Résultats : 37 texte(s)
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1
p. 151-152
De Perse.
Début :
Les Lettres d'Isaphan portent qu'on esperoit d'y rendre inutiles les projets du Prince [...]
Mots clefs :
Troupes, Sultan, Prince, Perse
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texteReconnaissance textuelle : De Perse.
\D E P E R S E .
LEs Lettres d'Ispahan portent qu'on espe*
roit d'y rendre inutiles les projets du Prin
ce- Thamas, qui en se rendant seudataire du
Grand Mogol, en cas qu'il puifle re- ' onter
fur le Trône de ses ancêtres , a engagé ce
Prince à mettre fur pied deux Armées trésnombreuses
, qui doivent marcher au Printems
prochain vers les Frontières de Perse;
On espère auísr que le Grand Seigneur envoyera
une Ambassade au Grand Mogol , pour
le détourner de faire aucune entreprise sur la
Perse , & pour lui proposer quelque accommo
dement en faveur du Prince Thamas, auquel
oh assure qu'il a donné une £e ses filles en
Mariage.
Le.Commercc d'Ispahan est entièrement ín--
terrompuî >
1?* MERCURE DE FRANCÉ.
tersotnpa ; la misère du Peuple y estextrêmè «
& personne n'ose entreprendre d'y envoyer
des Marchandises , ni d'en faire venir , à cause'
du grand nombre de brigands qui font fur les
chemins , & qui piíient les Caravann'es. QuoiÎue
les Magazins des Negocians d'Europe'
oient vuides , & que leuis Facteurs foienc
présentement inutiles , le Sultan Acheraf con
tinue cependant de leur faire payer très- sou
vent des taxes considérables pour fe conserver
deux Généraux de ses troupes , dont il auroic
touc à craindre s'il ne contentoit pas leur ava
rice. Les Troupes du Sultan Acheraf sont en'
quartiers dans les environs d'Ifpahan , & elles
peuvent se rafferabler en deux foij vingt- qua«*
tíe heures, pour former une Armée de cirv:
quante à soixante- mille hommes.
LEs Lettres d'Ispahan portent qu'on espe*
roit d'y rendre inutiles les projets du Prin
ce- Thamas, qui en se rendant seudataire du
Grand Mogol, en cas qu'il puifle re- ' onter
fur le Trône de ses ancêtres , a engagé ce
Prince à mettre fur pied deux Armées trésnombreuses
, qui doivent marcher au Printems
prochain vers les Frontières de Perse;
On espère auísr que le Grand Seigneur envoyera
une Ambassade au Grand Mogol , pour
le détourner de faire aucune entreprise sur la
Perse , & pour lui proposer quelque accommo
dement en faveur du Prince Thamas, auquel
oh assure qu'il a donné une £e ses filles en
Mariage.
Le.Commercc d'Ispahan est entièrement ín--
terrompuî >
1?* MERCURE DE FRANCÉ.
tersotnpa ; la misère du Peuple y estextrêmè «
& personne n'ose entreprendre d'y envoyer
des Marchandises , ni d'en faire venir , à cause'
du grand nombre de brigands qui font fur les
chemins , & qui piíient les Caravann'es. QuoiÎue
les Magazins des Negocians d'Europe'
oient vuides , & que leuis Facteurs foienc
présentement inutiles , le Sultan Acheraf con
tinue cependant de leur faire payer très- sou
vent des taxes considérables pour fe conserver
deux Généraux de ses troupes , dont il auroic
touc à craindre s'il ne contentoit pas leur ava
rice. Les Troupes du Sultan Acheraf sont en'
quartiers dans les environs d'Ifpahan , & elles
peuvent se rafferabler en deux foij vingt- qua«*
tíe heures, pour former une Armée de cirv:
quante à soixante- mille hommes.
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Résumé : De Perse.
Le texte décrit des tensions politiques et économiques en Perse et en Inde. Le Prince Thamas, allié au Grand Mogol, a préparé deux armées pour une possible offensive contre la Perse au printemps. Les autorités persanes espèrent qu'une ambassade du Grand Seigneur dissuadera le Grand Mogol et proposera un accord en faveur de Thamas, qui épouserait une fille du Grand Seigneur. À Ispahan, le commerce est interrompu en raison de la misère du peuple et de la présence de brigands sur les routes, dissuadant les marchands d'envoyer ou de recevoir des marchandises. Malgré les magasins vides et les facteurs inutiles, le Sultan Acheraf impose des taxes élevées pour maintenir deux généraux. Les troupes du Sultan sont stationnées près d'Ispahan et peuvent rapidement former une armée de 40 000 à 60 000 hommes.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 152-154
TURQUIE ET AFRIQUE.
Début :
Les Regences de Tripoli & de Tunis, ne sont point broüillées avec le Grand Seigneur [...]
Mots clefs :
Tunis, Régence
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texteReconnaissance textuelle : TURQUIE ET AFRIQUE.
T U R. Q_U í E E T A F F R I Q^U E
LEs Régences de Tripoli & de Tunis, ne?
font point brouillées avec le Grand Sei
gneur , comme le bruit s'en étoit répandu , 8c
Sa Hautesse vient de les assurer de nouveau de
fa protection. On est dans la crainte d-'uné ré
volte g.enerale eiv Egypte, dont les Pachas
oppriment les Peuples , fans leur rendre au
cune justice dans la repartition des impositions.
Le bruit s'est répandu à Constantinople , que
les Turcs ont remporté une victoire complette
fur les rebelles- d'Hgypte, dont il est resté en
viron 40000. fur le Champ de bataille.
On écrit d'Alger, que le Bey de cette Ré
gence avoit fait dire au Commandant des trois
Vaisseaux de Guerre Holhndoisf, qui ont porté
cette année à H Régence ses présens des Etats
Généraux, qu'il n'étoit pa* content de ces
JANVI E R. I7?«. 15 $
frésensj que k Divan les avoit trouye? d'.une
valeur beaucoup inférieure à celle des présens
que la République étoit convenue d'envoyer
tous les ans: lé Commandant ayant pv,omis
que ceux de Tannée prochaine seroient beau
coup plus considérables , le Bey l'assura que
la Régence n'avoit aucun deflèin de violer les
conventions faites avec la République d'Hol
lande , mais qu'elle exigeoit que les itats Gé
néraux & leurs sujets Negocians cessaient de
prêter le Pavillon Hollandois aux Espagnols j
Portugais & Italiens , avec lesquels les Alger
riens sont en guerre, ainsi que cela étoit arri
vé , même depuis trois mois. Ce fut à cette
condition que le Bey fit rendre à ce Comman
dant les effets qui avoient été pris fur un Vais
seau Hollandois vers la fin d'Octobre dernier.
On a apris de Tanger , que Muley-Abdala
«toit actuellement paisible poíksseur des Royau
mes de Maroc & de Fez i que les Blancs & les
•Noirs lui avoient prêté serment de fidélité , Sr ,
que n'ayant que le Royaume de Sus à conqué
rir , on croyoit qu'il rétabliroit bien-tôt fa ré
sidence à Miquenez j que le bruit couroit qu'il
alloit recommencer les Sièges de Ceuta & de
Mellilla.» pour occuper une partie de ses
Troupes , qui dans l'inaction pourroient lui
devenir infidelles ; ces Lettres ajoutent , que ce
Prjnce traitoit les Esclaves Chrétiens avec
beaucoup d'humanité, & qu'il avoit déja don
né la liberté 3 plusieurs d'entre euxi dont ses
services lui avoient été agréables.
On écrit de Tunis , que le Bey de cette Ré
gence s'étoit rendu à Sous* , pour en fajre
rérablir les fortifications qui avoient été ncfligces
depuis plusieurs années , il prétend en
aire une boune Place , & y établit le Com
merce.
7,54 MERCURE DE FRANCE,
merce. La même Régence a envoyé des Dé
putez à celle de /Tripoli , pour . travailler au
jreglement de leurs limites.
Les dernieres Lettres de Tunis portent que
le Bey de cette Ville avoit remporté une vic
toire complète fur le rebelle Ali-Pacha , son
/Neveu , & que s'étant emparé des hauteurs
& des passages des Montagnes , oii s'étoit
retiré le reste des rebelles , ils a voient demandé
à capituler , ce qu'on leur avoit accorde' ; de
Ibrte que cette Régence jouissoit préserfKmeiït
d'une profonde tranquillisé»
LEs Régences de Tripoli & de Tunis, ne?
font point brouillées avec le Grand Sei
gneur , comme le bruit s'en étoit répandu , 8c
Sa Hautesse vient de les assurer de nouveau de
fa protection. On est dans la crainte d-'uné ré
volte g.enerale eiv Egypte, dont les Pachas
oppriment les Peuples , fans leur rendre au
cune justice dans la repartition des impositions.
Le bruit s'est répandu à Constantinople , que
les Turcs ont remporté une victoire complette
fur les rebelles- d'Hgypte, dont il est resté en
viron 40000. fur le Champ de bataille.
On écrit d'Alger, que le Bey de cette Ré
gence avoit fait dire au Commandant des trois
Vaisseaux de Guerre Holhndoisf, qui ont porté
cette année à H Régence ses présens des Etats
Généraux, qu'il n'étoit pa* content de ces
JANVI E R. I7?«. 15 $
frésensj que k Divan les avoit trouye? d'.une
valeur beaucoup inférieure à celle des présens
que la République étoit convenue d'envoyer
tous les ans: lé Commandant ayant pv,omis
que ceux de Tannée prochaine seroient beau
coup plus considérables , le Bey l'assura que
la Régence n'avoit aucun deflèin de violer les
conventions faites avec la République d'Hol
lande , mais qu'elle exigeoit que les itats Gé
néraux & leurs sujets Negocians cessaient de
prêter le Pavillon Hollandois aux Espagnols j
Portugais & Italiens , avec lesquels les Alger
riens sont en guerre, ainsi que cela étoit arri
vé , même depuis trois mois. Ce fut à cette
condition que le Bey fit rendre à ce Comman
dant les effets qui avoient été pris fur un Vais
seau Hollandois vers la fin d'Octobre dernier.
On a apris de Tanger , que Muley-Abdala
«toit actuellement paisible poíksseur des Royau
mes de Maroc & de Fez i que les Blancs & les
•Noirs lui avoient prêté serment de fidélité , Sr ,
que n'ayant que le Royaume de Sus à conqué
rir , on croyoit qu'il rétabliroit bien-tôt fa ré
sidence à Miquenez j que le bruit couroit qu'il
alloit recommencer les Sièges de Ceuta & de
Mellilla.» pour occuper une partie de ses
Troupes , qui dans l'inaction pourroient lui
devenir infidelles ; ces Lettres ajoutent , que ce
Prjnce traitoit les Esclaves Chrétiens avec
beaucoup d'humanité, & qu'il avoit déja don
né la liberté 3 plusieurs d'entre euxi dont ses
services lui avoient été agréables.
On écrit de Tunis , que le Bey de cette Ré
gence s'étoit rendu à Sous* , pour en fajre
rérablir les fortifications qui avoient été ncfligces
depuis plusieurs années , il prétend en
aire une boune Place , & y établit le Com
merce.
7,54 MERCURE DE FRANCE,
merce. La même Régence a envoyé des Dé
putez à celle de /Tripoli , pour . travailler au
jreglement de leurs limites.
Les dernieres Lettres de Tunis portent que
le Bey de cette Ville avoit remporté une vic
toire complète fur le rebelle Ali-Pacha , son
/Neveu , & que s'étant emparé des hauteurs
& des passages des Montagnes , oii s'étoit
retiré le reste des rebelles , ils a voient demandé
à capituler , ce qu'on leur avoit accorde' ; de
Ibrte que cette Régence jouissoit préserfKmeiït
d'une profonde tranquillisé»
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Résumé : TURQUIE ET AFRIQUE.
En 1798, les régences de Tripoli et de Tunis sont en paix avec le Grand Seigneur, qui leur a renouvelé sa protection. En Égypte, les Pachas oppressent la population et une révolte est redoutée. Les Turcs ont vaincu les rebelles égyptiens, causant environ 40 000 morts. À Alger, le Bey se plaint de la faible valeur des présents des États Généraux hollandais et exige que les Hollandais cessent de prêter leur pavillon à des nations ennemies. Le Bey a libéré des effets pris sur un vaisseau hollandais sous condition. Au Maroc, Muley-Abdallah règne pacifiquement sur les royaumes de Maroc et de Fez et traite les esclaves chrétiens avec humanité. À Tunis, le Bey a renforcé les fortifications de Sousse et envoyé des députés à Tripoli pour régler leurs limites. Il a également vaincu le rebelle Ali-Pacha, son neveu, restaurant ainsi la tranquillité dans la régence.
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3
p. 154
RUSSIE.
Début :
Deux Negocians qui se sont rendus d'Archangel à Moscow, ont proposé au [...]
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texteReconnaissance textuelle : RUSSIE.
R V s s i E.
T^v Eux Negocians qui se sont rendus d* At>
\_J changel à Moscow , ont proposé au
Czar de faire aux frais de leur Compagnie un
■Canal de communication depuis la Mer CasÍiienne
jusqu'à Archangel > à condition qu'on
eur accordera un Privilège exclusif, pour faire
le Commerce de 'outes sortes de Marchandises
dans la Moscovie : S. M. Cz. a donné ordre
à quelques Conseillers de son Conseil , d'exa
miner leur projet & d'en faire leur rapport,
T^v Eux Negocians qui se sont rendus d* At>
\_J changel à Moscow , ont proposé au
Czar de faire aux frais de leur Compagnie un
■Canal de communication depuis la Mer CasÍiienne
jusqu'à Archangel > à condition qu'on
eur accordera un Privilège exclusif, pour faire
le Commerce de 'outes sortes de Marchandises
dans la Moscovie : S. M. Cz. a donné ordre
à quelques Conseillers de son Conseil , d'exa
miner leur projet & d'en faire leur rapport,
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4
p. 154
SUEDE.
Début :
On apprend de Stokolm, que le Ministre du Czar a reçeu une remise considerable, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUEDE.
S u e D .t.
ON aprend de Stokolm , que le Ministre
du Czar a reçeu une remise considérable^
.pour donner une Fête à l' occasion des Fian
çailles de S. M. Cz.
ON aprend de Stokolm , que le Ministre
du Czar a reçeu une remise considérable^
.pour donner une Fête à l' occasion des Fian
çailles de S. M. Cz.
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5
p. 155-157
FESTE donnée à Stolkholm, par le Comte de Casteja, Ministre Plenipotentiaire de France en Suede, pour la Naissance du DAUPHIN.
Début :
L'Hôtel destiné pour cette Fête, étoit decoré de 25. Arcades, dont 5. remplissoient [...]
Mots clefs :
Fête, Naissance du Dauphin, Arcades, Lampions, Tables, Bal, Roi de Suède, Roi
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texteReconnaissance textuelle : FESTE donnée à Stolkholm, par le Comte de Casteja, Ministre Plenipotentiaire de France en Suede, pour la Naissance du DAUPHIN.
f ESTE donnée k Stolkbolvt , par lé
Comte de Çasteja , Ministre Plénipo
tentiaire de France en Suéde , pour la
Naifance du Daïï.p h i n.
L 'Hôtel destiné pour cette Fête , étoit dé
coré de x$. Arcades , dont y. remplissoient
íaface, & 7- chacune des deux aîles ; il y avoic
frois Arcades à chacun des bouts des deux
aîles. Toutes ces Arcades -çtoient élevées de
puis le Rez- de-Chaussée jusqu'à la Corniche
du Bâtiment composé de deux étages. Le^
fenêtres de chaque étage , se trouvoient i
J'aplomb des Arcades. Elles étoient peintes;
en bleu , semé de Fleur de Lys d'or . donc
chacune étoit éclairée par derrière avec des
Lampions , au nombre de douze mille- Le»
Piédestaux des Pilastres , étoient garnis dif
féremment par d'autres Lampions. Au milieu
de chaque Pilastre , étoient les Armes du Roy.
II y avoit un cordon de Lampions beaucoup
Íilus gros que les autres, aux endroits qui
éparoient les fenêtres les unes des autres.
Toutes ces fenêtres étoient remplies de grands
Chandeliers à trois branches , formez par des
Lampions; & pour garantir l'Illumination des
injures du tems, la Cour étoit entièrement
couverre d'une toile â l'ipreuve de la píuye.
Tous les Àppartemens de cet Hôtel étoient
meublés magnifiquement > les Sales des Res
de Chaussée, furent destinées pour les Tar
bles & les Buffets i trois des Sales du premier
«tage étoient pour le Bal > deux pour le Jeu ,
& l'autre pour le Buffet • où étoient les rafraîchiffemens.
g.i;,ê MERCURE DE FRANCE.
la fêce commença k 7 du mois dernier par
jun dîné , auquel le Comte de Castqja avoit iqyhé
tous les SénateurSjles Ministres étrangers,
ks Présidens des CollegeSjSr d'autres Officiers
les plus considérables , qui s'y trouvèrent au
nombre de quarante. ,Ce dîné dura depuis une
;heure après midi jusqu'à six heures du soir.La
Table fut ser.vie avec autant de délicatefle .que
d'abondance. On y but.auíon des Trompetés
& des Timbales , les santez du Roy , de la
Reine & de Monseigneur le Dauphin, celle du
Ray & de la Reine de Suéde , du Langrave de
Helîe, & beaucoup d'autres qui furent souvení
réïterées.On servit â la fin du repas.lesjLiqueius
les plus exquises.
Le lendemain 8 Décembre il y eut une se
conde fête . qui commença à six heures du soir,
par un grand Bal. II fut ouvert par le Ministre.
d'Angleterre qui en e'toit le Roy , & par la fille
du Comte de Horn , premier Ministre de Sue«
de , qui en étoit la Reine 5 à la fin du premier
Menuet le Roy de Suéde arriva.; il dansa d'a
bord avec la iReine du Bal ; il prit ensuite la
Comtesse de Casteja. Sa Majesté resta au Bal jus
qu'à neuf heures; dès qu'elle se fut retirée oa
íprvit deux Tables de trente- cinq couverts cha
cune , qui furent renouvellées quatre fois > de
deux heures en deux heures pour de nou
veaux Conviez qui se succédèrent les uns aux
autres. II y avoit outre cela dans les mêmes
Sales plusieurs petues Tables s qui furent re
nouvellées de même que les deux grandes ; de
forte que ce furent quatre soupez différents de
spixante & dix personnes chacune, pour les
deux grandes, Tables, & de presque un pareil
nombre pour les petites. .Ces Tables furenc
remplies successivement par toutes ks Dames
T A N VIE R. 1730. ^ f 57
èe la Cour , par les Sénateurs , les Ministres
Etrangers , les Préfidens des Collèges , les Gé
néraux des Troupes, les Lieutenans Généraux,
les Majors , les Colonels , les Chambelans , les
Gentilhommes de la Cour , par tous les Offi
ciers du Régiment des -G ardes, par plusieurs
Lieutenans-Colonels- Majors & autres gens de
condition , par tous les Collèges de la Chancelerie
, & par une partie des Conseillers & Offi
ciers des autres Collèges qui y avoient tous été
invitez avec leur femme & leur famille,
Ces Tables furent servies avec la même abon
dance & la même délicatesse que celle du jour
précédent , & on servit en même - tems une
grande quantité de Confitures , d'Oranges, des
Vins de Liqueurs & toutes sortes de rafraîchissemens
à tout le monde. Le Bal dura toute
h nuit , aussi- bien que l'IIIumination. Les Fon
taines de Vin »'que l'on avoit placées dans les
Arcades de l'Hotel, ne cessèrent de couler pen
dant tout ce temps- là.
II n'y a pas d'exemple en Suéde d'une pareil
le Féte,& où l'on aictégalé en même temps un
fi grand nombre de personnes s & malgré le
monde prodigieux qui s'y trouva» il n'y arriva
aucun désordre.
Il n'y eut point de Feu d'artifice > n'ayant ja
mais été permis d'en faire à Stockholm , par la
crainte du feu . toutes les Maisons de cette Vil
le étant bâties de bois , & on y porte la pré
caution fi loin à cet égard , qu'il y est deffendu
de se servir de Flambeaux la nuit} on ne s'y sert
que de Lanternes.
Comte de Çasteja , Ministre Plénipo
tentiaire de France en Suéde , pour la
Naifance du Daïï.p h i n.
L 'Hôtel destiné pour cette Fête , étoit dé
coré de x$. Arcades , dont y. remplissoient
íaface, & 7- chacune des deux aîles ; il y avoic
frois Arcades à chacun des bouts des deux
aîles. Toutes ces Arcades -çtoient élevées de
puis le Rez- de-Chaussée jusqu'à la Corniche
du Bâtiment composé de deux étages. Le^
fenêtres de chaque étage , se trouvoient i
J'aplomb des Arcades. Elles étoient peintes;
en bleu , semé de Fleur de Lys d'or . donc
chacune étoit éclairée par derrière avec des
Lampions , au nombre de douze mille- Le»
Piédestaux des Pilastres , étoient garnis dif
féremment par d'autres Lampions. Au milieu
de chaque Pilastre , étoient les Armes du Roy.
II y avoit un cordon de Lampions beaucoup
Íilus gros que les autres, aux endroits qui
éparoient les fenêtres les unes des autres.
Toutes ces fenêtres étoient remplies de grands
Chandeliers à trois branches , formez par des
Lampions; & pour garantir l'Illumination des
injures du tems, la Cour étoit entièrement
couverre d'une toile â l'ipreuve de la píuye.
Tous les Àppartemens de cet Hôtel étoient
meublés magnifiquement > les Sales des Res
de Chaussée, furent destinées pour les Tar
bles & les Buffets i trois des Sales du premier
«tage étoient pour le Bal > deux pour le Jeu ,
& l'autre pour le Buffet • où étoient les rafraîchiffemens.
g.i;,ê MERCURE DE FRANCE.
la fêce commença k 7 du mois dernier par
jun dîné , auquel le Comte de Castqja avoit iqyhé
tous les SénateurSjles Ministres étrangers,
ks Présidens des CollegeSjSr d'autres Officiers
les plus considérables , qui s'y trouvèrent au
nombre de quarante. ,Ce dîné dura depuis une
;heure après midi jusqu'à six heures du soir.La
Table fut ser.vie avec autant de délicatefle .que
d'abondance. On y but.auíon des Trompetés
& des Timbales , les santez du Roy , de la
Reine & de Monseigneur le Dauphin, celle du
Ray & de la Reine de Suéde , du Langrave de
Helîe, & beaucoup d'autres qui furent souvení
réïterées.On servit â la fin du repas.lesjLiqueius
les plus exquises.
Le lendemain 8 Décembre il y eut une se
conde fête . qui commença à six heures du soir,
par un grand Bal. II fut ouvert par le Ministre.
d'Angleterre qui en e'toit le Roy , & par la fille
du Comte de Horn , premier Ministre de Sue«
de , qui en étoit la Reine 5 à la fin du premier
Menuet le Roy de Suéde arriva.; il dansa d'a
bord avec la iReine du Bal ; il prit ensuite la
Comtesse de Casteja. Sa Majesté resta au Bal jus
qu'à neuf heures; dès qu'elle se fut retirée oa
íprvit deux Tables de trente- cinq couverts cha
cune , qui furent renouvellées quatre fois > de
deux heures en deux heures pour de nou
veaux Conviez qui se succédèrent les uns aux
autres. II y avoit outre cela dans les mêmes
Sales plusieurs petues Tables s qui furent re
nouvellées de même que les deux grandes ; de
forte que ce furent quatre soupez différents de
spixante & dix personnes chacune, pour les
deux grandes, Tables, & de presque un pareil
nombre pour les petites. .Ces Tables furenc
remplies successivement par toutes ks Dames
T A N VIE R. 1730. ^ f 57
èe la Cour , par les Sénateurs , les Ministres
Etrangers , les Préfidens des Collèges , les Gé
néraux des Troupes, les Lieutenans Généraux,
les Majors , les Colonels , les Chambelans , les
Gentilhommes de la Cour , par tous les Offi
ciers du Régiment des -G ardes, par plusieurs
Lieutenans-Colonels- Majors & autres gens de
condition , par tous les Collèges de la Chancelerie
, & par une partie des Conseillers & Offi
ciers des autres Collèges qui y avoient tous été
invitez avec leur femme & leur famille,
Ces Tables furent servies avec la même abon
dance & la même délicatesse que celle du jour
précédent , & on servit en même - tems une
grande quantité de Confitures , d'Oranges, des
Vins de Liqueurs & toutes sortes de rafraîchissemens
à tout le monde. Le Bal dura toute
h nuit , aussi- bien que l'IIIumination. Les Fon
taines de Vin »'que l'on avoit placées dans les
Arcades de l'Hotel, ne cessèrent de couler pen
dant tout ce temps- là.
II n'y a pas d'exemple en Suéde d'une pareil
le Féte,& où l'on aictégalé en même temps un
fi grand nombre de personnes s & malgré le
monde prodigieux qui s'y trouva» il n'y arriva
aucun désordre.
Il n'y eut point de Feu d'artifice > n'ayant ja
mais été permis d'en faire à Stockholm , par la
crainte du feu . toutes les Maisons de cette Vil
le étant bâties de bois , & on y porte la pré
caution fi loin à cet égard , qu'il y est deffendu
de se servir de Flambeaux la nuit} on ne s'y sert
que de Lanternes.
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Résumé : FESTE donnée à Stolkholm, par le Comte de Casteja, Ministre Plenipotentiaire de France en Suede, pour la Naissance du DAUPHIN.
Le texte relate une fête organisée par le Comte de Castéja, ministre plénipotentiaire de France en Suède, en l'honneur de la naissance du Dauphin. La célébration se déroula dans un hôtel richement décoré d'arcades ornées de lampions et de fenêtres peintes en bleu semé de fleurs de lys. Les appartements étaient somptueusement meublés, avec des salles dédiées aux tables, aux buffets et aux jeux. La première journée de la fête, le 7 décembre, débuta par un dîner auquel étaient conviés des sénateurs, des ministres étrangers, des présidents de collèges et d'autres officiers. Le dîner, servi avec délicatesse et abondance, s'étendit de une heure après midi à six heures du soir. Des toasts furent portés au Roi, à la Reine, au Dauphin, ainsi qu'à des personnalités suédoises et étrangères. Le lendemain, 8 décembre, une seconde fête eut lieu, commençant à six heures du soir par un grand bal ouvert par le ministre d'Angleterre et la fille du Comte de Horn. Le Roi de Suède participa au bal, dansant avec la Reine du bal et la Comtesse de Castéja. Après son départ à neuf heures, des tables furent dressées pour les convives, renouvelées toutes les deux heures. Les tables furent occupées par des dames de la cour, des sénateurs, des ministres étrangers, des généraux et d'autres officiers. La fête se poursuivit toute la nuit, avec des fontaines de vin dans les arcades de l'hôtel. Cette célébration, sans précédent en Suède, rassembla un grand nombre de personnes sans désordre. Aucun feu d'artifice n'eut lieu en raison des risques d'incendie dans la ville de Stockholm, construite en bois.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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6
p. 158
ALLEMAGNE.
Début :
Les Juifs ont offert à l'Empereur de lui faire un prêt de quatre cent mille Florins, dans [...]
Mots clefs :
Capitaine, Roi, Troupes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
Allemagne.
LEs Juifs ont offert àTEmpereur de lui faire
un prêt de quatre cent mille Florins , dans,
l'efperance d'obtenir la révocation de l'Edic
publié à Prague en 1717- par lequel il r/est per
mis qu'aux aîncz des familles Juives de se ma
rier.
Il y a dans le Palatinat & aux environs une
Troupe de Mendians & d'autres gens fans aveu,
qui mettent le feu aux Granges des Faisans
qui leur refusent retraite. Ils brûlèrent il y
a quelques jours une Ferme tres - considéra
ble , qui appartient à l' Abbesse de Gravent-
Raindorff. On en a déja arrêté plusieurs qui
doivent être exécutez dans quelques jours , &
l'on a envoyé divers détacheroens de Troupes
contre les autres.
On apprend de Dresde que le Régiment des
grands Grenadiers du Roy de Pologne sera,
bien- tôt complet , par les foins que l'on prend
de lui envoyer de plusieurs endroits des hom
mes d'une taille extraordinaire. Outre cette
Troupe qui sera une des plus belles de l'Europe,
on va former une Compagnie de deux cens
Erands Mousquetaires > tous Gentilhommes,
e Roy en fera le Capitaine > & le Prince Lui
bornirsHy Capitaine- Lieutenants
LEs Juifs ont offert àTEmpereur de lui faire
un prêt de quatre cent mille Florins , dans,
l'efperance d'obtenir la révocation de l'Edic
publié à Prague en 1717- par lequel il r/est per
mis qu'aux aîncz des familles Juives de se ma
rier.
Il y a dans le Palatinat & aux environs une
Troupe de Mendians & d'autres gens fans aveu,
qui mettent le feu aux Granges des Faisans
qui leur refusent retraite. Ils brûlèrent il y
a quelques jours une Ferme tres - considéra
ble , qui appartient à l' Abbesse de Gravent-
Raindorff. On en a déja arrêté plusieurs qui
doivent être exécutez dans quelques jours , &
l'on a envoyé divers détacheroens de Troupes
contre les autres.
On apprend de Dresde que le Régiment des
grands Grenadiers du Roy de Pologne sera,
bien- tôt complet , par les foins que l'on prend
de lui envoyer de plusieurs endroits des hom
mes d'une taille extraordinaire. Outre cette
Troupe qui sera une des plus belles de l'Europe,
on va former une Compagnie de deux cens
Erands Mousquetaires > tous Gentilhommes,
e Roy en fera le Capitaine > & le Prince Lui
bornirsHy Capitaine- Lieutenants
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Résumé : ALLEMAGNE.
En Allemagne, les Juifs ont sollicité l'Empereur pour un prêt de quatre cent mille florins afin d'obtenir la révocation de l'édit de 1717, qui limite les mariages aux aînés des familles juives. Dans le Palatinat, des mendiants et des personnes sans aveu incendient les granges des fermiers refusant de les accueillir. Une ferme de l'Abbesse de Gravent-Raindorff a été touchée, et plusieurs suspects arrêtés doivent être exécutés. Des troupes ont été déployées pour capturer les autres responsables. À Dresde, le régiment des grands grenadiers du roi de Pologne sera bientôt complet grâce à l'arrivée de nouvelles recrues de grande taille. Par ailleurs, une compagnie de deux cents grands mousquetaires, tous gentilshommes, est en formation. Le roi en sera le capitaine, et le prince héritier sera capitaine-lieutenant.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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7
p. 158-159
ITALIE.
Début :
On apprend de Rome que la veille de Noël les Cardinaux qui étoient restez au Palais [...]
Mots clefs :
Turcs, Soldats, Rivière, Pape
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
Italie.
s~\ N apprend de Rome que la veille de Noël
V^/ les Cardinaux qui étoient restez au Palais
du Vatican , pour assister à l'Office de la nuit ,
furent traitez magnifiquement ; ils entendirent
pnfuite les Matines & la Mejse de Minuit, que
- J A N VI E R. 17 3.0. 1 5*
Je Pape célébra pontificalement, ainsi que celle
íiu jour de la t ète. Entre les deux grandes Mes
ses Sa Sainteté en dit une basle,pendant laquel
le elle lacra le Père Manara, Barnabite ,de Savoye
, nouvel Evêque d'AIexandriedelaPaille.
Une Compagnie de Marchands de diverses
Villes d'Italie ont fait présenter par le Baron
Tinti un Proiet pour faire creuser un Canal, par
le moyen duquel les eaux de l'Adige s'ecou-
Jerontplus alternent, & cette Rivière devien
dra navigable jusqu'à Ostiglia;ce qui íeroit fa-
Vofableau commerce de Trieste, parce quon y
pourroit transporter par tau des Marchandi
ses de plusieurs Villes d'Italie, ils demandent
que pour les dédommager des dépenses qu'ifs
auront faites pour ce Canal, on leur accorde
pendant dix années les péages qu'on levé fur
cette Rivière.
On écrit de Florence que deux Galiotes dçs
Côtes de Barbarie ont fait depuis peu une des
cente du côté de Recoieggio; & lur le point da
jour les Turcs qui étoient restez lur ces deux
Bâtimens ayant feint de se battre & tiré plusieurs
coups de Fusil , des gens du pais & plusieurs
Soldats de la Garnison de lJorto-Vecchio ac
coururent sur ce rivage pour être spectateurs
du combat. Sept Soldats qui s'étoient trop
avancez furent envelopez & faits esclaves par
les Turcs qui étoient à terre,
s~\ N apprend de Rome que la veille de Noël
V^/ les Cardinaux qui étoient restez au Palais
du Vatican , pour assister à l'Office de la nuit ,
furent traitez magnifiquement ; ils entendirent
pnfuite les Matines & la Mejse de Minuit, que
- J A N VI E R. 17 3.0. 1 5*
Je Pape célébra pontificalement, ainsi que celle
íiu jour de la t ète. Entre les deux grandes Mes
ses Sa Sainteté en dit une basle,pendant laquel
le elle lacra le Père Manara, Barnabite ,de Savoye
, nouvel Evêque d'AIexandriedelaPaille.
Une Compagnie de Marchands de diverses
Villes d'Italie ont fait présenter par le Baron
Tinti un Proiet pour faire creuser un Canal, par
le moyen duquel les eaux de l'Adige s'ecou-
Jerontplus alternent, & cette Rivière devien
dra navigable jusqu'à Ostiglia;ce qui íeroit fa-
Vofableau commerce de Trieste, parce quon y
pourroit transporter par tau des Marchandi
ses de plusieurs Villes d'Italie, ils demandent
que pour les dédommager des dépenses qu'ifs
auront faites pour ce Canal, on leur accorde
pendant dix années les péages qu'on levé fur
cette Rivière.
On écrit de Florence que deux Galiotes dçs
Côtes de Barbarie ont fait depuis peu une des
cente du côté de Recoieggio; & lur le point da
jour les Turcs qui étoient restez lur ces deux
Bâtimens ayant feint de se battre & tiré plusieurs
coups de Fusil , des gens du pais & plusieurs
Soldats de la Garnison de lJorto-Vecchio ac
coururent sur ce rivage pour être spectateurs
du combat. Sept Soldats qui s'étoient trop
avancez furent envelopez & faits esclaves par
les Turcs qui étoient à terre,
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Résumé : ITALIE.
En 1730, à Rome, la veille de Noël, les cardinaux ont été reçus au Palais du Vatican et ont assisté aux Matines et à la Messe de Minuit célébrées par le Pape. Le jour de Noël, le Pape a célébré une grande messe et a consacré le Père Manara, Barnabite de Savoie, nouvel évêque d'Alexandrie de la Paille. À Mantoue, une compagnie de marchands italiens, représentée par le Baron Tinti, a proposé de creuser un canal pour rendre la rivière Adige navigable jusqu'à Ostiglia, facilitant ainsi le commerce avec Trieste. Ils ont demandé en échange les péages levés sur cette rivière pendant dix ans pour couvrir leurs dépenses. Par ailleurs, à Florence, deux galiotes des Côtes de Barbarie ont effectué une descente près de Recoieggio. Les Turcs à bord de ces navires ont simulé un combat, attirant des spectateurs locaux et des soldats. Sept soldats, trop avancés, ont été capturés et réduits en esclavage par les Turcs présents sur la terre.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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8
p. 159-168
RÉJOUISSANCES faites à Malte. Extrait de diverses Lettres.
Début :
Les nouvelles de la naissance du DAUPHIN n'étant arrivées à Malte que le 31. Octobre, [...]
Mots clefs :
Réjouissances, Naissance du Dauphin, Arc de triomphe, Roi, Reine, Fête, Messe, Dauphin
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RÉJOUISSANCES faites à Malte. Extrait de diverses Lettres.
R&50V ISJN CES faites À Malte.
Extrait de diverses Lettres.
LEs nouvelles de la naissance du Daiiphtm
n'étant arrivées à Malte que le 5 %. Octobre»
on commença dçs ce même jour les prépara-
H ij tifs
téo MERCURE DE FRANCE,
tifs des Fêtes que la Religion, & plusieurs per
sonnes considérables de l'Ordre dévoient don
ner à cette occasion. LeBailly d' Avenes de Bo
cage, chargé des affaires du Roy en cette Iíle.est.
íe premier qui s'est distingue'. II fit dresser de
vant son Hôtel un Arc de triomphe de trenrç
pieds de hauteur, lequel occupoit toute la lar
geur de la ruç.Les 4 Colomnes Isolées de la Far
çade étoient ornées de festons , de feuillages
*& de fleurs. L'Attique qui surmontoit cet Arc
étoit orné de la même manière , & on y'voyoit
îes armes du Roy, de la Reine & duDAUPHiK,
avec cette Inscription ;
EX FOECUNDITATE RE©IA FELICI
TAS POPULI.
La Fête commença le soir du n Novembre
par une illumination, compoíee de quantité de
grands Lampions , couverts de papier tranfpa-
.'rent , où les armes du Roy , de la Reine & du
Dauphin étoient peintes séparément & placées
alternativement fur les Corniches & fur les
autres faillies de l'Arc de triomphe , ainsi que
fur les Portes les Fenêtes de 1' Hôtel du Bailly
d'Avernes,&fur celles des Maisons opposées :
rinfcrrption parut alors en lettres de feu.
A vingt pas de distance de l'Arc de triomphe
©n avoit élevé deux Piramides à jour.de vingr-
3uatre pieds de hauteur, garnies de haut en bas
e. quantité de Lampions , & surmontées par *
Globes lumineux. Ces Piramides jetcoient fur
l'Arc de Triomphe & aux environs un éclat
surprenant. Pendant cette illumination on eqr
tendoit une belle symphonie qui étoit placée
ïans u" Balcon assez près de l'Arc de triomphe.
On accouroit en foule à ce Spectacle; on fut
surcoût
JANVIER. 1730. U*
surtout charmée d'un beau Portrait du Roy ,
peint de grandeur naturelle, que M. le Baiíljr
a voie fait placer à l' entrée de son Hôtel sous un
Dais de Velours cramoisi , éclairé de quantité
de Flambeaux de cire blanche.
Le Dimanche 1 j. M. le Bailly fit chanter une
Messe solennelle à plusieurs Choeurs de Musi
que , dans l' Eglise des Jésuites , à laquelle le
Grand-Maure assista , accompagné des Grands
Croix, des Chevaliers , Officiers ,& autres
fiîembíes de l'Ordre qui yavoîentété invitez,-
L'Eglise écoit parée & éclairée extraordinai
rement. Un Portrait du Roy y étoitexpolésous
u a Pais magnifique. On avoit élevé audessus
As la grande Porte les Armes de Sa Majesté, dé
la Reine & du Dauphin, dans des Cartouches,
©tnez de Festons , de Feuillages & de Fleurs ;
& audessous on lisoit ce verset du Pseaume 71,
en lçttres d'or : Ueus' jttdicium tuum Régi d*9
Ô> justitiam tuxm filio Régis.
, . La Messe finie , l' Abbé Signoret fous Prieur
de l'Eglise de S. Jean qui l'avoit célébrée , en
tonna le Te Vùum , qui fut chanté par la Musioue
. aux Fanfares des Trompettes , des Timballes
& au bruit de J' Artillerie de nos Cava
liers , & de celle de tous les Bâtimens François
qiii se trouvèrent dans ce Port. Le Domine fol-
•vum sac Regem , fut chanté de la même ma
nière. Ensuite le Bailly de Bocage,accompagné
du Bailly de la Salle & du Bailly de Froulay ,
General des Galères , tous trois dé la Langue
de France, s'avancèrent à la porte de l'Eglise
f>our remercier le Grand - Maître & toutes
es personnes de l'Ordre ;qui avoient assisté à
«sotte cérémonie. Il s'étoit célébré depuis la
pointe du jour des Messes en plusieurs Eglises
e/ans la méúrte intent ion.
H iij U
îgi MERCURE DE FRANCE.^
te Bailly donna ensuite un splendide dîné,
qui fut servi sur deux Tables de quinze cou
verts chacune. Sur la fin du repas , les santez
du Roy, de la Reine, du Dauphin & du Grand-
Maître furent bues au bruit de l' Artillerie &
des Fanfares.Une Fontaine de vin à quatre jets
&extréirieinent ornée amusa le peuple jusqu'à
la nuit. On lisoit ces Vers au deslus de la Fon
taine :
"Emanure salent Tontes cum murmure Vtm~
phas ,
Hic sons fef'v» murmure vi-va fluit.
Currite jam populi , calices potate fréquentes t
Hec non Çolemnem , nunc ctlebrate diem i
JVjw ftecunda dédit D E L f H 1 Zt V M G Mi»
nobis 5 -
Ei nos DÈLPÍíISO Gaudia noflra danus.
On auroit peine à exprimer I'allegrefie du
peuple St à décrire les diverses Danses des Ma
telots Provençaux, des Maltois &c celles même
des Barbaresques. Le bruit confus des differens
Irstrumens de ces Nations , mêlez aux cris re
doublez de VIVE LE ROY , ne laissoit rien à
délirer au Ministre de Sa Majesté, qui excitoìc
lui- même la joye publique en plusieurs maniè
res , surtout par des envois de vivres & d'au
tres rafraîchiffemens , & en assistant abondam-
.nient les pauvres. II a eu la satisfaction de voir
que malgré ce mélange de Nations, la tran
quillité a toujours été paifaite dans cette soíemnité.
L'illumination recommença le soir comme la
nuit précédente , & fut continuée le troisième
jour presque jusqu'au lever du Soleil. L'Eglife
&
JaMVier: 17*0. i£i
Ùí le Collège des Jésuites furent aussi illumi
nez > ainsi que les Maisons des Chevaliers de la
Ration & celles de tous les François établis a
îrfalte. L'affluence a toujours été égale pendane
ces trois jours dans la maison du Bailly de Bo
cage, où l'on trouvoit toutes sortes de rafraî-
-chissemens , particulièrement des Glaces , des
Confitures & des Pares douces , qui sont trcs
en usage dans ce pais- ci»
Les Réjouissances qui ont été faites ici par
l'Ordre de S. Jean de Jérusalem, ont durétro»
jours consécutifs. Elles commencèrent le Di
manche ío Novembre par une Messe folemnelle
, célébrée pontificalement dans l'Eglise
de S.Jean, par le Piieutde cette Eglise, St chan
tée par une excellente Musque. S. A. Eminentissime
M, le Grand-Maine , y aslìila avec tout
le Corps de la Religion. Après la Méfie, le Te
reum fut chanté par la mème Musique, an
bruit d? plusieurs salves de toute l'Arùllerie de
Terre & de Mer.
Le G.- M. donna ensuite un superbe dîné ï
seize Grands-Croix , François , Allemands ,
Italiens, Espagnols, & Portugais : Le foison
tira un très-beau feu d'Artifice.
Le Lundi , les trois Langues de France firent
chanter une grande Messe & un Te Deam dans.
l'Eglise de S Jean , la Musique fut encore au- .
dessus de celle de la veille , le G. M. à la teste
de tout l'Ordre y assista; les Procureurs des
Langues présentèrent un magnifique bouque t
à S.A.E. & le soir il y eut encore un Feu d'Ar
tifice tiré devant le Palais. On exécuta ensuite
un très-beau Concert dans la Salle de l' Au
berge de France, ornée avec la derniere magni
ficence » & enrichie d'un Portrait du Roi placé "
t H iiij lous
1
r<?4 MERCURE' '-DE FRANCE.;
sous un Dais superbe. Le Concert étoít còirifosé
des meilleures voix . & de plus décent
Instrument. Le Conseil entier & toute la Reli-
Ijion s'y trouva ; on y laissa entrer les Maltois
es plus a.p païens , ce qui fit un concours de
Îrès de deux mille personnes. Les Paroles Itaennes
de ce Concert font de M. Cinnttr , Bajon
Maltois y elles furent fort applaudies.
Le Mardi , I" Auberge d'Arragon & le grand
Prieuré de Castille , firent chanter un Te Deum
dans F Eglise de S. Jean . auquel le Prieur de
cette Eglise , malgré son âge & fes infirmitezi,
continua d'orEcier pontificalement comme les
jours precedensi
La Langue Françoise donna ensuite à dîner î
plus de cent personnes de distinction. Il y eut
trois grandes Tables , dont la première étoit
remphe ptt le Conseil , parles trois premiers
Officiers, du G. M. & par quelques Chevaliers
qui en faifoient les honneurs. La seconde & latroisième
súrent occupées, par les Procureurs dé
toutes les sept Langues & par d'autres Cheva
liers. Les santez du Roi , de la Reine , du Dau«!
phin & du G. M» furent buës.au bruit de quatre
salves de Canons , les trois premières de n'w
coups chacune , & la derniere de dix- neuf
coups. La même chose suc observée au dîné
du G. M.
. Le soir les crois Langues de France firent
une grande Cocagne dans la Place de la Conservatorie
, laquelle fut livrée au Peuple suivant
ia coutume. Tous les ans le Lundi gras le
G. M. donne une pareille Fête. L» cocagne
Consiste en une grande abondance d'Ag
neaux, de Cochons de lait , de Poulets d'In
des > de Lapins , de Chapons , de Pigeons»
&c rôtis , avec quantité de fromages de Jam
bons»
JANVfER. *7?o. i6f
feons . &c. dont le Peuple est regalé. Celle
iiont il est ici question , coníìstoit en une grande
Piramide de Charpente , aussi haute que le toit
des Maisons de la Place ; elle étoic ornée de
feuillages , décorée de Peinture , d'Emblèmes,
&c. & garnie depuis le pied jusqu'au sommet,
de toute sorte de viandes rôties de la qualité
qu'on a dit , & de plusieurs autres choses pour
compoler un Regale parfait. La Compagnie
du G. M. entourait la Piramide , au haut dé
Jaquelle étoic arboré lin Drapeau. Au premier
bruit des Trompettes qui sonnèrent la charge»
une troupe d' Assaillans donna l'assaut, & on
vit fur tout les Matelots montrer une agilité
merveilleuse pour avoir la gloire de rapporter
le Drapeau , celui qui s'en rendit le Maître
reçut quelques sequins pour le prix de íbà
adresse , les autres furerrt dédommagez par le
pillage des viandes , c'étoit un spectacle di
vertissant de voir cette foule d'AffailIans grim
per fur la Piramide , qui n'en pouvoir contenir
qu'un certain nombre , ce qui causoit des chu
tes , des cùkbutes , & une divertissante con
fusion. On avoit rempli de feuillages toute la
Circonférence jusqu'à une certaine hauteur ,
afin que personne ne fut blessé en tombant-
Il y eut ensuite un Feu d'Artifice tiré devant
le Palais, & un grand Bal â l'Aiberge de
ïrance , qui s'est distingué par la profusion des
rafraîchissemèns , par l'illuinination dè la Sale,,
par le choix dès Ihstrumens , & par le boa
accueil fait à tous ceux qui se sont presenteí *
les Baillis de Bocage & de Froulay firent les
honneurs de ce Bal.
