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1
p. 71-104
LETTRE Ecrite à M. M. M. sur la nouvelle découverte d'une nouvelle source d'Eau Minerale, faite à Aix en Provence.
Début :
MONSIEUR, Pour vous donner quelque éclaircissement sur la nature & [...]
Mots clefs :
Eau, Maladies, Eaux , Chaleur, Sel, Aix-en-Provence, Nature, Boire, Vertu, Malades, Effets, Vitriol, Esprit, Nitre, Source, Été, Eaux minérales, Lymphe, Huile, Fontaines
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE Ecrite à M. M. M. sur la nouvelle découverte d'une nouvelle source d'Eau Minerale, faite à Aix en Provence.
LETTRE
Ecrite à M.M.M.fur lanou
velle découverte d'unenou
velle fource d'Eau Minera
le , faiteà Aix enProvence.
MONSIEUR,
Pour vous donner quelque
éclairciffementfurlanature fur
les proprietez de l'Eau chaude
qu'on vient de découvrir dans la
ville d'Aix, je dois vous dire ce
qui s'eſtpaſſé ausujet de cette dé
ប
couverte , &yajouterles expe
riences quej'en ayfaites pour en
développer lesprincipes , eftimant
72 MERCURE
qu'iln'enfautpas davantagepour
vous, Monfieur, dont le difcer
nement eft fi furfur tout ce qui
concerne la Medecine.
Fe
ne m'arrêterai pas à vous
décrire la fituation & la beauté
de cetteVille , nycelle defonterri
toiresyaiantfait vos études pris
tous vosdegrez; vousfçavez auffi
bien que moy, qu'elle abonde en
cées :que
tout ce qui eft neceffairepour paf
ferla vie avec douceur: queles
rues enfontgrandes & bienper
les édifices enfontfomp
tueux, & qu'ony voit encore
de
;
fortbeaux reftes de l'Antiquité
fsavoir,Tombeaux
,
, Infcriptions
Colomnes
GALANT 73
Colomnes, & autres chofes tres
confiderablesque l'injure du temps
aenpartie ou tout-àfaitruinées.
Strabon rapportequeCaius Sex
tius, General & Conful des Ro
mains , lafit batirl'an 631. dela
fondation de Rome, aprés avoir
foumis ce pays auxRomains , &
qu'il la nomma enlatin , Aquæ
fextiæ,à l'occafon desbainsd'eaux
chaudes qu'il y fit conftruire l'an
avantla naissance de Nôtre Sei
gneur 120.je laiffeauxHiftoriens
ces matieres pour venir à ce que
vousme demandez.
Cettefourcefut trouvée l'Esté
dernier, proche les murailles de
Mars 1705.
G
74 MERCURE
laVille,auquartierdesReverends
Pere del'Obfervance,fouslesde
bris d'uneancienne maison. Ceux
quis'en apperceurent les premiers
latrouverentplus chaude & plus
pure queles autres, dontleshabi
tansfeferventà diversuſages &
qu'on a faitconduire en plufieurs
quartiers de la Villepourfervir à
des tres-belles fontaines & parti
culierementau Cours d'Orbitelle,
ouparlamultitudedestuyaux &
par la varieté des jets d'eau qui
tombent dans de grandsbaffins, el
lesfont l'admiration des étrangers,
leplaifir deceuxqui s'y prome
nent. Dant lætos luderefontes.
GALANT 75
Famaisdécouverte n'aplusfait
debruit; chacunavoulu voircette
eaudansfafource, toutle mon
de enaparlé, ellea eftéapprouvée
de tous ceuxqui aimentla verité;
ceux au contraire qui ont intereft
qu'ellefoit voilée, ont tâché d'en
fairela critique;cependant les cu
resfingulieres, & les effetsavan
tageux qu'un grand nombre de
perfonnes en a reffenti nepermet
tentpas de douterdela vertu & de
l'efficacitéde nôtre cau : En effet
plufieurs malades laffezde mener
unevielanguiffante attirezparla
feulenouveautédela découverte
de toutâge, de toutfexe, & de
Gij
76 MERCURE
toutes conditions , enont bû l'Esté
dernier,mêmedans la Canicule.On
peut dire , quoy qu'ils ayent agi
en celafans aucune confideration
fansavoirégardà la difference
temperamens ny des maladies ,
des
·fans avis de Medecin & dansune
faifon peu convenableàcetteforte
de remede
,
tant
qu'ils ont pour
recouvré leur fanté
par l'uſage de cette Eau , ou du
moins unfoulagement tres-confi
derable. Sic tamen nonluditur
de corio humano.
La reputation de cette Eau ,
fondéefur les effets auffiſurprenans
que falutaires qu'elle produifoit
GALANT 77
人
alors , attiradanscetteVille, l'Au
tomne dernier, un grand nombre,
d'Etrangers, qui ayanttrouvéune
parfaiteguerifonde leurs indifpofi
tions s'enretournerentfort.contents,
enloüant& beniſſant le Seigneur
d'avoirpermisqu'on trouvat dans
le creux d'un rocherunefontainefi
falutaire. Quiconvertit rupem
in fontesaquarum.
Cette eau n'a commencédere
jaillirque quand on a eupercé le
rocherqui la couvroit, &nous ne
fommesredevables de cebien,aprés
Dieu (qui eftfans doute le plus
grand qu'onpuftprocureraux Ci
toyensde cette Fille & àfes voi
Giij
78 MERCURE
fins) qu'auxfoins & aux_ordres
de Mrs les Confuls & Procu
reurs decepays, qui veillent beau
coupplusà ce qui peut eſtre utile
&avantageux au public,qu'à ce
qui concerne leur propre gloire.
Hujus vobis gloria facti jufta
manet.
Ily aprefentement 4. tuyaux
qui dégorgentcette Eau, dans une
cavedécouverte, maçonnéede bri
ques & depierres pouréviter la
preffe des burveurs , & afin que
chacunenpuißeprendrefans s'in
commoder.
Cette Eau eft tres-claire, auffi
de l'eau depluye , ea
auſſi
legere que
GALANT 79
au uffi potable que la meilleure can
defontaine. Elle eft fans aucune
faveur
n'a aucuneodeur ; elle
' eft ny extremement chaude , ny
d'uneſubſtance tres-fubtile , parce
qu'elle n'eft impregnée que des eff
pritsdesminerauxquientrentdans
fa compofition , comme on pourra
voirdans lafuiteparl'analifeque
j'enayfaite; c'estpour cela qu'elle
eft tres-amie de la nature
de
Peftomach , dont elle penetre &
débouche toutes les obftructions .
fortifie toutes les parties en déga
geantleur chaleurnaturelle & en
les rétabliſſantchacune enleurpre
mier temperament ; elle eftdiure
و
Giiij
80 MERCUREر
tique , purgative & quelquefois
fudorifique fuivantles difpofi
tions qu'elle rencontre dans lesfu
jets.
Ily apeude maladies exterieu
res
dans l'habitude du corps
qu'elle nepuiffe emporter , particu
lierementenufantdesanciensbains
qu'on
'on trouve autant admirables
enleurftructure qu'enleursmate
riaux, & dont l'hiftoire nous af
fure que les vertus n'estoientpas
moindres.
GALANT 81
Z
ANALYSE.
Chimique-mechaniquede l'Eau
chaude minerale d'Aix.
Quoique les malades , contens
derecoururer leurfanté, s'inquiet
tent peudefçavoirla quantitépre
cife despartiesminerales. que cette
Éau charrie, ny comments'yfait
la diffolution dumineral quiydo
mine';je croypourtant qu'onl'efti
mera davantage, à mesure qu'on
en découvrira la nature par une
exacte Analyſe , d'autant mieux
que nous fommes dans unfiécle
où l'on nefe contente pas de voirو
82 MERCURE
quelsfontles effets desmedicamens;
mais où l'on veut aufft empenetrer
la cauſe phyſique del'action.
Le raisonnement ne nous mene
pas loin lorfqu'il s'agit d'expli
querla vertudes Eauxminerales,
nosfens font trop groffierspouren
découurirles parties , & la Chy
mie qui eft la Sage-femme qui
aide la nature à produire à de
couvert fes enfantemens , nous
fait feulement trouver presque
dans tous les corps dufel , duſou
fre, dumercure, de l'eau , & de
la terre,
par elle nous nepou
vons connoiftre que leur volati
litéoufixité ; car lefeu dont la
GALANT 83
Chymie fe fert comme d'unique
couteau , remuantparfa grande
activité les parties d'un mixte
en rompt l'union& encontinuant
de les agiter& deles divifer, celles
qui font les plus volatilesfe fe
parentdesautres,
lesplus fixes
demeurent dans lefeu ; maiscette
Analyfe ne fuffit pas pourfaire
connoiftre les vertus effentielles
de noftre eau , il faut employer
d'autres moyens & fe fervir de
la mechanique pourdécouvrir la
nature
lesproprietezdecesprin
cipes que lefeu afeparez. Deforte
ce feroit peu dechofe de tirer
le fel de cette Eau par évapo
que
84 MERCURE
ration , de tirer de cefel l'efprit
les autres principes par des
feuxgraduez; ilfaut les mêler
avec diverfes liqueurs , comme
l'efprit de nitre , de vitriol , la
>
diffolution du fublimé corrofif,
T'huile de tartre par défaillance,
les teintures de rofes, de violetes,
de tournefol,
avec lefang&
la Lymphe des animaux. Par
exemplefiles principes qu'on re
tire de cette Eau fermente avec
l'efpritdenitre ou de vitriol, s'ils
diffolvent lefang& la Lymphe,
on conclut que cefont des alkali,
&qu'ilsen ont les qualitez. S'ils
nefermententpas avec l'esprit de
GALANT 85
nitre ou de vitriol ; mais bien
avec l'huile de tartre par défail
lance , s'ils coagulent le fangou
la Lymphe , onjuge que cefont
des acides, quiproduiront les effets
qui leurfont propres. C'est par
cette double voye que j'ay tâché
de m'affurer d'où nôtre Eau tiroit
Laforce.
