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701
p. 119-120
TRAITÉ de la Goute, augmenté de nouvelles Observations théoriques & pratiques pour calmer ses accès, empêcher ses révolutions, & en éloigner les retours.
Début :
M. de Mongerbet, Médecin ordinaire des Bâtimens du Roi, instruit par une [...]
Mots clefs :
Goutte, Accès, Pieds, Traité, Hydromel
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texteReconnaissance textuelle : TRAITÉ de la Goute, augmenté de nouvelles Observations théoriques & pratiques pour calmer ses accès, empêcher ses révolutions, & en éloigner les retours.
TRAITÉ de la Goute, augmenté de
nouvelles Observations théoriques &
pratiques pour calmer ses accès, empêcher
ses révolutions, & en éloigner
les retours.
M. de Mongerbet, Médecin ordinaire
des Bâtimens du Roi, instruit par une
pratique anffi heureufe que continuée
traite aujourd'hui la Goute par la mé-
thode la plus fimple & la plus relative à
cette humeur ; & ce traitement eſt pro-
pre à tout âge , à tout féxe , & à tous les
tempéramens.
Dans les accès , il en calme la vivacité
par la Poudre balfamique dont l'on fait
120 MERCURE DE FRANCE.
un Hydromel , qui procure une dépura-
tion par les urines , & par une tranſpira-
tion douce & égale. Cet Hydromel a des
qualités particulières pour l'eftomach. En
même temps il donne une Pâte que l'on
délaye dans de l'eau chaude , & c. qui
forme un bain des pieds , pour retirer la
Goute des parties fupérieures , & la faire
tranſpirer par les pieds. Ce bain eft un
fpécifique parfait , quand il faut une dé-
rivation aux pieds.
Hors des accès , il ordonne le Baume
végétal trois jours confécutifs de chaque
mois , pour tenir les premières voyes li-
bres , fortifier l'eftomac , faciliter les di-
geftions, & détruire peu-à-peu cet amas
d'humeurs , qui développent le principe
de la Goute , & forment les difpofitions
des maladies.
Il eft indifpenfable de lire fon Ouvrage
qui fe vend chez M. Pankoucke , Librai-
re, rue & près la Comédie Françoife ,
au Parnaffe , à Paris.
L'on peut le confulter fur les Rhuma-
tifmes & les Sciatiques les plus invétérés ;
il les guérit radicalement , par le moyen
d'un Ptifanne & d'une Pommade.
Il ne reçoit éxactement que les Lettres
affranchies : il loge petite rue S. Roch
quartier Montmartre , à Paris.
nouvelles Observations théoriques &
pratiques pour calmer ses accès, empêcher
ses révolutions, & en éloigner
les retours.
M. de Mongerbet, Médecin ordinaire
des Bâtimens du Roi, instruit par une
pratique anffi heureufe que continuée
traite aujourd'hui la Goute par la mé-
thode la plus fimple & la plus relative à
cette humeur ; & ce traitement eſt pro-
pre à tout âge , à tout féxe , & à tous les
tempéramens.
Dans les accès , il en calme la vivacité
par la Poudre balfamique dont l'on fait
120 MERCURE DE FRANCE.
un Hydromel , qui procure une dépura-
tion par les urines , & par une tranſpira-
tion douce & égale. Cet Hydromel a des
qualités particulières pour l'eftomach. En
même temps il donne une Pâte que l'on
délaye dans de l'eau chaude , & c. qui
forme un bain des pieds , pour retirer la
Goute des parties fupérieures , & la faire
tranſpirer par les pieds. Ce bain eft un
fpécifique parfait , quand il faut une dé-
rivation aux pieds.
Hors des accès , il ordonne le Baume
végétal trois jours confécutifs de chaque
mois , pour tenir les premières voyes li-
bres , fortifier l'eftomac , faciliter les di-
geftions, & détruire peu-à-peu cet amas
d'humeurs , qui développent le principe
de la Goute , & forment les difpofitions
des maladies.
Il eft indifpenfable de lire fon Ouvrage
qui fe vend chez M. Pankoucke , Librai-
re, rue & près la Comédie Françoife ,
au Parnaffe , à Paris.
L'on peut le confulter fur les Rhuma-
tifmes & les Sciatiques les plus invétérés ;
il les guérit radicalement , par le moyen
d'un Ptifanne & d'une Pommade.
Il ne reçoit éxactement que les Lettres
affranchies : il loge petite rue S. Roch
quartier Montmartre , à Paris.
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Résumé : TRAITÉ de la Goute, augmenté de nouvelles Observations théoriques & pratiques pour calmer ses accès, empêcher ses révolutions, & en éloigner les retours.
Le traité 'De la Goutte' de M. de Mongerbet, médecin du roi, propose une méthode pour traiter la goutte adaptée à tous âges, sexes et tempéraments. Pendant les crises, il recommande un hydromel à base de poudre balsamique pour soulager la douleur et éliminer les toxines par les urines et la transpiration. Un bain de pieds avec une pâte diluée dans de l'eau chaude est aussi prescrit pour déplacer la goutte vers les pieds. En dehors des crises, il conseille l'application d'un baume végétal trois jours consécutifs chaque mois pour maintenir les voies libres, renforcer l'estomac, améliorer la digestion et réduire les accumulations d'humeurs responsables de la goutte. Le livre est disponible chez M. Pankoucke, libraire à Paris, et peut être utilisé pour traiter les rhumatismes et les sciatiques chroniques grâce à un pifanne et une pommade. M. de Mongerbet accepte uniquement les lettres affranchies et réside rue Saint-Roch, quartier Montmartre, à Paris.
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702
p. 127-128
HOPITAL DE M. LE MARÉCHAL DUC DE BIRON. Trente-huitiéme & trente-neuvième Traitement depuis son Etablissement.
Début :
Noms des Soldats. Compagnies. La Réjouissance, Pronleroy. La Fage, Rasilly. [...]
Mots clefs :
Hôpital, Duc de Biron, Louis-Antoine de Gontaut, Compagnies
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texteReconnaissance textuelle : HOPITAL DE M. LE MARÉCHAL DUC DE BIRON. Trente-huitiéme & trente-neuvième Traitement depuis son Etablissement.
HOPITAL DE M. LE MARÉCHAL DUC DE BIRON.
Trente-huitiéme & trente-neuvième Traitement depuis son Etablissement.
Noms des Soldats. Compagnies.
La Réjouissance, Pronleroy. La Fage, Rasilly.
La Fage ,
La Fortune ,
Goffray ,
Violet ,
Doré ,
Bar ,
127
DE M. LE MARECHAL DUC DE BIRON.
Le Febvre ,
Durs ,
Moter ,
Laverdure ,
Tardif ,
Clément ,
Julien ,
Dhalem ,
Compagnies.
Pronleroy.
Rafilly.
Pronleroy'
Dampierre.
Mithon .
Degraffe .
Pronleroy.
Dampierre.
Pronleroy.
Baudouin,
Dudreneuc
Dampierre.
Fiv
Villers.
Rafilly.
Viennay.
Viennay,
128 MERCURE DE FRANCE.
La Croix ,
Demoges,
Paben
Viennay.
Callem eau 9:
Viennay.
Ruelle
Demoges
Fauvel ,
Viennay.
Marc ,
Pronleroy.
Duval ,
Rafilly.
Lapierre ,
Viennay.
Robin ,
Coettrieu,
S. Etienne ,
Dudreneuc
Lamotte
Demoges
Marbré ,
Coettrieu.
Rouffeau ,
Viennay.
Croinier 2.
Demoges.
Ces 30 foldats ont été à l'ordinaire:
traités & guéris radicalement ; la plupart
étoient attaqués de maladies très - gra-
ves. Et onze d'entr'eux avoient été trai-
tés inutilement par les frictions.
Le nombre des foldats , cavaliers
& dragons traités & guéris jufqu'à ce
jour dans tous les Hôpitaux militaires
fe montent actuellement à 13244. Et il
paroît que plus on connoit & l'on fuit
les effets du reméde , plus la fatisfaction
devient générale.
Trente-huitiéme & trente-neuvième Traitement depuis son Etablissement.
Noms des Soldats. Compagnies.
La Réjouissance, Pronleroy. La Fage, Rasilly.
La Fage ,
La Fortune ,
Goffray ,
Violet ,
Doré ,
Bar ,
127
DE M. LE MARECHAL DUC DE BIRON.
Le Febvre ,
Durs ,
Moter ,
Laverdure ,
Tardif ,
Clément ,
Julien ,
Dhalem ,
Compagnies.
Pronleroy.
Rafilly.
Pronleroy'
Dampierre.
Mithon .
Degraffe .
Pronleroy.
Dampierre.
Pronleroy.
Baudouin,
Dudreneuc
Dampierre.
Fiv
Villers.
Rafilly.
Viennay.
Viennay,
128 MERCURE DE FRANCE.
La Croix ,
Demoges,
Paben
Viennay.
Callem eau 9:
Viennay.
Ruelle
Demoges
Fauvel ,
Viennay.
Marc ,
Pronleroy.
Duval ,
Rafilly.
Lapierre ,
Viennay.
Robin ,
Coettrieu,
S. Etienne ,
Dudreneuc
Lamotte
Demoges
Marbré ,
Coettrieu.
Rouffeau ,
Viennay.
Croinier 2.
Demoges.
Ces 30 foldats ont été à l'ordinaire:
traités & guéris radicalement ; la plupart
étoient attaqués de maladies très - gra-
ves. Et onze d'entr'eux avoient été trai-
tés inutilement par les frictions.
Le nombre des foldats , cavaliers
& dragons traités & guéris jufqu'à ce
jour dans tous les Hôpitaux militaires
fe montent actuellement à 13244. Et il
paroît que plus on connoit & l'on fuit
les effets du reméde , plus la fatisfaction
devient générale.
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Résumé : HOPITAL DE M. LE MARÉCHAL DUC DE BIRON. Trente-huitiéme & trente-neuvième Traitement depuis son Etablissement.
Le document décrit les traitements administrés à l'hôpital du maréchal duc de Birion pour deux périodes successives. Il énumère les noms des soldats et leurs compagnies respectives, incluant La Réjouissance, Pronleroy, La Fage, Rasilly, Le Febvre, Durs, Moter, Laverdure, Tardif, Clément, Julien, Dhalem, Baudouin, Dudreneuc, La Croix, Demoges, Paben, Fauvel, Marc, Duval, Lapierre, Robin, Coettrieu, S. Etienne, Lamotte, Marbré, Rouffeau et Croinier. Ces soldats ont bénéficié de traitements efficaces, les guérissant de maladies graves. Parmi eux, onze avaient été précédemment traités sans succès par des frictions. Au total, 13 244 soldats, cavaliers et dragons ont été soignés et guéris dans les hôpitaux militaires, avec une satisfaction croissante à mesure que les effets du remède se font mieux connaître.
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703
p. 129-130
EXTRAIT d'une Lettre écrite par M. DUBARQUIER, Commissaire des Guerres à Toulon, à Mgr LE DUC DE CHOISEUL.
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texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'une Lettre écrite par M. DUBARQUIER, Commissaire des Guerres à Toulon, à Mgr LE DUC DE CHOISEUL.
EXTRAIT d'une Lettre écrite
par M. DUBARQUIER, Commissaire des Guerres à Toulon, à Mgr LE DUC
DE CHOISEUL.
MONSEIGNEUR,
J'ai l'honneur de vous envoyer ci-
joint l'état des foldats qui ont été traités
dans l'Hôpital Militaire de cette Ville
des maladies vénériennes par les Dra-
Ce reméde y a opéré 3 cures fingu-
liéres. La premiere eft d'une tumeur
cancerreufe à la lévre fupérieure d'un
foldat d'artillerie qui n'avoit aucun au-
tre fymptôme vérolique ordinaire. Il
eft forti de l'Hôpital depuis quelque
temps.
La feconde , d'une lépre affreufe dont
un foldat du régiment de Royal Corfe
étoit couvert par tout fon corps.
La troifiéme , d'une groffe tumeur
fquirreufe qu'un foldat de Périgord avoit
au col du côté droit : celui - ci avoit
paffé ci-devant dans plufieurs Hôpitaux
caufe d'autres fymptômes véroliques
pendant quatre fois par les frictions ,
fans avoir pu être guéri de cette tumeur
F v
130 MERCURE DE FRANCE .
qui aujourd'hui tend fur fa fin au moyen
des Dragées , n'y ayant que 26 jours
que ce foldat eft dans le traitement.
Ces fortes de. cures font l'admiration
des Chirurgiens de cet Hôpital ; j'ai
remarqué que les foldats en fortant de
ce traitement ne font point énervés ni
défaits comme ils l'étoient par les fric-
tions.
J'ai obfervé auffi , Monfeigneur
qu'il eft néceffaire que MM . les Com-
miffaires des Guerres , chargés de la
Police des Hôpitaux , fe donnent des
foins, en portant leur attention à ce que
les foldats trairés obéiffent à continuer
éxactement les dragées jufqu'à parfaite
guérifon. C'eſt à quoi j'ai réuffi par mès
exhortations & par la punition ; de forte
qu'il n'y en a actuellement aucun dans
cet Hôpital , qui ne les prenne avec une
entiere confiance ; & cette attention eft
d'autant plus néceffaire , que les fymp-
tomes de la maladie difparoiffans peu
de jours après , les foldats fe croyent
guéris & veulent fortir de l'Hôpital
&c. Je fuis avec un profond reſpect.
Signé DUBARQUIER.
par M. DUBARQUIER, Commissaire des Guerres à Toulon, à Mgr LE DUC
DE CHOISEUL.
MONSEIGNEUR,
J'ai l'honneur de vous envoyer ci-
joint l'état des foldats qui ont été traités
dans l'Hôpital Militaire de cette Ville
des maladies vénériennes par les Dra-
Ce reméde y a opéré 3 cures fingu-
liéres. La premiere eft d'une tumeur
cancerreufe à la lévre fupérieure d'un
foldat d'artillerie qui n'avoit aucun au-
tre fymptôme vérolique ordinaire. Il
eft forti de l'Hôpital depuis quelque
temps.
La feconde , d'une lépre affreufe dont
un foldat du régiment de Royal Corfe
étoit couvert par tout fon corps.
La troifiéme , d'une groffe tumeur
fquirreufe qu'un foldat de Périgord avoit
au col du côté droit : celui - ci avoit
paffé ci-devant dans plufieurs Hôpitaux
caufe d'autres fymptômes véroliques
pendant quatre fois par les frictions ,
fans avoir pu être guéri de cette tumeur
F v
130 MERCURE DE FRANCE .
qui aujourd'hui tend fur fa fin au moyen
des Dragées , n'y ayant que 26 jours
que ce foldat eft dans le traitement.
Ces fortes de. cures font l'admiration
des Chirurgiens de cet Hôpital ; j'ai
remarqué que les foldats en fortant de
ce traitement ne font point énervés ni
défaits comme ils l'étoient par les fric-
tions.
J'ai obfervé auffi , Monfeigneur
qu'il eft néceffaire que MM . les Com-
miffaires des Guerres , chargés de la
Police des Hôpitaux , fe donnent des
foins, en portant leur attention à ce que
les foldats trairés obéiffent à continuer
éxactement les dragées jufqu'à parfaite
guérifon. C'eſt à quoi j'ai réuffi par mès
exhortations & par la punition ; de forte
qu'il n'y en a actuellement aucun dans
cet Hôpital , qui ne les prenne avec une
entiere confiance ; & cette attention eft
d'autant plus néceffaire , que les fymp-
tomes de la maladie difparoiffans peu
de jours après , les foldats fe croyent
guéris & veulent fortir de l'Hôpital
&c. Je fuis avec un profond reſpect.
Signé DUBARQUIER.
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Résumé : EXTRAIT d'une Lettre écrite par M. DUBARQUIER, Commissaire des Guerres à Toulon, à Mgr LE DUC DE CHOISEUL.
Dans une lettre à Mgr le Duc de Choiseul, M. Dubarquier, Commissaire des Guerres à Toulon, décrit les succès d'un nouveau traitement contre les maladies vénériennes à l'Hôpital Militaire de Toulon. Trois cas notables sont rapportés : la guérison d'une tumeur cancéreuse à la lèvre supérieure d'un soldat d'artillerie, la disparition d'une lèpre sévère sur le corps d'un soldat du régiment de Royal Corse, et la réduction d'une grosse tumeur squirreuse au cou d'un soldat de Périgord, qui avait été traité sans succès dans plusieurs hôpitaux. Les chirurgiens observent que les soldats ne sont plus affaiblis par les traitements antérieurs. Dubarquier insiste sur la nécessité de la discipline pour que les soldats suivent le traitement jusqu'à complète guérison, car la disparition rapide des symptômes les incite souvent à quitter prématurément l'hôpital.
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704
p. 131-132
LETTRE de M. IMBERT, Chancelier de la Faculté de Médecine de Montpellier, Inspecteur des Hôpitaux du Roi, à M. KEYSER.
Début :
J'ai l'honneur de rendre compte aujourd'hui, Monsieur, à Mgr le Duc de [...]
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE de M. IMBERT, Chancelier de la Faculté de Médecine de Montpellier, Inspecteur des Hôpitaux du Roi, à M. KEYSER.
LETTRE de M. IMBERT, Chancelier
de la Faculté de Médecine de Montpellier,
Inspecteur des Hôpitaux du
Roi, à M. KEYSER.
J'ai l'honneur de rendre compte aujourd'hui,
Monsieur, à Mgr le Duc de
CHOISEUL des bons effets des Dra-
gées antivénériennes dans l'Hôpital de
cette Ville. Cette Lettre vous fera fans
doute communiquée & je ne vous en
parlerai pas plus au long ici .
J'écris en même temps à M. de S.
Prieft , Intendant du Languedoc , & j'ai
l'honneur de lui rendre compre fommai-
rement , de ce que je marque d'avan-
tageux au Miniftre au fujet de votre
reméde. Ne m'en ayez , Monfieur , au-
cune obligation. Je n'aurois pas dit tant
de bien de vos Dragées , fi je ne l'avois
pas penfé , & fi mes yeux n'avoient été
bien convaincus. J'ai l'honneur de
mander aujourd'hui à M. Foullon , qu'il
couroit un bruit que l'on cherchoit à
contrefaire vos dragées , mais que ce
n'étoit encore qu'un oui dire ; que je
ferois des démarches pour découvrir la
vérité , & que je l'informerois de ce
F vj
132 MERCURE DE FRANCE .
qui viendroit à ma connoiffance à ce
fujet.
J'ai l'honneur d'être , & c.
Signé, IMBERT.
de la Faculté de Médecine de Montpellier,
Inspecteur des Hôpitaux du
Roi, à M. KEYSER.
J'ai l'honneur de rendre compte aujourd'hui,
Monsieur, à Mgr le Duc de
CHOISEUL des bons effets des Dra-
gées antivénériennes dans l'Hôpital de
cette Ville. Cette Lettre vous fera fans
doute communiquée & je ne vous en
parlerai pas plus au long ici .
J'écris en même temps à M. de S.
Prieft , Intendant du Languedoc , & j'ai
l'honneur de lui rendre compre fommai-
rement , de ce que je marque d'avan-
tageux au Miniftre au fujet de votre
reméde. Ne m'en ayez , Monfieur , au-
cune obligation. Je n'aurois pas dit tant
de bien de vos Dragées , fi je ne l'avois
pas penfé , & fi mes yeux n'avoient été
bien convaincus. J'ai l'honneur de
mander aujourd'hui à M. Foullon , qu'il
couroit un bruit que l'on cherchoit à
contrefaire vos dragées , mais que ce
n'étoit encore qu'un oui dire ; que je
ferois des démarches pour découvrir la
vérité , & que je l'informerois de ce
F vj
132 MERCURE DE FRANCE .
qui viendroit à ma connoiffance à ce
fujet.
J'ai l'honneur d'être , & c.
Signé, IMBERT.
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Résumé : LETTRE de M. IMBERT, Chancelier de la Faculté de Médecine de Montpellier, Inspecteur des Hôpitaux du Roi, à M. KEYSER.
M. Imbert, Chancelier de la Faculté de Médecine de Montpellier et Inspecteur des Hôpitaux du Roi, écrit à M. Keyser pour informer Mgr le Duc de Choiseul des effets positifs des dragées antivénériennes utilisées à l'Hôpital de Montpellier. Il précise que cette lettre sera également transmise au Duc de Choiseul et à M. de Saint-Priest, Intendant du Languedoc, afin de souligner les avantages du remède de M. Keyser. M. Imbert assure qu'il ne vanterait pas les mérites des dragées s'il n'était pas convaincu de leur efficacité, basée sur ses observations. Il mentionne également à M. Foullon une rumeur de contrefaçon des dragées, bien que non confirmée. Il promet d'enquêter sur cette rumeur et d'informer M. Foullon des résultats obtenus.
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705
p. 132-133
OBSERVATIONS ESSENTIELLES.
Début :
Le Public a pu observer que depuis nombre d'années le sieur Keyser n'a [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : OBSERVATIONS ESSENTIELLES.
OBSERVATIONS ESSENTIELLES.
Le Public a pu observer que depuis
nombre d'années le sieur Keyser n'a
ceffé d'expofer à fes yeux les témoigna-
ges les plus autentiques & les plus refpec-
tables ; le nombre en eft devenu même
fi confidérable qu'il croit devoir les
fupprimer à l'avenir , parce qu'il ne peut
plus y avoir de doutes au fujet de
la fupériorité de fon reméde fur tout
autre.
Mais comme malgré tant de faits ,
tant d'épreuves , tant de témoignages ,
malgré l'achat de fon fecret par Sa
Majefté , malgré les Analyfes qui en'
ont été faites & le dépôt qui en a été
remis aux premiers Médecins nommés
par le Roi , lefquels l'ont vû compofer
eux-mêmes par ordre du Roi , & mal-
gré même la guérifon de quantité de
milliers de foldats , traités & guéris jour-
nellement dans tous les Hôpitaux mili-
taires , il eft encore des gens mal in-
JANVIER. 1764.
133
tentionnés qui répandent fourdement
les calomnies les plus viles , tantôt fur
le remède , tantôt fur fes correfpondans,
dont ils attaquent même l'honneur & la
probité :
Le fieur Keyfer déclare, que le remé-
de diftribué par fes Correfpondants &
dont les noms font dans la Lifte qu'il
en a donnée dans le fecond volume du
Mercure du mois d'Octobre dernier
>
eft le feul reméde vraiment bon & com-
pofé par lui -même ; qu'il ne faut point
s'arrêter at nombre de dragées dans cha-
que boëte , parce que le nombre n'en eft
jamais égal , vû l'impoffibilité de les
faire dans le même calibre , mais au
poids qui eft 'toujours le même dans
toutes les boctes.
M. Keyfer avertit auffi que fes boëtes
ne font jamais pleines & ne doivent
même pas l'être ; qu'il laiffe à chacune
un demi pouce de vuide , pour que les
Dragées puiffent balotter & ne foient
point dans le cas de fe pelotonner.
Quant aux propos fur le fublimé corro-
fif,, que certaines perfonnes ofent faire
entrer dans fa compofition , l'impofture
eft fi groffiere qu'elle eft digne du plus
grand mépris.
Le Public a pu observer que depuis
nombre d'années le sieur Keyser n'a
ceffé d'expofer à fes yeux les témoigna-
ges les plus autentiques & les plus refpec-
tables ; le nombre en eft devenu même
fi confidérable qu'il croit devoir les
fupprimer à l'avenir , parce qu'il ne peut
plus y avoir de doutes au fujet de
la fupériorité de fon reméde fur tout
autre.
Mais comme malgré tant de faits ,
tant d'épreuves , tant de témoignages ,
malgré l'achat de fon fecret par Sa
Majefté , malgré les Analyfes qui en'
ont été faites & le dépôt qui en a été
remis aux premiers Médecins nommés
par le Roi , lefquels l'ont vû compofer
eux-mêmes par ordre du Roi , & mal-
gré même la guérifon de quantité de
milliers de foldats , traités & guéris jour-
nellement dans tous les Hôpitaux mili-
taires , il eft encore des gens mal in-
JANVIER. 1764.
133
tentionnés qui répandent fourdement
les calomnies les plus viles , tantôt fur
le remède , tantôt fur fes correfpondans,
dont ils attaquent même l'honneur & la
probité :
Le fieur Keyfer déclare, que le remé-
de diftribué par fes Correfpondants &
dont les noms font dans la Lifte qu'il
en a donnée dans le fecond volume du
Mercure du mois d'Octobre dernier
>
eft le feul reméde vraiment bon & com-
pofé par lui -même ; qu'il ne faut point
s'arrêter at nombre de dragées dans cha-
que boëte , parce que le nombre n'en eft
jamais égal , vû l'impoffibilité de les
faire dans le même calibre , mais au
poids qui eft 'toujours le même dans
toutes les boctes.
M. Keyfer avertit auffi que fes boëtes
ne font jamais pleines & ne doivent
même pas l'être ; qu'il laiffe à chacune
un demi pouce de vuide , pour que les
Dragées puiffent balotter & ne foient
point dans le cas de fe pelotonner.
Quant aux propos fur le fublimé corro-
fif,, que certaines perfonnes ofent faire
entrer dans fa compofition , l'impofture
eft fi groffiere qu'elle eft digne du plus
grand mépris.
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Résumé : OBSERVATIONS ESSENTIELLES.
Le texte décrit le remède du sieur Keyser, reconnu pour son efficacité supérieure aux autres traitements. Keyser cesse de présenter des témoignages en raison de la notoriété déjà acquise par son remède. Malgré les nombreuses preuves et guérisons, notamment chez les soldats dans les hôpitaux militaires, des calomnies persistent contre le remède et ses distributeurs. Keyser affirme que seul le remède distribué par ses correspondants, listés dans le Mercure d'octobre précédent, est authentique et fabriqué par lui-même. Il explique que le nombre de dragées par boîte peut varier en raison des difficultés de fabrication uniforme, mais leur poids reste constant. Les boîtes ne sont jamais pleines pour éviter que les dragées ne se compactent. Keyser réfute également l'utilisation de sublimé corrosif dans sa composition, qualifiant cette accusation d'imposture méprisable.
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706
p. 203-206
SUPPLÉMENT à l'Art. MÉDECINE. MÉMOIRE de M. GUILBERT DEPREVAL, Docteur-Régent en Médecine de la Faculté de Paris, sur l'usage de l'Antimoine préparé de M. JACQUET.
Début :
La préparation d'Antimoine de M. Jacquet, dont les effets sont déjà connus par [...]
Mots clefs :
Antimoine, Purgatifs, Préparation, Médecins, Maladie, Remède, Pilule
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUPPLÉMENT à l'Art. MÉDECINE. MÉMOIRE de M. GUILBERT DEPREVAL, Docteur-Régent en Médecine de la Faculté de Paris, sur l'usage de l'Antimoine préparé de M. JACQUET.
SUPPLÉMENT à l'Art. MÉDECINE.
1
MÉMOIRE de M. GUILBERT DE
PREVAL, Docteur - Régent en Mé
decine de la Faculté de Paris , fur
l'ufage de l'ANTIMOINE préparé
de M. JACQUET.
La préparation d'Antimoine de M. Jacquer
dont les effets font déja connus par les divers
ufages qu'en ont faits les Médecins , eſt un des
meilleurs fondans qu'on puiffe employer. Elle
I vj
204 MERCURE DE FRANCE.
a cela de particulier , que , fans avoir aucun
des inconvéniens qu'on reproche à toutes les
préparations où entre le Mercure , elle en a toutes
les propriétés , M. Jacquet ayant trouvé le
moyen de réunir les propriétés du Mercure &
celles de l'Antimoine.
:
Sa préparation a de commun avec le Mercure
d'être antivénérienne au meilleur degré ,
puifque par fon moyen on guérir des maladies
qui ont réfifté avec la plus grande opiniâtreté
à toutes les préparations du Mercure les plus
ufitées , aux frictions mêmes comme les exoftofes
, les douleurs , les duretés des glandes ,
les gonorrhées les plus invétérées &c. dans les
nouvelles , c'eſt une choſe bien remarquable que
deux ou trois prifes de cette préparation faſfent
conftamment ceffer les cuiffons & ardeurs ,
qui , dans les premiers temps de cette incommodité
, font les fymptômes les plus infupportables
aux malades . Dans tous les autres vices
lymphatiques , qui femblent dégénérer du vénérien
, comme les fcrophules humeurs froides
, les dartres , herpés & autres maladies cutanées
, il faut convenir qu'il n'eft pas de reméde
plus efficace puifqu'on a guéri par fon
moyen ce que toutes les préparations mercurielles
les plus connues & les plus renommées ,
la cigue même, n'ont pû guérir , quoique ces
remédes fuffent adminiftrés par d'excellens Médecins.
Dans les engorgemens fpontanés des
glandes du foye &c , fa réuffite eſt également
certaine ; tous faits dont on a la preuve en
main.
Cette préparation d'Antimoine fe peut auffi
employer dans tous les cas fans exception où
l'on employe le Kermès minéral , dont tous les
JANVIER. 1764. 205
Médecins clyniques connoiffent les inconvéniens.
En quadruplant la dofe de l'Antimoine de M. Jacquer
, on l'adminiftre de la même maniere que le
Kermès. L'événement convaincra ceux qui l'employeront
, qu'il eft décidément préférable au
Kermès , fur- tout dans tous les cas où la délicatele
de la poitrine & des vifcères demande
du ménagement . La fuite apprendra que dans
les maladies putrides ce reméde n'eft pas indif
férent .
:
On l'employe comme altérant & comme purgatif
comme altérant , on le donne depuis
quatre ou fix jufqu'à douze & quinze grains ,
en pilules ou en poudre , avec tel véhicule qu'on
juge à propos : dans les loochs comme le Kermès
, en mettant 4 grains pour un ; 16 pour
4 comme purgatif , depuis 12 ou 15 grains ,
jufqu'à 25 & 30 , par-deffus chaque prife , le
malade boira toujours l'un des bouillons prefcrits
fuivant l'indication' qu'aura eu à remplir
le Médecin qui l'adminiftrera ; ou bien quelques
taffes d'infufion de Thé , de Sauge , de
Méliffe , ou même de petit Lait.
Chaque pilule eft formée de 6 grains en
la féparant en deux , on a la plus petite dofe
à laquelle on puiffe l'adminiftrer , aux enfans
mêmes on peut également à ce moyen le donner
par gradation , en commençant par fix
grains qui ne forment qu'une pilule , enfuite
neuf , une pilule & demie & ainfi de fuite tous
les jours jufqu'à ce qu'on foit parvenu à le
rendre purgatif ; alors on ne le donne plus
que de deux jours l'un à la doſe où on l'ap-.
perçoit purgatif ; quoiqu'on le puiffe donner
comme altérant le jour qu'on n'a pas intention
de purger en ſe bornant à la doſe de ſiz
206 MERCURE DE FRANCE.
grains. Au furplus c'eft à la fageffe du Méde
ein d'écarter plus ou moins les jours où il le
preferira comme purgatif, faivant fon effet &
les forces du malade.
C'eſt à - peu- près ce que nous pouvons dire
fur les généralités de l'adminiftration de ce reméde
conformément aux engagemens que nous
avons pris dans les Gazettes du courant de Novembre
dernier. G. de P.
1
MÉMOIRE de M. GUILBERT DE
PREVAL, Docteur - Régent en Mé
decine de la Faculté de Paris , fur
l'ufage de l'ANTIMOINE préparé
de M. JACQUET.
La préparation d'Antimoine de M. Jacquer
dont les effets font déja connus par les divers
ufages qu'en ont faits les Médecins , eſt un des
meilleurs fondans qu'on puiffe employer. Elle
I vj
204 MERCURE DE FRANCE.
a cela de particulier , que , fans avoir aucun
des inconvéniens qu'on reproche à toutes les
préparations où entre le Mercure , elle en a toutes
les propriétés , M. Jacquet ayant trouvé le
moyen de réunir les propriétés du Mercure &
celles de l'Antimoine.
:
Sa préparation a de commun avec le Mercure
d'être antivénérienne au meilleur degré ,
puifque par fon moyen on guérir des maladies
qui ont réfifté avec la plus grande opiniâtreté
à toutes les préparations du Mercure les plus
ufitées , aux frictions mêmes comme les exoftofes
, les douleurs , les duretés des glandes ,
les gonorrhées les plus invétérées &c. dans les
nouvelles , c'eſt une choſe bien remarquable que
deux ou trois prifes de cette préparation faſfent
conftamment ceffer les cuiffons & ardeurs ,
qui , dans les premiers temps de cette incommodité
, font les fymptômes les plus infupportables
aux malades . Dans tous les autres vices
lymphatiques , qui femblent dégénérer du vénérien
, comme les fcrophules humeurs froides
, les dartres , herpés & autres maladies cutanées
, il faut convenir qu'il n'eft pas de reméde
plus efficace puifqu'on a guéri par fon
moyen ce que toutes les préparations mercurielles
les plus connues & les plus renommées ,
la cigue même, n'ont pû guérir , quoique ces
remédes fuffent adminiftrés par d'excellens Médecins.
Dans les engorgemens fpontanés des
glandes du foye &c , fa réuffite eſt également
certaine ; tous faits dont on a la preuve en
main.
Cette préparation d'Antimoine fe peut auffi
employer dans tous les cas fans exception où
l'on employe le Kermès minéral , dont tous les
JANVIER. 1764. 205
Médecins clyniques connoiffent les inconvéniens.
En quadruplant la dofe de l'Antimoine de M. Jacquer
, on l'adminiftre de la même maniere que le
Kermès. L'événement convaincra ceux qui l'employeront
, qu'il eft décidément préférable au
Kermès , fur- tout dans tous les cas où la délicatele
de la poitrine & des vifcères demande
du ménagement . La fuite apprendra que dans
les maladies putrides ce reméde n'eft pas indif
férent .
:
On l'employe comme altérant & comme purgatif
comme altérant , on le donne depuis
quatre ou fix jufqu'à douze & quinze grains ,
en pilules ou en poudre , avec tel véhicule qu'on
juge à propos : dans les loochs comme le Kermès
, en mettant 4 grains pour un ; 16 pour
4 comme purgatif , depuis 12 ou 15 grains ,
jufqu'à 25 & 30 , par-deffus chaque prife , le
malade boira toujours l'un des bouillons prefcrits
fuivant l'indication' qu'aura eu à remplir
le Médecin qui l'adminiftrera ; ou bien quelques
taffes d'infufion de Thé , de Sauge , de
Méliffe , ou même de petit Lait.
Chaque pilule eft formée de 6 grains en
la féparant en deux , on a la plus petite dofe
à laquelle on puiffe l'adminiftrer , aux enfans
mêmes on peut également à ce moyen le donner
par gradation , en commençant par fix
grains qui ne forment qu'une pilule , enfuite
neuf , une pilule & demie & ainfi de fuite tous
les jours jufqu'à ce qu'on foit parvenu à le
rendre purgatif ; alors on ne le donne plus
que de deux jours l'un à la doſe où on l'ap-.
perçoit purgatif ; quoiqu'on le puiffe donner
comme altérant le jour qu'on n'a pas intention
de purger en ſe bornant à la doſe de ſiz
206 MERCURE DE FRANCE.
grains. Au furplus c'eft à la fageffe du Méde
ein d'écarter plus ou moins les jours où il le
preferira comme purgatif, faivant fon effet &
les forces du malade.
C'eſt à - peu- près ce que nous pouvons dire
fur les généralités de l'adminiftration de ce reméde
conformément aux engagemens que nous
avons pris dans les Gazettes du courant de Novembre
dernier. G. de P.
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Résumé : SUPPLÉMENT à l'Art. MÉDECINE. MÉMOIRE de M. GUILBERT DEPREVAL, Docteur-Régent en Médecine de la Faculté de Paris, sur l'usage de l'Antimoine préparé de M. JACQUET.
Le document est un supplément à un article sur la médecine, présentant un mémoire de M. Guilbert de Préval, docteur et régent en médecine à la Faculté de Paris. Ce mémoire traite de l'usage de l'antimoine préparé par M. Jacquet. Cette préparation est appréciée pour ses propriétés similaires à celles du mercure, mais sans en avoir les inconvénients. Elle est particulièrement efficace contre les maladies vénériennes résistantes aux traitements mercuriels, ainsi que contre diverses affections cutanées et lymphatiques. L'antimoine peut également remplacer le kermès minéral, offrant des avantages notables dans les cas nécessitant une grande délicatesse, comme les maladies putrides. La préparation est administrée en pilules ou en poudre, en doses variables selon l'effet recherché, qu'il soit altérant ou purgatif. Elle peut être donnée aux enfants par gradation. Le médecin doit ajuster la fréquence et la dose en fonction de l'état du patient.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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707
p. 210
AVIS. REMÉDE pour les Chiens attaqués de la maladie courante.
Début :
On fait prendre trois grains d'émétique dans du bouillon, & une heure ou [...]
Mots clefs :
Maladie, Chiens, Bouillon, Émétiques, Huile d'olive, Tabac, Vinaigre, Remède
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVIS. REMÉDE pour les Chiens attaqués de la maladie courante.
AVIS.
REMEDE pour les Chiens attaqués de la maladie.
"
courante .
On fait prendre trois grains d'émétique dans
du bouillon & une heure ou deux après on
donne encore du bouillon au Chien malade . Ik
faut dans la journée lui faire boire de l'huile
d'Olive ; enfuite après avoir rempli de la même
huile une petite feringue grofle comme le doigt ,
dans laquelle on a mis une ou deux prifes de
tabac mêlé avec l'huile , on en ferinque dans les
narines du chien plufieurs fois par jour. Si le
tabac ne le fait pas éternuer il faut mettre à
la place deur goutes de vinaigre.
REMEDE pour les Chiens attaqués de la maladie.
"
courante .
On fait prendre trois grains d'émétique dans
du bouillon & une heure ou deux après on
donne encore du bouillon au Chien malade . Ik
faut dans la journée lui faire boire de l'huile
d'Olive ; enfuite après avoir rempli de la même
huile une petite feringue grofle comme le doigt ,
dans laquelle on a mis une ou deux prifes de
tabac mêlé avec l'huile , on en ferinque dans les
narines du chien plufieurs fois par jour. Si le
tabac ne le fait pas éternuer il faut mettre à
la place deur goutes de vinaigre.
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Résumé : AVIS. REMÉDE pour les Chiens attaqués de la maladie courante.
Le texte présente un remède pour soigner les chiens atteints d'une maladie courante. Le traitement inclut l'administration de trois grains d'émétique dans du bouillon, suivi d'un autre bol de bouillon après une à deux heures. Le chien doit boire de l'huile d'olive tout au long de la journée. Une seringue avec un mélange d'huile d'olive et de tabac est introduite dans les narines du chien plusieurs fois par jour. En cas d'absence d'éternuements, le tabac peut être remplacé par deux gouttes de vinaigre.
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708
p. 211
« Le Sieur Le Lievre, Apoticaire, Distilateur ordinaire du Roi, est mort [...] »
Début :
Le Sieur Le Lievre, Apoticaire, Distilateur ordinaire du Roi, est mort [...]
Mots clefs :
Distillateur, Apothicaire ordinaire du roi, Décès, Veuve, Baume de vie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le Sieur Le Lievre, Apoticaire, Distilateur ordinaire du Roi, est mort [...] »
LE Sieur LB LIEVRE , Apoticaire , Diftila
teur ordinaire du Roi , eft mort le 28 Octobre
dernier , âgé de quatre vingt - dix ans. Sa veuve ,
ainfi que fon fils , reçu en furvivance depuis
dix ans dans fa Charge d'Apoticaire - Diftilateur
ordinaire du Roi , compoſoient & fabri
quoient avec feu M. LE LIEVRE , le Beaume de
Vie , & fa veuve continue le même Commerce ,
dans fa même Maifon , rue de Seine , Fauxbourg
S. Germain.
teur ordinaire du Roi , eft mort le 28 Octobre
dernier , âgé de quatre vingt - dix ans. Sa veuve ,
ainfi que fon fils , reçu en furvivance depuis
dix ans dans fa Charge d'Apoticaire - Diftilateur
ordinaire du Roi , compoſoient & fabri
quoient avec feu M. LE LIEVRE , le Beaume de
Vie , & fa veuve continue le même Commerce ,
dans fa même Maifon , rue de Seine , Fauxbourg
S. Germain.
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709
p. 38
VERS à M. l'ÉVÉQUE D'ORLÉANS, sur le danger de la maladie dont il est convalescent, par M. AYGOU, de l'Académie des Belles-Lettres de Caën.
Début :
QUAND la fiére Atropos eut ouvert son ciseau [...]
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texteReconnaissance textuelle : VERS à M. l'ÉVÉQUE D'ORLÉANS, sur le danger de la maladie dont il est convalescent, par M. AYGOU, de l'Académie des Belles-Lettres de Caën.
VERS à M. l'ÉVÉQUE D'ORLÉANS,
sur le danger de la maladie dont il
est convalescent, par M. AYGOU,
de l'Académie des Belles-Lettres de
Caën.
QUAND la fiére Atropos eut ouvert son ciseau
Pour couper de vos jours la trame fortunée ,
L'Orléanois frémit ... Il crut voir au tombeau --
L'Auteur de fon bien-être & de fa deſtinée !!
Minerve a diffipé ces critiques inftans :
Elle a faifi la main de la Parque cruelle...
ככ Que vas-tu faire . lui dit-elle ?
» Attends que de Neftor il ait paffé les ans.
Il eſt plus : il en eft l'exemples
1
»Reſpecte ce Prélat que la France contemple.....
>> Talens :
1
►Arrête... c'eſt Jarente….. 11 eft de mes enfans...
Apprends qu'il eft l'appui des Vertus , desa.:
sur le danger de la maladie dont il
est convalescent, par M. AYGOU,
de l'Académie des Belles-Lettres de
Caën.
QUAND la fiére Atropos eut ouvert son ciseau
Pour couper de vos jours la trame fortunée ,
L'Orléanois frémit ... Il crut voir au tombeau --
L'Auteur de fon bien-être & de fa deſtinée !!
Minerve a diffipé ces critiques inftans :
Elle a faifi la main de la Parque cruelle...
ככ Que vas-tu faire . lui dit-elle ?
» Attends que de Neftor il ait paffé les ans.
Il eſt plus : il en eft l'exemples
1
»Reſpecte ce Prélat que la France contemple.....
>> Talens :
1
►Arrête... c'eſt Jarente….. 11 eft de mes enfans...
Apprends qu'il eft l'appui des Vertus , desa.:
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Résumé : VERS à M. l'ÉVÉQUE D'ORLÉANS, sur le danger de la maladie dont il est convalescent, par M. AYGOU, de l'Académie des Belles-Lettres de Caën.
Le poème de M. Aygou célèbre la convalescence de l'Évêque d'Orléans après une grave maladie. Les habitants, inquiets de sa perte, voyaient en lui un protecteur. Minerve, déesse de la sagesse, a empêché la Parque de mettre fin à sa vie, reconnaissant ses vertus et son rôle moral exemplaire. L'évêque est loué comme père spirituel et défenseur des valeurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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710
p. 105-108
TOPIQUE pour détourner la GOUTE. LETTRE à M. de BOISANDRÉ, Ecuyer de S. A. S. Mgr le DUC d'ORLÉANS.
Début :
ON vous a dit, Monsieur, que j'avois un secret pour attirer la Goute au [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TOPIQUE pour détourner la GOUTE. LETTRE à M. de BOISANDRÉ, Ecuyer de S. A. S. Mgr le DUC d'ORLÉANS.
TOPIQUE pour détourner la GOUTE.
LETTRE à M. de BOISANDRÉ,
Ecuyer de S. A. S. Mgr le DUC
d'ORLÉANS.
ON vous a dit, Monsieur, que j'avois
un secret pour attirer la Goute au
ped . Je voudrois bien l'avoir ce fecret ;
E.v.
roб MERCURE DE FRANCE .
mais je n'en connois uniquement que
la vertu. Voici le fait.
Un homme digne de foi & affu--
,
rément très-refpectable à tous égards ,
m'adreffa il y a quinze jours un Par-
ticulier qu'il avoit vû détourner une
goute remontée par le fecours d'un fim-
ple topique ; en m'adreffant ce parti-
culier , il me garantit que je pouvois
avoir toute confiance en lui,
Six femaines auparavant j'avois hor-
riblement fouffert de la goute dans les
reins & dans les entrailles , avec des
vomiffemens de vingt-quatre heures.
L'humeur alloit reprendre la même
route. Elle étoit déja au col , dans les
reins , & très
-
forte fur un genou.
Avec le confentement de M. Dixte
mon Médecin & mon ami , j'effayai
de me faire appliquer le topique fur les
deux pieds. Dès le lendemain le col
& les reins fe trouverent dégagés
toute l'humeur enfin tomba des ge-
noux fur les pieds , ils devinrent fort
enflés , un peu rouges. Chaque jour il-
en fortoit des férofités • quelquefois
à percer les linges
les linges , quoiqu'ils fuffent
en plufieurs doubles. Le Topique a agi
pendant douze jours environ
& je
fuis depuis Mercredi fans la moindre
enflure ni la moindre douleur,
JANVIER. 1764. -
107
Je ne prendrai pas la liberté de ha-
zarder des confeils fur une ſanté auffi
précieufe que celle de S. A. mais je di-
rai que ma fanté m'eft très- précieuſe
auffi , & que je fuis bien sûr qu'à la
premiere tracafferie de goute , je ne per-
drai pas un moment à faire encore ufage
du Topique. M. Dixte , témoin du fuc-
cès en a été étonné , & a promis de
bonne foi qu'il en rendroit témoignage
dans l'occafion. Voilà , Monfieur , tout
ce que je fçai de ma goute & du To-
pique ..
Votre homme m'a dit ce matin , en
me remettant votre Lettre , que vous
étiez mieux depuis deux jours . Jugez
du plaifir que j'en ai , par les fentimens
que vous connoiffez depuis fi long-
temps au vieux
MONTDORGE.
A Paris,le 23 Décembre 1763.
P. S. J'oubliois de vous dire , Mon-
fieur , que le poffeffeur du Topique
fe nomme M. de Mezoneis.
Il loge par
entrepôt , au coin de la rue des Foffés
Monmartre , du côté de la rue Mon-
martre même. Il a , de père en fils ,
la goute & le Topique. Il avoue qu'il
Evi
2
108 MERCURE DE FRANCE.
n'eft ni Médecin , ni rien qui en ap-
proche
il répond en conféquence aux
questions qu'on peut lui faire fur les
grands principes. Mais en revanche il
eft affuré, par une longue expérience, de
déloger la goute quand elle eft mal pla-
cée ; & l'expériencc eft plus forte, ce me
femble , que les plus beaux raiſonne-
mens.
LETTRE à M. de BOISANDRÉ,
Ecuyer de S. A. S. Mgr le DUC
d'ORLÉANS.
ON vous a dit, Monsieur, que j'avois
un secret pour attirer la Goute au
ped . Je voudrois bien l'avoir ce fecret ;
E.v.
roб MERCURE DE FRANCE .
mais je n'en connois uniquement que
la vertu. Voici le fait.
Un homme digne de foi & affu--
,
rément très-refpectable à tous égards ,
m'adreffa il y a quinze jours un Par-
ticulier qu'il avoit vû détourner une
goute remontée par le fecours d'un fim-
ple topique ; en m'adreffant ce parti-
culier , il me garantit que je pouvois
avoir toute confiance en lui,
Six femaines auparavant j'avois hor-
riblement fouffert de la goute dans les
reins & dans les entrailles , avec des
vomiffemens de vingt-quatre heures.
L'humeur alloit reprendre la même
route. Elle étoit déja au col , dans les
reins , & très
-
forte fur un genou.
Avec le confentement de M. Dixte
mon Médecin & mon ami , j'effayai
de me faire appliquer le topique fur les
deux pieds. Dès le lendemain le col
& les reins fe trouverent dégagés
toute l'humeur enfin tomba des ge-
noux fur les pieds , ils devinrent fort
enflés , un peu rouges. Chaque jour il-
en fortoit des férofités • quelquefois
à percer les linges
les linges , quoiqu'ils fuffent
en plufieurs doubles. Le Topique a agi
pendant douze jours environ
& je
fuis depuis Mercredi fans la moindre
enflure ni la moindre douleur,
JANVIER. 1764. -
107
Je ne prendrai pas la liberté de ha-
zarder des confeils fur une ſanté auffi
précieufe que celle de S. A. mais je di-
rai que ma fanté m'eft très- précieuſe
auffi , & que je fuis bien sûr qu'à la
premiere tracafferie de goute , je ne per-
drai pas un moment à faire encore ufage
du Topique. M. Dixte , témoin du fuc-
cès en a été étonné , & a promis de
bonne foi qu'il en rendroit témoignage
dans l'occafion. Voilà , Monfieur , tout
ce que je fçai de ma goute & du To-
pique ..
Votre homme m'a dit ce matin , en
me remettant votre Lettre , que vous
étiez mieux depuis deux jours . Jugez
du plaifir que j'en ai , par les fentimens
que vous connoiffez depuis fi long-
temps au vieux
MONTDORGE.
A Paris,le 23 Décembre 1763.
P. S. J'oubliois de vous dire , Mon-
fieur , que le poffeffeur du Topique
fe nomme M. de Mezoneis.
Il loge par
entrepôt , au coin de la rue des Foffés
Monmartre , du côté de la rue Mon-
martre même. Il a , de père en fils ,
la goute & le Topique. Il avoue qu'il
Evi
2
108 MERCURE DE FRANCE.
n'eft ni Médecin , ni rien qui en ap-
proche
il répond en conféquence aux
questions qu'on peut lui faire fur les
grands principes. Mais en revanche il
eft affuré, par une longue expérience, de
déloger la goute quand elle eft mal pla-
cée ; & l'expériencc eft plus forte, ce me
femble , que les plus beaux raiſonne-
mens.
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Résumé : TOPIQUE pour détourner la GOUTE. LETTRE à M. de BOISANDRÉ, Ecuyer de S. A. S. Mgr le DUC d'ORLÉANS.
La lettre, datée du 23 décembre 1763, est adressée à M. de Boisandré, écuyer du Duc d'Orléans. L'auteur y partage un remède contre la goutte, recommandé par un homme respectable. Il décrit sa propre expérience avec la goutte, affectant ses reins, ses entrailles, puis son cou, ses reins et un genou. Après six semaines, il a appliqué un topique sur ses pieds, sur les conseils de son médecin, M. Dixte. La douleur a rapidement disparu et l'humeur goutteuse s'est déplacée vers les pieds, provoquant un gonflement. Le traitement a duré douze jours, après quoi la douleur et le gonflement ont cessé. L'auteur est satisfait et prévoit de réutiliser le topique en cas de récidive. M. Dixte a attesté du succès du traitement. Le propriétaire du topique, M. de Mezoneis, réside au coin de la rue des Fossés Montmartre et est reconnu pour son expertise familiale dans le traitement de la goutte.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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711
p. 108-113
OBSERVATION sur les mauvais effets du Sublimé Corrosif employé extérieurement.
Début :
AUTANT il est nécessaire, pour le progrès de la Médecine & l'intérêt [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : OBSERVATION sur les mauvais effets du Sublimé Corrosif employé extérieurement.
OBSERVATION sur les mauvais
effets du Sublimé Corrosif employé
extérieurement.
AUTANT il est nécessaire, pour le
progrès de la Médecine & l'intérêt
commun , de publier les effets falutai-
res des médicamens , autant il feroit.
préjudiciable de celer le danger qu'il
y auroit de faire ufage de quelqu'uns.
Plus ces remédes font préconifés , plus
les perfonnes qui les confeillent ont de
réputation & de connoiffances , & plus
nous devons dévoiler leurs qualités
pernicieufes,quand l'expérience ne nous
laiffe aucun doute à cet égard.
L'obfervation fuivante m'a appris à
me défier d'une infinité de formules
JANVIER. 1764.
109
d'autant plus dangereufes , qu'elles fe
trouvent inférées dans des ouvrages
fort connus , fort eftimés , & que tout
particulier a d'ordinaire entre les mains.
Une Demoiselle avoit à la partie
moyenne de l'avant- bras , une dartre
vive de la largeur de la paume de la
main ; cette perfonne, qui d'ailleurs étoit
affez faine & bien réglée , en reffentoit
peu de douleur ; mais le défagrément.
d'avoir le bras continuellement enve-
loppé de linge & couvert d'onguent , la
détermina à fe faire guérir à quelque
prix que ce fût . Elle avoit déja effuyé
les traitemens les plus méthodiques ; ce-
pendant elle voulut encore que je l'en-
trepriffe. Après avoir mis en ufage les
remédes intérieurs qui conviennent en
pareil cas , & le tout fans fuccès , je
me déterminai à appliquer fur la dartre
quelques uns de ces cauftiques vantés
dans un Ouvrage fort connu. En con-
féquence je fis une pommade avec le
beurre , la cérufe & le fublimé corro-
fif. J'obfervai exactement la dofe pref-
crite , & je pris de ce mêlange à-peu-
près la pefanteur d'un demi gros que
j'étendis fur la dartre. A peine y fut- il
appliqué , qu'il caufa de vives douleurs
410 MERCURE DE FRANCE.
qui fe calmerent: cependant quelques
inftans après. Je méloignai enfuite de
là malade , mais au bout de deux heu-
res on accourut me chercher en me
difant qu'elle alloit périr. En effet je la
trouvais dans l'état le plus fâcheux. Elle
avoit des mouvemens convulfifs dans
prèfque toutes les parties du corps ,
& elle étoit fi violemment
agitée
qu'elle fe rouloit par terre. Elle avoit
en outre des hoquets & des nau-
fées fuivies de vomiffemens fréquens
qui me firent craindre pour fa vie..
Mon premier foin fut d'enlever avec.
de l'huile d'olive le refte du fublimé
enveloppé dans cette pommade , & je
fis prendre à la malade quelques verres
d'eau tiède pour rendre les vomiffemens-
moins pénibles & moins douloureux.
Je lui donnai enfuite du lait coupé avec
de l'eau commune , dans le deffein de
calmer l'irritation que caufoit le corro-
fif qui fans doute avoit paffé dans le
fang & produit tous ces défordres. Elle
prit auffi plufieurs lavemens compofés
de plantes mucilagineufes , & peu-à-
peu les accidens diminuerent au point
qu'elle ne reffentoit plus que de lé-
gères douleurs de colique. La nuit fui-
vante fut affez tranquille ; mais le ma
JANVIER 1764.
MT
tin la bouche parut enflammée , la fa-
Nivation fe manifefta ; & malgré l'eau
+
de caffe que je lui donnai abondam--
ment , je ne pus empêcher qu'elle ne
durât l'efpace de huit jours. Après ce
temps elle n'en fentit plus aucune in-
commodité ; la dartre refta toujours dans
le même état , & la Démoifelle dès
cet inftant réfolut de l'abandonner à la
Nature.
Si une auffi petite quantité de fubli--
mé corrofif a pu porter tant de trouble
dans l'œconomie animale , qu'auroit-ce
donc été fi une dartre plus étendue ou
plufieurs
dartres m'euffent contraint
d'employer une plus grande dofe de
cette pommade ? car dans l'ouvrage
d'où j'ai tiré cette formule
il est dit:
>
qu'on peut s'en frotter tout le corps ,
excepté la tête & la poitrine ; que cet
onguent eft fpécifique pour la galle &
les dartres ; & qu'il eft fans danger.
Pour moi , je penfe bien différemment ;
& d'après cette obfervation je conclus
qu'il peut être très- pernicieux. Il eft des
perfonnes où les pôres de la peau font
Ouverts au point d'abſorber de ce poi-
fon une affez grande quantité pour
faire périr les malades dans des tour
mens affreux .
煮
T MERCURE DE FRANCE.
Je ne prétends cependant pas infir.
mer le mérite de ces Médecins labo
rieux qui ont confacré leurs veilles
nous mettre fous les yeux différente
formules. Par là ils foulagent la mé
moire des jeunes gens qui ne font pas
encore dans l'ufage de compofer , &
rappellent l'idée des médicamens utiles
qu'on auroit pu oublier fans de tels
dépôts. Mais il faut avouer en même
temps que la plupart de ces Ouvrages
préfentés au Public fous des titres fpé-
cieux qui excitent fa curiofité , font
caufe de bien des accidens. Tout le
monde veut les pofféder , on les litlit ,
dès-lors on fe croit un Hypocrate ; &
fans principes , fans expérience , on s'i-
magine fe fuffire à foi- même & être en
état de traiter fon ami , fon voifin , & c.
Il feroit à fouhaiter que les perfonnes
qui s'adonnent à ces fortes de travaux
rejettaffent de leurs formules les dro-
gues violentes dont la plus légère er-
reur dans la dofe & dans l'ufage peut-
caufer un défordre capable de laiffer
Pour
le refte
de la vie les impreffions
les plus fâcheufes
.
En général foyons toujours en garde
contre ces fels métalliques avec excès
d'acide. Il eſt vrai que leur caufticité
JANVIER. 1764.
113
dépend principalement de la nature de
l'acide , & que l'acide végétal ne forme
pas un corrofif fi violent que le miné-
ral ; mais malgré cette différence , ce
font toujours des remédes dont on doit
craindre les fuites . L'expérience n'a que
trop fouvent confirmé leurs pernicieux
effets.
Par M. HOURY, Chirurgien Bréveté du ROI
pour la Guadeloupe & dépendances, ci-devant
Chirurgien interne de l'Hôtel-Dieu de
Paris.
effets du Sublimé Corrosif employé
extérieurement.
AUTANT il est nécessaire, pour le
progrès de la Médecine & l'intérêt
commun , de publier les effets falutai-
res des médicamens , autant il feroit.
préjudiciable de celer le danger qu'il
y auroit de faire ufage de quelqu'uns.
Plus ces remédes font préconifés , plus
les perfonnes qui les confeillent ont de
réputation & de connoiffances , & plus
nous devons dévoiler leurs qualités
pernicieufes,quand l'expérience ne nous
laiffe aucun doute à cet égard.
L'obfervation fuivante m'a appris à
me défier d'une infinité de formules
JANVIER. 1764.
109
d'autant plus dangereufes , qu'elles fe
trouvent inférées dans des ouvrages
fort connus , fort eftimés , & que tout
particulier a d'ordinaire entre les mains.
Une Demoiselle avoit à la partie
moyenne de l'avant- bras , une dartre
vive de la largeur de la paume de la
main ; cette perfonne, qui d'ailleurs étoit
affez faine & bien réglée , en reffentoit
peu de douleur ; mais le défagrément.
d'avoir le bras continuellement enve-
loppé de linge & couvert d'onguent , la
détermina à fe faire guérir à quelque
prix que ce fût . Elle avoit déja effuyé
les traitemens les plus méthodiques ; ce-
pendant elle voulut encore que je l'en-
trepriffe. Après avoir mis en ufage les
remédes intérieurs qui conviennent en
pareil cas , & le tout fans fuccès , je
me déterminai à appliquer fur la dartre
quelques uns de ces cauftiques vantés
dans un Ouvrage fort connu. En con-
féquence je fis une pommade avec le
beurre , la cérufe & le fublimé corro-
fif. J'obfervai exactement la dofe pref-
crite , & je pris de ce mêlange à-peu-
près la pefanteur d'un demi gros que
j'étendis fur la dartre. A peine y fut- il
appliqué , qu'il caufa de vives douleurs
410 MERCURE DE FRANCE.
qui fe calmerent: cependant quelques
inftans après. Je méloignai enfuite de
là malade , mais au bout de deux heu-
res on accourut me chercher en me
difant qu'elle alloit périr. En effet je la
trouvais dans l'état le plus fâcheux. Elle
avoit des mouvemens convulfifs dans
prèfque toutes les parties du corps ,
& elle étoit fi violemment
agitée
qu'elle fe rouloit par terre. Elle avoit
en outre des hoquets & des nau-
fées fuivies de vomiffemens fréquens
qui me firent craindre pour fa vie..
Mon premier foin fut d'enlever avec.
de l'huile d'olive le refte du fublimé
enveloppé dans cette pommade , & je
fis prendre à la malade quelques verres
d'eau tiède pour rendre les vomiffemens-
moins pénibles & moins douloureux.
Je lui donnai enfuite du lait coupé avec
de l'eau commune , dans le deffein de
calmer l'irritation que caufoit le corro-
fif qui fans doute avoit paffé dans le
fang & produit tous ces défordres. Elle
prit auffi plufieurs lavemens compofés
de plantes mucilagineufes , & peu-à-
peu les accidens diminuerent au point
qu'elle ne reffentoit plus que de lé-
gères douleurs de colique. La nuit fui-
vante fut affez tranquille ; mais le ma
JANVIER 1764.
MT
tin la bouche parut enflammée , la fa-
Nivation fe manifefta ; & malgré l'eau
+
de caffe que je lui donnai abondam--
ment , je ne pus empêcher qu'elle ne
durât l'efpace de huit jours. Après ce
temps elle n'en fentit plus aucune in-
commodité ; la dartre refta toujours dans
le même état , & la Démoifelle dès
cet inftant réfolut de l'abandonner à la
Nature.
Si une auffi petite quantité de fubli--
mé corrofif a pu porter tant de trouble
dans l'œconomie animale , qu'auroit-ce
donc été fi une dartre plus étendue ou
plufieurs
dartres m'euffent contraint
d'employer une plus grande dofe de
cette pommade ? car dans l'ouvrage
d'où j'ai tiré cette formule
il est dit:
>
qu'on peut s'en frotter tout le corps ,
excepté la tête & la poitrine ; que cet
onguent eft fpécifique pour la galle &
les dartres ; & qu'il eft fans danger.
Pour moi , je penfe bien différemment ;
& d'après cette obfervation je conclus
qu'il peut être très- pernicieux. Il eft des
perfonnes où les pôres de la peau font
Ouverts au point d'abſorber de ce poi-
fon une affez grande quantité pour
faire périr les malades dans des tour
mens affreux .
煮
T MERCURE DE FRANCE.
Je ne prétends cependant pas infir.
mer le mérite de ces Médecins labo
rieux qui ont confacré leurs veilles
nous mettre fous les yeux différente
formules. Par là ils foulagent la mé
moire des jeunes gens qui ne font pas
encore dans l'ufage de compofer , &
rappellent l'idée des médicamens utiles
qu'on auroit pu oublier fans de tels
dépôts. Mais il faut avouer en même
temps que la plupart de ces Ouvrages
préfentés au Public fous des titres fpé-
cieux qui excitent fa curiofité , font
caufe de bien des accidens. Tout le
monde veut les pofféder , on les litlit ,
dès-lors on fe croit un Hypocrate ; &
fans principes , fans expérience , on s'i-
magine fe fuffire à foi- même & être en
état de traiter fon ami , fon voifin , & c.
Il feroit à fouhaiter que les perfonnes
qui s'adonnent à ces fortes de travaux
rejettaffent de leurs formules les dro-
gues violentes dont la plus légère er-
reur dans la dofe & dans l'ufage peut-
caufer un défordre capable de laiffer
Pour
le refte
de la vie les impreffions
les plus fâcheufes
.
En général foyons toujours en garde
contre ces fels métalliques avec excès
d'acide. Il eſt vrai que leur caufticité
JANVIER. 1764.
113
dépend principalement de la nature de
l'acide , & que l'acide végétal ne forme
pas un corrofif fi violent que le miné-
ral ; mais malgré cette différence , ce
font toujours des remédes dont on doit
craindre les fuites . L'expérience n'a que
trop fouvent confirmé leurs pernicieux
effets.
Par M. HOURY, Chirurgien Bréveté du ROI
pour la Guadeloupe & dépendances, ci-devant
Chirurgien interne de l'Hôtel-Dieu de
Paris.
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Résumé : OBSERVATION sur les mauvais effets du Sublimé Corrosif employé extérieurement.
Le texte décrit les dangers du sublimé corrosif lorsqu'il est utilisé de manière externe. L'auteur insiste sur la nécessité de publier les effets nocifs des médicaments, particulièrement ceux recommandés par des praticiens renommés. En janvier 1764, une jeune femme souffrant d'une dartre vive sur l'avant-bras chercha un traitement. Après l'échec des remèdes internes, un praticien appliqua une pommade contenant du sublimé corrosif, du beurre et de la cire. Cette application entraîna des douleurs intenses, des convulsions, des vomissements et une inflammation de la bouche. Le praticien dut intervenir rapidement pour atténuer ces symptômes. L'auteur souligne que même une petite quantité de sublimé corrosif peut provoquer des troubles graves et met en garde contre son utilisation, surtout dans des formulations largement diffusées et mal employées. Il recommande la prudence avec les substances métalliques acides et suggère de rejeter les drogues violentes des formules médicales pour éviter des accidents graves.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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712
p. 140-157
OBSERVATIONS SUR LE VER SOLITAIRE.
Début :
DANS le Mercure de France, mois de Décembre 1749, le sieur Borin, [...]
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texteReconnaissance textuelle : OBSERVATIONS SUR LE VER SOLITAIRE.
OBSERVATIONS SUR LE VER SOLITAIRE.
DANS le Mercure de France, mois
de Décembre 1749, le sieur Borin,
Maître de penfion de cette Ville , fit
inférer des obfervations fur le ver foli-
taire. Il étoit lui- même le fujet de ces
Obfervations , & fe cacha , je ne fçais
JANVIER. 1764.
141
pourquoi , fous le nom du fieur Lion.
On voit dans cette Ouvrage un peu
prolixe , une peinture vive des maux
que caufe cet infecte ; & on y admire
en même tems ce que peut l'induſtrie
lorfque la néceffité & une forte de dé-
fefpoir lui fervent d'aiguillon.
Le fieur Borin eft mort fans avoir pu
donner la fuite des Obfervations qu'il
avoit promiſes , & que deux lettres ve-
nues de Londres demandoient avec inf
tance. J'ai donc penfé qu'on appren-
droit avec plaifir le fort d'un homme
qui s'étoit avifé d'attaquer fon ennemi
avec des crochets de plomb , & dont
les tentatives avoient été courronnées
du fuccès.
Après avoir épuifés tous les Confeils
qu'il pût recevoir de vive voix ou par
écrit ; comme il étoit en état de fouiller
dans les livres de Médecine ; il mit
fucceffivement en ufage tous ceux dont
les livres tant anciens que modernes ,
lui fournirent l'indice.
Il fit enfuite le
voyage de Suiffe pour être traité par
deux Médecins de ce pays , chacun def-
quels prétendoit avoir un fpécifique affu-
ré pour l'expulfion du Ver folitaire. De.
la Suiffe il paffa dans les montagnès
d'Auvergne , où un Païfan , que le Pu
442 MERCURE DE FRANCE.
A
blic avoit fait Médecin , lui dit qu'il
étoit Hydropique , trompé apparemment
par l'étendue prodigieufe de fon ventre :
En conféquence le Paifan propofa la pon-
tion : il fit apporter , dit le fieur Borin ,
un grand bacquet :
il me perça le ven-
tre ; mais il ne vint pas d'eau. Il perça
une feconde fois : rien ne fortit. Il per-
ça une troisième , & tourna fon inftru-
་
ment entre la peau & la chair fans qu'il
fortît de l'eau. Le bruit que j'entendis
de la chair qui fe déchiroit me fit fré-
mir. Les affiftans qui m'avoient encou-
ragé jufques-là ne purent retenir leurs
larmes , & s'emporterent avec menaces
contre mon Auvergnac .
Tel eft le récit du malade que j'ai ſeu-
lement élagué. Il m'a montré la cica-
trice réſultante de cette opération ; & a
ajouté que l'inftrument dont fe fervit le
Païfan étoit un efpéce de couteau ; &
qu'heureuſement il n'avoit pas pénétré
dans le ventre.
Revenu à Lyon , & n'efperant plus
rien de lui - même ,
il erra le long des
bois , des hayes & des rivieres. Il effaya
toutes les plantes qui fe préfentérent
fans diftinction . Lorfqu'il en avoit man
gé quelqu'une , il écoutoit avec attens!
tion quelle impreffion elle feroit au Ver
US
" JANVIER. 1764.
folitaire
143
s'il le fentoit s'agiter ; cet aµ-
gure étoit à l'inftant faifi . Il faifoit am-
ple provifion de la même plante , & en
ufoit en quantité fous toute forte de
forme . Excedé enfin d'une infinité d'ef-
fais infructueux , & quelquefois dan-
gereux , il vint me confulter fur le pro-
jet qu'il avoit formé depuis long- tems
d'attraper fon Ver avec des crochets de
plomb. J'écoutai avec plaifir un hom-
me que fes recherches & fon expé-
rience avoit rendu très-fçavant fur fa
maladie & qui d'ailleurs faifoit de fa
fituation la peinture la plus vive & la
plus pittorefque. Il avoit fabriqué avec
du plomb des crochets parfaitement
femblables à un ancre à trois crampons.
Leurs pointes étoient mouffées& légére-
ment coudées en dedans. A l'anneau
quieft à l'extrêmité de la tige de l'ancre ,
il avoit attaché un fil de quatre pouces
de longueur. Ce fil traverſoit une bale
de plomb de moyen calibre. Il fe pro-
pofoit d'avaler la bale de plomb & en-
fuite le crochet à trois crampons , le-
quel feroit entrainé par le poids de la
bale. Il avoit pour efpérance que les
crampons accrocheroient le Ver , & que
le poids de la bale ainfi que celui du cro-
chet l'entraîneroient.
144 MERCURE DE FRANCE.
Quelques Médecins qu'il avoit déjà
confultés lui avoient fait craindre que
que ces crochets ne déchiraffent les in-
teftins en s'accrochant à leurs valvules :
mais je le raffurai là - deffus , en lui don-
nant une idée plus éxacte de la direc-
tion de ces valvules , & de leur fou-
pleffe. Il avala donc la bale & les cro-
chets. Ce qu'il a réitéré depuis un
grand nombre de fois fans le moindre
inconvénient, Si au bout de quelque-
tems , il ne voyoit point dans les felles
reparoître fon crochet , il en avaloit un
fecond , & quelques jours encore après
un troifiéme. Souvent à ces crochets il
a été obligé de joindre des bales de
plomb unies par une petite traverſe de
même métal en forme de boulets ramés ,
Enfin à l'aide des crochets ,
il a rendu
en différens tems près de trois aunes
de Ver. La totalité du plomb avalé
allant une fois à trois onces & demi ,
fon féjour dans les inteftins fut de trois
mois cependant il n'en reffentoit au-
cune incommodité. Seulement , lorfque
le Ver étoit accroché , il fe fentoit tout
bouleversé par les efforts de cet animal.
Il fe rompit enfin , & le plomb fortit
bientôt après , entraînant avec lui des
portions de Ver plus ou moins longues.
Dégoûté
is
JANVIER. 1764
145
: Dégoûté un jour de ces crochets ,
par la raifon feule , qu'après un séjour
de trois mois dans le ventre , ils étoient
fortis fans emmener avec eux aucune
portion de Ver , il imagina d'en avaler
un dans une telle direction que la tige
de l'ancre fût en haut ; fe propofant de
le retirer de l'ofophage par le moyen du
fil attaché à la tige comme le cable
l'eſt à l'ancre. Son objet étoit de faifir
la partie fupérieure du Ver. Il la fen-
toit en effet quelquefois remonter juſ
ques à la racine de la langue ; & il m'á
dit fouvent qu'il ne lui trouvoit en cette
partie que la groffeur d'un fil terminé
par un nœud.
Pour réuffir dans cette opération qui
lui donnoit quelques inquiétudes à caufe
de la fenfibilité de l'oefophage , il fal-
loit profiter du moment où la tête du Ver
feroit fenfiblement dans le gofier . Un
jour que l'irritation d'une Médecine
avoit fait remonter le Ver dans le go-
fier , de façon qu'il fembloit au mala-
de qu'il alloit être étanglé , il fe déter-.
mina malgré mon abfence à avaler fon.
crochet. Sa femme & fon neveu effrayés
des fuites l'abandonnerent malgré fes
inftances. Il retira néanmoins le crochet,
de la longueur d'un pouce. Une douleur
II. Vol.
G
146 MERCURE DE FRANCE.
aux dents auffi aiguë que fi on les lui eût
a rachées, fans que d'ailleurs l'oefophage
fit fenfiblement irrité & la crainte d'u-
ne défaillance ne lui permirent pas
d'en faire davantage. Il coupa le fil &
avala le crochet.
Il vint me voir quel-
ques heures après , & m'affùra que fi on
m'avoit appellé comme il l'avoit deman-
dé , il n'eût pas craint malgré la dou-
leur de retirer le crochet en entier.
. Cette tentative eut plus de fuccès qu'il
n'en avoit eſpéré. La partie effilée du
Ver , qu'on peut appeller fon col , s'em-
barraffa fans doute dans le crochet au-
cuel il avoit eu foin de faire des dents.
de fcie derriére les crampons. En effet ,
il rendit quelques jours après par les fel-
les , cette partie entraînée par les cro-
chets, avec environ trente aulnes de Ver.
Dépourvû d'un bon microfcope , je lui
confeillai d'avoir recours à M.Bourgelat,
ce Citoyen fi recommandable par fes
Ouvrages fur l'Hippiatrique, & par l'éta-
bliffement de l'Ecole Royale Vétérinai-
re. L'éxamen de cette partie ne montra à
M. Bourgelat qu'une efpéce de noeud.
garni d'un point noir & placé à l'extré-
mité d'un fil. M. Bourgelat conferve
encore ce fil dans fon cabinet.
Des reftes d'incommodité ayanr en-
JANVIER. 1764.
147
gagé le malade à fe purger quelques jours
après , il rendit encore quelques lam-
beaux de Vers vivans. C'en a été affez
pour empoifonner le refte de fes jours.
Perfuadé que fon Ver avoit des com-
pagnons , il n'a pas difcontinué de pren-
dre des remèdes , & en grand nombre
>
& étant tombé dans l'Hydropifie , il
me demanda expreffément d'ouvrir fon
corps après la mort , perfuadé que j'y
trouverois des Vers folitaires , quoiqu'il
n'en eût rendu aucun lambeau depuis
l'époque que je viens de citer. Epoque
qui avoit fix ans d'ancienneté. Je pro-
cédai donc à cette ouverture avec M.
Raft fils , Docteur en Médecine & aggré-
gé, & M. Faure , Docteur en Médecine
& Maître en Chirurgie ; mais les recher-
ches les plus éxactes & les plus étendues
ne montrerent aucune trace de Ver fo-
litaire.
Que penfera-t-on du dernier lam-
beau de Ver encor vivant rendu quel-
ques jours après l'opération du cro-
chet ? Ne peut-on pas le regarder com-
me un débri de celui dont la tête avoit
été fi heureufement entraînée ? Si le
lambeau a furvécu à la deftruction du
Ver dont il faifoit partie ; c'eft que ja-
mais ver ne fut plus vivace que celui là.
Gij
148 MERCURE DE FRANCE.
Un lambeau de deux aulnes ,. ayant été
mis par le malade fur une table , il s'y
promenoit encore plus de deux heures
après. Un des bouts du même lambeau
fut placé fur le bord d'une petite bou-
teille remplie d'eau chaude
il y entra
peu- à-peu tout entier. Le même bout.
ayant été remis fur le dehors de la bou-
teille ,
il s'y accrocha tellement que .
lorfqu'on voulut le tirer en ligne droite.
il fe caffa plutôt que de céder.
Je n'ai point vu ce dernier lambeau
rendu par le fieur Borin. Peut-être y.
aurois - je apperçu quelque régénération
de tête. Cette conjecture n'eft point
hazardée. Qui fe feroit imaginé , avant .
les Obfervations de l'illuftre Trembley ,
qu'un animal pût être coupé en mille
piéces , & que chacune de ces piéces
deviendroit en peu de temps un ani-
mal auffi complet que celui dont elle .
faifoit partie ? C'est cependant ce qu'a
appris la multiplication du Polipe d'eau
douce par bouture. Ily a plus , le fçavant.
M. Bonnet de Genêve a vû des Vers
d'eau douce coupés en plufieurs piéces
former bientôt autant de Vers parfaits
en tout point. Il a vû des Vers de terre.
coupés par moitié , repouffer une tête
d'un côté de la fection & une quene de.
l'autre. Pourquoi la même régénération
JANVIER. 1764.
de celle d'une épingle ordinaire
149
ne fe feroit-elle pas faite dans le lambeau
du Tonia reftant , fi l'effet du purga-
tif ne l'eût entrainé , foible encore &
hors de défenſe par fon état d'imperfec-
tion. Il n'y a point d'objection victo-
rieufe contre cette analogie ?
La longueur du Ver folitaire n'a point
de bornes déterminées. Le fieur Borin
affùroit en avoir rendu neuf cens aulnes
dans une feule année , & cette affertion
n'eſt point exagérée fi je dois en juger
par la quantité qu'il m'en a montrée en
différens temps , & plus encore par la di-
minution extraordinaire de fon ventre
pendant cette année.
Si ce reptile doit prendre chaque jour
une nourriture proportionnée à fon
étendue , les quatres petites ouvertures
ou fuçoirs que M. Bonnet a obfervées
à fa tête ,font-elles fuffifantes pour fu-
cer la quantité néceffaire d'alimens ? Cet-
te tête , qui n'excéde jamais la groffeur
préfumer que le tenia afpire fa nourri-
ture , finon en tout , du moins en gran-
de partie , par ce grand nombre de tra-
chées placées fous les annelures. Nourri-
ture qui n'a pas befoin d'amples prépara-
tions pour fournir à l'accroiffement de
Panimal; puifqu'elle eft extraite de la par-
Gij
fait
150 MERCURE DE FRANCE.
tie chileufe des alimens de l'hôte au dé
pens de qui il fe nourrit.
Cette opinion feroit commé démon-
trée par le grand appétit de ceux en qui
habite le Ver folitaire , fi , dans l'irrita-
tion continuelle des inteftins, par le mou-
vement vermiculaire du tænia , on ne
trouvoit une caufe irritante capable de
troubler l'ordre naturel des digeftions
& d'occafionner tous les fymptomes
concomitans .
Pour découvrir l'origine du tonia , il
eft inutile de fe promettre d'en rencon-
trer des traces , ou dans les eaux , ou fur
la furface de la terre. On ne trouve point
le gui de chêne dans les prés , fur les cô-
teaux , fur le bord des rivières , & c. Sa
femence emportée par les vents , fe loge
en différens endroits. Quelques arbres ,
comme le prunier , le poirier , lui offrent
fans peine des fucs propres à fon déve-
loppement ; tandis que fur le chêne elle
germe très-difficilement. Auffi le véri-
rable gui de chêne eft-il fi rare , que la
recherche de cette plante parafite étoit
chez les Druïdes nn acte folemnel de
religion. Cette raifon ne demande qu'à
être appliquée au toenia. Elle explique
pourquoi quelques animaux y font plus
fujets que d'autres, pourquoi les habitans
JANVIER. 1764.
du Nord & des pays aquatiques y font
plus expofés que ceux du Midi. On fçait
que les poiffons qui vivent dans les eaux ,
ainfi que les oifeaux de rivières , y font
fort fujets ; ainfi la boiffon eft le véhi -
cule le plus commun de la femence du
Ver folitaire .