Pendant ces trois jours consécutifs , ia Reli*
gion , M. T Evêque & tous les Maltslis ont faife
de très-belles illuminations : Les trois Langue!
H v on*
jgg MERCURE DE FRANCE.
cnt saïc couler des Fontaines de vin : mais Ii
Langue de France a fait toutes choses par pro
fusion. Elle a fait distribuer de grandes chaiitez,
non seuleraenc à tous les Pauvres manrdians
, mais particulièrement aux Pauvres hon
teux , & à toutes les Familles qui lont dans
le besoin.
Je crois , au reste , que dan? cette folemnité
il s'est tiré plus de deux mille coups de Canon,
car on n'a pas cessé de tirer , soit des Fortifi
cations , soit des Bâtimens de Mer , pendant
les grandes Messes , & les Te Veum , faus
compter les salves qui ont été faites durant les
festins , &c.
Entre toutes les Fêtes qui ont été données
ici à l'oecasion de la Naissance du Dauphin j
celle que le Bailly de Froulay , General des
Armées Navales de la Religion , donna le 14.
Novembre , a été fans contredit la plus bril
lant, & la plus au gout de tout le monde.
■ Elie commença par une illumination des
Galères , la plus ample, & la mieux exécutée
qu'on eut encore vûëd,ms cette Iíles les tentes,
les flamfS . & les pavois , y paroissoient toutes
en feu , les rames étendues étoient garnies de
lampions jusqu'à l'extiêmité. On avoit élevé
sur la Poupe de la Capitane à la Place da
Srand Fanal , les Armes du Dauphin fur le
evant d'une michine de 14 pieds de hauteur ,
au bas on li'oit ecte Inscription » Du tiii
PBUT avnos. Les Armoiries étoient couvertes
d'une tenture de damis cranv iíì & »lus de
700 Li niions glacez dans cette machine de
voir nt les éclairer.
Les GMiièS étoient rangées fur une même
ligne rjtre la poi ite de S. Ange Sí celle d< l'Isle
de h Sangle , tk lorsque tout suc allumé le
Grand,
JANVIER. 1730. 167
Grand- Maître qui étoit à sonSe'veder du Port»
donna un signal auquel la tenture de damas
tomba , & les Armes du Dauphin parurent
très-bri!lantes. Les Galères les saluèrent de
trois salves reales con secu ives , de la voix . de
la Moufqueterie , &du Canon ; dans les intervales
des salves on entendoit les Fanfares des
Trompettes , ies Timbales , les Hautbois &
plusieurs autres Inilrumens , placez fous Je
Belveder du Grand- Maître.
Les salves finies, on vit paroître une Ga*
liotte à 18 rames , illuminée d'un côté , & qui
debouchoitde derrière la pointe de Vlûe; aussi
tôt tous les Cliques & les Felonques des Ga
lères , aussi illuminées , allèrent la reconnoître,
la Galiotte prit bientôt chafle , les Felouques
la suivirent , & dès qu'elles en furent à portée,
le combat commença par des décharges réci
proques de moufqueterie & par des grenade9
qui bruloient mèms dans la Mer. La Galiotte
preiïée par les Caiqr.es fut forcée de passer fous
le balcon du Grand M.îcre, où le Feu fut beau
coup plus vif, elle s'ouvrit ensuite un passage,
& fit force de rames pour fuir du côté du Pa
lais de Sichi- Les Caiques & les Felouques !a
íuivoient de près , & lui jettoient fans celïë
des feux ; elle fut encore jointe, ce qui l'obligea
de passer fous la pointe de S. 4ng e, & fort près
des Galères , lesquelles lui lâchèrent quelques
coups de Canon , dont son-principal mâtpamt
abatu : Alors les Caiques l'environnerent, l'abordage
fut vif, & ranimosité qui parut de
part & d'autre représenta parfaitement bien un
Véritable combar. Enfin on vit le feu prendre
à la Galiotte qni fut consumée au milieu du
Port. Pendant tout ce jeu qui fut très-bien exé
cuté , les Galeries tiroient continuellement
H vj des
Vs8 MERCURH DE PRANCE.
des Fusées , des Pots à feu & d'autres Artifices
Il parut ensuite un gran.i Soleil au haut du.
mât de la Capitane qui servit designai aux au
tres Galères pour exécuter quantité de roues ,
de fontaines de feu » & d'autres Artifices. En
fin deux Girandoles de Fusées parties de la
proiie de la Capitane> remplirent Pair de leur*
feux , lesquels étant joints à ceux de quantité
de tonneaux gaudronnez , qui bruloient au
tour des pointes de S. Ange & de l'ifle > & qui
íè repetoient dans la Mer , la faisoientparoître
toute en feu. Le tout ensemble forma un des
plus beaux spectacles qu'on puiflè voir en ce
genre.
Après ce divertissement > M. le General de
Froulay , donna dans son Palais un magnifique
souper aux Chevaliers de toutes les Nations.
Les santez duRoy, de la Reine » du Dauphin
& des autres Potentats Catholiques de l'Europe
y furent célébrées au bruit du Canon du Châ
teau & des Galères. Après le louper on palla
dans la Salle du Bal , où se trouvèrent quatre
jeunes Maltois , du Corps des Galères , & au
tant de filles qu'ils avoient épousées le matin »
&que le General avoit dotées. Pendant le Bal
qui dura jusqu'au jour , on servit toutes sortes
de rafraîchissement. Et pendant toute cette
Sête , il y eut fur le Quay plusieurs Fontaines,
de vin pour les Equipages & pour les Forçats»,
plusieurs desquels furent mis en liberté.
Extrait de diverses Lettres.
LEs nouvelles de la naissance du Daiiphtm
n'étant arrivées à Malte que le 5 %. Octobre»
on commença dçs ce même jour les prépara-
H ij tifs
téo MERCURE DE FRANCE,
tifs des Fêtes que la Religion, & plusieurs per
sonnes considérables de l'Ordre dévoient don
ner à cette occasion. LeBailly d' Avenes de Bo
cage, chargé des affaires du Roy en cette Iíle.est.
íe premier qui s'est distingue'. II fit dresser de
vant son Hôtel un Arc de triomphe de trenrç
pieds de hauteur, lequel occupoit toute la lar
geur de la ruç.Les 4 Colomnes Isolées de la Far
çade étoient ornées de festons , de feuillages
*& de fleurs. L'Attique qui surmontoit cet Arc
étoit orné de la même manière , & on y'voyoit
îes armes du Roy, de la Reine & duDAUPHiK,
avec cette Inscription ;
EX FOECUNDITATE RE©IA FELICI
TAS POPULI.
La Fête commença le soir du n Novembre
par une illumination, compoíee de quantité de
grands Lampions , couverts de papier tranfpa-
.'rent , où les armes du Roy , de la Reine & du
Dauphin étoient peintes séparément & placées
alternativement fur les Corniches & fur les
autres faillies de l'Arc de triomphe , ainsi que
fur les Portes les Fenêtes de 1' Hôtel du Bailly
d'Avernes,&fur celles des Maisons opposées :
rinfcrrption parut alors en lettres de feu.
A vingt pas de distance de l'Arc de triomphe
©n avoit élevé deux Piramides à jour.de vingr-
3uatre pieds de hauteur, garnies de haut en bas
e. quantité de Lampions , & surmontées par *
Globes lumineux. Ces Piramides jetcoient fur
l'Arc de Triomphe & aux environs un éclat
surprenant. Pendant cette illumination on eqr
tendoit une belle symphonie qui étoit placée
ïans u" Balcon assez près de l'Arc de triomphe.
On accouroit en foule à ce Spectacle; on fut
surcoût
JANVIER. 1730. U*
surtout charmée d'un beau Portrait du Roy ,
peint de grandeur naturelle, que M. le Baiíljr
a voie fait placer à l' entrée de son Hôtel sous un
Dais de Velours cramoisi , éclairé de quantité
de Flambeaux de cire blanche.
Le Dimanche 1 j. M. le Bailly fit chanter une
Messe solennelle à plusieurs Choeurs de Musi
que , dans l' Eglise des Jésuites , à laquelle le
Grand-Maure assista , accompagné des Grands
Croix, des Chevaliers , Officiers ,& autres
fiîembíes de l'Ordre qui yavoîentété invitez,-
L'Eglise écoit parée & éclairée extraordinai
rement. Un Portrait du Roy y étoitexpolésous
u a Pais magnifique. On avoit élevé audessus
As la grande Porte les Armes de Sa Majesté, dé
la Reine & du Dauphin, dans des Cartouches,
©tnez de Festons , de Feuillages & de Fleurs ;
& audessous on lisoit ce verset du Pseaume 71,
en lçttres d'or : Ueus' jttdicium tuum Régi d*9
Ô> justitiam tuxm filio Régis.
, . La Messe finie , l' Abbé Signoret fous Prieur
de l'Eglise de S. Jean qui l'avoit célébrée , en
tonna le Te Vùum , qui fut chanté par la Musioue
. aux Fanfares des Trompettes , des Timballes
& au bruit de J' Artillerie de nos Cava
liers , & de celle de tous les Bâtimens François
qiii se trouvèrent dans ce Port. Le Domine fol-
•vum sac Regem , fut chanté de la même ma
nière. Ensuite le Bailly de Bocage,accompagné
du Bailly de la Salle & du Bailly de Froulay ,
General des Galères , tous trois dé la Langue
de France, s'avancèrent à la porte de l'Eglise
f>our remercier le Grand - Maître & toutes
es personnes de l'Ordre ;qui avoient assisté à
«sotte cérémonie. Il s'étoit célébré depuis la
pointe du jour des Messes en plusieurs Eglises
e/ans la méúrte intent ion.
H iij U
îgi MERCURE DE FRANCE.^
te Bailly donna ensuite un splendide dîné,
qui fut servi sur deux Tables de quinze cou
verts chacune. Sur la fin du repas , les santez
du Roy, de la Reine, du Dauphin & du Grand-
Maître furent bues au bruit de l' Artillerie &
des Fanfares.Une Fontaine de vin à quatre jets
&extréirieinent ornée amusa le peuple jusqu'à
la nuit. On lisoit ces Vers au deslus de la Fon
taine :
"Emanure salent Tontes cum murmure Vtm~
phas ,
Hic sons fef'v» murmure vi-va fluit.
Currite jam populi , calices potate fréquentes t
Hec non Çolemnem , nunc ctlebrate diem i
JVjw ftecunda dédit D E L f H 1 Zt V M G Mi»
nobis 5 -
Ei nos DÈLPÍíISO Gaudia noflra danus.
On auroit peine à exprimer I'allegrefie du
peuple St à décrire les diverses Danses des Ma
telots Provençaux, des Maltois &c celles même
des Barbaresques. Le bruit confus des differens
Irstrumens de ces Nations , mêlez aux cris re
doublez de VIVE LE ROY , ne laissoit rien à
délirer au Ministre de Sa Majesté, qui excitoìc
lui- même la joye publique en plusieurs maniè
res , surtout par des envois de vivres & d'au
tres rafraîchiffemens , & en assistant abondam-
.nient les pauvres. II a eu la satisfaction de voir
que malgré ce mélange de Nations, la tran
quillité a toujours été paifaite dans cette soíemnité.
L'illumination recommença le soir comme la
nuit précédente , & fut continuée le troisième
jour presque jusqu'au lever du Soleil. L'Eglife
&
JaMVier: 17*0. i£i
Ùí le Collège des Jésuites furent aussi illumi
nez > ainsi que les Maisons des Chevaliers de la
Ration & celles de tous les François établis a
îrfalte. L'affluence a toujours été égale pendane
ces trois jours dans la maison du Bailly de Bo
cage, où l'on trouvoit toutes sortes de rafraî-
-chissemens , particulièrement des Glaces , des
Confitures & des Pares douces , qui sont trcs
en usage dans ce pais- ci»
Les Réjouissances qui ont été faites ici par
l'Ordre de S. Jean de Jérusalem, ont durétro»
jours consécutifs. Elles commencèrent le Di
manche ío Novembre par une Messe folemnelle
, célébrée pontificalement dans l'Eglise
de S.Jean, par le Piieutde cette Eglise, St chan
tée par une excellente Musque. S. A. Eminentissime
M, le Grand-Maine , y aslìila avec tout
le Corps de la Religion. Après la Méfie, le Te
reum fut chanté par la mème Musique, an
bruit d? plusieurs salves de toute l'Arùllerie de
Terre & de Mer.
Le G.- M. donna ensuite un superbe dîné ï
seize Grands-Croix , François , Allemands ,
Italiens, Espagnols, & Portugais : Le foison
tira un très-beau feu d'Artifice.
Le Lundi , les trois Langues de France firent
chanter une grande Messe & un Te Deam dans.
l'Eglise de S Jean , la Musique fut encore au- .
dessus de celle de la veille , le G. M. à la teste
de tout l'Ordre y assista; les Procureurs des
Langues présentèrent un magnifique bouque t
à S.A.E. & le soir il y eut encore un Feu d'Ar
tifice tiré devant le Palais. On exécuta ensuite
un très-beau Concert dans la Salle de l' Au
berge de France, ornée avec la derniere magni
ficence » & enrichie d'un Portrait du Roi placé "
t H iiij lous
1
r<?4 MERCURE' '-DE FRANCE.;
sous un Dais superbe. Le Concert étoít còirifosé
des meilleures voix . & de plus décent
Instrument. Le Conseil entier & toute la Reli-
Ijion s'y trouva ; on y laissa entrer les Maltois
es plus a.p païens , ce qui fit un concours de
Îrès de deux mille personnes. Les Paroles Itaennes
de ce Concert font de M. Cinnttr , Bajon
Maltois y elles furent fort applaudies.
Le Mardi , I" Auberge d'Arragon & le grand
Prieuré de Castille , firent chanter un Te Deum
dans F Eglise de S. Jean . auquel le Prieur de
cette Eglise , malgré son âge & fes infirmitezi,
continua d'orEcier pontificalement comme les
jours precedensi
La Langue Françoise donna ensuite à dîner î
plus de cent personnes de distinction. Il y eut
trois grandes Tables , dont la première étoit
remphe ptt le Conseil , parles trois premiers
Officiers, du G. M. & par quelques Chevaliers
qui en faifoient les honneurs. La seconde & latroisième
súrent occupées, par les Procureurs dé
toutes les sept Langues & par d'autres Cheva
liers. Les santez du Roi , de la Reine , du Dau«!
phin & du G. M» furent buës.au bruit de quatre
salves de Canons , les trois premières de n'w
coups chacune , & la derniere de dix- neuf
coups. La même chose suc observée au dîné
du G. M.
. Le soir les crois Langues de France firent
une grande Cocagne dans la Place de la Conservatorie
, laquelle fut livrée au Peuple suivant
ia coutume. Tous les ans le Lundi gras le
G. M. donne une pareille Fête. L» cocagne
Consiste en une grande abondance d'Ag
neaux, de Cochons de lait , de Poulets d'In
des > de Lapins , de Chapons , de Pigeons»
&c rôtis , avec quantité de fromages de Jam
bons»
JANVfER. *7?o. i6f
feons . &c. dont le Peuple est regalé. Celle
iiont il est ici question , coníìstoit en une grande
Piramide de Charpente , aussi haute que le toit
des Maisons de la Place ; elle étoic ornée de
feuillages , décorée de Peinture , d'Emblèmes,
&c. & garnie depuis le pied jusqu'au sommet,
de toute sorte de viandes rôties de la qualité
qu'on a dit , & de plusieurs autres choses pour
compoler un Regale parfait. La Compagnie
du G. M. entourait la Piramide , au haut dé
Jaquelle étoic arboré lin Drapeau. Au premier
bruit des Trompettes qui sonnèrent la charge»
une troupe d' Assaillans donna l'assaut, & on
vit fur tout les Matelots montrer une agilité
merveilleuse pour avoir la gloire de rapporter
le Drapeau , celui qui s'en rendit le Maître
reçut quelques sequins pour le prix de íbà
adresse , les autres furerrt dédommagez par le
pillage des viandes , c'étoit un spectacle di
vertissant de voir cette foule d'AffailIans grim
per fur la Piramide , qui n'en pouvoir contenir
qu'un certain nombre , ce qui causoit des chu
tes , des cùkbutes , & une divertissante con
fusion. On avoit rempli de feuillages toute la
Circonférence jusqu'à une certaine hauteur ,
afin que personne ne fut blessé en tombant-
Il y eut ensuite un Feu d'Artifice tiré devant
le Palais, & un grand Bal â l'Aiberge de
ïrance , qui s'est distingué par la profusion des
rafraîchissemèns , par l'illuinination dè la Sale,,
par le choix dès Ihstrumens , & par le boa
accueil fait à tous ceux qui se sont presenteí *
les Baillis de Bocage & de Froulay firent les
honneurs de ce Bal.
Pendant ces trois jours consécutifs , ia Reli*
gion , M. T Evêque & tous les Maltslis ont faife
de très-belles illuminations : Les trois Langue!
H v on*
jgg MERCURE DE FRANCE.
cnt saïc couler des Fontaines de vin : mais Ii
Langue de France a fait toutes choses par pro
fusion. Elle a fait distribuer de grandes chaiitez,
non seuleraenc à tous les Pauvres manrdians
, mais particulièrement aux Pauvres hon
teux , & à toutes les Familles qui lont dans
le besoin.
Je crois , au reste , que dan? cette folemnité
il s'est tiré plus de deux mille coups de Canon,
car on n'a pas cessé de tirer , soit des Fortifi
cations , soit des Bâtimens de Mer , pendant
les grandes Messes , & les Te Veum , faus
compter les salves qui ont été faites durant les
festins , &c.
Entre toutes les Fêtes qui ont été données
ici à l'oecasion de la Naissance du Dauphin j
celle que le Bailly de Froulay , General des
Armées Navales de la Religion , donna le 14.
Novembre , a été fans contredit la plus bril
lant, & la plus au gout de tout le monde.
■ Elie commença par une illumination des
Galères , la plus ample, & la mieux exécutée
qu'on eut encore vûëd,ms cette Iíles les tentes,
les flamfS . & les pavois , y paroissoient toutes
en feu , les rames étendues étoient garnies de
lampions jusqu'à l'extiêmité. On avoit élevé
sur la Poupe de la Capitane à la Place da
Srand Fanal , les Armes du Dauphin fur le
evant d'une michine de 14 pieds de hauteur ,
au bas on li'oit ecte Inscription » Du tiii
PBUT avnos. Les Armoiries étoient couvertes
d'une tenture de damis cranv iíì & »lus de
700 Li niions glacez dans cette machine de
voir nt les éclairer.
Les GMiièS étoient rangées fur une même
ligne rjtre la poi ite de S. Ange Sí celle d< l'Isle
de h Sangle , tk lorsque tout suc allumé le
Grand,
JANVIER. 1730. 167
Grand- Maître qui étoit à sonSe'veder du Port»
donna un signal auquel la tenture de damas
tomba , & les Armes du Dauphin parurent
très-bri!lantes. Les Galères les saluèrent de
trois salves reales con secu ives , de la voix . de
la Moufqueterie , &du Canon ; dans les intervales
des salves on entendoit les Fanfares des
Trompettes , ies Timbales , les Hautbois &
plusieurs autres Inilrumens , placez fous Je
Belveder du Grand- Maître.
Les salves finies, on vit paroître une Ga*
liotte à 18 rames , illuminée d'un côté , & qui
debouchoitde derrière la pointe de Vlûe; aussi
tôt tous les Cliques & les Felonques des Ga
lères , aussi illuminées , allèrent la reconnoître,
la Galiotte prit bientôt chafle , les Felouques
la suivirent , & dès qu'elles en furent à portée,
le combat commença par des décharges réci
proques de moufqueterie & par des grenade9
qui bruloient mèms dans la Mer. La Galiotte
preiïée par les Caiqr.es fut forcée de passer fous
le balcon du Grand M.îcre, où le Feu fut beau
coup plus vif, elle s'ouvrit ensuite un passage,
& fit force de rames pour fuir du côté du Pa
lais de Sichi- Les Caiques & les Felouques !a
íuivoient de près , & lui jettoient fans celïë
des feux ; elle fut encore jointe, ce qui l'obligea
de passer fous la pointe de S. 4ng e, & fort près
des Galères , lesquelles lui lâchèrent quelques
coups de Canon , dont son-principal mâtpamt
abatu : Alors les Caiques l'environnerent, l'abordage
fut vif, & ranimosité qui parut de
part & d'autre représenta parfaitement bien un
Véritable combar. Enfin on vit le feu prendre
à la Galiotte qni fut consumée au milieu du
Port. Pendant tout ce jeu qui fut très-bien exé
cuté , les Galeries tiroient continuellement
H vj des
Vs8 MERCURH DE PRANCE.
des Fusées , des Pots à feu & d'autres Artifices
Il parut ensuite un gran.i Soleil au haut du.
mât de la Capitane qui servit designai aux au
tres Galères pour exécuter quantité de roues ,
de fontaines de feu » & d'autres Artifices. En
fin deux Girandoles de Fusées parties de la
proiie de la Capitane> remplirent Pair de leur*
feux , lesquels étant joints à ceux de quantité
de tonneaux gaudronnez , qui bruloient au
tour des pointes de S. Ange & de l'ifle > & qui
íè repetoient dans la Mer , la faisoientparoître
toute en feu. Le tout ensemble forma un des
plus beaux spectacles qu'on puiflè voir en ce
genre.
Après ce divertissement > M. le General de
Froulay , donna dans son Palais un magnifique
souper aux Chevaliers de toutes les Nations.
Les santez duRoy, de la Reine » du Dauphin
& des autres Potentats Catholiques de l'Europe
y furent célébrées au bruit du Canon du Châ
teau & des Galères. Après le louper on palla
dans la Salle du Bal , où se trouvèrent quatre
jeunes Maltois , du Corps des Galères , & au
tant de filles qu'ils avoient épousées le matin »
&que le General avoit dotées. Pendant le Bal
qui dura jusqu'au jour , on servit toutes sortes
de rafraîchissement. Et pendant toute cette
Sête , il y eut fur le Quay plusieurs Fontaines,
de vin pour les Equipages & pour les Forçats»,
plusieurs desquels furent mis en liberté.
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Résumé : RÉJOUISSANCES faites à Malte. Extrait de diverses Lettres.
Les festivités à Malte pour célébrer la naissance du Dauphin débutèrent le 5 octobre 1729, après l'annonce de la nouvelle. Le Bailly d'Avernes de Bocage, représentant du roi, organisa diverses réjouissances, incluant un arc de triomphe décoré des armes du roi, de la reine et du Dauphin. Le 11 novembre, une illumination fut réalisée avec des lampions représentant les armes royales, et deux pyramides lumineuses furent érigées. Le 12 novembre, une messe solennelle fut célébrée dans l'église des Jésuites en présence du Grand-Maître et des membres de l'Ordre. Un portrait du roi fut exposé, et des salves d'artillerie furent tirées, suivies d'un dîner offert par le Bailly, avec des danses et des distributions de vivres. Les célébrations se poursuivirent avec des messes, des Te Deum, des feux d'artifice et des concerts. Le Grand-Maître organisa un dîner pour les Grands-Croix et un feu d'artifice. Les Langues de France, d'Arragon et de Castille organisèrent également des messes et des dîners. Une grande cocagne fut organisée sur la place de la Conservatorie, offrant une abondance de nourriture au peuple, accompagnée d'illuminations et de fontaines de vin. Le Bailly de Froulay organisa une illumination des galères le 14 novembre, avec des salves de canon et des combats simulés entre une galiotte et des caiques. Les festivités inclurent des illuminations, des concerts et des distributions de vivres aux pauvres. Plus de deux mille coups de canon furent tirés durant ces trois jours de célébrations. Le spectacle pyrotechnique des galères fut particulièrement impressionnant, avec un combat naval simulé culminant par l'incendie d'une galiote. Les galères tirèrent continuellement des fusées et des pots à feu, créant une scène spectaculaire où la mer semblait en feu. Après le divertissement, le général de Froulay offrit un somptueux souper aux Chevaliers de toutes les nations dans son palais. Les santés du Roi, de la Reine, du Dauphin et des autres potentats catholiques d'Europe furent célébrées au son du canon. Suivant le souper, les invités se rendirent dans la salle de bal où se trouvaient quatre jeunes Maltais du corps des galères et leurs épouses, mariées le matin même et dotées par le général. Le bal dura jusqu'au matin, accompagné de rafraîchissements. Sur le quai, plusieurs fontaines de vin furent installées pour les équipages et les forçats, certains d'entre eux étant libérés.
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9
p. 168-169
ESPAGNE.
Début :
On mande de Seville que le premier de ce mois, les Ministres Plenipotentiaires du [...]
Mots clefs :
Roi, Alliance, Traité de paix
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
Es p a c n e.
ON mande de Seville que le premier de ce
mois , les Ministres Plénipotentiaires du
S.oi Très Chrétienne S. M. Catholique , & du
Roy d'Angleterre ». y firent, l'échange des iatir.
> ikations
JANVTER". 1730: Y**1
ftcations du Traité de Paix , d'union , d'amitié
& d'alliance deffensive , conclu dans la méme
Ville le 9 du mois de Novembre dernier , onattend
dans quelques jours un pareil acte d'é
change de ratification de la part des Etats Gé
néraux des Provinces unies, dont l' Ambassa
deur Extraordinaire &Plènipotentiare a accédé
à ce Traité le i 1 du même mois.
On a appris de Lisbonne que le iî Novem
bre un Vaisseau chargé pour le compte des Fer--
miers du Tabac, fut entièrement brûlé, ri per
sonnes y ont péri. II s'apelloit le S. Gabriel.
Le 5» de ce mois , le Marquis de Erancaí
Ambassadeur du Roy Très Chrétien , termina
les Fêtes qu'il a données à SeviUe , à l occasion
de la Naissance dû Dauphin , par un très- beau
Feu d'Artifice qui fut tiré vis-â-vis le Collège
Royal de S. Felme , en présence de Leurs Maiestez
& des Princes & Princesses de la Famille
Royale qui étoient aux fenêtres du Palais dé
í'Arcaçar.
Le 10. on publia dans les Places & Carre-*
fours de Madrid , avec lés cérémonies accou
tumées , le Traite.de Paix , d'union , d' amitié
& d'alliance défensive , conclu ì SeviUe le j.
Novembre dernier .entre le Roy Tr. Ch. le Roi
d'Espagne , le Roi d'Angleterre & les Etats
Généraux des Provinces Unies. Lé soir & le*
deux nuits suivantes il y eut des Feux, des
Hluminations & d'autres marques de réjouit
Ëtnce dans toutes les-rues de la Ville.
ON mande de Seville que le premier de ce
mois , les Ministres Plénipotentiaires du
S.oi Très Chrétienne S. M. Catholique , & du
Roy d'Angleterre ». y firent, l'échange des iatir.
> ikations
JANVTER". 1730: Y**1
ftcations du Traité de Paix , d'union , d'amitié
& d'alliance deffensive , conclu dans la méme
Ville le 9 du mois de Novembre dernier , onattend
dans quelques jours un pareil acte d'é
change de ratification de la part des Etats Gé
néraux des Provinces unies, dont l' Ambassa
deur Extraordinaire &Plènipotentiare a accédé
à ce Traité le i 1 du même mois.
On a appris de Lisbonne que le iî Novem
bre un Vaisseau chargé pour le compte des Fer--
miers du Tabac, fut entièrement brûlé, ri per
sonnes y ont péri. II s'apelloit le S. Gabriel.
Le 5» de ce mois , le Marquis de Erancaí
Ambassadeur du Roy Très Chrétien , termina
les Fêtes qu'il a données à SeviUe , à l occasion
de la Naissance dû Dauphin , par un très- beau
Feu d'Artifice qui fut tiré vis-â-vis le Collège
Royal de S. Felme , en présence de Leurs Maiestez
& des Princes & Princesses de la Famille
Royale qui étoient aux fenêtres du Palais dé
í'Arcaçar.
Le 10. on publia dans les Places & Carre-*
fours de Madrid , avec lés cérémonies accou
tumées , le Traite.de Paix , d'union , d' amitié
& d'alliance défensive , conclu ì SeviUe le j.
Novembre dernier .entre le Roy Tr. Ch. le Roi
d'Espagne , le Roi d'Angleterre & les Etats
Généraux des Provinces Unies. Lé soir & le*
deux nuits suivantes il y eut des Feux, des
Hluminations & d'autres marques de réjouit
Ëtnce dans toutes les-rues de la Ville.
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Résumé : ESPAGNE.
En janvier 1730, à Séville, les ministres plénipotentiaires du roi Très Chrétien et du roi d'Angleterre ont échangé les ratifications du traité de paix, d'union, d'amitié et d'alliance défensive signé le 9 novembre précédent. Les États Généraux des Provinces Unies sont également attendus pour adhérer au traité, leur ambassadeur ayant déjà approuvé le 11 novembre. À Lisbonne, le 11 novembre, le vaisseau Saint-Gabriel, chargé pour les fermiers du tabac, a été détruit par un incendie sans perte humaine. Le 5 janvier, le marquis de Françay, ambassadeur du roi Très Chrétien, a conclu les festivités pour la naissance du Dauphin par un feu d'artifice à Séville, en présence des majestés et des princes de la famille royale. Le 10 janvier, le traité de paix a été publié à Madrid avec des cérémonies traditionnelles, suivi de réjouissances publiques.
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10
p. 169-170
GRANDE BRETAGNE.
Début :
Sur la fin du mois dernier, près de 160 Vaisseaux Marchands sont partis de differens [...]
Mots clefs :
Commerce, Traité de paix, Brouillard
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRANDE BRETAGNE.
Grande B r. s ta gine»
SUr la fin du mois dernier , près de irfo Vaisa
seaux Marchands font partis de disserens*
Bores 4e ce Royaume pour aller dans les Pays.
Etrangeis*
i7<5 MERCURE DE FRANCE.
Étrangers , ce qu'on n'avoit pas vû depuis píttlîeuis~
années.
Le t. Janvier , il arriva à Londres un Cou
rier dépêché de Seville avec les Cedules du
Roi d'Espagne que la Compagnie de la Mer du
Sud attendòit pour continuer son Commerce ,
& pour faire partir le nouveau Vaiiïèau qu'elle
fait construire» j
Le Comte de Stair . ci-devanr Ambassadeur
de France , a été nommé par le»Roi Admirai
d' Ecosse avec mille liv. sterlings d'apointemens.
Le 17. il y eut à Londres' un brouillard fí
-épais 1 que vers les quatre heures après midi
on fut obligé d'allumer des Lanternes & des
Flambeaux pour aller dans les ruës : il arriva
plusieurs accidens fur la Tamise , & un Gen
tilhomme qui se promenoit dans le Parc de
5. James, ne voyant plus à le conduire ,
tomba dans le Canal , où il se seroit noyé in
failliblement . fi deux Soldats qui étoienc au
près , ne l'euííent secouru.
Le 18. on publia dans les Places , Carre»
fours, & aurres lieux accoutumez, le Traité
de Paix d'union , d'amitié & d'alliance défen
sive, conclu à Seville , le 9. du mois de No
vembre dernier.
SUr la fin du mois dernier , près de irfo Vaisa
seaux Marchands font partis de disserens*
Bores 4e ce Royaume pour aller dans les Pays.
Etrangeis*
i7<5 MERCURE DE FRANCE.
Étrangers , ce qu'on n'avoit pas vû depuis píttlîeuis~
années.
Le t. Janvier , il arriva à Londres un Cou
rier dépêché de Seville avec les Cedules du
Roi d'Espagne que la Compagnie de la Mer du
Sud attendòit pour continuer son Commerce ,
& pour faire partir le nouveau Vaiiïèau qu'elle
fait construire» j
Le Comte de Stair . ci-devanr Ambassadeur
de France , a été nommé par le»Roi Admirai
d' Ecosse avec mille liv. sterlings d'apointemens.
Le 17. il y eut à Londres' un brouillard fí
-épais 1 que vers les quatre heures après midi
on fut obligé d'allumer des Lanternes & des
Flambeaux pour aller dans les ruës : il arriva
plusieurs accidens fur la Tamise , & un Gen
tilhomme qui se promenoit dans le Parc de
5. James, ne voyant plus à le conduire ,
tomba dans le Canal , où il se seroit noyé in
failliblement . fi deux Soldats qui étoienc au
près , ne l'euííent secouru.
Le 18. on publia dans les Places , Carre»
fours, & aurres lieux accoutumez, le Traité
de Paix d'union , d'amitié & d'alliance défen
sive, conclu à Seville , le 9. du mois de No
vembre dernier.
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Résumé : GRANDE BRETAGNE.
À la fin du mois précédent, plusieurs navires marchands ont quitté le Royaume depuis Irfo Vaisa pour des pays étrangers, un événement rare depuis plusieurs années. Le 1er janvier, un courrier est arrivé à Londres depuis Séville, apportant des cédules du roi d'Espagne destinées à la Compagnie de la Mer du Sud pour poursuivre son commerce et lancer un nouveau vaisseau en construction. Le comte de Stair, ancien ambassadeur de France, a été nommé amiral d'Écosse avec une rémunération de mille livres sterling. Le 17 janvier, un épais brouillard à Londres a nécessité l'allumage de lanternes et de flambeaux pour la circulation. Plusieurs accidents se sont produits sur la Tamise, et un gentilhomme a failli se noyer dans un canal du parc de Saint James avant d'être secouru par deux soldats. Le 18 janvier, le traité de paix d'union, d'amitié et d'alliance défensive, conclu à Séville le 9 novembre précédent, a été publié dans les lieux publics.
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11
p. 170-176
MORTS, ET MARIAGES des Pays Etrangers.
Début :
Le Prince Thomas Emmanuel de Savoye, Comte de Soissons, Chevalier de la Toison [...]
Mots clefs :
Prince, Princesse, Palais, Famille, Chevaux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS, ET MARIAGES des Pays Etrangers.
MORTS, ET MARIAGES
des Pays Etrangers.
LE Prince Thomas Emmanuel deSavoyer,
Comte de Soissons, Chevalier de la Toison
d or , Mar échal de Camp , General des Armées
de l' Empereur , & Colonel d'un Régiment de
Cuií ailiers
Janvier. r7?ôv ta
Cuirassier», au Service de Sa Majesté Impériale,
mourut de la petite Vérole à Vienne , Je 18. dit
mois dernier , dans la 43". année de Ion âge,
étant né le 8. Décembre 1687. II avoit épousé le
14- Octobre 171$. la Princesse Thérèse Anne
Félicité, Fille du Prince Jean Adam André
de Lichcenstein , dont il a eu le 23. Décembre
ï7'4- le Prince Eugène Jean de Soislons, la
Corps de ce Prince fut inhumé le 30. lans cé
rémonie, dans Yb.^lise de S. Ertienne. *■
La Marquise DuúaHere d'Anspach, de 1*
Famille des Princes de Wirtemberg Stugard en'
Franconìe, y est morte âgée de $6 -n?.
Le jv de ce mois , une Femme nommée
Elizabeth Pieters , veuve de Reynitr Bemcl»
man, mourut à Amsterdam , âgée de \ 1 1 ans;
Le Duc Jean Ernest de Saxe , Hifbutg Haulèn
, l'áîné de la branche Ernestine, est mors
ì LeypsicK , dans la 17-. année de ion âge.
On apprend de Vienne , que le nombre de*
morts, tant de cette Ville que des Fauxbourgs »'
pendant l'année derniere, monte à 8; 83. Sçavoir
, tf7c. hommes, 18 ií- semmes, 204.1*
enfans mâles, & r 8 r f. filles. Le nombre de*
enfans baptisez pendant la meme arnee , eit de
' suivant les Extraits baptistaires mortuai
res , depuis le 11. Décembre 1718. juiqu'aú
13. Decembré 1719. on a baptise à Londres &f
à Westminster 8736. g \rçons , & 8324 files,
en tout 19721- de loue que le rombre des
morts de cette année , excède celui <u l'année
précédente de 1911 On a remarqué fur le
nombre des personnes mortes , qu'il s'en trou
ve 1073 f. au-dessous de deux ans , &• 143. de
90 ans & au-dessus. Les maladies qui en ont
emporté plus des deux tkts , sent les con-
■ y uliia»s
rfa MERCURE flE FRAtíCE.
gisions! les fluxions , & diverses fortes eíe
fièvres . la consomption & la petite vérole.
II eíl mort à Amsterdam pendant Patinée
derniere. j£i8. personnes, ce qui fait if4<«
moins qu'en 1718. qu?il en mourut 111Ó4.
Le 11.. Décembre dernier. Fête de S. André,
jour destiné pout la célébration des FiancuilleSdu
Czar , la Clarine Douairière , les Princefles
du Sang , & les -autres personnes de distinction
qui avoient été invitées à cette Cérémonie, se
rendirent au Palais vers les deux heures après
midi j les Dames furent conduites-dans les Apr
partemens à la droite de la grande Salle, &
les Seigneurs dans les Anti-Chambres de S.Mt
Gz. La grande Salle destinée pour cette Céré
monie , étoit magnifiquement ornée ; on avoir,
placé au milieu un grand Tapis de Soye de
Perse. Vis à- vis de ce Tapis , au haut bout
de la Salle , il y- avoit une table couverte dé
drap d'or ; fur cette table étoit un Bassin d'or ,
dans lequel étoit la sainte Croix , & deux Plats
d'or > destinez pour la bénédiction des Bagues;
li y avoit vis-à vis de la Table , fur le Tapis
un Dais de drap d'argent brodé d'or , soutenu
par six Majors Généraux. A la droite de ce
Dais-, fur un autre Tapis de Soye , étoit un
Fauteuil pour le Czar, & â. gauche, aussi fur
un Tapis & fur une même ligne, deux aurres
Fauteuils- de Velours vert ohamaré d'or , pout
la Czarine Douairière &1pour la Princesse fu
ture E oouse du Czar. A côté de res Fauteuils
un peu en arriére , il v avoit quatre Chaises
pour les quatre Princeííès du Sang, & plusieurs
autres Chaises ensuite pour les Princesses Mere
& Soeur de la Princesse , 8e pour les autre*
Princesses- de la Famille Dolgorucki.
•Agrès que tout, le monde fut assemblé au
Palais.
Janvier. 1730. 17$:
Malais > le Prince Dolgorucki, Grand- Cham
bellan du Czar & frère de la Princesse fiancée;
se rendit en qualité de principal Commissaire
du Czar , pour cet Acte , avec une nombreuse
suite de Carrosses & de Domestiques de S. Mi
Cz. au Palais de Golowiesch, où étoit la Prin
cesse & toutes les Princefles de la Famille Dol
gorucki; il déclara à la Princesse qu'il étoit
chargé de la conduire au Palais de S. M.Cz.
& apiès l'avoir priée de s'y rendre , il lui
donna la main & la conduisit au Carroíîé i
après quoi la marche commenta dans Tordre
suivant :
Deux Carroflès du Czar à six chevaux , ave£
les Chambellans de S M. Cz. un autre .Car
rosse du Czar >. aussi à six chevaux , dans leques
étoit le Grand-Chambellan seul. Qyjtre Cou
reurs du Czar. Deux Fooriers de ia Cour , ì
cheval. M. Coícheíef , Ecuyer du C2ar, à che
val 5 seul. La Garde des Grenadiers de la Prin
cesse ». à cheval. Quatre Postillons de S. M!
Cz. Un carosse à" six chevaux , dans lequel
étoit S. A. avec la Princesse fa mère & la
Princesse fa soeur : six Pages du Czar étoienc
montez fur le devant du Carrosle : ua
Page de la Chambre marchoit derrière ì
cheval ; & six Heyduques avec les Valetsde-
Pied de S» M. Cz. tous avec de magni
fiques Livres > alloient aux deux cotez. Plufieurs
autres Carrosses fuivoient, dans lesquels
étoient les Princeflés de la Famille Dolgorucki,
les Dames de. la Cour de S. A. Les Carrosses
de parade fumaient la marche..
Lorsque ce Cortège fut près du Palais du
Czar, le Maréchal de la Cour & le Grand-
Maître des Cérémonies, ayant à la main leurs
Bi.gns de CetemoniejSc accompagne* des Seigneurs>
J7 4 MFRCURÊ DÈ FRANCE,
1
gneurs de la Cour , allèrent dans l'Appaftë*
tnent des Dames, & prièrent la Czarìnt Douai* .
riere, les Princesses du Sang & les autres Da
mes , de se rendre dans la Salle des Fiançailles;
Après quoi le Maréchal de la Cour & le Grandi
Maître des Cérémonies allèrent au-devant dë
la Princesse pour la recevoir & la conduire:
dans la même Salle. Le Prince Dolgoruckij
Grand-Chambellan , donna la main à cette
Princesse à la descente du Carrosse ík Raccom
pagna iusqu'à la Salle : Aussi-tôt que la Prin
cesse fui entrée dans la Salle ■ on entendit uri
agréable Concert de Musique? après qu'elle
tut pris fa place; le Grand-Chambellan , le?
Chambellans & autres Seigneurs , conduit*
par le NÍaréchal de la Cour & par le Grand-
Miîcre des Cérémonies , allèrent prendre lé
Czar aux fanfares des Trompettes) ce Prince j
accompagné du Prince Grégoire AlexiowitZ
Dolgorucki , du Velt Maréchal , Prince Dolf;
oruki , du Baron d'Osterman, Vice Chanceier
, & de tous les Grands de fa Cour , sá
lendit aussi dans la même Salle.
Aussi tôt que S. M. Cz fe fut placée dans
son Fauteuil, la Princesse, conduite par le
Grand-Chambellan, se rendit sous le Dais;
le Czar s'y rendit aussi , étant conduit par lé
Baron d'Osterman , & se mit à la droite de la
Princesse. L' Archevêque de Novogrod fit en
suite une Prière , & s'étant approché de la
Table , il mit les deux Bagues dans les deux
Plats d'or , les bénit, suivant le Rit del'Eglisé
Grecque . & les délivra aux Fiancez , sçavotr,
celle de la Princesse à S. M. Cz. & celle du
Czar à la Princesse. Après quelques autres
Prières, le Czar & la Princefle s'étant remis
â leurs places, reçurent les complimens de
féliciràtL n
JANVIER. ir?o: i7f
sélicitation des Seigneurs &: Dames > qui eu
rent l'honneur de leui baiser la main. On 61
ëâ même- temps une triple décharge du Canon
dés Remparts , aux fanfares des Trompettes »
&c Après cette Cérémonie , le Czar , accom
pagné de la Czarine Douairière» des Princesses
du Sang & des Princeííes de la Famille Dolgoruclìi
, conduisit la Princesse fiancée dans
son Appartement , poUT y voir tirer un Feu
d'artifice qui réussit très-bien. Il y eut aussi de
fort belles Illuminations. Toute la Compagnie
étant ensuite retournée dans la grande Salle r
il y eut Jeu & Bal , qui ne dura qu'une demie
heure, arce que la Princesse fiancée s'étoit bieffée
au pied. Après qu'il fi.t fini , la Princesse
fiancée retourna dans son Palais dans u«
Carrosse à huit chevaux , conduits par six Pos
tillons avec six Pages . huit Heydtrques , huie
Chevaliers- Gardes à cheval 1 &r le même Cor
tège avec lequel elle s'étoit rendue au Palais
du Czar. La Princesse étoit feule dans ce Car
rosse , & on battit la caisse à son départ.
on écrit de Moscou , que tout le monde
convient que le Czar n'avoit pu faire un choix
qui fût plus universellement applaudi , à cause
ou mérite, de la bonté du coeur & de la
modestie de la futureCzarine.CesLettres ajou
tent que dans le Discours que le Velt-Marcchal
Dolgorucki fit le 30. Novembre à cette
Princesse , il lui dit entre autres choses : Hier
vous íliéï ma Nièce y aujourd'hui vous allej^
être ma Souveraine i vous voyez, par là com
ment les affaires humaines peuvent changer dit
soir au lendemain : que l' éclat da nouveau rang
que vout alleç tenir , ne vous ébloiiijfe pas &
ne vous f*sse pas perdre cette noble modestie n*i
HO lit
\jè mercure de francë:
vous y a élevée. Noire Famille est ajfez pour
vût; des biens de la fortune ; elle n'a besoin derien
: ainsi oubliez, que votts en êtes ,
frenex. à tâche de n'employer le crédit que -voue
fourrez avoir qu'à faire du bien, à ceux quih
méritent le plus , fans avoir égard au non*
qu'ils portent.^
des Pays Etrangers.
LE Prince Thomas Emmanuel deSavoyer,
Comte de Soissons, Chevalier de la Toison
d or , Mar échal de Camp , General des Armées
de l' Empereur , & Colonel d'un Régiment de
Cuií ailiers
Janvier. r7?ôv ta
Cuirassier», au Service de Sa Majesté Impériale,
mourut de la petite Vérole à Vienne , Je 18. dit
mois dernier , dans la 43". année de Ion âge,
étant né le 8. Décembre 1687. II avoit épousé le
14- Octobre 171$. la Princesse Thérèse Anne
Félicité, Fille du Prince Jean Adam André
de Lichcenstein , dont il a eu le 23. Décembre
ï7'4- le Prince Eugène Jean de Soislons, la
Corps de ce Prince fut inhumé le 30. lans cé
rémonie, dans Yb.^lise de S. Ertienne. *■
La Marquise DuúaHere d'Anspach, de 1*
Famille des Princes de Wirtemberg Stugard en'
Franconìe, y est morte âgée de $6 -n?.