Je mis une bonne quantité de
l'Eau de cette nouvelle fource
dans une terrine de grez , où
ayantfait évaporer à un feu lent
toute l'humidité, je diffous les re
fidences dans l'Eau commune, que
je filtray enfuite par un papier
gris , dont je fis encore évaporer
86 MERCURE
toute l'humidité. Il me resta un
fel de couleur rouffe tirantfur le
blanc , qui pique les fibres ner
veufes de la langue comme lefal
pêtre. Fay faitauffi divers mé
langes de cetteEau avecplufieurs
liqueurs minerales, pourobferver
les fermentations & lesprecipi
tations qui en refulteroient.
Je mêlay del'efprit defouffre
avec l'Eau de cette Fontaine qui
s'étoit refroidie , & jefentis d'a
bord une chaleur en maniant la
phiole, je mélay auffi égales par
ties de cette Eau , & de diffolu
tion de couperofe, & je vis au
fonds de la bouteille une precipi
GALANT 87
tation de quelque matiere rouffe.
Du mélange de cette Eau avec
égalepartie de l'Eaude chaux, il
s'enfit une d'une matiere blanchâ
tre.
Cette Eau chaude ne prend
autre couleur par le mélange de
lapoudre de noix degalles , que
celle de la poudre même, que l'ef
prit de vitriol verfépar deſſus
faitpointchanger; ce qui est une
marque qu'elle n'estpas vitrioli
que. Cetteteinture nechangepoint
auffiparl'addition de l'huile de tar
tre faite par défaillance , ce qui
doit nous faire croire qu'elle n'eft
pas alumineufe. Ayant enfuite
88 MERCURE
mêlé de l'esprit de fel commun ,
dufublimé corrofif, dufel armo
niac, chacunfeparement avec nô
treEau; ilneparutaucunchange
mentny encouleur ny en chaleur.
Le fel de l'Eau de cette fon
taine eft different dufel commun.
Ilfermente avec les acides & en
adoucit lespointes. Ny cette Eau,
nyla diffolution defonfel, ny le
fel même jettezfur le laitfroid
oubouillant, ny caufentaucune al
teration fenfible.
On tire par la diftillation de
cette Eau , uneliqueurfpiritueu
fe ; mais on abien de la peine
d'en tirer quelques efprits déga
GALANT 89
gez de leur phlegme ; parce que
Les fubftances mineralesfontfi in
timement & fi étroitement unies
dans les parties de nôtre Eau,
qu'on nepeutprefque point les en
Separer : d'où vient qu'lle eft auffi
transparente qu'uneEau tres pure
tres-fimple.
Il mesemble que de ces expe
riences on peut conclurre, que ce
qui fait la vertu de notre Eau,
eft particulierement un esprit vo
latil nitro-fulfure, qui refulte de
l'union qui fe fait dans la terre
de l'acide de l'air avec des fels
alkali , par le moyen de la fer
mentation
Mars 1705.
des circulations na
H.
90 MERCURE
turelles ; & cet efprit comme un
diffolvant specifique,détache quan
tité departicules fulfurées lesplus
pures, qui rendent cette Eau bal
famique & tres-amie de la natu
re, d'où l'on voit que l'esprit mi
neral dont cette Eau eftimpregnée,
&duquel coulent comme d'un
vitriolique
principe fecond tant d'effets fur
prenanspourune infinitéde mala
dies, n'eft pas un acide purement
mais plutôt nitro
aërien embarraffé dans les pores
desfels alkali.
La chaleur denotreEau vient
des particules falines foufrées
qu'elle rencontre dans fon chemin,
GALANT 91
&qu'elle entraîne avec elle dans
les entrailles de la terre, dont il
fe fait une effervescence qui luy
communique cette chaleur. Cette
opinion eft plus vrai-femblable,
que de dire que la chaleur des
Eaux minerales vient d'unfeu
foûterrain.
A quelles maladies eftpropre
l'Eau chaude d'Aix , &
comment elle opere,
Fay déja dit quedés que cette
fource fuft decouverteune infinité
de perfonnes bûrent de cette Eau
indifferemment pour toutes fortes
Hij
de maladies
92 MERCURE
:
cependant comme
je ne prétens pas la fairepaſſer
pourunremede univerfel , nyéta
blir lefalut de tous les malades.
furfon efficacité , je vais mar
quer les principales dont plufieurs
perfonnes ont eftégueries.
L'indigeftion d'eftomach , l'appe
tit dépravé, diminué ou perdu
Conteſtéreparez, parladiffolution
le denouement des glaires
vifcofitez qu'elle precipite , &
qu'elle entraîneparla voie des in
teftins ,
des
par celle des urines.
Enfinla filtration du fermentſto
machalfefaifant mieuxàtravers
la membrane glandée , l'appetit
GALANT 93
reprendune nouvelle vigueur.
Cette Eau convient aux vo
miffemens qui fuccedent au gon
flement & àl'abondance des ma
tieres craffes qui alterent le fer
ment digeftif, elle fondlesphleg
mes qui embarraſſent la circula
tiondes humeurs:
Les affections du bas ventre.
commelienterie,diffenterie,colique,
ont efté emportées parfon moyen;
parcequ'elledétrempedans fa cour
Je lesfelsbilieux& attrabilaires ,
acres , aigres oufalez , &parfa
vertu balfamique , elle rafermit
Les fibres relachées.
Elle est beacoup plus efficace
94 MERCURE
quetoutes lesautresfourcesd'Eaux
chaudesd'Aixquiont toujours esté
dans une grande eftime pour les
maladies des reins& de la veffie
pourlagravelle, &pour lesdif
ficultez d'uriner , parce qu'elle
entraîne cette matiere terreftre ,
cette craffe , cebolqui eft aifement
converti enfable par l'action du
ferment, elleenleve auſſicetacci
de quifait laftrangurie.
Les pertes defangauxfemmes,
les fleursblanches , & leflux de
fanghemorroidal s'adouciffent ou
ceffent entierement, par le reffer
rementdes humeurs acres.
Les langueurs & défaillances
GALANT 95
provenant de la circulation du
fang, ou de la diffipation des ef
prits , font reparéesparcette Eau;
demême que lestenfionsdel'abdo
men,les hydropifies, l'icleritie ou
jauniffe , lapâleur & laboufif
fure du visage.
Lafciatique, les rhumatifmes,
les contractions desnerfs, lagoute,
les vertiges,l'épilepfie, & ce qu'on
appellecommunement vapeurdans
les paffions byfteriques, hypocon
driaques & fcorbutiques ; toutes
ces maladies ne tirant leur origine
que des nerfs plusoumoinsirritez
picotez,
des efpritsagitez,
diffipez , alterez , ou troublez ,
96 MERCURE
l'ana
peuvent eftre vaincuëspar
logie qu'ily a entre nos efprits &
ceux que noftre Eau contient,qui
font d'une même nature volatile,
balfamique , nitro-aërienne , par
où ilsfontplûtoft réanimez , re
vivifiez, qu'alterez ou détruits ;
&parraportà la caufematerielle
qui est une humeur acre,bilienfe,
melancolique , attrabilaire , plus
ou moins abondante , exaltée e
fermentée , dont les pointesfont
rompues, adoucies& precipitées
avec le tems parcette même fub
ftance volatile nitro-fulfurée que
nôtre Eau renferme , & qu'elle
charrie avec ellepar les voyes des
·felles
GALANT 97
felles & des urines.
Enfin les ulceres , les chancres
toutes les maladies cutanées ,
comme gâles , dartres
autres,
fontemportées ou du moins adou
cies en lavant & enfomentant
de notre Eau lesparties malades
oubien en s'y baignant.
Ily adéjafix bains d'achevez
dont on pourrafefervir dans le
printempsprochain.
De quelle maniere on doit
prendreles Eaux & lesbains.
Avant que de boireles Eaux
minerales , on doit confulter les
Mars 1705.
I
98 MERCURE
Medecins particulierementceux
des lieux , pourapprendre d'eux le
regimequ'on doit garder, la quan
titée combien dejours onendoit
boire, & lesmoyensd'éviterou de
calmer les accidens qui arrivent
quelquefois.
Lesfaifonslesplusproprespour
prendre les Eaux chaudes ,fontle
Printemps & l'Automne ; ceux
quifontpletoriques & remplis de
mauvais fucs doivent fe faire
faigner & purger, aprés quoy on
peutdefcendre à la fontaine, &
"
boire fuivant la portée de fon
eftomach ; il eft mieux de nepas
s'en raffafier au commencement ;
GALANT 99
mais d'enprendre feulement deux
ou trois verres defuite , & puis
fepromenerundemy quartd'heure
apréslequelonretourne boire ; en
continuant de même jusqu'à ce
qu'on fente quelque repugnance à
en boire davantage, & celapen
dant dix, douze , quinzejours,
plus oumoins ; cequele Medecin
doitreglerfuivant le temperament
l'estat de la maladie.
L'heure laplus convenable eft
de fix àfept du matin, parce que
lefommeilqui repare lesforces ne
doit pas eftre interrompu. On doit
dîner trois ou quatre heures aprés
avoirprislesEaux ; ondoitavoir
I ij
100 MERCURE
alors rendu toute l'Eau qu'on a
prife , & quandmêmeon n'auroit
pastout rendu, celane doitpas
tournerde dîneràl'heure réglée.
