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1
p. 224-238
Histoire, [titre d'après la table]
Début :
Il s'est fait aussi beaucoup de Conversions de Personnes de qualité [...]
Mots clefs :
Conversions, Normandie, Demoiselle, Calvinistes, Religion, Protestants, Obstination, Religion prétendue réformée, Vérité, Liberté, Déclaration, Zèle, Catholiques
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texteReconnaissance textuelle : Histoire, [titre d'après la table]
Il s'eft fait auffi beaucoup
de Converfions de Perfonnes
de qualité en Normandie
; mais depuis longtemps
GALANT. 225
aucune n'a fait tant de bruit
que celle dont je vay vous
apprendre le détail . Une
jeune Demoiſelle du Ponteaudemer
, d'une tres- bonne
Maiſon , & alliée des plus
illuftres Calviniftes de France
, & mefme de quelques
Seigneurs d'Angleterre , ne
trouvant perfonne de fon
rang dans la Religion qu'-
elle profeffoit , fut obligée
de faire focieté avec quelques
Demoiselles Catholiques
, pour ne pas vivre toûjours
feparée du monde. Elle
s'attacha particulierement
226 MERCURE
à une de ſes Voiſines , chez
qui plufieurs autres avoient
accoûtumé de fe rendre , attirées
par le tour aifé de fon
efprit , & par l'enjoüement
de fon humeur . Il s'y rencontroit
de temps en temps
quelques Cavaliers , qui ne
contribuoient
pas peu àrendre
la converfation agreable ;
& comme les inclinations
fe trouvent ordinairement
partagées , quelques -uns furent
touchez de cette jeune
& aimable Proteftante
, &
F'intéreſt qu'ils prenoient en
elle leur faifoit fouvent mêGALANT.
227
ler la Controverfe aux Difcours
galans. Elle répondoit
fort jufte à tout ce qu'on
luy difoit ; & quand on attaquoit
fa Religion , elle
montroit tant d'efprit à la
défendre , qu'il eftoit aifé de
voir qu'on l'en avoit bien
inftruite. Quoy
Quoy que fes
réponſes
fuffent fortes , &
qu'elle paruft opiniâtre , c'étoit
un grand fujet d'eſpérance
de la voir fi volontiers
conſentir à la difpute.
Ses Parens ayant apris ce qui
fe paffoit par une Demoifelle
Ecoffoife , qui l'accom228
MERCURE
pagnoit quelquefois dans ſes
viftes , réfolurent de l'envoyer
à la Campagne chez
une Perfonne de qualité de
la R. P. R. pour l'éloigner
d'un lieu où ils ` croyoient
que fa Religion & ſon coeur
couroient un fort grand danger.
Elle y fut conduite , &
tellement obfervée
, qu'une
Femme mefme qu'on luy
envoya , fous le prétexte de
faccommoder
des Points ,
ne put trouver le moyen de
luy donner un Billet. Mais
la contrainte
n'eft pas ce qui
gagne les efprits . Elle ne
GALANT: 229
fervit qu'à luy faire faire des
refléxions fort férieuſes , &
qu'à luy rendre fufpect le
party qu'on craignoit tant
qu'elle ne quitaft . Enfin
l'obligation de faire la Céne
à Paſques , la fit rappeller de
fon éxil. Elle revint au Ponteaudemer
, où un ſejour de
huit ou dix jours parut n'avoir
rien de dangereux. Elle
obtint la liberté d'y voir fes
Amies , & on la luy accorda
avec d'autant moins de
peine, qu'elle montroit grande
fermeté pour les erreurs
où elle eftoit née. On de-
•
230 MERCURE
voit dans peu l'envoyer plus
loin , & mefme on avoit def
fein de la marier avecun des
plus zelez Religionnaires ,
pour luy ofter toute forte de
moyens de fe convertir.Pendant
qu'on difpofoit tout
pour le voyage, fes Amies remirent
fur le tapis les mefmes
matieres. Elle écouta ,
refifta , & deux jours avant
qu'elle duft partir , elle fe
fentit fi fort ébranlée , qu'il
n'y avoit plus que les fentimens
de la Nature qui la faifoient
balancer. C'estoit pour
elle un rude combat à foûte,
GALANT. 231
nir, que fe repréſenter une
Mere en pleurs , accablée de
douleur & de chagrins, mais
la Grace demeura victorieufe,
& la fit réfoudre de fe foûmettre
à la Verité, quoy qui
arrivaft. Il fut arrefté par la
Compagnie , qui ce jour là
eftoit fort nom breu fe, qu'on
la conduiroit , ou dans un
Convent, ou chez une Dame
de qualité dont on luy avoit
offert la Maifon ; & c'est ce
qu'on auroit fait fur l'heure,
fi elle n'euft demandé le reſte
du jour pour de petits foins
qui la regardoient. Cepen
232 MERCURE
dant elle ne put s'échaper le
lendemain ; & comme les
chofes les mieux concertées
n'ont pas toûjours la fin que
l'on s'eft promife , le trouble
& la crainte qu'une fi grande
réſolution luy caufa , éclaterent
malgré elle, & trahirent
fon fecret. Madame fa Mere
qui le foupçonna , jugea qu'il
n'y avoit plus à diférer. Son
départ fut réſolu à l'inftant
meſme . On la mit dans un
Carroffe , & par des chemins
détournez , elle fut conduite
à Camamber. On y mit tout
en ufage pour l'obliger à
9
GALANT. 233
changer de fentimens. On fit
fucceder la douceur à la colere
, les promeffes aux menaces
, & plufieurs Partis avantageux
qu'on luy propofa
, luy laiffoient le choix d'une
affez grande fortune. Cet
enlevement ayant fait éclat,
M' le Lieutenant General du
Ponteaudemer , remply de
zele pour l'intéreſt de l'Egli
fe, & excité par les Lettres de
M' le Blanc , Intendant en
Normandie, informa de cette
affaire , & ayant mis en
comparence perfonelle tous
ceux qu'on fçavoit y avoir
Juin 1682. V
234 MERCURE
contribué , il ordonna que la
Demoiſelle feroit repréfentée
dans trois jours , fous les
peines contenues dans les
Déclarations de Sa Majesté.
On fut contraint d'obeïr.
Elle parut au jour ordonné,
accompagnée de dix ou douze
de fes Parens , & leurs remontrances
l'ayant étonnée,
elle declara d'abord qu'elle
trouvoit fa Religion bonne.
On luy voulut donner le
temps de s'examiner ; & pour
l'empefcher d'eftre obfedée,
elle fut mife chez une Dame
Catholique , pleine de fagef
GALANT 235
fc & de vertu. On luy fit voir
dans cette Maiſon un Cavalier
nouveau converty , &
fort éclairé , qui luy expli
qua les puiffans motifs qui
l'avoient porté à fe féparer
des Calviniftes. Elle goufta
fes raiſons , & déclara hautement
quelques jours apres,
qu'elle vouloit faire abjuration.
Madame fa Mere qui
eftoit allée à Rouen préſenter
requeſte à la Cour , pour
obtenir permiffion de la
voir , fut confternée de cette
nouvelle qu'elle apprit à fon
retour. Elle prétendit qu'on
Vij
236 MERCURE
avoit feduit la Fille, & le refte
du Party la voyant ferme
dans fa déclaration , commença
de publier que l'efpérance
de fe marier plus aifément
chez les Catholiques ,
cftoit la feule & vraye cauſe -
de fon changement de Religion.
Cette calomnie ne l'ébranla
point. Le refus qu'elle
avoit fait des avantages qui
luy venoient d'eſtre offerts à
Camamber, la juftifioit affez.
Apres s'eftre fait pleinement
inftruite des Veritez qui luy
avoient toûjours efté inconnuës
, elle abjura le jour de la
GALANT. 237
Pentecofte entre les mains
de M' le Curé de S. Oüen du
Ponteaudemer ; & la retraite
luy paroiffant neceffaire pour
ouvrir entierement fon coeur
à la Grace , elle entra le 17. de
ce mois dans l'Abbaye de
Preaux , celebre par les Dames
de qualité qui y font ,
par fa fituation agréable , &
par les grands revenus . Elle
acheva de cette maniere genéreuſe
ce qu'elle avoit fi
bien commencé , & laiffa
dans le monde de tres -avanpurs
fentageuſes
idées des
timens qui l'avoient portée à
238 MERCURE
fe convertir. La Femme de
Chambre d'une de fes Tantes
fuivit fon exemple dans
le meſme lieu , & le jour meſ
me de fon abjuration . Quelques-
uns de ce party l'ont
imitée depuis ce temps- là.
D'autres fe font veus contrains
d'éloigner leurs Enfans
tout prefts de le faire , & fi
l'on en croit le bruit commun
, leur Miniſtre meſme
donne lieu de préfumer qu'il
ne mourra pas dans fon erreur.
de Converfions de Perfonnes
de qualité en Normandie
; mais depuis longtemps
GALANT. 225
aucune n'a fait tant de bruit
que celle dont je vay vous
apprendre le détail . Une
jeune Demoiſelle du Ponteaudemer
, d'une tres- bonne
Maiſon , & alliée des plus
illuftres Calviniftes de France
, & mefme de quelques
Seigneurs d'Angleterre , ne
trouvant perfonne de fon
rang dans la Religion qu'-
elle profeffoit , fut obligée
de faire focieté avec quelques
Demoiselles Catholiques
, pour ne pas vivre toûjours
feparée du monde. Elle
s'attacha particulierement
226 MERCURE
à une de ſes Voiſines , chez
qui plufieurs autres avoient
accoûtumé de fe rendre , attirées
par le tour aifé de fon
efprit , & par l'enjoüement
de fon humeur . Il s'y rencontroit
de temps en temps
quelques Cavaliers , qui ne
contribuoient
pas peu àrendre
la converfation agreable ;
& comme les inclinations
fe trouvent ordinairement
partagées , quelques -uns furent
touchez de cette jeune
& aimable Proteftante
, &
F'intéreſt qu'ils prenoient en
elle leur faifoit fouvent mêGALANT.
227
ler la Controverfe aux Difcours
galans. Elle répondoit
fort jufte à tout ce qu'on
luy difoit ; & quand on attaquoit
fa Religion , elle
montroit tant d'efprit à la
défendre , qu'il eftoit aifé de
voir qu'on l'en avoit bien
inftruite. Quoy
Quoy que fes
réponſes
fuffent fortes , &
qu'elle paruft opiniâtre , c'étoit
un grand fujet d'eſpérance
de la voir fi volontiers
conſentir à la difpute.
Ses Parens ayant apris ce qui
fe paffoit par une Demoifelle
Ecoffoife , qui l'accom228
MERCURE
pagnoit quelquefois dans ſes
viftes , réfolurent de l'envoyer
à la Campagne chez
une Perfonne de qualité de
la R. P. R. pour l'éloigner
d'un lieu où ils ` croyoient
que fa Religion & ſon coeur
couroient un fort grand danger.
Elle y fut conduite , &
tellement obfervée
, qu'une
Femme mefme qu'on luy
envoya , fous le prétexte de
faccommoder
des Points ,
ne put trouver le moyen de
luy donner un Billet. Mais
la contrainte
n'eft pas ce qui
gagne les efprits . Elle ne
GALANT: 229
fervit qu'à luy faire faire des
refléxions fort férieuſes , &
qu'à luy rendre fufpect le
party qu'on craignoit tant
qu'elle ne quitaft . Enfin
l'obligation de faire la Céne
à Paſques , la fit rappeller de
fon éxil. Elle revint au Ponteaudemer
, où un ſejour de
huit ou dix jours parut n'avoir
rien de dangereux. Elle
obtint la liberté d'y voir fes
Amies , & on la luy accorda
avec d'autant moins de
peine, qu'elle montroit grande
fermeté pour les erreurs
où elle eftoit née. On de-
•
230 MERCURE
voit dans peu l'envoyer plus
loin , & mefme on avoit def
fein de la marier avecun des
plus zelez Religionnaires ,
pour luy ofter toute forte de
moyens de fe convertir.Pendant
qu'on difpofoit tout
pour le voyage, fes Amies remirent
fur le tapis les mefmes
matieres. Elle écouta ,
refifta , & deux jours avant
qu'elle duft partir , elle fe
fentit fi fort ébranlée , qu'il
n'y avoit plus que les fentimens
de la Nature qui la faifoient
balancer. C'estoit pour
elle un rude combat à foûte,
GALANT. 231
nir, que fe repréſenter une
Mere en pleurs , accablée de
douleur & de chagrins, mais
la Grace demeura victorieufe,
& la fit réfoudre de fe foûmettre
à la Verité, quoy qui
arrivaft. Il fut arrefté par la
Compagnie , qui ce jour là
eftoit fort nom breu fe, qu'on
la conduiroit , ou dans un
Convent, ou chez une Dame
de qualité dont on luy avoit
offert la Maifon ; & c'est ce
qu'on auroit fait fur l'heure,
fi elle n'euft demandé le reſte
du jour pour de petits foins
qui la regardoient. Cepen
232 MERCURE
dant elle ne put s'échaper le
lendemain ; & comme les
chofes les mieux concertées
n'ont pas toûjours la fin que
l'on s'eft promife , le trouble
& la crainte qu'une fi grande
réſolution luy caufa , éclaterent
malgré elle, & trahirent
fon fecret. Madame fa Mere
qui le foupçonna , jugea qu'il
n'y avoit plus à diférer. Son
départ fut réſolu à l'inftant
meſme . On la mit dans un
Carroffe , & par des chemins
détournez , elle fut conduite
à Camamber. On y mit tout
en ufage pour l'obliger à
9
GALANT. 233
changer de fentimens. On fit
fucceder la douceur à la colere
, les promeffes aux menaces
, & plufieurs Partis avantageux
qu'on luy propofa
, luy laiffoient le choix d'une
affez grande fortune. Cet
enlevement ayant fait éclat,
M' le Lieutenant General du
Ponteaudemer , remply de
zele pour l'intéreſt de l'Egli
fe, & excité par les Lettres de
M' le Blanc , Intendant en
Normandie, informa de cette
affaire , & ayant mis en
comparence perfonelle tous
ceux qu'on fçavoit y avoir
Juin 1682. V
234 MERCURE
contribué , il ordonna que la
Demoiſelle feroit repréfentée
dans trois jours , fous les
peines contenues dans les
Déclarations de Sa Majesté.
On fut contraint d'obeïr.
Elle parut au jour ordonné,
accompagnée de dix ou douze
de fes Parens , & leurs remontrances
l'ayant étonnée,
elle declara d'abord qu'elle
trouvoit fa Religion bonne.
On luy voulut donner le
temps de s'examiner ; & pour
l'empefcher d'eftre obfedée,
elle fut mife chez une Dame
Catholique , pleine de fagef
GALANT 235
fc & de vertu. On luy fit voir
dans cette Maiſon un Cavalier
nouveau converty , &
fort éclairé , qui luy expli
qua les puiffans motifs qui
l'avoient porté à fe féparer
des Calviniftes. Elle goufta
fes raiſons , & déclara hautement
quelques jours apres,
qu'elle vouloit faire abjuration.
Madame fa Mere qui
eftoit allée à Rouen préſenter
requeſte à la Cour , pour
obtenir permiffion de la
voir , fut confternée de cette
nouvelle qu'elle apprit à fon
retour. Elle prétendit qu'on
Vij
236 MERCURE
avoit feduit la Fille, & le refte
du Party la voyant ferme
dans fa déclaration , commença
de publier que l'efpérance
de fe marier plus aifément
chez les Catholiques ,
cftoit la feule & vraye cauſe -
de fon changement de Religion.
Cette calomnie ne l'ébranla
point. Le refus qu'elle
avoit fait des avantages qui
luy venoient d'eſtre offerts à
Camamber, la juftifioit affez.
Apres s'eftre fait pleinement
inftruite des Veritez qui luy
avoient toûjours efté inconnuës
, elle abjura le jour de la
GALANT. 237
Pentecofte entre les mains
de M' le Curé de S. Oüen du
Ponteaudemer ; & la retraite
luy paroiffant neceffaire pour
ouvrir entierement fon coeur
à la Grace , elle entra le 17. de
ce mois dans l'Abbaye de
Preaux , celebre par les Dames
de qualité qui y font ,
par fa fituation agréable , &
par les grands revenus . Elle
acheva de cette maniere genéreuſe
ce qu'elle avoit fi
bien commencé , & laiffa
dans le monde de tres -avanpurs
fentageuſes
idées des
timens qui l'avoient portée à
238 MERCURE
fe convertir. La Femme de
Chambre d'une de fes Tantes
fuivit fon exemple dans
le meſme lieu , & le jour meſ
me de fon abjuration . Quelques-
uns de ce party l'ont
imitée depuis ce temps- là.
D'autres fe font veus contrains
d'éloigner leurs Enfans
tout prefts de le faire , & fi
l'on en croit le bruit commun
, leur Miniſtre meſme
donne lieu de préfumer qu'il
ne mourra pas dans fon erreur.
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Résumé : Histoire, [titre d'après la table]
Le texte relate la conversion religieuse d'une jeune demoiselle protestante de Pont-Audemer, appartenant à une famille noble liée à des calvinistes influents de France et d'Angleterre. Ne trouvant pas de compagnons partageant ses croyances, elle fréquente des jeunes filles catholiques et engage des discussions religieuses avec des cavaliers. Ses parents, informés par une amie, l'envoient à la campagne pour la tenir éloignée des influences protestantes. À son retour, elle maintient sa décision de se convertir au catholicisme. Sa mère, doutant de cette conversion, l'envoie à Camembert, mais la jeune femme réaffirme son désir de changer de religion. Le lieutenant général de Pont-Audemer ordonne alors son retour, et elle proclame publiquement son attachement au catholicisme. Les protestants la soupçonnent de vouloir faciliter son mariage, mais elle reste ferme dans sa conviction. Sa conversion est perçue comme motivée par une foi sincère plutôt que par des intérêts matériels. Elle abjure le jour de la Pentecôte et rejoint l'Abbaye de Preaux pour approfondir sa foi. Sa conversion suscite une impression favorable et incite plusieurs personnes de son entourage à suivre son exemple.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 158-161
SONNET.
Début :
Vous voyez par là, Madame, que le Roy s'attache toûjours avec / Le Ciel souscrit aux Loix du plus grand des Monarques, [...]
Mots clefs :
Roi, Religion, Béarn, Calvinistes, Abjurations, Gloire, Hérésie, Lois, Empire, Ciel
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texteReconnaissance textuelle : SONNET.
Vous voyez par là , Madame
, que le Roy s'attache
toûjours avec un extréme
foin , à ce qui regarde la Religion.
Elle caufe quelques
diférens dans le Bearn , &
auffi- toft ce zelé Monarque
"
GALANT. 159
donne fes ordres pour les terminer.
Si les Calviniftes ne
trouvent pas que fes Or
donnances leur foient favorables,
il ne fait rien contre la
foy des Traitez. Il veut feulement
les voir rentrer en
eux- mefmes , & les obliger,
s'il peut, à connoiftre leurs erreurs
. Le grand nombre
d'Abjurations dont on entend
tous les jours parler ,
fait affez voir que Dieu benit
fes deffeins. Il luy refervoit
la gloire de détruire
l'Herefie ; & c'est là- deffus
qu'a efté fait le Sonnet qui
160 MERCURE
fuit. Le Tonnerre tombé à
Chauny fur la Maiſon d'un
Miniftre, en a fourny la penfée.
L
SONNET.
E Cielfoufcritaux Loix duplus
grand des Monarques,
Et s'accorde avec luy pour détruire
Calvin;
Le confeil en eftpris , c'est un Arreft
divin,
Dont le Foudre à nos yeux vient de
donner des marques .
Sa
Tout meurt, tout eftfujet à l'Empire
des Parques;
Herétique, il est temps, tu vas trouver
tafin;
Mais n'en murmure pas, cette fatale
Main
GALANT. 161
Renverfe également les Trônes &
les Barques
.
Sa
LOVIS a commencé de te jetter à
bas ;
Le Ciel, pour t'achever, favoriſeſon
Bras,
Ce Bras victorieuxfur la terre &
fur l'onde.
Se
Dy-moy, qu'attendois tu que des coups
inoüis,
Quand mon Prince entreprend ce que
le Cielfeconde,
le Cicl combat fecondé de
Ou
que
LOVIS
?
L'Hermite de Sinceny
fur Chauny.
, que le Roy s'attache
toûjours avec un extréme
foin , à ce qui regarde la Religion.
Elle caufe quelques
diférens dans le Bearn , &
auffi- toft ce zelé Monarque
"
GALANT. 159
donne fes ordres pour les terminer.
Si les Calviniftes ne
trouvent pas que fes Or
donnances leur foient favorables,
il ne fait rien contre la
foy des Traitez. Il veut feulement
les voir rentrer en
eux- mefmes , & les obliger,
s'il peut, à connoiftre leurs erreurs
. Le grand nombre
d'Abjurations dont on entend
tous les jours parler ,
fait affez voir que Dieu benit
fes deffeins. Il luy refervoit
la gloire de détruire
l'Herefie ; & c'est là- deffus
qu'a efté fait le Sonnet qui
160 MERCURE
fuit. Le Tonnerre tombé à
Chauny fur la Maiſon d'un
Miniftre, en a fourny la penfée.
L
SONNET.
E Cielfoufcritaux Loix duplus
grand des Monarques,
Et s'accorde avec luy pour détruire
Calvin;
Le confeil en eftpris , c'est un Arreft
divin,
Dont le Foudre à nos yeux vient de
donner des marques .
Sa
Tout meurt, tout eftfujet à l'Empire
des Parques;
Herétique, il est temps, tu vas trouver
tafin;
Mais n'en murmure pas, cette fatale
Main
GALANT. 161
Renverfe également les Trônes &
les Barques
.
Sa
LOVIS a commencé de te jetter à
bas ;
Le Ciel, pour t'achever, favoriſeſon
Bras,
Ce Bras victorieuxfur la terre &
fur l'onde.
Se
Dy-moy, qu'attendois tu que des coups
inoüis,
Quand mon Prince entreprend ce que
le Cielfeconde,
le Cicl combat fecondé de
Ou
que
LOVIS
?
L'Hermite de Sinceny
fur Chauny.
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Résumé : SONNET.