Le jv de ce mois , une Femme nommée
Elizabeth Pieters , veuve de Reynitr Bemcl»
man, mourut à Amsterdam , âgée de \ 1 1 ans;
Le Duc Jean Ernest de Saxe , Hifbutg Haulèn
, l'áîné de la branche Ernestine, est mors
ì LeypsicK , dans la 17-. année de ion âge.
On apprend de Vienne , que le nombre de*
morts, tant de cette Ville que des Fauxbourgs »'
pendant l'année derniere, monte à 8; 83. Sçavoir
, tf7c. hommes, 18 ií- semmes, 204.1*
enfans mâles, & r 8 r f. filles. Le nombre de*
enfans baptisez pendant la meme arnee , eit de
' suivant les Extraits baptistaires mortuai
res , depuis le 11. Décembre 1718. juiqu'aú
13. Decembré 1719. on a baptise à Londres &f
à Westminster 8736. g \rçons , & 8324 files,
en tout 19721- de loue que le rombre des
morts de cette année , excède celui <u l'année
précédente de 1911 On a remarqué fur le
nombre des personnes mortes , qu'il s'en trou
ve 1073 f. au-dessous de deux ans , &• 143. de
90 ans & au-dessus. Les maladies qui en ont
emporté plus des deux tkts , sent les con-
■ y uliia»s
rfa MERCURE flE FRAtíCE.
gisions! les fluxions , & diverses fortes eíe
fièvres . la consomption & la petite vérole.
II eíl mort à Amsterdam pendant Patinée
derniere. j£i8. personnes, ce qui fait if4<«
moins qu'en 1718. qu?il en mourut 111Ó4.
Le 11.. Décembre dernier. Fête de S. André,
jour destiné pout la célébration des FiancuilleSdu
Czar , la Clarine Douairière , les Princefles
du Sang , & les -autres personnes de distinction
qui avoient été invitées à cette Cérémonie, se
rendirent au Palais vers les deux heures après
midi j les Dames furent conduites-dans les Apr
partemens à la droite de la grande Salle, &
les Seigneurs dans les Anti-Chambres de S.Mt
Gz. La grande Salle destinée pour cette Céré
monie , étoit magnifiquement ornée ; on avoir,
placé au milieu un grand Tapis de Soye de
Perse. Vis à- vis de ce Tapis , au haut bout
de la Salle , il y- avoit une table couverte dé
drap d'or ; fur cette table étoit un Bassin d'or ,
dans lequel étoit la sainte Croix , & deux Plats
d'or > destinez pour la bénédiction des Bagues;
li y avoit vis-à vis de la Table , fur le Tapis
un Dais de drap d'argent brodé d'or , soutenu
par six Majors Généraux. A la droite de ce
Dais-, fur un autre Tapis de Soye , étoit un
Fauteuil pour le Czar, & â. gauche, aussi fur
un Tapis & fur une même ligne, deux aurres
Fauteuils- de Velours vert ohamaré d'or , pout
la Czarine Douairière &1pour la Princesse fu
ture E oouse du Czar. A côté de res Fauteuils
un peu en arriére , il v avoit quatre Chaises
pour les quatre Princeííès du Sang, & plusieurs
autres Chaises ensuite pour les Princesses Mere
& Soeur de la Princesse , 8e pour les autre*
Princesses- de la Famille Dolgorucki.
•Agrès que tout, le monde fut assemblé au
Palais.
Janvier. 1730. 17$:
Malais > le Prince Dolgorucki, Grand- Cham
bellan du Czar & frère de la Princesse fiancée;
se rendit en qualité de principal Commissaire
du Czar , pour cet Acte , avec une nombreuse
suite de Carrosses & de Domestiques de S. Mi
Cz. au Palais de Golowiesch, où étoit la Prin
cesse & toutes les Princefles de la Famille Dol
gorucki; il déclara à la Princesse qu'il étoit
chargé de la conduire au Palais de S. M.Cz.
& apiès l'avoir priée de s'y rendre , il lui
donna la main & la conduisit au Carroíîé i
après quoi la marche commenta dans Tordre
suivant :
Deux Carroflès du Czar à six chevaux , ave£
les Chambellans de S M. Cz. un autre .Car
rosse du Czar >. aussi à six chevaux , dans leques
étoit le Grand-Chambellan seul. Qyjtre Cou
reurs du Czar. Deux Fooriers de ia Cour , ì
cheval. M. Coícheíef , Ecuyer du C2ar, à che
val 5 seul. La Garde des Grenadiers de la Prin
cesse ». à cheval. Quatre Postillons de S. M!
Cz. Un carosse à" six chevaux , dans lequel
étoit S. A. avec la Princesse fa mère & la
Princesse fa soeur : six Pages du Czar étoienc
montez fur le devant du Carrosle : ua
Page de la Chambre marchoit derrière ì
cheval ; & six Heyduques avec les Valetsde-
Pied de S» M. Cz. tous avec de magni
fiques Livres > alloient aux deux cotez. Plufieurs
autres Carrosses fuivoient, dans lesquels
étoient les Princeflés de la Famille Dolgorucki,
les Dames de. la Cour de S. A. Les Carrosses
de parade fumaient la marche..
Lorsque ce Cortège fut près du Palais du
Czar, le Maréchal de la Cour & le Grand-
Maître des Cérémonies, ayant à la main leurs
Bi.gns de CetemoniejSc accompagne* des Seigneurs>
J7 4 MFRCURÊ DÈ FRANCE,
1
gneurs de la Cour , allèrent dans l'Appaftë*
tnent des Dames, & prièrent la Czarìnt Douai* .
riere, les Princesses du Sang & les autres Da
mes , de se rendre dans la Salle des Fiançailles;
Après quoi le Maréchal de la Cour & le Grandi
Maître des Cérémonies allèrent au-devant dë
la Princesse pour la recevoir & la conduire:
dans la même Salle. Le Prince Dolgoruckij
Grand-Chambellan , donna la main à cette
Princesse à la descente du Carrosse ík Raccom
pagna iusqu'à la Salle : Aussi-tôt que la Prin
cesse fui entrée dans la Salle ■ on entendit uri
agréable Concert de Musique? après qu'elle
tut pris fa place; le Grand-Chambellan , le?
Chambellans & autres Seigneurs , conduit*
par le NÍaréchal de la Cour & par le Grand-
Miîcre des Cérémonies , allèrent prendre lé
Czar aux fanfares des Trompettes) ce Prince j
accompagné du Prince Grégoire AlexiowitZ
Dolgorucki , du Velt Maréchal , Prince Dolf;
oruki , du Baron d'Osterman, Vice Chanceier
, & de tous les Grands de fa Cour , sá
lendit aussi dans la même Salle.
Aussi tôt que S. M. Cz fe fut placée dans
son Fauteuil, la Princesse, conduite par le
Grand-Chambellan, se rendit sous le Dais;
le Czar s'y rendit aussi , étant conduit par lé
Baron d'Osterman , & se mit à la droite de la
Princesse. L' Archevêque de Novogrod fit en
suite une Prière , & s'étant approché de la
Table , il mit les deux Bagues dans les deux
Plats d'or , les bénit, suivant le Rit del'Eglisé
Grecque . & les délivra aux Fiancez , sçavotr,
celle de la Princesse à S. M. Cz. & celle du
Czar à la Princesse. Après quelques autres
Prières, le Czar & la Princefle s'étant remis
â leurs places, reçurent les complimens de
féliciràtL n
JANVIER. ir?o: i7f
sélicitation des Seigneurs &: Dames > qui eu
rent l'honneur de leui baiser la main. On 61
ëâ même- temps une triple décharge du Canon
dés Remparts , aux fanfares des Trompettes »
&c Après cette Cérémonie , le Czar , accom
pagné de la Czarine Douairière» des Princesses
du Sang & des Princeííes de la Famille Dolgoruclìi
, conduisit la Princesse fiancée dans
son Appartement , poUT y voir tirer un Feu
d'artifice qui réussit très-bien. Il y eut aussi de
fort belles Illuminations. Toute la Compagnie
étant ensuite retournée dans la grande Salle r
il y eut Jeu & Bal , qui ne dura qu'une demie
heure, arce que la Princesse fiancée s'étoit bieffée
au pied. Après qu'il fi.t fini , la Princesse
fiancée retourna dans son Palais dans u«
Carrosse à huit chevaux , conduits par six Pos
tillons avec six Pages . huit Heydtrques , huie
Chevaliers- Gardes à cheval 1 &r le même Cor
tège avec lequel elle s'étoit rendue au Palais
du Czar. La Princesse étoit feule dans ce Car
rosse , & on battit la caisse à son départ.
on écrit de Moscou , que tout le monde
convient que le Czar n'avoit pu faire un choix
qui fût plus universellement applaudi , à cause
ou mérite, de la bonté du coeur & de la
modestie de la futureCzarine.CesLettres ajou
tent que dans le Discours que le Velt-Marcchal
Dolgorucki fit le 30. Novembre à cette
Princesse , il lui dit entre autres choses : Hier
vous íliéï ma Nièce y aujourd'hui vous allej^
être ma Souveraine i vous voyez, par là com
ment les affaires humaines peuvent changer dit
soir au lendemain : que l' éclat da nouveau rang
que vout alleç tenir , ne vous ébloiiijfe pas &
ne vous f*sse pas perdre cette noble modestie n*i
HO lit
\jè mercure de francë:
vous y a élevée. Noire Famille est ajfez pour
vût; des biens de la fortune ; elle n'a besoin derien
: ainsi oubliez, que votts en êtes ,
frenex. à tâche de n'employer le crédit que -voue
fourrez avoir qu'à faire du bien, à ceux quih
méritent le plus , fans avoir égard au non*
qu'ils portent.^
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Résumé : MORTS, ET MARIAGES des Pays Etrangers.
Le texte relate divers événements de mort et de mariage dans des pays étrangers. Le Prince Thomas Emmanuel de Savoie, Comte de Soissons, est décédé de la variole à Vienne le 18 janvier 1720 à l'âge de 43 ans. Il avait épousé la Princesse Thérèse Anne Félicité de Liechtenstein en 1715, avec qui il eut un fils, le Prince Eugène Jean de Soissons, né en 1714. La Marquise Duüahere d'Anspach, de la famille des Princes de Wurtemberg, est morte à 56 ans. À Amsterdam, Elizabeth Pieters, veuve de Reynier Bemclman, est décédée à 111 ans. Le Duc Jean Ernest de Saxe, Hifbutg Haulèn, est mort à Leipzig à l'âge de 17 ans. À Vienne, le nombre de décès en 1719 s'élève à 8 833, incluant 1 776 hommes, 1 811 femmes, 2 041 garçons et 1 827 filles. À Londres et Westminster, 19 721 enfants ont été baptisés en 1719. Le texte décrit également les préparatifs et le déroulement du mariage du Czar avec la Princesse Dolgorucki. La cérémonie a eu lieu en janvier 1730, avec une procession solennelle et des festivités incluant un concert, des prières, des félicitations, un feu d'artifice et des illuminations. La Princesse, après la cérémonie, a été conduite dans son appartement pour voir le feu d'artifice, suivie d'un jeu et d'un bal. Le choix du Czar a été universellement applaudi en raison des qualités de la future Czarine.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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12
p. 376-377
TURQUIE ET PERSE.
Début :
On apprend de Constantinople, qu'on y avoit reçu avis, que le Prince Thamas [...]
Mots clefs :
Prince, Sultan
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TURQUIE ET PERSE.
T xj r Q_u ie et Perse.
ON apprend de Constantinople, qu'on y
avoit reçu avis , que le Prince Thamas
ayant été joint par quelques troupes de Maymud
, l'un des principaux Seigneurs de la
Province de Candahar , avoit défait en trois
combats la principale armée du Sultan Achec
F E V R I Ë R. I7îq. 377
raf ; qu'il s'étoìt rendu maître quelques jours
après de BenJer- Abassi ; que par la prise de
Cette Pbce importante , le reste des troupe*
. du Sultan Acheraf n'avoit plus de communia
cation avec la ville d'Ispahan , dont le Prince
Thamas avoir résolu de former le siège , aussi-,
tôt qu'il auroitreçu les secours que se Grandi
Mogol lui envoyé. Ces nouvelles, dont le GrJ
Vizir a reçu h confirmation, l'ont obligé d'as
sembler extraordJtairement le Divan , pou*
délibérer si on donneroit du secours au Sultan
Acheraf ; niais les avis ont été partagez ; il est
Cependant arrivé à Constantinople un Envoyé
Extraordinaire du Prince Thamas,qui a obtenu
que la Porte reíteroit neutre.
On a appris depuis que le Prince Thamas
i'étoit emparé de Cafoin 8r de quelques autres
Places ; que les troupes du Mogol étoient en
trées en Perse, &que le Sultan Acheraf a voit
été obligé de se retirer à Ispahan , où on ne
croyoit pas qu'il fut en état de soutenir un
- Siège.
ON apprend de Constantinople, qu'on y
avoit reçu avis , que le Prince Thamas
ayant été joint par quelques troupes de Maymud
, l'un des principaux Seigneurs de la
Province de Candahar , avoit défait en trois
combats la principale armée du Sultan Achec
F E V R I Ë R. I7îq. 377
raf ; qu'il s'étoìt rendu maître quelques jours
après de BenJer- Abassi ; que par la prise de
Cette Pbce importante , le reste des troupe*
. du Sultan Acheraf n'avoit plus de communia
cation avec la ville d'Ispahan , dont le Prince
Thamas avoir résolu de former le siège , aussi-,
tôt qu'il auroitreçu les secours que se Grandi
Mogol lui envoyé. Ces nouvelles, dont le GrJ
Vizir a reçu h confirmation, l'ont obligé d'as
sembler extraordJtairement le Divan , pou*
délibérer si on donneroit du secours au Sultan
Acheraf ; niais les avis ont été partagez ; il est
Cependant arrivé à Constantinople un Envoyé
Extraordinaire du Prince Thamas,qui a obtenu
que la Porte reíteroit neutre.
On a appris depuis que le Prince Thamas
i'étoit emparé de Cafoin 8r de quelques autres
Places ; que les troupes du Mogol étoient en
trées en Perse, &que le Sultan Acheraf a voit
été obligé de se retirer à Ispahan , où on ne
croyoit pas qu'il fut en état de soutenir un
- Siège.
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Résumé : TURQUIE ET PERSE.
Le prince Thamas, appuyé par les troupes de Maymud, seigneur de Candahar, a vaincu l'armée du sultan Acheraf lors de trois batailles. Il a ensuite pris le contrôle de Benjer-Abassi, isolant ainsi les forces restantes du sultan d'Ispahan. Thamas prévoit de mettre le siège devant Ispahan après avoir reçu des renforts du Grand Mogol. À Constantinople, le Grand Vizir a convoqué le Divan pour discuter d'un éventuel soutien au sultan Acheraf, mais les opinions étaient divisées. Un envoyé de Thamas a obtenu la neutralité de la Porte ottomane. Thamas a également conquis d'autres places, dont Cafoin, et les troupes mogoles ont pénétré en Perse. Le sultan Acheraf s'est retiré à Ispahan, où sa capacité à résister à un siège est incertaine.
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13
p. 377-378
RUSSIE
Début :
On mande de Moscou, que quatre Marchands d'Ispahan y étoient arrivez depuis [...]
Mots clefs :
Moscou, Tsar
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RUSSIE
Russie
ON mande da Moscou > que quatre Mar-»
chands d'Ispahan y étoient arrivez depuis
peu pour s'y établir , & que les effets qu'ils y
jtvoient aportez consistoient en bijoux & au*
tres marchandises précieuses. Ils ont demandé
la permission de prendre intérêt dans les prin
cipales Compagnies du commerce de ce pays »
& principalement dans celle du commerce de
la Chine , où tous les Negociáns Etrangers
fiourront à présent prendre part . en vertu de
a nouvelle Ordonnance que le Czar a fait pu
blier.
. Le 11. Janvier , premier jour de l'an , selort
H ííij l'an378
MÉRCURÈ DÉ FRANCE,
í'ançien stile , le Czar , la Princeíïe Dolho-r
iucki sa fiancée , & les Princesses du Sang , re
çurent les complimens de tous les Seigneurs
& Dames de la Cour , à Moscou , sur la nou
velle année.
On mande aussi de Moscou du 18. Janvier »
«jue la Cérémonie du Mariage du Czar se fer oie
avant la fin de ce mois-là i & on apprend de
Peteríbourg que la plupart ^es .prisonniers des
prisons de cette ville avoient été mis en liberté
a l'occasion de ce futurMariage>â condition de
travailler aux Digues de la Neva pendant
J'hyver.
Il est arrivé à Moscou un Envoyé Extraor
dinaire du Prince Thamas , fils du dernier Roy
de Perse , avec une suite de trente à quaran-ce
Persans.
ON mande da Moscou > que quatre Mar-»
chands d'Ispahan y étoient arrivez depuis
peu pour s'y établir , & que les effets qu'ils y
jtvoient aportez consistoient en bijoux & au*
tres marchandises précieuses. Ils ont demandé
la permission de prendre intérêt dans les prin
cipales Compagnies du commerce de ce pays »
& principalement dans celle du commerce de
la Chine , où tous les Negociáns Etrangers
fiourront à présent prendre part . en vertu de
a nouvelle Ordonnance que le Czar a fait pu
blier.
. Le 11. Janvier , premier jour de l'an , selort
H ííij l'an378
MÉRCURÈ DÉ FRANCE,
í'ançien stile , le Czar , la Princeíïe Dolho-r
iucki sa fiancée , & les Princesses du Sang , re
çurent les complimens de tous les Seigneurs
& Dames de la Cour , à Moscou , sur la nou
velle année.
On mande aussi de Moscou du 18. Janvier »
«jue la Cérémonie du Mariage du Czar se fer oie
avant la fin de ce mois-là i & on apprend de
Peteríbourg que la plupart ^es .prisonniers des
prisons de cette ville avoient été mis en liberté
a l'occasion de ce futurMariage>â condition de
travailler aux Digues de la Neva pendant
J'hyver.
Il est arrivé à Moscou un Envoyé Extraor
dinaire du Prince Thamas , fils du dernier Roy
de Perse , avec une suite de trente à quaran-ce
Persans.
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Résumé : RUSSIE
Le document relate plusieurs événements récents en Russie. Quatre marchands d'Ispahan sont arrivés à Moscou pour s'y établir, apportant des bijoux et d'autres marchandises précieuses. Ils ont sollicité une participation aux principales compagnies de commerce, notamment celle du commerce de la Chine, désormais ouverte aux négociants étrangers grâce à une nouvelle ordonnance du Czar. Le 11 janvier, jour du Nouvel An selon le calendrier julien, le Czar, le prince Dolhoriucki, sa fiancée et les princesses du sang ont reçu les vœux des seigneurs et dames de la cour à Moscou. Le 18 janvier, il a été annoncé que la cérémonie de mariage du Czar se tiendrait avant la fin du mois. À Saint-Pétersbourg, la plupart des prisonniers ont été libérés pour travailler sur les digues de la Neva pendant l'hiver. Par ailleurs, un envoyé extraordinaire du prince Thamas, fils du dernier roi de Perse, est arrivé à Moscou accompagné d'une suite de trente à quarante Persans.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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14
p. 378-383
EXTRAIT d'une Lettre de M. Delisle, écrite de Petersbourg le 3. Janvier 1730.
Début :
Le 9. du mois de Novembre, j'ai fait chanter la Messe & le Te Deum en Musique dans [...]
Mots clefs :
Naissance du Dauphin, Réjouissances, Lumières, Armes, Fleurs
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'une Lettre de M. Delisle, écrite de Petersbourg le 3. Janvier 1730.
EXTRAIT d'une Lettre de M. Delijle;
i écrits de Peterjbourg le 3 . Janvier
1730.
LE 9. du mois de Novembre, j'ai fait char*-
ter la Messe & 1; Te Veum en Musique dans
j'Eglise^ Catholique , en action de grâces de
j'heureux Accouchement de la Reine, & de
]a Naissance de Monseigneur le Dauphin. J'y
avois invité non seulement tous les François
qui font dans cette ville , mais encore toutes
les personnes de distinction qu'il y a ici > com
me Officiers Généraux, Amiraux, Vice- Ami
raux, Contre- Amiraux , les principaux Mem
bres des différents Collèges , les principaux
Marchands , & tous les Académiciens. Toutes
ces personnes invitées se sont ensuite rendues le
même soir dans la maison de l' Académie oú
est l'Observatoire , & dans laquelle je demeu
re.
FEVRIER. 1750; J79
ré. Cette maison qui est isolée , est avantageu
sement située au milieu de la ville , à la pointe
de l'ifle appellée Vasile OHrou ; elle est com
posée de deux grands Corps de logis , au mi
lieu desquels est élevé l'Obscrvatoire. Toute
:1a maison, percée de plus de cent fenêtres ,
^étoic éclairée d'illuminations par des Pìramides
de lumières posées en dedans de chaque
fenêcie , suivant l'usage du pays- J'avois auífi
fait préparer un grand nombre de terrines pour
illuminer en dehors la tour de l'Obscrvatoire»
dans trois rangs , les uns au dessus des autres \
il y avoit une fort grosse boule transparente ,
qui devoir terminer cette illumination de ï*
Tour , & qui étant élevée tout au haut de
l'Obscrvatoire , à plus de deux cens pieds de
.hauteur > pouvoit être vûe de toute la ville
& des environs , & y montrer fur un fond
obscur les Fleurs de Lys des Armes de France
illuminées ; mais la grande tempête & le venc
-qu'il fit toute cette nuit à Peteríbourg, ne
permirent pas cette illumination de la Tour.
D; plein pied à mon Appartement est une
:grande Salle que j'avois fait préparer pour la
Fête; elle ctoit ornée des plus belles Tapisse
ries de haute & basse Lisse , au dessus desquel
les regnoit tout autour de la Salle une large
bande d' Etoffé bleue' , couverte de figures , de
Dauphins & de Lys de France. La voûte étoic
soutenue par huit Colomnes, autour desquel-
,fcs j'avois fait attacher en spirales des bran
ches d'arbres qui faisoient l'esset des Colonnes
torscs. Cette Salle étoit illuminée , de même
que le reste de la ftiaison , en Pîramides de
lumières dedans l'embrasure de chaque fenêtrer
Outre cela dans les deux fonds , par les
quels cette Salle est contiguê au reste de la
*. , H y Maison,
38o MERCURE DÉ FRANCE.
Maison , & dans lesquels il n'y a point de fé>
Jiêtres , il y avoir fur le mur quatre autres
plus grandes Piramides de lumières > & entre
ces Piramides , fur chaque fond , on voyoit
en haut comme dans un enfoncement un
grand Tableau transparent , sur lequel étoient
peintes des Devises qui convenoient au sujet.
Celui de ces Tableaux qui étoît le premier vû
en entrant , reprefentoic le sujet de la Fête.
Les deux Anges qui servent de Support aux
Armes de France , y étoient représentez en
pied s & au lieu de sòûtenir l'Ecuífon , ils recevoient
des Cieux un Enfant richement ernr
mailloté &accollé de l'Ordre du S. Esprit,
avec cette Inscription : C&lesti tr,unere Ui»
Gallia. La Traduction en Rulìe étoit au bas.
Du côté opposé > sur un Tableau de même
grandeur , étoit représente' un Dauphin au
tour du Sceptre Royal de France , lequel fer
retminoit en Ancre , avec cette Inscription*;
Spet fausta futuri , la Traduction en Ruflè
étoit au bas. Au fond de la Salle il y avoit
«ne grande Table de cent Couverts , dressée
en fer â cheval, & aux deux côtez vers le
bas , deux autres Tables de if. Couverts cha
cune; enfin vers le plus bas de la Table étoir
Choeurs , entre lesquels on passoit fous un
Berceau de vetdure , pour entrer dans la Salle.
Cette entrée étoit gardée par deux grands Gre
nadiers de la Garde de S. M. il y en avoit iSautres
à rentrée de la maison & de mon ap
partement. Entre l'Amphitheatre des Musi
ciens & les Tables il y avoit encorô un fore
grand espace vuide pour la Danse , fans in
commoder le Service des Tables , pour lequeî
il y avoit deux grands Buffets dressez aux deux
cote?
FEVRIER, ma. jSi
çâtez de la Salle. J'avois fait servir sur les
Tables une Collation en Ambigu , laquelle
faifoic un fore bel effet par le grand nombre
de bougies qui étoient fur ces Tables dans
des flambeaux de cristal. Toutes les Piramides
qui étoient aussi de cristal éroient ornées de
fleurs naturelles & artificielles ; toutes les
viandes étóient jonchées de Bouquets de lau
riers naturels . dorez 8r argentez par les extremitez
; j'avois auíïi fait représenter fur cette
Collation , autant que l'on avoit pû , des figu
res de Dauphins & dè Fleurs de-Lys , fur le»
Tourtes , les Pàtez , & dans les Candits.
Il y avoit au haut de la plus grande Piramide
, qui étoit placée au milieu de h plus
frande Table, un groupe de plusieurs figures
e relief, en cire , de près d*un pied de hau
teur , dorées , & les Draperies argentées. La
principale figure étoit debout , & represen
toit la France , ayant le Manteau Royal , 8c la
Couronne de Fiance. Elle tenoit fur fes bras
un Enfant nud , qui representoit le Dauphin.
Au bas étoit un petit Amour , qui mettant les
pieds fur un Carreau semé de Fleurs de-Lys ,
cherchoit à s'élever pour présenter à l'aucuste
Enfant la Couronne du Dauphin , 8t
fc Cordon de l'Ordre dû S. Efprir,. Ce groupe
qui étoit artistement entouré des plus belles
Tleurs naturelles & artificielles , étoit sur
monté d'une Arcade de feuilles de Lauriers ,
dorées 8r argentées. Au haut de cette Arcade
étoit une grande Fleur-de- Lys de Sucre caniîî
transparante > qui à la clarté des lumières paroissoit
d'or. Aux deux côtez , fur les pince»
du Fer à cheval , étoient deux autres figures
de même matière, dorées & argentées de la
»é.me manière j l'une representoit la Paix, 8c
H vj l'awî*
3 8 1 MERCURE DE FRAtíCE;
l'autre l' Abondance, avec léurs attributs, pour
marquerque cette Naissance étoit arrivée dans,
la Paix & l'Abondance. J'avois aussi fait met
tre fur la Tapisserie du fond de la Salle les
Portraits du Roy & de lá Reine. Enfirt
fur le bas de la Nappe du milieu de la grande
Table , on voyoit les Armes du Dauphin ,
peintes en grand. Voilà quelle étoit la disposi
tion de la Salle, dont on ne fit Touverturc
qu'après que toute la Compagnie sc'fû't assem
blée dans mon Appartement.
Les Amiraux & autres Officiers Généraux,
à mesure qu'ils arrivoient par eau dans leurs
Barques, etoient annoncez par les Timballes
& les Trompettes', & étoient reçus , les Gre
nadiers étant fous les armes , & leur Lieute»
nant à leur tête. Lorsque la Compagnie fut
doute aflemblée, & qu'au sortir de mon Ap
partement elle entra dans la Salle où 'les Musi
ciens la reçurent pat un Concert de tous leurs
înstrumens ; elle y fut agréablement surprise
de l'éclat de toutes les lumières & de la belle
■disposition de la Salle , que chacun prit plaisir
de voir plus d'un quart d'heureavant que de sb
mettre à table. Chacun s'étant ensuite placé
suivant son.rang , & les Dames ayant été eon*.
duites par les personnes les plus distinguées ,
le Repas fut accompagné de la- Musique , qui
joiia les plus belles Sonnâtes , & autres Airs
choisis. L'on y but les Santez de Leurs Ma
lestez & de Monseigneur lè Dauphin au son
des Timballes & des Trompettes , & ensuite
toutes les autres Santez , suivant la coutume
du pays, comme celles du haut Ministère,. de
Ï Amirauté, & de la Généralité , des fidèles
Serviteurs , des Absents , &c, J'y fis servît
avec profusion ks meilleurí vins du Rhin , de
Bouc»
FEVRIER. *7%tí. i%$
Bourgogne & de Canarie , faisant donner à
chacun celuy qu'il souhaittoit , & autant qu'il
cn vouloir. Après la Collation le Bal fut ou
vert par M. le General Major Tessin, Envoyé
du Duc de Holstein , qui dansa avec la fille
Je l'Arniral Sivcrs. On dansa non-seulemenc
dans la grande Salle , mais aussi dans les au*
tres Chambres de mon Appartement , & je fis
servir pendant le Bal tous les Rafraîchissemtns
que l'on souhaittoit- J'y avois aufli fait dresser
des tables pour ceux qui vouloient fumer ou
chanter , ou boire de la Ponche, à la manière
Angloife , afin que rien ne manquât dans cette
Fête , qui a dure jusqu'au lendemain huit heu
res du matin , avec une telle satisfaction de
tout le monde , que plusieurs personnes ont
allure qu'il n'y avoic point encore eu jufqu'aîors
à Peterfbourg une Fête plus belle & mieu*
ordonnée.
M. Delijle-, Astronome , de l'Academie
Royale des Sciences de Paris » Lecteur &
Professeur au Collège Royal de France, de
la Société Royale de Londres, & de celle de
Prusse, alla à Peterfbourg il y a quatre ans,
avec la permission du Roy , pour y travailler
avec plusieurs autres Sçavans, à un Observa
toire & à une A cademie des Sciences que le feu-
Czar avoit commencé d'y établi»
i écrits de Peterjbourg le 3 . Janvier
1730.
LE 9. du mois de Novembre, j'ai fait char*-
ter la Messe & 1; Te Veum en Musique dans
j'Eglise^ Catholique , en action de grâces de
j'heureux Accouchement de la Reine, & de
]a Naissance de Monseigneur le Dauphin. J'y
avois invité non seulement tous les François
qui font dans cette ville , mais encore toutes
les personnes de distinction qu'il y a ici > com
me Officiers Généraux, Amiraux, Vice- Ami
raux, Contre- Amiraux , les principaux Mem
bres des différents Collèges , les principaux
Marchands , & tous les Académiciens. Toutes
ces personnes invitées se sont ensuite rendues le
même soir dans la maison de l' Académie oú
est l'Observatoire , & dans laquelle je demeu
re.
FEVRIER. 1750; J79
ré. Cette maison qui est isolée , est avantageu
sement située au milieu de la ville , à la pointe
de l'ifle appellée Vasile OHrou ; elle est com
posée de deux grands Corps de logis , au mi
lieu desquels est élevé l'Obscrvatoire. Toute
:1a maison, percée de plus de cent fenêtres ,
^étoic éclairée d'illuminations par des Pìramides
de lumières posées en dedans de chaque
fenêcie , suivant l'usage du pays- J'avois auífi
fait préparer un grand nombre de terrines pour
illuminer en dehors la tour de l'Obscrvatoire»
dans trois rangs , les uns au dessus des autres \
il y avoit une fort grosse boule transparente ,
qui devoir terminer cette illumination de ï*
Tour , & qui étant élevée tout au haut de
l'Obscrvatoire , à plus de deux cens pieds de
.hauteur > pouvoit être vûe de toute la ville
& des environs , & y montrer fur un fond
obscur les Fleurs de Lys des Armes de France
illuminées ; mais la grande tempête & le venc
-qu'il fit toute cette nuit à Peteríbourg, ne
permirent pas cette illumination de la Tour.
D; plein pied à mon Appartement est une
:grande Salle que j'avois fait préparer pour la
Fête; elle ctoit ornée des plus belles Tapisse
ries de haute & basse Lisse , au dessus desquel
les regnoit tout autour de la Salle une large
bande d' Etoffé bleue' , couverte de figures , de
Dauphins & de Lys de France. La voûte étoic
soutenue par huit Colomnes, autour desquel-
,fcs j'avois fait attacher en spirales des bran
ches d'arbres qui faisoient l'esset des Colonnes
torscs. Cette Salle étoit illuminée , de même
que le reste de la ftiaison , en Pîramides de
lumières dedans l'embrasure de chaque fenêtrer
Outre cela dans les deux fonds , par les
quels cette Salle est contiguê au reste de la
*. , H y Maison,
38o MERCURE DÉ FRANCE.
Maison , & dans lesquels il n'y a point de fé>
Jiêtres , il y avoir fur le mur quatre autres
plus grandes Piramides de lumières > & entre
ces Piramides , fur chaque fond , on voyoit
en haut comme dans un enfoncement un
grand Tableau transparent , sur lequel étoient
peintes des Devises qui convenoient au sujet.
Celui de ces Tableaux qui étoît le premier vû
en entrant , reprefentoic le sujet de la Fête.
Les deux Anges qui servent de Support aux
Armes de France , y étoient représentez en
pied s & au lieu de sòûtenir l'Ecuífon , ils recevoient
des Cieux un Enfant richement ernr
mailloté &accollé de l'Ordre du S. Esprit,
avec cette Inscription : C&lesti tr,unere Ui»
Gallia. La Traduction en Rulìe étoit au bas.
Du côté opposé > sur un Tableau de même
grandeur , étoit représente' un Dauphin au
tour du Sceptre Royal de France , lequel fer
retminoit en Ancre , avec cette Inscription*;
Spet fausta futuri , la Traduction en Ruflè
étoit au bas. Au fond de la Salle il y avoit
«ne grande Table de cent Couverts , dressée
en fer â cheval, & aux deux côtez vers le
bas , deux autres Tables de if. Couverts cha
cune; enfin vers le plus bas de la Table étoir
Choeurs , entre lesquels on passoit fous un
Berceau de vetdure , pour entrer dans la Salle.
Cette entrée étoit gardée par deux grands Gre
nadiers de la Garde de S. M. il y en avoit iSautres
à rentrée de la maison & de mon ap
partement. Entre l'Amphitheatre des Musi
ciens & les Tables il y avoit encorô un fore
grand espace vuide pour la Danse , fans in
commoder le Service des Tables , pour lequeî
il y avoit deux grands Buffets dressez aux deux
cote?
FEVRIER, ma. jSi
çâtez de la Salle. J'avois fait servir sur les
Tables une Collation en Ambigu , laquelle
faifoic un fore bel effet par le grand nombre
de bougies qui étoient fur ces Tables dans
des flambeaux de cristal. Toutes les Piramides
qui étoient aussi de cristal éroient ornées de
fleurs naturelles & artificielles ; toutes les
viandes étóient jonchées de Bouquets de lau
riers naturels . dorez 8r argentez par les extremitez
; j'avois auíïi fait représenter fur cette
Collation , autant que l'on avoit pû , des figu
res de Dauphins & dè Fleurs de-Lys , fur le»
Tourtes , les Pàtez , & dans les Candits.
Il y avoit au haut de la plus grande Piramide
, qui étoit placée au milieu de h plus
frande Table, un groupe de plusieurs figures
e relief, en cire , de près d*un pied de hau
teur , dorées , & les Draperies argentées. La
principale figure étoit debout , & represen
toit la France , ayant le Manteau Royal , 8c la
Couronne de Fiance. Elle tenoit fur fes bras
un Enfant nud , qui representoit le Dauphin.
Au bas étoit un petit Amour , qui mettant les
pieds fur un Carreau semé de Fleurs de-Lys ,
cherchoit à s'élever pour présenter à l'aucuste
Enfant la Couronne du Dauphin , 8t
fc Cordon de l'Ordre dû S. Efprir,. Ce groupe
qui étoit artistement entouré des plus belles
Tleurs naturelles & artificielles , étoit sur
monté d'une Arcade de feuilles de Lauriers ,
dorées 8r argentées. Au haut de cette Arcade
étoit une grande Fleur-de- Lys de Sucre caniîî
transparante > qui à la clarté des lumières paroissoit
d'or. Aux deux côtez , fur les pince»
du Fer à cheval , étoient deux autres figures
de même matière, dorées & argentées de la
»é.me manière j l'une representoit la Paix, 8c
H vj l'awî*
3 8 1 MERCURE DE FRAtíCE;
l'autre l' Abondance, avec léurs attributs, pour
marquerque cette Naissance étoit arrivée dans,
la Paix & l'Abondance. J'avois aussi fait met
tre fur la Tapisserie du fond de la Salle les
Portraits du Roy & de lá Reine. Enfirt
fur le bas de la Nappe du milieu de la grande
Table , on voyoit les Armes du Dauphin ,
peintes en grand. Voilà quelle étoit la disposi
tion de la Salle, dont on ne fit Touverturc
qu'après que toute la Compagnie sc'fû't assem
blée dans mon Appartement.
Les Amiraux & autres Officiers Généraux,
à mesure qu'ils arrivoient par eau dans leurs
Barques, etoient annoncez par les Timballes
& les Trompettes', & étoient reçus , les Gre
nadiers étant fous les armes , & leur Lieute»
nant à leur tête. Lorsque la Compagnie fut
doute aflemblée, & qu'au sortir de mon Ap
partement elle entra dans la Salle où 'les Musi
ciens la reçurent pat un Concert de tous leurs
înstrumens ; elle y fut agréablement surprise
de l'éclat de toutes les lumières & de la belle
■disposition de la Salle , que chacun prit plaisir
de voir plus d'un quart d'heureavant que de sb
mettre à table. Chacun s'étant ensuite placé
suivant son.rang , & les Dames ayant été eon*.
duites par les personnes les plus distinguées ,
le Repas fut accompagné de la- Musique , qui
joiia les plus belles Sonnâtes , & autres Airs
choisis. L'on y but les Santez de Leurs Ma
lestez & de Monseigneur lè Dauphin au son
des Timballes & des Trompettes , & ensuite
toutes les autres Santez , suivant la coutume
du pays, comme celles du haut Ministère,. de
Ï Amirauté, & de la Généralité , des fidèles
Serviteurs , des Absents , &c, J'y fis servît
avec profusion ks meilleurí vins du Rhin , de
Bouc»
FEVRIER. *7%tí. i%$
Bourgogne & de Canarie , faisant donner à
chacun celuy qu'il souhaittoit , & autant qu'il
cn vouloir. Après la Collation le Bal fut ou
vert par M. le General Major Tessin, Envoyé
du Duc de Holstein , qui dansa avec la fille
Je l'Arniral Sivcrs. On dansa non-seulemenc
dans la grande Salle , mais aussi dans les au*
tres Chambres de mon Appartement , & je fis
servir pendant le Bal tous les Rafraîchissemtns
que l'on souhaittoit- J'y avois aufli fait dresser
des tables pour ceux qui vouloient fumer ou
chanter , ou boire de la Ponche, à la manière
Angloife , afin que rien ne manquât dans cette
Fête , qui a dure jusqu'au lendemain huit heu
res du matin , avec une telle satisfaction de
tout le monde , que plusieurs personnes ont
allure qu'il n'y avoic point encore eu jufqu'aîors
à Peterfbourg une Fête plus belle & mieu*
ordonnée.
M. Delijle-, Astronome , de l'Academie
Royale des Sciences de Paris » Lecteur &
Professeur au Collège Royal de France, de
la Société Royale de Londres, & de celle de
Prusse, alla à Peterfbourg il y a quatre ans,
avec la permission du Roy , pour y travailler
avec plusieurs autres Sçavans, à un Observa
toire & à une A cademie des Sciences que le feu-
Czar avoit commencé d'y établi»
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Résumé : EXTRAIT d'une Lettre de M. Delisle, écrite de Petersbourg le 3. Janvier 1730.
Le 9 novembre 1730, M. Delijle organisa une messe et un Te Deum en musique dans l'église catholique de Peterjbourg pour célébrer l'accouchement heureux de la Reine et la naissance de Monseigneur le Dauphin. Il invita tous les Français résidant dans la ville ainsi que des personnes de distinction, y compris des officiers généraux, des amiraux, des membres des collèges, des marchands et des académiciens. Le soir même, ces invités se rendirent à la maison de l'Académie, où se trouve l'Observatoire et où réside M. Delijle. La maison, située au milieu de la ville sur l'île de Vasile Ostrou, est composée de deux grands corps de logis avec l'Observatoire au centre. Elle était illuminée par des pyramides de lumières à chaque fenêtre et des terrines pour éclairer la tour de l'Observatoire. Cependant, une grande tempête empêcha l'illumination complète de la tour. Une grande salle, située au même niveau que l'appartement de M. Delijle, était préparée pour la fête. Elle était ornée de tapisseries, de bandes bleues avec des figures, des dauphins et des lys de France. La voûte était soutenue par huit colonnes décorées de branches d'arbres. La salle était illuminée par des pyramides de lumières et des tableaux transparents avec des devises appropriées au sujet de la fête. La salle contenait une grande table de cent couverts en fer à cheval, flanquée de deux autres tables de cinquante couverts chacune. Entre les chœurs de musiciens et les tables, un espace était réservé pour la danse. La collation servie était richement décorée avec des bougies, des pyramides de cristal ornées de fleurs, et des viandes jonchées de bouquets de laurier. Un groupe de figures en cire représentait la France tenant le Dauphin, entouré de symboles de paix et d'abondance. Les invités, annoncés par des timballes et des trompettes, furent reçus par des grenadiers. Après un concert des musiciens, ils prirent place selon leur rang. Le repas fut accompagné de musique, et des santés furent portées au son des timballes et des trompettes. Après la collation, un bal fut ouvert par M. le Général Major Tessin, et dura jusqu'au lendemain matin. La fête fut jugée par plusieurs comme étant la plus belle et la mieux ordonnée jamais vue à Peterjbourg. M. Delijle, astronome de l'Académie Royale des Sciences de Paris, lecteur et professeur au Collège Royal de France, membre de la Société Royale de Londres et de celle de Prusse, se rendit à Peterjbourg il y a quatre ans pour travailler à un observatoire et à une académie des sciences.
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15
p. 383-384
ALLEMAGNE.
Début :
Le 28. du mois dernier, on celebra à Vienne, dans l'Eglise du Monastere Royal des [...]
Mots clefs :
Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
Allemagne.
LE ií. da mois dernier , on célébra à Vien
ne, dans l'Eglife du Monastère Royal des
Religieuses de Sainte Claire , l' Anniversaire de
ía Reine. Epouse du Roy de France Charles
IX. quiétoit fille de l'Empereur Maximiiie»
1 1. & fondatrice de ce Monastère»
jÍ4 MERCtfRB t»E FRANCE.
Les tîoupcs que l'Etnpereur a résolu d'en»
Voyer en Italie au Printemps prochain , con
sistent en iérf Bataillons , deux Compagnies de
Cuirassiers , & 78. Escadrons.
On écrie de Danncmarcfc qu'on a arrêté
deux soldats, soupçonnez d'être les auteurs
d'un terrible meurtre qui s'est commis depuis
peu dans la maison d'un Chasseur du Roy , à
4. lieues de Coppenhague. Le Chasseur , ía
femme , son pere , deux enfans 8c la ser
vante y ont été cruellement massacrez ì
coups de hache , par trois hommes déduisez 3
un garçon de sept ans , qui au bruit qu'on sai
son , s'étoit caché sous un four» a eu le bon
heur d'échaper de leurs mains > & en a fait le
rapport à la Justice.
LE ií. da mois dernier , on célébra à Vien
ne, dans l'Eglife du Monastère Royal des
Religieuses de Sainte Claire , l' Anniversaire de
ía Reine. Epouse du Roy de France Charles
IX. quiétoit fille de l'Empereur Maximiiie»
1 1. & fondatrice de ce Monastère»
jÍ4 MERCtfRB t»E FRANCE.
Les tîoupcs que l'Etnpereur a résolu d'en»
Voyer en Italie au Printemps prochain , con
sistent en iérf Bataillons , deux Compagnies de
Cuirassiers , & 78. Escadrons.
On écrie de Danncmarcfc qu'on a arrêté
deux soldats, soupçonnez d'être les auteurs
d'un terrible meurtre qui s'est commis depuis
peu dans la maison d'un Chasseur du Roy , à
4. lieues de Coppenhague. Le Chasseur , ía
femme , son pere , deux enfans 8c la ser
vante y ont été cruellement massacrez ì
coups de hache , par trois hommes déduisez 3
un garçon de sept ans , qui au bruit qu'on sai
son , s'étoit caché sous un four» a eu le bon
heur d'échaper de leurs mains > & en a fait le
rapport à la Justice.
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Résumé : ALLEMAGNE.
En Allemagne, Vienne a célébré l'anniversaire de la Reine Élisabeth d'Autriche, épouse de Charles IX et fondatrice du Monastère Royal des Religieuses de Sainte Claire. Au Danemark, deux soldats ont été arrêtés pour le meurtre à coups de hache d'un chasseur du roi et de sa famille. Un garçon de sept ans a survécu.
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16
p. 384-386
ITALIE.
Début :
On écrit de Livourne que l'Agneau blanc, Vaisseau Hollandois, y étoit arrivé le [...]
Mots clefs :
Pape, République
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
I ? A l 1 E«
ON écrit de Livourne que Y Agneau lìnnc t
Vaisseau Hollandois , y étoh arrivé le
ínois dernier , venant du Levant , après s'être
échapé heureusement d'un Corsaire d'Alger
qui s'en étoit emparé , sous prétexte que fou
Passeport étoit trop vieux. Douze Turcs dé
voient le conduire à Alger; mais une terri -
père étant survenue sort à propos , & ce Bâ
timent ayant perdu le Corsaire de vuë , dix
Matelots Hollandois qui étoient restez fur ce
íîavire , attaquèrent les douze Turcs , en tuè
rent six j & se rendirent maîtres des autres.
Le Comte d'Almenera , ci-devant Viceroy
de Sicile, » qu* étoit allé à Rome pour entrer
dans les Ordres5re$ut le Dimanche if. Janvier
le Diaconat » & le lendemain le Pape lui con
féra l'Ordre de Prêtrise.
