Reconnaissance textuelle : A MADAME DES HOULIERES, Sur son Epître chagrine. SONNET.
A. MADA ME
DES HOULIERES,
Sur fon Epître chagrine..
SONNET.
Voy! vous vous emportez ainſï.
Q
' une Bacchante qu'une qu
Contre le beau Talent ? Voftre haine.
mandit
Ce que nous beniffons, qui vous rendf
charmante;
Pourquoy tant vous blâmer, quand on
vous applaudit?
Contentez vous vous-mefme, & vous:
ferezfçavante
Affezpourbien porter le jougd'un bet
Efprits
Votre chagrin ne peut abuſer Ama--
ranthe,
334 Extraordinaire
Qui ne croira jamais ce que vous avezdit.
Sifaire bien des Vers éloigne la fortune,
Sçachez que la vertu n'est pas moins
importune,
Et ne doit pourtant pas eftre en averfion.
SU
Soyez donc confolée en tournant la Mé- daille,
Regardez mieux l'Objet, cachez le rien
qui vaille,
Et vous en aurezplus defatisfaction.
LA PETITE ASSEMBLIE
du Havre. G.
Résumé : A MADAME DES HOULIERES, Sur son Epître chagrine. SONNET.
Le sonnet 'Sur fon Epître chagrine' est adressé à Madame des Houlières. L'auteur la critique pour s'emporter contre le talent et conseille de se contenter d'elle-même. Il souligne que son chagrin ne trompera pas une personne sage. Il mentionne que faire de bons vers peut éloigner la fortune, mais la vertu ne doit pas être en aversion. Il l'encourage à se consoler en regardant mieux l'objet de son mécontentement et en cachant ce qui ne vaut rien. Le texte se termine par une référence à 'LA PETITE ASSEMBLÉE du Havre'.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Reconnaissance textuelle : Origine du Roy de la Féve, [titre d'après la table]
Si vous avez envie de fçavoir.
quelle eft l'origine du Roy de la
Féve, vous l'apprendrez dans ces
Vers d'Alcidor du Havre.
OV
N tient que de Solon , Legifla
teurfortfage,
Eft venu le premier ufage
D'employer une Féve , afin délire un
Roy5
Et que c'eftoit fuivant ſa Loy,
Que les Atheniens avoient cette
maxime,
G
4
2 MERCURE
>
Lors qu'ils créoient leurs Magistrats.
Toute autre élection étoit illegitime;
On les euft pris pour fcelerats,
S'ils avoient eu d'autre methode,
Tant celle- là pour eux estoit juste &
commode.
Pythagore ditfeul, qu'ilfaloit s'abftenir
Des Féves que chacun fouhaitoit
d'obtenir.
Il vaut mieux , difoit - il , n'avoir
aucune Charge,
Que d'en chercher ainsi , pour troubler
Son repos,
~Parce que bien fouvent c'est un chemin
fort large,
Qui nous conduit vers Atropos.
Il eft d'autres Autheurs d'un fentiment
contraire;
Soûtenant hautement que ce font
les Romains,
GALANT.
153
Qui font les premiers des Hu
mains
A qui cette methode ait commencé
de plaire ,
Car le jour qu'ilsfaifoient Festin
Pendant leurs Festes Saturnales,
Ils élifoient un Roy fans brigues ny
cabales,
Par le feul ordre du Deftin ;
La Féve eftoit la feule marque
Pour defigner celuy qu'ils devoient
Respecter
Pendant tout le Répas qu'on faifoit
apprefter,
Selon la volonté de ce petit Monarque.
Nous imitons encor fans aucun repentir
Les Romains plus que ceux d'Athenes
;
L'on en voit les preuves certaines,
Que l'on nesçauroit démentir.
G S
154
MERCURE
Lufage du Gafteau n'est - il pas tout
Semblable ?
Et n'est- ce pas le feul hazard
Qui fait un Roy d'un miferable,
Lors que la Féve eft dansfa part.
Résumé : Origine du Roy de la Féve, [titre d'après la table]
Le texte explique l'origine de la tradition du 'Roi de la Fève', où une fève cachée dans un gâteau désigne le roi du repas. Selon Alcidor du Havre, cette coutume remonte aux Athéniens, qui utilisaient une fève pour élire leurs magistrats sous la loi de Solon. Cette méthode était perçue comme juste et pratique, toute autre élection étant considérée illégitime. Pythagore, en revanche, déconseillait de rechercher des charges publiques, craignant que cela ne perturbe le repos et n'entraîne des conséquences néfastes. Les Romains, lors des Saturnales, élisaient un roi par le hasard de la fève, sans intrigues. Ce roi était respecté durant le repas. Les pratiques modernes, comme l'usage du gâteau à la fève, imitent davantage les Romains que les Athéniens, car elles désignent le roi du repas par le hasard.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
IV .
A
MER.CURE.
Ay peine à découvrirvoftre premiere
Enigme,
Et je ne peux affeoir que difficilement`
Mon choixfur quelque mot qui femble
légitime
Pour la devinerjuftement.
Si la Vigne n'eftoit une Plentefertile,
Faurois cnû la trouverfous unfens dé
guifes
Mais ilferoit trop malaiſe
De lafaire pafferpour vierge & pour
férile.
Si le Lierre eftoit de genrefeminin,
du Mercure Galant.
93
Tout conviendroit fort bien afin defaire
croire
Que c'eft luy dont on peint l'histoires
Mais cela nefe peut , car il eft mafculin.
Eft-ce donc la Vignesauvage,
A qui la rigueur des Hyvers
Fait tomber tousfes cheveux verds,
Pour ne laiffer que le branchage?
Je n'yçaurois encore accorder cet endroit,
Qu'on ne la voit jamaisfibelle,
Que quand cette Saifon rigoureuse &
cruelle
Lavient dépouillerpar lefroid.
J'aime done. mieux encor revenir à la
Vigne,
Et je croy la voir à cefigne,
Puis que la grape reſte enfin dans laſaiſon-
Qu'elledemeure toute nuë,
Et qu'elle paroift à la venë
Plus belle fans comparaison ,
Que lors que defon verd on la voyoit pourvene,
ALCIDOR du Havre.
Le texte explore la nature et les caractéristiques de la vigne. L'auteur rencontre des difficultés à résoudre une énigme concernant cette plante. Il note que, si la vigne n'était pas fertile, il pourrait la confondre avec d'autres éléments. Il évoque le lierre, mais le rejette en raison de son genre masculin. La vigne sauvage est également considérée, mais écartée car elle perd ses feuilles en hiver. L'auteur conclut en affirmant que la vigne est la plus belle lorsqu'elle est nue et sans feuilles, exprimant ainsi sa préférence pour la vigne cultivée, qui conserve ses grappes même après la chute des feuilles.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
V ..
