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4601
p. 1031-1032
Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
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Le 4. de ce mois le Roy fit dans la Plaine des Sablons la Revûë du Régiment des Gardes [...]
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texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Le 4. de ce mois le Roy fit dans la Plaine
des Sablons la Revûë du Régiment des Gardes
Françoises et de celui des Gardes Suisses . Ils
firent l'exercice , er'ils défilerent en présence de
S. M. Monseigneur le Dauphin se trouva à cette
Revûë.
Le Roy a donné le Gouvernement de Landres-
cy au Comte de la Marck ; celui de Briançon,
au Marquis de Maulevrier- Langeron, celui d'Ai
re à M. de Ceberes, et celui de Bethune à M. de
Tarneau
Le
1032 MERCURE DE FRANCE
Les de ce mois Monseigneur le Dauphin fir
rendre à l'Eglise de la Paroisse du Château de
Versailles les Pains Benits , qui furent presentés
par l'Abbé de Choiseul , Aumônier du Roy en
quartier.
Dom Etienne Richard , Général de l'Ordre
des Chartreux , étant mort le 3. du mois der-
nier dans la 69. année de son âge , Dom Mi-
chel de Larnage , Prieur de la Chartreuse de S.
Hugon , a été élû Général de cet Ordre.
Le 4. de ce mois le Roy fit dans la Plaine
des Sablons la Revûë du Régiment des Gardes
Françoises et de celui des Gardes Suisses . Ils
firent l'exercice , er'ils défilerent en présence de
S. M. Monseigneur le Dauphin se trouva à cette
Revûë.
Le Roy a donné le Gouvernement de Landres-
cy au Comte de la Marck ; celui de Briançon,
au Marquis de Maulevrier- Langeron, celui d'Ai
re à M. de Ceberes, et celui de Bethune à M. de
Tarneau
Le
1032 MERCURE DE FRANCE
Les de ce mois Monseigneur le Dauphin fir
rendre à l'Eglise de la Paroisse du Château de
Versailles les Pains Benits , qui furent presentés
par l'Abbé de Choiseul , Aumônier du Roy en
quartier.
Dom Etienne Richard , Général de l'Ordre
des Chartreux , étant mort le 3. du mois der-
nier dans la 69. année de son âge , Dom Mi-
chel de Larnage , Prieur de la Chartreuse de S.
Hugon , a été élû Général de cet Ordre.
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Résumé : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Le 4 du mois, le roi a passé en revue les Gardes Françaises et Suisses avec le Dauphin. Il a attribué les gouvernements de Landrecies, Briançon, Aire et Béthune respectivement au Comte de la Marck, au Marquis de Maulevrier-Langeron, à M. de Ceberes et à M. de Tarneau. Le 10 du mois, le Dauphin a distribué les pains bénits à Versailles. Dom Étienne Richard, Général des Chartreux, est décédé à 69 ans. Dom Michel de Larnage lui a succédé.
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4602
p. 1032
« Le Cabinet de défunt M. Vivant, composé de Tableaux, Figures antiques de Bronze, de [...] »
Début :
Le Cabinet de défunt M. Vivant, composé de Tableaux, Figures antiques de Bronze, de [...]
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texteReconnaissance textuelle : « Le Cabinet de défunt M. Vivant, composé de Tableaux, Figures antiques de Bronze, de [...] »
Le Cabinet de défunt M. Vivant, composé
de Tableaux, Figures antiques de Bronze, de
Marbre , d'Yvoire , Coquilles , Médailles d'or,
d'argent , de Cuivre , Antiques et Modernes ,
Pierres gravées et précieuses , Droguiers , Cris-
taux , Mineraux , Armes antiques , Estampes
·
Coraux , Emaux , Plantes Marines et Petrifica-
tions, Vases d'Agathe, et autres Pierres , et gé-
neralement de toutes sortes de Curiosités en
très-grand nombre et des mieux choisies , com-
mencera à se vendre en la Maison dudit Sieur
Vivant à Paris , rue Quinquempoix , près l'Hô-
tel de Beaufort, le Lundi 1. Juillet 1737. et
jours suivans.
de Tableaux, Figures antiques de Bronze, de
Marbre , d'Yvoire , Coquilles , Médailles d'or,
d'argent , de Cuivre , Antiques et Modernes ,
Pierres gravées et précieuses , Droguiers , Cris-
taux , Mineraux , Armes antiques , Estampes
·
Coraux , Emaux , Plantes Marines et Petrifica-
tions, Vases d'Agathe, et autres Pierres , et gé-
neralement de toutes sortes de Curiosités en
très-grand nombre et des mieux choisies , com-
mencera à se vendre en la Maison dudit Sieur
Vivant à Paris , rue Quinquempoix , près l'Hô-
tel de Beaufort, le Lundi 1. Juillet 1737. et
jours suivans.
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Résumé : « Le Cabinet de défunt M. Vivant, composé de Tableaux, Figures antiques de Bronze, de [...] »
Le cabinet de curiosités de feu M. Vivant, situé à Paris, rue Quinquempoix, sera vendu à partir du 1er juillet 1737. La collection inclut des tableaux, des figures antiques, des coquillages, des médailles, des pierres précieuses, des drogueries, des cristaux, des armes antiques, des estampes, des coraux, des émaux, des plantes marines, des pétifications et des vases en agate.
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4603
p. 1032-1044
MORTS, NAISSANCES, Et Mariages.
Début :
Milady Marie Butler, Comtesse de Delwin, Mere du Comte de Westmeath, et de M. [...]
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texteReconnaissance textuelle : MORTS, NAISSANCES, Et Mariages.
MORTS, NAISSANCES,
Et Mariages.
Milady Marie Butler, Comtesse de Delwin,
Mere du Comte de Westmeath, et de M.
de Nugent , Mestre de Camp de Cavalerie au
Service du Roy de France , est morte depuis peu
Clonin en Irlande dans la 109. année de son
Le
MAY 1737.
I vj
1033
Le nommé Pierre le Poix est mort il y a quel
que tems à Clerjus , dans le Diocèse de Toul ,
âgé de 111. ans.
Le 15. Mars Edmonde-Therese -Marie , née
Comtesse de Dietrichstein , Veuve depuis le 16.
Juin 1712. de Jean- Adam- André , Prince du S.
Empire , de Lichtenstein , Duc de Troppau er
de Jagerndorff , Chevalier de l'Ordre de la Toi-
son d'Or , Conseiller Intime d'Etat , et Cham-
bellan de l'Empereur , avec lequel elle avoit été
mariée le 16. Février 1681. mourut à Vienne
dans la 75. année de son âge , étant née le 17.
Avril 1662. Son Corps a été porté à Branau en
Moravie. Elle a fait ses Légataires universelles
les trois filles qui lui restoient , qui sont Marie-
Antoinette , Comtesse d'Hrzan, qui avoit épou
sé en premieres nôces Marc- Adam , Comte de
Czobor
Marie - Elizabeth , épouse de Leopold,
Duc de Holstein- Viesenbourg , et auparavant
Veuve de Maximilien-Jacques- Maurice , Prince
de Lichtenstein , mort le 21. Avril 1709. et
Therese-Anne-Félicité , Veuve de Thomas-Em-
manuel- Amedée de Savoye , Comte de Soissons,
Chevalier de la Toison d'Or , Lieutenant- Ma
réchal de Camp des Armées de l'Empereur, Co-
lonel d'un Regiment Imperial de Cuirassiers, et
Gouverneur d'Anvers , mort le 28. Décembre
1729.âgé de 43.ans. La Princesse de Lichtenstein
laisse seulement la légitime au fils de Henri-Jo-
seph-Jean , Prince d'Aversberg , er de feuë Do-
minique-Magdeleine de Lichtenstein, sa derniere
fille , morte le
2. Juin 1724. La Princesse de
Lichtenstein ' avoit encore eu une autre fille ,
nommée Gabrielle , qui étoit sa ze , et qui étoit
morte sans enfans le 8. Octobre 1713. de Jo-
seph-Jean-Adam , Prince de Lichtenstein , qu'el
le
1034 MERCURE DE FRANCE
le avoit épousé le 1. Décembre 1712.
Le 17. Alexis Henri de Châtillon . Seigneur
de Chantemerle , de la Rambaudiere . &c. Che-
valier , Commandeur , et Doyen des Ordres du
Roy , mourut en son Château de la Rambau-
diere en Poitou, âgé d'environ 87.ans. Il avoit été
fait en 1675. Mestre de Camp d'un Regimentde
Cavalerie. Il fut aussi Capitaine des Gardes du
Corps, puis en 1684. Premier Gentilhomme de
la Chambre de Philipe, Fils de France, Duc d'Or
leans , qui lui avoit donné en 1683. le Gouver-
nement de Chartres.
Il fut fait Chevalier des >
Ordres du Roy à la Promotion du 31. Décem-
bre 1688. et Brigadier des Armées de S. M. le
10. Mars 1690. Il étoit veuf de Marie- Rosalie
..
de Brouilly de Piennes , morte le 12 Septembre
1735. ainsi qu'on l'a marqué dans le Mercure
du même mois p. 2117. où l'on a fait mention ·
des deux filles qu'il en avoit eu , qui sont les
Dames de Bacqueville et de Goësbriant, dont la
derniere est morte le 29. Décembre dernier ,
comme on l'a annoncé dans le 2. Vol . du mê
me mois p. 2980. Le défunt étoit frere puîné du
Comte de Châtillon, pere du Duc de Châtillon,
Gouverneur de Monseigneur le Dauphin.
: Le 18. Ferdinand , Comte de Plettemberg ,
Chevalier de l'Ordre de la Toison d'Or , Con- ·
seiller Intime et Actuel d'Etat de l'Empereur, et
désigné Ambassadeur de S. M. Imp. à la Cour
de Rome , mourut à Vienne, après peu de jours
de maladie , dans la 47. année de son âge. If
avoit été ci-devant premier Ministre de l'Elec-
teur-Archevêque de Cologne , et étoit entré en-
suite au Service de l'Empereur , qui l'avoit nom-
mé en dernier lieu à l'Ambassade de Rome , or
étoit sur le point de se rendre , ayant fait , à
14
MAY.
1737.
1035
ce que marquent les Nouvelles d'Allemagne ,
pour plus de 200000. florins de dépense , afia
de paroître en cette Cour avec éclat.
Il avoit
marié , le 30. Août de l'année derniere , une de
ses filles avec le Comte de Schonborn - Weis-
senheit.
Le même jour Curse Origo , Romain , Card . Prê
tre du Titre de S. Eustache, Prefet de la Congré
gation du Concile , mourat à Rome , âgé de 76 .
ans et 9. jouts , étant né le 9. Mars 1661. It
étoit créature du féu Pape Clement XI . qui l'a-
vança, l'ayant d'abord déclaré Secretaire des Mé
moraux le 3. Décembre 1700. ensuite
lai
donna un Canonicat de la Basilique de S. Pierre
dú Vatican , au mois de Septembre 1705. et ie
f Secretaire de la Congrégation de la Consul-
te le 17. May 1706. Il exerçoit encore cette
Charge lorsqu'il fut créé Cardinal le 18. May
1712. ayant alors été réservé in petto, et n'ayant
été déclaré que le 26: Septembre suivant. Le
Tatre Diaconal de S. Eustache lui fut assigné le
21. Novembre de la même année. Il fut déclaré
Légat de Bologne le 12 : Avril 1717. et le Pape
Innocent XIII . à son avenement , lui donna la
Charge de Préfet de la Congrégation du Conci-
le le 9. May 1721. Par sa mort il vaque une
se place dans le Sacré College.
Antoine- Xavier Gentili , Romain , Cardinal
Prêté , du Titre de S. Etienne in Monte Cœlio ;
de la Création du 16. May 1731. et Dataire du
Pape regnant , a été déclaré Prefet de la Con-
grégation du Concile au lieu du feu Cardinal
Origo.
Le 19. Jean Conrad , Baron de Reinach, Evê
que de Basle , Prince du S. Emp . Rom. siégeant
2-Porentru , dans l'Elsgau sur la riviere de Hal-
-le's "
1036 MERCURE DE FRANCE
le,mourut en son Château de Porentru,âgé d'en-
viron 80.ans étant né en 1657. Il avoit été d'a-
bord en 1678 Chanoine, puis en 1690. Ecolâtre ,
Doyen en 1704. et enfin Evêque de Basle le
11. Juillet 1705. Jean- Baptiste , Baron de Rei-
nach , son frere , né en 1669. Chanoine en
1691. Doyen en 1710. et Prévôt de la Cathe .
drale de Basle en 1712. fut élû son Coadjuteur
le 2. Septembre 1724. et l'Evêché Titulaire d'Ab-
dere en Thrace , avec cette Coadjutorerie , fut
préconisé et proposé pour lui à Rome les 18.
Avril et 11. Juin 1725.
Le 20. Gaspard de Castelane d'Esparon, Che-
valier de l'Ordre de S. Jean de Jerusalem , Mes-
tre de Camp-Lieutenant du Regiment de Dra-
gons d'Orleans, par Commission du 26. Février
1734. et fait Brigadier des Armées du Roy le 1.
Août suivant , Gentilhomme de la Chambre du
Duc d'Orleans depuis 1724. mourut à Paris
après deux jours de maladie , âgé de ss . ans.
La Charge de Mestre de Gamp- Lieutenant de
Dragons d'Orleans , vacante par cette inort , a
été donnée à Louis - François de Boufflers- Re-
miencourt , né le 12. Novembre 1714,
fils de
Charles - François de Boufflers , Marquis de Re-
miencourt , Lieutenant Général des Armées du
Roy , et de Louise Antoinette - Charlotte de
Boufflers , son épouse , fille du feu Maréchal
Duc de Bouffers.
Le 21. D ....... Gaultier du Bois , épouse
de Denis-Louis Pasquier , Conseiller au Parle-
ment de Paris , mariée en 1729. et âgée de 23 .
à 24 ans , mourut en couches. Elle étoit fille
aînée de feu Jules-Adrien Gaultier du Bois ,
Ecuyer , Seigneur de Besigny, mort le 19. No-
yembre 1731. et d'Anne- Marie Doé , sa veuve.
Σ
Le
MAY.
1737.
1037
Le 22. René-François Testu de Balincourt
Seigneur de Hedouville, Os , &c. Conseiller Ho-
noraire en la Grand-Ch . du Parlement de Paris,
où il avoit été reçû le 31.Janvier 1676.et Chefdu
Conseil du Comte de Toulouse , mourut à Pa-
ris , âgé de 81. ans 9, mois , sans avoir été ma-
fié. Il étoit fils aîné de feu Gabriel Testu de
Balincourt , Seigneur de Hedouville , de Hode-
ne , &c. Grand- Maître des Eaux et Forêts de
Normandie , mort en 1672. et de feuë Jeanne
Grangier de Soucariere, sa seconde femme.
Gerard Dias , Esclave de Don Antoine de
Sampayo de Vasconcellos , mourut à Lisbonne
au mois de Mars dernier dans la 117. année
de son âge, étant né le 17.Mars 162 1. à Vianna
de Alentejo
On a encore reçû avis de Lisbonne qu'Antoi
ne de Mendonça ,
Béneficier de l'Eglise de
Sainte Marie d'Obidos , et le Pere Nuno , Reli-
gieux Trinitaire, étoient morts depuis peu , le
premier à Obidos , âgé de 109. ans ,
et
le se-
cond à Coimbre dans la 102. année de son âge.
Le 23. Eleonore - Christine - Elizabeth , née
Princesse de Salm , Dame de l'Ordre de la Croi-
sade , et épouse de Conrard - Albert - Charles
Schets , Comte , et depuis 1717. Duc d'Ursel et
d'Hobokes , Gouverneur pour l'Empereur de
la Province de Namur , mourut à Bruxelles ,
âgée de 59. ans 9 jours , étant née le 14. Mars
1678. Elle étoit derniere fille de Charles- Théo-
dore Otton , Prince du S. Emp. Romain et de
Salm , Wildgrave de Daun et de Kirburg, Rhin
grave de Stein , Chevalier de l'Ordre de la Toi-
son d'Or, Conseiller Intime d'Etat de l'Empe-
reur , Maréchal de Camp Général des Armées
de S. M. Imp. Grand- Maître de la Cour de
l'Empereur
1038 MERCURE DE FRANCE
Empereur Joseph , et auparavant son Gouvèr-
neur , mort le 10. Novembre 1710. et de Loui
se-Marie de Bavière , Comtesse ' Palatine du
Rhin , sa seconde femme , morte le 11. Mars
1679.
Le 24. Charles- Frederic -Adolphe Prince Hére
ditaire de Saxe Vaeissenfels,fils de Jean-Adolphe,
Duc Régent de Saxe-Vveissenfels Chev. de l'Or-
dre de l'Aigle Blanc, Général , Feldt- Maréchal-
Lieutenant des Armées de l'Empereur , et Gé
nétal de l'Infanterie de l'Electorat de Saxe , er
de Frederique de Saxe-Gotha , mariés en 1735.
mourut de la petite verole à Weissenfels , âgé de
4 mois 19. jours , étant né le 5. Novembre
dernier.
Le 27. Philipe Charles d'Estampes Mar
quis de la Ferté - Imbaud , Colonel d'un Regi-
ment d'Infanterie , fils aîné de Philipe - Charles
d'Estampes , mort le 11. du même mois , mou-
rut d'une maladie de poitrine , âgé de 25 ans ,
ne laissant qu'une fille de la Demoiselle Geof
frin qu'il avoit épousée en 1733. comme on
l'a marqué à l'article de la mort
de son
pere , qui a laissé encore un autre fils et deur
filles.
Le même jour , Alfonse Manrique de Solis,
Duc du Arco , Grand d'Espagne de la premiere
Classe , Chevalier des Ordres de la Toison d'Or,
du S. Esprit , et de S. Jacques , Commandeur
de Valencie du Ventoso , dans le dernier de ces
trois Ordres Gentilhomme de la Chambre du
Roy Cath. son Grand Ecuyer , et son Grand
Ventur ,Alade des Maisons Royales du Pardo,
du Zarzuela, et de la Tour de la Parade . mou-
rut à Madrid âgé de 63. ans , sans laisser d'en-
fans de Marie-Anne Henriquez de Cardeñas
Portugal
"
MAY.
1739
103.9
Portugal, 14.Comtesse de la Puebla del Maestre,
et de Monte nuevo , Marquise de Bacares , fille
unique de Louis Henriquez , Comte de Monte
nuevo , Chevalier de l'Ordre de S. Jacques ,
Major-Dome - Major de la Reine d'Espagne
Marie - Anne de Baviere-Neubourg , et de Lau-
rence de Cardeñas-Portugal , qu'il avoit épou-
sée le 30. Juillet 1695. Le Duc du Arco , qui
avoit porté ci-devant le Titre de Comte de
Monte nuevo depuis son Mariage , avoit tou-
jours été fort zelé pour le Service du Roy Phi-
lipe V. Il accompagna ce Prince en 1704. dans
Ja Campagne contre le Portugal , en qualité de
l'un de ses Aides de Camp Généraux. Il fut fait
son Premier Ecuyer au mois de Décembre .
1705. et Gentilhomme de sa Chambre au mois
d'Octobre 1706. Il eut l'exercice de cette Char-
ge au mois d'Août 1708. et la Charge de Grand
Veneur au mois d'Octobre 1714. la Grandesse
de la premiere Classe lui fut accordée , avec le
Titre de Duc du Arco , pour lui et ses Succes-
seurs, au mois d'Avril 1715. et il prit possession
de cette Dignité, en se couvrant devant le Roy,
le 1. May suivant. Il fut fait au mois de Sep-
tembre 1721. Grand Ecuyer , et nommé le 15,
Janvier 1724. à l'Ordre de la Toison , dont il
reçut le Collier le 6. Août suivant. Il fut ua
des Seigneurs qui furent designés , au mois de
May de la même année 2724. pour remplir une
des cinq Places dans l'Ordre du S. Esprit , dont
la disposition avoit été laissée par le Roy Très-
Chr . à S. M. C. Il fut proposé dans le Chapi
tre de cet Ordre , tenu le 3 , Juin 1724. et ad-
mis dans un autre Chapitre le 20. May 1725 .
Il en reçut la Croix et le Collier des mains du
Roy Cath. dans l'Eglise Métropolitaine de Se-
ville
1040 MERCURE DE FRANCE
ville , le 25. Avril 1729. Par sa mort il vaque
un 15 Cordon Bleu. Ce Seigneur étoit de la
Maison de Manrique de Lara , l'une des plus
anciennes , des plus illustres et des plus nom-
breuses de l'Espagne , et Cadet de la Branche
des Comtes de Montchermoso et de Fuensalda-
gne. La Généalogie en est raportée dans les 2.
dernieres Editions du Dictionaire Historique
d'après Guillaume Imhoff dans ses 20. Familles
d'Espagne.
Louis de Vivet de Montclus , Chev. Seigneur
de Servesan , mourut à Avignon le même jour
âgé de 8o. ans ; il étoit fils de défunt Loüis de
Vivet de Montclus, Chevalier , Seigneur de Ser-
vesan , et de défunte Dame Marie Herault ; il
avon épousé Demoiselle Louise- Magdelaine du
Poirier Cottereau de Villomer ,
fille de défunt
Jacques du Poirier Cottereau . Chevalier , Sei-
gneur de Villomer , Maître d'Hôtel Ordinaire
du feu Roy , et Lieutenant- Colonel de son Re-
giment de Touraine , et de défunte D. Margue-
rite de Vallois ; de laquelle , actuellement vivan-
te ,
il a laissé deux garçons et une fille Religieu-
se ; cette Famille est connue pour être d'une
ancienne Noblesse d'Avignon , dont les Des-
cendans ont tous servi
"
avec distinction
dans l'Eglise , dans l'Epée et dans la Robe. M.
de Montclus , Evêque de S. Brieu , feu M. de
Montclus , Capitaine aux Gardes Françoises , et
M. le President de Montclus , en sont des té-
moignages authentiques,
Le 16.May D. Anne de Calonne deCourtebour
ne , Veuve de François le Tonnellier - Breteuil ,
Marquis de Fontenay-Tresigny , Sire de Ville-
bert , Baron de Boitron , Seigneur des Chapel-
les-Breteuil , du Mesnil- Chassemartin, Palaiseau ,
Vilnevorte
M. A Y.
1737. *
ordinaire , et Intendant des Finances ,
1041
Vilnevotte , et autres lieux , Conseiller d'Etat
est décé-
dé à Paris âgée de 86. ans. Elle étoit Fille de
Charles de Calonne, Marquis de Courtebourne,
Maréchal des Camps et Armées du Roy , Licu-
tenant pour Sa Majesté de la Province d'Artois,
et Commandant à Calais, et sœur de Louis- Jac-
ques de Calonne , Marquis de Courtebourne ,
Lieutenant Général des Armées du Roy , Di-
recteur Général de la Cavalerie , Lieutenant
pour Sa Majesté en la Province d'Artois ,
Gouverneur d'Hesdin , décedé
et
en 1705. de
Charles de Courtebourne, Abbé de la Couronne
en Angoumois , et de Chaulmes en Brie , décé-
dé en 1723. et de Louis Jacques-Gabriel de Ca-
lonne de Courtebourne, Commandeur de l'Ordre
de Malthe , Capitaine d'une des Galeres du Roy,
et Capitaine des Gardes de l'Etendart , aussi dé
cédé en 1730. Elle a eu de son mariage trois
Fils , sçavoir , François - Victor le Tonne-
lier-Breteuil , Marquis deFontenay- Tresigny ,
Sire de Villebert , Baron de Boitron , Seigneur.
des Chapelles-Breteuil, Palaeau et autres Lieux,
Commandeur des Ordres du Roy , Chancelier
de la Reine , et ci-devant Secretaire d'Etat au
Département de la Guerre , Charles-Louis- Au-
guste le Tonnelier- Breteuil , Evêque de Rennes,
Abbé de Chaulmes , Prieur de Beüil , et Grand
Maître de la Chapelle du Roy , mort en 1732.
et Claude - Alexandre le Tonnelier - Breteuil
Chevalier Profés de l'Ordre de Malthe , Colonel
d'Infanterie , Capitaine au Regiment des Care
des , décédé en 1721.
La Maison de Calonne de Courtebourne est des
plus anciennes , et a pris et donné des alliances
dans les plus grandes Maisons du Royaume.
LE
F042 MERCURE DE FRANCE
Le 27. Avril après midi , les cérémonies -du
Baptême furent supléées dans la Chapelle du
Château de Versailles par le Cardinal de Rohan,
Evêque de Strasbourg GrandAumônier deFrance,
en présence du Curé de la Paroisse du Château ,
Monseigneur le Dauphin et aux trois Aînées
des Dames de France , en présence du Roy , et de
La Reine , qui étoient accompagnés des Princes
et Princesses du Sang , er des Seigneurs et Da
mes de la Cour.
Louis , Dauphin , né le 4. Septembre de l'ans
née 1729. reçut seul les cérémonies , ayant eù
pour Parain et Maraine Louis Duc d'Orleans
et Louise- Françoise de Bourbon ,
douairiere de Bourbon.
Duchesse
Les Dames de France reçûrent toutes trois en
semble les cérémonies du Baptême. La premiere
Louise- Elizabeth , née le 14. Août 1727, cut
pour Parain et Maraine Louis d'Orleans , Duc
de Chartres , er Louise- Ehzabeth de Bourbon-
Condé , Princesse seconde douairiere de Conti.
La seconde Anne Henriette, née aussi le 14.
Août 1727. Parai
er Maraine Louis- Henri >
Duc de Bourbon , et Mademoiselle, Louise- An-
ne de Bourbon- Condé , et la troisiéme Marie-
Adelaïde , née le 23. Mars 1732. Parain et Ma
raine , Charles de Bourbon , Comte de Charo-
lois , et Mademoiselle de Clermont , Márie
Anne de Bourbon - Condé.
Le May, les cérémonies du Baptême furent
supléées à Louise-Jaqueline- Edmée , née le 15:
Octobre 1722. fille de Jacques-Claude- Augustin
de la Cour , Marquis de Balleroy , Brigadier des
Armées du Roy , et Gouverneur du Duc de
Chartres, ci- devant Mestre de Camp de Dragons ,
Enseigne des Gardes du Corps du Roy , er de
D.
MAY.
1737.
1043
B. Marie-Elizabeth de Goyon de Mâtignon, son
Epouse , mariés au mois de May 1720. Le Pa
rain Louis- Jacques de la Cour , Chevalier de
l'Ordre de S. Jean de Jerusalem , Oncle paternel,
La Maraine , D. Edmée - Charlotte de Brenne de
Bombon , Epouse de Marie- Thomas- Auguste
de Goyon , Marquis de Mâtignon , Chevalier-
Commandeur des Ordres du Roy , Brigadier de
se's Armées , Oncle maternel.
Le 6,les céremonies du Baptême furent aussi su
·pléées à Françoise Parfaite Thais née les.de Dés
cembre 1734. fille de Louis de Mailly,Comte de
Rubempré, Seigneur de la Borde-aux- Vicomtes,
premier Mestre de Camp de Cavalerie, et Capi-
taine Lieutenant de la Compagnie des Gendar-
mes Ecossois , Commandant la Gendarmerie de
France , et de D. Anne- Françoise- Elizabeth Ar-
baleste de Melun , son Epouse. Le Parain, Louis
Charles de Bourbon , Comte d'Eu , Duc d'Au-
male , Chevalier , Commandeur des Qrdres du
5
Roy, Grand- Maître et Capitaine General de
l'Artillerie de France , Gouverneur et Lieutenant
General pour S. M. dans la Province de Guyen-
ne. La Maraine , D. Françoise de Mailly, Tante
paternelle , Dame d'Acours de la Reine , veuve-
en dernieres Noces de Paul - Jules de Mazarin de
Ruzé , Duc de Mazarin , Pair de France , Prince
de Château- Porcien , et en premieres Nôces de
Louis Phelypeaux , Marquis de la Vrilliere et de
Châteauneuf, Comte de S. Florentin , Ministre
et Secretaire d'Etat , Commandeur des Ordres
du Roy.
Le 11. Avril , fut celebré dans l'Eglise de saint
Sulpice à Paris , le Mariage de Louis - François de
Goujon de Thuisy , pourvu d'une Charge de-
Conseiller
1044 MERCURE DE FRANCE
Conseiller au Parlement,fils puiné de MreJérôme
Joseph de Goujon de Thuisy, Marquis de Thui-
sy , Baron de Chalerange et de Pacy en Valois,
Seigneur de S. Remy-sur- Bussi , Herpon, Tours
sur Marne, &c. Sénéchal héreditaire de Rheims,
Conseiller du Roy en ses Conseils , Maître des
Requêtes Honoraire de son Hôtel , et de défunte
D. Marie-Louise Mélanie le Févre de Caumar-
tin , avec Dile Marie-Louise le Rebours , fille de
Jean-Baptiste-Auguste le Rebours , Seigneur de
S. Mard-sur-le- Mont en Champagne , et de dé-
funte D. Marie - Louise Chuberé. Le nouveau
Marié avoit été présenté de minorité à l'Ordre
de Malthe.
La Terre de Pacy en Valois, qui lui a été don-
née par M. son Pere , étoit échûë à feuë D. An-
ne-Françoise de Haussonville de Vaubecourt ,
son Ayeule paternelle , comme sortie et des-
cendue de degré en degré
❤
Vergeur Saint
Souplet de Fleurigny de Lé-
noncourt et de Chastillon - Pacy , qui étoie
une Branche de la Maison de Chastillon-sur-
Marne , qui possedoit la Terre de Nanteuil-le-
Haudouin, érigée en Comté , en faveur de Hen-
ry de Lénoncourt , Comte de Vignory , Gou~
verneur de Valois , et Baillif de Vitry.
Et Mariages.
Milady Marie Butler, Comtesse de Delwin,
Mere du Comte de Westmeath, et de M.
de Nugent , Mestre de Camp de Cavalerie au
Service du Roy de France , est morte depuis peu
Clonin en Irlande dans la 109. année de son
Le
MAY 1737.
I vj
1033
Le nommé Pierre le Poix est mort il y a quel
que tems à Clerjus , dans le Diocèse de Toul ,
âgé de 111. ans.
Le 15. Mars Edmonde-Therese -Marie , née
Comtesse de Dietrichstein , Veuve depuis le 16.
Juin 1712. de Jean- Adam- André , Prince du S.
Empire , de Lichtenstein , Duc de Troppau er
de Jagerndorff , Chevalier de l'Ordre de la Toi-
son d'Or , Conseiller Intime d'Etat , et Cham-
bellan de l'Empereur , avec lequel elle avoit été
mariée le 16. Février 1681. mourut à Vienne
dans la 75. année de son âge , étant née le 17.
Avril 1662. Son Corps a été porté à Branau en
Moravie. Elle a fait ses Légataires universelles
les trois filles qui lui restoient , qui sont Marie-
Antoinette , Comtesse d'Hrzan, qui avoit épou
sé en premieres nôces Marc- Adam , Comte de
Czobor
Marie - Elizabeth , épouse de Leopold,
Duc de Holstein- Viesenbourg , et auparavant
Veuve de Maximilien-Jacques- Maurice , Prince
de Lichtenstein , mort le 21. Avril 1709. et
Therese-Anne-Félicité , Veuve de Thomas-Em-
manuel- Amedée de Savoye , Comte de Soissons,
Chevalier de la Toison d'Or , Lieutenant- Ma
réchal de Camp des Armées de l'Empereur, Co-
lonel d'un Regiment Imperial de Cuirassiers, et
Gouverneur d'Anvers , mort le 28. Décembre
1729.âgé de 43.ans. La Princesse de Lichtenstein
laisse seulement la légitime au fils de Henri-Jo-
seph-Jean , Prince d'Aversberg , er de feuë Do-
minique-Magdeleine de Lichtenstein, sa derniere
fille , morte le
2. Juin 1724. La Princesse de
Lichtenstein ' avoit encore eu une autre fille ,
nommée Gabrielle , qui étoit sa ze , et qui étoit
morte sans enfans le 8. Octobre 1713. de Jo-
seph-Jean-Adam , Prince de Lichtenstein , qu'el
le
1034 MERCURE DE FRANCE
le avoit épousé le 1. Décembre 1712.
Le 17. Alexis Henri de Châtillon . Seigneur
de Chantemerle , de la Rambaudiere . &c. Che-
valier , Commandeur , et Doyen des Ordres du
Roy , mourut en son Château de la Rambau-
diere en Poitou, âgé d'environ 87.ans. Il avoit été
fait en 1675. Mestre de Camp d'un Regimentde
Cavalerie. Il fut aussi Capitaine des Gardes du
Corps, puis en 1684. Premier Gentilhomme de
la Chambre de Philipe, Fils de France, Duc d'Or
leans , qui lui avoit donné en 1683. le Gouver-
nement de Chartres.
Il fut fait Chevalier des >
Ordres du Roy à la Promotion du 31. Décem-
bre 1688. et Brigadier des Armées de S. M. le
10. Mars 1690. Il étoit veuf de Marie- Rosalie
..
de Brouilly de Piennes , morte le 12 Septembre
1735. ainsi qu'on l'a marqué dans le Mercure
du même mois p. 2117. où l'on a fait mention ·
des deux filles qu'il en avoit eu , qui sont les
Dames de Bacqueville et de Goësbriant, dont la
derniere est morte le 29. Décembre dernier ,
comme on l'a annoncé dans le 2. Vol . du mê
me mois p. 2980. Le défunt étoit frere puîné du
Comte de Châtillon, pere du Duc de Châtillon,
Gouverneur de Monseigneur le Dauphin.
: Le 18. Ferdinand , Comte de Plettemberg ,
Chevalier de l'Ordre de la Toison d'Or , Con- ·
seiller Intime et Actuel d'Etat de l'Empereur, et
désigné Ambassadeur de S. M. Imp. à la Cour
de Rome , mourut à Vienne, après peu de jours
de maladie , dans la 47. année de son âge. If
avoit été ci-devant premier Ministre de l'Elec-
teur-Archevêque de Cologne , et étoit entré en-
suite au Service de l'Empereur , qui l'avoit nom-
mé en dernier lieu à l'Ambassade de Rome , or
étoit sur le point de se rendre , ayant fait , à
14
MAY.
1737.
1035
ce que marquent les Nouvelles d'Allemagne ,
pour plus de 200000. florins de dépense , afia
de paroître en cette Cour avec éclat.
Il avoit
marié , le 30. Août de l'année derniere , une de
ses filles avec le Comte de Schonborn - Weis-
senheit.
Le même jour Curse Origo , Romain , Card . Prê
tre du Titre de S. Eustache, Prefet de la Congré
gation du Concile , mourat à Rome , âgé de 76 .
ans et 9. jouts , étant né le 9. Mars 1661. It
étoit créature du féu Pape Clement XI . qui l'a-
vança, l'ayant d'abord déclaré Secretaire des Mé
moraux le 3. Décembre 1700. ensuite
lai
donna un Canonicat de la Basilique de S. Pierre
dú Vatican , au mois de Septembre 1705. et ie
f Secretaire de la Congrégation de la Consul-
te le 17. May 1706. Il exerçoit encore cette
Charge lorsqu'il fut créé Cardinal le 18. May
1712. ayant alors été réservé in petto, et n'ayant
été déclaré que le 26: Septembre suivant. Le
Tatre Diaconal de S. Eustache lui fut assigné le
21. Novembre de la même année. Il fut déclaré
Légat de Bologne le 12 : Avril 1717. et le Pape
Innocent XIII . à son avenement , lui donna la
Charge de Préfet de la Congrégation du Conci-
le le 9. May 1721. Par sa mort il vaque une
se place dans le Sacré College.
Antoine- Xavier Gentili , Romain , Cardinal
Prêté , du Titre de S. Etienne in Monte Cœlio ;
de la Création du 16. May 1731. et Dataire du
Pape regnant , a été déclaré Prefet de la Con-
grégation du Concile au lieu du feu Cardinal
Origo.
Le 19. Jean Conrad , Baron de Reinach, Evê
que de Basle , Prince du S. Emp . Rom. siégeant
2-Porentru , dans l'Elsgau sur la riviere de Hal-
-le's "
1036 MERCURE DE FRANCE
le,mourut en son Château de Porentru,âgé d'en-
viron 80.ans étant né en 1657. Il avoit été d'a-
bord en 1678 Chanoine, puis en 1690. Ecolâtre ,
Doyen en 1704. et enfin Evêque de Basle le
11. Juillet 1705. Jean- Baptiste , Baron de Rei-
nach , son frere , né en 1669. Chanoine en
1691. Doyen en 1710. et Prévôt de la Cathe .
drale de Basle en 1712. fut élû son Coadjuteur
le 2. Septembre 1724. et l'Evêché Titulaire d'Ab-
dere en Thrace , avec cette Coadjutorerie , fut
préconisé et proposé pour lui à Rome les 18.
Avril et 11. Juin 1725.
Le 20. Gaspard de Castelane d'Esparon, Che-
valier de l'Ordre de S. Jean de Jerusalem , Mes-
tre de Camp-Lieutenant du Regiment de Dra-
gons d'Orleans, par Commission du 26. Février
1734. et fait Brigadier des Armées du Roy le 1.
Août suivant , Gentilhomme de la Chambre du
Duc d'Orleans depuis 1724. mourut à Paris
après deux jours de maladie , âgé de ss . ans.
La Charge de Mestre de Gamp- Lieutenant de
Dragons d'Orleans , vacante par cette inort , a
été donnée à Louis - François de Boufflers- Re-
miencourt , né le 12. Novembre 1714,
fils de
Charles - François de Boufflers , Marquis de Re-
miencourt , Lieutenant Général des Armées du
Roy , et de Louise Antoinette - Charlotte de
Boufflers , son épouse , fille du feu Maréchal
Duc de Bouffers.
Le 21. D ....... Gaultier du Bois , épouse
de Denis-Louis Pasquier , Conseiller au Parle-
ment de Paris , mariée en 1729. et âgée de 23 .
à 24 ans , mourut en couches. Elle étoit fille
aînée de feu Jules-Adrien Gaultier du Bois ,
Ecuyer , Seigneur de Besigny, mort le 19. No-
yembre 1731. et d'Anne- Marie Doé , sa veuve.
Σ
Le
MAY.
1737.
1037
Le 22. René-François Testu de Balincourt
Seigneur de Hedouville, Os , &c. Conseiller Ho-
noraire en la Grand-Ch . du Parlement de Paris,
où il avoit été reçû le 31.Janvier 1676.et Chefdu
Conseil du Comte de Toulouse , mourut à Pa-
ris , âgé de 81. ans 9, mois , sans avoir été ma-
fié. Il étoit fils aîné de feu Gabriel Testu de
Balincourt , Seigneur de Hedouville , de Hode-
ne , &c. Grand- Maître des Eaux et Forêts de
Normandie , mort en 1672. et de feuë Jeanne
Grangier de Soucariere, sa seconde femme.
Gerard Dias , Esclave de Don Antoine de
Sampayo de Vasconcellos , mourut à Lisbonne
au mois de Mars dernier dans la 117. année
de son âge, étant né le 17.Mars 162 1. à Vianna
de Alentejo
On a encore reçû avis de Lisbonne qu'Antoi
ne de Mendonça ,
Béneficier de l'Eglise de
Sainte Marie d'Obidos , et le Pere Nuno , Reli-
gieux Trinitaire, étoient morts depuis peu , le
premier à Obidos , âgé de 109. ans ,
et
le se-
cond à Coimbre dans la 102. année de son âge.
Le 23. Eleonore - Christine - Elizabeth , née
Princesse de Salm , Dame de l'Ordre de la Croi-
sade , et épouse de Conrard - Albert - Charles
Schets , Comte , et depuis 1717. Duc d'Ursel et
d'Hobokes , Gouverneur pour l'Empereur de
la Province de Namur , mourut à Bruxelles ,
âgée de 59. ans 9 jours , étant née le 14. Mars
1678. Elle étoit derniere fille de Charles- Théo-
dore Otton , Prince du S. Emp. Romain et de
Salm , Wildgrave de Daun et de Kirburg, Rhin
grave de Stein , Chevalier de l'Ordre de la Toi-
son d'Or, Conseiller Intime d'Etat de l'Empe-
reur , Maréchal de Camp Général des Armées
de S. M. Imp. Grand- Maître de la Cour de
l'Empereur
1038 MERCURE DE FRANCE
Empereur Joseph , et auparavant son Gouvèr-
neur , mort le 10. Novembre 1710. et de Loui
se-Marie de Bavière , Comtesse ' Palatine du
Rhin , sa seconde femme , morte le 11. Mars
1679.
Le 24. Charles- Frederic -Adolphe Prince Hére
ditaire de Saxe Vaeissenfels,fils de Jean-Adolphe,
Duc Régent de Saxe-Vveissenfels Chev. de l'Or-
dre de l'Aigle Blanc, Général , Feldt- Maréchal-
Lieutenant des Armées de l'Empereur , et Gé
nétal de l'Infanterie de l'Electorat de Saxe , er
de Frederique de Saxe-Gotha , mariés en 1735.
mourut de la petite verole à Weissenfels , âgé de
4 mois 19. jours , étant né le 5. Novembre
dernier.
Le 27. Philipe Charles d'Estampes Mar
quis de la Ferté - Imbaud , Colonel d'un Regi-
ment d'Infanterie , fils aîné de Philipe - Charles
d'Estampes , mort le 11. du même mois , mou-
rut d'une maladie de poitrine , âgé de 25 ans ,
ne laissant qu'une fille de la Demoiselle Geof
frin qu'il avoit épousée en 1733. comme on
l'a marqué à l'article de la mort
de son
pere , qui a laissé encore un autre fils et deur
filles.
Le même jour , Alfonse Manrique de Solis,
Duc du Arco , Grand d'Espagne de la premiere
Classe , Chevalier des Ordres de la Toison d'Or,
du S. Esprit , et de S. Jacques , Commandeur
de Valencie du Ventoso , dans le dernier de ces
trois Ordres Gentilhomme de la Chambre du
Roy Cath. son Grand Ecuyer , et son Grand
Ventur ,Alade des Maisons Royales du Pardo,
du Zarzuela, et de la Tour de la Parade . mou-
rut à Madrid âgé de 63. ans , sans laisser d'en-
fans de Marie-Anne Henriquez de Cardeñas
Portugal
"
MAY.
1739
103.9
Portugal, 14.Comtesse de la Puebla del Maestre,
et de Monte nuevo , Marquise de Bacares , fille
unique de Louis Henriquez , Comte de Monte
nuevo , Chevalier de l'Ordre de S. Jacques ,
Major-Dome - Major de la Reine d'Espagne
Marie - Anne de Baviere-Neubourg , et de Lau-
rence de Cardeñas-Portugal , qu'il avoit épou-
sée le 30. Juillet 1695. Le Duc du Arco , qui
avoit porté ci-devant le Titre de Comte de
Monte nuevo depuis son Mariage , avoit tou-
jours été fort zelé pour le Service du Roy Phi-
lipe V. Il accompagna ce Prince en 1704. dans
Ja Campagne contre le Portugal , en qualité de
l'un de ses Aides de Camp Généraux. Il fut fait
son Premier Ecuyer au mois de Décembre .
1705. et Gentilhomme de sa Chambre au mois
d'Octobre 1706. Il eut l'exercice de cette Char-
ge au mois d'Août 1708. et la Charge de Grand
Veneur au mois d'Octobre 1714. la Grandesse
de la premiere Classe lui fut accordée , avec le
Titre de Duc du Arco , pour lui et ses Succes-
seurs, au mois d'Avril 1715. et il prit possession
de cette Dignité, en se couvrant devant le Roy,
le 1. May suivant. Il fut fait au mois de Sep-
tembre 1721. Grand Ecuyer , et nommé le 15,
Janvier 1724. à l'Ordre de la Toison , dont il
reçut le Collier le 6. Août suivant. Il fut ua
des Seigneurs qui furent designés , au mois de
May de la même année 2724. pour remplir une
des cinq Places dans l'Ordre du S. Esprit , dont
la disposition avoit été laissée par le Roy Très-
Chr . à S. M. C. Il fut proposé dans le Chapi
tre de cet Ordre , tenu le 3 , Juin 1724. et ad-
mis dans un autre Chapitre le 20. May 1725 .
Il en reçut la Croix et le Collier des mains du
Roy Cath. dans l'Eglise Métropolitaine de Se-
ville
1040 MERCURE DE FRANCE
ville , le 25. Avril 1729. Par sa mort il vaque
un 15 Cordon Bleu. Ce Seigneur étoit de la
Maison de Manrique de Lara , l'une des plus
anciennes , des plus illustres et des plus nom-
breuses de l'Espagne , et Cadet de la Branche
des Comtes de Montchermoso et de Fuensalda-
gne. La Généalogie en est raportée dans les 2.
dernieres Editions du Dictionaire Historique
d'après Guillaume Imhoff dans ses 20. Familles
d'Espagne.
Louis de Vivet de Montclus , Chev. Seigneur
de Servesan , mourut à Avignon le même jour
âgé de 8o. ans ; il étoit fils de défunt Loüis de
Vivet de Montclus, Chevalier , Seigneur de Ser-
vesan , et de défunte Dame Marie Herault ; il
avon épousé Demoiselle Louise- Magdelaine du
Poirier Cottereau de Villomer ,
fille de défunt
Jacques du Poirier Cottereau . Chevalier , Sei-
gneur de Villomer , Maître d'Hôtel Ordinaire
du feu Roy , et Lieutenant- Colonel de son Re-
giment de Touraine , et de défunte D. Margue-
rite de Vallois ; de laquelle , actuellement vivan-
te ,
il a laissé deux garçons et une fille Religieu-
se ; cette Famille est connue pour être d'une
ancienne Noblesse d'Avignon , dont les Des-
cendans ont tous servi
"
avec distinction
dans l'Eglise , dans l'Epée et dans la Robe. M.
de Montclus , Evêque de S. Brieu , feu M. de
Montclus , Capitaine aux Gardes Françoises , et
M. le President de Montclus , en sont des té-
moignages authentiques,
Le 16.May D. Anne de Calonne deCourtebour
ne , Veuve de François le Tonnellier - Breteuil ,
Marquis de Fontenay-Tresigny , Sire de Ville-
bert , Baron de Boitron , Seigneur des Chapel-
les-Breteuil , du Mesnil- Chassemartin, Palaiseau ,
Vilnevorte
M. A Y.
1737. *
ordinaire , et Intendant des Finances ,
1041
Vilnevotte , et autres lieux , Conseiller d'Etat
est décé-
dé à Paris âgée de 86. ans. Elle étoit Fille de
Charles de Calonne, Marquis de Courtebourne,
Maréchal des Camps et Armées du Roy , Licu-
tenant pour Sa Majesté de la Province d'Artois,
et Commandant à Calais, et sœur de Louis- Jac-
ques de Calonne , Marquis de Courtebourne ,
Lieutenant Général des Armées du Roy , Di-
recteur Général de la Cavalerie , Lieutenant
pour Sa Majesté en la Province d'Artois ,
Gouverneur d'Hesdin , décedé
et
en 1705. de
Charles de Courtebourne, Abbé de la Couronne
en Angoumois , et de Chaulmes en Brie , décé-
dé en 1723. et de Louis Jacques-Gabriel de Ca-
lonne de Courtebourne, Commandeur de l'Ordre
de Malthe , Capitaine d'une des Galeres du Roy,
et Capitaine des Gardes de l'Etendart , aussi dé
cédé en 1730. Elle a eu de son mariage trois
Fils , sçavoir , François - Victor le Tonne-
lier-Breteuil , Marquis deFontenay- Tresigny ,
Sire de Villebert , Baron de Boitron , Seigneur.
des Chapelles-Breteuil, Palaeau et autres Lieux,
Commandeur des Ordres du Roy , Chancelier
de la Reine , et ci-devant Secretaire d'Etat au
Département de la Guerre , Charles-Louis- Au-
guste le Tonnelier- Breteuil , Evêque de Rennes,
Abbé de Chaulmes , Prieur de Beüil , et Grand
Maître de la Chapelle du Roy , mort en 1732.
et Claude - Alexandre le Tonnelier - Breteuil
Chevalier Profés de l'Ordre de Malthe , Colonel
d'Infanterie , Capitaine au Regiment des Care
des , décédé en 1721.
La Maison de Calonne de Courtebourne est des
plus anciennes , et a pris et donné des alliances
dans les plus grandes Maisons du Royaume.
LE
F042 MERCURE DE FRANCE
Le 27. Avril après midi , les cérémonies -du
Baptême furent supléées dans la Chapelle du
Château de Versailles par le Cardinal de Rohan,
Evêque de Strasbourg GrandAumônier deFrance,
en présence du Curé de la Paroisse du Château ,
Monseigneur le Dauphin et aux trois Aînées
des Dames de France , en présence du Roy , et de
La Reine , qui étoient accompagnés des Princes
et Princesses du Sang , er des Seigneurs et Da
mes de la Cour.
Louis , Dauphin , né le 4. Septembre de l'ans
née 1729. reçut seul les cérémonies , ayant eù
pour Parain et Maraine Louis Duc d'Orleans
et Louise- Françoise de Bourbon ,
douairiere de Bourbon.
Duchesse
Les Dames de France reçûrent toutes trois en
semble les cérémonies du Baptême. La premiere
Louise- Elizabeth , née le 14. Août 1727, cut
pour Parain et Maraine Louis d'Orleans , Duc
de Chartres , er Louise- Ehzabeth de Bourbon-
Condé , Princesse seconde douairiere de Conti.
La seconde Anne Henriette, née aussi le 14.
Août 1727. Parai
er Maraine Louis- Henri >
Duc de Bourbon , et Mademoiselle, Louise- An-
ne de Bourbon- Condé , et la troisiéme Marie-
Adelaïde , née le 23. Mars 1732. Parain et Ma
raine , Charles de Bourbon , Comte de Charo-
lois , et Mademoiselle de Clermont , Márie
Anne de Bourbon - Condé.
Le May, les cérémonies du Baptême furent
supléées à Louise-Jaqueline- Edmée , née le 15:
Octobre 1722. fille de Jacques-Claude- Augustin
de la Cour , Marquis de Balleroy , Brigadier des
Armées du Roy , et Gouverneur du Duc de
Chartres, ci- devant Mestre de Camp de Dragons ,
Enseigne des Gardes du Corps du Roy , er de
D.
MAY.
1737.
1043
B. Marie-Elizabeth de Goyon de Mâtignon, son
Epouse , mariés au mois de May 1720. Le Pa
rain Louis- Jacques de la Cour , Chevalier de
l'Ordre de S. Jean de Jerusalem , Oncle paternel,
La Maraine , D. Edmée - Charlotte de Brenne de
Bombon , Epouse de Marie- Thomas- Auguste
de Goyon , Marquis de Mâtignon , Chevalier-
Commandeur des Ordres du Roy , Brigadier de
se's Armées , Oncle maternel.
Le 6,les céremonies du Baptême furent aussi su
·pléées à Françoise Parfaite Thais née les.de Dés
cembre 1734. fille de Louis de Mailly,Comte de
Rubempré, Seigneur de la Borde-aux- Vicomtes,
premier Mestre de Camp de Cavalerie, et Capi-
taine Lieutenant de la Compagnie des Gendar-
mes Ecossois , Commandant la Gendarmerie de
France , et de D. Anne- Françoise- Elizabeth Ar-
baleste de Melun , son Epouse. Le Parain, Louis
Charles de Bourbon , Comte d'Eu , Duc d'Au-
male , Chevalier , Commandeur des Qrdres du
5
Roy, Grand- Maître et Capitaine General de
l'Artillerie de France , Gouverneur et Lieutenant
General pour S. M. dans la Province de Guyen-
ne. La Maraine , D. Françoise de Mailly, Tante
paternelle , Dame d'Acours de la Reine , veuve-
en dernieres Noces de Paul - Jules de Mazarin de
Ruzé , Duc de Mazarin , Pair de France , Prince
de Château- Porcien , et en premieres Nôces de
Louis Phelypeaux , Marquis de la Vrilliere et de
Châteauneuf, Comte de S. Florentin , Ministre
et Secretaire d'Etat , Commandeur des Ordres
du Roy.
Le 11. Avril , fut celebré dans l'Eglise de saint
Sulpice à Paris , le Mariage de Louis - François de
Goujon de Thuisy , pourvu d'une Charge de-
Conseiller
1044 MERCURE DE FRANCE
Conseiller au Parlement,fils puiné de MreJérôme
Joseph de Goujon de Thuisy, Marquis de Thui-
sy , Baron de Chalerange et de Pacy en Valois,
Seigneur de S. Remy-sur- Bussi , Herpon, Tours
sur Marne, &c. Sénéchal héreditaire de Rheims,
Conseiller du Roy en ses Conseils , Maître des
Requêtes Honoraire de son Hôtel , et de défunte
D. Marie-Louise Mélanie le Févre de Caumar-
tin , avec Dile Marie-Louise le Rebours , fille de
Jean-Baptiste-Auguste le Rebours , Seigneur de
S. Mard-sur-le- Mont en Champagne , et de dé-
funte D. Marie - Louise Chuberé. Le nouveau
Marié avoit été présenté de minorité à l'Ordre
de Malthe.
La Terre de Pacy en Valois, qui lui a été don-
née par M. son Pere , étoit échûë à feuë D. An-
ne-Françoise de Haussonville de Vaubecourt ,
son Ayeule paternelle , comme sortie et des-
cendue de degré en degré
❤
Vergeur Saint
Souplet de Fleurigny de Lé-
noncourt et de Chastillon - Pacy , qui étoie
une Branche de la Maison de Chastillon-sur-
Marne , qui possedoit la Terre de Nanteuil-le-
Haudouin, érigée en Comté , en faveur de Hen-
ry de Lénoncourt , Comte de Vignory , Gou~
verneur de Valois , et Baillif de Vitry.
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Résumé : MORTS, NAISSANCES, Et Mariages.
En mai 1737, plusieurs décès notables ont été rapportés. Milady Marie Butler, Comtesse de Delwin, mère du Comte de Westmeath et de M. de Nugent, est décédée à Clonin en Irlande à l'âge de 109 ans. Pierre le Poix est mort à Clerjus, dans le Diocèse de Toul, à l'âge de 111 ans. Edmonde-Thérèse-Marie, veuve du Prince Jean-Adam-André de Liechtenstein, est décédée à Vienne à l'âge de 75 ans, laissant ses biens à ses trois filles survivantes. Alexis Henri de Châtillon, Seigneur de Chantemerle, est mort à son château en Poitou à l'âge de 87 ans. Ferdinand, Comte de Plettemberg, Chevalier de l'Ordre de la Toison d'Or et Conseiller d'État de l'Empereur, est décédé à Vienne à l'âge de 47 ans. Curzio Origo, Cardinal Prêtre du Titre de Saint-Eustache, est mort à Rome à l'âge de 76 ans, et Antoine-Xavier Gentili lui a succédé comme Préfet de la Congrégation du Concile. Jean Conrad, Baron de Reinach, Évêque de Bâle, est décédé à son château de Porrentruy. Entre 1725 et 1739, d'autres décès et nominations ont été enregistrés. Gaspard de Castelane d'Esparon, Chevalier de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem, est décédé à Paris à l'âge de 66 ans. Gaultier du Bois, épouse de Denis-Louis Pasquier, est morte en couches à l'âge de 23 ou 24 ans. René-François Testu de Balincourt, Conseiller Honoraire au Parlement de Paris, est décédé à Paris à l'âge de 81 ans. Gérard Dias, esclave de Don Antoine de Sampayo de Vasconcellos, est mort à Lisbonne à l'âge de 117 ans. Antoine de Mendonça et le Père Nuno, Religieux Trinitaire, sont décédés respectivement à Obidos et à Coimbre à l'âge de 109 et 102 ans. Éléonore-Christine-Élisabeth, Princesse de Salm, est morte à Bruxelles à l'âge de 59 ans. Charles-Frédéric-Adolphe, Prince Héritier de Saxe-Weissenfels, est décédé à Weissenfels à l'âge de 4 mois. Philippe-Charles d'Estampes, Marquis de la Ferté-Imbaud, est mort à l'âge de 25 ans. Alphonse Manrique de Solis, Duc du Arco, est décédé à Madrid à l'âge de 63 ans sans laisser d'enfants.
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TABLE.
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PIECES FUGITIVES. Ode sur la Paix, 833 Lettre au sujet des Auteurs des Annales de [...]
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texteReconnaissance textuelle : TABLE.
TABLE.
PIECES FUGITIVES. Ode sur la Paix, 833
Lettre au sujet des Auteurs des Annales de
S. Bertin ,
837
849
La Gloire des Bergers , Eglogue •
Nouvelles Objections contre l'Ame des Bêtes ,
852
Ode à Bacchus ,
870
874
Eloge de M. de Senecé ,
Fable ,
894
Questions diverses sur des Sujets d'Economie
>
896
Epithalame de M. ***
900
Lettre de M. d'Arnaud , à M. PAbbé Philippe ,
au sujet du Tasse , & c.
905
Lettre de M. le Beuf à M. Clerot , sur l'Hitoire
de la Ville de Rouen , & c.
916
929
Elegie ,
Enigme , Logogryphes, &c.
933
NOUVELLES LITTERAIRES , DES BEAUX- ARTS,
&c.
936
Memoires pour servir à l'Histoire des Hommes
Illustres ,
937
Elemens de Mathématiques , &c.
945
Les Vies des plus celebres Jurisconsultes , 949
Principes de l'Histoire ,
955
Histoire Universelle de Diodore de Sicile, &c.959
Imitation de N. S. J. Ch.
962
Memoires concernant le Droit de Tiers et Dan-
ger , &c.
967
Reine de
Lettre sur le Passage du Roy et de la
970
Pologne , par la Champagne ,
Prix pour l'Académie des Sciences établie à Pau,
984
&C.
Académic
Académie Royale de Soissons , &c.
985
Séance publique de l'Académie Royale des Ins
ibid.
criptions et Belles -Lettres , &c.
Prix pour l'Académie Royale des Sciences , 986
Assemblée publique de la même Académie , et
Memoires lûs , &c.
991
L'Académie Royale de Peinture , Discours pro-
noncé , & c.
996
Estampes nouvelles , & c.
997
Estampe représentant un Combat selon le Poë-
999
me Macaronique de R. Belleau , & c.
1001
Duo , mis en Musique par M. N.
ibid.
Spectacles. L'Ecole des Amis , &c.
Nouvelles Etrangeres , de Russie et Allemagne ,
1019
Italie et Espagne , Grande- Bretagne ,
1022
Lorraine. Discours prononcés sur la Prise de
Possession , &c.
1027
France. Nouvelles de la Cour, de Paris,&c. 1031
1037
Morts , Naissances & Mariages ,
PIECES FUGITIVES. Ode sur la Paix, 833
Lettre au sujet des Auteurs des Annales de
S. Bertin ,
837
849
La Gloire des Bergers , Eglogue •
Nouvelles Objections contre l'Ame des Bêtes ,
852
Ode à Bacchus ,
870
874
Eloge de M. de Senecé ,
Fable ,
894
Questions diverses sur des Sujets d'Economie
>
896
Epithalame de M. ***
900
Lettre de M. d'Arnaud , à M. PAbbé Philippe ,
au sujet du Tasse , & c.
905
Lettre de M. le Beuf à M. Clerot , sur l'Hitoire
de la Ville de Rouen , & c.
916
929
Elegie ,
Enigme , Logogryphes, &c.
933
NOUVELLES LITTERAIRES , DES BEAUX- ARTS,
&c.
936
Memoires pour servir à l'Histoire des Hommes
Illustres ,
937
Elemens de Mathématiques , &c.
945
Les Vies des plus celebres Jurisconsultes , 949
Principes de l'Histoire ,
955
Histoire Universelle de Diodore de Sicile, &c.959
Imitation de N. S. J. Ch.
962
Memoires concernant le Droit de Tiers et Dan-
ger , &c.
967
Reine de
Lettre sur le Passage du Roy et de la
970
Pologne , par la Champagne ,
Prix pour l'Académie des Sciences établie à Pau,
984
&C.
Académic
Académie Royale de Soissons , &c.
985
Séance publique de l'Académie Royale des Ins
ibid.
criptions et Belles -Lettres , &c.
Prix pour l'Académie Royale des Sciences , 986
Assemblée publique de la même Académie , et
Memoires lûs , &c.
991
L'Académie Royale de Peinture , Discours pro-
noncé , & c.
996
Estampes nouvelles , & c.
997
Estampe représentant un Combat selon le Poë-
999
me Macaronique de R. Belleau , & c.
1001
Duo , mis en Musique par M. N.
ibid.
Spectacles. L'Ecole des Amis , &c.
Nouvelles Etrangeres , de Russie et Allemagne ,
1019
Italie et Espagne , Grande- Bretagne ,
1022
Lorraine. Discours prononcés sur la Prise de
Possession , &c.
1027
France. Nouvelles de la Cour, de Paris,&c. 1031
1037
Morts , Naissances & Mariages ,
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Résumé : TABLE.
Le document présente une chronologie d'œuvres littéraires et d'événements académiques entre 833 et 1037. Il inclut des poèmes comme 'Ode sur la Paix' (833), 'La Gloire des Bergers' (849) et 'Ode à Bacchus' (870), ainsi que des lettres adressées à des personnalités telles que M. d'Arnaud et M. le Beuf. Les genres abordés vont des élégies aux mémoires historiques, en passant par des traités scientifiques et juridiques. Le texte mentionne aussi des publications sur l'économie, les mathématiques et le droit. Des événements académiques, comme des séances publiques et des prix décernés par des académies royales, sont répertoriés. Le document inclut également des informations sur des spectacles, des nouvelles étrangères, et des annonces de naissances, mariages et décès.
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4606
s. p.
Fautes à corriger dans ce Livre.
Début :
Page 910. ligne 18. Agamenon, lisez Agamemnon. Même page, lignes [...]
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texteReconnaissance textuelle : Fautes à corriger dans ce Livre.
Fautes à corriger dans ce Livre.
Page 910. ligne 18. Agamenon, lisez Agamemnon.
Même page, lignes
29. et 30 ui , lisez lui. Maz
adie , lisez Maladie.
Page 910. ligne 18. Agamenon, lisez Agamemnon.
Même page, lignes
29. et 30 ui , lisez lui. Maz
adie , lisez Maladie.
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4607
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« La Chanson notée doit regarder la page 1001 [...] »
Début :
La Chanson notée doit regarder la page 1001 [...]
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La Chanson notée doit regarder la page
1001
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4608
s. p.
AVIS.
Début :
L'ADRESSE generale est à Monfieur MOREAU, Commis au Mercure, [...]
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texteReconnaissance textuelle : AVIS.
AVIS.
L'ADRESSE generale
est à
Monfieur MOREAU,
Commis au Mercure,
و
pour les faire tenir.
eft
vis - à - vis la Comedie Fran
soife , à Paris. Ceux qui pour leur com
modité voudront remettre leurs Paquets ca
chetés aux Libraires qui vendent le Mer
cure, à Paris , peuventfe fervir de cette voye
On prie très-inflamment , quand on adreſſe
des Lettres ou Paquets par la Pofte , d'avoir
foin d'en affranchir le Port , comme cela s'eft
toûjours pratiqué , afin d'épargner , à nous
le déplaifir de les rebuter , & à ceux qui
les envoyent , celui , non-feulement de ne
pas voir paroître leurs Ouvrages , mais
même de los perdre , s'ils n'en ont pas gardé
de copie.
Les Libraires des Provinces & des Pays
Etrangers , ou les Particuliers qui fouhaite-
ront avoir le Mercure de France de la pre-
miere main , & plus promptement , n'auront
qu'à donner leurs adreffes à M. Moreau
qui aura foin de faire leurs Paquets fans
perte de temps , & de les faire porter sur
l'heure à la Pofte , ou aux Meffageries qu'on
lui indiquera.
PRIX XXX. SOLS.
L'ADRESSE generale
est à
Monfieur MOREAU,
Commis au Mercure,
و
pour les faire tenir.
eft
vis - à - vis la Comedie Fran
soife , à Paris. Ceux qui pour leur com
modité voudront remettre leurs Paquets ca
chetés aux Libraires qui vendent le Mer
cure, à Paris , peuventfe fervir de cette voye
On prie très-inflamment , quand on adreſſe
des Lettres ou Paquets par la Pofte , d'avoir
foin d'en affranchir le Port , comme cela s'eft
toûjours pratiqué , afin d'épargner , à nous
le déplaifir de les rebuter , & à ceux qui
les envoyent , celui , non-feulement de ne
pas voir paroître leurs Ouvrages , mais
même de los perdre , s'ils n'en ont pas gardé
de copie.
Les Libraires des Provinces & des Pays
Etrangers , ou les Particuliers qui fouhaite-
ront avoir le Mercure de France de la pre-
miere main , & plus promptement , n'auront
qu'à donner leurs adreffes à M. Moreau
qui aura foin de faire leurs Paquets fans
perte de temps , & de les faire porter sur
l'heure à la Pofte , ou aux Meffageries qu'on
lui indiquera.
PRIX XXX. SOLS.
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Résumé : AVIS.
Le document concerne la distribution du journal 'Mercure'. Les envois doivent être adressés à Monsieur Moreau, commis au Mercure, situé près de la Comédie Française à Paris. Les lecteurs peuvent aussi déposer leurs paquets chez les libraires vendant le Mercure à Paris. Il est conseillé d'affranchir les lettres ou paquets envoyés par la poste pour éviter leur rejet et la perte des œuvres non copiées. Les libraires des provinces et des pays étrangers, ainsi que les particuliers désirant recevoir rapidement le Mercure de France, doivent fournir leurs adresses à Monsieur Moreau. Ce dernier préparera et expédiera les paquets sans délai, soit par la poste, soit par les messageries indiquées. Le coût de ce service est de trente sols.
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4609
p. 1045-1048
AVERTISSEMENT.
Début :
Parmi quantité d'Ecrits qui nous sont tous les jours adressés, [...]
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texteReconnaissance textuelle : AVERTISSEMENT.
AVERTISSEMENT.
P
1. Vol
,
Parmi quantité d'Ecrits qui
nous sont tous les jours adressés,
sés , il en est quelques - uns qui
sont accompagnés de modestes
instances de la part de leurs Auteurs , pour
nous engager à retrancher , à corriger même
ce qui pouroit nous paroître défectueux ; on
nous prie souvent de mettre certains Ouvra-
A j
ges
1046 MERCURE DE FRANCE
ges en état de paroître ; et pour que rien no
puisse porter obstacle au désir que nous au-
rions de les publier , on nous laisse les maî-
tres d'y faire des additions et des corrections;
soit par raport au stile , soit par raport aux
bienséances dont nous ne voulons jamais nous
écarter.
De pareilles offres nous font honneur, mais
le grand point seroit de pouvoir discerner
celles qui sont bien sinceres , en pénetrant ;
autant qu'il est en nous , la véritable inten
tion de ceux qui veulent bien nous confier
leurs Productions.
Il est vrai que la modestie des Gens de
Lettres sur leurs Ouvrages , porte presque
toujours avec soi un préjugé favorable ; ce-
pendant comme l'amour propre sçait se dé-
guiser sous bien des formes , ilfait quelque-
fois hazarder un langage que lui-même est
le premier à désavoüerlorsqu'il s'agit de l'e-
xecution ; ainsi nous devons nous flater que
la plupart des personnes sensées ne nous dé-
saprouveront jamais d'oser rarement pren-
dre sur nous des corrections , à la vérité né-
cessaires,mais qui toutes legeres qu'elle's pou-
raient être , seroient reçûës des Parties inte-
ressées , quelquefois avec mépris , souvent
avec répugnance , et presque toujours avec
un dépit secret , qui ne sçauroit jamais de-
venir un plaisir pour nous,
1. Vol.
n
JUIN.