On a publié à Florence une Ordonnance du
Grand
FEVRIER, f 75 è:' ifs
CrandDuc, portant deffenses de se masques'
avant quatre heures du soir , & de l'étre en
core après huit , comme aussi de commettre
aucune irrévérence devant les Eglises , & au
cun desordre aux Spectacles & Feílins pu
blics.
La République de Luques a fait offrir une
pension considérable à 'M. Servioni , s'il veut
K démettre de l'Evêché de cette ville, auquel
le Pape l'a nommé. Il a demandé le coníen»
fentement de Sa Sainteté , pour se déterminer
à accepter cette offre > & on croit qu'il lui seta
accordé pour ne pas compromettre le S. Siège
avec cette Republique , qui veut absolument'
avoir un Ecclésiastique Luquois pour son Evê
que.
Le 19. Janvier , le Chapitre de S. Pierre fk
Célébrer la première Messe solemnelle qu'il a>
fondée, pour demander à Dieu la conserva
tion de la santé du Pape , & le repos de son
ame après fa mort, en reconnoissance de ce
que Sa Sainteté a déchargé let Chanoines da
payement d'une somme considérable qu'ils dé
voient à la Chambre Apostolique.
La Cérémonie de la Béatification du Véné
rable Pierre Fourier , Curé de Matincourt »
Fondateur des Chanoines Réguliers de la
Paix , se fit ce méme jour dansl'Eglise de saint
Pierre , avec la solemnité accoutumée.
Le Gouverneur de Milan a donné ordre $
tous les ouvriers ausquels on avoit permis
de travailler à leurs ouvrages dans les Corpsde-
Garde de la Porte Tosa , d'en emporter
leurs métiers . pour faire place aux troupes
Impériales qu'on attend incessamment à Milan*
On écrit de Gènes que le 24. du mois der
nier M. Marie Balbi y .avoit été éiw Doge de
cette
}8é MERCURE DE FRANCE.
cette République , à la place de M. Grimaldi,
dont les deux années e'toient expirées.
ON écrit de Livourne que Y Agneau lìnnc t
Vaisseau Hollandois , y étoh arrivé le
ínois dernier , venant du Levant , après s'être
échapé heureusement d'un Corsaire d'Alger
qui s'en étoit emparé , sous prétexte que fou
Passeport étoit trop vieux. Douze Turcs dé
voient le conduire à Alger; mais une terri -
père étant survenue sort à propos , & ce Bâ
timent ayant perdu le Corsaire de vuë , dix
Matelots Hollandois qui étoient restez fur ce
íîavire , attaquèrent les douze Turcs , en tuè
rent six j & se rendirent maîtres des autres.
Le Comte d'Almenera , ci-devant Viceroy
de Sicile, » qu* étoit allé à Rome pour entrer
dans les Ordres5re$ut le Dimanche if. Janvier
le Diaconat » & le lendemain le Pape lui con
féra l'Ordre de Prêtrise.
On a publié à Florence une Ordonnance du
Grand
FEVRIER, f 75 è:' ifs
CrandDuc, portant deffenses de se masques'
avant quatre heures du soir , & de l'étre en
core après huit , comme aussi de commettre
aucune irrévérence devant les Eglises , & au
cun desordre aux Spectacles & Feílins pu
blics.
La République de Luques a fait offrir une
pension considérable à 'M. Servioni , s'il veut
K démettre de l'Evêché de cette ville, auquel
le Pape l'a nommé. Il a demandé le coníen»
fentement de Sa Sainteté , pour se déterminer
à accepter cette offre > & on croit qu'il lui seta
accordé pour ne pas compromettre le S. Siège
avec cette Republique , qui veut absolument'
avoir un Ecclésiastique Luquois pour son Evê
que.
Le 19. Janvier , le Chapitre de S. Pierre fk
Célébrer la première Messe solemnelle qu'il a>
fondée, pour demander à Dieu la conserva
tion de la santé du Pape , & le repos de son
ame après fa mort, en reconnoissance de ce
que Sa Sainteté a déchargé let Chanoines da
payement d'une somme considérable qu'ils dé
voient à la Chambre Apostolique.
La Cérémonie de la Béatification du Véné
rable Pierre Fourier , Curé de Matincourt »
Fondateur des Chanoines Réguliers de la
Paix , se fit ce méme jour dansl'Eglise de saint
Pierre , avec la solemnité accoutumée.
Le Gouverneur de Milan a donné ordre $
tous les ouvriers ausquels on avoit permis
de travailler à leurs ouvrages dans les Corpsde-
Garde de la Porte Tosa , d'en emporter
leurs métiers . pour faire place aux troupes
Impériales qu'on attend incessamment à Milan*
On écrit de Gènes que le 24. du mois der
nier M. Marie Balbi y .avoit été éiw Doge de
cette
}8é MERCURE DE FRANCE.
cette République , à la place de M. Grimaldi,
dont les deux années e'toient expirées.
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Résumé : ITALIE.
Le texte décrit plusieurs événements historiques. À Livourne, le vaisseau hollandais 'L'Agneau' a été capturé par un corsaire algérien en raison d'un passeport périmé. Douze Turcs devaient le conduire à Alger, mais une tempête a permis aux matelots hollandais de reprendre le contrôle du navire. Le Comte d'Almenera, ancien vice-roi de Sicile, a reçu les ordres du diaconat et de prêtrise à Rome. À Florence, une ordonnance du Grand-Duc a interdit le port de masques avant 16h et après 20h, ainsi que les comportements irrévérencieux devant les églises et les désordres lors des spectacles publics. La République de Lucques a proposé une pension à M. Servioni pour qu'il démissionne de son poste d'évêque, offre qu'il a acceptée après avoir obtenu le consentement du Pape. Le 19 janvier, le Chapitre de Saint-Pierre a célébré une messe solennelle pour la santé du Pape et le repos de son âme, ainsi que la béatification du vénérable Pierre Fourier. À Milan, le gouverneur a ordonné aux ouvriers de retirer leurs métiers des corps de garde pour faire place aux troupes impériales. Enfin, à Gênes, M. Marie Balbi a été élu doge, succédant à M. Grimaldi.
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17
p. 386-387
ESPAGNE
Début :
On a apris de Seville, que les Fêtes que le Corps de Ville devoit celebrer pour [...]
Mots clefs :
Course de Taureaux, Fête, Naissance
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE
Espagne
ON a aprís deSeville , que íes Fêtes qui
le Corps de Ville dévoie célébrer pour
l'heureux Accouchement de la Reine, & la
Naissance de l'Infante Dona Maria Antoinet
te Ferdinante, commencèrent le n- Janvier
au matin , dans la Place de S. François , qu'on
avoit ornée de magnifiques Tapisseries , par la
Course de dix Taureaux qui furent attaquez
par des homme à pied , & par quelques
Cavaliers armez de lances ; les uns & les au
tres s'en acquittèrent avec beaucoup d'adresse;
Vers ies deux heuras aprés Midy , le Roy
& la Re ie , accompagnez du Prince & de la
Princeiï* des Aíturies , des Infants Don Car*
los-, Do i Philippe & Don Louis , & de l'In
fante Dona Marie Thérèse , se rendirent aux
balcons de l'Hôtel de Ville , suivies des OrTíciers
de leurs Maisons , des Dames de la Cour,
& escortées par les Gardes d-u Corps & fa
Compagnie des Hallebardiers de la Garde : les
Regimens des Gardes Espagnoles &Walones
ètoient en haye & fous les armes. Aussi tôt
que Leurs Majestez parurent on commença la
Course des Cannes, huic Quadrilles composées
chacune de quatre Cavalia.s.&r diílíng.uées par
la couleur des habits &par les Devises , étant
entrées dans la Place , se divisèrent en deux
Corps ou Escadrons, dont le premier avoit
four Parrain Don Rodolphe Acquaviva » &
autre le Marquis de Monte-Suertí. Le premier
Parrain étoit suivi de vingt-quatre Laquais
vêtus en Esclaves Negxes , avec des chaînes,
FEVRIER. i7$ o; îtij
des grelots & des menotes dorées , des brode
quins & des turbans. Le second avoit à sa
suite un pareil nombre de Laquais vêtus en
Hussarts , avec des bonnets d'hermine & des
sabres : outre cette fuite chaque Parrain avoit
encore huit Laquais de fa livrée très » bien'
montez , & cette Marche étoit terminée par/
seize chevaux de main des Cavaliers qui cemÎosorent
les Quadrilles , conduits par leurs'
aquais , de différentes livrées , & precedezí
les uns & les autres de Clairons & de Ti'rrw
baies.
Les Parrains ayant donné se lignai, les Qua
drilles coururent les Cannes avec beaucoup
d'agilité & d'adreiTe : ensuite les Cavaliers fi
rent faire l'exercice à leurs chevaux , & I»
Fête fut terminée ce jour-là par une Course
de sept Taureaux.
Le lendemain matin il y eut Une Course
d'onze Taureaux . & l'après-midy te Roy &
la Reine , les Princes & Princesses de la Fa
mille Roïile , étant retournez à l'Hôte! de"
Ville avec la même fuite que le jour précé
dent, Don Niçois de Toledo , Don Simondé
Legorbura , & Don Antoine de Bertendona
, tous trois natifs de Seville, & suivis
chacun de cinquante. Laquais de leur livrée ,
entrèrent dans la Place , où ils attaquèrent
Siuinze Taureaux avec tant de vivacité, que
è Roy voyant le danger où ils s'exposoient ,
leur ordonna de fe retirer ; cette seconde Fête
fut terminée par sept autres Taureaux, que de
jeunes gens du peuple actaquerent à piea.S.M.
a été si satisfaite de l'adrelìè des trois Cava
liers dont on vient de parler , qu'elle les a
fait ses Ecuyers , avec les mêmes appointemens
dont jouissent ceux qui font en charge"
depuis plusieurs années.
ON a aprís deSeville , que íes Fêtes qui
le Corps de Ville dévoie célébrer pour
l'heureux Accouchement de la Reine, & la
Naissance de l'Infante Dona Maria Antoinet
te Ferdinante, commencèrent le n- Janvier
au matin , dans la Place de S. François , qu'on
avoit ornée de magnifiques Tapisseries , par la
Course de dix Taureaux qui furent attaquez
par des homme à pied , & par quelques
Cavaliers armez de lances ; les uns & les au
tres s'en acquittèrent avec beaucoup d'adresse;
Vers ies deux heuras aprés Midy , le Roy
& la Re ie , accompagnez du Prince & de la
Princeiï* des Aíturies , des Infants Don Car*
los-, Do i Philippe & Don Louis , & de l'In
fante Dona Marie Thérèse , se rendirent aux
balcons de l'Hôtel de Ville , suivies des OrTíciers
de leurs Maisons , des Dames de la Cour,
& escortées par les Gardes d-u Corps & fa
Compagnie des Hallebardiers de la Garde : les
Regimens des Gardes Espagnoles &Walones
ètoient en haye & fous les armes. Aussi tôt
que Leurs Majestez parurent on commença la
Course des Cannes, huic Quadrilles composées
chacune de quatre Cavalia.s.&r diílíng.uées par
la couleur des habits &par les Devises , étant
entrées dans la Place , se divisèrent en deux
Corps ou Escadrons, dont le premier avoit
four Parrain Don Rodolphe Acquaviva » &
autre le Marquis de Monte-Suertí. Le premier
Parrain étoit suivi de vingt-quatre Laquais
vêtus en Esclaves Negxes , avec des chaînes,
FEVRIER. i7$ o; îtij
des grelots & des menotes dorées , des brode
quins & des turbans. Le second avoit à sa
suite un pareil nombre de Laquais vêtus en
Hussarts , avec des bonnets d'hermine & des
sabres : outre cette fuite chaque Parrain avoit
encore huit Laquais de fa livrée très » bien'
montez , & cette Marche étoit terminée par/
seize chevaux de main des Cavaliers qui cemÎosorent
les Quadrilles , conduits par leurs'
aquais , de différentes livrées , & precedezí
les uns & les autres de Clairons & de Ti'rrw
baies.
Les Parrains ayant donné se lignai, les Qua
drilles coururent les Cannes avec beaucoup
d'agilité & d'adreiTe : ensuite les Cavaliers fi
rent faire l'exercice à leurs chevaux , & I»
Fête fut terminée ce jour-là par une Course
de sept Taureaux.
Le lendemain matin il y eut Une Course
d'onze Taureaux . & l'après-midy te Roy &
la Reine , les Princes & Princesses de la Fa
mille Roïile , étant retournez à l'Hôte! de"
Ville avec la même fuite que le jour précé
dent, Don Niçois de Toledo , Don Simondé
Legorbura , & Don Antoine de Bertendona
, tous trois natifs de Seville, & suivis
chacun de cinquante. Laquais de leur livrée ,
entrèrent dans la Place , où ils attaquèrent
Siuinze Taureaux avec tant de vivacité, que
è Roy voyant le danger où ils s'exposoient ,
leur ordonna de fe retirer ; cette seconde Fête
fut terminée par sept autres Taureaux, que de
jeunes gens du peuple actaquerent à piea.S.M.
a été si satisfaite de l'adrelìè des trois Cava
liers dont on vient de parler , qu'elle les a
fait ses Ecuyers , avec les mêmes appointemens
dont jouissent ceux qui font en charge"
depuis plusieurs années.
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Résumé : ESPAGNE
En Espagne, des fêtes ont été organisées à Séville pour célébrer l'accouchement de la Reine et la naissance de l'Infante Dona Maria Antoinette Ferdinande. Les festivités ont débuté le 1er janvier sur la Place de S. François, décorée de tapisseries. La journée a commencé par une course de dix taureaux attaqués par des hommes à pied et des cavaliers armés de lances. L'après-midi, le Roi, la Reine et la famille royale se sont rendus aux balcons de l'Hôtel de Ville, escortés par les Gardes du Corps et la Compagnie des Hallebardiers. La course des cannes a suivi, impliquant huit quadrilles de cavaliers. Chaque quadrille était dirigé par un parrain et suivi de laquais et de chevaux de main. Après les courses des cannes, les cavaliers ont fait exercer leurs chevaux, et la fête s'est terminée par une course de sept taureaux. Le lendemain, une course de onze taureaux a eu lieu le matin, suivie d'une autre course l'après-midi. Trois cavaliers sévillans ont attaqué seize taureaux, impressionnant le Roi qui les a nommés écuyers. La fête s'est conclue par une course de sept taureaux attaqués par des jeunes du peuple.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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18
p. 388
PORTUGAL.
Début :
Il est entré dans le Port de Lisbonne dans le courant de l'année derniere 534. Navires [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PORTUGAL.
Portugal;
ÍL est entré dans le Port de Lisbonne daná
le courant de Tannée derniere f 34. Navi
res Marchands ; sçavoir 74. François , 361.
Anglois , y compris les Paquebots , çt. Hollàndois
, 16. Espagnols , 8. Impériaux , m
Suédois, 6. Danois, 10. Hamboufgois, $»
rvlaItois,i. Génois, un Navire de Lubec,-8ff
71* Portugais.
ÍL est entré dans le Port de Lisbonne daná
le courant de Tannée derniere f 34. Navi
res Marchands ; sçavoir 74. François , 361.
Anglois , y compris les Paquebots , çt. Hollàndois
, 16. Espagnols , 8. Impériaux , m
Suédois, 6. Danois, 10. Hamboufgois, $»
rvlaItois,i. Génois, un Navire de Lubec,-8ff
71* Portugais.
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19
p. 388-389
GRANDE BRETAGNE.
Début :
Il s'est formé à Londres une Compagnie qui a obtenu des Lettres Patentes pour faire fabriquer [...]
Mots clefs :
Roi, Seigneurs, Officiers
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRANDE BRETAGNE.
Grande Brïtagbí.
I' L s'est formé à Londres une Compagnie qta
a obtenu des Lettres Patentes pour faire ira-
Briquer des Tapifleries de Hautélisse , sem-»
biables à celles dé Bruxelles.
On assure qu'on doit présenter un Bill au
Parlement , poúr fixer les gages des domese
tiques i & poUr empêcher que les jeunes
gens les mieux fairs ne quittent les campai
gnes pour venir servir dans la ViHev
î>eux Officiers , dont l'un est Major Gd> .
rierat , & l'autre Lieutenant dans le Régi»,
ment de* Gardes , 'ayant pris querelle ait
Bal du Théâtre du Marché au foin , altèrent
Çgs jours passez lè battre en duel à Hideparc,
Í1s se tirèrent d'abord deux coups de pistolet?
chacun fa.ns se blesser ; & étant descendus de
cheval pour mettre I'épée à la main , ils furenc
séparez par la Garde du Parc. í)eux Officiers!
Generauj; qui font leurs amis communs , ons .
promis au Roy de les réconcilier^
Les Seigneurs ont présenté une Adresse a»
Roy í pour remercier Sa Majesté de ce c^u'ella'
a bien voulu leur communiquer le Traité de
à
FEVRIER. T7?e». )*9
Paix , d'union & d'alliance deffensive , conclut
à Seville le >. Novembre dernier , Sc pouf
l'assurer qu'après l'avoir examiné , ils ont
trouvé qu'il contenoit toutes les stipulation*
neceílàires pour le maintien & la fureté dç
l'honneur , de la dignité , des droits &r pofíesfions
de cette Couronne, & que toutes les
précautions nécessaires y font prises pour l'avantage
dur commerce de ce Royaume , & la
réparation des pertes que les Marchands Anglois
ont fouffertes pendant le temps des hoftïlitez.
La resolution de présenter cette Adresse'
au Roy , avoit passé le jour précédent à la>
pluralité de soixante- dix - neuf voix contre?
trente 5 mais deux jours après vingt quatra
des Seigneurs , qui s'y étoient opposez, pro
testèrent contre elle , & firent enregistrer leu*
protestation.
I' L s'est formé à Londres une Compagnie qta
a obtenu des Lettres Patentes pour faire ira-
Briquer des Tapifleries de Hautélisse , sem-»
biables à celles dé Bruxelles.
On assure qu'on doit présenter un Bill au
Parlement , poúr fixer les gages des domese
tiques i & poUr empêcher que les jeunes
gens les mieux fairs ne quittent les campai
gnes pour venir servir dans la ViHev
î>eux Officiers , dont l'un est Major Gd> .
rierat , & l'autre Lieutenant dans le Régi»,
ment de* Gardes , 'ayant pris querelle ait
Bal du Théâtre du Marché au foin , altèrent
Çgs jours passez lè battre en duel à Hideparc,
Í1s se tirèrent d'abord deux coups de pistolet?
chacun fa.ns se blesser ; & étant descendus de
cheval pour mettre I'épée à la main , ils furenc
séparez par la Garde du Parc. í)eux Officiers!
Generauj; qui font leurs amis communs , ons .
promis au Roy de les réconcilier^
Les Seigneurs ont présenté une Adresse a»
Roy í pour remercier Sa Majesté de ce c^u'ella'
a bien voulu leur communiquer le Traité de
à
FEVRIER. T7?e». )*9
Paix , d'union & d'alliance deffensive , conclut
à Seville le >. Novembre dernier , Sc pouf
l'assurer qu'après l'avoir examiné , ils ont
trouvé qu'il contenoit toutes les stipulation*
neceílàires pour le maintien & la fureté dç
l'honneur , de la dignité , des droits &r pofíesfions
de cette Couronne, & que toutes les
précautions nécessaires y font prises pour l'avantage
dur commerce de ce Royaume , & la
réparation des pertes que les Marchands Anglois
ont fouffertes pendant le temps des hoftïlitez.
La resolution de présenter cette Adresse'
au Roy , avoit passé le jour précédent à la>
pluralité de soixante- dix - neuf voix contre?
trente 5 mais deux jours après vingt quatra
des Seigneurs , qui s'y étoient opposez, pro
testèrent contre elle , & firent enregistrer leu*
protestation.
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Résumé : GRANDE BRETAGNE.
En Grande-Bretagne, une compagnie londonienne a reçu des lettres patentes pour produire des tapisseries de haute qualité, rivales de celles de Bruxelles. Un projet de loi vise à réguler les salaires des domestiques et à dissuader les jeunes talents de quitter les campagnes pour la ville. À Hyde Park, un major et un lieutenant du régiment des Gardes se sont affrontés en duel après une dispute au bal du Théâtre du Marché au foin. Ils ont échangé des coups de pistolet sans se blesser et ont été séparés par la Garde du Parc. Leurs amis communs ont promis au roi de les réconcilier. Les Seigneurs ont adressé une lettre au roi pour le remercier du traité de paix, d'union et d'alliance défensive signé à Séville le 1er novembre précédent. Ce traité garantit l'honneur, la dignité, les droits et possessions de la couronne, ainsi que la protection du commerce et la réparation des pertes des marchands anglais durant les hostilités. La résolution d'adresser cette lettre a été adoptée par 79 voix contre 35, mais 24 Seigneurs ont ensuite protesté contre cette décision.
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20
p. 389
MORTS DES PAYS ETRANGERS.
Début :
Le Prince Menzicoff mourut le 2. du mois de Novembre dernier en Siberie, où cet [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS DES PAYS ETRANGERS.
MORTS DES PAYS ETRANGERS*,
LE Prince Meníicoff mourut le %, dix mois
de Novembre dernier en Sibérie , où cet
ancien Ministre duCzar avoit été relégué depuis
fa disgrâce.
On a reçu avis que le Czar étoit mort de
la petite vérole , à Moscou , dans la quinziè
me année de son âge , étant né le ix. Octo
bre mr. il avoit été praclamé Czar le xs*
Février 17x7.
Le Pape Benoît XIII. mourut à Rome le 11
Février, â 4 heures après midi. Sa S. avoit
tenu le S un Consistoire, dans lequel Elle avoit
fait Cardinal M. Alamanno Salviati , qui a
LE Prince Meníicoff mourut le %, dix mois
de Novembre dernier en Sibérie , où cet
ancien Ministre duCzar avoit été relégué depuis
fa disgrâce.
On a reçu avis que le Czar étoit mort de
la petite vérole , à Moscou , dans la quinziè
me année de son âge , étant né le ix. Octo
bre mr. il avoit été praclamé Czar le xs*
Février 17x7.
Le Pape Benoît XIII. mourut à Rome le 11
Février, â 4 heures après midi. Sa S. avoit
tenu le S un Consistoire, dans lequel Elle avoit
fait Cardinal M. Alamanno Salviati , qui a
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Résumé : MORTS DES PAYS ETRANGERS.
Le prince Meníicoff est décédé en Sibérie dix mois après sa disgrâce. Le Czar est mort de la petite vérole à Moscou à quinze ans, le 9 octobre, après avoir été proclamé le 10 février 17x7. Le Pape Benoît XIII est décédé à Rome le 11 février à 16 heures, après avoir nommé cardinal M. Alamanno Salviati.
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21
p. 390-403
DESCRIPTION de la Fête & du Feu d'Artifice tiré sur la Riviere, à Paris, entre le Pont-Neuf & le Pont Royal, au sujet de la Naissance du DAUPHIN, par ordre du Roy d'Espagne, & par les soins de M M. le Marquis de Santa-Cruz & de Barrenechea, Ambassadeurs Extraordinaires & Plenipotentiaires de S. M. Catholique.
Début :
Les préparatifs immenses & la dépense veritablement Royale de cette superbe Fête, [...]
Mots clefs :
Naissance du Dauphin, Fête, Feu d'artifice, Paris, Roi d'Espagne, Spectacle, Jardin, Hôtel de Bouillon, Musique, Ambassadeurs d'Espagne
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texteReconnaissance textuelle : DESCRIPTION de la Fête & du Feu d'Artifice tiré sur la Riviere, à Paris, entre le Pont-Neuf & le Pont Royal, au sujet de la Naissance du DAUPHIN, par ordre du Roy d'Espagne, & par les soins de M M. le Marquis de Santa-Cruz & de Barrenechea, Ambassadeurs Extraordinaires & Plenipotentiaires de S. M. Catholique.
DESCRIPTION de la Fête & du
Fen d'Artifice tiré sur la Rivière , *
Paris , entre If P'ont- Neuf & le Pont
Royal , au sujet de la Naijsance du ■
Dau p h i ri , par ordre du Roy d'Espa- !
gné , & par les foins de MM. le Mar
quis de Sanca-Cruz & de Barrenechea,
^Ambassadeurs Extraordinaires & Plé
nipotentiaires de S. M, Catholique.
LEs préparatifs immenses & la dépense ve-"
ritablement Royale de cette superbe Fête,'
dans l'execution de laquelle on a, pour ainsi
dire, forcé la nature, & surmonté tous les
obstacles de la Saison , méritent bien que le
Mercure de France en parle d'une manière i
en pouvoir donner une idée à ceux qui n'ons
pas été à portée de voir un spectacle auíS
■éclatant , lequel a parfaitement répondu aux
ordres que M M. les Ambassadeurs d'Espagne
avoient reçus du Roy , leur Maître , S. M. O
ayant voulu à l'occasion de cet heureux évé
nement , exprimer avec pompe dans la Capi
tale du Royaume , ses tendres sentimens pour
le Roi , son Neveu , & mêler fa joye avec
celle de toute la France.
On fçait assez Jes marques de joye qu'ont
fait paroître le Roi & la Reine d'Espagne de
l'heureux Accouchement de la Reine ; mais
íjuelques brillantes & générales qu'ayent été
les Fêtes qu'on a données dans leurs Etats l
ÍSCCC
t ù '.-ìjìò LIìjRARY.
A5TCR, LENOX AND
TILOEM FOUMOATlONâ.
FEVRIER. î73«. 391
î
eette occasion , elles n'ont pas encore été pro
portionnées à ce que L. M, C. ont senti dans
le coeur.
M M de Santa- Cruz & de Barrenechea ont
agi avec tant de sagacité , tant de grandeur
cl'ame , de discernement , cie goût , & sur touç
avec tact de zèle pour le service de S. M.
qu'il a résulté de leur application & de l'étenduë
de leurs lumières , une iclatante Fête,
où la grandeur » la variété & la magnificence
ont également régné.
L'Hpcel de Bouillon , situé fur le Quai de*
Theatins , vis-à-vis le Louvre , que léDuode
ce nom â bien voulu prêter . avec la noblesse
& les manières qa j font ordinaires aux person
nes de son rang , a servi de principale Scène.
C'étoit comme le centre de la Fête & du
spectacle , qui fut heureusement favorisé d'une
très- belle nuit.
Le ti. Janvier > à six heures du soir , tou
tes les Illuminations parurent dans l'éclat &
dans le brillant qu'il eít plus aisé de s'i
maginer que de décrire. La Façade de l'Hôtel
de Bouillon présentoit aux yeux sept Porques
de lumières ; on liloit au-dessus de ceìui
du milieu , qui étoit formé par la porte
de L'Hôtel , une Inscription Latine qui man-
Suoit l'union & le bonheur de la France & -
e l'îíspagne. Les ceimres des Portiques étoient
«lecórés alternativement par des Dauphins de
relief entrclaíTés > & par les Chifres du Roi ;
le tòut rehaussé d'or. Le vuide des Portiques
étoit occupé par des Emblèmes peintes en
camayeux , dans des Médaillons ornés de guir
landes. Au premier adroite, la France étòh;
'représentée sous la figure d'une belle femme,
gui montre à, l'Efpagne le Dauphin entre les
sjjî MERCURE DE FRANCE.
hus de Lncint. Çe Vers d'Ovide ctoit au ba<*
"3*1» nostrum curvi porunt Delphine; amorem.
Au deuxième Portique , à gauche , TEspagne
montroit à la France le jeune Dauphin,
armé d'un casque & d'une cuirasse que J'Amour
conduit. , & lui présente. Et ce Vers de
Iroj/erce.
Sed tibi fuífidio Delphinum eurrere vidi.
Les deux Portiques ensuite n'attiroient pas
*.ant les regards ; mais en revanche les go
siers altérés y couroient ayee grand empres
sement s car de deux mûries de Lion dorés ,
couloient deux Fontaines de vin pour lè
peuple.
On voyoit au Médaillon du troisième Poe- ,
tique un Coq , simbole de la France } qui
s'addressoit au Lion , simbole de l'Espagne,
<Bi ce Vers à' Ovide. Met amorphofi
ÌJttnc dtio concordes anima vivemus in uni,
L'amour qui entre dans cet Emblème . Ii«
ensemble le Coq , le Lion & le Dauphin.
Sur le dernier Portique de la gauche , un
Xion paroissoit donner au Coq des assurances
d'une íînceie amitié par ce Vers de Virgile»
f>ispeream fi te fuerit tnihi chariot alttr.
L'Amour au bas avec un Dauphin à ses
pieds, gravoit ces paroies fur le marbre 8c
fur l'airain pour en marquer lá solidité 8c la
jRncerité.
Un entablement formé par des lampions ,
leguoit
'FEVRIER. iys0; -9J
tegnoit sur les Portiques i il étoit surmonté
par une Galerie découverte , dont la Balustra
de étoit formée par des Qirandoles d'une fi
gure agréable; I* Architecture de toute la Fa
çade de l'Hôtel de Bouillon étoit ingénieu
sement dessinée par des Lampions , & enri
chie de Lustres & de Girandoles aux Tru
meaux , dans les Croisées & fur les Comble»,
On voyoit fur la principale porte un Dau
phin de relief ■ en marbre blanc , rthaussc
d'or & couronné > accompagné de Lys , re
présentés en lumière ; à quoi on a pou
voir appliquer ce Vers d'Ovide :
p f*cr* frogcn'tes d'tgna ptrente tuo.
L'interieur de la Cour étoit aussi illumines
non seulement par des Chambranles à toutes
les Croisées julqu'à celles des deux aîles qui
jendent iur le Quay , mais encore jusques fur
le faite du Bâtiment où l'on avoit placé des
Girandoles & des Pots à feu.
D'autres Portiques de lumières décoroienc
encore le pourtour de cette Cour. On lisoit
au-dessus de celui du milieu , où est la Porte
id'Entrée , cette Inscription tirée d'un Vers de
IroÇerce.
luce.ït é» toti fiamm* secund* dôme.
A l'appLomb de cette porte , fur les Corn*
bles , on avoic élevé une Tour lumineuse,
faisant allusion aux Tours de Castille ; elle
étoit acompagnée des,Chiísres & du princi
pal Attribut des Armes de Philippe V.
Toute ì'ordonnance de cette Illumination
* été conduite pai le S. Beauûre , 1e fils *
594 MERCURE DE FRANCE. -.
Architecte de la Ville de Paris, qui en, ~
donné les Dcsstins.
La surface de la Rivière , vis-à-vis l'HôteJ
de Bouillon , offroit un spectacle d'une autrç
espece , dont les yeux étoient également en-
'chantés & éblouis. C'étoit un vaste Jardin >
de l'un â l'autre Rivage du Fleuve , qui â
cet endroit a environ 90- toises de large , sur^
un espace de 70. dans fa loneueur. La si-N
tuation étoit des plus magnifiques & des
plus avantageuses , étant naturellement dé
corée par le Qiiay du Collège des Quatre:
ÎNations d'un côté , par celui des GaUeries dp
Louvre de l'autre , &c aux deux bouts , pat
je Pont-Neuf & par le Pont Royal.
Deux Rochers isolés ou Montagnes escar
pées , Simbole des Monts Pirennées > qui
séparent la France de í'Espagne , formciénc
le principal objet de ce::e pompeuse décor
ration- au milieu de la Rivière. Les deux
Monts étoient joints par leurs Bases fur un
Plan d'environ 140. pieds de íong , fur 60.
de large , & séparés par leur cime de près
de 40. pieds , ayant chacun 9i. pieds d'élé
vation au-deííus de la surface de l'eau 8c
des deux grands Bateaux fur lesquels touc
i'Edihce étoit construit.
On voyoit une agréable variété fur ces
Montagnes. s où la nature étoit imitée avec
beaucoup d'art, dans tout ce qu'elle a d'a
greste & de sauvage. Dans un endroit c'étoient
des crevasses avec des quartiers de Rochers ;
en saillie 5 dans d'autres , des Plantes & des I
Arbustes , des Cascades , des Napes & chu
tes d'eau , imitées par des gases d'argent ,
des Antres , des Cavernes &c. Il y avoir,
couc au pourtour, à fleur d'eau, des Jirenes,
•: 4n
TEVRIER. ryto.
ces Tritons , des Néréides & autres Mons
tres marins.
A une certaine distance , au-dessus & audeilous
des Rochers , en voyoit à fleur d'eau
deux Parceres de lumières qui occupoient
chacun un espace de 18. toises fur i/. donc
Jes bordures etoient ornées alternativemcnc
dlrs & d'Orangers, avec leurs fruits, de
ii. pieds de hauc, chargez de lumières. Le
deflein des Parceres étoic trace? & figuré d'une
mamete variée & agréable par des Terrines,
îe^rs Sa2°n lc dc diveises Cou*
Du milieu de chacun de ces Parteres s'éltì
voient des espèces de Rochers jusqu'à la hau
teur de if. pieds , fur un Plan de J0. pieda
í^'i",? . »V01t,Placé au dessus une Figure
Colossale, bronzée en ronde bosse de 16
pieds de proportion. A l'un c'étoit lê Fleuve*
du Guadalquivir , avec un Lion au bas. On
Jifoit en Lettres d'or, fur l'Urnede ce Fleuve,
ces deux Vers d'Ovide ;
Ho» iOi melior quìsqutm , nec •mmnthr tquì.
Rex fuit aut UU reverentior ulla Dearum.
Et à l'autre Partere c'éroit la Rivière de
Seine avec un Coq. On voyoit fur l'Urne,
d ou 1 eau du Fleuve paroisloit sortir cn gaze
d argent, ces Vers de Tiíulle:
St longé ante alias omnes mitijftmm muter.
Issue Pater , quo non alter amabìlitr.
Aux deux cotez des Parteres & dés deux
rfoncs regnoieht fix Platebandes fur t. lignes
au* a fieiu 4 eau , ornées & décorées fans
I le
MERCURE DE FRANCE.
Je même goûc des Parteres. Les trois de cha
que cócé occupoienc un espace^ de plus decent
pieds de long fur if. de large.
■ Deux Terrasses de charpente , à doubles
Rampes de 10. piés de haut, étoient adoste'es
aux Quais dés deux cotez , oc se terminoienç
en Gradins jusques fur le rivage. Elles regnoient
fur toute la longueur du Jardin, &
occupoienc un terrain de 4oS« piés fur la même
ligne , en y comprenant une fuite de Décora
tions rustiques , qui semblaient servir d'appuy
à ces deux grands Perrons , le tpue étoit garni
d'une si grande quantité de Terrines , que les
yeux en étoient éblouis , & les ténèbres de la
nuit entièrement dissipées. Le mouvement des
lumières , qui en les confondant leur donnoit
encore plus d'éclat , faisoit un tel effet à unecertaine
distance, qu'on croyoit voir des Napcs.
8í des Cascades de feu donc les Spectateu r s.
étoient enchantez.
Entre ces Terrasses lumineuses & le brillant
Jardin , à la hauteur des deux Montagnes , otv
avoic placé deux Bateaux de 70. piés de long ,
£ár M- de large, d'une forme singulière 8e
agréable , ornez de sculpture & dorez. Dtimk
lieu de chacun de ces Bateaux, s'élevoit une
espece de Temple Octogone, couvert enjnaflierede
Baldaquin , soutenu par huit Palmiers
àvec des Quirlandes , des lestons de Fleurs ,
& des Lustres de exista*. Les Bateaux étoient ,
remplis de Musiciens pour les fanfares qu'on
enteodoic alternativement. Les Timbales , les
Trompettes, les Cors de Chasse, les Hautbois^
frappoient agréablement l'oreille.
Surla partie la plus élevée du Temple .placé
j3u côté de l'Hôcd de Bouillon, «nlifoir, ce
Vexs de TìíhUs, [ ,.' ... ... / .. ;-. . i
tl Omnibus
FEVRIER. 1730:
Bmnihus ille die s Çtmpr natal! 1 agatur. , "
Pour Inscription sur l'autre Temple du c$J
*é du Louvre > onlisoit cet autre Vers du mème
toc te.
o quantum fttix , ter que quat erque dits»
Le sommet de ces deux magnifiques G09*1
doles étoit terminé par de gros Fanaux & par
<ies Etandarts , fur lesquels on avoir represen- «
*é des Dauphins & des Amours.
Les quatre coins .de ce vaste , lumineux Sfí
magnifique Jardin, étojent terminez par 4-
brillantcs Tours , couvertes de Lampions ì
plaques de fer-blapc , qui augmentoient cop-
Cderablement l'éclat des lumières , &■ qui per
dant le iour faisoient paroître les Tours comm«
argentées. Elles fembloient s'élever fut q.uat«ji
Terrafles de lumières , ayant 18. piés de diamettre
, fur 70. de haut, en y .comprenant le*
Etendarts aux Armes de France & d'Espagne,
Îu'on y avoit aròorez, à un petit Mât chargé
'un gros Fallot.
C'elt du haut de ces Tours que coinmene*
une partie de l'artisice de ce grand Spectacle ,
après que le signal en eut été donné par une
décharge de Boëces & de Canons , placez fur
le Quay du côré des Thuilleries , 8c après que;
les Princes & Princesses du Sang, les AmbaG»
fadeurs & Minières Etrangers , & les Sei
gneurs & Dames de la Cour , invitez à la Fête,
furent arrivez à l'Hôtel de Bouillon.
On vit partir en même teins de ces Toifr$
les Fusées d'Honneur, & ensuite quantitf
d'autres Auiâces , Soleils fixes & touinans,
'.' I ij Gerbes >
MERCURE t>E FRANCE.
Gerbes, &c. après quoi commença leSpec*
tacle d'un Combat fur la Rivière , dans Jëfc intervales
& les allées du Jardin , de douze
Monstres Marins, tous differens, figurez fur aurantde
Bateaux dé plus de io. píésdelong, d'où
on vie forcir une grande quantité de Serpen
teaux , de Grenades , Balons d'eau , & autres
Artifices qui plongeoientdans laRiviere>& qui
en reíTortoient avec une extrême vitesse , pre
nant différentes formes » comme de Serpens ,
&r.
Pour troisième Acte de cet agréable Spectaclè,
on fit partir i'abord du bas des deux
Montagnes, &r ensuite par gradation, des Sail
lies , des Crevasses , des Cavitez , & enfin
du sommet des deux Monts une très-grande
quantité d'Artifice suivi & diversifie , ce qui
cevoit former comme deux Montagnes de feu
-dont l'action n'etoit interrompue que par des
Volcans clairs & ,brillans , qui fortoient â plu
sieurs reprises de tous côrez & du sommet des
Rochers. Les intervales des differens tems ausvrjuels
les Volcans partoient , écoient remplis
par des Fòugades très- vives par le grand
nombre & par la singularité des Fusées. La
fin fut marquée par plusieurs Girandes.
• Après que les yeux d'un grand nombre, oa
plutôt d'un monde de Spectateurs , eurent ctê
afïez long- tems & allez agréablement occupez
de ce qui se passoit dans l'air , la surface des
eaux attira tous les regards. On la voyoit ptac
inrervales presque entièrement couverte d'arrtifice
-, Dauphins brillans qui s'élevoient &r le
replongeoient, & mille autres Figures animées
& éclatantes , Jets deau , ou plutôt de feu %
& Gerbes flotantes fur des plateaux , qui fà?^
fcient un agréable contraste, par leur état pai»
Ê ETRIER. 1730. 3
sible, avec la vivacité & le bruit éclatant des
autres feux ; enrìn on auroit dit qu'il n'y avoir>
pïus d'antipatie entre le feu & l'eau , & que*
ces deux Elemens si opposez , s'étoient réunis
pour faire un charmant badinage en faveur de
cette superbe Fête.
Après tout l' Artifice* terminé par une secorw
de iàlve de Canon , il devoir sortir une lu
mière éclatante du centre des deux Monta
gnes , pour désigner un Soleil- Levant » de ji»
pieds de diamettre , & rester fixe fur son horiíon,
avec ces mots à'Ovide au tour du Disque i
Ijubil» disjecit. Et en méme-tems s'élever un
Arc-en- Ciel de 40 piés d'ouverture , très-vif
& trés lumineux, avec ses couleurs naturelles,
& la Déesse Iris au -dessus . les deux extremitez
liant les sommets des Montagnes , ce qui
fera plus sensible dans la Planche cy -jointe,
dette Inscription saisok allusion au Traits
d'Alliance conclu depuis peu.
• JEttma fiat CòncorÀi* Rcgum.
Toute l'Ordonnance de ce Spectacle fur Is
Rivière , dont les Ambassadeurs Plénipoten
tiaires d'Espagne ont fourni les pensées , a été
conduire & dessinée par le íìeur Servandoni ,
Florentin , Peintre & Architecte , premier
Peintre de PAcademie Royale de Musique,
très-connu par beaucoup d'autres Décorations
<run excellent gout , qu'il a heureusement
faites , en Italie , en France , & en Angle
terre. Toutes les Illuminations ont été exé
cutées fur ses Desseins , par les sieurs Berthelin
&rÒ'erard, Chandeliers Illuminateurs' or
dinaires des plaisirs du Roy. Quelques Lam
pions à Plaque qu'ils ont nouvellement ima
ginés 1 ontfa.it beaucoup d'effet.
1 iij Nous
4o ó MÊRCURtf DE FRANCE.
Nous n'entreprendrons point de donner une
idée de la vûë admirable que produiíoit la
fpule des Spectateurs de tous états , de tout
âge & de tout sexe, dans des Bateaux fur la
Rîvïere , fur les deux Quais & fur les deux
Ponts , fur les Terrasses . les Balcons & nux
fe'hêtres du Louvre , des Hôtels & des Maisons
des deux cotez ; moins encore du coup d'oeit
magnifique, éclatants? tói;í-à fait fupeibe de
lá Galerie de l'Hòtel de Bouillon , & des Ter-*
rasses en Amphithéâtre qui- s'y joignoient ,
couverts & ornez d'une manière convenable,
oû étoient placei tous les Princes , Princesses,
Seigneurs &c Dames invitez à la Pêtc, tous
en habits neufs magnifiques , qui , à l'envi , se
difputoient la richesse, legout & la magni
ficence , & dont plusieurs , avec tout ce qu'on
p'eUt employer de dorures, de broderies &r de
superbes Etoffes , étoient encore enrichis de
Garnitures ccmplettes de Pierreries.,
Dans la Galerie du grand Appartement de
l'Hòtel de Bouillon , on avoit dressé un Théâ
tre très- bien décoré par le sieur Servandoni ,
& disposé d'une manière convenable aux íìj
ches ofrietnêns de la Galerie, dont les Specta
teurs occupoient les deux tiers. Le Rideau du
Théâtre prefentoit aux yeux un Lion, Ufv
Dauphin & des Amòufs , fur un Globe Ter*
reítre, avec quelques attributs de la Fêcç. On
Hfoit au-dessus: Mrs. Egl.
. Clark T)tum sohles
, Jlspìce vmturo Utantur ut cm nia secU.
C'est dans cette Galerie que toute l'illuslre
Compagnie fe rendit aptes tout í" Artifice, pour
j voir une Pastorale dé la composition de M. de
la
FEVRîER. 1730. 461
/* Serre 3c un Ballet. Toute la Musique est dfc
M. R t bel , le Ris , Compositeur de la Musique
de la Chambre du Roy. La Scène se passoit dans,
íin Paysage au pied des Pirenées. Ce Diver
tissement» généralement goûté , fut exécuté
par l'élite des Acteurs de l'Opera, qui ont été
gratifiez par des Bijoux d'or , d'un prix
considérable , outre leurs habits , qui étoient
-euflì riches que convenables» Le sieur Lavtl
avoit composé le Ballet j il y dansa avec te
sieur Dtngtvìlle & les Dlles Prévost & Salil
chantoient dans la Piece. , les Dlle» utntier ,
Pelifur, Le Maure , &c. & les fieurs Tribut, ,
Vun , &c.
Après ce Spectacle, toute 1" Assemblée" i
composée de tout ce qu'il y à de grand par la
.naissance & par les dignitez dans le Royaume,)
& des Ministres Etrangers > passa dans le grand
8alon de 108. piés de long, fur 4 s. de large
& n. d'élévation dans Oeuvre , construit ex
près dans le Jardin , & élevé jusqu'au plein
sied du Vestibule & des Appartemens bas da
Hôtel de Bouillon.
Cette magnifique Salle, destinée à un superbe
Festin , étoi: percée de sept portes , trcis gran
des & quatre moindres. Huit Cabinets hors
d'oeuvre de n. pieds en quarréj distribuez aux
iquatres Angles , & dans les intervales des co
tez , étoierit destinez pour les Bufets , pendant
le Souper & pendant le Bal. Cette Salle , éclai
rée par un très-grand nombre de Lustres de
cristal & de Girandoles garnies de bougies
étoit décorée & richement ornée par leíieur
Titoísy Sculpteur & Décorateur , qui a trèsbien
réiislî , surtout dans les bas- reliefs do
rez, où l'on voyoit les attributs de différentes
Divinitesj de Bacchus , de l' Abondance, &rc,
I iiij enfin
'49i MERCURE t)E FRANCE;
ènfin on avoit sçû allier la plus grande srîmp*
tuosité â tout ce qui peut procurer Sc inspires
la joyè & la gayeté.
Les illustres Convives priez, se placèrent i
fix tablâsS de cinquante couverts chacune >
fervks à quatre Services , en gras & en maigre,
dans la plus grande magnificence & avec au
tant de délicateflè que d'abondance. Au Des
sert on but l£S Santez Royales au bruit de l'Ar
tillerie. Deux autres tables de ja» couverts
chacune , furent servies en Ambigu dans deux
Appartemens à plein pied du Vestibule.
Après le Festin on remonta dans la Galerie
de la Pastorale , où l'on entendit un charmant
Concert de Voix & d'Inítrumens. On y executa
le cinquième Acte de l'Opera de Phaeton,
après quoi on retourna dans le grand Salon,
qu'on trouva préparé pour le Bal , avec six
rangs de Gradins tout autour, fur lesquels on
ne vit jamais une feule place vuide jusqu'à
sept heures du matin. Il est aisé de comprendre
le charmant effet que dévoient faire à la clarté
vive des lumières , la richesse de la parure âc
, k brillant des Pierreries des Seigneurs & des
Dames de cette auguste Assemblée.
