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1
p. 147-149
A Rome, le 11 Novembre 1717.
Début :
Le Pape tint Consistoire le 11 de l'autre mois. Tous les Cardinaux [...]
Mots clefs :
Pape, Consistoire, Cardinaux, Prince électoral, Empereur, Décès, Hommage, Chapelle
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texteReconnaissance textuelle : A Rome, le 11 Novembre 1717.
A Rome , le 11 Novembre 1717 .
Le Pape tint Confiftoire le 11 de l'autre
mois. Tous les Cardinaux , même
les abfens , avoient efté fommés de s'y
rendre. S. S. leur fit part de l'abiuration
du Prince Electoral de Saxe, faite
en 1712 à Bologne , entre les mains
du Cardinal Cafoni Legat pour lors..
dans cette Ville. C'eft le Prince mê
Nij
148 C LE MERCURE
me quia fupplié le S. P. par une Let.
tre du 28 Septembre de la rendre publique
: On ne doute pas que l'Empereur
ne prenne la défenfe du nouveau
Converti , contre toute Puiffance qui
voudroit lui nuire , ou l'attaquer fous ce
pretexte de changement de Religión.
Milord Peterborough eft toûjours
prifonnier au Fort Urbin, où il fe réjoüit
& fe divertit de fon mieux. On voudroit
bien l'élargir mais il s'y oppofe :
Come ce Seigneur fe croit trés offenfé, il
veut avoir une fatisfaction à l'avenant.
Le 25 du paffé, mourut le Cardinal
Grimaldi Gennois , né le 6 Décembre
1545. Le S. P. médite un voyage à
Urbin lieu de fa naiffance , où il verra
le Prétendant à qui il doit vifite : Il y
paroîtra avec tout l'éclat de la Papauté.
Il a épargné à ce deffein les frais de
trois Villegiatures ; & c'eft pour cela
à ce qu'on affûre ,qu'il ne va point cette
année, à Caftel- Gandolphe : Chemin faifant
, il vifitera Nôtre- Dame de Lorette ,
à qui il deftine pour hommage , les
Queues de cheval nouvellement conquifes
fur les Turcs. Il est arrivé de
France un Courier extraordiniare ; il
eftoit porteur d'un Edit fameux, qui fait
DE NOVEMBRE.. 149
défenfe deparler de la Conftitution.
Quelque inftance qu'ait pû faire M.
le Cardinal de la Tremoille auprés du
Pape , il n'a pû obtenir l'Indult pour
Befançon ; quoique M. l'Abbé de Mornay
défigné pour cet Archevêché , foit
agréable à cette Cour.
Nous fommes dans l'attente , d'un
Confiftoire, pour voir fi M. de ... fera
fait enfin Cardinal : Le Pape s'y eft engagé
de parole trop pofitivement , en
difant de ce Prélat , vederà che fono
galant-huomo,
Le 4 de Novembre , le Pape tint Chapelle
dans l'Eglife de S.
Milanois , dont S. M. I.
Charles des
porte
le nom .
Le Pape tint Confiftoire le 11 de l'autre
mois. Tous les Cardinaux , même
les abfens , avoient efté fommés de s'y
rendre. S. S. leur fit part de l'abiuration
du Prince Electoral de Saxe, faite
en 1712 à Bologne , entre les mains
du Cardinal Cafoni Legat pour lors..
dans cette Ville. C'eft le Prince mê
Nij
148 C LE MERCURE
me quia fupplié le S. P. par une Let.
tre du 28 Septembre de la rendre publique
: On ne doute pas que l'Empereur
ne prenne la défenfe du nouveau
Converti , contre toute Puiffance qui
voudroit lui nuire , ou l'attaquer fous ce
pretexte de changement de Religión.
Milord Peterborough eft toûjours
prifonnier au Fort Urbin, où il fe réjoüit
& fe divertit de fon mieux. On voudroit
bien l'élargir mais il s'y oppofe :
Come ce Seigneur fe croit trés offenfé, il
veut avoir une fatisfaction à l'avenant.
Le 25 du paffé, mourut le Cardinal
Grimaldi Gennois , né le 6 Décembre
1545. Le S. P. médite un voyage à
Urbin lieu de fa naiffance , où il verra
le Prétendant à qui il doit vifite : Il y
paroîtra avec tout l'éclat de la Papauté.