1737.
1047
Il faut convenir qu'avec une conduite si
réservée , nous avons de temps en temps été
dans l'obligation d'exclure de ce Recueil des
Pieces que de pareils changemens auroient
pû rendre interessantes ; mais nous n'avons
pas
crû que
les corrections sur le fond d'au-
trui nous fussent toujours bien permises , et
nous voulons perseverer tant que nous pou-
rons dans les mêmes principes ;
chacun suive son penchant ,
ilfaut que
et l'espece de
vocation à laquelle il a voulu se dévoйer ;
la varieté et l'émulation d'une part , de l'au-
tre les égards et la circonspection , font en
quelque sorte le fondement de notre Journal:
et si le Mercure de France n'adopte jamais
pour briller , le dangereux privilege de rea
dresser avec raison , ou de mortifier avec
adresse des Ecrivains bien venus du Public,
du moins conservera-t'il toujours l'avantage
de ne jamais servir à décourager les talens,
qui souvent ne font que d'éclore , et qui plus
souvent encore n'auroient besoin pour être
aplaudis , que de certaines notions superfi-
cielles , auxquelles on est convenu d'attribuer
le titre imposant d'Usage du beau Monde.
Ce que nous venons d'avancer ici de no-
tre méthode constante , n'est point une Loi
sans restriction , mais simplement une bien-
séance que nous avons crû devoir en gene-
ral nous imposer ; ainsi il n'est point décidé
1. Vol
A iij
7048 MERCURE DE FRANCE
à beaucoup près , que nous nous prive-
.
rons nous mêmes ( et le Public en même-
temps ) de toute Piece d'esprit qui pouroit
devenir aimable et correcte ,
par
le retran-
chement , la transposition ou le changement
de quelques endroits реи considérables.
Il n'est question que d'agir avec de grands
ménagemens à cet égard , de ne rien entamer
qui soit au-dessus de notre portée , et d'envi-
sager avant toutes choses le plus ou le moins
de gré que les jeunes Auteurs pouront nous
sçavoir de ceder à leurs instances , en cher-
chant de notre mieux à leur procurer les élo-
ges qu'ils ont sans doute en vûë de mériter.
Ces trois conditions nous paroissent in-
dispensables pour nous , et peut-être trou-
veroit- t'on qu'elles le devroient être aussi
pour quiconque est engagé dans une carriere
à peu près semblable.
Nous en allons faire l'essai à l'occasion
d'une Fable qui nous a été envoyée de Pro-
vince avec plein pouvoir, et dont le fond
et l'allégorie nous ont parû assés justes , pour ·
ne pas plaindre le soin d'y faire deux o
trois changemens tout au plus.
Nous désirons que l'Auteur , qui ne s'est
désigné que par quelques Lettres initiales ,
entre dans la simplicité de nos vûës , et veuil-
le bien nous excuser, si nous n'avons pû lui
prêter secours qu'à proportion de nos forces.
P
1. Vol
,
Parmi quantité d'Ecrits qui
nous sont tous les jours adressés,
sés , il en est quelques - uns qui
sont accompagnés de modestes
instances de la part de leurs Auteurs , pour
nous engager à retrancher , à corriger même
ce qui pouroit nous paroître défectueux ; on
nous prie souvent de mettre certains Ouvra-
A j
ges
1046 MERCURE DE FRANCE
ges en état de paroître ; et pour que rien no
puisse porter obstacle au désir que nous au-
rions de les publier , on nous laisse les maî-
tres d'y faire des additions et des corrections;
soit par raport au stile , soit par raport aux
bienséances dont nous ne voulons jamais nous
écarter.
De pareilles offres nous font honneur, mais
le grand point seroit de pouvoir discerner
celles qui sont bien sinceres , en pénetrant ;
autant qu'il est en nous , la véritable inten
tion de ceux qui veulent bien nous confier
leurs Productions.
Il est vrai que la modestie des Gens de
Lettres sur leurs Ouvrages , porte presque
toujours avec soi un préjugé favorable ; ce-
pendant comme l'amour propre sçait se dé-
guiser sous bien des formes , ilfait quelque-
fois hazarder un langage que lui-même est
le premier à désavoüerlorsqu'il s'agit de l'e-
xecution ; ainsi nous devons nous flater que
la plupart des personnes sensées ne nous dé-
saprouveront jamais d'oser rarement pren-
dre sur nous des corrections , à la vérité né-
cessaires,mais qui toutes legeres qu'elle's pou-
raient être , seroient reçûës des Parties inte-
ressées , quelquefois avec mépris , souvent
avec répugnance , et presque toujours avec
un dépit secret , qui ne sçauroit jamais de-
venir un plaisir pour nous,
1. Vol.
n
JUIN.
1737.
1047
Il faut convenir qu'avec une conduite si
réservée , nous avons de temps en temps été
dans l'obligation d'exclure de ce Recueil des
Pieces que de pareils changemens auroient
pû rendre interessantes ; mais nous n'avons
pas
crû que
les corrections sur le fond d'au-
trui nous fussent toujours bien permises , et
nous voulons perseverer tant que nous pou-
rons dans les mêmes principes ;
chacun suive son penchant ,
ilfaut que
et l'espece de
vocation à laquelle il a voulu se dévoйer ;
la varieté et l'émulation d'une part , de l'au-
tre les égards et la circonspection , font en
quelque sorte le fondement de notre Journal:
et si le Mercure de France n'adopte jamais
pour briller , le dangereux privilege de rea
dresser avec raison , ou de mortifier avec
adresse des Ecrivains bien venus du Public,
du moins conservera-t'il toujours l'avantage
de ne jamais servir à décourager les talens,
qui souvent ne font que d'éclore , et qui plus
souvent encore n'auroient besoin pour être
aplaudis , que de certaines notions superfi-
cielles , auxquelles on est convenu d'attribuer
le titre imposant d'Usage du beau Monde.
Ce que nous venons d'avancer ici de no-
tre méthode constante , n'est point une Loi
sans restriction , mais simplement une bien-
séance que nous avons crû devoir en gene-
ral nous imposer ; ainsi il n'est point décidé
1. Vol
A iij
7048 MERCURE DE FRANCE
à beaucoup près , que nous nous prive-
.
rons nous mêmes ( et le Public en même-
temps ) de toute Piece d'esprit qui pouroit
devenir aimable et correcte ,
par
le retran-
chement , la transposition ou le changement
de quelques endroits реи considérables.
Il n'est question que d'agir avec de grands
ménagemens à cet égard , de ne rien entamer
qui soit au-dessus de notre portée , et d'envi-
sager avant toutes choses le plus ou le moins
de gré que les jeunes Auteurs pouront nous
sçavoir de ceder à leurs instances , en cher-
chant de notre mieux à leur procurer les élo-
ges qu'ils ont sans doute en vûë de mériter.
Ces trois conditions nous paroissent in-
dispensables pour nous , et peut-être trou-
veroit- t'on qu'elles le devroient être aussi
pour quiconque est engagé dans une carriere
à peu près semblable.
Nous en allons faire l'essai à l'occasion
d'une Fable qui nous a été envoyée de Pro-
vince avec plein pouvoir, et dont le fond
et l'allégorie nous ont parû assés justes , pour ·
ne pas plaindre le soin d'y faire deux o
trois changemens tout au plus.
Nous désirons que l'Auteur , qui ne s'est
désigné que par quelques Lettres initiales ,
entre dans la simplicité de nos vûës , et veuil-
le bien nous excuser, si nous n'avons pû lui
prêter secours qu'à proportion de nos forces.
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Résumé : AVERTISSEMENT.
En juin 1737, le Mercure de France publie un avertissement concernant les pratiques éditoriales relatives aux manuscrits soumis à la publication. Les auteurs ont souvent tendance à accompagner leurs écrits de demandes de corrections ou d'ajouts. Bien que ces propositions soient louables, il est ardu de distinguer les motivations sincères derrière ces requêtes. La modestie des auteurs est généralement appréciée, mais elle peut parfois dissimuler des intentions moins nobles. Le Mercure de France évite de réaliser des corrections qui pourraient être mal perçues par les auteurs, même si elles sont nécessaires. Cette politique vise à ne pas décourager les talents naissants et à respecter les égards dus aux auteurs. Toutefois, le journal se réserve le droit de modifier des œuvres mineures pour les rendre plus correctes et agréables, en agissant toujours avec prudence et respect. Cette approche est illustrée par la modification d'une fable envoyée de province, dont le fond et l'allégorie étaient jugés justes.
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4610
p. 104[9]-1050
LE MÂTIN ET LA LEVRETTE, FABLE.
Début :
Un gros Mâtin d[']une énorme carure, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LE MÂTIN ET LA LEVRETTE, FABLE.
LE MÂTIN ET LA LEVRETTE,
FABLE.Un gros Mâtin d[']une énorme carure,
Grondant sans cesse entre ses dents ,
Par son collier , par sa figure ,
Epouvantoit
Tous les Roquets du voisinage
Et les Dogues soumis venoient lui rendre hom
Comme Pachas au Grand Visir.
Si vous me demandez quel étoit son mérite ,
Ce n'étoit que fureur , orgueil , brutalité ;
Tel qu'on redoute ou qu'on évite ,
N'est souvent qu'un franc hypocrite ,
Qui sous un front hardi , masque sa lâcheté.
Et foûle aux pieds les droits de la Societé.
Un jour une jeune Levrette ,
S'aprochant du réduit de ce fier Animal ,
Vint par cent haut-le-corps et sans songer à mal,
Bondir au pied de sa retraite ;
L'étrangler eût été le premier mouvement
De l'impitoyable Cerbere ,
Mais l'amour tout-à- coup désarmant sa colere ,
Il crut pouvoir en un moment
I. Vol.
A iiij
Pay'
1050 MERCURE DE FRANCE
Par un maussade compliment ,
Soumettre à ses désirs cette Beauté legere.
Le brutal ignoroit d'un langage flatteur
Le charme adroit et séducteur ,
D'une patre assomante , il caressoit la Belle ,
Er des coups redoublés exprimoient son ardeur ,
Ardeur qui rarement fléchit une cruelle ;
Pour trouver le chemin du cœur
Il faut joindre aux transports une aimable dou-
ceur.
A force de refus la timide Levrette
Triompha des assauts de l'affligeant Mâtin ,
Qui furieux de sa retraite ,
En pleine basse-cour pestoit d'un air hautain,
Contre l'Amour et le Destin ;
Une vieille Barbette insultant à sa peine ,
Lui tint , mais un peu tard, cet utile discours.
Quand la conquête est incertaine ,
Que l'adresse vienne au secours ;
Amans , il faut fléchir , non , vaincre une inhu
maine ,
A qui veut exiger on refuse toujours ,
Et le cœur n'est jamais le tribut de la gêne ;
La volupté par cent détours ,
Jalousé de ses droits , veut être Souveraine ,
La contrainte engendre la haine ,
Et la liberté seule enchaîne les Amours.
I. Val.
J. B. E. C. de Fign[i]ers.
FABLE.Un gros Mâtin d[']une énorme carure,
Grondant sans cesse entre ses dents ,
Par son collier , par sa figure ,
Epouvantoit
Tous les Roquets du voisinage
Et les Dogues soumis venoient lui rendre hom
Comme Pachas au Grand Visir.
Si vous me demandez quel étoit son mérite ,
Ce n'étoit que fureur , orgueil , brutalité ;
Tel qu'on redoute ou qu'on évite ,
N'est souvent qu'un franc hypocrite ,
Qui sous un front hardi , masque sa lâcheté.
Et foûle aux pieds les droits de la Societé.
Un jour une jeune Levrette ,
S'aprochant du réduit de ce fier Animal ,
Vint par cent haut-le-corps et sans songer à mal,
Bondir au pied de sa retraite ;
L'étrangler eût été le premier mouvement
De l'impitoyable Cerbere ,
Mais l'amour tout-à- coup désarmant sa colere ,
Il crut pouvoir en un moment
I. Vol.
A iiij
Pay'
1050 MERCURE DE FRANCE
Par un maussade compliment ,
Soumettre à ses désirs cette Beauté legere.
Le brutal ignoroit d'un langage flatteur
Le charme adroit et séducteur ,
D'une patre assomante , il caressoit la Belle ,
Er des coups redoublés exprimoient son ardeur ,
Ardeur qui rarement fléchit une cruelle ;
Pour trouver le chemin du cœur
Il faut joindre aux transports une aimable dou-
ceur.
A force de refus la timide Levrette
Triompha des assauts de l'affligeant Mâtin ,
Qui furieux de sa retraite ,
En pleine basse-cour pestoit d'un air hautain,
Contre l'Amour et le Destin ;
Une vieille Barbette insultant à sa peine ,
Lui tint , mais un peu tard, cet utile discours.
Quand la conquête est incertaine ,
Que l'adresse vienne au secours ;
Amans , il faut fléchir , non , vaincre une inhu
maine ,
A qui veut exiger on refuse toujours ,
Et le cœur n'est jamais le tribut de la gêne ;
La volupté par cent détours ,
Jalousé de ses droits , veut être Souveraine ,
La contrainte engendre la haine ,
Et la liberté seule enchaîne les Amours.
I. Val.
J. B. E. C. de Fign[i]ers.
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Résumé : LE MÂTIN ET LA LEVRETTE, FABLE.
La fable 'Le Mâtin et la Levrette' met en scène un Mâtin, chien réputé pour sa fureur, son orgueil et sa brutalité, qui intimidait les autres chiens. Un jour, une jeune levrette s'approcha de lui. Initialement belliqueux, le Mâtin fut désarmé par l'amour mais tenta de soumettre la levrette par la force, sans succès. La levrette repoussa ses avances brutales. Furieux, le Mâtin se lamenta en vain. Une vieille chienne, une Barbette, lui conseilla d'utiliser l'adresse et la douceur pour conquérir la levrette, affirmant que la contrainte engendre la haine et que la liberté est nécessaire pour obtenir l'amour.
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4611
p. 1051-1081
LETTRE de M. le Tors, Lieutenant Criminel au Bailliage d'Avallon, sur Vellaunodunum, ancienne Ville des Senonois, et Genabum des Carnutes.
Début :
Les Sçavans ont été fort partagés sur la situation de ces deux Villes ; tous [...]
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE de M. le Tors, Lieutenant Criminel au Bailliage d'Avallon, sur Vellaunodunum, ancienne Ville des Senonois, et Genabum des Carnutes.
LETTRE de M. le Tors, Lieutenant
Criminel au Bailliage d'Avallon, sur
Vellaunodunum, ancienne Ville des
Senonois, et Genabum des Carnutes.
Les Sçavans ont été fort partagés sur
la situation de ces deux Villes ; tous
conviennent qu'il faut principalement
la chercher dans César , en suivant au-
tant qu'on peut la découvrir , la route
qu'il a tenue pour aller se rendre maître
de ces deux Places.
César ayant apris en Italie que les Gau-
lois avoient profité de son éloignement ,
et des affaires qu'ils croyoient devoir les
retenir à Rome , pour secoüer le joug
de la domination Romaine , les Carnu-
tes , les Senonois , les Parisiens , les Peu
ples du Poitou, de la Touraine , &c. for-
mentune ligue,s'y engagent par serment,,
et choisissent Vercingentorix pour leur Gé-
néral ; les Carnutes les premiers se signa-
lent par une entreprise d'éclat , ils se
rendent à Genabum
1.Voli
,
où se faisoit un
commerce considérable
>
égorgent les
1
Citoyens Romains qui s'y trouvent , et
entre autres Fusius Cotta qui avoit le soin
Av
dess
1052 MERCURE DE FRANCE
des Vivres ; le bruit de cette action se
répand en peu de temps parmi les Gau-
lois , et le jour même il est porté chés
les Auvergnats , qui sont éloignés de
cent soixante mille de Genabum.
César étant arrivé dans les Gaules ;,
s'annonce par quelques expéditions du
côté des Sevennes et de l'Auvergne, vient
3
ensuite à Vienne , continue sa marche
jour et nuit , en suivant les Frontieres
du Pays des Eduens , pour aller dans ce--
lui des Langrois. Quand il y est arrivé ,.
il donne ses ordres pour assembler ses
Troupes dans un même Lieu , avant que
»
les Auvergnats en puissent être avertis ;
ce qui étant cependant venu à la con-
noissance de Vercingentorix , ce Général
conduisit son Armée dans le Berry , d'où
il alla assieger Gergovia, Ville des Boyens,
Peuples qui avoient des motifs pour être.
plus attachés à César , et moins affection-
nés à la liberté Gauloise que les naturels
du Pays..
L'entreprise de Vercingentorix donna
de l'inquietude à César , qui craignoit
pour sa réputation , et que ses Alliés ne
comptassent plus sur lui , s'ils voyoient
que son secours leur manquoit au besoin;
lé courage de Gésar lu! fit passer sur tou-
tes les difficultés , qui auroient été capa
I.Wol!
bles i
"
JUIN.
1737.
10533
bles d'arrêter tout autre que lui. Il s'as-
sura des vivres pour son Armée auprès
des Eduens , et fit avertir les Boyens de
demeurer fidéles et de se défendre avec
vigueur , afin que se mettant en marche
pour les secourir , il eût le tems de les
joindre. Après avoir laissé deux Légions
à Agendicum , et les Equipages de toute
son Armée , il marche au secours des
Boyens , Duabus Agendici Legionibus re-
lictis atque impedimentis totius exercitus, ad
Boyos proficiscitur.
Je ne vois pas sur quel fondement on a
pû faire passerCésar par Agendicum, puis-
qu'il ne dit pas un mot qui le supose , et
qu'il fait même entendre le contraire. 11
parle de son arrivée dans le Pays de Lan-
gres , et raconte avec beaucoup d'ordre
et de précision les mesures qu'il prend ,
et finit son récit par son départ ; il avoit
assemblé son Armée dans un même Lieu
qu'il ne nomme pas , ses ordres étoient
donnés, avoit-il autre chose à faire, que
de partir ? Et ce qu'il dit , ne fait- il pas
connoître qu'il part du Lieu où ses Lé-
gions sétoient rendues ? If les auroit as-
semblées à Agendicum ,
*
s'il en avoit dû
partir , et on ne peut pas croire qu'il y
alt passé pour se donner lui - même un
soin aussi subalterne que d'y conduire
Il-Volt
Avji
deuxx
1054 MERCURE DE FRANCE
deux Légions , et les Equipages d'une
Armée, dans une conjoncture où il étoit
aussi pressé. Il remarque même , à la fin ,
de son VI. Livre , la distribution qu'il,
avoit faite de ses Légions avant que de
sortir desGaules pour aller en Italie.Il y en
avoit six à Agendicum , ainsi il put en ti-
rer quatre , et en laisser deux , et il lui.
étoit facile d'y faire conduire les Equipa-
ges
de l'Armée
sans y aller en person-
ne. Il a pû aussi assembler toutes ses Lé-
gions et en renvoyer deux à Agendicum,
avec les Equipages ; quoiqu'il en soit , de
la maniere dont cela s'est fait, ce sera cet
ordre qu'il a donné , qu'on aura pris.
pour une marche effective qu'il ait faite..
La situation des affaires de César ne.
lui permettoit pas d'ailleurs de passer par.
Agendicum , que presque tous les Sca-
vans prennent pour Sens , ce qui l'auroit:
obligé de traverser le Pays Ennemi ¡des.
Senonois , qui auroient inquiété son Ar-
mée , retardé sa marche , et même au-
roient pû lui couper les Vivres ; de sorte.
qu'il a dû ne pas s'écarter du Pays des
Eduens , Peuples qui étoient son unique.
ressource pour la subsistance de son Ar
mée:
On ne voit pas dans quel endroit du
Pays de Langres ,, César assembla cette
1. Vol.
Armée ; )
JUIN.
1737.
1055
Armée ; ainsi on ne peut pas dire qu'en
partant du Pays de Langres , il abrégeât
son chemin en passant par Agendicum
dans la circonstance où il se trouvoit ,
c'étoit avancer que de prendre même le
chemin le plus long , pourvû qu'il fût
le plus assuré , et on doit croire qu'il
avoit pris ses mésures de la maniere la
plus convenable à ses desseins.
César étant donc parti du Pays de
Langres , marche avec hâte , et arrive le
lendemain de son départ à une Ville des
Senonois , qu'il nomme Vellaunodunum ;
il dit lui-même les raisons qui l'obligent
de l'assieger , ne quem post se hostem relin
queret , quo expeditiore re frumentarià ute-
retur , oppugnare instituit. Il l'aproche en
effet , en fait la circonvallation en deux'
jours , et l'oblige de se rendre ; comme
il n'avoit pas plus de temps qu'il lui en
falloit , il laisse à Trébonius le soin de
faire executer la Capitulation , marchet
à grandes journées à Genabum , et y arri
ve en deux jours.
L Vol.
1
César ne dit rien de la situation de
Fellaunodunum. Pour la trouver il faut
chercher une Place frontiere des Seno-
nois et des Eduens , sur la route du Pays
de Langres pour aller sur la Loire.
Je trouve la Ville d'Avallon , dont le
>
Bailliage,
106 MERCURE DE FRANCE
Bailliage , qui est ancien , est une partiè
engagée dans le Diòcése de Langres, mais
je ne la propose qu'avec précaution et
sans prétendre décider.-
La situation d'Avallon est exprimée
par le mot de Vellaunodunum , qui pré-
sente à l'esprit, l'idée d'une Plaine, d'une
Vallée où il y a une éminence ; il n'est
pas nécessaire sans doute de rebatre aux
Sçavans l'étimologie de Dunum , après
ce que M. Lancelot et M. le Beuf en ont
dit , il y a dans le Pays même des preu-
ves qui fortifient le sentiment général
sur cette explication , qui est reçûë de
tout le monde.
La Ville d'Avallon est située à l'extré
mité d'une Plaine qui est bornée de cô-
téaux plantés de Vignes , qui produisent
ces Vins si estimés , et sur un rocher es-
carpé de trois côtés , entouré de larges
et profonds Vallons , sur lesquels elle
domine , dans une partie desquels cou-
le la Riviere de Cousain , Cusa amnis i
de sorte que ceux qui viennent du Mor-
vent , qui est au midi de cette Ville ,
sont obligés de descendre et de monter
plus qu'ils n'ont descendu , pour arriver
à cette même Ville .
On ne peut pas dire que l'épithete de
Dunn n'y convienne pas , sous prétex-
I fol
te,,
JUIN.
1737.
1057
te , que du côté de la Plaine elle est ac
cessible , puisque des trois autres elle est
sur une éminence qui domine tous les
aspects.
Si on raproche Vellaunodunum du noma™
d'Aballo ,on y trouve plûtôt un retran-
chement qu'un changement , Aballo se´
trouvant dans Vellauno , la lettre V. a
souvent été prise pour le B. et A. pour
E. dans les Mémoires Historiques et Cri-
tiques , attribués à Mezéray ; s'il n'y a
pas faute d'impression , on y lit Abullo ,
Avallon , ainsi Avellau , Abullo, Aballo,
sont un même nom, que les Copistes ou
lés prononciations ont défiguré. Bollan-
dus qui sçavoit les altérations auxque !--
les les noms de Villes sont sujets , dans
ses notes sur la vie de Saint Lubin , Evê-
que de Chartres , a pris Avallocium pour
Avallon , quoique ce soit Alluye au Pays
de Chartres , il n'y a qu'à voir Gregoire
4. c. 50. Avallocium Car
de Tours , liv . 4. c. 50.
natensem Castrum : surquoi Dom Ruinart´
observe qu'il s'est apellé depuis Alcium
ou Alogium , mais qu'il s'est écrit Al-
sium dans la plupart des Manuscrits , le
mot Aval,suivant Menage, signifie pente :
et descente. Les mots de Val et de Val-
lée rapellent cette signification. Avaller
-dans le sens qu'il a communément, étant
1. Vol .
1658 MERCURE DE FRANCE
métaphorique , et faisant allusion à la
descente des alimens , c'est peut-être ce
qui est entré dans l'esprit de l'Auteur
de la Chronique des Minimies , quand
il a dit d'Avallon , à l'occasion du Con-
vent de son Ordre qui y est établi , que
son nom lui venoit de sa situation , à
præter labente fluviolo cui incidet Aballo
dicitur. Ainsi le mot Aballo n'exprimera
qu'une partie de ce que Vellaunodunum
signifie , il présentoit à l'esprit la pente
et la descente en même temps que l'éle-
vation , comme un endroit où on ne fait
que monter et descendre ; au lieu qu'A
ballo n'exprime que la descente , ce qui
revient toujours au même , puisqu'on ne
peut descendre d'un endroit , qu'on ne
remonte pour y retourner.
Il paroît plus à propos de rendre ain-
si l'étymologie d'Avallon , que par une
autre explication du Celtique qui rend
celle de pomme et de pommier , suivant
un Dictionaire François Breton-Armo-
rique , imprimé en 1659. page 130 .
Adrien de Valois a reçû cette étymolo
gie, suivant laquelle Vellaunodunum pou-
roit signifier la même chose ; cependant
quoiqu'il soit plus juste d'expliquer les
noms de nos Villes anciennes par cette
Langue , que par ceux du Grec ou dự
1. Wo!..
Latin
JUIN.
I. Vol.
1737.
1059
Latin , il faut préférer l'explication qui
a un raport à la chose qu'on explique.
Je conviens qu'on ne trouve aucun
Monument qui prouve l'ancienneté d'A-
vallon , et que si on en exigeoit , je se-
rois réduit à la même excuse que ces fa-
milles douteuses qui se forment un titre
de leur obscurité , et qui ont perdu leurs
papiers dans des incendies ou des pilla-
ges ; cette raison ne seroit pas si mau-
vaise pour Avallon qui en a essuyé de
trop connus , pour que je sois obligé
d'en donner ici les preuves. J'ai oui - dire
à des personnes dignes de foy , qu'il y
avoit eu des restes d'Antiquité , mais
c'est comme s'ils n'avoient pas existé ;
on ne sçait ce que c'est , et on n'en voit
rien.
Il y a seulement quelques années qu'en
démolissant ( chés les Prêtres de la Doc-
trine Chrétienne qui gouvernent le Colle
ge ) les fondations du Château d'Aval-
lon , Castrum Avallonis ; on trouva sous
une grosse pierre du bled , dont l'écor-
ce étoit noircie , soit par vetusté , soit
par quelque opération qu'on avoit faite
pour en conserver la farine aussi saine
qu'elle étoit , deux Lyonceaux d'or , et
plusieurs Médailles; j'en ai vû une qui est
encore entre les mains de M. Vallon ,
Chanoine
1060 MERCURE DE FRANCE
Chanoine de l'Eglise Collégiale Notre-
Dame Saint Lazare de cette Ville , qui
est une consecration d'Auguste ; on y lit
Imp. Cas . au revers, Aug. avec un Aigle.
Je sçais bien que tous les murs dans
lesquels il y a des Médailles , n'ont pas
été bâtis dans le temps auquel ces Mé-
dailles ont été frapées , mais celle ci s'est'
trouvée avec plusieurs autres , avec du
bled , deux Lyonceaux , sous une pierre'
distinguée par sa grosseur , et la figure
ronde , qui servoit de fondement à un
mur de dix-huit à vingt pieds d'épais-
seur , dont l'ouvrage étoit si solide et
si massif , qu'un Ouvrier en pouvoit à
peine rompre deux ou trois pieds par
jour , c'est ce que j'ai vû à peu près dans
le même endroit , dans une autre occa-
sion , et ce qu'on avoit déja, vu dans le
temps que les Ursulines ont bâti leur
Convent , et toujours dans l'enceinte où
la Tradition du Pays , les anciens Titres:
et Terriers de la Ville et du Chapitre ,
placent le Châtel d'Avallon..
Ces Lyonceaux , ce bled , ces Médail-
les , me rapellent à ces anciennes super-
stitions , à l'occasion de la fondation ou
du rétablissement des Villes ou Bâti-
mens publics , dont on voit le détail
dans Tacite , 1. 4. Plutarque sur la Vie
1. Vol.
de
JUIN. 1737.
I. Vol.
1:61
de Romulus , Alex.ab Alex.l.6. c. 14. XC.
Ne feroit ce pas encore trop hazırder ,
de conjecturer que ce pouroit être Au-
guste qui auroit formé le Castrum Ava
lonis , pour y loger les Troupes qui de-
voient y pisser sur les grands chemins
qu'il y a fait faire , dont on voit les res-
tes , et dont il est fait mention dans l'I-
tinéraire d'Antonin , et les Tables des-
Peuttingers? Et la destination de ce Cas-
trum , pouroit faire rendre raison du re-
tranchement de Dunum , et de sa substi-
tution en sa place , ce qui lui est com-
mur. avec d'autres Villes. Quoi qu'il en-
soit,l'Itinéraire connu sous le nom d'An-
tonin , qui porte Aballo , ne contredit
pas cette opinion , les Sçavans ne sont
pas même d'accord sur son époque , que
l'on ne porte pas communément à la pre-
miere Antiquité.
Avallon est assés ancien pour pouvoir
être Vellaunodunum , on ajoute à ce que
l'on a déja dit , qu'on voit cette Ville
en considération du temps au moins
de Saint Germain , Evêque de Paris , qui
y avoit étudié , et de Saint Jean de
Reaume , pour avoir un Comte , des
Ecoles , et une étendue de Pays dont
elle étoit la Capitale , qui s'apelloit Pa-
gus Avalensis."
Si
1062 MERCURE DE FRANCE
Si on réunit ce que je dis sur l'ancien-
neté d'Avallon , son nom , sa situation ,
qu'elle est sur la route du Pays de Langres
pour aller sur la Loire , et frontiere aux
Eduens, en ne séparant pas toutes ces vûës,
je crois qu'elles forment au moins une for-
te conjecture pour mon sistême ; mais je
laisse aux Sçavans à décider, et je me sou-
mets d'avance à leur jugement.
Je sçais bien qu'on me peut faire , en
tr'autres objections , celle- ci ; que César
dit que Vellaunodunum est une Ville des
Senonois , et qu'Avallon est du Diocèse
d'Autun , et que les Diocèses Ecclesias-
tiques ont été formés sur le partage tem
porel des Provinces; d'où on doit conclu-
re, dira-t-on, qu'il faur chercher Vellan-
nodunum dans la Métropole de Sens.
Ce principe est vrai , mais il cesse de
l'être , si on en fait en route occasion
un usage trop rigoureux ; loin de le com-
battre,je prétends le recevoir et le rendre
plus certain en le resserrant dans ses bor-
nes , et faisant voir qu'il ne nuit pas à
ce que j'ai proposé.
On sçait que la Foy a été portée dans
les Gaules assés tard , ainsi les Eglises n'ont
pû être en état de faire entr'elles des
divisions de Diocèses que plus tard en-
core, et vraisemblablement depuis Cons-
1. Vol.
tantin
JUIN.
1737.
1063-
tantin.Or il est certain que les distinctions
des Provinces Ecclesiastiques n'ont été
formées que sur la division temporelle
qui subsistoit dans le temps que l'on a
fait ces divisions . C'est donc un Anacro-
nisme d'apliquer l'étenduë d'un Diocèse,
ou d'une Métropole à l'étenduë d'un Païs
du temps de César , puisque depuis lui
jusqu'à l'établissement des Diocèses Ec-
clesiastiques , il y a eu differens partages
de Provinces , et que l'autorité des Villes,
ou du moins de quelques-unes avoitit pas-
sé à d'autres , qui , par consequent, dans
P'Ordre Ecclesiastique étoient devenuës
les premieres. Les divisions des Diocèses
n'ont pas été reglées avec les premiers
Evêques, ce n'a dû être que quand ils ont
été dans un état fixe et tranquille, que les
changemens de Province n'en ont point
fait aux limites du Territoire Ecclesiasti-
que. On voit bien , par exemple , que le
Diocèse d'Autun , quelque étendu qu'il
soit , ne comprend pas tout le Pays des
Eduens ; que le Pays des Senonois n'est
pas exactement le territoire du Diocèse
de Sens , ni même celui de la Métropole;
la quatriéme Lyonnoise étant une divi .
sion posterieure , qui a donné l'étenduë à
la Métropole. M. de Tillemont T. 5. His.
toire des Empereurs , Art. 65. sur l'Em
1. Vol
pereur
1064 MERCURE DE FRANCE
pereur Honorius , raporte que cet Empe-
reur partagea la Lyonnoise en quatre
Provinces , que du tems de Gratien et de
Théodose , elle n'en faisoit que deux , dont
Lyon et Rouen étoient Métropoles
ainsi
c'est à Honoré que les Métropoles de Tours
et de Sens doivent leur Erection , aussi la
troisiéme Lyonnoise , qui est la Province de
Tours et la Senonoise sont marquées entre
·les dix-sept Provinces des Gaules dans la
Notice de l'Empire qu'on croit avoir été fai-
te du temps d'Honoré. M. de la Barre dans
un Mémoire sur les Divisions des Gaules,
imprimé dans les Mém. de Litt. T.8. p .
403 , prétend trouver la division des qua-
tre Lyonnoises avant 381. sous l'Empire
de Gratien. Quoi qu'il en soit, il ne faut
pas conclure que parce qu'uneVille n'est
aujourd'hui ni de la Métropole , ni du
Diocèse de Sens , qu'elle n'étoit pas du
temps de César dans le Pays des Seno-
nois , puisque cette Métropole a été for-
mée bienpostérieurement sur un partage
temporel tout different .
Il est plus que vraisemblable qu'Aval
lon , qui n'est éloigné que de deux ou
trois lieuës du Diocèse et du Bailliage
d'Auxerre , ait été compris dans le Pays
des Senonois ; le Pays des Eduens s'éten
doit moins de ce côté-là ; et César , après
1. Vol.
avoir
L. Vol,
JUIN.
1737.
1065
avoir pris Vellaunodunum, l'aura attribuée
aux Eduens. Enfin il y a eu depuis lui
jusqu'au temps de l'établissement des
Diocèses tant de changemens généraux
et particuliers, qu'on ne peut apliquer la
Division Ecclesiastique pour connoître à
quel Pays on doit attribuer une Ville du
temps de César,
Après la prise de Vellaunodunum, César
partit avec précipitation pour aller à Ge-
nabum. Ipse ut quamprimùm iter faceret ,
Genabum Carnutum proficiscitur. Il falloit
bien que ce fût l'endroit le plus près où
il pût passer la Loire , puisque ne s'étant
mis en marche que pour secourir Gergo-
via , qui n'étoit pas , comme il le dit lui-
même , en état de tenir long-temps , il
avoit trop d'interêt de ne pas prendre un
passage plus bas , pendant qu'il en trous
voit un plus près , et il falloit bien que
ce fût le seul endroit où il dût nécessai-
rement passer , puisque les Carnutes mé-
ditoient de la mettre en défense , et ne
s'étoient pas assés pressés d'y jetter les
secours nécessaires soit d'hommes , soit
de munitions , parce qu'ils croyoient que
le Siege de Vellaunodunum traîneroit en
longueur. Si la situation de leur Place ne
les avoit pas exposés les premiers , ils
n'auroient pas dû croire que César seroit
venu
1.066 MERCURE DE FRANCE
venu à eux après la prise de Vellaunodu-
num ; ce qui prouve , sans replique , que
c'étoit le seul passage convenable aux des-
seins de César.
Son objet assurément n'étoit pas d'al
ler s'amuser à se vanger de Genabum , il
n'y passoit que parce que c'étoit son che
min ; quand il part du Pays de Langres,
il mande aux Boïens qu'il marche à leur
secours ; il les exhorte à lui donner le
temps , par une vigoureuse resistance ,
de lesjoindre à propos.Gergovia étoit trop
peu considerable pour qu'il pût compter
pouvoir prendre Genabum avant que Ver-
cingentorix eût pris Gergovia , lui qui
doutoit même s'il auroit le temps d'y ar
river. On sçait les inquietudes que le
Siege de cette Place lui donnoit ; enfin
il ne párt l'hyver que pour la secou-
rir. On ne peut donc pas lui donner
d'autres motifs s'il passe à Genabum ,
que de prendre le chemin le plus court
pour y aller.
Il y a quantité d'inconveniens à croi-
re que César ne prend Genabum que pour
donner à ses Armes l'éclat d'une ven-
geance ; il y avoit sans doute plus d'éclat
à réussir dans son objet en arrêtant les
entreprises de ses Ennemis , en secourant
ses Alliés , et en ne laissant pas prendre
1. Vol.
Gergovia
JUIN.
1737.
1067
Gerrovia ne risquoit- il pas tout si cetre
Place tomboit entre les mains des Gau
lois ? ainsi c'est la nécessité du passag
qui détermine César à attaquer Genabum
et c'est ce qui me détermine à préférer
le sentiment de ceux qui prennent Gien
pour Genahum , à l'opinion de ceux qui
sont pour Orleans.
Cette marche que je fais faire à César,
en le faisant partir du Pays de Langres ,
et en prenant Avallon pour Vellaunodu
num , comme étant à peu près à égale
distance de Gien et de l'endroit où il
a voit assemblé ses Légions , qui est celui
d'où il part , puisqu'il arrive en deux
jours à Vellaunodunum ,
et qu'il met le
même espace de temps pour aller de
Vellaunodunum à Genabum , cette marche,
dis. je , s'accorde parfaitement avec l'idée
qu'en donne César. Il avoit une Armée
légere , qui n'avoit aucuns embarras d'é.
quipages , et il exprime fort clairement
qu'il va plus vite que de coûtume ; il ne
dit cependant pas qu'il fait de ces mar-
ches forcées et extraordinaires qu'on sçait
qu'il a quelquefois faites en d'autres oc-
casions, et qu'il a soin de remarquer: ain-
si il faut prendre le milieu entre ces gran-
des marches et une marche ordinaire, On
remarque , après Vegece , qu'un Soldat
1. Vol.
B
Romain
1068 MERCURE DE FRANCE
Romain faisoit en cinq heures d'Eté
gradu militari , vingt mille , ce qui re-
vient à six lieuës et demie . Or ceux qui
font passer César à Sens , et qui met-
tent Vellaunodunum entre cette Ville
Orleans , ne lui font faire que vingt qua
tre lieuës en quatre jours de marche ; re.
connoîtroit- on l'activité de César defal
re moins que de coûtume , quand il dit
qu'il en fait davantage , et qu'il s'étoiɛ
même, dans ce dessein, débarassé d'équis
pages? Il y a encore plus d'inconvenient
pour ceux qui , prenant Genabum pour
Gien , ne lui font faire que quinze lieuës
en quatrejours , en le faisant aussi pard
tir de Sens au lieu qu'en prenant Vel
launodunum pour Avallon , et le faisant
partir du Pays de Langres , on lu ficfait
faire dix de nos lieuës par jour, c'est crois
lieues et demie plus que l'ordinaire :
pouvoit-il faire moins étant obligé à faire
une marche plus forte ? et n'a ton
vû qu'il en a fait plus du double en une
nuit? c'est ce que les Partisans d'Orleans
prouvent par César même.
La nouvelle de la Révolution arrivée
à Genabum est portée en douze ou quinze
heures en Auvergne , qui , selon César
en est éloignée d'environ 160. mille , ce
qui revient à 52. lieuës , et prouve que
1. Vol.
JUIN.
1737.
1069
c'est plûtôt Gien qu'Orleans ; car quel-
que prompte qu'on puisse imaginer
qu'ait été la maniere dont les Gaulois se
communiquoient successivement
, par
des cris , ce qui se passoit d'un Pays à un
autre , il ne faut pas outrer la facilité de
cette communication , qui de Gien en
Auvergne aura toûjours été la plus promp-
te que les hommes puissent par eux- mê-
mes mettre en usage.
Quelqu'interessant qu'ait été cet éve-
nement , il arriva sans être médité ; les
Carnutes s'engagerent bien de faire la
premiere entreprise , mais on ne sçavoit
quand, et quelle elle seroit, et quoiqu'on
en répandît sur le champ la nouvelle , elle
ne le fut pas plus promptement que les
autres qu'on communiquoit par la même
voye ; il falloit toûjours que les uns at-
tendissent que ceux qui les devoient en-
tendre parussent , et ainsi des autres , à
moins de suposer qu'ils fussent tous prêts:
c'est ce qui n'est pas naturel à penser, et
ce qu'on ne peut faire dire à César sans
forcer son texte .
Gien est plûtôt à
2. lieuës d'Auver-
gne qu'Orleans qui en est à 12. ou 15.
lieues plus loin , et la distance que César
marque par mille, est plus exacte et plus
près de la verité que notre maniere de
1. Vol.
Bij compter
1070 MERCURE DE FRANCI
compter par lieues , parce que la differen
ce du nombre se trouveroit trop grande
il
y a près de so. mille de Gien à Orleans
et par consequent au lieu de 160. mille
ce sont 210. mille d'Orleans en Auver
gne. Nous disons plus aisément sc.OL
60. lieuës , qu'on ne diroit 150. ou 200
mille: enfin en donnant 15.heures pour l
temps de porter la nouvelle à 160. mille
il aura fallu 4. heu . et demie de plus pou
la porter d'Orleans en Auvergne , etc
plus ou ce moins n'auroit pas manque
d'être remarqué par César , puisque cet
évenement n'auroit pas été sçû , comme
J
il le fut , antè primam confectam vigiliam,
et qu'il l'auroit été 4. heures et demie
plus tard. Aymoin est l'Auteur de l'o
pinion qu'Orleans est Genabum : son au
torité en fait de critique n'est pas assés
bien établie pour qu'il en soit crû sans
༈༙་
nous en avoir cité d'autres pour apuyer
la sienne , et je crois qu'avec Aymoin ,
Hugues de Fleury , le Poëte Gilles de
Paris , la question peut demeurer en son
entier. Peut-on aussi compter tous ceux
qui ont traduit Genabura Orleans , et
ceux qui aportent en faveur de leur opi-
nion , le nom de Genabum par- tout où ils
le trouvent? Tant de personnes ont mis
la main au Livre d'Aymoin , que son
1. Vol.
passage
JUIN.
1737.
1071
passage poutoit bien être une Note in-
serée dans son Texte, et l'autorité qu'on
lui veut donner sur ce qu'il a demeuré
dans le voisinage d'Orleans et de Gien ,
ne presente toûjours que la question de
sçavoir s'il a bien connu ce Pays-là ; cette
demeure pouvoit- elle lui faire connoître
un Fait tel que celui dont il s'agissoit ?
Glaber , qui avoit été Moine à Saint
Germain d'Auxerre , et que l'on croit
même être né en cette Ville , qui n'est
pas fort éloignée de Gien et d'Orleans ,
prétend que cette dernière Ville n'a cu
son nom que de sa situation sur la Loire,
quasi ore Ligerianâ eo videlicet quod in ore
ejufdem Fluminis ripa sit constituta , non
quidam minus cauti existimant ab Aure-
liano Augusto.
M. de Tillemont T. 3. sur la Vie de
Empereur Aurelien
>
a suivi le senti-
ment d'Oton de Frisingue. Cet Empereur
vint , dit il , dans les Gaules ; on ne dit
pas ce qu'ily fit , selon Zonare & le Syn-
celle , il semble qu'il y soit venu à cause de
quelque rébellion des Gaulois , qu'il apai-
sa bien tôt. Le Maire , dans son Histoire
d'Orleans , cite beaucoup de Modernes
qui croyent que cette Ville a été rebâtie par
Aurelien , et le nom Latin qu'elle portoit
dès le cinquième Siecle au moins sen ble ne
I. Vol.
Biij.
venir
T072 MERCURE DE FRANCE
venir que de lui.C'est donc sur l'Analogie
du nom Latin d'Orleans , que cet Au-
teur , si respecté des Sçavans , l'attribuëà
Aurelien,plûtôt que sur l'autorité des Mo
dernes , et il ne passe pas pour cela à l'o-
pinion de ceux qui la font descendre de
Genabum. Il ajoûte même que le nom
Latin d'Aurelianis étoit celui qu'elle por-
toit au moins dès le cinquiéme Siecles
elle n'en avoit donc pas alors d'autr
sous lequel elle fût communément con-
nuë ; ainsi le passage de Gregoire de
Tours dans la Vie de S. Nisier , Evêque
de Lyon , est entierement décisif ; bien
loin de pouvoir être tourné en objection .
Cet Auteur fait mention de Genabensis
Galliarum Urbs : il y désigne une Vill
dont il n'avoit pas encore parlé , et i
falloit que cette Ville ne fût pas alor
bien connue , puisqu'il étoit obligé d'a
joûter , pour qu'on ne s'y méprît pas
que c'étoit une Ville des Gaules. Auroit-
il ainsi parlé d'Orleans qui étoit dans
son état brillant ? Pourquoi l'auroit- il
ainsi obscurcie sans la faire paroître , lui
qui en parle en plus de cinq uante occa-
sions sous le nom de Aurelianis ? Pour
quoi dans ce seul endroit auroit- il don-
né un nom qui n'étoit pas le nom connu
et en usage ? Il faut donc conclure du
I. Vol.
passage
I. Vol.
JUIN.
1737.
1073
passage de Gregoire de Tours , qu'il y
avoit de son temps une Ville de Gena-
bum , et la Ville d'Aurelien , et que ces
deux noms sont de deux Villes differen-
tes. La seule raison qui a fait croire à
Dom Ruinart que Genabensis Vrbs étoit
Orleans ,
c'est que Gregoire de Tours
avoit déja fait mention de Genêve sous
le nom de Januba.
On objecte contre Gien le passage de
Strabon qui place Genabum environ , fe
rè, au milieu de la Loire , restriction qui
rend son expression toûjours douteuse ,
et qui ne doit pas faire chercher Gena-
bum au milieu de ce Fleuve . C'est déci-
der ce qu'il ne décide pas , de tirer la
conséquence que cela s'aplique plûtôt à
la situation d'Orleans qu'à celle de Gien ;
puisque quand il s'en faudroit 15. lieuës,
cela n'empêcheroit pas que , sans accu-
ser Strabon de s'être trompé , on ne pût
dire , sans erreur , que Gien est presque
au milieu de ce Fleuve , par raport à son
long cours ; et je crois qu'à le bien pren-
dre , Gien est plûtôt au milieu de la Loi-
re qu'Orleans.
On ajoûte que Genabum étant le Mar-
ché principal des Carnutes qui venoient
y commercer , cela convient mieux , dit-
on, à Orleans, qui est plus près de Char-
Biiij.
tress
1074 MERCURE DE FRANCE
tres que Gien; mais c'est tout au plus une .
raison de convenance. Quand on parle
des Carnutes , cela doit s'entendre de tout
le Pays , aussi -bien que des Peuples de
la Capitale , et ce n'est pas toujours la
proximité d'une Ville d'un Pays avec la
Capitale , qui lui est la source de son
commerce ; c'est elle- même qui par sa
situation avec l'Etranger le porte au Pays.
C'étoit Genabum qui fournissoit les Car-
nutes , et portoit la richesse et l'abondan-
ce dans le Pays , sans avoir besoin d'être
plus près de Chartres. Il faut faire atten-
tion à l'état des Gaules , qui la rendoit
alors le rendez- vous des Peuples dont
elle étoit voisine.
Strabon justifie la maniere dont je ré-
.
ponds , en parlant du commerce du Rhô-
ne : il dit que la rapidité de ce Fleuve
rendant la navigation difficile à ceux qui
le remontoient , on transportoit les mar-
chandises par terre chés les Auvergnats ,.
et sur la Loire : Gien , auroit sans doute
été bien plus à portée qu'Orleans d'être
l'Entrepôt de ce commerce , et la pre-
miere Place considérable qui auroit reçû
ces marchandises. N'étoit- elle pas dans
une meilleure situation qu'Orleans par ra-
port à l'état de Gaules les Auvergnats y
venoient par la Loire ; elle étoit frontiere
I. Vol.
aux
JUIN.
I Vole
1737.
1075
aux Peuples du Berry , aux Eduens, aux
Senonois, &c. Cela ne valoit- il pas mieux
que d'être dans la situation d'Orleans et
plus près de Chartres ?
Le Maire, dans son Histoire d'Orleans ,
ajoûte qu'une suite de ce commerce ,
c'est que l'Evêque et le Chapitre de Char-
tres faisoient anciennement tous les ans une
Procession à Orleans; ce qui prouvoit , sc-
lon lui ,l'habitude des deux Peuples d'aller
les uns chés les autres Il faut, suivant ce
raisonnement qu'il n'y ait eu aucune inter-
ruption entre le commerce des Chartrains
et Genabum avec l'établissement des Pro-
cessions dans l'Eglise ,pour que l'on puisse
dire que l'un a été l'occasion de l'autre
et c'est ce qu'on ne peut soutenir : la cé-
lébrité d'Orleans , et le commerce qui
y a été porté depuis , en pouroit être la
seule cause, puisque cela aproche plus du
temps des Processions : il seroit même
peut-être plus naturel de donner à cet
établissement une origine plus pieuse
Enfin, pour tirer une consequence justė,
il faut prouver qu'Orleans est Genabum
autrement on tombe dans une petition
de principe.
On ajoûte encore que les chemins Ro-
mains dont on trouve des vestiges consi--
derables , conduisent de Chartres à Or-
Biv
leans>
1076 MERCURE DE FRANCE
leans , sans faire voir qu'ils ayent existé
avant Aurelien; quoi que ce soit Auguste
qui ait fait travailler le premier aux
grands chemins dans les Gaules, on sçait
qu'il ne les a pas tous faits , et Bergier
entre dans un grand détail du soin avec
lequel les Empereurs qui ont suivi , les
entretenoient , et formoient de nouvel
les communications entre les Villes.
On compte ensuite les distances de Ge
nabum à Paris , et on fait la même opera-
tion en suivant la route jusqu'à Autun ,
et on prétend que , par l'évaluation des
Milliaires sur nos lieuës , il est impossi-
ble que Gien soit l'ancien Genabum , puis
qu'Orleans se trouve précisément à la
même distance de ces Villes que Gena-
bum.
Mais sans entrer dans tout le détail de
la réponse qu'on pouroit faire, qui deman-
deroit beaucoup d'étendue , on croit que
ce qu'on a dit , affoiblit d'avance l'im-
pression que peut faire cette objection ,
qui est , à le bien prendre , la seule qui
reste aux Partisans d'Orleans. On sçait
que l'Itineraire est une piece suspecte et
fort peu exacte, puisqu'on convient qu'il
y a des lacunes en plusieurs endroits ,
que les noms des Villes y sont alterés ,
que les Milliaires ne sont pas sûrs , que
4. Fol..
les
IVol.
JUIN.
1737.
1077
Yes Sçavans ne sont pas même d'accord
sur plusieurs routes ; de sorte qu'on ne
doit pas se servir de l'Itineraire pour déci-
der des points obscurs : tout au contraire,
on vérifie l'Itineraire sur les connoissan-
ces que l'on a , et on ne s'en sert pas
comme on a fait avec des conjectures.
Il est inutile de faire valoir la célébrité
d'Orleans sous la premiere Race de nos
Rois , qu'elle a été Capitale, &c . Cela ne
peut pas prouver qu'elle ait été Genabum,
ni qu'elle fût ancienne ; ces raisons ne
déterminent pas pour y porter la Cour
d'un Roy , et ces sortes de distinctions
peuvent fort bien convenir à une Ville
nouvellement bâtie, qui a ordinairement
plus d'agrément qu'une Ville qui n'a que
le mérite de son ancienneté.
On veut encore que Gien justifie des
Monumens anciens , ce qui est hors du
cas ; puisque cette Ville , en la prenant
pour Genabum, ayant été détruite et brû--
lée par César , n'ayant pas eu de Restau-
rateur, et les Romains n'y ayant pas laissé
de ces Ouvrages immortels , n'aura rien
conservé ; combien de Villes anciennes ,
reconnues pour telles , qui n'ont aucuns
monumens de ces Maîtres du Monde ?
Cela peut même s'accorder avec ce qu'on'
Groit d'Orleans , qui ayant été bâtie , ou
Bvj
retablie
1078 MERCURE DE FRANCE
retablie par Aurelien , aura reçu tout le
commerce avec plus d'avantages qu'auci
ne autre Ville : les Peuples mêmes de Gena-
bum , élevés au commerce , auront été
s'y établir;
et ce sera ainsi qu'Orleans
aura été formée des débris de Genabur
qui sera demeurée une Ville peu consi-
dérable : il n'en faut pas davantage pour.
faire naître de ces Traditions populaires
qui se corrompent toûjours , et qui dans
les temps ténebreux de la Litterature, au-
ront été adoptées par Aymoin , & c.
La question que l'on fait , si Gien sub-
sistoit , est la question même ; si elle est
Genabum , elle subsistoit ; si elle est Ge-
nabum , elle avoit un Pont. Il pouvoit y
en avoir plus bas , mais il ne s'agit pas
de celui - là . Enfin le nom qu'elle porte
est d'une grande considération pour
apuyer ce sistême ,
il fait autant croire
que Gien est Genabum , que le nom d'Or
leans peut prouver qu'elle tire son ori-
gine de l'Empereur Aurelien , suivant
M. de Tillemont , il n'y en a pas d'au-
tre preuve. Les noms de Giemus, Gie-
macum, Giemum , qu'elle a porté dans les
temps de la basse Latinité, sont-ils plus
éloignés de Genabum que ceux de quan
tité de Villes qu'on reconnoît avec de
pareilles alterations ?.
I..Vol.
Ons
JUIN.
1737.
1079
On fait encore la même objection à
Gien que celle que j'ai prévu pour Aval
lon , en disant qu'elle est aujourd'hui du
Diocèse d'Auxerre et de la Métropole
de Sens : d'où on conclut qu'elle a dû être
du Pays des Senonois , et qu'elle ne peut
avoir été Genabum , qui étoit du Pays des
Carnutes. Je ne repeterai pas ce que j'ai
dit sur le principe en général , jajoûterai
seulement que le Lieu où est Gien apar-
tenoit incontestablement aux Carnutes
puisque la Loire passoit , suivant Stra
bon , chés les Auvergnats , et dans le
Pays des Carnutes; et il ne dit pas qu'elle
passât chés les Senonois. Enfin ce qui ne
peut convenir à Orleans , et désigne ab-
solument Gien , c'est que César , après-
avoir pris Genabum , entre dans le Pays
de Berry.
Dire que Gien auroit eu l'Evêché si
elle avoit été Genabum, c'est vouloir faire
croire que ces établissemens ont été faits
les Titres à la main , en examinant l'an--
cienneté des Villes , et que les Apôtres
des Gaules , et ceux qui ont fondé des
Eglises , n'ont pas plûtôt fait attention
à d'autres avantages plus propres à ré
pandre la Foy Pourquoi Decise , Me-
lun , &c. n'ont elles pas d'Evêques ? Ces:
Villes ont parû avant Lyon , qui est
14Vol..
cependant
TOS MERCURE DE FRANCE
cependant apellée la Mere des autres
Eglises. C'est que Lyon avoit dans ce
temps là des avantages qui la faisoient
regarder , à juste titre , comme une Ville
des plus considérables par le concours
des Etrangers. N'étoit- il pas plus natu-
rel qu'Orleans , qui sortoit , pour ainsi
dire , des mains d'Aurelien , eût un Evê-
que , que Gien , qui n'avoit que le sou-
venir de son ancienneté , inuțile à l'éta-
blissement d'un Evêché ? cela même au-
ra dû se faire en suivant le rang que
les Villes tenoient dans l'ordre civil , par
les Prérogatives qu'Aurelien aura accor-
dées à sa Ville. Je ne prétens pas enlever
à Orleans aucun de ses avantages ,
ni
même son ancienneté , elle peut avoir
précedé Aurelien , sans avoir été Gena-
bum. Quand elle ne prendroit son origi-
ne que de ce Prince , elle l'emporteroit
toûjours sur quantité de Villes du Royau-
me , par l'éclat avec lequel elle a parû,
et les Grands Hommes qui en sont sortis ,
et ceux qui y vivent encore.
On me reprochera peut- être de m'être
trop attaché à des conjectures , & à l'A-
nalogie ; je ne donne pas les conjectures
pour des preuves; j'ai cru avoir droit d'en'
faire usage dans des questions où on ne
peut que m'en oposer ; pour l'Analogie ,
I,Vol
jai:
JUIN.
1737
To81
fai évité les deux excès de la mépriser, et
d'en faire trop de cas ; je ne m'y suis pas
abandonné sans regle , puisque je l'ai ac-
cordée avec la position de Lieux.
31. Janvier 1737.
Criminel au Bailliage d'Avallon, sur
Vellaunodunum, ancienne Ville des
Senonois, et Genabum des Carnutes.
Les Sçavans ont été fort partagés sur
la situation de ces deux Villes ; tous
conviennent qu'il faut principalement
la chercher dans César , en suivant au-
tant qu'on peut la découvrir , la route
qu'il a tenue pour aller se rendre maître
de ces deux Places.
César ayant apris en Italie que les Gau-
lois avoient profité de son éloignement ,
et des affaires qu'ils croyoient devoir les
retenir à Rome , pour secoüer le joug
de la domination Romaine , les Carnu-
tes , les Senonois , les Parisiens , les Peu
ples du Poitou, de la Touraine , &c. for-
mentune ligue,s'y engagent par serment,,
et choisissent Vercingentorix pour leur Gé-
néral ; les Carnutes les premiers se signa-
lent par une entreprise d'éclat , ils se
rendent à Genabum
1.Voli
,
où se faisoit un
commerce considérable
>
égorgent les
1
Citoyens Romains qui s'y trouvent , et
entre autres Fusius Cotta qui avoit le soin
Av
dess
1052 MERCURE DE FRANCE
des Vivres ; le bruit de cette action se
répand en peu de temps parmi les Gau-
lois , et le jour même il est porté chés
les Auvergnats , qui sont éloignés de
cent soixante mille de Genabum.
César étant arrivé dans les Gaules ;,
s'annonce par quelques expéditions du
côté des Sevennes et de l'Auvergne, vient
3
ensuite à Vienne , continue sa marche
jour et nuit , en suivant les Frontieres
du Pays des Eduens , pour aller dans ce--
lui des Langrois. Quand il y est arrivé ,.
il donne ses ordres pour assembler ses
Troupes dans un même Lieu , avant que
»
les Auvergnats en puissent être avertis ;
ce qui étant cependant venu à la con-
noissance de Vercingentorix , ce Général
conduisit son Armée dans le Berry , d'où
il alla assieger Gergovia, Ville des Boyens,
Peuples qui avoient des motifs pour être.
plus attachés à César , et moins affection-
nés à la liberté Gauloise que les naturels
du Pays..
L'entreprise de Vercingentorix donna
de l'inquietude à César , qui craignoit
pour sa réputation , et que ses Alliés ne
comptassent plus sur lui , s'ils voyoient
que son secours leur manquoit au besoin;
lé courage de Gésar lu! fit passer sur tou-
tes les difficultés , qui auroient été capa
I.Wol!
bles i
"
JUIN.
1737.
10533
bles d'arrêter tout autre que lui. Il s'as-
sura des vivres pour son Armée auprès
des Eduens , et fit avertir les Boyens de
demeurer fidéles et de se défendre avec
vigueur , afin que se mettant en marche
pour les secourir , il eût le tems de les
joindre. Après avoir laissé deux Légions
à Agendicum , et les Equipages de toute
son Armée , il marche au secours des
Boyens , Duabus Agendici Legionibus re-
lictis atque impedimentis totius exercitus, ad
Boyos proficiscitur.
Je ne vois pas sur quel fondement on a
pû faire passerCésar par Agendicum, puis-
qu'il ne dit pas un mot qui le supose , et
qu'il fait même entendre le contraire. 11
parle de son arrivée dans le Pays de Lan-
gres , et raconte avec beaucoup d'ordre
et de précision les mesures qu'il prend ,
et finit son récit par son départ ; il avoit
assemblé son Armée dans un même Lieu
qu'il ne nomme pas , ses ordres étoient
donnés, avoit-il autre chose à faire, que
de partir ? Et ce qu'il dit , ne fait- il pas
connoître qu'il part du Lieu où ses Lé-
gions sétoient rendues ? If les auroit as-
semblées à Agendicum ,
*
s'il en avoit dû
partir , et on ne peut pas croire qu'il y
alt passé pour se donner lui - même un
soin aussi subalterne que d'y conduire
Il-Volt
Avji
deuxx
1054 MERCURE DE FRANCE
deux Légions , et les Equipages d'une
Armée, dans une conjoncture où il étoit
aussi pressé. Il remarque même , à la fin ,
de son VI. Livre , la distribution qu'il,
avoit faite de ses Légions avant que de
sortir desGaules pour aller en Italie.Il y en
avoit six à Agendicum , ainsi il put en ti-
rer quatre , et en laisser deux , et il lui.
étoit facile d'y faire conduire les Equipa-
ges
de l'Armée
sans y aller en person-
ne. Il a pû aussi assembler toutes ses Lé-
gions et en renvoyer deux à Agendicum,
avec les Equipages ; quoiqu'il en soit , de
la maniere dont cela s'est fait, ce sera cet
ordre qu'il a donné , qu'on aura pris.
pour une marche effective qu'il ait faite..
La situation des affaires de César ne.
lui permettoit pas d'ailleurs de passer par.
Agendicum , que presque tous les Sca-
vans prennent pour Sens , ce qui l'auroit:
obligé de traverser le Pays Ennemi ¡des.
Senonois , qui auroient inquiété son Ar-
mée , retardé sa marche , et même au-
roient pû lui couper les Vivres ; de sorte.
qu'il a dû ne pas s'écarter du Pays des
Eduens , Peuples qui étoient son unique.
ressource pour la subsistance de son Ar
mée:
On ne voit pas dans quel endroit du
Pays de Langres ,, César assembla cette
1. Vol.
Armée ; )
JUIN.
1737.
1055
Armée ; ainsi on ne peut pas dire qu'en
partant du Pays de Langres , il abrégeât
son chemin en passant par Agendicum
dans la circonstance où il se trouvoit ,
c'étoit avancer que de prendre même le
chemin le plus long , pourvû qu'il fût
le plus assuré , et on doit croire qu'il
avoit pris ses mésures de la maniere la
plus convenable à ses desseins.
César étant donc parti du Pays de
Langres , marche avec hâte , et arrive le
lendemain de son départ à une Ville des
Senonois , qu'il nomme Vellaunodunum ;
il dit lui-même les raisons qui l'obligent
de l'assieger , ne quem post se hostem relin
queret , quo expeditiore re frumentarià ute-
retur , oppugnare instituit. Il l'aproche en
effet , en fait la circonvallation en deux'
jours , et l'oblige de se rendre ; comme
il n'avoit pas plus de temps qu'il lui en
falloit , il laisse à Trébonius le soin de
faire executer la Capitulation , marchet
à grandes journées à Genabum , et y arri
ve en deux jours.
L Vol.
1
César ne dit rien de la situation de
Fellaunodunum. Pour la trouver il faut
chercher une Place frontiere des Seno-
nois et des Eduens , sur la route du Pays
de Langres pour aller sur la Loire.
Je trouve la Ville d'Avallon , dont le
>
Bailliage,
106 MERCURE DE FRANCE
Bailliage , qui est ancien , est une partiè
engagée dans le Diòcése de Langres, mais
je ne la propose qu'avec précaution et
sans prétendre décider.-
La situation d'Avallon est exprimée
par le mot de Vellaunodunum , qui pré-
sente à l'esprit, l'idée d'une Plaine, d'une
Vallée où il y a une éminence ; il n'est
pas nécessaire sans doute de rebatre aux
Sçavans l'étimologie de Dunum , après
ce que M. Lancelot et M. le Beuf en ont
dit , il y a dans le Pays même des preu-
ves qui fortifient le sentiment général
sur cette explication , qui est reçûë de
tout le monde.
La Ville d'Avallon est située à l'extré
mité d'une Plaine qui est bornée de cô-
téaux plantés de Vignes , qui produisent
ces Vins si estimés , et sur un rocher es-
carpé de trois côtés , entouré de larges
et profonds Vallons , sur lesquels elle
domine , dans une partie desquels cou-
le la Riviere de Cousain , Cusa amnis i
de sorte que ceux qui viennent du Mor-
vent , qui est au midi de cette Ville ,
sont obligés de descendre et de monter
plus qu'ils n'ont descendu , pour arriver
à cette même Ville .
On ne peut pas dire que l'épithete de
Dunn n'y convienne pas , sous prétex-
I fol
te,,
JUIN.
1737.
1057
te , que du côté de la Plaine elle est ac
cessible , puisque des trois autres elle est
sur une éminence qui domine tous les
aspects.
Si on raproche Vellaunodunum du noma™
d'Aballo ,on y trouve plûtôt un retran-
chement qu'un changement , Aballo se´
trouvant dans Vellauno , la lettre V. a
souvent été prise pour le B. et A. pour
E. dans les Mémoires Historiques et Cri-
tiques , attribués à Mezéray ; s'il n'y a
pas faute d'impression , on y lit Abullo ,
Avallon , ainsi Avellau , Abullo, Aballo,
sont un même nom, que les Copistes ou
lés prononciations ont défiguré. Bollan-
dus qui sçavoit les altérations auxque !--
les les noms de Villes sont sujets , dans
ses notes sur la vie de Saint Lubin , Evê-
que de Chartres , a pris Avallocium pour
Avallon , quoique ce soit Alluye au Pays
de Chartres , il n'y a qu'à voir Gregoire
4. c. 50. Avallocium Car
de Tours , liv . 4. c. 50.
natensem Castrum : surquoi Dom Ruinart´
observe qu'il s'est apellé depuis Alcium
ou Alogium , mais qu'il s'est écrit Al-
sium dans la plupart des Manuscrits , le
mot Aval,suivant Menage, signifie pente :
et descente. Les mots de Val et de Val-
lée rapellent cette signification. Avaller
-dans le sens qu'il a communément, étant
1. Vol .
1658 MERCURE DE FRANCE
métaphorique , et faisant allusion à la
descente des alimens , c'est peut-être ce
qui est entré dans l'esprit de l'Auteur
de la Chronique des Minimies , quand
il a dit d'Avallon , à l'occasion du Con-
vent de son Ordre qui y est établi , que
son nom lui venoit de sa situation , à
præter labente fluviolo cui incidet Aballo
dicitur. Ainsi le mot Aballo n'exprimera
qu'une partie de ce que Vellaunodunum
signifie , il présentoit à l'esprit la pente
et la descente en même temps que l'éle-
vation , comme un endroit où on ne fait
que monter et descendre ; au lieu qu'A
ballo n'exprime que la descente , ce qui
revient toujours au même , puisqu'on ne
peut descendre d'un endroit , qu'on ne
remonte pour y retourner.
Il paroît plus à propos de rendre ain-
si l'étymologie d'Avallon , que par une
autre explication du Celtique qui rend
celle de pomme et de pommier , suivant
un Dictionaire François Breton-Armo-
rique , imprimé en 1659. page 130 .
Adrien de Valois a reçû cette étymolo
gie, suivant laquelle Vellaunodunum pou-
roit signifier la même chose ; cependant
quoiqu'il soit plus juste d'expliquer les
noms de nos Villes anciennes par cette
Langue , que par ceux du Grec ou dự
1. Wo!..
Latin
JUIN.