Vers les deux heures après minuit on laisíà
entrer les personnes invitées au Bal par billet,
& peu de temps après tous les Masques qui se
présentèrent, ce qui rendit le Bal très- nom
breux & très-animé jusqu'au grand jour qu'on
se retira plein d'admiration d'une si belle Fête
& charmé des manières nobles , & polies des
en avoient fait les honneurs avec tant de di
gnité. Ces Ministres avoient donné de si bons
ordres , que pendant tout le Bal les Rafraîenissemens
de toutes les espèces qu'on avoic
:FE VRI ER. 1750. 40$
pû ìiîiaginer , dans la plus grande abondance
& la plus grande délicatesse, furent présentez
de tous côcez , enforte qu'on n'avoit pas mê
me le temps de souhaiter , & chose assez rare
dans ces sortes de Fêtes » malgré la foule pro-,
digieule.il n'est pas arrivé le moindre désordre.
Fen d'Artifice tiré sur la Rivière , *
Paris , entre If P'ont- Neuf & le Pont
Royal , au sujet de la Naijsance du ■
Dau p h i ri , par ordre du Roy d'Espa- !
gné , & par les foins de MM. le Mar
quis de Sanca-Cruz & de Barrenechea,
^Ambassadeurs Extraordinaires & Plé
nipotentiaires de S. M, Catholique.
LEs préparatifs immenses & la dépense ve-"
ritablement Royale de cette superbe Fête,'
dans l'execution de laquelle on a, pour ainsi
dire, forcé la nature, & surmonté tous les
obstacles de la Saison , méritent bien que le
Mercure de France en parle d'une manière i
en pouvoir donner une idée à ceux qui n'ons
pas été à portée de voir un spectacle auíS
■éclatant , lequel a parfaitement répondu aux
ordres que M M. les Ambassadeurs d'Espagne
avoient reçus du Roy , leur Maître , S. M. O
ayant voulu à l'occasion de cet heureux évé
nement , exprimer avec pompe dans la Capi
tale du Royaume , ses tendres sentimens pour
le Roi , son Neveu , & mêler fa joye avec
celle de toute la France.
On fçait assez Jes marques de joye qu'ont
fait paroître le Roi & la Reine d'Espagne de
l'heureux Accouchement de la Reine ; mais
íjuelques brillantes & générales qu'ayent été
les Fêtes qu'on a données dans leurs Etats l
ÍSCCC
t ù '.-ìjìò LIìjRARY.
A5TCR, LENOX AND
TILOEM FOUMOATlONâ.
FEVRIER. î73«. 391
î
eette occasion , elles n'ont pas encore été pro
portionnées à ce que L. M, C. ont senti dans
le coeur.
M M de Santa- Cruz & de Barrenechea ont
agi avec tant de sagacité , tant de grandeur
cl'ame , de discernement , cie goût , & sur touç
avec tact de zèle pour le service de S. M.
qu'il a résulté de leur application & de l'étenduë
de leurs lumières , une iclatante Fête,
où la grandeur » la variété & la magnificence
ont également régné.
L'Hpcel de Bouillon , situé fur le Quai de*
Theatins , vis-à-vis le Louvre , que léDuode
ce nom â bien voulu prêter . avec la noblesse
& les manières qa j font ordinaires aux person
nes de son rang , a servi de principale Scène.
C'étoit comme le centre de la Fête & du
spectacle , qui fut heureusement favorisé d'une
très- belle nuit.
Le ti. Janvier > à six heures du soir , tou
tes les Illuminations parurent dans l'éclat &
dans le brillant qu'il eít plus aisé de s'i
maginer que de décrire. La Façade de l'Hôtel
de Bouillon présentoit aux yeux sept Porques
de lumières ; on liloit au-dessus de ceìui
du milieu , qui étoit formé par la porte
de L'Hôtel , une Inscription Latine qui man-
Suoit l'union & le bonheur de la France & -
e l'îíspagne. Les ceimres des Portiques étoient
«lecórés alternativement par des Dauphins de
relief entrclaíTés > & par les Chifres du Roi ;
le tòut rehaussé d'or. Le vuide des Portiques
étoit occupé par des Emblèmes peintes en
camayeux , dans des Médaillons ornés de guir
landes. Au premier adroite, la France étòh;
'représentée sous la figure d'une belle femme,
gui montre à, l'Efpagne le Dauphin entre les
sjjî MERCURE DE FRANCE.
hus de Lncint. Çe Vers d'Ovide ctoit au ba<*
"3*1» nostrum curvi porunt Delphine; amorem.
Au deuxième Portique , à gauche , TEspagne
montroit à la France le jeune Dauphin,
armé d'un casque & d'une cuirasse que J'Amour
conduit. , & lui présente. Et ce Vers de
Iroj/erce.
Sed tibi fuífidio Delphinum eurrere vidi.
Les deux Portiques ensuite n'attiroient pas
*.ant les regards ; mais en revanche les go
siers altérés y couroient ayee grand empres
sement s car de deux mûries de Lion dorés ,
couloient deux Fontaines de vin pour lè
peuple.
On voyoit au Médaillon du troisième Poe- ,
tique un Coq , simbole de la France } qui
s'addressoit au Lion , simbole de l'Espagne,
<Bi ce Vers à' Ovide. Met amorphofi
ÌJttnc dtio concordes anima vivemus in uni,
L'amour qui entre dans cet Emblème . Ii«
ensemble le Coq , le Lion & le Dauphin.
Sur le dernier Portique de la gauche , un
Xion paroissoit donner au Coq des assurances
d'une íînceie amitié par ce Vers de Virgile»
f>ispeream fi te fuerit tnihi chariot alttr.
L'Amour au bas avec un Dauphin à ses
pieds, gravoit ces paroies fur le marbre 8c
fur l'airain pour en marquer lá solidité 8c la
jRncerité.
Un entablement formé par des lampions ,
leguoit
'FEVRIER. iys0; -9J
tegnoit sur les Portiques i il étoit surmonté
par une Galerie découverte , dont la Balustra
de étoit formée par des Qirandoles d'une fi
gure agréable; I* Architecture de toute la Fa
çade de l'Hôtel de Bouillon étoit ingénieu
sement dessinée par des Lampions , & enri
chie de Lustres & de Girandoles aux Tru
meaux , dans les Croisées & fur les Comble»,
On voyoit fur la principale porte un Dau
phin de relief ■ en marbre blanc , rthaussc
d'or & couronné > accompagné de Lys , re
présentés en lumière ; à quoi on a pou
voir appliquer ce Vers d'Ovide :
p f*cr* frogcn'tes d'tgna ptrente tuo.
L'interieur de la Cour étoit aussi illumines
non seulement par des Chambranles à toutes
les Croisées julqu'à celles des deux aîles qui
jendent iur le Quay , mais encore jusques fur
le faite du Bâtiment où l'on avoit placé des
Girandoles & des Pots à feu.
D'autres Portiques de lumières décoroienc
encore le pourtour de cette Cour. On lisoit
au-dessus de celui du milieu , où est la Porte
id'Entrée , cette Inscription tirée d'un Vers de
IroÇerce.
luce.ït é» toti fiamm* secund* dôme.
A l'appLomb de cette porte , fur les Corn*
bles , on avoic élevé une Tour lumineuse,
faisant allusion aux Tours de Castille ; elle
étoit acompagnée des,Chiísres & du princi
pal Attribut des Armes de Philippe V.
Toute ì'ordonnance de cette Illumination
* été conduite pai le S. Beauûre , 1e fils *
594 MERCURE DE FRANCE. -.
Architecte de la Ville de Paris, qui en, ~
donné les Dcsstins.
La surface de la Rivière , vis-à-vis l'HôteJ
de Bouillon , offroit un spectacle d'une autrç
espece , dont les yeux étoient également en-
'chantés & éblouis. C'étoit un vaste Jardin >
de l'un â l'autre Rivage du Fleuve , qui â
cet endroit a environ 90- toises de large , sur^
un espace de 70. dans fa loneueur. La si-N
tuation étoit des plus magnifiques & des
plus avantageuses , étant naturellement dé
corée par le Qiiay du Collège des Quatre:
ÎNations d'un côté , par celui des GaUeries dp
Louvre de l'autre , &c aux deux bouts , pat
je Pont-Neuf & par le Pont Royal.
Deux Rochers isolés ou Montagnes escar
pées , Simbole des Monts Pirennées > qui
séparent la France de í'Espagne , formciénc
le principal objet de ce::e pompeuse décor
ration- au milieu de la Rivière. Les deux
Monts étoient joints par leurs Bases fur un
Plan d'environ 140. pieds de íong , fur 60.
de large , & séparés par leur cime de près
de 40. pieds , ayant chacun 9i. pieds d'élé
vation au-deííus de la surface de l'eau 8c
des deux grands Bateaux fur lesquels touc
i'Edihce étoit construit.
On voyoit une agréable variété fur ces
Montagnes. s où la nature étoit imitée avec
beaucoup d'art, dans tout ce qu'elle a d'a
greste & de sauvage. Dans un endroit c'étoient
des crevasses avec des quartiers de Rochers ;
en saillie 5 dans d'autres , des Plantes & des I
Arbustes , des Cascades , des Napes & chu
tes d'eau , imitées par des gases d'argent ,
des Antres , des Cavernes &c. Il y avoir,
couc au pourtour, à fleur d'eau, des Jirenes,
•: 4n
TEVRIER. ryto.
ces Tritons , des Néréides & autres Mons
tres marins.
A une certaine distance , au-dessus & audeilous
des Rochers , en voyoit à fleur d'eau
deux Parceres de lumières qui occupoient
chacun un espace de 18. toises fur i/. donc
Jes bordures etoient ornées alternativemcnc
dlrs & d'Orangers, avec leurs fruits, de
ii. pieds de hauc, chargez de lumières. Le
deflein des Parceres étoic trace? & figuré d'une
mamete variée & agréable par des Terrines,
îe^rs Sa2°n lc dc diveises Cou*
Du milieu de chacun de ces Parteres s'éltì
voient des espèces de Rochers jusqu'à la hau
teur de if. pieds , fur un Plan de J0. pieda
í^'i",? . »V01t,Placé au dessus une Figure
Colossale, bronzée en ronde bosse de 16
pieds de proportion. A l'un c'étoit lê Fleuve*
du Guadalquivir , avec un Lion au bas. On
Jifoit en Lettres d'or, fur l'Urnede ce Fleuve,
ces deux Vers d'Ovide ;
Ho» iOi melior quìsqutm , nec •mmnthr tquì.
Rex fuit aut UU reverentior ulla Dearum.
Et à l'autre Partere c'éroit la Rivière de
Seine avec un Coq. On voyoit fur l'Urne,
d ou 1 eau du Fleuve paroisloit sortir cn gaze
d argent, ces Vers de Tiíulle:
St longé ante alias omnes mitijftmm muter.
Issue Pater , quo non alter amabìlitr.
Aux deux cotez des Parteres & dés deux
rfoncs regnoieht fix Platebandes fur t. lignes
au* a fieiu 4 eau , ornées & décorées fans
I le
MERCURE DE FRANCE.
Je même goûc des Parteres. Les trois de cha
que cócé occupoienc un espace^ de plus decent
pieds de long fur if. de large.
■ Deux Terrasses de charpente , à doubles
Rampes de 10. piés de haut, étoient adoste'es
aux Quais dés deux cotez , oc se terminoienç
en Gradins jusques fur le rivage. Elles regnoient
fur toute la longueur du Jardin, &
occupoienc un terrain de 4oS« piés fur la même
ligne , en y comprenant une fuite de Décora
tions rustiques , qui semblaient servir d'appuy
à ces deux grands Perrons , le tpue étoit garni
d'une si grande quantité de Terrines , que les
yeux en étoient éblouis , & les ténèbres de la
nuit entièrement dissipées. Le mouvement des
lumières , qui en les confondant leur donnoit
encore plus d'éclat , faisoit un tel effet à unecertaine
distance, qu'on croyoit voir des Napcs.
8í des Cascades de feu donc les Spectateu r s.
étoient enchantez.
Entre ces Terrasses lumineuses & le brillant
Jardin , à la hauteur des deux Montagnes , otv
avoic placé deux Bateaux de 70. piés de long ,
£ár M- de large, d'une forme singulière 8e
agréable , ornez de sculpture & dorez. Dtimk
lieu de chacun de ces Bateaux, s'élevoit une
espece de Temple Octogone, couvert enjnaflierede
Baldaquin , soutenu par huit Palmiers
àvec des Quirlandes , des lestons de Fleurs ,
& des Lustres de exista*. Les Bateaux étoient ,
remplis de Musiciens pour les fanfares qu'on
enteodoic alternativement. Les Timbales , les
Trompettes, les Cors de Chasse, les Hautbois^
frappoient agréablement l'oreille.
Surla partie la plus élevée du Temple .placé
j3u côté de l'Hôcd de Bouillon, «nlifoir, ce
Vexs de TìíhUs, [ ,.' ... ... / .. ;-. . i
tl Omnibus
FEVRIER. 1730:
Bmnihus ille die s Çtmpr natal! 1 agatur. , "
Pour Inscription sur l'autre Temple du c$J
*é du Louvre > onlisoit cet autre Vers du mème
toc te.
o quantum fttix , ter que quat erque dits»
Le sommet de ces deux magnifiques G09*1
doles étoit terminé par de gros Fanaux & par
<ies Etandarts , fur lesquels on avoir represen- «
*é des Dauphins & des Amours.
Les quatre coins .de ce vaste , lumineux Sfí
magnifique Jardin, étojent terminez par 4-
brillantcs Tours , couvertes de Lampions ì
plaques de fer-blapc , qui augmentoient cop-
Cderablement l'éclat des lumières , &■ qui per
dant le iour faisoient paroître les Tours comm«
argentées. Elles fembloient s'élever fut q.uat«ji
Terrafles de lumières , ayant 18. piés de diamettre
, fur 70. de haut, en y .comprenant le*
Etendarts aux Armes de France & d'Espagne,
Îu'on y avoit aròorez, à un petit Mât chargé
'un gros Fallot.
C'elt du haut de ces Tours que coinmene*
une partie de l'artisice de ce grand Spectacle ,
après que le signal en eut été donné par une
décharge de Boëces & de Canons , placez fur
le Quay du côré des Thuilleries , 8c après que;
les Princes & Princesses du Sang, les AmbaG»
fadeurs & Minières Etrangers , & les Sei
gneurs & Dames de la Cour , invitez à la Fête,
furent arrivez à l'Hôtel de Bouillon.
On vit partir en même teins de ces Toifr$
les Fusées d'Honneur, & ensuite quantitf
d'autres Auiâces , Soleils fixes & touinans,
'.' I ij Gerbes >
MERCURE t>E FRANCE.
Gerbes, &c. après quoi commença leSpec*
tacle d'un Combat fur la Rivière , dans Jëfc intervales
& les allées du Jardin , de douze
Monstres Marins, tous differens, figurez fur aurantde
Bateaux dé plus de io. píésdelong, d'où
on vie forcir une grande quantité de Serpen
teaux , de Grenades , Balons d'eau , & autres
Artifices qui plongeoientdans laRiviere>& qui
en reíTortoient avec une extrême vitesse , pre
nant différentes formes » comme de Serpens ,
&r.
Pour troisième Acte de cet agréable Spectaclè,
on fit partir i'abord du bas des deux
Montagnes, &r ensuite par gradation, des Sail
lies , des Crevasses , des Cavitez , & enfin
du sommet des deux Monts une très-grande
quantité d'Artifice suivi & diversifie , ce qui
cevoit former comme deux Montagnes de feu
-dont l'action n'etoit interrompue que par des
Volcans clairs & ,brillans , qui fortoient â plu
sieurs reprises de tous côrez & du sommet des
Rochers. Les intervales des differens tems ausvrjuels
les Volcans partoient , écoient remplis
par des Fòugades très- vives par le grand
nombre & par la singularité des Fusées. La
fin fut marquée par plusieurs Girandes.
• Après que les yeux d'un grand nombre, oa
plutôt d'un monde de Spectateurs , eurent ctê
afïez long- tems & allez agréablement occupez
de ce qui se passoit dans l'air , la surface des
eaux attira tous les regards. On la voyoit ptac
inrervales presque entièrement couverte d'arrtifice
-, Dauphins brillans qui s'élevoient &r le
replongeoient, & mille autres Figures animées
& éclatantes , Jets deau , ou plutôt de feu %
& Gerbes flotantes fur des plateaux , qui fà?^
fcient un agréable contraste, par leur état pai»
Ê ETRIER. 1730. 3
sible, avec la vivacité & le bruit éclatant des
autres feux ; enrìn on auroit dit qu'il n'y avoir>
pïus d'antipatie entre le feu & l'eau , & que*
ces deux Elemens si opposez , s'étoient réunis
pour faire un charmant badinage en faveur de
cette superbe Fête.
Après tout l' Artifice* terminé par une secorw
de iàlve de Canon , il devoir sortir une lu
mière éclatante du centre des deux Monta
gnes , pour désigner un Soleil- Levant » de ji»
pieds de diamettre , & rester fixe fur son horiíon,
avec ces mots à'Ovide au tour du Disque i
Ijubil» disjecit. Et en méme-tems s'élever un
Arc-en- Ciel de 40 piés d'ouverture , très-vif
& trés lumineux, avec ses couleurs naturelles,
& la Déesse Iris au -dessus . les deux extremitez
liant les sommets des Montagnes , ce qui
fera plus sensible dans la Planche cy -jointe,
dette Inscription saisok allusion au Traits
d'Alliance conclu depuis peu.
• JEttma fiat CòncorÀi* Rcgum.
Toute l'Ordonnance de ce Spectacle fur Is
Rivière , dont les Ambassadeurs Plénipoten
tiaires d'Espagne ont fourni les pensées , a été
conduire & dessinée par le íìeur Servandoni ,
Florentin , Peintre & Architecte , premier
Peintre de PAcademie Royale de Musique,
très-connu par beaucoup d'autres Décorations
<run excellent gout , qu'il a heureusement
faites , en Italie , en France , & en Angle
terre. Toutes les Illuminations ont été exé
cutées fur ses Desseins , par les sieurs Berthelin
&rÒ'erard, Chandeliers Illuminateurs' or
dinaires des plaisirs du Roy. Quelques Lam
pions à Plaque qu'ils ont nouvellement ima
ginés 1 ontfa.it beaucoup d'effet.
1 iij Nous
4o ó MÊRCURtf DE FRANCE.
Nous n'entreprendrons point de donner une
idée de la vûë admirable que produiíoit la
fpule des Spectateurs de tous états , de tout
âge & de tout sexe, dans des Bateaux fur la
Rîvïere , fur les deux Quais & fur les deux
Ponts , fur les Terrasses . les Balcons & nux
fe'hêtres du Louvre , des Hôtels & des Maisons
des deux cotez ; moins encore du coup d'oeit
magnifique, éclatants? tói;í-à fait fupeibe de
lá Galerie de l'Hòtel de Bouillon , & des Ter-*
rasses en Amphithéâtre qui- s'y joignoient ,
couverts & ornez d'une manière convenable,
oû étoient placei tous les Princes , Princesses,
Seigneurs &c Dames invitez à la Pêtc, tous
en habits neufs magnifiques , qui , à l'envi , se
difputoient la richesse, legout & la magni
ficence , & dont plusieurs , avec tout ce qu'on
p'eUt employer de dorures, de broderies &r de
superbes Etoffes , étoient encore enrichis de
Garnitures ccmplettes de Pierreries.,
Dans la Galerie du grand Appartement de
l'Hòtel de Bouillon , on avoit dressé un Théâ
tre très- bien décoré par le sieur Servandoni ,
& disposé d'une manière convenable aux íìj
ches ofrietnêns de la Galerie, dont les Specta
teurs occupoient les deux tiers. Le Rideau du
Théâtre prefentoit aux yeux un Lion, Ufv
Dauphin & des Amòufs , fur un Globe Ter*
reítre, avec quelques attributs de la Fêcç. On
Hfoit au-dessus: Mrs. Egl.
. Clark T)tum sohles
, Jlspìce vmturo Utantur ut cm nia secU.
C'est dans cette Galerie que toute l'illuslre
Compagnie fe rendit aptes tout í" Artifice, pour
j voir une Pastorale dé la composition de M. de
la
FEVRîER. 1730. 461
/* Serre 3c un Ballet. Toute la Musique est dfc
M. R t bel , le Ris , Compositeur de la Musique
de la Chambre du Roy. La Scène se passoit dans,
íin Paysage au pied des Pirenées. Ce Diver
tissement» généralement goûté , fut exécuté
par l'élite des Acteurs de l'Opera, qui ont été
gratifiez par des Bijoux d'or , d'un prix
considérable , outre leurs habits , qui étoient
-euflì riches que convenables» Le sieur Lavtl
avoit composé le Ballet j il y dansa avec te
sieur Dtngtvìlle & les Dlles Prévost & Salil
chantoient dans la Piece. , les Dlle» utntier ,
Pelifur, Le Maure , &c. & les fieurs Tribut, ,
Vun , &c.
Après ce Spectacle, toute 1" Assemblée" i
composée de tout ce qu'il y à de grand par la
.naissance & par les dignitez dans le Royaume,)
& des Ministres Etrangers > passa dans le grand
8alon de 108. piés de long, fur 4 s. de large
& n. d'élévation dans Oeuvre , construit ex
près dans le Jardin , & élevé jusqu'au plein
sied du Vestibule & des Appartemens bas da
Hôtel de Bouillon.
Cette magnifique Salle, destinée à un superbe
Festin , étoi: percée de sept portes , trcis gran
des & quatre moindres. Huit Cabinets hors
d'oeuvre de n. pieds en quarréj distribuez aux
iquatres Angles , & dans les intervales des co
tez , étoierit destinez pour les Bufets , pendant
le Souper & pendant le Bal. Cette Salle , éclai
rée par un très-grand nombre de Lustres de
cristal & de Girandoles garnies de bougies
étoit décorée & richement ornée par leíieur
Titoísy Sculpteur & Décorateur , qui a trèsbien
réiislî , surtout dans les bas- reliefs do
rez, où l'on voyoit les attributs de différentes
Divinitesj de Bacchus , de l' Abondance, &rc,
I iiij enfin
'49i MERCURE t)E FRANCE;
ènfin on avoit sçû allier la plus grande srîmp*
tuosité â tout ce qui peut procurer Sc inspires
la joyè & la gayeté.
Les illustres Convives priez, se placèrent i
fix tablâsS de cinquante couverts chacune >
fervks à quatre Services , en gras & en maigre,
dans la plus grande magnificence & avec au
tant de délicateflè que d'abondance. Au Des
sert on but l£S Santez Royales au bruit de l'Ar
tillerie. Deux autres tables de ja» couverts
chacune , furent servies en Ambigu dans deux
Appartemens à plein pied du Vestibule.
Après le Festin on remonta dans la Galerie
de la Pastorale , où l'on entendit un charmant
Concert de Voix & d'Inítrumens. On y executa
le cinquième Acte de l'Opera de Phaeton,
après quoi on retourna dans le grand Salon,
qu'on trouva préparé pour le Bal , avec six
rangs de Gradins tout autour, fur lesquels on
ne vit jamais une feule place vuide jusqu'à
sept heures du matin. Il est aisé de comprendre
le charmant effet que dévoient faire à la clarté
vive des lumières , la richesse de la parure âc
, k brillant des Pierreries des Seigneurs & des
Dames de cette auguste Assemblée.
Vers les deux heures après minuit on laisíà
entrer les personnes invitées au Bal par billet,
& peu de temps après tous les Masques qui se
présentèrent, ce qui rendit le Bal très- nom
breux & très-animé jusqu'au grand jour qu'on
se retira plein d'admiration d'une si belle Fête
& charmé des manières nobles , & polies des
en avoient fait les honneurs avec tant de di
gnité. Ces Ministres avoient donné de si bons
ordres , que pendant tout le Bal les Rafraîenissemens
de toutes les espèces qu'on avoic
:FE VRI ER. 1750. 40$
pû ìiîiaginer , dans la plus grande abondance
& la plus grande délicatesse, furent présentez
de tous côcez , enforte qu'on n'avoit pas mê
me le temps de souhaiter , & chose assez rare
dans ces sortes de Fêtes » malgré la foule pro-,
digieule.il n'est pas arrivé le moindre désordre.
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Résumé : DESCRIPTION de la Fête & du Feu d'Artifice tiré sur la Riviere, à Paris, entre le Pont-Neuf & le Pont Royal, au sujet de la Naissance du DAUPHIN, par ordre du Roy d'Espagne, & par les soins de M M. le Marquis de Santa-Cruz & de Barrenechea, Ambassadeurs Extraordinaires & Plenipotentiaires de S. M. Catholique.
Une fête somptueuse fut organisée à Paris pour célébrer la naissance du Dauphin d'Espagne. Cette célébration, ordonnée par le roi d'Espagne et orchestrée par les ambassadeurs espagnols, les marquis de Santa-Cruz et de Barrenechea, visait à exprimer la joie et les sentiments affectueux du roi d'Espagne envers son neveu, le roi de France. La fête se déroula sur la rivière entre le Pont Neuf et le Pont Royal, malgré les obstacles saisonniers. Les préparatifs furent immenses et la dépense royale. L'Hôtel de Bouillon, situé sur le quai des Théatins, servit de scène principale. Sa façade était illuminée avec sept portiques de lumières, des inscriptions latines célébrant l'union entre la France et l'Espagne, et des emblèmes peints en camaïeux. La rivière fut transformée en un vaste jardin illuminé, avec des rochers symbolisant les Pyrénées, des cascades d'eau imitées par des jets d'argent, et des figures marines. Deux bateaux ornés de temples octogones et de musiciens naviguaient sur la rivière. Le spectacle inclut un combat de monstres marins, des feux d'artifice formant des montagnes de feu, et des jets d'eau brillants. Le spectacle se conclut par une salve de canon, révélant un soleil levant et un arc-en-ciel avec la déesse Iris, symbolisant l'alliance entre les deux royaumes. L'ensemble de l'organisation fut dirigée par le peintre et architecte florentin Servandoni. Par ailleurs, une autre fête fut organisée dans un grand salon de l'Hôtel de Bouillon, destiné à un festin. Cette salle, percée de sept portes et ornée de huit cabinets pour les buffets, était éclairée par de nombreux lustres et girandoles. Le sculpteur et décorateur Titoisy réalisa des bas-reliefs représentant des divinités comme Bacchus et l'Abondance. Les convives, placés à six tables de cinquante couverts chacune, dégustèrent des mets en abondance et en magnificence. Après le festin, ils assistèrent à un concert exécutant le cinquième acte de l'opéra de Phaëton, suivi d'un bal jusqu'à sept heures du matin. Les rafraîchissements furent servis en abondance et avec délicatesse, sans désordre malgré la foule. Les ministres ayant organisé la fête reçurent des éloges pour leur dignité et leurs bonnes manières.
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21
DESCRIPTION de la Fête & du Feu d'Artifice tiré sur la Riviere, à Paris, entre le Pont-Neuf & le Pont Royal, au sujet de la Naissance du DAUPHIN, par ordre du Roy d'Espagne, & par les soins de M M. le Marquis de Santa-Cruz & de Barrenechea, Ambassadeurs Extraordinaires & Plenipotentiaires de S. M. Catholique.
22
p. 403-405
VERS LIBRES, Sur le Feu d'Artifice tiré sur l'Eau, par ordre du Roy d'Espagne, & les soins de M M. les Ambassadeurs à la Cour de France.
Début :
Hier dans ces Grottes profondes, [...]
Mots clefs :
Feu d'artifice, Naissance du Dauphin, Fête
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texteReconnaissance textuelle : VERS LIBRES, Sur le Feu d'Artifice tiré sur l'Eau, par ordre du Roy d'Espagne, & les soins de M M. les Ambassadeurs à la Cour de France.
VERS LIBRES,
Surje Feu d' Artifice tiré fur l'Eau , par
ordre du Roy d'Espagne , & les foins,,
de MM. les Ambassadeurs à la Cour
de France.
r dans ces Grottes profondes,
D'où la Seine épanche ses Ondes ,
CQui chaque jour la gloire & l'honncur de no*
' champs ,
De la B onde Cerés augmentent les prefens )
Ëífe appella les Dieux soumis à son Empire ;
Nayades, Nimphes &Tritons ,
Sont assis dans leur rang fur des sièges de joncs:
Un mal commun à tous , en ces lieux nous at
tire :
Vous le fçavez , l'hyver, dit la Reine des flots,,
De nos jours tous les ans vient troubler le re
pos,
Ce- n'est plus à présent un tranqui I Zephire,.
Ç£ui folâtre & qui rit sur le sein de mes eaux*.
Non. l' Aquilon bien- tôt, toujours prompt £
me nuire ,
Arrêtera mon corn» & rompra mes roseaux.
1 y Ceffi
'404 MÊRCURE DE FRANCTj .
. C'elt sut ce point » tritons , qu'il faut qu'orïdélibère.
Mettons nous à l'abrides coups de fa coîere j
Voyons par quels moyens on peut s'en ga
rantir i
Ou par quels dons enfin nous pourrons la fle«*
chir ; •
la tristesse à ces mots se peint sur le visage,
Les Nayadea alors regardent le Rivage,
* Où quand le Ciel donnoit des jours purs &
serains >
Elles alloient au son d'un instrument cham
pêtre ,
A l'ombre de quelque vieux hêtre ,
Datiser avec les Dieux Silvains.-
les Nimphes de leurs yeux laissent couler des;
larmes j
t es Tritons affligez n'y trouventplus les char--
mes
Qui sçureht asservir leurs coeurs ;
Ainsi chacun se llvroit aUx douleurs.
Quand une'Nimphe accourt : helasl en Cetteplace
>
Que fahes- vous í'uh mal bien plus grand hotts
menace j. .
Venez , Reine des flots, arrêtez les desseins »
Que forment contre nous des aveugles Hu
mains.
Allons , courons punir une main sacrilège ,
Dit ia Seine . . . elle part en ce même momèhrí
les Nimphes, les Tritons, composent son cor"
■ ' C'est:
• f EV RIE,R. i-fìó. 40í
C'est ainsi qu'en la voie dans le vaste Océan ,
'truand elle offre à ce Dieu les Eaux de son
Hmpire.
Elle approche. .. elle voit. . > & son courrou»
expire.
Sur sa Suite surprise elle jette les yeux j
Enfin elle applaudit d'un rire gracieux »
Elle voit les Jardins dignes de la Nature >
Une Nayade y court sécher sa chevelure >
l'une y cueille à lafois & des fruits & des
fleurs ,
L'autre ne songe plus aux cruelles rigueurs
Que l' Amant fougueux d'Orithie >
Leur prépare dans fa furie.
L'autre fous ces Rochers va chercher le repos i
Tandis que l'une ici contemple cet Ouvrage >
Ett l'autre des Poissons en embrassant le dos >
Coupe rapidement les flots.
Les Himphes . à l'envi , courent fur le Rivages
Élies dansent d'un pas leger ,
-Âu doux chant des Triions qui font retens
tir Pair»
Alors la Seine les appelle 3,
Courez à I'Ocean, chers Tritons, leur dit-elle;
Que ses Dieux fur ces bords se rendent avec
voUî* ! >
Allez encore au Tage , à cet ami fidèle >
Apprendre les apprêts d'une fête fi belle >
Qu'il vienne paitager les plaisirs avec nous-,-
UAbbi Bonnoi de Mably.
Surje Feu d' Artifice tiré fur l'Eau , par
ordre du Roy d'Espagne , & les foins,,
de MM. les Ambassadeurs à la Cour
de France.
r dans ces Grottes profondes,
D'où la Seine épanche ses Ondes ,
CQui chaque jour la gloire & l'honncur de no*
' champs ,
De la B onde Cerés augmentent les prefens )
Ëífe appella les Dieux soumis à son Empire ;
Nayades, Nimphes &Tritons ,
Sont assis dans leur rang fur des sièges de joncs:
Un mal commun à tous , en ces lieux nous at
tire :
Vous le fçavez , l'hyver, dit la Reine des flots,,
De nos jours tous les ans vient troubler le re
pos,
Ce- n'est plus à présent un tranqui I Zephire,.
Ç£ui folâtre & qui rit sur le sein de mes eaux*.
Non. l' Aquilon bien- tôt, toujours prompt £
me nuire ,
Arrêtera mon corn» & rompra mes roseaux.
1 y Ceffi
'404 MÊRCURE DE FRANCTj .
. C'elt sut ce point » tritons , qu'il faut qu'orïdélibère.
Mettons nous à l'abrides coups de fa coîere j
Voyons par quels moyens on peut s'en ga
rantir i
Ou par quels dons enfin nous pourrons la fle«*
chir ; •
la tristesse à ces mots se peint sur le visage,
Les Nayadea alors regardent le Rivage,
* Où quand le Ciel donnoit des jours purs &
serains >
Elles alloient au son d'un instrument cham
pêtre ,
A l'ombre de quelque vieux hêtre ,
Datiser avec les Dieux Silvains.-
les Nimphes de leurs yeux laissent couler des;
larmes j
t es Tritons affligez n'y trouventplus les char--
mes
Qui sçureht asservir leurs coeurs ;
Ainsi chacun se llvroit aUx douleurs.
Quand une'Nimphe accourt : helasl en Cetteplace
>
Que fahes- vous í'uh mal bien plus grand hotts
menace j. .
Venez , Reine des flots, arrêtez les desseins »
Que forment contre nous des aveugles Hu
mains.
Allons , courons punir une main sacrilège ,
Dit ia Seine . . . elle part en ce même momèhrí
les Nimphes, les Tritons, composent son cor"
■ ' C'est:
• f EV RIE,R. i-fìó. 40í
C'est ainsi qu'en la voie dans le vaste Océan ,
'truand elle offre à ce Dieu les Eaux de son
Hmpire.
Elle approche. .. elle voit. . > & son courrou»
expire.
Sur sa Suite surprise elle jette les yeux j
Enfin elle applaudit d'un rire gracieux »
Elle voit les Jardins dignes de la Nature >
Une Nayade y court sécher sa chevelure >
l'une y cueille à lafois & des fruits & des
fleurs ,
L'autre ne songe plus aux cruelles rigueurs
Que l' Amant fougueux d'Orithie >
Leur prépare dans fa furie.
L'autre fous ces Rochers va chercher le repos i
Tandis que l'une ici contemple cet Ouvrage >
Ett l'autre des Poissons en embrassant le dos >
Coupe rapidement les flots.
Les Himphes . à l'envi , courent fur le Rivages
Élies dansent d'un pas leger ,
-Âu doux chant des Triions qui font retens
tir Pair»
Alors la Seine les appelle 3,
Courez à I'Ocean, chers Tritons, leur dit-elle;
Que ses Dieux fur ces bords se rendent avec
voUî* ! >
Allez encore au Tage , à cet ami fidèle >
Apprendre les apprêts d'une fête fi belle >
Qu'il vienne paitager les plaisirs avec nous-,-
UAbbi Bonnoi de Mably.
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Résumé : VERS LIBRES, Sur le Feu d'Artifice tiré sur l'Eau, par ordre du Roy d'Espagne, & les soins de M M. les Ambassadeurs à la Cour de France.
Le texte relate une scène mythologique où la Seine, personnifiée, convoque les Nayades, les Nymphes et les Tritons pour discuter des perturbations causées par l'hiver. La Reine des flots déplore les actions de l'Aquilon, qui troublent ses eaux et menacent ses roseaux. Les Nymphes et les Tritons se souviennent des jours paisibles où ils se divertissaient sur le rivage. Une Nymphe annonce ensuite une menace plus grave : des humains préparent un feu d'artifice sur l'eau, sur ordre du roi d'Espagne et en présence des ambassadeurs à la cour de France. Furieuse, la Seine décide de punir cette offense, mais en chemin, elle découvre des jardins magnifiques et des Nayades profitant de la nature. Apaisée, elle appelle les Tritons à annoncer les préparatifs d'une fête à l'Océan et au Tage. Les Nymphes et les Tritons, ravis, dansent au chant des Tritons, tandis que la Seine les invite à se rendre à l'Océan pour la fête.
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23
p. 583
AFRIQUE.
Début :
On apprend par les Lettres du 18. Janvier de Miquenez que le nouveau Roi de Maroc [...]
Mots clefs :
Roi de Maroc
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AFRIQUE.
AFRIQUE.
N apprend par les Lettres du 18. Janvier
Muley Abdala , étoit paifible poffeffeur de tous
les Etats du feu Roi , fon pere , & qu'il avoit
fait publier un Decret , par lequel il permet aux
Religieux Miffionnaires Déchauffés de l'Ordre
de Saint François de demeurer dans fes Etats,
particulierement dans les Villes de Fez , Salé &
Tetuan , qu'il avoit pris fous fa protection l'Hôpital
de Miquenez , & permis qu'il y eut toujours
16. Religieux & un Chirurgien Chrétien pour
affifter les Eſclaves Eſpagno.s qui y font malades,
avec ordre aux Blanc's & aux Noirs , fes Sujets
N apprend par les Lettres du 18. Janvier
Muley Abdala , étoit paifible poffeffeur de tous
les Etats du feu Roi , fon pere , & qu'il avoit
fait publier un Decret , par lequel il permet aux
Religieux Miffionnaires Déchauffés de l'Ordre
de Saint François de demeurer dans fes Etats,
particulierement dans les Villes de Fez , Salé &
Tetuan , qu'il avoit pris fous fa protection l'Hôpital
de Miquenez , & permis qu'il y eut toujours
16. Religieux & un Chirurgien Chrétien pour
affifter les Eſclaves Eſpagno.s qui y font malades,
avec ordre aux Blanc's & aux Noirs , fes Sujets
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Résumé : AFRIQUE.
Muley Abdala, successeur pacifique du roi d'Afrique, a autorisé les missionnaires franciscains à résider dans ses États, notamment à Fez, Salé et Tétouan. Il a placé l'hôpital de Miquinez sous sa protection et ordonné la présence de seize religieux et d'un chirurgien pour soigner les esclaves espagnols. Le décret concerne également les sujets blancs et noirs de Muley Abdala.
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24
p. 583-586
RUSSIE.
Début :
Le 21. Janvier, Mirsa Ibrahim, Envoyé Extraordinaire du Prince Thamas, fils du dernier [...]
Mots clefs :
Moscou, Tsar, Princesse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RUSSIE.
RUSSIE.
›
Lar fils du der-
E 21. Janvier , Mirfa Ibrahim , Envoyé Ex
nier Roi de Perfe , fit fon Entrée publique à Mofcou
, avec une fuite de 30. à 40. perfonnes , dans
le nombre deſquelles il y a deux proches parens
de ce Prince.
On a appris de Mofcou que le 17. Janvier, le
Czar accompagné de la Princeffe Dolhorucki
des Miniftres Etrangers & des Seigneurs de fa
Cour , alla avec une fuite de plus de cinq cent
Trainaux à Jouorof, qui eft éloigné de cette Capitale
de fix Verftes , où il y eut une grande
Chaffe
384 MERCURE DE FRANCE .
Chaffe , dans laquelle on tua plus de trois cent
pieces de gibier.
A fon retour , S. M. Cz . fe trouva très -abbatuë
, & avec un grand mal de tête ; de ſorte
qu'elle fut obligée de fe mettre au lit ; le lende
main la petite Verole commença à paroître , &
elle continua depuis à fortir fi heureuſe.nent que
les Medecins de la Cour affurerent le 26. que le
Czar étoit hors de danger ; mais la nuit ſuivante
il furvint une fievre avec un trafport au cerveau
fi violent , que ce Prince mourut la nuit du 29.
au 30. à minuit & demi , âgé de 14. ans 3. mois
& 7. jours , étant né à Petersbourg , le 23. Octobre
1715.
*
Il avoit été proclamé Czar & Souverain de
Mofcovie & de toute la Ruffie le 1-8. May 1727.
fuivant le teftament de la Czarine Catherine
feconde femme du Czar Pierre I. fon Aycul ,
laquelle étoit morte le jour précedent ; il avoit
été fiancé le 6. Juin de la même année avec Ma
rie Allexandrewna , fille ainée du Prince Menzikoff
, fon premier Miniftre ; mais le Confeil de
Regence , jaloux de la trop grande autorité de ce
Miniftre , détermina le Czar à le faire arrêter le
19. Septembre fuivant , & à le releguer dans une
Fortereffe en Siberie , avec la Princeffe fa fille.
Au commencement de l'année 1728. le Czár
quitta le féjour de Petersbourg pour fe rendre à
Mofcou , Capitale de fes Etats , ou ayant fait fon
Entrée le 15. Fevrier de la même année , il fut
couronné le 7. Mars fuivant. La Princefe Natalie
Alexiowna , fa foeur unique , qu'il aimoit
beaucoup, y mourut le 2.Decembre fuivant dans
la 15 année de fon âge ; ils étoient les deux
feuls enfans vivans d'Alexis Petrowits , Czarowits
fils unique du Czar Pierre I. qui mourut
dans la difgrace de fon Pere , le 26. Juillet 1718.
âgé
3
MARS. 1༡༢ : 185
agé de 29. ans ou environ , & de Charlotte Chrif
tine Sophie de Brunfwick Wolfembutel , Soeur
de l'Imperatrice , laquelle mourut à Petersbourg
ke 1. Novembre 1715. âgée de 21. ans.
Le Czar Pierre II. qui vient de mourir avoit
été fiancé pour la feconde fois le 11. Decembre
dernier avec Catherine Alexiwna , fille ainée d'Alexis
Gregorowitz , Prince Dolhorucki , Minif
tre & Confeil er actuel d'Etat , Grand-Maître de
la Cour , & Chevalier de l'Ordre de Saint André
, & qui avoit été Gouverneur de S. M. Cz.
Dans le moment de la mort du Czar , les Mi
niftres du Haut - Confeil & les Feldts- Maréchaux
s'étant affemblés dans le Palais , & ayant fait appeller
le Senat & toute la Generalité , la Princeffe
Anne Juanowns, Ducheffe Douairiere de Curlande
, fut reconnue d'un accord unanime Souve
raine de toute la Ruffie , conformément aux vo
lontés du feu Czar , & fa proclamation en qualité
de Czarine fut faite vers les dix heures du matin
, à la tête des Troupes , au bruit des Canons
& au fon des Cloches.
.
Cette Princeffe née en 1693. eft la feconde
fille du Czar Jean Alexiowits , frere ainé du Czar
Pierre I. & qui avoit regné avec lui jufqu'au 31 .
Janvier 1696. qu'il mourut, laiffant de Profcovic
Fæderowna Soltikow , fa femme , trois filles encore
vivantes qui font Catherine , mariée le 19.
Avril 1716. à Charles Leopol , Duc de Mekelbourg
Swevin , Anne qui vient d'être procla
mée Czarine , mariée le 13. Novembre 1710. à
Frederic Guillaume , Duc de Curlande , dont elle
eft veuve depuis le 21. Janvier 1711. & Profcovie
née en 1695. qui eft retirée dans un Couvent.
Le Czar a recommandé en mourant aux Mi
niftres du Haut-Confeil la Princeffe Dolhorucki ,
386 MERCURE DE FRANCE.
fa fiancée , la Princeffe Elifabeth , fa tante , le Duc
d'Holstein & le Duc de Mekelbourg , leur té
moignant qu'il fouhaitoit qu'on executât à leur
égard tout ce qui a été ordonné par le Teftament
du Czar Pierre I. touchant le payement de leurs
penfions.
Le Prince Bafile Lukowits Dolhorucki partit
de Mofcou le 28. Janvier en pofte pour aller à
Mittau porter à la Ducheffe Douairiere de Curlande
la nouvelle de fa proclamation . Il étoit accompagné
du Prince Trubetzkoy , Major General
, de M. Leontioff , auffi Major General , &
de M. Jerepkin , Capitaine des Gardes .
On a appris depuis que le Prince Dolhorucki
étoit arrivé le 5. Fevrier au foir à Mittau , & que
la Ducheffe Douairiere de Curlande , nouvelle
Czarine , en étoit partie le 9. pour ſe rendre à
Mofcou.
›
Lar fils du der-
E 21. Janvier , Mirfa Ibrahim , Envoyé Ex
nier Roi de Perfe , fit fon Entrée publique à Mofcou
, avec une fuite de 30. à 40. perfonnes , dans
le nombre deſquelles il y a deux proches parens
de ce Prince.
On a appris de Mofcou que le 17. Janvier, le
Czar accompagné de la Princeffe Dolhorucki
des Miniftres Etrangers & des Seigneurs de fa
Cour , alla avec une fuite de plus de cinq cent
Trainaux à Jouorof, qui eft éloigné de cette Capitale
de fix Verftes , où il y eut une grande
Chaffe
384 MERCURE DE FRANCE .
Chaffe , dans laquelle on tua plus de trois cent
pieces de gibier.
A fon retour , S. M. Cz . fe trouva très -abbatuë
, & avec un grand mal de tête ; de ſorte
qu'elle fut obligée de fe mettre au lit ; le lende
main la petite Verole commença à paroître , &
elle continua depuis à fortir fi heureuſe.nent que
les Medecins de la Cour affurerent le 26. que le
Czar étoit hors de danger ; mais la nuit ſuivante
il furvint une fievre avec un trafport au cerveau
fi violent , que ce Prince mourut la nuit du 29.
au 30. à minuit & demi , âgé de 14. ans 3. mois
& 7. jours , étant né à Petersbourg , le 23. Octobre
1715.
