Résultats : 7475 texte(s)
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Liste
6151
p. 88
ENIGME.
Début :
J'ai le corps gros & le col mince ; [...]
Mots clefs :
Thermomètre
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texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGM E.
J'AT le corps gros & le col mince -
ΑΙ
Je ſuis fans têté & plein d'eſprit :
Chez le Curieux & le Prince ,
Plus qu'autre part eft mon crédit :
Je ſuis foumis au temps , comme lui, variable :
Je vais & viens ; cependant je fuis ftable ,
Reftant fixe à l'endroit où l'on veut me placer :
C'eft affez , cher Lecteur , je te laiffe y penſer
J'AT le corps gros & le col mince -
ΑΙ
Je ſuis fans têté & plein d'eſprit :
Chez le Curieux & le Prince ,
Plus qu'autre part eft mon crédit :
Je ſuis foumis au temps , comme lui, variable :
Je vais & viens ; cependant je fuis ftable ,
Reftant fixe à l'endroit où l'on veut me placer :
C'eft affez , cher Lecteur , je te laiffe y penſer
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6152
p. 88-90
« Dans le Mercure de Mai nous nous étions bornés à apprendre au Public que / MONSIEUR, j'ai été extrêmement surprise de trouver dans le premier volume [...] »
Début :
Dans le Mercure de Mai nous nous étions bornés à apprendre au Public que / MONSIEUR, j'ai été extrêmement surprise de trouver dans le premier volume [...]
Mots clefs :
Mercure, Public, Moulins, Énigme
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texteReconnaissance textuelle : « Dans le Mercure de Mai nous nous étions bornés à apprendre au Public que / MONSIEUR, j'ai été extrêmement surprise de trouver dans le premier volume [...] »
Dans le Mercure de Mai nous nous
étions bornés à apprendre au Public que
Mademoiſelle de la Boiffiere , de Moulins ,
défavouoit l'Enigme qui a paru fous fon
nom dans le premier volume du Mercure
d'Avril. Comme il nous eft revenu qu'elle
ne fe contente point de ce défaveu , auJUIN.
1758 . 89
quel elle dit n'avoir aucune part, & qu'elle
fouhaite que nous inférions ici la Lettre
qu'elle nous a écrite à ce fujet , & qui contient
celui qu'elle fait elle- même , nous
ne croyons pas pouvoir lui refuſer la fatisfaction
qu'elle exige de nous. La voici :
MONSIEUR , ONSIEUR , j'ai été extrêmement furpriſe
de trouver dans le premier volume
du Mercure d'Avril , une Enigme au bas
de laquelle eft le nom de Mademoiſelle
de la Boiffiere : c'eft celui fous lequel je
fuis le plus connue , il n'y a point d'autre
perfonne à Moulins qui porte ce nom. Je
puis vous affurer , Monfieur , que cette
Enigme n'eft point de moi , que
l'on vous
en a impofé , & au Public , lorfqu'on vous
l'a adreffée fous mon nom . Je n'ai jamais
donné dans la littérature , encore moins
dans la poéfie. Je ne me flatte pas d'avoir
affez de connoiffance pour juger fi elle eft
bonne ou mauvaiſe , ni affez d'efprit pour
l'entendre. Telle qu'elle eft je la défavoue,
& j'ai tout fujet de me plaindre de la
perfonne qui vous l'a adreffée fous mon
nom. Si on a prétendu me faire honneur ,
de m'ériger en Auteur , en faifant inférer
dans le Mercure un ouvrage auquel je
n'ai aucune part , on auroit dû me demander
mon confentement , & fûrement je ne
go MERCURE DE FRANCE.
fuis pas.
l'aurois pas donné ; je n'ai point la fotte
vanité de vouloir paroître ce que je ne
Si on a voulu me donner un ridicule
, ma plainte eft encore mieux fondée
; je ne crois pas l'avoir mérité : je me
flattois d'avoir vécu jufqu'à préfent de
façon à ne me point faire d'ennemi . De
quelque part que ce procédé vienne , il eft
intéreffant pour moi que le Public foit
défabufé . Ainfi , Monfieur , je vous demande
en grace de vouloir bien inférer
dans votre prochain Mercure la Lettre que
j'ai l'honneur de vous adreffer. Je fuis ,
Monfieur , votre très- humble & très-obéiffante
fervante , LA BOISSIERE.
A Moulins , ce 12 Avril 1758 .
étions bornés à apprendre au Public que
Mademoiſelle de la Boiffiere , de Moulins ,
défavouoit l'Enigme qui a paru fous fon
nom dans le premier volume du Mercure
d'Avril. Comme il nous eft revenu qu'elle
ne fe contente point de ce défaveu , auJUIN.
1758 . 89
quel elle dit n'avoir aucune part, & qu'elle
fouhaite que nous inférions ici la Lettre
qu'elle nous a écrite à ce fujet , & qui contient
celui qu'elle fait elle- même , nous
ne croyons pas pouvoir lui refuſer la fatisfaction
qu'elle exige de nous. La voici :
MONSIEUR , ONSIEUR , j'ai été extrêmement furpriſe
de trouver dans le premier volume
du Mercure d'Avril , une Enigme au bas
de laquelle eft le nom de Mademoiſelle
de la Boiffiere : c'eft celui fous lequel je
fuis le plus connue , il n'y a point d'autre
perfonne à Moulins qui porte ce nom. Je
puis vous affurer , Monfieur , que cette
Enigme n'eft point de moi , que
l'on vous
en a impofé , & au Public , lorfqu'on vous
l'a adreffée fous mon nom . Je n'ai jamais
donné dans la littérature , encore moins
dans la poéfie. Je ne me flatte pas d'avoir
affez de connoiffance pour juger fi elle eft
bonne ou mauvaiſe , ni affez d'efprit pour
l'entendre. Telle qu'elle eft je la défavoue,
& j'ai tout fujet de me plaindre de la
perfonne qui vous l'a adreffée fous mon
nom. Si on a prétendu me faire honneur ,
de m'ériger en Auteur , en faifant inférer
dans le Mercure un ouvrage auquel je
n'ai aucune part , on auroit dû me demander
mon confentement , & fûrement je ne
go MERCURE DE FRANCE.
fuis pas.
l'aurois pas donné ; je n'ai point la fotte
vanité de vouloir paroître ce que je ne
Si on a voulu me donner un ridicule
, ma plainte eft encore mieux fondée
; je ne crois pas l'avoir mérité : je me
flattois d'avoir vécu jufqu'à préfent de
façon à ne me point faire d'ennemi . De
quelque part que ce procédé vienne , il eft
intéreffant pour moi que le Public foit
défabufé . Ainfi , Monfieur , je vous demande
en grace de vouloir bien inférer
dans votre prochain Mercure la Lettre que
j'ai l'honneur de vous adreffer. Je fuis ,
Monfieur , votre très- humble & très-obéiffante
fervante , LA BOISSIERE.
A Moulins , ce 12 Avril 1758 .
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Résumé : « Dans le Mercure de Mai nous nous étions bornés à apprendre au Public que / MONSIEUR, j'ai été extrêmement surprise de trouver dans le premier volume [...] »
Dans le Mercure de Mai, Mademoiselle de la Boiffiere de Moulins conteste la publication d'une énigme parue sous son nom dans le Mercure d'Avril. Elle exprime son désaveu et demande la publication de sa lettre pour clarifier la situation. Dans cette lettre, datée du 12 avril 1758, elle affirme n'être ni l'auteure de l'énigme ni impliquée dans la littérature ou la poésie. Elle manifeste son mécontentement face à cette usurpation de son nom et souhaite désabuser le public. Mademoiselle de la Boiffiere précise qu'elle n'aurait jamais donné son consentement pour une telle publication et nie chercher à se faire passer pour une auteure. Elle conclut en demandant la publication de sa lettre pour rétablir la vérité.
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6153
p. 90-92
LOGOGRYPHE.
Début :
Je suis fille de l'air, l'on ne me voit jamais : [...]
Mots clefs :
Mélodie
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texteReconnaissance textuelle : LOGOGRYPHE.
LOGO GRYPHE.
Js fuis fille de l'air , l'on ne me voit jamais : B
Les vents étendent mon empire ;
Et dans le moment où j'expire ,
Au creux d'un rec à demi je renais .
Mon nom contient un pays de l'Attique ;
Une Ville en Hollande , & l'autre en Dauphinés
Et quand il plaît à qui m'a combiné ,
Je deviens un ton de mufique.
J'immortalife & Pindare , & Rouffeau ;
Mes bords font environnés d'eau :
JUIN. 1758.
Je gouverne un état ſur les côtes d'Afrique ,
Où le Chrétien reçoit des fers du Muſulman ;
Et j'embellis par ma ftructure
Un Temple à Rome , à Stamboul le Divan..
Des fimples je fais des victimes ;
Je défends l'innocence , & je punis les crimes ;
Je nourris le Clergé , je nourris le vieillard ;
L'on me recueille fur l'hymette :
Je fus au ciel élevé fur un char ,
Je parois , après la tempête ,
Sur les mâts & fur le gaillard.
De l'Egyptien idolâtre
J'obtins des Autels à Memphis :
D'un fexe léger & folâtre ,
Dans la faifon des amours & des ris ;
Je releve les tendres graces :
Si je lui plais , il plaît par moi.
De l'orage quand les menaces
Répandent un cruel effroi ,
J'offre aux vaiffeaux un für afyle ,
Où dans un parage tranquille ,
Ils bravent la mer en fureur.
Je mords le métal le plus dur.
Diane trouve en moi le nom qu'elle éut d'une
Inle :
Chez les Romains , je divifois les temps :
Victorieux , je montai fur le trône
Des Empereurs de Babylone :
Au fage Grec, je confiai les vents :
2 MERCURE DE FRANCE:
Je fauve un doigt d'une pointe inhumaine ,
Je caufai le trépas du vaillant fils d'Alcmene:
Par moi du corps fe font les mouvemens ;
Je fuis un oifeau de riviere ,
Et des liqueurs la fubftance groffiere
Un fimple contre les poifons :
Enfin , malgré l'éclat du Dieu de la lumiere ,
Si je manquois à l'homme , il iroit à tâtons
Js fuis fille de l'air , l'on ne me voit jamais : B
Les vents étendent mon empire ;
Et dans le moment où j'expire ,
Au creux d'un rec à demi je renais .
Mon nom contient un pays de l'Attique ;
Une Ville en Hollande , & l'autre en Dauphinés
Et quand il plaît à qui m'a combiné ,
Je deviens un ton de mufique.
J'immortalife & Pindare , & Rouffeau ;
Mes bords font environnés d'eau :
JUIN. 1758.
Je gouverne un état ſur les côtes d'Afrique ,
Où le Chrétien reçoit des fers du Muſulman ;
Et j'embellis par ma ftructure
Un Temple à Rome , à Stamboul le Divan..
Des fimples je fais des victimes ;
Je défends l'innocence , & je punis les crimes ;
Je nourris le Clergé , je nourris le vieillard ;
L'on me recueille fur l'hymette :
Je fus au ciel élevé fur un char ,
Je parois , après la tempête ,
Sur les mâts & fur le gaillard.
De l'Egyptien idolâtre
J'obtins des Autels à Memphis :
D'un fexe léger & folâtre ,
Dans la faifon des amours & des ris ;
Je releve les tendres graces :
Si je lui plais , il plaît par moi.
De l'orage quand les menaces
Répandent un cruel effroi ,
J'offre aux vaiffeaux un für afyle ,
Où dans un parage tranquille ,
Ils bravent la mer en fureur.
Je mords le métal le plus dur.
Diane trouve en moi le nom qu'elle éut d'une
Inle :
Chez les Romains , je divifois les temps :
Victorieux , je montai fur le trône
Des Empereurs de Babylone :
Au fage Grec, je confiai les vents :
2 MERCURE DE FRANCE:
Je fauve un doigt d'une pointe inhumaine ,
Je caufai le trépas du vaillant fils d'Alcmene:
Par moi du corps fe font les mouvemens ;
Je fuis un oifeau de riviere ,
Et des liqueurs la fubftance groffiere
Un fimple contre les poifons :
Enfin , malgré l'éclat du Dieu de la lumiere ,
Si je manquois à l'homme , il iroit à tâtons
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6154
p. 212
AVIS.
Début :
Le sieur Cousin vient de perfectionner un bandage à ressort pour l'exomphale [...]
Mots clefs :
Bandage, Exomphale, Succès, Bandages élastiques
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texteReconnaissance textuelle : AVIS.
AVIS.
Le fieur Coufin vient de perfectionner un bandage
à reffort pour l'exomphale réduit . Il a préfenté
ce bandage à la Faculté de Médecine , qui ,
fur le rapport des Commiffaires qu'elle avoit nommés
pour l'examen , a jugé que ce bandage par
fes grands avantages , furpaffoit de beaucoup ceux
qui avoient jufqu'ici été propofés pour cette maladie.
L'on trouve de plus chez lui , des bandages
élaftiques à reffort & fans reffort , à charnieres &
à corps ouverts . Il a toujours regardé ceux à corps
ouverts d'acier trempé , comme préférables par
leurs fuccès , & fe flatte de contenir toutes les décentes
de telle nature qu'elles puiffent être ; l'on
trouve auffi chez ledit ſieur , botine pour les enfans
, fufpenfoirs & peffaires. Il démeure rue Comteffe
d'Artois , entre la rue Monconfeil & celle de
la Truanderie , à Paris.
Le fieur Coufin vient de perfectionner un bandage
à reffort pour l'exomphale réduit . Il a préfenté
ce bandage à la Faculté de Médecine , qui ,
fur le rapport des Commiffaires qu'elle avoit nommés
pour l'examen , a jugé que ce bandage par
fes grands avantages , furpaffoit de beaucoup ceux
qui avoient jufqu'ici été propofés pour cette maladie.
L'on trouve de plus chez lui , des bandages
élaftiques à reffort & fans reffort , à charnieres &
à corps ouverts . Il a toujours regardé ceux à corps
ouverts d'acier trempé , comme préférables par
leurs fuccès , & fe flatte de contenir toutes les décentes
de telle nature qu'elles puiffent être ; l'on
trouve auffi chez ledit ſieur , botine pour les enfans
, fufpenfoirs & peffaires. Il démeure rue Comteffe
d'Artois , entre la rue Monconfeil & celle de
la Truanderie , à Paris.
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Résumé : AVIS.
Le sieur Coufin a perfectionné un bandage à ressort pour traiter l'exomphale réduit, jugé supérieur par la Faculté de Médecine. Il propose divers bandages élastiques, dont ceux à corps ouverts en acier trempé, considérés comme les plus efficaces. Coufin vend aussi des bottines pour enfants, des suspensoires et des ceintures. Il réside rue Comtesse-d'Artois, à Paris.
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6155
p. 213
AUTRE.
Début :
Le frere François Lefévre, Cordelier à Mante sur Seine, vient d'inventer [...]
Mots clefs :
Machine hydraulique, Arrosage, Pompage d'eau
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texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
LE frere François Lefevre , Cordelier à Mante
fur Seine , vient d'inventer & conftruire une machine
hydraulique , qui tourne à tous vents , fans
que l'on foit obligé de la tourner comme les moulins
à vents. Elle eft propre à épuifer des marais ,
ou lacs , & donner de l'eau dans les prairies , jardins
& ailleurs ; cette Machine tirera au moins 2
muids ou 600 pintes mefure de Paris , à 12 pieds
d'élévation , à 24 pieds de haut ; elle tirera cinq
quart de muids , ou 375 pintes , & ainfi du refte à
proportion, Dans les vents médiocres , elle fera au
moins cinq tours de roue par minutes , & dans les
vents un peu forts , elle en fera 10 ou 12. L'Auteur
affure qu'elle ne coûtera pas plus de deux mille
livres , à faire faire , les matériaux compris , &
pour la mettre en état d'opérer.
LE frere François Lefevre , Cordelier à Mante
fur Seine , vient d'inventer & conftruire une machine
hydraulique , qui tourne à tous vents , fans
que l'on foit obligé de la tourner comme les moulins
à vents. Elle eft propre à épuifer des marais ,
ou lacs , & donner de l'eau dans les prairies , jardins
& ailleurs ; cette Machine tirera au moins 2
muids ou 600 pintes mefure de Paris , à 12 pieds
d'élévation , à 24 pieds de haut ; elle tirera cinq
quart de muids , ou 375 pintes , & ainfi du refte à
proportion, Dans les vents médiocres , elle fera au
moins cinq tours de roue par minutes , & dans les
vents un peu forts , elle en fera 10 ou 12. L'Auteur
affure qu'elle ne coûtera pas plus de deux mille
livres , à faire faire , les matériaux compris , &
pour la mettre en état d'opérer.
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Résumé : AUTRE.
Le frère François Lefèvre, Cordelier de Mante-sur-Seine, a inventé une machine hydraulique indépendante de la direction du vent. Elle assèche marais et lacs, et fournit de l'eau à des prairies et jardins. Elle élève 600 pintes d'eau à 12 pieds et 375 pintes à 24 pieds. Elle tourne à cinq tours par minute en vent modéré, et jusqu'à 12 tours en vent fort. Son coût ne dépasse pas 2 000 livres.
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6156
p. 213-214
AUTRE.
Début :
Eau souveraine pour guérir les maux de dents, les conserver & fortifier [...]
Mots clefs :
Eau souveraine, Maux de dents, Coton imbibé, Gencives, Scorbut
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
FAU fouveraine pour guérir les maux de dents ,
les conferver & fortifier les gencives : maniere de
s'en fervir .
On en met fix gouttes dans deux cuillerées.
d'eau chaude pour le laver la bouche tous les matins.
Quand on aura mal aux dents , on en prendra
de pure plein une petite cuiller à café , que
l'on gardera dans fa bouche.
On peut mettre du coton imbibé de cette eau
dans la dent gâtée ou cariée. Cette eau appaife la
douleur des dents , les empêche de fe gâter , raffermit
& fait croître les gencives , & guérit le
fcorbut,
214 MERCURE DE FRANCE.
Le prix eft de 3 liv. la bouteille . Il faut s'adref
fer rue Dauphine , au Magafin de Montpellier ,
chez M. Brouet Epicier- Droguifte.
FAU fouveraine pour guérir les maux de dents ,
les conferver & fortifier les gencives : maniere de
s'en fervir .
On en met fix gouttes dans deux cuillerées.
d'eau chaude pour le laver la bouche tous les matins.
Quand on aura mal aux dents , on en prendra
de pure plein une petite cuiller à café , que
l'on gardera dans fa bouche.
On peut mettre du coton imbibé de cette eau
dans la dent gâtée ou cariée. Cette eau appaife la
douleur des dents , les empêche de fe gâter , raffermit
& fait croître les gencives , & guérit le
fcorbut,
214 MERCURE DE FRANCE.
Le prix eft de 3 liv. la bouteille . Il faut s'adref
fer rue Dauphine , au Magafin de Montpellier ,
chez M. Brouet Epicier- Droguifte.
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Résumé : AUTRE.
Le remède 'FAU souveraine' traite les maux de dents et renforce les gencives. En usage quotidien, six gouttes dans deux cuillerées d'eau chaude pour se rincer la bouche. En cas de douleur, une cuillerée à café pure dans la bouche ou sur un coton dans la dent cariée. Soulage la douleur, prévient la carie, raffermit les gencives et guérit le scorbut. Disponible chez M. Brouet, épicier-droguiste, rue Dauphine, au Magasin de Montpellier, à trois livres la bouteille.
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6157
p. 214
Fautes à corriger dans le second Mercure d'Avril.
Début :
Page 71, chargé des dépouilles de quinze ennemis vaincus. Effacez quinze. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Fautes à corriger dans le second Mercure d'Avril.
Fautes à corriger dans le fecond Mercure
d'Avril.
PAGE 71 , chargé des dépouilles de quinze cane
mis vaincus. Effacez quinze.
Page 73 , la poffibilité d'un exécution , lifex, une
d'Avril.
PAGE 71 , chargé des dépouilles de quinze cane
mis vaincus. Effacez quinze.
Page 73 , la poffibilité d'un exécution , lifex, une
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6158
p. 214
Fautes à corriger dans le Mercure de Mai.
Début :
Page 75, que receloit, lisez, qui receloit, &c. Page 86, que l'hypothese [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Fautes à corriger dans le Mercure de Mai.
Fautes à corriger dans le Mercure de Mai.
PAGE-AGE 7, que receloit , lifez, qui receloit, &c.
Page 86 , que l'hypothefe Chronologique de
M. Newton avoit effuyé , &c. lifez effuyée.
Page 87, Schutford , &c. lifex Schuckford.
PAGE-AGE 7, que receloit , lifez, qui receloit, &c.
Page 86 , que l'hypothefe Chronologique de
M. Newton avoit effuyé , &c. lifez effuyée.
Page 87, Schutford , &c. lifex Schuckford.
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6159
p. 214
APPROBATION.
Début :
J'ai lu, par ordre de Monseigneur le Chancelier, le Mercure du mois de [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : APPROBATION.
APPROBATION.
J'ai lu , par ordre de Monfeigneur le Chancelier;
le Mercure du mois de Juin , & je n'y ai rien
trouvé qui puiffe en empêcher l'impreffion. A
Paris , ce 29 Mai 1758.
GUIROY,
J'ai lu , par ordre de Monfeigneur le Chancelier;
le Mercure du mois de Juin , & je n'y ai rien
trouvé qui puiffe en empêcher l'impreffion. A
Paris , ce 29 Mai 1758.
GUIROY,
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6160
p. 215-216
TABLE DES ARTICLES.
Début :
Article Premier. Pieces Fugitives en Vers et en Prose. Les Ecoliers & les Amandes [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TABLE DES ARTICLES.
TABLE DES ARTICLES.
ARTICLE PREMIER.
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSE.
Les Ecoliers & les Amandes ameres , Fable ; ES
page s
7
18
28
N'en croyez que vos yeux , Anecdote ,
Epître à Madame de P....
Lettre du P. Barre , Chanoine Régulier de l'Abbaye
de Sainte Géneviève , Chancelier de l'Uni
verfité de Paris , fur les Portraits Hiſtoriques , 21
- Epître ,
Derniere fuite für M. de Fontenelle , par M.
l'Abbé Trublet , contenant des corrections &
additions aux articles précédens ,
Eloge funebre des Athéniens enterrés au Cérami- .
que , traduit du Grec , par le P. Power , Jéfuite ,
30
Vers à Madame C ** , C ** de V ** , de Marfeille
,
87
Explication de l'Enigme & du Logogryphe du
Mercure du mois de Mai ,
Enigme ,
Logogryphe ,
89
ibid.
୨୦
92
Chanfon ,
ART. II. NOUVELLES LITTERAIRES.
Suite de l'Extrait de la Chronologie fondée fur les
monumens de l'Hiftoire ancienne , contre le
fyftême chronologique ; par M. Fréret , &c, 93
Extraits , Précis ou Indications de livres nouveaux ,
116
ART. III. SCIENCES ET BELLES LETTRES,
Hiftoire, Eloge de M, Nicole , ... 137
216
Botanique
. Mémoire où l'on prouve que les plantes
qui existoient anciennement , & dont on a
vanté les vertus médicinales , doivent exifter
encore , 151
Sujets propofés par l'Académie Royale des Sciences
& Arts , établie à Pau ,
ART. IV. BEAUX-ARTS.
161
Mufique ,
Sculpture ,
Gravure ,
163
165
171
Optique. Lettre de M. l'Abbé de la Ville , à l'Auteur
du Mercure.
Opera ,
ART. V. SPECTACLES.
Comédie Françoiſe ,
Comédie Italienne ,
175
177
178
183
193
Concert Spirituel ,
ARTICLE VI.
Nouvelles étrangeres , 195
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c , 199
Bénéfice donné , 209
Morts ,
210
Avis divers , 212
ARTICLE PREMIER.
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSE.
Les Ecoliers & les Amandes ameres , Fable ; ES
page s
7
18
28
N'en croyez que vos yeux , Anecdote ,
Epître à Madame de P....
Lettre du P. Barre , Chanoine Régulier de l'Abbaye
de Sainte Géneviève , Chancelier de l'Uni
verfité de Paris , fur les Portraits Hiſtoriques , 21
- Epître ,
Derniere fuite für M. de Fontenelle , par M.
l'Abbé Trublet , contenant des corrections &
additions aux articles précédens ,
Eloge funebre des Athéniens enterrés au Cérami- .
que , traduit du Grec , par le P. Power , Jéfuite ,
30
Vers à Madame C ** , C ** de V ** , de Marfeille
,
87
Explication de l'Enigme & du Logogryphe du
Mercure du mois de Mai ,
Enigme ,
Logogryphe ,
89
ibid.
୨୦
92
Chanfon ,
ART. II. NOUVELLES LITTERAIRES.
Suite de l'Extrait de la Chronologie fondée fur les
monumens de l'Hiftoire ancienne , contre le
fyftême chronologique ; par M. Fréret , &c, 93
Extraits , Précis ou Indications de livres nouveaux ,
116
ART. III. SCIENCES ET BELLES LETTRES,
Hiftoire, Eloge de M, Nicole , ... 137
216
Botanique
. Mémoire où l'on prouve que les plantes
qui existoient anciennement , & dont on a
vanté les vertus médicinales , doivent exifter
encore , 151
Sujets propofés par l'Académie Royale des Sciences
& Arts , établie à Pau ,
ART. IV. BEAUX-ARTS.
161
Mufique ,
Sculpture ,
Gravure ,
163
165
171
Optique. Lettre de M. l'Abbé de la Ville , à l'Auteur
du Mercure.
Opera ,
ART. V. SPECTACLES.
Comédie Françoiſe ,
Comédie Italienne ,
175
177
178
183
193
Concert Spirituel ,
ARTICLE VI.
Nouvelles étrangeres , 195
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c , 199
Bénéfice donné , 209
Morts ,
210
Avis divers , 212
Fermer
Résumé : TABLE DES ARTICLES.
Le document présente une table des articles d'une publication structurée en six sections principales. L'Article Premier répertorie diverses pièces fugitives en vers et en prose, telles que des fables, des anecdotes, des épîtres, des lettres et des élégies funèbres. Parmi les œuvres notables figurent 'Les Ecoliers & les Amandes amères' et une épître adressée à Madame de P. L'Article II se consacre aux nouvelles littéraires, incluant une suite d'un extrait de chronologie et des indications de livres récents. L'Article III explore les sciences et les belles-lettres, avec un éloge de M. Nicole et un mémoire sur les plantes médicinales. L'Article IV est dédié aux beaux-arts, couvrant la musique, la sculpture, la gravure et l'optique. L'Article V se concentre sur les spectacles, tels que la comédie française et italienne, ainsi que les concerts spirituels. Enfin, l'Article VI rapporte les nouvelles étrangères, les nouvelles de la cour et de Paris, les bénéfices accordés, les décès et divers avis.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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6161
p. 216
« La Chanson notée doit regarder la page 92. [...] »
Début :
La Chanson notée doit regarder la page 92. [...]
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La Chanfon notée doit regarder la page 92.
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6162
p. 216
« De l'Imprimerie de Ch. Ant. Jombert. [...] »
Début :
De l'Imprimerie de Ch. Ant. Jombert. [...]
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De l'Imprimerie de Ch , Ant. Jombert,
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6163
p. 81
ENIGME.
Début :
Je suis esprit, ou bien matiere ; [...]
Mots clefs :
Mercure
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ENIGM E.
Ja fuis efprit , ou bien matiere ;
Je fuis au Ciel , & la fable eft ma mere ;
Je fais auffi parmi les minéraux.
L'art qui ma ſéparé de la terre & des eaux ;
De ma fluidité fçait fixer la vîteffe :
Honteuſe du bien que je fais ,
L'humanité rougit de mes bienfaits ;
Elle devroit rougir de ſa foibleffe :
O Vénus ! Arrêtons , je dois être diſcret :
Un mot de plus , je dirois mon fecret :
Quoi ! mon fecret , je ne fuis plus le même :
Formé de mille mains , on me méprife , on
m'aime ;
La curiofité ſe nourrit à me voir :
Semblable au fombre aftre du ſoir ,
Je brille d'une autre lumiere :
Comme lui douze fois , je remplis ma carriere ;
Et bien fouvent en moins d'un mois ,
Je la remplis une feconde fois :
En trois mots finifſons , ma muſe ;
Je fuis Dieu , je guéris , j'amufe.
Par M. G ** , de S. Domingue.
Ja fuis efprit , ou bien matiere ;
Je fuis au Ciel , & la fable eft ma mere ;
Je fais auffi parmi les minéraux.
L'art qui ma ſéparé de la terre & des eaux ;
De ma fluidité fçait fixer la vîteffe :
Honteuſe du bien que je fais ,
L'humanité rougit de mes bienfaits ;
Elle devroit rougir de ſa foibleffe :
O Vénus ! Arrêtons , je dois être diſcret :
Un mot de plus , je dirois mon fecret :
Quoi ! mon fecret , je ne fuis plus le même :
Formé de mille mains , on me méprife , on
m'aime ;
La curiofité ſe nourrit à me voir :
Semblable au fombre aftre du ſoir ,
Je brille d'une autre lumiere :
Comme lui douze fois , je remplis ma carriere ;
Et bien fouvent en moins d'un mois ,
Je la remplis une feconde fois :
En trois mots finifſons , ma muſe ;
Je fuis Dieu , je guéris , j'amufe.
Par M. G ** , de S. Domingue.
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6164
p. 82-84
LOGOGRYPHE.
Début :
Je suis un ornement futile, [...]
Mots clefs :
Mousseline
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texteReconnaissance textuelle : LOGOGRYPHE.
LOGO GRYPH E.
Js fuis un ornement futile , E
Et , malgré cela , fort utile
A certaines gens , dont le nom
Ici feroit hors de faiſon ,
Et qui , corrigeant la fortune ,
Par une adreffe peu commune
Sçavent avee habileté ,
Sous mon tiffu muni d'un rebord travaillé ,
Mettre en jeu maints crochets , où l'un des fens
domine ,
Et fixer quelque temps la Déeffe mutine ,
Qui , du fond d'un cornet , porte l'arrêt affreux ,
Et ruine à jamais un Joueur malheureux.
Aux caprices nouveaux d'une inconſtante mode ,
Je fuis toujours affujetti.
Piece ſouvent fort incommode ,
Je déconcerte l'Etourdi ,
Au gefte léger & folâtre ,
Qui voudroit profaner l'albâtre ,
Que je défends des attentats .
Je vois , Lecteur , ton embarras.
Or-fus , pour me faire connoître ,
Je vais analyſer mon être.
Propres à la combinaiſon ,
Dix pieds compoſent ma ſtructure :
JUILLET. 1758 . 83
Prends en trois , & de la nature
Tu vois une production :
Plante dont les fibres utiles
Offroient à nos Ayeux habiles
L'heureux tiffu , qui des frimats
Fit mépriser les nouveaux attentats.
Tu vois de plus un homme néceffaire
Dans un vaiffeau ; ce qu'offre dans un verre
Du Champenois la fumeufe liqueur.