Il a épargné à ce deffein les frais de
trois Villegiatures ; & c'eft pour cela
à ce qu'on affûre ,qu'il ne va point cette
année, à Caftel- Gandolphe : Chemin faifant
, il vifitera Nôtre- Dame de Lorette ,
à qui il deftine pour hommage , les
Queues de cheval nouvellement conquifes
fur les Turcs. Il est arrivé de
France un Courier extraordiniare ; il
eftoit porteur d'un Edit fameux, qui fait
DE NOVEMBRE.. 149
défenfe deparler de la Conftitution.
Quelque inftance qu'ait pû faire M.
le Cardinal de la Tremoille auprés du
Pape , il n'a pû obtenir l'Indult pour
Befançon ; quoique M. l'Abbé de Mornay
défigné pour cet Archevêché , foit
agréable à cette Cour.
Nous fommes dans l'attente , d'un
Confiftoire, pour voir fi M. de ... fera
fait enfin Cardinal : Le Pape s'y eft engagé
de parole trop pofitivement , en
difant de ce Prélat , vederà che fono
galant-huomo,
Le 4 de Novembre , le Pape tint Chapelle
dans l'Eglife de S.
Milanois , dont S. M. I.
Charles des
porte
le nom .
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Résumé : A Rome, le 11 Novembre 1717.
Le 11 novembre 1717, le Pape convoqua un consistoire à Rome pour annoncer l'abjuration du Prince Électeur de Saxe, intervenue en 1712 à Bologne devant le Cardinal Corsini. Cette abjuration fut rendue publique à la demande du prince, formulée dans une lettre du 28 septembre. L'Empereur est attendu pour protéger le nouveau converti. Milord Peterborough est toujours prisonnier au Fort Urbin. Le Cardinal Grimaldi de Gênes est décédé le 25 octobre précédent, né le 6 décembre 1545. Le Pape prévoit de se rendre à Urbino, sa ville natale, pour visiter le prétendant, sans passer par Castel-Gandolfo. Il visitera également Notre-Dame de Lorette et offrira des trophées turcs. Un édit français interdit de parler de la Constitution. Malgré les efforts du Cardinal de la Tremoille, l'indult pour Besançon n'a pas été accordé. Un consistoire est prévu pour discuter de la nomination d'un nouveau cardinal. Le 4 novembre, le Pape célébra une chapelle à l'église Saint-Milanais, dédiée à l'Empereur Charles.
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2
p. 207-208
A Vienne du 19 Novembre.
Début :
Depuis quelques jours, la Cour est remplie du bruit, que [...]
Mots clefs :
Cour, Mariages, Prince électoral, Flotte marchande
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texteReconnaissance textuelle : A Vienne du 19 Novembre.
A Vienne du 19 Novembre.
Depuis quelques jours , la Cour eft
remplie du bruit , que Sa Majesté Imperiale
a rejettée les propofitions de
Paix des Turcs. On travaille avec
chaleur aux préparatifs de Guerre d'Italie
, dont le fuccez cependant , dépend
de la commiffion de M. Bendenrieder
à Londres. On parle auffi beaucoup
des mariages de deux Archi- Ducheffes
, dont on compte l'un affûré
avec le Prince Electoral de Saxe , &
l'autre avec le Prince Electoral de Baviere.
Le Prince Infant de Portugal
s'eft retiré en Boheme ; il y restera
jufqu'au départ du Prince de Saxe , રે
208 LE MERCURE
caufe du cérémonial . On continue la
démolition de Wifmar avec force , &
on eft occupé à embarquer l'Artillerie
de cette Place , fuivant le partage
que les Rois d'Angleterre , de Dane .
marck & de Pruffe en ont fait . La Flote
Marchande d'Angleterre eft arrivée
hier ici ; elle eſt repartie aujourd'hui
pour retourner en Angleterre ; elle
feia efcortée par quelques Vaiffeaux
de Guerre Anglois qui l'attendent au
Sund depuis quelque tems.
Depuis quelques jours , la Cour eft
remplie du bruit , que Sa Majesté Imperiale
a rejettée les propofitions de
Paix des Turcs. On travaille avec
chaleur aux préparatifs de Guerre d'Italie
, dont le fuccez cependant , dépend
de la commiffion de M. Bendenrieder
à Londres. On parle auffi beaucoup
des mariages de deux Archi- Ducheffes
, dont on compte l'un affûré
avec le Prince Electoral de Saxe , &
l'autre avec le Prince Electoral de Baviere.