I. Vol.
1737.
1059
Latin , il faut préférer l'explication qui
a un raport à la chose qu'on explique.
Je conviens qu'on ne trouve aucun
Monument qui prouve l'ancienneté d'A-
vallon , et que si on en exigeoit , je se-
rois réduit à la même excuse que ces fa-
milles douteuses qui se forment un titre
de leur obscurité , et qui ont perdu leurs
papiers dans des incendies ou des pilla-
ges ; cette raison ne seroit pas si mau-
vaise pour Avallon qui en a essuyé de
trop connus , pour que je sois obligé
d'en donner ici les preuves. J'ai oui - dire
à des personnes dignes de foy , qu'il y
avoit eu des restes d'Antiquité , mais
c'est comme s'ils n'avoient pas existé ;
on ne sçait ce que c'est , et on n'en voit
rien.
Il y a seulement quelques années qu'en
démolissant ( chés les Prêtres de la Doc-
trine Chrétienne qui gouvernent le Colle
ge ) les fondations du Château d'Aval-
lon , Castrum Avallonis ; on trouva sous
une grosse pierre du bled , dont l'écor-
ce étoit noircie , soit par vetusté , soit
par quelque opération qu'on avoit faite
pour en conserver la farine aussi saine
qu'elle étoit , deux Lyonceaux d'or , et
plusieurs Médailles; j'en ai vû une qui est
encore entre les mains de M. Vallon ,
Chanoine
1060 MERCURE DE FRANCE
Chanoine de l'Eglise Collégiale Notre-
Dame Saint Lazare de cette Ville , qui
est une consecration d'Auguste ; on y lit
Imp. Cas . au revers, Aug. avec un Aigle.
Je sçais bien que tous les murs dans
lesquels il y a des Médailles , n'ont pas
été bâtis dans le temps auquel ces Mé-
dailles ont été frapées , mais celle ci s'est'
trouvée avec plusieurs autres , avec du
bled , deux Lyonceaux , sous une pierre'
distinguée par sa grosseur , et la figure
ronde , qui servoit de fondement à un
mur de dix-huit à vingt pieds d'épais-
seur , dont l'ouvrage étoit si solide et
si massif , qu'un Ouvrier en pouvoit à
peine rompre deux ou trois pieds par
jour , c'est ce que j'ai vû à peu près dans
le même endroit , dans une autre occa-
sion , et ce qu'on avoit déja, vu dans le
temps que les Ursulines ont bâti leur
Convent , et toujours dans l'enceinte où
la Tradition du Pays , les anciens Titres:
et Terriers de la Ville et du Chapitre ,
placent le Châtel d'Avallon..
Ces Lyonceaux , ce bled , ces Médail-
les , me rapellent à ces anciennes super-
stitions , à l'occasion de la fondation ou
du rétablissement des Villes ou Bâti-
mens publics , dont on voit le détail
dans Tacite , 1. 4. Plutarque sur la Vie
1. Vol.
de
JUIN. 1737.
I. Vol.
1:61
de Romulus , Alex.ab Alex.l.6. c. 14. XC.
Ne feroit ce pas encore trop hazırder ,
de conjecturer que ce pouroit être Au-
guste qui auroit formé le Castrum Ava
lonis , pour y loger les Troupes qui de-
voient y pisser sur les grands chemins
qu'il y a fait faire , dont on voit les res-
tes , et dont il est fait mention dans l'I-
tinéraire d'Antonin , et les Tables des-
Peuttingers? Et la destination de ce Cas-
trum , pouroit faire rendre raison du re-
tranchement de Dunum , et de sa substi-
tution en sa place , ce qui lui est com-
mur. avec d'autres Villes. Quoi qu'il en-
soit,l'Itinéraire connu sous le nom d'An-
tonin , qui porte Aballo , ne contredit
pas cette opinion , les Sçavans ne sont
pas même d'accord sur son époque , que
l'on ne porte pas communément à la pre-
miere Antiquité.
Avallon est assés ancien pour pouvoir
être Vellaunodunum , on ajoute à ce que
l'on a déja dit , qu'on voit cette Ville
en considération du temps au moins
de Saint Germain , Evêque de Paris , qui
y avoit étudié , et de Saint Jean de
Reaume , pour avoir un Comte , des
Ecoles , et une étendue de Pays dont
elle étoit la Capitale , qui s'apelloit Pa-
gus Avalensis."
Si
1062 MERCURE DE FRANCE
Si on réunit ce que je dis sur l'ancien-
neté d'Avallon , son nom , sa situation ,
qu'elle est sur la route du Pays de Langres
pour aller sur la Loire , et frontiere aux
Eduens, en ne séparant pas toutes ces vûës,
je crois qu'elles forment au moins une for-
te conjecture pour mon sistême ; mais je
laisse aux Sçavans à décider, et je me sou-
mets d'avance à leur jugement.
Je sçais bien qu'on me peut faire , en
tr'autres objections , celle- ci ; que César
dit que Vellaunodunum est une Ville des
Senonois , et qu'Avallon est du Diocèse
d'Autun , et que les Diocèses Ecclesias-
tiques ont été formés sur le partage tem
porel des Provinces; d'où on doit conclu-
re, dira-t-on, qu'il faur chercher Vellan-
nodunum dans la Métropole de Sens.
Ce principe est vrai , mais il cesse de
l'être , si on en fait en route occasion
un usage trop rigoureux ; loin de le com-
battre,je prétends le recevoir et le rendre
plus certain en le resserrant dans ses bor-
nes , et faisant voir qu'il ne nuit pas à
ce que j'ai proposé.
On sçait que la Foy a été portée dans
les Gaules assés tard , ainsi les Eglises n'ont
pû être en état de faire entr'elles des
divisions de Diocèses que plus tard en-
core, et vraisemblablement depuis Cons-
1. Vol.
tantin
JUIN.
1737.
1063-
tantin.Or il est certain que les distinctions
des Provinces Ecclesiastiques n'ont été
formées que sur la division temporelle
qui subsistoit dans le temps que l'on a
fait ces divisions . C'est donc un Anacro-
nisme d'apliquer l'étenduë d'un Diocèse,
ou d'une Métropole à l'étenduë d'un Païs
du temps de César , puisque depuis lui
jusqu'à l'établissement des Diocèses Ec-
clesiastiques , il y a eu differens partages
de Provinces , et que l'autorité des Villes,
ou du moins de quelques-unes avoitit pas-
sé à d'autres , qui , par consequent, dans
P'Ordre Ecclesiastique étoient devenuës
les premieres. Les divisions des Diocèses
n'ont pas été reglées avec les premiers
Evêques, ce n'a dû être que quand ils ont
été dans un état fixe et tranquille, que les
changemens de Province n'en ont point
fait aux limites du Territoire Ecclesiasti-
que. On voit bien , par exemple , que le
Diocèse d'Autun , quelque étendu qu'il
soit , ne comprend pas tout le Pays des
Eduens ; que le Pays des Senonois n'est
pas exactement le territoire du Diocèse
de Sens , ni même celui de la Métropole;
la quatriéme Lyonnoise étant une divi .
sion posterieure , qui a donné l'étenduë à
la Métropole. M. de Tillemont T. 5. His.
toire des Empereurs , Art. 65. sur l'Em
1. Vol
pereur
1064 MERCURE DE FRANCE
pereur Honorius , raporte que cet Empe-
reur partagea la Lyonnoise en quatre
Provinces , que du tems de Gratien et de
Théodose , elle n'en faisoit que deux , dont
Lyon et Rouen étoient Métropoles
ainsi
c'est à Honoré que les Métropoles de Tours
et de Sens doivent leur Erection , aussi la
troisiéme Lyonnoise , qui est la Province de
Tours et la Senonoise sont marquées entre
·les dix-sept Provinces des Gaules dans la
Notice de l'Empire qu'on croit avoir été fai-
te du temps d'Honoré. M. de la Barre dans
un Mémoire sur les Divisions des Gaules,
imprimé dans les Mém. de Litt. T.8. p .
403 , prétend trouver la division des qua-
tre Lyonnoises avant 381. sous l'Empire
de Gratien. Quoi qu'il en soit, il ne faut
pas conclure que parce qu'uneVille n'est
aujourd'hui ni de la Métropole , ni du
Diocèse de Sens , qu'elle n'étoit pas du
temps de César dans le Pays des Seno-
nois , puisque cette Métropole a été for-
mée bienpostérieurement sur un partage
temporel tout different .
Il est plus que vraisemblable qu'Aval
lon , qui n'est éloigné que de deux ou
trois lieuës du Diocèse et du Bailliage
d'Auxerre , ait été compris dans le Pays
des Senonois ; le Pays des Eduens s'éten
doit moins de ce côté-là ; et César , après
1. Vol.
avoir
L. Vol,
JUIN.
1737.
1065
avoir pris Vellaunodunum, l'aura attribuée
aux Eduens. Enfin il y a eu depuis lui
jusqu'au temps de l'établissement des
Diocèses tant de changemens généraux
et particuliers, qu'on ne peut apliquer la
Division Ecclesiastique pour connoître à
quel Pays on doit attribuer une Ville du
temps de César,
Après la prise de Vellaunodunum, César
partit avec précipitation pour aller à Ge-
nabum. Ipse ut quamprimùm iter faceret ,
Genabum Carnutum proficiscitur. Il falloit
bien que ce fût l'endroit le plus près où
il pût passer la Loire , puisque ne s'étant
mis en marche que pour secourir Gergo-
via , qui n'étoit pas , comme il le dit lui-
même , en état de tenir long-temps , il
avoit trop d'interêt de ne pas prendre un
passage plus bas , pendant qu'il en trous
voit un plus près , et il falloit bien que
ce fût le seul endroit où il dût nécessai-
rement passer , puisque les Carnutes mé-
ditoient de la mettre en défense , et ne
s'étoient pas assés pressés d'y jetter les
secours nécessaires soit d'hommes , soit
de munitions , parce qu'ils croyoient que
le Siege de Vellaunodunum traîneroit en
longueur. Si la situation de leur Place ne
les avoit pas exposés les premiers , ils
n'auroient pas dû croire que César seroit
venu
1.066 MERCURE DE FRANCE
venu à eux après la prise de Vellaunodu-
num ; ce qui prouve , sans replique , que
c'étoit le seul passage convenable aux des-
seins de César.
Son objet assurément n'étoit pas d'al
ler s'amuser à se vanger de Genabum , il
n'y passoit que parce que c'étoit son che
min ; quand il part du Pays de Langres,
il mande aux Boïens qu'il marche à leur
secours ; il les exhorte à lui donner le
temps , par une vigoureuse resistance ,
de lesjoindre à propos.Gergovia étoit trop
peu considerable pour qu'il pût compter
pouvoir prendre Genabum avant que Ver-
cingentorix eût pris Gergovia , lui qui
doutoit même s'il auroit le temps d'y ar
river. On sçait les inquietudes que le
Siege de cette Place lui donnoit ; enfin
il ne párt l'hyver que pour la secou-
rir. On ne peut donc pas lui donner
d'autres motifs s'il passe à Genabum ,
que de prendre le chemin le plus court
pour y aller.
Il y a quantité d'inconveniens à croi-
re que César ne prend Genabum que pour
donner à ses Armes l'éclat d'une ven-
geance ; il y avoit sans doute plus d'éclat
à réussir dans son objet en arrêtant les
entreprises de ses Ennemis , en secourant
ses Alliés , et en ne laissant pas prendre
1. Vol.
Gergovia
JUIN.
1737.
1067
Gerrovia ne risquoit- il pas tout si cetre
Place tomboit entre les mains des Gau
lois ? ainsi c'est la nécessité du passag
qui détermine César à attaquer Genabum
et c'est ce qui me détermine à préférer
le sentiment de ceux qui prennent Gien
pour Genahum , à l'opinion de ceux qui
sont pour Orleans.
Cette marche que je fais faire à César,
en le faisant partir du Pays de Langres ,
et en prenant Avallon pour Vellaunodu
num , comme étant à peu près à égale
distance de Gien et de l'endroit où il
a voit assemblé ses Légions , qui est celui
d'où il part , puisqu'il arrive en deux
jours à Vellaunodunum ,
et qu'il met le
même espace de temps pour aller de
Vellaunodunum à Genabum , cette marche,
dis. je , s'accorde parfaitement avec l'idée
qu'en donne César. Il avoit une Armée
légere , qui n'avoit aucuns embarras d'é.
quipages , et il exprime fort clairement
qu'il va plus vite que de coûtume ; il ne
dit cependant pas qu'il fait de ces mar-
ches forcées et extraordinaires qu'on sçait
qu'il a quelquefois faites en d'autres oc-
casions, et qu'il a soin de remarquer: ain-
si il faut prendre le milieu entre ces gran-
des marches et une marche ordinaire, On
remarque , après Vegece , qu'un Soldat
1. Vol.
B
Romain
1068 MERCURE DE FRANCE
Romain faisoit en cinq heures d'Eté
gradu militari , vingt mille , ce qui re-
vient à six lieuës et demie . Or ceux qui
font passer César à Sens , et qui met-
tent Vellaunodunum entre cette Ville
Orleans , ne lui font faire que vingt qua
tre lieuës en quatre jours de marche ; re.
connoîtroit- on l'activité de César defal
re moins que de coûtume , quand il dit
qu'il en fait davantage , et qu'il s'étoiɛ
même, dans ce dessein, débarassé d'équis
pages? Il y a encore plus d'inconvenient
pour ceux qui , prenant Genabum pour
Gien , ne lui font faire que quinze lieuës
en quatrejours , en le faisant aussi pard
tir de Sens au lieu qu'en prenant Vel
launodunum pour Avallon , et le faisant
partir du Pays de Langres , on lu ficfait
faire dix de nos lieuës par jour, c'est crois
lieues et demie plus que l'ordinaire :
pouvoit-il faire moins étant obligé à faire
une marche plus forte ? et n'a ton
vû qu'il en a fait plus du double en une
nuit? c'est ce que les Partisans d'Orleans
prouvent par César même.
La nouvelle de la Révolution arrivée
à Genabum est portée en douze ou quinze
heures en Auvergne , qui , selon César
en est éloignée d'environ 160. mille , ce
qui revient à 52. lieuës , et prouve que
1. Vol.
JUIN.
1737.
1069
c'est plûtôt Gien qu'Orleans ; car quel-
que prompte qu'on puisse imaginer
qu'ait été la maniere dont les Gaulois se
communiquoient successivement
, par
des cris , ce qui se passoit d'un Pays à un
autre , il ne faut pas outrer la facilité de
cette communication , qui de Gien en
Auvergne aura toûjours été la plus promp-
te que les hommes puissent par eux- mê-
mes mettre en usage.
Quelqu'interessant qu'ait été cet éve-
nement , il arriva sans être médité ; les
Carnutes s'engagerent bien de faire la
premiere entreprise , mais on ne sçavoit
quand, et quelle elle seroit, et quoiqu'on
en répandît sur le champ la nouvelle , elle
ne le fut pas plus promptement que les
autres qu'on communiquoit par la même
voye ; il falloit toûjours que les uns at-
tendissent que ceux qui les devoient en-
tendre parussent , et ainsi des autres , à
moins de suposer qu'ils fussent tous prêts:
c'est ce qui n'est pas naturel à penser, et
ce qu'on ne peut faire dire à César sans
forcer son texte .
Gien est plûtôt à
2. lieuës d'Auver-
gne qu'Orleans qui en est à 12. ou 15.
lieues plus loin , et la distance que César
marque par mille, est plus exacte et plus
près de la verité que notre maniere de
1. Vol.
Bij compter
1070 MERCURE DE FRANCI
compter par lieues , parce que la differen
ce du nombre se trouveroit trop grande
il
y a près de so. mille de Gien à Orleans
et par consequent au lieu de 160. mille
ce sont 210. mille d'Orleans en Auver
gne. Nous disons plus aisément sc.OL
60. lieuës , qu'on ne diroit 150. ou 200
mille: enfin en donnant 15.heures pour l
temps de porter la nouvelle à 160. mille
il aura fallu 4. heu . et demie de plus pou
la porter d'Orleans en Auvergne , etc
plus ou ce moins n'auroit pas manque
d'être remarqué par César , puisque cet
évenement n'auroit pas été sçû , comme
J
il le fut , antè primam confectam vigiliam,
et qu'il l'auroit été 4. heures et demie
plus tard. Aymoin est l'Auteur de l'o
pinion qu'Orleans est Genabum : son au
torité en fait de critique n'est pas assés
bien établie pour qu'il en soit crû sans
༈༙་
nous en avoir cité d'autres pour apuyer
la sienne , et je crois qu'avec Aymoin ,
Hugues de Fleury , le Poëte Gilles de
Paris , la question peut demeurer en son
entier. Peut-on aussi compter tous ceux
qui ont traduit Genabura Orleans , et
ceux qui aportent en faveur de leur opi-
nion , le nom de Genabum par- tout où ils
le trouvent? Tant de personnes ont mis
la main au Livre d'Aymoin , que son
1. Vol.
passage
JUIN.
1737.
1071
passage poutoit bien être une Note in-
serée dans son Texte, et l'autorité qu'on
lui veut donner sur ce qu'il a demeuré
dans le voisinage d'Orleans et de Gien ,
ne presente toûjours que la question de
sçavoir s'il a bien connu ce Pays-là ; cette
demeure pouvoit- elle lui faire connoître
un Fait tel que celui dont il s'agissoit ?
Glaber , qui avoit été Moine à Saint
Germain d'Auxerre , et que l'on croit
même être né en cette Ville , qui n'est
pas fort éloignée de Gien et d'Orleans ,
prétend que cette dernière Ville n'a cu
son nom que de sa situation sur la Loire,
quasi ore Ligerianâ eo videlicet quod in ore
ejufdem Fluminis ripa sit constituta , non
quidam minus cauti existimant ab Aure-
liano Augusto.
M. de Tillemont T. 3. sur la Vie de
Empereur Aurelien
>
a suivi le senti-
ment d'Oton de Frisingue. Cet Empereur
vint , dit il , dans les Gaules ; on ne dit
pas ce qu'ily fit , selon Zonare & le Syn-
celle , il semble qu'il y soit venu à cause de
quelque rébellion des Gaulois , qu'il apai-
sa bien tôt. Le Maire , dans son Histoire
d'Orleans , cite beaucoup de Modernes
qui croyent que cette Ville a été rebâtie par
Aurelien , et le nom Latin qu'elle portoit
dès le cinquième Siecle au moins sen ble ne
I. Vol.
Biij.
venir
T072 MERCURE DE FRANCE
venir que de lui.C'est donc sur l'Analogie
du nom Latin d'Orleans , que cet Au-
teur , si respecté des Sçavans , l'attribuëà
Aurelien,plûtôt que sur l'autorité des Mo
dernes , et il ne passe pas pour cela à l'o-
pinion de ceux qui la font descendre de
Genabum. Il ajoûte même que le nom
Latin d'Aurelianis étoit celui qu'elle por-
toit au moins dès le cinquiéme Siecles
elle n'en avoit donc pas alors d'autr
sous lequel elle fût communément con-
nuë ; ainsi le passage de Gregoire de
Tours dans la Vie de S. Nisier , Evêque
de Lyon , est entierement décisif ; bien
loin de pouvoir être tourné en objection .
Cet Auteur fait mention de Genabensis
Galliarum Urbs : il y désigne une Vill
dont il n'avoit pas encore parlé , et i
falloit que cette Ville ne fût pas alor
bien connue , puisqu'il étoit obligé d'a
joûter , pour qu'on ne s'y méprît pas
que c'étoit une Ville des Gaules. Auroit-
il ainsi parlé d'Orleans qui étoit dans
son état brillant ? Pourquoi l'auroit- il
ainsi obscurcie sans la faire paroître , lui
qui en parle en plus de cinq uante occa-
sions sous le nom de Aurelianis ? Pour
quoi dans ce seul endroit auroit- il don-
né un nom qui n'étoit pas le nom connu
et en usage ? Il faut donc conclure du
I. Vol.
passage
I. Vol.
JUIN.
1737.
1073
passage de Gregoire de Tours , qu'il y
avoit de son temps une Ville de Gena-
bum , et la Ville d'Aurelien , et que ces
deux noms sont de deux Villes differen-
tes. La seule raison qui a fait croire à
Dom Ruinart que Genabensis Vrbs étoit
Orleans ,
c'est que Gregoire de Tours
avoit déja fait mention de Genêve sous
le nom de Januba.
On objecte contre Gien le passage de
Strabon qui place Genabum environ , fe
rè, au milieu de la Loire , restriction qui
rend son expression toûjours douteuse ,
et qui ne doit pas faire chercher Gena-
bum au milieu de ce Fleuve . C'est déci-
der ce qu'il ne décide pas , de tirer la
conséquence que cela s'aplique plûtôt à
la situation d'Orleans qu'à celle de Gien ;
puisque quand il s'en faudroit 15. lieuës,
cela n'empêcheroit pas que , sans accu-
ser Strabon de s'être trompé , on ne pût
dire , sans erreur , que Gien est presque
au milieu de ce Fleuve , par raport à son
long cours ; et je crois qu'à le bien pren-
dre , Gien est plûtôt au milieu de la Loi-
re qu'Orleans.
On ajoûte que Genabum étant le Mar-
ché principal des Carnutes qui venoient
y commercer , cela convient mieux , dit-
on, à Orleans, qui est plus près de Char-
Biiij.
tress
1074 MERCURE DE FRANCE
tres que Gien; mais c'est tout au plus une .
raison de convenance. Quand on parle
des Carnutes , cela doit s'entendre de tout
le Pays , aussi -bien que des Peuples de
la Capitale , et ce n'est pas toujours la
proximité d'une Ville d'un Pays avec la
Capitale , qui lui est la source de son
commerce ; c'est elle- même qui par sa
situation avec l'Etranger le porte au Pays.
C'étoit Genabum qui fournissoit les Car-
nutes , et portoit la richesse et l'abondan-
ce dans le Pays , sans avoir besoin d'être
plus près de Chartres. Il faut faire atten-
tion à l'état des Gaules , qui la rendoit
alors le rendez- vous des Peuples dont
elle étoit voisine.
Strabon justifie la maniere dont je ré-
.
ponds , en parlant du commerce du Rhô-
ne : il dit que la rapidité de ce Fleuve
rendant la navigation difficile à ceux qui
le remontoient , on transportoit les mar-
chandises par terre chés les Auvergnats ,.
et sur la Loire : Gien , auroit sans doute
été bien plus à portée qu'Orleans d'être
l'Entrepôt de ce commerce , et la pre-
miere Place considérable qui auroit reçû
ces marchandises. N'étoit- elle pas dans
une meilleure situation qu'Orleans par ra-
port à l'état de Gaules les Auvergnats y
venoient par la Loire ; elle étoit frontiere
I. Vol.
aux
JUIN.
I Vole
1737.
1075
aux Peuples du Berry , aux Eduens, aux
Senonois, &c. Cela ne valoit- il pas mieux
que d'être dans la situation d'Orleans et
plus près de Chartres ?
Le Maire, dans son Histoire d'Orleans ,
ajoûte qu'une suite de ce commerce ,
c'est que l'Evêque et le Chapitre de Char-
tres faisoient anciennement tous les ans une
Procession à Orleans; ce qui prouvoit , sc-
lon lui ,l'habitude des deux Peuples d'aller
les uns chés les autres Il faut, suivant ce
raisonnement qu'il n'y ait eu aucune inter-
ruption entre le commerce des Chartrains
et Genabum avec l'établissement des Pro-
cessions dans l'Eglise ,pour que l'on puisse
dire que l'un a été l'occasion de l'autre
et c'est ce qu'on ne peut soutenir : la cé-
lébrité d'Orleans , et le commerce qui
y a été porté depuis , en pouroit être la
seule cause, puisque cela aproche plus du
temps des Processions : il seroit même
peut-être plus naturel de donner à cet
établissement une origine plus pieuse
Enfin, pour tirer une consequence justė,
il faut prouver qu'Orleans est Genabum
autrement on tombe dans une petition
de principe.
On ajoûte encore que les chemins Ro-
mains dont on trouve des vestiges consi--
derables , conduisent de Chartres à Or-
Biv
leans>
1076 MERCURE DE FRANCE
leans , sans faire voir qu'ils ayent existé
avant Aurelien; quoi que ce soit Auguste
qui ait fait travailler le premier aux
grands chemins dans les Gaules, on sçait
qu'il ne les a pas tous faits , et Bergier
entre dans un grand détail du soin avec
lequel les Empereurs qui ont suivi , les
entretenoient , et formoient de nouvel
les communications entre les Villes.
On compte ensuite les distances de Ge
nabum à Paris , et on fait la même opera-
tion en suivant la route jusqu'à Autun ,
et on prétend que , par l'évaluation des
Milliaires sur nos lieuës , il est impossi-
ble que Gien soit l'ancien Genabum , puis
qu'Orleans se trouve précisément à la
même distance de ces Villes que Gena-
bum.
Mais sans entrer dans tout le détail de
la réponse qu'on pouroit faire, qui deman-
deroit beaucoup d'étendue , on croit que
ce qu'on a dit , affoiblit d'avance l'im-
pression que peut faire cette objection ,
qui est , à le bien prendre , la seule qui
reste aux Partisans d'Orleans. On sçait
que l'Itineraire est une piece suspecte et
fort peu exacte, puisqu'on convient qu'il
y a des lacunes en plusieurs endroits ,
que les noms des Villes y sont alterés ,
que les Milliaires ne sont pas sûrs , que
4. Fol..
les
IVol.
JUIN.
1737.
1077
Yes Sçavans ne sont pas même d'accord
sur plusieurs routes ; de sorte qu'on ne
doit pas se servir de l'Itineraire pour déci-
der des points obscurs : tout au contraire,
on vérifie l'Itineraire sur les connoissan-
ces que l'on a , et on ne s'en sert pas
comme on a fait avec des conjectures.
Il est inutile de faire valoir la célébrité
d'Orleans sous la premiere Race de nos
Rois , qu'elle a été Capitale, &c . Cela ne
peut pas prouver qu'elle ait été Genabum,
ni qu'elle fût ancienne ; ces raisons ne
déterminent pas pour y porter la Cour
d'un Roy , et ces sortes de distinctions
peuvent fort bien convenir à une Ville
nouvellement bâtie, qui a ordinairement
plus d'agrément qu'une Ville qui n'a que
le mérite de son ancienneté.
On veut encore que Gien justifie des
Monumens anciens , ce qui est hors du
cas ; puisque cette Ville , en la prenant
pour Genabum, ayant été détruite et brû--
lée par César , n'ayant pas eu de Restau-
rateur, et les Romains n'y ayant pas laissé
de ces Ouvrages immortels , n'aura rien
conservé ; combien de Villes anciennes ,
reconnues pour telles , qui n'ont aucuns
monumens de ces Maîtres du Monde ?
Cela peut même s'accorder avec ce qu'on'
Groit d'Orleans , qui ayant été bâtie , ou
Bvj
retablie
1078 MERCURE DE FRANCE
retablie par Aurelien , aura reçu tout le
commerce avec plus d'avantages qu'auci
ne autre Ville : les Peuples mêmes de Gena-
bum , élevés au commerce , auront été
s'y établir;
et ce sera ainsi qu'Orleans
aura été formée des débris de Genabur
qui sera demeurée une Ville peu consi-
dérable : il n'en faut pas davantage pour.
faire naître de ces Traditions populaires
qui se corrompent toûjours , et qui dans
les temps ténebreux de la Litterature, au-
ront été adoptées par Aymoin , & c.
La question que l'on fait , si Gien sub-
sistoit , est la question même ; si elle est
Genabum , elle subsistoit ; si elle est Ge-
nabum , elle avoit un Pont. Il pouvoit y
en avoir plus bas , mais il ne s'agit pas
de celui - là . Enfin le nom qu'elle porte
est d'une grande considération pour
apuyer ce sistême ,
il fait autant croire
que Gien est Genabum , que le nom d'Or
leans peut prouver qu'elle tire son ori-
gine de l'Empereur Aurelien , suivant
M. de Tillemont , il n'y en a pas d'au-
tre preuve. Les noms de Giemus, Gie-
macum, Giemum , qu'elle a porté dans les
temps de la basse Latinité, sont-ils plus
éloignés de Genabum que ceux de quan
tité de Villes qu'on reconnoît avec de
pareilles alterations ?.
I..Vol.
Ons
JUIN.
1737.
1079
On fait encore la même objection à
Gien que celle que j'ai prévu pour Aval
lon , en disant qu'elle est aujourd'hui du
Diocèse d'Auxerre et de la Métropole
de Sens : d'où on conclut qu'elle a dû être
du Pays des Senonois , et qu'elle ne peut
avoir été Genabum , qui étoit du Pays des
Carnutes. Je ne repeterai pas ce que j'ai
dit sur le principe en général , jajoûterai
seulement que le Lieu où est Gien apar-
tenoit incontestablement aux Carnutes
puisque la Loire passoit , suivant Stra
bon , chés les Auvergnats , et dans le
Pays des Carnutes; et il ne dit pas qu'elle
passât chés les Senonois. Enfin ce qui ne
peut convenir à Orleans , et désigne ab-
solument Gien , c'est que César , après-
avoir pris Genabum , entre dans le Pays
de Berry.
Dire que Gien auroit eu l'Evêché si
elle avoit été Genabum, c'est vouloir faire
croire que ces établissemens ont été faits
les Titres à la main , en examinant l'an--
cienneté des Villes , et que les Apôtres
des Gaules , et ceux qui ont fondé des
Eglises , n'ont pas plûtôt fait attention
à d'autres avantages plus propres à ré
pandre la Foy Pourquoi Decise , Me-
lun , &c. n'ont elles pas d'Evêques ? Ces:
Villes ont parû avant Lyon , qui est
14Vol..
cependant
TOS MERCURE DE FRANCE
cependant apellée la Mere des autres
Eglises. C'est que Lyon avoit dans ce
temps là des avantages qui la faisoient
regarder , à juste titre , comme une Ville
des plus considérables par le concours
des Etrangers. N'étoit- il pas plus natu-
rel qu'Orleans , qui sortoit , pour ainsi
dire , des mains d'Aurelien , eût un Evê-
que , que Gien , qui n'avoit que le sou-
venir de son ancienneté , inuțile à l'éta-
blissement d'un Evêché ? cela même au-
ra dû se faire en suivant le rang que
les Villes tenoient dans l'ordre civil , par
les Prérogatives qu'Aurelien aura accor-
dées à sa Ville. Je ne prétens pas enlever
à Orleans aucun de ses avantages ,
ni
même son ancienneté , elle peut avoir
précedé Aurelien , sans avoir été Gena-
bum. Quand elle ne prendroit son origi-
ne que de ce Prince , elle l'emporteroit
toûjours sur quantité de Villes du Royau-
me , par l'éclat avec lequel elle a parû,
et les Grands Hommes qui en sont sortis ,
et ceux qui y vivent encore.
On me reprochera peut- être de m'être
trop attaché à des conjectures , & à l'A-
nalogie ; je ne donne pas les conjectures
pour des preuves; j'ai cru avoir droit d'en'
faire usage dans des questions où on ne
peut que m'en oposer ; pour l'Analogie ,
I,Vol
jai:
JUIN.
1737
To81
fai évité les deux excès de la mépriser, et
d'en faire trop de cas ; je ne m'y suis pas
abandonné sans regle , puisque je l'ai ac-
cordée avec la position de Lieux.
31. Janvier 1737.
Fermer
Résumé : LETTRE de M. le Tors, Lieutenant Criminel au Bailliage d'Avallon, sur Vellaunodunum, ancienne Ville des Senonois, et Genabum des Carnutes.
La lettre de M. le Tors, Lieutenant Criminel au Bailliage d'Avallon, aborde la localisation des anciennes villes gauloises Vellaunodunum et Genabum. Les savants s'appuient principalement sur les écrits de Jules César pour identifier ces villes. César décrit une révolte gauloise dirigée par Vercingétorix, impliquant les Carnutes, les Sénonais et les Parisiens. Les Carnutes attaquèrent Genabum, tuant des citoyens romains, dont Fusius Cotta. César rassembla ses troupes pour secourir les Boïens assiégés à Gergovie, laissant deux légions à Agendicum. Il conquit ensuite Vellaunodunum, une ville sénonaise, avant de se diriger vers Genabum. Le texte identifie Avallon comme étant Vellaunodunum, située à la frontière des Sénonais et des Éduens, sur une route reliant le pays de Langres à la Loire. Avallon est décrite comme étant perchée sur un rocher escarpé entouré de vallons profonds, traversé par la rivière Cousin. Le terme 'Dunum' indique une éminence ou une colline. L'auteur explore les variations du nom Avallon et son étymologie, privilégiant une explication liée à la géographie locale. La découverte de médailles et de pièces d'or lors de la démolition du château d'Avallon atteste de l'antiquité de la ville. Concernant Genabum, le texte compare les hypothèses la situant à Orléans ou à Gien. César mentionne une distance en miles qui favoriserait Gien. Plusieurs auteurs soutiennent qu'Orléans est Genabum, mais leur autorité est contestée. Strabon place Genabum au milieu de la Loire, ce qui correspond mieux à Gien. Genabum était un centre commercial important, fournissant les Carnutes et apportant richesse et abondance. La navigation rapide du Rhône rendait le transport terrestre préférable via la Loire, plaçant Gien dans une position stratégique. L'auteur réfute les objections basées sur les divisions ecclésiastiques et les avantages stratégiques et économiques des villes.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4612
p. 1081-1082
ETRENNES.
Début :
Puisque voulez que je vous donne Etrenne [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ETRENNES.
ETRENNES.
Puisque voulez que je vous donne Etrenne
De quelques Vers, pour de l'an le premier ,.
En voici donc que d'une aride Veine ,
J'arrache avec moult chagrinante peine
Pour vous marquer que bonheur tout entier,
Que de plaisirs , trop cruelle Climene ,
Par celui-là que sans aucun quartier ,
Vous prenez goût de mettre dans la gêne ,
Est désiré pour vous plus d'un millier.
Point l'avez crû lorsque sur le papier
Le Notaire a griffonné votre chaîne ,
Avec celui qui comme un vieux Rentier ,,
Silencieux pendant un jour entier ,
Même avec vous pouroit rester sans peine.;
Il m'a fallu souscrire à vos désirs ;
Mais quel'amour mon cœur vous sacrife ?
Fatal Hymen ! que de tendres plaisirs ,
J'aurois goûté pendant toute ma vie !
Tout promettoit succès à mon ardeur ;
Les premiers feux de votre jeune cœur ,
L.Vol.
Farent
fo82 MERCURE DE FRANCE
Furent pour moi ; que n'ai-je un peu plus d'âge!
Oui , malgré tout , jeunesse et voisinage ,
Vous me quittez , pour qui ? Pourun Rival
;
Plus près que moi de son terme fatal ;
Entre-nous deux , voilà la différence ,
Quoi la vieillesse obtient la préference !
Pardon , mes vers peut-être sont trop francs.
Mais puis -je moins dans mes ennuis pressans?
Attendez-vous dans ma douleur mortelle ,
Qu'à votre égard plus Poëte qu'Amant ,
Et de mon cœur trahissant la querelle ,
Pour présider à votre accouchement ,
J'implore encor le secours de Lucine
Et qu'en beaux vers , je chante l'origine
D'un bel Enfant ? je suis votre valet ;
C'est bien assés d'envoyer ce bouquet. `
Reganhac , fils.
Puisque voulez que je vous donne Etrenne
De quelques Vers, pour de l'an le premier ,.
En voici donc que d'une aride Veine ,
J'arrache avec moult chagrinante peine
Pour vous marquer que bonheur tout entier,
Que de plaisirs , trop cruelle Climene ,
Par celui-là que sans aucun quartier ,
Vous prenez goût de mettre dans la gêne ,
Est désiré pour vous plus d'un millier.
Point l'avez crû lorsque sur le papier
Le Notaire a griffonné votre chaîne ,
Avec celui qui comme un vieux Rentier ,,
Silencieux pendant un jour entier ,
Même avec vous pouroit rester sans peine.;
Il m'a fallu souscrire à vos désirs ;
Mais quel'amour mon cœur vous sacrife ?
Fatal Hymen ! que de tendres plaisirs ,
J'aurois goûté pendant toute ma vie !
Tout promettoit succès à mon ardeur ;
Les premiers feux de votre jeune cœur ,
L.Vol.
Farent
fo82 MERCURE DE FRANCE
Furent pour moi ; que n'ai-je un peu plus d'âge!
Oui , malgré tout , jeunesse et voisinage ,
Vous me quittez , pour qui ? Pourun Rival
;
Plus près que moi de son terme fatal ;
Entre-nous deux , voilà la différence ,
Quoi la vieillesse obtient la préference !
Pardon , mes vers peut-être sont trop francs.
Mais puis -je moins dans mes ennuis pressans?
Attendez-vous dans ma douleur mortelle ,
Qu'à votre égard plus Poëte qu'Amant ,
Et de mon cœur trahissant la querelle ,
Pour présider à votre accouchement ,
J'implore encor le secours de Lucine
Et qu'en beaux vers , je chante l'origine
D'un bel Enfant ? je suis votre valet ;
C'est bien assés d'envoyer ce bouquet. `
Reganhac , fils.
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Résumé : ETRENNES.
Dans cette lettre poétique, l'auteur exprime sa déception et sa tristesse face à un mariage arrangé impliquant Climène, la femme qu'il aime. Il déplore la nécessité pour elle de se marier contre sa volonté et regrette de ne pouvoir partager une vie heureuse ensemble. L'auteur souligne la préférence donnée à un autre homme, plus âgé, soulignant ainsi la cruauté de la situation. Il se montre franc sur ses sentiments et refuse de célébrer l'avenir enfant de Climène, se contentant d'envoyer un bouquet comme geste symbolique. Le poème se conclut par la signature 'Reganhac, fils'.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4613
p. 1082-1115
DISSERTATION sur l'Origine du Papier et Parchemin timbré, les Lieux où cette Formalité est établie, son Objet, ses Effets, et diverses questions auxquelles elle peut donner lieu. Par M. A. G. Boucher d'Argis, Avocat au Parlement.
Début :
Quoique l'établissement du Papier et Parchemin timbré en France ne [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DISSERTATION sur l'Origine du Papier et Parchemin timbré, les Lieux où cette Formalité est établie, son Objet, ses Effets, et diverses questions auxquelles elle peut donner lieu. Par M. A. G. Boucher d'Argis, Avocat au Parlement.
DISSERTATION sur l'Origine du
Papier et Parchemin timbré, les Lieux
où cette Formalité est établie, son Objet,
ses Effets, et diverses questions auxquelles
elle peut donner lieu. Par M. A. G.
Boucher d'Argis, Avocat au Parlement.
Quoique l'établissement du Papier
et Parchemin timbré en France ne
Q
remonte guere qu'à 60. et quelques an
I Vol.
2
nées
JUIN.
1737.
1033
nées, et que cette matiere semble d'abord
être purement de Finance , la formalité
du Timbre en général , ne laisse pas d'ê-
tre fort ancienne , et de faire naître di-
verses questions , dont la décision dé-
pend des principes du Droit et de l'é-
quité naturelle.
C'est sous ce point de vûë que l'on se
propose de discuter ici cette matiere , et
seulement en ce qui est du Ressort de la
Jurisprudence .
19. Il paroîtra peut- être singulier que
l'on fasse remonter l'origine du Papier
timbré jusqu'au temps des Romains : ce-
pendant il est constant que cette forma-
lité ne leur étoit pas totalement incon-
nuë.
En effet , l'Empereur Justinien , con-
siderant le grand nombre d'Actes que les
Tabellions de Constantinople recevoient
journellement , et voulant prévenir cer-
taines faussetés qui pouvoient s'y glis-
ser , par sa Novelle 44. publiée l'an 537.
suivant les Fastes Consulaires ch. 2.
* Novella 44. de Tabellionibus , et ut Protoco-
la dimittant in
chartis. Imperator Justinianus
August. Joanni Prafect.Prator. iterùm Exconsuli et
Patricio. Litem , &c. Cap. II .
Illud quoque prasenti adjicimus Legi , ut Ta-
beliones non in aliâ charta purafcribant documen
ta , nisi in illâ qua in initio ( quod vocatur Proto-
I.Vol.
donna
7084 MERCURE DE FRANCE
donna que ces Tabellions ne pouroient
recevoir les Originaux des Actes de leur
ministere que sur du Papier en tête du-
quel (ce qu'on apelloit le Protocole ) se-
roit marqué le nom de l'Intendant des
Finances qui seroit alors en place , le
temps auquel auroit été fabriqué le pa-
pier, et les autres chosesque l'on avoit coû
tume de mettre en tête de ces papiers des-
colum per tempora gloriosissimi Comitis sacrarum
nostrarum largitionum habeat appellationem , et
tempus quo Charta facta est , et quacumque in ta-
libus scribuntur , et ut Protocolum non incidant
sed insertum relinquant. Novimus enim multas
falsitates ex talibus chartis ostensas et priùs et nunc;
ideóque licet aliqua sit charta ( nam et hoc san-
cimus ) habens Protocolum non ita conscriptum
sed aliam quandam scripturam gerens , neque il-
lam suscipiant , tanquam adulteram , et ad talia'.
non opportunam: sed in sola ali chartâ qualem du-
dum diximus,documenta scribant: hoc itaque qua de
qualitate talium chartarum à nobis decreta sunt ,
et de incisione eorum qua vocantur Protocola ,
lere in hac felicissimâ solùm Civitate volumus, ubi
plurima quidem contrahentium multitudo , multa
quoque chartarum abundantia est ,
modo interesse negotiis ,
X1 x. Kalend. Septembris
1. Vol.
va-
et licet legali´
et non dare occasionem
quibufdam falsitatem committere : cui se obnoxios
existere demonstrabunt , qui prater hac aliquid'
agere prasumpserint : que igitur placuerunt nobis
et per hanc sanctam declarata sunt Legem : tua
eelsitudo operi effectuique tradere festinet. Datum
tinés
1. Vol.
JUIN.
1737.
1085
tinés à écrire les Originaux des Actes que
recevoient les Tabellions de Constanti-
nople , ce que l'on apelloit , suivant la
Glose et les Interprétes , Imbreviaturam
totius contractus; c'est-à dire un Titre qui
annonçoit sommairement la qualité et
substance de l'Acte.
Par cette même Novelle l'Empereur
défendoit aussi aux Tabellions de Cons-
tantinople de couper ces marques et ti-
tres qui devoient être en tête de leurs-
Actes : il leur enjoignoit de les laisser
sans aucune altération , et défendoit aux
Juges d'avoir égard aux Actes écrits sur
du papier qui ne seroit pas revêtu en tê-
te de ces marques , quelques autres ti
tres ou Protocoles qui y fussent écrits.
Cette origine des Papiers et Parche
mins timbrés a été remarquée par M.de
Bâville , Intendant de Languedoc , dans
les Mémoires ( a ) qu'il a fait pour ser-
vir à l'Histoire de cette Province , dans
lesquels , en parlant du Domaine , il dit
que comme il y a deux Généralités (b )
( a )Ces Mémoiresfurent faits pour l'instruction
de M. le Duc de Bourgogne en l'année 1697. On
les a imprimé depuis sous le nom fent d'Amster-
dam 1734. mais le vrai lieu de cette Edition est
Marseille.
( b) Il n'y avoit alors dans le Languedoc que
dans
1086 MERCURE DE FRANCE
dans leLanguedoc, il y a aussi deux Sous-
Fernres du Domaine ; l'une pour la Gé-
néralité de Toulouse , l'autre pour la Gé-
néralité de Montpellier , et que dans ces
Sous-Fermes sont compris le Papier tim-
bré , les Fórmules et le Contrôle des
Exploits , et à ce propos il remarque, en
passant , que le Papier timbré n'a pas été
inconnu aux Romains , puisqu'on voiť
par la Novelle 44. qu'ils avoient une es-
pece particuliere de papier pour écrire
les Originaux des Actes des Notaires ,
lequel portoit la marque que l'Intendant
des Finances vouloit y faire aposer , et
la date du temps auquel il avoit été
fait.
On ne peut donc pas disconvenir que
la formalité du papier timbré étoit déja
en quelque usage chés les Romains , puis-
que les titres,dates et autres marques qui
devoient être aposées en tête du papier des-
tiné à écrire les Actes originaux des Ta-
bellions de Constantinople , étoient une
espece de Timbre qui avoit le même ob-
jet que ceux qui sont aujourd'hui usités
en France et dans plusieurs autres Pays.
II. Mais il est vrai qu'à l'exception
de la Ville de Constantinople , où cette
ces deux Généralités , aujourd'hui il y en a trois
sçavoir , Toulouse , Montpellier et Montauban.
1. Vol.
formalité
JUIN.
1087
1737.
formalité étoit établie , et pour les Actes
des Tabellions seulement , les Grecs , les
Romains et les autres Nations ne se ser-
voient point anciennement de papier et
Parchemin timbré : il n'y avoit alors au-
cune marque sur les Actes publics qui
les distinguât des écritures privées , car
les Grecs et les Romains n'avoient point
de Sceaux publics , ils n'avoient que des
Sceaux particuliers , ou plûtôt de simples
Cachets qu'ils aposoient aux Actes, au
Heu de signature , comme cela s'est pra-
tiqué long- tems dans plusieurs Pays , et
même autrefois en France , à cause qu'il
y avoit alors peu de personnes qui sçûs-
:
lesquels Sccaux particuliers
sent écrire
n'avoient aucun raport avec les Timbres
dont nous parlons.
III. On tient communément que le
Papier et le Parchemin timbré commen-
cerent à être établis en Espagne et en
Hollande vers l'an 1555.
IV. Ils le furent ensuite en Allema-
gne et dans les Pays-Bas de la Domina-
tion Impériale je n'ai pas trouvé l'Epo-
que précise du temps auquel ils com-
mencerent à y être en usage
mais
je puis assurer qu'il y en avoit du-
moins dès 1668. car j'ai vu un Acte reçû
par des Notaires à Bruxelles daté du 20 .
Février
L.Vol.
088 MERCURE DE FRANCE
Février 1668. qui étoit sur du papier
timbré.
J'ai remarqué deux choses particulie
res au Timbre qui est usité dans ces
Pays.
La premiere, est qu'ils ne sont point
frapés avec un Poinçon , comme ceux
qui sont usités en France et dans plusieurs
autres endroits , mais imprimés avec une
planche de cuivre, comme les Estampes.
La seconde , est que lorsqu'un Acte est
composé de plusieurs feuilles , il suffit
que la premiere soit de Papier timbré, les
autres que l'on insere au dedans peuvent
être de papier commun , au lieu qu'en
France et dans la plupart des autres en-
droits , où les Papiers et Parchemins tim-
brés sont établis, il fautque chaque feüil-
le employée aux Actes publics porte son
timbre.
V. On se sert aussi de papiers et par-
chemins timbrés pour les Actes publics
dans toute l'Angleterre , l'Ecosse et l'Ir-
lande : le Timbre que l'on y apose est
frapé avec un Poinçon , mais il n'y a
point d'encre ni aucune autre couleur
dans le Poinçon , ensorte que le Timbre
qu'il imprime ne paroît que parce qu'il
y a un peu de relief.
Ce Timbre d'Angleterre ne contient
I. Vol.
poinc
JUIN.
1737
1089
point les Armes du Roy , comme la plû-
part des autres Timbres : il est composé
de trois especes d'Ecussons accollés , char-
gés chacun d'une Rose , au tour de la-
quelle sont écrits ces mots : Honny soit
qui mal y pense , qui sont le cri des Ar
mes d'Angleterre.
VI. Les Papiers et Parchemins tim-
brés sont aussi en usage en Lorraine et
dans le Barrois , en Italie , dans le Com-
tat d'Avignon , et dans plusieurs autres
Etats de l'Europe.
VII. Pour ce qui est de la France ,
Louis XIV . étant lors à Paris, donna un
Edit au mois de Mars 1655. portant éta-
blissement d'une Marque sur le Papier et
le Parchemin pour la validité de tous les
Actes qui s'expedieroient dans le Royau-
me. Cet Edit fut enregistré en Parlement,
en la Chambre des Comptes , et en la
Cour des Aydes le 20. du même mois . Il
est à la Chambre des Comptes au je Vo-
lume des Ordonnances de Louis XI V.
coté 3. n. folio 69. et il en est fait men-
tion dans le Recueil des Ordonnances
Edits , &c. par M. Blanchart : mais cet
Edit n'eut pour lors aucune execution.
Ce ne fut qu'en 1673. qu'on ordon-
na de nouveau l'usage des Papiers et Par-
chemins timbrés , à l'occasion des For-
1. Vol.
mules
1090 MERCURE DE FRANCE
mules qui devoient être dressées pour
tous les Actes publics ; le Roy ayant re-
glé la forme de la procédure , tant au
Civil qu'au Criminel , par ses Ordon-
nances de 1.667. et 1670. et ordonné que
cette nouvelle forme de proceder seroit
suivie dans tout son Royame , pour faci-
liter l'execution de ses Reglemens , et
faire cesser les divers stiles particuliers
qui s'observoient dans chaque Tribunal ,
donna une Déclaration le 19. Mars 1673 .
par laquelle il ordonna qu'il seroit dres-
sé un Recueil de Formules , tant des Ac-
tes Judiciaires que des Actes des Notai-
res , pour y avoir recours au besoin , et
que sur ces Formules il seroit imprimé
des Exemplaires de chaque nature d'Ac-
tes , lesquels seroient marqués en tête d'u-
ne Fleur-de- lys , et timbrés de la qualité et
substance des Actes , comme aussi du Droit
qui seroit perçu pour chaque Acre , sui-
vant la Taxe qui en seroit faite au Con..
seil.
Les Formules d'Actes ordonnées par
cette Déclaration n'ont jamais eu lieu ,
parce que l'on y trouva trop de difficulté
et d'inconveniens : mais le Roy donna
une autre Déclaration au mois de Juillet
1673. registrée au Parlement le 10. du
même mois , par laquelle , en attendant
I. Vol.
que
JUIN.
1737.
1091
que les Formules fussent perfectionnées,il
ordonna queles Actes publics ne pouroient
être écrits que sur du papier et parche-
min timbré , comme ils devoient l'être
pour les Formules , avec cette difference
seulement , que le corps de l'Acte seroit
entierement écrit à la main.
Depuis ce Reglement on commença
à écrire les Actes publics sur du papier et
parchemin timbré
,
et on a toujours
continué jusqu'à present ; il y a scule-
ment eu des augmentations et diminu-
tions de Droits sur ces papiers , et divers
changemens dans la Formule des Tim-
bres mais l'objet de cette Dissertation
n'est pas de raporter ici tous ces Regle-
mens , encore moins d'entrer dans le dé-
tail des peines pecuniaires pronon-
cées contre ceux qui commettent à cet
égard quelque contravention ; cette pa : 3
tie qui ne concerne que la Finance
a été traitée par le Sr Deniset , Inte-
ressé dans les Fermes du Roy , lequel en
1715. a donné au Public un Volume in-
12. sous le titre de Recueil des Formules
des Papiers et Parchemins timbrés , & c.
dans lequel il a raporté les divers Regle
mens faits sur ce sujet, même les. Tarifs
des Droits , et les Baux faits aux Adju-
›
dicataires de cette Ferme, avec des Ob-
1. Vol.
C servations
1092 MERCURE DE FRANCE
servations sur la perception de ces Droits,
sur les Fonctions des Préposés et Com-
mis , &c. Ceux qui voudront en voir
davantage à cet égard , peuvent avoir re-
cours à ce Recučil.
VIII. J'observerai seulement que
depuis 1715. date de l'Edition de ce Re-
cueil , il est survenu deux Déclarations
au sujet des Papiers et Parchemins tim
brés.
Par la premiere , qui est du 7. Déa
cembre 1723. registrée en Parlement le
22. du même mois, le Roy en suprimant
la Formalité du Controlle des Actes des
Notaires au Châtelet de Paris , avoit éta-
bli divers Timbres particuliers , qui de-
voient être aposés sur les Actes qu'ils
recevroient , outre le Timbre ordinaire
de la Ferme , sçavoir un Timbre parti-
culier pour
les Actes de la premiere classe
qui y étoient détaillés , un pour les Ac-
tes de la seconde classe , un pour les pre-
mieres feuilles d'Expeditions,un autre pour
les secondesfeuilles.
Toutes ces differentes Formules ont
été suprimées par la seconde Déclaration
qui est du 5. Décembre 1730. par la-
quelle il est ordonné qu'à compter du
premier Janvier 1731. les Notaires de
Paris écriront tous leurs Actes sur du
1. Vol.
papier
JUIN.
1737.
103
papier timbré du Timbreord.naire des Fer
mes du Roy et outre cela d'un Timbre
particulier , intitulé Acres des Notaires de
Paris. Laquelle Formule sera uniforme
pour toute sorte d'Actes .
Tel est le dernier état des Reglemens
faits en France sur cette matiere.
IX.
Il y a quelques Provinces qui
n'ayant été réunies à la France qu'à la
charge d'être maintenues dans leurs Im-
munités et Privileges , n'ont point été
assujetties à la formalité des Timbres
parce qu'ils n'y étoient pas établis aupa-
ravant : Telles sont la Flandre, l'Artois,
Charleville et son Territoire , l'Alsace et
le Roussillon.
X. Il y a aussi deux Principautés
clavées dans la France ; sçavoir celle de
Dombes et celle d'Orange , et encore la
Principauté d'Henrichemont et Bois Belle
en Berry, dans lesquelles on ne se sert pas
non plus de papier timbré.
XI. Les Timbres que l'on apose en
France aux papiers et parchemins desti-
nés à écrire les Actes publics , sont im-
primés avec un Poinçon , et representent
les Armes du Prince, ou son Chiffre , ou
quelqu'autre marque par lui ordonnée ,
selon la nature des Actes , car il y a non
seulement un Timbre particulier pour
1.Vo!
ċij
chaque
1094 MERCUREDE FRANCE
chaque Généralité, mais il y a aussi dans
une même Généralité divers Timbres ,
>
selon la nature des Actes. On garde à
Paris dans l'Hôtel de Charny tous les
Poinçons des Timbres de toutes les Gé-
néralités , et c'est là que se timbrent les
papiers et parchemins pour tout
Royaume.
le
XII. Nos Timbres ont quelque ra
port avec les Sceaux publics , en ce que
les uns et les autres sont ordinairement
une empreinte des Armes du Prince , et
qu'ils s'aposent également aux Actes pu-
blics , et les distinguent des Actes sous
signature privée ; il ne faut pourtant pas
confondre ces deux Formalités , y ayant
entr'elles deux differences essentielles.
La premiere est que les Sceaux publics
tels que ceux du Roy, des Chancelleries,
des Jurisdictions , des Villes , des Uni-
versités , et autres semblables s'apliquent
en relief sur une forme de cire , ou
de quelqu'autre matiere propre à en rece-
voir l'empreinte: il y en aque l'on aplique
sur l'Acte même , d'autres qui sont à dou-
ble face , et qui ne sont attachés à l'Acte
que par des Lacs : au lieu que les Tim-
bres ne sont qu'une marque imprimée
au haut du papier ou parchemin ; lequel
nom de Timbre paroît avoir été emprun-
I. Vol.
té
JUIN.
1737.
1055
té du Blazon , & tirer son étimologie de
ce que le Timbre des papiers et parche-
mins s'imprime au haut de chaque feüil-
le , comme le casque ou autre couron-
nement que l'on nomme aussi Timbre ,
en termes de Blazon , se met au dessus
de l'Ecu.
La seconde difference eft que les Sceaux
que l'on apose aux Actes reçûs par des
Officiers publics, sont la marque de l'au
torité dont ils sont revêtus ; non- scule-
ment ils donnent à l'Acte un caractere
de publicité , mais en quelques endroits
comme à Paris , ils lui donnent aussi le
droit d'éxecution parée , tellement que
si un Acte public n'y étoit pas revêtu du
Sceau qu'il doit avoir pour être execu-
toire , il ne pouroit être mis à execu-
tion , quand même il seroit d'ailleurs re-
vêtu de toutes les autres formalités neces-
;
saires au lieu que le Timbre ne sert qu'à
donner à l'Acte une forme publique et
autentique , et ne lui donne en aucun
Pays le droit d'éxecution parée.
XIII. Quoique la formalité du Tim-
bre semble n'avoir été établie que pour
la finance qui en revient au Roy , elle ne
laisse pas d'être utile d'ailleurs.
En effet , le Timbre sert , 19. à distin-
guer à l'inspection seule du haut de la
1. Vol.
Cij fülle
1096 MERCURE DE FRANCE
feuille sur laquelle l'Acte est écrit, si c'est
un Acte émané d'un Officier public , ou
si ce n'est qu'une Ecriture privée.
2°. Le Timbre sert à faire respecter et
conserver les Affiches , Publications et
autres Actes que l'on attache exterieure-
ment aux portes de certaines Maisons ,
ou dans les Places publiques , en cas de
Decret , Licitation , Adjudication , ou
autre Publication : car dans ces sortes
d'Affiches , il n'y a proprement que le
Timbre qui fasse connoître que ce sont
des Actes émanés de l'autorité publique,
et sans cette formalité ils pouroient être
regardés comme des Ecrits privés, d'au-
tant plus que ces sortes d'Actes ne sont
point scellés , et qu'il n'y a que le Tim-
bre qui les distingue des Ecritures pri-
vées..
3. Le Timbre sert aussi à prévenir
certaines antidates et faussetés que l'on
pouroit plus facilement commettre ,
si
cette formalité n'étoit pas établie : car
comme il y a un Timbre particulier pour
chaque Pays , et même en France pour
chaque Province, que ces Timbres ont
été changés en divers temps , et que l'on
ne peut écrire les Actes publics que sur
du papier ou parchemin timbré du Tim-
bre actuellement autorisé dans le temps
I. Vol
et
JUIN.
1737.
1097
et le lieu où se passe l'Acte , ceux qui
écrivent un Acte sur du papier marqué
du Timbre actuel d'un certain Pays , ne
peuvent pas impunément le dater d'un
temps ni d'un lieu auquel il y auroit eut
un autre Timbre , parce que le Timbre
aposé à l'Acte démentiroit ces dates , et
en feroit connoître la fausseté.
4. Le principal effet des Timbres
( du moins que les Reglemens leur ont
attribué ) est qu'ils sont une des forma-
lités nécessaires pour donner l'authenti-
cité et le caractere de publicité aux Actes
reçûs par des Officiers publics : tellement
que sans cette formalité ces Actes ne pro-
duiroient point d'hypoteque , et ne se-
roient pas authentiques ni exécutoires :
ils ne seroient au plus considerés que
comme des Ecritures privées, et dans cer-
tains cas , ils seroient absolument nuls ,
ainsi que nous l'expliquerons dans un
moment ; ce qui a ainsi lieu , quand mê
me ces Actes seroient d'ailleurs revêtus
de toutes les autres formalités nécessaires
pour produire leur effet.
XIV. L'observation de cette forma
lité est d'autant plus importante , que
les Reglemens qui la prescrivent ne sont
pas des Loix seulement comminatoires ,
elles prononcent formellement la peine
I. Vol.
Ciiij.
de
1098 MERCURE DE FRANCE
de nullité contre les Actes publics qui
ne seront pas sur papier timbré : ensorte
que l'on ne pouroit pas rendre valable
un Acte public écrit sur du papier com-
mun , en le faisant timbrer après coup ,
même en payant aux Fermiers les Droits
et les Amendes , parce que le Fermier ne
peut pas remettre la peine de nullité :
dès qu'elle est encouruë , le droit d'opo-
ser la nullité de l'Acte est acquis.à tous
ceux qui pouroient avoir interêt d'en.
contester la validité ; et comme c'est une
maxime certaine que l'on ne peut pré-
judicier au droit acquis à un Tiers , le
Fermier ne peut remettre la peine de
nullité une fois encourue par l'omission
de la formalité du Timbre.
XV . Pour déterminer si un Acte public
doit , pour être valable , être écrit sur
du papier ou parchemin timbré , ou s'il
peut être écrit sur du papier ou parche-
min commun, on ne doit considerer que
l'usage du Lieu où se passe l'Acte. Si les
papiers et parchemins timbrés y sont éta-
blis , on doit s'en servir à peine de nulli-
té de l'Acte : si au contraire ils n'y sont
point établis , comme dans quelques
Pays et Provinces que nous avons ci- de-
vant remarqué , en ce cas , on n'est pas
obligé de s'en servir , quand même l'Of-
1. Vol.
ficier
JUIN.
17378
formalité des Timbres ést établie.
1099
ficier public , qui reçoit l'Acte , auroit
sa résidence ordinaire dans un lieu où la
Le principe par lequel se décide cette
question, est que tout ce qui ne concer-
ne que les formalités extérieures des
Actes, se regle par l'usage du Lieu où ils
se passent , suivant la maxime Locus re-
git actum. Or certainement il n'y a rien
qui soit plus de la forme extérieure des
Actes que le papier ou le parchemin sur
Fequel ils doivent être écrits ,
et le
Timbre qui y doit être aposé ; ainsi les
Ordonnances , Edits et Déclarations qui
ont établi les papiers et parchemins tim-
Brés , n'ayant pour objet que d'assujettir
les Actes publics à une formalité exté-
rieure , et qui ne concerne absolument
que
la forme , ne doivent être observés
"
que pour les Actes qui se passent dans
fes Pays où ces Loix sont établies.
En effet , quoiqu'il soit enjoint aux
Officiers publics de se servir de papiers
et parchemins timbrés dans le lieu où ils
sont établis , cette disposition n'est pas
un Statut personnel qui les assujettisse à
Suivre sa disposition , en quelque lieu
qu'ils se trouvent ; ce n'est qu'un Statut
réel et local , fait pour regler la formet
extérieure des Actes , et qui par conse
J. Vol
Gy
quent
1098 MERCURE DE FRANCE
de nullité contre les Actes publics qui
ne seront pas sur papier timbré : ensorte
que l'on ne pouroit pas rendre valable
un Acte public écrit sur du papier com-
mun , en le faisant timbrer après coup ,
même en payant aux Fermiers les Droits
et les Amendes , parce que le Fermier ne
peut pas remettre la peine de nullité :
dès qu'elle est encouruë , le droit d'opo-
ser la nullité de l'Acte est acquis à tous
ceux qui pouroient avoir interêt d'en.
contester la validité ; et comme c'est une
maxime certaine que l'on ne peut pré-
judicier au droit acquis à un Tiers , le
Fermier ne peut remettre la peine de
nullité une fois encourue par l'omission
de la formalité du Timbre.
XV. Pour déterminer si un Acte public
doit , pour être valable , être écrit sur
du papier ou parchemin timbré , ou s'il
peut être écrit sur du papier ou parche-
min commun, on ne doit considerer que
l'usage du Lieu où se passe l'Acte. Si les
papiers et parchemins timbrés y sont éta-
blis , on doit s'en servir à peine de nulli-
té de l'Acte : si au contraire ils n'y sont
point établis , comme dans quelques
Pays et Provinces que nous avons ci-de-
vant remarqué , en ce cas , on n'est pas
obligé de s'en servir , quand même l'Òf-
1. Vol.
ficier
JUIN.
17378
formalité des Timbres ést établie.
1099
ficier public , qui reçoit l'Acte , auroit
sa résidence ordinaire dans un lieu où la
Le principe par lequel se décide cette
question , est que tout ce qui ne concer
ne que les formalités extérieures des
Actes, se regle par l'usage du Lieu où ils
se passent , suivant la maxime Locus re-
git actum. Or certainement il n'y a rien
qui soit plus de la forme extérieure des
Actes que le papier ou le parchemin sur
Fequel ils doivent être écrits ,
et le
Timbre qui y doit être aposé ; ainsi les
Ordonnances , Edits et Déclarations qui
ont établi les papiers et parchemins tim-
Brés , n'ayant pour objet que d'assujettir
les Actes publics à une formalité exté-
rieure , et qui ne concerne absolument
que la forme , ne doivent être observés
que pour les Actes qui se passent dans
fes Pays où ces Loix sont établies.
En effet , quoiqu'il soit enjoint au
Officiers publics de se servir de papiers
et parchemins timbrés dans le lieu où ils
sont établis , cette disposition n'est pas
un Statut personnel qui les assujettisse à
suivre sa disposition , en quelque lieu
qu'ils se trouvent ; ce n'est qu'un Statut
réel et local , fait pour regler la forme
extérieure des Actes , et qui par conse
J.Vol
Gy
quent
Troo MERCURE DE FRANCE
quent ne regle que la forme de ceux qui'
se passent dans le lieu où ce Statut est
observé.
Il est vrai qu'il arrive rarement qu'il
se forme un combat sur ce Point entre
deux Statuts oposés , parce qu'il faut
pour cela que l'Officier public , qui a sa
residence dans un lieu dans lequel le pa
pier et le parchemin timbré sont établis,
ait été recevoir un Acte dans un lieu où
les Actes même publics s'écrivent sur du
papier commun , ou bien vice versâ, que
I'Officier public , qui auroit sa residence
dans un lieu où il n'y auroit point de
papier timbré , ait été recevoir un Acte
dans un lieu où la formalité du Timbre
seroit établie, ce qui n'est pas ordinaire,
la plupart des Officiers publics , n'ayant
droit d'instrumenter que dans le lieu de
leur residence:
Néanmoins ces sortes de cas peuvent
arriver , et arrivent en effet quelquefois
Par exemple , les Huissiers au Châte-
let de Paris ont droit d'exploiter par tout
le Royaume. Un de ces Huissiers qui a sa
residence ordinaire à Paris , est obligé de
se servir de papier timbré pour les Ex-
ploits qu'il y feroit , parce que cette for-
malité y est établies mais si , en vertu
du privilege qu'il a d'exploiter par tout
Mr.Vol.
le
JUIN.
1737
ΥΙΟΙ
le Royaume , I alloit faire quelque Ex-
ploit dans une Province où le papier et le
parchemin timbré n'est pas établi , telle
que Charleville , Henrichemont et autres
semblables , il ne seroit pas obligé de se
servir de papier timbré pour les Exploits
qu'il feroit dans ces Provinces , parce
que la Loy particuliere de chaque Pays
regle la forme extérieure des Actes qui
s'y passent , et que dans ce cas le papier
timbré n'est pas nécessaire , puisque la
Loy du Pays ne l'ordonne point.
Il en est de même à l'égard des No-
taires au Châtelet de Paris , qui ont leur
residence à Paris, et y font ordinairement
leurs fonctions ; ils sont obligés pour les
Actes qu'ils y reçoivent de se servir de
papier ou parchemin timbré, selon la na-
ture des Actes ; mais comme ils ont droit
d'instrumenter par tout le Royaume,
Hs peuvent aller recevoir des Actes
dans quelqu'autre Province dans laquelle
le papier timbré n'a pas lieu , et dans cet
cas ils ne seront pas obligés d'écrire leurs
Actes sur du papier ou parchemin tim-
bré , il suffira qu'ils les écrivent sur du
papier commun , suivant l'usage du lieu
où se passent les Actes.
De même encore un Conseiller au Par
lement de Paris , qui seroit commis par
J Vol.
Cvj
sa
Tro2 MERCURE DE FRANCE
sa Compagnie pour aller faire quelque
Enquête , Information , Visite ou autre
Procès verbal dans un lieu du Ressort où
le papier timbré n'est pas établi, comme
en Artois , ne seroit pas obligé de s'en
servir pour écrire les Actes qu'il feroit
dans ce lieu .