Ivine Plante, que Noë
Prit foin de cultiver apres que le Déluge
Eut tout le Genre Humain noyé,
Horsceux qui trouvèrent refuge
Dans l'Arche, ce grand Baftiment ,
Dont Noéfefervit pour eux utilement ;
Vigne, qui nous produis cette Liqueur
aimable,
Quifait de nos biens le plus grand,
Que Mercurefut raisonnable
De te donner le premier rang
Pour nous étrener cette année,
Quemoncoeur àtous deux fouhaitefortunée!
VI.
Le mefme.
VI.
Le mefme.
C'estdonc en vain, Philis, que pour
vous je foûpire,
Et qu'apres millefoin pour gagner voftre
amour,
Je me vois, comme au premier jour,
Réduit à fouffrir le martyre?
du Mercure Galant,
95
Fefpérois que le temps auroit pû vous
toucher,
Et que ma paffion, mon zéle & ma franchife,
Pourroient chez vous eftrede miſe,
Aforce de vous rechercher;
Mais las! femblable à la Ceriſe ,
Vous avez un coeur de Rocher.
A voir l'extérieur, rien ne paroift plus
tendre:
Vousfçavez déguiſer des mieux,
Enfaisant paroiftre à nos yeux
Une aimable douceur dont vous pourriez
Surprendre
D'entre tous les Amans , le plus ingé
nieux.
Pour moy, las de n'avoirpour toute récompenfe,
Que quelques doux regards, meflez d'indiférence,
લે
Je renonce, Philis, à vousfaire la cour,
Pour chercheroù je puis mieux placer mon
amour..
Le mefme .
L'auteur exprime sa frustration et sa douleur face à l'absence de réciprocité dans son amour pour Philis. Malgré ses efforts, Philis reste insensible, comparant son cœur à un rocher. Il décide de renoncer à sa cour et de chercher un amour plus réciproque.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
XI.
AMis,que noftre joye éclate,
Que noftrefoye enfin de plaifirfe d late,
Pour folemnifer l'heureuxjour
Dans lequel le Seigneur Mercure
Nous vient donner de fon amour
Unedes marques la pluspure.
Ce Dien, quifait tres bien que pour entretenir
L'amitié qui nousfait unir,
Il nous faut lefecours de la Liqueur Bachique,
Luy -mefmefe donne lesfoins
De fatisfaire à nos befoins
Avec un air tout magnifique.
Il veut nous apporter des Cieux
Une Vigne quiporte un Fruit délicieux,
Un Raifin dont le grain cauſe de laſurprife,
Poureftre quatre fois plus gros qu'une
Cerife ,
100
Extraordinaire
Propre à faire du Vin d'un gouft fortfucculent,
Et de beaucoup plus excellent
Que tous ceux que l'on boit, & d'Espagne
& de France.
Puis donc que c'est l'unique attrait
Qui de nousbien unirfemble avoir le fecret,
Marguons-en à ce Dien noftre reconnoif
Sance,
Par une ample réjouiſſance.
LA PETITE ASSEMBLEE A
du Havre.
Un groupe d'amis célèbre un événement heureux en rendant hommage à Mercure, le dieu de l'amour et de l'amitié. Mercure leur offre un raisin exceptionnel, quatre fois plus gros qu'une cerise, capable de produire un vin supérieur à ceux d'Espagne et de France. Ils organisent une réjouissance pour reconnaître ce don.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
XIV.
Qoy ! pendantque tout eftgelé,
Mercure nous a régalé
En ce jour d'un Panier de Cerifes vermeilles!
Pomone enfesJardins n'en a point depareilles;
N
O la beauté!
La rareté!
LA BELLE NOURRITURE
du Havre.
XV .
E nous laiffons jamais aller
Au gré de ces Gens du bel air,
Ces Hommes précieux, de lagrande volée,
Quipournousfe difent enfeu,
Qui nousfont bonne mine , &fouvent
mauvais jeu.
N'ont-ils pas prefque tous l'ame diffimulée?
Ils promettent beaucoup de Bien,
On les peut justement nommer Gens de
parole,
Mais hélas !fans effet ; on n'enpeut avoirrien.
du Mercure Galant. 103
La Gerife en eft le fymboles
Rien comme elle au dehors n'eftplus beau
ny meilleur;
Mefme aux Indiférens ils ont tous dequoy
plairess
Mais fondez plus avant, vous verrez le
contraire;
Tout eft amer pour vous, tout eft dur dans
lecoeur.
Lamefme.
Le texte dénonce les 'Gens du bel air' et les 'Hommes précieux' comme hypocrites et trompeurs, promettant beaucoup sans agir. Comparés à une gerbille, ils cachent une dureté intérieure sous une apparence agréable. Il met en garde contre leur superficialité et leur hypocrisie, soulignant l'écart entre leurs apparences et leurs intentions.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
XVI.
T
Out eft couvert de neige en ce mois
déplaifant,
Et nous y recevons de fort belles Cerifes;
Où pourroit-on les avoir prifes?
On ne pouvoit jamaisfaire un plus beau
Préfent;
Cependant, lafaifonfait bien craindre,
Mercure,
Que le tout nefoit qu'en peinture.
LA PETITE ASSEMBLEE
du Havre. G.
XVII.
Qfoyez
charmante,
Ve nousfert , belle Iris, que vous
Que vostre teintfoit frais , vermeil &,
délicat,
Qu'ilnous paroiffe avec éclat,
Que tout ce dehors nous enchante?
Ah ! l'on ne voit que trop en vous
Les qualitez d'une Cerife.
Sonfuc eft aigre autant que doux :
Prenez- la pour votre Devife .
Son coeur est un coeur de Rocher,
Le vostre est tout de mesme, on ne le
toucher;
peut
Larmes , foupirs, tranſports, fervice,
obeiſſance,
Affiduitez, complaifance,
Font voir qu'on ne vous pent plus ardemment
aimer,
Tant voftre extérieur a dequoy nous charmer;
Vous eftes cependant pour nous toujour
cruelle..
du Mercure Galant . 105
Que nousfert donc, Iris, que vous soyez
fi belle?
Lá mefme.
Le poème célèbre la beauté d'Iris, comparée à une cerise aigre-douce. L'auteur admire son teint frais et éclatant mais critique son cœur impénétrable, insensible aux larmes et aux soupirs. Malgré ses efforts, Iris reste cruelle et indifférente. Le poème se conclut par une question sur sa beauté et son indifférence.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Reconnaissance textuelle : REPONSE A LA QUATRIEME QUESTION DU XXVIII. EXTRAORDINAIRE.
