
à la flâme legere
Qu'on voit quand il éclaire
,
Me luit & ne m'échauffe
pas.
Quand j'écoute ta voix ,
elle me perfuade ,
Et je veux t'obeïr en cet
heureux moment :
Mais ce vouloir n'eft rien
1
GALANT. 29
qu'un fouhait de malade
,
Qui trouve amer ou fade
Le plus agreable aliment.
Le vice plein d'amorce ,
ainfi qu'une Syrene ,
Qui chante , qui nous flate
, & qui furprend
nos fens ,
Par fes appas trompeurs
en fes gouffres m'entraîne
Avec fi peu de peine ,
Queje l'écoute je conses.
C iij
30 MERCURE
Loy de la providence ! hé
quepouvoit- on dire ?
Helas!un Dieu cachéconduit
tous ces reffors.
La meilleure partie eft
foumise à lapire,
Et loin d'avoir l'empire ;
Notre esprit obeït au corps.
Mais , ô Mufe , tout
beau , tu te rends eriminelle
En fondant des fecrets que
cache un Dieu jaloux ;
Confeffe & reconnois fa
GALANT .
31
bonté
paternelle ,
Tous nos biens viennent
d'elle ,
Et tous nos maux viennent
de nous.
Que fi l'on s'attachoit à
cet Estre fuprême
De qui vient notre force
tout notre pouvoir
,
Et fuivant les confeils
d'une ferveur extrême
On fe quittoit foy- même ,
Sans peine on feroit fon
devoir.
Ciiij
32 MERCURE
Nos esprits éclairez, d'u
ne vive lumiere ,
Sans nul empêchement
voyant la verité,
Mépriferoient alors comme
vile pouffiere
Ce qui fert de matiere
A nos voeux pleins de
vanité.
Mais l'homme quittant
Dieu , par qui tout
eft facile ,
Par qui contre l'erreur,
l'esprit eft affermi,
GALANT.. 33.
En vain pour s'en garder
fe croit affez , habile ;
Car comme il eft fragile ,
Lui-même il eft fon ennemi.
L'homme s'aime , il eft
vrai,mais d'un amour
perfide
i
Qui le mene au trépaspar
un
chemin trompeur
Et lorsqueton esprit ne lui
fert pas de guide,
Comme il est trop avide
,
34 MERCURE
Il court lui-même à for
malheur.
Défens- moy done de moy ,
munis-moy de ta grace ,
Ne te laße jamais , Seigneur,
de m'affifter;
Regle mes paffions , repri
me leur audace :
Quelque effort queje falſe ,
Sans toyje n'ypuis refifter.
Puis-je regler le cours de
ma nef vagabonde ,
Des vagues & des vents
GALANT 39
foutenir les combats ;
Eviter les rochers qui font
cachez fous l'onde
Dans une nuit profonde ,
Si ta main ne me guide
pas ?
La mer de cette vie est fi
pleine d'orage ,
Quefi l'on ne craintpoint,
on n'a point de raiſon ;
Et quoique d'un béau tems;
on tire un bon prefage ,
On faitfouvent naufrage.
En la plus tranquille faifon.
36 MERCURE
Parmi tant de périls notre
unique reßource
Eft d'avoir toujours l'oeil
deßus ta volonté ,
Semblables au nocher qui
fe regle en fa courfe
Sur l'étoile de l'ourfe ,
Et fe rend au port fou
haité.
Afin qu'à l'avenir je vogue
en affurance ,
Eclaire - moy ,
Seigneur
du flambeau de la
foy,
GALANT. 37
Donne- moy de l'amour ,
remplis-moy d'esperance
,
Et fais qu'avec constance
Je m'attache à ta fainte
loy.
La volonté de l'homme eft
toûjours chancelante ,
Il croit , ildoute , il craint,
il veut & ne veut pas ,
Le préfent lui déplait, &
fon ame inconstante
Voit dans la chofe abfente,
Ou croit voir les plus doux
appas.
38 MERCURE
Il fuit toute fa vie une
vaine chimere ,
Un lumineux fantome ,
un néant précieux ;
De fes plaifirs paẞez la
douceur eft amere ,
Et le bien qu'il espere
Bientoft fe dérobe à fes
yeux.
Ta conftance , Seigneur ,
toute conftance efface ,
Ton vouloir par le temps
n'est jamais limité ;
Qui le fuit eft heureux ,
GALANT .
39
il jouit de ta grace ,
Et nul mal ne
menace
De
troubler(a félicité.
Il est toujours content , il
nage dans la joye ,
Il ne craint ni n'efpere ,
épris d'un vaiu défir ;
Et quand mefme du mal
il femble être la
proye ,
Scachant que Dieu l'envoye
Il n'en fent aucun déplaifir.
40 MERCURE
Si cet hymnefacré te plaift
comme il me touche ,
Doux & charmant objet
de nos pieux concerts ,
Fais , quandjefuis debout
ou gifant dans ma
couche ,
Que d'une pure bouche
Je chante inceffamment
ces vers.
Heureux quidu pechépeut
fortir de la fange ,
Dans une paix profonde il
voit couler fes jours ,
En
GALANT. 41
En tout temps , en tous
lieux il chante ta
loйange ,
Et par un beureux change
S'il meurt , c'est pour vivre
toujours
.
Mais malheureux celui
qui , plongé dans le
vice ,
De remords douloureux
voit punir fes forfaits,
Et qui par la terreur qu'-
imprime ta justice ,
Janv. 1713.
D
42 MERCURE
Sent déja le fupplice
Qu'il doit endurer à jamais
.
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Résumé : STANCES.
Le texte relate un dialogue entre un Galant et Mercure, abordant les thèmes de la foi, de la raison et des passions humaines. Le Galant exprime son dilemme entre suivre ses désirs terrestres et obéir à une force supérieure. Il reconnaît la difficulté de maîtriser ses passions et affirme que la raison seule est insuffisante pour les contrôler. Mercure, incarnant la sagesse, souligne que l'homme est souvent esclave de ses propres désirs et que la véritable paix réside dans la soumission à une volonté divine. Le Galant sollicite alors l'aide divine pour réguler ses passions et naviguer les dangers de la vie. Mercure conclut en affirmant que la constance et la confiance en Dieu sont les seules voies vers la véritable joie et la sécurité. Le texte se termine par une prière visant à chanter éternellement les louanges divines et à éviter les tourments du vice.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1605
p. 107-110
Parodie de Enigme, dont le mot est la Cloche.
Début :
Je suis tantôt Guillaume, & tantôt Madelaine, [...]
Mots clefs :
Cloche
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Parodie de Enigme, dont le mot est la Cloche.
Parodie de Enigme , dont
le mot eft la Cloche.
JE fuis tantôt Guillaume
, & tantôt Madelaine
,
Dit la Cloche , qui n'eſt
ni fille ni garçon
;
Car en les baptifant on
leur donne unfurnom.
Aux Dames quelquefois
je caufe la migraine ,
Sonnant un aigre caril
lon
is
F08 MERCURE
Quelquefois aux vieillards
je donne le
friffon ,
Enfonnant pourles morts,
qui ne peuvent m'entendre.
Je ne marche que fur
mes bras :
Braspourpivots fondeurs
ont coûtumede prendre.
Corde me pend au col
pour me faire chanter.
Cloche quifonne
GALANT . 109
L'heure gloutonne
Maintes gourmans fçait
contenter.
Je defefpere aucuns qui
font à table , a
En les forçant de la quit
ter ;
Et j'ai le talent admirable
De donner quelquefois
des confeils trésprudens
,
Sans avoir raiſon ni bon
fens ,
Puifque
la cloche
10 MERCURE
Aux coeurs de roche
Confeille fouvent de prier,
Et le travail à l'ouvrier.
le mot eft la Cloche.
JE fuis tantôt Guillaume
, & tantôt Madelaine
,
Dit la Cloche , qui n'eſt
ni fille ni garçon
;
Car en les baptifant on
leur donne unfurnom.
Aux Dames quelquefois
je caufe la migraine ,
Sonnant un aigre caril
lon
is
F08 MERCURE
Quelquefois aux vieillards
je donne le
friffon ,
Enfonnant pourles morts,
qui ne peuvent m'entendre.
Je ne marche que fur
mes bras :
Braspourpivots fondeurs
ont coûtumede prendre.
Corde me pend au col
pour me faire chanter.
Cloche quifonne
GALANT . 109
L'heure gloutonne
Maintes gourmans fçait
contenter.
Je defefpere aucuns qui
font à table , a
En les forçant de la quit
ter ;
Et j'ai le talent admirable
De donner quelquefois
des confeils trésprudens
,
Sans avoir raiſon ni bon
fens ,
Puifque
la cloche
10 MERCURE
Aux coeurs de roche
Confeille fouvent de prier,
Et le travail à l'ouvrier.
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Résumé : Parodie de Enigme, dont le mot est la Cloche.
Le texte décrit une cloche, qui peut être nommée Guillaume ou Madelaine, et n'est ni fille ni garçon. Elle cause des migraines et des frissons, sonne pour les morts, et se déplace sur ses bras. Une corde à son cou la fait sonner. Elle est qualifiée de gloutonne et donne des conseils prudents, souvent sans bon sens. Elle incite à la prière et au travail.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1606
p. 110-111
ENIGME.
Début :
Mon nom est mâle en general, [...]
Mots clefs :
Raisin
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGM E.
Mon nom eft måle en general
,
En détail mon nom eft
femelle ;
En plus petit détail d'un
nom måle on m'appelle
Fe rends plus d'un homme
brutal,
GALANT. In
Et fi je fuis la douceur
même.
J'ai le tein vif, ou le tein
blême ;
Monpere n'eft pas laid ,
·_quoiquefec& boſſu, a
Et nous avons tous deux
une mere commune.
1
Tel doit fon vice à ma
vertu ,
Et celui que j'irrite eft
Souvent fans rancune.
Mon nom eft måle en general
,
En détail mon nom eft
femelle ;
En plus petit détail d'un
nom måle on m'appelle
Fe rends plus d'un homme
brutal,
GALANT. In
Et fi je fuis la douceur
même.
J'ai le tein vif, ou le tein
blême ;
Monpere n'eft pas laid ,
·_quoiquefec& boſſu, a
Et nous avons tous deux
une mere commune.
1
Tel doit fon vice à ma
vertu ,
Et celui que j'irrite eft
Souvent fans rancune.
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1607
p. 112-113
Autre.
Début :
Nos habitans troublent notre repos, [...]
Mots clefs :
Navire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Autre.
Autre .
Nos habitans troublent
notre repos
,
Nous veulent pefans ou
difpos ,
Selon qu'à leurs deßeins
nous fommes necef
faires,
Deffeins ou glorieux , ou
fols , on neceffaires.
C'est pour nous mettre en
liberté
Qu'aucuns nous mettent
à la chaine ;
A nos nerfs ils donnent la
gène ,
Et
GALANT. H13
Et ne nous veulent point
de mal;
Et nôtre
gouverneur , qui
Souvent
eft brutal ,
En fou fe démenant autour
de fa cabane ,
Perd rarement la tramontane
.
Nos habitans troublent
notre repos
,
Nous veulent pefans ou
difpos ,
Selon qu'à leurs deßeins
nous fommes necef
faires,
Deffeins ou glorieux , ou
fols , on neceffaires.
C'est pour nous mettre en
liberté
Qu'aucuns nous mettent
à la chaine ;
A nos nerfs ils donnent la
gène ,
Et
GALANT. H13
Et ne nous veulent point
de mal;
Et nôtre
gouverneur , qui
Souvent
eft brutal ,
En fou fe démenant autour
de fa cabane ,
Perd rarement la tramontane
.
Fermer
1608
p. 121-126
RONDEAUX.
Début :
On est trop heureux d'estre en commerce avec des Dames aimables [...]
Mots clefs :
Transports, Rondeaux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RONDEAUX.
RONDEAU X
ON eft trop heureux
d'eftre en commerce avec
des Dames aimables y
fpirituelles , & polies ,
fi elles pardonnent moins
que les autres les fautes
groffieres , elles excuſent
auffi aiſement ce qui ne
part que de la vivacité de
leurs amis ; le premier des
trois Rondeaux fuivans
en eft une preuve incon-
Fanvier 1713 .
L
122 MERCURE
teſtable , la Dame qui la
compofé le jour meſme
qu'un Officier Suiffe luy
avoit un peu chiffoné fa
manchette ne put ſe refoudre
à le laiffer le lendemain
de fa correction
dans la peine où il avoit
paru en la quittant; l'Officier
qui fentit dans le
Rondeau la fine raillerie
de la Dame
, la paya galamment
quatre heures
aprés qu'il l'eut reçû par
le Rondeau qui refpond
GALANT. 123
ger
au premier ; dans le troifiéme
Rondeau la Dame
convaincuë
de la politef
fe & du merite de l'Of
ficier , trouve à propos
dans fon envoy de chande
Texte
, & de parler
pluftoft de la perte
d'un oiſeau , que de l'impreffion
que luy avoit
fait une refponfe digne
des plus aimables cavaliers
qui foient en Fran-
´ce ; les Etrennes qui font
aprés les trois Rondeaux
Lij
124 MERCURE
font de la meſme Dame
pour fon qui les a faites
Epoux , à qui elle ne fait
que rendre l'eftime &
l'amour qu'il a pour elle,
Dans fes tranfports il n'eft
refpectueux ,
En fes devis trop fouvent
cauteleux ,
Et malgré tout ne laiffe
d'eftre aimable ;
Si fon ardeur pourtant
efioit durable
Bien fcauroit - il allumer
GALANT . 125
de
vrais
feux.
Mais de fon coeur le chemin
eft douteux ,
Il jurera qu'il aime plus
- que deux,
;
Rien n'en croyez il debite
une fable
Dans fes tranfports.
Fort eft difert , careſſant,
point fafcheux,
Tant bien fcait-t'il termes
doux , langoureux
Difcoursfont beaux , rien
Liij
126 MERCURE
n'en eft veritable ,
Fit- t'il ferment, fe donnaft
t'il au Diable
Ne l'ecoute , il feroit
dangereux
Dans fes tranfports.
ON eft trop heureux
d'eftre en commerce avec
des Dames aimables y
fpirituelles , & polies ,
fi elles pardonnent moins
que les autres les fautes
groffieres , elles excuſent
auffi aiſement ce qui ne
part que de la vivacité de
leurs amis ; le premier des
trois Rondeaux fuivans
en eft une preuve incon-
Fanvier 1713 .
L
122 MERCURE
teſtable , la Dame qui la
compofé le jour meſme
qu'un Officier Suiffe luy
avoit un peu chiffoné fa
manchette ne put ſe refoudre
à le laiffer le lendemain
de fa correction
dans la peine où il avoit
paru en la quittant; l'Officier
qui fentit dans le
Rondeau la fine raillerie
de la Dame
, la paya galamment
quatre heures
aprés qu'il l'eut reçû par
le Rondeau qui refpond
GALANT. 123
ger
au premier ; dans le troifiéme
Rondeau la Dame
convaincuë
de la politef
fe & du merite de l'Of
ficier , trouve à propos
dans fon envoy de chande
Texte
, & de parler
pluftoft de la perte
d'un oiſeau , que de l'impreffion
que luy avoit
fait une refponfe digne
des plus aimables cavaliers
qui foient en Fran-
´ce ; les Etrennes qui font
aprés les trois Rondeaux
Lij
124 MERCURE
font de la meſme Dame
pour fon qui les a faites
Epoux , à qui elle ne fait
que rendre l'eftime &
l'amour qu'il a pour elle,
Dans fes tranfports il n'eft
refpectueux ,
En fes devis trop fouvent
cauteleux ,
Et malgré tout ne laiffe
d'eftre aimable ;
Si fon ardeur pourtant
efioit durable
Bien fcauroit - il allumer
GALANT . 125
de
vrais
feux.
Mais de fon coeur le chemin
eft douteux ,
Il jurera qu'il aime plus
- que deux,
;
Rien n'en croyez il debite
une fable
Dans fes tranfports.
Fort eft difert , careſſant,
point fafcheux,
Tant bien fcait-t'il termes
doux , langoureux
Difcoursfont beaux , rien
Liij
126 MERCURE
n'en eft veritable ,
Fit- t'il ferment, fe donnaft
t'il au Diable
Ne l'ecoute , il feroit
dangereux
Dans fes tranfports.
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Résumé : RONDEAUX.
Le texte relate un échange de trois rondeaux entre une dame et un officier. La dame compose le premier rondeau après qu'un officier suisse ait chiffonné sa manchette, et elle le corrige le lendemain. L'officier répond galamment quatre heures plus tard. Dans le troisième rondeau, la dame évite de commenter la réponse de l'officier et parle de la perte d'un oiseau. Les étrennes suivantes sont destinées à son époux, qu'elle décrit comme respectueux mais parfois trop cauteleux. Elle le trouve aimable, divertissant et caressant, bien que ses discours ne soient pas toujours véridiques. Elle met en garde contre son caractère dangereux dans ses transports.
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1609
p. 126-128
RESPONSE de l'Officier Suisse.
Début :
Point ne le puis de mon chef helvetique [...]
Mots clefs :
Suisse
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texteReconnaissance textuelle : RESPONSE de l'Officier Suisse.
RESPONSE
de l'Officier Suiffe .
Point ne le puis de mon
chef helvetique
Tirer un metre en langue
marotique ,
Je , qui ne fcai profer tant
feulement ,
GALANT. 127
Que tu rirois avec maif
tre Clement
De voir un Suiffe ourdir
telle fabrique.
Partant fera ton ordre
defpotique
Loin éconduit de fon vouloir
comique ¿
En ce metier fuis lourd
tres lourdement.
Point ne le puis.
Ainfi tu n'es , car ton
chant
harmonique ,
Liiij
128 MERCURE
Note affez clair , que
Source kipocrenique
Ta de fon eau difpenfe
largement.
Or grand mercy de ton
rondeau charmant
Los t'en foit fait par la
lyre delphique
Point ne le puis.
de l'Officier Suiffe .
Point ne le puis de mon
chef helvetique
Tirer un metre en langue
marotique ,
Je , qui ne fcai profer tant
feulement ,
GALANT. 127
Que tu rirois avec maif
tre Clement
De voir un Suiffe ourdir
telle fabrique.
Partant fera ton ordre
defpotique
Loin éconduit de fon vouloir
comique ¿
En ce metier fuis lourd
tres lourdement.
Point ne le puis.
Ainfi tu n'es , car ton
chant
harmonique ,
Liiij
128 MERCURE
Note affez clair , que
Source kipocrenique
Ta de fon eau difpenfe
largement.
Or grand mercy de ton
rondeau charmant
Los t'en foit fait par la
lyre delphique
Point ne le puis.
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Résumé : RESPONSE de l'Officier Suisse.
Un officier suisse refuse d'accomplir une tâche en langue helvétique, qu'il ne maîtrise pas. Il qualifie l'ordre de despotique et se déclare inapte. Il exprime sa gratitude pour un rondeau charmant mais répète son incapacité à l'exécuter. Il décrit le destinataire comme ayant une source abondante.
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1610
p. 128-129
ENVOY pour la mesme.
Début :
Pour te donner los condignes de Toy, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENVOY pour la mesme.
E N VOY
pour
la meſme
.
Pour te donner los condignes
de Toy ,
Certes te duit meilleur
GALANT . 129
Poëte
que
moy
Mefme
Marot
n'eft
pour
ce trop habile
;
Carpour
louer
ta Muſe
fi gentille
,
Tant de merite , un esprit
tout charmant ,
Meffer Phoebus le peut
feul dignement.
pour
la meſme
.
Pour te donner los condignes
de Toy ,
Certes te duit meilleur
GALANT . 129
Poëte
que
moy
Mefme
Marot
n'eft
pour
ce trop habile
;
Carpour
louer
ta Muſe
fi gentille
,
Tant de merite , un esprit
tout charmant ,
Meffer Phoebus le peut
feul dignement.
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1611
p. 129-132
RESPONSE.
Début :
Du bon Marot je tarirois le dire, [...]
Mots clefs :
Marot
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RESPONSE.
RESPONSE.
Du bon Marot je tarirois
le dire ,
Du blond Phoebus j'épuiferois
la lyre.
130 MERCURE
1
Si prétendois répondre
doctement
Aux vers qu'avez envoyé
galament
Lorfque les miens à peine
aviez pu lire
De part S. Leu or dites
moy
beau Sire
Où tant puizés gente façon
d'ecrire ,
Gratieux tours badinages
charmans
.
Du bon Marot .
Moy qui ne fçai termes
GALANT. 131
qu'on doit élire
Du double mont ilfaudra
m'éconduire
Mais fi pouvez m'ap
prendre acortement
Comme dictez le tout
élegament
Bien chanterai cyl qui
mefceut inftruire
Du bon Marot.
ENVO Y.
Plutoft aurois pour vous
cotoïé le
Permeffe ,
J'ay differé par un af132
MERCURE
freux malheur,
Un innocent fouet poffedant
ma tendreſſe
Vient d'éprouver d'un
chat l'ame dure &
traitreſſes
Je ne vous dis plus rien ,
vous connoiffez mon
coeur ,
Fe cheriffois l'oyfeau , jugez
de ma douleur.
Du bon Marot je tarirois
le dire ,
Du blond Phoebus j'épuiferois
la lyre.
130 MERCURE
1
Si prétendois répondre
doctement
Aux vers qu'avez envoyé
galament
Lorfque les miens à peine
aviez pu lire
De part S. Leu or dites
moy
beau Sire
Où tant puizés gente façon
d'ecrire ,
Gratieux tours badinages
charmans
.
Du bon Marot .
Moy qui ne fçai termes
GALANT. 131
qu'on doit élire
Du double mont ilfaudra
m'éconduire
Mais fi pouvez m'ap
prendre acortement
Comme dictez le tout
élegament
Bien chanterai cyl qui
mefceut inftruire
Du bon Marot.
ENVO Y.
Plutoft aurois pour vous
cotoïé le
Permeffe ,
J'ay differé par un af132
MERCURE
freux malheur,
Un innocent fouet poffedant
ma tendreſſe
Vient d'éprouver d'un
chat l'ame dure &
traitreſſes
Je ne vous dis plus rien ,
vous connoiffez mon
coeur ,
Fe cheriffois l'oyfeau , jugez
de ma douleur.
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Résumé : RESPONSE.
Un échange poétique admire le style de Marot, sa grâce et ses badinages. Le premier interlocuteur souhaite apprendre à écrire élégamment. Le second, empêché par un malheur, symbolise sa douleur par un chat blessant un innocent. Il laisse l'autre juge de sa tristesse.
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1612
p. 132-133
ETRENES.
Début :
Je vous desire un nouvel an, [...]
Mots clefs :
Désir, Étrennes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ETRENES.
E TRENE S.
Je vous defire un nouvel
an
GALANT. 133
Plus de gloire qu'à Tamerlan
,
Du vin au gré de vôtre
envie
Une vive & douce Silvie
i
Chaque jour un nouve au
plaifir.
Que pouviez- vous encor
prétendre ?
Je vous defire un coeur
plus tendre ,
Je ne fçai d'où naift ce
defir.
Je vous defire un nouvel
an
GALANT. 133
Plus de gloire qu'à Tamerlan
,
Du vin au gré de vôtre
envie
Une vive & douce Silvie
i
Chaque jour un nouve au
plaifir.
Que pouviez- vous encor
prétendre ?
Je vous defire un coeur
plus tendre ,
Je ne fçai d'où naift ce
defir.
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1613
p. 3-37
NOUVELLE. EPISTRE CRITIQUE à Monsieur .... faite à l'occasion d'un Ouvrage d'esprit obscur & guindé qu'on luy a envoyé dans sa retraite, il feint ingénieusement que depuis qu'il est hors de Paris tous les Ouvrages y sont devenus obscurs & guindez comme celuy qui luy a esté envoyé.
Début :
Depuis un temps mon silence en fait foy, [...]
Mots clefs :
Cantons, Magistrat, Paris, Mal, Lunettes, Lettres secrètes, Franchise, Oracle, Guindé, Code
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : NOUVELLE. EPISTRE CRITIQUE à Monsieur .... faite à l'occasion d'un Ouvrage d'esprit obscur & guindé qu'on luy a envoyé dans sa retraite, il feint ingénieusement que depuis qu'il est hors de Paris tous les Ouvrages y sont devenus obscurs & guindez comme celuy qui luy a esté envoyé.
NOUVELLE.
EPISTRE CRITlQUE
a Monsieur.faite
à l'occasion d'un Ouvrage
d'esprit obfckr
&guindéqu'on luy a
envoye dans sa retraite,
il feintingénieusement
quedepuisqu'il
est hors de Paris tous
les Ouvrages y sont
devenus obscurs (S
guindez comme celuy
qui luy a ejie envoyé.
DEpuis un temps mon
silence en fait foy,
Dans vos cantons n'oserois
plus écrire,
Grand Magistrat, si demandez
pourquoy , ,
Tout bonnement je m'en
vais vous le dire.
En maint écrit qu'à
Paris on admire,
Ou peu s'en faut
, ne
puis comprendre rien,
Le stile en est tres beau,
je le vois bien;
Mais tel qu'ilest, si n'y
puis rien entendre;
N'ay-je pas lieu d'apprehender
quau mien
Paris aussi ne puisse rien
comprendre?
Grand malm'en veux &
ne fuis point touché
D'avoir 1 esprit si dur 6C
si bouché,
Car j'ay beau faire, 6C
hausser mes lunettes,
Et Prose & Vers tout est
si haut perché
Qu'également je m'y
1 trouve empesché,
Et c'est tousjours pour
moy Lettres secrettes,
Goute n'y vois. Oh! que
tout a changé
Pour le langage, &que
dans la grand' Ville
Depuis le temps que j'en
fuis délogé
On s'est rendu subite--
ment habille !
Un point pourtant sur
cela m'a surpris,
Vous le dirai - je, excusez
ma franchise,
C'estvous, Seigneur, qui
causez ma surprise,
Tout ce qui part de vous
est d'un grand prix,
Et peut servir de régle
& de modelle;
C'estvérité dont personne
n'appelle,
Jugez par là de mon eftonnement.
Lorsqu'en discours sortis
de vostre bouche
A nousforains transmis
fidellement,
J'ay trouve tout énonce
clairement,
Rien de forcé, rien d'obscur,
rien de louche:
Est-ce donc là, d'abord
me suis-je dit,
Ce Magistrat dont par
toute la France
-
On prise tant le merveilleux
esprit ?
On vante tant la force &
l'éloquence? -
Je le croyois un Oracle
du temps,
Et cependant il parle, èC
je l'entens !
Je vous le dis, Seigneur,
c'est grand dommage,
Cette clarté qui fut une
, vertu
Au temps passé
,
n'est
plus du bel usage, --
Et ne voudrois en donnerunfestu:
On la souffroit jadis dans
lelangage
Quand on parloit afin
d'estre entendu;
Mais aujourd'huy que
l'on devient plus fagey
Adieu vous dis, son cre-
1 dit est perdu;
On a raison
, tout estoit
confondu.
Dans ce temps-là le peuple,
la canaille
Mettoit le nez dans les
meilleurs écrits
J'
Et décidoit souvent vaille
que vaille,
Chose indecente, & que
nos beaux esprits
N'ont deu souffrir
,
ils;
ont mis si bon ordre
A cet énorme Se vicieux
abus,
Que leurs écrits sont autant
de Rebus,
Enigmes mesme, & n'est
aisé d'y mordre;
Qui le pourroit? ils ne
se montrent plus
Qu'enveloppez de nuages
confus:
Impunément ils bravent
les orages
Tousjours guindez dans
le plus haut des airs;
De temps en temps du
fond de ces nuages
On voit sortir desflammesdes
éclairs ;
Un peu de bruit, &
beaucoup de fumée ;
Puis un essain, soidisant
Renommée,
Veut qu'on admire cC
nous en fait la loy ;
On obeït
, on crie à la
merveille,
Je crie aussi sans trop sçavoir
pourquoy ;
Mais si m'allois faire tirer
l'oreille
Aurais bientost la grand'
bande sur moy :
Pourquoi de peur qu'on
aille s'y méprendre
Je le déclare entant qu'il
est besoin,
Et s'il le faut vous en
prens à tesmoin,
J'admire tout sans le pouvoir
comprendre.