Ce qui d'un mets corrige la fadeur.
La fille d'Inachus , deux notes de mufique ,
De ma Cloé le plus bel ornement ,
Des eaux un petit habitant ;
De plus un fleuve dans l'Afrique ,
Qui dépofant un utile limon ,
Arrole des pays , où le trifte Orion ,
Quittant le palais de Nérée ,
Ne rafraîchit jamais la terre déſolée.
En un mot , cher Lecteur, mon regne va finis
Anvers , Albion & Maline;
Ja me font faire grife mine.
Bientôt , trifte & pauvre martyr ,
Si dans le jour un mortel téméraire
Ofe montrer mon tiſſu méprifé ,
Tel qu'un hibou que l'aurore a trouvé
Imprudemment forti de fa tanniere ,
On fuit mon afpe&t odieux ,
Ou l'on me pourſuit avec rage.
Je vais donc faire une retraite fage :
D vj
$4 MERCURE DE FRANCE:
Si je ne puis jouir de la clarté des Cieux :
Adieu , jour impofteur , odieuſe lumiere ,
Une bien plus noble carriere
Pour moi s'ouvrira déſormais.
Adieu donc , adieu pour jamais.
Js fuis un ornement futile , E
Et , malgré cela , fort utile
A certaines gens , dont le nom
Ici feroit hors de faiſon ,
Et qui , corrigeant la fortune ,
Par une adreffe peu commune
Sçavent avee habileté ,
Sous mon tiffu muni d'un rebord travaillé ,
Mettre en jeu maints crochets , où l'un des fens
domine ,
Et fixer quelque temps la Déeffe mutine ,
Qui , du fond d'un cornet , porte l'arrêt affreux ,
Et ruine à jamais un Joueur malheureux.
Aux caprices nouveaux d'une inconſtante mode ,
Je fuis toujours affujetti.
Piece ſouvent fort incommode ,
Je déconcerte l'Etourdi ,
Au gefte léger & folâtre ,
Qui voudroit profaner l'albâtre ,
Que je défends des attentats .
Je vois , Lecteur , ton embarras.
Or-fus , pour me faire connoître ,
Je vais analyſer mon être.
Propres à la combinaiſon ,
Dix pieds compoſent ma ſtructure :
JUILLET. 1758 . 83
Prends en trois , & de la nature
Tu vois une production :
Plante dont les fibres utiles
Offroient à nos Ayeux habiles
L'heureux tiffu , qui des frimats
Fit mépriser les nouveaux attentats.
Tu vois de plus un homme néceffaire
Dans un vaiffeau ; ce qu'offre dans un verre
Du Champenois la fumeufe liqueur.
Ce qui d'un mets corrige la fadeur.
La fille d'Inachus , deux notes de mufique ,
De ma Cloé le plus bel ornement ,
Des eaux un petit habitant ;
De plus un fleuve dans l'Afrique ,
Qui dépofant un utile limon ,
Arrole des pays , où le trifte Orion ,
Quittant le palais de Nérée ,
Ne rafraîchit jamais la terre déſolée.
En un mot , cher Lecteur, mon regne va finis
Anvers , Albion & Maline;
Ja me font faire grife mine.
Bientôt , trifte & pauvre martyr ,
Si dans le jour un mortel téméraire
Ofe montrer mon tiſſu méprifé ,
Tel qu'un hibou que l'aurore a trouvé
Imprudemment forti de fa tanniere ,
On fuit mon afpe&t odieux ,
Ou l'on me pourſuit avec rage.
Je vais donc faire une retraite fage :
D vj
$4 MERCURE DE FRANCE:
Si je ne puis jouir de la clarté des Cieux :
Adieu , jour impofteur , odieuſe lumiere ,
Une bien plus noble carriere
Pour moi s'ouvrira déſormais.
Adieu donc , adieu pour jamais.
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6165
p. 211-212
AVIS.
Début :
Il vient de s'établir, rue des Boulangers Saint Victor, une Manufacture de Miroirs [...]
Mots clefs :
Manufacture, Miroirs, Grossissement, Formes variées, Loupes
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texteReconnaissance textuelle : AVIS.
AVIS.
Il vient de s'établir , rue des Boulangers Saint
L
Victor , une Manufacture de Miroirs de réflection ,
en glaces courbées . Ces Miroirs font vulgaire .
ment nommés Miroirs à groffir : on pourra les
commander de toutes les grandeurs que pourront
porter les glaces de la Manufacture Royale.
On trouvera auffi dans cette Manufacture des
cryftaux de pendule de toutes dimenſions & courbures
, auffi réguliers & auffi bien polis que ceux
d'Angleterre , & comme il y en aura toujours un
fonds de plus de trois cens tout-faits ,
les Horlogers pourront les choifir & fe les procurer
fur le champ , ce qu'ils n'ont jamais été à
portée de faire jufqu'à préfent.
Meffieurs
On pourra enfin y faire courber des glaces en
toutes fortes de figures & de formes , pour garnir
les portes courbées des bibliotheques , des coins ,
quoicontenant
des effets qu'on veut laiffer voir ,
qu'enfermés , & pour les croifées des falons ronds
ou ovales.
212 MERCURE DE FRANCE.
On pourra auffi avoir ces glaces étamées par
ee côté concave ou par ce côté convexe , foit
pour orner des encoignures arrondies d'appartemens
, foit pour en compoſer des vales de parterre
ou de fallon , foit pour en faire des furtouts
de table , & leur faire répéter en petit & en totalité
les objets qui les environnent ; ce qui produit
un fpectacle des plus agréables & des plus furprenans..
On y fabrique auffi des loupes à l'eau d'une
nouvelle invention , par la réunion de deux de ces
glaces courbées en portion de fphere , tellement
travaillées , qu'elles tiennent l'eau entr'elles fans
monture ni maftic , & peuvent être auffi nettoyées
d'un moment à l'autre , & fucceffivement remplies
des diverfes liqueurs dont on voudra comparer la
réfraction . La poffibilité de faire ces loupes de
toutes grandeurs, jointe à leur parfaite tranfparence
, leur donne fur celle de verre folide des avantages
qu'il feroit fuperflu de détailler.
C'eft aux Artiſtes & aux Curieux d'inventer ; ils
font invités à faire part de leurs idées fur les différentes
applications que l'on peut faire de cette
maniere de courber & d'étamer ces glaces : ils
trouveront dans ce nouvel établiffement toute la
docilité & toutes les facilités poffibles.
Il vient de s'établir , rue des Boulangers Saint
L
Victor , une Manufacture de Miroirs de réflection ,
en glaces courbées . Ces Miroirs font vulgaire .
ment nommés Miroirs à groffir : on pourra les
commander de toutes les grandeurs que pourront
porter les glaces de la Manufacture Royale.
On trouvera auffi dans cette Manufacture des
cryftaux de pendule de toutes dimenſions & courbures
, auffi réguliers & auffi bien polis que ceux
d'Angleterre , & comme il y en aura toujours un
fonds de plus de trois cens tout-faits ,
les Horlogers pourront les choifir & fe les procurer
fur le champ , ce qu'ils n'ont jamais été à
portée de faire jufqu'à préfent.
Meffieurs
On pourra enfin y faire courber des glaces en
toutes fortes de figures & de formes , pour garnir
les portes courbées des bibliotheques , des coins ,
quoicontenant
des effets qu'on veut laiffer voir ,
qu'enfermés , & pour les croifées des falons ronds
ou ovales.
212 MERCURE DE FRANCE.
On pourra auffi avoir ces glaces étamées par
ee côté concave ou par ce côté convexe , foit
pour orner des encoignures arrondies d'appartemens
, foit pour en compoſer des vales de parterre
ou de fallon , foit pour en faire des furtouts
de table , & leur faire répéter en petit & en totalité
les objets qui les environnent ; ce qui produit
un fpectacle des plus agréables & des plus furprenans..
On y fabrique auffi des loupes à l'eau d'une
nouvelle invention , par la réunion de deux de ces
glaces courbées en portion de fphere , tellement
travaillées , qu'elles tiennent l'eau entr'elles fans
monture ni maftic , & peuvent être auffi nettoyées
d'un moment à l'autre , & fucceffivement remplies
des diverfes liqueurs dont on voudra comparer la
réfraction . La poffibilité de faire ces loupes de
toutes grandeurs, jointe à leur parfaite tranfparence
, leur donne fur celle de verre folide des avantages
qu'il feroit fuperflu de détailler.
C'eft aux Artiſtes & aux Curieux d'inventer ; ils
font invités à faire part de leurs idées fur les différentes
applications que l'on peut faire de cette
maniere de courber & d'étamer ces glaces : ils
trouveront dans ce nouvel établiffement toute la
docilité & toutes les facilités poffibles.
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Résumé : AVIS.
L'avis annonce l'ouverture d'une manufacture de miroirs à réflexion, située rue des Boulangers Saint Victor. Cette manufacture produit des miroirs à glaces courbées, appelés miroirs à groffir, disponibles en diverses tailles. Elle propose également des cristaux de pendule de toutes dimensions et courbures, comparables en qualité à ceux d'Angleterre, avec un stock permanent de plus de trois cents pièces prêtes à l'emploi. Les horlogers peuvent ainsi se procurer ces cristaux immédiatement, ce qui n'était pas possible auparavant. La manufacture offre également la possibilité de courber des glaces pour garnir des portes courbées, des coins, des effets à laisser voir, ou des croisées de salons ronds ou ovales. Les glaces peuvent être étamées sur le côté concave ou convexe pour orner des encoignures arrondies, composer des vases ou créer des fourreaux de table reproduisant les objets environnants. De plus, la manufacture fabrique des loupes à l'eau, une nouvelle invention constituée de deux glaces courbées en portion de sphère, permettant de contenir l'eau sans montage ni mastic. Ces loupes peuvent être nettoyées et remplies de divers liquides pour comparer leur réfraction. Leur transparence et leur adaptabilité en font un produit supérieur aux loupes en verre solide. Les artistes et les curieux sont invités à proposer des idées sur les applications possibles de ces glaces courbées et étamées, et trouveront toute la coopération nécessaire dans cette nouvelle manufacture.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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6166
p. 212-213
AUTRE.
Début :
Bechique souverain, ou Syrop pectoral, approuvé par brevet du 24 Août 1750, [...]
Mots clefs :
Dame veuve Mouton, Sirop béchique, Sirop pectoral, Humeurs engorgées, Lymphe
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
BECHIQUE fouverain , ou Syrop pectoral , approuvé
par brevet du 24 Août 1750 , pour les maladies
de poitrine , comme rhume , toux invétérées
, oppreffion , foibleffe de poitrine , & afthme
humide. Ce Béchique ayant la propriété de fondre
& d'atténuer les humeurs engorgées dans le poulmon
, d'adoucir l'acrimonie de la lymphe , en
JUILLET. 1758. 213
T
tant que balfamique , & de rétablir les forces abatques
, en rappellant peu à peu l'appétit & le fommeil
,comme parfait reftaurant , produit des effets
fi rapides dans les maladies ci - énoncées , que la
Bouteille taxée à fix livres , fcellée & étiquetée
à l'ordinaire , eft fuffifante pour en éprouver toute
l'efficacité avec fuccès. Il ne fe débite que chez la
Dame veuve Mouton , Marchande Apothicaire
de Paris , rue S. Denis , à côté de la rue Théve
not , vis-à- vis le Roi François.
BECHIQUE fouverain , ou Syrop pectoral , approuvé
par brevet du 24 Août 1750 , pour les maladies
de poitrine , comme rhume , toux invétérées
, oppreffion , foibleffe de poitrine , & afthme
humide. Ce Béchique ayant la propriété de fondre
& d'atténuer les humeurs engorgées dans le poulmon
, d'adoucir l'acrimonie de la lymphe , en
JUILLET. 1758. 213
T
tant que balfamique , & de rétablir les forces abatques
, en rappellant peu à peu l'appétit & le fommeil
,comme parfait reftaurant , produit des effets
fi rapides dans les maladies ci - énoncées , que la
Bouteille taxée à fix livres , fcellée & étiquetée
à l'ordinaire , eft fuffifante pour en éprouver toute
l'efficacité avec fuccès. Il ne fe débite que chez la
Dame veuve Mouton , Marchande Apothicaire
de Paris , rue S. Denis , à côté de la rue Théve
not , vis-à- vis le Roi François.
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Résumé : AUTRE.
Le remède 'Béchique' ou 'Syrop pectoral', approuvé le 24 août 1750, traite les maladies de poitrine comme le rhume et l'asthme. Il fluidifie les humeurs pulmonaires, adoucit la lymphe et restaure les forces. Vendu en bouteilles de six livres, il est disponible chez la Dame veuve Mouton, apothicaire à Paris, rue Saint-Denis.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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6167
p. 213
AUTRE.
Début :
Le sieur Chinon enseigne l'ordre des Ecritures du Commerce maritime, [...]
Mots clefs :
Enseignement, Connaissances générales, Colons, Marchands, Navigateurs, Finances
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texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
E fieur Chinon enfeigne l'ordre des Ecritu
res du Commerce maritime , la formation des
Comptes d'armemens & des défarmemens , Cargaifons
pour l'Amérique & la Guinée , Décomptes
d'Equipages , Traite des Noirs , la difpofition
du Tableau de leurs Ventes , l'ordre que l'on
tient par rapport à l'argent des Ifles , celui des retours
des Navires qui ont fait la Traite , Affrétemens
de Navires , ou Chartepartie , Affurance ,
Prime , Groffes Aventures , Cambie de Groffe ,
Eret , Pacotilles , Avaries ordinaires & extraordi
naires , la Tenue des Livres , les Changes , enfin
toutes les Regles & les Instructions qui en dépen
dent , & qui font abfolument néceffaires aux perfonnes
qui ont deffein de paffer à l'Amérique ,
pour s'y établir , ou de travailler chez les Habitans,
Négocians, Armateurs & Marchands , même
pour ceux qui navigent, & qui defireroient entrer
au fervice de la Compagnie des Indes . Sa demeure
eftrue des Vieux Auguſtins, du côté de celle Montmartre
, au coin de la rue , chez le fieur Château ,
vis-à-vis la Croix d'Or. On le trouvera dans fa
Claffe , depuis huit heures du matin, jufqu'à midi.
E fieur Chinon enfeigne l'ordre des Ecritu
res du Commerce maritime , la formation des
Comptes d'armemens & des défarmemens , Cargaifons
pour l'Amérique & la Guinée , Décomptes
d'Equipages , Traite des Noirs , la difpofition
du Tableau de leurs Ventes , l'ordre que l'on
tient par rapport à l'argent des Ifles , celui des retours
des Navires qui ont fait la Traite , Affrétemens
de Navires , ou Chartepartie , Affurance ,
Prime , Groffes Aventures , Cambie de Groffe ,
Eret , Pacotilles , Avaries ordinaires & extraordi
naires , la Tenue des Livres , les Changes , enfin
toutes les Regles & les Instructions qui en dépen
dent , & qui font abfolument néceffaires aux perfonnes
qui ont deffein de paffer à l'Amérique ,
pour s'y établir , ou de travailler chez les Habitans,
Négocians, Armateurs & Marchands , même
pour ceux qui navigent, & qui defireroient entrer
au fervice de la Compagnie des Indes . Sa demeure
eftrue des Vieux Auguſtins, du côté de celle Montmartre
, au coin de la rue , chez le fieur Château ,
vis-à-vis la Croix d'Or. On le trouvera dans fa
Claffe , depuis huit heures du matin, jufqu'à midi.
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Résumé : AUTRE.
Le texte présente un ouvrage intitulé 'E fieur Chinon enfeigne l'ordre des Ecritures du Commerce maritime'. Cet ouvrage traite divers aspects du commerce maritime, incluant la formation des comptes d'armement et de désarmement, les cargaisons pour l'Amérique et la Guinée, les décomptes d'équipages, la traite des Noirs, la gestion de l'argent des îles, les retours des navires ayant effectué la traite, les affrétements de navires, les assurances, les primes, les grosses aventures, le change de grosse, les effets, les pacotilles, les avaries ordinaires et extraordinaires, la tenue des livres et les changes. Ces règles et instructions sont destinées aux personnes souhaitant s'établir ou travailler en Amérique, ainsi qu'aux négociants, armateurs, marchands et aux personnes naviguant et désirant entrer au service de la Compagnie des Indes. L'auteur réside chez le sieur Château, vis-à-vis la Croix d'Or, dans la classe des Vieux Augustins, côté Montmartre, et est disponible de huit heures du matin à midi.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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6168
p. 214
Fautes à corriger dans le Mercure de Juin.
Début :
Page 106, lign. 12, Ossimandias, lisez Osimandias. Page 111, ligne 8 [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Fautes à corriger dans le Mercure de Juin.
Fautes à corriger dans le Mercure de Juin.
PAGE 106, lign. 12 , Offimandias , lifex Ofimandias.
Page 111 , ligne 8 , pour les établir , lifez pour
Pétablir. M
Ibid. ligne 18, de la navigation qu'ils avoient entrepris
, lifez qu'ils avoient entrepriſe.
Page 112 , ligne 10, fixa l'expoſition , liſez la pofition
.
Page 146 , ligne 12 , fi M. Nicole n'a pu épaiſſir ,
lifez éclaircir.
PAGE 106, lign. 12 , Offimandias , lifex Ofimandias.
Page 111 , ligne 8 , pour les établir , lifez pour
Pétablir. M
Ibid. ligne 18, de la navigation qu'ils avoient entrepris
, lifez qu'ils avoient entrepriſe.
Page 112 , ligne 10, fixa l'expoſition , liſez la pofition
.
Page 146 , ligne 12 , fi M. Nicole n'a pu épaiſſir ,
lifez éclaircir.
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6169
p. 214
APPROBATION.
Début :
J'ai lu, par ordre de Monseigneur le Chancelier, le premier volume du [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : APPROBATION.
APPROBATION.
J'ai lu , par ordre de Monfeigneur le Chancelier, ᎪᎥ
le premier volume du Mercure du mois de Juillet
, & je n'y ai rien trouvé qui puiſſe en empêcher
l'impreffion . A Paris, ce 29 Juin 1758 .
GUIROY.
J'ai lu , par ordre de Monfeigneur le Chancelier, ᎪᎥ
le premier volume du Mercure du mois de Juillet
, & je n'y ai rien trouvé qui puiſſe en empêcher
l'impreffion . A Paris, ce 29 Juin 1758 .
GUIROY.
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6170
p. 214-216
TABLE DES ARTICLES.
Début :
Article Premier. Pieces Fugitives en Vers et en Prose. La Fauvette & [...]
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texteReconnaissance textuelle : TABLE DES ARTICLES.
TABLE DES ARTICLES.
ARTICLE PREMIER.
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSE.
LAA Fauvette & la Tourterelle , Fable, pages
Les Rivales réunies , Conte ,
Stances à Mlle Coraline, & c. 33
Vers à une Dame qui difoit que les Converfations
amoureuſes l'ennuyoient , & qu'elles chafferoit
tous les Amans ,
342
35
215
Réflexions fur la force d'efprit , par M. D. G. à
Béthune ,
Eloge fur la Médiocrité , ou Réponse aux Vers
qu'on lit dans le premier Mercure d'Avril 1758 ,
44
45
46
Vers fur le Mariage de M. le Vidame d'Amiens ,
avec Mademoiſelle de Chevreuſe ,
Des Queſtions & des Queftionneurs ,
Imitation de la quatrieme Ode du premier Livre
d'Horace , 53
Lettre de Mademoiſelle de Tui... à Madame la
Marquife de ... fur la lecture des Romans , 55
Mufette ,
58
Les Bienséances font des loix pour le Sage , Difcours
,
60
Vers à mademoiſelle de J ... qui avoit demandé
des Vers à l'Auteur , 79
Explication de l'Enigme & du Logogryphe du
Mercure du mois de Juin ,
Enigme ,
Logogryphe ,
Chanfon , Couplet Anacréontique,
ART. II . NOUVELLES LITTERAIRES.
80
81
82
84
Extraits , Précis ou Indications de livres nouveaux ,
85
Lettre de M. Bomare- de Valmont , à M. de Féligonde
, &c.
97.
ART. III. SCIENCES ET BELLES LETTRES.
Phyfique. Lettre de M. Olivier - de Villeneuve ,
Docteur-Médecin de la Faculté de Montpellier,
fur le Triomphe de l'Ether , à l'Auteur du Mercure
,
127
Séance publique de l'Académie Royale de Chirurgie,
147
21-6
ART. IV . BEAUX-ARTS,
Mufique,
Gravure ,
Architecture ,
ART. V. SPECTACLES.
Opera ,
165
166
167
173
Lettre de M. *** à l'Auteur du Mercure , fur •
un accident arrivé dans le mouvement des Machines
de l'Opéra , à la deuxieme repréſentation
des Fêtes de Paphos ,
Comédie Françoiſe ,
Comédie Italienne ,
174
177
178
182 Concert Spirituel ,
ARTICLE VI.
Nouvelles étrangeres ,
183
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c , 191
Bénéfices donnés ,
201
Mariages & Morts , 202
Supplément à P'Article Chirurgie ,
Avis divers ,
203
211
ARTICLE PREMIER.
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSE.
LAA Fauvette & la Tourterelle , Fable, pages
Les Rivales réunies , Conte ,
Stances à Mlle Coraline, & c. 33
Vers à une Dame qui difoit que les Converfations
amoureuſes l'ennuyoient , & qu'elles chafferoit
tous les Amans ,
342
35
215
Réflexions fur la force d'efprit , par M. D. G. à
Béthune ,
Eloge fur la Médiocrité , ou Réponse aux Vers
qu'on lit dans le premier Mercure d'Avril 1758 ,
44
45
46
Vers fur le Mariage de M. le Vidame d'Amiens ,
avec Mademoiſelle de Chevreuſe ,
Des Queſtions & des Queftionneurs ,
Imitation de la quatrieme Ode du premier Livre
d'Horace , 53
Lettre de Mademoiſelle de Tui... à Madame la
Marquife de ... fur la lecture des Romans , 55
Mufette ,
58
Les Bienséances font des loix pour le Sage , Difcours
,
60
Vers à mademoiſelle de J ... qui avoit demandé
des Vers à l'Auteur , 79
Explication de l'Enigme & du Logogryphe du
Mercure du mois de Juin ,
Enigme ,
Logogryphe ,
Chanfon , Couplet Anacréontique,
ART. II . NOUVELLES LITTERAIRES.
80
81
82
84
Extraits , Précis ou Indications de livres nouveaux ,
85
Lettre de M. Bomare- de Valmont , à M. de Féligonde
, &c.
97.
ART. III. SCIENCES ET BELLES LETTRES.
Phyfique. Lettre de M. Olivier - de Villeneuve ,
Docteur-Médecin de la Faculté de Montpellier,
fur le Triomphe de l'Ether , à l'Auteur du Mercure
,
127
Séance publique de l'Académie Royale de Chirurgie,
147
21-6
ART. IV . BEAUX-ARTS,
Mufique,
Gravure ,
Architecture ,
ART. V. SPECTACLES.
Opera ,
165
166
167
173
Lettre de M. *** à l'Auteur du Mercure , fur •
un accident arrivé dans le mouvement des Machines
de l'Opéra , à la deuxieme repréſentation
des Fêtes de Paphos ,
Comédie Françoiſe ,
Comédie Italienne ,
174
177
178
182 Concert Spirituel ,
ARTICLE VI.
Nouvelles étrangeres ,
183
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c , 191
Bénéfices donnés ,
201
Mariages & Morts , 202
Supplément à P'Article Chirurgie ,
Avis divers ,
203
211
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Résumé : TABLE DES ARTICLES.
Le document présente une table des articles d'une publication, organisée en six sections principales. L'article premier répertorie des pièces fugitives en vers et en prose, telles que des fables, contes, stances, réflexions, élégies et lettres. Parmi les œuvres mentionnées figurent 'La Fauvette & la Tourterelle' et 'Les Rivales réunies'. L'article II se concentre sur les nouvelles littéraires, incluant des extraits de livres récents et une lettre de M. Bomare de Valmont. L'article III explore les sciences et les belles-lettres, avec une lettre sur le triomphe de l'éther et une séance publique de l'Académie Royale de Chirurgie. L'article IV traite des beaux-arts, mentionnant la musique, la gravure et l'architecture. L'article V est dédié aux spectacles, couvrant l'opéra, la comédie française, la comédie italienne et les concerts spirituels. Enfin, l'article VI inclut les nouvelles étrangères, les événements de la cour et de Paris, ainsi que des annonces de mariages, de décès et divers avis.
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6171
p. 216
« La Chanson notée doit regarder la page 84. [...] »
Début :
La Chanson notée doit regarder la page 84. [...]
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texteReconnaissance textuelle : « La Chanson notée doit regarder la page 84. [...] »
La Chanson notée doit regarder la page 84.
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6172
p. 216
« De l'Imprimerie de Ch. Ant. Jombert. [...] »
Début :
De l'Imprimerie de Ch. Ant. Jombert. [...]
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texteReconnaissance textuelle : « De l'Imprimerie de Ch. Ant. Jombert. [...] »
De l'Imprimerie de Ch , Ant. Jombert.
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6173
p. 214
AVIS.
Début :
Le Public est averti qu'il n'y a que le sieur Garrot qui possede le [...]
Mots clefs :
Eau des Sultannes, Embellissement, Peau, Bain de santé, Taches de la peau, Rougeurs de la peau
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texteReconnaissance textuelle : AVIS.
AVIS.
LEE
Public eft averti qu'il n'y a que le fieur
Garrot qui poffede le fecret & la compofition de
la véritable Eau des Sultanes du feu fieur Richard
de Marolle , dont les vertus & propriétés font incomparables
pour l'embelliffement de la peau. On
peut s'en fervir le matin & le foir. Elle rafermit la
peau , la fortifie & l'adoucit confidérablement en
la blanchiffant : elle a auffi la vertu de rafraîchir :
elle convient , non-feulement au beau Sexe , mais
encore aux hommes qui ont le vifage brulé du
foleil en courant la pofte ou la chaffe. Il ne faut
qu'imbiber un petit linge fin ou une éponge avec
cette Eau , & s'en étuver pour fe trouver promptement
foulagé. Cette eau eft très -convenable dans
les bains de fanté & de propreté ; on la peut mêler
avec l'eau du bain à volonté ; lorſqu'on fera
forti du bain , on peut l'employer toute pure ; on
peut auffi , après s'être bien lavé les mains & les
avoir effuyées , fe les frotter de ladite Eau pure ,
puis la laiffer fécher fans les effuyer que très -légérement.
Cette eau eft aufſi très- bonne pour les taches
de rouffeurs & les rougeurs de la petite vérole
; elle les efface entiérement. Plufieurs Seigneurs
& Dames s'en fervent actuellement . Cette Eau fe
débite en différentes Provinces. Le prix du flacon
eft de fix livres , & le demi - flacon eft de trois livres
. Il demeure actuellement rue des deux Ponts ,
Ifle S. Louis , entre un Papetier & un Chaircuitier,
au premier étage. Son Tableau eft fur la porte.
Les perfonnes de Province auront la bonté d'affranchir
les Lettres qu'elles lui écriront.
LEE
Public eft averti qu'il n'y a que le fieur
Garrot qui poffede le fecret & la compofition de
la véritable Eau des Sultanes du feu fieur Richard
de Marolle , dont les vertus & propriétés font incomparables
pour l'embelliffement de la peau. On
peut s'en fervir le matin & le foir. Elle rafermit la
peau , la fortifie & l'adoucit confidérablement en
la blanchiffant : elle a auffi la vertu de rafraîchir :
elle convient , non-feulement au beau Sexe , mais
encore aux hommes qui ont le vifage brulé du
foleil en courant la pofte ou la chaffe. Il ne faut
qu'imbiber un petit linge fin ou une éponge avec
cette Eau , & s'en étuver pour fe trouver promptement
foulagé. Cette eau eft très -convenable dans
les bains de fanté & de propreté ; on la peut mêler
avec l'eau du bain à volonté ; lorſqu'on fera
forti du bain , on peut l'employer toute pure ; on
peut auffi , après s'être bien lavé les mains & les
avoir effuyées , fe les frotter de ladite Eau pure ,
puis la laiffer fécher fans les effuyer que très -légérement.
Cette eau eft aufſi très- bonne pour les taches
de rouffeurs & les rougeurs de la petite vérole
; elle les efface entiérement. Plufieurs Seigneurs
& Dames s'en fervent actuellement . Cette Eau fe
débite en différentes Provinces. Le prix du flacon
eft de fix livres , & le demi - flacon eft de trois livres
. Il demeure actuellement rue des deux Ponts ,
Ifle S. Louis , entre un Papetier & un Chaircuitier,
au premier étage. Son Tableau eft fur la porte.
Les perfonnes de Province auront la bonté d'affranchir
les Lettres qu'elles lui écriront.
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Résumé : AVIS.
L'avis informe le public que le sieur Garrot détient le secret et la composition de la véritable Eau des Sultanes, initialement créée par le feu sieur Richard de Marolle. Cette eau possède des vertus exceptionnelles pour l'embellissement de la peau, qu'elle raffermit, fortifie et adoucit tout en la blanchissant. Elle peut être utilisée le matin et le soir et convient également aux hommes ayant le visage brûlé par le soleil. Pour l'utiliser, il suffit d'imbiber un linge fin ou une éponge avec cette eau et de s'en étuver pour soulager rapidement. L'Eau des Sultanes est adaptée aux bains de santé et de propreté, pouvant être mélangée à l'eau du bain ou utilisée pure après le bain. Elle est efficace pour les taches de rousseur et les rougeurs de la petite vérole, les effaçant entièrement. De nombreux seigneurs et dames l'utilisent déjà. Cette eau est vendue en différentes provinces au prix de six livres pour un flacon et trois livres pour un demi-flacon. Le sieur Garrot réside rue des deux Ponts, île Saint-Louis, entre un papetier et un charcutier, au premier étage. Son tableau est affiché sur la porte. Les personnes de province sont priées d'affranchir les lettres qu'elles lui enverront.
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6174
p. 215
APPROBATION.
Début :
J'ai lu, par ordre de Monseigneur le Chancelier, le second volume du [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : APPROBATION.
AP OBATION.
J'ai lu , par ordre de Monfeigneur le Chancelier,
le fecond volume du Mercure du mois de Juillet
, & je n'y ai rien trouvé qui puiffe en empêcher
l'impreffion. A Paris , ce 19 Juillet 1758.
GUIROY,
J'ai lu , par ordre de Monfeigneur le Chancelier,
le fecond volume du Mercure du mois de Juillet
, & je n'y ai rien trouvé qui puiffe en empêcher
l'impreffion. A Paris , ce 19 Juillet 1758.
GUIROY,
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6175
p. 215-216
TABLE DES ARTICLES.
Début :
Article Premier. Pieces Fugitives en Vers et en Prose. Le Cheval & les deux [...]
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texteReconnaissance textuelle : TABLE DES ARTICLES.
TABLE DES ARTICLES.
"ARTICLE PREMIER.
