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51
p. 128-129
GRAVURE.
Début :
CARTE des noms, armes & blasons des Archevêques & Evêques qui composent [...]
Mots clefs :
Cartes, Blasons, Archevêques, Évêques, Maître à écrire
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texteReconnaissance textuelle : GRAVURE.
GRAVURE.
CARTE des noms , armes & blaſons
des Archevêques & Evêques qui compofent
le Clergé de France , tel qu'il
eft actuellement , avec ceux des Généraux
des Ordres & Grands - Prieurs de
France , par le fieur Dubuiffon Généalogifte
& Doreur du Roi. On y a
joint leur taxe en Cour de Rome &
leurs revenus. Cette Carte eft très - commode
, par les changemens que l'on y
peut faire , en mettant un écuffon à la
place d'un autre , ce qui la rend perpétuelle.
Prix , 30 fols , chez le fieur
JANVIER 1763. 129
Dubuiffon , rue S. Jacques , vis -à-vis
S. Benoît.
PIECES de principes d'écriture , par
le fieur Rochon , Maître à écrire & d'Arithmétique
à Verfailles. Ces deux Piéces
, gravées fur une feule feuille , renferment
généralement tout ce qui concerne
l'écriture . Elles font dédiées à M.
le Comte de Noailles , & fe vendent
chez l'Auteur même , à Versailles.
CARTE des noms , armes & blaſons
des Archevêques & Evêques qui compofent
le Clergé de France , tel qu'il
eft actuellement , avec ceux des Généraux
des Ordres & Grands - Prieurs de
France , par le fieur Dubuiffon Généalogifte
& Doreur du Roi. On y a
joint leur taxe en Cour de Rome &
leurs revenus. Cette Carte eft très - commode
, par les changemens que l'on y
peut faire , en mettant un écuffon à la
place d'un autre , ce qui la rend perpétuelle.
Prix , 30 fols , chez le fieur
JANVIER 1763. 129
Dubuiffon , rue S. Jacques , vis -à-vis
S. Benoît.
PIECES de principes d'écriture , par
le fieur Rochon , Maître à écrire & d'Arithmétique
à Verfailles. Ces deux Piéces
, gravées fur une feule feuille , renferment
généralement tout ce qui concerne
l'écriture . Elles font dédiées à M.
le Comte de Noailles , & fe vendent
chez l'Auteur même , à Versailles.
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Résumé : GRAVURE.
Le document présente deux annonces. La première concerne une gravure de Dubuiffon, généalogiste du Roi, montrant les noms, armes et blasons des archevêques, évêques, généraux des ordres et grands-prieurs de France, avec leurs taxes et revenus. Elle est modifiable et vendue 30 sols en 1763. La seconde annonce concerne des pièces d'écriture de Rochon, maître à écrire à Versailles, dédiées au Comte de Noailles.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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52
p. 138-139
MUSIQUE.
Début :
MÉTHODE, ou Principes pour enseigner & apprendre facilement l'accompagnement [...]
Mots clefs :
Adresses, Méthode, Basse
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texteReconnaissance textuelle : MUSIQUE.
MUSIQUE.
MÉTHODE , ou Principes pour enfeigner
& apprendre facilement l'accompagnement
du clavecin ou l'harmonie
de raifonnement
, ou la théorie des
marches de la Baffe fondamentale
avec les paffages de Baffe- continues
quelconques
, & la façon de les accompagner
à coup für, même fans chiffres ,
& une planche gravée à la fin du Livre
pour les exemples ; par M. Bretheau ,
Organifte de la Métropole de Tours.
Cette Méthode coûte douze fols , & fe
trouve à Paris aux adreffes ordinaires
de Mufique. A Orléans , chez Chevillon
, Libraire , rue Royale. A Angers ,
chez Boutemy. A Tours , chez Lambert.
SEI SONATE a due flauti , del
Signor Francefco Krafft , opera prima ,
in-folio : prix , 6 liv. A Paris , chez
Leclerc , rue S. Honoré , entre la rue
des Prouvaires & la rue du Four , à
Sainte Cécile, & aux adreffes ordinaires.
On trouve aux mêmes adreffes un
FEVRIER. 1763. 139
Trio fur la Paix , de M. ***. Prix , 18
fols.
MÉTHODE , ou Principes pour enfeigner
& apprendre facilement l'accompagnement
du clavecin ou l'harmonie
de raifonnement
, ou la théorie des
marches de la Baffe fondamentale
avec les paffages de Baffe- continues
quelconques
, & la façon de les accompagner
à coup für, même fans chiffres ,
& une planche gravée à la fin du Livre
pour les exemples ; par M. Bretheau ,
Organifte de la Métropole de Tours.
Cette Méthode coûte douze fols , & fe
trouve à Paris aux adreffes ordinaires
de Mufique. A Orléans , chez Chevillon
, Libraire , rue Royale. A Angers ,
chez Boutemy. A Tours , chez Lambert.
SEI SONATE a due flauti , del
Signor Francefco Krafft , opera prima ,
in-folio : prix , 6 liv. A Paris , chez
Leclerc , rue S. Honoré , entre la rue
des Prouvaires & la rue du Four , à
Sainte Cécile, & aux adreffes ordinaires.
On trouve aux mêmes adreffes un
FEVRIER. 1763. 139
Trio fur la Paix , de M. ***. Prix , 18
fols.
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Résumé : MUSIQUE.