Pour ces Messieurs plus
ne puis,ni ne dois;
Car de vouloir que je les
-
puisse entendre
C'en feroit trop ,
Seigneur,
& je lescroy
Trop gens d'honneur,
: & trop de bonne foy
Pour l'exiger, bien loin
de le prétendre 1
Tous au contraire entre
eux-mesmes tout bas
Sont convenus qu'ils ne
s'entendroient pas.
Voila, Seigneur, touchant
le beau langage
Sur le Parnasse, un grand
remu-ménage:
Or il s'agit de prendre
son parti,
Avisez-y) vous estes bon
& sage:
Mais n'en voudrez avoir
.;
le dementi,
Je le vois bien, ÔC tiendrez
tousjours ferme
Pour le vieil goust. Qu'-
]entens-je par ce terme? entens celui d'Horace
& Ciceron,
Encor faut-il en conserver
le germe,
Et luy laisser au moins
- quelque Patron,
Vous risquez moins que
bien d'autres à l'estre.
Comme en cet art vous
estes un grand Maistre,
Peut-estre à vous le pardonnerat-
on!
, Anous chetifs, recognez
en Province,
Suivre convient l'usage
qui prévaut,
Pour
Pour resister nostre credit
est mince;
Et quant à moi qui crains
un peu la pince,
Bon-gré mal-gré c'est un
faire le faut:
Ma coustume est de peur
qu'on ne me sonde,
D'estre tousjours le premier
à crier,
Comme Salie, ami de
tout le monde,
Sur ce pied-là ne me suis
fait prier.
J'ai donc voulu,suivant
le nouveau Code,
Qu'ont establi maints &
maints beaux esprits,
Penfer
,
écrire & parler
-
à leur mode;
Ors écoutez comment je
my fuis pris.
En premier lieu j'aifait
plier bagage
An grand Virgile, Horace,
& leurs conforts , Vivants compris aussibien
que les morts;
Tels ont cedé sans murjii;
mure à l'orage ;
D'autres ont fait un peu
plus les mutins,
Mais beaucoup moins les
.1 Grecs que les Latins.
Juvenal chef de la mutinerie
, Ma regardé d'abord du
haut en bas,
Et me quittant aussi-tost
en furie,
A pris sa courseulira
sauromatas.
Vous faites bien ma dit
tout bas Horace,
Nous gasterions le bon
goust d'aujourd'hui,
Etj'en ferois autant à vostre
place;
Perse vouloit s'enaller
avec lui,
L'ai retenu par la manche
& pour cause;
Les Orateurs & tous les
gens deProse,
Grands chicaneurs ont
voulu marchander,
Et Ciceron pour la cause
publique,
Comme autrefois tousjours
prestàplaider,
A débuté par une Philippique,
J'estois perdu si j'avois
écouté
,
Mais l'ai d'abord dès FE"
xorde arresté ; -
Disant à tous, Medicursi
point de replique,
J'en suis honteux, mais
l'Arrest est porté, -.
En vous gardant l'on eust
mieux fait peut-estre,
Et resteriez si j'en estois
lemaistre : ,-
Mais comme fuis de l'avis
des plus forts
Voici la porte & voilà la
fenestre ;
Pouvez opter, mais vous
irez dehors
Plus indigné que confus
de l'ouvrage,
0 temps, ô moeurs ! s'écrioit
Ciceron.
Brefdu vieux temps dans
ce commun naufrager,
Ne se sauva que
PerîeSe
Lycophron,
Or ces Messieurs ayant
* tous pris la fuitey.
Vous jugez bien que justesse,
raison
Clarté, bon , sens
,
crai-
; gnant mesme poursuite
A petit bruit sortirent à
leur fuite ;
Nul ne resta, tout vuida
la maifbn,
Ce fut, Seigneur, une
belle décharge;
Auparavant j'estois comme
en prison:
Mais eux partis je me vois
bien au large.
Comment! tandis qu'ay
suivi leurs leçons,
Cent fois par jour j'estois
à la torture :
Pour faire un Vers c'estoit
plus de façons,
Heureux le mot qui passoit
sans rature,
Tantost le tour paroissoit
trop guindé,
Tantostla Phrase embarrassée,
obscure L'un , ne vouloit d'un terme
hasardé,
L'autre trouvoitl'expression
trop dure,
Tousjours
Tousjours la Regle &
l'Equerre à la main
Il , me falloit suivre jùf.
qu'à la fin
Le plan tracé sous peine
de censure,
M'en écarter n'estoit gueres
permis,
Mesme en donnant
mieux que n avois
promis.
Juste en ce point,il falloit
l'estre encore
Dans l'hyperbole&dans
la metaphore, -
Pour tel écart qui feroit
encensé,
Au temps present sous
nom de noble audace
Me fuis souventveu rudement
tancé;
Rien n'estoit beau s'il
n'estoitàsa place.
Les ornemens aûssî que
de raison
Estoientdemijfe3 &c l'on
pouyoit sansdoute
Cueillir des fleurs quand
c'estoit la saison,
Mais ilfalloit les trouver
V-• !
: sur sa route; > Le Synonime enhabit retourné,
Quoy qu'éclatant :n'cftoit
pas pardonné,
La plus pompeuse &
brillante épitete
On larayoit quand;;eilc
estoit muette. .- Pour un seul terme ou
froid ou négligé,
C'estoit pitié,lonnieuft
devisagé.
Rien ne passoits'il neftoitdecalibre;
Que vous dirai-jeenfin?
j'estoisàbout:
Orsdesormaisai secoüé
le joug,
Etje puis dire à present
je fuislibre;
Aussi bientostverrez ma
plumeenl'air,
En imitantlestile noble
& rare
Del'éloquentChancelier
de Navarre,
A chaque trait élancer
un éclair:
Je vais d'abord [our enrichir
mes rimes,
faire un amasde briUans
synonimes,
Et par cet art aujoufd'huy
si commun,
Dire en vingt mots ce
qu'on peut dire en un.
Tout paroistra, jusques
aux moindres fornettes,
Enluminé de nobles épitetes,
Et dansla foule égaré,
confondu,
L'objet qui plus dévoie
frapper laveuë,
Enveloppéde cette epaiC
: senuë,
Se trouvera presque
comme perdu
Enbel esprit qui creuse
& subtilise,
Je veux mefaire un patois
à ma guise,
Et sans toucher aux ter-
-; mes establis,
Que malgré nous maintient
un vieil usage,
Sous mesmes mots autrement
assortis,
Fairetrouver tout un autre
langage
Pour me former un stile
tout nouveau,
Un stile auquel nul au-
: ,
treneressemble; ;
J'accouplerai d'un bizar-
,
re pinceau
Traits qui jamais ne se
c
font vous ensemble:
Mon arc sur tout brillera
dans letour,
J'aurai grand foin qu'au
1,
langage il responde,
Tout fera neuf
, tout
~viendra par détour,
Ne fallust il dans ma ver-
-
ve seconde
Quevous donner feule-
- :j ment le bonjour,
J'amenerai cela du bout
du monde.
De suivre un ordre & se
tracer un plan,
D'avoir unbut, & ten-
:
dre à quelque chose
C'estestre esclave, & se
faire un Tyran,
Pour tien n'en veux, &
quoyque je propose,
£en avertis,&Cqu'on
l'entende bien.
C'est sans In'afireindre"
oum'engager a rien,
Je veux errer maistre de
la campagne,
Traisnant par tout mes
lecteurs esbahis
Tantost en France, SG
tantost en Espagney
Qui me suivra verra bien
du pays ;
J'irai bien viste,& me
suive qui m'aime,
Pas ne responds pourtant
qu'en me suivant
On ne se perde, helas
'xa le plus souvent
Dans mes écarts je me "perditmoi-mesme.
L'ouvrage fait, ilfaudra consulter,
Ainsi qu'en doit user tout
homme sage,
Simesme encor s'en tolere
l'usage :
Mais en ce point ne pre..
:
tends imiter
Cequefaisoitcet Auteur
quel'onvante,
Qui pour se rendre intelligible
entout,
Sur ses écrits consultoit
saservante.
Tout au rebours je veux
gens de haut goust,
Esprits perçants, déliez
& sublimes,
Devinant tout; puis leur
lisant mes rimes
Je leur crierai: dites par
vostrefoi,
M'entendez-vous? gens
': de bien, dites-moi;
Moins ils pourront com*
p,rendreà mon ou- f-.vwgeV'»Ï
Plus le croiraideslors de
bonalloy,
Et sur cela ne veuxd'aït
tre suffrage.
Vousblasmerezle pairi,
que je. prens,
Mais quoi,fèigneui',qae
voulez-vous qu'on fâflê,
Il se faut bien accommoi,
-
,
derautemps; .~,'
J'aimelapaix,je crains
; les différents,
..Et.-
-
ne veux point me
broüiller au Parnasse;
Mais après toutque
ront nos neveux? Ce qu'ilsdiront,ce sont
debeaux morveux
Pour nous reprendre ils
n'oseroient sans doute
Et puis d'ailleurssices
petits esprits
Veulent jamais gloser sur
nos écHtsy
Quinauts seront, car ils
n'y verront goute.
EPISTRE CRITlQUE
a Monsieur.faite
à l'occasion d'un Ouvrage
d'esprit obfckr
&guindéqu'on luy a
envoye dans sa retraite,
il feintingénieusement
quedepuisqu'il
est hors de Paris tous
les Ouvrages y sont
devenus obscurs (S
guindez comme celuy
qui luy a ejie envoyé.
DEpuis un temps mon
silence en fait foy,
Dans vos cantons n'oserois
plus écrire,
Grand Magistrat, si demandez
pourquoy , ,
Tout bonnement je m'en
vais vous le dire.
En maint écrit qu'à
Paris on admire,
Ou peu s'en faut
, ne
puis comprendre rien,
Le stile en est tres beau,
je le vois bien;
Mais tel qu'ilest, si n'y
puis rien entendre;
N'ay-je pas lieu d'apprehender
quau mien
Paris aussi ne puisse rien
comprendre?
Grand malm'en veux &
ne fuis point touché
D'avoir 1 esprit si dur 6C
si bouché,
Car j'ay beau faire, 6C
hausser mes lunettes,
Et Prose & Vers tout est
si haut perché
Qu'également je m'y
1 trouve empesché,
Et c'est tousjours pour
moy Lettres secrettes,
Goute n'y vois. Oh! que
tout a changé
Pour le langage, &que
dans la grand' Ville
Depuis le temps que j'en
fuis délogé
On s'est rendu subite--
ment habille !
Un point pourtant sur
cela m'a surpris,
Vous le dirai - je, excusez
ma franchise,
C'estvous, Seigneur, qui
causez ma surprise,
Tout ce qui part de vous
est d'un grand prix,
Et peut servir de régle
& de modelle;
C'estvérité dont personne
n'appelle,
Jugez par là de mon eftonnement.
Lorsqu'en discours sortis
de vostre bouche
A nousforains transmis
fidellement,
J'ay trouve tout énonce
clairement,
Rien de forcé, rien d'obscur,
rien de louche:
Est-ce donc là, d'abord
me suis-je dit,
Ce Magistrat dont par
toute la France
-
On prise tant le merveilleux
esprit ?
On vante tant la force &
l'éloquence? -
Je le croyois un Oracle
du temps,
Et cependant il parle, èC
je l'entens !
Je vous le dis, Seigneur,
c'est grand dommage,
Cette clarté qui fut une
, vertu
Au temps passé
,
n'est
plus du bel usage, --
Et ne voudrois en donnerunfestu:
On la souffroit jadis dans
lelangage
Quand on parloit afin
d'estre entendu;
Mais aujourd'huy que
l'on devient plus fagey
Adieu vous dis, son cre-
1 dit est perdu;
On a raison
, tout estoit
confondu.
Dans ce temps-là le peuple,
la canaille
Mettoit le nez dans les
meilleurs écrits
J'
Et décidoit souvent vaille
que vaille,
Chose indecente, & que
nos beaux esprits
N'ont deu souffrir
,
ils;
ont mis si bon ordre
A cet énorme Se vicieux
abus,
Que leurs écrits sont autant
de Rebus,
Enigmes mesme, & n'est
aisé d'y mordre;
Qui le pourroit? ils ne
se montrent plus
Qu'enveloppez de nuages
confus:
Impunément ils bravent
les orages
Tousjours guindez dans
le plus haut des airs;
De temps en temps du
fond de ces nuages
On voit sortir desflammesdes
éclairs ;
Un peu de bruit, &
beaucoup de fumée ;
Puis un essain, soidisant
Renommée,
Veut qu'on admire cC
nous en fait la loy ;
On obeït
, on crie à la
merveille,
Je crie aussi sans trop sçavoir
pourquoy ;
Mais si m'allois faire tirer
l'oreille
Aurais bientost la grand'
bande sur moy :
Pourquoi de peur qu'on
aille s'y méprendre
Je le déclare entant qu'il
est besoin,
Et s'il le faut vous en
prens à tesmoin,
J'admire tout sans le pouvoir
comprendre.
Pour ces Messieurs plus
ne puis,ni ne dois;
Car de vouloir que je les
-
puisse entendre
C'en feroit trop ,
Seigneur,
& je lescroy
Trop gens d'honneur,
: & trop de bonne foy
Pour l'exiger, bien loin
de le prétendre 1
Tous au contraire entre
eux-mesmes tout bas
Sont convenus qu'ils ne
s'entendroient pas.
Voila, Seigneur, touchant
le beau langage
Sur le Parnasse, un grand
remu-ménage:
Or il s'agit de prendre
son parti,
Avisez-y) vous estes bon
& sage:
Mais n'en voudrez avoir
.;
le dementi,
Je le vois bien, ÔC tiendrez
tousjours ferme
Pour le vieil goust. Qu'-
]entens-je par ce terme? entens celui d'Horace
& Ciceron,
Encor faut-il en conserver
le germe,
Et luy laisser au moins
- quelque Patron,
Vous risquez moins que
bien d'autres à l'estre.
Comme en cet art vous
estes un grand Maistre,
Peut-estre à vous le pardonnerat-
on!
, Anous chetifs, recognez
en Province,
Suivre convient l'usage
qui prévaut,
Pour
Pour resister nostre credit
est mince;
Et quant à moi qui crains
un peu la pince,
Bon-gré mal-gré c'est un
faire le faut:
Ma coustume est de peur
qu'on ne me sonde,
D'estre tousjours le premier
à crier,
Comme Salie, ami de
tout le monde,
Sur ce pied-là ne me suis
fait prier.
J'ai donc voulu,suivant
le nouveau Code,
Qu'ont establi maints &
maints beaux esprits,
Penfer
,
écrire & parler
-
à leur mode;
Ors écoutez comment je
my fuis pris.
En premier lieu j'aifait
plier bagage
An grand Virgile, Horace,
& leurs conforts , Vivants compris aussibien
que les morts;
Tels ont cedé sans murjii;
mure à l'orage ;
D'autres ont fait un peu
plus les mutins,
Mais beaucoup moins les
.1 Grecs que les Latins.
Juvenal chef de la mutinerie
, Ma regardé d'abord du
haut en bas,
Et me quittant aussi-tost
en furie,
A pris sa courseulira
sauromatas.
Vous faites bien ma dit
tout bas Horace,
Nous gasterions le bon
goust d'aujourd'hui,
Etj'en ferois autant à vostre
place;
Perse vouloit s'enaller
avec lui,
L'ai retenu par la manche
& pour cause;
Les Orateurs & tous les
gens deProse,
Grands chicaneurs ont
voulu marchander,
Et Ciceron pour la cause
publique,
Comme autrefois tousjours
prestàplaider,
A débuté par une Philippique,
J'estois perdu si j'avois
écouté
,
Mais l'ai d'abord dès FE"
xorde arresté ; -
Disant à tous, Medicursi
point de replique,
J'en suis honteux, mais
l'Arrest est porté, -.
En vous gardant l'on eust
mieux fait peut-estre,
Et resteriez si j'en estois
lemaistre : ,-
Mais comme fuis de l'avis
des plus forts
Voici la porte & voilà la
fenestre ;
Pouvez opter, mais vous
irez dehors
Plus indigné que confus
de l'ouvrage,
0 temps, ô moeurs ! s'écrioit
Ciceron.
Brefdu vieux temps dans
ce commun naufrager,
Ne se sauva que
PerîeSe
Lycophron,
Or ces Messieurs ayant
* tous pris la fuitey.
Vous jugez bien que justesse,
raison
Clarté, bon , sens
,
crai-
; gnant mesme poursuite
A petit bruit sortirent à
leur fuite ;
Nul ne resta, tout vuida
la maifbn,
Ce fut, Seigneur, une
belle décharge;
Auparavant j'estois comme
en prison:
Mais eux partis je me vois
bien au large.
Comment! tandis qu'ay
suivi leurs leçons,
Cent fois par jour j'estois
à la torture :
Pour faire un Vers c'estoit
plus de façons,
Heureux le mot qui passoit
sans rature,
Tantost le tour paroissoit
trop guindé,
Tantostla Phrase embarrassée,
obscure L'un , ne vouloit d'un terme
hasardé,
L'autre trouvoitl'expression
trop dure,
Tousjours
Tousjours la Regle &
l'Equerre à la main
Il , me falloit suivre jùf.
qu'à la fin
Le plan tracé sous peine
de censure,
M'en écarter n'estoit gueres
permis,
Mesme en donnant
mieux que n avois
promis.
Juste en ce point,il falloit
l'estre encore
Dans l'hyperbole&dans
la metaphore, -
Pour tel écart qui feroit
encensé,
Au temps present sous
nom de noble audace
Me fuis souventveu rudement
tancé;
Rien n'estoit beau s'il
n'estoitàsa place.
Les ornemens aûssî que
de raison
Estoientdemijfe3 &c l'on
pouyoit sansdoute
Cueillir des fleurs quand
c'estoit la saison,
Mais ilfalloit les trouver
V-• !
: sur sa route; > Le Synonime enhabit retourné,
Quoy qu'éclatant :n'cftoit
pas pardonné,
La plus pompeuse &
brillante épitete
On larayoit quand;;eilc
estoit muette. .- Pour un seul terme ou
froid ou négligé,
C'estoit pitié,lonnieuft
devisagé.
Rien ne passoits'il neftoitdecalibre;
Que vous dirai-jeenfin?
j'estoisàbout:
Orsdesormaisai secoüé
le joug,
Etje puis dire à present
je fuislibre;
Aussi bientostverrez ma
plumeenl'air,
En imitantlestile noble
& rare
Del'éloquentChancelier
de Navarre,
A chaque trait élancer
un éclair:
Je vais d'abord [our enrichir
mes rimes,
faire un amasde briUans
synonimes,
Et par cet art aujoufd'huy
si commun,
Dire en vingt mots ce
qu'on peut dire en un.
Tout paroistra, jusques
aux moindres fornettes,
Enluminé de nobles épitetes,
Et dansla foule égaré,
confondu,
L'objet qui plus dévoie
frapper laveuë,
Enveloppéde cette epaiC
: senuë,
Se trouvera presque
comme perdu
Enbel esprit qui creuse
& subtilise,
Je veux mefaire un patois
à ma guise,
Et sans toucher aux ter-
-; mes establis,
Que malgré nous maintient
un vieil usage,
Sous mesmes mots autrement
assortis,
Fairetrouver tout un autre
langage
Pour me former un stile
tout nouveau,
Un stile auquel nul au-
: ,
treneressemble; ;
J'accouplerai d'un bizar-
,
re pinceau
Traits qui jamais ne se
c
font vous ensemble:
Mon arc sur tout brillera
dans letour,
J'aurai grand foin qu'au
1,
langage il responde,
Tout fera neuf
, tout
~viendra par détour,
Ne fallust il dans ma ver-
-
ve seconde
Quevous donner feule-
- :j ment le bonjour,
J'amenerai cela du bout
du monde.
De suivre un ordre & se
tracer un plan,
D'avoir unbut, & ten-
:
dre à quelque chose
C'estestre esclave, & se
faire un Tyran,
Pour tien n'en veux, &
quoyque je propose,
£en avertis,&Cqu'on
l'entende bien.
C'est sans In'afireindre"
oum'engager a rien,
Je veux errer maistre de
la campagne,
Traisnant par tout mes
lecteurs esbahis
Tantost en France, SG
tantost en Espagney
Qui me suivra verra bien
du pays ;
J'irai bien viste,& me
suive qui m'aime,
Pas ne responds pourtant
qu'en me suivant
On ne se perde, helas
'xa le plus souvent
Dans mes écarts je me "perditmoi-mesme.
L'ouvrage fait, ilfaudra consulter,
Ainsi qu'en doit user tout
homme sage,
Simesme encor s'en tolere
l'usage :
Mais en ce point ne pre..
:
tends imiter
Cequefaisoitcet Auteur
quel'onvante,
Qui pour se rendre intelligible
entout,
Sur ses écrits consultoit
saservante.
Tout au rebours je veux
gens de haut goust,
Esprits perçants, déliez
& sublimes,
Devinant tout; puis leur
lisant mes rimes
Je leur crierai: dites par
vostrefoi,
M'entendez-vous? gens
': de bien, dites-moi;
Moins ils pourront com*
p,rendreà mon ou- f-.vwgeV'»Ï
Plus le croiraideslors de
bonalloy,
Et sur cela ne veuxd'aït
tre suffrage.
Vousblasmerezle pairi,
que je. prens,
Mais quoi,fèigneui',qae
voulez-vous qu'on fâflê,
Il se faut bien accommoi,
-
,
derautemps; .~,'
J'aimelapaix,je crains
; les différents,
..Et.-
-
ne veux point me
broüiller au Parnasse;
Mais après toutque
ront nos neveux? Ce qu'ilsdiront,ce sont
debeaux morveux
Pour nous reprendre ils
n'oseroient sans doute
Et puis d'ailleurssices
petits esprits
Veulent jamais gloser sur
nos écHtsy
Quinauts seront, car ils
n'y verront goute.
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Résumé : NOUVELLE. EPISTRE CRITIQUE à Monsieur .... faite à l'occasion d'un Ouvrage d'esprit obscur & guindé qu'on luy a envoyé dans sa retraite, il feint ingénieusement que depuis qu'il est hors de Paris tous les Ouvrages y sont devenus obscurs & guindez comme celuy qui luy a esté envoyé.
L'épître critique un 'Grand Magistrat' retraité pour l'obscurité et la complexité des œuvres littéraires parisiennes contemporaines. L'auteur déplore la perte de la clarté, autrefois valorisée, au profit d'un langage confus et élitiste, inaccessible au peuple. Pour éviter les critiques, il décide d'adopter ce nouveau style, rejetant ainsi les auteurs classiques tels que Virgile, Horace et Cicéron. Le texte mentionne une libération des contraintes littéraires imposées par des règles strictes et des critiques sévères. L'auteur exprimait auparavant des difficultés à rédiger des vers sous une critique rigoureuse, exigeant clarté, justesse et conformité aux règles. Après s'être affranchi de ces contraintes, il aspire à un style noble et rare, inspiré par l'éloquent chancelier de Navarre. Son œuvre sera marquée par l'originalité et l'audace, sans ordre ni plan préétabli. Il invite les lecteurs à le suivre, tout en reconnaissant les risques d'incompréhension. Il souhaite être lu par des esprits subtils et accepte les critiques, cherchant avant tout la paix. Enfin, il exprime son indifférence face aux jugements futurs, estimant que les générations suivantes manqueront de maturité pour apprécier son œuvre.
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1614
p. 76-77
PARODIE de l'Enigme dont le mot est le Raisin.
Début :
Raisin est masle en general, [...]
Mots clefs :
Raisin, Grappe, Grain, Rouge, Ivrogne, Cep
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PARODIE de l'Enigme dont le mot est le Raisin.
PARODIE
,de l'Enigme dont le
mot est le Raisin.
RAifinejf,rrJajle en genéral9
Grappe en est ledétail if
cep un nomfemelle,
Grain en petit detaild'un
nom masle s'appelle
Raisin fait devenir plus
d'unhomme brutal
Et c'eji pourtant la douceurmesme.
,..
Le raisin rouge ou blanc,
a le teint vifou blesme,
Son pere ccfi le Cep, il
estsec ebossu
La terre est leur mere
commune Le vin , rend vicieux souventparsa
vertu,
Et l'yvrogne irrité, est
souventsans rancune.
Le mot de l'autre Enigme
c'est le Navire.
,de l'Enigme dont le
mot est le Raisin.
RAifinejf,rrJajle en genéral9
Grappe en est ledétail if
cep un nomfemelle,
Grain en petit detaild'un
nom masle s'appelle
Raisin fait devenir plus
d'unhomme brutal
Et c'eji pourtant la douceurmesme.
,..
Le raisin rouge ou blanc,
a le teint vifou blesme,
Son pere ccfi le Cep, il
estsec ebossu
La terre est leur mere
commune Le vin , rend vicieux souventparsa
vertu,
Et l'yvrogne irrité, est
souventsans rancune.
Le mot de l'autre Enigme
c'est le Navire.
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Résumé : PARODIE de l'Enigme dont le mot est le Raisin.
Le texte présente une parodie d'énigme sur le mot 'raisin'. Il décrit le raisin avec des termes poétiques et des jeux de mots. La grappe est le détail de la vigne, le cep est féminin et le grain est masculin. Le raisin peut transformer un homme en une personne brutale. Il peut être rouge ou blanc. Son père est le cep, souvent sec et bossu, et la terre est leur mère commune. Le vin, produit du raisin, peut rendre les gens vicieux. L'autre énigme a pour mot 'navire'.
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1615
p. 78-79
ENIGME.
Début :
Quoy qu'aujourd'huy je sois ce que j'estois hier, [...]
Mots clefs :
Cerneau
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texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
QUoy qu'aujourd'huy
jesois ce quej'estois hter,
Cessant d'estre doublé, je
ne suisplusmoy-mesme,
Qupj que coupé, pourtant jesuistousjours entier,
Cepartage me rendindigne
du Caresme.
J'estois femelle , estant
doublé
Mais quand de mon bo.
net on m'a desassublé
AuJJÏ-tosk je suis masle
,
après madélivrance*
JJon me noye, & bien.
tost apré*s.,mon excellence
Devient celle à peu prés
desouvrages d'esprit.
Avec moyl'onchante,
l'on rit
JSdais qui n'a point dfJ
temps à perdre qu'il
m'evite
Taiience avec moy quelquefois
periclite.
jesois ce quej'estois hter,
Cessant d'estre doublé, je
ne suisplusmoy-mesme,
Qupj que coupé, pourtant jesuistousjours entier,
Cepartage me rendindigne
du Caresme.
J'estois femelle , estant
doublé
Mais quand de mon bo.
net on m'a desassublé
AuJJÏ-tosk je suis masle
,
après madélivrance*
JJon me noye, & bien.
tost apré*s.,mon excellence
Devient celle à peu prés
desouvrages d'esprit.
Avec moyl'onchante,
l'on rit
JSdais qui n'a point dfJ
temps à perdre qu'il
m'evite
Taiience avec moy quelquefois
periclite.
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1616
p. 80-83
REPROCHES au Dieu Apollon, sur le sort ordinaire des Poëtes.
Début :
Fils de Latone, injuste Dieu, [...]