Les viandes lesplusfimplesfont
dé
lesplus convenables. Onpeutboire
fon vin unpeumoinstrempéquede
coûtume ; les ragouts , la patiffe
rie , les entremets , en un motles
grands repas nefontpaspropres
ceux qui boivent de cette Eau.
Onpeutcependantaprés lafoupeſe
faire fervirdu rôti , comme du
・
mouton qui eftexcellentdans Aix,
du veau, de la volaille ; mais le
tout avec moderation.
SienprenantlesEaux, il ar
GALANT IOI
rive des vomiffemens ou des de
voyemens, ilnefautpas s'effrayer
ny intercepter tout-à-coup le cours
des matieres viciées , dont lereflux
deviendroit trés prejudiciable , il
fuffit de diminuer la quantité de
l'Eau,ou d'en interrompre l'uſage
pourquelquesjours ; car ces acci
dens s'arrêtent d'eux-mêmes , e
on peut reprendre les Eaux s'ils
fontopiniâtres,ilfautavoirrecours
à unMedecin.
· Lesfemmes nedoiventpas boire
pendant le cours de leurs regles.
Celles qui les prennent pour de
venir bien reglées , doivent faire
diffondre dans lepremier verredu
I iij
102 MERCURE
que
feld'abfinthe, d'armoife , ou quel
autre , capable d'exciter une
doucefermentation, &defondre
les caufes du retardement.
Il vauttoûjours mieux boireles
Eauxminerales à leurfourceque
delesfaireporterchezfoy. Nean
moins ceux qui ne peuvent pas
venirauxfontaines , peuvent les
prendre chez eux,
chauffer au bainMarie ; quelque
fois les accidens & lesfymptômes
des maladies difparoiffent , & la
caufe & le foyerreftentpour un
peu plus de temps. Pourlors afin
defurmonter entierement ces in
difpofitions , il fautretournerdans
en les faifant
GALANT 103
une autre faifon à la fontaine
&auxbains;ileftneceſſairemême,
pourprevenir certaines maladies
dyvenirfouvent.
à
Sij'avois écrit , Monfieur ,
uneperfonnequinefuſtpasautant
éclairée que vous
vous l'eftes ,j'aurois
beaucoup plus raifonnéfur tous
les phenomenesprecedenspourluy
fairemieuxconnoîtrela vertu ad
mirable denôtre Eau;mais n'ayant
autre deffein que de vous donner
une idéede cettedécouverte, ainfi
que vousme marquezpar vôtre
Lettre,j'ay crú devoirexpoferfim
plementlesfaitsd'unemanierecon
cife & ferréedontje vous laiffe
I iiij
104 MERCURE
raytirerles confequences,pour lef
quelles j'auray toute la deference
poffible.
Ecrite à M.M.M.fur lanou
velle découverte d'unenou
velle fource d'Eau Minera
le , faiteà Aix enProvence.
MONSIEUR,
Pour vous donner quelque
éclairciffementfurlanature fur
les proprietez de l'Eau chaude
qu'on vient de découvrir dans la
ville d'Aix, je dois vous dire ce
qui s'eſtpaſſé ausujet de cette dé
ប
couverte , &yajouterles expe
riences quej'en ayfaites pour en
développer lesprincipes , eftimant
72 MERCURE
qu'iln'enfautpas davantagepour
vous, Monfieur, dont le difcer
nement eft fi furfur tout ce qui
concerne la Medecine.
Fe
ne m'arrêterai pas à vous
décrire la fituation & la beauté
de cetteVille , nycelle defonterri
toiresyaiantfait vos études pris
tous vosdegrez; vousfçavez auffi
bien que moy, qu'elle abonde en
cées :que
tout ce qui eft neceffairepour paf
ferla vie avec douceur: queles
rues enfontgrandes & bienper
les édifices enfontfomp
tueux, & qu'ony voit encore
de
;
fortbeaux reftes de l'Antiquité
fsavoir,Tombeaux
,
, Infcriptions
Colomnes
GALANT 73
Colomnes, & autres chofes tres
confiderablesque l'injure du temps
aenpartie ou tout-àfaitruinées.
Strabon rapportequeCaius Sex
tius, General & Conful des Ro
mains , lafit batirl'an 631. dela
fondation de Rome, aprés avoir
foumis ce pays auxRomains , &
qu'il la nomma enlatin , Aquæ
fextiæ,à l'occafon desbainsd'eaux
chaudes qu'il y fit conftruire l'an
avantla naissance de Nôtre Sei
gneur 120.je laiffeauxHiftoriens
ces matieres pour venir à ce que
vousme demandez.
Cettefourcefut trouvée l'Esté
dernier, proche les murailles de
Mars 1705.
G
74 MERCURE
laVille,auquartierdesReverends
Pere del'Obfervance,fouslesde
bris d'uneancienne maison. Ceux
quis'en apperceurent les premiers
latrouverentplus chaude & plus
pure queles autres, dontleshabi
tansfeferventà diversuſages &
qu'on a faitconduire en plufieurs
quartiers de la Villepourfervir à
des tres-belles fontaines & parti
culierementau Cours d'Orbitelle,
ouparlamultitudedestuyaux &
par la varieté des jets d'eau qui
tombent dans de grandsbaffins, el
lesfont l'admiration des étrangers,
leplaifir deceuxqui s'y prome
nent. Dant lætos luderefontes.
GALANT 75
Famaisdécouverte n'aplusfait
debruit; chacunavoulu voircette
eaudansfafource, toutle mon
de enaparlé, ellea eftéapprouvée
de tous ceuxqui aimentla verité;
ceux au contraire qui ont intereft
qu'ellefoit voilée, ont tâché d'en
fairela critique;cependant les cu
resfingulieres, & les effetsavan
tageux qu'un grand nombre de
perfonnes en a reffenti nepermet
tentpas de douterdela vertu & de
l'efficacitéde nôtre cau : En effet
plufieurs malades laffezde mener
unevielanguiffante attirezparla
feulenouveautédela découverte
de toutâge, de toutfexe, & de
Gij
76 MERCURE
toutes conditions , enont bû l'Esté
dernier,mêmedans la Canicule.On
peut dire , quoy qu'ils ayent agi
en celafans aucune confideration
fansavoirégardà la difference
temperamens ny des maladies ,
des
·fans avis de Medecin & dansune
faifon peu convenableàcetteforte
de remede
,
tant
qu'ils ont pour
recouvré leur fanté
par l'uſage de cette Eau , ou du
moins unfoulagement tres-confi
derable. Sic tamen nonluditur
de corio humano.
La reputation de cette Eau ,
fondéefur les effets auffiſurprenans
que falutaires qu'elle produifoit
GALANT 77
人
alors , attiradanscetteVille, l'Au
tomne dernier, un grand nombre,
d'Etrangers, qui ayanttrouvéune
parfaiteguerifonde leurs indifpofi
tions s'enretournerentfort.contents,
enloüant& beniſſant le Seigneur
d'avoirpermisqu'on trouvat dans
le creux d'un rocherunefontainefi
falutaire. Quiconvertit rupem
in fontesaquarum.
Cette eau n'a commencédere
jaillirque quand on a eupercé le
rocherqui la couvroit, &nous ne
fommesredevables de cebien,aprés
Dieu (qui eftfans doute le plus
grand qu'onpuftprocureraux Ci
toyensde cette Fille & àfes voi
Giij
78 MERCURE
fins) qu'auxfoins & aux_ordres
de Mrs les Confuls & Procu
reurs decepays, qui veillent beau
coupplusà ce qui peut eſtre utile
&avantageux au public,qu'à ce
qui concerne leur propre gloire.
Hujus vobis gloria facti jufta
manet.
Ily aprefentement 4. tuyaux
qui dégorgentcette Eau, dans une
cavedécouverte, maçonnéede bri
ques & depierres pouréviter la
preffe des burveurs , & afin que
chacunenpuißeprendrefans s'in
commoder.
Cette Eau eft tres-claire, auffi
de l'eau depluye , ea
auſſi
legere que
GALANT 79
au uffi potable que la meilleure can
defontaine. Elle eft fans aucune
faveur
n'a aucuneodeur ; elle
' eft ny extremement chaude , ny
d'uneſubſtance tres-fubtile , parce
qu'elle n'eft impregnée que des eff
pritsdesminerauxquientrentdans
fa compofition , comme on pourra
voirdans lafuiteparl'analifeque
j'enayfaite; c'estpour cela qu'elle
eft tres-amie de la nature
de
Peftomach , dont elle penetre &
débouche toutes les obftructions .
fortifie toutes les parties en déga
geantleur chaleurnaturelle & en
les rétabliſſantchacune enleurpre
mier temperament ; elle eftdiure
و
Giiij
80 MERCUREر
tique , purgative & quelquefois
fudorifique fuivantles difpofi
tions qu'elle rencontre dans lesfu
jets.
Ily apeude maladies exterieu
res
dans l'habitude du corps
qu'elle nepuiffe emporter , particu
lierementenufantdesanciensbains
qu'on
'on trouve autant admirables
enleurftructure qu'enleursmate
riaux, & dont l'hiftoire nous af
fure que les vertus n'estoientpas
moindres.
GALANT 81
Z
ANALYSE.
Chimique-mechaniquede l'Eau
chaude minerale d'Aix.
Quoique les malades , contens
derecoururer leurfanté, s'inquiet
tent peudefçavoirla quantitépre
cife despartiesminerales. que cette
Éau charrie, ny comments'yfait
la diffolution dumineral quiydo
mine';je croypourtant qu'onl'efti
mera davantage, à mesure qu'on
en découvrira la nature par une
exacte Analyſe , d'autant mieux
que nous fommes dans unfiécle
où l'on nefe contente pas de voirو
82 MERCURE
quelsfontles effets desmedicamens;
mais où l'on veut aufft empenetrer
la cauſe phyſique del'action.
