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1051
p. 39-52
« L'Assemblée publique de l'Academie Royale des Sciences qui [...] »
Début :
L'Assemblée publique de l'Academie Royale des Sciences qui [...]
Mots clefs :
Huile, Sang, Liqueurs, Vaisseaux, Sécrétion, Corps, Médecine, Animaux, Académie royale des sciences
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texteReconnaissance textuelle : « L'Assemblée publique de l'Academie Royale des Sciences qui [...] »
L'Assemblée publique de
l'Academie Royale des
Sciencesqui se devoit tenir
le Mercredy i;c Avril, ne
se tint point & fut remise au
Mercredy 22e. Elle sur ouverte
par l'Eloge que Mr de
Fontenellefit deMr Guilelmini
Associé étranger de
cette Academie, & mort
depuis peu.
MrMarchand lut ensuite
quelques observations qu'il
avoit faites sur la nature des
Plantes & sur quelques unes
de leurs parties cachées.
Mr de Reaumur traita
ensuite des différentes manieres
dont plusieurs animaux
de mer s'attachent
au sable, aux pierres, ou les
uns aux autres.
Enfin Mr Vinflon Medecin
de la Faculté de Paris
,
reçu depuis peu à l'Academieen
qualitéd'Anatomiste
, satisfità l'obligation où
sont les nouveaux Academiciens
de payer leur bienvenuë
dans une Assemblée
publique, par un Discours
qu'illut touchant la maniere
dont se fait la secretion
dans les glandes des animaux.
Il ex posad'abord ce qu'il
entendoit par fecrction
,
il dit, que le corps humain
estoit arrosé par un grand
nombrede différentes liqueurs
outre le fang, que
la pluspart de ces liqueurs
prenoient leur origine du
sang, quelle s'en separoient
dans des organes particuliers
qu'on nommoit Glandes;
& que cette separation ou
cribration des liqueurs d'avec
le fang se nommoic
Secretion.
Il exposa les differents
sentiments des Philosophes
touchant la maniere donc
se faisoit cette secretion ;
& aprés avoir rejetté les
Facul rez des Anciens les,
ferments,& la configuration
des pores des modernes
,
il dit, que ceux ,
qui
avoient le mieux raisonné
sur cela, estoient quelques
uns des modernes, qui
avoient comparé les secretions
dans les glandes, aux
philtrations des Chymistes,
il rapporta sur cela deux
experiences des Chymistes,
La premiere qu'ayant une
fois imbibé un papier broüillard
d'eau ou d'huile, si
l'on ver se sur ce papier un
mélange d'huile & d'eau
,
il ne pane au travers du papier
que celle des deux liqueurs
dont il a estéimbibé,
l'autre demeurant dessus.
La seconde que si on met
dans un vase de l'huile & de
l'eau meslées ensemble
,
si
l'on trempe des méches de
cotton, ou des languetres
de drap les unes dans l'huile
& les autres dans l'eau
que l'on place ces méches
ou languettes sur le bord'
du vaisseau en maniere de
siphon
,
ensorte qu'un de
leurs bouts trempe dans la
liqueur & l'autre pende
dehors, celles qui seront
imbibées d'huile distilleront
de l'hüile,& celles qui seront
imbibées d'eau ne disstilleront
que de l'eau.
Fondésur ces ex periences
il établit avec les nouveaux
Philosophes uneimbibition
pour catife de la secretion.
Ce sentiment n'avoit esté
jusquesicy qu'une fuppofirion
donc on s'estoit conten.
té faute de mieux; mais
comme un Philosophe &
surtout un Philosophe Medecin
ne doit pas se contenter
de simples con jectures
dans une affaire aussi importante
que celles des [cerc.
tions pour toute l'oeconomie
animale &pour les
consequences que l'on en
peut tirer dans la pratique
de la Medecine, Mr
Vinslon a cherché dans la
nature même la verité, il
a parcouru toutes les glandes
du corps humain, &
celles du corps de differents
animaux, & enfin après une
longue recherche il a reconnu
que les glandes estoient
des pelotons de vaisseaux,
qu'il nomme Secretoires
,
à
cause de leur usage
, que
ces vaisseaux sont remplis
d'une espece de velouté
ou duvet,- capable defaire
le même effet que le
tissu filamenteux du drap,
du cotton, ou du papier,
&ila promis dele faire voir
dans toutes les glandes du
corps de l'homme ou des
animaux.
Il dit que le sang est porté
par les arteres dans les glandes
, que l'artere se divise
en une infinité de petits
rameaux d'une extrême si..
nesse qui se recourbent en.
fuite & se reünissent pour
sortir des glandes fous le
nom de veines, que c'est
dans cescourbures que s'abouchent
ces vaisseaux fccretoires,
qui le reünissent
aussi en un seul canal qu'il
nomme Excretoire
, parce
qu'il porte hors de la glande
le suc qui s'y est philtré. Ces
glandes ou vaisseaux secretoiresont,
dit-il,esté imbibez
dés la premicre conformation
du foetus, des liqueursqu'elles
devoientphiltrer,
en sorte que le fang qui
arrive par l'artere se divifc
infiniment dans tous ces
petits rameaux;de maniere
que ses molecules font obligées
en quel ques maniere
de défiler une à une dans
leur
leurscourbures
,
où les
molecules qui sont de la
nature de celles des canaux
secretoires sont imbibez,
entrent dans ces canaux.
pendant que les autres pasfant
par dessus sans sy mesler,
roulent jufqucs dans les
veines.
Mr Vinslon dit qu'illaissoitaux
Physiciens à rendre
raison de ce fait,aussibien
que de la philtration des
Chymistes,& qu'il secontentoit
d'avoir reconnu la
verité sans en chercher la
raison.
Le temps ne luy permit
pas d'expliquerbeaucoup de
choses par rapport aux secretions,
par exemple, quel
est l'usage des nerfs&des
vaisseauxlymphatiques des
glandes, qu'elle doit estre
la disposition du sangpour
les differentes secretions , &c. ce qu'il doit donner
dans des Mémoires particu-,
liers.
Mr Vinslonest originairement
Danois. & parent- dvi;
fameux Mr Renon
,
il,
avoit esté élevé dansla Religion
de son Pays. Le Roy
de Dannemarck l'avoit envoyé
en France pour s'y
induire dans toutes les
parties de la Medecine; Il
luy payoit icy ses pensions,
1" & luy avoit promis de luy
donner ensuite une Chaire
de Professeur à Copenhague
Le hazardl'ayant fait connoisstre
de feu Mr l'Evêque
[de Meaux qui reconnut dans ce jeune homme un grand
» fonds de bonnes moeurs &
de Religion,cePrelatentreprit
de le convertir ; ce
jeune homme aprésavoit
long. temps combattu (e
rendit enfin aux solides raisons
du Prélat & sitoiti.
qu'il fut convaincu, il oubIia,
pour se convertir lax*
fortune qui l'attendoit enri
Dannemarck
,
& les biens
que sa famille & luy y pof-.-
sedoient atruellement ; enn
effet le Roy de Dannemarck
supprima aussi-tost ses pen--J
sions, l'interdit de tous ses
biens & le proserivit de sonn
pays; tout cela n'a fait que
l'affermir davantagedans
la veritableReligion, dans
laquelle on peut le regardera
comme un modele de pieté
l'Academie Royale des
Sciencesqui se devoit tenir
le Mercredy i;c Avril, ne
se tint point & fut remise au
Mercredy 22e. Elle sur ouverte
par l'Eloge que Mr de
Fontenellefit deMr Guilelmini
Associé étranger de
cette Academie, & mort
depuis peu.
MrMarchand lut ensuite
quelques observations qu'il
avoit faites sur la nature des
Plantes & sur quelques unes
de leurs parties cachées.
Mr de Reaumur traita
ensuite des différentes manieres
dont plusieurs animaux
de mer s'attachent
au sable, aux pierres, ou les
uns aux autres.
Enfin Mr Vinflon Medecin
de la Faculté de Paris
,
reçu depuis peu à l'Academieen
qualitéd'Anatomiste
, satisfità l'obligation où
sont les nouveaux Academiciens
de payer leur bienvenuë
dans une Assemblée
publique, par un Discours
qu'illut touchant la maniere
dont se fait la secretion
dans les glandes des animaux.
Il ex posad'abord ce qu'il
entendoit par fecrction
,
il dit, que le corps humain
estoit arrosé par un grand
nombrede différentes liqueurs
outre le fang, que
la pluspart de ces liqueurs
prenoient leur origine du
sang, quelle s'en separoient
dans des organes particuliers
qu'on nommoit Glandes;
& que cette separation ou
cribration des liqueurs d'avec
le fang se nommoic
Secretion.
Il exposa les differents
sentiments des Philosophes
touchant la maniere donc
se faisoit cette secretion ;
& aprés avoir rejetté les
Facul rez des Anciens les,
ferments,& la configuration
des pores des modernes
,
il dit, que ceux ,
qui
avoient le mieux raisonné
sur cela, estoient quelques
uns des modernes, qui
avoient comparé les secretions
dans les glandes, aux
philtrations des Chymistes,
il rapporta sur cela deux
experiences des Chymistes,
La premiere qu'ayant une
fois imbibé un papier broüillard
d'eau ou d'huile, si
l'on ver se sur ce papier un
mélange d'huile & d'eau
,
il ne pane au travers du papier
que celle des deux liqueurs
dont il a estéimbibé,
l'autre demeurant dessus.
La seconde que si on met
dans un vase de l'huile & de
l'eau meslées ensemble
,
si
l'on trempe des méches de
cotton, ou des languetres
de drap les unes dans l'huile
& les autres dans l'eau
que l'on place ces méches
ou languettes sur le bord'
du vaisseau en maniere de
siphon
,
ensorte qu'un de
leurs bouts trempe dans la
liqueur & l'autre pende
dehors, celles qui seront
imbibées d'huile distilleront
de l'hüile,& celles qui seront
imbibées d'eau ne disstilleront
que de l'eau.
Fondésur ces ex periences
il établit avec les nouveaux
Philosophes uneimbibition
pour catife de la secretion.
Ce sentiment n'avoit esté
jusquesicy qu'une fuppofirion
donc on s'estoit conten.
té faute de mieux; mais
comme un Philosophe &
surtout un Philosophe Medecin
ne doit pas se contenter
de simples con jectures
dans une affaire aussi importante
que celles des [cerc.
tions pour toute l'oeconomie
animale &pour les
consequences que l'on en
peut tirer dans la pratique
de la Medecine, Mr
Vinslon a cherché dans la
nature même la verité, il
a parcouru toutes les glandes
du corps humain, &
celles du corps de differents
animaux, & enfin après une
longue recherche il a reconnu
que les glandes estoient
des pelotons de vaisseaux,
qu'il nomme Secretoires
,
à
cause de leur usage
, que
ces vaisseaux sont remplis
d'une espece de velouté
ou duvet,- capable defaire
le même effet que le
tissu filamenteux du drap,
du cotton, ou du papier,
&ila promis dele faire voir
dans toutes les glandes du
corps de l'homme ou des
animaux.
Il dit que le sang est porté
par les arteres dans les glandes
, que l'artere se divise
en une infinité de petits
rameaux d'une extrême si..
nesse qui se recourbent en.
fuite & se reünissent pour
sortir des glandes fous le
nom de veines, que c'est
dans cescourbures que s'abouchent
ces vaisseaux fccretoires,
qui le reünissent
aussi en un seul canal qu'il
nomme Excretoire
, parce
qu'il porte hors de la glande
le suc qui s'y est philtré. Ces
glandes ou vaisseaux secretoiresont,
dit-il,esté imbibez
dés la premicre conformation
du foetus, des liqueursqu'elles
devoientphiltrer,
en sorte que le fang qui
arrive par l'artere se divifc
infiniment dans tous ces
petits rameaux;de maniere
que ses molecules font obligées
en quel ques maniere
de défiler une à une dans
leur
leurscourbures
,
où les
molecules qui sont de la
nature de celles des canaux
secretoires sont imbibez,
entrent dans ces canaux.
pendant que les autres pasfant
par dessus sans sy mesler,
roulent jufqucs dans les
veines.
Mr Vinslon dit qu'illaissoitaux
Physiciens à rendre
raison de ce fait,aussibien
que de la philtration des
Chymistes,& qu'il secontentoit
d'avoir reconnu la
verité sans en chercher la
raison.
Le temps ne luy permit
pas d'expliquerbeaucoup de
choses par rapport aux secretions,
par exemple, quel
est l'usage des nerfs&des
vaisseauxlymphatiques des
glandes, qu'elle doit estre
la disposition du sangpour
les differentes secretions , &c. ce qu'il doit donner
dans des Mémoires particu-,
liers.
Mr Vinslonest originairement
Danois. & parent- dvi;
fameux Mr Renon
,
il,
avoit esté élevé dansla Religion
de son Pays. Le Roy
de Dannemarck l'avoit envoyé
en France pour s'y
induire dans toutes les
parties de la Medecine; Il
luy payoit icy ses pensions,
1" & luy avoit promis de luy
donner ensuite une Chaire
de Professeur à Copenhague
Le hazardl'ayant fait connoisstre
de feu Mr l'Evêque
[de Meaux qui reconnut dans ce jeune homme un grand
» fonds de bonnes moeurs &
de Religion,cePrelatentreprit
de le convertir ; ce
jeune homme aprésavoit
long. temps combattu (e
rendit enfin aux solides raisons
du Prélat & sitoiti.
qu'il fut convaincu, il oubIia,
pour se convertir lax*
fortune qui l'attendoit enri
Dannemarck
,
& les biens
que sa famille & luy y pof-.-
sedoient atruellement ; enn
effet le Roy de Dannemarck
supprima aussi-tost ses pen--J
sions, l'interdit de tous ses
biens & le proserivit de sonn
pays; tout cela n'a fait que
l'affermir davantagedans
la veritableReligion, dans
laquelle on peut le regardera
comme un modele de pieté
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Résumé : « L'Assemblée publique de l'Academie Royale des Sciences qui [...] »
L'Assemblée publique de l'Académie Royale des Sciences, initialement prévue le 11 avril, a été reportée au 22 avril. La séance a commencé par l'éloge de Monsieur Guillelmini, un associé étranger récemment décédé, prononcé par Monsieur de Fontenelle. Monsieur Marchand a ensuite présenté des observations sur la nature des plantes et certaines de leurs parties cachées. Monsieur de Reaumur a traité des différentes manières dont certains animaux marins s'attachent au sable, aux pierres ou les uns aux autres. Monsieur Vinflon, médecin de la Faculté de Paris et nouvellement reçu à l'Académie en qualité d'anatomiste, a prononcé un discours sur la sécrétion dans les glandes des animaux. Il a défini la sécrétion comme la séparation des liquides du sang dans des organes particuliers appelés glandes. Après avoir rejeté les explications des Anciens et des modernes, il a comparé les sécrétions glandulaires aux filtrations des chimistes, illustrant cela par deux expériences. Fondé sur ces expériences, il a proposé l'imbibition comme mécanisme de la sécrétion, une hypothèse jusqu'alors non vérifiée. Monsieur Vinflon a exploré les glandes du corps humain et de différents animaux, découvrant que les glandes sont des pelotons de vaisseaux sécrétoires remplis d'une substance similaire au duvet. Le sang, apporté par les artères, se divise en petits rameaux qui se recourbent et se réunissent pour sortir des glandes sous forme de veines. Les molécules du sang, en passant par ces courbures, sont imbibées par les vaisseaux sécrétoires, tandis que les autres molécules continuent leur chemin vers les veines. Originaire du Danemark et parent de Monsieur Renon, Monsieur Vinflon avait été envoyé en France par le roi de Danemark pour étudier la médecine. Converti au christianisme grâce à l'évêque de Meaux, il a renoncé à sa fortune et aux biens qu'il possédait dans son pays natal. Le roi de Danemark a supprimé ses pensions et l'a proscrit, mais cela n'a fait que renforcer sa foi.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1052
p. 54-56
Livre nouveau. [titre d'après la table]
Début :
Le plus grand dessein qu'on puisse avoir en Medecine, [...]
Mots clefs :
Médecine, Médecin
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Livre nouveau. [titre d'après la table]
Le plus grand dessein
qu'on puisse avoir en
Medecine;c'est d'accorderensemble
leraisonnement
& l'experience. Il
est rare de trouver éminemment
ces deux parties
dans un Medecin;
assez souvent ceux qui
raisonnent beaucoup,
guerissent peu:tout bien
consideré, je choisirois
pourtant ceux qui parlentmieuxpuisqu'ils
fça-
4 vent au moins guerir l'i- ::
magination du malade;
c'estl'effet le plus sur
d'une science si incertaine.
Le sieur Chambon 3
cy-devant premier Medecin
de Jean Sobieski,
cy-devant Roy de Pologne
, a donnédepuis
peu au Public un Livre
intitulé, Principes de
Physique rapportez à la
Medecine; dés que ce
Livre a paru, il s'est
attiré autant de reputa.
tion
, que l'Auteur s'en
est acquis dés les premieres
années qu'il a
exercé fbn Arc dans
Paris.
Ce Livre se vend chez la
Veuve Jombert
,
sur le Cc.
cond Perron de la Sainte
Chapelle, au Palais.
qu'on puisse avoir en
Medecine;c'est d'accorderensemble
leraisonnement
& l'experience. Il
est rare de trouver éminemment
ces deux parties
dans un Medecin;
assez souvent ceux qui
raisonnent beaucoup,
guerissent peu:tout bien
consideré, je choisirois
pourtant ceux qui parlentmieuxpuisqu'ils
fça-
4 vent au moins guerir l'i- ::
magination du malade;
c'estl'effet le plus sur
d'une science si incertaine.
Le sieur Chambon 3
cy-devant premier Medecin
de Jean Sobieski,
cy-devant Roy de Pologne
, a donnédepuis
peu au Public un Livre
intitulé, Principes de
Physique rapportez à la
Medecine; dés que ce
Livre a paru, il s'est
attiré autant de reputa.
tion
, que l'Auteur s'en
est acquis dés les premieres
années qu'il a
exercé fbn Arc dans
Paris.
Ce Livre se vend chez la
Veuve Jombert
,
sur le Cc.
cond Perron de la Sainte
Chapelle, au Palais.
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Résumé : Livre nouveau. [titre d'après la table]
Le texte évoque l'idéal médical de combiner raisonnement et expérience, soulignant la rareté des médecins excellant dans ces deux domaines. Les médecins raisonneurs guérissent moins mais apaisent l'imagination des malades. Il mentionne le livre 'Principes de Physique rapportez à la Médecine' de Chambon, ancien médecin de Jean Sobieski, rapidement célèbre à Paris. Le livre est disponible chez la Veuve Jombert, au Palais.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1053
p. 56-60
ANTIQUITEZ.
Début :
On a découvert au mois de Mars dernier des monumens [...]
Mots clefs :
Académie royale des inscriptions et médailles, Pierre, Église de Notre-Dame de Paris, Antiquité
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ANTIQUITEZ.
ANTIQVÎTEZ.
Ona découvert au mois
de Mars dernier des monumens
d'Antiquité dansl'Eglisede
Notre-Dame dcP-aris
: la nouvelledécoration
duChoeur,oùl'ont ravaille,
a donné occasion de construireune
Cave pour lasépulture
des Archevêques:
aprés avoir creusé la terre
jusqu'à quinze pieds de profondeur,
on trouva dans les
fondemens d'un vieux mur,
plusieurs grandes pierres
quarrées ornées de bas-reliefs,
avec une Inscription,
qui marque que fous le Regne
de Tibere la Communauté
des Batteliers Parisiens
aconstruil un Autel à
Jupiter.
TIB.CÆSAREAUG.
JOVIOPTUMO MAXSUMO
NAUTÆ PARISIACI
PUBLICE POSIERUNT.
Sur les autres faces de cette
pierre, sont desfigures d'hommes
armez de lances & de boucliers
, entre plusieurs caracteres
,
qui sont gravez sur les
rebords de la pierre, & qui
laplupart sont effacez; on lit
d'un côté, F-uitisEsd'un
autre, SENANI.
Sur les deux faces d'une att.
tre pierre on voit en bas-relief,
la figure d'un Vulcain,
& d'un Jupiter avec ces mocs:
VOLCANUSJOVIS. Sur une autre
face estcelle d'unhomme,
qui frappe un arbre avec une
coignée:au-dessus on lit, Esus;
&sur la quatriéme face, sont
trois oiseaux posez sur le corps
d'un Taureau ; on lit au-dessus,
TARVOS TRIGARANUS.
Sur les quatre faces d'une
troisiéme pierre, on voit les
figures de Castor, de Pollux,
d'un homme qui combat contre
un Serpent, & d'un Vieillard
ayant deux grosses cornes
à la telle, au-deuus duquel
on lit, CERNUNNOS.
| Il y a de quoy exercer la
curiosité des Antiquaires:
Monsieur Baudelot, & Monsieur
Moreau de Mautour,
de l'Acacemie Royalle des
Inscriptions, ont travaillé sur
ces monumens ; quand je
sçauray ce qu'ils ont pensé &
écrit là-dessus,j'en feray part
auPublic.
Ona découvert au mois
de Mars dernier des monumens
d'Antiquité dansl'Eglisede
Notre-Dame dcP-aris
: la nouvelledécoration
duChoeur,oùl'ont ravaille,
a donné occasion de construireune
Cave pour lasépulture
des Archevêques:
aprés avoir creusé la terre
jusqu'à quinze pieds de profondeur,
on trouva dans les
fondemens d'un vieux mur,
plusieurs grandes pierres
quarrées ornées de bas-reliefs,
avec une Inscription,
qui marque que fous le Regne
de Tibere la Communauté
des Batteliers Parisiens
aconstruil un Autel à
Jupiter.
TIB.CÆSAREAUG.
JOVIOPTUMO MAXSUMO
NAUTÆ PARISIACI
PUBLICE POSIERUNT.
Sur les autres faces de cette
pierre, sont desfigures d'hommes
armez de lances & de boucliers
, entre plusieurs caracteres
,
qui sont gravez sur les
rebords de la pierre, & qui
laplupart sont effacez; on lit
d'un côté, F-uitisEsd'un
autre, SENANI.
Sur les deux faces d'une att.
tre pierre on voit en bas-relief,
la figure d'un Vulcain,
& d'un Jupiter avec ces mocs:
VOLCANUSJOVIS. Sur une autre
face estcelle d'unhomme,
qui frappe un arbre avec une
coignée:au-dessus on lit, Esus;
&sur la quatriéme face, sont
trois oiseaux posez sur le corps
d'un Taureau ; on lit au-dessus,
TARVOS TRIGARANUS.
Sur les quatre faces d'une
troisiéme pierre, on voit les
figures de Castor, de Pollux,
d'un homme qui combat contre
un Serpent, & d'un Vieillard
ayant deux grosses cornes
à la telle, au-deuus duquel
on lit, CERNUNNOS.
| Il y a de quoy exercer la
curiosité des Antiquaires:
Monsieur Baudelot, & Monsieur
Moreau de Mautour,
de l'Acacemie Royalle des
Inscriptions, ont travaillé sur
ces monumens ; quand je
sçauray ce qu'ils ont pensé &
écrit là-dessus,j'en feray part
auPublic.
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Résumé : ANTIQUITEZ.
En mars dernier, des monuments antiques ont été découverts dans l'église Notre-Dame de Paris lors de la rénovation du chœur. La construction d'une cave pour les sépultures des archevêques a révélé des pierres ornées de bas-reliefs et d'inscriptions. Une inscription indique que sous le règne de Tibère, la communauté des bateliers parisiens a érigé un autel à Jupiter. Les pierres portent des représentations de Vulcain, Jupiter, Esus, Tarvos Trigaranus, Castor, Pollux, un homme combattant un serpent, et Cernunnos. Des caractères partiellement effacés, tels que 'F-uitis' et 'SENANI', sont également présents. Les antiquaires Monsieur Baudelot et Monsieur Moreau de Mautour de l'Académie Royale des Inscriptions ont étudié ces monuments. Les résultats de leurs recherches seront partagés ultérieurement.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1054
p. 80-82
Services pour feu Monseigneur. [titre d'après la table]
Début :
Le zele des François pour Monseigneur le Dauphin égale leur [...]
Mots clefs :
Dauphin
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Services pour feu Monseigneur. [titre d'après la table]
Le zele des François.
pour MonseigneurleDairphin
égale leur affliction
pour la perte d'unsi grand
Prince. Le nombre des
prieres & des Services
qu'on fait pour Iuy1 estsi
grande tant à Paris que
dans les Provinces, que
toutece VolumenefufBrok
pas pour placer les mémoires
qu,'onm'e, nenvoye.
On prépare ausside
tous costez des Oraisons
Funebres. La premiere
qu'on air faite dans Parisa
este prononcée par Mr
delaPause-Margon.Quoiqu'il
ne soit âgé que de21.
an,cette Piece d'Eloquenceaestétrouvée
dignedes
Orateurs les plus consomniez
& les plus célèbres:
Mr l'Abbé de la Paufe est:
£ls de Mr de Màrgorr,
Brigadier des Armées du-
Roy de Lis-uten-aiu deRoy
de la Province de
Languedoc.
pour MonseigneurleDairphin
égale leur affliction
pour la perte d'unsi grand
Prince. Le nombre des
prieres & des Services
qu'on fait pour Iuy1 estsi
grande tant à Paris que
dans les Provinces, que
toutece VolumenefufBrok
pas pour placer les mémoires
qu,'onm'e, nenvoye.
On prépare ausside
tous costez des Oraisons
Funebres. La premiere
qu'on air faite dans Parisa
este prononcée par Mr
delaPause-Margon.Quoiqu'il
ne soit âgé que de21.
an,cette Piece d'Eloquenceaestétrouvée
dignedes
Orateurs les plus consomniez
& les plus célèbres:
Mr l'Abbé de la Paufe est:
£ls de Mr de Màrgorr,
Brigadier des Armées du-
Roy de Lis-uten-aiu deRoy
de la Province de
Languedoc.
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Résumé : Services pour feu Monseigneur. [titre d'après la table]
Suite à la perte d'un grand prince, les Français manifestent leur affliction et leur zèle par de nombreuses prières et services religieux à Paris et en province. La première oraison funèbre à Paris a été prononcée par Monsieur de la Pause-Margon, âgé de 21 ans, fils de Monsieur de Margon, brigadier des armées du roi et lieutenant du roi en Languedoc. Cette oraison a été jugée digne des orateurs les plus expérimentés.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1055
p. 97-98
NOUVELLES.
Début :
Aprés vous avoir donné des Nouvelles à l'ordinaire, j' [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : NOUVELLES.
NOVVELLES. r.», - -:,..¿"A '< -•- - ji prés vous avoir
donnédes Nouvelles à
l'ordinaire, j'ai cru qu'un
Journal traduit de plusieurs
Lettres Espagnoles,
feroit plaisir à ceux
qui rassemblent les morceaux
les plus curieux 6C
les plus exacts, pour
composerune fuitehifterique
des Nouvelles de
chaque espece
, ce qui
est le but principal que,,
je me suis proposé en divisant
mon Mercure en
quatre Parties; ensorte
qu'y joignant ensemble
les Nouvelles de differents
mois,on peut avoir
un Journal suivi de ce
qui s'est passé pendant
toutel'Année.
donnédes Nouvelles à
l'ordinaire, j'ai cru qu'un
Journal traduit de plusieurs
Lettres Espagnoles,
feroit plaisir à ceux
qui rassemblent les morceaux
les plus curieux 6C
les plus exacts, pour
composerune fuitehifterique
des Nouvelles de
chaque espece
, ce qui
est le but principal que,,
je me suis proposé en divisant
mon Mercure en
quatre Parties; ensorte
qu'y joignant ensemble
les Nouvelles de differents
mois,on peut avoir
un Journal suivi de ce
qui s'est passé pendant
toutel'Année.
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Résumé : NOUVELLES.
L'auteur décide de traduire un journal espagnol pour enrichir ses nouvelles. Il vise à satisfaire les lecteurs collectionnant des informations précises pour une chronique historique. Son journal, 'Mercure', est structuré en quatre parties pour offrir une vue d'ensemble des événements annuels.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1056
p. 71-73
CHANSONS.
Début :
Plusieurs personnes ont pretendu que l'ancienneté de quelquesunes [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CHANSONS.
CHANSONS. pLusieurs personnes
ont pretendu que
l'ancienneté de quelquesunes
de mes Chan..
fons devoit les exclure
d'un livre destiné aux
nouveautez ,
je les ay
retranchées avec docilité
, cette même docilité
m'oblige de contenter
d'autres personnes
qui m'en redemandent,
si quelqu'un me conseille
dans la fuite de
n'en plus donner, peutestre
ferai- je encore docile,
je voudrois pourtant
bien qu'on me laissa
la liberté de mettre
à : couvert de l'oubly
quantitéde petits morceaux
qui se perdront
aisément dans mes porte-
feüilles & dans ma
memoire. Quoyque la
Chanson suivante ne
soit la sçaitpourtant fort
mal, puifqu'on l'a estropiée
chez Ballard;
la voici en original avec
deux Couplets nouveaux.
ont pretendu que
l'ancienneté de quelquesunes
de mes Chan..
fons devoit les exclure
d'un livre destiné aux
nouveautez ,
je les ay
retranchées avec docilité
, cette même docilité
m'oblige de contenter
d'autres personnes
qui m'en redemandent,
si quelqu'un me conseille
dans la fuite de
n'en plus donner, peutestre
ferai- je encore docile,
je voudrois pourtant
bien qu'on me laissa
la liberté de mettre
à : couvert de l'oubly
quantitéde petits morceaux
qui se perdront
aisément dans mes porte-
feüilles & dans ma
memoire. Quoyque la
Chanson suivante ne
soit la sçaitpourtant fort
mal, puifqu'on l'a estropiée
chez Ballard;
la voici en original avec
deux Couplets nouveaux.
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Résumé : CHANSONS.
Un livre de nouveautés suscite une controverse sur l'inclusion de chansons anciennes. L'auteur retire certaines chansons suite à des critiques mais souhaite en conserver d'autres pour éviter leur oubli. Il mentionne une chanson mal connue en raison de modifications chez Ballard et la présente dans sa version originale avec deux couplets nouveaux.
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1057
p. 73-79
Chanson à boire.
Début :
Le Vin nous fait parler & le Vin nous fait taire, [...]
Mots clefs :
Vin
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Chanson à boire.
Chanson à boire.
w
T JL E Vin nous faitparler&
le Vin nous
fait taire,
Le silence à longs traits
s'avale avec le Vin,
Et le caquetse trouve au
fond du verre,
Dés quon le voit onjaze
comme une commere
De la v01fineduvoisIn;
De la cousine ~& du coufin,
Du galand homme ~&
dusaquin,
Et d'Alexandre, &
d'Arlequin,
De Jupiter si) de Catin,
JÎditu pudeur, adieu
pnyeere.,
Vite, vîte, vue> pour
me faire taire
Remprjfè'Z.J mon verre,
On ne dit mot pendant
qu'on boit,
Le vin m'a faitparler,
& le vinmafait
taire.
Couplet nouveau.
LF Vin nousfaitparler
~st) le Vin nous
fait taire,
Lors qu'à table un (Çavant
s apperçoit a propos
Quun esprit naturel va
le confondre,
S'ily répond par boire,
il rij peut mieux
répondre,
jMiais si*buvant plu*
qzlil ne faut,
Il veut prouver par de
grands mots
Que les modernes sont
des fOss,
Qjie les anciens sont
sans deffaut,
Que tour les secrets du
tres-baut
Sont developpez dans
Homtre
,
Viste, viste, viste, pour
le faire taire
Remplissezson verre,
Qu'il a d'esprit pendant
qu'il boit,
Le Vin l'a faitparler,
& le Fin le fait taire.