Le texte décrit l'engagement du roi pour la religion et ses efforts pour résoudre les différends religieux dans le Béarn. Le roi, qualifié de zélé mais galant, promulgue des ordonnances pour régler ces conflits tout en respectant les traités en vigueur. Il espère que les calvinistes reconnaîtront leurs erreurs, et les nombreuses abjurations sont perçues comme un signe du soutien divin à ses actions. Un sonnet célèbre, inspiré par la chute de la foudre sur la maison d'un ministre à Chauny, célèbre la destruction de l'hérésie et la victoire du roi Louis. Ce sonnet compare la puissance divine et royale, soulignant que le roi agit avec le soutien du ciel pour vaincre l'hérésie.
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3
p. 3-5
De la vérité de nostre Religion, & de la fausseté de celle des Calvinistes, [titre d'après la table]
Début :
L'exemple & le zèle de Sa Majesté engagent tous ses Sujets, [...]
Mots clefs :
Zèle, Sa Majesté, Conversions, Hérétiques, Fausseté, Calvinistes, Docteurs, Prétendus réformés
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texteReconnaissance textuelle : De la vérité de nostre Religion, & de la fausseté de celle des Calvinistes, [titre d'après la table]
L'exemple & le zele de Sa
A ij
4 MERCURE
Majesté engagent tous fes
Sujets, à contribuer , chacun
ſelon fon employ , & fon talent,
à la Converfion desHeretiques
, & c'eſt par cette
raiſon que Dom Alfonſe Belin,
Prieur Clauſtral de laCharité
, a compoſé un Livre de
laverité de noſtre Religion,
&de la fauſſeté de celle des
Calviniftes. Les Docteurs de
Sorbonne , qui ont pris le
ſoin de l'examiner, en font
grande eſtime , & ont décla
ré qu'il eſtoit tres-docte, tresconvaincant
, & tres -utile,
non ſeulement pour la conGALANT.
5
verſion des Prétendus Réformez
, mais encor pour
l'inftruction des Catholiques.
A ij
4 MERCURE
Majesté engagent tous fes
Sujets, à contribuer , chacun
ſelon fon employ , & fon talent,
à la Converfion desHeretiques
, & c'eſt par cette
raiſon que Dom Alfonſe Belin,
Prieur Clauſtral de laCharité
, a compoſé un Livre de
laverité de noſtre Religion,
&de la fauſſeté de celle des
Calviniftes. Les Docteurs de
Sorbonne , qui ont pris le
ſoin de l'examiner, en font
grande eſtime , & ont décla
ré qu'il eſtoit tres-docte, tresconvaincant
, & tres -utile,
non ſeulement pour la conGALANT.
5
verſion des Prétendus Réformez
, mais encor pour
l'inftruction des Catholiques.
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Résumé : De la vérité de nostre Religion, & de la fausseté de celle des Calvinistes, [titre d'après la table]
Les sujets du roi s'engagent à convertir les hérétiques selon leurs compétences. Dom Alphonse Belin, Prieur Claustral de la Charité, a écrit 'De la vérité de notre Religion et de la fausseté de celle des Calvinistes'. Les Docteurs de Sorbonne ont jugé cet ouvrage docte, convaincant et utile pour convertir les réformés et instruire les catholiques.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4
p. 14-15
Ordonnance, [titre d'après la table]
Début :
Mr de Sourches grand Prevost, ayant receu ordre de Sa Majesté, [...]
Mots clefs :
Grand Prévot, Calvinistes, Ordonnance, Marchands, Prétendus réformés
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Ordonnance, [titre d'après la table]
M de Sourches grand
Prevoft, ayant receu ordre de
Sa Majeſté , de ne ſouffrir aucuns
Calvinistes , ny autres
Herétiques , parmy les Marchands
Privilegiez qui font
fous fa charge , a fait auffi publier
une Ordonnance du 9 .
du dernier mois , par laquelle
il eft enjoint à tous les Marchands
Privilégiez qui fuia
GALANT
15
vent la Cour, & qui font de lá
Religion Prétendue Réformée
, ou de quelqu'autre
Secte d'Herétiques que ce
foit , de vendre leurs Priviléges
, dans un mois du jour
de la fignification de cette
Ordonnance , à peine de defobéiffance
formelle.
Prevoft, ayant receu ordre de
Sa Majeſté , de ne ſouffrir aucuns
Calvinistes , ny autres
Herétiques , parmy les Marchands
Privilegiez qui font
fous fa charge , a fait auffi publier
une Ordonnance du 9 .
du dernier mois , par laquelle
il eft enjoint à tous les Marchands
Privilégiez qui fuia
GALANT
15
vent la Cour, & qui font de lá
Religion Prétendue Réformée
, ou de quelqu'autre
Secte d'Herétiques que ce
foit , de vendre leurs Priviléges
, dans un mois du jour
de la fignification de cette
Ordonnance , à peine de defobéiffance
formelle.
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Résumé : Ordonnance, [titre d'après la table]
Une ordonnance de M. de Sourches, prévôt, interdit aux calvinistes et hérétiques d'être marchands privilégiés. Ils doivent vendre leurs privilèges en un mois, sous peine de désobéissance.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5
p. 83-85
« Le mesme adresse ces autres Vers aux Prétendus Reformez, / Calviniste obstiné dans ta Secte rebelle, [...] »
Début :
Le mesme adresse ces autres Vers aux Prétendus Reformez, / Calviniste obstiné dans ta Secte rebelle, [...]
Mots clefs :
Calvinistes, Secte, Faux zèle, Temple, Peine, Sacrifice, Conquête, Démolition
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texteReconnaissance textuelle : « Le mesme adresse ces autres Vers aux Prétendus Reformez, / Calviniste obstiné dans ta Secte rebelle, [...] »
Le mefme adreffe ces autres
Vers aux Prétendus Reformez
, fur la démolition de
leur Temple.
C
Alvinifte obftiné dans ta Secte
rebelle, a
Ceffepour le Seigneur de l'armer d'un
faux zéle,
Ouvre les yeux enfin ; ton culte luy
déplaist,
Pour abatre ton Temple il a donné
SplArrest, Songs
S'il paroistprononcépar une bouche
bumaine,
84 MERCURE
Le Ciel pourte punir en ordonna la
peine,
Erne l'auroit pasfait, fidans ce triſte
lieu
Turendois les honneurs que l'on doit
an vray Dieu.
Mais ne te trompe pas ; pour le rendre
propice,
Tel qu'il l'offritluy- mefme ilfaut un
Sacrifice.
C'estpar là qu'on luy plaist, &res
Chants languiffans
Ne luy tiennent point lieu
nyd'encens.
ny d'Aurel
Qui te retient le bras, quandilfaut
qu'il s'apprefter
A renverser ce Temple, autrefois ta
Conquefte?? new windo vod
Frape fans t'émouvoir, tous delais feroient
vains, to
Il estjufte aujourd'huy qu'il tombepar
tes mains,
GALANT 85
Et que ton Heréfie oùſe joint le blafpheme
Parjespropres Enfansfe détruife ellemefme.
Vers aux Prétendus Reformez
, fur la démolition de
leur Temple.
C
Alvinifte obftiné dans ta Secte
rebelle, a
Ceffepour le Seigneur de l'armer d'un
faux zéle,
Ouvre les yeux enfin ; ton culte luy
déplaist,
Pour abatre ton Temple il a donné
SplArrest, Songs
S'il paroistprononcépar une bouche
bumaine,
84 MERCURE
Le Ciel pourte punir en ordonna la
peine,
Erne l'auroit pasfait, fidans ce triſte
lieu
Turendois les honneurs que l'on doit
an vray Dieu.
Mais ne te trompe pas ; pour le rendre
propice,
Tel qu'il l'offritluy- mefme ilfaut un
Sacrifice.
C'estpar là qu'on luy plaist, &res
Chants languiffans
Ne luy tiennent point lieu
nyd'encens.
ny d'Aurel
Qui te retient le bras, quandilfaut
qu'il s'apprefter
A renverser ce Temple, autrefois ta
Conquefte?? new windo vod
Frape fans t'émouvoir, tous delais feroient
vains, to
Il estjufte aujourd'huy qu'il tombepar
tes mains,
GALANT 85
Et que ton Heréfie oùſe joint le blafpheme
Parjespropres Enfansfe détruife ellemefme.
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Résumé : « Le mesme adresse ces autres Vers aux Prétendus Reformez, / Calviniste obstiné dans ta Secte rebelle, [...] »
Le poème s'adresse aux 'Prétendus Réformés' concernant la démolition de leur temple. Il exhorte Alviniste, fidèle à sa secte rebelle, à reconnaître que son culte déplaît au Seigneur. Le ciel a ordonné une peine pour punir cette pratique, car elle rend des honneurs indus à un faux dieu. Pour apaiser le Seigneur, un sacrifice authentique est nécessaire, car les chants et les encens sont insuffisants. Le poème incite à agir promptement pour détruire le temple, décrit comme une conquête passée, et à ne pas tarder, car il est juste qu'il tombe aujourd'hui par leurs propres mains. L'hérésie, associée au blasphème, doit être détruite par leurs propres enfants.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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6
p. 274-345
Tout ce qui s'est passé depuis deux mois touchant les affaires de la Religion Pretenduë Reformée. [titre d'après la table]
Début :
Je ne doute point que vous n'appreniez avec beaucoup [...]
Mots clefs :
Religion, Conversions, Abjurations, Religion prétendue réformée, Calvinistes, Édits, Roi de France, Évêques, Zèle, Catholiques, Religionnaires, Église, Hérésie, Vérité, Erreurs, Nouveau converti, Communauté, Province, Duc de Noailles, Ennemis, Nîmes, Montpellier, Languedoc, Dauphiné, Déclaration, Interdiction, Ministres, Controverses, M. Allard, Grenoble
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texteReconnaissance textuelle : Tout ce qui s'est passé depuis deux mois touchant les affaires de la Religion Pretenduë Reformée. [titre d'après la table]
n'appreniez avec beaucoup
de plaisir, que Mademoiselle
Bernard de Roüen, pour qui
îles galants Ouvrages qui ont
«[parud'elle vous ont donné
citant d'estime
, a fait Abjuration
depuis huit jours. Coinnme
elle a infiniment de l'ef-
1 prix, il est aisé de juger qu'elle
n'a renoncé aux erreurs où
à sa naissàncel'avoit engagée,
» ijuaprès une serieuse & lon-
R gue recherche de la verite.
Mais, Madame,il iR s'agit
plus de vous parler de la Con.
versîon des Particuliers,conmej'ay
fait dans la pluspart
de mes Lettres, il faut presentement
vous entretenir
descelledequantité de Villes
entieres. Lezele deSa Majesté
pour la gloire de Dieu, ôc
sa bonté pour tous ses Sujets;
l'ayant engagé à travailler
O \D, avec degrands foins au salut
des Ames de ceux qui étoient
nez dans la Religion Prétendue
Reforme'e,beaucoup des
principaux de cette Religion,
se font fait instruire
; & comme
ilsavaient plus de lumieres
& plus d'esprit que les autres,
ils ont eu aussi plus de
pénétration, pour reconnoître
que la seule Eglise Catholique
elt la veritable. Beaucoup
ont écrit les Motifs qui
;
les avoient en gagez à se convertir,
& je vous ay fait part
Touvent de ces beaux Ouvrages.
Les moins éclairez,
voyant les plus habiles d'entre
eux, & sur lesquels ils re-
Igloient leur créance, convaincus
des erreurs du Cal-
'viniime
",
se fontrendus en
foule, & voilà à quoy sont
deuës la plus grande partie
des Conversions que nous
voyons tous les jours. Cela
est si vray,que le changement
qui est arrivé dans toutelaVille
de Castres, est une
fuite de celuy de deux personnes
connuës de toute
l'Europe, par la force & par
la beauté de leur esprit. Ce
sont Mr Dacier & Mademoiselle
le Fevre sa Femme,dont
les Ouvrages sont si estimez
de tous les Sçavans. L'Abjuration
qu'ils firent le dernier
mois, de la Religion Prétenduë
Reformée, fut fuivie
de celle de beaucoup de
Personnes de marque, à qui
ces illustres Convertissent;
signer une Délibération de
rentrer dans l'Eglise Catholique.
Ces Conversions en j
attirerent d'autres, ôc c'est
par là que celles qui se font:
faites depuis en sigrad nomItre
dans toutes les Villes du
Languedoc ont commencé.
Vousle pouvezvoir par cette
Réponse queMrDacierafaite
àuneLettre de MrMitton,
dont le merite est connu de
tout le Inonde, & qui luy
uvoit écrit pour l'exhorter à
ouvrir les yeuxà la verité.
A Castres le'jj, Septembre 1685, LE S marques que vms me
donner de vostreAmitié
Jidonjieur3 me fontsi cheres &
siprecieusesJ que je riay pû lire
,sans des transports de joye la Lettre
que vous m'ave^ fait l'honneur
de m'écrlre. Je Juisçerfuadé - que celle que jevousécrisaujourd'hui
ne vous en donnera pas
moins j car elle vous apprendra,
que ma Femme & mey pommes
tres-bons Catholiques. Neus le
prions ilya plus de quatremois,
si nous neufjionsménagé les choses
pour rtndrenoflre Conversion
pinsagreable a Dieueau Roy,
& plusutile à noflre Pays.
Cela nous a heureusement 'reü{-
Jy;En nous déclarant,nous avons
olhgélaplus grande partie de
la Ville à nous suivre. Jeudy
derniernous leur flfmes (îgner une
Délibérationtrès-conforme a la
volonté du Roy. Cela entraîne
tout le resse
, & tout Caflres
fera Catholique dans quatre
joufs lon a jujetdeopérer que
ce bon exemple servira d'inftru-
Rion aux Vdles Toffres
, c
peut-eflremesme à tout le Languedoc.
Voilà,Monsieur
;"
la
plus grande nouvelle que vous
puijJiez recevoir. Si ce que nous
avonsfait pouvoit eflre de quel..
que méritéauprès de Sa Majefié,
nous souhaiterions que cela nous
fervifl a nous rapprocher de
vous.A4Femme Gn" moy regretons
extrêmement voflre Conversation.
Nous avonsplus de
besoin que jamais aavoir devant
les yeux les exemples de vojire
politesse ; mais quelque passion
que nous ayons pour cela3 nous
laissons cefoin a la Providence,
de peur mfouiller par des démarches
qui paroiflroient interef-
JeesJaplus fainte & la plus def
înteressée de toutes les Allions.
Faites-nous feulement la grâce
de vous souvenirtoujours de
nous & de nous écrire. Quand
on nous laissera dans nostre Retraite
, nous noferons nous en
plaindre, & nous aimerons toujours
un lieu où par la Benediélion
de Dieu nous avonsforte
de si bons fruits. Je fuis ,
Monsieur, avec tout l'attache,
ment pojjibie
,
Foflre}&c. )i
* 1
>* ".: Il y a par Apostille. Le
-seulOuvrageejue]aye de prcjl,
cess un petit Traitésur la Rcli.
gion. Je l'ttycomposé a mesure
%jueje travail/ois à meclaircir;
il m'a déjà servyy uuttiillement àà
lever les scrupules de ceux quise
font adressèz k moy.
HAVl--HJ Le 2. du mois pasle Mr
l'Evesque de Saintes s'estanc
rendu à Saint Jean d*Angely,
Ville fameuse par ses Rebel.
lions
,
& qui a esté longtemps
le Siege de l'Heresie
fit assembler les Religionnaires,&
leur ayant explique
les intentions du Roy,
touchant leur retour à l'Eglise
Catholique
,
il les assu- *ra que Sa Majesté useroit
toûjours de plus de douceur
à les porter à s'y reÜnir)
que leurs Predecesseursn'avoientemployé
de violence
pour les contraindre à
s'en separer
;
qu'ainsi Elle
vouloit bien leur donner des
marques de ses bontez
, en
leur permettant de s'assembler
pour reconnoistre l'erreur
qu'ilsavoient suivie
leurs Pcres , & eux depuis plus
d'un Siecle
,
& se faire instruire
des Veritez Catholiques
,
sur lesquelles des Personnes
tres capables les éclairciroient
de tous leurs
Doutes.Le 8. du mesmemois
ces Assemblées commencerent
par l'ordre de ce Prelat
,
qui se retirant à Saintes
où le grand nombre de Conversions
qui s' y
faisoient rendoit
sa presence necessaire
laissa ses ordres , au P. Dom
Anselme Clairé
,
Prieur de
l'Abbaye de Saint Jean, qui
fit aussi tost venir le Pere
Dom Laurent Faidy
,
fameux
dans les Controverses,
pour presider à ces Aiïèmblées,
en presence de M le
Lieutenant General
,
& des
autres Magiltrats de la Ville.
On demanda d'abord aux
Religionnaires la cause de
leur separation d'avec l'Eglise
Romaine, & ils furent
favorablement écoutez sur
toutes les difEcultez qu'ils
proposerent, dont ce zelé
Religieux
,
& le Pere Augustin
de Saint Jean d'AngelyCapucin,
tres-fameux
aussi dans les matières de
Controverse,leur donnerent
des solutions plus que susfisantes
; mais comme c'est
1-e caractere des Pretendus
Reformez d'estre opiniastres
à défendre leurs erreurs, Mr
Durand leur Ministre qui
parloit au nom de tous les
autres, témoignoit toûjours,
au moins extérieurement,
qu'il n'estoit pas convaincu
par les Réponses qui luy étoient
faites. Ces Assemblées
furent continuées huit jours,
foir &: matin dans le Palais;
& pendant ce temps,l'obstination
l'emportant toujours
du costé des Religionnaires,
le Pere Prieur de l'Abbaye
qui assistoit, ou quelque Religieux
de sa part, à toutes
ces Conferences, resolut
d'en avoir de particulieres
avec les plus attachez à la
SetÍe de Calvin. Il vit sur
tout le Ministre
,
& Mr le
Valois fameux Avocat dela
Ville, & l'un des principaux
du party, toujours sence en pre- de MrLambert,Lieutenant
General, & de Mf
le Maistre Avocat du Roy.
Il leur apporta de si puissantes
santesraisons qu'enfin illes
convainquit. Ceux-cy en
ayant attiré un grand nombre
d'autres, le Pere Prieur
fit sçavoir à Mr l'Evesque
de Saintes que tout estoit
disposéà une Reconciliation
generale, & qu'on ne faisoit
que l'attendre pour la faire.
Ce Prelat, si consideré
par son grand zele pour
le Salut & pour la Conversion
des Ames
,
se rendit à
S. Jean d'Angely le Dimanche
16. du mois. Il y arriva
à dix heures du matin
& alladescendreàl'Abbaye,
où le Pere Prieur luy rendit
compte de ce quis'estoit
paiTé. A mesme temps Mrle
Lieutenant General, &>'Mr le
Procureur du Roy
,
firent,
venir par son ordre Mr Du-»
rand Ministre
,
& quelques
autres des principaux Reli"
gionnaires dans la grande
Sallede l'Abbaye.Lors qu'ils
furent assemblez, Mr l'Evesque
de Saintes leur fit ravoir
de nouveau les volontez
de Sa Majesté, &
leur ayant representé d'une
maniere aussi honnesteque
douce ,l'obligation où ils
estoient. de s'y soumettre,
le Ministre prit la parole,
ôc luytémoigna au nom de
tous, qu'ils estoient fort resolus
de profiter des bontez
du Roy, & des instructions
salutaires qu'ils avoiét
receuës. Il donna la Declaration
qu'ilavoit projettée
avec ceux desonparty,&
sur quelque équivoque que
Mr l'Evesque y remarqua,il
es obligea de la reformer.
ls se rassemblerent pour ce- a, & après plusieurs conestations
des plus obltincz,
ls se déterminerentenfin à
faire toutes choses comme
on les souhaitoit d'eux. Pour
rendre cette Action plus solemnelle,
ils se trouverent à
deux heures après midy du
mesmejour au Palais, où
l'on alla processionnellement
en cet ordre. Mr Mathias
Bar, Curé Vicaire perpetuel
de la Paroisse,avec
quelques autres Ecclenafciques,
estoit precedé de la
Croix & de la Baniere. Le:
Pere Prieur de l'Abbaye 06
toute sa Communauté marchoient
ensuite, ayant M
FEvetaue à leur telle en habits
Pontificaux. Mrs les
Magistratslessuivoientvêtus
de leurs Robes de Palais,
avec un tres-grand concours
de peuple. Pendant la Procession
y on continua de
Chanter le Veni Creator que
quatreChantres de l'Abbaye
avoient entonnéau pied du
grand Autel, & on le finit
à la porte du Palais. Le Ministre
& les autres Religionnaires
, y attendoient M.
l'Evesquequileurtémoigna
sa joye de les voir dans de
si heureusesdispositions,&
leur demanda si c'estoit de
bon coeur qu'ils se refolvoient
à abjurer l'Herdie j
dans laquelle ilsavoient si
long-temps perseveré. Alors j
le Ministre & tous les autres
répondirent qu'ilsfai-j
soient cette Adion sans nulle
conrrainte
,
& d'autant plus
volontiers qu'on les avoit
convaincus de l'erreur où
ils vivoient. Cela estant fait
M. l'Eveique les fit tous
mettre à genoux,& après
qu'ils eurent abjuré par la
bouche du Ministre à haute
intelligible voix, ils furent
conduitsavec le corps
1
de la Procession au mesme
ordre qu'on estoit venu les
prendre, en; chantant les
Pseaumes
,
In exitu Israël;
SuperaBabilonis, & Miserere
mei Deus. La Procession
s'arrefta à la grande porte
de l'Eglise,& M. l'Evêque
de Saintes leur ayant fait
une Exhortation tres-touchante
, leur donna à tous
l'Absolution de leur heresie,
aprèsquoyils furent introduits
dans l'Eglise par ce
Prélat, qui entonna le Te
Deum. On chanta les autres
Prieres en action de graces,
& ils s'embrasserent tous
tant le Ministre que les autres,
avec desdemonstrations
de joye extraordinaires. Ce
qu'il y a d'admirable
,
c'est
que cette Ville qui a esté si
longtemps infectée del'heresie
,
& qui pendant plus
de vingt années n'avoit [out:
-
sert aucun Exercice de la
Religion Catholique, y elt
rentrée en huit jours par la
feule force de la verité,
sans que l'on air employé
nulle violence, chacun s'étant
fait instruire,&ayant
esté convaincu de ses erreurs.