Le Prince Infant de Portugal
s'eft retiré en Boheme ; il y restera
jufqu'au départ du Prince de Saxe , રે
208 LE MERCURE
caufe du cérémonial . On continue la
démolition de Wifmar avec force , &
on eft occupé à embarquer l'Artillerie
de cette Place , fuivant le partage
que les Rois d'Angleterre , de Dane .
marck & de Pruffe en ont fait . La Flote
Marchande d'Angleterre eft arrivée
hier ici ; elle eſt repartie aujourd'hui
pour retourner en Angleterre ; elle
feia efcortée par quelques Vaiffeaux
de Guerre Anglois qui l'attendent au
Sund depuis quelque tems.
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Résumé : A Vienne du 19 Novembre.
À Vienne, le 19 novembre, des rumeurs indiquent que l'empereur a refusé les offres de paix turques. Les préparatifs pour une guerre en Italie avancent, mais leur réussite repose sur la mission de M. Bendenrieder à Londres. Des négociations concernent les mariages de deux archiduchesses, l'une avec le prince électoral de Saxe et l'autre avec celui de Bavière. Le prince infant de Portugal s'est retiré en Bohême jusqu'au départ du prince de Saxe pour des raisons de protocole. La démolition de Wismar continue, et son artillerie est embarquée selon le partage décidé par les rois d'Angleterre, de Danemark et de Prusse. Hier, la flotte marchande anglaise est arrivée à Vienne et a repris la mer aujourd'hui vers l'Angleterre, escortée par des vaisseaux de guerre anglais présents au Sund.
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3
p. 143-146
De Vienne, le 4 Décembre.
Début :
On commence à s'apercevoir, que les Turcs ne témoignent plus tant [...]
Mots clefs :
Turcs, Paix, Empereur, Sultan, Trêve, Campagne, Rebelles, Guerre, Comte, Envoyé , Prince électoral, Grossesse, Mariage, Ministres, Négociation
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texteReconnaissance textuelle : De Vienne, le 4 Décembre.
De Vienne , te 4 Décembre.
N commence à s'apercevoir , que
les Turcs ne témoignent plus
tant d'empreffement , pour faire leur
Paix avec l'Empereur : On attribuë ce
changement inopiné dans le Divan , à
l'arrivée du Prince Ragotſki à la Porre
; on en peut juger par les nouvelles
propofitions du Sultan, qui font fi
vagues & en même tems fi hautes ,
qu'on a pris le parti de n'y faire preſque
plus de fonds. Comme on eft informé,
que ces Infideles font de trés grands
préparatifs pour être fur l'offenfive, cette
Campagne; nous ne négligeons rien
de notre côté , pour les faire repentir
d'avoir préferé la continuation de la
guerre , à la folidité d'une Tréve bien
cimentée : On ne penfe donc plus ici,
qu'à remplacer prés de 40000 mille
bons hommes qui nous manquent de
la Campagne derniére . Dans cette vue,
on léve des recrues nombreuſes , &
144 LE MERCURE
de plus, on eft en traité avec quelques.
Princes d'Allemagne , pour avoir de
puiffans fenforts , afin de fe mettre
en êtat de foûtenir la guerre d'Italie ,
contre les prétentions de S. M. C,
dont nous reffentons déja des fuites
fâcheufes . En effet , on a contremandé
le Général Bonneval , qui devoit exécuter
avec 8000 hommes, une entreprife
confiderable fur les Turcs ; &
on lui à ordonné de fe tenir prêt à
marcher avec ce Corps , pour fe rendre
en Lombardie .
On a des avis , que plufieurs Chefs
des Rebelles Hongrois fe font rendus
à Sophie, pour toucher de groffes fommes
d'argent, deftinées à former une
Armée de Mécontens. Ils prétendent
faire par là ,une diverfion d'autant plus
grande , qu'ils fe flattent, que la Hongrie
, & la Tranfilvanie n'attendent
qu'une occafion favorable , pour prendre
les armes contre la Séréniffime
Maifon d'Autriche ; mais , on donne
ici de fi bons ordres , que l'on efpere
rendre tous leurs projets inutiles .