Mots clefs :
Or, Puissance, Indigence, Char, Coursiers, Enorgueilli, Ornement, Famille, Sous-fermier
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : REPROCHES au Dieu Apollon, sur le sort ordinaire des Poëtes.
REPROCHES
au Dieu Apollon,sur
le fort ordinaire des
Poëtes.
FIls de Latone,injuste
Dieu,
Qui produit l'or par ta
puissance,
Pourquoi tousjours dans
l'indigence
- Tes enfans en ont-ils si
peu.
Apprens-moi, Pere sans
pitié,
Tandis qu'avec éclat tu
guides
Ton Char &tes CourEeM
rapides,
Pourquoi tes enfans vont àpie?
Enorgueillis d'un titre
vain,
Pourquoy, tandis que
TAmbrofie
Selon ton gré te rassasie
Tes enfans meurent-ils
de faim
Par toi nos champs font
reveftus
Des ornemens les plus ai.
mables ; Pourquoirfiersquoique
misérables,
Tes enfans sont-ils presquenuds?
Dans ton Palais font rassemblez
Cent thrélors donc il cIl,
la source ;
Pourquoi tes enfans sans
ressource
Sont-ils toujours si malmeublez
>
Songe à les pourvoir:sans
--, ,"-
les biens
De quoi sert la haute naiCsance;
Est-il un Sous-Fermier eu
France,
Qui n'establisse mieux lc£
siens.
Ne parois plusindifferent
Sur ce qu'icy je te de
mande:
Il est vrai, ta Famille est
grande
Mais ton pouvoir est-il
moins grand
Agis en donc plus tendrement,
Traite tes enfans en vrai
père,
Et pourqu'il ne t'en couftç
guere
Enrichis les bons seule
ment.
au Dieu Apollon,sur
le fort ordinaire des
Poëtes.
FIls de Latone,injuste
Dieu,
Qui produit l'or par ta
puissance,
Pourquoi tousjours dans
l'indigence
- Tes enfans en ont-ils si
peu.
Apprens-moi, Pere sans
pitié,
Tandis qu'avec éclat tu
guides
Ton Char &tes CourEeM
rapides,
Pourquoi tes enfans vont àpie?
Enorgueillis d'un titre
vain,
Pourquoy, tandis que
TAmbrofie
Selon ton gré te rassasie
Tes enfans meurent-ils
de faim
Par toi nos champs font
reveftus
Des ornemens les plus ai.
mables ; Pourquoirfiersquoique
misérables,
Tes enfans sont-ils presquenuds?
Dans ton Palais font rassemblez
Cent thrélors donc il cIl,
la source ;
Pourquoi tes enfans sans
ressource
Sont-ils toujours si malmeublez
>
Songe à les pourvoir:sans
--, ,"-
les biens
De quoi sert la haute naiCsance;
Est-il un Sous-Fermier eu
France,
Qui n'establisse mieux lc£
siens.
Ne parois plusindifferent
Sur ce qu'icy je te de
mande:
Il est vrai, ta Famille est
grande
Mais ton pouvoir est-il
moins grand
Agis en donc plus tendrement,
Traite tes enfans en vrai
père,
Et pourqu'il ne t'en couftç
guere
Enrichis les bons seule
ment.
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Résumé : REPROCHES au Dieu Apollon, sur le sort ordinaire des Poëtes.
Le poème s'adresse au dieu Apollon pour dénoncer la condition misérable des poètes, ses enfants. Le narrateur souligne l'injustice de cette situation, contrastant la puissance et la richesse d'Apollon avec la pauvreté des poètes. Il compare leur sort à celui des fermiers en France, qui parviennent à subvenir aux besoins de leurs familles. Le narrateur appelle Apollon à ne pas rester indifférent et à pourvoir aux besoins de ses enfants, suggérant qu'il devrait enrichir uniquement les bons poètes. Le poème met en lumière le contraste entre la grandeur d'Apollon et la misère de ceux qu'il est censé protéger.
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1617
p. 87-95
BOUQUET à Mademoiselle de B...
Début :
Parmi tous les honneurs qu'on s'empresse à vous rendre [...]
Mots clefs :
Honneur, Triomphe, Plaisir, Jaloux, Bouquet, Flore, Assortiment, Déguisement, Flamme, Martyre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : BOUQUET à Mademoiselle de B...
Il 0 V Q^V' E
à Adademoiselle de B
PArmi
tous leshonneurs
qu'on s'empresse à vous
rendre
Dans un jour de triomphé
& de plaisir pour vous,
Je ne viens point medes
, ma voix aux voeux de
tous
Ce procedé peut vous fafcj
prendre,
Et m'attirer vostre courroux:
Mais un Dieu pour me le
deffendre,
Exprès du Ciel vient
-
de
descendre:
Ce Dieu de ses droits cft:
jaloux,
Et je dois obeïr quoy qu'il
faille entreprendre.
Pour vous faire un Bouquet
je demandois des
fleurs
A la jeune & brillante
Flore,
Aussiton elle en sit éclore,
J'en vis dans Ces jardins de
toutes les couleurs.
J'approche,leurclar & me
charme & m'attache, jen
J'en admire l'assortiment,
Quel fpe&acle à mes yeux
s'offre dans ce moment
Sous les traits du zephire
amour me les arrache.
Je le reconnus aisément
Malgré tout son déguisement,
L'ayant veu dans vos yeux
où souvent il se cache.
a~.
Téméraire mortel, me
y dit il, en courroux,
Vous osez faire un bouquet
a Julie?
Dites quelle
-
est vostre ',: folie?
,Vousprétendez gouster
mes plaisïrs les plus doux,
Et vous cherchez mon ennemie?
Vostre ennemie, ô Ciel
amour? que dites-vous?
Luy dis je avec une surprise
extrême
Julie a trop d'appas pour
déplaire à l'amour,
etest par elle que chaque
jour
On reconnoist vostre pouvoir
supréme,
Ses yeux vifs & perçans
portent dans tous les
coeurs,
Et vos flammes & vos ar-
,
deurs,
eteOE par elle plustost que
par vous que son aime,
Et dans ce barbare sejour
Elle a sceu vous faire une
cour,
Vous me voulez tromper
vousmesme,
Julie a trop dappaspour
déplaire à l'amour.
A lavoir,on setrouble,on
1
s'enflame à l'entendre,
Ses yeux charment les
coeurs, son cfprit les
retient
Sa grâce les enchante §c
quand sa voix survient,
Un coeur luy-mesme a peineà
se comprendre, si
Mille doux mouvemens l'agitenttouràtour,i
C)cfi par elle plutost que
par vous que l'on aime,
Vous me voulez tromper
vous-mesme
Julie a trop d'appas pour
-
déplaire à l'amour.
Julie a mille appas pour
4 engager, pour plaire,
Je le sçais, dit l'amour, &
je ne puis m'en taire, :.
Je dois plus à l'éclac de
ddee*c—etsebsrbirlillalnantstsaatttrtraaititss-.";-1
Qu'à la force de tous les
traits
Dont autrefois m'arma la
-
Déesse ma mere y
Mais il ne faut pas au
surplus
Que Julie en fasse un
abus;
Quand pour ses appas on
soupire
Tendres regards, discoursflateurs
Beaux compliments, Cm~
ris trompeurs,
Sont les salaires du martyre
Qu'elle faitendurer aux
1 cecurs
Ce n'est là proprement
qu'amusermon empire,
Il faut, il faut de soUdes
faveurs,
C'est a ce but que tout
amant aspire.
Je scais bien charmante
Julie
Que je vous dois un bouquccencejour;
< -
Mais je n'aurai pas la folie
Demépriser les ordres de
L'amour;
Aussi pourquoi tousjours
voulezvous vous desfendre,
Vous charmez tous les
coeurs, on ne peut vous
charmer,
Ah c'est assez nous enflamer,
A vostre tour il faut vous
rendre,
Je vous promets des fleurs
si vous voulez aimer.
à Adademoiselle de B
PArmi
tous leshonneurs
qu'on s'empresse à vous
rendre
Dans un jour de triomphé
& de plaisir pour vous,
Je ne viens point medes
, ma voix aux voeux de
tous
Ce procedé peut vous fafcj
prendre,
Et m'attirer vostre courroux:
Mais un Dieu pour me le
deffendre,
Exprès du Ciel vient
-
de
descendre:
Ce Dieu de ses droits cft:
jaloux,
Et je dois obeïr quoy qu'il
faille entreprendre.
Pour vous faire un Bouquet
je demandois des
fleurs
A la jeune & brillante
Flore,
Aussiton elle en sit éclore,
J'en vis dans Ces jardins de
toutes les couleurs.
J'approche,leurclar & me
charme & m'attache, jen
J'en admire l'assortiment,
Quel fpe&acle à mes yeux
s'offre dans ce moment
Sous les traits du zephire
amour me les arrache.
Je le reconnus aisément
Malgré tout son déguisement,
L'ayant veu dans vos yeux
où souvent il se cache.
a~.
Téméraire mortel, me
y dit il, en courroux,
Vous osez faire un bouquet
a Julie?
Dites quelle
-
est vostre ',: folie?
,Vousprétendez gouster
mes plaisïrs les plus doux,
Et vous cherchez mon ennemie?
Vostre ennemie, ô Ciel
amour? que dites-vous?
Luy dis je avec une surprise
extrême
Julie a trop d'appas pour
déplaire à l'amour,
etest par elle que chaque
jour
On reconnoist vostre pouvoir
supréme,
Ses yeux vifs & perçans
portent dans tous les
coeurs,
Et vos flammes & vos ar-
,
deurs,
eteOE par elle plustost que
par vous que son aime,
Et dans ce barbare sejour
Elle a sceu vous faire une
cour,
Vous me voulez tromper
vousmesme,
Julie a trop dappaspour
déplaire à l'amour.
A lavoir,on setrouble,on
1
s'enflame à l'entendre,
Ses yeux charment les
coeurs, son cfprit les
retient
Sa grâce les enchante §c
quand sa voix survient,
Un coeur luy-mesme a peineà
se comprendre, si
Mille doux mouvemens l'agitenttouràtour,i
C)cfi par elle plutost que
par vous que l'on aime,
Vous me voulez tromper
vous-mesme
Julie a trop d'appas pour
-
déplaire à l'amour.
Julie a mille appas pour
4 engager, pour plaire,
Je le sçais, dit l'amour, &
je ne puis m'en taire, :.
Je dois plus à l'éclac de
ddee*c—etsebsrbirlillalnantstsaatttrtraaititss-.";-1
Qu'à la force de tous les
traits
Dont autrefois m'arma la
-
Déesse ma mere y
Mais il ne faut pas au
surplus
Que Julie en fasse un
abus;
Quand pour ses appas on
soupire
Tendres regards, discoursflateurs
Beaux compliments, Cm~
ris trompeurs,
Sont les salaires du martyre
Qu'elle faitendurer aux
1 cecurs
Ce n'est là proprement
qu'amusermon empire,
Il faut, il faut de soUdes
faveurs,
C'est a ce but que tout
amant aspire.
Je scais bien charmante
Julie
Que je vous dois un bouquccencejour;
< -
Mais je n'aurai pas la folie
Demépriser les ordres de
L'amour;
Aussi pourquoi tousjours
voulezvous vous desfendre,
Vous charmez tous les
coeurs, on ne peut vous
charmer,
Ah c'est assez nous enflamer,
A vostre tour il faut vous
rendre,
Je vous promets des fleurs
si vous voulez aimer.
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Résumé : BOUQUET à Mademoiselle de B...
L'auteur écrit à 'Ademoiselle de B', probablement Julie, pour expliquer son absence lors d'un jour de triomphe et de plaisir en son honneur. Il attribue cette absence à l'amour, qu'il considère comme une force divine. Dans sa lettre, il décrit une tentative de créer un bouquet de fleurs, interrompue par l'Amour personnifié en Zéphyr, qui affirme que Julie est son ennemie. L'auteur conteste cette vision, vantant les charmes et les qualités de Julie qui la rendent aimable à tous. L'Amour reconnaît ses attraits mais met en garde contre l'abus de son pouvoir, soulignant que les hommages reçus sont le prix de la souffrance infligée aux cœurs. Enfin, l'Amour promet des fleurs à Julie si elle accepte de rendre les sentiments qu'elle inspire.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1618
p. 153-182
STANCES Sur la vie champêtre.
Début :
Celebrons les destins prosperes [...]
Mots clefs :
Stances, Champêtre, Fruits, Trompette, Conscience, Alarmes, Mépris, Envie, Courtisans, Blé
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texteReconnaissance textuelle : STANCES Sur la vie champêtre.
STANCES
Sur U/vie chtmpétreb CElebrons les destin
• •
prosperes
D'un homme exempt de
soins fâcheux,
Qui content des champs
de ses peres,
Les laboure avecque -
fe*
boeufs,
Et qui loin des mpllç^dc.
lices,
Ignorant jusquau;$ojpi4ei
vices
Qui tiennent. nos sens en.
^chantez,j Vit encore au siecle ou
nous sommes,
j A l'exemple des pjemierj
hommes,
Des fruits qu'il n'a pas achej
tez.
-' ,.,',
Jamais le {on, de la trom-,
Ne,. ic fait
pette Nh Nelefait monter a-c
val
Ilne craint pointd'une dé-*
faite
Le succés funeste &fatal;
Il n'entend point le bruit
des armes,
JSa c;onscience est sans alar- mes. -Y
Sans peine il obeïtaux loix,
Et couvert de son inno.
cence,
Prend le repos en affurance,
Qu'on ne trouve point chez
les Rois.
La mer, quand un funeste
orage
--0-'
Ouvre sesabîmes affreux,
Nelui pouvant porterdommage,-
Ne l'oblige point à,del
voeux ;
Il ne voit point couler sa vic
Parmi le mépris ou l'envie
De ceux qui fonda cour
,
aux Grands;
Mai-s auiE d'uneaudace folle ;-
Il n'insulte point à l'idole -
Qu'adorent lesvainscour
tisans..
Il n'a point desperance
..,Yaia.e»
Ni de crainte sansfondefIhleast
siannms1eeennvtjie & fan», A l'égard du Gouvernemet
tIl rneèconssulte,point les as- Afin de prévoir les desastres
Dont l'Etat peut être acca.
blé:
Mais seulementafin d'ap-
, prendre
-- Le temps qu'il est besoin
d'attendre
Pour femer oucouper fou
blé.
Ne s'arrêtant à rien d'indi
gne
DD''ooccccuuppeerrlelepepnenlseerr hhuu-.
main, *
Il a foin de cailler savi
gne --.f
Par un tefmepsrpauir;ncl;air Et si quelque fepdegenc|
Soudain sur letronc il
m
, fere
La greffe qu'il a prise ail
t>-° leurs, >. ",>i
Et coupant le bois inutile4
Il rend son vignoble fer
tile,
Et des vins il a les meiU
leurs.
Il contemple la terreornée
Derémail éclatant des
fleurs,
Que les plus beaux jours
de l'année
Ont peintes de mille cou*
leurs ;
Sur les côteaux & dans la
plaine,
Sans tenir de route certaine
Ses boeufs errant confufément,
Il prend plaisir à leur voir
paître
L'herbage que la nuit fais naître !
JEc renouvelle incessam-
1 - ment. ut. De la ruche chassant l'a-
; beille,
Dans ses magasins precieux
ïï trouve une manne pareille
Au doux mets que; l'on fer
aux Dieux. 4
Quandl'impctueux ven
,.t deThrace
Au zephire cede la place,
Il tond ses-paisibles brebis, i
E
>
Etméprisant l'or& ht
foye, '1. Leurs simples toisons il employe
:.:- A faire ses plus beaux habics.
t
j
Quand le démon de la lu-,
miere
Commence en faveur de
la nuit
D'accourcir sa vaste ca*rr
riere,
Etqu'aux fleurs succede le
,
fruit
Pour nourrir sa, chere £a»
mille
Il fait tomberfous lafaudfl
Les moissons qui dorei
leschamps, Sans quoy nôtre ennuyeu
.c, , vie -'
Se verroit encore aflgrvie
Au grossier ufagedesglari
Les jours qu'onintçrrotnj
': , ';
la peine ( Que le travail donne au
mortels,
Il prend un livre,ou se pfe
? mene, Quand il a servi les autels
Et lorsquela cigalechai^u
Qu'avecle jour le cKâtis'augmente
,
:$ous
-
un orme au feuillage
,
t, épais
Etendu doucement (àr
l'herbe,
Qui lui tient lieu d'un lie
superbe,
Lorsquetoutbrûle il pren!Jd
--, le frais.
Là nul repentir ne 1âigitfc,
Il joüit d'un profondre-
., j,..1 ¡.' 1
,
pos, : Comme un lac qu'aucun
ventn'irrite, ' Et dont rien n'alerte les
, n: ¡ i, .) lfots- £csi lemurmure agréable
De l'eau qui roule surle là*
ble
Le provoque enfinau
meilj
ilne fait point de mauvais
,:
songes,
Etjamaisleurs tristesmensonges
Ne le fâchent à son réveil.
Quand l'humide & fertile
autonne,
Qui du jour tempere les
feux,
De ses riches fruits se coifc
ronne,
Achevant de remplir ilq$
teeux,
Soigneuxillescüeille &les
serre,
Pour en user lorsque la terct
Met fin àses productions,
A lasage fourmis semblable,
Pui durant l'esté favorable
Amasse ses provisions.
jCeft alors que la vigne ploye '(
Sous ce fruit doux & précieux
,
iDont la liqueur donn^te
,
Joye"
Et bannit, les soins eiv
nuyeux; Et qu'attentifà son mén-â.,
Nuôtresheauregguxe meettant et;. Cuves,&panier?&co& teaux, c
On coupe, on presse la
dange,
LLreevaviinInJ cçoozuulleeetandisqu'o?n- Et quel'onremplitleston
neaux.
L'hyver,qui toujoursfroi
,.&pae
Effacetantde doux appas aux beaux jours la nature
étalé,
:-
L'occuppe,&ne
& ne ll'aattttrriisfstee , pas:
"JTil a des terres inutiles,
Couvertes debuissons Viles,
Illès fait alors défricher-
Oncoupe d'unehache forte
Unhêtredont la cime
Sert morte aux oiseaux à se percher.
D'un soin diligent iltravaille
:
Àla clôture deieschamps
Ouredresse un pap. demu
raille
Tombé par l'injure de
temps: Parfois d:unemainvigou
:
reuse,
-
Sans s'épargnerlui-même
il creuse
Un fasïe deterrecomblé
Et parune voyeinsensible
Tire l'humidité nuisible
Qui croupit & gâte son blé - Ainsi son esprit fuit les vi- cies En évitant i'ojfïveté-f JLinfi
ifcinn par divers exercices
Son corps se maintient en
santé:
Tantôt il dissipe à la chasse
La pesanteur qui le menace,
Et marque un desordre aux
Il humeurs;
Tantôt en repos il contemple
Leeesxxveeretumsmqup'ilpplreln,depour
En lacôduite de ses moeurs.
L'ame qu'occupent de la
forte
Ces soins frequens ,
hbo-
: rieux,
Na-t-elle pas fermé la porce
A mille pensers ennuyeux?
Ces tristesfleaux de la vie,
Le soupçon, la crainte
l'envie,
Les querelles & les procès
Les vains desirs, les amour; soles, Enfin cent passions frivole
Nc'yépeuvsentsplus avoir ac
Que si sa compagne pudi
que
Comme lui suivant la rai son,
Avec diligence s'applique
A bien gouverner la mai.
son,
Chaque jour il experimente
Que la sage concorde augmente,
Et fait croître les moindres
," -: biens,
Commela discorde au con- - traire,
Encor que d'ailleurs tout
prospere,
Piffipe les plus grands
* moyens.
Par cette union qui les lie
11 voit plus avec plufieurr
yeux, R ij
Il semble qu'il se multi*
plie,
Il ell: à la fois en deux lieur,
Ce couple au-dessus detout
blâme,
.1 N'a qu'une volonté, qu'une:
.: ame
Qui regit deux coeurs à la
fois,
Contre l'ordre de la nature
Une amour conjugale(&
w", pure
Estant plus forte que fë
,
ioix;.
Quandparsa bonté pater*
v* nelle
Le Ciel, auteur des chastes
noeuds,
Benissat leur couche fidelle,
Donne des enfans à leurs
voeux,
Leur mere est aussi leur
1
nourrice,
Et sans que rien l'en divertisse
Elle les éleve avec soin,
Sedéfiant d'une étrangere
Dont l'affection passagere
Leur pourroit manquer au
besoin.
Queceux qui éprouvent
avouent
Qu'il est charmé, qu'il est ravi
Lorsque ses chers enfans se
-' joüent,
Et le caressent à l'envi:
L'un d'une façon tendreet
molle
Avec ses petits bras fac-:
cole, -
L'autre s'en plaint, en est jaloux: :.
Chacun doucement letourmente
Tantqu'à , la fin il les contente,
Les embrasse & les cherit
tous.
Les troupeauxmugissent ôc
bêlent.
Cependant sur la fin du jour
Les longs abois des chiens
se mêlent
Au bruit qu'ils font à leur
retour: Aussitôt chaque domefti-»
que
A faire son devoir s'appli-
, que,
Les valets découplent les
boeufs,
Les femmes promptes ôc
fidelles
Des vaches pressent les
mammelles,
Et tirent le lait Savoureux.
Que c'est un fpeaaclo
agreable
De voir au soir les gens bien
las \,
Se presserl'un l'autre à la
table,
Et prendre gaiment leur
repas,
Dont la viande est aflaifcnnée
Dnu seéul treavail de la jour- :
Mais qui lui donne un goût
't
-
sibon, ,-
Que ces mets que la friandise
En cent & cent façons déguise
Sont fades encomparaison.
Ces gens à la mine funeste,
Qui pour des intérêts legers
Font pis que le fer & U
peste,
Et font courre mille dangers,
Ne viennent: point en sa
contrée,
D'un long espace separée
Des grandets &enozbles;ci- Ces noirs ennemis de la
&: joye:
Faf isans d'ordinaire leur
proye
Aux lieux riches &frequeoî
tez. I
Comme aucun violentora.
ge (
Ne bat la fleur de son printemps,
- Il ne sent nul cruel ravage
Dans le froid hyver de ses
ans;
-
Des maux qu'apporte la
vieillesse
il ne sent qu'un peudefoi-
'- blesse, A
Il n'est ni gouteux, ni perclus
,
Etprêt de passer l'onde
noire,
Il possede par la memoire
Les biens qu'il ne poffcdCt
plus.
Ses jours passez dans l'in-
,
nocence
Lui reviennent devant les
yeux,
L'avenir n'a rien qui lof.
sense,
Il ne craint point l'ire des
Dieux,
Par orgueil ni par avarice
Il n'a jamais fait d'injus-
;
tice,
Et ne laisse à ses [uccetreuri
Que les héritages champêtres
Qu'il a reçus de leurs ancetres,
Avec l'exemple de ses0
moeurs.
Quand il vient à perdre le
reste,
Par un progrès facile & lent'
De cette humeur douce &
celeste :.J
Que la chaleur va confîimant
j
Il voit, sans se troubler
ni
craindre,
JDe ses jours la clarté sç*
teindre,
Comme on voit coucher le
Soleil,
Et passe au repos de la tonu
be
Àussi doucement que l'on
tombe
Aux bras languissans ckl
sommeil.
Ainsi Tyrsis fit la peinture1
D'un homme retiré chez
lui, 1 Qui vivant selon la nature,
Voit couler ses jours sans
ennui»
Cette douce &, paisible
vie
Sur l'heure fit venir l'envie.
A plusieurs de se retirer
De la Cour pleine d'amer.
- tume:
,
Mais la force de la coûtu-
— me - - "i
1
Les obligea d'y demeurer.
Sur U/vie chtmpétreb CElebrons les destin
• •
prosperes
D'un homme exempt de
soins fâcheux,
Qui content des champs
de ses peres,
Les laboure avecque -
fe*
boeufs,
Et qui loin des mpllç^dc.
lices,
Ignorant jusquau;$ojpi4ei
vices
Qui tiennent. nos sens en.
^chantez,j Vit encore au siecle ou
nous sommes,
j A l'exemple des pjemierj
hommes,
Des fruits qu'il n'a pas achej
tez.
-' ,.,',
Jamais le {on, de la trom-,
Ne,. ic fait
pette Nh Nelefait monter a-c
val
Ilne craint pointd'une dé-*
faite
Le succés funeste &fatal;
Il n'entend point le bruit
des armes,
JSa c;onscience est sans alar- mes. -Y
Sans peine il obeïtaux loix,
Et couvert de son inno.
cence,
Prend le repos en affurance,
Qu'on ne trouve point chez
les Rois.
La mer, quand un funeste
orage
--0-'
Ouvre sesabîmes affreux,
Nelui pouvant porterdommage,-
Ne l'oblige point à,del
voeux ;
Il ne voit point couler sa vic
Parmi le mépris ou l'envie
De ceux qui fonda cour
,
aux Grands;
Mai-s auiE d'uneaudace folle ;-
Il n'insulte point à l'idole -
Qu'adorent lesvainscour
tisans..
Il n'a point desperance
..,Yaia.e»
Ni de crainte sansfondefIhleast
siannms1eeennvtjie & fan», A l'égard du Gouvernemet
tIl rneèconssulte,point les as- Afin de prévoir les desastres
Dont l'Etat peut être acca.
blé:
Mais seulementafin d'ap-
, prendre
-- Le temps qu'il est besoin
d'attendre
Pour femer oucouper fou
blé.
Ne s'arrêtant à rien d'indi
gne
DD''ooccccuuppeerrlelepepnenlseerr hhuu-.
main, *
Il a foin de cailler savi
gne --.f
Par un tefmepsrpauir;ncl;air Et si quelque fepdegenc|
Soudain sur letronc il
m
, fere
La greffe qu'il a prise ail
t>-° leurs, >. ",>i
Et coupant le bois inutile4
Il rend son vignoble fer
tile,
Et des vins il a les meiU
leurs.
Il contemple la terreornée
Derémail éclatant des
fleurs,
Que les plus beaux jours
de l'année
Ont peintes de mille cou*
leurs ;
Sur les côteaux & dans la
plaine,
Sans tenir de route certaine
Ses boeufs errant confufément,
Il prend plaisir à leur voir
paître
L'herbage que la nuit fais naître !
JEc renouvelle incessam-
1 - ment. ut. De la ruche chassant l'a-
; beille,
Dans ses magasins precieux
ïï trouve une manne pareille
Au doux mets que; l'on fer
aux Dieux. 4
Quandl'impctueux ven
,.t deThrace
Au zephire cede la place,
Il tond ses-paisibles brebis, i
E
>
Etméprisant l'or& ht
foye, '1. Leurs simples toisons il employe
:.:- A faire ses plus beaux habics.
t
j
Quand le démon de la lu-,
miere
Commence en faveur de
la nuit
D'accourcir sa vaste ca*rr
riere,
Etqu'aux fleurs succede le
,
fruit
Pour nourrir sa, chere £a»
mille
Il fait tomberfous lafaudfl
Les moissons qui dorei
leschamps, Sans quoy nôtre ennuyeu
.c, , vie -'
Se verroit encore aflgrvie
Au grossier ufagedesglari
Les jours qu'onintçrrotnj
': , ';
la peine ( Que le travail donne au
mortels,
Il prend un livre,ou se pfe
? mene, Quand il a servi les autels
Et lorsquela cigalechai^u
Qu'avecle jour le cKâtis'augmente
,
:$ous
-
un orme au feuillage
,
t, épais
Etendu doucement (àr
l'herbe,
Qui lui tient lieu d'un lie
superbe,
Lorsquetoutbrûle il pren!Jd
--, le frais.