Et par une suite nécessaire du même
principe que la Loy du lieu où se passent
les Actes , regle tout ce qui est de la for-
me extérieure , un Officier public , éta-
bli dans un lieu où l'on se sert de papier
timbré , lequel , en vertu de quelque
Privilege ou Commission , iroit instru
menter dans un lieu où le papier timbré
seroit pareillement établi , mais dont le
Timbre seroit different , ne pouroit pas
dans ce lieu se servir de papier marqué
du Timbre autorisé dans le lieu de sa re-
sidence , il seroit tenu de se servir de
papier timbré pour le lieu où il passeroit
Acte
ensorte que les Notaires au Châ-
telet de Paris , qui par la Déclaration du
7. Septembre 1723. ont été affranchis de
la formalité du Controlle , au moyen
d'un Timbre particulier qui a été ajoûté
au papier dont ils se servent , ne pou
roient pas se servir de ce papier dans une
autre Généralité où il y auroit un Tim-
bre different , ils seroient obligés de se:
I.Vol
servig
JUIN.
1737.
F103
servir de papier timbré pour le lieu où
ils passeroient l'Acte , et il y a lieu de
croire que les Actes ainsi reçûs par des
Notaires de Paris , seroient sujets au Con
trolle comme tous les autres Actes qui
se passent dans les lieux où le Roy n'a
point établi le Timbre particulier , au
moyen duquel il a affranchi les Notaires
de Paris de la formalité du Controlle
parce que , comme on l'a déja observé, la
forme des Actes se reglant par la Loy dư
lieu où ils se passent les Actes reçûs par
des Notaires de Paris dans une autre Géné-
ralité , où le Controlle est établi, et où il
il
y a un Timbre different de celui de Pa-
ris , ne doivent point être reçûs selon la
forme usitée à Paris , mais suivant celle
qui est usitée dans le lieu où ils se passent,
et par consequent doivent être controllés
et écrits sur du papier timbré exprès pour
le lieu de la passation , puisque ce sont là
les formalités prescrites pour ce lieu.
XVI. Quoique par plusieurs Ordon
nances , Edits et Déclarations , le Roy
ait distingué les Actes qui doivent être
écrits en parchemin timbré, de ceux qu'il
suffit d'écrire sur du papier timbré ; un
Acte qui doit être en parchemin timbré
ne seroit pas nul , sous prétexte qu'il ne
seroit qu'en papier timbré
Val
parce que
1104 MERCURE DE FRANCE
le Roy a bien ordonné sous peine de nul-
lité d'écrire les Actes publics sur du papier
ou parchemin timbré , mais lorsqu'il a
distingué les Actes qui doivent être en
parchemin d'avec ceux qui doivent être
en papier, il n'a pas prononcé la peine de
nullité contre les Actes où ces distinc-
tions n'auroient pas été observées : en-
sorte qu'en cas de contravention à ces
distinctions, les Officiers publics sont
seulement sujets aux peines pecuniaires
prononcées par les Reglemens.
XVII. Il y auroit seulement plus de
difficulté, si un Acte d'une certaine nature
étoit écrit sur du papier ou parchemin
destiné à des Actes totalement differens:
Par exemple , si un Notaire écrivoit ses
Actes sur du papier ou parchemin des-
tiné pour les Expeditions des Greffiers ,
et vice versa. Dans ces cas la contradic-
tion qui se trouveroit entre l'intitulé du
Timbre, et la qualité de l'Acte, pouroic
faire foupçonner qu'il y auroit eu quel-
que surprise , et qu'on auroit fait signer
aux Parties un Acte pour un autre , ou
dumoins feroit rejeter l'Acte comme
étant absolument informe.
De même s'il arrivoit qu'un Acte pas
sé dans une Généralité fût écrit sur du
I. Vol.
...
papier
JUIN.
1737-
1105
papier ou parchemin timbré du Timbre
d'une autre Généralité , il y a lieu de
croire qu'un tel Acte seroit declaré nul ,
parce que ce seroit aux Parties à s'im-
puter d'avoir fair écrire leur Acte sur du
papier qui ne pouvoit absolument ycon-
venir , et qu'ils ne pouvoient ignorer
être d'une autre Généralité , puisque le
nom de chaque Généralité est gravé dans
chaque Timbre qui lui est particulier.
Mais si un Acte qu'il suffit d'écrire
sur du papier timbré étoit écrit sur du
parchemin timbré ; ou bien si un Acte-
que l'on peut mettre sur du papier ou
parchemin commun étoit écrit sur du
papier ou parchemin timbré , un tel Ac-
re ne seroit pas pour cela nul , parce que
ce qui abonde ne vicie point.
XVIII. En France , depuis quelques.
années , on a établi une Fabrique par-
ticuliere pour lespapiers que l'on destine
à être timbrés , dans le corps desquels au
licu de la Marque ou Enseigne du Fabri
quant , il y a au milieu de chaque feüil-
let une impression du Tinibre qui y doir
être aposé en tête.
Selon l'usage,ce Timbre interieur ne pa
roît pas être absolument de l'essence de la
formalité , et à la rigueur il suffit que le
papiersur lequel est écritl'Acte public soit
LiseVol
timbré
1105 MERCURE DE FRANCE
timbré au haut de chaque feuille du Tim
bre extérieur qui s'imprime avec un
Poinçon et en effet les Officiers publics
écrivent quelquefois leurs Actes sur du
papier commun , et font ensuite timbrer
chaque feuille avant de signer et de faire
signer l'Acte.
Il seroit néanmoins à propos que les
Officiers publics ne pussent se servir que
de papier timbré , tant du Timbre inté-
rieur que du Timbre extérieur ; carloin
que cette repetition du Timbre soit inu-
tile , chacun de ces deux Timbres a son
atilité particuliere.
Le Timbre imprimé au haut de cha-
que
feüille sert à faire connoître à l'ins-
pection seule d'un Acte, s'il est public ou
privé.
Le Timbre qui est dans le corps du
papier et fait en même temps que le pa-
pier , sert à assurer que le papier étoit
timbré lorsque l'Acte y a été écrit , et
qu'il n'a pas été timbré après coup : en
quoi ce dernier Timbre est un garand
plus sûr de la forme de l'Acte que le
Timbre extérieur , qui pouroit être apli
qué après coup , pour faire valoir un Ac-
re auquel manqueroit cette formalité.
Ce Timbre intérieur pouroit aussi ser-
vir à supléer le Timbre imprimé s'il se
J. Fol
trouvoit
JUIN.
1737.
1107
trouvoit effacé , ou si le haut de la page
sur lequel il est aposé étoit déchiré : sur
quoi il faut remarquer , en passant , que
les Officiers publics devroient toûjours
avoir l'attention de disposer leurs Actes
de maniere qu'on ne puisse en suprimer
le Timbre sans alterer le corps de l'Ac-
te, ce que néanmoins quelques uns n'ob-
servent pas, ne commençant à écrire leurs
Actes qu'au-dessous du Timbre.
Pour revenir au double Timbre , je
dis
que le Timbre intérieur qui est fait
avec le papier est utile pour assurer que
l'Acte a été écrit sur du papier qui étoit
déja timbré : ce qui ne laisse pas d'être
important ; car puisqu'il est ordonné à
peine de nullité que les Actes reçûs par
des Officiers publics soient écrits sur du
papier timbré , ceux qui sont Déposi-
taires des Poinçons du Timbre ne doi-
vent pas timbrer un Acte écrit sur du
papier commun , lorsqu'il est déja signé
et parfait comme écriture privée , pour
le faire valoir après coup , comme Ecri-
tare publique :
si on tolere que le Tim-
bre soit aposé sur un Acte déja écrit , ce
ne doit être que sur un Acte qui ne soit
pas encore signé : c'est pourquoi il se-
roit à propos d'assujettir tous les Officiers
publics à n'écrire les Actes qu'ils reçoi-
1. Vol.
vent
1108 MERCURE DE FRANCE
vent que sur du papier timbré des deux
Timbres ; c'est-à-dire , du Timbre qui
est marqué dans le corps du papier , er
fait avec le papier même , et de celui qui
s'imprime au haut de la feüille avec un
Poinçon , parce que le concours de ces
deux Timbres rempliroit tous les objets
que l'on peut avoir eu en vûë dans
P'établissement de cette formalité ; et let
Timbre intérieur écarteroit tout soup-
çon , en constatant que
le papier
étoit
déja timbré lorsque l'Acte y a été écrit.
Mais cette double précaution ne pou-
roit servir que pour les Actes qui s'écri-
vent sur du papier , et non pour ceux
qui s'écrivent en parchemin ; parce que
le parchemin n'étant pas fait de miin
d'homme , on ne peut pas y inserer de
Timbre intérieur comme dans le papier ,
dont le Timbre intérieur se fait en mê-
temps que le papier même. Aussi y a t- il
beaucoup plus d'inconveniens à se servir
de parchemin que de papier , parce que
non seulement la destination du parche-
min ne peut pas être constatée d'une ma-
niere aussi sûre que le papier ; mais ou-
tre cela le parchemin est plus facile à al-
térer que le papier , ensorte que pour
mieux assurer la verité des Actes , il se-
roit à souhaiter que l'on ne se servit que
de papier.
XIX.
JUIN.
1737.
1109
XIX. Pour entendre quel est l'effet
de la peine de nullité prononcée par les
Edits et Déclarations du Roy contre
les
Actes reçûs par des Officiers publics ,
lorsqu'ils ne sont pas écrits sur du papier
ou parchemin timbré, ou qu'ils sont écrits
sur du papier ou parchemin timbré du
Timbre d'un autre lieu que celui où est
passé l'Acte , ou d'un Timbre qui est
d'une destination si oposée à la nature de
l'Acte , qu'il ne peut absolument y con
venir , il faut distinguer entre les Actes
publics ceux qui ne sont obligatoires que'
d'une part , d'avec ceux qui sont sinal-
lagmatiques ; c'est- à-dire, qui sont res-
pectivement obligatoires à l'égard de tou
tes les Parties contractantes.
Les Actes qui ne sont obligatoires que
d'une part , comme une obligation , une
quittance , et les Actes qui ne forment
point de convention , tels que les Décla-
rations , les Certificats et autres Actes
de cette nature , ne sont pas
I. Vol.
absolument
nuls à tous égards , lorsqu'il leur manque
la formalité du Timbre : toute la peine
de nullité , à l'égard de ces sortes d'Ac-
tes , est qu'ils ne sont pas valables con
me Actes publics , et qu'ils n'ont aucun
des effets attachés à la publicité des Ac-
tes , tels que l'authenticité et l'hypote-
que
1108 MERCURE DE FRANCE
vent que sur du papier timbré des deux
Timbres ; c'est- à-dire , du Timbre qui
est marqué dans le corps du papier , et
fait avec le papier même , et de celui qui
s'imprime au haut de la feuille avec un
Poinçon , parce que le concours de ces
deux Timbres rempliroit tous les objets
que l'on peut avoir eu en vûë dans
l'établissement de cette formalité ; et le
Timbre intérieur écarteroit tout soup
çon , en constatant que le papier étoit
déja timbré lorsque l'Acte y a été écrit.
Mais cette double précaution ne pou-
roit servir que pour les Actes qui s'écri
vent sur du papier , et non pour ceux
qui s'écrivent en parchemin ; parce que
le parchemin n'étant pas fait de miin
d'homme , on ne peut pas y inserer de
Timbre intérieur comme dans le papier,
dont le Timbre intérieur se fait en mê
temps que le papier même. Aussi y a t- il
beaucoup plus d'inconveniens à se servir
de parchemin que de papier , parce que
non seulement la destination du parche-
min ne peut pas être constatée d'une ma
niere aussi sûre que le papier ; mais ou-
tre cela le parchemin est plus facile à al-
térer que le papier , ensorte que pour
mieux assurer la verité des Actes ,
roit à souhaiter que l'on ne se servît que
de papier.
il se-
XIX.
JUIN.
1737.
1109
XIX. Pour entendre quel est l'effet
de la peine de nullité prononcée par les
Edits et Déclarations du Roy contre les
Actes reçûs par des Officiers publics ,
lorsqu'ils ne sont pas écrits sur du papier
ou parchemin timbré , ou qu'ils sont écrits
sur du papier ou parchemin timbré du
Timbre d'un autre lieu que celui où est
passé l'Acte , ou d'un Timbre qui est
d'une destination si oposée à la nature de
l'Acte , qu'il ne peut absolument y con
venir , il faut distinguer entre les Actes
publics ceux qui ne sont obligatoires que'
d'une part , d'avec ceux qui sont sinal-
lagmatiques ; c'est- à-dire, qui sont res-
pectivement obligatoires à l'égard de tou
tes les Parties contractantes.
Les Actes qui ne sont obligatoires que
d'une part , comme une obligation , une
quittance , et les Actes qui ne forment
point de convention , tels que les Décla-
rations , les Certificats et autres Actes
de cette nature , ne sont pas absolument
nuls à tous égards, lorsqu'il leur manque
la formalité du Timbre : toute la peine
de nullité , à l'égard de ces sortes d'Ac-
tes , est qu'ils ne sont pas valables con
me Actes publics , et qu'ils n'ont aucun
des effets attachés à la publicité des Ac-
tes , tels que l'authenticité et l'hypote-
I. Vol.
que
1170 MERCURE DE FRANCE
que mais ils sont quelquefois valables
comme Ecriture privée.
En effet , lorsque l'on y a observé la
forme prescrite pour les Ecritures pri-
vées , ils sont valables en cette derniere
qualité, quoiqu'ils eussent été faits pour
valoir comme Actes publics.
Mais si ayant été faits pour valoir
comme Actes publics , ils ne peuvent va-
loir en cette qualité faute de Timbre , ou
à cause de quelque défaut essentiel dans
l'observation de cette formalité ; et que
d'un autre côté ces Actes ne soient pas
dans une forme telle qu'ils puissent va-
loir comme Ecriture privée, c'est alors un
des cas où ils sont absolument nuls aux
termes des Reglemens.
Par exemple , si un Notaire reçoit un
Testament sur du papier commun dans
un lieu où il devoit l'écrire sur du papier
timbré , ce Testament sera absolument
nul, et ne vaudra pas même comme Tes-
tament Olographe's parce que , pour être
valable en cette qualité , il faudroit qu'il
fût entierement écrit et signé de la main
du Testateur , auau lieu qu'ayant été reçû
par un Notaire , ce sera le Notaire qui
l'aura écrit ,
De même si un Notaire reçoit une
Obligation sur du papier commun , tan-
1. Vol.
dis
JUIN;
1737.
IIII
dis qu'elle devoit être sur du papier tim-
bré , elle ne sera pas valable , même
comme promesse sous signature privée ,
parce qu'aux termes de la Déclaration
du Roy du 22. Septembre 1733. regis-
trée en Parlement le 14. Octobre suivant
et le 20, Janvier 1734. Tous Billets sous
signature privée , au Porteur , à ordre , on
autrement, causés pour valeur en argent, sont
nuls , si le corps du Billet n'est écrit de la
main de celui qui l'a signé , ou du moins si
la somme portée au Billet n'est reconnuë par
une aprobation écrite en toutes lettres aussi
de sa main.
Cette Déclaration excepte seulement
les Billets sous signature privée , faits par
des Banquiers , Négocians , Marchands ,
Manufacturiers , Artisans , Fermiers, La-
boureurs , Vignerons , Manouvriers et au-
tres de pareille qualité , à l'égard desquels
elle n'exige pas que le corps de leurs
Billets soit entierement écrit de leur
main ensorte que les Obligations pas-
sées devant Notaires par ces sortes de
personnes , et reçûës sur du papier com-
mun lorsqu'elles devoient l'être sur pa-
pier timbré , pouroient valoir comme
Billets sous signature privée , pourvû
que l'Acte fût signé de l'Obligé.
Pour ce qui est des Actes que les Par-
1. Vol
ties
112 MERCURE DE FRANCE
ties n'ont pû signer , faute de sçavoir
écrire , ou pour quelqu'autre empêche-
ment , ils sont absolument nuls à tous
égards , lorsque les Officiers publics de-
voient les recevoir sur du papier timbré,
et qu'ils les ont reçûs sur du papier com-
mun , et ne peuvent valoir même com-
me Ecriture privée , parce que les Actes
sous seing privé ne sont parfaits que par
la signature des Parties.
A l'égard des Actes sinallagmatiques
tels que les Contrats de vente , d'échan-
ge , de societé , les baux et autres Actes
semblables , qui obligent respectivement
les Parties contractantes à remplir cha-
cun de leur part certains engagemens ,
lorsqu'ils sont reçûs par des Officiers pu-
blics sur du papier commun , dans un
lieu où ils devoient être sur papier tim-
bré , ils sont aussi absolument nuls à
tous égards, et ne peuvent valoir même
comme Ecriture privée , quand même
les Parties contractantes les auroient si-
gné , parce que pour former un Acte
obligatoire , sinallagmatique , sous seing
privé ,
il faut qu'il soit fait double , tri-
ple ou quadruple , & c. selon le nombre
des Contractans , afin que chacun d'eux
puisse en avoir un pardevers soi , ce que
fon apelle en Bretagne , un autant ; et
1. Vol
qu'il
JUIN
1737.
1113
qu'il soit fait mention dans chaque ex-
pédition que l'Acte a été fait double
triple ou quadruple , ce qui est tellement
de rigueur que l'omission de cette men-
tion suffit seule pour annuller la conven-
tion
cette regle est for dée sur le prin-
cipe qu'une convention ne peut pas être
valable , à moins que chaque Contrac-
tant ne puisse contraindre les autres à
exécuter leurs engagemens , comme il
peut être contraint de remplir les siens:
pour mettre les Contractans en état d'o-
bliger les autres d'executer leurs enga-
gemens , il faut
il faut que chacun d'eux ait en
main , pardevers soi un titre contre les
autres ; car un Acte sinallagmatique sous
seing privé qui seroit simple , ne forme-
roit pas un titre commun , quoiqu'il fût
signé de tous les Contractans , puisque
chacun d'eux ne pouroit pas l'avoir , et
que celui qui l'auroit, pouroit le faire
paroître ou le suprimer , selon son in-
terêt
3
au préjudice des autres Contrac-
tans , qui ne pouroient pas s'en aider.
Or lorsqu'un Acte sinallagmatique a
été reçû par un Officier public , pour
valoir comme Acte public ; et que néan,
moins il ne l'a reçû que sur papier com-
mun , soit par impéritie ou autrement,
quoiqu'il dût le recevoir sur du papier
J Vol.
timbré
1114 MERCURE DE FRANCE
timbré , cet Acte ne peut valoir comme
Ecriture privée , parce qu'il n'a point
été fait double , triple ou quadruple ,
& c. selon le nombre des Contractans , et
que par conséquent il n'y est pas fait
mention qu'il ait été fait double ou tri
ple , &c. d'où il s'ensuit qu'il ne peut
etre sinallagmatique , et qu'il est abso-
lument nul.
En vain prétendroit- on que la minu
te de cet Acte sinallagmatique devient
un titre commun dont chaque Contrac
tant peut ensuite lever des expéditions
et par- là se procurer un titre pour obli-
ger
les autres Parties à executer l'Acte
de leur part : dès que l'Acte sinallagma
tique n'a pas été reçû par l'Officier pu-
blic sur du papier timbré , comme il le
devoit , et que par l'omission de cette
formalité l'Acte ne peut valoir comme
Acte public , l'original de cet Acte que
l'Officier public a retenu pardevers lui ,
ne peut être considéré comme une vraie
minute , qui soit un titre commun dont
on puisse lever des expéditions , qui ser-
vent de titre à chacun des Contractans,
parce que l'original n'étant pas un Acte
public , mais seulement un Acte privé
simple, il pouvoit être suprimé par ceux
entre les mains desquels il étoit , et par
1. Vol.
conséquent
JUIN 17370
ITTS
conséquent n'étoit pas obligatoire , le
dépôt qui en a été fait chés un Officier
public , ne peut pas réparer ce vice pri-
mordial , ni faire que les expéditions
qu'en délivreroit l'Officier public , ser-
vent de titre à chacun des Contractans,
parce que l'Acte étant nul dans le prin-
cipe ne peut être réhabilité par la quali-
té du Lieu où il est placé.
Il faut néanmoins excepter de cette
regle certains Actes que les Notaires
peuvent recevoir en Brevet ; car si ces
Actes ont été faits doubles ou triples ,
selon le nombre des Parties contractan-
tes , ainsi que cela se pratique ordinaire-
ment, et que chaque double soit signé de
la Partie qu'il oblige, ces Actes qui ne se-
roient pas valables comme Actes publics,
s'ils étoient écrits sur du papier ou par-
chemin commun , dans un Lieu où ils
devoient l'être sur du papier ou parche-
min timbré , vaudroient du moins com-
me Ecritures privées , parce qu'ils au-
roient en eux toutes les conditions né
cessaires pour valoir en cette qualité.
Papier et Parchemin timbré, les Lieux
où cette Formalité est établie, son Objet,
ses Effets, et diverses questions auxquelles
elle peut donner lieu. Par M. A. G.
Boucher d'Argis, Avocat au Parlement.
Quoique l'établissement du Papier
et Parchemin timbré en France ne
Q
remonte guere qu'à 60. et quelques an
I Vol.
2
nées
JUIN.
1737.
1033
nées, et que cette matiere semble d'abord
être purement de Finance , la formalité
du Timbre en général , ne laisse pas d'ê-
tre fort ancienne , et de faire naître di-
verses questions , dont la décision dé-
pend des principes du Droit et de l'é-
quité naturelle.
C'est sous ce point de vûë que l'on se
propose de discuter ici cette matiere , et
seulement en ce qui est du Ressort de la
Jurisprudence .
19. Il paroîtra peut- être singulier que
l'on fasse remonter l'origine du Papier
timbré jusqu'au temps des Romains : ce-
pendant il est constant que cette forma-
lité ne leur étoit pas totalement incon-
nuë.
En effet , l'Empereur Justinien , con-
siderant le grand nombre d'Actes que les
Tabellions de Constantinople recevoient
journellement , et voulant prévenir cer-
taines faussetés qui pouvoient s'y glis-
ser , par sa Novelle 44. publiée l'an 537.
suivant les Fastes Consulaires ch. 2.
* Novella 44. de Tabellionibus , et ut Protoco-
la dimittant in
chartis. Imperator Justinianus
August. Joanni Prafect.Prator. iterùm Exconsuli et
Patricio. Litem , &c. Cap. II .
Illud quoque prasenti adjicimus Legi , ut Ta-
beliones non in aliâ charta purafcribant documen
ta , nisi in illâ qua in initio ( quod vocatur Proto-
I.Vol.
donna
7084 MERCURE DE FRANCE
donna que ces Tabellions ne pouroient
recevoir les Originaux des Actes de leur
ministere que sur du Papier en tête du-
quel (ce qu'on apelloit le Protocole ) se-
roit marqué le nom de l'Intendant des
Finances qui seroit alors en place , le
temps auquel auroit été fabriqué le pa-
pier, et les autres chosesque l'on avoit coû
tume de mettre en tête de ces papiers des-
colum per tempora gloriosissimi Comitis sacrarum
nostrarum largitionum habeat appellationem , et
tempus quo Charta facta est , et quacumque in ta-
libus scribuntur , et ut Protocolum non incidant
sed insertum relinquant. Novimus enim multas
falsitates ex talibus chartis ostensas et priùs et nunc;
ideóque licet aliqua sit charta ( nam et hoc san-
cimus ) habens Protocolum non ita conscriptum
sed aliam quandam scripturam gerens , neque il-
lam suscipiant , tanquam adulteram , et ad talia'.
non opportunam: sed in sola ali chartâ qualem du-
dum diximus,documenta scribant: hoc itaque qua de
qualitate talium chartarum à nobis decreta sunt ,
et de incisione eorum qua vocantur Protocola ,
lere in hac felicissimâ solùm Civitate volumus, ubi
plurima quidem contrahentium multitudo , multa
quoque chartarum abundantia est ,
modo interesse negotiis ,
X1 x. Kalend. Septembris
1. Vol.
va-
et licet legali´
et non dare occasionem
quibufdam falsitatem committere : cui se obnoxios
existere demonstrabunt , qui prater hac aliquid'
agere prasumpserint : que igitur placuerunt nobis
et per hanc sanctam declarata sunt Legem : tua
eelsitudo operi effectuique tradere festinet. Datum
tinés
1. Vol.
JUIN.
1737.
1085
tinés à écrire les Originaux des Actes que
recevoient les Tabellions de Constanti-
nople , ce que l'on apelloit , suivant la
Glose et les Interprétes , Imbreviaturam
totius contractus; c'est-à dire un Titre qui
annonçoit sommairement la qualité et
substance de l'Acte.
Par cette même Novelle l'Empereur
défendoit aussi aux Tabellions de Cons-
tantinople de couper ces marques et ti-
tres qui devoient être en tête de leurs-
Actes : il leur enjoignoit de les laisser
sans aucune altération , et défendoit aux
Juges d'avoir égard aux Actes écrits sur
du papier qui ne seroit pas revêtu en tê-
te de ces marques , quelques autres ti
tres ou Protocoles qui y fussent écrits.
Cette origine des Papiers et Parche
mins timbrés a été remarquée par M.de
Bâville , Intendant de Languedoc , dans
les Mémoires ( a ) qu'il a fait pour ser-
vir à l'Histoire de cette Province , dans
lesquels , en parlant du Domaine , il dit
que comme il y a deux Généralités (b )
( a )Ces Mémoiresfurent faits pour l'instruction
de M. le Duc de Bourgogne en l'année 1697. On
les a imprimé depuis sous le nom fent d'Amster-
dam 1734. mais le vrai lieu de cette Edition est
Marseille.
( b) Il n'y avoit alors dans le Languedoc que
dans
1086 MERCURE DE FRANCE
dans leLanguedoc, il y a aussi deux Sous-
Fernres du Domaine ; l'une pour la Gé-
néralité de Toulouse , l'autre pour la Gé-
néralité de Montpellier , et que dans ces
Sous-Fermes sont compris le Papier tim-
bré , les Fórmules et le Contrôle des
Exploits , et à ce propos il remarque, en
passant , que le Papier timbré n'a pas été
inconnu aux Romains , puisqu'on voiť
par la Novelle 44. qu'ils avoient une es-
pece particuliere de papier pour écrire
les Originaux des Actes des Notaires ,
lequel portoit la marque que l'Intendant
des Finances vouloit y faire aposer , et
la date du temps auquel il avoit été
fait.
On ne peut donc pas disconvenir que
la formalité du papier timbré étoit déja
en quelque usage chés les Romains , puis-
que les titres,dates et autres marques qui
devoient être aposées en tête du papier des-
tiné à écrire les Actes originaux des Ta-
bellions de Constantinople , étoient une
espece de Timbre qui avoit le même ob-
jet que ceux qui sont aujourd'hui usités
en France et dans plusieurs autres Pays.
II. Mais il est vrai qu'à l'exception
de la Ville de Constantinople , où cette
ces deux Généralités , aujourd'hui il y en a trois
sçavoir , Toulouse , Montpellier et Montauban.
1. Vol.
formalité
JUIN.
1087
1737.
formalité étoit établie , et pour les Actes
des Tabellions seulement , les Grecs , les
Romains et les autres Nations ne se ser-
voient point anciennement de papier et
Parchemin timbré : il n'y avoit alors au-
cune marque sur les Actes publics qui
les distinguât des écritures privées , car
les Grecs et les Romains n'avoient point
de Sceaux publics , ils n'avoient que des
Sceaux particuliers , ou plûtôt de simples
Cachets qu'ils aposoient aux Actes, au
Heu de signature , comme cela s'est pra-
tiqué long- tems dans plusieurs Pays , et
même autrefois en France , à cause qu'il
y avoit alors peu de personnes qui sçûs-
:
lesquels Sccaux particuliers
sent écrire
n'avoient aucun raport avec les Timbres
dont nous parlons.
III. On tient communément que le
Papier et le Parchemin timbré commen-
cerent à être établis en Espagne et en
Hollande vers l'an 1555.
IV. Ils le furent ensuite en Allema-
gne et dans les Pays-Bas de la Domina-
tion Impériale je n'ai pas trouvé l'Epo-
que précise du temps auquel ils com-
mencerent à y être en usage
mais
je puis assurer qu'il y en avoit du-
moins dès 1668. car j'ai vu un Acte reçû
par des Notaires à Bruxelles daté du 20 .
Février
L.Vol.
088 MERCURE DE FRANCE
Février 1668. qui étoit sur du papier
timbré.
J'ai remarqué deux choses particulie
res au Timbre qui est usité dans ces
Pays.
La premiere, est qu'ils ne sont point
frapés avec un Poinçon , comme ceux
qui sont usités en France et dans plusieurs
autres endroits , mais imprimés avec une
planche de cuivre, comme les Estampes.
La seconde , est que lorsqu'un Acte est
composé de plusieurs feuilles , il suffit
que la premiere soit de Papier timbré, les
autres que l'on insere au dedans peuvent
être de papier commun , au lieu qu'en
France et dans la plupart des autres en-
droits , où les Papiers et Parchemins tim-
brés sont établis, il fautque chaque feüil-
le employée aux Actes publics porte son
timbre.
V. On se sert aussi de papiers et par-
chemins timbrés pour les Actes publics
dans toute l'Angleterre , l'Ecosse et l'Ir-
lande : le Timbre que l'on y apose est
frapé avec un Poinçon , mais il n'y a
point d'encre ni aucune autre couleur
dans le Poinçon , ensorte que le Timbre
qu'il imprime ne paroît que parce qu'il
y a un peu de relief.
Ce Timbre d'Angleterre ne contient
I. Vol.
poinc
JUIN.
1737
1089
point les Armes du Roy , comme la plû-
part des autres Timbres : il est composé
de trois especes d'Ecussons accollés , char-
gés chacun d'une Rose , au tour de la-
quelle sont écrits ces mots : Honny soit
qui mal y pense , qui sont le cri des Ar
mes d'Angleterre.
VI. Les Papiers et Parchemins tim-
brés sont aussi en usage en Lorraine et
dans le Barrois , en Italie , dans le Com-
tat d'Avignon , et dans plusieurs autres
Etats de l'Europe.
VII. Pour ce qui est de la France ,
Louis XIV . étant lors à Paris, donna un
Edit au mois de Mars 1655. portant éta-
blissement d'une Marque sur le Papier et
le Parchemin pour la validité de tous les
Actes qui s'expedieroient dans le Royau-
me. Cet Edit fut enregistré en Parlement,
en la Chambre des Comptes , et en la
Cour des Aydes le 20. du même mois . Il
est à la Chambre des Comptes au je Vo-
lume des Ordonnances de Louis XI V.
coté 3. n. folio 69. et il en est fait men-
tion dans le Recueil des Ordonnances
Edits , &c. par M. Blanchart : mais cet
Edit n'eut pour lors aucune execution.
Ce ne fut qu'en 1673. qu'on ordon-
na de nouveau l'usage des Papiers et Par-
chemins timbrés , à l'occasion des For-
1. Vol.
mules
1090 MERCURE DE FRANCE
mules qui devoient être dressées pour
tous les Actes publics ; le Roy ayant re-
glé la forme de la procédure , tant au
Civil qu'au Criminel , par ses Ordon-
nances de 1.667. et 1670. et ordonné que
cette nouvelle forme de proceder seroit
suivie dans tout son Royame , pour faci-
liter l'execution de ses Reglemens , et
faire cesser les divers stiles particuliers
qui s'observoient dans chaque Tribunal ,
donna une Déclaration le 19. Mars 1673 .
par laquelle il ordonna qu'il seroit dres-
sé un Recueil de Formules , tant des Ac-
tes Judiciaires que des Actes des Notai-
res , pour y avoir recours au besoin , et
que sur ces Formules il seroit imprimé
des Exemplaires de chaque nature d'Ac-
tes , lesquels seroient marqués en tête d'u-
ne Fleur-de- lys , et timbrés de la qualité et
substance des Actes , comme aussi du Droit
qui seroit perçu pour chaque Acre , sui-
vant la Taxe qui en seroit faite au Con..
seil.
Les Formules d'Actes ordonnées par
cette Déclaration n'ont jamais eu lieu ,
parce que l'on y trouva trop de difficulté
et d'inconveniens : mais le Roy donna
une autre Déclaration au mois de Juillet
1673. registrée au Parlement le 10. du
même mois , par laquelle , en attendant
I. Vol.
que
JUIN.
1737.
1091
que les Formules fussent perfectionnées,il
ordonna queles Actes publics ne pouroient
être écrits que sur du papier et parche-
min timbré , comme ils devoient l'être
pour les Formules , avec cette difference
seulement , que le corps de l'Acte seroit
entierement écrit à la main.
Depuis ce Reglement on commença
à écrire les Actes publics sur du papier et
parchemin timbré
,
et on a toujours
continué jusqu'à present ; il y a scule-
ment eu des augmentations et diminu-
tions de Droits sur ces papiers , et divers
changemens dans la Formule des Tim-
bres mais l'objet de cette Dissertation
n'est pas de raporter ici tous ces Regle-
mens , encore moins d'entrer dans le dé-
tail des peines pecuniaires pronon-
cées contre ceux qui commettent à cet
égard quelque contravention ; cette pa : 3
tie qui ne concerne que la Finance
a été traitée par le Sr Deniset , Inte-
ressé dans les Fermes du Roy , lequel en
1715. a donné au Public un Volume in-
12. sous le titre de Recueil des Formules
des Papiers et Parchemins timbrés , & c.
dans lequel il a raporté les divers Regle
mens faits sur ce sujet, même les. Tarifs
des Droits , et les Baux faits aux Adju-
›
dicataires de cette Ferme, avec des Ob-
1. Vol.
C servations
1092 MERCURE DE FRANCE
servations sur la perception de ces Droits,
sur les Fonctions des Préposés et Com-
mis , &c. Ceux qui voudront en voir
davantage à cet égard , peuvent avoir re-
cours à ce Recučil.
VIII. J'observerai seulement que
depuis 1715. date de l'Edition de ce Re-
cueil , il est survenu deux Déclarations
au sujet des Papiers et Parchemins tim
brés.
Par la premiere , qui est du 7. Déa
cembre 1723. registrée en Parlement le
22. du même mois, le Roy en suprimant
la Formalité du Controlle des Actes des
Notaires au Châtelet de Paris , avoit éta-
bli divers Timbres particuliers , qui de-
voient être aposés sur les Actes qu'ils
recevroient , outre le Timbre ordinaire
de la Ferme , sçavoir un Timbre parti-
culier pour
les Actes de la premiere classe
qui y étoient détaillés , un pour les Ac-
tes de la seconde classe , un pour les pre-
mieres feuilles d'Expeditions,un autre pour
les secondesfeuilles.
Toutes ces differentes Formules ont
été suprimées par la seconde Déclaration
qui est du 5. Décembre 1730. par la-
quelle il est ordonné qu'à compter du
premier Janvier 1731. les Notaires de
Paris écriront tous leurs Actes sur du
1. Vol.
papier
JUIN.
1737.
103
papier timbré du Timbreord.naire des Fer
mes du Roy et outre cela d'un Timbre
particulier , intitulé Acres des Notaires de
Paris. Laquelle Formule sera uniforme
pour toute sorte d'Actes .
Tel est le dernier état des Reglemens
faits en France sur cette matiere.
IX.
Il y a quelques Provinces qui
n'ayant été réunies à la France qu'à la
charge d'être maintenues dans leurs Im-
munités et Privileges , n'ont point été
assujetties à la formalité des Timbres
parce qu'ils n'y étoient pas établis aupa-
ravant : Telles sont la Flandre, l'Artois,
Charleville et son Territoire , l'Alsace et
le Roussillon.
X. Il y a aussi deux Principautés
clavées dans la France ; sçavoir celle de
Dombes et celle d'Orange , et encore la
Principauté d'Henrichemont et Bois Belle
en Berry, dans lesquelles on ne se sert pas
non plus de papier timbré.
XI. Les Timbres que l'on apose en
France aux papiers et parchemins desti-
nés à écrire les Actes publics , sont im-
primés avec un Poinçon , et representent
les Armes du Prince, ou son Chiffre , ou
quelqu'autre marque par lui ordonnée ,
selon la nature des Actes , car il y a non
seulement un Timbre particulier pour
1.Vo!
ċij
chaque
1094 MERCUREDE FRANCE
chaque Généralité, mais il y a aussi dans
une même Généralité divers Timbres ,
>
selon la nature des Actes. On garde à
Paris dans l'Hôtel de Charny tous les
Poinçons des Timbres de toutes les Gé-
néralités , et c'est là que se timbrent les
papiers et parchemins pour tout
Royaume.
le
XII. Nos Timbres ont quelque ra
port avec les Sceaux publics , en ce que
les uns et les autres sont ordinairement
une empreinte des Armes du Prince , et
qu'ils s'aposent également aux Actes pu-
blics , et les distinguent des Actes sous
signature privée ; il ne faut pourtant pas
confondre ces deux Formalités , y ayant
entr'elles deux differences essentielles.
La premiere est que les Sceaux publics
tels que ceux du Roy, des Chancelleries,
des Jurisdictions , des Villes , des Uni-
versités , et autres semblables s'apliquent
en relief sur une forme de cire , ou
de quelqu'autre matiere propre à en rece-
voir l'empreinte: il y en aque l'on aplique
sur l'Acte même , d'autres qui sont à dou-
ble face , et qui ne sont attachés à l'Acte
que par des Lacs : au lieu que les Tim-
bres ne sont qu'une marque imprimée
au haut du papier ou parchemin ; lequel
nom de Timbre paroît avoir été emprun-
I. Vol.
té
JUIN.
1737.
1055
té du Blazon , & tirer son étimologie de
ce que le Timbre des papiers et parche-
mins s'imprime au haut de chaque feüil-
le , comme le casque ou autre couron-
nement que l'on nomme aussi Timbre ,
en termes de Blazon , se met au dessus
de l'Ecu.
La seconde difference eft que les Sceaux
que l'on apose aux Actes reçûs par des
Officiers publics, sont la marque de l'au
torité dont ils sont revêtus ; non- scule-
ment ils donnent à l'Acte un caractere
de publicité , mais en quelques endroits
comme à Paris , ils lui donnent aussi le
droit d'éxecution parée , tellement que
si un Acte public n'y étoit pas revêtu du
Sceau qu'il doit avoir pour être execu-
toire , il ne pouroit être mis à execu-
tion , quand même il seroit d'ailleurs re-
vêtu de toutes les autres formalités neces-
;
saires au lieu que le Timbre ne sert qu'à
donner à l'Acte une forme publique et
autentique , et ne lui donne en aucun
Pays le droit d'éxecution parée.
XIII. Quoique la formalité du Tim-
bre semble n'avoir été établie que pour
la finance qui en revient au Roy , elle ne
laisse pas d'être utile d'ailleurs.
En effet , le Timbre sert , 19. à distin-
guer à l'inspection seule du haut de la
1. Vol.
Cij fülle
1096 MERCURE DE FRANCE
feuille sur laquelle l'Acte est écrit, si c'est
un Acte émané d'un Officier public , ou
si ce n'est qu'une Ecriture privée.
2°. Le Timbre sert à faire respecter et
conserver les Affiches , Publications et
autres Actes que l'on attache exterieure-
ment aux portes de certaines Maisons ,
ou dans les Places publiques , en cas de
Decret , Licitation , Adjudication , ou
autre Publication : car dans ces sortes
d'Affiches , il n'y a proprement que le
Timbre qui fasse connoître que ce sont
des Actes émanés de l'autorité publique,
et sans cette formalité ils pouroient être
regardés comme des Ecrits privés, d'au-
tant plus que ces sortes d'Actes ne sont
point scellés , et qu'il n'y a que le Tim-
bre qui les distingue des Ecritures pri-
vées..
3. Le Timbre sert aussi à prévenir
certaines antidates et faussetés que l'on
pouroit plus facilement commettre ,
si
cette formalité n'étoit pas établie : car
comme il y a un Timbre particulier pour
chaque Pays , et même en France pour
chaque Province, que ces Timbres ont
été changés en divers temps , et que l'on
ne peut écrire les Actes publics que sur
du papier ou parchemin timbré du Tim-
bre actuellement autorisé dans le temps
I. Vol
et
JUIN.
1737.
1097
et le lieu où se passe l'Acte , ceux qui
écrivent un Acte sur du papier marqué
du Timbre actuel d'un certain Pays , ne
peuvent pas impunément le dater d'un
temps ni d'un lieu auquel il y auroit eut
un autre Timbre , parce que le Timbre
aposé à l'Acte démentiroit ces dates , et
en feroit connoître la fausseté.
4. Le principal effet des Timbres
( du moins que les Reglemens leur ont
attribué ) est qu'ils sont une des forma-
lités nécessaires pour donner l'authenti-
cité et le caractere de publicité aux Actes
reçûs par des Officiers publics : tellement
que sans cette formalité ces Actes ne pro-
duiroient point d'hypoteque , et ne se-
roient pas authentiques ni exécutoires :
ils ne seroient au plus considerés que
comme des Ecritures privées, et dans cer-
tains cas , ils seroient absolument nuls ,
ainsi que nous l'expliquerons dans un
moment ; ce qui a ainsi lieu , quand mê
me ces Actes seroient d'ailleurs revêtus
de toutes les autres formalités nécessaires
pour produire leur effet.
XIV. L'observation de cette forma
lité est d'autant plus importante , que
les Reglemens qui la prescrivent ne sont
pas des Loix seulement comminatoires ,
elles prononcent formellement la peine
I. Vol.
Ciiij.
de
1098 MERCURE DE FRANCE
de nullité contre les Actes publics qui
ne seront pas sur papier timbré : ensorte
que l'on ne pouroit pas rendre valable
un Acte public écrit sur du papier com-
mun , en le faisant timbrer après coup ,
même en payant aux Fermiers les Droits
et les Amendes , parce que le Fermier ne
peut pas remettre la peine de nullité :
dès qu'elle est encouruë , le droit d'opo-
ser la nullité de l'Acte est acquis.à tous
ceux qui pouroient avoir interêt d'en.
contester la validité ; et comme c'est une
maxime certaine que l'on ne peut pré-
judicier au droit acquis à un Tiers , le
Fermier ne peut remettre la peine de
nullité une fois encourue par l'omission
de la formalité du Timbre.
XV . Pour déterminer si un Acte public
doit , pour être valable , être écrit sur
du papier ou parchemin timbré , ou s'il
peut être écrit sur du papier ou parche-
min commun, on ne doit considerer que
l'usage du Lieu où se passe l'Acte. Si les
papiers et parchemins timbrés y sont éta-
blis , on doit s'en servir à peine de nulli-
té de l'Acte : si au contraire ils n'y sont
point établis , comme dans quelques
Pays et Provinces que nous avons ci- de-
vant remarqué , en ce cas , on n'est pas
obligé de s'en servir , quand même l'Of-
1. Vol.
ficier
JUIN.
17378
formalité des Timbres ést établie.
1099
ficier public , qui reçoit l'Acte , auroit
sa résidence ordinaire dans un lieu où la
Le principe par lequel se décide cette
question, est que tout ce qui ne concer-
ne que les formalités extérieures des
Actes, se regle par l'usage du Lieu où ils
se passent , suivant la maxime Locus re-
git actum. Or certainement il n'y a rien
qui soit plus de la forme extérieure des
Actes que le papier ou le parchemin sur
Fequel ils doivent être écrits ,
et le
Timbre qui y doit être aposé ; ainsi les
Ordonnances , Edits et Déclarations qui
ont établi les papiers et parchemins tim-
Brés , n'ayant pour objet que d'assujettir
les Actes publics à une formalité exté-
rieure , et qui ne concerne absolument
que
la forme , ne doivent être observés
"
que pour les Actes qui se passent dans
fes Pays où ces Loix sont établies.
En effet , quoiqu'il soit enjoint aux
Officiers publics de se servir de papiers
et parchemins timbrés dans le lieu où ils
sont établis , cette disposition n'est pas
un Statut personnel qui les assujettisse à
Suivre sa disposition , en quelque lieu
qu'ils se trouvent ; ce n'est qu'un Statut
réel et local , fait pour regler la formet
extérieure des Actes , et qui par conse
J. Vol
Gy
quent
1098 MERCURE DE FRANCE
de nullité contre les Actes publics qui
ne seront pas sur papier timbré : ensorte
que l'on ne pouroit pas rendre valable
un Acte public écrit sur du papier com-
mun , en le faisant timbrer après coup ,
même en payant aux Fermiers les Droits
et les Amendes , parce que le Fermier ne
peut pas remettre la peine de nullité :
dès qu'elle est encouruë , le droit d'opo-
ser la nullité de l'Acte est acquis à tous
ceux qui pouroient avoir interêt d'en.
contester la validité ; et comme c'est une
maxime certaine que l'on ne peut pré-
judicier au droit acquis à un Tiers , le
Fermier ne peut remettre la peine de
nullité une fois encourue par l'omission
de la formalité du Timbre.
XV. Pour déterminer si un Acte public
doit , pour être valable , être écrit sur
du papier ou parchemin timbré , ou s'il
peut être écrit sur du papier ou parche-
min commun, on ne doit considerer que
l'usage du Lieu où se passe l'Acte. Si les
papiers et parchemins timbrés y sont éta-
blis , on doit s'en servir à peine de nulli-
té de l'Acte : si au contraire ils n'y sont
point établis , comme dans quelques
Pays et Provinces que nous avons ci-de-
vant remarqué , en ce cas , on n'est pas
obligé de s'en servir , quand même l'Òf-
1. Vol.
ficier
JUIN.
17378
formalité des Timbres ést établie.
1099
ficier public , qui reçoit l'Acte , auroit
sa résidence ordinaire dans un lieu où la
Le principe par lequel se décide cette
question , est que tout ce qui ne concer
ne que les formalités extérieures des
Actes, se regle par l'usage du Lieu où ils
se passent , suivant la maxime Locus re-
git actum. Or certainement il n'y a rien
qui soit plus de la forme extérieure des
Actes que le papier ou le parchemin sur
Fequel ils doivent être écrits ,
et le
Timbre qui y doit être aposé ; ainsi les
Ordonnances , Edits et Déclarations qui
ont établi les papiers et parchemins tim-
Brés , n'ayant pour objet que d'assujettir
les Actes publics à une formalité exté-
rieure , et qui ne concerne absolument
que la forme , ne doivent être observés
que pour les Actes qui se passent dans
fes Pays où ces Loix sont établies.
En effet , quoiqu'il soit enjoint au
Officiers publics de se servir de papiers
et parchemins timbrés dans le lieu où ils
sont établis , cette disposition n'est pas
un Statut personnel qui les assujettisse à
suivre sa disposition , en quelque lieu
qu'ils se trouvent ; ce n'est qu'un Statut
réel et local , fait pour regler la forme
extérieure des Actes , et qui par conse
J.Vol
Gy
quent
Troo MERCURE DE FRANCE
quent ne regle que la forme de ceux qui'
se passent dans le lieu où ce Statut est
observé.
Il est vrai qu'il arrive rarement qu'il
se forme un combat sur ce Point entre
deux Statuts oposés , parce qu'il faut
pour cela que l'Officier public , qui a sa
residence dans un lieu dans lequel le pa
pier et le parchemin timbré sont établis,
ait été recevoir un Acte dans un lieu où
les Actes même publics s'écrivent sur du
papier commun , ou bien vice versâ, que
I'Officier public , qui auroit sa residence
dans un lieu où il n'y auroit point de
papier timbré , ait été recevoir un Acte
dans un lieu où la formalité du Timbre
seroit établie, ce qui n'est pas ordinaire,
la plupart des Officiers publics , n'ayant
droit d'instrumenter que dans le lieu de
leur residence:
Néanmoins ces sortes de cas peuvent
arriver , et arrivent en effet quelquefois
Par exemple , les Huissiers au Châte-
let de Paris ont droit d'exploiter par tout
le Royaume. Un de ces Huissiers qui a sa
residence ordinaire à Paris , est obligé de
se servir de papier timbré pour les Ex-
ploits qu'il y feroit , parce que cette for-
malité y est établies mais si , en vertu
du privilege qu'il a d'exploiter par tout
Mr.Vol.
le
JUIN.
1737
ΥΙΟΙ
le Royaume , I alloit faire quelque Ex-
ploit dans une Province où le papier et le
parchemin timbré n'est pas établi , telle
que Charleville , Henrichemont et autres
semblables , il ne seroit pas obligé de se
servir de papier timbré pour les Exploits
qu'il feroit dans ces Provinces , parce
que la Loy particuliere de chaque Pays
regle la forme extérieure des Actes qui
s'y passent , et que dans ce cas le papier
timbré n'est pas nécessaire , puisque la
Loy du Pays ne l'ordonne point.
Il en est de même à l'égard des No-
taires au Châtelet de Paris , qui ont leur
residence à Paris, et y font ordinairement
leurs fonctions ; ils sont obligés pour les
Actes qu'ils y reçoivent de se servir de
papier ou parchemin timbré, selon la na-
ture des Actes ; mais comme ils ont droit
d'instrumenter par tout le Royaume,
Hs peuvent aller recevoir des Actes
dans quelqu'autre Province dans laquelle
le papier timbré n'a pas lieu , et dans cet
cas ils ne seront pas obligés d'écrire leurs
Actes sur du papier ou parchemin tim-
bré , il suffira qu'ils les écrivent sur du
papier commun , suivant l'usage du lieu
où se passent les Actes.
De même encore un Conseiller au Par
lement de Paris , qui seroit commis par
J Vol.
Cvj
sa
Tro2 MERCURE DE FRANCE
sa Compagnie pour aller faire quelque
Enquête , Information , Visite ou autre
Procès verbal dans un lieu du Ressort où
le papier timbré n'est pas établi, comme
en Artois , ne seroit pas obligé de s'en
servir pour écrire les Actes qu'il feroit
dans ce lieu .
Et par une suite nécessaire du même
principe que la Loy du lieu où se passent
les Actes , regle tout ce qui est de la for-
me extérieure , un Officier public , éta-
bli dans un lieu où l'on se sert de papier
timbré , lequel , en vertu de quelque
Privilege ou Commission , iroit instru
menter dans un lieu où le papier timbré
seroit pareillement établi , mais dont le
Timbre seroit different , ne pouroit pas
dans ce lieu se servir de papier marqué
du Timbre autorisé dans le lieu de sa re-
sidence , il seroit tenu de se servir de
papier timbré pour le lieu où il passeroit
Acte
ensorte que les Notaires au Châ-
telet de Paris , qui par la Déclaration du
7. Septembre 1723. ont été affranchis de
la formalité du Controlle , au moyen
d'un Timbre particulier qui a été ajoûté
au papier dont ils se servent , ne pou
roient pas se servir de ce papier dans une
autre Généralité où il y auroit un Tim-
bre different , ils seroient obligés de se:
I.Vol
servig
JUIN.
1737.
F103
servir de papier timbré pour le lieu où
ils passeroient l'Acte , et il y a lieu de
croire que les Actes ainsi reçûs par des
Notaires de Paris , seroient sujets au Con
trolle comme tous les autres Actes qui
se passent dans les lieux où le Roy n'a
point établi le Timbre particulier , au
moyen duquel il a affranchi les Notaires
de Paris de la formalité du Controlle
parce que , comme on l'a déja observé, la
forme des Actes se reglant par la Loy dư
lieu où ils se passent les Actes reçûs par
des Notaires de Paris dans une autre Géné-
ralité , où le Controlle est établi, et où il
il
y a un Timbre different de celui de Pa-
ris , ne doivent point être reçûs selon la
forme usitée à Paris , mais suivant celle
qui est usitée dans le lieu où ils se passent,
et par consequent doivent être controllés
et écrits sur du papier timbré exprès pour
le lieu de la passation , puisque ce sont là
les formalités prescrites pour ce lieu.
XVI. Quoique par plusieurs Ordon
nances , Edits et Déclarations , le Roy
ait distingué les Actes qui doivent être
écrits en parchemin timbré, de ceux qu'il
suffit d'écrire sur du papier timbré ; un
Acte qui doit être en parchemin timbré
ne seroit pas nul , sous prétexte qu'il ne
seroit qu'en papier timbré
Val
parce que
1104 MERCURE DE FRANCE
le Roy a bien ordonné sous peine de nul-
lité d'écrire les Actes publics sur du papier
ou parchemin timbré , mais lorsqu'il a
distingué les Actes qui doivent être en
parchemin d'avec ceux qui doivent être
en papier, il n'a pas prononcé la peine de
nullité contre les Actes où ces distinc-
tions n'auroient pas été observées : en-
sorte qu'en cas de contravention à ces
distinctions, les Officiers publics sont
seulement sujets aux peines pecuniaires
prononcées par les Reglemens.
XVII. Il y auroit seulement plus de
difficulté, si un Acte d'une certaine nature
étoit écrit sur du papier ou parchemin
destiné à des Actes totalement differens:
Par exemple , si un Notaire écrivoit ses
Actes sur du papier ou parchemin des-
tiné pour les Expeditions des Greffiers ,
et vice versa. Dans ces cas la contradic-
tion qui se trouveroit entre l'intitulé du
Timbre, et la qualité de l'Acte, pouroic
faire foupçonner qu'il y auroit eu quel-
que surprise , et qu'on auroit fait signer
aux Parties un Acte pour un autre , ou
dumoins feroit rejeter l'Acte comme
étant absolument informe.
De même s'il arrivoit qu'un Acte pas
sé dans une Généralité fût écrit sur du
I. Vol.
...
papier
JUIN.
1737-
1105
papier ou parchemin timbré du Timbre
d'une autre Généralité , il y a lieu de
croire qu'un tel Acte seroit declaré nul ,
parce que ce seroit aux Parties à s'im-
puter d'avoir fair écrire leur Acte sur du
papier qui ne pouvoit absolument ycon-
venir , et qu'ils ne pouvoient ignorer
être d'une autre Généralité , puisque le
nom de chaque Généralité est gravé dans
chaque Timbre qui lui est particulier.
Mais si un Acte qu'il suffit d'écrire
sur du papier timbré étoit écrit sur du
parchemin timbré ; ou bien si un Acte-
que l'on peut mettre sur du papier ou
parchemin commun étoit écrit sur du
papier ou parchemin timbré , un tel Ac-
re ne seroit pas pour cela nul , parce que
ce qui abonde ne vicie point.
XVIII. En France , depuis quelques.
années , on a établi une Fabrique par-
ticuliere pour lespapiers que l'on destine
à être timbrés , dans le corps desquels au
licu de la Marque ou Enseigne du Fabri
quant , il y a au milieu de chaque feüil-
let une impression du Tinibre qui y doir
être aposé en tête.
Selon l'usage,ce Timbre interieur ne pa
roît pas être absolument de l'essence de la
formalité , et à la rigueur il suffit que le
papiersur lequel est écritl'Acte public soit
LiseVol
timbré
1105 MERCURE DE FRANCE
timbré au haut de chaque feuille du Tim
bre extérieur qui s'imprime avec un
Poinçon et en effet les Officiers publics
écrivent quelquefois leurs Actes sur du
papier commun , et font ensuite timbrer
chaque feuille avant de signer et de faire
signer l'Acte.
Il seroit néanmoins à propos que les
Officiers publics ne pussent se servir que
de papier timbré , tant du Timbre inté-
rieur que du Timbre extérieur ; carloin
que cette repetition du Timbre soit inu-
tile , chacun de ces deux Timbres a son
atilité particuliere.
Le Timbre imprimé au haut de cha-
que
feüille sert à faire connoître à l'ins-
pection seule d'un Acte, s'il est public ou
privé.
Le Timbre qui est dans le corps du
papier et fait en même temps que le pa-
pier , sert à assurer que le papier étoit
timbré lorsque l'Acte y a été écrit , et
qu'il n'a pas été timbré après coup : en
quoi ce dernier Timbre est un garand
plus sûr de la forme de l'Acte que le
Timbre extérieur , qui pouroit être apli
qué après coup , pour faire valoir un Ac-
re auquel manqueroit cette formalité.
Ce Timbre intérieur pouroit aussi ser-
vir à supléer le Timbre imprimé s'il se
J. Fol
trouvoit
JUIN.
1737.
1107
trouvoit effacé , ou si le haut de la page
sur lequel il est aposé étoit déchiré : sur
quoi il faut remarquer , en passant , que
les Officiers publics devroient toûjours
avoir l'attention de disposer leurs Actes
de maniere qu'on ne puisse en suprimer
le Timbre sans alterer le corps de l'Ac-
te, ce que néanmoins quelques uns n'ob-
servent pas, ne commençant à écrire leurs
Actes qu'au-dessous du Timbre.
Pour revenir au double Timbre , je
dis
que le Timbre intérieur qui est fait
avec le papier est utile pour assurer que
l'Acte a été écrit sur du papier qui étoit
déja timbré : ce qui ne laisse pas d'être
important ; car puisqu'il est ordonné à
peine de nullité que les Actes reçûs par
des Officiers publics soient écrits sur du
papier timbré , ceux qui sont Déposi-
taires des Poinçons du Timbre ne doi-
vent pas timbrer un Acte écrit sur du
papier commun , lorsqu'il est déja signé
et parfait comme écriture privée , pour
le faire valoir après coup , comme Ecri-
tare publique :
si on tolere que le Tim-
bre soit aposé sur un Acte déja écrit , ce
ne doit être que sur un Acte qui ne soit
pas encore signé : c'est pourquoi il se-
roit à propos d'assujettir tous les Officiers
publics à n'écrire les Actes qu'ils reçoi-
1. Vol.
vent
1108 MERCURE DE FRANCE
vent que sur du papier timbré des deux
Timbres ; c'est-à-dire , du Timbre qui
est marqué dans le corps du papier , er
fait avec le papier même , et de celui qui
s'imprime au haut de la feüille avec un
Poinçon , parce que le concours de ces
deux Timbres rempliroit tous les objets
que l'on peut avoir eu en vûë dans
P'établissement de cette formalité ; et let
Timbre intérieur écarteroit tout soup-
çon , en constatant que
le papier
étoit
déja timbré lorsque l'Acte y a été écrit.
Mais cette double précaution ne pou-
roit servir que pour les Actes qui s'écri-
vent sur du papier , et non pour ceux
qui s'écrivent en parchemin ; parce que
le parchemin n'étant pas fait de miin
d'homme , on ne peut pas y inserer de
Timbre intérieur comme dans le papier ,
dont le Timbre intérieur se fait en mê-
temps que le papier même. Aussi y a t- il
beaucoup plus d'inconveniens à se servir
de parchemin que de papier , parce que
non seulement la destination du parche-
min ne peut pas être constatée d'une ma-
niere aussi sûre que le papier ; mais ou-
tre cela le parchemin est plus facile à al-
térer que le papier , ensorte que pour
mieux assurer la verité des Actes , il se-
roit à souhaiter que l'on ne se servit que
de papier.
XIX.
JUIN.
1737.
1109
XIX. Pour entendre quel est l'effet
de la peine de nullité prononcée par les
Edits et Déclarations du Roy contre
les
Actes reçûs par des Officiers publics ,
lorsqu'ils ne sont pas écrits sur du papier
ou parchemin timbré, ou qu'ils sont écrits
sur du papier ou parchemin timbré du
Timbre d'un autre lieu que celui où est
passé l'Acte , ou d'un Timbre qui est
d'une destination si oposée à la nature de
l'Acte , qu'il ne peut absolument y con
venir , il faut distinguer entre les Actes
publics ceux qui ne sont obligatoires que'
d'une part , d'avec ceux qui sont sinal-
lagmatiques ; c'est- à-dire, qui sont res-
pectivement obligatoires à l'égard de tou
tes les Parties contractantes.
Les Actes qui ne sont obligatoires que
d'une part , comme une obligation , une
quittance , et les Actes qui ne forment
point de convention , tels que les Décla-
rations , les Certificats et autres Actes
de cette nature , ne sont pas
I. Vol.
absolument
nuls à tous égards , lorsqu'il leur manque
la formalité du Timbre : toute la peine
de nullité , à l'égard de ces sortes d'Ac-
tes , est qu'ils ne sont pas valables con
me Actes publics , et qu'ils n'ont aucun
des effets attachés à la publicité des Ac-
tes , tels que l'authenticité et l'hypote-
que
1108 MERCURE DE FRANCE
vent que sur du papier timbré des deux
Timbres ; c'est- à-dire , du Timbre qui
est marqué dans le corps du papier , et
fait avec le papier même , et de celui qui
s'imprime au haut de la feuille avec un
Poinçon , parce que le concours de ces
deux Timbres rempliroit tous les objets
que l'on peut avoir eu en vûë dans
l'établissement de cette formalité ; et le
Timbre intérieur écarteroit tout soup
çon , en constatant que le papier étoit
déja timbré lorsque l'Acte y a été écrit.
Mais cette double précaution ne pou-
roit servir que pour les Actes qui s'écri
vent sur du papier , et non pour ceux
qui s'écrivent en parchemin ; parce que
le parchemin n'étant pas fait de miin
d'homme , on ne peut pas y inserer de
Timbre intérieur comme dans le papier,
dont le Timbre intérieur se fait en mê
temps que le papier même. Aussi y a t- il
beaucoup plus d'inconveniens à se servir
de parchemin que de papier , parce que
non seulement la destination du parche-
min ne peut pas être constatée d'une ma
niere aussi sûre que le papier ; mais ou-
tre cela le parchemin est plus facile à al-
térer que le papier , ensorte que pour
mieux assurer la verité des Actes ,
roit à souhaiter que l'on ne se servît que
de papier.
il se-
XIX.
JUIN.
1737.
1109
XIX. Pour entendre quel est l'effet
de la peine de nullité prononcée par les
Edits et Déclarations du Roy contre les
Actes reçûs par des Officiers publics ,
lorsqu'ils ne sont pas écrits sur du papier
ou parchemin timbré , ou qu'ils sont écrits
sur du papier ou parchemin timbré du
Timbre d'un autre lieu que celui où est
passé l'Acte , ou d'un Timbre qui est
d'une destination si oposée à la nature de
l'Acte , qu'il ne peut absolument y con
venir , il faut distinguer entre les Actes
publics ceux qui ne sont obligatoires que'
d'une part , d'avec ceux qui sont sinal-
lagmatiques ; c'est- à-dire, qui sont res-
pectivement obligatoires à l'égard de tou
tes les Parties contractantes.
Les Actes qui ne sont obligatoires que
d'une part , comme une obligation , une
quittance , et les Actes qui ne forment
point de convention , tels que les Décla-
rations , les Certificats et autres Actes
de cette nature , ne sont pas absolument
nuls à tous égards, lorsqu'il leur manque
la formalité du Timbre : toute la peine
de nullité , à l'égard de ces sortes d'Ac-
tes , est qu'ils ne sont pas valables con
me Actes publics , et qu'ils n'ont aucun
des effets attachés à la publicité des Ac-
tes , tels que l'authenticité et l'hypote-
I. Vol.
que
1170 MERCURE DE FRANCE
que mais ils sont quelquefois valables
comme Ecriture privée.
En effet , lorsque l'on y a observé la
forme prescrite pour les Ecritures pri-
vées , ils sont valables en cette derniere
qualité, quoiqu'ils eussent été faits pour
valoir comme Actes publics.
Mais si ayant été faits pour valoir
comme Actes publics , ils ne peuvent va-
loir en cette qualité faute de Timbre , ou
à cause de quelque défaut essentiel dans
l'observation de cette formalité ; et que
d'un autre côté ces Actes ne soient pas
dans une forme telle qu'ils puissent va-
loir comme Ecriture privée, c'est alors un
des cas où ils sont absolument nuls aux
termes des Reglemens.
Par exemple , si un Notaire reçoit un
Testament sur du papier commun dans
un lieu où il devoit l'écrire sur du papier
timbré , ce Testament sera absolument
nul, et ne vaudra pas même comme Tes-
tament Olographe's parce que , pour être
valable en cette qualité , il faudroit qu'il
fût entierement écrit et signé de la main
du Testateur , auau lieu qu'ayant été reçû
par un Notaire , ce sera le Notaire qui
l'aura écrit ,
De même si un Notaire reçoit une
Obligation sur du papier commun , tan-
1. Vol.
dis
JUIN;
1737.
IIII
dis qu'elle devoit être sur du papier tim-
bré , elle ne sera pas valable , même
comme promesse sous signature privée ,
parce qu'aux termes de la Déclaration
du Roy du 22. Septembre 1733. regis-
trée en Parlement le 14. Octobre suivant
et le 20, Janvier 1734. Tous Billets sous
signature privée , au Porteur , à ordre , on
autrement, causés pour valeur en argent, sont
nuls , si le corps du Billet n'est écrit de la
main de celui qui l'a signé , ou du moins si
la somme portée au Billet n'est reconnuë par
une aprobation écrite en toutes lettres aussi
de sa main.
Cette Déclaration excepte seulement
les Billets sous signature privée , faits par
des Banquiers , Négocians , Marchands ,
Manufacturiers , Artisans , Fermiers, La-
boureurs , Vignerons , Manouvriers et au-
tres de pareille qualité , à l'égard desquels
elle n'exige pas que le corps de leurs
Billets soit entierement écrit de leur
main ensorte que les Obligations pas-
sées devant Notaires par ces sortes de
personnes , et reçûës sur du papier com-
mun lorsqu'elles devoient l'être sur pa-
pier timbré , pouroient valoir comme
Billets sous signature privée , pourvû
que l'Acte fût signé de l'Obligé.
Pour ce qui est des Actes que les Par-
1. Vol
ties
112 MERCURE DE FRANCE
ties n'ont pû signer , faute de sçavoir
écrire , ou pour quelqu'autre empêche-
ment , ils sont absolument nuls à tous
égards , lorsque les Officiers publics de-
voient les recevoir sur du papier timbré,
et qu'ils les ont reçûs sur du papier com-
mun , et ne peuvent valoir même com-
me Ecriture privée , parce que les Actes
sous seing privé ne sont parfaits que par
la signature des Parties.
A l'égard des Actes sinallagmatiques
tels que les Contrats de vente , d'échan-
ge , de societé , les baux et autres Actes
semblables , qui obligent respectivement
les Parties contractantes à remplir cha-
cun de leur part certains engagemens ,
lorsqu'ils sont reçûs par des Officiers pu-
blics sur du papier commun , dans un
lieu où ils devoient être sur papier tim-
bré , ils sont aussi absolument nuls à
tous égards, et ne peuvent valoir même
comme Ecriture privée , quand même
les Parties contractantes les auroient si-
gné , parce que pour former un Acte
obligatoire , sinallagmatique , sous seing
privé ,
il faut qu'il soit fait double , tri-
ple ou quadruple , & c. selon le nombre
des Contractans , afin que chacun d'eux
puisse en avoir un pardevers soi , ce que
fon apelle en Bretagne , un autant ; et
1. Vol
qu'il
JUIN
1737.
