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1
p. 275
Autre Abjuration de M. Ranchin, [titre d'après la table]
Début :
Il s'est fait une autre Abjuration fort solemnelle. C'est celle [...]
Mots clefs :
Abjuration, Conseiller au Parlement, Religion romaine, Vérités
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texteReconnaissance textuelle : Autre Abjuration de M. Ranchin, [titre d'après la table]
Il s'eſt fait une autre Abjuration
fort folemnelle . C'eſt
celle de Monfieur de Ranchin
Conſeiller au Parlement de Tou.
louſe. Son eſprit luy a fait acquerir
une eſtime genérale , &
il porte un nom qui ne ſçauroit
vous eſtre inconnu. Des Perfonnes
de ce poids ne changent
jamais de party legerement , &
quand ils embraflent la Religion
Romaine , on doit croire qu'ils
ſont parfaitement convaincusdes
veritez donr ils ont voulu ſe faire
inſtruire.
fort folemnelle . C'eſt
celle de Monfieur de Ranchin
Conſeiller au Parlement de Tou.
louſe. Son eſprit luy a fait acquerir
une eſtime genérale , &
il porte un nom qui ne ſçauroit
vous eſtre inconnu. Des Perfonnes
de ce poids ne changent
jamais de party legerement , &
quand ils embraflent la Religion
Romaine , on doit croire qu'ils
ſont parfaitement convaincusdes
veritez donr ils ont voulu ſe faire
inſtruire.
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2
p. 136-141
Conversion faite par Mr l'Archevesque de Rheims dans la Capitale de son Diocese, [titre d'après la table]
Début :
Il s'est fait encor plusieurs Abjurations en diverses Villes, [...]
Mots clefs :
Abjurations, Villes, Vérités, Religion catholique, Discours, Conversions, Religion prétendue réformée
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texteReconnaissance textuelle : Conversion faite par Mr l'Archevesque de Rheims dans la Capitale de son Diocese, [titre d'après la table]
Il s'eſt fait encor pluſieurs
Abjurations en diverſesVilles,
mais il en eſt peu d'auſſi
éclatantes que celle que M
l'Archeveſque de Rheims a
reçeuë ces derniers jours
GALANT. 137
dans la Capitale de ſon Dio
ceſe. M.Fremin de Marzilly,
Capitaine dans le Regiment
de Grancé , apres avoir étu.
dié depuis deux ans avec une
application extraordinaire,
les Veritez de la Religion
Catholique, en a eſté enfin
entierement convaincu par
les conférences qu'il a euës
à Rheims avec ce grand
Prélat,& le ſçavant M.Faure
fon Vicaire general. La Cerémonie
de ſa Reconciliation
ſe fit dans la Cathédrale
le Jeudy 12. de ce mois , en
préſence de tous les Corps,
Juin 1681. M
138 MERCVRE
& des Perſonnes les plus
qualifiées de la Ville. M
l'Archeveſque de Rheims,
qui pour la rendre plus édifiante
& plus folemnelle,
•voulut la faire luy-meſme,
la termina par un excellent
Diſcours, qui fit admirer le
zele qu'il a pour tout ce qui
touche les intereſts de l'Eglife.
Pour comble de joye
publique, on apprit ce mef
me jour que le Cadet de M
de Marzilly , connu fous le
nom de Sainte Fraiſe dans
le Regiment de Coningſ
mark , où il eſt Lieutenant
5
GALANT. 139
. d'une Compagnie , venoit
auſſi de faire abjuration à
Boulogne ; & ce qu'il y a
de ſurprenant, c'eſt que ces
deux font heureuſement
fortis dans le meſme
temps des voyes de l'erreur,
fans que l'un ſçeuſt rien du
deſſein de l'autre. Ils ont
encor leur Mere , & quatre
Soeurs auſſi ſpirituelles que
bien faites , & c'eſt là tout
ce qui reſte aujourd'huy à
Rheims de la Religion Prétenduë
Reformée ; de forte
que ſans compter les effets
que cegrand exemple don-
Mij
140 MERCVRE
ne ſujet d'eſpérer, cetteVille
peut dés-à-préſent ſe vanter
d'eſtre la plus Catholique de
tout le Royaume. Les belles
qualitez de M. de Marzilly
ont beaucoup contribué à
la joye que tous ceux qui le
connoiffent ont euë de ce
changement. Il eſt bien fait,
fpirituel , agreable , d'une
probité qui n'eſt pas commune,&
fçavant au dela de
ce qu'on croiroit d'un Hom
me âgé ſeulement de vingthuit
ans. Ainſi on peut dire
que c'eſtoit une conqueſte
digne du grand Prélat qui
GALANT. 141
I'a faite,& deuë aux Veritez
triomphantes de la Religion
Catholique.
Vous aurez appris par les
Nouvelles publiques , les
fruits merveilleux qu'on fait
tous lesjours dans le Poitou..
Les Miſſions que M. l'Eveſque
de Poitiers y a établies,
& les foins qu'il prend
de faire donner par tout
les Inſtructions dont on a
beſoin, ontunſuccés ſi avantageux
, que plus de douze
mille Perſonnes ſe ſont converties
depuis quatre mois..
Abjurations en diverſesVilles,
mais il en eſt peu d'auſſi
éclatantes que celle que M
l'Archeveſque de Rheims a
reçeuë ces derniers jours
GALANT. 137
dans la Capitale de ſon Dio
ceſe. M.Fremin de Marzilly,
Capitaine dans le Regiment
de Grancé , apres avoir étu.
dié depuis deux ans avec une
application extraordinaire,
les Veritez de la Religion
Catholique, en a eſté enfin
entierement convaincu par
les conférences qu'il a euës
à Rheims avec ce grand
Prélat,& le ſçavant M.Faure
fon Vicaire general. La Cerémonie
de ſa Reconciliation
ſe fit dans la Cathédrale
le Jeudy 12. de ce mois , en
préſence de tous les Corps,
Juin 1681. M
138 MERCVRE
& des Perſonnes les plus
qualifiées de la Ville. M
l'Archeveſque de Rheims,
qui pour la rendre plus édifiante
& plus folemnelle,
•voulut la faire luy-meſme,
la termina par un excellent
Diſcours, qui fit admirer le
zele qu'il a pour tout ce qui
touche les intereſts de l'Eglife.
Pour comble de joye
publique, on apprit ce mef
me jour que le Cadet de M
de Marzilly , connu fous le
nom de Sainte Fraiſe dans
le Regiment de Coningſ
mark , où il eſt Lieutenant
5
GALANT. 139
. d'une Compagnie , venoit
auſſi de faire abjuration à
Boulogne ; & ce qu'il y a
de ſurprenant, c'eſt que ces
deux font heureuſement
fortis dans le meſme
temps des voyes de l'erreur,
fans que l'un ſçeuſt rien du
deſſein de l'autre. Ils ont
encor leur Mere , & quatre
Soeurs auſſi ſpirituelles que
bien faites , & c'eſt là tout
ce qui reſte aujourd'huy à
Rheims de la Religion Prétenduë
Reformée ; de forte
que ſans compter les effets
que cegrand exemple don-
Mij
140 MERCVRE
ne ſujet d'eſpérer, cetteVille
peut dés-à-préſent ſe vanter
d'eſtre la plus Catholique de
tout le Royaume. Les belles
qualitez de M. de Marzilly
ont beaucoup contribué à
la joye que tous ceux qui le
connoiffent ont euë de ce
changement. Il eſt bien fait,
fpirituel , agreable , d'une
probité qui n'eſt pas commune,&
fçavant au dela de
ce qu'on croiroit d'un Hom
me âgé ſeulement de vingthuit
ans. Ainſi on peut dire
que c'eſtoit une conqueſte
digne du grand Prélat qui
GALANT. 141
I'a faite,& deuë aux Veritez
triomphantes de la Religion
Catholique.
Vous aurez appris par les
Nouvelles publiques , les
fruits merveilleux qu'on fait
tous lesjours dans le Poitou..
Les Miſſions que M. l'Eveſque
de Poitiers y a établies,
& les foins qu'il prend
de faire donner par tout
les Inſtructions dont on a
beſoin, ontunſuccés ſi avantageux
, que plus de douze
mille Perſonnes ſe ſont converties
depuis quatre mois..
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Résumé : Conversion faite par Mr l'Archevesque de Rheims dans la Capitale de son Diocese, [titre d'après la table]
Le texte rapporte plusieurs abjurations récentes, dont celle de M. Fremin de Marzilly, capitaine dans le régiment de Grancé. Après deux années d'étude approfondie de la religion catholique, il a été convaincu lors de conférences avec l'archevêque de Reims et M. Faure, vicaire général. La cérémonie de réconciliation a eu lieu le 12 juin 1681 dans la cathédrale de Reims, en présence des notables de la ville. L'archevêque a souligné le zèle de M. de Marzilly pour les intérêts de l'Église. Le même jour, il a été révélé que le cadet de M. de Marzilly, lieutenant dans le régiment de Coningsmark, avait également abjuré à Boulogne. Les deux frères se sont convertis simultanément sans connaître les intentions de l'autre. Leur mère et leurs quatre sœurs restent les seuls membres de la famille pratiquant la religion prétendue réformée à Reims. Cette double conversion a renforcé la réputation catholique de la ville. M. de Marzilly est décrit comme un homme bien fait, spirituel, agréable, probe et savant, malgré son jeune âge de vingt-huit ans. Par ailleurs, les missions établies par l'évêque de Poitiers dans le Poitou ont conduit à la conversion de plus de douze mille personnes en quatre mois.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3
p. 22-26
Conversions faites par M. l'Evesque Duc de Laon, avec un Extrait de son Discours aux Nouveaux Convertis, [titre d'après la table]
Début :
Mr l'Evesque, Duc de Laon, & Pair de France, ayant fait [...]
Mots clefs :
Évêque, Duc de Laon, Conversion, Hérétiques, Zèle, Succès, Discours, Nouveaux catholiques, Ténèbres, Erreurs, Vérités, Lumière, Église, Louanges
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texteReconnaissance textuelle : Conversions faites par M. l'Evesque Duc de Laon, avec un Extrait de son Discours aux Nouveaux Convertis, [titre d'après la table]
M' l'Evesque, Duc de
Laon, & Pair de France,
ayant fait son Entréedans
sa Ville Episcopale au commencement
de l'autre Mois,
comme je vous l'ay mandé,
n'eut point déslors de soin
plus pressant que de s'appliquer
à la Convei sion des
Herétiques. L'ardeur de son
zele eut un succés si heureux,
que sept jours apres ilreçeut
l'abjuration de dix Personnes.
Chacun fut charmédu
Discours qu'il sir à ces nouveaux
Catholiques. Il leur
À
témoigna d'abord la joye
qu'il auoit de commencer
les fonctions de son ministere
par celle du Bon Pasteur,
qui est de remettre dans la
voye du salut ceux qui s'en
font , écartez, & leur fit
connoîtrequ'il ne leur estoitpas
inutile d'avoir esté
quelque temps envelopez
des tene bres de l'erreur,
parce qu'estant enfinheureusement
éclairez des lumieres
de la verité, ils auroient
plus de plaisir à la
voir, & plus de facilité à la
faire voir aux autres, En fuite
il leur expliqua les deux caractères
de la veritable Eglise,
qui sont son Unité,& ion
Universalité,& ille fit d'une
maniere sublime, & en mefme
temps si claire, qu'il rendit
capables ceux qu'il instruisoit,
d'instruireàleurtour
les plus aveuglez du Party
contraire. Il finit en leur disant,
qu'ayantl'avantaged'estre
devenus Enfans de lumiere,
ilsdevoient tâcher de dissiper les
erreurs autant par la pureté de
leur vie & de leurs moeurs, que
par celle de leur Foy; que tout
leur estoitfavorable, puis qu'en
rentrant
rentrant au sein de l'Eglise, ils
rentroientaussi dans le coeur d'un
Pere,dont ilsrecevroient de continuelles
marques de tendresse,
&que ce qui estoitpour eux un
bonheurfortgrand
,
c'est qu'ils
rentroientd'une maniere plus
singuliere fous la protection du
plus grand de tous les Roys, dont
lajusticeempeschoit que les Ensans
qui quittoient les maximes
de Calvin, ne redoutassent l'injusteindignation
de leurs Peres,
& dont la bonté offroit des récompensesproportionnées
aumerite
de ceux qui rendoient leurs
soûmissionsàl'Eglise. CeDisc
cours nattira pas moins de
loüanges au nouveau Prélat
dont je vous parle, qu'il fut
profitable pour tous ceux
qui l'entendirent.
Madame la Viguiere
Laon, & Pair de France,
ayant fait son Entréedans
sa Ville Episcopale au commencement
de l'autre Mois,
comme je vous l'ay mandé,
n'eut point déslors de soin
plus pressant que de s'appliquer
à la Convei sion des
Herétiques. L'ardeur de son
zele eut un succés si heureux,
que sept jours apres ilreçeut
l'abjuration de dix Personnes.
Chacun fut charmédu
Discours qu'il sir à ces nouveaux
Catholiques. Il leur
À
témoigna d'abord la joye
qu'il auoit de commencer
les fonctions de son ministere
par celle du Bon Pasteur,
qui est de remettre dans la
voye du salut ceux qui s'en
font , écartez, & leur fit
connoîtrequ'il ne leur estoitpas
inutile d'avoir esté
quelque temps envelopez
des tene bres de l'erreur,
parce qu'estant enfinheureusement
éclairez des lumieres
de la verité, ils auroient
plus de plaisir à la
voir, & plus de facilité à la
faire voir aux autres, En fuite
il leur expliqua les deux caractères
de la veritable Eglise,
qui sont son Unité,& ion
Universalité,& ille fit d'une
maniere sublime, & en mefme
temps si claire, qu'il rendit
capables ceux qu'il instruisoit,
d'instruireàleurtour
les plus aveuglez du Party
contraire. Il finit en leur disant,
qu'ayantl'avantaged'estre
devenus Enfans de lumiere,
ilsdevoient tâcher de dissiper les
erreurs autant par la pureté de
leur vie & de leurs moeurs, que
par celle de leur Foy; que tout
leur estoitfavorable, puis qu'en
rentrant
rentrant au sein de l'Eglise, ils
rentroientaussi dans le coeur d'un
Pere,dont ilsrecevroient de continuelles
marques de tendresse,
&que ce qui estoitpour eux un
bonheurfortgrand
,
c'est qu'ils
rentroientd'une maniere plus
singuliere fous la protection du
plus grand de tous les Roys, dont
lajusticeempeschoit que les Ensans
qui quittoient les maximes
de Calvin, ne redoutassent l'injusteindignation
de leurs Peres,
& dont la bonté offroit des récompensesproportionnées
aumerite
de ceux qui rendoient leurs
soûmissionsàl'Eglise. CeDisc
cours nattira pas moins de
loüanges au nouveau Prélat
dont je vous parle, qu'il fut
profitable pour tous ceux
qui l'entendirent.
Madame la Viguiere
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Résumé : Conversions faites par M. l'Evesque Duc de Laon, avec un Extrait de son Discours aux Nouveaux Convertis, [titre d'après la table]
Le duc de Laon, pair de France, a pris possession de sa ville épiscopale et a commencé à convertir les hérétiques. Sept jours après son arrivée, dix personnes ont abjuré leurs croyances hérétiques. L'évêque a exprimé sa joie de débuter son ministère par cette conversion, affirmant que leur expérience passée les rendrait aptes à promouvoir la vérité. Il a décrit les caractéristiques de la véritable Église, son unité et son universalité, de manière claire et sublime. Les convertis pourraient ainsi instruire les opposants. L'évêque a encouragé les nouveaux catholiques à adopter des principes moraux élevés et à bénéficier de la protection royale, qui garantissait leur sécurité et offrait des récompenses pour leur soumission à l'Église. Ce discours a été bien accueilli et bénéfique pour tous les auditeurs.
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4
p. 19-22
Autres Abjurations faites au Val-de-Grace, [titre d'après la table]
Début :
Le mesme jour 27 de Juin, deux Gentilhommes de l'Auxerrois, [...]