Là nul repentir ne 1âigitfc,
Il joüit d'un profondre-
., j,..1 ¡.' 1
,
pos, : Comme un lac qu'aucun
ventn'irrite, ' Et dont rien n'alerte les
, n: ¡ i, .) lfots- £csi lemurmure agréable
De l'eau qui roule surle là*
ble
Le provoque enfinau
meilj
ilne fait point de mauvais
,:
songes,
Etjamaisleurs tristesmensonges
Ne le fâchent à son réveil.
Quand l'humide & fertile
autonne,
Qui du jour tempere les
feux,
De ses riches fruits se coifc
ronne,
Achevant de remplir ilq$
teeux,
Soigneuxillescüeille &les
serre,
Pour en user lorsque la terct
Met fin àses productions,
A lasage fourmis semblable,
Pui durant l'esté favorable
Amasse ses provisions.
jCeft alors que la vigne ploye '(
Sous ce fruit doux & précieux
,
iDont la liqueur donn^te
,
Joye"
Et bannit, les soins eiv
nuyeux; Et qu'attentifà son mén-â.,
Nuôtresheauregguxe meettant et;. Cuves,&panier?&co& teaux, c
On coupe, on presse la
dange,
LLreevaviinInJ cçoozuulleeetandisqu'o?n- Et quel'onremplitleston
neaux.
L'hyver,qui toujoursfroi
,.&pae
Effacetantde doux appas aux beaux jours la nature
étalé,
:-
L'occuppe,&ne
& ne ll'aattttrriisfstee , pas:
"JTil a des terres inutiles,
Couvertes debuissons Viles,
Illès fait alors défricher-
Oncoupe d'unehache forte
Unhêtredont la cime
Sert morte aux oiseaux à se percher.
D'un soin diligent iltravaille
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Àla clôture deieschamps
Ouredresse un pap. demu
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Tombé par l'injure de
temps: Parfois d:unemainvigou
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-
Sans s'épargnerlui-même
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Un fasïe deterrecomblé
Et parune voyeinsensible
Tire l'humidité nuisible
Qui croupit & gâte son blé - Ainsi son esprit fuit les vi- cies En évitant i'ojfïveté-f JLinfi
ifcinn par divers exercices
Son corps se maintient en
santé:
Tantôt il dissipe à la chasse
La pesanteur qui le menace,
Et marque un desordre aux
Il humeurs;
Tantôt en repos il contemple
Leeesxxveeretumsmqup'ilpplreln,depour
En lacôduite de ses moeurs.
L'ame qu'occupent de la
forte
Ces soins frequens ,
hbo-
: rieux,
Na-t-elle pas fermé la porce
A mille pensers ennuyeux?
Ces tristesfleaux de la vie,
Le soupçon, la crainte
l'envie,
Les querelles & les procès
Les vains desirs, les amour; soles, Enfin cent passions frivole
Nc'yépeuvsentsplus avoir ac
Que si sa compagne pudi
que
Comme lui suivant la rai son,
Avec diligence s'applique
A bien gouverner la mai.
son,
Chaque jour il experimente
Que la sage concorde augmente,
Et fait croître les moindres
," -: biens,
Commela discorde au con- - traire,
Encor que d'ailleurs tout
prospere,
Piffipe les plus grands
* moyens.
Par cette union qui les lie
11 voit plus avec plufieurr
yeux, R ij
Il semble qu'il se multi*
plie,
Il ell: à la fois en deux lieur,
Ce couple au-dessus detout
blâme,
.1 N'a qu'une volonté, qu'une:
.: ame
Qui regit deux coeurs à la
fois,
Contre l'ordre de la nature
Une amour conjugale(&
w", pure
Estant plus forte que fë
,
ioix;.
Quandparsa bonté pater*
v* nelle
Le Ciel, auteur des chastes
noeuds,
Benissat leur couche fidelle,
Donne des enfans à leurs
voeux,
Leur mere est aussi leur
1
nourrice,
Et sans que rien l'en divertisse
Elle les éleve avec soin,
Sedéfiant d'une étrangere
Dont l'affection passagere
Leur pourroit manquer au
besoin.
Queceux qui éprouvent
avouent
Qu'il est charmé, qu'il est ravi
Lorsque ses chers enfans se
-' joüent,
Et le caressent à l'envi:
L'un d'une façon tendreet
molle
Avec ses petits bras fac-:
cole, -
L'autre s'en plaint, en est jaloux: :.
Chacun doucement letourmente
Tantqu'à , la fin il les contente,
Les embrasse & les cherit
tous.
Les troupeauxmugissent ôc
bêlent.
Cependant sur la fin du jour
Les longs abois des chiens
se mêlent
Au bruit qu'ils font à leur
retour: Aussitôt chaque domefti-»
que
A faire son devoir s'appli-
, que,
Les valets découplent les
boeufs,
Les femmes promptes ôc
fidelles
Des vaches pressent les
mammelles,
Et tirent le lait Savoureux.
Que c'est un fpeaaclo
agreable
De voir au soir les gens bien
las \,
Se presserl'un l'autre à la
table,
Et prendre gaiment leur
repas,
Dont la viande est aflaifcnnée
Dnu seéul treavail de la jour- :
Mais qui lui donne un goût
't
-
sibon, ,-
Que ces mets que la friandise
En cent & cent façons déguise
Sont fades encomparaison.
Ces gens à la mine funeste,
Qui pour des intérêts legers
Font pis que le fer & U
peste,
Et font courre mille dangers,
Ne viennent: point en sa
contrée,
D'un long espace separée
Des grandets &enozbles;ci- Ces noirs ennemis de la
&: joye:
Faf isans d'ordinaire leur
proye
Aux lieux riches &frequeoî
tez. I
Comme aucun violentora.
ge (
Ne bat la fleur de son printemps,
- Il ne sent nul cruel ravage
Dans le froid hyver de ses
ans;
-
Des maux qu'apporte la
vieillesse
il ne sent qu'un peudefoi-
'- blesse, A
Il n'est ni gouteux, ni perclus
,
Etprêt de passer l'onde
noire,
Il possede par la memoire
Les biens qu'il ne poffcdCt
plus.
Ses jours passez dans l'in-
,
nocence
Lui reviennent devant les
yeux,
L'avenir n'a rien qui lof.
sense,
Il ne craint point l'ire des
Dieux,
Par orgueil ni par avarice
Il n'a jamais fait d'injus-
;
tice,
Et ne laisse à ses [uccetreuri
Que les héritages champêtres
Qu'il a reçus de leurs ancetres,
Avec l'exemple de ses0
moeurs.
Quand il vient à perdre le
reste,
Par un progrès facile & lent'
De cette humeur douce &
celeste :.J
Que la chaleur va confîimant
j
Il voit, sans se troubler
ni
craindre,
JDe ses jours la clarté sç*
teindre,
Comme on voit coucher le
Soleil,
Et passe au repos de la tonu
be
Àussi doucement que l'on
tombe
Aux bras languissans ckl
sommeil.
Ainsi Tyrsis fit la peinture1
D'un homme retiré chez
lui, 1 Qui vivant selon la nature,
Voit couler ses jours sans
ennui»
Cette douce &, paisible
vie
Sur l'heure fit venir l'envie.
A plusieurs de se retirer
De la Cour pleine d'amer.
- tume:
,
Mais la force de la coûtu-
— me - - "i
1
Les obligea d'y demeurer.
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Résumé : STANCES Sur la vie champêtre.
Le texte décrit la vie paisible et prospère d'un homme vivant à la campagne, exempt de soucis et de vices. Cet homme cultive les champs hérités de ses pères avec des bœufs, ignorant les plaisirs et les vices des villes. Il ne connaît ni la tromperie ni la défaite, et sa conscience est tranquille. Il obéit aux lois sans peine et trouve repos et sécurité dans son innocence, un luxe que même les rois n'ont pas. Il ne craint ni la mer en tempête ni les dangers de la vie urbaine. Il consulte le gouvernement uniquement pour des questions pratiques, comme savoir quand semer ou récolter. Il travaille avec diligence, greffant les arbres et rendant son vignoble fertile. Il contemple la nature, profite des saisons et des fruits de la terre. Lorsqu'il se repose, il lit ou se promène sous un arbre. Il ne fait pas de mauvais rêves et jouit d'un profond repos. En automne, il récolte et stocke les fruits pour l'hiver. Il défriche les terres inutiles et entretient ses champs avec soin. Il chasse pour dissiper la pesanteur et maintient sa santé par divers exercices. Sa compagne, tout aussi diligente, l'aide à gouverner la maison. Leur union augmente leurs biens et leur bonheur. Ils élèvent eux-mêmes leurs enfants avec soin et amour. Leur vie est remplie de tranquillité et de joie simple, loin des dangers et des passions frivoles. À la fin de sa vie, il passe doucement de la lumière à l'obscurité, sans crainte ni regret. Il laisse à ses héritiers des terres champêtres et l'exemple de ses mœurs. Plusieurs, après avoir entendu cette description, souhaitèrent se retirer de la cour, mais la force de l'habitude les retint.
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1619
p. 211-212
ENIGME.
Début :
Lors qu'une vieille mere avoit la dureté [...]
Mots clefs :
Feu
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texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGME.
Lors qu'une vieille mere
avaitla dureté
De m'enfermer encordant
,., sa, \>rt'son de pierre,
jeut besoin,pour me mettre
en pleine liberté,
Qùun métal me mîten
lumiere.
Ott me cherche, on me
,~ fuit, on m'aime, &
l'on me craint:
Mais malheur à celui
pourquil'onm*ecentraint;
Carde tous maux -je le
délivre.
Jterfaiusviviretquxime dé- Evtje diétvruit qruiemef.ait Lorsque j'habite mon re~
<,
-
duit,
J'exile la noire hirondelle,
Enle quittantje la rasc
pelle.
Lors qu'une vieille mere
avaitla dureté
De m'enfermer encordant
,., sa, \>rt'son de pierre,
jeut besoin,pour me mettre
en pleine liberté,
Qùun métal me mîten
lumiere.
Ott me cherche, on me
,~ fuit, on m'aime, &
l'on me craint:
Mais malheur à celui
pourquil'onm*ecentraint;
Carde tous maux -je le
délivre.
Jterfaiusviviretquxime dé- Evtje diétvruit qruiemef.ait Lorsque j'habite mon re~
<,
-
duit,
J'exile la noire hirondelle,
Enle quittantje la rasc
pelle.
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1620
p. 79-85
EPISTRE A M. DE S... sur la Peinture.
Début :
Art merveilleux, art enchanteur, [...]
Mots clefs :
Art, Peinture, Imposture, Nature, Mémoire, Vérité, Émouvoir
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texteReconnaissance textuelle : EPISTRE A M. DE S... sur la Peinture.
EPISTRE A M. DE S.
sur la Peinture.
A Rt merveilleux, art
enchanteur,
Dont l'ingenieuseimpofturc
Charme les yeux, touche
le coeur,
Aimable & divine Peinture,
Qu'on peut justement appeller
La rivale de la nature,
C'est de toy que je vais parDes
Héros tu cheris la gloire,
Tu nous rends les siecles
passez, '¡
Tu fais revivre la mémoire
Des exploits que le temps
avoit presque effacez.
La verité, qui te- sert de
modele,
Se trouve dans tes fictions;
Par toy l'ame la plus rebelle
-
Sent émouvoir ses passions.
Peins
- tu le meurtre & le
carnage,
Traces-tu d'un combat les
sanglantes horreurs;
Du soldat animé je redoute
la rage,
Et mes yeux des vaincus
distinguent les vain- -
queurs.
Fais-tu voir un riant bocage
Trompé par cette vive image)
Je promene de toutes parts
Avecavidité mes curieux
regars; t) J' y vois de clairs ruisseaux
couler dans une plaine,
Ma main impatiente y veut
cueillir des fleurs,
De Flore & des zephirs j'y
crois sentir l'haleine,
Et mes sensenchantez goûtent
mille douceurs.
Tu sçais nous inspirer la
haine, la tendresse,
Tu nous transportes où tu
veux;
Par toy l'amant joüit sans
cesse
Du plus doux objet de [es
voeux.
Qui mieux que toy, S.
inimitable,
Dont les talens sont si vantez,
De cette science admirable
Sent & fait sentir les beautez?
Tu cannois des couleurs
l'agreable harmonie;
Lorsque tu veux faireun tableau,
Minerve guide ton genie,
Et l'Amour conduit ton pinceau.
A tes portraits tu donnes
l'ame,
L'audacieux fils de Japet,
Qui du ciel déroba la flâme,
T'apprit sans doute son secret.
Ta Sufanne m'inspire une
fage tendresse
; Etonné des attraits qu'elle
offre à mes regards,
Je n'ose condamner l'excufable
foiblesse
De tes impudiques vieillards.
Qu'un critique jaloux contre
toy se déchaîne,
Dans ta pieuse Madelaine
Je reproche trop de beau-
# ce, Il nous montre son ignorance,
Et tous ses murmures font
vains;
Tu fais aimer la penitence
Sous les couleurs donc tu
la peins.
,
Le vif portrait d'Adélaïde
Eli si naturel & si beau,
Qu'un jour on doutera s'il
n'est point du pinceau
Oudu Titien, ou du Guide.
En exprimant ces traits,
cet air noble & brillant,
Tu joignis tant d'appas,
tant de graces ensemble,
Que ce portrait est ressemblant
A qui personne ne ressemble.
sur la Peinture.
A Rt merveilleux, art
enchanteur,
Dont l'ingenieuseimpofturc
Charme les yeux, touche
le coeur,
Aimable & divine Peinture,
Qu'on peut justement appeller
La rivale de la nature,
C'est de toy que je vais parDes
Héros tu cheris la gloire,
Tu nous rends les siecles
passez, '¡
Tu fais revivre la mémoire
Des exploits que le temps
avoit presque effacez.
La verité, qui te- sert de
modele,
Se trouve dans tes fictions;
Par toy l'ame la plus rebelle
-
Sent émouvoir ses passions.
Peins
- tu le meurtre & le
carnage,
Traces-tu d'un combat les
sanglantes horreurs;
Du soldat animé je redoute
la rage,
Et mes yeux des vaincus
distinguent les vain- -
queurs.
Fais-tu voir un riant bocage
Trompé par cette vive image)
Je promene de toutes parts
Avecavidité mes curieux
regars; t) J' y vois de clairs ruisseaux
couler dans une plaine,
Ma main impatiente y veut
cueillir des fleurs,
De Flore & des zephirs j'y
crois sentir l'haleine,
Et mes sensenchantez goûtent
mille douceurs.
Tu sçais nous inspirer la
haine, la tendresse,
Tu nous transportes où tu
veux;
Par toy l'amant joüit sans
cesse
Du plus doux objet de [es
voeux.
Qui mieux que toy, S.
inimitable,
Dont les talens sont si vantez,
De cette science admirable
Sent & fait sentir les beautez?
Tu cannois des couleurs
l'agreable harmonie;
Lorsque tu veux faireun tableau,
Minerve guide ton genie,
Et l'Amour conduit ton pinceau.
A tes portraits tu donnes
l'ame,
L'audacieux fils de Japet,
Qui du ciel déroba la flâme,
T'apprit sans doute son secret.
Ta Sufanne m'inspire une
fage tendresse
; Etonné des attraits qu'elle
offre à mes regards,
Je n'ose condamner l'excufable
foiblesse
De tes impudiques vieillards.
Qu'un critique jaloux contre
toy se déchaîne,
Dans ta pieuse Madelaine
Je reproche trop de beau-
# ce, Il nous montre son ignorance,
Et tous ses murmures font
vains;
Tu fais aimer la penitence
Sous les couleurs donc tu
la peins.
,
Le vif portrait d'Adélaïde
Eli si naturel & si beau,
Qu'un jour on doutera s'il
n'est point du pinceau
Oudu Titien, ou du Guide.
En exprimant ces traits,
cet air noble & brillant,
Tu joignis tant d'appas,
tant de graces ensemble,
Que ce portrait est ressemblant
A qui personne ne ressemble.
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Résumé : EPISTRE A M. DE S... sur la Peinture.
L'épître à M. de S. sur la peinture célèbre cet art comme un moyen de captiver les yeux et toucher le cœur. La peinture est décrite comme la rivale de la nature, capable de raviver la mémoire des exploits passés et de faire revivre des événements presque oubliés. Elle utilise la vérité comme modèle et émeut même les âmes les plus rebelles. Que ce soit en représentant des scènes de violence ou des paysages idylliques, la peinture suscite des émotions intenses et transporte le spectateur dans des mondes variés. L'auteur admire particulièrement les talents de M. de S., soulignant son habileté à créer des œuvres où Minerve guide le génie et l'Amour conduit le pinceau. Les portraits de M. de S. sont si vivants qu'ils semblent dotés d'une âme. L'épître mentionne également des œuvres spécifiques, comme une Suzanne inspirant une douce tendresse et une Madeleine dont la beauté suscite des critiques jalouses mais vaines. Enfin, le portrait d'Adélaïde est loué pour sa noblesse et sa beauté, au point de rivaliser avec ceux des grands maîtres comme Titien ou Le Guide.
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1621
p. 86-87
Remerciment d'une bourse, faite & donnée par une même main à l'auteur, pour s'être acquitté d'une commission. A FLORISE. Madrigal.
Début :
Je suis par ce present trop payé de ma course ; [...]
Mots clefs :
Bourse, Financier, Caisse, Minerve, Vénus, Plutus
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texteReconnaissance textuelle : Remerciment d'une bourse, faite & donnée par une même main à l'auteur, pour s'être acquitté d'une commission. A FLORISE. Madrigal.
Remerciment d'une bourse,
faite & donnée par une
même main àl'auteur, pour
s'être acquittéd'une cornmission.
A FLORISE.
Madrigal.
J E fuis parce present trop
payé de ma course;
L'ouvrage est de Minerve,
6c le don de Venus.
Est-il un Financier du midi
jusqu'à l'ourse,
Dont la caisse, les gains,
les rentes vaillent
plus?
Ah!sans puiser comme eux
dans la brillante
source
D'où coulent les tresors du
tout-puissant Plutus,
Je crois être, avec cette
bourse,
Cent fois plus riche que
Cresus.
faite & donnée par une
même main àl'auteur, pour
s'être acquittéd'une cornmission.
A FLORISE.
Madrigal.
J E fuis parce present trop
payé de ma course;
L'ouvrage est de Minerve,
6c le don de Venus.
Est-il un Financier du midi
jusqu'à l'ourse,
Dont la caisse, les gains,
les rentes vaillent
plus?
Ah!sans puiser comme eux
dans la brillante
source
D'où coulent les tresors du
tout-puissant Plutus,
Je crois être, avec cette
bourse,
Cent fois plus riche que
Cresus.
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Résumé : Remerciment d'une bourse, faite & donnée par une même main à l'auteur, pour s'être acquitté d'une commission. A FLORISE. Madrigal.
L'auteur remercie Florise pour une bourse reçue, fruit de l'effort intellectuel et de la générosité. Il compare sa richesse actuelle à celle de Crésus, affirmant être cent fois plus riche grâce à cette bourse, valorisée non par des trésors matériels mais par sa valeur intrinsèque.
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1622
p. 88-89
L'auteur envoya le lendemain à la même personne un miroir qui diminuoit les objets, avec ces vers. A FLORISE. Madrigal.
Début :
Daignez vous regarder dans ce brillant miroir ; [...]
Mots clefs :
Miroir, Lys, Dard, Aile
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texteReconnaissance textuelle : L'auteur envoya le lendemain à la même personne un miroir qui diminuoit les objets, avec ces vers. A FLORISE. Madrigal.
L'auteur envoya le lendemain
à la meme personneunmiroir
qui diminuoit les objets,
avec ces vers.
A FLORISE.
Madrigal.
DAignez
vous regarder
dans ce brillant miroir;
Des plus rares beautez il
vous fait la peinture:
Quoique vos doux attraits
n'y soient qu'enmignature,
Il
Ilne retranche rien à leur
vaste pouvoir.
Voyezce tein de lys, que
ses couleurs font belles!
Quel objet! que d'appas
l'ornent de toutes
parts!
Ah! si cet Amour n'a point
d'aîles
;
L'autre a mille fois tnoinq
de dards.
à la meme personneunmiroir
qui diminuoit les objets,
avec ces vers.
A FLORISE.
Madrigal.
DAignez
vous regarder
dans ce brillant miroir;
Des plus rares beautez il
vous fait la peinture:
Quoique vos doux attraits
n'y soient qu'enmignature,
Il
Ilne retranche rien à leur
vaste pouvoir.
Voyezce tein de lys, que
ses couleurs font belles!
Quel objet! que d'appas
l'ornent de toutes
parts!
Ah! si cet Amour n'a point
d'aîles
;
L'autre a mille fois tnoinq
de dards.
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Résumé : L'auteur envoya le lendemain à la même personne un miroir qui diminuoit les objets, avec ces vers. A FLORISE. Madrigal.
L'auteur envoya un miroir réduisant les objets à Florise, avec un poème. Le texte vante sa beauté, comparant sa peau à un lys et soulignant ses nombreux charmes. Il conclut en comparant l'amour à un être sans ailes mais doté de nombreux traits.
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1623
p. 160-163
ENIGME.
Début :
Aux climats du Caffé jadis je pris naissance, [...]
Mots clefs :
Zéro
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGME., AVxclimatSâu Caffé
jadis jepris naissance,
t jûi)eç moiplusd'unfrere
y evitaujjî lejour.- :'
sanspieds?teste ny bras,
rieQ
rien queventre f5
que pansè
figureejîparfaite,($
je suisfaite au tour.
Mesparents,par caprice,
- enfaisantlepartage
.Que^ mes freres ont eus
n'oublièrent que moy.
Mais fnaigrecette injuste
^4ytoutefoisbienfoulent
l'avantage
>
- (Encore quejeriayerien)
De les enrichirtous, Çj?
d'augmenter leur bien,
Mm1713. Q
C'est mesme la monseul
usage.
Je n'aime point le lieu
« à*honneurs
Quandjesuisà leurteste
on mevoit sans valeurs
àl leursuiteje fais merveilles
M'y 3 mettre ou m'en oster
n'estpoint indiffèrentm
"Il n'estpoint richessespa-
-
reilles
Acelles que dans un in*-
stant
, Avec monsecours on af*
semble; -
Mais malheur à qui me
ressemble.
jadis jepris naissance,
t jûi)eç moiplusd'unfrere
y evitaujjî lejour.- :'
sanspieds?teste ny bras,
rieQ
rien queventre f5
que pansè
figureejîparfaite,($
je suisfaite au tour.
Mesparents,par caprice,
- enfaisantlepartage
.Que^ mes freres ont eus
n'oublièrent que moy.
Mais fnaigrecette injuste
^4ytoutefoisbienfoulent
l'avantage
>
- (Encore quejeriayerien)
De les enrichirtous, Çj?
d'augmenter leur bien,
Mm1713. Q
C'est mesme la monseul
usage.
Je n'aime point le lieu
« à*honneurs
Quandjesuisà leurteste
on mevoit sans valeurs
àl leursuiteje fais merveilles
M'y 3 mettre ou m'en oster
n'estpoint indiffèrentm
"Il n'estpoint richessespa-
-
reilles
Acelles que dans un in*-
stant
, Avec monsecours on af*
semble; -
Mais malheur à qui me
ressemble.
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1624
p. 163-167
ENIGME.
Début :
De deux differentes matieres [...]
Mots clefs :
Râpe à tabac
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texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGME.
DE deux différentes
matkres•
Mon corps est souvent
composé,
De. cruelles dents heriss黕
L'un briseroit jusqu'aux pierres,
L'autresuivant f5 le
goust& le choix
Jtfaiji dans la terre ou
dans les bois:
Jesuis tout r*empli d'yeux pourtant jen'en vois
goutte,
Mais pour suivre ma
: route
J'en aypeude besoin,
lisfontfaitspour un autre
foin:
Jay pour conduire mon
ménage
Un second, un associé
Pour les sens d'un utile
usage,
Avec qui jefais de mot*-
tic
De mes travaux i£ de
mespeines,
Mais helas lorsque je
myen fers
Il est environné de cloaifi
nés>
Deses liens f5 défissess
Il ne se devait qu'a mesure
\Que l'on voit par mes
soinsdépérirsa figure:
oS)il ne peut rienfans moy
jenepuis tiensans luy
[J\donpnvilegeejigroend9y
(5de plus d'un mary Je coupe & je finis. la
,
trame
Quand luy ria pas plus
d'unefemme.
Je nesuis pas veuve long
temps,
Etquoyque tres-peu bienfaifante,
Quemespremiers époux
demoysoientpeucontens,
Unautre bientostlJepresente
foursi briser contre mes
dents; -
Mes autresfoeursfontoccupees
A desemploisplusfriants
(ff plus doux,
Cesontdepetitessucrées
Quisontfaites pour da*
-: très gousts y
Aioy contente de mes é-":.
'-' poux -: Sans
-
les trop envier jé
vois leurs défîmes,
DE deux différentes
matkres•
Mon corps est souvent
composé,
De. cruelles dents heriss黕
L'un briseroit jusqu'aux pierres,
L'autresuivant f5 le
goust& le choix
Jtfaiji dans la terre ou
dans les bois:
Jesuis tout r*empli d'yeux pourtant jen'en vois
goutte,
Mais pour suivre ma
: route
J'en aypeude besoin,
lisfontfaitspour un autre
foin:
Jay pour conduire mon
ménage
Un second, un associé
Pour les sens d'un utile
usage,
Avec qui jefais de mot*-
tic
De mes travaux i£ de
mespeines,
Mais helas lorsque je
myen fers
Il est environné de cloaifi
nés>
Deses liens f5 défissess
Il ne se devait qu'a mesure
\Que l'on voit par mes
soinsdépérirsa figure:
oS)il ne peut rienfans moy
jenepuis tiensans luy
[J\donpnvilegeejigroend9y
(5de plus d'un mary Je coupe & je finis. la
,
trame
Quand luy ria pas plus
d'unefemme.
Je nesuis pas veuve long
temps,
Etquoyque tres-peu bienfaifante,
Quemespremiers époux
demoysoientpeucontens,
Unautre bientostlJepresente
foursi briser contre mes
dents; -
Mes autresfoeursfontoccupees
A desemploisplusfriants
(ff plus doux,
Cesontdepetitessucrées
Quisontfaites pour da*
-: très gousts y
Aioy contente de mes é-":.
'-' poux -: Sans
-
les trop envier jé
vois leurs défîmes,
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1625
p. 182-184
RONDEAU.
Début :
En badinant craignez de vous méprendre [...]
Mots clefs :
Rondeau, Badiner, Se méprendre, Braver
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RONDEAU.
RONDEAU.
En badinant craignez, de
vous. meprendre
Ne vous diray comme on
se laif/è prendre;
Je n'yparfois quand ce
Dieugr.,,tieuit
Par maints devis, &'
maints difcoursjojeux
Vints m'inspirer je ne
sçait quoy de tendre
Lors je lui dis, quoy tu
veux m'entreprendre
Trop te connois ,que pourrois-
tu prétendre?
Je sçat braver tes transports
furieux
,
En badinant.
Ce traître enfant qui fin-
Arcsçait bien tendre
Dit vois ce trait,
songe à te deffendre;
JI le lança de l'air
uicîoriepix
Dontsisouvent ilasoumis
les Dieux
Et je me vis- contrainte
demerendre
En badinant-
En badinant craignez, de
vous. meprendre
Ne vous diray comme on
se laif/è prendre;
Je n'yparfois quand ce
Dieugr.,,tieuit
Par maints devis, &'
maints difcoursjojeux
Vints m'inspirer je ne
sçait quoy de tendre
Lors je lui dis, quoy tu
veux m'entreprendre
Trop te connois ,que pourrois-
tu prétendre?
Je sçat braver tes transports
furieux
,
En badinant.