1113
qu'il soit fait mention dans chaque ex-
pédition que l'Acte a été fait double
triple ou quadruple , ce qui est tellement
de rigueur que l'omission de cette men-
tion suffit seule pour annuller la conven-
tion
cette regle est for dée sur le prin-
cipe qu'une convention ne peut pas être
valable , à moins que chaque Contrac-
tant ne puisse contraindre les autres à
exécuter leurs engagemens , comme il
peut être contraint de remplir les siens:
pour mettre les Contractans en état d'o-
bliger les autres d'executer leurs enga-
gemens , il faut
il faut que chacun d'eux ait en
main , pardevers soi un titre contre les
autres ; car un Acte sinallagmatique sous
seing privé qui seroit simple , ne forme-
roit pas un titre commun , quoiqu'il fût
signé de tous les Contractans , puisque
chacun d'eux ne pouroit pas l'avoir , et
que celui qui l'auroit, pouroit le faire
paroître ou le suprimer , selon son in-
terêt
3
au préjudice des autres Contrac-
tans , qui ne pouroient pas s'en aider.
Or lorsqu'un Acte sinallagmatique a
été reçû par un Officier public , pour
valoir comme Acte public ; et que néan,
moins il ne l'a reçû que sur papier com-
mun , soit par impéritie ou autrement,
quoiqu'il dût le recevoir sur du papier
J Vol.
timbré
1114 MERCURE DE FRANCE
timbré , cet Acte ne peut valoir comme
Ecriture privée , parce qu'il n'a point
été fait double , triple ou quadruple ,
& c. selon le nombre des Contractans , et
que par conséquent il n'y est pas fait
mention qu'il ait été fait double ou tri
ple , &c. d'où il s'ensuit qu'il ne peut
etre sinallagmatique , et qu'il est abso-
lument nul.
En vain prétendroit- on que la minu
te de cet Acte sinallagmatique devient
un titre commun dont chaque Contrac
tant peut ensuite lever des expéditions
et par- là se procurer un titre pour obli-
ger
les autres Parties à executer l'Acte
de leur part : dès que l'Acte sinallagma
tique n'a pas été reçû par l'Officier pu-
blic sur du papier timbré , comme il le
devoit , et que par l'omission de cette
formalité l'Acte ne peut valoir comme
Acte public , l'original de cet Acte que
l'Officier public a retenu pardevers lui ,
ne peut être considéré comme une vraie
minute , qui soit un titre commun dont
on puisse lever des expéditions , qui ser-
vent de titre à chacun des Contractans,
parce que l'original n'étant pas un Acte
public , mais seulement un Acte privé
simple, il pouvoit être suprimé par ceux
entre les mains desquels il étoit , et par
1. Vol.
conséquent
JUIN 17370
ITTS
conséquent n'étoit pas obligatoire , le
dépôt qui en a été fait chés un Officier
public , ne peut pas réparer ce vice pri-
mordial , ni faire que les expéditions
qu'en délivreroit l'Officier public , ser-
vent de titre à chacun des Contractans,
parce que l'Acte étant nul dans le prin-
cipe ne peut être réhabilité par la quali-
té du Lieu où il est placé.
Il faut néanmoins excepter de cette
regle certains Actes que les Notaires
peuvent recevoir en Brevet ; car si ces
Actes ont été faits doubles ou triples ,
selon le nombre des Parties contractan-
tes , ainsi que cela se pratique ordinaire-
ment, et que chaque double soit signé de
la Partie qu'il oblige, ces Actes qui ne se-
roient pas valables comme Actes publics,
s'ils étoient écrits sur du papier ou par-
chemin commun , dans un Lieu où ils
devoient l'être sur du papier ou parche-
min timbré , vaudroient du moins com-
me Ecritures privées , parce qu'ils au-
roient en eux toutes les conditions né
cessaires pour valoir en cette qualité.
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Résumé : DISSERTATION sur l'Origine du Papier et Parchemin timbré, les Lieux où cette Formalité est établie, son Objet, ses Effets, et diverses questions auxquelles elle peut donner lieu. Par M. A. G. Boucher d'Argis, Avocat au Parlement.
Le texte de Boucher d'Argis explore l'origine et l'évolution du papier et du parchemin timbré, une formalité administrative ancienne. L'utilisation du papier timbré remonte à l'Empire romain avec la Novelle 44 de Justinien en 537, visant à prévenir les falsifications. En France, cette pratique a été introduite vers 1737 pour des raisons financières. En Espagne et en Hollande, elle date de 1555 et s'est ensuite répandue en Europe. En France, Louis XIV a édicté en 1655 l'obligation d'utiliser du papier timbré, marqué d'une fleur-de-lis, pour les actes publics. Les régulations françaises précisent les formules, les droits perçus et les tarifs des papiers timbrés. Certaines provinces comme la Flandre et l'Alsace sont exemptées en raison de privilèges particuliers. Les timbres, imprimés avec les armes du prince, authentifient les actes publics et préviennent les falsifications. Les actes non timbrés sont nuls et non exécutoires. La validité d'un acte dépend du lieu où il est passé, suivant la maxime 'Locus regit actum'. Les notaires du Châtelet de Paris doivent utiliser le papier timbré local lorsqu'ils instrumentent dans une généralité où le timbre diffère. Les actes doivent être contrôlés et écrits sur du papier timbré conforme aux prescriptions locales. Les officiers publics encourent des amendes en cas de non-respect de ces règles. Les actes publics doivent être rédigés sur papier timbré pour garantir leur validité et éviter les fraudes. Certains actes, comme les testaments ou les obligations notariées, doivent impérativement être sur papier timbré pour être valides.
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Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4614
p. 1116-1124
LE PARNASSE, ODE A Madame la Comtesse de La Mothe la Myre L. D. R. D. P.
Début :
Je sens une heureuse manie, [...]
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texteReconnaissance textuelle : LE PARNASSE, ODE A Madame la Comtesse de La Mothe la Myre L. D. R. D. P.
LE PARNASSE,
ODE
A Madame la Comtesse de La Mothe
la Myre L. D. R. D. P.
Je sens une heureuse manie,
Déja je ne suis plus à moi ,
Où me transporte mon génie ?
Quel est le beau lieu que je voi ?
Quelles sont ces Plaines fleuries ,
Ces Jardins, ces vertes Prairies ?
Mais quel est ce charmant Vallon 3
Je suis sur le fameux Parnasse ;
Quel séjour en beauté surpasse
Le tien ,
divin Apollon ?
M
Là s'offre un Temple remarquable
Par une noble antiquité ;
Son Gothique est plus respectable
Que Forgueilleuse nouveauté.
De l'Art la frivole parure
Dépare la belle Nature ,
Tout est simple dans ce Palais ;
Des Graces toutes naturelles ,
I. Vol.
Restent
J U.IN.
17376
Restent toujours beautés nouvelles ;
Le vrai beau ne vieillit jamais.
Est quelque délicat Ouvrage ,
Rondeau , Madrigal , pointe fine ,
Et papillonne autour des Ris ,
Qui d'Amour fait l'apologie ,
"
Au Dieu chacun rend son hommage;
Mais l'encens qui lui plaît sur tout ,
Qui par son sel pique le goût ;
Muse legere qui badine ,
Stance , Sonnet , tendre Elegie ,
Et touche une cruelle Iris.
Dès que Phébus daigne sourire ,
來
On sent naître d'heureux transports ,
Et même son scul souffle inspire
Les plus harmonieux accords.
Là , c'est un Concert unanime ;
A louer ce Dieu , tout s'anime ;
On entend mille et mille voix ,
Qui pleines de son air affable,
Chantent qu'il est le plus aimable ,
Et qu'on vit heureux sous ses Loix.
Au pied du Temple est l'Hipocrêne ,
Dont les délicieuses Eaux ,
I. Vol.
D ij
1117
Charmant
1118 MERCURE DE FRANCE
Charmant la plus cuisante peine,
Inspirent des accens nouveaux ;
C'est le grand Nectar de sagesse ,
Qui nous cause une tendre yvresse
C'est là l'Elixir nompareil ,
Qui mieux que Maîtresse chérie ,
Nous jette en belle rêverie ,
Et conduit au plus doux sommeil.
M
Plus loin une grande Prairie
Où se trouvent mille Beautés ,
Propre pour la galanterie ,
Attire nos Divinités ;
Flore y paroît avec les Graces ;
Zéphire vole sur ses traces ;
Sous ses pas naissent tour à tour,
Les Ris , les Jeux , le badinage
Enfans legers du Dieu volage
Si connu sous le nom d'Amour.
Les Anacréons , les
vides ;
Peres des tendres sentimens ,
Y sont les plus fideles guides
De tous nos délicats Amans ;
Avec quel tour , quelle finesse
Donnent-ils leçon de tendresse ?
On n'en perd point le souvenir ;
I. Vol.
JUIN.
47378
En tous lieux ces aimables Sages ,
Font rendre à l'Amour des hommages j
Contre leurs sons , qui peut tenir ?
M
De Phébus les doctes Compagnes
Sensibles au charmant plaisir ,
Vont dans ces riantes Campagnes
Goûter les douceurs du loisir
Aussi-tôt à ces Immortelles ,
On offre les fleurs les plus belles
Chacun leur marque son, respect';
Leur enjoûment badin engage
A leur rendre un plus tendre hommage ;-
Mais cet hommage est circonspect;
語
Quels beaux sentimens de tendresse !'
Fables , Contes d'un heureux tour ...
Il n'est que la délicatesse
Qui puisse plaire en fait d'amour ;
Dans le gracieux tout s'y passe ,
De voir , d'entendre , on ne s'y lasse ;
Chants , Danses sont d'un goût parfait şi
Ce que j'y vois de plus aimable
Chose à mon sens incomparable ,
On y fait toujours ce qui plaît.
I. Vote.
1119
Bij Loin
1118 MERCURE DE FRANCI
Charmant la plus cuisante peine,
Inspirent des accens nouveaux ;
C'est le grand Nectar de sagesse ,
Qui nous cause une tendre yvresse
C'est là l'Elixir nompareil ,
Qui mieux que Maîtresse chérie ,
Nous jette en belle rêverie ,
Et conduit au plus doux sommeil.
說
Plus loin une grande Prairie
Où se trouvent mille Beautés ,
Propre pour la galanterie ,
Attire nos Divinités ;
Flore y paroît avec les Graces ,
..
Zéphire vole sur ses traces ;
Sous ses pas naissent tour à
tour,
Les Ris , les Jeux , le badinage
Enfans legers du Dieu volage ,
Si connu sous le nom d'Amour.
Les Anacréons , les
vides ;
Peres des tendres sentimens ,
Y sont les plus fideles guides
De tous nos délicats Amans ;
Avec quel tour , quelle finesse
Donnent-ils leçon de tendresse ?
On n'en perd point le souvenir ;
I. Vol.
JUI N.
1737.
En tous lieux ces aimables Sages ,
Font rendre à l'Amour des hommages j
Contre leurs sons , qui peut tenir ?
!
De Phébus les doctes Compagnes
Sensibles au charmant plaisir ,
Vont dans ces riantes Campagnes
Goûter les douceurs du loisir ;
Aussi-tôt à ces Immortelles
On offre les fleurs les plus belles ;
Chacun leur marque son, respect';`
Leur enjoûment badin engage
A leur rendre un plus tendre hommage ;
Mais cet hommage est circonspect;
DIG
Quels beaux sentimens de tendresse !
Fables , Contes d'un heureux tour .
Il n'est que la délicatesse
Qui puisse plaire en fait d'amour ;
Dans le gracieux tout s'y passe ,
De voir , d'entendre , on ne s'y lasse ;
Chants , Danses sont d'un goût parfait ;
Ce que j'y vois de plus aimable
Chose à mon sens incomparable
On y fait toujours ce qui plaît.
I. Vote ·
Biii
1119
Loin
1120 MERCURE DE FRANCE
Loin la seche Philosophie ,
Riche en frivoles argumens ;
Loin la noire Misantropie
Mere des tristes sentimens ;
Plus loin l'ennuyeux pédantisme ,
Des Sages le dur stoïcisme ,
Qui trouble toujours la raison
L'Envie au regard sombre et louche ;
L'humeur inégale et farouche ,
Ne sont point ici de saison.
Loin encor toute ame hautaine
Ce Monstre de fatuité ,
Qui veut nous tenir à la chaîne
De son énorme vanité ;
Si l'on ne le Monseigneurise ,
Telle est sa superbe sotise ,
Qu'il ne répond qu'avec fierté ;
Trop enyvré de sa chimere ,
Il exige qu'on le révére
Autant qu'une Divinité.
Ici l'on sent un air d'aisance ;
C'est le séjour du bon esprit ,
Pays de la belle Science ;
On y trouve par tout écrit :
Que jamais l'aimable tendresse ,
I. Vol.
No
JUIN.
1737
Ne fut contraire à la sagesse ;
Qu'un grain de fine volupté
Rend notre raison plus traitable ,
Lui fait prendre un tour agréable;
Que c'est un Baume de santé.
C'est ainsi qu'on aprend à vivre
Avec ces heureux sentimens ;
L'agréable est seul bon à suivre ,
C'est ce qu'on nomme le bon sens ;
Ce sens en Maître ici décide
Du beau , du fin et du solide ,
Sens plus noble que le commun ;
Là l'on abhorre le vulgaire ,
Et tout sentiment populaire ,
Esprit plat , discours importua.
Que j'aime à voir ici Moliere ,
Le grand Comique du Vallon
Donner aux Ris ample matiere ,
Et divertir même Apollon !
De l'un il fronde l'Avarice ,
De l'autre la noire malice ,
Le ridicule des jaloux ,
Des Grands la superbe ignorance ,
Des Pédans la dure science
Quelle multitude de foux !
I. Vol.
;
X12X
D iiij
Plus
22 MERCURE DE FRANCE
Plus loin les cœurs sont en allarmes
Quel Spectacle frape les yeux
La pitié fait couler des larmes ;
J'entends le langage des Dieux
Rejoint l'illustre Malheureux.
M
;
Pour un Héros l'on s'interesse ,
Il meurt en vengeant sa Princesse ,
Qui par un retour geneveux ,
A son tendre amour asservie ,
Par un poignard s'ôtant la vie ,
Que les Corneilles , les Racines
Triomphent par le merveilleux ;
Que leurs Muses toûjours divines-
Respirent le grand , le pompeux ;
Quoi ? dans l'homme est-ce une foiblesse ,
D'aimer jusques à la tristesse ,
Et de se plaire à des malheurs
C'est plutôt raison que folie ;
On aime sa mélancolie ;
Le vrai plaisir est dans les pleurs.
I. Vol
典
Conduits par un goût solitaire ,
Juvenal , Horace et Boileau ,
Viennent au bois se satisfaire
Auprès du plus charmant ruisseau.
Là , d'un malicieux sourire
fls
JUIN.
1737.
Els séparent dans leur Satire ,
Le sage de l'impertinent ;
Graces à ces Censeurs habiles
Sar le bon toujours difficiles ;
On n'est point sot impunément,
Entre les Menins du Parnasse,
J'aperçois l'illustre Rousseau ;
Une de ses Odes surpasse
Ce qu'on lit ici de plus beau.
Ah ! quel héroïquel angage !
De vérités quel assemblage !
Ce Pindare ravit aux Čieux ;
Qui comme lui touche la Lyre ?
Il prend un ton qui nous inspire
Le respect que l'on rend aux Dieux.
Après lui vient le grand Volterre ,
Riche en hauts sentimens du cœur
Jamais il ne tient à la Terre ;
Toujours il tend à la grandeur.
Que j'aime son Poëme Epique !
Chef-d'œuvre de l'Art Poëtique ,
A sa gloire il a mis le sceau ;
Les Virgiles et les Homeres ,
Des fameux Poëmes les Peres , '
Ont-ils rien produit de plus beau P
I Vol
1123
Dy Phe
DY
124 MERCURE DE FRANCE
Plus loin l'on voit les Fontenelles
Dignes Chefs de nos beaux Esprits ,
Qui sement de fleurs naturelles ,
Leurs heureux et brillans Ecrits ::
Ils ont acquis sur le Parnasse
L'honneur d'une éminente place ,.
Et telle est leur félicité ;
La voix fidelle de l'Histoire
Porte leurs noms couverts de gloire
Au sein de l'immortalité.
Philis , tel fut l'heureux Voyage
Que je fis dans ce beau séjour ;.
Mon bonheur fut d'un court passage ,
Quel plaisir dure plus d'un jour ?
Mais je veux par le specifique-
De mon Talisman poëtique ,
Trouver même félicité :
Pour être heureux , souvent un songe ,
Où le ressort d'un beau mensonge
Y fait plus que la verité.
Bar... d'Amiens, au Cha... d'Aventcour.
ODE
A Madame la Comtesse de La Mothe
la Myre L. D. R. D. P.
Je sens une heureuse manie,
Déja je ne suis plus à moi ,
Où me transporte mon génie ?
Quel est le beau lieu que je voi ?
Quelles sont ces Plaines fleuries ,
Ces Jardins, ces vertes Prairies ?
Mais quel est ce charmant Vallon 3
Je suis sur le fameux Parnasse ;
Quel séjour en beauté surpasse
Le tien ,
divin Apollon ?
M
Là s'offre un Temple remarquable
Par une noble antiquité ;
Son Gothique est plus respectable
Que Forgueilleuse nouveauté.
De l'Art la frivole parure
Dépare la belle Nature ,
Tout est simple dans ce Palais ;
Des Graces toutes naturelles ,
I. Vol.
Restent
J U.IN.
17376
Restent toujours beautés nouvelles ;
Le vrai beau ne vieillit jamais.
Est quelque délicat Ouvrage ,
Rondeau , Madrigal , pointe fine ,
Et papillonne autour des Ris ,
Qui d'Amour fait l'apologie ,
"
Au Dieu chacun rend son hommage;
Mais l'encens qui lui plaît sur tout ,
Qui par son sel pique le goût ;
Muse legere qui badine ,
Stance , Sonnet , tendre Elegie ,
Et touche une cruelle Iris.
Dès que Phébus daigne sourire ,
來
On sent naître d'heureux transports ,
Et même son scul souffle inspire
Les plus harmonieux accords.
Là , c'est un Concert unanime ;
A louer ce Dieu , tout s'anime ;
On entend mille et mille voix ,
Qui pleines de son air affable,
Chantent qu'il est le plus aimable ,
Et qu'on vit heureux sous ses Loix.
Au pied du Temple est l'Hipocrêne ,
Dont les délicieuses Eaux ,
I. Vol.
D ij
1117
Charmant
1118 MERCURE DE FRANCE
Charmant la plus cuisante peine,
Inspirent des accens nouveaux ;
C'est le grand Nectar de sagesse ,
Qui nous cause une tendre yvresse
C'est là l'Elixir nompareil ,
Qui mieux que Maîtresse chérie ,
Nous jette en belle rêverie ,
Et conduit au plus doux sommeil.
M
Plus loin une grande Prairie
Où se trouvent mille Beautés ,
Propre pour la galanterie ,
Attire nos Divinités ;
Flore y paroît avec les Graces ;
Zéphire vole sur ses traces ;
Sous ses pas naissent tour à tour,
Les Ris , les Jeux , le badinage
Enfans legers du Dieu volage
Si connu sous le nom d'Amour.
Les Anacréons , les
vides ;
Peres des tendres sentimens ,
Y sont les plus fideles guides
De tous nos délicats Amans ;
Avec quel tour , quelle finesse
Donnent-ils leçon de tendresse ?
On n'en perd point le souvenir ;
I. Vol.
JUIN.
47378
En tous lieux ces aimables Sages ,
Font rendre à l'Amour des hommages j
Contre leurs sons , qui peut tenir ?
M
De Phébus les doctes Compagnes
Sensibles au charmant plaisir ,
Vont dans ces riantes Campagnes
Goûter les douceurs du loisir
Aussi-tôt à ces Immortelles ,
On offre les fleurs les plus belles
Chacun leur marque son, respect';
Leur enjoûment badin engage
A leur rendre un plus tendre hommage ;-
Mais cet hommage est circonspect;
語
Quels beaux sentimens de tendresse !'
Fables , Contes d'un heureux tour ...
Il n'est que la délicatesse
Qui puisse plaire en fait d'amour ;
Dans le gracieux tout s'y passe ,
De voir , d'entendre , on ne s'y lasse ;
Chants , Danses sont d'un goût parfait şi
Ce que j'y vois de plus aimable
Chose à mon sens incomparable ,
On y fait toujours ce qui plaît.
I. Vote.
1119
Bij Loin
1118 MERCURE DE FRANCI
Charmant la plus cuisante peine,
Inspirent des accens nouveaux ;
C'est le grand Nectar de sagesse ,
Qui nous cause une tendre yvresse
C'est là l'Elixir nompareil ,
Qui mieux que Maîtresse chérie ,
Nous jette en belle rêverie ,
Et conduit au plus doux sommeil.
說
Plus loin une grande Prairie
Où se trouvent mille Beautés ,
Propre pour la galanterie ,
Attire nos Divinités ;
Flore y paroît avec les Graces ,
..
Zéphire vole sur ses traces ;
Sous ses pas naissent tour à
tour,
Les Ris , les Jeux , le badinage
Enfans legers du Dieu volage ,
Si connu sous le nom d'Amour.
Les Anacréons , les
vides ;
Peres des tendres sentimens ,
Y sont les plus fideles guides
De tous nos délicats Amans ;
Avec quel tour , quelle finesse
Donnent-ils leçon de tendresse ?
On n'en perd point le souvenir ;
I. Vol.
JUI N.
1737.
En tous lieux ces aimables Sages ,
Font rendre à l'Amour des hommages j
Contre leurs sons , qui peut tenir ?
!
De Phébus les doctes Compagnes
Sensibles au charmant plaisir ,
Vont dans ces riantes Campagnes
Goûter les douceurs du loisir ;
Aussi-tôt à ces Immortelles
On offre les fleurs les plus belles ;
Chacun leur marque son, respect';`
Leur enjoûment badin engage
A leur rendre un plus tendre hommage ;
Mais cet hommage est circonspect;
DIG
Quels beaux sentimens de tendresse !
Fables , Contes d'un heureux tour .
Il n'est que la délicatesse
Qui puisse plaire en fait d'amour ;
Dans le gracieux tout s'y passe ,
De voir , d'entendre , on ne s'y lasse ;
Chants , Danses sont d'un goût parfait ;
Ce que j'y vois de plus aimable
Chose à mon sens incomparable
On y fait toujours ce qui plaît.
I. Vote ·
Biii
1119
Loin
1120 MERCURE DE FRANCE
Loin la seche Philosophie ,
Riche en frivoles argumens ;
Loin la noire Misantropie
Mere des tristes sentimens ;
Plus loin l'ennuyeux pédantisme ,
Des Sages le dur stoïcisme ,
Qui trouble toujours la raison
L'Envie au regard sombre et louche ;
L'humeur inégale et farouche ,
Ne sont point ici de saison.
Loin encor toute ame hautaine
Ce Monstre de fatuité ,
Qui veut nous tenir à la chaîne
De son énorme vanité ;
Si l'on ne le Monseigneurise ,
Telle est sa superbe sotise ,
Qu'il ne répond qu'avec fierté ;
Trop enyvré de sa chimere ,
Il exige qu'on le révére
Autant qu'une Divinité.
Ici l'on sent un air d'aisance ;
C'est le séjour du bon esprit ,
Pays de la belle Science ;
On y trouve par tout écrit :
Que jamais l'aimable tendresse ,
I. Vol.
No
JUIN.
1737
Ne fut contraire à la sagesse ;
Qu'un grain de fine volupté
Rend notre raison plus traitable ,
Lui fait prendre un tour agréable;
Que c'est un Baume de santé.
C'est ainsi qu'on aprend à vivre
Avec ces heureux sentimens ;
L'agréable est seul bon à suivre ,
C'est ce qu'on nomme le bon sens ;
Ce sens en Maître ici décide
Du beau , du fin et du solide ,
Sens plus noble que le commun ;
Là l'on abhorre le vulgaire ,
Et tout sentiment populaire ,
Esprit plat , discours importua.
Que j'aime à voir ici Moliere ,
Le grand Comique du Vallon
Donner aux Ris ample matiere ,
Et divertir même Apollon !
De l'un il fronde l'Avarice ,
De l'autre la noire malice ,
Le ridicule des jaloux ,
Des Grands la superbe ignorance ,
Des Pédans la dure science
Quelle multitude de foux !
I. Vol.
;
X12X
D iiij
Plus
22 MERCURE DE FRANCE
Plus loin les cœurs sont en allarmes
Quel Spectacle frape les yeux
La pitié fait couler des larmes ;
J'entends le langage des Dieux
Rejoint l'illustre Malheureux.
M
;
Pour un Héros l'on s'interesse ,
Il meurt en vengeant sa Princesse ,
Qui par un retour geneveux ,
A son tendre amour asservie ,
Par un poignard s'ôtant la vie ,
Que les Corneilles , les Racines
Triomphent par le merveilleux ;
Que leurs Muses toûjours divines-
Respirent le grand , le pompeux ;
Quoi ? dans l'homme est-ce une foiblesse ,
D'aimer jusques à la tristesse ,
Et de se plaire à des malheurs
C'est plutôt raison que folie ;
On aime sa mélancolie ;
Le vrai plaisir est dans les pleurs.
I. Vol
典
Conduits par un goût solitaire ,
Juvenal , Horace et Boileau ,
Viennent au bois se satisfaire
Auprès du plus charmant ruisseau.
Là , d'un malicieux sourire
fls
JUIN.
1737.
Els séparent dans leur Satire ,
Le sage de l'impertinent ;
Graces à ces Censeurs habiles
Sar le bon toujours difficiles ;
On n'est point sot impunément,
Entre les Menins du Parnasse,
J'aperçois l'illustre Rousseau ;
Une de ses Odes surpasse
Ce qu'on lit ici de plus beau.
Ah ! quel héroïquel angage !
De vérités quel assemblage !
Ce Pindare ravit aux Čieux ;
Qui comme lui touche la Lyre ?
Il prend un ton qui nous inspire
Le respect que l'on rend aux Dieux.
Après lui vient le grand Volterre ,
Riche en hauts sentimens du cœur
Jamais il ne tient à la Terre ;
Toujours il tend à la grandeur.
Que j'aime son Poëme Epique !
Chef-d'œuvre de l'Art Poëtique ,
A sa gloire il a mis le sceau ;
Les Virgiles et les Homeres ,
Des fameux Poëmes les Peres , '
Ont-ils rien produit de plus beau P
I Vol
1123
Dy Phe
DY
124 MERCURE DE FRANCE
Plus loin l'on voit les Fontenelles
Dignes Chefs de nos beaux Esprits ,
Qui sement de fleurs naturelles ,
Leurs heureux et brillans Ecrits ::
Ils ont acquis sur le Parnasse
L'honneur d'une éminente place ,.
Et telle est leur félicité ;
La voix fidelle de l'Histoire
Porte leurs noms couverts de gloire
Au sein de l'immortalité.
Philis , tel fut l'heureux Voyage
Que je fis dans ce beau séjour ;.
Mon bonheur fut d'un court passage ,
Quel plaisir dure plus d'un jour ?
Mais je veux par le specifique-
De mon Talisman poëtique ,
Trouver même félicité :
Pour être heureux , souvent un songe ,
Où le ressort d'un beau mensonge
Y fait plus que la verité.
Bar... d'Amiens, au Cha... d'Aventcour.
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Résumé : LE PARNASSE, ODE A Madame la Comtesse de La Mothe la Myre L. D. R. D. P.
Le texte est une ode dédiée à Madame la Comtesse de La Mothe, célébrant le Mont Parnasse, siège des Muses et des arts. Le poète admire la beauté et la simplicité noble de ce lieu, où diverses formes poétiques telles que le rondeau, le madrigal et l'élégie honorent Apollon. L'Hipocrène, source inspiratrice, procure une douce ivresse et un sommeil paisible. Une prairie accueillante, ornée de fleurs et de grâces, attire divinités et amants, guidés par les poètes anciens. Les Muses y reçoivent des hommages respectueux. Le poème rejette la philosophie sèche, la misanthropie, le pédantisme et l'envie, prônant la tendresse, la volupté modérée et le bon sens. Le Parnasse est ainsi présenté comme un lieu d'harmonie et de sagesse, valorisant l'agréable et le sensible. Le texte réfléchit sur le bon sens et les plaisirs esthétiques, soulignant que le bon sens guide vers ce qui est agréable et solide, rejetant le vulgaire et les sentiments populaires. Molière est exalté pour sa critique des vices humains à travers le rire. Des scènes tragiques valorisent la pitié et l'intérêt pour les héros malheureux, montrant que le véritable plaisir peut résider dans les larmes et la mélancolie. Des figures littéraires comme Juvenal, Horace, Boileau, Rousseau, Voltaire et Fontenelle sont mentionnées pour leurs contributions à la satire, à la poésie et à la philosophie. Rousseau est distingué pour ses odes inspirées, Voltaire pour son poème épique, et Fontenelle pour ses écrits brillants et naturels. Le narrateur exprime son désir de retrouver cette félicité à travers un 'talisman poétique', suggérant que les songes et les beaux mensonges peuvent offrir un bonheur durable au-delà des plaisirs éphémères.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4615
p. 1125-1129
LETTRE de M. Mazure, Maître ès Arts dans l'Université de Paris, & Maître de Mathématiques à Rennes, à M. Bardon.
Début :
On trouve tant d'avantage dans les conversations que l'on peut se ménager [...]
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE de M. Mazure, Maître ès Arts dans l'Université de Paris, & Maître de Mathématiques à Rennes, à M. Bardon.
LETTRE de M. Mazure, Maître ès
Arts dans l'Université de Paris, &
Maître de Mathématiques à Rennes, à
M. Bardon.
Ο
On trouve tant d'avantage dans les
conversations que l'on peut se ménager
avec vous , Monsieur , qu'on ne
pouroit , sans ingratitude , se dispenser
de vous en faire un hommage. Vous con-
duisez l'esprit avec tant de méthode
qu'il s'emble que vous ne fassiez naître des
doutes , que pour procurer la satisfaction
de les dissiper soi même. Voici le fruit
de mes réfléxions sur la question que
nous agitâmes dernierement. Il s'agissoit
de sçavoir si la matiere actuellement
existente est infinie ou finie en étendue.
Descartes paroît avoir été pour le
premier sentiment ; mais en verité il y a
tant et de si fortes objections à faire , aux-
quelles on ne voit aucune réponse rai-
sonnable qu'on ne peut guere se dé-
terminer à l'embrasser . Contre le dernier,
dans le Systême des Tourbillons plus pe-
tits , et plus petits , qui paroît le seul rai-
sonnable , la plus forte objection que
Fon ait faite jusqu'ici , c'est que, selon
B. Fol.
D vj
les
I 26 MERCURE DE FRANCE
les Loix du mouvement , les petits Tour-
billons qui seroient à l'extrémité , c'est-
à- dire , aux dernieres couches de l'Uni-
vers , devroient s'en aller par des tangen
tes , et tout cet Univers se détruire. Ce-
pendant il se conserve cet Univers , donc
Dieu le conserve par une volonté parti-
culiere ; mais cette conséquence met ma-
nifestement des bornes à la sagesse de
Dieu , qui n'a pû lui dicter des Loix ,
pour ainsi dire , assés fécondes pour con-
server l'Univers. Je ne crois pas que
consultant l'idée de l'Etre infiniment
parfait , et connoissant combien il est ja
loux de l'Attribut de sa Sagesse , on
puisse admettre une pareille conséquence.
Comment donc se tirer de ces embarras ?
Voilà où nous en restâmes , M. et voici
ce qui m'est venu depuis dans l'esprit à
ce sujet:
Je dis qu'on peut regarder tout cet
Univers comme un Tourbillon qui en
renferme d'autres plus petits ; ceux- ci
d'autres , plus petits encore , et ainsi de
suite ( je ne sçai si on ne pouroit pas dire
à l'infini ) de sorte que ces derniers petits
Tourbillons , dont j'ai parlé , participent
à tous les mouvemens de tous les Tour-
billons dont ils sont parties prochaines
ou éloignées ; donc ils reçoivent des im--
1 Vol .
2
pressions>
JULN.
La Violi
1737.
1127
pressions des forces centrales et centrifu-
ges du premier Tourbillon total , ot de
tous les intermédiaires , ils ont eux-mê-
mes des forces centrales et centrifuges ,
qui leur sont propres. Or toutes ces for-
ces centrales et centrifuges , ont des dé
terminations différentes ; donc ces der
nieres parties de l'Univers sont poussées
suivant un nombre immense de déter
minations.
Mais par la Loy des mouvemens com-
posés , un corps poussé suivant différen-
tes déterminations , qui ne sont point
diamétralement oposées , n'en suit au-
cune , mais décrit une ligne par laquelle
il satisfait à toutes ces déterminations ;
donc chacune de ces dernieres parties, ne
suivra aucune de ces déterminations ,
mais elle décrira une ligne par laquelle
elle satisfera à toutes ; or non seulement
il ne répugne point , mais même il est
très -conforme à la Sagesse infinie de l'E-
tre infiniment parfait , que toutes ces +
différentes déterminations fissent entre-
3
elles des angles tels que la ligne , que
chaque petit Tourbillon devra décrire
soit précisément celle où il sera conservé
et retenu dans les bornes de l'Univers.
Donc cet Univers doit se conserver part
lës Loix des mouvemens , et sans volon
ré
128 MERCURE DE FRANCE
té particuliere ; ce qui porte le caracte-
re d'une sagesse infinie et d'une Provi
dence sans bornes.
Mais , M. ce qui me confirme encore
dans cette opinion , c'est que par ce Sys-
tême, je crois trouver une analogie entre
le physique et le moral, laquelle exprime
parfaitement la simplicité de la conduite
de Dieu, qui par la nécessité de son Etre,
ne peut agir que pour faire porter à son
Ouvrage le caractere de ses Attributs, de
la maniere la plus capable de procurer sa
gloire , qui seule peut être la fin , com-
me le seul amour , qu'il se porte à lui-
même , peut être le motif de son action
En effet , M. comme Habitans de l'Uni-
vers entier , nous avons certaines impres-
sions : comme Européens , nous en avons
d'autres ; comme François , d'autres ; de
différentes comme Bretons.L'Habitant de
Rennes a les siennes ,comme Pere ou par-
tie d'une certaine famille , il en a qui lui
sont particulieres ; et enfin , par un res-
sort et par une combinaison que nous ne
sçaurions assés admirer , toutes ces diffé
rentes impressions , dont chacune en
particulier tendroit au renversement de
la societé , prises toutes ensemble , en
operent la conservation et le bien. Voilà,
M. ce que j'ai pû recueillir de mes médi-
1. Vol.
mations
JUIN.
1737.
F129
tations. Je connois votre sincerité , com-
me vous connoissez mon désintéresse-
ment sur mes sentimens philosophiques,
lorsqu'il ne m'est pas clair que j'en doi-
ve compte à la vérité. J'attends vos avis ,
bien résolu d'en profiter , comme d'être
toute ma vie avec une sincere amitié,
M. Votre , &c.
Arts dans l'Université de Paris, &
Maître de Mathématiques à Rennes, à
M. Bardon.
Ο
On trouve tant d'avantage dans les
conversations que l'on peut se ménager
avec vous , Monsieur , qu'on ne
pouroit , sans ingratitude , se dispenser
de vous en faire un hommage. Vous con-
duisez l'esprit avec tant de méthode
qu'il s'emble que vous ne fassiez naître des
doutes , que pour procurer la satisfaction
de les dissiper soi même. Voici le fruit
de mes réfléxions sur la question que
nous agitâmes dernierement. Il s'agissoit
de sçavoir si la matiere actuellement
existente est infinie ou finie en étendue.
Descartes paroît avoir été pour le
premier sentiment ; mais en verité il y a
tant et de si fortes objections à faire , aux-
quelles on ne voit aucune réponse rai-
sonnable qu'on ne peut guere se dé-
terminer à l'embrasser . Contre le dernier,
dans le Systême des Tourbillons plus pe-
tits , et plus petits , qui paroît le seul rai-
sonnable , la plus forte objection que
Fon ait faite jusqu'ici , c'est que, selon
B. Fol.
D vj
les
I 26 MERCURE DE FRANCE
les Loix du mouvement , les petits Tour-
billons qui seroient à l'extrémité , c'est-
à- dire , aux dernieres couches de l'Uni-
vers , devroient s'en aller par des tangen
tes , et tout cet Univers se détruire. Ce-
pendant il se conserve cet Univers , donc
Dieu le conserve par une volonté parti-
culiere ; mais cette conséquence met ma-
nifestement des bornes à la sagesse de
Dieu , qui n'a pû lui dicter des Loix ,
pour ainsi dire , assés fécondes pour con-
server l'Univers. Je ne crois pas que
consultant l'idée de l'Etre infiniment
parfait , et connoissant combien il est ja
loux de l'Attribut de sa Sagesse , on
puisse admettre une pareille conséquence.
Comment donc se tirer de ces embarras ?
Voilà où nous en restâmes , M. et voici
ce qui m'est venu depuis dans l'esprit à
ce sujet:
Je dis qu'on peut regarder tout cet
Univers comme un Tourbillon qui en
renferme d'autres plus petits ; ceux- ci
d'autres , plus petits encore , et ainsi de
suite ( je ne sçai si on ne pouroit pas dire
à l'infini ) de sorte que ces derniers petits
Tourbillons , dont j'ai parlé , participent
à tous les mouvemens de tous les Tour-
billons dont ils sont parties prochaines
ou éloignées ; donc ils reçoivent des im--
1 Vol .
2
pressions>
JULN.
La Violi
1737.
1127
pressions des forces centrales et centrifu-
ges du premier Tourbillon total , ot de
tous les intermédiaires , ils ont eux-mê-
mes des forces centrales et centrifuges ,
qui leur sont propres. Or toutes ces for-
ces centrales et centrifuges , ont des dé
terminations différentes ; donc ces der
nieres parties de l'Univers sont poussées
suivant un nombre immense de déter
minations.
Mais par la Loy des mouvemens com-
posés , un corps poussé suivant différen-
tes déterminations , qui ne sont point
diamétralement oposées , n'en suit au-
cune , mais décrit une ligne par laquelle
il satisfait à toutes ces déterminations ;
donc chacune de ces dernieres parties, ne
suivra aucune de ces déterminations ,
mais elle décrira une ligne par laquelle
elle satisfera à toutes ; or non seulement
il ne répugne point , mais même il est
très -conforme à la Sagesse infinie de l'E-
tre infiniment parfait , que toutes ces +
différentes déterminations fissent entre-
3
elles des angles tels que la ligne , que
chaque petit Tourbillon devra décrire
soit précisément celle où il sera conservé
et retenu dans les bornes de l'Univers.
Donc cet Univers doit se conserver part
lës Loix des mouvemens , et sans volon
ré
128 MERCURE DE FRANCE
té particuliere ; ce qui porte le caracte-
re d'une sagesse infinie et d'une Provi
dence sans bornes.
Mais , M. ce qui me confirme encore
dans cette opinion , c'est que par ce Sys-
tême, je crois trouver une analogie entre
le physique et le moral, laquelle exprime
parfaitement la simplicité de la conduite
de Dieu, qui par la nécessité de son Etre,
ne peut agir que pour faire porter à son
Ouvrage le caractere de ses Attributs, de
la maniere la plus capable de procurer sa
gloire , qui seule peut être la fin , com-
me le seul amour , qu'il se porte à lui-
même , peut être le motif de son action
En effet , M. comme Habitans de l'Uni-
vers entier , nous avons certaines impres-
sions : comme Européens , nous en avons
d'autres ; comme François , d'autres ; de
différentes comme Bretons.L'Habitant de
Rennes a les siennes ,comme Pere ou par-
tie d'une certaine famille , il en a qui lui
sont particulieres ; et enfin , par un res-
sort et par une combinaison que nous ne
sçaurions assés admirer , toutes ces diffé
rentes impressions , dont chacune en
particulier tendroit au renversement de
la societé , prises toutes ensemble , en
operent la conservation et le bien. Voilà,
M. ce que j'ai pû recueillir de mes médi-
1. Vol.
mations
JUIN.
1737.
F129
tations. Je connois votre sincerité , com-
me vous connoissez mon désintéresse-
ment sur mes sentimens philosophiques,
lorsqu'il ne m'est pas clair que j'en doi-
ve compte à la vérité. J'attends vos avis ,
bien résolu d'en profiter , comme d'être
toute ma vie avec une sincere amitié,
M. Votre , &c.
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Résumé : LETTRE de M. Mazure, Maître ès Arts dans l'Université de Paris, & Maître de Mathématiques à Rennes, à M. Bardon.
Dans une lettre à M. Bardon, M. Mazure, Maître ès Arts à l'Université de Paris et Maître de Mathématiques à Rennes, aborde la question de la nature de la matière, en discutant de l'étendue infinie ou finie de l'univers. Descartes soutenait l'infini, mais Mazure présente des objections à cette théorie. Selon lui, si l'univers est infini, les petits tourbillons à ses extrémités devraient se disperser, nécessitant une intervention divine constante pour maintenir l'ordre, ce qui limiterait la sagesse divine, une idée qu'il juge inadmissible. Pour résoudre ce problème, Mazure propose une vision de l'univers comme un grand tourbillon contenant des tourbillons plus petits, eux-mêmes en contenant d'autres, et ainsi de suite. Dans cette structure, chaque partie de l'univers serait influencée par les mouvements de tous les tourbillons auxquels elle appartient, assurant ainsi sa conservation. Cette théorie respecte la sagesse infinie de Dieu et sa providence. Mazure établit également une analogie entre le physique et le moral, illustrant comment diverses impressions individuelles contribuent à la conservation de la société. Il conclut en exprimant son désir de recevoir les avis de M. Bardon et réaffirme son amitié sincère.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4616
p. 1129-1137
LE JARDIN. EPITRE, A. M. D. V.
Début :
Toi qui dans le champêtre azile, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LE JARDIN. EPITRE, A. M. D. V.
LE JARDIN.
EPITRE,
A. M. D. V.
Toi qui dans le champêtre azile,
Ou te conduisit le bon sens ,
Oposes une étude utile
Aux assauts des soucis piquants ,
Damon , mets à part , pour un temps ,
Les sages Ecrits de Virgile ,
Dans lesquels ton esprit docile
Puise ses doux amusemens ;
Dépouillé de l'humeur chagrine
D'un Aristarque scrupuleux ,
Daigne sur ma Muse badine
Jetter de favorables yeux ;
Si-tôt que ta juste balance
Devant le Tribunal des Ris
1. Fal.
Aura
1130 MERCURE DE FRANCE
'Aura pesé ' ce que j'écris , ·
Tu peux , sans que je m'en offensé ,
Reprenant un front moins serain ,
Recommencer ton premier train ;
Mais pour tirer plus d'avantage
Du travail sçavant qui t'instruit ,
Scache , Damon , qu'un homme sage
Ne doit pas du suc d'un Ouvrage
Sans cesse enyvrer son esprit ;
Car , par là , le plus beau génie
Voit périr sa force affoiblie ,
Et vole par distraction "
Du sein de l'érudition
Vers le foyer de la folic."
Voilà ce que Mere Raison ,
Ami , m'a chargé de te dire ; ·
L'avis n'est pas hors de saison ,
Et j'ai promis de t'en instruire
A la premiere occasion.
Traitons à présent la matiere
A laquelle mon Apollon
Consacre cette Epitre entiere ;
.
Voici le fait
:
Auprès d'une table investie :
Par le hazard et l'interêt ,
Du sort l'inévitable Arrêt
Ayant sur ma bourse remplie
Exércé sa rage canemie ,
Is Vols
attention ;
·
JUIN. 1737.
Je tournai mes pas abatus
Chargé de ma seule misere ,
Vers ma lucarne solitaire ,
Donnant des regrets superflus
A l'argent que je n'avois plus.
Déja la nuit plioit ses voiles ,
Déja la face des Etoiles
Perdoit sa brillante couleur ;
Tenant un seul doigt sur sa bouche
Déja le silence rêveur ,
Fuyoit à l'aproche farouche
Du tumulte perturbateur.
Tout d'un coup , trait pénible à croire,
Dont j'assure la vérité ,
En jurant par cette onde noire ,
Que roule avec férocité
Le Styx , par Jupin respecté;
Soudain , dis- je , du haut des nuës ,
Je vis descendre un Dieu riant ,
Assis sur les aîles du vent ,
Avec des graces ingénuës ;
Ses yeux baissés , son teint vermeil ,
M'annonçoient le Dieu du sommeil ;
Lorsque dans ma Cage embellie
De quelques meubles délabrés ,
Le Dieu des songes bigarés ,
Fut entré sans cerémonie ;
Il me fit entendre ces mots, ?
L. Voli.
1131
Dont
1132 MERCURE DE FRANCE
Don't je me souviens à propos ;
A ces fleurs que je te présente ,
Tu connois assés qui je suis ;
» Loin de toi , je veux des Ennuis
Chasser la cohorte insolente ;
» Vers toi la pitié pénetrante ,
A porté mon pied incertain
Pour apaiser ton humeur noire ,
» Et jouir d'un calme serain ;
» Şous mes aîles d'un jeu malin ,
Viens perdre jusqu'à la memoire.
Il se taît , puis levant la main ,
Me frape , et je m'endors soudain;
Cent et cent songes favorables "
Fondant sur moi de tout côté ,
Ne m'offrant qu'objets agréables
Dont je suis encore enchamé ,
Quel plaisir n'ay-je pas goûté ,
Damon , lorsqu'un charmant délire
Dans ton jardin m'a transporté ;
Jardin des Graces habité ,
Qui joint à leur riant Empire
Tout l'éclat de la vérité ;
Retraite où dans un calme extrême ,
Tu jouis toujours de toi même ,
En dépit de l'adversité ?
Pour prix de ton humeur égale ,
La tendre Vénus chaque nuit ;
I. Vol.
(Ains
JUIN.
1737.
( Ainsi du moins me l'a-t'on dit )
Tandis que Vulcain au front sale
Pour Jupiter forge les Traits
Qui doivent punir les forfaits ,
A l'aide du Char de Cynthie ,
Danse avec les jeunes Plaisirs ,
Dans ta demeure où les convie
Ze souffle badin des Zéphirs ;
L'aimable Flore , qui désire
T'amuser avec ses couleurs ,
Ouvre son sein , t'offre les fleurs
Qu'elle s'empresse de produire ,
Avec le doux secours des pleurs
Que répand la Fille Azurée ,
9
D'un Dieu qui , dans un Char brûlant ,
Eclaire la Voute étherée ,
Sans se reposer un moment;
Avec les glaces de Scythie ,
L'Epoux bisare d'Orithie
Ne vient point enchaîner ces Eaux ,
Qui , roulant leurs ondes plaintives ,
Lavent les pieds de tes Roseaux ,
Près de qui les Nymphes craintives ,
Ornant leurs cheveux de Pavots ,
Vont souvent chercher le repos.
Oui , je croyois , Ami fidele ,
Que la Fortune moins cruelle
M'alloit permettre de nouveau
I. Vol.
1133
D'être
1134 MERCURE DE FRANCE
D'ètre dans le sein pacifique
De ta retraite monarchique ;
D'y goûter un sort aussi beau
Que celui dont mes jours tranquiles
Jouissoient le Printemps passé ,
Lorsqu'échapé du bruit des Villes ,
Et , de tout Flateur empressé
Evitant les adroites chaînes ,
Fallois te découvrir mes peines
Dans un raisonnement sensé ;
Là l'éloquence et la sagesse
Se mariant dans tes discours ;
Bannissoient l'affreuse tristesse
Du fond de mon cœur pour toujours
Et ne versoient que l'allegresse
Sur tous les instants de mes jours ¿
Ennemi du joug exécrable
De cette sévere vertu ,
Dont un Cagot est revêtu ;
Tu laissois une entrée aimable
Dans ta demeure respectable ,
A quelques plaisirs innocens ,
Sources de nos amusemens ;
Tantôt , dès que l'Aube vermeille
Alloit ouvrir dans l'Orient
Du Soleil le Palais brillant ,
Tu venois me dire à l'oreille
Qu'il étoit temps de mépriser
I.Vol
JUIN.
17378
Les charmes d'une plume oiseuse , ⭑
Et qu'ilfalloit nous disposer ,
Remplis d'une ardeur belliqueuse ,
Et secondés d'un plomb volant ,
A declarer adroitement
Une fatale et rude guerre
Au Peuple qui ,fuyant la terre ,
Pour éviter nos coups divers ,
Trouve sa perte dans les airs ;
Tantôt assis sur la verdure ,
Près de quelqu'Arbre bienfaisant ;
Accompagnés de l'enjoüement ,
Et d'une raison toujours pure ,
Nous accordions à la nature ,
Dans un repas apétissant ,
Un gracieux soulagement ;
Et nous buvions avec usure
L'oubli des rides du present ;
* Quelques Personnes avoüoient que corte Ema
pression ne donnoit pas assés de jour à ma pen-
sée , quoique je recueille leurs avis avec autant
de respect que l'on recueilloit les feuilles qui renfer-
moient les Réponses des Sybilles j'ai néanmoins laissé
subsister cette Expression , m'étant aperçû que M.
Boileau s'en étoit servi dans le IV. Chant du Lu-
trin, où il dit , en parlant des Valets du Chantre,
qui s'étoit éveillé agité d'un sommeil éfrayant,
Aux Elans redoublés de sa voix douloureuse ,
1.Vd.
"
Tous les Valets tremblans quittent la plume
oiseuse.
1135
AYSE
1136 MERCURE DE FRANCE
Avec art usant de la lime ,
Tantôt nous ornions quelque rime
De cette noble propreté ,
Et de cette subtilité ,
Qui sortent sans aucune peine ,
De ce redoutable pinceau ,
Que , malgré les cris de la haine ,
Le Dieu qui cherit l'Hypocrêne ,
Laisse dans les mains de Rousseau ;
De ces plaisirs inexprimables
Je me promettois le retour ,
Séduit par des songes aimables ,
Qui me maîtrisoient tour à tour ;
Tandis qu'ainsi je m'abandonne
A des projets délicieux ,
Perché sur son char radieux ,
Le Fils embrasé de Latone
Avoit atteint le haut des Cieux;
Sur la porte de ma Guerite
Un détestable Cuisinier
Contrefaisant le Timbalier,
Me dit que mon repas d'Hermite ,
Rangé sans art , mais proprement
M'attendoit impatiemment.
Au bruit de sa main affamée ,
La Troupe des Rêves distraits ,
Volant vers ses Antres secrets
Ne me laissa que la fumée
1.Vol.
De
JUIN. 1737.
De tous mes plaisirs imparfaits.
En racourci voilà l'histoire
Dont j'ai voulu t'entretenir e
Adieu , Damon , je vais finir,
Et renfermer dans mon armoire
Mes Tabletes et mon Craïon ;
Aussi ne puis-je davantage ,
Sans courir risque de naufrage ,
Joindre la rime à la raison.
M. Last à Aix.
EPITRE,
A. M. D. V.
Toi qui dans le champêtre azile,
Ou te conduisit le bon sens ,
Oposes une étude utile
Aux assauts des soucis piquants ,
Damon , mets à part , pour un temps ,
Les sages Ecrits de Virgile ,
Dans lesquels ton esprit docile
Puise ses doux amusemens ;
Dépouillé de l'humeur chagrine
D'un Aristarque scrupuleux ,
Daigne sur ma Muse badine
Jetter de favorables yeux ;
Si-tôt que ta juste balance
Devant le Tribunal des Ris
1. Fal.
Aura
1130 MERCURE DE FRANCE
'Aura pesé ' ce que j'écris , ·
Tu peux , sans que je m'en offensé ,
Reprenant un front moins serain ,
Recommencer ton premier train ;
Mais pour tirer plus d'avantage
Du travail sçavant qui t'instruit ,
Scache , Damon , qu'un homme sage
Ne doit pas du suc d'un Ouvrage
Sans cesse enyvrer son esprit ;
Car , par là , le plus beau génie
Voit périr sa force affoiblie ,
Et vole par distraction "
Du sein de l'érudition
Vers le foyer de la folic."
Voilà ce que Mere Raison ,
Ami , m'a chargé de te dire ; ·
L'avis n'est pas hors de saison ,
Et j'ai promis de t'en instruire
A la premiere occasion.
Traitons à présent la matiere
A laquelle mon Apollon
Consacre cette Epitre entiere ;
.
Voici le fait
:
Auprès d'une table investie :
Par le hazard et l'interêt ,
Du sort l'inévitable Arrêt
Ayant sur ma bourse remplie
Exércé sa rage canemie ,
Is Vols
attention ;
·
JUIN. 1737.
Je tournai mes pas abatus
Chargé de ma seule misere ,
Vers ma lucarne solitaire ,
Donnant des regrets superflus
A l'argent que je n'avois plus.
Déja la nuit plioit ses voiles ,
Déja la face des Etoiles
Perdoit sa brillante couleur ;
Tenant un seul doigt sur sa bouche
Déja le silence rêveur ,
Fuyoit à l'aproche farouche
Du tumulte perturbateur.
Tout d'un coup , trait pénible à croire,
Dont j'assure la vérité ,
En jurant par cette onde noire ,
Que roule avec férocité
Le Styx , par Jupin respecté;
Soudain , dis- je , du haut des nuës ,
Je vis descendre un Dieu riant ,
Assis sur les aîles du vent ,
Avec des graces ingénuës ;
Ses yeux baissés , son teint vermeil ,
M'annonçoient le Dieu du sommeil ;
Lorsque dans ma Cage embellie
De quelques meubles délabrés ,
Le Dieu des songes bigarés ,
Fut entré sans cerémonie ;
Il me fit entendre ces mots, ?
L. Voli.
1131
Dont
1132 MERCURE DE FRANCE
Don't je me souviens à propos ;
A ces fleurs que je te présente ,
Tu connois assés qui je suis ;
» Loin de toi , je veux des Ennuis
Chasser la cohorte insolente ;
» Vers toi la pitié pénetrante ,
A porté mon pied incertain
Pour apaiser ton humeur noire ,
» Et jouir d'un calme serain ;
» Şous mes aîles d'un jeu malin ,
Viens perdre jusqu'à la memoire.
Il se taît , puis levant la main ,
Me frape , et je m'endors soudain;
Cent et cent songes favorables "
Fondant sur moi de tout côté ,
Ne m'offrant qu'objets agréables
Dont je suis encore enchamé ,
Quel plaisir n'ay-je pas goûté ,
Damon , lorsqu'un charmant délire
Dans ton jardin m'a transporté ;
Jardin des Graces habité ,
Qui joint à leur riant Empire
Tout l'éclat de la vérité ;
Retraite où dans un calme extrême ,
Tu jouis toujours de toi même ,
En dépit de l'adversité ?
Pour prix de ton humeur égale ,
La tendre Vénus chaque nuit ;
I. Vol.
(Ains
JUIN.
1737.
( Ainsi du moins me l'a-t'on dit )
Tandis que Vulcain au front sale
Pour Jupiter forge les Traits
Qui doivent punir les forfaits ,
A l'aide du Char de Cynthie ,
Danse avec les jeunes Plaisirs ,
Dans ta demeure où les convie
Ze souffle badin des Zéphirs ;
L'aimable Flore , qui désire
T'amuser avec ses couleurs ,
Ouvre son sein , t'offre les fleurs
Qu'elle s'empresse de produire ,
Avec le doux secours des pleurs
Que répand la Fille Azurée ,
9
D'un Dieu qui , dans un Char brûlant ,
Eclaire la Voute étherée ,
Sans se reposer un moment;
Avec les glaces de Scythie ,
L'Epoux bisare d'Orithie
Ne vient point enchaîner ces Eaux ,
Qui , roulant leurs ondes plaintives ,
Lavent les pieds de tes Roseaux ,
Près de qui les Nymphes craintives ,
Ornant leurs cheveux de Pavots ,
Vont souvent chercher le repos.
Oui , je croyois , Ami fidele ,
Que la Fortune moins cruelle
M'alloit permettre de nouveau
I. Vol.
1133
D'être
1134 MERCURE DE FRANCE
D'ètre dans le sein pacifique
De ta retraite monarchique ;
D'y goûter un sort aussi beau
Que celui dont mes jours tranquiles
Jouissoient le Printemps passé ,
Lorsqu'échapé du bruit des Villes ,
Et , de tout Flateur empressé
Evitant les adroites chaînes ,
Fallois te découvrir mes peines
Dans un raisonnement sensé ;
Là l'éloquence et la sagesse
Se mariant dans tes discours ;
Bannissoient l'affreuse tristesse
Du fond de mon cœur pour toujours
Et ne versoient que l'allegresse
Sur tous les instants de mes jours ¿
Ennemi du joug exécrable
De cette sévere vertu ,
Dont un Cagot est revêtu ;
Tu laissois une entrée aimable
Dans ta demeure respectable ,
A quelques plaisirs innocens ,
Sources de nos amusemens ;
Tantôt , dès que l'Aube vermeille
Alloit ouvrir dans l'Orient
Du Soleil le Palais brillant ,
Tu venois me dire à l'oreille
Qu'il étoit temps de mépriser
I.Vol
JUIN.
17378
Les charmes d'une plume oiseuse , ⭑
Et qu'ilfalloit nous disposer ,
Remplis d'une ardeur belliqueuse ,
Et secondés d'un plomb volant ,
A declarer adroitement
Une fatale et rude guerre
Au Peuple qui ,fuyant la terre ,
Pour éviter nos coups divers ,
Trouve sa perte dans les airs ;
Tantôt assis sur la verdure ,
Près de quelqu'Arbre bienfaisant ;
Accompagnés de l'enjoüement ,
Et d'une raison toujours pure ,
Nous accordions à la nature ,
Dans un repas apétissant ,
Un gracieux soulagement ;
Et nous buvions avec usure
L'oubli des rides du present ;
* Quelques Personnes avoüoient que corte Ema
pression ne donnoit pas assés de jour à ma pen-
sée , quoique je recueille leurs avis avec autant
de respect que l'on recueilloit les feuilles qui renfer-
moient les Réponses des Sybilles j'ai néanmoins laissé
subsister cette Expression , m'étant aperçû que M.
Boileau s'en étoit servi dans le IV. Chant du Lu-
trin, où il dit , en parlant des Valets du Chantre,
qui s'étoit éveillé agité d'un sommeil éfrayant,
Aux Elans redoublés de sa voix douloureuse ,
1.Vd.
"
Tous les Valets tremblans quittent la plume
oiseuse.
1135
AYSE
1136 MERCURE DE FRANCE
Avec art usant de la lime ,
Tantôt nous ornions quelque rime
De cette noble propreté ,
Et de cette subtilité ,
Qui sortent sans aucune peine ,
De ce redoutable pinceau ,
Que , malgré les cris de la haine ,
Le Dieu qui cherit l'Hypocrêne ,
Laisse dans les mains de Rousseau ;
De ces plaisirs inexprimables
Je me promettois le retour ,
Séduit par des songes aimables ,
Qui me maîtrisoient tour à tour ;
Tandis qu'ainsi je m'abandonne
A des projets délicieux ,
Perché sur son char radieux ,
Le Fils embrasé de Latone
Avoit atteint le haut des Cieux;
Sur la porte de ma Guerite
Un détestable Cuisinier
Contrefaisant le Timbalier,
Me dit que mon repas d'Hermite ,
Rangé sans art , mais proprement
M'attendoit impatiemment.
Au bruit de sa main affamée ,
La Troupe des Rêves distraits ,
Volant vers ses Antres secrets
Ne me laissa que la fumée
1.Vol.
De
JUIN. 1737.
De tous mes plaisirs imparfaits.
En racourci voilà l'histoire
Dont j'ai voulu t'entretenir e
Adieu , Damon , je vais finir,
Et renfermer dans mon armoire
Mes Tabletes et mon Craïon ;
Aussi ne puis-je davantage ,
Sans courir risque de naufrage ,
Joindre la rime à la raison.
M. Last à Aix.
Fermer
Résumé : LE JARDIN. EPITRE, A. M. D. V.
Dans une épître à Damon, le narrateur conseille de modérer les études et lectures sérieuses pour éviter les excès d'érudition, préjudiciables à l'esprit. Il raconte ensuite une expérience personnelle où, après une perte financière, il rencontre Morpheus, le dieu du sommeil, qui lui offre des rêves agréables. Dans ces rêves, il se retrouve dans le jardin de Damon, un lieu de paix et de beauté gouverné par les Grâces et la vérité. Ce jardin est un refuge où Damon trouve un calme extrême malgré les adversités. Vénus y apporte chaque nuit des plaisirs tendres, et les éléments naturels créent une atmosphère sereine. Le narrateur souhaite y retourner pour retrouver la tranquillité et partager des moments de sagesse et de plaisirs innocents avec Damon. Le texte aborde également l'art de la poésie, soulignant l'importance de la 'lime' pour orner les rimes avec noblesse et subtilité. L'auteur compare les plaisirs de l'écriture à des 'plaisirs inexprimables' mais mentionne que ses projets littéraires sont souvent interrompus par des distractions quotidiennes. Un cuisinier, imitant un timbalier, annonce que son repas est prêt, dissipant ainsi ses rêves. L'auteur décide alors de cesser son activité d'écriture pour éviter de 'courir risque de naufrage' en tentant de concilier rime et raison. Le texte se conclut par une adresse à Damon et une mention de l'emplacement de l'auteur à Aix.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
4617
p. 1137-1146
ASSEMBLÉE Publique de l'Académie Royale des Sciences, du ....
Début :
Monsieur de M. y lût un Discours sur la Propagation du Son dans les [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ASSEMBLÉE Publique de l'Académie Royale des Sciences, du ....
ASSEMBLÉE Publique de l'Académie
Royale des Sciences, du ....
Monsieur de M. y lût un Discours
sur la Propagation du Son dans les
differensTons qui le modifient . Il considere le
Son dans quatre sujets differens ; dans le
Corps sonore qui enfait le sujet immédiat par
ses vibrations ; dans l'air , qui en est
le milieu , en tant que susceptible des vi-
brations du corps sonore dans l'organe de
Louie , ébranlé par les vibrations de l'air z
et enfin dans le sentiment que l'ame en re-
çoit . De ces quatre Parties de la ques-
tion du Son , qui se lient et s'éclairent
1. Vol.
A
mutuel.
13 MERCURE DE FRANCE
mutuellement
M. de M. n'a pris à
tâche d'aprofondir que la seconde ,
sçavoir la maniere dont le son est pro-
duit dans l'air , et il ne s'arrête même
dans celle- ci qu'au son modifié en tel ou
tel Ton, aigu ou grave, haut ou bas; en
un mot aux differens Tons qui font l'ob
jet de la Musique. Cependant , à cause
de la liaison de cette Partie avec les trois
autres , il les parcourt toutes dans l'or
dre que nous les avons énoncées, et il en
tire des preuves ou des éclaircissemens
curieux par raport à son hypothese sur
la seconde.
Cette hypothese consiste à admettre
dans l'air autant de particules de diffe-
rente élasticité , et capables par là de vi-
brations d'autant de differentes durées ,
qu'il y a de Tons differens dans les corps
sonores , ou que nous avons de percep-
tions en vertu des differens Tons qui fra-
pent notfe organe : l'ébranlement total
où les vibrations de toutes ces particules
ensemble produisent le Son en géneral
ou le bruit.
M. de M. avoit communiqué son idée
à l'Académie sur ce sujet , il y a plus de
dix- sept ans , car il en est fait mention
dans le Volume des Mémoires de cette
Compagnie de 1720. Il l'avoit même ex-
1. Vol.
pliquée
JUI N.
1737.
1139
pliquée depuis à plusieurs Personnes ,
soit de vive voix , soit par écrit. Aussi
quelques Sçavans s'en étoient-ils déja
servi dans leurs Ouvrages ; mais de ma-
niere
jour
sans doute , que l'Auteur a crû
devoir la mettre lui- même dans tout son
et c'est ce qu'il execute ici . Il se
fait gloire de dire que son systême sur la
Propagation du Son
9
et des differens
Tons , est une imitation de celui de M.
Nevvton sur la lumiere et les couleurs,
L'on voit en effet d'un côté autant d'espe
ces de corpuscules lumineux de differente
refrangibilité , que de couleurs ; de l'autre .
autant de particules sonores d'air de diffe-
rente élasticité, que de Tons : Là le mêlange
de tous les corpuscules lumineux et colorés
produit la lumiere ; ici le fremissement de
toutes les particules sonores et toniques forme
le bruit.
Ce qui a conduit l'Auteur à admet
tre dans l'air cette diversité de parties
intégrantes susceptibles de vibrations de
differente durée , et capables par- là de re-
tenir et de transmettre jusqu'à l'oreille
tous les Tons du corps sonore ,c'est l'im-
possibilité où l'on se trouve, sans cela , de
concevoir comment plusieurs Tons diffe-
rens peuvent se faire entendre à la fois ;
par exemple , plusieurs Parties chantan-
1. Vol.
E
tes
1140 MERCURE DE FRANCE
tes , ou les Tons differens de plusieurs
cordes d'Instrument. Car la difference
méchanique des Tons , ne consistant que
dans le nombre de vibrations que don-
nent les differens corps sonores en temps
égal, comment la même masse d'air peute
elle frémir en même temps avec differen-
tes vîtesses , comme ut , par exemple , et
comme sol , et faire trois vibrations dans
le même instant qu'elle n'en fait que
deux ? On sçait que 2. et 3. forment
le raport numerique des vibrations de la
quinte à celles du Ton fondamental ,
comme 1. et 2. celui de l'Octave ,
5. celui de la Tierce majeure , & c.
4. et
En vain croit- on répondre à la diffi-
culté par la comparaison des ondes que
produisent plusieurs pierres jettées en
même tems sur la surface d'une eau tran-
quille. M. de M.... fait voir combien
cette comparaison ,
si rebatuë , et adop-
tée par des Personnes d'ailleurs très - ha-
biles , est défectueuse , et capable d'in-
duire en erreur. Une des principales dif
ferences entre les Ondes et les Sons , est
que les Ondes resultent du mouvement
de masses d'eau plus ou moins grandes ,
et les Sons , au contraire , ne sont pro-
duits que par les vibrations des parties
insensibles ou intégrantes de l'air. Aussi
1. Vol.
la
JUIN.
1737.
1141
la vitesse du progrès des Ondes peut elle
être plus ou moins grande, selon la gran-
deur , ou , comme on dit , la latitude des
Ondes ; mais la propagation du Son ,
fort ou foible, dans un air calme ou agité,
est toujours la même , parce que la con-
traction
,
ou la dilatation des ressorts, en
quoi consiste le Son , se fait toujours en
temps égal. C'est pourquoi le bruit du
Canon , qui va plus loir. , et qui se sou-
tient plus long - temps que celui du Mous-
quet , ne va pas plus vite , et va aussi
vîte à la fin qu'au commencement ; l'un
et l'autre parcourant également environ
180. toises par seconde. Ainsi il est très-
possible que differentes portions d'eau
s'élevent et s'abaissent alternativement à
sa surface avec differentes vîtesses , quel
qu'uniforme que soit l'eau dans ses par-
ties insensibles. Mais il n'est pas possible
que les parties insensibles de l'air frémis-
sent avec differentes vîtesses , à moins
qu'on ne les supose de differente élasti-
cité les unes à l'égard des autres.
M. de M. se fait encore cette difficulté:
Comment les vibrations ou les frémisse-
mens du corps sonore de tel ou tel Ton
vont- ils ébranler , entre les particules
d'air qui l'environnent précisément
celles qui répondent à ce Ton , par pré-
I. Vol.
E ij
férence
1142 MERCURE DE FRANCE
férence à toutes les autres ? A quoi il ré-
pond par le Phenomene connu de deux
Instrumens accordés à l'Unisson , et dont
l'un répete , comme une espece d'Echo
les airs que l'on joue sur l'autre ; tout de
même le corps sonore par ses vibrations
et ses frémissemens ébranle , sans dis-
tinction , toutes les parties du milieu qui
l'environnent ; mais les vibrations com-
muniquées par lui à ce milieu , ne se sou-
tiennent, et ne deviennentsensibles par des
secousses réiterées , que dans les particu
les Isochrones ; c'est-à- dire , dont les vi
brations sont de la même durée.