Mots clefs :
Gentilhommes, Famille, Religion prétendue réformée, Abjuration, Doutes, Vérités, Éclaircissements, Honneur, Cérémonie
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texteReconnaissance textuelle : Autres Abjurations faites au Val-de-Grace, [titre d'après la table]
Le mefme jour 27.de Juin ,
deux Gentilshommes de
l'Auxerrois , nommez M" du
Moter, dont la Famille avoit
toûjours efté tres - conſidérable
dans le Party de la Reli
gion Prétendue Reformée ,
en firent icy l'abjuration avec
Bij
20 MERCURE
Mademoiſelle du Motet leur
Soeur. Apres avoir fenty
longtemps plufieurs doutes,
fur lefquels ils effayoient de
s'éclaircir dans la Province ,
ils eftoient venus depuis
deux mois à Paris , où les
conférences preſque continuelles
qu'ils eurent avec
des Gens auffi fçavans que
pieux , leur avoient enfin
donné l'entier éclairciffe
ment des Veritez qu'ils cherchoient.
Madame la Maréchale
de la Mote , dont ils
ont l'honneur d'eftre connus
particulierement , les avoit
GALANT. 21
adreffez à M' l'Evefque de
Meaux, qui leur ayant trouvé
la difpofition de coeur,& d'ef
prit neceffaire pour une Action
de cette importance, en
fit la Cerémonie le jour que
je viens de vous marquer,
dans le Choeur de l'Eglife
Royale du Val- de - Grace , à
l'ouverture de la Grille . Ce
grand Prélat leur fit un Dif
cours digne de la force & de
la douceur de fon efprit , &
de toute la réputation qu'il
s'eft acquife. Tous ceux qui
l'entendirent en furent charmez.
La Cerémonie fut faite
22 MERCURE
en préſence de Mademoifelle
d'Orleans, de Mefdames
les Ducheffes d'Aumont, de
Roquelaure , & d'Epernon ,
de Madame l'Abbeffe du
Val-de - Grace, & de toute fa
Communauté
,& d'un grand
nombre d'Amis de ceux
pour qui elle fe faifoit. Ils
prononcerent l'Acte de leur
Abjuration avec un zele
plein de modeftie , dont il
n'y eut perfonne qui ne fuft
touché.
deux Gentilshommes de
l'Auxerrois , nommez M" du
Moter, dont la Famille avoit
toûjours efté tres - conſidérable
dans le Party de la Reli
gion Prétendue Reformée ,
en firent icy l'abjuration avec
Bij
20 MERCURE
Mademoiſelle du Motet leur
Soeur. Apres avoir fenty
longtemps plufieurs doutes,
fur lefquels ils effayoient de
s'éclaircir dans la Province ,
ils eftoient venus depuis
deux mois à Paris , où les
conférences preſque continuelles
qu'ils eurent avec
des Gens auffi fçavans que
pieux , leur avoient enfin
donné l'entier éclairciffe
ment des Veritez qu'ils cherchoient.
Madame la Maréchale
de la Mote , dont ils
ont l'honneur d'eftre connus
particulierement , les avoit
GALANT. 21
adreffez à M' l'Evefque de
Meaux, qui leur ayant trouvé
la difpofition de coeur,& d'ef
prit neceffaire pour une Action
de cette importance, en
fit la Cerémonie le jour que
je viens de vous marquer,
dans le Choeur de l'Eglife
Royale du Val- de - Grace , à
l'ouverture de la Grille . Ce
grand Prélat leur fit un Dif
cours digne de la force & de
la douceur de fon efprit , &
de toute la réputation qu'il
s'eft acquife. Tous ceux qui
l'entendirent en furent charmez.
La Cerémonie fut faite
22 MERCURE
en préſence de Mademoifelle
d'Orleans, de Mefdames
les Ducheffes d'Aumont, de
Roquelaure , & d'Epernon ,
de Madame l'Abbeffe du
Val-de - Grace, & de toute fa
Communauté
,& d'un grand
nombre d'Amis de ceux
pour qui elle fe faifoit. Ils
prononcerent l'Acte de leur
Abjuration avec un zele
plein de modeftie , dont il
n'y eut perfonne qui ne fuft
touché.
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Résumé : Autres Abjurations faites au Val-de-Grace, [titre d'après la table]
Le 27 juin, deux gentilshommes de l'Auxerrois, M. du Moter, et leur sœur, Mademoiselle du Motet, membres d'une famille influente du parti de la Religion Prétendue Réformée, ont abjuré leur foi. Ils étaient arrivés à Paris deux mois plus tôt pour participer à des conférences avec des personnes savantes et pieuses, ce qui leur avait permis de clarifier leurs doutes religieux. Madame la Maréchale de la Mote les avait dirigés vers l'Évêque de Meaux, qui avait jugé leur disposition favorable à cette conversion. La cérémonie a eu lieu dans le chœur de l'Église Royale du Val-de-Grâce, en présence de personnalités notables telles que Mademoiselle d'Orléans, les Duchesses d'Aumont, de Roquelaure et d'Épernon, ainsi que Madame l'Abbesse du Val-de-Grâce et de nombreux amis. L'évêque a prononcé un discours apprécié, et les abjurations ont été faites avec zèle et modestie, émouvant profondément les témoins.
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5
p. 266-272
Mort de Madame l'Abbesse de Farmontier. [titre d'après la table]
Début :
Le 30 du dernier mois, Madame l'Abesse de Farmonstier en Brie, [...]
Mots clefs :
Abbesse, Décès, Communauté, Fille, Gouverneur, Dame, Bel esprit, Discours, Langue latine, Vérités, Maximes, Religion catholique, Actions édifiantes, Résignation, Amour, Cantiques, Religieuse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Mort de Madame l'Abbesse de Farmontier. [titre d'après la table]
Le 30 du dernier mois , Ma
damel'Abeffe de Farmonftier
en Brie , mourut fort regretée
de toute la Communauté. El
le s'appelloit Marie Conftance
du Blé ; & eftoit Fille de
Meffire Jacques du Blé, Marquis
d'Huxelles , & Baron de
Cormatin en Bourgogne ,
Lieutenant general des Armées
du Roy, Gouverneur &
Bailly de Châlons fur Saone,
& de Dame Claude Pheli
peaux la Vrilliere, La Maiſon
du Blé dont elle fortoit , eft
GALANT. 267
une des premieres & des plus
anciennes de Bourgogne.
Madame l'Abbeffe de Far .
monftier dont je vous parle ,
avoit l'efprit élevé & fort pé,
netrant , & faifoit paroiſtre
une extréme vivacité dans
toutes les affaires qu'elle traitoit.
Auffin'a t- elle jamais ba
→ lancé fur les réponfes qu'elle
avoit à faire , quelque matiere
qu'on ait pû luy propofer. Elle
y fatisfaifoit dans le mefme
temps, auffi fagement & aufli
folidement que fielle en avoit
fait fon étude particuliere. Elle
entendoit parfaitement la
Zij
268 MERCURE
langue Latine ; & lors qu'elle
parloit à fa Communauté ,
Tordre , la facilité & la netteté
d'expreffion qui accompa
gnoient fes difcours , les Paffages
des Peres qu'elle citoit
à propos , & la grace naturelle
qu'elle avoit à prononcer ce
qu'elle difoit , prévenoient fi
bien les efprits en la faveur ,
qu'on ne fe laffoit jamais de
l'entendre . Dans fes momens
de loifir , elle préferoit la lecture
à toutes chofes , & prenoit
un extréme plaifir à fe
remplir l'efprit des veritez , &
des maximes les plus faintes
"GALANT 269
de noſtre Religion . Elle en
parloit fçavamment , & avec
beaucoup de piété , car elle
vouloit que le coeur en fuft
remply , ainfi que l'efprit.
C'est pourquoy on luy a fou
vent entendu dire , que l'on
parloit aifément des chofes
faintes , mais qu'on ne les ré
duifoit pas également en pratique
, & que cependant l'un
fans l'autre n'eftoit d'aucune
utilité pour
le Salut. Les ac
tions & les paroles édifiantes
qui ont précedé fa mort , ont
accompagné
fes derniers mo
mens. Elle a préveu en quel
Z iij
270 MERCURE
que façon le changement qui
devoir le faire en elle , & elle
s'y eft preparée pendant quel
ques mois , par tous les exercices
de penitence qu'elle
pouvoit pratiquer. La mort
d'un fage Directeur , en qui
elle avoit mis fon entiere confiance
depuis un fort grand
nombre d'années , fut un préfage
qui luy fit connoître que
le temps de la fienne s'approchoit,
Elle n'avoit pas encore
effuyé fes larmes pour une
perte qui luy eftoit fi fenfible,
lors qu'elle fut attaquée de la
maladie dont elle eft morte.
GALANT. 271
Sa patience n'y a pas moins
éclaté que fa refignation &
fon amour pour fon Createur,
Elle prenoit elle - mefme foin
de confoler toutes les perfonnes
qui l'affiftoient , & qui
s'affligeoient de l'extrémité
où fon mal l'avoit réduite. Elle
demandoit des Cantiques
de joye pour fon heureuſe délivrance
de la priſon de ce
monde, & prioit les Religieu
fes de moderer leur douleur
par l'efperance qu'elle a toûjours
témoigné avoir , que
celuy qui l'avoit fait naiftre
dans l'Eglife , luy donneroit
Z
iiij
272 MERCURE
entrée dans la Gloire
fembloit que Dieu l'euft des
ftinée à un travail prefque
fans relâche , puis qu'à pei
ne avoit elle commencé
àgoûter quelque repos
dans fa premiere Maifon def
Saint Menou , qu'il l'en retira
pour la faire entrer dans
celle de Farmonftier , où elle
a fort peu jouy de l'état tranquille
qu'elle s'y eftoit acquis .
damel'Abeffe de Farmonftier
en Brie , mourut fort regretée
de toute la Communauté. El
le s'appelloit Marie Conftance
du Blé ; & eftoit Fille de
Meffire Jacques du Blé, Marquis
d'Huxelles , & Baron de
Cormatin en Bourgogne ,
Lieutenant general des Armées
du Roy, Gouverneur &
Bailly de Châlons fur Saone,
& de Dame Claude Pheli
peaux la Vrilliere, La Maiſon
du Blé dont elle fortoit , eft
GALANT. 267
une des premieres & des plus
anciennes de Bourgogne.
Madame l'Abbeffe de Far .
monftier dont je vous parle ,
avoit l'efprit élevé & fort pé,
netrant , & faifoit paroiſtre
une extréme vivacité dans
toutes les affaires qu'elle traitoit.
Auffin'a t- elle jamais ba
→ lancé fur les réponfes qu'elle
avoit à faire , quelque matiere
qu'on ait pû luy propofer. Elle
y fatisfaifoit dans le mefme
temps, auffi fagement & aufli
folidement que fielle en avoit
fait fon étude particuliere. Elle
entendoit parfaitement la
Zij
268 MERCURE
langue Latine ; & lors qu'elle
parloit à fa Communauté ,
Tordre , la facilité & la netteté
d'expreffion qui accompa
gnoient fes difcours , les Paffages
des Peres qu'elle citoit
à propos , & la grace naturelle
qu'elle avoit à prononcer ce
qu'elle difoit , prévenoient fi
bien les efprits en la faveur ,
qu'on ne fe laffoit jamais de
l'entendre . Dans fes momens
de loifir , elle préferoit la lecture
à toutes chofes , & prenoit
un extréme plaifir à fe
remplir l'efprit des veritez , &
des maximes les plus faintes
"GALANT 269
de noſtre Religion . Elle en
parloit fçavamment , & avec
beaucoup de piété , car elle
vouloit que le coeur en fuft
remply , ainfi que l'efprit.
C'est pourquoy on luy a fou
vent entendu dire , que l'on
parloit aifément des chofes
faintes , mais qu'on ne les ré
duifoit pas également en pratique
, & que cependant l'un
fans l'autre n'eftoit d'aucune
utilité pour
le Salut. Les ac
tions & les paroles édifiantes
qui ont précedé fa mort , ont
accompagné
fes derniers mo
mens. Elle a préveu en quel
Z iij
270 MERCURE
que façon le changement qui
devoir le faire en elle , & elle
s'y eft preparée pendant quel
ques mois , par tous les exercices
de penitence qu'elle
pouvoit pratiquer. La mort
d'un fage Directeur , en qui
elle avoit mis fon entiere confiance
depuis un fort grand
nombre d'années , fut un préfage
qui luy fit connoître que
le temps de la fienne s'approchoit,
Elle n'avoit pas encore
effuyé fes larmes pour une
perte qui luy eftoit fi fenfible,
lors qu'elle fut attaquée de la
maladie dont elle eft morte.
GALANT. 271
Sa patience n'y a pas moins
éclaté que fa refignation &
fon amour pour fon Createur,
Elle prenoit elle - mefme foin
de confoler toutes les perfonnes
qui l'affiftoient , & qui
s'affligeoient de l'extrémité
où fon mal l'avoit réduite. Elle
demandoit des Cantiques
de joye pour fon heureuſe délivrance
de la priſon de ce
monde, & prioit les Religieu
fes de moderer leur douleur
par l'efperance qu'elle a toûjours
témoigné avoir , que
celuy qui l'avoit fait naiftre
dans l'Eglife , luy donneroit
Z
iiij
272 MERCURE
entrée dans la Gloire
fembloit que Dieu l'euft des
ftinée à un travail prefque
fans relâche , puis qu'à pei
ne avoit elle commencé
àgoûter quelque repos
dans fa premiere Maifon def
Saint Menou , qu'il l'en retira
pour la faire entrer dans
celle de Farmonftier , où elle
a fort peu jouy de l'état tranquille
qu'elle s'y eftoit acquis .
Fermer
Résumé : Mort de Madame l'Abbesse de Farmontier. [titre d'après la table]
Madame l'Abbesse de Farmontier en Brie, Marie Constance du Blé, est décédée le 30 du dernier mois. Fille de Messire Jacques du Blé, Marquis d'Huxelles et Baron de Cormatin en Bourgogne, et de Dame Claude Phelippeaux la Vrillière, elle appartenait à une des plus anciennes familles de Bourgogne. Connue pour son esprit vif et pénétrant, elle maîtrisait le latin et citait souvent les Pères de l'Église. Ses discours étaient marqués par une grande clarté et elle captivait son auditoire par sa grâce naturelle. Dans ses loisirs, elle préférait la lecture des vérités religieuses, qu'elle mettait en pratique avec piété. Après la mort de son directeur spirituel, elle se prépara à la mort par des exercices de pénitence. Lors de sa maladie, elle montra une grande patience et résignation, consolant ceux qui l'entouraient et exprimant son espoir d'entrer dans la gloire divine. Sa vie fut marquée par un travail incessant entre les maisons de Saint-Menou et de Farmontier.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
6
p. 110-122
These consacrée à la destruction de l'Heresie, & soûtenuë en Sorbonne par M. l'Abbé de Révol. [titre d'après la table]
Début :
Le Samedy 14. du mois passé, Mr l'Abbé de Revol soûtint [...]
Mots clefs :
Abbé de Révol, Thèse, Hérésie, Destructions, Ancêtres, Religion, Henry IV, Conversion, Conseils, Privilèges, Hérétiques, Livre, Calvinistes, Erreurs, Vérités, Monarque, Succès
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : These consacrée à la destruction de l'Heresie, & soûtenuë en Sorbonne par M. l'Abbé de Révol. [titre d'après la table]
Le Samedy Ì4. du mois
pafle , MR l'Abbé de Revot
soûtint en Sorbonne une
Théfé consacrée à la destru
ction de l' Herresie dans ce
Royaume. Il fit voir par là
qu'U suivoit ies traces de ses
Âncestres , qui se font tou
jours intereslez dans tout
ce qui a regardé la Religions i
mais particulierement Louis
'de Revol, premier Secretaire
& Ministre d'Estat du Roy .
GALANT, ni
Henry I V. qui dans les Pro
visions qu'il luy fit expedier
de cette importante Charge,
ìe qualifie homme fidelle , de
faine réputation , dejinterep
sé , & accoutumé a le sertir
dés ses premieres années. Il
contribua avec un zele ex
traordinaire à la Conversion
<lcce Prince , & mourut preC
que auílj tost, qu'il eut veu
î'effet de ses conseils par fa
réunion à l'Eglisé , en quoy
l'on, peut dire qu'il a du rap
port avec feu Mr le Tellier,
dernier Chancelier de Fran-
, ce , à qui pour recompense
in MERCURE
de ses grands travaux , Dieu
a donné la satisfaction de fi-'
nir íà vie , aprés avoir scellé
l'Edit qui porte la révoca
tion des Privileges accordez
autrefois aux Herretiques.