*
Il avoit été proclamé Czar & Souverain de
Mofcovie & de toute la Ruffie le 1-8. May 1727.
fuivant le teftament de la Czarine Catherine
feconde femme du Czar Pierre I. fon Aycul ,
laquelle étoit morte le jour précedent ; il avoit
été fiancé le 6. Juin de la même année avec Ma
rie Allexandrewna , fille ainée du Prince Menzikoff
, fon premier Miniftre ; mais le Confeil de
Regence , jaloux de la trop grande autorité de ce
Miniftre , détermina le Czar à le faire arrêter le
19. Septembre fuivant , & à le releguer dans une
Fortereffe en Siberie , avec la Princeffe fa fille.
Au commencement de l'année 1728. le Czár
quitta le féjour de Petersbourg pour fe rendre à
Mofcou , Capitale de fes Etats , ou ayant fait fon
Entrée le 15. Fevrier de la même année , il fut
couronné le 7. Mars fuivant. La Princefe Natalie
Alexiowna , fa foeur unique , qu'il aimoit
beaucoup, y mourut le 2.Decembre fuivant dans
la 15 année de fon âge ; ils étoient les deux
feuls enfans vivans d'Alexis Petrowits , Czarowits
fils unique du Czar Pierre I. qui mourut
dans la difgrace de fon Pere , le 26. Juillet 1718.
âgé
3
MARS. 1༡༢ : 185
agé de 29. ans ou environ , & de Charlotte Chrif
tine Sophie de Brunfwick Wolfembutel , Soeur
de l'Imperatrice , laquelle mourut à Petersbourg
ke 1. Novembre 1715. âgée de 21. ans.
Le Czar Pierre II. qui vient de mourir avoit
été fiancé pour la feconde fois le 11. Decembre
dernier avec Catherine Alexiwna , fille ainée d'Alexis
Gregorowitz , Prince Dolhorucki , Minif
tre & Confeil er actuel d'Etat , Grand-Maître de
la Cour , & Chevalier de l'Ordre de Saint André
, & qui avoit été Gouverneur de S. M. Cz.
Dans le moment de la mort du Czar , les Mi
niftres du Haut - Confeil & les Feldts- Maréchaux
s'étant affemblés dans le Palais , & ayant fait appeller
le Senat & toute la Generalité , la Princeffe
Anne Juanowns, Ducheffe Douairiere de Curlande
, fut reconnue d'un accord unanime Souve
raine de toute la Ruffie , conformément aux vo
lontés du feu Czar , & fa proclamation en qualité
de Czarine fut faite vers les dix heures du matin
, à la tête des Troupes , au bruit des Canons
& au fon des Cloches.
.
Cette Princeffe née en 1693. eft la feconde
fille du Czar Jean Alexiowits , frere ainé du Czar
Pierre I. & qui avoit regné avec lui jufqu'au 31 .
Janvier 1696. qu'il mourut, laiffant de Profcovic
Fæderowna Soltikow , fa femme , trois filles encore
vivantes qui font Catherine , mariée le 19.
Avril 1716. à Charles Leopol , Duc de Mekelbourg
Swevin , Anne qui vient d'être procla
mée Czarine , mariée le 13. Novembre 1710. à
Frederic Guillaume , Duc de Curlande , dont elle
eft veuve depuis le 21. Janvier 1711. & Profcovie
née en 1695. qui eft retirée dans un Couvent.
Le Czar a recommandé en mourant aux Mi
niftres du Haut-Confeil la Princeffe Dolhorucki ,
386 MERCURE DE FRANCE.
fa fiancée , la Princeffe Elifabeth , fa tante , le Duc
d'Holstein & le Duc de Mekelbourg , leur té
moignant qu'il fouhaitoit qu'on executât à leur
égard tout ce qui a été ordonné par le Teftament
du Czar Pierre I. touchant le payement de leurs
penfions.
Le Prince Bafile Lukowits Dolhorucki partit
de Mofcou le 28. Janvier en pofte pour aller à
Mittau porter à la Ducheffe Douairiere de Curlande
la nouvelle de fa proclamation . Il étoit accompagné
du Prince Trubetzkoy , Major General
, de M. Leontioff , auffi Major General , &
de M. Jerepkin , Capitaine des Gardes .
On a appris depuis que le Prince Dolhorucki
étoit arrivé le 5. Fevrier au foir à Mittau , & que
la Ducheffe Douairiere de Curlande , nouvelle
Czarine , en étoit partie le 9. pour ſe rendre à
Mofcou.
Fermer
Résumé : RUSSIE.
Le 21 janvier, Mirfa Ibrahim, envoyé du dernier roi de Perse, arriva à Moscou avec une suite de 30 à 40 personnes, incluant deux proches parents du prince. Le 17 janvier, le Czar, accompagné de la princesse Dolhorucki, des ministres étrangers et des seigneurs de la cour, se rendit à Jouorof pour une grande chasse, au cours de laquelle plus de trois cents pièces de gibier furent tuées. À son retour, le Czar se sentit très fatigué et souffrit d'un mal de tête, ce qui le contraignit à se mettre au lit. Le lendemain, des symptômes de petite vérole apparurent, mais les médecins assurèrent le 26 janvier que le Czar était hors de danger. Cependant, la nuit suivante, une fièvre violente avec un transport au cerveau survint, et le Czar mourut la nuit du 29 au 30 janvier à minuit et demi, à l'âge de 14 ans, 3 mois et 7 jours. Il avait été proclamé Czar et souverain de Moscovie et de toute la Russie le 18 mai 1727, suivant le testament de la czarine Catherine, seconde femme du Czar Pierre Ier. Il avait été fiancé le 6 juin 1727 à Marie Alexandrewna, fille du prince Menzikoff, mais ce dernier fut arrêté et exilé en Sibérie avec sa fille en septembre 1727. Le Czar quitta Saint-Pétersbourg pour Moscou au début de l'année 1728 et y fut couronné le 7 mars. Sa sœur unique, la princesse Natalie Alexiowna, mourut le 2 décembre 1727 à l'âge de 15 ans. Le Czar Pierre II avait été fiancé une seconde fois le 11 décembre précédent avec Catherine Alexiwna, fille du prince Dolhorucki. À la mort du Czar, les ministres et les feld-maréchaux réunis au palais proclamèrent la princesse Anne Juanowns, duchesse douairière de Curlande, souveraine de toute la Russie conformément aux volontés du feu Czar. Née en 1693, elle était la seconde fille du Czar Jean Alexiowits, frère aîné du Czar Pierre Ier. Le prince Dolhorucki partit pour Mittau afin d'informer la duchesse douairière de Curlande de sa proclamation, et elle quitta Mittau le 9 février pour se rendre à Moscou.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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25
p. 586-591
DANNEMARC.
Début :
Le Roi a envoyé ordre à son Ministre à la Haye de suspendre toutes négociations avec [...]
Mots clefs :
Dauphin, Ambassadeur, Illuminations, Devises, Soleil, Fête, Comte de Plélo
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DANNEMARC.
DANNEM AR C.
LERoia envoyé ordre à fon Miniftre à fà
Haye de fufpendre toutes négociations avec
les Députés des Etats Generaux , au fujet du commerce
que fes Sujets font de fon aveu dans les Indes
Orientales , & de déclarer à L. H. P. qu'elles
n'avoient droit par aucun Traité de reclamer
contre ce commerce , que tous les Sujets des
Puiffances de l'Europe peuvent faire felon le droit
des gens , s'il n'y a des ftipulations particulieres
qui les en excluent .
Les Fêtes publiques que le Comte de Plelo ,
Ambaffadeur Extraordinaire de France , a donné
à Copenhague pour la Naiffance du DAUPHIN ,
ont duré quatre jours. L'ouverture s'en fit le 12 .
Février , par un Difcours de l'Abbé Goffet , fon
Aumônier, fur cet heureux Evenement, lequel fut
fort
MARS. 1730. 587.
>
fort applaudi; on chanta enfuite une Meffe Solemnelle
& le Te Deum , au bruit des Trompettes
des Timballes & d'une nombreuſe Simphonie ;
$. Exc. donna ce premier jour un magnifique·
Repas à toutes les perfonnes de diftinction , qui
avoient affifté à cette Ceremonie,
+
:
Le 13. plus de 200. perfonnes invitées à fouper
, fe rendirent à fon Hôtel fur les 7. heures
du foir. Il y eut Jeu jufqu'à 9. heures , enfuite
on fe mit à table après avoir tiré les places au
fort , pour éviter toute diftinction fur les rangs
& fur la difference des Tables. Il y en avoit une
de 90. Couverts , deux de 40. & trois autres
moindres , toutes fervies avec la même abondance
, la même délicateffe & la même attention.
Les principales Familles Françoifes , tant Catholiques
que Réformez , furent invitées à une Table
que tenoit l'Abbé Goffet , qui étoit de so.
Couverts , laquelle fut fervie en même-temps
que celle des Seigneurs qui étoient de cette magnifique
Fête les Santez des Souverains , cellede
Monfeigneur le Dauphin & des Familles Roya
les de France & de Dannemarc , furent celebrées
de bout , au bruit des Trompettes , des Timbales
& d'une Simphonie qui ne ceffa point pendant
tout le fouper, Le Fruit de toutes les Tables étoit
de la façon de M. Siegel , Officier de S. M. Dan.
Il fit par fa beautê le fujet & l'admiration de
toute l'Affemblée. On y voyoit differentes figures
ayant rapport au fujet de la Fête. Dans quelques
unes , le Portrait du Roi & de la Reine de France
au naturel ; en d'autres , Monfeigneur le Dauphin
dans le berceau , avec pufieurs Deviſes affortiffantes
à fon heureuſe Naiffance ; une des
principales Pieces repréſentoit les douze anciens
Gouvernemens de France , avec les Armes de
chaque Province. Après le Soupé , dont tout le
monne
88 MERCURE DE FRANCE.
monde parut fort content , M. l'Ambaffadeur
Quvrit le Bal avec Madame la Grande-Chanceliere
, & on continua à danſer juſqu'à 5. heures
& demie du matin , que tout le monde ſe retira.
Le 14. S. Ex. fit diftribuer des aumônes confiderables
, tant en vivres qu'en argent , à près de
200. Pauvres . On donna à chacun trois livres de
pain , deux livres de viande & 30. fols en argent.
Cette diftribution ſe fit fans avoir égard à la difference
de Religion.
Le 15. fur les fept heures du foir , l'Hôtel de
S. Ex. fut illuminé , tant en dehors qu'en dedans,
cette Illumination qui étoit d'un goût parfait &
admirable , dura toute la nuit. Elle repréfentoit à
l'entrée un fuperbe Palais , dont l'Architecture ,
les Ornemens & les Devifes toutes fpirituelles &
fort ingenieufes , faifoient allufion à la Naiffance.
de M. le Dauphin. A 7. heures & demie, M.l'Ambaffadeur
& Madame l'Ambaffadrice , fortirent
en Caroffe avec plufieurs perfonnes de qualité ,
pour voir l'Illumination. Lorfque L. Ex . furent
rentrées , M. l'Ambaffadeur ouvrit le Bal , qui
dura jufqu'à 9. heures.. On fervit alors le fouper
fur quatre Tables , où toutes les Dames fe placerent.
& où elles furent fervies par les Cavaliers.
Le même foir , M. de la Porte , Medecin François
, à la fuite de M. l'Ambaffadeur , avoit une
Table dans fon Appartement , où plufieurs per
fonnes de fa Profeſſion furent invitées avec quelques
Familles Françoifes qui n'avoient pû profiter
le premier jour des politeffes & des bontez de¹
M. l'Ambaffadeur à leur égard. Après le Repas
on ouvrit la porte aux Mafques : il en entra près
de 700. qui remplirent trois grandes Pieces , où ils
danferent. Il y eut toute la nuit un Buffet plein
de Rafraîchiffemens pour eux , & dans une autre
Chambre une Table toujours fervie avec toutes
Lortes
MARS. 1730. 589
fortes de Liqueurs froides & chaudes pour les
perfonnes invitées.
Au refte l'Illumination qui a réuſſi à merveille,
& qui fut encore favorifée de la plus belle nuit
qu'on pût fouhaiter , n'étoit point dans le gout
de celles de France ; les grands vents qui regnent
ici prefque continuellement , fur tout dans cette
faifon , ne permettoient pas qu'on mît les Lampions
à découvert ; c'étoit donc un grand Edifice
de Charpente , formée en Avant- Corps devant
l'Hôtel de l'Ambaffadeur , & couvrant la largeur
des cinq Croifees du milieu depuis le haut juſqu'en
bas; les intervalles des Pieces de Charpente, lefquelles
étoient très-vaftes,étoient recouverts , auffi-bien
que tout l'Edifice en general , de grands Tableaux .
de papier huilé , fur lefquels il y avoit differentes
Peintures. Les trois autres Croifées de chaque côté
étoient auffi pareillement ornées de Peinture
& l'Illumination étoit derriere , c'eſt - à- dire à
l'Avant-Corps , entre la Maifon & la Charpente
& aux Croifées , dans les embrafures interieures
des fenêtres ; le tout repréſentoit un Palais enchanté
avec beaucoup d'ornemens d'Architecture
& autres embelliffemens , parmi lefquels le Soleil
& les Dauphins dominoient fur tout. Le tour
étoit couronné en haut par un Soliel levant extrémement
brillant , avec cette Infcription ; Tote
furgit Lux aurea mundo.
Avant l'execution2, on craignoit pour le fuccès
de ce Spectacle , mais on fut agréablement furpris
de voir que rien n'étoit plus joli , ni plus
gracieux. L'Avant-Corps tout en feu & les oppoitions
fombres & de clartez ménagées dans le
refte du Bâtiment , faifoient une varieté char
mante. Outre cela ill yyavoit encore aux deux coins
de la Maifon , deux Pavillons , ou plutôt deux
Grottes illuminées , & dans chacune un Dau-
"
phin
590 MERCURE DE FRANCE:
phin , des nafeaux duquel jailliffoient des Fontaines
de vin de la hauteur de 14. pieds , ce qui fe
marioit fort agréablement avec le refte du Spectacle
; l'Illumination & les Fontaines continuerent
ainfi jufqu'au jour.
Les couches de la Comteffe de Plelo , la maladie
du Roi de Dannemarck , celle du Comte de Plelo,
la mort du jeune Prince Charles , fils de S. M. D.
ont été caufe que cette Fête a été donnée fi tard.
Devifes placées en differens endroits
de l'Illumination.
Le Soleil éclairant le Globe François : Ques
afpicit fovet.
Le Soleil en haut de l'Illumination : Toto furgit
Lux aurea mundo.
Le Soleil Levant. Acceſſu ſingula gaudenti
Le même. Non occultè crefcet .
Le même. Spes, largus , donare novas.
Le même. Spes totius orbis.
L'Etoile du matin . Diem prafignat ab ortu.
Les Etoiles , comme Lucifer , Venus , &c. qui
précedent le Lever du Soleil , & qui cedent aux
premiers Rayons de cet Aftre , par allufion à
Mefdames de France & à Monfeigneur le Dauphin.
Pracedunt at cadant.
Des Lys éclairez par le Soleil. Hinc vita , Colorque.
Le même Emblême. Hoc afpirante perennants
Le même Foventur ab alto.
Le même. Sole novo recreata nitent .
Des Lys fous le Soleil avec leurs rejettons. Alit
& auget.
Un Lys fous le Soleil avec un rejetton. Nec
Phabo gratior ullus.
Le même. Nullo fe tantum tellus jactavit
alumno.
Le
MARS.
173.00
Le même. Crefcit nova gloria terra..
590
Un Dauphin fur les Ondes. Non nifi gratus
adeft .
Cupidon fur le dos d'un Dauphin , tenant d'une
main fes Nageoires , & de l'autre un Lys en
forme de Sceptre. Sie Mare , fic Terras,
Un Dauphin avec l'Amour fur fon dos. Amor
eminet undis.
Le Dauphin , Conftellation celefte , au milieu
d'un Ciel ferain . Perpetuos nec parturit imbresa
Le même. Data lumina reddo.
Une Perle dans fa Coquille. Ex mora splen
didior.
Une mere Perle avec plufieurs Perles au dedans
Quantum è prole decus.
L'Alcyon faifant fon nid fur la Mer calme
Miratur natura filens.
Un Aigle portant fon Aiglon vers le Soleil
pour l'éprouver. Latatur genuiffe parem.
L'Arc-en- Ciel , figne de réconciliation. Diff
giant metus.
Une branche d'Olivier , dont il fort un rejet
ton. Nec fallit termes Oliva.
La Fortune fur le Globe François, Hic amica
fedes.
Le Dauphin ,
Conftellation celefte, & un Dau
phin fur les Ondes. Orbi dant figna quietis.
Il faut remarquer qu'il y a plusieurs de ces
Devifes , dont le corps eft le même ou approchant
, mais les Païfages & les autres accompa
gnemens étoient tous variez.
LERoia envoyé ordre à fon Miniftre à fà
Haye de fufpendre toutes négociations avec
les Députés des Etats Generaux , au fujet du commerce
que fes Sujets font de fon aveu dans les Indes
Orientales , & de déclarer à L. H. P. qu'elles
n'avoient droit par aucun Traité de reclamer
contre ce commerce , que tous les Sujets des
Puiffances de l'Europe peuvent faire felon le droit
des gens , s'il n'y a des ftipulations particulieres
qui les en excluent .
Les Fêtes publiques que le Comte de Plelo ,
Ambaffadeur Extraordinaire de France , a donné
à Copenhague pour la Naiffance du DAUPHIN ,
ont duré quatre jours. L'ouverture s'en fit le 12 .
Février , par un Difcours de l'Abbé Goffet , fon
Aumônier, fur cet heureux Evenement, lequel fut
fort
MARS. 1730. 587.
>
fort applaudi; on chanta enfuite une Meffe Solemnelle
& le Te Deum , au bruit des Trompettes
des Timballes & d'une nombreuſe Simphonie ;
$. Exc. donna ce premier jour un magnifique·
Repas à toutes les perfonnes de diftinction , qui
avoient affifté à cette Ceremonie,
+
:
Le 13. plus de 200. perfonnes invitées à fouper
, fe rendirent à fon Hôtel fur les 7. heures
du foir. Il y eut Jeu jufqu'à 9. heures , enfuite
on fe mit à table après avoir tiré les places au
fort , pour éviter toute diftinction fur les rangs
& fur la difference des Tables. Il y en avoit une
de 90. Couverts , deux de 40. & trois autres
moindres , toutes fervies avec la même abondance
, la même délicateffe & la même attention.
Les principales Familles Françoifes , tant Catholiques
que Réformez , furent invitées à une Table
que tenoit l'Abbé Goffet , qui étoit de so.
Couverts , laquelle fut fervie en même-temps
que celle des Seigneurs qui étoient de cette magnifique
Fête les Santez des Souverains , cellede
Monfeigneur le Dauphin & des Familles Roya
les de France & de Dannemarc , furent celebrées
de bout , au bruit des Trompettes , des Timbales
& d'une Simphonie qui ne ceffa point pendant
tout le fouper, Le Fruit de toutes les Tables étoit
de la façon de M. Siegel , Officier de S. M. Dan.
Il fit par fa beautê le fujet & l'admiration de
toute l'Affemblée. On y voyoit differentes figures
ayant rapport au fujet de la Fête. Dans quelques
unes , le Portrait du Roi & de la Reine de France
au naturel ; en d'autres , Monfeigneur le Dauphin
dans le berceau , avec pufieurs Deviſes affortiffantes
à fon heureuſe Naiffance ; une des
principales Pieces repréſentoit les douze anciens
Gouvernemens de France , avec les Armes de
chaque Province. Après le Soupé , dont tout le
monne
88 MERCURE DE FRANCE.
monde parut fort content , M. l'Ambaffadeur
Quvrit le Bal avec Madame la Grande-Chanceliere
, & on continua à danſer juſqu'à 5. heures
& demie du matin , que tout le monde ſe retira.
Le 14. S. Ex. fit diftribuer des aumônes confiderables
, tant en vivres qu'en argent , à près de
200. Pauvres . On donna à chacun trois livres de
pain , deux livres de viande & 30. fols en argent.
Cette diftribution ſe fit fans avoir égard à la difference
de Religion.
Le 15. fur les fept heures du foir , l'Hôtel de
S. Ex. fut illuminé , tant en dehors qu'en dedans,
cette Illumination qui étoit d'un goût parfait &
admirable , dura toute la nuit. Elle repréfentoit à
l'entrée un fuperbe Palais , dont l'Architecture ,
les Ornemens & les Devifes toutes fpirituelles &
fort ingenieufes , faifoient allufion à la Naiffance.
de M. le Dauphin. A 7. heures & demie, M.l'Ambaffadeur
& Madame l'Ambaffadrice , fortirent
en Caroffe avec plufieurs perfonnes de qualité ,
pour voir l'Illumination. Lorfque L. Ex . furent
rentrées , M. l'Ambaffadeur ouvrit le Bal , qui
dura jufqu'à 9. heures.. On fervit alors le fouper
fur quatre Tables , où toutes les Dames fe placerent.
& où elles furent fervies par les Cavaliers.
Le même foir , M. de la Porte , Medecin François
, à la fuite de M. l'Ambaffadeur , avoit une
Table dans fon Appartement , où plufieurs per
fonnes de fa Profeſſion furent invitées avec quelques
Familles Françoifes qui n'avoient pû profiter
le premier jour des politeffes & des bontez de¹
M. l'Ambaffadeur à leur égard. Après le Repas
on ouvrit la porte aux Mafques : il en entra près
de 700. qui remplirent trois grandes Pieces , où ils
danferent. Il y eut toute la nuit un Buffet plein
de Rafraîchiffemens pour eux , & dans une autre
Chambre une Table toujours fervie avec toutes
Lortes
MARS. 1730. 589
fortes de Liqueurs froides & chaudes pour les
perfonnes invitées.
Au refte l'Illumination qui a réuſſi à merveille,
& qui fut encore favorifée de la plus belle nuit
qu'on pût fouhaiter , n'étoit point dans le gout
de celles de France ; les grands vents qui regnent
ici prefque continuellement , fur tout dans cette
faifon , ne permettoient pas qu'on mît les Lampions
à découvert ; c'étoit donc un grand Edifice
de Charpente , formée en Avant- Corps devant
l'Hôtel de l'Ambaffadeur , & couvrant la largeur
des cinq Croifees du milieu depuis le haut juſqu'en
bas; les intervalles des Pieces de Charpente, lefquelles
étoient très-vaftes,étoient recouverts , auffi-bien
que tout l'Edifice en general , de grands Tableaux .
de papier huilé , fur lefquels il y avoit differentes
Peintures. Les trois autres Croifées de chaque côté
étoient auffi pareillement ornées de Peinture
& l'Illumination étoit derriere , c'eſt - à- dire à
l'Avant-Corps , entre la Maifon & la Charpente
& aux Croifées , dans les embrafures interieures
des fenêtres ; le tout repréſentoit un Palais enchanté
avec beaucoup d'ornemens d'Architecture
& autres embelliffemens , parmi lefquels le Soleil
& les Dauphins dominoient fur tout. Le tour
étoit couronné en haut par un Soliel levant extrémement
brillant , avec cette Infcription ; Tote
furgit Lux aurea mundo.
Avant l'execution2, on craignoit pour le fuccès
de ce Spectacle , mais on fut agréablement furpris
de voir que rien n'étoit plus joli , ni plus
gracieux. L'Avant-Corps tout en feu & les oppoitions
fombres & de clartez ménagées dans le
refte du Bâtiment , faifoient une varieté char
mante. Outre cela ill yyavoit encore aux deux coins
de la Maifon , deux Pavillons , ou plutôt deux
Grottes illuminées , & dans chacune un Dau-
"
phin
590 MERCURE DE FRANCE:
phin , des nafeaux duquel jailliffoient des Fontaines
de vin de la hauteur de 14. pieds , ce qui fe
marioit fort agréablement avec le refte du Spectacle
; l'Illumination & les Fontaines continuerent
ainfi jufqu'au jour.
Les couches de la Comteffe de Plelo , la maladie
du Roi de Dannemarck , celle du Comte de Plelo,
la mort du jeune Prince Charles , fils de S. M. D.
ont été caufe que cette Fête a été donnée fi tard.
Devifes placées en differens endroits
de l'Illumination.
Le Soleil éclairant le Globe François : Ques
afpicit fovet.
Le Soleil en haut de l'Illumination : Toto furgit
Lux aurea mundo.
Le Soleil Levant. Acceſſu ſingula gaudenti
Le même. Non occultè crefcet .
Le même. Spes, largus , donare novas.
Le même. Spes totius orbis.
L'Etoile du matin . Diem prafignat ab ortu.
Les Etoiles , comme Lucifer , Venus , &c. qui
précedent le Lever du Soleil , & qui cedent aux
premiers Rayons de cet Aftre , par allufion à
Mefdames de France & à Monfeigneur le Dauphin.
Pracedunt at cadant.
Des Lys éclairez par le Soleil. Hinc vita , Colorque.
Le même Emblême. Hoc afpirante perennants
Le même Foventur ab alto.
Le même. Sole novo recreata nitent .
Des Lys fous le Soleil avec leurs rejettons. Alit
& auget.
Un Lys fous le Soleil avec un rejetton. Nec
Phabo gratior ullus.
Le même. Nullo fe tantum tellus jactavit
alumno.
Le
MARS.
173.00
Le même. Crefcit nova gloria terra..
590
Un Dauphin fur les Ondes. Non nifi gratus
adeft .
Cupidon fur le dos d'un Dauphin , tenant d'une
main fes Nageoires , & de l'autre un Lys en
forme de Sceptre. Sie Mare , fic Terras,
Un Dauphin avec l'Amour fur fon dos. Amor
eminet undis.
Le Dauphin , Conftellation celefte , au milieu
d'un Ciel ferain . Perpetuos nec parturit imbresa
Le même. Data lumina reddo.
Une Perle dans fa Coquille. Ex mora splen
didior.
Une mere Perle avec plufieurs Perles au dedans
Quantum è prole decus.
L'Alcyon faifant fon nid fur la Mer calme
Miratur natura filens.
Un Aigle portant fon Aiglon vers le Soleil
pour l'éprouver. Latatur genuiffe parem.
L'Arc-en- Ciel , figne de réconciliation. Diff
giant metus.
Une branche d'Olivier , dont il fort un rejet
ton. Nec fallit termes Oliva.
La Fortune fur le Globe François, Hic amica
fedes.
Le Dauphin ,
Conftellation celefte, & un Dau
phin fur les Ondes. Orbi dant figna quietis.
Il faut remarquer qu'il y a plusieurs de ces
Devifes , dont le corps eft le même ou approchant
, mais les Païfages & les autres accompa
gnemens étoient tous variez.
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Résumé : DANNEMARC.
Le texte décrit deux événements distincts. Premièrement, le roi de Dannemarc a ordonné à son ministre de suspendre toutes négociations avec les députés des États Généraux concernant le commerce des sujets du roi dans les Indes Orientales. Il a également stipulé que les puissances européennes peuvent commercer selon le droit des gens, sauf en cas de stipulations particulières. Deuxièmement, le comte de Ploërmel, ambassadeur extraordinaire de France à Copenhague, a organisé des fêtes publiques pour célébrer la naissance du dauphin de France. Ces festivités ont duré quatre jours, débutant le 12 février. Le premier jour, un discours de l'abbé Goffet a été suivi d'une messe solennelle et du Te Deum, accompagné de musique. Un repas somptueux a été offert à des personnes de distinction. Le 13 février, plus de 200 invités ont participé à un souper où les places étaient tirées au sort pour éviter toute distinction de rang. Les familles françaises, tant catholiques que réformées, étaient présentes. Les santés des souverains et du dauphin ont été célébrées. Après le souper, un bal a été ouvert par l'ambassadeur et a duré jusqu'à cinq heures et demie du matin. Le 14 février, l'ambassadeur a distribué des aumônes à près de 200 pauvres, sans distinction de religion. Le 15 février, l'hôtel de l'ambassadeur a été illuminé toute la nuit, représentant un palais enchanté avec des devises spirituelles. Un bal a été ouvert par l'ambassadeur et son épouse, suivi d'un souper servi par des cavaliers. Un médecin français a également organisé un repas pour des personnes de sa profession et des familles françaises. Des masques ont dansé toute la nuit, et des rafraîchissements étaient disponibles. L'illumination, bien que différente des fêtes françaises en raison des vents, a été un succès et a duré jusqu'au matin. Les couches de la comtesse de Ploërmel, la maladie du roi de Danemark, celle du comte de Ploërmel, et la mort du jeune prince Charles ont retardé la célébration. Diverses devises étaient placées dans l'illumination, faisant référence au soleil, aux lys, aux dauphins, et à des symboles de réconciliation et de prospérité.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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26
p. 591-592
ALLEMAGNE.
Début :
On a appris de Dresde que le 18. du mois dernier, le Roi de Prusse y arriva à 11. heures [...]
Mots clefs :
Régiment
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
Odernier , le Roi de Pruffe y arriva à 11. heu- Na appris de Drefde , que le 18. du mois
rés du foir, S. M. en partit le 25 , après avoir pris
part à tous les
Divertiffemens du Carnaval.
H Oa
592 MERCURE DE FRANCE .
On a envoyé ordre à deux Bataillons du Régiment
d'Alcaudete , & à deux autres du Regiment
de Ketler , de fe tenir prêts à partir pour
l'Italie , où on envoye encore quatre Efcadrons
du Regiment de Cavalerie de Palfi , quatre du
Régiment dit le Jeune Eugene , fix de celui d'Hohenzollern
, quatre du vieux Wirtemberg , fix du
Regiment du Comte Vinceflas de Lichtenſtein ,
fix de celui du Prince Ferdinand de Baviere , & le
Regiment entier de Huffars de Zumgemberg. On
dit que le Comte Maximilien de Staremberg ,
commandera les Troupes de l'Empereur en Italie.
Odernier , le Roi de Pruffe y arriva à 11. heu- Na appris de Drefde , que le 18. du mois
rés du foir, S. M. en partit le 25 , après avoir pris
part à tous les
Divertiffemens du Carnaval.
H Oa
592 MERCURE DE FRANCE .
On a envoyé ordre à deux Bataillons du Régiment
d'Alcaudete , & à deux autres du Regiment
de Ketler , de fe tenir prêts à partir pour
l'Italie , où on envoye encore quatre Efcadrons
du Regiment de Cavalerie de Palfi , quatre du
Régiment dit le Jeune Eugene , fix de celui d'Hohenzollern
, quatre du vieux Wirtemberg , fix du
Regiment du Comte Vinceflas de Lichtenſtein ,
fix de celui du Prince Ferdinand de Baviere , & le
Regiment entier de Huffars de Zumgemberg. On
dit que le Comte Maximilien de Staremberg ,
commandera les Troupes de l'Empereur en Italie.
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Résumé : ALLEMAGNE.
Le roi de Prusse arrive à Oder après avoir quitté Dresde le 25. En Italie, des ordres sont envoyés à plusieurs bataillons et escadrons pour se tenir prêts. Le Comte Maximilien de Starhemberg est nommé commandant des troupes impériales en Italie.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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27
p. 592-594
ITALIE.
Début :
Dans le Consistoire secret que le Pape tint le 8. du mois dernier, le Cardinal Ottoboni, [...]
Mots clefs :
Pape, Cardinal, Cardinaux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
ITALIE .
Ds. du mois dernier , le Cardinal Ottoboni ,
Ans le Confiftoire fecret que le Pape tint le
Protecteur des Affaires de France , propofa l'Archevêché
de Bordeaux , pour l'Evêque de Mirepoix
, & l'Evêché d'Agen pour l'Abbé de Saleon;
après quoi ce Cardinal préconifa l'Evêque Titulaire
de Sarepte , pour l'Evêché de Tarbes , &
Abbé de l'Ifle du Guaft , pour celui de Limoge
A la fin du Confiftoire , le Pape fit Cardinal
M. Alamano Salviati , Florentin , Protonotaire
Apoftolique & Prefident de la Legation d'Urbin,
Le même jour au foir. ce nouveau Cardinal
fe rendit incognito au Palais du Vatican, pour
y recevoir la Barette des mains de Sa Sainteté ;
fe foir il y'eut , felon lá coûtume , des Feux & des,
Illuminations dans toutes les rues de la Ville
que la nuit fuivante. ainfi
→
Le 11. Fevrier, le Pape tint un Confiftoire public
, dans lequel S. S. donna le Chapeau au Cardinal
Salviati.
Le 22. les Cardinaux s'affemblerent pour la
premiere fois dans la Chapelle des Paremens , od
PAn
2
MARS. 1730. 593
l'Anneau du Pêcheur & le Sceau de la Chancellerie
Apoftolique furent rompus , felon l'ufage. ,
On lût enfuite les Conftitutions de Gregoire X.
de Jules II. de Pie IV . de Gregoire XV. & d'Urbain
VII . au ſujet de l'Election du Pape. M. Jean
Baptifte Ariberti de Cremone , Archevêque de
Palmire , fut choisi pour être Gouverneur du
prochain Conclave , & M. Spinola fut confirmé
dans les fonctions de Gouverneur de Rome : on.
nomma auffi deux Prédicateurs , dont l'un qui ,
eft Religieux Dominicain , doit faire l'Oraifon ,
Funebre du Pape , & l'autre nommé M. Cavalchini
, Promoteur de la Foi , doit prêcher à l'ouverture
du Conclave. Les Cardinaux Zondodari ,
Laurent Altieri & Alexandre Albani , furent
nommez Sur-Intendans de la conftruction du
Conclave.
2,
Enfuite le Sacré College s'étant rendu dans la
Chapelle de Sixte , le corps du feu Pape fut porté,
proceffionellement dans l'Eglife de S. Pierre , ou
les Cardinaux prirent leurs places , en la maniere
accoûtumée. M. Nicolai , Archevêque Titulaire
de Mira , & Vicaire de cette Eglife , fit les Encenfemens
& l'Abfoute , après quoi le corps fut
porté dans la chapelle du S. Sacrement pour y
demeurer en dépôt pendant trois jours , afin que
le Peuple pût lui baiſer les pieds & contenter ſa,
dévotion.
Le 24. les Cardinaux affifterent dans la même
Eglife à la premiere Meffe qui fut chantée pour
le repos de l'ame du Pape , par le Cardinal Ottoboni
qui fit l'Abſoute.
On publia le même jour dans toutes les Eglifes
de Rome l'Indulgence Pleniere en forme de Jubilé
, que le feu Pape accorda la veille de fa mort,
à l'occafion des Rhumes & autres Maladies de
poitrine qui affligent toute l'Italie.
Hij Le
594 MERCURE DE FRANCE.
Le 16. du mois dernier , jour du Jeudi gras
on donna au Peuple dans la Place de S. Marc
Venife , la Fête annuelle & les autres divertiffemens
inftituez en memoire de la Victoire que la
République remporta autrefois fur Ulric , Patriarche
d'Aquilée . Le Doge , la Seigneurie , les
Ambaffadeurs & les Miniftres Etrangers fe mirent
aux fenêtres d'une des Salles du Palais , & virent
paffer tous les Bouchers , habillez & armez de
differentes manieres , que le Peuple fuivoit en
confufion. On amena un Taureau à qui un Boucher
abattit la tête d'un feul coup de Sabre : il fit
enfuité le vol du haut de la Tour de S. Marc ;
après quoi on tira un Feu d'artifice , le concours
des Malques fut extraordinaire ce jour-là dans la
Place & aux Ridotti.
On mande de Rome & de prefque toutes les auties
Villes d'Italie , que les Fluxions , les Rhumes
& quantité d'autres Maladies , y font generales ,
que les Medecins en font attaquez comme les autres,&
qu'on a de la peine à en trouver pour traiter
les Malades.C'eft par la grande quantité de Malades
qu'il y a à Florence , que l'Archevêque de cette
Ville a demandé au Pape un Bref qui difpensât
fes Diocefains de faire Carême cette année.
On a fonné pendant trois jours toutes les cloches
des Eglifes de Venife , à l'occafion de la
mort du Pape.
Ds. du mois dernier , le Cardinal Ottoboni ,
Ans le Confiftoire fecret que le Pape tint le
Protecteur des Affaires de France , propofa l'Archevêché
de Bordeaux , pour l'Evêque de Mirepoix
, & l'Evêché d'Agen pour l'Abbé de Saleon;
après quoi ce Cardinal préconifa l'Evêque Titulaire
de Sarepte , pour l'Evêché de Tarbes , &
Abbé de l'Ifle du Guaft , pour celui de Limoge
A la fin du Confiftoire , le Pape fit Cardinal
M. Alamano Salviati , Florentin , Protonotaire
Apoftolique & Prefident de la Legation d'Urbin,
Le même jour au foir. ce nouveau Cardinal
fe rendit incognito au Palais du Vatican, pour
y recevoir la Barette des mains de Sa Sainteté ;
fe foir il y'eut , felon lá coûtume , des Feux & des,
Illuminations dans toutes les rues de la Ville
que la nuit fuivante. ainfi
→
Le 11. Fevrier, le Pape tint un Confiftoire public
, dans lequel S. S. donna le Chapeau au Cardinal
Salviati.
Le 22. les Cardinaux s'affemblerent pour la
premiere fois dans la Chapelle des Paremens , od
PAn
2
MARS. 1730. 593
l'Anneau du Pêcheur & le Sceau de la Chancellerie
Apoftolique furent rompus , felon l'ufage. ,
On lût enfuite les Conftitutions de Gregoire X.
de Jules II. de Pie IV . de Gregoire XV. & d'Urbain
VII . au ſujet de l'Election du Pape. M. Jean
Baptifte Ariberti de Cremone , Archevêque de
Palmire , fut choisi pour être Gouverneur du
prochain Conclave , & M. Spinola fut confirmé
dans les fonctions de Gouverneur de Rome : on.
nomma auffi deux Prédicateurs , dont l'un qui ,
eft Religieux Dominicain , doit faire l'Oraifon ,
Funebre du Pape , & l'autre nommé M. Cavalchini
, Promoteur de la Foi , doit prêcher à l'ouverture
du Conclave. Les Cardinaux Zondodari ,
Laurent Altieri & Alexandre Albani , furent
nommez Sur-Intendans de la conftruction du
Conclave.
2,
Enfuite le Sacré College s'étant rendu dans la
Chapelle de Sixte , le corps du feu Pape fut porté,
proceffionellement dans l'Eglife de S. Pierre , ou
les Cardinaux prirent leurs places , en la maniere
accoûtumée. M. Nicolai , Archevêque Titulaire
de Mira , & Vicaire de cette Eglife , fit les Encenfemens
& l'Abfoute , après quoi le corps fut
porté dans la chapelle du S. Sacrement pour y
demeurer en dépôt pendant trois jours , afin que
le Peuple pût lui baiſer les pieds & contenter ſa,
dévotion.
Le 24. les Cardinaux affifterent dans la même
Eglife à la premiere Meffe qui fut chantée pour
le repos de l'ame du Pape , par le Cardinal Ottoboni
qui fit l'Abſoute.
On publia le même jour dans toutes les Eglifes
de Rome l'Indulgence Pleniere en forme de Jubilé
, que le feu Pape accorda la veille de fa mort,
à l'occafion des Rhumes & autres Maladies de
poitrine qui affligent toute l'Italie.
Hij Le
594 MERCURE DE FRANCE.
Le 16. du mois dernier , jour du Jeudi gras
on donna au Peuple dans la Place de S. Marc
Venife , la Fête annuelle & les autres divertiffemens
inftituez en memoire de la Victoire que la
République remporta autrefois fur Ulric , Patriarche
d'Aquilée . Le Doge , la Seigneurie , les
Ambaffadeurs & les Miniftres Etrangers fe mirent
aux fenêtres d'une des Salles du Palais , & virent
paffer tous les Bouchers , habillez & armez de
differentes manieres , que le Peuple fuivoit en
confufion. On amena un Taureau à qui un Boucher
abattit la tête d'un feul coup de Sabre : il fit
enfuité le vol du haut de la Tour de S. Marc ;
après quoi on tira un Feu d'artifice , le concours
des Malques fut extraordinaire ce jour-là dans la
Place & aux Ridotti.
On mande de Rome & de prefque toutes les auties
Villes d'Italie , que les Fluxions , les Rhumes
& quantité d'autres Maladies , y font generales ,
que les Medecins en font attaquez comme les autres,&
qu'on a de la peine à en trouver pour traiter
les Malades.C'eft par la grande quantité de Malades
qu'il y a à Florence , que l'Archevêque de cette
Ville a demandé au Pape un Bref qui difpensât
fes Diocefains de faire Carême cette année.
On a fonné pendant trois jours toutes les cloches
des Eglifes de Venife , à l'occafion de la
mort du Pape.
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Résumé : ITALIE.
En Italie, le cardinal Ottoboni a proposé plusieurs nominations épiscopales lors d'un consistoire secret avec le pape. Il a suggéré l'archevêché de Bordeaux pour l'évêque de Mirepoix, l'évêché d'Agen pour l'abbé de Saleon, l'évêché de Tarbes pour l'évêque titulaire de Sarepte, et l'évêché de Limoges pour l'abbé de l'Île du Guaft. Le pape a également créé cardinal M. Alamano Salviati, protonotaire apostolique et président de la légation d'Urbino. Salviati a reçu la barrette lors d'une cérémonie au Vatican, suivie de feux d'artifice et d'illuminations dans les rues de Rome. Le 11 février, le pape a tenu un consistoire public pour remettre le chapeau cardinalice à Salviati. Le 22 février, les cardinaux se sont réunis pour la première fois dans la chapelle des Parlements, où l'anneau du pêcheur et le sceau de la chancellerie apostolique ont été rompus. Les constitutions des papes Grégoire X, Jules II, Pie IV, Grégoire XV et Urbain VII concernant l'élection du pape ont été lues. M. Jean-Baptiste Ariberti de Crémone, archevêque de Palmire, a été choisi comme gouverneur du prochain conclave, et M. Spinola a été confirmé dans ses fonctions de gouverneur de Rome. Deux prédicateurs ont été nommés, dont un dominicain pour l'oraison funèbre du pape et M. Cavalchini pour prêcher à l'ouverture du conclave. Les cardinaux Zondodari, Laurent Altieri et Alexandre Albani ont été nommés surintendants de la construction du conclave. Le corps du pape défunt a été porté processionnellement dans la basilique Saint-Pierre, où les cardinaux ont pris leurs places. M. Nicolai, archevêque titulaire de Mira et vicaire de cette église, a effectué les encensements et l'absoute. Le corps a ensuite été déposé dans la chapelle du Saint-Sacrement pour trois jours, permettant au peuple de baiser ses pieds. Le 24 février, les cardinaux ont assisté à la première messe pour le repos de l'âme du pape, célébrée par le cardinal Ottoboni. Une indulgence plénière en forme de jubilé, accordée par le pape défunt la veille de sa mort, a été publiée dans toutes les églises de Rome. À Venise, le 16 du mois précédent, jour du jeudi gras, une fête annuelle a été donnée en mémoire de la victoire de la République sur Ulric, patriarche d'Aquilée. Le doge, la seigneurie, les ambassadeurs et les ministres étrangers ont assisté à des divertissements publics. Des maladies comme les fluxions et les rhumes sévissent en Italie, rendant difficile la recherche de médecins. À Florence, l'archevêque a demandé au pape une dispense pour ses diocésains de faire carême cette année en raison de la grande quantité de malades. À Venise, les cloches des églises ont sonné pendant trois jours à l'occasion de la mort du pape.
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28
p. 594-595
ESPAGNE
Début :
Le 12. du mois dernier, les Religieux Trinitaires Déchaussez de Madrid, rendirent à Dieu [...]
Mots clefs :
Madrid
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texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE
ESPAGNE
E 12. du mois dernier , les Religieux Trini-
L'aires Déchauffez de Madrid, rendirent à Dieu
de folemnelles actions de graces de la liberté des
272. Efclaves Chrétiens , que les Trinitaires de
Caftille & ceux de la Province d'Andaloufie
ont rachetez à Alger. Ils firent à ce fujet une Proceffion
MÁ Ŕ S. 17307 $95
ceffion à laquelle le Duc d'Offone , qui portoit
PEtendart , avoit invité plufieurs Grands du
Royaume , d'autres Seigneurs de la Cour & tous
les Officiers des Régimens des Gardes Espagnoles
& Wallones qui font reftez à Madrid.
On mande de Lisbonne , que le 23. Janvier ,
Fête des Epoufailles de la fainte Vierge & de faint
Jofeph , la Princeffe du Brefil prit l'Habit du
Tiers-Ordre de S. François , à l'imitation des au
tres Princes & Princeffes de la Famille Royale.
E 12. du mois dernier , les Religieux Trini-
L'aires Déchauffez de Madrid, rendirent à Dieu
de folemnelles actions de graces de la liberté des
272. Efclaves Chrétiens , que les Trinitaires de
Caftille & ceux de la Province d'Andaloufie
ont rachetez à Alger. Ils firent à ce fujet une Proceffion
MÁ Ŕ S. 17307 $95
ceffion à laquelle le Duc d'Offone , qui portoit
PEtendart , avoit invité plufieurs Grands du
Royaume , d'autres Seigneurs de la Cour & tous
les Officiers des Régimens des Gardes Espagnoles
& Wallones qui font reftez à Madrid.
On mande de Lisbonne , que le 23. Janvier ,
Fête des Epoufailles de la fainte Vierge & de faint
Jofeph , la Princeffe du Brefil prit l'Habit du
Tiers-Ordre de S. François , à l'imitation des au
tres Princes & Princeffes de la Famille Royale.
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Résumé : ESPAGNE
Le 12 du mois dernier, les Trinitaires de Madrid ont célébré la libération de 272 esclaves chrétiens rachetés à Alger par les Trinitaires de Castille et d'Andalousie. Une procession, dirigée par le Duc d'Ossone, a réuni des nobles et des officiers. À Lisbonne, le 23 janvier, la princesse du Brésil a rejoint le Tiers-Ordre de Saint-François.
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29
p. 595
GRANDE BRETAGNE.
Début :
MR Keene, chargé des Affaires du Roi à la Cour du Roi d'Espagne, a envoyé à [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRANDE BRETAGNE.
GRANDE BRETAGNE .