LeTonia eft donc un animal vraiment
parafite , qu'on ne doit rencontrer que
dans le corps des autres animaux. Qu'on
apprécie à préfent l'obfervation fuivante
tirée du Magafin de Hambourg. Une
femme avoit rendu , par le moyen des
remèdes , un grand nombre de portions
de Vers folitaires. Son Médecin s'avifa
de chercher dans l'eau de puits la pépi-
nière de ces Vers. Il y trouva en effet
une portion de Tonia de la longeur de
deux paulmes de main , & un grand
nombre de lambeaux très-petits. Le re-
mède fut facile à trouver. Cette femme
ceffa de boire de l'eau , & dès-lors elle
ne fut plus incommodée par le Ver foli-
taire. Voilà , fans contredit , un remède
bien fimple contre un reptile qu'on fçait
échapper à l'action des remèdes les plus
violens.
Comment fe multiplie le Tonia, lorſ-
que fon éxiftence ifolée juftifie le nom
de Ver folitaire qu'on lui a donné ? Saus
Giv
152 MERCURE DE FRANCE..
doute , nos idées communes de l'anima
lité répugnent à la fécondité d'un animal
qui n'a pas été fécondé. Mais il s'en faut
de beaucoup que nous connoiffions tous
les poffibles en ce genre. Un puceron ,
renfermé avec foin , fit de petits puce-
rons ; ceux- ci féparés auffi-tôt , eurent
chacun une postérité. M. Bonner croyoit.
déja être fuffifamment affuré qu'il étoit
des êtres animés qui fe multiplioient par
eux-mêmes , lorfqu'on lui demanda ſi
une feconde & même une troifiéme gé-
nération n'auroit pas reçu la fécondation
de la première femelle de puceron qu'il
avoit renfermée avec un puceron mâle.
Il continua donc de féparer fes pucerons
de génération en génération jufques à la
onzième. Il fut ainfi convaincu que cet:
infecte , dont il a vu quelquefois l'accou-
plement , n'en multiploit pas moins fans .
cette allure ordinaire de l'animalité..
Il eſt inutile de preffer davantage des
parties qui s'accolent d'elles-mêmes ; il:
feroit encore fuperflu de les multiplier.
Ainfi le Tonia le plus folitaire dépofe
des œufs féconds ; ces œufs , échappés à
mille dangers , à caufe de leur petiteffe ,
& entraînés par mille hafards qu'on ne
fçauroit apprécier , éclofent enfin lorf-
qu'ils font parvenus dans quelque efta
:
JANVIER. 1764.
153
mach , dont la chaleur & les fucs font
analogues à leurs befoins. Mais cet ani-
mal , qui multiplie par des oeufs , peut
auffi multiplier par bouture , comme
nous l'avons fait obferver au fujet du
-Ver du Sieur Borin. Peut-être auffi mul-
tiplie-t-il par rejetton , à la manière des
polipes. Voyez la figure qui eft à la
page 268 du traité des Vers de M. Andry.
Elle difpofe à ce foupçon. J'ai encore
été tenté de prendre pour rejetton de:
vers folitaire , ces débris blancs en for-
me de grains de courge , que rendent
quelquefois avec les excrémens ceux
sen qui habite cet animal. L'opinion
qui les regarde , comme le dépôt fé-··
cal de l'infecte , n'explique pas pour--
quoi on ne trouve pas toujours & en
tout temps ces débris.
Combattons à préfent un préjugé
qu'accrédite l'épithète de folitaire don--
née au tænia , epithète qu'il faut bien
fe garder de prendre trop à la lettre
-& dont on ne connoît pas encore toute
l'étendue. J'ai vu en effet quelques per-
fonnes attaquées du tænia rendre avec
les excrémens de petits vers blancs.
de trois à quatre lignes de longueur , &
qui fe remuoient avec beaucoup d'agi--
lité. Comme ils en ont été quite auffi
G. v.
154 MERCURE DE FRANCE.
tôt que le tænia a été expulfé , je penfe
que ce font des œufs éclos des petits
tania , lefquels font enchaînés par les
matières fécales. En donnant le ſpécifi-
que contre le ver folitaire , fpécifique
qui ne tue que ce ver-là , j'ai vu ren-
dre par fon effet des vers longs appel-
lés ftrongles & qui étoient en vie.
Ces dernières obfervations ne dé-
mentent pas affez l'épithète de folitaire
fi on la borne à lui faire fignifier que
le tœnia eft feul de fon efpèce ; mais
il s'en faut de beaucoup que cet état
de folitude foit conftant. La veuve du
Docteur Nouter , Médecin Suiffe , de
laquelle j'ai acquis le fpécifique dont
je
Viens de parler , découvert par feu
fon époux , m'a dit qu'il n'étoit pas .
rare de voir rendre par l'effet de ce
reméde deux & quelquefois trois tænia ;
mais elle ne vit qu'avec furprife le fait
fuivant qui fe paffa fous fes yeux le 4
Janvier 1763 , & fous ceux de M. Brun,
Docteur Aggrégé au Collège des Méde-
cins de Lyon : le voici. Dès le lendemain
de l'acquifition de ce reméde , je le
donnai pour premier effai à un Sei-
gneur Ruffe qui avoit fait à Montpel-
lier un féjour de plufieurs mois fous le
nom de Philofophe. Le feul produit
JANVIER. 1764.
ce grand nombre de vers ;
155
d'un grand nombre de remédes qu'on
lui avoit prefcrits , avoit été de faire
fortir plufieurs lambeaux de tænia . Il
prit le ſpécifique à fept heures du matin .
M. Brun , avec qui il avoit lié connoif-
fance à Montpellier , lui tint affiduement
compagnie. A dix heures il fe mit fur
le fiége & y refta jufqu'à onze , ren-
dant une fuite continuelle de vers. Leur
nombre , débrouillé & compté par les
têtes , fe trouva monter à vingt- un ,
·
tous à peu près de la même largeur
mais de longueur différente , depuis
demi aulne jufqu'à deux. Le malade
ne fut aucunement fatigué. Il dina de
bon appetit ; alla le même jour au Spec .
tacle , & partit après un jour de repos.
Sa fanté n'avoit jamais beaucoup foul-
fert de la préſence d'un fi grand nombre
de vers. L'incommodité la plus grande
confiftoit dans des étourdiffemens avec
perte de connoiffance , mais fans con-
vulfions
il en revenoit comme d'un
affoupiffement.
Qu'un feul tænia caffé & recaffé ait
produit par rejettons de ces débris
qu'ils fe
foient multipliés par bouture à la ma-
nière des polipes d'eau douce ou que
les œufs du tænia aient été , ainfi que
G vj
56 MERCURE DE FRANCE.
ceux du puceron ifolé , affez féconds
pour cette multiplication ; il n'y a rien
là qui ne trouve des exemples avérés dans
de vers , parce qu'ils ont trouvé dans
propres à leur accroiffement , voilà à
Il n'y a fans doute que les eaux du
à
l'hiftoire des infectes. Que plufieurs-
œufs de tania avalés en une ou plu-
fieurs fois , aient fourni cette pépinière ·
les inteftins une chaleur & des fucs
mon avis l'opinion la plus vraisemblable..
Nord qui foient fi abondantes en œufs
de toenia. Un jeune homme qui foup-..
çonnoit avoir été affailli en Suiffe par-
le ver folitaire , ne voulut point s'en
débarraffer ayant encore un voyage à
faire en ce pays. Il m'affura s'y être
trouvé le douziéme d'une table de vingt
couverts, attaqué d'un ver folitaire. Ob-
fervons néanmoins qu'un tel recit fait :
par un malade voyageur , annonce fans :
doute par fa nature l'ordre de quel-.
que réduction.
A quoi bon le Ver folitaire ? Cette
queftion n'eft point frivole. Rien ne fut
fait en vain , difoit un malade prétendu
Philofophe ; & fi cet animal héberge
chez moi plutôt que chez un autre , c'eſt
apparemment pour de bonnes raifons.
Les maux qu'il me donne en éloignent
JANVIER 1764
157°
de plus fâcheux . Mais les caufes finales
ne font-elles pas toutes autant d'énig-
mes ? Et avant qu'on en ait trouvé le-
mot , faudra- t-il ne point donner de
vermifuges aux enfans que les vers font
quelquefois périr ? Faudra- t-il ne pas fe
garantir de tant d'infectes qui vivent à
nos dépens ? L'expérience de tous les
pays ne dit-elle pas affez haut , que ces
hôtes incommodes , à qui nous fourniſ--
fons la pâture , & qui font différens en
différens climats , ne fçauroient en au--
cune façon concourir à notre bien-être ?
Par M. P....., Docteur en Médecine,
ancien Chir. en chef du G. H. D. de L.
DANS le Mercure de France, mois
de Décembre 1749, le sieur Borin,
Maître de penfion de cette Ville , fit
inférer des obfervations fur le ver foli-
taire. Il étoit lui- même le fujet de ces
Obfervations , & fe cacha , je ne fçais
JANVIER. 1764.
141
pourquoi , fous le nom du fieur Lion.
On voit dans cette Ouvrage un peu
prolixe , une peinture vive des maux
que caufe cet infecte ; & on y admire
en même tems ce que peut l'induſtrie
lorfque la néceffité & une forte de dé-
fefpoir lui fervent d'aiguillon.
Le fieur Borin eft mort fans avoir pu
donner la fuite des Obfervations qu'il
avoit promiſes , & que deux lettres ve-
nues de Londres demandoient avec inf
tance. J'ai donc penfé qu'on appren-
droit avec plaifir le fort d'un homme
qui s'étoit avifé d'attaquer fon ennemi
avec des crochets de plomb , & dont
les tentatives avoient été courronnées
du fuccès.
Après avoir épuifés tous les Confeils
qu'il pût recevoir de vive voix ou par
écrit ; comme il étoit en état de fouiller
dans les livres de Médecine ; il mit
fucceffivement en ufage tous ceux dont
les livres tant anciens que modernes ,
lui fournirent l'indice.
Il fit enfuite le
voyage de Suiffe pour être traité par
deux Médecins de ce pays , chacun def-
quels prétendoit avoir un fpécifique affu-
ré pour l'expulfion du Ver folitaire. De.
la Suiffe il paffa dans les montagnès
d'Auvergne , où un Païfan , que le Pu
442 MERCURE DE FRANCE.
A
blic avoit fait Médecin , lui dit qu'il
étoit Hydropique , trompé apparemment
par l'étendue prodigieufe de fon ventre :
En conféquence le Paifan propofa la pon-
tion : il fit apporter , dit le fieur Borin ,
un grand bacquet :
il me perça le ven-
tre ; mais il ne vint pas d'eau. Il perça
une feconde fois : rien ne fortit. Il per-
ça une troisième , & tourna fon inftru-
་
ment entre la peau & la chair fans qu'il
fortît de l'eau. Le bruit que j'entendis
de la chair qui fe déchiroit me fit fré-
mir. Les affiftans qui m'avoient encou-
ragé jufques-là ne purent retenir leurs
larmes , & s'emporterent avec menaces
contre mon Auvergnac .
Tel eft le récit du malade que j'ai ſeu-
lement élagué. Il m'a montré la cica-
trice réſultante de cette opération ; & a
ajouté que l'inftrument dont fe fervit le
Païfan étoit un efpéce de couteau ; &
qu'heureuſement il n'avoit pas pénétré
dans le ventre.
Revenu à Lyon , & n'efperant plus
rien de lui - même ,
il erra le long des
bois , des hayes & des rivieres. Il effaya
toutes les plantes qui fe préfentérent
fans diftinction . Lorfqu'il en avoit man
gé quelqu'une , il écoutoit avec attens!
tion quelle impreffion elle feroit au Ver
US
" JANVIER. 1764.
folitaire
143
s'il le fentoit s'agiter ; cet aµ-
gure étoit à l'inftant faifi . Il faifoit am-
ple provifion de la même plante , & en
ufoit en quantité fous toute forte de
forme . Excedé enfin d'une infinité d'ef-
fais infructueux , & quelquefois dan-
gereux , il vint me confulter fur le pro-
jet qu'il avoit formé depuis long- tems
d'attraper fon Ver avec des crochets de
plomb. J'écoutai avec plaifir un hom-
me que fes recherches & fon expé-
rience avoit rendu très-fçavant fur fa
maladie & qui d'ailleurs faifoit de fa
fituation la peinture la plus vive & la
plus pittorefque. Il avoit fabriqué avec
du plomb des crochets parfaitement
femblables à un ancre à trois crampons.
Leurs pointes étoient mouffées& légére-
ment coudées en dedans. A l'anneau
quieft à l'extrêmité de la tige de l'ancre ,
il avoit attaché un fil de quatre pouces
de longueur. Ce fil traverſoit une bale
de plomb de moyen calibre. Il fe pro-
pofoit d'avaler la bale de plomb & en-
fuite le crochet à trois crampons , le-
quel feroit entrainé par le poids de la
bale. Il avoit pour efpérance que les
crampons accrocheroient le Ver , & que
le poids de la bale ainfi que celui du cro-
chet l'entraîneroient.
144 MERCURE DE FRANCE.
Quelques Médecins qu'il avoit déjà
confultés lui avoient fait craindre que
que ces crochets ne déchiraffent les in-
teftins en s'accrochant à leurs valvules :
mais je le raffurai là - deffus , en lui don-
nant une idée plus éxacte de la direc-
tion de ces valvules , & de leur fou-
pleffe. Il avala donc la bale & les cro-
chets. Ce qu'il a réitéré depuis un
grand nombre de fois fans le moindre
inconvénient, Si au bout de quelque-
tems , il ne voyoit point dans les felles
reparoître fon crochet , il en avaloit un
fecond , & quelques jours encore après
un troifiéme. Souvent à ces crochets il
a été obligé de joindre des bales de
plomb unies par une petite traverſe de
même métal en forme de boulets ramés ,
Enfin à l'aide des crochets ,
il a rendu
en différens tems près de trois aunes
de Ver. La totalité du plomb avalé
allant une fois à trois onces & demi ,
fon féjour dans les inteftins fut de trois
mois cependant il n'en reffentoit au-
cune incommodité. Seulement , lorfque
le Ver étoit accroché , il fe fentoit tout
bouleversé par les efforts de cet animal.
Il fe rompit enfin , & le plomb fortit
bientôt après , entraînant avec lui des
portions de Ver plus ou moins longues.
Dégoûté
is
JANVIER. 1764
145
: Dégoûté un jour de ces crochets ,
par la raifon feule , qu'après un séjour
de trois mois dans le ventre , ils étoient
fortis fans emmener avec eux aucune
portion de Ver , il imagina d'en avaler
un dans une telle direction que la tige
de l'ancre fût en haut ; fe propofant de
le retirer de l'ofophage par le moyen du
fil attaché à la tige comme le cable
l'eſt à l'ancre. Son objet étoit de faifir
la partie fupérieure du Ver. Il la fen-
toit en effet quelquefois remonter juſ
ques à la racine de la langue ; & il m'á
dit fouvent qu'il ne lui trouvoit en cette
partie que la groffeur d'un fil terminé
par un nœud.
Pour réuffir dans cette opération qui
lui donnoit quelques inquiétudes à caufe
de la fenfibilité de l'oefophage , il fal-
loit profiter du moment où la tête du Ver
feroit fenfiblement dans le gofier . Un
jour que l'irritation d'une Médecine
avoit fait remonter le Ver dans le go-
fier , de façon qu'il fembloit au mala-
de qu'il alloit être étanglé , il fe déter-.
mina malgré mon abfence à avaler fon.
crochet. Sa femme & fon neveu effrayés
des fuites l'abandonnerent malgré fes
inftances. Il retira néanmoins le crochet,
de la longueur d'un pouce. Une douleur
II. Vol.
G
146 MERCURE DE FRANCE.
aux dents auffi aiguë que fi on les lui eût
a rachées, fans que d'ailleurs l'oefophage
fit fenfiblement irrité & la crainte d'u-
ne défaillance ne lui permirent pas
d'en faire davantage. Il coupa le fil &
avala le crochet.
Il vint me voir quel-
ques heures après , & m'affùra que fi on
m'avoit appellé comme il l'avoit deman-
dé , il n'eût pas craint malgré la dou-
leur de retirer le crochet en entier.
. Cette tentative eut plus de fuccès qu'il
n'en avoit eſpéré. La partie effilée du
Ver , qu'on peut appeller fon col , s'em-
barraffa fans doute dans le crochet au-
cuel il avoit eu foin de faire des dents.
de fcie derriére les crampons. En effet ,
il rendit quelques jours après par les fel-
les , cette partie entraînée par les cro-
chets, avec environ trente aulnes de Ver.
Dépourvû d'un bon microfcope , je lui
confeillai d'avoir recours à M.Bourgelat,
ce Citoyen fi recommandable par fes
Ouvrages fur l'Hippiatrique, & par l'éta-
bliffement de l'Ecole Royale Vétérinai-
re. L'éxamen de cette partie ne montra à
M. Bourgelat qu'une efpéce de noeud.
garni d'un point noir & placé à l'extré-
mité d'un fil. M. Bourgelat conferve
encore ce fil dans fon cabinet.
Des reftes d'incommodité ayanr en-
JANVIER. 1764.
147
gagé le malade à fe purger quelques jours
après , il rendit encore quelques lam-
beaux de Vers vivans. C'en a été affez
pour empoifonner le refte de fes jours.
Perfuadé que fon Ver avoit des com-
pagnons , il n'a pas difcontinué de pren-
dre des remèdes , & en grand nombre
>
& étant tombé dans l'Hydropifie , il
me demanda expreffément d'ouvrir fon
corps après la mort , perfuadé que j'y
trouverois des Vers folitaires , quoiqu'il
n'en eût rendu aucun lambeau depuis
l'époque que je viens de citer. Epoque
qui avoit fix ans d'ancienneté. Je pro-
cédai donc à cette ouverture avec M.
Raft fils , Docteur en Médecine & aggré-
gé, & M. Faure , Docteur en Médecine
& Maître en Chirurgie ; mais les recher-
ches les plus éxactes & les plus étendues
ne montrerent aucune trace de Ver fo-
litaire.
Que penfera-t-on du dernier lam-
beau de Ver encor vivant rendu quel-
ques jours après l'opération du cro-
chet ? Ne peut-on pas le regarder com-
me un débri de celui dont la tête avoit
été fi heureufement entraînée ? Si le
lambeau a furvécu à la deftruction du
Ver dont il faifoit partie ; c'eft que ja-
mais ver ne fut plus vivace que celui là.
Gij
148 MERCURE DE FRANCE.
Un lambeau de deux aulnes ,. ayant été
mis par le malade fur une table , il s'y
promenoit encore plus de deux heures
après. Un des bouts du même lambeau
fut placé fur le bord d'une petite bou-
teille remplie d'eau chaude
il y entra
peu- à-peu tout entier. Le même bout.
ayant été remis fur le dehors de la bou-
teille ,
il s'y accrocha tellement que .
lorfqu'on voulut le tirer en ligne droite.
il fe caffa plutôt que de céder.
Je n'ai point vu ce dernier lambeau
rendu par le fieur Borin. Peut-être y.
aurois - je apperçu quelque régénération
de tête. Cette conjecture n'eft point
hazardée. Qui fe feroit imaginé , avant .
les Obfervations de l'illuftre Trembley ,
qu'un animal pût être coupé en mille
piéces , & que chacune de ces piéces
deviendroit en peu de temps un ani-
mal auffi complet que celui dont elle .
faifoit partie ? C'est cependant ce qu'a
appris la multiplication du Polipe d'eau
douce par bouture. Ily a plus , le fçavant.
M. Bonnet de Genêve a vû des Vers
d'eau douce coupés en plufieurs piéces
former bientôt autant de Vers parfaits
en tout point. Il a vû des Vers de terre.
coupés par moitié , repouffer une tête
d'un côté de la fection & une quene de.
l'autre. Pourquoi la même régénération
JANVIER. 1764.
de celle d'une épingle ordinaire
149
ne fe feroit-elle pas faite dans le lambeau
du Tonia reftant , fi l'effet du purga-
tif ne l'eût entrainé , foible encore &
hors de défenſe par fon état d'imperfec-
tion. Il n'y a point d'objection victo-
rieufe contre cette analogie ?
La longueur du Ver folitaire n'a point
de bornes déterminées. Le fieur Borin
affùroit en avoir rendu neuf cens aulnes
dans une feule année , & cette affertion
n'eſt point exagérée fi je dois en juger
par la quantité qu'il m'en a montrée en
différens temps , & plus encore par la di-
minution extraordinaire de fon ventre
pendant cette année.
Si ce reptile doit prendre chaque jour
une nourriture proportionnée à fon
étendue , les quatres petites ouvertures
ou fuçoirs que M. Bonnet a obfervées
à fa tête ,font-elles fuffifantes pour fu-
cer la quantité néceffaire d'alimens ? Cet-
te tête , qui n'excéde jamais la groffeur
préfumer que le tenia afpire fa nourri-
ture , finon en tout , du moins en gran-
de partie , par ce grand nombre de tra-
chées placées fous les annelures. Nourri-
ture qui n'a pas befoin d'amples prépara-
tions pour fournir à l'accroiffement de
Panimal; puifqu'elle eft extraite de la par-
Gij
fait
150 MERCURE DE FRANCE.
tie chileufe des alimens de l'hôte au dé
pens de qui il fe nourrit.
Cette opinion feroit commé démon-
trée par le grand appétit de ceux en qui
habite le Ver folitaire , fi , dans l'irrita-
tion continuelle des inteftins, par le mou-
vement vermiculaire du tænia , on ne
trouvoit une caufe irritante capable de
troubler l'ordre naturel des digeftions
& d'occafionner tous les fymptomes
concomitans .
Pour découvrir l'origine du tonia , il
eft inutile de fe promettre d'en rencon-
trer des traces , ou dans les eaux , ou fur
la furface de la terre. On ne trouve point
le gui de chêne dans les prés , fur les cô-
teaux , fur le bord des rivières , & c. Sa
femence emportée par les vents , fe loge
en différens endroits. Quelques arbres ,
comme le prunier , le poirier , lui offrent
fans peine des fucs propres à fon déve-
loppement ; tandis que fur le chêne elle
germe très-difficilement. Auffi le véri-
rable gui de chêne eft-il fi rare , que la
recherche de cette plante parafite étoit
chez les Druïdes nn acte folemnel de
religion. Cette raifon ne demande qu'à
être appliquée au toenia. Elle explique
pourquoi quelques animaux y font plus
fujets que d'autres, pourquoi les habitans
JANVIER. 1764.
du Nord & des pays aquatiques y font
plus expofés que ceux du Midi. On fçait
que les poiffons qui vivent dans les eaux ,
ainfi que les oifeaux de rivières , y font
fort fujets ; ainfi la boiffon eft le véhi -
cule le plus commun de la femence du
Ver folitaire .
LeTonia eft donc un animal vraiment
parafite , qu'on ne doit rencontrer que
dans le corps des autres animaux. Qu'on
apprécie à préfent l'obfervation fuivante
tirée du Magafin de Hambourg. Une
femme avoit rendu , par le moyen des
remèdes , un grand nombre de portions
de Vers folitaires. Son Médecin s'avifa
de chercher dans l'eau de puits la pépi-
nière de ces Vers. Il y trouva en effet
une portion de Tonia de la longeur de
deux paulmes de main , & un grand
nombre de lambeaux très-petits. Le re-
mède fut facile à trouver. Cette femme
ceffa de boire de l'eau , & dès-lors elle
ne fut plus incommodée par le Ver foli-
taire. Voilà , fans contredit , un remède
bien fimple contre un reptile qu'on fçait
échapper à l'action des remèdes les plus
violens.
Comment fe multiplie le Tonia, lorſ-
que fon éxiftence ifolée juftifie le nom
de Ver folitaire qu'on lui a donné ? Saus
Giv
152 MERCURE DE FRANCE..
doute , nos idées communes de l'anima
lité répugnent à la fécondité d'un animal
qui n'a pas été fécondé. Mais il s'en faut
de beaucoup que nous connoiffions tous
les poffibles en ce genre. Un puceron ,
renfermé avec foin , fit de petits puce-
rons ; ceux- ci féparés auffi-tôt , eurent
chacun une postérité. M. Bonner croyoit.
déja être fuffifamment affuré qu'il étoit
des êtres animés qui fe multiplioient par
eux-mêmes , lorfqu'on lui demanda ſi
une feconde & même une troifiéme gé-
nération n'auroit pas reçu la fécondation
de la première femelle de puceron qu'il
avoit renfermée avec un puceron mâle.
Il continua donc de féparer fes pucerons
de génération en génération jufques à la
onzième. Il fut ainfi convaincu que cet:
infecte , dont il a vu quelquefois l'accou-
plement , n'en multiploit pas moins fans .
cette allure ordinaire de l'animalité..
Il eſt inutile de preffer davantage des
parties qui s'accolent d'elles-mêmes ; il:
feroit encore fuperflu de les multiplier.
Ainfi le Tonia le plus folitaire dépofe
des œufs féconds ; ces œufs , échappés à
mille dangers , à caufe de leur petiteffe ,
& entraînés par mille hafards qu'on ne
fçauroit apprécier , éclofent enfin lorf-
qu'ils font parvenus dans quelque efta
:
JANVIER. 1764.
153
mach , dont la chaleur & les fucs font
analogues à leurs befoins. Mais cet ani-
mal , qui multiplie par des oeufs , peut
auffi multiplier par bouture , comme
nous l'avons fait obferver au fujet du
-Ver du Sieur Borin. Peut-être auffi mul-
tiplie-t-il par rejetton , à la manière des
polipes. Voyez la figure qui eft à la
page 268 du traité des Vers de M. Andry.
Elle difpofe à ce foupçon. J'ai encore
été tenté de prendre pour rejetton de:
vers folitaire , ces débris blancs en for-
me de grains de courge , que rendent
quelquefois avec les excrémens ceux
sen qui habite cet animal. L'opinion
qui les regarde , comme le dépôt fé-··
cal de l'infecte , n'explique pas pour--
quoi on ne trouve pas toujours & en
tout temps ces débris.
Combattons à préfent un préjugé
qu'accrédite l'épithète de folitaire don--
née au tænia , epithète qu'il faut bien
fe garder de prendre trop à la lettre
-& dont on ne connoît pas encore toute
l'étendue. J'ai vu en effet quelques per-
fonnes attaquées du tænia rendre avec
les excrémens de petits vers blancs.
de trois à quatre lignes de longueur , &
qui fe remuoient avec beaucoup d'agi--
lité. Comme ils en ont été quite auffi
G. v.
154 MERCURE DE FRANCE.
tôt que le tænia a été expulfé , je penfe
que ce font des œufs éclos des petits
tania , lefquels font enchaînés par les
matières fécales. En donnant le ſpécifi-
que contre le ver folitaire , fpécifique
qui ne tue que ce ver-là , j'ai vu ren-
dre par fon effet des vers longs appel-
lés ftrongles & qui étoient en vie.
Ces dernières obfervations ne dé-
mentent pas affez l'épithète de folitaire
fi on la borne à lui faire fignifier que
le tœnia eft feul de fon efpèce ; mais
il s'en faut de beaucoup que cet état
de folitude foit conftant. La veuve du
Docteur Nouter , Médecin Suiffe , de
laquelle j'ai acquis le fpécifique dont
je
Viens de parler , découvert par feu
fon époux , m'a dit qu'il n'étoit pas .
rare de voir rendre par l'effet de ce
reméde deux & quelquefois trois tænia ;
mais elle ne vit qu'avec furprife le fait
fuivant qui fe paffa fous fes yeux le 4
Janvier 1763 , & fous ceux de M. Brun,
Docteur Aggrégé au Collège des Méde-
cins de Lyon : le voici. Dès le lendemain
de l'acquifition de ce reméde , je le
donnai pour premier effai à un Sei-
gneur Ruffe qui avoit fait à Montpel-
lier un féjour de plufieurs mois fous le
nom de Philofophe. Le feul produit
JANVIER. 1764.
ce grand nombre de vers ;
155
d'un grand nombre de remédes qu'on
lui avoit prefcrits , avoit été de faire
fortir plufieurs lambeaux de tænia . Il
prit le ſpécifique à fept heures du matin .
M. Brun , avec qui il avoit lié connoif-
fance à Montpellier , lui tint affiduement
compagnie. A dix heures il fe mit fur
le fiége & y refta jufqu'à onze , ren-
dant une fuite continuelle de vers. Leur
nombre , débrouillé & compté par les
têtes , fe trouva monter à vingt- un ,
·
tous à peu près de la même largeur
mais de longueur différente , depuis
demi aulne jufqu'à deux. Le malade
ne fut aucunement fatigué. Il dina de
bon appetit ; alla le même jour au Spec .
tacle , & partit après un jour de repos.
Sa fanté n'avoit jamais beaucoup foul-
fert de la préſence d'un fi grand nombre
de vers. L'incommodité la plus grande
confiftoit dans des étourdiffemens avec
perte de connoiffance , mais fans con-
vulfions
il en revenoit comme d'un
affoupiffement.
Qu'un feul tænia caffé & recaffé ait
produit par rejettons de ces débris
qu'ils fe
foient multipliés par bouture à la ma-
nière des polipes d'eau douce ou que
les œufs du tænia aient été , ainfi que
G vj
56 MERCURE DE FRANCE.
ceux du puceron ifolé , affez féconds
pour cette multiplication ; il n'y a rien
là qui ne trouve des exemples avérés dans
de vers , parce qu'ils ont trouvé dans
propres à leur accroiffement , voilà à
Il n'y a fans doute que les eaux du
à
l'hiftoire des infectes. Que plufieurs-
œufs de tania avalés en une ou plu-
fieurs fois , aient fourni cette pépinière ·
les inteftins une chaleur & des fucs
mon avis l'opinion la plus vraisemblable..
Nord qui foient fi abondantes en œufs
de toenia. Un jeune homme qui foup-..
çonnoit avoir été affailli en Suiffe par-
le ver folitaire , ne voulut point s'en
débarraffer ayant encore un voyage à
faire en ce pays. Il m'affura s'y être
trouvé le douziéme d'une table de vingt
couverts, attaqué d'un ver folitaire. Ob-
fervons néanmoins qu'un tel recit fait :
par un malade voyageur , annonce fans :
doute par fa nature l'ordre de quel-.
que réduction.
A quoi bon le Ver folitaire ? Cette
queftion n'eft point frivole. Rien ne fut
fait en vain , difoit un malade prétendu
Philofophe ; & fi cet animal héberge
chez moi plutôt que chez un autre , c'eſt
apparemment pour de bonnes raifons.
Les maux qu'il me donne en éloignent
JANVIER 1764
157°
de plus fâcheux . Mais les caufes finales
ne font-elles pas toutes autant d'énig-
mes ? Et avant qu'on en ait trouvé le-
mot , faudra- t-il ne point donner de
vermifuges aux enfans que les vers font
quelquefois périr ? Faudra- t-il ne pas fe
garantir de tant d'infectes qui vivent à
nos dépens ? L'expérience de tous les
pays ne dit-elle pas affez haut , que ces
hôtes incommodes , à qui nous fourniſ--
fons la pâture , & qui font différens en
différens climats , ne fçauroient en au--
cune façon concourir à notre bien-être ?
Par M. P....., Docteur en Médecine,
ancien Chir. en chef du G. H. D. de L.
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Résumé : OBSERVATIONS SUR LE VER SOLITAIRE.
En décembre 1749, le sieur Borin, maître de pension à Lyon, publie ses observations sur le ver solitaire, détaillant les souffrances qu'il provoque et les tentatives de traitement. Initialement, diverses méthodes et consultations médicales échouent. Borin utilise finalement des crochets de plomb pour extraire le ver, parvenant à en éliminer près de trois aunes. Un autre cas rapporte qu'un patient a expulsé environ trente aunes de ver après utilisation d'un crochet. Le texte aborde également les caractéristiques du ténia, soulignant qu'il se développe dans le corps d'autres animaux, notamment les poissons et les oiseaux de rivière. Le ténia peut se reproduire par œufs ou par bouture. Des observations mentionnent des patients expulsant plusieurs vers après traitement. En janvier 1764, une personne rapporte avoir expulsé vingt-et-un fragments de ténia après un traitement spécifique. Le texte met en lumière l'importance de traiter les infections parasitaires et explore les mécanismes de multiplication des vers. Un cas particulier est celui d'un patient qui, après avoir consulté M. Bourgelat, un expert en médecine vétérinaire, meurt six ans plus tard. L'autopsie ne révèle cependant pas la présence de ver solitaire. Ces observations soulignent la complexité et les défis posés par les infections parasitaires et les efforts nécessaires pour les traiter efficacement.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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713
p. 206-207
AVIS DIVERS.
Début :
Le Sieur Marme vend la véritable Pâte d'amande qui blanchit & adoucit [...]
Mots clefs :
Pâte d'amande, Peau, Visage, Adoucissant
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texteReconnaissance textuelle : AVIS DIVERS.
AVIS DIVER S.
LE Sieur MAR ME vend la véritable Pâte ďa
mande qui blanchit & adoucit la peau. L'on s'en
fert fans eau ou avec de l'eau : mais elle eft meilleure
fans eau. L'on s'en fert pour le vifage , les
mains & le bain, Elle garantit des boutons qui
viennent fur la peau , emporte toutes fortes de taches
d'encre , nourire & garantit la peau féche,
Certe Pâte ne s'aigrit ni ne fe moifit jamais , & fe
conferve fur mer comme fur terre & ne fe cor
rompt point. Elle fe vend chez le Suiffe de S. A S.
M. le Comte de Clermont , au Palais Abbatial de
l'Abbaye S. Germain' des Prés , à Paris. Les pots
ordinaires font du poids d'une livre , & le vendent
3 liv. 12 fols , & en rapportant le por 3 liv. Hyd
JANVIER. 1764 . 207
dès pots depuis une livre jufqu'à huit. On fait des
envois en Province & dans les Pays Etrangers.
Pareilles Affiches font fur les Pocs.
LE Sieur MAR ME vend la véritable Pâte ďa
mande qui blanchit & adoucit la peau. L'on s'en
fert fans eau ou avec de l'eau : mais elle eft meilleure
fans eau. L'on s'en fert pour le vifage , les
mains & le bain, Elle garantit des boutons qui
viennent fur la peau , emporte toutes fortes de taches
d'encre , nourire & garantit la peau féche,
Certe Pâte ne s'aigrit ni ne fe moifit jamais , & fe
conferve fur mer comme fur terre & ne fe cor
rompt point. Elle fe vend chez le Suiffe de S. A S.
M. le Comte de Clermont , au Palais Abbatial de
l'Abbaye S. Germain' des Prés , à Paris. Les pots
ordinaires font du poids d'une livre , & le vendent
3 liv. 12 fols , & en rapportant le por 3 liv. Hyd
JANVIER. 1764 . 207
dès pots depuis une livre jufqu'à huit. On fait des
envois en Province & dans les Pays Etrangers.
Pareilles Affiches font fur les Pocs.
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Résumé : AVIS DIVERS.
Le document présente une pâte d'amande pour blanchir et adoucir la peau, efficace sans eau. Elle convient au visage, aux mains et au bain, prévient les boutons, élimine les taches d'encre et nourrit la peau sèche. Cette pâte se conserve bien et est vendue à Paris chez le Suiffe de S. A. S. M. le Comte de Clermont. Les pots varient de une à huit livres et peuvent être envoyés en province et à l'étranger.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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714
p. 207
« Le Sieur de Crampiony donne avis au Public, qu'il a obtenu la Permission de [...] »
Début :
Le Sieur de Crampiony donne avis au Public, qu'il a obtenu la Permission de [...]
Mots clefs :
Baume souverain, Crampes, Cure, Guérison
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le Sieur de Crampiony donne avis au Public, qu'il a obtenu la Permission de [...] »
LE Sieur DE CRAMPIGNY donne avis au Public',
qu'il a obtenu la Permiffion de diftribuer un Bagme
fouverain pour la Guérifon des Crampes , par le
moyen duquel un Médecin de les parens faifoit
des Cures furprenantes dans le Levant. Ceux qui
en font attaqués , & qui auront befoin de fon reméde
, s'adrefferont à Paris , rue & Hôtel du Pe--
tit-Lion , fauxbourg S. Germain , chez Madame-
BERTEL , au premier étage , entre un Vinaigrier
& un Marchand de Vin , vis- à- vis un Pâtiffier.
Le prix de ce Baume eft de 6 liv. l'once. One
donnera des Imprimés qui enfeigneront la manière
de s'en fervir . Les Perfonnes de la Provincequi
écriront au Sieur DE CRAMPIGNY , pour avoir
de fon Baume , font priées d'affranchir leurs Let--
tres , fans quoi elles ne feront pas reçues.
qu'il a obtenu la Permiffion de diftribuer un Bagme
fouverain pour la Guérifon des Crampes , par le
moyen duquel un Médecin de les parens faifoit
des Cures furprenantes dans le Levant. Ceux qui
en font attaqués , & qui auront befoin de fon reméde
, s'adrefferont à Paris , rue & Hôtel du Pe--
tit-Lion , fauxbourg S. Germain , chez Madame-
BERTEL , au premier étage , entre un Vinaigrier
& un Marchand de Vin , vis- à- vis un Pâtiffier.
Le prix de ce Baume eft de 6 liv. l'once. One
donnera des Imprimés qui enfeigneront la manière
de s'en fervir . Les Perfonnes de la Provincequi
écriront au Sieur DE CRAMPIGNY , pour avoir
de fon Baume , font priées d'affranchir leurs Let--
tres , fans quoi elles ne feront pas reçues.
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Résumé : « Le Sieur de Crampiony donne avis au Public, qu'il a obtenu la Permission de [...] »
Le Sieur DE CRAMPIGNY a obtenu l'autorisation de distribuer un baume pour les crampes, utilisé par un médecin dans le Levant. Ce baume est disponible à Paris, rue et Hôtel du Petit-Lion, faubourg Saint-Germain, chez Madame BERTEL. Le prix est de six livres l'once. Des instructions seront fournies. Les commandes des provinces doivent être affranchies.
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715
p. 125-136
ANNONCES DE LIVRES.
Début :
FABLES nouvelles divisées en six Livres, avec des Notes, & un Discours [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ANNONCES DE LIVRES.
ANNONCES DE LIVRES.
FABLES nouvelles divisées en six
Livres, avec des Notes, & un Discours
ſur la manière de lire les Fables , ou
de les réciter. Nouvelle édition , aug-
mentéedepluſieurs Piéces qui ne fe trou-
vent pas dans les précédentes. Par M.
l'Abbé Aubert. AParis , chez Duchesne,
Libraire , rue S. Jacques , au-deſſous de
la Fontaine S. Benoît , au Temple du
Goût , 1764 ; AvecApprobation & Pri-
vilège du Roi. Vol. in- 12 , petit format.
Le ſieur Duchesne ayant acquis l'E-
dition des Fables de M. l'Abbé Aubert ,
dont nous avons eu occafion de parler
plus d'une fois avec éloge , a cru , pour
la fatisfaction du Public
devoir y
ajouter l'Epitre que cetAuteuraadreſ
Fiij
1
126 MERCURE DE FRANCE .
ſée à l'Academie Françoiſe , en lui pré-
ſentant ſonRecueil , ainſi que les deux
contes Moraux qu'il a compoſés d'après
les Tableaux de M.Greuze,expofés au fa-
lon du Louvre en 1761 & 1763. Ces
additions ne peuvent que confirmer le
jugement favorable que le Public a déja
portédes talensde cet agréable fabuliſte.
NOUVEAU Recueil dePiéces enVers
& en profe ; à Paris , chez L. G.
de Hanfy, fils aîné , Libraire , Pont-
au-Change , à S. Nicolas , 1764 ; avec
Approbation & Privilége du Roi, Bro-
chure in- 12de210 pages; prix, I liv.
10 f. broché.
CE Recueil contient plus decentPié-
ces , laplupart en Vers. Ily a des Epi-
tres , des Elégies ,des Fables, des Chan-
fons , des Enigmes , des Bouquets , des
Epigrammes, des Allégories ,des Can-
tatilles ; en un mot des Piéces Fugiti-
vesdans tous les genres.
OBSERVATIONS fur le Livre de l'Ef-
prit des Loix , par M. Crevier : à Paris
chez Deffaint& Saillant , rue S. Jean
deBeauvais ; 1764; avec Approbation
&Privilége du Roi. Brochure ip-12.
3
FEVRIER. 1764.
127
M. Crevier nous apprend qu'après
avoir lû trois ou quatre fois le Livre de
M. de Montesquieu
,
il a mis par écrit
ſes Obſervations fur cet Ouvrage ; qu'il
a éxaminé curieusementl'érudition dont
M. de Montesquieu accompagne & rc-
léve le fond de ſa Doctrine , & qu'il y
a trouvé de grandes défectuofités. C'eſt
parlà qu'il commence la critique de l'EC
prit des Loix , diviſée en deux parties.
Dans l'une on montre les défauts d'exac-
titude dans les Faits hiſtoriques ; dans
l'autre les faux principes en matière de
Métaphyfique ,de Morale&deReligion.
DICTIONNAIRE portatifde Médeci
ne , d'Anatomie , de Chirurgie , de Phar-
macie, de Chymie , d'Hiſtoire naturelle ,
de Botanique & de Phyſique ; qui con-
tient les termes de chaque Art , leur
Etymologie,leurdéfinition & leur expli-
cation , tirésdes meilleurs Auteurs ; avec
un Vocabulaire grec & latin , à l'u-
fage de ceux qui liſent les Auteurs an
ciens ; Ouvrage utile à ceux qui prati--
quent les Arts , & néceſſaire aux Etu-
dians ; par Jean François Lavoifien , an-
cien Chirurgien des Hôpitaux des Ar-
mées du Roi , & Maître en Chirurgie
àEu. A Paris , aux dépens de P. Fr.
Fiv
128 MERCURE DE FRANCE .
Didot le jeune , quai des Auguſtins ;
1764 ; avec approbation & privilége
du Roi. 2 Vol. in-8°. reliés en un ſeul ,
dont le prix eſt de 5. liv.
On n'entreprend pas de former des
Médecins , des Chirurgiens , des Phar-
maciens , &c , par la lecture de ce Dic-
tionnaire ; on veut ſimplementles initier
au langage de ces Sciences. On veut
leur faire connoître l'étymologie des
termes , leurs définitions , &c ; ce que
perſonne n'avoit encore entrepris d'u-
ne façon auſſi complette.
MÉLANGE d'Hiſtoire Naturelle , par
M. A. D. Avocat en Parlement , & aux
cours de Lyon; à Lyon , chez Benoît
Duplain, rueMerciere, à l'Aigle, 1763 ;
avec approbation & privilége du Roi ;
2 vol. in-8. petit format. Avec cette
Epigraphe : Quam magnificafunt opera
tua,Domine ! Omnia inſapientiafecifti;
impleta eft terra poſſeſſione tua. Pr. 103.
Les différentes piéces qui compoſent
ce Recueil , ont paru ſucceſſivement
dans les Ouvrages périodiques , ou ont
été lues dans différentes Académies de
l'Europe. On a raſſemblé en un ſeul
corps , ce qui étoit épars dansune infi-
nité de volumes. On y trouve pluſieurs
FEVRIER. 1764.
129
Mémoires de M. Linœus , ce fameux
Naturaliſte du Nord; les Géer, les Alt-
man , les Treffan , les Tozzetti & d'au-
tres Naturaliſtes avantageuſement con-
nus dans la République des Lettres ,
achevent de completter cette collec-
tion. L'Editeur n'a faitque corriger le
ſtyle de pluſieurs Mémoires qui avoien
beſoin de ce ſecours pour paroître en
Public.
ALMANACH de la ville de Lyon ,
pour l'année Biſſextile 1764 ; à Lyon
chez Aimé de Laroche , Imprimeur de
Mgr l'Archevêque & du Clergé , &c .
aux Halles de la Grenette ; 1764 ; Vol.
in-8°.
Cet Ouvrage eſt pourlavillede Lyon
&toutleGouvernement Lyonnois , ce
qu'eſt pour Paris le grand Almanach
Royal qui s'imprime avec tant de ſuc-
cès & une utilité ſi générale, chez Le-
breton , Syndicdes Libraires, ruede la
Harpe.
ORDRE chronologique des deuils de
Cour,avec un précis de la vie & des
ouvrages des Auteurs qui font morts
dans lecoursde l'année 1763 ; à Paris,
Fv
130 MERCURE DE FRANCE.
de l'Imprimerie de Moreau , rueGalan-
de , 1764; Brochure in- 16.
Pluſieurs perſonnes qui ont ſouſcrit
pour les Avis du deuil, ont defiré qu'on
leur donnat ,par forme de ſupplément ,
dans les derniers jours de Décembre ,
une récapitulation hiſtorique des Prin-
ces morts pendant le cours de l'année.
Cette idée en a fait naître une autre :
c'eſt d'ajouter à cette récapitulation le
nécrologe des perſonnes célèbres dans
les ſciences ou dans les arts , mortes
dans le même eſpace de temps , avec
un précis de lear vie & de leurs ou-
vrages. Des écrivains connus ſe ſont
chargés de veillerà la rédaction de ces
mémoires , qui ſe diſtribueront régu-
lièrement à la fin de chaque année.
On invite les Artiſtes à contribuer eux-
mêmes à ces honneurs rendus à leurs
confrères , en faiſant parvenir auBureau
les anecdotes dont ils auront connoif-
fance. Les perſonnes qui ne voudront
que les avis de deuil accoutumés , con-
tinueront à les recevoir pour le prixde
3 liv. par année & de 6 liv. francs de
port pour les Provinces. Celles qui de-
fireront la récapitulation hiſtorique des
deuils & le nécrologe des Artiſtes ,
payeront 6 liv. à Paris ,& dans les Pro
FEVRIER. 1764 .
131
vinces 9 liv.franc de port. On foufcrira
dorénavant pour les uns & pour les au-
tres , au Bureau général d'indication , à
Phôtel d'Aligre , rue S. Honoré. On a
donné cette année le précis de la vie de
MM. de Marivaux , Peffelier & Bou-
gainville.
:
M. de Garfault , Auteur du Nouveau
Parfait Maréchal , & Membre de la So
ciété Royale d'Agriculture de Paris ,
ayant deffiné dans le courant de plu-
fieurs années un grand nombre de plan-
tes d'après nature , ainſi que quantité
d'Animaux, s'eſt déterminé ſuivant les
Conſeils de M. de Juffieu , a faire graver
ce qui dans ces deux regnes ſe trouve
d'uſage enMédecine ; & afinde rendre
la matiére médicale parfaitement inf
tructive , il a ſuivi en entier celle deM.
Geoffroy comme étant une des meil
leures.
1
CE Recueil qui eſt in-8°. comment
ce donc par les figures des Plantes exo-
tiques ou étrangères ; enſuite viennent
les Plantes indigénes oude nos climats ,
& enfin les Animaux ; ce qui compoſe
730. Planches de cuivre gravées en taille
douce.
L'Auteur donne avis que l'on a comm
F vj
132 MERCURE DE FRANCE.
commencé à imprimer le tout , &qu'il
yen aura pluſieurs Exemplaires à vendre
dans le courant du mois de Mai 1764.
Le prix de l'Exemplaire eſt 48 livres ;
mais en attendant , les perſonnes qui dé-
fireront en avoir des premiers peuvent
s'adreſſer dès à préſent chez l'Auteur ,
rue S. Dominique près la rue S. Jac-
ques; &en donnant un Louis , qui eft
lamoitié du prix , il leur ſera livré une
reconnoiffance qu'ils rapporteront lors
de la vente , enpayantle reſtantdu prix.
LEMANUEL des Champs , ou recueil
choiſi , instructif & amusant de toutce
qui eſt le plus néceſſaire , & le plus
utile pour vivre avec aifance & agré-
ment à la campagne; par M. Chanval-
lon, Prêtre de l'Ordre de Malthe , à Pa-
ris , chez Lottin le jeune , Libraire , rue
Saint Jacques , vis-à-vis la rue de laPar-
cheminerie , 1764. avec Approbation &
Privilége duRoi.
- Cet ouvrage eſt diviſé en quatre Par-
ties. La premiere traite du potager , des
arbres fruitiers , de lataille, de lagreffe ,
de la culturedes fleurs ,des arbriffeaux ,
enfin du Jardin d'ornement. La deuxié-
me , des terreslabourables , des près, des
vignes , dela façon& qualités des Vins
FEVRIER. 1764.
133
de laBierre, du Cidre , de l'Hydromel ,
&c. des Bois , de la Chaffe & de la Pê-
che. La III. des Chevaux , des Bêtes à
cornes , des Bêtes à Laine ,des Volailles,
des Oiseaux ſauvages qui s'apprivoiſent
aiſément , des Mouches à Miel & des
Vers-à- Soie. La IV. & derniére partie ,
dela Cuiſine ,de laPâtiſſerie, des Confi-
tures ,des Liqueurs & autres choſes né-
ceffaires ouutiles pour l'ufage de la vie.
Le tout en un fort Volume in- 12. de
près de 600 pages , 1764. L'Auteur a
puiſédans les meilleurs Traités & les plus
étendus; & il a recueilli en un ſeulVo-
lume , l'eſſentiel & le plus intéreſſant à
ſcavoir, pour conduire avec ſuccès un
BiendeCampagne , & pour y vivre avec
aiſance& agrément. On remarque ici
quelques articles qui ne ſetrouvent point
dans laMaiſon ruſtique &dans les autres
Ouvrages les plus connus &les plus rée
pandus fur cette matière. Ce Livre peut
convenir à une infinitéde Perſonnes qui
au défaut d'étude , de faculté, ou de
temps , ne peuvent lire les Traités plus
étendus d'où il eſt tiré. L'Auteur nous.
paroît n'avoir rien ignoré , ni rien omis
de tout ce qui peut rendre ceRecueil
d'une utilité générale.
1.
134 MERCURE DE FRANCE.
Le même Libraire Lottin le jeune ,
propoſe au Public à un Rabais confidé-
rable les Livres ſuivans
Avril :
>
d'ici au 1.
ABREGE' Chronologique , ou Nou-
velles Annales de Paris contenant l'Hif-
toire de la ville de Paris avec ſes divers
accroiſſemens , &c. par Don Touffaints
Dupleffis , Religieux Benedictin de la
Congrégation de S. Maur ,Vol. in-4°.
(qui ſevend9 liv.) actuellement en feuil-
les à 3. liv. 10. f.
Chriftiani cordis gemitus , &c.; ou
gemiſſemens d'un cœur Chrétien , con-
tenant des Prieres tirées des Paroles &
remplies de l'eſprit des Saintes Ecritures
&des S. Peres par M. Hamon , 2 Vol.
in- 12. ( qui fontde 5 liv.) actuellement
les 2. Vol. en feuilles 25. f.
TRACTATUS de Sacramento Con-
firmationis par Vuitaſſe , 2 vol. in- 12 .
(qui font de 5 liv. ) actuellement les
2 vol en feuilles 25 f.
Ejufdem Tractatus de Ordine 2. Vol.
in- 12 ( qui ſont de 5 liv.) actuellement
les 2 Vol. à 25. f.
BREVIARIUM Ecclefiafticum , editi
jam Profpectus executionem exhibens, in
gratiam Ecclefiarum in quibus novafa-
FEVRIER. 1764.
135
cienda erit Breviariorum Editio , 2. forts
Volumes in-12. bien imprimés ( qui
font de 7. liv. ) actuellement les 2Vol.
en feuilles 2. liv. Le même Libraire vend
pluſieurs Livres à l'uſagedes Eccléfiafti-
ques ,& beaucoup d'Ouvrage de Piété.
ESSAI politique ſur la Pologne ; à
Varsovie , de l'Imprimerie de Pfombka;
& ſe trouve à Paris , chez Briaſſon ,
Libraire , rue S. Jacques , à la Science ;
1764 ; brochure in- 12 .
Le Roi & fon Pouvoir , le Sénat &
les Miniſtres , l'Ordre Equeſtre & les
Officiers de la Couronne,lesAffemblées
politiques pendant le Règne , lesAffem-
blées dans l'Interrègne ; les Loix des Af
ſemblées civiles, la Milice & les forces
de la Pologne; les droits& les intérêts de
la République; laReligion ,les mœurs ,
le climat & les productions du Pays ,
forment les douze Chapitres de cette
Brochure , que les circonstances préſen-
tes rendent intéreſſante.
PROJET d'une École gratuite de
Sciences par toutes les Provinces du
Royaume , où tous les Citoyens , de
quelque ordre qu'ils foient, trouveront
les ſecours de l'éducation ; avec cette
136 MERCURE DE FRANCE.
Epigraphe : Quo femel eftimbuta recens
fervabit odoremtestadiu. Hor. Nouvelle
Edition ; par M. Fleury, ancien Profef-
feurRoyal de Mathématiques & de Gé-
nie ; en France , 1764 , brochure in- 12.
Ce Projet a trois parties. La première
développe les avantages qui réſulteront
de l'École projettée. La ſeconde indique
les moyens de remplirceProjet. La troi-
fiéme répond aux objections qu'entraî-
nenttoujours les nouvelles entrepriſes.
MES RÉCRÉATIONS , ou Recueilde
diverſes Pièces choifies ; à Amsterdam ,
& ſe trouve à Paris , chez Langlois
fils , rue de la Harpe , à la Couronne
d'or; 1763, brochure in- 12.
Pluſieurs petits Ouvragesde Poësie ,
tels que des Fables , des Odes , des
Rondeaux,des Chanſons, des Enigmes,
des Epitres , &c. quelques Ouvrages en
profe , & en particulier une Pièce de
Théâtre intitulée , la Réformatrice im-
prudente : voilà ce qui compofe cette
Brochure d'environ 150 pages.
FABLES nouvelles divisées en six
Livres, avec des Notes, & un Discours
ſur la manière de lire les Fables , ou
de les réciter. Nouvelle édition , aug-
mentéedepluſieurs Piéces qui ne fe trou-
vent pas dans les précédentes. Par M.
l'Abbé Aubert. AParis , chez Duchesne,
Libraire , rue S. Jacques , au-deſſous de
la Fontaine S. Benoît , au Temple du
Goût , 1764 ; AvecApprobation & Pri-
vilège du Roi. Vol. in- 12 , petit format.
Le ſieur Duchesne ayant acquis l'E-
dition des Fables de M. l'Abbé Aubert ,
dont nous avons eu occafion de parler
plus d'une fois avec éloge , a cru , pour
la fatisfaction du Public
devoir y
ajouter l'Epitre que cetAuteuraadreſ
Fiij
1
126 MERCURE DE FRANCE .
ſée à l'Academie Françoiſe , en lui pré-
ſentant ſonRecueil , ainſi que les deux
contes Moraux qu'il a compoſés d'après
les Tableaux de M.Greuze,expofés au fa-
lon du Louvre en 1761 & 1763. Ces
additions ne peuvent que confirmer le
jugement favorable que le Public a déja
portédes talensde cet agréable fabuliſte.
NOUVEAU Recueil dePiéces enVers
& en profe ; à Paris , chez L. G.
de Hanfy, fils aîné , Libraire , Pont-
au-Change , à S. Nicolas , 1764 ; avec
Approbation & Privilége du Roi, Bro-
chure in- 12de210 pages; prix, I liv.
10 f. broché.
CE Recueil contient plus decentPié-
ces , laplupart en Vers. Ily a des Epi-
tres , des Elégies ,des Fables, des Chan-
fons , des Enigmes , des Bouquets , des
Epigrammes, des Allégories ,des Can-
tatilles ; en un mot des Piéces Fugiti-
vesdans tous les genres.
OBSERVATIONS fur le Livre de l'Ef-
prit des Loix , par M. Crevier : à Paris
chez Deffaint& Saillant , rue S. Jean
deBeauvais ; 1764; avec Approbation
&Privilége du Roi. Brochure ip-12.
3
FEVRIER. 1764.
127
M. Crevier nous apprend qu'après
avoir lû trois ou quatre fois le Livre de
M. de Montesquieu
,
il a mis par écrit
ſes Obſervations fur cet Ouvrage ; qu'il
a éxaminé curieusementl'érudition dont
M. de Montesquieu accompagne & rc-
léve le fond de ſa Doctrine , & qu'il y
a trouvé de grandes défectuofités. C'eſt
parlà qu'il commence la critique de l'EC
prit des Loix , diviſée en deux parties.
Dans l'une on montre les défauts d'exac-
titude dans les Faits hiſtoriques ; dans
l'autre les faux principes en matière de
Métaphyfique ,de Morale&deReligion.
DICTIONNAIRE portatifde Médeci
ne , d'Anatomie , de Chirurgie , de Phar-
macie, de Chymie , d'Hiſtoire naturelle ,
de Botanique & de Phyſique ; qui con-
tient les termes de chaque Art , leur
Etymologie,leurdéfinition & leur expli-
cation , tirésdes meilleurs Auteurs ; avec
un Vocabulaire grec & latin , à l'u-
fage de ceux qui liſent les Auteurs an
ciens ; Ouvrage utile à ceux qui prati--
quent les Arts , & néceſſaire aux Etu-
dians ; par Jean François Lavoifien , an-
cien Chirurgien des Hôpitaux des Ar-
mées du Roi , & Maître en Chirurgie
àEu. A Paris , aux dépens de P. Fr.
Fiv
128 MERCURE DE FRANCE .
Didot le jeune , quai des Auguſtins ;
1764 ; avec approbation & privilége
du Roi. 2 Vol. in-8°. reliés en un ſeul ,
dont le prix eſt de 5. liv.
On n'entreprend pas de former des
Médecins , des Chirurgiens , des Phar-
maciens , &c , par la lecture de ce Dic-
tionnaire ; on veut ſimplementles initier
au langage de ces Sciences. On veut
leur faire connoître l'étymologie des
termes , leurs définitions , &c ; ce que
perſonne n'avoit encore entrepris d'u-
ne façon auſſi complette.
MÉLANGE d'Hiſtoire Naturelle , par
M. A. D. Avocat en Parlement , & aux
cours de Lyon; à Lyon , chez Benoît
Duplain, rueMerciere, à l'Aigle, 1763 ;
avec approbation & privilége du Roi ;
2 vol. in-8. petit format. Avec cette
Epigraphe : Quam magnificafunt opera
tua,Domine ! Omnia inſapientiafecifti;
impleta eft terra poſſeſſione tua. Pr. 103.
Les différentes piéces qui compoſent
ce Recueil , ont paru ſucceſſivement
dans les Ouvrages périodiques , ou ont
été lues dans différentes Académies de
l'Europe. On a raſſemblé en un ſeul
corps , ce qui étoit épars dansune infi-
nité de volumes. On y trouve pluſieurs
FEVRIER. 1764.
129
Mémoires de M. Linœus , ce fameux
Naturaliſte du Nord; les Géer, les Alt-
man , les Treffan , les Tozzetti & d'au-
tres Naturaliſtes avantageuſement con-
nus dans la République des Lettres ,
achevent de completter cette collec-
tion. L'Editeur n'a faitque corriger le
ſtyle de pluſieurs Mémoires qui avoien
beſoin de ce ſecours pour paroître en
Public.
ALMANACH de la ville de Lyon ,
pour l'année Biſſextile 1764 ; à Lyon
chez Aimé de Laroche , Imprimeur de
Mgr l'Archevêque & du Clergé , &c .
aux Halles de la Grenette ; 1764 ; Vol.
in-8°.
Cet Ouvrage eſt pourlavillede Lyon
&toutleGouvernement Lyonnois , ce
qu'eſt pour Paris le grand Almanach
Royal qui s'imprime avec tant de ſuc-
cès & une utilité ſi générale, chez Le-
breton , Syndicdes Libraires, ruede la
Harpe.
ORDRE chronologique des deuils de
Cour,avec un précis de la vie & des
ouvrages des Auteurs qui font morts
dans lecoursde l'année 1763 ; à Paris,
Fv
130 MERCURE DE FRANCE.
de l'Imprimerie de Moreau , rueGalan-
de , 1764; Brochure in- 16.
Pluſieurs perſonnes qui ont ſouſcrit
pour les Avis du deuil, ont defiré qu'on
leur donnat ,par forme de ſupplément ,
dans les derniers jours de Décembre ,
une récapitulation hiſtorique des Prin-
ces morts pendant le cours de l'année.
Cette idée en a fait naître une autre :
c'eſt d'ajouter à cette récapitulation le
nécrologe des perſonnes célèbres dans
les ſciences ou dans les arts , mortes
dans le même eſpace de temps , avec
un précis de lear vie & de leurs ou-
vrages. Des écrivains connus ſe ſont
chargés de veillerà la rédaction de ces
mémoires , qui ſe diſtribueront régu-
lièrement à la fin de chaque année.
On invite les Artiſtes à contribuer eux-
mêmes à ces honneurs rendus à leurs
confrères , en faiſant parvenir auBureau
les anecdotes dont ils auront connoif-
fance. Les perſonnes qui ne voudront
que les avis de deuil accoutumés , con-
tinueront à les recevoir pour le prixde
3 liv. par année & de 6 liv. francs de
port pour les Provinces. Celles qui de-
fireront la récapitulation hiſtorique des
deuils & le nécrologe des Artiſtes ,
payeront 6 liv. à Paris ,& dans les Pro
FEVRIER. 1764 .
131
vinces 9 liv.franc de port. On foufcrira
dorénavant pour les uns & pour les au-
tres , au Bureau général d'indication , à
Phôtel d'Aligre , rue S. Honoré. On a
donné cette année le précis de la vie de
MM. de Marivaux , Peffelier & Bou-
gainville.
:
M. de Garfault , Auteur du Nouveau
Parfait Maréchal , & Membre de la So
ciété Royale d'Agriculture de Paris ,
ayant deffiné dans le courant de plu-
fieurs années un grand nombre de plan-
tes d'après nature , ainſi que quantité
d'Animaux, s'eſt déterminé ſuivant les
Conſeils de M. de Juffieu , a faire graver
ce qui dans ces deux regnes ſe trouve
d'uſage enMédecine ; & afinde rendre
la matiére médicale parfaitement inf
tructive , il a ſuivi en entier celle deM.
Geoffroy comme étant une des meil
leures.
1
CE Recueil qui eſt in-8°. comment
ce donc par les figures des Plantes exo-
tiques ou étrangères ; enſuite viennent
les Plantes indigénes oude nos climats ,
& enfin les Animaux ; ce qui compoſe
730. Planches de cuivre gravées en taille
douce.
L'Auteur donne avis que l'on a comm
F vj
132 MERCURE DE FRANCE.
commencé à imprimer le tout , &qu'il
yen aura pluſieurs Exemplaires à vendre
dans le courant du mois de Mai 1764.
Le prix de l'Exemplaire eſt 48 livres ;
mais en attendant , les perſonnes qui dé-
fireront en avoir des premiers peuvent
s'adreſſer dès à préſent chez l'Auteur ,
rue S. Dominique près la rue S. Jac-
ques; &en donnant un Louis , qui eft
lamoitié du prix , il leur ſera livré une
reconnoiffance qu'ils rapporteront lors
de la vente , enpayantle reſtantdu prix.
LEMANUEL des Champs , ou recueil
choiſi , instructif & amusant de toutce
qui eſt le plus néceſſaire , & le plus
utile pour vivre avec aifance & agré-
ment à la campagne; par M. Chanval-
lon, Prêtre de l'Ordre de Malthe , à Pa-
ris , chez Lottin le jeune , Libraire , rue
Saint Jacques , vis-à-vis la rue de laPar-
cheminerie , 1764. avec Approbation &
Privilége duRoi.
- Cet ouvrage eſt diviſé en quatre Par-
ties. La premiere traite du potager , des
arbres fruitiers , de lataille, de lagreffe ,
de la culturedes fleurs ,des arbriffeaux ,
enfin du Jardin d'ornement. La deuxié-
me , des terreslabourables , des près, des
vignes , dela façon& qualités des Vins
FEVRIER. 1764.
133
de laBierre, du Cidre , de l'Hydromel ,
&c. des Bois , de la Chaffe & de la Pê-
che. La III. des Chevaux , des Bêtes à
cornes , des Bêtes à Laine ,des Volailles,
des Oiseaux ſauvages qui s'apprivoiſent
aiſément , des Mouches à Miel & des
Vers-à- Soie. La IV. & derniére partie ,
dela Cuiſine ,de laPâtiſſerie, des Confi-
tures ,des Liqueurs & autres choſes né-
ceffaires ouutiles pour l'ufage de la vie.
Le tout en un fort Volume in- 12. de
près de 600 pages , 1764. L'Auteur a
puiſédans les meilleurs Traités & les plus
étendus; & il a recueilli en un ſeulVo-
lume , l'eſſentiel & le plus intéreſſant à
ſcavoir, pour conduire avec ſuccès un
BiendeCampagne , & pour y vivre avec
aiſance& agrément. On remarque ici
quelques articles qui ne ſetrouvent point
dans laMaiſon ruſtique &dans les autres
Ouvrages les plus connus &les plus rée
pandus fur cette matière. Ce Livre peut
convenir à une infinitéde Perſonnes qui
au défaut d'étude , de faculté, ou de
temps , ne peuvent lire les Traités plus
étendus d'où il eſt tiré. L'Auteur nous.
paroît n'avoir rien ignoré , ni rien omis
de tout ce qui peut rendre ceRecueil
d'une utilité générale.
1.
134 MERCURE DE FRANCE.
Le même Libraire Lottin le jeune ,
propoſe au Public à un Rabais confidé-
rable les Livres ſuivans
Avril :
>
d'ici au 1.
ABREGE' Chronologique , ou Nou-
velles Annales de Paris contenant l'Hif-
toire de la ville de Paris avec ſes divers
accroiſſemens , &c. par Don Touffaints
Dupleffis , Religieux Benedictin de la
Congrégation de S. Maur ,Vol. in-4°.
(qui ſevend9 liv.) actuellement en feuil-
les à 3. liv. 10. f.
Chriftiani cordis gemitus , &c.; ou
gemiſſemens d'un cœur Chrétien , con-
tenant des Prieres tirées des Paroles &
remplies de l'eſprit des Saintes Ecritures
&des S. Peres par M. Hamon , 2 Vol.
in- 12. ( qui fontde 5 liv.) actuellement
les 2. Vol. en feuilles 25. f.
TRACTATUS de Sacramento Con-
firmationis par Vuitaſſe , 2 vol. in- 12 .
(qui font de 5 liv. ) actuellement les
2 vol en feuilles 25 f.
Ejufdem Tractatus de Ordine 2. Vol.
in- 12 ( qui ſont de 5 liv.) actuellement
les 2 Vol. à 25. f.
BREVIARIUM Ecclefiafticum , editi
jam Profpectus executionem exhibens, in
gratiam Ecclefiarum in quibus novafa-
FEVRIER. 1764.
135
cienda erit Breviariorum Editio , 2. forts
Volumes in-12. bien imprimés ( qui
font de 7. liv. ) actuellement les 2Vol.
en feuilles 2. liv. Le même Libraire vend
pluſieurs Livres à l'uſagedes Eccléfiafti-
ques ,& beaucoup d'Ouvrage de Piété.
ESSAI politique ſur la Pologne ; à
Varsovie , de l'Imprimerie de Pfombka;
& ſe trouve à Paris , chez Briaſſon ,
Libraire , rue S. Jacques , à la Science ;
1764 ; brochure in- 12 .
Le Roi & fon Pouvoir , le Sénat &
les Miniſtres , l'Ordre Equeſtre & les
Officiers de la Couronne,lesAffemblées
politiques pendant le Règne , lesAffem-
blées dans l'Interrègne ; les Loix des Af
ſemblées civiles, la Milice & les forces
de la Pologne; les droits& les intérêts de
la République; laReligion ,les mœurs ,
le climat & les productions du Pays ,
forment les douze Chapitres de cette
Brochure , que les circonstances préſen-
tes rendent intéreſſante.
PROJET d'une École gratuite de
Sciences par toutes les Provinces du
Royaume , où tous les Citoyens , de
quelque ordre qu'ils foient, trouveront
les ſecours de l'éducation ; avec cette
136 MERCURE DE FRANCE.
Epigraphe : Quo femel eftimbuta recens
fervabit odoremtestadiu. Hor. Nouvelle
Edition ; par M. Fleury, ancien Profef-
feurRoyal de Mathématiques & de Gé-
nie ; en France , 1764 , brochure in- 12.
Ce Projet a trois parties. La première
développe les avantages qui réſulteront
de l'École projettée. La ſeconde indique
les moyens de remplirceProjet. La troi-
fiéme répond aux objections qu'entraî-
nenttoujours les nouvelles entrepriſes.
MES RÉCRÉATIONS , ou Recueilde
diverſes Pièces choifies ; à Amsterdam ,
& ſe trouve à Paris , chez Langlois
fils , rue de la Harpe , à la Couronne
d'or; 1763, brochure in- 12.
Pluſieurs petits Ouvragesde Poësie ,
tels que des Fables , des Odes , des
Rondeaux,des Chanſons, des Enigmes,
des Epitres , &c. quelques Ouvrages en
profe , & en particulier une Pièce de
Théâtre intitulée , la Réformatrice im-
prudente : voilà ce qui compofe cette
Brochure d'environ 150 pages.
Fermer
Résumé : ANNONCES DE LIVRES.
En 1764, plusieurs ouvrages notables ont été publiés. Parmi eux, les 'Fables nouvelles' de l'Abbé Aubert, enrichies de nouvelles pièces et d'une épître dédiée à l'Académie Française, se distinguent. Un 'Nouveau Recueil de Pièces en Vers & en prose' regroupe divers genres littéraires. Les 'Observations sur le Livre de l'Esprit des Lois' de M. Crevier critiquent l'œuvre de Montesquieu en deux parties : erreurs historiques et faux principes métaphysiques, moraux et religieux. Le 'Dictionnaire portatif de Médecine' de Jean-François Lavoisfien initie les étudiants aux termes techniques des sciences médicales. Le 'Mélange d'Histoire Naturelle' compile des mémoires de naturalistes célèbres. L''Almanach de la ville de Lyon' pour l'année bissextile 1764 est présenté comme équivalent lyonnais de l'Almanach Royal parisien. Un 'Ordre chronologique des deuils de Cour' pour 1763 inclut un nécrologe des personnalités marquantes des sciences et des arts, avec des contributions des artistes eux-mêmes. Le document mentionne aussi des services de nécrologie et de récapitulation historique des deuils, avec des tarifs différenciés pour Paris et les provinces. Le 'Recueil' de M. de Garfault, illustré de plantes et d'animaux médicaux selon la méthode de M. Geoffroy, sera disponible en mai 1764. 'L'Emanuel des Champs' de M. Chanvallon est un guide complet pour la vie à la campagne, divisé en quatre parties. Le libraire Lottin le jeune propose des ouvrages à prix réduit, dont l''Abrégé Chronologique' de Duplessis et des recueils de prières. L''Essai politique sur la Pologne' traite de la structure politique et sociale de la Pologne. Un projet d'école gratuite de sciences pour toutes les provinces du royaume est également annoncé. Deux publications distinctes sont mentionnées : un projet d'école par M. Fleury et 'Mes Récréations', un recueil de pièces choisies publié à Amsterdam et disponible à Paris.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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716
p. 139-148
« INTRODUCTION à la lecture des Auteurs Allemands, pour l'usage de l'Ecole [...] »
Début :
INTRODUCTION à la lecture des Auteurs Allemands, pour l'usage de l'Ecole [...]
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texteReconnaissance textuelle : « INTRODUCTION à la lecture des Auteurs Allemands, pour l'usage de l'Ecole [...] »
INTRODUCTION à la lecture des Auteurs
Allemands, pour l'usage de l'Ecole
Royale Militaire ; ſervant de ſuite
aux nouveaux principes de la Langue
Allemande , publiés parM. Junker,Doc-
teur en Philofophie , Profeſſeur de la
Langue Allemande à l'Ecole Royale
Militaire , Membre ordinaire de l'Aca-
démie Royale Allemande de Gottingue.
AParis, chez Mufier, Fils , Libraire ,
quai des Auguſtins , au coin de la rue
pavée, à S. Etienne. Avec approbation
& privilège du Roi; 1763. Vol. in-12.
Avec le ſecours de ce Livre , on ap-
prendra aisément & en peu de temps,
la Langue Allemande: On y léve toutes
les difficultés qui arrêtent les commen-
cans; & avec la ſeule connoiſſance de
140 MERCURE DE FRANCE.
ladéclinaiſon &dela conjugaison , cet
Ouvrage menera fort loin ceux qui le
prendrontpourguide. L'Auteur a choiſi
pourtexte les Fables & Contes deGel-
lert, Auteur très-eſtimable par l'élé-
gance & la pureté de ſon ſtyle , ainfi
que par les grâces de ſon eſprit. Il a mis
au bas de chaque page des notes qui
facilitent le ſens littéral du Texte.
LES Révolutions de l'Univers repré-
ſentées en 30 Cartes géographiques
chacune de deux feuilles , avec des re-
marques & des obſervations fur chacu-
ned'elles : Ouvrage deſtiné à facilter la
lecture & l'étude de l'Histoire Générale.
Paris, 1763. in-fol. forme d'Atlas.
:
Cet Ouvrage fe débite chez le fieur
JulienGéographe , Cour de l'Hôtel de
Soubife. Il ſe vend 60 liv. en blanc ,
c'eſt àdire enluminé & non relié.
L'Auteur a faittirer un petit nombre
desRemarquesdans la forme in-12. On
en trouverades éxemplaires chez Cave-
lier, Libraire , rue Saint Jacques , au
Lys d'Or , chacun ſevend 36ſols bro-
ché.
Le fieur Monier , relieur , rue Saint
Jean de Beauvais , proche le paſſage
de Saint Jean de Latran , aſſemble &
FEVRIER. 1764.
141
relie ces Cartes d'une manière com-
mode& propre.
LES JEUX D'ENFANS , Poëme tiré
du Hollandois ; par M. Feutry , avec
cetteEpigraphe : Non meræ nuga ; à
la Haye ,& ſe trouve à Paris , chez
Durand , neveu , Libraire , rue S. Jac-:
ques, à la Sageſſe; 1764; très-petitebro-
chure in-16.
M. Feutry n'a pris que le titre& l'i-
dée générale d'une piéce qui ſe trouve
dans un Recueilde Poëſies Hollandoiſes
du célébre Carız. Quelques mots de ce
Poëme en feront connoître le ſujet.
»Attiré par le charme d'un beau jour ,
>une foule d'enfans aimables s'échap-
» pent de la triſte enceinte d'une Ville,
»& vient ſe répandre au loin ſurle ga-
>>zon fleuri. Là,ſemblables à de tendres
» agneaux , ces enfans bondiffent ; ils
>>ſe diſperſent par petites bandes que
>> forment naturellement leurs inclina-
>>>tions & leurs goûts ; & ils commen-
> cent bientôt leurs jeux différens. Ce
font ces jeux , tels que le Colin-mail-
lard, le Balon , le Cerf-volant , &c. &c.
que décrit M. Feutry. Chaque jeu eſt
accompagné d'une moralité qui rend
ceLivretauffi utile qu'agréable.
142 MERCURE DE FRANCE.
DICTIONNAIRE médicinal portatif,
contenant une méthode ſure pour con-
noître & guérir les maladies critiques &
chroniques , par des remédes ſimples &
proportionnés à la connoiſſance de tout
le monde ; & pluſieurs remédes parti-
culiers: on y a joint un Dictionnaire
abrégé des plantes uſuelles. Par M. ***
Docteur en Médecine ; à Paris , chez
d'Houry , Imprimeur-Libraire de Mgr
le Duc d'Orléans , rue de la vieille Bou-
clerie ; 1763 ; avec approbation & pri-
vilége du Roi. Vol. in-12 de 600 pages.
Prix , 3 liv. relié.
Le titre de ce Livre en fait ſuffifa-
ment connoître l'objet & l'utilité , &
nous difpenfe d'entrer dans d'autres dé .
tails.
HISTOIRE de Dannemarck , par M.
Mallet ; à Genève , & ſe trouve à Paris
chez Robustel& Charpentier , Libraires,
quai des Auguſtins , 6 vol. in- 12.
Avant que nous entreprenions de
rendre un compte plus détaillé de cet
Ouvrage curieux , nous indiquerons ce
que contient chaque volume. Le pre-
mier est une introduction à l'Hiſtoire
du Dannemarck , où l'on traite de la re-
ligion , des loix , des mœurs &des ufa-
FEVRIER. 1764.
143
ges des anciens Danois. Cette partie
avoit déja été imprimée , & nous en
avions parlé dans quelques-uns de nos
Mercures. Il en eſt de même du ſecond
volume , qui contientles monumens de
laMythologie & de la Poëfie des anciens
Peuples du Nord. Le troiſième tome
commence à l'établiſſement de la Mo-
narchie Danoiſe , juſqu'à la mort de
Valdmar le Victorieux en 1241. Le
quatrième eſt depuis la mort de Vald-
mar, juſqu'à l'avénement de la Maiſon
d'Oldenbourg au Trône , en 1448. Le
cinquième , depuis cet avènement , juf-
qu'à la dépoſition de Chrétien II. Le
fixiéme s'étend depuis cette dépofition ,
juſqu'à la Paix de Stetin.
MÉMOIRES hiſtoriques , critiques , &
Anecdotes des Reines & Régentes de
France , avec ces Epigraphes : Copia
judiciumfæpe morata meum eft. Ovid.....
Nec in cunctis fervat fortuna tenorem.
Manil..... Utile quidfit , profpiciunt. Ju-
ven. Sat. 6 ; à Amſterdam , chez Néaul-
me , Libraire , & ſe trouvent, à Paris,
chez les mêmes Libraires que l'Ouvrage
précédent ; 1764 ; 7. vol. in-12.
Nous nous contenterons aujourd'hui
de cette fimple annonce ; l'Ouvrage eſt
144 MERCURE DE FRANCE.
de nature à fournir plus d'un Extrait :
nous pourrons donc y revenir pluſieurs
fois.
APPEL des Étrangers dansnos Co-
lonies; à Paris, chez Deſſainjunior,
Libraire , quai des Auguſtins ; 1763 ,
brochure in-12.
L'Auteur , qui ne ſe nomme point ,
nous apprend qu'il a déja donné au Pu-
blicun TraitéfurlerappeldesProteftans
en France ; & un autre Ouvrage relati-
vementà la Police ſur les Mendians , les
Vagabonds , les Filles proſtituées ,& les
gens fans aveu. L'objet qu'il ſe propoſe
eſt de rendre notre population plus
nombreuſe & plus robuſte , en chaf-
fant l'oiſiveté & le libertinage. Son
but aujourd'hui eſt de prouverla nécef-
fité où nous ſommesd'appeller dansnos
Colonies , & même parmi nous , dans
nos Provinces , autant de Peuplades
étrangèresque nous pourrons eny atti
rer de l'un & de l'autre ſéxe ; & de les
y inviter même par des établiſſemens
avantageux.
MÉMOIRES ſur les Manufactures de
Draps & autres étoffes de Laine ; à Pa-
ris , chez Saugrain le jeune , rue du
Hurepoix ,
FEVRIER. 1764.
145
Hurepoix, a la Fleur de Lys d'or, 1764 ,
brochure in-12.
CeLivreeftdiviſéendeuxparties.Dans
la première , l'Auteur parle des Laines
d'Eſpagne , & de la manière de les met-
treen œuvre: Dans la ſeconde, de celles
de France , & de la façon de les em-
ployer. Il commence par les plus petites
opérations de la Fabrique des Draps.
Il
prend les Laines immédiatement après
qu'elles fontcoupées; il continuejuſqu'à
la parfaite réduction de ces laines en
étoffes. Il joint des remarques fur cha-
que opération , ſoit pour les perfection-
ner , ſoit pour en corriger les défauts, &
il faitdes deſcriptions ſuccinctes des ma-
chines & inftrumens néceſſaires.