Le nouveau G.Vizir fetient toujours
à Niffa ,& le G.S.àPhilippoli;fa Hautef
fe n'ayant pas voulu rifquer fon retour
DE DE CEMBRE. 145
Conftantinople , où tout a êté
jufqu'à préfent dans une extréme confternation
, caufée par les mal-heurs
de la Campagne derniére.
Le Comte de Schonborn Vice-
Chancelier de l'Empire , eft arrivé ici ,
où il étoit attendu avec empreffement ,
pour des affaires de la derniére importance
.
L'Envoyé de Suéde en cette Cour ,
a de fréquentes conférences avec nos
principaux Miniftres.
Le Mariage du Prince Electoral de
Saxe , avec la premiere Archiducheffe
Jofephine , rencontre ici beaucoup de
difficultez & d'obstacles ; quoique le
Comte de Fleminghe ait ordre du
Roy Augufte , de déclarer à S. M. I.
que ce Prince abdiquera le Royaume
de Pologne , en faveur de cette Alliance
: Mais , il faudroit , pour que cette
propofition fût plus goûtée , que ce
Prince fut élû Roy , du confentement
unanime des Palatins , de la Nobleſſe
& du Peuple. On croit cependant , que
par de puiffantes raifons d'Etat , il
obtiendra cette Princeffe .
Tout eft ici dans une joye extraordinaire
, pour la groffeffe de l'Impera-
Décembre 1717. N
346 LE MERCURE
trice , qui a êté renduë publique à la
Cour.
P. S. Quoique le Prince Eugéne
n'ait point encore reçû de réponſes , à
la Lettre qu'il a écrite à Milord Vorfley
Montagu , Ambaffadeur de S. M. B.
à Conftantinople , touchant les Préliminaires
de la Paix , entre les deux
Empereurs ; Mrs de Sulton & de Stanian
Ambaffadeurs du Roy Georges en
cette Cour , ont cependant reçû - depuis
peu d'Angleterre , les ordres &
leurs Lettres de Créances & Plein-pouvoirs
, pour affifter au Traité de Paix ,
comme Miniftres médiateurs . Ces deux
Seigneurs fe préparent à partir d'ici ,
dans quinze jours , pour fe rendre au
lieu du Congrés ; mais , on doute fort
qu'ils réuffiffent dans cette Négociation.
M. de Stanian a reçû de plus ,
fes Léttres de Créances , pour aller
relever Milord Vorfley Montagu , qui
en eft tappellé.
N commence à s'apercevoir , que
les Turcs ne témoignent plus
tant d'empreffement , pour faire leur
Paix avec l'Empereur : On attribuë ce
changement inopiné dans le Divan , à
l'arrivée du Prince Ragotſki à la Porre
; on en peut juger par les nouvelles
propofitions du Sultan, qui font fi
vagues & en même tems fi hautes ,
qu'on a pris le parti de n'y faire preſque
plus de fonds. Comme on eft informé,
que ces Infideles font de trés grands
préparatifs pour être fur l'offenfive, cette
Campagne; nous ne négligeons rien
de notre côté , pour les faire repentir
d'avoir préferé la continuation de la
guerre , à la folidité d'une Tréve bien
cimentée : On ne penfe donc plus ici,
qu'à remplacer prés de 40000 mille
bons hommes qui nous manquent de
la Campagne derniére . Dans cette vue,
on léve des recrues nombreuſes , &
144 LE MERCURE
de plus, on eft en traité avec quelques.
Princes d'Allemagne , pour avoir de
puiffans fenforts , afin de fe mettre
en êtat de foûtenir la guerre d'Italie ,
contre les prétentions de S. M. C,
dont nous reffentons déja des fuites
fâcheufes . En effet , on a contremandé
le Général Bonneval , qui devoit exécuter
avec 8000 hommes, une entreprife
confiderable fur les Turcs ; &
on lui à ordonné de fe tenir prêt à
marcher avec ce Corps , pour fe rendre
en Lombardie .
On a des avis , que plufieurs Chefs
des Rebelles Hongrois fe font rendus
à Sophie, pour toucher de groffes fommes
d'argent, deftinées à former une
Armée de Mécontens. Ils prétendent
faire par là ,une diverfion d'autant plus
grande , qu'ils fe flattent, que la Hongrie
, & la Tranfilvanie n'attendent
qu'une occafion favorable , pour prendre
les armes contre la Séréniffime
Maifon d'Autriche ; mais , on donne
ici de fi bons ordres , que l'on efpere
rendre tous leurs projets inutiles .