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSE
LE Cheval & les deux Afnes , Fable ,
page s
La Conftance couronnée , Anecdote par Madame
de S *** , 8
Ode Anacréontique , à Madame G... de P ... 23
Lettre de Madame de St... M.. , à Mademoiſelle
de N... 25
Epître fur l'Age d'Or , à l'Anonyme de Chartrait ,
près Melun ,
Réflexions ,
29
39
Vers à Mademoiſelle Arnould , fur fon rôle de
Pfyché ,
t
45
Vers à Mademoiſelle Lemiere , fur fon rôle de
l'Amour , ibid.
46
Vers à Mademoiſelle Lany , fur fa danfe dans le
Ballet de l'Inconſtance ,
Vers à Mademoiſelle Puvigné , fur fa danſe dans
le Pas de Deux ibid.
Traduction de la neuvieme Ode du troifieme Livre
d'Horace ,
Le Triomphe de la Raifon , Allégorie ,
47
48
Explication de l'Enigme & du Logogryphe du
216
premier Mercure da moj
let ;
ibid.
୨୨
Enigme ,
Logogryphe ,
Couplets chantés fur le Théâtre de la Comédie Italienne
dans le Ballet de la Fête du Moulin , 101
ART. II . NOUVELLES LITTERAIRES:
Extraits , Précis ou Indications de livres nouveaux;
103
137
ART. III. SCIENCES ET BELLES LETTRES.
Grammaire. Lettre de M. G *** , à M. F ***, fur
l'Inftruction de la Jeuneſſe ,
Monnoies. Conjectures fur quelques difficultés touchant
la valeur des Monnoies des VIII , IX , XII
& XIVe fiecles , & les Evaluations Coutumieres,
Mufique,
ART. IV. BEAUX-ARTS.
145,
179
174
175
Gravure ,
Lettre de M. Gando , le jeune ,
Architecture. Defcription du Maufolée de Philippe
V, Roi d'Eſpagne ,
ART. V. SPECTACLES.
Opera ,
183
187
Comédie Françoife ,
194
Comédie Italienne ,
ibid
Орска Comique , 195
ARTICLE VI
Nouvelles étrangeres , 197
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c,, 201
Mort ,
Bénéfices donnés ,
Supplément à l'Article Chirurgie ,
誓Avis ,
206
ibid.
207
214
"ARTICLE PREMIER.
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSE
LE Cheval & les deux Afnes , Fable ,
page s
La Conftance couronnée , Anecdote par Madame
de S *** , 8
Ode Anacréontique , à Madame G... de P ... 23
Lettre de Madame de St... M.. , à Mademoiſelle
de N... 25
Epître fur l'Age d'Or , à l'Anonyme de Chartrait ,
près Melun ,
Réflexions ,
29
39
Vers à Mademoiſelle Arnould , fur fon rôle de
Pfyché ,
t
45
Vers à Mademoiſelle Lemiere , fur fon rôle de
l'Amour , ibid.
46
Vers à Mademoiſelle Lany , fur fa danfe dans le
Ballet de l'Inconſtance ,
Vers à Mademoiſelle Puvigné , fur fa danſe dans
le Pas de Deux ibid.
Traduction de la neuvieme Ode du troifieme Livre
d'Horace ,
Le Triomphe de la Raifon , Allégorie ,
47
48
Explication de l'Enigme & du Logogryphe du
216
premier Mercure da moj
let ;
ibid.
୨୨
Enigme ,
Logogryphe ,
Couplets chantés fur le Théâtre de la Comédie Italienne
dans le Ballet de la Fête du Moulin , 101
ART. II . NOUVELLES LITTERAIRES:
Extraits , Précis ou Indications de livres nouveaux;
103
137
ART. III. SCIENCES ET BELLES LETTRES.
Grammaire. Lettre de M. G *** , à M. F ***, fur
l'Inftruction de la Jeuneſſe ,
Monnoies. Conjectures fur quelques difficultés touchant
la valeur des Monnoies des VIII , IX , XII
& XIVe fiecles , & les Evaluations Coutumieres,
Mufique,
ART. IV. BEAUX-ARTS.
145,
179
174
175
Gravure ,
Lettre de M. Gando , le jeune ,
Architecture. Defcription du Maufolée de Philippe
V, Roi d'Eſpagne ,
ART. V. SPECTACLES.
Opera ,
183
187
Comédie Françoife ,
194
Comédie Italienne ,
ibid
Орска Comique , 195
ARTICLE VI
Nouvelles étrangeres , 197
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c,, 201
Mort ,
Bénéfices donnés ,
Supplément à l'Article Chirurgie ,
誓Avis ,
206
ibid.
207
214
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Résumé : TABLE DES ARTICLES.
Le document présente une table des articles d'une publication structurée en six sections. L'Article Premier répertorie des pièces fugitives en vers et en prose, telles que des fables, anecdotes, odes, lettres, épîtres, réflexions, traductions, allégories, énigmes, logogryphes et couplets chantés. Parmi les œuvres notables figurent 'Le Cheval & les deux Ânes', une fable, et 'Le Triomphe de la Raison', une allégorie. L'Article II aborde les nouvelles littéraires, incluant des extraits et des indications de livres récents. L'Article III traite des sciences et des belles-lettres, couvrant des sujets comme la grammaire, les monnaies et la musique. L'Article IV se concentre sur les beaux-arts, avec des sections sur la gravure, une lettre de M. Gando et l'architecture, notamment la description du mausolée de Philippe V, Roi d'Espagne. L'Article V couvre les spectacles, incluant l'opéra, la comédie française, la comédie italienne et l'opéra comique. Enfin, l'Article VI présente les nouvelles étrangères, les nouvelles de la cour et de Paris, les avis de décès, les bénéfices donnés et un supplément sur la chirurgie.
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6176
p. 216
« De l'Imprimerie de Ch. Ant. Jombert. [...] »
Début :
De l'Imprimerie de Ch. Ant. Jombert. [...]
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texteReconnaissance textuelle : « De l'Imprimerie de Ch. Ant. Jombert. [...] »
De l'Imprimerie de Ch. Ant. Jombert .
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6177
p. 11-12
LA CAGE ET LES FILETS, FABLE.
Début :
Deux Bergeres, pour faire usage [...]
Mots clefs :
Cage, Filets, Bergères, Doris, Églé
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texteReconnaissance textuelle : LA CAGE ET LES FILETS, FABLE.
LA CAGE ET LES FILETS ,
FABLE.
DEUX Bergeres , pour faire uſage
De l'amuſement des beaux jours ,
Alloient chaſſer dans le bocage
Ces Oiseaux qu'on appelle Amours.
Doris , d'une courſe rapide,
Oſa, ſans crainte , en approchers
Avj
12 MERCURE DE FRANCE.
Eglé d'un pas lent & timide ,
Dans un buiſſon fut ſe cacher .
De Filets l'une environnée ,
Vouloit enlever tout l'Eſſain ;
L'autre , dans ſes voeux plus bornée ,
N'avoit qu'une Cage à la main.
Bientôt auprès de nos Bergeres
Tout le peuple aîlé répandu ,
Vola ſur les branches légeres
Du piege qu'on avoit tendu.
Doris en vit approcher mille ;
Aucun d'eux ne s'y hazarda :
Dans ſa Cage , Eglé plus habile ,
En prit un ſeul , qu'elle garda.
FABLE.
DEUX Bergeres , pour faire uſage
De l'amuſement des beaux jours ,
Alloient chaſſer dans le bocage
Ces Oiseaux qu'on appelle Amours.
Doris , d'une courſe rapide,
Oſa, ſans crainte , en approchers
Avj
12 MERCURE DE FRANCE.
Eglé d'un pas lent & timide ,
Dans un buiſſon fut ſe cacher .
De Filets l'une environnée ,
Vouloit enlever tout l'Eſſain ;
L'autre , dans ſes voeux plus bornée ,
N'avoit qu'une Cage à la main.
Bientôt auprès de nos Bergeres
Tout le peuple aîlé répandu ,
Vola ſur les branches légeres
Du piege qu'on avoit tendu.
Doris en vit approcher mille ;
Aucun d'eux ne s'y hazarda :
Dans ſa Cage , Eglé plus habile ,
En prit un ſeul , qu'elle garda.
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6178
p. 213
APPROBATION.
Début :
J'ai lu, par ordre de Monseigneur le Chancelier, le Mercure du [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : APPROBATION.
APPROBATION. 17
J'ai lu , par ordre de Monſeigneur le Chancelier,
le Mercure du mois d'Août , & je n'y ai rien
trouvé qui puiſſe en empêcher l'impreſſion. A
Paris , ce 30 Juillet 1758.
GUIROY,
J'ai lu , par ordre de Monſeigneur le Chancelier,
le Mercure du mois d'Août , & je n'y ai rien
trouvé qui puiſſe en empêcher l'impreſſion. A
Paris , ce 30 Juillet 1758.
GUIROY,
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6179
p. 214-216
TABLE DES ARTICLES.
Début :
Article Premier. Avant-propos, page vj. Pieces Fugitives en Vers et en Prose. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TABLE DES ARTICLES.
TABLE DES ARTICLES.
ARTICLE PREMIER.
Avant-Propos , page vj .
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSE.
FABLE. La Cage & les Filets , page I
Epitre de M. L. C. de S. à Madame L. D. Offol.
Conte moral. Les deux Infortunées ,
Vers au bas d'une tête de Pallas ,
Lettre de M. de Moncrif à l'Auteur du Mercure ,
Dialogue , par M. de Moncrif,
Epitre à Madame V... par M. P...
Portraits tirés d'un Manufcrit,
Epitre à M. Pepin de Maiſon neuve ,
1
12
14
35
36
38
44
46
50
Vers de M. l'Abbé de Lattaignant à M. le Maréchal
Duc de Richelieu , 53
Vers du même à M. le Maréchal Duc de Biron ,
54
Enigme , 56
Logogryphe , 57
Chanfon , 58
ART. II . NOUVELLES LITTERAIRES.
Voyage d'Italie , par M. Cochin , 59
Eſſai ſur l'amélioration des terres , 63
Chymie Métallurgique , 75
Hiſtoire du Chevalier Grandiffon
, 79
Poéſies de M. l'Abbé de Lattaignant , 95
Encyclopédie portative, 97
215
Differtation ſur la petite vérole ;
Eſſai hiſtorique ſur le Louvre ,
98
100
Supplément à cet Article , 187
ART. III . SCIENCES ET BELLES LETTRES.
Difcours préliminaire d'un Traité de Dinamique,
par M. d'Alembert , 105
Lettre ſur une guériſon de morſure de vipere ,
121
Lettre ſur les eaux minérales de Sainte Reine
,
124
Séance de l'Académie Royale de Nîmes , 127
Séance de la Société Littéraire de Châlons-fur-
Marne , 128
Sujets propoſés par l'Académie Royale de Pau, 1 30
ART . IV. BEAUX- ARTS.
Differtation ſur l'effet de la lumiere dans les om
bres ,
Nouvelle Chaire de Saint Roch ,
131
156
Eſtampe nouvelle , Jupiter & Léda , 157
Nouvelle Carte de M. d'Anville ,
191
Nouvelles Cartes de M. le Rouge , 192
Diſcours prononcé à l'Ecole Royale Militaire , par
M. Genſon , fils , 157
Nouveau Métier de tapiſſerie , par M. de Vaucanfſon
, 161
Lettre fur l'amputation du pied, 170
ART. V. SPECTACLES .
Opera, 179
Comédie Françoiſe , 181
Comédie Italienne , 184
216
Opera Comique , 180
ARTICLE VI.
Nouvelles étrangeres ,
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c ,
Morts ,
193
206
212
ARTICLE PREMIER.
Avant-Propos , page vj .
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSE.
FABLE. La Cage & les Filets , page I
Epitre de M. L. C. de S. à Madame L. D. Offol.
Conte moral. Les deux Infortunées ,
Vers au bas d'une tête de Pallas ,
Lettre de M. de Moncrif à l'Auteur du Mercure ,
Dialogue , par M. de Moncrif,
Epitre à Madame V... par M. P...
Portraits tirés d'un Manufcrit,
Epitre à M. Pepin de Maiſon neuve ,
1
12
14
35
36
38
44
46
50
Vers de M. l'Abbé de Lattaignant à M. le Maréchal
Duc de Richelieu , 53
Vers du même à M. le Maréchal Duc de Biron ,
54
Enigme , 56
Logogryphe , 57
Chanfon , 58
ART. II . NOUVELLES LITTERAIRES.
Voyage d'Italie , par M. Cochin , 59
Eſſai ſur l'amélioration des terres , 63
Chymie Métallurgique , 75
Hiſtoire du Chevalier Grandiffon
, 79
Poéſies de M. l'Abbé de Lattaignant , 95
Encyclopédie portative, 97
215
Differtation ſur la petite vérole ;
Eſſai hiſtorique ſur le Louvre ,
98
100
Supplément à cet Article , 187
ART. III . SCIENCES ET BELLES LETTRES.
Difcours préliminaire d'un Traité de Dinamique,
par M. d'Alembert , 105
Lettre ſur une guériſon de morſure de vipere ,
121
Lettre ſur les eaux minérales de Sainte Reine
,
124
Séance de l'Académie Royale de Nîmes , 127
Séance de la Société Littéraire de Châlons-fur-
Marne , 128
Sujets propoſés par l'Académie Royale de Pau, 1 30
ART . IV. BEAUX- ARTS.
Differtation ſur l'effet de la lumiere dans les om
bres ,
Nouvelle Chaire de Saint Roch ,
131
156
Eſtampe nouvelle , Jupiter & Léda , 157
Nouvelle Carte de M. d'Anville ,
191
Nouvelles Cartes de M. le Rouge , 192
Diſcours prononcé à l'Ecole Royale Militaire , par
M. Genſon , fils , 157
Nouveau Métier de tapiſſerie , par M. de Vaucanfſon
, 161
Lettre fur l'amputation du pied, 170
ART. V. SPECTACLES .
Opera, 179
Comédie Françoiſe , 181
Comédie Italienne , 184
216
Opera Comique , 180
ARTICLE VI.
Nouvelles étrangeres ,
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c ,
Morts ,
193
206
212
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Résumé : TABLE DES ARTICLES.
Le document présente une table des articles divisée en six sections principales. L'Article Premier regroupe des pièces fugitives en vers et en prose, telles que des fables, des épîtres, des contes moraux, des lettres, des dialogues, des portraits, des énigmes, des logogryphes et des chanfons. L'Article II traite des nouvelles littéraires, incluant des voyages, des essais sur l'agriculture et la chimie, des histoires, des poésies et des encyclopédies. L'Article III aborde les sciences et les belles-lettres, avec des discours, des lettres sur des sujets médicaux et des séances académiques. L'Article IV se concentre sur les beaux-arts, comprenant des dissertations, des estampes, des cartes, des discours et des lettres sur des techniques médicales. L'Article V liste les spectacles, incluant l'opéra, la comédie française, la comédie italienne et l'opéra comique. Enfin, l'Article VI mentionne les nouvelles étrangères, les nouvelles de la cour et de Paris, ainsi que les décès.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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6180
p. 216
« La Chanson notée doit regarder la page 58. [...] »
Début :
La Chanson notée doit regarder la page 58. [...]
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texteReconnaissance textuelle : « La Chanson notée doit regarder la page 58. [...] »
LaChanson notée doit regarder la page 58.
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6181
p. 216
« De l'Imprimerie de Ch. Ant. Jombert. [...] »
Début :
De l'Imprimerie de Ch. Ant. Jombert. [...]
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De l'Imprimerie de Ch. Ant. Jombert .
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6182
p. 71
ENIGME.
Début :
Je suis un Saint. Vous dirai-je mon nom ? [...]
Mots clefs :
Magloire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGM E.
Ja fuis un Saint. Vous dirai - je mon nom ? E
Non : par humilité je cache ici ma gloire,
Je vous l'ai pourtant dit . N'allez pas dire non.
Vous l'avez fous les yeux , & vous pouvez m'en
croire.
Ja fuis un Saint. Vous dirai - je mon nom ? E
Non : par humilité je cache ici ma gloire,
Je vous l'ai pourtant dit . N'allez pas dire non.
Vous l'avez fous les yeux , & vous pouvez m'en
croire.
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6183
p. 72-73
LOGOGRYPHE.
Début :
Je suis d'une humeur noire, & n'ai point de santé ; [...]
Mots clefs :
Hypocondriaque
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texteReconnaissance textuelle : LOGOGRYPHE.
LOGO GRYPHE.
•
Je fuis d'une humeur noire , & n'ai point de
E
fanté ;
Je fuis malade : enfin voilà ma qualité.
Mais fi tu veux , Lecteur , me difféquer toi -même,
Compte-moi par mes pieds , va jufqu'au quatorzieme
:
Devine tous les mors , amufe ton loifir.
A ma diffection fi tu prends du plaifir ,
Commence par un Dieu , par un Roi , par un
Prince ;
Je les renferme tous avec une Province.
Une ville Normande , une autre dans l'Artois ;
Ce qui forme le brave , un an ,
mois :
un jour , un
Une meſure à vin , une prefque montagne :
Ce qui fait renommer les côteaux de Champagne :
Une voûte de pont , une homme à ponction ,
L'admirable maifon dont la production
Nous fournit à la fois la douceur , la lumiere ;
Je produis des métaux , & n'ai point de miniere :
Ce qui plût à Saül , un poids , une ſaiſon ;
Ce qui fe joint au Duc , fur l'onde une maiſon ;
Un ragoût de cheval , une oeuvre poétique ;
Un bloc à fix côtés , une Ifle afiatique ;
Ce que fentent les gens , lorfqu'on veut les railler ;
Ce
SEPTEMBRE. 1758.
73
Ce qui tient un vaiffeau , quand il vient à mouiller;
Ce que chacun recherche auprès d'une puiffance ,
Le plus petit infecte à notre connoiffance ,
Un autre infupportable à tout le genre humain ;
Ce qui peut t'arriver les cartes à la main ,
Ce qui doit fe trouver dans l'ame d'un arbitre ;
que l'on met toujours en tête d'un chapitre ;
Un ingrédient à fauce , un funebre appareil ;
Ce que tu nommes luftre , un journalier réveil ;
Deux élémens , un vaſe , un grand jour de l'an-
Ce
née ,
Le nom de deux Auteurs de la même lignée ;
La veille d'aujourd'hui , l'égalité du ſec ;
L'épithete qu'on donne à ce Lanternier Grec ,
Ce qu'on ne veux pas être , & ce qu'on defire
être ;
Ce que jette un enfant , quand il commence à
naître .
Avec les pieds que j'ai , tu dois juger , Lecteur ,
Que je peux aller loin ; mais en prolixe Auteur
,
Je crains de te laffer , ainfi prends patience ;
Je vais te mettre au fait du fonds de ma ſcience ,
Si tu peux découvrir celui qui redit tout ,
Ta fçauras quelque chofe avant que d'être à
bout.
•
Je fuis d'une humeur noire , & n'ai point de
E
fanté ;
Je fuis malade : enfin voilà ma qualité.
Mais fi tu veux , Lecteur , me difféquer toi -même,
Compte-moi par mes pieds , va jufqu'au quatorzieme
:
Devine tous les mors , amufe ton loifir.
A ma diffection fi tu prends du plaifir ,
Commence par un Dieu , par un Roi , par un
Prince ;
Je les renferme tous avec une Province.
Une ville Normande , une autre dans l'Artois ;
Ce qui forme le brave , un an ,
mois :
un jour , un
Une meſure à vin , une prefque montagne :
Ce qui fait renommer les côteaux de Champagne :
Une voûte de pont , une homme à ponction ,
L'admirable maifon dont la production
Nous fournit à la fois la douceur , la lumiere ;
Je produis des métaux , & n'ai point de miniere :
Ce qui plût à Saül , un poids , une ſaiſon ;
Ce qui fe joint au Duc , fur l'onde une maiſon ;
Un ragoût de cheval , une oeuvre poétique ;
Un bloc à fix côtés , une Ifle afiatique ;
Ce que fentent les gens , lorfqu'on veut les railler ;
Ce
SEPTEMBRE. 1758.
73
Ce qui tient un vaiffeau , quand il vient à mouiller;
Ce que chacun recherche auprès d'une puiffance ,
Le plus petit infecte à notre connoiffance ,
Un autre infupportable à tout le genre humain ;
Ce qui peut t'arriver les cartes à la main ,
Ce qui doit fe trouver dans l'ame d'un arbitre ;
que l'on met toujours en tête d'un chapitre ;
Un ingrédient à fauce , un funebre appareil ;
Ce que tu nommes luftre , un journalier réveil ;
Deux élémens , un vaſe , un grand jour de l'an-
Ce
née ,
Le nom de deux Auteurs de la même lignée ;
La veille d'aujourd'hui , l'égalité du ſec ;
L'épithete qu'on donne à ce Lanternier Grec ,
Ce qu'on ne veux pas être , & ce qu'on defire
être ;
Ce que jette un enfant , quand il commence à
naître .
Avec les pieds que j'ai , tu dois juger , Lecteur ,
Que je peux aller loin ; mais en prolixe Auteur
,
Je crains de te laffer , ainfi prends patience ;
Je vais te mettre au fait du fonds de ma ſcience ,
Si tu peux découvrir celui qui redit tout ,
Ta fçauras quelque chofe avant que d'être à
bout.
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6184
p. 213
APPROBATION.
Début :
J'ai lu, par ordre de Monseigneur le Chancelier, le Mercure du mois [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : APPROBATION.
APPROBATION.
'Ai lu ,, par ordre de Menſeigneur le Chancelier,
le Mercure du mois de Septembre , & je n'y ai
rien trouvé qui puiſſe en empêcher l'impreſſion,
AParis , ce 30 Août 1758 .
GUIROY,
'Ai lu ,, par ordre de Menſeigneur le Chancelier,
le Mercure du mois de Septembre , & je n'y ai
rien trouvé qui puiſſe en empêcher l'impreſſion,
AParis , ce 30 Août 1758 .
GUIROY,
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6185
p. 214-216
TABLE DES ARTICLES.
Début :
Article Premier. Pieces Fugitives en Vers et en Prose. Vers sur la mort [...]
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texteReconnaissance textuelle : TABLE DES ARTICLES.
TABLE DES ARTICLES.
ARTICLE PREMIER.
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSE.
ERS ſur la mort V de M. le Comte deGiſors,
page 1
Epitaphe de M. le Comte deGifors, 8
Vers à Madame L. C. S. en lui envoyant une
Toilette , ibid.
Conte. La Fée aux Têtes , 10
Epître à M. le Marquis de Marigny . 20
Second Dialogue de M. de Moncrif, 23
Réflexions fur l'Eſſai des grands événemens par
les petites Cauſes , 31
L'Erreur univerſelle , morceau traduit du Pere
Féijoo , Bénédictin Eſpagnol. Théâtre critique
des Erreurs communes , tome.6 , 37
Fable. Fanfan & Colas , 62
Lettre de Mademoiselle de Barry , à ſon frere,
Eleve de l'Ecole Royale Militaire , 64
Explication de l'Enigme & du Logogryphe du
Mercure d'Août , 71
Enigme ,
ibid.
Logogryphe , 7.2
Chanfon , 74
ART. II . NOUVELLES LITTERAIRES.
Suite de l'Extrait du Voyage d'Italie,par M. Cochin.
Obſervations critiques ſur les Salles des
Spectacles , 7:5
Suite de l'Eſſai ſur l'amélioration des terres , 87
Commentaires ſur la Cavalerie , par M. Bouffapelle,
97
12:15
Traité des affections vaporeuſes , 106
Obfervations ſur la Nobleſſe & le Tiers-Etat , par
Madame *** , 113
La Religion révélée , Poëme par M. de Sauvigny ,
118
L'Ami des Hommes , quatrieme partie , 121
134
ibid.
La Vie du Pape Sixte V ,
Hiftoire du Dioceſe de Paris ,
La Regle des Devoirs que la nature inſpire àtous
les hommes , 135
Diſcours ſur la Peinture & ſur l'Architecture , dédié
à Madame la Marquiſe de Pompadour , ibid.
Recueil des Plans , Coupes , & Elévations du nouvelle
Hôtel de Ville de Rouen ,
Poésies philoſophiques ,
136
ibid.
ART. III . SCIENCES AT BELLES LETTRES.
Mathématique. Suite du Diſcours préliminaire de
M. d'Alembert , à la tête de ſon Traité de Dynamique
, 137
Théologie. Lettre à l'Auteur du Mercure , au ſujet
des Lettres de M. l'Abbé de *** , pour ſervir
d'introduction à l'intelligence des divines Ecritures
, & furtout des Livres Prophétiques , relativement
à la Langue Originale , 156
Pharmacie. Avis au Public , au ſujet du Manuel
des Dames de Charité ,
Médecine. Lettre à l'Auteur du Mercure ,
ART. IV. BEAUX-ARTS,
170
172
Gravure, 175
Horlogerie. Machine à arrondir , finir & polir les
dents des roues de Montre, par le ſieur Vincent,
de Mâcon , 176
216
Séance publique de l'Académie des Sciences , des
Belles- Lettres & Arts de Rouen ,
ART. V. SPECTACLES.
179
Opera ,
Comédie Françoiſe ,
Comédie Italienne ,
Opera Comique ,
Concert Spirituel ,
189
191
192
193
194
ARTICLE VI.
Nouvelles étrangeres , 195
Nouvelles de la Cour , de Paris , &e , 204
Morts, 212
ARTICLE PREMIER.
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSE.
ERS ſur la mort V de M. le Comte deGiſors,
page 1
Epitaphe de M. le Comte deGifors, 8
Vers à Madame L. C. S. en lui envoyant une
Toilette , ibid.
Conte. La Fée aux Têtes , 10
Epître à M. le Marquis de Marigny . 20
Second Dialogue de M. de Moncrif, 23
Réflexions fur l'Eſſai des grands événemens par
les petites Cauſes , 31
L'Erreur univerſelle , morceau traduit du Pere
Féijoo , Bénédictin Eſpagnol. Théâtre critique
des Erreurs communes , tome.6 , 37
Fable. Fanfan & Colas , 62
Lettre de Mademoiselle de Barry , à ſon frere,
Eleve de l'Ecole Royale Militaire , 64
Explication de l'Enigme & du Logogryphe du
Mercure d'Août , 71
Enigme ,
ibid.
Logogryphe , 7.2
Chanfon , 74
ART. II . NOUVELLES LITTERAIRES.
Suite de l'Extrait du Voyage d'Italie,par M. Cochin.
Obſervations critiques ſur les Salles des
Spectacles , 7:5
Suite de l'Eſſai ſur l'amélioration des terres , 87
Commentaires ſur la Cavalerie , par M. Bouffapelle,
97
12:15
Traité des affections vaporeuſes , 106
Obfervations ſur la Nobleſſe & le Tiers-Etat , par
Madame *** , 113
La Religion révélée , Poëme par M. de Sauvigny ,
118
L'Ami des Hommes , quatrieme partie , 121
134
ibid.
La Vie du Pape Sixte V ,
Hiftoire du Dioceſe de Paris ,
La Regle des Devoirs que la nature inſpire àtous
les hommes , 135
Diſcours ſur la Peinture & ſur l'Architecture , dédié
à Madame la Marquiſe de Pompadour , ibid.
Recueil des Plans , Coupes , & Elévations du nouvelle
Hôtel de Ville de Rouen ,
Poésies philoſophiques ,
136
ibid.
ART. III . SCIENCES AT BELLES LETTRES.
Mathématique. Suite du Diſcours préliminaire de
M. d'Alembert , à la tête de ſon Traité de Dynamique
, 137
Théologie. Lettre à l'Auteur du Mercure , au ſujet
des Lettres de M. l'Abbé de *** , pour ſervir
d'introduction à l'intelligence des divines Ecritures
, & furtout des Livres Prophétiques , relativement
à la Langue Originale , 156
Pharmacie. Avis au Public , au ſujet du Manuel
des Dames de Charité ,
Médecine. Lettre à l'Auteur du Mercure ,
ART. IV. BEAUX-ARTS,
170
172
Gravure, 175
Horlogerie. Machine à arrondir , finir & polir les
dents des roues de Montre, par le ſieur Vincent,
de Mâcon , 176
216
Séance publique de l'Académie des Sciences , des
Belles- Lettres & Arts de Rouen ,
ART. V. SPECTACLES.
179
Opera ,
Comédie Françoiſe ,
Comédie Italienne ,
Opera Comique ,
Concert Spirituel ,
189
191
192
193
194
ARTICLE VI.
Nouvelles étrangeres , 195
Nouvelles de la Cour , de Paris , &e , 204
Morts, 212
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Résumé : TABLE DES ARTICLES.
Le document présente une table des articles divisée en six sections principales. L'Article Premier répertorie diverses pièces fugitives en vers et en prose, telles que des poèmes, des contes, des épîtres, des réflexions, des fables, des lettres et des explications d'énigmes. Parmi les œuvres notables, on trouve des pièces sur la mort du Comte de Gisors, une épître au Marquis de Marigny, et une fable intitulée 'Fanfan & Colas'. L'Article II traite des nouvelles littéraires, incluant des extraits de voyages, des observations critiques, des essais sur l'amélioration des terres, des commentaires sur la cavalerie, des traités médicaux, et des poèmes. Il aborde également des sujets comme la noblesse, la religion, et des plans architecturaux. L'Article III couvre les sciences et les belles-lettres, avec des discussions sur les mathématiques, la théologie, et la pharmacie. L'Article IV se concentre sur les beaux-arts, incluant la gravure et l'horlogerie. L'Article V détaille les spectacles, tels que l'opéra, la comédie française, la comédie italienne, l'opéra comique, et les concerts spirituels. Enfin, l'Article VI présente les nouvelles étrangères, les nouvelles de la cour, et les avis de décès.
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6186
p. 216
« La Chanson notée doit regarder la page 74. [...] »
Début :
La Chanson notée doit regarder la page 74. [...]
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LaChanson notée doit regarder la page 74.
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6187
p. 216
« De l'Imprimerie de Ch. Ant. Jombert. [...] »
Début :
De l'Imprimerie de Ch. Ant. Jombert. [...]
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Del'Imprimerie de Ch. Ant. Jombert.
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6188
p. 63-64
ENIGME.
Début :
Je tiens de la frivolité, [...]
Mots clefs :
Cabriolets
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texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGME.
JeE ttiieennss de la frivolité
Je plais par ma légéreté;
9
De m'avoir , on eſt entêré :
Onvante ma commodité ,
J'ai pourtant peu d'utilité.
Chez moi l'on ſe grille en Eté,
En hyver on eſt éventé.
Par moi de plus d'une beauté,
On a vu le corps maltraité ;
Plus d'un paſſant a bien peſté ,
Me rencontrant à ſon côté ,
Et toi , Lecteur , dis vérité ,
A
64 MERCURE DE FRANCE.
Juge fi ma fragilité ,
Et fi ma multiplicité
Annoncent la ſolidité
Du fiecle, ou ſa futilité.
CARDONNEfils , C. A. C. G. D. M. E. D.