Cette Thèse fut soutenue en
presence d'un grand nombre
de personnes d'un rang di
stingue , & de la pluspartdes
Abbez considerables par leur
naissance & par leur merite.
La Divine Sapience y estoit
representee d'un costé , é- "
levée sur des Rochers pour
marquer sa fermeté. Elletenoit
d'une main un Livre d'od
GALANT, ii?
pendoient sept Sçeaux , &fur
lequel paroiíîoit un Agneau.
Ce Livre reprefentoit ecluy
que S* Jean décrit dans lf Apocalypfe
, puis qu'il en portoit
toutes les marques , qui
íònt lçs.sept Sceaux ouverts.
avec l: Agneau. Ces sept
Sçeaux autrefois fermez &
presentement, ouverts , font
fermages naturelles des sept
Sacremens dë l'Eglife que
les Calvinistes, refufoieftt de.
r£conn°istre pendant qu'ils'
etìoienc malheureusement.;
engagez dans les. erreurs de'
leur Secte. Le plus grand des;
Janvier i6&7> KMERCURE
Sac remens > qui est ceky ât&
l'Eucharistie , y eítoifc parti
culierement designé pati'Açneau
que l'on voyoit atí dé1~>
íus du Livre. Cette meíme
Sapience Divine tenoit de
l'autre mainrimage du Saint.
Esprit íòus la figure d'une Co- :
lomhe , pour faire voir que
lìEgl'Ue ' a receu i du Sauveur
du mondeson Esprit lors qu'il.
elt monté au Ciel , pour le
faire paíïèr jusqu'à; íçs En fans»
Elle estai t habillée cn Ama
zone , pour nous apprendre
que quelque douceur qu'ait
la Grace, &: de quelques charGALAKT.
n$
mes queíbit accompagné Fe:
joug du Seigneur , il saur,
pourtant quelquefois user de;
lès forces,que les Péres appels
lent une heureuse violence..
Du mefme costé , mais un?
peu plus bas,estoit le Portrait
de la Verite' fous la Figure
d'une Femme aíïèz agreable
& à demv.nuë, pour marquer
qu'elle se presente à tous ceux;
qui la veulent suivre. Elle'
brilloit des rayons que le So*
leit répandoit fur elle , afin de
fàire comprendre, que c'est au
ía Grace à faire connoistre lai
Verité , & que si elle eífc re-.
né MERCURE
connue de nos jours par
ceux qui estaient ses plus
cruels Ennemis , la France en
est redevable aux foins de
l'Incomparable Monarque
qui la gouverne. Encore plus
bas & de ce mesme coste' , étoit
la Justice ayant devant
elle un faisceau d'Armes,
ce qui reprefentoit encore
mieux que c'est à la Justice
du Roy & à fes Edirs que
nous devons le triomphe de
la Verité fur le Mensonge. La >
Justice estoit assise fur une
grande pierre quarrée , pour
Faire voir par l'immobilité de
.GALANT. n?
cette pierre que le fruit & lat
gloire de cette grande actioni
dureront eternellemenr.
De l'autre costé on yoyoit
Pallas debout , montrant la
Sapience Divine à un, tresgran<
l nombre de personnes
qui sortoient dune épaisse
Forest. Par cette Forest on faisoit
entendre les ombres de la
mort dans lesquelles estoient
ensevelies tant de personnes
qui depuis un an ont renon
cé à Terreur. Il y en avoit
une entre autres qui se pros
ternant adoroit la Divine
Sapience j $c jettoitdeux Lir
ïi8 MERCURE
vresdont le deíïus les faifoit
connoistre pour ceux de Gaivin
& de Zuingle. Elle jettoic
auíïì un. Masque pour
marquer qu'elle quittoit cou»
tes les préoccupations dont
elle avoit esté prevenue dés
sa jeuneííe. Pallas estant la
Déeííè des Sciences fer voie
à faire connoistre lalliance
de la raison avec lâ foy , &
representoit enniesme temps
îes diíFerens Corps de ce
Royaume qui ont fourny à*
TEgliíe dans ces derniers
temps un grand nombre de
personnes également pieuses
GALANT. is<r
& sçavantes pour detromper
les Herretiques y mais parti
culierement la Faculté de
Theologie de Paris, compo
sée de grands Prelats ,de sçavans
Paíteurs & de Mission
naires zelez , qui. montrant
la Verité , la portent jusque
dans les extremitez non feulement
de la France , mais
encore du monde entier.
M*' l' Abbé de Revol s acy
quita de cette action avec
beaucoup de íùccez. Il est
Fils de Meííìre Pierre de Re
vol , Conseiller du Roy ert
ses Conseils d'Estat & Privé
120 MERCURE
en son Parlement de Mets,
Seigneur des Avenieres de
Baron de Charney , cy.de
vant Procureur General eri
la Cour desAydes de Vien
ne en Dauphine , & dans la,
Cour Souveraine de Bourg
en Breíïè , & de Dame Fran
çoise de S. Chamans de l'Illu.
stre Maison de S.Chamans du:
Pescher, qui compre parmy
les Grands Hommes qui en
font sortis plusieurs Cheva
liers des Ordres du Roy ,& en
tre autres Jean de S; ChamanSyGouverneur
du haut &
bas Liinosin,rnarzé à Margue.
] GALANT, m
rite d'Abche àt la Maiso»
d'Uzez,une des plus ancien-
^ nes du Languedoc j Hugues
de S. Chamans , Òc Helie de
S. Chamans son Fils , qui flit
faic prisonnier a la Bataille de
S.Quentin,apre's avoir donné
mille preuves d'unevaleur ex»
traordinaire. La Maison de
S.Chamans est alliée à celles
d'Uzez , de Luxembourg,
de Turennes , de Noailles,
des Urfins , d'Hauceforc , &c
des Princes de Vaudemonr ,
desquels descendoit Aimce:
de Ponthalier , Ayeulede la
Mere de M l'Abbé de Re-.
Jtirwier 1SS7. L
m MERCURE
voL Elle a aujourd'huy pour
ChefMr de S. Chamans,Mar-,
quis de Mery , Baron du
Pefcher,& Capitaine Exempt
de la premiere Compagnie
des Gardes du Corps , dont
touc le monde connoit le
merite.
pafle , MR l'Abbé de Revot
soûtint en Sorbonne une
Théfé consacrée à la destru
ction de l' Herresie dans ce
Royaume. Il fit voir par là
qu'U suivoit ies traces de ses
Âncestres , qui se font tou
jours intereslez dans tout
ce qui a regardé la Religions i
mais particulierement Louis
'de Revol, premier Secretaire
& Ministre d'Estat du Roy .
GALANT, ni
Henry I V. qui dans les Pro
visions qu'il luy fit expedier
de cette importante Charge,
ìe qualifie homme fidelle , de
faine réputation , dejinterep
sé , & accoutumé a le sertir
dés ses premieres années. Il
contribua avec un zele ex
traordinaire à la Conversion
<lcce Prince , & mourut preC
que auílj tost, qu'il eut veu
î'effet de ses conseils par fa
réunion à l'Eglisé , en quoy
l'on, peut dire qu'il a du rap
port avec feu Mr le Tellier,
dernier Chancelier de Fran-
, ce , à qui pour recompense
in MERCURE
de ses grands travaux , Dieu
a donné la satisfaction de fi-'
nir íà vie , aprés avoir scellé
l'Edit qui porte la révoca
tion des Privileges accordez
autrefois aux Herretiques.
Cette Thèse fut soutenue en
presence d'un grand nombre
de personnes d'un rang di
stingue , & de la pluspartdes
Abbez considerables par leur
naissance & par leur merite.
La Divine Sapience y estoit
representee d'un costé , é- "
levée sur des Rochers pour
marquer sa fermeté. Elletenoit
d'une main un Livre d'od
GALANT, ii?
pendoient sept Sçeaux , &fur
lequel paroiíîoit un Agneau.
Ce Livre reprefentoit ecluy
que S* Jean décrit dans lf Apocalypfe
, puis qu'il en portoit
toutes les marques , qui
íònt lçs.sept Sceaux ouverts.
avec l: Agneau. Ces sept
Sçeaux autrefois fermez &
presentement, ouverts , font
fermages naturelles des sept
Sacremens dë l'Eglife que
les Calvinistes, refufoieftt de.
r£conn°istre pendant qu'ils'
etìoienc malheureusement.;
engagez dans les. erreurs de'
leur Secte. Le plus grand des;
Janvier i6&7> KMERCURE
Sac remens > qui est ceky ât&
l'Eucharistie , y eítoifc parti
culierement designé pati'Açneau
que l'on voyoit atí dé1~>
íus du Livre. Cette meíme
Sapience Divine tenoit de
l'autre mainrimage du Saint.
Esprit íòus la figure d'une Co- :
lomhe , pour faire voir que
lìEgl'Ue ' a receu i du Sauveur
du mondeson Esprit lors qu'il.
elt monté au Ciel , pour le
faire paíïèr jusqu'à; íçs En fans»
Elle estai t habillée cn Ama
zone , pour nous apprendre
que quelque douceur qu'ait
la Grace, &: de quelques charGALAKT.
n$
mes queíbit accompagné Fe:
joug du Seigneur , il saur,
pourtant quelquefois user de;
lès forces,que les Péres appels
lent une heureuse violence..
Du mefme costé , mais un?
peu plus bas,estoit le Portrait
de la Verite' fous la Figure
d'une Femme aíïèz agreable
& à demv.nuë, pour marquer
qu'elle se presente à tous ceux;
qui la veulent suivre. Elle'
brilloit des rayons que le So*
leit répandoit fur elle , afin de
fàire comprendre, que c'est au
ía Grace à faire connoistre lai
Verité , & que si elle eífc re-.
né MERCURE
connue de nos jours par
ceux qui estaient ses plus
cruels Ennemis , la France en
est redevable aux foins de
l'Incomparable Monarque
qui la gouverne. Encore plus
bas & de ce mesme coste' , étoit
la Justice ayant devant
elle un faisceau d'Armes,
ce qui reprefentoit encore
mieux que c'est à la Justice
du Roy & à fes Edirs que
nous devons le triomphe de
la Verité fur le Mensonge. La >
Justice estoit assise fur une
grande pierre quarrée , pour
Faire voir par l'immobilité de
.GALANT. n?
cette pierre que le fruit & lat
gloire de cette grande actioni
dureront eternellemenr.
De l'autre costé on yoyoit
Pallas debout , montrant la
Sapience Divine à un, tresgran<
l nombre de personnes
qui sortoient dune épaisse
Forest. Par cette Forest on faisoit
entendre les ombres de la
mort dans lesquelles estoient
ensevelies tant de personnes
qui depuis un an ont renon
cé à Terreur. Il y en avoit
une entre autres qui se pros
ternant adoroit la Divine
Sapience j $c jettoitdeux Lir
ïi8 MERCURE
vresdont le deíïus les faifoit
connoistre pour ceux de Gaivin
& de Zuingle. Elle jettoic
auíïì un. Masque pour
marquer qu'elle quittoit cou»
tes les préoccupations dont
elle avoit esté prevenue dés
sa jeuneííe. Pallas estant la
Déeííè des Sciences fer voie
à faire connoistre lalliance
de la raison avec lâ foy , &
representoit enniesme temps
îes diíFerens Corps de ce
Royaume qui ont fourny à*
TEgliíe dans ces derniers
temps un grand nombre de
personnes également pieuses
GALANT. is<r
& sçavantes pour detromper
les Herretiques y mais parti
culierement la Faculté de
Theologie de Paris, compo
sée de grands Prelats ,de sçavans
Paíteurs & de Mission
naires zelez , qui. montrant
la Verité , la portent jusque
dans les extremitez non feulement
de la France , mais
encore du monde entier.
M*' l' Abbé de Revol s acy
quita de cette action avec
beaucoup de íùccez. Il est
Fils de Meííìre Pierre de Re
vol , Conseiller du Roy ert
ses Conseils d'Estat & Privé
120 MERCURE
en son Parlement de Mets,
Seigneur des Avenieres de
Baron de Charney , cy.de
vant Procureur General eri
la Cour desAydes de Vien
ne en Dauphine , & dans la,
Cour Souveraine de Bourg
en Breíïè , & de Dame Fran
çoise de S. Chamans de l'Illu.
stre Maison de S.Chamans du:
Pescher, qui compre parmy
les Grands Hommes qui en
font sortis plusieurs Cheva
liers des Ordres du Roy ,& en
tre autres Jean de S; ChamanSyGouverneur
du haut &
bas Liinosin,rnarzé à Margue.
] GALANT, m
rite d'Abche àt la Maiso»
d'Uzez,une des plus ancien-
^ nes du Languedoc j Hugues
de S. Chamans , Òc Helie de
S. Chamans son Fils , qui flit
faic prisonnier a la Bataille de
S.Quentin,apre's avoir donné
mille preuves d'unevaleur ex»
traordinaire. La Maison de
S.Chamans est alliée à celles
d'Uzez , de Luxembourg,
de Turennes , de Noailles,
des Urfins , d'Hauceforc , &c
des Princes de Vaudemonr ,
desquels descendoit Aimce:
de Ponthalier , Ayeulede la
Mere de M l'Abbé de Re-.
Jtirwier 1SS7. L
m MERCURE
voL Elle a aujourd'huy pour
ChefMr de S. Chamans,Mar-,
quis de Mery , Baron du
Pefcher,& Capitaine Exempt
de la premiere Compagnie
des Gardes du Corps , dont
touc le monde connoit le
merite.
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Résumé : These consacrée à la destruction de l'Heresie, & soûtenuë en Sorbonne par M. l'Abbé de Révol. [titre d'après la table]
Le 4 avril, l'abbé de Revot a présenté une thèse à la Sorbonne sur la destruction de l'hérésie dans le royaume. Il a mis en avant son engagement religieux, s'inspirant de ses ancêtres, dont Louis de Revol, secrétaire et ministre d'État du roi Henri IV, qui le décrivait comme un homme fidèle, de bonne réputation, désintéressé et dévoué dès son jeune âge. La thèse abordait la conversion des sacrements, en particulier l'Eucharistie, et soulignait la sagesse divine représentée par une colombe, symbole de l'Esprit Saint reçu par l'Église après l'ascension du Christ. La Grâce était comparée à une amazone, illustrant sa capacité à être douce mais aussi ferme. La Vérité était représentée par une femme agréable et nue, illuminée par les rayons du Soleil, symbolisant la grâce nécessaire pour la connaître. La Justice, armée d'un faisceau d'armes, montrait que le triomphe de la vérité sur le mensonge était dû à la justice royale et à ses édits. La Justice était assise sur une pierre carrée, signifiant l'éternité de cette action. Pallas, déesse des sciences, guidait des personnes sortant d'une forêt obscure, représentant les ombres de la mort et les erreurs abandonnées. Parmi eux, une personne jetait des livres de Calvin et Zwingli, symbolisant l'abandon des préoccupations hérétiques. Pallas incarnait l'alliance de la raison et de la foi, ainsi que les corps savants du royaume, notamment la Faculté de Théologie de Paris, qui combattaient l'hérésie. L'abbé de Revot, fils de Pierre de Revol, conseiller du roi, et de Françoise de Saint-Chamans, issue d'une famille illustre ayant produit plusieurs chevaliers, a brillamment réussi cette démonstration.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
7
p. 3-11
Histoire de l'Academie Royale des Sciences, Année 1709.
Début :
Messieurs de l'Academie Royale des Sciences viennent de donner au [...]
Mots clefs :
Académie royale des sciences, Mémoires, Public, Vérités
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Histoire de l'Academie Royale des Sciences, Année 1709.
Histoire dePAc-ademieBodes .yaleder
Sciences, Année170p.
Messieurs de l'AcademieRoyale
des Sciences
viennent de donner au
public un volume de leur
Histoire ; c'est-à-dire un
Recueil de Pieces Académiques
sur toutes les
Sciences, précédéd'un
Ouvrage particulier du
Secrétaire*de la Compagnie,
danslequelilexpose
d'une maniéré plus
générale ce qui est explique
en détail dans chaque
Mémoire.