Ce traître enfant qui fin-
Arcsçait bien tendre
Dit vois ce trait,
songe à te deffendre;
JI le lança de l'air
uicîoriepix
Dontsisouvent ilasoumis
les Dieux
Et je me vis- contrainte
demerendre
En badinant-
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Résumé : RONDEAU.
Le poème 'Rondeau' traite de la séduction et de la résistance. Le locuteur met en garde contre les dangers de la badinerie et affirme ne pas savoir comment se comporter face à des avances. Il se vante de pouvoir résister à l'amour, mais finit par succomber à un trait lancé par un enfant malicieux. Il reconnaît la puissance irrésistible de l'amour, même exprimée de manière ludique.
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1626
p. 238-240
Parodie de l'Enigme, dont le mot est le Cerneau.
Début :
Aujourd'huy je suis Noix & je l'etois hier [...]
Mots clefs :
Noix, Cerneau, Carême
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texteReconnaissance textuelle : Parodie de l'Enigme, dont le mot est le Cerneau.
Parodie de 1 Enigme, dontle
mot est le Cerneau.
Ajourd'huyjesuis Noix
~&je l'etois hier
Cessant d'estre doublè,je
nesuis plus moi-même
Quoique coupépourtant,
le Cerneaureste entier^
Mais ain/ipartagé
pointfruit de Carême,
Jesuisfemelle etant double
Aîais de mon bonnetvtrd
étantdesafublé
L'on me donne un nom cmâle apres ma ddi'
vrance
Von me nOyt & le sel
faisant mon
-
exllence
J'ay ce raport avec les
ouvrais d-tjprit
En mangeant le Cerneait
le buveurchante&rit
Mais qui n'a point de
temps à perdre quu
m'évite
Patience avecmoiquelque
fois periclite.
mot est le Cerneau.
Ajourd'huyjesuis Noix
~&je l'etois hier
Cessant d'estre doublè,je
nesuis plus moi-même
Quoique coupépourtant,
le Cerneaureste entier^
Mais ain/ipartagé
pointfruit de Carême,
Jesuisfemelle etant double
Aîais de mon bonnetvtrd
étantdesafublé
L'on me donne un nom cmâle apres ma ddi'
vrance
Von me nOyt & le sel
faisant mon
-
exllence
J'ay ce raport avec les
ouvrais d-tjprit
En mangeant le Cerneait
le buveurchante&rit
Mais qui n'a point de
temps à perdre quu
m'évite
Patience avecmoiquelque
fois periclite.
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Résumé : Parodie de l'Enigme, dont le mot est le Cerneau.
L'énigme concerne le mot 'cerneau'. Ce mot est décrit comme une 'noix' aujourd'hui et hier. Il reste entier même coupé. Il est femelle en étant double, mais devient mâle après délivrance. Excellent avec du sel, il est lié aux ouvrages d'esprit. En le mangeant, le buveur chante. L'énigme demande patience pour être devinée.
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1627
p. 49-60
EPITALAME de Monsieur le Comte de Jonsac & Mademoiselle Henault. CONTE.
Début :
Dans un séjour ignoré du repos, [...]
Mots clefs :
Épithalame, Conte, Hymen, Amour, Cupidon
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EPITALAME de Monsieur le Comte de Jonsac & Mademoiselle Henault. CONTE.
EP ITALAJtÆE
y
de Monfiewr ie Comte
deJonsac f5 Madamoiselle
Henault.
CONTE.
DAns
un séjour ignoré
du repos,
Grondeur Hymen loin de
Cythere habite,
Là peu souvent le Dieu reçoit
visite
Des doux plaisirs citoyens
1 de Paphos.
Si quelquefois Cupidon les
y mene,
Grand miracle est, lorsque
dans ce reduit
On les engage à passer la
semaine
Presque jamais r,Auberge
ne leur duit
Que pour gister tout au
plus une nuit. :'
Dans ce sejour où jamais
chansonnette
Ne frappa l'air de fons
doux 5c joyeux,
Lugubre asile où l'Echo
ne repere
Que des maris les propos
ennuyeux;
Au fond d'un bois inculte,
sombre, antique,
Près d'un vieux If Hymen
revoit un jour,
(Car Hymen réve auflibien
que l'amour, )
Aussi bien,non; le Dieu
melancolique
Par noirs chagrins que luimesme
il fabrique,
Afcicrloisst ses maux;mais le de Venus
En réverie a de beaux revenus
; C'est l'aliment de sa perseverance,
1 L'enfant glouton rentier
de l'esperance,
Sur & tant moins du prix
de ses soupirs,*
Se fait par elle
avancer
.1 centplaisirs. 'fia
Tandis qu'hymen sous un
funebre ombrage,
-
Se va rongeant de soucis deménage, '* Í
Amour survient; frere,dit-
, f.11 d'abord ,'}/\;
Bien que soyons ensemble
en grand discord, l
Dans vos iaatssans avoir*
pris d'ostage
J'arrive seul; Quand sçau-
4 rez le sujet 1
Qui m'a contraint à risquer
f ce voyage,
Pas ne voudrez icy me
faire outrage, Èt trescontent ferez de
mon projet:
Ecoutez bien; une jeune
rebelle
Ofe braver ma puissance
immortelle,
Oncquesnefît bruslerun
grain d'encens
A mon honneur, ny la
moindre chandelle
-, Clio qui feule en reçoic
des presens
Regle ses eoins, ses plaisirs
innocens,
Et l'entretient des époques
fatales,
Des grands Estats
,
luy
nombre les exploits,
Et les vertus des Heros &
des Rois,
Bien mieux feroit de lire
mes annales
>
Ou lifte on voit des coeurs
quelle a domptez,
Qu'avec dépit Venus mesme
a comptez,
Or il s'agit d'engager à se
rendre
Ce fierobjet, & vous seul
en ce jour
Pouvez) Hymen ,
m'aider
alesurprendre,
Examinez le party que
veux prendre;
Me déguiser seroit un mau
vais tour, Etvostre habit me sieroit
mal, je gage, Contraint ferois avec vostre
équipage,
Il n'est aisé de bien masquer
ramour.
J'ay medité moins difficile
Intrigue
Troquons, Hymen, de
flambeau feulement,
Puis engageons JONSAC
-
dansnostre ligue,
-
S'il vous conduit
, nous
vaincrons seurement,
De sa valeur & de son
agrément,
Dons précieux que ce guerrier
rassem ble
, Mars & Venus parloient
hier ensembles
Jel'entendis, alors je dis
tout bas
Voicy mon fait, sus donc
netardez pas,
Allez tous deux soumettre
àma puissance
Cette beaauitéséqume peounrretz
Trouver au bruit de son
indifference.
Partez, volez, ne tardez
unmoment,
Etnecroyez, Hymen, que
vous destine
Un mince prix, si pouvez
l'enflammer,
A vos sujets permettray de
s'aimer
, Sans le secours de nopce
clandestine,
Plus ne ferai de desordre
chez vous,
Et sans dechet de plaisir
& de flamme,
Sans éprouver metamorphose
en l'ame
Amants feront transformez
en époux.
Amour se tut, Hymen le
crut ifncere,
Accepta l'offre & le servit
en frere.
Tel an sur nous malgré
tous ses bons tours
De Cupidon l'ascendant
ordinaire,
On sçait qu'il ment, &
l'on le croit tousjours.
Le jeune objet que par telle
menée
Vouloitfourber cauteleux
L- Cupidon,
Ne reconnut son aimable
brandon,
En le voyant porté par
Hymenée,
Son coeur seduit aussi- tost
s'enflamma;
Pour celebrer cette illustre
journée,
Beaux feux de joyeAmat
honte alluma.
Ainsi le Dieu qui sejourne
en Eryce,
Conquit par dol un insensible
coeur.
LeDieu benin qui l'a rendu
vainqueur,
Selon leur pact fut-il d'un
tel service
Salarie? l'Amour dévoit
en paix
Laisser tousjours Hymen
& ses sujets,
Peuple nombreux que cet
enfant desole
De leurs Traitez c'estoit
le contenu: Mais si j'en crois maint
Epoux ingenu
Le traiflrc Amour a manqué
de parole.
y
de Monfiewr ie Comte
deJonsac f5 Madamoiselle
Henault.
CONTE.
DAns
un séjour ignoré
du repos,
Grondeur Hymen loin de
Cythere habite,
Là peu souvent le Dieu reçoit
visite
Des doux plaisirs citoyens
1 de Paphos.
Si quelquefois Cupidon les
y mene,
Grand miracle est, lorsque
dans ce reduit
On les engage à passer la
semaine
Presque jamais r,Auberge
ne leur duit
Que pour gister tout au
plus une nuit. :'
Dans ce sejour où jamais
chansonnette
Ne frappa l'air de fons
doux 5c joyeux,
Lugubre asile où l'Echo
ne repere
Que des maris les propos
ennuyeux;
Au fond d'un bois inculte,
sombre, antique,
Près d'un vieux If Hymen
revoit un jour,
(Car Hymen réve auflibien
que l'amour, )
Aussi bien,non; le Dieu
melancolique
Par noirs chagrins que luimesme
il fabrique,
Afcicrloisst ses maux;mais le de Venus
En réverie a de beaux revenus
; C'est l'aliment de sa perseverance,
1 L'enfant glouton rentier
de l'esperance,
Sur & tant moins du prix
de ses soupirs,*
Se fait par elle
avancer
.1 centplaisirs. 'fia
Tandis qu'hymen sous un
funebre ombrage,
-
Se va rongeant de soucis deménage, '* Í
Amour survient; frere,dit-
, f.11 d'abord ,'}/\;
Bien que soyons ensemble
en grand discord, l
Dans vos iaatssans avoir*
pris d'ostage
J'arrive seul; Quand sçau-
4 rez le sujet 1
Qui m'a contraint à risquer
f ce voyage,
Pas ne voudrez icy me
faire outrage, Èt trescontent ferez de
mon projet:
Ecoutez bien; une jeune
rebelle
Ofe braver ma puissance
immortelle,
Oncquesnefît bruslerun
grain d'encens
A mon honneur, ny la
moindre chandelle
-, Clio qui feule en reçoic
des presens
Regle ses eoins, ses plaisirs
innocens,
Et l'entretient des époques
fatales,
Des grands Estats
,
luy
nombre les exploits,
Et les vertus des Heros &
des Rois,
Bien mieux feroit de lire
mes annales
>
Ou lifte on voit des coeurs
quelle a domptez,
Qu'avec dépit Venus mesme
a comptez,
Or il s'agit d'engager à se
rendre
Ce fierobjet, & vous seul
en ce jour
Pouvez) Hymen ,
m'aider
alesurprendre,
Examinez le party que
veux prendre;
Me déguiser seroit un mau
vais tour, Etvostre habit me sieroit
mal, je gage, Contraint ferois avec vostre
équipage,
Il n'est aisé de bien masquer
ramour.
J'ay medité moins difficile
Intrigue
Troquons, Hymen, de
flambeau feulement,
Puis engageons JONSAC
-
dansnostre ligue,
-
S'il vous conduit
, nous
vaincrons seurement,
De sa valeur & de son
agrément,
Dons précieux que ce guerrier
rassem ble
, Mars & Venus parloient
hier ensembles
Jel'entendis, alors je dis
tout bas
Voicy mon fait, sus donc
netardez pas,
Allez tous deux soumettre
àma puissance
Cette beaauitéséqume peounrretz
Trouver au bruit de son
indifference.
Partez, volez, ne tardez
unmoment,
Etnecroyez, Hymen, que
vous destine
Un mince prix, si pouvez
l'enflammer,
A vos sujets permettray de
s'aimer
, Sans le secours de nopce
clandestine,
Plus ne ferai de desordre
chez vous,
Et sans dechet de plaisir
& de flamme,
Sans éprouver metamorphose
en l'ame
Amants feront transformez
en époux.
Amour se tut, Hymen le
crut ifncere,
Accepta l'offre & le servit
en frere.
Tel an sur nous malgré
tous ses bons tours
De Cupidon l'ascendant
ordinaire,
On sçait qu'il ment, &
l'on le croit tousjours.
Le jeune objet que par telle
menée
Vouloitfourber cauteleux
L- Cupidon,
Ne reconnut son aimable
brandon,
En le voyant porté par
Hymenée,
Son coeur seduit aussi- tost
s'enflamma;
Pour celebrer cette illustre
journée,
Beaux feux de joyeAmat
honte alluma.
Ainsi le Dieu qui sejourne
en Eryce,
Conquit par dol un insensible
coeur.
LeDieu benin qui l'a rendu
vainqueur,
Selon leur pact fut-il d'un
tel service
Salarie? l'Amour dévoit
en paix
Laisser tousjours Hymen
& ses sujets,
Peuple nombreux que cet
enfant desole
De leurs Traitez c'estoit
le contenu: Mais si j'en crois maint
Epoux ingenu
Le traiflrc Amour a manqué
de parole.
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Résumé : EPITALAME de Monsieur le Comte de Jonsac & Mademoiselle Henault. CONTE.
Le conte poétique met en scène les dieux Hymen et Amour. Hymen habite un lieu où les couples ne restent qu'une nuit. Amour, désirant conquérir Clio, une jeune femme rebelle dédiée à l'histoire et non à l'amour, propose une alliance à Hymen. Ils décident de se déguiser pour approcher Clio. Hymen conduit Jonsac, un guerrier valeureux, vers elle. Séduite par le flambeau d'Hymen, Clio s'enflamme de passion. Amour, ayant conquis son cœur, respecte sa promesse et permet leur mariage. Cependant, certains époux accusent Amour de trahir sa parole en semant le trouble dans les mariages.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1628
p. 154-158
PARODIE sur l'Enigme qui à pour mot la Râpe à Tabac.
Début :
De deux differentes matieres La Râpe a le Corps composé [...]
Mots clefs :
Râpe à tabac, Dents, Acier, Poudre, Tabac, Odorat, Sucre, Muscade
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PARODIE sur l'Enigme qui à pour mot la Râpe à Tabac.
PARODIE
sur l'Egnime qui à pour
mot la Râpe à Tabac.
De deux différentes
matieres
La Râpe a le Corps
composé
De cmelLs dents berijfé
L'une d'Acier brife Les
pierres
L'autre suivant & le
goût & le chois
Esi de auelauemétal ou
bois.
Mille trous font fesyeux
dontelle nevoitgoute
.Maispourfuturesa route
Qt£en a t-ellebefom?
-
Rleéduuirrefeonpionuddrree eesfit tout
Le Tabaefinajoeil-
Sertà conduiresonménage
Pourl'odorat d'util usage
Avec elle ilfait de moitié
Deles travaux & deses
peines.
Mais Cruelle, quand ,tu t'enfers
Le clinquant f, ont les
cloux, sesfers
Cordons-. ficelles fontses
chaînes
Que tu ne lui romps qua
mesure
Que l'on voitpar tesfoins
dépérirsasigurs,
S'il ne peut rien sans toy
tu ne peus rienfans1
Vnbâton de Tabac pour
toycJcJl unmary
Dont tu finis bien-tofi la
antrdame il n'a que toi pour
sa femme
Turies gueres V£ttve
longtemps
Et quoy que rude,&mal
fi/jante
Que tes premiers époux
detoifoientpeucontens
Vn autre bien-toif Je
presente
Pour se froter contre tes
dents
Si tes autres Soeurs
occupées
AuSucre à la Muscade
emploisfriands &
doux
Font tant les petites
fkerées
Et/ontfaitespourd'autres
gouts
Tu Crivotfè avec tes
époux
Etsans les envier tu vois
leurs deftlnees.
sur l'Egnime qui à pour
mot la Râpe à Tabac.
De deux différentes
matieres
La Râpe a le Corps
composé
De cmelLs dents berijfé
L'une d'Acier brife Les
pierres
L'autre suivant & le
goût & le chois
Esi de auelauemétal ou
bois.
Mille trous font fesyeux
dontelle nevoitgoute
.Maispourfuturesa route
Qt£en a t-ellebefom?
-
Rleéduuirrefeonpionuddrree eesfit tout
Le Tabaefinajoeil-
Sertà conduiresonménage
Pourl'odorat d'util usage
Avec elle ilfait de moitié
Deles travaux & deses
peines.
Mais Cruelle, quand ,tu t'enfers
Le clinquant f, ont les
cloux, sesfers
Cordons-. ficelles fontses
chaînes
Que tu ne lui romps qua
mesure
Que l'on voitpar tesfoins
dépérirsasigurs,
S'il ne peut rien sans toy
tu ne peus rienfans1
Vnbâton de Tabac pour
toycJcJl unmary
Dont tu finis bien-tofi la
antrdame il n'a que toi pour
sa femme
Turies gueres V£ttve
longtemps
Et quoy que rude,&mal
fi/jante
Que tes premiers époux
detoifoientpeucontens
Vn autre bien-toif Je
presente
Pour se froter contre tes
dents
Si tes autres Soeurs
occupées
AuSucre à la Muscade
emploisfriands &
doux
Font tant les petites
fkerées
Et/ontfaitespourd'autres
gouts
Tu Crivotfè avec tes
époux
Etsans les envier tu vois
leurs deftlnees.
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Résumé : PARODIE sur l'Enigme qui à pour mot la Râpe à Tabac.
Le texte est une parodie sur l'énigme de la rape à tabac, détaillant ses caractéristiques et son utilité. La rape à tabac est fabriquée à partir de deux matériaux : l'acier, capable de briser les pierres, et le métal ou le bois, selon les préférences. Elle est percée de nombreux trous mais ne voit rien. Le tabac, une fois réduit en poudre, est utilisé pour gérer le ménage et stimule l'odorat. Cependant, la rape peut être cruelle, enchaînant ses utilisateurs avec des cordons et des ficelles. Elle dépend du tabac, tout comme le tabac dépend d'elle. Le texte compare également la rape à tabac à d'autres rapes, comme celles utilisées pour le sucre ou la muscade. Bien que ses sœurs soient employées à des tâches plus douces et appréciées, la rape à tabac reste indispensable à ses utilisateurs, malgré leur rudesse et leur mécontentement initial.
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1629
p. 159-161
Parodie de la seconde Enigme, dont le mot est le Zero.
Début :
Des Arabes jadis, Zero, tu pris naissance [...]
Mots clefs :
Arabes, Zéro, Parodie, Richesses
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Parodie de la seconde Enigme, dont le mot est le Zero.
Parodie de la seconde
Enigme, dont le -
motest le Zero.
Des sirabes jadis,
Zero, tu pris naissance
yîvec toi plus d'un chiffrey
J rvitaussi lejour
Sanspieds, tejle, ny bras
tu n'cft que ventre &
pense
Tout rond dans tafigure,
& pourtant fait au
tour.
Tes yiutheurs par caprice
en faisant le partage
Que les Chiffres ont eu -rioublièrent que toy
Maismalgrécette injufle
loy t4 te peux bien vanter
de ïavantare
D'augmenttr aÓchacun de
dix fois tout leur bien
C'ejf me[me là ton seul
usage.
Tu riaime point le lieu
d'honneur,
Paroissant à leurtefie ; on
te voitsans valeur
A leur fuite tu fais
merveilles
T'y mettre ou (en ojier
n'ejl point indiffèrent,
Il rieji point richesses
pareilles
A celles que dans un
infant
Avec un Ztro l'on
aÇemble
Jidais malhreureux, qui
te reffimble.
Par le Chevalier inconnu, de îai
ruë Pot-de-fer.
Enigme, dont le -
motest le Zero.
Des sirabes jadis,
Zero, tu pris naissance
yîvec toi plus d'un chiffrey
J rvitaussi lejour
Sanspieds, tejle, ny bras
tu n'cft que ventre &
pense
Tout rond dans tafigure,
& pourtant fait au
tour.
Tes yiutheurs par caprice
en faisant le partage
Que les Chiffres ont eu -rioublièrent que toy
Maismalgrécette injufle
loy t4 te peux bien vanter
de ïavantare
D'augmenttr aÓchacun de
dix fois tout leur bien
C'ejf me[me là ton seul
usage.
Tu riaime point le lieu
d'honneur,
Paroissant à leurtefie ; on
te voitsans valeur
A leur fuite tu fais
merveilles
T'y mettre ou (en ojier
n'ejl point indiffèrent,
Il rieji point richesses
pareilles
A celles que dans un
infant
Avec un Ztro l'on
aÇemble
Jidais malhreureux, qui
te reffimble.
Par le Chevalier inconnu, de îai
ruë Pot-de-fer.
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Résumé : Parodie de la seconde Enigme, dont le mot est le Zero.
Le texte, écrit par le Chevalier inconnu, est une parodie poétique sur le chiffre zéro. Né parmi les 'sirabes', le zéro est décrit comme un être sans membres mais avec un ventre et une pensée. Rond et utile, il multiplie par dix la valeur des autres chiffres. Sans valeur seul, il crée des richesses lorsqu'il est combiné avec un autre chiffre. Le texte se termine par une référence à un 'malheureux' similaire au zéro.
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1630
p. 162-164
ENIGME ANCIENNE de celles qu'on nommoit autrefois Logo grife, on donne le mot avec l'Enigme, elle ne laisse pas pour cela d'estre difficile à expliquer ; le mot de celle-cy est l'Orange.
Début :
Sans user de pouvoir magique [...]
Mots clefs :
Orange
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME ANCIENNE de celles qu'on nommoit autrefois Logo grife, on donne le mot avec l'Enigme, elle ne laisse pas pour cela d'estre difficile à expliquer ; le mot de celle-cy est l'Orange.
ENIGME ANCIENNE
de celles qu'on nommoit
autrefois
1
Logo grtfe ,
on donne le mot avec
l'Enigme, elle ne laisse
pas pour cela d'estre
difficile à expliquer;le
mot de celle-cy est
l'Orange.
Sansuser depouvoir
magique
Mon corps entier en
France a deux tiers
en Afrique
Ma tcftc najamais rien
entrepris en vall],
Sans elle en moi tout cft
divin
JefuisdfitZjpropre an
rustique
Quand on me veut osler
le coeur
Qj£avu pl?4S d'unefois
renaître le Lecteur
Dans mon êtresimple &
phijique
jefluuiis-rpproropprree aà lta cchhaaiirr
au-bùnquaupon
Mais si par hasard on
s'appltque
A me prendre d'autre
façon
Avec mon humeur
ph1erviatique
Je puis sans fiul effort
perdreplus d'un Gajcon.
de celles qu'on nommoit
autrefois
1
Logo grtfe ,
on donne le mot avec
l'Enigme, elle ne laisse
pas pour cela d'estre
difficile à expliquer;le
mot de celle-cy est
l'Orange.
Sansuser depouvoir
magique
Mon corps entier en
France a deux tiers
en Afrique
Ma tcftc najamais rien
entrepris en vall],
Sans elle en moi tout cft
divin
JefuisdfitZjpropre an
rustique
Quand on me veut osler
le coeur
Qj£avu pl?4S d'unefois
renaître le Lecteur
Dans mon êtresimple &
phijique
jefluuiis-rpproropprree aà lta cchhaaiirr
au-bùnquaupon
Mais si par hasard on
s'appltque
A me prendre d'autre
façon
Avec mon humeur
ph1erviatique
Je puis sans fiul effort
perdreplus d'un Gajcon.
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1631
p. 213-241
POESIE nouvelle. TRADUCTION. Epître de Sapho à Phaon.
Début :
Est-ce d'un faux espoir me laisser prévenir, [...]
Mots clefs :
Coeur, Amour, Phaon, Épître, Traduction, Voeux, Pleurs, Maux, Malheurs, Charmes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : POESIE nouvelle. TRADUCTION. Epître de Sapho à Phaon.
POESIE
nouvelle.
TRADUCTION.
Epître de Sapho à Phaon. E St-ced'un faux espoir
me laisserprévenir,
Que de me croire encor
dans vôtre Souvenir?
Mon coeur avecraison a-t-il
dule promettre
Que vous aurez connu doù
vous vient cette lettre ?
Ou mon nom seulement
vous aura-t-il tiré
D'un douce où sans cela
vous feriez demeuré?
Je pense déja voir que vôtre
esprit s'applique
A penetrer pourquoy je renonce
au Lyrique:
Mais pour peindre l'horreur
des maux que je
ressens,
L'Ode me prêteroit de trop
foibles accens.
Semblable à ces moissons
que ravage la flâme,
Par les feux de l'amour je
sens brûlermoname:
Tu vois l'Etna,Phaon;mon
coeur trop enflamé
De même que cemontest
de feux consumé.
En proye aux vifs transports
que ton amour
m'inspire,
Je cherche, mais en vain
les accords de ma lyre.
Pour chanter les Héros, les
Dieux & les combats,
Il faudroit être libre, & je
ne le fuis pas.
Les Muses dont mon coeur
reconnoissoit les charmes,
N'ont plus pour m'arrêter
1 que d'inutiles armes.
Mais pourquoy rappeller
des soupirs mal placez,
Ingrat?ta réunis tous mes
feux dispersez.
Je n'ai pu regarder tes
beaux yeux, ton visage,
Sans de l'amour pour toy
sentirtoute la rage;
Mon coeur pour te bannir
prit des foins superflus,
Il te trouvoit plus beau qu'-
Apollon & Bacchus.
Entre ces Dieux & toy la
feule difference,
C'est qu'ils ont de l'amour
reconnu la puissance;
Ariadne & Daphné leur
donnedonnerent
des fers,
L'une & l'autre pourtant
ne faisoient point
de vers.
Pourmoy toujours le Pinde
en richesses abonde,
Et l'éclat demon nomvole.
par tout le monde.
La nature, il est vrai, par
un peu de beauté
N'apasmontré pour moy
sa libéralité:
1 Mais j'enfuis par l'esprit
assez recompensée
Puisque , je fuis par là connuë
autant qu'Alcée.
Voudrais-tu Seulement recevoir
des liens
De celles dont les traits
ééogalleerroonntt les ttiieennss??
Ah l dans ce vain espoir si
ton ame s arrête,
Jamais femme ne doit s'atd
tendre à ta conquêIl te.
Ainsi
,
sans t'amuser à de
vagues projets,
Viens par un promt retour
expier tes forfaits.
Quand tu lisois mes vers,
je te paroissois belle,
Rien n'eût pu te forcer à te
rendre infidele,
Disois-tu. Pénétré de l'ardeur
de mes sons,
Ton coeur s'abandonnoit à
mes tendres chansons.
Un jour,pleine du feu qui
cause mon martyre,
Aux accens de ma voix je
mariois ma lyre :
Il m'en souvient encor; de
precieux momens
N'e;seffacentjamais de l'es- prit des amans.
Transporte du plaisir où se
-
livroit ton ame,
Tu me donnoisalors des
,
baiserstout de flame;
Alorsjete charmois, je regnois
iur ton'Coeur,
Lui-même il avoiioit sans
honte son vainqueur.
De ces rems fortunez la
trace évanouie
Me laisse le regret d'avoir
été trame.
La Sicile te voit offrir de
nouveaux voeux,
Elle voit éclater tes infideles
feux.
Dieux puissans! faloit-il me
faire Lesbienne?
Que ne m'avez-vous fait
naître Sicilienne?
Et vous,jeunes Beautez,
quand par les voeux
offerts.
Phaon vous veut marquer:
qu'il reconnoît vos fers,
Si comme un tendre amant
vous le voyez paraître,
Tremblez de croire trop ce
, que dira le traître;
Il aura beau jurer de mourir
fous vos loix,
Ce que dira l'ingrat, ilme
l'a dit cent fois.-
Et toy, Venus, & toy qu'on
adore enErice,
Si jamais tu daignasme voir
d'un oeil propice,
Si jamais tu reçus mes vers
avec plaisir,
Sois, pour me le prouver,
promte à me recourir;
Ne laisse point languir mon
coeur dans le murmurey-
Et si je fuis à toy) viens vanger
mon injure.