JeE ttiieennss de la frivolité
Je plais par ma légéreté;
9
De m'avoir , on eſt entêré :
Onvante ma commodité ,
J'ai pourtant peu d'utilité.
Chez moi l'on ſe grille en Eté,
En hyver on eſt éventé.
Par moi de plus d'une beauté,
On a vu le corps maltraité ;
Plus d'un paſſant a bien peſté ,
Me rencontrant à ſon côté ,
Et toi , Lecteur , dis vérité ,
A
64 MERCURE DE FRANCE.
Juge fi ma fragilité ,
Et fi ma multiplicité
Annoncent la ſolidité
Du fiecle, ou ſa futilité.
CARDONNEfils , C. A. C. G. D. M. E. D.
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6189
p. 64-66
LOGOGRYPHE.
Début :
J'habite ici, j'habite là, [...]
Mots clefs :
Démangeaison
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texteReconnaissance textuelle : LOGOGRYPHE.
LOGOGRYPHE.
J'HABITE ici ,j'habite là ,
En tout lieu s'étend mon empire ;
'Si je te tiens , chaſſe-moi ; mais holà !
Crains, en le foulageant,d'augmenter ton martyre..
Pour éviter les coups d'un ennemi ſanglant ,
Le beau ſexe a recours àmon premier enfant :
Pere fécond , j'en offre plus de trente.
Lecteur ( je te ſuppoſe Amant ),
Ton Iris eft-elle charmante ,
Douce ſurtout , ce qu'on voit rarement ?
Unautre de mesfils lui convientjuſtements.
A-t'elle de l'eſprit ? à la malice encline ,
Te fait-elle enrager ? un autre exactement
Caractériſera cette aimable Lutine.
!
Eſt-elle ignorante , peu fine ?
Un autre encor la peindra sûrement.
Je te montre ce que la Belle
Peut-être cache , àtes voeux trop rebelle
Cequi ſert de comparaiſon
LAcetréſor : un petit nom
OCTOBRE. 1758 . 65
Dont ſouvent la porteuſe efface uneDucheſſe ;
Celui qu'on donne aux tours d'un eſcroc, d'un
fripon;
Lemodele orgueilleux de l'huntaine foibleffe :
Un fruit , une punition ,
Le bouclier d'une Déeſſe ,
Dont l'emploi n'eſt pas fort aiſé ;
Un oiſeau d'affez fotte eſpece
Un animal têtu qui n'eft guere ruſé ,
Son cher fils , & leur nourriture.
Une délicieuſe ou cruelle impoſture ;
Un Roi de Sparte , le péché
Dont maint Laquais eſt entiché ,
L'endroit où tu me lis , fi ce n'eſt dans la rue;
Une maiſon en l'air
Artiſtement pendue ,
Le favori de Jupiter ,
Son épithete , & le furnom d'ovide:
De certaine Toiſon le raviffeur avide ;
Son pere : ce qu'il faut ſe baiſſer pour bien voir;
Ce qu'abhorre , dit- on , l'Eglife ,
Que prodigue un Guerrier, qu'un bon Monarque
priſe :
Ou juſte ou non , ce que l'on veut avoir ;
Une expédition de guerre ,
Un terme d'Ecuyer , un très- mince bijou' ,
Qui ſemble aux enfans le Pérou :
L'état d'un malheureux prêt à quitter la terre ;
Cequi manque à plus d'un Auteur ,
66 MERCURE DE FRANCE.
Le mot d'un libertin qu'on prêche.
Tu t'impatientes , Lecteur ?
J'abrege donc , & me dépêche ;
Mon ſein renferme encor un rare maſculin ,
Mais un plus rare féminin :
Homme & femme ! malgré leur extrême diſette;
Cherchez -les , je vous les ſouhaite .
DE VILEMONT.
J'HABITE ici ,j'habite là ,
En tout lieu s'étend mon empire ;
'Si je te tiens , chaſſe-moi ; mais holà !
Crains, en le foulageant,d'augmenter ton martyre..
Pour éviter les coups d'un ennemi ſanglant ,
Le beau ſexe a recours àmon premier enfant :
Pere fécond , j'en offre plus de trente.
Lecteur ( je te ſuppoſe Amant ),
Ton Iris eft-elle charmante ,
Douce ſurtout , ce qu'on voit rarement ?
Unautre de mesfils lui convientjuſtements.
A-t'elle de l'eſprit ? à la malice encline ,
Te fait-elle enrager ? un autre exactement
Caractériſera cette aimable Lutine.
!
Eſt-elle ignorante , peu fine ?
Un autre encor la peindra sûrement.
Je te montre ce que la Belle
Peut-être cache , àtes voeux trop rebelle
Cequi ſert de comparaiſon
LAcetréſor : un petit nom
OCTOBRE. 1758 . 65
Dont ſouvent la porteuſe efface uneDucheſſe ;
Celui qu'on donne aux tours d'un eſcroc, d'un
fripon;
Lemodele orgueilleux de l'huntaine foibleffe :
Un fruit , une punition ,
Le bouclier d'une Déeſſe ,
Dont l'emploi n'eſt pas fort aiſé ;
Un oiſeau d'affez fotte eſpece
Un animal têtu qui n'eft guere ruſé ,
Son cher fils , & leur nourriture.
Une délicieuſe ou cruelle impoſture ;
Un Roi de Sparte , le péché
Dont maint Laquais eſt entiché ,
L'endroit où tu me lis , fi ce n'eſt dans la rue;
Une maiſon en l'air
Artiſtement pendue ,
Le favori de Jupiter ,
Son épithete , & le furnom d'ovide:
De certaine Toiſon le raviffeur avide ;
Son pere : ce qu'il faut ſe baiſſer pour bien voir;
Ce qu'abhorre , dit- on , l'Eglife ,
Que prodigue un Guerrier, qu'un bon Monarque
priſe :
Ou juſte ou non , ce que l'on veut avoir ;
Une expédition de guerre ,
Un terme d'Ecuyer , un très- mince bijou' ,
Qui ſemble aux enfans le Pérou :
L'état d'un malheureux prêt à quitter la terre ;
Cequi manque à plus d'un Auteur ,
66 MERCURE DE FRANCE.
Le mot d'un libertin qu'on prêche.
Tu t'impatientes , Lecteur ?
J'abrege donc , & me dépêche ;
Mon ſein renferme encor un rare maſculin ,
Mais un plus rare féminin :
Homme & femme ! malgré leur extrême diſette;
Cherchez -les , je vous les ſouhaite .
DE VILEMONT.
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6190
p. 212-213
AVIS A l'Auteur de la Lettre anonyme sur l'Instruction de la Jeunesse, dans le second volume du Mercure du mois de Juillet dernier, fol. I 37.
Début :
Monsieur, sur l'avis que vous donnez au bas de votre Lettre, un Seigneur auroit [...]
Mots clefs :
Nouvelle méthode, Seigneur, Rencontre , Auteur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVIS A l'Auteur de la Lettre anonyme sur l'Instruction de la Jeunesse, dans le second volume du Mercure du mois de Juillet dernier, fol. I 37.
AVIS
Al'Auteur de la Lettre anonyme ſur l'Inftruction
de la Jeuneſſe , dans le second
volume du Mercure du mois de Juillet
dernier , fol. 137 .
MONSIEUR',
ONSIEUR , fur l'avis que vous donnez
au bas de votre Lettre , un Seigneur auroit
envie de faire connoiſſance avec l'Auteur
de la nouvelle Méthode dont vous
parlez ; il m'a écrit à cet effet , & je me
preſſe de vous en faire part pour que vous
lui procuriez ce plaifir. Mon adreſſe eſt à
M. Gelein , Agent des RR. PP. Céleftins
, près l'Arſenal , demeurant en leur
maiſon. Je me flatte que vous voudrez '
bien me faire connoître cet habile home
OCTOBRE. 1758 . 213
me , à moins qu'il ne juge plus à propos
de ſe donner la peine de venir dans cette
maiſon . J'attendrai avec impatience que
vous me procuriez l'honneur de le connoître
par celui de ces deux moyens qu'il
trouvera bon .
J'ai l'honneur d'être , &c.
GELEIN.
Paris , ce 8 Septembre 17.58 .
Al'Auteur de la Lettre anonyme ſur l'Inftruction
de la Jeuneſſe , dans le second
volume du Mercure du mois de Juillet
dernier , fol. 137 .
MONSIEUR',
ONSIEUR , fur l'avis que vous donnez
au bas de votre Lettre , un Seigneur auroit
envie de faire connoiſſance avec l'Auteur
de la nouvelle Méthode dont vous
parlez ; il m'a écrit à cet effet , & je me
preſſe de vous en faire part pour que vous
lui procuriez ce plaifir. Mon adreſſe eſt à
M. Gelein , Agent des RR. PP. Céleftins
, près l'Arſenal , demeurant en leur
maiſon. Je me flatte que vous voudrez '
bien me faire connoître cet habile home
OCTOBRE. 1758 . 213
me , à moins qu'il ne juge plus à propos
de ſe donner la peine de venir dans cette
maiſon . J'attendrai avec impatience que
vous me procuriez l'honneur de le connoître
par celui de ces deux moyens qu'il
trouvera bon .
J'ai l'honneur d'être , &c.
GELEIN.
Paris , ce 8 Septembre 17.58 .
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Résumé : AVIS A l'Auteur de la Lettre anonyme sur l'Instruction de la Jeunesse, dans le second volume du Mercure du mois de Juillet dernier, fol. I 37.
Gelein, Agent des RR. PP. Célestins à Paris, répond à une lettre anonyme du Mercure de juillet 1758. Un seigneur souhaite rencontrer l'auteur d'une nouvelle méthode d'instruction mentionnée dans cette lettre. Gelein fournit son adresse et attend une réponse. La date de l'avis est le 8 septembre 1758.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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6191
p. 213
Faute à corriger dans le Mercure de Septembre.
Début :
Page 103, ligne 9, au lieu de Marseillois, lisez, Massiliens. Je prie ceux [...]
Mots clefs :
Fautes, Caractères, Lettres
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Faute à corriger dans le Mercure de Septembre.
Faute à corriger dans le Mercure de Septembre.
PAGE 103 , ligne 9 , au lieu de Marſeillois , lisi
-fez , Maffiliens.
Je prie ceux qui m'envoyent leurs manufcrits
de vouloir bien marquer diſtinctement les lettres
des noms propres ſur leſquels le ſens ne peut lever
l'équivoque des caracteres. La reſſemblance du z
avec l'r de l'écriture courante a fait imprimer
dans le Mercure d'Août à l'article des Morts , page
213 , Philibert de Sizy au lieu de Siry, &de même
Hugues de Sizy au lieu de Hugues de Siry.
PAGE 103 , ligne 9 , au lieu de Marſeillois , lisi
-fez , Maffiliens.
Je prie ceux qui m'envoyent leurs manufcrits
de vouloir bien marquer diſtinctement les lettres
des noms propres ſur leſquels le ſens ne peut lever
l'équivoque des caracteres. La reſſemblance du z
avec l'r de l'écriture courante a fait imprimer
dans le Mercure d'Août à l'article des Morts , page
213 , Philibert de Sizy au lieu de Siry, &de même
Hugues de Sizy au lieu de Hugues de Siry.
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Résumé : Faute à corriger dans le Mercure de Septembre.
Le texte évoque des fautes d'impression dans le Mercure. En septembre, 'Marseillois' a été corrigé en 'Maffiliens'. L'auteur recommande de bien distinguer les lettres des noms propres. En août, 'Philibert de Sizy' et 'Hugues de Sizy' ont été imprimés à la place de 'Philibert de Siry' et 'Hugues de Siry' en raison de la ressemblance entre 'z' et 'r'.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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6192
p. 213
APPROBATION.
Début :
J'ai lu, par ordre de Monseigneur le Chancelier, le premier Mercure du [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : APPROBATION.
APPROBATION.
J'ai lu , par ordre de Monſeigneur le Chancelier,
le premier Mercure du mois d'Octobre , & je n'y
ai rien trouvé qui puiſſe en empêcher l'impreffion,
AParis , ce 29 Septembre 1758.
GUIROY,
J'ai lu , par ordre de Monſeigneur le Chancelier,
le premier Mercure du mois d'Octobre , & je n'y
ai rien trouvé qui puiſſe en empêcher l'impreffion,
AParis , ce 29 Septembre 1758.
GUIROY,
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6193
p. 214-216
TABLE DES ARTICLES.
Début :
Article Premier. Pieces Fugitives en Vers et en Prose. Fable. Le Mouton [...]
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texteReconnaissance textuelle : TABLE DES ARTICLES.
TABLE DES ARTICLES.
ARTICLE PREMIER .
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSE
FABALBLEE. Le Mouton&leDogue ,
Epître à Cléanthe ,
Heureuſement. Anecdote Françoiſe ,
Ode Anacreontique ,
page s
7
9
36
Réponſe de M. de Voltaire à une Enigme qui venoit
de Madame la Ducheſſe d'Orléans , 39
Lettre à l'Auteur du Mercure , & Sonnet par Mademoiselle
R... Β...
1
40 6 42
de
Lettre à l'Auteur du Mercure , & Vers au Marquis.
... âgé de 10 ans , le jour de ſa fête , en lui
préſentant un laurier , 43 44
Parva leves capiunt animos , pour le Lecteur ou
pour moi , 45.
Epître à M *** , par Madame de ... Religieuſe
au Couvent de ... SI
Penſées , 54
Vers à Monfieur & à Madame de Bullioud , fur la
belle action de leur fils , âgé de ſeize ans , par
Madame de V *** , 58
Vers fur la Mort de mon Fils , : 60
Vers à Son Excellence Monſeigneur l'Evêque de
Laon , par la Muſe Limonadiere ,
Vers à Son Excellence Monſeigneur de Breteuil ,
Ambaſſadeur de Malte à Rome , par la même, 62
61
Epitaphe du Pape Lambertini , par la même , ibid.
Explication de PEnigme & du Logogryphe du
Mercure de Septembre , 63
Enigme , ibid.
Logogryphe , 64
Chanfon, 66
215
ART. II . NOUVELLES LITTERAIRES.
Suite de l'Extrait du Voyage d'Italie , par M. Co
chin. Notes fur les Ecoles de Peinture & fur les
plus célebres Peintres d'Italie , 67
Extrait des Poéſies Philoſophiques , 78
Suite de l'Ami des Hommes , quatrieme Partie .
Mémoire ſur les Etats Provinciaux ,
Lettres Edifiantes & curieuſes , écrite des Miſſions
Etrangeres , par quelques Miffionnaires de la
৪৫-
Compagnie de Jeſus , 98
Réflexions ſur les avantages de la libre fabrication
&de l'uſagedes toiles peintes en France, &c. 109
La Regle des devoirs que la nature inſpire à tous
les hommes , 129
Confidérations ſur le Commerce, & en particulier
"fur les Compagnies , Sociétés & Maîtriſes , 137
OEuvres poſthumes de M. de *** , ibid.
Les Penſées errantes , avec quelques Lettres d'un
Indien , par Madame de *** ibid,
Epître d'Héloïſe à Abailard , traduite ( en profe )
de l'Anglois , avec un abrégé de la Vie d'Abailard
, ibid
Détails Militaires , par Durival , ibid.
Examen des Eaux minérales de Verberie , 138
E'oge de M. de Fontenelle , par M. Trublet , ibid.
Elémens d'Arithmétique , d'algebre & de géomé-,
métrie avec une Introduction aux Sections
,
coniques , par M. Mazeas , ibid .
Differtations ſur les biens nobles , &c . ibid,
L'utilité de l'Education des Armes ,&c. 139
Recherches hiſtoriques & critiques ſur les différens
moyens qu'on a employés juſqu'ici pour refroi
dir les liqueurs , & c. ibid
Tractande ac perdiſcenda Theologia ratio , ibid.
Effai d'une Hiſtoire de la Paroiſſe de S. Jacques la
Boucherie, 149
216
Manuel phyſique , ou maniere courte & facile
d'expliquer les phénomenes de la nature , ibid.
ART. III. SCIENCES ET BELLES LETTRES.
Théologie. Suite des Lettres de M. l'Abbé de *** , 141
Physique . Lettre d'un Médecin à l'Auteur du Mercure,
148
Prix d'Eloquence de l'Académie Françoiſe , pour
l'année 1759 , 154
Prix propofé au jugement de l'Académie Royale
des Sciences , 156
Séance publique de l'Acad. Royale de Nanci , 158
Séance publique de l'Académie des Sciences &
Belles- Lettres de Dijon , 164
Séances publiques de la Société Littéraire d'Arras,
166
ART. IV. BEAUX-ARTS.
Peinture. 17.1
Musique. 174
Architecture. Obſervations ſur la tour de Piſes, 176
Teinture. 18,1
ART. V. SPECTACLES .
Opera , 183
Comédie Françoiſe. Extrait de laComédie intitulée
, l'Ile déserte , 184
Comédie Italienne , 190
Opera Comique , ibid.
Concert Spirituel , 192
ARTICLE VI
Nouvelles étrangeres , 193
Nouvellesde la Cour , de Paris , &c , 194
Bénéfices donnés , 203
Morts, 204
ARTICLE PREMIER .
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSE
FABALBLEE. Le Mouton&leDogue ,
Epître à Cléanthe ,
Heureuſement. Anecdote Françoiſe ,
Ode Anacreontique ,
page s
7
9
36
Réponſe de M. de Voltaire à une Enigme qui venoit
de Madame la Ducheſſe d'Orléans , 39
Lettre à l'Auteur du Mercure , & Sonnet par Mademoiselle
R... Β...
1
40 6 42
de
Lettre à l'Auteur du Mercure , & Vers au Marquis.
... âgé de 10 ans , le jour de ſa fête , en lui
préſentant un laurier , 43 44
Parva leves capiunt animos , pour le Lecteur ou
pour moi , 45.
Epître à M *** , par Madame de ... Religieuſe
au Couvent de ... SI
Penſées , 54
Vers à Monfieur & à Madame de Bullioud , fur la
belle action de leur fils , âgé de ſeize ans , par
Madame de V *** , 58
Vers fur la Mort de mon Fils , : 60
Vers à Son Excellence Monſeigneur l'Evêque de
Laon , par la Muſe Limonadiere ,
Vers à Son Excellence Monſeigneur de Breteuil ,
Ambaſſadeur de Malte à Rome , par la même, 62
61
Epitaphe du Pape Lambertini , par la même , ibid.
Explication de PEnigme & du Logogryphe du
Mercure de Septembre , 63
Enigme , ibid.
Logogryphe , 64
Chanfon, 66
215
ART. II . NOUVELLES LITTERAIRES.
Suite de l'Extrait du Voyage d'Italie , par M. Co
chin. Notes fur les Ecoles de Peinture & fur les
plus célebres Peintres d'Italie , 67
Extrait des Poéſies Philoſophiques , 78
Suite de l'Ami des Hommes , quatrieme Partie .
Mémoire ſur les Etats Provinciaux ,
Lettres Edifiantes & curieuſes , écrite des Miſſions
Etrangeres , par quelques Miffionnaires de la
৪৫-
Compagnie de Jeſus , 98
Réflexions ſur les avantages de la libre fabrication
&de l'uſagedes toiles peintes en France, &c. 109
La Regle des devoirs que la nature inſpire à tous
les hommes , 129
Confidérations ſur le Commerce, & en particulier
"fur les Compagnies , Sociétés & Maîtriſes , 137
OEuvres poſthumes de M. de *** , ibid.
Les Penſées errantes , avec quelques Lettres d'un
Indien , par Madame de *** ibid,
Epître d'Héloïſe à Abailard , traduite ( en profe )
de l'Anglois , avec un abrégé de la Vie d'Abailard
, ibid
Détails Militaires , par Durival , ibid.
Examen des Eaux minérales de Verberie , 138
E'oge de M. de Fontenelle , par M. Trublet , ibid.
Elémens d'Arithmétique , d'algebre & de géomé-,
métrie avec une Introduction aux Sections
,
coniques , par M. Mazeas , ibid .
Differtations ſur les biens nobles , &c . ibid,
L'utilité de l'Education des Armes ,&c. 139
Recherches hiſtoriques & critiques ſur les différens
moyens qu'on a employés juſqu'ici pour refroi
dir les liqueurs , & c. ibid
Tractande ac perdiſcenda Theologia ratio , ibid.
Effai d'une Hiſtoire de la Paroiſſe de S. Jacques la
Boucherie, 149
216
Manuel phyſique , ou maniere courte & facile
d'expliquer les phénomenes de la nature , ibid.
ART. III. SCIENCES ET BELLES LETTRES.
Théologie. Suite des Lettres de M. l'Abbé de *** , 141
Physique . Lettre d'un Médecin à l'Auteur du Mercure,
148
Prix d'Eloquence de l'Académie Françoiſe , pour
l'année 1759 , 154
Prix propofé au jugement de l'Académie Royale
des Sciences , 156
Séance publique de l'Acad. Royale de Nanci , 158
Séance publique de l'Académie des Sciences &
Belles- Lettres de Dijon , 164
Séances publiques de la Société Littéraire d'Arras,
166
ART. IV. BEAUX-ARTS.
Peinture. 17.1
Musique. 174
Architecture. Obſervations ſur la tour de Piſes, 176
Teinture. 18,1
ART. V. SPECTACLES .
Opera , 183
Comédie Françoiſe. Extrait de laComédie intitulée
, l'Ile déserte , 184
Comédie Italienne , 190
Opera Comique , ibid.
Concert Spirituel , 192
ARTICLE VI
Nouvelles étrangeres , 193
Nouvellesde la Cour , de Paris , &c , 194
Bénéfices donnés , 203
Morts, 204
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Résumé : TABLE DES ARTICLES.
Le document présente une table des articles divisée en six sections principales. La première section énumère diverses pièces fugitives en vers et en prose, telles que des épîtres, des odes, des lettres, des réponses à des énigmes, et des poèmes dédiés à des personnalités spécifiques. Parmi ces œuvres, on trouve des vers à la mémoire d'un fils décédé, des épitaphes, et des explications d'énigmes. La deuxième section traite des nouvelles littéraires, incluant des extraits de voyages, des poèmes philosophiques, des mémoires sur les États provinciaux, des lettres édifiantes, et des réflexions sur des sujets variés comme le commerce et l'éducation. Elle mentionne également des œuvres posthumes et des traductions. La troisième section aborde les sciences et les belles-lettres, avec des sections sur la théologie, la physique, et les prix d'éloquence. La quatrième section se concentre sur les beaux-arts, incluant la peinture, la musique, l'architecture, et la teinture. La cinquième section traite des spectacles, tels que l'opéra, la comédie française et italienne, et les concerts spirituels. Enfin, la sixième section couvre les nouvelles étrangères, les nouvelles de la cour et de Paris, ainsi que les bénéfices donnés et les décès.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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6194
p. 216
« La Chanson notée doit regarder la page 66. Et la planche [...] »
Début :
La Chanson notée doit regarder la page 66. Et la planche [...]
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texteReconnaissance textuelle : « La Chanson notée doit regarder la page 66. Et la planche [...] »
LaChanson notée doit regarder la page 66.
Etla Planchegravée la page 176 .
Etla Planchegravée la page 176 .
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6195
p. 216
« De l'Imprimerie de Ch. Ant. Jombert. [...] »
Début :
De l'Imprimerie de Ch. Ant. Jombert. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « De l'Imprimerie de Ch. Ant. Jombert. [...] »
Del'Imprimerie deCh. Ant. Jombert.
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6196
p. 214
AVIS.
Début :
Le changement de demeure du sieur Garrot, qui possede seul le secret [...]
Mots clefs :
Eau des Sultannes, Changement, Adresse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVIS.
AVIS.
E changement de demeure du fieur Garrot, qui
poffede feul le fecret de l'Eau des Sultanes , eſt une
raifon de l'annoncer de nouveau. Il demeure actuellement
rue des Deux-Ponts , Ile Saint-Louis ,
entre un Marchand Paperier & un Chaircutier , au
premier étage. Il prie les perfonnes qui lui écri
ront d'affranchir leurs lettres . On ne répétera point
toutes les bonnes qualités de cette Eau ; la principale
eft de rafraîchir , de raffermir & d'embellir
la peau. Le prix du flacon eft de 6 liv. & celui du
demi-flacon 3 liv.
E changement de demeure du fieur Garrot, qui
poffede feul le fecret de l'Eau des Sultanes , eſt une
raifon de l'annoncer de nouveau. Il demeure actuellement
rue des Deux-Ponts , Ile Saint-Louis ,
entre un Marchand Paperier & un Chaircutier , au
premier étage. Il prie les perfonnes qui lui écri
ront d'affranchir leurs lettres . On ne répétera point
toutes les bonnes qualités de cette Eau ; la principale
eft de rafraîchir , de raffermir & d'embellir
la peau. Le prix du flacon eft de 6 liv. & celui du
demi-flacon 3 liv.
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Résumé : AVIS.
L'avis informe du déménagement du sieur Garrot, détenteur du secret de l'Eau des Sultanes, rue des Deux-Ponts, Île Saint-Louis. L'Eau des Sultanes rafraîchit, raffermit et embellit la peau. Un flacon coûte six livres, un demi-flacon trois livres.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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6197
p. 214
APPROBATION.
Début :
J'ai lu, par ordre de Monseigneur le Chancelier, le second Mercure du mois [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : APPROBATION.
APPROBATION.
J'ai lu , par ordre de Monfeigneur le Chancelier;
le fecond Mercure du mois d'Octobre , & je n'y
ai rien trouvé qui puiffe en empêcher l'impreffion.
A Paris , ce 16 Octobre 1758. GUIROY
J'ai lu , par ordre de Monfeigneur le Chancelier;
le fecond Mercure du mois d'Octobre , & je n'y
ai rien trouvé qui puiffe en empêcher l'impreffion.
A Paris , ce 16 Octobre 1758. GUIROY
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6198
p. 214-216
TABLE DES ARTICLES.
Début :
Article Premier. Pieces Fugitives en Vers et en Prose. Vers sur la [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TABLE DES ARTICLES.
TABLE DES ARTICLES.
ARTICLE PREMIER.
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSI.
VERS fur la mort de M. le Comte de Broglie ,
page s
L'Amour , la Beauté & la Laideur, Fable , 6 &
Héroïde. Canacée , fille d'Eole , roi des vents à
21-5
fon frere Macarée . Imitation d'Ovide , ibid.
L'Amour & les Oifeleurs , 13
Boutade,fur la fauffe félicité , 14
Lettre à M...、.16
La Bienfaiſance , Ode à M. le Comte de Saint Florentin
, Miniftre & Secretaire d'Etat , le jour de
S. Louis fa fête , 34
Réponse à cette Question : Lequel est le plus fatisfaifant
defupplanter un Rival aimé , ou de fou
mettre un coeur tout neuf. Par Madame *** , 41
Portrait de l'auteur des vers précédens ,
Caracteres diftinctifs de l'Efprit & de l'imagination
, par M. N. P. F. de I.
44
45
Extrait d'une lettre d'an Gentilhomme Anglois ,
ci -devant au ſervice de France , à un de fes amis
à Paris ,
I
Vers par M. Gaillard ,
49
505.1
Vers à Mlle Pouponne de Molac de l'Eftival , par
le Montagnard des Pyrénées ,
Vers à Mademoiſelle de J.
54
5.6
Lettre à l'Auteur du Mercure , & Vers par M. Anneix
de Souvenel ,
Le
57
59
voyage manqué , Conte par une Penfionnaire
de Breft ,
6.2
De la force de la nouveauté & de celle de la coutume
, par M. le M..is de G. à Béthune ,
Explication de l'Enigme & du Logogryphe du
premier volume du Mercure d'Octobre ,
Enigme ,
Logogryphe ,
Pot-pourry,
Chanfon ,
? 71
72
73
75
76
ART. II. NOUVELLES LITTERAIRES.
Suite de l'Extrait du Voyage d'Italie , par M. Co-
77 chin ,
Suite de l'ami des Hommes , quatrieme partie.
216
Réponses aux objections contre les Mémoires
fur les Etats provinciaux ,
Oraifon funebre de M. le Comte de Gifors ,
99
116
125
Extrait des recherches fur les moyens de refroidir
les liqueurs ,
Difcours qui a remporté le prix d'Eloquence de
l'Académie Françoife , en l'année 1758 , par
M. Soret , Avocat , 130
Autres indications de Livres nouveaux ; 136 &
fuiv.
ART. III. SCIENCES ET BELLES LETTRES.
Grammaire. Profpectus d'une nouvelle Méthode
d'enfeigner le Latin , par M. l'Abbé Legeron ,
143
Médecine. Lettre à l'Auteur du Mercure , 153
Séance publique de l'Académie des Sciences &
Belles- Lettres de Montauban ,
Affemblé publique de l'Acad. des Belles -Lettres
de Montauban ,
ART. IV . BEAUX-ARTS.
Pharmacie. Lettre à l'Auteur du Mercure ,
Deffein &c.
Gravure &c.
ART. V. SPECTACLES.
Opera ,
Comédie Françoife ,
Comédie Italienne ,
Opera Comique ,
ARTICLE VI.
158
160
165
170
171
181
182
192
197
Nouvelles étrangeres ,
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c ,
Mariage & Morts,
Avis ,
203
208
ibid.
211
ARTICLE PREMIER.
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSI.
VERS fur la mort de M. le Comte de Broglie ,
page s
L'Amour , la Beauté & la Laideur, Fable , 6 &
Héroïde. Canacée , fille d'Eole , roi des vents à
21-5
fon frere Macarée . Imitation d'Ovide , ibid.
L'Amour & les Oifeleurs , 13
Boutade,fur la fauffe félicité , 14
Lettre à M...、.16
La Bienfaiſance , Ode à M. le Comte de Saint Florentin
, Miniftre & Secretaire d'Etat , le jour de
S. Louis fa fête , 34
Réponse à cette Question : Lequel est le plus fatisfaifant
defupplanter un Rival aimé , ou de fou
mettre un coeur tout neuf. Par Madame *** , 41
Portrait de l'auteur des vers précédens ,
Caracteres diftinctifs de l'Efprit & de l'imagination
, par M. N. P. F. de I.
44
45
Extrait d'une lettre d'an Gentilhomme Anglois ,
ci -devant au ſervice de France , à un de fes amis
à Paris ,
I
Vers par M. Gaillard ,
49
505.1
Vers à Mlle Pouponne de Molac de l'Eftival , par
le Montagnard des Pyrénées ,
Vers à Mademoiſelle de J.
54
5.6
Lettre à l'Auteur du Mercure , & Vers par M. Anneix
de Souvenel ,
Le
57
59
voyage manqué , Conte par une Penfionnaire
de Breft ,
6.2
De la force de la nouveauté & de celle de la coutume
, par M. le M..is de G. à Béthune ,
Explication de l'Enigme & du Logogryphe du
premier volume du Mercure d'Octobre ,
Enigme ,
Logogryphe ,
Pot-pourry,
Chanfon ,
? 71
72
73
75
76
ART. II. NOUVELLES LITTERAIRES.