Ceux qui aiment les
Sciences çonnoissènt le
prix dece Livre. La curiosité
est satisfaite par
? Mr de FonTcwlic.
les nouvelles découvertes
que l'on y trouve;
elles sont la pluspart le
fruit de la plus profonde
méditation & de la
recherche la plus active
-& la plus industrieuse,
unbon esprit attentif
à la méthode que l'on a
suivie pour y parvenir
doit yadmirer cette vivacité
ingenieusequia
pénétré les misteres de la
Nature, & les secrets de
la Geometriela plus fublilne;
cette attention
exacte qui met le sceau
aux Expériences les plus
difficiles; cette force .&
cette justesse de raisonnement
qui fait la régularité
des systémes les plus
hardis, qui en fondela
vrai-semblance, &qui
dans les matieres douteuses
donne de l'autorité
aux simples conjectures.
.-
Les Scavans font toûjours
un present utile au
public quand ils lui donnent
leurs découvertes ;
mais le plus important
servicequ'ils puissent lui
rendre, c'est de lui ouvrir
les chemins qui les
ont conduits à la connoissance
delàvérité )&
de lui faire part d'une
excellente methode toûjours
propre à étendre
lesvûës de l'esprit & le
progrés des sciences. -C'estencela queconsiste
la principale utilité des
Mémoires de cette fçavante
Academie. Nonseulement
on y trouve
des veritez qui n'avoient
jamais cfté connuës,
mais quand on lit ces
Mémoires avecreflexion
onydécouvre à chaque
pas des regles fûres pour
se conduire dans ses recherches.
La première partie de
ce Livre est intitulée,
Histoire de l'Academie
Royale des Sciences. On
y reprend ce qui cft con-*
tenu en substance dans
chaque Mémoire;ç'en
est
, pour ainli- dire
,
le
précis.
Elle a deux avantages,
Ellesert comme d'introduction
&C de préparation
à ceux qui veulent
lire les Mémoires & leur
en facilite l'intelligence;
&; quand ces Mémoires
sont lûs, elle devientune
récapitulation de tout ce
, "r qu'on y a vu: en forte quV
elle dispose d'abord 1ef
pritàse laisser convaincre
des veritez qu'on luiannonce;
& fert ensuite à y
fixer ces mêmes veritez,
enfaisant voir comment
elles tiennent les unes
aux autres, & en les afsemblant
fous leurs principes,
dont on fait connoistre
en même temps
la juste étenduë, l'usage
& la fécondité.
L'élegance &c la politesse
qui regnent dans
cet ouvrage, toutherissé
- d'ailleurs deveritezabs
traites de tous les genres,
lont une preuve quesi
les graces & les sciences
ne font pas toujours en.,
semble; il n'y a pas entr'elles
tant d'incompatibilité
qu'on se l'imagine.
:
Je n'entreprens pas de
donner icy un Extrait
detout ce qui effc contenu
dans le dernier Volume
qui vient de paroistre.
i'
Sur tout je respecte cetic
grands morceaux de
Geometrie qui ne veulent
point estre démembrez
,
& qu'il faudroit
presentertout d'une piece
; je choisiray seulement
dans les matieres
moins abstraites, quelquesendroits
curieux
qui peuvent se détacher ,
des Mémoires, &c qui
pour estre entendus nO.
demandent ni une grande
contention d'elprit,
ni une connoissance de
principes trop élevez. A,
l'égard du relie , je me
contenterai de donner
unetable des Matières
particulières qui font
traitées dans les inemoires
; au moinsceuxqui
s'y interessent feront
bien aise de avoir l'en*
droitoù elles [onrexpli.
quées,afin d'y avoir re*
cours aubesoin.
Sciences, Année170p.
Messieurs de l'AcademieRoyale
des Sciences
viennent de donner au
public un volume de leur
Histoire ; c'est-à-dire un
Recueil de Pieces Académiques
sur toutes les
Sciences, précédéd'un
Ouvrage particulier du
Secrétaire*de la Compagnie,
danslequelilexpose
d'une maniéré plus
générale ce qui est explique
en détail dans chaque
Mémoire.
Ceux qui aiment les
Sciences çonnoissènt le
prix dece Livre. La curiosité
est satisfaite par
? Mr de FonTcwlic.
les nouvelles découvertes
que l'on y trouve;
elles sont la pluspart le
fruit de la plus profonde
méditation & de la
recherche la plus active
-& la plus industrieuse,
unbon esprit attentif
à la méthode que l'on a
suivie pour y parvenir
doit yadmirer cette vivacité
ingenieusequia
pénétré les misteres de la
Nature, & les secrets de
la Geometriela plus fublilne;
cette attention
exacte qui met le sceau
aux Expériences les plus
difficiles; cette force .&
cette justesse de raisonnement
qui fait la régularité
des systémes les plus
hardis, qui en fondela
vrai-semblance, &qui
dans les matieres douteuses
donne de l'autorité
aux simples conjectures.
.-
Les Scavans font toûjours
un present utile au
public quand ils lui donnent
leurs découvertes ;
mais le plus important
servicequ'ils puissent lui
rendre, c'est de lui ouvrir
les chemins qui les
ont conduits à la connoissance
delàvérité )&
de lui faire part d'une
excellente methode toûjours
propre à étendre
lesvûës de l'esprit & le
progrés des sciences. -C'estencela queconsiste
la principale utilité des
Mémoires de cette fçavante
Academie. Nonseulement
on y trouve
des veritez qui n'avoient
jamais cfté connuës,
mais quand on lit ces
Mémoires avecreflexion
onydécouvre à chaque
pas des regles fûres pour
se conduire dans ses recherches.
La première partie de
ce Livre est intitulée,
Histoire de l'Academie
Royale des Sciences. On
y reprend ce qui cft con-*
tenu en substance dans
chaque Mémoire;ç'en
est
, pour ainli- dire
,
le
précis.
Elle a deux avantages,
Ellesert comme d'introduction
&C de préparation
à ceux qui veulent
lire les Mémoires & leur
en facilite l'intelligence;
&; quand ces Mémoires
sont lûs, elle devientune
récapitulation de tout ce
, "r qu'on y a vu: en forte quV
elle dispose d'abord 1ef
pritàse laisser convaincre
des veritez qu'on luiannonce;
& fert ensuite à y
fixer ces mêmes veritez,
enfaisant voir comment
elles tiennent les unes
aux autres, & en les afsemblant
fous leurs principes,
dont on fait connoistre
en même temps
la juste étenduë, l'usage
& la fécondité.
L'élegance &c la politesse
qui regnent dans
cet ouvrage, toutherissé
- d'ailleurs deveritezabs
traites de tous les genres,
lont une preuve quesi
les graces & les sciences
ne font pas toujours en.,
semble; il n'y a pas entr'elles
tant d'incompatibilité
qu'on se l'imagine.
:
Je n'entreprens pas de
donner icy un Extrait
detout ce qui effc contenu
dans le dernier Volume
qui vient de paroistre.
i'
Sur tout je respecte cetic
grands morceaux de
Geometrie qui ne veulent
point estre démembrez
,
& qu'il faudroit
presentertout d'une piece
; je choisiray seulement
dans les matieres
moins abstraites, quelquesendroits
curieux
qui peuvent se détacher ,
des Mémoires, &c qui
pour estre entendus nO.
demandent ni une grande
contention d'elprit,
ni une connoissance de
principes trop élevez. A,
l'égard du relie , je me
contenterai de donner
unetable des Matières
particulières qui font
traitées dans les inemoires
; au moinsceuxqui
s'y interessent feront
bien aise de avoir l'en*
droitoù elles [onrexpli.
quées,afin d'y avoir re*
cours aubesoin.
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Résumé : Histoire de l'Academie Royale des Sciences, Année 1709.
L'Académie Royale des Sciences a publié un volume de son Histoire, regroupant des pièces académiques sur diverses sciences. Ce volume inclut un ouvrage du secrétaire de la compagnie, qui présente les détails de chaque mémoire. Les découvertes y sont issues de méditations profondes et de recherches actives, appréciées pour leur vivacité et leur exactitude. Les savants offrent au public des connaissances utiles et ouvrent des chemins vers la vérité, partageant des méthodes pour étendre les vues de l'esprit et le progrès des sciences. Le livre est divisé en deux parties. La première, 'Histoire de l'Académie Royale des Sciences', résume chaque mémoire et sert d'introduction et de récapitulation. Elle facilite la compréhension des mémoires et montre comment les vérités se tiennent entre elles. L'ouvrage est également remarquable pour son élégance et sa politesse, prouvant que les grâces et les sciences ne sont pas incompatibles. Le texte ne fournit pas un extrait complet du dernier volume, mais mentionne des sujets moins abstraits et propose une table des matières pour localiser facilement les sujets traités.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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8
p. 15-20
DEFFENSE de la Géométrie de l'Infini, contre les Objections de M. le Gendre de Saint Aubin.
Début :
Ce n'est pas d'aujourd'hui qu'on attaque la Géométrie ; et l'on ne doit [...]
Mots clefs :
Géométrie, Point, Géomètres, Infini, Euclide, Le Gendre, Lignes, Attaque, Science, Vérités, Défense
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texteReconnaissance textuelle : DEFFENSE de la Géométrie de l'Infini, contre les Objections de M. le Gendre de Saint Aubin.
DEFFENSE de la Géométrie de l'Infini ,
contre les Objections de M. le Gendre de
Saint Aubin.
C
E n'est pas d'aujourd'hui qu'on attaque
la Géométrie ; et l'on ne doit
pas croire que ce soit l'Infini qu'elle a
tout-à-fait embrassé dans ces derniers
siécles , qui l'ait rendue l'objet de ces attaques.
Les définitions mêmes d'Euclide
ont trouvé des contradictions dans les
siécles les plus reculez. Les Sceptiques ,
B iiij pour
16 MERCURE DE FRANCE
pour le moins , se sont joüez de l'évidence
, comme ils se jouoient de la clarté
même du jour.
On peut dire cependant que le gros du
public , sçavant , et même ignorant , a
toujours regardé la Géométrie comme
une science respectable sur la certitude ,
et sur la verités et loin qu'en dernier lieu
ce Public se soit défié de l'Infini qu'on
introduisoit dans cette science ; l'admiration
s'est jointe au respect , malgré la prorestation
des Geometres mêmes , peu
que
instruits , ont cru devoir faire contre
cette prétendue innovation.
Il faut l'avouer aussi : La Géométrie de
l'Infini , par là même qu'elle manie l'Infini
, est pleine , comme ledit fort bien
M. le Gendre , de conclusions vastes , de
veritez hardies , et paradoxes , de points
de vûë extrémement difficiles et escarpez
, qui paroissent même sortir du Géométrique
, et embrasser les sciences les
plus éloignées ; mais ce sçavant Auteur
a tort de vouloir retrouver icy les contradictions
qu'il a fort bien relevées dans
la plupart des Opinions Philosophiques
dont il a fait la matiere de l'Ouvrage
, qui porte ce titre De l'Opinion. Et
quand même il trouveroit quelques conclusions
hazardées , et plus Philosophiques
JANVIER : 1734. 17
ques que Mathématiques dans les Ouvrages
des Géometres modernes , comme
on en a trouvé , sans doute , dans les anciens
, il ne seroit jamais assez autorisé
par là à proscrire toute la Géometrie , ni
même toute la Géométrie moderne , comme
il le fait trop universellement dans
sa réponse du Mercure de Novembre.
Je dis toute la Géometrie en général s
car il est vrai que M.le Gendre sappe tout
en sappant cette premiere notion d'Euclide
, que le point est ce qui n'a point de
parties ; la ligne , ce qui n'a point de largeur
, &c. Notion qui ne semble rien ,
mais qui est pourtant
le fondement
unique
sur lequel toute la précision
, nonseulement
de la Géométrie
transcendante
,
mais de toute sorte de Géométrie
, est absolument
établie.
-
Car rien n'est plus lié , plus systématique
que la Géométrie , et la Transcendante
s'enchaine tres immédiatement
avec la plus simple, et en particulier avec
ces premieres Notions ; ce qui est si vrai
qu'on a remarqué que les plus hautes
spéculations de la nouvelle Géométrie
étoient communément établies sur les
propositions les plus simples des Elemens
d'Euclide ; témoin , par exemple , cette
admirable méthode de la transformation
Bv des
18 MERCURE DE FRANCE
des courbes qui dérive immédiatement
de l'égalité des Rectangles , qui ont leurs
côtez réciproquement proportionnels , et
bien d'autres pareilles dont on voit les
exemples chez les Géometres Anglois , et
en particulier , chez le célébre Neuton.
Une preuve encore de ce que je dis,
c'est qu'il est tres- singulier que tous ceux
qui , de même que M. le Gendre , ont attaqué
la Géométrie de l'Infini , ont tous
attaqué les Notions d'Euclide , sur le
point, la ligne, la surface ; comme si l'on
ne pouvoit secoüer le Faîte de l'Edifice
sans en ébranler les fondemens ; telle est
la correspondance et la liaison systématique
de cette admirable science.
Deux sortes de Sçavans parlent de Surfaces
, de Lignes , de Points ; les Philosophes
et les Géométres. Les Premiers
disputent s'il y a des Points et des Lignes.
proprement dites dans la nature ; et leur
dispute ayant mille et mille fois recommencé
, n'a pas encore fini une fois ;
les Géometres n'en disent qu'un mot , en
commençant ; et ce mot est celui d'Euclide
; le Point n'a aucune partie ; la Ligne
n'a point de largeur; la Surface,point
de profondeur ; cela une fois dit, ils vont
en avant , parce qu'ils sont tous d'accord
.
Et
JANVIER. 1734. 19
Et où vont - ils ? A un systême de véritez
merveilleuses qui se réalisent dans
la pratique de tous les Arts ; à mesurer la
Terre et les Cieux ; à prédire , à point
nommé , les Eclipses , à débrouiller, la
Chronologie et l'Histoire, à regler le Calandrier
, à naviger aux extrémitez des
Mers , à arpenter , à toiser , à fortifier
des Villes , à faire des Horloges , des Lunettes
, des Microscopes , des Machines
de toutes les sortes.
Et ce n'est pas là encore llee plus haut
point où ils arrivent : La Géométrie de
Î'Infini , au jugement de l'esprit , est encore
plus sublime et plus merveilleuse
que tout cela; mais pendant que les Géometres
s'élevent ainsi , les Philosophes
sont encore à disputer s'il y a des Points,
des Lignes et des Surfaces , et à chicaner
Euclide , la Géométrie et les Géomêtres.
Je demande de quel côté on oroit que se
trouve la verité , la réalité , ou la simple
abstraction de l'entendement , pour ne pas
dire l'illusion de l'esprit et la pure chimere.
Et voilà tout ce que j'avois à répondre
au Sçavant Aggresseur de la Géométrie
et des Géometres , auquel on peut
assurer que la Géométrie transcendante
seule offre autant de véritez incontestables
à recueillir pour l'honneur du genre humain
B vj
20 MERCURE DE FRANCE
main qu'il a pû recueillir d'opinions erronées
, pour constater les égaremens de
la Philosophie : ce seroit un second Ouvrage
digne de M. Saint-Aubin.
contre les Objections de M. le Gendre de
Saint Aubin.
C
E n'est pas d'aujourd'hui qu'on attaque
la Géométrie ; et l'on ne doit
pas croire que ce soit l'Infini qu'elle a
tout-à-fait embrassé dans ces derniers
siécles , qui l'ait rendue l'objet de ces attaques.
Les définitions mêmes d'Euclide
ont trouvé des contradictions dans les
siécles les plus reculez. Les Sceptiques ,
B iiij pour
16 MERCURE DE FRANCE
pour le moins , se sont joüez de l'évidence
, comme ils se jouoient de la clarté
même du jour.
On peut dire cependant que le gros du
public , sçavant , et même ignorant , a
toujours regardé la Géométrie comme
une science respectable sur la certitude ,
et sur la verités et loin qu'en dernier lieu
ce Public se soit défié de l'Infini qu'on
introduisoit dans cette science ; l'admiration
s'est jointe au respect , malgré la prorestation
des Geometres mêmes , peu
que
instruits , ont cru devoir faire contre
cette prétendue innovation.