REPONSE
A LA QUATRIEME QUESTION
DU XXVIII . EXTRAORDINAIRE.
Un Homme en mourant a deux
Amis auprés de luy. Il en fait
retirer un , parce que fa préfence
l'afflige ; & fait demeurer
l'autre , parce que fa préfence
le confole. On demande lequel
il aime davantage.
ILA
Lfaut ou toft on tard,fur la terre &fur
l'onde,
Eprouver ce que peut & l'Amour & la
Mort,
Ces deux puiffans Maiftres du Monde,
Dont le Régne par tout est égalementfort.
L'Amouravoit uny legenéreux Sylvädre
Avec Lycidas & Damon:
du Mercure Galánt.
233
Mais d'une fiforte union ,
Qu'il ne s'en trouve plus de mefme & defi
tendre.
Tous deux vivoient en luy, comme Syl
vandre en eux ,
Leurscoeurs n'eftoient touchez que
meſme envie,
Ils menoient une mefme vies
d'une
Enfin l'Amour jamais n'a fait de plus s
beaux noeuds.
Mais cet épouvantail de toute laNature,
La Mort, ce Trouble- Fefte , & qui sher--
chant pafture,
Commeil luy plaift veut entrer en tours
lieuxs
Exterminant Jeunes & Vieux;
Cette celebre Larronneffe ,
Ce Monftrepar tout devorant,
Qu'aux jours d'aucun Mortel la pitié n'inatéreſſe,
Prend au collet Sylvandre , & le voile
mourant..
Q. deJanvier 1685. W
234
Extraordinaire
+3
Damon & Lycidas luyfont bien voir leur
zéle,
Comme fon mal leur caufe une douleurmortelle,
Que defoins pour luy chacun rend!
Que de compaffionpour cet AmySoufrant!
Retirez- vous, Damon, jeſuis dans mafoufrance,
Affligé de vostre préſence,
Dit le pauvreMalade , & vous me defolez
Avec tous vosfoupirs, vos plaintes &
vos·larmes,
Quifont pour moy de foibles armes .
Demeurez, Lycidas ,car vous me confolez,.
Luy dit ce cher Mourant, je vay perdre
la vie,
De bien plus de malheurs que de bonheur
fuivie,
Puis que c'est par la mort qu'on les peutéviter,
Jeveux done bien mourir, pour ne rien res
douter;
Infpirez-en-moy le courage,
du Mercure Galant. z
Cher Amy, ne me quitez pas.
Onpeutdemander en ce cas
Lequel il aime davantage
De Lycidas ou de Damon ;
Je réponds à la Queſtion.
+3
Sylvandre a beaucoup de tendresse
Pour celuy qu'il fait retirer,
Et qu'il ne peut voirfoupirer.
Il eft bien vray, mais lafageffe
Qu'un Moribond peut defirer
En celuy qu'ilfait demeurer,
Montre en mefmetemps qu'il eftime
Cer Amy plus que l'autre, & qu'ilfçais:
la maxime,
Quefipourfaire entrer au Monde noſtre
corps
Il eft befoin de Sage Femme,
Ilfaut pour enfortir dehors
Unplusfage Homme pour noftre ame
Si donc l' Amour est bien plus grand,
Fondéfur la vertu quefur toute autre
chofe,
Vij
236
Extraordinaire
Difons qu'en Sylvandre mourant,
Son amitié que l'on propoſe,
Pourle confolant Lycidas
Eft plus grande qu'elle n'eft pas
PourDamon, Amy le plus tendres -
C'eft-là monfentiment que l'on pourroit -
défendre..
GYGES, du Havre.
Résumé : REPONSE A LA QUATRIEME QUESTION DU XXVIII. EXTRAORDINAIRE.
Le texte explore la dynamique de l'amour et de la mort à travers l'histoire d'un homme mourant entouré de deux amis, Sylvandre et Damon. L'homme demande à Damon de partir car sa présence l'afflige, tandis qu'il garde Lycidas car celui-ci le console. La question posée est de savoir lequel des deux amis il aime davantage. L'auteur explique que l'homme montre plus d'affection pour Lycidas, car il a besoin de réconfort face à la mort. Il compare cette situation à la nécessité d'un accoucheur pour mettre au monde un enfant et d'un sage pour soutenir l'âme. Ainsi, l'amour pour Lycidas, qui console, est plus grand que l'amour pour Damon, qui afflige. L'auteur conclut que l'amitié de Sylvandre pour Lycidas est plus forte, car elle est motivée par le besoin de consolation face à la mort.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Comme l'Ecriture ne convientpas
moins au fens de cette Enigme que
l'Imprimerie , j'ajoute les Explications
qui m'ont efté envoyées fur ce .
Mot.
V
III.
RONDEAU.
Ous avez tort, Galant Mercure
Contre vous un chacun murmure
Vousfupprimez nos Madrigaux.
Avoient- ils defi grands defauts,
Pourn'en donner pas la lecture?
F'envoye encor cette Ecriture;
Maisfi dans voftre procédure
256
Extraordinaire
Vous biffez auffi nos Rondeaux ,
Vous avez tort.
Nous avionsfait voftre peinture,
Nous n'en craignions point de cenfure.
Qu'y manquoit-il ? rien n'eftoitfaux ;.
Et vous effacer nos travaux.
Ce n'eft point marcher en droiture,
Vous avez tort.
GYGES, du Havre.
Le poème, adressé à Mercure, exprime le mécontentement du poète face à la suppression de ses madrigaux et rondeaux. Le poète, Gygès du Havre, juge cette censure injuste et affirme que ses œuvres sont vraies et honnêtes. Il critique la procédure de Mercure, qualifiée d'extraordinaire et injuste, et conclut par 'Vous avez tort.'
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
IV.
Ourquoy, Galant Mercure, eſtre tant
circonfpect?
Pourqu
Q'avons-nous dit quifoit fufpect?
Vous avez des égards étranges,
Vous eftes à l'excés ennemy des louanges
Quifont pour bien des Gens un Mets délicieux,
Unfifriand Repas , un Ragouft merveilleux.
Vous endonnez à tous d'une main libérale,
Et vous les refufez. Voulez- vousfaire
voir
Qu'il eft plus glorieux , comme ondit en
Morale,
5
du Mercure Galant. 257
De donner que de recevoir?
Et-bien, ilfaut vousfatisfaire.
Je me tais fur ce point , mais jefuis en co-
Lere..