Le raisonnement ne nous mene
pas loin lorfqu'il s'agit d'expli
querla vertudes Eauxminerales,
nosfens font trop groffierspouren
découurirles parties , & la Chy
mie qui eft la Sage-femme qui
aide la nature à produire à de
couvert fes enfantemens , nous
fait feulement trouver presque
dans tous les corps dufel , duſou
fre, dumercure, de l'eau , & de
la terre,
par elle nous nepou
vons connoiftre que leur volati
litéoufixité ; car lefeu dont la
GALANT 83
Chymie fe fert comme d'unique
couteau , remuantparfa grande
activité les parties d'un mixte
en rompt l'union& encontinuant
de les agiter& deles divifer, celles
qui font les plus volatilesfe fe
parentdesautres,
lesplus fixes
demeurent dans lefeu ; maiscette
Analyfe ne fuffit pas pourfaire
connoiftre les vertus effentielles
de noftre eau , il faut employer
d'autres moyens & fe fervir de
la mechanique pourdécouvrir la
nature
lesproprietezdecesprin
cipes que lefeu afeparez. Deforte
ce feroit peu dechofe de tirer
le fel de cette Eau par évapo
que
84 MERCURE
ration , de tirer de cefel l'efprit
les autres principes par des
feuxgraduez; ilfaut les mêler
avec diverfes liqueurs , comme
l'efprit de nitre , de vitriol , la
>
diffolution du fublimé corrofif,
T'huile de tartre par défaillance,
les teintures de rofes, de violetes,
de tournefol,
avec lefang&
la Lymphe des animaux. Par
exemplefiles principes qu'on re
tire de cette Eau fermente avec
l'efpritdenitre ou de vitriol, s'ils
diffolvent lefang& la Lymphe,
on conclut que cefont des alkali,
&qu'ilsen ont les qualitez. S'ils
nefermententpas avec l'esprit de
GALANT 85
nitre ou de vitriol ; mais bien
avec l'huile de tartre par défail
lance , s'ils coagulent le fangou
la Lymphe , onjuge que cefont
des acides, quiproduiront les effets
qui leurfont propres. C'est par
cette double voye que j'ay tâché
de m'affurer d'où nôtre Eau tiroit
Laforce.
Je mis une bonne quantité de
l'Eau de cette nouvelle fource
dans une terrine de grez , où
ayantfait évaporer à un feu lent
toute l'humidité, je diffous les re
fidences dans l'Eau commune, que
je filtray enfuite par un papier
gris , dont je fis encore évaporer
86 MERCURE
toute l'humidité. Il me resta un
fel de couleur rouffe tirantfur le
blanc , qui pique les fibres ner
veufes de la langue comme lefal
pêtre. Fay faitauffi divers mé
langes de cetteEau avecplufieurs
liqueurs minerales, pourobferver
les fermentations & lesprecipi
tations qui en refulteroient.
Je mêlay del'efprit defouffre
avec l'Eau de cette Fontaine qui
s'étoit refroidie , & jefentis d'a
bord une chaleur en maniant la
phiole, je mélay auffi égales par
ties de cette Eau , & de diffolu
tion de couperofe, & je vis au
fonds de la bouteille une precipi
GALANT 87
tation de quelque matiere rouffe.
Du mélange de cette Eau avec
égalepartie de l'Eaude chaux, il
s'enfit une d'une matiere blanchâ
tre.
Cette Eau chaude ne prend
autre couleur par le mélange de
lapoudre de noix degalles , que
celle de la poudre même, que l'ef
prit de vitriol verfépar deſſus
faitpointchanger; ce qui est une
marque qu'elle n'estpas vitrioli
que. Cetteteinture nechangepoint
auffiparl'addition de l'huile de tar
tre faite par défaillance , ce qui
doit nous faire croire qu'elle n'eft
pas alumineufe. Ayant enfuite
88 MERCURE
mêlé de l'esprit de fel commun ,
dufublimé corrofif, dufel armo
niac, chacunfeparement avec nô
treEau; ilneparutaucunchange
mentny encouleur ny en chaleur.
Le fel de l'Eau de cette fon
taine eft different dufel commun.
Ilfermente avec les acides & en
adoucit lespointes. Ny cette Eau,
nyla diffolution defonfel, ny le
fel même jettezfur le laitfroid
oubouillant, ny caufentaucune al
teration fenfible.
On tire par la diftillation de
cette Eau , uneliqueurfpiritueu
fe ; mais on abien de la peine
d'en tirer quelques efprits déga
GALANT 89
gez de leur phlegme ; parce que
Les fubftances mineralesfontfi in
timement & fi étroitement unies
dans les parties de nôtre Eau,
qu'on nepeutprefque point les en
Separer : d'où vient qu'lle eft auffi
transparente qu'uneEau tres pure
tres-fimple.
Il mesemble que de ces expe
riences on peut conclurre, que ce
qui fait la vertu de notre Eau,
eft particulierement un esprit vo
latil nitro-fulfure, qui refulte de
l'union qui fe fait dans la terre
de l'acide de l'air avec des fels
alkali , par le moyen de la fer
mentation
Mars 1705.
des circulations na
H.
90 MERCURE
turelles ; & cet efprit comme un
diffolvant specifique,détache quan
tité departicules fulfurées lesplus
pures, qui rendent cette Eau bal
famique & tres-amie de la natu
re, d'où l'on voit que l'esprit mi
neral dont cette Eau eftimpregnée,
&duquel coulent comme d'un
vitriolique
principe fecond tant d'effets fur
prenanspourune infinitéde mala
dies, n'eft pas un acide purement
mais plutôt nitro
aërien embarraffé dans les pores
desfels alkali.
La chaleur denotreEau vient
des particules falines foufrées
qu'elle rencontre dans fon chemin,
GALANT 91
&qu'elle entraîne avec elle dans
les entrailles de la terre, dont il
fe fait une effervescence qui luy
communique cette chaleur. Cette
opinion eft plus vrai-femblable,
que de dire que la chaleur des
Eaux minerales vient d'unfeu
foûterrain.
A quelles maladies eftpropre
l'Eau chaude d'Aix , &
comment elle opere,
Fay déja dit quedés que cette
fource fuft decouverteune infinité
de perfonnes bûrent de cette Eau
indifferemment pour toutes fortes
Hij
de maladies
92 MERCURE
:
cependant comme
je ne prétens pas la fairepaſſer
pourunremede univerfel , nyéta
blir lefalut de tous les malades.
furfon efficacité , je vais mar
quer les principales dont plufieurs
perfonnes ont eftégueries.
L'indigeftion d'eftomach , l'appe
tit dépravé, diminué ou perdu
Conteſtéreparez, parladiffolution
le denouement des glaires
vifcofitez qu'elle precipite , &
qu'elle entraîneparla voie des in
teftins ,
des
par celle des urines.
Enfinla filtration du fermentſto
machalfefaifant mieuxàtravers
la membrane glandée , l'appetit
GALANT 93
reprendune nouvelle vigueur.
Cette Eau convient aux vo
miffemens qui fuccedent au gon
flement & àl'abondance des ma
tieres craffes qui alterent le fer
ment digeftif, elle fondlesphleg
mes qui embarraſſent la circula
tiondes humeurs:
Les affections du bas ventre.
commelienterie,diffenterie,colique,
ont efté emportées parfon moyen;
parcequ'elledétrempedans fa cour
Je lesfelsbilieux& attrabilaires ,
acres , aigres oufalez , &parfa
vertu balfamique , elle rafermit
Les fibres relachées.
Elle est beacoup plus efficace
94 MERCURE
quetoutes lesautresfourcesd'Eaux
chaudesd'Aixquiont toujours esté
dans une grande eftime pour les
maladies des reins& de la veffie
pourlagravelle, &pour lesdif
ficultez d'uriner , parce qu'elle
entraîne cette matiere terreftre ,
cette craffe , cebolqui eft aifement
converti enfable par l'action du
ferment, elleenleve auſſicetacci
de quifait laftrangurie.
Les pertes defangauxfemmes,
les fleursblanches , & leflux de
fanghemorroidal s'adouciffent ou
ceffent entierement, par le reffer
rementdes humeurs acres.
Les langueurs & défaillances
GALANT 95
provenant de la circulation du
fang, ou de la diffipation des ef
prits , font reparéesparcette Eau;
demême que lestenfionsdel'abdo
men,les hydropifies, l'icleritie ou
jauniffe , lapâleur & laboufif
fure du visage.
Lafciatique, les rhumatifmes,
les contractions desnerfs, lagoute,
les vertiges,l'épilepfie, & ce qu'on
appellecommunement vapeurdans
les paffions byfteriques, hypocon
driaques & fcorbutiques ; toutes
ces maladies ne tirant leur origine
que des nerfs plusoumoinsirritez
picotez,
des efpritsagitez,
diffipez , alterez , ou troublez ,
96 MERCURE
l'ana
peuvent eftre vaincuëspar
logie qu'ily a entre nos efprits &
ceux que noftre Eau contient,qui
font d'une même nature volatile,
balfamique , nitro-aërienne , par
où ilsfontplûtoft réanimez , re
vivifiez, qu'alterez ou détruits ;
&parraportà la caufematerielle
qui est une humeur acre,bilienfe,
melancolique , attrabilaire , plus
ou moins abondante , exaltée e
fermentée , dont les pointesfont
rompues, adoucies& precipitées
avec le tems parcette même fub
ftance volatile nitro-fulfurée que
nôtre Eau renferme , & qu'elle
charrie avec ellepar les voyes des
·felles
GALANT 97
felles & des urines.
Enfin les ulceres , les chancres
toutes les maladies cutanées ,
comme gâles , dartres
autres,
fontemportées ou du moins adou
cies en lavant & enfomentant
de notre Eau lesparties malades
oubien en s'y baignant.