Mla Cour du Roi d'Efpagne , a envoyé à
R Keene , chargé des Affaires du Roi à
Londres la Scedule de S. M. Cath. pour la confirmation
du Traité de l'Affieute & les ordres
neceffaires pour la reftitution des prifes qui peuvent
avoir été faites injuftement fur les Anglois
dans les Indes Occidentales ; le Vaiffeau de Guerre
la Leurette , qui eft à Portſmouth , doit partir
dans peu pour porter ces ordres aux Gouverneurs
Eſpagnols.
Mla Cour du Roi d'Efpagne , a envoyé à
R Keene , chargé des Affaires du Roi à
Londres la Scedule de S. M. Cath. pour la confirmation
du Traité de l'Affieute & les ordres
neceffaires pour la reftitution des prifes qui peuvent
avoir été faites injuftement fur les Anglois
dans les Indes Occidentales ; le Vaiffeau de Guerre
la Leurette , qui eft à Portſmouth , doit partir
dans peu pour porter ces ordres aux Gouverneurs
Eſpagnols.
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30
p. 595-599
MORTS, NAISSANCES & Mariages des Pays Etrangers.
Début :
Le 27. Janvier, le Cardinal Jean-François Barbarigo, mourut à Padouë, dans la 73. année [...]
Mots clefs :
Pape, Cardinal, Évêché
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS, NAISSANCES & Mariages des Pays Etrangers.
MORTS
L
NAISSANCES
Mariages des Pays Etrangers.
E 27. Janvier , le Cardinal Jean-François Barbarigo
, mourut à Padouë , dans la 73. année
de fon âge , étant né à Veniſe le 27. Avril 1658.
Il fut fait Cardinal par le Pape Clement XI . dans
le Confiftoire du 29. Novembre 1719. mais
ayant été réſervé in petto , il ne fut déclaré que
dans celui du 20. Août 1720. que S. S. lui donna
H iij pour
396 MERCURE DE FRANCE.
pour Titre l'Eglife de S. Pierre & de S. Marcel
lin , deffervie par les Religieux Hermites du Mont
Liban. Il avoit été d'abord Evêque de Brefcia ,
dont il fe démit en Janvier 1723. avec l'agrément
du Pape & le confentement de la Républi
que de Venife, & le 18. Juin de la même année ,
il prit poffeffion de l'Evêché de Padoue , qui vacquoit
par la mort du Cardinal Cornaro. Le Pape
a difpofé de l'Evêché de Padoue en faveur de
l'Archevêque Titulaire de Nazianze , Venitien ,
neveu du Cardinal Ottoboni .
Le 13. Février , le Cardinal Marc-Antoine Anfidei
, mourut à Rome , dans la 59. année de fon
âge . Il étoit Evêque de Perouze , lieu de fa naiffance
, & de la Congrégation du Saint Office : il
avoit été fait Cardinal dans le Confiftoire du 9.
Décembre 1726. mais ayant été réſervé in petta,
'il n'avoit été déclaré que dans celui du 30. Avril
* 1728 .
Le 14. Février , le Pape ayant affifté aux Obfeques
du Cardinal Anfidei , dans l'Eglife de faint
Auguftin , & fait les Encenfemens & les Abfolu
tions accoûtumées , fe trouva très - abattu après la
ceremonie , remonta en caroffe , & en arrivant
au Vatican il fe mit au lit: Les Medecins trouverent
le Pape prefque fans fievre & ne craignirent
aucune fuite facheufe ; mais le 19. au foir ,
S. S. fe fentit plus mal , on lui donna quelques
remedes qui lui procurerent un peu de fommeil :
le 20. le Pape entendit la Meffe dans fa chambre,
après quoi S. S. prit le Chocolat : vērs le foir ,
la fievre ayant augmenté confiderablement , on
envoya avertir les Cardinaux que le Pape n'étoit
pas en état de tenir le Confiftoire qui avoit été
indiqué pour le lendemain. Le lendemain le Pape
communia à la Meffe qui fut dite dans fa Chambre
, & fes foibleffes étant devenues plus fréquentes
MAR S.. 1730 397
tès , il mouru: vers les quatre heures après midi
âgé de 80. ans & 19. jours , étant né le 2. Février
1650.
Le Pape qui vient de mourir , fe nommoit Pier
re-François : il étoit fils aîné de Don Ferdinand
Orfini , ou Urfini , troifiéme du nom , Duc de
Gravina , dixiéme Prince de Solafra , Comte de
Muro , & de Jeanne de la Tolfa , fille du Duc dę
Grumo. Après la mort de fon pere , il ceda les
Titres & les Terres aufquelles il fuccedoit com
me aîné de fa Famille , à Don Dominique Urfini,
fon frere , pere du Duc de Gravina d'aujourd'hui,
Enfuite il alla à Veniſe , où il entra dans l'Ordre
de S. Dominique.
Après fa Profeffion & le cours de fes études , il
foutint à Veniſe , à Bologne & à Naples, diverfes
Thefes de Théologie qui lui acquirent une fi
grande réputation , que le Pape Clement X. le fit
Cardinal le 22. Février 1672. il refufa d'abord
cette dignité , mais il fut contraint de l'accepter
en vertu d'un Bref de S.S. qui lui fut porté à Bologne
par le General des Dominicains . Il fe rendit
à Rome le 21. de Mars fuivant , & les nou¬
velles inftances qu'il fit au Pape pour le difpenfer
d'accepter la dignité de Cardinal , ayant été auffi
inutiles que les premieres, il reçut le Chapeau dans
le Confiftoire du 9. Avril. Il conferva le nom de
Vincent-Marie , qu'il avoit pris en entrant dans
l'Ordre de S. Dominique.
Le 17. Janvier 1675. le Pape le fit Prêtre de
la Congregation du Concile : le 5. Février fuivant
, S. S. le nomina à l'Evêché de Manfredo
nia , dans le Royaume de Naples. Il fut nommé
à celui de Cefena , dans la Romagne , le 22
Janvier 1680. & le 8. Décembre 1685. à l'Ar
chevêché de Benevent , qu'il a confervé pendant
fon Pontificat , & auquel il avoit nommé le Cardinal
H
398 MERCURE DE FRANCE ;
dinal Cofcia pour Coadjuteur. Il fut Sous-Doyen
du Sacré College & Evêque de Porto le 23. Mars
1715. Il étoit le plus ancien des Cardinaux lorfqu'il
fut élu Pape le 29. Mai 1724. Il prit le nom
de Benoit XIII. & fut couronné le 4. Juin fuiyant.
La Famille des Urfins avoit déja donné à l'Eglife
le Pape Nicolas III . qui fucceda à Jean XXI.
& qui fut élú le 25. Novembre 1277. après fix
mois quatre jours de Conclave. La nouvelle de la
mort du Pape fut annoncée au Peuple , felon la
coûtume , par le fon de la cloche du Capitole , &
la reconnoiffance de fon corps fut faite le 22 .
au matin , par le Cardinal Corfini , chargé des
pouvoirs du Cardinal Annibal Albani , Camer
lingue , en prefence des Clercs de la Chambre
& des Cameriers.
Le Cardinal Auguftin Pipia mourut auffi le méme
jour 21. Février dans la 70. année de fon âge,
étant ne à Oreftano dans la Sardaigne le premier
Octobre 1660. Il étoit General de l'Ordre des
Dominicains , lorfque le feu Pape le fit Cardinal
le 20. Decembre 1724. Il fut propofé le même
jour pour l'Evêché d'Ofimo ; en Decembre 1726.
il fe démit de cet Evêché . Ce Cardinal à fait un
Teftament par lequel il laiffe fes biens au Convent
des Dominicains , où il a pris l'habit de cet
Ordre , à celui où il a fait Profeffion , & au Convent
de la Minerve , où il a été élû General. Il a
fait auffi quelques legs à fon Auditeur & à ſon
Aumônier.
Il eft mort à Briftol une femme nommée Marie
Joncs , âgée de 109. ans accomplis.
M. Manuel de Segueira mourut dans la même
Ville le 29. du même mois , âgé de 118. ans
accomplis : il étoit déja dans le Service lors de
la Proclamation du Roi Don Jean IV.
Unne
ܠܰܐ
MARS . 1730 :
599
I
Une Soeur Converfe du Monaftere de l'Efperance
à Lisbonne , nommée Jeanne de la Crux ,
y mourut le s . de Janvier , âgée de 117. ans , &
dans la 80. année de fa Profeffion.
On écrit d'Angleterre,que la femme d'un Bâtelier
de Batterfea , dans le Comté de Chelfca , accoucha
le 17. Février de 3. filles , & mourut en
couches de la quatriéme ; les trois premieres qui
ont été baptiſées , vivoient encore le 2 1. du même
mois.
On a appris auffi d'Angleterre , qu'il s'étoit ce
lebré depuis peu dans un Village près de Northampton
, un Mariage , dont l'âge des deux
Epoux excede 180. ans ; & c'eft le fecond Mari
que la femme épouse depuis qu'elle a paffé 80. ans.
L
NAISSANCES
Mariages des Pays Etrangers.
E 27. Janvier , le Cardinal Jean-François Barbarigo
, mourut à Padouë , dans la 73. année
de fon âge , étant né à Veniſe le 27. Avril 1658.
Il fut fait Cardinal par le Pape Clement XI . dans
le Confiftoire du 29. Novembre 1719. mais
ayant été réſervé in petto , il ne fut déclaré que
dans celui du 20. Août 1720. que S. S. lui donna
H iij pour
396 MERCURE DE FRANCE.
pour Titre l'Eglife de S. Pierre & de S. Marcel
lin , deffervie par les Religieux Hermites du Mont
Liban. Il avoit été d'abord Evêque de Brefcia ,
dont il fe démit en Janvier 1723. avec l'agrément
du Pape & le confentement de la Républi
que de Venife, & le 18. Juin de la même année ,
il prit poffeffion de l'Evêché de Padoue , qui vacquoit
par la mort du Cardinal Cornaro. Le Pape
a difpofé de l'Evêché de Padoue en faveur de
l'Archevêque Titulaire de Nazianze , Venitien ,
neveu du Cardinal Ottoboni .
Le 13. Février , le Cardinal Marc-Antoine Anfidei
, mourut à Rome , dans la 59. année de fon
âge . Il étoit Evêque de Perouze , lieu de fa naiffance
, & de la Congrégation du Saint Office : il
avoit été fait Cardinal dans le Confiftoire du 9.
Décembre 1726. mais ayant été réſervé in petta,
'il n'avoit été déclaré que dans celui du 30. Avril
* 1728 .
Le 14. Février , le Pape ayant affifté aux Obfeques
du Cardinal Anfidei , dans l'Eglife de faint
Auguftin , & fait les Encenfemens & les Abfolu
tions accoûtumées , fe trouva très - abattu après la
ceremonie , remonta en caroffe , & en arrivant
au Vatican il fe mit au lit: Les Medecins trouverent
le Pape prefque fans fievre & ne craignirent
aucune fuite facheufe ; mais le 19. au foir ,
S. S. fe fentit plus mal , on lui donna quelques
remedes qui lui procurerent un peu de fommeil :
le 20. le Pape entendit la Meffe dans fa chambre,
après quoi S. S. prit le Chocolat : vērs le foir ,
la fievre ayant augmenté confiderablement , on
envoya avertir les Cardinaux que le Pape n'étoit
pas en état de tenir le Confiftoire qui avoit été
indiqué pour le lendemain. Le lendemain le Pape
communia à la Meffe qui fut dite dans fa Chambre
, & fes foibleffes étant devenues plus fréquentes
MAR S.. 1730 397
tès , il mouru: vers les quatre heures après midi
âgé de 80. ans & 19. jours , étant né le 2. Février
1650.
Le Pape qui vient de mourir , fe nommoit Pier
re-François : il étoit fils aîné de Don Ferdinand
Orfini , ou Urfini , troifiéme du nom , Duc de
Gravina , dixiéme Prince de Solafra , Comte de
Muro , & de Jeanne de la Tolfa , fille du Duc dę
Grumo. Après la mort de fon pere , il ceda les
Titres & les Terres aufquelles il fuccedoit com
me aîné de fa Famille , à Don Dominique Urfini,
fon frere , pere du Duc de Gravina d'aujourd'hui,
Enfuite il alla à Veniſe , où il entra dans l'Ordre
de S. Dominique.
Après fa Profeffion & le cours de fes études , il
foutint à Veniſe , à Bologne & à Naples, diverfes
Thefes de Théologie qui lui acquirent une fi
grande réputation , que le Pape Clement X. le fit
Cardinal le 22. Février 1672. il refufa d'abord
cette dignité , mais il fut contraint de l'accepter
en vertu d'un Bref de S.S. qui lui fut porté à Bologne
par le General des Dominicains . Il fe rendit
à Rome le 21. de Mars fuivant , & les nou¬
velles inftances qu'il fit au Pape pour le difpenfer
d'accepter la dignité de Cardinal , ayant été auffi
inutiles que les premieres, il reçut le Chapeau dans
le Confiftoire du 9. Avril. Il conferva le nom de
Vincent-Marie , qu'il avoit pris en entrant dans
l'Ordre de S. Dominique.
Le 17. Janvier 1675. le Pape le fit Prêtre de
la Congregation du Concile : le 5. Février fuivant
, S. S. le nomina à l'Evêché de Manfredo
nia , dans le Royaume de Naples. Il fut nommé
à celui de Cefena , dans la Romagne , le 22
Janvier 1680. & le 8. Décembre 1685. à l'Ar
chevêché de Benevent , qu'il a confervé pendant
fon Pontificat , & auquel il avoit nommé le Cardinal
H
398 MERCURE DE FRANCE ;
dinal Cofcia pour Coadjuteur. Il fut Sous-Doyen
du Sacré College & Evêque de Porto le 23. Mars
1715. Il étoit le plus ancien des Cardinaux lorfqu'il
fut élu Pape le 29. Mai 1724. Il prit le nom
de Benoit XIII. & fut couronné le 4. Juin fuiyant.
La Famille des Urfins avoit déja donné à l'Eglife
le Pape Nicolas III . qui fucceda à Jean XXI.
& qui fut élú le 25. Novembre 1277. après fix
mois quatre jours de Conclave. La nouvelle de la
mort du Pape fut annoncée au Peuple , felon la
coûtume , par le fon de la cloche du Capitole , &
la reconnoiffance de fon corps fut faite le 22 .
au matin , par le Cardinal Corfini , chargé des
pouvoirs du Cardinal Annibal Albani , Camer
lingue , en prefence des Clercs de la Chambre
& des Cameriers.
Le Cardinal Auguftin Pipia mourut auffi le méme
jour 21. Février dans la 70. année de fon âge,
étant ne à Oreftano dans la Sardaigne le premier
Octobre 1660. Il étoit General de l'Ordre des
Dominicains , lorfque le feu Pape le fit Cardinal
le 20. Decembre 1724. Il fut propofé le même
jour pour l'Evêché d'Ofimo ; en Decembre 1726.
il fe démit de cet Evêché . Ce Cardinal à fait un
Teftament par lequel il laiffe fes biens au Convent
des Dominicains , où il a pris l'habit de cet
Ordre , à celui où il a fait Profeffion , & au Convent
de la Minerve , où il a été élû General. Il a
fait auffi quelques legs à fon Auditeur & à ſon
Aumônier.
Il eft mort à Briftol une femme nommée Marie
Joncs , âgée de 109. ans accomplis.
M. Manuel de Segueira mourut dans la même
Ville le 29. du même mois , âgé de 118. ans
accomplis : il étoit déja dans le Service lors de
la Proclamation du Roi Don Jean IV.
Unne
ܠܰܐ
MARS . 1730 :
599
I
Une Soeur Converfe du Monaftere de l'Efperance
à Lisbonne , nommée Jeanne de la Crux ,
y mourut le s . de Janvier , âgée de 117. ans , &
dans la 80. année de fa Profeffion.
On écrit d'Angleterre,que la femme d'un Bâtelier
de Batterfea , dans le Comté de Chelfca , accoucha
le 17. Février de 3. filles , & mourut en
couches de la quatriéme ; les trois premieres qui
ont été baptiſées , vivoient encore le 2 1. du même
mois.
On a appris auffi d'Angleterre , qu'il s'étoit ce
lebré depuis peu dans un Village près de Northampton
, un Mariage , dont l'âge des deux
Epoux excede 180. ans ; & c'eft le fecond Mari
que la femme épouse depuis qu'elle a paffé 80. ans.
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Résumé : MORTS, NAISSANCES & Mariages des Pays Etrangers.
En janvier et février 1730, plusieurs décès notables ont été enregistrés. Le Cardinal Jean-François Barbarigo est décédé à Padoue le 27 janvier à l'âge de 73 ans. Né à Venise en 1658, il fut créé cardinal par le Pape Clément XI en 1719 et déclaré en 1720. Il avait été évêque de Brescia avant de devenir évêque de Padoue en 1723. Le Cardinal Marc-Antoine Anfidei est mort à Rome le 14 février à l'âge de 59 ans. Évêque de Perouse, il fut créé cardinal en 1726 et déclaré en 1728. Le Pape Benoît XIII, de son nom Pierre-François Orsini, est décédé le 21 février à l'âge de 80 ans. Né en 1650, il fut créé cardinal en 1672 et élu Pape en 1724. Le Cardinal Augustin Pipia est également décédé le 21 février à l'âge de 70 ans. Né en 1660, il fut général des Dominicains et créé cardinal en 1724. Parmi les autres décès notables, une femme nommée Marie Joncs est morte à Bristol à l'âge de 109 ans, M. Manuel de Segueira à Lisbonne à l'âge de 118 ans, et une sœur converse nommée Jeanne de la Crux à Lisbonne à l'âge de 117 ans. En Angleterre, une femme a accouché de trois filles avant de décéder en couches d'une quatrième. De plus, un mariage a été célébré en Angleterre entre deux personnes dont l'âge combiné dépasse 180 ans.
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31
p. 808-809
TURQUIE ET PERSE.
Début :
On a eu avis de la résolution prise par le Grand-Seigneur de faire une ensreprise sur [...]
Mots clefs :
Prince, Sultan
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TURQUIE ET PERSE.
Na eu avis de la réfolution prife par le
Grand- Seigneur de faire une ensrepriſe fur
P'Ifle de Corfou , appartenant à la République de
Venife , & qu'on arme à ce fujet une Flotte à
Conftantinople.
On a eu auffi avis de Smirne , qu'on y avoit
reçû la nouvelle que le Prince Thamas , fils du
dernier Roi de Perfe , s'étoit rendu maître d'Ifpaham
, & qu'on ne parloit plus à Conſtantinople
du départ des Troupes que le G. S. devoit
envoyer en Perfe pour fecourir le Sultan Acheraf
& par les dernieres Lettres de Conftantinople on
a appris que le Prince Thamas ayant défait l'Armée
du Sultan Acheraf en trois rencontres, avoit
formé le fiége d'Ifpaham & s'en étoit rendu maître;
qu'enfuite il avoit pris plufieurs autres Villes
confiderables, & qu'on ne doutoit plus qu'il n'entreprît
de reprendre les autres Villes conquifes
par les Puiffances Etrangeres pendant les troubles
du Pays. Ces Lettres ajoûtent qu'on avoit reçû la
nouvelle de la mort du Sultan Acheraf , & qu'à
cette occafion le Grand-Vifir avoit fait affembler
le Divan.
D'autres Lettres qu'on reçoit dans le moment ,
portent que le 26. Fevrier dernier le Grand- Vifir
avoit reçu la nouvelle de la priſe d'Iſpaħam
par l'armée du Prince Thamas , que ce Prince y
avoit fait une entrée triomphante & avoit été
proclamé Souverain de cette partie de la Perfe
aux
AVRIL 1730. 809
#
aux acclamations réiterées des peuples extremement
fatisfaits de fe voir délivrés de l'oppreffion
& de la tyrannie du Sultan Acheraf , qui s'eft retiré
fecretement de la Ville trois jours avant la
prife , avec le refte de fon parti , pour ſe fauver
du côté de la Géorgie , où l'on croit qu'il a été
affaffiné. , & on ajoûte que le bruit de fa mort
avoit déterminé le Grand-Vizir à renvoyer l'Envoyé
qui étoit à Gonftantinoplc de la part de coc JifU1paceur.
Grand- Seigneur de faire une ensrepriſe fur
P'Ifle de Corfou , appartenant à la République de
Venife , & qu'on arme à ce fujet une Flotte à
Conftantinople.
On a eu auffi avis de Smirne , qu'on y avoit
reçû la nouvelle que le Prince Thamas , fils du
dernier Roi de Perfe , s'étoit rendu maître d'Ifpaham
, & qu'on ne parloit plus à Conſtantinople
du départ des Troupes que le G. S. devoit
envoyer en Perfe pour fecourir le Sultan Acheraf
& par les dernieres Lettres de Conftantinople on
a appris que le Prince Thamas ayant défait l'Armée
du Sultan Acheraf en trois rencontres, avoit
formé le fiége d'Ifpaham & s'en étoit rendu maître;
qu'enfuite il avoit pris plufieurs autres Villes
confiderables, & qu'on ne doutoit plus qu'il n'entreprît
de reprendre les autres Villes conquifes
par les Puiffances Etrangeres pendant les troubles
du Pays. Ces Lettres ajoûtent qu'on avoit reçû la
nouvelle de la mort du Sultan Acheraf , & qu'à
cette occafion le Grand-Vifir avoit fait affembler
le Divan.
D'autres Lettres qu'on reçoit dans le moment ,
portent que le 26. Fevrier dernier le Grand- Vifir
avoit reçu la nouvelle de la priſe d'Iſpaħam
par l'armée du Prince Thamas , que ce Prince y
avoit fait une entrée triomphante & avoit été
proclamé Souverain de cette partie de la Perfe
aux
AVRIL 1730. 809
#
aux acclamations réiterées des peuples extremement
fatisfaits de fe voir délivrés de l'oppreffion
& de la tyrannie du Sultan Acheraf , qui s'eft retiré
fecretement de la Ville trois jours avant la
prife , avec le refte de fon parti , pour ſe fauver
du côté de la Géorgie , où l'on croit qu'il a été
affaffiné. , & on ajoûte que le bruit de fa mort
avoit déterminé le Grand-Vizir à renvoyer l'Envoyé
qui étoit à Gonftantinoplc de la part de coc JifU1paceur.
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Résumé : TURQUIE ET PERSE.
En avril 1730, des informations ont été reçues sur des actions militaires et politiques en Méditerranée orientale. Le Grand Seigneur a décidé d'attaquer l'île de Corfou, appartenant à la République de Venise, et une flotte est en cours d'armement à Constantinople. Parallèlement, des nouvelles de Smirne rapportent que Thamas, fils du dernier roi de Perse, a pris le contrôle d'Ispahan après avoir vaincu l'armée du sultan Acheraf en trois batailles. Thamas a ensuite assiégé et conquis Ispahan ainsi que plusieurs autres villes importantes. La mort du sultan Acheraf a été annoncée, et le Grand-Vizir a convoqué le Divan. Des lettres ultérieures confirment la prise d'Ispahan par Thamas, qui y a été proclamé souverain et acclamé par la population. Le sultan Acheraf s'est enfui en Géorgie, où il aurait été assassiné, ce qui a conduit le Grand-Vizir à rappeler l'envoyé de l'empereur de Perse à Constantinople.
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32
p. 809-812
RUSSIE.
Début :
La Czarine arriva à Moscou le 19. Fevrier à 2. heures après midi. Dès le matin on fit deux [...]
Mots clefs :
Tsarine, Princesse, Conseil, Prince
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RUSSIE.
RUSSIE.
A Czarine arriva à Mofcou le 19. Fevrier à
2. heures après midi . Dès le matin on fit deux
détachemens , l'un du Régiment des Gardes à
cheval & l'autre du Régiment des Gardes Infanterie
, pour aller au-devant de S.-M. Cz. avec
les Députez des trois Etats , qui à une lieuë de
Mofcou lui préfenterent les Clefs de la Ville & du
Château , le Sceptre & la Couronne. Toutes les
rues fur fon paffage étoient tapiffées ; la Bourgeoifie
fous les armes & la Garnifon formoient
une double haye depuis la porte de la Trinité jufqu'à
la grande Eglife , à la porte de làquelle cette
Princeffe fut reçue par l'Archevêque de Novogorod
, accompagné de plufieurs Evêques , Abbez &
autres Ecclefiaftiques de diftinction . Après le Te
Deum, qui fut chanté par la Mufique , la Czarine
fe rendit au Château , où elle fut reçue par la Du--
cheffe de Mekelbourg , fa foeur. Le foir elle reçut
les complimens des Miniftres Etrangers &
des Seigneurs de la Cour.
Cette Princeffe a figné un Decret par lequel !
elle continue tous les Officiers du feu Czar dans
les fonctians de leurs Charges , à la réſerve du
Procureur General Jagozinski , qui a été arrêté
pour avoir voulu exciter une fédition en faveur
H de
810 MERCURE DE FRANCE
de la Princaffe Elifabeth , tante du feu Czar.
Le 26.Février, la Czarine fit fon entrée publique
à Mofcou. Une Compagnie de Grenadiers des
Gardes à cheval commençoit la marche : elle étoit
fuivie de 21. Caroffes à huit chevaux des principaux
Seigneurs de la Cour& de la principale Nobleffe
à cheval. Les Membres du Haut - Conſeil &
les principaux Boyars marchoient enfuite dans des
Caroffes à fix chevaux : le Caroffe de , Ceremonie
de la Czarine venoit après ; il étoit fuivi d'autres
Caroffes dans lefquels étoient plufieurs Dames
qui font venues de Curlande avec cette Princeffe.
A quelque diftance , un Détachement des Chevaliers
Gardes marchoit devant le Caroffe de
S. M. Cz. attelé de huit chevaux , richement caparaçonnez
, & entouré de Valets de Pied , de
Maures & de Heiduques. Le Prince Bafile Dol--
horuski, le Prince Michel Michalowitz Gallitzin &
le Major General Leontioff , étoient à cheval aux
Portieres du Caroffe de S.M.Cz.un autre Détachement
des Chevaliers- Gardes fermoit la marche.
On avoit élevé trois Arcs de Triomphe dans la
Ville , au premier defquels la Czarine fut complimentée
par les Magiftrats en corps & par les
principaux Habitans ; au fecond , par la Nobleffe
& au troifiéme par le Clergé. La Czarine étant
arrivée à l'Eglife Cathédrale , l'Archevêque de
Novogorod la complimenta , après quoi on chan--
ta le Te Deum , au bruit des falves réiterées de
P'Artillerie & des acclamations du Peuple. S. M.
Cz. après avoir vifité quelques Eglifes , fe rendit
au Château du Crenelin , où elle a réfolu.de faire.
fa réfidence. Les principaux Seigneurs & Dames
de la Cour , eurent l'honneur de la complimenter
& de lui baifer la main.
Le 28. le Senat s'étant affemblé , la nouvelle-
Czarine s'y étant renduë , lui fit un Diſcours ,
conte
AVRIL. 1730. 811
contenant en fubftance qu'elle le remercioit du
foin qu'il avoit pris de remplir le Trône vacant
felon les Lolx & les Conftitutions anciennes de
la Monarchie , & des égards qu'il a eûs à cette
occafion pour fa perfonne ; qu'elle promet de
maintenir de tout fon pouvoir les prérogatives ,
les Privileges & la dignité du Sénat ; qu'elle affure
que tous fes fideles Sujets jouiront d'un gouvernement
doux & paifible , auffi long- temps qu'il
plaira à Dieu de lui conferver la vie : qu'elle promet
de plus qu'elle maintiendra & foutiendra fortement
la Religion Chrétienne Grecque , avec
toutes les ceremonies avec lesquelles elle a été introduite
dans la Ruffie , &c. & qu'elle protegera
les autres Religions que fes Ancêtres ont bienvoulu
tolerer dans leurs Etats , & c.
Avant le départ de la Czarine de Mittau , cette
Princeffe avoit figné une Déliberation qui lui
avoit été préfentée par les Députez du Haut-
Confeil , contenant divers articles , fuivant lefquels
la puiffance fouveraine étoit partagée entre
elle & de Haut- Confeil ; quelques Seigneurs ayant
délibéré entre eux fur cette nouvelle forme de
gouvernement établie par le Confeil , & reconnu
que le Gouvernement Monarchique étoit le feul
qui convint à la Ruffie , demanderent le 8. Marsune
Audience publique à la Czarine. S. M. Cz.
en fit donner avis au Haut-Confeil , qui s'étant
affemblé dans la grande Salle d'Audience , fut témoin
des repréfentations que le Feld- Maréchal
Trubetzkoy & le Knés Alexis Czerkaski , Sénateur
, à la tête de 390. Gentilshommes , firent à
la Czarine contre les conditions qu'elle avoit
agréés ; ils la prierent enfuite de vouloir accepter
la fouveraineté en entier & avec la même autorité
que fes Prédeceffeurs l'avoient poffedée . S. M. Cz.
leur répondit que s'étant engagée par fa figna:ure
Hvja · à
812 MERCURE DE FRANCE
à des conventions contraires , elle devoit fçavoir
files Membres du Haut-Confeil confentoient
qu'elle acceptât les offres de fon Peuple. La plupart
de ceux qui compofoient ce Confeil ayant
marqué par une inclination de tête qu'ils y donnoient
leur confentement , la Czarine accepta la
fouveraineté , & le Grand- Chancelier ayant rapporté
les Articles qu'elle avoit fignez , on les dé→
chira fur le champ ; après quoi S. M. fit un Difcours
, tant pour témoigner fa reconnoiffance aux
Députez de la Nobleffe ,que pour les affurer qu'elle
feroit une veritable mere de la Patrie , & qu'elle
accorderoit à fes Sujets toutes les graces qu'ils
pourroient légitimement efperer.
La fille du Prince Menfikoff , que le feu Czar
avoit eu deffein d'époufer , eft morte au commencement
du mois dernier , & la Princeffe Dolhorucki
, qui a eu l'honneur d'être fiancée avec ce
Prince , s'eft retirée dans une Terre avec le Prince
Dolhorucki fon Pere. La Czarine vient d'accor
der une penfion confiderable à cette Princeffe.
On a envoyé ordre aux Commiffaires de l'Amirauté
de Petersbourg , de faire équiper inceffamment
irois Vaiffeaux de guerre de ..40. Pieces
de Canon , qu'on doit envoyer en France & en
Efpagne avec des Marchandiſes de Ruſſie.
On a donné ordre aux Intendans des Mines
d'Olonitz, d'envoyer des gens experimentez dans
le travail des Mines à Derbent , parce qu'on a
réfolu de mettre en valeur les Mines d'or & d'ar
gent qu'on a découvertes près des Côtes de la
Mer Cafpienne.
A Czarine arriva à Mofcou le 19. Fevrier à
2. heures après midi . Dès le matin on fit deux
détachemens , l'un du Régiment des Gardes à
cheval & l'autre du Régiment des Gardes Infanterie
, pour aller au-devant de S.-M. Cz. avec
les Députez des trois Etats , qui à une lieuë de
Mofcou lui préfenterent les Clefs de la Ville & du
Château , le Sceptre & la Couronne. Toutes les
rues fur fon paffage étoient tapiffées ; la Bourgeoifie
fous les armes & la Garnifon formoient
une double haye depuis la porte de la Trinité jufqu'à
la grande Eglife , à la porte de làquelle cette
Princeffe fut reçue par l'Archevêque de Novogorod
, accompagné de plufieurs Evêques , Abbez &
autres Ecclefiaftiques de diftinction . Après le Te
Deum, qui fut chanté par la Mufique , la Czarine
fe rendit au Château , où elle fut reçue par la Du--
cheffe de Mekelbourg , fa foeur. Le foir elle reçut
les complimens des Miniftres Etrangers &
des Seigneurs de la Cour.
Cette Princeffe a figné un Decret par lequel !
elle continue tous les Officiers du feu Czar dans
les fonctians de leurs Charges , à la réſerve du
Procureur General Jagozinski , qui a été arrêté
pour avoir voulu exciter une fédition en faveur
H de
810 MERCURE DE FRANCE
de la Princaffe Elifabeth , tante du feu Czar.
Le 26.Février, la Czarine fit fon entrée publique
à Mofcou. Une Compagnie de Grenadiers des
Gardes à cheval commençoit la marche : elle étoit
fuivie de 21. Caroffes à huit chevaux des principaux
Seigneurs de la Cour& de la principale Nobleffe
à cheval. Les Membres du Haut - Conſeil &
les principaux Boyars marchoient enfuite dans des
Caroffes à fix chevaux : le Caroffe de , Ceremonie
de la Czarine venoit après ; il étoit fuivi d'autres
Caroffes dans lefquels étoient plufieurs Dames
qui font venues de Curlande avec cette Princeffe.
A quelque diftance , un Détachement des Chevaliers
Gardes marchoit devant le Caroffe de
S. M. Cz. attelé de huit chevaux , richement caparaçonnez
, & entouré de Valets de Pied , de
Maures & de Heiduques. Le Prince Bafile Dol--
horuski, le Prince Michel Michalowitz Gallitzin &
le Major General Leontioff , étoient à cheval aux
Portieres du Caroffe de S.M.Cz.un autre Détachement
des Chevaliers- Gardes fermoit la marche.
On avoit élevé trois Arcs de Triomphe dans la
Ville , au premier defquels la Czarine fut complimentée
par les Magiftrats en corps & par les
principaux Habitans ; au fecond , par la Nobleffe
& au troifiéme par le Clergé. La Czarine étant
arrivée à l'Eglife Cathédrale , l'Archevêque de
Novogorod la complimenta , après quoi on chan--
ta le Te Deum , au bruit des falves réiterées de
P'Artillerie & des acclamations du Peuple. S. M.
Cz. après avoir vifité quelques Eglifes , fe rendit
au Château du Crenelin , où elle a réfolu.de faire.
fa réfidence. Les principaux Seigneurs & Dames
de la Cour , eurent l'honneur de la complimenter
& de lui baifer la main.
Le 28. le Senat s'étant affemblé , la nouvelle-
Czarine s'y étant renduë , lui fit un Diſcours ,
conte
AVRIL. 1730. 811
contenant en fubftance qu'elle le remercioit du
foin qu'il avoit pris de remplir le Trône vacant
felon les Lolx & les Conftitutions anciennes de
la Monarchie , & des égards qu'il a eûs à cette
occafion pour fa perfonne ; qu'elle promet de
maintenir de tout fon pouvoir les prérogatives ,
les Privileges & la dignité du Sénat ; qu'elle affure
que tous fes fideles Sujets jouiront d'un gouvernement
doux & paifible , auffi long- temps qu'il
plaira à Dieu de lui conferver la vie : qu'elle promet
de plus qu'elle maintiendra & foutiendra fortement
la Religion Chrétienne Grecque , avec
toutes les ceremonies avec lesquelles elle a été introduite
dans la Ruffie , &c. & qu'elle protegera
les autres Religions que fes Ancêtres ont bienvoulu
tolerer dans leurs Etats , & c.
Avant le départ de la Czarine de Mittau , cette
Princeffe avoit figné une Déliberation qui lui
avoit été préfentée par les Députez du Haut-
Confeil , contenant divers articles , fuivant lefquels
la puiffance fouveraine étoit partagée entre
elle & de Haut- Confeil ; quelques Seigneurs ayant
délibéré entre eux fur cette nouvelle forme de
gouvernement établie par le Confeil , & reconnu
que le Gouvernement Monarchique étoit le feul
qui convint à la Ruffie , demanderent le 8. Marsune
Audience publique à la Czarine. S. M. Cz.
en fit donner avis au Haut-Confeil , qui s'étant
affemblé dans la grande Salle d'Audience , fut témoin
des repréfentations que le Feld- Maréchal
Trubetzkoy & le Knés Alexis Czerkaski , Sénateur
, à la tête de 390. Gentilshommes , firent à
la Czarine contre les conditions qu'elle avoit
agréés ; ils la prierent enfuite de vouloir accepter
la fouveraineté en entier & avec la même autorité
que fes Prédeceffeurs l'avoient poffedée . S. M. Cz.
leur répondit que s'étant engagée par fa figna:ure
Hvja · à
812 MERCURE DE FRANCE
à des conventions contraires , elle devoit fçavoir
files Membres du Haut-Confeil confentoient
qu'elle acceptât les offres de fon Peuple. La plupart
de ceux qui compofoient ce Confeil ayant
marqué par une inclination de tête qu'ils y donnoient
leur confentement , la Czarine accepta la
fouveraineté , & le Grand- Chancelier ayant rapporté
les Articles qu'elle avoit fignez , on les dé→
chira fur le champ ; après quoi S. M. fit un Difcours
, tant pour témoigner fa reconnoiffance aux
Députez de la Nobleffe ,que pour les affurer qu'elle
feroit une veritable mere de la Patrie , & qu'elle
accorderoit à fes Sujets toutes les graces qu'ils
pourroient légitimement efperer.
La fille du Prince Menfikoff , que le feu Czar
avoit eu deffein d'époufer , eft morte au commencement
du mois dernier , & la Princeffe Dolhorucki
, qui a eu l'honneur d'être fiancée avec ce
Prince , s'eft retirée dans une Terre avec le Prince
Dolhorucki fon Pere. La Czarine vient d'accor
der une penfion confiderable à cette Princeffe.
On a envoyé ordre aux Commiffaires de l'Amirauté
de Petersbourg , de faire équiper inceffamment
irois Vaiffeaux de guerre de ..40. Pieces
de Canon , qu'on doit envoyer en France & en
Efpagne avec des Marchandiſes de Ruſſie.
On a donné ordre aux Intendans des Mines
d'Olonitz, d'envoyer des gens experimentez dans
le travail des Mines à Derbent , parce qu'on a
réfolu de mettre en valeur les Mines d'or & d'ar
gent qu'on a découvertes près des Côtes de la
Mer Cafpienne.
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Résumé : RUSSIE.
Le texte décrit l'arrivée et l'accession au trône de la nouvelle czarine en Russie. Le 19 février, elle arrive à Moscou où elle est accueillie par des détachements des régiments des Gardes à cheval et des Gardes Infanterie, ainsi que par les députés des trois états qui lui remettent les clefs de la ville et du château, le sceptre et la couronne. Les rues sont décorées et la bourgeoisie ainsi que la garnison forment une double haie jusqu'à la grande église. Après un Te Deum, elle se rend au château où elle est reçue par la duchesse de Meckelbourg, sa sœur. Le soir, elle reçoit les compliments des ministres étrangers et des seigneurs de la cour. La czarine signe un décret confirmant tous les officiers du précédent tsar dans leurs fonctions, à l'exception du procureur général Jagozinski, arrêté pour avoir tenté de fomenter une sédition en faveur de la princesse Élisabeth, tante du défunt tsar. Le 26 février, elle fait son entrée publique à Moscou, accompagnée d'une procession solennelle incluant des carrosses, des nobles et des détachements des Chevaliers Gardes. Elle est acclamée par les magistrats, la noblesse et le clergé, et se rend à l'église cathédrale où un Te Deum est chanté. Elle visite ensuite quelques églises avant de se rendre au château du Kremlin, où elle décide de résider. Le 28 février, la czarine s'adresse au Sénat, remerciant les sénateurs pour leur rôle dans la transition et promettant de maintenir les prérogatives et les privilèges du Sénat. Elle assure également un gouvernement doux et paisible, et la protection de la religion chrétienne grecque ainsi que des autres religions tolérées dans l'État. Avant son départ de Mittau, la czarine avait signé une délibération proposée par les députés du Haut-Conseil, partageant la puissance souveraine entre elle et le Haut-Conseil. Cependant, le 8 mars, des seigneurs demandent une audience publique pour lui proposer d'accepter la souveraineté en entier. Après avoir obtenu le consentement du Haut-Conseil, elle accepte la souveraineté et fait un discours de reconnaissance et d'assurance à la noblesse. Le texte mentionne également la mort de la fille du prince Menfikoff et le retrait de la princesse Dolhorucki dans une terre avec son père. La czarine accorde une pension à cette princesse. Enfin, des ordres sont donnés pour équiper des vaisseaux de guerre et exploiter les mines d'or et d'argent près des côtes de la mer Caspienne.
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33
p. 812-813
ALLEMAGNE.
Début :
Mr. Brawe, Ministre Plenipotentiaire du Duc de Brunswick-Wolfembutel ; reçut [...]
Mots clefs :
Troupes, Roi d'Angleterre, Roi de Prusse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLE MAGNE.
Mr.Duc de Brunfwick-Wolfembutel ; reçur r . Brawe , Miniftre Plenipotentiaire du
le 13 Mars , des mains de l'Empereur , Pinvef
titure
AVRIL. 813 1730 :
titure du Duché de Brunfwick .
On apprend de Caffel que le Roy de Suede
doit y aller faire un voyage inceffamment ,
pour prendre poffeffion de fes nouveaux Etats.
On a publié à Drefde une Ordonnance du
Roy de Pologne, par laquelle il eft défendu aux
Lutheriens de cette Ville , fous des peines tresrigoureuſes
, de fe trouver aux Offices & autres
Ceremonies de la Chapelle Catholique du Palais.
Le 30 Mars , on celebra dans la Chapelle de
l'Imperatrice Amelie , à Vienne , une des Fêtes
annuelles de l'Ordre de la Croiſade. Il y cut
pendant la journée treize exhortations , aufquelles
les Dames de cet Ordre fe trouverent alter
nativement..
On a eu avis de Berlin, que les differends entre
le Roy d'Angleterre & le Roy de Pruffe ,.
étoient accommodez & qu'on devoit faire inceffamment
l'échange des Soldats Hanovriens
& Pruffiens, qui ont donné lieu à ces differends.
L'Evêque de Bamberg & de Wurtbourg , Vice-
Chancelier de l'Empire , a promis de fournir à
S. M. I. 6000. hommes de fes Troupes.
Le General Wallis doit commander celles
qu'on envoye en Sicile. Elles formeront un
Corps de 14000. hommes.
Le fecond Corps de Troupes , deftiné pour
la Lombardie & la Calabre eft en marche. Le 28
Mars on fit partir encore pour l'Italie huit Bataillons
, quatre Compagnies de Grenadiers &
quatorze Eſcadrons qu'on a tiré d'Hongrie .
Mr.Duc de Brunfwick-Wolfembutel ; reçur r . Brawe , Miniftre Plenipotentiaire du
le 13 Mars , des mains de l'Empereur , Pinvef
titure
AVRIL. 813 1730 :
titure du Duché de Brunfwick .
On apprend de Caffel que le Roy de Suede
doit y aller faire un voyage inceffamment ,
pour prendre poffeffion de fes nouveaux Etats.
On a publié à Drefde une Ordonnance du
Roy de Pologne, par laquelle il eft défendu aux
Lutheriens de cette Ville , fous des peines tresrigoureuſes
, de fe trouver aux Offices & autres
Ceremonies de la Chapelle Catholique du Palais.
Le 30 Mars , on celebra dans la Chapelle de
l'Imperatrice Amelie , à Vienne , une des Fêtes
annuelles de l'Ordre de la Croiſade. Il y cut
pendant la journée treize exhortations , aufquelles
les Dames de cet Ordre fe trouverent alter
nativement..
On a eu avis de Berlin, que les differends entre
le Roy d'Angleterre & le Roy de Pruffe ,.
étoient accommodez & qu'on devoit faire inceffamment
l'échange des Soldats Hanovriens
& Pruffiens, qui ont donné lieu à ces differends.
L'Evêque de Bamberg & de Wurtbourg , Vice-
Chancelier de l'Empire , a promis de fournir à
S. M. I. 6000. hommes de fes Troupes.
Le General Wallis doit commander celles
qu'on envoye en Sicile. Elles formeront un
Corps de 14000. hommes.
Le fecond Corps de Troupes , deftiné pour
la Lombardie & la Calabre eft en marche. Le 28
Mars on fit partir encore pour l'Italie huit Bataillons
, quatre Compagnies de Grenadiers &
quatorze Eſcadrons qu'on a tiré d'Hongrie .
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Résumé : ALLEMAGNE.
En mars 1730, le duc de Brunswick-Wolfenbüttel a reçu la plénipotence impériale. Le roi de Suède envisageait de se rendre en Allemagne pour prendre possession de ses nouveaux États. À Dresde, une ordonnance du roi de Pologne interdisait aux luthériens d'assister aux cérémonies de la chapelle catholique du palais, sous peine de sanctions sévères. Le 30 mars, une fête annuelle de l'Ordre de la Croisade a été célébrée à Vienne. À Berlin, les différends entre le roi d'Angleterre et le roi de Prusse ont été résolus, et un échange de soldats hanovriens et prussiens était imminent. L'évêque de Bamberg et de Wurtzbourg, vice-chancelier de l'Empire, a promis de fournir 6 000 hommes à l'empereur. Le général Wallis devait commander les troupes envoyées en Sicile, formant un corps de 14 000 hommes. Un second corps de troupes, destiné à la Lombardie et à la Calabre, était en marche. Le 28 mars, huit bataillons, quatre compagnies de grenadiers et quatorze escadrons provenant de Hongrie ont été envoyés en Italie.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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34
p. 813-818
ITALIE.
Début :
Le 25 Février, les Cardinaux, Chefs d'Ordre, eurent le P. Gaspard Lérati, de la Congrégation [...]
Mots clefs :
Cardinal, Cardinaux, République, Naples
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
ITALIE.
E 25 Février, les Cardinaux, Chefs d'Ordre ;.
Laurent le 1. Gafpard Lérati , de la Congré
gation
814 MERCURE DE FRANCE
gation des Prêtres de l'Oratoire de S. Philippe
de Néri , pour être Confeffeur du Conclave. Et
le 28 on tira au fort les Cellules du Conclave.
Le 2 de Mars , les mêmes Cardinaux , Chefs
d'Ordres , tinrent la neuviéme Congrégation ,
dans laquelle ils reçurent , au nom du facré Col
lége , les complimens de condoléance des Ambaffadeurs
de la République de Veniſe & de la
Religion de Malte , du Miniftre du Roy de Sardaigne
, & de l'Ambaffadeur de la Ville de Bologne.