Le nouveau G.Vizir fetient toujours
à Niffa ,& le G.S.àPhilippoli;fa Hautef
fe n'ayant pas voulu rifquer fon retour
DE DE CEMBRE. 145
Conftantinople , où tout a êté
jufqu'à préfent dans une extréme confternation
, caufée par les mal-heurs
de la Campagne derniére.
Le Comte de Schonborn Vice-
Chancelier de l'Empire , eft arrivé ici ,
où il étoit attendu avec empreffement ,
pour des affaires de la derniére importance
.
L'Envoyé de Suéde en cette Cour ,
a de fréquentes conférences avec nos
principaux Miniftres.
Le Mariage du Prince Electoral de
Saxe , avec la premiere Archiducheffe
Jofephine , rencontre ici beaucoup de
difficultez & d'obstacles ; quoique le
Comte de Fleminghe ait ordre du
Roy Augufte , de déclarer à S. M. I.
que ce Prince abdiquera le Royaume
de Pologne , en faveur de cette Alliance
: Mais , il faudroit , pour que cette
propofition fût plus goûtée , que ce
Prince fut élû Roy , du confentement
unanime des Palatins , de la Nobleſſe
& du Peuple. On croit cependant , que
par de puiffantes raifons d'Etat , il
obtiendra cette Princeffe .
Tout eft ici dans une joye extraordinaire
, pour la groffeffe de l'Impera-
Décembre 1717. N
346 LE MERCURE
trice , qui a êté renduë publique à la
Cour.
P. S. Quoique le Prince Eugéne
n'ait point encore reçû de réponſes , à
la Lettre qu'il a écrite à Milord Vorfley
Montagu , Ambaffadeur de S. M. B.
à Conftantinople , touchant les Préliminaires
de la Paix , entre les deux
Empereurs ; Mrs de Sulton & de Stanian
Ambaffadeurs du Roy Georges en
cette Cour , ont cependant reçû - depuis
peu d'Angleterre , les ordres &
leurs Lettres de Créances & Plein-pouvoirs
, pour affifter au Traité de Paix ,
comme Miniftres médiateurs . Ces deux
Seigneurs fe préparent à partir d'ici ,
dans quinze jours , pour fe rendre au
lieu du Congrés ; mais , on doute fort
qu'ils réuffiffent dans cette Négociation.
M. de Stanian a reçû de plus ,
fes Léttres de Créances , pour aller
relever Milord Vorfley Montagu , qui
en eft tappellé.
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Résumé : De Vienne, le 4 Décembre.
En décembre 1717, à Vienne, les Turcs montrent moins d'enthousiasme pour conclure la paix avec l'Empereur, en raison de l'arrivée du Prince Ragotski à la Porte. Les propositions du Sultan sont vagues et ambitieuses, incitant les Autrichiens à renforcer leurs troupes et à lever des recrues. Le général Bonneval est rappelé pour se préparer à une offensive en Lombardie contre le roi Charles. En Hongrie et en Transylvanie, des chefs rebelles reçoivent des fonds pour former une armée et provoquer une révolte, mais des mesures sont prises pour contrer ces projets. À Constantinople, le nouveau Grand Vizir et le Sultan évitent de retourner à Constantinople à cause des malheurs de la campagne précédente. Le comte de Schönborn arrive à Vienne pour des affaires importantes, tandis que l'envoyé de Suède y tient des conférences fréquentes avec les ministres. Le mariage du prince électoral de Saxe avec l'archiduchesse Joséphine rencontre des difficultés. La cour célèbre la grossesse de l'impératrice. Les ambassadeurs du roi George se préparent pour un congrès de paix, mais leur succès est incertain.
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4
p. 147-152
De Londres, le 15 Décembre.
Début :
On ressent avec chagrin à nôtre Cour, le changement de Réligion du [...]
Mots clefs :
Chagrin, Prince électoral, Trône, Roi de Suède, Roi de Prusse, Tsar, Empereur, Vaisseaux de guerre, Parlement, Abbé, Compagnie, Navigation
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texteReconnaissance textuelle : De Londres, le 15 Décembre.
De Londres , le 15 Décembre .