Couplet nouveau. -
LE Vin nom faitparler&
le Vinnous
fait taire,
En fi/cnee une prude, à
petits coups, boira,
Mau sivousremplißez
souvent son verre,
LaCharité bien-tost
émeutsa bile amere,
Par Zjele pur elledira:
!¿y'en Mariage celle-là
à son Mary rien
n'apporta,
Qtie cependant ce Marylà
Tient d'elle tout le bien
qu'il a,
Puisque par elle il le tira
D'unriche noble dont le
Pere ,
Viste,viste ,t'{}if/e,pour
la faire taire,
HemplifleZj son verre,
On ne médit point quand
on boit,
Le Vin l'a fait parler,
&le Vtn l'a fait taire.
w
T JL E Vin nous faitparler&
le Vin nous
fait taire,
Le silence à longs traits
s'avale avec le Vin,
Et le caquetse trouve au
fond du verre,
Dés quon le voit onjaze
comme une commere
De la v01fineduvoisIn;
De la cousine ~& du coufin,
Du galand homme ~&
dusaquin,
Et d'Alexandre, &
d'Arlequin,
De Jupiter si) de Catin,
JÎditu pudeur, adieu
pnyeere.,
Vite, vîte, vue> pour
me faire taire
Remprjfè'Z.J mon verre,
On ne dit mot pendant
qu'on boit,
Le vin m'a faitparler,
& le vinmafait
taire.
Couplet nouveau.
LF Vin nousfaitparler
~st) le Vin nous
fait taire,
Lors qu'à table un (Çavant
s apperçoit a propos
Quun esprit naturel va
le confondre,
S'ily répond par boire,
il rij peut mieux
répondre,
jMiais si*buvant plu*
qzlil ne faut,
Il veut prouver par de
grands mots
Que les modernes sont
des fOss,
Qjie les anciens sont
sans deffaut,
Que tour les secrets du
tres-baut
Sont developpez dans
Homtre
,
Viste, viste, viste, pour
le faire taire
Remplissezson verre,
Qu'il a d'esprit pendant
qu'il boit,
Le Vin l'a faitparler,
& le Fin le fait taire.
Couplet nouveau. -
LE Vin nom faitparler&
le Vinnous
fait taire,
En fi/cnee une prude, à
petits coups, boira,
Mau sivousremplißez
souvent son verre,
LaCharité bien-tost
émeutsa bile amere,
Par Zjele pur elledira:
!¿y'en Mariage celle-là
à son Mary rien
n'apporta,
Qtie cependant ce Marylà
Tient d'elle tout le bien
qu'il a,
Puisque par elle il le tira
D'unriche noble dont le
Pere ,
Viste,viste ,t'{}if/e,pour
la faire taire,
HemplifleZj son verre,
On ne médit point quand
on boit,
Le Vin l'a fait parler,
&le Vtn l'a fait taire.
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Résumé : Chanson à boire.
La chanson à boire explore les effets du vin sur les comportements humains, en soulignant son double effet : il fait d'abord parler, puis taire. Le vin incite les gens à parler sans retenue, abordant des sujets variés, allant des proches aux figures historiques et mythologiques. Il fait perdre la pudeur, révélant des vérités cachées. Cependant, une fois le verre rempli, le silence revient. Un couplet mentionne un homme à table qui boit pour éviter d'être confondu par un esprit naturel. L'excès de boisson le pousse à affirmer la supériorité des anciens sur les modernes, mais le remplissage de son verre le fait taire. Un autre couplet parle d'une femme prude qui, en buvant, révèle des vérités amères sur son mariage, avouant que son mari doit tout son bien à sa famille noble. Le remplissage de son verre la fait taire à nouveau. En résumé, le vin est présenté comme un moyen de faire parler les gens de manière impudique ou révélatrice, mais aussi comme un moyen de les faire taire ensuite.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1058
p. 84-86
Réponse.
Début :
Selon l'étoffe qu'on lui donne, [...]
Mots clefs :
Mercure, Public
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Réponse.
Réponse.
Selon l'étoffe qu'on luy
donne,
Mercure ajuste safaçon
ji sa muse grave, ou
boufonne,
Le Public doit donner le
ton.
En effet, Seigneur
Anonime, envoyezmoy
poësies gaillardes,
eruditions badines, caprices
folâtres, joyeux
sujets d'historiettes, je
mettrai le tout joyeusement
en oeuvre.
Reveillez,''vous
,
cher
Anonime,
C'est vostresommeil qui
m'endort,
Pourpeu que voflre feu
m'anime,
Va tout, (sr je cave au
plUl fort.
Selon l'étoffe qu'on luy
donne,
Mercure ajuste safaçon
ji sa muse grave, ou
boufonne,
Le Public doit donner le
ton.
En effet, Seigneur
Anonime, envoyezmoy
poësies gaillardes,
eruditions badines, caprices
folâtres, joyeux
sujets d'historiettes, je
mettrai le tout joyeusement
en oeuvre.
Reveillez,''vous
,
cher
Anonime,
C'est vostresommeil qui
m'endort,
Pourpeu que voflre feu
m'anime,
Va tout, (sr je cave au
plUl fort.
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1059
p. 87
« Je vous entens à demy mot, je suis Auteur comme [...] »
Début :
Je vous entens à demy mot, je suis Auteur comme [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Je vous entens à demy mot, je suis Auteur comme [...] »
Je vous entens à demy
mot, je fuis Auteur
comme vous.
mot, je fuis Auteur
comme vous.
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1060
p. 88-90
« Mais si je ne me presse pas assez de placer son [...] »
Début :
Mais si je ne me presse pas assez de placer son [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Mais si je ne me presse pas assez de placer son [...] »
Mais si je ne me presse
pas assez de placer son
Ouvrage, c'est peur-être
parce qu'il s'cft trop
pressé de l'envoyer;
peut-être le sujet en est
trop sérieux; peut-être
est-iltrop gaillard;
peut-être enfin est-ce
sa faute, peut-être
aussi est-ce la mienne,
qui a tort a tort,
oublions le passé, &
eftabliffons pour l'avenir
un commerce plus
régulier,recomi-nenços
sur nouveauxfraisJene
mets rien ici de ce qu'on
m'a envoyé les mois
passez,n'en parlons plus
cela est trop vieux, je
voudrois mêmedonner
une forme nouvelle au
badinage de celui-cy,
pour bouts rimez, par
exemple: toutes les rimes
en ique & en ac:
qui sont dans Riche-
Ici.
Au lieu de réponse
à des Questions, je demande
des Conseils.
pas assez de placer son
Ouvrage, c'est peur-être
parce qu'il s'cft trop
pressé de l'envoyer;
peut-être le sujet en est
trop sérieux; peut-être
est-iltrop gaillard;
peut-être enfin est-ce
sa faute, peut-être
aussi est-ce la mienne,
qui a tort a tort,
oublions le passé, &
eftabliffons pour l'avenir
un commerce plus
régulier,recomi-nenços
sur nouveauxfraisJene
mets rien ici de ce qu'on
m'a envoyé les mois
passez,n'en parlons plus
cela est trop vieux, je
voudrois mêmedonner
une forme nouvelle au
badinage de celui-cy,
pour bouts rimez, par
exemple: toutes les rimes
en ique & en ac:
qui sont dans Riche-
Ici.
Au lieu de réponse
à des Questions, je demande
des Conseils.
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Résumé : « Mais si je ne me presse pas assez de placer son [...] »
Le texte discute d'un ouvrage non placé, évoquant plusieurs hypothèses : l'auteur trop pressé, un sujet trop sérieux ou audacieux. La faute pourrait être partagée. L'auteur propose d'oublier le passé et d'établir un commerce régulier. Il souhaite renouveler le badinage avec des rimes spécifiques et demande des conseils plutôt que des réponses.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1061
p. 95-96
« Il me vient d'arriver quelques nouvelles que je ne [...] »
Début :
Il me vient d'arriver quelques nouvelles que je ne [...]
Mots clefs :
Parties, Mercure
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Il me vient d'arriver quelques nouvelles que je ne [...] »
Il me vient d'arriver
quelques nouvelles que
je ne puis plus placer
icy,parce que la seconde
Partie, que j'ay
deftinéeaux nouvelles,
n'est pas à la fin du
Mercure, c'est un desfaut,
& l'ordre que je
croy le plus convenable
, & que j'observeray
dans la fuite.
Litterature. 1. Partie.
Amusemens. 11. Partie.
Pieces Fugitives, III.
Partie.
Nouvelles. IV. Partie.
quelques nouvelles que
je ne puis plus placer
icy,parce que la seconde
Partie, que j'ay
deftinéeaux nouvelles,
n'est pas à la fin du
Mercure, c'est un desfaut,
& l'ordre que je
croy le plus convenable
, & que j'observeray
dans la fuite.
Litterature. 1. Partie.
Amusemens. 11. Partie.
Pieces Fugitives, III.
Partie.
Nouvelles. IV. Partie.
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1062
p. 9-28
LE R. P. D. C** à Monsieur Estienne, Libraire de Paris.
Début :
Monsieur Estienne, eh ! ne m'imprimez pas. [...]
Mots clefs :
Imprimer, Ouvrage, Libraire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LE R. P. D. C** à Monsieur Estienne, Libraire de Paris.
LE R. P. -D.C**.
àMonsieurEstienne;
Libraire de Paris.
MonsieurEstienne,eh !ne - m'imprimez pas.
Au nom de Dieu quartier.
Monsieur Estienne,
Jamais en rien, vous le sçavez,
hêlas!
Ne vous fis tort au moins
qu'il me souvienne,
Et si l'ay fait encor, posez le
cas,
Gardezvous bien que rancune
vous tienne
Les rancuniers sont mal
menezlàbas
Si nevoulez que tel mal
vousavienne
Pardonnez-moy d'une ame
bien chrestienne,
Monsieur Estienne
,
ch !
ne m'imprimez pas.
Je sçai qu'en l'art de bien
:.' mouler un Livre,
Vous égalez ces Estiennes
fameux,
Que vous comptez au rang
devosayeux,
Etqui dans vous, commençant
a revivre,
Nous font trouver dans un
de leurs neveux:
Ce que leur siecle a tant
loué dans eux,
Mais quand bien même en
dépitdela Parque,
Pour m'imprimer revenant.
sur leurs pas,
Ils se pourroient échapper
dela Barque,
Où tous mortels vont après
leurs trépas,
Fust-ce Robert, ou fust ce
Charles Estienne,
Je leur dirois toûjours la
même Antienne,
Monsieur Estienne
3
ch !
ne m'imprimez pas,
Ne croyez pas qu'un
chagrin myfantrope
} Me fasse icy le prendre sur
ce ton ,
J'aime lagloireenenfant
d'Helicon:
Mais tel souvent aprés elle
galope,
Dont le Pegase à chaque
moment chope,
Et qu'elle suïc comme on
fuït un larron;
Je la connois, j'ay fait son
Horoscope,
Quand on dit oüy, la quinteuse
ditnon.
Or s'il vous plaist en pareil
accessoire
Irois-je faire uu procès à la
gloire?
Procès sur quoi? d'ailleurs
c'estun grand cas
Sipar Procès la Dame s'aprivoife
:
Mais faisons mieux & pour
éviter noise
Monsieur Estienne, eh ! ne ,.. m'imprimez pas.
Vous me direz, cela vous
plaistàdire,
Je icai le cas qu'on fait de
vos écrits
Les ay souventoüipriser &
lire
Par maints Quidans soidisans
beaux esprits,
La presse est grande à se les
faire écrire,
Or mieux vaudroient moulez
quemanuscrits.
Graces vous rend de vostre
courtoisie:
Car c'est de vous que parc
le compliment,
Honteux seroit de mentir
si crument
Amon profit, de vousc'est
ambrosie,
Que je savoure assez benignement
:
Mais que mes Vers soient
bonne, marchandise
Comme Preschez; ou de
mauvais alloy,
Comme entre-nous me le
paroissàamoy,
Quand seroit vray qu'à
Paris on les prise,
Ne laisserois de vous dire
tout bas
Pour des raisonsque trouverez
de mise
Monsieur Estienne,eh!
nem'imprimezpas.
Quelque parfaitque
puisse estre un Ouvrage
En l'imprimant on luy fait
mauvais tour,
Presque toujours il en reçoit
dommage
Maint en ay vû se hâler au
grand jour
Sur quoi Couvent à par moy
- je recole
Petit écrit donné fous le
manceau
Qu'on se dérobe& qui
vient par bricole,
Ou bien moulé chez Pierre
du Marteau,
Fut-il mauvais nous paroist
toujours beau
Et pour l'avois on ne plaint
la pistole.
Qujl cesse d'estre & secret
&nouveau
On n'en voudra débourser
un obole.
-
J'ay ce Sonnet, mon voisin
ne l'a pas,
Voilà par où le Sonnet m'a
sçu plaire
Ce point de vue en fait le
grand appas; Est-il public; n'en fait on
plusmystere
Il perd son , sel, deslors il
tombe à bas:
Monsieur Estienne
,
eh !
ne m'imprimez pas.
Vers manuscritssouffrent
des négligences
Qu'a , vers moulez on ne
pardonne pas,
Dans les premiers on les
nommelicence,
Làtouts'excuse& se parte
au gros sas;
Dans les seconds la moindre
tache est crime
Point de quartier de la part
d'un Icétcur
Qui sur le tour ,
la cadence
& larime
Ne fait jamais nulle grace à
l'Auteur;
Tant que mes Vers fous
la simple écriture,
N'estanr moulez ni reliez en
veau;
Dans les réduits iront ingnito
Pour eux ne crains de fà.
cheuse avanture;
Lapitié seule en dépit des
matins
Garantira ces pauvres orphelins
Deî'cotfp*cte bec: mais sur
vostre boutique
Si me mettiez jamais en
rang d'oignon,
Point ne seroit de petit
compagnon,
Point de Gnmault qui ne
me fit la nique;
Tels en sçavez qu'on a mis
en beaux draps;
Monsieur Estienne
,
eh !
ne m'imprimez pas.
Dés qu'àParison affiche
un Ouvrage,
C'estletossin que l'on fortne
surluy;
Gens du mêtier à qui tout
fait ombrage
,
Et toujours prests à donner
sur autruy , Pour l'accablcr l'attendant
au passage,
Nouvel Auteur qui se met
sur les rangs,
A son début doit compter s'ilestsage
De bien payer àses petits
Tyrans
Sa bien-venuë & son apprentissage.
Pour les lauriers, & la gloire,&
l'encens,
Qu'aux fiens Phoebus assigne
pour tout gage,
Qu'il ne prétende cfuc:.ad;
mis à partage;
Leur partensouffre, & c'cfi
selonleur sens
Soupe de pain qu'on ôte à
leur potage:
Sur ce pied là, que de gens
sur les bras!
Leur tenir teste & montrer
bon visage
Scroit le mieux,si j'avois du
courage
Mais il me manque, & je
crains les combats.
Monsieur Estienne, eh! ne
m'imprimez pas.
,
è;Ë ,; Je le vois bien, contre toute
avanture
L'espoir flateur du débit
vous rassure;
Car encor bien que soyez
gracieux
Point ne croiray
,
foit dit
sans vous déplaire
Qu'alliez-vous mettre en
frais pour mes beaux yeux?
Si lefaisiez ne seriez bon
Libraire:
Mais s'il advient, comme
tout se peur faire
Que mes écrits par un triste
destin,
De la boutiqueaillentau
magasin,
Et que delà moisis dans la
poussieee,
Ils soient enfin livrez à la
., beurriere,
Ettousen blocvendus pour
un douzain,
Qien diriez-vous? Ce fcroit
bien le pire,
Vous en seriez pour nombre
de Ducats;
Er quant à moy je n'en ferois
que rire
En vous disans avois-jetort
helas!
Monsieur Estienne,eh! ne
m'imprimez pas.
Mais supposons contre tou-
.!1 te apparence
Que lesditsVers,puisqu'ainsivo1usleplaist
Par lafaveur dune heureuse
influence
Seront prisez, & vendus,
qui plus est ;
Je ne dis pas que ne soit
quelquechose
,
Force écrivainss'en contenteroient
bien,
Et puis de gloire une petite
dose,
Chez les Rimeurs ne gasta
jamais rien:
Mais croyez-vous,quoiquel'Ouvrage
plaise
Que l'on n'ait rien d'aill,eurs
à discuter,
Et que auteur en soit pils
à son aise?
Ay vû , pour moy ,
bien
des gens en douter;
Maints en connois qu'on a
menez bienroides,
Et comme on dit plus viste
que le pas;
Chat échaudé, croyezmoy
,
craint l'eau froide.
Monsieur Estienne
,
eh !
ne m'imprimez pas.
Pour ces raisons
,
& pour
bien d'autrescauses
Que sur ce point je pourrois
alleguer,
Mes petits Vers resteront
lettrescloses
Et vous plaira ne les point
divulguer,
De mon vivant ne les vcut
voir paraître,
Quand seray mort alors serez
le maure:
Si demandez quand sera,
vous diray
Que ce sera le plus tardque
pourray.
Vous convient donc un bien
petitattendre,
Et vous prendrez, je croy , le tout en gré;
Ne voudriez que je m'allasse
pendre C ij
Pour abreger, au moins rien
n'en feray,
Si le comptiez, compteriez
sans vostre hôte;
Mais moy deffunt je fuis à
vous sans faute
Prenez mes Vers, faites en
vos choux gras,
Force fera de souffrir ce
martyre,
Parce qu'alors ne pourray
plus vous dire
Monsieur Estienne, eh! ne
m'imprimez pas.
àMonsieurEstienne;
Libraire de Paris.
MonsieurEstienne,eh !ne - m'imprimez pas.
Au nom de Dieu quartier.
Monsieur Estienne,
Jamais en rien, vous le sçavez,
hêlas!
Ne vous fis tort au moins
qu'il me souvienne,
Et si l'ay fait encor, posez le
cas,
Gardezvous bien que rancune
vous tienne
Les rancuniers sont mal
menezlàbas
Si nevoulez que tel mal
vousavienne
Pardonnez-moy d'une ame
bien chrestienne,
Monsieur Estienne
,
ch !
ne m'imprimez pas.
Je sçai qu'en l'art de bien
:.' mouler un Livre,
Vous égalez ces Estiennes
fameux,
Que vous comptez au rang
devosayeux,
Etqui dans vous, commençant
a revivre,
Nous font trouver dans un
de leurs neveux:
Ce que leur siecle a tant
loué dans eux,
Mais quand bien même en
dépitdela Parque,
Pour m'imprimer revenant.
sur leurs pas,
Ils se pourroient échapper
dela Barque,
Où tous mortels vont après
leurs trépas,
Fust-ce Robert, ou fust ce
Charles Estienne,
Je leur dirois toûjours la
même Antienne,
Monsieur Estienne
3
ch !
ne m'imprimez pas,
Ne croyez pas qu'un
chagrin myfantrope
} Me fasse icy le prendre sur
ce ton ,
J'aime lagloireenenfant
d'Helicon:
Mais tel souvent aprés elle
galope,
Dont le Pegase à chaque
moment chope,
Et qu'elle suïc comme on
fuït un larron;
Je la connois, j'ay fait son
Horoscope,
Quand on dit oüy, la quinteuse
ditnon.
Or s'il vous plaist en pareil
accessoire
Irois-je faire uu procès à la
gloire?
Procès sur quoi? d'ailleurs
c'estun grand cas
Sipar Procès la Dame s'aprivoife
:
Mais faisons mieux & pour
éviter noise
Monsieur Estienne, eh ! ne ,.. m'imprimez pas.
Vous me direz, cela vous
plaistàdire,
Je icai le cas qu'on fait de
vos écrits
Les ay souventoüipriser &
lire
Par maints Quidans soidisans
beaux esprits,
La presse est grande à se les
faire écrire,
Or mieux vaudroient moulez
quemanuscrits.
Graces vous rend de vostre
courtoisie:
Car c'est de vous que parc
le compliment,
Honteux seroit de mentir
si crument
Amon profit, de vousc'est
ambrosie,
Que je savoure assez benignement
:
Mais que mes Vers soient
bonne, marchandise
Comme Preschez; ou de
mauvais alloy,
Comme entre-nous me le
paroissàamoy,
Quand seroit vray qu'à
Paris on les prise,
Ne laisserois de vous dire
tout bas
Pour des raisonsque trouverez
de mise
Monsieur Estienne,eh!
nem'imprimezpas.
Quelque parfaitque
puisse estre un Ouvrage
En l'imprimant on luy fait
mauvais tour,
Presque toujours il en reçoit
dommage
Maint en ay vû se hâler au
grand jour
Sur quoi Couvent à par moy
- je recole
Petit écrit donné fous le
manceau
Qu'on se dérobe& qui
vient par bricole,
Ou bien moulé chez Pierre
du Marteau,
Fut-il mauvais nous paroist
toujours beau
Et pour l'avois on ne plaint
la pistole.
Qujl cesse d'estre & secret
&nouveau
On n'en voudra débourser
un obole.
-
J'ay ce Sonnet, mon voisin
ne l'a pas,
Voilà par où le Sonnet m'a
sçu plaire
Ce point de vue en fait le
grand appas; Est-il public; n'en fait on
plusmystere
Il perd son , sel, deslors il
tombe à bas:
Monsieur Estienne
,
eh !
ne m'imprimez pas.
Vers manuscritssouffrent
des négligences
Qu'a , vers moulez on ne
pardonne pas,
Dans les premiers on les
nommelicence,
Làtouts'excuse& se parte
au gros sas;
Dans les seconds la moindre
tache est crime
Point de quartier de la part
d'un Icétcur
Qui sur le tour ,
la cadence
& larime
Ne fait jamais nulle grace à
l'Auteur;
Tant que mes Vers fous
la simple écriture,
N'estanr moulez ni reliez en
veau;
Dans les réduits iront ingnito
Pour eux ne crains de fà.
cheuse avanture;
Lapitié seule en dépit des
matins
Garantira ces pauvres orphelins
Deî'cotfp*cte bec: mais sur
vostre boutique
Si me mettiez jamais en
rang d'oignon,
Point ne seroit de petit
compagnon,
Point de Gnmault qui ne
me fit la nique;
Tels en sçavez qu'on a mis
en beaux draps;
Monsieur Estienne
,
eh !
ne m'imprimez pas.
Dés qu'àParison affiche
un Ouvrage,
C'estletossin que l'on fortne
surluy;
Gens du mêtier à qui tout
fait ombrage
,
Et toujours prests à donner
sur autruy , Pour l'accablcr l'attendant
au passage,
Nouvel Auteur qui se met
sur les rangs,
A son début doit compter s'ilestsage
De bien payer àses petits
Tyrans
Sa bien-venuë & son apprentissage.
Pour les lauriers, & la gloire,&
l'encens,
Qu'aux fiens Phoebus assigne
pour tout gage,
Qu'il ne prétende cfuc:.ad;
mis à partage;
Leur partensouffre, & c'cfi
selonleur sens
Soupe de pain qu'on ôte à
leur potage:
Sur ce pied là, que de gens
sur les bras!
Leur tenir teste & montrer
bon visage
Scroit le mieux,si j'avois du
courage
Mais il me manque, & je
crains les combats.
Monsieur Estienne, eh! ne
m'imprimez pas.
,
è;Ë ,; Je le vois bien, contre toute
avanture
L'espoir flateur du débit
vous rassure;
Car encor bien que soyez
gracieux
Point ne croiray
,
foit dit
sans vous déplaire
Qu'alliez-vous mettre en
frais pour mes beaux yeux?
Si lefaisiez ne seriez bon
Libraire:
Mais s'il advient, comme
tout se peur faire
Que mes écrits par un triste
destin,
De la boutiqueaillentau
magasin,
Et que delà moisis dans la
poussieee,
Ils soient enfin livrez à la
., beurriere,
Ettousen blocvendus pour
un douzain,
Qien diriez-vous? Ce fcroit
bien le pire,
Vous en seriez pour nombre
de Ducats;
Er quant à moy je n'en ferois
que rire
En vous disans avois-jetort
helas!
Monsieur Estienne,eh! ne
m'imprimez pas.
Mais supposons contre tou-
.!1 te apparence
Que lesditsVers,puisqu'ainsivo1usleplaist
Par lafaveur dune heureuse
influence
Seront prisez, & vendus,
qui plus est ;
Je ne dis pas que ne soit
quelquechose
,
Force écrivainss'en contenteroient
bien,
Et puis de gloire une petite
dose,
Chez les Rimeurs ne gasta
jamais rien:
Mais croyez-vous,quoiquel'Ouvrage
plaise
Que l'on n'ait rien d'aill,eurs
à discuter,
Et que auteur en soit pils
à son aise?
Ay vû , pour moy ,
bien
des gens en douter;
Maints en connois qu'on a
menez bienroides,
Et comme on dit plus viste
que le pas;
Chat échaudé, croyezmoy
,
craint l'eau froide.
Monsieur Estienne
,
eh !
ne m'imprimez pas.
Pour ces raisons
,
& pour
bien d'autrescauses
Que sur ce point je pourrois
alleguer,
Mes petits Vers resteront
lettrescloses
Et vous plaira ne les point
divulguer,
De mon vivant ne les vcut
voir paraître,
Quand seray mort alors serez
le maure:
Si demandez quand sera,
vous diray
Que ce sera le plus tardque
pourray.
Vous convient donc un bien
petitattendre,
Et vous prendrez, je croy , le tout en gré;
Ne voudriez que je m'allasse
pendre C ij
Pour abreger, au moins rien
n'en feray,
Si le comptiez, compteriez
sans vostre hôte;
Mais moy deffunt je fuis à
vous sans faute
Prenez mes Vers, faites en
vos choux gras,
Force fera de souffrir ce
martyre,
Parce qu'alors ne pourray
plus vous dire
Monsieur Estienne, eh! ne
m'imprimez pas.
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Résumé : LE R. P. D. C** à Monsieur Estienne, Libraire de Paris.
L'auteur adresse une lettre à Monsieur Estienne, libraire à Paris, pour le supplier de ne pas imprimer ses écrits. Il commence par affirmer qu'il n'a jamais causé de tort à Estienne et le prie de ne pas lui en tenir rigueur. L'auteur reconnaît les compétences d'Estienne en imprimerie, les comparant à celles des célèbres Estienne. Cependant, il exprime des réserves sur la publication de ses vers, craignant qu'ils ne soient pas bien reçus et qu'ils subissent des critiques sévères une fois imprimés. Il souligne que les œuvres manuscrites échappent à certaines critiques que les livres imprimés ne peuvent éviter. L'auteur craint également les rivalités et les critiques des autres auteurs et libraires, exprimant sa peur des combats littéraires et des critiques. Il conclut en demandant à Estienne de ne pas publier ses vers de son vivant, mais de le faire après sa mort.
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1063
p. 34-41
ODE Tirée du Pseaume 90. Qui habitat in adjutorio Altissimi.
Début :
Celuy qui mettra sa vie, [...]
Mots clefs :
Dieu
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texteReconnaissance textuelle : ODE Tirée du Pseaume 90. Qui habitat in adjutorio Altissimi.
ODE
Tiréedu Pleaume^o^
Qui habitatin adjutorio Alpijjimk
cEluy qui mettra sa vie, Souslagardedu 1-res.ha1 ut.•*
Repoussera de l'envie
Le plus dangereux assaut ; Ildira , Dieu formidable
a'
C'est à ton bras redoutable,
Quemon destin est remis;
[Mes jours sont ta propre
cause
Et c'estcoy seul, que j'op,-
pose
A mes jaloux
-
ennemis.
Pour moy dans ce seul azile,
* - Par lesescours tout- puîilssans,
J~ brave l'orgüeil sterile
#
De mes rivaux fremissans;
En vain leur fureur m'assiége,
Sa justice rompt lepiége
De ces chasseursobstinez;
Elle confond leur adreffci
Et garantit ma foiblesse
De leurs dards empoisonez.
Ostroyqueces coeurs feroces
Comblent de crainte &
dennuy;
Contre leurs complots atroces,
Ne cherche point d'autre
appuy;
Quela verité propice
Soit contre leur artifice
Ton plusinvincible mur;
Que ton aîle turelaire
Contre leur âprecolere,
Soit ton rempart le plus sûr.
Ct9
Ainsi méprisant l'atteinte
De leurs traits les plus perçants,
Du froid poison de la crainte
Tu verras ces jours exempt
Soit que le jour sur la terre
Du noir démon de la guerre
Vienne éclairer les fureurs;
Ou soit que la nuit obscure
Répande dans la nature
Ses ténébreuses horreurs.
Mais que vois-je! Quels
abismes
S'entrouvenrautour de
moy?
Quel délugedevictimes
S'offre à mes yeux pleins
d'effroy?
Quelle épouventablc imagr,
De morts,de fane3 de carnage,
Frappe mes regards tremblans
?
Et quelsglaives invisibles
Deviennent de coups si
terribles
,
Ces corps passes & sanglans?
Mon coeur fois en assurance;
Dieu se souvient de ta foy,
Les fléaux de sa vengeance
N'approcheront point de
toy.
Le justeest invulnerable,
De son bonheur immuable
Les Anges sont les garands.
Et toûjours leurs mains propices,
A travers les précipices
Conduisent les pas errans.
Dans les routes ambiguës
Du bois le moins frequenté,
Parmi les ronces aiguës,
Il chemine en liberté,
Nulobstacle ne l'arreste,
Ses pieds écrasentla teste
Du dragon & de l'aspic;
Il affront: avec courage
La dent du lion sauvage
Et les , yeux du basilic.
Si quelques vaines foiblesses
Troublent les jours triomphans,
Il se souvent des promesses
Que Dieu fait à ses cnfans.
Aceluyqui m'est fidelle,
Dit la Sagesse éternelle,
J'assureray mes secours,
Je raffermiray sa voye,
Et dans destorrens de joyc
Je fcray couler ses jours.
Dans sesfortunes diverses,
Je viendray toûjours àluy,
Je feray dans ses traverses
Son inseparable appuy;
Je le combleray d'années
Paisibles&fortunées,
Je beniray ses desseins,
Il vivra dans ma memoire,
Et partagera la gloire,
Que je reserve à mes Saints.
Tiréedu Pleaume^o^
Qui habitatin adjutorio Alpijjimk
cEluy qui mettra sa vie, Souslagardedu 1-res.ha1 ut.•*
Repoussera de l'envie
Le plus dangereux assaut ; Ildira , Dieu formidable
a'
C'est à ton bras redoutable,
Quemon destin est remis;
[Mes jours sont ta propre
cause
Et c'estcoy seul, que j'op,-
pose
A mes jaloux
-
ennemis.
Pour moy dans ce seul azile,
* - Par lesescours tout- puîilssans,
J~ brave l'orgüeil sterile
#
De mes rivaux fremissans;
En vain leur fureur m'assiége,
Sa justice rompt lepiége
De ces chasseursobstinez;
Elle confond leur adreffci
Et garantit ma foiblesse
De leurs dards empoisonez.
Ostroyqueces coeurs feroces
Comblent de crainte &
dennuy;
Contre leurs complots atroces,
Ne cherche point d'autre
appuy;
Quela verité propice
Soit contre leur artifice
Ton plusinvincible mur;
Que ton aîle turelaire
Contre leur âprecolere,
Soit ton rempart le plus sûr.
Ct9
Ainsi méprisant l'atteinte
De leurs traits les plus perçants,
Du froid poison de la crainte
Tu verras ces jours exempt
Soit que le jour sur la terre
Du noir démon de la guerre
Vienne éclairer les fureurs;
Ou soit que la nuit obscure
Répande dans la nature
Ses ténébreuses horreurs.