Apres s'eftre efforcé de loner, quoy qu'en
vain,
Les belles qualitez d'un celebre Ecrivain,
S'il ne m'eftpaspermis de louerl'Ecriture
Et l'Ouvrage de cet Autheur,
Je lefais malgré tout , il m'agagné le coeur
Souffrez donc ce qu'en dit LA. BELL &
NOURRITURE.
DU HAVRE..
L'auteur critique 'Mercure Galant' pour son refus des compliments, perçus comme délicieux par beaucoup. Il se demande si cette attitude vise à paraître plus glorieux en donnant qu'en recevant. Il mentionne un écrivain célèbre dont il n'a pas pu louer l'œuvre, bien qu'il en ait été touché. Il cite 'LA. BELL & NOURRITURE' du Havre.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
V ...
DU HAVRE..
Q
Vidira qu'en ce mois le Préfent eſt
frivole,
Se trompe lourdement, c'eſt un Don pré--
cieux,
C'est un Peintre de la Parole,
Quifçait fort bien parler aux yeux,
Et donner lacouleur aux plus bellespen
fees.
eft l'Ecole des Grands, l'Etude des Pe
tits,
2. de Janvier 1685. Y
258
Extraordinaire
Le Portrait des chofes paffées,
Le Confeil des plus beaux Efprits,
Et le Tréforde la mémoire.
C'est le Trompette enfin, & l'Echo de la
gloire
Du plus grand des Mortels, l'invincible
LOUIS,
Et le Mémorial defes Faits inouis.
C'cft auffi le Portrait que nous afait Mer
cure,
Quand il nous donne l'Ecriture.
LA PETITE ASSEMBLEE G.
du Havre.
Le texte 'LA PETITE ASSEMBLEE du Havre', daté du 2 janvier 1685, décrit le Préfent comme frivole et trompeur, mais aussi comme un don précieux et un peintre de la parole. Il loue le portrait des choses passées, le conseil des esprits et le trésor de la mémoire. Le Préfent est comparé à une trompette et à l'écho de la gloire de Louis, l'invincible, soulignant ses faits inouïs. Ce portrait est offert par Mercure à travers l'écriture.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
V I.
de Rheims .
Ve la diffimulation
Eft en vogue à préfent parmy les Politiques,
Chacun en affermit les meilleures pratiques
Q. deJanvier 1685.
Ꮓ
266 Extraordinaire
Parte qu'elle a beaucoup de rapport , du.
nion
Avecque la prudence , & d'autant qu'elle
cache
Nos entreprises, nos defirs,
Nos affaires, nos déplaifirs
Mefme quoy qu'une injure extrémement
nousfache,
Avecelle on attend l'heure defe vanger
Et l'on fçait bienfe ménager.
O la bellefcience , & la plus ordinaire,
Sçavoir de toutfaire myftere,
Qui des plus grands deffeins aisément
vient à bout!
Ah! qu'il eft de ces Gens qui cachent leur
lumiere .
Et font dire qu'on voit ( ce que je ne puis
taire)
Des Lanternes fourdes partout.
SH
GIGEZ , du Havre.
Au XVIIe siècle, la dissimulation est une pratique politique valorisée pour sa prudence, permettant de cacher intentions et blessures. Elle est vue comme une science efficace pour mener à bien des projets. Le texte critique ceux qui masquent leur vraie nature, comparant cela à des lanternes sourdes. Il mentionne le 26 janvier 1685 et Le Havre, lié à une personne nommée Gigez.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
II.
Ercure, fi c'eft vous déplaire,
Que d'applaudir fansfeinte ny fans fard
A ce qui vient de vostre part,
Je m'en vaisfaire le contraire.
*3
Ab, bon Dien, les chétifs Préfens
Que vous nous avezfaits , & qu'ilsfont
déplaifans!
Le premier eft une Muette,
Lefecond une Aveugle, & Sourde bien ?.
Souvent,
Qui nous aveugle au moindre vent,
Une Inconftante, une Indifcrete ,
Qui nous montre par tout, jufqu'en noftre
Maiſon,
Des Cornes comme un Limaçon.
Celle-là paroift noire ainsi que l'Ecriture,
Z iiij
272
Extraordinaire
Celle-cy n'a pas plus d'attraits
Qu'une vieille Lanterne, elle en a tous les
traits. 1
Quels Préfensfont- ce-là, Mercure?
LA BELLE NOURRITURE
du Havre.
Un auteur critique les défauts humains en s'adressant à Mercure. Il dénonce des 'présents' divins tels qu'une 'Muette', une 'Aveugle' et une 'Sourde', ainsi qu'une 'Inconstante' et une 'Indiscrète'. Ces défauts sont comparés à des métaphores comme des 'Cornes comme un Limaçon' ou une 'vieille Lanterne'. Il exprime son dégoût pour ces 'chétifs Présents'.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
III.
du Havre.
SAns eftre un Oedipe, un
Prophete,
Dans la premiere Enigme on trouve une
Muette,
*
Quife fait d'un chacun tres -fouvent careffer,
Dont le plus fcrupuleux ne sçauroit ſe
paffer.
C'eft unprodige de Nature ;
Sans crier elle peut, admirable pouvoirt
Sefaire entendre aux Sourds. N'est-cepas..
l'Ecriture?
Pourlafeconde, ilfaut avoir
L'imagination bien épaiffe & bienlourde,
Pour n'y pas découvrir une Lanterne
fourde.
LA PETITE ASSEMBLEE G.
du Havre.
I V.
Sai ne
travaillezque pour vous, Cavans
Efprits, Hommes
capables,
Qui
Qu'avec vos beaux talens vous faites de
jaloux!
Vous les laiffez enfriche, & vous eftes
coupables.
Vous qui cachez voftre Flambeau,
Et le mettezfous le Boiffeau,
Commedit la Sainte Ecriture ;
Vous qui nefaites jamais rien
De ces grands Dons de la Nature,
Dont on peut faire tant de bien,
Vous eftes une Hapelourde,
Qu'on ne met point en oeuvre ; une molte
langueur
Que vous devez bannir, vous ôte la vigueur,
Trop bien l'on vous appelle une Lanterne
Jourde.
Toutefombre qu'elle eft, elle éclaire pourtant;
Vous ne voulez pas cependant
274
Extraordinaire
Faire voir autant de lumiere,
Et vous la cachez toute entiere.
Vous eftes des Livresfermez
Qu'on nesçauroit ouvrir, Docteurs inanimez.
GYGES, du Havre.
Le texte critique des individus doués mais paresseux, accusés de ne pas utiliser leurs talents. Ces personnes cachent leurs compétences, comparées à un flambeau sous un boisseau. Elles ne mettent pas en œuvre leurs grands dons naturels, les rendant inutiles. L'auteur les compare à des livres fermés et à des docteurs inanimés, exprimant son mécontentement face à cette inaction.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
V I.