N reffent avec chagrin à nôtre
Cour , le changement de Réligion
du Prince Electoral de Saxe : On
eft fort étonné que le Roy Auguite y
ait donné fon confentement ; fur tout
dans un tems , où il paroiffoit avoir
le plus befoin de notre Roy , pour fe
maintenir fur le Trône de Pologne ;
avec d'autant plus de fondement , que
nous avons des avis , que les Roys de
Suéde & de Pruffe ont deffein , con-
Nij
148 LE MERCURE
jointement avec le Czar , de réméttre
Staniflas fur le Trône ; fans laquelle
condition , S. M. Suédoife refufe de
faire fa paix avec les deux autres
Puiffances.
M. de Bentenrieder Envoyé de
l'Empereur , follicite ici fortement 12
Vaiffeaux de guerre ; pour agir contre
l'Espagne en Italie , & pour remettre
S. M. I. en poffeffion du Royaume
de Sardaigne . Quoique nôtre Cour
cherche avec un empreffement extraordinaire
, l'amitié de S. M. I. , dans
la vue que le Roy d'Angleterre , comme
Electeur de Hannovre , puiſſe obtenir
les deux Duchés de Brémen &
de werten , on doute fort cependant
, que le Parlement approuve ,
qu'on fe déclare en faveur de l'Empereur
contre le Roy d'Efpagne , à
caufe du préjudice qu'en recevroit
la Nation ; puifqu'une telle rupture
entraîneroit infalliblement la
ruine d'une des plus importantes
branches de nôtre commerce . On
fouhaiteroit donc , qu'à l'exemple de
la France & des Etats généraux , on
tachât par toute forte de moyens , de
pacifier le différent qu'il y a préfenteDE
DECEMBRE 149
> ment entre ces 2 Puiffances & de
porter ces deux Princes , à exécuter
le traité de Paix d'Utrecht , & celui
de la Neutralité d'Italie. Comme S.
M. B. n'a pas fait part jufqu'à préfent
à fon Parlement , de fon alliance avec
S. M. I. , on ne croit pas que la Cour
donne une réponſe pofitive à M. de
Bentenrieder , avant que de l'avoir
communiquée aux 2 Chambres : Il y a
cependant , des ordres expediés , pour
équiper deux Efcadres ; l'une pour la
Mediteranée , & l'autre , pour la Mer
Baltique.
Le départ inopiné de M. l'Abbé
Dubois pour la Cour de France, ( d'où
Pon affure qu'il fera de retour dans peu
de jours ) fournit matiére à nos Politiques.
Come l'affaire dont il eſt chargé,
doit être,fuivant toutes les apparences ,
dela plus haute importance , elle doit
être auffi par conféquent du dernier fé-
-cret ; c'eft ce qui a obligé cet Abbé , de
ne pas confier les dépêches à un Expres
, & d'aller lui-même la communiquer
à M. le Regent de France .
On continue à réformer 20 hommes
par Compagnie des Regimens des Gardes.
Les Colonels de Cavalerie &
N iij
IFO
LEMERCURE
d'infanterie , qui ont leurs quartiers
dans les Provinces , font partis pour le
même fujet , conformément aux ordres
du Roy.
Le Parlement s'affembla le 2 de ce
mpis , fuivant la derniere prorogation.'
On renvoye aux Gazettes le Difcours
que S. M. B. fit aux deux Chambres ,&
& les adreffes de remerciement qu'elles
préfentérent à ce Prince ,
On mande de Devizes , dans le Comté
de wiltz , que le 8 de ce mois , un
Gentil - homme fut attaqué à trois mille
de cette Ville , par trois perfonnes
mafquées , qui , aprés l'avoir dépouilé
& fort maltraité , ûrent encore la barbarie
de lui tirer la langue avec violence
, & de la lui couper jufques à la
racine ; aprés quoi , ils le renvoyerent
dans ce pitoyable eftat . Cet homme
ût encore le courage de regagner la
Ville, où il entra nud , & perdant tout
fon fang. C'eftoit un ſpectacle effrayant
On efpére cependant , qu'il
en reviendra . Quelques perquifitions
qu'on ait faites jufques à préfent , pour
découvrir les Auteurs de cette cruauté ,
on n'a pu encore y parvenir.