Mais que vois-je! Quels
abismes
S'entrouvenrautour de
moy?
Quel délugedevictimes
S'offre à mes yeux pleins
d'effroy?
Quelle épouventablc imagr,
De morts,de fane3 de carnage,
Frappe mes regards tremblans
?
Et quelsglaives invisibles
Deviennent de coups si
terribles
,
Ces corps passes & sanglans?
Mon coeur fois en assurance;
Dieu se souvient de ta foy,
Les fléaux de sa vengeance
N'approcheront point de
toy.
Le justeest invulnerable,
De son bonheur immuable
Les Anges sont les garands.
Et toûjours leurs mains propices,
A travers les précipices
Conduisent les pas errans.
Dans les routes ambiguës
Du bois le moins frequenté,
Parmi les ronces aiguës,
Il chemine en liberté,
Nulobstacle ne l'arreste,
Ses pieds écrasentla teste
Du dragon & de l'aspic;
Il affront: avec courage
La dent du lion sauvage
Et les , yeux du basilic.
Si quelques vaines foiblesses
Troublent les jours triomphans,
Il se souvent des promesses
Que Dieu fait à ses cnfans.
Aceluyqui m'est fidelle,
Dit la Sagesse éternelle,
J'assureray mes secours,
Je raffermiray sa voye,
Et dans destorrens de joyc
Je fcray couler ses jours.
Dans sesfortunes diverses,
Je viendray toûjours àluy,
Je feray dans ses traverses
Son inseparable appuy;
Je le combleray d'années
Paisibles&fortunées,
Je beniray ses desseins,
Il vivra dans ma memoire,
Et partagera la gloire,
Que je reserve à mes Saints.
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Résumé : ODE Tirée du Pseaume 90. Qui habitat in adjutorio Altissimi.
L'ode relate un dialogue entre un individu et une divinité protectrice. L'individu exprime sa confiance en la protection divine contre les ennemis jaloux et les rivaux. Il affirme que la vérité et la justice divine sont ses seules défenses contre les complots et les attaques. L'individu brave l'orgueil stérile de ses adversaires, convaincu que la justice divine rompra leurs pièges et confondra leurs stratagèmes. L'ode décrit ensuite des scènes de massacres et de carnages, mais l'individu reste confiant en la protection divine. Il affirme que les justes sont invulnérables et que les anges les guident à travers les dangers. Même dans les moments de faiblesse, l'individu se souvient des promesses divines et continue de cheminer sans obstacle, affrontant les dangers avec courage. La divinité promet de soutenir fidèlement l'individu, de renforcer son chemin, et de lui accorder des jours paisibles et fortunés. Elle assure que l'individu partagera la gloire réservée aux saints et vivra dans la mémoire divine.
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1064
p. 42-47
ODE Tirée du Pseaume 96. Dominus regnavit, exultet terra.
Début :
Peuples élevez vos concerts, [...]
Mots clefs :
Dieu, Cieux
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texteReconnaissance textuelle : ODE Tirée du Pseaume 96. Dominus regnavit, exultet terra.
ODE
Tirée du Pseaume96.
Dominus regnavit
,
cxultet
terra.
P euples élevez vos concerts,
Pouffcz des cris de joye&
des chants de victoire;
Voicy le Dieu de lUnivers,
Qui vient faire éclater son +
triomphe & sa gloire.
ïk
La justice & la vérité
Servent de fondement à son
- trôneterrible.
Une profonde humilité
Aux regards des mortels se
rend inaccessible.
Les éclairs, les feux devorans,
Font luire devant luy leur
flammeétincelante,
Et ses ennemis expirans,
Laissentde leur suppliceune
trace sanglante.
Pleine d'horreur & de
refpeâr,
La terre a tressaiily sur son
antique voûte,
Les monts fondus à son
afpe<5ty
Creusent pour séchaper
une brûlante route.
De les jugemens.redou-.
tez
Les Cieux, les justes Cieux
ontesté les Minières,
Et les méchans épouvantez
Ont vu de son courroux les
épreuves sinistres.
Soyez à jamais confondus.
Adorateurs impurs de profanes
idoles,
Vous qui par des voeux
deffendus,
Honorez de vos mains les
ouvrages frivoles.
Anges sacrez, divins EUprits,
Adorez à jamais ces marques
de sa gloire;
Peuples élûs, mortels
chéris,
Confcrvez de son noml'éternelle
mémoire.
C'est ce Dieu qui du haut
des Cieux)
De l'Univers entier réglant
les destinées,
Voit brifer les fragiles
dieux,
Jouets infortunez des vents
& des armées.
Vous qui vivez selon les
Loix,
Méprifezdesméchans
,
la
haine & l'artifice;
Ccluy qui fût trembler
les Rois,
Détournera sur eux les traits
de leurmalice-
Guidez par les vives
clartez,
Vous marcherez sans trouble
au milieu des tenebres ;
La gloire& les felicitez
Feront compter vos jours
entre les jours celebres.
%"J- 3s
Que lesbienfaits de l'Eternel
Soient à jamais gravez dans
le coeur desfîdelles,
Et qu'un hommage solemnel
, Fasse éclater par tout ses
grandeurs immortelles.
Tirée du Pseaume96.
Dominus regnavit
,
cxultet
terra.
P euples élevez vos concerts,
Pouffcz des cris de joye&
des chants de victoire;
Voicy le Dieu de lUnivers,
Qui vient faire éclater son +
triomphe & sa gloire.
ïk
La justice & la vérité
Servent de fondement à son
- trôneterrible.
Une profonde humilité
Aux regards des mortels se
rend inaccessible.
Les éclairs, les feux devorans,
Font luire devant luy leur
flammeétincelante,
Et ses ennemis expirans,
Laissentde leur suppliceune
trace sanglante.
Pleine d'horreur & de
refpeâr,
La terre a tressaiily sur son
antique voûte,
Les monts fondus à son
afpe<5ty
Creusent pour séchaper
une brûlante route.
De les jugemens.redou-.
tez
Les Cieux, les justes Cieux
ontesté les Minières,
Et les méchans épouvantez
Ont vu de son courroux les
épreuves sinistres.
Soyez à jamais confondus.
Adorateurs impurs de profanes
idoles,
Vous qui par des voeux
deffendus,
Honorez de vos mains les
ouvrages frivoles.
Anges sacrez, divins EUprits,
Adorez à jamais ces marques
de sa gloire;
Peuples élûs, mortels
chéris,
Confcrvez de son noml'éternelle
mémoire.
C'est ce Dieu qui du haut
des Cieux)
De l'Univers entier réglant
les destinées,
Voit brifer les fragiles
dieux,
Jouets infortunez des vents
& des armées.
Vous qui vivez selon les
Loix,
Méprifezdesméchans
,
la
haine & l'artifice;
Ccluy qui fût trembler
les Rois,
Détournera sur eux les traits
de leurmalice-
Guidez par les vives
clartez,
Vous marcherez sans trouble
au milieu des tenebres ;
La gloire& les felicitez
Feront compter vos jours
entre les jours celebres.
%"J- 3s
Que lesbienfaits de l'Eternel
Soient à jamais gravez dans
le coeur desfîdelles,
Et qu'un hommage solemnel
, Fasse éclater par tout ses
grandeurs immortelles.
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Résumé : ODE Tirée du Pseaume 96. Dominus regnavit, exultet terra.
L'ode du Psaume 96 célèbre la royauté divine et la victoire de Dieu, invitant les peuples à exprimer leur joie et leur allégresse. Dieu manifeste son triomphe et sa gloire, fondés sur la justice et la vérité. Sa présence est marquée par des phénomènes naturels terrifiants, tels que les éclairs et les feux dévorants, qui terrassent ses ennemis. La terre tremble et les montagnes fondent devant sa majesté, tandis que les cieux témoignent de ses jugements, épouvantant les méchants. Les adorateurs d'idoles impures sont appelés à être confondus, tandis que les anges et les peuples élus sont invités à adorer Dieu. Ce Dieu régit les destinées de l'Univers, brisant les faux dieux. Les justes doivent mépriser la haine et l'artifice des méchants, se guidant par la lumière divine pour marcher sans trouble dans les ténèbres. Les bienfaits de l'Éternel doivent être gravés dans le cœur des fidèles, et un hommage solennel doit proclamer ses grandeurs immortelles.
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1065
p. 48-52
ODE Tirée du Pseaume 119. Ad Dominum cum tribularer clamavi.
Début :
Dans ces jours destinez aux larmes, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ODE Tirée du Pseaume 119. Ad Dominum cum tribularer clamavi.
ODE
Tirée du Pseaume119.
Ad Dominum cum tribularer
clamanji.
Dans ces jours destinez aux
larmes,
Où mesennemis en fureur,
Aiguifoient contre moy
les armes
De l'imposture & del'erreur;
Lorsqu'une coupable licence
Empoisonnoit mon innocence
, Le
Le Seigneur fut mon seul
recours; J'imploray sa toute Puissance,
Et sa main vint à mon recours.
zz
O Dieu qui punis les outrages
Que reçoit l'humblevérité,
Vange toy ,
détruis les ouvrages
De ces lèvres d'iniquité,
Et confonds cet homme
parjure
,
Dontla bouche non moins
impure,
Public avec legereté
Les mensongesque l'imposture
Invente avec malignité.
~&
Quel rempart, quelle autre
barriere,
Pourra deffendre l'innocent
Contre la fraude meurtrière
De l'impic adroit & puissant?
Sa langue elt la flèche asserée
Qui part & frappe en un
mOlnent;
C'estun feu leger dés l'cntreeJ
Que fuit un long embrasement.
Helas! dans quel climat sauvage
Ay je si longtemps habité?
Quel exil! quel affreux rivage!
Quelsasyles d'impiété
!
Cédar, où la fourbe &
l'envie
Contre ma vertu poursuivie
,
Se déchaînèrent si longtemps
;
A quels mauvx onit leivré ma Tessacrileges habitans?
~&
J'ignore la trame invifiblc
De leurs pernicieux forfaits;
Je vivois tranquille lxpai.
sible
Chezlesennemis dela paix,
Et lors qu'exempt d'inquiétude,
Je faisois mon unique étude
De ce qui pouvoit les flater,
Leur détestable ingratitude
S'armoit pour me persecuter.
Tirée du Pseaume119.
Ad Dominum cum tribularer
clamanji.
Dans ces jours destinez aux
larmes,
Où mesennemis en fureur,
Aiguifoient contre moy
les armes
De l'imposture & del'erreur;
Lorsqu'une coupable licence
Empoisonnoit mon innocence
, Le
Le Seigneur fut mon seul
recours; J'imploray sa toute Puissance,
Et sa main vint à mon recours.
zz
O Dieu qui punis les outrages
Que reçoit l'humblevérité,
Vange toy ,
détruis les ouvrages
De ces lèvres d'iniquité,
Et confonds cet homme
parjure
,
Dontla bouche non moins
impure,
Public avec legereté
Les mensongesque l'imposture
Invente avec malignité.
~&
Quel rempart, quelle autre
barriere,
Pourra deffendre l'innocent
Contre la fraude meurtrière
De l'impic adroit & puissant?
Sa langue elt la flèche asserée
Qui part & frappe en un
mOlnent;
C'estun feu leger dés l'cntreeJ
Que fuit un long embrasement.
Helas! dans quel climat sauvage
Ay je si longtemps habité?
Quel exil! quel affreux rivage!
Quelsasyles d'impiété
!
Cédar, où la fourbe &
l'envie
Contre ma vertu poursuivie
,
Se déchaînèrent si longtemps
;
A quels mauvx onit leivré ma Tessacrileges habitans?
~&
J'ignore la trame invifiblc
De leurs pernicieux forfaits;
Je vivois tranquille lxpai.
sible
Chezlesennemis dela paix,
Et lors qu'exempt d'inquiétude,
Je faisois mon unique étude
De ce qui pouvoit les flater,
Leur détestable ingratitude
S'armoit pour me persecuter.
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Résumé : ODE Tirée du Pseaume 119. Ad Dominum cum tribularer clamavi.
L'ode, extraite du Psaume 119, commence par l'invocation 'Ad Dominum cum tribularer clamavi' (Vers le Seigneur, dans la tribulation, j'ai crié). Le poète décrit une période de détresse où ses ennemis, en fureur, utilisent l'imposture et l'erreur comme armes contre lui. Il se trouve dans un état de 'coupable licence' qui empoisonne son innocence. Le Seigneur devient alors son seul recours, et il implore sa toute-puissance, trouvant secours en sa main. Le poète prie Dieu de punir les outrages subis par l'humble vérité, de venger les mensonges inventés par l'imposture, et de confondre les hommes parjures. Il se demande quel rempart ou barrière peut défendre l'innocent contre la fraude meurtrière de l'impie adroit et puissant. La langue de l'impie est comparée à une flèche asserée qui frappe instantanément, et à un feu léger qui cause un long embrasement. Le poète exprime son désarroi en se demandant dans quel climat sauvage il a habité, quel exil et quel affreux rivage il a connu. Il évoque les asiles d'impiété et les habitants sacrilèges qui ont livré sa tête aux mauvaises actions. Il ignore les trames invisibles des pernicieux forfaits de ses ennemis et vivait tranquillement parmi eux, flattant leurs désirs. Cependant, leur ingratitude s'armait pour le persécuter.
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1066
p. 53-56
ODE Tirée du Pseaume 48. Audite hac omnes gentes.
Début :
Qu'aux acccens de ma voix la terre se réveille, [...]
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texteReconnaissance textuelle : ODE Tirée du Pseaume 48. Audite hac omnes gentes.
ODE
Tirée du Pseaume 48,
jiiïditt hAc omnes gentes.
Qu'auxacccensde mavoix
la terre seréveille,
Grands) soyez attentifs,
Peuples, ouvrez l'oreille,
Que l'Univers se taise, & me
laisse par ler,
Mes chants vont seconder
lesefforts dema lyre,
L'Esprit Saint me pénétre,
il m'échauffe & m'infpirc
Les grandesveritez que je
vais reveler.
L'homme en sa propre force
amis saconfiance,
Yvre de ses grandeurs&de
son opulence,
L'éclat de sa fortune enfle
savanité;
Mais au moment terrible,au
jour épouvantable,
Où la mort laissera ce malheureux
coupable,
Toutchargé des liens de
son iniquité,
Que deviendront alors,répondez,
grands dumonde,
Que deviendrontces biens,
où vôtreespoir se fonde,
Et dont vous étalez l'or,
güeilleuse moisson?
Sujets,amis, parens, tout
deviendra sterile,
Et dans ce jour fatal1 homme
à l'homme inutile,
Nepaye point à Dieu le prix
desa Rançon.
Unavide héritiertransporte
d'allegrcfïe,
Engloutit à l'instant toute
cette richesse,
Ces Terres, ces Palais de vos
nomsannoblis;
Et que vous reste-t'il en ca
momens extrêmes?
Un sepulcre funebre,où vos
noms , ,
où vous-memes
Dans l'éternelle nuit ferez
ensevelis.
Leshommes ébloüis de leurs
honneurs frivoles,
Et de leurs vains flateurs
écoutans les paroles,
Ont de ces veritez perdu le
souvenir,
, Pareils aux animaux farouches
& stupides,
Les loix de leur instinctsont
-
leurs uniques guides,
Et pour eux le present paroît
sans avenir
Tirée du Pseaume 48,
jiiïditt hAc omnes gentes.
Qu'auxacccensde mavoix
la terre seréveille,
Grands) soyez attentifs,
Peuples, ouvrez l'oreille,
Que l'Univers se taise, & me
laisse par ler,
Mes chants vont seconder
lesefforts dema lyre,
L'Esprit Saint me pénétre,
il m'échauffe & m'infpirc
Les grandesveritez que je
vais reveler.
L'homme en sa propre force
amis saconfiance,
Yvre de ses grandeurs&de
son opulence,
L'éclat de sa fortune enfle
savanité;
Mais au moment terrible,au
jour épouvantable,
Où la mort laissera ce malheureux
coupable,
Toutchargé des liens de
son iniquité,
Que deviendront alors,répondez,
grands dumonde,
Que deviendrontces biens,
où vôtreespoir se fonde,
Et dont vous étalez l'or,
güeilleuse moisson?
Sujets,amis, parens, tout
deviendra sterile,
Et dans ce jour fatal1 homme
à l'homme inutile,
Nepaye point à Dieu le prix
desa Rançon.
Unavide héritiertransporte
d'allegrcfïe,
Engloutit à l'instant toute
cette richesse,
Ces Terres, ces Palais de vos
nomsannoblis;
Et que vous reste-t'il en ca
momens extrêmes?
Un sepulcre funebre,où vos
noms , ,
où vous-memes
Dans l'éternelle nuit ferez
ensevelis.
Leshommes ébloüis de leurs
honneurs frivoles,
Et de leurs vains flateurs
écoutans les paroles,
Ont de ces veritez perdu le
souvenir,
, Pareils aux animaux farouches
& stupides,
Les loix de leur instinctsont
-
leurs uniques guides,
Et pour eux le present paroît
sans avenir
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Résumé : ODE Tirée du Pseaume 48. Audite hac omnes gentes.
L'ode du Psaume 48 invite les peuples à écouter les révélations inspirées par l'Esprit Saint. Elle met en garde contre l'orgueil et la confiance excessive des hommes dans leur force et leur richesse. L'auteur décrit un moment terrible où la mort frappe, laissant les hommes chargés de leurs iniquités. À ce moment-là, les biens et les honneurs se révèlent inutiles, et tout devient stérile. Un héritier avide peut rapidement s'emparer de toutes les richesses, ne laissant aux défunts qu'un sépulcre funèbre. Les hommes, éblouis par leurs honneurs et flatteurs, oublient ces vérités essentielles et vivent sans penser à l'avenir, semblables à des animaux guidés uniquement par leurs instincts.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1067
p. 37-40
Bulle d'Or. [titre d'après la table]
Début :
Dans un temps où tous les Princes de l'Empire [...]
Mots clefs :
Mercure galant, Bulle d'Or, Dames
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texteReconnaissance textuelle : Bulle d'Or. [titre d'après la table]
Dans un temps ou
tous les Princes de TEnîpire
ont peut-être des,
interests, & des vûës,
différentes sur l'élection
d'un Empereur
,
& lors
que tout le monde effc
attentif à un événement
si important au repos de
l'Europe, j'aycrû que
chacun feroit bien-aise
de trouver icy la Bulle
d'Or, pièce absolument
necessaire à ceux qui
veulent avoir quelque
connoissancedes affaires
d'Allemagne.
Une Dame, jeune,
jolie,mignonne & fort
parce, monta l'autre jour
avecempressement dans
son garde-meuble , où
je la trouvay fort occupée
à remuer un tas de
gros Livres poudreux&
moisis
,
qui navoient
point vu le jour depuis
qu'elle estoit au monde:
Si vous me trouvez icy
moy-même, me dit-elle,
en me - voyant entrer,
cest que mes gens font
si sots qu'ils n'ont pû
trouver un Livre, ou
l'on ma dit qu'étoit la
Bulle d'Or. Je veux lire
laBulled'Or, tvlonÍieur;
car la Bulle d'Or est à
la mode. Je n'en fuis pas
surpris, luy répondis-je,.
car Bulle d'Or estun petit
mot fort joly, & un
joly mot suffit pour donner
de la curiosié aux
Dames;cependant assise
sur ce tas de Livres, elle
en feuilletoit un gros,
qui pesoit bien trente
livres. Il me parut qu'un
Mercure Galant luy siéroit
mieux à la main qu'-
un gros in folio sur ses
genoux: je mets icy la
Bulle d'Or en faveur de
cette DaIne» 6c peutêtre
de plusieurs autres , qui sanssçavoir de quoy -
il s'agit se demandent
l'une à l'autre: AvcZ-.
mous vû la Bulle d'Or?
comme elles se demandoient
il y a deux mois :
ji'veT^yous vu" Rhadarnijle?
tous les Princes de TEnîpire
ont peut-être des,
interests, & des vûës,
différentes sur l'élection
d'un Empereur
,
& lors
que tout le monde effc
attentif à un événement
si important au repos de
l'Europe, j'aycrû que
chacun feroit bien-aise
de trouver icy la Bulle
d'Or, pièce absolument
necessaire à ceux qui
veulent avoir quelque
connoissancedes affaires
d'Allemagne.
Une Dame, jeune,
jolie,mignonne & fort
parce, monta l'autre jour
avecempressement dans
son garde-meuble , où
je la trouvay fort occupée
à remuer un tas de
gros Livres poudreux&
moisis
,
qui navoient
point vu le jour depuis
qu'elle estoit au monde:
Si vous me trouvez icy
moy-même, me dit-elle,
en me - voyant entrer,
cest que mes gens font
si sots qu'ils n'ont pû
trouver un Livre, ou
l'on ma dit qu'étoit la
Bulle d'Or. Je veux lire
laBulled'Or, tvlonÍieur;
car la Bulle d'Or est à
la mode. Je n'en fuis pas
surpris, luy répondis-je,.
car Bulle d'Or estun petit
mot fort joly, & un
joly mot suffit pour donner
de la curiosié aux
Dames;cependant assise
sur ce tas de Livres, elle
en feuilletoit un gros,
qui pesoit bien trente
livres. Il me parut qu'un
Mercure Galant luy siéroit
mieux à la main qu'-
un gros in folio sur ses
genoux: je mets icy la
Bulle d'Or en faveur de
cette DaIne» 6c peutêtre
de plusieurs autres , qui sanssçavoir de quoy -
il s'agit se demandent
l'une à l'autre: AvcZ-.
mous vû la Bulle d'Or?
comme elles se demandoient
il y a deux mois :
ji'veT^yous vu" Rhadarnijle?
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Résumé : Bulle d'Or. [titre d'après la table]
Le texte aborde l'intérêt suscité par la Bulle d'Or, un document essentiel pour comprendre les affaires d'Allemagne et l'élection d'un Empereur. Dans un contexte où l'Europe est attentive à cet événement, l'auteur présente la Bulle d'Or pour satisfaire la curiosité des lecteurs. Une jeune dame, décrite comme jolie et intelligente, cherche la Bulle d'Or parmi des livres anciens dans son garde-meuble. Elle souhaite lire ce document car il est à la mode. L'auteur note que le terme 'Bulle d'Or' est attrayant et suscite la curiosité, même sans que les personnes sachent exactement de quoi il s'agit. Il compare cette situation à une mode passagère, où les dames se demandent mutuellement si elles ont vu la Bulle d'Or, de la même manière qu'elles demandaient récemment si elles avaient vu le 'Mercure Galant'.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1068
p. 3-40
PARALELLE BURLESQUE Ou Disseratation, ou Discours qu'on nommera comme on voudra, sur Homere & Rabelais.
Début :
Croyez-vous en vostre foy, qu'onques Homere écrivant l' [...]
Mots clefs :
Rabelais, Homère, Vin, Anciens et Modernes, Auteur, Réputation, Lecteur, Digression
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PARALELLE BURLESQUE Ou Disseratation, ou Discours qu'on nommera comme on voudra, sur Homere & Rabelais.
fARALELLEKVRLESgVE
OuVijfertation, ouDiscours qu'-
on nommera, comme on voudra surHomère&Rabelais. ,
Crrrycz.
- vous en Toflre
foy
9
anonques Homère
écrivant C1Iliade&1'0..
dyj[ee>penja(l és allegories
lesquelles de luyont calefreté
Plutarque, Heraclides,&
c. Si lecroyez,
pourquoynecroirez-vous
lluJJi merveilles occultes
dans ces miennesjoyeuses
&nouvelles chroniques,
combienqu'en les dictant
ny pensasse non plus que
vous, qui par avantu
re beuvezcomme moy;
carà la composition de ce
Livrejeneperdis,n'employay
onquesplus ny autre
temps que celuy de ma
refection
,
sçavoir ep lnbeuvant
& mangeant;
aussi est-ce la jufle heure
décrire ces hautes matieres
&sciencesprofondes,
tomme bien jçarvoitfaire
Homeredont le /abeur
sentoit plus le vin
que l'huile. Autant en dira
quelque Turlupin de
mes livres, ce que prendray
àgloire: car, ocombien
l'odeur du vin est
Pli,içflriand,ri.,înt, priant,
plusceleste & delicieux
quel'huile.
C'cft à peu près dans ces
termes que Rabelais vers
l'an *55o. commença luimême
pour moy, sans le
sçavoirle paralelle que
je devais faire en iy(f.
d'Homere & de luy.
Ces deux Autheurs
ont premièrement cela
de commun j
qu'ils êtoient
nez pour la Poëlie
;ilne manque à Ra-
AI
belais pour estre grand
Poëre que d'avoir écrit
en Vers: son Livre efb
un Poëme en Prose,
quoy qu'il n'ait point dit
d'abord 3
Deesse chantez
Gargantua,&c.Ilprend
sa Lyre d'un air (Impte
comme Hbnlcre, ils
promettent peu l'un &:
l'autre, maisils donnent
beaucoup dans la suite ;
en commençant ce paralelle
,
je promets peu
ainsi qu'Homere^c^onne
beaucoup, ôc je ne
donneray presque rien;
il faut bien qu'il y ait
quelque difference entre
Homere & moy.
Avant que de comparer
les ouvrages de nos
deux Autheurs, comparons
la réputation de l'un
à celle de l'autre
, comparons-
les pourtant sans
comparaison, de peur
d'offenser quelqu'un;
respectons - les comme
-
comme s'ils estoient en:
J core en vie. Encomparant
deux Poëtes, deux
Avocats, deux Medercins,
même deux Magistrats
diray-je aussi
deuxHéros,Ton offen-
[e au moins l'un des
deux; toutparalelle ofsense
l'homme
, parce
que chaque homme se
« croit unique en son espece
: appellons donc cecy
braadinlagee pllultoest q.u-e pa- - Le ton sèrieuX' gâterait
tout: Homere Ô£
consors ic fâcheroient (I
j'empruntois la Lyre divine
pour chanrer Rabelais
; maisRabelais eil
bon Compagnon. Il me
prêtera bien son fiile,.
même pour mettre Homere
au-dessus de luy.
yy- Revenons à nos mou*
y, tons, diroiticy Maistre
y, François,paralellifons
yy
la haute & llliritlque;'
„ renommée Homerien-
»ne, à la renomméeRabc!
aiuenne., de son
temps &dunôtre
nonmoins grande en cf
dimention domina- c€
tion & tyranie, quoi- ee
que Picholine au gré
d'aucuns
, eu égard
aux pays&sujets qu'-
elle domine &tyranni- cc
se : car réputationHomerienne
regne & regna
és cerveaux heroï- e€
ques, scientifiques
, C,"
Philosophiques, Meta-,,,c
physiques
, Alchimi.
„ miques & Cabalis-
„tiques, & Rabelai-
„
sienne,manienerégné
s,
qu'és cerveaux joyeux
des Paht-igruel/fies>
)'
lequel mot de Pantagrueliste
seroit pour-
„ tant par - avanture
>,
mieux & plus sensé-
,', ment fignJÍlcatifJ que
„ nlll autre des grands
„ mots ci-dessussi l'on
5,
l'interpretoir à force
„ d'erudidonjSe de
„ han, han, comme on
faitaucuns jïiot grecs c<
Hoiperiens,inintcll ,,"
giblesaux
-
bonnesc<
gensnon-érudits.<c
Mais je m'amuseu
,,
trop à lanterner & cf
baguenauder endigrç(
fionsjdigressîons'f
Aulfm sont au Le<5teur
ce que font au Voya- «5
geur ,landes arides, u
sabloneuses
)
Se alte- ct
rantes, partant,vite, «
alerte de hait, de <f Jhait,doublons le pas,,
-,
s le pas-,
- - -' jk
-
yy courons aubut,allons
„ au fait,idest, buvons
,, fra is.
Aristote n'a peut-estre
pas dit avant moy que la
beauté de l'ouvrage fait
d'abord la réputation de
l'Auteur,& qu'ensuite la
réputation de l'Auteur
fait souvent la beauté de
l'ouvrage; les beautez réelles
qui sont dans Rabelais
lui ont sans doute d'abord
acquis sa réputation,
mais ensuite sa réputation
a fait trouver dans ses ouvrages
bien des beautez
qui n'y sont pas; je ivay
-garde de croirequ'il en
10it ainsi duPoëteGrec,
chut. laissons parler un
homme plus hardi que
moy ,
c'est Montagne. un Autheur, dit-il,
suissegagner cela d'attirer
,.& embesoignerapréssoy
la Posterité, ce que nonseulementl'habileté.
&
Jiijfifance>mais autantou
ylus lafaveurfortuite du
sijet & autres hasards
peuventgagner, qu'au demeurantun
Autheurse
presente ou par bètise ou
parfinese,unpeu obscurement,
&diversement>
ne luy chaille, nombre
d'esprits le belutant~tese-
(COUtint, en exprimeront
quantite de formes
9 ou
Jelcna ou à cosé , ou au
contraire de la sienne &
qui toutes luyferont honlicur;
c'tj.ce quiafait va"
loir plufteursebofes de
neant, qui a mis ericredirplusieurs
anciens eCrits) t'T,
les Ilchargez.,detoute/orle
de bautez, qu'on avoulu,
une même chose recevant
mille &mille
, &autant
qu'il nous plaist d'images
~& considerationsdiverses ; Est-ilpossiblequ'Homere
ait dit tout ce qu'on luy
fait dire, ~&c.
Est-il possible aussi que
Rabelais ait pensé tout ce
qu'on luy fait penser ?
Non sans doute
, on a
voulujustifier par des applications
fines & détournées,
plusieurs tirades inG..
pides où tombentnecessairement
ceux qui veulent
roûjours parler & toûjours
plaisanter ; quelque fond
de gayeté qu'on puisse
avoir,onn'est pas plaisant
toutes les fois qu'on plaifante
: il faut pardonner
au plus agreable convive
deux turlupinadespourun
bon mot, &C au plus
grand Poëte deux pensées
simplement communes ,
pour unesublimementsimple.
Je ne parle pas d'Homere
deà, diroit Rabe- tcf
lais, il est en les moindres
lanternages fubli- <€
mirifiquemententoufiafmé
; je le vois tout cc"
embrasé .& tout embrasant
d'un feu A- tcf
pollonien; mais après
tout il n'y a point de
feu sans fumée, comme
aussi n'y a-t-il point de
fumée sans feu: fumée
„ je nomme en ce dernier
„cas, réputationodoran-
„ te , comme fumée de
cassolette, ou comme
„ vapeur de musc&d'am-
„ bre- gris delectant les
„ bonnes & fortes testes,
„ mais entestans parfois
j, aucuns à teste-foible,si
„ aucunes y a.
„ Je voulois donc dire
J) par ce didon de fu-
~J
111ée làns feu , que ré-- putatioii ne va point
fê sans merite,laquelle
maxime les fabula- cc
teurs anciens eussent
ainsi allegorisée.
Réputation mariée à
Merite, a engendré Prévention
1 , & par aprés
Prévention,Fille née de,
Réputation,a engendré
sa Merebienplusgrande
& plus belle que n'estoit
naturellement, lors que
fut mariée à Merite. ; -
Homere a environ
: deux millesix cens ans
de réputation acquise ;'),
Rabelais n'en a qu'environ
cent soixante ;
Corneille n'en a qu'environ
cinquante:lequel
des trois doit l'emporter.
A juger seulement par
l'âge des réputations
, ,.
c'est peut-estre la plus
jeune; car plus une réputation
vieillit, plus elle
estabsorbée dans le vaste
fein de la Prévention.
.-j.Vingt ou trente ans
aprés la mort d'un Aut1
heur y c''e1s1t .à' peu pré1s -
là vraye distance ; c'est
le vray point de vûë
d'où , je voudrois juger
de sa réputation.