Ily adéjafix bains d'achevez
dont on pourrafefervir dans le
printempsprochain.
De quelle maniere on doit
prendreles Eaux & lesbains.
Avant que de boireles Eaux
minerales , on doit confulter les
Mars 1705.
I
98 MERCURE
Medecins particulierementceux
des lieux , pourapprendre d'eux le
regimequ'on doit garder, la quan
titée combien dejours onendoit
boire, & lesmoyensd'éviterou de
calmer les accidens qui arrivent
quelquefois.
Lesfaifonslesplusproprespour
prendre les Eaux chaudes ,fontle
Printemps & l'Automne ; ceux
quifontpletoriques & remplis de
mauvais fucs doivent fe faire
faigner & purger, aprés quoy on
peutdefcendre à la fontaine, &
"
boire fuivant la portée de fon
eftomach ; il eft mieux de nepas
s'en raffafier au commencement ;
GALANT 99
mais d'enprendre feulement deux
ou trois verres defuite , & puis
fepromenerundemy quartd'heure
apréslequelonretourne boire ; en
continuant de même jusqu'à ce
qu'on fente quelque repugnance à
en boire davantage, & celapen
dant dix, douze , quinzejours,
plus oumoins ; cequele Medecin
doitreglerfuivant le temperament
l'estat de la maladie.
L'heure laplus convenable eft
de fix àfept du matin, parce que
lefommeilqui repare lesforces ne
doit pas eftre interrompu. On doit
dîner trois ou quatre heures aprés
avoirprislesEaux ; ondoitavoir
I ij
100 MERCURE
alors rendu toute l'Eau qu'on a
prife , & quandmêmeon n'auroit
pastout rendu, celane doitpas
tournerde dîneràl'heure réglée.
Les viandes lesplusfimplesfont
dé
lesplus convenables. Onpeutboire
fon vin unpeumoinstrempéquede
coûtume ; les ragouts , la patiffe
rie , les entremets , en un motles
grands repas nefontpaspropres
ceux qui boivent de cette Eau.
Onpeutcependantaprés lafoupeſe
faire fervirdu rôti , comme du
・
mouton qui eftexcellentdans Aix,
du veau, de la volaille ; mais le
tout avec moderation.
SienprenantlesEaux, il ar
GALANT IOI
rive des vomiffemens ou des de
voyemens, ilnefautpas s'effrayer
ny intercepter tout-à-coup le cours
des matieres viciées , dont lereflux
deviendroit trés prejudiciable , il
fuffit de diminuer la quantité de
l'Eau,ou d'en interrompre l'uſage
pourquelquesjours ; car ces acci
dens s'arrêtent d'eux-mêmes , e
on peut reprendre les Eaux s'ils
fontopiniâtres,ilfautavoirrecours
à unMedecin.
· Lesfemmes nedoiventpas boire
pendant le cours de leurs regles.
Celles qui les prennent pour de
venir bien reglées , doivent faire
diffondre dans lepremier verredu
I iij
102 MERCURE
que
feld'abfinthe, d'armoife , ou quel
autre , capable d'exciter une
doucefermentation, &defondre
les caufes du retardement.
Il vauttoûjours mieux boireles
Eauxminerales à leurfourceque
delesfaireporterchezfoy. Nean
moins ceux qui ne peuvent pas
venirauxfontaines , peuvent les
prendre chez eux,
chauffer au bainMarie ; quelque
fois les accidens & lesfymptômes
des maladies difparoiffent , & la
caufe & le foyerreftentpour un
peu plus de temps. Pourlors afin
defurmonter entierement ces in
difpofitions , il fautretournerdans
en les faifant
GALANT 103
une autre faifon à la fontaine
&auxbains;ileftneceſſairemême,
pourprevenir certaines maladies
dyvenirfouvent.
à
Sij'avois écrit , Monfieur ,
uneperfonnequinefuſtpasautant
éclairée que vous
vous l'eftes ,j'aurois
beaucoup plus raifonnéfur tous
les phenomenesprecedenspourluy
fairemieuxconnoîtrela vertu ad
mirable denôtre Eau;mais n'ayant
autre deffein que de vous donner
une idéede cettedécouverte, ainfi
que vousme marquezpar vôtre
Lettre,j'ay crú devoirexpoferfim
plementlesfaitsd'unemanierecon
cife & ferréedontje vous laiffe
I iiij
104 MERCURE
raytirerles confequences,pour lef
quelles j'auray toute la deference
poffible.
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2
p. 31-40
OBSERVATIONS sur le froid de l'Hiver 1709.
Début :
Il a esté étonnant que le froid de l'année 1709. [...]
Mots clefs :
Eau, Huile, Hiver, Grand froid, Gelée, Air
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texteReconnaissance textuelle : OBSERVATIONS sur le froid de l'Hiver 1709.
OBSERVATIONS
sur lefroid del'Hiver1709
Il a esté étonnant que
le froid de l'année 17°98
qui fut si extraorinaire & si
rigoureux, aie esté pendant
plusieurs jours à Paris par
un vent de Sud. Pour en
rendre raison Monsieur de
la Hire a dit queles Monragnes
d'Auvergne,qui sont
au Sud de Paris, estoient
toutes couvertes de nége;
& Monsieur Homberg,
qu'un vent du Nord tresfroid,
&qui venoit de loin
&s'étendoitloin ayant précedé,
le vent de Sud ne fut
qu'un reflux du même air
que le Nord avoit poussé,
& qui ne s'estoitéchauffé en
aucun pays. Ces deux causes
peuvent fortbiens'être
jointes.
On a sçû que dans le
même Hyver la glace du
Port de Copenhague avoit
estéépaisse de vingt-sept
pouces dans les endroits
mêmas où elle n'estoit
point accumulée. Ce faitc
c(V d'autant plus digne d'attention,
que dans la grande
gelée de 1683. la Société
Royale ayant fait mesurer
l'épaisseur de la Tamise,
quand on alloit dessus en
carosse
,
elle ne se trouva
que de onze pouces.
Cetteannée là Messieurs
de la Societé Royale des
Sciences établie à Montpellier
envoyerent à Messieurs
de l'Academie Royale
des Sciences de Paris an • Ouvrage de Monsieur Gauteron
un de leurs Associez,
pour entretenir l'union intime
qui doit estre entr'-
elles, comme ne faisant
qu'unseul Corps auxrermes
des Statuts accordez
parle Roy au mois de Fevrier
1706.
Cet Ouvrage est intitulé,
Observation sur l'évaporalion
qui arriveauxliquides
pendant le grand froid,
avec des remarques sur
quelques effets de la gelée.
Il cft surprenant que levaporation
des fluides qui
est. ordinairement causée
par un grand chaud
,
le
soit aussi parun grand
froid.
Voicy quelle est sur cela
la pensée de Mr Gauteron.
On est convaincu par
plusieurs experiences que
l'air contientun sel que
l'on croit estreàpeu prés
de la nature du Nitre.
L'air est plus condensé
en hyver que dans un autre
saison de l'année.Cette
condensationde l'air donne
lieu auxmolecules du Nitre
de se raprocher & de s'assembler
sous une plus grande
masse
,
d'où resulte avec
la même vitesse une plus
grande quantité de mouvement.
Il n'en faut pas davantage
pour faire agir ce sel
avec plus de force contre les
parties du fluide & le faire
évaporer, au lieu qu'enesté
l'évaporation des liquides
est causée par la violente
agitation de la matiere
etheré1e.
Les principales remarques
que Mr Gauteron a
faites sur la gelée de1709.
sont:
Que l'eau couverte d'huile
par-dessus &par lescôtez
a gelé environ demie
heure plus tard que l'eau
exposéeà l'air sans précaucaution
;& qu'en se gelant
elle a formé un champignon
deglace relevé d'un pouce
au dessus de la superficie
de l'huile.
Que l'huile de noixa
garanti 1* eau d'une gelée
mediocre
, ce que l'huile
d'olive n'avoit pas pu faire.
Quel'eau chaude &prê
te àboüilliragelé plus tarcl
d'environ demie heure que
la naturelle.
Que l'eau de vie, l'huile
de noix,& l'huiledeTherebentinen'ont
point gelé
du tout.
Que pendans la gelet'lu-cq>
que le ciel fûtfort serein,
le Soleil paroissoitun peu
pale.
Qu'à Montpellier les
Orangers,& les Grenadiers
ont perdu leurs feüilles &
leurs branches;que lapJus
grande partie de ces arbres
sont morts jusqu'àlaracine;
, 8. èt ce qu'on n'avoitjamais
vû dans cc Pays-là, lesLai>*
riers, les Figuiets. les Grenadiers,
les Jasmins; les
Yeuses, & quelques Chesncs
même ont eu le même
sort:Le Rhône a estégelé
jusqu'à la hauteur de douze
pieds par les couches de
glaces qui s'y sont amassées;
& l'étang de Thau ordinaiment
fort orageux, & qui
communique à la mer par
un court & large caonaI,s"eû
pris d'un bout à l'autre, ce
qui n'estoit jamais arrivé.
Enfin le dégel du 13.. de
Janvier, & celuy du ic;
, Février ont esté suivis d'un
rhume épidemique, dont
presque personne n'a esté
exempt.
Tous ces faits doivent
estredédoits de la rpême
cause, c'est- dire du changement
qui arrive à l'air
pendantla gelée.