:
Toute l'Europe eft informée, que le
DE DECEMBRE. ret
1
Roy de Danemarck a fait arrêter fur
la Rade , tous les Navires Hollandois
qui ont voulu repaffer le Sund ; fous
prétexte , que L. H. P. refufent de lui
payer les arrerages des fubfides de la
derniere Guerre , pour les Troupes .
qui ont fervi en Brabant. Sur cela ,
L. E. G. ont écrit à leur Envoyé qui
réfide en certe Cour , de déclarer à S.
M. D. que fi elle ne les faifoit pas relâcher
inceffamment , ils prendroient
des mefures convenables , pour affürer
leur Navigation , & repouffer la force
par la force.
Quoique les Hollandois ayent efté.
fortement follicités par la Cour de la
Grande Bretagne , pour joindre feulement
quatre Vaiffeaux à l'Efcadre Angloife
, deftinée contre le Roy de Suéde,
& autant , pour envoyer dans la Méditérannée
; il n'a pas efté poffible de
les engager à cette confédération. Il
paroît par ce refus , que cette République
veut profiter des avantages de la
Paix , & qu'elle fe contentera d'employer
fes bons offices , auprés des
Parties qui font en guerre.
On croit entrevoir par la conduite du
Marquis de Prié , que le différent de la
N iiij
152 LE MERCURE
Barriere ne finira pas fitôt ; & que S.
M. I. n'acceptera pas la médiation de
Leurs Hautes Puiffances , pour pacifier
les troubles de l'Italie.
N reffent avec chagrin à nôtre
Cour , le changement de Réligion
du Prince Electoral de Saxe : On
eft fort étonné que le Roy Auguite y
ait donné fon confentement ; fur tout
dans un tems , où il paroiffoit avoir
le plus befoin de notre Roy , pour fe
maintenir fur le Trône de Pologne ;
avec d'autant plus de fondement , que
nous avons des avis , que les Roys de
Suéde & de Pruffe ont deffein , con-
Nij
148 LE MERCURE
jointement avec le Czar , de réméttre
Staniflas fur le Trône ; fans laquelle
condition , S. M. Suédoife refufe de
faire fa paix avec les deux autres
Puiffances.
M. de Bentenrieder Envoyé de
l'Empereur , follicite ici fortement 12
Vaiffeaux de guerre ; pour agir contre
l'Espagne en Italie , & pour remettre
S. M. I. en poffeffion du Royaume
de Sardaigne . Quoique nôtre Cour
cherche avec un empreffement extraordinaire
, l'amitié de S. M. I. , dans
la vue que le Roy d'Angleterre , comme
Electeur de Hannovre , puiſſe obtenir
les deux Duchés de Brémen &
de werten , on doute fort cependant
, que le Parlement approuve ,
qu'on fe déclare en faveur de l'Empereur
contre le Roy d'Efpagne , à
caufe du préjudice qu'en recevroit
la Nation ; puifqu'une telle rupture
entraîneroit infalliblement la
ruine d'une des plus importantes
branches de nôtre commerce . On
fouhaiteroit donc , qu'à l'exemple de
la France & des Etats généraux , on
tachât par toute forte de moyens , de
pacifier le différent qu'il y a préfenteDE
DECEMBRE 149
> ment entre ces 2 Puiffances & de
porter ces deux Princes , à exécuter
le traité de Paix d'Utrecht , & celui
de la Neutralité d'Italie. Comme S.
M. B. n'a pas fait part jufqu'à préfent
à fon Parlement , de fon alliance avec
S. M. I. , on ne croit pas que la Cour
donne une réponſe pofitive à M. de
Bentenrieder , avant que de l'avoir
communiquée aux 2 Chambres : Il y a
cependant , des ordres expediés , pour
équiper deux Efcadres ; l'une pour la
Mediteranée , & l'autre , pour la Mer
Baltique.
Le départ inopiné de M. l'Abbé
Dubois pour la Cour de France, ( d'où
Pon affure qu'il fera de retour dans peu
de jours ) fournit matiére à nos Politiques.
Come l'affaire dont il eſt chargé,
doit être,fuivant toutes les apparences ,
dela plus haute importance , elle doit
être auffi par conféquent du dernier fé-
-cret ; c'eft ce qui a obligé cet Abbé , de
ne pas confier les dépêches à un Expres
, & d'aller lui-même la communiquer
à M. le Regent de France .
On continue à réformer 20 hommes
par Compagnie des Regimens des Gardes.