-
En voyant Homere
àtravers vingt-six siecles
- imaginez - vous
voir de loin une femme
à travers un brouillard
épais; quelqu'un qui en
feroit devenu amoureux
par ouirdire auroit beau
vous crier: voyez-vous
la délicatesse de ces
traits,la douce vivacité
de ces yeux, la nuance
imperceptible des lys &c
des roses de ce tein délicat
; mais sur tout remarquez
bien ce je ne
sçay quoy , ces graces.
Hé morbleu, répondriez-
vous à cet Amant
enthousiasmé,comment
voulez-vous que j'en juge
, à travers d'un tel
broüillard ; il faudroit
quejeusse les yeux d'un
Linx,ou ceux de l'Amour.
;
Voyez
Voyez au contraire un
Autheur de trop prés
,
c'est encore pis ; la réputation
d'un Autheur
vivant est offusquée par
la jalousie de ses contemporains
, par la cabale;
,
on estime mêmesesouvrages
selon le crédit qu'.
il a, selon sa qualité, ses
richesses , ses moeurs ;
que sçai - je moy, mille
autres sujets de prévention
: par exemple, nous
ne sçaurions nous imaginerqu'un
hommeque
nous voyons de si prés
soit si grand homme :
comment seroit-il divin,
nousle voyons boire &
manger avec nous, &c
nous luyentendons sou.
vent dire à tableplus
de sottises qu'à ce gros
yvrognesimple & pesant,
quiparlant& beu.
vant avec une égalité
merveilleuse ,soutient
beaucoup mieux ridée
q^Uon nousavoicdonnée
de luy, que cet Auteur ne
soutient celle que ses livres
nous avoient donnée
de l'élevarion de son genie.
Revenons à nostre
point deVue que je placerois
environ vingt ou
trente ans après la mort
d'un Autheur, afin que
dégagé des préventions
dont je viens de parler,
on puisse juger de toutes
les beautez del'ouvra,
par rapport au goust,aux
moeurs , aux usages, aux
proprietez de la langue,
& à cent autres circont
tances qu'il est essentiel
de bien sçavoir, pour
porter un jugement équitable
& de l'ouvrage
& de l'Auteur, maissur
tout de l'Auteur, car on
peut quelquefois juger
d'un ouvrage par l'ouvrage
seul, mais on ne
sçauroit juger du mérité
d'un Autheur que par
rapport au siecleoù il
a vécu.
, Mais lesujet que je
traiteme mène plus loin
que je n'avois crû ; je
voulois parler feulement
dans ce mois-cy de la ré.
putation, de nos deux
Autheurs,8cdelà préventionqu'on
a pour
eux Réputation ,Prévention;
c'estoù je m'étois
borné. Quelles borlies.,
grand Dieu! le chapitre
de la Prévention
feule rempliroit mille
volumes àne faire qu'un
petitarticle sur chacun
des préjugez qui entrent
dans la composition des
jugemens des hommes : il pourra donc encore
dans la suite m'échaper
quelques traits non-envenimez,
contre la prévention
qu'on a pour les
Anciens; & comme cette
prévention pourroit
allerjusqu'àm'accufer
d'estre prévenu pour
les Modernes, il faut
se dèclarer. Je croy
donc que tout confideré
tout compensé
Homme , pour Homme,
Auteur pour Auteur.
Teste pour Teste ,Ancien,
Moderne, tout est
à peu près égal; parce
que les coeurs & les cerveaux
sont à peu prés fabriquez
comme ils étoient
jadis. A l'égard
d'Homere & de Rabelais,
je les crois chacun
dans leur genre grands
& excellens Autheurs' ';
c'est assez dire pour Rabelais
, mais je crains
d'avoir trop peu dit
en l'honneur d'Homere.
Ceux qui le divinisent,
& qui sont dévoilez à
son culte voudroient-ils
me forcer à l'adorer comme
ils sont.
A ce propos ilme souvient
de ce que dit Rabelais,
non en ses livres
connus, mais en quelque
sien manuscrit. Croyezdonc
si voulez que c'est
baliverne posthume du
grand Balivernier Maître
François.
- Un jour Panurge dans
un Caveau du Temple
6 renommé de 14 dive
-
Bouteille buvoit debout,
-& buvant avaloit, &;,
avalant se déledoit, &. se
-
délectant chantoit : Hé
bon bon bon,que le Vin
- el bon, par mafoy j'en
-rueux boire: Or comme il
chantoit & beuvoit sur
ce ton, un Sacrificateur-
-zélé de l'antique & dive
Bouteille,s'avança tout
courroucé
, vers Panurge
3Ci qu'en son courroux
il l'appella buveur profane
; qu'est-ce à dire,
répliqua le Buveur moderne
: n'est point profane
qui bon Vin boit-, •
qui bon Vin aime, &
qui bon Vin chante.
Non certes,dit le Sacrificateur,
mais tu bois debout,
& c'est mal - fait
car il faut boire à genoux,
tu chante fimpiement
que le Vin est bon ;
il faut chanter qu'il est
divin,car c'est vin grec.
Hé, que m'importe,dit
Panurge, vin Grec ou
Bourguignon, ny celuy-
ci, ny celuy-là, ny
aucun Vin n'estchose
divine: non ce n'est: que
boisson humaine,& pour
ce j'en boiray tout ce
qu'humainen peut boire
humainement & ne la
boiray que debout, ou
assis à table,ouà che*
val
, car on boit aussi le
vin de cheval,mais à
genoux on ne but oncques,
& n'y boiray mie.
Alors le Sacrificateur
homme gravement colerique
n'enrendit point
railleriey & à grands,
coups de Tirfe voulut
faire agenouiller le bon
Panurge; mais luy s'obstinoit
à boire debout,
criant seulement, Bon,
bon,bon, vin pour moy
bon , bon me suffit,bon
veut tout dire. 0 tu diras
divin
3
crioit le Sacrificateur
, tu en viendras
à mon mot; divin,
divin, crioit l'un en battant
: bon bon,bon,
crioit l'autre en buvant
en forte qu'entre ces
deux obstinez ne pou.
voitavenir, non plus
qu'aux Ecoles Aristoteliciennes
aucune folotion
raisonnable. Devinez
qu'elle fut celle-cy,
A force de boire&;
d'avoir bû, le vin manqua
à Panurge, qui pour
lors cria commec'estoit
sa coûtume, des que [a
bouteilleestoit vuide, il
cria, dis-je, du vin, du
vin:enforce quele Sacrificateur
crut oiiir divin?
divin,cette équivoque
Panurgienne finit
ainsi le debat au Temple
de la dive Bouteille, sans
quoy ces deux obstinez y
croient encore, l'un à
battre &c l'autre à boire.
i,:
Autant en pend à
Foeit à quiconque voudra
crier en lisant Homere,
beau, beau beau,
admirable
,
sublime ce
n'est rien dire si l'on ne
crie divin, divin
Or apres ce conte bon
ou mauvais , selon le
Lecteur, adieu vous di-,
fent Homere & Rabelais
jusqu'aux Calendes
Mercuriales du prochain
mois. Si pour lors devriez
revoir Mercure paralelliisant
vous, après
avoir tousse un coup en
boirez trois ou quatre ;
ensuitebesicles pren- drez, si debesicles usez,
& alors lirez peut-estre
merveilles & peut-estre
billevezées
OuVijfertation, ouDiscours qu'-
on nommera, comme on voudra surHomère&Rabelais. ,
Crrrycz.
- vous en Toflre
foy
9
anonques Homère
écrivant C1Iliade&1'0..
dyj[ee>penja(l és allegories
lesquelles de luyont calefreté
Plutarque, Heraclides,&
c. Si lecroyez,
pourquoynecroirez-vous
lluJJi merveilles occultes
dans ces miennesjoyeuses
&nouvelles chroniques,
combienqu'en les dictant
ny pensasse non plus que
vous, qui par avantu
re beuvezcomme moy;
carà la composition de ce
Livrejeneperdis,n'employay
onquesplus ny autre
temps que celuy de ma
refection
,
sçavoir ep lnbeuvant
& mangeant;
aussi est-ce la jufle heure
décrire ces hautes matieres
&sciencesprofondes,
tomme bien jçarvoitfaire
Homeredont le /abeur
sentoit plus le vin
que l'huile. Autant en dira
quelque Turlupin de
mes livres, ce que prendray
àgloire: car, ocombien
l'odeur du vin est
Pli,içflriand,ri.,înt, priant,
plusceleste & delicieux
quel'huile.
C'cft à peu près dans ces
termes que Rabelais vers
l'an *55o. commença luimême
pour moy, sans le
sçavoirle paralelle que
je devais faire en iy(f.
d'Homere & de luy.
Ces deux Autheurs
ont premièrement cela
de commun j
qu'ils êtoient
nez pour la Poëlie
;ilne manque à Ra-
AI
belais pour estre grand
Poëre que d'avoir écrit
en Vers: son Livre efb
un Poëme en Prose,
quoy qu'il n'ait point dit
d'abord 3
Deesse chantez
Gargantua,&c.Ilprend
sa Lyre d'un air (Impte
comme Hbnlcre, ils
promettent peu l'un &:
l'autre, maisils donnent
beaucoup dans la suite ;
en commençant ce paralelle
,
je promets peu
ainsi qu'Homere^c^onne
beaucoup, ôc je ne
donneray presque rien;
il faut bien qu'il y ait
quelque difference entre
Homere & moy.
Avant que de comparer
les ouvrages de nos
deux Autheurs, comparons
la réputation de l'un
à celle de l'autre
, comparons-
les pourtant sans
comparaison, de peur
d'offenser quelqu'un;
respectons - les comme
-
comme s'ils estoient en:
J core en vie. Encomparant
deux Poëtes, deux
Avocats, deux Medercins,
même deux Magistrats
diray-je aussi
deuxHéros,Ton offen-
[e au moins l'un des
deux; toutparalelle ofsense
l'homme
, parce
que chaque homme se
« croit unique en son espece
: appellons donc cecy
braadinlagee pllultoest q.u-e pa- - Le ton sèrieuX' gâterait
tout: Homere Ô£
consors ic fâcheroient (I
j'empruntois la Lyre divine
pour chanrer Rabelais
; maisRabelais eil
bon Compagnon. Il me
prêtera bien son fiile,.
même pour mettre Homere
au-dessus de luy.
yy- Revenons à nos mou*
y, tons, diroiticy Maistre
y, François,paralellifons
yy
la haute & llliritlque;'
„ renommée Homerien-
»ne, à la renomméeRabc!
aiuenne., de son
temps &dunôtre
nonmoins grande en cf
dimention domina- c€
tion & tyranie, quoi- ee
que Picholine au gré
d'aucuns
, eu égard
aux pays&sujets qu'-
elle domine &tyranni- cc
se : car réputationHomerienne
regne & regna
és cerveaux heroï- e€
ques, scientifiques
, C,"
Philosophiques, Meta-,,,c
physiques
, Alchimi.
„ miques & Cabalis-
„tiques, & Rabelai-
„
sienne,manienerégné
s,
qu'és cerveaux joyeux
des Paht-igruel/fies>
)'
lequel mot de Pantagrueliste
seroit pour-
„ tant par - avanture
>,
mieux & plus sensé-
,', ment fignJÍlcatifJ que
„ nlll autre des grands
„ mots ci-dessussi l'on
5,
l'interpretoir à force
„ d'erudidonjSe de
„ han, han, comme on
faitaucuns jïiot grecs c<
Hoiperiens,inintcll ,,"
giblesaux
-
bonnesc<
gensnon-érudits.<c
Mais je m'amuseu
,,
trop à lanterner & cf
baguenauder endigrç(
fionsjdigressîons'f
Aulfm sont au Le<5teur
ce que font au Voya- «5
geur ,landes arides, u
sabloneuses
)
Se alte- ct
rantes, partant,vite, «
alerte de hait, de <f Jhait,doublons le pas,,
-,
s le pas-,
- - -' jk
-
yy courons aubut,allons
„ au fait,idest, buvons
,, fra is.
Aristote n'a peut-estre
pas dit avant moy que la
beauté de l'ouvrage fait
d'abord la réputation de
l'Auteur,& qu'ensuite la
réputation de l'Auteur
fait souvent la beauté de
l'ouvrage; les beautez réelles
qui sont dans Rabelais
lui ont sans doute d'abord
acquis sa réputation,
mais ensuite sa réputation
a fait trouver dans ses ouvrages
bien des beautez
qui n'y sont pas; je ivay
-garde de croirequ'il en
10it ainsi duPoëteGrec,
chut. laissons parler un
homme plus hardi que
moy ,
c'est Montagne. un Autheur, dit-il,
suissegagner cela d'attirer
,.& embesoignerapréssoy
la Posterité, ce que nonseulementl'habileté.
&
Jiijfifance>mais autantou
ylus lafaveurfortuite du
sijet & autres hasards
peuventgagner, qu'au demeurantun
Autheurse
presente ou par bètise ou
parfinese,unpeu obscurement,
&diversement>
ne luy chaille, nombre
d'esprits le belutant~tese-
(COUtint, en exprimeront
quantite de formes
9 ou
Jelcna ou à cosé , ou au
contraire de la sienne &
qui toutes luyferont honlicur;
c'tj.ce quiafait va"
loir plufteursebofes de
neant, qui a mis ericredirplusieurs
anciens eCrits) t'T,
les Ilchargez.,detoute/orle
de bautez, qu'on avoulu,
une même chose recevant
mille &mille
, &autant
qu'il nous plaist d'images
~& considerationsdiverses ; Est-ilpossiblequ'Homere
ait dit tout ce qu'on luy
fait dire, ~&c.
Est-il possible aussi que
Rabelais ait pensé tout ce
qu'on luy fait penser ?
Non sans doute
, on a
voulujustifier par des applications
fines & détournées,
plusieurs tirades inG..
pides où tombentnecessairement
ceux qui veulent
roûjours parler & toûjours
plaisanter ; quelque fond
de gayeté qu'on puisse
avoir,onn'est pas plaisant
toutes les fois qu'on plaifante
: il faut pardonner
au plus agreable convive
deux turlupinadespourun
bon mot, &C au plus
grand Poëte deux pensées
simplement communes ,
pour unesublimementsimple.
Je ne parle pas d'Homere
deà, diroit Rabe- tcf
lais, il est en les moindres
lanternages fubli- <€
mirifiquemententoufiafmé
; je le vois tout cc"
embrasé .& tout embrasant
d'un feu A- tcf
pollonien; mais après
tout il n'y a point de
feu sans fumée, comme
aussi n'y a-t-il point de
fumée sans feu: fumée
„ je nomme en ce dernier
„cas, réputationodoran-
„ te , comme fumée de
cassolette, ou comme
„ vapeur de musc&d'am-
„ bre- gris delectant les
„ bonnes & fortes testes,
„ mais entestans parfois
j, aucuns à teste-foible,si
„ aucunes y a.
„ Je voulois donc dire
J) par ce didon de fu-
~J
111ée làns feu , que ré-- putatioii ne va point
fê sans merite,laquelle
maxime les fabula- cc
teurs anciens eussent
ainsi allegorisée.
Réputation mariée à
Merite, a engendré Prévention
1 , & par aprés
Prévention,Fille née de,
Réputation,a engendré
sa Merebienplusgrande
& plus belle que n'estoit
naturellement, lors que
fut mariée à Merite. ; -
Homere a environ
: deux millesix cens ans
de réputation acquise ;'),
Rabelais n'en a qu'environ
cent soixante ;
Corneille n'en a qu'environ
cinquante:lequel
des trois doit l'emporter.
A juger seulement par
l'âge des réputations
, ,.
c'est peut-estre la plus
jeune; car plus une réputation
vieillit, plus elle
estabsorbée dans le vaste
fein de la Prévention.
.-j.Vingt ou trente ans
aprés la mort d'un Aut1
heur y c''e1s1t .à' peu pré1s -
là vraye distance ; c'est
le vray point de vûë
d'où , je voudrois juger
de sa réputation.
-
En voyant Homere
àtravers vingt-six siecles
- imaginez - vous
voir de loin une femme
à travers un brouillard
épais; quelqu'un qui en
feroit devenu amoureux
par ouirdire auroit beau
vous crier: voyez-vous
la délicatesse de ces
traits,la douce vivacité
de ces yeux, la nuance
imperceptible des lys &c
des roses de ce tein délicat
; mais sur tout remarquez
bien ce je ne
sçay quoy , ces graces.
Hé morbleu, répondriez-
vous à cet Amant
enthousiasmé,comment
voulez-vous que j'en juge
, à travers d'un tel
broüillard ; il faudroit
quejeusse les yeux d'un
Linx,ou ceux de l'Amour.
;
Voyez
Voyez au contraire un
Autheur de trop prés
,
c'est encore pis ; la réputation
d'un Autheur
vivant est offusquée par
la jalousie de ses contemporains
, par la cabale;
,
on estime mêmesesouvrages
selon le crédit qu'.
il a, selon sa qualité, ses
richesses , ses moeurs ;
que sçai - je moy, mille
autres sujets de prévention
: par exemple, nous
ne sçaurions nous imaginerqu'un
hommeque
nous voyons de si prés
soit si grand homme :
comment seroit-il divin,
nousle voyons boire &
manger avec nous, &c
nous luyentendons sou.
vent dire à tableplus
de sottises qu'à ce gros
yvrognesimple & pesant,
quiparlant& beu.
vant avec une égalité
merveilleuse ,soutient
beaucoup mieux ridée
q^Uon nousavoicdonnée
de luy, que cet Auteur ne
soutient celle que ses livres
nous avoient donnée
de l'élevarion de son genie.
Revenons à nostre
point deVue que je placerois
environ vingt ou
trente ans après la mort
d'un Autheur, afin que
dégagé des préventions
dont je viens de parler,
on puisse juger de toutes
les beautez del'ouvra,
par rapport au goust,aux
moeurs , aux usages, aux
proprietez de la langue,
& à cent autres circont
tances qu'il est essentiel
de bien sçavoir, pour
porter un jugement équitable
& de l'ouvrage
& de l'Auteur, maissur
tout de l'Auteur, car on
peut quelquefois juger
d'un ouvrage par l'ouvrage
seul, mais on ne
sçauroit juger du mérité
d'un Autheur que par
rapport au siecleoù il
a vécu.
, Mais lesujet que je
traiteme mène plus loin
que je n'avois crû ; je
voulois parler feulement
dans ce mois-cy de la ré.
putation, de nos deux
Autheurs,8cdelà préventionqu'on
a pour
eux Réputation ,Prévention;
c'estoù je m'étois
borné. Quelles borlies.,
grand Dieu! le chapitre
de la Prévention
feule rempliroit mille
volumes àne faire qu'un
petitarticle sur chacun
des préjugez qui entrent
dans la composition des
jugemens des hommes : il pourra donc encore
dans la suite m'échaper
quelques traits non-envenimez,
contre la prévention
qu'on a pour les
Anciens; & comme cette
prévention pourroit
allerjusqu'àm'accufer
d'estre prévenu pour
les Modernes, il faut
se dèclarer. Je croy
donc que tout confideré
tout compensé
Homme , pour Homme,
Auteur pour Auteur.
Teste pour Teste ,Ancien,
Moderne, tout est
à peu près égal; parce
que les coeurs & les cerveaux
sont à peu prés fabriquez
comme ils étoient
jadis. A l'égard
d'Homere & de Rabelais,
je les crois chacun
dans leur genre grands
& excellens Autheurs' ';
c'est assez dire pour Rabelais
, mais je crains
d'avoir trop peu dit
en l'honneur d'Homere.
Ceux qui le divinisent,
& qui sont dévoilez à
son culte voudroient-ils
me forcer à l'adorer comme
ils sont.
A ce propos ilme souvient
de ce que dit Rabelais,
non en ses livres
connus, mais en quelque
sien manuscrit. Croyezdonc
si voulez que c'est
baliverne posthume du
grand Balivernier Maître
François.
- Un jour Panurge dans
un Caveau du Temple
6 renommé de 14 dive
-
Bouteille buvoit debout,
-& buvant avaloit, &;,
avalant se déledoit, &. se
-
délectant chantoit : Hé
bon bon bon,que le Vin
- el bon, par mafoy j'en
-rueux boire: Or comme il
chantoit & beuvoit sur
ce ton, un Sacrificateur-
-zélé de l'antique & dive
Bouteille,s'avança tout
courroucé
, vers Panurge
3Ci qu'en son courroux
il l'appella buveur profane
; qu'est-ce à dire,
répliqua le Buveur moderne
: n'est point profane
qui bon Vin boit-, •
qui bon Vin aime, &
qui bon Vin chante.
Non certes,dit le Sacrificateur,
mais tu bois debout,
& c'est mal - fait
car il faut boire à genoux,
tu chante fimpiement
que le Vin est bon ;
il faut chanter qu'il est
divin,car c'est vin grec.
Hé, que m'importe,dit
Panurge, vin Grec ou
Bourguignon, ny celuy-
ci, ny celuy-là, ny
aucun Vin n'estchose
divine: non ce n'est: que
boisson humaine,& pour
ce j'en boiray tout ce
qu'humainen peut boire
humainement & ne la
boiray que debout, ou
assis à table,ouà che*
val
, car on boit aussi le
vin de cheval,mais à
genoux on ne but oncques,
& n'y boiray mie.
Alors le Sacrificateur
homme gravement colerique
n'enrendit point
railleriey & à grands,
coups de Tirfe voulut
faire agenouiller le bon
Panurge; mais luy s'obstinoit
à boire debout,
criant seulement, Bon,
bon,bon, vin pour moy
bon , bon me suffit,bon
veut tout dire. 0 tu diras
divin
3
crioit le Sacrificateur
, tu en viendras
à mon mot; divin,
divin, crioit l'un en battant
: bon bon,bon,
crioit l'autre en buvant
en forte qu'entre ces
deux obstinez ne pou.
voitavenir, non plus
qu'aux Ecoles Aristoteliciennes
aucune folotion
raisonnable. Devinez
qu'elle fut celle-cy,
A force de boire&;
d'avoir bû, le vin manqua
à Panurge, qui pour
lors cria commec'estoit
sa coûtume, des que [a
bouteilleestoit vuide, il
cria, dis-je, du vin, du
vin:enforce quele Sacrificateur
crut oiiir divin?
divin,cette équivoque
Panurgienne finit
ainsi le debat au Temple
de la dive Bouteille, sans
quoy ces deux obstinez y
croient encore, l'un à
battre &c l'autre à boire.
i,:
Autant en pend à
Foeit à quiconque voudra
crier en lisant Homere,
beau, beau beau,
admirable
,
sublime ce
n'est rien dire si l'on ne
crie divin, divin
Or apres ce conte bon
ou mauvais , selon le
Lecteur, adieu vous di-,
fent Homere & Rabelais
jusqu'aux Calendes
Mercuriales du prochain
mois. Si pour lors devriez
revoir Mercure paralelliisant
vous, après
avoir tousse un coup en
boirez trois ou quatre ;
ensuitebesicles pren- drez, si debesicles usez,
& alors lirez peut-estre
merveilles & peut-estre
billevezées
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Résumé : PARALELLE BURLESQUE Ou Disseratation, ou Discours qu'on nommera comme on voudra, sur Homere & Rabelais.
Le texte compare deux auteurs majeurs de la littérature, Homère et Rabelais. Homère, auteur de l'Iliade et de l'Odyssée, utilisait des allégories que des écrivains comme Plutarque et Héraclide ont commentées. Rabelais, vers 1550, a établi un parallèle entre lui-même et Homère, soulignant que les deux étaient nés pour la poésie, bien que Rabelais ait écrit en prose. L'auteur invite le lecteur à croire en des merveilles occultes dans ses propres œuvres, écrites dans un état d'ivresse, tout comme Homère. La réputation des deux auteurs est également comparée. Homère est respecté dans les cercles héroïques, scientifiques et philosophiques, tandis que Rabelais est apprécié dans les cercles joyeux et pantagruéliques. La réputation d'Homère est estimée à environ deux mille six cents ans, celle de Rabelais à environ cent soixante, et celle de Corneille à environ cinquante. L'auteur note que juger de la réputation d'un auteur est difficile, soit à cause de la distance temporelle, soit à cause des préjugés contemporains. L'auteur conclut en affirmant que, toutes choses considérées, les auteurs anciens et modernes sont à peu près égaux. Il croit qu'Homère et Rabelais sont tous deux grands et excellents auteurs dans leurs genres respectifs. Le texte se termine par une anecdote impliquant Panurge et un sacrificateur, illustrant la dispute sur la divinité du vin, et par une comparaison entre les admirateurs d'Homère et ceux de Rabelais.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1069
p. 46-48
OBSERVATIONS sur les Fourmis.
Début :
Ceux qui observent la nature dans le dessein d'écrire [...]
Mots clefs :
Fourmis, Merveilleux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : OBSERVATIONS sur les Fourmis.
OBSERVATIONS
sur lesFourmis,
Ceux qui obsèrvent h
nature dans Je dessein
d'écrire & de se faire
honneur de leurs découvertes
donnent souvent
le merveilleux pour le
vrây, & leurs imaginations
pour des observations
réelles
-
J'ay plus de confianct"
Cn ceux que la simple
curiositéengagé d'abord
à chercher le vray, & qui
frappez ensuite par le
merveilleux qu'ils y trouvent,
ne peuvent resister
au desir d'en- faire parc* Public,
'i Celuydequije tiens
les remarques suivantes
est encore plus digne de
foy que ces derniers:car
le hasard seul luy a fait
faire cesdécouvertes, &C
il n'avoit nulle envie de ;
les èCllre-;,CC'11CiL que :
par complaisance pour
moyqu'il a employé à
ce petit ouvrage des heutf
res qu'il employe ordinairement
à de plus hautes
études; & c'est une
choseétonnante qu'avec
tout le goût & toute la
vivacité d'esprit qu'on
puisse avoir, il ait eu la
patience de faire des observations
si exactes.
sur lesFourmis,
Ceux qui obsèrvent h
nature dans Je dessein
d'écrire & de se faire
honneur de leurs découvertes
donnent souvent
le merveilleux pour le
vrây, & leurs imaginations
pour des observations
réelles
-
J'ay plus de confianct"
Cn ceux que la simple
curiositéengagé d'abord
à chercher le vray, & qui
frappez ensuite par le
merveilleux qu'ils y trouvent,
ne peuvent resister
au desir d'en- faire parc* Public,
'i Celuydequije tiens
les remarques suivantes
est encore plus digne de
foy que ces derniers:car
le hasard seul luy a fait
faire cesdécouvertes, &C
il n'avoit nulle envie de ;
les èCllre-;,CC'11CiL que :
par complaisance pour
moyqu'il a employé à
ce petit ouvrage des heutf
res qu'il employe ordinairement
à de plus hautes
études; & c'est une
choseétonnante qu'avec
tout le goût & toute la
vivacité d'esprit qu'on
puisse avoir, il ait eu la
patience de faire des observations
si exactes.
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Résumé : OBSERVATIONS sur les Fourmis.
Le texte critique les observateurs de la nature qui confondent le merveilleux avec le vrai. Il valorise ceux qui cherchent la vérité par curiosité et partagent leurs découvertes. Un individu, mentionné pour ses observations dignes de foi, a consacré du temps à un ouvrage malgré ses habitudes d'études plus élevées. Ses observations sont précises et patientes.
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1070
p. 1-8
2. Chansons nouvelles.
Début :
Qui se peuvent chanter separément, mais elles sont faites pour [...]
Mots clefs :
Vin, Amour, Amants
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : 2. Chansons nouvelles.
Chansonsnouvelles.
Quise peuvent chanter
separément, mais
, elles font faites pour
estre placées entre
les trois Couplets
qu'on a donnez dans
le mois precedent.
Onamisicy en petit
caractere ces trois
Couplets avec les
deux Chansons nouvelles,
dans l'ordre
où Ce doitchanter le
tout ensemble.
1. Couplet.
LE vin nousfait parler le
vinnousfait tairey
Lesilence à longs traits s'avale
avec levin, .,
Et le caquetse trouve au fond do
verre,
'Dés qu'on le voit on jaz.e comme
une commere
De la voisine & du voisin,
De la cousine & du cousin,
Dugalant homme&dufaquin,
iEt d'Alexandre
De Jupiter& de Catin.
Adieupudeur,adieu mystere, *
Viste, viste, viste,pourmefaire
taire,
Remplissezmon verre,
On ne dit motpendant qu'on boit,
L6vin m'afaitparler & le vin
,
I. m'a faittaire. CHANSON. LEvin endortl'amour,&
levin
le reveille.
L-icidas agitéd'une, aï
moureuseardeur,
Ne pouvoit s'endormir
sans vuider la hou.
teille,
Fdu le rend heureux;
il dortsur son bonheur.
A boire à cet ingrat dor.
meure
Le vin endort l'amour
& le vin le réveille.
2. Couplet. L E vin nous faitparler,& le
vin nous fait taire.
Lorsqu'à table un sçavantlar
perçoit à propos
jQuun esprit naturel va le con-
,
fondre,
S'il
y répont par boire, il hy
peut mieux répondre.
Maissi,buvant plus qu'il ne
faut,
'Vlflt prouverpar de grands
mots
Que les modernes font des sots
, pue les anciens sont sans defjÛftt,
Que tous les secrets du tres- haut ;S(}nt developpez. dans Hemere,
Viste, viste,viste , pour le faire
taire
Rempli(seX^fion verre.
Qu'il a d'espritpendant qu'il
boit, - Levin l'afaitparler d- le vist
lefait taire.
2. CHANSON.
L'Amour noUl fait
aimer, & l'amour
nousfaitboire.
Quon ait vû boire des
amans,
C'efl ce qu'on ne sçauroit
croire
Quand on a lû des T~-
mans: Mais ceux qui liront
no(Ire hTifioire
Pourront chanter à la
gloire
DesTirsisdece temps,
Des Ftits de ce temps,
Levin les fait atmer,&
l'amour les fait boire.
e- 1 t. -
3.
Çouplct. -
LE vin nous fait parler, & le
vin nous fait taire.
En silence une prude à petits
coups boira:
Mais si vous remplissezsouvent
son verre , La charité bien-tost émeut fit
bile amere:
Par zele pur elle dira,
Qu'en mariage celie-la. àson mary
rienn'apporta,
Que cependant ce mari-là
Tient <£tlle tout - 1 lebienqu'il
Pusqueparelle ille tira
D'un riche nobledont lepere.
rifle) viste , viste,pour la faire
taire,
Rempliffez^[on verre,
On ne méditpointquandonboit,
Le vin l'a fait parler &- le vis
l'a fait taire
Quise peuvent chanter
separément, mais
, elles font faites pour
estre placées entre
les trois Couplets
qu'on a donnez dans
le mois precedent.
Onamisicy en petit
caractere ces trois
Couplets avec les
deux Chansons nouvelles,
dans l'ordre
où Ce doitchanter le
tout ensemble.
1. Couplet.
LE vin nousfait parler le
vinnousfait tairey
Lesilence à longs traits s'avale
avec levin, .,
Et le caquetse trouve au fond do
verre,
'Dés qu'on le voit on jaz.e comme
une commere
De la voisine & du voisin,
De la cousine & du cousin,
Dugalant homme&dufaquin,
iEt d'Alexandre
De Jupiter& de Catin.
Adieupudeur,adieu mystere, *
Viste, viste, viste,pourmefaire
taire,
Remplissezmon verre,
On ne dit motpendant qu'on boit,
L6vin m'afaitparler & le vin
,
I. m'a faittaire. CHANSON. LEvin endortl'amour,&
levin
le reveille.