-
Mr Gautheron dans son
memoireexplique d'une maniéréassezétendue,
en quoi
cansistexe changement
sur lefroid del'Hiver1709
Il a esté étonnant que
le froid de l'année 17°98
qui fut si extraorinaire & si
rigoureux, aie esté pendant
plusieurs jours à Paris par
un vent de Sud. Pour en
rendre raison Monsieur de
la Hire a dit queles Monragnes
d'Auvergne,qui sont
au Sud de Paris, estoient
toutes couvertes de nége;
& Monsieur Homberg,
qu'un vent du Nord tresfroid,
&qui venoit de loin
&s'étendoitloin ayant précedé,
le vent de Sud ne fut
qu'un reflux du même air
que le Nord avoit poussé,
& qui ne s'estoitéchauffé en
aucun pays. Ces deux causes
peuvent fortbiens'être
jointes.
On a sçû que dans le
même Hyver la glace du
Port de Copenhague avoit
estéépaisse de vingt-sept
pouces dans les endroits
mêmas où elle n'estoit
point accumulée. Ce faitc
c(V d'autant plus digne d'attention,
que dans la grande
gelée de 1683. la Société
Royale ayant fait mesurer
l'épaisseur de la Tamise,
quand on alloit dessus en
carosse
,
elle ne se trouva
que de onze pouces.
Cetteannée là Messieurs
de la Societé Royale des
Sciences établie à Montpellier
envoyerent à Messieurs
de l'Academie Royale
des Sciences de Paris an • Ouvrage de Monsieur Gauteron
un de leurs Associez,
pour entretenir l'union intime
qui doit estre entr'-
elles, comme ne faisant
qu'unseul Corps auxrermes
des Statuts accordez
parle Roy au mois de Fevrier
1706.
Cet Ouvrage est intitulé,
Observation sur l'évaporalion
qui arriveauxliquides
pendant le grand froid,
avec des remarques sur
quelques effets de la gelée.
Il cft surprenant que levaporation
des fluides qui
est. ordinairement causée
par un grand chaud
,
le
soit aussi parun grand
froid.
Voicy quelle est sur cela
la pensée de Mr Gauteron.
On est convaincu par
plusieurs experiences que
l'air contientun sel que
l'on croit estreàpeu prés
de la nature du Nitre.
L'air est plus condensé
en hyver que dans un autre
saison de l'année.Cette
condensationde l'air donne
lieu auxmolecules du Nitre
de se raprocher & de s'assembler
sous une plus grande
masse
,
d'où resulte avec
la même vitesse une plus
grande quantité de mouvement.
Il n'en faut pas davantage
pour faire agir ce sel
avec plus de force contre les
parties du fluide & le faire
évaporer, au lieu qu'enesté
l'évaporation des liquides
est causée par la violente
agitation de la matiere
etheré1e.
Les principales remarques
que Mr Gauteron a
faites sur la gelée de1709.
sont:
Que l'eau couverte d'huile
par-dessus &par lescôtez
a gelé environ demie
heure plus tard que l'eau
exposéeà l'air sans précaucaution
;& qu'en se gelant
elle a formé un champignon
deglace relevé d'un pouce
au dessus de la superficie
de l'huile.
Que l'huile de noixa
garanti 1* eau d'une gelée
mediocre
, ce que l'huile
d'olive n'avoit pas pu faire.
Quel'eau chaude &prê
te àboüilliragelé plus tarcl
d'environ demie heure que
la naturelle.
Que l'eau de vie, l'huile
de noix,& l'huiledeTherebentinen'ont
point gelé
du tout.
Que pendans la gelet'lu-cq>
que le ciel fûtfort serein,
le Soleil paroissoitun peu
pale.
Qu'à Montpellier les
Orangers,& les Grenadiers
ont perdu leurs feüilles &
leurs branches;que lapJus
grande partie de ces arbres
sont morts jusqu'àlaracine;
, 8. èt ce qu'on n'avoitjamais
vû dans cc Pays-là, lesLai>*
riers, les Figuiets. les Grenadiers,
les Jasmins; les
Yeuses, & quelques Chesncs
même ont eu le même
sort:Le Rhône a estégelé
jusqu'à la hauteur de douze
pieds par les couches de
glaces qui s'y sont amassées;
& l'étang de Thau ordinaiment
fort orageux, & qui
communique à la mer par
un court & large caonaI,s"eû
pris d'un bout à l'autre, ce
qui n'estoit jamais arrivé.
Enfin le dégel du 13.. de
Janvier, & celuy du ic;
, Février ont esté suivis d'un
rhume épidemique, dont
presque personne n'a esté
exempt.
Tous ces faits doivent
estredédoits de la rpême
cause, c'est- dire du changement
qui arrive à l'air
pendantla gelée.
-
Mr Gautheron dans son
memoireexplique d'une maniéréassezétendue,
en quoi
cansistexe changement
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Résumé : OBSERVATIONS sur le froid de l'Hiver 1709.
Le texte 'Observations sur le froid de l'Hiver 1709' relate un hiver particulièrement sévère à Paris, caractérisé par un vent de sud malgré la neige présente dans les montagnes d'Auvergne au sud de la ville. Deux hypothèses sont avancées pour expliquer ce phénomène. Monsieur de la Hire attribue le froid intense à la couverture neigeuse des montagnes, tandis que Monsieur Homberg propose que le vent de sud soit un reflux d'air froid provenant du nord. La glace sur le port de Copenhague a atteint une épaisseur de vingt-sept pouces, comparée aux onze pouces mesurés sur la Tamise en 1683. La Société Royale des Sciences de Montpellier a transmis à l'Académie Royale des Sciences de Paris un ouvrage de Monsieur Gauteron, qui détaille les observations sur l'évaporation des liquides en période de grand froid. Gauteron explique que l'air, plus condensé en hiver, contient un sel similaire au nitre, favorisant l'évaporation des fluides. Il observe également que l'eau couverte d'huile gèle plus tard et forme un champignon de glace, et que certaines substances comme l'eau-de-vie et l'huile de noix ne gèlent pas. À Montpellier, de nombreux arbres ont péri et le Rhône s'est gelé jusqu'à douze pieds de hauteur. Le dégel a été suivi d'un rhume épidémique. Tous ces phénomènes sont attribués à un changement dans l'air pendant la gelée.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3
p. 39-52
« L'Assemblée publique de l'Academie Royale des Sciences qui [...] »
Début :
L'Assemblée publique de l'Academie Royale des Sciences qui [...]
Mots clefs :
Huile, Sang, Liqueurs, Vaisseaux, Sécrétion, Corps, Médecine, Animaux, Académie royale des sciences
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texteReconnaissance textuelle : « L'Assemblée publique de l'Academie Royale des Sciences qui [...] »
L'Assemblée publique de
l'Academie Royale des
Sciencesqui se devoit tenir
le Mercredy i;c Avril, ne
se tint point & fut remise au
Mercredy 22e. Elle sur ouverte
par l'Eloge que Mr de
Fontenellefit deMr Guilelmini
Associé étranger de
cette Academie, & mort
depuis peu.
MrMarchand lut ensuite
quelques observations qu'il
avoit faites sur la nature des
Plantes & sur quelques unes
de leurs parties cachées.
Mr de Reaumur traita
ensuite des différentes manieres
dont plusieurs animaux
de mer s'attachent
au sable, aux pierres, ou les
uns aux autres.
Enfin Mr Vinflon Medecin
de la Faculté de Paris
,
reçu depuis peu à l'Academieen
qualitéd'Anatomiste
, satisfità l'obligation où
sont les nouveaux Academiciens
de payer leur bienvenuë
dans une Assemblée
publique, par un Discours
qu'illut touchant la maniere
dont se fait la secretion
dans les glandes des animaux.
Il ex posad'abord ce qu'il
entendoit par fecrction
,
il dit, que le corps humain
estoit arrosé par un grand
nombrede différentes liqueurs
outre le fang, que
la pluspart de ces liqueurs
prenoient leur origine du
sang, quelle s'en separoient
dans des organes particuliers
qu'on nommoit Glandes;
& que cette separation ou
cribration des liqueurs d'avec
le fang se nommoic
Secretion.
Il exposa les differents
sentiments des Philosophes
touchant la maniere donc
se faisoit cette secretion ;
& aprés avoir rejetté les
Facul rez des Anciens les,
ferments,& la configuration
des pores des modernes
,
il dit, que ceux ,
qui
avoient le mieux raisonné
sur cela, estoient quelques
uns des modernes, qui
avoient comparé les secretions
dans les glandes, aux
philtrations des Chymistes,
il rapporta sur cela deux
experiences des Chymistes,
La premiere qu'ayant une
fois imbibé un papier broüillard
d'eau ou d'huile, si
l'on ver se sur ce papier un
mélange d'huile & d'eau
,
il ne pane au travers du papier
que celle des deux liqueurs
dont il a estéimbibé,
l'autre demeurant dessus.
La seconde que si on met
dans un vase de l'huile & de
l'eau meslées ensemble
,
si
l'on trempe des méches de
cotton, ou des languetres
de drap les unes dans l'huile
& les autres dans l'eau
que l'on place ces méches
ou languettes sur le bord'
du vaisseau en maniere de
siphon
,
ensorte qu'un de
leurs bouts trempe dans la
liqueur & l'autre pende
dehors, celles qui seront
imbibées d'huile distilleront
de l'hüile,& celles qui seront
imbibées d'eau ne disstilleront
que de l'eau.
Fondésur ces ex periences
il établit avec les nouveaux
Philosophes uneimbibition
pour catife de la secretion.
Ce sentiment n'avoit esté
jusquesicy qu'une fuppofirion
donc on s'estoit conten.
té faute de mieux; mais
comme un Philosophe &
surtout un Philosophe Medecin
ne doit pas se contenter
de simples con jectures
dans une affaire aussi importante
que celles des [cerc.
tions pour toute l'oeconomie
animale &pour les
consequences que l'on en
peut tirer dans la pratique
de la Medecine, Mr
Vinslon a cherché dans la
nature même la verité, il
a parcouru toutes les glandes
du corps humain, &
celles du corps de differents
animaux, & enfin après une
longue recherche il a reconnu
que les glandes estoient
des pelotons de vaisseaux,
qu'il nomme Secretoires
,
à
cause de leur usage
, que
ces vaisseaux sont remplis
d'une espece de velouté
ou duvet,- capable defaire
le même effet que le
tissu filamenteux du drap,
du cotton, ou du papier,
&ila promis dele faire voir
dans toutes les glandes du
corps de l'homme ou des
animaux.