La Ville de Montpellier
a suivy l'exemple de Saint
[ Jeand'Angely. La Deliberation
ya esté prise par ceux
de la Religion Pretenduë
Reformée, pour se convertir
en corps, & elle fut conceuLë
een ces termes. jour du mois de Sep':"-
rembrefNous eslans ajjem-,
blek par l'ordre de M. le Duc.
de Noailles
,
Commandant en
Chef dans cette Province
,
qui
tous a exhorte% de Juinjre les
bonnes inspirationsqu'il a plett
d Dieu de donnerd ceux qui fesontàcomme
nous, trouvezfeparez
tie la veritable Eg-par le
malheur de leur naijjance
y
@T
de répondre au zele& auxjàintes
intentions que le Royade voir
tous ses Sujets remis dans feuleReligion une ;Alous avons délibéré
sur cette matierey é'l' nous
avons creu ne pouvoir prendre
un meilleur party cjuedembrafi
ferlaReligionCatholique, Apofiolique
& Romainey que nos Peres ont quittée) renonçant à
toutes les erreurs contraires; En
foy dequoy Mous avons fîgné la
presenteDélibération
que nous
avons portée a M. le Duc de
Noailles
, promettant de faire
Abjuration quand il le trouvera
à-ptopos, dans les formes&en
la maniere prcfcrite par les Regles
de la Religion Catholique.
'--' Ces Conversions font deuës
aux soins de Mr le Duc de
Noaillesaussi-bien qu'àceux
de Mr le Cardinal de Bonzi,
de Mr l'Evesque de Montpellier)
& de Mrsde Baville,
& Daguesseau. Le concours
a esté si grand dans toutl'Evesché
de Montpellier, &
dans les Eglises où l'onrecevoit
les Abjurationsdesgens
de toutes fortes d'Etats, qu'-
on estoit quelquefois deux
heuresàattendre que les p1 1r,e- miers fisseent place aux autres.
La 1 u tres.La pluspart des Catholiques
furent obligez de ce- der la leur aux Convertis, le
premier Dimanche qui suivit laDélibération, tantcesderniers
vinrent en grandnombre
entendre la Messe dans
l'Eglise Nostre-Dame Apres cechangement général, M1- l'Evesque de Montpellieral- laàLunes&à Minguio, re- cevoir l'Abjuration de tous
ceux de ces Communautez
en Corps. SaintGilles,Sommieres,
5c plusieurs autres
Villes&Lieux voisins
, renoncerent
à l'Heresie dans
le mesme temps.
La Ville de Nismes ne doit
pas moins à M. le Duc de
Noailles, pour ce qui regarde
les Conversions que les
autres Villes dont je viens
de vous parler. Ce Duc y a
fait tout ce que le Roy attendoit
de son zele. Il a parlé,
il a pressé,ses raisons ont elle
vives; mais sa douceur, sa
conduite, & son exemple
n'ont pas esté ce qui a le
moins contribué à gagner
les Religionnaires. Il a travaillé
à convertir les Ministres
mesmees &ily a sibien
reiiflî, qu'ayant reconnu leur
erreurilsl'ontpreschée , pu- bliquement; & ce qu'ils ont dit,aprèsavoirestéconvaincus,
a rendu plusde quinze
mille personneà l'FCT]i(p
Mr le Maréchal Ducde
Duraspassant par Nerac
pour se rendre dans son Duché
de Duras,trouva beaucoup
de Peuple assemblé;&
en ayant demandé la cause,
il apprit que les Pretendus
Reformezdéliberoient s'ils
se rendroient Catholiques,
? & que mesme ils agitoient
> des Questions de Religion.
Comme il sçaitparfaitement
».celle de Calvin, parce qu'il
en a esté, il disputa, & leur fit
connoistre si clairement que
l'Eglise Catholique est la veritable
Eglise, qu'ils se convertirent
tous. Il fit la mesme
chose dansle Duché de
Duras, où par ses lumieres
& ses soins il ne reste aucun
Religionnaire. Un Obstiné
qui tenoit une Bible,luy
ayant fait voir un Passage,
par lequel il combattoit les
veritez de nostre Religion,
D
ce Duc prit la Bible, & layli
fit lire plus bas l'eclaircisse
ment de ce Passage. Le Reli-
gionnairè changea aulIi-tolHl,
desentimens, & plusieurs seil
convertirent aussi-bien que
luy.Lereste suivit.prelque.-)i
-aussi-tost. Mr de Durasarrivai
de Guienne, lors quele Roy v<
partit de Chambor pour Fon- tainebleau, & il asseura qu'illi
y avoit déja en ce temps-là il
cent quinzemille nouveaux XI i1ce.
Le Peuple estant assemblé
àMilhau,Ville de Roüergue, u
pourdéliberer s'il se convertiroit
ou nom, il y en eut qui
s'aviserent de se demander
les uns aux autres pourquoy
ils estoient de la Religion de
Calvin. - On foüilla juique
t dans l'origine, & l'on trouva
que la Ville estant autrefois
toute Catholique, ceux
; qui estoient du party contraire,
se trouvant avec une
Armée à leurs Portes, pen--
dant les Guerres Civiles que
*
la Religionavoitexcitées,les
avoient engagez à prendre
la leur; & il fut conclu ,que
l puis que ce n'estoit point par
une parfaiteconnoissance de
la vraye Religion, qu'ils a--
voient quitté celle de leurs
Peres, il estoit injuste de balancer
plus long-temps à -, y y
rentrer.
Le 2. de ce mois, il y eut il
une semblable Déliberation n
dans la Ville d'Alais. Mr le
Marquis de la Fare, Gouver- -1
neur de Biescou, & Mrdela
Fare Gaujac sonFrere,cy-de-À
vant Capitaine de Cavalerie,
qui y resident tous deux, es- J
tant entrez en négociation
avec quelques-uns desPre- -'
tendusReformez,pour les z\
engager à le soûmettre à la
volontédu Roy, leur apporterent
dès raisons si fortes,
qu'enfin ils les firent consentir
à s'assmbler pour déliberer
en Corps de Communauté
de se rendre Catholiques
Ainsi le jour que je viens de
vous marquer ,
ils firentune
Assemblée de tous les Chefs
de Famille, en presence de
Mrs de la Fare, & ceux qui.
avoient le plus de lumieres;
ayant entrainé les plus ob-.
stinez, la Déliberation fut:
prise
,
& signée conformément
aux intentions de Sa
Majesté
, par tous ceux de
l'Assemblée, au nom de tous,,,
les Religionnaires; après
quoy on députa deux des
principaux Habitans
, pour
l'aller porter à M. le Duc de
Noailles qui estoit à Nifines.
Cette Conversion a esté de
prés de quatre mille personnes,
en sorte qu'il ne reste
plus dans Alais que quelques
Femmes qui n'ont pas voulu
quitter si toit la Religion où
elles sont nées. b
Je ne puis mieuxvous apprendre
ce qui s' est passé en
Dauphiné,à l'égard des Pretendus
Retormez de cette
Province,qu'en vous faisant
part d'une Lettre qui m'a esté
adressée. En voicy la Copie.
A L'AUTHEUR
DU MERCURE GALANT.
A Grenoble, le 6. Oâobre1685, V OM /oüez incejjammenï
noflre ÀugusteCiïlonarque
3 parce quincejjamment la
matiere vous y convie ; mais
Att!oüez, Monsieur, que parmy
tout ce qu'il fait, qui merite des
Eloges, Jes foins & sa vigilance
pour étoufferïHerefe dans
son Royaume, font des sujets
admirables pour les luy attirer..
Il fait comme ces Fils aiftez,
qui travaillentcontinuellement à
reparer les ruines de leur maison,
a remettre dans leur Famille les
biens disPersèz, à rappeller les
Freres é'garez, & à j&ûtenir
l'éclat de leur race. Comme il
est le Fils Asné de l'Eglise3
on voit bien qu'en cette qualité
il s'applique à redonner a cette
bonne Mere les Enfans quelle
avoit perdus, à les remettre en
estat de recevoir d'elle ses careiJes
er ses benedrélions, &
à leur inspirer l' obeissance &
le rtspt Et que les véritables Chrefiiens
luy doivent. On ne trouveplus
de rebelles ny d!obfline^;
toutes les Provinces retentirent
du bruit des Conruerfiensfyequentes.
Ce rieflplus cette France qui
se déchiroit eUe-mesme ; ce ne font
plus des Citoyens acharnez à Je
perdre ou à se corrompre; il n'y a
plus ny interess
3
ny politique, ny
ménagement;les violences& les
contraintes n'ont plus de heu ;
ce riefl iu"avec des femimens
de pieté & de connoissance que
les PretendusReforme^ courent
à la Religion de leurs Peres.
Ils ne se rendentquaprèsavoir
esté inflruits ; ils écoutent la gret..
ce> Ù enfin wut Je faitsi deu.
cement (t)si agreabtementJ que
l'on nentend parler, ny de promessesy
ny de bienfaits, ny de
recompensès, pour des changemens
aujJi jufles que jufquicy ils
o'ntparu difficiles. Je mefuis'volontiers
chargé de VQUâ apprendre
que cess de cette maniéré que ceux
de la Religim Pretenduë Reformée
de Dauphiné ont fait leurs
Conversions, & mesmepresque
par tout en Corps de Communauté.
Ceux du Bailliage de
Briançon ont commencé.Alonfizur
le Bret nostre Intendant>
qui
qui sejt trouve Jur les lieux3 a
admire ce zele, & l'a écrit avec
etonnement. En effet, quinen
auroit de voir les Kullécs de
TrageUa3 de j3uryras & de
Ceptnney où (peIne, on top,t
trouver trois ou quatre Maisons
Catholiques, teJire toutes Ja.ujourd'huy-,
cfy:voir triompher la
véritable Keligion^aprésquelle en Õ Ll 4 eslé bannie pendant un Siecle?
Quinze mille personnesy ontfait
leur Abjuration en moins de huit
jours. Le Bailliage d'Ambrun a,
suivy unfibelExernple.LaVillede
Dye,ou lHercfie avoittoujours
le plus triomphé. ne voit
plm dans Jon enceinte aucun
RclWionnaire,bien quily en eust
huit mille.Les Villes de Gap&
de Montehmart Je font rendues
en Corps de Communauté. Le
Bourg de Menei £n
Triéves,OH
depuis ftx''Vingt ans il riy a eu
aucun Catholique, en est aujourd'hui
remply. Mifoen}la(Jrave9
le Mont Délans
,
dans le Pays
d'oyfans,font revenus de rnef
me. Tout efloit plein d'Heretiques.
LaMurea qui estencore
un zrana Bourg5 Ci" ciont les
Habitans efloient a moitié de
la Religion Pretendué ReformiOe,#
en a plus aucun, &
J J tout cela s'eftfait dans le mois
de Septembre. La Ville de Romans
n-en a plus gueres. Quel
Prodige!Mais ilness jamais
d)obstacles pour les Viéloires de
Louis LE GRAND. Ses Conlquefles
pour le 'Patrimoine de Eghfe-} foqt auJF promptes que
- celles qu'il a-faites pourlefient
Je ne vous du rien encore de Grenoble
, où quantité de gens de
mérité3 de qualité (Ô?d'esprit3si
fontmjlruire.Jmfiiien.tofl fef
pere.yoKsfaÍrepàtt des)grades gjr
fameuses Conversions qui sy pre.
pwent.+Dejalefécond de ce mois,
JV,o~l.e,7.4JtcquescDq;dje/sfDeSeigneur de
Sahon, de Cbafleauneufù de
J\4a^amyConseiller au Parlement
de GrtnobleJ afaitabjuration.
lefuis, Monfi:ur,tojlrr,
&c.
ALLARD, ancien President
en l'Election de Grenoble.
On a eu avis que tous les
Pretendus Reformez de la
Ville deLoudun qui estoient
au nombre de trois mille se
sont aussi convertis. Je ne
vous dis rien de Montauban
ny des Villes des environs,
qui en se faisant toutes
Catholiques, ont precedé
ces Conversions.Onoublie
Jûcoft: à
*
present des miliers
de Convertis,qu'on,
ne faisoit autrefois une feule
personne. Ce qu'il y a d'admirable,
c'estque tous ceux
qui renoncent à Calvin,
-
ont gens éclairez des lulieres
de la Foy, qui reonnoissent
la verité
,
& qui
- rendant d'eux-mesmes iennent , en foule après des
éliberations autentiques &
olontaire,demander qu'on
esreçoive dans la veritable
Eglise.
La Ville de Chastelleraut
suivy l'exemple de Loudun
,
& tout s'y est converty.
Les Pretendus Reformez
des Villes voisines se
font instruire pour les imiter,
& tous les Matelots de
lacoste duPaïs d'Aunixau
nombre de quinze cens ont
embrasséla Religion Catholique,
aussi-bien que tout ce
quireftoit à Lyon qui profesfoit
la Pretenduë Reformée.
Tous les Chefs de ces Familles
qui se montoient à soixante
& dix, yont esté trouver
Mr l'Archevesque,& ont.
déclaré qu'eux &leur famille
estoient prests de renoncer
-
à l'Heresie de Calvin; ce
qu'ils ont signé, aprésquoy
ils ont tous fait Abjuration.
Jamais on ne vit tant d'union
qu'il en a paru en cette
rencontre , entre les Catholiques
Se ces nouveaux
Convertis;ils ne se rencontroient
point sans se donner
des marques de leur joye,
&sanss'embrasser. Tous les
Habitans de la Rochelle ont
fait aussi Abjuration à la reserve
de ceux de quatorze
Familles, dont plusieurs foiu
sur le point d'abjurer com-
• me les autres, s'ils ne l'ont
pas déja fait.
Le Pere Alexis du Bue
Theatin
,
qui depuis plusieurs
années a fait un fr
grand nombre de Conversions,
en a fait encore beaucoup
depuis quinze jours.
Voicy par quelles paroles il
finit sa Controverse le Dimanche21.
de ce mois, en
s'adressantaux Pretendus Reformez.
Enfans de la Terre ; Nouveaux
venus, qui a'VtZ presché
jujqxa present des Nowveautez
JcaxdaleuJes(èf des Dogmes inconnus
à toute l'ancienne Eg/ife;
qquuii nn'1a'Vez débité que des.fort- tdes. fo4-
ges & des calomnies
J
il efrtemps
de former la retraite) de changer
de ~f (~r de vous réunir
ail Corps de J. C. dont vous
vous esses (eparez avec tant din~
juflice. Toutes choses vous invitent
à cette réunion
,
le jifence de
l'Ecriture des Peres sur toi
.Ãrtl'cl. !..:::
A
Articles 1101,Il.; r;, rIl., 17,f-U i l& rric*uvtXifefcydevos
Minières qui vous trompent &
"(Jous seduisent depuis plus d"un
Siecle; l'exemple de vos Freres
qui rentrent en foule dans lE.
glzjè ; veflre propre Salut qui cft
impossible dans le Sclnfme ou vous
vive%.Ajouter atouscesMotifs
les Souhaits duplusgrand Ma-.
narque de la Terre, a qui vous
deveKtout accorder3puis qu'il ne sagit qau~e ddfev~oou~s~attirera la pro- ~r /?rcsession
de la ruerité. Dieu l'afitfl
citéen nosjours pour détruire l'He..
rejie dans le fein de fis Etats5
er pour y faire fleurir la feule
Jtisa£ aj4rt*ja a?er* 7?r»Lin *
—•— l''fU;,
veritMeReligionCatholique,
"¿r jy\jL. V '\V111-"1'{" j '1/1'1. aeflcl'uniqueReligion de tous
les Rays fis Àugufcs Predeces
feurs. Cess à frç pieds que ce
Aionflrefurieux dont les mouvemens
ont esté si violens & si
pernicieux a cette Monarchie,
va eflre dhbatu. Le-Ciel luy a
reserve cette gloire> & danspeu
par la rtdyjance}cette Jc-glise qui
se dit Rej-orrnee
,
qui a esle pendant
douze cens ans invijtble dans
l'Univers,Jeraheureusement invijible
en France. Que la pensée
d'une Aflionjiglorieufe,ogrand
Roy ! remplijje vojlre coeur de
joye. Dieu qui a pris plaisir a
vous revêtir de sa force pour une
si grinde entreprise3 fera Le Proteêîeur
de vostre Personne Sacrée
d'une maniere toute particu.
lirrc. Il vous comblera de Jes
faveurs, il étendra les limites de
vostreRoyaume
, en vous affitjettifJant
psr des Conquefîesglorhufes
ces. Notions Infiddes qui
t 'oublent le repos de ses enfans. Iii\
affermira Voflre Sceptre par /«\
nombre devos Descendans; /&\
élevera VoflreAuthoritépar deae
fus celle des plusgrands Monar..-,:
ques du Monde:Enfin tous lesi^
Ennemis de la Véritéferontdanne
l humiliation edans la douleur^
& le Peuple fidele & obeiflantlu
joiïiudun bon-heurquiferafuir-\
1y des Benediélions du Ciel.
Le Roy voyant que les
Conversions .augnlenroientJf
de jour en jour,que la plus
part des Personnes d'un eflJl:
prit solide avoient abjuré
& que la Tréve luylaissoit
un repos dont ses Ayeux
rm'avoient point joüy
, a en- fin donné un Edit qui porte
JIe dernier coup à l'Heresie.
Cét Edit défend de faire aucun
Exercice public de la
R. P. R dans le Royaume.
LaJustice des Motifs qui
:>ont obligé Sa Majeflé d'en
user ainsi
,
paroist évidente
dans le Discours qui luy sert
b d'avant propos, *& elleest
d'autant plus claire,que pour
J la persuader il n'a fallu qu'exposer
les faits sans aucun
raisonnement. Comme la
Vérité fait plus briller
il ce
Discours que les figures de)j
l'Eloquence, chacun de~3
meure d'accord que l'on n'aL',
jamais rien veu,ny de si prudent
ny de si juste.Voicy
les raisons qui y sont dé^-h
duites. '¡
Henry le Grand,Ayeul
de Sa Majesté, voulant eni'f.
pescher que la Paix qu'il a—i
voit procurée à sesSujets,
après les grandes pert-s2- qu'ilsavoientsouffertespar
la durée des Guerres Civiles xc
& Etrangeres, ne sult trou
blée à l'occasion de la
P. R.comme il eQoir arrivé h
I
sous lesRegnes des Roys les
Predecesseurs, regla par [on
Edit donné à Nantes au mois
d'Avril1598. la conduite
qu'on devoit tenir à l'égard
de ceux de cette Religion
Se les lieux dans lesquels ils
en pouvoient faire l'Exercice.
Il établie des Jugesextraordinaires
pour leur ad.
ministrer la Justice
,
& pourveutmesine
pardes Articles
particuliers A tout ce qu'il
jugea necessaire pour maintenir
la tranquillité dans son
Royaume, & pour diminuer
l'aversion qui estoit entre
ceux de l'une & de l'autre Religion
,
afin d'estre plus en
estat de travailler, comme
il avoitresolu de faire, pour
réünir à l'Eglise ceux qui s'en
estoient si facilement éloignez
; & comme il ne pût
effectuer son intention à cause
de sa mort précipitée, &
que l'execution de cét Edit
fut mesme interrompu pendant
la minorité du feu Roy
par de nouvelles entreprises
des Pretendus Reformez
elles donnerent occasion à,
les priver de divers avantages
qui leur avoientestéaccordez.
Neantmoins usant
de sa clemence ordinaire,
il leur accorda encore nouvel un Edit à Nisimes au
mois de Juillet 1629. au
moyen duquella tranquillité
ayant de nouveau esté
retablie, ce Prince animé
dumesme esprit& dumefme
zele pour la Religion
que Henry IV. sonPredecesseury
resolut de profiter
de ce repos, pour tâcher
d)execurer son pieux
dessein
; mais les Guerres
ellant survenuës peu d'années
après
,
& le Royaume.
ayant esté peu de temps
sans agitation, depuis i6tf.
jusqu'àlaTréve concluë
en 1684. avec les Princes
de l'Europe, il n'a pas
esié possible de faire autre
chose pour l'avantage
de la Religion,que de diminuer
le nombre des Exercices
de la pretendue Reformée
par l'Interdiction de
ceux qui se sont trouvez établis
au prejudice de la disposition
des Edits, & par la
Suppresion des Chambres
my parties dont l'Erection
n'avoit esié faite que par provision.
Dieu ayant enfin permis
que la France joiïilïè
dun parfait repos,& que
le Roy luymesme n'estant
pas occupé des soins de proteger
ses Sujets contre ses Ennemis,
ait pu profiter de cette
Trêve qu'il a facilitée dans
la veuë de donner son entie-
Te application à rechercher
Iles
r
moyens de parvenir au;
succez du dessein des Roys
IHeury IV. & Louis XIIL:
b dans lequel il est entré dés
>1 son Avenementàla Couron-
-
(LUe; Sa Majestévoit prefen-
~tement avec la justerecon-
-
noissance qu'Elle doit à
Dieu, que Tes soins ont eu la
fin qu'Elle s'estoit proposée,
puisque la meilleure & la
plus grande partie de ses Sujets
de la R. P. R. ont embrasse
la Catholique;& d'autant
qu'au moyen d'un si
grand nombre de Conversions,
l'exécution de l'Edit
de Nantes, &tout ce qui a
esté ordonné en faveur de la
R. P. R. demeure inutile;
Elleajugé qu'Elle ne pouvoit
rien faire de mieux pour
effacer entierement la memoire
des Troubles, de la
confusion, & des maux que
le progrez de cette fausse
Religion a causez dans le
Royaume, qui ont donné
lieu à cétEdit, & à tant d'autres
Edits & Déclarations qui
lot preceidée,où qui ont estéfaits
en consequence
, que
de le revoquer en
touteson
étenduë. C'estcequ'Ellea
fait par l'Edit dont je vous
parle, qui a estéenregistré
en la Chambre des Vacations
le 22. de ce mois.
Cet Edit revoque non seulement
celuy de Nantesdonné en
Avril1598. avec les Articles arrestez
le deuxiéme May de la mefme
année, & les Lettres Patenres
qui furent expediées sur ces
Artictes,mais encore l'Edit donné
à Nismes enjuillet 1629. que
Sa Majesté declare nuls, & comme
non avenus; ensemble toutes
les Concevions faites pard'autres
Edits,Declarations&Arrestsaux
Pretendus Reformez, dequelque
nature qu'elles puisssentestre en
consequence dequoy Elle veut& illuyplaist, quetous lesTemples
de ceux de la Religion Pretenduë
Reformée situez dans son Royaume,
Terres & Seigneuries de [on,
obeïssance, soient incessamment
démolis.