Il faut l'avouer aussi : La Géométrie de
l'Infini , par là même qu'elle manie l'Infini
, est pleine , comme ledit fort bien
M. le Gendre , de conclusions vastes , de
veritez hardies , et paradoxes , de points
de vûë extrémement difficiles et escarpez
, qui paroissent même sortir du Géométrique
, et embrasser les sciences les
plus éloignées ; mais ce sçavant Auteur
a tort de vouloir retrouver icy les contradictions
qu'il a fort bien relevées dans
la plupart des Opinions Philosophiques
dont il a fait la matiere de l'Ouvrage
, qui porte ce titre De l'Opinion. Et
quand même il trouveroit quelques conclusions
hazardées , et plus Philosophiques
JANVIER : 1734. 17
ques que Mathématiques dans les Ouvrages
des Géometres modernes , comme
on en a trouvé , sans doute , dans les anciens
, il ne seroit jamais assez autorisé
par là à proscrire toute la Géometrie , ni
même toute la Géométrie moderne , comme
il le fait trop universellement dans
sa réponse du Mercure de Novembre.
Je dis toute la Géometrie en général s
car il est vrai que M.le Gendre sappe tout
en sappant cette premiere notion d'Euclide
, que le point est ce qui n'a point de
parties ; la ligne , ce qui n'a point de largeur
, &c. Notion qui ne semble rien ,
mais qui est pourtant
le fondement
unique
sur lequel toute la précision
, nonseulement
de la Géométrie
transcendante
,
mais de toute sorte de Géométrie
, est absolument
établie.
-
Car rien n'est plus lié , plus systématique
que la Géométrie , et la Transcendante
s'enchaine tres immédiatement
avec la plus simple, et en particulier avec
ces premieres Notions ; ce qui est si vrai
qu'on a remarqué que les plus hautes
spéculations de la nouvelle Géométrie
étoient communément établies sur les
propositions les plus simples des Elemens
d'Euclide ; témoin , par exemple , cette
admirable méthode de la transformation
Bv des
18 MERCURE DE FRANCE
des courbes qui dérive immédiatement
de l'égalité des Rectangles , qui ont leurs
côtez réciproquement proportionnels , et
bien d'autres pareilles dont on voit les
exemples chez les Géometres Anglois , et
en particulier , chez le célébre Neuton.
Une preuve encore de ce que je dis,
c'est qu'il est tres- singulier que tous ceux
qui , de même que M. le Gendre , ont attaqué
la Géométrie de l'Infini , ont tous
attaqué les Notions d'Euclide , sur le
point, la ligne, la surface ; comme si l'on
ne pouvoit secoüer le Faîte de l'Edifice
sans en ébranler les fondemens ; telle est
la correspondance et la liaison systématique
de cette admirable science.
Deux sortes de Sçavans parlent de Surfaces
, de Lignes , de Points ; les Philosophes
et les Géométres. Les Premiers
disputent s'il y a des Points et des Lignes.
proprement dites dans la nature ; et leur
dispute ayant mille et mille fois recommencé
, n'a pas encore fini une fois ;
les Géometres n'en disent qu'un mot , en
commençant ; et ce mot est celui d'Euclide
; le Point n'a aucune partie ; la Ligne
n'a point de largeur; la Surface,point
de profondeur ; cela une fois dit, ils vont
en avant , parce qu'ils sont tous d'accord
.
Et
JANVIER. 1734. 19
Et où vont - ils ? A un systême de véritez
merveilleuses qui se réalisent dans
la pratique de tous les Arts ; à mesurer la
Terre et les Cieux ; à prédire , à point
nommé , les Eclipses , à débrouiller, la
Chronologie et l'Histoire, à regler le Calandrier
, à naviger aux extrémitez des
Mers , à arpenter , à toiser , à fortifier
des Villes , à faire des Horloges , des Lunettes
, des Microscopes , des Machines
de toutes les sortes.
Et ce n'est pas là encore llee plus haut
point où ils arrivent : La Géométrie de
Î'Infini , au jugement de l'esprit , est encore
plus sublime et plus merveilleuse
que tout cela; mais pendant que les Géometres
s'élevent ainsi , les Philosophes
sont encore à disputer s'il y a des Points,
des Lignes et des Surfaces , et à chicaner
Euclide , la Géométrie et les Géomêtres.
Je demande de quel côté on oroit que se
trouve la verité , la réalité , ou la simple
abstraction de l'entendement , pour ne pas
dire l'illusion de l'esprit et la pure chimere.
Et voilà tout ce que j'avois à répondre
au Sçavant Aggresseur de la Géométrie
et des Géometres , auquel on peut
assurer que la Géométrie transcendante
seule offre autant de véritez incontestables
à recueillir pour l'honneur du genre humain
B vj
20 MERCURE DE FRANCE
main qu'il a pû recueillir d'opinions erronées
, pour constater les égaremens de
la Philosophie : ce seroit un second Ouvrage
digne de M. Saint-Aubin.
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Résumé : DEFFENSE de la Géométrie de l'Infini, contre les Objections de M. le Gendre de Saint Aubin.
Le texte 'Défense de la Géométrie de l'Infini' répond aux critiques de M. le Gendre de Saint-Aubin concernant la géométrie, notamment celle de l'infini. L'auteur souligne que les attaques contre la géométrie ne sont pas nouvelles et que même les définitions d'Euclide ont été contestées par le passé. Malgré ces contestations, la géométrie a toujours été respectée pour sa certitude et sa vérité. L'auteur reconnaît que la géométrie de l'infini comporte des conclusions vastes et des paradoxes, mais critique Saint-Aubin pour vouloir y trouver des contradictions similaires à celles des opinions philosophiques. Il défend les notions fondamentales d'Euclide, telles que le point sans parties et la ligne sans largeur, qui sont essentielles à toute géométrie, y compris la géométrie transcendante. L'auteur illustre cette liaison systématique en mentionnant des méthodes géométriques avancées basées sur des propositions simples d'Euclide. Le texte oppose les géomètres, qui utilisent ces notions pour des applications pratiques et scientifiques, aux philosophes, qui disputent encore de l'existence des points, lignes et surfaces. L'auteur conclut en affirmant que la géométrie transcendante offre des vérités incontestables et honore le genre humain, contrairement aux erreurs philosophiques.
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9
p. 101-121
SUITE DES MÉLANGES DE LITTÉRATURE. ESSAI sur les Elémens de Philosophie ou sur les principes des connoissances humaines.
Début :
Cet Essai dont on voit les germes dans l'article Elémens de l'Encyclopédie, est le [...]
Mots clefs :
Jean Le Rond d'Alembert, Philosophie, Éléments de philosophie, Morale, Lois, Nature, Physique, Objets, Principes, Observation, Objet, Vérités, Science, Ouvrages, Esprit, Idées, Géométrie, Anciens, Hommes, Étude
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUITE DES MÉLANGES DE LITTÉRATURE. ESSAI sur les Elémens de Philosophie ou sur les principes des connoissances humaines.
SUITE DES MÉLANGES DE LITTÉRATURE.
ESSAIfur lesElémens de Philofophie oufur
les principes des connoiffances humaines.
CET Effai dorit on voit les germes dans
Τ
l'article Elémens de l'Encyclopédie , eft le
morceau le plus confidérable de la nou-.
velle Edition de ces Mélanges. L'impor
tance du føjet & la maniere noble , fage
& hardie dont il eft traité , méritent
qu'on s'y arrête ; le ton de Philofophie &
le caractere d'efprit de M. Dalembert ne
fe montrent dans aucun de fes ouvrages
plus fenfiblement que dans celui- ci
Cet Ecrivain célébre comme ncepat
une obfervation affez finguliere : il remar
que que depuis environ 300 ans la Nature
avoit deftiné le milieu de chaque fiécle à
être l'époque d'une révolution dans l'efprit
humain. La prife de Conftantinople dans
le milieu du quinziéme amena des Sçavans
diftingués en Italie , & y fit revivre les
Lettres. La réformation ranima l'émulation
& l'étude de toutes les Sciences vers
le milieu du feiziéme ; Defcartes donne
une nouvelle face à la Philofophie au mi-
E iij
102 MERCURE DE FRANCE.
lieu du dix - feptiéme ; & pour peu que l'on
confidére avec des yeux attentifs le temps
où nous vivons , il eft aifé d'appercevoir
qu'il s'eft fait dans nos idées un changement
rapide & fenfible qui femble en
préparer un plus confidérable encore . Ces
révolutions de l'efprit humain , ces efpéces
de fecouffes qu'il reçoit de temps
en temps de la Nature , font pour un
Spectateur Philofophe un objet agréable
& furtout inftructif ; il feroit donc à fou
haiter, pour le progrès des Sciences , que
nous en euffions un tableau exact à chaque
époque le plan de l'Encyclopédie
a été formé dans cette vue ; mais il feroit
poffible de rendre ce grand ouvra
ge d'une utilité plus générale & plus ferr
fible , il feroit très-important de réunir
& de rapprocher les vérités effentielles
qu'il contient dans des élémens de Philofophie
qui ferviroient comme d'introduction
à l'Encyclopédie ; c'eft ce que
M. Dalembert femble promettre d'exé
cuter un jour dans un ouvrage dout
Peffai qu'il publie aujourd'hui n'eft , ditil
, qu'une espèce d'efquiffe ; mais c'eſt une
efquiffe de main de Maître, & dont le fuccès
doit encourager cet Écrivain célébre
à remplir ce plan dans toute fon étendue.
La Philofophie n'eft autre chofe que
AOUST. 1759 . 103
12
l'application de la raifon aux différens
objets fur lefquels elle peut s'exercer.
» Des élémens de Philofophie doivent
» donc contenir les principes fondamen-
» taux de toutes les connoiffances humai-
» nes ; or ces connoiffances font de trois
" efpéces ou de fait , ou de fentiment ,
» ou de difcuffion . Cette derniere espéce
» feule appartient uniquement & par
» tous fes côtés à la Philofophie , mais
» les deux autres s'en rapprochent par
» quelques unes des faces fous lefquelles
on peut les envifager. Il n'y a » a qu'un »
feul genre de connoiffance qui ne doive
point entrer dans des élémens de Philo
fophie ; ce font les vérités qui tiennent à
la révélation . La Philofophie les refpecte,
& ne peut fe permettre en matiere de
Religion que la difcuffion des motifs de
notre croyance.
Après avoir fixé les différens objets qui
appartiennent à des élémens de Philofophie
, M. Dalembert expofe les rapports:
que ces objets ont entr'eux & l'ordre
qu'il faudroit fuivre dans leurs diftributions.
Si les vérités préfentoient à notre
efprit une chaîne continue , il n'y auroit
point d'élémens à faire ; on remonteroit
fans peine d'une vérité à toutes les autres
; mais cette chaîne eft rompue en
E iv
104 MERCURE DE FRANCE.
mille endroits quelles font donc les vêrités,
qui doivent entrer dans des élémens?
» Il y en a de deux fortes, répond
M. Dalembert ; « celles qui forment la
ور
tête de chaque partie de la chaîne , &
» celles qui fe trouvent au point de réu-
» nion de plufieurs branches. » Les vérités
du premier genre font celles qui ne
dépendent d'aucune autre & qui n'ont de
preuves que dans elles - mêmes ; mais i
ne faut pas croire que M. Dalembert
veuille ici parler des axiomes qu'on fe
donne la peine d'expliquer fi gratuitement
dans la plupart des ouvrages élémentaires.
Ces axiomes ne préfentent que
des vérités ſtériles & frivoles , qui n'éclairent
point & égarent fouvent par les
fauffes applications qu'on en fait.Les vrais
principes d'où l'on doit partir dans chaque
fcience , doivent être des faics fimples
& reconnus , qui n'en fuppofent point
d'autres , & qui foient indépendans de
toute hypothèſe particulière , tels que les
proportions de l'étendue en Géométrie ,
l'impénétrabilité en Méchanique , &c.
M. Dalembert après avoir indiqué les
procédés qu'il falloit fuivre dans le choix ,
le développement & l'énonciation des
principes fondamentaux de chaque fcience
, fait lui-même l'application de fa
A O UST. 1759 . 105
méthode fur les différens objets qui doivent
former un corps complet de Philofophie
élémentaire .
La Logique eft l'inftrument général
de toutes les fciences ; elle eft donc la
premiere qu'on doive traiter dans les
élémens de Philofophie , & en former
comme le frontispice & l'entrée . Mais
la Logique ne confifte ni dans cet amas:
ridicule & fcolaftique de formules inintelligibles
, ni dans l'appareil géométri
que qu'ont affecté plufieurs Philofophes
modernes dans des ouvrages peu fufcep
tibles de démonftrations . Déterminer
avec foin le fens des termes , décompo
fer & fimplifier autant qu'on peut les
objets , fuivre leurs rapports , remonter
par degrés continus d'une vérité à une
autre , & obferver exactement leurs dépendances
mutuelles ; voilà à quoi ſe
réduit la Logique. » Pour comparer des
" objets éloignés , on fe fert de plufieurs
» objets intermédiaires : il en eſt de mê-
" me quand on veut comparer deux où
" plufieurs idées. L'art du raifonnement
» n'eft que le développement de ce principe
& des conféquences. qui en réful-
» tent. »
L'art de conjecturer eft une branche de
la Logique : c'est l'art de ſuppléer par des
E-v
106 MERCURE DE FRANCE.
à-peu- près à des déterminations rigoureu
fes , & de fubftituer les probabilités aux
preuves dans les cas où l'on ne peut atteindre
à une certitude entiere , ou du
moins s'affurer d'y être parvenu.
M. Dalembert fait fuccéder la Métaphy
fique à la Logique , & cet ordre eft trés
naturel. « Nos idées font le principe de
» nos connoiffances , & ces idées ont
» elles- mêmes leur principe dans nos fen
» fations. La génération de nos idées ap
» partient à la Métaphyſique , c'eſt un de
fes objets principaux & peut-être de
» vroit- elle s'y borner. Prefque toutes les
33
autres queſtions qu'elle fe propofe font
» ou infolubles ou frivoles ; elles font l'a-
» liment des efprits téméraires ou des
" efprits faux. » M. Dalembert ne rétrécit
fa fphère de la Métaphyfique que pour
rendre fes recherches plus folides & plus
utiles. La cauſe productrice de nos idées ,
la maniere dont nous acquérons la notion
de l'exiſtence des objets extérieurs , l'exiftence
de Dieu , Fimmortalité & la fpiritualité
de l'ame , voilà des fujets bien di
gnes d'exercer & d'occuper entièrement
le Métaphyficien le plus profond & le
plus laborieux. M. Dalembert jette fur
ces grands objets des idées générales qui
n'ont befoin que d'être développées pour
former un corps de doctrine auffi complet
A O UST. 1759. 107
que l'obſcurité de la matiere peut le permettre.
L'exiſtence de l'Etre Suprême étant une
fois reconnue , nous conduit à chercher
le culte que nous devons lui rendre , mais
la nature de ce culte eft l'objet de la révélation.
Ce qui appartient effentiellement
à la raiſon , ce ſont les devoirs dont nous
fommes tenus envers nos femblables . La
connoiffance de ces devoirs eft ce qu'on
appelle Morale , & elle eft une fuite néceffaire
de l'établiffement des Sociétés. La
connoiffance de nos rapports avec les autres
homines & de nos befoins réciproques
nous conduit à celle de ce que nous
devons à la Société & de ce qu'elle nous
doit . « Il ſemble donc , dit M. Dalembert,
qu'on peut définir très- exactement l'in-
»jufte , ou ce qui revient au même , le
" mal moral : ce qui tend à nuire à la So-
» ciété en troublant le repos de fes Membres.
En effet le mal phyfique eft la fuite
» ordinaire du mal moral ; & comme
» nos fenfations fuffifent pour nous don→
» ner l'idée du mal phyfique , il eſt évi-
» dent que c'eft cette idée qui nous con-
» duit à celle du mal moral , quoique
» l'une & l'autre foient de nature diffe→
"rente. Que ceux qui nieront cette vérité,.
» fuppofent l'homme impaffible , & qu'ils:
E vj.
108 MERCURE DE FRANCE..
effayent de lui faire acquérir dans cette;
hypothèſe la notion de l'injufte.