Il dit que le sang est porté
par les arteres dans les glandes
, que l'artere se divise
en une infinité de petits
rameaux d'une extrême si..
nesse qui se recourbent en.
fuite & se reünissent pour
sortir des glandes fous le
nom de veines, que c'est
dans cescourbures que s'abouchent
ces vaisseaux fccretoires,
qui le reünissent
aussi en un seul canal qu'il
nomme Excretoire
, parce
qu'il porte hors de la glande
le suc qui s'y est philtré. Ces
glandes ou vaisseaux secretoiresont,
dit-il,esté imbibez
dés la premicre conformation
du foetus, des liqueursqu'elles
devoientphiltrer,
en sorte que le fang qui
arrive par l'artere se divifc
infiniment dans tous ces
petits rameaux;de maniere
que ses molecules font obligées
en quel ques maniere
de défiler une à une dans
leur
leurscourbures
,
où les
molecules qui sont de la
nature de celles des canaux
secretoires sont imbibez,
entrent dans ces canaux.
pendant que les autres pasfant
par dessus sans sy mesler,
roulent jufqucs dans les
veines.
Mr Vinslon dit qu'illaissoitaux
Physiciens à rendre
raison de ce fait,aussibien
que de la philtration des
Chymistes,& qu'il secontentoit
d'avoir reconnu la
verité sans en chercher la
raison.
Le temps ne luy permit
pas d'expliquerbeaucoup de
choses par rapport aux secretions,
par exemple, quel
est l'usage des nerfs&des
vaisseauxlymphatiques des
glandes, qu'elle doit estre
la disposition du sangpour
les differentes secretions , &c. ce qu'il doit donner
dans des Mémoires particu-,
liers.
Mr Vinslonest originairement
Danois. & parent- dvi;
fameux Mr Renon
,
il,
avoit esté élevé dansla Religion
de son Pays. Le Roy
de Dannemarck l'avoit envoyé
en France pour s'y
induire dans toutes les
parties de la Medecine; Il
luy payoit icy ses pensions,
1" & luy avoit promis de luy
donner ensuite une Chaire
de Professeur à Copenhague
Le hazardl'ayant fait connoisstre
de feu Mr l'Evêque
[de Meaux qui reconnut dans ce jeune homme un grand
» fonds de bonnes moeurs &
de Religion,cePrelatentreprit
de le convertir ; ce
jeune homme aprésavoit
long. temps combattu (e
rendit enfin aux solides raisons
du Prélat & sitoiti.
qu'il fut convaincu, il oubIia,
pour se convertir lax*
fortune qui l'attendoit enri
Dannemarck
,
& les biens
que sa famille & luy y pof-.-
sedoient atruellement ; enn
effet le Roy de Dannemarck
supprima aussi-tost ses pen--J
sions, l'interdit de tous ses
biens & le proserivit de sonn
pays; tout cela n'a fait que
l'affermir davantagedans
la veritableReligion, dans
laquelle on peut le regardera
comme un modele de pieté
l'Academie Royale des
Sciencesqui se devoit tenir
le Mercredy i;c Avril, ne
se tint point & fut remise au
Mercredy 22e. Elle sur ouverte
par l'Eloge que Mr de
Fontenellefit deMr Guilelmini
Associé étranger de
cette Academie, & mort
depuis peu.
MrMarchand lut ensuite
quelques observations qu'il
avoit faites sur la nature des
Plantes & sur quelques unes
de leurs parties cachées.
Mr de Reaumur traita
ensuite des différentes manieres
dont plusieurs animaux
de mer s'attachent
au sable, aux pierres, ou les
uns aux autres.
Enfin Mr Vinflon Medecin
de la Faculté de Paris
,
reçu depuis peu à l'Academieen
qualitéd'Anatomiste
, satisfità l'obligation où
sont les nouveaux Academiciens
de payer leur bienvenuë
dans une Assemblée
publique, par un Discours
qu'illut touchant la maniere
dont se fait la secretion
dans les glandes des animaux.
Il ex posad'abord ce qu'il
entendoit par fecrction
,
il dit, que le corps humain
estoit arrosé par un grand
nombrede différentes liqueurs
outre le fang, que
la pluspart de ces liqueurs
prenoient leur origine du
sang, quelle s'en separoient
dans des organes particuliers
qu'on nommoit Glandes;
& que cette separation ou
cribration des liqueurs d'avec
le fang se nommoic
Secretion.
Il exposa les differents
sentiments des Philosophes
touchant la maniere donc
se faisoit cette secretion ;
& aprés avoir rejetté les
Facul rez des Anciens les,
ferments,& la configuration
des pores des modernes
,
il dit, que ceux ,
qui
avoient le mieux raisonné
sur cela, estoient quelques
uns des modernes, qui
avoient comparé les secretions
dans les glandes, aux
philtrations des Chymistes,
il rapporta sur cela deux
experiences des Chymistes,
La premiere qu'ayant une
fois imbibé un papier broüillard
d'eau ou d'huile, si
l'on ver se sur ce papier un
mélange d'huile & d'eau
,
il ne pane au travers du papier
que celle des deux liqueurs
dont il a estéimbibé,
l'autre demeurant dessus.
La seconde que si on met
dans un vase de l'huile & de
l'eau meslées ensemble
,
si
l'on trempe des méches de
cotton, ou des languetres
de drap les unes dans l'huile
& les autres dans l'eau
que l'on place ces méches
ou languettes sur le bord'
du vaisseau en maniere de
siphon
,
ensorte qu'un de
leurs bouts trempe dans la
liqueur & l'autre pende
dehors, celles qui seront
imbibées d'huile distilleront
de l'hüile,& celles qui seront
imbibées d'eau ne disstilleront
que de l'eau.
Fondésur ces ex periences
il établit avec les nouveaux
Philosophes uneimbibition
pour catife de la secretion.
Ce sentiment n'avoit esté
jusquesicy qu'une fuppofirion
donc on s'estoit conten.
té faute de mieux; mais
comme un Philosophe &
surtout un Philosophe Medecin
ne doit pas se contenter
de simples con jectures
dans une affaire aussi importante
que celles des [cerc.
tions pour toute l'oeconomie
animale &pour les
consequences que l'on en
peut tirer dans la pratique
de la Medecine, Mr
Vinslon a cherché dans la
nature même la verité, il
a parcouru toutes les glandes
du corps humain, &
celles du corps de differents
animaux, & enfin après une
longue recherche il a reconnu
que les glandes estoient
des pelotons de vaisseaux,
qu'il nomme Secretoires
,
à
cause de leur usage
, que
ces vaisseaux sont remplis
d'une espece de velouté
ou duvet,- capable defaire
le même effet que le
tissu filamenteux du drap,
du cotton, ou du papier,
&ila promis dele faire voir
dans toutes les glandes du
corps de l'homme ou des
animaux.
Il dit que le sang est porté
par les arteres dans les glandes
, que l'artere se divise
en une infinité de petits
rameaux d'une extrême si..
nesse qui se recourbent en.
fuite & se reünissent pour
sortir des glandes fous le
nom de veines, que c'est
dans cescourbures que s'abouchent
ces vaisseaux fccretoires,
qui le reünissent
aussi en un seul canal qu'il
nomme Excretoire
, parce
qu'il porte hors de la glande
le suc qui s'y est philtré. Ces
glandes ou vaisseaux secretoiresont,
dit-il,esté imbibez
dés la premicre conformation
du foetus, des liqueursqu'elles
devoientphiltrer,
en sorte que le fang qui
arrive par l'artere se divifc
infiniment dans tous ces
petits rameaux;de maniere
que ses molecules font obligées
en quel ques maniere
de défiler une à une dans
leur
leurscourbures
,
où les
molecules qui sont de la
nature de celles des canaux
secretoires sont imbibez,
entrent dans ces canaux.
pendant que les autres pasfant
par dessus sans sy mesler,
roulent jufqucs dans les
veines.
Mr Vinslon dit qu'illaissoitaux
Physiciens à rendre
raison de ce fait,aussibien
que de la philtration des
Chymistes,& qu'il secontentoit
d'avoir reconnu la
verité sans en chercher la
raison.
Le temps ne luy permit
pas d'expliquerbeaucoup de
choses par rapport aux secretions,
par exemple, quel
est l'usage des nerfs&des
vaisseauxlymphatiques des
glandes, qu'elle doit estre
la disposition du sangpour
les differentes secretions , &c. ce qu'il doit donner
dans des Mémoires particu-,
liers.