Il est défendu par ce mesme
Edità tous Pretendus Reformez,
depluss'assemblerpourfairel'Exercice
de cette Religion en aucunlieu ou
mùfcn particulière, fomquelque prétexte
que ccpu:[fi estre, mesme d'Exercicesréels
eudequand
biences Exercicesauroientesté maintenuspar
des ArrcJIs du Conseild'Etat
; £r à tous SeiTueurs de quelque
condition quils foiintydefaire l'Exercice
dâris leurs Maisons & Fiefs,
le tout à peine contre ceux quiferont
cet Exercice, de confiscation de corps
& de biens.
Les autres Articles sont, !Zflt
tous Ministres de lit Religion Pretendue
Reformée,sortirontdu Royaume
quinze jours aprés la publication de
l'Edit, sans y pouvoir jèjOUÍÍUf au
dd.1, ny pendant ce temps de quinzaine
faireaucun Presche, Ex hortation
ny autrt jonEfiOIJ) à peine des
Gaitrts.
J^ue ceux desMinistresquise convertiront,
continueront àjoüir leur
vie durant, & leurs Veuvesaprès
leur decés
,
tandis quelles seront en
viduité
,
des mefines exemptions de
Taille & Logement de Gens deguerre,
dont ils ont jouy pendantqu'ilsfaisoient
la fonction de Ministres; &
qtt'en outre Sa Majesté leurferapayer,
aujjileur viedurant,unepensionplus
forte d'un tiers que les Apointemens
qu'ils touchoient en qualitéde MinijfTes,
de la moitié de Jaquette Pension
leurs Veuvesjoüiront Iluffi aprés leur
mort, tant qu'elles demeureront en
viduité.
£hte les Miniflres convertis, qui
voudront se faire Avocats , ou prendre
les Degrés de Docteursaux Loix,
feront dijJfnjtz des trois ans d'étude
preferites par les Déclarations duRoy;
& quaprès avoirfubyjes Examens
ordinaires
ordinaires , ils Jiront reccw Docteurs,
s'ils en fontjugez, capables, en payant
feulement la moitiédes Droits que Po,%
a accoufttmé de percevoir de ceux
qu'on reçût en chaque Univerfi*.
Zue les Ecoles particulières pour
l'tnfirucïion des Enfans de ceux de la
Religion Pretendue Refermée,& toutes
les chofts généralement quelconques
,qui peuvent marquer une Concijfion,
quelle quelle puisse tfre
,
en
faveur de cette Religion,front dtfendues.
Jt>u£ les Enfansqui naiflrent des
Prétendu*Reformez, ^feront dorefiulsumt
baptisez, par les Curez, des Paroisses,
estantenjointaux Peres&aux
Meres de les envoyer aux Egltfes J
cet effet là, d peine de cinq cens livres
d'amende ; 6- que ces Enfins
(irontenfuite élever en la Ret;g>,,d,,
Catholique, Apoftotique & Romaine,
a quoy ilcfi ordonné tres-exprefémentauxJugés
des lieux de terni II,
main.
jÇhie ceux de lit Religion ?retendue
Riformée quifesontretirez, duRoyaume
avant la publication de cet Edit,
rentreront dans la poffission de leufs
biens, & en jouiront comme ils auvoientpufaire
s'ils y eBoienttoujours
demeure&
, pourveu qu'ils y reviennentdans
le temps de quatre mois du
jour de cette Publication;au contraire
que les biens de ceux qui dans oe temps
là de quatre mois ne reviendrontpas
dans le Royaume, demeureront confifquez,
en conjequence de la Déclara*
tion du 20. d'Aoufl dernitr.
Zue les Preter,dwReformez,eux,
leurs Femmes & Ensans, ne pourront
îortirdurayamrijc,njtriortcraiiieraf
uurs b"",s&effets,fouspeine des Galèrespourles
Hommes}&deconffcaiicn
de corps & de biens pour les Femmes.
J^ue lesDéclarationsrendues contre
les Relaps, feront executées jiLon
leurforme 6 teneur. Ue ceux de la Religion Prétendue
Reformée,enattendant qu'ilplau
Je 4 Dieu de les éclairtr comme les autres
, pourront demeurer dans les ViL
les & Lieux du Royaume,ycontinuer
leurcommerce,de/(Ûrs liens,
sans qu'on lespuijfetroubler
fefcher,fouspntexte ny cm- de leur Rclirien
Cet Edit ayant este publié le
jour mesme de l' Enregistrement,
on commença dés le lendemain à
démolir leTempledeCharenton.
Les Conversions estoient déja
tres- nombreusesà Paris, & il y
en avoit tous les jours presque
dans toutes les l'aroilies• & dans
beaucoup de Communautez;de
forte que chacun estant en mouvement
pour son salut,& plusieurs
se convertissant,ou se faisant instruire,
cet Edit, au lieu de produireaucun
des effets qu'on en
auroit pu craindre autrefois
, a
plûtost servy à ébranler les plus
obstinez
,
qu'à leur faire prendre
des fenrimens contraires à leur
conscience& à leur devoir. Ainsi
il y a lieu d'esperer que le reste
des Religionnairesde Paris,suivra
bien-tost l'exemple de ses Freres,
qu'il voit tous les jours courir en
foule aux pieds des Autels. On y
vient de voir Mrle Duc de Ri-
* chemont, Fils naturel du feu Roy
d'Angleterre. Il afait Abjuration
dans la Chapelle du Chasteau de
Fontainebleau,à l'issuë de la Messe
du Roy, en presencede Sa Majesté
& de toute la Cour,entreles
mains de Mrl'Evesque deMeaux,
qui luy fit un tres beau Discours
sur ce iujer.
J'apprens que Mr le Marquis
de Mirepoix s'est fort distingué
,4
par le zele qu'il a fait voir pour
la Conversion des Pretendus Reformez.
Comme il est extremément
aimé dans cette Province,
luy seul, c'est à dire, suivy de sa
feule Maison,sansaucun aurre secours
,
il a fait changer de Reli.
gion, par son éloquence, & par
la force de la vérité à tout ce qu'il y en avoir dans Mazeres
le Carla , , Saverdan, Lasbordes,
Savarat, Camarade, Mazdazil.
L'exemple, de ces sixVilles,qui
sont des plus importances de la
Province, a esté suivy detousles
Religionnaires des environs. Mr
de la Berchere Intendant de
Guyenne, qui alla joindre M'll
Marquis de MirepoixàMazeres,
seconda tres bien son zele. Mr
l'Abbé de Pailhez de qui cette
Villedépend, n'y fut
pas inutile,
& s'y comporta d'une maniéré
digne de luv. Je vous écriray le
mois prochain les circonstances
de cette grande Action.
Quelque difficile que foit la
Conversion des Heretiques,nous
en voyons aujourd'huy la France
presque entièrementpurgée. Ce
miracle est dû au zele, à la pieté,.
& aux foins du Roy,& il suffit que
ce grand Monarque vive pour
achever un si surprenant Ouvra- ¡
ge.C'est ce qui a esté parfaire:
ment bien representé parune Devise,
dont le Corps est un Soleil
arresté par l'ordre de Josué,com-
-
battant contre les Alllaiccites)
Ennemisdu Peuple de Dieu,avec
ces mots.
Stantem viftoriacertafequetur.
La pensée en est heureuse, & les
quatre Vers suivans l'expriment
d'une maniere également noble
& naturelle.
Contre les Ennemis envieux de si
gloire,
Du Soleil autrefois le Ciel fixa le
cours ;
NOMSflmmes feurs de la viBoire,
Si d'un autre Soleil il prolonge les
iguri.
L'Autheurde cetteDevise cft
un jeune Homme (ritialité, de
dix-sept ans, d'unesprit rare, & d'une application extraordinaire,
c'est le Fils aisné de Mrle Mazuier,
Procureur General auParlementdeToulouse,
dont le zele
pourles interests du Roy & de la
Religion estassez connu. Ilasoûtenu
avec applaudissement une de
ces Theses de universelles,que si peu sopersûonnets eentrnepreinnren.t de
Si je voulois attendre la fin des, Conversions, dont les nouvelles
me viennent de tous costez, je ne finirais point cetArticle. Je les remetsjusqu'au
mois prochain,dans
lequel temps j'espere queje vous entretiendray du changement de
tout ce qui reste de Calvinistes en France. Je croymesme qu'il y a déjà beaucoupplus de Villes en-*
rarementCatholiques que je ne
nous en ay nommé, l'empresse-
¡jfnt estant si grand à fc rendre,&
nouvelles des Abjurations qui
font en Corps, arrivent en si.
.'ivand nombre, que l'on en perd
memoire.
de plaisir, que Mademoiselle
Bernard de Roüen, pour qui
îles galants Ouvrages qui ont
«[parud'elle vous ont donné
citant d'estime
, a fait Abjuration
depuis huit jours. Coinnme
elle a infiniment de l'ef-
1 prix, il est aisé de juger qu'elle
n'a renoncé aux erreurs où
à sa naissàncel'avoit engagée,
» ijuaprès une serieuse & lon-
R gue recherche de la verite.
Mais, Madame,il iR s'agit
plus de vous parler de la Con.
versîon des Particuliers,conmej'ay
fait dans la pluspart
de mes Lettres, il faut presentement
vous entretenir
descelledequantité de Villes
entieres. Lezele deSa Majesté
pour la gloire de Dieu, ôc
sa bonté pour tous ses Sujets;
l'ayant engagé à travailler
O \D, avec degrands foins au salut
des Ames de ceux qui étoient
nez dans la Religion Prétendue
Reforme'e,beaucoup des
principaux de cette Religion,
se font fait instruire
; & comme
ilsavaient plus de lumieres
& plus d'esprit que les autres,
ils ont eu aussi plus de
pénétration, pour reconnoître
que la seule Eglise Catholique
elt la veritable. Beaucoup
ont écrit les Motifs qui
;
les avoient en gagez à se convertir,
& je vous ay fait part
Touvent de ces beaux Ouvrages.
Les moins éclairez,
voyant les plus habiles d'entre
eux, & sur lesquels ils re-
Igloient leur créance, convaincus
des erreurs du Cal-
'viniime
",
se fontrendus en
foule, & voilà à quoy sont
deuës la plus grande partie
des Conversions que nous
voyons tous les jours. Cela
est si vray,que le changement
qui est arrivé dans toutelaVille
de Castres, est une
fuite de celuy de deux personnes
connuës de toute
l'Europe, par la force & par
la beauté de leur esprit. Ce
sont Mr Dacier & Mademoiselle
le Fevre sa Femme,dont
les Ouvrages sont si estimez
de tous les Sçavans. L'Abjuration
qu'ils firent le dernier
mois, de la Religion Prétenduë
Reformée, fut fuivie
de celle de beaucoup de
Personnes de marque, à qui
ces illustres Convertissent;
signer une Délibération de
rentrer dans l'Eglise Catholique.
Ces Conversions en j
attirerent d'autres, ôc c'est
par là que celles qui se font:
faites depuis en sigrad nomItre
dans toutes les Villes du
Languedoc ont commencé.
Vousle pouvezvoir par cette
Réponse queMrDacierafaite
àuneLettre de MrMitton,
dont le merite est connu de
tout le Inonde, & qui luy
uvoit écrit pour l'exhorter à
ouvrir les yeuxà la verité.
A Castres le'jj, Septembre 1685, LE S marques que vms me
donner de vostreAmitié
Jidonjieur3 me fontsi cheres &
siprecieusesJ que je riay pû lire
,sans des transports de joye la Lettre
que vous m'ave^ fait l'honneur
de m'écrlre. Je Juisçerfuadé - que celle que jevousécrisaujourd'hui
ne vous en donnera pas
moins j car elle vous apprendra,
que ma Femme & mey pommes
tres-bons Catholiques. Neus le
prions ilya plus de quatremois,
si nous neufjionsménagé les choses
pour rtndrenoflre Conversion
pinsagreable a Dieueau Roy,
& plusutile à noflre Pays.
Cela nous a heureusement 'reü{-
Jy;En nous déclarant,nous avons
olhgélaplus grande partie de
la Ville à nous suivre. Jeudy
derniernous leur flfmes (îgner une
Délibérationtrès-conforme a la
volonté du Roy. Cela entraîne
tout le resse
, & tout Caflres
fera Catholique dans quatre
joufs lon a jujetdeopérer que
ce bon exemple servira d'inftru-
Rion aux Vdles Toffres
, c
peut-eflremesme à tout le Languedoc.
Voilà,Monsieur
;"
la
plus grande nouvelle que vous
puijJiez recevoir. Si ce que nous
avonsfait pouvoit eflre de quel..
que méritéauprès de Sa Majefié,
nous souhaiterions que cela nous
fervifl a nous rapprocher de
vous.A4Femme Gn" moy regretons
extrêmement voflre Conversation.
Nous avonsplus de
besoin que jamais aavoir devant
les yeux les exemples de vojire
politesse ; mais quelque passion
que nous ayons pour cela3 nous
laissons cefoin a la Providence,
de peur mfouiller par des démarches
qui paroiflroient interef-
JeesJaplus fainte & la plus def
înteressée de toutes les Allions.
Faites-nous feulement la grâce
de vous souvenirtoujours de
nous & de nous écrire. Quand
on nous laissera dans nostre Retraite
, nous noferons nous en
plaindre, & nous aimerons toujours
un lieu où par la Benediélion
de Dieu nous avonsforte
de si bons fruits. Je fuis ,
Monsieur, avec tout l'attache,
ment pojjibie
,
Foflre}&c. )i
* 1
>* ".: Il y a par Apostille. Le
-seulOuvrageejue]aye de prcjl,
cess un petit Traitésur la Rcli.
gion. Je l'ttycomposé a mesure
%jueje travail/ois à meclaircir;
il m'a déjà servyy uuttiillement àà
lever les scrupules de ceux quise
font adressèz k moy.
HAVl--HJ Le 2. du mois pasle Mr
l'Evesque de Saintes s'estanc
rendu à Saint Jean d*Angely,
Ville fameuse par ses Rebel.
lions
,
& qui a esté longtemps
le Siege de l'Heresie
fit assembler les Religionnaires,&
leur ayant explique
les intentions du Roy,
touchant leur retour à l'Eglise
Catholique
,
il les assu- *ra que Sa Majesté useroit
toûjours de plus de douceur
à les porter à s'y reÜnir)
que leurs Predecesseursn'avoientemployé
de violence
pour les contraindre à
s'en separer
;
qu'ainsi Elle
vouloit bien leur donner des
marques de ses bontez
, en
leur permettant de s'assembler
pour reconnoistre l'erreur
qu'ilsavoient suivie
leurs Pcres , & eux depuis plus
d'un Siecle
,
& se faire instruire
des Veritez Catholiques
,
sur lesquelles des Personnes
tres capables les éclairciroient
de tous leurs
Doutes.Le 8. du mesmemois
ces Assemblées commencerent
par l'ordre de ce Prelat
,
qui se retirant à Saintes
où le grand nombre de Conversions
qui s' y
faisoient rendoit
sa presence necessaire
laissa ses ordres , au P. Dom
Anselme Clairé
,
Prieur de
l'Abbaye de Saint Jean, qui
fit aussi tost venir le Pere
Dom Laurent Faidy
,
fameux
dans les Controverses,
pour presider à ces Aiïèmblées,
en presence de M le
Lieutenant General
,
& des
autres Magiltrats de la Ville.
On demanda d'abord aux
Religionnaires la cause de
leur separation d'avec l'Eglise
Romaine, & ils furent
favorablement écoutez sur
toutes les difEcultez qu'ils
proposerent, dont ce zelé
Religieux
,
& le Pere Augustin
de Saint Jean d'AngelyCapucin,
tres-fameux
aussi dans les matières de
Controverse,leur donnerent
des solutions plus que susfisantes
; mais comme c'est
1-e caractere des Pretendus
Reformez d'estre opiniastres
à défendre leurs erreurs, Mr
Durand leur Ministre qui
parloit au nom de tous les
autres, témoignoit toûjours,
au moins extérieurement,
qu'il n'estoit pas convaincu
par les Réponses qui luy étoient
faites. Ces Assemblées
furent continuées huit jours,
foir &: matin dans le Palais;
& pendant ce temps,l'obstination
l'emportant toujours
du costé des Religionnaires,
le Pere Prieur de l'Abbaye
qui assistoit, ou quelque Religieux
de sa part, à toutes
ces Conferences, resolut
d'en avoir de particulieres
avec les plus attachez à la
SetÍe de Calvin. Il vit sur
tout le Ministre
,
& Mr le
Valois fameux Avocat dela
Ville, & l'un des principaux
du party, toujours sence en pre- de MrLambert,Lieutenant
General, & de Mf
le Maistre Avocat du Roy.
Il leur apporta de si puissantes
santesraisons qu'enfin illes
convainquit. Ceux-cy en
ayant attiré un grand nombre
d'autres, le Pere Prieur
fit sçavoir à Mr l'Evesque
de Saintes que tout estoit
disposéà une Reconciliation
generale, & qu'on ne faisoit
que l'attendre pour la faire.
Ce Prelat, si consideré
par son grand zele pour
le Salut & pour la Conversion
des Ames
,
se rendit à
S. Jean d'Angely le Dimanche
16. du mois. Il y arriva
à dix heures du matin
& alladescendreàl'Abbaye,
où le Pere Prieur luy rendit
compte de ce quis'estoit
paiTé. A mesme temps Mrle
Lieutenant General, &>'Mr le
Procureur du Roy
,
firent,
venir par son ordre Mr Du-»
rand Ministre
,
& quelques
autres des principaux Reli"
gionnaires dans la grande
Sallede l'Abbaye.Lors qu'ils
furent assemblez, Mr l'Evesque
de Saintes leur fit ravoir
de nouveau les volontez
de Sa Majesté, &
leur ayant representé d'une
maniere aussi honnesteque
douce ,l'obligation où ils
estoient. de s'y soumettre,
le Ministre prit la parole,
ôc luytémoigna au nom de
tous, qu'ils estoient fort resolus
de profiter des bontez
du Roy, & des instructions
salutaires qu'ils avoiét
receuës. Il donna la Declaration
qu'ilavoit projettée
avec ceux desonparty,&
sur quelque équivoque que
Mr l'Evesque y remarqua,il
es obligea de la reformer.
ls se rassemblerent pour ce- a, & après plusieurs conestations
des plus obltincz,
ls se déterminerentenfin à
faire toutes choses comme
on les souhaitoit d'eux. Pour
rendre cette Action plus solemnelle,
ils se trouverent à
deux heures après midy du
mesmejour au Palais, où
l'on alla processionnellement
en cet ordre. Mr Mathias
Bar, Curé Vicaire perpetuel
de la Paroisse,avec
quelques autres Ecclenafciques,
estoit precedé de la
Croix & de la Baniere. Le:
Pere Prieur de l'Abbaye 06
toute sa Communauté marchoient
ensuite, ayant M
FEvetaue à leur telle en habits
Pontificaux. Mrs les
Magistratslessuivoientvêtus
de leurs Robes de Palais,
avec un tres-grand concours
de peuple. Pendant la Procession
y on continua de
Chanter le Veni Creator que
quatreChantres de l'Abbaye
avoient entonnéau pied du
grand Autel, & on le finit
à la porte du Palais. Le Ministre
& les autres Religionnaires
, y attendoient M.
l'Evesquequileurtémoigna
sa joye de les voir dans de
si heureusesdispositions,&
leur demanda si c'estoit de
bon coeur qu'ils se refolvoient
à abjurer l'Herdie j
dans laquelle ilsavoient si
long-temps perseveré. Alors j
le Ministre & tous les autres
répondirent qu'ilsfai-j
soient cette Adion sans nulle
conrrainte
,
& d'autant plus
volontiers qu'on les avoit
convaincus de l'erreur où
ils vivoient. Cela estant fait
M. l'Eveique les fit tous
mettre à genoux,& après
qu'ils eurent abjuré par la
bouche du Ministre à haute
intelligible voix, ils furent
conduitsavec le corps
1
de la Procession au mesme
ordre qu'on estoit venu les
prendre, en; chantant les
Pseaumes
,
In exitu Israël;
SuperaBabilonis, & Miserere
mei Deus. La Procession
s'arrefta à la grande porte
de l'Eglise,& M. l'Evêque
de Saintes leur ayant fait
une Exhortation tres-touchante
, leur donna à tous
l'Absolution de leur heresie,
aprèsquoyils furent introduits
dans l'Eglise par ce
Prélat, qui entonna le Te
Deum. On chanta les autres
Prieres en action de graces,
& ils s'embrasserent tous
tant le Ministre que les autres,
avec desdemonstrations
de joye extraordinaires. Ce
qu'il y a d'admirable
,
c'est
que cette Ville qui a esté si
longtemps infectée del'heresie
,
& qui pendant plus
de vingt années n'avoit [out:
-
sert aucun Exercice de la
Religion Catholique, y elt
rentrée en huit jours par la
feule force de la verité,
sans que l'on air employé
nulle violence, chacun s'étant
fait instruire,&ayant
esté convaincu de ses erreurs.
La Ville de Montpellier
a suivy l'exemple de Saint
[ Jeand'Angely. La Deliberation
ya esté prise par ceux
de la Religion Pretenduë
Reformée, pour se convertir
en corps, & elle fut conceuLë
een ces termes. jour du mois de Sep':"-
rembrefNous eslans ajjem-,
blek par l'ordre de M. le Duc.
de Noailles
,
Commandant en
Chef dans cette Province
,
qui
tous a exhorte% de Juinjre les
bonnes inspirationsqu'il a plett
d Dieu de donnerd ceux qui fesontàcomme
nous, trouvezfeparez
tie la veritable Eg-par le
malheur de leur naijjance
y
@T
de répondre au zele& auxjàintes
intentions que le Royade voir
tous ses Sujets remis dans feuleReligion une ;Alous avons délibéré
sur cette matierey é'l' nous
avons creu ne pouvoir prendre
un meilleur party cjuedembrafi
ferlaReligionCatholique, Apofiolique
& Romainey que nos Peres ont quittée) renonçant à
toutes les erreurs contraires; En
foy dequoy Mous avons fîgné la
presenteDélibération
que nous
avons portée a M. le Duc de
Noailles
, promettant de faire
Abjuration quand il le trouvera
à-ptopos, dans les formes&en
la maniere prcfcrite par les Regles
de la Religion Catholique.
'--' Ces Conversions font deuës
aux soins de Mr le Duc de
Noaillesaussi-bien qu'àceux
de Mr le Cardinal de Bonzi,
de Mr l'Evesque de Montpellier)
& de Mrsde Baville,
& Daguesseau. Le concours
a esté si grand dans toutl'Evesché
de Montpellier, &
dans les Eglises où l'onrecevoit
les Abjurationsdesgens
de toutes fortes d'Etats, qu'-
on estoit quelquefois deux
heuresàattendre que les p1 1r,e- miers fisseent place aux autres.