L-icidas agitéd'une, aï
moureuseardeur,
Ne pouvoit s'endormir
sans vuider la hou.
teille,
Fdu le rend heureux;
il dortsur son bonheur.
A boire à cet ingrat dor.
meure
Le vin endort l'amour
& le vin le réveille.
2. Couplet. L E vin nous faitparler,& le
vin nous fait taire.
Lorsqu'à table un sçavantlar
perçoit à propos
jQuun esprit naturel va le con-
,
fondre,
S'il
y répont par boire, il hy
peut mieux répondre.
Maissi,buvant plus qu'il ne
faut,
'Vlflt prouverpar de grands
mots
Que les modernes font des sots
, pue les anciens sont sans defjÛftt,
Que tous les secrets du tres- haut ;S(}nt developpez. dans Hemere,
Viste, viste,viste , pour le faire
taire
Rempli(seX^fion verre.
Qu'il a d'espritpendant qu'il
boit, - Levin l'afaitparler d- le vist
lefait taire.
2. CHANSON.
L'Amour noUl fait
aimer, & l'amour
nousfaitboire.
Quon ait vû boire des
amans,
C'efl ce qu'on ne sçauroit
croire
Quand on a lû des T~-
mans: Mais ceux qui liront
no(Ire hTifioire
Pourront chanter à la
gloire
DesTirsisdece temps,
Des Ftits de ce temps,
Levin les fait atmer,&
l'amour les fait boire.
e- 1 t. -
3.
Çouplct. -
LE vin nous fait parler, & le
vin nous fait taire.
En silence une prude à petits
coups boira:
Mais si vous remplissezsouvent
son verre , La charité bien-tost émeut fit
bile amere:
Par zele pur elle dira,
Qu'en mariage celie-la. àson mary
rienn'apporta,
Que cependant ce mari-là
Tient <£tlle tout - 1 lebienqu'il
Pusqueparelle ille tira
D'un riche nobledont lepere.
rifle) viste , viste,pour la faire
taire,
Rempliffez^[on verre,
On ne méditpointquandonboit,
Le vin l'a fait parler &- le vis
l'a fait taire
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Résumé : 2. Chansons nouvelles.
Le texte présente une série de chansons et de couplets centrés sur le thème du vin et ses effets. Il explique que les nouvelles chansons doivent être chantées séparément mais sont conçues pour être placées entre trois couplets publiés précédemment. Ces éléments sont imprimés en petit caractère dans l'ordre approprié pour être chantés ensemble. Le premier couplet décrit comment le vin fait parler et taire les gens, incitant à la conversation sur divers sujets, allant des voisins aux figures mythologiques comme Alexandre et Jupiter. Le vin est également présenté comme un moyen de faire taire les gens, car on ne parle pas pendant qu'on boit. La première chanson explore comment le vin endort et réveille l'amour, racontant l'histoire de Licidas, qui ne peut s'endormir sans boire et trouve le bonheur grâce au vin. Le deuxième couplet aborde la sagesse et la conversation à table, soulignant que boire peut aider à répondre à des propos savants, mais que boire excessivement peut conduire à des discours pompeux et sans fondement. La deuxième chanson parle de l'amour et du vin, notant que l'amour fait aimer et boire, et que les amants boivent ensemble. Le troisième couplet traite de la prudence et de la charité, décrivant comment une femme prude boit en silence, mais que remplir souvent son verre peut la faire parler amèrement sur son mariage et ses biens.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1071
p. 52-53
CONSEIL DE DOM BRUTAL. SUR L'AIR Réveillez-vous Belle endormie.
Début :
Si femme impertinente & belle [...]
Mots clefs :
Femme, Impertinence
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CONSEIL DE DOM BRUTAL. SUR L'AIR Réveillez-vous Belle endormie.
CONSEIL
DE DOM Brutal
SUSURRLl''AAIiRr
Réveillez-vous Belle endormie. sI femme impertinente
& belle
Tu veux garder dans ta
maison,
Deviens plus impertinent
quelle,
Tu la mettras à la raison.
DE DOM Brutal
SUSURRLl''AAIiRr
Réveillez-vous Belle endormie. sI femme impertinente
& belle
Tu veux garder dans ta
maison,
Deviens plus impertinent
quelle,
Tu la mettras à la raison.
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1072
p. 54-55
« Ces deux anonimes, mary & femme, apparemment puisqu'ils m'ont [...] »
Début :
Ces deux anonimes, mary & femme, apparemment puisqu'ils m'ont [...]
Mots clefs :
Mari, Femme
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Ces deux anonimes, mary & femme, apparemment puisqu'ils m'ont [...] »
Ces deux anonimes
mary &*ifemmeTrap-*
paremmentpuisqu'ils
m'ont envoyé les deux
Couplets sur le même
air me font souvenir
par les differens caracteres
de leurs Conseils
de travailler à une Apologie
des femmes contre
les maris, ô£j'y travai
llerai de bon coeur,
car j'ay toûjours esté
persuadé, que dans les
démêlez domestiques,
les maris ont ordinairement
plus de tort que IcsjEcmmes.
mary &*ifemmeTrap-*
paremmentpuisqu'ils
m'ont envoyé les deux
Couplets sur le même
air me font souvenir
par les differens caracteres
de leurs Conseils
de travailler à une Apologie
des femmes contre
les maris, ô£j'y travai
llerai de bon coeur,
car j'ay toûjours esté
persuadé, que dans les
démêlez domestiques,
les maris ont ordinairement
plus de tort que IcsjEcmmes.
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1073
p. 58-59
Par Monsieur P ....
Début :
Le mensonge est dans le vin, quand le vin est dans [...]
Mots clefs :
Vin, Mensonge, Vérité
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Par Monsieur P ....
PdrMonfieu, P.1
Lemensonge estdansle
vin, quandle vin cf^c^ns
Ja cave du Cabaretier,
qui vous donne levin
d'Orleans en jurant que
c'est du vin deChampagne.
Laverité est dans le
vin, lorsqu'un bon Gentilhomme
de Brie vous donne
le vin de son crû, &
vous le donne pour tel:
mais son vin de Brie produit
le mensonge, quanc le convive complaisant lui
dit que le vin de son crû
vaut du vin de Bourgogne.
Lemensonge estdansle
vin, quandle vin cf^c^ns
Ja cave du Cabaretier,
qui vous donne levin
d'Orleans en jurant que
c'est du vin deChampagne.
Laverité est dans le
vin, lorsqu'un bon Gentilhomme
de Brie vous donne
le vin de son crû, &
vous le donne pour tel:
mais son vin de Brie produit
le mensonge, quanc le convive complaisant lui
dit que le vin de son crû
vaut du vin de Bourgogne.
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1074
p. 60
« On ne m'a pas envoyé les moindres petits vers [...] »
Début :
On ne m'a pas envoyé les moindres petits vers [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « On ne m'a pas envoyé les moindres petits vers [...] »
cnvoyé
les moindres petits
vers sur les rimes
en ique.& en ac, j'esperois
en recevoir au
moins de quelqueAuvergnac.
les moindres petits
vers sur les rimes
en ique.& en ac, j'esperois
en recevoir au
moins de quelqueAuvergnac.
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1075
p. 63
ENVOY Par Mr Anceau.
Début :
Que l'esprit de Homme est plaisant, [...]
Mots clefs :
Bouchon de bouteille
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENVOY Par Mr Anceau.
ENvay
Par Mx AnetAu.
Que l'esprit de Hommeest
plaisant,
Un rien l'endort, ou le
réveille,
Pour luy tout peut estreamusant,
Jusqu'au bouchon d'une
4bouteille.
Par Mx AnetAu.
Que l'esprit de Hommeest
plaisant,
Un rien l'endort, ou le
réveille,
Pour luy tout peut estreamusant,
Jusqu'au bouchon d'une
4bouteille.
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1076
p. 64
ENVOY Par Guillot le Pensif.
Début :
Bouteille en main Guillot sous une treille, [...]
Mots clefs :
Bouteille
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENVOY Par Guillot le Pensif.
ENVOY
Par Guillot le lJenftf
Bouteille en main Guillot
sous une treille,
L'e sprit bouché,longtems
te mot chercha; •
Mais son esprit enfinsedébaucha
,
Si tôt qu'il eut débouché sa bouteille
Par Guillot le lJenftf
Bouteille en main Guillot
sous une treille,
L'e sprit bouché,longtems
te mot chercha; •
Mais son esprit enfinsedébaucha
,
Si tôt qu'il eut débouché sa bouteille
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1077
p. 64-67
ENIGME, Par Mr L***
Début :
Effet de la simple nature, [...]
Mots clefs :
Je ne sais quoi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME, Par Mr L***
IGME,
Par M"L
Effet de lasimple nantît>
Et quelquefois fils du bavard,
Nésouvent dans le sein de
l'art,
Adon pouvoir & mon prix
sonttous deuxsansmesure.
Parmoyl'oeil est séduit, l'esprit
est enchanté :
Parmoy plus d'un deffaut (si
un deffaut aimable:
Etplus bizarequ'équitable,
Je donne à la laideurlepassur
la beauté.
~m
Jesuis également à la Brune
àlaBlonde , :
Je fuis majestueux
,
délicat,
simple,admy
Jefuis dugoûtde toutlemonde:
Mais ne ma pas qui le voté*
droit.
pIlnl'esatpoinitsarnsemoyd.'a*rt de
mDee-steesplriitesm&.*ckSs coeurjesor-
Les grâcesriotot pointd'autre
pere :
\t;( i-amesrn'eut d'autres
traits quilesmiens.
Despassonsrie-con
Des pajjions,rtjjon bh-aabbiillee
je fais ,
craindre
rfperer j*e Je craindre ,* rfterer ; je
fais aimer,haïr:
Dela fortunenjray mobile,
jJeepuis combler vossvwtx O* puis les trahir.
Pourme definirmieuxqu'àjouterois-
je encore?
Mon nom ne m'explique pas
r htm: -('- {.,: v.
-
MonefirctflcetbnignotÇ)
Si me connoijjoh:> je nesef<
ei) plus.rien%
Par M"L
Effet de lasimple nantît>
Et quelquefois fils du bavard,
Nésouvent dans le sein de
l'art,
Adon pouvoir & mon prix
sonttous deuxsansmesure.
Parmoyl'oeil est séduit, l'esprit
est enchanté :
Parmoy plus d'un deffaut (si
un deffaut aimable:
Etplus bizarequ'équitable,
Je donne à la laideurlepassur
la beauté.
~m
Jesuis également à la Brune
àlaBlonde , :
Je fuis majestueux
,
délicat,
simple,admy
Jefuis dugoûtde toutlemonde:
Mais ne ma pas qui le voté*
droit.
pIlnl'esatpoinitsarnsemoyd.'a*rt de
mDee-steesplriitesm&.*ckSs coeurjesor-
Les grâcesriotot pointd'autre
pere :
\t;( i-amesrn'eut d'autres
traits quilesmiens.
Despassonsrie-con
Des pajjions,rtjjon bh-aabbiillee
je fais ,
craindre
rfperer j*e Je craindre ,* rfterer ; je
fais aimer,haïr:
Dela fortunenjray mobile,
jJeepuis combler vossvwtx O* puis les trahir.
Pourme definirmieuxqu'àjouterois-
je encore?
Mon nom ne m'explique pas
r htm: -('- {.,: v.
-
MonefirctflcetbnignotÇ)
Si me connoijjoh:> je nesef<
ei) plus.rien%
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1078
p. 69
« Pour donner le tems aux Anonimes des Provinces de recevoir [...] »
Début :
Pour donner le tems aux Anonimes des Provinces de recevoir [...]
Mots clefs :
Provinces, Anonymes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Pour donner le tems aux Anonimes des Provinces de recevoir [...] »
Pour donner le teins
*au3C AnonimesdesProvinces
-. de recevoir le
Mercure, de composer
SC d'envoyerdes repon-
Lès, il faut faire durer
pendant plusiëurs mois
les mêmesQuéstions,
Conseils, Thelês,Boutsrimez,
&c.Ony en
joindra toujours <juelxjue
nouvelle
*au3C AnonimesdesProvinces
-. de recevoir le
Mercure, de composer
SC d'envoyerdes repon-
Lès, il faut faire durer
pendant plusiëurs mois
les mêmesQuéstions,
Conseils, Thelês,Boutsrimez,
&c.Ony en
joindra toujours <juelxjue
nouvelle
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1079
p. 71-72
Noms, discours, rebus, & c. de ceux qui ont deviné les deux Enigmes du mois dernier de celle-cy,
Début :
l'Ame. Le Chevalier Croc, l'ame attentive, a deviné [...]
Mots clefs :
Bouchon de bouteille, Âme
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Noms, discours, rebus, & c. de ceux qui ont deviné les deux Enigmes du mois dernier de celle-cy,
Noms
,
discours
, rébus
, &c. de ceux qui
ont deviné les deux Enigmes
du moisdernier
decelle-cy
?
l'Aml.
Le Chevalier Croc , l'ame attentive,a devine
l'ame ; l'ame de l'Enigme
,
c'estle mot, &
le mot cestlame, la jeune
Sorciere de la vieille
rue du Temple.
Bouchon de Bouteille.
Le cou cou verd ;
Chon Chon l'explique à
Chonchette l'Espagnelette
: deux moyens
d'empéchcr le vin de
s'éventer ou le boucher
ou le boire: la voix de
Bois flocé du grand
Chantier. -f
-
L'Ignorant, la Brupto
,
la Zinzolme.
,
discours
, rébus
, &c. de ceux qui
ont deviné les deux Enigmes
du moisdernier
decelle-cy
?
l'Aml.
Le Chevalier Croc , l'ame attentive,a devine
l'ame ; l'ame de l'Enigme
,
c'estle mot, &
le mot cestlame, la jeune
Sorciere de la vieille
rue du Temple.
Bouchon de Bouteille.
Le cou cou verd ;
Chon Chon l'explique à
Chonchette l'Espagnelette
: deux moyens
d'empéchcr le vin de
s'éventer ou le boucher
ou le boire: la voix de
Bois flocé du grand
Chantier. -f
-
L'Ignorant, la Brupto
,
la Zinzolme.
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Résumé : Noms, discours, rebus, & c. de ceux qui ont deviné les deux Enigmes du mois dernier de celle-cy,
Le texte présente les solutions de deux énigmes. La première, 'l'Aml.', a été résolue par le Chevalier Croc, qui a trouvé 'l'âme', désignant 'la jeune Sorcière de la vieille rue du Temple'. La deuxième, 'Bouchon de Bouteille', expliquée par Chon Chon à Chonchette, traite des méthodes pour empêcher le vin de s'éventer. Les noms 'L'Ignorant', 'la Brupto' et 'la Zinzolme' sont également mentionnés.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1080
p. 1-12
ODE NOUVELLE contre l'Esprit.
Début :
Source intarissable d'erreurs [...]
Mots clefs :
Esprit, Nature
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ODE NOUVELLE contre l'Esprit.
ODE NOUVELLE
contre l'Esprit,
Source intarissable d'erreurs
Poison qui corrompt la
droiture,
Des sentïmens de la nature,
Et la vérité de nos coeurs. if
Feu fonlletuquiibrrillees p,our
Charme des mortels inCcn.
sez,
Esprit ; je viens icy détruire
Les Autels quel'on t'a dressez,
Et toy fatalePoësi,
C'est luy fous un nom specieux,
Qui nomma langage des
Dieux,
Les accès de ta frenesie
;
Luy dont te vint l'aurorité;
D'aller consacrant le mensonge,
© Et detraieter deverité,
La vainc illusiond'un songe.
Encor si telle qu'autrefois,
Suivant pas à pas la nature,
Dans une naïve peinture..
Tuchantois les prcz & les
bois,
Ou qu'au bonficclc de Catulle
Simple dans tes exprelfions
Et de Virgile, & de Tibulle
Tu foupirois les passions.
Mais non; de quelque rime
| rare, De pointes, derasinemens,
Tu cherches les vains ornemens
Dont une coquette Ce pare,
Et suivant les égaremens
D'une Muse , trop peu fcnsée,
Tu négliges les fcnrirncnsj
Pour faire briller la pensee.
is
Tel ne chantoitau bord des
caux)
Du Mincius l'heureux Titire
, Maissimplement faisoit redire
Le nom d'Amarille aux
échos,
Et les Naïades attentives-
Qmttoient leurs joncs &
leurs roseaux
Pour venir danser sur ses
rives,
Aux doux fons de ses Chalumeaux.
Esprit, tu séduis, on t'admire;
Mais rarement on t'aimera
Ce qui seurement touchera
C'est ce que le coeur nous
fait dire
C'cil ce langage de nos
coeurs
Qui saisit l'ame & qui l'agite
Etde faire couler nos pleurs
Tu n'auras jamais le merite.
Laissons ces frivoles sujets
Que tu nous donnes de
nous plaindre
Quand de toy l'on a tant à
craindre
Sur de plus importans objets.
Dans les choses les plus sacrees
Tu te plais à nous faire voir
Qoe plus elles sont révérées
Et plus y brille, ton pouvoir.
Dans la vérité simple & pure
D'une faince Religion,
: Est-ildesuperstition
Dont tu n'y glisse rimpofturc.
Ec moyen de te pardonner
Ce que tu veux tirer de gloire
De nous apprendre à raisonner
Quand il ne s'agit que de
croire.
Que de
vaincsdifHnétions"
Que de varierez frivoles
Ont tiré des mêmes paroles
-'
Les heretiques fictions -
Combien le subtil artifice
De Luther & de ses Docteurs
, Aux gens simples & sans
malice
A-cil fait adopter d'erreurs.
Ton rafinement empoifonne
Xes plus saines opinions
Jamais ru n'as gueri personne
De les cruelles passions
,,' Tu ne fais qu'augmenter
nos vices Enmultipliant nos desirs,
Et des plus innocens plaisirs
Tu nous fais souvent des
supplices.
Demande aux hôtes de ces
bois
Si chez eux la loy de nature
N'est pas plus prudente &
plus sûre
Pour leur faire faire un bon
choix;
Que tes penetrantes lumieres.
Non, les animaux amoureux
N'ont pas besoin dans leurs
tannieres
De ton beau feu pour cGrc:
heureux.
Sx
C'est toy d'où ftaifïent ces
caprices
Par où Venus soutient sa
Cour,
Et cet attirail d'artifices
*
Donc tu sophistiques rAmour.
Les Pigeons & les Tourterelles
Sçavent se plaire & s'enflammer,
En il quelque Ovide pour
elles
Qui fit jamais un Art d'aimer.
«s^s»
C'est dans ce livre detefiablc
Que paroist la corruption
Qui d'une simple passion
A fait unArc abominable.
Art dont nous vint en sa fureur
Cemonstre de Coquetterie
Et ce mêtier faux & tfoln.
peur,
Qu'on appelle Galanterie.
VFinissons
; insensiblement
Jecede au charme quim'entraîne,
Et j'oublicray toute ma haine
Si j'écris encoreun mOJncnr. Hipric que je hais,& qu'on
aime,
Avec douleur je m'apperçois
Pour écrire contre toy même,
QuV>n ne peut fc passer de
toy.
contre l'Esprit,
Source intarissable d'erreurs
Poison qui corrompt la
droiture,
Des sentïmens de la nature,
Et la vérité de nos coeurs. if
Feu fonlletuquiibrrillees p,our
Charme des mortels inCcn.
sez,
Esprit ; je viens icy détruire
Les Autels quel'on t'a dressez,
Et toy fatalePoësi,
C'est luy fous un nom specieux,
Qui nomma langage des
Dieux,
Les accès de ta frenesie
;
Luy dont te vint l'aurorité;
D'aller consacrant le mensonge,
© Et detraieter deverité,
La vainc illusiond'un songe.
Encor si telle qu'autrefois,
Suivant pas à pas la nature,
Dans une naïve peinture..
Tuchantois les prcz & les
bois,
Ou qu'au bonficclc de Catulle
Simple dans tes exprelfions
Et de Virgile, & de Tibulle
Tu foupirois les passions.
Mais non; de quelque rime
| rare, De pointes, derasinemens,
Tu cherches les vains ornemens
Dont une coquette Ce pare,
Et suivant les égaremens
D'une Muse , trop peu fcnsée,
Tu négliges les fcnrirncnsj
Pour faire briller la pensee.
is
Tel ne chantoitau bord des
caux)
Du Mincius l'heureux Titire
, Maissimplement faisoit redire
Le nom d'Amarille aux
échos,
Et les Naïades attentives-
Qmttoient leurs joncs &
leurs roseaux
Pour venir danser sur ses
rives,
Aux doux fons de ses Chalumeaux.
Esprit, tu séduis, on t'admire;
Mais rarement on t'aimera
Ce qui seurement touchera
C'est ce que le coeur nous
fait dire
C'cil ce langage de nos
coeurs
Qui saisit l'ame & qui l'agite
Etde faire couler nos pleurs
Tu n'auras jamais le merite.
Laissons ces frivoles sujets
Que tu nous donnes de
nous plaindre
Quand de toy l'on a tant à
craindre
Sur de plus importans objets.
Dans les choses les plus sacrees
Tu te plais à nous faire voir
Qoe plus elles sont révérées
Et plus y brille, ton pouvoir.
Dans la vérité simple & pure
D'une faince Religion,
: Est-ildesuperstition
Dont tu n'y glisse rimpofturc.
Ec moyen de te pardonner
Ce que tu veux tirer de gloire
De nous apprendre à raisonner
Quand il ne s'agit que de
croire.
Que de
vaincsdifHnétions"
Que de varierez frivoles
Ont tiré des mêmes paroles
-'
Les heretiques fictions -
Combien le subtil artifice
De Luther & de ses Docteurs
, Aux gens simples & sans
malice
A-cil fait adopter d'erreurs.
Ton rafinement empoifonne
Xes plus saines opinions
Jamais ru n'as gueri personne
De les cruelles passions
,,' Tu ne fais qu'augmenter
nos vices Enmultipliant nos desirs,
Et des plus innocens plaisirs
Tu nous fais souvent des
supplices.
Demande aux hôtes de ces
bois
Si chez eux la loy de nature
N'est pas plus prudente &
plus sûre
Pour leur faire faire un bon
choix;
Que tes penetrantes lumieres.
Non, les animaux amoureux
N'ont pas besoin dans leurs
tannieres
De ton beau feu pour cGrc:
heureux.
Sx
C'est toy d'où ftaifïent ces
caprices
Par où Venus soutient sa
Cour,
Et cet attirail d'artifices
*
Donc tu sophistiques rAmour.
Les Pigeons & les Tourterelles
Sçavent se plaire & s'enflammer,
En il quelque Ovide pour
elles
Qui fit jamais un Art d'aimer.
«s^s»
C'est dans ce livre detefiablc
Que paroist la corruption
Qui d'une simple passion
A fait unArc abominable.
Art dont nous vint en sa fureur
Cemonstre de Coquetterie
Et ce mêtier faux & tfoln.
peur,
Qu'on appelle Galanterie.
VFinissons
; insensiblement
Jecede au charme quim'entraîne,
Et j'oublicray toute ma haine
Si j'écris encoreun mOJncnr. Hipric que je hais,& qu'on
aime,
Avec douleur je m'apperçois
Pour écrire contre toy même,
QuV>n ne peut fc passer de
toy.
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Résumé : ODE NOUVELLE contre l'Esprit.
L'auteur critique l'Esprit, le considérant comme une source d'erreurs et de corruption. Il accuse l'Esprit d'avoir détourné la droiture et la vérité des cœurs, notamment à travers la poésie moderne, qui glorifie le mensonge et néglige les sentiments sincères. Contrairement à la poésie des anciens, comme Virgile et Tibulle, qui était simple et naturelle, la poésie moderne se pare de vains ornements. L'auteur regrette que l'Esprit, cherchant à séduire et être admiré, ne touche pas véritablement les cœurs, préférant le langage du cœur qui émeut sincèrement. L'auteur dénonce également l'influence de l'Esprit dans les domaines sacrés, introduisant superstition et erreurs, comme celles propagées par Luther. L'Esprit est accusé d'empoisonner les opinions saines, d'augmenter les vices et de transformer les plaisirs innocents en supplices. Dans le domaine de l'amour, les humains, corrompus par les caprices et les artifices, contrastent avec les animaux qui suivent naturellement la loi de la nature. L'auteur reconnaît finalement la difficulté d'écrire contre l'Esprit, car on ne peut s'en passer.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1081
p. 13-18
EPITRE EN VERS, Par M. V ........
Début :
Par tes conseils & ton exemple [...]
Mots clefs :
Esprit
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EPITRE EN VERS, Par M. V ........
EPITRE EN VERS,
: Par M. V i
par tes conseils & ton
exemple
Ce que j'ay de vertus fut
trop bien cimenté,
CherP. dans la pureté
Des innocens banquets du
Temple
De raison & de fermeté.
Ja'aymfaitpunelemo,isson trop
Pourestrejamaisinfsetcte
D'une sordideavidité,
Quelle honte
,
bon Dieu,
quel scandalleenParnasse -
De voirundeses Candidats
Employerlaplume d'Horace
( A liquider
-un compte, à
dresser des estats !
J'ay vû, diroitMaror, en
faitanc la grimace,
J'ayvû l'Eleve de Clio
Sedentem in selonio;
Jelay vû calculer, flombrcrJ
chiffrer,rabattre,
Et d'un produit au denier
- quatre
Raisonner selon l'adgio.
Dure, dure plûtost; l'honorableindigence,
Dontj'ay si long-tems essaïé,
Je sçay quel est le prix d'une
honneste opulence
Que fuie la joyeuse innocence,
Et qu'un Philolophe étayé
Dans peu de richesse & d'aisance
,
Dans le chemin de sapience
Marche plus fermme de
moitié:
Mais j'aime mieux un sage
a, pié1
Content de son indépendance
Qu'un juste in,dignement
noyé
Dans une
servile abondan- ce,
Qiii facnfianccou[.)bonneurJ'
joye, amitié
Au foin d'augmenter sa
finance,
Est luy mêmesacrifié
A des biens donc il n'a jamais
la joüissance.
Nourri par Apollon, cultivé
par tes soins,
Cher P. ne crains pas que je
me timpanise
Par l'odieuse convoitise
D'un bien plus grand que
mesbesoins:
D'une ame libre&dégagée * De préjugez contagieux,
Une fortune un peu rangée,
Ua
Un corps sain
, un esprit
joyeux,
Et quelque Prose mélangée
De Vers badins & serieux,
Me feront trouver l'apogée
De la felicité des Dieux.
C'estpar ces maximes, qu'ignore
Tout Riche, Juif, Arabe,
ou More,
Que j'ay fçû plaire déslong
temps
A des Protecteursquej'honore,
Et c'est ainsi que je prétends
j. Trouver l'art de leur plaire encore.
Cest dans cc bon esprit
Gaulois,
Que le gentil Maistre François
Appelle Pantagruélisme,
Q~~ Neüilly L. * & * nin
Puisent cet enjouëment
benin,
Dont est formé leur Atti--
cisme.
: Par M. V i
par tes conseils & ton
exemple
Ce que j'ay de vertus fut
trop bien cimenté,
CherP. dans la pureté
Des innocens banquets du
Temple
De raison & de fermeté.
Ja'aymfaitpunelemo,isson trop
Pourestrejamaisinfsetcte
D'une sordideavidité,
Quelle honte
,
bon Dieu,
quel scandalleenParnasse -
De voirundeses Candidats
Employerlaplume d'Horace
( A liquider
-un compte, à
dresser des estats !
J'ay vû, diroitMaror, en
faitanc la grimace,
J'ayvû l'Eleve de Clio
Sedentem in selonio;
Jelay vû calculer, flombrcrJ
chiffrer,rabattre,
Et d'un produit au denier
- quatre
Raisonner selon l'adgio.
Dure, dure plûtost; l'honorableindigence,
Dontj'ay si long-tems essaïé,
Je sçay quel est le prix d'une
honneste opulence
Que fuie la joyeuse innocence,
Et qu'un Philolophe étayé
Dans peu de richesse & d'aisance
,
Dans le chemin de sapience
Marche plus fermme de
moitié:
Mais j'aime mieux un sage
a, pié1
Content de son indépendance
Qu'un juste in,dignement
noyé
Dans une
servile abondan- ce,
Qiii facnfianccou[.)bonneurJ'
joye, amitié
Au foin d'augmenter sa
finance,
Est luy mêmesacrifié
A des biens donc il n'a jamais
la joüissance.
Nourri par Apollon, cultivé
par tes soins,
Cher P. ne crains pas que je
me timpanise
Par l'odieuse convoitise
D'un bien plus grand que
mesbesoins:
D'une ame libre&dégagée * De préjugez contagieux,
Une fortune un peu rangée,
Ua
Un corps sain
, un esprit
joyeux,
Et quelque Prose mélangée
De Vers badins & serieux,
Me feront trouver l'apogée
De la felicité des Dieux.
C'estpar ces maximes, qu'ignore
Tout Riche, Juif, Arabe,
ou More,
Que j'ay fçû plaire déslong
temps
A des Protecteursquej'honore,
Et c'est ainsi que je prétends
j. Trouver l'art de leur plaire encore.
Cest dans cc bon esprit
Gaulois,
Que le gentil Maistre François
Appelle Pantagruélisme,
Q~~ Neüilly L. * & * nin
Puisent cet enjouëment
benin,
Dont est formé leur Atti--
cisme.
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Résumé : EPITRE EN VERS, Par M. V ........
L'épître de M. V i célèbre les vertus et la pureté acquises grâce aux conseils et à l'exemple de son destinataire, cher P. L'auteur exprime son dégoût pour la cupidité et le scandale de voir des candidats utiliser leur plume pour des tâches mercantiles. Il méprise les poètes qui privilégient les calculs financiers à la poésie. Préférant une honnête indigence à une richesse servile, il sacrifie la joie, l'amitié et le bonheur à l'augmentation de sa fortune. Il valorise une vie simple et indépendante, nourrie par Apollon et cultivée par les soins de cher P. L'auteur se réjouit d'une fortune modeste, d'un corps sain, d'un esprit joyeux et d'une prose mêlée de vers. Ces principes lui ont permis de plaire à ses protecteurs, et il espère continuer à le faire. Il conclut en souhaitant que ses proches partagent cet enjouement bénin, qualifié de pantagruélisme par le maître François.
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1082
p. 18-19
EPIGRAMME.
Début :
Le traître Amour prit à Venus la Mere [...]
Mots clefs :
Amour, Amitié
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EPIGRAMME.
EPIGRAMME.
Letraître Amour prità Venus
la Merc
Certain bouquet pour donnerà
Psiché,
Puis dans les yeux de celle
qui mest chere
S'enfuie tout droit se croïant
bien caché:
Lors je luy dis : Te voilà
mal niché,
Petit Garçon ,cherche une
autre retraitte,
Celle du coeur fera bien plus
secrette.
Vrrayment,ditil, Amy"ê
c'estm'obliger;
Et pour payer ton amitié
discrette,
C'e{t dans ton coeur que je
me veux loger.
Letraître Amour prità Venus
la Merc
Certain bouquet pour donnerà
Psiché,
Puis dans les yeux de celle
qui mest chere
S'enfuie tout droit se croïant
bien caché:
Lors je luy dis : Te voilà
mal niché,
Petit Garçon ,cherche une
autre retraitte,
Celle du coeur fera bien plus
secrette.
Vrrayment,ditil, Amy"ê
c'estm'obliger;
Et pour payer ton amitié
discrette,
C'e{t dans ton coeur que je
me veux loger.
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1083
p. 20-30
ODE A Mr D**. Sur les affaires de sa Famille.
Début :
Esprit né pour servir d'exemple [...]
Mots clefs :
Bonheur, Vice, Amitié, Malheur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ODE A Mr D**. Sur les affaires de sa Famille.