Suite de l'Extrait du Voyage d'Italie , par M. Co-
77 chin ,
Suite de l'ami des Hommes , quatrieme partie.
216
Réponses aux objections contre les Mémoires
fur les Etats provinciaux ,
Oraifon funebre de M. le Comte de Gifors ,
99
116
125
Extrait des recherches fur les moyens de refroidir
les liqueurs ,
Difcours qui a remporté le prix d'Eloquence de
l'Académie Françoife , en l'année 1758 , par
M. Soret , Avocat , 130
Autres indications de Livres nouveaux ; 136 &
fuiv.
ART. III. SCIENCES ET BELLES LETTRES.
Grammaire. Profpectus d'une nouvelle Méthode
d'enfeigner le Latin , par M. l'Abbé Legeron ,
143
Médecine. Lettre à l'Auteur du Mercure , 153
Séance publique de l'Académie des Sciences &
Belles- Lettres de Montauban ,
Affemblé publique de l'Acad. des Belles -Lettres
de Montauban ,
ART. IV . BEAUX-ARTS.
Pharmacie. Lettre à l'Auteur du Mercure ,
Deffein &c.
Gravure &c.
ART. V. SPECTACLES.
Opera ,
Comédie Françoife ,
Comédie Italienne ,
Opera Comique ,
ARTICLE VI.
158
160
165
170
171
181
182
192
197
Nouvelles étrangeres ,
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c ,
Mariage & Morts,
Avis ,
203
208
ibid.
211
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Résumé : TABLE DES ARTICLES.
Le document présente une table des articles divisée en six sections. La première section rassemble des pièces fugitives en vers et en prose, incluant des poèmes, des fables, des lettres et des réponses littéraires. Parmi les œuvres notables figurent des vers pour la mort du Comte de Broglie, une fable intitulée 'L'Amour, la Beauté & la Laideur', et une ode au Comte de Saint Florentin. La section inclut aussi des extraits de lettres et des portraits d'auteurs. La deuxième section traite des nouvelles littéraires, avec des extraits de voyages, des suites de publications précédentes, des oraisons funèbres, des discours primés et des indications de nouveaux livres. La troisième section aborde les sciences et les belles-lettres, avec des contributions sur la grammaire, la médecine et des séances académiques. La quatrième section se concentre sur les beaux-arts, incluant la pharmacie, la gravure et des lettres adressées à l'auteur du Mercure. La cinquième section liste les spectacles tels que l'opéra, la comédie française, la comédie italienne et l'opéra comique. Enfin, la sixième section couvre les nouvelles étrangères, les nouvelles de la cour et de Paris, ainsi que les annonces de mariages et de décès.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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6199
p. 216
« De l'Imprimerie de Ch. Ant. Jombert. [...] »
Début :
De l'Imprimerie de Ch. Ant. Jombert. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « De l'Imprimerie de Ch. Ant. Jombert. [...] »
De l'Imprimerie de Ch . Ant. Jombert .
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6200
p. 90-131
J. J. Rousseau, Citoyen de Geneve, à M. d'Alembert, de l'Académie Françoise, &c. sur son article Geneve, dans le 7e Volume de l'Encyclopédie, & particuliérement sur le projet d'établir un Théâtre de Comédie dans cette ville, [titre d'après la table]
Début :
J. J. ROUSSEAU, citoyen de Geneve, à M. d'Alembert de l'Académie Françoise, [...]
Mots clefs :
Théâtre, Jean-Jacques Rousseau, Moeurs, Passions, Peuple, Homme, Vertu, Amour, Genève, Spectacle, Société, Hommes, Goût, Coeur, Crime, Scène, Tragédie, Âme, Spectacles, Public, Nature, Plaisir, Raison, Pitié , Humanité, Gens, Caractère, Vice, Exemples, Patrie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : J. J. Rousseau, Citoyen de Geneve, à M. d'Alembert, de l'Académie Françoise, &c. sur son article Geneve, dans le 7e Volume de l'Encyclopédie, & particuliérement sur le projet d'établir un Théâtre de Comédie dans cette ville, [titre d'après la table]
J. J. ROUSSEAU , citoyen de Geneve , à
M. d'Alembert de l'Académie Françoiſe ,
&c. fur fon Article Geneve , dans le feptie
me volume de l'Encyclopédie , & particu
liérement fur le projet d'établir un théâtre
de comédie dans cette ville . A Amfterdam,
chez Marc- Michel Rey.
Celui qui a regardé les Belles - Lettres
comme une caufe de la corruption des
moeurs , celui qui celui qui , pour notre bien , eût
NOVEMBRE. 1758. 9༥
1
voulu nous mener paître , n'a pas dů approuver
qu'on envoyât, fes concitoyens à
une école de politeffe & de goût ; mais fans
nous prévenir contre fes principes , difcutons
les de bonne foi.
93% 33
C'eft pour Geneve qu'il écrit. « Juſtice
» & vérité , voilà les premiers devoirs de
» l'homme. Humanité , patrie , voilà fes
premieres affections. Je paffe fous filence
le premier article de fa Lettre : la Théologie
n'eft pas de ma fphere , mais qu'il
me foit permis de m'étendre un peu fur
l'article des fpectacles , qui en eft le fujet
principal . M. d'Alembert qui eſt Philoſophe
& qui n'eft point fauvage , a propofé aux
Genevois d'avoir un théâtre de comédie.
« Voilà , dit M. Rouſſeau , le confeil le plus
dangereux qu'on pût nous donner ; du
» moins tel eft mon ſentiment , & mes rai-
» fons font dans cet écrit. »
"
De ces raifons les unes font générales ,
les autres particulieres à la conftitution de
Geneve. Impatient de donner à M. R. les
éloges qu'il mérite , je commence par où
il a fini , c'est- à - dire par la feule partie de
fa Lettre , que je trouve concluante .
Je fens tout l'avantage que lui donne
fur fes critiques le ftyle & le ton qu'il a
pris . Indépendamment de la févérité impofante
de fes maximes , il eft peu d'Ecrivains
91 MERCURE DE FRANCE.
か
qui réuniffent à un haut degré l'abondance
, la fimplicité , la vigueur , la précifion
& l'harmonie du ftyle , & quoiqu'il
en dife , on ne s'apperçoit pas que , pour
vouloir être clair & fimple , il fe trouve lâche
diffus. Il me femble qu'il a parlé contre
les fpectacles , avec plus de chaleur qu'il
ne falloit & avec autant d'éloquence
qu'il étoit poffibles mais tout ce qui porte à
faux , fût il écrit par un Démofthene , n'eſt
que de la déclamation . Effayons d'abord
de démêler le vrai. Vous ferez , dit- il à
» M. d'Alembert , le premier Philofophe
qui ait jamais excité un peuple libre ,
» une petite ville & un état pauvre , à fe
charger d'un fpectacle public. » Il fait
voir que Geneve eft hors d'état de foutenir
un fpectacle fans un préjudice réel :
1°. par le petit nombre de fes habitans :
2º. par la modicité de leur fortune : 3 ° . par
la nature de leurs richeffes qui n'étant pas
le produit des biens fonds , mais de l'induftrie
& du commerce , exigent d'eux
une application continuelle : 4° . par le goût
exceffif des Genevois pour la campagne
où ils paffent fix mois de l'année. Il ajoute
qu'il eft impoffible qu'un établiffement fi
contraire aux anciennes maximes de ſa pa-
-trie , y foit généralement applaudi . « Combien
de généreux citoyens verront ,
dit-il
ور
:
NOVEMBRE. 1758.
93 .
93
avec indignation , ce monument du luxe
» & de la molleffe , s'élever fur les ruines
» de notre antique fimplicité ! ... Suppofons
cependant , pourfuit il , fuppofons .
» les comédiens bien établis dans Geneve ,
» bien contenus par nos loix , la comédie
» floriffante & fréquentée ; le premier effet
» fenfible de cet établiffement , fera , comme
je l'ai déja dit , une révolution dans
» nos ufages , qui en produira néceffaire-
» ment une dans nos meurs. Cette révo-
» lution fera - t'elle bonne ou mauvaiſe ?
» c'est ce qu'il eft temps d'examiner . »
30.
t
Au lieu de fpectacles , Geneve a des cercles
ou fociétés de douze ou quinze perfonnes
qui louent à frais communs un ap- ,
partement commode , & où les affociés fe
rendent toutes les après- midi. « Là, chacun
» fe livrant aux amufemens de fon goût ,
» on joue , on caufe , on lit , on boit , on
» fume ; les femmes & les filles fe raffem-
» blent de leur côté tantôt chez l'une , tan-
» tôt chez l'autre ; les hommes , fans être
» fort févérement exclus de ces fociétés , "
ود »s'ymêlentaffezrarement....Maisdès
» l'inftant qu'il y aura une comédie , adieu
» les cercles , adieu les fociétés . Voilà , dit
» M. Rouffeau , la révolution que j'ai pré-
,, dite..... Il avoue que l'on boit beaucoup
, & que l'on joue trop dans les cer
""
94 MERCURE DE FRANCE.
cles ; mais il foutient avec fon éloquence
intrépide , qu'il vaut mieux être ivrogne
que galant , & croit l'excès du jeu
très facile à réprimer , fi le Gouvernement
s'en mêle. Il convient auffi que les femmes,
dans leur fociété , fe livrent volontiers au
plaifir de médire , mais par là même , elles
tiennent lieu de cenfeurs à la République .
" Combien de fcandales publics ne retient
» pas la crainte de ces féveres obferva-
» trices . " Tout cela peut paroître ridicule
à Paris , quoique très fenfé pour Geneve ,
& M. Rouffeau a fur nous l'avantage de
mieux connoître fa patrie.
Il eft vraisemblable qu'en deux ans de
comédie tout feroit bouleversé , c'est- àdire
qu'on n'iroit plus à l'heure du ſpectacle
, fumer , s'enivrer & médire dans les
cercles , & qu'en effet l'agréable vie de Paris
prendroit à Geneve la place de l'ancienne
fimplicité. M. Rouffeau fe plaint déja
qu'on y éleve les jeunes gens à la Françoife.
« On étoit plus groffier de mon
dit - il , les enfans étoient de
» vrais poliffons , mais ces poliffons ont
» fait des hommes qui ont dans le coeur
» du zele
pour fervir la patrie , & du fang
» à verfer pour elle . » M. R. croit être à
Lacédémone. Mais Geneve , ne lui déplaife
, a de meilleurs garans de fa liberté
">
temps ,
t
t
.
NOVEMBRE. 1758. 95
4
que les moeurs de fes citoyens , & grace à
la conftitution de l'Europe , elle n'a pas
befoin d'élever des dogues pour fa garde..
Cependant que le goût du luxe , inféparable
de celui du fpectacle , que fes maximes
de nos tragédies , la peinture comique
de nos moeurs , le filence même & la
gêne qui regnent dans nos aſſemblées , &
qu'il regarde comme indignes de l'efprit
républicain ,, que tous ces inconvéniens.
foient tels qu'il les envifage par rapport à
Geneve , il eft plus en état que nous d'en
juger. Qu'il choififfe à fa patrie les fêtes ,
les jeux , les fpectacles qui lui conviennent
; c'eſt un foin que nous lui laiffons.
Nous applaudiffons à fon zele , nous admirons
ce Patriotifme éclairé , vigilant ,
courageux ; cette éloquence noble & fimple
, qui n'a rien d'inculte & rien d'étudié,
où la douceur & la véhémence , les ima-.
ges & les fentimens , le ton philofophique
& le langage populaire font mêlés avec
d'autant plus d'art , que l'art ne s'y fait
point fentir. Telle eft la juſtice que j'aime
à rendre aux intentions & aux talens de
M. Rouffeau ; & s'il fe fût borné à ce qui «
étoit effentiellement de fon fujet , il n'eût
reçu de moi que des applaudiffemens ; je
n'aurois pas même examiné , pour le louer ,
s'il avoit raifon de s'alarmer du confeil
2
.
96 MERCURE DE FRANCE.
de M. d'Alembert . Un Citoyen qui croit
voir les moeurs de fa patrie en danger , eft
excufable d'être trop timide. Mais que ,
pour détourner les Genevois de l'établiffement
propofé , il leur préfente le théâtre
le plus décent de l'univers comme l'école
du crime , les Poëtes comme des corrupteurs
, les Acteurs comme des gens non
feulement infames , mais vicieux par
état ;
les fpectateurs , comme un peuple perdu ,
& à qui le fpectacle n'eft utile que pour
dérober au crime quelques heures de leur
temps ; c'eft ce que l'évidence de la vérité
peut feule rendre pardonnable. Je crains
bien que M. Rouffeau n'ait écrit toutes
ces chofes dans cette fermentation qu'il
croit appaifée , & qui peut- être ne l'eſt
pas affez . Quoi qu'il en foit , d'autres imiteront
, en lui répondant , l'amertume de
fon ftyle , & croiront être auffi éloquens
que lui , quand ils lui auront dit des injures.
Pour moi , je confi lere qu'il a voulu efftayer
fes concitoyens , & qu'il a oublié Paris
pour ne s'occuper que de Geneve. « Si je
»me trompe dans mon fentiment , dit- il ,>
cette erreur ne peut nuire à perfonne . » Si
elle ne nuit pas à tant de gens qu'il va décrier
, il n'en fait pas moins ce qu'il peut
pour leur nuire : mais il n'a penfé qu'à
Geneve ;
NOVEMBRE . 1758. 97
1
Geneve , du moins j'aime à le croire ainfi :
Je vais donc le fuivre pas à pas , fans humeur
& fans invective.
e
Il confidere d'abord le ſpectacle comme
un amuſement . « Or , dit-il , tout amuſe-
» ment inutile eft un mal pour un être dont
» la vie eft fi courte , & le temps fi pré-
» cieux . » 1 °. Il avouera que ce mal exifte
à Geneve fans le fpectacle , à moins que
boire , jouer & fumer , ne lui femblent des
occupations utiles . 2 °. Un amufement qui
délaffe & confole la vie laborieufe ,qui occupe
& détourne du mal la vie oifive
& diffipée , n'eft pas fans quelque utilité.
3 °. Peut- être y a- t'il des devoirs pour tous
les inftans de la vie , peut- être une heure
de diffipation eft elle un larcin fait à la fociété.
Mais à qui le perfuaderez-vous ? Et
fi la fociété fe relâche elle- même de fes
droits ; fi elle vous dit : J'exige moins, pour
obtenir plus fûrement , plus librement ce
que j'exige ; fi les hommes , pour n'être ni
tyrans , ni efclaves les uns des autres , ſe
permettent par intervalles cet oubli mutuel
& paffager ; s'ils vous répondent enfin
qu'ils ne vivent enfemble que pour être
heureux , & que le délaffement eſt un befoin
de leur foibleffe ; avez - vous à leur
répliquer que vous êtes hommes comine
eux, & que tous vos momens font pleins ?
E
98 MERCURE DE FRANCE.
Je fais qu'il n'y a que l'homme qui broute,
dont la fociété n'ait rien à exiger ; mais
elle n'attend de perfonne une fervitude
affidue. Promenez- vous donc fans remords
deux heures du jour à la campagne , randis
qu'à Paris nous les paffons à entendre
Athalie ou Cinna , le Mifanthrope ou le
Tartufe .
ی د
Un Barbare à qui l'on vantoit la magnificence
du Cirque , & des Jeux éta-
» blis à Rome , demanda : Les Romains
» n'ont-ils ni femmes ni enfans ? le Barbare
» avoit raiſon. » ;
Ce Barbare ne favoit pas que le premier
befoin d'une fociété eft d'être en paix avec
elle -même ; qu'il y avoit à Rome dans les
efprits un principe de fédition , qui ne fe
diffipoit que dans les fêtes , & que lorfqu'un
peuple n'eft pas content , il faut
tâcher de le rendre joyeux. Ce Barbare
auroit condamné les cercles de Geneve
comme les fpectacles de Rome , & il auroit
eu tort.
« Je n'aime point qu'on ait befoin
» d'attacher fon coeur fur la fcene , comme
» s'il étoit mal au dedans de nous. >>
pas
Une bonne confcience fait qu'on ne
craint la folitude , mais ne fait pas
qu'on s'y plaife toujours. Il eft peu d'hommes
qui s'aiment affez pour jouir continuellement
d'eux-mêmes fans langueur &
NOVEMBRE . 1758. 99
fans ennui. L'on a beau être à fon aife au
dedans de foi , l'on y fait fouvent de la
bile. Il n'y a que Dieu dont on puiffe dire,
fefuo intuitu beat ; encore , felon notre foible
maniere de concevoir , a- t'il pris plaifir
à fe répandre.
J'aurois dû fentir , reprend M. Rouf-
" feau , que ce langage n'eft plus de faifon
" dans notre fiecle , tâchons d'en prendre
» un qui foit mieux entendu ... Les fpec-
» tacles font faits pour le peuple , & c'eft
» par leurs effets fur lui , qu'on peut déter-
» miner leurs qualités abfolues... Quant à
l'efpece des fpectacles , c'eft néceffaire-
» ment le plaifir qu'ils donnent , & non
» leur utilité qui la détermine.
"
C'eſt au Poëte à rendre l'utile agréable ,
& tous les bons Poëtes y ont réuffi : les
détails en vont être la preuve.
399
D
39
La fcene en général eft un tableau
» des paffions humaines dont l'original
eft dans tous les coeurs ; mais fi le Peintre .
» n'avoit foin de flatter ces paffions , les
fpectateurs feroient bientôt rebutés , &
» ne voudroient plus fe voir fous un af-
» pect qui les fit méprifer d'eux- mêmes.
Que s'il donne à quelques unes des cou-
» leurs odieufes , c'eft feulement à celles
qui ne font point générales & qu'on hait
» naturellement... Et alors ces paffions de
È ij
100 MERCURE DE FRANCE.
29
rebut font employées à en faire valoir
» d'autres, finon plus légitimes , du moins
plus au gré des fpectateurs. Il n'y a que
» la raifon qui ne foit bonne à rien fur la
» fcene. Un homme fans paffions , ou qui
» les domineroit toujours , n'y fçauroit in-
" téreffer perfonne ... Qu'on n'attribue
pas au théâtre le pouvoir de chan-
» ger des ſentimens ni des moeurs qu'il ne
» peut que fuivre & embellir . ».
ور
donc
La fcene eft un tableau des paffions
dont le germe eft dans notre coeur : voilà
le vrai ; mais l'original du tableau eft dans
le coeur de peu de perfonnes. S'il n'y avoit
à la cour que des Narciffes , Britannicus
n'y feroit point fouffert ; s'il n'y avoit que
des Burrhus , Britannicus y feroit inutile ;
mais il y a des hommes vaguement ambitieux
& irréfolus encore , ou mal affermis.
dans la route qu'ils doivent fuivre ; c'eft
pour ceux-là que Britannicus eft une leçon ,
& n'eft point une infulte.
Il y a partout des paffions nationales &
conftitutives de la fociété; tel étoit l'amour
de la domination chez les Romains , l'amour
de la liberté chez les Grecs , l'amour
du gain chez les Cartaginois ; tel eft parmi
nous l'amour de la gloire ou du moins
celui de l'honneur. Il eft certain que le
théâtre doit ménager , flatter même ces
NOVEMBRE . 1758. 101
paffions , s'il veut gagner la faveur du
Public ; rien n'eft plus naturel ni plus jufte .
Quelqu'un eût-il réuffi à crier au milieu
de Sparte , que la fervitude étoit le renverfement
de tous les droits de la nature , &
qu'il étoit horrible de chaffer , de tirer aux
Ilotes comme aux bêtes fauves ? L'apôtre
d'une morale oppofée au génie , au caractere
, au gouvernement d'une Nation en
eft communément , ou le jouet , ou le martyr
. On le bafoue , fi on le méprife ; on le
chaffe , fi on le craint ; on le punit , s'il
s'obſtine à troubler l'ordre : fi la fociété
lui déplaît , c'eſt à lui de s'en éloigner. Il
eft fenfé que ce qui conftitue les moeurs
nationales d'un peuple , convient à ce peuple
; nul homme privé n'a droit de lui en
demander compte ; & fi l'on donne à ce,
peuple des leçons douces & modeftes , ce
n'eft qu'autant qu'il le veut bien . Mais
toute paffion qui ne tient point à ce caractere
général , eft livrée à la cenfure du
théâtre. La haine , la vengeance , l'ambition
perfonnelle , la baffe envie , l'amour
effréné , l'orgueil tyrannique , toute ce qui
attente à la fociété , tout ce qui lui nuit ,
tout ce qui peut lui nuire les vices les
plus répandus , les travers les plus à la
mode , tout cela peut être attaqué fans ménagement.
Plus la peinture en eft vive , &
E iij
102 MERCURE DE FRANCE.
la fatyre accablante , plus le fpectacle eft
applaudi.
Il eft une paffion contre laquelle il feroit
abfurde de fe déchaîner fans réſerve
c'eft la paffion de l'amour ; & e'eft la feule
dont M. R. ait pu dire qu'on la fait valoir
au théâtre au dépend de celles qu'on y
peint avec des couleurs odieufes. Nous
aurons lieu d'examiner dans la fuite quant
& comment l'amour eft intéreffant fur la
fcene , & pourquoi il y eft protégé.
Il en eft des goûts , des opinions , des
ridicules nationaux , qui ne font en euxmêmes
ni bien , ni mal , comme des paffions
nationales dont je viens de parler.
La fociété qui les adopte , fe les rend perfonnels
, & il n'eft pas raifonnable de voudoir
qu'elle foit la fable d'elle - même..
Ainfi , par exemple , celui qui , au milieu
de Pekin, iroit ſe moquer de l'architecture
Chinoife , & traiter d'imbécilles tous ceux
qui habitent fous ces toits fans fymmétrie
& fans proportion ; celui- là , dis-je , ne
feroit pas fage : il auroit peut-être raifon
partout ailleurs ; mais à Pekin , il auroit
tort.
Ainfi tout n'eft pas du reffort du théâtre
; c'eſt l'école des citoyens , & non cellede
la république . Voilà , ce me ſemble ,
quelle eft la diftinction réelle entre les.
NOVEMBRE. 1758. 103
moeurs que l'on doit ménager fur la fcene ,
& celles qu'on y peut cenfurer. Si la
conftitution politique eft mauvaife , fi les
moeurs fondamentales font altérées ou
corrompues dans leur maffe , le théâtre n'y
peut rien , je l'avoue ; mais en attaquant
les vices épars & les paffions naiffantes ,
le théâtre ne peut- il pas affoiblir le poiſon
dans fa fource ne peut- il pas arrêter ou
ralentir la contagion de l'exemple ? C'eſt
ce qui reste à examiner.
M. Rouffeau attribue à Moliere & à
Corneille des ménagemens auxquels je fuis
bien convaincu que ni l'un , ni l'autre
n'avoient penfé. Ils ont écrit Pour
fiecle , fans doute ; ils en ont confulté
les moeurs & le goût : c'eft à-dire qu'ils
ont pris dans l'opinion de leur fiecle les
moyens de l'affecter , de l'intéreffer à leur
gré. Par exemple , quoiqu'il foit vrai
qu'Electre puifoit de l'eau & qu'Achile
faifoit griller fes viandes ; comme l'un &
l'autre répugne à l'idée que nous avons
d'un Héros & d'une Princeffe , le Poëte
s'accommode à nos moeurs en s'éloignant
des moeurs anciennes , & nous fait voir
Achile & Electre , tels à peu près que
nous les imaginons . Corneille , en expofant
aux yeux des François le fujet de Théodore
, avoit perdu de vue cette regle des
E iv
104 MERCURE DE FRANCE.
convenances , & lui - même il l'a reconnu.
Voilà quelle eft la condefcendence que ces
Poëtes ont eue pour les moeurs de leur
fiecle .
Mais quel eft le vice qu'ils ont menagé ?
quelle eft la paffion qu'ils ont flattée ? Si
Moliere avoit eu la timide circonfpection
qu'on lui attribue , eût - it jamais démafqué
l'hypocrite ? Dans le Cid , Corneille
autorife le duel ; mais dans un fils qui
venge fon pere , & qui réduit à l'alternative
de deux devoirs oppofés , préfere le plus
inviolable. Ce n'eft pas la vengeance , c'eſt
la piété qui fe fignale dans le Cid , & qui
enleve les applaudiffemens .
Le duel et un uſage barbare ; mais ,
l'ufage établi , l'honneur de Don Diegue
mortellement offenfé , il n'étoit pas plus
permis au Cid de pardonner l'infulte faite
à fon pere , que de lui enfoncer lui même
le poignard dans le fein. C'eſt donc un
acte de vertu , & le devoir le plus facré de
la nature , qui eft recommandé dans cette
Tragédie , l'une des plus morales & des
plus intérelfantes qui ayent paru fur aucun
théâtre du monde.
Si quelque chofe peut faire fentir la
barbarie du point d'honneur , c'eſt l'affreufe
néceffité où ce préjugé réduit le
Cid ; mais il eft aifé de voir pourquoi
NOVEMBRE . 1758. 105
T
Corneille a refpecté dans les Efpagnols ,
& devant les François , une opinion adhérente
au principe fondamental de la monarchie.
" Si les chef d'oeuvres de ces Auteurs
» ( Corneille & Moliere ) étoient encore
» à paroître , ils tomberoient infaillible-
» ment aujourd'hui , dit M. Rouffeau , &
» fi le public les admire encore , c'eft plus
»par honte de s'en dédire , que par un
" vrai fentiment de leurs beautés. »
M. Rouffeau a- t'il pu croire , a-t'il voulu
nous perfuader que nous faifons femblant
de rire , de pleurer , de frémir à ces fpectacles
? Et le public , pour fçavoir s'il s'amufe
ou s'il eft ému , fera-t'il obligé de
demander comme ce jeune étranger à fon
Mentor : Mon Gouverneur , ai - je bien du
plaifir ? M. Rouffeau mérite qu'on lui réponde
plus férieufement ; mais faut - il
auffi nous réduire à prouver que Cinna ,
Polieucte , le Mifanthrope , le Tartufe
&c. nous intéreffent & nous enchantent.
Quand même l'impreffion en feroit affoiblie
, combien de caufes peuvent y contribuer
, qui n'ont rien de commun avec les
meurs L'affertion eft laconique ; la difcuffion
ne le feroit pas.
S'il eft vrai que fur nos théâtres la
meilleure Piece de Sophocle tomberoit
E v
o MERCURE DE FRANCE:
•
tout à plat , ce n'eft point par la raiſon
qu'on ne fçauroit fe mettre à la place de
gens qui ne nous reffemblent point. Car
au fonds toutes les meres reffemblent à Jocafte
, tous les enfans reffemblent à dipe
, en ce qui fait l'intérêt & le pathétique
de la tragédie de Sophocle , & je ne
penfe pas qu'on nous foupçonne d'avoir
moins d'horreur que les Grecs pour le parricide
& l'incefte.
39
Ce n'est donc pas le fonds , mais la fuperficie
des moeurs qui a changé , & c'eft
en quoi le Poëte eft obligé de confulter
le goût de fon fiecle : mais ceci demandes
roit encore un long détail pour être expli
qué. «Il s'enfuit de ces premieres obfer
» vations , dit M. Rouffeau , que l'effet
général du fpectacle eft de renforcer le
» caractere national , d'augmenter les in-
» clinations naturelles , & de donner une
»> nouvelle énergie aux paffions. Cette
conclufion a trois parties ; la premiere eft
vraie dans un fens : le théâtre ménage ,
favorife les moeurs nationales , les fortifie ,
& c'eft un bien. Car les moeurs nationalés
tiennent à la conftitution politique ,
& celle-ci fût- elle mauvaiſe , tout citoyen
doit concourir à en étayer l'édifice , en attendant
qu'il foit reconftruit. Si Tunis ne
pouvoit fubfifter que par le pillage , la pi-
23
NOVEMBRE. 1758. 107
+
raterie devroit être en honneur fur le
théâtre de Tunis : mais fi par les moeurs
nationales , on entend des habitudes étrangeres
ou nuifibles au génie du Gouvernement
& au maintien de la fociété , je
n'en vois point , comme je l'ai dit , que le
théâtre favorife ; je n'en vois point que le
public ne permette de cenfurer . Toutes les
inclinations pernicieufes font condamnées
au théâtre , toutes les paffions funeftes y
infpirent l'horreur , toutes les foibleffes
malheureuſes y font naître la pitié & la
crainte. Les fentimens qui , de leur nature,
peuvent être dirigés au bien & au mal ,
comme l'ambition & l'amour , y font peints
avec des couleurs intéreffantes ou odieufes
, felon les circonftances qui les décident
ou vertueux , ou criminels. Telle eft
la regle invariable de la fcene tragique ,
& le Poëte qui l'auroit violée , révolteroit
tous les efprits c'eft un fait que je vais
rendre fenfible dans peu , par les exemples
même que M. Rouffeau a choifis.
22
Сс
:
Je fçais , dit- il , que la poétique du
théâtre prétend faire tout le contraire ,"
» & purger les paffions en les excitant ;
» mais j'ai peine à bien concevoir cette
regle. Seroit-ce que pour devenir tem-
» pérant & fage , il faut commencer par
> être furieux & fou ? "
Evj
108 MERCURE DE FRANCE.
+
M. Rouffeau étoit de bonne foi : je n'en
doute pas . Mais n'étoit- il pas trop animé
du zele patriotique , en écrivant ces chofes
étranges ? Perfonne ne fçait mieux que
lui , qu'à Sparte , pour préferver les enfans
des excès du vin , on leur faifoit voir des
efclaves dans l'ivreffe. L'état honteux de
ces efclaves , infpiroit aux enfans la crainte
ou la pitié , ou l'une & l'autre en même
temps ; & ces paffions étoient les préfervatifs
du vice qui les avoit fait naître . L'arti
fice du théâtre n'eft autre chofe , & M.
Rouſſeau en est bien inftruit. Dira- t'il que
pour rendre leurs enfans tempérans & fales
Spartiates les rendoient furieux &
ges
fous ?
ود
сс« Il ne faut , dit il , pour fentir la mau-
» vaife foi de ces réponfes , que confulter
» l'état de fon coeur à la fin d'une tragé
» die. " Hé bien , je choifis les trois Pieces
du théâtre où la plus féduifante des
paffions eft exprimée avec le plus de chaleur
& de charmes , Ariane , Ines & Zaïre:
je de nan le à M. Rouffeau s'il croit
que l'impreffion qui en refte foit une difpofition
à ce que l'amour a de vicieux ?
Que feroit ce fi je parcourois les tragédies
où la jaloufie fombre & cruelle , où la vengeance
atroce , où l'ambition forcenée ne
paroiffent qu'entourées de furies , & déNOVEMBRE
. 1758. 109
chirées de remords ? M. Rouffeau a- t'il
confulté fon coeur à la fin de Polieucte ,
de Cinna , d'Athalie , d'Alzire , de Mérope
: Eft- ce le goût du vice , où l'amour de
la vertu , que ces fpectacles y excitent ?
J'attefte M. Rouffeau lui -même , en fuppofant
, comme de raiſon , qu'il ne fe croit
pas plus incorruptible que nous.