99
M. Dalembert traite la morale avec plus
d'étendue qu'on ne lui en donne ordinairement
dans les élémens de Philofophie
, ou cette fcience la plus intéreffante
de toutes eft la plus négligée. Il la divife
en plufieurs branches , fuivant les différens
rapports fous lefquels on confidère
les hommes entr'eux. La connoiſſance de
ce que les hommes fe doivent comme
membres de la fociété générale forme la
premiere branche qu'il appelle Morale de
l'homme, Ces devoirs renferment les loix
générales & naturelles , & ces loix font:
de deux efpéces , écrites ou non écrites,
L'obfervation des loix naturelles écrites ,
et ce qu'on nomme probité ; la pratique
des loix naturelles non écrites eft ce qu'on
appelle vertu. Tout ce morceau eft plein
de force , de fineffe & de clarté : voici
une obfervation d'une vérité ſimple &
profonde. » Pourquoi les Légiflateurs femblent-
ils avoir remis à la volonté des
Peuples l'obfervation des loix non écrites
? Pourquoi n'eft - il point ďaction
» contre l'avarice , la dureté envers les
» malheureux, l'ingratitude & la perfidie ?
Celui qui laiffe périr de mifère un Citoyen
qu'il peut fecourir , n'eft-il- pas
و د
AOUST. 1759. 100
"
» à peu-près auffi coupable envers la So-
» ciété , que s'il faifoit périr ce malheu-
» reux par une mort lente ? Pourquoi
» donc les loix l'ont-elles épargné ? C'eſt
» que le bien de cet Avare étant fuppofé
acquis par des moyens que les loix ne
réprouvent pas , elles ne peuvent le lui
» arracher pour le donner à d'autres ; &
que fi la loi qui nous oblige de foula-
» ger nos ſemblables eſt une des premiè-
» res dans l'état de nature , elle eft fubor-
» donnée dans l'ordre de la fociété à la
» loi , qui veut que chacun jouiffe tranquillement
& en liberté de ce qu'il
poffede . »
»
Après la Morale de l'homme , vient la
Morale des Légiflateurs. Celle- ci a deux
branches ; ce que tout Gouvernement
doit à chacun de fes Membres, & ce que
chaque eſpèce de Gouvernement doit à
ceux qui lui font foumis. Le premier principe
de la morale des Légiflateurs eft ,
qu'il n'y a de bon Gouvernement que
celui dans lequel les Citoyens font également
protégés & également liés par les
loix. La Morale doit éclairer le Légiflateur
fur l'objet , l'établiffement & l'exécution,
des loix. M. Dalembert entre ici
dans plufieurs détails pleins d'humanité
& de raifon.. Il examine en particulier la
Fio MERCURE DE FRANCE .
trop fameufe queftion de la tolérance -fur пор
laquelle il donne des principes clairs &
modérés, également éloignés de la licence
& de la fuperftition .
Chaque Etat outre fes loix particuliè
res a auffi des loix a obferver par rapport
aux autres : c'est l'objet de la Morale
des Etats fur laquelle M. Dalembert ne
met qu'une page, & malheureufement pour
le genre humain , dit- il , elle eft encore plus
courte dans la pratique .
La Morale du Citoyen vient immédiatement
après celle des Etats: elle fe réduità
être fidèle obfervateur des loix civiles de
fa Patrie & à fe rendre le plus utile à fes
Concitoyens qu'il eft poffible.
M. Dalembert apprend à chaque Citoyen
jufqu'à quel point il eft comptable
à fa Patrie de fa vie , de fes talens & de
leur emploi il entre dans la difcuffion
du Suicide , qu'il regarde comme un crime
en Morale ainfi qu'en Religion : & fon
objet le ramène naturellement à cette an
cienne queftion que M. Rouffeau a rendue
fi célèbre : » Jufqu'à quel point un
Citoyen peut - il fe livrer à l'étude des
» Sciences & des Arts , & cette étude
» n'eft-elle pas plus nuifible qu'avanta
geufe aux Etats ? » M. Dalembert eſt
fort loin d'adopter les paradoxes exagérés
"
و ر
AOUST. 1759.
de M. Rouffeau , mais il ne pense pas non
plus que les Arts foient propres à rendré
les Sociétés plus fages & plus heureuſes. '
La Morale du Philofophe forme la der
nière branche de la Morale : elle n'a
pour objet que nous-mêmes & la manière
dont nous devons penfer pour nous ren
dre heureux indépendamment des autres ;
elle détermine jufqu'où il eft permis de
rechercher les honneurs & de fe livrer à
l'ambition. La raifon permet fans doute
d'être flatté des honneurs , mais fans les
exiger ni les attendre. » C'eft y mettre
» un trop grand prix , ajoute- t- il , que de
"les fuir avec empreffement , ou de les
" rechercher avec avidité : le même excès-
» de vanité produit ces deux effets con
» traires. » M. Dalembert entre ici dansquelques
détails fur les paffions , fur leur
objet , leurs peines & leurs plaifirs : fa
Philofophie n'eft pas toujours confolante,
mais elle est toujours ferme , droite &
humaine. Il termine fes Elémens de Morale
par un fouhait que lui infpire l'amour
du bien public , & dont il defireroit qu'un
Citoyen Philofophe jugeât l'exécution digne
de lui. Ce feroit celle d'un Catéchifme
de Morale à l'ufage & à la por-
» tée des enfans. Peut- être n'y auroit-it
"pas de moyen plus efficace de mult
"
112 MERCURE DE FRANCE.
23.
plier dans la fociété les hommes ver
» tueux on apprendroit de bonne heure
»à l'être par principes ; & l'on fçait quelle
» eft fur notre ame la force des vérités
qu'on y a gravées dès l'enfance . "
Dieu , l'Homme & la Nature , voilà
les trois grands objets de l'étude du Phi-
Lofophe après avoir marqué la route
qu'on doit fuivre dans l'étude des deux
premières; M. Dalembert va paffer au troifième
mais les bornes qui me font pref
crites & la nature des matières ne me permettent
pas de le fuivre dans les détails ;
je me contenterai d'indiquer l'ordre qu'il
a obfervé dans la diftribution des Sciences
, & de faifir les vues générales qu'il y
a répandues..
Il commence par la Grammaire , qu'il
préfente fous un point de vue philofophique
, le feul qui doive être confidéré
dans des élémens de Philofophie. 11 paffe
enfuite aux Mathématiques dont l'Algébre
eft la première branche. « L'Algébre eft
» une efpéce de langue qui a , comme les
» autres , fa Métaphyfique ; cette Métaphyfique
a précédé la formation de la
langue ; mais quoiqu'elle foit implicite
ment contenue dans les règles , elle
» n'y eft pas développée ; le vulgaire ne
"
AOUST. 1759. 113
jouit que du réfultat , l'homme éclairé
» voit le germe qui le produit.
Cette Métaphyfique fimple & lamíneuſe
qui a guidé les inventeurs , eft donc
la partie que le Philofophe doit s'attacher
à développer dans des élémens d'Algébre
: muni des premières notions de
PAlgébre , il s'en fervira pour paffer à la
Géométrie , qui eft la fcience des propriétés
de l'étendue en tant qu'on la confidère
comme fimplement étendue & figurée.
Les termes de point , de ligne & de furface
que le Géomètre employe ne font
que des abftractions dont il fe fert pour
Simplifier ſon objet : ainfi les vérités qui
en résultent font des vérités purement
hypotétiques , mais elles n'en font pas
moins utiles par l'application qu'on en
fait dans la pratique . M. Dalembert répond
aux détracteurs de la Géométrie &
prouve fans replique la certitude & l'uti
lité de cette ſcience. La méthode qu'il
exige dans les élémens de Géométrie doît
faire juger que de tels élémens ne font
pas l'ouvrage d'un Géomètre ordinaire ,
& les Defcartes , les Leibnitz , & les
Newton n'étoient pas trop bons pour
bien exécuter cette entreprife. M. Dalembert
termine cet article par examiner
une queftion fouvent difcutée & toujours
114 MERCURE DE FRANCE.
problématique. C'eft de fçavoir quel
genre d'efprit doit obtenir par fa fupéiorité
le premier rang dans l'eftime
» des hommes ; celui qui excelle dans les
» Lettres , ou celui qui fe diftingue au
» même degré dans les Sciences ? Cette
» queſtion eſt décidée tous les jours en
faveur des Lettres ( à la vérité fans intérêt
) par une foule d'Ecrivains fubal-
» ternes , incapables , je ne dis pas d'ap
" précier Corneille & de fire Newton ,
» mais de juger Campiſtron & d'entendre
» Euclide. Pour nous , plus timides ou
plus juftes , nous avouerons que la fupériorité
en ces deux genres nous pa
roit d'un mérite égal. Qui auroit à
» choifir d'être Newton ou Corneille fe
roit bien d'être embarraffé , ou ne me
riteroit pas d'avoir à choifir . » Les principes
de la Géométrie & ceux de PALgébre
renferment tout ce qui eft néceffaire
pour arriver à la Méchanique . Le
mouvement , fes propriétés générales ,
font le premier & le principal objet de
cette fcience ; mais dans le mouvement
on confidère en Méchanique non feulement
l'efpace parcouru , mais auffi le
temps employé à parcourir cet eſpace.
Le principe de l'équilibre , joint à ceux
de la force d'inertie & du mouvement
AQUST . 1759. Ir
compofé , fuffit pour donner la folution
de tous les problèmes de Méchanique ;
c'eft avoir réduit cette fcience , dit M.
Dalembert , au plus petit nombre de
principes poffibles que d'établir fur ces
trois points toutes les loix du mouve
ment des corps .
L'Aftronomie doit fuivre immédiatement
la Méchanique , comme étant de
toutes les parties de la Phyfique la plus
certaine. « Si quelque fcience , die M. Da-
» lembert , mérite à tous égards d'être
traitée felon la méthode des inventeurs
, ou du moins felon celle qu'ils
ont Fire , e'eft l'Aftronomie. Rien
un'eft peut-être plus fatisfaisant pour l'ef-
» prit humain que de voir par quelle
fuite d'obfervations , de recherches , de
combinaiſons & de calculs les hommes
» font parvenus à connoître le mouve‐
» ment de ce globe qu'ils habitent , &
» celui des autres corps de notre fyftême
» planitaire……… Le génie des Philoſophes,
» en cela peu différent de celui des autres
hommes , les porte à ne chercher
» d'abord ni uniformité ni loix dans les .
phénomênes qu'ils obfervent. Com-
» mencent-ils à y foupçonner quelque
» marche régulière ? ils imaginent auffi-
» tôt la plus parfaite & la plus fimple..
116 MERCURE DE FRANCE.
و د
"
25
» Bientôt une obfervation plus fuivie les
détrompe , & fouvent même les ra
» mène précipitamment à leur premier
» avis. Enfin une étude longue , affidue ,
dégagée de préventions & de fyftême ,
» les remet dans les limités du vrai , &
-> leur apprend que pour l'ordinaire la lời
» des phénomènes n'eft ni affez peu com
pofée pour être apperçue tout d'un
» coup , ni auffi irrégulière qu'on pour
roit le penfer. » Voilà l'hiftoire de tou
tes les Hypothèses Aftronomiques.
L'Aftronomie phyfique eft une des
fciences qui font le plus d'honneur à la
Philofophie moderne : les ouvrages des
Anciens n'ont prefque été d'aucun fe
cours aux Phyficiens qui font venus de
puis. M. Dalembert refute ici d'une ma
nière très- folide les prétentions de ceux
qui trouvent tout dans les Anciens. « Ce
»que les Anciens ont imaginé fur le fy
» tême du monde , ou du moins ce qui
» nous refte là- deffus , eft fi vague & h
"
mal prouvé qu'on n'en fçauroit ther
>> aucune lumière réelle. Qu'importe à
» l'honneur de Copernic que quelques
"anciens Philofophes ayent cru le mo
» vement de la terre , fi les preuves qu'ils
»en donnoient n'ont pas été fuffifantes
AOUST. 1759. 117
pour empêcher le plus grand nombre
de croire le mouvement du Soleil ?
M.Dalembert analyſe enfuite le fyftême
des tourbillons, & celui de la gravitation,'
On imagine bien en faveur duquel il fe
détermine. L'accord qu'on remarque tous
les jours de plus en plus entre les phé
nomênes célestes & la théorie Newtonienne
ſemble avoir décidé tous les Philofophes
pour le Newtonianifme. M. Da
lembert entre enfuite dans le détail des
procédés qui peuvent perfectionner l'Aftronomie
& reculer fes limites , & il finit
cet article par une obfervation à la gloire
de notre Nation . « Qu'on examine avec
» attention ce qui a été fait depuis quel-
» ques années par les plus habiles Ma-
" thématiciens fur ie fyftême du monde ;
» on conviendra , ce me femble , que
» l'Aftronomie Phyfique eft encore au-
» jourd'hui plus redevable aux François
» qu'à aucune autre Nation. C'eſt dans
» les travaux qu'ils ont entrepris , dans
» les ouvrages qu'ils ont mis fous les yeux
» de l'Europe , que le fyftême Newtonien
» trouvera déſormais fes preuves les plus
» inconteftables & les plus profondes.
M. Dalembert paffe rapidement fur
POptique & l'Acoustique ; je remarquerai
feulement qu'en parlant de la théorie des
118 MERCURE DE FRANCE.
رد
fons , il faifit l'occafion de louer les dé-
Couvertes qu'a faites M. Rameau dans
cette partie , d'une manière qui honore
l'un & l'autre. » L'illuftre Artiſte dont il
s'agit a été pour nous le Defcartes de
» la Mufique. On ne peut fe flatter , ce
» me femble , de faire quelque progrès
» dans cette fcience , qu'en fuivant la
» méthode qu'il a tracée.
L'Hydroftatique & l'Hydraulique n'offrent
que des détails trop mathématiques
pour être fufceptibles d'extrait ; mais je
m'arrête encore un moment fur la Phyfique
générale qui termine les élémens de
Philofophie.
وي
و د
"
» L'étude de cette Science roule fur
» deux points qu'il ne faut pas con-
» fondre , l'obfervation & l'expérience.
» L'obfervation , moins recherchée &
» moins fubtile , fe borne aux faits qu'elle
a fous les yeux , à bien voir & à bien
» détailler les phénomênes de toute ef
pèce que la Nature nous préfente . L'expérience
cherche à pénétrer la Nature
plus profondément , à lui dérober ce
qu'elle cache , à créer en quelque mala
différente combinaiſon des
par
» corps , de nouveaux phénomênes pour
» les étudier : enfin elle ne fe reftreint
» pas à écouter la Nature , mais elle l'in-
» terroge & la preffe.
30
">
ور
"
ود
nière
AOUST. 1759. 119
119'
M. Dalembert trace une efquite abrégée
de l'hiftoire & des prog: ès de la Phy-,
fique : les Anciens felon lui , n'ont pas
autant négligé la Nature qu'on le croit
communément , & il apporte en preuve
les ouvrages d'Hypocrate , qui font les,
monumens les plus confidérables qui
nons restent de la Phyfique ancienne , &
dans lesquels on trouve un ſyſtème d'obfervations
& une fuite de faits bien fürs &
bien rapprochés ; cependant il paroît que
les Anciens ont plus cultivé l'obfervation
que l'expérience. Les plus fages d'entre
eux ont fait la table de qu'ils voyoient ,
l'ont bien faite & s'en font tenus là. C'eft
dans l'hiftoire des Animaux , d'Ariſtote ,
qu'il faut chercher le vrai goût de Phyfique
des Anciens , plutôt que dans fes autres
ouvrages où il est moins riche en faits
& plus abondant en paroles , plus raifonneur
& moins inftruit.
Les fiécles les plus ignorans ont eu
des génies fupérieurs qui ont cultivé l'étude
de la Nature & accéléré les progrès
de la Phyfique , tel étoit le Moine
Bacon , » qui fçut par la force de fon gé-
» nie s'élever au- deffus de fon fiécle & le
» laiffer bien loin derriere lui. Auffi fut-
» il perfécuté par fes Confreres & regar-
» dé par le Peuple comme un Magicien
120 MERCURE DE FRANCE.
"
» à- peu- près comme Gerbert l'avoit été
près de trois fiécles auparavant pour les
inventions méchaniques , avec cette
» différence que Gerbert devint Pape , &
" que Bacon refta Moine & malheureux.