LES Intrigues hiſtoriques & galantes
du Serrail ,ſous le Règne del'Empereur
Selim; à la Haye , & se trouvent à
Paris, chez Duchefne , rue S. Jacques',
au Temple du Goût , 1764 , brochure
in-12 , en deux parties.
Cet agréable Roman eſt écrit avec
eſprit, & préſente des détails de mœurs
Turques & Françoiſes , qui ont beau-
coup de rapport avec ce qu'on trouve
dans le Conte de Soliman II.
G
1
146 MERCURE DE FRANCE.
NOUVELLE Traduction de divers
morceaux choiſis des Œuvres de Plutar
que ; par M. l'Abbé Lambert ; à Paris,
chez Panckoucke , rue & à côté de la
Comédie Françoiſe ; avec Approbation
& Privilége du Roi ; 1764 , I vol, in- 12,
Les divers morceaux de Plutarque ,
traduits par M. l'Abbé Lambert , font un
Traité ſur l'Ame des Bêtes , l'Examen du
Syſtème d'Epicure , les Faits mémora-
bles des Dames illuſtres de l'ancienne
Gréce,les moyens de réprimer la colère ,
le Traité de l'Avarice, & un autreTraité
fur le Contentement de l'Eſprit.
L'OPTIQUE , ou le Chinois à Mem-
phis , Eſſais traduits de l'Egyptien ; à
Londres , chez Michel Rey , Libraire ;
1763 , deux parties in 12 , dont nous
ne tarderons pas de donner un Extrait.
On en trouve des Exemplaires à Paris ,
chez Nyon , quai des Auguſtins , &
chez Knapen , au Palais.
TRAITÉ de Paix entre Descartes &
Newton; précédé des Vies littéraires de
ces deux Chefs de la Phyſique moderne ;
par le P. Aimé-Henri Pauliam , Profef-
ſeurde Phyſique au Colleged'Avignon,
de la Compagnie de Jeſus ; àAvignon ,
FEVRIER. 1764.
147
chez Girard , Imprimeur-Libraire , à la
Place S. Didier ; 1763 ; avec permiffion
des Supérieurs : trois volumes in-12.
Nous parlerons plus amplementde cet
Ouvrage.
L'ÉLEVE de la Nature; avec cette
Epigraphe : Meare de cælo ad terram , de
terra adfidera mundi. Lucrece , liv. 1 , à
Amsterdam , & ſe trouve à Par is chez
Panckoucke , rue & à côté de la Comé-
die Françoiſe; 1764; 2parties , formant
un vol. in- 12.
L'Auteur ſe propoſe dans la première
partie de cette eſpèce de Roman , de
former un honnête homme , heureux
par lui-même ; & dans la ſeconde , de
rendre cet honnête homme encore plus
heureux , en en faiſant un bon citoyen.
HISTOIRE de la Réunion de la Bre-
tagne à la France, où l'on trouve des
Anecdotes fur la Princeſſe Anne, fille de
François II, dernier Duc de Bretagne ,
femme des Rois Charles VIII & Louis
XII; par l'Abbé Irail: avec cette Epi-
graphe : Connubiojungamftabili , pro-
priamque dicabo. Vig. Eneid. Lib. 1. à
Paris , chez P. E. Germ. Durandneveu,
ue S. Jacques , àla Sageſſe; 1764; avec
(
Gij
1
148 MERCURE DE FRANCE.
approbation & permiffion , 2vol. in-12.
prix des deux volumes reliés en un, 21,
10 f. Nous enpromettons unExtrait.
Allemands, pour l'usage de l'Ecole
Royale Militaire ; ſervant de ſuite
aux nouveaux principes de la Langue
Allemande , publiés parM. Junker,Doc-
teur en Philofophie , Profeſſeur de la
Langue Allemande à l'Ecole Royale
Militaire , Membre ordinaire de l'Aca-
démie Royale Allemande de Gottingue.
AParis, chez Mufier, Fils , Libraire ,
quai des Auguſtins , au coin de la rue
pavée, à S. Etienne. Avec approbation
& privilège du Roi; 1763. Vol. in-12.
Avec le ſecours de ce Livre , on ap-
prendra aisément & en peu de temps,
la Langue Allemande: On y léve toutes
les difficultés qui arrêtent les commen-
cans; & avec la ſeule connoiſſance de
140 MERCURE DE FRANCE.
ladéclinaiſon &dela conjugaison , cet
Ouvrage menera fort loin ceux qui le
prendrontpourguide. L'Auteur a choiſi
pourtexte les Fables & Contes deGel-
lert, Auteur très-eſtimable par l'élé-
gance & la pureté de ſon ſtyle , ainfi
que par les grâces de ſon eſprit. Il a mis
au bas de chaque page des notes qui
facilitent le ſens littéral du Texte.
LES Révolutions de l'Univers repré-
ſentées en 30 Cartes géographiques
chacune de deux feuilles , avec des re-
marques & des obſervations fur chacu-
ned'elles : Ouvrage deſtiné à facilter la
lecture & l'étude de l'Histoire Générale.
Paris, 1763. in-fol. forme d'Atlas.
:
Cet Ouvrage fe débite chez le fieur
JulienGéographe , Cour de l'Hôtel de
Soubife. Il ſe vend 60 liv. en blanc ,
c'eſt àdire enluminé & non relié.
L'Auteur a faittirer un petit nombre
desRemarquesdans la forme in-12. On
en trouverades éxemplaires chez Cave-
lier, Libraire , rue Saint Jacques , au
Lys d'Or , chacun ſevend 36ſols bro-
ché.
Le fieur Monier , relieur , rue Saint
Jean de Beauvais , proche le paſſage
de Saint Jean de Latran , aſſemble &
FEVRIER. 1764.
141
relie ces Cartes d'une manière com-
mode& propre.
LES JEUX D'ENFANS , Poëme tiré
du Hollandois ; par M. Feutry , avec
cetteEpigraphe : Non meræ nuga ; à
la Haye ,& ſe trouve à Paris , chez
Durand , neveu , Libraire , rue S. Jac-:
ques, à la Sageſſe; 1764; très-petitebro-
chure in-16.
M. Feutry n'a pris que le titre& l'i-
dée générale d'une piéce qui ſe trouve
dans un Recueilde Poëſies Hollandoiſes
du célébre Carız. Quelques mots de ce
Poëme en feront connoître le ſujet.
»Attiré par le charme d'un beau jour ,
>une foule d'enfans aimables s'échap-
» pent de la triſte enceinte d'une Ville,
»& vient ſe répandre au loin ſurle ga-
>>zon fleuri. Là,ſemblables à de tendres
» agneaux , ces enfans bondiffent ; ils
>>ſe diſperſent par petites bandes que
>> forment naturellement leurs inclina-
>>>tions & leurs goûts ; & ils commen-
> cent bientôt leurs jeux différens. Ce
font ces jeux , tels que le Colin-mail-
lard, le Balon , le Cerf-volant , &c. &c.
que décrit M. Feutry. Chaque jeu eſt
accompagné d'une moralité qui rend
ceLivretauffi utile qu'agréable.
142 MERCURE DE FRANCE.
DICTIONNAIRE médicinal portatif,
contenant une méthode ſure pour con-
noître & guérir les maladies critiques &
chroniques , par des remédes ſimples &
proportionnés à la connoiſſance de tout
le monde ; & pluſieurs remédes parti-
culiers: on y a joint un Dictionnaire
abrégé des plantes uſuelles. Par M. ***
Docteur en Médecine ; à Paris , chez
d'Houry , Imprimeur-Libraire de Mgr
le Duc d'Orléans , rue de la vieille Bou-
clerie ; 1763 ; avec approbation & pri-
vilége du Roi. Vol. in-12 de 600 pages.
Prix , 3 liv. relié.
Le titre de ce Livre en fait ſuffifa-
ment connoître l'objet & l'utilité , &
nous difpenfe d'entrer dans d'autres dé .
tails.
HISTOIRE de Dannemarck , par M.
Mallet ; à Genève , & ſe trouve à Paris
chez Robustel& Charpentier , Libraires,
quai des Auguſtins , 6 vol. in- 12.
Avant que nous entreprenions de
rendre un compte plus détaillé de cet
Ouvrage curieux , nous indiquerons ce
que contient chaque volume. Le pre-
mier est une introduction à l'Hiſtoire
du Dannemarck , où l'on traite de la re-
ligion , des loix , des mœurs &des ufa-
FEVRIER. 1764.
143
ges des anciens Danois. Cette partie
avoit déja été imprimée , & nous en
avions parlé dans quelques-uns de nos
Mercures. Il en eſt de même du ſecond
volume , qui contientles monumens de
laMythologie & de la Poëfie des anciens
Peuples du Nord. Le troiſième tome
commence à l'établiſſement de la Mo-
narchie Danoiſe , juſqu'à la mort de
Valdmar le Victorieux en 1241. Le
quatrième eſt depuis la mort de Vald-
mar, juſqu'à l'avénement de la Maiſon
d'Oldenbourg au Trône , en 1448. Le
cinquième , depuis cet avènement , juf-
qu'à la dépoſition de Chrétien II. Le
fixiéme s'étend depuis cette dépofition ,
juſqu'à la Paix de Stetin.
MÉMOIRES hiſtoriques , critiques , &
Anecdotes des Reines & Régentes de
France , avec ces Epigraphes : Copia
judiciumfæpe morata meum eft. Ovid.....
Nec in cunctis fervat fortuna tenorem.
Manil..... Utile quidfit , profpiciunt. Ju-
ven. Sat. 6 ; à Amſterdam , chez Néaul-
me , Libraire , & ſe trouvent, à Paris,
chez les mêmes Libraires que l'Ouvrage
précédent ; 1764 ; 7. vol. in-12.
Nous nous contenterons aujourd'hui
de cette fimple annonce ; l'Ouvrage eſt
144 MERCURE DE FRANCE.
de nature à fournir plus d'un Extrait :
nous pourrons donc y revenir pluſieurs
fois.
APPEL des Étrangers dansnos Co-
lonies; à Paris, chez Deſſainjunior,
Libraire , quai des Auguſtins ; 1763 ,
brochure in-12.
L'Auteur , qui ne ſe nomme point ,
nous apprend qu'il a déja donné au Pu-
blicun TraitéfurlerappeldesProteftans
en France ; & un autre Ouvrage relati-
vementà la Police ſur les Mendians , les
Vagabonds , les Filles proſtituées ,& les
gens fans aveu. L'objet qu'il ſe propoſe
eſt de rendre notre population plus
nombreuſe & plus robuſte , en chaf-
fant l'oiſiveté & le libertinage. Son
but aujourd'hui eſt de prouverla nécef-
fité où nous ſommesd'appeller dansnos
Colonies , & même parmi nous , dans
nos Provinces , autant de Peuplades
étrangèresque nous pourrons eny atti
rer de l'un & de l'autre ſéxe ; & de les
y inviter même par des établiſſemens
avantageux.
MÉMOIRES ſur les Manufactures de
Draps & autres étoffes de Laine ; à Pa-
ris , chez Saugrain le jeune , rue du
Hurepoix ,
FEVRIER. 1764.
145
Hurepoix, a la Fleur de Lys d'or, 1764 ,
brochure in-12.
CeLivreeftdiviſéendeuxparties.Dans
la première , l'Auteur parle des Laines
d'Eſpagne , & de la manière de les met-
treen œuvre: Dans la ſeconde, de celles
de France , & de la façon de les em-
ployer. Il commence par les plus petites
opérations de la Fabrique des Draps.
Il
prend les Laines immédiatement après
qu'elles fontcoupées; il continuejuſqu'à
la parfaite réduction de ces laines en
étoffes. Il joint des remarques fur cha-
que opération , ſoit pour les perfection-
ner , ſoit pour en corriger les défauts, &
il faitdes deſcriptions ſuccinctes des ma-
chines & inftrumens néceſſaires.
LES Intrigues hiſtoriques & galantes
du Serrail ,ſous le Règne del'Empereur
Selim; à la Haye , & se trouvent à
Paris, chez Duchefne , rue S. Jacques',
au Temple du Goût , 1764 , brochure
in-12 , en deux parties.
Cet agréable Roman eſt écrit avec
eſprit, & préſente des détails de mœurs
Turques & Françoiſes , qui ont beau-
coup de rapport avec ce qu'on trouve
dans le Conte de Soliman II.
G
1
146 MERCURE DE FRANCE.
NOUVELLE Traduction de divers
morceaux choiſis des Œuvres de Plutar
que ; par M. l'Abbé Lambert ; à Paris,
chez Panckoucke , rue & à côté de la
Comédie Françoiſe ; avec Approbation
& Privilége du Roi ; 1764 , I vol, in- 12,
Les divers morceaux de Plutarque ,
traduits par M. l'Abbé Lambert , font un
Traité ſur l'Ame des Bêtes , l'Examen du
Syſtème d'Epicure , les Faits mémora-
bles des Dames illuſtres de l'ancienne
Gréce,les moyens de réprimer la colère ,
le Traité de l'Avarice, & un autreTraité
fur le Contentement de l'Eſprit.
L'OPTIQUE , ou le Chinois à Mem-
phis , Eſſais traduits de l'Egyptien ; à
Londres , chez Michel Rey , Libraire ;
1763 , deux parties in 12 , dont nous
ne tarderons pas de donner un Extrait.
On en trouve des Exemplaires à Paris ,
chez Nyon , quai des Auguſtins , &
chez Knapen , au Palais.
TRAITÉ de Paix entre Descartes &
Newton; précédé des Vies littéraires de
ces deux Chefs de la Phyſique moderne ;
par le P. Aimé-Henri Pauliam , Profef-
ſeurde Phyſique au Colleged'Avignon,
de la Compagnie de Jeſus ; àAvignon ,
FEVRIER. 1764.
147
chez Girard , Imprimeur-Libraire , à la
Place S. Didier ; 1763 ; avec permiffion
des Supérieurs : trois volumes in-12.
Nous parlerons plus amplementde cet
Ouvrage.
L'ÉLEVE de la Nature; avec cette
Epigraphe : Meare de cælo ad terram , de
terra adfidera mundi. Lucrece , liv. 1 , à
Amsterdam , & ſe trouve à Par is chez
Panckoucke , rue & à côté de la Comé-
die Françoiſe; 1764; 2parties , formant
un vol. in- 12.
L'Auteur ſe propoſe dans la première
partie de cette eſpèce de Roman , de
former un honnête homme , heureux
par lui-même ; & dans la ſeconde , de
rendre cet honnête homme encore plus
heureux , en en faiſant un bon citoyen.
HISTOIRE de la Réunion de la Bre-
tagne à la France, où l'on trouve des
Anecdotes fur la Princeſſe Anne, fille de
François II, dernier Duc de Bretagne ,
femme des Rois Charles VIII & Louis
XII; par l'Abbé Irail: avec cette Epi-
graphe : Connubiojungamftabili , pro-
priamque dicabo. Vig. Eneid. Lib. 1. à
Paris , chez P. E. Germ. Durandneveu,
ue S. Jacques , àla Sageſſe; 1764; avec
(
Gij
1
148 MERCURE DE FRANCE.
approbation & permiffion , 2vol. in-12.
prix des deux volumes reliés en un, 21,
10 f. Nous enpromettons unExtrait.
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Résumé : « INTRODUCTION à la lecture des Auteurs Allemands, pour l'usage de l'Ecole [...] »
En 1763 et 1764, plusieurs ouvrages et publications ont été édités. Parmi ceux-ci, une introduction à la lecture des auteurs allemands, destinée à l'École Royale Militaire, a été rédigée par M. Junker. Cet ouvrage facilitait l'apprentissage de la langue allemande à travers des fables et contes de Gellert, accompagnés de notes explicatives. 'Les Révolutions de l'Univers' comprenait 30 cartes géographiques avec des remarques pour l'étude de l'histoire générale. 'Les Jeux d'Enfants', traduit du hollandais par M. Feutry, décrivait divers jeux enfantins avec des moralités. Le 'Dictionnaire médicinal portatif' offrait des méthodes pour traiter les maladies critiques et chroniques, ainsi qu'un dictionnaire des plantes usuelles. L''Histoire de Dannemarck' de M. Mallet couvrait la religion, les lois, les mœurs et l'histoire dynastique du Danemark. Les 'Mémoires historiques, critiques, & Anecdotes des Reines & Régentes de France' étaient annoncés sans détails supplémentaires. L''Appel des Étrangers dans nos Colonies' proposait d'augmenter la population des colonies françaises en attirant des étrangers. En 1764, un mémoire sur les manufactures de draps et étoffes de laine détaillait les méthodes de traitement des laines d'Espagne et de France, avec des descriptions des machines nécessaires. Le roman 'Les Intrigues historiques & galantes du Serrail' offrait des détails sur les mœurs turques et françaises. Une nouvelle traduction des œuvres de Plutarque par l'Abbé Lambert incluait des traités sur divers sujets. 'L'Optique, ou le Chinois à Memphis' était une traduction d'essais égyptiens. Un traité de paix entre Descartes et Newton, précédé des vies littéraires de ces deux figures, a été publié à Avignon. Le roman 'L'Élève de la Nature' visait à former un honnête homme heureux et un bon citoyen. Enfin, l''Histoire de la Réunion de la Bretagne à la France' par l'Abbé Irail contenait des anecdotes sur la princesse Anne, fille de François II, dernier duc de Bretagne.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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717
p. 238
AVIS.
Début :
Par Brevet & Privilége confirmé par 2 Arrêts du Parlement, du 17 Mai & 4 Décembre 1747, [...]
Mots clefs :
Pâte de guimauve, Suc de réglisse, Maladies, Poumons, Médecins, Guérison, Contrefaçon
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texteReconnaissance textuelle : AVIS.
AVIS.
PAR Brevet & Privilége confirmé par 2 Arrêts
du Parlement , du 17 Mai & 4 Décembre 1747 ,
Mile DESMOULINS & feue ſa mere , ont depuis
plus de foixante ans continué de compofer & diftribuer
la Pâte de Guimauve & Suc de Réglife
fans fucre , pour toutes les maladies du Poumon ,
Tour, Rhume, Afthme , Fluxions de Poitrine, &c.
avec l'approbation de MM. les premiers Médecins
du Roi , & de la Faculté de Paris , leſquels s'en fervent
eux-mêmes , & en ordonnent l'uſage à leurs
Malades.Quoique les Contrefaiſeurs deſdites Pâte
&Sucre, diſent que Mile DESMOULINS leur a
vendu ſon ſecret , elle prouvera que l'envie & la
jalouſie ontpûſeules leur faire débiter ces menſonges,
& qu'elles n'ont communiqué leur ſecret à
perſonne. Leſdites Pâte & Sucre ne ſe gâtent point ,
peuvent ſe tranſporter par- tout ſans rien perdrede
leur qualité. Leur prix eſt de 8 liv. la livre. Mlle
DESMOULINS demeure toujours rue du Cimetiere
S. André des Arts, la premiere porte carrée à droite,
en fortant du Cloître , chez Mile Charmeton , au
deuxićme.
PAR Brevet & Privilége confirmé par 2 Arrêts
du Parlement , du 17 Mai & 4 Décembre 1747 ,
Mile DESMOULINS & feue ſa mere , ont depuis
plus de foixante ans continué de compofer & diftribuer
la Pâte de Guimauve & Suc de Réglife
fans fucre , pour toutes les maladies du Poumon ,
Tour, Rhume, Afthme , Fluxions de Poitrine, &c.
avec l'approbation de MM. les premiers Médecins
du Roi , & de la Faculté de Paris , leſquels s'en fervent
eux-mêmes , & en ordonnent l'uſage à leurs
Malades.Quoique les Contrefaiſeurs deſdites Pâte
&Sucre, diſent que Mile DESMOULINS leur a
vendu ſon ſecret , elle prouvera que l'envie & la
jalouſie ontpûſeules leur faire débiter ces menſonges,
& qu'elles n'ont communiqué leur ſecret à
perſonne. Leſdites Pâte & Sucre ne ſe gâtent point ,
peuvent ſe tranſporter par- tout ſans rien perdrede
leur qualité. Leur prix eſt de 8 liv. la livre. Mlle
DESMOULINS demeure toujours rue du Cimetiere
S. André des Arts, la premiere porte carrée à droite,
en fortant du Cloître , chez Mile Charmeton , au
deuxićme.
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Résumé : AVIS.
L'avis concerne Mile Desmoulins et sa mère, qui fabriquent et distribuent depuis plus de soixante ans une pâte de guimauve et un sirop de réglisse sans sucre, destinés au traitement des maladies pulmonaires telles que la toux, le rhume, l'asthme et les fluxions de poitrine. Ces produits ont été approuvés par les premiers médecins du Roi et la Faculté de Paris, qui les utilisent et les prescrivent à leurs patients. Mile Desmoulins réfute les allégations des contrefacteurs selon lesquelles elle aurait vendu son secret, attribuant ces accusations à l'envie et à la jalousie. Les produits ne se détériorent pas et peuvent être transportés sans perdre leurs qualités. Leur prix est de 8 livres la livre. Mile Desmoulins réside rue du Cimetière Saint-André des Arts, première porte carrée à droite en sortant du Cloître, chez Mile Charmeton, au deuxième étage.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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718
p. 121-129
BIBLIOTHÉQUE choisie de Médecine, tirée des Ouvrages périodiques tant François qu'Etrangers, avec plusieurs Piéces rares & des remarques utiles & curieuses. Par M. PLANQUE, Docteur en Médecine, Tome VIII. avec Figures. A Paris, chez la veuve d'Houry, Imprimeur-Libraire de Mgr le Duc d'ORLÉANS, rue Severin, près la rue S. Jacques. 1763.
Début :
LA matière qui compose ce huitieme Volume, est comprise dans les mots [...]
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texteReconnaissance textuelle : BIBLIOTHÉQUE choisie de Médecine, tirée des Ouvrages périodiques tant François qu'Etrangers, avec plusieurs Piéces rares & des remarques utiles & curieuses. Par M. PLANQUE, Docteur en Médecine, Tome VIII. avec Figures. A Paris, chez la veuve d'Houry, Imprimeur-Libraire de Mgr le Duc d'ORLÉANS, rue Severin, près la rue S. Jacques. 1763.
BIBLIOTHÉQUE choisie de Médecine,
tirée des Ouvrages périodiques tant
François qu'Etrangers, avec plusieurs
Piéces rares & des remarques utiles
& curieuses. Par M. PLANQUE,
Docteur en Médecine, Tome VIII.
avec Figures. A Paris, chez la veuve
d'Houry, Imprimeur-Libraire de Mgr
le Duc d'ORLÉANS, rue Severin,
près la rue S. Jacques. 1763.
LA matière qui compose ce huitieme
Volume, est comprise dans les mots
néphrétique , nerf, nourriture , obésité ,
odontalgie , odorat , œil , œsophage ,
ongle , opération Césarienne , ophthal-
mie , & os.
Le premier Article renferme la ſtruc-
ture des reins dans l'état naturel &
dans l'état contre nature ; l'on en dé-
veloppe la méchanique ; on expoſe leurs
maladies & les moyens de les guérir.
On rapporte l'hiſtoire d'une néphréti-
quepériodique quiattaquoit une Dame
de 50 ans tous les mois & à la même
heure. Cette hiſtoire eſt ſuivie de beau-
F
122 MERCURE DE FRANCE .
coupde remarques curieuſes non-feule-
ment ſur la néphrétique , mais encore
ſur pluſieurs autres affections dont les
retours périodiques ſont ſurprenans ,
comme des fiévres qui revenoient tous
les ans , la parole perdue , qui revenoît
tous les jours depuis midi juſqu'à une
heure , &c.
Les nerfs dont la connoiſſance eſt ſi
néceſſaire , fait le ſujet du ſecond Ar-
ticle. On y examine leur nature , leur
origine , leur progrès , leurs diviſions.
On prouve l'existence des eſprits ani-
maux dans les nerfs ; on expoſe leur
puiſſance dans l'economie animale , on
démontre que c'eſt par leur moyen
que l'âme s'apperçoit de ce qui ſe
paffe dans notre machine vivante ;
on recherche quelle eſt la partie du
cerveau où l'âme exerce ſes fonctions ,
& où elle reçoit les impreffions des ob-
jets ; on explique la cauſe de ladouleur
& l'on rapporte quelques conjectures
fur les maladies des eſprits & fur le dé-
fordre du cerveau dans certaines affec-
tions ſurprenantes , comme dans la ca-
talepfie ,dans les raviſſemens ou exta-
fes , &c.
L'Article fuivant regarde la nourritu-
re. On y traite de la nature des alimens,
MARS. 1764.
123
de leur différence dans différens Pays ;
on demande ſi l'on peut vivre long-
temps ſans leur fecours. On rapporte
pluſieurs exemples d'hommes & d'ani-
maux qui ont vêcu pluſieurs années
fans boire & fans manger ; on y lit
l'hiſtoire d'une femme qui depuis 18
ans juſqu'à un âge avancé rejettoit ce
qu'elle prenoit , a l'exception de l'eau
& du petit lait. On remarque qu'elle a
été ſeize ans n'allant qu'une fois à la
ſelle chaque année , c'étoit toujours au
mois de Mars .
Cet Article finit par la méthode de
faire cuire les Os , par l'hiſtoire du Cho-
colat & par les moyens de conferver les
Grains &c.
Le quatrieme Article eſt employé à
traiter de l'Obésité, cet embonpoint ex-
ceffif, qui fait tantd'obstacles aux fonc-
tions animales & vitales. Il renferme
beaucoupd'exemples de groſſeurs énor-
mes , des accidens qui les accompagnent
& des moyens de les détruire.
Le mot Odontalgie fournit des ſujets
auffi curieux qu'utiles. On parle dans ce
cinquiéme Article , de la nature des
Dents , de leurs maladies , de leurs re-
médes , des accidens qui peuvent ar-
river en les arrachant
des fecours
qu'on doit y apporter. L'on finit cet
Fij
124 MERCURE DE FRANCE.
Article par les prognoſtics qu'on peut
tirer de l'inſpection des Dents.
L'on paſſe enſuite à la connoiſſance
de la ſtructure du fiége de l'Odorat ,
on donne une deſcription exacte de
toutes les parties de cet organe ; on
rend raiſon de pluſieurs phénomènes
curieux ; par exemple , pourquoi l'on
pleure quand on a reſpiré des odeurs
fortes , pourquoi l'on éternue , quand
les yeux font frappés d'une vive lumière.
Onparle enfuite de l'éternuëment ; on
en découvre la cauſe , ſes bons & fes
mauvais effets , auſſi bien que ceux du
Tabac ; enfin on recherche l'origine des
ſouhaits qu'on fait à ceux qui éternuent ;
dans l'Article de l'œil on lit la defcrip-
tion de cet organe , on parle de l'action
de fes muſcles & de leur uſage , on rap-
portédes obſervations ſurla méchanique
des muſcles obliques , ſur l'iris & fur
la porofitéde la cornée tranſparente ; on
y trouve pluſieurs découvertes fur les
yeux de differens animaux , une differ-
tation ſçavante ſur la Méchanique des
mouvemens de la prunelle , où l'on é-
xamine quelle est la ſtructure & la ma-
nière d'agir des fibres droites de l'uvée;on
y traite des mouvemens de l'iris , & par
occafionde la partie principale del'orga-
ne de la vue; on y litun mémoire fur les
MARS. 1764.
125
yeux gelés , dans lequel on détermine la
grandeur des chambres que renferme
l'humeur aqueuſe;delaconnoiffance exac-
tedes parties de l'œil,&de leurs fonctions;
l'on paſſe aux maladies dont les princi-
pales font la cataracte , & la fiftule la-
crymale. On rapporte les diverſes ma-
nières d'en faire les opérations , plu-
fieurs obſervations ſur une maladie du
ſyphon lacrymal dont les Auteurs n'a-
voient pas encore parlé ; ſur un ban-
dage compreffif deſtiné à la cure de la
tumeur lacrymale ; une diſſertation ſur
la cauſe du ſtrabisme ou des yeux lou-
ches , & fur d'autres maladies qui atta-
quent cet organe , & les paupières.
Le mot œsophage conduit à des cho-
ſes intéreſſantes qui regardent la déglu-
tition : après être entré dans la defcrip-
tion des parties de cet organe, on expli-
que comment ſe fait la déglutition ; on
rencontre des remarques ſur la luette ,
ſur ſes fonctions , ſur ſes maladies & fur
celles de plufieurs autres parties de la
bouche. On y lit auffi un Mémoire fur
une difficulté d'avaler , & l'on y donne
les moyens de ſecourir les malades.
Les ongles occupent le neuviéme arti-
cle : on y explique de quoi & comment
ils ſe forment , comment ils ſe nourrif-
Fiij
126 MERCURE DE FRANCE.
ſent , comment ils croiſſent & comment
ils végétent. On réfutel'opinionde ceux
qui s'imaginent qu'ils croiffent après la
mort de l'animal. On rapporte pluſieurs
hiſtoires d'ongles monstrueux ; on y lit
une lettre curieuſe touchant une fille à
qui il venoit des cornes fur plufieurs en-
droits de fon corps.
Après cetarticle on vient à l'opération
céſarienne, l'on en rapporte l'origine , le
temps de fa néceſſité & la façon de la
faire. On finit cet article par l'hiſtoire
d'une opération céſarienne fingulière.
L'ophthalmie remplit ledixiéme arti-
cle. On y explique enquoiconfiſte cette
maladie , quelle eſt la partie qu'elle af-
fecte, & combienil y en a de fortes. On
rapporte des éxemples de pluſieurs acci-
dens , fuites fâcheuſes de l'ophthalmie ,
qui ont conduit à l'aveuglement. L'émé
ralopie ou vue de jour fournit la matière
d'un Mémoire fort curieux & fingulier :
les perſonnes attaquées de cette maladie
n'apperçoivent les objets qu'aux grands
rayons du Soleil , encore même avec
quelque confufion ; on explique la caufe
de cette affection extraordinaire , & l'on
enſeigne les remédes capables de la gué-
rir. On prendde-là occafion de rappor-
tor pluſieurs hiſtoires de vues ſiperçantes,
qu'à peine peut- on y ajouter foi , com
MARS. 1764.
127
me d'appercevoir ce qui eft caché dans
la terre , le mouvement du ſang dans le
cœur , les dépôts d'humeurs formés inté-
rieurement. On parle auſſi de ceux qui
voyent les objets doubles ,& on rend
raiſon de ce phénomène ; comme auſſi
de ceux qui ne voyent qu'une partie des
objets. On rapporte auſſi des éxemples
de ceux qui ne voyent pas le jour , &
qui voyent affez bien la nuit.
De ces phénomènes extraordinaires ,
l'on paſſe à une maladie qui eſt aſſez
commune , mais dont on ſe défait diffi-
cilement. Ce fontdes filamens , des pe-
tits pelotons , d'eſpèces d'aîles de mou-
ches , & autres apparences qui ſemblent
voltiger dans l'œil. On tâche d'en décou-
vrir la cauſe , & l'on en donne quelques
remédes.
Les os terminent la matière de ce vo-
lume : l'on y éxamine leur nature , leurs
parties , leur uſage ; on explique com-
ment ils parviennent à cette dureté qui
les diftingue des autres parties , & com-
ment il arrive que certaines parties mol-
les s'offifient; on lit des obſervations fur
la ſtructure & fur les maladies des carti-
lages qui ſe trouvent dans les articula-
tions ; on en rapporte d'autres ſur les
jointures écailleuſes & fur les jointures
Fiv
128 MERCURE DE FRANCE.
dentelées du crâne , fur les os du palais ,
fur les vertébres des côtes ; fur la propor-
tion des os du ſquélettede l'homme; fur
le mouvement des mâchoires ; ſur la
ſtructure & le ſentiment de la moëlle ;
fur la teinture en rouge des os des ani-
maux vivans. On paffe enſuite aux ob-
ſervations qui regardent leurs maladies ,
comme le craquement des os , la fracture
de la rotule , de l'humerus , de la cuiſſe.
On fait mention d'une partie de ſquélette
qui étoit ſans articulation , & d'un ſqué-
lette entier qui ne formoit qu'une feule
piéce d'os ; c'étoit un domeſtique qui
mourut à foixante-un ans.Il commença à
être moins agile à l'âge de dix-huit ans.
Vingt ans avant la mort de cet homme ,
il eut une fiévre très- violente , pouravoir
paffé une partie de la nuit à dormir fur
l'herbe , ayant chaud. Depuis qu'il fut
rétabli , il ne futjamais fans reffentir de
grandes douleurs dans les os. En quatre
ans , il perdit l'uſage & le mouvement
des mâchoires ; de forte qu'on fut obli-
gé de lui arracher pluſieurs dents pour le
nourrir de foupe , de lait& de bierre ; il
ne pouvoit ni s'aſſeoir , ni ſe baiffer ; il
dormoit dans une guérite avec une pe-
tite planche qu'il gliſſoit dans une cou-
liffe, contre laquelle il appuyoit ſon eſto-
mac. Il ne pouvoit pas faire le moindre
MARS. 1764.
129
mouvement avec ſa tête. Il pouvoit ſe
mouvoir fur un terrein uni par une eſpè
ce de faut , & il reſtoit plufieurs heures
dans un jardin , en ſe tenant le dos ap-
puyé contre une muraille. Ily a dans ce
huitiéme volume une infinité de faits
auſſi utiles que curieux, furleſquels il ne
nous eſt pas poſſible de nous arrêter , &
nous ne croyons pas nous compromettre
en afſurant le Public que ce volume ne
mérite pas moins fon approbation que
les précédens.
Le neuviéme volume eſt ſous preſſe ,
auffi-bien que le vingt- cinquiéme de
l'édition in- 12 , de laquelle il paroît
vingt-quatre Tomes.
tirée des Ouvrages périodiques tant
François qu'Etrangers, avec plusieurs
Piéces rares & des remarques utiles
& curieuses. Par M. PLANQUE,
Docteur en Médecine, Tome VIII.
avec Figures. A Paris, chez la veuve
d'Houry, Imprimeur-Libraire de Mgr
le Duc d'ORLÉANS, rue Severin,
près la rue S. Jacques. 1763.
LA matière qui compose ce huitieme
Volume, est comprise dans les mots
néphrétique , nerf, nourriture , obésité ,
odontalgie , odorat , œil , œsophage ,
ongle , opération Césarienne , ophthal-
mie , & os.
Le premier Article renferme la ſtruc-
ture des reins dans l'état naturel &
dans l'état contre nature ; l'on en dé-
veloppe la méchanique ; on expoſe leurs
maladies & les moyens de les guérir.
On rapporte l'hiſtoire d'une néphréti-
quepériodique quiattaquoit une Dame
de 50 ans tous les mois & à la même
heure. Cette hiſtoire eſt ſuivie de beau-
F
122 MERCURE DE FRANCE .
coupde remarques curieuſes non-feule-
ment ſur la néphrétique , mais encore
ſur pluſieurs autres affections dont les
retours périodiques ſont ſurprenans ,
comme des fiévres qui revenoient tous
les ans , la parole perdue , qui revenoît
tous les jours depuis midi juſqu'à une
heure , &c.
Les nerfs dont la connoiſſance eſt ſi
néceſſaire , fait le ſujet du ſecond Ar-
ticle. On y examine leur nature , leur
origine , leur progrès , leurs diviſions.
On prouve l'existence des eſprits ani-
maux dans les nerfs ; on expoſe leur
puiſſance dans l'economie animale , on
démontre que c'eſt par leur moyen
que l'âme s'apperçoit de ce qui ſe
paffe dans notre machine vivante ;
on recherche quelle eſt la partie du
cerveau où l'âme exerce ſes fonctions ,
& où elle reçoit les impreffions des ob-
jets ; on explique la cauſe de ladouleur
& l'on rapporte quelques conjectures
fur les maladies des eſprits & fur le dé-
fordre du cerveau dans certaines affec-
tions ſurprenantes , comme dans la ca-
talepfie ,dans les raviſſemens ou exta-
fes , &c.
L'Article fuivant regarde la nourritu-
re. On y traite de la nature des alimens,
MARS. 1764.
123
de leur différence dans différens Pays ;
on demande ſi l'on peut vivre long-
temps ſans leur fecours. On rapporte
pluſieurs exemples d'hommes & d'ani-
maux qui ont vêcu pluſieurs années
fans boire & fans manger ; on y lit
l'hiſtoire d'une femme qui depuis 18
ans juſqu'à un âge avancé rejettoit ce
qu'elle prenoit , a l'exception de l'eau
& du petit lait. On remarque qu'elle a
été ſeize ans n'allant qu'une fois à la
ſelle chaque année , c'étoit toujours au
mois de Mars .
Cet Article finit par la méthode de
faire cuire les Os , par l'hiſtoire du Cho-
colat & par les moyens de conferver les
Grains &c.
Le quatrieme Article eſt employé à
traiter de l'Obésité, cet embonpoint ex-
ceffif, qui fait tantd'obstacles aux fonc-
tions animales & vitales. Il renferme
beaucoupd'exemples de groſſeurs énor-
mes , des accidens qui les accompagnent
& des moyens de les détruire.
Le mot Odontalgie fournit des ſujets
auffi curieux qu'utiles. On parle dans ce
cinquiéme Article , de la nature des
Dents , de leurs maladies , de leurs re-
médes , des accidens qui peuvent ar-
river en les arrachant
des fecours
qu'on doit y apporter. L'on finit cet
Fij
124 MERCURE DE FRANCE.
Article par les prognoſtics qu'on peut
tirer de l'inſpection des Dents.
L'on paſſe enſuite à la connoiſſance
de la ſtructure du fiége de l'Odorat ,
on donne une deſcription exacte de
toutes les parties de cet organe ; on
rend raiſon de pluſieurs phénomènes
curieux ; par exemple , pourquoi l'on
pleure quand on a reſpiré des odeurs
fortes , pourquoi l'on éternue , quand
les yeux font frappés d'une vive lumière.
Onparle enfuite de l'éternuëment ; on
en découvre la cauſe , ſes bons & fes
mauvais effets , auſſi bien que ceux du
Tabac ; enfin on recherche l'origine des
ſouhaits qu'on fait à ceux qui éternuent ;
dans l'Article de l'œil on lit la defcrip-
tion de cet organe , on parle de l'action
de fes muſcles & de leur uſage , on rap-
portédes obſervations ſurla méchanique
des muſcles obliques , ſur l'iris & fur
la porofitéde la cornée tranſparente ; on
y trouve pluſieurs découvertes fur les
yeux de differens animaux , une differ-
tation ſçavante ſur la Méchanique des
mouvemens de la prunelle , où l'on é-
xamine quelle est la ſtructure & la ma-
nière d'agir des fibres droites de l'uvée;on
y traite des mouvemens de l'iris , & par
occafionde la partie principale del'orga-
ne de la vue; on y litun mémoire fur les
MARS. 1764.
125
yeux gelés , dans lequel on détermine la
grandeur des chambres que renferme
l'humeur aqueuſe;delaconnoiffance exac-
tedes parties de l'œil,&de leurs fonctions;
l'on paſſe aux maladies dont les princi-
pales font la cataracte , & la fiftule la-
crymale. On rapporte les diverſes ma-
nières d'en faire les opérations , plu-
fieurs obſervations ſur une maladie du
ſyphon lacrymal dont les Auteurs n'a-
voient pas encore parlé ; ſur un ban-
dage compreffif deſtiné à la cure de la
tumeur lacrymale ; une diſſertation ſur
la cauſe du ſtrabisme ou des yeux lou-
ches , & fur d'autres maladies qui atta-
quent cet organe , & les paupières.
Le mot œsophage conduit à des cho-
ſes intéreſſantes qui regardent la déglu-
tition : après être entré dans la defcrip-
tion des parties de cet organe, on expli-
que comment ſe fait la déglutition ; on
rencontre des remarques ſur la luette ,
ſur ſes fonctions , ſur ſes maladies & fur
celles de plufieurs autres parties de la
bouche. On y lit auffi un Mémoire fur
une difficulté d'avaler , & l'on y donne
les moyens de ſecourir les malades.
Les ongles occupent le neuviéme arti-
cle : on y explique de quoi & comment
ils ſe forment , comment ils ſe nourrif-
Fiij
126 MERCURE DE FRANCE.
ſent , comment ils croiſſent & comment
ils végétent. On réfutel'opinionde ceux
qui s'imaginent qu'ils croiffent après la
mort de l'animal. On rapporte pluſieurs
hiſtoires d'ongles monstrueux ; on y lit
une lettre curieuſe touchant une fille à
qui il venoit des cornes fur plufieurs en-
droits de fon corps.
Après cetarticle on vient à l'opération
céſarienne, l'on en rapporte l'origine , le
temps de fa néceſſité & la façon de la
faire. On finit cet article par l'hiſtoire
d'une opération céſarienne fingulière.
L'ophthalmie remplit ledixiéme arti-
cle. On y explique enquoiconfiſte cette
maladie , quelle eſt la partie qu'elle af-
fecte, & combienil y en a de fortes. On
rapporte des éxemples de pluſieurs acci-
dens , fuites fâcheuſes de l'ophthalmie ,
qui ont conduit à l'aveuglement. L'émé
ralopie ou vue de jour fournit la matière
d'un Mémoire fort curieux & fingulier :
les perſonnes attaquées de cette maladie
n'apperçoivent les objets qu'aux grands
rayons du Soleil , encore même avec
quelque confufion ; on explique la caufe
de cette affection extraordinaire , & l'on
enſeigne les remédes capables de la gué-
rir. On prendde-là occafion de rappor-
tor pluſieurs hiſtoires de vues ſiperçantes,
qu'à peine peut- on y ajouter foi , com
MARS. 1764.
127
me d'appercevoir ce qui eft caché dans
la terre , le mouvement du ſang dans le
cœur , les dépôts d'humeurs formés inté-
rieurement. On parle auſſi de ceux qui
voyent les objets doubles ,& on rend
raiſon de ce phénomène ; comme auſſi
de ceux qui ne voyent qu'une partie des
objets. On rapporte auſſi des éxemples
de ceux qui ne voyent pas le jour , &
qui voyent affez bien la nuit.
De ces phénomènes extraordinaires ,
l'on paſſe à une maladie qui eſt aſſez
commune , mais dont on ſe défait diffi-
cilement. Ce fontdes filamens , des pe-
tits pelotons , d'eſpèces d'aîles de mou-
ches , & autres apparences qui ſemblent
voltiger dans l'œil. On tâche d'en décou-
vrir la cauſe , & l'on en donne quelques
remédes.
Les os terminent la matière de ce vo-
lume : l'on y éxamine leur nature , leurs
parties , leur uſage ; on explique com-
ment ils parviennent à cette dureté qui
les diftingue des autres parties , & com-
ment il arrive que certaines parties mol-
les s'offifient; on lit des obſervations fur
la ſtructure & fur les maladies des carti-
lages qui ſe trouvent dans les articula-
tions ; on en rapporte d'autres ſur les
jointures écailleuſes & fur les jointures
Fiv
128 MERCURE DE FRANCE.
dentelées du crâne , fur les os du palais ,
fur les vertébres des côtes ; fur la propor-
tion des os du ſquélettede l'homme; fur
le mouvement des mâchoires ; ſur la
ſtructure & le ſentiment de la moëlle ;
fur la teinture en rouge des os des ani-
maux vivans. On paffe enſuite aux ob-
ſervations qui regardent leurs maladies ,
comme le craquement des os , la fracture
de la rotule , de l'humerus , de la cuiſſe.
On fait mention d'une partie de ſquélette
qui étoit ſans articulation , & d'un ſqué-
lette entier qui ne formoit qu'une feule
piéce d'os ; c'étoit un domeſtique qui
mourut à foixante-un ans.Il commença à
être moins agile à l'âge de dix-huit ans.
Vingt ans avant la mort de cet homme ,
il eut une fiévre très- violente , pouravoir
paffé une partie de la nuit à dormir fur
l'herbe , ayant chaud. Depuis qu'il fut
rétabli , il ne futjamais fans reffentir de
grandes douleurs dans les os. En quatre
ans , il perdit l'uſage & le mouvement
des mâchoires ; de forte qu'on fut obli-
gé de lui arracher pluſieurs dents pour le
nourrir de foupe , de lait& de bierre ; il
ne pouvoit ni s'aſſeoir , ni ſe baiffer ; il
dormoit dans une guérite avec une pe-
tite planche qu'il gliſſoit dans une cou-
liffe, contre laquelle il appuyoit ſon eſto-
mac. Il ne pouvoit pas faire le moindre
MARS. 1764.
129
mouvement avec ſa tête. Il pouvoit ſe
mouvoir fur un terrein uni par une eſpè
ce de faut , & il reſtoit plufieurs heures
dans un jardin , en ſe tenant le dos ap-
puyé contre une muraille. Ily a dans ce
huitiéme volume une infinité de faits
auſſi utiles que curieux, furleſquels il ne
nous eſt pas poſſible de nous arrêter , &
nous ne croyons pas nous compromettre
en afſurant le Public que ce volume ne
mérite pas moins fon approbation que
les précédens.
Le neuviéme volume eſt ſous preſſe ,
auffi-bien que le vingt- cinquiéme de
l'édition in- 12 , de laquelle il paroît
vingt-quatre Tomes.
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Résumé : BIBLIOTHÉQUE choisie de Médecine, tirée des Ouvrages périodiques tant François qu'Etrangers, avec plusieurs Piéces rares & des remarques utiles & curieuses. Par M. PLANQUE, Docteur en Médecine, Tome VIII. avec Figures. A Paris, chez la veuve d'Houry, Imprimeur-Libraire de Mgr le Duc d'ORLÉANS, rue Severin, près la rue S. Jacques. 1763.
Le huitième volume de la 'Bibliothèque choisie de Médecine' de M. Planque, publié en 1763 à Paris, traite de divers sujets médicaux. Il explore les reins, les nerfs, la nutrition, l'obésité, les douleurs dentaires, l'odorat, les yeux, l'œsophage, les ongles, la césarienne et l'ophtalmie. Chaque article fournit des détails sur la structure, les maladies et les traitements associés. L'article sur les reins décrit leur structure naturelle et pathologique, incluant des cas de néphrite périodique. Celui sur les nerfs examine leur nature, fonction et rôle dans les sensations et les mouvements. Le texte mentionne également des cas remarquables, comme celui d'une femme vivant sans nourriture solide, consommant seulement de l'eau et du petit-lait. Les articles sur les dents, les yeux et l'œsophage détaillent leurs structures, maladies et traitements, avec des observations sur des phénomènes spécifiques comme le strabisme et les tumeurs lacrymales. L'article sur les ongles discute de leur formation et croissance, réfutant l'idée qu'ils continuent de croître après la mort. Le volume aborde également l'opération césarienne, ses origines, sa nécessité et sa méthode, illustrée par une histoire singulière. Il explore l'ophtalmie, ses symptômes, causes et des exemples d'accidents menant à l'aveuglement. Le texte mentionne l'héméralopie, une maladie où les patients voient mieux la nuit que le jour, et propose des remèdes. Il traite aussi de phénomènes visuels comme la vision double ou partielle et des cas de personnes voyant des filaments ou des objets voltigeant dans l'œil. Enfin, une étude sur les os, leur structure et leurs maladies, inclut des observations sur des cas particuliers, comme celui d'un homme dont le squelette s'était ossifié, le rendant immobile. Le volume est apprécié pour ses faits utiles et curieux.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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718
BIBLIOTHÉQUE choisie de Médecine, tirée des Ouvrages périodiques tant François qu'Etrangers, avec plusieurs Piéces rares & des remarques utiles & curieuses. Par M. PLANQUE, Docteur en Médecine, Tome VIII. avec Figures. A Paris, chez la veuve d'Houry, Imprimeur-Libraire de Mgr le Duc d'ORLÉANS, rue Severin, près la rue S. Jacques. 1763.
719
p. 150-154
LETTRE à l'Auteur du Mercure de France. SUR LA GOUTE, &c.
Début :
JE VOUS PRIE, Monsieur, de m'acquitter envers le Public, à qui j'ai promis, [...]
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE à l'Auteur du Mercure de France. SUR LA GOUTE, &c.
LETTRE à l'Auteur du Mercure de
France.
SUR LA GOUTE, &c.
JE VOUS PRIE, Monsieur, de m'acquitter
envers le Public, à qui j'ai promis,
à la fin de mes nouvelles Obferva-
tions , & dans les Journaux Etrangers ,
de lui faire part ,dansleMercuredeMars
prochain , des heureuxeffets qu'auroient
opéré , ſoit la Poudre Balfamique , ſoit
le Baume Végétal , relativement à fes
qualités qui méritent une attention parti-
culière. Si vousdaignez remplir le même
objet tous les trois mois , ce Public inf-
truit par des faits incontestables , devra
autant àvotre attention , qu'à mes ſoins
empreſlés de ruiner un préjugé qui lui
eft funeſte , & qui intéreſſe tant de mil-
liers d'hommes reſpectables , ſi ſouvent
abufés , & prèſque toujours livrés fans.
fecours aux maux les plus crue's.
Poudre Balsamique.
Je ne rappelle point les faits de prati-
que furprenans opérés dans les Provin-
ces,& cités dans mon Ouvrage ; la vé
ر
MARS. 1764:
151
ritéles a tracés , & ce caractère eſt infé-
parablede mesſentimens. Voici de nou-
veaux faits qui ſe ſont préſentés dans
Paris.
En Mai 1763 , le R. P. Gardien des
Capucins deMeudon ,étant attaquéd'un
accès de goute au pied & au genouil ,
dans le Couvent de la rue S. Honoré, en
fut bientôt délivré par l'uſage de la Pou-
dre Balfamique.
M. de Poilly , Inſpecteur de la Place
du Roi , rue S. Honoré , en Décembre
1763 , eut un accès de goute aux muf-
cles de la poitrine , au coude & à l'é-
paule. Il fut tranquilliſé la même nuit
par la Poudre Balsamique , & bientôt
rétabli par fon uſage.
M. Fontaine , Maître-d'Hôtel de M. le
Marquis de Marigny , en Décembre
1763 , eut un violent accès de goute aux
deux pieds. Il fut calmé la même nuit ,
& rétabli en peu de jours par la Poudre
Balfamique.
M. Jacquiau , Négociant , rue Mont-
martre , vis-à-vis la Juffienne , chez le
Chapelier , a eu en Janvier un accès de
goute au pied , avec extravafion defang.
Il en a été rétabli en peu de jours par la
Poudre Balfamique , &c.
MM. le Duc de Laval, le Comte de
Giv
152 MERCURE DE FRANCE.
Mailly , de Janssen , Duval de l'Epinoy
à Paris , & M. Lebégue , Concierge du
Grand-Commun à Versailles , font un
uſage répété de la Poudre Balſamique &
duBaume Végétal : ce qui parle en fa-
veur des Remèdes.
MM. les Profeſſeurs de Médecine de
Montpellier ont eu la Poudre Balfami-
que à leur difpofition en faveur des Pau-
vres. M. Carquet , Apoticaire de cette
Ville, m'a envoyé des certificats de ſes
heureux effets.
Baume Végétal.
J'ai annoncé que l'uſage du Baume
Végétal, trois jours de chaque mois ,
éloignoit les accès de goute , en y affo-
ciant la Manne ; & la pratique m'a ap-
pris ce que je n'ofois en attendre , & ce
que ne peut opéreraucune eſpèce d'Eli-
xirs , foit par leur activité , ſoit par leur
goût , qui ne peut corriger celui de la
Manne , &c. & qui en altéreroient les
vertus. Voici quelques faits.
LaCuiſinière de Madame de Létang ,
rue du Sépulcre , ayant une bile répan-
due&une langueur ; après avoir été éva-
cuée unefoisavec peu d'Ypécacuana , a
fait uſage du Baume Végétal avec de
la Manne & le Sel de Duobus pendant
MARS. 1764.
ſon appétit& ſes forces.
153
quelques jours , & elle reprit ſon tein ,
Dlle Houdinet , petite rue S. Roch ,
quartier Montmartre , ayant des infom-
nies & des dégoûts continués depuis fix
mois , s'eſt procurée l'appétit & le fom-
meil en peu de jours par l'uſage du Bau-
me Végétal dans un peu de vin.
Un très-grand nombre de perſonnes
de tous âges , ſéxes & tempéramens , ſe
fontpurgées avec deux onces de Manne ,
ungros &demi de SeldeDuobus,& trois
cuillerées du Baume Végétal dans une
verrée d'eau , & y ont trouvé la dou-
ceur des effets , l'abondance proportion-
née des évacuations , & l'agrément du
goût. Ce qui eſt inconnujuſques à ce
jour.
Le Baume Végétal détruit totalement
le mauvais goût & la fadeur de la Manne ,
des Syrops & des Sels purgatifs ; ne don-
nant qu'un goût de mielvineux , fans
nauſée ni dégoût. Il en aiguiſe les ver-
tus, fans échauffer , & fans caufer la
moindre tranchée ; & les effets ne font
pas lents à ſe produire : un moment en
fait la preuve.
Il faut voir l'Ordonnance à la fin de
mon Ouvrage , où ſes uſagesparticuliers
&ſes moyens font détaillés.
Gv
154 MERCURE DE FRANCE.
Je ne parlerai que pratique dans le
Mercure de Juillet prochain , & j'expli-
querai les vrais moyens de dériver las
goute aux pieds.
Je loge petite rue S. Roch , quartier-
Montmartre ; & pour Pâques prochain ,
mon adreſſe ſera dans la rue du Gros-
Chenet, la ſeconde porte cochère à l'en-
trée de la rue de Clery , quartier Mont-
martre.
Je laiſſe à la Poſte les Lettres que l'ons
n'a pas le foin d'affranchir.
:
:
:
C. DE MONTGERBET, Méd. ord. des Bâtimens
du Roi.
France.
SUR LA GOUTE, &c.
JE VOUS PRIE, Monsieur, de m'acquitter
envers le Public, à qui j'ai promis,
à la fin de mes nouvelles Obferva-
tions , & dans les Journaux Etrangers ,
de lui faire part ,dansleMercuredeMars
prochain , des heureuxeffets qu'auroient
opéré , ſoit la Poudre Balfamique , ſoit
le Baume Végétal , relativement à fes
qualités qui méritent une attention parti-
culière. Si vousdaignez remplir le même
objet tous les trois mois , ce Public inf-
truit par des faits incontestables , devra
autant àvotre attention , qu'à mes ſoins
empreſlés de ruiner un préjugé qui lui
eft funeſte , & qui intéreſſe tant de mil-
liers d'hommes reſpectables , ſi ſouvent
abufés , & prèſque toujours livrés fans.
fecours aux maux les plus crue's.
Poudre Balsamique.
Je ne rappelle point les faits de prati-
que furprenans opérés dans les Provin-
ces,& cités dans mon Ouvrage ; la vé
ر
MARS. 1764:
151
ritéles a tracés , & ce caractère eſt infé-
parablede mesſentimens. Voici de nou-
veaux faits qui ſe ſont préſentés dans
Paris.
En Mai 1763 , le R. P. Gardien des
Capucins deMeudon ,étant attaquéd'un
accès de goute au pied & au genouil ,
dans le Couvent de la rue S. Honoré, en
fut bientôt délivré par l'uſage de la Pou-
dre Balfamique.
M. de Poilly , Inſpecteur de la Place
du Roi , rue S. Honoré , en Décembre
1763 , eut un accès de goute aux muf-
cles de la poitrine , au coude & à l'é-
paule. Il fut tranquilliſé la même nuit
par la Poudre Balsamique , & bientôt
rétabli par fon uſage.
M. Fontaine , Maître-d'Hôtel de M. le
Marquis de Marigny , en Décembre
1763 , eut un violent accès de goute aux
deux pieds. Il fut calmé la même nuit ,
& rétabli en peu de jours par la Poudre
Balfamique.
M. Jacquiau , Négociant , rue Mont-
martre , vis-à-vis la Juffienne , chez le
Chapelier , a eu en Janvier un accès de
goute au pied , avec extravafion defang.
Il en a été rétabli en peu de jours par la
Poudre Balfamique , &c.
MM. le Duc de Laval, le Comte de
Giv
152 MERCURE DE FRANCE.
Mailly , de Janssen , Duval de l'Epinoy
à Paris , & M. Lebégue , Concierge du
Grand-Commun à Versailles , font un
uſage répété de la Poudre Balſamique &
duBaume Végétal : ce qui parle en fa-
veur des Remèdes.
MM. les Profeſſeurs de Médecine de
Montpellier ont eu la Poudre Balfami-
que à leur difpofition en faveur des Pau-
vres. M. Carquet , Apoticaire de cette
Ville, m'a envoyé des certificats de ſes
heureux effets.
Baume Végétal.
J'ai annoncé que l'uſage du Baume
Végétal, trois jours de chaque mois ,
éloignoit les accès de goute , en y affo-
ciant la Manne ; & la pratique m'a ap-
pris ce que je n'ofois en attendre , & ce
que ne peut opéreraucune eſpèce d'Eli-
xirs , foit par leur activité , ſoit par leur
goût , qui ne peut corriger celui de la
Manne , &c. & qui en altéreroient les
vertus. Voici quelques faits.
LaCuiſinière de Madame de Létang ,
rue du Sépulcre , ayant une bile répan-
due&une langueur ; après avoir été éva-
cuée unefoisavec peu d'Ypécacuana , a
fait uſage du Baume Végétal avec de
la Manne & le Sel de Duobus pendant
MARS. 1764.
ſon appétit& ſes forces.
153
quelques jours , & elle reprit ſon tein ,
Dlle Houdinet , petite rue S. Roch ,
quartier Montmartre , ayant des infom-
nies & des dégoûts continués depuis fix
mois , s'eſt procurée l'appétit & le fom-
meil en peu de jours par l'uſage du Bau-
me Végétal dans un peu de vin.
Un très-grand nombre de perſonnes
de tous âges , ſéxes & tempéramens , ſe
fontpurgées avec deux onces de Manne ,
ungros &demi de SeldeDuobus,& trois
cuillerées du Baume Végétal dans une
verrée d'eau , & y ont trouvé la dou-
ceur des effets , l'abondance proportion-
née des évacuations , & l'agrément du
goût. Ce qui eſt inconnujuſques à ce
jour.
Le Baume Végétal détruit totalement
le mauvais goût & la fadeur de la Manne ,
des Syrops & des Sels purgatifs ; ne don-
nant qu'un goût de mielvineux , fans
nauſée ni dégoût. Il en aiguiſe les ver-
tus, fans échauffer , & fans caufer la
moindre tranchée ; & les effets ne font
pas lents à ſe produire : un moment en
fait la preuve.
Il faut voir l'Ordonnance à la fin de
mon Ouvrage , où ſes uſagesparticuliers
&ſes moyens font détaillés.
Gv
154 MERCURE DE FRANCE.
Je ne parlerai que pratique dans le
Mercure de Juillet prochain , & j'expli-
querai les vrais moyens de dériver las
goute aux pieds.
Je loge petite rue S. Roch , quartier-
Montmartre ; & pour Pâques prochain ,
mon adreſſe ſera dans la rue du Gros-
Chenet, la ſeconde porte cochère à l'en-
trée de la rue de Clery , quartier Mont-
martre.
Je laiſſe à la Poſte les Lettres que l'ons
n'a pas le foin d'affranchir.
:
:
:
C. DE MONTGERBET, Méd. ord. des Bâtimens
du Roi.
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Résumé : LETTRE à l'Auteur du Mercure de France. SUR LA GOUTE, &c.
Dans une lettre adressée au rédacteur du Mercure de France, l'auteur informe le public des bienfaits de la Poudre Balsamique et du Baume Végétal dans le traitement de la goutte. Il s'engage à publier des mises à jour trimestrielles pour dissiper les préjugés nuisibles entourant cette maladie. Plusieurs cas de guérison à Paris sont mentionnés, notamment ceux du R. P. Gardien des Capucins de Meudon, de M. de Poilly, de M. Fontaine et de M. Jacquiau, qui ont tous trouvé soulagement grâce à la Poudre Balsamique. De plus, des personnalités telles que le Duc de Laval et le Comte de Givry utilisent régulièrement ces remèdes. Les Professeurs de Médecine de Montpellier ont également constaté l'efficacité de la Poudre Balsamique. Pour le Baume Végétal, des cas de guérison sont rapportés, comme ceux de la cuisinière de Madame de Létang et de Mademoiselle Houdinet. Le Baume Végétal, combiné avec la Manne et le Sel de Duobus, a démontré des effets doux et efficaces sans provoquer de nausées. L'auteur conclut en promettant de fournir plus de détails sur les méthodes de traitement dans le prochain numéro du Mercure de France et donne ses coordonnées pour toute correspondance.
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720
p. 154-158
EAUX FILTRÉES. AVIS AU PUBLIC.
Début :
LES Entrepreneurs des Eaux filtrées du Port-à-l'Anglois ont commencé [...]
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texteReconnaissance textuelle : EAUX FILTRÉES. AVIS AU PUBLIC.
EAUX FILTRÉES.
AVIS AU PUBLIC.
LES Entrepreneurs des Eaux filtrées
du Port-à-l'Anglois ont commencé
leurdiſtribution le 30 Janvier dernier
avec un applaudiſſement; & tous les
honnêtes gens ont pris part aux dif-
férens, accidens qu'ils ont éſſuyés par
la crue inattendue des eaux & le débor-
dement de la rivière , qui a ſubmergé
toute leur manutention , & mis leur
établiſſement à deux doigtsde ſa perte
MARS. 1764.
155
C'eſt dans cette criſe que leur zéle a fair
les plus grands efforts pour foutenir
leur ſervice , & remplir autant qu'il a
été en leur pouvoir les obligations d'un
Etabliſſement ſi intéreſſant au bien de
l'humanité. Ils n'ont rien épargné pour
fatisfaire le Public ; ſoins , peines &
dépenſes , tout a été prodigué ; ils ſe
ſont même montrés avec distinction
dans quelques occafions périlleuſes , où
il y a eu pluſieurs de leurs barques
toutes chargées de paniers , bouteilles.
&autres uftenciles , qui ont été écrafés
par des coups de vent , & coulés à
fonds avec perte de quelques-uns de
leurs mariniers. Ils ont donc vu avec le
plus grand chagrin en portant les yeux.
fur les vafes & bouteilles de grez qui
contiennent leur eau , qu'il y en avoit
-d'une qualité inférieure qui donne un
louche à ces mêmes eaux & ſe diffol-
vent enpartie par le défaut qu'ont ces
vafes de n'avoir pas été affés cuits ni
féchés. Les Entrepreneurs les font re--
tirer à meſure qu'on les découvre; &
quoiqu'en laiſſantun peu repoſer l'eau
dans ces bouteilles,elle reprennebien-
tôt ſa première clarté, ſans jamais al--
térer ſa bonté primitive , néanmoins
comme l'eau de ces vaſes choque les
Gvj
156 MERCURE DE FRANCE.
yeux , les Entrepreneurs prient le Pu-
blic de vouloir bien faire rapporter ces
mêmes bouteilles chacun au dépôt où il
ſe fournit avec une petite marque à
la craye qui les puiſſe faire recon-
noître.
Leur ſervice ayant commencé dans
la ſaiſon la plus ingrate & la plus ri-
goureuſe , ils n'ont pu être en garde
contre l'infidélité de quelques fournif
ſeurs qui ont trompé leur confiance par
la défectuoſité de ces vaſes. Il en eft
de même pour la fureté du cachet des
bouteilles ; les Entrepreneurs font in-
formés qu'il s'eſt déja gliffé de la frau-
de , & qu'il ſe ſubſtitue dans quelques
maiſons une autre eau à la leur en levant
le bouchon qui n'étoit pas affez her-
métiquement cacheté. Dans cet état ,
quoique l'expédient de la ficelle & du
nœud des Marchands de vin ſoit plus
couteux à la régie , les Entrepreneurs
vont faire ficeler& cacheter leurs vafes ;
en forte qu'il ſera à la portée des Maî-
tres , de jetter un coup d'œil ſur les
bouteilles , & de s'aſſurer par eux-mê-
mes de la fidélité des cachets: précau-
tion très-recommandée par les Entre-
preneurs , comme de renvoyer aux dé-
pôts , les bouteilles douteuſes , où il y
MARS. 1764 .
157
aura ordre d'en donner d'autres à la
place , toujours avec une marque qui
puiſſe les faire mettre au rebut.
Les nouveaux établiſſemens ont tou-
jours des précautions à prendre & des
fraudes à réprimer. Les Entrepreneurs
ne peuvent pas eſpérer que le leur fera
tout d'un coup affranchi de ces défagré-
mens ; & c'eſt ce qui les a portés à prier
le Public de donner ſes conſeils & fes
avis dans les ſujets qui lui paroîtront
dignes de ſes remarques.
A l'égard d'une infinité de propos
abfurdes
,
que des mal-intentionnés
répandent journellement ſur la qualité
&la bonté de leurs eaux , les Entrepre-
neurs en appellent au Public fenfé &
impartial. Tout le monde connoît quel-
les font leurs opérations & leur manu-
tention au Port - à - l'Anglois; tout le
monde peut voir en détail & fe con-
vaincre par ſes propres yeux , fi la
flitration ſe fait par des préparations
chymiques , & s'ils employent ou l'alun
ouaucuneautre eſpéce de compoſitions.
Ces contes groffiers , & ces inventions ri-
dicules ne peuvent ſurprendre que les
eſprits foibles qui croyent ſans appro-
fondir , ou le vulgaire ignorant.
: La Faculté de Médecine a déja conf-
(
158 MERCURE DE FRANCE.
taté par ſes Commiſſaires labonté& les
excellentes qualités de l'eau des Entre-
preneurs : fon décret qui n'a été rendu
qu'après l'examen le plus fcrupuleux ,
eſt l'écueil des rêveries qui ſe débitent ,
&la ſeule réponſe qu'on doity faire.
Les Entrepreneurs ne s'occupant que
des moyens d'étendre leur établiſe-
ment , pour le mettre à la portée d'un
chacun , vont augmenter le nombre
de leurs petits dépôts , & employer
pluſieurs charettes pour approviſionner
tous les différens quartiers de la Ca-
pitale.
AVIS AU PUBLIC.
LES Entrepreneurs des Eaux filtrées
du Port-à-l'Anglois ont commencé
leurdiſtribution le 30 Janvier dernier
avec un applaudiſſement; & tous les
honnêtes gens ont pris part aux dif-
férens, accidens qu'ils ont éſſuyés par
la crue inattendue des eaux & le débor-
dement de la rivière , qui a ſubmergé
toute leur manutention , & mis leur
établiſſement à deux doigtsde ſa perte
MARS. 1764.
155
C'eſt dans cette criſe que leur zéle a fair
les plus grands efforts pour foutenir
leur ſervice , & remplir autant qu'il a
été en leur pouvoir les obligations d'un
Etabliſſement ſi intéreſſant au bien de
l'humanité. Ils n'ont rien épargné pour
fatisfaire le Public ; ſoins , peines &
dépenſes , tout a été prodigué ; ils ſe
ſont même montrés avec distinction
dans quelques occafions périlleuſes , où
il y a eu pluſieurs de leurs barques
toutes chargées de paniers , bouteilles.
&autres uftenciles , qui ont été écrafés
par des coups de vent , & coulés à
fonds avec perte de quelques-uns de
leurs mariniers. Ils ont donc vu avec le
plus grand chagrin en portant les yeux.
fur les vafes & bouteilles de grez qui
contiennent leur eau , qu'il y en avoit
-d'une qualité inférieure qui donne un
louche à ces mêmes eaux & ſe diffol-
vent enpartie par le défaut qu'ont ces
vafes de n'avoir pas été affés cuits ni
féchés. Les Entrepreneurs les font re--
tirer à meſure qu'on les découvre; &
quoiqu'en laiſſantun peu repoſer l'eau
dans ces bouteilles,elle reprennebien-
tôt ſa première clarté, ſans jamais al--
térer ſa bonté primitive , néanmoins
comme l'eau de ces vaſes choque les
Gvj
156 MERCURE DE FRANCE.
yeux , les Entrepreneurs prient le Pu-
blic de vouloir bien faire rapporter ces
mêmes bouteilles chacun au dépôt où il
ſe fournit avec une petite marque à
la craye qui les puiſſe faire recon-
noître.
Leur ſervice ayant commencé dans
la ſaiſon la plus ingrate & la plus ri-
goureuſe , ils n'ont pu être en garde
contre l'infidélité de quelques fournif
ſeurs qui ont trompé leur confiance par
la défectuoſité de ces vaſes. Il en eft
de même pour la fureté du cachet des
bouteilles ; les Entrepreneurs font in-
formés qu'il s'eſt déja gliffé de la frau-
de , & qu'il ſe ſubſtitue dans quelques
maiſons une autre eau à la leur en levant
le bouchon qui n'étoit pas affez her-
métiquement cacheté. Dans cet état ,
quoique l'expédient de la ficelle & du
nœud des Marchands de vin ſoit plus
couteux à la régie , les Entrepreneurs
vont faire ficeler& cacheter leurs vafes ;
en forte qu'il ſera à la portée des Maî-
tres , de jetter un coup d'œil ſur les
bouteilles , & de s'aſſurer par eux-mê-
mes de la fidélité des cachets: précau-
tion très-recommandée par les Entre-
preneurs , comme de renvoyer aux dé-
pôts , les bouteilles douteuſes , où il y
MARS. 1764 .
157
aura ordre d'en donner d'autres à la
place , toujours avec une marque qui
puiſſe les faire mettre au rebut.
Les nouveaux établiſſemens ont tou-
jours des précautions à prendre & des
fraudes à réprimer. Les Entrepreneurs
ne peuvent pas eſpérer que le leur fera
tout d'un coup affranchi de ces défagré-
mens ; & c'eſt ce qui les a portés à prier
le Public de donner ſes conſeils & fes
avis dans les ſujets qui lui paroîtront
dignes de ſes remarques.
A l'égard d'une infinité de propos
abfurdes
,
que des mal-intentionnés
répandent journellement ſur la qualité
&la bonté de leurs eaux , les Entrepre-
neurs en appellent au Public fenfé &
impartial. Tout le monde connoît quel-
les font leurs opérations & leur manu-
tention au Port - à - l'Anglois; tout le
monde peut voir en détail & fe con-
vaincre par ſes propres yeux , fi la
flitration ſe fait par des préparations
chymiques , & s'ils employent ou l'alun
ouaucuneautre eſpéce de compoſitions.
Ces contes groffiers , & ces inventions ri-
dicules ne peuvent ſurprendre que les
eſprits foibles qui croyent ſans appro-
fondir , ou le vulgaire ignorant.
: La Faculté de Médecine a déja conf-
(
158 MERCURE DE FRANCE.
taté par ſes Commiſſaires labonté& les
excellentes qualités de l'eau des Entre-
preneurs : fon décret qui n'a été rendu
qu'après l'examen le plus fcrupuleux ,
eſt l'écueil des rêveries qui ſe débitent ,
&la ſeule réponſe qu'on doity faire.
Les Entrepreneurs ne s'occupant que
des moyens d'étendre leur établiſe-
ment , pour le mettre à la portée d'un
chacun , vont augmenter le nombre
de leurs petits dépôts , & employer
pluſieurs charettes pour approviſionner
tous les différens quartiers de la Ca-
pitale.
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Résumé : EAUX FILTRÉES. AVIS AU PUBLIC.
En janvier 1764, les entrepreneurs des Eaux filtrées du Port-à-l'Anglois ont commencé la distribution de leur produit malgré une crue imprévue de la rivière, qui a causé des pertes de barques et de mariniers. Ils ont identifié des bouteilles de qualité inférieure dont l'eau se troublait et se dissolvait en raison d'une mauvaise cuisson des vases. Ces bouteilles ont été retirées de la circulation et le public est invité à les rapporter pour les remplacer. Des fraudes concernant les cachets des bouteilles ont également été détectées, ce qui a conduit les entrepreneurs à envisager de les ficeler pour garantir leur authenticité. Les entrepreneurs encouragent le public à partager toute remarque ou avis concernant leur établissement. Ils démentent les rumeurs sur la qualité de leurs eaux, assurant qu'elles sont filtrées sans produits chimiques et approuvées par la Faculté de Médecine. Pour améliorer l'accès à leurs produits, ils prévoient d'augmenter le nombre de dépôts et d'utiliser davantage de charrettes pour approvisionner la capitale.
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721
p. 158-161
CHIRURGIE. PRIX proposé par l'Académie Royale de CHIRURGIE, pour l'Année 1765.
Début :
L'ACADÉMIE Royale de Chirurgie propose pour le Prix de l'année 1765, [...]
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texteReconnaissance textuelle : CHIRURGIE. PRIX proposé par l'Académie Royale de CHIRURGIE, pour l'Année 1765.
CHIRURGIE.
PRIX proposé par l'Académie Royale
de CHIRURGIE, pour l'Année
1765.
L'ACADÉMIE Royale de Chirurgie propose pour le Prix de l'année 1765,
MARS. 1764.
159
le Sujet ſuivant :
Déterminer le caractère eſſentiel des
Tumeurs connues ſous le nom de Lou-
pes , expoſer leurs différences , & quels
font les moyens que la Chirurgie doit
employer de préférence dans chaque ef-
péce & relativement à la partie qu'elles
occupent.
Le Prix eſt une Médaille d'or de la
valeur de cinq cens livres , fondé par
M. de la Peyronnie.
Ceux qui envoyeront des Mémoires
font priés de les écrire en François ou
en Latin , & d'avoir attention qu'ils
foient fort liſibles.
Les Auteurs mettront ſimplement
une deviſe à leurs Ouvrages ; mais ,
pour ſe faire connoître ,ils y joindront
àpart dans un papier cacheté & écrit
de leur propre main, leurs nom , qua-
lité & demeure ; & ce papier ne ſera
ouvert qu'en cas que la Piéce ait rem-
porté le Prix.
Ils adreſſeront leurs ouvrages , franc
de port , à M. Morand, Secrétaire per-
pétuel de l'Académie Royale de Chi-
rurgie à Paris , ou les lui feront remet-
tre entre les mains..
160 MERCURE DE FRANCE .
Toutes perſonnes de quelque qualité
& pays qu'elles foient , pourront aſpi-
rer au Prix ; on n'en excepte que les
Membres de l'Académie.
La Médaille fera délivrée à l'Auteur
même qui ſe ſera fait connoître , ou
au Porteur d'une procuration de ſa part ;
l'un ou l'autre repréſentant la marque
diftinctive , & une copie nette du Mé-
moire.
Les Ouvrages feront reçus juſqu'au
dernier jour de Décembre 1764 inclu-
fivement ; & l'Académie , à fonAffem-
blée publique de 1765 , qui ſe tiendra
le Jeudi d'après la quinzaine de Pâ-
ques , proclamera la Piéce qui aura
remporté le Prix.
L'Académie ayant établi qu'elle don-
neroit tous les ans fur les fonds qui
lui ont été légués par M. de la Peyro-
nie , une Médaille d'or de deux cens
livres , à celui des Chirurgiens Etran-
gers ou Régnicoles , non Membres de
l'Académie , qui l'aura méritée par un
Ouvrage fur quelque matière de Chi-
rurgie que ce ſoit , au choix de l'Au-
teur; elle l'adjugera à celui qui aura
envoyé le meilleur Ouvrage dans le
courant de l'année 1764. Ce prix d'é-
mulation ſera proclamé le jour de la
Séance publique.
1
MARS. 1764.
161
Le même jour , elle diſtribuera cinq
Médailles d'or de cent francs chacune ,
à cinq Chirurgiens , ſoit Académiciens
de laClaſſe des Libres , ſoit ſimplement
Régnicoles , qui auront fourni dans le
cours de l'année 1764 un Mémoire , ou
trois obſervations intéreſſantes.
PRIX proposé par l'Académie Royale
de CHIRURGIE, pour l'Année
1765.
L'ACADÉMIE Royale de Chirurgie propose pour le Prix de l'année 1765,
MARS. 1764.
159
le Sujet ſuivant :
Déterminer le caractère eſſentiel des
Tumeurs connues ſous le nom de Lou-
pes , expoſer leurs différences , & quels
font les moyens que la Chirurgie doit
employer de préférence dans chaque ef-
péce & relativement à la partie qu'elles
occupent.
Le Prix eſt une Médaille d'or de la
valeur de cinq cens livres , fondé par
M. de la Peyronnie.
Ceux qui envoyeront des Mémoires
font priés de les écrire en François ou
en Latin , & d'avoir attention qu'ils
foient fort liſibles.
Les Auteurs mettront ſimplement
une deviſe à leurs Ouvrages ; mais ,
pour ſe faire connoître ,ils y joindront
àpart dans un papier cacheté & écrit
de leur propre main, leurs nom , qua-
lité & demeure ; & ce papier ne ſera
ouvert qu'en cas que la Piéce ait rem-
porté le Prix.
Ils adreſſeront leurs ouvrages , franc
de port , à M. Morand, Secrétaire per-
pétuel de l'Académie Royale de Chi-
rurgie à Paris , ou les lui feront remet-
tre entre les mains..
160 MERCURE DE FRANCE .
Toutes perſonnes de quelque qualité
& pays qu'elles foient , pourront aſpi-
rer au Prix ; on n'en excepte que les
Membres de l'Académie.
La Médaille fera délivrée à l'Auteur
même qui ſe ſera fait connoître , ou
au Porteur d'une procuration de ſa part ;
l'un ou l'autre repréſentant la marque
diftinctive , & une copie nette du Mé-
moire.
Les Ouvrages feront reçus juſqu'au
dernier jour de Décembre 1764 inclu-
fivement ; & l'Académie , à fonAffem-
blée publique de 1765 , qui ſe tiendra
le Jeudi d'après la quinzaine de Pâ-
ques , proclamera la Piéce qui aura
remporté le Prix.
L'Académie ayant établi qu'elle don-
neroit tous les ans fur les fonds qui
lui ont été légués par M. de la Peyro-
nie , une Médaille d'or de deux cens
livres , à celui des Chirurgiens Etran-
gers ou Régnicoles , non Membres de
l'Académie , qui l'aura méritée par un
Ouvrage fur quelque matière de Chi-
rurgie que ce ſoit , au choix de l'Au-
teur; elle l'adjugera à celui qui aura
envoyé le meilleur Ouvrage dans le
courant de l'année 1764. Ce prix d'é-
mulation ſera proclamé le jour de la
Séance publique.
1
MARS. 1764.
161
Le même jour , elle diſtribuera cinq
Médailles d'or de cent francs chacune ,
à cinq Chirurgiens , ſoit Académiciens
de laClaſſe des Libres , ſoit ſimplement
Régnicoles , qui auront fourni dans le
cours de l'année 1764 un Mémoire , ou
trois obſervations intéreſſantes.
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Résumé : CHIRURGIE. PRIX proposé par l'Académie Royale de CHIRURGIE, pour l'Année 1765.
En 1764, l'Académie Royale de Chirurgie a lancé un concours pour l'année 1765 afin de déterminer les caractéristiques essentielles des tumeurs appelées 'loupes', leurs différences et les traitements chirurgicaux appropriés selon la partie du corps affectée. Le prix était une médaille d'or de cinq cents livres, financée par M. de la Peyronnie. Les participants devaient soumettre leurs travaux en français ou en latin, accompagnés d'une devise et d'un papier cacheté avec leurs informations personnelles, avant le 31 décembre 1764, à M. Morand, secrétaire perpétuel de l'Académie. Le lauréat serait annoncé lors de l'assemblée publique de 1765, après la quinzaine de Pâques. Par ailleurs, une médaille d'or de deux cents livres était offerte pour le meilleur ouvrage chirurgical de 1764, destiné à un chirurgien non membre. Cinq médailles d'or de cent francs chacune étaient également attribuées pour des mémoires ou observations remarquables.