Les Colonels de Cavalerie &
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IFO
LEMERCURE
d'infanterie , qui ont leurs quartiers
dans les Provinces , font partis pour le
même fujet , conformément aux ordres
du Roy.
Le Parlement s'affembla le 2 de ce
mpis , fuivant la derniere prorogation.'
On renvoye aux Gazettes le Difcours
que S. M. B. fit aux deux Chambres ,&
& les adreffes de remerciement qu'elles
préfentérent à ce Prince ,
On mande de Devizes , dans le Comté
de wiltz , que le 8 de ce mois , un
Gentil - homme fut attaqué à trois mille
de cette Ville , par trois perfonnes
mafquées , qui , aprés l'avoir dépouilé
& fort maltraité , ûrent encore la barbarie
de lui tirer la langue avec violence
, & de la lui couper jufques à la
racine ; aprés quoi , ils le renvoyerent
dans ce pitoyable eftat . Cet homme
ût encore le courage de regagner la
Ville, où il entra nud , & perdant tout
fon fang. C'eftoit un ſpectacle effrayant
On efpére cependant , qu'il
en reviendra . Quelques perquifitions
qu'on ait faites jufques à préfent , pour
découvrir les Auteurs de cette cruauté ,
on n'a pu encore y parvenir.
:
Toute l'Europe eft informée, que le
DE DECEMBRE. ret
1
Roy de Danemarck a fait arrêter fur
la Rade , tous les Navires Hollandois
qui ont voulu repaffer le Sund ; fous
prétexte , que L. H. P. refufent de lui
payer les arrerages des fubfides de la
derniere Guerre , pour les Troupes .
qui ont fervi en Brabant. Sur cela ,
L. E. G. ont écrit à leur Envoyé qui
réfide en certe Cour , de déclarer à S.
M. D. que fi elle ne les faifoit pas relâcher
inceffamment , ils prendroient
des mefures convenables , pour affürer
leur Navigation , & repouffer la force
par la force.
Quoique les Hollandois ayent efté.
fortement follicités par la Cour de la
Grande Bretagne , pour joindre feulement
quatre Vaiffeaux à l'Efcadre Angloife
, deftinée contre le Roy de Suéde,
& autant , pour envoyer dans la Méditérannée
; il n'a pas efté poffible de
les engager à cette confédération. Il
paroît par ce refus , que cette République
veut profiter des avantages de la
Paix , & qu'elle fe contentera d'employer
fes bons offices , auprés des
Parties qui font en guerre.
On croit entrevoir par la conduite du
Marquis de Prié , que le différent de la
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152 LE MERCURE
Barriere ne finira pas fitôt ; & que S.
M. I. n'acceptera pas la médiation de
Leurs Hautes Puiffances , pour pacifier
les troubles de l'Italie.
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Résumé : De Londres, le 15 Décembre.
Le document du 15 décembre traite de divers événements politiques et diplomatiques. Le changement de religion du Prince Électeur de Saxe préoccupe particulièrement le roi Auguste, qui a besoin du soutien du roi de France pour conserver son trône en Pologne. Les rois de Suède et de Prusse, ainsi que le tsar, envisagent de restaurer Stanislas sur le trône polonais, condition nécessaire pour que la Suède accepte de faire la paix avec les autres puissances. L'envoyé de l'empereur, M. de Bentenrieder, sollicite l'aide de vaisseaux de guerre britanniques pour intervenir contre l'Espagne en Italie, afin de permettre à l'empereur de prendre possession du royaume de Sardaigne. Bien que la cour britannique souhaite maintenir des relations amicales avec l'empereur, le Parlement hésite à soutenir cette action, craignant des répercussions économiques négatives. L'abbé Dubois a quitté précipitamment Londres pour une mission secrète en France, suscitant diverses spéculations. Le Parlement britannique s'est réuni le 2 décembre, et des réformes sont en cours au sein des régiments des gardes. Un incident violent a eu lieu à Devizes, où un gentilhomme a été agressé et mutilé. De plus, le roi de Danemark a arrêté des navires hollandais, provoquant une réponse menaçante des États-Généraux. Les Hollandais refusent de se joindre à la coalition navale britannique contre la Suède et préfèrent rester neutres. Enfin, le différend concernant la Barrière en Italie reste irrésolu, le marquis de Prié indiquant que l'empereur n'acceptera pas la médiation proposée.
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