Ilraporte ensuite une experience moins
connue , quoique très ancienne , et très-
certaine ; c'est celle d'une corde touchée
à vuide , et qui rend avec le Son fonda-
mental, qui est de beaucoup le plus fort,
la plupart de ses Sons harmoniques , sa
Tierce majeure, sa Quinte , &c. ou leurs
Octaves.Et il fait voir que ce Phénomene
est inexplicable par tout autre hypothe
se que par celle des differentes élastici-
tés ou frequences de vibration , que les
particules de l'air ont entr'elles. Voilà ,
ajoûte- t il , les principales Loix de l'Har-
monie , diciées par la nature même , l'accord
parfaitfondé sur la correspondance que les
particules harmoniques de l'air ont entr'ele
1.fol.
les,
JUIN.
1737
1143
les , et une source féconde de regles que l'art
et le calcul peuvent étendre , et que la Phi-
losophie poura avomer. Il se dispense
d'entrer là- dessus dans aucun détail , en
avertissant qu'un célébre Musicien de
nos jours , à qui ces idées , et cette hy-
pothese ne sont pas inconnuës , va faire
paroître un Traité de Musique qui porte
sur cette même Théorie. Il n'est Person-
ne qui n'ait reconnu ici M. Rameau, qui
a presenté et dédié à l'Académie des
Sciences un Traité des Générations Har
moniques , qu'on imprime actuellement
où il a adopté l'hypothese de M. de M.
sur la Propagation du Son.
Le reste du Discours , qui en fait peut-
être la partie la plus curieuse , et la plus
interessante, est en même temps la moins-
susceptible d'extrait, ou demanderoit un
extrait d'une toute autre étenduë que cel-
le que nous avons résolu de donner à ce-
lui- ci. Nous ne ferons donc qu'en indi-
quer succinctement la teneur.
Il s'agit de la relation que les fibres de
FOrgane de l'Oüie ont avec les differen-
tes vibrations de l'air , et dé ses diverses
,
particules toniques ; de l'Origine du sen-
timent confus , mais invariable de l'Har-
monie , commun aux Hommes de tous
les temps et de tous les Pays ; et enfin
I. Vol.
E iij
de
144 MERCURE DE FRANCE
de la source du plaisir attaché au senti-
ment de l'Harmonie et des Consonnan-
ces , en oposition à la douleur , ou à l'es-
pece d'inquiétude que causent les mau-
vais accords.
L'Organe immédiat de l'Oüie est se-
lon M. de M. qui suit en ceci l'opinion
des plus fameux Anatomistes , un veri-
table Instrument de Musique , comme
l'œil est une vraie lunette d'aproche.C'est
une espece de Clavecin , où se trouvent
une infinité de cordes de differente lon-
gueur , et de differente tension , qui ré-
pondent à toutes les vibrations de l'air.
Il donne une description du Limaçon ,
qu'on sçait qui termine l'oreille interne,
et de la Lame spirale qui partage le Li-
maçon en deux rampes , pour preuve et
pour exemple de ce raport , qui est en
effet surprenant.
Le sentiment naturel de l'Harmonie
est attribué à cette correspondance des
ébranlemens des fibres de l'organe avec
ceux de l'air et du corps sonore , dont
nous éprouvons les effets depuis notre
naissance , et d'où s'est formé ce senti-
ment par une habitude nécessaire et in-
volontaire,
L'Auteur rapelle à cette occasion la
guérison de deux maladies extraordinai-
I. Vol.
res,
JUIN.
1737.
1145
res , accompagnées de délire et de con-
vulsions,dont il est parlé dans les Mémoi
res de l'Académie , et qui , après avoir
resisté à tous les remedes communément
reçûs , céderent enfin aux douces im
pressions de l'Harmonie. Il n'est point
en effet d'organe , dont les ébranlemens
se communiquent plus promptement à
tout le genre nerveux que ceux de l'or-
gane de l'ouie. C'étoient aussi des Musi-
ciens , sur qui ces guerisons furent opé-
rées , c'est- à- dire des sujets en qui l'ha-
bitude de sentir l'Harmonie se trouvoit
la plus forte.
Quant à la sensation délicieuse que
cause l'harmonie , et la peine secrete , ou
même la douleur que produisent les Sons
discordans , M. de M.... n'hésite pas à
leur donner pour cause la conservation
de l'organe favorisée dans un cas , et sa
destruction prochaine , ou commencée
dans l'autre
organes.
;
et c'est- là , dit il , en effet
et en général , la source de tous les plai-
sirs des sens , ou de la douleur que nous
›
éprouvons par leur moyen , en consé-
quence des loix de l'union de l'ame à ses
Il répond à quelques exceptions, qu'on
pouroit alleguer contre cette Théorie ; et
il finit par une Experience remarquable
1. Vol.
E iiij.
qu'il
146 MERCURE DE FRANCE
qu'il fit à Beziers en 1723. et qui tend à
prouver que, malgré la Propagation uni-
forme du Son en général , les differens
Tons qui le modifient pouroient bien
souffrir quelque difference dans les vî-
tesses de leurs Propagations particulieres ,
comme la lumiere hétérogene des diffe
rentes couleurs souffre differentes réfrac-
tions , quoique la lumiere en général, su-
posée homogene, se rompe toujours éga-
lement, en traversant les mêmes milieux.
L'aparell de cette Experience, qui est dé-
ja fort abregé dans le Discours de l'Au-
teur , ne nous permet pas de la raporter.
M. de M... s'est aussi reservé d'éclaircir
quelques autres points de cette matiere ,
dans des Remarques qu'il y ajoûtera , et
qui ne sont destinées que pour les As-
semblées particulieres de l'Académie.
Royale des Sciences, du ....
Monsieur de M. y lût un Discours
sur la Propagation du Son dans les
differensTons qui le modifient . Il considere le
Son dans quatre sujets differens ; dans le
Corps sonore qui enfait le sujet immédiat par
ses vibrations ; dans l'air , qui en est
le milieu , en tant que susceptible des vi-
brations du corps sonore dans l'organe de
Louie , ébranlé par les vibrations de l'air z
et enfin dans le sentiment que l'ame en re-
çoit . De ces quatre Parties de la ques-
tion du Son , qui se lient et s'éclairent
1. Vol.
A
mutuel.
13 MERCURE DE FRANCE
mutuellement
M. de M. n'a pris à
tâche d'aprofondir que la seconde ,
sçavoir la maniere dont le son est pro-
duit dans l'air , et il ne s'arrête même
dans celle- ci qu'au son modifié en tel ou
tel Ton, aigu ou grave, haut ou bas; en
un mot aux differens Tons qui font l'ob
jet de la Musique. Cependant , à cause
de la liaison de cette Partie avec les trois
autres , il les parcourt toutes dans l'or
dre que nous les avons énoncées, et il en
tire des preuves ou des éclaircissemens
curieux par raport à son hypothese sur
la seconde.
Cette hypothese consiste à admettre
dans l'air autant de particules de diffe-
rente élasticité , et capables par là de vi-
brations d'autant de differentes durées ,
qu'il y a de Tons differens dans les corps
sonores , ou que nous avons de percep-
tions en vertu des differens Tons qui fra-
pent notfe organe : l'ébranlement total
où les vibrations de toutes ces particules
ensemble produisent le Son en géneral
ou le bruit.
M. de M. avoit communiqué son idée
à l'Académie sur ce sujet , il y a plus de
dix- sept ans , car il en est fait mention
dans le Volume des Mémoires de cette
Compagnie de 1720. Il l'avoit même ex-
1. Vol.
pliquée
JUI N.
1737.
1139
pliquée depuis à plusieurs Personnes ,
soit de vive voix , soit par écrit. Aussi
quelques Sçavans s'en étoient-ils déja
servi dans leurs Ouvrages ; mais de ma-
niere
jour
sans doute , que l'Auteur a crû
devoir la mettre lui- même dans tout son
et c'est ce qu'il execute ici . Il se
fait gloire de dire que son systême sur la
Propagation du Son
9
et des differens
Tons , est une imitation de celui de M.
Nevvton sur la lumiere et les couleurs,
L'on voit en effet d'un côté autant d'espe
ces de corpuscules lumineux de differente
refrangibilité , que de couleurs ; de l'autre .
autant de particules sonores d'air de diffe-
rente élasticité, que de Tons : Là le mêlange
de tous les corpuscules lumineux et colorés
produit la lumiere ; ici le fremissement de
toutes les particules sonores et toniques forme
le bruit.
Ce qui a conduit l'Auteur à admet
tre dans l'air cette diversité de parties
intégrantes susceptibles de vibrations de
differente durée , et capables par- là de re-
tenir et de transmettre jusqu'à l'oreille
tous les Tons du corps sonore ,c'est l'im-
possibilité où l'on se trouve, sans cela , de
concevoir comment plusieurs Tons diffe-
rens peuvent se faire entendre à la fois ;
par exemple , plusieurs Parties chantan-
1. Vol.
E
tes
1140 MERCURE DE FRANCE
tes , ou les Tons differens de plusieurs
cordes d'Instrument. Car la difference
méchanique des Tons , ne consistant que
dans le nombre de vibrations que don-
nent les differens corps sonores en temps
égal, comment la même masse d'air peute
elle frémir en même temps avec differen-
tes vîtesses , comme ut , par exemple , et
comme sol , et faire trois vibrations dans
le même instant qu'elle n'en fait que
deux ? On sçait que 2. et 3. forment
le raport numerique des vibrations de la
quinte à celles du Ton fondamental ,
comme 1. et 2. celui de l'Octave ,
5. celui de la Tierce majeure , & c.
4. et
En vain croit- on répondre à la diffi-
culté par la comparaison des ondes que
produisent plusieurs pierres jettées en
même tems sur la surface d'une eau tran-
quille. M. de M.... fait voir combien
cette comparaison ,
si rebatuë , et adop-
tée par des Personnes d'ailleurs très - ha-
biles , est défectueuse , et capable d'in-
duire en erreur. Une des principales dif
ferences entre les Ondes et les Sons , est
que les Ondes resultent du mouvement
de masses d'eau plus ou moins grandes ,
et les Sons , au contraire , ne sont pro-
duits que par les vibrations des parties
insensibles ou intégrantes de l'air. Aussi
1. Vol.
la
JUIN.
1737.
1141
la vitesse du progrès des Ondes peut elle
être plus ou moins grande, selon la gran-
deur , ou , comme on dit , la latitude des
Ondes ; mais la propagation du Son ,
fort ou foible, dans un air calme ou agité,
est toujours la même , parce que la con-
traction
,
ou la dilatation des ressorts, en
quoi consiste le Son , se fait toujours en
temps égal. C'est pourquoi le bruit du
Canon , qui va plus loir. , et qui se sou-
tient plus long - temps que celui du Mous-
quet , ne va pas plus vite , et va aussi
vîte à la fin qu'au commencement ; l'un
et l'autre parcourant également environ
180. toises par seconde. Ainsi il est très-
possible que differentes portions d'eau
s'élevent et s'abaissent alternativement à
sa surface avec differentes vîtesses , quel
qu'uniforme que soit l'eau dans ses par-
ties insensibles. Mais il n'est pas possible
que les parties insensibles de l'air frémis-
sent avec differentes vîtesses , à moins
qu'on ne les supose de differente élasti-
cité les unes à l'égard des autres.
M. de M. se fait encore cette difficulté:
Comment les vibrations ou les frémisse-
mens du corps sonore de tel ou tel Ton
vont- ils ébranler , entre les particules
d'air qui l'environnent précisément
celles qui répondent à ce Ton , par pré-
I. Vol.
E ij
férence
1142 MERCURE DE FRANCE
férence à toutes les autres ? A quoi il ré-
pond par le Phenomene connu de deux
Instrumens accordés à l'Unisson , et dont
l'un répete , comme une espece d'Echo
les airs que l'on joue sur l'autre ; tout de
même le corps sonore par ses vibrations
et ses frémissemens ébranle , sans dis-
tinction , toutes les parties du milieu qui
l'environnent ; mais les vibrations com-
muniquées par lui à ce milieu , ne se sou-
tiennent, et ne deviennentsensibles par des
secousses réiterées , que dans les particu
les Isochrones ; c'est-à- dire , dont les vi
brations sont de la même durée.
Ilraporte ensuite une experience moins
connue , quoique très ancienne , et très-
certaine ; c'est celle d'une corde touchée
à vuide , et qui rend avec le Son fonda-
mental, qui est de beaucoup le plus fort,
la plupart de ses Sons harmoniques , sa
Tierce majeure, sa Quinte , &c. ou leurs
Octaves.Et il fait voir que ce Phénomene
est inexplicable par tout autre hypothe
se que par celle des differentes élastici-
tés ou frequences de vibration , que les
particules de l'air ont entr'elles. Voilà ,
ajoûte- t il , les principales Loix de l'Har-
monie , diciées par la nature même , l'accord
parfaitfondé sur la correspondance que les
particules harmoniques de l'air ont entr'ele
1.fol.
les,
JUIN.
1737
1143
les , et une source féconde de regles que l'art
et le calcul peuvent étendre , et que la Phi-
losophie poura avomer. Il se dispense
d'entrer là- dessus dans aucun détail , en
avertissant qu'un célébre Musicien de
nos jours , à qui ces idées , et cette hy-
pothese ne sont pas inconnuës , va faire
paroître un Traité de Musique qui porte
sur cette même Théorie. Il n'est Person-
ne qui n'ait reconnu ici M. Rameau, qui
a presenté et dédié à l'Académie des
Sciences un Traité des Générations Har
moniques , qu'on imprime actuellement
où il a adopté l'hypothese de M. de M.
sur la Propagation du Son.
Le reste du Discours , qui en fait peut-
être la partie la plus curieuse , et la plus
interessante, est en même temps la moins-
susceptible d'extrait, ou demanderoit un
extrait d'une toute autre étenduë que cel-
le que nous avons résolu de donner à ce-
lui- ci. Nous ne ferons donc qu'en indi-
quer succinctement la teneur.
Il s'agit de la relation que les fibres de
FOrgane de l'Oüie ont avec les differen-
tes vibrations de l'air , et dé ses diverses
,
particules toniques ; de l'Origine du sen-
timent confus , mais invariable de l'Har-
monie , commun aux Hommes de tous
les temps et de tous les Pays ; et enfin
I. Vol.
E iij
de
144 MERCURE DE FRANCE
de la source du plaisir attaché au senti-
ment de l'Harmonie et des Consonnan-
ces , en oposition à la douleur , ou à l'es-
pece d'inquiétude que causent les mau-
vais accords.
L'Organe immédiat de l'Oüie est se-
lon M. de M. qui suit en ceci l'opinion
des plus fameux Anatomistes , un veri-
table Instrument de Musique , comme
l'œil est une vraie lunette d'aproche.C'est
une espece de Clavecin , où se trouvent
une infinité de cordes de differente lon-
gueur , et de differente tension , qui ré-
pondent à toutes les vibrations de l'air.
Il donne une description du Limaçon ,
qu'on sçait qui termine l'oreille interne,
et de la Lame spirale qui partage le Li-
maçon en deux rampes , pour preuve et
pour exemple de ce raport , qui est en
effet surprenant.
Le sentiment naturel de l'Harmonie
est attribué à cette correspondance des
ébranlemens des fibres de l'organe avec
ceux de l'air et du corps sonore , dont
nous éprouvons les effets depuis notre
naissance , et d'où s'est formé ce senti-
ment par une habitude nécessaire et in-
volontaire,
L'Auteur rapelle à cette occasion la
guérison de deux maladies extraordinai-
I. Vol.
res,
JUIN.
1737.
1145
res , accompagnées de délire et de con-
vulsions,dont il est parlé dans les Mémoi
res de l'Académie , et qui , après avoir
resisté à tous les remedes communément
reçûs , céderent enfin aux douces im
pressions de l'Harmonie. Il n'est point
en effet d'organe , dont les ébranlemens
se communiquent plus promptement à
tout le genre nerveux que ceux de l'or-
gane de l'ouie. C'étoient aussi des Musi-
ciens , sur qui ces guerisons furent opé-
rées , c'est- à- dire des sujets en qui l'ha-
bitude de sentir l'Harmonie se trouvoit
la plus forte.
Quant à la sensation délicieuse que
cause l'harmonie , et la peine secrete , ou
même la douleur que produisent les Sons
discordans , M. de M.... n'hésite pas à
leur donner pour cause la conservation
de l'organe favorisée dans un cas , et sa
destruction prochaine , ou commencée
dans l'autre
organes.
;
et c'est- là , dit il , en effet
et en général , la source de tous les plai-
sirs des sens , ou de la douleur que nous
›
éprouvons par leur moyen , en consé-
quence des loix de l'union de l'ame à ses
Il répond à quelques exceptions, qu'on
pouroit alleguer contre cette Théorie ; et
il finit par une Experience remarquable
1. Vol.
E iiij.
qu'il
146 MERCURE DE FRANCE
qu'il fit à Beziers en 1723. et qui tend à
prouver que, malgré la Propagation uni-
forme du Son en général , les differens
Tons qui le modifient pouroient bien
souffrir quelque difference dans les vî-
tesses de leurs Propagations particulieres ,
comme la lumiere hétérogene des diffe
rentes couleurs souffre differentes réfrac-
tions , quoique la lumiere en général, su-
posée homogene, se rompe toujours éga-
lement, en traversant les mêmes milieux.
L'aparell de cette Experience, qui est dé-
ja fort abregé dans le Discours de l'Au-
teur , ne nous permet pas de la raporter.
M. de M... s'est aussi reservé d'éclaircir
quelques autres points de cette matiere ,
dans des Remarques qu'il y ajoûtera , et
qui ne sont destinées que pour les As-
semblées particulieres de l'Académie.
Fermer
Résumé : ASSEMBLÉE Publique de l'Académie Royale des Sciences, du ....
Lors d'une assemblée publique de l'Académie Royale des Sciences, Monsieur de M. a présenté un discours sur la propagation du son et les différents tons. Son étude se concentre sur quatre aspects principaux : le corps sonore, l'air comme milieu de propagation, l'organe de l'oreille et la perception de l'âme. Il explore principalement la production du son dans l'air et les variations de tons aigus ou graves. Monsieur de M. propose que des particules d'air de différentes élasticités vibrent à des durées variées, produisant ainsi les différents tons perçus. Ces particules, en vibrant ensemble, créent le son général ou le bruit. Cette théorie, déjà partagée en 1720, est comparée au modèle de Newton sur la lumière et les couleurs. Il critique la comparaison des sons avec les ondes sur l'eau, affirmant que les sons résultent des vibrations des parties insensibles de l'air. Le texte aborde les principes de l'harmonie et de la propagation du son, appuyés par des observations et des expériences. Les vibrations d'un corps sonore se propagent dans l'air et sont perçues par les particules isochrones. Une expérience ancienne montre qu'une corde touchée à vide produit non seulement le son fondamental mais aussi ses harmoniques, illustrant cette théorie. L'auteur mentionne un traité de musique basé sur cette théorie, attribué à Jean-Philippe Rameau. Il explore la relation entre les fibres de l'organe de l'ouïe et les vibrations de l'air, soulignant que l'oreille fonctionne comme un instrument de musique avec des cordes de différentes longueurs et tensions. La sensation naturelle de l'harmonie est attribuée à cette correspondance des vibrations, acquise dès la naissance. Le texte évoque également des guérisons par la musique, démontrant l'impact rapide des vibrations de l'oreille sur le système nerveux. La sensation agréable de l'harmonie et la douleur causée par les sons discordants sont expliquées par la conservation ou la dégradation de l'organe de l'ouïe. Une expérience réalisée à Béziers en 1723 illustre les différences de propagation des tons, comparables aux différentes réfractions de la lumière.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4618
p. 1146
« Les mots de l'Enigme et des Logogryphes du Mercure de May, sont : le [...] »
Début :
Les mots de l'Enigme et des Logogryphes du Mercure de May, sont : le [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Les mots de l'Enigme et des Logogryphes du Mercure de May, sont : le [...] »
Les mots de l'Enigme et des Logogryphes
du Mercure de May, sont : le
le
Papier , Opera , et Feuille.On trouve dans
le premier Logogryphe , O , ope , Pera ,
et Pareo. Dans le second : Feu, Fille, Fil,
Eiel , Vie , Elie , Lie , Levi , et Vielle.
du Mercure de May, sont : le
le
Papier , Opera , et Feuille.On trouve dans
le premier Logogryphe , O , ope , Pera ,
et Pareo. Dans le second : Feu, Fille, Fil,
Eiel , Vie , Elie , Lie , Levi , et Vielle.
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4619
p. 1147
ENIGME.
Début :
Lieu commun, de l'Enigme ordinaire langage. [...]
Mots clefs :
Dents
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGM E.
Ieu commun , de l'Enigme ordinaire lang
gage.
Faisant bien , faisant mal , je suis d'un ' grand j
usage.
Je tranche , coupe , taille, et sers sans amitié,
( L'humeur vient à changer , et sans faire pitié
L'on m'accuse d'un mal aprochant de la rage.)
Par ma couleur , par mon arrangement ,
Je fais plaisir , honneur , contentement
Signe certain d'une saine poitrine ,
Je contribue à relever la mine :
Et , quoiqu'ici je parle au singulier ;
Je ne suis pas seule à mon râtelier .
Sans mouvement , ceci n'est point mensonges
Mais c'est le Diable , on prétend que j'alonge
Notez qu'au figuré plûtôt qu'au naturel
Je puis porter un coup très- criminel.
2
JChevrier , Org. D. C. E. A‚ ·
Ieu commun , de l'Enigme ordinaire lang
gage.
Faisant bien , faisant mal , je suis d'un ' grand j
usage.
Je tranche , coupe , taille, et sers sans amitié,
( L'humeur vient à changer , et sans faire pitié
L'on m'accuse d'un mal aprochant de la rage.)
Par ma couleur , par mon arrangement ,
Je fais plaisir , honneur , contentement
Signe certain d'une saine poitrine ,
Je contribue à relever la mine :
Et , quoiqu'ici je parle au singulier ;
Je ne suis pas seule à mon râtelier .
Sans mouvement , ceci n'est point mensonges
Mais c'est le Diable , on prétend que j'alonge
Notez qu'au figuré plûtôt qu'au naturel
Je puis porter un coup très- criminel.
2
JChevrier , Org. D. C. E. A‚ ·
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4620
p. 1148
LOGOGRYPHE.
Début :
Huit membres forment ma structure, [...]
Mots clefs :
Médecine
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texteReconnaissance textuelle : LOGOGRYPHE.
LOGOGRYPHE.
H Uit membres forment ma stucture ,
J'ordonné en Reine aux Papes comme aux Rois.
Et tel qui tous les jours me taxe d'imposture
Enfin se soumet à mes Loix,
Coupez mon tout en deux , la premiere partie
Vous nomme un Peuple habitant de l'Asie.
Ajoutez à ces trois mon dernier seulement ,
Je fis trembler Jason dans mon emportement.
2. et 3. 4. et 7. Adam par complaisance ,
De mon heureux séjour perdit la jouissance .
1. 6. et 8. il faut , sans compliment ,
Se déclarer pour moi , quand on n'a plus de
dents .
7.6. § . 2. et ma lettre derniere ,
On vit chés moi l'Eglise entiere.
Un six je suis dans la Musique .
3. 4. 5. et 6. avec les deux premiers,
Je soulage la Republique
De mes sacrés deniers .
5. 6. et 3. je deviens Tragédie.
7. 6. et 3. j'apartiens aux Oiseaux, L
3. 4. 5. 6. 7. je fus un des fleaux
Des Martirs de la Liturgie.
1.6. 7. 8 , mes aveugles Enfans
Me déchirent le sein pour trouver des néants.
H Uit membres forment ma stucture ,
J'ordonné en Reine aux Papes comme aux Rois.
Et tel qui tous les jours me taxe d'imposture
Enfin se soumet à mes Loix,
Coupez mon tout en deux , la premiere partie
Vous nomme un Peuple habitant de l'Asie.
Ajoutez à ces trois mon dernier seulement ,
Je fis trembler Jason dans mon emportement.
2. et 3. 4. et 7. Adam par complaisance ,
De mon heureux séjour perdit la jouissance .
1. 6. et 8. il faut , sans compliment ,
Se déclarer pour moi , quand on n'a plus de
dents .
7.6. § . 2. et ma lettre derniere ,
On vit chés moi l'Eglise entiere.
Un six je suis dans la Musique .
3. 4. 5. et 6. avec les deux premiers,
Je soulage la Republique
De mes sacrés deniers .
5. 6. et 3. je deviens Tragédie.
7. 6. et 3. j'apartiens aux Oiseaux, L
3. 4. 5. 6. 7. je fus un des fleaux
Des Martirs de la Liturgie.
1.6. 7. 8 , mes aveugles Enfans
Me déchirent le sein pour trouver des néants.
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4622
p. 1149-1157
La Religion ou Théologie des Turcs, [titre d'après la table]
Début :
GANNEAU débite un Livre intitulé la Religion ou Théologie des [...]
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texteReconnaissance textuelle : La Religion ou Théologie des Turcs, [titre d'après la table]
GANNEAU débite un Livre intitulé
la Religion ou Théologie des
Turcs , par Echialle Moufti , avec la Pro-
fession de Foy de Mahomet , Fils de Pir
Ali, en deux Volumes in- 12 . A Bruxelles,
chés François Foppens. M. DCC. IV.
Cet Ouvrage est divisé en trois Par-
ties ; les deux premieres ne contiennent
que des Traditions extravagantes de dif-
ferens Docteurs Mahometans sur l'état
de l'Homme à l'agonie , après la mort
jusqr ' au Jugement dernier , et au Ju-
gement dernier; des Descriptions imagi-
naires de ce redoutable jour , du Para-
dis et de l'Enfer ; le tout composé à des-
sein d'épouvanter les Pécheurs , et prin-
1. Vol.
Evi
cipalement
(1150 MERCURE DE FRANCE
cipalement les Peuples qui ne sont pas
soumis à l'Alcoran , qui seuls sont me-
nacés de peines éternelles , desquelles
tous les Mahometans sont exempts par
le privilege de leur Religion . La Traduc-
tion en est assés exacte , à cela près que
le Traducteur a un peu adouci les ex-
travagances les plus outrées de l'original,
qui multiplie tous les biens et les maux
par le nombre de 70000. qui lui est fá-
vori. Par exemple ,
il y a des endroits
dans ce Livre , où , en faisant la descrip
tion de certains Anges , l'Auteur dit que
leurs têtes touchent le Ciel Empirée , et
de leurs pieds est à l'Orient du Ciel ,
l'autre à son Occident ; que du bout
2
leurs pieds le centre de la Terre ; qu'un *
d'une de leurs aîles à celui de l'autre il y
x
2-7000 . années de chemin ; qu'ils ont
76000. têtes ; à chaque rête 70000. bou--
chés dans chaque bouche 70000. lan-
gues
;
que toutes ces langues ne sont
occupées nuit et jour qu'à louer leur
Créateur , et que chacune de ces langues
rend à Dieu autant de louange à chaque
instant , que tous les Peuples de la terre -
lui en poutoient rendre en 70000. an
nées.s
Toutes ces Opinions ; au reste
I -Vol
ne
sont point de foy chés les Mahometans ;
elles
JUIN.
1737.
HIST
elles sont reçûës du plus grand nombre,
mais les Sçavans de cette Religion les re-
jettent , parce qu'elles ne sont pas fon
dées sur l'Alcoran , et ce n'est pas un pè-
ché de n'y point ajoûter foy,
Ce que tous les Mahometans sont obli-
gés en conscience de croire , est renfer-
mé dans la troisiéme Partie de cet Ou-
vrage , qui est le Testament de Maho-
met , Fils de Pir Ali , qui contient sa
+
Profession de Foy en abregé , dans la
quelle il n'a obmis aucun point essentiel
de la Foy Mahometane. Il la commence
comme tout Traité de Théologie , par
l'idée de Dieu en 7. Chapitres. Il pro-
fesse son Unité , et pour détruire la Tri-
nité , il soûtient dans le premier Chap
que Dieu n'a point de Compagnon , et
pour nier la Divinité de J. C. il professe
que Dieu n'a ni engendré ,
"
ni été en-
gendré. Au reste il a de l'Etre supréme
à peu près la même idée que nous.
De l'idée de Dieu , l'Auteur, Chapitre
VIII. passe aux Anges, qu'il croit com-
posés de matiere subtile. Il reconnoît
104. Livres Divins publiés dans le Monde
par differens Prophetes , mais il n'en
nomme que quatre, Chap. I X sçavoir ;
Vol
43
l'Ancien Testament les Pseaumes , l'E-
vangile et l'Alcoran , le dernier de tous
ว
152 MERCURE DE FRANCE
et le plus parfait ; il assure même , Ch.
VI. que ce Livre est incrée et éternel .
L'Auteur traite de la Prédestination
dans plusieurs differens Chapitres de son
Ouvrage; mais tout ce qu'il en raporte est
toujours fondé sur le même principe ,
qui est que Dieu est Auteur du bien et
du mal , Chap. IV. Dieu a créé , dit-il ,
Chap. VII. les bonnes œuvres et les pe-
chés , le bien et le mal. Dieu a créé tous
les pechés et les crimes , et les a inscrits
dans le Livre du Destin , Chap . XXII.
parce que , dit-il tout de suite, Dieu fait
ce qu'il veut , et agit selon ses Decrets ,
et il ne se passe rien qui ne soit entiere-
ment conforme à ses Decrets et Volonté.
De-là , Ch. IV. il tire des conséquences
nécessaires ; c'est que Dieu n'a point sou
haité le salut des Réprouvés; qu'il ne peut
être offensé , Chap. I. par les crimes , ni
glorifié par les bonnes œuvres , d'autant
que c'est lui , dit-il, Ch. VII. qui a créé les
bonnes œuvres et les pechés ,le bien er le
mal. On doit conclure de cette Doctrine,
que l'Homme ne peut ni mériter , ni dé-
mériter ; aussi Dieu , Chap. XVIII . dis-
posera- t-il , à sa volonté , des actions des
Hommes au jour du Jugement , ôtant
aux Réprouvés leurs bonnes œuvres ,
pour les donner aux Elûs , et rendant en
I. V
échange
JUIN.
'1737.
1153
échange aux Reprouvés les pechés que
les Elûs auront commis. Pour les Elûs
,
ils sont aisés à connoître ; ce sont les
Mahometans , car il n'y a point de pe-
ché irrémissible , Chap. XXVIII. que
celui de ne pas croire à Mahomet ; et
pourvû qu'il reste à un Mahometan à la
mort autant de foy qu'un atôme , fut il
d'ailleurs coupable d'un nombre infini
de crimes les plus atroces , il souffrira
tout au plus en Enfer une espace de temps
proportionné à ses pechés , et à la fin
Il sera sauvé, Chap . XIX. L'Auteur se
reprend même un peu après , Chapitre
XXVI. et paroît douter que les Maho-
metans soient punis dans l'autre monde
des pechés dont ils n'auront paspas fait
pe-
nitence. Au reste la penitence des Ma-
hometans n'a rien de difficile , elle con-
siste seulement , Chap. L X. à se repen-
tir des pechés qu'ils ont commis , parce
qu'ils ont mérité les peines de l'Enfer.
L'Auteur traite des Prophetes , et en
particulier de Mahomet, de ses Miracles,
de sa Naissance et de sa Mort ; des trois
premiers Caliphes qui lui ont succedé ;
ensuite il passe aux Quatre Fins de
l'Homme , et vient à la Foy Mahome-
tane , qui consiste à croire en Dieu seul
et à Mahomet, Pour ce qui est de la Re-
I. Vol.
ligion
154 MERCURE DE FRANCE
ligion , il suffit de la sçavoir en abregé
Chap. XXIV . sans en raisonner ni
chercher à en donner de preuve claire
et évidente. Ce n'est pas en faire l'élo-
ge;
l'Auteur en reduit les devoirs essen-
tiels à six ; sçavoir , Recevoir l'Alcoran;
-P
Reciter tous les jours la Profession de
Foy; ( Il n'y a point de Dieu que Dieu ;
Mahomet est son Prophete ) et faire les
cinq Prieres ; Observer les Ablutions ;
Jeûner la Lune du Ramazan ; donner
aux Pauvres la Dixme de son revenu ;
et faire le Pèlerinage de la Mecque, Chap.
XXXVIII Mais de ces six Devoirs l'Au
teur paroît donner la préference à l'Ablu-
tion , en disant: L'essentiel du Mahome-
tisme consiste principalement dans la pu
reté du Corps. Chap. LXXXV.Les Sçavans,
sans mépriser ce point de la Loy , le font
consister dans la pureté de l'Ame : mais
c'est ici l'opinion commune. Cet Auteur,
en parlant de l'Ablution
LXXXVIII.
•
Chapitre
établit les mérites ou
démérites des Femmes , ce qui supose
nécessairement leur salut ou leur dam
nation , et qui détruit l'opinion qu'on a
en Europe,que les Mahometans excluent
les Femmes du Paradis. Un Mahometan
peut apostasier sans renier formellement
sa Religion; on apelle cela tomber dans
I¿Vol .
l'infidelité
#
JUIN
1737
Iss
Finfidelité ; c'est, comme nous dirions,
devenir Payen , être excommunié. Ea
cet état ses exercices de Religion sont
sans mérite ; son mariage est nul ; le de-
voir en est illicite; il n'est pas permis à
un autre de manger d'un animal que cet
Apostat auroit égorgé; toutes ses bonnes
euvres passées sont détruites , et pour
comble de maux , il est permis de le tuer.
L'Apostat , Chap: LXVI. en est quitte
cependant pour demander pardon à Dieu
de son Apostasie, et reciter la Profession
de Foy ; après quoi il se remarie avec sa
Femme , ou avec ses Femmes , s'il ena
plusieurs , et recommence le Pelerinage
de la Mecque , quoiqu'il l'eût déja fait.
L'Auteur cite 51. façons d'apostasier
ainsi ; et entr'autres nier la Prédestina-
tion formelle , c'est apostasier ; douter
de la verité d'un passage de l'Alcoran ,
c'est apostasier ; dire , en parlant de
Dieu , le Dieu qui est au Ciel, c'est apos
tasier. Mais ce qui paroît singulier , c'est
que , Chap. LXVII. dire que les Juifs
sont meilleurs que les Chrétiens
c'est
apostasier ; parce qu'un Juif a plus de
malice que tous les Chrétiens ensem-
ble. On trouve dans tout l'Ouvrage de
beaux principes de Morale , et un en-
trautres bien surprenant dans un Turt,
I. Vol.
Chap .
1156 MERCURE DE FRANCE
Chap. XXXIV. c'est qu'il est défendu
de tirer l'épée contre son Prince légiti
me, quelque cruel et Tyran qu'il puisse
être. Il dit aussi , Chap. XXIX. qu'il ne
faut décider du bon ni du mauvais sort
d'aucune Personne morte, excepté des Pro-
phetes, et de certains fameux Reprouvés,
desquels il donne pour exemple , deux
Persecuteurs de Mahomet. L'Auteur avan-
ce aussi plusieurs autres principes de Mo-
rale qui ne sont pas à suivre. Il prétend,
par exemple , Chap. L. qu'il est permis
de desirer les biens et les dignités que
possedent les gens qui en font mauvais
usage.
Il avance aussi , Chap. LII. qu'on
peut hair non seulement le peché , mais
encore le Pecheur à cause de ses pechés.
Au reste l'Auteur adopte les rêveries
des autres Mahometans à la lettre. Il
prétend Chap. XI que l'Antechrist est
venu du temps de Mahomet , qui l'a
fait releguer dans un desert à l'extrémité
du Monde, où il doit rester lié jusqu'au
jour du Jugement qu'il reparoîtra pour
être tué par J. C.
L'Auteur ordonne de son enterrement,
les cérémonies qu'il veut qu'on y obser
ve , et les aumônes qu'il veut qu'on y
fasse ; il donne ensuite des Regles pour
1.Vola
JUIN.
1737.
1157
la Priere en général , et l'explication des
principales Prieres ; et finit par recom-
mander à ses Enfans et à ses Freres d'at-
tendre leur fortune de Dieu , et de ne la
jamais acheter par des bassesses.
Cette troisiéme Partie mérite d'être
lûë par les Personnes qui veulent con-
noître la Religion Mahometane ; le Tex-
te en est correct , mais on se croit obligé
d'avertir que les Notes n'en sont pas
exactes ; le Traducteur paroît avoir tra-
vaillé sur un sujet dans lequel il n'étoit
pas si bien versé que dans la connoissan-
ce de la Langue.
la Religion ou Théologie des
Turcs , par Echialle Moufti , avec la Pro-
fession de Foy de Mahomet , Fils de Pir
Ali, en deux Volumes in- 12 . A Bruxelles,
chés François Foppens. M. DCC. IV.
Cet Ouvrage est divisé en trois Par-
ties ; les deux premieres ne contiennent
que des Traditions extravagantes de dif-
ferens Docteurs Mahometans sur l'état
de l'Homme à l'agonie , après la mort
jusqr ' au Jugement dernier , et au Ju-
gement dernier; des Descriptions imagi-
naires de ce redoutable jour , du Para-
dis et de l'Enfer ; le tout composé à des-
sein d'épouvanter les Pécheurs , et prin-
1. Vol.
Evi
cipalement
(1150 MERCURE DE FRANCE
cipalement les Peuples qui ne sont pas
soumis à l'Alcoran , qui seuls sont me-
nacés de peines éternelles , desquelles
tous les Mahometans sont exempts par
le privilege de leur Religion . La Traduc-
tion en est assés exacte , à cela près que
le Traducteur a un peu adouci les ex-
travagances les plus outrées de l'original,
qui multiplie tous les biens et les maux
par le nombre de 70000. qui lui est fá-
vori. Par exemple ,
il y a des endroits
dans ce Livre , où , en faisant la descrip
tion de certains Anges , l'Auteur dit que
leurs têtes touchent le Ciel Empirée , et
de leurs pieds est à l'Orient du Ciel ,
l'autre à son Occident ; que du bout
2
leurs pieds le centre de la Terre ; qu'un *
d'une de leurs aîles à celui de l'autre il y
x
2-7000 . années de chemin ; qu'ils ont
76000. têtes ; à chaque rête 70000. bou--
chés dans chaque bouche 70000. lan-
gues
;
que toutes ces langues ne sont
occupées nuit et jour qu'à louer leur
Créateur , et que chacune de ces langues
rend à Dieu autant de louange à chaque
instant , que tous les Peuples de la terre -
lui en poutoient rendre en 70000. an
nées.s
Toutes ces Opinions ; au reste
I -Vol
ne
sont point de foy chés les Mahometans ;
elles
JUIN.
1737.
HIST
elles sont reçûës du plus grand nombre,
mais les Sçavans de cette Religion les re-
jettent , parce qu'elles ne sont pas fon
dées sur l'Alcoran , et ce n'est pas un pè-
ché de n'y point ajoûter foy,
Ce que tous les Mahometans sont obli-
gés en conscience de croire , est renfer-
mé dans la troisiéme Partie de cet Ou-
vrage , qui est le Testament de Maho-
met , Fils de Pir Ali , qui contient sa
+
Profession de Foy en abregé , dans la
quelle il n'a obmis aucun point essentiel
de la Foy Mahometane. Il la commence
comme tout Traité de Théologie , par
l'idée de Dieu en 7. Chapitres. Il pro-
fesse son Unité , et pour détruire la Tri-
nité , il soûtient dans le premier Chap
que Dieu n'a point de Compagnon , et
pour nier la Divinité de J. C. il professe
que Dieu n'a ni engendré ,
"
ni été en-
gendré. Au reste il a de l'Etre supréme
à peu près la même idée que nous.
De l'idée de Dieu , l'Auteur, Chapitre
VIII. passe aux Anges, qu'il croit com-
posés de matiere subtile. Il reconnoît
104. Livres Divins publiés dans le Monde
par differens Prophetes , mais il n'en
nomme que quatre, Chap. I X sçavoir ;
Vol
43
l'Ancien Testament les Pseaumes , l'E-
vangile et l'Alcoran , le dernier de tous
ว
152 MERCURE DE FRANCE
et le plus parfait ; il assure même , Ch.
VI. que ce Livre est incrée et éternel .
L'Auteur traite de la Prédestination
dans plusieurs differens Chapitres de son
Ouvrage; mais tout ce qu'il en raporte est
toujours fondé sur le même principe ,
qui est que Dieu est Auteur du bien et
du mal , Chap. IV. Dieu a créé , dit-il ,
Chap. VII. les bonnes œuvres et les pe-
chés , le bien et le mal. Dieu a créé tous
les pechés et les crimes , et les a inscrits
dans le Livre du Destin , Chap . XXII.
parce que , dit-il tout de suite, Dieu fait
ce qu'il veut , et agit selon ses Decrets ,
et il ne se passe rien qui ne soit entiere-
ment conforme à ses Decrets et Volonté.
De-là , Ch. IV. il tire des conséquences
nécessaires ; c'est que Dieu n'a point sou
haité le salut des Réprouvés; qu'il ne peut
être offensé , Chap. I. par les crimes , ni
glorifié par les bonnes œuvres , d'autant
que c'est lui , dit-il, Ch. VII. qui a créé les
bonnes œuvres et les pechés ,le bien er le
mal. On doit conclure de cette Doctrine,
que l'Homme ne peut ni mériter , ni dé-
mériter ; aussi Dieu , Chap. XVIII . dis-
posera- t-il , à sa volonté , des actions des
Hommes au jour du Jugement , ôtant
aux Réprouvés leurs bonnes œuvres ,
pour les donner aux Elûs , et rendant en
I. V
échange
JUIN.
'1737.
1153
échange aux Reprouvés les pechés que
les Elûs auront commis. Pour les Elûs
,
ils sont aisés à connoître ; ce sont les
Mahometans , car il n'y a point de pe-
ché irrémissible , Chap. XXVIII. que
celui de ne pas croire à Mahomet ; et
pourvû qu'il reste à un Mahometan à la
mort autant de foy qu'un atôme , fut il
d'ailleurs coupable d'un nombre infini
de crimes les plus atroces , il souffrira
tout au plus en Enfer une espace de temps
proportionné à ses pechés , et à la fin
Il sera sauvé, Chap . XIX. L'Auteur se
reprend même un peu après , Chapitre
XXVI. et paroît douter que les Maho-
metans soient punis dans l'autre monde
des pechés dont ils n'auront paspas fait
pe-
nitence. Au reste la penitence des Ma-
hometans n'a rien de difficile , elle con-
siste seulement , Chap. L X. à se repen-
tir des pechés qu'ils ont commis , parce
qu'ils ont mérité les peines de l'Enfer.
L'Auteur traite des Prophetes , et en
particulier de Mahomet, de ses Miracles,
de sa Naissance et de sa Mort ; des trois
premiers Caliphes qui lui ont succedé ;
ensuite il passe aux Quatre Fins de
l'Homme , et vient à la Foy Mahome-
tane , qui consiste à croire en Dieu seul
et à Mahomet, Pour ce qui est de la Re-
I. Vol.
ligion
154 MERCURE DE FRANCE
ligion , il suffit de la sçavoir en abregé
Chap. XXIV . sans en raisonner ni
chercher à en donner de preuve claire
et évidente. Ce n'est pas en faire l'élo-
ge;
l'Auteur en reduit les devoirs essen-
tiels à six ; sçavoir , Recevoir l'Alcoran;
-P
Reciter tous les jours la Profession de
Foy; ( Il n'y a point de Dieu que Dieu ;
Mahomet est son Prophete ) et faire les
cinq Prieres ; Observer les Ablutions ;
Jeûner la Lune du Ramazan ; donner
aux Pauvres la Dixme de son revenu ;
et faire le Pèlerinage de la Mecque, Chap.
XXXVIII Mais de ces six Devoirs l'Au
teur paroît donner la préference à l'Ablu-
tion , en disant: L'essentiel du Mahome-
tisme consiste principalement dans la pu
reté du Corps. Chap. LXXXV.Les Sçavans,
sans mépriser ce point de la Loy , le font
consister dans la pureté de l'Ame : mais
c'est ici l'opinion commune. Cet Auteur,
en parlant de l'Ablution
LXXXVIII.
•
Chapitre
établit les mérites ou
démérites des Femmes , ce qui supose
nécessairement leur salut ou leur dam
nation , et qui détruit l'opinion qu'on a
en Europe,que les Mahometans excluent
les Femmes du Paradis. Un Mahometan
peut apostasier sans renier formellement
sa Religion; on apelle cela tomber dans
I¿Vol .
l'infidelité
#
JUIN
1737
Iss
Finfidelité ; c'est, comme nous dirions,
devenir Payen , être excommunié. Ea
cet état ses exercices de Religion sont
sans mérite ; son mariage est nul ; le de-
voir en est illicite; il n'est pas permis à
un autre de manger d'un animal que cet
Apostat auroit égorgé; toutes ses bonnes
euvres passées sont détruites , et pour
comble de maux , il est permis de le tuer.
L'Apostat , Chap: LXVI. en est quitte
cependant pour demander pardon à Dieu
de son Apostasie, et reciter la Profession
de Foy ; après quoi il se remarie avec sa
Femme , ou avec ses Femmes , s'il ena
plusieurs , et recommence le Pelerinage
de la Mecque , quoiqu'il l'eût déja fait.
L'Auteur cite 51. façons d'apostasier
ainsi ; et entr'autres nier la Prédestina-
tion formelle , c'est apostasier ; douter
de la verité d'un passage de l'Alcoran ,
c'est apostasier ; dire , en parlant de
Dieu , le Dieu qui est au Ciel, c'est apos
tasier. Mais ce qui paroît singulier , c'est
que , Chap. LXVII. dire que les Juifs
sont meilleurs que les Chrétiens
c'est
apostasier ; parce qu'un Juif a plus de
malice que tous les Chrétiens ensem-
ble. On trouve dans tout l'Ouvrage de
beaux principes de Morale , et un en-
trautres bien surprenant dans un Turt,
I. Vol.
Chap .
1156 MERCURE DE FRANCE
Chap. XXXIV. c'est qu'il est défendu
de tirer l'épée contre son Prince légiti
me, quelque cruel et Tyran qu'il puisse
être. Il dit aussi , Chap. XXIX. qu'il ne
faut décider du bon ni du mauvais sort
d'aucune Personne morte, excepté des Pro-
phetes, et de certains fameux Reprouvés,
desquels il donne pour exemple , deux
Persecuteurs de Mahomet. L'Auteur avan-
ce aussi plusieurs autres principes de Mo-
rale qui ne sont pas à suivre. Il prétend,
par exemple , Chap. L. qu'il est permis
de desirer les biens et les dignités que
possedent les gens qui en font mauvais
usage.
Il avance aussi , Chap. LII. qu'on
peut hair non seulement le peché , mais
encore le Pecheur à cause de ses pechés.
Au reste l'Auteur adopte les rêveries
des autres Mahometans à la lettre. Il
prétend Chap. XI que l'Antechrist est
venu du temps de Mahomet , qui l'a
fait releguer dans un desert à l'extrémité
du Monde, où il doit rester lié jusqu'au
jour du Jugement qu'il reparoîtra pour
être tué par J. C.
L'Auteur ordonne de son enterrement,
les cérémonies qu'il veut qu'on y obser
ve , et les aumônes qu'il veut qu'on y
fasse ; il donne ensuite des Regles pour
1.Vola
JUIN.
1737.
1157
la Priere en général , et l'explication des
principales Prieres ; et finit par recom-
mander à ses Enfans et à ses Freres d'at-
tendre leur fortune de Dieu , et de ne la
jamais acheter par des bassesses.
Cette troisiéme Partie mérite d'être
lûë par les Personnes qui veulent con-
noître la Religion Mahometane ; le Tex-
te en est correct , mais on se croit obligé
d'avertir que les Notes n'en sont pas
exactes ; le Traducteur paroît avoir tra-
vaillé sur un sujet dans lequel il n'étoit
pas si bien versé que dans la connoissan-
ce de la Langue.
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Résumé : La Religion ou Théologie des Turcs, [titre d'après la table]
Le texte 'La Religion ou Théologie des Turcs' est une traduction par Ganneau d'un ouvrage d'Echialle Moufti, structuré en trois parties. Les deux premières parties décrivent les traditions mahométanes concernant l'état de l'homme à l'agonie, après la mort et jusqu'au Jugement dernier, ainsi que des visions imaginaires du Paradis et de l'Enfer pour effrayer les pécheurs. Certaines extravagances de l'original, comme les dimensions des anges, sont adoucies dans la traduction. Ces croyances ne sont pas universellement acceptées par les musulmans, car elles ne sont pas fondées sur l'Alcoran. La troisième partie contient le testament de Mahomet, fils de Pir Ali, qui expose la profession de foi mahométane, affirmant l'unité de Dieu et niant la Trinité et la divinité de Jésus-Christ. Mahomet reconnaît l'existence de 104 livres divins, mais n'en nomme que quatre : l'Ancien Testament, les Psaumes, l'Évangile et l'Alcoran, ce dernier étant considéré comme le plus parfait et éternel. Le texte traite également de la prédestination, affirmant que Dieu est l'auteur du bien et du mal, et que l'homme ne peut ni mériter ni démériter. Les élus sont les musulmans, qui peuvent être sauvés même s'ils ont commis des crimes. Les devoirs essentiels de l'islam sont réduits à six : recevoir l'Alcoran, réciter quotidiennement la profession de foi, accomplir les cinq prières, observer les ablutions, jeûner pendant le mois du Ramadan, donner la dîme aux pauvres et effectuer le pèlerinage à La Mecque. L'auteur insiste sur la pureté du corps, tandis que les savants mettent l'accent sur la pureté de l'âme. Le texte aborde aussi la condition des femmes en islam, affirmant qu'elles ne sont pas exclues du paradis. Il explique les conséquences de l'apostasie, qui incluent la nullité du mariage et l'illégitimité des actions religieuses. L'apostat peut se racheter en demandant pardon et en récitant la profession de foi. Diverses formes d'apostasie sont mentionnées, ainsi que des principes moraux comme l'interdiction de tirer l'épée contre un prince légitime. Le texte se conclut par des recommandations sur les cérémonies funéraires et l'attente de la fortune divine.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4623
p. 1157
L'Art d'aimer, Poëme, &c. [titre d'après la table]
Début :
L'ART D'AIMER., Poëme en 3. Chants Par M. d'Alegre, de 26. pages . A Paris, [...]
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texteReconnaissance textuelle : L'Art d'aimer, Poëme, &c. [titre d'après la table]
L'ART D'AIMER., Poëme en 3. Chants
Par M. d'Alegre, de 26. pages . A Paris,
chés Prault , Pere , Quay de Gêvres au
Paradis . 1737.
Les quatre Vers pris de la fin du pre-
mier Chant,donneront une petite idée de
cet Ouvrage.
En voguant sur les Mers de l'amoureux Em→
pire ,
Ce n'est qu'au seul plaisir qu'un tendre cœur
afpire ,
Et ce plaisir tout seul vaut encor cent fois mieux
Que tout ce que le Gange a de plus précieux.
Par M. d'Alegre, de 26. pages . A Paris,
chés Prault , Pere , Quay de Gêvres au
Paradis . 1737.
Les quatre Vers pris de la fin du pre-
mier Chant,donneront une petite idée de
cet Ouvrage.
En voguant sur les Mers de l'amoureux Em→
pire ,
Ce n'est qu'au seul plaisir qu'un tendre cœur
afpire ,
Et ce plaisir tout seul vaut encor cent fois mieux
Que tout ce que le Gange a de plus précieux.
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4624
p. 1158
[Texte sans titre]
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texteReconnaissance textuelle : [Texte sans titre]
DISSERTATION sur une fille de Greno-
ble , qui , depuis près de quatre ans , ne
boit ni ne mange. Par M. Charles Fonte-
nettes , Conseiller du Roy , Docteur Re-
gent de la Faculté de Medecine de l'Uni-
versité de Poitiers. A Poitiers
, 1737
Brochure in 4. de 8. pages ; il y en a un
Extrait dans le Journal des Sçavans.
ble , qui , depuis près de quatre ans , ne
boit ni ne mange. Par M. Charles Fonte-
nettes , Conseiller du Roy , Docteur Re-
gent de la Faculté de Medecine de l'Uni-
versité de Poitiers. A Poitiers
, 1737
Brochure in 4. de 8. pages ; il y en a un
Extrait dans le Journal des Sçavans.
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4625
p. 1158
« LETTRES de M. B....... sur differens sujets de Morale et de Pieté. A [...] »
Début :
LETTRES de M. B....... sur differens sujets de Morale et de Pieté. A [...]
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texteReconnaissance textuelle : « LETTRES de M. B....... sur differens sujets de Morale et de Pieté. A [...] »
LETTRES de M. B....... sur differens
sujets de Morale et de Pieté. A
Paris , chés Charles Osmont , ruë Saint
Jacques , à l'Olivier , 1737. in 12.
sujets de Morale et de Pieté. A
Paris , chés Charles Osmont , ruë Saint
Jacques , à l'Olivier , 1737. in 12.
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4626
p. 1158
[Texte sans titre]
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texteReconnaissance textuelle : [Texte sans titre]
COMPLIMENS Composés pour la clôtu
re et pour l'ouverture du Theatre Ita-
lien , par le sieur Sticotti , l'un des Co-
mediens du Roy , prononcés par lui mê-
me les 6. et 29. Avril. A Paris , chés la
Veuve Delormel , rue du Foin à Sainte
Genevieve, petite Brochure de 8 pp. 1737.
re et pour l'ouverture du Theatre Ita-
lien , par le sieur Sticotti , l'un des Co-
mediens du Roy , prononcés par lui mê-
me les 6. et 29. Avril. A Paris , chés la
Veuve Delormel , rue du Foin à Sainte
Genevieve, petite Brochure de 8 pp. 1737.
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4627
p. 1158-1159
Ordonnances des Rois de France, &c. [titre d'après la table]
Début :
ORDONNANCES des Rois de France, de la troisiéme Race, recueillies par Ordre [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Ordonnances des Rois de France, &c. [titre d'après la table]
ORDONNANCES des Rois de France, de
la troisiéme Race, recueillies par Ordre
Chronologique , quatrième Volume , con-
tenant les Ordonnances de CHARLES V.
données depuis le commencement de
l'année 1367. jusqu'à la fin de l'année
1373. par M. SECOUSSE , ancien Avocat
L
au Parlement, et Associé à l'Academie
Is Vol
Royale
JUIN.
1737.
1159
Royale des Inscriptions , et Belles- Let
tres. In folio , à Paris de l'Imprimerie Roya
le M. DCC. XXXVII . pp. 724. sans la
Preface et les Tables.
Le merite de cette grande Compilation
et la capacité de l'Editeur sont si connus
du Public , qu'il est inutile d'ajouter ici
quelque chose à ce qui en a été dit lors-
qu'on a rendu compte des precedents
Volumes. Les matieres principales que
celui- ci embrasse et qui font l'objet des
Ordonnances rapportées , sont les Guer-
res privées , les Etats generaux & particu
liers & les Monnoyes. Par tout il y a à
aprendre et à profiter , sur tout par le
grand nombre de Notes , dont le Texte
des Ordonnances se trouve enrichi.
la troisiéme Race, recueillies par Ordre
Chronologique , quatrième Volume , con-
tenant les Ordonnances de CHARLES V.
données depuis le commencement de
l'année 1367. jusqu'à la fin de l'année
1373. par M. SECOUSSE , ancien Avocat
L
au Parlement, et Associé à l'Academie
Is Vol
Royale
JUIN.
1737.
1159
Royale des Inscriptions , et Belles- Let
tres. In folio , à Paris de l'Imprimerie Roya
le M. DCC. XXXVII . pp. 724. sans la
Preface et les Tables.
Le merite de cette grande Compilation
et la capacité de l'Editeur sont si connus
du Public , qu'il est inutile d'ajouter ici
quelque chose à ce qui en a été dit lors-
qu'on a rendu compte des precedents
Volumes. Les matieres principales que
celui- ci embrasse et qui font l'objet des
Ordonnances rapportées , sont les Guer-
res privées , les Etats generaux & particu
liers & les Monnoyes. Par tout il y a à
aprendre et à profiter , sur tout par le
grand nombre de Notes , dont le Texte
des Ordonnances se trouve enrichi.
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Résumé : Ordonnances des Rois de France, &c. [titre d'après la table]
Le document compile les ordonnances des rois de France de la troisième race, spécifiquement celles de Charles V, entre 1367 et 1373. Édité par M. Secousse, ancien avocat au Parlement et membre de l'Académie Royale des Inscriptions et Belles-Lettres, cet ouvrage a été publié en juin 1737 à Paris par l'Imprimerie Royale. Il comprend 724 pages, sans compter la préface et les tables. Les ordonnances traitent principalement des guerres privées, des États généraux et particuliers, ainsi que des monnaies. Le texte est complété par de nombreuses notes explicatives, fournissant ainsi une ressource essentielle pour l'étude historique et juridique de cette époque.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4628
p. 1159-1162
Principes de l'Histoire pour l'Education de la Jeunesse, &c. [titre d'après la table]
Début :
PRINCIPES DE L'HISTOIRE pour l'éducation de la Jeunesse, quatriéme année, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Principes de l'Histoire pour l'Education de la Jeunesse, &c. [titre d'après la table]
PRINCIPES DE L'HISTOIRE pour l'éducation
de la Jeunesse, quatriéme année,
qui contient l'Histoire generale et parti-
culiere de France, Par M. l'Abbé Len-
glet du Fresnoy, in 12. à Paris , chés De
bure l'Aîné 1737.
Ce nouveau Volume des Principes de
l'Histoire est plus détaillé et plus inte-
ressant que les autres , il est vrai que ce
Volume renferme l'Histoire de notre
Nation , qui doit nous toucher beaucoup
plus que l'Histoire Etrangere. M. l'Ab-
1. Vol.
bé
1160 MERCURE DE FRANCE
bé Lenglet ne s'en tient point à une His
toire seche de nos Rois , on y trouve
encore des Principes de conduite et de
politique par le jour sous lequel il fait
paroître tous les grands Evenemens ; et
l'on peut dire que celui qui sçauroit bien
ce Volume, pouroit parler pertinemment
quoique sobrement sur l'Histoire de nos
Rois.
Leurs caracteres y sont marqués, non
par
des flatteries, ou des censures outrées;
mais par des Faits qui les peignent au na-
turel.
L'Histoire de la premiereRace n'occu-
pe pas plus de seize Leçons , dans les deux
premieres desquelles, l'Auteur traite des
Gaules avant l'irruption des Francs ou
François, et la seconde parle de ces mêmes
François depuis qu'ils sont connus dans
l'Histoire jusqu'à ce qu'ils se sont fixés
dans les Gaules . Après cette premiere Ra-
ce suit une Instruction très curieuse sur
la maniere de l'étudier succinctement, et
l'on a soin d'en marquer le caractere ge-
neral tiré d'après les actions même de
nos premiers Rois. Mais l'Auteur ne veut
que des abregés pour les Gens du Mon-
de. Il laisse aux Sçavans les Livres qui
entrent dans un grand détail.
L'Histoire de la seconde Race contient
I. Vol
les
JUIN.
1737
1161
les treize Leçons suivantes. Elle dura
moins que la premiere, mais elle fut beau-
coup plus distinguée par son amour pour
la Religion , et par la Dignité Imperiale
dont elle a joui. Il est vrai qu'elle dége-
nera : mais elle ne tarda guere à être ré
parée par une Race de benediction qui
subsiste encore aujourd'hui , et qui a
produit des Heros en tout genre.
C'est donc à la troisiéme Race que l'on
voit renaître toute la gloire de la Monar-
chie Françoise. Hugues Capet qui a com-
mencé cette Race , s'est moins distingué
par les armes que par la prudence et la
politique , Robert par sa Religion; mais
Henri et Philippe son Fils reprirent le
caractere martial qui convenoit à la Dig-
nité de la Nation ; Philippe Auguste fut
un modele de conduite et de coura-
ge , Louis IX. en fut un de Sainteté et
de valeur. L'Auteur marquè donc en
peu de mots le caractere des Regnes sui-
vans , qui n'ont pas laissé d'être exposés
à quelques revolutions , dont la plus
dangereuse fut apaisée moins par Char-
les VII. que par la sage conduite de ses
Generaux .
M. l'Abbé Lenglet fait connoître en-
suite que Louis XI . presente une toute
autre maniere de gouverner ; quoique le
1. Vol.
Royaume
2 MERCURE DE FRANCE
Royaume dût- être tranquille par l'auto-
rité legitime que ce Roy avoir sçû re-
prendre, cependant plein de petites four-
beries , dont souvent il étoit le premier
la victime,
il pensa , dit l'Auteur , red
plonger la France dans de nouveaux trou-
bles. Les caracteres des autres Rois sont
temperés par de justes loüanges ; mais
où leurs défauts ne sont pas entiere-
ment deguisés.
Une autre nature d'Histoire commen-
ce à la Leçon 87. de ce Volume , c'est
celle des grands Fiefs de la Couronne ,
qui n'avoit encore été traitée en aucun
abregé. On apelle grands Fiefs , les
Provinces du Royaume que les Seigneurs
usurperent sur la fin de la seconde Race
de nos Rois , qu'ils tenoient cependant
avec dépendance de la Couronne. L'Au-
teur fait voir le tems de leur séparation et
celui de leur réunion. Cette matiere qui
est curieuse n'y est pas traitée moins suc-
cinctement que celles des grandes Char-
ges. Enfin outre la Preface où l'on donne
des remarques solides sur la maniere d'é-
tudier notre Histoire , on y trouve enco-
re une Liste des Livres que l'Auteur croit
les plus necessaires.
de la Jeunesse, quatriéme année,
qui contient l'Histoire generale et parti-
culiere de France, Par M. l'Abbé Len-
glet du Fresnoy, in 12. à Paris , chés De
bure l'Aîné 1737.
Ce nouveau Volume des Principes de
l'Histoire est plus détaillé et plus inte-
ressant que les autres , il est vrai que ce
Volume renferme l'Histoire de notre
Nation , qui doit nous toucher beaucoup
plus que l'Histoire Etrangere. M. l'Ab-
1. Vol.
bé
1160 MERCURE DE FRANCE
bé Lenglet ne s'en tient point à une His
toire seche de nos Rois , on y trouve
encore des Principes de conduite et de
politique par le jour sous lequel il fait
paroître tous les grands Evenemens ; et
l'on peut dire que celui qui sçauroit bien
ce Volume, pouroit parler pertinemment
quoique sobrement sur l'Histoire de nos
Rois.
Leurs caracteres y sont marqués, non
par
des flatteries, ou des censures outrées;
mais par des Faits qui les peignent au na-
turel.
L'Histoire de la premiereRace n'occu-
pe pas plus de seize Leçons , dans les deux
premieres desquelles, l'Auteur traite des
Gaules avant l'irruption des Francs ou
François, et la seconde parle de ces mêmes
François depuis qu'ils sont connus dans
l'Histoire jusqu'à ce qu'ils se sont fixés
dans les Gaules . Après cette premiere Ra-
ce suit une Instruction très curieuse sur
la maniere de l'étudier succinctement, et
l'on a soin d'en marquer le caractere ge-
neral tiré d'après les actions même de
nos premiers Rois. Mais l'Auteur ne veut
que des abregés pour les Gens du Mon-
de. Il laisse aux Sçavans les Livres qui
entrent dans un grand détail.
L'Histoire de la seconde Race contient
I. Vol
les
JUIN.
1737
1161
les treize Leçons suivantes. Elle dura
moins que la premiere, mais elle fut beau-
coup plus distinguée par son amour pour
la Religion , et par la Dignité Imperiale
dont elle a joui. Il est vrai qu'elle dége-
nera : mais elle ne tarda guere à être ré
parée par une Race de benediction qui
subsiste encore aujourd'hui , et qui a
produit des Heros en tout genre.
C'est donc à la troisiéme Race que l'on
voit renaître toute la gloire de la Monar-
chie Françoise. Hugues Capet qui a com-
mencé cette Race , s'est moins distingué
par les armes que par la prudence et la
politique , Robert par sa Religion; mais
Henri et Philippe son Fils reprirent le
caractere martial qui convenoit à la Dig-
nité de la Nation ; Philippe Auguste fut
un modele de conduite et de coura-
ge , Louis IX. en fut un de Sainteté et
de valeur. L'Auteur marquè donc en
peu de mots le caractere des Regnes sui-
vans , qui n'ont pas laissé d'être exposés
à quelques revolutions , dont la plus
dangereuse fut apaisée moins par Char-
les VII. que par la sage conduite de ses
Generaux .
M. l'Abbé Lenglet fait connoître en-
suite que Louis XI . presente une toute
autre maniere de gouverner ; quoique le
1. Vol.
Royaume
2 MERCURE DE FRANCE
Royaume dût- être tranquille par l'auto-
rité legitime que ce Roy avoir sçû re-
prendre, cependant plein de petites four-
beries , dont souvent il étoit le premier
la victime,
il pensa , dit l'Auteur , red
plonger la France dans de nouveaux trou-
bles. Les caracteres des autres Rois sont
temperés par de justes loüanges ; mais
où leurs défauts ne sont pas entiere-
ment deguisés.
Une autre nature d'Histoire commen-
ce à la Leçon 87. de ce Volume , c'est
celle des grands Fiefs de la Couronne ,
qui n'avoit encore été traitée en aucun
abregé. On apelle grands Fiefs , les
Provinces du Royaume que les Seigneurs
usurperent sur la fin de la seconde Race
de nos Rois , qu'ils tenoient cependant
avec dépendance de la Couronne. L'Au-
teur fait voir le tems de leur séparation et
celui de leur réunion. Cette matiere qui
est curieuse n'y est pas traitée moins suc-
cinctement que celles des grandes Char-
ges. Enfin outre la Preface où l'on donne
des remarques solides sur la maniere d'é-
tudier notre Histoire , on y trouve enco-
re une Liste des Livres que l'Auteur croit
les plus necessaires.
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Résumé : Principes de l'Histoire pour l'Education de la Jeunesse, &c. [titre d'après la table]
L'ouvrage 'Principes de l'Histoire pour l'éducation de la Jeunesse' a été rédigé par l'Abbé Lenglet du Fresnoy et publié en 1737. Cet ouvrage se concentre principalement sur l'histoire de France, en mettant l'accent sur les événements nationaux plutôt que sur l'histoire étrangère. L'auteur ne se contente pas de présenter une simple chronologie des rois, mais intègre des principes de conduite et de politique, enrichissant ainsi la compréhension des grands événements historiques. Le livre est organisé en plusieurs sections. La première section, couvrant seize leçons, explore la première race des rois de France. Elle inclut des descriptions des Gaules avant l'arrivée des Francs et leur établissement ultérieur. L'auteur propose des méthodes pour étudier cette période de manière concise, en se focalisant sur les traits généraux des premiers rois. La deuxième section, composée de treize leçons, met en lumière la deuxième race des rois de France. Cette période est caractérisée par un fort attachement à la religion et à la dignité impériale, bien que marquée par une rapide dégénérescence. La troisième section commence avec l'avènement d'Hugues Capet et marque le retour de la gloire monarchique. Des figures notables telles que Philippe Auguste et Louis IX sont mises en avant. L'auteur aborde également la question des grands fiefs de la couronne, expliquant leur usurpation et leur réintégration dans le royaume. Le texte se termine par une préface qui offre des conseils sur la manière d'étudier l'histoire et propose une liste de livres jugés nécessaires pour approfondir le sujet.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4629
p. 1162-1167
« HISTOIRES du Comté d'Oxfort, de Miledy d'Herby, d'Eustache de Saint [...] »
Début :
HISTOIRES du Comté d'Oxfort, de Miledy d'Herby, d'Eustache de Saint [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « HISTOIRES du Comté d'Oxfort, de Miledy d'Herby, d'Eustache de Saint [...] »
HISTOIRES du Comté d'Oxfort, de Miledy d'Herby, d'Eustache de Saint
I. Vol.
de
JUIN.