Mais voici bien un autre paradoxe .
« Toutes les paffions font foears ; une feule
» fuffic pour en exciter mille , & les com-
» battre l'une par l'autre , n'eft qu'un
» moyen de rendre le coeur plus fenfible à
ود
» toutes. »
Obfervons d'abord qu'il s'agit de la terreur
& de la pitié , qui font les refforts
du pathétique. Ainfi tout ce qui excite en
nous la pitié , nous difpofe à la vengeance;
ainfi la crainte que nous infpirent les
forfaits de l'ambition , les lâches complots
de l'envie , les projets fanglans de la haine,
cette crainte , dis- je , eft elle- même le germe
des paffions qui la font naître. Eft- ce
dans la tête d'un Philofophe que tombent
de pareilles idées ? La fenfibilité fans doute
eft la bafe des affections criminelles ;-
mais elle l'eſt de même des affections vertuenfes.
Tout ce qui l'excite la rend féconde
, mais elle produit des baumes ou
des poiſons , felon les femences qu'on
FIO MERCURE DE FRANCE.
jette dans l'ame , & s'il eft des ames qui
corrompent tout , ce n'eft pas la faute du
théâtre.
و و
« Le feul inſtrument qui ferve à les pur-
" ger ( les paffions ) , c'eſt la raiſon , &
j'ai déja dit que la raiſon n'avoit nul
» effet au théâtre. » Voilà deux affertions >
également dénuées de preuve , & qui toutes
deux en avoient grand befoin . Je demande
à M. Rouffeau , fi la raifon ellemême
a quelque moyen plus fûr de contenir
une paffion , que de lui oppofer pour
contrepoids la crainte des dangers , & des
remords, qui l'accompagnent ? Eft- ce par
des calculs géométriques ? eft - ce par des
définitions idéales que la raifon corrige les
moeurs ?
1
Quant au fait que M. Rouffeau
avance
pour la feconde fois , qu'il nous dife s'il
regarde le rôle de Caton , dans la tragédie
d'Adiffon , comme déplacé au théâtre ? Ce
rôle fi intéreffant
& fi beau , eft la raifon
& la vertu même . Il eft auffi calme qu'il
eft pathétique , & fi l'héroïfme en étoit
moins tranquille , il feroit beaucoup moins
touchant. Mais pourquoi recourir au théâ
tre Anglois ? Toutes les vertus , fur la fce--
ne Françoife , n'ont elles pas leurs maximes
pour regle ? n'y voit - on que des furieux
ou des fanatiques ? L'humanité , la
NOVEMBRE. 1758.
r
grandeur d'amé , l'amour de la patrie ,
L'enthousiasme même de la religion , n'y
font- ils pas auffi éclairés , auffi raifonnés
qu'ils peuvent l'être fans froideur ? M.
Rouffeau ne fe fouvient- il plus d'avoir entendu
Zopire , Alvarès , Polieuce , Burthus
, & c. ?
99
« Qu'on mette , dit- il , pour voir , fur
» la fcene Françoife , un homme droit &
>> vertueux , mais fimple & groffier... qu'on
» y mette un fage fans préjugés , qui ayant
reçu un affront d'un fpadaffin , refuſe
» de s'aller faire égorger par l'offenfeur ;
» & qu'on emploie tout l'art du théâtre
pour rendre ces perfonnages intéreffans .
comme le Cid au peuple François , j'au
» rai tort fi l'on réuffit.
و د
On ne réuffira point , & vous aurez
tort : 1 ° . la groffiéreté n'eft bonne à rien ,
nous la rejettons de la fociété & du théâ
tre : 2°. le fage eft un perfonnage fort refpectable
, mais la bravoure eft une de ces
qualités nationales que le théâtre François
doit honorer. Si le fage eft un Thémiftocle
, nous l'admirerons ; s'il n'eft que patient
ou timide , il n'eft pas digne d'occu
per la ſcene. En un mot , l'homme fans:
préjugés attaquera les nôtres , & il en eft:
que l'on doit refpecter. Mais indépendam--
ment de ces convenances , l'intérêt doie:
112 MERCURE DE FRANCE.
naître de l'émotion or un caractere que
rien n'émeut , ne fçauroit nous émouvoir ,
à moins qu'il ne foit dans une fituation pareille
à celle de Caton : Colluctantem cum
aliquâ calamitate. D'ailleurs la pitié , ce
fentiment fi naturel & fi tendre , nous touche
plus que l'admiration : ainfi quelque
empire qu'ait fur nous la raifon , il ne
s'enfuit pas qu'elle doive être auffi pathé
tique , auffi théâtrale que l'amour combattu
par l'honneur , tel qu'il nous eft
peint dans le Cid .
La conféquence que M. Rouffeau déduit
de tout ce que l'on vient de lire , eſt
que « le théâtre purge les paffions qu'on
» n'a pas, & fomente celles qu'on a . Ne
» voila t'il pas , ajoute - t'il , un remede
» bien adminiftré ? » Si fes principes
étoient bien établis , la conféquence en feroit
évidente ; mais heureuſement pour
nous , ni les Auteurs , ni le théâtre ne font
auffi méchans qu'il le croit.
و
"3
« Mais en fuppofant les fpectacles auffi
parfaits , & le peuple auffi bien difpofé
qu'il foit poffible , encore , dit M. Rouf-
"feau , ces effets fe réduiroient- ils à rien ,
» faute de moyens pour les rendre fenfi-
»bles. Je ne fçache que trois inftrumens
» à l'aide defquels on puiffe agir fur les
» moeurs d'un peuple ; fçavoir , la force
NOVEMBRE . 1758. 113
» des loix , l'empire de l'opinion , & l'at-
» trait du plaifir : or les loix n'ont nul ac-
» cès au théâtre... L'opinion n'en dépend
point... Et quant au plaifir qu'on y peut
prendre , tout fon effet eft de nous y ra-
» mener plus fouvent . »
ود
ود
Suivons s'il eft poffible , le fil de ces
idées , & voyons d'abord quelle eft la fuppofition
le fpectacle auffi parfait qu'il peut
l'être , c'est-à- dire fans doute , l'innoncence
& le crime , le vice & la vertu , les bons
& les mauvais exemples préfentés fous le
point de vue le plus moral. Le peuple auffi
bien difpofe , c'est- à- dire au moins avec ce
goût général de la vertu , & cette averfion
pour le vice , qui préparent le coeur
humain à recevoir les impreffions de l'une,
& à repouffer les atteintes de l'autre
quand la vertu lui eft préfentée avec fes
charmes , & le crime avec fon horreur,
Cela pofé, qu'eft- il befoin de la force des
loix , & de l'empire de l'opinion , pour
lui faire goûter des peintures confolantes
pour les bons , & effrayantes pour les méchans
? L'attrait d'un plaifir honnête ne lui
fuffit- il pas pour le ramener à un ſpectacle
, felon fon coeur , où la vertu qu'il
aime , eſt comblée de gloire, où le vice qu'il
hait, ne fe montre que chargé d'opprobre ,
& malheureux même dans fes fuccès ?
114 MERCURE DE FRANCE.
Parmi les inftrumens à l'aide defquels on
peut agir fur les moeurs , M. Rouffeau a
obmis le plus puiffant , qui eft l'habitude.
Des affections répétées naiffent les inclinations
, & celles - ci décidées au bien ou au
mal , conftiruent les moeurs bonnes ou
mauvaiſes. Tel eft l'infaillible effet des
émotions que le théâtre nous caufe , quelques
paffageres qu'elles foient , il en refte
au moins une foible empreinte , & les mêmes
traces approfondies , fe gravent fi
avant dans l'ame , qu'elles lui deviennent
comme naturelles : mais eft- il befoin de
prouver quel eft l'empire de l'habitude ,
& M. Rouffean lui - même peut - il fe le
diffimuler ?
ور
ود
Il attribue , en paffant , aux Acteurs de
Opera , un reffentiment un peu vif de
l'ennui qu'ils lui ont caufé. «Néron , chan-
» tant au théâtre , faifoit égorger ceux qui
» s'endormoient.... Nobles Acteurs de
l'Opera de Paris , ah ! fi vous aviez joui
» de la puiffance impériale , je ne gémirois
pas maintenant d'avoir trop vécu . »
Il faut que M. Rouffeau attache à fon fommeil
une prodigieufe importance , ou qu'il
ne lui en coûte guere pour imaginer des
affaffins.
"
" Le Théâtre rend la vertu aimable ...
opere un grand prodige de faire ce
NOVEMBRE. 1758. 115
que
la vertu & la raifon font avant lui.
» Les méchans font haïs fur la fcene ; fontils
aimés dans la focié:é ?
J'obferve 1°, que fi tous les hommes aiment
la vertu , & déteftent le vice de cet:
amour actif & de cette haine véhémente
que l'on refpire au Théâtre , tous les hommes
ont de bonnes moeurs ; & fi M. Rouffeau
peut me le perfuader , j'aurai autant
de plaifir que lui à le croire. 2°. Que ficet
amour & cette haine font afſoupis dans l'ame
, les impreffions du Théâtre font un
bien en les réveillant. 3 ° . Que fi l'on n'aime
la vertu , & fi l'on ne hait le vice que
dans autrui , comme il le fait entendre ,
le grand avantage du Théâtre eft de nous
ramener en nous - mêmes par la terreur & la
pitié; de nous mettre à la place du perfonnage
dont les égaremens nous effrayent , ou
dont nous plaignons les malheurs ; en un
mot de nous rendre perfonnels cette haine
& cet amour que le vice & la vertu nous
infpirent quand nous les voyons dans autrui
.
30
7
Je doute que tout homme à qui l'on
expofera d'avance les crimes de Phedre
» & de Médée, ne les détefte plus encore au
» commencement qu'à la fin de la piece ; &
» fi ce doute eft fondé , que faut-il penfer
de cet effet fi vanté du Théâtre ? :
و ر
116 MERCURE DE FRANCE.
Ce ne font pas les crimes , ce font les
criminels que l'on détèfte moins à la fin de
la piece l'art du Théâtre les rapproche
de nous , en les conduifant pas à pas , & par
des paffions qui nous font naturelles aux
forfaits monftrueux dont nous fommes
épouvantés : & c'eſt en cela même que ces
exemples du danger des paffions nous deviennent
perfonnels . Une mere qui égorge
fes enfans , une femme inceftueufe & adultere,
qui rejette fur l'objet vertueux de cet
amour déteſtable , toute l'horreur qu'elle
doit infpirer, ces caracteres, feulement annoncés
, font auffi éloignés de nous , que
celui d'une lionne ou d'une vipere. Il n'eſt
point de femme qui appréhende de tomber
dans cet excès d'égarement ; mais quand
les gradations en font bien ménagées ,
quand on voit l'ame de Phedre ou de Médée
agitée des mêmes fentimens qui s'élevent
en nous , fufceptible des mêmes retours
, combattue des mêmes remords ,
s'engager peu à peu , & fe précipiter enfin
dans des crimes qui révoltent la nature ,
nous les plaignons comme nos femblables,
& ce retour fur nous - mêmes,qui eft le principe
de la pitié , eft auffi celui de la crainte.
«Que toutes ces vaines prétentions approfondies
font puériles & dépourves de
» fens , s'écrie M. Rouffeau ! Quant à moi
??
NOVEMBRE. 1758. 117
, dût-on me traiter de méchant encore
» une fois,pour ofer foutenir que l'homme
» eſt né bon ; je le penfe , & je crois l'a-
» voir prouvé. La fource de l'intérêt qui
» nous attache à ce qui eft honnête , &
nous infpire de l'averfion pour le mal ,
» eft en nous , & non dans les pieces.
C
39
Oui , fans doute , la fource en eft en
nous , mais l'art du Théâtre la purifie & la
dirige par la terreur & la pitié. L'homme
eft né bon , je le crois , mais a- t'il confervé
ce caractere? Si les traits en font altérés ,
affoiblis , effacés par des habitudes vicieuſes
; quelle morale plus vive , plus fenfible
, plus pénétrante que celle du Théâtre
, peut en renouveller l'empreinte ? Si
cette morale eft faine & pure , elle n'eſt
donc pas infructueufe ? L'homme eft né bon ;
& c'estpour cela même que les bons exemples
lui font utiles , ils n'auroient point de
prife fur fon ame fi la nature l'avoit fait
méchant. En un mot ou toute inftruction
eft fuperflue , ou celle, du Théâtre , comme
la plus frapante , doit être auffi la plus falutaire
; telle étoit du moins la prétention
de Corneille toute vaine & puérile que M.
Rouffeau la fuppofe : peut être mieux approfondie
,, y eût - il trouvé plus de bon
fens ? 1
Le coeur de l'homme eft toujours droit
18 MERCURE DE FRANCE.
و د
fur ce qui ne fe rapporte pas perfonnelle
ment à lui ... c'eft quand notre intérêt
s'y mêle , que nous préférons le mal qui
nous eft utile , au bien que nous fait ai
» mer la nature . Que va donc voir le méchant
au fpectacle ? précisément ce qu'il
» voudroit trouver partout : des leçons de
vertu pour le Public dont il s'excepte ,
» & des gens immolant tout à leur devoir ,
» tandis qu'on n'exige rien de lui . »
J'avoue que pour ce méchant déterminé
il n'y a de bonne école que la greve . Mais
ce méchant eft plus jufte que M. Rouſſeau
dans l'opinion qu'il a du Public , puifqu'il
jouit au fpectacle du plaifir de voir former
d'honnêtes gens dont la probité lui ſera
utile.
Quand à l'intérêt perfonnel , il n'éclipfe
jamais totalement les faines lumieres de la
confcience ; & plus l'homme eft exercé à
difcerner le jufte & l'injufte dans la cauſe
d'autrui , moins il eft expofé à s'y méprendre
dans la fienne. Pour celui qui eft injufte
avec pleine lumiere, ou fa corruption
eft fans remede , ou l'habitude du Théâtre
doit réveiller dans fon ame l'effroi ,
la honte & les remords . Je ne pense pas du
refte que M. Rouffeau fuppofe dans le
commun des fpectateurs une fcélérateffe
tranquille ; je lui demanderois où il auroit
pris cette idée de l'humanité ?
+
NOVEMBRE, 1758. 119
یو
ور
Quelle eft cette pitié, dit- il, en parlant
de celle qu'infpire la Tragédie ? Une émo-
» tion paffagere & vaine , qui ne dure pas
plus que
l'illufion qui l'a produite ; un
" refte de fentiment naturel étouffé bientôt
par les paffions ; une pitié ſtérile qui
» fe repaît de quelques larmes , & n'a ja-
» mais produit le moindre acte d'humanité,
»
"
25
C'eft comme fi je difois que la difcipline
de Sparte ou de Rome n'a jamais produit
aucun acte de valeur. N'eft- ce pas dans l'un
& dans l'autre cas , une impreflion habituelle
qui modifie l'ame , & nous fait contrafter
infenfiblement le caractere qui lui
eft analogue ? Si la fréquentation du Théâtre
n'influe pas fur les moeurs , il doit en
être de même du commerce des hommes ;
& dès- lors que devient tout ce qu'on nous
dit de la force de l'exemple ?
« Au fonds , quand un homme eft allé
admirer de belles actions dans des fa-
« bles , & pleurer des malheurs imaginaires
, qu'a t'on encore à exiger de lui
» N'eft- il pas content de lui- même ? Ne
s'applaudit-il pas de fa belle ame ? Ne
» s'eft- il pas acquitté de tout ce qu'il doit
à la vertu par l'hommage qu'il vient de
lui rendre ? Que voudroit- on qu'il fît de
plus? qu'il la pratiquât lui-même ? il n'
33
39
120 MERCURE DE FRANCE.
point de rôle à jouer ; il n'eſt pas Comé-
» dien.
ود
Sur qui tombe cette ironie infultante ?
Eft-ce à Paris que M. R. a trouvé tous les
devoirs de l'humanité réduits à l'attendriffement
qu'on éprouve au ſpectacle ? Il fait
que le peuple y eft doux , humain , ſecoucourable,
autant qu'en aucun lieu du monde
; il doit favoir que les honnêtes
gensy
ont le coeur affez bon pour tolérer , plaindre
& foulager ceux même qui les calomnient
, & il auroit pu attribuer à la fréquentation
duThéâtre quelques nuances de
ce caractere généreux & compâtiſſant qu'il
a reconnu dans les François.
« On ſe croiroit , ajoute- t'il , auffi ri-
» dicule d'adopter les vertus de fes Héros ,
» que de parler en vers , & d'endoffer un
» habit de théâtre . » Encore un coup , où
a- t'il vu cela ? Se croiroit- on ridicule d'être
humain comme Alvares , & vertueux
comme Burrhus .. M.Rouffeau le penfe- t'il?
Eft-ce à lui de nous croire des monftres ? Le
gigantefque qui eft ridicule au Théâtre , le
feroit dans la fociété ; j'en conviens. Mais
ceux qui ont excellé dans la Tragédie , ont
peint la nature dans fa vérité , dans ſa
beauté fimple & touchante , & la réalité en
eft auffi révérée que la fiction en eft applaudie
.
« Tout
NOVEMBRE. 1758. 121
«Tout fe réduit à nous montrer la ver
» tu comme un jeu de Théâtre , bon pour
» amufer le Public ; mais qu'il y auroit de
la folie à vouloir tranfporter férieuſement
» dans la fociété. O vous ! qui regardez la
justice & la vérité comme les premiers devoirs
de l'homme , êtes vous jufte & vrai
dans ce moment ? vous , pour qui l'humanité
& la Patrie font les premieres affections
, oubliez- vous que nous fommes des
hommes ?
Il y auroit de la folie à une mere d'avoir
les entrailles deMérope ; à une époufe,
d'avoir les fentimens d'Inès ! De quel Public
nous parlez- vous ? Si je connoiffois moins
les gens vertueux que vous avez fréquentés ,
vous- m'en donneriez une idée effroyable ..
Ce font là cependant les faits d'après leſquels
vous décidez, «que la plus avantageu-
»fe impreffion des meilleures Tragédies eft
» de réduire à quelques affections paffage-
" res , ftériles & fans effet tous les devoirs
» de la vie humaine.
"
» On me dira , pourfuit M. R. que dans ces
pieces le crime eft toujours puni , & la
» vertu toujours récompenfée ». On ne lui
dira pas cela , mais on lui dira que le crime
y eft toujours peint avec des couleurs
odieufes & effrayantes , la vertu avec des
traits refpectables & intéreffans. Si quel-
F
122 MERCURE DE FRANCE .
pour
quefois cette regle a été violée , c'eſt une
difformité monftrueufe que le Public ne
pardonne jamais. M. Rouffeau avoue
qu'il n'y a perfonne qui n'aimât mieux
etre Britannicus que Néron mênie après
la cataſtrophe. Voilà tout ce qu'exige la
bonté des moeurs théâtrales. Je lui abandonne
tous les exemples vicieux & reconnus
tels ; mais de cent Tragédies il n'y en
a pas une où l'intérêt foit le crime.
Je dis plus , il n'y en a pas une feule au
Théâtre qui ait réuffi avec ce défaut . Pourquoi
donc en inférer : « Tel eft le goût
qu'il faut flatter fur la fcene , telles font
les moeurs d'un peuple inftruit ; lefavoir,
l'efprit , le courage ont feuls notre admi-
>> ration ; & toi , douce & modefte vertu ,
tu reftes toujours fans honneur . >> Remarquez
que c'eft après s'être plaint que l'on
a avili le perfonnage de Ciceron pour
flatter le goût du fiecle , que M. Rouſſeau
s'écrie que l'efprit & le favoir ont feuls notre
admiration. Qu'elle fe préfente , Mon
fieur , cette vertu douce & modefte & fur
le Théâtre , & dans la fociété ; nos hom
mages iront au devant d'elle : nous la ref
pectons dure & farouche ; indulgente &
fociable , elle obtiendra nos adorations.
33
"
Les obfervations judicieuſes que fait M.
Rouſſeau fur la Tragédie de Mahomet, des
NOVEMBRE . 1758. 123
voient fuffire , ce me femble , pour détermi
ner dans fon efprit les vrais principes des
moeurs théâtrales. Mais comme il n'en veut
rien conclure d'oppofé à fon fyftême , il tâche
d'affoiblir l'idée d'utilité qu'elles préfentent
naturellement. « Le fanatifme , dit-
» il , n'eft pas une erreur , mais une fureur
>> aveugle & ftupide, que la raifon ne retient
» jamais ... Vous avez beau démontrer à
» des fous que leurs chefs les trompent , ils
» n'en font pas moins ardens à les fuivre . »
Auffi le but moral n'en eft- il pas de guérir
les peuples du fanatifme , mais de les en
garantir, en leur démontrant , non pas qu'on
les trompe
, mais comment on peut les
tromper. L'erreur eft mere de cette fureur
aveugle , & c'eft dans fa fource que l'attaque
la Tragédie de Mahomet . En un mot
cet exemple épouventable des horreurs de
la fuperftition n'en feroit pas le remede ,
mais il peut en être le préſervatif.
« Je crains bien , ajoute M. Rouffeau ,
qu'une pareille piece jouée devant des
» gens en état de choifir, ne fît plus de Ma
homets de Zopires que .
.د
33
Je le crois : auffi l'inftruction n'eft - elle
pas pour le petit nombre des Mahomets
mais pour la foule des Séides.
M. Rouffeau , en louant le goût anti que
dans le rôle deThiefte,demande avec raifon
Fij
124 MERCURE DE FRANCE .
que l'on daigne nous attendrir quelquefois
pour la fimple humanité ſouffrante ; & c'eſt
à quoi l'on devroit confacrer ce genre fi
naturel & fi touchant , dont l'Enfant prodigue
eft le modele , & que les gens qui
ور
ne réfléchiffent fur rien, ont tourné en ridicule.
Mais j'aurai lieu d'examiner dans peu
pourquoi les perfonnages , comme celuide
Thiefte , font fi rarement employés au
Théâtre. Cependant le goût des Grecs fûtil
en cela préférable au nôtre ; M. Rouf
feau ne peut- il nous offrir la vérité que
fous une face infultante ? « Les anciens ,"
» dit - il , avoient des Héros , & mettoient
» des hommes fur leurs Théâtres ; nous,au
» contraire , nous n'y mettons que des Hé-
» ros, & à peine avons nous des hommes. »
Il rappelle un mot d'un vieillard qui avoit
été rebuté au fpectacle par la jeuneffe
Athénienne , & auquel les Ambaſſadeurs
de Sparte avoient donné place auprès
d'eux. « Cette action fut remarqué de tout
» le Spectacle , & applaudie d'un batte-
» ment de main univerfel. Hé ! que de
» maux , s'écria le bon vieillard d'un ton
>> de douleur ! Les Athéniens favent ce qui eft
» honnête ; mais les Lacédémoniens le prati»
quent. Voilà la Philofophie moderne , &
» les moeurs anciennes » obferve M. Rouffeau.
NOVEMBRE. 1758. 125
Ici je retiens ma plume : il ne feroit pas
généreux d'oppofer la perfonnalité à la fatyre.
J'avoue donc qu'il y a à Paris comme
à Athenes des étourdis fans décence &
fans moeurs. Mais la jeuneffe Athénienne
rebutoit un vieillard qui vraisemblablement
n'infultoit perfonne , & M. Rouffeau
fait bien que nous n'en fommes pas encore
là
»
Il revient à fon objet : « Qu'apprend- on
» dans Phédre & dans dipe , finon que
l'homme n'eft pas libre , & que le Ciel le
punit des crimes qu'illui fait commettre?
Qu'apprend- on dans Médée , fi ce n'eft
jufqu'où la fureur de la jaloufie peut ren-
» dre une mere cruelle & dénaturée ?
·20
ود
»
Voilà deux exemples forts différens , &
qu'il eft bon de ne pas confondre. La caufe
des événemens tragiques peut être ou perfonnelle
, ou étrangere , & celle- ci ou naturelle
ou furnaturelle , c'eft- à-dire , ou
dans l'ordre des chofes ; ou , pour parler le
langage de la Poéfie, dans la volonté immédiate
des Dieux. Les Tragédies de ce derdier
genre font toutes tirées du Théâtre
ancien, Je ne fais quel intérêt pouvoient
avoir les Grecs à frapper les efprits du
fyftême de la fatalité ; mais il eft certain
qu'ils faifoient de l'homme un inftrument
aveugle dans la main des deftinées.
1
F iij
126 MERCURE DE FRANCE.
>
J'avoue que tout le fruit de ces Tragédies
fe borne à entretenir en nous une fenfibilité
compâtiffante pour des crimes involontaires
, & pour des malheurs indépendans de
celui qui en eft accablé comme dans
Edipe & dans Phedre. On y joint l'avantage
de faire fentir à l'homme fa dépendance
; mais comme il en résulte plus
d'horreur que de crainte des Dieux , je
crois la morale de ces Tragédies pernicieufe
à cet égard. Heureufement elles font
en petit nombre , & l'idée de la fatalité
s'évanouit avec l'illufion théâtrale . Le fecond
genre eft celui où la caufe des événemens
eft dans l'ordre naturel , mais indépendante
du caractere des perfonnes. Pär
exemple , en ne fuppofant à Andromaque
& à Mérope que les fentimens naturels.
d'une mere , c'en eft affez du danger de
leurs fils pour les rendre malheureuſes &
intéreffantes . La feule utilité de cette forte
de fpectacle eft de nourrir , & d'exercer en
nous les fentimens d'humanité qu'il réveille
; car je compte pour très - peu de
chofe la prudence qu'il peut infpirer. Le
troifieme genre place dans l'ame des Acteurs
tous les refforts de l'action & du pathétique
, & c'est là , felon moi , le plus
moral & le plus utile. Le crime & le
malheur y font les effets des paffions ; &
.
NOVEMBRE. 1758. 127
plus le crime eft odieux , plus le malheur
eft déplorable , plus la paffion qui en eft la
fource, devient effrayante à nos yeux. Tout
cela demanderoit à être développé , &
rendu fenfible par des exemples. Mais je
ne fuis déja que trop long. Il fuffic d'étudier
Corneille pour voir la révolution qui
s'eft faite dans l'art de la Tragédie , lorfqu'abandonnant
les deux premiers genres,
où les perfonnages , comme Thiefte , n'avoient
pas befoin de caracteres décidés , il
y a fubftitué celui qui prend fa force pathétique
& morale dans le combat des paffions
& dans les moeurs des perfonnages.
33
ود
"
" Les actions atroces préfentées dans la
Tragédie , font dangereufes , dit M. R.
» en ce qu'elles accoutument les yeux du
peuple à des horreurs qu'il ne devroit
»pas même connoître , & à des forfaits
qu'il ne devroit pas fuppofer poffibles.
1°. Le fait démontre que fi les yeux du
peuple s'y accoutument , fon coeur ne s'y
accoutume pas. M. Rouffeau reconnoît le
peuple François pour le plus doux & le
plus humain qui foit fur la terre. Il y a
cependant bien des années que ce peuple
voit Horace poignarder fa foeur, Agamem
non immoler fa fille , & Orefte égorger fa
mere. 2 ° . Au lieu de prendre l'inutile foin
de cacher au peuple la poffibilité des ac-
Fiv
128 MERCURE DE FRANCE.
> tions atroces il faut qu'il fçache que
l'homme dans l'excès de la paffion eft capable
de tout , afin de lui faire détefter
cette paffion qui le rend féroce. Voilà quel
eft le but & l'objet de la Tragédie ; & quoi
qu'en dife M. Rouffeau , tous les grands
Maîtres l'ont rempli.
"Il n'eft pas même vrai , dit- il , › que le
» meurtre & le parricide y foient toujours
odieux. A la faveur de je ne fçais quelles
» commodes fuppofitions, on les rend per-
» mis ou pardonnables. »
Dans les exemples qu'il cite , voici
quelles font ces fuppofitions. Dans Iphigénie
, Agamemnon immole fa fille pour
ne pas défobéir aux Dieux & deshonorer
la Grece. Orefte égorge fa mere fans le
fçavoir , & en voulant frapper le meurtrier
de fon pere : Horace poignarde Camile
dans un premier mouvement de fureur ,
exciré par les imprécations qu'elle vomit
contre la patrie , & dès ce moment il eſt
dérefté. Agamemnon lui - même devient
révoltant dès qu'il s'occupe de fa grandeur
& de fa gloire. Orefte fort du théâtre déchiré
par les Furies pour un crime aveuglement
commis. Voilà les fuppofitions commedes
qui nous rendent ces perfonnages intéreffans
. Je demande fi fur de tels exemples
on eft fondé à écrire qu'il n'est pas
NOVEMBRE. 1758. 129
vrai que fur notre théâtre le meurtre & le
parricide foient toujours odieux .
་
Ajoutez que l'Auteur, pour
faire parler
»chacun felon fon caractere , eft forcé de
» mettre dans la bouche des méchans leurs
» maximes & leurs principes revêtus de
tout l'éclat des beaux vers , & débités
d'un ton impofant & fentencieux , pour
» l'inftruction du parterre. »
Il est vrai que Fun dit ,
Et pour nous rendre heureux , perdons les mifé→
rables.
L'autre ,
Tombe fur moi le ciel , pourvu que je me vange-
L'autre ,
J'embraſſe mon rival , mais c'eft pour l'étouffer .
Celui - ci s'endurcit contre les cris de la
nature ; celui - là foule aux pieds tous les
droits de l'humanité. Il n'y a pas un mé
chant au théâtre qui dans l'intimité d'une
confidence , ou dans quelque monologues
ne fe trahiffe , ne s'accufe , ne fe préfente
aux ſpectateurs fous l'afpec le plus odieux,
& les Auteurs ont porté cette attention au
point de facrifier fouvent la vraisemblance
à l'utilité morale. Je ne dis rien ici dont
tout le monde ne foit témoin ; & M. R.
qui a vu affidument fix ans de fuite ce
Fv
130 MERCURE DE FRANCE.
fpectacle , devroit fe rappeller ces faits.
Non, dit- il , je le foutiens , & j'en attefte
» l'effroi des Lecteurs , les malfacres des
» Gladiateurs n'étoient pas fi barbares
que
» ces affreux fpectacles.On voyoit du fang,
»il eft vrai ; mais on ne fouilloit pas fon
imagination de crimes qui font frémir la
"
23
» nature. »
Cette opinion fuppofe dans celui qui la
foutient une imagination bien vive ; mais
pour le commun des hommes
j'ofe
aflurer fi l'on verfoit réellement une
que
goutte de fang au théâtre , la fcene tragique
feroit tout au plus le fpectacle de la.
groffiere populace. Tel fe plaît à frémir
en voyant Mérope le poignard levé ſur
fon fils , & Orefte ou Ninias venant d'affaffiner
fa mere ; tel , dis - je , foutient ces
fictions , qui jetteroit des cris de douleur
& d'effroi à la vue d'un malheureux que
l'on tueroit fur fon paffage. La Mothe a
très-bien obfervé que l'illufion théâtrale
n'est jamais complette , & que le fpectacle
cefferoit d'être un plaifir , fans la réflexion
confufe qui en affoiblit le pathétique , &
qui nous confole intérieurement . Quant à
Fimagination fouillée , c'eſt un mal , file
crime y eft peint avec des couleurs qui
nous féduifent ; mais c'eft un bien & un
très-grand bien, fi les traces qui en reftent,
NOVEMBRE. 1758. IZI
infpirent l'horreur & l'effroi . Les arrêts
qui flétriffent ou qui condamnent les criminels
fouillent l'imagination du peuple ;
faut- il ne pas les publier ?