E n'eft pas d'aujourd'huy qu'on
fçait, Galant Mercure,
Que vous eftes un Maistre en l'art de
l'Ecriture ,
Et que nul ne vous paffe en ce charmant
talent;
Maisje fuis étonnée , & j'ay de lafurpriſe
De vous voir faire Marchandise,
Vous, un Dieu qu'on tient opulent,
Et que lefçavant Rault, & vous, dans la
Taverne
Vous alliez vendre une Lanterne
A de miférables Mortels,
Qui tous vous doivent des Autels.
Qu'elle foit belle & claire, & que chacun
L'eftime,
Enfin cela n'empefche pas
Que l'on ne vous impute à crime;
De vous voir un employ fi bas.
SYLVIE, du Havre..
L'auteur, Sylvie du Havre, s'étonne que Galant Mercure, maître en écriture, vende une lanterne dans une taverne. Cette activité commerciale est jugée indigne de son statut divin et opulent, malgré la qualité de la lanterne.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
VII.
Vi ne vous connoiftroit fous l'habit
de Sofie?
Mercure, de nouveau le cherchez- vous
encor,
Pendant que Jupiter d'une amoureuſe
envie
Vachercherquelque Alcméne, ainſi qu'au
Siècle d'or,
De peur que ce Manant n'aille avec fa
Lanterne
Troubler lesjeux, les ris, & les contentemens
Que recherchent tous les Amans
Dans le temps qu' Amour les gouverne?
Mais fçachez qu'en ce jour vos foins font
Superflus.
Comme l'on ne voit plus d ' Alcméne,
Iln'est plus de Sofie ; ainſi donc c'eſt abus:
Devous déguifer avec peine.
Faites un peu réflexion
Que l'on nefait plus tant d'affaires
Afin de réüffir aux Amoureux miſteres,.
du Mercure Galant. 277
Comme l'on enfaifoit au temps d'Amphitrion
;
Quatre mots d'Ecriture enfinfont plus
d'avance,
Avec quelque Bijon nouveau,
Que d'un Mary la reffemblance,
Fuft-il mefme de tous estimé leplus beau .
LA PETITE ASSEMBLEE A.
du Havre.
Les deux Enigmes ont efféauffi expliquées
par Meffieurs le Baron de la
Glaciere d'Ecuelle ; Vermolet , de
Dourlens ; Ageron , Avocat au Parlement
de Dauphiné ; Sorbiere , Banquier
de la Rue des cinq Diamans i
& par Mefdemoiselles le Vaffeur,
Fille de M le Vaffeur , Avocat à
Amiens Angelique Mortier , &
l'Orpheline.
Le texte traite des transformations dans les pratiques amoureuses, soulignant la disparition des figures mythologiques telles qu'Alcméne et Sophie. Les déguisements et les efforts pour séduire sont désormais inutiles. Contrairement à l'époque d'Amphitryon, où les amants déployaient beaucoup d'efforts pour participer aux mystères amoureux, quelques mots écrits et un bijou nouveau suffisent aujourd'hui à faire progresser une relation, même plus qu'une ressemblance avec un célèbre acteur. Le texte mentionne également une assemblée au Havre où deux énigmes ont été résolues par plusieurs personnes, dont le Baron de la Glacière d'Ecuelle, Vermolet, Ageron, Sorbiere, la fille de M. le Vasseur, Angélique Mortier et l'Orpheline.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
IV. Ive le poisson frais & la belle marée,
Jabhorre le poissonfalé;
Qu'ilne menfoitjamais parle,
Ce n'efl que pour ces gens dont Came est
Alurée
'A qui racrimonie est tonjours de bon
gouss,
Et tout autre cause un degoufl.
Pourmoy j'aime mieux une Truire
Quand elle efl fraische& pins pttin
Que le PfJijfo" le plue exquis;
S'il n'efl pointfrais*je le bannis
De ma table} & de ma cuisine ; sufl>-ce mesme un Turbot,dejlorsqu'ilefl Il n,efl plus de bon gouss, on eflptalrétAlé;
Ilfaut donc le laisser a ces gens de marine,
Illeur plaifl,s'il efl de bonsel.
No], je m"en trouverais blesée,
Il faut eflre spirituel
Pour enfaire une fausse un peu bien poli- -
cee.
La belle Nouriture da
Havre.
L'auteur privilégie le poisson frais, rejetant tout poisson avarié. Il préfère une petite truite fraîche à un poisson non frais, même de qualité. Il conseille de laisser le poisson non frais aux marins. Il souligne l'importance de l'esprit pour apprécier la fausse politesse et vante la bonne nourriture du Havre.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
V. E
N Mer Aussi-bitn quesur terre
On voit Us animaux sentrefaire la guer
re, Legrand devore le pltit,
Pourveu qu'on ait un peu d'adrcjfe
-
Onprofitedesafoiblesse,
Et d'unindefendu le puissantse nourrit.
VIII impertinente Ecrevice
!!.!Ji ne marche qua reculoNs,
Parce -qu'elle a des crocs bienlongs,
A le pouvoir & l'artifice
Degoûtertout, Merlans,Turbots,
Soles, Alozes, Saumons, Truites,
Sans garder aucunes limites- Fussent-ils mesmes des plu*gros,
Tant il est vray qùonprend tout ce que Ion peut prendre
,
jQue ses griffes on fait valoir,
Dejlors qu'on en a le pouvoir,
Et qu'on a dequoy se defendre.
GYGEZ du Havre.
Le texte décrit les relations de prédation et de domination chez les animaux. Les plus forts exploitent les plus faibles pour se nourrir. Par exemple, une écrevisse repousse des poissons plus gros grâce à ses crocs et son intelligence. Ce comportement illustre la brutalité et l'opportunisme naturels.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
VI. Ercure, j'avoisoùy dire
Que vous estiez. adroit,fkbtil,
Le Prince des Poissons d'Avril.
Vn Ministreâamour mais fonvientd
m'instruire
Que vous esses de tous messiers,
Et que ton vous a veu tout chargé de
marée,
QueVêw-mesmeavezdecîarée,
^4inji que font les Polfonniers;
Huevowaviez, beaucoup de Truites
faumonnèes
Pour tous vos amis def/inées,
A tenvychacun a receu
De ce beaufruit de vofîrePesche,
Mais pour moy je n'enay point eu,
Que comme à l'ordinaire assez. tard, &,
peu fraische;
Je neffay point pourquoyjefuis tout le
dernier,
Si c'est lafaune du * Courrie.