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722
p. 161-163
LETTRE de M. DEJEAN, Maître en Chirurgie de Paris ; en réponse à celle de M. FLURANT, Maître en Chirurgie à Lyon, insérée dans le Mercure du mois de Mai 1763.
Début :
MONSIEUR, La description la plus exacte des parties & des [...]
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE de M. DEJEAN, Maître en Chirurgie de Paris ; en réponse à celle de M. FLURANT, Maître en Chirurgie à Lyon, insérée dans le Mercure du mois de Mai 1763.
LETTRE de M. DEJEAN, Maître
en Chirurgie de Paris ; en réponse à
celle de M. FLURANT, Maître en
Chirurgie à Lyon, insérée dans le
Mercure du mois de Mai 1763.
MONSIEUR,
La description la plus exacte des
parties & des proportions d'un instrument
ne préſente pas toujours une
idée juſte de ſa forme ; je vais cepen-
dant éſſayer de vous fatisfaire à l'égard
de la curette propre à l'opération de la
taille ,dans le cas où la pierre ſe brife &
dont j'ai parlé dans le Mercure de Fé-
vrier dernier.
Cet inſtrument , comme je l'ai dit
reſſembleaffez en petit à une cuillere à
162 MERCURE DE FRANCE.
Plombier: il a une coquille, une tige ,
&un manche; la coquille a en tous ſens
onze lignes de diamètre , & trois lignes
de profondeur dans ſon milieu ; la tige
a cinq pouces & demi de long ; ſon ex-
trémité qui tient à la coquille eſt un
peu évaſée , & va en diminuantjuſque
vers le milieu , qui eſt à-peu-près de la
groſſeur d'un tiers de plume d'oye , &
ſe termine au manche en forme de poi-
re avec une embaſe ; cette tige n'eſt
point droite , elle a en dehors une
courbure qui s'accommode à l'arcade
de l'os pubis , lorſqu'on retire cet inf-
trument de la veffie. Le manche eſt à
8 pans & 3 pouces de longueur. La
foie qui le traverſe eſt quarrée , elle eft
rivée au bout pardeſſus une roſette..
La manière de ſe ſervir de cette cu-
rette eſt ſimple. Lorſqu'elle eſt intro-
duitedans la veſſie ; en regardant la
marque du Coutelier qui doit être pla-
cée ſur la tige près du manche & du
côté du dos , on pourra diriger cette
curette ſuivant lebeſoin,pour amener
les fragmens au dehors.
Voilà , je crois , Monfieur , l'explica-
tionla plus claire qu'on puiſſe donner
decetinſtrument;fi elle ne fuffitpas pour
le faire exécuter , on peut y remédier
MARS. 1764.
Maître Coutelier
,
en s'adreſſant à Paris au ſieur le Sueur,
rue des Canettes ,
Fauxbourg S. Germain,à l'A couronné.
en Chirurgie de Paris ; en réponse à
celle de M. FLURANT, Maître en
Chirurgie à Lyon, insérée dans le
Mercure du mois de Mai 1763.
MONSIEUR,
La description la plus exacte des
parties & des proportions d'un instrument
ne préſente pas toujours une
idée juſte de ſa forme ; je vais cepen-
dant éſſayer de vous fatisfaire à l'égard
de la curette propre à l'opération de la
taille ,dans le cas où la pierre ſe brife &
dont j'ai parlé dans le Mercure de Fé-
vrier dernier.
Cet inſtrument , comme je l'ai dit
reſſembleaffez en petit à une cuillere à
162 MERCURE DE FRANCE.
Plombier: il a une coquille, une tige ,
&un manche; la coquille a en tous ſens
onze lignes de diamètre , & trois lignes
de profondeur dans ſon milieu ; la tige
a cinq pouces & demi de long ; ſon ex-
trémité qui tient à la coquille eſt un
peu évaſée , & va en diminuantjuſque
vers le milieu , qui eſt à-peu-près de la
groſſeur d'un tiers de plume d'oye , &
ſe termine au manche en forme de poi-
re avec une embaſe ; cette tige n'eſt
point droite , elle a en dehors une
courbure qui s'accommode à l'arcade
de l'os pubis , lorſqu'on retire cet inf-
trument de la veffie. Le manche eſt à
8 pans & 3 pouces de longueur. La
foie qui le traverſe eſt quarrée , elle eft
rivée au bout pardeſſus une roſette..
La manière de ſe ſervir de cette cu-
rette eſt ſimple. Lorſqu'elle eſt intro-
duitedans la veſſie ; en regardant la
marque du Coutelier qui doit être pla-
cée ſur la tige près du manche & du
côté du dos , on pourra diriger cette
curette ſuivant lebeſoin,pour amener
les fragmens au dehors.
Voilà , je crois , Monfieur , l'explica-
tionla plus claire qu'on puiſſe donner
decetinſtrument;fi elle ne fuffitpas pour
le faire exécuter , on peut y remédier
MARS. 1764.
Maître Coutelier
,
en s'adreſſant à Paris au ſieur le Sueur,
rue des Canettes ,
Fauxbourg S. Germain,à l'A couronné.
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Résumé : LETTRE de M. DEJEAN, Maître en Chirurgie de Paris ; en réponse à celle de M. FLURANT, Maître en Chirurgie à Lyon, insérée dans le Mercure du mois de Mai 1763.
Dans une lettre à M. Flurant, maître en chirurgie à Lyon, M. Dejean, maître en chirurgie à Paris, décrit une curette utilisée pour l'opération de la taille lorsqu'une pierre se brise. Cet instrument, semblable à une petite cuillère de plombier, se compose de trois parties : une coquille, une tige et un manche. La coquille a un diamètre de onze lignes et une profondeur de trois lignes au centre. La tige, longue de cinq pouces et demi, s'évase légèrement à l'extrémité attachée à la coquille et se termine en forme de poire avec une embase. Elle est courbée pour s'adapter à l'arcade de l'os pubis lors du retrait de la vessie. Le manche, long de trois pouces, est octogonal et traversé par une foie carrée rivée par une rosette. Pour utiliser la curette, on l'introduit dans la vessie et on suit la marque du coutelier sur la tige pour diriger l'instrument et extraire les fragments. Si la description n'est pas suffisante, M. Dejean recommande de contacter le maître coutelier le Sueur à Paris, rue des Canettes, Faubourg Saint-Germain, à l'A couronné.
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723
p. 221-222
SUPPLÉMENT aux Beaux-Arts. PEINTURE.
Début :
L'Académie de S. Luc, toujours attentive au progrès des Arts de Peinture [...]
Mots clefs :
Peinture, Académie, Sculpture, Anatomie, Organes, Enseignement, Curiosité
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUPPLÉMENT aux Beaux-Arts. PEINTURE.
SupplÉm ENT aux Beaux-Ans* PEINTURE, L’Académie de S. Luc, toujours attentive au progrès des Arts de Peinture & de Sculpture , fait faire un Cours d'Anatomie relative aux connoiflances indifpenlablesà ces Ans. On y parte même à l’expofition & à la démonilration des Organes qui y ont un rapport moins direél, afin de fatisfaire les Curieux & les Sçavans que ce Cours attire. li a recommencé le a8 Janvier dernier , pour durer jufqu’à la fin de Mars, & fera continué exactement tous les ans pen-
• • • K ii]
ziz MERCURE DE FRANCE, dant trois mois, dans l’Amphithéâtre de l’Académie , rue du Haut-Moulin, près S.Denis delà Chartre.il commence à fept heures du fuir, apiès la levée du Modèle.
• • • K ii]
ziz MERCURE DE FRANCE, dant trois mois, dans l’Amphithéâtre de l’Académie , rue du Haut-Moulin, près S.Denis delà Chartre.il commence à fept heures du fuir, apiès la levée du Modèle.
Fermer
Résumé : SUPPLÉMENT aux Beaux-Arts. PEINTURE.
L'Académie de Saint-Luc propose un cours d'anatomie pour les arts de la peinture et de la sculpture, débuté le 18 janvier et se terminant fin mars. Il se tient chaque année trois mois dans l'amphithéâtre de l'Académie, rue du Haut-Moulin, à sept heures du matin. Le cours inclut des démonstrations d'organes pour satisfaire la curiosité des participants.
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724
p. 47
IN Effigiem Viri clarissimi DD. DE LA PEYRONIE, Chirurgor. Regior, Primarii & artis suae reclamatoris.
Début :
Artis erat princeps toto PEYRONIUS orbe, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : IN Effigiem Viri clarissimi DD. DE LA PEYRONIE, Chirurgor. Regior, Primarii & artis suae reclamatoris.
IN Effigiem Viri clarissimi DD. DE
LA PEYRONIE, Chirurgor. Regior,
Primarii & artis suae reclamatoris.
Artis erat princeps toto PEYRONIUS orbe,
Subfidium atque decus gentis & urbis erat.
Viveret utpatriæpoft fata ut viveret orbi
Artis ſplendori reddiditartis opes.
Cette Inſcription doit être miſe au bas de ſon
Buſte de marbre qu'on travaille pour le Collége
de Saint Côme de Montpellier.
LA PEYRONIE, Chirurgor. Regior,
Primarii & artis suae reclamatoris.
Artis erat princeps toto PEYRONIUS orbe,
Subfidium atque decus gentis & urbis erat.
Viveret utpatriæpoft fata ut viveret orbi
Artis ſplendori reddiditartis opes.
Cette Inſcription doit être miſe au bas de ſon
Buſte de marbre qu'on travaille pour le Collége
de Saint Côme de Montpellier.
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725
p. 125-127
PRIX proposé par la Société Royale d'Agriculture de Paris, pour l'année 1764.
Début :
PLUSIEURS Citoyens zélés pour les progrès de l'Agriculture, ayant déposé [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PRIX proposé par la Société Royale d'Agriculture de Paris, pour l'année 1764.
PRIX proposé par la Société Royale
d'Agriculture de Paris, pour l'année
1764.
PLUSIEURS Citoyens zélés pour les
progrès de l'Agriculture, ayant déposé
au Bureau de la Gazette du Commerce ,
différentes fommes , fur leſquelles feroit
prélevée celle de Six cens livres , pour
être employée aux Prix dont la Société
royale d'Agriculture choiſiroit le Sujet,
Fiij
4 126 MERCURE DE FRANCE.
elle n'a pas cru pouvoir en préſenter un
plus important à traiter, que lesMaladies
des Beſtiaux ; en conféquence , elle a
arrêté qu'elle adjugeroit un Prix de Six
cens livres , au Mémoire qui donneroit
ladescription , les causes , les effets & la
curation des Maladies épidémiques &
contagieuses des Beftiaux , les moyens
de les prévenir & d'enempêcher lespro-
grès.
Il ſera proclamé , dans une Aſſemblée
de la Société , au mois d'Avril 1765.
Les Pièces qui feront envoyées pour
concourir , doivent être remiſes avant le
1.er Janvier 1765 , à M. de Palerne ,
Secrétaire perpétuel de la Société , autre-
ment elles feront rejettées.
Les Auteurs ne mettront point leurs
noms ſur leurs ouvrages , mais dans un
paquet cacheté , portant un numéro
pareil à celui de la Pièce , avec une mê-
me deviſe ſur l'un & fur l'autre ; ces
paquets ne feront ouverts qu'après le ju-
gement du Prix.
Toutes perſonnes feront admiſes à
concourir , à l'exception des Membres
& Aſſociés qui compoſent la Société
Royale d'AgriculturedeParis: les Pièces
feront adreſſées à M. de Sauvigny ,
Conſeiller d'Etat, Intendantde la Gé
AVRIL. 1764.
127
néralité de Paris , qui fera paffer aux
Auteurs les récépiſſés du Secrétaire de
la Société; le Secrétaire délivera le prix
à celui qui lui repréſentera lerécépiffé
dela Pièce couronnée ; il n'y aura point
d'autre formalité.
d'Agriculture de Paris, pour l'année
1764.
PLUSIEURS Citoyens zélés pour les
progrès de l'Agriculture, ayant déposé
au Bureau de la Gazette du Commerce ,
différentes fommes , fur leſquelles feroit
prélevée celle de Six cens livres , pour
être employée aux Prix dont la Société
royale d'Agriculture choiſiroit le Sujet,
Fiij
4 126 MERCURE DE FRANCE.
elle n'a pas cru pouvoir en préſenter un
plus important à traiter, que lesMaladies
des Beſtiaux ; en conféquence , elle a
arrêté qu'elle adjugeroit un Prix de Six
cens livres , au Mémoire qui donneroit
ladescription , les causes , les effets & la
curation des Maladies épidémiques &
contagieuses des Beftiaux , les moyens
de les prévenir & d'enempêcher lespro-
grès.
Il ſera proclamé , dans une Aſſemblée
de la Société , au mois d'Avril 1765.
Les Pièces qui feront envoyées pour
concourir , doivent être remiſes avant le
1.er Janvier 1765 , à M. de Palerne ,
Secrétaire perpétuel de la Société , autre-
ment elles feront rejettées.
Les Auteurs ne mettront point leurs
noms ſur leurs ouvrages , mais dans un
paquet cacheté , portant un numéro
pareil à celui de la Pièce , avec une mê-
me deviſe ſur l'un & fur l'autre ; ces
paquets ne feront ouverts qu'après le ju-
gement du Prix.
Toutes perſonnes feront admiſes à
concourir , à l'exception des Membres
& Aſſociés qui compoſent la Société
Royale d'AgriculturedeParis: les Pièces
feront adreſſées à M. de Sauvigny ,
Conſeiller d'Etat, Intendantde la Gé
AVRIL. 1764.
127
néralité de Paris , qui fera paffer aux
Auteurs les récépiſſés du Secrétaire de
la Société; le Secrétaire délivera le prix
à celui qui lui repréſentera lerécépiffé
dela Pièce couronnée ; il n'y aura point
d'autre formalité.
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Résumé : PRIX proposé par la Société Royale d'Agriculture de Paris, pour l'année 1764.
En 1764, la Société Royale d'Agriculture de Paris a lancé un concours doté d'un prix de six cents livres pour promouvoir les avancées en agriculture. Le thème portait sur les maladies des bestiaux, notamment les maladies épidémiques et contagieuses. Le prix devait récompenser le mémoire expliquant le mieux les causes, les effets et les méthodes de prévention de ces maladies. Les participants avaient jusqu'au 1er janvier 1765 pour soumettre leurs travaux à M. de Palerne, secrétaire perpétuel de la Société. Les soumissions devaient être anonymes, identifiées par un numéro et une devise. Les membres et associés de la Société étaient exclus du concours. Les mémoires devaient être envoyés à M. de Sauvigny, conseiller d'État et intendant de la généralité de Paris, qui fournirait des récépissés. Le prix serait attribué à l'auteur présentant le récépissé du mémoire couronné, sans autre formalité.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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726
p. 131-136
ÉCOLE ROYALE VÉTÉRINAIRE.
Début :
L'ÉMULATION & le zèle des Elèves de l'Ecole Royale Vétérinaire, loin de [...]
Mots clefs :
Élèves de l'École royale vétérinaire, Province, Animaux, Qualités, Brebis, Agneaux, Auvergne, Engraisser, Généralité
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texteReconnaissance textuelle : ÉCOLE ROYALE VÉTÉRINAIRE.
ÉCOLE ROYALE VÉTÉRINAIRE.
L'ÉMULATION & le zèle des Elèves
de l'Ecole Royale Vétérinaire, loin de
ſe rallentir , ſemblent s'accroître & re-
doubler. La diſtribution du Prix concer-
nant le Bœuf, les Bêtes à laine & les
Chèvres , avoit été fixée au 15 Mars.
Malgré les travaux qu'entraînent l'étude
de l'Anatomie & les diſſections , ils ont
devancé le jour indiqué. Trente Elèves
ſe ſont montrés au Public le Samedi 3
de ce mois , & ce concours a été hono-
ré de la préſence de M. l'Intendant de
la Province , de pluſieurs Membres de
Ja Société d'Agriculture , & d'un nom-
bre confidérable de perſonnes de dif-
tinction .
Dans cette Séance,tenue ſelonl'uſage
ordinaire , les Contendans ont dévelop-
pédes principes & des faits très-intéreſ-
fans fur le choix des uns & des autres
animaux dont il s'agiſſoit , ſur la connoif-
fance de leur âge , ſur les ſoins qu'ils
exigent fur l'attention que demande la
Fvj
1
132 MERCURE DE FRANCE.
conſtruction des Etables & des Berge
ries,fur les alimens les plus convenables
dans les différentes ſaiſons , fur la ma-
nière d'apprivoifer les Bœufs & de les
foumettre au joug , ſur le temps & les
moyens de les engraiffer, fur la propa-
gation de cette eſpèce, fur les qualités
d'un bon Taureau , fur la beauté &
bontédes Vaches , tant communes que
Flandrines , fur le laitqu'elles donnent,
fur les eſpèces que nous pourrions tirer
avecle plus grandavantagedel'Etranger,
particulièrementdeJutland,ſurle régime
àfaire obferver auxVachespleines&prê-
tesà mettre bas , furle choix des Veaux
à élever par préférence , fur le temps de
les fevrer , fur la conformation desMou-
tons , fur leur toiſon , fur la tonte, fur
les différentes eſpèces connues en Fran-
ce& en Angleterre , ſur leurs produits
comparés , fur l'importance & fur la ma-
nière de faler ces animaux , fur les pâtu-
rages qui leur conviennent , fur ceux
qui leur font nuifibles , ſur l'heure & la
faifon de les conduire aux champs , fur
l'eau dont on doit les abreuver , fur les
moyens de les engraiffer, fur les avan-
tages des parcs pour amender les terres ,
fur les qualités d'un bon Bélier & d'une
Brebis mère , fur le temps de les accou
AVRIL. 1764.
133
pler , fur les foins à donner à la Brebis
qui doitagneler , & àl'Agneau qui vient
de naître , ſoit dans le cas où elle a mis
bas deux jumeaux , foir dans celui où
elle agnèle pour la première fois , foit
enfin eu égard aux Agneaux qui par-
viennent à une certaine force , fur
les Agneaux qui doivent être ſevrés ,
fur les Agneaux à livrer au Boucher ,
furles obfervations naturellesqui ſe pré-
ſentent à quiconque veut traiter & éle-
ver ces animaux , &c , fur le Bouc com-
paré au Béier , fur les diverſes races
dans l'eſpèce des Chèvres , fur les dif-
férences à remarquer entre elles & la
Brebis , fur leurs véritables pâturages ,
fur les qualités du Bouc & de là Chèvre
deſtinés à la propagation , fur le temps
de les accoupler , ſur les attentions à
donner à la Chèvre prête à chevroter ,
&aux Chevreaux més, en quelque nom-
bre que ce foit , &c. &c. &c.
A Tous ces points divers ont été ample-
ment difcutés par les Sieurs d'Auvergne
frères , Petite , Damne , Thomas , Beau-
mont fils , Greffet , Parnet, de la Provin-
ce de Franche-Comté ; Aima , Leger
Latour, de la Généralité de Bordeaux ,
Bigler, duCanton de Berne ; Boudier
1
134 MERCURE DE FRANCE.
Treitch & Teillard, de la Généralité
d'Auvergne ; Barjollin & Dupin , de la
Généralité de Limoges ; Kamerlet , de la
Ville de Nancy ; Beauvais & Didné ,
de la Généralité d'Amiens ; Chanu , de
la Province de Bourgogne ; Brachet , de
celle de Bugey ; Gay & Bethoux , de la
Province de Dauphiné ; D'anguien
Defavenieres , Deſchaux , Faure l'aîné ,
Thevenet & Mathias , de la Généralité
de Lyon.
L'embarras dans lequel MM. de la
Société d'Agriculture ſe ſont trouvés ,
relativement au Jugement qu'ils ont été
obligés de porter fur celui ou fur ceux
des Elèves à qui le Prix devoit être dé-
cerné,a obligé d'en donner deux au lieu
d'un : le premier de 50 liv. & le ſecond
de 48 liv.
Lesvuesde cesJuges intégres & éclai-
rés ont été dirigées ſur dix-huit de ces
trente Contendans. Ils ont adjugé le
premier prix aux Sieurs Petite, Parnet ,
Barjollin , Dupin , Damne , Bigler ,
Beauvais , D'anguien & Thevenet : ce-
lui-ci eſt âgé de douze ans. Ces Elèves
ayant tiré au fort , le Sieur Dupin en a
été favorifé ; mais ſes Concurrens, ne
trouvent pas moins dans la gloire qu'ils
ſe ſontacquiſe , larécompenſe qui flatte
AVRIL.
1764.
135
leplusdes hommes deſtinés à ſervir uti-
lement leur Patrie .
Le ſecond prix a été adjugé aux Sieurs
Gay , Bethoux , Treitch, Leger , Def-
chaux , âgé de treize ans , Chanu , Tho-
mas , Faure l'aîné & Defavenieres. Le
fort a décidé en faveur du Sr Deſchaux ,
fans rien diminuer de l'honneur attaché
auxfuffrages que les autres ontjuſtement
obtenus.
Le Sr Brachet , conſtamment attaché
à ſes devoirs , a mérité des éloges , & il
eût été couronné comme les autres con-
currens , s'il n'eût été employé au trai-
tement de pluſieurs maladies qui l'ont
appellé pendant quelque temps hors de
l'Ecole.
Le Sr Bredin , qui a porté pendant
près de ſept mois les ſecours les plus
efficaces dans pluſieurs Provinces dont
les Beſtiaux étoient frappés d'un fléau
cruel , n'a pu concourir dans cette cir-
conſtance ,parce qu'il s'eſt occupé à ré
parer , à certains égards non moins ef-
ſentiels , le temps qu'il avoit employé
ailleurs.
T
Il en eſt de même du Sr Bloufard, en
qui l'expreffion n'est point auffi facile
que l'intelligence.
Les Srs Latour , Greffet , les Frères
d'Auvergne , Beaumont fils , Didne
1
136 MERCURE DE FRANCE.
Aima , Kamerlet & Boudier ont ſatis-
fait le Public , & n'ont pu être regardés
comme des Sujets médiocres.
C'eſt avec beaucoup de fatisfaction
que nous inférons de pareils Articles
dans notre Journal. Les ſuccès de ces
Elèves continuentàfaire un honneur in-
fini à M. Bourgelat , Correfpondant de
l'Académie des Sciences de Paris , qui a
la Direction de l'Ecole Royale Vétéri
naire , & au Miniſtre ( M. Bertin ) à qui
la France & l'Europe même ſont rede-
vables d'un Etabliſſement fi utile. Nous
diſons l'Europe même; car un grand
nombre d'Etats & de Souverains , prin-
cipalement du Nord, ( parmi lesquels
oncompte le Roi de Prufſe) ont déja
envoyé à M. Bourgelat pluſieurs Elèves
pour ſe former dans cette Ecole ; & ces
Elèves s'y diftinguent par leurapplica
cation & leurs fuccès.
L'ÉMULATION & le zèle des Elèves
de l'Ecole Royale Vétérinaire, loin de
ſe rallentir , ſemblent s'accroître & re-
doubler. La diſtribution du Prix concer-
nant le Bœuf, les Bêtes à laine & les
Chèvres , avoit été fixée au 15 Mars.
Malgré les travaux qu'entraînent l'étude
de l'Anatomie & les diſſections , ils ont
devancé le jour indiqué. Trente Elèves
ſe ſont montrés au Public le Samedi 3
de ce mois , & ce concours a été hono-
ré de la préſence de M. l'Intendant de
la Province , de pluſieurs Membres de
Ja Société d'Agriculture , & d'un nom-
bre confidérable de perſonnes de dif-
tinction .
Dans cette Séance,tenue ſelonl'uſage
ordinaire , les Contendans ont dévelop-
pédes principes & des faits très-intéreſ-
fans fur le choix des uns & des autres
animaux dont il s'agiſſoit , ſur la connoif-
fance de leur âge , ſur les ſoins qu'ils
exigent fur l'attention que demande la
Fvj
1
132 MERCURE DE FRANCE.
conſtruction des Etables & des Berge
ries,fur les alimens les plus convenables
dans les différentes ſaiſons , fur la ma-
nière d'apprivoifer les Bœufs & de les
foumettre au joug , ſur le temps & les
moyens de les engraiffer, fur la propa-
gation de cette eſpèce, fur les qualités
d'un bon Taureau , fur la beauté &
bontédes Vaches , tant communes que
Flandrines , fur le laitqu'elles donnent,
fur les eſpèces que nous pourrions tirer
avecle plus grandavantagedel'Etranger,
particulièrementdeJutland,ſurle régime
àfaire obferver auxVachespleines&prê-
tesà mettre bas , furle choix des Veaux
à élever par préférence , fur le temps de
les fevrer , fur la conformation desMou-
tons , fur leur toiſon , fur la tonte, fur
les différentes eſpèces connues en Fran-
ce& en Angleterre , ſur leurs produits
comparés , fur l'importance & fur la ma-
nière de faler ces animaux , fur les pâtu-
rages qui leur conviennent , fur ceux
qui leur font nuifibles , ſur l'heure & la
faifon de les conduire aux champs , fur
l'eau dont on doit les abreuver , fur les
moyens de les engraiffer, fur les avan-
tages des parcs pour amender les terres ,
fur les qualités d'un bon Bélier & d'une
Brebis mère , fur le temps de les accou
AVRIL. 1764.
133
pler , fur les foins à donner à la Brebis
qui doitagneler , & àl'Agneau qui vient
de naître , ſoit dans le cas où elle a mis
bas deux jumeaux , foir dans celui où
elle agnèle pour la première fois , foit
enfin eu égard aux Agneaux qui par-
viennent à une certaine force , fur
les Agneaux qui doivent être ſevrés ,
fur les Agneaux à livrer au Boucher ,
furles obfervations naturellesqui ſe pré-
ſentent à quiconque veut traiter & éle-
ver ces animaux , &c , fur le Bouc com-
paré au Béier , fur les diverſes races
dans l'eſpèce des Chèvres , fur les dif-
férences à remarquer entre elles & la
Brebis , fur leurs véritables pâturages ,
fur les qualités du Bouc & de là Chèvre
deſtinés à la propagation , fur le temps
de les accoupler , ſur les attentions à
donner à la Chèvre prête à chevroter ,
&aux Chevreaux més, en quelque nom-
bre que ce foit , &c. &c. &c.
A Tous ces points divers ont été ample-
ment difcutés par les Sieurs d'Auvergne
frères , Petite , Damne , Thomas , Beau-
mont fils , Greffet , Parnet, de la Provin-
ce de Franche-Comté ; Aima , Leger
Latour, de la Généralité de Bordeaux ,
Bigler, duCanton de Berne ; Boudier
1
134 MERCURE DE FRANCE.
Treitch & Teillard, de la Généralité
d'Auvergne ; Barjollin & Dupin , de la
Généralité de Limoges ; Kamerlet , de la
Ville de Nancy ; Beauvais & Didné ,
de la Généralité d'Amiens ; Chanu , de
la Province de Bourgogne ; Brachet , de
celle de Bugey ; Gay & Bethoux , de la
Province de Dauphiné ; D'anguien
Defavenieres , Deſchaux , Faure l'aîné ,
Thevenet & Mathias , de la Généralité
de Lyon.
L'embarras dans lequel MM. de la
Société d'Agriculture ſe ſont trouvés ,
relativement au Jugement qu'ils ont été
obligés de porter fur celui ou fur ceux
des Elèves à qui le Prix devoit être dé-
cerné,a obligé d'en donner deux au lieu
d'un : le premier de 50 liv. & le ſecond
de 48 liv.
Lesvuesde cesJuges intégres & éclai-
rés ont été dirigées ſur dix-huit de ces
trente Contendans. Ils ont adjugé le
premier prix aux Sieurs Petite, Parnet ,
Barjollin , Dupin , Damne , Bigler ,
Beauvais , D'anguien & Thevenet : ce-
lui-ci eſt âgé de douze ans. Ces Elèves
ayant tiré au fort , le Sieur Dupin en a
été favorifé ; mais ſes Concurrens, ne
trouvent pas moins dans la gloire qu'ils
ſe ſontacquiſe , larécompenſe qui flatte
AVRIL.
1764.
135
leplusdes hommes deſtinés à ſervir uti-
lement leur Patrie .
Le ſecond prix a été adjugé aux Sieurs
Gay , Bethoux , Treitch, Leger , Def-
chaux , âgé de treize ans , Chanu , Tho-
mas , Faure l'aîné & Defavenieres. Le
fort a décidé en faveur du Sr Deſchaux ,
fans rien diminuer de l'honneur attaché
auxfuffrages que les autres ontjuſtement
obtenus.
Le Sr Brachet , conſtamment attaché
à ſes devoirs , a mérité des éloges , & il
eût été couronné comme les autres con-
currens , s'il n'eût été employé au trai-
tement de pluſieurs maladies qui l'ont
appellé pendant quelque temps hors de
l'Ecole.
Le Sr Bredin , qui a porté pendant
près de ſept mois les ſecours les plus
efficaces dans pluſieurs Provinces dont
les Beſtiaux étoient frappés d'un fléau
cruel , n'a pu concourir dans cette cir-
conſtance ,parce qu'il s'eſt occupé à ré
parer , à certains égards non moins ef-
ſentiels , le temps qu'il avoit employé
ailleurs.
T
Il en eſt de même du Sr Bloufard, en
qui l'expreffion n'est point auffi facile
que l'intelligence.
Les Srs Latour , Greffet , les Frères
d'Auvergne , Beaumont fils , Didne
1
136 MERCURE DE FRANCE.
Aima , Kamerlet & Boudier ont ſatis-
fait le Public , & n'ont pu être regardés
comme des Sujets médiocres.
C'eſt avec beaucoup de fatisfaction
que nous inférons de pareils Articles
dans notre Journal. Les ſuccès de ces
Elèves continuentàfaire un honneur in-
fini à M. Bourgelat , Correfpondant de
l'Académie des Sciences de Paris , qui a
la Direction de l'Ecole Royale Vétéri
naire , & au Miniſtre ( M. Bertin ) à qui
la France & l'Europe même ſont rede-
vables d'un Etabliſſement fi utile. Nous
diſons l'Europe même; car un grand
nombre d'Etats & de Souverains , prin-
cipalement du Nord, ( parmi lesquels
oncompte le Roi de Prufſe) ont déja
envoyé à M. Bourgelat pluſieurs Elèves
pour ſe former dans cette Ecole ; & ces
Elèves s'y diftinguent par leurapplica
cation & leurs fuccès.
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Résumé : ÉCOLE ROYALE VÉTÉRINAIRE.
Le 3 mars 1764, l'École Royale Vétérinaire a organisé un concours portant sur l'élevage du bœuf, des bêtes à laine et des chèvres. Trente élèves ont présenté leurs connaissances devant des personnalités influentes, y compris l'Intendant de la Province et des membres de la Société d'Agriculture. Les sujets abordés incluaient la sélection des animaux, les soins, la construction des étables, l'alimentation, l'apprivoisement des bœufs, ainsi que divers aspects de l'élevage des moutons et des chèvres. Les juges ont attribué deux prix : le premier, d'une valeur de 50 livres, a été décerné aux sieurs Petite, Parnet, Barjollin, Dupin, Damne, Bigler, Beauvais, D'anguien et Thevenet. Le second prix, de 48 livres, a été remis aux sieurs Gay, Bethoux, Treitch, Leger, Deschaux, Chanu, Thomas, Faure l'aîné et Defavenieres. Le sieur Brachet a été félicité pour son engagement, tandis que les sieurs Bredin et Bloufard étaient absents en raison de missions extérieures. D'autres élèves, tels que Latour, Greffet, les frères d'Auvergne, Beaumont fils, Didné, Aima, Kamerlet et Boudier, ont également été reconnus pour leurs performances. Ces résultats témoignent de l'excellence de l'enseignement dispensé sous la direction de M. Bourgelat, correspondant de l'Académie des Sciences de Paris. Ils rendent également hommage au ministre M. Bertin, à l'origine de la création de cette école. Plusieurs États et souverains, notamment du Nord, dont le Roi de Prusse, ont envoyé des élèves à cette école, où ils se distinguent par leur application et leurs succès.
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727
p. 151-153
CHIRURGIE.
Début :
M. MAGET, Ancien Chirurgien Major dans la Marine, à découvert un [...]
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texteReconnaissance textuelle : CHIRURGIE.
CHIRURGIE.
M. MAGET, Ancien Chirurgien
Major dans la Marine, à découvert un
reméde qui , par l'application exté-
rieure , opére la guériſon des hernies ,
ou defcentes. Les 'expériences qu'il en
a faites pendant pluſieurs années , en
Province , lui ont toujours réuffi , ce
qui eft conftaté par les témoignages
des Chirurgiens , & des Magiftrats. II
adepuis fait , en cetteVille ,des épreu-
ves de ſon reméde ,tant ſous les yeux
de M. Petit , & d'autres Médecins à qui
M. Senac , premier Médecin du Roi ,
l'avoit adreſſé pour cet effet , que ſous
ceux de MM. Martin , & Neilson , le
premier Maître en Chirurgie à Paris
Giv
,
& le ſecond Chirurgien herniaire , auſſi
àParis ,& il a obtenules mêmes ſuccès ,
152 MERCURE DE FRANCE.
Enfin s'étant fait autoriſer à entrepren-
dre de pareilles cures , dans quelques
Hôpitaux de Paris , & notamment à
l'Hôpital Général , il a été reconnu que
le fieur Maget , par fon reméde & fa
méthode , avoit opéré des cures radica-
les ; il en a même étédreſſé des Procès-
Verbaux , fignés des Médecins , Chirur-
giens & adminiftrateurs. C'eſt après
toutes ces expériences & l'éxamen de
fon reméde , fait par la commiffion
Royale de Médecine , que M. Maget
a obtenu la permiffion d'adminiſtrer fon
reméde à Paris , & dans toute l'éten
due du Royaume , comme étant très-
efficace pour la guériſon des hernies
ou deſcentes , qu'il continue d'opérer
avecles ſuccès les plus conſtans. L'exer-
pledeM.Menjaud, Contrôleurdelabou-
chedeMadame la Dauphine à Verfail-
les en eſt unepreuve : il l'a guéri d'une
hernie complette à l'âge de ſoixante-
deux ans ; il eſt aujourd'hui ſans banda-
ge , & dans la plus grande fécurité.
L'Auteur a pourtémoins de cette gran-
de cure ,M. Martin , Maître en Chirur-
gie & M. Loustoneau , Chirurgien des
Enfans de France à Versailles. Ceux
qui écrirontfont priés d'affranchir leurs
lettres. M. Maget demeure chez M.
AVRIL. 1764.
après avoir vu ,
153
Lauzeret , Maître de Penſion , rued'Or-
léans , au coin de la rue du Gril, près du
Jardin du Roi à Paris.
M. MAGET, Ancien Chirurgien
Major dans la Marine, à découvert un
reméde qui , par l'application exté-
rieure , opére la guériſon des hernies ,
ou defcentes. Les 'expériences qu'il en
a faites pendant pluſieurs années , en
Province , lui ont toujours réuffi , ce
qui eft conftaté par les témoignages
des Chirurgiens , & des Magiftrats. II
adepuis fait , en cetteVille ,des épreu-
ves de ſon reméde ,tant ſous les yeux
de M. Petit , & d'autres Médecins à qui
M. Senac , premier Médecin du Roi ,
l'avoit adreſſé pour cet effet , que ſous
ceux de MM. Martin , & Neilson , le
premier Maître en Chirurgie à Paris
Giv
,
& le ſecond Chirurgien herniaire , auſſi
àParis ,& il a obtenules mêmes ſuccès ,
152 MERCURE DE FRANCE.
Enfin s'étant fait autoriſer à entrepren-
dre de pareilles cures , dans quelques
Hôpitaux de Paris , & notamment à
l'Hôpital Général , il a été reconnu que
le fieur Maget , par fon reméde & fa
méthode , avoit opéré des cures radica-
les ; il en a même étédreſſé des Procès-
Verbaux , fignés des Médecins , Chirur-
giens & adminiftrateurs. C'eſt après
toutes ces expériences & l'éxamen de
fon reméde , fait par la commiffion
Royale de Médecine , que M. Maget
a obtenu la permiffion d'adminiſtrer fon
reméde à Paris , & dans toute l'éten
due du Royaume , comme étant très-
efficace pour la guériſon des hernies
ou deſcentes , qu'il continue d'opérer
avecles ſuccès les plus conſtans. L'exer-
pledeM.Menjaud, Contrôleurdelabou-
chedeMadame la Dauphine à Verfail-
les en eſt unepreuve : il l'a guéri d'une
hernie complette à l'âge de ſoixante-
deux ans ; il eſt aujourd'hui ſans banda-
ge , & dans la plus grande fécurité.
L'Auteur a pourtémoins de cette gran-
de cure ,M. Martin , Maître en Chirur-
gie & M. Loustoneau , Chirurgien des
Enfans de France à Versailles. Ceux
qui écrirontfont priés d'affranchir leurs
lettres. M. Maget demeure chez M.
AVRIL. 1764.
après avoir vu ,
153
Lauzeret , Maître de Penſion , rued'Or-
léans , au coin de la rue du Gril, près du
Jardin du Roi à Paris.
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Résumé : CHIRURGIE.
M. Maget, ancien chirurgien-major dans la Marine, a élaboré un traitement externe pour les hernies. Après des années de succès en province, validés par des chirurgiens et magistrats, il a démontré sa méthode à Paris sous la supervision de médecins renommés comme M. Petit, M. Senac, M. Martin et M. Neilson. Autorisé à pratiquer dans plusieurs hôpitaux parisiens, dont l'Hôpital Général, M. Maget a obtenu des guérisons complètes, confirmées par des procès-verbaux signés par des professionnels de santé. La commission royale de médecine a reconnu l'efficacité de son remède, lui permettant de l'appliquer à Paris et dans tout le royaume. Un cas notable est la guérison de M. Menjaud, âgé de soixante-deux ans, attestée par M. Martin et M. Loustoneau. M. Maget réside chez M. Lauzeret, maître de pension, rue d'Orléans, près du Jardin du Roi à Paris.
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728
p. 153-154
« LE SIEUR ANCÉAUME a découvert dans ses travaux, un Spécifique pour la [...] »
Début :
LE SIEUR ANCÉAUME a découvert dans ses travaux, un Spécifique pour la [...]
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texteReconnaissance textuelle : « LE SIEUR ANCÉAUME a découvert dans ses travaux, un Spécifique pour la [...] »
LE SIEUR ANCÉAUME a découvert
dans ses travaux, un Spécifique pour la
guériſon de la Teigne : il en a fait les
plus heureuſes expériences. Les avanta-
ges qu'on doit retirer d'un Remède auſſi
utile , conſiſte 1º. dans la guériſon ſure
& radicale de cette maladie , quelque
invétérée qu'elle puiſſe être ; 2º. àopérer
extérieurement, ſans aucun régime ,
fans douleur , & fans laiſſer à la partie
affectée aucune marque.
C'eſt ſur de pareils motifs queles plus
célébres Médecins de Paris , & nommé-
ment MM. Petit pere & fils , Thieullier ,
ancien Doyen de la Faculté, Morand',
Chirurgien des Invalides,Barbeaux, Du-
bourg & Marteaux , réſidens à l'Ecole de
Médecine , & autres , ſe ſont portés ,
ſuivi & examiné les
cures ſurprenantes opérées par ce Re-
mède , à en rendre les témoignages les
plus flatteurs , à la vuedeſquels , & après
un examen particulier de M. de Senac,
Premier Médecin du Roi , voulut , pour
que le Public profirât d'une découverte
fi importante , l'autoriſer par un Privi
Gv
154 MERCURE DE FRANCE.
lége qui pût le faire connoître.
Depuis ce Privilége , les ſuccès du S'
ANCÉAUME n'ont pas été moins heu-
reux. Dans les Aſſemblées particulières
de la Faculté ; on jugea même que ce
remède méritoit un Eloge public ; & en
effet , il fut fait mention dans les Jour-
naux deMédecine, des cures autant fur-
prenantes qu'il a opéré dans ce genre de
Maladie auquel il eſt deſtiné.
Le Sieur ANCÉAUME demeure rue
Grenier S. Lazare , au coin de celle de S.
Martin , à Paris. Et pour Pâques , il de-
meurera chez M. Mathieu l'aîné , Mar-
chand de Chevaux , rue & vis-à-vis la
Priſon S. Martin , au Renard. On le
trouve chez lui tous les jours.
dans ses travaux, un Spécifique pour la
guériſon de la Teigne : il en a fait les
plus heureuſes expériences. Les avanta-
ges qu'on doit retirer d'un Remède auſſi
utile , conſiſte 1º. dans la guériſon ſure
& radicale de cette maladie , quelque
invétérée qu'elle puiſſe être ; 2º. àopérer
extérieurement, ſans aucun régime ,
fans douleur , & fans laiſſer à la partie
affectée aucune marque.
C'eſt ſur de pareils motifs queles plus
célébres Médecins de Paris , & nommé-
ment MM. Petit pere & fils , Thieullier ,
ancien Doyen de la Faculté, Morand',
Chirurgien des Invalides,Barbeaux, Du-
bourg & Marteaux , réſidens à l'Ecole de
Médecine , & autres , ſe ſont portés ,
ſuivi & examiné les
cures ſurprenantes opérées par ce Re-
mède , à en rendre les témoignages les
plus flatteurs , à la vuedeſquels , & après
un examen particulier de M. de Senac,
Premier Médecin du Roi , voulut , pour
que le Public profirât d'une découverte
fi importante , l'autoriſer par un Privi
Gv
154 MERCURE DE FRANCE.
lége qui pût le faire connoître.
Depuis ce Privilége , les ſuccès du S'
ANCÉAUME n'ont pas été moins heu-
reux. Dans les Aſſemblées particulières
de la Faculté ; on jugea même que ce
remède méritoit un Eloge public ; & en
effet , il fut fait mention dans les Jour-
naux deMédecine, des cures autant fur-
prenantes qu'il a opéré dans ce genre de
Maladie auquel il eſt deſtiné.
Le Sieur ANCÉAUME demeure rue
Grenier S. Lazare , au coin de celle de S.
Martin , à Paris. Et pour Pâques , il de-
meurera chez M. Mathieu l'aîné , Mar-
chand de Chevaux , rue & vis-à-vis la
Priſon S. Martin , au Renard. On le
trouve chez lui tous les jours.
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Résumé : « LE SIEUR ANCÉAUME a découvert dans ses travaux, un Spécifique pour la [...] »
Le sieur Ancéaume a mis au point un remède efficace contre la teigne, offrant une guérison sûre et complète, même pour les cas chroniques. Ce traitement ne nécessite pas de régime alimentaire spécifique, est indolore et ne laisse aucune cicatrice. Plusieurs médecins parisiens éminents, dont MM. Petit père et fils, Thieullier, Morand, Barbeaux, Dubourg et Marteaux, ainsi que des membres de l'École de Médecine, ont attesté des résultats exceptionnels obtenus avec ce remède. Après une évaluation approfondie par M. de Senac, Premier Médecin du Roi, un privilège a été octroyé pour sa diffusion. Les succès du remède Ancéaume ont été reconnus dans les journaux médicaux. Le sieur Ancéaume réside rue Grenier Saint-Lazare, au coin de la rue Saint-Martin, à Paris, et sera disponible chez M. Mathieu l'aîné, marchand de chevaux, rue et face à la Prison Saint-Martin, au Renard, pour Pâques. Il est accessible tous les jours.
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729
p. 154-156
HOPITAL DE M. LE MARECHAL DUC DE BIRON. Quarante & quarante-uniéme Traitement depuis son Etablissement.
Début :
Noms des Soldats. Compagnies. TOQUET Tourville. Joly, Dudreneuc. La Fleur, [...]
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texteReconnaissance textuelle : HOPITAL DE M. LE MARECHAL DUC DE BIRON. Quarante & quarante-uniéme Traitement depuis son Etablissement.
HOPITAL
DE M. LE MARECHAL DUC DE BIRON.
Quarante & quarante-uniéme Traitement
depuis son Etablissement.
Noms des Soldats.
Compagnies.
TOQUET Tourville.
Joly, Dudreneuc.
La Fleur,
AVRIL. 1764..
La Joye ,
Dubois,
D'ambonnet ,
D'agré ,
Patris ,
Rollin ,
Vavrey ,
Beaudevin ,
Thiebault ,
LeGras,
Congé ,
S. Flour ,
Neveu ,
Robert ,
S.Michel,
Julien ,
Cadet,
Appe ,
L'eſperance ,
Sans-Regret ,
Mantelle ,
Sarre-Louis ,
155
Dudrenenc
Villers.
Rafilly.
Mithon .
Viennay.
Viennay.
Coettrieu.
Dampierre.
Dampierre.
Demoges.
Villers.
Rafilly.
Dudreneuc.
Viennay.
Pronleroy.
Démoges.
Dampierre.
Colonelle.
Dudreneuc.
DeGraffe.
Viennay.
Gvj
Rafilly.
Rafilly.
Ces vingt-cinq Soldats ont été traités
Al'ordinaire & radicalement guéris des
156 MERCURE DE FRANCE.
maladies les plus graves & les plus
difficiles.
DE M. LE MARECHAL DUC DE BIRON.
Quarante & quarante-uniéme Traitement
depuis son Etablissement.
Noms des Soldats.
Compagnies.
TOQUET Tourville.
Joly, Dudreneuc.
La Fleur,
AVRIL. 1764..
La Joye ,
Dubois,
D'ambonnet ,
D'agré ,
Patris ,
Rollin ,
Vavrey ,
Beaudevin ,
Thiebault ,
LeGras,
Congé ,
S. Flour ,
Neveu ,
Robert ,
S.Michel,
Julien ,
Cadet,
Appe ,
L'eſperance ,
Sans-Regret ,
Mantelle ,
Sarre-Louis ,
155
Dudrenenc
Villers.
Rafilly.
Mithon .
Viennay.
Viennay.
Coettrieu.
Dampierre.
Dampierre.
Demoges.
Villers.
Rafilly.
Dudreneuc.
Viennay.
Pronleroy.
Démoges.
Dampierre.
Colonelle.
Dudreneuc.
DeGraffe.
Viennay.
Gvj
Rafilly.
Rafilly.
Ces vingt-cinq Soldats ont été traités
Al'ordinaire & radicalement guéris des
156 MERCURE DE FRANCE.
maladies les plus graves & les plus
difficiles.
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Résumé : HOPITAL DE M. LE MARECHAL DUC DE BIRON. Quarante & quarante-uniéme Traitement depuis son Etablissement.
En avril 1764, vingt-cinq soldats ont été soignés et guéris à l'hôpital du maréchal duc de Birón. Ils appartenaient à diverses compagnies comme Toquet Tourville, Joly et La Fleur. Parmi eux figuraient Dubois, D'ambonnet, Patris et autres. Les traitements administrés se sont révélés efficaces pour guérir ces soldats de maladies graves.
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730
p. 156-157
LETTRE de M. IMBERT, Chancelier la Faculté de Médecine de Montpellier, & Inspecteur Général des Hopitaux du Roi à M. KEYSER, en date du 20 Janvier 1764.
Début :
J'ai fait hier, Monsieur, avec MM. Fournier & Goulard, une visite à l'Hôpital [...]
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE de M. IMBERT, Chancelier la Faculté de Médecine de Montpellier, & Inspecteur Général des Hopitaux du Roi à M. KEYSER, en date du 20 Janvier 1764.
LETTRE de M. IMBERT, Chancelier
la Faculté de Médecine de Montpellier,
& Inspecteur Général des Hopitaux
du Roi à M. KEYSER, en
date du 20 Janvier 1764.
J'ai fait hier, Monsieur, avec MM.
Fournier & Goulard, une visite à l'Hôpital
des Vénériens de cette Ville pour
y éxaminer un à un , ſoixante & dix
malades Vénériens , que j'y ai trouvés ;
&tout m'a paru au mieux ; & ceux des
ſuſdits malades qui ſont depuis long-
temps dans ledit Hôpital , y ont effuié
des maladies diſtinctes du mal vénérien,
comme fiévres & autres. J'ai remarqué
•dans ma viſite, un cas unique que je ne
veux pas vous laiſſer ignorer: ſçavoir,un
cordon ſpermatique , devenu ſquirreux
dans toute ſa longueur, qu'on pouvoit
toucher hors du bas-ventre ; vos dra-
gées ont entiérement fondu cette du-
•reté, dont les Praticiens connoiſſent fi
fort le danger. Une autre tumeur dure
fur unautre malade m'a paru faire le
ſujet d'une belle obfervation ; c'eſt une
dureté conſidérable,étendue fur prèſque
AVRIL. 1764.
157
tout le muſcle pectoral du côté droit
menaçant de venir entiérement carcino-
mateuſe ,& votre reméde a pareillement
fondu cette dureté.
L'on m'a mandé de Toulon, que les
ſuccès y étoient continuellement tels
que je les y avois remarqués lors de ma
dernière viſite. J'ai l'honneur d'être , &c.
IMBERT.
la Faculté de Médecine de Montpellier,
& Inspecteur Général des Hopitaux
du Roi à M. KEYSER, en
date du 20 Janvier 1764.
J'ai fait hier, Monsieur, avec MM.
Fournier & Goulard, une visite à l'Hôpital
des Vénériens de cette Ville pour
y éxaminer un à un , ſoixante & dix
malades Vénériens , que j'y ai trouvés ;
&tout m'a paru au mieux ; & ceux des
ſuſdits malades qui ſont depuis long-
temps dans ledit Hôpital , y ont effuié
des maladies diſtinctes du mal vénérien,
comme fiévres & autres. J'ai remarqué
•dans ma viſite, un cas unique que je ne
veux pas vous laiſſer ignorer: ſçavoir,un
cordon ſpermatique , devenu ſquirreux
dans toute ſa longueur, qu'on pouvoit
toucher hors du bas-ventre ; vos dra-
gées ont entiérement fondu cette du-
•reté, dont les Praticiens connoiſſent fi
fort le danger. Une autre tumeur dure
fur unautre malade m'a paru faire le
ſujet d'une belle obfervation ; c'eſt une
dureté conſidérable,étendue fur prèſque
AVRIL. 1764.
157
tout le muſcle pectoral du côté droit
menaçant de venir entiérement carcino-
mateuſe ,& votre reméde a pareillement
fondu cette dureté.
L'on m'a mandé de Toulon, que les
ſuccès y étoient continuellement tels
que je les y avois remarqués lors de ma
dernière viſite. J'ai l'honneur d'être , &c.
IMBERT.
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Résumé : LETTRE de M. IMBERT, Chancelier la Faculté de Médecine de Montpellier, & Inspecteur Général des Hopitaux du Roi à M. KEYSER, en date du 20 Janvier 1764.
Le 20 janvier 1764, M. Imbert, Chancelier de la Faculté de Médecine de Montpellier et Inspecteur Général des Hôpitaux du Roi, a visité l'Hôpital des Vénériens de Montpellier avec MM. Fournier et Goulard. Ils ont examiné soixante-dix malades atteints de maladies vénériennes, dont certains, hospitalisés depuis longtemps, avaient contracté d'autres maladies comme des fièvres. Imbert a noté deux observations médicales remarquables : un cas de cordon spermatique squirreux palpable hors du bas-ventre et une tumeur dure sur le muscle pectoral droit d'un autre patient, risquant de devenir carcinomateuse. Les traitements de M. Keyser ont réussi à dissoudre ces durcissements. Imbert a également confirmé que les succès thérapeutiques observés à Toulon étaient constants, validant ainsi ses observations précédentes.
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731
p. 157-158
LETTRE de M. BEAUREGARD, Maître & Démonstrateur en Chirurgie à Avignon, à M. KEYSER, en date du 25 Janvier 1764.
Début :
MONSIEUR, Le bruit qui s'étoit répandu sur l'excellence [...]
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE de M. BEAUREGARD, Maître & Démonstrateur en Chirurgie à Avignon, à M. KEYSER, en date du 25 Janvier 1764.
LETTRE de M. BEAUREGARD, Maître
& Démonstrateur en Chirurgie à
Avignon, à M. KEYSER, en date
du 25 Janvier 1764.
MONSIEUR,
Le bruit qui s'étoit répandu sur l'excellence
de vos dragées, m'ayant fait
defirer de les connoître par moi-même ,
jene puis plus différerde vous témoigner
ainſi qu'à la vérité,combienj'ai été furpris
& émerveillé de ces effets dans diffé-
rentes cures qu'il vient d'opérer par mes
mains dans la Ville d'Avignon , & aux
environs. Je ne vous diffimulerai même
pas ,que pluſieurs des malades que je
viens de guérir radicalement , ayant été
manqués plufieurs fois par les frictions,
n'avoient prèſque plus de reſſources ;
1
158 MERCURE DE FRANCE.
aumoyen de quoi il faut être de bonne
foi , & convenir que votre reméde eſt
le plus grand antivénérien qui ſoit en-
core connu dans la Médecine & la Chi
rurgie. Je vous enverrai inceſſamment
le récit hiſtorique de 3 ou 4 cures qui
ne contribueront pas peu à luifairehon-
neur , ainſi qu'à fon Auteur; & il eft
heureux que l'humanité ait pu ſe pro-
curer par les bontés de notre glorieux
Monarque & celles de M. de le Duc
de Choifeul, un ſecours auſſi précieux.
J'ai l'honneur d'être avec la plus par
faite conſidération &c. Beauregard.
& Démonstrateur en Chirurgie à
Avignon, à M. KEYSER, en date
du 25 Janvier 1764.
MONSIEUR,
Le bruit qui s'étoit répandu sur l'excellence
de vos dragées, m'ayant fait
defirer de les connoître par moi-même ,
jene puis plus différerde vous témoigner
ainſi qu'à la vérité,combienj'ai été furpris
& émerveillé de ces effets dans diffé-
rentes cures qu'il vient d'opérer par mes
mains dans la Ville d'Avignon , & aux
environs. Je ne vous diffimulerai même
pas ,que pluſieurs des malades que je
viens de guérir radicalement , ayant été
manqués plufieurs fois par les frictions,
n'avoient prèſque plus de reſſources ;
1
158 MERCURE DE FRANCE.
aumoyen de quoi il faut être de bonne
foi , & convenir que votre reméde eſt
le plus grand antivénérien qui ſoit en-
core connu dans la Médecine & la Chi
rurgie. Je vous enverrai inceſſamment
le récit hiſtorique de 3 ou 4 cures qui
ne contribueront pas peu à luifairehon-
neur , ainſi qu'à fon Auteur; & il eft
heureux que l'humanité ait pu ſe pro-
curer par les bontés de notre glorieux
Monarque & celles de M. de le Duc
de Choifeul, un ſecours auſſi précieux.
J'ai l'honneur d'être avec la plus par
faite conſidération &c. Beauregard.
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Résumé : LETTRE de M. BEAUREGARD, Maître & Démonstrateur en Chirurgie à Avignon, à M. KEYSER, en date du 25 Janvier 1764.
Le 25 janvier 1764, M. Beauregard, maître et démonstrateur en chirurgie à Avignon, écrit à M. Keyser pour louer l'efficacité des dragées de ce dernier. Beauregard a observé les bienfaits de ce remède dans plusieurs guérisons à Avignon et ses environs, notamment chez des patients qui n'avaient pas répondu aux frictions. Il considère les dragées de Keyser comme le meilleur traitement antivénérien en médecine et en chirurgie. Beauregard promet d'envoyer des récits détaillés de cas de guérison pour valoriser davantage le remède et son créateur. Il exprime également sa reconnaissance envers le monarque et le duc de Choiseul pour avoir rendu ce remède accessible. La lettre se termine par des salutations respectueuses.
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732
p. 158-160
« M. Keyser, instruit que quelques personnes dans diverses Provinces, soit par [...] »
Début :
M. Keyser, instruit que quelques personnes dans diverses Provinces, soit par [...]
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texteReconnaissance textuelle : « M. Keyser, instruit que quelques personnes dans diverses Provinces, soit par [...] »
M. Keyser, instruit que quelques personnes
dans diverses Provinces, soit par
ignorance , foit par malice , cherchent
à difcréditer les dragées antivénérien-
nes par une mauvaiſe adminiſtration.
Les uns en donnant de ce reméde dès le
commencement des doſes trop fortes ,
afin d'en dégouter les malades , & de les
mettre dans le cas d'endiſcontinuerl'ufa-
ge, Les autres en donnant des doſes trop
ménagées tout le temps delacure , pour
qu'elles ne foientque palliatives,dans l'i-
dée que les malades enrejetterontlafaute
furl'inéfficacitédes dragées, M. Keyfer ,
AVRIL. 1764.
159
croit defon devoir , dans la vue de re-
médier à ces mauvaiſes intentions ,
d'avertir le Public qu'il n'eſt garant de
l'efficacité des dragées antivénériennes
& des guériſons radicales , qu'autant
qu'elles feront adminiſtrées fidélement
avec connoiſſance de cauſe ; & d'après
l'intention de ſa Méthode. Les per-
ſonnes qui feront dans le cas de ſe
plaindre du peu de ſuccès du reméde ,
ſont priées de confulter M. Keyfer lui-
même par une lettre affranchie en l'in-
formant de la façon dont ils auront été
traités , & de la quantité de dragées
qu'ils auront pris , ainſi que de l'effet
qu'ils en auront éprouvé ; en réponſe il
leur donnera des avis ſatisfaiſans.
Comme M. Keyser , eſt bien éloigné
de croire aucuns de ſes Correſpondans
capablesdepareilsprocédés,parce qu'illes
connoittrès-inſtruits , il inſiſte ſur la né-
ceffité de recommander aux perſonnes
qui enaurontbeſoin,des'adreſſer àeux de
préférence. Il ſçait de plus qu'il ſe trou-
ve à Bordeaux des perſonnes qui ne
ceſſent de déprimer les dragées antivé-
nériennes ,tandis qu'il eſt prouvé que
M. de la Plaine ſon Correſpondant y a
fait & continuede faire par leur moyen,
des cures ſurprenantes. C'eſt àlui que
;
160 MERCURE DE FRANCE .
les Malades doivent s'adreſſer ; & M.
Keyfer qui connoît & ſa probité & l'é-
tendue de ſes connoiffances dans l'ad-
miniſtration de ce reméde , garantit
qu'ils ne sçauroient mieux placer leur
confiance.
dans diverses Provinces, soit par
ignorance , foit par malice , cherchent
à difcréditer les dragées antivénérien-
nes par une mauvaiſe adminiſtration.
Les uns en donnant de ce reméde dès le
commencement des doſes trop fortes ,
afin d'en dégouter les malades , & de les
mettre dans le cas d'endiſcontinuerl'ufa-
ge, Les autres en donnant des doſes trop
ménagées tout le temps delacure , pour
qu'elles ne foientque palliatives,dans l'i-
dée que les malades enrejetterontlafaute
furl'inéfficacitédes dragées, M. Keyfer ,
AVRIL. 1764.
159
croit defon devoir , dans la vue de re-
médier à ces mauvaiſes intentions ,
d'avertir le Public qu'il n'eſt garant de
l'efficacité des dragées antivénériennes
& des guériſons radicales , qu'autant
qu'elles feront adminiſtrées fidélement
avec connoiſſance de cauſe ; & d'après
l'intention de ſa Méthode. Les per-
ſonnes qui feront dans le cas de ſe
plaindre du peu de ſuccès du reméde ,
ſont priées de confulter M. Keyfer lui-
même par une lettre affranchie en l'in-
formant de la façon dont ils auront été
traités , & de la quantité de dragées
qu'ils auront pris , ainſi que de l'effet
qu'ils en auront éprouvé ; en réponſe il
leur donnera des avis ſatisfaiſans.
Comme M. Keyser , eſt bien éloigné
de croire aucuns de ſes Correſpondans
capablesdepareilsprocédés,parce qu'illes
connoittrès-inſtruits , il inſiſte ſur la né-
ceffité de recommander aux perſonnes
qui enaurontbeſoin,des'adreſſer àeux de
préférence. Il ſçait de plus qu'il ſe trou-
ve à Bordeaux des perſonnes qui ne
ceſſent de déprimer les dragées antivé-
nériennes ,tandis qu'il eſt prouvé que
M. de la Plaine ſon Correſpondant y a
fait & continuede faire par leur moyen,
des cures ſurprenantes. C'eſt àlui que
;
160 MERCURE DE FRANCE .
les Malades doivent s'adreſſer ; & M.
Keyfer qui connoît & ſa probité & l'é-
tendue de ſes connoiffances dans l'ad-
miniſtration de ce reméde , garantit
qu'ils ne sçauroient mieux placer leur
confiance.
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Résumé : « M. Keyser, instruit que quelques personnes dans diverses Provinces, soit par [...] »
En avril 1764, M. Keyser a observé que certaines personnes, par ignorance ou malice, discréditent les dragées antivénériennes en les administrant incorrectement. Certains utilisent des doses trop fortes au début pour décourager les malades, tandis que d'autres utilisent des doses trop faibles pour rendre le traitement inefficace. Keyser insiste sur l'importance d'une administration fidèle et conforme à sa méthode pour garantir l'efficacité des dragées. Il invite ceux qui trouvent le remède inefficace à lui écrire pour obtenir des conseils. Keyser fait confiance à ses correspondants instruits et recommande de s'adresser à eux pour le traitement. À Bordeaux, malgré les critiques, M. de la Plaine, correspondant de Keyser, obtient des guérisons remarquables avec ces dragées. Keyser assure de la probité et des compétences de M. de la Plaine, encourageant les malades à lui faire confiance.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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733
p. 160-165
LISTE de MM. les Médecins & Chirurgiens Correspondans de M. Keyser.
Début :
M. Imbert, Chancelier de la Faculté de Médecine. M. Fournier, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LISTE de MM. les Médecins & Chirurgiens Correspondans de M. Keyser.
LISTE de MM. les Médecins & Chirurgiens
Correspondans de M. Keyser.
M. Imbert, Chancelier
de la Faculté de Médecine.
M. Fournier, Médecin
de l'Hôpital du Roi.
M. Batigne , Docteur à Montpellier.
en Médecine.
M. Goulard, Chirurgien
:
Major de l'Hôpital du
Roi.
M. Lecat , Secrétaire perpétuel de l'A-
cadémie des Sciences.
Les RR. PP. de la Charité.
l'Hôpital du Roi.
rité.
enChirurgie,
de
à Rouen.
M. Marmion, Médecin de à Grenoble.
Les RR. PP. de la Cha-
M. Defmoulins , MaîtreS àlaRochelle
AVRIL. 1764.
161
M. Razoux ,Docteur enMédecine.
àNifmes.
M. de Freffiniat , Docteur en Médecine.
à Limoges-
M. Reliquet , Docteur en Médecine.
àNantes.
M. Piers , Docteur en Médecine.
13
àTroyes.
M. Andirac , Docteur en Médecine.
à Cambrai,
M. Dourlen , Docteur en Médecine.
à S. Omer
M. Paris , Docteur en Médecine.
à Arles
M. Daffieu , Docteur enMédecine.....
à Tarbes.
M. Barjolle , Docteur enMédecine.
à Saumur...
M. Leriche, Chirurgien Major.
grave de Bareith .
à Strasbourg.
M. Ravaton , Chirurgien
Major.
M. Leguai , Chirurgien de
feu S. A. S. M. le Mar-
&de Marine.
à Landau.
MM. Demontreux & Duval , Chirur-
giens Majors des Hôpitaux Militaires
àBreft.
162 MERCURE DE FRANCE.
M. Souville , Chirurgien
Major de l'Hôpital.
M. Brugnieres , Chirurgien
Majorde Bearn.
M. Delapeyre , Chirurgien
Major.
M. Lepage, Maître en Chi-
M. Planoque, Chirurgien Ma-
àCalais.
M. Maret , Maître en Chirurgie. àDijon.
M. Rey, Maître en Chirurgie. à Lyon.
M. de la Plaine,Chirurgien àBordeaux
M. Bacquié, Maître en Chirurgie.
rurgie.
jor.
àToulouse.
M. Warocquier, Chirurgien.
àCaen
M. Guillon , Maître en Chir. à Orléans.
M. Buttet , Maître en Chirurgie.
Chirurgie.
M. Tenebre ,
Ma-3d
à Lille
aEtampes.
MM. Bongour & Duval , Maîtres en
à S.Malo.
M. Dupont , Maître en Chirurgie.
àRennes.
M. Chevreul , Maître en Chirurgie.
M. le Chauve
res.
àAngers.
àTours.
auPuy.
MM. Toujan , Chirurgiens&Apoticai
à l'Orient.
AVRIL. 1764.
163
M. J. B. Delamarque , Maître en Chi-
rurgie.
gienMajor.
Major d'Artois.
à l'Isle de Rhé.
M. Bernier , ChirurgienMajor.
M. Beauregard, Chirur-
àBefinçon.
M. Michel , Chirurgien àPerpignan.
M. Moffier, ChirurgienMajor.
àAvesnes.
M. Marjault , Chirurgien Major.
à Douai.
M. Miſaibel , ChirurgienMajor.
1
àNanci.
MM. Paton & de Villiers , Maîtres en
Chirurgie.
au Mans.
M. Carpentier , Maître en Chirurgie...
à Dunkerque.
M. Ponthier, Maître en Chirurgie.
àAix en Provence.
M. Douffin , Maître en Chirurgie.
à Xaintes.
M. Beauregard , Maître en Chirurgie.
àAvignon.
M. Delahaye , Chirurgien Major.
àRochefort.
M. Durand, ancien Chirurgien Major.
àArras.
M. Texereau, Maître en Chirurgie.
àPoitiers.
64 MERCURE DE FRANCE.
M. Rochebrun , Maître en Chirurgie.
à Ammerlerault.
M. Roux , Maître en Chirurgie.
M. Briffet , Chirurgien.
àMarseille.
M. Ferrand, Maître en Chirurgie.
M. le Docteur Cooper.
à Narbonne.
M. Frannié , Maître en Chirurgie.
à Montauban.
M. Lambert , Médecin & Chirurgien.
àGraffe.
PAYS ÉTRANGERS.
M. d'Artenfet , Maître en Chirurgie.
au Port au Prince.
M. d'Elbeuf, Chirurgien.
à Albi.
àAuxonne.
à Londres!
M. Godineau , ancien Chirurgien Major
desArmées , ſeul Correſpondant.
M. Soulas.
M. Naudinat , Médecin.
àMadrid.
M. Akrell,Chirurgien Major. à Stokolm.
MM. Guyot , Finc & Deharfu ,
Maîtres en Chirurgie.
àGenève.
M. Goddecharles , Maître en Chirurgie.
M. Bikker , Médecin.
àBruxelles.
M. Lecat, Médecin & ChirurgienMajor.
àGand.
àRotterdam.
àFlorence.
à Cadix
AVRIL. 1764.
M. Breydel , Chymiſte.
M. Laborye , Chirurgien.
M. Pujoll.
165
àBruges.
au Cap.
M. Chaffaing, Chirurg. à la Martinique.
M. Bonnet , Chirurgien. àS. Domingue.
àConstantinople.
Correspondans de M. Keyser.
M. Imbert, Chancelier
de la Faculté de Médecine.
M. Fournier, Médecin
de l'Hôpital du Roi.
M. Batigne , Docteur à Montpellier.
en Médecine.
M. Goulard, Chirurgien
:
Major de l'Hôpital du
Roi.
M. Lecat , Secrétaire perpétuel de l'A-
cadémie des Sciences.
Les RR. PP. de la Charité.
l'Hôpital du Roi.
rité.
enChirurgie,
de
à Rouen.
M. Marmion, Médecin de à Grenoble.
Les RR. PP. de la Cha-
M. Defmoulins , MaîtreS àlaRochelle
AVRIL. 1764.
161
M. Razoux ,Docteur enMédecine.
àNifmes.
M. de Freffiniat , Docteur en Médecine.
à Limoges-
M. Reliquet , Docteur en Médecine.
àNantes.
M. Piers , Docteur en Médecine.
13
àTroyes.
M. Andirac , Docteur en Médecine.
à Cambrai,
M. Dourlen , Docteur en Médecine.
à S. Omer
M. Paris , Docteur en Médecine.
à Arles
M. Daffieu , Docteur enMédecine.....
à Tarbes.
M. Barjolle , Docteur enMédecine.
à Saumur...
M. Leriche, Chirurgien Major.
grave de Bareith .
à Strasbourg.
M. Ravaton , Chirurgien
Major.
M. Leguai , Chirurgien de
feu S. A. S. M. le Mar-
&de Marine.
à Landau.
MM. Demontreux & Duval , Chirur-
giens Majors des Hôpitaux Militaires
àBreft.
162 MERCURE DE FRANCE.
M. Souville , Chirurgien
Major de l'Hôpital.
M. Brugnieres , Chirurgien
Majorde Bearn.
M. Delapeyre , Chirurgien
Major.
M. Lepage, Maître en Chi-
M. Planoque, Chirurgien Ma-
àCalais.
M. Maret , Maître en Chirurgie. àDijon.
M. Rey, Maître en Chirurgie. à Lyon.
M. de la Plaine,Chirurgien àBordeaux
M. Bacquié, Maître en Chirurgie.
rurgie.
jor.
àToulouse.
M. Warocquier, Chirurgien.
àCaen
M. Guillon , Maître en Chir. à Orléans.
M. Buttet , Maître en Chirurgie.
Chirurgie.
M. Tenebre ,
Ma-3d
à Lille
aEtampes.
MM. Bongour & Duval , Maîtres en
à S.Malo.
M. Dupont , Maître en Chirurgie.
àRennes.
M. Chevreul , Maître en Chirurgie.
M. le Chauve
res.
àAngers.
àTours.
auPuy.
MM. Toujan , Chirurgiens&Apoticai
à l'Orient.
AVRIL. 1764.
163
M. J. B. Delamarque , Maître en Chi-
rurgie.
gienMajor.
Major d'Artois.
à l'Isle de Rhé.
M. Bernier , ChirurgienMajor.
M. Beauregard, Chirur-
àBefinçon.
M. Michel , Chirurgien àPerpignan.
M. Moffier, ChirurgienMajor.
àAvesnes.
M. Marjault , Chirurgien Major.
à Douai.
M. Miſaibel , ChirurgienMajor.
1
àNanci.
MM. Paton & de Villiers , Maîtres en
Chirurgie.
au Mans.
M. Carpentier , Maître en Chirurgie...
à Dunkerque.
M. Ponthier, Maître en Chirurgie.
àAix en Provence.
M. Douffin , Maître en Chirurgie.
à Xaintes.
M. Beauregard , Maître en Chirurgie.
àAvignon.
M. Delahaye , Chirurgien Major.
àRochefort.
M. Durand, ancien Chirurgien Major.
àArras.
M. Texereau, Maître en Chirurgie.
àPoitiers.
64 MERCURE DE FRANCE.
M. Rochebrun , Maître en Chirurgie.
à Ammerlerault.
M. Roux , Maître en Chirurgie.
M. Briffet , Chirurgien.
àMarseille.
M. Ferrand, Maître en Chirurgie.
M. le Docteur Cooper.
à Narbonne.
M. Frannié , Maître en Chirurgie.
à Montauban.
M. Lambert , Médecin & Chirurgien.
àGraffe.
PAYS ÉTRANGERS.
M. d'Artenfet , Maître en Chirurgie.
au Port au Prince.
M. d'Elbeuf, Chirurgien.
à Albi.
àAuxonne.
à Londres!
M. Godineau , ancien Chirurgien Major
desArmées , ſeul Correſpondant.
M. Soulas.
M. Naudinat , Médecin.
àMadrid.
M. Akrell,Chirurgien Major. à Stokolm.
MM. Guyot , Finc & Deharfu ,
Maîtres en Chirurgie.
àGenève.
M. Goddecharles , Maître en Chirurgie.
M. Bikker , Médecin.
àBruxelles.
M. Lecat, Médecin & ChirurgienMajor.
àGand.
àRotterdam.
àFlorence.
à Cadix
AVRIL. 1764.
M. Breydel , Chymiſte.
M. Laborye , Chirurgien.
M. Pujoll.
165
àBruges.
au Cap.
M. Chaffaing, Chirurg. à la Martinique.
M. Bonnet , Chirurgien. àS. Domingue.
àConstantinople.
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Résumé : LISTE de MM. les Médecins & Chirurgiens Correspondans de M. Keyser.
En avril 1764, une liste de médecins et chirurgiens correspondants de M. Keyser a été établie. En France, elle inclut des professionnels occupant des postes tels que chancelier de la Faculté de Médecine, médecin de l'Hôpital du Roi, docteur en médecine, chirurgien major, secrétaire perpétuel de l'Académie des Sciences, et maître en chirurgie. Les villes françaises mentionnées sont Paris, Montpellier, Rouen, Grenoble, et plusieurs autres. À l'étranger, des correspondants sont répertoriés à Madrid, Stockholm, Genève, Bruxelles, Gand, Rotterdam, Florence, Cadix, Port-au-Prince, Londres, et Constantinople. La liste comprend également des chimistes et des apothicaires.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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734
p. 105-110
L'INOCULATION de la Petite-Vérole renvoyée à Londres, par M. ***, Docteur en Médecine, &c. A la Haye, 1764.
Début :
C'EST une seconde Edition, mais considérablement augmentée, d'un petit [...]
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texteReconnaissance textuelle : L'INOCULATION de la Petite-Vérole renvoyée à Londres, par M. ***, Docteur en Médecine, &c. A la Haye, 1764.
L'INOCULATION de la Petite-Vérole
renvoyée à Londres, par M. ***,
Docteur en Médecine, &c. A la Haye,
1764.
C'EST une seconde Edition, mais
considérablement augmentée, d'un petit
Ouvrage ſigné CANDIDE, que nous
avons annoncé dans le temps. Ce qui
n'étoit, pour ainſi dire, qu'ébauché dans
le premier, eſt rendu dans celui-ci avec
plus de clarté, plus d'étendue, & appuyé
de détails qui paroiffent donner plus de
poids au ſentiment de l'Auteur. C'eſt
certainement le plus courageux, auſſi
E v
-
1o6 MERCURE DE FRANCE.
bien que le plus redoutable adverſaire
qui ſoit entré en lice pour combattIe
l'Inoculation. L'Anonyme n'eſt pas pour
lui un bouclier dont il ſe couvre, pourſe
mettre à l'abri des traits de ceux qu'il
attaque ; il ſe fait aſſez connoître ſans ſe
nommer. Loin de paroître les craindre,
il les provoque lui-même au combat par
de nouveaux défis. Aux calculs qui pa
roiſſent décider d'une manière ſi triom
phante en faveur de l'Inoculation, il en
oppoſe de nouveaux qui rendent la choſe
problématique , & y font appercevoir
des dangers pour la Société,qui méritent
toute l'attention du Gouvernement. '
On ne peut nier que pluſieurs des ob
jections que cet habile Médecin fait aux
partiſans de l'Inoculation,ne ſoient aſſez
bien fondées. Le Lecteur en peut juger
par celle-ci. » La Petite Vérole eſt une
» peſte. Pour l'éteindre faut-il la multi
» plier ? Faut-il la tranſmettre à ceux qui
» ne l'auroient jamais ? Faut-il faire un
» choix de ceux qui ſe portent bien, &
» prendre, pout ainſi dire, la crême de
» l'humanité, pour honorer, pour accré
» diter l'Inoculation , & laiſſer le rebut à
» la Petite - Vérole naturelle, pour la
» rendre plus odieuſe ?
» On vante les ſuccès de l'Inoculation.
A V R I L. 1764.
1o7
» Qu'ont-ils donc de ſi merveilleux ?, Il
» meurt peu de perſonnes entre les mains
» des Inoculateurs. Mais devroit-il en
» mourir, lorſqu'au choix des Sujets, à
» la force du tempérament , on joint
» de longues épreuves, & des prépara
» tions de toute eſpèce ? Eh, Meſſieurs !
» voulez-vous me donner une haute idée
» de l'Inoculation ? Voulez-vous donner
» des preuves éclatantes de la ſenſibilité
» de votre âme, de votre attachement
» à la Patrie, de votre amour défintéreſſé
» pour vos Concitoyens ? Jettez des yeux
» de compaſſion ſur ces malheureuſes
» victimes de l'indigence, qui languiſſent
» dans le ſein de la douleur, & qui en
» proie à diverſes infirmités, ne pour
» roient ſoutenir les attaques imprévues
» d'une Petite-Vérole naturelle. Hono
» rez-les de l'Inoculation ; eſſayez , en
» les préparant, de purifier leur ſang ,
» & de leur donner avec ſuccès une ma
» ladie dont ils ne pourroient être ſur -
» pris, ſans y trouver le terme fatal de
» leur vie & de leurs malheurs. Vous
» pourrez alors relever les avantages de
» l'Inoculation. Vous aurez beau jeu
» pour fermer la bouche aux Incrédule s,
» &c.
\
Si l'argument n'eſt pas ſans réplique ,
E vj
1o8 MERCURE DE FRANCE.
du moins il ſeroit à ſouhaiter que parmi
ceux à qui l'Auteur le propoſe, il ſe
trouvât quelqu'un qui eût aſſez de cha
rité pour entreprendre de le réfuter , &
aſſez de bonheur pour y réuſſir.
L'Ouvrage eſt compoſé de huit queſ
tions qui ſont comme autant de Chapi
tres. A la huitième queſtion. Y a-t-il
des moyens pour diminuer & méme étein
dre la Petite-Vérole ? M. *** répond :
» Oui, ſans doute, il y en a. Et quels
» ſont-ils ? Ceux que l'on employe pour .
» arrêter le cours des autres maladies con
» tagieuſes. » C'eſt dans ce chapitre ſur
tout, que l'Auteur parle également, & en
Médecin , & en Ami des Hommes. Les
moyens qu'il propoſe pour arrêter les ra
vages de la Petite-Vérole , ne peuvent
qu'être tres-avantageux à la Société.
» Et que fait-on à la Cour, quand quel
» qu'un en eſt ſurpris ? Il y a des ordres
» précis d'en éloigner ſur le champ le
» Malade, avec défenſes aux Parens ,
» Amis , Médecins, Chirurgiens & au
» tres qui l'approchent, d'y paroître ſans
» avoir fait la quarantaine. » En conſé
quence, l'Auteur voudroit qu'on em
ployât de ſemblables précautions dans
toutes les Villes du Royaume, & que,
par de ſages réglemens, on captivât en
quelque ſorte la Petite-Vérole, en s'op
A V R I L. 1764.
rog
oſant à ſa communication. Ainfi , au
lieu d'établir des Hôpitaux dans les faux
bourgs de Paris, pour inoculer le Peuple
& les Etrangers qui n'ont point de do
micile, il propoſe au contraire d'établir
ces mêmes Hôpitaux pour y mettre ceux
qui ſeront attaqués de la Petite-Vérole
naturelle, & qu'on leur y faſſe faire qua
rantaine , comme pour la Peſte.
Conſéquemment à ſon titre, l'Auteur
conclut que le parti le meilleur & le
plus ſage eſt de renvoyer l'inoculation à
Londres pour qu'elle y faſſe ſes preuves.