La 1 u tres.La pluspart des Catholiques
furent obligez de ce- der la leur aux Convertis, le
premier Dimanche qui suivit laDélibération, tantcesderniers
vinrent en grandnombre
entendre la Messe dans
l'Eglise Nostre-Dame Apres cechangement général, M1- l'Evesque de Montpellieral- laàLunes&à Minguio, re- cevoir l'Abjuration de tous
ceux de ces Communautez
en Corps. SaintGilles,Sommieres,
5c plusieurs autres
Villes&Lieux voisins
, renoncerent
à l'Heresie dans
le mesme temps.
La Ville de Nismes ne doit
pas moins à M. le Duc de
Noailles, pour ce qui regarde
les Conversions que les
autres Villes dont je viens
de vous parler. Ce Duc y a
fait tout ce que le Roy attendoit
de son zele. Il a parlé,
il a pressé,ses raisons ont elle
vives; mais sa douceur, sa
conduite, & son exemple
n'ont pas esté ce qui a le
moins contribué à gagner
les Religionnaires. Il a travaillé
à convertir les Ministres
mesmees &ily a sibien
reiiflî, qu'ayant reconnu leur
erreurilsl'ontpreschée , pu- bliquement; & ce qu'ils ont dit,aprèsavoirestéconvaincus,
a rendu plusde quinze
mille personneà l'FCT]i(p
Mr le Maréchal Ducde
Duraspassant par Nerac
pour se rendre dans son Duché
de Duras,trouva beaucoup
de Peuple assemblé;&
en ayant demandé la cause,
il apprit que les Pretendus
Reformezdéliberoient s'ils
se rendroient Catholiques,
? & que mesme ils agitoient
> des Questions de Religion.
Comme il sçaitparfaitement
».celle de Calvin, parce qu'il
en a esté, il disputa, & leur fit
connoistre si clairement que
l'Eglise Catholique est la veritable
Eglise, qu'ils se convertirent
tous. Il fit la mesme
chose dansle Duché de
Duras, où par ses lumieres
& ses soins il ne reste aucun
Religionnaire. Un Obstiné
qui tenoit une Bible,luy
ayant fait voir un Passage,
par lequel il combattoit les
veritez de nostre Religion,
D
ce Duc prit la Bible, & layli
fit lire plus bas l'eclaircisse
ment de ce Passage. Le Reli-
gionnairè changea aulIi-tolHl,
desentimens, & plusieurs seil
convertirent aussi-bien que
luy.Lereste suivit.prelque.-)i
-aussi-tost. Mr de Durasarrivai
de Guienne, lors quele Roy v<
partit de Chambor pour Fon- tainebleau, & il asseura qu'illi
y avoit déja en ce temps-là il
cent quinzemille nouveaux XI i1ce.
Le Peuple estant assemblé
àMilhau,Ville de Roüergue, u
pourdéliberer s'il se convertiroit
ou nom, il y en eut qui
s'aviserent de se demander
les uns aux autres pourquoy
ils estoient de la Religion de
Calvin. - On foüilla juique
t dans l'origine, & l'on trouva
que la Ville estant autrefois
toute Catholique, ceux
; qui estoient du party contraire,
se trouvant avec une
Armée à leurs Portes, pen--
dant les Guerres Civiles que
*
la Religionavoitexcitées,les
avoient engagez à prendre
la leur; & il fut conclu ,que
l puis que ce n'estoit point par
une parfaiteconnoissance de
la vraye Religion, qu'ils a--
voient quitté celle de leurs
Peres, il estoit injuste de balancer
plus long-temps à -, y y
rentrer.
Le 2. de ce mois, il y eut il
une semblable Déliberation n
dans la Ville d'Alais. Mr le
Marquis de la Fare, Gouver- -1
neur de Biescou, & Mrdela
Fare Gaujac sonFrere,cy-de-À
vant Capitaine de Cavalerie,
qui y resident tous deux, es- J
tant entrez en négociation
avec quelques-uns desPre- -'
tendusReformez,pour les z\
engager à le soûmettre à la
volontédu Roy, leur apporterent
dès raisons si fortes,
qu'enfin ils les firent consentir
à s'assmbler pour déliberer
en Corps de Communauté
de se rendre Catholiques
Ainsi le jour que je viens de
vous marquer ,
ils firentune
Assemblée de tous les Chefs
de Famille, en presence de
Mrs de la Fare, & ceux qui.
avoient le plus de lumieres;
ayant entrainé les plus ob-.
stinez, la Déliberation fut:
prise
,
& signée conformément
aux intentions de Sa
Majesté
, par tous ceux de
l'Assemblée, au nom de tous,,,
les Religionnaires; après
quoy on députa deux des
principaux Habitans
, pour
l'aller porter à M. le Duc de
Noailles qui estoit à Nifines.
Cette Conversion a esté de
prés de quatre mille personnes,
en sorte qu'il ne reste
plus dans Alais que quelques
Femmes qui n'ont pas voulu
quitter si toit la Religion où
elles sont nées. b
Je ne puis mieuxvous apprendre
ce qui s' est passé en
Dauphiné,à l'égard des Pretendus
Retormez de cette
Province,qu'en vous faisant
part d'une Lettre qui m'a esté
adressée. En voicy la Copie.
A L'AUTHEUR
DU MERCURE GALANT.
A Grenoble, le 6. Oâobre1685, V OM /oüez incejjammenï
noflre ÀugusteCiïlonarque
3 parce quincejjamment la
matiere vous y convie ; mais
Att!oüez, Monsieur, que parmy
tout ce qu'il fait, qui merite des
Eloges, Jes foins & sa vigilance
pour étoufferïHerefe dans
son Royaume, font des sujets
admirables pour les luy attirer..
Il fait comme ces Fils aiftez,
qui travaillentcontinuellement à
reparer les ruines de leur maison,
a remettre dans leur Famille les
biens disPersèz, à rappeller les
Freres é'garez, & à j&ûtenir
l'éclat de leur race. Comme il
est le Fils Asné de l'Eglise3
on voit bien qu'en cette qualité
il s'applique à redonner a cette
bonne Mere les Enfans quelle
avoit perdus, à les remettre en
estat de recevoir d'elle ses careiJes
er ses benedrélions, &
à leur inspirer l' obeissance &
le rtspt Et que les véritables Chrefiiens
luy doivent. On ne trouveplus
de rebelles ny d!obfline^;
toutes les Provinces retentirent
du bruit des Conruerfiensfyequentes.
Ce rieflplus cette France qui
se déchiroit eUe-mesme ; ce ne font
plus des Citoyens acharnez à Je
perdre ou à se corrompre; il n'y a
plus ny interess
3
ny politique, ny
ménagement;les violences& les
contraintes n'ont plus de heu ;
ce riefl iu"avec des femimens
de pieté & de connoissance que
les PretendusReforme^ courent
à la Religion de leurs Peres.
Ils ne se rendentquaprèsavoir
esté inflruits ; ils écoutent la gret..
ce> Ù enfin wut Je faitsi deu.
cement (t)si agreabtementJ que
l'on nentend parler, ny de promessesy
ny de bienfaits, ny de
recompensès, pour des changemens
aujJi jufles que jufquicy ils
o'ntparu difficiles. Je mefuis'volontiers
chargé de VQUâ apprendre
que cess de cette maniéré que ceux
de la Religim Pretenduë Reformée
de Dauphiné ont fait leurs
Conversions, & mesmepresque
par tout en Corps de Communauté.
Ceux du Bailliage de
Briançon ont commencé.Alonfizur
le Bret nostre Intendant>
qui
qui sejt trouve Jur les lieux3 a
admire ce zele, & l'a écrit avec
etonnement. En effet, quinen
auroit de voir les Kullécs de
TrageUa3 de j3uryras & de
Ceptnney où (peIne, on top,t
trouver trois ou quatre Maisons
Catholiques, teJire toutes Ja.ujourd'huy-,
cfy:voir triompher la
véritable Keligion^aprésquelle en Õ Ll 4 eslé bannie pendant un Siecle?
Quinze mille personnesy ontfait
leur Abjuration en moins de huit
jours. Le Bailliage d'Ambrun a,
suivy unfibelExernple.LaVillede
Dye,ou lHercfie avoittoujours
le plus triomphé. ne voit
plm dans Jon enceinte aucun
RclWionnaire,bien quily en eust
huit mille.Les Villes de Gap&
de Montehmart Je font rendues
en Corps de Communauté. Le
Bourg de Menei £n
Triéves,OH
depuis ftx''Vingt ans il riy a eu
aucun Catholique, en est aujourd'hui
remply. Mifoen}la(Jrave9
le Mont Délans
,
dans le Pays
d'oyfans,font revenus de rnef
me. Tout efloit plein d'Heretiques.
LaMurea qui estencore
un zrana Bourg5 Ci" ciont les
Habitans efloient a moitié de
la Religion Pretendué ReformiOe,#
en a plus aucun, &
J J tout cela s'eftfait dans le mois
de Septembre. La Ville de Romans
n-en a plus gueres. Quel
Prodige!Mais ilness jamais
d)obstacles pour les Viéloires de
Louis LE GRAND. Ses Conlquefles
pour le 'Patrimoine de Eghfe-} foqt auJF promptes que
- celles qu'il a-faites pourlefient
Je ne vous du rien encore de Grenoble
, où quantité de gens de
mérité3 de qualité (Ô?d'esprit3si
fontmjlruire.Jmfiiien.tofl fef
pere.yoKsfaÍrepàtt des)grades gjr
fameuses Conversions qui sy pre.
pwent.+Dejalefécond de ce mois,
JV,o~l.e,7.4JtcquescDq;dje/sfDeSeigneur de
Sahon, de Cbafleauneufù de
J\4a^amyConseiller au Parlement
de GrtnobleJ afaitabjuration.
lefuis, Monfi:ur,tojlrr,
&c.
ALLARD, ancien President
en l'Election de Grenoble.
On a eu avis que tous les
Pretendus Reformez de la
Ville deLoudun qui estoient
au nombre de trois mille se
sont aussi convertis. Je ne
vous dis rien de Montauban
ny des Villes des environs,
qui en se faisant toutes
Catholiques, ont precedé
ces Conversions.Onoublie
Jûcoft: à
*
present des miliers
de Convertis,qu'on,
ne faisoit autrefois une feule
personne. Ce qu'il y a d'admirable,
c'estque tous ceux
qui renoncent à Calvin,
-
ont gens éclairez des lulieres
de la Foy, qui reonnoissent
la verité
,
& qui
- rendant d'eux-mesmes iennent , en foule après des
éliberations autentiques &
olontaire,demander qu'on
esreçoive dans la veritable
Eglise.
La Ville de Chastelleraut
suivy l'exemple de Loudun
,
& tout s'y est converty.
Les Pretendus Reformez
des Villes voisines se
font instruire pour les imiter,
& tous les Matelots de
lacoste duPaïs d'Aunixau
nombre de quinze cens ont
embrasséla Religion Catholique,
aussi-bien que tout ce
quireftoit à Lyon qui profesfoit
la Pretenduë Reformée.
Tous les Chefs de ces Familles
qui se montoient à soixante
& dix, yont esté trouver
Mr l'Archevesque,& ont.
déclaré qu'eux &leur famille
estoient prests de renoncer
-
à l'Heresie de Calvin; ce
qu'ils ont signé, aprésquoy
ils ont tous fait Abjuration.
Jamais on ne vit tant d'union
qu'il en a paru en cette
rencontre , entre les Catholiques
Se ces nouveaux
Convertis;ils ne se rencontroient
point sans se donner
des marques de leur joye,
&sanss'embrasser. Tous les
Habitans de la Rochelle ont
fait aussi Abjuration à la reserve
de ceux de quatorze
Familles, dont plusieurs foiu
sur le point d'abjurer com-
• me les autres, s'ils ne l'ont
pas déja fait.
Le Pere Alexis du Bue
Theatin
,
qui depuis plusieurs
années a fait un fr
grand nombre de Conversions,
en a fait encore beaucoup
depuis quinze jours.
Voicy par quelles paroles il
finit sa Controverse le Dimanche21.
de ce mois, en
s'adressantaux Pretendus Reformez.
Enfans de la Terre ; Nouveaux
venus, qui a'VtZ presché
jujqxa present des Nowveautez
JcaxdaleuJes(èf des Dogmes inconnus
à toute l'ancienne Eg/ife;
qquuii nn'1a'Vez débité que des.fort- tdes. fo4-
ges & des calomnies
J
il efrtemps
de former la retraite) de changer
de ~f (~r de vous réunir
ail Corps de J. C. dont vous
vous esses (eparez avec tant din~
juflice. Toutes choses vous invitent
à cette réunion
,
le jifence de
l'Ecriture des Peres sur toi
.Ãrtl'cl. !..:::
A
Articles 1101,Il.; r;, rIl., 17,f-U i l& rric*uvtXifefcydevos
Minières qui vous trompent &
"(Jous seduisent depuis plus d"un
Siecle; l'exemple de vos Freres
qui rentrent en foule dans lE.
glzjè ; veflre propre Salut qui cft
impossible dans le Sclnfme ou vous
vive%.Ajouter atouscesMotifs
les Souhaits duplusgrand Ma-.
narque de la Terre, a qui vous
deveKtout accorder3puis qu'il ne sagit qau~e ddfev~oou~s~attirera la pro- ~r /?rcsession
de la ruerité. Dieu l'afitfl
citéen nosjours pour détruire l'He..
rejie dans le fein de fis Etats5
er pour y faire fleurir la feule
Jtisa£ aj4rt*ja a?er* 7?r»Lin *
—•— l''fU;,
veritMeReligionCatholique,
"¿r jy\jL. V '\V111-"1'{" j '1/1'1. aeflcl'uniqueReligion de tous
les Rays fis Àugufcs Predeces
feurs. Cess à frç pieds que ce
Aionflrefurieux dont les mouvemens
ont esté si violens & si
pernicieux a cette Monarchie,
va eflre dhbatu. Le-Ciel luy a
reserve cette gloire> & danspeu
par la rtdyjance}cette Jc-glise qui
se dit Rej-orrnee
,
qui a esle pendant
douze cens ans invijtble dans
l'Univers,Jeraheureusement invijible
en France. Que la pensée
d'une Aflionjiglorieufe,ogrand
Roy ! remplijje vojlre coeur de
joye. Dieu qui a pris plaisir a
vous revêtir de sa force pour une
si grinde entreprise3 fera Le Proteêîeur
de vostre Personne Sacrée
d'une maniere toute particu.
lirrc. Il vous comblera de Jes
faveurs, il étendra les limites de
vostreRoyaume
, en vous affitjettifJant
psr des Conquefîesglorhufes
ces. Notions Infiddes qui
t 'oublent le repos de ses enfans. Iii\
affermira Voflre Sceptre par /«\
nombre devos Descendans; /&\
élevera VoflreAuthoritépar deae
fus celle des plusgrands Monar..-,:
ques du Monde:Enfin tous lesi^
Ennemis de la Véritéferontdanne
l humiliation edans la douleur^
& le Peuple fidele & obeiflantlu
joiïiudun bon-heurquiferafuir-\
1y des Benediélions du Ciel.
Le Roy voyant que les
Conversions .augnlenroientJf
de jour en jour,que la plus
part des Personnes d'un eflJl:
prit solide avoient abjuré
& que la Tréve luylaissoit
un repos dont ses Ayeux
rm'avoient point joüy
, a en- fin donné un Edit qui porte
JIe dernier coup à l'Heresie.
Cét Edit défend de faire aucun
Exercice public de la
R. P. R dans le Royaume.
LaJustice des Motifs qui
:>ont obligé Sa Majeflé d'en
user ainsi
,
paroist évidente
dans le Discours qui luy sert
b d'avant propos, *& elleest
d'autant plus claire,que pour
J la persuader il n'a fallu qu'exposer
les faits sans aucun
raisonnement. Comme la
Vérité fait plus briller
il ce
Discours que les figures de)j
l'Eloquence, chacun de~3
meure d'accord que l'on n'aL',
jamais rien veu,ny de si prudent
ny de si juste.Voicy
les raisons qui y sont dé^-h
duites. '¡
Henry le Grand,Ayeul
de Sa Majesté, voulant eni'f.
pescher que la Paix qu'il a—i
voit procurée à sesSujets,
après les grandes pert-s2- qu'ilsavoientsouffertespar
la durée des Guerres Civiles xc
& Etrangeres, ne sult trou
blée à l'occasion de la
P. R.comme il eQoir arrivé h
I
sous lesRegnes des Roys les
Predecesseurs, regla par [on
Edit donné à Nantes au mois
d'Avril1598. la conduite
qu'on devoit tenir à l'égard
de ceux de cette Religion
Se les lieux dans lesquels ils
en pouvoient faire l'Exercice.
Il établie des Jugesextraordinaires
pour leur ad.
ministrer la Justice
,
& pourveutmesine
pardes Articles
particuliers A tout ce qu'il
jugea necessaire pour maintenir
la tranquillité dans son
Royaume, & pour diminuer
l'aversion qui estoit entre
ceux de l'une & de l'autre Religion
,
afin d'estre plus en
estat de travailler, comme
il avoitresolu de faire, pour
réünir à l'Eglise ceux qui s'en
estoient si facilement éloignez
; & comme il ne pût
effectuer son intention à cause
de sa mort précipitée, &
que l'execution de cét Edit
fut mesme interrompu pendant
la minorité du feu Roy
par de nouvelles entreprises
des Pretendus Reformez
elles donnerent occasion à,
les priver de divers avantages
qui leur avoientestéaccordez.
Neantmoins usant
de sa clemence ordinaire,
il leur accorda encore nouvel un Edit à Nisimes au
mois de Juillet 1629. au
moyen duquella tranquillité
ayant de nouveau esté
retablie, ce Prince animé
dumesme esprit& dumefme
zele pour la Religion
que Henry IV. sonPredecesseury
resolut de profiter
de ce repos, pour tâcher
d)execurer son pieux
dessein
; mais les Guerres
ellant survenuës peu d'années
après
,
& le Royaume.
ayant esté peu de temps
sans agitation, depuis i6tf.
jusqu'àlaTréve concluë
en 1684. avec les Princes
de l'Europe, il n'a pas
esié possible de faire autre
chose pour l'avantage
de la Religion,que de diminuer
le nombre des Exercices
de la pretendue Reformée
par l'Interdiction de
ceux qui se sont trouvez établis
au prejudice de la disposition
des Edits, & par la
Suppresion des Chambres
my parties dont l'Erection
n'avoit esié faite que par provision.
Dieu ayant enfin permis
que la France joiïilïè
dun parfait repos,& que
le Roy luymesme n'estant
pas occupé des soins de proteger
ses Sujets contre ses Ennemis,
ait pu profiter de cette
Trêve qu'il a facilitée dans
la veuë de donner son entie-
Te application à rechercher
Iles
r
moyens de parvenir au;
succez du dessein des Roys
IHeury IV. & Louis XIIL:
b dans lequel il est entré dés
>1 son Avenementàla Couron-
-
(LUe; Sa Majestévoit prefen-
~tement avec la justerecon-
-
noissance qu'Elle doit à
Dieu, que Tes soins ont eu la
fin qu'Elle s'estoit proposée,
puisque la meilleure & la
plus grande partie de ses Sujets
de la R. P. R. ont embrasse
la Catholique;& d'autant
qu'au moyen d'un si
grand nombre de Conversions,
l'exécution de l'Edit
de Nantes, &tout ce qui a
esté ordonné en faveur de la
R. P. R. demeure inutile;
Elleajugé qu'Elle ne pouvoit
rien faire de mieux pour
effacer entierement la memoire
des Troubles, de la
confusion, & des maux que
le progrez de cette fausse
Religion a causez dans le
Royaume, qui ont donné
lieu à cétEdit, & à tant d'autres
Edits & Déclarations qui
lot preceidée,où qui ont estéfaits
en consequence
, que
de le revoquer en
touteson
étenduë. C'estcequ'Ellea
fait par l'Edit dont je vous
parle, qui a estéenregistré
en la Chambre des Vacations
le 22. de ce mois.
Cet Edit revoque non seulement
celuy de Nantesdonné en
Avril1598. avec les Articles arrestez
le deuxiéme May de la mefme
année, & les Lettres Patenres
qui furent expediées sur ces
Artictes,mais encore l'Edit donné
à Nismes enjuillet 1629. que
Sa Majesté declare nuls, & comme
non avenus; ensemble toutes
les Concevions faites pard'autres
Edits,Declarations&Arrestsaux
Pretendus Reformez, dequelque
nature qu'elles puisssentestre en
consequence dequoy Elle veut& illuyplaist, quetous lesTemples
de ceux de la Religion Pretenduë
Reformée situez dans son Royaume,
Terres & Seigneuries de [on,
obeïssance, soient incessamment
démolis.
Il est défendu par ce mesme
Edità tous Pretendus Reformez,
depluss'assemblerpourfairel'Exercice
de cette Religion en aucunlieu ou
mùfcn particulière, fomquelque prétexte
que ccpu:[fi estre, mesme d'Exercicesréels
eudequand
biences Exercicesauroientesté maintenuspar
des ArrcJIs du Conseild'Etat
; £r à tous SeiTueurs de quelque
condition quils foiintydefaire l'Exercice
dâris leurs Maisons & Fiefs,
le tout à peine contre ceux quiferont
cet Exercice, de confiscation de corps
& de biens.
Les autres Articles sont, !Zflt
tous Ministres de lit Religion Pretendue
Reformée,sortirontdu Royaume
quinze jours aprés la publication de
l'Edit, sans y pouvoir jèjOUÍÍUf au
dd.1, ny pendant ce temps de quinzaine
faireaucun Presche, Ex hortation
ny autrt jonEfiOIJ) à peine des
Gaitrts.
J^ue ceux desMinistresquise convertiront,
continueront àjoüir leur
vie durant, & leurs Veuvesaprès
leur decés
,
tandis quelles seront en
viduité
,
des mefines exemptions de
Taille & Logement de Gens deguerre,
dont ils ont jouy pendantqu'ilsfaisoient
la fonction de Ministres; &
qtt'en outre Sa Majesté leurferapayer,
aujjileur viedurant,unepensionplus
forte d'un tiers que les Apointemens
qu'ils touchoient en qualitéde MinijfTes,
de la moitié de Jaquette Pension
leurs Veuvesjoüiront Iluffi aprés leur
mort, tant qu'elles demeureront en
viduité.