Mais que. je crains, helas !
que mes voeux rejettes
Ne soient pas feulement devenus
ecoutez.
A me persecuter la fortune
confiante
t
Ne lui permettra pas de - remplir mon attente;
Il faut me préparer à de nou-
; • ; veaux combats.
l-Ié quoy donc, fort cruel
n'es-tu point , encor las?
A peineje goûtois les douceurs
de la vie,
Qu'au jour que je voyois
ma mere fut ravie,
Et mon frere arrêté par d'indignes
liens
Perdit en même tem ps son
honneur & ses biens.
Abattu, consterné
)
reduit
dans la misere,
Ilfit choix sans rougir du
métier de Corsaire;
Pour prix d'avoir voulu lui
parler librement,
Je m'attirai sa haine & son
emportement; Dudestin irrité le barbare
caprice
Me donne dans ma fille un
surcroît de supplice,
Et, pour comble de maux
tes nouvelles amours
Me forcent d'appeller la
mort à mon secours.
Languissante & cedant aux
malheurs que j'endure,
Mes cheveux surmon col
tombent à l'avanture;
Je ne regarde plus ces ornemens
pompeux
Dont je faisois ma joye en
un temps plus heureux.
Eh! pourquoy tous ces soins
& cette étude vaine t
Celui qui la causoit vient de
briser sa chaine.
Je pleure, je gbemis, & mon coeur agité
T'aime encore malgré ton
infidélité.
Soir qu'ainsi lait voulu ma
triste destinée,
Qu'aux horreurs de l'amour
je fusse condamnée; Soit que T * *•, en moy
causant ces mouvemens,
Ait disposé mon coeur aux
tendres sentimens.
Mais dois je m'étonner de
ce que ta jeunesse
A sçû sans nul effort surprendre
ma tendresse ?
J'ai craint plus d'une fois
que les Divinitez
Ne se laissassent trop fur-
,
prendre à tes beautez.
Ah
! par un prompt retour
rends le calme à mon
ame;
Viens de nouveau, Phaon,
te livrer a ma flâme,
Je ne demande plus pour
prix de mon ardeur
Que tu payes mes feux par
le don de toncoeur;
Ce seroit trop oser. Que je
t'aime ôc te voye,
Cela suffira seul pour me
combler de joye.
Pendant que je t'ecris songeant
à mes malheurs,
Je baigne ce papier d'un deluge
de pleurs,
Je pense en ce moment à
ta suiteinfidelle.
Helas! quand j'en appris la
premiere nouvelle,
Lorsquequelqu'un me dit,
Phaon est disparu,
Interdite & confuse à ce
coup imprévu,
Dans l'horreur des tourmens
dont j'éprouvai
l'atteinte,
Je voulus, mais en vain,recourir
à la plainte;
Je voulus m'écrier,& ne le
pus jamais,
Un froid mortel lioit ma
langue à mon palais:
Pour soulager les maux
dont mon ame étoit
pleine,
Je ne pus par des pleurs
faire éclater ma peine:
Mais dés que j'eus repris l'urage
de mes sens,
Me livrant toute entiere a
mes malheurs pressans,
Employant contre moy
mes foibles mains pour
armes,
Je me voulus punir d'avoir
manqué de charmes.
Ah ! de quoy m'ont servi
ces vains emportemens?
Mon coeur aime toujours
l'auteur de ses tourmens.
En vain pour t'oublier je me
- fais une étude
De réfléchir sans cesse à
ton ingratitude.
Bien loin d'être en état de
suivre ce conseil,
Je tetrouve par-tout, même
dans le sommeil
;
Et lorsque sa bonté donne.
, treve àmes larmes,
Il te montre à mon coeur
avec de nouveaux
charmes,
Il te presente à moy dans
ces momens trompeurs
Où tu m'avois juré d'éternelles
ardeurs.
Mais cette illusion dont
mon ame est frapée
Au lever de l'aurore est d'abord
dissipée,
Et j'accusePhebus par mes
frequens soûpirs
De venir éclairer trop tôt
mesdéplaisirs.
Je cherche des forêts les
détours les plus sombres,
Pour les ensevelir dans
rhorreur de leurs ombres,
Et ces bois confidens de
mon bonheur passé
Voyent par mes regrets leur
repos traversé.
Telle qu'une Bacchante à
ses fureurs livrée,
Je cours sans observer une
route assurée,
Et mon esprit errant sur
cent objets divers,
Me conduit quelquefois
dans ces bocages verds,
Dont les arbres toufus & le
séjour tranquile
Prêtoient à nôtre amour un
favorable azile.
J'ai reconnu l'endroit où
)
recevant tes voeux,
Je faisois mon bonheur de
répondre à tes feux,
Et rappellant de toy jusqu'à
la moindre trace,
J'en garde un souvenir qui
jamais ne s'efface.
Ce fatalsouvenir banissant
maraison,
D'un deluge de pleurs j'inonde
le gazon;
Les arbres attendrisdutourment
que j'endure,
Semblent perdre pour moy
l'éclat
l'éclar-de leur verdure,
Et les oiseaux touchez de
mescuifàns soucis,
N'osent par leurs chansons
-
interrompre mes CrIS;
Ils respectent mes maux. La
seule Philomelle
Exprime par ses chants sa
;
douleur immortelle;
Tout le reste insensible à
l'horreur qui me suit,
Garde un silence égal à celui
de la nuit.
Auprès est un ruisseau qui
dans sa course lente
Sur un sable argenté parmi
les fleurs serpente;
Ses bords de toutes parts de
saules entourez
- Au Dieu de la forêt sont,
diton,consacrez.
Proche de ce ruisseau je-,
tois un jour couchée,
Ma tête sur un bras languisfamment
panchée,
Ayant devant les yeux tes
injustes mépris;
Une Nymphe s'offrit à mes
regards surpris.
Puis qu'au gré de tes voeux
tu ne peux, me dit-elle,
Remettre dans ses fers le
coeur d'un infidele,
Loin que son changement;
doive exciter ces pleurs ,-
Par un pareil oublimets fin
*
à tes malheurs,
Le moyen est aisé d'imiter
son exemple.
Aux bords Leucadiens eu
trouveras un Temple;
Par les flots de la mer il est
presque entouré,
Apollon dans ce lieu fut
toûjours adoré.
Deucalion brûlé d'une filme
cruelle,
Nepouvoit dePyrrha dompter
le coeur rebelle;
Triste & desesperant de
voir changer son sort,
Du sommet de ce Temple
ilaffronta lamort,
Et cherchant dans les flots
un remede à ses peines,
Il en [orrit, le coeur dé.
chargé de ses chaines.
De ce Temple voila l'admirable
vertu ; Vadégager ton coeur par
l'amour abattu,
Cours, brave le danger,
que rien ne te retienne
., Et que ta fermeté soit égale
à la renne. àlasienne.
A peine ai-je entendu ce
salutaire avis,
LaNymphe se dérobe àmes
yeux éblouis,
Etmoy pleine d'horreur ra..
me en proye aux alarmes,
J'abandonne ces lieux arrofez
de mes larmes.
Oui, Déesse,j'irai, lui dis-je
avec transport,
Sans craindre le dangerje
remplirai mon fort,
J'irai. La mort pour moy ne
sçauroit être affreuse;
Quoy qu'il puisse arriver, je
ferai plus heureuse.
Et toy, Fils de Venus, sois
sensible à mes nlaux)
En me precipitant soûtiensmoy
surles eaux,
De peur qu'on ne reproche
aux ondes d'Ambracie
QueSapho dans leur sein
a terminé sa vie.
Maispourquoy me forcer
à bannir mon amour?
Viens plutôt l'affermir,
Phaon,par ton retour;
Fais qu'à mon desespoir un
doux calme succede,
Toy seul m'en peux fournir
l'infaillible remede.
Héquoy,sans nul remords
oses-tu concevoir
Que l'on t'imputera mon
fatal desespoir?
Dans l'excés des tourmens
dont mon ame est atccince,
Je voudrois t'adresser une
éloquente plainte:
Mais ma douleur s'oppose àmestristesaccens,
Et mes maux m'ont ôté l'iu
sagede mes sens.
Je ne retrouve plus cette
chaleur sublime
- Par qui du double mont je
surmontai lacime,
Et Phebusquim'ouvroit
jadis tous ses tresors,
Pour animer ma voix s'épuise
en vains efforts.
Cet art que je reçus de la
bonté celeste,
Phaon me l'a ravi par fou
départ funeste.
Ramenez cet ingrat, qu'3i. l1
reprenne ses fers,
Et je vous donnerai d'abord
de nouveaux vers.
Mais il n'écoute rien, mes
prieres sont vaines,
Il ne veut point rentrer
dans ses premieres
chaines.
Mes voeux par le cruel ne
sont
sont point écoutez,
Messoûpirs sont perdus,&
mes pleurs rejettez.
Ah! puis qu'ilest ainsi, du
moins apprens, volage,
Que je vais travailler à bannir
ton image,
Et qu'au fond de la - mer
mon coeur trop agité
Va rencontrer la mort ou
la tranquilité.
nouvelle.
TRADUCTION.
Epître de Sapho à Phaon. E St-ced'un faux espoir
me laisserprévenir,
Que de me croire encor
dans vôtre Souvenir?
Mon coeur avecraison a-t-il
dule promettre
Que vous aurez connu doù
vous vient cette lettre ?
Ou mon nom seulement
vous aura-t-il tiré
D'un douce où sans cela
vous feriez demeuré?
Je pense déja voir que vôtre
esprit s'applique
A penetrer pourquoy je renonce
au Lyrique:
Mais pour peindre l'horreur
des maux que je
ressens,
L'Ode me prêteroit de trop
foibles accens.
Semblable à ces moissons
que ravage la flâme,
Par les feux de l'amour je
sens brûlermoname:
Tu vois l'Etna,Phaon;mon
coeur trop enflamé
De même que cemontest
de feux consumé.
En proye aux vifs transports
que ton amour
m'inspire,
Je cherche, mais en vain
les accords de ma lyre.
Pour chanter les Héros, les
Dieux & les combats,
Il faudroit être libre, & je
ne le fuis pas.
Les Muses dont mon coeur
reconnoissoit les charmes,
N'ont plus pour m'arrêter
1 que d'inutiles armes.
Mais pourquoy rappeller
des soupirs mal placez,
Ingrat?ta réunis tous mes
feux dispersez.
Je n'ai pu regarder tes
beaux yeux, ton visage,
Sans de l'amour pour toy
sentirtoute la rage;
Mon coeur pour te bannir
prit des foins superflus,
Il te trouvoit plus beau qu'-
Apollon & Bacchus.
Entre ces Dieux & toy la
feule difference,
C'est qu'ils ont de l'amour
reconnu la puissance;
Ariadne & Daphné leur
donnedonnerent
des fers,
L'une & l'autre pourtant
ne faisoient point
de vers.
Pourmoy toujours le Pinde
en richesses abonde,
Et l'éclat demon nomvole.
par tout le monde.
La nature, il est vrai, par
un peu de beauté
N'apasmontré pour moy
sa libéralité:
1 Mais j'enfuis par l'esprit
assez recompensée
Puisque , je fuis par là connuë
autant qu'Alcée.
Voudrais-tu Seulement recevoir
des liens
De celles dont les traits
ééogalleerroonntt les ttiieennss??
Ah l dans ce vain espoir si
ton ame s arrête,
Jamais femme ne doit s'atd
tendre à ta conquêIl te.
Ainsi
,
sans t'amuser à de
vagues projets,
Viens par un promt retour
expier tes forfaits.
Quand tu lisois mes vers,
je te paroissois belle,
Rien n'eût pu te forcer à te
rendre infidele,
Disois-tu. Pénétré de l'ardeur
de mes sons,
Ton coeur s'abandonnoit à
mes tendres chansons.
Un jour,pleine du feu qui
cause mon martyre,
Aux accens de ma voix je
mariois ma lyre :
Il m'en souvient encor; de
precieux momens
N'e;seffacentjamais de l'es- prit des amans.
Transporte du plaisir où se
-
livroit ton ame,
Tu me donnoisalors des
,
baiserstout de flame;
Alorsjete charmois, je regnois
iur ton'Coeur,
Lui-même il avoiioit sans
honte son vainqueur.
De ces rems fortunez la
trace évanouie
Me laisse le regret d'avoir
été trame.
La Sicile te voit offrir de
nouveaux voeux,
Elle voit éclater tes infideles
feux.
Dieux puissans! faloit-il me
faire Lesbienne?
Que ne m'avez-vous fait
naître Sicilienne?
Et vous,jeunes Beautez,
quand par les voeux
offerts.
Phaon vous veut marquer:
qu'il reconnoît vos fers,
Si comme un tendre amant
vous le voyez paraître,
Tremblez de croire trop ce
, que dira le traître;
Il aura beau jurer de mourir
fous vos loix,
Ce que dira l'ingrat, ilme
l'a dit cent fois.-
Et toy, Venus, & toy qu'on
adore enErice,
Si jamais tu daignasme voir
d'un oeil propice,
Si jamais tu reçus mes vers
avec plaisir,
Sois, pour me le prouver,
promte à me recourir;
Ne laisse point languir mon
coeur dans le murmurey-
Et si je fuis à toy) viens vanger
mon injure.
Mais que. je crains, helas !
que mes voeux rejettes
Ne soient pas feulement devenus
ecoutez.
A me persecuter la fortune
confiante
t
Ne lui permettra pas de - remplir mon attente;
Il faut me préparer à de nou-
; • ; veaux combats.
l-Ié quoy donc, fort cruel
n'es-tu point , encor las?
A peineje goûtois les douceurs
de la vie,
Qu'au jour que je voyois
ma mere fut ravie,
Et mon frere arrêté par d'indignes
liens
Perdit en même tem ps son
honneur & ses biens.
Abattu, consterné
)
reduit
dans la misere,
Ilfit choix sans rougir du
métier de Corsaire;
Pour prix d'avoir voulu lui
parler librement,
Je m'attirai sa haine & son
emportement; Dudestin irrité le barbare
caprice
Me donne dans ma fille un
surcroît de supplice,
Et, pour comble de maux
tes nouvelles amours
Me forcent d'appeller la
mort à mon secours.
Languissante & cedant aux
malheurs que j'endure,
Mes cheveux surmon col
tombent à l'avanture;
Je ne regarde plus ces ornemens
pompeux
Dont je faisois ma joye en
un temps plus heureux.
Eh! pourquoy tous ces soins
& cette étude vaine t
Celui qui la causoit vient de
briser sa chaine.
Je pleure, je gbemis, & mon coeur agité
T'aime encore malgré ton
infidélité.
Soir qu'ainsi lait voulu ma
triste destinée,
Qu'aux horreurs de l'amour
je fusse condamnée; Soit que T * *•, en moy
causant ces mouvemens,
Ait disposé mon coeur aux
tendres sentimens.
Mais dois je m'étonner de
ce que ta jeunesse
A sçû sans nul effort surprendre
ma tendresse ?
J'ai craint plus d'une fois
que les Divinitez
Ne se laissassent trop fur-
,
prendre à tes beautez.
Ah
! par un prompt retour
rends le calme à mon
ame;
Viens de nouveau, Phaon,
te livrer a ma flâme,
Je ne demande plus pour
prix de mon ardeur
Que tu payes mes feux par
le don de toncoeur;
Ce seroit trop oser. Que je
t'aime ôc te voye,
Cela suffira seul pour me
combler de joye.
Pendant que je t'ecris songeant
à mes malheurs,
Je baigne ce papier d'un deluge
de pleurs,
Je pense en ce moment à
ta suiteinfidelle.
Helas! quand j'en appris la
premiere nouvelle,
Lorsquequelqu'un me dit,
Phaon est disparu,
Interdite & confuse à ce
coup imprévu,
Dans l'horreur des tourmens
dont j'éprouvai
l'atteinte,
Je voulus, mais en vain,recourir
à la plainte;
Je voulus m'écrier,& ne le
pus jamais,
Un froid mortel lioit ma
langue à mon palais:
Pour soulager les maux
dont mon ame étoit
pleine,
Je ne pus par des pleurs
faire éclater ma peine:
Mais dés que j'eus repris l'urage
de mes sens,
Me livrant toute entiere a
mes malheurs pressans,
Employant contre moy
mes foibles mains pour
armes,
Je me voulus punir d'avoir
manqué de charmes.
Ah ! de quoy m'ont servi
ces vains emportemens?
Mon coeur aime toujours
l'auteur de ses tourmens.
En vain pour t'oublier je me
- fais une étude
De réfléchir sans cesse à
ton ingratitude.
Bien loin d'être en état de
suivre ce conseil,
Je tetrouve par-tout, même
dans le sommeil
;
Et lorsque sa bonté donne.
, treve àmes larmes,
Il te montre à mon coeur
avec de nouveaux
charmes,
Il te presente à moy dans
ces momens trompeurs
Où tu m'avois juré d'éternelles
ardeurs.
Mais cette illusion dont
mon ame est frapée
Au lever de l'aurore est d'abord
dissipée,
Et j'accusePhebus par mes
frequens soûpirs
De venir éclairer trop tôt
mesdéplaisirs.
Je cherche des forêts les
détours les plus sombres,
Pour les ensevelir dans
rhorreur de leurs ombres,
Et ces bois confidens de
mon bonheur passé
Voyent par mes regrets leur
repos traversé.
Telle qu'une Bacchante à
ses fureurs livrée,
Je cours sans observer une
route assurée,
Et mon esprit errant sur
cent objets divers,
Me conduit quelquefois
dans ces bocages verds,
Dont les arbres toufus & le
séjour tranquile
Prêtoient à nôtre amour un
favorable azile.
J'ai reconnu l'endroit où
)
recevant tes voeux,
Je faisois mon bonheur de
répondre à tes feux,
Et rappellant de toy jusqu'à
la moindre trace,
J'en garde un souvenir qui
jamais ne s'efface.
Ce fatalsouvenir banissant
maraison,
D'un deluge de pleurs j'inonde
le gazon;
Les arbres attendrisdutourment
que j'endure,
Semblent perdre pour moy
l'éclat
l'éclar-de leur verdure,
Et les oiseaux touchez de
mescuifàns soucis,
N'osent par leurs chansons
-
interrompre mes CrIS;
Ils respectent mes maux. La
seule Philomelle
Exprime par ses chants sa
;
douleur immortelle;
Tout le reste insensible à
l'horreur qui me suit,
Garde un silence égal à celui
de la nuit.
Auprès est un ruisseau qui
dans sa course lente
Sur un sable argenté parmi
les fleurs serpente;
Ses bords de toutes parts de
saules entourez
- Au Dieu de la forêt sont,
diton,consacrez.
Proche de ce ruisseau je-,
tois un jour couchée,
Ma tête sur un bras languisfamment
panchée,
Ayant devant les yeux tes
injustes mépris;
Une Nymphe s'offrit à mes
regards surpris.
Puis qu'au gré de tes voeux
tu ne peux, me dit-elle,
Remettre dans ses fers le
coeur d'un infidele,
Loin que son changement;
doive exciter ces pleurs ,-
Par un pareil oublimets fin
*
à tes malheurs,
Le moyen est aisé d'imiter
son exemple.
Aux bords Leucadiens eu
trouveras un Temple;
Par les flots de la mer il est
presque entouré,
Apollon dans ce lieu fut
toûjours adoré.
Deucalion brûlé d'une filme
cruelle,
Nepouvoit dePyrrha dompter
le coeur rebelle;
Triste & desesperant de
voir changer son sort,
Du sommet de ce Temple
ilaffronta lamort,
Et cherchant dans les flots
un remede à ses peines,
Il en [orrit, le coeur dé.
chargé de ses chaines.
De ce Temple voila l'admirable
vertu ; Vadégager ton coeur par
l'amour abattu,
Cours, brave le danger,
que rien ne te retienne
., Et que ta fermeté soit égale
à la renne. àlasienne.
A peine ai-je entendu ce
salutaire avis,
LaNymphe se dérobe àmes
yeux éblouis,
Etmoy pleine d'horreur ra..
me en proye aux alarmes,
J'abandonne ces lieux arrofez
de mes larmes.
Oui, Déesse,j'irai, lui dis-je
avec transport,
Sans craindre le dangerje
remplirai mon fort,
J'irai. La mort pour moy ne
sçauroit être affreuse;
Quoy qu'il puisse arriver, je
ferai plus heureuse.
Et toy, Fils de Venus, sois
sensible à mes nlaux)
En me precipitant soûtiensmoy
surles eaux,
De peur qu'on ne reproche
aux ondes d'Ambracie
QueSapho dans leur sein
a terminé sa vie.
Maispourquoy me forcer
à bannir mon amour?
Viens plutôt l'affermir,
Phaon,par ton retour;
Fais qu'à mon desespoir un
doux calme succede,
Toy seul m'en peux fournir
l'infaillible remede.
Héquoy,sans nul remords
oses-tu concevoir
Que l'on t'imputera mon
fatal desespoir?
Dans l'excés des tourmens
dont mon ame est atccince,
Je voudrois t'adresser une
éloquente plainte:
Mais ma douleur s'oppose àmestristesaccens,
Et mes maux m'ont ôté l'iu
sagede mes sens.
Je ne retrouve plus cette
chaleur sublime
- Par qui du double mont je
surmontai lacime,
Et Phebusquim'ouvroit
jadis tous ses tresors,
Pour animer ma voix s'épuise
en vains efforts.
Cet art que je reçus de la
bonté celeste,
Phaon me l'a ravi par fou
départ funeste.
Ramenez cet ingrat, qu'3i. l1
reprenne ses fers,
Et je vous donnerai d'abord
de nouveaux vers.
Mais il n'écoute rien, mes
prieres sont vaines,
Il ne veut point rentrer
dans ses premieres
chaines.
Mes voeux par le cruel ne
sont
sont point écoutez,
Messoûpirs sont perdus,&
mes pleurs rejettez.
Ah! puis qu'ilest ainsi, du
moins apprens, volage,
Que je vais travailler à bannir
ton image,
Et qu'au fond de la - mer
mon coeur trop agité
Va rencontrer la mort ou
la tranquilité.
Fermer
Résumé : POESIE nouvelle. TRADUCTION. Epître de Sapho à Phaon.
L'épître de Sapho à Phaon révèle la souffrance et la désillusion de Sapho face à l'infidélité de Phaon. Elle se demande si Phaon se souvient d'elle et si sa lettre lui rappellera leur amour passé. Sapho compare son cœur enflammé par l'amour à l'Etna en feu, incapable de chanter les héros et les dieux comme elle le faisait autrefois. Elle se remémore les moments de passion partagée et les serments d'amour de Phaon, désormais réduits à des souvenirs amers. Sapho évoque également ses malheurs personnels, tels que la perte de sa mère et l'emprisonnement de son frère, qui l'ont plongée dans la misère. Elle se sent trahie par Phaon et par le destin, envisageant même de se donner la mort pour échapper à sa souffrance. Elle décrit ses errances dans les forêts, où elle pleure son amour perdu, et rencontre une nymphe qui lui suggère de se jeter du temple de Leucade pour se libérer de son amour. Malgré sa douleur, Sapho exprime son désir de voir Phaon revenir et de retrouver la paix. Elle adresse une dernière supplique aux dieux et à Vénus pour qu'ils interviennent en sa faveur. Elle conclut en annonçant son intention de se jeter à la mer pour échapper à sa souffrance, espérant y trouver la mort ou la tranquillité.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
1632
p. 259-261
ENIGME.
Début :
Pointu par les extremitez [...]
Mots clefs :
Lacet
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGME.s
Pointupar lesextremite?y
Et brillantpar lesjommjtt,
Parfois jemets à la torture
La double ou triplecreature,
kuifMpleend'autrestemsme
foujfroit volontiers,
jipres quelle mavoit accourci
de deux tiers;
Par accourci fentens tenir
moins longue place9
Que quna setoisgtfant de
, fàrt mauvaise grace
Sursa table ousurfinfauttuil.
fDiê curieux Colin je borne le
coup àaily
Je tiens Claudineenéquilibre.
Lejourmegênefort, la nuit
-
je fuis plus libre,
Le Dimanche aParis redoublemonemploy
;
Plutôt les autres jours on (y
pajîedemoy. >
D'unferment àpeu pt és fai la
forme & l'allure,
1 Et la souplesse & la tournure.
Le jour je me tiens dans mes
trousy
Et la nuit je les quitte tous.
Pointupar lesextremite?y
Et brillantpar lesjommjtt,
Parfois jemets à la torture
La double ou triplecreature,
kuifMpleend'autrestemsme
foujfroit volontiers,
jipres quelle mavoit accourci
de deux tiers;
Par accourci fentens tenir
moins longue place9
Que quna setoisgtfant de
, fàrt mauvaise grace
Sursa table ousurfinfauttuil.
fDiê curieux Colin je borne le
coup àaily
Je tiens Claudineenéquilibre.
Lejourmegênefort, la nuit
-
je fuis plus libre,
Le Dimanche aParis redoublemonemploy
;
Plutôt les autres jours on (y
pajîedemoy. >
D'unferment àpeu pt és fai la
forme & l'allure,
1 Et la souplesse & la tournure.
Le jour je me tiens dans mes
trousy
Et la nuit je les quitte tous.
Fermer
1633
p. 88-89
CHANSON nouvelle.
Début :
Vous dont la voix est si touchante, [...]
Mots clefs :
Chanson, Voix, Rossignols, Jalousie, Ambroisie, Gosier
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CHANSON nouvelle.
CHANSON
nouvelle.
Vousdont la voix est sitouchante,
Vousy roffignalsjaloux,
îQt que Phtlischante
VOUI êAtes muets & rem-
'- :" pansy
Commesivont étiez dcj*
chargé d'enfans.
jiu lieu de voui laisser
mou-
1
mourir de jalouse,
Arrosezdecette ambroisie
Vospetits gosiersalterez;
Sur elle vous triompherez:
Sur elle soyez surs d'eln..
porter la victoire, *
Car elle refuse de boire.
nouvelle.
Vousdont la voix est sitouchante,
Vousy roffignalsjaloux,
îQt que Phtlischante
VOUI êAtes muets & rem-
'- :" pansy
Commesivont étiez dcj*
chargé d'enfans.
jiu lieu de voui laisser
mou-
1
mourir de jalouse,
Arrosezdecette ambroisie
Vospetits gosiersalterez;
Sur elle vous triompherez:
Sur elle soyez surs d'eln..
porter la victoire, *
Car elle refuse de boire.
Fermer
1634
p. 89-90
BOUQUET. Par feu M. Laîné.
Début :
Que de Poëtes aujourd'hui Ne trouvent que chardons sur les bords d'Hipocrene ! [...]
Mots clefs :
Bouquet, Chardons, Hippocrène, Parnasse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : BOUQUET. Par feu M. Laîné.
BOU QJJ ET.
Par feu M. Laîné. £&e de Poëtes aujourd'hui
Ne trouvent que chardons
sur les bords
d'Hipocrene !
Sous les mains de Lainé
bouquetssefontsans
peine,
Parnasea desjardins toujoursfleuris
pour lui.
Par feu M. Laîné. £&e de Poëtes aujourd'hui
Ne trouvent que chardons
sur les bords
d'Hipocrene !
Sous les mains de Lainé
bouquetssefontsans
peine,
Parnasea desjardins toujoursfleuris
pour lui.
Fermer
1635
p. 90-99
ODE.
Début :
Cruelle Mere des Amours, [...]
Mots clefs :
Ode, Tyrannie, Délices, Caprices, Flamme, Promesses, Caresses, Bonheur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ODE.