Les Mars , après la Meffe , que le Cardinal
Barberin célebra dans l'Eglife de S. Pierre , & le
Sermon de l'Abbé Lanfredini , fur l'Election du
Pape ; le même Cardinal François . Barberin
-Sous- Doyen , Romain , entra dans le Conclave
avec les Cardinaux Pierre Ottoboni , ~)Venitien .
Antoine- Felix Zondodary , Sienois . Pierre -Marcellin
Corradini , de Sezza. Curce Orighi , Romain.
Louis Belluga , Efpagnol . Bernard-Marie
Conti , Romain . Vincent Petra , Napolitain.
Laurent & Jean- Baptifte Altiery, Romains. Les
Cardinaux Profper Marefoſchi , de Macerata . -
Ange - Marie Querini , Venitien . Leandre Porzia.
du Frioul. Pierre-Louis Caraffa , Napolitain . -
Camille Cibo , de Maffa -Carrara . Nicolas -Marie
Lercari , Genois. Vincent Ferreri , Piemontois
, & François Borghefe , Romain . Les Cardinaux
Melchior de Polignac , chargé des affaires
du Roy de France , François . Antoine Banchieri,
de Siftoye. Alexandre Falconieri , Romain.
Charles Colonne, Romain . Annibal & Alexandre
Albani , de Pefaro. François-Antoine Fini , Napolitain
de Minerino. Charles Colligola , de Spolete.
Jofeph- René Imperiali , Genois , Chef des
Prêtres . Vincent-Louis Gotti ; Bolonois. Alamanno
Salviati , Florentin , & Laurent Corfini,
Florentins
AVRIL. 1730. 815
Florentin , y entrerent l'après midi , vers les
quatre heures le Sacré college y reçut les vifites
des Miniftres Etrangers , des Princes Romains &
de la principale Nobleffe.
Le Cardinal de Sainte- Agnez entra au Conclave
le 8. au matin , avec le Cardinal Charles-
Marini , Genois . Le Cardinal Joſeph Accoramboni
, de Spolete , y entra le même jour au foir,
& le Cardinal Fabio Olivieri , de Pefaro le 9. au
matin. Corneille Bentivoglio , Ferrarois , chargé
des affaires du Roy d'Efpagne , le 12. au foir.
Jean-Antoine Davia , Boulonnois. Jules Alberoni
, de Plaifance. Louis Pie de la Mirandole ,
Milanois. Nicolas Del Gindice , Napolitain. Le
17. au foir , Thomas Ruffo , auffi Napolitain ,.
le 30. ainfi que Jacques Buon- Compagnie , Boulonnois.
Le 31. Henri de Thiard de Biffy,François
, & Philippe- Louis Zinzenderf, Allemand.
Le 1. Avril , Sigifmond Collonitz , auffi Alle--
mand. Le Nicolas Cofcia , de Benevent .
Le 13. Mars , le Sacré College reçût une Let--
tre du Cardinal Cofcia , par laquelle il promerde
venir au Conclave auffi - tôt qu'on lui aura
fait rendre fa Bibliotheque , fes Meubles & fa
Vaiffelle d'argent , qu'on a enlevés du Palaisdu
Marquis Abbati , pour les porter au Château
Saint-Ange. Il reprefente en même-temps qu'on
n'a pu proceder contre lui , pendant le Siége
vacant, fans donner atteinte aux Bulles des Papes
Clement V. & S. Pie V. Les Cardinaux Otthoboni
, Zondodari & Colonne lui firent réponfe
au nom du Sacré College , que s'il fe déterminoit
à venir au Conclave on lui feroit rendre
Tout ce qui lui feroit neceffaire pour foûtenir fa
dignité. On a appris depuis que le Cardinal Cof--
cia étoit arrivé à Rome le 28. au foir , dans le
Caroffe du Prince de Caferte . chez lequel il alla
defcendre.
›
On
$ 16 MERCURE DE FRANCE
On a appris auffi que le 26. Mars , les Cardi
naux Barberin, Spinola & Colligola qui étoient
Chef- d'Ordre ce jour- là , reçurent un Mémoire
de la part des habitans de la Ville de Benevent.
Is le communiquerent le même jour au Sacré
Collége , qui nomma M. Bondelmonti, Gouverneur
d'Afcoli , pour Visiteur Apoftoliqué de ce
Diocéfe , à la place du Grand Vicaire que le
Cardinal Cofcia avoit nommé , & que le Chapitre
de Benevent a refufé de reconnoître. Le Cardinal
Cofcia ayant fait des proteftations contre
cette nomination & menacé d'excommunier le
nouveau Vifiteur Apoftolique : le Sacré College
a changé de réfolution pour ne pas compromettre
fon autorité , & il s'eft contenté de faire au
Mémoire des Beneventins , une réponſe par laquelle
ils renvoyent la décifion de cette affaire au
Pape qui fera élu.
On publia à Naples le 7. du mois dernier, une
nouvelle Ordonnance de l'Empereur , par laquelle
S. M. I. exige à titre d'emprunt , une année
entiere du revenu des Fiefs que les Etrangers pof--
fedent dans le Royaume de Naples : le cinquiénte
denier du prix des Terres donnés pár S. M. I.
à titre de récompenfe ; le Cheval monté de tous
les Barons pour chaque Fief, relevant de la Coùronne
, ou 80 Ducats par Fief.
Les maladies de Poitrine , Fluxions & Catha
res, dont on a été attaqué pendant l'Hyver ,dans
prefque toute l'Italie, & qui ont emporté bien du
monde , fe font communiquées à Naples , en
forte qu'il y a eu un tres- grand nombre de malades
, tant dans les Maifons particulieres , que
dans les Communautez ; ce qui comprend la
plus grande partie des habitans . Le Cardinal ,
Archevêque de cette Ville , fit commencer le 13 .
Mars, des Prieres publiques dans l'Eglife Métropolitaine
"
AVRIL. 1730. 817
tropolitaine , pour en demander à Dieu la ceffation.
Vers le 20. du mois dernier , le Mont-Vefuve
commença à jetter une grande quantité de flammes
& de matieres bitumineufes embrafées , qui
couvrirent une Plaine de quatre milles d'éten
duë , du côté de la Terre d'Ottoiano , dont les
Vignes & les Maiſons ont été embraſées ou ren
verfées , & tous les habitans des Bourgs & Vilages
qui font aux environs de cette Montagne ,
' ont été obligez d'abandonner leurs demeures &
de fe retirer beaucoup plus loin . ..
On mande auffi de Naples que les Fiévres
malignes ont fuccedé aux maladies de poitrine ,
& que beaucoup de gens en meurent.
On mande de Genes , que le nombre des Mécontens
de l'Ile de Corfe avoit augménté jufqu'à
22000 hommes , prefque tous armez , & la
plupart Bandits & Montagnards ; qu'ils avoient
pillé & brûlé tous les environs de Baftia , qu'ils
avoient tenté de furprendre cette Place , de devant
laquelle ils ne s'étoient retirez que parce
que l'Evêque d'Aléria avoit promis d'écrire à
Génes en leur faveur , & de faire tous fes efforts
pour obtenir de la République une diminution
des Impofitions qu'on léve fur eux.
On a appris enfuite que les Corfes s'étoient
retirez de Baftia , après l'avoir pillé , que l'Evêque
d'Aléria leur avoit fait promettre de rentrer
dans leur devoir , auffi -tôt que la République de
Genes auroit diminué les Impofitions & le prix
du Sel ; que M. Venerofo ; chargé des pouvoirs
de la Républiqué , les avoit affurez qu'on les fatisferoit
aufli -tôt qu'ils fe feroient retirez chez
eux ; & qu'on efperois que la tranquillité feroit
bien-tôt rétablie dans cette Ifle. Et les Lettres de
Genes portent que le Podeſtard de la Nation
Corfe
818 MERCURE DE FRANCE
Corfe avoit eu le 31. du mois dernier une audience
publique du Grand Confeil , auquel il fit
un long Difcours pour défavoüer la Rebellion
des Bandits de l'Ile de Corfe , qui ont pillé la
Ville de Baftia. Il affura la République de la fidelité
des habitans de cette Ile ; la priant de ne
les pas confondre avec les Montagnars.
On mande de Venife que M.Louis Mocenigo
en partit au commencement du mois dernier
pour la Cour de France , où il va relever le
Chevalier J. B. Canale , Ambaffadeur de cette
République
E 25 Février, les Cardinaux, Chefs d'Ordre ;.
Laurent le 1. Gafpard Lérati , de la Congré
gation
814 MERCURE DE FRANCE
gation des Prêtres de l'Oratoire de S. Philippe
de Néri , pour être Confeffeur du Conclave. Et
le 28 on tira au fort les Cellules du Conclave.
Le 2 de Mars , les mêmes Cardinaux , Chefs
d'Ordres , tinrent la neuviéme Congrégation ,
dans laquelle ils reçurent , au nom du facré Col
lége , les complimens de condoléance des Ambaffadeurs
de la République de Veniſe & de la
Religion de Malte , du Miniftre du Roy de Sardaigne
, & de l'Ambaffadeur de la Ville de Bologne.
Les Mars , après la Meffe , que le Cardinal
Barberin célebra dans l'Eglife de S. Pierre , & le
Sermon de l'Abbé Lanfredini , fur l'Election du
Pape ; le même Cardinal François . Barberin
-Sous- Doyen , Romain , entra dans le Conclave
avec les Cardinaux Pierre Ottoboni , ~)Venitien .
Antoine- Felix Zondodary , Sienois . Pierre -Marcellin
Corradini , de Sezza. Curce Orighi , Romain.
Louis Belluga , Efpagnol . Bernard-Marie
Conti , Romain . Vincent Petra , Napolitain.
Laurent & Jean- Baptifte Altiery, Romains. Les
Cardinaux Profper Marefoſchi , de Macerata . -
Ange - Marie Querini , Venitien . Leandre Porzia.
du Frioul. Pierre-Louis Caraffa , Napolitain . -
Camille Cibo , de Maffa -Carrara . Nicolas -Marie
Lercari , Genois. Vincent Ferreri , Piemontois
, & François Borghefe , Romain . Les Cardinaux
Melchior de Polignac , chargé des affaires
du Roy de France , François . Antoine Banchieri,
de Siftoye. Alexandre Falconieri , Romain.
Charles Colonne, Romain . Annibal & Alexandre
Albani , de Pefaro. François-Antoine Fini , Napolitain
de Minerino. Charles Colligola , de Spolete.
Jofeph- René Imperiali , Genois , Chef des
Prêtres . Vincent-Louis Gotti ; Bolonois. Alamanno
Salviati , Florentin , & Laurent Corfini,
Florentins
AVRIL. 1730. 815
Florentin , y entrerent l'après midi , vers les
quatre heures le Sacré college y reçut les vifites
des Miniftres Etrangers , des Princes Romains &
de la principale Nobleffe.
Le Cardinal de Sainte- Agnez entra au Conclave
le 8. au matin , avec le Cardinal Charles-
Marini , Genois . Le Cardinal Joſeph Accoramboni
, de Spolete , y entra le même jour au foir,
& le Cardinal Fabio Olivieri , de Pefaro le 9. au
matin. Corneille Bentivoglio , Ferrarois , chargé
des affaires du Roy d'Efpagne , le 12. au foir.
Jean-Antoine Davia , Boulonnois. Jules Alberoni
, de Plaifance. Louis Pie de la Mirandole ,
Milanois. Nicolas Del Gindice , Napolitain. Le
17. au foir , Thomas Ruffo , auffi Napolitain ,.
le 30. ainfi que Jacques Buon- Compagnie , Boulonnois.
Le 31. Henri de Thiard de Biffy,François
, & Philippe- Louis Zinzenderf, Allemand.
Le 1. Avril , Sigifmond Collonitz , auffi Alle--
mand. Le Nicolas Cofcia , de Benevent .
Le 13. Mars , le Sacré College reçût une Let--
tre du Cardinal Cofcia , par laquelle il promerde
venir au Conclave auffi - tôt qu'on lui aura
fait rendre fa Bibliotheque , fes Meubles & fa
Vaiffelle d'argent , qu'on a enlevés du Palaisdu
Marquis Abbati , pour les porter au Château
Saint-Ange. Il reprefente en même-temps qu'on
n'a pu proceder contre lui , pendant le Siége
vacant, fans donner atteinte aux Bulles des Papes
Clement V. & S. Pie V. Les Cardinaux Otthoboni
, Zondodari & Colonne lui firent réponfe
au nom du Sacré College , que s'il fe déterminoit
à venir au Conclave on lui feroit rendre
Tout ce qui lui feroit neceffaire pour foûtenir fa
dignité. On a appris depuis que le Cardinal Cof--
cia étoit arrivé à Rome le 28. au foir , dans le
Caroffe du Prince de Caferte . chez lequel il alla
defcendre.
›
On
$ 16 MERCURE DE FRANCE
On a appris auffi que le 26. Mars , les Cardi
naux Barberin, Spinola & Colligola qui étoient
Chef- d'Ordre ce jour- là , reçurent un Mémoire
de la part des habitans de la Ville de Benevent.
Is le communiquerent le même jour au Sacré
Collége , qui nomma M. Bondelmonti, Gouverneur
d'Afcoli , pour Visiteur Apoftoliqué de ce
Diocéfe , à la place du Grand Vicaire que le
Cardinal Cofcia avoit nommé , & que le Chapitre
de Benevent a refufé de reconnoître. Le Cardinal
Cofcia ayant fait des proteftations contre
cette nomination & menacé d'excommunier le
nouveau Vifiteur Apoftolique : le Sacré College
a changé de réfolution pour ne pas compromettre
fon autorité , & il s'eft contenté de faire au
Mémoire des Beneventins , une réponſe par laquelle
ils renvoyent la décifion de cette affaire au
Pape qui fera élu.
On publia à Naples le 7. du mois dernier, une
nouvelle Ordonnance de l'Empereur , par laquelle
S. M. I. exige à titre d'emprunt , une année
entiere du revenu des Fiefs que les Etrangers pof--
fedent dans le Royaume de Naples : le cinquiénte
denier du prix des Terres donnés pár S. M. I.
à titre de récompenfe ; le Cheval monté de tous
les Barons pour chaque Fief, relevant de la Coùronne
, ou 80 Ducats par Fief.
Les maladies de Poitrine , Fluxions & Catha
res, dont on a été attaqué pendant l'Hyver ,dans
prefque toute l'Italie, & qui ont emporté bien du
monde , fe font communiquées à Naples , en
forte qu'il y a eu un tres- grand nombre de malades
, tant dans les Maifons particulieres , que
dans les Communautez ; ce qui comprend la
plus grande partie des habitans . Le Cardinal ,
Archevêque de cette Ville , fit commencer le 13 .
Mars, des Prieres publiques dans l'Eglife Métropolitaine
"
AVRIL. 1730. 817
tropolitaine , pour en demander à Dieu la ceffation.
Vers le 20. du mois dernier , le Mont-Vefuve
commença à jetter une grande quantité de flammes
& de matieres bitumineufes embrafées , qui
couvrirent une Plaine de quatre milles d'éten
duë , du côté de la Terre d'Ottoiano , dont les
Vignes & les Maiſons ont été embraſées ou ren
verfées , & tous les habitans des Bourgs & Vilages
qui font aux environs de cette Montagne ,
' ont été obligez d'abandonner leurs demeures &
de fe retirer beaucoup plus loin . ..
On mande auffi de Naples que les Fiévres
malignes ont fuccedé aux maladies de poitrine ,
& que beaucoup de gens en meurent.
On mande de Genes , que le nombre des Mécontens
de l'Ile de Corfe avoit augménté jufqu'à
22000 hommes , prefque tous armez , & la
plupart Bandits & Montagnards ; qu'ils avoient
pillé & brûlé tous les environs de Baftia , qu'ils
avoient tenté de furprendre cette Place , de devant
laquelle ils ne s'étoient retirez que parce
que l'Evêque d'Aléria avoit promis d'écrire à
Génes en leur faveur , & de faire tous fes efforts
pour obtenir de la République une diminution
des Impofitions qu'on léve fur eux.
On a appris enfuite que les Corfes s'étoient
retirez de Baftia , après l'avoir pillé , que l'Evêque
d'Aléria leur avoit fait promettre de rentrer
dans leur devoir , auffi -tôt que la République de
Genes auroit diminué les Impofitions & le prix
du Sel ; que M. Venerofo ; chargé des pouvoirs
de la Républiqué , les avoit affurez qu'on les fatisferoit
aufli -tôt qu'ils fe feroient retirez chez
eux ; & qu'on efperois que la tranquillité feroit
bien-tôt rétablie dans cette Ifle. Et les Lettres de
Genes portent que le Podeſtard de la Nation
Corfe
818 MERCURE DE FRANCE
Corfe avoit eu le 31. du mois dernier une audience
publique du Grand Confeil , auquel il fit
un long Difcours pour défavoüer la Rebellion
des Bandits de l'Ile de Corfe , qui ont pillé la
Ville de Baftia. Il affura la République de la fidelité
des habitans de cette Ile ; la priant de ne
les pas confondre avec les Montagnars.
On mande de Venife que M.Louis Mocenigo
en partit au commencement du mois dernier
pour la Cour de France , où il va relever le
Chevalier J. B. Canale , Ambaffadeur de cette
République
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Résumé : ITALIE.
En février 1730, les cardinaux chefs d'ordre, dont Laurent Lérati de la Congrégation des Prêtres de l'Oratoire de Saint Philippe Néri, furent désignés comme confesseurs du conclave. Le 28 février, les cellules du conclave furent tirées au sort. Le 3 mars, après la messe célébrée par le cardinal Barberini et le sermon de l'abbé Lanfredini sur l'élection du pape, plusieurs cardinaux, dont François Barberini, Pierre Ottoboni, Antoine-Félix Zondodari et Pierre-Marcellin Corradini, entrèrent dans le conclave. Le 13 mars, le cardinal Coscia demanda la restitution de sa bibliothèque, de ses meubles et de sa vaisselle d'argent, enlevés du palais du marquis Abbati. Le Sacré Collège lui répondit qu'il lui rendrait tout ce qui lui était nécessaire pour maintenir sa dignité. Le 26 mars, les cardinaux Barberini, Spinola et Colligola reçurent un mémoire des habitants de la ville de Benevent, qui fut communiqué au Sacré Collège. Ce dernier nomma M. Bondelmonti comme visiteur apostolique du diocèse de Benevent, à la place du grand vicaire nommé par le cardinal Coscia. Le cardinal Coscia protesta contre cette nomination et menaça d'excommunier le nouveau visiteur apostolique. Le Sacré Collège décida de renvoyer la décision de cette affaire au pape élu. À Naples, une ordonnance de l'empereur exigea une année entière du revenu des fiefs possédés par des étrangers, le cinquantième denier du prix des terres données par l'empereur, et un cheval monté ou 80 ducats par fief relevant de la couronne. Des maladies de poitrine, fluxions et catarrhes sévirent en Italie, entraînant un grand nombre de malades et de décès. Le cardinal archevêque de Naples fit commencer des prières publiques pour demander la cessation de ces maladies. Vers le 20 mars, le mont Vésuve entra en éruption, jetant des flammes et des matières bitumineuses qui embrasèrent et renversèrent des vignes et des maisons. Les habitants des environs durent abandonner leurs demeures. À Gênes, le nombre de mécontents sur l'île de Corse augmenta, atteignant 22 000 hommes, principalement des bandits et des montagnards. Ils pillèrent et brûlèrent les environs de Bastia avant de se retirer après une promesse de l'évêque d'Aléria d'intercéder en leur faveur auprès de la République de Gênes. À Venise, Louis Mocenigo partit pour la cour de France afin de relever le chevalier J. B. Canale en tant qu'ambassadeur.
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35
p. 818-819
ESPAGNE
Début :
Le 5. Mars, l'Infant Don Louis & les Infantes Dona Marie-Therese & Dona Marie-Antoinette [...]
Mots clefs :
Roi et reine d'Espagne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE
ESPAGNE
E 5.Mars , l'Infant Don Louis & les Infantes
nette Ferdinande , partirent de Seville pour fe
rendre à Marchena , où ils arriverent le lendemain
à l'entrée de la nuit. Le 6. L. M. accompagnées
du Prince & de la Princeffe des Afturies
de l'Infant Don Carlos & de l'Infant Don Philippe
, partirent auffi de Seville pour la même
Ville , où elles arriverent vers les neuf heures du
foir . Elles y furent reçûës fous un Arc de Triom
phe , par les Magiftrats à la tête des principaux
de la Ville , qui haranguerent L. M. Toutes les
rues de leur paffage & la Place étoient illuminées
& tapiffées.
Le 13. vers les 2. heures après midi , le Roi
& la Reine avec la Famille Royale , partirent de
Marchena pour aller coucher à Offonne ; le 14.
L. M. coucherent à Roa , & le 15. à Antiquera
où elles réfterent jufqu'au 20. qu'elles en partirent
pour aller coucher à Loza , où elles féjournerent
le 21. Elles en partirent le 22 . pour aller
Santa - Fé , & le rendirent le lendemain à Grenade
,
AVRIL. 819
1730.
hade , qui n'en eft éloigné que de deux lieuës , &
arriverent vérs les fix heures du foir.
Toutes les rues & les Places de cette Ville de→
puis la pointe de la Riviere du Xenil jufqu'au
Palais des anciens Rois Maures , où la Cour eft
logée , étoient ornées de Tapifleries & de plufeurs
Arcs de Triomphe : le foir & les deux nuits
fuivantes , toutes les maifons de la Ville furent
illuminées. Le 24. au matin L. M. après avoir
vifité ce Palais , allerent fe promener dans les Jar--
dins ; l'après midi elles prirent le divertiffement
de la Chaffe dans la Prefqu'Ifle de Roma , où eft
fituée la Maifon de Plaifance des anciens Rois
Maures , qui eft à deux lieues de Grenade , &
P'un des plus beaux féjours de toute l'Espagne.
On a appris par les Lettres de la Vera- Cruz ,
qu'on y avoit publié un Decret de S. M. Cath.
par lequel il eft ordonné que dès cette année &
à l'avenir , la Foire des Marchandiſes d'Europe
fe tiendra dans le Village de Jalappa , qui eft à
20. lieues de la Vera-Cruz , & à 60. du Mexique;
que les Commiffaires des Vaiffeaux de la Flotille
ne pourront vendre les Marchandifes dont elle
fera chargée , ailleurs que dans cette Foire , &
que les Marchandifes qui y auront été venduës
ne pourront être tranfportées dans l'interieur du
Pays qu'après le départ de la Flotille pour fon
retour en Europe.
On a auffi appris de Lisbonne , que le Roi de
Portugal y avoit pris le deuil pour un mois , 2 .
cauſe de la mort du Pape.
E 5.Mars , l'Infant Don Louis & les Infantes
nette Ferdinande , partirent de Seville pour fe
rendre à Marchena , où ils arriverent le lendemain
à l'entrée de la nuit. Le 6. L. M. accompagnées
du Prince & de la Princeffe des Afturies
de l'Infant Don Carlos & de l'Infant Don Philippe
, partirent auffi de Seville pour la même
Ville , où elles arriverent vers les neuf heures du
foir . Elles y furent reçûës fous un Arc de Triom
phe , par les Magiftrats à la tête des principaux
de la Ville , qui haranguerent L. M. Toutes les
rues de leur paffage & la Place étoient illuminées
& tapiffées.
Le 13. vers les 2. heures après midi , le Roi
& la Reine avec la Famille Royale , partirent de
Marchena pour aller coucher à Offonne ; le 14.
L. M. coucherent à Roa , & le 15. à Antiquera
où elles réfterent jufqu'au 20. qu'elles en partirent
pour aller coucher à Loza , où elles féjournerent
le 21. Elles en partirent le 22 . pour aller
Santa - Fé , & le rendirent le lendemain à Grenade
,
AVRIL. 819
1730.
hade , qui n'en eft éloigné que de deux lieuës , &
arriverent vérs les fix heures du foir.
Toutes les rues & les Places de cette Ville de→
puis la pointe de la Riviere du Xenil jufqu'au
Palais des anciens Rois Maures , où la Cour eft
logée , étoient ornées de Tapifleries & de plufeurs
Arcs de Triomphe : le foir & les deux nuits
fuivantes , toutes les maifons de la Ville furent
illuminées. Le 24. au matin L. M. après avoir
vifité ce Palais , allerent fe promener dans les Jar--
dins ; l'après midi elles prirent le divertiffement
de la Chaffe dans la Prefqu'Ifle de Roma , où eft
fituée la Maifon de Plaifance des anciens Rois
Maures , qui eft à deux lieues de Grenade , &
P'un des plus beaux féjours de toute l'Espagne.
On a appris par les Lettres de la Vera- Cruz ,
qu'on y avoit publié un Decret de S. M. Cath.
par lequel il eft ordonné que dès cette année &
à l'avenir , la Foire des Marchandiſes d'Europe
fe tiendra dans le Village de Jalappa , qui eft à
20. lieues de la Vera-Cruz , & à 60. du Mexique;
que les Commiffaires des Vaiffeaux de la Flotille
ne pourront vendre les Marchandifes dont elle
fera chargée , ailleurs que dans cette Foire , &
que les Marchandifes qui y auront été venduës
ne pourront être tranfportées dans l'interieur du
Pays qu'après le départ de la Flotille pour fon
retour en Europe.
On a auffi appris de Lisbonne , que le Roi de
Portugal y avoit pris le deuil pour un mois , 2 .
cauſe de la mort du Pape.
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Résumé : ESPAGNE
Le 5 mars, l'Infant Don Louis et l'Infante Ferdinande quittèrent Séville pour Marchena. Le 6 mars, les souverains espagnols, accompagnés des Princes des Asturies, des Infants Don Carlos et Don Philippe, les rejoignirent à Marchena sous un arc de triomphe. Les rues et la place étaient illuminées et décorées. Le 13 mars, la famille royale partit pour Offonne, puis continua vers Roa le 14 mars et Antiquera le 15 mars, où ils restèrent jusqu'au 20 mars. Ils se rendirent ensuite à Loza le 21 mars, Santa Fé et enfin Grenade le 23 mars. À Grenade, les rues et places étaient ornées de tapisseries et d'arcs de triomphe, et les maisons furent illuminées pendant trois jours. Le 24 mars, les souverains visitèrent le palais des anciens Rois Maures et se promenèrent dans les jardins, puis chassèrent dans la presqu'île de Roma. Par ailleurs, un décret royal ordonna que la foire des marchandises d'Europe se tiendrait dorénavant à Jalappa. Enfin, le Roi de Portugal prit le deuil pendant un mois à la suite de la mort du Pape.
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36
p. 819-821
GRANDE BRETAGNE.
Début :
Le 9. du mois dernier, le Colonel Charles se presenta à la Cour de Old-Baily, pour répondre [...]
Mots clefs :
Roi d'Angleterre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRANDE BRETAGNE.
GRANDE BRETAGNE .
E 9. du mois dernier , le Colonel Charles fe
prefenta à la Cour de Old- Baily , pour ré→
pondre à l'accufation de viol & de rapt , intenté
contre:
820 MERCURE DE FRANCE
contre lui la nommée Anne Blond , fa Do- par
meftique. Le fait ayant été prouvé par témoins ,
ce Colonel fut convaincu de crime capital, arrêté
par l'ordre des Juges & conduit dans la priſon de
Newgate. Comme il fera vrai-femblablement con
damné à mort dans la feffion prochaine de ce
Tribunal , tous fes biens , qui font très-confiderables,
étans dans le cas de confifcation , le Grand-
Baily de Weſtminſter alla le même jour au foir
à la maifon de ce Colonel pour faifir tous fes Effets,
mais fes Domeftiques ayant fait une vigoureufe
réfiftance , l'execution fut remife au lendemain
, qu'on enleva de chez lui une grande quantité
de Vaiffelle d'argent , de très -beaux Meubles,
un Caroffe , une Berline & vingt Chevaux. Le
même jour il fut défendu au Teneur de Livres dè
la Mer du Sud de faire aucun tranſport des Actions
appartenantes à ce Colonel , qui a été déjà
condamné en Ecoffe pour un pareil crime dont
il obtint fa grace.
Le 11. de Mars on convint dans la Chambre
des Communes , de dreffer un Bill pour déclarer
incapables d'avoir féance dans la Chambre & d'y
donner leurs voix, tous ceux qui ont des penfions
particulieres du Roi , ou des Charges auprès de
S. M.
On affure que le Vice- Amiral Cavendifch"
commandera l'Efcadre Angloife, que le Roi doit
joindre à celle que S. M. Cath. fait équiper pour
tranfporter les 6000. hommes de Troupes Efpagnoles
qu'il a deffein d'envoyer en Italic.
Le Frederick , Vaiffeau de la Compagnie des
Indes Orientales , eft arrivé à Plimouth , venant
de Moka & de Bombay , d'où il étoit parti le 27.
Juillet dernier. Sa principale Charge confifte en
Caffé , d'où il apporte 2905. Balles .
}
Le Roi a donné fon confentement Royal a
1'Acte
AVRIL . 1730. 821
1
P'Acte qui défend à fes Sujets de prêter aucune
fomme aux Puiffances Etrangeres fans la permiffron
expreffe de S. M.
Le 13. Avril , le Roi & la Reine allerent au
Theatre de Drury - Lane , voir la Comédie du
Moine Efpagnol . Quelques jours auparavant le
Prince de Galles & la Princeffe Royale , virent
fur le Théatre du Marché au Foin l'Opera de
Jules Cefar.
E 9. du mois dernier , le Colonel Charles fe
prefenta à la Cour de Old- Baily , pour ré→
pondre à l'accufation de viol & de rapt , intenté
contre:
820 MERCURE DE FRANCE
contre lui la nommée Anne Blond , fa Do- par
meftique. Le fait ayant été prouvé par témoins ,
ce Colonel fut convaincu de crime capital, arrêté
par l'ordre des Juges & conduit dans la priſon de
Newgate. Comme il fera vrai-femblablement con
damné à mort dans la feffion prochaine de ce
Tribunal , tous fes biens , qui font très-confiderables,
étans dans le cas de confifcation , le Grand-
Baily de Weſtminſter alla le même jour au foir
à la maifon de ce Colonel pour faifir tous fes Effets,
mais fes Domeftiques ayant fait une vigoureufe
réfiftance , l'execution fut remife au lendemain
, qu'on enleva de chez lui une grande quantité
de Vaiffelle d'argent , de très -beaux Meubles,
un Caroffe , une Berline & vingt Chevaux. Le
même jour il fut défendu au Teneur de Livres dè
la Mer du Sud de faire aucun tranſport des Actions
appartenantes à ce Colonel , qui a été déjà
condamné en Ecoffe pour un pareil crime dont
il obtint fa grace.
Le 11. de Mars on convint dans la Chambre
des Communes , de dreffer un Bill pour déclarer
incapables d'avoir féance dans la Chambre & d'y
donner leurs voix, tous ceux qui ont des penfions
particulieres du Roi , ou des Charges auprès de
S. M.
On affure que le Vice- Amiral Cavendifch"
commandera l'Efcadre Angloife, que le Roi doit
joindre à celle que S. M. Cath. fait équiper pour
tranfporter les 6000. hommes de Troupes Efpagnoles
qu'il a deffein d'envoyer en Italic.
Le Frederick , Vaiffeau de la Compagnie des
Indes Orientales , eft arrivé à Plimouth , venant
de Moka & de Bombay , d'où il étoit parti le 27.
Juillet dernier. Sa principale Charge confifte en
Caffé , d'où il apporte 2905. Balles .
}
Le Roi a donné fon confentement Royal a
1'Acte
AVRIL . 1730. 821
1
P'Acte qui défend à fes Sujets de prêter aucune
fomme aux Puiffances Etrangeres fans la permiffron
expreffe de S. M.
Le 13. Avril , le Roi & la Reine allerent au
Theatre de Drury - Lane , voir la Comédie du
Moine Efpagnol . Quelques jours auparavant le
Prince de Galles & la Princeffe Royale , virent
fur le Théatre du Marché au Foin l'Opera de
Jules Cefar.
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Résumé : GRANDE BRETAGNE.
Le 9 du mois dernier, le colonel Charles fut jugé à la Cour de Old Bailey pour viol et rapt. Reconnu coupable grâce à des témoignages, il fut incarcéré à Newgate et ses biens risquent la confiscation. Le Grand-Bailli de Westminster tenta de saisir ses effets, mais les domestiques s'opposèrent à cette action. Le lendemain, des objets de valeur furent enlevés, incluant de la vaisselle d'argent, des meubles, un carrosse, une berline et vingt chevaux. Le teneur de livres de la Mer du Sud reçut l'ordre de bloquer les actions du colonel, déjà condamné pour un crime similaire. Le 11 mars, la Chambre des Communes décida de rédiger un projet de loi pour déclarer inéligibles les personnes ayant des pensions ou des charges auprès du roi. Le vice-amiral Cavendish fut nommé pour commander l'escadre anglaise transportant 6 000 hommes de troupes espagnoles en Italie. Le vaisseau Frederick, de la Compagnie des Indes Orientales, arriva à Plymouth avec 2 905 balles de café. Le roi approuva un acte interdisant aux sujets de prêter de l'argent aux puissances étrangères sans autorisation. Le 13 avril, le roi et la reine assistèrent à la comédie 'Le Moine Espagnol' au théâtre de Drury Lane, tandis que le prince de Galles et la princesse royale virent l'opéra 'Jules César' au théâtre du Marché au Foin quelques jours auparavant.
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37
p. 821-823
MORTS, NAISSANCES des Pays Etrangers.
Début :
Le Corps du Czar Pierre II. fut inhumé le 22 Février, dans le Tombeau des Czars, qui [...]
Mots clefs :
Roi, Tsar, Prince, Pape, Épouse
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texteReconnaissance textuelle : MORTS, NAISSANCES des Pays Etrangers.
MORTS , NAISSANCES
des Pays Etrangers.
Liz Ferrier , dans le Tombeau des Czars, qui
E Corps du Czar Pierre II . fut inhumé le
eft dans l'Eglife de S. Michel de Mofcou.
On mande de Rome que le 25. Février au foir,
1le Corps du feu Pape fut porté de la Chapelle du
S. Sacrement , où il étoit en dépôt , au Choeur
de l'Eglife de S. Pierre , où on fit fes Obfeques
avec les ceremonies accoûtumées . M. Simonetti
Archevêque Titulaire de Nicofie , fit la Bediction
du Cercueil de Cyprès , dans lequel le Corps
fut mis. L'Abbé Acquaviva , mit à fes pieds , felón
la coûtume , trois Bourfes remplies , l'une
de Médailles d'or , une autre de Médailles d'argent
& la troifiéme de Médailles de cuivre. Le
Cardinal Finif ayant demandé la Mitre du feu
Pape, on lui en remit une autre & on la donna à
ce Cardinal. Toutes les ceremonies des Obfeques
étant finies , le Corps du Pape fut inhumé devant
le Choeur des Muficiens , vis- à - vis le Tombeau
du Pape Innocent VIII .
Therefe Cunegonde Sobieski , fille de Jean III.
Roi
822 MERCURE DE FRANCE
Roi de Pologne , mort le 17. Juin 1696. & de
Marie Cazimire Louife de la Grange d'Arquien,
morte à Blois le 30. Janvier 1716. Electrice
Douairiere de Baviere , qui faifoit fon féjour à
Venife depuis environ un an , y mourut d'une
colique la nuit du 10 au 11. Mars , dans la 55 .
année de fon âge , étant née le 4. Mars 1676.
Le feu Electeur de Baviere Maximilien - Marie
Emanuel , mort le 26. Fevrier 1726. l'avoit époufée
en fecondes Noces le 2. Janvier 1695. & il a
eu d'elle huit Princes & une Princeffe dont il ne
refte que Charles Albert Caetan , à préfent Electeur
de Baviere , Ferdinand- Marie , Clement-
Augufte , Electeur de Cologne , & Jean Theodore
, Evêque de Ratisbonne , & Marie-Anne- Caroline
, qui fit profeflion dans le Monaftere de
S. Jacob de l'Ordre de fainte Claire , le 29. Octobre
1719. Le 13. le corps de l'Electrice Douairiere
de Baviere fut expolé dans l'Eglife Collegiale
de S. Simon , d'où il fera tranfporté à Munich.
On vient d'apprendre qu'il y étoit arrivé
& qu'on faifoit dans la Capitale de grands préparatifs
pour les obfeques.
Charles Langrave de Heffe- Caffel mourut à
Caffel le 23. du mois dernier , vers les fix heures
du foir , âgé de 75. ans , fept mois & dix jours ,
étant né le 13. Août 1654. Ce Prince avoit époufé
le 21. May 1671. Marie Amelie , fille de Jacques,
Duc de Curlande , dont il a cu quinze enfans
fçavoir , onze Princes & quatre Princeffes ; l'aîné
des Princes qui vivent actuellement eft le Roi de
Suede , qui a époufé en fecondes noces Ulrique
Eleonore , foeur du feu Roi de Suede , Charles
XII. dont il n'a point d'enfans ; les freres du
Roi de Suede font le Prince Guillaume de Heffe-
Caffel , Lieutenant General de la Cavalerie Hollandoife
, Gouverneur de Maeftricht qui a >
époufé
AVRIL . 1730. 823
époufé Dorothée Guillelmine , fille du Duc de
Saxe Zeits , Maximilien qui a épousé Frederique
Charlotte de Heffe Darmstadt , George que le
Roi de Pologne fit Chevalier de l'Aigle Blanc en
Juillet 1723. Charles qui entra au fervice du Roi
T. Ch. en Mars 1721. & fut fait Lieutenant General
de fes Armées le 18. du même mois , &
Guillaume qui en Octobre 1721. fut fait Colonel
du Regiment de Cavalerie que le Roi de Suede
entretient au fervice des Etats Generaux ; des
quatre Princeffes filles du Landgrave , il ne refte
que Sophie Charles , mariée au Duc Frederic
Guillaume de Meckelbourg Schwerin , & Marie
Louiſe , veuve du Prince de Naflau Dietz , Stadhouder
de Frife & de Groningue.
Le Cardinal Benoît Pamphile mourut à Rome
le 25. Mars , âgé de 77. ans prefque accomplis ,
étant né le premier Avril 1653. Il étoit petit
neveu du Pape Innocent X. oncle paternel du
Prince Pamphile , & l'unique créature qui reftat
du Pontificat d'Innocent XI . qui le fit Cardinal
le premier Septembre 1681. Il étoit Prefet de la
fignature de Grace & de la Bibliotheque du Vatican
, Archiprêtre,de l'Eglife de S. Jean de Latran
& Titulaire du grand Prieuré de Rome.
Le 14. Avril , la Comteffe Douairiere de Waldgrave
, mere du Comte de ce nom , Ambaffadeur
du Roi d'Angleterre à la Cour de l'Empereur ,
mourut à Londres d'une attaque d'apoplexie ;
elle étoit fille naturelle du Roi Jacques II. & de
My Lady Arabelle Churchill , four du feu Duc
de Marlborough. Le Lord Henry Waldgrave
dont elle étoit veuve , eft mort en France où il
avoit fuivi le Roi Jacques.
Le 22. du mois dernier , la Princeffe Epoufe
du Prince de Piémont , accoucha à Turin d'une
Princeffe.
des Pays Etrangers.
Liz Ferrier , dans le Tombeau des Czars, qui
E Corps du Czar Pierre II . fut inhumé le
eft dans l'Eglife de S. Michel de Mofcou.
On mande de Rome que le 25. Février au foir,
1le Corps du feu Pape fut porté de la Chapelle du
S. Sacrement , où il étoit en dépôt , au Choeur
de l'Eglife de S. Pierre , où on fit fes Obfeques
avec les ceremonies accoûtumées . M. Simonetti
Archevêque Titulaire de Nicofie , fit la Bediction
du Cercueil de Cyprès , dans lequel le Corps
fut mis. L'Abbé Acquaviva , mit à fes pieds , felón
la coûtume , trois Bourfes remplies , l'une
de Médailles d'or , une autre de Médailles d'argent
& la troifiéme de Médailles de cuivre. Le
Cardinal Finif ayant demandé la Mitre du feu
Pape, on lui en remit une autre & on la donna à
ce Cardinal. Toutes les ceremonies des Obfeques
étant finies , le Corps du Pape fut inhumé devant
le Choeur des Muficiens , vis- à - vis le Tombeau
du Pape Innocent VIII .
Therefe Cunegonde Sobieski , fille de Jean III.
Roi
822 MERCURE DE FRANCE
Roi de Pologne , mort le 17. Juin 1696. & de
Marie Cazimire Louife de la Grange d'Arquien,
morte à Blois le 30. Janvier 1716. Electrice
Douairiere de Baviere , qui faifoit fon féjour à
Venife depuis environ un an , y mourut d'une
colique la nuit du 10 au 11. Mars , dans la 55 .
année de fon âge , étant née le 4. Mars 1676.
Le feu Electeur de Baviere Maximilien - Marie
Emanuel , mort le 26. Fevrier 1726. l'avoit époufée
en fecondes Noces le 2. Janvier 1695. & il a
eu d'elle huit Princes & une Princeffe dont il ne
refte que Charles Albert Caetan , à préfent Electeur
de Baviere , Ferdinand- Marie , Clement-
Augufte , Electeur de Cologne , & Jean Theodore
, Evêque de Ratisbonne , & Marie-Anne- Caroline
, qui fit profeflion dans le Monaftere de
S. Jacob de l'Ordre de fainte Claire , le 29. Octobre
1719. Le 13. le corps de l'Electrice Douairiere
de Baviere fut expolé dans l'Eglife Collegiale
de S. Simon , d'où il fera tranfporté à Munich.
On vient d'apprendre qu'il y étoit arrivé
& qu'on faifoit dans la Capitale de grands préparatifs
pour les obfeques.
Charles Langrave de Heffe- Caffel mourut à
Caffel le 23. du mois dernier , vers les fix heures
du foir , âgé de 75. ans , fept mois & dix jours ,
étant né le 13. Août 1654. Ce Prince avoit époufé
le 21. May 1671. Marie Amelie , fille de Jacques,
Duc de Curlande , dont il a cu quinze enfans
fçavoir , onze Princes & quatre Princeffes ; l'aîné
des Princes qui vivent actuellement eft le Roi de
Suede , qui a époufé en fecondes noces Ulrique
Eleonore , foeur du feu Roi de Suede , Charles
XII. dont il n'a point d'enfans ; les freres du
Roi de Suede font le Prince Guillaume de Heffe-
Caffel , Lieutenant General de la Cavalerie Hollandoife
, Gouverneur de Maeftricht qui a >
époufé
AVRIL . 1730. 823
époufé Dorothée Guillelmine , fille du Duc de
Saxe Zeits , Maximilien qui a épousé Frederique
Charlotte de Heffe Darmstadt , George que le
Roi de Pologne fit Chevalier de l'Aigle Blanc en
Juillet 1723. Charles qui entra au fervice du Roi
T. Ch. en Mars 1721. & fut fait Lieutenant General
de fes Armées le 18. du même mois , &
Guillaume qui en Octobre 1721. fut fait Colonel
du Regiment de Cavalerie que le Roi de Suede
entretient au fervice des Etats Generaux ; des
quatre Princeffes filles du Landgrave , il ne refte
que Sophie Charles , mariée au Duc Frederic
Guillaume de Meckelbourg Schwerin , & Marie
Louiſe , veuve du Prince de Naflau Dietz , Stadhouder
de Frife & de Groningue.
Le Cardinal Benoît Pamphile mourut à Rome
le 25. Mars , âgé de 77. ans prefque accomplis ,
étant né le premier Avril 1653. Il étoit petit
neveu du Pape Innocent X. oncle paternel du
Prince Pamphile , & l'unique créature qui reftat
du Pontificat d'Innocent XI . qui le fit Cardinal
le premier Septembre 1681. Il étoit Prefet de la
fignature de Grace & de la Bibliotheque du Vatican
, Archiprêtre,de l'Eglife de S. Jean de Latran
& Titulaire du grand Prieuré de Rome.
Le 14. Avril , la Comteffe Douairiere de Waldgrave
, mere du Comte de ce nom , Ambaffadeur
du Roi d'Angleterre à la Cour de l'Empereur ,
mourut à Londres d'une attaque d'apoplexie ;
elle étoit fille naturelle du Roi Jacques II. & de
My Lady Arabelle Churchill , four du feu Duc
de Marlborough. Le Lord Henry Waldgrave
dont elle étoit veuve , eft mort en France où il
avoit fuivi le Roi Jacques.
Le 22. du mois dernier , la Princeffe Epoufe
du Prince de Piémont , accoucha à Turin d'une
Princeffe.
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Résumé : MORTS, NAISSANCES des Pays Etrangers.
Le texte mentionne plusieurs décès et naissances de personnalités étrangères. Liz Ferrier a été inhumée dans l'église de Saint-Michel à Moscou, où repose également le corps du tsar Pierre II. À Rome, le corps du pape décédé a été transféré à la chapelle du Saint-Sacrement et inhumé devant le chœur des musiciens, face au tombeau du pape Innocent VIII. La princesse Thérèse Cunégonde Sobieski, fille du roi Jean III de Pologne et de Marie Casimire Louise d'Arquien, est décédée à Venise à l'âge de 55 ans. Elle était veuve de l'électeur de Bavière Maximilien-Emmanuel et mère de plusieurs enfants, dont l'électeur Charles Albert de Bavière. Le landgrave Charles de Hesse-Cassel est mort à Cassel à l'âge de 75 ans, laissant onze fils et quatre filles. Le cardinal Benoît Pamphile est décédé à Rome à l'âge de 77 ans. Il était petit-neveu du pape Innocent X et avait occupé plusieurs postes ecclésiastiques. La comtesse douairière de Walgrave, fille naturelle du roi Jacques II et de Lady Arabelle Churchill, est morte à Londres d'une attaque d'apoplexie. Enfin, la princesse épouse du prince de Piémont a accouché d'une princesse à Turin.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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