£hte les Miniflres convertis, qui
voudront se faire Avocats , ou prendre
les Degrés de Docteursaux Loix,
feront dijJfnjtz des trois ans d'étude
preferites par les Déclarations duRoy;
& quaprès avoirfubyjes Examens
ordinaires
ordinaires , ils Jiront reccw Docteurs,
s'ils en fontjugez, capables, en payant
feulement la moitiédes Droits que Po,%
a accoufttmé de percevoir de ceux
qu'on reçût en chaque Univerfi*.
Zue les Ecoles particulières pour
l'tnfirucïion des Enfans de ceux de la
Religion Pretendue Refermée,& toutes
les chofts généralement quelconques
,qui peuvent marquer une Concijfion,
quelle quelle puisse tfre
,
en
faveur de cette Religion,front dtfendues.
Jt>u£ les Enfansqui naiflrent des
Prétendu*Reformez, ^feront dorefiulsumt
baptisez, par les Curez, des Paroisses,
estantenjointaux Peres&aux
Meres de les envoyer aux Egltfes J
cet effet là, d peine de cinq cens livres
d'amende ; 6- que ces Enfins
(irontenfuite élever en la Ret;g>,,d,,
Catholique, Apoftotique & Romaine,
a quoy ilcfi ordonné tres-exprefémentauxJugés
des lieux de terni II,
main.
jÇhie ceux de lit Religion ?retendue
Riformée quifesontretirez, duRoyaume
avant la publication de cet Edit,
rentreront dans la poffission de leufs
biens, & en jouiront comme ils auvoientpufaire
s'ils y eBoienttoujours
demeure&
, pourveu qu'ils y reviennentdans
le temps de quatre mois du
jour de cette Publication;au contraire
que les biens de ceux qui dans oe temps
là de quatre mois ne reviendrontpas
dans le Royaume, demeureront confifquez,
en conjequence de la Déclara*
tion du 20. d'Aoufl dernitr.
Zue les Preter,dwReformez,eux,
leurs Femmes & Ensans, ne pourront
îortirdurayamrijc,njtriortcraiiieraf
uurs b"",s&effets,fouspeine des Galèrespourles
Hommes}&deconffcaiicn
de corps & de biens pour les Femmes.
J^ue lesDéclarationsrendues contre
les Relaps, feront executées jiLon
leurforme 6 teneur. Ue ceux de la Religion Prétendue
Reformée,enattendant qu'ilplau
Je 4 Dieu de les éclairtr comme les autres
, pourront demeurer dans les ViL
les & Lieux du Royaume,ycontinuer
leurcommerce,de/(Ûrs liens,
sans qu'on lespuijfetroubler
fefcher,fouspntexte ny cm- de leur Rclirien
Cet Edit ayant este publié le
jour mesme de l' Enregistrement,
on commença dés le lendemain à
démolir leTempledeCharenton.
Les Conversions estoient déja
tres- nombreusesà Paris, & il y
en avoit tous les jours presque
dans toutes les l'aroilies• & dans
beaucoup de Communautez;de
forte que chacun estant en mouvement
pour son salut,& plusieurs
se convertissant,ou se faisant instruire,
cet Edit, au lieu de produireaucun
des effets qu'on en
auroit pu craindre autrefois
, a
plûtost servy à ébranler les plus
obstinez
,
qu'à leur faire prendre
des fenrimens contraires à leur
conscience& à leur devoir. Ainsi
il y a lieu d'esperer que le reste
des Religionnairesde Paris,suivra
bien-tost l'exemple de ses Freres,
qu'il voit tous les jours courir en
foule aux pieds des Autels. On y
vient de voir Mrle Duc de Ri-
* chemont, Fils naturel du feu Roy
d'Angleterre. Il afait Abjuration
dans la Chapelle du Chasteau de
Fontainebleau,à l'issuë de la Messe
du Roy, en presencede Sa Majesté
& de toute la Cour,entreles
mains de Mrl'Evesque deMeaux,
qui luy fit un tres beau Discours
sur ce iujer.
J'apprens que Mr le Marquis
de Mirepoix s'est fort distingué
,4
par le zele qu'il a fait voir pour
la Conversion des Pretendus Reformez.
Comme il est extremément
aimé dans cette Province,
luy seul, c'est à dire, suivy de sa
feule Maison,sansaucun aurre secours
,
il a fait changer de Reli.
gion, par son éloquence, & par
la force de la vérité à tout ce qu'il y en avoir dans Mazeres
le Carla , , Saverdan, Lasbordes,
Savarat, Camarade, Mazdazil.
L'exemple, de ces sixVilles,qui
sont des plus importances de la
Province, a esté suivy detousles
Religionnaires des environs. Mr
de la Berchere Intendant de
Guyenne, qui alla joindre M'll
Marquis de MirepoixàMazeres,
seconda tres bien son zele. Mr
l'Abbé de Pailhez de qui cette
Villedépend, n'y fut
pas inutile,
& s'y comporta d'une maniéré
digne de luv. Je vous écriray le
mois prochain les circonstances
de cette grande Action.
Quelque difficile que foit la
Conversion des Heretiques,nous
en voyons aujourd'huy la France
presque entièrementpurgée. Ce
miracle est dû au zele, à la pieté,.
& aux foins du Roy,& il suffit que
ce grand Monarque vive pour
achever un si surprenant Ouvra- ¡
ge.C'est ce qui a esté parfaire:
ment bien representé parune Devise,
dont le Corps est un Soleil
arresté par l'ordre de Josué,com-
-
battant contre les Alllaiccites)
Ennemisdu Peuple de Dieu,avec
ces mots.
Stantem viftoriacertafequetur.
La pensée en est heureuse, & les
quatre Vers suivans l'expriment
d'une maniere également noble
& naturelle.
Contre les Ennemis envieux de si
gloire,
Du Soleil autrefois le Ciel fixa le
cours ;
NOMSflmmes feurs de la viBoire,
Si d'un autre Soleil il prolonge les
iguri.
L'Autheurde cetteDevise cft
un jeune Homme (ritialité, de
dix-sept ans, d'unesprit rare, & d'une application extraordinaire,
c'est le Fils aisné de Mrle Mazuier,
Procureur General auParlementdeToulouse,
dont le zele
pourles interests du Roy & de la
Religion estassez connu. Ilasoûtenu
avec applaudissement une de
ces Theses de universelles,que si peu sopersûonnets eentrnepreinnren.t de
Si je voulois attendre la fin des, Conversions, dont les nouvelles
me viennent de tous costez, je ne finirais point cetArticle. Je les remetsjusqu'au
mois prochain,dans
lequel temps j'espere queje vous entretiendray du changement de
tout ce qui reste de Calvinistes en France. Je croymesme qu'il y a déjà beaucoupplus de Villes en-*
rarementCatholiques que je ne
nous en ay nommé, l'empresse-
¡jfnt estant si grand à fc rendre,&
nouvelles des Abjurations qui
font en Corps, arrivent en si.
.'ivand nombre, que l'on en perd
memoire.
Fermer
7
p. 295-311
A L'AUTHEUR DU MERCURE GALANT.
Début :
Comme les Lettres de Mr Allard, Ancien President en / Je vous ay instruit, Monsieur, par ma Lettre du 6. d'Octobre dernier, [...]
Mots clefs :
Conversions, Dauphiné, Calvinistes, Religion prétendue réformée, Conseillers, Catholiques, Arrêt du conseil, Présidents, Abjurations
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A L'AUTHEUR DU MERCURE GALANT.
Comme les Lettres de M
Allard , Ancien Prefident en
Bb iiij
296 MERCURE
l'Election de Grenoble, vous
ont toûjours paru curieufes ,
& que fa derniere parloit des
premieres Converfions
du
Dauphiné , je ne dois pas
oublier à vous faire part de
celle que je viens d'enrecevoir
. Vous y trouverez la
fuite du changement qui s'eft
fait en cette Province .
A L'AUTHEUR
DU MERCURE GALANT.
JF
A Grenoble le 17. Novembre 1685.
E vous ay instruit, Monfieur,
par ma Lettre du 6. d'Octobre
dernier, de plufieurs Converſions
GALANT. 297
&
arrivées en cette Province , & je
vous aypromis de continuer à vous
faire part des progrés que la Grace
les admirables cooperations de
nos Calviniftes ont heureusement
achevez. Enfin , graces au Ciel,
tout le Dauphiné est aujourd'huy
d'une mefme Religion . Les Pretendus
Reformez de la Ville de
Grenoble , commencerent à défiler
le mefme jour que je vous écrivis ;
& le Dimanche fuivant on les
wit courir en foule à l'Evefché,
dont les Chambres , les Salles , les
Cabinets , les Chapelles , les De
grez & les Courts furent d'abord
fi remplis , qu'à peine pouvoit- on
298 MERCURE
trouver un endroit vuide. Meffire
Laurent de Periffol, Seigneur
d'Allieres de Giere , Prefident
au Parlement , qui a fuccedé à
fon Pere dans la mefme Charge ;
Noble Ifaac de Chabrieres Sei
gneur de Baix ; Noble Alexandre
Pafqual , Seigneur du Roure
& de Meirins , Confeillers au
mefme Parlement , qui ont fervy
la Chambre Mipartie ; Noble
Sanfom VialTreforier de France,
& plufieurs Gentilshommes de
cette Ville de la Campagne
qui fe rencontrerent alors à Grenoble
, donnerent les premiers exemples
, qui furent fuivis avec
en
GALANT 299
empreſſement de tous les Protef
tans du dernier ordre. Ceux des
autres lieux de la Province ne l'enrentpasplutoftfceu
,que d'un commun
confentement ils firent leur
declaration entre les mains des
Prelats , ou des Curez des Paroiffes
, eennffoorrttee que tout eft aujourd'huyCatholique
. Mrle Bret
noftre Intendant, & Mr de la
Trouffe Lieutenant General , ont
efté à Mens au commencement de
ce mois , pouryfaire rafer le feul
Temple qui reftoit debout , avec
celuy de Grenoble ; mais celuy- cy
ayant efte deftiné , par Arreft du
Confeil du 6. d'Aouft dernier,
300 MERCURE
pourfaire une Eglife Paroiffiale
pour les Fauxbourgs de cette Ville,
on le laiffe en l'eftat qu'il est, tresbien
bafty d'une forme octogone,
couvert d'ardoiſes à la Manfarde,
entouré d'une grande Court garnie
prefque par tout de plufieurs
rangs de Tilleuls , fermée par un
grand Portail , & par de fortes
hautes murailles , Voilà, Monfeur,
de quelle maniere afiny une
Religion commencée en cette Province
fous le Regne de Henry 11.
portée dans le coeur de la plupart
de ceuxqui l'embrafferent , par les
violences de François de Beau
mont Baron des Adrets , par les
GALANT. 301
perfuafions de Charles Dupuy
Marquis de Montbrun , & par
l'authorité de François de Bonne
Seigneur de Lefdiguieres, qui
fut foutenue par quelques Princes
du Sang qui s'eftoient laiffez mal
beureuſement corrompre. Ce fameux
changement devoit arriver
fous le Regne du plus grand Momarque
de la Terre,fous un Regne
tout remply de miracles , & dont
l'Hiftoire étonnera la Pofterité la
plus éloignée. Il n'y a aucune Province
en France où il y eut tant de
Religionnaires à proportion qu'en
cy. Elle a mefme produit plufieurs
Miniftres fçavans , des Oucelle
y
302 MERCURE
vrages defquels jay parlé dans
Bibliotheque de Dauphiné ,
parmy eux a efté Guillaume
Farel , premier Miniftre de Genéve,
au commencement
defa corruption
mefme avant Calvin . La
Chambre de l'Edit fupprimée en
1679.fut créée en 1577. An commencement
il n'y eut qu'un Prefident
& quatre Confeillers , & à
la fin on y mit fix Confeillers , &
on la fit mipartie. Voicy le Rolle
des Officiers Proteftans qu'elle a
eus depuis fa création jusques à
preſent.
PRESIDENTS.
Facques Colas la Madeleine , eftout
d'Orange.
GALANT. 303
laißé
Vincent Gentillet eftoit du Dioce
fedeVienne, & nous a
plufieurs Ouvrages dontje par
le dans ma Bibliotheque de
Dauphiné , dans mon Dictionnaire
de la mesme Province.
Soffrey de Calignon , quifut enfuire
Chancelier de Navarre,
dont j'ay composé &fait imprimer
la Vie.
Barthelemy Marquet de Valens
ce , dont la Famille eft Catholique
depuis long- temps.
Charles Ducroz , dont la Famille
fubfifte encore dans la Ville de
Dye , & qui vient de fe convertir.
304 MERCURE
Samfon de Periffol Seigneur d'Al
lieres & de Giere.
Laurent de Periffol , de la converfion
duquel je viens de parler ,
&qui pur ce moyen eft devenu
le fecond Prefident du Parlement.
CONSEILLERS
:
Soffrey de Calignon , qui fut en-
Suite Prefident ; fa Famille
fubfifte encore.
Vincent Gentillet , qui fut aufſſi
Prefident.
Pierre Fauvet , dont la Famille
*finit en luy.
Jean de Savaffe , de mefme .
Barthelemy Marquet , qui a
auffi Prefident.
efté
GALANT. 305
I
Charles de Veilheu , dont la Famille
est éteinte de nos jours ,
eftoit ancienne.
Marc Vulfon ; fa Famillefubfifte
par des Collateraux. Nous
avons de luy quelques Ouvra
ges imprimez, que je rapporte
ailleurs.
Gafpard de Gilliers. Un autre
Gafpard de Gilliers fon Neven
a efté Confeiller en la
Chambre de l'Edit de Paris ,
s'est converty il y a long-
د
temps..
Facques de Calignon , Frere diss
Chancelier.
Novembre 1685.
C.c
306 MERCURE
Daniel Armand, dont la Famille
fubfifte par des Collateraux.
Jacques de Martinel , qui a des
Succeffeurs de fon nom.
Michel de Gilliers , Fils de G
pard.
A
*
Gaf-
Jacques de Veft d'Efpeluche , dont
le Fils & le petit Fils ontfuccedé
en fa Charge, l'ay com.
posé fait imprimer la Genealogie
de fa Maifon , dans
le premier Volume de l'Hiftoi
re Genealogique de cette Province.
Abel de Calignon,Fils du Chancelier.
Alexandre de Perrinel , dont le
GALANT. 307
R
Marquis d' Arzeliers eft Fils.
Charles Thonard eftoit Etranger,
& n'a laißé qu'une Fille mariée
au Baron des Adrets.
Pierre Armand, Fils de Daniel.
Pierre Ducroz, Fils du Prefident.
Alexandre de Vefe d'Efpeluche ,
· Fils de Tacques
.
Ifaac de Chabrieres , qui vient de
fe convertir , & eft le fecond
Confeiller du Parlement.
Alexandre de Bardonnenche , de
la Famille & de la Conver
fion duquelje vous ay écrit au-
ཀ . " C
A
trefais.
Hector
d'Agout
de Bonneval
, de
la Famille des anciens Comtes
Cc ij
308 MERCURE
de Sault, comme j'ay fait voir
en la Genealogie que j'ay fait
imprimer. Son Fils , Seigneur
de Vorepre , a faitfon Abjura
tion de la plus genereuſe maniere
du monde , & il vient
d'époufer Mademoiselle de la
Baume , Fille d'un Maiftre
des
Comptes.
A
François d'Yfe de Rofans , dont
jay auffi compofe & fait imprimer
la Genealogie au 3.
Volume
Lacques d'Yfe de Saleon fon Fils,
de la Converfion duquel je
vous ay parlé en ma preceden.
te Lettre.
J
GALANT. 309
Marc Conrard Sarrafin de la
Pierre. Sa Famille eft Etrangere.
Alexandre deVefe de Lalo , dont
la Conversion eft fortement
fouhaitée. Comme il eft à Paris
, il n'a pú fuivre les ju
5 dicieux exemples de fes Colleagues
qui font en Dauphiné.
Pierre Chaluet eft mort , & a
Laßé un Fils qui s'eft converty.
Alexandre Pafqual du Roure ,
dont je viens de vous parler.
3 le fuis voftre , &.c...
I
Ce n'eft icy que la moitié
de la Lettre de M Allard.
310 MERCURE
L'autre moitié regarde une
autre matiere , & je la referve
pour le mois prochain ,
auffi-bien qu'un fort grand
nombre d'Articles curieux
touchant des Converfions
éclatantes , & principalement
ce qui s'eft paffé à Rouen , à
Caën , à Sedan, & au Pays de
la Marche , dont j'ay de tresexactes
Relations , avec des
Difcours prononcez fur ce
fujer , qui ont efté admirez ,
& des Lettres fort eftimées.
Je vous feray part de toutes
ces chofes , & comme les
grands progrez que fait la
GALANT. 311
Religion de tous coftez, font
deus au zele du Roy , je ne
puis mieux finir cet Article
que par le Rondeau que je
vous envoye. Il eft de M' de
Benferade. Cet illuftre nom
donne un fi grand poids à
tous les Ouvrages qui le por
tent, qu'il n'eft pas befoin de
yous en rien dire davantage.
Allard , Ancien Prefident en
Bb iiij
296 MERCURE
l'Election de Grenoble, vous
ont toûjours paru curieufes ,
& que fa derniere parloit des
premieres Converfions
du
Dauphiné , je ne dois pas
oublier à vous faire part de
celle que je viens d'enrecevoir
. Vous y trouverez la
fuite du changement qui s'eft
fait en cette Province .
A L'AUTHEUR
DU MERCURE GALANT.
JF
A Grenoble le 17. Novembre 1685.
E vous ay instruit, Monfieur,
par ma Lettre du 6. d'Octobre
dernier, de plufieurs Converſions
GALANT. 297
&
arrivées en cette Province , & je
vous aypromis de continuer à vous
faire part des progrés que la Grace
les admirables cooperations de
nos Calviniftes ont heureusement
achevez. Enfin , graces au Ciel,
tout le Dauphiné est aujourd'huy
d'une mefme Religion . Les Pretendus
Reformez de la Ville de
Grenoble , commencerent à défiler
le mefme jour que je vous écrivis ;
& le Dimanche fuivant on les
wit courir en foule à l'Evefché,
dont les Chambres , les Salles , les
Cabinets , les Chapelles , les De
grez & les Courts furent d'abord
fi remplis , qu'à peine pouvoit- on
298 MERCURE
trouver un endroit vuide. Meffire
Laurent de Periffol, Seigneur
d'Allieres de Giere , Prefident
au Parlement , qui a fuccedé à
fon Pere dans la mefme Charge ;
Noble Ifaac de Chabrieres Sei
gneur de Baix ; Noble Alexandre
Pafqual , Seigneur du Roure
& de Meirins , Confeillers au
mefme Parlement , qui ont fervy
la Chambre Mipartie ; Noble
Sanfom VialTreforier de France,
& plufieurs Gentilshommes de
cette Ville de la Campagne
qui fe rencontrerent alors à Grenoble
, donnerent les premiers exemples
, qui furent fuivis avec
en
GALANT 299
empreſſement de tous les Protef
tans du dernier ordre. Ceux des
autres lieux de la Province ne l'enrentpasplutoftfceu
,que d'un commun
confentement ils firent leur
declaration entre les mains des
Prelats , ou des Curez des Paroiffes
, eennffoorrttee que tout eft aujourd'huyCatholique
. Mrle Bret
noftre Intendant, & Mr de la
Trouffe Lieutenant General , ont
efté à Mens au commencement de
ce mois , pouryfaire rafer le feul
Temple qui reftoit debout , avec
celuy de Grenoble ; mais celuy- cy
ayant efte deftiné , par Arreft du
Confeil du 6. d'Aouft dernier,
300 MERCURE
pourfaire une Eglife Paroiffiale
pour les Fauxbourgs de cette Ville,
on le laiffe en l'eftat qu'il est, tresbien
bafty d'une forme octogone,
couvert d'ardoiſes à la Manfarde,
entouré d'une grande Court garnie
prefque par tout de plufieurs
rangs de Tilleuls , fermée par un
grand Portail , & par de fortes
hautes murailles , Voilà, Monfeur,
de quelle maniere afiny une
Religion commencée en cette Province
fous le Regne de Henry 11.
portée dans le coeur de la plupart
de ceuxqui l'embrafferent , par les
violences de François de Beau
mont Baron des Adrets , par les
GALANT. 301
perfuafions de Charles Dupuy
Marquis de Montbrun , & par
l'authorité de François de Bonne
Seigneur de Lefdiguieres, qui
fut foutenue par quelques Princes
du Sang qui s'eftoient laiffez mal
beureuſement corrompre. Ce fameux
changement devoit arriver
fous le Regne du plus grand Momarque
de la Terre,fous un Regne
tout remply de miracles , & dont
l'Hiftoire étonnera la Pofterité la
plus éloignée. Il n'y a aucune Province
en France où il y eut tant de
Religionnaires à proportion qu'en
cy. Elle a mefme produit plufieurs
Miniftres fçavans , des Oucelle
y
302 MERCURE
vrages defquels jay parlé dans
Bibliotheque de Dauphiné ,
parmy eux a efté Guillaume
Farel , premier Miniftre de Genéve,
au commencement
defa corruption
mefme avant Calvin . La
Chambre de l'Edit fupprimée en
1679.fut créée en 1577. An commencement
il n'y eut qu'un Prefident
& quatre Confeillers , & à
la fin on y mit fix Confeillers , &
on la fit mipartie. Voicy le Rolle
des Officiers Proteftans qu'elle a
eus depuis fa création jusques à
preſent.
PRESIDENTS.
Facques Colas la Madeleine , eftout
d'Orange.
GALANT. 303
laißé
Vincent Gentillet eftoit du Dioce
fedeVienne, & nous a
plufieurs Ouvrages dontje par
le dans ma Bibliotheque de
Dauphiné , dans mon Dictionnaire
de la mesme Province.
Soffrey de Calignon , quifut enfuire
Chancelier de Navarre,
dont j'ay composé &fait imprimer
la Vie.
Barthelemy Marquet de Valens
ce , dont la Famille eft Catholique
depuis long- temps.
Charles Ducroz , dont la Famille
fubfifte encore dans la Ville de
Dye , & qui vient de fe convertir.
304 MERCURE
Samfon de Periffol Seigneur d'Al
lieres & de Giere.
Laurent de Periffol , de la converfion
duquel je viens de parler ,
&qui pur ce moyen eft devenu
le fecond Prefident du Parlement.