ODE5
AMe D * ».
Sur les affaires de fl
Famille.
Espritné pour servir d'exemple
Aux coeurs dela vertu touchez
Quisans guideà pu de fom
Temple
Penetrer les sentiers cachez,
CherD. quelle inquiétude
Tç fait une-
Des chagrins & de la douleur
Et Ministre de ton fuplicc
,
Pourquoy par un sombre
caprice
Veux-tu secondcr ton mak
heur.
Chasse cet cnnuy volontaire
Qui tiens ton esprit dans les
fers
Et que dans une ame vulgaire
Jettel'épreuve des revers
Fais teste au malheur qui
t'opprime
Qu'une esperance légitime,
Te munisse contre le sort
L'air fisle,une horrible tempeste
Aujourd'huy gronde sur ta
teste
Demain tu feras dans le
port
f!)2
Toujours la Mer n'est pas
en bute
Aux ravage des Aquillons
Toujours les torrens par
leur chûte
Ne désolent pas nos Va
lonsLes
disgraces désesperées
Et de nul espoir tempcrées
Sont affreuses à soutenir
Mais leur charge en moins.
importune
Lorsqu'on gémit d'une infortune
Qu'onest au point de voir"
finir
Un jour le
trou
ble qui te*
ronge
En un doux repos transfor1
me
Ne sera plus pour toy qu'un
songe
Que le réveil aura calméEspere
donc aveccourage
Sile Pilote craint l'orage
Quand Neptune cnchainc
les flots
L'espoir du calme le raflurc
Quand les vents & la nuë
obscure
Glacent le coeur des Matelots.
c Jesçay que l'homme le plus
Cage
Par les disgraces combatu-
Peut fouhaitterpour apanage.
La Fortune après la Vertu
Mais dans un bonheur ùns
mélange Souvent
Souvent cettevertusechange
En une honteuse langeur
Autour de l'aveugle richesse
Marrchuentdl'oergesüils&e.\x
,Qtlcfuit la dureté du coeur.
Non que ça' fagcffccndor-,
mie yl
,
Au temps de tes prosperitez
Eut besoin d'eîke r'affermie
Par de dutes
-
fatalitez
Ny que ta gloire peu fidel- lev.;
Eut jamais choisi pour modelle
Ce fol superbe
, & ténébreux
Qui gonfléd'une fiertébafse
N'a jamais eu d'autres difgraccs
Que de n'estre point malheux.
Mais si les maux & la tristesse
Nous font des secours super
flus
Quand des bornes de la fagesse
Les biens ne nous sont point
exclus
Ils nous fonc trouver plus
charmante
Nostre felicité presente
Comparéeau malheur passé
Et leur influence tragique
Reveille un bonheur létargique
Que rien n'a jamais traversé.
.PA*- SK
Ainsi que le cours des années
Se forme des jours & des
nuits
Le cercle de nos destinées
Est marqué de joye,&de
d'ennuys
Le Ciel par un ordre équitable
Rend l'un à l'autre profitable
Et dans ces inégalitez
Souvent lasagesse supr ême
Sçait tirer nostre bonheur
même
Du fein de nos calamitez
•
Moymêmea qui l'horreur
*du vice
Jadis, non sans temerité
Chargea la main encore novice
Du flambeau dela verité
Si contre mes rimes sinceres
J'ay vû de honteux aversaires
Lancer tant de traits inoüis ;
Loin de gémir de cet ou-
Peutestrtargeeje dois à leur ra.
S~
Toutlerepos dont je joüis.
Ê~k
A force d'exciter ma bile
Eux-mêmes l'ont fçu corriger
J'ay veu qu'il estoit plus facile
De souffrir, que de (e vanger
Et tel donc ma verve orageuse
Pour prix de sa haine outrageuse
Eut fait un sujet de pitié
Puni par un mépris paisible
Me laisse seulement sensible
Aux charmes de ton amitié.
AMe D * ».
Sur les affaires de fl
Famille.
Espritné pour servir d'exemple
Aux coeurs dela vertu touchez
Quisans guideà pu de fom
Temple
Penetrer les sentiers cachez,
CherD. quelle inquiétude
Tç fait une-
Des chagrins & de la douleur
Et Ministre de ton fuplicc
,
Pourquoy par un sombre
caprice
Veux-tu secondcr ton mak
heur.
Chasse cet cnnuy volontaire
Qui tiens ton esprit dans les
fers
Et que dans une ame vulgaire
Jettel'épreuve des revers
Fais teste au malheur qui
t'opprime
Qu'une esperance légitime,
Te munisse contre le sort
L'air fisle,une horrible tempeste
Aujourd'huy gronde sur ta
teste
Demain tu feras dans le
port
f!)2
Toujours la Mer n'est pas
en bute
Aux ravage des Aquillons
Toujours les torrens par
leur chûte
Ne désolent pas nos Va
lonsLes
disgraces désesperées
Et de nul espoir tempcrées
Sont affreuses à soutenir
Mais leur charge en moins.
importune
Lorsqu'on gémit d'une infortune
Qu'onest au point de voir"
finir
Un jour le
trou
ble qui te*
ronge
En un doux repos transfor1
me
Ne sera plus pour toy qu'un
songe
Que le réveil aura calméEspere
donc aveccourage
Sile Pilote craint l'orage
Quand Neptune cnchainc
les flots
L'espoir du calme le raflurc
Quand les vents & la nuë
obscure
Glacent le coeur des Matelots.
c Jesçay que l'homme le plus
Cage
Par les disgraces combatu-
Peut fouhaitterpour apanage.
La Fortune après la Vertu
Mais dans un bonheur ùns
mélange Souvent
Souvent cettevertusechange
En une honteuse langeur
Autour de l'aveugle richesse
Marrchuentdl'oergesüils&e.\x
,Qtlcfuit la dureté du coeur.
Non que ça' fagcffccndor-,
mie yl
,
Au temps de tes prosperitez
Eut besoin d'eîke r'affermie
Par de dutes
-
fatalitez
Ny que ta gloire peu fidel- lev.;
Eut jamais choisi pour modelle
Ce fol superbe
, & ténébreux
Qui gonfléd'une fiertébafse
N'a jamais eu d'autres difgraccs
Que de n'estre point malheux.
Mais si les maux & la tristesse
Nous font des secours super
flus
Quand des bornes de la fagesse
Les biens ne nous sont point
exclus
Ils nous fonc trouver plus
charmante
Nostre felicité presente
Comparéeau malheur passé
Et leur influence tragique
Reveille un bonheur létargique
Que rien n'a jamais traversé.
.PA*- SK
Ainsi que le cours des années
Se forme des jours & des
nuits
Le cercle de nos destinées
Est marqué de joye,&de
d'ennuys
Le Ciel par un ordre équitable
Rend l'un à l'autre profitable
Et dans ces inégalitez
Souvent lasagesse supr ême
Sçait tirer nostre bonheur
même
Du fein de nos calamitez
•
Moymêmea qui l'horreur
*du vice
Jadis, non sans temerité
Chargea la main encore novice
Du flambeau dela verité
Si contre mes rimes sinceres
J'ay vû de honteux aversaires
Lancer tant de traits inoüis ;
Loin de gémir de cet ou-
Peutestrtargeeje dois à leur ra.
S~
Toutlerepos dont je joüis.
Ê~k
A force d'exciter ma bile
Eux-mêmes l'ont fçu corriger
J'ay veu qu'il estoit plus facile
De souffrir, que de (e vanger
Et tel donc ma verve orageuse
Pour prix de sa haine outrageuse
Eut fait un sujet de pitié
Puni par un mépris paisible
Me laisse seulement sensible
Aux charmes de ton amitié.
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Résumé : ODE A Mr D**. Sur les affaires de sa Famille.
Le poème traite des épreuves de la vie et des moyens de les surmonter. Il commence par une réflexion sur les chagrins et la douleur, exhortant le lecteur à ne pas se laisser abattre par les malheurs. Les difficultés de la vie sont comparées à une tempête en mer, avec l'espoir d'un retour au calme même dans les moments les plus sombres. Le texte encourage à résister aux disgrâces et à trouver du courage dans l'espoir, malgré les vents et les nuages qui obscurcissent le cœur. Il met en garde contre les dangers de la richesse et du bonheur sans mélange, qui peuvent conduire à une langueur honteuse. Les maux et la tristesse sont présentés comme des secours supplémentaires, rendant la félicité présente plus charmante lorsqu'elle est comparée au malheur passé. Le poème conclut en soulignant que les destinées humaines sont marquées de joie et d'ennuis, et que la sagesse suprême sait tirer le bonheur même des calamités. L'auteur exprime sa gratitude envers ceux qui ont critiqué ses rimes sincères, car leurs attaques l'ont rendu plus fort et plus paisible. Il se réjouit de la fin de ces conflits et se déclare sensible uniquement aux charmes de l'amitié.
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1084
p. 34-35
EPIGRAMME.
Début :
Soucis cuisans au partir de Caliste [...]
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texteReconnaissance textuelle : EPIGRAMME.
EPIGRAMME.
SOucis cuisans au partir
deCaliste
JJ. commençoient à me suplicier
Quand Cupidon me voyant
pâ!e&trifle
Medit: Amy, pourquoy
te soucier?
Lors m'envoyant, pour me
iolatier,
Tout son cortege,& celuy
de sa Mere,
Songes plaisans & joyeuse
chimere,
Qcuhi me'ernseignantà rapro- lestemps,
Me font joüirmalgré l'ab-
[ence amere
Des biens passez&deceux
que j'attends.
SOucis cuisans au partir
deCaliste
JJ. commençoient à me suplicier
Quand Cupidon me voyant
pâ!e&trifle
Medit: Amy, pourquoy
te soucier?
Lors m'envoyant, pour me
iolatier,
Tout son cortege,& celuy
de sa Mere,
Songes plaisans & joyeuse
chimere,
Qcuhi me'ernseignantà rapro- lestemps,
Me font joüirmalgré l'ab-
[ence amere
Des biens passez&deceux
que j'attends.
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1085
p. 35-38
PLACET à M**
Début :
Ministre aussi sage qu'affable, [...]
Mots clefs :
Ministre
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texteReconnaissance textuelle : PLACET à M**
aPLACET M**
Ministreaussi sage qu'affable,
- Aussi genereux qu'équitable,
Par qui le Dieu Plutus, qu'-
onavoitexilé,
Va bien-tost estre rappellé :
Recevez ce Placet que ma
main vous presente,
Et d'une dextre bien-faisante
Mettez au bas ces mots exquis:
Soit fait ainsi qu'il est requis.
La Justicevous le conseille,
Par pme pour le supliant;
On sçait que vous sçavez
accorder à merveille
Et l'interest du Prince, &
celuy duClient;
Maispeut-êtem'allez-vous
dire,
Que j'en parle bien aisément,
Et que ces mots qu'icy je
je vous presse d'écrire,
Ne se prononcent pas toûjours
si promptement.
Sansdoute, jesçay bien moi
toute la premiere,
Qu'on me feroit telle priere,
Où je ne voudrois pas dite.
en terme precis :
Soit fait ainsi qu'il cit requis;
Au sexe feminin convientla
negative;
Et quoy qu'à dire vrai, plus
d'une Belle icy
Ne se serve pas trop de la
prérogative,
L'ordre veut neanmoinsque
cela soitainsi.
Mais chez vous c'cfttout*lc
contraire,
Ministre, tant qu'il vous
plaira,
Quand nostreSexe vous
-
à- priera,
L'ordre veut parmi nous que -
sans autre mystere
Le Ministreréponde ainsi
que le Marquis,
Soit fait ainsi qu'ilest requis.-
Ministreaussi sage qu'affable,
- Aussi genereux qu'équitable,
Par qui le Dieu Plutus, qu'-
onavoitexilé,
Va bien-tost estre rappellé :
Recevez ce Placet que ma
main vous presente,
Et d'une dextre bien-faisante
Mettez au bas ces mots exquis:
Soit fait ainsi qu'il est requis.
La Justicevous le conseille,
Par pme pour le supliant;
On sçait que vous sçavez
accorder à merveille
Et l'interest du Prince, &
celuy duClient;
Maispeut-êtem'allez-vous
dire,
Que j'en parle bien aisément,
Et que ces mots qu'icy je
je vous presse d'écrire,
Ne se prononcent pas toûjours
si promptement.
Sansdoute, jesçay bien moi
toute la premiere,
Qu'on me feroit telle priere,
Où je ne voudrois pas dite.
en terme precis :
Soit fait ainsi qu'il cit requis;
Au sexe feminin convientla
negative;
Et quoy qu'à dire vrai, plus
d'une Belle icy
Ne se serve pas trop de la
prérogative,
L'ordre veut neanmoinsque
cela soitainsi.
Mais chez vous c'cfttout*lc
contraire,
Ministre, tant qu'il vous
plaira,
Quand nostreSexe vous
-
à- priera,
L'ordre veut parmi nous que -
sans autre mystere
Le Ministreréponde ainsi
que le Marquis,
Soit fait ainsi qu'ilest requis.-
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Résumé : PLACET à M**
Le texte est un plaidoyer adressé à un ministre, décrit comme sage, affable, généreux et équitable. Le suppliant demande au ministre d'accorder une faveur, symbolisée par le rappel du dieu Plutus, en signant un document avec les mots 'Soit fait ainsi qu'il est requis'. Le suppliant reconnaît la capacité du ministre à concilier les intérêts du prince et ceux du client. Il admet que les décisions ne sont pas toujours prises promptement et que la négation est souvent associée au sexe féminin. Cependant, il souligne que le ministre, contrairement à cette norme, doit répondre positivement aux prières du sexe féminin en acceptant de signer le document. Le texte insiste sur l'obligation du ministre de répondre favorablement aux demandes, conformément à l'ordre établi.
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1086
p. 40
SUITE DE LA BULLE d'Or.
Début :
On a esté bien-aise de voir le commencement de la Bulle [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUITE DE LA BULLE d'Or.
Epitaphesur la mort
de Mr le Duc d'Elbe.
Grand à'Espagne
,
aussi
gf"od par ma haute naislancc,
QJC par mon grand courage
& par mon ralc cfprir,
Sous ce marbre enfermé je
te paroispetit;
Lcdteur? vas t'informer de
mes grandeursenFrance,
Où le cruel destinquivouloitm'abaisser,
N'ypouvantreussir, me les
a fait laisser.
de Mr le Duc d'Elbe.
Grand à'Espagne
,
aussi
gf"od par ma haute naislancc,
QJC par mon grand courage
& par mon ralc cfprir,
Sous ce marbre enfermé je
te paroispetit;
Lcdteur? vas t'informer de
mes grandeursenFrance,
Où le cruel destinquivouloitm'abaisser,
N'ypouvantreussir, me les
a fait laisser.
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1088
p. [3]-12
ACADEMIES.
Début :
Le Jeudy 25. Juin 1711. M. l'Abbé d'ESTRÉES, ayant [...]
Mots clefs :
Extrait, Auteur, Éloquence, Ouvrage
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ACADEMIES.
LlTTERATVRE.
ACADEMIES.
LeJeuy2.5. Juin
1711. M.
l'jûbbe d'ESTRE'ES, ayant
esté élûparMessieurs de
l'Academie Françoise, à
la place de feu Monsieur
Boileau Sieur des Preaux,
y 'VÍnt prendre seance. L E Discours que
prononça Monsieur L.
d'Estrées,&c laRéponse
qu'yfît M.deValincour,
sont de ces pieces
d'éloquence dont il
est dangereux de faire
des extraits; comment
abbreger avec succésun
précis déja réduit
aux plus justes bornes
que l'excellence de l'art
lui puisse donner? comment
retrancher d'une
compoficion sibien ordonnée,
sans la décomposer,
pour ainsidire?
& quel choix peut-on
faire entre des pen fées
également solides
, ou
brillances, sansestreblâme
par ceux qui regretteront,
avec raison
,
les
beaucez qu'on auraobmises
Ces difficultezm'ont
décerminé à une nouvelle
maniere de faire
des extraits: c'est de
composer
, par exemple,
des propres maceriaux
d'un discours, un
petit extraitsuiviqui
contienne à peu prés en
racourci l'idée de l'original.
Par ce moyen je ne
ferai pas moins de tort
à l'ouvrage:mais l'Auteur
pourra le disculper
en jettant la faute
sur le Compilateur, &
je me disculperai moimêmed'avoir
ob mis,
peut-être, les plus
beaux endroirs
, par
la necessité de préferer
les plus convenables,
& les plus propres à
la liaison d'un extrait
suivi.
Pour conserver le
plus que je pourrai l'ef
prit de l'ouvrage & les
droits de l'Auteur, je
ne mettrai du mien que
quelques mots pour
cette liaison que je me
propose;& jedistinguerai
même par la difference
des caracteres de
l'impression,les morceaux
dont je n'aurai
rien retranché, d'avec
ceux dont j'aurai retranché
ou changé le
moindre mot. ie
Mon but principal
en essayant de cette nouvelle
methode, a esté
d'épargner au Public.
les tran sitions ennuyeuses,
qui sont inséparables
des meilleurs extraits;
on est contraint
d'y repeter sans cesse :
Icy Monsieur un tel découvre
avec une vive
penetration les causes de
tels & telseffets. Là
l'Auteur prouvepar des
reifonriemens solides,&
par une erudition profonde
que. En cet endroit
Alonfieier-*** dépeintazec
les traits les
plus vifs de l'Eloquence
la plus parfaite, &c.
Par ces explications,
on ne fait, pour alici
dire, que raconter un
ouvrage, & mettre en
récit, ce qui doit estre
en action 3 car, comme
on - sçait
, toute piece
d'Eloquence a son ac-
Don, & l'on ralentit
cette action en y mêlant
des digressions,
où l'on nevoit souvent
que les louanges de
l'ouvrage, & les décisïonsde
celui qui en fait
l'extrait ; le public est
un juge jaloux,on l'irrite
en prévenant les
jugemens; il ne veut
pas qu'on luidésigne,
qu'on lui montre au
doigt les end roi ts qu'il
doit adrriirer; faites lui
sentir les beautez de
l'ouvrage par l'ouvrage
même,il fera content:
Et voila l'Eloge de
l'Auteur fait.
Tcutes ces reflexions
me font-conclure, qu'il
vaut peut-estre encore
mieux alterer, & même
défigurer un ouvrageen
l'abbregeant,que
d'en ôter la force par
des digressions.
Quoiqu'il en soit essayons
de cette sorte de
compilation abbregée,
simple & suivie,sielle
ne réussit pas,nousen reviend
rons bien aux extraits
ordinaires, où je
me ferai toûjours honneurd'im
i ter ceux qui
sont excellens en ce
genre.
ACADEMIES.
LeJeuy2.5. Juin
1711. M.
l'jûbbe d'ESTRE'ES, ayant
esté élûparMessieurs de
l'Academie Françoise, à
la place de feu Monsieur
Boileau Sieur des Preaux,
y 'VÍnt prendre seance. L E Discours que
prononça Monsieur L.
d'Estrées,&c laRéponse
qu'yfît M.deValincour,
sont de ces pieces
d'éloquence dont il
est dangereux de faire
des extraits; comment
abbreger avec succésun
précis déja réduit
aux plus justes bornes
que l'excellence de l'art
lui puisse donner? comment
retrancher d'une
compoficion sibien ordonnée,
sans la décomposer,
pour ainsidire?
& quel choix peut-on
faire entre des pen fées
également solides
, ou
brillances, sansestreblâme
par ceux qui regretteront,
avec raison
,
les
beaucez qu'on auraobmises
Ces difficultezm'ont
décerminé à une nouvelle
maniere de faire
des extraits: c'est de
composer
, par exemple,
des propres maceriaux
d'un discours, un
petit extraitsuiviqui
contienne à peu prés en
racourci l'idée de l'original.
Par ce moyen je ne
ferai pas moins de tort
à l'ouvrage:mais l'Auteur
pourra le disculper
en jettant la faute
sur le Compilateur, &
je me disculperai moimêmed'avoir
ob mis,
peut-être, les plus
beaux endroirs
, par
la necessité de préferer
les plus convenables,
& les plus propres à
la liaison d'un extrait
suivi.
Pour conserver le
plus que je pourrai l'ef
prit de l'ouvrage & les
droits de l'Auteur, je
ne mettrai du mien que
quelques mots pour
cette liaison que je me
propose;& jedistinguerai
même par la difference
des caracteres de
l'impression,les morceaux
dont je n'aurai
rien retranché, d'avec
ceux dont j'aurai retranché
ou changé le
moindre mot. ie
Mon but principal
en essayant de cette nouvelle
methode, a esté
d'épargner au Public.
les tran sitions ennuyeuses,
qui sont inséparables
des meilleurs extraits;
on est contraint
d'y repeter sans cesse :
Icy Monsieur un tel découvre
avec une vive
penetration les causes de
tels & telseffets. Là
l'Auteur prouvepar des
reifonriemens solides,&
par une erudition profonde
que. En cet endroit
Alonfieier-*** dépeintazec
les traits les
plus vifs de l'Eloquence
la plus parfaite, &c.
Par ces explications,
on ne fait, pour alici
dire, que raconter un
ouvrage, & mettre en
récit, ce qui doit estre
en action 3 car, comme
on - sçait
, toute piece
d'Eloquence a son ac-
Don, & l'on ralentit
cette action en y mêlant
des digressions,
où l'on nevoit souvent
que les louanges de
l'ouvrage, & les décisïonsde
celui qui en fait
l'extrait ; le public est
un juge jaloux,on l'irrite
en prévenant les
jugemens; il ne veut
pas qu'on luidésigne,
qu'on lui montre au
doigt les end roi ts qu'il
doit adrriirer; faites lui
sentir les beautez de
l'ouvrage par l'ouvrage
même,il fera content:
Et voila l'Eloge de
l'Auteur fait.
Tcutes ces reflexions
me font-conclure, qu'il
vaut peut-estre encore
mieux alterer, & même
défigurer un ouvrageen
l'abbregeant,que
d'en ôter la force par
des digressions.
Quoiqu'il en soit essayons
de cette sorte de
compilation abbregée,
simple & suivie,sielle
ne réussit pas,nousen reviend
rons bien aux extraits
ordinaires, où je
me ferai toûjours honneurd'im
i ter ceux qui
sont excellens en ce
genre.
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Résumé : ACADEMIES.
Le 25 juin 1711, le marquis d'Estrées fut élu à l'Académie française pour succéder à Boileau. Lors de sa prise de fonction, il prononça un discours auquel M. de Valincour répondit. L'auteur du texte discute des difficultés de résumer des œuvres d'éloquence sans en altérer l'essence. Il propose une nouvelle méthode de résumé, visant à conserver l'esprit de l'œuvre originale. Cette méthode utilise des mots de liaison pour éviter les transitions ennuyeuses et les digressions, et distingue les passages non modifiés par des caractères d'impression différents. L'objectif est de permettre au public de ressentir les beautés de l'ouvrage sans intervention extérieure. L'auteur considère cette méthode, bien que risquée, préférable aux extraits traditionnels qui peuvent ralentir l'action et irriter le lecteur. Il se tient prêt à revenir aux extraits ordinaires si cette méthode ne réussit pas.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1089
p. 40-43
« Il paroist depuis peu un Livre qui a pour titre, les [...] »
Début :
Il paroist depuis peu un Livre qui a pour titre, les [...]
Mots clefs :
Prononciation, Langue française
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Il paroist depuis peu un Livre qui a pour titre, les [...] »
Il paroistdepuis peu un Livre
qui a pour titre, les
-
'J\egles de la Prononciation
pour la Langue FrançoifèyparAd.
B. CE Livre est tres
bon dans son genre
& tres utile;on Içait
bien, dit l'Aureur, que
ce n'est pas un grand
honneur ni un grand
merite de sçavoir bien
sa langue,& d'en prononnoncer
regulierement
tous les mots: mais
c'est un grand blâme
Se une honte à un
honnéte homme de ne
le sçavoirpas. Un mot
mal prononcé luy fait
quelquefois plus de tort
quun faux raisonnement,
parce que tout
le monde est choqué
d'une mauvaise prononciation
, & que peu de
gens ont l'esprit assez
juste pour s'appercevoir
de la fitufferé decertains
raisonnemens,&.
Ceux qui aiment à
voir un livrecommencer
simplement feront
conrens du début deceluy-
cy: voicy comme il
commence.Ily a vingtquatre
lettres à l'Alphabet.
Abcdefg, Sec.
Le début des Elemens
d'Euclidesestaussi simple
queceluy-là, un &
un font deux, le tout
estplus grand que là
partie: C'est pourtant
sur ces fondemens si
simples qu'on éleve
des systemes jusqu'aux
cieux pour mesurer le
cours des astres, prédire
les éclipses, & rendre
raison des phenomenes
les plus étonnans.
qui a pour titre, les
-
'J\egles de la Prononciation
pour la Langue FrançoifèyparAd.
B. CE Livre est tres
bon dans son genre
& tres utile;on Içait
bien, dit l'Aureur, que
ce n'est pas un grand
honneur ni un grand
merite de sçavoir bien
sa langue,& d'en prononnoncer
regulierement
tous les mots: mais
c'est un grand blâme
Se une honte à un
honnéte homme de ne
le sçavoirpas. Un mot
mal prononcé luy fait
quelquefois plus de tort
quun faux raisonnement,
parce que tout
le monde est choqué
d'une mauvaise prononciation
, & que peu de
gens ont l'esprit assez
juste pour s'appercevoir
de la fitufferé decertains
raisonnemens,&.
Ceux qui aiment à
voir un livrecommencer
simplement feront
conrens du début deceluy-
cy: voicy comme il
commence.Ily a vingtquatre
lettres à l'Alphabet.
Abcdefg, Sec.
Le début des Elemens
d'Euclidesestaussi simple
queceluy-là, un &
un font deux, le tout
estplus grand que là
partie: C'est pourtant
sur ces fondemens si
simples qu'on éleve
des systemes jusqu'aux
cieux pour mesurer le
cours des astres, prédire
les éclipses, & rendre
raison des phenomenes
les plus étonnans.
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Résumé : « Il paroist depuis peu un Livre qui a pour titre, les [...] »
Le livre 'Les Règles de la Prononciation pour la Langue Française' met en avant l'importance de la prononciation correcte en français. L'auteur affirme que, bien que prononcer correctement ne soit pas un grand mérite, une mauvaise prononciation est un blâme et une honte pour une personne honnête. Un mot mal prononcé peut causer plus de tort qu'un faux raisonnement, car la mauvaise prononciation choque davantage que les erreurs de raisonnement. Le livre commence par énumérer les vingt-quatre lettres de l'alphabet, de manière similaire aux Éléments d'Euclide qui débutent par des principes simples pour construire des systèmes complexes. Ces principes permettent de mesurer le cours des astres, prédire les éclipses et expliquer des phénomènes étonnants.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1090
p. 61-64
Histoire Espagnole. [titre d'après la table]
Début :
L'histoire qui suit, tirée d'anciens memoires Espagnols, est [...]
Mots clefs :
Histoire, Amour
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Histoire Espagnole. [titre d'après la table]
tirée d'anciens memoires
Espagnols, est écrite
dans le gout deZaïde,
& de la Princesse de
Cleves, genre d'écrire
excellent; mais qui paroist
allongé & languissant
à ceux qui ne veulent
dans une avanture
amoureuseniconversations,
ni sentimens, défaut
de gout, fondé sur
le défaut des moeurs.
Nos jeunes gens feroient
ravisqu'on traitât
l'amour dans un livre
come ils letraitent
dans le monde;ils voudroient
voir le dénouement
dés la seconde page;
ils ne veulent plus
que l'extrait d'une histoire
, parce qu'ils n'aiment
plus que l'extrait
d'une intrigue: tout ce
qui doit interesser les
ennuye , ils appellent
romanesques
, tous les
sentimens élevez & delicats
que produir la
belle nature ; extrémité
opoféeà celle du temps
de Voiture, où l'on appelloit
beau naturel les
spiritual itez quintessenciées
d'Alcidalis & de
Zelide. L'histoire suivante
eftécrite aussi noblement,
mais plus naturellement
qu'on ne
l'eût écrite en ce tems- là, &j'aycrû faire
honneur au nostre en
luy donnant une histoire
où l'amour est traité
avec delicatesse. Puis
qu'on donnoit en ce
temps-là, pourra dire
quelqu'un dans cent
ans,un tel ouvrage dans
un Journal public, il
falloitdoncqu'ilyeût
encore un certain nombre
de gens à qui cette
maniere d'aimer fist
plaisir.
Espagnols, est écrite
dans le gout deZaïde,
& de la Princesse de
Cleves, genre d'écrire
excellent; mais qui paroist
allongé & languissant
à ceux qui ne veulent
dans une avanture
amoureuseniconversations,
ni sentimens, défaut
de gout, fondé sur
le défaut des moeurs.
Nos jeunes gens feroient
ravisqu'on traitât
l'amour dans un livre
come ils letraitent
dans le monde;ils voudroient
voir le dénouement
dés la seconde page;
ils ne veulent plus
que l'extrait d'une histoire
, parce qu'ils n'aiment
plus que l'extrait
d'une intrigue: tout ce
qui doit interesser les
ennuye , ils appellent
romanesques
, tous les
sentimens élevez & delicats
que produir la
belle nature ; extrémité
opoféeà celle du temps
de Voiture, où l'on appelloit
beau naturel les
spiritual itez quintessenciées
d'Alcidalis & de
Zelide. L'histoire suivante
eftécrite aussi noblement,
mais plus naturellement
qu'on ne
l'eût écrite en ce tems- là, &j'aycrû faire
honneur au nostre en
luy donnant une histoire
où l'amour est traité
avec delicatesse. Puis
qu'on donnoit en ce
temps-là, pourra dire
quelqu'un dans cent
ans,un tel ouvrage dans
un Journal public, il
falloitdoncqu'ilyeût
encore un certain nombre
de gens à qui cette
maniere d'aimer fist
plaisir.
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Résumé : Histoire Espagnole. [titre d'après la table]
Le texte traite d'un style littéraire comparé à celui de 'Zaïde' et de 'La Princesse de Clèves', jugé excellent mais trop long et languissant par ceux qui préfèrent des aventures amoureuses et des conversations rapides. Les jeunes modernes recherchent des récits où l'amour est traité de manière réaliste, avec des dénouements rapides et des intrigues concises. Ils trouvent ennuyeux les aspects 'romanesques' et apprécient peu les sentiments élevés et délicats. Le texte souligne une évolution des goûts littéraires, passant des spiritualités raffinées du temps de Voiture à une préférence pour des histoires plus naturelles et délicates. L'auteur affirme avoir écrit une histoire traitant l'amour avec délicatesse, en accord avec son époque. Il note que, même dans cent ans, un tel ouvrage pourrait encore plaire à certains lecteurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1091
p. 75-77
« Cette separation qui doit commencer à interesser le Lecteur, va [...] »
Début :
Cette separation qui doit commencer à interesser le Lecteur, va [...]