» Si cependant, ajoute-t-il, la Cour
» Souveraine, maîtreſſe de ſes déciſions,
» tolère l'Inoculation de la Petite-Vérole
» en faveur de ceux qui ont toutes les
» commodités néceſſaires pour qu'elle
» ne ſe communique à perſonne; elle
» eſt très-humblement ſuppliée pour le
» bien public, dont elle eſt l'âme, d'or
» donner qu'aucune Inoculation ne pou
» ra être faite qu'à trois lieues de la Ca
» pitale, & des autres Villes du Royau
» me; avec défenſes aux Inoculés, d'y
» rentrer ſans avoir fait quarantaine ,
» comme pour la Peſte, la Petite-Vérole
» en étant une eſpèce. »
Dans une diſpute de cette importance,
qui touche de fi près à la Population, &
I IO MERCURE BE FRANCE.
| par conſéquent au bien public, dont
tous les Ordres du Royaume ſont au
jourd'hui ſi fort occupés, autant ſe
rions-nous blâmables d'oſer prendre au
cun parti, autant le ſerions - nous de
n'être pas extrêmement attentifs à faire
connoître tout ce qui paroîtra pour &
contre; puiſque la déciſion d'un objet
ſi important ne peut réſulter que de la
diſcuſſion de ces différens avis. Defen
dat quod quiſque ſentit. Sunt enim judi
- cia libera : nos inſtitutum tenebimus,
nullisque unius diſciplinœ legibus ad
fcripti, quid ſit in quaque re maxime
probabile ſemper requiremus.
renvoyée à Londres, par M. ***,
Docteur en Médecine, &c. A la Haye,
1764.
C'EST une seconde Edition, mais
considérablement augmentée, d'un petit
Ouvrage ſigné CANDIDE, que nous
avons annoncé dans le temps. Ce qui
n'étoit, pour ainſi dire, qu'ébauché dans
le premier, eſt rendu dans celui-ci avec
plus de clarté, plus d'étendue, & appuyé
de détails qui paroiffent donner plus de
poids au ſentiment de l'Auteur. C'eſt
certainement le plus courageux, auſſi
E v
-
1o6 MERCURE DE FRANCE.
bien que le plus redoutable adverſaire
qui ſoit entré en lice pour combattIe
l'Inoculation. L'Anonyme n'eſt pas pour
lui un bouclier dont il ſe couvre, pourſe
mettre à l'abri des traits de ceux qu'il
attaque ; il ſe fait aſſez connoître ſans ſe
nommer. Loin de paroître les craindre,
il les provoque lui-même au combat par
de nouveaux défis. Aux calculs qui pa
roiſſent décider d'une manière ſi triom
phante en faveur de l'Inoculation, il en
oppoſe de nouveaux qui rendent la choſe
problématique , & y font appercevoir
des dangers pour la Société,qui méritent
toute l'attention du Gouvernement. '
On ne peut nier que pluſieurs des ob
jections que cet habile Médecin fait aux
partiſans de l'Inoculation,ne ſoient aſſez
bien fondées. Le Lecteur en peut juger
par celle-ci. » La Petite Vérole eſt une
» peſte. Pour l'éteindre faut-il la multi
» plier ? Faut-il la tranſmettre à ceux qui
» ne l'auroient jamais ? Faut-il faire un
» choix de ceux qui ſe portent bien, &
» prendre, pout ainſi dire, la crême de
» l'humanité, pour honorer, pour accré
» diter l'Inoculation , & laiſſer le rebut à
» la Petite - Vérole naturelle, pour la
» rendre plus odieuſe ?
» On vante les ſuccès de l'Inoculation.
A V R I L. 1764.
1o7
» Qu'ont-ils donc de ſi merveilleux ?, Il
» meurt peu de perſonnes entre les mains
» des Inoculateurs. Mais devroit-il en
» mourir, lorſqu'au choix des Sujets, à
» la force du tempérament , on joint
» de longues épreuves, & des prépara
» tions de toute eſpèce ? Eh, Meſſieurs !
» voulez-vous me donner une haute idée
» de l'Inoculation ? Voulez-vous donner
» des preuves éclatantes de la ſenſibilité
» de votre âme, de votre attachement
» à la Patrie, de votre amour défintéreſſé
» pour vos Concitoyens ? Jettez des yeux
» de compaſſion ſur ces malheureuſes
» victimes de l'indigence, qui languiſſent
» dans le ſein de la douleur, & qui en
» proie à diverſes infirmités, ne pour
» roient ſoutenir les attaques imprévues
» d'une Petite-Vérole naturelle. Hono
» rez-les de l'Inoculation ; eſſayez , en
» les préparant, de purifier leur ſang ,
» & de leur donner avec ſuccès une ma
» ladie dont ils ne pourroient être ſur -
» pris, ſans y trouver le terme fatal de
» leur vie & de leurs malheurs. Vous
» pourrez alors relever les avantages de
» l'Inoculation. Vous aurez beau jeu
» pour fermer la bouche aux Incrédule s,
» &c.
\
Si l'argument n'eſt pas ſans réplique ,
E vj
1o8 MERCURE DE FRANCE.
du moins il ſeroit à ſouhaiter que parmi
ceux à qui l'Auteur le propoſe, il ſe
trouvât quelqu'un qui eût aſſez de cha
rité pour entreprendre de le réfuter , &
aſſez de bonheur pour y réuſſir.
L'Ouvrage eſt compoſé de huit queſ
tions qui ſont comme autant de Chapi
tres. A la huitième queſtion. Y a-t-il
des moyens pour diminuer & méme étein
dre la Petite-Vérole ? M. *** répond :
» Oui, ſans doute, il y en a. Et quels
» ſont-ils ? Ceux que l'on employe pour .
» arrêter le cours des autres maladies con
» tagieuſes. » C'eſt dans ce chapitre ſur
tout, que l'Auteur parle également, & en
Médecin , & en Ami des Hommes. Les
moyens qu'il propoſe pour arrêter les ra
vages de la Petite-Vérole , ne peuvent
qu'être tres-avantageux à la Société.
» Et que fait-on à la Cour, quand quel
» qu'un en eſt ſurpris ? Il y a des ordres
» précis d'en éloigner ſur le champ le
» Malade, avec défenſes aux Parens ,
» Amis , Médecins, Chirurgiens & au
» tres qui l'approchent, d'y paroître ſans
» avoir fait la quarantaine. » En conſé
quence, l'Auteur voudroit qu'on em
ployât de ſemblables précautions dans
toutes les Villes du Royaume, & que,
par de ſages réglemens, on captivât en
quelque ſorte la Petite-Vérole, en s'op
A V R I L. 1764.
rog
oſant à ſa communication. Ainfi , au
lieu d'établir des Hôpitaux dans les faux
bourgs de Paris, pour inoculer le Peuple
& les Etrangers qui n'ont point de do
micile, il propoſe au contraire d'établir
ces mêmes Hôpitaux pour y mettre ceux
qui ſeront attaqués de la Petite-Vérole
naturelle, & qu'on leur y faſſe faire qua
rantaine , comme pour la Peſte.
Conſéquemment à ſon titre, l'Auteur
conclut que le parti le meilleur & le
plus ſage eſt de renvoyer l'inoculation à
Londres pour qu'elle y faſſe ſes preuves.
» Si cependant, ajoute-t-il, la Cour
» Souveraine, maîtreſſe de ſes déciſions,
» tolère l'Inoculation de la Petite-Vérole
» en faveur de ceux qui ont toutes les
» commodités néceſſaires pour qu'elle
» ne ſe communique à perſonne; elle
» eſt très-humblement ſuppliée pour le
» bien public, dont elle eſt l'âme, d'or
» donner qu'aucune Inoculation ne pou
» ra être faite qu'à trois lieues de la Ca
» pitale, & des autres Villes du Royau
» me; avec défenſes aux Inoculés, d'y
» rentrer ſans avoir fait quarantaine ,
» comme pour la Peſte, la Petite-Vérole
» en étant une eſpèce. »
Dans une diſpute de cette importance,
qui touche de fi près à la Population, &
I IO MERCURE BE FRANCE.
| par conſéquent au bien public, dont
tous les Ordres du Royaume ſont au
jourd'hui ſi fort occupés, autant ſe
rions-nous blâmables d'oſer prendre au
cun parti, autant le ſerions - nous de
n'être pas extrêmement attentifs à faire
connoître tout ce qui paroîtra pour &
contre; puiſque la déciſion d'un objet
ſi important ne peut réſulter que de la
diſcuſſion de ces différens avis. Defen
dat quod quiſque ſentit. Sunt enim judi
- cia libera : nos inſtitutum tenebimus,
nullisque unius diſciplinœ legibus ad
fcripti, quid ſit in quaque re maxime
probabile ſemper requiremus.
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Résumé : L'INOCULATION de la Petite-Vérole renvoyée à Londres, par M. ***, Docteur en Médecine, &c. A la Haye, 1764.
En 1764, une seconde édition augmentée d'un ouvrage anonyme intitulé 'CANDIDE' sur l'inoculation de la variole a été publiée. L'auteur, un médecin, critique sévèrement cette pratique, la jugeant dangereuse et problématique pour la société. Il compare la variole à une peste et redoute que l'inoculation ne propage la maladie à des personnes non encore infectées. Il remet en question les succès rapportés de l'inoculation, attribuant les faibles taux de mortalité à une sélection rigoureuse des sujets et à des préparations minutieuses. L'ouvrage est structuré en huit questions, chacune formant un chapitre. Dans le dernier chapitre, l'auteur recommande des mesures similaires à celles prises pour la peste, comme la quarantaine, pour contenir la variole naturelle. Il propose de renvoyer l'inoculation à Londres pour y faire ses preuves et, si elle est tolérée, de l'autoriser uniquement à trois lieues des villes, avec des mesures de quarantaine strictes. Le texte insiste sur la nécessité d'une discussion approfondie sur cette question cruciale pour le bien public. L'auteur met en avant l'importance de la discussion pour parvenir à une conclusion significative, affirmant que chaque individu doit exprimer son opinion librement. Il déclare qu'il suivra cette approche institutionnelle, sans se soumettre aux règles d'une seule discipline, afin de rechercher ce qui est le plus probable dans chaque situation.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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735
p. 110-124
ANNONCES DE LIVRES.
Début :
ÉLOGE de Maximilien de Bethune, Duc de Sully, Surintendant des Finances [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ANNONCES DE LIVRES.
ANNONCES DE LIVRES.
ÉLOGE de Maximilien de Bethune,
Duc de Sully, Surintendant des Finances
ſous Henri IV , qui a concouru
pour le Prix de l'Académie Françoſe de
la préſente année 1763; à Paris , chez
Delormel , Imprimeur de l'Académie.
Royale de Muſique, rue Foin, à l'Ima
ge de Ste Géneviéve; 1763, avec per
miſſion ; feuille in-8°. 24 pages.
Nous avons parlé des Diſcours qui
-
ont concouru l'année dernière pour le
A V R I L. 1764.
-
1 1 1
Prix de l'Académie Françoiſe ; celui-ci
ne nous a été envoyé que fort tard ,
ſans cela nous l'aurions annoncé avec
· ceux de Mlle Mazarelli & de M. Tho
mas qui ont attiré la principale atten
tion du Public.
• ExAMEN du Pſeautier François des
Révérends Pères Capucins , où l'on
trouve 1°. qu'ils ne doivent point pren- .
dre pour Sujet ordinaire des Pſeaumes,
les Juifs captifs & maltraités par les
Chaldéens ;2°. Qu'ils donnent une fauſ
ſe idée de la Langue Sainte, & qu'ils
en violent ſouvent les régles. Par le P.
Houbigeant , de l'Oratoire. A la Haye,
& ſe trouve à Paris, chez P. Fr. Di
dot le jeune, Libraire, quai des Auguſ
tins, près du Pont S. Michel ; 1764 ;
Brochure in-8°. de 154 pages.
Ce Titre n'annonce pas beaucoup de
ménagement pour les RR. PP. Capu
clns. Il y a apparence que cette eſpéce
de Manifeſte ou Déclaration de guerre
contre ces Révérends Pères, ne reſtera
pas ſans réponſe Si cette querelle a des
ſuites , & qu'elle nous paroiſſe aſſez im
portante pour que nous en faſſions part
au Public, nous entrerons dans le dé
tail des raiſons alléguées de part & d'au
fIC,
·
'r 12 MERCURE DE FRANCE.
RÉLATIoN abrégée de l'origine, des
progrès & de l'état actuel de la Société
établie à Londres en 1754 pour l'encoura
gement des Arts, des Manufactures & du .
Commerce; tirée des écrits originaux des
premiers Promoteurs de cet établiſſe
ment & d'autres Actes authentiques; par
un Membre de ladite Société : Ouvrage
traduit de l'Anglois avec des Notes pour
l'uſage & l'intelligence du Texte. A
Londres , & ſe trouve à Paris , chez
A. L. Regnard, Imprimeur de l'Acadé
mie Françoiſe , Grand'ſalle du Palais,&
rue baſſe des Urſins; 1764 ;. Brochure
in-8°. de 15o pages.
L'objet principal de cet Ouvrage eſt
de faire connoître les perſonnes géné
reuſes qui ont contribué à l'Etabliſſe
ment de cette Société , & de rendre
hommage à leur zéle. On y rapporte
une ſuite de faits qui font le plus grand
honneur aux Protecteurs illuſtres, qui
par leur généroſité & leur application ,
ont donné à cette entrepriſe la forme
qui ſéule pouvoit en aſſurer la ſolidité
& la durée. Le Texte Anglois ſe trouve à
· côté de la Traduction Françoiſe.
L'INCENDIE de la Foire S. Germain,
, & ſa nouvelle reconſtruction, Poëme
-
-
|
A V R I L. 1754.
1 13
en quatre Chants ; par M. De ***. A
Amſterdam , & ſe trouve à Paris chez
Langlois fils, Libraire , au bas de la
rue de la Harpe, à la Couronne d'Or ;
1764 ; in-8°. de 32 pages ; prix, 15 ſ.
L'Auteur nous apprend dans ſa Pré
face, qu'étant accouru à l'incendie , il
fut frappé du Spectacle ; & que ſon
imagination lui en rappellant les prin
cipaux traits , ils devinrent pour lui la
matière d'un Poëme, dont les quatre
premiers vers pourront donner une juſte
idée du talent poëtique de l'Auteur.
Je vais chanter l'incendie effroyable,
Dont l'ardeur prompte, autant qu'épouvanta
ble ,
-
Bravant l'effet de tout ſecours humain ,
En cendre a mis la Foire S. Germain.
DIscoURs philoſophique & moral,
en vers, à l'imitation de Juvenal; par
M. Rochon de Chabannes ; à Paris de
l'Imprimerie de Sébaſtien Jorry , rue
& vis-à-vis la Comédie Françoiſe , au
Grand Monarque & aux Cigognes ;
1764 ; avec approbation. In-8°. de 24
pages ; beau papier.
| L'Auteur peint vivement & forte
ment les défauts, les vices & les paſ
r14 MERCURE DE FRANCE.
ſions de l'homme, telles que la pro
digalité, l'ambition , l'avarice , l'or
gueil &c. L'Hiſtoire lui offre des exem
ples de tous les excès auxquels ſe livre
le cœur humain.
-
Aléxandre vainqueur de l'Aſie étonnée
N'a point encor rempli ſa triſte deſtinée.
Son cœur ambitieux vole au-delà des mers ;
Il cherche à conquérir un nouvel Univers.
Il étouffe à l'étroit dans l'enceinte du Monde.
Malheureux ! il eſt temps que le Ciel te confonde 2
Rentre dans Babylone ; un modeſte cercueil
Eſt tout ce que le ſort réſerve à ton orgueil.
Nous citons ces vers au hazard ; ce
ne ſont pas les meilleurs que nous ayons
trouvés dans cette Piéce, où il y en a
de très - bons.
•
'
LEs quatre Saiſons, Poëme de M.
le Bret ; avec cette Epigraphe : Nos
patriœ fines & dulcia linquimus arva ;
nos patriam fugimus. ... Virg. Ecl. I.
A Geneve, & ſe trouve à Paris chez
les Libraires qui diſtribuent les Nou
veautés, 1763 ; in-8°.
-
"
L'Auteur ſe donne pour un jeune
homme qui débute au Parnaſſe. Il igno
, roit ſans doute qu'une Muſe célébre
*
A V R I L. 1764.
1 1 ;
& brillante avoit traité le même Sujet
d'une manière à décourager nos meil
leurs Poëtes qui voudroient revenir ſur
cette riche & féconde matière. Parmi les
plaiſirs du Printemps voici ceux que l'on
goûte principalement à Paris.
On entend dans Paris l'aimable Bouquetière
Annoncer ſes bouquets au jeune Mouſquetaire.
La charmante Marmote a de nouveaux appas ;
Les Grâces & les Ris accompagnent ſes pas,
On la trouve partout jouant des ſérénades,
Tantôt dans les Caffés ou dans les Promenâdes,
Tantôt à la Courtille ou bien aux Porcherons,
Tantôt aux Boulevards ou dans les environs,
Toujours inattendue & toujours deſirée.
Après ſouper on va dans le Bois de Boulogne
Siffler le blanc Champagne & le rouge Bour
gogne ; &c.
-
· LE Gentilhomme Cultivateur , ou
Corps complet d'Agriculture , traduit
de l'Anglois de M. Hall, & tiré des
Auteurs qui ont le mieux écrit ſur cet
art; par M. Dupuy d'Emportes , de
l'Académie de Florence, & de la So
ciété Royale des Siences & Belles
Lettres de Nancy ; Tome VII & VIII.
in-quarto & in-12, à Paris chez Simon »
r 16 MERCURE DE FRANCE.
Imprimeur du Parlement, rue de la Har-,
pe, la veuve Durand , rue du Foin ,
Bauche , Quai des Auguſtins ; à Bor
deaux, chez Chappuis l'aîné; avec ap
probation & privilége du Roi ; I764.
Nous avons rendu compte autrefois
du plan , de l'objet & de l'utilité de
cet ouvrage très-bien éxécuté, & dont
la néceſſité eſt reconnue par tous les
Cultivateurs & les différéntes Sociétés
d'Agriculture. Les volumes que nous
annonçons aujourd'hui paroiſſent nou
vellement & ſont les deux derniers de
l'ouvrage qui eſt entièrement fini. Les
matières qu'ils renferment ne ſont pas
moins intéreſſantes que celles des vo
lumes précédens ; & nous félicitons
l'Auteur de s'être acquitté ſi glorieuſe
ment de cette utile & importante en
trepriſe.
· NoUvELLE Méthode Latine de M.
de Launay , en quatre volumes in-8°,
ſi facile qu'elle eſt à la portée d'un
enfant de 5 à 6 ans qui ſçait lire, &c.
z. On ſçait que ces quatre volumes ont
été propoſés par ſouſcription, moyen
nant 12 liv. quelle a été remplie; &
· que les volumes ont été fournis aux
Souſcripteurs. L'Auteur n'avoit pû don
A V R I L. 1764.
| 117
ner dans ces quatre premiers volumes,
que les deux premiers livres de Phédre,
& la premiere Satyre de Perſe, à cauſe
de la forme de ce travail. Depuis deux
ans , on demande avec inſtance la con
tinuation de cet Ouvrage, ſur les trois
derniers livres de Phèdre , & ſur les
cinq dernieres Satyres de Perſe. Et
c'eſt pour adhérer à ces ſollicitations,
que l'Auteur vient de diſtribuer depuis
quelques jours, un Proſpectus , qui
propoſe cette continuation , auſſi en 4
volumes in-8°, & par ſouſcription. On
aura, par ce moyen , tout Phédre, &
tout Perſe, accommodés dans le goût
du nouveau ſyſtême, ce qui forme un
Ouvrage plus conſidérable qu'on ne
penſe, & fort utile.
Conditions.
-
On donnera douze livres, pour ces
4 derniers volumes, en une ſeule fois,
· pour éviter les embarras qu'ont occa
ſionnés les différens payemens de la
première. Quand cette ſeconde ſouſ
cription ſera fermée, c'eſt-à-dire, lorſ
que le premier volume paroîtra, ce
qui ſera dans peu, ces 4 volumes ſeront
payés 18, comme les premiers, par ceux
qui n'auront pas ſouſcrit. A Paris ,
-
s E8 MERCURE DE FRANCE.
chez Panckoucke, Libraire , rue & at
tenant la Comédie Françoiſe , & chez
l'Auteur, dans le Cloître de Saint-Ger
main de l'Auxerrois, 1764.
· ÉLITE de Poëſies fugitives; dans la
quelle on a fait entrer tout ce que nos
Poëtes modernes ont compoſé de plus
parfait, les plus belles Odes, les Madri
aux , les Epîtres, les Epigrammes, &c.
es mieux faites depuis Rouſſeau, les
Eloges des Femmes de notre Siécle les
plus diſtinguées par leur naiſſance, leur
eſprit & leur beauté, & un très-grand
nombre de Pièces de Ferrand, la Faye ,
Fontenelle, M. de Voltaire, M. de Mon
crif, du C. de B***, & d'autres Au
· teurs, qui n'ont jamais été imprimées,
ou qui ne ſe trouvent pas dans le Re
cueil qu'on a fait de leurs Œuvres. 3 vol.
in 12., petit format, prix 6 liv. broché;
à Londres, & ſe trouve à Paris, chez
, Deſſaint & Saillant, Libraires , rue S.
Jean de Beauvais.
Nous donnerons dans le Mercure pro
chain un Extrait plus étendu de cet agréa
ble Recueil. -
-
PANÉGYRIQUEs des Saints, ſuivis
de réfléxions ſur l'Eloquence en géné
ral , & ſur celle de la Chaire en parti
-
A V R Ir. 1764:
I19
culier , ſeconde Edition, revue, corri
gée & augmentée de pluſieurs analyſes
d'Ouvrages d'Eloquence, ou ſur l'Elo
quence ; par M. l'Abbé Trublet, de l'A-
cadémie Françoiſe & de celle de Pruſſe,
Archidiacre & Chanoine de S. Malo ; à
Paris, chez Briaſſon, Libraire, rue S.
Jacques, à la Science; avec approbation
& privilége du Roi ; 1764; deux vo
lumes in-12.
-
La première Edition fut publiée en un
ſeul volume, il y a huit ou neuf ans, &
eut du ſuccès. L'Auteur a fait très-peu de
changemens dans cette no'ivelle Edition
aux Pièces qui avoient paru dans la pre
mière; mais ill'a augmentée d'un volu
me, qui contient les Extraits que fai
ſoit M. l'Abbé Trublet, lorſqu'il travail
loit au Journal des Sçavans & au Jour
mal Chrétien. Ces Analyſes ſont faites
avec ſoin ; & ceux qui s'intéreſſent à ce
genre de travail, ſçauront gré à l'Au
teur de les avoir reſſemblées,
º
ZAïDE, ou la Comédienne Parvenue ;
avec cette Epigraphe : rara avis in ter
ris ; Juvenal. Satyr. 6; à Mimicopole,
1763 ; brochure in-12 ; on en trouve
des exemplaires chez Brocas & Humblot,
rue S. Jacques, au ChefS. Jean.
Dans ce Roman , on a eſſayé de met
'120 MERCURE DE FRANCE.
Tre en action le Vice & la Vertu , afin
de rendre plus ſenſible, par les ſuites
heureuſes ou funeſtes de l'un & de l'au
tre, la néceſſité de ne jamais balancer
dans le choix. On a peint une Actrice
chaſte & vertueuſe, parce qu'on croit
qu'il y en a de telles, & qu'il eſt utile de
détruire le préjugé contraire. On lira ce
petit volume de 15o pages avec plaiſir.
LETTRE à la Grecque; à l'Iſle de Te
nedos , & ſe trouve à Paris , chez Guil
lyn, Libraire, quai des Auguſtins, au
Lys d'or ; 1764 ; feuille in-12 de 24
| pages.
·
Cet Fcrit ironique & badin traite de
· la nouvelle Salle qui doit ſe faire pour
l'Opéra. On ſuppoſe qu'on en a donné
· un Projet; & ce Projet, qui n'eſt que
ſuppoſé , donne lieu à des plaiſanteries
dont tous les Lecteurs ne ſentiront peut.
• être pas toute la fineſſe.
AMUSEMENS à la Grecque, ou les
Soirées de la Halle, par un Ami de feu
Vadé, avec quélques Piéces détachées,
tant en proſe qu'en vers , du même Au
teur; à Athènes , dans le Tonneau de
Diogène ; & ſe vend à Paris, chez Cuiſ
ſart, Libraire , au milieu du Pont-au
Change,
A V R I L. 1764.
I2. 1
Change, à la Harpe ; 1764 ; brochure
in-12 d'environ 1oo pages.
- On a réuni ſous ce titre pluſieurs pe
tites Pièces de proſe & de vers ſur toutes
ſortes de Sujets. Les unes ſont dans le
goût Poiſſard ; les autres ſont écrites
rer avec les divers Ecrits de ce genre.
-
dans le ſtyle ordinaire. Il y a de la gaîté
dans quelques-unes qui peuvent figu
FoRMULEs de Médecine, latines &
françoiſes, pour le grand Hôtel - Dieu
de Lyon ; utiles aux Hôpitaux des Villes
& des Armées, aux jeunes Médecins,
Chirurgiens, Apoticaires, aux Perſon
nes charitables, & aux Habitans de la
Campagne; par Pierre Garnier ; nou
' velle Edition, revue, corrigée & conſi
dérablementaugmentée, par M. L. Gar
nier, Médecin ordinaire du Roi, Doc
teur en Médecine de l'Univerſité de
Montpellier , Doyen du Collége des
Médecins de Lyon , ancien Médecin de
l'Hôtel-Dieu , & Aſſocié honoraire de
l'Académie des Sciences & Belles-Let
tres de la même Ville ; à Paris , chez P.
F. Didot le jeune, Libraire, quai des
Auguſtins, à S. Auguſtin ; 1764; avec
approbation & privilége du Roi; un vol.
in 12. Prix, 2 liv. 1o ſ, relié.
II. Vol.
F
-
122 MERCURE DE FRANCE.
Les Editions multipliées de cet Ou
vrage ſont une preuve de ſon utilité ;
& le titre ſeul montre aſſez de quel uſa
ge il peut être pour une infinité de Per
ſonnes. Mais ce qu'il ne dit pas égale
ment, c'eſt que ce Livre eſt terminé par
un Dictionnaire ou Catalogue alphabé
tique contenant les noms des Drogues
ſimples ou compoſées, dont il eſt fait
mention dans § ; avec leurs
deſcriptions, leurs préparations, leurs
' vertus, & l'explication des termes de
Pharmacie qui y ſont répandus. Ce Dic
tionnaire eſt ſuivi d'une Table des Ma
ladies auxquelles les Formules peuvent
convenir.
- SERMoNs de Meſſire Jacques-Fran
çois-René de la Tour-du-Pin, Abbé
Commendataire de l'Abbaye de Notre
Dame d'Ambournai, Vicaire Général
de Riez, Prédicateur ordinaire du Roi,
de l'Académie des Sciences & Belles
Lettres de Nanci; à Paris, chez A. L.
Regnard, Imprimeur de l'Académie
Françoiſe, Grand'-Salle du Palais, &
rue baſſe des Urſins; avec Privilége du
Roi ; 1764 ; 2 vol. in-12.
Ces deux premiers volumes, où il n'y
a que des Panégyriques, ſeront ſuivis,
A V R I L. 1764.
F ij
123
de pluſieurs autres dans l'ordre ſuivant :
il paroîtra encore deux tomes d'Elo
ges de Saints dans le courant de cette
année. En 1765 , on délivrera les deux
derniers volumes de Panegyriques ,
après leſquels viendra en 1766 un tome
de Sujets particuliers, & celui de l'A-
vent prêché devant le Roi. En 1767 on
compte mettre au jour trois volumes
qui formeront un grand Carême : un
tome où ſeront recueillis différens Su
jets de Morale, deux tomes de Myſtè
res , & un des abrégés de tous les Ser
mons & Panégyriques, termineront en
1768 toute l'édition. Ainſi nous aurons
ſouvent occaſion d'entretenir le Public
de l'Eloquence de cet Auteur dans tous
les genres ; c'eſt pour cela que nous
nous contentons aujourd'hui de cette
ſimple annonce,
|.
DIscoURs prononcés en différentes
ſolemnités de piété ; par M. le Coutu
rier, Chanoine de l'Egliſe Royale de
S. Quentin, Prédicateur du Roi; à Pa
ris , chez Brocas & Humblot , Librai
res , rue S. Jacques , au-deſſus de la
rue des Mathurins , au Chef S. Jean ;
1764 ; avec approbation & privilége du
Roi. Un vol. in-12. de 31o pages.
-
124 MERCURE DE FRANCE.
Ces diſcours ſont un Sermon pour
la Pentecôte, prêché devant le Roi, un
Panégyrique de S. Louis, à l'Académie
Françoiſe ; un autre de S. Corneille &
de S. Cyprien ; celui de S. Sulpice ;
un Difcours prononcé le jour d'une
centiéme année d'établiſſement de Re
ligieuſes à Compiegne, le Panégyrique
de Ste Eliſabeth, un Diſcours ſur l'eſ
prit de prière, & un autre prononcé dans
une Aſſemblée de charité. Une élo
quence ſimple & touchante caractériſe
les Diſcours de M. l'Abbé Couturier.
ÉLOGE de Maximilien de Bethune,
Duc de Sully, Surintendant des Finances
ſous Henri IV , qui a concouru
pour le Prix de l'Académie Françoſe de
la préſente année 1763; à Paris , chez
Delormel , Imprimeur de l'Académie.
Royale de Muſique, rue Foin, à l'Ima
ge de Ste Géneviéve; 1763, avec per
miſſion ; feuille in-8°. 24 pages.
Nous avons parlé des Diſcours qui
-
ont concouru l'année dernière pour le
A V R I L. 1764.
-
1 1 1
Prix de l'Académie Françoiſe ; celui-ci
ne nous a été envoyé que fort tard ,
ſans cela nous l'aurions annoncé avec
· ceux de Mlle Mazarelli & de M. Tho
mas qui ont attiré la principale atten
tion du Public.
• ExAMEN du Pſeautier François des
Révérends Pères Capucins , où l'on
trouve 1°. qu'ils ne doivent point pren- .
dre pour Sujet ordinaire des Pſeaumes,
les Juifs captifs & maltraités par les
Chaldéens ;2°. Qu'ils donnent une fauſ
ſe idée de la Langue Sainte, & qu'ils
en violent ſouvent les régles. Par le P.
Houbigeant , de l'Oratoire. A la Haye,
& ſe trouve à Paris, chez P. Fr. Di
dot le jeune, Libraire, quai des Auguſ
tins, près du Pont S. Michel ; 1764 ;
Brochure in-8°. de 154 pages.
Ce Titre n'annonce pas beaucoup de
ménagement pour les RR. PP. Capu
clns. Il y a apparence que cette eſpéce
de Manifeſte ou Déclaration de guerre
contre ces Révérends Pères, ne reſtera
pas ſans réponſe Si cette querelle a des
ſuites , & qu'elle nous paroiſſe aſſez im
portante pour que nous en faſſions part
au Public, nous entrerons dans le dé
tail des raiſons alléguées de part & d'au
fIC,
·
'r 12 MERCURE DE FRANCE.
RÉLATIoN abrégée de l'origine, des
progrès & de l'état actuel de la Société
établie à Londres en 1754 pour l'encoura
gement des Arts, des Manufactures & du .
Commerce; tirée des écrits originaux des
premiers Promoteurs de cet établiſſe
ment & d'autres Actes authentiques; par
un Membre de ladite Société : Ouvrage
traduit de l'Anglois avec des Notes pour
l'uſage & l'intelligence du Texte. A
Londres , & ſe trouve à Paris , chez
A. L. Regnard, Imprimeur de l'Acadé
mie Françoiſe , Grand'ſalle du Palais,&
rue baſſe des Urſins; 1764 ;. Brochure
in-8°. de 15o pages.
L'objet principal de cet Ouvrage eſt
de faire connoître les perſonnes géné
reuſes qui ont contribué à l'Etabliſſe
ment de cette Société , & de rendre
hommage à leur zéle. On y rapporte
une ſuite de faits qui font le plus grand
honneur aux Protecteurs illuſtres, qui
par leur généroſité & leur application ,
ont donné à cette entrepriſe la forme
qui ſéule pouvoit en aſſurer la ſolidité
& la durée. Le Texte Anglois ſe trouve à
· côté de la Traduction Françoiſe.
L'INCENDIE de la Foire S. Germain,
, & ſa nouvelle reconſtruction, Poëme
-
-
|
A V R I L. 1754.
1 13
en quatre Chants ; par M. De ***. A
Amſterdam , & ſe trouve à Paris chez
Langlois fils, Libraire , au bas de la
rue de la Harpe, à la Couronne d'Or ;
1764 ; in-8°. de 32 pages ; prix, 15 ſ.
L'Auteur nous apprend dans ſa Pré
face, qu'étant accouru à l'incendie , il
fut frappé du Spectacle ; & que ſon
imagination lui en rappellant les prin
cipaux traits , ils devinrent pour lui la
matière d'un Poëme, dont les quatre
premiers vers pourront donner une juſte
idée du talent poëtique de l'Auteur.
Je vais chanter l'incendie effroyable,
Dont l'ardeur prompte, autant qu'épouvanta
ble ,
-
Bravant l'effet de tout ſecours humain ,
En cendre a mis la Foire S. Germain.
DIscoURs philoſophique & moral,
en vers, à l'imitation de Juvenal; par
M. Rochon de Chabannes ; à Paris de
l'Imprimerie de Sébaſtien Jorry , rue
& vis-à-vis la Comédie Françoiſe , au
Grand Monarque & aux Cigognes ;
1764 ; avec approbation. In-8°. de 24
pages ; beau papier.
| L'Auteur peint vivement & forte
ment les défauts, les vices & les paſ
r14 MERCURE DE FRANCE.
ſions de l'homme, telles que la pro
digalité, l'ambition , l'avarice , l'or
gueil &c. L'Hiſtoire lui offre des exem
ples de tous les excès auxquels ſe livre
le cœur humain.
-
Aléxandre vainqueur de l'Aſie étonnée
N'a point encor rempli ſa triſte deſtinée.
Son cœur ambitieux vole au-delà des mers ;
Il cherche à conquérir un nouvel Univers.
Il étouffe à l'étroit dans l'enceinte du Monde.
Malheureux ! il eſt temps que le Ciel te confonde 2
Rentre dans Babylone ; un modeſte cercueil
Eſt tout ce que le ſort réſerve à ton orgueil.
Nous citons ces vers au hazard ; ce
ne ſont pas les meilleurs que nous ayons
trouvés dans cette Piéce, où il y en a
de très - bons.
•
'
LEs quatre Saiſons, Poëme de M.
le Bret ; avec cette Epigraphe : Nos
patriœ fines & dulcia linquimus arva ;
nos patriam fugimus. ... Virg. Ecl. I.
A Geneve, & ſe trouve à Paris chez
les Libraires qui diſtribuent les Nou
veautés, 1763 ; in-8°.
-
"
L'Auteur ſe donne pour un jeune
homme qui débute au Parnaſſe. Il igno
, roit ſans doute qu'une Muſe célébre
*
A V R I L. 1764.
1 1 ;
& brillante avoit traité le même Sujet
d'une manière à décourager nos meil
leurs Poëtes qui voudroient revenir ſur
cette riche & féconde matière. Parmi les
plaiſirs du Printemps voici ceux que l'on
goûte principalement à Paris.
On entend dans Paris l'aimable Bouquetière
Annoncer ſes bouquets au jeune Mouſquetaire.
La charmante Marmote a de nouveaux appas ;
Les Grâces & les Ris accompagnent ſes pas,
On la trouve partout jouant des ſérénades,
Tantôt dans les Caffés ou dans les Promenâdes,
Tantôt à la Courtille ou bien aux Porcherons,
Tantôt aux Boulevards ou dans les environs,
Toujours inattendue & toujours deſirée.
Après ſouper on va dans le Bois de Boulogne
Siffler le blanc Champagne & le rouge Bour
gogne ; &c.
-
· LE Gentilhomme Cultivateur , ou
Corps complet d'Agriculture , traduit
de l'Anglois de M. Hall, & tiré des
Auteurs qui ont le mieux écrit ſur cet
art; par M. Dupuy d'Emportes , de
l'Académie de Florence, & de la So
ciété Royale des Siences & Belles
Lettres de Nancy ; Tome VII & VIII.
in-quarto & in-12, à Paris chez Simon »
r 16 MERCURE DE FRANCE.
Imprimeur du Parlement, rue de la Har-,
pe, la veuve Durand , rue du Foin ,
Bauche , Quai des Auguſtins ; à Bor
deaux, chez Chappuis l'aîné; avec ap
probation & privilége du Roi ; I764.
Nous avons rendu compte autrefois
du plan , de l'objet & de l'utilité de
cet ouvrage très-bien éxécuté, & dont
la néceſſité eſt reconnue par tous les
Cultivateurs & les différéntes Sociétés
d'Agriculture. Les volumes que nous
annonçons aujourd'hui paroiſſent nou
vellement & ſont les deux derniers de
l'ouvrage qui eſt entièrement fini. Les
matières qu'ils renferment ne ſont pas
moins intéreſſantes que celles des vo
lumes précédens ; & nous félicitons
l'Auteur de s'être acquitté ſi glorieuſe
ment de cette utile & importante en
trepriſe.
· NoUvELLE Méthode Latine de M.
de Launay , en quatre volumes in-8°,
ſi facile qu'elle eſt à la portée d'un
enfant de 5 à 6 ans qui ſçait lire, &c.
z. On ſçait que ces quatre volumes ont
été propoſés par ſouſcription, moyen
nant 12 liv. quelle a été remplie; &
· que les volumes ont été fournis aux
Souſcripteurs. L'Auteur n'avoit pû don
A V R I L. 1764.
| 117
ner dans ces quatre premiers volumes,
que les deux premiers livres de Phédre,
& la premiere Satyre de Perſe, à cauſe
de la forme de ce travail. Depuis deux
ans , on demande avec inſtance la con
tinuation de cet Ouvrage, ſur les trois
derniers livres de Phèdre , & ſur les
cinq dernieres Satyres de Perſe. Et
c'eſt pour adhérer à ces ſollicitations,
que l'Auteur vient de diſtribuer depuis
quelques jours, un Proſpectus , qui
propoſe cette continuation , auſſi en 4
volumes in-8°, & par ſouſcription. On
aura, par ce moyen , tout Phédre, &
tout Perſe, accommodés dans le goût
du nouveau ſyſtême, ce qui forme un
Ouvrage plus conſidérable qu'on ne
penſe, & fort utile.
Conditions.
-
On donnera douze livres, pour ces
4 derniers volumes, en une ſeule fois,
· pour éviter les embarras qu'ont occa
ſionnés les différens payemens de la
première. Quand cette ſeconde ſouſ
cription ſera fermée, c'eſt-à-dire, lorſ
que le premier volume paroîtra, ce
qui ſera dans peu, ces 4 volumes ſeront
payés 18, comme les premiers, par ceux
qui n'auront pas ſouſcrit. A Paris ,
-
s E8 MERCURE DE FRANCE.
chez Panckoucke, Libraire , rue & at
tenant la Comédie Françoiſe , & chez
l'Auteur, dans le Cloître de Saint-Ger
main de l'Auxerrois, 1764.
· ÉLITE de Poëſies fugitives; dans la
quelle on a fait entrer tout ce que nos
Poëtes modernes ont compoſé de plus
parfait, les plus belles Odes, les Madri
aux , les Epîtres, les Epigrammes, &c.
es mieux faites depuis Rouſſeau, les
Eloges des Femmes de notre Siécle les
plus diſtinguées par leur naiſſance, leur
eſprit & leur beauté, & un très-grand
nombre de Pièces de Ferrand, la Faye ,
Fontenelle, M. de Voltaire, M. de Mon
crif, du C. de B***, & d'autres Au
· teurs, qui n'ont jamais été imprimées,
ou qui ne ſe trouvent pas dans le Re
cueil qu'on a fait de leurs Œuvres. 3 vol.
in 12., petit format, prix 6 liv. broché;
à Londres, & ſe trouve à Paris, chez
, Deſſaint & Saillant, Libraires , rue S.
Jean de Beauvais.
Nous donnerons dans le Mercure pro
chain un Extrait plus étendu de cet agréa
ble Recueil. -
-
PANÉGYRIQUEs des Saints, ſuivis
de réfléxions ſur l'Eloquence en géné
ral , & ſur celle de la Chaire en parti
-
A V R Ir. 1764:
I19
culier , ſeconde Edition, revue, corri
gée & augmentée de pluſieurs analyſes
d'Ouvrages d'Eloquence, ou ſur l'Elo
quence ; par M. l'Abbé Trublet, de l'A-
cadémie Françoiſe & de celle de Pruſſe,
Archidiacre & Chanoine de S. Malo ; à
Paris, chez Briaſſon, Libraire, rue S.
Jacques, à la Science; avec approbation
& privilége du Roi ; 1764; deux vo
lumes in-12.
-
La première Edition fut publiée en un
ſeul volume, il y a huit ou neuf ans, &
eut du ſuccès. L'Auteur a fait très-peu de
changemens dans cette no'ivelle Edition
aux Pièces qui avoient paru dans la pre
mière; mais ill'a augmentée d'un volu
me, qui contient les Extraits que fai
ſoit M. l'Abbé Trublet, lorſqu'il travail
loit au Journal des Sçavans & au Jour
mal Chrétien. Ces Analyſes ſont faites
avec ſoin ; & ceux qui s'intéreſſent à ce
genre de travail, ſçauront gré à l'Au
teur de les avoir reſſemblées,
º
ZAïDE, ou la Comédienne Parvenue ;
avec cette Epigraphe : rara avis in ter
ris ; Juvenal. Satyr. 6; à Mimicopole,
1763 ; brochure in-12 ; on en trouve
des exemplaires chez Brocas & Humblot,
rue S. Jacques, au ChefS. Jean.
Dans ce Roman , on a eſſayé de met
'120 MERCURE DE FRANCE.
Tre en action le Vice & la Vertu , afin
de rendre plus ſenſible, par les ſuites
heureuſes ou funeſtes de l'un & de l'au
tre, la néceſſité de ne jamais balancer
dans le choix. On a peint une Actrice
chaſte & vertueuſe, parce qu'on croit
qu'il y en a de telles, & qu'il eſt utile de
détruire le préjugé contraire. On lira ce
petit volume de 15o pages avec plaiſir.
LETTRE à la Grecque; à l'Iſle de Te
nedos , & ſe trouve à Paris , chez Guil
lyn, Libraire, quai des Auguſtins, au
Lys d'or ; 1764 ; feuille in-12 de 24
| pages.
·
Cet Fcrit ironique & badin traite de
· la nouvelle Salle qui doit ſe faire pour
l'Opéra. On ſuppoſe qu'on en a donné
· un Projet; & ce Projet, qui n'eſt que
ſuppoſé , donne lieu à des plaiſanteries
dont tous les Lecteurs ne ſentiront peut.
• être pas toute la fineſſe.
AMUSEMENS à la Grecque, ou les
Soirées de la Halle, par un Ami de feu
Vadé, avec quélques Piéces détachées,
tant en proſe qu'en vers , du même Au
teur; à Athènes , dans le Tonneau de
Diogène ; & ſe vend à Paris, chez Cuiſ
ſart, Libraire , au milieu du Pont-au
Change,
A V R I L. 1764.
I2. 1
Change, à la Harpe ; 1764 ; brochure
in-12 d'environ 1oo pages.
- On a réuni ſous ce titre pluſieurs pe
tites Pièces de proſe & de vers ſur toutes
ſortes de Sujets. Les unes ſont dans le
goût Poiſſard ; les autres ſont écrites
rer avec les divers Ecrits de ce genre.
-
dans le ſtyle ordinaire. Il y a de la gaîté
dans quelques-unes qui peuvent figu
FoRMULEs de Médecine, latines &
françoiſes, pour le grand Hôtel - Dieu
de Lyon ; utiles aux Hôpitaux des Villes
& des Armées, aux jeunes Médecins,
Chirurgiens, Apoticaires, aux Perſon
nes charitables, & aux Habitans de la
Campagne; par Pierre Garnier ; nou
' velle Edition, revue, corrigée & conſi
dérablementaugmentée, par M. L. Gar
nier, Médecin ordinaire du Roi, Doc
teur en Médecine de l'Univerſité de
Montpellier , Doyen du Collége des
Médecins de Lyon , ancien Médecin de
l'Hôtel-Dieu , & Aſſocié honoraire de
l'Académie des Sciences & Belles-Let
tres de la même Ville ; à Paris , chez P.
F. Didot le jeune, Libraire, quai des
Auguſtins, à S. Auguſtin ; 1764; avec
approbation & privilége du Roi; un vol.
in 12. Prix, 2 liv. 1o ſ, relié.
II. Vol.
F
-
122 MERCURE DE FRANCE.
Les Editions multipliées de cet Ou
vrage ſont une preuve de ſon utilité ;
& le titre ſeul montre aſſez de quel uſa
ge il peut être pour une infinité de Per
ſonnes. Mais ce qu'il ne dit pas égale
ment, c'eſt que ce Livre eſt terminé par
un Dictionnaire ou Catalogue alphabé
tique contenant les noms des Drogues
ſimples ou compoſées, dont il eſt fait
mention dans § ; avec leurs
deſcriptions, leurs préparations, leurs
' vertus, & l'explication des termes de
Pharmacie qui y ſont répandus. Ce Dic
tionnaire eſt ſuivi d'une Table des Ma
ladies auxquelles les Formules peuvent
convenir.
- SERMoNs de Meſſire Jacques-Fran
çois-René de la Tour-du-Pin, Abbé
Commendataire de l'Abbaye de Notre
Dame d'Ambournai, Vicaire Général
de Riez, Prédicateur ordinaire du Roi,
de l'Académie des Sciences & Belles
Lettres de Nanci; à Paris, chez A. L.
Regnard, Imprimeur de l'Académie
Françoiſe, Grand'-Salle du Palais, &
rue baſſe des Urſins; avec Privilége du
Roi ; 1764 ; 2 vol. in-12.
Ces deux premiers volumes, où il n'y
a que des Panégyriques, ſeront ſuivis,
A V R I L. 1764.
F ij
123
de pluſieurs autres dans l'ordre ſuivant :
il paroîtra encore deux tomes d'Elo
ges de Saints dans le courant de cette
année. En 1765 , on délivrera les deux
derniers volumes de Panegyriques ,
après leſquels viendra en 1766 un tome
de Sujets particuliers, & celui de l'A-
vent prêché devant le Roi. En 1767 on
compte mettre au jour trois volumes
qui formeront un grand Carême : un
tome où ſeront recueillis différens Su
jets de Morale, deux tomes de Myſtè
res , & un des abrégés de tous les Ser
mons & Panégyriques, termineront en
1768 toute l'édition. Ainſi nous aurons
ſouvent occaſion d'entretenir le Public
de l'Eloquence de cet Auteur dans tous
les genres ; c'eſt pour cela que nous
nous contentons aujourd'hui de cette
ſimple annonce,
|.
DIscoURs prononcés en différentes
ſolemnités de piété ; par M. le Coutu
rier, Chanoine de l'Egliſe Royale de
S. Quentin, Prédicateur du Roi; à Pa
ris , chez Brocas & Humblot , Librai
res , rue S. Jacques , au-deſſus de la
rue des Mathurins , au Chef S. Jean ;
1764 ; avec approbation & privilége du
Roi. Un vol. in-12. de 31o pages.
-
124 MERCURE DE FRANCE.
Ces diſcours ſont un Sermon pour
la Pentecôte, prêché devant le Roi, un
Panégyrique de S. Louis, à l'Académie
Françoiſe ; un autre de S. Corneille &
de S. Cyprien ; celui de S. Sulpice ;
un Difcours prononcé le jour d'une
centiéme année d'établiſſement de Re
ligieuſes à Compiegne, le Panégyrique
de Ste Eliſabeth, un Diſcours ſur l'eſ
prit de prière, & un autre prononcé dans
une Aſſemblée de charité. Une élo
quence ſimple & touchante caractériſe
les Diſcours de M. l'Abbé Couturier.
Fermer
Résumé : ANNONCES DE LIVRES.
En 1763, plusieurs ouvrages notables ont été publiés. Parmi eux, 'Éloge de Maximilien de Béthune, Duc de Sully' a participé au concours du Prix de l'Académie Française. 'Examen du Psautier Français des Révérends Pères Capucins' critique la traduction des Psaumes réalisée par les Capucins. La 'Relation abrégée de l'origine, des progrès et de l'état actuel de la Société établie à Londres en 1754' détaille les contributions des fondateurs de cette société. Le poème 'L'Incendie de la Foire Saint-Germain' narre un incendie et sa reconstruction. Le 'Discours philosophique et moral' de M. Rochon de Chabannes aborde les défauts humains. 'Les quatre Saisons' de M. le Bret décrit les plaisirs du printemps à Paris. Enfin, 'Le Gentilhomme Cultivateur' est une traduction d'un ouvrage anglais sur l'agriculture. En avril 1764, les tomes VII et VIII de la Société Royale des Sciences et Belles Lettres de Nancy ont été publiés, appréciés pour leur utilité auprès des cultivateurs. Le 'Mercure de France' annonce la 'Nouvelle Méthode Latine' de M. de Launay destinée aux enfants. D'autres publications incluent 'Élite de Poësies fugitives', 'Panégyriques des Saints' de l'Abbé Trublet, 'Zaïde, ou la Comédienne Parvenue', 'Lettre à la Grecque', et 'Amusemens à la Grecque, ou les Soirées de la Halle'. Parmi les ouvrages de 1764, un recueil de pièces de prose et de vers sur divers sujets, incluant des formules de médecine, a été édité par Pierre Garnier et publié par P. F. Didot. Une collection de sermons de Messire Jacques-François-René de la Tour-du-Pin, prédicateur du Roi, a été publiée par A. L. Regnard. Enfin, un recueil de discours de M. le Couturier, chanoine et prédicateur du Roi, a été publié par Brocas & Humblot.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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736
p. 135-146
« ANTONII de Haen, Consiliarii & Archiatri, S. C. R. A. Majestatis, nec-non [...] »
Début :
ANTONII de Haen, Consiliarii & Archiatri, S. C. R. A. Majestatis, nec-non [...]
Mots clefs :
Paris, Lettres, Libraire, Roi, Maladies, Lettre, Homme, Comédie, Barnevelt, Inoculation, Médecine, Fièvres
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « ANTONII de Haen, Consiliarii & Archiatri, S. C. R. A. Majestatis, nec-non [...] »
ANTONII de Haen, Consiliarii &
Archiatri, S. C. R. A. Majestatis, nec-non
Medicinœ practicae in Univerſitate
Vindobonenſi Profeſſoris primarii, ra
tio medendi in Nauſocomio practico.
Tomus tertius, partes VI & VII com
pleclens. Pariſiis , apud P. Fr. Didot
juniorem, Bibliopolam , ad ripam Au
guſtinianorum , propè Pontem ſancti
Michaëlis, ſub ſigno ſancti Auguſtini ;
2764 , cum approbatione & privilegio
JRegis. Vol. in-22.
# a déjà paru deux volumes de cette
Pratique de Médecine. Ce troiſiéme
Tome comprend les Parties VI & VII,
& traite de la Cardialgie chronique, des
différentes eſpéces d'Hydropiſie, de la
Pierre & de la Lithotomie , des cautè
res appliqués au crâne dans les douleurs
obſtinées de la tête, de la vertu parti--
culière de certains médicamens, des
»
-
136 MERCURE DE FRANCE.
· anévriſmes, des hydatides, d'un fait re
latif à la rupture des inteſtins , des divi
fions des fiévres, & de différens autres
objets. Le quatriéme Tome eſt ſous
preſſe, & paroîtra inceſſamment.
: DISSERTATIoN ſommaire ſur les
maladies de l'urétre , appellées calloſi
tés , ou vulgairement carnoſités , &
du moyen fûr de les guérir radicale
ment ſans l'uſage des bougies; par le
ſieur de la Font ,
fils de Maître en
Chirurgie, & Chirurgien bréveté du
Roi par la Commiſſion Royale de Mé
decine pourl'adminiſtration de ce remé
de ; feuille in-12 ; chez l'Auteur, rue
Beauregard, la porte quarrée entre les
deux portes-cochères, vis-à-vis le Vi
trier, au premier, en entrant par la rue
Poiſſonnière ; 1763.
·
·
Les perſonnes affectées de ces ma
ladies, & à qui les bougies n'auront
pas réuſſi , pourront s'intéreſſer à la
lecture de cet écrit confirmé par des
, certificats de pluſieurs Médecins qui
dépoſent en faveur du nouveau reméde.
EssAI ſur les différentes efpéces de
fiévres, avec des diſſertations ſur les
A
-
-
-
fiévres lentes, nerveuſes, putrides, peſ
A V R I L. 1754.
137
tilentielles & pourprées ; ſur la petite
vérole, ſur les pleuréſies & les péri
pneumonies ; par Jean Huxham , Doc
teur en Médecine, & Membre de la
Société Royale de Londres. On y a
joint deux autres eſſais; l'un ſur la ma--
nière de nourrir & d'élever les Enfans
depuis leur naiſſance juſqu'à l'âge de
trois ans ; l'autre ſur leurs différentes
maladies ; & un Appendice contenant
une méthode pour garantir les mari
niers des maladies dans les voyages de
long cours. Nouvelle édition, augmen
tée de trois Ouvrages du même Au
teur; le premier ſur les maux de gor
ge avec ulcères malins ; le ſecond ſur
- l'antimoine , & le troiſiéme ſur une
colique épidémique; à Paris,chez d'Hou
ry, Imprimeur-Libraire de Mgr le Duc
d'Orléans ; rue de la vieille Bouclerie,
. au S. Eſprit & au Soleil d'Or : #764,
avec approbation & privilége du Roi ;
un volume in-12 d'environ 7oo pages.
Nous n'ajouterons rien à ce titre qui
peut être régardé comme une courte
analyſe de cet Ouvrage utile , connu
· & tres eſtimé des gens de l'art.
| TRAITEMENs des maladies internes
& externes , traduits du Latin de M.
-
138 MERCURE DE FRANCE.
la Zerme, Conſeiller du Roi, Profeſ
ſeur en Médecine de la Faculté de
Montpellier ; avec les formules en la
tin & en françois ; augmenté d'un trai
té des maladies vénériennes ; par M.
Didier des Marets, Médecin de la même :
Faculté ; ſeconde édition revue & cor
rigée ; à Paris chez Laurent - Charles
d'Houry , Imprimeur-Libraire de Mgr
le Duc d'Orléans , rue de la vieille
Bouclerie, au S. Eſprit , & au Soleil
d'or ; 1764 ; avec approbation & pri
vilége du Roi. 2 volumes in-12.
La traduction des curations de M.
la Zerme n'a certainement beſoin que
du nom de ce Sçavant homme, pour
s'attirer l'eſtime du Public ; mais les,
ſoins que l'on a pris pour la rendre plus
intéreſſante par l'ordre qu'on y a gardé,
doit la faire recevoir avec encore plus
d'empreſſement. Les formules y ſont .
'données en Latin & en François, l'un
à côté de l'autre s & bien diſtinctes du
reſte du Diſcours, pour que le Lecteur,
d'un coup d'œil, puiſſe voir de quelle
manière on doit tracer une ordonnance
en l'une & en l'autre Langue. La juſte
quantité des drogues à adminiſtrer aux
malades, y eſt donnée avec la plus ſcru
puleuſe attention, vu les conſéquences
· -
A V R I L. 1764.
139
qui en réſulteroient. On a enrichi cet
Ouvrage d'un Eſſai ſur les Maladies Vé
mèriennes , pour que le Lecteur puiſſe
avoir auſſi ſous les yeux la curation de
ce mal trop commun ; & enfin il nous
paroît qu'on n'a rien négligé pour ren
dre ce Livre d'une utilité générale &
journalière.
NoUvELLE Deſcription phyſique,
hiſtorique, civile & politique de l'Iſlan
de, avec des obſervations critiques ſur
l'Hiſtoire Naturelle de cette Iſle ; don
née par M. Anderſon; Ouvrage traduit
de l'Allemand de M. Horrébows qui y
a été envoyé par le Roi de Dannemarc;
à Paris, chez Charpentier, Libraire ,
rue du Hurepoix , à l'entrée du quai
des Auguſtins ; avec approbation &
nriviléoe di1 R ni - v - 4A : 2 vol. in-12.-
r--- —-e»- --- ---- » - / --r »
Il y a des choſes curieuſes dans cet Ou
vrage hiſtorique, qui demandent à être
miſes ſous les yeux du Lecteur dans
, un long Extrait. Nous promettons de le
donner inceſſamment; nous avertiſſons
aujourd'hui que le Libraire vend ſépa
rément la Carte de l'Iflande, qui eſt
très-bien faite & très-curieuſè.
Poesies & QEuvres diverſes de Mada
14o MERCURE DE FRANCÉ.
me Guibert ; à Amſterdam; 1764; un
volume petit in-8°. de 2oo & quelques
pages.
-
-
Ce recueil n'eſt prèſque compoſé que
de ce qu'on appelle des Vers de Société. Il
faut pourtant en excepter une Comédie
en un Acte en vers libres, intitulée Les
rendez-vous : les vers de Société ſont
des Bouquets, des Fables, des Epitres,
des Madrigaux, des Chanſons , &c. il y
en a pour M. ſon Fils, pour Mlle ſa Fille,
pour ſon Maître de Poëſie, ſon Maître
de Muſique, pour ſon Peintre, pour ſon
Graveur, pour ſes Amis &c. On y trou
ve auſſi des Vers de M. Guibert - le Fils,
& entre autres, une Tragédie qui n'a
que cinq Scènes, intitulée : La Coquette
corrigée, Tragédie centre les femmes ,
dictée par M. Guibert, âgé de neuf ans.
SANToLIANA,Ouvrage qui contient
la vie de Santeuil, ſes bons mots, ſon
démêlé avec les Jéſuites, ſes Lettres, ſes
inſcriptions, & l'Analyſe de ſes ouvra
ges, &c. par M. Dinoltard, Chanoine
de Saint Benoît, & de l'Académie des
Arcades; à Paris, che7 Nyon , Quai des
Auguſtins, à l'Occaſion ;avec Approba
tion & Privilége du Roi ; 1764, un vol.
Z/l-I.2.,.
|
A V R I L. 1764:
I4E
Une infinité d'Anecdotes plaiſantes &
curieuſes rendent la lecture de ce Livre
très agréable. Nous nous propoſons de
choiſir les traits les plus piquans que nous
offrirons à nos Lecteurs dans un des
Mercures ſuivans.
ExAMEN de l'Inoculation , par un
Médecin de la Faculté de Paris; à Lon-.
dres, & ſe trouve à Paris chez Deſſain
Junior, Libraire, Quai des Auguſtins,
à la bonne Foi ; 1764 ; un vol. in-12.
Les trois points ſur leſquels roule
cet examen, ſont 1°. L'inoculation eſt
elle exempte de danger pour ceux qui
s'y ſoumettent, ſoit dans la petite Vé
role qui en réſulte, ſoit dans les ſuites ?
2°. L'Inoculation met-elle ceux qui la
ſubiſſent , à l'abri de la petite Vérole
naturelle ? 3°. L'inoculation peut-elle ſe
pratiquer, ſans la multiplication de la
contagion ? L'objet même de cette diſ
cuſſion en annonce l'importance. Nous
croyons qu'on ſeroit parvenu depuis
longtemps à découvrir la vérité ſur ces
points vraiment intéreſſans, ſi elle n'eût
été obſcurcie par la paſſion ou l'eſprit
de préjugés, dont il eſt eſſentiel de ſe
dépouiller, pour ne conſulter en cette
matière , que la raiſon & les faits,
142 MERCURE DE FRANCE.
L'HoMME de Lettres; M. par Garnier,
Profeſſeur Royal d'Hébreu, & de l'A-
cadémie Royale des Inſcriptions & Bel
les-Lettres : avec cette Epigraphe : quemt
te Deus eſſe juſſit & humana quá parte
locutus es in te, diſce ; à Paris , chez
Panckoucke, Libraire, rue & à côté de la
Comédie Françoiſe ; avec approbation
& privilége du Roi ; 1764 ; deux parties
E7Z-I2,.
Dans la première partie l'Auteur traite
de la nature de l'homme de lettres , du
principe fondamental de toutes les
ſciences, de la culture des eſprits, de
l'utilité des gens de lettres, des récom
penſes littéraires, &c. On examine dans
la ſeconde partie l'influence réciproque
des Lettres ſur le Gouvernement , &
du Gouvernement ſur les Lettres.
PRÉSENCE corporelle de l'homme en
pluſieurs lieux, prouvée poſſible par les
principes de la bonne Philoſophie : Let
tres où relevant le défi d'un Journaliſte
Hollandois, on diſſipe toute ombre de
contradiction entre les merveilles du
Dogme Catholique & de l'Euchariſtie,
& les notions de la ſaine Philoſophie ;
par l'Auteur des Lettres à un Améri- .
cain ; avec cette Epigraphe : Poſteritas
·
, A V R I L. 1764.
T43
intellectum gratuletur, quod ante vetuſ
tas non intellectum gratulabatur. Vinc.
Lyr. A Paris, chez Rozet , Libraire,
rue S. Severin , au coin de la rue Za
charie , à la Roſe d'or , avec approba
tion & privilége du Roi ; 1764 ; un vol.
1Il - I 2. .
Feu M. l'Abbé Lelarge de Lignac eſt
Auteur de ces Lettres, où l'on trouve
un ſyſtême qui peut † extraordi
naire. On entreprend de prouver aux
Réformés qu'il n'eſt ni impoſſible ni
contradictoire qu'un même corps ſoit
en même temps en pluſieurs lieux. On
tâche dans la Préface de juſtifier l'Au
teur de ce qu'il a fait un ſyſtême philo
ſophique ſur un myſtère qu'il ne fau
droit, dans la louable ſimplicité de la
foi, que croire & adorer.
-
LETTRE de Barnevelt dans ſa pri
ſon ; à Truman ſon ami ; précédée d'une
Lettre de l'Auteur ; à Paris , chez
Sébaſtien Jorry, rue & vis-à-vis de la
Comédie Françoiſe, au Grand Monar
que & aux Cigognes ; 17é3 ; avec ap
probation. Brochure in-8°. très - bien
imprimée ſur de très-beau papier, ornée
d'une très-belle Eſtampe & de très-jolies .
vignettes.
144 MERCURE DE FRANCE.
La Comédie du Marchand de Londres
où un homme vole ſon parent , ſon,
ami, & l'égorge pour plaire à ſa maî
treſſe , a fourni à M. Dorat le Sujet
d'une Lettre en vers. Barnevelt eſt le
Scélérat qui a commis tous ces crimes ;
il eſt dans un cachot d'où il va être
tiré, pour les expier ſur un échaffaut,
& où il eſt ſuppoſé écrire à ſon ami
ces vers pleins de force & d'énergie :
Je vois nos citoyens confuſément épars,
Fixer ſur Barnevelt leurs avides regards.
Parler, s'interroger, s'indigner de mon crime,
Déteſter à la fois & plaindre la victime.
Du voile de la nuit mes tourmens ſont couverts ;
Ma honte doit paroître aux yeux de l'Univers.
Que dis-je ? cette mort flétriſſante & cruelle,
La mort des Scélérats on peut la rendre belle.
Un repentir fincère attendrit tous les cœurs.
Combien de Criminels ont fait verſer des pleurs
Je veux que de ce jour on garde la mémoire ;
Je veux d'un jour d'opprobre en faire un jour
de gloire ;
-
Et qu'enfin mon Pays juſtement combattu,
Puniſſant mes forfaits, regrette ma vertu.
· C'eſt avec la même force d'expreſſion
que M. Dorat nous peint les crimes &
les
-
AV R I L. 1764.
davantage.
I45
les remords de Barnevelt ; & nous re
grettons de ne pouvoir nous étendre
LÉTTRE de Zeila, jeune Sauvage,
Eſclave à Conſtantinople, à Valcour,
Officier François, précédée d'une Let
tre à Madame de C** ; à Paris , chez
Jorry, rue & vis-à-vis de la Comédie
Françoiſe ; 1764 ; brochure in-8°. avec
les mêmes ornemens typographiques
que la précédente.
C'eſt d'une Tragédie Angloiſe, que
M. Dorat a tiré le Sujet de Barnevelt ;
c'eſt dans le Speciateur Anglois, qu'il
a pris celui de la Lettre de Zéila. Une
jeune Sauvage, devenue la Maîtreſſe
d'un Anglois, qu'elle a ſauvé de la
mort, eſt inhumainement vendue par
ſon Amant, dont elle eſt groſſe ; & ſa
groſſeſſe même eſt une § qui la lui
fait vendre plus cher, parce qu'on achète
à la fois une mère & un enfant. Voilà
en peu de mots le Sujet de cette Lettre,
où M. Dorat change l'Anglois en un
Officier François, & tranſporte la ſcène
des Indes à Conſtantinople. Il y a en
core pluſieurs autres changemens qu'il
faut voir dans l'Ouvrage même, qu'on
lira avec attendriſſement. Nous n'en
JI. Vol.
G
146 MERCURE DE FRANCE.
citerons que quelques vers : Zéila écrit
à ſon Amant :
N'entends-tu pas mes cris, mes ſanglots, mes ſou
-
-
pirs ?
•» elle 5
» ment
22 ilna Ilt»
-
-
-
Dans le ſein des remords eſt-il donc des plaiſirs ?
Ne te dis-tu jamais : » en cet inſtant peut-être,
» Elle pleure, & ſe plaint au Ciel qui l'a fait naître,
» Sur la rive déſerte elle appelle Valcour,
» En ſerrant dans ſes bras le fruit de notre amour :
» Sa profonde douleur toujours ſe renouvelle ;
» Il n'eſt plus de ſoutien, plus de beaux jours pour
» Sous le poids de ſes maux, peut-être en ce mo
22 Elle ſuccombe , meurt, & meurt en me nom
Pourrois-tu de ma mort devenir le complice ?
Ne diffère plus, viens; ſauve ta bienfaitrice ;
Accours, & ſi tu crains de me rendre mes droits,
Rends-moi du moins, rends-moi mes déſerts &
mes bois.
Archiatri, S. C. R. A. Majestatis, nec-non
Medicinœ practicae in Univerſitate
Vindobonenſi Profeſſoris primarii, ra
tio medendi in Nauſocomio practico.
Tomus tertius, partes VI & VII com
pleclens. Pariſiis , apud P. Fr. Didot
juniorem, Bibliopolam , ad ripam Au
guſtinianorum , propè Pontem ſancti
Michaëlis, ſub ſigno ſancti Auguſtini ;
2764 , cum approbatione & privilegio
JRegis. Vol. in-22.
# a déjà paru deux volumes de cette
Pratique de Médecine. Ce troiſiéme
Tome comprend les Parties VI & VII,
& traite de la Cardialgie chronique, des
différentes eſpéces d'Hydropiſie, de la
Pierre & de la Lithotomie , des cautè
res appliqués au crâne dans les douleurs
obſtinées de la tête, de la vertu parti--
culière de certains médicamens, des
»
-
136 MERCURE DE FRANCE.
· anévriſmes, des hydatides, d'un fait re
latif à la rupture des inteſtins , des divi
fions des fiévres, & de différens autres
objets. Le quatriéme Tome eſt ſous
preſſe, & paroîtra inceſſamment.
: DISSERTATIoN ſommaire ſur les
maladies de l'urétre , appellées calloſi
tés , ou vulgairement carnoſités , &
du moyen fûr de les guérir radicale
ment ſans l'uſage des bougies; par le
ſieur de la Font ,
fils de Maître en
Chirurgie, & Chirurgien bréveté du
Roi par la Commiſſion Royale de Mé
decine pourl'adminiſtration de ce remé
de ; feuille in-12 ; chez l'Auteur, rue
Beauregard, la porte quarrée entre les
deux portes-cochères, vis-à-vis le Vi
trier, au premier, en entrant par la rue
Poiſſonnière ; 1763.
·
·
Les perſonnes affectées de ces ma
ladies, & à qui les bougies n'auront
pas réuſſi , pourront s'intéreſſer à la
lecture de cet écrit confirmé par des
, certificats de pluſieurs Médecins qui
dépoſent en faveur du nouveau reméde.
EssAI ſur les différentes efpéces de
fiévres, avec des diſſertations ſur les
A
-
-
-
fiévres lentes, nerveuſes, putrides, peſ
A V R I L. 1754.
137
tilentielles & pourprées ; ſur la petite
vérole, ſur les pleuréſies & les péri
pneumonies ; par Jean Huxham , Doc
teur en Médecine, & Membre de la
Société Royale de Londres. On y a
joint deux autres eſſais; l'un ſur la ma--
nière de nourrir & d'élever les Enfans
depuis leur naiſſance juſqu'à l'âge de
trois ans ; l'autre ſur leurs différentes
maladies ; & un Appendice contenant
une méthode pour garantir les mari
niers des maladies dans les voyages de
long cours. Nouvelle édition, augmen
tée de trois Ouvrages du même Au
teur; le premier ſur les maux de gor
ge avec ulcères malins ; le ſecond ſur
- l'antimoine , & le troiſiéme ſur une
colique épidémique; à Paris,chez d'Hou
ry, Imprimeur-Libraire de Mgr le Duc
d'Orléans ; rue de la vieille Bouclerie,
. au S. Eſprit & au Soleil d'Or : #764,
avec approbation & privilége du Roi ;
un volume in-12 d'environ 7oo pages.
Nous n'ajouterons rien à ce titre qui
peut être régardé comme une courte
analyſe de cet Ouvrage utile , connu
· & tres eſtimé des gens de l'art.
| TRAITEMENs des maladies internes
& externes , traduits du Latin de M.
-
138 MERCURE DE FRANCE.
la Zerme, Conſeiller du Roi, Profeſ
ſeur en Médecine de la Faculté de
Montpellier ; avec les formules en la
tin & en françois ; augmenté d'un trai
té des maladies vénériennes ; par M.
Didier des Marets, Médecin de la même :
Faculté ; ſeconde édition revue & cor
rigée ; à Paris chez Laurent - Charles
d'Houry , Imprimeur-Libraire de Mgr
le Duc d'Orléans , rue de la vieille
Bouclerie, au S. Eſprit , & au Soleil
d'or ; 1764 ; avec approbation & pri
vilége du Roi. 2 volumes in-12.
La traduction des curations de M.
la Zerme n'a certainement beſoin que
du nom de ce Sçavant homme, pour
s'attirer l'eſtime du Public ; mais les,
ſoins que l'on a pris pour la rendre plus
intéreſſante par l'ordre qu'on y a gardé,
doit la faire recevoir avec encore plus
d'empreſſement. Les formules y ſont .
'données en Latin & en François, l'un
à côté de l'autre s & bien diſtinctes du
reſte du Diſcours, pour que le Lecteur,
d'un coup d'œil, puiſſe voir de quelle
manière on doit tracer une ordonnance
en l'une & en l'autre Langue. La juſte
quantité des drogues à adminiſtrer aux
malades, y eſt donnée avec la plus ſcru
puleuſe attention, vu les conſéquences
· -
A V R I L. 1764.
139
qui en réſulteroient. On a enrichi cet
Ouvrage d'un Eſſai ſur les Maladies Vé
mèriennes , pour que le Lecteur puiſſe
avoir auſſi ſous les yeux la curation de
ce mal trop commun ; & enfin il nous
paroît qu'on n'a rien négligé pour ren
dre ce Livre d'une utilité générale &
journalière.
NoUvELLE Deſcription phyſique,
hiſtorique, civile & politique de l'Iſlan
de, avec des obſervations critiques ſur
l'Hiſtoire Naturelle de cette Iſle ; don
née par M. Anderſon; Ouvrage traduit
de l'Allemand de M. Horrébows qui y
a été envoyé par le Roi de Dannemarc;
à Paris, chez Charpentier, Libraire ,
rue du Hurepoix , à l'entrée du quai
des Auguſtins ; avec approbation &
nriviléoe di1 R ni - v - 4A : 2 vol. in-12.-
r--- —-e»- --- ---- » - / --r »
Il y a des choſes curieuſes dans cet Ou
vrage hiſtorique, qui demandent à être
miſes ſous les yeux du Lecteur dans
, un long Extrait. Nous promettons de le
donner inceſſamment; nous avertiſſons
aujourd'hui que le Libraire vend ſépa
rément la Carte de l'Iflande, qui eſt
très-bien faite & très-curieuſè.
Poesies & QEuvres diverſes de Mada
14o MERCURE DE FRANCÉ.
me Guibert ; à Amſterdam; 1764; un
volume petit in-8°. de 2oo & quelques
pages.
-
-
Ce recueil n'eſt prèſque compoſé que
de ce qu'on appelle des Vers de Société. Il
faut pourtant en excepter une Comédie
en un Acte en vers libres, intitulée Les
rendez-vous : les vers de Société ſont
des Bouquets, des Fables, des Epitres,
des Madrigaux, des Chanſons , &c. il y
en a pour M. ſon Fils, pour Mlle ſa Fille,
pour ſon Maître de Poëſie, ſon Maître
de Muſique, pour ſon Peintre, pour ſon
Graveur, pour ſes Amis &c. On y trou
ve auſſi des Vers de M. Guibert - le Fils,
& entre autres, une Tragédie qui n'a
que cinq Scènes, intitulée : La Coquette
corrigée, Tragédie centre les femmes ,
dictée par M. Guibert, âgé de neuf ans.
SANToLIANA,Ouvrage qui contient
la vie de Santeuil, ſes bons mots, ſon
démêlé avec les Jéſuites, ſes Lettres, ſes
inſcriptions, & l'Analyſe de ſes ouvra
ges, &c. par M. Dinoltard, Chanoine
de Saint Benoît, & de l'Académie des
Arcades; à Paris, che7 Nyon , Quai des
Auguſtins, à l'Occaſion ;avec Approba
tion & Privilége du Roi ; 1764, un vol.
Z/l-I.2.,.
|
A V R I L. 1764:
I4E
Une infinité d'Anecdotes plaiſantes &
curieuſes rendent la lecture de ce Livre
très agréable. Nous nous propoſons de
choiſir les traits les plus piquans que nous
offrirons à nos Lecteurs dans un des
Mercures ſuivans.
ExAMEN de l'Inoculation , par un
Médecin de la Faculté de Paris; à Lon-.
dres, & ſe trouve à Paris chez Deſſain
Junior, Libraire, Quai des Auguſtins,
à la bonne Foi ; 1764 ; un vol. in-12.
Les trois points ſur leſquels roule
cet examen, ſont 1°. L'inoculation eſt
elle exempte de danger pour ceux qui
s'y ſoumettent, ſoit dans la petite Vé
role qui en réſulte, ſoit dans les ſuites ?
2°. L'Inoculation met-elle ceux qui la
ſubiſſent , à l'abri de la petite Vérole
naturelle ? 3°. L'inoculation peut-elle ſe
pratiquer, ſans la multiplication de la
contagion ? L'objet même de cette diſ
cuſſion en annonce l'importance. Nous
croyons qu'on ſeroit parvenu depuis
longtemps à découvrir la vérité ſur ces
points vraiment intéreſſans, ſi elle n'eût
été obſcurcie par la paſſion ou l'eſprit
de préjugés, dont il eſt eſſentiel de ſe
dépouiller, pour ne conſulter en cette
matière , que la raiſon & les faits,
142 MERCURE DE FRANCE.
L'HoMME de Lettres; M. par Garnier,
Profeſſeur Royal d'Hébreu, & de l'A-
cadémie Royale des Inſcriptions & Bel
les-Lettres : avec cette Epigraphe : quemt
te Deus eſſe juſſit & humana quá parte
locutus es in te, diſce ; à Paris , chez
Panckoucke, Libraire, rue & à côté de la
Comédie Françoiſe ; avec approbation
& privilége du Roi ; 1764 ; deux parties
E7Z-I2,.
Dans la première partie l'Auteur traite
de la nature de l'homme de lettres , du
principe fondamental de toutes les
ſciences, de la culture des eſprits, de
l'utilité des gens de lettres, des récom
penſes littéraires, &c. On examine dans
la ſeconde partie l'influence réciproque
des Lettres ſur le Gouvernement , &
du Gouvernement ſur les Lettres.
PRÉSENCE corporelle de l'homme en
pluſieurs lieux, prouvée poſſible par les
principes de la bonne Philoſophie : Let
tres où relevant le défi d'un Journaliſte
Hollandois, on diſſipe toute ombre de
contradiction entre les merveilles du
Dogme Catholique & de l'Euchariſtie,
& les notions de la ſaine Philoſophie ;
par l'Auteur des Lettres à un Améri- .
cain ; avec cette Epigraphe : Poſteritas
·
, A V R I L. 1764.
T43
intellectum gratuletur, quod ante vetuſ
tas non intellectum gratulabatur. Vinc.
Lyr. A Paris, chez Rozet , Libraire,
rue S. Severin , au coin de la rue Za
charie , à la Roſe d'or , avec approba
tion & privilége du Roi ; 1764 ; un vol.
1Il - I 2. .
Feu M. l'Abbé Lelarge de Lignac eſt
Auteur de ces Lettres, où l'on trouve
un ſyſtême qui peut † extraordi
naire. On entreprend de prouver aux
Réformés qu'il n'eſt ni impoſſible ni
contradictoire qu'un même corps ſoit
en même temps en pluſieurs lieux. On
tâche dans la Préface de juſtifier l'Au
teur de ce qu'il a fait un ſyſtême philo
ſophique ſur un myſtère qu'il ne fau
droit, dans la louable ſimplicité de la
foi, que croire & adorer.
-
LETTRE de Barnevelt dans ſa pri
ſon ; à Truman ſon ami ; précédée d'une
Lettre de l'Auteur ; à Paris , chez
Sébaſtien Jorry, rue & vis-à-vis de la
Comédie Françoiſe, au Grand Monar
que & aux Cigognes ; 17é3 ; avec ap
probation. Brochure in-8°. très - bien
imprimée ſur de très-beau papier, ornée
d'une très-belle Eſtampe & de très-jolies .
vignettes.
144 MERCURE DE FRANCE.
La Comédie du Marchand de Londres
où un homme vole ſon parent , ſon,
ami, & l'égorge pour plaire à ſa maî
treſſe , a fourni à M. Dorat le Sujet
d'une Lettre en vers. Barnevelt eſt le
Scélérat qui a commis tous ces crimes ;
il eſt dans un cachot d'où il va être
tiré, pour les expier ſur un échaffaut,
& où il eſt ſuppoſé écrire à ſon ami
ces vers pleins de force & d'énergie :
Je vois nos citoyens confuſément épars,
Fixer ſur Barnevelt leurs avides regards.
Parler, s'interroger, s'indigner de mon crime,
Déteſter à la fois & plaindre la victime.
Du voile de la nuit mes tourmens ſont couverts ;
Ma honte doit paroître aux yeux de l'Univers.
Que dis-je ? cette mort flétriſſante & cruelle,
La mort des Scélérats on peut la rendre belle.
Un repentir fincère attendrit tous les cœurs.
Combien de Criminels ont fait verſer des pleurs
Je veux que de ce jour on garde la mémoire ;
Je veux d'un jour d'opprobre en faire un jour
de gloire ;
-
Et qu'enfin mon Pays juſtement combattu,
Puniſſant mes forfaits, regrette ma vertu.
· C'eſt avec la même force d'expreſſion
que M. Dorat nous peint les crimes &
les
-
AV R I L. 1764.
davantage.