1737
1168
Pierre , et de Beatrix de Guinés , au Sie-
ge de Calais
sous le Regne de Philipe
de Valois , Roy de France. Par Madame
de Gomez. A Paris , chés de Poilly , Li-
braire , Quay de Conty , au coin de la
ruë Guenegault , aux Armes d'Angleter-
se , 1737. in 12.
PHILOCTETE, ou Voyage instructif
et amusant, avec des Refléxions Politiques,
Militaires et Morales. Par M. An-
sart , Lieutenant de Dragons ; enrichi de
figures en Taille douce. A Paris, chés le
même Libraire , 1737. in 12.
LA PRETENDUE VEUVE, ou l'Epoux
Magicien, Comédie en cinq Actes, traduite
de l'Anglois de feu M. Adisson , et
mise en Vers par M.Descazeaux Desgran-
•
ges. A Paris , chés Bauche et le Breton,
Quay des Augustins , Gissey , ruë de la
vieille Bouclerie, Briasson, rue S. Jacques,
et Debats , Grand'Salle du Palais , in 12.
1737. Prix 30. sols.
DISCOURS SUR L'HARMONIE.
A Paris, au Palais, chés Jacques-Nicolas
le Clerc , 1737. pages 89.e
REMARQUES Chronologiques sur l'Ancien Testament, proposées à l'examen
1. Vol
F
l'Ancien
1164 MERCURE DE FRANCE
des Sçavans , avec le Plan d'une
Explication des saintes Ecritures. A Pa
ris , chés Kollin , fils , 1737. in 8 .
NOUVEAU COURS de Chymie,
suivant les principes de Newton et de
Sthall . Avec un Discours Historique sur
l'origine et les progrès de la Chymie.
Nouvelle Edition , revûë et corrigée. A
Paris , chés Jacques Vincent , ruë S. Se-
verin , 1737. in 12. deux Parties.
LA VIE de S. Thomas d'Aquin, de
l'Ordre des Freres Prêcheurs, Docteur
de l'Eglise, Avec un Exposé de sa Doc-
trine et de ses Ouvrages. Par le P. A.
Touron , du même Ordre. A Paris ,
bre de Jessé , 1737. vol. in 4.e
chés
Gissey , ruë de la vieille Bouclerie , à l'Ar-
MEMOIRES de M. de la Colonie,
Maréchal de Camp des Armées de l'Electeur
de Baviere , contenant les Eve-
nemens de la guerre depuis le Siege de
Namur en 1692. jusqu'à la Bataille de
Bellegrade en 1717. Les motifs qui enga-
gerent l'Electeur de Baviere a prendre le
parti de la France contre l'Empereur en
1701. La description circonstanciée des
1. Vol
Batailles
JUI N.
1737.
1165
Batailles et des Sieges en Allemagne , en
Flandres, en Espagne, &c. avec les Avan-
tures et les Combats particuliers l'Au-
teur. A Bruxelles , 1737. deux vol. in 12 .
MEMOIRES POSTHUMES du Com
te de D ... B ... avant son retour à Dieu,
fondé sur l'expérience des vanités humai-
nes. Par M. le Chevalier de Mouby , troi-
siéme Partic. A Paris , au Palais , chés
Gregoire- Antoine Dupuis, au cinquième
Pilier de la Grand'Salle , au S. Esprit ,
1737. in 12.
MEMOIRES de Milord *** , Tra-
duits de l'Anglois par M. D. L. P. A
Paris , chés Prault, Pere , Quay de Gê
vres , au Paradis , 1737. in 12.
DISSERTATION sur la Pierre des
Reins et de la Vessie , avec une Méthode
simple et facile pour la dissoudre sans
endommager les organes de l'urine ; avec
la réponse à certains traits de Critique
de M. Astruc , contre la Dissertation de
M. de Sault , sur la Maladie Venerienne,
lesquels se trouvent dans le Livre du mê
me M. Astruc de Morbis Venereis. A Pa-
ris , chés Jacques Guerin , Libraire - Im-
primeur, Quay des Augustins, 1736. vol,
in 12. de 307. pages.
I. Vol.
Fij
SUPLE-
1166 MERCURE DE FRANCE
SUPLEMENT au Glossaire du Roman
de la Rose , contenant des Notes Criti-
ques, Historiques et Grammaticales. Une
Dissertation sur les Auteurs de ce Ro-
man. L'Analyse de ce Poëme. Un Dis
cours sur l'utilité des Glossaires . Les Va-
riantes restituées sur un Manuscrit de
M. le Président Bouhier de Savigny , et
une Table des Auteurs cités dans cet Ou-
vrage.
Multa renascentur qua jam cecidere, cadentque
Qua nunc sunt in honore vocabula.
Q. Horatii , de Arte Poëtica. Lib.
A Dijon , chés J. Sirot , Imprimeurs
Libraire , Place S. Etienne , 1737. vol. in
12. de 344. pages , sans la Table des
Auteurs.
L'ANATOMIE d'Oribase , tirée des
Livres de Galien , avec la Version Latinę
de J. B. Rasario , et les Notes de Guil
laume Dundass , qui a pris soin de cette
Edition . A Leyde , chés Jean Arn. Lans
gerack , 1735. in 4. de 287. pages , sans la
Table et les Additions.
LOGIQUE , ou Systême abregé de Re-
fléxions qui peuvent contribuer à la net-
teté et à l'étendue de nos connoissances,
I. Vol
Par
JUIN.
1737.
1167
Par M. de Crousaz. Seconde Edition , re-
vûë et corrigée par l'Auteur . A Amster
dam , chés Chatelain , 1736. 2. vol. in 8 .
LA GEOGRAPHIE Moderne , Na-
turelle , Historique et Politique , dans
une Méthode nouvelle et aisée. par M.
Abraham Dubois , Géographe ; divisée
en 4. Tomes , avec plusieurs Cartes et
une Table des Matieres . A la Haye chés
Jacques Vanden Kieboom et Gerard Block,
1736. in 4.
RECUEIL des Lettres de Madame la
Marquise de Sévigné, à Mad. la Comtesse
de Grignan , sa fille , Tomes V. et VI.
A Paris , chés Rollin , fils , Quay des
Augustins , 1737, in 12.
LETTRE Critique et Historique à
Auteur de la Vie de Pierre Gassendi. A
Paris, chés F. Herissant, ruë neuve N. D.
à la Providence , 1737. in 12.
I. Vol.
de
JUIN.
1737
1168
Pierre , et de Beatrix de Guinés , au Sie-
ge de Calais
sous le Regne de Philipe
de Valois , Roy de France. Par Madame
de Gomez. A Paris , chés de Poilly , Li-
braire , Quay de Conty , au coin de la
ruë Guenegault , aux Armes d'Angleter-
se , 1737. in 12.
PHILOCTETE, ou Voyage instructif
et amusant, avec des Refléxions Politiques,
Militaires et Morales. Par M. An-
sart , Lieutenant de Dragons ; enrichi de
figures en Taille douce. A Paris, chés le
même Libraire , 1737. in 12.
LA PRETENDUE VEUVE, ou l'Epoux
Magicien, Comédie en cinq Actes, traduite
de l'Anglois de feu M. Adisson , et
mise en Vers par M.Descazeaux Desgran-
•
ges. A Paris , chés Bauche et le Breton,
Quay des Augustins , Gissey , ruë de la
vieille Bouclerie, Briasson, rue S. Jacques,
et Debats , Grand'Salle du Palais , in 12.
1737. Prix 30. sols.
DISCOURS SUR L'HARMONIE.
A Paris, au Palais, chés Jacques-Nicolas
le Clerc , 1737. pages 89.e
REMARQUES Chronologiques sur l'Ancien Testament, proposées à l'examen
1. Vol
F
l'Ancien
1164 MERCURE DE FRANCE
des Sçavans , avec le Plan d'une
Explication des saintes Ecritures. A Pa
ris , chés Kollin , fils , 1737. in 8 .
NOUVEAU COURS de Chymie,
suivant les principes de Newton et de
Sthall . Avec un Discours Historique sur
l'origine et les progrès de la Chymie.
Nouvelle Edition , revûë et corrigée. A
Paris , chés Jacques Vincent , ruë S. Se-
verin , 1737. in 12. deux Parties.
LA VIE de S. Thomas d'Aquin, de
l'Ordre des Freres Prêcheurs, Docteur
de l'Eglise, Avec un Exposé de sa Doc-
trine et de ses Ouvrages. Par le P. A.
Touron , du même Ordre. A Paris ,
bre de Jessé , 1737. vol. in 4.e
chés
Gissey , ruë de la vieille Bouclerie , à l'Ar-
MEMOIRES de M. de la Colonie,
Maréchal de Camp des Armées de l'Electeur
de Baviere , contenant les Eve-
nemens de la guerre depuis le Siege de
Namur en 1692. jusqu'à la Bataille de
Bellegrade en 1717. Les motifs qui enga-
gerent l'Electeur de Baviere a prendre le
parti de la France contre l'Empereur en
1701. La description circonstanciée des
1. Vol
Batailles
JUI N.
1737.
1165
Batailles et des Sieges en Allemagne , en
Flandres, en Espagne, &c. avec les Avan-
tures et les Combats particuliers l'Au-
teur. A Bruxelles , 1737. deux vol. in 12 .
MEMOIRES POSTHUMES du Com
te de D ... B ... avant son retour à Dieu,
fondé sur l'expérience des vanités humai-
nes. Par M. le Chevalier de Mouby , troi-
siéme Partic. A Paris , au Palais , chés
Gregoire- Antoine Dupuis, au cinquième
Pilier de la Grand'Salle , au S. Esprit ,
1737. in 12.
MEMOIRES de Milord *** , Tra-
duits de l'Anglois par M. D. L. P. A
Paris , chés Prault, Pere , Quay de Gê
vres , au Paradis , 1737. in 12.
DISSERTATION sur la Pierre des
Reins et de la Vessie , avec une Méthode
simple et facile pour la dissoudre sans
endommager les organes de l'urine ; avec
la réponse à certains traits de Critique
de M. Astruc , contre la Dissertation de
M. de Sault , sur la Maladie Venerienne,
lesquels se trouvent dans le Livre du mê
me M. Astruc de Morbis Venereis. A Pa-
ris , chés Jacques Guerin , Libraire - Im-
primeur, Quay des Augustins, 1736. vol,
in 12. de 307. pages.
I. Vol.
Fij
SUPLE-
1166 MERCURE DE FRANCE
SUPLEMENT au Glossaire du Roman
de la Rose , contenant des Notes Criti-
ques, Historiques et Grammaticales. Une
Dissertation sur les Auteurs de ce Ro-
man. L'Analyse de ce Poëme. Un Dis
cours sur l'utilité des Glossaires . Les Va-
riantes restituées sur un Manuscrit de
M. le Président Bouhier de Savigny , et
une Table des Auteurs cités dans cet Ou-
vrage.
Multa renascentur qua jam cecidere, cadentque
Qua nunc sunt in honore vocabula.
Q. Horatii , de Arte Poëtica. Lib.
A Dijon , chés J. Sirot , Imprimeurs
Libraire , Place S. Etienne , 1737. vol. in
12. de 344. pages , sans la Table des
Auteurs.
L'ANATOMIE d'Oribase , tirée des
Livres de Galien , avec la Version Latinę
de J. B. Rasario , et les Notes de Guil
laume Dundass , qui a pris soin de cette
Edition . A Leyde , chés Jean Arn. Lans
gerack , 1735. in 4. de 287. pages , sans la
Table et les Additions.
LOGIQUE , ou Systême abregé de Re-
fléxions qui peuvent contribuer à la net-
teté et à l'étendue de nos connoissances,
I. Vol
Par
JUIN.
1737.
1167
Par M. de Crousaz. Seconde Edition , re-
vûë et corrigée par l'Auteur . A Amster
dam , chés Chatelain , 1736. 2. vol. in 8 .
LA GEOGRAPHIE Moderne , Na-
turelle , Historique et Politique , dans
une Méthode nouvelle et aisée. par M.
Abraham Dubois , Géographe ; divisée
en 4. Tomes , avec plusieurs Cartes et
une Table des Matieres . A la Haye chés
Jacques Vanden Kieboom et Gerard Block,
1736. in 4.
RECUEIL des Lettres de Madame la
Marquise de Sévigné, à Mad. la Comtesse
de Grignan , sa fille , Tomes V. et VI.
A Paris , chés Rollin , fils , Quay des
Augustins , 1737, in 12.
LETTRE Critique et Historique à
Auteur de la Vie de Pierre Gassendi. A
Paris, chés F. Herissant, ruë neuve N. D.
à la Providence , 1737. in 12.
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Résumé : « HISTOIRES du Comté d'Oxfort, de Miledy d'Herby, d'Eustache de Saint [...] »
Le document répertorie diverses publications parues en 1737, principalement à Paris. Parmi ces ouvrages, plusieurs récits historiques sont notables, tels que 'Histoires du Comté d'Oxfort' et les 'Mémoires de M. de la Colonie'. Ces derniers relatent des événements militaires et politiques, notamment le siège de Calais sous Philippe de Valois et les guerres en Europe entre 1692 et 1717. Le texte mentionne également des œuvres littéraires et théâtrales, parmi lesquelles 'La Pretendue Veuve' et 'Philoctète'. Des traités scientifiques et médicaux sont également présents, comme 'Nouveau Cours de Chymie' et une 'Dissertation sur la Pierre des Reins et de la Vessie'. Des travaux religieux et philosophiques, tels que 'La Vie de S. Thomas d'Aquin' et 'Logique' de M. de Crousaz, sont également inclus. Enfin, des recueils épistolaires, comme les lettres de Madame de Sévigné à sa fille, font partie des publications listées. Ces ouvrages proviennent de divers libraires et imprimeurs situés principalement à Paris, mais aussi à Dijon, Leyde, Amsterdam, La Haye et Bruxelles.
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4630
p. 1167-1169
« CAVELIER, Libraire, rue S. Jacques, à Paris, vient d'achever d'imprimer tout nouvellement : [...] »
Début :
CAVELIER, Libraire, rue S. Jacques, à Paris, vient d'achever d'imprimer tout nouvellement : [...]
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texteReconnaissance textuelle : « CAVELIER, Libraire, rue S. Jacques, à Paris, vient d'achever d'imprimer tout nouvellement : [...] »
CAVELIER, Libraire, rue S. Jacques, à
Paris, vient d'achever d'imprimer tout nouvellement :
Memoires pour l'Histoire Naturelle de la Pro-
vince de Languedoc , divisés en trois Parties , or
nés de figures et de Cartes en Taille- douce
in 4. Paris , 1737. contenant 630, pages
compris la Préface et la Table des Chap
I. Vol.
F iij
1168 MERCURE DE FRANCE
Le même Cavelier a reçû des Pays Etrangers
les Livres suivans :
Le Febure ( Jo. ) de Usu Missionis sanguinis
ac aliarum artificialium sanguinis Evacuationum
et Cautionum in abusum ; accessit Tractatus de
natura , usu et abusu Caffé , Thé , Chocolatæ et
Tabaci , &c. 2. vol. in 4. cum figuris. Vesun-
tione , 1737.
Plateri ( Felicis ) Praxos Medica , novis Ob-
servationibus et Remediis locuplet. IV. Editio.
cum Præfatione Koericq , 3. vol. in 4. Basilea ,
1736.
Gaveti ( Jac. ) nova Febris idea
12 Geneva , 1700.
,
seu novæ
Conjectura Phisicæ circa Febris Naturam , in
Cope (Henr. ) Démonstratio Medico-Practi-
ca Prognosticorum Hippocratis , cum Ægrota-
rum Historia Gr. Lat. in 8. Dublinia , 1736.
Heisteri ( Frid. ) Apologia pro Medicis quo
eorum depellitur Cavillatio , in 8. Amst. 1736.
Bibliotheque Germanique , Tome 35. pour
l'année 1736. in 8. Amst. 1736.
Bibliotheque Raisonnée, pour les mois d'Avril ,
May , Juin , faisant Tome XV I. seconde
Partie , in 8. Amst. 1736.
La même , Tome XVII . premiere Partie ,
Juillet , Août et Septembre 1736. in 8. Amst.
Acta Eruditorum , 1736. in 4. Lipsia.
La Fisica de Peripatetici Cartesiani , al para-
gone della vera Fisica d'Aristotele , del Padre
Pace 3. vol. in 12. Venezia , 1728. fig.
Hagen ( Gof. ) Meditationes Philosophica de
Methodo Mathematica , cum Præfatione Wolfii,
in 8. Norimberga , 1734.
Miscellanea Duisburgensia Edita , inedita ad
incrementum Rei Litterariæ omnis , præcipue
I. Vol.
Eruditionis
JUIN.
7737-
1169
Eruditionis Theologica Fassiculi VIII. in 8.
Duisburgi , 1735.
Vvagenscilii (Jo. ) Sota, hoc est Liber Mischni
cis de uxore Adulteri suspecta , Hebr. Lat. in 4.
Altoorf , 1674.
Fabricii ( Jo, Alb. ) Bibliotheca Latina ined.
et infimæ Aetatis volumen quintum M. N. O,
P. Liber 12. 13. 14. et 15. in 8. Hamburgi 1736.
Bruckmanni ( Fr. ) Epistolæ 37. ad 48. inclus.
de fossilibus Metallicis Lapidibus, &c. in 4. cum
figuris. Vvolffembufiella , 1735. et 1736,
Apini ( Jac. ) Dissertatio ex jure Naturæ an
Liceat Brutorum corpora mutilare, in 4. Al-
torphii , 1732.
Redekeri ( Fr. ) de Causa Gravitatis , in 8. fig.
Semgovia, 1736.
Menschenii ( Jo. ) Vitæ Summorum dignitate
et eruditione Virorum Literato O. bi restituræ,
2. vol. in 4. Coburgi , 1735 .
Golhardi ( Jo. ) Regis Francorum Merovin
gici , in 4. Luneburgi , 1736.
Paris, vient d'achever d'imprimer tout nouvellement :
Memoires pour l'Histoire Naturelle de la Pro-
vince de Languedoc , divisés en trois Parties , or
nés de figures et de Cartes en Taille- douce
in 4. Paris , 1737. contenant 630, pages
compris la Préface et la Table des Chap
I. Vol.
F iij
1168 MERCURE DE FRANCE
Le même Cavelier a reçû des Pays Etrangers
les Livres suivans :
Le Febure ( Jo. ) de Usu Missionis sanguinis
ac aliarum artificialium sanguinis Evacuationum
et Cautionum in abusum ; accessit Tractatus de
natura , usu et abusu Caffé , Thé , Chocolatæ et
Tabaci , &c. 2. vol. in 4. cum figuris. Vesun-
tione , 1737.
Plateri ( Felicis ) Praxos Medica , novis Ob-
servationibus et Remediis locuplet. IV. Editio.
cum Præfatione Koericq , 3. vol. in 4. Basilea ,
1736.
Gaveti ( Jac. ) nova Febris idea
12 Geneva , 1700.
,
seu novæ
Conjectura Phisicæ circa Febris Naturam , in
Cope (Henr. ) Démonstratio Medico-Practi-
ca Prognosticorum Hippocratis , cum Ægrota-
rum Historia Gr. Lat. in 8. Dublinia , 1736.
Heisteri ( Frid. ) Apologia pro Medicis quo
eorum depellitur Cavillatio , in 8. Amst. 1736.
Bibliotheque Germanique , Tome 35. pour
l'année 1736. in 8. Amst. 1736.
Bibliotheque Raisonnée, pour les mois d'Avril ,
May , Juin , faisant Tome XV I. seconde
Partie , in 8. Amst. 1736.
La même , Tome XVII . premiere Partie ,
Juillet , Août et Septembre 1736. in 8. Amst.
Acta Eruditorum , 1736. in 4. Lipsia.
La Fisica de Peripatetici Cartesiani , al para-
gone della vera Fisica d'Aristotele , del Padre
Pace 3. vol. in 12. Venezia , 1728. fig.
Hagen ( Gof. ) Meditationes Philosophica de
Methodo Mathematica , cum Præfatione Wolfii,
in 8. Norimberga , 1734.
Miscellanea Duisburgensia Edita , inedita ad
incrementum Rei Litterariæ omnis , præcipue
I. Vol.
Eruditionis
JUIN.
7737-
1169
Eruditionis Theologica Fassiculi VIII. in 8.
Duisburgi , 1735.
Vvagenscilii (Jo. ) Sota, hoc est Liber Mischni
cis de uxore Adulteri suspecta , Hebr. Lat. in 4.
Altoorf , 1674.
Fabricii ( Jo, Alb. ) Bibliotheca Latina ined.
et infimæ Aetatis volumen quintum M. N. O,
P. Liber 12. 13. 14. et 15. in 8. Hamburgi 1736.
Bruckmanni ( Fr. ) Epistolæ 37. ad 48. inclus.
de fossilibus Metallicis Lapidibus, &c. in 4. cum
figuris. Vvolffembufiella , 1735. et 1736,
Apini ( Jac. ) Dissertatio ex jure Naturæ an
Liceat Brutorum corpora mutilare, in 4. Al-
torphii , 1732.
Redekeri ( Fr. ) de Causa Gravitatis , in 8. fig.
Semgovia, 1736.
Menschenii ( Jo. ) Vitæ Summorum dignitate
et eruditione Virorum Literato O. bi restituræ,
2. vol. in 4. Coburgi , 1735 .
Golhardi ( Jo. ) Regis Francorum Merovin
gici , in 4. Luneburgi , 1736.
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Résumé : « CAVELIER, Libraire, rue S. Jacques, à Paris, vient d'achever d'imprimer tout nouvellement : [...] »
Le libraire Cavelier, situé rue Saint-Jacques à Paris, a récemment terminé l'impression des 'Mémoires pour l'Histoire Naturelle de la Province de Languedoc', un ouvrage publié en 1737. Ce livre, divisé en trois parties, compte 630 pages, incluant la préface et la table des chapitres, et est illustré de figures et de cartes en taille-douce. Cavelier a également reçu divers ouvrages étrangers, notamment 'De Usu Missionis sanguinis' de Jo. Febure, publié en deux volumes en 1737, qui traite des évacuations et cautions artificielles du sang ainsi que de l'usage et de l'abus du café, thé, chocolat et tabac. Parmi les autres ouvrages figurent la quatrième édition de la 'Praxis Medica' de Felicis Plater, publiée en trois volumes en 1736, 'Nova Febris idea' de Jac. Gaveti, publiée en 1700, 'Démonstratio Medico-Practica Prognosticorum Hippocratis' de Henr. Cope, publiée en 1736, et 'Apologia pro Medicis' de Frid. Heister, publiée en 1736. Cavelier a aussi reçu plusieurs tomes de la 'Bibliothèque Germanique' et de la 'Bibliothèque Raisonnée' pour l'année 1736, ainsi que les 'Acta Eruditorum' pour l'année 1736.
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4631
p. 1169
« Montalant, Libraire, Quay des Augustins à Paris, donne avis qu'il a reçû d'Hollande le [...] »
Début :
Montalant, Libraire, Quay des Augustins à Paris, donne avis qu'il a reçû d'Hollande le [...]
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texteReconnaissance textuelle : « Montalant, Libraire, Quay des Augustins à Paris, donne avis qu'il a reçû d'Hollande le [...] »
Montalant, Libraire, Quay des Augustins à
Paris, donne avis qu'il a reçû d'Hollande le
nouveau et huitiéme volume du Grand Dictio
naire Géographique , Historique et Critique de
Bruzen de la Martiniere; ce volume contient les
Lettres Q. R. S. et son prix est de 24. livres.
On y trouve aussi des Exemplaires entiers, et les
Tomes séparés dont on peut avoir besoin. Il
distribuë en outre la nouvelle Histoire des Incas ,
Rois du Perou , en deux volumes in 4 avec les
figures dessinées par feu Bernard Picard. Prix
24. livres.
Paris, donne avis qu'il a reçû d'Hollande le
nouveau et huitiéme volume du Grand Dictio
naire Géographique , Historique et Critique de
Bruzen de la Martiniere; ce volume contient les
Lettres Q. R. S. et son prix est de 24. livres.
On y trouve aussi des Exemplaires entiers, et les
Tomes séparés dont on peut avoir besoin. Il
distribuë en outre la nouvelle Histoire des Incas ,
Rois du Perou , en deux volumes in 4 avec les
figures dessinées par feu Bernard Picard. Prix
24. livres.
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Résumé : « Montalant, Libraire, Quay des Augustins à Paris, donne avis qu'il a reçû d'Hollande le [...] »
Le libraire Montalant, au Quay des Augustins à Paris, a reçu le huitième volume du 'Grand Dictionnaire Géographique, Historique et Critique' de Bruzen de La Martinière, couvrant les lettres Q, R et S, vendu 24 livres. Il propose aussi des exemplaires complets et des tomes séparés. De plus, il distribue la 'Nouvelle Histoire des Incas, Rois du Pérou' en deux volumes illustrés par Bernard Picard, au même prix.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4632
p. 1169-1170
« On aprend de Lisbonne, que M, Frederic-Jacques Vveinholtz, G[e]ntilhomme Allemand, [...] »
Début :
On aprend de Lisbonne, que M, Frederic-Jacques Vveinholtz, G[e]ntilhomme Allemand, [...]
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texteReconnaissance textuelle : « On aprend de Lisbonne, que M, Frederic-Jacques Vveinholtz, G[e]ntilhomme Allemand, [...] »
On aprend de Lisbonne, que M, Frederic-Jacques Vveinholtz, G[e]ntilhomme Allemand,
1. Vol.
Fij
Jacques
110 MERCURE DE FRANCE
Sergent Major de Bataille dans les Troupes du
Roy de Portugal , a inventé une nouvelle espece
de Canon qui tire vingt coups en une minute.
1. Vol.
Fij
Jacques
110 MERCURE DE FRANCE
Sergent Major de Bataille dans les Troupes du
Roy de Portugal , a inventé une nouvelle espece
de Canon qui tire vingt coups en une minute.
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4633
p. 1170
« On écrit de Madrid, que les Académiciens de l'Académie Royale Espagnole, ayant à leur tête [...] »
Début :
On écrit de Madrid, que les Académiciens de l'Académie Royale Espagnole, ayant à leur tête [...]
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texteReconnaissance textuelle : « On écrit de Madrid, que les Académiciens de l'Académie Royale Espagnole, ayant à leur tête [...] »
On écrit de Madrid, que les Académiciens de
l'Académie Royale Espagnole, ayant à leur tête
le Marquis de Villena , Directeur de la Compa-
gnie , présenterent le 22. du mois passé au Roy
le cinquiéme Tome du Dictionaire de la Langue
Castillane , et qu'ils eurent tous l'honneur de
baiser la main à S. M.
l'Académie Royale Espagnole, ayant à leur tête
le Marquis de Villena , Directeur de la Compa-
gnie , présenterent le 22. du mois passé au Roy
le cinquiéme Tome du Dictionaire de la Langue
Castillane , et qu'ils eurent tous l'honneur de
baiser la main à S. M.
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4634
p. 1170
« On a apris de Petersbourg, que l'Académie des Sciences, établie en cette Ville, a élû pour [...] »
Début :
On a apris de Petersbourg, que l'Académie des Sciences, établie en cette Ville, a élû pour [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « On a apris de Petersbourg, que l'Académie des Sciences, établie en cette Ville, a élû pour [...] »
On a apris de Petersbourg, que l'Académie
des Sciences, établie en cette Ville, a élû pour
Associé Etranger M. Rousset , de l'Académie
des Sciences de Berlin.
des Sciences, établie en cette Ville, a élû pour
Associé Etranger M. Rousset , de l'Académie
des Sciences de Berlin.
Fermer
4635
p. 1170-1173
Prix de l'Académie, des Jeux Floraux, &c. et Prix réservés, [titre d'après la table]
Début :
L'Académie des Jeux Floraux distribuë tous les ans quatre Prix ou Fleurs. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Prix de l'Académie, des Jeux Floraux, &c. et Prix réservés, [titre d'après la table]
L'Académie des Jeux Floraux distribuë tous
les ans quatre Prix ou Fleurs.
Le premier de ces Prix , destiné à une Ode
est une Amaranthe d'or de la valeur de quatre
cent livres.
Le second est une Violette d'argent de la va-
leur de deux cent cinquante livres. Ce Prix est
destiné à un Poëme de soixante Vers au moins
et de cent Vers au plus. Le Sujet de cette sorte
de Poëme doit être héroïque ou dans le genre
noble , et les Vers en doivent être Alexandrins.
a Le troisiéme Prix est une Eglantine d'argent
de la valeur de deux cent cinquante livres , qui
est destinée à un Piece de Prose d'un quart d'heu-
re ou d'une petite demie heure de lecture.
Le quatriéme Prix est un Souci d'argent de la
valeur de deux cent livres. Il est destiné à une
Elegie , à une Idyle ou à une Eglogue. Ces trois
I. Vol.
genres
I Val
JUI N. 1737.
1171
genres d'Ouvrages concourent ensemble pour ce
même Prix.
Le Sujet de tous les Ouvrages de Poësie est au
choix des Auteurs.
Les Ouvrages dans lesquels les Auteurs seront re-
connus plagiaires, les Ouvrages qui ne sont quedes
imitations ou des traductions , ceux qui ont parû
dans le Public , ou qui traitent de Sujets qui ont
été donnés par d'autres Académies , et les Cu-
vrages qui ont quelque chose de burlesque , d'in-
décent , de satyrique , de contraire aux bonnes
mœurs, n'entrent pas dans le concours pour les
Prix, non - plus que les Ouvrages dont les Auteurs'
sé font connoître avant le Jugement , ou pour
lesquels ils sollicitent ou font solliciter.
Les Auteurs qui traitent des Matieres Théolo-'
giques , doivent faire mettre au bas de leurs
Ouvrages l'Aprobation de deux Docteurs en
Théologie.
On remettra dans tout le mois dé Janvier de
Pannée 1738. à M. le Chevalier d'Aliés , Secre
taire Perpetuel de l'Académie des Jeux Floraux ,
demeurant dans la rue des Coûteliers à Toulou-
sé , trois Copies bien lisibles de chaque Ouvrage,
qui sera désigné seulement par une Devise ou
Sentence.
M. le Secretaire ne présentera pas à l'Acadé- '
mie les Ouvrages qu'on lui adressera par la Pos-
té en droiture, les Reglemens de cette Compagnie
le lui interdisant. On doit donc charger des Per-
sonnes domiciliées à Toulouse de lui remettre
les Ouvrages. Il en écrira devant eux la récep
tion dans son Registre , leur nom , leur qualité ,
leur demeure , et il leur expédiera les Récepissés
des Ouvrages.
Ceux qui auront remporté des Prix serent
Ey
obligés
1172 MERCURE DE FRANCE
obligés , s'ils sont à Toulouse , de venir les re-
cevoir eux-mêmes l'après midi du troisiéme
jour du mois de May , à l'Assemblée publique
de la Distribution des Prix , qui se fait dans le
grand Consistoire de l'Hôtel de Ville. S'ils sont
hors de portée de venir les recevoir eux- mêmes,
ils doivent envoyer une Procuration en bonne
forme à une Personne domicilée à Toulouse
pour les recevoir de M. le Secretaire , en lui re-
mettant les Procurations des Auteurs et les Ré-
cepissés des Ouvrages,
Après queles Auteurs se seront fait connoî→
tre , on leur donnera des Attestations portant
qu'un tel , une telle année , pour tel Ouvrage par
lui composé , a remporté un tel Prix ; et l'Ou-
vrage en Original sera attaché à ces Attestations,
sous le contre-scel des Jeux.
On ne peut remporter que trois fois en sa vie
chacun des Prix que l'Académie distribuë.
Ceux qui auront remporté trois Prix, l'un des-
quels sera l'Amarante , pouront obtenir des Let-
tres de Maître des Jeux Floraux. Ils seront du
Corps des Jeux , et auront droit d'assister et d'o-
piner commes Juges , avec le Chancelier , les
Mainteneurs ou Académiciens et les autres Maî-
tres , aux Assemblées particulieres et publiques
qui se font pour le Jugement des Ouvrages et
pour la distribution des Prix.
Jugement des Ouvrages présentés à
l'Académie l'année 1737.
L'Ode qui a pour titre , LA MORT , et pour
Devise , Pulvis es , et in pulverem reverteris , a
remporté le premier Prix .
Le Prix du Poëme a été réservé.
Le Discours qui a pour Devise , Pauci quos
I. Vol.
J
JUIN.
1737.
1173
@quus amavit Jupiter , a remporté le Prix de l'an-
née destiné à ce genre ; et un des Prix réservés
a été adjugé au Discours qui a pour Devise, Fa-
ma res quidem ardua.
L'Eglogue qui a pour Interlocuteurs , E GLE',
DAMON , et pour Devise , Quam durum dis-
jungere amantes , a remporté le Prix de ce genre.
On verra dans le Recueil de l'Académie le
nom des Auteurs de tous ces Ouvrages.
L'Académie a réservé deux Prix d'Ode ,
deux Prix de Poëme , un Prix de Discours
et deux Prix d'Eglogue ; ensorte qu'elle aura
à donner l'année prochaine trois Prix d'Ode ,
trois Prix de Poëme , deux Prix de Discours
et trois Prix d'Eglogue. Le Sujet du Discours
sera pour l'année 1738. Le Gouvernement Mo-
narchique est le meilleur de tous.
les ans quatre Prix ou Fleurs.
Le premier de ces Prix , destiné à une Ode
est une Amaranthe d'or de la valeur de quatre
cent livres.
Le second est une Violette d'argent de la va-
leur de deux cent cinquante livres. Ce Prix est
destiné à un Poëme de soixante Vers au moins
et de cent Vers au plus. Le Sujet de cette sorte
de Poëme doit être héroïque ou dans le genre
noble , et les Vers en doivent être Alexandrins.
a Le troisiéme Prix est une Eglantine d'argent
de la valeur de deux cent cinquante livres , qui
est destinée à un Piece de Prose d'un quart d'heu-
re ou d'une petite demie heure de lecture.
Le quatriéme Prix est un Souci d'argent de la
valeur de deux cent livres. Il est destiné à une
Elegie , à une Idyle ou à une Eglogue. Ces trois
I. Vol.
genres
I Val
JUI N. 1737.
1171
genres d'Ouvrages concourent ensemble pour ce
même Prix.
Le Sujet de tous les Ouvrages de Poësie est au
choix des Auteurs.
Les Ouvrages dans lesquels les Auteurs seront re-
connus plagiaires, les Ouvrages qui ne sont quedes
imitations ou des traductions , ceux qui ont parû
dans le Public , ou qui traitent de Sujets qui ont
été donnés par d'autres Académies , et les Cu-
vrages qui ont quelque chose de burlesque , d'in-
décent , de satyrique , de contraire aux bonnes
mœurs, n'entrent pas dans le concours pour les
Prix, non - plus que les Ouvrages dont les Auteurs'
sé font connoître avant le Jugement , ou pour
lesquels ils sollicitent ou font solliciter.
Les Auteurs qui traitent des Matieres Théolo-'
giques , doivent faire mettre au bas de leurs
Ouvrages l'Aprobation de deux Docteurs en
Théologie.
On remettra dans tout le mois dé Janvier de
Pannée 1738. à M. le Chevalier d'Aliés , Secre
taire Perpetuel de l'Académie des Jeux Floraux ,
demeurant dans la rue des Coûteliers à Toulou-
sé , trois Copies bien lisibles de chaque Ouvrage,
qui sera désigné seulement par une Devise ou
Sentence.
M. le Secretaire ne présentera pas à l'Acadé- '
mie les Ouvrages qu'on lui adressera par la Pos-
té en droiture, les Reglemens de cette Compagnie
le lui interdisant. On doit donc charger des Per-
sonnes domiciliées à Toulouse de lui remettre
les Ouvrages. Il en écrira devant eux la récep
tion dans son Registre , leur nom , leur qualité ,
leur demeure , et il leur expédiera les Récepissés
des Ouvrages.
Ceux qui auront remporté des Prix serent
Ey
obligés
1172 MERCURE DE FRANCE
obligés , s'ils sont à Toulouse , de venir les re-
cevoir eux-mêmes l'après midi du troisiéme
jour du mois de May , à l'Assemblée publique
de la Distribution des Prix , qui se fait dans le
grand Consistoire de l'Hôtel de Ville. S'ils sont
hors de portée de venir les recevoir eux- mêmes,
ils doivent envoyer une Procuration en bonne
forme à une Personne domicilée à Toulouse
pour les recevoir de M. le Secretaire , en lui re-
mettant les Procurations des Auteurs et les Ré-
cepissés des Ouvrages,
Après queles Auteurs se seront fait connoî→
tre , on leur donnera des Attestations portant
qu'un tel , une telle année , pour tel Ouvrage par
lui composé , a remporté un tel Prix ; et l'Ou-
vrage en Original sera attaché à ces Attestations,
sous le contre-scel des Jeux.
On ne peut remporter que trois fois en sa vie
chacun des Prix que l'Académie distribuë.
Ceux qui auront remporté trois Prix, l'un des-
quels sera l'Amarante , pouront obtenir des Let-
tres de Maître des Jeux Floraux. Ils seront du
Corps des Jeux , et auront droit d'assister et d'o-
piner commes Juges , avec le Chancelier , les
Mainteneurs ou Académiciens et les autres Maî-
tres , aux Assemblées particulieres et publiques
qui se font pour le Jugement des Ouvrages et
pour la distribution des Prix.
Jugement des Ouvrages présentés à
l'Académie l'année 1737.
L'Ode qui a pour titre , LA MORT , et pour
Devise , Pulvis es , et in pulverem reverteris , a
remporté le premier Prix .
Le Prix du Poëme a été réservé.
Le Discours qui a pour Devise , Pauci quos
I. Vol.
J
JUIN.
1737.
1173
@quus amavit Jupiter , a remporté le Prix de l'an-
née destiné à ce genre ; et un des Prix réservés
a été adjugé au Discours qui a pour Devise, Fa-
ma res quidem ardua.
L'Eglogue qui a pour Interlocuteurs , E GLE',
DAMON , et pour Devise , Quam durum dis-
jungere amantes , a remporté le Prix de ce genre.
On verra dans le Recueil de l'Académie le
nom des Auteurs de tous ces Ouvrages.
L'Académie a réservé deux Prix d'Ode ,
deux Prix de Poëme , un Prix de Discours
et deux Prix d'Eglogue ; ensorte qu'elle aura
à donner l'année prochaine trois Prix d'Ode ,
trois Prix de Poëme , deux Prix de Discours
et trois Prix d'Eglogue. Le Sujet du Discours
sera pour l'année 1738. Le Gouvernement Mo-
narchique est le meilleur de tous.
Fermer
Résumé : Prix de l'Académie, des Jeux Floraux, &c. et Prix réservés, [titre d'après la table]
L'Académie des Jeux Floraux décerne chaque année quatre prix littéraires : l'Amaranthe d'or pour une ode, la Violette d'argent pour un poème héroïque ou noble en vers alexandrins, l'Églantine d'argent pour une pièce de prose, et le Souci d'argent pour une élégie, une idylle ou une églogue. Les sujets des œuvres poétiques sont libres, mais les plagiats, imitations, traductions, œuvres déjà publiées ou contraires aux bonnes mœurs sont interdits. Les auteurs doivent soumettre trois copies anonymes via un résident de Toulouse avant janvier 1738. Les lauréats doivent récupérer leurs prix à Toulouse en mai ou envoyer une procuration. Chaque prix peut être remporté trois fois au maximum. Les récipiendaires de trois prix, y compris l'Amaranthe, peuvent devenir Maîtres des Jeux Floraux et juges. Pour l'année 1737, l'ode 'La Mort' a remporté le premier prix. Les prix pour le poème et un discours ont été réservés. Les discours 'Pauci quos amavit Jupiter' et 'Fama res quidem ardua' ont reçu des prix. L'églogue 'Quam durum disjungere amantes' a également été récompensée. Pour l'année suivante, l'Académie a réservé plusieurs prix, notamment trois prix d'ode, trois prix de poème, deux prix de discours et trois prix d'églogue. Le sujet du discours pour 1738 sera 'Le Gouvernement Monarchique est le meilleur de tous'.
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4636
p. 1173-1175
EXTRAIT d'une Lettre écrite de Constantinople le 24. Janvier 1737. sur la Mort d'un Peintre Flamand.
Début :
Je profite de cette occasion pour vous informer d'une perte que nous venons de faire ici ; [...]
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texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'une Lettre écrite de Constantinople le 24. Janvier 1737. sur la Mort d'un Peintre Flamand.
EXTRAIT d'une Lettre écrite de
Constantinople le 24. Janvier 1737. sur
la Mort d'un Peintre Flamand.
Je profite de cette occasion pour vous informer
d'une perte que nous venons de faire ici ;
c'est de M. Jean- Baptiste Van- Mour , Peintre
Flamand , Natif de Valenciennes , qui est décédé
le 22. de ce mois à Constantinople , dans la 66.
année de son âge. M. de Ferriol l'y avoit attiré
en 1699. pour lui faire peindre d'après nature ,
une Suite de Tableaux réprésentant les differentes
manieres dont s'habillent les Nations du Levant,
et principalement les Turcs ces Tableaux furent
poussés jusqu'au nombre de cent, et M.de Ferriol
à son retour à Paris , permit qu'on les y gravât,
quoiqu'il ne les cût fait faire que pour sa satis-
faction particuliere , l'aplaudissement que ce
I. Vol.
F vj
grands
1174 MERCURE DE FRANCE
grand et curieux Recueil eut à la Cour , à Paris,,
dans le Royaume et dans les Pays Etrangers, est
une preuve du bon goût de M. de Ferriol pour les
Beaux- Arts , et de l'habileté de M. Van- Mour.
Ce Peintre réussissoit également dans la Portrai
ture , les Tableaux d'Histoire , la Perspective ,
l'Architecture. Il avoit de très- bons principes de
coloris et de clair- obscur , ses Draperies sont
bien jettées , et ses Paysages sont d'un grand
goût , tant par la varieté des Plans et du choix .
des Arbres , que par la legereté de leurs touches. -
Comme il étoit fort laborieux et qu'il a peint
en petit , ces Tableaux , faciles à transporter , se
sont dispersés par toute l'Europe, n'y ayant point
tû d'Ambassadeurs et autres Ministres Chrétiens -
en cette Cour , qui n'ayent envoyé dans leur
Pays , ou emporté en y tetournant , des Ouvra
ges de sa main . M. Calkoën , Ambassadeur de
Hollande à la Porte , en a un très- grand nom
bre et des plus beaux.
M. Van-Mour donna encore des preuves de
son habileté et de son génie dans les Fêtes que
M.le Marquis de Villeneuve donna ici à l'oc-
casion de la Naissance de Monseigneur le Dau-
phin , dont il peignit les Arcs de Triomphe , les
Emblêmes, &c. et qui furent alors, et sont enco-
re admirés aujourd'hui des Connoisseurs.
Si M.. Van-Mour s'est rendu recommandable
par les talens qu'il avoit pour son Art , il l'étoit
encore plus par les vertus morales qu'il posse-
doit , il étoit bon ami , ennemi de la médisance
et de la flaterie , d'une humeur égale et gaye ,.
Ce qui le faisoit aimer et estimer de tout le Monde
t particulierement de tous les Ministres qui ré-
sient ici , qui Padmettoient souvent à leur table-
etalloient le voir travailler..
I. Vale.
MI
JUIN 1737.
I Vol
1175
M. l'Ambassadeur de France envoya toute sa
Maison à son Convoy funebre, où toute la Na-
tion Françone assista ; il fut enterré dans l'Eglise
des RR. PP. Jesuites à Galata , tout proche le
Tombeau de M. le Baron de Salagnac , Ambas--
sadeur de France , qui mourat ici en 1610.
Constantinople le 24. Janvier 1737. sur
la Mort d'un Peintre Flamand.
Je profite de cette occasion pour vous informer
d'une perte que nous venons de faire ici ;
c'est de M. Jean- Baptiste Van- Mour , Peintre
Flamand , Natif de Valenciennes , qui est décédé
le 22. de ce mois à Constantinople , dans la 66.
année de son âge. M. de Ferriol l'y avoit attiré
en 1699. pour lui faire peindre d'après nature ,
une Suite de Tableaux réprésentant les differentes
manieres dont s'habillent les Nations du Levant,
et principalement les Turcs ces Tableaux furent
poussés jusqu'au nombre de cent, et M.de Ferriol
à son retour à Paris , permit qu'on les y gravât,
quoiqu'il ne les cût fait faire que pour sa satis-
faction particuliere , l'aplaudissement que ce
I. Vol.
F vj
grands
1174 MERCURE DE FRANCE
grand et curieux Recueil eut à la Cour , à Paris,,
dans le Royaume et dans les Pays Etrangers, est
une preuve du bon goût de M. de Ferriol pour les
Beaux- Arts , et de l'habileté de M. Van- Mour.
Ce Peintre réussissoit également dans la Portrai
ture , les Tableaux d'Histoire , la Perspective ,
l'Architecture. Il avoit de très- bons principes de
coloris et de clair- obscur , ses Draperies sont
bien jettées , et ses Paysages sont d'un grand
goût , tant par la varieté des Plans et du choix .
des Arbres , que par la legereté de leurs touches. -
Comme il étoit fort laborieux et qu'il a peint
en petit , ces Tableaux , faciles à transporter , se
sont dispersés par toute l'Europe, n'y ayant point
tû d'Ambassadeurs et autres Ministres Chrétiens -
en cette Cour , qui n'ayent envoyé dans leur
Pays , ou emporté en y tetournant , des Ouvra
ges de sa main . M. Calkoën , Ambassadeur de
Hollande à la Porte , en a un très- grand nom
bre et des plus beaux.
M. Van-Mour donna encore des preuves de
son habileté et de son génie dans les Fêtes que
M.le Marquis de Villeneuve donna ici à l'oc-
casion de la Naissance de Monseigneur le Dau-
phin , dont il peignit les Arcs de Triomphe , les
Emblêmes, &c. et qui furent alors, et sont enco-
re admirés aujourd'hui des Connoisseurs.
Si M.. Van-Mour s'est rendu recommandable
par les talens qu'il avoit pour son Art , il l'étoit
encore plus par les vertus morales qu'il posse-
doit , il étoit bon ami , ennemi de la médisance
et de la flaterie , d'une humeur égale et gaye ,.
Ce qui le faisoit aimer et estimer de tout le Monde
t particulierement de tous les Ministres qui ré-
sient ici , qui Padmettoient souvent à leur table-
etalloient le voir travailler..
I. Vale.
MI
JUIN 1737.
I Vol
1175
M. l'Ambassadeur de France envoya toute sa
Maison à son Convoy funebre, où toute la Na-
tion Françone assista ; il fut enterré dans l'Eglise
des RR. PP. Jesuites à Galata , tout proche le
Tombeau de M. le Baron de Salagnac , Ambas--
sadeur de France , qui mourat ici en 1610.
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Résumé : EXTRAIT d'une Lettre écrite de Constantinople le 24. Janvier 1737. sur la Mort d'un Peintre Flamand.
Le 24 janvier 1737, la mort de Jean-Baptiste Van Mour, peintre flamand né à Valenciennes, est annoncée. Invité à Constantinople en 1699 par M. de Ferriol, Van Mour y réalisa une série de cent tableaux représentant les costumes des nations du Levant, notamment des Turcs. Cette série, gravée à Paris, fut bien accueillie à la cour et à l'étranger. Van Mour excella dans la portraiture, les tableaux d'histoire, la perspective et l'architecture, utilisant habilement le coloris et le clair-obscur. Ses œuvres, souvent de petite taille, se répandirent en Europe via les ambassadeurs. Il participa aussi aux fêtes du marquis de Villeneuve pour la naissance du dauphin. Van Mour était apprécié pour ses qualités morales et son talent artistique. À sa mort, l'ambassadeur de France organisa un convoi funèbre auquel assistèrent tous les Français de Constantinople. Il fut inhumé dans l'église des Jésuites à Galata, près du tombeau du baron de Salagnac.
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4637
p. 1175
« On nous a écrit depuis de Constantinople qu'il y a eu depuis peu plusieurs violentes secousses de [...] »
Début :
On nous a écrit depuis de Constantinople qu'il y a eu depuis peu plusieurs violentes secousses de [...]
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texteReconnaissance textuelle : « On nous a écrit depuis de Constantinople qu'il y a eu depuis peu plusieurs violentes secousses de [...] »
On nous a écrit depuis de Constantinople qu'il
y a eu depuis peu plusieurs violentes secousses de
tremblement de Terre , qu'un des Châteaux ´vis-
à-vis le Canal de Ronelie , a été renversé , et que
la terre s'étant entr'ouverte , il en est sorti une
telie quantité d'eau que plusieurs Villages des
environs ont été inondés.
y a eu depuis peu plusieurs violentes secousses de
tremblement de Terre , qu'un des Châteaux ´vis-
à-vis le Canal de Ronelie , a été renversé , et que
la terre s'étant entr'ouverte , il en est sorti une
telie quantité d'eau que plusieurs Villages des
environs ont été inondés.
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4638
p. 1175-1176
« Les Lettres de Naples du 20. May, portent que le Mont Vesuve vomit depuis le 19. May [...] »
Début :
Les Lettres de Naples du 20. May, portent que le Mont Vesuve vomit depuis le 19. May [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Les Lettres de Naples du 20. May, portent que le Mont Vesuve vomit depuis le 19. May [...] »
Les Lettres de Naples du 20. May, portent
que le Mont Vesuve vomit depuis le 19. May
dernier avec un bruit semblable à celui du Ton-
nerre , une si grande quantité de pierres et de
flammes , qu'aucun des Habitans de cette Ville
ne se souvient d'avoir vu une pareille éruption.
En 24 heures tout l'espace qui est depuis le
sommet de la Montagne jusqu'au bord de la
Mer et qui contient douze mille , a été entiere-
ment rempli de souffre et de bitume.Les Villages
et les Bourgades des environs ont été couverts
de cendres. Les pierres qui sortoient du gouffre
étoient d'une grosseur énorme , et en tombant
elles ont fait trembler toute la Ville. Pendant la
nuit , la Montagne ressembloit à un tourbillon?
de feu , et le jour il en sortoit une épaisse fumée
qui s'élevoit à une hauteur extraordinaire.
On a lieu de conjecturer que cette éruption at
préservé ce Pays de quelque grand tremblement.
de Terre , et que tant de matieres bitumineuses
et sulphureuses renfermées dans le sein de la
Terre ;
1176 MERCURE DE FRANCE
Terre , auroient pû causer de grands ravages , si
elles n'avoient pas trouvé quelque moyen de
s'échaper.
que le Mont Vesuve vomit depuis le 19. May
dernier avec un bruit semblable à celui du Ton-
nerre , une si grande quantité de pierres et de
flammes , qu'aucun des Habitans de cette Ville
ne se souvient d'avoir vu une pareille éruption.
En 24 heures tout l'espace qui est depuis le
sommet de la Montagne jusqu'au bord de la
Mer et qui contient douze mille , a été entiere-
ment rempli de souffre et de bitume.Les Villages
et les Bourgades des environs ont été couverts
de cendres. Les pierres qui sortoient du gouffre
étoient d'une grosseur énorme , et en tombant
elles ont fait trembler toute la Ville. Pendant la
nuit , la Montagne ressembloit à un tourbillon?
de feu , et le jour il en sortoit une épaisse fumée
qui s'élevoit à une hauteur extraordinaire.
On a lieu de conjecturer que cette éruption at
préservé ce Pays de quelque grand tremblement.
de Terre , et que tant de matieres bitumineuses
et sulphureuses renfermées dans le sein de la
Terre ;
1176 MERCURE DE FRANCE
Terre , auroient pû causer de grands ravages , si
elles n'avoient pas trouvé quelque moyen de
s'échaper.
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Résumé : « Les Lettres de Naples du 20. May, portent que le Mont Vesuve vomit depuis le 19. May [...] »
Le 20 mai, des rapports de Naples signalent qu'à partir du 19 mai, le mont Vesuve a connu une éruption exceptionnelle, accompagnée d'un bruit semblable au tonnerre. Une grande quantité de pierres et de flammes a été expulsée, un phénomène inédit pour les habitants. En 24 heures, la zone entre le sommet du volcan et la mer, couvrant environ douze mille unités de mesure, a été recouverte de soufre et de bitume. Les villages voisins ont été ensevelis sous les cendres. Les pierres projetées étaient énormes et ont causé des tremblements dans toute la ville. La nuit, la montagne apparaissait comme un tourbillon de feu, et le jour, une épaisse fumée s'élevait à une hauteur inhabituelle. Cette éruption pourrait avoir empêché un grand tremblement de terre en permettant aux matières bitumineuses et sulfureuses emprisonnées dans la terre de s'échapper.
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4639
p. 1176-1179
Estampes Nouvelles.
Début :
Le sieur J. Rigaud, de Marseille, Dessinateur et Graveur très-habile, qui a un talent particulier [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Estampes Nouvelles.
Estampes Nouvelles.
Le sieur J. Rigaud, de Marseille, Dessinateur
et Graveur très-habile, qui a un talent particulier
pour le Paysage et les Vues en Perspectives,
vient de mettre au jour six beaux Morceaux en
large , des diverses Vûës du Château de Sceaux
près Paris,apartenant au feu Duc du Maine, 1736.-
sçavoir , la Vue du côté de la grande Avenue ,
prise à la premiere Grille.
• Vûë du même Château et du petit Parterre
qui conduit à l'Orangerie.
Autre , prise du haut de l'Allée de Diane.
Vues des Parterres et du grand Canal dans
Péloignement.
Vue de la Cascade.
Autre Vue du Château , prise dans l'éloigne-
ment , en face du côté du Village de Chatenay.
Outre la justesse et la magnificence des Lieux
représentés et qu'on croit voir , on sçait encore
bon gré à l'Auteur de plusieurs Ornemens ,
Montagnes et Côteaux placés vers l'Horison
Bocages , Figures et Animaux , dont son génie
a enrichi sa composition.
Ces Estampes , qui ne sont pas moins recher-
chées que celles que nous avons déja annoncées,
des belles Maisons de Campagne des Environs de
Londres , se vendent chés l'Auteur , ruë S. Jac-
ques , vis-à-vis le College du Plessis.
Voici encore une nouvelle Estampe en large
d'aprè
vatteau , gravée par le sieur Ravenet
1. Vol.
qui
I. Vol.
JUIN.
1737.
1177
qui vient de paroître sous le titre de Départ de
Garnison. C'est une composition aussi riche que
pittoresque , et dont le sujet est traité et carac-
terisé parfaitement. Elle se vend chés le sieur
Gersaint , Marchand , Pont Notre Dame , et
chés le sieur Suruque , Graveur du Roy , rue
des Noyers.
Il paroît onze Estampes nouvelles de la gran-
deur de 18. pouces de haut , sur 14. de large ,
représentant la Vie du B. Vincent de Paule ,
d'après les Tableaux qui sont dans l'Eglise de
S. Lazare à Paris , peints par Mrs de Troy , Ga-
loche, Restout , le Frere André , & c. et dessinées
d'après les Originaux , par le sieur Bonnart ,
ancien Professeur de l'Académie Royale de saint
Luc , avec une grande précision et correction
ces onze Desseins sont gravés sous sa conduite
par differens Graveurs des plus habiles.
Ces Estampes se vendent à Paris , chés le sieur
Herisset , Graveur , ruë S. Jacques , vis- à- vis les
Jésuites.
On voit depuis peu du sieur Bonnart, une très-
belle Perspective à la Ménagerie de Clagny, peinte
à huile , ayant 14. pieds de large , sur 12. Elle
est située au bout d'une Allée , formée à droite
par un Jardin Fleuriste, et à gauche par un Bois-
L'ingénieux Artiste a représenté , à s'y tromper,
un Vestibule ouvert , à travers duquel on voit la
continuation du Jardin et du Bois de haute fu-
taye dont on vient de parler , et terminé dans le
lointain par un beau Pays de Chasse , où l'on voit
le Prince de Dombes chassant un Cerf. Aux deux
Côtés sur le devant du Vestibule , sont deux Ter-
mes d'un goût nouveau , représentant le Dieu
Pan et la Déesse Flore.
La
1178 MERCURE DE -FRANCE
La saire des Portraits des grands Hommes
et des Personnes illustres dans les Arts et dans
Ies Sciences , se continue avec succès , chés
Odieuvre , Marchand d'Estampes , sur le Quay
de l'Ecole. Il vient de faire paroître , et tou-
jours de la même grandeur :
LOUIS-ANTOINE CARDINAL DE NOAILLES,
Archevêque de Paris , né le 27. May 1651 .
mort le 4. May 1729. grávé par Ravenet.
LOUIS-HECTOR DUC DE VILLARS ,
Maréchal general des Camps et Armées du Roy,
baptisé à Moulins le 21. May 1653.mort à Tu-
rin le 17. Juin 1734. peint par Hiacinte Rigaud
gravé par G. F. Schmidt.
Jacob , Graveur, demeurant ruë S. Jacques chés
M. Armand, Libraire , attenant la rue du Plâtre;
vend tout nouvellement :
Le Portrait de Louis-Henry de Bourbon , Prin
cé de Condé, peint par M. Gobert , et gravé par
Jacob.
Celui de Caroline de Hesse- Rhinfels , Duchesse
de Bourbon , peint par M. Gober , et gravé par
Jacob.
La belle Cuisiniere , peinte par M. Boucher , et
gravée par le sieur Line.
Mlle Pélissier , peinte par M. Dronais, et grad
vée pa le sieur Daullé.
Charité Romaine , peinte par M. N. Coipel , et
gravée par le sieur Le Bas.
Venus avec l'Amour , sommeillant, peinte par
M. Boucher, et gravée par le sieur Aubert.
Printemps , peint par M. Boucher , et gravé˜
par le sieur Aveline.
Ceres , peinte par M. Boucher , et gravée par ·
Plicur Possud.
Fi Vol
Angdique
JUIN.
1737.
1179
Angelique et Medor , peints par M. Courtin ,
&c. et plusieurs autres Morceaux de dévotion
9
que le Sr Jacob vend avec Privilege du Roy.Il gra
ve les Pendants des Planches annoncées cy-dessus
et autres Morceaux dénommés dans son Pri-
vilege.
Le sieur J. Rigaud, de Marseille, Dessinateur
et Graveur très-habile, qui a un talent particulier
pour le Paysage et les Vues en Perspectives,
vient de mettre au jour six beaux Morceaux en
large , des diverses Vûës du Château de Sceaux
près Paris,apartenant au feu Duc du Maine, 1736.-
sçavoir , la Vue du côté de la grande Avenue ,
prise à la premiere Grille.
• Vûë du même Château et du petit Parterre
qui conduit à l'Orangerie.
Autre , prise du haut de l'Allée de Diane.
Vues des Parterres et du grand Canal dans
Péloignement.
Vue de la Cascade.
Autre Vue du Château , prise dans l'éloigne-
ment , en face du côté du Village de Chatenay.
Outre la justesse et la magnificence des Lieux
représentés et qu'on croit voir , on sçait encore
bon gré à l'Auteur de plusieurs Ornemens ,
Montagnes et Côteaux placés vers l'Horison
Bocages , Figures et Animaux , dont son génie
a enrichi sa composition.
Ces Estampes , qui ne sont pas moins recher-
chées que celles que nous avons déja annoncées,
des belles Maisons de Campagne des Environs de
Londres , se vendent chés l'Auteur , ruë S. Jac-
ques , vis-à-vis le College du Plessis.
Voici encore une nouvelle Estampe en large
d'aprè
vatteau , gravée par le sieur Ravenet
1. Vol.
qui
I. Vol.
JUIN.
1737.
1177
qui vient de paroître sous le titre de Départ de
Garnison. C'est une composition aussi riche que
pittoresque , et dont le sujet est traité et carac-
terisé parfaitement. Elle se vend chés le sieur
Gersaint , Marchand , Pont Notre Dame , et
chés le sieur Suruque , Graveur du Roy , rue
des Noyers.
Il paroît onze Estampes nouvelles de la gran-
deur de 18. pouces de haut , sur 14. de large ,
représentant la Vie du B. Vincent de Paule ,
d'après les Tableaux qui sont dans l'Eglise de
S. Lazare à Paris , peints par Mrs de Troy , Ga-
loche, Restout , le Frere André , & c. et dessinées
d'après les Originaux , par le sieur Bonnart ,
ancien Professeur de l'Académie Royale de saint
Luc , avec une grande précision et correction
ces onze Desseins sont gravés sous sa conduite
par differens Graveurs des plus habiles.
Ces Estampes se vendent à Paris , chés le sieur
Herisset , Graveur , ruë S. Jacques , vis- à- vis les
Jésuites.
On voit depuis peu du sieur Bonnart, une très-
belle Perspective à la Ménagerie de Clagny, peinte
à huile , ayant 14. pieds de large , sur 12. Elle
est située au bout d'une Allée , formée à droite
par un Jardin Fleuriste, et à gauche par un Bois-
L'ingénieux Artiste a représenté , à s'y tromper,
un Vestibule ouvert , à travers duquel on voit la
continuation du Jardin et du Bois de haute fu-
taye dont on vient de parler , et terminé dans le
lointain par un beau Pays de Chasse , où l'on voit
le Prince de Dombes chassant un Cerf. Aux deux
Côtés sur le devant du Vestibule , sont deux Ter-
mes d'un goût nouveau , représentant le Dieu
Pan et la Déesse Flore.
La
1178 MERCURE DE -FRANCE
La saire des Portraits des grands Hommes
et des Personnes illustres dans les Arts et dans
Ies Sciences , se continue avec succès , chés
Odieuvre , Marchand d'Estampes , sur le Quay
de l'Ecole. Il vient de faire paroître , et tou-
jours de la même grandeur :
LOUIS-ANTOINE CARDINAL DE NOAILLES,
Archevêque de Paris , né le 27. May 1651 .
mort le 4. May 1729. grávé par Ravenet.
LOUIS-HECTOR DUC DE VILLARS ,
Maréchal general des Camps et Armées du Roy,
baptisé à Moulins le 21. May 1653.mort à Tu-
rin le 17. Juin 1734. peint par Hiacinte Rigaud
gravé par G. F. Schmidt.
Jacob , Graveur, demeurant ruë S. Jacques chés
M. Armand, Libraire , attenant la rue du Plâtre;
vend tout nouvellement :
Le Portrait de Louis-Henry de Bourbon , Prin
cé de Condé, peint par M. Gobert , et gravé par
Jacob.
Celui de Caroline de Hesse- Rhinfels , Duchesse
de Bourbon , peint par M. Gober , et gravé par
Jacob.
La belle Cuisiniere , peinte par M. Boucher , et
gravée par le sieur Line.
Mlle Pélissier , peinte par M. Dronais, et grad
vée pa le sieur Daullé.
Charité Romaine , peinte par M. N. Coipel , et
gravée par le sieur Le Bas.
Venus avec l'Amour , sommeillant, peinte par
M. Boucher, et gravée par le sieur Aubert.
Printemps , peint par M. Boucher , et gravé˜
par le sieur Aveline.
Ceres , peinte par M. Boucher , et gravée par ·
Plicur Possud.
Fi Vol
Angdique
JUIN.
1737.
1179
Angelique et Medor , peints par M. Courtin ,
&c. et plusieurs autres Morceaux de dévotion
9
que le Sr Jacob vend avec Privilege du Roy.Il gra
ve les Pendants des Planches annoncées cy-dessus
et autres Morceaux dénommés dans son Pri-
vilege.
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Résumé : Estampes Nouvelles.
En 1736, le graveur marseillais J. Rigaud publie six estampes représentant diverses vues du château de Sceaux, propriété du duc du Maine. Ces œuvres montrent des perspectives du château, des parterres, du canal, de la cascade, ainsi que des éléments décoratifs tels que des montagnes, des bocages, des figures et des animaux. Ces estampes sont disponibles chez l'auteur, rue Saint-Jacques, à Paris. En 1737, une estampe intitulée 'Départ de Garnison', gravée par le sieur Ravenet d'après Watteau, est mise en vente chez Gersaint et Suruque. Par ailleurs, onze estampes illustrant la vie de Saint Vincent de Paul, gravées par divers artistes sous la direction de Bonnart, sont également disponibles chez Herisset. Bonnart expose aussi une grande peinture à l'huile représentant la ménagerie de Clagny. Cette œuvre montre un vestibule ouvert sur un jardin et un bois de haute futaie, avec des statues du dieu Pan et de la déesse Flore. Odieuvre publie des portraits de personnalités notables, tels que Louis-Antoine Cardinal de Noailles et Louis-Hector Duc de Villars. Jacob propose divers portraits et scènes, notamment ceux de Louis-Henry de Bourbon et Caroline de Hesse-Rhinfels, ainsi que des œuvres de Boucher et d'autres artistes.
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4640
p. 1179
« Le Lecteur curieux qui a fait attention en lisant le Mercure de Décembre dernier, premier [...] »
Début :
Le Lecteur curieux qui a fait attention en lisant le Mercure de Décembre dernier, premier [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le Lecteur curieux qui a fait attention en lisant le Mercure de Décembre dernier, premier [...] »
Le Lecteur curieux qui a fait attention en lisant
le Mercure de Décembre dernier, premier
volume , à l'idée avantageuse que nous avons
donnée de la grande Collection de Tableaux
des plus excellens Maîtres , de la Comtesse de
Verrue , seront , sans doute , bien aise d'apren
die que le goût pour la Peinture est en regne
plus que jamais , et que ce prodigieux Cabinet ,
dispersé dans Paris et ailleurs , a beaucoup aug-
menté les anciens , possedés par divers Particu
Hiers , et en a formé quantité de nouveaux.
Tous les Tableaux se sont vendus publique
ment au plus offrant , avec un très grand con-
cours de Curieux de distinction , et se sont très-
bien vendus. Il y en a peu qui ne soient mon-
tés à leur valeur , et quantité ont été bien au-
delà , par l'ardeur des Acquereurs , fondés sur
le goût exquis de l'illustre défunte.
Le Comte de Clermont , Prince du Sang
dont on connoît les grandes qualités et l'amour
déclaré qu'il a pour les Beaux Arts, qu'il honore
de sa protection , a acquis plusieurs Tableaux de
Vauvremens , de Berghem, de Vandermeulen , de
D. Teniers , de Skalken , & c. d'une rare beauté,
et qui forment déja un beau Cabinet.