Mots clefs :
Histoire, Historiette, Mercure
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Cette separation qui doit commencer à interesser le Lecteur, va [...] »
Cette Réparation qui
doit commencerainteresser
le Lesseur, va prtl
duireunesuited'évenemenssinguliers&
interessants
,
dont on vous dOR
neraune partie dans le
moisprochain,&lereste
dans lemoissuivant
L*tmpojjîbiltté de mettre
dans un seul Mercure
une longue histoirefait icy
parnecessitéune interruption
f5 unesuspension de
curiositépareille à celles
gque'onoirnte-na-geeoxit-perxperéss
avec art dans nos plus
beaux Rorpans, & après
tout il n'y a pas si loin
d'un Mercure à l'autre,
qu'ily d/voitdul premier
Tome au douzièmedans,
les Romans de la Calprenelle
,dont on n'a.
voitquelquefois la fuite
quau bout de plusieurs
années. Il est, vray que
nos Lecteurssontplus impatiens
que ceux de ce
temps-la, & moinscurieux
d'avanturesserieuses
, maispourles dedommagerd'avoirattendu
la
suite de cette Histoire, on
y joindra, chaque mois
quelque petiteHistoriette
comique, quisera sélon
l'usage du Theatre, la
farce après la pieceserieuse.
doit commencerainteresser
le Lesseur, va prtl
duireunesuited'évenemenssinguliers&
interessants
,
dont on vous dOR
neraune partie dans le
moisprochain,&lereste
dans lemoissuivant
L*tmpojjîbiltté de mettre
dans un seul Mercure
une longue histoirefait icy
parnecessitéune interruption
f5 unesuspension de
curiositépareille à celles
gque'onoirnte-na-geeoxit-perxperéss
avec art dans nos plus
beaux Rorpans, & après
tout il n'y a pas si loin
d'un Mercure à l'autre,
qu'ily d/voitdul premier
Tome au douzièmedans,
les Romans de la Calprenelle
,dont on n'a.
voitquelquefois la fuite
quau bout de plusieurs
années. Il est, vray que
nos Lecteurssontplus impatiens
que ceux de ce
temps-la, & moinscurieux
d'avanturesserieuses
, maispourles dedommagerd'avoirattendu
la
suite de cette Histoire, on
y joindra, chaque mois
quelque petiteHistoriette
comique, quisera sélon
l'usage du Theatre, la
farce après la pieceserieuse.
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Résumé : « Cette separation qui doit commencer à interesser le Lecteur, va [...] »
Le texte annonce une série d'événements en deux parties, la première publiée le mois prochain, la seconde le mois suivant. Une histoire comique mensuelle sera ajoutée pour maintenir l'intérêt des lecteurs, impatients et préférant les aventures sérieuses.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1092
p. 78-79
L'Anonyme plagiaire de Thoulouse.
Début :
Je vous pille vous-mesme, Seigneur Mercure, pour satisfaire aux [...]
Mots clefs :
Chanson
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : L'Anonyme plagiaire de Thoulouse.
L'Anonyme plagiaire
- de Thoulouse.
Je vouspille rvous-mef
me., SeigneurAdercure,
poursatisfaire aux petites
tasches que vous hn-
PoftZ au public, je veux
dire que jf respondsavostre
in vino veritas par
quatre Vers que jecrois
de VOUJ.
In vino sinceritas
Le plus fourbe en beuvant
devenu plus sincere,
Dit tout ce qu'il a fait &
tout ce qu'il veut faire,
Son coeur nage dans le
verre.
In vino sinceritas.
Soyezsincereaussisans
mwir m>jay pris cecy
dans un petit Livre intitulé
Le Puits de la Veritéce
Livre n'est-ilpas de
vous.
- de Thoulouse.
Je vouspille rvous-mef
me., SeigneurAdercure,
poursatisfaire aux petites
tasches que vous hn-
PoftZ au public, je veux
dire que jf respondsavostre
in vino veritas par
quatre Vers que jecrois
de VOUJ.
In vino sinceritas
Le plus fourbe en beuvant
devenu plus sincere,
Dit tout ce qu'il a fait &
tout ce qu'il veut faire,
Son coeur nage dans le
verre.
In vino sinceritas.
Soyezsincereaussisans
mwir m>jay pris cecy
dans un petit Livre intitulé
Le Puits de la Veritéce
Livre n'est-ilpas de
vous.
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Résumé : L'Anonyme plagiaire de Thoulouse.
Lettre adressée au 'Seigneur Adercure' citant 'in vino veritas'. L'auteur attribue quatre vers à 'VOUJ', décrivant la sincérité d'une personne ivre. Ces vers proviennent du livre 'Le Puits de la Vérité', dont la propriété est incertaine.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1093
p. 80-82
Response.
Début :
Non, Seigneur anonime, non. Le Puits de la Verité n' [...]
Mots clefs :
Airs, Chanson
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Response.
Responsè.
Non,Seigneur anoni.
me, non. Le Puits de la
Véritén'est point de
moy, j'aimerois mieux
qu'on me derobast tous
mes ouvrages, que d'en
avoir un sur la conscience
qui ne m'appartint,
pas: Le Puits de la Verité
est de Mr de Frontignieres
autheur de la
pluspartdes paroles dont
feu Mr le Camus avoit
composé les airs; la verité
est qu'onmedemanda
quelques petites ébauches
que J'aVoisHails,1
mon porte-feuille, avec
un petit conte & quel-,
ques autres bàdineries
pourfaciliterlaventedu
Puits de la Verité;ainsi
je puis revendiquerde
ce Livre une tirade de
couplets estropiez sur ifi
vwo verïtas,êc puisqu'il
en est icy questionen
faire denouveaux qui
tiendront lieu des chansons
de ce mois-ci.Voicy
les canevas: Fasse les
airs qui voudra, je n'ay
pas eu le loisir de penfcr
à la musique.
Non,Seigneur anoni.
me, non. Le Puits de la
Véritén'est point de
moy, j'aimerois mieux
qu'on me derobast tous
mes ouvrages, que d'en
avoir un sur la conscience
qui ne m'appartint,
pas: Le Puits de la Verité
est de Mr de Frontignieres
autheur de la
pluspartdes paroles dont
feu Mr le Camus avoit
composé les airs; la verité
est qu'onmedemanda
quelques petites ébauches
que J'aVoisHails,1
mon porte-feuille, avec
un petit conte & quel-,
ques autres bàdineries
pourfaciliterlaventedu
Puits de la Verité;ainsi
je puis revendiquerde
ce Livre une tirade de
couplets estropiez sur ifi
vwo verïtas,êc puisqu'il
en est icy questionen
faire denouveaux qui
tiendront lieu des chansons
de ce mois-ci.Voicy
les canevas: Fasse les
airs qui voudra, je n'ay
pas eu le loisir de penfcr
à la musique.
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Résumé : Response.
L'auteur nie être le créateur principal de 'Le Puits de la Vérité', œuvre appartenant à Monsieur de Frontignières. Monsieur le Camus a composé les airs pour la plupart des paroles. L'auteur a fourni quelques ébauches et contributions mineures. Il revendique une tirade de couplets sur la vérité et propose des canevas pour de nouvelles chansons, mais n'a pas travaillé sur la musique.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1094
p. 82-87
CHANSONS.
Début :
Dans le vin la contrarieté, [...]
Mots clefs :
Vin, Ivrogne, Boire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CHANSONS.
CHANSONS.
Dans le vin lacontrariété,
Comme des Médecins,
incerta facultas,
Selon (es dogmes arbitraires,
Donne aux mesmes jj-r
rops, des qualite'{ton..
lrarres
In vinocontrarietas.
Dans le vin fertilité &
sterilité,
Dansle silence a jeun
Belise est en extase,
Lesoir entre deux vins,
o Dieux comme elle
jrej
In vino fertilitas.
Depeur-aallerrejoindre
un Epouxhaissable,
EllepaDe la nuità table
In vinosterilitas.
Dans le vin diligence
& paresse,
Arrivet-t-ilcheZDarboulin
Quelque excellent qudrtaut
dervÍn
Depeur qu un autre ne
l'enleve >
Avant le Soleil je me
leve,
In vino diligentia,
A le boire appliquérien
nepeut m'en distraire:
Paresseuxpourtoute a
tre affaire,
De jour en jourjela différé>
Invino pigritia.
Dans le vin simplicité
& duplicité,
On J'a dit millefois,
La pensée estcommune,
Un homme yvre <verra
deuxpistolespourune,
- In vino duplicitas.
Vains desirs d'interest,
deplaisir,~(jTdegloire,
L'yvrognevous reduit du
sèul desir de boire,
Invino simplicitas.
Dans le vin yvresse &
sobrieté,
Vousn'aurezpas depeine
a, croire
Qu'on s'enyvre à force
de boire,
In vino fit ebietas.
Pourbien enluminerleurs
trognes,
Une crouste depainsussit
à deuxyvrognes,
In vino fit sobriétés.
On donnera au mois prochain la suite de ces Couplets.
Dans le vin lacontrariété,
Comme des Médecins,
incerta facultas,
Selon (es dogmes arbitraires,
Donne aux mesmes jj-r
rops, des qualite'{ton..
lrarres
In vinocontrarietas.
Dans le vin fertilité &
sterilité,
Dansle silence a jeun
Belise est en extase,
Lesoir entre deux vins,
o Dieux comme elle
jrej
In vino fertilitas.
Depeur-aallerrejoindre
un Epouxhaissable,
EllepaDe la nuità table
In vinosterilitas.
Dans le vin diligence
& paresse,
Arrivet-t-ilcheZDarboulin
Quelque excellent qudrtaut
dervÍn
Depeur qu un autre ne
l'enleve >
Avant le Soleil je me
leve,
In vino diligentia,
A le boire appliquérien
nepeut m'en distraire:
Paresseuxpourtoute a
tre affaire,
De jour en jourjela différé>
Invino pigritia.
Dans le vin simplicité
& duplicité,
On J'a dit millefois,
La pensée estcommune,
Un homme yvre <verra
deuxpistolespourune,
- In vino duplicitas.
Vains desirs d'interest,
deplaisir,~(jTdegloire,
L'yvrognevous reduit du
sèul desir de boire,
Invino simplicitas.
Dans le vin yvresse &
sobrieté,
Vousn'aurezpas depeine
a, croire
Qu'on s'enyvre à force
de boire,
In vino fit ebietas.
Pourbien enluminerleurs
trognes,
Une crouste depainsussit
à deuxyvrognes,
In vino fit sobriétés.
On donnera au mois prochain la suite de ces Couplets.
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Résumé : CHANSONS.
Le texte explore les effets contrastés du vin à travers une série de couplets. Il met en lumière plusieurs oppositions : la fertilité et la stérilité, la diligence et la paresse, la simplicité et la duplicité, ainsi que l'ivresse et la sobriété. Chaque couplet commence par une phrase en latin décrivant un aspect du vin, suivie d'illustrations poétiques. Par exemple, 'Dans le vin fertilité & stérilité' montre comment le vin peut favoriser ou nuire à la fertilité. 'Dans le vin diligence & paresse' oppose l'action à l'inaction, tandis que 'Dans le vin simplicité & duplicité' met en lumière la confusion entre vérité et tromperie. Le texte se conclut par une promesse de publier la suite des couplets le mois suivant.
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1095
p. 87-144
ARTICLE burlesque Suite du Parallele d'Homere & de Rablais.
Début :
De mesme qu'un coursier agile, drioit Homere, s' [...]
Mots clefs :
Homère, Rabelais, Parallèle, Coursier, Auteur, Temps, Livre, Boire, Prévention, Érudition, Antique, Peuple, Sublime, Hommes, Vin, Style, Grecs, Héros, Animal
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ARTICLE burlesque Suite du Parallele d'Homere & de Rablais.
ARTICLE
burlesque
Suite du Parallele d'Homere
& de Rablais.
De Mesmequ'un coursier
agile, drioit Homere
,
s'échappe quelquefois
de la jtiam fçanjante du
chartier tirannique, qui
Iattçwnt a[on Char,
l'ajjujeiuffott aux réglés
penïbles de L'art qu'inruentay
pour dompter les
chevaux le Centaure Peletroine.
De mesme un Autheur
peut s'échapper des regles
tiranniques qui donnent
tousjours des entraves
au genie, & quelquefois
des entorses au
bon fèqs.
De mesme encore que ce
Coursier échappé
,
foulant
lant d'un pied libertin
l'herbe tendredes prez
verdoyants,tantostpren-,
drasa courjè rapide ~es
legere
, comme lafleche,
qui part d'un arc,pour
volerdroit au but où l'oeil.
d'Apollon la guide., Ee
quetantost ce Coursier
bandissant,voltigeenl'airs
à.droite àgauche comme
la flamme. errante
d'une exhalaison -vagabonde
,échappéedufoudrede
fupiter.
De mesme en continuant
ce parallele j'iray
droit au but,oùje
m'en écarterayvolontairement.
De mesme encore que
ce Coursierparcourant a..
vec me[ine legerete
les plaines unies, les
montsescarpez, s'egaye
en bonds en ruades, Cf
atteint du pied lebaudet
attentif à fin chardon
sauvage.
De mesmej'attaque
ray en stile rablaisjien
quelque asnerie Homevienne
, pour delasserle
public d'une admiration
continuelle & gesnante
où l'on veut l'assujettir
en faveur des Anciens.
De mesme enfin que ce
Coursier tantost élevera
sa teste Juperbe jusqu'au
chesneJacré,pour en détacher.
de sa dent temeraire
quelque rameau
,verd
,
destinéacouronner
le Hérosy quetantost
ilbaisserahumblementsa
teste aux crinséparspour
brouter l'herbe rampante.
-
De mesme tantost sublime,
& tantostburlesque
,tantost Homere &
tantost Rablais., je parleray
leur langue en leur
donnant loüangeou blas
me sans fiel,& presque
sans prévention, je dis
presque cartous les
hommes sont nez prévenus,
oudumoinsils succent
la préventionavec
le lait.
, La préventionest litx
venin subtil,:ou,plutQ^
un animal venimeux
quiempoisonnetoutce
qu'il:mord,&' quimord,
sur tout ce qu'ilne voit,
pas:donnons-luy encore
àelle-mesmequelque;
coup de dentavant que
de commencer nostre pa-\
rallele
,
Rablais diroit
que la prévention est ui\
animal augmentatifdiminucif,
palliatif, deciissy
& rébarbatif: „or si
de cet animal
,
l'extrait
„ genealogique, sçavoir
»voulez. Sçachez-le>•
ne tient qu'à vous, il
3,
est déduit en ces Vers
„ cy-dessousinscrits :
ChezLuciserjadis eut
accointance
Messer orguëil avec dame
ignorance.
En lignegauche, jijït de
;, cette engence
Tille perverse en-fil foJ/ei
arrogance ,>
PrcventionfurjOn om
.., quejepensè,
Qr Dieuvousgarddesa,
p-rédominance.
Mais continueroit«
Rablais
, ventre beuf, «
voilà bien parler sans «
boire, je n'entends icy«
i
vocilonner à mes oreil- «
les que ce motpréven-«
tkon,,parcyprevention, «
par la prévention pour"-
les Grecs, prévention«
pour les Latins. Hola,
9y
hola) prévention,est
,
»Heresie, & ne veut
„ croirepersonneheretique
en belles Lettres
„ que ne m'ayez démon-
»tré par ou) comment,
„ & pourquoy:car quel
>y-motif mouvant peut
» démouvoir ces aucuns
'}' Letrez àpreconiser Se
35 proner à érripegosier
3i
les Ecrivains antiques,
3i qu'en revient-il à ces
,; preneurs? ',. -',
1 Le
A cela vais vous ré-cc
partir en bref, mais a-"
vant parler,veux ob-cc
ferver la premièrere- «
glè des éloquents par- «
leurs& harangueurs,«
toussir, cracher,& se «
silentier un moment,«
fmnfium cum virgula, «
pour reprendre haleine.
«
Je vais narrer veri-«
diquement ce qu'en«
c'est tout un , en fait
,,de Relations lointainyy
nes.
Au fond des Indes
„orientales ou occiden-
51
tales, ou imaginaires ;
,,car bonnement avoue-
,, ray que ne sçais autre
„
Geografie que des païs
à bons vignobles, où
,
yy
je voyage volontiers:
aux Indes donc, deux
yy
peuples y a, dont l'un
,,
desire sans cesse dominer
& ravillir l'autre;
parce que l'autre don- c?
ne jalousie à l'un, com-«
me Jun en donne à«
l'autre, sique ce Tau-ff
tre & ce 1 un, sont en «
guerre l'un contre l'au-«
tre. «
Or devinez ce qui cc
excite noise entre ces«
deux peuples, ce font"
des riens, petits riens, «
motifs de rien, comme«
qui diroit d'interest«
de gloire, &C devolup-«
té; ceux-cy se faschent«
,, que le terroir des au-
„ tres fertilise abondam-
", ment par son propre
„ fond, & sans engrais,
,, siqu'il produit soudai-
„ncmcr.r ,
& au rao-
"lllent que besoin est,
,,fruits fàvourtux, &
„ fleurs gentilles, que ne produit mie le ter-
„ roir des autres; mais
„ ceux dont le terroir est
„sterile, sont en recom-
,, pense, bons pourvo-
„ yeurs & grands provisionneurs;
si que ne re- c:
cuëillant rien de leur«
cru,sçavent tirer des
contrées estrangeres
, «
fruits & grains dont«.
ils emplissent granges, «
& fruitiers, & par ain-«
si sont plus, quoyque«.
non mieux, approvi-«
sionnez que ceux dont
leterroir produit. cc
Notez illec, ô Lecteur.
attentif, qu'en u- cc:
sant icy des mots deCf.
fruits, grains, & ter,,
mes pareils, c'est élo- ,,cution allegorique & „symbolique, qui signi-
;, fic belles productions
d'esprit, &solides oeu-
"vres de gens lettrez. ,,Disons donc que le ter- roir ,
id efi, les cer-
"vaúx & caboches de
;, l'un de ces peuples sont
;)--plus fertiles en produc-
„ tions, & que l'autre
„
peuple est opulent en
„
collections & maga-
„zins scientifiques.
iCe dernier peupleest
plus puissant que Tau-cc
tre ;' pource qu'il estcr
plus nombreux, & il
estplus nombreux t:
pource que plus de
gens ont faculté collec-(cc
tive, & moins de gens
ont facultéproductive,
selon la regle que plus
de gens ont ce qu'est
plus faciled'avoir,sont
toutefois grandelTICfitc
louables ces collecteurs
quant doctement& là-'
„gementsçavent user
",de leur talent collectif,
w-mais mieux louange-
„ ray certes, tel qui join-
„dra production à col- „leâion comme aucuns
»y a.
„ Les deux peuples dont
est questionsont nom- ,,mez par maint hifto-
„ riens les Produisants,
„ & les Eruditionnez.
„ Voyons maintenant ce
3,
qui rend si commune
"parnlY les Erudition.
nez,la maladie qu'on(C
appellepréventiongrec-«
que, c'est la mon tex-«
te.,Jay long tempstour «
noyé pour y venir :ab tc.
regeons matierede«.
peur que l'ennuy rie"
vousgagne. S'ilvous"
a desja atteint, beuvez«
un coup,bon vin de^r^
ennuye le Leéteur&j'«
l'Ecrivain;&devrait-«
on, pour écrire joyeu-«
sement,boire par apo* à
stille à chaque page, 1c
93 mais comme boire tant
& ne PUIS, au moins en ”parleray souvent, car
» le refrain & l'énergie
33
du langage Rablaifien,
c'est à boire à boire,
33 du vin du vin.
» Où en estions - nous,
«jay perdu la tramon-
» tane, vite vite ma bouf
” fole, prévention, pré-
” vention,voilà le mot:
33 pourquoy en sont
-
ils
» si embrelicoquez en-
” vers les Anciens? oh
c'est pour troismille «
quatre cents vingt-«
deux raisons & demie,«
ne vous en diray pour « lepresentque les deux «
& demie, car l' horlo-«
ge tonner c'est l'heu-"
re de boire.«
Primo les Erudition«
nez sont semblables «
aux taverniers
,
les«
quels les ans passez,«
s'estant munis de vins «
maintenant antiques,«
crient aux biberons
, «
„ plorez & deplorez la
»perte de ces vieux
33
septs de vigne,qui ja-
33
dis produisoient les
,,mirifiques vins, dont
„avons en cave les ori-
33 ginaux : helas n'en
„viendra plus de tels,
„car en l'an du grand
„hiver - font peris par
»gelée ces vieux sou-
„chons & sarments,
,,& avec iceux a peri
33 tout espoir de bonne „vendange.
Ainsi les Erudition-«
nneezzts'5éc'ércierinetnecnenddé-écce
criant toutes produc- ce
tions modernes pour cc
mieux s'acrediter, bc«
avoirdebit des vieilles
cc provisions& denrées
ce
antiques desquelles
cc leurs magazins fontcc
surchargez. «
Secundo Posons le casc,
que puisse y avoir, un ce
Eruditionné de petite ce
stature, il toutefois sece
ra ambitieusement dece
9j
fireux de paraître plus
» grand qu'un produis
33
sant de riche taille,
» que feral'Eruditionné
»ballet, Il grinpera sur
lesépaules d'un an-
33
cien, commesinge sur
»Eléfant, or ainsi grin-
»pé sur sur un ancien,.
33
Plus cet anciensera.
» grand, plus le grinpé-
» sus fera elevé, & plus
» dominera de haut en
» bas le produisant mo-
33
derne.
Voyez par la qu'Interest
eurent de proner «
antiques oeuvres, ence
tous les temps Pays & et
moeurs, les Erudition- »
nez. ce
ilsfont d'Homère
UnDràmadere, S'imaginant que sur son dos
montez
Haut élevez ,grimpez, juchez
%Zut'H^cK>
Ils prendront haute place
Au coupeau du Parnasse
S'associant à , cet Autheur fameux
,
Disantde luy toutce qu'ils
pensentd'eux;
ils l'éternisent,
Le divinisent
Puis par droit de societe
Partagentsadivinité.
Cesupposant tous bons Ecrits
modernes
Sont prés des leurshumaines
balivernes.
»
Parlons naturelle-
» ment, on a poussé
33
troploinl'entestement
»pour Homere ,on
93 ne peut nierque puis-
»
qu'on lalôiié dans tous
les
les temps.iln'aitme- «
rited'estreloüé
,
aussi «
le louerai je, l'admire- ICC
rai-je & l'aimerai
- je
jusquà l'adoration,ex«
clusivement.«
Homere est le Gargantua
des Erudition-«
rJe, ils le fontsi grand cc
qu'enrendant son me-«
rite gigantesque ; ils ccenostentla
vrai ressem «
blance.
; Rabelais a eu ses Eruditionmés
aussi bien.«.
, „ qu'Homere & si Ale-
,,
xandre avoit toujours
33 un Homere sous son
;, chevet, le Chancelier
»duPratportoittoûjours
un Rabelais dans sa
„ poche.
„ Alcibiades questio-
, nant un jour un Pro-
"fesseur sur quelques
Vers d'Homere.Le
yy
Professeurrespondit
;, qu'il ne le lisoit point,
»Alcibiades luy donna
»unsoufletpourlepunir
d'oser professer les ici-cf
ences ,
sans avoir chez«
luy le livre des Sça-«
vants le livreunique «
le livre par excellence. «
J, Le Cardinal du Belay
qu'on prioitd'admetre «
a sa Table certain«
Homme de Lettres,«
demanda en parlant«
de Rabelais qu'onap-!cc
peloit aussi le livre unique,
lelivre par Ex- «
silence, cet Homme«
que vousvoulezadmet«
33
tre àmaTabte a-t-illû;
33
le Livre. non-luy res
pondit on, qu'on le fas
33 se donc dineravec mes
33 gens, reprit le Cardin
33
liai ne croyant pa£
3,
qu'on putestreScavant
»sans avoir lû Rabelais
,,. Ces traits de préven-
»tions me paroissent en
»core plus forts pour »Rabelais qui vivoit alors
que pour Homere
33 qui du tempsd'Ale-
» xandre avoit deja plurieurs
siecles d'antiquité,
antiquité qui,com-«
me nous avons déjà dit
jete sur les ouvragesun«
voile obscur& favorable
aux Allegories.
Grande ressource à «
ceux qui veulent trou.cc,
ver du merveilleux &C «
du grand dans les pe-«
titesses mesme qui é- «
chapent aux plus ex""ci
celents Autheur. «
Rabelais a cela, de
communavec Homi,it
JI':}.
»re,quonacruvoir Al;.¡
» legoriojuement dans son
5> Livre des Sistemes en-
„ tiersd'Atfronomie, de
»Fi/îque
,
de la pièrre
MFilofofale même, que
» quelques Alchimistes
J) ont trouvédans notre
w Auteurcomique,com-
» me d'autres l'ont trou-
«vé dans le Prince de
»Poètes. w c-
J'ayconuun Rabelais
Pi lien outré, qui dans
» une tirade de deux cent
noms de jeux qu'on«
apprend à Pentagruel, «
croyoitvoirsurchaque «
mot une explication «
Historique, Allegori- «
que & Morale, il est,
pourtant visible que
Rabelais n'a eudessein «
en nommant tousces «
jeux que de faire voir «
qu'il les scavoit touss «
car dans ces temps où et lesScavans estoient «
rares, ils se faisoient«
bonneurde détaillerdeit
»dénombrer
,
de citer
» à tous propos, & d'é-
» tendre,pourainsidire,
»leurs Erudition, jus-
» que dans les moindres
»Arts.Il faut croire pour
la Juftificaticn d'Hor
»mere, qu'il vivoit dans
„ un temps a peu pres
» pareil, car il est grand
„ Enumerateur,&grand
»detailliste
,
diroit Ra-
» belais
,
Homere &moy
»pouvonsestreabon droit
»Paralellt(èz>,en ceque
Jommcs
sommes par ?iaiure tant
joit peu beaucoup digresfionneurs
&babillards.
Nous parlerons en
temps &lieu,c'est àdire,
quand l'occasion s'en
presentera
,
des digressîons,
& des énumerations
dont nos deux Autheurs
sont pleins;il yen aquelques-unes dansRabelais
dont chaque mot
porte son application
bonne ou mauvaise. , Ces titres de Livres par
exemple dont il compose
une Biblioteque critique.
LesfaribolesduDroit
L'Almanac desgouteux,
Le boutevent des Alchimisses
Le limassondes rimasseurs
Les pois au lard comme
comento
Le tirepet des Apotiquaires,
Lamusèliere de noblesse
De montardapost pran00
diumset-vienda>
Malagranatum viîiorum,
.,up11
Les Houseaux,alias les botes de patience
Decrotatoriu Scolarium.
Barbouilla-mentaScoti.
l'HistoiredesFarfadets.
Oncomprend bien qu'-
il peut y avoir parraport
au temps de Rabelais,
plus de selque nous n'en
sentons dans ces critiques
badines, mais la fadeur
, ÔC la platitude
d'uneinfinité d'autres
nous doivent faire conclure
que si Rabelais
estoitun excellent comiquéx:
n quelques endroits
ilestoit en quelques autres
tres mauvais plaisant.
Ces prévenus conclueront
au contraire
, que
le sublime incontestable
d'Homere
, nous est garant
de 1 excellenceoculte
de ce qui nous paroist
mediocre, ils ajousteront
que les endroits les plus
obscurs pour nous brillent
pour eux desplus
vives lumieres : ne soutiendront-
ils point audi
diroit Rabelais,qul^c^
mere ne laissoit pas de
voir clairquoyqu'ilfust
aveugle ?
Je viens de commencer
mon Parallele, par
la premiere idée qui s'est
presentée, je l'avois bien
promis, on ne meverra
point prendre d'un air
grave la balance en main
pour peser scrupuleusement
jusqu'aux moindres
parties qui doivent
entrer dans la composition
d'un poëme
,
je devois
examiner d'abord le
choix du sujet, l'ordonnance
,
les situations, les
caracteres, les pensées,le
stile,& tant d'autres
choses dont jene fais pas
mesme icy une énumeration
par ordre de peur
de paroistre troparrangé
dans un Parallele que
j'ay entrepris par amusement,
& qui nemeriteroit.
pas d'estre placé
dans mon article burlesque,
s'il estoitserieux &C
régulier.
Voicy donc la methode
que je vais suivre
dans cette composition.
J'ay sur ma table mon
Rabelais,& mon Homere
5
portons au hasard la
main surl'un ou sur l'autre
,
je tiens un Volume
qu'y trouvay je à l'uverture
du Livre, voyons
,c'est unpere qui
parle à son fils, devinez
si. cette éloquence est
d'Homere ou de Rabelais.
Je te rappelle auprès de
moy ,
j'interromps laferveur
de tes etudes,je l'
racheaureposFilosofique,
mais j'aibesoin de toy, Ç$9
je fuis ton pere,j'avois
esperé de voir couler doucement
en Paix mes dernveres
annees me confiant
en mes amisCfanciens
confederez , mais fèiïr
perfidie a jruflrelafetife- tidemavkiilejfejelleeif
lafatàledefïrneèdâVtibm*
me >
queplus ilsoit irt±
quiete, par ceux en qui
plus ilsereposoit : rvierts
donc, quitte tes Livres
pourvenirme defendre ,
car ainsi comme débité
font les armes au dehors,
otfrie conseiln'est dans la
mmfmyainsi vaine est
l'estude, & leconseil inutile
,
qui en temps oportunarvertu
ricji mil.
execution.
deMproavodqéuliebrémraatiisodn'raipeasi-t
ser, non a"assa,¡¡ir mais
de defendre, non de conquerir
maisdegardermes
feaux sujets
,
(jf terres
hereditaires contre mes
ennemis.
J'ay envoié vers eux
amiablement pour leurs
offrir tous ce que jej?uîs,
f5Plus quejene dois, &
n'ayanteu d'eux autre re- *ponse que de volontaire
& jalouse défiance, par
làjevois que tout droit
desgens est en eux deve.,
nu droit de force & de
bienseancesurmes terres,
donc je connois que les
Dieux les ont abandonné
à leurpropresens qui ne
peutproduirequedejJeini
iniques, si par inspiration
divine
,
nestconti-
&ueUernent guide.
Ne croyez vous pas entendre
parler icy le sage
Nestor dans le sublime
Homere
, ce n'est pourtant
que le pere de Gargantua
qui parle dans le
comique Rabelais.
Je n'y ay changé que
quelques mots du vieux
stile
, on peut juger parlàque
Rabelaiseustesté
un bon Autheurserieux.
Homere eust-il esté un
bon Autheur burlcA
que? Pourquoy non s'il
l'eust voulu, il la bien
elle quelquefois sans le
vouloir. Je pourray danslasuite
citeren badinant
quelqu'un deces endroits
burlesques
,
mais commençons
par admirer serieusementcet
excellent
homme qui a sçu concilier
dailSfan vaste genie,
lesfaillies les plus vives
de l'entousiasme poëtique
, avecle bon sens
& la sagesse de l'orateur,
le plus consommé.
Voicy comme il fait
parlerNestor pour appaifer
Achile en colere, &,
Agamemnon poussé à
bout, au moment qu'ils
alloient se porter l'un
contre l'autre à des extremitez
funesstes.
O quelle douleurpour
la Greces s'écrie touta coup
Nestor
,
if quelle joye
pour les Troyens, ils
viennentà apprendre lesl
dissènsionsdesdeux hom-1
mes quifont au dessus deI
tous les autres Grecs par
la prudence ifparle courage,
mais croyeZ moy
tous deux, car vouselles
plus jeunes, Çffmfrequente
autrefois des hommes
qui valoient mieux
que vous, fic.qui ne meprisoient
pas mesconfedsy
nonjenayjamaisveu&
ne verray jamais de si
grands personnages que
PirritousyPolifeme, égal
aux Dieux, Thess fils
d'Egéefemliableaux immorlelstjfc.