I45
les remords de Barnevelt ; & nous re
grettons de ne pouvoir nous étendre
LÉTTRE de Zeila, jeune Sauvage,
Eſclave à Conſtantinople, à Valcour,
Officier François, précédée d'une Let
tre à Madame de C** ; à Paris , chez
Jorry, rue & vis-à-vis de la Comédie
Françoiſe ; 1764 ; brochure in-8°. avec
les mêmes ornemens typographiques
que la précédente.
C'eſt d'une Tragédie Angloiſe, que
M. Dorat a tiré le Sujet de Barnevelt ;
c'eſt dans le Speciateur Anglois, qu'il
a pris celui de la Lettre de Zéila. Une
jeune Sauvage, devenue la Maîtreſſe
d'un Anglois, qu'elle a ſauvé de la
mort, eſt inhumainement vendue par
ſon Amant, dont elle eſt groſſe ; & ſa
groſſeſſe même eſt une § qui la lui
fait vendre plus cher, parce qu'on achète
à la fois une mère & un enfant. Voilà
en peu de mots le Sujet de cette Lettre,
où M. Dorat change l'Anglois en un
Officier François, & tranſporte la ſcène
des Indes à Conſtantinople. Il y a en
core pluſieurs autres changemens qu'il
faut voir dans l'Ouvrage même, qu'on
lira avec attendriſſement. Nous n'en
JI. Vol.
G
146 MERCURE DE FRANCE.
citerons que quelques vers : Zéila écrit
à ſon Amant :
N'entends-tu pas mes cris, mes ſanglots, mes ſou
-
-
pirs ?
•» elle 5
» ment
22 ilna Ilt»
-
-
-
Dans le ſein des remords eſt-il donc des plaiſirs ?
Ne te dis-tu jamais : » en cet inſtant peut-être,
» Elle pleure, & ſe plaint au Ciel qui l'a fait naître,
» Sur la rive déſerte elle appelle Valcour,
» En ſerrant dans ſes bras le fruit de notre amour :
» Sa profonde douleur toujours ſe renouvelle ;
» Il n'eſt plus de ſoutien, plus de beaux jours pour
» Sous le poids de ſes maux, peut-être en ce mo
22 Elle ſuccombe , meurt, & meurt en me nom
Pourrois-tu de ma mort devenir le complice ?
Ne diffère plus, viens; ſauve ta bienfaitrice ;
Accours, & ſi tu crains de me rendre mes droits,
Rends-moi du moins, rends-moi mes déſerts &
mes bois.
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Résumé : « ANTONII de Haen, Consiliarii & Archiatri, S. C. R. A. Majestatis, nec-non [...] »
En 1764, plusieurs ouvrages médicaux et littéraires ont été publiés. Antonii de Haen a édité le troisième tome de sa 'Ratio medendi in Nausocomio practico', traitant de sujets tels que la cardialgie chronique, l'hydropisie, la lithotomie, les anévrismes et les hydatides. Sieur de la Font a proposé un traitement des maladies de l'urètre sans utiliser de bougies. Jean Huxham a publié un essai sur les fièvres, incluant des dissertations sur la petite vérole, les pleurésies et les péripneumonies, ainsi que des conseils sur la nutrition et les maladies infantiles. Didier des Marets a traduit et augmenté le traité des maladies internes et externes de M. la Zerme, ajoutant un essai sur les maladies vénériennes. M. Anderson a publié une description de l'Islande, traduite de l'allemand par M. Horrébows. Parmi les œuvres littéraires, on trouve un recueil de poésies de Madame Guibert et une tragédie intitulée 'La Coquette corrigée', dictée par M. Guibert, alors âgé de neuf ans. 'Santoiana' relate la vie de Santeuil et ses conflits avec les Jésuites. Un examen sur l'inoculation discute des dangers et de l'efficacité de cette pratique contre la variole. 'L'Homme de Lettres' de M. Garnier explore la nature des hommes de lettres et l'influence des sciences. Une lettre de Barnevelt décrit les crimes et remords de son auteur. Enfin, une lettre de Zéila, une esclave, raconte son histoire tragique, modifiée par M. Dorat, où elle est vendue par son amant, un officier français, à Constantinople.
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737
p. 150-154
LETTRE au même, sur le Ver Solitaire.
Début :
JE VIENS, Monsieur, de lire dans votre Mercure du mois de Janvier dernier, [...]
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE au même, sur le Ver Solitaire.
LETTRE au même, sur le Ver Solitaire.
JE VIENS, Monsieur, de lire dans votre
Mercure du mois de Janvier dernier,
A V R I L. 1764.
I 51
des Obſervations ſur le Ver Solitaire ,
par M. P. .. .. , iJocteur en Médecine,
ancien Chirurgien en Chef du G. H. L.
de L.
-
L'Auteur dit, à la page 154, qu'il
avoit acquis le Spéçifique contre ce Ver,
de la veuve du Docteur Nouter, Méde
cin Suiſſe ; qu'il guérit ſubitement un
Seigneur Ruſſe, lui ayant donné ce Spé
cifique à ſept heures du matin , lequel
fit ſon effet dans quatre heures de temps.
C'eſt certainement là ce qu'on peut a
peller un Spécifique; & il ſeroit à §
rer qu'il fût public , y ayant bien des
-
perſonnes attaquées de cette Maladie. .
Je ne ſuis point étonné que le Poſſeſſeur
d'un pareil Remède ne le divulgue pas ;
mais je le ſuis de ce qu'il nous cache ſon
nom & ſa demeure. Je ne doute pas
qu'il ne ſe faſſe un plaiſir de contribuer
au bonheur de ſes ſemblables, qui pour
roient recourir à lui dans leur malheureux
état. Trouvez bon, Monſieur, que je
me ſerve de votre canal pour lui faire
parvenir cette Lettre, & que je l'invite à
nous apprendre dans quel lieu pourroient
le rencontrer ceux qui auroient cette
· maladie.
Il y a, Monſieur, neuf à dix ans que
la Femme de charge de ma Maiſon avoit
-
G iv ^
152 MERCIIRE DE FRANCE.
un.Ver ſolitaire.
Elle en avoit rendu
pluſieurs aulnes à différentes fois. J'ap
pris qu'il y avoit à Lyon un Médecin
Suiſſe qui avoit un Remède contre ce
Ver, (peut être eſt-ce le Docteur Nou
. ter) & qu'il devoit y être quelque temps.
J'envoyai la Malade à Lyon avec un do
meſtique. Elle vit dans cette Ville plu
ſieurs perſonnes qui avoient été guéries
par ce Médecin, qu'elle fut trouver. Il
lui fit nombre de queſtions, & lui dit
que ſon Remède étoit trop violent,
qu'elle n'auroit pas la force de le ſup
porter , & qu'elle pourroit fort bien
mourir dans l'opération ; qu'ainſi il ne
jugeoit pas à propos de le lui donner. La
Malade, fatiguée de ſon état, lui répon
dit qu'elle aimoit autant mourir que de
vivre comme elle faiſoit, & qu'elle étoit
décidée à le prendre; que cela ne retom
beroit pas ſur lui, s'il lui en arrivoit mal.
Le Médecin lui demanda ſi elle avoit ap
pcrté de ſon Ver. Elle en avoit quelques
aunes dans une bouteille, qu'il prit en lui
diſant, qu'il lui donneroit le Remède,
mais qu'il le modéreroit, & qu'elle ren
droit ſonVer par lambeaux.Il lui ordonna
de manger le ſoir une ſoupe au beurre ,
de prendre trois verres de vin blanc , &
un lavement avec du lait & du ſucre : ce
A V R I L. 1764.
-
153
qui fut fait. Le lendemain au matin il
vint à ſon Auberge de bonne heure,
avec un compagnon qu'il avoit, & lui
donna le Remède à prendre, ſans vou
loir laiſſer ouvrir les rideaux du lit, de
façon qu'elle n'a pu ſçavoir la couleur
dont il étoit. Environ deux heures après
elle ſe mit ſur le fiége, & ſe trouva ſi
mal qu'on crut qu'elle alloit expirer. Le
compagnon du Médecin lui diſoit : vous
l'aviez bien dit, Monſieur, qu'elle en
mourroit. On la fit revenir avec quel
ques eaux. Elle rendit enfin ſon Ver, &
ſentit tout-à-coup un vuide conſidérable
dans le creux de l'eſtomach. Elle ſortit
le reſte de la journée, & rendit quelques
autres portions du Ver, & remonta à
cheval le lendemain pour revenir chez
moi. Je n'ai point oui dire qu'elle en ait
été incommodée depuis environ cinq
ans qu'elle n'eſt plus à mon ſervice. Je
lui avois recommandé de m'apporter ſon
Ver; elle m'en préſenta un dans une
bouteille. Je lui dis dans l'inſtant que
ce n'étoit pas le ſien, & qu'il n'étoit pas
fait de même. Elle me dit que le Mé
decin l'avoit gardé, & lui avoit don
né celui-là. | Les difficultés qu'avoit
faites ce Docteur de lui donner le Re
mède, la demande qu'il lui avoit faite
G v
--
!
1 54 MERCURE DE FRANCE.
ſi elle avoit apporté † portion
de ce Ver, le parti qu'il avoit pris de la
traiter, après s'être emparé du morceau
qu'elle avoit, joint à ce qu'il ne voulut
pas lui rendre ce qu'elle avoit rendu,
mais qu'il lui donna un autre ver; tou
tes ces raiſons me font ſoupçonner que
c'eſt avec la poudre même du Ver qu'il
traite ſes Malades. Il connut, par les
queſtions qu'il avoit faites, que la nature
de ce Ver étoit différente de ceux qu'il
avoit ; & que, faute de poudre de pareil
Ver, il ne pourroit pas la guérir. C'étoit
peut-être le ſeul qu'il eût vu de cette
eſpèce, & il a voulu garder celui-là
pour s'en ſervir au beſoin,
Je vous prie,Monſieur,de vouloir bien
inſérer cette Lettre dans votre Mercure.
Les remarques que j'y fais pourroient
donner des idées à des perſonnes habi
les, ou attaquées de cette Maladie, &
pourroient être avantageuſes au Public.
J'ai l'honneur d'être, & c.
DE SAINT-ANGEL, Conseiller à la Cour
des Aydes de Clermont-Ferrand.
JE VIENS, Monsieur, de lire dans votre
Mercure du mois de Janvier dernier,
A V R I L. 1764.
I 51
des Obſervations ſur le Ver Solitaire ,
par M. P. .. .. , iJocteur en Médecine,
ancien Chirurgien en Chef du G. H. L.
de L.
-
L'Auteur dit, à la page 154, qu'il
avoit acquis le Spéçifique contre ce Ver,
de la veuve du Docteur Nouter, Méde
cin Suiſſe ; qu'il guérit ſubitement un
Seigneur Ruſſe, lui ayant donné ce Spé
cifique à ſept heures du matin , lequel
fit ſon effet dans quatre heures de temps.
C'eſt certainement là ce qu'on peut a
peller un Spécifique; & il ſeroit à §
rer qu'il fût public , y ayant bien des
-
perſonnes attaquées de cette Maladie. .
Je ne ſuis point étonné que le Poſſeſſeur
d'un pareil Remède ne le divulgue pas ;
mais je le ſuis de ce qu'il nous cache ſon
nom & ſa demeure. Je ne doute pas
qu'il ne ſe faſſe un plaiſir de contribuer
au bonheur de ſes ſemblables, qui pour
roient recourir à lui dans leur malheureux
état. Trouvez bon, Monſieur, que je
me ſerve de votre canal pour lui faire
parvenir cette Lettre, & que je l'invite à
nous apprendre dans quel lieu pourroient
le rencontrer ceux qui auroient cette
· maladie.
Il y a, Monſieur, neuf à dix ans que
la Femme de charge de ma Maiſon avoit
-
G iv ^
152 MERCIIRE DE FRANCE.
un.Ver ſolitaire.
Elle en avoit rendu
pluſieurs aulnes à différentes fois. J'ap
pris qu'il y avoit à Lyon un Médecin
Suiſſe qui avoit un Remède contre ce
Ver, (peut être eſt-ce le Docteur Nou
. ter) & qu'il devoit y être quelque temps.
J'envoyai la Malade à Lyon avec un do
meſtique. Elle vit dans cette Ville plu
ſieurs perſonnes qui avoient été guéries
par ce Médecin, qu'elle fut trouver. Il
lui fit nombre de queſtions, & lui dit
que ſon Remède étoit trop violent,
qu'elle n'auroit pas la force de le ſup
porter , & qu'elle pourroit fort bien
mourir dans l'opération ; qu'ainſi il ne
jugeoit pas à propos de le lui donner. La
Malade, fatiguée de ſon état, lui répon
dit qu'elle aimoit autant mourir que de
vivre comme elle faiſoit, & qu'elle étoit
décidée à le prendre; que cela ne retom
beroit pas ſur lui, s'il lui en arrivoit mal.
Le Médecin lui demanda ſi elle avoit ap
pcrté de ſon Ver. Elle en avoit quelques
aunes dans une bouteille, qu'il prit en lui
diſant, qu'il lui donneroit le Remède,
mais qu'il le modéreroit, & qu'elle ren
droit ſonVer par lambeaux.Il lui ordonna
de manger le ſoir une ſoupe au beurre ,
de prendre trois verres de vin blanc , &
un lavement avec du lait & du ſucre : ce
A V R I L. 1764.
-
153
qui fut fait. Le lendemain au matin il
vint à ſon Auberge de bonne heure,
avec un compagnon qu'il avoit, & lui
donna le Remède à prendre, ſans vou
loir laiſſer ouvrir les rideaux du lit, de
façon qu'elle n'a pu ſçavoir la couleur
dont il étoit. Environ deux heures après
elle ſe mit ſur le fiége, & ſe trouva ſi
mal qu'on crut qu'elle alloit expirer. Le
compagnon du Médecin lui diſoit : vous
l'aviez bien dit, Monſieur, qu'elle en
mourroit. On la fit revenir avec quel
ques eaux. Elle rendit enfin ſon Ver, &
ſentit tout-à-coup un vuide conſidérable
dans le creux de l'eſtomach. Elle ſortit
le reſte de la journée, & rendit quelques
autres portions du Ver, & remonta à
cheval le lendemain pour revenir chez
moi. Je n'ai point oui dire qu'elle en ait
été incommodée depuis environ cinq
ans qu'elle n'eſt plus à mon ſervice. Je
lui avois recommandé de m'apporter ſon
Ver; elle m'en préſenta un dans une
bouteille. Je lui dis dans l'inſtant que
ce n'étoit pas le ſien, & qu'il n'étoit pas
fait de même. Elle me dit que le Mé
decin l'avoit gardé, & lui avoit don
né celui-là. | Les difficultés qu'avoit
faites ce Docteur de lui donner le Re
mède, la demande qu'il lui avoit faite
G v
--
!
1 54 MERCURE DE FRANCE.
ſi elle avoit apporté † portion
de ce Ver, le parti qu'il avoit pris de la
traiter, après s'être emparé du morceau
qu'elle avoit, joint à ce qu'il ne voulut
pas lui rendre ce qu'elle avoit rendu,
mais qu'il lui donna un autre ver; tou
tes ces raiſons me font ſoupçonner que
c'eſt avec la poudre même du Ver qu'il
traite ſes Malades. Il connut, par les
queſtions qu'il avoit faites, que la nature
de ce Ver étoit différente de ceux qu'il
avoit ; & que, faute de poudre de pareil
Ver, il ne pourroit pas la guérir. C'étoit
peut-être le ſeul qu'il eût vu de cette
eſpèce, & il a voulu garder celui-là
pour s'en ſervir au beſoin,
Je vous prie,Monſieur,de vouloir bien
inſérer cette Lettre dans votre Mercure.
Les remarques que j'y fais pourroient
donner des idées à des perſonnes habi
les, ou attaquées de cette Maladie, &
pourroient être avantageuſes au Public.
J'ai l'honneur d'être, & c.
DE SAINT-ANGEL, Conseiller à la Cour
des Aydes de Clermont-Ferrand.
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Résumé : LETTRE au même, sur le Ver Solitaire.
La lettre discute des observations sur le ver solitaire, publiées dans le Mercure de janvier 1764 par un médecin nommé M. P., ancien chirurgien en chef. Ce médecin affirme avoir obtenu un remède contre le ver solitaire de la veuve du Docteur Nouter, un médecin suisse. Ce traitement aurait rapidement guéri un seigneur russe. L'auteur de la lettre s'étonne que M. P. ne révèle pas son identité et son adresse, espérant qu'il partage ce remède précieux avec ceux qui en ont besoin. L'auteur relate également une expérience personnelle. Il y a environ neuf à dix ans, une femme de charge de sa maison était atteinte d'un ver solitaire. Il l'envoya consulter un médecin suisse à Lyon, probablement le Docteur Nouter. Ce médecin hésita à administrer le remède en raison de sa puissance potentielle, mais finit par le donner après l'insistance de la femme. Elle fut guérie après avoir expulsé plusieurs portions du ver. L'auteur suspecte que le médecin utilisait la poudre du ver lui-même pour traiter ses patients, ce qui expliquerait ses réticences et ses actions. Il conclut en demandant la publication de cette lettre pour informer et aider d'autres personnes atteintes de cette maladie.
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738
p. 155-160
ÉCOLE ROYALE VÉTÉRINAIRE.
Début :
LE 21 Mars, les Elèves de l'Ecole Royale Vétérinaire, toujours animés de [...]
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texteReconnaissance textuelle : ÉCOLE ROYALE VÉTÉRINAIRE.
ÉCOLE ROYALE VÉTÉRINAIRE.
LE 21 Mars, les Elèves de l'Ecole
Royale Vétérinaire, toujours animés de
l'émulation la plus grande, en donnèrent
au Public de nouvelles marques,
La Séance fut honorée de la préſence de
M. l'Intendant de la Généralité, & d'un
nombre de Perſonnes de diſtinction. .
Les objets enviſagés dans le Concours,
ne furent pas moins intéreſſans que ceux
qui avoient été diſcutés dans l'Aſſem
blée du 3 du même mois. Il y fut queſ
tion des muſcles en général & des muſ
cles en particulier. On en obſerva les
· différences, les dénominations diverſes,
la figure, la direction, la ſituation, les
attaches, la force, la compoſition^iu
terne , & l'action méchanique, ſans ce
pendant tenter d'outre-paſſer les bornes
des connoiſſances humaines relative
ment à ce dernier point. D'une autre
part, les Elèves firent la démonſtration
de chaque muſcle ſéparément, ſur des
parties préparées à cet effet.
Cinquante d'entre eux s'étoient offerts
pour entrer en lice. L'impoſſibilité d'ad
mettre ce nombre de Contendans & de
G vj
-
156 MERCURE DE FRANCE.
les entendre tous dans une ſeule Séance,
détermina à en retrancher vingt-deux,
, qui ſubirent le 2o, c'eſt-à-dire, la veille
du jour de l'Aſſemblée dont nous ren
drons compte , un examen particulier.
Le réſultat fut d'adjuger un Prix à neuf
d'entre eux, & ce Prix fut tiré au ſort
le lendemain en préſence du Public.
Ces vingt-deux Elèves ſont les Sieurs
d'Auvergne le cadet, Girard, Thomas,
Greſſet, Beaumont fils, de la Province
de Franche-Comté ; Pequet , Noeq ,
Didné , Mouſſette , de la Généralité
d'Amiens ; Girard, de la Ville de Va
lenciennes ; Déchaux, de la Ville de
Lyon ; Chanu, de la Province de Bour
gogne; Mirot, de la Généralité de Li
moges ; Saunier, de la Province de
Dauphiné ; Puſenas, de la Généralité
de Moulins; Moret, de la Ville de Châ
lons-ſur-Saône ; Rouſſet & Guillet, de la
Province de Bugey ; Boudier, de la Gé
néralité d'Auvergne; Blouſard & Cham
bart , de la Province de Breſſe.
Les Sieurs d'Auvergne le cadet, Pe
quet, Girard , de Franche-Comté ; Gi
rard, de Valenciennes; Blouſard, Greſ
ſet, Beaumont fils & Déchaux furent
ceux qu'on inſcrivit, à l'effet de tirer
le Prix , que le haſard mit le lende
A V R I L. 1764.
157
main dans les mains du Sieur Greſſet.
Quant aux Elèves qui ont été admis
au Concours public, les uns ſont étran
gers, & envoyés par différens Souve
rains., les autres ſont nationaux.
MM. les Elèves étrangers ont diſputé
entre eux un Prix particulier, conſiſtant
en un Dictionnaire Allemand - Fran
çois & François-Allemand, & dans les
Ouvrages ou Mémoires de l'Académie .
Royale de Chirurgie de France.
Ces Elèves ſont :
-
MM. Abilgaard, envoyé par S. M. le
Roi de Dannemark , Genick, Scheffer,
envoyés par S. M. le Roi de Pruſſe,
Hernquiſt, Lenborn ,
Falander, en
| voyés par S. M. le Roi de Suéde.
Si les uns & les autres de ces Elèves
honorent la ſource dans laquelle ils vien
nent puiſer des lumières, ils n'honorent
pas moins leurs Nations, par des progrès
rapides, & par le deſir ardent qu'ils ont
de juſtifier le choix que des Souverains
éclairés ont fait d'eux pour former en
ſuite des Etabliſſemens utiles , ſembla
bles à celui dont la France aura toujours
la gloire d'avoir jetté les premiers fon
demens.
-
Tous s'empreſſent également à répon
dre à ces vues. .
-
-
,;8 MERCURE DE FRANCE. ..
·
· M. Abilgaard a été couronné; mais,
ſans prétendre porter la moindre atteinte
à l honneur qu'il s'eſt acquis, la juſtice
due à ſes Concurrens oblige d'avouer
que ſi les uns & les autres avoient eu la
même matière à traiter, ils n'auroient
pas moins que lui remporté tous les
fuffrages.
-
M. Hernquiſt, malgré les difficultés
- d'une langue qui lui eſt étrangère, a
démontré de la manière la plus claire
& la plus méthodique, les muſcles des
yeux ; il a parlé de leurs uſages, en les
conſidérant ſous toutes les faces poſſi
bles ; & il a ajouté à ce qui a été dit &
écrit ſur le muſcle orbiculaire, parti
culier aux Quadrupèdes.
MM. Genick & Scheffer, ainſi que
· MM. Lenborn & Falander, n'ont pu
traiter des points ſuſceptibles de diſcuſ
ſions auſſi curieuſes ; mais on eût deſiré
· d'avoir un Prix à diſtribuer à chacun de
ces Concurrens : tous en auroient été
| dignes.
Les Elèves nationaux qui ont paru
enſuite au nombre de vingt-trois, ſont,
les Sieurs Chaber, Viervil, Faure l'aîné,
Thevenet , Danguin, Deſavenieres, de
la Ville & Généralité de Lyon ; Gay &
Bethoux , de la Province de Dauphiné ;
A V R E L. 1764.
159
Treich, de la Généralité d'Auvergne ;
Péan, Maréchal du Corps de la Gendar
merie, Petite, Danne, Parnet, de la
Province de Franche-Comté; Barjolin
& Dupin , de la Généralité de Limoges ;
Beauvais & Boulanger, de celle d'A-
miens; Brachet & Kambert, de la Pro
vince du Bugey ; Differnet, de celle de
Breſſe ;
Preſlier , de la Généralité de
Moulins ;
Kamerlet , de la Ville de
Nancy ; Bredin , de la Province de
Bourgogne.
-
-
Rien n'eſt plus glorieux pour la plu
part de ces Contendans , que l'embarras
dans lequel ont été les Juges éclairés qui
devoient décider du mérite de chacun
d'eux. Cet honneur, qui rejaillit infail
liblement ſur MM. les Démonſtrateurs
qui les ont inſtruits, s'accroît ſans doute
lorſque l'on voit à la tête de ce Tribunal
des Maîtres tels que MM Charmeton &
Flurant, de l'Académie Royale de Chi
· rurgie, Violet , Pomier, Champeaux ,
· &c. &c.
Ils ont cru devoir adjuger le Prix éga
lement aux Sieurs Chaberr, Péan Bre
din, Treich, Parnet, Dupin, Petite,
Beauvais, Danguin, Barjolin , Preſlier
& Danne. Le ſort a favoriſé le Sieur
Bredin, connu déja par ſes ſuccès dans
16o MERCURE DE FRANCE.
pluſieurs Concours, & par ſes travaux
utiles dans pluſieurs Provinces.
Le Sieur Brachet a eu le premier
Acceſſit; mais la nuance eſt ſi foible,
qu'à peine auroit-il dû être diſtingué des
alltICS.
-
-
· Le Sieur Faure l'aîné a obtenu le ſe
cond, les Sieur Gay & Bethoux le troi
ſiéme, le Sieur Deſavenieres & le Sieur
Vierville quatriéme, & le Sieur Theve
net, âgé de dix ans, le cinquiéme.
LE 21 Mars, les Elèves de l'Ecole
Royale Vétérinaire, toujours animés de
l'émulation la plus grande, en donnèrent
au Public de nouvelles marques,
La Séance fut honorée de la préſence de
M. l'Intendant de la Généralité, & d'un
nombre de Perſonnes de diſtinction. .
Les objets enviſagés dans le Concours,
ne furent pas moins intéreſſans que ceux
qui avoient été diſcutés dans l'Aſſem
blée du 3 du même mois. Il y fut queſ
tion des muſcles en général & des muſ
cles en particulier. On en obſerva les
· différences, les dénominations diverſes,
la figure, la direction, la ſituation, les
attaches, la force, la compoſition^iu
terne , & l'action méchanique, ſans ce
pendant tenter d'outre-paſſer les bornes
des connoiſſances humaines relative
ment à ce dernier point. D'une autre
part, les Elèves firent la démonſtration
de chaque muſcle ſéparément, ſur des
parties préparées à cet effet.
Cinquante d'entre eux s'étoient offerts
pour entrer en lice. L'impoſſibilité d'ad
mettre ce nombre de Contendans & de
G vj
-
156 MERCURE DE FRANCE.
les entendre tous dans une ſeule Séance,
détermina à en retrancher vingt-deux,
, qui ſubirent le 2o, c'eſt-à-dire, la veille
du jour de l'Aſſemblée dont nous ren
drons compte , un examen particulier.
Le réſultat fut d'adjuger un Prix à neuf
d'entre eux, & ce Prix fut tiré au ſort
le lendemain en préſence du Public.
Ces vingt-deux Elèves ſont les Sieurs
d'Auvergne le cadet, Girard, Thomas,
Greſſet, Beaumont fils, de la Province
de Franche-Comté ; Pequet , Noeq ,
Didné , Mouſſette , de la Généralité
d'Amiens ; Girard, de la Ville de Va
lenciennes ; Déchaux, de la Ville de
Lyon ; Chanu, de la Province de Bour
gogne; Mirot, de la Généralité de Li
moges ; Saunier, de la Province de
Dauphiné ; Puſenas, de la Généralité
de Moulins; Moret, de la Ville de Châ
lons-ſur-Saône ; Rouſſet & Guillet, de la
Province de Bugey ; Boudier, de la Gé
néralité d'Auvergne; Blouſard & Cham
bart , de la Province de Breſſe.
Les Sieurs d'Auvergne le cadet, Pe
quet, Girard , de Franche-Comté ; Gi
rard, de Valenciennes; Blouſard, Greſ
ſet, Beaumont fils & Déchaux furent
ceux qu'on inſcrivit, à l'effet de tirer
le Prix , que le haſard mit le lende
A V R I L. 1764.
157
main dans les mains du Sieur Greſſet.
Quant aux Elèves qui ont été admis
au Concours public, les uns ſont étran
gers, & envoyés par différens Souve
rains., les autres ſont nationaux.
MM. les Elèves étrangers ont diſputé
entre eux un Prix particulier, conſiſtant
en un Dictionnaire Allemand - Fran
çois & François-Allemand, & dans les
Ouvrages ou Mémoires de l'Académie .
Royale de Chirurgie de France.
Ces Elèves ſont :
-
MM. Abilgaard, envoyé par S. M. le
Roi de Dannemark , Genick, Scheffer,
envoyés par S. M. le Roi de Pruſſe,
Hernquiſt, Lenborn ,
Falander, en
| voyés par S. M. le Roi de Suéde.
Si les uns & les autres de ces Elèves
honorent la ſource dans laquelle ils vien
nent puiſer des lumières, ils n'honorent
pas moins leurs Nations, par des progrès
rapides, & par le deſir ardent qu'ils ont
de juſtifier le choix que des Souverains
éclairés ont fait d'eux pour former en
ſuite des Etabliſſemens utiles , ſembla
bles à celui dont la France aura toujours
la gloire d'avoir jetté les premiers fon
demens.
-
Tous s'empreſſent également à répon
dre à ces vues. .
-
-
,;8 MERCURE DE FRANCE. ..
·
· M. Abilgaard a été couronné; mais,
ſans prétendre porter la moindre atteinte
à l honneur qu'il s'eſt acquis, la juſtice
due à ſes Concurrens oblige d'avouer
que ſi les uns & les autres avoient eu la
même matière à traiter, ils n'auroient
pas moins que lui remporté tous les
fuffrages.
-
M. Hernquiſt, malgré les difficultés
- d'une langue qui lui eſt étrangère, a
démontré de la manière la plus claire
& la plus méthodique, les muſcles des
yeux ; il a parlé de leurs uſages, en les
conſidérant ſous toutes les faces poſſi
bles ; & il a ajouté à ce qui a été dit &
écrit ſur le muſcle orbiculaire, parti
culier aux Quadrupèdes.
MM. Genick & Scheffer, ainſi que
· MM. Lenborn & Falander, n'ont pu
traiter des points ſuſceptibles de diſcuſ
ſions auſſi curieuſes ; mais on eût deſiré
· d'avoir un Prix à diſtribuer à chacun de
ces Concurrens : tous en auroient été
| dignes.
Les Elèves nationaux qui ont paru
enſuite au nombre de vingt-trois, ſont,
les Sieurs Chaber, Viervil, Faure l'aîné,
Thevenet , Danguin, Deſavenieres, de
la Ville & Généralité de Lyon ; Gay &
Bethoux , de la Province de Dauphiné ;
A V R E L. 1764.
159
Treich, de la Généralité d'Auvergne ;
Péan, Maréchal du Corps de la Gendar
merie, Petite, Danne, Parnet, de la
Province de Franche-Comté; Barjolin
& Dupin , de la Généralité de Limoges ;
Beauvais & Boulanger, de celle d'A-
miens; Brachet & Kambert, de la Pro
vince du Bugey ; Differnet, de celle de
Breſſe ;
Preſlier , de la Généralité de
Moulins ;
Kamerlet , de la Ville de
Nancy ; Bredin , de la Province de
Bourgogne.
-
-
Rien n'eſt plus glorieux pour la plu
part de ces Contendans , que l'embarras
dans lequel ont été les Juges éclairés qui
devoient décider du mérite de chacun
d'eux. Cet honneur, qui rejaillit infail
liblement ſur MM. les Démonſtrateurs
qui les ont inſtruits, s'accroît ſans doute
lorſque l'on voit à la tête de ce Tribunal
des Maîtres tels que MM Charmeton &
Flurant, de l'Académie Royale de Chi
· rurgie, Violet , Pomier, Champeaux ,
· &c. &c.
Ils ont cru devoir adjuger le Prix éga
lement aux Sieurs Chaberr, Péan Bre
din, Treich, Parnet, Dupin, Petite,
Beauvais, Danguin, Barjolin , Preſlier
& Danne. Le ſort a favoriſé le Sieur
Bredin, connu déja par ſes ſuccès dans
16o MERCURE DE FRANCE.
pluſieurs Concours, & par ſes travaux
utiles dans pluſieurs Provinces.
Le Sieur Brachet a eu le premier
Acceſſit; mais la nuance eſt ſi foible,
qu'à peine auroit-il dû être diſtingué des
alltICS.
-
-
· Le Sieur Faure l'aîné a obtenu le ſe
cond, les Sieur Gay & Bethoux le troi
ſiéme, le Sieur Deſavenieres & le Sieur
Vierville quatriéme, & le Sieur Theve
net, âgé de dix ans, le cinquiéme.
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Résumé : ÉCOLE ROYALE VÉTÉRINAIRE.
Le 21 mars, les élèves de l'École Royale Vétérinaire ont démontré leurs compétences lors d'une séance publique devant l'Intendant de la Généralité et des personnalités distinguées. Les sujets abordés comprenaient les muscles, leurs caractéristiques, dénominations, figures, directions, situations, attaches, forces, compositions internes et actions mécaniques. Sur cinquante candidats, vingt-huit ont été retenus après un examen préliminaire. Neuf élèves ont reçu un prix, attribué par tirage au sort. Les lauréats étaient d'Auvergne le cadet, Pequet, Girard de Franche-Comté, Girard de Valenciennes, Blousard, Gresset, Beaumont fils et Déchaux. Gresset a remporté le prix principal. Les élèves étrangers, envoyés par divers souverains, ont également participé à un concours spécifique. M. Abilgaard, envoyé par le roi de Danemark, a été couronné. Parmi les vingt-trois élèves nationaux, les prix ont été attribués à Chaber, Péan, Bredin, Treich, Parnet, Dupin, Petite, Beauvais, Danguin, Barjolin, Preslier et Danne. Brachet a obtenu le premier accessit, suivi de Faure l'aîné, Gay et Bethoux. Les juges étaient des maîtres éminents de l'Académie Royale de Chirurgie. Une autre compétition a classé plusieurs individus : Faure l'aîné a obtenu la deuxième place, Gay et Bethoux la troisième, Desavenires et Vierville la quatrième, et Thévenet, âgé de dix ans, la cinquième. Le texte mentionne également une distinction où quelque chose de très faible aurait à peine dû être distingué des autres.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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739
p. 160-161
BOTANIQUE.
Début :
LE Public est averti que les Jardins de Botanique du sieur Royer, Marchand [...]
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texteReconnaissance textuelle : BOTANIQUE.
BOTANIQUE.
LE Public est averti que les Jardins
de Botanique du sieur Royer, Marchand
Epicier-Droguiſte, grande rue du Fau
bourg S. Martin, &c, ſeront ouverts
le ſept du mois de Mai prochain. La
Nature ſeule y donnera à ceux qui vien
dront les fréquenter, des leçons & des
inſtructions pour apprendre à connoî
tre les Plantes ; & afin de mieux profi
rer du beau ſpectacle qu'elle préſente
en ce genre, on ira tous les Lundis,
comme les années précédentes , à la
| campagne, pour l'obſerver & la conſul
ter encore plus à ſon aiſe.
Quant aux drogues ſimples qui for
·
A V R I L. 1764.
161
ment une des grandes branches de ſon
commerce , telles que la Manne , la
Rhubarbe, le Quinquina , le Séné, les
Folicules de Séné , l'Ipécacuana , le
Rapontic, le Sucre, l'Oliban , le Gal
banum , &c, &c, &c. Il n'en parlera,
quand il fera voir ſon droguier, que les
lettres d'avis & de factures à la main, afin
- de prouver clairement dans quelles ré
gions ces diverſes ſubſtances naiſſent &
croiſſent, & par quelle voie elles arrivent
1C1.
Tel eſt le nouvel arrangement qu'il
a cru devoir prendre cette année ; il a
ſoin d'en rendre compte,par reſpect pour
le Public,& pour répondre à la confiance
dont il l'honore depuis longtemps. Ses
Jardins ſeront fermés le Mercredi & le
Samedi aux Etudians, ces deux jours
là étant deſtinés aux Dames comme ci
devant. Il montrera ſon droguier tous
les Vendredis, à moins qu'il ne ſoit
Fête.
LE Public est averti que les Jardins
de Botanique du sieur Royer, Marchand
Epicier-Droguiſte, grande rue du Fau
bourg S. Martin, &c, ſeront ouverts
le ſept du mois de Mai prochain. La
Nature ſeule y donnera à ceux qui vien
dront les fréquenter, des leçons & des
inſtructions pour apprendre à connoî
tre les Plantes ; & afin de mieux profi
rer du beau ſpectacle qu'elle préſente
en ce genre, on ira tous les Lundis,
comme les années précédentes , à la
| campagne, pour l'obſerver & la conſul
ter encore plus à ſon aiſe.
Quant aux drogues ſimples qui for
·
A V R I L. 1764.
161
ment une des grandes branches de ſon
commerce , telles que la Manne , la
Rhubarbe, le Quinquina , le Séné, les
Folicules de Séné , l'Ipécacuana , le
Rapontic, le Sucre, l'Oliban , le Gal
banum , &c, &c, &c. Il n'en parlera,
quand il fera voir ſon droguier, que les
lettres d'avis & de factures à la main, afin
- de prouver clairement dans quelles ré
gions ces diverſes ſubſtances naiſſent &
croiſſent, & par quelle voie elles arrivent
1C1.
Tel eſt le nouvel arrangement qu'il
a cru devoir prendre cette année ; il a
ſoin d'en rendre compte,par reſpect pour
le Public,& pour répondre à la confiance
dont il l'honore depuis longtemps. Ses
Jardins ſeront fermés le Mercredi & le
Samedi aux Etudians, ces deux jours
là étant deſtinés aux Dames comme ci
devant. Il montrera ſon droguier tous
les Vendredis, à moins qu'il ne ſoit
Fête.
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Résumé : BOTANIQUE.
Le texte annonce l'ouverture des Jardins de Botanique du sieur Royer, Marchand Épicier-Droguiste, située grande rue du Faubourg Saint-Martin, le 7 mai 1764. Ces jardins offriront des leçons et des instructions sur les plantes, avec des sorties hebdomadaires le lundi pour observer la nature. Le sieur Royer propose également un commerce de drogues simples, incluant la manne, la rhubarbe, le quinquina, le séné, les folicules de séné, l'ipécacuana, le rapontic, le sucre, l'oliban et le galbanum. Il prévoit de montrer son droguier chaque vendredi, sauf en cas de fête, et de fournir des lettres d'avis et de factures pour garantir l'origine et la provenance de ces substances. Les jardins seront fermés aux étudiants le mercredi et le samedi, ces jours étant réservés aux dames.
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740
p. 162-164
DISTILLATION.
Début :
LES personnes qui par état emploient du vinaigre distillé, & qui desirent [...]
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texteReconnaissance textuelle : DISTILLATION.
DISTILLATION.
LES personnes qui par état emploient
du vinaigre distillé, & qui desirent
qu'il ſoit bien déflegmé , ſont aver
ties par le feur Maille , Diſtillateur ,
que la conſtruction d'un fourneau qu'il
a imaginé pour faire cette diſtillationr
dans † vaiſſeaux de grès, le met à
portée de vendre ce vinaigre à un très
bon compte & d'une qualité ſupé
rieure, & ſans être dangereux, comme
celui qui ſe diſtribue chez différens Par
ticuliers , fait dans des alambics de cui
· vre , ce qui eſt dangereux par les par
ties métalliques qu'il enléve, & par con
ſéquent devient très-préjudiciable aux
remédes dans leſquels il eſt emploié.
Le Vinaigre Romain pour la con
ſervation de la bouche, ſe diſtribue tou
jours avec les plus heureux ſuccès pour
A V R I L. 1764.
163
blanchir les dents , empêcher qu'elles
ne ſe carient , en arrêter le progrès,
les raffermir dans leurs alvèoles , préve
nir l'haleine forte, & rafraîchir les lé
vres. L'Auteur vend auſſi différens vi
naigres, pour guérir le mal de dent ,
blanchir la peau , guérir les dartres fa
rineuſes, les boutons , noircir les che
veux roux ou blanc, ainſi que les ſour
cils, ôter les taches de rouſſeur , maſ
ques de couches , & le véritable Vi- .
naigre des quatre Voleurs, préſervatifde
tout air contagieux, & généralement
toutes ſortes de Vinaigres tant à l'uſage
des bains & toilette , que de la table,au
nombre de deux cent ſortes. On diſtri
bue toujours en ſon magafin à Séve,
près Paris, le nouveau Caſſis blanc pour
aider la digeſtion des alimens , le nou
veau Ratafia des Sultanes, le Courier
de Cythère , & toutes ſortes de Li
queurs & Eaux d'odeur tant françoiſes
qu'étrangères. On s'adreſſera pour les
vinaigres au ſieur Maille , rue S. An
dré des Arcs , la troiſiéme porte-co
chère à droite en entrant par le Pont
S. Michel , entre la rue Mâcon & la
ue Hautefeuille, de l'autre côté,à Paris
Et pour le Caſſis ,
Ratafia & autres
Liqueurs & Odeurs en ſon Magazin »
·r64 MERCURE DE FRANCE.
à Séve près Paris, route de la Cour.
Le prix des moindres bouteilles pour
les dents ou autres propriétés, eſt de
3 liv. , le Caſſis blane 4 liv. la pinte,
le Ratafia des Sultanes , 6 liv. , & 8
liv. le Courier de Cythère. Ledit ſieur -
Maille fait
les envois au deſir des
perſonnes , en remettant l'argent par
la Poſte, franc de port, ainſi que les
lettres :
il envoye en même temps la
manière de s'en ſervir avec une liſte de
ſes vinaigres, & des prix. Les perſon
nes qui voudront emporter de ces ſor
tes de vinaigre dans les Iſles où l'u-
ſage en eſt ſi néceſſaire, peuvent le
faire ſans crainte que le temps ni l'é-
loignement du tramſport puiſſe altérer
leurs qualités.
LES personnes qui par état emploient
du vinaigre distillé, & qui desirent
qu'il ſoit bien déflegmé , ſont aver
ties par le feur Maille , Diſtillateur ,
que la conſtruction d'un fourneau qu'il
a imaginé pour faire cette diſtillationr
dans † vaiſſeaux de grès, le met à
portée de vendre ce vinaigre à un très
bon compte & d'une qualité ſupé
rieure, & ſans être dangereux, comme
celui qui ſe diſtribue chez différens Par
ticuliers , fait dans des alambics de cui
· vre , ce qui eſt dangereux par les par
ties métalliques qu'il enléve, & par con
ſéquent devient très-préjudiciable aux
remédes dans leſquels il eſt emploié.
Le Vinaigre Romain pour la con
ſervation de la bouche, ſe diſtribue tou
jours avec les plus heureux ſuccès pour
A V R I L. 1764.
163
blanchir les dents , empêcher qu'elles
ne ſe carient , en arrêter le progrès,
les raffermir dans leurs alvèoles , préve
nir l'haleine forte, & rafraîchir les lé
vres. L'Auteur vend auſſi différens vi
naigres, pour guérir le mal de dent ,
blanchir la peau , guérir les dartres fa
rineuſes, les boutons , noircir les che
veux roux ou blanc, ainſi que les ſour
cils, ôter les taches de rouſſeur , maſ
ques de couches , & le véritable Vi- .
naigre des quatre Voleurs, préſervatifde
tout air contagieux, & généralement
toutes ſortes de Vinaigres tant à l'uſage
des bains & toilette , que de la table,au
nombre de deux cent ſortes. On diſtri
bue toujours en ſon magafin à Séve,
près Paris, le nouveau Caſſis blanc pour
aider la digeſtion des alimens , le nou
veau Ratafia des Sultanes, le Courier
de Cythère , & toutes ſortes de Li
queurs & Eaux d'odeur tant françoiſes
qu'étrangères. On s'adreſſera pour les
vinaigres au ſieur Maille , rue S. An
dré des Arcs , la troiſiéme porte-co
chère à droite en entrant par le Pont
S. Michel , entre la rue Mâcon & la
ue Hautefeuille, de l'autre côté,à Paris
Et pour le Caſſis ,
Ratafia & autres
Liqueurs & Odeurs en ſon Magazin »
·r64 MERCURE DE FRANCE.
à Séve près Paris, route de la Cour.
Le prix des moindres bouteilles pour
les dents ou autres propriétés, eſt de
3 liv. , le Caſſis blane 4 liv. la pinte,
le Ratafia des Sultanes , 6 liv. , & 8
liv. le Courier de Cythère. Ledit ſieur -
Maille fait
les envois au deſir des
perſonnes , en remettant l'argent par
la Poſte, franc de port, ainſi que les
lettres :
il envoye en même temps la
manière de s'en ſervir avec une liſte de
ſes vinaigres, & des prix. Les perſon
nes qui voudront emporter de ces ſor
tes de vinaigre dans les Iſles où l'u-
ſage en eſt ſi néceſſaire, peuvent le
faire ſans crainte que le temps ni l'é-
loignement du tramſport puiſſe altérer
leurs qualités.
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Résumé : DISTILLATION.
Le texte présente les innovations et les produits du sieur Maille, un distillateur. Maille a créé un fourneau permettant de distiller le vinaigre dans des vaisseaux de grès, améliorant ainsi la sécurité et la qualité du produit par rapport aux alambics de cuivre traditionnels. Le vinaigre romain est recommandé pour la conservation de la bouche, le blanchiment des dents, la prévention des caries et la fraîcheur des lèvres. Maille propose également divers vinaigres pour traiter des affections telles que le mal de dents, les dartres farineuses et les boutons, ainsi que pour noircir les cheveux ou les sourcils. Parmi ses produits figurent le cassis blanc, le ratafia des sultanes, le courier de Cythère, et diverses liqueurs et eaux de toilette. Les prix varient de 3 à 8 livres. Maille offre l'envoi des produits par la poste, sans frais de port, et fournit des instructions d'utilisation et une liste des prix. Les produits peuvent être expédiés sans risque de dégradation, même vers des destinations éloignées comme les îles.
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741
p. 101-105
ANNONCES DE LIVRES.
Début :
LE Négociant Citoyen, ou essai dans la recherche des moyens d'augmenter [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ANNONCES DE LIVRES.
ANNONCES DE LIVRES.
LE Négociant Citoyen, ou essai dans
la recherche des moyens d'augmenter
les lumières de la Nation ſur le Com
merce & l'Agriculture; avec cette Epi
graphe :
Varium calipradicer morem .
cura ſit, ac patrios cultuſque habituſque locomum,,
Et guia quæque ferat regio, quid quaque recuſet.
Virg. Georg.Lib. I.
Par M. C. C. A à Amſterdam , & ſe
trouve à Paris , chez Ducheſne, Li
braire, rue S. Jacques , au-deſſous de
la Fontaine S. Benoît, au Temple du
Goût. Brochure in-$°. de 56 pages.
|
Il ſeroit à ſouhaiter que les vues que
I'on ſe propoſè dans cet Ecrit, euſſent
leur exécution ; on verroit ſe former
dans la profeſſion du Commerce & de
l'Agriculture, une pépinière d'hommes
, également éclairés & utiles, Ceux qui
auroient vieilli dans les emplois, vien
droient ſervir la Patrie par leurs lumiè
res & leur expérience dans les Cham
bres de Commerce & dans les Bureaux
d'Agriculture du Royaume , dans les
1o2 MERCURE DE FRANCE.
Places qui leur feroient acquiſes par
droit de vétérance. Ce ne ſont là que
les idées principales de cette brochure ;
l'Auteur qui les développe avec autant
d'ordre que de précifion & de clarté,
fait connoître les moyens les plus ſûrs
de parvenir à l'exécution de ſes vues pa
triotiques.
-
-
-
,
DEs Corps poſitiques ' & de leurs
gouvernemens; deux volumes in-12.
C'eſt un nouveau Titre d'un Ouvra
ge connu & intitnlé, Abrégé de la Répu
blique de Bodin, à Londres, chez Jean
Nourſe;& ſe trouve à Paris chez Cavelier,
rue S. Jacques, 1755. On ſçait que la Ré
publique de Bodin a eu dans ſon temps
un ſuccès ſemblable à celui de l'Eſprit
des Loix ; mais on ne la liroit plus au
jourd'hui, ſi on n'en avoit rajeuni le
ſtyle, & retranché le ſuperflu. C'eſt ce
# fait avec ſuccès un Magiſtrat de
Bordeaux, en y mêlant quelques réflé
| xions qui donnent un nouveau prix à
l'Ouvrage lequel ſe vend toujours chez
Cavelier, rue S. Jacques, au lys d'or.
Le nouveau titre que porte ce Livre ac
tuellement, ne regarde que le Frontiſpi
ce; car les titres des chapitres nous ont
paru les mêmes; & il eſt égal de l'acheter
M A I. 1764.
1o3
ſous le titre des Corps politiques, &c ,
ou ſous celui d'Abrégé de la République
de Bodin.
APoLoGUEs Orientaux. par M. de
Sauvigni, dédiés à Mgr LE DAUPHIN;
à Paris , chez Ducheſne, Libraire, rue
S. Jacques, au-deſſous de la Fontaine
S. Benoît, au Temple du Goût; avea
approbation & permiſſion ; 1764. Bro
chure in-12 d'environ 2oo pages.
.
Les divers morceaux de cette Bro-*
ehure , rapportés ci-deſſus dans l'Arti
cle des Piéces fugitives de ce Mercure,
nous diſpenſent de nous étendre ſur le
mérite de ces Apologues ; nos Lecteurs
en jugeront par eux-mêmes, puiſque
nous en avons mis quelques-uns ſous
leurs yeux. Nous ne doutons pas que
ce léger échantillon ne faſſe defirer de
ſe procurer tout l'Ouvrage.
-
RÉFLExIoNs ſur les préjugés qui
s'oppoſent aux progrés & à la perfec
tion de l'inoculation : par M. Gatti,
Médecin Conſultant du Roi, & Pro
feſſeur en Médecine dans l'Univerſité
de Piſe ; à Bruxelles, & fe trouve à
Paris chez Misſier Fils , quai des Au
E iv
1o4 MERCURE DE FRANCE.
guſtins , 1764 ; brochure in-12 de 24o
pages.
.
Les préjugés ſur leſquels M. Gatti
fait des Réflexions, regardent 1°. La
nature de la petite vérole 1°. La mé
thode d'inoculer. 3°. La contagion de lâ
† vérole. inoculée 4°. le retour de
a petite vérole après l'inoculation. M.
Gatti combat tous ces préjugés : &
uoique cette matière ait été pluſieurs
ois agitée, nous croyons que cette
brochure , où l'on donne de nouvelles
raiſons, ou des raiſons expoſées d'une
manière nouvelle , excitera encore la
curioſité des perſonnes qui prennent
parti pour ou contre , dans cette fa
meuſe queſtion.
·
MÉMoIREs pour la vie de François
Pétrarque, tirés de ſes Œuvres, & des
Auteurs contemporains, avec des no
tes, ou difſertations, & les Piéces juſ
tificatives ; à Amſterdam chez Arſkée
& Mercus , 1764; un vol. in-4°. qui
doit être ſuivi de 2 ou 3 autres du
même format.
Plus de trente perſonnes ont écrit la
vie de Pétrarque ; & cependant l'Au
· teur ne craint point d'aſſurer que nous
-
M A I. 1764.
I O5
n'avons point encore de bonne vie
de ce Poëte Italien. Pour le prouver il
adreſſe une très-longue Préface aux
perſonnes d'Italie qui aiment la Poéſie
& les Lettres. Il en adreſſe une autre
aux François , Amateurs de la Poéſie
& des Belles-Lettres , pour leur décou
vrir le principal motif qui lui a fait
entreprendre ce grand Ouvrage. On
ſent bien que ce motif ne peut être,
que de faire connoître en France un
homme , à qui il prétend que nous
, avons les
plus grandes
obligations.
Nous reviendrons plus d'une fois ſur
, ce Livre, à meſure qu'il en paroîtra
, un nouveau volume ; & nous en tire--
rons des anecdotes qui pourront four
nir matière à des extraits curieux, agréa--
bles & inſtructifs. .
LE Négociant Citoyen, ou essai dans
la recherche des moyens d'augmenter
les lumières de la Nation ſur le Com
merce & l'Agriculture; avec cette Epi
graphe :
Varium calipradicer morem .
cura ſit, ac patrios cultuſque habituſque locomum,,
Et guia quæque ferat regio, quid quaque recuſet.
Virg. Georg.Lib. I.
Par M. C. C. A à Amſterdam , & ſe
trouve à Paris , chez Ducheſne, Li
braire, rue S. Jacques , au-deſſous de
la Fontaine S. Benoît, au Temple du
Goût. Brochure in-$°. de 56 pages.
|
Il ſeroit à ſouhaiter que les vues que
I'on ſe propoſè dans cet Ecrit, euſſent
leur exécution ; on verroit ſe former
dans la profeſſion du Commerce & de
l'Agriculture, une pépinière d'hommes
, également éclairés & utiles, Ceux qui
auroient vieilli dans les emplois, vien
droient ſervir la Patrie par leurs lumiè
res & leur expérience dans les Cham
bres de Commerce & dans les Bureaux
d'Agriculture du Royaume , dans les
1o2 MERCURE DE FRANCE.
Places qui leur feroient acquiſes par
droit de vétérance. Ce ne ſont là que
les idées principales de cette brochure ;
l'Auteur qui les développe avec autant
d'ordre que de précifion & de clarté,
fait connoître les moyens les plus ſûrs
de parvenir à l'exécution de ſes vues pa
triotiques.
-
-
-
,
DEs Corps poſitiques ' & de leurs
gouvernemens; deux volumes in-12.
C'eſt un nouveau Titre d'un Ouvra
ge connu & intitnlé, Abrégé de la Répu
blique de Bodin, à Londres, chez Jean
Nourſe;& ſe trouve à Paris chez Cavelier,
rue S. Jacques, 1755. On ſçait que la Ré
publique de Bodin a eu dans ſon temps
un ſuccès ſemblable à celui de l'Eſprit
des Loix ; mais on ne la liroit plus au
jourd'hui, ſi on n'en avoit rajeuni le
ſtyle, & retranché le ſuperflu. C'eſt ce
# fait avec ſuccès un Magiſtrat de
Bordeaux, en y mêlant quelques réflé
| xions qui donnent un nouveau prix à
l'Ouvrage lequel ſe vend toujours chez
Cavelier, rue S. Jacques, au lys d'or.
Le nouveau titre que porte ce Livre ac
tuellement, ne regarde que le Frontiſpi
ce; car les titres des chapitres nous ont
paru les mêmes; & il eſt égal de l'acheter
M A I. 1764.
1o3
ſous le titre des Corps politiques, &c ,
ou ſous celui d'Abrégé de la République
de Bodin.
APoLoGUEs Orientaux. par M. de
Sauvigni, dédiés à Mgr LE DAUPHIN;
à Paris , chez Ducheſne, Libraire, rue
S. Jacques, au-deſſous de la Fontaine
S. Benoît, au Temple du Goût; avea
approbation & permiſſion ; 1764. Bro
chure in-12 d'environ 2oo pages.
.
Les divers morceaux de cette Bro-*
ehure , rapportés ci-deſſus dans l'Arti
cle des Piéces fugitives de ce Mercure,
nous diſpenſent de nous étendre ſur le
mérite de ces Apologues ; nos Lecteurs
en jugeront par eux-mêmes, puiſque
nous en avons mis quelques-uns ſous
leurs yeux. Nous ne doutons pas que
ce léger échantillon ne faſſe defirer de
ſe procurer tout l'Ouvrage.
-
RÉFLExIoNs ſur les préjugés qui
s'oppoſent aux progrés & à la perfec
tion de l'inoculation : par M. Gatti,
Médecin Conſultant du Roi, & Pro
feſſeur en Médecine dans l'Univerſité
de Piſe ; à Bruxelles, & fe trouve à
Paris chez Misſier Fils , quai des Au
E iv
1o4 MERCURE DE FRANCE.
guſtins , 1764 ; brochure in-12 de 24o
pages.
.
Les préjugés ſur leſquels M. Gatti
fait des Réflexions, regardent 1°. La
nature de la petite vérole 1°. La mé
thode d'inoculer. 3°. La contagion de lâ
† vérole. inoculée 4°. le retour de
a petite vérole après l'inoculation. M.
Gatti combat tous ces préjugés : &
uoique cette matière ait été pluſieurs
ois agitée, nous croyons que cette
brochure , où l'on donne de nouvelles
raiſons, ou des raiſons expoſées d'une
manière nouvelle , excitera encore la
curioſité des perſonnes qui prennent
parti pour ou contre , dans cette fa
meuſe queſtion.
·
MÉMoIREs pour la vie de François
Pétrarque, tirés de ſes Œuvres, & des
Auteurs contemporains, avec des no
tes, ou difſertations, & les Piéces juſ
tificatives ; à Amſterdam chez Arſkée
& Mercus , 1764; un vol. in-4°. qui
doit être ſuivi de 2 ou 3 autres du
même format.
Plus de trente perſonnes ont écrit la
vie de Pétrarque ; & cependant l'Au
· teur ne craint point d'aſſurer que nous
-
M A I. 1764.
I O5
n'avons point encore de bonne vie
de ce Poëte Italien. Pour le prouver il
adreſſe une très-longue Préface aux
perſonnes d'Italie qui aiment la Poéſie
& les Lettres. Il en adreſſe une autre
aux François , Amateurs de la Poéſie
& des Belles-Lettres , pour leur décou
vrir le principal motif qui lui a fait
entreprendre ce grand Ouvrage. On
ſent bien que ce motif ne peut être,
que de faire connoître en France un
homme , à qui il prétend que nous
, avons les
plus grandes
obligations.
Nous reviendrons plus d'une fois ſur
, ce Livre, à meſure qu'il en paroîtra
, un nouveau volume ; & nous en tire--
rons des anecdotes qui pourront four
nir matière à des extraits curieux, agréa--
bles & inſtructifs. .
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Résumé : ANNONCES DE LIVRES.
Le texte présente plusieurs annonces de livres. Le premier ouvrage, 'Le Négociant Citoyen' de M. C. C. A., se propose d'éclairer la nation sur le commerce et l'agriculture. L'auteur souhaite voir naître des professionnels compétents et utiles dans ces domaines, aptes à servir la patrie grâce à leur expertise. Ce livre est disponible à Amsterdam et à Paris chez Duchesne, Libraire. Un autre ouvrage mentionné est 'Des Corps politiques & de leurs gouvernements', une révision moderne de 'La République' de Bodin. Cette version actualisée et épurée conserve les titres des chapitres originaux et est publiée à Londres, tout en étant disponible à Paris chez Cavelier. Les 'Apologues Orientaux' de M. de Sauvigny, dédiés à Monseigneur le Dauphin, sont également annoncés. Ce recueil de fables est disponible chez Duchesne, Libraire, à Paris. Le texte mentionne aussi 'Réflexions sur les préjugés qui s'opposent aux progrès & à la perfection de l'inoculation' par M. Gatti, médecin consultant du Roi et professeur à l'Université de Pise. Cet ouvrage traite des préjugés concernant la nature de la petite vérole, la méthode d'inoculation, la contagion et le retour de la maladie après inoculation. Le livre est disponible à Bruxelles et à Paris chez Missier Fils. Enfin, 'Mémoires pour la vie de François Pétrarque' est annoncé. L'auteur affirme que malgré les nombreuses biographies existantes, aucune n'est satisfaisante. Le livre inclut des notes, des dissertations et des pièces justificatives, et sera publié en plusieurs volumes. Il est disponible à Amsterdam chez Arkstée & Mercus.
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742
p. 146-149
OBSERVATIONS sur un Marasme occasionné par un morceau de plomb, par M. HOUSSET, de la Société Royale des Sciences, & Docteur en l'Université de Médecine de Montpellier, Médecin des Hôpitaux, Bibliothécaire & ancien Directeur de la Société des Sciences & Belles-Lettres d'Auxerre.
Début :
J'AI vu en 1757 à l'Hôtel-Dieu un homme, qui, quelques heures après [...]
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texteReconnaissance textuelle : OBSERVATIONS sur un Marasme occasionné par un morceau de plomb, par M. HOUSSET, de la Société Royale des Sciences, & Docteur en l'Université de Médecine de Montpellier, Médecin des Hôpitaux, Bibliothécaire & ancien Directeur de la Société des Sciences & Belles-Lettres d'Auxerre.
OBSERVATIONS sur un Marasme occasionné
par un morceau de plomb,
par M. HOUSSET, de la Société
Royale des Sciences, & Docteur en
l'Université de Médecine de Montpellier,
Médecin des Hôpitaux, Bibliothécaire
& ancien Directeur de la Société
des Sciences & Belles-Lettres d'Auxerre.
J'AI vu en 1757 à l'Hôtel-Dieu un
homme, qui, quelques heures après
avoir mangé, rejettoit tous les alimens.
Je ſoupçonnois qu'il étoit attaqué d'un
ſchirre à l'orifice inférieur du ventricule,
qui empêchoit les ſol des de paſſer dans
le duodenum. J'emplo5 ai pour le guérir
les remèdes que je jugeois les plus effica
ces , les vomitifs , les purgatifs, les fon
dans , les #péritirs, mais infructueuſe
ment Le malade , ennuyé du peu de
ſuccès qº'il retiroit de ces ſecours, ſor
ti de l'Hôpital , retourna dans ſon pays.
J'appris quelque temps après, par ſon
Chirurgien , qu'il y étoit mort; que ſon
" ,
M A I. 1764.
147
cadâvre ayant été ouvert , on avoit
trouvé au fond de ſon eſtomach un mor
ceau de plomb d'une figure irrégulière,
aſſez conſidérable pour obliturer le canal
des inteſtins, & empêcher que , les ali
mens pouſſés par le mouvement périſtal
tique de l eſtomach , n'entraſſent dans le
duodenum ; en ſorte que le viſcère de
voit être irrité dans le temps de la digeſ
tion , & par un mouvement rétrogra
de, rejetter les matières alimenteuſès à
moitié digérées. Ce qui a conduit inſen
ſiblement notre malade a un maraſme
univerſel , & enfn à la mort. Il auroit
pu guérir par un uſage journalier de
certaines préparations mercuriellcs. Les
heureuſes obſervaticns de M. le Dran ,
ſur la diſſolution du plomb dans la veſ
ſie, par le moyen du mercure, nous au
roient invité à les employer, & nous
auroient fait eſpérer une cure radicale :
mais les payſans ſont ſouvent d'un génie
ſi borné, qu'on les prendroit plutôt
our des automates , que pour des gens
capables de donner le moindre éclairciſ
ſement ſur la cauſe de leurs maladies. *
* L'eſton ach jouit de deux ſortes de mouve
mens, l'un progreſſif ou périſtalique, par lequel
1es alinmens en partie digérés dans cet organe,
ſont pouſſés dans le duodenum , l'autre, retrogra
G ij
148 MERCURE DE FRANCE. .
SEcoNDE Obſervation ſur une Perte de
Sang ſuivie de la Fiſtule lacrymale.
Madame Lefèbvre, Religieuſe du Cou
vent de la Viſitation, étoit attaquée de
puis pluſieurs années d'une perte de ſang. .
Feu mon Père , Médecin de cette Com
munauté, laiſſoit aller cette perte juſqu'à
ce qu'elle eût affoibli un peu les forces
du corps, ſans néanmoins en bleſſer no
tablement les fonctions ; il la faiſoit en
ſuite ſaigner du bras. Ce qui ſuſpendoit
pendant un long eſpace de temps l'écou
lement. Je ſuivois la même méthode à
laquelle la Nature étoit habituée : elle
me réuſſiſſoit. Mais cette maladie , de
ſimple qu'elle étoit, devint compliquée ;
de ou antiperiſtaltique, qui, au lieu de les conſer
ver pour l'œuvre de la nutrition, les chaſſe au
contraire au-dehors. Ce double mouvement eſt
vermiculaire, involontaire, contre les Sthaliens,
ne dépend que de l'irritation faite à la membrane
muſculaire du viſcère qui ſeule en eſt le ſiége. Ce
mouvement,à quion a donné le nom d'irritabilite,
connu depuis peu, annoncéſi ſçavamment dans les
Expériences du célébre M. de Haller, vient d'être
développé, quant à ſa nature & ſes propriétés,
dans les Lettres de M. Houſſet adreſſées à cet Au
reur. Voyez le ſecond volume des Mémoires ſur
les Parties ſenſibles & irritables, Edit, de Lau
fanne, 176o,
,
M A I. 176 p.
I 4 j
· une ophtalmie, un flux de larmes invo
lontaires qui dégénérèrent en un ulcère
| fiſtuleux lacrymal , rendoient ſon état
plus triſte de jour en jour, & me firent
penſer ſérieuſement à détruire juſqu'aux
plus profondes racines du mal. Pénétré
de cette réfléxion,jejugeai que l'état pré
ſent ne pouvoit avoir d'autres cauſes que
la conſtitution âcre de la maſſe du ſang
qui tendoit à la diſſolution ;
il s'agiſſoit
en conſéquence d'adoucir l'acrimonie
de ce fluide, & d'en rallier les principes.
L'uſage habituel du lait & des alimens
farineux , comme le ris au gras , le ver
micelle, les œufs au lait, &c, me paru
· rent les plus propres à remplir ces deux
indications; le tout précédé des remèdes
énéraux convenables à ſon état. Cette
eligieuſe, à qui je donnois l'eſpérance
de la guériſon, ſuivit conſtamment mes
conſeils, & au bout de huit mois elle
fut délivrée, non-ſeulement de ſa perte,
mais auſſi guérie de ſa fiſtule, qui depuis
cinq ou ſix ans, n'a laiſſé entrevoir au
cune marque qui fît craindre ſon retour,
A Auxerre, ce 13 Avril 1764.
par un morceau de plomb,
par M. HOUSSET, de la Société
Royale des Sciences, & Docteur en
l'Université de Médecine de Montpellier,
Médecin des Hôpitaux, Bibliothécaire
& ancien Directeur de la Société
des Sciences & Belles-Lettres d'Auxerre.
J'AI vu en 1757 à l'Hôtel-Dieu un
homme, qui, quelques heures après
avoir mangé, rejettoit tous les alimens.
Je ſoupçonnois qu'il étoit attaqué d'un
ſchirre à l'orifice inférieur du ventricule,
qui empêchoit les ſol des de paſſer dans
le duodenum. J'emplo5 ai pour le guérir
les remèdes que je jugeois les plus effica
ces , les vomitifs , les purgatifs, les fon
dans , les #péritirs, mais infructueuſe
ment Le malade , ennuyé du peu de
ſuccès qº'il retiroit de ces ſecours, ſor
ti de l'Hôpital , retourna dans ſon pays.
J'appris quelque temps après, par ſon
Chirurgien , qu'il y étoit mort; que ſon
" ,
M A I. 1764.
147
cadâvre ayant été ouvert , on avoit
trouvé au fond de ſon eſtomach un mor
ceau de plomb d'une figure irrégulière,
aſſez conſidérable pour obliturer le canal
des inteſtins, & empêcher que , les ali
mens pouſſés par le mouvement périſtal
tique de l eſtomach , n'entraſſent dans le
duodenum ; en ſorte que le viſcère de
voit être irrité dans le temps de la digeſ
tion , & par un mouvement rétrogra
de, rejetter les matières alimenteuſès à
moitié digérées. Ce qui a conduit inſen
ſiblement notre malade a un maraſme
univerſel , & enfn à la mort. Il auroit
pu guérir par un uſage journalier de
certaines préparations mercuriellcs. Les
heureuſes obſervaticns de M. le Dran ,
ſur la diſſolution du plomb dans la veſ
ſie, par le moyen du mercure, nous au
roient invité à les employer, & nous
auroient fait eſpérer une cure radicale :
mais les payſans ſont ſouvent d'un génie
ſi borné, qu'on les prendroit plutôt
our des automates , que pour des gens
capables de donner le moindre éclairciſ
ſement ſur la cauſe de leurs maladies. *
* L'eſton ach jouit de deux ſortes de mouve
mens, l'un progreſſif ou périſtalique, par lequel
1es alinmens en partie digérés dans cet organe,
ſont pouſſés dans le duodenum , l'autre, retrogra
G ij
148 MERCURE DE FRANCE. .
SEcoNDE Obſervation ſur une Perte de
Sang ſuivie de la Fiſtule lacrymale.
Madame Lefèbvre, Religieuſe du Cou
vent de la Viſitation, étoit attaquée de
puis pluſieurs années d'une perte de ſang. .
Feu mon Père , Médecin de cette Com
munauté, laiſſoit aller cette perte juſqu'à
ce qu'elle eût affoibli un peu les forces
du corps, ſans néanmoins en bleſſer no
tablement les fonctions ; il la faiſoit en
ſuite ſaigner du bras. Ce qui ſuſpendoit
pendant un long eſpace de temps l'écou
lement. Je ſuivois la même méthode à
laquelle la Nature étoit habituée : elle
me réuſſiſſoit. Mais cette maladie , de
ſimple qu'elle étoit, devint compliquée ;
de ou antiperiſtaltique, qui, au lieu de les conſer
ver pour l'œuvre de la nutrition, les chaſſe au
contraire au-dehors. Ce double mouvement eſt
vermiculaire, involontaire, contre les Sthaliens,
ne dépend que de l'irritation faite à la membrane
muſculaire du viſcère qui ſeule en eſt le ſiége. Ce
mouvement,à quion a donné le nom d'irritabilite,
connu depuis peu, annoncéſi ſçavamment dans les
Expériences du célébre M. de Haller, vient d'être
développé, quant à ſa nature & ſes propriétés,
dans les Lettres de M. Houſſet adreſſées à cet Au
reur. Voyez le ſecond volume des Mémoires ſur
les Parties ſenſibles & irritables, Edit, de Lau
fanne, 176o,
,
M A I. 176 p.
I 4 j
· une ophtalmie, un flux de larmes invo
lontaires qui dégénérèrent en un ulcère
| fiſtuleux lacrymal , rendoient ſon état
plus triſte de jour en jour, & me firent
penſer ſérieuſement à détruire juſqu'aux
plus profondes racines du mal. Pénétré
de cette réfléxion,jejugeai que l'état pré
ſent ne pouvoit avoir d'autres cauſes que
la conſtitution âcre de la maſſe du ſang
qui tendoit à la diſſolution ;
il s'agiſſoit
en conſéquence d'adoucir l'acrimonie
de ce fluide, & d'en rallier les principes.
L'uſage habituel du lait & des alimens
farineux , comme le ris au gras , le ver
micelle, les œufs au lait, &c, me paru
· rent les plus propres à remplir ces deux
indications; le tout précédé des remèdes
énéraux convenables à ſon état. Cette
eligieuſe, à qui je donnois l'eſpérance
de la guériſon, ſuivit conſtamment mes
conſeils, & au bout de huit mois elle
fut délivrée, non-ſeulement de ſa perte,
mais auſſi guérie de ſa fiſtule, qui depuis
cinq ou ſix ans, n'a laiſſé entrevoir au
cune marque qui fît craindre ſon retour,
A Auxerre, ce 13 Avril 1764.
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Résumé : OBSERVATIONS sur un Marasme occasionné par un morceau de plomb, par M. HOUSSET, de la Société Royale des Sciences, & Docteur en l'Université de Médecine de Montpellier, Médecin des Hôpitaux, Bibliothécaire & ancien Directeur de la Société des Sciences & Belles-Lettres d'Auxerre.
En 1757, M. Housset observa un homme à l'Hôtel-Dieu qui rejetait tous les aliments peu après les avoir ingérés. Il suspecta une obstruction à l'orifice inférieur du ventricule et tenta divers traitements sans succès. Le patient quitta l'hôpital et mourut peu après. L'autopsie révéla un morceau de plomb dans l'estomac, obstruant le passage vers le duodénum, ce qui provoquait un reflux des aliments et un marasme général. Le patient aurait pu être soigné avec des préparations mercurielles, mais les paysans avaient souvent du mal à fournir des informations précises sur leurs maladies. Dans un autre cas, M. Housset décrivit la situation de Madame Lefèbvre, une religieuse souffrant d'une perte de sang chronique. Initialement traitée par des saignées, son état se compliqua par une ophtalmie et une fistule lacrymale. Housset diagnostiqua une constitution acide du sang et prescrivit un régime alimentaire adoucissant, incluant du lait et des aliments farineux. Après huit mois de traitement, Madame Lefèbvre fut guérie de sa perte de sang et de sa fistule.
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743
p. 150-152
LETTRE écrite par M. FARCY, à Madame la Générale la MOTTE, du 10 Mars 1763, au sujet de ses Gouttes blanches & jaunes.
Début :
MADAME, LA vie & la santé de mon Père, que [...]
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE écrite par M. FARCY, à Madame la Générale la MOTTE, du 10 Mars 1763, au sujet de ses Gouttes blanches & jaunes.
LETTRE écrite par M. FARCY, à Madame
la Générale la MOTTE, du 10
Mars 1763, au sujet de ses Gouttes
blanches & jaunes.
MADAME,
LA vie & la santé de mon Père, que
je dois à l'excellence de votre Elixir, &
aux bons ſoins de M. Thiery , Docteur
en Médecine de la Faculté de Paris,
ſont pour moi les motifs d'une recon
noiſſance qui ne s'altérera jamais. Que
ne puis-je perſuader au Public que, ſi la
paralyſie a des effets ſi fâcheux, que les
tempéramens même les plus robuſtes
n'en ſont pas exempts, on trouve dans
votre Elixir un excellent remède contre
cette maladie. Mon Père, ſexagénaire &
fort replet, fut tout-à-coup réduit le 31
Janvier dernier en un état qui ne permet
toit pas même aux gens de l'Art, d'eſpé
rer le rétabliſſement de toute la partie
droite du corps qui étoit immobile.Mais
comme nous trouvâmes heureuſement
* Cette Lettre n'a été retrouvée que depuis
quelques jours , au Bureau du Mercure.
-
M A I. 1764.
1 5 1
M Thiery , dont les lum ères ſont auſſi
connues que les bonnes qualités de ſon
cœur, il ne déſeſpéra point d'une gué
riſon parfaite. Parmi les moyens dont il
ſe ſervit, il employa principalement l'E-
lixir jaune. Ces ſecours firent au bout de
trois jours concevoir les plus grandes
eſpérances. La langue qui ſubitement
s'étoit tellement engagée, que mon Père
ne pouvoit nommer ce dont il avoit be
ſoin , commença à ſe délier, & le ſixié
me jour de ſa maladie il ſe faiſoit en
tendre. M. Thiery ayant ordonné des
frictions avec votre Elixir blanc, le long
du bras droit plus fortement affecté, le
ſurlendemain de cette opération le doigt
annulaire & le petit doigt donnèrent
quelques ſignes de mouvement, J'affir
me avec la plus grande vérité,que la con
tinuation de ces frictions, l'uſage inté
rieur de l'Elixir jaune, avec les autres
remèdes, ont en moins de quinze jours
produit des effets étonnans ; de ſorte que
l'articulation des doigts de la main étoit
on ne peut pas plus ſenſible, & il reſtoit
à la langue peu d'embarras. Je certifie
qu'aujourd'hui mon Père va, vient, ſe
proméne ;
qu'il parle auſſi librement
qu'autrefois, & ſe ſert de ſon bras au
point de s'en raſer. Tout le quartier du
G iv
1 52 MERCURE DE FRANCE.
fauxbourg S. Honoré a connoiſſance de
cet événement , auſſi-bien que M. le
Comte de Saint-Florentin , & auquel ce
Miniſtre auſſi diſtingué par ſa ſageſſe
que par ſa bonté, s'eſt intéreſſé. Indé
pendamment de M. Thiery, qui a diri
gé la cure de mon Père, je puis citer
our témoins de ſon état actuel & paſſé
MM. Bainieres, Cagnard & Cadet , Chi
rurgiens. M. de Laſſaigne, Médecin du
Roi, qui a bien voulu ſuivre mon Père
dans ſa convaleſcence , avec une atten
tion particulière, a cru ne pouvoir mieux
faire que de continuer le traitement qui
avoit ſi bien réuſſi.
Je ſuis avec autant de reſpect que de
reconnoiſſance , &c,
A Paris, le 10 Mars 1763.
la Générale la MOTTE, du 10
Mars 1763, au sujet de ses Gouttes
blanches & jaunes.
MADAME,
LA vie & la santé de mon Père, que
je dois à l'excellence de votre Elixir, &
aux bons ſoins de M. Thiery , Docteur
en Médecine de la Faculté de Paris,
ſont pour moi les motifs d'une recon
noiſſance qui ne s'altérera jamais. Que
ne puis-je perſuader au Public que, ſi la
paralyſie a des effets ſi fâcheux, que les
tempéramens même les plus robuſtes
n'en ſont pas exempts, on trouve dans
votre Elixir un excellent remède contre
cette maladie. Mon Père, ſexagénaire &
fort replet, fut tout-à-coup réduit le 31
Janvier dernier en un état qui ne permet
toit pas même aux gens de l'Art, d'eſpé
rer le rétabliſſement de toute la partie
droite du corps qui étoit immobile.Mais
comme nous trouvâmes heureuſement
* Cette Lettre n'a été retrouvée que depuis
quelques jours , au Bureau du Mercure.
-
M A I. 1764.
1 5 1
M Thiery , dont les lum ères ſont auſſi
connues que les bonnes qualités de ſon
cœur, il ne déſeſpéra point d'une gué
riſon parfaite. Parmi les moyens dont il
ſe ſervit, il employa principalement l'E-
lixir jaune. Ces ſecours firent au bout de
trois jours concevoir les plus grandes
eſpérances. La langue qui ſubitement
s'étoit tellement engagée, que mon Père
ne pouvoit nommer ce dont il avoit be
ſoin , commença à ſe délier, & le ſixié
me jour de ſa maladie il ſe faiſoit en
tendre. M. Thiery ayant ordonné des
frictions avec votre Elixir blanc, le long
du bras droit plus fortement affecté, le
ſurlendemain de cette opération le doigt
annulaire & le petit doigt donnèrent
quelques ſignes de mouvement, J'affir
me avec la plus grande vérité,que la con
tinuation de ces frictions, l'uſage inté
rieur de l'Elixir jaune, avec les autres
remèdes, ont en moins de quinze jours
produit des effets étonnans ; de ſorte que
l'articulation des doigts de la main étoit
on ne peut pas plus ſenſible, & il reſtoit
à la langue peu d'embarras. Je certifie
qu'aujourd'hui mon Père va, vient, ſe
proméne ;
qu'il parle auſſi librement
qu'autrefois, & ſe ſert de ſon bras au
point de s'en raſer. Tout le quartier du
G iv
1 52 MERCURE DE FRANCE.
fauxbourg S. Honoré a connoiſſance de
cet événement , auſſi-bien que M. le
Comte de Saint-Florentin , & auquel ce
Miniſtre auſſi diſtingué par ſa ſageſſe
que par ſa bonté, s'eſt intéreſſé. Indé
pendamment de M. Thiery, qui a diri
gé la cure de mon Père, je puis citer
our témoins de ſon état actuel & paſſé
MM. Bainieres, Cagnard & Cadet , Chi
rurgiens. M. de Laſſaigne, Médecin du
Roi, qui a bien voulu ſuivre mon Père
dans ſa convaleſcence , avec une atten
tion particulière, a cru ne pouvoir mieux
faire que de continuer le traitement qui
avoit ſi bien réuſſi.
Je ſuis avec autant de reſpect que de
reconnoiſſance , &c,
A Paris, le 10 Mars 1763.
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Résumé : LETTRE écrite par M. FARCY, à Madame la Générale la MOTTE, du 10 Mars 1763, au sujet de ses Gouttes blanches & jaunes.
Dans une lettre datée du 10 mars 1763, M. Farcy exprime sa gratitude à Madame la Générale la Motte pour l'efficacité de son élixir dans le traitement de son père. Ce dernier, âgé et corpulent, avait subi une paralysie le 31 janvier précédent, immobilisant la moitié droite de son corps. Le Dr Thiery, de la Faculté de Paris, utilisa principalement l'élixir jaune, observant des améliorations significatives après trois jours. Des frictions avec l'élixir blanc furent ensuite appliquées sur le bras droit, accélérant la récupération. En moins de quinze jours, le père de M. Farcy retrouva l'usage de ses doigts, de sa langue, put marcher, parler et utiliser son bras. Plusieurs témoins, y compris des chirurgiens et le médecin du roi, confirmèrent cette guérison. Le comte de Saint-Florentin manifesta également son intérêt pour cet événement.