* Homme à Cheval.
Le mesme.
L'auteur adresse une lettre au 'Prince des Poissons d'Avril', admirant ses compétences et générosités. Il a reçu des truites fumées mais note un retard dans la fraîcheur de son poisson, attribuant cela à un problème de distribution lié à un homme à cheval. La lettre se conclut par la répétition du mot 'Le mesme'.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
VII.
D'Où vient que dans un Port J,
Mer
Lepoijfondevientrare ,
& dans lautre
il abonde ?
Qui vendra bien s'en informer,
Verra que de tout temps ces Citoyens
de l'Onde
Suivent leur route ,
& vont leur
train
Selon la cosse & le terrain,
OH se trouve leur nourrituret
Par un inftinft de la Nature
Ils la sentent de loin, tif dans les
douces taux
CArpes , Truites, vont par mot*,
Ce-aux
Où leur pasture tft abondante,
Ce que l'on ne petitcontefier;
Mais je crois quon peut ajouter
four éclaircir de pltu la qutftion presentes
JQue pour avoir de bon poisson,
EtJ comme lrtm dit, 'à foism On , ne doit point faired"outro«ge,
N, de chagrinauPoissonnier,
Je nen diray pas davantage,
Je le laisse a dire au Courrier.
Lemesme.,
Le texte examine les variations de la présence de poissons dans différents ports. Les poissons suivent des routes naturelles vers des zones riches en nourriture, guidés par leur instinct. Par exemple, les carpes et les truites se déplacent vers des zones où leur pâture est abondante. Il est conseillé de ne pas perturber ces mouvements pour éviter de causer du chagrin aux pêcheurs. Le Courrier est invité à expliquer davantage.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
XI.
QVilest rare d'avoirde fagesdo*
meftiques
Et , que leumindifcretion
NOHl produit souvent de Critiq«es!
Ils font toujours en faEHon
Pour mieux conmiftre nos affaires,
Nom leur mettons faut en dèpost,
Mais ils nous trahissent bien-tost
- Ces dangereux dépoftaires.
Heureux donc ceux dont les Agens
Sont fidelles
,
discrets
, autant quintelligens,
Qui ne font rien que de licite,
Qui n'ont des mains que pour signer
Ce que le Droit peut ordonner,
Et font muets comme une Truire
jQumd il font cacher nos secrets
Dont la conduite irréprochable ,
Rend a tous la noflre honorable;
Et gardant nos vraisinterefls
Peuvent imiter la Merlette
Sans'griffes &[uns becpiuette;
S'ilsfont autres tous ces Mouchards
Qnjls nousfont donner de brocardsJ
LA PETITE ASSEMBLEE G.
du Havre.
Le texte met en garde contre les agents indélicats qui trahissent la confiance. Il oppose ces agents à ceux fidèles, discrets et intelligents, agissant de manière licite et gardant les secrets. Les agents malhonnêtes nuisent et attirent des critiques. Il est crucial d'avoir des agents dignes de confiance pour éviter les reproches.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
1v.
1
L eu/ffallu ce dernier mois
Demeurer au lapon
, pour ne pas dans?
l'Enigme
Trouver Gennessoùmise au pluspuijflUt.
desRois,
On neulf pu rignorersans crime,
iMaïs la premiereEnigmeâAoust
"Wenous paroisspas sifacile, «
Elle semble aux gens de bon goaft
Pleine etejprit, & tres-subtile,
ux voyellespourtant en paroissenttobiu,
DEnt tl'uneestconsonne en jeunefe,
l'ilutre l'est dans la Vieillesse,
mteautrenepeut pasfaireunsibeleffet.
La petite Aflemblce G.-
du Havre.
V. ,7Ous nousavez déjà donné
,
Galant t'-
Mercure>
Lepremier de vostrois Souflets,
Le trotifème nous faitinjure,
Ceji pour regaler des Valets
, 7ous prenons le fécond
*
il nous met attoftre
Aist
j
7ous qui marchons si lentement
tfouryferons commodément, y
Wayant ny Carosse ny Chaise.
Le ratefmcr
ADmirable Berger de Flore,
Faut-il plus long-temps que j'i~
gnore
luel efl L'heureux climat qu'onvous voie
habiter?
Maissans doute ceflAH PArlMJfè ;-
Carvousffavez. nous débiter,
Des Vtrs d'une trop bonne grâce,
Pour ne pas le tenir du divin Apollon i i
OUyy l'on connoifl tres-bien que ce Diemxi
vous inspire,
Que mtfme quelques-fois dans le ftcrt
Vallon,
Ilvous donne a touchersaLyre,
Pour chanter les faits induis
De nostre invincibleLOUIS
Ou comme dans ce mois en changeant de V,
langage,
Pourfaire paroiflre un Ouvrage,
Sfavant,subtilyingénieux;
Qui dans unsens rniftcricMx
Kous déguisant un I, de Cordre Alpha- -\
betique,
Transforme encor un f, musfacinant les x
yeux i.
C'estainjï que quittant te (tile serieux
Vous recherchez,fEnigmatique,
Comme le plus conforme AU langage des t
Dieux.
ALCIDORdu Havre..
X. DE tro;s Souflecs tout a lafoi
Mercure, vous Ilvefaitchoix,
J'our nous presenter une Enigmer Bon du fécond & du premier..
Mais 'on vous accuse de crime
Pour avoir donné le dernier;
Prenez, gardeejuon ne s'envange,
Et que quelque tfprit mal-bassi,
Ne veuille vous donner le change
Âprés le moindLre déememnti.esme
XII.
Le 111efine.
SAns eflre un grand Expllcateur,
Nydu Pays de Sapience,
Sansme[me eflre doité de vive intelligence
f feppere eflre le Devineur
De la premiere Enigme elle efl afexfacilâ
Deux let,tres font lesfoeurs qu'on met dj
verfemenr.
V1voyelle ou consonne, & l'Vsemblablement,
Quejamais Ecrivain habile
Ne marque toutes deux ejuavec difiinflion
Suivant le changement de leurcondition.
Les mettre en oeuvre à rÂVntureJ
Efl,un peché contre Nature.
G Y G E'S du Havre,
XVII. E tempspassé, Galant Mercurl,
V9HS efliezdes plus obligeants,
Apresent vous cherchez à maltraiter les
gens,
Comme la belle Nourriture; Qua-t-elle dit? QiAt elle fait
JQuipuissemeriter qu'on luy donne à
Souflet ?
Pour en avoir raison, feujfeperdu la vu
J'aurois juré dix mille morts,
laurois mis flamberggee ddeehhoorrss;
Mais mon sexe a trompé ma genereH}..
envie.