C'en eft affez , je crois , fur l'article de
la Tragédie. J'approfondirai dans la fuite
qui regarde la Comédie , les moeurs des
Comédiens , & l'amour , ce fentiment fi
naturel & fi dangereux , qui eft l'ame de
nos deux théâtres. Je l'ai déja dit , l'affertion
eft rapide & tranchante , la difcuffion
eft ralentie à chaque inftant par les détails ;
mais j'examine , & ne plaide point : il ne
me feroit que trop aifé d'être moins froid
& plus preffant.
M. d'Alembert de l'Académie Françoiſe ,
&c. fur fon Article Geneve , dans le feptie
me volume de l'Encyclopédie , & particu
liérement fur le projet d'établir un théâtre
de comédie dans cette ville . A Amfterdam,
chez Marc- Michel Rey.
Celui qui a regardé les Belles - Lettres
comme une caufe de la corruption des
moeurs , celui qui celui qui , pour notre bien , eût
NOVEMBRE. 1758. 9༥
1
voulu nous mener paître , n'a pas dů approuver
qu'on envoyât, fes concitoyens à
une école de politeffe & de goût ; mais fans
nous prévenir contre fes principes , difcutons
les de bonne foi.
93% 33
C'eft pour Geneve qu'il écrit. « Juſtice
» & vérité , voilà les premiers devoirs de
» l'homme. Humanité , patrie , voilà fes
premieres affections. Je paffe fous filence
le premier article de fa Lettre : la Théologie
n'eft pas de ma fphere , mais qu'il
me foit permis de m'étendre un peu fur
l'article des fpectacles , qui en eft le fujet
principal . M. d'Alembert qui eſt Philoſophe
& qui n'eft point fauvage , a propofé aux
Genevois d'avoir un théâtre de comédie.
« Voilà , dit M. Rouſſeau , le confeil le plus
dangereux qu'on pût nous donner ; du
» moins tel eft mon ſentiment , & mes rai-
» fons font dans cet écrit. »
"
De ces raifons les unes font générales ,
les autres particulieres à la conftitution de
Geneve. Impatient de donner à M. R. les
éloges qu'il mérite , je commence par où
il a fini , c'est- à - dire par la feule partie de
fa Lettre , que je trouve concluante .
Je fens tout l'avantage que lui donne
fur fes critiques le ftyle & le ton qu'il a
pris . Indépendamment de la févérité impofante
de fes maximes , il eft peu d'Ecrivains
91 MERCURE DE FRANCE.
か
qui réuniffent à un haut degré l'abondance
, la fimplicité , la vigueur , la précifion
& l'harmonie du ftyle , & quoiqu'il
en dife , on ne s'apperçoit pas que , pour
vouloir être clair & fimple , il fe trouve lâche
diffus. Il me femble qu'il a parlé contre
les fpectacles , avec plus de chaleur qu'il
ne falloit & avec autant d'éloquence
qu'il étoit poffibles mais tout ce qui porte à
faux , fût il écrit par un Démofthene , n'eſt
que de la déclamation . Effayons d'abord
de démêler le vrai. Vous ferez , dit- il à
» M. d'Alembert , le premier Philofophe
qui ait jamais excité un peuple libre ,
» une petite ville & un état pauvre , à fe
charger d'un fpectacle public. » Il fait
voir que Geneve eft hors d'état de foutenir
un fpectacle fans un préjudice réel :
1°. par le petit nombre de fes habitans :
2º. par la modicité de leur fortune : 3 ° . par
la nature de leurs richeffes qui n'étant pas
le produit des biens fonds , mais de l'induftrie
& du commerce , exigent d'eux
une application continuelle : 4° . par le goût
exceffif des Genevois pour la campagne
où ils paffent fix mois de l'année. Il ajoute
qu'il eft impoffible qu'un établiffement fi
contraire aux anciennes maximes de ſa pa-
-trie , y foit généralement applaudi . « Combien
de généreux citoyens verront ,
dit-il
ور
:
NOVEMBRE. 1758.
93 .
93
avec indignation , ce monument du luxe
» & de la molleffe , s'élever fur les ruines
» de notre antique fimplicité ! ... Suppofons
cependant , pourfuit il , fuppofons .
» les comédiens bien établis dans Geneve ,
» bien contenus par nos loix , la comédie
» floriffante & fréquentée ; le premier effet
» fenfible de cet établiffement , fera , comme
je l'ai déja dit , une révolution dans
» nos ufages , qui en produira néceffaire-
» ment une dans nos meurs. Cette révo-
» lution fera - t'elle bonne ou mauvaiſe ?
» c'est ce qu'il eft temps d'examiner . »
30.
t
Au lieu de fpectacles , Geneve a des cercles
ou fociétés de douze ou quinze perfonnes
qui louent à frais communs un ap- ,
partement commode , & où les affociés fe
rendent toutes les après- midi. « Là, chacun
» fe livrant aux amufemens de fon goût ,
» on joue , on caufe , on lit , on boit , on
» fume ; les femmes & les filles fe raffem-
» blent de leur côté tantôt chez l'une , tan-
» tôt chez l'autre ; les hommes , fans être
» fort févérement exclus de ces fociétés , "
ود »s'ymêlentaffezrarement....Maisdès
» l'inftant qu'il y aura une comédie , adieu
» les cercles , adieu les fociétés . Voilà , dit
» M. Rouffeau , la révolution que j'ai pré-
,, dite..... Il avoue que l'on boit beaucoup
, & que l'on joue trop dans les cer
""
94 MERCURE DE FRANCE.
cles ; mais il foutient avec fon éloquence
intrépide , qu'il vaut mieux être ivrogne
que galant , & croit l'excès du jeu
très facile à réprimer , fi le Gouvernement
s'en mêle. Il convient auffi que les femmes,
dans leur fociété , fe livrent volontiers au
plaifir de médire , mais par là même , elles
tiennent lieu de cenfeurs à la République .
" Combien de fcandales publics ne retient
» pas la crainte de ces féveres obferva-
» trices . " Tout cela peut paroître ridicule
à Paris , quoique très fenfé pour Geneve ,
& M. Rouffeau a fur nous l'avantage de
mieux connoître fa patrie.
Il eft vraisemblable qu'en deux ans de
comédie tout feroit bouleversé , c'est- àdire
qu'on n'iroit plus à l'heure du ſpectacle
, fumer , s'enivrer & médire dans les
cercles , & qu'en effet l'agréable vie de Paris
prendroit à Geneve la place de l'ancienne
fimplicité. M. Rouffeau fe plaint déja
qu'on y éleve les jeunes gens à la Françoife.
« On étoit plus groffier de mon
dit - il , les enfans étoient de
» vrais poliffons , mais ces poliffons ont
» fait des hommes qui ont dans le coeur
» du zele
pour fervir la patrie , & du fang
» à verfer pour elle . » M. R. croit être à
Lacédémone. Mais Geneve , ne lui déplaife
, a de meilleurs garans de fa liberté
">
temps ,
t
t
.
NOVEMBRE. 1758. 95
4
que les moeurs de fes citoyens , & grace à
la conftitution de l'Europe , elle n'a pas
befoin d'élever des dogues pour fa garde..
Cependant que le goût du luxe , inféparable
de celui du fpectacle , que fes maximes
de nos tragédies , la peinture comique
de nos moeurs , le filence même & la
gêne qui regnent dans nos aſſemblées , &
qu'il regarde comme indignes de l'efprit
républicain ,, que tous ces inconvéniens.
foient tels qu'il les envifage par rapport à
Geneve , il eft plus en état que nous d'en
juger. Qu'il choififfe à fa patrie les fêtes ,
les jeux , les fpectacles qui lui conviennent
; c'eſt un foin que nous lui laiffons.
Nous applaudiffons à fon zele , nous admirons
ce Patriotifme éclairé , vigilant ,
courageux ; cette éloquence noble & fimple
, qui n'a rien d'inculte & rien d'étudié,
où la douceur & la véhémence , les ima-.
ges & les fentimens , le ton philofophique
& le langage populaire font mêlés avec
d'autant plus d'art , que l'art ne s'y fait
point fentir. Telle eft la juſtice que j'aime
à rendre aux intentions & aux talens de
M. Rouffeau ; & s'il fe fût borné à ce qui «
étoit effentiellement de fon fujet , il n'eût
reçu de moi que des applaudiffemens ; je
n'aurois pas même examiné , pour le louer ,
s'il avoit raifon de s'alarmer du confeil
2
.
96 MERCURE DE FRANCE.
de M. d'Alembert . Un Citoyen qui croit
voir les moeurs de fa patrie en danger , eft
excufable d'être trop timide. Mais que ,
pour détourner les Genevois de l'établiffement
propofé , il leur préfente le théâtre
le plus décent de l'univers comme l'école
du crime , les Poëtes comme des corrupteurs
, les Acteurs comme des gens non
feulement infames , mais vicieux par
état ;
les fpectateurs , comme un peuple perdu ,
& à qui le fpectacle n'eft utile que pour
dérober au crime quelques heures de leur
temps ; c'eft ce que l'évidence de la vérité
peut feule rendre pardonnable. Je crains
bien que M. Rouffeau n'ait écrit toutes
ces chofes dans cette fermentation qu'il
croit appaifée , & qui peut- être ne l'eſt
pas affez . Quoi qu'il en foit , d'autres imiteront
, en lui répondant , l'amertume de
fon ftyle , & croiront être auffi éloquens
que lui , quand ils lui auront dit des injures.
Pour moi , je confi lere qu'il a voulu efftayer
fes concitoyens , & qu'il a oublié Paris
pour ne s'occuper que de Geneve. « Si je
»me trompe dans mon fentiment , dit- il ,>
cette erreur ne peut nuire à perfonne . » Si
elle ne nuit pas à tant de gens qu'il va décrier
, il n'en fait pas moins ce qu'il peut
pour leur nuire : mais il n'a penfé qu'à
Geneve ;
NOVEMBRE . 1758. 97
1
Geneve , du moins j'aime à le croire ainfi :
Je vais donc le fuivre pas à pas , fans humeur
& fans invective.
e
Il confidere d'abord le ſpectacle comme
un amuſement . « Or , dit-il , tout amuſe-
» ment inutile eft un mal pour un être dont
» la vie eft fi courte , & le temps fi pré-
» cieux . » 1 °. Il avouera que ce mal exifte
à Geneve fans le fpectacle , à moins que
boire , jouer & fumer , ne lui femblent des
occupations utiles . 2 °. Un amufement qui
délaffe & confole la vie laborieufe ,qui occupe
& détourne du mal la vie oifive
& diffipée , n'eft pas fans quelque utilité.
3 °. Peut- être y a- t'il des devoirs pour tous
les inftans de la vie , peut- être une heure
de diffipation eft elle un larcin fait à la fociété.
Mais à qui le perfuaderez-vous ? Et
fi la fociété fe relâche elle- même de fes
droits ; fi elle vous dit : J'exige moins, pour
obtenir plus fûrement , plus librement ce
que j'exige ; fi les hommes , pour n'être ni
tyrans , ni efclaves les uns des autres , ſe
permettent par intervalles cet oubli mutuel
& paffager ; s'ils vous répondent enfin
qu'ils ne vivent enfemble que pour être
heureux , & que le délaffement eſt un befoin
de leur foibleffe ; avez - vous à leur
répliquer que vous êtes hommes comine
eux, & que tous vos momens font pleins ?
E
98 MERCURE DE FRANCE.
Je fais qu'il n'y a que l'homme qui broute,
dont la fociété n'ait rien à exiger ; mais
elle n'attend de perfonne une fervitude
affidue. Promenez- vous donc fans remords
deux heures du jour à la campagne , randis
qu'à Paris nous les paffons à entendre
Athalie ou Cinna , le Mifanthrope ou le
Tartufe .
ی د
Un Barbare à qui l'on vantoit la magnificence
du Cirque , & des Jeux éta-
» blis à Rome , demanda : Les Romains
» n'ont-ils ni femmes ni enfans ? le Barbare
» avoit raiſon. » ;
Ce Barbare ne favoit pas que le premier
befoin d'une fociété eft d'être en paix avec
elle -même ; qu'il y avoit à Rome dans les
efprits un principe de fédition , qui ne fe
diffipoit que dans les fêtes , & que lorfqu'un
peuple n'eft pas content , il faut
tâcher de le rendre joyeux. Ce Barbare
auroit condamné les cercles de Geneve
comme les fpectacles de Rome , & il auroit
eu tort.
« Je n'aime point qu'on ait befoin
» d'attacher fon coeur fur la fcene , comme
» s'il étoit mal au dedans de nous. >>
pas
Une bonne confcience fait qu'on ne
craint la folitude , mais ne fait pas
qu'on s'y plaife toujours. Il eft peu d'hommes
qui s'aiment affez pour jouir continuellement
d'eux-mêmes fans langueur &
NOVEMBRE . 1758. 99
fans ennui. L'on a beau être à fon aife au
dedans de foi , l'on y fait fouvent de la
bile. Il n'y a que Dieu dont on puiffe dire,
fefuo intuitu beat ; encore , felon notre foible
maniere de concevoir , a- t'il pris plaifir
à fe répandre.
J'aurois dû fentir , reprend M. Rouf-
" feau , que ce langage n'eft plus de faifon
" dans notre fiecle , tâchons d'en prendre
» un qui foit mieux entendu ... Les fpec-
» tacles font faits pour le peuple , & c'eft
» par leurs effets fur lui , qu'on peut déter-
» miner leurs qualités abfolues... Quant à
l'efpece des fpectacles , c'eft néceffaire-
» ment le plaifir qu'ils donnent , & non
» leur utilité qui la détermine.
"
C'eſt au Poëte à rendre l'utile agréable ,
& tous les bons Poëtes y ont réuffi : les
détails en vont être la preuve.
399
D
39
La fcene en général eft un tableau
» des paffions humaines dont l'original
eft dans tous les coeurs ; mais fi le Peintre .
» n'avoit foin de flatter ces paffions , les
fpectateurs feroient bientôt rebutés , &
» ne voudroient plus fe voir fous un af-
» pect qui les fit méprifer d'eux- mêmes.
Que s'il donne à quelques unes des cou-
» leurs odieufes , c'eft feulement à celles
qui ne font point générales & qu'on hait
» naturellement... Et alors ces paffions de
È ij
100 MERCURE DE FRANCE.
29
rebut font employées à en faire valoir
» d'autres, finon plus légitimes , du moins
plus au gré des fpectateurs. Il n'y a que
» la raifon qui ne foit bonne à rien fur la
» fcene. Un homme fans paffions , ou qui
» les domineroit toujours , n'y fçauroit in-
" téreffer perfonne ... Qu'on n'attribue
pas au théâtre le pouvoir de chan-
» ger des ſentimens ni des moeurs qu'il ne
» peut que fuivre & embellir . ».
ور
donc
La fcene eft un tableau des paffions
dont le germe eft dans notre coeur : voilà
le vrai ; mais l'original du tableau eft dans
le coeur de peu de perfonnes. S'il n'y avoit
à la cour que des Narciffes , Britannicus
n'y feroit point fouffert ; s'il n'y avoit que
des Burrhus , Britannicus y feroit inutile ;
mais il y a des hommes vaguement ambitieux
& irréfolus encore , ou mal affermis.
dans la route qu'ils doivent fuivre ; c'eft
pour ceux-là que Britannicus eft une leçon ,
& n'eft point une infulte.
Il y a partout des paffions nationales &
conftitutives de la fociété; tel étoit l'amour
de la domination chez les Romains , l'amour
de la liberté chez les Grecs , l'amour
du gain chez les Cartaginois ; tel eft parmi
nous l'amour de la gloire ou du moins
celui de l'honneur. Il eft certain que le
théâtre doit ménager , flatter même ces
NOVEMBRE . 1758. 101
paffions , s'il veut gagner la faveur du
Public ; rien n'eft plus naturel ni plus jufte .
Quelqu'un eût-il réuffi à crier au milieu
de Sparte , que la fervitude étoit le renverfement
de tous les droits de la nature , &
qu'il étoit horrible de chaffer , de tirer aux
Ilotes comme aux bêtes fauves ? L'apôtre
d'une morale oppofée au génie , au caractere
, au gouvernement d'une Nation en
eft communément , ou le jouet , ou le martyr
. On le bafoue , fi on le méprife ; on le
chaffe , fi on le craint ; on le punit , s'il
s'obſtine à troubler l'ordre : fi la fociété
lui déplaît , c'eſt à lui de s'en éloigner. Il
eft fenfé que ce qui conftitue les moeurs
nationales d'un peuple , convient à ce peuple
; nul homme privé n'a droit de lui en
demander compte ; & fi l'on donne à ce,
peuple des leçons douces & modeftes , ce
n'eft qu'autant qu'il le veut bien . Mais
toute paffion qui ne tient point à ce caractere
général , eft livrée à la cenfure du
théâtre. La haine , la vengeance , l'ambition
perfonnelle , la baffe envie , l'amour
effréné , l'orgueil tyrannique , toute ce qui
attente à la fociété , tout ce qui lui nuit ,
tout ce qui peut lui nuire les vices les
plus répandus , les travers les plus à la
mode , tout cela peut être attaqué fans ménagement.
Plus la peinture en eft vive , &
E iij
102 MERCURE DE FRANCE.
la fatyre accablante , plus le fpectacle eft
applaudi.
Il eft une paffion contre laquelle il feroit
abfurde de fe déchaîner fans réſerve
c'eft la paffion de l'amour ; & e'eft la feule
dont M. R. ait pu dire qu'on la fait valoir
au théâtre au dépend de celles qu'on y
peint avec des couleurs odieufes. Nous
aurons lieu d'examiner dans la fuite quant
& comment l'amour eft intéreffant fur la
fcene , & pourquoi il y eft protégé.
Il en eft des goûts , des opinions , des
ridicules nationaux , qui ne font en euxmêmes
ni bien , ni mal , comme des paffions
nationales dont je viens de parler.
La fociété qui les adopte , fe les rend perfonnels
, & il n'eft pas raifonnable de voudoir
qu'elle foit la fable d'elle - même..
Ainfi , par exemple , celui qui , au milieu
de Pekin, iroit ſe moquer de l'architecture
Chinoife , & traiter d'imbécilles tous ceux
qui habitent fous ces toits fans fymmétrie
& fans proportion ; celui- là , dis-je , ne
feroit pas fage : il auroit peut-être raifon
partout ailleurs ; mais à Pekin , il auroit
tort.
Ainfi tout n'eft pas du reffort du théâtre
; c'eſt l'école des citoyens , & non cellede
la république . Voilà , ce me ſemble ,
quelle eft la diftinction réelle entre les.
NOVEMBRE. 1758. 103
moeurs que l'on doit ménager fur la fcene ,
& celles qu'on y peut cenfurer. Si la
conftitution politique eft mauvaife , fi les
moeurs fondamentales font altérées ou
corrompues dans leur maffe , le théâtre n'y
peut rien , je l'avoue ; mais en attaquant
les vices épars & les paffions naiffantes ,
le théâtre ne peut- il pas affoiblir le poiſon
dans fa fource ne peut- il pas arrêter ou
ralentir la contagion de l'exemple ? C'eſt
ce qui reste à examiner.
M. Rouffeau attribue à Moliere & à
Corneille des ménagemens auxquels je fuis
bien convaincu que ni l'un , ni l'autre
n'avoient penfé. Ils ont écrit Pour
fiecle , fans doute ; ils en ont confulté
les moeurs & le goût : c'eft à-dire qu'ils
ont pris dans l'opinion de leur fiecle les
moyens de l'affecter , de l'intéreffer à leur
gré. Par exemple , quoiqu'il foit vrai
qu'Electre puifoit de l'eau & qu'Achile
faifoit griller fes viandes ; comme l'un &
l'autre répugne à l'idée que nous avons
d'un Héros & d'une Princeffe , le Poëte
s'accommode à nos moeurs en s'éloignant
des moeurs anciennes , & nous fait voir
Achile & Electre , tels à peu près que
nous les imaginons . Corneille , en expofant
aux yeux des François le fujet de Théodore
, avoit perdu de vue cette regle des
E iv
104 MERCURE DE FRANCE.
convenances , & lui - même il l'a reconnu.
Voilà quelle eft la condefcendence que ces
Poëtes ont eue pour les moeurs de leur
fiecle .
Mais quel eft le vice qu'ils ont menagé ?
quelle eft la paffion qu'ils ont flattée ? Si
Moliere avoit eu la timide circonfpection
qu'on lui attribue , eût - it jamais démafqué
l'hypocrite ? Dans le Cid , Corneille
autorife le duel ; mais dans un fils qui
venge fon pere , & qui réduit à l'alternative
de deux devoirs oppofés , préfere le plus
inviolable. Ce n'eft pas la vengeance , c'eſt
la piété qui fe fignale dans le Cid , & qui
enleve les applaudiffemens .
Le duel et un uſage barbare ; mais ,
l'ufage établi , l'honneur de Don Diegue
mortellement offenfé , il n'étoit pas plus
permis au Cid de pardonner l'infulte faite
à fon pere , que de lui enfoncer lui même
le poignard dans le fein. C'eſt donc un
acte de vertu , & le devoir le plus facré de
la nature , qui eft recommandé dans cette
Tragédie , l'une des plus morales & des
plus intérelfantes qui ayent paru fur aucun
théâtre du monde.
Si quelque chofe peut faire fentir la
barbarie du point d'honneur , c'eſt l'affreufe
néceffité où ce préjugé réduit le
Cid ; mais il eft aifé de voir pourquoi
NOVEMBRE . 1758. 105
T
Corneille a refpecté dans les Efpagnols ,
& devant les François , une opinion adhérente
au principe fondamental de la monarchie.
" Si les chef d'oeuvres de ces Auteurs
» ( Corneille & Moliere ) étoient encore
» à paroître , ils tomberoient infaillible-
» ment aujourd'hui , dit M. Rouffeau , &
» fi le public les admire encore , c'eft plus
»par honte de s'en dédire , que par un
" vrai fentiment de leurs beautés. »
M. Rouffeau a- t'il pu croire , a-t'il voulu
nous perfuader que nous faifons femblant
de rire , de pleurer , de frémir à ces fpectacles
? Et le public , pour fçavoir s'il s'amufe
ou s'il eft ému , fera-t'il obligé de
demander comme ce jeune étranger à fon
Mentor : Mon Gouverneur , ai - je bien du
plaifir ? M. Rouffeau mérite qu'on lui réponde
plus férieufement ; mais faut - il
auffi nous réduire à prouver que Cinna ,
Polieucte , le Mifanthrope , le Tartufe
&c. nous intéreffent & nous enchantent.
Quand même l'impreffion en feroit affoiblie
, combien de caufes peuvent y contribuer
, qui n'ont rien de commun avec les
meurs L'affertion eft laconique ; la difcuffion
ne le feroit pas.
S'il eft vrai que fur nos théâtres la
meilleure Piece de Sophocle tomberoit
E v
o MERCURE DE FRANCE:
•
tout à plat , ce n'eft point par la raiſon
qu'on ne fçauroit fe mettre à la place de
gens qui ne nous reffemblent point. Car
au fonds toutes les meres reffemblent à Jocafte
, tous les enfans reffemblent à dipe
, en ce qui fait l'intérêt & le pathétique
de la tragédie de Sophocle , & je ne
penfe pas qu'on nous foupçonne d'avoir
moins d'horreur que les Grecs pour le parricide
& l'incefte.
39
Ce n'est donc pas le fonds , mais la fuperficie
des moeurs qui a changé , & c'eft
en quoi le Poëte eft obligé de confulter
le goût de fon fiecle : mais ceci demandes
roit encore un long détail pour être expli
qué. «Il s'enfuit de ces premieres obfer
» vations , dit M. Rouffeau , que l'effet
général du fpectacle eft de renforcer le
» caractere national , d'augmenter les in-
» clinations naturelles , & de donner une
»> nouvelle énergie aux paffions. Cette
conclufion a trois parties ; la premiere eft
vraie dans un fens : le théâtre ménage ,
favorife les moeurs nationales , les fortifie ,
& c'eft un bien. Car les moeurs nationalés
tiennent à la conftitution politique ,
& celle-ci fût- elle mauvaiſe , tout citoyen
doit concourir à en étayer l'édifice , en attendant
qu'il foit reconftruit. Si Tunis ne
pouvoit fubfifter que par le pillage , la pi-
23
NOVEMBRE. 1758. 107
+
raterie devroit être en honneur fur le
théâtre de Tunis : mais fi par les moeurs
nationales , on entend des habitudes étrangeres
ou nuifibles au génie du Gouvernement
& au maintien de la fociété , je
n'en vois point , comme je l'ai dit , que le
théâtre favorife ; je n'en vois point que le
public ne permette de cenfurer . Toutes les
inclinations pernicieufes font condamnées
au théâtre , toutes les paffions funeftes y
infpirent l'horreur , toutes les foibleffes
malheureuſes y font naître la pitié & la
crainte. Les fentimens qui , de leur nature,
peuvent être dirigés au bien & au mal ,
comme l'ambition & l'amour , y font peints
avec des couleurs intéreffantes ou odieufes
, felon les circonftances qui les décident
ou vertueux , ou criminels. Telle eft
la regle invariable de la fcene tragique ,
& le Poëte qui l'auroit violée , révolteroit
tous les efprits c'eft un fait que je vais
rendre fenfible dans peu , par les exemples
même que M. Rouffeau a choifis.
22
Сс
:
Je fçais , dit- il , que la poétique du
théâtre prétend faire tout le contraire ,"
» & purger les paffions en les excitant ;
» mais j'ai peine à bien concevoir cette
regle. Seroit-ce que pour devenir tem-
» pérant & fage , il faut commencer par
> être furieux & fou ? "
Evj
108 MERCURE DE FRANCE.
+
M. Rouffeau étoit de bonne foi : je n'en
doute pas . Mais n'étoit- il pas trop animé
du zele patriotique , en écrivant ces chofes
étranges ? Perfonne ne fçait mieux que
lui , qu'à Sparte , pour préferver les enfans
des excès du vin , on leur faifoit voir des
efclaves dans l'ivreffe. L'état honteux de
ces efclaves , infpiroit aux enfans la crainte
ou la pitié , ou l'une & l'autre en même
temps ; & ces paffions étoient les préfervatifs
du vice qui les avoit fait naître . L'arti
fice du théâtre n'eft autre chofe , & M.
Rouſſeau en est bien inftruit. Dira- t'il que
pour rendre leurs enfans tempérans & fales
Spartiates les rendoient furieux &
ges
fous ?
ود
сс« Il ne faut , dit il , pour fentir la mau-
» vaife foi de ces réponfes , que confulter
» l'état de fon coeur à la fin d'une tragé
» die. " Hé bien , je choifis les trois Pieces
du théâtre où la plus féduifante des
paffions eft exprimée avec le plus de chaleur
& de charmes , Ariane , Ines & Zaïre:
je de nan le à M. Rouffeau s'il croit
que l'impreffion qui en refte foit une difpofition
à ce que l'amour a de vicieux ?
Que feroit ce fi je parcourois les tragédies
où la jaloufie fombre & cruelle , où la vengeance
atroce , où l'ambition forcenée ne
paroiffent qu'entourées de furies , & déNOVEMBRE
. 1758. 109
chirées de remords ? M. Rouffeau a- t'il
confulté fon coeur à la fin de Polieucte ,
de Cinna , d'Athalie , d'Alzire , de Mérope
: Eft- ce le goût du vice , où l'amour de
la vertu , que ces fpectacles y excitent ?
J'attefte M. Rouffeau lui -même , en fuppofant
, comme de raiſon , qu'il ne fe croit
pas plus incorruptible que nous.
Mais voici bien un autre paradoxe .
« Toutes les paffions font foears ; une feule
» fuffic pour en exciter mille , & les com-
» battre l'une par l'autre , n'eft qu'un
» moyen de rendre le coeur plus fenfible à
ود
» toutes. »
Obfervons d'abord qu'il s'agit de la terreur
& de la pitié , qui font les refforts
du pathétique. Ainfi tout ce qui excite en
nous la pitié , nous difpofe à la vengeance;
ainfi la crainte que nous infpirent les
forfaits de l'ambition , les lâches complots
de l'envie , les projets fanglans de la haine,
cette crainte , dis- je , eft elle- même le germe
des paffions qui la font naître. Eft- ce
dans la tête d'un Philofophe que tombent
de pareilles idées ? La fenfibilité fans doute
eft la bafe des affections criminelles ;-
mais elle l'eſt de même des affections vertuenfes.
Tout ce qui l'excite la rend féconde
, mais elle produit des baumes ou
des poiſons , felon les femences qu'on
FIO MERCURE DE FRANCE.
jette dans l'ame , & s'il eft des ames qui
corrompent tout , ce n'eft pas la faute du
théâtre.
و و
« Le feul inſtrument qui ferve à les pur-
" ger ( les paffions ) , c'eſt la raiſon , &
j'ai déja dit que la raiſon n'avoit nul
» effet au théâtre. » Voilà deux affertions >
également dénuées de preuve , & qui toutes
deux en avoient grand befoin . Je demande
à M. Rouffeau , fi la raifon ellemême
a quelque moyen plus fûr de contenir
une paffion , que de lui oppofer pour
contrepoids la crainte des dangers , & des
remords, qui l'accompagnent ? Eft- ce par
des calculs géométriques ? eft - ce par des
définitions idéales que la raifon corrige les
moeurs ?
1
Quant au fait que M. Rouffeau
avance
pour la feconde fois , qu'il nous dife s'il
regarde le rôle de Caton , dans la tragédie
d'Adiffon , comme déplacé au théâtre ? Ce
rôle fi intéreffant
& fi beau , eft la raifon
& la vertu même . Il eft auffi calme qu'il
eft pathétique , & fi l'héroïfme en étoit
moins tranquille , il feroit beaucoup moins
touchant. Mais pourquoi recourir au théâ
tre Anglois ? Toutes les vertus , fur la fce--
ne Françoife , n'ont elles pas leurs maximes
pour regle ? n'y voit - on que des furieux
ou des fanatiques ? L'humanité , la
NOVEMBRE. 1758.
r
grandeur d'amé , l'amour de la patrie ,
L'enthousiasme même de la religion , n'y
font- ils pas auffi éclairés , auffi raifonnés
qu'ils peuvent l'être fans froideur ? M.
Rouffeau ne fe fouvient- il plus d'avoir entendu
Zopire , Alvarès , Polieuce , Burthus
, & c. ?