CONSEILLERS
:
Soffrey de Calignon , qui fut en-
Suite Prefident ; fa Famille
fubfifte encore.
Vincent Gentillet , qui fut aufſſi
Prefident.
Pierre Fauvet , dont la Famille
*finit en luy.
Jean de Savaffe , de mefme .
Barthelemy Marquet , qui a
auffi Prefident.
efté
GALANT. 305
I
Charles de Veilheu , dont la Famille
est éteinte de nos jours ,
eftoit ancienne.
Marc Vulfon ; fa Famillefubfifte
par des Collateraux. Nous
avons de luy quelques Ouvra
ges imprimez, que je rapporte
ailleurs.
Gafpard de Gilliers. Un autre
Gafpard de Gilliers fon Neven
a efté Confeiller en la
Chambre de l'Edit de Paris ,
s'est converty il y a long-
د
temps..
Facques de Calignon , Frere diss
Chancelier.
Novembre 1685.
C.c
306 MERCURE
Daniel Armand, dont la Famille
fubfifte par des Collateraux.
Jacques de Martinel , qui a des
Succeffeurs de fon nom.
Michel de Gilliers , Fils de G
pard.
A
*
Gaf-
Jacques de Veft d'Efpeluche , dont
le Fils & le petit Fils ontfuccedé
en fa Charge, l'ay com.
posé fait imprimer la Genealogie
de fa Maifon , dans
le premier Volume de l'Hiftoi
re Genealogique de cette Province.
Abel de Calignon,Fils du Chancelier.
Alexandre de Perrinel , dont le
GALANT. 307
R
Marquis d' Arzeliers eft Fils.
Charles Thonard eftoit Etranger,
& n'a laißé qu'une Fille mariée
au Baron des Adrets.
Pierre Armand, Fils de Daniel.
Pierre Ducroz, Fils du Prefident.
Alexandre de Vefe d'Efpeluche ,
· Fils de Tacques
.
Ifaac de Chabrieres , qui vient de
fe convertir , & eft le fecond
Confeiller du Parlement.
Alexandre de Bardonnenche , de
la Famille & de la Conver
fion duquelje vous ay écrit au-
ཀ . " C
A
trefais.
Hector
d'Agout
de Bonneval
, de
la Famille des anciens Comtes
Cc ij
308 MERCURE
de Sault, comme j'ay fait voir
en la Genealogie que j'ay fait
imprimer. Son Fils , Seigneur
de Vorepre , a faitfon Abjura
tion de la plus genereuſe maniere
du monde , & il vient
d'époufer Mademoiselle de la
Baume , Fille d'un Maiftre
des
Comptes.
A
François d'Yfe de Rofans , dont
jay auffi compofe & fait imprimer
la Genealogie au 3.
Volume
Lacques d'Yfe de Saleon fon Fils,
de la Converfion duquel je
vous ay parlé en ma preceden.
te Lettre.
J
GALANT. 309
Marc Conrard Sarrafin de la
Pierre. Sa Famille eft Etrangere.
Alexandre deVefe de Lalo , dont
la Conversion eft fortement
fouhaitée. Comme il eft à Paris
, il n'a pú fuivre les ju
5 dicieux exemples de fes Colleagues
qui font en Dauphiné.
Pierre Chaluet eft mort , & a
Laßé un Fils qui s'eft converty.
Alexandre Pafqual du Roure ,
dont je viens de vous parler.
3 le fuis voftre , &.c...
I
Ce n'eft icy que la moitié
de la Lettre de M Allard.
310 MERCURE
L'autre moitié regarde une
autre matiere , & je la referve
pour le mois prochain ,
auffi-bien qu'un fort grand
nombre d'Articles curieux
touchant des Converfions
éclatantes , & principalement
ce qui s'eft paffé à Rouen , à
Caën , à Sedan, & au Pays de
la Marche , dont j'ay de tresexactes
Relations , avec des
Difcours prononcez fur ce
fujer , qui ont efté admirez ,
& des Lettres fort eftimées.
Je vous feray part de toutes
ces chofes , & comme les
grands progrez que fait la
GALANT. 311
Religion de tous coftez, font
deus au zele du Roy , je ne
puis mieux finir cet Article
que par le Rondeau que je
vous envoye. Il eft de M' de
Benferade. Cet illuftre nom
donne un fi grand poids à
tous les Ouvrages qui le por
tent, qu'il n'eft pas befoin de
yous en rien dire davantage.
Fermer
8
p. 124-136
AUX NOUVEAUX CONVERTIS. ODE.
Début :
Le nombre de ceux qui se convertissent augmente de jour / Enfin, de vos ames rebelles, [...]
Mots clefs :
Conversions, Calvinistes, Erreurs, Vérité, Poésie, Grâces, Seigneur, Clémence, Rayons, Orgueil, Mystères, Attaque, Sauveur, Âme, Sentiments, Enfer, Ennemis, Monarque, Piété
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUX NOUVEAUX CONVERTIS. ODE.
Le nombre de ceux qui fe convertiffent
augmente de jour en
jour , & il va fournir encore un
Jong Article à ma Lettre. Il doit
d'autant plus vous plaire que tous
les faits que je vous rapporte.
GALANT. T25
font faits veritables , & qu'on ne
fauroit douter que les Converfions
dont je vous parle , ne foient
finceres , puis qu'elles ne fe font
qu'aprés des Diſputes , à la fin
defquelles les Calvinistes les plus
obſtinez avoüent qu'ils font convaincus
de leurs Erreurs. Comme
la Poëfie infinuë la verité
d'une maniere agreable, il feroit
à fouhaiter qu'ils vouluffent lire
attentivement les Vers fuivans .
Ils ferviroient à leur faire voir
qu'il eft dangereux de confulter
fa raifon fur des мyfteres , où l'on
n'a befoin que du fecours de la
Foy.
F
3
126
MERCVRE
AUX NOUVEAUX
CONVERTIS.
O D E.
Enfin de vos ames re-
Ε
belles ,
La Grace a defillé lesyeux ;
Et rejoints au corps des Fidelles,
Vous rentrez au chemin des Cieux.
Beniffez le Seigneur , beniffez fa
clemence ,
Et de voftre bonheur immenfe ,
Gouftez les folides appas :
Mais n'oubliezjamais qu'aux routes
ineffables
De fes veritez adorables ,
C'est à la feule Foy de conduire vos
pas.
En vain la kaifon temeraire
GALANT
127
17
S'efforce de les concevoir ,
Plus luit le flambeau qui l'éclaire,
Plus il l'empefche de les voir.
Ainfi quand au matin le bel Aftre
du monde
Repand fa lumiere feconde
Sur les bords du moite élement,
De rayons éclatans plusfa tefte eft
parée ,
Au fortir de l'onde azurée ,
Plus ilcache à nos yeux les feux du
firmament.
Pleine de l'orgueil que luy donne
Son avantagefur les fens ,
Sans referve elle s'abandonne
Où fes efforts font impuiſſans ; }
C'est par cet attentat que toutes les
chimeres
Qui déshonorent nos mysteres
Ont pris naiffance dans fon fein.
Et c'est du fond obfcur de fes vaines
pensées
F4
128 MERCURE
Que de tant d'Erreurs infenfées,
Par tout s'eft répandu le tenebreux
effein.
Cefut elle dont l'arrogance ,
Plûtoft que de s'humilier ,
Nia que la divine Effence ,
Avec l'Homme pust s'allier ;
Que pourfouffrir la mort , l'Auteur
de la Nature
Ait jamais d'une Creature ,
Habité le fein maternel ;
Et que ce Fils aimable en qui noftre
ame efpere ,
L'image & la fplendeur du Pere,
Comme luy , foit immenfe , immuable
, eternel.
222P3)
C'est avec cette audace injufte
Quelle attaque encore en ce jour,
Des Myfteres le plus augufte ;
Et le chef d'oeuvre de l'amour ,
Toujours injurieufe à la Toute -puif
Lance ,
GALANT. 129
Elle s'oppose à la preſence
D'un mefme corps en divers lieux,
Et ne peut confentir qu'en fon Corps
veritable ,
Le Sauveurfe donne à fa Table,
dans le Ciel il regne
Pendant
que
glorieux.
Le coeur percé , les yeux en lar
mes
D'avoirfi longuement erré,
Venez aufeftin plein de Charmes
Que le Seigneur a preparé.
Lay - mefme il bannira vos doutes &
vos craintes ,
Et rendant vos ames plusfaintes,
Il vous accorderafa paix ;
Il vous affranchira de toutes vos foibleffes
,
Et vous comblera d'allegreffes
Que vos coeurs , loin de luy , ne con
nurent jamais.
F
130
MERCURE
Du Seigneur , la fimple figure
Vous a- t-elle purifiez ?
Une fi foible nourriture
Vous a- t-elle fortifiez ?
D'une mortelle erreur dés l'enfance
receuë ,
Voſtre ame enyvrée & deceuë ,
Put croire y trouver des appas ,
Elle pût impofer à fon defir avide ,
Mais non pas plus faine ou moins
vuide ,
Sortir de ce trompeur & frivolerepas.
Tel , quand d'une fiévre enfla
mée
Les fens font émus & troublez ;
Et que la force eft confumée
Par de longs accés redoublez ,
Le Malade afforbly , qu'une afpre
faim tourmente ,
Des mets qu'unSonge luy prefente,
GALANT. 131
Devore lefantôme vain ,
Et malgré leplaifir de fon coeur qui
Sommeille ,
Se trouve , dés qu'ilfe réveille ,
Preffé des mefmes maux , & de la
mefmefaim.
Là le Seigneur fe fait connos
tre
Aux Difciples qui l'ont aimé,
Et qui , de rejoindre leur Maître,
Se fentent le coeur enflammé.
C'est dans ce doux Banquet , où notre
ame ravie
Reprend une nouvelle vie ,
Et metfin à tousfes regrets ,
Que du divin Sauveur la tendreffe
ineffable ,
Parmy les douceurs de fa Table
Au fein de fes amis épanche ſes fecrets.
Il leur découvre de fon ame,
F 6
132
MERCURE
*
Tous les fentimens amoureux ,
Et quel eft l'excés de faflame
Pour le cher Objet deJes vaux i
Non content , leur dit - il , de luy
laiffer pour gage ,
Ou mafigure , ou mon image ,
Vain artifice de l'amour ,
Jay fcú , pourfatisfaire à mon ar
deur extréme ,
Dans fes mains me laiffer Moymesme
,
Avant
que de monter au celefte fejour.
Mais quelle lumiere brillante
S'épand dans le vague des airs,
Et quelle eft la douceur charmante
De ces melodieux concerts !
Autour du Redempteur je voy les
Choeurs des Anges ,
Qui font retentir fes loüanges
Parles plusfacrez de leurs chants;
Defa fidelle Epoufe ils celebrent la
gloire , l'Eglife.
GALANT.
133
Et cette éclatante victoirey
Qui dans fon heureux fein ramene
Les enfans.
Enfin le Dragon de l'abisme,
Difent- ils , eft remis aux fers ,
L'Erreur confufe de fon crime ,
Retombe au plus creux des En
fers ;
De tes Temples , Seigneur , les Mi.
niftres fidelles ,
De cent couronnes immortelles ,
Ont ceint leurfont victorieux :
Benyfoit àjamais le grand Dieu des
Armées ,
Qu'à jamais nos voix enflammées
Rempliffent de fa gloire & la Terre
& les Cieux.
Des Fils de ton Epoufe aimable.
Le plus grand & le plusfoumis ,
Dont la valeur incomparable
Adompté tousfes ennemis 5
134
MERCURE
Ce Roy qu'aux autres Rois tu donnes
Pour modelle
,
Et
que d'une main paternelle ,
Tu combles d'honneurs immortels,
Avec tant de chaleur & tant de vi-
-gilance
N'employa jamais fa puiſſance
Qu'à ramener les Tiens aux pieds
"
de tes Autels.
De ce Monarque magnanime,
Beny les glorieux projets ,
Et ce tendre amour qui l'anime
Pour le bonheur de fes Sujets.
Voy tes nouveaux Enfans , couvreles
de ton aifle ,
Conferve & réchauffe le zele
De leur naiffante pieté,
Etfay queparmy nous , fuivant tes
faintes traces ,
Un jour ils occupent les places ,
Qu'accorde à leur retour ton immen-
Je bonté...
GALANT .
135
>
Cette Ode eft de Monfieur
Perrault de l'Academie Françoife
, & fait voir le zele & la pieté
de fon Autheur. Cette mefme
pieté paroift dans un Poëme de
fix Chants , qu'il a donné depuis
peu au Public fous le Titre de
Saint Paulin Evefque de Nole. Il a
fait connoistre en le publiant que
les Ornemens de la Poëfie ne
font pas incompatibles avec des
Sujets de Devotion . L'Action de
Saint Paulin , qu'il a euë pour fon
principal objet , eft foûtenuë d'un
tour de Vers fi aifé , & les Defcriptions
qu'il y a mélées font fi
naturelles & fi vives , qu'on peut
dire que l'Esprit eft fatisfait en
mefme temps que le coeur fe fent
touché. Cet Ouvrage a eu l'approbation
des Connoiffeurs les
plus delicats , & tout le monde
convient qu'il eft du nombre de
136%/
MERCURE
ceux en qui l'on ne fçait ce que
l'on doit le plus admirer , ou la
beauté de la fortune , ou la dignité
de la matiere.
augmente de jour en
jour , & il va fournir encore un
Jong Article à ma Lettre. Il doit
d'autant plus vous plaire que tous
les faits que je vous rapporte.
GALANT. T25
font faits veritables , & qu'on ne
fauroit douter que les Converfions
dont je vous parle , ne foient
finceres , puis qu'elles ne fe font
qu'aprés des Diſputes , à la fin
defquelles les Calvinistes les plus
obſtinez avoüent qu'ils font convaincus
de leurs Erreurs. Comme
la Poëfie infinuë la verité
d'une maniere agreable, il feroit
à fouhaiter qu'ils vouluffent lire
attentivement les Vers fuivans .
Ils ferviroient à leur faire voir
qu'il eft dangereux de confulter
fa raifon fur des мyfteres , où l'on
n'a befoin que du fecours de la
Foy.
F
3
126
MERCVRE
AUX NOUVEAUX
CONVERTIS.
O D E.
Enfin de vos ames re-
Ε
belles ,
La Grace a defillé lesyeux ;
Et rejoints au corps des Fidelles,
Vous rentrez au chemin des Cieux.
Beniffez le Seigneur , beniffez fa
clemence ,
Et de voftre bonheur immenfe ,
Gouftez les folides appas :
Mais n'oubliezjamais qu'aux routes
ineffables
De fes veritez adorables ,
C'est à la feule Foy de conduire vos
pas.
En vain la kaifon temeraire
GALANT
127
17
S'efforce de les concevoir ,
Plus luit le flambeau qui l'éclaire,
Plus il l'empefche de les voir.
Ainfi quand au matin le bel Aftre
du monde
Repand fa lumiere feconde
Sur les bords du moite élement,
De rayons éclatans plusfa tefte eft
parée ,
Au fortir de l'onde azurée ,
Plus ilcache à nos yeux les feux du
firmament.
Pleine de l'orgueil que luy donne
Son avantagefur les fens ,
Sans referve elle s'abandonne
Où fes efforts font impuiſſans ; }
C'est par cet attentat que toutes les
chimeres
Qui déshonorent nos mysteres
Ont pris naiffance dans fon fein.
Et c'est du fond obfcur de fes vaines
pensées
F4
128 MERCURE
Que de tant d'Erreurs infenfées,
Par tout s'eft répandu le tenebreux
effein.
Cefut elle dont l'arrogance ,
Plûtoft que de s'humilier ,
Nia que la divine Effence ,
Avec l'Homme pust s'allier ;
Que pourfouffrir la mort , l'Auteur
de la Nature
Ait jamais d'une Creature ,
Habité le fein maternel ;
Et que ce Fils aimable en qui noftre
ame efpere ,
L'image & la fplendeur du Pere,
Comme luy , foit immenfe , immuable
, eternel.
222P3)
C'est avec cette audace injufte
Quelle attaque encore en ce jour,
Des Myfteres le plus augufte ;
Et le chef d'oeuvre de l'amour ,
Toujours injurieufe à la Toute -puif
Lance ,
GALANT. 129
Elle s'oppose à la preſence
D'un mefme corps en divers lieux,
Et ne peut confentir qu'en fon Corps
veritable ,
Le Sauveurfe donne à fa Table,
dans le Ciel il regne
Pendant
que
glorieux.
Le coeur percé , les yeux en lar
mes
D'avoirfi longuement erré,
Venez aufeftin plein de Charmes
Que le Seigneur a preparé.
Lay - mefme il bannira vos doutes &
vos craintes ,
Et rendant vos ames plusfaintes,
Il vous accorderafa paix ;
Il vous affranchira de toutes vos foibleffes
,
Et vous comblera d'allegreffes
Que vos coeurs , loin de luy , ne con
nurent jamais.
F
130
MERCURE
Du Seigneur , la fimple figure
Vous a- t-elle purifiez ?
Une fi foible nourriture
Vous a- t-elle fortifiez ?
D'une mortelle erreur dés l'enfance
receuë ,
Voſtre ame enyvrée & deceuë ,
Put croire y trouver des appas ,
Elle pût impofer à fon defir avide ,
Mais non pas plus faine ou moins
vuide ,
Sortir de ce trompeur & frivolerepas.
Tel , quand d'une fiévre enfla
mée
Les fens font émus & troublez ;
Et que la force eft confumée
Par de longs accés redoublez ,
Le Malade afforbly , qu'une afpre
faim tourmente ,
Des mets qu'unSonge luy prefente,
GALANT. 131
Devore lefantôme vain ,
Et malgré leplaifir de fon coeur qui
Sommeille ,
Se trouve , dés qu'ilfe réveille ,
Preffé des mefmes maux , & de la
mefmefaim.
Là le Seigneur fe fait connos
tre
Aux Difciples qui l'ont aimé,
Et qui , de rejoindre leur Maître,
Se fentent le coeur enflammé.
C'est dans ce doux Banquet , où notre
ame ravie
Reprend une nouvelle vie ,
Et metfin à tousfes regrets ,
Que du divin Sauveur la tendreffe
ineffable ,
Parmy les douceurs de fa Table
Au fein de fes amis épanche ſes fecrets.
Il leur découvre de fon ame,
F 6
132
MERCURE
*
Tous les fentimens amoureux ,
Et quel eft l'excés de faflame
Pour le cher Objet deJes vaux i
Non content , leur dit - il , de luy
laiffer pour gage ,
Ou mafigure , ou mon image ,
Vain artifice de l'amour ,
Jay fcú , pourfatisfaire à mon ar
deur extréme ,
Dans fes mains me laiffer Moymesme
,
Avant
que de monter au celefte fejour.
Mais quelle lumiere brillante
S'épand dans le vague des airs,
Et quelle eft la douceur charmante
De ces melodieux concerts !
Autour du Redempteur je voy les
Choeurs des Anges ,
Qui font retentir fes loüanges
Parles plusfacrez de leurs chants;
Defa fidelle Epoufe ils celebrent la
gloire , l'Eglife.
GALANT.
133
Et cette éclatante victoirey
Qui dans fon heureux fein ramene
Les enfans.
Enfin le Dragon de l'abisme,
Difent- ils , eft remis aux fers ,
L'Erreur confufe de fon crime ,
Retombe au plus creux des En
fers ;
De tes Temples , Seigneur , les Mi.
niftres fidelles ,
De cent couronnes immortelles ,
Ont ceint leurfont victorieux :
Benyfoit àjamais le grand Dieu des
Armées ,
Qu'à jamais nos voix enflammées
Rempliffent de fa gloire & la Terre
& les Cieux.
Des Fils de ton Epoufe aimable.
Le plus grand & le plusfoumis ,
Dont la valeur incomparable
Adompté tousfes ennemis 5
134
MERCURE
Ce Roy qu'aux autres Rois tu donnes
Pour modelle
,
Et
que d'une main paternelle ,
Tu combles d'honneurs immortels,
Avec tant de chaleur & tant de vi-
-gilance
N'employa jamais fa puiſſance
Qu'à ramener les Tiens aux pieds
"
de tes Autels.
De ce Monarque magnanime,
Beny les glorieux projets ,
Et ce tendre amour qui l'anime
Pour le bonheur de fes Sujets.
Voy tes nouveaux Enfans , couvreles
de ton aifle ,
Conferve & réchauffe le zele
De leur naiffante pieté,
Etfay queparmy nous , fuivant tes
faintes traces ,
Un jour ils occupent les places ,
Qu'accorde à leur retour ton immen-
Je bonté...
GALANT .
135
>
Cette Ode eft de Monfieur
Perrault de l'Academie Françoife
, & fait voir le zele & la pieté
de fon Autheur. Cette mefme
pieté paroift dans un Poëme de
fix Chants , qu'il a donné depuis
peu au Public fous le Titre de
Saint Paulin Evefque de Nole. Il a
fait connoistre en le publiant que
les Ornemens de la Poëfie ne
font pas incompatibles avec des
Sujets de Devotion . L'Action de
Saint Paulin , qu'il a euë pour fon
principal objet , eft foûtenuë d'un
tour de Vers fi aifé , & les Defcriptions
qu'il y a mélées font fi
naturelles & fi vives , qu'on peut
dire que l'Esprit eft fatisfait en
mefme temps que le coeur fe fent
touché. Cet Ouvrage a eu l'approbation
des Connoiffeurs les
plus delicats , & tout le monde
convient qu'il eft du nombre de
136%/
MERCURE
ceux en qui l'on ne fçait ce que
l'on doit le plus admirer , ou la
beauté de la fortune , ou la dignité
de la matiere.
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Résumé : AUX NOUVEAUX CONVERTIS. ODE.
Le texte relate une augmentation des conversions religieuses sincères, souvent précédées de débats où même les calvinistes les plus fermes reconnaissent leurs erreurs. L'auteur encourage les calvinistes à réfléchir sur des vers mettant en garde contre les limites de la raison face aux mystères de la foi. Un poème dédié aux nouveaux convertis célèbre la grâce divine qui les a conduits à la vérité et met en garde contre l'orgueil de la raison humaine, source d'erreurs et d'illusions. La conversion est perçue comme une libération des doutes, apportant paix et joie. La quête spirituelle est comparée à un malade affamé insatisfait, soulignant que Jésus se révèle à ceux qui l'aiment et les invite à partager son amour. Le texte loue également un roi qui utilise son pouvoir pour ramener ses sujets à la foi. Il mentionne une ode et un poème de Charles Perrault, membre de l'Académie Française. L'ode exprime le zèle et la piété de l'auteur, appelant à protéger et encourager la foi des jeunes générations. Le poème 'Saint Paulin Évêque de Nole' démontre que la poésie peut servir des sujets de dévotion, combinant élégance et descriptions vivantes pour toucher à la fois l'esprit et le cœur. Cette œuvre a été appréciée pour sa forme et la dignité de son sujet.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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9
p. 135-138
Conversions faites par M. l'Evesque d'Orange. [titre d'après la table]
Début :
Mr l'Evesque d'Orange qui est regardé de tout le monde [...]