Parmi les Tableaux de prix on en doit distin-
guer deux de Claude Lorrain , qui ont été ade
jugés à 8007. livres au sieur Godefroy , Peintre
4
Flamand et Marchand de Tableaux à Paris ,
Gloire S.-Germain l'Auxerrois,
le Mercure de Décembre dernier, premier
volume , à l'idée avantageuse que nous avons
donnée de la grande Collection de Tableaux
des plus excellens Maîtres , de la Comtesse de
Verrue , seront , sans doute , bien aise d'apren
die que le goût pour la Peinture est en regne
plus que jamais , et que ce prodigieux Cabinet ,
dispersé dans Paris et ailleurs , a beaucoup aug-
menté les anciens , possedés par divers Particu
Hiers , et en a formé quantité de nouveaux.
Tous les Tableaux se sont vendus publique
ment au plus offrant , avec un très grand con-
cours de Curieux de distinction , et se sont très-
bien vendus. Il y en a peu qui ne soient mon-
tés à leur valeur , et quantité ont été bien au-
delà , par l'ardeur des Acquereurs , fondés sur
le goût exquis de l'illustre défunte.
Le Comte de Clermont , Prince du Sang
dont on connoît les grandes qualités et l'amour
déclaré qu'il a pour les Beaux Arts, qu'il honore
de sa protection , a acquis plusieurs Tableaux de
Vauvremens , de Berghem, de Vandermeulen , de
D. Teniers , de Skalken , & c. d'une rare beauté,
et qui forment déja un beau Cabinet.
Parmi les Tableaux de prix on en doit distin-
guer deux de Claude Lorrain , qui ont été ade
jugés à 8007. livres au sieur Godefroy , Peintre
4
Flamand et Marchand de Tableaux à Paris ,
Gloire S.-Germain l'Auxerrois,
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Résumé : « Le Lecteur curieux qui a fait attention en lisant le Mercure de Décembre dernier, premier [...] »
La collection de tableaux de la Comtesse de Verrue, dispersée à Paris et ailleurs, a récemment augmenté en nombre et en qualité. Ces œuvres ont été mises en vente publique, attirant de nombreuses personnes distinguées. Les tableaux se sont bien vendus, souvent dépassant leur valeur estimée grâce à l'enthousiasme des acheteurs. Le Comte de Clermont, connu pour son soutien aux arts, a acquis plusieurs œuvres remarquables de maîtres tels que Vauvermans, Berghem, Vandermeulen, D. Teniers et Skalken. Parmi les tableaux de grande valeur, deux œuvres de Claude Lorrain ont été adjugées à 8007 livres au sieur Godefroy, peintre flamand et marchand de tableaux à Paris.
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4641
p. 1180
« L'Optique étant non-seulement une des plus sçavantes, mais encore une des plus agréables [...] »
Début :
L'Optique étant non-seulement une des plus sçavantes, mais encore une des plus agréables [...]
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texteReconnaissance textuelle : « L'Optique étant non-seulement une des plus sçavantes, mais encore une des plus agréables [...] »
L'Optique étant non-seulement une des plus
sçavantes, mais encore une des plus agréables
Parties des Mathématiques , on ne sçauroit être
trop reconnoissant envers ceux dont le génie
nous procure des instrumens propres à rectifier es
à aider la foiblesse de nos yeux . Le sieur Le Bas,
Ingenieur et Mathématicien du Roy, demeurant
aux Galeries du Louvre , est connu depuis long-
temps pour le premier entre ceux qui travaillent
auxVerres,Lunettes et Microscopes. Il s'est depuis
long temps et très assiduinent apliqué à porter
son Art à la perfection , s'en faisant moins un
métier qu'une étude sçavante ; ses peines ont
réussi , sur tout dans les Telescopes , étant par-
venu, après de longues épreuves, à en faire d'aus
si bons et aussi parfaits que ceux d'Angleterre ,
et même plus finis et travaillés avec plus de soin.
Les Connoisseurs qui les ont confrontés , don-
nent l'avantage aux siens , ainsi on croit faire
plaisir au Public de lui donner cet avis , par la
commodité qu'il aura de trouver à Paris encore
mieux que ce qu'il faisoit venir des Pays Etran-
gers.
sçavantes, mais encore une des plus agréables
Parties des Mathématiques , on ne sçauroit être
trop reconnoissant envers ceux dont le génie
nous procure des instrumens propres à rectifier es
à aider la foiblesse de nos yeux . Le sieur Le Bas,
Ingenieur et Mathématicien du Roy, demeurant
aux Galeries du Louvre , est connu depuis long-
temps pour le premier entre ceux qui travaillent
auxVerres,Lunettes et Microscopes. Il s'est depuis
long temps et très assiduinent apliqué à porter
son Art à la perfection , s'en faisant moins un
métier qu'une étude sçavante ; ses peines ont
réussi , sur tout dans les Telescopes , étant par-
venu, après de longues épreuves, à en faire d'aus
si bons et aussi parfaits que ceux d'Angleterre ,
et même plus finis et travaillés avec plus de soin.
Les Connoisseurs qui les ont confrontés , don-
nent l'avantage aux siens , ainsi on croit faire
plaisir au Public de lui donner cet avis , par la
commodité qu'il aura de trouver à Paris encore
mieux que ce qu'il faisoit venir des Pays Etran-
gers.
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Résumé : « L'Optique étant non-seulement une des plus sçavantes, mais encore une des plus agréables [...] »
Le texte souligne l'importance de l'optique, discipline savante et agréable des mathématiques. Il exprime reconnaissance envers les artisans améliorant la vision humaine. Le sieur Le Bas, ingénieur et mathématicien du roi, résidant aux Galeries du Louvre, est célèbre pour ses compétences en fabrication de verres, lunettes et microscopes. Il consacre beaucoup de temps à perfectionner son art, le considérant comme une étude savante. Ses travaux, notamment sur les télescopes, rivalisent avec ceux d'Angleterre. Les experts apprécient la finesse et le soin apportés à ses instruments. Le public est informé de la disponibilité de ces instruments à Paris, offrant une alternative locale aux importations étrangères.
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4642
p. 1180-1181
« M. le Docteur Taylor, Oculiste du Roy de la Grande-Bretagne, est arrivé depuis peu à l'Hôtel [...] »
Début :
M. le Docteur Taylor, Oculiste du Roy de la Grande-Bretagne, est arrivé depuis peu à l'Hôtel [...]
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texteReconnaissance textuelle : « M. le Docteur Taylor, Oculiste du Roy de la Grande-Bretagne, est arrivé depuis peu à l'Hôtel [...] »
M. le Docteur Taylor, Oculiste du Roy de la
Grande-Bretagne, est arrivé depuis peu à l'Hôtel
de Londres , rue Dauphine à Paris , où il se
propose de rester jusqu'au commencement de
Juillet , après quoi il partira pour se rendre en
Espagne Il nous prie de publier les Découvertes
qu'il a faites de redresser les yeux des Louches
par une Opération prompte et presque sans dou
leur et sans crainte d'aucun accident ; de guérir
presque toutes les maladies du sac lacrimal , sans
Opération , et ôter les Cataractes en tout temps
et de toute espece , sans aucun danger. Il guérit
I. Vol
aussi
JUIN.
1737.
1181
sassi plusieurs especes de Gouttes Sereines, con-
formément à l'explication qu'il en a donnée
dans ses Ouvrages , ce qui a été accomagné de
tant de succès , qu'on voit tous les jours quan-
rité de personnes chercher auprès de lui du sou-
lagement pour ces sortes de maux.
Grande-Bretagne, est arrivé depuis peu à l'Hôtel
de Londres , rue Dauphine à Paris , où il se
propose de rester jusqu'au commencement de
Juillet , après quoi il partira pour se rendre en
Espagne Il nous prie de publier les Découvertes
qu'il a faites de redresser les yeux des Louches
par une Opération prompte et presque sans dou
leur et sans crainte d'aucun accident ; de guérir
presque toutes les maladies du sac lacrimal , sans
Opération , et ôter les Cataractes en tout temps
et de toute espece , sans aucun danger. Il guérit
I. Vol
aussi
JUIN.
1737.
1181
sassi plusieurs especes de Gouttes Sereines, con-
formément à l'explication qu'il en a donnée
dans ses Ouvrages , ce qui a été accomagné de
tant de succès , qu'on voit tous les jours quan-
rité de personnes chercher auprès de lui du sou-
lagement pour ces sortes de maux.
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Résumé : « M. le Docteur Taylor, Oculiste du Roy de la Grande-Bretagne, est arrivé depuis peu à l'Hôtel [...] »
Le docteur Taylor, oculiste du roi de Grande-Bretagne, séjourne à Paris jusqu'en juillet avant de partir pour l'Espagne. Il propose des opérations rapides et indolores pour corriger les yeux louches, traite les maladies du sac lacrymal sans chirurgie et enlève les cataractes sans danger. Il offre aussi des remèdes pour diverses formes de gouttes sereines, soulageant ainsi de nombreuses personnes.
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4643
p. 1181-1182
« Le S. Fauchard, Chirurgien Dentiste, [barré : auprès de Paris], après avoir donné au Public des preuves [...] »
Début :
Le S. Fauchard, Chirurgien Dentiste, [barré : auprès de Paris], après avoir donné au Public des preuves [...]
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texteReconnaissance textuelle : « Le S. Fauchard, Chirurgien Dentiste, [barré : auprès de Paris], après avoir donné au Public des preuves [...] »
Le S. Fauchard, Chirurgien Dentiste, [barré : auprès de Paris],
après avoir donné au Public des preuves
de son zele , en mettant au jour son Traité sur
les Dents , croit devoir lui renouveller les mar-
ques de son attention , en lui offrant une Eau
dont la vertu est souveraine contre les affections
scorbutiques des Gencives.
Cette Eau empêche que les Gencives ne se
gonflent et ne soient trop sujettes à saigner ai-
sément , ce qui prouve qu'elle les fortifie et les
consolide.
Elle empêche aussi que les dents ne soient
ébranlées avant le temps ; elle raffermit celles qui
ne sont pas considérablement déchaussées et
chancelanies ; elle les maintient dans leurs Alvéo-
les; et comme elle est propre à diminuer les âcre-
tés de la salive , qui produisent ordinairement la
carie , cette Eau prévient par conséquent ce qui
les peut gâter.
Elle ôte la mauvaise odeur de la bouche , elle
vivifie les gencives,et entretient les dents dans leur
propreté et leur blancheur naturelle ; elle calme
ou diminuë souvent la douleur des dents gâtées,
en mettant dans la cavité cariée un petit cotton
imbibé de cette Eau. Elle guérit les Aphtes ou
petits ulceres de la bouche , en les frottant sou-
vent avec cette même Liqueur. En un mot ce Re-
mede est le plus parfait qu'il ait encore trouvé
pour la conservation des dents et des gencives.
I. Fol.
Le
1182 MERCURE DE FRANCE
Le sieur Fauchard l'auroit distribué il y a plu
sieurs années , mais il ne vouloit rien donner
de défectueux et d'incertain
>
et il a jugé
qu'il étoit convenable à l'utilité publique et
à sa réputation , de s'assurer des bons effets de
cette Eau , par des experiences réïterées.
La demeure du sieur Fauchard est toujours à
Paris , vis - à- vis la Comédie Françoise.
Les Bouteilles de cette Eau sont de six livres
de trois livres et de trente 'sols ; on aura soin de
les tenir bien bouchées. Il donne un imprimé
qui instruit de la maniere de s'en servir.
après avoir donné au Public des preuves
de son zele , en mettant au jour son Traité sur
les Dents , croit devoir lui renouveller les mar-
ques de son attention , en lui offrant une Eau
dont la vertu est souveraine contre les affections
scorbutiques des Gencives.
Cette Eau empêche que les Gencives ne se
gonflent et ne soient trop sujettes à saigner ai-
sément , ce qui prouve qu'elle les fortifie et les
consolide.
Elle empêche aussi que les dents ne soient
ébranlées avant le temps ; elle raffermit celles qui
ne sont pas considérablement déchaussées et
chancelanies ; elle les maintient dans leurs Alvéo-
les; et comme elle est propre à diminuer les âcre-
tés de la salive , qui produisent ordinairement la
carie , cette Eau prévient par conséquent ce qui
les peut gâter.
Elle ôte la mauvaise odeur de la bouche , elle
vivifie les gencives,et entretient les dents dans leur
propreté et leur blancheur naturelle ; elle calme
ou diminuë souvent la douleur des dents gâtées,
en mettant dans la cavité cariée un petit cotton
imbibé de cette Eau. Elle guérit les Aphtes ou
petits ulceres de la bouche , en les frottant sou-
vent avec cette même Liqueur. En un mot ce Re-
mede est le plus parfait qu'il ait encore trouvé
pour la conservation des dents et des gencives.
I. Fol.
Le
1182 MERCURE DE FRANCE
Le sieur Fauchard l'auroit distribué il y a plu
sieurs années , mais il ne vouloit rien donner
de défectueux et d'incertain
>
et il a jugé
qu'il étoit convenable à l'utilité publique et
à sa réputation , de s'assurer des bons effets de
cette Eau , par des experiences réïterées.
La demeure du sieur Fauchard est toujours à
Paris , vis - à- vis la Comédie Françoise.
Les Bouteilles de cette Eau sont de six livres
de trois livres et de trente 'sols ; on aura soin de
les tenir bien bouchées. Il donne un imprimé
qui instruit de la maniere de s'en servir.
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Résumé : « Le S. Fauchard, Chirurgien Dentiste, [barré : auprès de Paris], après avoir donné au Public des preuves [...] »
Le texte décrit une publication du sieur Fauchard, chirurgien dentiste à Paris, présentant une eau aux vertus bénéfiques pour les dents et les gencives. Cette eau prévient et traite divers problèmes tels que le gonflement et le saignement des gencives, le déchaussement prématuré des dents, et la carie dentaire. Elle élimine également la mauvaise haleine, vivifie les gencives, et maintient la propreté et la blancheur des dents. De plus, elle soulage la douleur des dents cariées et guérit les aphtes buccaux. Fauchard affirme que ce remède est le plus efficace qu'il ait trouvé pour la conservation des dents et des gencives. L'efficacité de l'eau a été confirmée par des expériences répétées. Les bouteilles sont disponibles en différentes tailles et doivent être conservées bien bouchées. Un imprimé explique comment utiliser ce produit. La résidence de Fauchard se trouve à Paris, face à la Comédie Française.
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4644
p. 1182-1183
« Le sieur Neilson, Chirurgien Ecossois, reçû à S. Côme, pour la guérison des Hernies ou Descentes, [...] »
Début :
Le sieur Neilson, Chirurgien Ecossois, reçû à S. Côme, pour la guérison des Hernies ou Descentes, [...]
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texteReconnaissance textuelle : « Le sieur Neilson, Chirurgien Ecossois, reçû à S. Côme, pour la guérison des Hernies ou Descentes, [...] »
Le sieur Neilson, Chirurgien Ecossois, reçû à
S. Côme, pour la guérison des Hernies ou Descentes,
traite ces Maladies avec beaucoup de suc-
cès , par le secours des Bandages Élastiques, qu'il
a inventés pour les hommes , femmes et enfans;
ces Bandages sont fort aprouvés, non - seulement
à cause qu'ils sont très-legers et commodes à
porter jour et nuit , mais encore ils sont utiles
par raport à leur ressort qui comprime la par-
tie malade , ferme exactement l'ouverture qui a
permis la Descente et résiste aux impulsion's que
font les Parties intérieures, soit à cheval ou à pied
En envoyant la mesure , prise sur l'Os pubis ,
et marquant le côté malade , on est assuré de
les avoir justes. ; il donne son Avis ,
Maladies.
et se on
Page et le tempérament , il prépare des Remnedes
qui lui sont particuliers et convenables à ces
Attendu que les Chasseurs et ceux qui courent
à cheval ou en chaise , qui prêchent , chantent,
&c. sont continuellement exposés à ces Mala-
dies , il a aussi inventé des Bandages Elastiques,
très-légers , commodes à porter pendans ces
I. Vol.
exercices
JUIN.
qui arrivent souvent.
1737.
Cocq d'or, au premier Apartement.
1183
exercices , ou d'autres aussi violens , pour se ga
rantir des maux et prévenir les incommodités
Sa demeure est à Paris , rue Dauphine , au
payé.e
Il ne re-
çoit point de Lettres sans que le port en soit
S. Côme, pour la guérison des Hernies ou Descentes,
traite ces Maladies avec beaucoup de suc-
cès , par le secours des Bandages Élastiques, qu'il
a inventés pour les hommes , femmes et enfans;
ces Bandages sont fort aprouvés, non - seulement
à cause qu'ils sont très-legers et commodes à
porter jour et nuit , mais encore ils sont utiles
par raport à leur ressort qui comprime la par-
tie malade , ferme exactement l'ouverture qui a
permis la Descente et résiste aux impulsion's que
font les Parties intérieures, soit à cheval ou à pied
En envoyant la mesure , prise sur l'Os pubis ,
et marquant le côté malade , on est assuré de
les avoir justes. ; il donne son Avis ,
Maladies.
et se on
Page et le tempérament , il prépare des Remnedes
qui lui sont particuliers et convenables à ces
Attendu que les Chasseurs et ceux qui courent
à cheval ou en chaise , qui prêchent , chantent,
&c. sont continuellement exposés à ces Mala-
dies , il a aussi inventé des Bandages Elastiques,
très-légers , commodes à porter pendans ces
I. Vol.
exercices
JUIN.
qui arrivent souvent.
1737.
Cocq d'or, au premier Apartement.
1183
exercices , ou d'autres aussi violens , pour se ga
rantir des maux et prévenir les incommodités
Sa demeure est à Paris , rue Dauphine , au
payé.e
Il ne re-
çoit point de Lettres sans que le port en soit
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Résumé : « Le sieur Neilson, Chirurgien Ecossois, reçû à S. Côme, pour la guérison des Hernies ou Descentes, [...] »
Le sieur Neilson, chirurgien écossais installé à Saint-Côme, a développé des bandages élastiques pour traiter les hernies chez les hommes, femmes et enfants. Ces bandages sont légers, confortables et efficaces, car ils compriment la zone affectée, ferment l'ouverture causée par la hernie et résistent aux efforts physiques, que ce soit à cheval ou à pied. Pour obtenir un bandage adapté, il est nécessaire de fournir la mesure prise sur l'os pubis et de préciser le côté affecté. Neilson propose également des consultations médicales et prépare des remèdes personnalisés selon les maladies et le tempérament du patient. Il a créé des bandages spécifiques pour les chasseurs, cavaliers, prédicateurs, chanteurs et autres personnes soumises à des efforts intenses afin de prévenir les maladies. Neilson réside à Paris, rue Dauphine, et ne répond pas aux lettres sans paiement préalable des frais de port.
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4645
p. 1182-1183
« Le sieur Aubert, Intendant de la Musique de S. A. S. M. le Duc, vient de donner au Public [...] »
Début :
Le sieur Aubert, Intendant de la Musique de S. A. S. M. le Duc, vient de donner au Public [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le sieur Aubert, Intendant de la Musique de S. A. S. M. le Duc, vient de donner au Public [...] »
Le sieur Aubert, Intendant de la Musique de
S. A. S. M. le Duc, vient de donner au Public
la douzième Suite de ses Concerts de Sympho-
nie,les onze précedens ont cû un si grand succès,
qu'on est persuadé que cette dernière sera reçûë
avec plaisir
ces douze Suites forment un Re-
cueilunique en ce genre , composé de plus de deux
cent Morceaux d'une varieté infine , d'un tra-
vail agréable et d'une très - granae utilité pour les
Ecoliers , attendu que les traits , les coups d'ar-
chets, les differens tons er mouvemens , et géné-
ralement tout ce qui peut se pratiquer sans pré-
judicier au bon goût et à la beauté du Chant ,
est inseré dans cet Ouvrage qu'on peut apeller
l'Ecole du Violon et de tous les Instrumens.
L'Auteur donnera le mois prochain une ser
condle Edition de son deuxième Livre de Sona-
tes , dans le goût de celles qu'il a données l'an-
née derniere de son premier, corrigée , augmen-
tée , et toutes les Basses ajustées à la portée du
Violoncelle et du Basson , et chiffrée très-
exactement.
S. A. S. M. le Duc, vient de donner au Public
la douzième Suite de ses Concerts de Sympho-
nie,les onze précedens ont cû un si grand succès,
qu'on est persuadé que cette dernière sera reçûë
avec plaisir
ces douze Suites forment un Re-
cueilunique en ce genre , composé de plus de deux
cent Morceaux d'une varieté infine , d'un tra-
vail agréable et d'une très - granae utilité pour les
Ecoliers , attendu que les traits , les coups d'ar-
chets, les differens tons er mouvemens , et géné-
ralement tout ce qui peut se pratiquer sans pré-
judicier au bon goût et à la beauté du Chant ,
est inseré dans cet Ouvrage qu'on peut apeller
l'Ecole du Violon et de tous les Instrumens.
L'Auteur donnera le mois prochain une ser
condle Edition de son deuxième Livre de Sona-
tes , dans le goût de celles qu'il a données l'an-
née derniere de son premier, corrigée , augmen-
tée , et toutes les Basses ajustées à la portée du
Violoncelle et du Basson , et chiffrée très-
exactement.
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Résumé : « Le sieur Aubert, Intendant de la Musique de S. A. S. M. le Duc, vient de donner au Public [...] »
Le sieur Aubert, Intendant de la Musique du Duc, a présenté la douzième suite de ses Concerts de Symphonie. Les onze précédentes suites ont connu un grand succès, suggérant une réception positive pour celle-ci. Ce recueil unique comprend plus de deux cents morceaux variés, agréables et utiles pour les élèves. Il inclut divers traits, coups d'archets, tons et mouvements, tout en respectant le bon goût et la beauté du chant. Cet ouvrage est une référence pour l'apprentissage du violon et des autres instruments. Aubert prévoit également de publier une seconde édition de son deuxième livre de sonates, corrigée et augmentée, avec des basses adaptées au violoncelle et au basson, et chiffrées avec précision.
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4646
p. 1183-1184
« M. Bouvard, vient de mettre au jour un nouveau Recueil de Musique, mêlé de Cantatille, [...] »
Début :
M. Bouvard, vient de mettre au jour un nouveau Recueil de Musique, mêlé de Cantatille, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « M. Bouvard, vient de mettre au jour un nouveau Recueil de Musique, mêlé de Cantatille, [...] »
M. Bouvard, vient de mettre au jour un nouveau
Recueil de Musique, mêlé de Cantatille,
Fable , Ariettes , Airs sérieux et à boire , à une
et deux voix
:
Brunette et vaudeville , avec la
Basse-continue ; qu'il a dédié à S, A. Madame
Ja Princesse de Soubize.
Ce
1184 MERCURE DE FRANCE
Ce Recueil se vend 3. livres , chés la veuve
Boivin , rue S. Honoré , à la Regle d'or ; chés
le sieur le Clers , rue du Roule , à la Croix d'or,
et chés l'Auteur , Cour du Dragon sainte Mar-
gueritte, Carrefour S. Benoît , Faubourg saint
Germain.
Recueil de Musique, mêlé de Cantatille,
Fable , Ariettes , Airs sérieux et à boire , à une
et deux voix
:
Brunette et vaudeville , avec la
Basse-continue ; qu'il a dédié à S, A. Madame
Ja Princesse de Soubize.
Ce
1184 MERCURE DE FRANCE
Ce Recueil se vend 3. livres , chés la veuve
Boivin , rue S. Honoré , à la Regle d'or ; chés
le sieur le Clers , rue du Roule , à la Croix d'or,
et chés l'Auteur , Cour du Dragon sainte Mar-
gueritte, Carrefour S. Benoît , Faubourg saint
Germain.
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Résumé : « M. Bouvard, vient de mettre au jour un nouveau Recueil de Musique, mêlé de Cantatille, [...] »
Le recueil 'Recueil de Musique' comprend des cantatilles, fables, ariettes, airs sérieux et à boire, ainsi que des brunettes et vaudevilles pour une ou deux voix avec basse continue. Dédié à la Princesse de Soubize, il est vendu trois livres. Disponible chez la veuve Boivin, le sieur le Clers et l'auteur, M. Bouvard.
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4647
p. 1184
AIR A BOIRE.
Début :
Comme un bon Docteur Ubiquiste, [...]
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texteReconnaissance textuelle : AIR A BOIRE.
AIR A BOIRE.
Comme un bon Docteur Ubiquiste,
Je n'affecte point de Maisons ;
Je suis les plaisirs à la piste ,
Sans m'embarasser des Saisons :
Aujourd'hui chés Cloris , et demain chés Gré
goire,
La Bouteille et l'Amour partagent tout mon
temps ;
Pour bien sçavoir aimer et boire ,
Il faut ainsi rouler nos ans.
Comme un bon Docteur Ubiquiste,
Je n'affecte point de Maisons ;
Je suis les plaisirs à la piste ,
Sans m'embarasser des Saisons :
Aujourd'hui chés Cloris , et demain chés Gré
goire,
La Bouteille et l'Amour partagent tout mon
temps ;
Pour bien sçavoir aimer et boire ,
Il faut ainsi rouler nos ans.
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4648
p. 1185
« La premiere Representation de la Tragédie nouvelle de Lysimachus, que [...] »
Début :
La premiere Representation de la Tragédie nouvelle de Lysimachus, que [...]
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texteReconnaissance textuelle : « La premiere Representation de la Tragédie nouvelle de Lysimachus, que [...] »
La premiere Representation de la
Tragédie nouvelle de Lysimachus,
que nous avons annoncée dans le dernier
Journal, a été renvoyée à un autre temps.
On prétendoit que la premiere nouveauté
que les Comédiens François donneroient,
seroit une Comédie en Vers , et en cinq
Actes , de M. Destouches , sous le Titre
de l'Ambitieux. Et en effet ,
ils ont don
né cette Piece assés brusquement , sans
presque l'annoncer , le Vendredi 14. de
ce mois , avec une fort nombreuse As-
semblée ; elle a été parfaitement repre
sentée et fort aplaudie.Nous ne manque.
rons pas d'en parler plus aut long.
Tragédie nouvelle de Lysimachus,
que nous avons annoncée dans le dernier
Journal, a été renvoyée à un autre temps.
On prétendoit que la premiere nouveauté
que les Comédiens François donneroient,
seroit une Comédie en Vers , et en cinq
Actes , de M. Destouches , sous le Titre
de l'Ambitieux. Et en effet ,
ils ont don
né cette Piece assés brusquement , sans
presque l'annoncer , le Vendredi 14. de
ce mois , avec une fort nombreuse As-
semblée ; elle a été parfaitement repre
sentée et fort aplaudie.Nous ne manque.
rons pas d'en parler plus aut long.
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Résumé : « La premiere Representation de la Tragédie nouvelle de Lysimachus, que [...] »
La première de la tragédie 'Lysimachus' est reportée. Le 14 du mois, la comédie en vers 'L'Ambitieux' de M. Destouches a été jouée sans grande publicité. La pièce, en cinq actes, a été bien accueillie par une assemblée nombreuse. Un compte rendu détaillé suivra.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4649
p. 1185-1197
Le Jeudi 9. May on donna sur le Théatre de l'Opera la premiere Representation du Triomphe de l'Harmonie Ballet Héroïque, par Mrs L. et Grenet.
Début :
L'Auteur du Poëme a prétendu justifier le choix de son Sujet dans une [...]
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texteReconnaissance textuelle : Le Jeudi 9. May on donna sur le Théatre de l'Opera la premiere Representation du Triomphe de l'Harmonie Ballet Héroïque, par Mrs L. et Grenet.
Le Jeudi 9. May on donna sur le Théatre
de l'Opera la premiere Representation du
Triomphe de l'Harmonie Ballet Héroïque,
par Mrs L. et Grenet.
L'Auteur du Poëme a prétendu justifier
le choix de son Sujet dans une
Préface ; quelques Critiques , peut être
un peu trop séveres , ne sont pas con-
I, Vol.
venus
186 MERCURE DE FRANCE
venus de la bonté de ce choix. Les pre-
miers traits de la mauvaise humeur qu'u
ne nouveauté ne manque presque jamais
de mettre en jeu , sont tombés sur le Mu-
sicien , qui osoit apeller son Ouvrage
d'un Titre si présomptueux ; Critique
injuste , puisque c'étoit aux Chants d'Or-
phie et d'An phion , en non aux siens ,
que l'Auteur de cette Musique préten-
doit décerner l'honneur du Triomphe.
Revenons à la Préface par laquelle le
Poëte a prétendu élever son Sujet au-
dessus de la plupart des autres. Elle a
revolté bien des gens , même de ceux
qui n'avoient pas à défendre leur inte-
rêt personnel . Voici ce qui en est venu
à notre connoissance ; on a trouvé mau-
vais qu'un Auteur naissant ait osé dé-
crier le Théatre Lyrique , jusqu'à dire
sans restricton ; il n'est point fait pourla
vraisemblance ; et que , pour achever de
dégrader nos plus beaux Operas , qu'on
ne daigne pas apeller Poëmes , et aux-
quels on donne seulement le nom de
Paroles ; ce n'est pas à ce genre de Poë-
sie Dramatique qu'il faut apliquer le
precepte d'Horace :
Ficta voluptatis causâ sint proxima veris,
Cependant quels Ouvrages peuvent
1. Vol.
à plus
JUIN.
1737.
1187
à plus juste titre , être apellés : Ficta vo-
luptatis causâ , que les Operas tant an-
ciens que modernes ? Cette raison n'au-
roit elle pas dû suffire à ....... pour ne
leur pas refuser la vraisemblance , si né-
cessaire à tout Poëme Dramatique ? mais.
le sujet qu'il avoit à traiter en étoit si
peu susceptible , qu'il n'a pas cru pou-
voir autrementjustifier la prétendue bon-
té de son choix. En effet dans son Am-
phion , a -t-on dir , y a- t il seulement
une ombre de vraisemblance . On est
convenu sur le Théatre Lyrique , d'ac-
corder un pouvoir sans bornes à la Di-
vinité et à la Magie ; mais ce privilege
ne s'est jamais étendu jusqu'à l'Harmo-
nie ; on lui accorde une pleine victoire
sur tout ce qui est capable de sentiment,
mais on ne sçauroit porter la crédulité
jusqu'à convenir qu'elle puisse exercer
un souverain empire sur des Etres inani-
més , tels que les Pierres , les Rochers
et les Montagnes ; l'Auteur même de
ce Ballet convient qu'on ne doit pas
prendre à la lettre tout ce que les Poë-
tes ont dit pour relever la gloire de
l'Harmonie ; voici comme il s'explique
dans sa Préface. Fabius Paulinus , enpar-
lant de la Fable d' Amphion , s'est imagine
qu'on pouvoit bien la prendre à la lettre, et
1. Vol.
G
Pexpliquer
1188 MERCURE DE FRANCE
l'expliquer physiquement par les principes
des Platoniciens : il en fit l'essai , et prou-
va son raisonnement par sept raisons qu'il
croyoit bien convainquantes. Quel exemple
de la foiblesse et de l'extravagance du rai-
sonnement humain !
Il est surprenant , continë- t on , que
l'Auteur du Poëme en question , étant
dans ces principes , ose se vanter d'avoir
fait un bon choix.
Voilà ce qui nous est revenu des di
verses Critiques qu'on a faites sur le Bal-
let du Triomphe de l'Harmonie : comme
on a beaucoup moins critiqué l'Ouvrage
que la Préface , et que d'ailleurs il n'est
pas trop chargé d'action , nous n'en
donnerons qu'un Extrait des plus suc-
cincts.
Le Théatre represente au Prologue
une Campagne couverte de Trophées ,
de Pyramides , et d'Arcs de Triomphe.
La Paix descend du Ciel au bruit des
Timballes et des Trompettes.
Choeur de Peuples.
La Paix vient combler nos desirs ;
Quel bonheur pour nous ! quelle gloire
Elle ramene les plaisirs
Sur les aîles de la Victoire.
La Paix , après avoir fait entendre
1. Vol.
qu'ell
JUIN.
1737.
1189
qu'u'elle vient regner sur la terre , invite
l'Amour et l'Harmonie à descendre des
Cieux , par ces Vers :
Enfans de mes loisirs , acconrez l'un et l'autre ;
Et par mes sons j'inspire tour
;
Mere des doux accords, Dieu souverain des cœurs,
Rendez à ces Climats vos plaisirs enchanteurs &
Ces Lieux sont faits pour vous; mon Empire est
le vôtre.
L'Amour et l'Harmonie descendent
des Cieux dans un Nuage. Les Peuples
célebrent leur venuë par ces Vers :
Charmant Amour , & Divine Harmonie ,
Regnez sur nous ;
Vous faites de la vie
Les momeus les plus doux.
1
L'Harmonie exprime ainsi ses divers
caracteres :
Ma voix de la Nature est l'image naïve ,
Toujours touchante , toujours vive;
Je peins du cœur les secrets sentimens ,
Le trouble , les soupirs , les transports dos
Amans ;
Tremblante , furieuse , attendrie , inflexible ,.
J'épouvante un Ingrat , je touche un Insensible,
La crainte , la pitié , la terreur et l'amour.
Les Suivans de l'Amour et de l'Har-
1.Vol
Gij
à tour ,
monie
1190 MERCURE DE FRANCE
monie forment la Fête de ce Prologue.
ORPHE'E. Premiere Entrée.
Le Théatre represente les Enfers. Le
Dieu du Styx paroît panché sur son
Urne ; on voit dans le fond l'Antre où
Cerbere est enchaîné ; Pluton au milieu
des trois Juges Infernaux , occupe un
Thrône sur un des côtés du Théatre.
Pluton invite les Démons et les Furies
à tourmenter les Ombres criminelles ; il
leur parle ainsi :
Des Manes criminels redoublez les tourmens ;
Remplissez les Enfers d'une terreur nouvelle ;
Que ces Monstres cruels , que ces feux dévorans
Servent du Dieu des Morts la vengeance éter-
nelle !
Les Démons et les Furies témoignent
leur empressement à exécuter les ordres
de Pluton. On entend une douce Sym-
phonie ; on voit paroître Orphée. Plus
ton est aussi irrité que supris de voir un
Mortel descendre dans son Empire avant
que les Parques ayent terminé son sort.
La Symphonie mélodieuse continuë , et
empêche les Démons et les Furies de pu-
nir Orphée de sa témerité ; Pluton mê-
me en est attendri ; Orphée aproche , et
s'exprime ainsi en parlant à Pluton.
I. Vel
Arbit
JUIN.
17:7
Arbitre redouté des vertus et des crimes ,
frgi
Aprouvez d'un Amant les transports légitimes
Pour apaiser le Sort qui me poursuit
Jose porter mes pas sur les rivages sombres ;
C'est l'Amour qui me guide , et ses feux m'ont
conduit
Dans l'éternelle horreut du silence et des om
bres ;
Mon cœur , sans en être effrayé ,
Découvre à vos regards son projet témeraire ;
Je ne crains point d'armer votre colere ,
Si je ne puis toucher votre pitié.
Pluton ne montre d'abord que de la
colere a Orphée , mais desarmé , malgré
lui , par la douceur de ses sons , il dit :
Mais , quand je devrois le punir,
Quelle invisible main semble me retenir ?
Quel charme séduisant me force de l'entendre !
Acheve ; qu'oses-tu prétendre ?
Orphée lui expose la rigueur de son
sort ; la mort lui a arraché Euridice au
moment que l'Hymen venoit de l'unir
avec elle ; il aperçoit Euridice parmi
d'autres Ombres ; ils s'entretiennent en
presence de Pluton , qui dit dans un à
parte :
Que devient ma fureur ! Quoi la pitié l'en-
chaîne.
1. Vol.
G iij
Orphée
1192 MERCURE DE FRANCE
Orphée , s'adressant enfin à Pluton
lui dit :
Punissez mon audace , ou termincz ma peine ;
Dieu des Enfers , unissez- nous ;
Rendez-moi l'objet qui m'enchaîne.;
L'Amour forma nos cœurs pour ses nœuds les
plus doux ;
Si vous nous unissez , il a moins fait que vous.
Euridice joint sa voix à celle d'Or-
phée ; Pluton se rend à la douceur de
leurs accords harmonieux , et dit à Or-
phée :
>
A tes desirs tout est propice ;
Tes accords enchanteurs ont triomphé de moi;
Le sort se declare pour toi ,
Et du sein de la mort il te rend Euridice.
Pluton se retire. Le Théatre change ;
et represente les Champs Elisées ; les
Ombres heureuses célebrent par leurs
chants et par leurs danses la victoire
que l'Harmonie vient de remporter sur
le cœur du Maître des Enfers.
HYLAS. Deuxième Entrée.
Le Théatre represente une Campagne
ornée de Jardins et de Bosquets , cou-
pés par un Fleuve. Eglé , Divinité du
Fleuve , sur le bord duquel la Scene se
1. Vol.
passe
JUIN.
1737.
fait l'exposition du Sujet.
1193
passe , commence cette Entrée avec Do
ris , sa Confidente. Voici comment elle
Enfin voici le jour , où je pourai connoître
Du jeune Hylas les sentimens secrets ;
Je cherche mon malheur , je l'avance peut-être;
Doris, j'ai trop compté sur mes foibles attraits
Il me vit un moment sous ce feuillage épais :
J'évitai ses regards , je rentrai sous les ondes
Cependant ses soupirs font retentir ces Bois ,
Et dans le sein de nos Grotes profondes
L'Echo vient me porter sa voix.
Doris rassure Eglé contre la défianc.
où elle est du pouvoir de ses charmes.
Eglé fait entendre ce que son amour lui
a fait projeter pour s'assurer du cœur
d'Hylas , elle s'explique ainsi :
Hylas se plaît dans ces forêts ;
Tu sçais ce que mon cœur médite ,
Rentrons malgré moi je l'évite.
Que nos tendres accords secondent mes projets.
Hylas , séparé d'une Troupe de Chas-
seurs , expose à son tour ce qu'il a senti
à l'aspect d'une Nymphe dont la voix a
achevé de triompher de sa liberté ; il
ignore le nom de cette aimable Nymphe.
Il entend un Choeur de Nayades , et une
1. Vol.
Giiij
Sympho ,
194 MERCURE DE FRANCE
Symphonie dont la douceur l'invite à
goûter le charme du repos ; il se couche
sur un lit de gazon , les Zephirs l'enle-
vent , et se précipitent avec lui dans le
Fleave. Le Théatre change , et represen-
te le Palais des Nymphes des Eaux , dans
lequel Hylas vient d'être transporté ;
ane Troupe de Nayades danse autour,
de lui ; elles disparoissent à son réveil ;
it exprime une partie de ce qui s'est pas-
sé pendant son sommeil, par ces Vers :
Od suis-je ? Quels Concerts ! Erreur enchante-
resse !
J'aperçois l'objet de mes feux ;
L'éclat de ce séjour m'annonce une Déesse ;
Infortuné Mortel , où s'adressent tes vœux ?
Eglé,dont Hylas ignore et le nom et le
rang , lui annonce que la Souveraine de
ces lieux l'aime ; mais qu'elle ne veut pas
le contraindre , et que s'il n'est pas por-
té à répondre à son amour , les Zephirs
le transporteront où il voudra ; Hylas
consent à partir plûtôt que de renoncer
à un amour secret qu'il préfere aux offres
les plus brillantes. Voici comme il s'ex-
prime :
Que mon trouble est extréme !
En quittant ces beaux lieux , helas !
I. Vol.
Je
JUIN.
1737
Je fuis ce que je n'aime pas ;
Mais je m'arrache à ce que j'aime.
1195
Eglé , l'ayant pressé de s'expliquer ,
et cette explication étant telle qu'elle la
souhaite,elle se fait connoître à lui, et lui
offre sa main ; les Nayades célébrent cet
Hymen , et forment une Fête des plus
brillantes.
AMPHIO N. Troisiéme Entrée.
Le Théatre represente des Forêts, des
Cavernes , des Rochers ; un Camp de
Sauvages y est formé devant la Ville de
Thebes , qui paroît dans le fond à demi
ruinée. Niobe, Fille de Tantale, Roy d'un
Peuple Sauvage , commence cette der-
niere Entrée au Lever de l'Aurore ; elle
se plaint de ce que le jour qui va renaî--
tre sera le dernier d'Amphion qu'elle
aime.
Amphion vient pour chercher Niobe,
qu'il aime. Cette Princesse , après des re-
grets reciproques , lui fait connoître son
amour. Elle le quitte après un avey si
satisfaisant pour lui , et le prie de se dé-
rober à la colere de son Pere , dont elle
desavoue la cruauté. Amphion , charmé
de l'aveu qu'il vient d'entendre , fait un
Monologue dont la Musique et les Vers
I.Vol
Gy sont
1196 MERCURE DE FRANCE
sont généralement aplaudis. Voici quel-
ques-uns des Vers.
Niobe répond à ma flamme ;
Je goûte un sort digne des Dieux
Naissez des transports de mon ame
"
Naissez , Accords harmonieux , &c.
Formez-vous , Murs Thébains, naissez , fameux
Remparts ,
Nouveaux témoins de ma victoire ;
Aux Stécles à venir transmettez ma mémoires
D'un Ennemi barbare effrayez les regards.
Les vœux et l'espoir d'Amphion sont
comblés ; les Remparts de Thebes s'éle-
vent aux accents de sa Voix et de sa Ly-
re. Tantale en est si étonné qu'il vient
offrir la paix à un Roy qui semble com
mander à la Nature ; instruit de son
amour pour sa Fille ,
il consent que
Hymen soit le nœud de la paix ; les Sau-
vages et les Thébains se réunissent pour
célébrer cette heureuse Fête.
Ce Ballet a été très-bien reçû du Pu-
blic ; les suffrages ont paru plus réunis
en faveur de la Musique. On convient
pourtant que le Poëme est très- bien écrit,
on y auroit souhaité un peu plus d'inte-
rt ; mais il est très difficile d'en mettre
beaucoup dans un Ballet ; ce genre de
I. Vel
leur
Piece
pour
JUIN.
1737
1197
Piece semble plûtôt fait pour l'esprit que
le cœur , et d'ailleurs , les Danses
en occupent les deux tiers. Des trois En-
trées , la seconde a paru la plus inte
ressante du côté du Poëte , quoiqu'on
l'ait trouvée la moins convenable au Ti-
tre; la derniere a paru faire le plus d'hon-
neur au Musicien , et on peut
et on peut dire que
l'Harmonie y a été veritablement triom-
plante.
Le 16. Juin on donna la dix- septiéme
Representation de ce Ballet , et le 13.
on remit au Théatre celui des Amours
des Dieux, composé d'un Prologue et de
quatre Entrées , qu'on avoit donné pour
la premiere fois le 14. Septembre 1727.
et que le Public avoit reçû avec satisfac-
tion. Le Poëme est de M. Fuzelier , et la
Musique de M. Mouret. Cet Opera ,
qui est parfaitement bien remis , a été
reçû avec les mêmes aplaudissemens que
dans sa nouveauté ; nous nous dispen-
sons d'en donner un Extrait , l'ayant dé-
ja donné dans le Mercure de Septembre
1727. p. 2076.
de l'Opera la premiere Representation du
Triomphe de l'Harmonie Ballet Héroïque,
par Mrs L. et Grenet.
L'Auteur du Poëme a prétendu justifier
le choix de son Sujet dans une
Préface ; quelques Critiques , peut être
un peu trop séveres , ne sont pas con-
I, Vol.
venus
186 MERCURE DE FRANCE
venus de la bonté de ce choix. Les pre-
miers traits de la mauvaise humeur qu'u
ne nouveauté ne manque presque jamais
de mettre en jeu , sont tombés sur le Mu-
sicien , qui osoit apeller son Ouvrage
d'un Titre si présomptueux ; Critique
injuste , puisque c'étoit aux Chants d'Or-
phie et d'An phion , en non aux siens ,
que l'Auteur de cette Musique préten-
doit décerner l'honneur du Triomphe.
Revenons à la Préface par laquelle le
Poëte a prétendu élever son Sujet au-
dessus de la plupart des autres. Elle a
revolté bien des gens , même de ceux
qui n'avoient pas à défendre leur inte-
rêt personnel . Voici ce qui en est venu
à notre connoissance ; on a trouvé mau-
vais qu'un Auteur naissant ait osé dé-
crier le Théatre Lyrique , jusqu'à dire
sans restricton ; il n'est point fait pourla
vraisemblance ; et que , pour achever de
dégrader nos plus beaux Operas , qu'on
ne daigne pas apeller Poëmes , et aux-
quels on donne seulement le nom de
Paroles ; ce n'est pas à ce genre de Poë-
sie Dramatique qu'il faut apliquer le
precepte d'Horace :
Ficta voluptatis causâ sint proxima veris,
Cependant quels Ouvrages peuvent
1. Vol.
à plus
JUIN.
1737.
1187
à plus juste titre , être apellés : Ficta vo-
luptatis causâ , que les Operas tant an-
ciens que modernes ? Cette raison n'au-
roit elle pas dû suffire à ....... pour ne
leur pas refuser la vraisemblance , si né-
cessaire à tout Poëme Dramatique ? mais.
le sujet qu'il avoit à traiter en étoit si
peu susceptible , qu'il n'a pas cru pou-
voir autrementjustifier la prétendue bon-
té de son choix. En effet dans son Am-
phion , a -t-on dir , y a- t il seulement
une ombre de vraisemblance . On est
convenu sur le Théatre Lyrique , d'ac-
corder un pouvoir sans bornes à la Di-
vinité et à la Magie ; mais ce privilege
ne s'est jamais étendu jusqu'à l'Harmo-
nie ; on lui accorde une pleine victoire
sur tout ce qui est capable de sentiment,
mais on ne sçauroit porter la crédulité
jusqu'à convenir qu'elle puisse exercer
un souverain empire sur des Etres inani-
més , tels que les Pierres , les Rochers
et les Montagnes ; l'Auteur même de
ce Ballet convient qu'on ne doit pas
prendre à la lettre tout ce que les Poë-
tes ont dit pour relever la gloire de
l'Harmonie ; voici comme il s'explique
dans sa Préface. Fabius Paulinus , enpar-
lant de la Fable d' Amphion , s'est imagine
qu'on pouvoit bien la prendre à la lettre, et
1. Vol.
G
Pexpliquer
1188 MERCURE DE FRANCE
l'expliquer physiquement par les principes
des Platoniciens : il en fit l'essai , et prou-
va son raisonnement par sept raisons qu'il
croyoit bien convainquantes. Quel exemple
de la foiblesse et de l'extravagance du rai-
sonnement humain !
Il est surprenant , continë- t on , que
l'Auteur du Poëme en question , étant
dans ces principes , ose se vanter d'avoir
fait un bon choix.
Voilà ce qui nous est revenu des di
verses Critiques qu'on a faites sur le Bal-
let du Triomphe de l'Harmonie : comme
on a beaucoup moins critiqué l'Ouvrage
que la Préface , et que d'ailleurs il n'est
pas trop chargé d'action , nous n'en
donnerons qu'un Extrait des plus suc-
cincts.
Le Théatre represente au Prologue
une Campagne couverte de Trophées ,
de Pyramides , et d'Arcs de Triomphe.
La Paix descend du Ciel au bruit des
Timballes et des Trompettes.
Choeur de Peuples.
La Paix vient combler nos desirs ;
Quel bonheur pour nous ! quelle gloire
Elle ramene les plaisirs
Sur les aîles de la Victoire.
La Paix , après avoir fait entendre
1. Vol.
qu'ell
JUIN.
1737.
1189
qu'u'elle vient regner sur la terre , invite
l'Amour et l'Harmonie à descendre des
Cieux , par ces Vers :
Enfans de mes loisirs , acconrez l'un et l'autre ;
Et par mes sons j'inspire tour
;
Mere des doux accords, Dieu souverain des cœurs,
Rendez à ces Climats vos plaisirs enchanteurs &
Ces Lieux sont faits pour vous; mon Empire est
le vôtre.
L'Amour et l'Harmonie descendent
des Cieux dans un Nuage. Les Peuples
célebrent leur venuë par ces Vers :
Charmant Amour , & Divine Harmonie ,
Regnez sur nous ;
Vous faites de la vie
Les momeus les plus doux.
1
L'Harmonie exprime ainsi ses divers
caracteres :
Ma voix de la Nature est l'image naïve ,
Toujours touchante , toujours vive;
Je peins du cœur les secrets sentimens ,
Le trouble , les soupirs , les transports dos
Amans ;
Tremblante , furieuse , attendrie , inflexible ,.
J'épouvante un Ingrat , je touche un Insensible,
La crainte , la pitié , la terreur et l'amour.
Les Suivans de l'Amour et de l'Har-
1.Vol
Gij
à tour ,
monie
1190 MERCURE DE FRANCE
monie forment la Fête de ce Prologue.
ORPHE'E. Premiere Entrée.
Le Théatre represente les Enfers. Le
Dieu du Styx paroît panché sur son
Urne ; on voit dans le fond l'Antre où
Cerbere est enchaîné ; Pluton au milieu
des trois Juges Infernaux , occupe un
Thrône sur un des côtés du Théatre.
Pluton invite les Démons et les Furies
à tourmenter les Ombres criminelles ; il
leur parle ainsi :
Des Manes criminels redoublez les tourmens ;
Remplissez les Enfers d'une terreur nouvelle ;
Que ces Monstres cruels , que ces feux dévorans
Servent du Dieu des Morts la vengeance éter-
nelle !
Les Démons et les Furies témoignent
leur empressement à exécuter les ordres
de Pluton. On entend une douce Sym-
phonie ; on voit paroître Orphée. Plus
ton est aussi irrité que supris de voir un
Mortel descendre dans son Empire avant
que les Parques ayent terminé son sort.
La Symphonie mélodieuse continuë , et
empêche les Démons et les Furies de pu-
nir Orphée de sa témerité ; Pluton mê-
me en est attendri ; Orphée aproche , et
s'exprime ainsi en parlant à Pluton.
I. Vel
Arbit
JUIN.
17:7
Arbitre redouté des vertus et des crimes ,
frgi
Aprouvez d'un Amant les transports légitimes
Pour apaiser le Sort qui me poursuit
Jose porter mes pas sur les rivages sombres ;
C'est l'Amour qui me guide , et ses feux m'ont
conduit
Dans l'éternelle horreut du silence et des om
bres ;
Mon cœur , sans en être effrayé ,
Découvre à vos regards son projet témeraire ;
Je ne crains point d'armer votre colere ,
Si je ne puis toucher votre pitié.
Pluton ne montre d'abord que de la
colere a Orphée , mais desarmé , malgré
lui , par la douceur de ses sons , il dit :
Mais , quand je devrois le punir,
Quelle invisible main semble me retenir ?
Quel charme séduisant me force de l'entendre !
Acheve ; qu'oses-tu prétendre ?
Orphée lui expose la rigueur de son
sort ; la mort lui a arraché Euridice au
moment que l'Hymen venoit de l'unir
avec elle ; il aperçoit Euridice parmi
d'autres Ombres ; ils s'entretiennent en
presence de Pluton , qui dit dans un à
parte :
Que devient ma fureur ! Quoi la pitié l'en-
chaîne.
1. Vol.
G iij
Orphée
1192 MERCURE DE FRANCE
Orphée , s'adressant enfin à Pluton
lui dit :
Punissez mon audace , ou termincz ma peine ;
Dieu des Enfers , unissez- nous ;
Rendez-moi l'objet qui m'enchaîne.;
L'Amour forma nos cœurs pour ses nœuds les
plus doux ;
Si vous nous unissez , il a moins fait que vous.
Euridice joint sa voix à celle d'Or-
phée ; Pluton se rend à la douceur de
leurs accords harmonieux , et dit à Or-
phée :
>
A tes desirs tout est propice ;
Tes accords enchanteurs ont triomphé de moi;
Le sort se declare pour toi ,
Et du sein de la mort il te rend Euridice.
Pluton se retire. Le Théatre change ;
et represente les Champs Elisées ; les
Ombres heureuses célebrent par leurs
chants et par leurs danses la victoire
que l'Harmonie vient de remporter sur
le cœur du Maître des Enfers.
HYLAS. Deuxième Entrée.
Le Théatre represente une Campagne
ornée de Jardins et de Bosquets , cou-
pés par un Fleuve. Eglé , Divinité du
Fleuve , sur le bord duquel la Scene se
1. Vol.
passe
JUIN.
1737.
fait l'exposition du Sujet.
1193
passe , commence cette Entrée avec Do
ris , sa Confidente. Voici comment elle
Enfin voici le jour , où je pourai connoître
Du jeune Hylas les sentimens secrets ;
Je cherche mon malheur , je l'avance peut-être;
Doris, j'ai trop compté sur mes foibles attraits
Il me vit un moment sous ce feuillage épais :
J'évitai ses regards , je rentrai sous les ondes
Cependant ses soupirs font retentir ces Bois ,
Et dans le sein de nos Grotes profondes
L'Echo vient me porter sa voix.
Doris rassure Eglé contre la défianc.
où elle est du pouvoir de ses charmes.
Eglé fait entendre ce que son amour lui
a fait projeter pour s'assurer du cœur
d'Hylas , elle s'explique ainsi :
Hylas se plaît dans ces forêts ;
Tu sçais ce que mon cœur médite ,
Rentrons malgré moi je l'évite.
Que nos tendres accords secondent mes projets.
Hylas , séparé d'une Troupe de Chas-
seurs , expose à son tour ce qu'il a senti
à l'aspect d'une Nymphe dont la voix a
achevé de triompher de sa liberté ; il
ignore le nom de cette aimable Nymphe.
Il entend un Choeur de Nayades , et une
1. Vol.
Giiij
Sympho ,
194 MERCURE DE FRANCE
Symphonie dont la douceur l'invite à
goûter le charme du repos ; il se couche
sur un lit de gazon , les Zephirs l'enle-
vent , et se précipitent avec lui dans le
Fleave. Le Théatre change , et represen-
te le Palais des Nymphes des Eaux , dans
lequel Hylas vient d'être transporté ;
ane Troupe de Nayades danse autour,
de lui ; elles disparoissent à son réveil ;
it exprime une partie de ce qui s'est pas-
sé pendant son sommeil, par ces Vers :
Od suis-je ? Quels Concerts ! Erreur enchante-
resse !
J'aperçois l'objet de mes feux ;
L'éclat de ce séjour m'annonce une Déesse ;
Infortuné Mortel , où s'adressent tes vœux ?
Eglé,dont Hylas ignore et le nom et le
rang , lui annonce que la Souveraine de
ces lieux l'aime ; mais qu'elle ne veut pas
le contraindre , et que s'il n'est pas por-
té à répondre à son amour , les Zephirs
le transporteront où il voudra ; Hylas
consent à partir plûtôt que de renoncer
à un amour secret qu'il préfere aux offres
les plus brillantes. Voici comme il s'ex-
prime :
Que mon trouble est extréme !
En quittant ces beaux lieux , helas !
I. Vol.
Je
JUIN.
1737
Je fuis ce que je n'aime pas ;
Mais je m'arrache à ce que j'aime.
1195
Eglé , l'ayant pressé de s'expliquer ,
et cette explication étant telle qu'elle la
souhaite,elle se fait connoître à lui, et lui
offre sa main ; les Nayades célébrent cet
Hymen , et forment une Fête des plus
brillantes.
AMPHIO N. Troisiéme Entrée.
Le Théatre represente des Forêts, des
Cavernes , des Rochers ; un Camp de
Sauvages y est formé devant la Ville de
Thebes , qui paroît dans le fond à demi
ruinée. Niobe, Fille de Tantale, Roy d'un
Peuple Sauvage , commence cette der-
niere Entrée au Lever de l'Aurore ; elle
se plaint de ce que le jour qui va renaî--
tre sera le dernier d'Amphion qu'elle
aime.
Amphion vient pour chercher Niobe,
qu'il aime. Cette Princesse , après des re-
grets reciproques , lui fait connoître son
amour. Elle le quitte après un avey si
satisfaisant pour lui , et le prie de se dé-
rober à la colere de son Pere , dont elle
desavoue la cruauté. Amphion , charmé
de l'aveu qu'il vient d'entendre , fait un
Monologue dont la Musique et les Vers
I.Vol
Gy sont
1196 MERCURE DE FRANCE
sont généralement aplaudis. Voici quel-
ques-uns des Vers.
Niobe répond à ma flamme ;
Je goûte un sort digne des Dieux
Naissez des transports de mon ame
"
Naissez , Accords harmonieux , &c.
Formez-vous , Murs Thébains, naissez , fameux
Remparts ,
Nouveaux témoins de ma victoire ;
Aux Stécles à venir transmettez ma mémoires
D'un Ennemi barbare effrayez les regards.
Les vœux et l'espoir d'Amphion sont
comblés ; les Remparts de Thebes s'éle-
vent aux accents de sa Voix et de sa Ly-
re. Tantale en est si étonné qu'il vient
offrir la paix à un Roy qui semble com
mander à la Nature ; instruit de son
amour pour sa Fille ,
il consent que
Hymen soit le nœud de la paix ; les Sau-
vages et les Thébains se réunissent pour
célébrer cette heureuse Fête.
Ce Ballet a été très-bien reçû du Pu-
blic ; les suffrages ont paru plus réunis
en faveur de la Musique. On convient
pourtant que le Poëme est très- bien écrit,
on y auroit souhaité un peu plus d'inte-
rt ; mais il est très difficile d'en mettre
beaucoup dans un Ballet ; ce genre de
I. Vel
leur
Piece
pour
JUIN.
1737
1197
Piece semble plûtôt fait pour l'esprit que
le cœur , et d'ailleurs , les Danses
en occupent les deux tiers. Des trois En-
trées , la seconde a paru la plus inte
ressante du côté du Poëte , quoiqu'on
l'ait trouvée la moins convenable au Ti-
tre; la derniere a paru faire le plus d'hon-
neur au Musicien , et on peut
et on peut dire que
l'Harmonie y a été veritablement triom-
plante.
Le 16. Juin on donna la dix- septiéme
Representation de ce Ballet , et le 13.
on remit au Théatre celui des Amours
des Dieux, composé d'un Prologue et de
quatre Entrées , qu'on avoit donné pour
la premiere fois le 14. Septembre 1727.
et que le Public avoit reçû avec satisfac-
tion. Le Poëme est de M. Fuzelier , et la
Musique de M. Mouret. Cet Opera ,
qui est parfaitement bien remis , a été
reçû avec les mêmes aplaudissemens que
dans sa nouveauté ; nous nous dispen-
sons d'en donner un Extrait , l'ayant dé-
ja donné dans le Mercure de Septembre
1727. p. 2076.
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Résumé : Le Jeudi 9. May on donna sur le Théatre de l'Opera la premiere Representation du Triomphe de l'Harmonie Ballet Héroïque, par Mrs L. et Grenet.
Le 9 mai, la première représentation du ballet héroïque 'Le Triomphe de l'Harmonie' a eu lieu au Théâtre de l'Opéra, composé par les maîtres L. et Grenet. Inspiré de la légende d'Amphion, ce ballet a suscité des critiques pour son manque de crédibilité, notamment l'idée que l'harmonie puisse influencer des éléments inanimés. Le prologue met en scène la Paix, l'Amour et l'Harmonie célébrés par les peuples. Le ballet se compose de trois entrées distinctes. La première entrée relate l'histoire d'Orphée aux Enfers, où sa musique apaise les Démons et les Furies, émouvant même Pluton. Grâce à sa musique, Orphée obtient la libération d'Eurydice, et la scène se transforme en Champs Élysées. La deuxième entrée présente Eglé, divinité d'un fleuve, et son amour pour Hylas. Hylas est enlevé par les Zéphyrs et transporté au palais des Nymphes des Eaux, où Eglé lui révèle son amour. La troisième entrée se déroule près de Thèbes, où Niobé et Amphion confessent leur amour. Amphion souhaite construire des murs pour Thèbes afin de commémorer leur amour. Un autre ballet, 'Les Thébains', raconte comment Amphion construit les remparts de Thèbes grâce à sa voix et à sa lyre, impressionnant Tantale qui propose la paix. Bien que le poème ait été jugé manquant d'intérêt, la musique a été bien accueillie. Le 16 juin, 'Le Triomphe de l'Harmonie' a connu sa dix-septième représentation. Le 13 juin, 'Les Amours des Dieux' a été rejoué et bien reçu.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4650
p. 1198-1199
TURQUIE.
Début :
Les Lettres de Constantinople, du commencement d'Avril, portent que les difficultés survenuës [...]
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texteReconnaissance textuelle : TURQUIE.
TURQUIE.
Les Lettres de Constantinople, du commencement
d'Avril, portent que les difficultés survenuës
au sujet du lieu du Congrès,ayant été levées,
et que la Czarine qui avoit parû d'abord vouloir ·
exiger qu'il s'assemblât dans une Ville de ses Etats
ou sur les Terres d'une Puissance neutre , ayant
consenti enfin que les Conférences se tinssent à
Kudack , le Grand Seigneur a ordonné que le
Grand. Defterdar et les deux autres Ministres
Plénipotentiaires , chargés par sa Hautesse de
regler avec ceux de S. M. Cz . les conditions de
I. Paix, partissent de Constantinople le 15. Avril.
dernier.
Sa Hautesse a envoyé au Grand Visir les ins-
tructions qui lui sont nécessaires pour conduire
la négociation , et elle lui a mandé de se rendre-
Isaliska aussi- tôt après l'ouverture du Con-
grès , afin d'être à portée de diriger les démar-
ches des Ministres Plénipotentiaires de la Porte ,
at de lever les obstacles qui pouroient retarder
le succès des Conférences .
L'Ambassadeur de la République de Hollande,
lequel étoit resté à . Constantinople en attendant.
ie le Grand Seigneur prêt ses dernieres résolu-
ons par raport au projet d'accommodement
Doposé par l'Empereur, est allé joindre le G.V.
Babadagh.d'où il doit se rendre à Kudack,ainsi
que M. Dahlman , Ambassadeur et Ministre Plé-
1. Vols.
nipoten.
JUIN.
1737.
1199
nipotentiaire de l'Empereur,et lo Chevalier Faul-
kener , Ministre Plénipotentiaire du Roy de la
Grande- Bretagne , dès que les autres Ministres
qui doivent assister au Congrès, y seront arrivés.
Le départ de cet Ambassadeur et l'ordre don-
né
par le Grand Seigneur à ses Ministres Pléni-
potentiaires , ne laissent plus lieu de douter que
Sa Hautesse ne soit disposée à entrer en négo-
ciation avec la Czarine , et l'on assure que l'ou-
verture du Congrès se fera , quand même les
deux Puissances ne pouroient convenir d'aucune
condition préliminaire d'accommodement. On
craint cependant que malgré les dispositions du
Grand Seigneur à la Paix , elle ne soit difficile
à conclure , parce que la Czarine persiste dans le
dessein de ne point restituer Azoph,et que S.H.cn
cedant cette Place , court risque d'exciter le mé-
contentement de ses Sujets , et par cette raison
la Porte continue ses préparatifs de guerre avec
la même ardeur que si elle n'esperoit pas de pou-
voir terminer ses differens avec S. M. Cz.
Toutes les Troupes qui étoient en quartiers
dans la Natolie et dans d'autres Provinces d'A-
sie , sont en marche pour aller renforcer l'Ar-
mée commandée par le Grand Visir , et l'on
comptoit qu'elles arriveroient à Bender vers la
fin du mois passé. La Flore destinée pour la Mer.
Noire est composée de 200. Bâtimens , en y
comprenant six Caravelles et quinze Galeres.
Les Lettres de Constantinople, du commencement
d'Avril, portent que les difficultés survenuës
au sujet du lieu du Congrès,ayant été levées,
et que la Czarine qui avoit parû d'abord vouloir ·
exiger qu'il s'assemblât dans une Ville de ses Etats
ou sur les Terres d'une Puissance neutre , ayant
consenti enfin que les Conférences se tinssent à
Kudack , le Grand Seigneur a ordonné que le
Grand. Defterdar et les deux autres Ministres
Plénipotentiaires , chargés par sa Hautesse de
regler avec ceux de S. M. Cz . les conditions de
I. Paix, partissent de Constantinople le 15. Avril.
dernier.
Sa Hautesse a envoyé au Grand Visir les ins-
tructions qui lui sont nécessaires pour conduire
la négociation , et elle lui a mandé de se rendre-
Isaliska aussi- tôt après l'ouverture du Con-
grès , afin d'être à portée de diriger les démar-
ches des Ministres Plénipotentiaires de la Porte ,
at de lever les obstacles qui pouroient retarder
le succès des Conférences .
L'Ambassadeur de la République de Hollande,
lequel étoit resté à . Constantinople en attendant.
ie le Grand Seigneur prêt ses dernieres résolu-
ons par raport au projet d'accommodement
Doposé par l'Empereur, est allé joindre le G.V.
Babadagh.d'où il doit se rendre à Kudack,ainsi
que M. Dahlman , Ambassadeur et Ministre Plé-
1. Vols.
nipoten.
JUIN.
1737.
1199
nipotentiaire de l'Empereur,et lo Chevalier Faul-
kener , Ministre Plénipotentiaire du Roy de la
Grande- Bretagne , dès que les autres Ministres
qui doivent assister au Congrès, y seront arrivés.
Le départ de cet Ambassadeur et l'ordre don-
né
par le Grand Seigneur à ses Ministres Pléni-
potentiaires , ne laissent plus lieu de douter que
Sa Hautesse ne soit disposée à entrer en négo-
ciation avec la Czarine , et l'on assure que l'ou-
verture du Congrès se fera , quand même les
deux Puissances ne pouroient convenir d'aucune
condition préliminaire d'accommodement. On
craint cependant que malgré les dispositions du
Grand Seigneur à la Paix , elle ne soit difficile
à conclure , parce que la Czarine persiste dans le
dessein de ne point restituer Azoph,et que S.H.cn
cedant cette Place , court risque d'exciter le mé-
contentement de ses Sujets , et par cette raison
la Porte continue ses préparatifs de guerre avec
la même ardeur que si elle n'esperoit pas de pou-
voir terminer ses differens avec S. M. Cz.
Toutes les Troupes qui étoient en quartiers
dans la Natolie et dans d'autres Provinces d'A-
sie , sont en marche pour aller renforcer l'Ar-
mée commandée par le Grand Visir , et l'on
comptoit qu'elles arriveroient à Bender vers la
fin du mois passé. La Flore destinée pour la Mer.
Noire est composée de 200. Bâtimens , en y
comprenant six Caravelles et quinze Galeres.
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Résumé : TURQUIE.
En avril 1737, les difficultés concernant le lieu du Congrès entre la Turquie et la Russie ont été résolues. La czarine a accepté que les conférences se tiennent à Kudack. Le sultan ottoman a envoyé trois ministres plénipotentiaires pour négocier les conditions de paix avec la Russie. Le Grand Visir a reçu des instructions pour diriger ces négociations et se rendra à Isaliska après l'ouverture du Congrès. Les ambassadeurs de Hollande, de Russie et de Grande-Bretagne se dirigeront également vers Kudack. Cette décision montre la volonté du sultan de négocier avec la czarine, même sans conditions préliminaires. Cependant, la paix semble difficile à conclure car la czarine refuse de restituer Azoph, ce qui pourrait mécontenter les sujets du sultan. En conséquence, la Turquie continue ses préparatifs militaires, mobilisant des troupes en Anatolie et en Asie pour renforcer son armée à Bender. La flotte destinée à la mer Noire compte 200 bâtiments, incluant six caravelles et quinze galères.
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