99
« Qu'on mette , dit- il , pour voir , fur
» la fcene Françoife , un homme droit &
>> vertueux , mais fimple & groffier... qu'on
» y mette un fage fans préjugés , qui ayant
reçu un affront d'un fpadaffin , refuſe
» de s'aller faire égorger par l'offenfeur ;
» & qu'on emploie tout l'art du théâtre
pour rendre ces perfonnages intéreffans .
comme le Cid au peuple François , j'au
» rai tort fi l'on réuffit.
و د
On ne réuffira point , & vous aurez
tort : 1 ° . la groffiéreté n'eft bonne à rien ,
nous la rejettons de la fociété & du théâ
tre : 2°. le fage eft un perfonnage fort refpectable
, mais la bravoure eft une de ces
qualités nationales que le théâtre François
doit honorer. Si le fage eft un Thémiftocle
, nous l'admirerons ; s'il n'eft que patient
ou timide , il n'eft pas digne d'occu
per la ſcene. En un mot , l'homme fans:
préjugés attaquera les nôtres , & il en eft:
que l'on doit refpecter. Mais indépendam--
ment de ces convenances , l'intérêt doie:
112 MERCURE DE FRANCE.
naître de l'émotion or un caractere que
rien n'émeut , ne fçauroit nous émouvoir ,
à moins qu'il ne foit dans une fituation pareille
à celle de Caton : Colluctantem cum
aliquâ calamitate. D'ailleurs la pitié , ce
fentiment fi naturel & fi tendre , nous touche
plus que l'admiration : ainfi quelque
empire qu'ait fur nous la raifon , il ne
s'enfuit pas qu'elle doive être auffi pathé
tique , auffi théâtrale que l'amour combattu
par l'honneur , tel qu'il nous eft
peint dans le Cid .
La conféquence que M. Rouffeau déduit
de tout ce que l'on vient de lire , eſt
que « le théâtre purge les paffions qu'on
» n'a pas, & fomente celles qu'on a . Ne
» voila t'il pas , ajoute - t'il , un remede
» bien adminiftré ? » Si fes principes
étoient bien établis , la conféquence en feroit
évidente ; mais heureuſement pour
nous , ni les Auteurs , ni le théâtre ne font
auffi méchans qu'il le croit.
و
"3
« Mais en fuppofant les fpectacles auffi
parfaits , & le peuple auffi bien difpofé
qu'il foit poffible , encore , dit M. Rouf-
"feau , ces effets fe réduiroient- ils à rien ,
» faute de moyens pour les rendre fenfi-
»bles. Je ne fçache que trois inftrumens
» à l'aide defquels on puiffe agir fur les
» moeurs d'un peuple ; fçavoir , la force
NOVEMBRE . 1758. 113
» des loix , l'empire de l'opinion , & l'at-
» trait du plaifir : or les loix n'ont nul ac-
» cès au théâtre... L'opinion n'en dépend
point... Et quant au plaifir qu'on y peut
prendre , tout fon effet eft de nous y ra-
» mener plus fouvent . »
ود
ود
Suivons s'il eft poffible , le fil de ces
idées , & voyons d'abord quelle eft la fuppofition
le fpectacle auffi parfait qu'il peut
l'être , c'est-à- dire fans doute , l'innoncence
& le crime , le vice & la vertu , les bons
& les mauvais exemples préfentés fous le
point de vue le plus moral. Le peuple auffi
bien difpofe , c'est- à- dire au moins avec ce
goût général de la vertu , & cette averfion
pour le vice , qui préparent le coeur
humain à recevoir les impreffions de l'une,
& à repouffer les atteintes de l'autre
quand la vertu lui eft préfentée avec fes
charmes , & le crime avec fon horreur,
Cela pofé, qu'eft- il befoin de la force des
loix , & de l'empire de l'opinion , pour
lui faire goûter des peintures confolantes
pour les bons , & effrayantes pour les méchans
? L'attrait d'un plaifir honnête ne lui
fuffit- il pas pour le ramener à un ſpectacle
, felon fon coeur , où la vertu qu'il
aime , eſt comblée de gloire, où le vice qu'il
hait, ne fe montre que chargé d'opprobre ,
& malheureux même dans fes fuccès ?
114 MERCURE DE FRANCE.
Parmi les inftrumens à l'aide defquels on
peut agir fur les moeurs , M. Rouffeau a
obmis le plus puiffant , qui eft l'habitude.
Des affections répétées naiffent les inclinations
, & celles - ci décidées au bien ou au
mal , conftiruent les moeurs bonnes ou
mauvaiſes. Tel eft l'infaillible effet des
émotions que le théâtre nous caufe , quelques
paffageres qu'elles foient , il en refte
au moins une foible empreinte , & les mêmes
traces approfondies , fe gravent fi
avant dans l'ame , qu'elles lui deviennent
comme naturelles : mais eft- il befoin de
prouver quel eft l'empire de l'habitude ,
& M. Rouffean lui - même peut - il fe le
diffimuler ?
ور
ود
Il attribue , en paffant , aux Acteurs de
Opera , un reffentiment un peu vif de
l'ennui qu'ils lui ont caufé. «Néron , chan-
» tant au théâtre , faifoit égorger ceux qui
» s'endormoient.... Nobles Acteurs de
l'Opera de Paris , ah ! fi vous aviez joui
» de la puiffance impériale , je ne gémirois
pas maintenant d'avoir trop vécu . »
Il faut que M. Rouffeau attache à fon fommeil
une prodigieufe importance , ou qu'il
ne lui en coûte guere pour imaginer des
affaffins.
"
" Le Théâtre rend la vertu aimable ...
opere un grand prodige de faire ce
NOVEMBRE. 1758. 115
que
la vertu & la raifon font avant lui.
» Les méchans font haïs fur la fcene ; fontils
aimés dans la focié:é ?
J'obferve 1°, que fi tous les hommes aiment
la vertu , & déteftent le vice de cet:
amour actif & de cette haine véhémente
que l'on refpire au Théâtre , tous les hommes
ont de bonnes moeurs ; & fi M. Rouffeau
peut me le perfuader , j'aurai autant
de plaifir que lui à le croire. 2°. Que ficet
amour & cette haine font afſoupis dans l'ame
, les impreffions du Théâtre font un
bien en les réveillant. 3 ° . Que fi l'on n'aime
la vertu , & fi l'on ne hait le vice que
dans autrui , comme il le fait entendre ,
le grand avantage du Théâtre eft de nous
ramener en nous - mêmes par la terreur & la
pitié; de nous mettre à la place du perfonnage
dont les égaremens nous effrayent , ou
dont nous plaignons les malheurs ; en un
mot de nous rendre perfonnels cette haine
& cet amour que le vice & la vertu nous
infpirent quand nous les voyons dans autrui
.
30
7
Je doute que tout homme à qui l'on
expofera d'avance les crimes de Phedre
» & de Médée, ne les détefte plus encore au
» commencement qu'à la fin de la piece ; &
» fi ce doute eft fondé , que faut-il penfer
de cet effet fi vanté du Théâtre ? :
و ر
116 MERCURE DE FRANCE.
Ce ne font pas les crimes , ce font les
criminels que l'on détèfte moins à la fin de
la piece l'art du Théâtre les rapproche
de nous , en les conduifant pas à pas , & par
des paffions qui nous font naturelles aux
forfaits monftrueux dont nous fommes
épouvantés : & c'eſt en cela même que ces
exemples du danger des paffions nous deviennent
perfonnels . Une mere qui égorge
fes enfans , une femme inceftueufe & adultere,
qui rejette fur l'objet vertueux de cet
amour déteſtable , toute l'horreur qu'elle
doit infpirer, ces caracteres, feulement annoncés
, font auffi éloignés de nous , que
celui d'une lionne ou d'une vipere. Il n'eſt
point de femme qui appréhende de tomber
dans cet excès d'égarement ; mais quand
les gradations en font bien ménagées ,
quand on voit l'ame de Phedre ou de Médée
agitée des mêmes fentimens qui s'élevent
en nous , fufceptible des mêmes retours
, combattue des mêmes remords ,
s'engager peu à peu , & fe précipiter enfin
dans des crimes qui révoltent la nature ,
nous les plaignons comme nos femblables,
& ce retour fur nous - mêmes,qui eft le principe
de la pitié , eft auffi celui de la crainte.
«Que toutes ces vaines prétentions approfondies
font puériles & dépourves de
» fens , s'écrie M. Rouffeau ! Quant à moi
??
NOVEMBRE. 1758. 117
, dût-on me traiter de méchant encore
» une fois,pour ofer foutenir que l'homme
» eſt né bon ; je le penfe , & je crois l'a-
» voir prouvé. La fource de l'intérêt qui
» nous attache à ce qui eft honnête , &
nous infpire de l'averfion pour le mal ,
» eft en nous , & non dans les pieces.
C
39
Oui , fans doute , la fource en eft en
nous , mais l'art du Théâtre la purifie & la
dirige par la terreur & la pitié. L'homme
eft né bon , je le crois , mais a- t'il confervé
ce caractere? Si les traits en font altérés ,
affoiblis , effacés par des habitudes vicieuſes
; quelle morale plus vive , plus fenfible
, plus pénétrante que celle du Théâtre
, peut en renouveller l'empreinte ? Si
cette morale eft faine & pure , elle n'eſt
donc pas infructueufe ? L'homme eft né bon ;
& c'estpour cela même que les bons exemples
lui font utiles , ils n'auroient point de
prife fur fon ame fi la nature l'avoit fait
méchant. En un mot ou toute inftruction
eft fuperflue , ou celle, du Théâtre , comme
la plus frapante , doit être auffi la plus falutaire
; telle étoit du moins la prétention
de Corneille toute vaine & puérile que M.
Rouffeau la fuppofe : peut être mieux approfondie
,, y eût - il trouvé plus de bon
fens ? 1
Le coeur de l'homme eft toujours droit
18 MERCURE DE FRANCE.
و د
fur ce qui ne fe rapporte pas perfonnelle
ment à lui ... c'eft quand notre intérêt
s'y mêle , que nous préférons le mal qui
nous eft utile , au bien que nous fait ai
» mer la nature . Que va donc voir le méchant
au fpectacle ? précisément ce qu'il
» voudroit trouver partout : des leçons de
vertu pour le Public dont il s'excepte ,
» & des gens immolant tout à leur devoir ,
» tandis qu'on n'exige rien de lui . »
J'avoue que pour ce méchant déterminé
il n'y a de bonne école que la greve . Mais
ce méchant eft plus jufte que M. Rouſſeau
dans l'opinion qu'il a du Public , puifqu'il
jouit au fpectacle du plaifir de voir former
d'honnêtes gens dont la probité lui ſera
utile.
Quand à l'intérêt perfonnel , il n'éclipfe
jamais totalement les faines lumieres de la
confcience ; & plus l'homme eft exercé à
difcerner le jufte & l'injufte dans la cauſe
d'autrui , moins il eft expofé à s'y méprendre
dans la fienne. Pour celui qui eft injufte
avec pleine lumiere, ou fa corruption
eft fans remede , ou l'habitude du Théâtre
doit réveiller dans fon ame l'effroi ,
la honte & les remords . Je ne pense pas du
refte que M. Rouffeau fuppofe dans le
commun des fpectateurs une fcélérateffe
tranquille ; je lui demanderois où il auroit
pris cette idée de l'humanité ?
+
NOVEMBRE, 1758. 119
یو
ور
Quelle eft cette pitié, dit- il, en parlant
de celle qu'infpire la Tragédie ? Une émo-
» tion paffagere & vaine , qui ne dure pas
plus que
l'illufion qui l'a produite ; un
" refte de fentiment naturel étouffé bientôt
par les paffions ; une pitié ſtérile qui
» fe repaît de quelques larmes , & n'a ja-
» mais produit le moindre acte d'humanité,
»
"
25
C'eft comme fi je difois que la difcipline
de Sparte ou de Rome n'a jamais produit
aucun acte de valeur. N'eft- ce pas dans l'un
& dans l'autre cas , une impreflion habituelle
qui modifie l'ame , & nous fait contrafter
infenfiblement le caractere qui lui
eft analogue ? Si la fréquentation du Théâtre
n'influe pas fur les moeurs , il doit en
être de même du commerce des hommes ;
& dès- lors que devient tout ce qu'on nous
dit de la force de l'exemple ?
« Au fonds , quand un homme eft allé
admirer de belles actions dans des fa-
« bles , & pleurer des malheurs imaginaires
, qu'a t'on encore à exiger de lui
» N'eft- il pas content de lui- même ? Ne
s'applaudit-il pas de fa belle ame ? Ne
» s'eft- il pas acquitté de tout ce qu'il doit
à la vertu par l'hommage qu'il vient de
lui rendre ? Que voudroit- on qu'il fît de
plus? qu'il la pratiquât lui-même ? il n'
33
39
120 MERCURE DE FRANCE.
point de rôle à jouer ; il n'eſt pas Comé-
» dien.
ود
Sur qui tombe cette ironie infultante ?
Eft-ce à Paris que M. R. a trouvé tous les
devoirs de l'humanité réduits à l'attendriffement
qu'on éprouve au ſpectacle ? Il fait
que le peuple y eft doux , humain , ſecoucourable,
autant qu'en aucun lieu du monde
; il doit favoir que les honnêtes
gensy
ont le coeur affez bon pour tolérer , plaindre
& foulager ceux même qui les calomnient
, & il auroit pu attribuer à la fréquentation
duThéâtre quelques nuances de
ce caractere généreux & compâtiſſant qu'il
a reconnu dans les François.
« On ſe croiroit , ajoute- t'il , auffi ri-
» dicule d'adopter les vertus de fes Héros ,
» que de parler en vers , & d'endoffer un
» habit de théâtre . » Encore un coup , où
a- t'il vu cela ? Se croiroit- on ridicule d'être
humain comme Alvares , & vertueux
comme Burrhus .. M.Rouffeau le penfe- t'il?
Eft-ce à lui de nous croire des monftres ? Le
gigantefque qui eft ridicule au Théâtre , le
feroit dans la fociété ; j'en conviens. Mais
ceux qui ont excellé dans la Tragédie , ont
peint la nature dans fa vérité , dans ſa
beauté fimple & touchante , & la réalité en
eft auffi révérée que la fiction en eft applaudie
.
« Tout
NOVEMBRE. 1758. 121
«Tout fe réduit à nous montrer la ver
» tu comme un jeu de Théâtre , bon pour
» amufer le Public ; mais qu'il y auroit de
la folie à vouloir tranfporter férieuſement
» dans la fociété. O vous ! qui regardez la
justice & la vérité comme les premiers devoirs
de l'homme , êtes vous jufte & vrai
dans ce moment ? vous , pour qui l'humanité
& la Patrie font les premieres affections
, oubliez- vous que nous fommes des
hommes ?
Il y auroit de la folie à une mere d'avoir
les entrailles deMérope ; à une époufe,
d'avoir les fentimens d'Inès ! De quel Public
nous parlez- vous ? Si je connoiffois moins
les gens vertueux que vous avez fréquentés ,
vous- m'en donneriez une idée effroyable ..
Ce font là cependant les faits d'après leſquels
vous décidez, «que la plus avantageu-
»fe impreffion des meilleures Tragédies eft
» de réduire à quelques affections paffage-
" res , ftériles & fans effet tous les devoirs
» de la vie humaine.
"
» On me dira , pourfuit M. R. que dans ces
pieces le crime eft toujours puni , & la
» vertu toujours récompenfée ». On ne lui
dira pas cela , mais on lui dira que le crime
y eft toujours peint avec des couleurs
odieufes & effrayantes , la vertu avec des
traits refpectables & intéreffans. Si quel-
F
122 MERCURE DE FRANCE .
pour
quefois cette regle a été violée , c'eſt une
difformité monftrueufe que le Public ne
pardonne jamais. M. Rouffeau avoue
qu'il n'y a perfonne qui n'aimât mieux
etre Britannicus que Néron mênie après
la cataſtrophe. Voilà tout ce qu'exige la
bonté des moeurs théâtrales. Je lui abandonne
tous les exemples vicieux & reconnus
tels ; mais de cent Tragédies il n'y en
a pas une où l'intérêt foit le crime.
Je dis plus , il n'y en a pas une feule au
Théâtre qui ait réuffi avec ce défaut . Pourquoi
donc en inférer : « Tel eft le goût
qu'il faut flatter fur la fcene , telles font
les moeurs d'un peuple inftruit ; lefavoir,
l'efprit , le courage ont feuls notre admi-
>> ration ; & toi , douce & modefte vertu ,
tu reftes toujours fans honneur . >> Remarquez
que c'eft après s'être plaint que l'on
a avili le perfonnage de Ciceron pour
flatter le goût du fiecle , que M. Rouſſeau
s'écrie que l'efprit & le favoir ont feuls notre
admiration. Qu'elle fe préfente , Mon
fieur , cette vertu douce & modefte & fur
le Théâtre , & dans la fociété ; nos hom
mages iront au devant d'elle : nous la ref
pectons dure & farouche ; indulgente &
fociable , elle obtiendra nos adorations.
33
"
Les obfervations judicieuſes que fait M.
Rouſſeau fur la Tragédie de Mahomet, des
NOVEMBRE . 1758. 123
voient fuffire , ce me femble , pour détermi
ner dans fon efprit les vrais principes des
moeurs théâtrales. Mais comme il n'en veut
rien conclure d'oppofé à fon fyftême , il tâche
d'affoiblir l'idée d'utilité qu'elles préfentent
naturellement. « Le fanatifme , dit-
» il , n'eft pas une erreur , mais une fureur
>> aveugle & ftupide, que la raifon ne retient
» jamais ... Vous avez beau démontrer à
» des fous que leurs chefs les trompent , ils
» n'en font pas moins ardens à les fuivre . »
Auffi le but moral n'en eft- il pas de guérir
les peuples du fanatifme , mais de les en
garantir, en leur démontrant , non pas qu'on
les trompe
, mais comment on peut les
tromper. L'erreur eft mere de cette fureur
aveugle , & c'eft dans fa fource que l'attaque
la Tragédie de Mahomet . En un mot
cet exemple épouventable des horreurs de
la fuperftition n'en feroit pas le remede ,
mais il peut en être le préſervatif.
« Je crains bien , ajoute M. Rouffeau ,
qu'une pareille piece jouée devant des
» gens en état de choifir, ne fît plus de Ma
homets de Zopires que .
.د
33
Je le crois : auffi l'inftruction n'eft - elle
pas pour le petit nombre des Mahomets
mais pour la foule des Séides.
M. Rouffeau , en louant le goût anti que
dans le rôle deThiefte,demande avec raifon
Fij
124 MERCURE DE FRANCE .
que l'on daigne nous attendrir quelquefois
pour la fimple humanité ſouffrante ; & c'eſt
à quoi l'on devroit confacrer ce genre fi
naturel & fi touchant , dont l'Enfant prodigue
eft le modele , & que les gens qui
ور
ne réfléchiffent fur rien, ont tourné en ridicule.
Mais j'aurai lieu d'examiner dans peu
pourquoi les perfonnages , comme celuide
Thiefte , font fi rarement employés au
Théâtre. Cependant le goût des Grecs fûtil
en cela préférable au nôtre ; M. Rouf
feau ne peut- il nous offrir la vérité que
fous une face infultante ? « Les anciens ,"
» dit - il , avoient des Héros , & mettoient
» des hommes fur leurs Théâtres ; nous,au
» contraire , nous n'y mettons que des Hé-
» ros, & à peine avons nous des hommes. »
Il rappelle un mot d'un vieillard qui avoit
été rebuté au fpectacle par la jeuneffe
Athénienne , & auquel les Ambaſſadeurs
de Sparte avoient donné place auprès
d'eux. « Cette action fut remarqué de tout
» le Spectacle , & applaudie d'un batte-
» ment de main univerfel. Hé ! que de
» maux , s'écria le bon vieillard d'un ton
>> de douleur ! Les Athéniens favent ce qui eft
» honnête ; mais les Lacédémoniens le prati»
quent. Voilà la Philofophie moderne , &
» les moeurs anciennes » obferve M. Rouffeau.
NOVEMBRE. 1758. 125
Ici je retiens ma plume : il ne feroit pas
généreux d'oppofer la perfonnalité à la fatyre.
J'avoue donc qu'il y a à Paris comme
à Athenes des étourdis fans décence &
fans moeurs. Mais la jeuneffe Athénienne
rebutoit un vieillard qui vraisemblablement
n'infultoit perfonne , & M. Rouffeau
fait bien que nous n'en fommes pas encore
là
»
Il revient à fon objet : « Qu'apprend- on
» dans Phédre & dans dipe , finon que
l'homme n'eft pas libre , & que le Ciel le
punit des crimes qu'illui fait commettre?
Qu'apprend- on dans Médée , fi ce n'eft
jufqu'où la fureur de la jaloufie peut ren-
» dre une mere cruelle & dénaturée ?
·20
ود
»
Voilà deux exemples forts différens , &
qu'il eft bon de ne pas confondre. La caufe
des événemens tragiques peut être ou perfonnelle
, ou étrangere , & celle- ci ou naturelle
ou furnaturelle , c'eft- à-dire , ou
dans l'ordre des chofes ; ou , pour parler le
langage de la Poéfie, dans la volonté immédiate
des Dieux. Les Tragédies de ce derdier
genre font toutes tirées du Théâtre
ancien, Je ne fais quel intérêt pouvoient
avoir les Grecs à frapper les efprits du
fyftême de la fatalité ; mais il eft certain
qu'ils faifoient de l'homme un inftrument
aveugle dans la main des deftinées.
1
F iij
126 MERCURE DE FRANCE.
>
J'avoue que tout le fruit de ces Tragédies
fe borne à entretenir en nous une fenfibilité
compâtiffante pour des crimes involontaires
, & pour des malheurs indépendans de
celui qui en eft accablé comme dans
Edipe & dans Phedre. On y joint l'avantage
de faire fentir à l'homme fa dépendance
; mais comme il en résulte plus
d'horreur que de crainte des Dieux , je
crois la morale de ces Tragédies pernicieufe
à cet égard. Heureufement elles font
en petit nombre , & l'idée de la fatalité
s'évanouit avec l'illufion théâtrale . Le fecond
genre eft celui où la caufe des événemens
eft dans l'ordre naturel , mais indépendante
du caractere des perfonnes. Pär
exemple , en ne fuppofant à Andromaque
& à Mérope que les fentimens naturels.
d'une mere , c'en eft affez du danger de
leurs fils pour les rendre malheureuſes &
intéreffantes . La feule utilité de cette forte
de fpectacle eft de nourrir , & d'exercer en
nous les fentimens d'humanité qu'il réveille
; car je compte pour très - peu de
chofe la prudence qu'il peut infpirer. Le
troifieme genre place dans l'ame des Acteurs
tous les refforts de l'action & du pathétique
, & c'est là , felon moi , le plus
moral & le plus utile. Le crime & le
malheur y font les effets des paffions ; &
.
NOVEMBRE. 1758. 127
plus le crime eft odieux , plus le malheur
eft déplorable , plus la paffion qui en eft la
fource, devient effrayante à nos yeux. Tout
cela demanderoit à être développé , &
rendu fenfible par des exemples. Mais je
ne fuis déja que trop long. Il fuffic d'étudier
Corneille pour voir la révolution qui
s'eft faite dans l'art de la Tragédie , lorfqu'abandonnant
les deux premiers genres,
où les perfonnages , comme Thiefte , n'avoient
pas befoin de caracteres décidés , il
y a fubftitué celui qui prend fa force pathétique
& morale dans le combat des paffions
& dans les moeurs des perfonnages.
33
ود
"
" Les actions atroces préfentées dans la
Tragédie , font dangereufes , dit M. R.
» en ce qu'elles accoutument les yeux du
peuple à des horreurs qu'il ne devroit
»pas même connoître , & à des forfaits
qu'il ne devroit pas fuppofer poffibles.
1°. Le fait démontre que fi les yeux du
peuple s'y accoutument , fon coeur ne s'y
accoutume pas. M. Rouffeau reconnoît le
peuple François pour le plus doux & le
plus humain qui foit fur la terre. Il y a
cependant bien des années que ce peuple
voit Horace poignarder fa foeur, Agamem
non immoler fa fille , & Orefte égorger fa
mere. 2 ° . Au lieu de prendre l'inutile foin
de cacher au peuple la poffibilité des ac-
Fiv
128 MERCURE DE FRANCE.
> tions atroces il faut qu'il fçache que
l'homme dans l'excès de la paffion eft capable
de tout , afin de lui faire détefter
cette paffion qui le rend féroce. Voilà quel
eft le but & l'objet de la Tragédie ; & quoi
qu'en dife M. Rouffeau , tous les grands
Maîtres l'ont rempli.
"Il n'eft pas même vrai , dit- il , › que le
» meurtre & le parricide y foient toujours
odieux. A la faveur de je ne fçais quelles
» commodes fuppofitions, on les rend per-
» mis ou pardonnables. »
Dans les exemples qu'il cite , voici
quelles font ces fuppofitions. Dans Iphigénie
, Agamemnon immole fa fille pour
ne pas défobéir aux Dieux & deshonorer
la Grece. Orefte égorge fa mere fans le
fçavoir , & en voulant frapper le meurtrier
de fon pere : Horace poignarde Camile
dans un premier mouvement de fureur ,
exciré par les imprécations qu'elle vomit
contre la patrie , & dès ce moment il eſt
dérefté. Agamemnon lui - même devient
révoltant dès qu'il s'occupe de fa grandeur
& de fa gloire. Orefte fort du théâtre déchiré
par les Furies pour un crime aveuglement
commis. Voilà les fuppofitions commedes
qui nous rendent ces perfonnages intéreffans
. Je demande fi fur de tels exemples
on eft fondé à écrire qu'il n'est pas
NOVEMBRE. 1758. 129
vrai que fur notre théâtre le meurtre & le
parricide foient toujours odieux .
་
Ajoutez que l'Auteur, pour
faire parler
»chacun felon fon caractere , eft forcé de
» mettre dans la bouche des méchans leurs
» maximes & leurs principes revêtus de
tout l'éclat des beaux vers , & débités
d'un ton impofant & fentencieux , pour
» l'inftruction du parterre. »
Il est vrai que Fun dit ,
Et pour nous rendre heureux , perdons les mifé→
rables.
L'autre ,
Tombe fur moi le ciel , pourvu que je me vange-
L'autre ,
J'embraſſe mon rival , mais c'eft pour l'étouffer .
Celui - ci s'endurcit contre les cris de la
nature ; celui - là foule aux pieds tous les
droits de l'humanité. Il n'y a pas un mé
chant au théâtre qui dans l'intimité d'une
confidence , ou dans quelque monologues
ne fe trahiffe , ne s'accufe , ne fe préfente
aux ſpectateurs fous l'afpec le plus odieux,
& les Auteurs ont porté cette attention au
point de facrifier fouvent la vraisemblance
à l'utilité morale. Je ne dis rien ici dont
tout le monde ne foit témoin ; & M. R.
qui a vu affidument fix ans de fuite ce
Fv
130 MERCURE DE FRANCE.
fpectacle , devroit fe rappeller ces faits.
Non, dit- il , je le foutiens , & j'en attefte
» l'effroi des Lecteurs , les malfacres des
» Gladiateurs n'étoient pas fi barbares
que
» ces affreux fpectacles.On voyoit du fang,
»il eft vrai ; mais on ne fouilloit pas fon
imagination de crimes qui font frémir la
"
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» nature. »
Cette opinion fuppofe dans celui qui la
foutient une imagination bien vive ; mais
pour le commun des hommes
j'ofe
aflurer fi l'on verfoit réellement une
que
goutte de fang au théâtre , la fcene tragique
feroit tout au plus le fpectacle de la.
groffiere populace. Tel fe plaît à frémir
en voyant Mérope le poignard levé ſur
fon fils , & Orefte ou Ninias venant d'affaffiner
fa mere ; tel , dis - je , foutient ces
fictions , qui jetteroit des cris de douleur
& d'effroi à la vue d'un malheureux que
l'on tueroit fur fon paffage. La Mothe a
très-bien obfervé que l'illufion théâtrale
n'est jamais complette , & que le fpectacle
cefferoit d'être un plaifir , fans la réflexion
confufe qui en affoiblit le pathétique , &
qui nous confole intérieurement . Quant à
Fimagination fouillée , c'eſt un mal , file
crime y eft peint avec des couleurs qui
nous féduifent ; mais c'eft un bien & un
très-grand bien, fi les traces qui en reftent,
NOVEMBRE. 1758. IZI
infpirent l'horreur & l'effroi . Les arrêts
qui flétriffent ou qui condamnent les criminels
fouillent l'imagination du peuple ;
faut- il ne pas les publier ?
C'en eft affez , je crois , fur l'article de
la Tragédie. J'approfondirai dans la fuite
qui regarde la Comédie , les moeurs des
Comédiens , & l'amour , ce fentiment fi
naturel & fi dangereux , qui eft l'ame de
nos deux théâtres. Je l'ai déja dit , l'affertion
eft rapide & tranchante , la difcuffion
eft ralentie à chaque inftant par les détails ;
mais j'examine , & ne plaide point : il ne
me feroit que trop aifé d'être moins froid
& plus preffant.
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Résumé : J. J. Rousseau, Citoyen de Geneve, à M. d'Alembert, de l'Académie Françoise, &c. sur son article Geneve, dans le 7e Volume de l'Encyclopédie, & particuliérement sur le projet d'établir un Théâtre de Comédie dans cette ville, [titre d'après la table]
Jean-Jacques Rousseau s'oppose à l'établissement d'un théâtre de comédie à Genève, arguant que les spectacles nuisent aux mœurs et que la ville, avec sa petite population et ses ressources limitées, ne peut se permettre ce luxe. Il craint que la comédie ne perturbe les habitudes et les valeurs des Genevois, remplaçant leur simplicité par un mode de vie plus frivole. Rousseau déplore également l'influence croissante des manières françaises sur l'éducation des jeunes Genevois, bien qu'il reconnaisse que cette influence ait formé des hommes dévoués à leur patrie. Il conclut que Genève, grâce à sa constitution et à sa situation géographique, n'a pas besoin de mesures extrêmes pour préserver sa liberté. Le débat oppose Rousseau, qui voit les spectacles comme des amusements inutiles et dangereux, à un narrateur qui les considère nécessaires pour le repos et la détente. Le théâtre est perçu comme un reflet des passions humaines et des mœurs, mais doit les représenter de manière spécifique et non générale. Molière et Corneille ont adapté leurs œuvres aux mœurs de leur époque sans chercher à les changer. Le théâtre est vu comme une école des citoyens, capable de condamner les inclinations pernicieuses et d'inspirer l'horreur des passions funestes. L'auteur conteste les vues de Rousseau sur l'influence des passions représentées sur scène, affirmant que les tragédies peuvent soit exciter des sentiments vicieux, soit inspirer la vertu, selon la sensibilité du spectateur. Il soutient que la sensibilité humaine est à la base des affections, qu'elles soient criminelles ou vertueuses, et que le théâtre n'est pas responsable de la corruption des âmes. Il rejette également l'idée que la raison soit inefficace au théâtre, arguant qu'elle peut contenir les passions en opposant la crainte des dangers et des remords.
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