Mots clefs :
Évêque d'Orange, Zèle, Hérésie, Purger, Temples, Erreurs, Nouveaux catholiques, Instruction, Calvinistes, Protestants, Prince
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Conversions faites par M. l'Evesque d'Orange. [titre d'après la table]
est regardé de tout le monde
comme un tres-digne Prelat,
a fait paroistre un zele
extraordinaire dans tous les
foins qu'il a pris pourpurger
la Ville de l'here sie de Calvin.
Il a fait abatre deux
Temples tresconfiderables,
& toutes ses Conferences
ont eu le iuccez que l'onen
pouvoit attendre. Sa douceurj
a si bien gagnélepeuple,
que les plus obstinez se sont ,
convertis. Ainsi il ne reste a
plus que quelques Femmes, c
qui sans vouloir écouter,se
font une gloire de soûtenir i
leurs erreurs. Elles se ren- -
dront comme les autres. Les
exhortations de ce Prelat
font vi ves & fortes
,
&plus 2
de six cens nouveaux Con.,
vertis touchez de ce qu'il
leur dit dans la premiere, si-
-
rent leur Communion peu
dejours après. Il a fait venir
de Carpentrasun Docteur
del'OrdredesCapucins pour le soulager dans les Instructionsqu'il
faut donner à ces
nouveaux Caytoliques,pour es rendre dignes des Sacremens.
La Ville d'Orange
doufrit beaucoup dans le dernier
siecle par la violence
des Calvinistes, qui chadderentl'Evesque
& les C'tianoines,
ruinerent les Eglises
& les Monasteres, & se crurent
tout permis dans un
temps de licence & de fureur
,
estant soustenus par
l'autoritedu Prince qui efl
toit de leur party. Depuis ce Ij
temps là on a rétably l'Evefque
& reparéles Eglises, Ôc 'j
la Religion Orthodoxe a eu j
dans Orangeunlibre exercice
par les soins du Roy,
qui nomme à l'Evêché comme
premier Souverain, en
qualité de Comte de Provence,
parce que le Prince
est Protestant. Cet Evesché
estsuffragant d'Arles
Mr Macé,Chefcier,&
comme un tres-digne Prelat,
a fait paroistre un zele
extraordinaire dans tous les
foins qu'il a pris pourpurger
la Ville de l'here sie de Calvin.
Il a fait abatre deux
Temples tresconfiderables,
& toutes ses Conferences
ont eu le iuccez que l'onen
pouvoit attendre. Sa douceurj
a si bien gagnélepeuple,
que les plus obstinez se sont ,
convertis. Ainsi il ne reste a
plus que quelques Femmes, c
qui sans vouloir écouter,se
font une gloire de soûtenir i
leurs erreurs. Elles se ren- -
dront comme les autres. Les
exhortations de ce Prelat
font vi ves & fortes
,
&plus 2
de six cens nouveaux Con.,
vertis touchez de ce qu'il
leur dit dans la premiere, si-
-
rent leur Communion peu
dejours après. Il a fait venir
de Carpentrasun Docteur
del'OrdredesCapucins pour le soulager dans les Instructionsqu'il
faut donner à ces
nouveaux Caytoliques,pour es rendre dignes des Sacremens.
La Ville d'Orange
doufrit beaucoup dans le dernier
siecle par la violence
des Calvinistes, qui chadderentl'Evesque
& les C'tianoines,
ruinerent les Eglises
& les Monasteres, & se crurent
tout permis dans un
temps de licence & de fureur
,
estant soustenus par
l'autoritedu Prince qui efl
toit de leur party. Depuis ce Ij
temps là on a rétably l'Evefque
& reparéles Eglises, Ôc 'j
la Religion Orthodoxe a eu j
dans Orangeunlibre exercice
par les soins du Roy,
qui nomme à l'Evêché comme
premier Souverain, en
qualité de Comte de Provence,
parce que le Prince
est Protestant. Cet Evesché
estsuffragant d'Arles
Mr Macé,Chefcier,&
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Résumé : Conversions faites par M. l'Evesque d'Orange. [titre d'après la table]
Un prélat respecté a œuvré avec zèle pour purifier une ville de l'hérésie calviniste. Il a démoli deux temples et organisé des conférences réussies, convertissant ainsi plus de six cents personnes au catholicisme. Sa douceur a permis de convertir même les plus réticents, à l'exception de quelques femmes réfractaires. Un docteur capucin de Carpentras a été appelé pour instruire les nouveaux convertis. Au siècle précédent, Orange avait subi des violences calvinistes, entraînant l'expulsion de l'évêque et des chanoines, ainsi que la destruction des églises et monastères, avec le soutien d'un prince protestant. Depuis, l'évêque a été rétabli, les églises réparées, et la religion orthodoxe peut s'exercer librement grâce au roi, qui nomme l'évêque en tant que comte de Provence. Cet évêché dépend d'Arles. Le chef-cierge est M. Macé.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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10
p. 110-122
These consacrée à la destruction de l'Heresie, & soûtenuë en Sorbonne par M. l'Abbé de Révol. [titre d'après la table]
Début :
Le Samedy 14. du mois passé, Mr l'Abbé de Revol soûtint [...]
Mots clefs :
Abbé de Révol, Thèse, Hérésie, Destructions, Ancêtres, Religion, Henry IV, Conversion, Conseils, Privilèges, Hérétiques, Livre, Calvinistes, Erreurs, Vérités, Monarque, Succès
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : These consacrée à la destruction de l'Heresie, & soûtenuë en Sorbonne par M. l'Abbé de Révol. [titre d'après la table]
Le Samedy Ì4. du mois
pafle , MR l'Abbé de Revot
soûtint en Sorbonne une
Théfé consacrée à la destru
ction de l' Herresie dans ce
Royaume. Il fit voir par là
qu'U suivoit ies traces de ses
Âncestres , qui se font tou
jours intereslez dans tout
ce qui a regardé la Religions i
mais particulierement Louis
'de Revol, premier Secretaire
& Ministre d'Estat du Roy .
GALANT, ni
Henry I V. qui dans les Pro
visions qu'il luy fit expedier
de cette importante Charge,
ìe qualifie homme fidelle , de
faine réputation , dejinterep
sé , & accoutumé a le sertir
dés ses premieres années. Il
contribua avec un zele ex
traordinaire à la Conversion
<lcce Prince , & mourut preC
que auílj tost, qu'il eut veu
î'effet de ses conseils par fa
réunion à l'Eglisé , en quoy
l'on, peut dire qu'il a du rap
port avec feu Mr le Tellier,
dernier Chancelier de Fran-
, ce , à qui pour recompense
in MERCURE
de ses grands travaux , Dieu
a donné la satisfaction de fi-'
nir íà vie , aprés avoir scellé
l'Edit qui porte la révoca
tion des Privileges accordez
autrefois aux Herretiques.
Cette Thèse fut soutenue en
presence d'un grand nombre
de personnes d'un rang di
stingue , & de la pluspartdes
Abbez considerables par leur
naissance & par leur merite.
La Divine Sapience y estoit
representee d'un costé , é- "
levée sur des Rochers pour
marquer sa fermeté. Elletenoit
d'une main un Livre d'od
GALANT, ii?
pendoient sept Sçeaux , &fur
lequel paroiíîoit un Agneau.
Ce Livre reprefentoit ecluy
que S* Jean décrit dans lf Apocalypfe
, puis qu'il en portoit
toutes les marques , qui
íònt lçs.sept Sceaux ouverts.
avec l: Agneau. Ces sept
Sçeaux autrefois fermez &
presentement, ouverts , font
fermages naturelles des sept
Sacremens dë l'Eglife que
les Calvinistes, refufoieftt de.
r£conn°istre pendant qu'ils'
etìoienc malheureusement.;
engagez dans les. erreurs de'
leur Secte. Le plus grand des;
Janvier i6&7> KMERCURE
Sac remens > qui est ceky ât&
l'Eucharistie , y eítoifc parti
culierement designé pati'Açneau
que l'on voyoit atí dé1~>
íus du Livre. Cette meíme
Sapience Divine tenoit de
l'autre mainrimage du Saint.
Esprit íòus la figure d'une Co- :
lomhe , pour faire voir que
lìEgl'Ue ' a receu i du Sauveur
du mondeson Esprit lors qu'il.
elt monté au Ciel , pour le
faire paíïèr jusqu'à; íçs En fans»
Elle estai t habillée cn Ama
zone , pour nous apprendre
que quelque douceur qu'ait
la Grace, &: de quelques charGALAKT.
n$
mes queíbit accompagné Fe:
joug du Seigneur , il saur,
pourtant quelquefois user de;
lès forces,que les Péres appels
lent une heureuse violence..
Du mefme costé , mais un?
peu plus bas,estoit le Portrait
de la Verite' fous la Figure
d'une Femme aíïèz agreable
& à demv.nuë, pour marquer
qu'elle se presente à tous ceux;
qui la veulent suivre. Elle'
brilloit des rayons que le So*
leit répandoit fur elle , afin de
fàire comprendre, que c'est au
ía Grace à faire connoistre lai
Verité , & que si elle eífc re-.
né MERCURE
connue de nos jours par
ceux qui estaient ses plus
cruels Ennemis , la France en
est redevable aux foins de
l'Incomparable Monarque
qui la gouverne. Encore plus
bas & de ce mesme coste' , étoit
la Justice ayant devant
elle un faisceau d'Armes,
ce qui reprefentoit encore
mieux que c'est à la Justice
du Roy & à fes Edirs que
nous devons le triomphe de
la Verité fur le Mensonge. La >
Justice estoit assise fur une
grande pierre quarrée , pour
Faire voir par l'immobilité de
.GALANT. n?
cette pierre que le fruit & lat
gloire de cette grande actioni
dureront eternellemenr.
De l'autre costé on yoyoit
Pallas debout , montrant la
Sapience Divine à un, tresgran<
l nombre de personnes
qui sortoient dune épaisse
Forest. Par cette Forest on faisoit
entendre les ombres de la
mort dans lesquelles estoient
ensevelies tant de personnes
qui depuis un an ont renon
cé à Terreur. Il y en avoit
une entre autres qui se pros
ternant adoroit la Divine
Sapience j $c jettoitdeux Lir
ïi8 MERCURE
vresdont le deíïus les faifoit
connoistre pour ceux de Gaivin
& de Zuingle. Elle jettoic
auíïì un. Masque pour
marquer qu'elle quittoit cou»
tes les préoccupations dont
elle avoit esté prevenue dés
sa jeuneííe. Pallas estant la
Déeííè des Sciences fer voie
à faire connoistre lalliance
de la raison avec lâ foy , &
representoit enniesme temps
îes diíFerens Corps de ce
Royaume qui ont fourny à*
TEgliíe dans ces derniers
temps un grand nombre de
personnes également pieuses
GALANT. is<r
& sçavantes pour detromper
les Herretiques y mais parti
culierement la Faculté de
Theologie de Paris, compo
sée de grands Prelats ,de sçavans
Paíteurs & de Mission
naires zelez , qui. montrant
la Verité , la portent jusque
dans les extremitez non feulement
de la France , mais
encore du monde entier.
M*' l' Abbé de Revol s acy
quita de cette action avec
beaucoup de íùccez. Il est
Fils de Meííìre Pierre de Re
vol , Conseiller du Roy ert
ses Conseils d'Estat & Privé
120 MERCURE
en son Parlement de Mets,
Seigneur des Avenieres de
Baron de Charney , cy.de
vant Procureur General eri
la Cour desAydes de Vien
ne en Dauphine , & dans la,
Cour Souveraine de Bourg
en Breíïè , & de Dame Fran
çoise de S. Chamans de l'Illu.
stre Maison de S.Chamans du:
Pescher, qui compre parmy
les Grands Hommes qui en
font sortis plusieurs Cheva
liers des Ordres du Roy ,& en
tre autres Jean de S; ChamanSyGouverneur
du haut &
bas Liinosin,rnarzé à Margue.
] GALANT, m
rite d'Abche àt la Maiso»
d'Uzez,une des plus ancien-
^ nes du Languedoc j Hugues
de S. Chamans , Òc Helie de
S. Chamans son Fils , qui flit
faic prisonnier a la Bataille de
S.Quentin,apre's avoir donné
mille preuves d'unevaleur ex»
traordinaire. La Maison de
S.Chamans est alliée à celles
d'Uzez , de Luxembourg,
de Turennes , de Noailles,
des Urfins , d'Hauceforc , &c
des Princes de Vaudemonr ,
desquels descendoit Aimce:
de Ponthalier , Ayeulede la
Mere de M l'Abbé de Re-.
Jtirwier 1SS7. L
m MERCURE
voL Elle a aujourd'huy pour
ChefMr de S. Chamans,Mar-,
quis de Mery , Baron du
Pefcher,& Capitaine Exempt
de la premiere Compagnie
des Gardes du Corps , dont
touc le monde connoit le
merite.
pafle , MR l'Abbé de Revot
soûtint en Sorbonne une
Théfé consacrée à la destru
ction de l' Herresie dans ce
Royaume. Il fit voir par là
qu'U suivoit ies traces de ses
Âncestres , qui se font tou
jours intereslez dans tout
ce qui a regardé la Religions i
mais particulierement Louis
'de Revol, premier Secretaire
& Ministre d'Estat du Roy .
GALANT, ni
Henry I V. qui dans les Pro
visions qu'il luy fit expedier
de cette importante Charge,
ìe qualifie homme fidelle , de
faine réputation , dejinterep
sé , & accoutumé a le sertir
dés ses premieres années. Il
contribua avec un zele ex
traordinaire à la Conversion
<lcce Prince , & mourut preC
que auílj tost, qu'il eut veu
î'effet de ses conseils par fa
réunion à l'Eglisé , en quoy
l'on, peut dire qu'il a du rap
port avec feu Mr le Tellier,
dernier Chancelier de Fran-
, ce , à qui pour recompense
in MERCURE
de ses grands travaux , Dieu
a donné la satisfaction de fi-'
nir íà vie , aprés avoir scellé
l'Edit qui porte la révoca
tion des Privileges accordez
autrefois aux Herretiques.
Cette Thèse fut soutenue en
presence d'un grand nombre
de personnes d'un rang di
stingue , & de la pluspartdes
Abbez considerables par leur
naissance & par leur merite.
La Divine Sapience y estoit
representee d'un costé , é- "
levée sur des Rochers pour
marquer sa fermeté. Elletenoit
d'une main un Livre d'od
GALANT, ii?
pendoient sept Sçeaux , &fur
lequel paroiíîoit un Agneau.
Ce Livre reprefentoit ecluy
que S* Jean décrit dans lf Apocalypfe
, puis qu'il en portoit
toutes les marques , qui
íònt lçs.sept Sceaux ouverts.
avec l: Agneau. Ces sept
Sçeaux autrefois fermez &
presentement, ouverts , font
fermages naturelles des sept
Sacremens dë l'Eglife que
les Calvinistes, refufoieftt de.
r£conn°istre pendant qu'ils'
etìoienc malheureusement.;
engagez dans les. erreurs de'
leur Secte. Le plus grand des;
Janvier i6&7> KMERCURE
Sac remens > qui est ceky ât&
l'Eucharistie , y eítoifc parti
culierement designé pati'Açneau
que l'on voyoit atí dé1~>
íus du Livre. Cette meíme
Sapience Divine tenoit de
l'autre mainrimage du Saint.
Esprit íòus la figure d'une Co- :
lomhe , pour faire voir que
lìEgl'Ue ' a receu i du Sauveur
du mondeson Esprit lors qu'il.
elt monté au Ciel , pour le
faire paíïèr jusqu'à; íçs En fans»
Elle estai t habillée cn Ama
zone , pour nous apprendre
que quelque douceur qu'ait
la Grace, &: de quelques charGALAKT.
n$
mes queíbit accompagné Fe:
joug du Seigneur , il saur,
pourtant quelquefois user de;
lès forces,que les Péres appels
lent une heureuse violence..
Du mefme costé , mais un?
peu plus bas,estoit le Portrait
de la Verite' fous la Figure
d'une Femme aíïèz agreable
& à demv.nuë, pour marquer
qu'elle se presente à tous ceux;
qui la veulent suivre. Elle'
brilloit des rayons que le So*
leit répandoit fur elle , afin de
fàire comprendre, que c'est au
ía Grace à faire connoistre lai
Verité , & que si elle eífc re-.
né MERCURE
connue de nos jours par
ceux qui estaient ses plus
cruels Ennemis , la France en
est redevable aux foins de
l'Incomparable Monarque
qui la gouverne. Encore plus
bas & de ce mesme coste' , étoit
la Justice ayant devant
elle un faisceau d'Armes,
ce qui reprefentoit encore
mieux que c'est à la Justice
du Roy & à fes Edirs que
nous devons le triomphe de
la Verité fur le Mensonge. La >
Justice estoit assise fur une
grande pierre quarrée , pour
Faire voir par l'immobilité de
.GALANT. n?
cette pierre que le fruit & lat
gloire de cette grande actioni
dureront eternellemenr.
De l'autre costé on yoyoit
Pallas debout , montrant la
Sapience Divine à un, tresgran<
l nombre de personnes
qui sortoient dune épaisse
Forest. Par cette Forest on faisoit
entendre les ombres de la
mort dans lesquelles estoient
ensevelies tant de personnes
qui depuis un an ont renon
cé à Terreur. Il y en avoit
une entre autres qui se pros
ternant adoroit la Divine
Sapience j $c jettoitdeux Lir
ïi8 MERCURE
vresdont le deíïus les faifoit
connoistre pour ceux de Gaivin
& de Zuingle. Elle jettoic
auíïì un. Masque pour
marquer qu'elle quittoit cou»
tes les préoccupations dont
elle avoit esté prevenue dés
sa jeuneííe. Pallas estant la
Déeííè des Sciences fer voie
à faire connoistre lalliance
de la raison avec lâ foy , &
representoit enniesme temps
îes diíFerens Corps de ce
Royaume qui ont fourny à*
TEgliíe dans ces derniers
temps un grand nombre de
personnes également pieuses
GALANT. is<r
& sçavantes pour detromper
les Herretiques y mais parti
culierement la Faculté de
Theologie de Paris, compo
sée de grands Prelats ,de sçavans
Paíteurs & de Mission
naires zelez , qui. montrant
la Verité , la portent jusque
dans les extremitez non feulement
de la France , mais
encore du monde entier.
M*' l' Abbé de Revol s acy
quita de cette action avec
beaucoup de íùccez. Il est
Fils de Meííìre Pierre de Re
vol , Conseiller du Roy ert
ses Conseils d'Estat & Privé
120 MERCURE
en son Parlement de Mets,
Seigneur des Avenieres de
Baron de Charney , cy.de
vant Procureur General eri
la Cour desAydes de Vien
ne en Dauphine , & dans la,
Cour Souveraine de Bourg
en Breíïè , & de Dame Fran
çoise de S. Chamans de l'Illu.
stre Maison de S.Chamans du:
Pescher, qui compre parmy
les Grands Hommes qui en
font sortis plusieurs Cheva
liers des Ordres du Roy ,& en
tre autres Jean de S; ChamanSyGouverneur
du haut &
bas Liinosin,rnarzé à Margue.
] GALANT, m
rite d'Abche àt la Maiso»
d'Uzez,une des plus ancien-
^ nes du Languedoc j Hugues
de S. Chamans , Òc Helie de
S. Chamans son Fils , qui flit
faic prisonnier a la Bataille de
S.Quentin,apre's avoir donné
mille preuves d'unevaleur ex»
traordinaire. La Maison de
S.Chamans est alliée à celles
d'Uzez , de Luxembourg,
de Turennes , de Noailles,
des Urfins , d'Hauceforc , &c
des Princes de Vaudemonr ,
desquels descendoit Aimce:
de Ponthalier , Ayeulede la
Mere de M l'Abbé de Re-.
Jtirwier 1SS7. L
m MERCURE
voL Elle a aujourd'huy pour
ChefMr de S. Chamans,Mar-,
quis de Mery , Baron du
Pefcher,& Capitaine Exempt
de la premiere Compagnie
des Gardes du Corps , dont
touc le monde connoit le
merite.
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Résumé : These consacrée à la destruction de l'Heresie, & soûtenuë en Sorbonne par M. l'Abbé de Révol. [titre d'après la table]
Le 4 avril, l'abbé de Revot a présenté une thèse à la Sorbonne sur la destruction de l'hérésie dans le royaume. Il a mis en avant son engagement religieux, s'inspirant de ses ancêtres, dont Louis de Revol, secrétaire et ministre d'État du roi Henri IV, qui le décrivait comme un homme fidèle, de bonne réputation, désintéressé et dévoué dès son jeune âge. La thèse abordait la conversion des sacrements, en particulier l'Eucharistie, et soulignait la sagesse divine représentée par une colombe, symbole de l'Esprit Saint reçu par l'Église après l'ascension du Christ. La Grâce était comparée à une amazone, illustrant sa capacité à être douce mais aussi ferme. La Vérité était représentée par une femme agréable et nue, illuminée par les rayons du Soleil, symbolisant la grâce nécessaire pour la connaître. La Justice, armée d'un faisceau d'armes, montrait que le triomphe de la vérité sur le mensonge était dû à la justice royale et à ses édits. La Justice était assise sur une pierre carrée, signifiant l'éternité de cette action. Pallas, déesse des sciences, guidait des personnes sortant d'une forêt obscure, représentant les ombres de la mort et les erreurs abandonnées. Parmi eux, une personne jetait des livres de Calvin et Zwingli, symbolisant l'abandon des préoccupations hérétiques. Pallas incarnait l'alliance de la raison et de la foi, ainsi que les corps savants du royaume, notamment la Faculté de Théologie de Paris, qui combattaient l'hérésie. L'abbé de Revot, fils de Pierre de Revol, conseiller du roi, et de Françoise de Saint-Chamans, issue d'une famille illustre ayant produit plusieurs chevaliers, a brillamment réussi cette démonstration.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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