Le Chancelier Bacon & Defcartes paroiffent
ici comme les Reftaurateurs de
la Phyfique expérimentale. M. Dalembert
qui connoit fi bien les obligations que
leur a la Philofophie , leur reproche auffi
d'avoir été plus Phyficiens de fpéculation
que de pratique. Le plaifir oifif de la méditation
& de la conjecture , entraîne les
grands génies , & ils laiffent le travail mé.
chanique à d'autres qui ne vont pas auffi
loin que leurs maîtres auroient été. Ainfi
les uns penfent ou rêvent , les autres
agiffent ou manoeuvrent & l'enfance des
fciences eft éternelle .
Après une courte hiftoire de la Phylque
expérimentale , M. Dalembert propofe
quelques réflexions fur la manière de
traiter cette fcience. Il demande la plus
grande attention à n'établir la théorie
que fur des faits inconteftables ; & à ne
pas trop foumettre les hypothèfes au calcul
, dont tant de Phyficiens ont abufé.
La Géométrie doit obéir à la Phyfique
quand elle fe réunit à elle , & tous les
jers de Phyfique ne font pas également
fufceptibles
AOUST. 1759. 121
fufceptibles de l'application de la Géométrie
. M. Dalembert recommande aux Phyficiens
de fe défier de cette fureur d'expliquer
tout , que Defcartes a introduite
dans la Phyfique , mais il n'a garde de
profcrire ni cet efprit de conjecture , qui
tout à la fois timide & éclairé conduit
quelquefois à des découvertes , ni cet efprit
d'analogie, dont la fage hardieffe peut
aller au- delà de ce que la Nature femble
vouloir montrer , & prévoit les faits
avant que de les avoir vûs. La fageffe &
la circonfpection doivent guider le Phyficien
dans la marche ; la patience & le
courage doivent d'un autre côté le foutenir
dans fon travail . Tel eft en raccourci
le plan que M. Dalembert propofe à exécuter
& que perfonne peut-être ne rempliroit
mieux que celui qui l'a conçu &
tracé : on trouvera dans tout cet Ouvrage
des vues faines & étendues ; un ton noble
& ferme , des principes fages , un fcepticiſme
modefte , un ftyle net , libre &
concis , tel qu'il convient furtout aux
matieres philofophiques ; enfin cet effai
porte le caractere que les efprits ſupérieurs
impriment à leurs ouvrages : il
laiſſe beaucoup à penſer.
Le refte des Mélanges auprochain Mercure,
ESSAIfur lesElémens de Philofophie oufur
les principes des connoiffances humaines.
CET Effai dorit on voit les germes dans
Τ
l'article Elémens de l'Encyclopédie , eft le
morceau le plus confidérable de la nou-.
velle Edition de ces Mélanges. L'impor
tance du føjet & la maniere noble , fage
& hardie dont il eft traité , méritent
qu'on s'y arrête ; le ton de Philofophie &
le caractere d'efprit de M. Dalembert ne
fe montrent dans aucun de fes ouvrages
plus fenfiblement que dans celui- ci
Cet Ecrivain célébre comme ncepat
une obfervation affez finguliere : il remar
que que depuis environ 300 ans la Nature
avoit deftiné le milieu de chaque fiécle à
être l'époque d'une révolution dans l'efprit
humain. La prife de Conftantinople dans
le milieu du quinziéme amena des Sçavans
diftingués en Italie , & y fit revivre les
Lettres. La réformation ranima l'émulation
& l'étude de toutes les Sciences vers
le milieu du feiziéme ; Defcartes donne
une nouvelle face à la Philofophie au mi-
E iij
102 MERCURE DE FRANCE.
lieu du dix - feptiéme ; & pour peu que l'on
confidére avec des yeux attentifs le temps
où nous vivons , il eft aifé d'appercevoir
qu'il s'eft fait dans nos idées un changement
rapide & fenfible qui femble en
préparer un plus confidérable encore . Ces
révolutions de l'efprit humain , ces efpéces
de fecouffes qu'il reçoit de temps
en temps de la Nature , font pour un
Spectateur Philofophe un objet agréable
& furtout inftructif ; il feroit donc à fou
haiter, pour le progrès des Sciences , que
nous en euffions un tableau exact à chaque
époque le plan de l'Encyclopédie
a été formé dans cette vue ; mais il feroit
poffible de rendre ce grand ouvra
ge d'une utilité plus générale & plus ferr
fible , il feroit très-important de réunir
& de rapprocher les vérités effentielles
qu'il contient dans des élémens de Philofophie
qui ferviroient comme d'introduction
à l'Encyclopédie ; c'eft ce que
M. Dalembert femble promettre d'exé
cuter un jour dans un ouvrage dout
Peffai qu'il publie aujourd'hui n'eft , ditil
, qu'une espèce d'efquiffe ; mais c'eſt une
efquiffe de main de Maître, & dont le fuccès
doit encourager cet Écrivain célébre
à remplir ce plan dans toute fon étendue.
La Philofophie n'eft autre chofe que
AOUST. 1759 . 103
12
l'application de la raifon aux différens
objets fur lefquels elle peut s'exercer.
» Des élémens de Philofophie doivent
» donc contenir les principes fondamen-
» taux de toutes les connoiffances humai-
» nes ; or ces connoiffances font de trois
" efpéces ou de fait , ou de fentiment ,
» ou de difcuffion . Cette derniere espéce
» feule appartient uniquement & par
» tous fes côtés à la Philofophie , mais
» les deux autres s'en rapprochent par
» quelques unes des faces fous lefquelles
on peut les envifager. Il n'y a » a qu'un »
feul genre de connoiffance qui ne doive
point entrer dans des élémens de Philo
fophie ; ce font les vérités qui tiennent à
la révélation . La Philofophie les refpecte,
& ne peut fe permettre en matiere de
Religion que la difcuffion des motifs de
notre croyance.
Après avoir fixé les différens objets qui
appartiennent à des élémens de Philofophie
, M. Dalembert expofe les rapports:
que ces objets ont entr'eux & l'ordre
qu'il faudroit fuivre dans leurs diftributions.
Si les vérités préfentoient à notre
efprit une chaîne continue , il n'y auroit
point d'élémens à faire ; on remonteroit
fans peine d'une vérité à toutes les autres
; mais cette chaîne eft rompue en
E iv
104 MERCURE DE FRANCE.
mille endroits quelles font donc les vêrités,
qui doivent entrer dans des élémens?
» Il y en a de deux fortes, répond
M. Dalembert ; « celles qui forment la
ور
tête de chaque partie de la chaîne , &
» celles qui fe trouvent au point de réu-
» nion de plufieurs branches. » Les vérités
du premier genre font celles qui ne
dépendent d'aucune autre & qui n'ont de
preuves que dans elles - mêmes ; mais i
ne faut pas croire que M. Dalembert
veuille ici parler des axiomes qu'on fe
donne la peine d'expliquer fi gratuitement
dans la plupart des ouvrages élémentaires.
Ces axiomes ne préfentent que
des vérités ſtériles & frivoles , qui n'éclairent
point & égarent fouvent par les
fauffes applications qu'on en fait.Les vrais
principes d'où l'on doit partir dans chaque
fcience , doivent être des faics fimples
& reconnus , qui n'en fuppofent point
d'autres , & qui foient indépendans de
toute hypothèſe particulière , tels que les
proportions de l'étendue en Géométrie ,
l'impénétrabilité en Méchanique , &c.
M. Dalembert après avoir indiqué les
procédés qu'il falloit fuivre dans le choix ,
le développement & l'énonciation des
principes fondamentaux de chaque fcience
, fait lui-même l'application de fa
A O UST. 1759 . 105
méthode fur les différens objets qui doivent
former un corps complet de Philofophie
élémentaire .
La Logique eft l'inftrument général
de toutes les fciences ; elle eft donc la
premiere qu'on doive traiter dans les
élémens de Philofophie , & en former
comme le frontispice & l'entrée . Mais
la Logique ne confifte ni dans cet amas:
ridicule & fcolaftique de formules inintelligibles
, ni dans l'appareil géométri
que qu'ont affecté plufieurs Philofophes
modernes dans des ouvrages peu fufcep
tibles de démonftrations . Déterminer
avec foin le fens des termes , décompo
fer & fimplifier autant qu'on peut les
objets , fuivre leurs rapports , remonter
par degrés continus d'une vérité à une
autre , & obferver exactement leurs dépendances
mutuelles ; voilà à quoi ſe
réduit la Logique. » Pour comparer des
" objets éloignés , on fe fert de plufieurs
» objets intermédiaires : il en eſt de mê-
" me quand on veut comparer deux où
" plufieurs idées. L'art du raifonnement
» n'eft que le développement de ce principe
& des conféquences. qui en réful-
» tent. »
L'art de conjecturer eft une branche de
la Logique : c'est l'art de ſuppléer par des
E-v
106 MERCURE DE FRANCE.
à-peu- près à des déterminations rigoureu
fes , & de fubftituer les probabilités aux
preuves dans les cas où l'on ne peut atteindre
à une certitude entiere , ou du
moins s'affurer d'y être parvenu.
M. Dalembert fait fuccéder la Métaphy
fique à la Logique , & cet ordre eft trés
naturel. « Nos idées font le principe de
» nos connoiffances , & ces idées ont
» elles- mêmes leur principe dans nos fen
» fations. La génération de nos idées ap
» partient à la Métaphyſique , c'eſt un de
fes objets principaux & peut-être de
» vroit- elle s'y borner. Prefque toutes les
33
autres queſtions qu'elle fe propofe font
» ou infolubles ou frivoles ; elles font l'a-
» liment des efprits téméraires ou des
" efprits faux. » M. Dalembert ne rétrécit
fa fphère de la Métaphyfique que pour
rendre fes recherches plus folides & plus
utiles. La cauſe productrice de nos idées ,
la maniere dont nous acquérons la notion
de l'exiſtence des objets extérieurs , l'exiftence
de Dieu , Fimmortalité & la fpiritualité
de l'ame , voilà des fujets bien di
gnes d'exercer & d'occuper entièrement
le Métaphyficien le plus profond & le
plus laborieux. M. Dalembert jette fur
ces grands objets des idées générales qui
n'ont befoin que d'être développées pour
former un corps de doctrine auffi complet
A O UST. 1759. 107
que l'obſcurité de la matiere peut le permettre.
L'exiſtence de l'Etre Suprême étant une
fois reconnue , nous conduit à chercher
le culte que nous devons lui rendre , mais
la nature de ce culte eft l'objet de la révélation.
Ce qui appartient effentiellement
à la raiſon , ce ſont les devoirs dont nous
fommes tenus envers nos femblables . La
connoiffance de ces devoirs eft ce qu'on
appelle Morale , & elle eft une fuite néceffaire
de l'établiffement des Sociétés. La
connoiffance de nos rapports avec les autres
homines & de nos befoins réciproques
nous conduit à celle de ce que nous
devons à la Société & de ce qu'elle nous
doit . « Il ſemble donc , dit M. Dalembert,
qu'on peut définir très- exactement l'in-
»jufte , ou ce qui revient au même , le
" mal moral : ce qui tend à nuire à la So-
» ciété en troublant le repos de fes Membres.
En effet le mal phyfique eft la fuite
» ordinaire du mal moral ; & comme
» nos fenfations fuffifent pour nous don→
» ner l'idée du mal phyfique , il eſt évi-
» dent que c'eft cette idée qui nous con-
» duit à celle du mal moral , quoique
» l'une & l'autre foient de nature diffe→
"rente. Que ceux qui nieront cette vérité,.
» fuppofent l'homme impaffible , & qu'ils:
E vj.
108 MERCURE DE FRANCE..
effayent de lui faire acquérir dans cette;
hypothèſe la notion de l'injufte.
99
M. Dalembert traite la morale avec plus
d'étendue qu'on ne lui en donne ordinairement
dans les élémens de Philofophie
, ou cette fcience la plus intéreffante
de toutes eft la plus négligée. Il la divife
en plufieurs branches , fuivant les différens
rapports fous lefquels on confidère
les hommes entr'eux. La connoiſſance de
ce que les hommes fe doivent comme
membres de la fociété générale forme la
premiere branche qu'il appelle Morale de
l'homme, Ces devoirs renferment les loix
générales & naturelles , & ces loix font:
de deux efpéces , écrites ou non écrites,
L'obfervation des loix naturelles écrites ,
et ce qu'on nomme probité ; la pratique
des loix naturelles non écrites eft ce qu'on
appelle vertu. Tout ce morceau eft plein
de force , de fineffe & de clarté : voici
une obfervation d'une vérité ſimple &
profonde. » Pourquoi les Légiflateurs femblent-
ils avoir remis à la volonté des
Peuples l'obfervation des loix non écrites
? Pourquoi n'eft - il point ďaction
» contre l'avarice , la dureté envers les
» malheureux, l'ingratitude & la perfidie ?
Celui qui laiffe périr de mifère un Citoyen
qu'il peut fecourir , n'eft-il- pas
و د
AOUST. 1759. 100
"
» à peu-près auffi coupable envers la So-
» ciété , que s'il faifoit périr ce malheu-
» reux par une mort lente ? Pourquoi
» donc les loix l'ont-elles épargné ? C'eſt
» que le bien de cet Avare étant fuppofé
acquis par des moyens que les loix ne
réprouvent pas , elles ne peuvent le lui
» arracher pour le donner à d'autres ; &
que fi la loi qui nous oblige de foula-
» ger nos ſemblables eſt une des premiè-
» res dans l'état de nature , elle eft fubor-
» donnée dans l'ordre de la fociété à la
» loi , qui veut que chacun jouiffe tranquillement
& en liberté de ce qu'il
poffede . »
»
Après la Morale de l'homme , vient la
Morale des Légiflateurs. Celle- ci a deux
branches ; ce que tout Gouvernement
doit à chacun de fes Membres, & ce que
chaque eſpèce de Gouvernement doit à
ceux qui lui font foumis. Le premier principe
de la morale des Légiflateurs eft ,
qu'il n'y a de bon Gouvernement que
celui dans lequel les Citoyens font également
protégés & également liés par les
loix. La Morale doit éclairer le Légiflateur
fur l'objet , l'établiffement & l'exécution,
des loix. M. Dalembert entre ici
dans plufieurs détails pleins d'humanité
& de raifon.. Il examine en particulier la
Fio MERCURE DE FRANCE .
trop fameufe queftion de la tolérance -fur пор
laquelle il donne des principes clairs &
modérés, également éloignés de la licence
& de la fuperftition .
Chaque Etat outre fes loix particuliè
res a auffi des loix a obferver par rapport
aux autres : c'est l'objet de la Morale
des Etats fur laquelle M. Dalembert ne
met qu'une page, & malheureufement pour
le genre humain , dit- il , elle eft encore plus
courte dans la pratique .
La Morale du Citoyen vient immédiatement
après celle des Etats: elle fe réduità
être fidèle obfervateur des loix civiles de
fa Patrie & à fe rendre le plus utile à fes
Concitoyens qu'il eft poffible.