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744
p. 152-164
SÉANCE publique de l'Académie des Sciences & Belles-Lettres de BÉSIERS.
Début :
LE 25 du mois d'Août dernier, 1763, l'Académie célébra le matin la [...]
Mots clefs :
Femmes, Sein, Mort, Discours, Gangrène, Utérus, Sciences, Abbé Gros, Traité, Mauvais, Voyages, Voyageur, Histoire, Couches
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SÉANCE publique de l'Académie des Sciences & Belles-Lettres de BÉSIERS.
SÉANCE publique de l'Académie des
Sciences & Belles-Lettres de BÉSIERS.
LE 25 du mois d'Août dernier,
1763, l'Académie célébra le matin la
Fête de Saint Louis, par une Meſſe
M A I. 1764.
I 53
qu'elle fit dire , & après laquelle M.
l'Abbé de Baſtard Prêtre , Sacriſtain
de la Cathédrale & l'un de nos Confrè
res, lut le Panégyrique du Saint, qui
eut l'applaudiſſement d'une nombreuſe
aſſemblée.
Le même jour, vers les cinq heures
après midi, l'Académie ſe rendit à l'Hô
tel-de-Ville, où en préſence de MM.
les Maire & Conſuls, d'un grand nom
bre d'Officiers , & d'autres perſonnes
de diſtinction, M. Brouzet, Directeur ,
ouvrit la ſéance par un diſcours, où il
parla de la Paix ; & des circonſtances
qui l'ont précédée, & à la fin du quel il
fit l'Eloge du RoI, de M. le Comte. de
· S. Florentin notre Protecteur , de M.
notre Evêque & de M. de Mairan. En
ſuite il s'étendit beaucoup ſur l'éduca
tion morale des Enfans : c'étoit la ſe
conde partie de ſes réfléxions ſur ce ſu
jet. Il en avoit lu la première dans la
ſéance publique précédente.
M. l'Abbé de Manſe, qui avoit été
chargé par la Compagnie de faire le
précis du diſcours ſur l'utilité des Voya
ges, que notre Aſſocié M. l'Abbé Gros
de-Beſplas de la Maiſon & Société de
Sorbonne, vient de faire imprimer,
lut ce qui ſuit,
.
"
G v
*
-
.
^.
154 MERCURE DE FRANCE.
M. l'Abbé Gros, après une courte
Préface , où il rend compte des motifs
qui l'ont engagé à choiſir le Sujet qu'il
a traité, commence ſon diſcours par
un remercîment de la grace qu'il dit
avoir reçue , en ſe voyant admis par
mi nous. La modeſtie & la reconnoiſſan
ce ſemblent lui avoir dicté les expreſ
ſions dont il ſe ſert à cette occaſion ;
il paſſe tout de ſuite à l'utilité des voya
ges, relativement aux Sciences & aux
mœurs :
il
fait voir que les voyages
éclairent les Sciences & qu'ils forment
les mœurs : voilà les deux parties de
ſon diſcours.
-
, Les voyages, dit-il, après M. Piga
miol de la Force, on été les premières
écoles du monde , & les Voyageurs
les premiers Sçavans. Rempli de l'idée
de cet Auteur , M. l'Abbé Gros regar
de l'Univers comme un cabinet , & un
Voyageur comme un Sçavant qui par
court tous les Livres qui y ſont conte
nus; avec cette différence, que le Voya
geur en interrogeant les hommes de
tous les pays , en eſt bien autrement
· affecté , que le Sçavant qui n'interroge
que les Livres : tout eſt froid pour
celui - ci ; tout s'anime pour celui-là.
L'hiſtoire des Nations policées , & de
M A I. 1754.
-
1 55
celles qui ne le ſont pas, l'hiſtoire des
Empires & des Peuples, l'hiſtoire natu
relle, l'hiſtoire même de la Religion ,
tout eſt à découvert pour celui qui
voyage ; les Sciences proprement dites,
Philoſophie, Théologie, Aſtronomie ,
Géographie, Tactique, Médecine, Bota
nique , tout eſt dévoilé au voyageur. Il
juge de tout , parce qu'il voit tout, qu'il
écoute tout.
-
C'eſt le tableau que nous préſente
l'Auteur dans la première
partie de
ſon Diſcours ; & ce tableau eſt un
tableau mouvant, qui fait paſſer l'objet
dans le cœur du Spectateur.
La ſeconde partie , dit M. de Manſe,
eſt d'autant plus agréable à lire, que
l'Auteur combat victorieuſement par
les faits le préjugé que l'Abbé Regnier
a réduit en maxime : rarement à courir
le monde , on devient plus homme de
bien. On ne peut ſe refuſer à tout ce
que M. Gros dit pour prouver que les
voyages ſont profitables aux mœurs ;
premierement, en corrigeant les défauts
qui peuvent ſe trouver dans les caracté
res nationaux & perſonnels.
Il y a
des vices , dit-il , auxquels on ne peut
échapper que par la fuite ; le voyageur
fait toujours. Secondement , en ſubſti
G vj
/
156 MERCURE DE FRANCE.
tuant à ces défauts les qualités qui don
nent de l'éclat aux Nations que l'on va
viſiter. La vertu ſe montre au voyageur
ſous tant d'images, qu'il ſent redoubler
pour elle ſon inclination. D'ailleurs il a
des motifs bien puiſſans pour devenir
vertueux ; la gloire de ſa Nation, & ſà
gloire perſonnelle.
-
| Parmi nous un Citoyen ſe montre-t-il
léger ? c'eſt le vice de la perſonne : chez
l'Etranger , il fait accuſer la Nation ;
· c'eſt le vice des François. Parmi nous
le Citoyen jouit d'une confidération ,
qui peut-être n'eſt due qu'à ſes Pères :
chez l'Etranger, il n'a d'autre reſſource
que ſon propre mérite pour ſe concilier
les ſuffrages de ceux avec qui il vit.
M. l'Abbé Gros finit ſon Ouvrage par
I'Eloge du RoI,de M.le Comte de S. Flo
rentin notre Protecteur, de M. Béſiers
notre Chef, de M. de Mairan notre Fon
dateur, de Mde Lepaute notre Aſſociée;
& tous ces Eloges font ſortir le mérite
de celui qui loue , de même que le mé
rite de ceux qui ſont loués.
Après le Diſcours dont je viens , dit
M. de Manſe, de donner le précis, M.
Gros ajoute des réfléxions ſur les Voya
ges; & ce n'eſt pas l'endroit le moins
piquant , ni le moins utile de ſon écrit.
M A I. 1764.
157
Il étoit ſi plein de ſa matière , que ne
pouvant pas faire entrer tout ce qu'il
avoit médité la-deſſus, dans un diſcours
de demi-heure de lecture, il a été obligé
de la ciſailler, pour ainſi dire, afin de ne
rien omettre de ce qui devoit perſuader
ſon Sujet, & pour en faire retirer les
avantages qu'il en a retirés lui - même.
Comme Orateur, ſon éloquence déter
mine à voyager : comme penſeur, ſes
maximes apprennent à voyager : la mé
fiance, dit-il, eſt un vice dans le com
merce de la Société : elle eſt indipenſa
ble dans les voyages, & devient une
prudence; c'eſt en ce ſens, qu'on a tou
jours dit que la méfiance étoit mère,
de ſureté.
L'
-
Si l'on croit les gens du Païs , on
accourcit ſon chemin par les ſentiers ;
& j'aſſure , dit-il, qu'on l'abrège par
les grandes routes. Cette maxime a l'air
d'un paradoxe ; mais en l'éxaminant ,
on en découvre aiſément la vérité.
Les autres réfléxions que l'on trouve
en aſſez grand nombre dans l'ouvrage
de M. l'Abbé Gros , ſont très - judi
cieuſes, & d'une pratique ſûre & avan
tageuſe. Il ſeroit à ſouhaiter qu'on les
gravât dans l'eſprit & dans le cœur des
jeunes gens qu'on deſtine à voyager.
158 MERCURE DE FRANCE:
M. Bouillet le Père parla enſuite ſur
la mort prompte de quelques femmes
en couche , & ſur les moyens de pré
venir cette mort. Il n'en détailla pas
toutes les cauſes : il réſerva pour une
autre occaſion la ſyncope, la ſuffoca
tion utérine , l'apopléxie laiteuſe ; &
pour l'hémorrhagie exceſſive , il ren
voya à M. Levret, habile Accoucheur
de Paris , qui en a très-bien diſſerté
dans un de ſes ouvrages. Il ſe borna à la
gangrène de l'utérus, ſuite de l'inflam
mation de cette partie , & la cauſe la
plus ordinaire de la mort prompte de ces
accouchées : Sujet qui ne paroît pas
avoir été traité en particulier * & avec
toute l'attention qu'il mérite.
Mais à quoi attribuer cette inflam
mation, & la gangrène qui lui ſuccède
ſi promptement ? Le commun des hom
mes en rapporte ordinairement la cauſe
à quelque coup extérieur , à quelque
chute , ou à quelque déchirure, a quel
que contuſion dans l'intérieur du ſein ;
& l'on ne peut pas nier qu'a l'égard de
" M. Aſtruc a parlé de l'inflammation de la
ma trice hors le temps des couches ; mais il n'a
pas encore traité ex profeſſo de celle qui ſurvient
d'abord après l'accouchement. V. Traité des ma
ladies des Femmes imprimé en 176 I.
,
M A I. 1764.
159
certaines femmes qui ont péri bruſque
ment , ces cauſes n'aient eu quelque
part à leur mort. On ne manque guères
auſſi de ſoupçonner quelque faute dans
le traitement de l'accouchée ,
ſi ſa
mort a été précédée d'une maladie de
quelques jours.
Cependant, on voit 1°. mourir des
accouchées , qui n'avoient fait aucune
chute , & qui n'avoient reçu aucun
coup ſur le ventre.
2°. Il en meurt auſſi ſans qu'il y ait
eu aucune écorchure ou contuſion dans
leur ſein ; & l'on en voit réchapper dont
le ſein n'a pû qu'être furieuſement mal
traité. Car ſans parler de celles qui ont
ſurvécu
à l'Opération Céſarienne ,
combien d'exemples n'a-t-on pas, de
femmes à qui on a arraché de force .
ou tiré par des crochets des enfans
morts, ou des têtes ſeparées de leur
tronc , ou enclavées entre les os du
baſſin, ſans que la mort s'en ſoit tou
jours enſuivie ?
Il y a plus : on a vu revenir en ſanté
des femmes à qui les enfans pourris dans
leur ſein, avoient percé l'abdomen, s'é-
toient frayés une iſſue à travers les
membranes de l'utérus & de l'inteſtin
-
•
•
• •
• à
7 6- MERCURE DE FRANCE.
rectu n,"d'où ils ſortoient par piéces : ce
qui prouve évidemment, que, quoique
la ſubſtance de l'utérus ſoit très-délicate,
très-ſuſceptible des impreſſions ſoit ex
térieures , ſoit intérieures , & qu'il faille
la ménager avec toute l'attention poſ
ſible , ce n'eſt pas pourtant toujours
à raiſon de ſa délicateſſe , ni à raiſon
des incifions qui ont pu y être faites,
ou des meurtriſſures qu'elle a pu rece
voir , ou des inflammations & des
abſcès qui ont pu s'y former, que la
gangrène de cette partie enléve ſi bruſ
quement la femme en couche.
3°. Enfin il meurt des accouchées
entre les mains des plus habiles Mé
decins, quoiqu'elles ſe fuſſent délivrées
naturellement, & que dans leur mala
die elles euſſent été traitées ſelon toutes
les régles de l'Art.
A quoi donc attribuer le triſte ſort
de ces femmes ? C'eſt, répond M. B. à
la nature de la fiévre qui les attaque
d'abord après l'accouchement, & à la
quelle ſuccédent promptement l'inflam
mation & la gangrène de leur ſein.
* V. Joann. Langii Epiſt. Mad. Lib. 2. Epiſt.
39. Mém. de l'Acad. Royale des Sciences, année
17o2. p. 234. Obſerv. de Médecine de la Société
d'Edimbourg. Tom, V, Art, 39° &c.
M A I. 1744.
161 .
Après avoir expliqué en peu de mots
Ia diſpoſition de l'utérus après l'en
fantement, & avoir rapporté les cauſes
générales de la gangrène & du ſphacèle,
· M. B. ajoute qu'il eſt viſible que ſi une
femme avant ſes couches n'a pas ob
ſervé les régles d'une ſage diéte, ſi elle a
uſé de mauvais alimens, d'alimens capa
bles de fournir une grande quantité de
ſucs de mauvaiſe qualité,ou que par quel
que cauſe que ce ſoit ces mauvais ſucs ſe
ſoient formés dans ſon corps , que
d'abord après l'accouchement ils vien
nent à ſe développer, & qu'ils occa
ſionnent une fiévre de mauvais ca
ractère avec de violens redoublemens ,
ſon ſein doit s'engorger à un extrême
degré , ſe gangrener , ſe ſphacéler,
d'où s'enſuivra une prompte mort.
On ne ſera pas ſurpris de ce funeſte
accident, ſi on conſidére d'un côté !'état
où ſe trouve le ſein des femmes d'abord
après l'accouchement, & de l'autre, ſi
on examine les effets que doivent pro
duire ſur ce viſcére les violens pa
roxiſmes d'une fiévre putride maligne.
On s'imagine bien qu'il faut un peu
de temps pour que les parois de l'utérus
énormément diſtendus vers la fin de la
groſſeſſe, ſe rapprochent; que leurs vaiſ
ſeaux extrêmement gonflés ſe vuident
1 62 MERCURE DE FRANCE.
des liqueurs qu'ils contiennent, & que
tout le corps de ce viſcére revienne à
ſon premier état ; d'où il eſt aiſé de
comprendre que s'il arrive de violens
redoublemens de fiévre , avant que
l'utérus ſoit réduit à ſon premier volu
me ; ſes vaiſſeaux déjà gorgés & dé
pourvus d'élaſticité céderont aiſément à
l'impétuoſité des humeurs qui y abor
deront; les extrémités capillaires de leurs
rameaux artériels ſe rempliront outre
meſure; les liqueurs qui y ſont accumu-'
lées ne pourront plus rouler; les tuni
ques de quelques rameaux trop dilatées
fe rompront ; & il ſurviendra une ceſſà
tion totale du cours des liquides, & du
mouvement ſyſtaltique des ſolides : en
un mot la gangrène & le ſphacéle ou
la mort de ce viſcére qui entraîne
promptement celle de l'accouchée.
Ajoutons que plus les femmes auront
· manqué dans leur régime pendant leur
groſſeſſe, plus elles ſeront expoſées à
ce ſiniſtre événement après leurs cou
ches , & beaucoup davantage celles
dont le ſein n'étoit pas originairement
bien conſtitué.
M. B. rend raiſon du mauvais ſuccès
des remédes dans le cas dont il s'agit; &
il ajoute qu'on ne doit accuſer ici ni
M A I. 1764.
163
Médecin , ni Accoucheur. Il prétend
qu'ils ne ſont point alors comptables de
la mort de ces infortunées ; & que c'eſt
uniquement à la mauvaiſe diſpoſition
de leur ſein , & à la fiévre putride
-maligne qui les ſaiſit d'abord après leurs
couches , qu'il faut s'en prendre.
D'où il conclut que pour éviter une
ſi bruſque & ſi fâcheuſe cataſtrophe, le
· ſeul moyen ſeroit de prévenir la fiévre
putride maligne qui fait périr les femmes
en couche en occaſionnant prompte
ment l'inflammation & la gangrène de
leur ſein. Et ce moyen conſiſte , dit-il,
en un régime très-rigoureux , en une
privation abſolue d'alimens indigeſtes,
ou aiſés à ſe corrompre, ſur-tout de
ragoûts , de pâtiſſeries , de liqueurs ar
dentes ou faciles à s'enflammer, en un
ſommeil tranquille , en un exercice
modéré, & en une ſuſpenſion prèſque
totale des paſſions de l'âme : en un
mot, en une manière de vivre frugale ,
priſe principalement des végétaux , &
réglée de telle ſorte,que les femmes pen
dant leur groſſeſſe n'ayent aucune in
digeſtion à craindre, & qu'elles puiſſent
ſe flatter de ne porter aucun mauvais
levain dans leur corps , ou ce qui revient
au même , de n'avoir aucun foyer de
\
1 o4 MERCURE DE FRANCE.
maladie lors de leur enfantement.
Avec de telles précautions, auxquelles
vraiſemblablement peu de femmes groſ
ſes voudront entièrement s'aſſujettir ,
quelque néceſſaires qu'elles leur ſoient,
ou du moins en y ſuppléant ſuffiſam
ment, s'il eſt poſſible, par le ſecours
de l'Art , elles préviendront infaillible
ment la fiévre putride maligne , dont
, quelques-unes ſont menacées après leurs
couches, & dont les effets leur ſont ſi
funeſtes.
-
-
-
A BESIERS, le 15 Septembre 1763.
Sciences & Belles-Lettres de BÉSIERS.
LE 25 du mois d'Août dernier,
1763, l'Académie célébra le matin la
Fête de Saint Louis, par une Meſſe
M A I. 1764.
I 53
qu'elle fit dire , & après laquelle M.
l'Abbé de Baſtard Prêtre , Sacriſtain
de la Cathédrale & l'un de nos Confrè
res, lut le Panégyrique du Saint, qui
eut l'applaudiſſement d'une nombreuſe
aſſemblée.
Le même jour, vers les cinq heures
après midi, l'Académie ſe rendit à l'Hô
tel-de-Ville, où en préſence de MM.
les Maire & Conſuls, d'un grand nom
bre d'Officiers , & d'autres perſonnes
de diſtinction, M. Brouzet, Directeur ,
ouvrit la ſéance par un diſcours, où il
parla de la Paix ; & des circonſtances
qui l'ont précédée, & à la fin du quel il
fit l'Eloge du RoI, de M. le Comte. de
· S. Florentin notre Protecteur , de M.
notre Evêque & de M. de Mairan. En
ſuite il s'étendit beaucoup ſur l'éduca
tion morale des Enfans : c'étoit la ſe
conde partie de ſes réfléxions ſur ce ſu
jet. Il en avoit lu la première dans la
ſéance publique précédente.
M. l'Abbé de Manſe, qui avoit été
chargé par la Compagnie de faire le
précis du diſcours ſur l'utilité des Voya
ges, que notre Aſſocié M. l'Abbé Gros
de-Beſplas de la Maiſon & Société de
Sorbonne, vient de faire imprimer,
lut ce qui ſuit,
.
"
G v
*
-
.
^.
154 MERCURE DE FRANCE.
M. l'Abbé Gros, après une courte
Préface , où il rend compte des motifs
qui l'ont engagé à choiſir le Sujet qu'il
a traité, commence ſon diſcours par
un remercîment de la grace qu'il dit
avoir reçue , en ſe voyant admis par
mi nous. La modeſtie & la reconnoiſſan
ce ſemblent lui avoir dicté les expreſ
ſions dont il ſe ſert à cette occaſion ;
il paſſe tout de ſuite à l'utilité des voya
ges, relativement aux Sciences & aux
mœurs :
il
fait voir que les voyages
éclairent les Sciences & qu'ils forment
les mœurs : voilà les deux parties de
ſon diſcours.
-
, Les voyages, dit-il, après M. Piga
miol de la Force, on été les premières
écoles du monde , & les Voyageurs
les premiers Sçavans. Rempli de l'idée
de cet Auteur , M. l'Abbé Gros regar
de l'Univers comme un cabinet , & un
Voyageur comme un Sçavant qui par
court tous les Livres qui y ſont conte
nus; avec cette différence, que le Voya
geur en interrogeant les hommes de
tous les pays , en eſt bien autrement
· affecté , que le Sçavant qui n'interroge
que les Livres : tout eſt froid pour
celui - ci ; tout s'anime pour celui-là.
L'hiſtoire des Nations policées , & de
M A I. 1754.
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1 55
celles qui ne le ſont pas, l'hiſtoire des
Empires & des Peuples, l'hiſtoire natu
relle, l'hiſtoire même de la Religion ,
tout eſt à découvert pour celui qui
voyage ; les Sciences proprement dites,
Philoſophie, Théologie, Aſtronomie ,
Géographie, Tactique, Médecine, Bota
nique , tout eſt dévoilé au voyageur. Il
juge de tout , parce qu'il voit tout, qu'il
écoute tout.
-
C'eſt le tableau que nous préſente
l'Auteur dans la première
partie de
ſon Diſcours ; & ce tableau eſt un
tableau mouvant, qui fait paſſer l'objet
dans le cœur du Spectateur.
La ſeconde partie , dit M. de Manſe,
eſt d'autant plus agréable à lire, que
l'Auteur combat victorieuſement par
les faits le préjugé que l'Abbé Regnier
a réduit en maxime : rarement à courir
le monde , on devient plus homme de
bien. On ne peut ſe refuſer à tout ce
que M. Gros dit pour prouver que les
voyages ſont profitables aux mœurs ;
premierement, en corrigeant les défauts
qui peuvent ſe trouver dans les caracté
res nationaux & perſonnels.
Il y a
des vices , dit-il , auxquels on ne peut
échapper que par la fuite ; le voyageur
fait toujours. Secondement , en ſubſti
G vj
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156 MERCURE DE FRANCE.
tuant à ces défauts les qualités qui don
nent de l'éclat aux Nations que l'on va
viſiter. La vertu ſe montre au voyageur
ſous tant d'images, qu'il ſent redoubler
pour elle ſon inclination. D'ailleurs il a
des motifs bien puiſſans pour devenir
vertueux ; la gloire de ſa Nation, & ſà
gloire perſonnelle.
-
| Parmi nous un Citoyen ſe montre-t-il
léger ? c'eſt le vice de la perſonne : chez
l'Etranger , il fait accuſer la Nation ;
· c'eſt le vice des François. Parmi nous
le Citoyen jouit d'une confidération ,
qui peut-être n'eſt due qu'à ſes Pères :
chez l'Etranger, il n'a d'autre reſſource
que ſon propre mérite pour ſe concilier
les ſuffrages de ceux avec qui il vit.
M. l'Abbé Gros finit ſon Ouvrage par
I'Eloge du RoI,de M.le Comte de S. Flo
rentin notre Protecteur, de M. Béſiers
notre Chef, de M. de Mairan notre Fon
dateur, de Mde Lepaute notre Aſſociée;
& tous ces Eloges font ſortir le mérite
de celui qui loue , de même que le mé
rite de ceux qui ſont loués.
Après le Diſcours dont je viens , dit
M. de Manſe, de donner le précis, M.
Gros ajoute des réfléxions ſur les Voya
ges; & ce n'eſt pas l'endroit le moins
piquant , ni le moins utile de ſon écrit.
M A I. 1764.
157
Il étoit ſi plein de ſa matière , que ne
pouvant pas faire entrer tout ce qu'il
avoit médité la-deſſus, dans un diſcours
de demi-heure de lecture, il a été obligé
de la ciſailler, pour ainſi dire, afin de ne
rien omettre de ce qui devoit perſuader
ſon Sujet, & pour en faire retirer les
avantages qu'il en a retirés lui - même.
Comme Orateur, ſon éloquence déter
mine à voyager : comme penſeur, ſes
maximes apprennent à voyager : la mé
fiance, dit-il, eſt un vice dans le com
merce de la Société : elle eſt indipenſa
ble dans les voyages, & devient une
prudence; c'eſt en ce ſens, qu'on a tou
jours dit que la méfiance étoit mère,
de ſureté.
L'
-
Si l'on croit les gens du Païs , on
accourcit ſon chemin par les ſentiers ;
& j'aſſure , dit-il, qu'on l'abrège par
les grandes routes. Cette maxime a l'air
d'un paradoxe ; mais en l'éxaminant ,
on en découvre aiſément la vérité.
Les autres réfléxions que l'on trouve
en aſſez grand nombre dans l'ouvrage
de M. l'Abbé Gros , ſont très - judi
cieuſes, & d'une pratique ſûre & avan
tageuſe. Il ſeroit à ſouhaiter qu'on les
gravât dans l'eſprit & dans le cœur des
jeunes gens qu'on deſtine à voyager.
158 MERCURE DE FRANCE:
M. Bouillet le Père parla enſuite ſur
la mort prompte de quelques femmes
en couche , & ſur les moyens de pré
venir cette mort. Il n'en détailla pas
toutes les cauſes : il réſerva pour une
autre occaſion la ſyncope, la ſuffoca
tion utérine , l'apopléxie laiteuſe ; &
pour l'hémorrhagie exceſſive , il ren
voya à M. Levret, habile Accoucheur
de Paris , qui en a très-bien diſſerté
dans un de ſes ouvrages. Il ſe borna à la
gangrène de l'utérus, ſuite de l'inflam
mation de cette partie , & la cauſe la
plus ordinaire de la mort prompte de ces
accouchées : Sujet qui ne paroît pas
avoir été traité en particulier * & avec
toute l'attention qu'il mérite.
Mais à quoi attribuer cette inflam
mation, & la gangrène qui lui ſuccède
ſi promptement ? Le commun des hom
mes en rapporte ordinairement la cauſe
à quelque coup extérieur , à quelque
chute , ou à quelque déchirure, a quel
que contuſion dans l'intérieur du ſein ;
& l'on ne peut pas nier qu'a l'égard de
" M. Aſtruc a parlé de l'inflammation de la
ma trice hors le temps des couches ; mais il n'a
pas encore traité ex profeſſo de celle qui ſurvient
d'abord après l'accouchement. V. Traité des ma
ladies des Femmes imprimé en 176 I.
,
M A I. 1764.
159
certaines femmes qui ont péri bruſque
ment , ces cauſes n'aient eu quelque
part à leur mort. On ne manque guères
auſſi de ſoupçonner quelque faute dans
le traitement de l'accouchée ,
ſi ſa
mort a été précédée d'une maladie de
quelques jours.
Cependant, on voit 1°. mourir des
accouchées , qui n'avoient fait aucune
chute , & qui n'avoient reçu aucun
coup ſur le ventre.
2°. Il en meurt auſſi ſans qu'il y ait
eu aucune écorchure ou contuſion dans
leur ſein ; & l'on en voit réchapper dont
le ſein n'a pû qu'être furieuſement mal
traité. Car ſans parler de celles qui ont
ſurvécu
à l'Opération Céſarienne ,
combien d'exemples n'a-t-on pas, de
femmes à qui on a arraché de force .
ou tiré par des crochets des enfans
morts, ou des têtes ſeparées de leur
tronc , ou enclavées entre les os du
baſſin, ſans que la mort s'en ſoit tou
jours enſuivie ?
Il y a plus : on a vu revenir en ſanté
des femmes à qui les enfans pourris dans
leur ſein, avoient percé l'abdomen, s'é-
toient frayés une iſſue à travers les
membranes de l'utérus & de l'inteſtin
-
•
•
• •
• à
7 6- MERCURE DE FRANCE.
rectu n,"d'où ils ſortoient par piéces : ce
qui prouve évidemment, que, quoique
la ſubſtance de l'utérus ſoit très-délicate,
très-ſuſceptible des impreſſions ſoit ex
térieures , ſoit intérieures , & qu'il faille
la ménager avec toute l'attention poſ
ſible , ce n'eſt pas pourtant toujours
à raiſon de ſa délicateſſe , ni à raiſon
des incifions qui ont pu y être faites,
ou des meurtriſſures qu'elle a pu rece
voir , ou des inflammations & des
abſcès qui ont pu s'y former, que la
gangrène de cette partie enléve ſi bruſ
quement la femme en couche.
3°. Enfin il meurt des accouchées
entre les mains des plus habiles Mé
decins, quoiqu'elles ſe fuſſent délivrées
naturellement, & que dans leur mala
die elles euſſent été traitées ſelon toutes
les régles de l'Art.
A quoi donc attribuer le triſte ſort
de ces femmes ? C'eſt, répond M. B. à
la nature de la fiévre qui les attaque
d'abord après l'accouchement, & à la
quelle ſuccédent promptement l'inflam
mation & la gangrène de leur ſein.
* V. Joann. Langii Epiſt. Mad. Lib. 2. Epiſt.
39. Mém. de l'Acad. Royale des Sciences, année
17o2. p. 234. Obſerv. de Médecine de la Société
d'Edimbourg. Tom, V, Art, 39° &c.
M A I. 1744.
161 .
Après avoir expliqué en peu de mots
Ia diſpoſition de l'utérus après l'en
fantement, & avoir rapporté les cauſes
générales de la gangrène & du ſphacèle,
· M. B. ajoute qu'il eſt viſible que ſi une
femme avant ſes couches n'a pas ob
ſervé les régles d'une ſage diéte, ſi elle a
uſé de mauvais alimens, d'alimens capa
bles de fournir une grande quantité de
ſucs de mauvaiſe qualité,ou que par quel
que cauſe que ce ſoit ces mauvais ſucs ſe
ſoient formés dans ſon corps , que
d'abord après l'accouchement ils vien
nent à ſe développer, & qu'ils occa
ſionnent une fiévre de mauvais ca
ractère avec de violens redoublemens ,
ſon ſein doit s'engorger à un extrême
degré , ſe gangrener , ſe ſphacéler,
d'où s'enſuivra une prompte mort.
On ne ſera pas ſurpris de ce funeſte
accident, ſi on conſidére d'un côté !'état
où ſe trouve le ſein des femmes d'abord
après l'accouchement, & de l'autre, ſi
on examine les effets que doivent pro
duire ſur ce viſcére les violens pa
roxiſmes d'une fiévre putride maligne.
On s'imagine bien qu'il faut un peu
de temps pour que les parois de l'utérus
énormément diſtendus vers la fin de la
groſſeſſe, ſe rapprochent; que leurs vaiſ
ſeaux extrêmement gonflés ſe vuident
1 62 MERCURE DE FRANCE.
des liqueurs qu'ils contiennent, & que
tout le corps de ce viſcére revienne à
ſon premier état ; d'où il eſt aiſé de
comprendre que s'il arrive de violens
redoublemens de fiévre , avant que
l'utérus ſoit réduit à ſon premier volu
me ; ſes vaiſſeaux déjà gorgés & dé
pourvus d'élaſticité céderont aiſément à
l'impétuoſité des humeurs qui y abor
deront; les extrémités capillaires de leurs
rameaux artériels ſe rempliront outre
meſure; les liqueurs qui y ſont accumu-'
lées ne pourront plus rouler; les tuni
ques de quelques rameaux trop dilatées
fe rompront ; & il ſurviendra une ceſſà
tion totale du cours des liquides, & du
mouvement ſyſtaltique des ſolides : en
un mot la gangrène & le ſphacéle ou
la mort de ce viſcére qui entraîne
promptement celle de l'accouchée.
Ajoutons que plus les femmes auront
· manqué dans leur régime pendant leur
groſſeſſe, plus elles ſeront expoſées à
ce ſiniſtre événement après leurs cou
ches , & beaucoup davantage celles
dont le ſein n'étoit pas originairement
bien conſtitué.
M. B. rend raiſon du mauvais ſuccès
des remédes dans le cas dont il s'agit; &
il ajoute qu'on ne doit accuſer ici ni
M A I. 1764.
163
Médecin , ni Accoucheur. Il prétend
qu'ils ne ſont point alors comptables de
la mort de ces infortunées ; & que c'eſt
uniquement à la mauvaiſe diſpoſition
de leur ſein , & à la fiévre putride
-maligne qui les ſaiſit d'abord après leurs
couches , qu'il faut s'en prendre.
D'où il conclut que pour éviter une
ſi bruſque & ſi fâcheuſe cataſtrophe, le
· ſeul moyen ſeroit de prévenir la fiévre
putride maligne qui fait périr les femmes
en couche en occaſionnant prompte
ment l'inflammation & la gangrène de
leur ſein. Et ce moyen conſiſte , dit-il,
en un régime très-rigoureux , en une
privation abſolue d'alimens indigeſtes,
ou aiſés à ſe corrompre, ſur-tout de
ragoûts , de pâtiſſeries , de liqueurs ar
dentes ou faciles à s'enflammer, en un
ſommeil tranquille , en un exercice
modéré, & en une ſuſpenſion prèſque
totale des paſſions de l'âme : en un
mot, en une manière de vivre frugale ,
priſe principalement des végétaux , &
réglée de telle ſorte,que les femmes pen
dant leur groſſeſſe n'ayent aucune in
digeſtion à craindre, & qu'elles puiſſent
ſe flatter de ne porter aucun mauvais
levain dans leur corps , ou ce qui revient
au même , de n'avoir aucun foyer de
\
1 o4 MERCURE DE FRANCE.
maladie lors de leur enfantement.
Avec de telles précautions, auxquelles
vraiſemblablement peu de femmes groſ
ſes voudront entièrement s'aſſujettir ,
quelque néceſſaires qu'elles leur ſoient,
ou du moins en y ſuppléant ſuffiſam
ment, s'il eſt poſſible, par le ſecours
de l'Art , elles préviendront infaillible
ment la fiévre putride maligne , dont
, quelques-unes ſont menacées après leurs
couches, & dont les effets leur ſont ſi
funeſtes.
-
-
-
A BESIERS, le 15 Septembre 1763.
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Résumé : SÉANCE publique de l'Académie des Sciences & Belles-Lettres de BÉSIERS.
Le 25 août 1763, l'Académie des Sciences & Belles-Lettres de Béziers célébra la fête de Saint Louis avec une messe et un panégyrique. Dans l'après-midi, l'Académie se réunit à l'Hôtel-de-Ville. M. Brouzet, Directeur, ouvrit la séance en évoquant la paix récente et en rendant hommage au Roi, au Comte de Saint-Florentin, à l'Évêque et à M. de Mairan. Il aborda ensuite la question de l'éducation morale des enfants. L'Abbé de Manse présenta un résumé du discours de l'Abbé Gros de-Besplas sur l'utilité des voyages, soulignant leur rôle dans l'acquisition de connaissances variées et la formation des mœurs. L'Abbé Gros réfuta le préjugé selon lequel voyager ne rend pas nécessairement meilleur, affirmant que les voyages corrigent les défauts nationaux et personnels et encouragent la vertu. Le texte traite également des réflexions de l'Abbé Gros et de M. Bouillet sur la mortalité maternelle. M. Bouillet examina les causes de la mort rapide de certaines femmes en couches, notamment la gangrène de l'utérus due à des traumatismes ou des erreurs de traitement. Il identifia une fièvre maligne post-partum comme principale cause, aggravée par une mauvaise alimentation pendant la grossesse. Cette fièvre entraîne une inflammation et une gangrène de l'utérus, menant à la mort. Pour prévenir cette condition, M. Bouillet recommanda un régime strict durant la grossesse, évitant les aliments indigestes et les boissons alcoolisées, ainsi qu'un mode de vie frugal et modéré.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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745
p. 211-212
« Taffetas d'Angleterre, par M. Woodock. Ce Taffetas est le plus commode & le plus utile [...] »
Début :
Taffetas d'Angleterre, par M. Woodock. Ce Taffetas est le plus commode & le plus utile [...]
Mots clefs :
Taffetas, Remède, Odeur, Guérison, Blessures
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texteReconnaissance textuelle : « Taffetas d'Angleterre, par M. Woodock. Ce Taffetas est le plus commode & le plus utile [...] »
TAFFETAs d'Angleterre, par M. Woodock.
Ce Taffetas eſt le plus commode & le plus
utile reméde dont les Meſſieurs & les Dames
puiſſent ſe ſervir. Les plus délicats peuvent le por
/-
212 MERCURE DE FRANCE.
ter dans leurs poches : car non ſeulement l'Odeur
n'eſt point fâcheuſe, mais elle eſt agréa
ble. Il ne ſçauroit manquer de guérir toutes
les coupures ou bleſſures. Étant immédiate
menr appliqué , il arrête d'abord le ſang &
ôte entierement la douleur. En le mouillant ſeu
lement avec la langue & le mettant ſur la par
tie affligée, il y tiendra ſi fort qu'en ſe lavant
il ne ſe dérangera pas.
N. B. Il ſuffit de le couper de la même gran
deur de la -bleſſure.
Ce Taffetas ſe vend à Paris chez le Brun,
au Magaſin de Provence , rue Dauphine , à
56 ſols la pièce.
A Lyon chez Prodon & Compagnie, rue
Bard Argent.
Ce Taffetas eſt le plus commode & le plus
utile reméde dont les Meſſieurs & les Dames
puiſſent ſe ſervir. Les plus délicats peuvent le por
/-
212 MERCURE DE FRANCE.
ter dans leurs poches : car non ſeulement l'Odeur
n'eſt point fâcheuſe, mais elle eſt agréa
ble. Il ne ſçauroit manquer de guérir toutes
les coupures ou bleſſures. Étant immédiate
menr appliqué , il arrête d'abord le ſang &
ôte entierement la douleur. En le mouillant ſeu
lement avec la langue & le mettant ſur la par
tie affligée, il y tiendra ſi fort qu'en ſe lavant
il ne ſe dérangera pas.
N. B. Il ſuffit de le couper de la même gran
deur de la -bleſſure.
Ce Taffetas ſe vend à Paris chez le Brun,
au Magaſin de Provence , rue Dauphine , à
56 ſols la pièce.
A Lyon chez Prodon & Compagnie, rue
Bard Argent.
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Résumé : « Taffetas d'Angleterre, par M. Woodock. Ce Taffetas est le plus commode & le plus utile [...] »
Le 'Taffetas d'Angleterre' de M. Woodock est un remède pratique pour hommes et femmes, idéal pour les personnes délicates. Il soigne les coupures et les blessures en arrêtant le sang et en éliminant la douleur. Appliqué mouillé, il adhère bien et résiste au lavage. Disponible à Paris chez le Brun et à Lyon chez Prodon & Compagnie, au prix de 56 sols la pièce.
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746
p. 212-213
« Les Tablettes d'Angleterre Pectorales & Stomachales, trouvées par le sieur Anhbald. [...] »
Début :
Les Tablettes d'Angleterre Pectorales & Stomachales, trouvées par le sieur Anhbald. [...]
Mots clefs :
Tablettes, Maux d'estomac, Humeurs, Remède, Maladies pulmonaires, Vertus, Conseils d'utilisation
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texteReconnaissance textuelle : « Les Tablettes d'Angleterre Pectorales & Stomachales, trouvées par le sieur Anhbald. [...] »
LEs Tablettes d'Angleterre Pecterales & Sto
machales, trouvées par le ſieur Anhbald. Ces
Tablettes ſont un reméde ſûr & infaillible con
tre les maladies ordinaires de la Poitrine &
du Poulmon, telles que le rhume, la toux, &
l'enrouement, &c. Elles préviennent l'Aſthme,
la Phthiſie, la Poulmonie, & diſſipent les hu
meurs qui ſe fixent ſur la Poitrine , & dont
l'irritation occaſionne des efforts continuels pour
touſſer. -
Ces Tablettes par leurs vertus balſamiques &
nutritives, guériſſent les tendres vaiſſeaux de l'eſ
tomach , qui ſont ſouvent lacérés par ſes mou
vemens convulſifs ; & en fortiſiant ſes organes,
elles aident à la digeſtion, & ne manquent ja
mais d'avancer la chylification.
Elles ſe fondent dans l'eau comme du ſucre,
le goût en eſt des plus agréable, & ne manque
jamais de corriger l'haleine & les exhalaiſons
impures de l'eſtomach.
M A I. 1764. 213
Manière de ſe ſervir de ces Tablettes.
Quand on eſt enrhumé ou enroué, on prend
une de ces Tablettes dans la bouche où elles ſe
fondent comme du ſucre On le répéte toutes
les fois que la toux devient incommode , &
on en peut prendre ainſi , cinq ou ſix fois par
jour , ce qui préviendra en niême temps les
maladies dont le Poulmon eſt ſi ſouvent atta
qué. Ceux qui ont l'eſtomach foible , ou mau
vais goût dans la bouche , en prennent égale
ment cinq ou ſix par jour, ou plus ou moins.
La quantité ne ſçauroit nuire en aucune †
l'épreuve qu'on en peut faire en laiſſant fon
dre une de ces Tablettes dans un verre d'eau ,
fera voir qu'il n'y entre rien de pernicieux, &
† la compoſition eſt bienfaiſante & des plus
alutaire. -
Ces Tablettes ſe vendent par commiſſion chez
le ſieur le Brun , Marchand Epicier, rue Dau
· phine, au Magaſin de Provence & de Mont
pellier, a 36 ſols la Boëte.
L'on trouve chez le même Marchand le vé
ritable Elixir de Garrus.
machales, trouvées par le ſieur Anhbald. Ces
Tablettes ſont un reméde ſûr & infaillible con
tre les maladies ordinaires de la Poitrine &
du Poulmon, telles que le rhume, la toux, &
l'enrouement, &c. Elles préviennent l'Aſthme,
la Phthiſie, la Poulmonie, & diſſipent les hu
meurs qui ſe fixent ſur la Poitrine , & dont
l'irritation occaſionne des efforts continuels pour
touſſer. -
Ces Tablettes par leurs vertus balſamiques &
nutritives, guériſſent les tendres vaiſſeaux de l'eſ
tomach , qui ſont ſouvent lacérés par ſes mou
vemens convulſifs ; & en fortiſiant ſes organes,
elles aident à la digeſtion, & ne manquent ja
mais d'avancer la chylification.
Elles ſe fondent dans l'eau comme du ſucre,
le goût en eſt des plus agréable, & ne manque
jamais de corriger l'haleine & les exhalaiſons
impures de l'eſtomach.
M A I. 1764. 213
Manière de ſe ſervir de ces Tablettes.
Quand on eſt enrhumé ou enroué, on prend
une de ces Tablettes dans la bouche où elles ſe
fondent comme du ſucre On le répéte toutes
les fois que la toux devient incommode , &
on en peut prendre ainſi , cinq ou ſix fois par
jour , ce qui préviendra en niême temps les
maladies dont le Poulmon eſt ſi ſouvent atta
qué. Ceux qui ont l'eſtomach foible , ou mau
vais goût dans la bouche , en prennent égale
ment cinq ou ſix par jour, ou plus ou moins.
La quantité ne ſçauroit nuire en aucune †
l'épreuve qu'on en peut faire en laiſſant fon
dre une de ces Tablettes dans un verre d'eau ,
fera voir qu'il n'y entre rien de pernicieux, &
† la compoſition eſt bienfaiſante & des plus
alutaire. -
Ces Tablettes ſe vendent par commiſſion chez
le ſieur le Brun , Marchand Epicier, rue Dau
· phine, au Magaſin de Provence & de Mont
pellier, a 36 ſols la Boëte.
L'on trouve chez le même Marchand le vé
ritable Elixir de Garrus.
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Résumé : « Les Tablettes d'Angleterre Pectorales & Stomachales, trouvées par le sieur Anhbald. [...] »
Le texte présente les Tablettes d'Angleterre Pectérales et Stomachales, découvertes par le sieur Anhbald, comme un remède efficace contre diverses affections de la poitrine et des poumons, telles que le rhume, la toux, l'enrouement, l'asthme, la phthisie et la pneumonie. Elles préviennent également l'accumulation d'humeurs irritantes dans la poitrine. Grâce à leurs propriétés balsamiques et nutritives, elles soignent les vaisseaux de l'estomac, aident à la digestion et favorisent la chylification. Les tablettes se dissolvent dans l'eau comme du sucre, ont un goût agréable et corrigent l'haleine. Pour les utiliser, il suffit de les laisser fondre dans la bouche plusieurs fois par jour en cas de rhume, d'enrouement ou de mauvais goût dans la bouche. La composition est considérée comme bienfaisante et sans danger. Les tablettes sont disponibles chez le sieur le Brun, Marchand Epicier, rue Dauphine, au prix de 36 sols la boîte. Le même marchand propose également le véritable Élixir de Garrus.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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747
p. 25-50
LES DEUX PRIX, CONTE, Tiré d'un Manuscrit Grec.
Début :
LA Thessalie est le véritable Elisée de la Gréce, le séjour du repos & des plaisirs. [...]
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texteReconnaissance textuelle : LES DEUX PRIX, CONTE, Tiré d'un Manuscrit Grec.
LES DEUX PRIX,
CONTE,
Tiré d'un Manuscrit Grec.
LA Thessalie est le véritable Elisée de
la Gréce, le séjour du repos & des plaisirs.
La Nature n'y paroît que ſous l'exté
rieur le plus ſéduiſant; elle y ſeme avec
profuſion les riches tréſors qu'elle n'étale
ailleurs qu'avec réſerve. Jupiter ſe plaît
ſur la cime du Mont Olympe; Minerve
parmi les rochers de l'Attique; Diane
au ſein des forêts de l'Elide ; Mars
dans les plaines de la Thrace; Vénus
dans les boſquets de Cythère , & ,
l'Amour dans les délicieux vallons de
Tempé.Jamais ces beaux lieux ne réten
tiſſent que du ſon paifible des flûtes &
des muſettes. Jamais le Pénée qui
arroſe la Theſſalie, ne vit ſur ſes bords
que des Amans fortunés.
aux pieds d'un Autel dédié à l'Amour.
Voici les vœux qu'ils adreſſoient à ce
Dieu leur unique maître.
H
-
Therſandre & Doris étoient l'un & .
l'autre. Chaque jour l'Aurore les voyoit
26 MERCURE DE FRANCE.
» Souverain de notre âme, Arbitre
» du bonheur de nos jours , daigne
» en remplir tous les inſtans. Ceux qui
» ne te ſeroient pas conſacrés ſeroient
» perdus pour nous. Ceux dont tu
» diſpoſes
ſont les
ſeuls dont nous
» jouiſſions. Fais que Doris , diſoit
» Therſandre , n'écoute jamais aucun
» des rivaux que ſa beauté m'attire. Fais
» que Therſandre, diſoit Doris, metrou
» ve toujours plus belle que toutes mes
» rivales ; & tous deux ajoutoient en
» ſemble : » fais que nous méritions
» de ſervir de modéle aux Amans qui
» doivent naître après nous.
Therſandre & Doris avoient de quoi
ſe raſſurer
contre l'inconſtance. La
Theſſalie entiere n'offroit rien d'auſſi
parfait que ce jeune couple. On eût
dit que la Nature, en les formant, avoit
prévu les deſſeins de l'Amour. On eût
dit que l'Amour , en les
uniſſant ,
n'avoit fait qu'obéir à la Nature.
· Doris n'en étoit qu'à ſon troiſiéme
luſtre.Aux grâces touchantes & ingé
nues de cet âge , elle uniſſoit
les
charmes ſéduiſans d'une beauté ac
complie. L'éclat du lys & de la roſe le
céde à l'éclat de ſon teint. L'aſtre de
Vénus b#lle moins au milieu de la
J U I N. 1764.
·
27
nuit que les yeux de Doris au milieu
du jour Ses regards paſſent juſqu'à
l'âme ; ſon doux ſourire ſemble l'appel
ler ; toute ſa perſonne eſt animée par
les Grâces. Les plus belles Theſſalien
nes évitent ſa rencontre ; elles ont ſoin
ſurtout d'en préſerver leurs Amans.
Il eſt difficile de la voir & de reſ
ter fidéle à toute autre. Mais Doris ne
vouloit de fidélité que dans Therſandre.
C'étoit à lui ſeul qu'elle vouloit plaire :
c'étoit lui ſeul qui pouvoit la fixer.
ſDoris jettoit-elleles yeux ſur le criſtal des
fontaines ? c'étoit pour y voir ſi ſes
charmes avoient toujours de quoi cap
tiver Therſandre. Doris cueilloit - elle
des fleurs ſur les rives du Pénée ? c'é-
toit pour en orner Therſandre, ou pour
s'en parer à ſes yeux.
Le jeune Theſſalien répondoit à tant
d'amour par un Amour égal , un amour
qui ne pouvoit ni diminuer ni s'ac
· croître. Sa vue occaſionnoit mille infi
délités ; ſon cœur n'étoit le complice
d'aucune. Abſent de Doris, il ne de
ſiroit qu'elle , avec elle il ne deſiroit
plus rien. L'un & l'autre fuyoient les
lieux trop fréquentés ;
-
-
mais ils les
·fuyoient enſemble. Ceux où ils pou
voient être ſeuls étoient toujours ceux
2s : 1ºo
: B ij
,
28 MERCURE DE FRANCE.
qui les charmoient davantage. En vain ,
§ Therſandre à Doris , en vain la
· blonde Iſméne & la brune Zirphé s'é-
garent-elles ſouvent de leur route, & ſe
trouvent , comme par hazard , ſur la
· nôtre; leurs charmes ne peuvent arrêter
mes regards ; je ne les apperçois que
pour mieux ſentir combien elles vous
cédent ; je les fuirois ſi elles avoient
#uelque choſe à vous diſputer.
Un ſeul point troubloit la félicité de
ces deux amans. Ils ne pouvoient être
· unis par les nœuds de l'hymen qu'après
une cérémonie conſacrée par l'uſage
& les loix du païs. Elle ſe renouvelloit
tous les ans, & ce tems étoit prochain.
Elle conſiſtoit à couronner de myrthes &
de fleurs la plus belle desTheſſaliennes.,
& le Theſſalien le mieux fait : elleconſiſ
toit ſurtout à unir pour jamais le couple
, couronné : union que n'avoit pas tou
·jour précédé celle des cœurs & #
ne ſuivoit pas toujours. Bien des fois l'a-
mour gémit de cet uſage. Bien des fois
cet uſage rompit les deſſeins de l'amour.
Therſandre & Doris étoient ceux qui
en devoient le moins redouter les ſuites;
cependant ils les redoutoient.La crainte
- l'emportoit en eux ſur l'amour - propre.
Therſandre n'oſoit ſe flatter d'avoir le
prix & ne doutoit pas que Doris ne
·
J U I N. 1764.
29
l'obtînt. Doris croyoit déjà voir couron
ner Therſandre, & quelqu'une de ſes
rivales. Fous deux ainſi craignoient
d'être bien-tôt ſéparés. En vain chaque
naïade offroit à la jeune Theſſalienne un
miroir propre à la raſſurer : elle ne s'y
contemploit qu'avec défiance, elle ſe
trouvoit moins belle de jour en jour. Par,
la même raiſon , les charmes les plus
médiocres dans toute autre lui ſem
bloient devoir l'emporter ſur les ſiens.
C'étoit la première fois ſans doute qu'une
jeune Beauté oublioit ſes propres avan
tages, la première fois, ſur-tout, qu'elle
apprécioit trop ceux de ſes rivales. On
a déjà vu que Therſandre jugeoit auſſi
modeſtement de lui même. Il eût voulu
pouvoir éloigner cette fatale cérémonie.
Ce ſeroit, diſoit-il, retarder le triom
phe de Doris : mais dois-je ſouhaiter que .
Doris triomphe ſi je ne partage moi
même ſa victoire ? Si cette victoire qui
l'attend, doit pour jamais nous ſéparer ?
Peu s'en falloit qu'il ne regrettât que
Doris eût tant de charmes. Il deſiroit
qu'elle pût trouver des rivales , ou
plutôt qu'elle ne s'expoſât point à la né
· ceſſité de les vaincre.
Doris,qui avoit les mêmes craintes,
formoit en ſecret les mêmes vœux. Les
B iij
3o MERCURE DE FRANCE.
âmes de ces deux amans étoient d'accord
avant que leurs bouches ſe fuſſent ex
pliquées. Ce fut Doris qui rompit le
ſilence la première. Voici ce qu'elle
diſoit à ſon amant qui l'écoutoit, l'ad
miroit & l'adoroit.
Le jour approche, mon chèr Therſan
dre , ce jour où la JeuneſſeTheſſalienne
doit accourir en foule aux Temples de
Vénus & d'Apollon. Bien-tôt vont ſe
diſtribuer ces prix que la vanité recher
che & que l'amour doit dédaigner.
Votre victoire n'eſt pas douteuſe; mais
la mienne peut l'être, une de mes com
pagnes peut m'être préferée, & vous-mê
me alors ſeriez contraint de me la pré
férer.Ce dernier malheur eſt le ſeul que
je redoute : ayons le courage de le pré
venir. Peu m'importe que la Grece en
tiere me croye dépourvue de charmes :
je ne veux être belle qu'aux yeux de
Therſandre. Je vais réjouir la jalouſe
Dircé en publiant qu'une maladie ſubite
a défiguré mes traits au point de me ré
duire à les cacher. Je ne crains pas de
trouver d'incrédules.
.
Ah l s'écria Therſandre, pour ſoup
çonner un tel ſacrifice il faudroit ſoi
même en être capable ; il faudroit avoir
l'âme de Doris , il faudroit avoir ſon
J U I N. 1764.
3I
· amour.Jugez de mes tranſports , ajouta
t-il en tombant à ſes genoux ! je le dé
- firois ce ſacrifice; mais je n'oſois l'éxi
ger : trop ſûr de vos ſuccès, je doutois
de plus en plus des miens. Le moindre
de mes rivaux me ſembloit redoutable.
Tout amour-propre ceſſe quand il s'agit
de s'expoſer à vous perdre.C'en eſt fait ;
nul hazard ne pourra plus nous ſéparer.
Je vais feindre comme vous ; je vais
ſuppoſer qu'un accident funeſte m'inter
dit les moyens d'aſpirer au prix. Ehlquel
autre prix pourroit me flatter après
celui que Doris m'aſſure ?
Cette explication rendit le calme aux
deux amans. Ils ne ſongerent plus qu'à
effectuer leur projet. Le bruit courut dès
le jourſuivant que Doris étoit menacée
de perdre la vue. Cette nouvelle réjouit
plus d'une belle Theſſalienne. Telle qui
auparavant n'oſoit pas même ſonger au
prix, oſa dès-lors y prétendre & ſe le
promettre. Peu importoit au plus grand
nombre que leurs amans fuſſent préfé
rés; elles n'ambitionnoient cette préfé
rence que pour elles-mêmes; elles ne
craignoient pas d'épouſer l'amant d'une
· autre. Quelques-unes redoutoient cet
| échange : mais elles ne pouvoient ſe
· reſoudre à n'en pas courir les riſques :
B iv
#
N,
32 MERCURE DE FRANCE.
d'autres ne fe perſuadoient pas qu'il
pût y en avoir ni pour elles ni pour leurs
amans.La ſeule Doris,le ſeul Therſandre,
s'aimoient aſſez pour ignorer tous leurs
avantages : ils ne vouloient point faire
dépendre du hazard un bonheur qui ne
dépendoit que deux-mêmes. Therſandre
à ſon tour prit des meſures pours'éxemp
ter du concours. Il attaque um Sanglier
furieux, le tue ; mais il feimt d'être lui
même fort bleſſé. Au bout de quelques
jours on publie par ſon ordre que cette
bleſſure le prive pour jamais de l'uſage
d'un bras, & par la même raiſon du droit
d'aſpirer au prix. Cette nouvelle ſup
poſition trouve auſſi peu d'incrédules
que la première.
Alors on vit s'accroitre & le nombre
& l'eſpoir des concurrens. Nul d'entre
eux ne ſoupçonnoit le ſtratagême, tous
avoient intérêt de ne point s'y oppoſer.
Un ſeul néanmoins s'affligeoit de l'éve
nement. Ce n'étoit point comme ami
de Therſandre, c'étoit comme ſon rival.
Il aimoit Doris qui ne l'avoit jamais fa
voriſé d'un regard : mais tant de rigueur
· ne diminuoit ni ſes eſpérances ni la bon
ne opinion qu'il avoit de lui-même. Il ſe
croyoit aſſuré du prix : il ne doutoit pas
que Dorisn'obtînt le même avantage ſur
J U I N. 1764.
3 $
ſes rivales : Doris par cette raiſon ne
pouvoit éviter d'être à lui. Ainſi raiſon
noit Eurilas, c'étoit le nom du Theſſa
lien préſomptueux. Il attendoit avec la -
plus vive impatience le jour qui devoit
éclairer ſon triomphe. Il apprit alors
que Doris étoit forcée de renoncer au
ſien , qu'elle n'avoit plus droit d'y pré
tendre. A cette nouvelle ſa douleur ſur
paſſa de beaucoup ſon amour. Il aimoit
Doris parce qu'elle étoit la plus belle
des Theſſaliennes ;
c'étoit ſa beauté
ſeule qu'il aimoit.Quelques agrémens de
plus dans une autre l'euſſent arraché à la
première. La ſource de ſon déplaiſir étoit
que Doris ne pût être ni effacée ni rem
placée. Il trouva un autre ſujet d'afflic
tion dans la bleſſure de Therſandre, qu'il
croyoit réelle. Cétoit une fleur de moins
à ſa couronne, une victoire aſſurée que
la fortune lui enlevoit. L'amour-propre
étoit l'unique ſource des deſirs & des
regrèts d'Eurilas.
Bientôt même il ſoupçonna que Doris
& Therſandre pouvoient être d'accord,
& feindre des maux qu'ils ne reſſentoient
pas. Ils craignent, diſoit-il, d'être ſéparés,
& c'eſt moi ſeul qui cauſe cette crainte.
Alors il ſonge à vérifier ce doute, à pré
venir le larcin qu'on prétend lui faire
B v
34 MERCURE DE FRANCE.
Il y avoit dans cette contrée un Vieil
lard iſſu de la race d'Eſculape & qui -
avoit hérité de ſa ſcience. Les triſtes &
nombreux accidens qui affligent l'huma
nité ſembloient fuir devant lui. La con
fiance renaiſſoit à ſon approche , & cette
confiance n'étoit point trompée. Ce fut
lui qu'Eurilas voulut d'abord conſulter,
& voici comment il raiſonnoit : ſi Ther
ſandre & Doris, diſoit il, ſont entre
les mains de ce Vieillard , leur guériſon
- eſt prèſque aſſurée : ſi, au contraire , ils
n'ont pas eu recours à lui , c'eſt qu'ils
redoutent ſa pénétration. il arrive chez
Eurimaque, ainſi ſe nommoit l'héritier
du Dieu d'Epidaure, il lui parle de Doris
& de Therſandre. Ce n'étoit pas la pre
mière fois que ces deux noms avoient
frappé les
oreilles d'Eurimaque ; mais
ni Therſandre , ni
Doris
n'avoient
jamais eu recours à ſon art. La natu
1e avoit joint en eux les heureux tré
ſors de la ſanté aux dons brillans des
grâces
perſonnelles. Eurimaque s'at
tendrit au récit d'Eurilas. Je fais , lui
dit-il, ce qu'on publie à la louange de
ce jeune couple : ſon double accident
m'afflige. Puiſſe mon art lui être de
quelque utilité ! C'étoit offrir à Eurilas
une faveur qu'il s'apprêtoit à demander
J U I N. 1764.
Il détermine facilement le Vieillard à le
ſuivre. Tous deux s'avancent vers la
demeure de Doris.
-
Les deux amans s'applaudiſſoient de
leur feinte. Ils jouiſſoient de l'erreur
qu'elle avoit cauſée ; ils ſe promet
toient d'en jouir encore mieux par la
ſuite. Après un régime & des ſecours
ſimulés, ils reprirent leur conduite or
dinaire. Ils ne ſoupçonnoient pas qu'au
cun Theſſalien, qu'aucune Theſſalienne
oſaſſènt les contredire & cherchaſſent à
divulguer leur ſecret. Chaque jour ils ſe
rendoient enſemble au ſein d'un vallon
paiſible & iſolé. Doris avoit les yeux
couverts d'un bandeau ; Therſandre lui
ſervoit de guide, & lui - même avoit
- le bras ſoutenu par une écharpe ; mais
- l'écharpe & le bandeau ne reſtoient pas
toujours attachés : ſouvent Therſandre
faiſoit uſage de ſes deux mains pour
preſſer les mains de Doris, pour la parer
des plus belles fleurs que le Pénée voit
éclore ſur ſa rive. Souvent Doris atta
choit ſurTherſandre des yeux dont l'éclat
brilloit au loin & étoit bien propre à dé
mentir le malheur dont elle ſe plaignoit.
· Que ne vous dois-je pas ? lui diſoit
un jour Therſandre , quel ſacrifice ne
me fait pas votre amour ? C'eſt peu de
B vj
36 MERCURE DE FRANCE.
renoncer au prix qui vous eſt dû ; vous
renoncez à l'honneur de paſſer pour
belle, à l'avantage de le paroître : vous
cédez l'empire de la beauté à celles qui
ne devroient qu'embellir votre triom
· phe ! ... Mon cher Therſandre, inter
· rompit Doris, le ſeul empire qui me
· flatte eſt celui que vous me donnez ſur
votre âme : qu'il me reſte, je n'en de
ſire, je n'en regrette aucun autre. Ah !
s'écria l'amoureux Theſſalien , préſu
mez-vous qu'il ſoit en mon pouvoir de
vous l'ôter ? qu'il ſoit même au vôtre
de le perdre ? Doris régnera fur tous
ceux qui l'appercevront : elle ne ſçau
roit fuir un regard fans renoncer à une
victoire. Que l'Amour en ſoit loué, re
prenoit Doris , j'aime ſes dons pour
vous les offrir ; je regretterois de vous
offrir moins. Vous-même , mon cher
Therſandre , vous-même ne faites-vous
pas pour moi ce que je fais pour vous ?
Vos ſacrifices égalent ou ſurpaſſent les
miens : puiſſe votre ſatisfaction egaler
la mienne !
-
-
A ce dernier diſcours Therſandre ne
répondit que par des tranſports; langa
ge toujours expreſſif chez les vrais
Amans. Non , ajouta-t-il , mon bon
heur tel qu'il eſt, ne peut s'accroître :
J U I N. 1764.
nul autre ſoin ne peut
des jaloux.
.
37
le troubler.
Soyons heureux pour nous - mêmes ;
laiſſons à d'autres le vain deſir de faire
Ce fut au milieu d'un pareil entre
tien qu'Eurilas les ſurprit ſans en être
lui-même apperçu. Ils n'étoient point
ſur leurs gardes : les ſoupçons d'Eurilas
furent confirmés. Il étoit trop vain pour
témoigner un violent dépit. Il ne le fut
pas encore aſſez pour paroître tran
· quile. Eurimaque arriva quelques inſ
tans après lui. Voyez, dit-il au vieillard,
voyez ces deux Amans; ils n'ont be
ſoin ni de mes ſecours, ni des vôtres.
L'Amour dans cette contrée eſt fécond
en prodiges : c'eſt lui, ſans doute, qui
vient d'opérer une fi belle cure.
Tandis qu'il parloit ainſi, Therſandre
& Doris continuoient à n'être occupés
que d'eux-mêmes : ils ne voyoient ni
Eurilas ni Eurimaque Ce fut Therſan
dre qui les apperçut le premier. Il ſçut
modérer fa ſurpriſe; il ſçut même pré
venir Doris à temps du parti qu'elle
devoit prendre. C'étoit de paroître ne
rien voir. Tons deux ignoroient la pro
feſſion d'Eurimaque , & combien il
étoit difficile d'échapper à ſes lumières.
Eurilas étoit celui qu'ils craignoient le
38 MERCURE DE FRANCE.
plus. Cependant l'un & l'autre témoin
avançoient toujours.
Ils arrivent. Le
bras d'Eurilas a déja repris l'écharpe.
Doris les regarde, mais ſans qu'aucun
ſigne annonce qu'elle les apperçoit.
Telle Pigmalion vit d'abord ſa ſtatüe
avant que l'Amour l'eût animée en ſa
faveur, telle parut Doris aux yeux d'Eu
rilas & d'Eurimaque. Mais la mépriſe
ne pouvoit être longue. Le regard de
Doris pour être immobile n'en étoit
pas moins perçant. Le Soleil qu'aucun
nuage ne voile à nos yeux ne peut
nous dérober ſes rayons : il nous échauf
fe malgré lui-même.
.
-
-
Non , s'écria Eurilas , de ſi beaux
yeux ne peuvent être inutiles à Doris,
ils ont trop de pouvoir ſur les nôtres !
Ils font trop ſentir à notre âme leur
vive & douce influence ! Vous en par
lez comme un Amant, lui dit Eurima
que, & cette manière de voir a ſon
mérite : la mienne, d'ailleurs, s'accorde
avec la vôtre. Non, belle Doris , pour
ſuivit-il, vous n'êtes point privée de l'u-
ſage de vos yeux. C'eſt ce qu'éprouve
roient & atteſteroient en vous voyant
tous les Theſſaliens; c'eſt ce qu'affirme
de plus ici un deſcendant, un ſucceſ
ſeur d'Eſculape
:
2
,
... e
J U I N. 1764.
| Ce diſcours ſi
39
Ces derniers mots firent trembler &
Doris & Therſandre. Ils reconnurent
Eurimaque. Ils virent qu'une plus lon
gue diſſimulation ſeroit inutile. Eh,
commert pouvoir lui en impoſer ? Les
maux réels ne lui réſiſtoient pas : des
maux ſuppoſés lui pourroient-ils faire
illuſion ? Un autre motif excitoit encore
le zéle du vieillard. Il étoit du nombre
des Juges auxquels Therſandre cher
choit à ſe ſouſtraire. Il croyoit Apollon
même outragé par ce deſſein. Jeune
homme, dit-il à Therſandre, apprends
à faire un autre uſage des
faveurs
que la Nature & les Dieux t'ont bien
voulu départir : apprends que les maſ
quer c'eſt
les méconnoître ; c'eſt te
montrer ingrat envers ceux à qui tu
les dois. Ta modeſtie eſt un crime. Al
lez, pourſuivit-il en s'adreſſant au jeune
couple , allez diſputer ou plutôt recevoir
le prix qui vous attend. Pourquoi vous
refuſer à un triomphe certain ? Voit
on l'Aigle ſuir le Soleil & les Colom
bes le char de Vénus ?
-
-
flatteur pour Ther
fandre devoit peu flatter Eurilas : mais
ſa vanité le raſſuroit. : Il jugea qu'Euri
maque ſe connoiſſoit mieux en infirmités
qu'en agrémens. Lui-même exhorta ſon
--
4o MERCURE DE FRANCE.
,
rival à mettre à profit les conſeils du
vieillard. -
Il fallut que les deux Amans s'y déter
minaſſent : mais ils ne le promirent qu'en
ſoupirant. Leur amour gémiſſoit de ſe
compromettre ainſi , leurs craintes ſe
renouvelloient. En même temps s'é-
vanouiſſoient les eſpérances de la Jeu
neſſe Theſſalienne. Tels à l'aſpect du
Phénix , les autres oiſeaux reconnoiſ
ſent leur infériorité. Ils l'entourent dans
un profond ſilence, & ceux qu'enor
gueilliſſoit l'éclat de leur plumage per- .
dent toute leur fierté en contemplant
le ſien.
Le ſeul Eurilas n'avoit rien perdu de
ſa préſomption. Il eût voulu pouvoir
hâter le jour du couronnement. Ce
jour enfin arriva, & Doris & Therſan
dre frémirent. Doris dans ce moment
trouvoit que la Nature avoit bien peu
fait pour elle. Ce fut la première fois
qu'elle ſoupçonna que l'Art pouvoit
être employé : ce fut même à regret
qu'elle n'en fit point uſage. L'onde juſ
qu'alors lui avoit tenu lieu de miroir :
pour cette fois elle y en joignit un ar- .
tificiel. Ses yeux conſultoient l'un &
l'autre avec inquiétude : ni l'un ni l'au
: .
º,
|
|
-
J U I N. 1764.
41
tre ne les ſatisfirent. Jamais Doris ne
s'étoit moins plû à elle-même ; jamais
elle n'eſpéra moins plaire aux yeux
d'autrui.
Therſandre étoit dans la même ſitua
tion , avoit les mêmes craintes pour lui
même. Il vit Doris, il fut ébloui. La
· crainte de paroître moins belle ſembloit
ajouter à ſa beauté. Ah, lui dit-il , vo
tre triomphe n'eſt que trop certain !
quelle rivale pourroit le balancer ? La
Couronne eſt à vous ; mais, hélas r
dès ce moment peut-être ceſſez-vous
d'être à moi !
Non , repliqua Doris , la victoire
que Therſandre me promet eſt le
ſeul moyen de me conſerver à lui. La
ſienne eſt aſſurée. Puiſſe mon triomphe
n'être pas plus douteux ! ....
· Doris ! interrompit vivement Ther
- ſandre , vous outragez la Nature qui
épuiſa ſes plus riches dons en votre fa
veur. Quel Tribunal pourroit n'en être
pas frappé ? Ce ſont , il eſt vrai, des
femmes qui vous jugent ; mais vous
leur êtes trop ſupérieure en attraits
pour exciter leur jalouſie. Voit-on l'Af
tre de la Nuit rien diſputer à celui du
Jour ?
-
-
Ecoutez moi, Therſandre, reprit Do
42 MERCURE DE FRANCE.
ris : j'ignore ſi mes avantages ſont tels
-que vous les appréciez; j'ignore le ſuc
cès qui m'attend ; mais ſi la déciſion du
Tribunal
m'eſt contraire ; ſi même,
par quelque injuſtice, elle pouvoit ne
t'être point favorable , crois que je ne
· ſurvivrois point au malheur d'être à
quelque autre qn'à toi.
.
Ah I s'écria l'amoureux Théſſalien, je
jure par Apollon & tous les Dieux de
l'Olympe, que s'il faut aujourd'hui me
lier à tout autre objet que Doris, la
mort au même inſtant briſera ma chaîne;
je préférerai le trépas à cette infortune.
Doris verſoit des larmes en écoutant
Therſandre,&Therſandreétoit hors delui
même. On vint les ſéparer : on leur an
nonça que l'heure de ſe rendre au Tem
ple étoit venue. Quel moment ! Quelle
épreuve ! il fallut pourtant obéir. Déja
une foule immenſe occupoit les avenues
de l'un & de l'autre Temple , ſurtout
du Temple de Vénus. Déjà les plus belles
Theſſaliennes y accouroient avec cet
empreſſement que donne le deſir d'une
Victoire flatteuſe & brillante.
La blonde Iſmene s'avança la pre
mière. Ses regards avoient la douceur des
rayons de l'aurore , ſes traits plus d'a-
grément que de régularité. On l'eût priſe
J U I N. 1764.
43
pour une Grâce, mais on ne l'eût jamais .
priſe pour Vénus.
La brune Zirphé parut enſuite. Sa
taille & ſa démarche ſont celles d'une
Nymphe; ſon œil lance les feux brûlans
du Midi. Il n'échauffe pas, il conſume.
Zirphé a l'art de faire naître les deſirs ;
- mais rarement elle inſpire l'amour. On
cherche à la vaincre plutôt qu'à lui plaire.
· Dircé eût voulu devancer les deux
premières. Son foible eſt de vouloir
dominer partout. On ne dira point qu'elle
manque de beauté, on ne dira pas que
Dircé ſoit belle. Son air impérieux nuit
à ſes agrémens ; il effarouche le timide
eſſain des Grâces.Jamais Dircé ne mar
che en leur compagnie. On la prendroit
pour l'altière Junon qui vient non pas
diſputer, mais éxiger la pomme.
Une foule d'autres Teſſaliennes s'em
preſſoient de paroître. Leurs charmes
réunis , mais prèſque tous différens ,
offroient la douce & riante variété des
fleurs d'un parterre.
Doris n'arriva que la dernière. Tous
les yeux , tous les cœurs volérent à ſa
rencontre. Tous furent éblouis , tous
furent émus. On douta ſi ce n'étoit point
Vénus elle-même qui alloit préſider en
perſonne dans ſon Temple.
On vit les plus belles des aſpirantes
-
44 MERCURE DE FRANCE.
-rougir , pâlir à l'aſpect de Doris, jet
ter un coup d'œil inquiet , tantôt ſur
elle, tantôt ſur le Tribunal qui devoit
apprécier leurs charmes On vit ce
même Tribunal étonné qu'une même
· perſonne réunît tant d'attraits, donner
de ſubites marques d'admiration qui
valoient bien un jugement approfondi.
Cependant la cérémonie commença.
Elle conſiſtoit dans l'éxamen ſcrupuleux
des charmes de chaque aſpirante. Là,nul
le d'entre elles ne pouvoit recourir aux
preſtiges de l'art. Pour paroître belle ,
il falloit l'être, il falloit même l'être dans
toute ſà perſonne. Une tête plus qu'hu
maine entée ſur un corps défectueux ,
une taille divine dépourvue de la blan
cheur & de l'embonpoint ſuffiſant,
telles autres perfections accompagnées
de certains défauts, ne donnoient au
cun droit au prix. Il n'étoit dû qu'à
celles envers qui la Nature s'étoit mon
trée en tous points libérale. Plus d'une
fois , cependant, il avoit fallu adoucir
la rigueur de cette condition ; quel
quefois on avoit pû s'y conformer.
On le pouvoit dans cette circonſtance,.
bien plus que dans aucune autre.
C'étoit dans le ſanctuaire même du
Temple que s'achevoit l'éxamen. Cha
J U I N. 1764.
445
que Beauté y parut ſans voile, chaque
défaut put être apperçu ; rien ne pou
voit en impoſer aux yeux des Juges.
Rien ne leur en impoſa. Toutes ces
jeunes Theſſaliennes avoient eu part
aux dons de la Nature, mais ils dif
féroient dans prèſque chacune d'elles.
Aux unes, elle prodigua les charmes
que l'uſage laiſſe en proie aux regards :
aux autres elle départit ceux qu'il obli
ge de cacher. Leurs perfections réunies
euſſent produit une beauté ſans défaut ;
nulle d'entre elles ne pouvoit prétendre
à ce titre. Nulle ,
c'eſt trop dire.
Doris fit voir en elle ſeule tout ce
que ſes rivales ne poſſédoient qu'en
- CO1I11IlllIl.
Il y avoit dans le ſanctuaire une
Statue de la Déeſſe. Le célébre Phidias
en fut l'Auteur. Il employa pour l'a-
: chever toutes les reſſources de ſon
art, toutes celles que lui offrit la Na
ture. Les plus rares Beautés de toute la
Gréce lui ſervirent de modèle : mais
en ce moment l'on crut qu'il n'avoit
eu d'autre modèle que Doris.
Recevez cette Couronne , lui dit la
Grande Prêtreſſe au bruit des acclama
tions des autres Juges, régnez ſur tou
tes vos Compagnes. Elles ne doivent
46 MERCURE DE FRANCE.
point en murmurer. On peut vous cé
der l'empire de la Beauté ſans renon
cer à l'honneur d'être Belle.
Qui le croira ? les rivales mêmes de
Doris applaudirent à ſon triomphe !
Il eſt un point de fupériorité qui en
impoſe à l'envie même. La jalouſe
Dircé l'éprouva : elle accourut, elle vint
la première offrir ſon hommage à Doris.
Mais Doris ne jouiſſoit pas encore de ſa
victoire. Une crainte nouvelle agitoit
ſon âme. Elle n'oſoit douter que Ther
ſandre n'obtînt le prix; elle n'oſoit ſe
promettre qu'il l'obtînt. La brigue pou
voit l'en priver , ſes Juges pouvoient
ſe méprendre ; & dès-lors quel malheur
pour elle-même d'avoir été préférée !
On jugeoit ſon deſtin'digne d'envie ,
& elle craignoit d'envier bientôt celui
de ſes rivales.
· Cependant, on la couvre d'une robe
flotante & légère , telle que la portoit
Vénus lorſqu'elle s'offrit pour la pre
mière fois aux regards d'Adonis. Mais
Vénus y parut ſans voile, & Doris ne
devoit paroître que voilée aux yeux de
celui qu'une victoire pareille à la fienne
alloit rendre ſon époux. Lui-même ne
devoit l'aborder que couvert de l'ar
mure qu'il venoit d'obtenir. Ce double
J U I N. 1764.
47
uſage ſubſiſtoit depuis l'origne des Prix.
On vouloit par-là nourir juſqu'après l'hy
men une incertitude fâcheuſe , mais
utile. Souvent elle ſuſpendit la joie :
ſouvent elle prévint la réſiſtance.
.
L'autel où devoit être uni le couple
victorieux étoit placé au milieu d'une
avenue qui conduiſoit d'un temple à
l'autre. Une ſymphonie mélodieuſe fut
le ſignal pour s'y rendre. Doris friſſonna
de nouveau. On la conduiſoit en triom
phe ; mais ſes pas chanceloient : on
l'eût priſe pour une victime dévouée à la
colère de Diane plutôt que pour une
favorite de Vénus. De ſon côté le vain
queur approchoit, conduit par les Prê
tres d'Apollon. Une foule immenſe de
ſpectateurs contemploit cette cérémo
nie. On chanta les hymnes de la Déeſſe
& du Dieu qui préſidoient à ces myſ
tères. Vénus y étoit peinte. Apollon y
étoit peint. Tel eſt Therſandre , diſoit
Doris , en admirant le dernier tableau :
tel eſt Therſandre ; pourroit-il n'être pas
couronné ? Mais en vain fes regards per
çoient le voile qui la couvroit : en vain
cherchoit-elle à démêler les traits de
l'époux qu'elle alloit ſe donner : la viſière
de ſon caſque entiérement baiſſée trom
poit toutes ſes recherches. Elle crut voir,
v-' ' i
#
48 MERCURE DE FRANCE.
cependant, les yeux du jeune Theſſa
lien occupés du même ſoin qui l'occu
poit elle-même : c'étoit avec auſſi peu
de ſuccès d'une part que de l'autre.
Alors la grande Prêtreſſe de Vénus,
& le Chef des Prêtres d'Apollon, firent
approcher le jeune couple juſqu'au bord
de l'autel. On ne leur demanda point
s'ils vouloient être unis : l'uſage leur en
faiſoit une loi irrévocable. Le grand
Prêtre joignit leurs mains : la Prêtreſſe
les enchaînoit avec des fleurs : le peuple
· formoit des vœux pour leur félicité. Eux
mêmes, cependant , n'oſoient encore
ſe la promettre. Ce qu'ils éprouvoient ne
peut ſe décrire. La main de Doris trem
bloit dans celle du jeune Theſſalien : il
lui parut n'être pas moins agité. Hélas !
diſoit intérieurement : Doris , quelle
ſituation peut ſe comparer à la mienne ?
Peut-être m'uniſſai-je à Therſandre ?
Peut-être deviens-je la conquête ou
d'Eurilas ou de quelque autre : ce mo
ment décide pour jamais ou de mon
bonheur ou de mon infortune. J'ignore
ce qu'il me réſerve, & je n'oſe ni té
moigner trop d'empreſſement, ni mar
quer trop de répugnance.
Doris balançoit encore, & déja elle
n'étoit plus libre. Déja elle avoit un
époux
J U I N. 1764.
49
époux ſans le connoître, ſans en être
connue. Mais ce myſtère alloit enfin s'é-
claicir. Doris attendoit ce moment avec
agitation, avec éffroi. Il alloit décider
de ſon bonheur, & même de ſa vie : car
elle étoit réſolue de ne point ſurvivre au
malheur d'être ſéparée de Therſandre, au
malheur d'être à tout autre qu'a lui.
Il lui reſtoit à ſubir un autre uſage, il
falloit que ſon époux détachât le voile
qui la déroboit à ſes yeux :
il falloit
qu'elle-même, enſuite , le dépouillât de
ſon caſque. Le ſilence dans cette occa
ſion devoit continuer de part & d'autre.