Voilalesplus
vaillans hommes que la
terre ait jamais port£{,
mais s'ils estoientvaillants,
ilscombatoientauJJi
contre des Ennemis trèsvaillants,
contre les Centaures
des montagnes
dont la defaite leursaacquis
un nom immortel,
tess avec cesgens là que fay vécu. Je tafchois de
lesegalerselon mesforces,
f5 parmy tous les tommesquifontaujoura'huy
il î,j en a pas un qpii
tufr op leur rien députer
terycependant quoyque jesulfefortjeune, ces
grands hommesecoutoient
mes conseils ,fui'vez.., leur
exemple, car cestle meilleur
parti, vous, Agamemnon,
quoique leplus
puissant, n'enle('1JeZpoint
a Achile la fille que les
Grecs lui ont donnee, f$
tV9usfils de Pelee, ne vous
attaquez, point au Roi,
car, de tous les Rois qui
ont portele Sceptre, eS
jue Jupiter a elevez, à
cette gloire, il riy en a
jamaiseu desigrandque
luysivous avezplus de
valeur, fj)Jî vous estes
fis d'une Deesse, il est
plus puissantparce qml
commande aplusdepevoples
;fils )Atne-¿¡ppair
fiZrvoftre cotere, es je
vaisprier Achile defur*
monter la sienne, caril
est le plusfermerampart.
des Grecs dans les fanglants
Combats.
Le début de ce discours
deNestor peut servir
de modelepour, Je
simple vrayment sublime,
avec quel art enfuite
Nçiflor impose t-ilà
ces deux Rois, en leur
insinuant que de plus
grands hommes qu'eux
ont cru sesconseils,
lors mesme qu'il estoit
encore tres jeune? La
Critique ordinaire qui a
si fort blâmé les invectives,
& les injuresqu'-
Homèremetsi souvent
dans la bouche de ses
Heros, trouvera Nestor
imprudentd'offenserluy
mesme ceux quil veut
reconcilier
, en leur disant
en face qu'il y a eu
de plus grandshommes
qu'eux, & a qui ils riauroient
ose rien disputer,
mais supposons qu'en ce
temps-là les hommesaccoutumez
adirer à s'entendre
dire des veritez
, eussent allez de bOl111eJ
foy & degrandeurdame
pour ne se point faf
cher qu'on reduifift leuc
heroisme à sa juste va
leur.
-
Cela supposé, quelle
force d'éloquence a Ne
stor, & quelle hauteur
de sèntiment ,d'humilier
ainsi Agamemnoii
ôcAchile, pour les foumettre
à' Ces conseils
Mais il nest pas vrayfeilblable,
dira-t-on que
des; Héros soussrissent
p^tiÊimnejftt une offense,
mais répondrai-je,
la vérité ne les offensoit
jamais,c'estoit les
moeurs de ce temps-là
ou du moins il estoit
beau a Homere de les
feindre telles, lesnostres
font bien plus polies; j'en
conviens, mais qu'est-ce
que la politesse ? la poli
tessen'est que l'art d'in.
sinuer la flaterie & le
mensonge,c'est l'art d'avilir
les âmes, & dénerver
l'heroifineGaulois,
dont: la grandeur consiste
à ne vouloir jamais
paroistre plus grand qu'
on n'est, & à ne point:
induire les autres à vouloir
paroistre plus grands
quilsnefont.
Voicy l'occasion d'examiner
si Homere a
bien conneu en quoy
doit consister la grandeur
d'un Héros. Mais
cela me meneroit plus
loin que je ne veux, j'iraipeut-
estre dans la suite
aussi loin que ce parallèlepouKiro'fne
mener:
mais te me fuisreftraint
alien cfqhijer dans-chaque
Mercurequ'à, peu
présautantqu'il adans el1 celui
- cy,. ma
tascheest remplie.
burlesque
Suite du Parallele d'Homere
& de Rablais.
De Mesmequ'un coursier
agile, drioit Homere
,
s'échappe quelquefois
de la jtiam fçanjante du
chartier tirannique, qui
Iattçwnt a[on Char,
l'ajjujeiuffott aux réglés
penïbles de L'art qu'inruentay
pour dompter les
chevaux le Centaure Peletroine.
De mesme un Autheur
peut s'échapper des regles
tiranniques qui donnent
tousjours des entraves
au genie, & quelquefois
des entorses au
bon fèqs.
De mesme encore que ce
Coursier échappé
,
foulant
lant d'un pied libertin
l'herbe tendredes prez
verdoyants,tantostpren-,
drasa courjè rapide ~es
legere
, comme lafleche,
qui part d'un arc,pour
volerdroit au but où l'oeil.
d'Apollon la guide., Ee
quetantost ce Coursier
bandissant,voltigeenl'airs
à.droite àgauche comme
la flamme. errante
d'une exhalaison -vagabonde
,échappéedufoudrede
fupiter.
De mesme en continuant
ce parallele j'iray
droit au but,oùje
m'en écarterayvolontairement.
De mesme encore que
ce Coursierparcourant a..
vec me[ine legerete
les plaines unies, les
montsescarpez, s'egaye
en bonds en ruades, Cf
atteint du pied lebaudet
attentif à fin chardon
sauvage.
De mesmej'attaque
ray en stile rablaisjien
quelque asnerie Homevienne
, pour delasserle
public d'une admiration
continuelle & gesnante
où l'on veut l'assujettir
en faveur des Anciens.
De mesme enfin que ce
Coursier tantost élevera
sa teste Juperbe jusqu'au
chesneJacré,pour en détacher.
de sa dent temeraire
quelque rameau
,verd
,
destinéacouronner
le Hérosy quetantost
ilbaisserahumblementsa
teste aux crinséparspour
brouter l'herbe rampante.
-
De mesme tantost sublime,
& tantostburlesque
,tantost Homere &
tantost Rablais., je parleray
leur langue en leur
donnant loüangeou blas
me sans fiel,& presque
sans prévention, je dis
presque cartous les
hommes sont nez prévenus,
oudumoinsils succent
la préventionavec
le lait.
, La préventionest litx
venin subtil,:ou,plutQ^
un animal venimeux
quiempoisonnetoutce
qu'il:mord,&' quimord,
sur tout ce qu'ilne voit,
pas:donnons-luy encore
àelle-mesmequelque;
coup de dentavant que
de commencer nostre pa-\
rallele
,
Rablais diroit
que la prévention est ui\
animal augmentatifdiminucif,
palliatif, deciissy
& rébarbatif: „or si
de cet animal
,
l'extrait
„ genealogique, sçavoir
»voulez. Sçachez-le>•
ne tient qu'à vous, il
3,
est déduit en ces Vers
„ cy-dessousinscrits :
ChezLuciserjadis eut
accointance
Messer orguëil avec dame
ignorance.
En lignegauche, jijït de
;, cette engence
Tille perverse en-fil foJ/ei
arrogance ,>
PrcventionfurjOn om
.., quejepensè,
Qr Dieuvousgarddesa,
p-rédominance.
Mais continueroit«
Rablais
, ventre beuf, «
voilà bien parler sans «
boire, je n'entends icy«
i
vocilonner à mes oreil- «
les que ce motpréven-«
tkon,,parcyprevention, «
par la prévention pour"-
les Grecs, prévention«
pour les Latins. Hola,
9y
hola) prévention,est
,
»Heresie, & ne veut
„ croirepersonneheretique
en belles Lettres
„ que ne m'ayez démon-
»tré par ou) comment,
„ & pourquoy:car quel
>y-motif mouvant peut
» démouvoir ces aucuns
'}' Letrez àpreconiser Se
35 proner à érripegosier
3i
les Ecrivains antiques,
3i qu'en revient-il à ces
,; preneurs? ',. -',
1 Le
A cela vais vous ré-cc
partir en bref, mais a-"
vant parler,veux ob-cc
ferver la premièrere- «
glè des éloquents par- «
leurs& harangueurs,«
toussir, cracher,& se «
silentier un moment,«
fmnfium cum virgula, «
pour reprendre haleine.
«
Je vais narrer veri-«
diquement ce qu'en«
c'est tout un , en fait
,,de Relations lointainyy
nes.
Au fond des Indes
„orientales ou occiden-
51
tales, ou imaginaires ;
,,car bonnement avoue-
,, ray que ne sçais autre
„
Geografie que des païs
à bons vignobles, où
,
yy
je voyage volontiers:
aux Indes donc, deux
yy
peuples y a, dont l'un
,,
desire sans cesse dominer
& ravillir l'autre;
parce que l'autre don- c?
ne jalousie à l'un, com-«
me Jun en donne à«
l'autre, sique ce Tau-ff
tre & ce 1 un, sont en «
guerre l'un contre l'au-«
tre. «
Or devinez ce qui cc
excite noise entre ces«
deux peuples, ce font"
des riens, petits riens, «
motifs de rien, comme«
qui diroit d'interest«
de gloire, &C devolup-«
té; ceux-cy se faschent«
,, que le terroir des au-
„ tres fertilise abondam-
", ment par son propre
„ fond, & sans engrais,
,, siqu'il produit soudai-
„ncmcr.r ,
& au rao-
"lllent que besoin est,
,,fruits fàvourtux, &
„ fleurs gentilles, que ne produit mie le ter-
„ roir des autres; mais
„ ceux dont le terroir est
„sterile, sont en recom-
,, pense, bons pourvo-
„ yeurs & grands provisionneurs;
si que ne re- c:
cuëillant rien de leur«
cru,sçavent tirer des
contrées estrangeres
, «
fruits & grains dont«.
ils emplissent granges, «
& fruitiers, & par ain-«
si sont plus, quoyque«.
non mieux, approvi-«
sionnez que ceux dont
leterroir produit. cc
Notez illec, ô Lecteur.
attentif, qu'en u- cc:
sant icy des mots deCf.
fruits, grains, & ter,,
mes pareils, c'est élo- ,,cution allegorique & „symbolique, qui signi-
;, fic belles productions
d'esprit, &solides oeu-
"vres de gens lettrez. ,,Disons donc que le ter- roir ,
id efi, les cer-
"vaúx & caboches de
;, l'un de ces peuples sont
;)--plus fertiles en produc-
„ tions, & que l'autre
„
peuple est opulent en
„
collections & maga-
„zins scientifiques.
iCe dernier peupleest
plus puissant que Tau-cc
tre ;' pource qu'il estcr
plus nombreux, & il
estplus nombreux t:
pource que plus de
gens ont faculté collec-(cc
tive, & moins de gens
ont facultéproductive,
selon la regle que plus
de gens ont ce qu'est
plus faciled'avoir,sont
toutefois grandelTICfitc
louables ces collecteurs
quant doctement& là-'
„gementsçavent user
",de leur talent collectif,
w-mais mieux louange-
„ ray certes, tel qui join-
„dra production à col- „leâion comme aucuns
»y a.
„ Les deux peuples dont
est questionsont nom- ,,mez par maint hifto-
„ riens les Produisants,
„ & les Eruditionnez.
„ Voyons maintenant ce
3,
qui rend si commune
"parnlY les Erudition.
nez,la maladie qu'on(C
appellepréventiongrec-«
que, c'est la mon tex-«
te.,Jay long tempstour «
noyé pour y venir :ab tc.
regeons matierede«.
peur que l'ennuy rie"
vousgagne. S'ilvous"
a desja atteint, beuvez«
un coup,bon vin de^r^
ennuye le Leéteur&j'«
l'Ecrivain;&devrait-«
on, pour écrire joyeu-«
sement,boire par apo* à
stille à chaque page, 1c
93 mais comme boire tant
& ne PUIS, au moins en ”parleray souvent, car
» le refrain & l'énergie
33
du langage Rablaifien,
c'est à boire à boire,
33 du vin du vin.
» Où en estions - nous,
«jay perdu la tramon-
» tane, vite vite ma bouf
” fole, prévention, pré-
” vention,voilà le mot:
33 pourquoy en sont
-
ils
» si embrelicoquez en-
” vers les Anciens? oh
c'est pour troismille «
quatre cents vingt-«
deux raisons & demie,«
ne vous en diray pour « lepresentque les deux «
& demie, car l' horlo-«
ge tonner c'est l'heu-"
re de boire.«
Primo les Erudition«
nez sont semblables «
aux taverniers
,
les«
quels les ans passez,«
s'estant munis de vins «
maintenant antiques,«
crient aux biberons
, «
„ plorez & deplorez la
»perte de ces vieux
33
septs de vigne,qui ja-
33
dis produisoient les
,,mirifiques vins, dont
„avons en cave les ori-
33 ginaux : helas n'en
„viendra plus de tels,
„car en l'an du grand
„hiver - font peris par
»gelée ces vieux sou-
„chons & sarments,
,,& avec iceux a peri
33 tout espoir de bonne „vendange.
Ainsi les Erudition-«
nneezzts'5éc'ércierinetnecnenddé-écce
criant toutes produc- ce
tions modernes pour cc
mieux s'acrediter, bc«
avoirdebit des vieilles
cc provisions& denrées
ce
antiques desquelles
cc leurs magazins fontcc
surchargez. «
Secundo Posons le casc,
que puisse y avoir, un ce
Eruditionné de petite ce
stature, il toutefois sece
ra ambitieusement dece
9j
fireux de paraître plus
» grand qu'un produis
33
sant de riche taille,
» que feral'Eruditionné
»ballet, Il grinpera sur
lesépaules d'un an-
33
cien, commesinge sur
»Eléfant, or ainsi grin-
»pé sur sur un ancien,.
33
Plus cet anciensera.
» grand, plus le grinpé-
» sus fera elevé, & plus
» dominera de haut en
» bas le produisant mo-
33
derne.
Voyez par la qu'Interest
eurent de proner «
antiques oeuvres, ence
tous les temps Pays & et
moeurs, les Erudition- »
nez. ce
ilsfont d'Homère
UnDràmadere, S'imaginant que sur son dos
montez
Haut élevez ,grimpez, juchez
%Zut'H^cK>
Ils prendront haute place
Au coupeau du Parnasse
S'associant à , cet Autheur fameux
,
Disantde luy toutce qu'ils
pensentd'eux;
ils l'éternisent,
Le divinisent
Puis par droit de societe
Partagentsadivinité.
Cesupposant tous bons Ecrits
modernes
Sont prés des leurshumaines
balivernes.
»
Parlons naturelle-
» ment, on a poussé
33
troploinl'entestement
»pour Homere ,on
93 ne peut nierque puis-
»
qu'on lalôiié dans tous
les
les temps.iln'aitme- «
rited'estreloüé
,
aussi «
le louerai je, l'admire- ICC
rai-je & l'aimerai
- je
jusquà l'adoration,ex«
clusivement.«
Homere est le Gargantua
des Erudition-«
rJe, ils le fontsi grand cc
qu'enrendant son me-«
rite gigantesque ; ils ccenostentla
vrai ressem «
blance.
; Rabelais a eu ses Eruditionmés
aussi bien.«.
, „ qu'Homere & si Ale-
,,
xandre avoit toujours
33 un Homere sous son
;, chevet, le Chancelier
»duPratportoittoûjours
un Rabelais dans sa
„ poche.
„ Alcibiades questio-
, nant un jour un Pro-
"fesseur sur quelques
Vers d'Homere.Le
yy
Professeurrespondit
;, qu'il ne le lisoit point,
»Alcibiades luy donna
»unsoufletpourlepunir
d'oser professer les ici-cf
ences ,
sans avoir chez«
luy le livre des Sça-«
vants le livreunique «
le livre par excellence. «
J, Le Cardinal du Belay
qu'on prioitd'admetre «
a sa Table certain«
Homme de Lettres,«
demanda en parlant«
de Rabelais qu'onap-!cc
peloit aussi le livre unique,
lelivre par Ex- «
silence, cet Homme«
que vousvoulezadmet«
33
tre àmaTabte a-t-illû;
33
le Livre. non-luy res
pondit on, qu'on le fas
33 se donc dineravec mes
33 gens, reprit le Cardin
33
liai ne croyant pa£
3,
qu'on putestreScavant
»sans avoir lû Rabelais
,,. Ces traits de préven-
»tions me paroissent en
»core plus forts pour »Rabelais qui vivoit alors
que pour Homere
33 qui du tempsd'Ale-
» xandre avoit deja plurieurs
siecles d'antiquité,
antiquité qui,com-«
me nous avons déjà dit
jete sur les ouvragesun«
voile obscur& favorable
aux Allegories.
Grande ressource à «
ceux qui veulent trou.cc,
ver du merveilleux &C «
du grand dans les pe-«
titesses mesme qui é- «
chapent aux plus ex""ci
celents Autheur. «
Rabelais a cela, de
communavec Homi,it
JI':}.
»re,quonacruvoir Al;.¡
» legoriojuement dans son
5> Livre des Sistemes en-
„ tiersd'Atfronomie, de
»Fi/îque
,
de la pièrre
MFilofofale même, que
» quelques Alchimistes
J) ont trouvédans notre
w Auteurcomique,com-
» me d'autres l'ont trou-
«vé dans le Prince de
»Poètes. w c-
J'ayconuun Rabelais
Pi lien outré, qui dans
» une tirade de deux cent
noms de jeux qu'on«
apprend à Pentagruel, «
croyoitvoirsurchaque «
mot une explication «
Historique, Allegori- «
que & Morale, il est,
pourtant visible que
Rabelais n'a eudessein «
en nommant tousces «
jeux que de faire voir «
qu'il les scavoit touss «
car dans ces temps où et lesScavans estoient «
rares, ils se faisoient«
bonneurde détaillerdeit
»dénombrer
,
de citer
» à tous propos, & d'é-
» tendre,pourainsidire,
»leurs Erudition, jus-
» que dans les moindres
»Arts.Il faut croire pour
la Juftificaticn d'Hor
»mere, qu'il vivoit dans
„ un temps a peu pres
» pareil, car il est grand
„ Enumerateur,&grand
»detailliste
,
diroit Ra-
» belais
,
Homere &moy
»pouvonsestreabon droit
»Paralellt(èz>,en ceque
Jommcs
sommes par ?iaiure tant
joit peu beaucoup digresfionneurs
&babillards.
Nous parlerons en
temps &lieu,c'est àdire,
quand l'occasion s'en
presentera
,
des digressîons,
& des énumerations
dont nos deux Autheurs
sont pleins;il yen aquelques-unes dansRabelais
dont chaque mot
porte son application
bonne ou mauvaise. , Ces titres de Livres par
exemple dont il compose
une Biblioteque critique.
LesfaribolesduDroit
L'Almanac desgouteux,
Le boutevent des Alchimisses
Le limassondes rimasseurs
Les pois au lard comme
comento
Le tirepet des Apotiquaires,
Lamusèliere de noblesse
De montardapost pran00
diumset-vienda>
Malagranatum viîiorum,
.,up11
Les Houseaux,alias les botes de patience
Decrotatoriu Scolarium.
Barbouilla-mentaScoti.
l'HistoiredesFarfadets.
Oncomprend bien qu'-
il peut y avoir parraport
au temps de Rabelais,
plus de selque nous n'en
sentons dans ces critiques
badines, mais la fadeur
, ÔC la platitude
d'uneinfinité d'autres
nous doivent faire conclure
que si Rabelais
estoitun excellent comiquéx:
n quelques endroits
ilestoit en quelques autres
tres mauvais plaisant.
Ces prévenus conclueront
au contraire
, que
le sublime incontestable
d'Homere
, nous est garant
de 1 excellenceoculte
de ce qui nous paroist
mediocre, ils ajousteront
que les endroits les plus
obscurs pour nous brillent
pour eux desplus
vives lumieres : ne soutiendront-
ils point audi
diroit Rabelais,qul^c^
mere ne laissoit pas de
voir clairquoyqu'ilfust
aveugle ?
Je viens de commencer
mon Parallele, par
la premiere idée qui s'est
presentée, je l'avois bien
promis, on ne meverra
point prendre d'un air
grave la balance en main
pour peser scrupuleusement
jusqu'aux moindres
parties qui doivent
entrer dans la composition
d'un poëme
,
je devois
examiner d'abord le
choix du sujet, l'ordonnance
,
les situations, les
caracteres, les pensées,le
stile,& tant d'autres
choses dont jene fais pas
mesme icy une énumeration
par ordre de peur
de paroistre troparrangé
dans un Parallele que
j'ay entrepris par amusement,
& qui nemeriteroit.
pas d'estre placé
dans mon article burlesque,
s'il estoitserieux &C
régulier.
Voicy donc la methode
que je vais suivre
dans cette composition.
J'ay sur ma table mon
Rabelais,& mon Homere
5
portons au hasard la
main surl'un ou sur l'autre
,
je tiens un Volume
qu'y trouvay je à l'uverture
du Livre, voyons
,c'est unpere qui
parle à son fils, devinez
si. cette éloquence est
d'Homere ou de Rabelais.
Je te rappelle auprès de
moy ,
j'interromps laferveur
de tes etudes,je l'
racheaureposFilosofique,
mais j'aibesoin de toy, Ç$9
je fuis ton pere,j'avois
esperé de voir couler doucement
en Paix mes dernveres
annees me confiant
en mes amisCfanciens
confederez , mais fèiïr
perfidie a jruflrelafetife- tidemavkiilejfejelleeif
lafatàledefïrneèdâVtibm*
me >
queplus ilsoit irt±
quiete, par ceux en qui
plus ilsereposoit : rvierts
donc, quitte tes Livres
pourvenirme defendre ,
car ainsi comme débité
font les armes au dehors,
otfrie conseiln'est dans la
mmfmyainsi vaine est
l'estude, & leconseil inutile
,
qui en temps oportunarvertu
ricji mil.
execution.
deMproavodqéuliebrémraatiisodn'raipeasi-t
ser, non a"assa,¡¡ir mais
de defendre, non de conquerir
maisdegardermes
feaux sujets
,
(jf terres
hereditaires contre mes
ennemis.
J'ay envoié vers eux
amiablement pour leurs
offrir tous ce que jej?uîs,
f5Plus quejene dois, &
n'ayanteu d'eux autre re- *ponse que de volontaire
& jalouse défiance, par
làjevois que tout droit
desgens est en eux deve.,
nu droit de force & de
bienseancesurmes terres,
donc je connois que les
Dieux les ont abandonné
à leurpropresens qui ne
peutproduirequedejJeini
iniques, si par inspiration
divine
,
nestconti-
&ueUernent guide.
Ne croyez vous pas entendre
parler icy le sage
Nestor dans le sublime
Homere
, ce n'est pourtant
que le pere de Gargantua
qui parle dans le
comique Rabelais.
Je n'y ay changé que
quelques mots du vieux
stile
, on peut juger parlàque
Rabelaiseustesté
un bon Autheurserieux.
Homere eust-il esté un
bon Autheur burlcA
que? Pourquoy non s'il
l'eust voulu, il la bien
elle quelquefois sans le
vouloir. Je pourray danslasuite
citeren badinant
quelqu'un deces endroits
burlesques
,
mais commençons
par admirer serieusementcet
excellent
homme qui a sçu concilier
dailSfan vaste genie,
lesfaillies les plus vives
de l'entousiasme poëtique
, avecle bon sens
& la sagesse de l'orateur,
le plus consommé.
Voicy comme il fait
parlerNestor pour appaifer
Achile en colere, &,
Agamemnon poussé à
bout, au moment qu'ils
alloient se porter l'un
contre l'autre à des extremitez
funesstes.
O quelle douleurpour
la Greces s'écrie touta coup
Nestor
,
if quelle joye
pour les Troyens, ils
viennentà apprendre lesl
dissènsionsdesdeux hom-1
mes quifont au dessus deI
tous les autres Grecs par
la prudence ifparle courage,
mais croyeZ moy
tous deux, car vouselles
plus jeunes, Çffmfrequente
autrefois des hommes
qui valoient mieux
que vous, fic.qui ne meprisoient
pas mesconfedsy
nonjenayjamaisveu&
ne verray jamais de si
grands personnages que
PirritousyPolifeme, égal
aux Dieux, Thess fils
d'Egéefemliableaux immorlelstjfc.
Voilalesplus
vaillans hommes que la
terre ait jamais port£{,
mais s'ils estoientvaillants,
ilscombatoientauJJi
contre des Ennemis trèsvaillants,
contre les Centaures
des montagnes
dont la defaite leursaacquis
un nom immortel,
tess avec cesgens là que fay vécu. Je tafchois de
lesegalerselon mesforces,
f5 parmy tous les tommesquifontaujoura'huy
il î,j en a pas un qpii
tufr op leur rien députer
terycependant quoyque jesulfefortjeune, ces
grands hommesecoutoient
mes conseils ,fui'vez.., leur
exemple, car cestle meilleur
parti, vous, Agamemnon,
quoique leplus
puissant, n'enle('1JeZpoint
a Achile la fille que les
Grecs lui ont donnee, f$
tV9usfils de Pelee, ne vous
attaquez, point au Roi,
car, de tous les Rois qui
ont portele Sceptre, eS
jue Jupiter a elevez, à
cette gloire, il riy en a
jamaiseu desigrandque
luysivous avezplus de
valeur, fj)Jî vous estes
fis d'une Deesse, il est
plus puissantparce qml
commande aplusdepevoples
;fils )Atne-¿¡ppair
fiZrvoftre cotere, es je
vaisprier Achile defur*
monter la sienne, caril
est le plusfermerampart.
des Grecs dans les fanglants
Combats.
Le début de ce discours
deNestor peut servir
de modelepour, Je
simple vrayment sublime,
avec quel art enfuite
Nçiflor impose t-ilà
ces deux Rois, en leur
insinuant que de plus
grands hommes qu'eux
ont cru sesconseils,
lors mesme qu'il estoit
encore tres jeune? La
Critique ordinaire qui a
si fort blâmé les invectives,
& les injuresqu'-
Homèremetsi souvent
dans la bouche de ses
Heros, trouvera Nestor
imprudentd'offenserluy
mesme ceux quil veut
reconcilier
, en leur disant
en face qu'il y a eu
de plus grandshommes
qu'eux, & a qui ils riauroient
ose rien disputer,
mais supposons qu'en ce
temps-là les hommesaccoutumez
adirer à s'entendre
dire des veritez
, eussent allez de bOl111eJ
foy & degrandeurdame
pour ne se point faf
cher qu'on reduifift leuc
heroisme à sa juste va
leur.
-
Cela supposé, quelle
force d'éloquence a Ne
stor, & quelle hauteur
de sèntiment ,d'humilier
ainsi Agamemnoii
ôcAchile, pour les foumettre
à' Ces conseils
Mais il nest pas vrayfeilblable,
dira-t-on que
des; Héros soussrissent
p^tiÊimnejftt une offense,
mais répondrai-je,
la vérité ne les offensoit
jamais,c'estoit les
moeurs de ce temps-là
ou du moins il estoit
beau a Homere de les
feindre telles, lesnostres
font bien plus polies; j'en
conviens, mais qu'est-ce
que la politesse ? la poli
tessen'est que l'art d'in.
sinuer la flaterie & le
mensonge,c'est l'art d'avilir
les âmes, & dénerver
l'heroifineGaulois,
dont: la grandeur consiste
à ne vouloir jamais
paroistre plus grand qu'
on n'est, & à ne point:
induire les autres à vouloir
paroistre plus grands
quilsnefont.
Voicy l'occasion d'examiner
si Homere a
bien conneu en quoy
doit consister la grandeur
d'un Héros. Mais
cela me meneroit plus
loin que je ne veux, j'iraipeut-
estre dans la suite
aussi loin que ce parallèlepouKiro'fne
mener:
mais te me fuisreftraint
alien cfqhijer dans-chaque
Mercurequ'à, peu
présautantqu'il adans el1 celui
- cy,. ma
tascheest remplie.
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Résumé : ARTICLE burlesque Suite du Parallele d'Homere & de Rablais.
Le texte compare les œuvres d'Homère et de Rabelais en utilisant la métaphore d'un coursier qui s'échappe des règles tyranniques pour exprimer sa liberté. Cette liberté est comparée à celle d'un écrivain qui se libère des contraintes littéraires, alternant entre styles sublime et burlesque. L'auteur critique la prévention, un préjugé favorisant les Anciens au détriment des modernes, illustré par l'allégorie des Indes où deux peuples, les Produisants et les Eruditionnez, sont en conflit. Les Eruditionnez, comparés à des taverniers, vantent les vins anciens pour écouler leurs stocks, refusant de reconnaître la valeur des productions modernes. L'auteur dénonce l'excès d'admiration pour Homère, considéré comme un géant littéraire, et compare cette adoration à celle que Rabelais a reçue de certains érudits. Il mentionne des anecdotes historiques, comme celles d'Alcibiade et du Cardinal du Bellay, qui considéraient Homère et Rabelais comme des références incontournables. Le texte souligne également les digressions et les énumérations présentes dans les œuvres de Rabelais, notant que certaines critiques badines peuvent être plus pertinentes à l'époque de Rabelais qu'aujourd'hui. L'auteur conclut que, bien que Rabelais soit un excellent comique, il peut aussi être un mauvais plaisant dans certains passages. Par ailleurs, le texte présente un parallèle entre un passage d'Homère et un passage de Rabelais où un père parle à son fils. L'auteur choisit au hasard un extrait dans chacun des deux ouvrages pour comparer leur style et leur contenu. Il cite un passage où un père appelle son fils à abandonner ses études pour le défendre contre des ennemis, soulignant que les conseils et les études sont inutiles face à l'action immédiate. L'auteur identifie ce passage comme appartenant à Rabelais, tout en notant que le style pourrait également convenir à Homère. Il admire la capacité de Rabelais à concilier enthousiasme poétique et sagesse oratoire. Le texte se poursuit avec un discours de Nestor dans l'Iliade, où Nestor tente de réconcilier Achille et Agamemnon en leur rappelant la valeur de ses conseils, même lorsqu'il était jeune. L'auteur analyse l'art rhétorique de Nestor et la force de son éloquence, tout en discutant des mœurs héroïques et de la politesse. Il conclut en mentionnant que son parallèle est entrepris par amusement et ne mérite pas d'être placé dans un article sérieux, se restreignant à examiner des extraits courts dans chaque édition de son parallèle.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1096
p. 145
Response par Turlupin.
Début :
J'aimerois mieux aimer une l'aide, mais je me [...]
Mots clefs :
Aimer
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texteReconnaissance textuelle : Response par Turlupin.
Response par Turlupin.
J'aimerois mieux aimer
une l'aide
,
mais je me
mortifie, j'en aime une
belle.
J'aimerois mieux aimer
une l'aide
,
mais je me
mortifie, j'en aime une
belle.
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1097
p. 145
Rseponse par M. Rig....
Début :
Qui pour laide a tant fait que d'avoir de l'amour, [...]
Mots clefs :
Amour
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texteReconnaissance textuelle : Rseponse par M. Rig....
RseponseparM. Rig.
Qui pour laide a tantfait que
d'avoir de l'amour,
Est plus sur d'un tendre retour.
Qui pour laide a tantfait que
d'avoir de l'amour,
Est plus sur d'un tendre retour.
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1098
p. 146
Response par le Chevalier de ....
Début :
Ma foy je la quitte du retour, car je ne sçaurois [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Response par le Chevalier de ....
Response par le Chevalier
de
Ma foy je la quitte du
retour, car je ne sçaurois
tant faire.
de
Ma foy je la quitte du
retour, car je ne sçaurois
tant faire.
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1099
p. 149
Response par l'Indolent.
Début :
J'aime mieux une laide comme j'aime mieux le [...]
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texteReconnaissance textuelle : Response par l'Indolent.
Response parll' ',Indolent.
J'aime mieux une laide
comme j'aime mieux le
vin de Brie,parce quona
moins de peine à l'avoir ,
&àse le conserver.
J'aime mieux une laide
comme j'aime mieux le
vin de Brie,parce quona
moins de peine à l'avoir ,
&àse le conserver.
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1100
p. 150
CONSEIL par le Gascon.
Début :
Cadedis que de sa maison, il fasse une Auverge, il y [...]
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texteReconnaissance textuelle : CONSEIL par le Gascon.
CONSEIL
par le Gascon.
Cadedis que desa maifort ilfasseune Auverge , ily
auragrande chere
,
&son
Echofranc
par le Gascon.
Cadedis que desa maifort ilfasseune Auverge , ily
auragrande chere
,
&son
Echofranc
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