0 DE.
CRuelle Mere des Amours,
Toyque j'ai si long-temps
servie,
Cesse enfind'agiter ma vie, !
j
Et laisse en paix mes derniersjours;
.,' i. Ta tyrannie & tes caprices
Fontpayer trop cher tesdelices:
C'esttrop gemir dans ta,
<
;Brise prison, !. r
les
fersqui m'y retiennent,
Et permets que mes voeux
obtiennent
£es fruits tardifs de ma raison.
Déjà m'échape le bel âge
Qui convient a tes favoris
Et des ans le sensible outrage
H ij
Me va donner des cheveux
gris.
Si pour moy le dessein de
plaire
Devient un espoir temeraire,
Que puis je encore desirer?
Quelle erreur de remplir
mon ame
D'une vive & constanteflâme
Quejene sçaurois inspirer î
Quand on sçait unir & coû-
E'n:.d>,e!ux cfoeounrsdmrêemes-fètt* timens,
1 - -
Et que les yeux de deux
amans
s Sçavent sentendre & se rér
pondre;
Quand on le livre tout le
jour
Aux soins d'un mutuel a.
mour,
Dans quels transports Fame
estravie
- Dans ces, momens deli.Mcieux!
Un mortel porte-t-il envie
A la felicité des Dieux?
tnMaeis lf'amloercesde tes proN'eut
que trop l'art de m'é.
bloüir;
Reserve toutes tes caresses
A l'heureux âge d'en jouir:
Etreins de la plus forte chaîne
L'ardent Cleon, la jeune
Ismene,
Vole où t'appellent leurs
desirs,
Fais-les mourir, fais les re.
vivre,
Et que ta faveur les enyvre
D'un torrent d'amoureux
plaisirs.
:
,': :
Pour moy dans un cham-
Ou pêtre azile,
l
l'Arroux de ses claires
eaux
Baigne le pied de nos coteaux
, Je cherche un bonheur
plus tranquile,
Sur des fleursmollement
couché,
liAvec un esprit détaché
1 Des biens que le courtilan
brigue;
Sur moy le pere du repos,
1 Le sommeil,dune main
prodigue
Versera ses plus doux pa.
vots.
Je verrai quelquefois éclore
Dans les prez les aimables fleurs,
Odorantes filles des pleurs
Que verse la naissante aurore;
Je verrai tantôt mes guerets
Dorez par la blonde Cerés;
Dans leurs temps ces dons
de Pomone
Feront pliermesespaliers,
Et mes vignobles en autone
MemM'empliront
de vastescelliers.
Mais quel trouble, & quelles
alarmes
Viennent me saisir malgré
moy!
Pourquoy, Cephise
,
helas!
pourquoy
Ne puis-je retenir mes larmes?
Dans mon sein je les sens
couler.
Je rougis, je ne puis parler,
Un cruel ennui me dévore.
Ah Venus! ton fils est vainqueur:
Oui, Cephise, je brûle li
core,
Tu regnes toûjours sur mon
coeur.
Quelquefois la douceur
d'unsonçe
Te rend sensible à mes
transports.
Charmes secrets
3
divins
p rre/ors,
N'êtes-vous a lors qu'un
mensonge ?
Une autre fois avec dédain
Tute d robes fous ma
cnrx\n
c
J'embrasse une ombre sur
gitive,
Et te cherchant à mon réveil
,- Je hais la clarté qui me prive
Des doux fantômes du sommeil.
CRuelle Mere des Amours,
Toyque j'ai si long-temps
servie,
Cesse enfind'agiter ma vie, !
j
Et laisse en paix mes derniersjours;
.,' i. Ta tyrannie & tes caprices
Fontpayer trop cher tesdelices:
C'esttrop gemir dans ta,
<
;Brise prison, !. r
les
fersqui m'y retiennent,
Et permets que mes voeux
obtiennent
£es fruits tardifs de ma raison.
Déjà m'échape le bel âge
Qui convient a tes favoris
Et des ans le sensible outrage
H ij
Me va donner des cheveux
gris.
Si pour moy le dessein de
plaire
Devient un espoir temeraire,
Que puis je encore desirer?
Quelle erreur de remplir
mon ame
D'une vive & constanteflâme
Quejene sçaurois inspirer î
Quand on sçait unir & coû-
E'n:.d>,e!ux cfoeounrsdmrêemes-fètt* timens,
1 - -
Et que les yeux de deux
amans
s Sçavent sentendre & se rér
pondre;
Quand on le livre tout le
jour
Aux soins d'un mutuel a.
mour,
Dans quels transports Fame
estravie
- Dans ces, momens deli.Mcieux!
Un mortel porte-t-il envie
A la felicité des Dieux?
tnMaeis lf'amloercesde tes proN'eut
que trop l'art de m'é.
bloüir;
Reserve toutes tes caresses
A l'heureux âge d'en jouir:
Etreins de la plus forte chaîne
L'ardent Cleon, la jeune
Ismene,
Vole où t'appellent leurs
desirs,
Fais-les mourir, fais les re.
vivre,
Et que ta faveur les enyvre
D'un torrent d'amoureux
plaisirs.
:
,': :
Pour moy dans un cham-
Ou pêtre azile,
l
l'Arroux de ses claires
eaux
Baigne le pied de nos coteaux
, Je cherche un bonheur
plus tranquile,
Sur des fleursmollement
couché,
liAvec un esprit détaché
1 Des biens que le courtilan
brigue;
Sur moy le pere du repos,
1 Le sommeil,dune main
prodigue
Versera ses plus doux pa.
vots.
Je verrai quelquefois éclore
Dans les prez les aimables fleurs,
Odorantes filles des pleurs
Que verse la naissante aurore;
Je verrai tantôt mes guerets
Dorez par la blonde Cerés;
Dans leurs temps ces dons
de Pomone
Feront pliermesespaliers,
Et mes vignobles en autone
MemM'empliront
de vastescelliers.
Mais quel trouble, & quelles
alarmes
Viennent me saisir malgré
moy!
Pourquoy, Cephise
,
helas!
pourquoy
Ne puis-je retenir mes larmes?
Dans mon sein je les sens
couler.
Je rougis, je ne puis parler,
Un cruel ennui me dévore.
Ah Venus! ton fils est vainqueur:
Oui, Cephise, je brûle li
core,
Tu regnes toûjours sur mon
coeur.
Quelquefois la douceur
d'unsonçe
Te rend sensible à mes
transports.
Charmes secrets
3
divins
p rre/ors,
N'êtes-vous a lors qu'un
mensonge ?
Une autre fois avec dédain
Tute d robes fous ma
cnrx\n
c
J'embrasse une ombre sur
gitive,
Et te cherchant à mon réveil
,- Je hais la clarté qui me prive
Des doux fantômes du sommeil.
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Résumé : ODE.
Le texte est une plainte adressée à l'amour, personnifié par la déesse Vénus. Le narrateur exprime son désir de mettre fin à ses tourments amoureux, soulignant que la tyrannie et les caprices de l'amour lui ont causé trop de souffrances. Il se sent prisonnier de ses désirs et aspire à une vie plus tranquille, loin des tourments de l'amour. Il évoque son âge avancé, qui le rend incapable de plaire, et regrette les moments de bonheur partagé avec un amant. Le narrateur imagine un bonheur paisible au bord de l'Arroux, entouré de la nature et des fruits de la terre. Cependant, il est tourmenté par des larmes et un cruel ennui. Il reconnaît finalement que l'amour, incarné par Vénus et son fils Cupidon, règne toujours sur son cœur. Il oscille entre moments de douceur et de dédain, cherchant en vain à échapper à son emprise.
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1636
p. 104-107
Parodie ou explication de l'Enigme dont le mot est le Lacet.
Début :
Pointu par mes ferets à mes extremitez, [...]
Mots clefs :
Ferret, Torture, Ferrer, Corset, Paysanne, Jour ouvrable, Serpent, Souplesse, Trous
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texteReconnaissance textuelle : Parodie ou explication de l'Enigme dont le mot est le Lacet.
Parodie ou explication de
l'Enigme dont le mot
est le Lacet.
p Ointu par mes ferets
à mesextremtez,
Et brillantpar mes sommitez,
Parfois,serrant un corps,
je mets à la torture
Femme portant deux
fruits, ou trois par
avanture,
Quon peut dire être
double ou triple crCAture.
Fille elle mesouffroitserré
plus volontiers,
Aprés quellem'avoit accourci
de moitié:
Par accourci j'entens te-
nantmoins longue
place,
Que quand fêtoùi gisant
defort mauvaisegrace
Sur sa table ou sur son
fauteuil.
En ferrant trop la cartisanne
Du corset d'une paysanne,
Du curieux Colin je borne
le coup d*oeils
Serrant un corps jetiens
Claudine en équilihre.
Le Dimanche à Paris redouble
mon employ,
Plûtôt le jour ouvrable on sypasse demoy.
Tfun serpent à peu prel
j'ai la forme& l'allurey
Et lasouplesse& latournure.
Le jour je me tiens dans
mestrous,
Et la nuit je les quitte
tous.
l'Enigme dont le mot
est le Lacet.
p Ointu par mes ferets
à mesextremtez,
Et brillantpar mes sommitez,
Parfois,serrant un corps,
je mets à la torture
Femme portant deux
fruits, ou trois par
avanture,
Quon peut dire être
double ou triple crCAture.
Fille elle mesouffroitserré
plus volontiers,
Aprés quellem'avoit accourci
de moitié:
Par accourci j'entens te-
nantmoins longue
place,
Que quand fêtoùi gisant
defort mauvaisegrace
Sur sa table ou sur son
fauteuil.
En ferrant trop la cartisanne
Du corset d'une paysanne,
Du curieux Colin je borne
le coup d*oeils
Serrant un corps jetiens
Claudine en équilihre.
Le Dimanche à Paris redouble
mon employ,
Plûtôt le jour ouvrable on sypasse demoy.
Tfun serpent à peu prel
j'ai la forme& l'allurey
Et lasouplesse& latournure.
Le jour je me tiens dans
mestrous,
Et la nuit je les quitte
tous.
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Résumé : Parodie ou explication de l'Enigme dont le mot est le Lacet.
Le texte décrit une énigme dont le mot est 'le Lacet'. Le lacet est pointu, brillant, et peut serrer un corps. Il est comparé à un serpent par sa forme et sa souplesse. Les filles le portent serré et long. Son usage est plus fréquent le dimanche à Paris. Il se trouve dans les trousses le jour et les quitte la nuit.
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1637
p. 108-110
ENIGME.
Début :
Lorsque je fais mon exercice, [...]
Mots clefs :
Rasoir
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGME,
Lorsquejefais monexer.
cice, Je rends l'homme muet, en fais un jaquemard.
Dés qu'il est au carcan je
le mets au supplice,
Pour peu que je fasse un
eCArl.
Malheur à l'avare vieillard
Quilui-même si martynfe,
Et qui sur lui me donne
prife.
Pour frustrer de ses droits
mon adroit gouverneur
, A d'autres vieux je fais
honneur,
En cachant unpeu de leur
âge.
j*ai quelquefois servi la
rage,
Et par des coups adroits
fatservi la pitié.
Je prends parfois aussi les
hommes par le pied,
Leurfaisantfaire la grimace . 4
Tantmieuxpourquije cours toûjours lége
rement ;
Cardans la route queje trace
Nul ne'm'arrêteimpunément.
Lorsquejefais monexer.
cice, Je rends l'homme muet, en fais un jaquemard.
Dés qu'il est au carcan je
le mets au supplice,
Pour peu que je fasse un
eCArl.
Malheur à l'avare vieillard
Quilui-même si martynfe,
Et qui sur lui me donne
prife.
Pour frustrer de ses droits
mon adroit gouverneur
, A d'autres vieux je fais
honneur,
En cachant unpeu de leur
âge.
j*ai quelquefois servi la
rage,
Et par des coups adroits
fatservi la pitié.
Je prends parfois aussi les
hommes par le pied,
Leurfaisantfaire la grimace . 4
Tantmieuxpourquije cours toûjours lége
rement ;
Cardans la route queje trace
Nul ne'm'arrêteimpunément.
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1638
p. 169-176
EGLOGUE.
Début :
Bergers qui craignez la peine, [...]
Mots clefs :
Églogue, Berger, Languir, Plaisir, Beauté
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EGLOGUE.
E G LOG U E.
BErgers qui craignez la
peine,
Les rigueurs, & les mes-
,
pris;
Gardez de porter la chais
ne
De la ifere Amarillis :
Que peut-on attendre
d'elle
Si pour la tendre Tirfis
Elle est tousjours si cruelle,
Qu'au plus fort de son tourment
Il n'ose à cette inhumaine
Faire connoistre sa peine
-
Par un souspir seulement?
Estime,respect,ccndresse,
Tout l'offense
, tout la
.b!esîe,
Tout ce qui vient à sa Cour
Sous l'Etendart de l'Armour
, Est receu d'unairsevere,
Et le Berger a beau faire,
Elle le verra mourir
Sans se laisser attendrir.
Une ardeur sans esperance
Doitsignaler sa confiance.
Le malheureux! il voit
bien
Ce qu'il faudra qu'il endure
,
Mais un Amour sans mesure
Ne s'épouvante de rien;
Qu'Amarillis soit contente,
Que tout refponde à ses
voeux, Cet Amant qu'elle tourmente
Se croira tousjours heureux.
Dansl'excès de sa tendresse
Nul autre foin ne le presse;
Il voudroit dans son transport,
Il voudroit pour la Cruelle
Souffrir cent fois une mort,
Qui ladeust rendre immortelle.
S'il falloit, pour couronner
Ce cher objet de ses peines,
S'aller mettre dans les
chaisnes:
Nuls supplices,nullesgesnes
Ne le pourroient estonner.
Cependant, est-il possible?
Amarillisinsensible
Voit ces difcrettes langueurs
,
Sans modérer ses rigueurs.
La crainte respectueuse
De ce fidelle Berger,
Sa tendresse ingenieuse
Qui ne cesse de songer
A ce qui peut l'obliger,
Rien ne la sçauroit changer.
Tousjours sierc, & serieuse
Elle prend foin d'éviter
De le voir, de l'écouter:
Elle jouë avec Acante,
t Et rit avec Licidas;
Mais siTirsis se presente,
Atoutautrecomplaisante,
,
Elle ne l'écoute pas.
! De cette injuste malice
Quand pour demander justice
Il cherche de toutes parts
A rencontrer ses régards ;
L'inhumaine prévenuë
Du dessein de cet Amant,
Mesnage si bien sa veuë,
Qu'il la cherche vainement.
Lorsqu'il vient sur saMusette,
1
La plus douce du Hameau)
Entonner un Air nouveau)
Affectantd'estre distraire,
Elle écoute avec Lysette
Quelque grossier Chalumeau.
-
Quand il danse à quelque,
Feste
Tout s'approche, , tout s'arreste;
Elle feule avec dédain ,.
- M
S'esloigne, tourne la teste,
Et le trouve trop badin.
Combien de Fleurs respanduës
A sa porte, sous ses pas,
Soins inutiles, helas!
Cene font que Fleurs perduës
L'ingrate ) ne les voit pas.
Dans cetterigueur extrême
Conserver pour ce qu'on
aime
Tousjours le mesme penchant,
Est-ilrien de si touchant?
Ce transportinconcevable
Dans un Siecle si gafil,
Est d'un prix inestimable,
Et cette fiere Beauté
N'en verra point de semblable.
Nous ne voyons plus d'Amants
A l'épreuve des tourments
, Le seul plaisir les engage,
& l'on blasme le Berger
Qui plustost que de changer,
Veut languir dans l'esclavage
, Et tel aujourd'huy charmé
Dés demain veut estre
, aimé.
BErgers qui craignez la
peine,
Les rigueurs, & les mes-
,
pris;
Gardez de porter la chais
ne
De la ifere Amarillis :
Que peut-on attendre
d'elle
Si pour la tendre Tirfis
Elle est tousjours si cruelle,
Qu'au plus fort de son tourment
Il n'ose à cette inhumaine
Faire connoistre sa peine
-
Par un souspir seulement?
Estime,respect,ccndresse,
Tout l'offense
, tout la
.b!esîe,
Tout ce qui vient à sa Cour
Sous l'Etendart de l'Armour
, Est receu d'unairsevere,
Et le Berger a beau faire,
Elle le verra mourir
Sans se laisser attendrir.
Une ardeur sans esperance
Doitsignaler sa confiance.
Le malheureux! il voit
bien
Ce qu'il faudra qu'il endure
,
Mais un Amour sans mesure
Ne s'épouvante de rien;
Qu'Amarillis soit contente,
Que tout refponde à ses
voeux, Cet Amant qu'elle tourmente
Se croira tousjours heureux.
Dansl'excès de sa tendresse
Nul autre foin ne le presse;
Il voudroit dans son transport,
Il voudroit pour la Cruelle
Souffrir cent fois une mort,
Qui ladeust rendre immortelle.
S'il falloit, pour couronner
Ce cher objet de ses peines,
S'aller mettre dans les
chaisnes:
Nuls supplices,nullesgesnes
Ne le pourroient estonner.
Cependant, est-il possible?
Amarillisinsensible
Voit ces difcrettes langueurs
,
Sans modérer ses rigueurs.
La crainte respectueuse
De ce fidelle Berger,
Sa tendresse ingenieuse
Qui ne cesse de songer
A ce qui peut l'obliger,
Rien ne la sçauroit changer.
Tousjours sierc, & serieuse
Elle prend foin d'éviter
De le voir, de l'écouter:
Elle jouë avec Acante,
t Et rit avec Licidas;
Mais siTirsis se presente,
Atoutautrecomplaisante,
,
Elle ne l'écoute pas.
! De cette injuste malice
Quand pour demander justice
Il cherche de toutes parts
A rencontrer ses régards ;
L'inhumaine prévenuë
Du dessein de cet Amant,
Mesnage si bien sa veuë,
Qu'il la cherche vainement.
Lorsqu'il vient sur saMusette,
1
La plus douce du Hameau)
Entonner un Air nouveau)
Affectantd'estre distraire,
Elle écoute avec Lysette
Quelque grossier Chalumeau.
-
Quand il danse à quelque,
Feste
Tout s'approche, , tout s'arreste;
Elle feule avec dédain ,.
- M
S'esloigne, tourne la teste,
Et le trouve trop badin.
Combien de Fleurs respanduës
A sa porte, sous ses pas,
Soins inutiles, helas!
Cene font que Fleurs perduës
L'ingrate ) ne les voit pas.
Dans cetterigueur extrême
Conserver pour ce qu'on
aime
Tousjours le mesme penchant,
Est-ilrien de si touchant?
Ce transportinconcevable
Dans un Siecle si gafil,
Est d'un prix inestimable,
Et cette fiere Beauté
N'en verra point de semblable.
Nous ne voyons plus d'Amants
A l'épreuve des tourments
, Le seul plaisir les engage,
& l'on blasme le Berger
Qui plustost que de changer,
Veut languir dans l'esclavage
, Et tel aujourd'huy charmé
Dés demain veut estre
, aimé.
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Résumé : EGLOGUE.
Le poème relate la souffrance de Tirsis, un berger épris d'Amarillis, une femme cruelle et insensible. Tirsis endure en silence ses tourments, incapable de révéler sa peine à Amarillis, qui reste sévère et indifférente à ses avances. Malgré les rigueurs et les mépris d'Amarillis, Tirsis continue d'espérer et de souffrir pour elle, prêt à endurer n'importe quelle épreuve pour la rendre heureuse. Amarillis, cependant, évite Tirsis, préférant la compagnie d'autres bergers comme Acante et Licidas. Elle ignore les marques d'affection de Tirsis, ne l'écoute pas et ne voit pas les fleurs qu'il lui offre. Le poème souligne la constance et la profondeur de l'amour de Tirsis, contrastant avec l'ingratitude et la dureté d'Amarillis. Il met en lumière la rareté des amours capables de résister aux tourments dans une époque où les sentiments sont souvent éphémères.
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1639
p. 223-225
ENIGME.
Début :
Quoyque toûjours couché je dors tres-rarement [...]
Mots clefs :
Fleuve
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGME.
Quoyquetoûjourscouche
je dors tres-rarement
Sans estre oisif, je suis
toûjoursen mouvement
Je n'aime point le vin,j'en
bois par avanture
Malgréceluyqui metmon
corps à la torture
Etjamaisje n'en bois qu'il
n'arrive malheur
Tel qui s'expose à ma
fureur
A deux doigtsdelamort
subite
Sur tout autre chose
medite
En me confiant ses
tresors
Atout moment, changeant
de corps
Je fuis pourtant toujours
le même jl^-plus-d*une belle qui
m'aime
Je prete innocemmentmes
bras
Tremblante à mon affital
leteinpâle &l'oeilbas
Elle voit mon brillant
avecindiference
Etsanschagrinaussisoufre
mon inconstance
Elle s'opose a mon
penchant.
Je lasuis je la cherchej&
même en la cherchant
J'usurpe sessaveurs,mais
avec nonchalance
Car. bonisoit qtitSijiLy
penfe.
Quoyquetoûjourscouche
je dors tres-rarement
Sans estre oisif, je suis
toûjoursen mouvement
Je n'aime point le vin,j'en
bois par avanture
Malgréceluyqui metmon
corps à la torture
Etjamaisje n'en bois qu'il
n'arrive malheur
Tel qui s'expose à ma
fureur
A deux doigtsdelamort
subite
Sur tout autre chose
medite
En me confiant ses
tresors
Atout moment, changeant
de corps
Je fuis pourtant toujours
le même jl^-plus-d*une belle qui
m'aime
Je prete innocemmentmes
bras
Tremblante à mon affital
leteinpâle &l'oeilbas
Elle voit mon brillant
avecindiference
Etsanschagrinaussisoufre
mon inconstance
Elle s'opose a mon
penchant.
Je lasuis je la cherchej&
même en la cherchant
J'usurpe sessaveurs,mais
avec nonchalance
Car. bonisoit qtitSijiLy
penfe.
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1640
p. 233-235
Vers de feu Monsieur Laîné.
Début :
Caverne du Parnasse, où le sournois rimeur [...]
Mots clefs :
Parnasse, Rimeur, Muse, Méduse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Vers de feu Monsieur Laîné.
Vers de feu Monsieur
aIne.
Caverne du Parnagé,
où lesournois rimeur
Va fùer, en secret, d'un
assidu labeur
Ape/ant de loin chaque
Aluje
Qui chagrine pour luy
devient une Meduse
Je ne t'habite point, je
cherche le grand jour
Un coin de ruë, un
carrefour
Que lque Salon ou fume
une liqueuramere
Où brille à
peu de frais
unrepas de chimere
J'ypuise d: le/prit (7 la
gracevletour
Lorsquesous quatre clefs
ensuite a mon retour
Je consulte Virgile,Ovide,
Horace,Homere, Je devienssec, obscur, je
n'ayplus l'art deplaire
sestnsque tout à coup mon
esprit devient lourd
Quandicvetix dediermon
ouvrage à la Cotir.
aIne.
Caverne du Parnagé,
où lesournois rimeur
Va fùer, en secret, d'un
assidu labeur
Ape/ant de loin chaque
Aluje
Qui chagrine pour luy
devient une Meduse
Je ne t'habite point, je
cherche le grand jour
Un coin de ruë, un
carrefour
Que lque Salon ou fume
une liqueuramere
Où brille à
peu de frais
unrepas de chimere
J'ypuise d: le/prit (7 la
gracevletour
Lorsquesous quatre clefs
ensuite a mon retour
Je consulte Virgile,Ovide,
Horace,Homere, Je devienssec, obscur, je
n'ayplus l'art deplaire
sestnsque tout à coup mon
esprit devient lourd
Quandicvetix dediermon
ouvrage à la Cotir.
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Résumé : Vers de feu Monsieur Laîné.
Le poète cherche l'inspiration dans des lieux publics et des salons. Il s'inspire des grands auteurs classiques comme Virgile, Ovide, Horace et Homère. Cependant, il se sent vide et incapable de plaire lorsqu'il doit dédier son œuvre à la Cour.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1641
p. 235-237
A Madame la Comtesse de **. qui entroit dans un Jardin, où Mr Laîné étoit la bouteille à la main, au mois de May.
Début :
Tu viens ici regner dans l'Emoire de Flore [...]
Mots clefs :
Jardin, Laine, Fleurs
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A Madame la Comtesse de **. qui entroit dans un Jardin, où Mr Laîné étoit la bouteille à la main, au mois de May.
A MadamelaComteflfede
¥¥. qui entroit dans
un Jardin,où Mr Laîné
étoit la bouteille à la
main, aumois de May.
Tu viens ici regner dans
FEmtire de Flore
Tu fait bien, carsans toy
rien ny pourroit éclore
Mais que dis-je,nonnon,
les fleurs à ton alptél
Rentrant dans leurs boutons,
par crainte &
par refpeEt
En un moment vont
disparoistre
Celles à qui ton tein .sans
cesse donne l'être
Leur font boîte par leur
email
Et leur teste se cache au
fondd'un verdcamail
Timidesfleurs,c'estassez
rendre hamage
Paroissereprenez, courage
Pour vousfaire afronter,
l'eclat du plus beau tein
Je vais vous enrouser
de vin.
¥¥. qui entroit dans
un Jardin,où Mr Laîné
étoit la bouteille à la
main, aumois de May.
Tu viens ici regner dans
FEmtire de Flore
Tu fait bien, carsans toy
rien ny pourroit éclore
Mais que dis-je,nonnon,
les fleurs à ton alptél
Rentrant dans leurs boutons,
par crainte &
par refpeEt
En un moment vont
disparoistre
Celles à qui ton tein .sans
cesse donne l'être
Leur font boîte par leur
Et leur teste se cache au
fondd'un verdcamail
Timidesfleurs,c'estassez
rendre hamage
Paroissereprenez, courage
Pour vousfaire afronter,
l'eclat du plus beau tein
Je vais vous enrouser
de vin.
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Résumé : A Madame la Comtesse de **. qui entroit dans un Jardin, où Mr Laîné étoit la bouteille à la main, au mois de May.
Le texte est une lettre poétique adressée à MadamelaComteflfede. Il décrit un jardin en mai où Monsieur Laîné tient une bouteille. Les fleurs se referment par respect à l'approche de MadamelaComteflfede. Le narrateur encourage les fleurs timides à affronter son éclat et propose de les enivrer de vin pour les aider à surmonter leur timidité.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1642
p. 88-91
Parodie de l'Enigme, dont le mot est le Fleuve.
Début :
Un Fleuve dans son lit couche sans couverture ; [...]
Mots clefs :
Fleuve, Mouvement, Vin, Parodie, Bateau, Trésors, Inconstance, Baigneuse, Bras
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Parodie de l'Enigme, dont le mot est le Fleuve.
Parodie de l'Enigme,
dontle motest
le Fleuve.
UnFleuve dansson lit
couchesans couverturej
Ne dort que rarementi:
Sans estrevifil est toûjours
en mouvement:
Et n'aimant point le vin
en boit par avanture.
Malgré le Champenois
dontla lourde voiture
Met, pour parlerfigurement,
Le dosdu Fleuve à la
torture.
Le Fleuve, boit le vin
répandu par malheur,
Tel qui dans un Bateau
s'expose à la fureur:
A deux doits de la mort
subite
Sur toute autre-chose
medite,
En luy confiant ses
Tresors.
LeFleuvechangeantd'eau,
change vrayment de
, Corps;
Il estpourtant toûjours lemême.
A qlu'ealquiembaiegneuse qui
ilp:ère innocement ses
bras.
Bras de Fleuvese dit, ne
le critiquez pas.
Baigneuse, entrant dans
l'eau, le tein pâle &
l'oeilbas,
Voit le brillant du Fleuve
avec indifférence:
Et sans chagrin aussi soûfre
son inconstance.
Elle s'oppose à son penchant:
Il la fuit, il la cherche
& même en la cherchant
Usurpe les faveursmais
avec non-chalance:
Car honny foit qui mal
y pense.
dontle motest
le Fleuve.