Mr Vinslonest originairement
Danois. & parent- dvi;
fameux Mr Renon
,
il,
avoit esté élevé dansla Religion
de son Pays. Le Roy
de Dannemarck l'avoit envoyé
en France pour s'y
induire dans toutes les
parties de la Medecine; Il
luy payoit icy ses pensions,
1" & luy avoit promis de luy
donner ensuite une Chaire
de Professeur à Copenhague
Le hazardl'ayant fait connoisstre
de feu Mr l'Evêque
[de Meaux qui reconnut dans ce jeune homme un grand
» fonds de bonnes moeurs &
de Religion,cePrelatentreprit
de le convertir ; ce
jeune homme aprésavoit
long. temps combattu (e
rendit enfin aux solides raisons
du Prélat & sitoiti.
qu'il fut convaincu, il oubIia,
pour se convertir lax*
fortune qui l'attendoit enri
Dannemarck
,
& les biens
que sa famille & luy y pof-.-
sedoient atruellement ; enn
effet le Roy de Dannemarck
supprima aussi-tost ses pen--J
sions, l'interdit de tous ses
biens & le proserivit de sonn
pays; tout cela n'a fait que
l'affermir davantagedans
la veritableReligion, dans
laquelle on peut le regardera
comme un modele de pieté
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Résumé : « L'Assemblée publique de l'Academie Royale des Sciences qui [...] »
L'Assemblée publique de l'Académie Royale des Sciences, initialement prévue le 11 avril, a été reportée au 22 avril. La séance a commencé par l'éloge de Monsieur Guillelmini, un associé étranger récemment décédé, prononcé par Monsieur de Fontenelle. Monsieur Marchand a ensuite présenté des observations sur la nature des plantes et certaines de leurs parties cachées. Monsieur de Reaumur a traité des différentes manières dont certains animaux marins s'attachent au sable, aux pierres ou les uns aux autres. Monsieur Vinflon, médecin de la Faculté de Paris et nouvellement reçu à l'Académie en qualité d'anatomiste, a prononcé un discours sur la sécrétion dans les glandes des animaux. Il a défini la sécrétion comme la séparation des liquides du sang dans des organes particuliers appelés glandes. Après avoir rejeté les explications des Anciens et des modernes, il a comparé les sécrétions glandulaires aux filtrations des chimistes, illustrant cela par deux expériences. Fondé sur ces expériences, il a proposé l'imbibition comme mécanisme de la sécrétion, une hypothèse jusqu'alors non vérifiée. Monsieur Vinflon a exploré les glandes du corps humain et de différents animaux, découvrant que les glandes sont des pelotons de vaisseaux sécrétoires remplis d'une substance similaire au duvet. Le sang, apporté par les artères, se divise en petits rameaux qui se recourbent et se réunissent pour sortir des glandes sous forme de veines. Les molécules du sang, en passant par ces courbures, sont imbibées par les vaisseaux sécrétoires, tandis que les autres molécules continuent leur chemin vers les veines. Originaire du Danemark et parent de Monsieur Renon, Monsieur Vinflon avait été envoyé en France par le roi de Danemark pour étudier la médecine. Converti au christianisme grâce à l'évêque de Meaux, il a renoncé à sa fortune et aux biens qu'il possédait dans son pays natal. Le roi de Danemark a supprimé ses pensions et l'a proscrit, mais cela n'a fait que renforcer sa foi.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4
p. 211-212
AVIS.
Début :
Les lampes optiques de M. Rabiqueau se multipliant considérablement, il est obligé [...]
Mots clefs :
Lampes optiques, Défaut de fabrication, Lumière, Mèches, Huile, M. Rabiqueau
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texteReconnaissance textuelle : AVIS.
AVIS.
Las lampes optiques de M. Rabiqueau fe multipliant
confidérablement , il eft obligé d'avertir
qu'un petit défaut d'attention , prive plufieurs perfonnes
de jouir de la beauté qu'ils remarquent ,
tant au cabinet , que chez plufieurs Princes &
Seigneurs , &c.
Le défaut le plus général, eftqu'on tient toujours
les meches trop groffes ; ce qui rend la lumiere
plus rouge , & forme plutôt champignon : ainfi
on doit être exact à les laiffer plus petites que plus
groffes , flottant dans le porte-meches , fans tomber.
Il faut couper le brûlé tous les jours , & régler
la hauteur des meches au fil fer , ou trois lignes
de fórtie. Les bouteilles fe rempliront plutôt
que plus tard , afin de ne pas laiffer les meches
fans buile : ce défaut fait brûler les meches en
dedans , & produit un feu qui s'alonge , fait caf
fer les verres , & peut même fondre l'étain. Quoiqu'on
ait donné une inftruction pour remettre des
bouteilles , fi on les caffe, il y a des perfonnes
qui remettent des bouteilles à l'aventure ; & l'huile
n'eft plus à fon point. D'autres fe font contentés
de mettre de l'huile dans le réfervoir des meches &
ce qui produit encore un mauvais effet , l'huile
s'abaiffant trop . Pour parer à ces inconvéniens , il
faut que les domestiques viennent avec la lampe ,
& une bouteille on deux , on les leur ajuftera.
Pour la Province , il faut qu'ils ayent foin de les
caffer & régler à la hauteur déterminée . Il vient
prefque tous les jours des perfonnes , foit de Paris.
eu des Provinces , qui veulent voir l'effet des lampes
au billard. On eft obligé de les renvoyer à la
212 MERCURE DE FRANCE.
nuit , la plupart venant dans le jour , même
l'heure des repréfentations phyfiques & méchaniques
, qui fe font tous les après midi jufqu'à fepe
heures du foir au cabinet privilégié du Roi , rue
S. Jacques , vis - à-vis les filles Ste. Marie , feul
endroit où l'on vend les lampes optiques.
Las lampes optiques de M. Rabiqueau fe multipliant
confidérablement , il eft obligé d'avertir
qu'un petit défaut d'attention , prive plufieurs perfonnes
de jouir de la beauté qu'ils remarquent ,
tant au cabinet , que chez plufieurs Princes &
Seigneurs , &c.
Le défaut le plus général, eftqu'on tient toujours
les meches trop groffes ; ce qui rend la lumiere
plus rouge , & forme plutôt champignon : ainfi
on doit être exact à les laiffer plus petites que plus
groffes , flottant dans le porte-meches , fans tomber.
Il faut couper le brûlé tous les jours , & régler
la hauteur des meches au fil fer , ou trois lignes
de fórtie. Les bouteilles fe rempliront plutôt
que plus tard , afin de ne pas laiffer les meches
fans buile : ce défaut fait brûler les meches en
dedans , & produit un feu qui s'alonge , fait caf
fer les verres , & peut même fondre l'étain. Quoiqu'on
ait donné une inftruction pour remettre des
bouteilles , fi on les caffe, il y a des perfonnes
qui remettent des bouteilles à l'aventure ; & l'huile
n'eft plus à fon point. D'autres fe font contentés
de mettre de l'huile dans le réfervoir des meches &
ce qui produit encore un mauvais effet , l'huile
s'abaiffant trop . Pour parer à ces inconvéniens , il
faut que les domestiques viennent avec la lampe ,
& une bouteille on deux , on les leur ajuftera.
Pour la Province , il faut qu'ils ayent foin de les
caffer & régler à la hauteur déterminée . Il vient
prefque tous les jours des perfonnes , foit de Paris.
eu des Provinces , qui veulent voir l'effet des lampes
au billard. On eft obligé de les renvoyer à la
212 MERCURE DE FRANCE.
nuit , la plupart venant dans le jour , même
l'heure des repréfentations phyfiques & méchaniques
, qui fe font tous les après midi jufqu'à fepe
heures du foir au cabinet privilégié du Roi , rue
S. Jacques , vis - à-vis les filles Ste. Marie , feul
endroit où l'on vend les lampes optiques.
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Résumé : AVIS.
L'avis traite des lampes optiques de M. Rabiqueau, dont la production a augmenté. Un défaut d'attention empêche certaines personnes de profiter pleinement de ces lampes, présentes dans des cabinets privés et chez des princes. Le problème principal est l'utilisation de mèches trop grosses, rendant la lumière rouge et formant des champignons. Il est recommandé d'utiliser des mèches plus petites, flottant dans le porte-mèches sans tomber, et de couper le brûlé quotidiennement. La hauteur des mèches doit être réglée avec un fil de fer ou trois lignes de fortie. Les bouteilles doivent être remplies à temps pour éviter que les mèches ne brûlent en dedans, ce qui peut endommager les verres et fondre l'étain. Malgré les instructions pour remplacer les bouteilles cassées, certaines personnes utilisent de l'huile non optimale. Pour remédier à ces inconvénients, les domestiques doivent apporter la lampe et des bouteilles pour ajustement sur place. Dans les provinces, il est crucial d'éviter de casser les bouteilles et de régler correctement la hauteur des mèches. De nombreuses personnes souhaitent voir l'effet des lampes au billard, mais sont souvent renvoyées le soir car elles viennent pendant la journée, y compris aux heures des représentations physiques et mécaniques au cabinet privilégié du Roi, rue Saint-Jacques.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5
p. 211
« Madame de Latour, donne avis qu'elle vend avec Approbation une Huile [...] »
Début :
Madame de Latour, donne avis qu'elle vend avec Approbation une Huile [...]
Mots clefs :
Huile, Cheveux, Chute, Pousse
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texteReconnaissance textuelle : « Madame de Latour, donne avis qu'elle vend avec Approbation une Huile [...] »
Madame de Latour , donne avis qu'elle vend
avec Approbation une Huile qui ôte dans l'inſtant
& proprement les cheveux que l'on a de trop ;
fans douleur ni danger. Les cheveux ne revienjamais
quand on l'a appliqué trois ou quatre fois.
La Bouteille eſt de fix liv. Une feule fuffit.
Elle a une autre Huile pour les faire croître où
il en manque , la Bouteille eſt du même prix.
Sa demeure eft Quai Pelletier , à l'enſeigne
du Drapeau de la Ville , chez Mlle Briant à Paris.
avec Approbation une Huile qui ôte dans l'inſtant
& proprement les cheveux que l'on a de trop ;
fans douleur ni danger. Les cheveux ne revienjamais
quand on l'a appliqué trois ou quatre fois.
La Bouteille eſt de fix liv. Une feule fuffit.
Elle a une autre Huile pour les faire croître où
il en manque , la Bouteille eſt du même prix.
Sa demeure eft Quai Pelletier , à l'enſeigne
du Drapeau de la Ville , chez Mlle Briant à Paris.
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