M. Dalembert apprend à chaque Citoyen
jufqu'à quel point il eft comptable
à fa Patrie de fa vie , de fes talens & de
leur emploi il entre dans la difcuffion
du Suicide , qu'il regarde comme un crime
en Morale ainfi qu'en Religion : & fon
objet le ramène naturellement à cette an
cienne queftion que M. Rouffeau a rendue
fi célèbre : » Jufqu'à quel point un
Citoyen peut - il fe livrer à l'étude des
» Sciences & des Arts , & cette étude
» n'eft-elle pas plus nuifible qu'avanta
geufe aux Etats ? » M. Dalembert eſt
fort loin d'adopter les paradoxes exagérés
"
و ر
AOUST. 1759.
de M. Rouffeau , mais il ne pense pas non
plus que les Arts foient propres à rendré
les Sociétés plus fages & plus heureuſes. '
La Morale du Philofophe forme la der
nière branche de la Morale : elle n'a
pour objet que nous-mêmes & la manière
dont nous devons penfer pour nous ren
dre heureux indépendamment des autres ;
elle détermine jufqu'où il eft permis de
rechercher les honneurs & de fe livrer à
l'ambition. La raifon permet fans doute
d'être flatté des honneurs , mais fans les
exiger ni les attendre. » C'eft y mettre
» un trop grand prix , ajoute- t- il , que de
"les fuir avec empreffement , ou de les
" rechercher avec avidité : le même excès-
» de vanité produit ces deux effets con
» traires. » M. Dalembert entre ici dansquelques
détails fur les paffions , fur leur
objet , leurs peines & leurs plaifirs : fa
Philofophie n'eft pas toujours confolante,
mais elle est toujours ferme , droite &
humaine. Il termine fes Elémens de Morale
par un fouhait que lui infpire l'amour
du bien public , & dont il defireroit qu'un
Citoyen Philofophe jugeât l'exécution digne
de lui. Ce feroit celle d'un Catéchifme
de Morale à l'ufage & à la por-
» tée des enfans. Peut- être n'y auroit-it
"pas de moyen plus efficace de mult
"
112 MERCURE DE FRANCE.
23.
plier dans la fociété les hommes ver
» tueux on apprendroit de bonne heure
»à l'être par principes ; & l'on fçait quelle
» eft fur notre ame la force des vérités
qu'on y a gravées dès l'enfance . "
Dieu , l'Homme & la Nature , voilà
les trois grands objets de l'étude du Phi-
Lofophe après avoir marqué la route
qu'on doit fuivre dans l'étude des deux
premières; M. Dalembert va paffer au troifième
mais les bornes qui me font pref
crites & la nature des matières ne me permettent
pas de le fuivre dans les détails ;
je me contenterai d'indiquer l'ordre qu'il
a obfervé dans la diftribution des Sciences
, & de faifir les vues générales qu'il y
a répandues..
Il commence par la Grammaire , qu'il
préfente fous un point de vue philofophique
, le feul qui doive être confidéré
dans des élémens de Philofophie. 11 paffe
enfuite aux Mathématiques dont l'Algébre
eft la première branche. « L'Algébre eft
» une efpéce de langue qui a , comme les
» autres , fa Métaphyfique ; cette Métaphyfique
a précédé la formation de la
langue ; mais quoiqu'elle foit implicite
ment contenue dans les règles , elle
» n'y eft pas développée ; le vulgaire ne
"
AOUST. 1759. 113
jouit que du réfultat , l'homme éclairé
» voit le germe qui le produit.
Cette Métaphyfique fimple & lamíneuſe
qui a guidé les inventeurs , eft donc
la partie que le Philofophe doit s'attacher
à développer dans des élémens d'Algébre
: muni des premières notions de
PAlgébre , il s'en fervira pour paffer à la
Géométrie , qui eft la fcience des propriétés
de l'étendue en tant qu'on la confidère
comme fimplement étendue & figurée.
Les termes de point , de ligne & de furface
que le Géomètre employe ne font
que des abftractions dont il fe fert pour
Simplifier ſon objet : ainfi les vérités qui
en résultent font des vérités purement
hypotétiques , mais elles n'en font pas
moins utiles par l'application qu'on en
fait dans la pratique . M. Dalembert répond
aux détracteurs de la Géométrie &
prouve fans replique la certitude & l'uti
lité de cette ſcience. La méthode qu'il
exige dans les élémens de Géométrie doît
faire juger que de tels élémens ne font
pas l'ouvrage d'un Géomètre ordinaire ,
& les Defcartes , les Leibnitz , & les
Newton n'étoient pas trop bons pour
bien exécuter cette entreprife. M. Dalembert
termine cet article par examiner
une queftion fouvent difcutée & toujours
114 MERCURE DE FRANCE.
problématique. C'eft de fçavoir quel
genre d'efprit doit obtenir par fa fupéiorité
le premier rang dans l'eftime
» des hommes ; celui qui excelle dans les
» Lettres , ou celui qui fe diftingue au
» même degré dans les Sciences ? Cette
» queſtion eſt décidée tous les jours en
faveur des Lettres ( à la vérité fans intérêt
) par une foule d'Ecrivains fubal-
» ternes , incapables , je ne dis pas d'ap
" précier Corneille & de fire Newton ,
» mais de juger Campiſtron & d'entendre
» Euclide. Pour nous , plus timides ou
plus juftes , nous avouerons que la fupériorité
en ces deux genres nous pa
roit d'un mérite égal. Qui auroit à
» choifir d'être Newton ou Corneille fe
roit bien d'être embarraffé , ou ne me
riteroit pas d'avoir à choifir . » Les principes
de la Géométrie & ceux de PALgébre
renferment tout ce qui eft néceffaire
pour arriver à la Méchanique . Le
mouvement , fes propriétés générales ,
font le premier & le principal objet de
cette fcience ; mais dans le mouvement
on confidère en Méchanique non feulement
l'efpace parcouru , mais auffi le
temps employé à parcourir cet eſpace.
Le principe de l'équilibre , joint à ceux
de la force d'inertie & du mouvement
AQUST . 1759. Ir
compofé , fuffit pour donner la folution
de tous les problèmes de Méchanique ;
c'eft avoir réduit cette fcience , dit M.
Dalembert , au plus petit nombre de
principes poffibles que d'établir fur ces
trois points toutes les loix du mouve
ment des corps .
L'Aftronomie doit fuivre immédiatement
la Méchanique , comme étant de
toutes les parties de la Phyfique la plus
certaine. « Si quelque fcience , die M. Da-
» lembert , mérite à tous égards d'être
traitée felon la méthode des inventeurs
, ou du moins felon celle qu'ils
ont Fire , e'eft l'Aftronomie. Rien
un'eft peut-être plus fatisfaisant pour l'ef-
» prit humain que de voir par quelle
fuite d'obfervations , de recherches , de
combinaiſons & de calculs les hommes
» font parvenus à connoître le mouve‐
» ment de ce globe qu'ils habitent , &
» celui des autres corps de notre fyftême
» planitaire……… Le génie des Philoſophes,
» en cela peu différent de celui des autres
hommes , les porte à ne chercher
» d'abord ni uniformité ni loix dans les .
phénomênes qu'ils obfervent. Com-
» mencent-ils à y foupçonner quelque
» marche régulière ? ils imaginent auffi-
» tôt la plus parfaite & la plus fimple..
116 MERCURE DE FRANCE.
و د
"
25
» Bientôt une obfervation plus fuivie les
détrompe , & fouvent même les ra
» mène précipitamment à leur premier
» avis. Enfin une étude longue , affidue ,
dégagée de préventions & de fyftême ,
» les remet dans les limités du vrai , &
-> leur apprend que pour l'ordinaire la lời
» des phénomènes n'eft ni affez peu com
pofée pour être apperçue tout d'un
» coup , ni auffi irrégulière qu'on pour
roit le penfer. » Voilà l'hiftoire de tou
tes les Hypothèses Aftronomiques.
L'Aftronomie phyfique eft une des
fciences qui font le plus d'honneur à la
Philofophie moderne : les ouvrages des
Anciens n'ont prefque été d'aucun fe
cours aux Phyficiens qui font venus de
puis. M. Dalembert refute ici d'une ma
nière très- folide les prétentions de ceux
qui trouvent tout dans les Anciens. « Ce
»que les Anciens ont imaginé fur le fy
» tême du monde , ou du moins ce qui
» nous refte là- deffus , eft fi vague & h
"
mal prouvé qu'on n'en fçauroit ther
>> aucune lumière réelle. Qu'importe à
» l'honneur de Copernic que quelques
"anciens Philofophes ayent cru le mo
» vement de la terre , fi les preuves qu'ils
»en donnoient n'ont pas été fuffifantes
AOUST. 1759. 117
pour empêcher le plus grand nombre
de croire le mouvement du Soleil ?
M.Dalembert analyſe enfuite le fyftême
des tourbillons, & celui de la gravitation,'
On imagine bien en faveur duquel il fe
détermine. L'accord qu'on remarque tous
les jours de plus en plus entre les phé
nomênes célestes & la théorie Newtonienne
ſemble avoir décidé tous les Philofophes
pour le Newtonianifme. M. Da
lembert entre enfuite dans le détail des
procédés qui peuvent perfectionner l'Aftronomie
& reculer fes limites , & il finit
cet article par une obfervation à la gloire
de notre Nation . « Qu'on examine avec
» attention ce qui a été fait depuis quel-
» ques années par les plus habiles Ma-
" thématiciens fur ie fyftême du monde ;
» on conviendra , ce me femble , que
» l'Aftronomie Phyfique eft encore au-
» jourd'hui plus redevable aux François
» qu'à aucune autre Nation. C'eſt dans
» les travaux qu'ils ont entrepris , dans
» les ouvrages qu'ils ont mis fous les yeux
» de l'Europe , que le fyftême Newtonien
» trouvera déſormais fes preuves les plus
» inconteftables & les plus profondes.
M. Dalembert paffe rapidement fur
POptique & l'Acoustique ; je remarquerai
feulement qu'en parlant de la théorie des
118 MERCURE DE FRANCE.
رد
fons , il faifit l'occafion de louer les dé-
Couvertes qu'a faites M. Rameau dans
cette partie , d'une manière qui honore
l'un & l'autre. » L'illuftre Artiſte dont il
s'agit a été pour nous le Defcartes de
» la Mufique. On ne peut fe flatter , ce
» me femble , de faire quelque progrès
» dans cette fcience , qu'en fuivant la
» méthode qu'il a tracée.
L'Hydroftatique & l'Hydraulique n'offrent
que des détails trop mathématiques
pour être fufceptibles d'extrait ; mais je
m'arrête encore un moment fur la Phyfique
générale qui termine les élémens de
Philofophie.
وي
و د
"
» L'étude de cette Science roule fur
» deux points qu'il ne faut pas con-
» fondre , l'obfervation & l'expérience.
» L'obfervation , moins recherchée &
» moins fubtile , fe borne aux faits qu'elle
a fous les yeux , à bien voir & à bien
» détailler les phénomênes de toute ef
pèce que la Nature nous préfente . L'expérience
cherche à pénétrer la Nature
plus profondément , à lui dérober ce
qu'elle cache , à créer en quelque mala
différente combinaiſon des
par
» corps , de nouveaux phénomênes pour
» les étudier : enfin elle ne fe reftreint
» pas à écouter la Nature , mais elle l'in-
» terroge & la preffe.
30
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ور
"
ود
nière
AOUST. 1759. 119
119'
M. Dalembert trace une efquite abrégée
de l'hiftoire & des prog: ès de la Phy-,
fique : les Anciens felon lui , n'ont pas
autant négligé la Nature qu'on le croit
communément , & il apporte en preuve
les ouvrages d'Hypocrate , qui font les,
monumens les plus confidérables qui
nons restent de la Phyfique ancienne , &
dans lesquels on trouve un ſyſtème d'obfervations
& une fuite de faits bien fürs &
bien rapprochés ; cependant il paroît que
les Anciens ont plus cultivé l'obfervation
que l'expérience. Les plus fages d'entre
eux ont fait la table de qu'ils voyoient ,
l'ont bien faite & s'en font tenus là. C'eft
dans l'hiftoire des Animaux , d'Ariſtote ,
qu'il faut chercher le vrai goût de Phyfique
des Anciens , plutôt que dans fes autres
ouvrages où il est moins riche en faits
& plus abondant en paroles , plus raifonneur
& moins inftruit.
Les fiécles les plus ignorans ont eu
des génies fupérieurs qui ont cultivé l'étude
de la Nature & accéléré les progrès
de la Phyfique , tel étoit le Moine
Bacon , » qui fçut par la force de fon gé-
» nie s'élever au- deffus de fon fiécle & le
» laiffer bien loin derriere lui. Auffi fut-
» il perfécuté par fes Confreres & regar-
» dé par le Peuple comme un Magicien
120 MERCURE DE FRANCE.
"
» à- peu- près comme Gerbert l'avoit été
près de trois fiécles auparavant pour les
inventions méchaniques , avec cette
» différence que Gerbert devint Pape , &
" que Bacon refta Moine & malheureux.
Le Chancelier Bacon & Defcartes paroiffent
ici comme les Reftaurateurs de
la Phyfique expérimentale. M. Dalembert
qui connoit fi bien les obligations que
leur a la Philofophie , leur reproche auffi
d'avoir été plus Phyficiens de fpéculation
que de pratique. Le plaifir oifif de la méditation
& de la conjecture , entraîne les
grands génies , & ils laiffent le travail mé.
chanique à d'autres qui ne vont pas auffi
loin que leurs maîtres auroient été. Ainfi
les uns penfent ou rêvent , les autres
agiffent ou manoeuvrent & l'enfance des
fciences eft éternelle .
Après une courte hiftoire de la Phylque
expérimentale , M. Dalembert propofe
quelques réflexions fur la manière de
traiter cette fcience. Il demande la plus
grande attention à n'établir la théorie
que fur des faits inconteftables ; & à ne
pas trop foumettre les hypothèfes au calcul
, dont tant de Phyficiens ont abufé.
La Géométrie doit obéir à la Phyfique
quand elle fe réunit à elle , & tous les
jers de Phyfique ne font pas également
fufceptibles
AOUST. 1759. 121
fufceptibles de l'application de la Géométrie
. M. Dalembert recommande aux Phyficiens
de fe défier de cette fureur d'expliquer
tout , que Defcartes a introduite
dans la Phyfique , mais il n'a garde de
profcrire ni cet efprit de conjecture , qui
tout à la fois timide & éclairé conduit
quelquefois à des découvertes , ni cet efprit
d'analogie, dont la fage hardieffe peut
aller au- delà de ce que la Nature femble
vouloir montrer , & prévoit les faits
avant que de les avoir vûs. La fageffe &
la circonfpection doivent guider le Phyficien
dans la marche ; la patience & le
courage doivent d'un autre côté le foutenir
dans fon travail . Tel eft en raccourci
le plan que M. Dalembert propofe à exécuter
& que perfonne peut-être ne rempliroit
mieux que celui qui l'a conçu &
tracé : on trouvera dans tout cet Ouvrage
des vues faines & étendues ; un ton noble
& ferme , des principes fages , un fcepticiſme
modefte , un ftyle net , libre &
concis , tel qu'il convient furtout aux
matieres philofophiques ; enfin cet effai
porte le caractere que les efprits ſupérieurs
impriment à leurs ouvrages : il
laiſſe beaucoup à penſer.
Le refte des Mélanges auprochain Mercure,
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Résumé : SUITE DES MÉLANGES DE LITTÉRATURE. ESSAI sur les Elémens de Philosophie ou sur les principes des connoissances humaines.
L'essai 'Élémens de Philosophie' de D'Alembert est une œuvre majeure des 'Mélanges de Littérature'. Il explore les principes des connaissances humaines, classés en trois types : de fait, de sentiment et de discussion, cette dernière étant spécifique à la philosophie. D'Alembert identifie des révolutions intellectuelles tous les 300 ans, illustrées par des événements comme la prise de Constantinople, la Réforme et les contributions de Descartes. L'ouvrage commence par la logique, définie comme l'art de déterminer le sens des termes et leurs rapports. Il aborde ensuite la métaphysique et la morale, subdivisée en morale de l'homme et morale des législateurs. D'Alembert discute de la moralité, de l'éducation et des sciences, soulignant la responsabilité des citoyens envers leur patrie. Il traite de l'éducation scientifique, débutant par la grammaire et les mathématiques, notamment l'algèbre et la géométrie, qu'il défend contre ses détracteurs. L'astronomie est présentée comme la science la plus certaine en physique, liée à la mécanique. D'Alembert valorise les progrès modernes en astronomie physique et préfère le système de la gravitation de Newton. Il reconnaît les contributions des Anciens mais note que les avancées significatives en physique proviennent des générations ultérieures. Le texte examine les contributions de Roger Bacon et René Descartes à la physique expérimentale, tout en critiquant leur penchant pour la spéculation théorique. D'Alembert propose une méthode pour la physique expérimentale basée sur des faits incontestables et la modération dans l'usage des hypothèses mathématiques. Il insiste sur l'importance de la géométrie au service de la physique et met en garde contre l'excès d'hypothèses. Il valorise l'esprit de conjecture et d'analogie, tout en prônant la sagesse, la circonspection, la patience et le courage dans la recherche scientifique. Le style de l'ouvrage est décrit comme noble, ferme, concis et adapté aux matières philosophiques.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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