LA BELLE NOURRITURE
du Havre.
XIX.
9 c'Est un I, voyelle & conforme]
Qu'en ce mois Mercure nous
t donne.,
,:' Lesecrèt nous en efl connu,
Mais ily jêint encor un V, 1.
Par un flratagème admirable,
L'on ne voit rien de mieux caché,
Plttfieurs l'auront trouvépeut-estre ipé..
nétrable,
* jlpré1s lC' avoir l1ong-temps chherchhél,
Et scanos qnuenleohaizafrdlrnoeussles*afait
Pins que nostre capacité,
Nom les aurions passez. fous Benedicite)
i
Et ton nauroit pat vu dans ce mots
- t paroiflre j
LA PETITE ASSEMBLES A
du Havre.
XX. VEritables Chreftitns, dont Cefprfr
pacifique
Veut aupéchéfaire la nique,i J~~ n'avez, nul defein de vanger /m1
affronts
Que l'on s'efforce de vous faire,
Et qui de pardonner esses toujours fori.,
prompts,
sism de pouvoir sans fin plaireJ
Au Createur de l'V/iivers;
lnfpirt a nos coeurs la mesme patiences
Pour ne pas user de vangeance
Contre un Courier qui va dans mille lieux"t.
divers,
Mercure qui tantofi d'une maintrop le~*
gere,
Sans avoircontre nous nulsujet de coleren
xvoHs a donnetrois beaux Soufitrs
,
nousatraitéfisqu'an ne¡a;tdesVttictS..
wr un moindresujet onfait bien du carnage,
Mais les duels font défendu*;
eujfrons,puis qu'illefautde peur eteftrt
• perdus,
En voulant vanger cet outraae. Lamefme..
XXI.
Lalnefme..
VIErcure dans ce mois vient nous re
-
mettre net JÎ nostrepremier Alphabet,
Lors qu'il nous presente une Enigme;.
Dans laquelle on dèguise un Ji qui (Vse voit mefvteuniy
Ainsi qu'en monsens je l'estime.
oicy par ou je crois qu'on le peut attester
un & l'autre est voyelle Mtffi-bien que.
consonne;- C'est furquoyVEnigmeraisonne,
On ne peut me lecontefter.
SYLVIEdu,Havre,.
DVfécondSoulfet^fEnigme
1
Jeferoit
un choix lefitime,
S'ilestoit en ma liberté ; - Mais on ffait bien que mafortune
Efl contraire a ma volonté.
Par une disgrace importune.
Je nenveux doncaucun des trois,
Jay des premiers à fuiffCance,
JEtpuis que lefeemd efl hors de mapuis
sance,
Ce neflpas du dernierdont je veuxfairechtix.
La mesme
IV .
DE SOUVERAS,
Hacun a fon talent icy - bas dans le
monde :
L'un exprime par quatre mots
Ce qu'un autre ne fait qu'avec de longs.
propos ,
Comme s'il circuloit cette machine ronde,
N'aimant que la prolixité ,
Pour parvenir au but qu'il avoit médité.
Telles font les humeurs dedeux Nymphes
galantes,
Qui nous font preſent en ce mois ,
De deux Enigmes tres- charmantes
3
du Mercure Galant. 95
Et dont le Dien galant a voulu faire
choix.
Badmirable Clione écrivant la premiere,
Elle met fon difcours entier
Sur une Feuille de Papier ,
Ge
que
n'a pas fait la derniere ,
En traitant la mefme matiere ;
Car elle en a mis une Main
Avant
que
d'achever d'écrire :
Cela fera connu de tout le genre
humain
Ou du moins de tous ceux qui fe plai
fent à lire.
SYLVIE du Havre.
V.
Ercure d'un air cavalier
ME
Nous fait prefenter du Papier,
Dans la belle faifon d'Automne :
Qu'il en garde s'il veut & la Feüille),
la Main ;
Vn chacun de nous la redonne ,
Plutoft en ce jour que
demain .
Qu'il cherche fi dans fa boutique
96
Extraordinaire
Ily pourra trouver quelque friand mor
cean
Qui fe reffente unpeu de la liqueur bachis
que,
Ah ! pour lors ce preſent nouveau
Nous paroiftra plus agreable ;
Car enfin , tout ce qui n'est pas
Propre pour eftre mis fur table ,
Ne fçauroit nous caufer qu'un penible
embarras.
DE
La petite A ffemblée A.
du Havre.
IX.
Ercure eft fort fçavant en l'art de
tromperie,
Son Maistre Iupiter s'en eft fort bien
trouvé ,
Ce qu'ilfait en eft approuvé ;
S'il eft ailé par tout, c'eſt pour la volerie
DE
LA
Extraordinaire
Il s'eft rendu de tous meftiers.
THEQUE
BIBLIOTH
LI
99
1893
Eft-il lieu fi fermé que fa main ne crochette?
On voit que par tout il furete ,
Le Voleur a pris mes Papiers ,
Qui m'ont toûjours efté de grande con-
Sequence ;
Pourquoy me dira-t-on ? Est - ce pour les
changer
Comme ill'entend fort bien , ou pour les
corriger?
N'importe à quel deffein , cependant par
Sentence
le me vois condamné de les reprefenter,
Ou manque de ce faire on me va maltraiter,
Il m'avoit promis de les rendre ,
Quand indûment il les vint prendre ,
S'il ne m'euft trompé bien des fois ,
Ie les efperois dans ce mois ,
Mais il me defole & me tuë,
Quandfeulement il reftituë,
Quoy ! du Papier tout blanc, une Feuille,
une Main,
I
100 Extraordinaire
N'est-ce pas me jouer unefourbe groffiere?
De tout temps on l'a veu fuivrefon meſme
train ,
Il a beau fe couvrir , l'on sçait trop fa
maniere.
GYGES du Havre.
XIII.
Ourrions-nous dans ce mois obſerver
le filence , pow
Sans paffer pour des negligeans ,
Aprés tous les foins obligens
Que le divin Courier a mis en évidence?
Non , fans doute , on auroit à dos tout
l'Univers ,
Si l'on ne formoit quelques Vers,
Sur l'explication de fes belles Enigmes :
Ses plaintes feroient legitimes ,
On ne fçauroit me le nier ,
Puifque par deux Nymphes charmantes
,
I iiij
04
Extraordinaire
Spirituelles & galantes,
Il nous fait donner du Papier ,
L'une en offre une Feüille , & l'autre une
Main ample:
C'est déquoy s'exercer fur differens fujets
;
LOVIS noftre grand Roy , digne de plus
d'un Temple ,
Suffit pour nous fournir mille doctes projets
,
> Soit en faisant paflir le Croiffant de
l'Afrique :
Soit en mettant l'Hydre François
Dans les derniers abois ;
On pour avoir rendu l'Europe pacifique,
Enfin par tous les beaux endroits
De fon Ame heroïque.