Le Theſſalien léve le voile , jette un cri
involontaire & tombe aux pieds de
Doris : mais Doris étoit hors d'elle-mê
, me ; Doris ne diſtingua point ces accéns
· inarticulés. Etoit-ce la voix de Therſan
dre ? Etoit-ce la voix de quelqu'un de
ſes Rivaux? L'attitude par elle-même an
nonçoit de l'amour ; mais combien d'au
tres queTherſandre ont paru l'aimer ! elle
héſitoit, elle trembloit, en dénouant les
liens du caſque ; ſon œil regarde &
craint de voir; ſès mains n'oſent prèſque
achever leur ouvrage. C'en eſt fait ce
pendant : le caſque eſt enlevé; le ſort
de Doris eſt éclairci : elle ſuffit à peine
aux mouvem ens qui ºgº# elle tom
-
-
-
-)
5o MERCURE DE FRANCE.
be, elle ſe jette dans les bras de ſon
époux. Cétoit Therſandre.
A cette vue, tous les ſpectateurs pouſ
ſent des cris d'acclamation. Chacun ap
plaudit au choix des Juges , au ſort
des deux Amans. Les rivaux même de
Therſandre n'en murmurent pas, tant
ce jeune couple ſemble fait pour n'être
point ſéparé. Le ſeul Eurilas en ju
geoit autrement ; mais l'amour - pro
pre étouffoit ſes plaintes , ſa manière
d'aimer écartoit ſes regrets : il atten
doit tout de lui-même , & ſe trompa
toujours dans ſon attente. Therſandre
& Doris , au contraire , eſpéroient
tout l'un de l'autre, & leur eſpoir ne
fut jamais trompé.
CONTE,
Tiré d'un Manuscrit Grec.
LA Thessalie est le véritable Elisée de
la Gréce, le séjour du repos & des plaisirs.
La Nature n'y paroît que ſous l'exté
rieur le plus ſéduiſant; elle y ſeme avec
profuſion les riches tréſors qu'elle n'étale
ailleurs qu'avec réſerve. Jupiter ſe plaît
ſur la cime du Mont Olympe; Minerve
parmi les rochers de l'Attique; Diane
au ſein des forêts de l'Elide ; Mars
dans les plaines de la Thrace; Vénus
dans les boſquets de Cythère , & ,
l'Amour dans les délicieux vallons de
Tempé.Jamais ces beaux lieux ne réten
tiſſent que du ſon paifible des flûtes &
des muſettes. Jamais le Pénée qui
arroſe la Theſſalie, ne vit ſur ſes bords
que des Amans fortunés.
aux pieds d'un Autel dédié à l'Amour.
Voici les vœux qu'ils adreſſoient à ce
Dieu leur unique maître.
H
-
Therſandre & Doris étoient l'un & .
l'autre. Chaque jour l'Aurore les voyoit
26 MERCURE DE FRANCE.
» Souverain de notre âme, Arbitre
» du bonheur de nos jours , daigne
» en remplir tous les inſtans. Ceux qui
» ne te ſeroient pas conſacrés ſeroient
» perdus pour nous. Ceux dont tu
» diſpoſes
ſont les
ſeuls dont nous
» jouiſſions. Fais que Doris , diſoit
» Therſandre , n'écoute jamais aucun
» des rivaux que ſa beauté m'attire. Fais
» que Therſandre, diſoit Doris, metrou
» ve toujours plus belle que toutes mes
» rivales ; & tous deux ajoutoient en
» ſemble : » fais que nous méritions
» de ſervir de modéle aux Amans qui
» doivent naître après nous.
Therſandre & Doris avoient de quoi
ſe raſſurer
contre l'inconſtance. La
Theſſalie entiere n'offroit rien d'auſſi
parfait que ce jeune couple. On eût
dit que la Nature, en les formant, avoit
prévu les deſſeins de l'Amour. On eût
dit que l'Amour , en les
uniſſant ,
n'avoit fait qu'obéir à la Nature.
· Doris n'en étoit qu'à ſon troiſiéme
luſtre.Aux grâces touchantes & ingé
nues de cet âge , elle uniſſoit
les
charmes ſéduiſans d'une beauté ac
complie. L'éclat du lys & de la roſe le
céde à l'éclat de ſon teint. L'aſtre de
Vénus b#lle moins au milieu de la
J U I N. 1764.
·
27
nuit que les yeux de Doris au milieu
du jour Ses regards paſſent juſqu'à
l'âme ; ſon doux ſourire ſemble l'appel
ler ; toute ſa perſonne eſt animée par
les Grâces. Les plus belles Theſſalien
nes évitent ſa rencontre ; elles ont ſoin
ſurtout d'en préſerver leurs Amans.
Il eſt difficile de la voir & de reſ
ter fidéle à toute autre. Mais Doris ne
vouloit de fidélité que dans Therſandre.
C'étoit à lui ſeul qu'elle vouloit plaire :
c'étoit lui ſeul qui pouvoit la fixer.
ſDoris jettoit-elleles yeux ſur le criſtal des
fontaines ? c'étoit pour y voir ſi ſes
charmes avoient toujours de quoi cap
tiver Therſandre. Doris cueilloit - elle
des fleurs ſur les rives du Pénée ? c'é-
toit pour en orner Therſandre, ou pour
s'en parer à ſes yeux.
Le jeune Theſſalien répondoit à tant
d'amour par un Amour égal , un amour
qui ne pouvoit ni diminuer ni s'ac
· croître. Sa vue occaſionnoit mille infi
délités ; ſon cœur n'étoit le complice
d'aucune. Abſent de Doris, il ne de
ſiroit qu'elle , avec elle il ne deſiroit
plus rien. L'un & l'autre fuyoient les
lieux trop fréquentés ;
-
-
mais ils les
·fuyoient enſemble. Ceux où ils pou
voient être ſeuls étoient toujours ceux
2s : 1ºo
: B ij
,
28 MERCURE DE FRANCE.
qui les charmoient davantage. En vain ,
§ Therſandre à Doris , en vain la
· blonde Iſméne & la brune Zirphé s'é-
garent-elles ſouvent de leur route, & ſe
trouvent , comme par hazard , ſur la
· nôtre; leurs charmes ne peuvent arrêter
mes regards ; je ne les apperçois que
pour mieux ſentir combien elles vous
cédent ; je les fuirois ſi elles avoient
#uelque choſe à vous diſputer.
Un ſeul point troubloit la félicité de
ces deux amans. Ils ne pouvoient être
· unis par les nœuds de l'hymen qu'après
une cérémonie conſacrée par l'uſage
& les loix du païs. Elle ſe renouvelloit
tous les ans, & ce tems étoit prochain.
Elle conſiſtoit à couronner de myrthes &
de fleurs la plus belle desTheſſaliennes.,
& le Theſſalien le mieux fait : elleconſiſ
toit ſurtout à unir pour jamais le couple
, couronné : union que n'avoit pas tou
·jour précédé celle des cœurs & #
ne ſuivoit pas toujours. Bien des fois l'a-
mour gémit de cet uſage. Bien des fois
cet uſage rompit les deſſeins de l'amour.
Therſandre & Doris étoient ceux qui
en devoient le moins redouter les ſuites;
cependant ils les redoutoient.La crainte
- l'emportoit en eux ſur l'amour - propre.
Therſandre n'oſoit ſe flatter d'avoir le
prix & ne doutoit pas que Doris ne
·
J U I N. 1764.
29
l'obtînt. Doris croyoit déjà voir couron
ner Therſandre, & quelqu'une de ſes
rivales. Fous deux ainſi craignoient
d'être bien-tôt ſéparés. En vain chaque
naïade offroit à la jeune Theſſalienne un
miroir propre à la raſſurer : elle ne s'y
contemploit qu'avec défiance, elle ſe
trouvoit moins belle de jour en jour. Par,
la même raiſon , les charmes les plus
médiocres dans toute autre lui ſem
bloient devoir l'emporter ſur les ſiens.
C'étoit la première fois ſans doute qu'une
jeune Beauté oublioit ſes propres avan
tages, la première fois, ſur-tout, qu'elle
apprécioit trop ceux de ſes rivales. On
a déjà vu que Therſandre jugeoit auſſi
modeſtement de lui même. Il eût voulu
pouvoir éloigner cette fatale cérémonie.
Ce ſeroit, diſoit-il, retarder le triom
phe de Doris : mais dois-je ſouhaiter que .
Doris triomphe ſi je ne partage moi
même ſa victoire ? Si cette victoire qui
l'attend, doit pour jamais nous ſéparer ?
Peu s'en falloit qu'il ne regrettât que
Doris eût tant de charmes. Il deſiroit
qu'elle pût trouver des rivales , ou
plutôt qu'elle ne s'expoſât point à la né
· ceſſité de les vaincre.
Doris,qui avoit les mêmes craintes,
formoit en ſecret les mêmes vœux. Les
B iij
3o MERCURE DE FRANCE.
âmes de ces deux amans étoient d'accord
avant que leurs bouches ſe fuſſent ex
pliquées. Ce fut Doris qui rompit le
ſilence la première. Voici ce qu'elle
diſoit à ſon amant qui l'écoutoit, l'ad
miroit & l'adoroit.
Le jour approche, mon chèr Therſan
dre , ce jour où la JeuneſſeTheſſalienne
doit accourir en foule aux Temples de
Vénus & d'Apollon. Bien-tôt vont ſe
diſtribuer ces prix que la vanité recher
che & que l'amour doit dédaigner.
Votre victoire n'eſt pas douteuſe; mais
la mienne peut l'être, une de mes com
pagnes peut m'être préferée, & vous-mê
me alors ſeriez contraint de me la pré
férer.Ce dernier malheur eſt le ſeul que
je redoute : ayons le courage de le pré
venir. Peu m'importe que la Grece en
tiere me croye dépourvue de charmes :
je ne veux être belle qu'aux yeux de
Therſandre. Je vais réjouir la jalouſe
Dircé en publiant qu'une maladie ſubite
a défiguré mes traits au point de me ré
duire à les cacher. Je ne crains pas de
trouver d'incrédules.
.
Ah l s'écria Therſandre, pour ſoup
çonner un tel ſacrifice il faudroit ſoi
même en être capable ; il faudroit avoir
l'âme de Doris , il faudroit avoir ſon
J U I N. 1764.
3I
· amour.Jugez de mes tranſports , ajouta
t-il en tombant à ſes genoux ! je le dé
- firois ce ſacrifice; mais je n'oſois l'éxi
ger : trop ſûr de vos ſuccès, je doutois
de plus en plus des miens. Le moindre
de mes rivaux me ſembloit redoutable.
Tout amour-propre ceſſe quand il s'agit
de s'expoſer à vous perdre.C'en eſt fait ;
nul hazard ne pourra plus nous ſéparer.
Je vais feindre comme vous ; je vais
ſuppoſer qu'un accident funeſte m'inter
dit les moyens d'aſpirer au prix. Ehlquel
autre prix pourroit me flatter après
celui que Doris m'aſſure ?
Cette explication rendit le calme aux
deux amans. Ils ne ſongerent plus qu'à
effectuer leur projet. Le bruit courut dès
le jourſuivant que Doris étoit menacée
de perdre la vue. Cette nouvelle réjouit
plus d'une belle Theſſalienne. Telle qui
auparavant n'oſoit pas même ſonger au
prix, oſa dès-lors y prétendre & ſe le
promettre. Peu importoit au plus grand
nombre que leurs amans fuſſent préfé
rés; elles n'ambitionnoient cette préfé
rence que pour elles-mêmes; elles ne
craignoient pas d'épouſer l'amant d'une
· autre. Quelques-unes redoutoient cet
| échange : mais elles ne pouvoient ſe
· reſoudre à n'en pas courir les riſques :
B iv
#
N,
32 MERCURE DE FRANCE.
d'autres ne fe perſuadoient pas qu'il
pût y en avoir ni pour elles ni pour leurs
amans.La ſeule Doris,le ſeul Therſandre,
s'aimoient aſſez pour ignorer tous leurs
avantages : ils ne vouloient point faire
dépendre du hazard un bonheur qui ne
dépendoit que deux-mêmes. Therſandre
à ſon tour prit des meſures pours'éxemp
ter du concours. Il attaque um Sanglier
furieux, le tue ; mais il feimt d'être lui
même fort bleſſé. Au bout de quelques
jours on publie par ſon ordre que cette
bleſſure le prive pour jamais de l'uſage
d'un bras, & par la même raiſon du droit
d'aſpirer au prix. Cette nouvelle ſup
poſition trouve auſſi peu d'incrédules
que la première.
Alors on vit s'accroitre & le nombre
& l'eſpoir des concurrens. Nul d'entre
eux ne ſoupçonnoit le ſtratagême, tous
avoient intérêt de ne point s'y oppoſer.
Un ſeul néanmoins s'affligeoit de l'éve
nement. Ce n'étoit point comme ami
de Therſandre, c'étoit comme ſon rival.
Il aimoit Doris qui ne l'avoit jamais fa
voriſé d'un regard : mais tant de rigueur
· ne diminuoit ni ſes eſpérances ni la bon
ne opinion qu'il avoit de lui-même. Il ſe
croyoit aſſuré du prix : il ne doutoit pas
que Dorisn'obtînt le même avantage ſur
J U I N. 1764.
3 $
ſes rivales : Doris par cette raiſon ne
pouvoit éviter d'être à lui. Ainſi raiſon
noit Eurilas, c'étoit le nom du Theſſa
lien préſomptueux. Il attendoit avec la -
plus vive impatience le jour qui devoit
éclairer ſon triomphe. Il apprit alors
que Doris étoit forcée de renoncer au
ſien , qu'elle n'avoit plus droit d'y pré
tendre. A cette nouvelle ſa douleur ſur
paſſa de beaucoup ſon amour. Il aimoit
Doris parce qu'elle étoit la plus belle
des Theſſaliennes ;
c'étoit ſa beauté
ſeule qu'il aimoit.Quelques agrémens de
plus dans une autre l'euſſent arraché à la
première. La ſource de ſon déplaiſir étoit
que Doris ne pût être ni effacée ni rem
placée. Il trouva un autre ſujet d'afflic
tion dans la bleſſure de Therſandre, qu'il
croyoit réelle. Cétoit une fleur de moins
à ſa couronne, une victoire aſſurée que
la fortune lui enlevoit. L'amour-propre
étoit l'unique ſource des deſirs & des
regrèts d'Eurilas.
Bientôt même il ſoupçonna que Doris
& Therſandre pouvoient être d'accord,
& feindre des maux qu'ils ne reſſentoient
pas. Ils craignent, diſoit-il, d'être ſéparés,
& c'eſt moi ſeul qui cauſe cette crainte.
Alors il ſonge à vérifier ce doute, à pré
venir le larcin qu'on prétend lui faire
B v
34 MERCURE DE FRANCE.
Il y avoit dans cette contrée un Vieil
lard iſſu de la race d'Eſculape & qui -
avoit hérité de ſa ſcience. Les triſtes &
nombreux accidens qui affligent l'huma
nité ſembloient fuir devant lui. La con
fiance renaiſſoit à ſon approche , & cette
confiance n'étoit point trompée. Ce fut
lui qu'Eurilas voulut d'abord conſulter,
& voici comment il raiſonnoit : ſi Ther
ſandre & Doris, diſoit il, ſont entre
les mains de ce Vieillard , leur guériſon
- eſt prèſque aſſurée : ſi, au contraire , ils
n'ont pas eu recours à lui , c'eſt qu'ils
redoutent ſa pénétration. il arrive chez
Eurimaque, ainſi ſe nommoit l'héritier
du Dieu d'Epidaure, il lui parle de Doris
& de Therſandre. Ce n'étoit pas la pre
mière fois que ces deux noms avoient
frappé les
oreilles d'Eurimaque ; mais
ni Therſandre , ni
Doris
n'avoient
jamais eu recours à ſon art. La natu
1e avoit joint en eux les heureux tré
ſors de la ſanté aux dons brillans des
grâces
perſonnelles. Eurimaque s'at
tendrit au récit d'Eurilas. Je fais , lui
dit-il, ce qu'on publie à la louange de
ce jeune couple : ſon double accident
m'afflige. Puiſſe mon art lui être de
quelque utilité ! C'étoit offrir à Eurilas
une faveur qu'il s'apprêtoit à demander
J U I N. 1764.
Il détermine facilement le Vieillard à le
ſuivre. Tous deux s'avancent vers la
demeure de Doris.
-
Les deux amans s'applaudiſſoient de
leur feinte. Ils jouiſſoient de l'erreur
qu'elle avoit cauſée ; ils ſe promet
toient d'en jouir encore mieux par la
ſuite. Après un régime & des ſecours
ſimulés, ils reprirent leur conduite or
dinaire. Ils ne ſoupçonnoient pas qu'au
cun Theſſalien, qu'aucune Theſſalienne
oſaſſènt les contredire & cherchaſſent à
divulguer leur ſecret. Chaque jour ils ſe
rendoient enſemble au ſein d'un vallon
paiſible & iſolé. Doris avoit les yeux
couverts d'un bandeau ; Therſandre lui
ſervoit de guide, & lui - même avoit
- le bras ſoutenu par une écharpe ; mais
- l'écharpe & le bandeau ne reſtoient pas
toujours attachés : ſouvent Therſandre
faiſoit uſage de ſes deux mains pour
preſſer les mains de Doris, pour la parer
des plus belles fleurs que le Pénée voit
éclore ſur ſa rive. Souvent Doris atta
choit ſurTherſandre des yeux dont l'éclat
brilloit au loin & étoit bien propre à dé
mentir le malheur dont elle ſe plaignoit.
· Que ne vous dois-je pas ? lui diſoit
un jour Therſandre , quel ſacrifice ne
me fait pas votre amour ? C'eſt peu de
B vj
36 MERCURE DE FRANCE.
renoncer au prix qui vous eſt dû ; vous
renoncez à l'honneur de paſſer pour
belle, à l'avantage de le paroître : vous
cédez l'empire de la beauté à celles qui
ne devroient qu'embellir votre triom
· phe ! ... Mon cher Therſandre, inter
· rompit Doris, le ſeul empire qui me
· flatte eſt celui que vous me donnez ſur
votre âme : qu'il me reſte, je n'en de
ſire, je n'en regrette aucun autre. Ah !
s'écria l'amoureux Theſſalien , préſu
mez-vous qu'il ſoit en mon pouvoir de
vous l'ôter ? qu'il ſoit même au vôtre
de le perdre ? Doris régnera fur tous
ceux qui l'appercevront : elle ne ſçau
roit fuir un regard fans renoncer à une
victoire. Que l'Amour en ſoit loué, re
prenoit Doris , j'aime ſes dons pour
vous les offrir ; je regretterois de vous
offrir moins. Vous-même , mon cher
Therſandre , vous-même ne faites-vous
pas pour moi ce que je fais pour vous ?
Vos ſacrifices égalent ou ſurpaſſent les
miens : puiſſe votre ſatisfaction egaler
la mienne !
-
-
A ce dernier diſcours Therſandre ne
répondit que par des tranſports; langa
ge toujours expreſſif chez les vrais
Amans. Non , ajouta-t-il , mon bon
heur tel qu'il eſt, ne peut s'accroître :
J U I N. 1764.
nul autre ſoin ne peut
des jaloux.
.
37
le troubler.
Soyons heureux pour nous - mêmes ;
laiſſons à d'autres le vain deſir de faire
Ce fut au milieu d'un pareil entre
tien qu'Eurilas les ſurprit ſans en être
lui-même apperçu. Ils n'étoient point
ſur leurs gardes : les ſoupçons d'Eurilas
furent confirmés. Il étoit trop vain pour
témoigner un violent dépit. Il ne le fut
pas encore aſſez pour paroître tran
· quile. Eurimaque arriva quelques inſ
tans après lui. Voyez, dit-il au vieillard,
voyez ces deux Amans; ils n'ont be
ſoin ni de mes ſecours, ni des vôtres.
L'Amour dans cette contrée eſt fécond
en prodiges : c'eſt lui, ſans doute, qui
vient d'opérer une fi belle cure.
Tandis qu'il parloit ainſi, Therſandre
& Doris continuoient à n'être occupés
que d'eux-mêmes : ils ne voyoient ni
Eurilas ni Eurimaque Ce fut Therſan
dre qui les apperçut le premier. Il ſçut
modérer fa ſurpriſe; il ſçut même pré
venir Doris à temps du parti qu'elle
devoit prendre. C'étoit de paroître ne
rien voir. Tons deux ignoroient la pro
feſſion d'Eurimaque , & combien il
étoit difficile d'échapper à ſes lumières.
Eurilas étoit celui qu'ils craignoient le
38 MERCURE DE FRANCE.
plus. Cependant l'un & l'autre témoin
avançoient toujours.
Ils arrivent. Le
bras d'Eurilas a déja repris l'écharpe.
Doris les regarde, mais ſans qu'aucun
ſigne annonce qu'elle les apperçoit.
Telle Pigmalion vit d'abord ſa ſtatüe
avant que l'Amour l'eût animée en ſa
faveur, telle parut Doris aux yeux d'Eu
rilas & d'Eurimaque. Mais la mépriſe
ne pouvoit être longue. Le regard de
Doris pour être immobile n'en étoit
pas moins perçant. Le Soleil qu'aucun
nuage ne voile à nos yeux ne peut
nous dérober ſes rayons : il nous échauf
fe malgré lui-même.
.
-
-
Non , s'écria Eurilas , de ſi beaux
yeux ne peuvent être inutiles à Doris,
ils ont trop de pouvoir ſur les nôtres !
Ils font trop ſentir à notre âme leur
vive & douce influence ! Vous en par
lez comme un Amant, lui dit Eurima
que, & cette manière de voir a ſon
mérite : la mienne, d'ailleurs, s'accorde
avec la vôtre. Non, belle Doris , pour
ſuivit-il, vous n'êtes point privée de l'u-
ſage de vos yeux. C'eſt ce qu'éprouve
roient & atteſteroient en vous voyant
tous les Theſſaliens; c'eſt ce qu'affirme
de plus ici un deſcendant, un ſucceſ
ſeur d'Eſculape
:
2
,
... e
J U I N. 1764.
| Ce diſcours ſi
39
Ces derniers mots firent trembler &
Doris & Therſandre. Ils reconnurent
Eurimaque. Ils virent qu'une plus lon
gue diſſimulation ſeroit inutile. Eh,
commert pouvoir lui en impoſer ? Les
maux réels ne lui réſiſtoient pas : des
maux ſuppoſés lui pourroient-ils faire
illuſion ? Un autre motif excitoit encore
le zéle du vieillard. Il étoit du nombre
des Juges auxquels Therſandre cher
choit à ſe ſouſtraire. Il croyoit Apollon
même outragé par ce deſſein. Jeune
homme, dit-il à Therſandre, apprends
à faire un autre uſage des
faveurs
que la Nature & les Dieux t'ont bien
voulu départir : apprends que les maſ
quer c'eſt
les méconnoître ; c'eſt te
montrer ingrat envers ceux à qui tu
les dois. Ta modeſtie eſt un crime. Al
lez, pourſuivit-il en s'adreſſant au jeune
couple , allez diſputer ou plutôt recevoir
le prix qui vous attend. Pourquoi vous
refuſer à un triomphe certain ? Voit
on l'Aigle ſuir le Soleil & les Colom
bes le char de Vénus ?
-
-
flatteur pour Ther
fandre devoit peu flatter Eurilas : mais
ſa vanité le raſſuroit. : Il jugea qu'Euri
maque ſe connoiſſoit mieux en infirmités
qu'en agrémens. Lui-même exhorta ſon
--
4o MERCURE DE FRANCE.
,
rival à mettre à profit les conſeils du
vieillard. -
Il fallut que les deux Amans s'y déter
minaſſent : mais ils ne le promirent qu'en
ſoupirant. Leur amour gémiſſoit de ſe
compromettre ainſi , leurs craintes ſe
renouvelloient. En même temps s'é-
vanouiſſoient les eſpérances de la Jeu
neſſe Theſſalienne. Tels à l'aſpect du
Phénix , les autres oiſeaux reconnoiſ
ſent leur infériorité. Ils l'entourent dans
un profond ſilence, & ceux qu'enor
gueilliſſoit l'éclat de leur plumage per- .
dent toute leur fierté en contemplant
le ſien.
Le ſeul Eurilas n'avoit rien perdu de
ſa préſomption. Il eût voulu pouvoir
hâter le jour du couronnement. Ce
jour enfin arriva, & Doris & Therſan
dre frémirent. Doris dans ce moment
trouvoit que la Nature avoit bien peu
fait pour elle. Ce fut la première fois
qu'elle ſoupçonna que l'Art pouvoit
être employé : ce fut même à regret
qu'elle n'en fit point uſage. L'onde juſ
qu'alors lui avoit tenu lieu de miroir :
pour cette fois elle y en joignit un ar- .
tificiel. Ses yeux conſultoient l'un &
l'autre avec inquiétude : ni l'un ni l'au
: .
º,
|
|
-
J U I N. 1764.
41
tre ne les ſatisfirent. Jamais Doris ne
s'étoit moins plû à elle-même ; jamais
elle n'eſpéra moins plaire aux yeux
d'autrui.
Therſandre étoit dans la même ſitua
tion , avoit les mêmes craintes pour lui
même. Il vit Doris, il fut ébloui. La
· crainte de paroître moins belle ſembloit
ajouter à ſa beauté. Ah, lui dit-il , vo
tre triomphe n'eſt que trop certain !
quelle rivale pourroit le balancer ? La
Couronne eſt à vous ; mais, hélas r
dès ce moment peut-être ceſſez-vous
d'être à moi !
Non , repliqua Doris , la victoire
que Therſandre me promet eſt le
ſeul moyen de me conſerver à lui. La
ſienne eſt aſſurée. Puiſſe mon triomphe
n'être pas plus douteux ! ....
· Doris ! interrompit vivement Ther
- ſandre , vous outragez la Nature qui
épuiſa ſes plus riches dons en votre fa
veur. Quel Tribunal pourroit n'en être
pas frappé ? Ce ſont , il eſt vrai, des
femmes qui vous jugent ; mais vous
leur êtes trop ſupérieure en attraits
pour exciter leur jalouſie. Voit-on l'Af
tre de la Nuit rien diſputer à celui du
Jour ?
-
-
Ecoutez moi, Therſandre, reprit Do
42 MERCURE DE FRANCE.
ris : j'ignore ſi mes avantages ſont tels
-que vous les appréciez; j'ignore le ſuc
cès qui m'attend ; mais ſi la déciſion du
Tribunal
m'eſt contraire ; ſi même,
par quelque injuſtice, elle pouvoit ne
t'être point favorable , crois que je ne
· ſurvivrois point au malheur d'être à
quelque autre qn'à toi.
.
Ah I s'écria l'amoureux Théſſalien, je
jure par Apollon & tous les Dieux de
l'Olympe, que s'il faut aujourd'hui me
lier à tout autre objet que Doris, la
mort au même inſtant briſera ma chaîne;
je préférerai le trépas à cette infortune.
Doris verſoit des larmes en écoutant
Therſandre,&Therſandreétoit hors delui
même. On vint les ſéparer : on leur an
nonça que l'heure de ſe rendre au Tem
ple étoit venue. Quel moment ! Quelle
épreuve ! il fallut pourtant obéir. Déja
une foule immenſe occupoit les avenues
de l'un & de l'autre Temple , ſurtout
du Temple de Vénus. Déjà les plus belles
Theſſaliennes y accouroient avec cet
empreſſement que donne le deſir d'une
Victoire flatteuſe & brillante.
La blonde Iſmene s'avança la pre
mière. Ses regards avoient la douceur des
rayons de l'aurore , ſes traits plus d'a-
grément que de régularité. On l'eût priſe
J U I N. 1764.
43
pour une Grâce, mais on ne l'eût jamais .
priſe pour Vénus.
La brune Zirphé parut enſuite. Sa
taille & ſa démarche ſont celles d'une
Nymphe; ſon œil lance les feux brûlans
du Midi. Il n'échauffe pas, il conſume.
Zirphé a l'art de faire naître les deſirs ;
- mais rarement elle inſpire l'amour. On
cherche à la vaincre plutôt qu'à lui plaire.
· Dircé eût voulu devancer les deux
premières. Son foible eſt de vouloir
dominer partout. On ne dira point qu'elle
manque de beauté, on ne dira pas que
Dircé ſoit belle. Son air impérieux nuit
à ſes agrémens ; il effarouche le timide
eſſain des Grâces.Jamais Dircé ne mar
che en leur compagnie. On la prendroit
pour l'altière Junon qui vient non pas
diſputer, mais éxiger la pomme.
Une foule d'autres Teſſaliennes s'em
preſſoient de paroître. Leurs charmes
réunis , mais prèſque tous différens ,
offroient la douce & riante variété des
fleurs d'un parterre.
Doris n'arriva que la dernière. Tous
les yeux , tous les cœurs volérent à ſa
rencontre. Tous furent éblouis , tous
furent émus. On douta ſi ce n'étoit point
Vénus elle-même qui alloit préſider en
perſonne dans ſon Temple.
On vit les plus belles des aſpirantes
-
44 MERCURE DE FRANCE.
-rougir , pâlir à l'aſpect de Doris, jet
ter un coup d'œil inquiet , tantôt ſur
elle, tantôt ſur le Tribunal qui devoit
apprécier leurs charmes On vit ce
même Tribunal étonné qu'une même
· perſonne réunît tant d'attraits, donner
de ſubites marques d'admiration qui
valoient bien un jugement approfondi.
Cependant la cérémonie commença.
Elle conſiſtoit dans l'éxamen ſcrupuleux
des charmes de chaque aſpirante. Là,nul
le d'entre elles ne pouvoit recourir aux
preſtiges de l'art. Pour paroître belle ,
il falloit l'être, il falloit même l'être dans
toute ſà perſonne. Une tête plus qu'hu
maine entée ſur un corps défectueux ,
une taille divine dépourvue de la blan
cheur & de l'embonpoint ſuffiſant,
telles autres perfections accompagnées
de certains défauts, ne donnoient au
cun droit au prix. Il n'étoit dû qu'à
celles envers qui la Nature s'étoit mon
trée en tous points libérale. Plus d'une
fois , cependant, il avoit fallu adoucir
la rigueur de cette condition ; quel
quefois on avoit pû s'y conformer.
On le pouvoit dans cette circonſtance,.
bien plus que dans aucune autre.
C'étoit dans le ſanctuaire même du
Temple que s'achevoit l'éxamen. Cha
J U I N. 1764.
445
que Beauté y parut ſans voile, chaque
défaut put être apperçu ; rien ne pou
voit en impoſer aux yeux des Juges.
Rien ne leur en impoſa. Toutes ces
jeunes Theſſaliennes avoient eu part
aux dons de la Nature, mais ils dif
féroient dans prèſque chacune d'elles.
Aux unes, elle prodigua les charmes
que l'uſage laiſſe en proie aux regards :
aux autres elle départit ceux qu'il obli
ge de cacher. Leurs perfections réunies
euſſent produit une beauté ſans défaut ;
nulle d'entre elles ne pouvoit prétendre
à ce titre. Nulle ,
c'eſt trop dire.
Doris fit voir en elle ſeule tout ce
que ſes rivales ne poſſédoient qu'en
- CO1I11IlllIl.
Il y avoit dans le ſanctuaire une
Statue de la Déeſſe. Le célébre Phidias
en fut l'Auteur. Il employa pour l'a-
: chever toutes les reſſources de ſon
art, toutes celles que lui offrit la Na
ture. Les plus rares Beautés de toute la
Gréce lui ſervirent de modèle : mais
en ce moment l'on crut qu'il n'avoit
eu d'autre modèle que Doris.
Recevez cette Couronne , lui dit la
Grande Prêtreſſe au bruit des acclama
tions des autres Juges, régnez ſur tou
tes vos Compagnes. Elles ne doivent
46 MERCURE DE FRANCE.
point en murmurer. On peut vous cé
der l'empire de la Beauté ſans renon
cer à l'honneur d'être Belle.
Qui le croira ? les rivales mêmes de
Doris applaudirent à ſon triomphe !
Il eſt un point de fupériorité qui en
impoſe à l'envie même. La jalouſe
Dircé l'éprouva : elle accourut, elle vint
la première offrir ſon hommage à Doris.
Mais Doris ne jouiſſoit pas encore de ſa
victoire. Une crainte nouvelle agitoit
ſon âme. Elle n'oſoit douter que Ther
ſandre n'obtînt le prix; elle n'oſoit ſe
promettre qu'il l'obtînt. La brigue pou
voit l'en priver , ſes Juges pouvoient
ſe méprendre ; & dès-lors quel malheur
pour elle-même d'avoir été préférée !
On jugeoit ſon deſtin'digne d'envie ,
& elle craignoit d'envier bientôt celui
de ſes rivales.
· Cependant, on la couvre d'une robe
flotante & légère , telle que la portoit
Vénus lorſqu'elle s'offrit pour la pre
mière fois aux regards d'Adonis. Mais
Vénus y parut ſans voile, & Doris ne
devoit paroître que voilée aux yeux de
celui qu'une victoire pareille à la fienne
alloit rendre ſon époux. Lui-même ne
devoit l'aborder que couvert de l'ar
mure qu'il venoit d'obtenir. Ce double
J U I N. 1764.
47
uſage ſubſiſtoit depuis l'origne des Prix.
On vouloit par-là nourir juſqu'après l'hy
men une incertitude fâcheuſe , mais
utile. Souvent elle ſuſpendit la joie :
ſouvent elle prévint la réſiſtance.
.
L'autel où devoit être uni le couple
victorieux étoit placé au milieu d'une
avenue qui conduiſoit d'un temple à
l'autre. Une ſymphonie mélodieuſe fut
le ſignal pour s'y rendre. Doris friſſonna
de nouveau. On la conduiſoit en triom
phe ; mais ſes pas chanceloient : on
l'eût priſe pour une victime dévouée à la
colère de Diane plutôt que pour une
favorite de Vénus. De ſon côté le vain
queur approchoit, conduit par les Prê
tres d'Apollon. Une foule immenſe de
ſpectateurs contemploit cette cérémo
nie. On chanta les hymnes de la Déeſſe
& du Dieu qui préſidoient à ces myſ
tères. Vénus y étoit peinte. Apollon y
étoit peint. Tel eſt Therſandre , diſoit
Doris , en admirant le dernier tableau :
tel eſt Therſandre ; pourroit-il n'être pas
couronné ? Mais en vain fes regards per
çoient le voile qui la couvroit : en vain
cherchoit-elle à démêler les traits de
l'époux qu'elle alloit ſe donner : la viſière
de ſon caſque entiérement baiſſée trom
poit toutes ſes recherches. Elle crut voir,
v-' ' i
#
48 MERCURE DE FRANCE.
cependant, les yeux du jeune Theſſa
lien occupés du même ſoin qui l'occu
poit elle-même : c'étoit avec auſſi peu
de ſuccès d'une part que de l'autre.
Alors la grande Prêtreſſe de Vénus,
& le Chef des Prêtres d'Apollon, firent
approcher le jeune couple juſqu'au bord
de l'autel. On ne leur demanda point
s'ils vouloient être unis : l'uſage leur en
faiſoit une loi irrévocable. Le grand
Prêtre joignit leurs mains : la Prêtreſſe
les enchaînoit avec des fleurs : le peuple
· formoit des vœux pour leur félicité. Eux
mêmes, cependant , n'oſoient encore
ſe la promettre. Ce qu'ils éprouvoient ne
peut ſe décrire. La main de Doris trem
bloit dans celle du jeune Theſſalien : il
lui parut n'être pas moins agité. Hélas !
diſoit intérieurement : Doris , quelle
ſituation peut ſe comparer à la mienne ?
Peut-être m'uniſſai-je à Therſandre ?
Peut-être deviens-je la conquête ou
d'Eurilas ou de quelque autre : ce mo
ment décide pour jamais ou de mon
bonheur ou de mon infortune. J'ignore
ce qu'il me réſerve, & je n'oſe ni té
moigner trop d'empreſſement, ni mar
quer trop de répugnance.
Doris balançoit encore, & déja elle
n'étoit plus libre. Déja elle avoit un
époux
J U I N. 1764.
49
époux ſans le connoître, ſans en être
connue. Mais ce myſtère alloit enfin s'é-
claicir. Doris attendoit ce moment avec
agitation, avec éffroi. Il alloit décider
de ſon bonheur, & même de ſa vie : car
elle étoit réſolue de ne point ſurvivre au
malheur d'être ſéparée de Therſandre, au
malheur d'être à tout autre qu'a lui.
Il lui reſtoit à ſubir un autre uſage, il
falloit que ſon époux détachât le voile
qui la déroboit à ſes yeux :
il falloit
qu'elle-même, enſuite , le dépouillât de
ſon caſque. Le ſilence dans cette occa
ſion devoit continuer de part & d'autre.
Le Theſſalien léve le voile , jette un cri
involontaire & tombe aux pieds de
Doris : mais Doris étoit hors d'elle-mê
, me ; Doris ne diſtingua point ces accéns
· inarticulés. Etoit-ce la voix de Therſan
dre ? Etoit-ce la voix de quelqu'un de
ſes Rivaux? L'attitude par elle-même an
nonçoit de l'amour ; mais combien d'au
tres queTherſandre ont paru l'aimer ! elle
héſitoit, elle trembloit, en dénouant les
liens du caſque ; ſon œil regarde &
craint de voir; ſès mains n'oſent prèſque
achever leur ouvrage. C'en eſt fait ce
pendant : le caſque eſt enlevé; le ſort
de Doris eſt éclairci : elle ſuffit à peine
aux mouvem ens qui ºgº# elle tom
-
-
-
-)
5o MERCURE DE FRANCE.
be, elle ſe jette dans les bras de ſon
époux. Cétoit Therſandre.
A cette vue, tous les ſpectateurs pouſ
ſent des cris d'acclamation. Chacun ap
plaudit au choix des Juges , au ſort
des deux Amans. Les rivaux même de
Therſandre n'en murmurent pas, tant
ce jeune couple ſemble fait pour n'être
point ſéparé. Le ſeul Eurilas en ju
geoit autrement ; mais l'amour - pro
pre étouffoit ſes plaintes , ſa manière
d'aimer écartoit ſes regrets : il atten
doit tout de lui-même , & ſe trompa
toujours dans ſon attente. Therſandre
& Doris , au contraire , eſpéroient
tout l'un de l'autre, & leur eſpoir ne
fut jamais trompé.
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Résumé : LES DEUX PRIX, CONTE, Tiré d'un Manuscrit Grec.
Le conte 'Les Deux Prix' se déroule en Thessalie, une région réputée pour ses plaisants et ses divinités. L'histoire met en scène Thersandre et Doris, un couple exceptionnellement beau et amoureux. Ils redoutent une cérémonie annuelle où les plus beaux Thessaliens sont couronnés et unis par les lois du pays, ce qui pourrait les séparer. Pour éviter cette séparation, Doris simule une maladie et Thersandre feint une blessure grave. Leur stratagème est accepté par tous, sauf par Eurilas, un rival de Thersandre amoureux de Doris. Eurilas consulte Eurimaque, un médecin, pour vérifier l'authenticité des maladies simulées. Malgré cela, Doris et Thersandre continuent de se voir en secret dans un vallon isolé. Leur supercherie est finalement découverte par Eurila et Eurimaque, qui les exhortent à cesser leur dissimulation, soulignant l'ingratitude envers la nature et les dieux. Lors de la compétition de beauté, Doris et Thersandre acceptent de concourir. Doris est déclarée victorieuse et préparée pour son mariage avec un homme inconnu. Lors de la cérémonie, le prêtre unit leurs mains avec des fleurs, mais Doris et son époux ignorent encore leur identité mutuelle. Lors de la révélation, Doris reconnaît Thersandre sous le casque de son époux. Les spectateurs acclament le couple, approuvant le choix des juges. Eurilas, le seul rival mécontent, étouffe ses plaintes. Thersandre et Doris voient leur espoir d'union récompensé.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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748
p. 56-57
MADRIGAL, A une Dame qui vient d'avoir la Petite-Vérole.
Début :
A CUPIDON, Dame Cypris [...]
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texteReconnaissance textuelle : MADRIGAL, A une Dame qui vient d'avoir la Petite-Vérole.
MADRIGAL,
A une Dame qui vient d'avoir la Petite-Vérole.
A CUPIDON, Dame Cypris
Faiſoit n'aguère une querelle
De ce qu'il avoit chez Cloris,
Aſſez mal fait la ſentinelle.
Petit négligent, diſoit-elle,
Voilà donc le ſoin qu'avez pris
Des Beautés qu'avois mis ſous votre curatelle.
Amour lui dit, ne vous fâchez
Belle maman ! mais bien ſçachez
Que ce mal des miens eſt l'ouvrage :
cloris leur faiſoit maint outrage ,
Sans repos autour d'elle , il falloit voltiger à
·
J U I N. 1764.
57
Et n'en vouloit aucun dans ſon cœur héberger.
Ils ont cru pouvoir ſans ſcrupule,
Se creuſer ſur ſon corps chacun une cellule,
| s
Afin d'avoir où ſe loger.
qui m'entretenir.
Par M.... d'Auxerre.
A une Dame qui vient d'avoir la Petite-Vérole.
A CUPIDON, Dame Cypris
Faiſoit n'aguère une querelle
De ce qu'il avoit chez Cloris,
Aſſez mal fait la ſentinelle.
Petit négligent, diſoit-elle,
Voilà donc le ſoin qu'avez pris
Des Beautés qu'avois mis ſous votre curatelle.
Amour lui dit, ne vous fâchez
Belle maman ! mais bien ſçachez
Que ce mal des miens eſt l'ouvrage :
cloris leur faiſoit maint outrage ,
Sans repos autour d'elle , il falloit voltiger à
·
J U I N. 1764.
57
Et n'en vouloit aucun dans ſon cœur héberger.
Ils ont cru pouvoir ſans ſcrupule,
Se creuſer ſur ſon corps chacun une cellule,
| s
Afin d'avoir où ſe loger.
qui m'entretenir.
Par M.... d'Auxerre.
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Résumé : MADRIGAL, A une Dame qui vient d'avoir la Petite-Vérole.
Le poème 'Madrigal' de juin 1764, signé 'Par M.... d'Auxerre', est adressé à une dame atteinte de la petite vérole. Il décrit une dispute entre Cupidon et Vénus concernant la protection insuffisante de Cloris. Vénus reproche à Cupidon la négligence envers les beautés sous sa garde. Cupidon explique que la maladie résulte des outrages de Cloris envers les amours, qui se sont réfugiés dans son corps.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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749
p. 124-131
RÉPONSE sur le Ver Solitaire à une Lettre de M. de SAINT-ANGEL, Conseiller à la Cour des Aides de Montferrand, insérée dans le Mercure d'Avril 1764.
Début :
VOUS estimez donc, Monsieur, que je ne peux me dispenser de lever le voile [...]
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texteReconnaissance textuelle : RÉPONSE sur le Ver Solitaire à une Lettre de M. de SAINT-ANGEL, Conseiller à la Cour des Aides de Montferrand, insérée dans le Mercure d'Avril 1764.
RÉPONSE sur le Ver Solitaire à une
Lettre de M. de SAINT-ANGEL,
Conseiller à la Cour des Aides de
Montferrand, insérée dans le Mercure
d'Avril 1764.
VOUS estimez donc, Monsieur, que
je ne peux me dispenser de lever le voile
ſous lequel j'avois aimé à me cacher,
en priant M. De la Place d'inſérer dans
le Mercure mes obſervations ſur le Ver
Solitaire. Vos inſtances ſont trop vives
pour ne pas céder ; elles l'emportent
ſur la crainte de m'expoſer à l'épithéte
d'homme à ſecret , épithéte que n'ont
jamais mérité les célébres Praticiens
qui ont enrichi l'art de guérir.Je rou
irois donc encore de m'avouer poſ
ſeſſeur d'un ſecret, ſi je ne croyois avoir
une excuſe légitime dans le haut prix
auquel je l'ai acheté. Il faut en conſé
quence vous rendre compte des motifs
qui ont déterminé cette acquiſition.
Le ſieur Noufer, Médecin de Morat
en Suiſſe, ayant découvert ce Spécifi
-
J U I N. 1764.
125
que, acquit bientôt de la célébrité.
Il
fut appellé à Lyon par pluſieurs per
ſonnes incommodées du Ver Solitaire ;
les cures heureuſes & faciles qu'il opéra
méritérent toute l'attention de M. Bour
' gelat, Ecuyer du Roi , & Directeur de
l'Ecole-Royale-Vétérinaire. Cet ami
de l'humanité s'empreſſà d'apprendre les
ſuccès du ſieur Noufer à M. Senac ,
premier Médecin du Roi, lequel par
tagea auſſitôt ſon zéle & ſa bonne vo
lonté. En conſéquence M. Roſſignol,
alors Intendant de Lyon, fut chargé de
faire des informations, & de propoſer
au ſieur Noufer de vendre ſon ſecret
au R oi ſi ces informations étoient fa
vorables. Une ſeule condition arrêta la
vente. M. Senac exigea que l'Auteur
du reméde allât à Paris en faire des eſ
ſais en ſa préſence. Celui-ci qui com
mençoit à peine à eſtropier quelques
ques mots François, & qui ſe fit un
tableau fatiguant pour lui de la Cour
& de ce qui lui appartient, ſe refuſa
opiniâtrément à ce voyage, & ſacrifia
à ſa tranquillité les avantages que lui
préſentoit la fortune.
Ce Médecin eſt mort il y a quel
ques années. Il n'étoit pas riche ; ſa
veuve, obligée pour tirer parti du Spéci
F iij
1 26 MERCURE DE FRANCE.
fique dont ſon mari lui avoit laiſſé la
recette, de faire plufieurs voyages, s'eſt
bientôt lafſée d'un genre de vie qui
n'étoit pas ſans inconvénient pour une
veuve jeune & jolie.
Elle a donc cherché à vendre ſon ſe
cret , & perſonne ne s'eſt préſenté pour
acheter le ſecret d'une femme. Cepen
dant témoin oculaire de pluſieurs Cu
res tentées inutilement par beaucoup
d'autres remédes, me confiant aux ap
parences les plus heureuſes d'une pro
bité vraiment helvétique, & décidé par
les
inſtances d'une
Demoiſelle qui
craignoit de prendre ce Spécifique, ſi
je ne la raſſurois avec connoiſſance de
cauſe contre la prévention qui le pla
çoit dans la claſſe des poiſons ; je ſuis
entré en marché avec la veuve du Doc
teur Noufer. L'hiſtoire naturelle du Ver
Solitaire piquoit d'ailleurs ma curioſité,
que je ne pouvois ſatisfaire qu'à l'aide
de ce ſecret ; & vous avez vu là-deſſus
un eſſai de mes recherches dans le ſe
cond volume du Mercure de Janvier. .
Une ſoupe au beurre, un biſcuit,
un verre de vin
blanc , & quel
quefois un lavement de lait, qu'on fait
prendre la veille du remède pour toute
ncurriture du ſoir, comme pour tout
,.
"
J U I N. 1764.
127
· préparatif, avoit accrédité l'idée qu'un
poiſon violent faiſoit la baſe de ce ſpé
cifique ; des maux de cœur : quelque
fois un peu de vomiſſement lorſque le
ver ayant priſe avec le remède , faiſoit
les plus grands efforts pour lui échap
per, ſervoient encore † étayer cette
opinion. Comme il eſt compoſé d'un
breuvage, & d'un bol qu'on fait pren
dre deux heures après , le bol paſſoit
pour le contrepoiſon du breuvage ; enfin
l'air de myſtère , & l'attention à cacher
le remède en le préſentant, ſembloient
mettre le dernier ſceau à une façon fi
défavorable à ce Spécifique.
C'en étoit aſſez pour allarmer ma
délicateſſe : je demandai donc pour pré
liminaires qu'il me fût permis de m'inſ
·crire contre les engagemens que j'allois
prendre , ſi dans le remède dont j'ache
tois la recette , il y avoit quelque dro
gue qui pût paſſer pour poiſon.Ayant
reçu à cet égard toutes les aſſurances
néceſſaires, le contrat fut bientôt paſſé
& ſigné.
" Vous voyez, Monſieur, que ce re
mède eſt préciſément le même que ce
lui qui a délivré votre Femme-de-charge
de ſon ver ſolitaire . Si elle fut un peu
·fatiguée par ſon effet, e# que le ſieur
1V .
128 MERCURE DE FRANCE.
Noufer en étoit encore à des tâtonne
| mens que l'expérience lui a épargnés
dans la ſuite : cependant le produit net
de ce ſpécifique fut que votre malade,
qui étoit auparavant dans le plus triſte
état, ſe trouva en peu d'heures débar
raſſée de ſon ver ſolitaire : elle ſortit dans
la même journée, & fut ſi bien dès le
lendemain , qu'elle monta à cheval
pour aller vous rejoindre.A l'égard du
vuide conſidérable qu'elle ſentit dans
ſon eſtomach lorſque ſon ver fut expul
ſé , il eſt commun à tous les malades
| que ce reméde délivre, mais n'en eſt
pas l'effet immédiat.
Cet animal paraſite, héberge dans
l'eſtomach & dans les inteſtins;il les irri
te par une eſpéce de chatouillementau
quel, comme je l'ai dit dans les obſer
vations,doivent être attribués tous les dé
rangemens qu'il occaſionne ; c'eſt un
effet néceſſaire de ſes mouvemens, & de
ſes ondulations ſur des parties auſſi irri
tables, & auſſi ſenſibles. Mais lorſque
le ver a été expulſé, l'abſence de cette
ſenſation en produit une autre par de
ficit ; & c'eſt là la vraie cauſe de ce
vuide que reſſentent les malades.
La vertu antivermineuſe du ver ſoli
taire deſſeché, & pris en reméde ne
· J U I N. 1764.
12 g
m'eſt pas connue; je ſçai qu'elle a été
propoſée comme celle des autres vers
pris de la même façon ; mais je peux
aſſurer qu'elle n'entre en aucune ſorte
dans le Spécifique dont je ſuis poſſeſſeur.
Il faut à préſent vous rendre compte
de cette ſoupe au beurre qu'on fait
prendre la veille du reméde. Madame
Noufèr, n'à pas été en état de ſatisfaire
ma curioſité la-deſſus : c'eſt ainſi , m'a-
t-elle dit, qu'en agiſſoit mon mari; je
>
8
j
n'en ſçai pas-davantage. Ce ſeroit donc
encore une énigme pour moi ſans l'ob
ſervation ſuivante qui ma rappellé que
le Sieur Borin m'a ſouvent aſſuré que
le beurre & le lait, & même le miel ,
étoient les aliments après leſquels ſon
vers le fatiguoit le moins.
M. Midor, Curé de la Guillotiè re,
Fauxbourg de Lyon, étoit attaqué du
ver ſolitaire; il mangea par hazard du
beurre , & ſe trouva auſſi-tôt ſoulagé ;
depuis ce moment , il eut ſouvent re
cours à cette recette pour ſon ſoula
gement, & toujours avec ſuccès juſqu'à
ce qu'il prît le ſpecifique des mains mê
mes de Madame Noufer Etudiant la
ſenſation de mieux-être dont il étoit
affecté pendant la digeſtion du beurre,
il en avoit conclu que le ver ſolitaire
-
-
F V
J o MERCURE DE FRANCE
s'accommode très bien de ce genre d'a-
liment, & qu'il reſte enſuite dans I'in
action ainſi qu'un enfant qui vient de
quitter le ſein de ſa mère ; voilà une
recette ſacile pour le ſoulagement de
ceux que ce fâcheux hôte incommode;
elle pourroit même ſervir d'épreuve
pour ceux à qui des ſymptômes biſar
res & équivoques le feroient ſeulement
ſcupçonner.
-
Vous voyez à préſent que l'aliment
préſenté au Ver ſolitaire la veille de ſon
expulſion, eſt un leurre pour lui ; il s'é-
panouit pour prendre à l'aiſe une nour
riture qui lui eſt agréable ; & le lende
main il eſt attaqué au dépourvu par le
Spécifique qui le tue. Peut-être élude
rcit-il ſon action, ſi irrité par des re
médes contraires, il étoit tapi -& collé
contre les parois de ſon domicile ; dans
cet état de défenſe , ſes trachées, ou
les ouvertures par leſquelles il aſpire ſa
nourriture ſeroient exactement fermées,
& le Spécifique gliſſeroit deſſus ſans les
pénétrer. Les inſtructions du ſieur Nou
fer portent expreſſément de laiſſer un
intervalle aſſez conſidérable entre ſon
reméde & ceux dont on peut avoir fait
uſage antérieurement.
· -
: Un des avantages de ce Spécifique,
-
1
·
J U I N. 1764.
I 3 t
dont les effets ſont toujours auſſi promts
· que ſûrs, eſt de pouvoir être donné ſur
de ſimples ſoupçons , & j'eſpére acqué
rir avec le temps des connoiſſances aſ
ſez exactes , pour diſcerner ceux qui
ſont légitimes : combien de Malades
ont langui très-longtemps , & ſe ſont
épuiſés par des remédes pris au haſard,
avant qu'un lambeau de Ver Solitaire
rendu par les ſelles vînt leur apprendre
quelle étoit la cauſe de leurs indiſpoſi
tions !
M. de Fleurieu , premier Préſident
du Bureau des Finances en cette Ville,
m'a permis de publier qu'il a été déli
vré il y a peu de jours par ce reméde,
du Ver Solitaire dans l'eſpace de deux
heures & demi. Il ſouhaiteroit avec
moi que ſa publicité le mît à là portée
de tout le monde , & en fît connoître
la ſûreté & l'éfficacité ; mais en me li
vrant ſans réſerve à une pareille expul
ſion,peut-être ſerois-je encore en proye
aux dents acérées de cette lime ſourde
qui ronge également les métaux les
plus purs comme ceux du plus bas aloi. .
J'ai l'honneur d'être, &c.
PONTEAU, Docteur en Med. Me en Chirurgie,
ancien Chirurgien en Chef du grand Hôtel-Dieu
de Lyon, &c.
Lettre de M. de SAINT-ANGEL,
Conseiller à la Cour des Aides de
Montferrand, insérée dans le Mercure
d'Avril 1764.
VOUS estimez donc, Monsieur, que
je ne peux me dispenser de lever le voile
ſous lequel j'avois aimé à me cacher,
en priant M. De la Place d'inſérer dans
le Mercure mes obſervations ſur le Ver
Solitaire. Vos inſtances ſont trop vives
pour ne pas céder ; elles l'emportent
ſur la crainte de m'expoſer à l'épithéte
d'homme à ſecret , épithéte que n'ont
jamais mérité les célébres Praticiens
qui ont enrichi l'art de guérir.Je rou
irois donc encore de m'avouer poſ
ſeſſeur d'un ſecret, ſi je ne croyois avoir
une excuſe légitime dans le haut prix
auquel je l'ai acheté. Il faut en conſé
quence vous rendre compte des motifs
qui ont déterminé cette acquiſition.
Le ſieur Noufer, Médecin de Morat
en Suiſſe, ayant découvert ce Spécifi
-
J U I N. 1764.
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que, acquit bientôt de la célébrité.
Il
fut appellé à Lyon par pluſieurs per
ſonnes incommodées du Ver Solitaire ;
les cures heureuſes & faciles qu'il opéra
méritérent toute l'attention de M. Bour
' gelat, Ecuyer du Roi , & Directeur de
l'Ecole-Royale-Vétérinaire. Cet ami
de l'humanité s'empreſſà d'apprendre les
ſuccès du ſieur Noufer à M. Senac ,
premier Médecin du Roi, lequel par
tagea auſſitôt ſon zéle & ſa bonne vo
lonté. En conſéquence M. Roſſignol,
alors Intendant de Lyon, fut chargé de
faire des informations, & de propoſer
au ſieur Noufer de vendre ſon ſecret
au R oi ſi ces informations étoient fa
vorables. Une ſeule condition arrêta la
vente. M. Senac exigea que l'Auteur
du reméde allât à Paris en faire des eſ
ſais en ſa préſence. Celui-ci qui com
mençoit à peine à eſtropier quelques
ques mots François, & qui ſe fit un
tableau fatiguant pour lui de la Cour
& de ce qui lui appartient, ſe refuſa
opiniâtrément à ce voyage, & ſacrifia
à ſa tranquillité les avantages que lui
préſentoit la fortune.
Ce Médecin eſt mort il y a quel
ques années. Il n'étoit pas riche ; ſa
veuve, obligée pour tirer parti du Spéci
F iij
1 26 MERCURE DE FRANCE.
fique dont ſon mari lui avoit laiſſé la
recette, de faire plufieurs voyages, s'eſt
bientôt lafſée d'un genre de vie qui
n'étoit pas ſans inconvénient pour une
veuve jeune & jolie.
Elle a donc cherché à vendre ſon ſe
cret , & perſonne ne s'eſt préſenté pour
acheter le ſecret d'une femme. Cepen
dant témoin oculaire de pluſieurs Cu
res tentées inutilement par beaucoup
d'autres remédes, me confiant aux ap
parences les plus heureuſes d'une pro
bité vraiment helvétique, & décidé par
les
inſtances d'une
Demoiſelle qui
craignoit de prendre ce Spécifique, ſi
je ne la raſſurois avec connoiſſance de
cauſe contre la prévention qui le pla
çoit dans la claſſe des poiſons ; je ſuis
entré en marché avec la veuve du Doc
teur Noufer. L'hiſtoire naturelle du Ver
Solitaire piquoit d'ailleurs ma curioſité,
que je ne pouvois ſatisfaire qu'à l'aide
de ce ſecret ; & vous avez vu là-deſſus
un eſſai de mes recherches dans le ſe
cond volume du Mercure de Janvier. .
Une ſoupe au beurre, un biſcuit,
un verre de vin
blanc , & quel
quefois un lavement de lait, qu'on fait
prendre la veille du remède pour toute
ncurriture du ſoir, comme pour tout
,.
"
J U I N. 1764.
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· préparatif, avoit accrédité l'idée qu'un
poiſon violent faiſoit la baſe de ce ſpé
cifique ; des maux de cœur : quelque
fois un peu de vomiſſement lorſque le
ver ayant priſe avec le remède , faiſoit
les plus grands efforts pour lui échap
per, ſervoient encore † étayer cette
opinion. Comme il eſt compoſé d'un
breuvage, & d'un bol qu'on fait pren
dre deux heures après , le bol paſſoit
pour le contrepoiſon du breuvage ; enfin
l'air de myſtère , & l'attention à cacher
le remède en le préſentant, ſembloient
mettre le dernier ſceau à une façon fi
défavorable à ce Spécifique.
C'en étoit aſſez pour allarmer ma
délicateſſe : je demandai donc pour pré
liminaires qu'il me fût permis de m'inſ
·crire contre les engagemens que j'allois
prendre , ſi dans le remède dont j'ache
tois la recette , il y avoit quelque dro
gue qui pût paſſer pour poiſon.Ayant
reçu à cet égard toutes les aſſurances
néceſſaires, le contrat fut bientôt paſſé
& ſigné.
" Vous voyez, Monſieur, que ce re
mède eſt préciſément le même que ce
lui qui a délivré votre Femme-de-charge
de ſon ver ſolitaire . Si elle fut un peu
·fatiguée par ſon effet, e# que le ſieur
1V .
128 MERCURE DE FRANCE.
Noufer en étoit encore à des tâtonne
| mens que l'expérience lui a épargnés
dans la ſuite : cependant le produit net
de ce ſpécifique fut que votre malade,
qui étoit auparavant dans le plus triſte
état, ſe trouva en peu d'heures débar
raſſée de ſon ver ſolitaire : elle ſortit dans
la même journée, & fut ſi bien dès le
lendemain , qu'elle monta à cheval
pour aller vous rejoindre.A l'égard du
vuide conſidérable qu'elle ſentit dans
ſon eſtomach lorſque ſon ver fut expul
ſé , il eſt commun à tous les malades
| que ce reméde délivre, mais n'en eſt
pas l'effet immédiat.
Cet animal paraſite, héberge dans
l'eſtomach & dans les inteſtins;il les irri
te par une eſpéce de chatouillementau
quel, comme je l'ai dit dans les obſer
vations,doivent être attribués tous les dé
rangemens qu'il occaſionne ; c'eſt un
effet néceſſaire de ſes mouvemens, & de
ſes ondulations ſur des parties auſſi irri
tables, & auſſi ſenſibles. Mais lorſque
le ver a été expulſé, l'abſence de cette
ſenſation en produit une autre par de
ficit ; & c'eſt là la vraie cauſe de ce
vuide que reſſentent les malades.
La vertu antivermineuſe du ver ſoli
taire deſſeché, & pris en reméde ne
· J U I N. 1764.
12 g
m'eſt pas connue; je ſçai qu'elle a été
propoſée comme celle des autres vers
pris de la même façon ; mais je peux
aſſurer qu'elle n'entre en aucune ſorte
dans le Spécifique dont je ſuis poſſeſſeur.
Il faut à préſent vous rendre compte
de cette ſoupe au beurre qu'on fait
prendre la veille du reméde. Madame
Noufèr, n'à pas été en état de ſatisfaire
ma curioſité la-deſſus : c'eſt ainſi , m'a-
t-elle dit, qu'en agiſſoit mon mari; je
>
8
j
n'en ſçai pas-davantage. Ce ſeroit donc
encore une énigme pour moi ſans l'ob
ſervation ſuivante qui ma rappellé que
le Sieur Borin m'a ſouvent aſſuré que
le beurre & le lait, & même le miel ,
étoient les aliments après leſquels ſon
vers le fatiguoit le moins.
M. Midor, Curé de la Guillotiè re,
Fauxbourg de Lyon, étoit attaqué du
ver ſolitaire; il mangea par hazard du
beurre , & ſe trouva auſſi-tôt ſoulagé ;
depuis ce moment , il eut ſouvent re
cours à cette recette pour ſon ſoula
gement, & toujours avec ſuccès juſqu'à
ce qu'il prît le ſpecifique des mains mê
mes de Madame Noufer Etudiant la
ſenſation de mieux-être dont il étoit
affecté pendant la digeſtion du beurre,
il en avoit conclu que le ver ſolitaire
-
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F V
J o MERCURE DE FRANCE
s'accommode très bien de ce genre d'a-
liment, & qu'il reſte enſuite dans I'in
action ainſi qu'un enfant qui vient de
quitter le ſein de ſa mère ; voilà une
recette ſacile pour le ſoulagement de
ceux que ce fâcheux hôte incommode;
elle pourroit même ſervir d'épreuve
pour ceux à qui des ſymptômes biſar
res & équivoques le feroient ſeulement
ſcupçonner.
-
Vous voyez à préſent que l'aliment
préſenté au Ver ſolitaire la veille de ſon
expulſion, eſt un leurre pour lui ; il s'é-
panouit pour prendre à l'aiſe une nour
riture qui lui eſt agréable ; & le lende
main il eſt attaqué au dépourvu par le
Spécifique qui le tue. Peut-être élude
rcit-il ſon action, ſi irrité par des re
médes contraires, il étoit tapi -& collé
contre les parois de ſon domicile ; dans
cet état de défenſe , ſes trachées, ou
les ouvertures par leſquelles il aſpire ſa
nourriture ſeroient exactement fermées,
& le Spécifique gliſſeroit deſſus ſans les
pénétrer. Les inſtructions du ſieur Nou
fer portent expreſſément de laiſſer un
intervalle aſſez conſidérable entre ſon
reméde & ceux dont on peut avoir fait
uſage antérieurement.
· -
: Un des avantages de ce Spécifique,
-
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J U I N. 1764.
I 3 t
dont les effets ſont toujours auſſi promts
· que ſûrs, eſt de pouvoir être donné ſur
de ſimples ſoupçons , & j'eſpére acqué
rir avec le temps des connoiſſances aſ
ſez exactes , pour diſcerner ceux qui
ſont légitimes : combien de Malades
ont langui très-longtemps , & ſe ſont
épuiſés par des remédes pris au haſard,
avant qu'un lambeau de Ver Solitaire
rendu par les ſelles vînt leur apprendre
quelle étoit la cauſe de leurs indiſpoſi
tions !
M. de Fleurieu , premier Préſident
du Bureau des Finances en cette Ville,
m'a permis de publier qu'il a été déli
vré il y a peu de jours par ce reméde,
du Ver Solitaire dans l'eſpace de deux
heures & demi. Il ſouhaiteroit avec
moi que ſa publicité le mît à là portée
de tout le monde , & en fît connoître
la ſûreté & l'éfficacité ; mais en me li
vrant ſans réſerve à une pareille expul
ſion,peut-être ſerois-je encore en proye
aux dents acérées de cette lime ſourde
qui ronge également les métaux les
plus purs comme ceux du plus bas aloi. .
J'ai l'honneur d'être, &c.
PONTEAU, Docteur en Med. Me en Chirurgie,
ancien Chirurgien en Chef du grand Hôtel-Dieu
de Lyon, &c.
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Résumé : RÉPONSE sur le Ver Solitaire à une Lettre de M. de SAINT-ANGEL, Conseiller à la Cour des Aides de Montferrand, insérée dans le Mercure d'Avril 1764.
L'auteur répond à M. de Saint-Angel au sujet du traitement du ver solitaire. Il mentionne un remède découvert par le médecin suisse Noufer, connu pour ses succès à Lyon. Le roi, informé par M. Bourgelat et M. Senac, tenta sans succès d'obtenir le secret de Noufer, qui refusa de se rendre à Paris. Après la mort de Noufer, sa veuve vendit la recette à l'auteur, intrigué par le ver solitaire et convaincu de la probité de la veuve. Le remède, initialement perçu comme potentiellement toxique, s'avéra efficace. L'auteur décrit les effets du traitement et les sensations des patients après l'expulsion du ver. Il précise que le ver solitaire déshydraté n'est pas utilisé dans son spécifique. Une soupe au beurre est donnée la veille du remède comme préparation. Le Dr. Ponteau indique que le beurre, le lait et le miel ne perturbent pas le ver solitaire. Il relate l'expérience de M. Midor, un curé, qui trouva soulagement en consommant du beurre. Le beurre sert de leurre pour rendre le ver inactif avant l'administration d'un spécifique qui le tue. Un intervalle est nécessaire entre les remèdes pour éviter que le ver ne se défende. Le spécifique est efficace même sur de simples soupçons et peut soulager rapidement, comme le montre l'exemple de M. de Fleurieu, guéri en deux heures et demie. Le Dr. Ponteau espère que ce remède deviendra accessible à tous, tout en restant prudent sur son propre état de santé.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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750
p. 132-136
SUITE pratique de la Goute, des Sciatiques & des Rhumatismes gouteux.
Début :
MONSIEUR, UNE maladie de poitrine que j'ai essuyée depuis [...]
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texteReconnaissance textuelle : SUITE pratique de la Goute, des Sciatiques & des Rhumatismes gouteux.
SUITE pratique de la Goute, des
Sciatiques & des Rhumatismes gouteux.
MONSIEUR,
UNE maladie de poitrine que j'ai essuyée
depuis le vingt Mars jusques en
Mai, ne m'a pas permis de répondre à
la confiance d'un grand nombre de
Gouteux dans Paris & dans les Provin
ces ; j'ai promis au Public dans votre
Journal de Mars dernier , de continuer
de l'inſtruire dans celui du mois de Juil
let ;je lui tiens parole, & voici des faits
très-intéreſſans capables de le conſoler
par l'eſpérance de trouver des reſſources
qui lui ont toujours paru fabuleufes.
FAI T'S D E PA R I S.
M. le Comte de Fenelon,Hôtel Notre
Dame , rue du Colombier, près l'Ab
baye Saint Germain, goute aux pieds
& aux genoux ; fort ſoulagé par la pou
· dre balſamique, & le baume végétal.
Ce fait eſt de Mars.
M. Perruchon, Ancien Régiſſeur Gé
néral des Hôpitaux de l'Armée : en
Février, étant fort tourmenté d'un rhu
J U I N. 1764.
, 133
matiſme dans les reins, dans les épaules
- & les cuiſſes ; logé Hôtel de Grenelle ,
rue de Grenelle Saint Honoré, fut cal
mé en vingt-quatre heures , & bien
tôt rétabli par la poudre balſamique
& le baume végétal.
M. Deſhayes , Hotel du Saint Eſ
prit, rue du Four Saint Honoré; en
Fevrier ; rhumatiſme aux reins , aux
épaules & aux genoux ; calmé en quel
ques jours par leſdits remèdes, & tou
jours de mieux en mieux par la conti- .
nuité de leur uſage.
: M. le Chevalier de Bauvais, chez M.
le Préſident de Mêlé , rue du Sentier,
quartier Montmartre, en Mars, la goute
la plus enflammée aux genoux & à la
main : calmée en trente heures : a com
mencé à marcher un peu le troiſiéme
jour & s'eſt bien - tôt rétabli par-la
· poudre balſamique & le baume végétal.
M. de Berthecourt, Gentil-homme de
de Monſeigneur le Cardinal de Gêvres,
en ſon Hôtel, rue neuve des Auguſtins,
en Mars, rhumatiſme aux jambes, aux
épaules & aux mains, fort calmé en
quinze jours par la tiſane balſamique,
& ſe trouvant toujours mieux par ſon
uſage , & celui du baume végétal.
Puquéry, Hôtel de Bretagne, rue &
134 MERCURE DE FRANCE.
croix des petits champs, en Avril a uſé
de la poudre balſamique & du baume
végétal, ce qui lui a fait un très-grand
bien par une copieuſe évacuation de
glaires.
Obſervation néceſſaire ſur le Baume.
M. le Chevalier de Saint Pau , Hôtel
de Vincenne, rue de la Monnoye, &
M. Duval , Secrétaire du Roi , rue
d'Antin , à la fin d'un accès de goute
où il reſtoit foibleſſe des parties & quel
ques légers reſſentimens , s'étant pur
gé avec la manne, le ſel de duobus, &
le baume végétal , furent en état de
ſortir le lendemain. .
· M. de Berthecour, par le même pur
# le lendemain eut le mouvement
e ſa main rhumatiſée.
-
| Cette façon de purger eſt la ſeule qui
ſoit propre dans ces maladies , parce
quelle ne tranche point & elle eſt pro
pre à l'humeur & aux nerfs.
Faits de Provinces.
| M Jore , à la Cour de l'Hotel de
· Ville de Rouen, ayant une goute fixée
aux clavicules ; reſpiration gênée, dif
ficulté de marcher , ma écrit en Avril
que la poudre balſamique, & ſur tout
t!,t
tº
#
#
#
V
J U I N. 1764.
I 35
le baume végétal lui avoient très-bien
fait, qu'il marchoit plus librernent &
que l'humeur étoit fort adoucie à la poi
trlne.
· Une femme de Lyon, très-vivement
rhumatiſée depuis pluſieurs années, &
ſans ſoulagement, l'a trouvé dans l'uſa
ge de la poudre balſamique & du bau
me végétal ; j'en ai reçu l'avis par M.
Tranzoni, Recteur de l'Hotel Dieu de
Lyon , qui lui a fait adminiſtrer les re
médes.
-
-
· M. de Montricouſte, Premier Préſi
dent de la Cour des Aydes de Montau
ban, m'a écrit en Mars , que le baume
végétal lui faiſoit au mieux pour ſon
eſtomach affoibli ;
il le continue.
.
Je ne peux citer un très-grand nombre.
de perſonnes de Paris , des Provinces &
de l'Allemagne, qui font uſage deſdits
remédes, ſoit pour la goute, les 1 huma--
tiſmes &c. ou pour l'eſtomach , parce
qu'ils prennent , ou font prendre les
remédes pendant que je ſuis à mes viſi
tes ſans donner les noms ni les adreſſes.
· Je viens de réformer mon ordonnan
ce à la fin de mon ouvrage,parce qu'el
le étoit trop générale , & ne réuſſiſſoit
qu'à quelques-uns ; des ſuccès conti
nués tout cet hyver m'ont appris à la
136 MERCURE DE FRANCE.
régler pour tous les cas & tous les tem
péramens ; elle eſt diſtincte; elle indi
que les traitemens généraux & particu
liers, propres à un chacun & à tous les
genres de Goute, &c. J'y donne la fa
çon de faire le topique dérivatif pour
les pieds , comme je l'avois promis
dans le Mercure de Mars. Liſez celui
de Novembre prochain.
L'Ouvrage ſe vend chez Panckoucke,
Libraire, rue & près la Comédie Fran
çoiſe à Paris.
Mon adreſſe eſt chez M. Burel , Chi
rurgien , rue du gros Chenet, quartier
Montmartre à Paris.
Je ne reviendrai à Paris qu'au com
mencement d'Août, après les colleStions
de mes Simples.
Je ne reçois que les Lettres affran- .
chies.
C. DE MONTGERBET, Médecin du ROI
& ordinaire de ses Bâtimens.
Sciatiques & des Rhumatismes gouteux.
MONSIEUR,
UNE maladie de poitrine que j'ai essuyée
depuis le vingt Mars jusques en
Mai, ne m'a pas permis de répondre à
la confiance d'un grand nombre de
Gouteux dans Paris & dans les Provin
ces ; j'ai promis au Public dans votre
Journal de Mars dernier , de continuer
de l'inſtruire dans celui du mois de Juil
let ;je lui tiens parole, & voici des faits
très-intéreſſans capables de le conſoler
par l'eſpérance de trouver des reſſources
qui lui ont toujours paru fabuleufes.
FAI T'S D E PA R I S.
M. le Comte de Fenelon,Hôtel Notre
Dame , rue du Colombier, près l'Ab
baye Saint Germain, goute aux pieds
& aux genoux ; fort ſoulagé par la pou
· dre balſamique, & le baume végétal.
Ce fait eſt de Mars.
M. Perruchon, Ancien Régiſſeur Gé
néral des Hôpitaux de l'Armée : en
Février, étant fort tourmenté d'un rhu
J U I N. 1764.
, 133
matiſme dans les reins, dans les épaules
- & les cuiſſes ; logé Hôtel de Grenelle ,
rue de Grenelle Saint Honoré, fut cal
mé en vingt-quatre heures , & bien
tôt rétabli par la poudre balſamique
& le baume végétal.
M. Deſhayes , Hotel du Saint Eſ
prit, rue du Four Saint Honoré; en
Fevrier ; rhumatiſme aux reins , aux
épaules & aux genoux ; calmé en quel
ques jours par leſdits remèdes, & tou
jours de mieux en mieux par la conti- .
nuité de leur uſage.
: M. le Chevalier de Bauvais, chez M.
le Préſident de Mêlé , rue du Sentier,
quartier Montmartre, en Mars, la goute
la plus enflammée aux genoux & à la
main : calmée en trente heures : a com
mencé à marcher un peu le troiſiéme
jour & s'eſt bien - tôt rétabli par-la
· poudre balſamique & le baume végétal.
M. de Berthecourt, Gentil-homme de
de Monſeigneur le Cardinal de Gêvres,
en ſon Hôtel, rue neuve des Auguſtins,
en Mars, rhumatiſme aux jambes, aux
épaules & aux mains, fort calmé en
quinze jours par la tiſane balſamique,
& ſe trouvant toujours mieux par ſon
uſage , & celui du baume végétal.
Puquéry, Hôtel de Bretagne, rue &
134 MERCURE DE FRANCE.
croix des petits champs, en Avril a uſé
de la poudre balſamique & du baume
végétal, ce qui lui a fait un très-grand
bien par une copieuſe évacuation de
glaires.
Obſervation néceſſaire ſur le Baume.
M. le Chevalier de Saint Pau , Hôtel
de Vincenne, rue de la Monnoye, &
M. Duval , Secrétaire du Roi , rue
d'Antin , à la fin d'un accès de goute
où il reſtoit foibleſſe des parties & quel
ques légers reſſentimens , s'étant pur
gé avec la manne, le ſel de duobus, &
le baume végétal , furent en état de
ſortir le lendemain. .
· M. de Berthecour, par le même pur
# le lendemain eut le mouvement
e ſa main rhumatiſée.
-
| Cette façon de purger eſt la ſeule qui
ſoit propre dans ces maladies , parce
quelle ne tranche point & elle eſt pro
pre à l'humeur & aux nerfs.
Faits de Provinces.
| M Jore , à la Cour de l'Hotel de
· Ville de Rouen, ayant une goute fixée
aux clavicules ; reſpiration gênée, dif
ficulté de marcher , ma écrit en Avril
que la poudre balſamique, & ſur tout
t!,t
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#
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V
J U I N. 1764.
I 35
le baume végétal lui avoient très-bien
fait, qu'il marchoit plus librernent &
que l'humeur étoit fort adoucie à la poi
trlne.
· Une femme de Lyon, très-vivement
rhumatiſée depuis pluſieurs années, &
ſans ſoulagement, l'a trouvé dans l'uſa
ge de la poudre balſamique & du bau
me végétal ; j'en ai reçu l'avis par M.
Tranzoni, Recteur de l'Hotel Dieu de
Lyon , qui lui a fait adminiſtrer les re
médes.
-
-
· M. de Montricouſte, Premier Préſi
dent de la Cour des Aydes de Montau
ban, m'a écrit en Mars , que le baume
végétal lui faiſoit au mieux pour ſon
eſtomach affoibli ;
il le continue.
.
Je ne peux citer un très-grand nombre.
de perſonnes de Paris , des Provinces &
de l'Allemagne, qui font uſage deſdits
remédes, ſoit pour la goute, les 1 huma--
tiſmes &c. ou pour l'eſtomach , parce
qu'ils prennent , ou font prendre les
remédes pendant que je ſuis à mes viſi
tes ſans donner les noms ni les adreſſes.
· Je viens de réformer mon ordonnan
ce à la fin de mon ouvrage,parce qu'el
le étoit trop générale , & ne réuſſiſſoit
qu'à quelques-uns ; des ſuccès conti
nués tout cet hyver m'ont appris à la
136 MERCURE DE FRANCE.
régler pour tous les cas & tous les tem
péramens ; elle eſt diſtincte; elle indi
que les traitemens généraux & particu
liers, propres à un chacun & à tous les
genres de Goute, &c. J'y donne la fa
çon de faire le topique dérivatif pour
les pieds , comme je l'avois promis
dans le Mercure de Mars. Liſez celui
de Novembre prochain.
L'Ouvrage ſe vend chez Panckoucke,
Libraire, rue & près la Comédie Fran
çoiſe à Paris.
Mon adreſſe eſt chez M. Burel , Chi
rurgien , rue du gros Chenet, quartier
Montmartre à Paris.
Je ne reviendrai à Paris qu'au com
mencement d'Août, après les colleStions
de mes Simples.
Je ne reçois que les Lettres affran- .
chies.
C. DE MONTGERBET, Médecin du ROI
& ordinaire de ses Bâtimens.
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Résumé : SUITE pratique de la Goute, des Sciatiques & des Rhumatismes gouteux.
Le document, rédigé par C. de Montgerbet, médecin du roi, aborde les traitements efficaces contre la goutte, les sciatiques et les rhumatismes gouteux. L'auteur mentionne avoir été empêché de répondre aux attentes des patients en raison d'une maladie de poitrine. Il présente plusieurs cas de guérison à Paris et en province grâce à l'utilisation de la poudre balsamique et du baume végétal. Parmi les exemples de patients guéris figurent M. le Comte de Fenelon, M. Perruchon, M. Deshayes, M. le Chevalier de Bauvais, et M. de Berthecourt. Le texte insiste sur l'importance d'une purge spécifique adaptée à ces maladies. Des témoignages provenant de différentes régions, tels que ceux de M. Jore à Rouen et d'une femme de Lyon, confirment l'efficacité des traitements proposés. L'auteur a révisé ses ordonnances pour mieux adapter les traitements aux divers cas et tempéraments. Le livre contenant ces informations est disponible chez Panckoucke, libraire à Paris.
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