UnFleuve dansson lit
couchesans couverturej
Ne dort que rarementi:
Sans estrevifil est toûjours
en mouvement:
Et n'aimant point le vin
en boit par avanture.
Malgré le Champenois
dontla lourde voiture
Met, pour parlerfigurement,
Le dosdu Fleuve à la
torture.
Le Fleuve, boit le vin
répandu par malheur,
Tel qui dans un Bateau
s'expose à la fureur:
A deux doits de la mort
subite
Sur toute autre-chose
medite,
En luy confiant ses
Tresors.
LeFleuvechangeantd'eau,
change vrayment de
, Corps;
Il estpourtant toûjours lemême.
A qlu'ealquiembaiegneuse qui
ilp:ère innocement ses
bras.
Bras de Fleuvese dit, ne
le critiquez pas.
Baigneuse, entrant dans
l'eau, le tein pâle &
l'oeilbas,
Voit le brillant du Fleuve
avec indifférence:
Et sans chagrin aussi soûfre
son inconstance.
Elle s'oppose à son penchant:
Il la fuit, il la cherche
& même en la cherchant
Usurpe les faveursmais
avec non-chalance:
Car honny foit qui mal
y pense.
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Résumé : Parodie de l'Enigme, dont le mot est le Fleuve.
Le texte est une parodie de l'énigme dont la solution est 'le Fleuve'. Il décrit les caractéristiques et les comportements du fleuve, qui coule sans interruption malgré les perturbations extérieures, comme une lourde voiture. Le fleuve absorbe le vin répandu accidentellement et expose les personnes dans un bateau à sa fureur. Il change d'eau mais reste le même. Le fleuve est comparé à une baigneuse inconstante qui l'observe avec indifférence. Leur relation est complexe : le fleuve la fuit et la cherche en même temps, usurpant ses faveurs avec nonchalance. Le texte se conclut par l'expression 'Car honny foit qui mal y pense'.
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1643
p. 92-95
ENIGME.
Début :
Quand de substance humaine on m'a formé le corps, [...]
Mots clefs :
Chandelle
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texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENI G M E.
Quand de fitbjtance
humaine on m'a forméle
corps,
On dit que les sorciers
avec moy sont bien
forts.
Le
Lougarotu
fait m'a
presence:
Le Filourdy fait mon essence:
Car sansluy mon corps
abatH
-
N'auroit pas la haute
vertu,
Quifait qu'avec refpeét
par fois on me contemple.
sefuisfimelle au Bal, (7 jefuismâleauTemple.
Véconome m'enferme un
temps danssa maifort,
Et me donne la vie en motant de prison.
Tant que je suis on me
mutile,
Excepté quandjesers lit,
Ville.
Lateste chaude& lepied
froid,
Jesuis chausséfort à Tetroit
Et lors qu'on me p-romène
avec mes camarades
, Le timide Bourgeois a de
tristesaubades
Mais il ritbienaussi
9 dans l'endroitoù nous pent.
Celuy qrù nousmonte, &
descend
Là nous mouronsfouvent
de ce derniersuplice ,
Pouravoir aupublicrendu
trop deservice.
Quand de fitbjtance
humaine on m'a forméle
corps,
On dit que les sorciers
avec moy sont bien
forts.
Le
Lougarotu
fait m'a
presence:
Le Filourdy fait mon essence:
Car sansluy mon corps
abatH
-
N'auroit pas la haute
vertu,
Quifait qu'avec refpeét
par fois on me contemple.
sefuisfimelle au Bal, (7 jefuismâleauTemple.
Véconome m'enferme un
temps danssa maifort,
Et me donne la vie en motant de prison.
Tant que je suis on me
mutile,
Excepté quandjesers lit,
Ville.
Lateste chaude& lepied
froid,
Jesuis chausséfort à Tetroit
Et lors qu'on me p-romène
avec mes camarades
, Le timide Bourgeois a de
tristesaubades
Mais il ritbienaussi
9 dans l'endroitoù nous pent.
Celuy qrù nousmonte, &
descend
Là nous mouronsfouvent
de ce derniersuplice ,
Pouravoir aupublicrendu
trop deservice.
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1644
p. 95-98
Parodie de l'Enigme, dont le Rasoir est le mot, par Madame de Laun, etc.
Début :
Le Rasé ne dit mot et fait le Jacquemard. [...]
Mots clefs :
Rasoir, Barbier, Peau, Patient, Vieillard, Chirurgien, Écorcheur, Suplice
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texteReconnaissance textuelle : Parodie de l'Enigme, dont le Rasoir est le mot, par Madame de Laun, etc.
Parodie de l'Enigme.,
dont le Rasoirest le
mot, par Madame de
Laun,&-c.
LeRasé ne dit mot
&faitleJacquemard.
Psouurrlpeau que leRasoir chairfajïec*
LepatientestauJuplicc, cart,
le bassin luysertde carcan,
Le Barbier met ion cuir
au tan,
Par moy le vieux avare
enfinse martirise;
Luy-même de luy-même
il devientl'écorcheur , Etsursa peau me donne
prise.
Pourfrustrerdeses droits
son adroitgouverneur,
Rajeunissant les vieux,
Rasoirleurfaithonneur:
Le vieillardfrais rasé
croit
- -
croit tjfre enson jeune
âge
Rasoir Àunafiajpn9
Jadisservitlarage
Et quelque Chirurgien,
sen servit par pitié
Rasoir coupant les corps
prendl'hommepar le
pied
Leurfaitfaire laide grimace
Tant mieux pour qui
Rasoir coule légerement
Dans la route qu'un
Rasoir trace
Nulnel'arresteimpunément.
dont le Rasoirest le
mot, par Madame de
Laun,&-c.
LeRasé ne dit mot
&faitleJacquemard.
Psouurrlpeau que leRasoir chairfajïec*
LepatientestauJuplicc, cart,
le bassin luysertde carcan,
Le Barbier met ion cuir
au tan,
Par moy le vieux avare
enfinse martirise;
Luy-même de luy-même
il devientl'écorcheur , Etsursa peau me donne
prise.
Pourfrustrerdeses droits
son adroitgouverneur,
Rajeunissant les vieux,
Rasoirleurfaithonneur:
Le vieillardfrais rasé
croit
- -
croit tjfre enson jeune
âge
Rasoir Àunafiajpn9
Jadisservitlarage
Et quelque Chirurgien,
sen servit par pitié
Rasoir coupant les corps
prendl'hommepar le
pied
Leurfaitfaire laide grimace
Tant mieux pour qui
Rasoir coule légerement
Dans la route qu'un
Rasoir trace
Nulnel'arresteimpunément.
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Résumé : Parodie de l'Enigme, dont le Rasoir est le mot, par Madame de Laun, etc.
Le texte 'Parodie de l'Enigme' de Madame de Launay décrit métaphoriquement les actions d'un rasoir. Le rasé reste silencieux, comparé à un supplice. Le barbier tanne la peau, le vieillard se croit rajeuni. Le rasoir, utilisé à la guerre et par les chirurgiens, coupe les corps des hommes. Suivre sa route est sans retour.
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1645
p. 98-100
ENIGME.
Début :
Je rèussis souvent sans éducation [...]
Mots clefs :
Arbre
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texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
JEe NrèuIffuGfouMvtntEfa.ut
éducation
A m'élever pourtant
maint homme s'emprej*je
Pour contentersa passîon
On m'enchaîne dans ma
jeunesse.
Quandd'unCompagnon,
jeune & mort
On vient à doubler ma
figure.
Malgréluyje prend mon
effort
Un vilainsans pitiéme
met à la torture
Je vis & ne respire pas
Maisje brille aprés mon
trépas
Aprés avoir brillé ma
Carriere cftfinie
Serviteur à la Compagnie
Quoyque faye bon pied
bon oeil
Mourant d'un trattre
coup, on met au
f
Cerceüil.
éducation
A m'élever pourtant
maint homme s'emprej*je
Pour contentersa passîon
On m'enchaîne dans ma
jeunesse.
Quandd'unCompagnon,
jeune & mort
On vient à doubler ma
figure.
Malgréluyje prend mon
effort
Un vilainsans pitiéme
met à la torture
Je vis & ne respire pas
Maisje brille aprés mon
trépas
Aprés avoir brillé ma
Carriere cftfinie
Serviteur à la Compagnie
Quoyque faye bon pied
bon oeil
Mourant d'un trattre
coup, on met au
f
Cerceüil.
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1646
p. 233-241
LES SERINS. par Mr le M. de ....
Début :
Lassé des amoureux commerces Où tous mes desirs estoient vains, [...]
Mots clefs :
Serins, Amour, Espérance, Mort, Douleur, Rivaux, Oiseaux, Destinée
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texteReconnaissance textuelle : LES SERINS. par Mr le M. de ....
LESSERINS.
par Mr le M. de.
LAssé des amoureux
commerces
Où tous mes desirs estoient
vains,
J'avois donné dans les Serins
Mais je n'ay , pas moins de
traverses,
Et je ne sçay quels font
mes plus cruels chagrins
Dans mes infortunes diverses.
Tout sembloit respondreà
mesvoeux,
Tous mes Serins avoient
desoeufs, J'attendois de petits une
heureuse abondance,
Mais helas! ainsi qu'en
amour
Je me flattois d'une vaine
esperance.
Quelques-uns n'ont point
veu le jour,
Et les autres font morts au
, point de leur naissance;
D'autres par un plus rude
fore,
Bien beuvants, bien naen-î
géants,drus comme pere
&merc,
N'ont pu s'exempter de la
mort,
Et c'est ce qui me defef-
1 perc.
Helas! qui pourroit Supporter
La rigueur d'un fort si contraire
>
Je vois d'un seul coup em.
porter
Une famille toute entiere
Sans sçavoir qui peut me
rosser.
Ma douleur estoit sans égale
Quandje voyois cette troupe
voler
D'un bout à l'autre de ma
folle,
Et commencer à gazouil-
1er,
Des autres j'oublioisladit
grace fatale.
Ce qui redouble mes chagrins
,
Dans de si funestes outrages
C'est de voir semblables
Serins
De l'heureux Licidas remplir
toutes les cages.
Helas ! ce qui détruit les
miens
Ne porte aucune atteinte
auxsiens;
Ils viennent tous au gré de
son envie:
On diroic à les voir qu'il
leur soufle la vie.
Voila mon fort sur les oiséaux
;
C'est ainsi qu'en amour je
voyois mes rivaux
Heureux & contents dans
leurt chaisnes,
Lorsque je reffentois les
plus cruelles peines.
Quand je vois du fameux
Damon
Les vollieres presque desertes
;
Je devrois trouver dans ses
pertes
Quelque sujet de consolation,
Il en fait tousjours de nouvelles
Et quand , je perds des Serins
gris,
Je vois perir ses blancs,
ses blonds Ces isabelles,
Donc la rareté fait le
prix.
Mais par un long apprentissage,
Damon dans les Serins
presumant tout sçavoir,
Fait& rompt chaque mariage
Selon , que dans sa teste il
Ce forme l'espoir
Dereüssir dansceconcubinage.
Les oiseaux veulent se
pourvoir,
Il faut que l'amour les enga£
c>
Autrement comme nous
ils font mauvais ménage,
S'il caschoit moins d'en
plus avoir, Ilenauroit peut-esredavantage,
Je laisse aux miens les tendres
soins,
Ils sçavent mieux se satisfaire,
Et jene touche à leurvo- :
liere j
Que pour leur donner I
leurs besoins.
Dans mes malheurs que
faut- il faire?
Trouverai - je Iris moins 1
severe?
Retournerai-fous ses loix ?
Non son coeur à mesvoeux
fera tousjours contraire,
Je ne l'ay veu que trop de
,. fois.
- Poursuivons y
Poursuivons nostredestinée,
Il ne faut pas dans un commencement
Se rebuter d'unemauvaise
année,
Danslasuite j'auray plus decontentement ;
Mais' quand rien ne devroit
respondreàmonen-
, )l.' vie
J'aimeiroisencor mieux
me voir toute ma vie
, Malheureux oiseleur que malheureuxamant.
par Mr le M. de.
LAssé des amoureux
commerces
Où tous mes desirs estoient
vains,
J'avois donné dans les Serins
Mais je n'ay , pas moins de
traverses,
Et je ne sçay quels font
mes plus cruels chagrins
Dans mes infortunes diverses.
Tout sembloit respondreà
mesvoeux,
Tous mes Serins avoient
desoeufs, J'attendois de petits une
heureuse abondance,
Mais helas! ainsi qu'en
amour
Je me flattois d'une vaine
esperance.
Quelques-uns n'ont point
veu le jour,
Et les autres font morts au
, point de leur naissance;
D'autres par un plus rude
fore,
Bien beuvants, bien naen-î
géants,drus comme pere
&merc,
N'ont pu s'exempter de la
mort,
Et c'est ce qui me defef-
1 perc.
Helas! qui pourroit Supporter
La rigueur d'un fort si contraire
>
Je vois d'un seul coup em.
porter
Une famille toute entiere
Sans sçavoir qui peut me
rosser.
Ma douleur estoit sans égale
Quandje voyois cette troupe
voler
D'un bout à l'autre de ma
folle,
Et commencer à gazouil-
1er,
Des autres j'oublioisladit
grace fatale.
Ce qui redouble mes chagrins
,
Dans de si funestes outrages
C'est de voir semblables
Serins
De l'heureux Licidas remplir
toutes les cages.
Helas ! ce qui détruit les
miens
Ne porte aucune atteinte
auxsiens;
Ils viennent tous au gré de
son envie:
On diroic à les voir qu'il
leur soufle la vie.
Voila mon fort sur les oiséaux
;
C'est ainsi qu'en amour je
voyois mes rivaux
Heureux & contents dans
leurt chaisnes,
Lorsque je reffentois les
plus cruelles peines.
Quand je vois du fameux
Damon
Les vollieres presque desertes
;
Je devrois trouver dans ses
pertes
Quelque sujet de consolation,
Il en fait tousjours de nouvelles
Et quand , je perds des Serins
gris,
Je vois perir ses blancs,
ses blonds Ces isabelles,
Donc la rareté fait le
prix.
Mais par un long apprentissage,
Damon dans les Serins
presumant tout sçavoir,
Fait& rompt chaque mariage
Selon , que dans sa teste il
Ce forme l'espoir
Dereüssir dansceconcubinage.
Les oiseaux veulent se
pourvoir,
Il faut que l'amour les enga£
c>
Autrement comme nous
ils font mauvais ménage,
S'il caschoit moins d'en
plus avoir, Ilenauroit peut-esredavantage,
Je laisse aux miens les tendres
soins,
Ils sçavent mieux se satisfaire,
Et jene touche à leurvo- :
liere j
Que pour leur donner I
leurs besoins.
Dans mes malheurs que
faut- il faire?
Trouverai - je Iris moins 1
severe?
Retournerai-fous ses loix ?
Non son coeur à mesvoeux
fera tousjours contraire,
Je ne l'ay veu que trop de
,. fois.
- Poursuivons y
Poursuivons nostredestinée,
Il ne faut pas dans un commencement
Se rebuter d'unemauvaise
année,
Danslasuite j'auray plus decontentement ;
Mais' quand rien ne devroit
respondreàmonen-
, )l.' vie
J'aimeiroisencor mieux
me voir toute ma vie
, Malheureux oiseleur que malheureuxamant.
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Résumé : LES SERINS. par Mr le M. de ....
Dans 'L'Assé des amoureux commerces', Monsieur de relate ses difficultés avec l'élevage de serins. Il exprime sa déception face à la mortalité élevée de ses oiseaux, nombreux œufs ne donnant pas de poussins viables ou les poussins mourant peu après leur naissance malgré une bonne alimentation. La vue de serins en bonne santé chez Licidas, un rival, accentue sa douleur, qu'il compare à ses malheurs en amour où il voit ses rivaux heureux. Damon, un autre éleveur, subit également des pertes mais continue à élever de nouveaux oiseaux. L'auteur critique la méthode de Damon, qui interfère dans les accouplements des oiseaux, préférant une approche plus naturelle. Face à ses malheurs, il hésite à continuer mais décide de persévérer, préférant être un oiseleur malheureux plutôt qu'un amant malheureux.
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1647
p. 55-57
ENIGME. Par Monsieur le D....
Début :
Je commence à briller dans la saison nouvelle, [...]
Mots clefs :
Maquereau
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texteReconnaissance textuelle : ENIGME. Par Monsieur le D....
ENIGME.
Par tjMonjicitr le D.
Jecommence àbrillerdans
la saison nouvelle,
Suivant de fort prés l'hirondelle.
ous peintres me voyant
hlancJ bleuy vert,
violet ;
Vous quisçavez l'effet du
mélange en peinture,
Apprenetm°Y pourquoy,
vermeil de ma na-
IHre,
Le gris-de-fer me rend
jaune, noir, blanc
de lait;
Ensuite un surtout noir
finit ma dessinée,
Quand sepulture m'ef
donnée.
A de mauvaisplaisans
j'inspire le bon mot;
Tour les faire railler je
fuk leur vrai baiot:
Mais, raillerie à part,
je pique les gens
chiches,
J'agis avec douceurplutôt
sur lesgens riches ;
Avec force j'agis sur les
plusparesseux,
Tant-pis pour eux.
Par tjMonjicitr le D.
Jecommence àbrillerdans
la saison nouvelle,
Suivant de fort prés l'hirondelle.
ous peintres me voyant
hlancJ bleuy vert,
violet ;
Vous quisçavez l'effet du
mélange en peinture,
Apprenetm°Y pourquoy,
vermeil de ma na-
IHre,
Le gris-de-fer me rend
jaune, noir, blanc
de lait;
Ensuite un surtout noir
finit ma dessinée,
Quand sepulture m'ef
donnée.
A de mauvaisplaisans
j'inspire le bon mot;
Tour les faire railler je
fuk leur vrai baiot:
Mais, raillerie à part,
je pique les gens
chiches,
J'agis avec douceurplutôt
sur lesgens riches ;
Avec force j'agis sur les
plusparesseux,
Tant-pis pour eux.
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1648
p. 67-69
Parodie de la seconde Enigme, dont le mot est arbre.
Début :
Un arbre réussit sans éducation ; [...]
Mots clefs :
Arbre, Éducation, Jardinage, Compagnon, Perche, Torture, Feu, Serviteur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Parodie de la seconde Enigme, dont le mot est arbre.
Parodie de la seconde
Enigme, dont le mot
est arbre.
Un arbre riuffitsans éducation;
jl l'éleverpourtatmaint
hommeoisif s'emfreffe,
Lorsque du jardinage il
a la passion.
On l'enChAtne danssa jeuntjfc:
Lorsque {fun compagnon
tlutre arbre jeune
&' mort
La perche jointe à ("rbre
en double La figure,
A l'aide de la perche arbre
prend haut l'esforty.
Quoy qu'un lien d'oser
le mette à la torture,
Il vit ~& ne respire pas
Un arbre mis au felt
.-'
brilleapréssonttrépas;
Aprèsavoir brillésa carriereestfinie,
Serviteur à la compagnie.
Sjfoy qu'un arbre ait bon
pied, bon ceil,
Sottvent par la cognée
il est mi* au cercml.
Enigme, dont le mot
est arbre.
Un arbre riuffitsans éducation;
jl l'éleverpourtatmaint
hommeoisif s'emfreffe,
Lorsque du jardinage il
a la passion.
On l'enChAtne danssa jeuntjfc:
Lorsque {fun compagnon
tlutre arbre jeune
&' mort
La perche jointe à ("rbre
en double La figure,
A l'aide de la perche arbre
prend haut l'esforty.
Quoy qu'un lien d'oser
le mette à la torture,
Il vit ~& ne respire pas
Un arbre mis au felt
.-'
brilleapréssonttrépas;
Aprèsavoir brillésa carriereestfinie,
Serviteur à la compagnie.
Sjfoy qu'un arbre ait bon
pied, bon ceil,
Sottvent par la cognée
il est mi* au cercml.
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Résumé : Parodie de la seconde Enigme, dont le mot est arbre.
Le texte décrit une parodie sous forme d'énigme, où un arbre est élevé pour devenir un homme oisif et passionné de jardinage. Planté près d'un arbre mort, il est enchaîné et torturé par un lien. Malgré cela, il grandit et survit au feu. Après une carrière brillante, il sert de serviteur. Bien en santé, il est souvent coupé et mis au cercueil.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1649
p. 70-72
ENIGME.
Début :
J'habite une solide & vivante maison ; [...]
Mots clefs :
Perle
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGME.
J'habite une solide vivante
maison;
Lors qu'on m'a tire de
prison,
Gens qu'on appelle oisifs
me mettent à la chaine.
'Ltfer quim'a percele
flanc
Ne me sçauroittirer de
fang,
Quoique le jÍlngfOHsmoy
coule en plus d'une
veine.
Mon oeil brûlant ~& mon
teintvif
M'attireroient l'amour
d'un Corsaire, d'un
Juif
Lorsque de deux beaux
yeux tu vois cottier
des larmes,
Amant,souviens-toy de
mescharmes.
Mats s'en souvienne qui
voudra ,
Quelque mauvais Poëte
an moins slen Jou~
viendra.
J'habite une solide vivante
maison;
Lors qu'on m'a tire de
prison,
Gens qu'on appelle oisifs
me mettent à la chaine.
'Ltfer quim'a percele
flanc
Ne me sçauroittirer de
fang,
Quoique le jÍlngfOHsmoy
coule en plus d'une
veine.
Mon oeil brûlant ~& mon
teintvif
M'attireroient l'amour
d'un Corsaire, d'un
Juif
Lorsque de deux beaux
yeux tu vois cottier
des larmes,
Amant,souviens-toy de
mescharmes.
Mats s'en souvienne qui
voudra ,
Quelque mauvais Poëte
an moins slen Jou~
viendra.
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1650
p. 89-93
A LEURS ALTESSES Serenissimes Mgr LE DUC & Me LA DUCHESSE. EPITALAME.
Début :
Illustres rejettons des Heros de la France, [...]
Mots clefs :
Altesses, Duc, Duchesse, Hymen, Alliance, Héros, Vertus, Amour, Sagesse, Gloire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A LEURS ALTESSES Serenissimes Mgr LE DUC & Me LA DUCHESSE. EPITALAME.
A LEURS ALTESSES
IScrcniflimcs Mgr LE Duc
& Me LA DUCHESSE.
[ EPITALAME. Llustres rejettons des Heros
I de la France,
..e Ciel vous refervoit cette digne
alliance;
2oeurs formez l'un pour l'autre,
aussi tendres quxe neufs-,
)e vôtre amour l'hymen vient
de serrer les noeuds,
Et de cant de vertus le brillant
assemblage, N'auroit pas de mon zele en ce
jour quelque hommage ?
Aux applaudissemens d'un aussi
noble choix
Muse, dans cette fêt,e entremêle
ta voix ; Signale tes transports, en chantant
l'hymenée
De ces jeunes amans qu'unit
cette journée.
PRINCE, dont labonté fait
tant d'honneur au rang,
Que la valeur distingue encor , plus que le sang; ®
Vous,de qui la sagesse a parû
dés l'enfance
Et dans qui le sçavoir ,égale la
naissance,
Quel bonheur pour vos feux
que tout a secondé
De trouver dans CONTI le
fang du grand CONDE', Et de revoir en vous tous les
traits de vos Peres,
Même esprit, même coeur, &
mêmes caratceres ? Quel secours, Couple auguste,
& quelle gloire un jour
L'Etat n'attend.il point des
° fruits de vôtre amour?
Vive image d'un pere élû Roy
par mente,
Fille du grand CONTI, des
grands Hommes l'elite,
Vous, que la pìeté, la raison,
la douceur
Elevent plus cent fois que toute
autre grandeur,
Pour le soûtien des lys dans a
paix, dans la guerre, Hâtez vous de donner des Heros
a la terre,
Qui jaloux du beau fang dont
ils seront sortis,
Fassent revivre en eux les
CONDE'S,lesCONTIS.
Pour vous, epoux charmans,
puissent les destinees
Filer un siecle entier de riantes
années!
De tourle monde aimez, de
vous seuls amoureux,
Puissiez-vous ne passer que des
momens heureux!, Que, pour rendre durable une : union si belle,
L'un à l'autre toujours soit conquête
nouvelle!
Que les ris, que les jeux s'empressenttouràtour
,
PRINCE, avec les plaisirs à
grossir vôtre cour!
Mais sur le Rhin déja j'entrevois
la victoire
[Jui la palme à la main vous
appelle à la gloire.
Allez par vôtre exemple échauffer
nos guerriers,
Chargé de myrte, allez mois- rfunner des lauriers.
IScrcniflimcs Mgr LE Duc
& Me LA DUCHESSE.
[ EPITALAME. Llustres rejettons des Heros
I de la France,
..e Ciel vous refervoit cette digne
alliance;
2oeurs formez l'un pour l'autre,
aussi tendres quxe neufs-,
)e vôtre amour l'hymen vient
de serrer les noeuds,
Et de cant de vertus le brillant
assemblage, N'auroit pas de mon zele en ce
jour quelque hommage ?
Aux applaudissemens d'un aussi
noble choix
Muse, dans cette fêt,e entremêle
ta voix ; Signale tes transports, en chantant
l'hymenée
De ces jeunes amans qu'unit
cette journée.
PRINCE, dont labonté fait
tant d'honneur au rang,
Que la valeur distingue encor , plus que le sang; ®
Vous,de qui la sagesse a parû
dés l'enfance
Et dans qui le sçavoir ,égale la
naissance,
Quel bonheur pour vos feux
que tout a secondé
De trouver dans CONTI le
fang du grand CONDE', Et de revoir en vous tous les
traits de vos Peres,
Même esprit, même coeur, &
mêmes caratceres ? Quel secours, Couple auguste,
& quelle gloire un jour
L'Etat n'attend.il point des
° fruits de vôtre amour?
Vive image d'un pere élû Roy
par mente,
Fille du grand CONTI, des
grands Hommes l'elite,
Vous, que la pìeté, la raison,
la douceur
Elevent plus cent fois que toute
autre grandeur,
Pour le soûtien des lys dans a
paix, dans la guerre, Hâtez vous de donner des Heros
a la terre,
Qui jaloux du beau fang dont
ils seront sortis,
Fassent revivre en eux les
CONDE'S,lesCONTIS.
Pour vous, epoux charmans,
puissent les destinees
Filer un siecle entier de riantes
années!
De tourle monde aimez, de
vous seuls amoureux,
Puissiez-vous ne passer que des
momens heureux!, Que, pour rendre durable une : union si belle,
L'un à l'autre toujours soit conquête
nouvelle!
Que les ris, que les jeux s'empressenttouràtour
,
PRINCE, avec les plaisirs à
grossir vôtre cour!
Mais sur le Rhin déja j'entrevois
la victoire
[Jui la palme à la main vous
appelle à la gloire.
Allez par vôtre exemple échauffer
nos guerriers,
Chargé de myrte, allez mois- rfunner des lauriers.
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Résumé : A LEURS ALTESSES Serenissimes Mgr LE DUC & Me LA DUCHESSE. EPITALAME.
Le texte est un épithalame célébrant l'union du Duc et de la Duchesse, deux nobles personnages. Il commence par une invocation aux illustres descendants des héros de France, soulignant l'honneur de leur alliance. Le poème loue la bonté, la valeur et la sagesse du Prince, et met en avant l'honneur de son union avec la fille du grand Conti. La Duchesse est décrite comme une figure de piété, de raison et de douceur, destinée à soutenir la paix et la guerre. Le poème exprime le souhait que leur union soit féconde et produise des héros dignes de leurs ancêtres. Il conclut par des vœux de bonheur et de succès militaires pour le Prince, l'encourageant à inspirer les guerriers et à revenir victorieux.
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