Ainfi donc , que chacun plein d'une noble
ardeur
Se difpofe de bonne grace
A demander les talens du Parnaffe,
Pour louer comme il faut cet aimable
Vainqueur.
Alcidor du Havre
XIV.
On a toûjours dit du Mercure
Qu'ilfçavoit galammentfaire un certain
trafic ,
En cachette , ou bien en public ,
Que c'eftoit un Expert en fraude , en im
posture ,
Mais on n'avoit point encor dit
Qu'il eftoit un Incendiaire.
le le prouve par cet écrit ,
Puis qu'ayant fait peu de lumiere
Avec fa Feuille de Papier,
Qu'en ces jours il a prefentée ,
Et qu'on a bientoft acceptée ,
Il nous échauffe tant qu'on nous entend
crier
Au feu tout eft perdu , tout est réduit en
cendre ,
Si pas un ne nous veut défendre.
La petite Affemblée G
du Havre,
XV.
Ette fourmiliere d'Autheurs,
Cuefon va recherchant de Boutique
en Boutique,
Accable les efprits , nuit à la Republiques
On voit que la plus part ne font que
Voleurs .
des
Quelques fujets qu'on leur propofe,
Ils difent tous la mefme chofe :
Ce qu'on y trouve de plus beau,
Eft en effet le moins nouveau ;
Par tout dans leurs Ecrits ce n'eft que
volerie :
Si ceux qui ne font pas mefme du der
г nier rang ,
Oftoient de leurs écrits toute la pillerie
Le Papier refteroit tout blanc.
Com
XVI.
La mefme .
XVIII.
Mone per expliquer voſtre EErcure
, peu s'en eft fallu
nigme
>
Dans un fens mefme legitime
De moy vous n'ayez rien receu
Que du Papier tout blanc ; c'euſt eſtéfans
merveille
Vousrendre affez-bien la pareille,
Q
La belle Nouriture du Havre .
XIX.
Ve ne fuis-je Ecrivain d'une auffibonne
plume
Que j'ay de bon Papier ! à la gloire du
Roy ,
Qui fait par tout donner la Loy,
Volontiers je ferois Volume fur Volume.
Que fi pour dignement faire un Recit
entier
De toutes fes Grandeurs ( deffein fort
témeraire )
110 Extraordinaire
Le Papier me manquoit, mafoy , je voudrois
faire
Changer tout mon linge en Papier ;
Mais des gens comme moy ne font pas
Son Hiftoire ,
Les plus capables font éblouis defa gloire.
La mefme.
XI.
La mefme..
H! qu'il eft dangereux de paroif
tre au grand jour ,
Car de tous coftez on fait Ombre
Q. d'Octobre 1685.
Ꮪ
210 Extraordinaire
La fituation d'un lieu couvert & Som
bre ,
Doit plutoft avoir noftre amour,
Lors qu'on cherche à paffer la vie
Hors des atteintes de l'envie.
La petite Affemblée A.
XII.
du Havre .
XII.
Qoy done ! Se peut-il qu'au Parnaffe
Il fe rencontre quelque place
Qui produit des Efpics de Bled ?
Ouy ,fans doute , puifque Mercare
En porte dans fes mains comme il nous
a femblé ,
Mais des plus beaux de la Nature.
La meſme.
XIX.
Oftre premiere Enigme a de l'ob-
Scurité,
Mercure , fy vois trop de contrarieté,
Ou mes lumieres font trop fombres,
Favonë auffi que je n'y connois rien,
Et que pour en percer les Ombres,
Il faudroit un Soleil plus perçant que
Le mien.
GYGES du Havre..
XX.
Ien n'efl dit plus souvent chez la
plupart des hommes,
Pauvres abufez que nous fommes !
De poursuivre tant les Grandeurs,
Les biens , les plaiſirs , les honneurs,
La mort qui nous surprend nous en
ofte l'usage
Cependant il n'eft point d'erreur
Que l'on maintienne davantage ,
La Terre a toujours noftre coeur ,
Tel mefme fait femblant de rechercher
la gloire,
( Qui n'est jamais fans la vertu )
Pendant qu'il eft à tous notoire
Qu'un fordide intereft l'a plûtoft abattu;
Le tout eft donc fans elle une Ombre,
une fumée ,
Et fans elle on n'apoint de bonne renom-
1
mée.
Le mefme.
XXI.
Ve la Nature eft admirable !
Pour conferver l'Epy de Bled
Qui nous donne du Pain , dont chacun eft
troublé ,
Quand ce cher confident n'est point à nôtre
table ,
On voit qu'elle fait fuir mille petits brigands
En l'air & fur terre , voguans
Pour voler ce qui nousfuftente,
Qu'elle fait oppofer mainte areßte pin
quante
Dont l'Epy fe voit herißé ,
Pour le mettre à couvert de leur bec famelique,
Cette merveilleufe fabrique
Luyfert de Corps-de-garde, il n'eft point
offense.
Le mefine.
XXVIII.
Ercure fait tout ce qu'il vent,
Ilfçait ufer de ftratagéme
Pour attraper tout ce qu'il pent ,
T iij
222 Extraordinaire
que de gens voudroient Mais, bon Dieu !
faire de mefme!
Si Jupiter vouloit eftre leur Protecteu
Les mettre ( comme on dit ) à l'Ombre.
de fes ailes ,
Craindroient-ils quelque plainte, examen
ou querelles?
Non , non , l'on ne craint rien quand on
eft en faveur.
La belle Nouriture du Havre.
XXXIX.
N ce mois le Mercure eft habillé de
noir ,
Il a pris la couleur des Parques ,
Avec un Manteau d'Ombre il est venu
nous voir,
Cependant il s'eft fait reconnoiftre à ces
marques,
Après avoir bien contemplé
Qu'il portoit un Epy de Bled
Sorty de noftre Capitale,
Dont le fameux Rault nous regale ,
Et qu'il envoye à ce Galant ,
Pour nous montrer fon beau talent,
C'est ce qui nous l'a fait connoiftre ;
Quoy que le prefent foit champestre ,
Il a donc beau fe déguiſer ,
230
Extraordinaire
Qu'il y faffe tout fon poffible ,
Il ne peut pas nous impoſer ,
Nous le connoiftrons bien pourven qu'il
foit visible.
La petite Affemblée du Havre.