Le document liste plusieurs publications musicales. La 'MÉTHODE' de M. Bretheau, organiste de Tours, enseigne l'accompagnement au clavecin ou l'harmonie. Elle inclut une planche gravée et coûte douze sols. Six sonates pour deux flûtes de Francesco Krafft et un trio pour la Paix sont également disponibles, respectivement à six livres et dix-huit sols. Ces publications sont vendues à Paris, Orléans, Angers et Tours.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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53
p. 139
GRAVURE.
Début :
MDE la veuve MOYREAU vient de mettre au jour le dernier Wouvermans [...]
Mots clefs :
Graveur
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texteReconnaissance textuelle : GRAVURE.
GRAVURE.
MDE la veuve MOYREAU vient
de mettre au jour le dernier Wouvermans
, No. 89 , intitulé la Marchande de
canards , &c. par M. Moyreau , Graveur
du Roi. Elle continue de les débiter
, & demeure toujours rue des Mathurins.
MDE la veuve MOYREAU vient
de mettre au jour le dernier Wouvermans
, No. 89 , intitulé la Marchande de
canards , &c. par M. Moyreau , Graveur
du Roi. Elle continue de les débiter
, & demeure toujours rue des Mathurins.
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54
p. 141-147
PEINTURE. LETTRE de M. DELALANDE de l'Académie des Sciences à M. DE LA PLACE, sur un Tableau allégorique des vertus, formant le Portrait du ROI, peint par M. Amédée VANLOO, Peintre du Roi de PRUSSE.
Début :
Il n'est n'est point d'année, Monsieur, où l'on ne voye sortir de la Famille des [...]
Mots clefs :
Académie des sciences, Physique, Optique, Allégorie, Vertus, Portrait
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texteReconnaissance textuelle : PEINTURE. LETTRE de M. DELALANDE de l'Académie des Sciences à M. DE LA PLACE, sur un Tableau allégorique des vertus, formant le Portrait du ROI, peint par M. Amédée VANLOO, Peintre du Roi de PRUSSE.
PEINTURE.
, LETTRE de M. DELALANDE de
l'Académie des Sciences à M. DE
LA PLACE , fur un Tableau allégorique
des vertus , formant le Portrait
du ROI , peint par M. Amédée VANLOO
, Peintre du Roi de PRUSSE,
Il n'ef
L n'eft point d'année , Monfieur , où
142 MERCURE DE FRANCE .
l'on ne voye fortir de la Famille des
Vanloo des Morceaux de Peinture dignes
de faire honneur à la France , &
d'immortalifer leurs Auteurs; mais nous
n'avions point encore vu allier les charmes
de la Peinture avec le génie de la
Phyfique , comme dans le Tableau que
M. Amédée Vanloo vient de faire.
Tout Paris a voulu voir ce chef- d'oeuvre
d'optique , de perfpective , de compofition
& d'allégorie ; mais le temps
n'a pas permis d'en faire obſerver à
tout le monde les particularités , & elles
font trop curieufes pour ne pas en
donner au Public quelques détails .
Ce Tableau préfente d'abord à la
vue fimple un affemblage de plufieurs
figures qui expriment les différentes
vertus qui peuvent former un grand
Prince ; la Magnanimité eft affife &
appuyée d'une main fur l'écu de la
France ; elle tient de l'autre un Sceptre
& un dard brifé pour marquer la clémence
; le diadême qu'elle porte annonce
le deffein de faire le bien , & fon
Sceptre la puiffance de l'exécuter ; elle
a à fes pieds un lion ; c'eft le fymbole
de cette vertu.
Plus bas eft la Juftice , qui d'une main
tient une balance , de l'autre une épée
MARS. 1763. 143
pour
nue. Elle eft appuyée fur un lion
nous montrer qu'il faut qu'elle foit fecondée
de la force . Le mafque fur la
tête du lion annonce que la Juſtice fait
démafquer le vice & le punir. Les faifceaux
placés fous les lions expriment
l'accroiffement de force qui réfulte de
l'accord de ces deux vertus ; on y voit
auffi une corne d'abondance , pour indiquer
que tout profpére dans un Etat
où régne la Juſtice.
,
Derrière la magnanimité fe voit la
valeur militaire repréfentée par un
Guerrier tenant un drapeau qui enveloppe
plufieurs picques , pour montrer que
les hommes réunis fous l'étendard de
la vertu font invincibles. Derrière elle
fe voit une pyramide qui repréſente la
gloire des Princes perpétuée par des manumens.
A côté de la valeur militaire
eft l'intrépidité repréfentée par un Soldat
qui s'appuye fur fes armes. La vertu
héroïque eft à la droite , c'eſt un Guerrier
fous les attributs d'Hercule ; il tient
d'une main une maffue fur l'épaule , &
de l'autre les pommes d'or des Hefpérides
emblême du plus célébre de fes
exploits.
>
Au devant de la vertu héroïque eft
la vertu pacifique, repréſentée par Miner
144 MERCURE DE FRANCE,
ve , Déeffe de la Sageffe & des Arts : elle
tient d'une main une branche d'olivier
fur les armes de France , & porte de l'autre
la lance qui fervoit dans les anciens
tournois & dans les jeux qu'on
célébre durant la paix ; cette lance eft
éntourrée de ferpens , fymbole de la
Prudence.
Près de Minerve , eft la Générosité ;
c'eſt une jeune fille qui porte fur la tête
une gaze d'or & des perles : fes bras nuds
annoncent que le propre de cette vertu
eft de fe dépouiller de tout intérêt , & de
faire le bien , même fans efpérance de
retour. Elle s'appuye fur le bouclier de
Minerve, pour montrer qu'elle favoriſe
particuliérement ceux qui cultivent les
Arts & les Sciences ; elle tient même le
cordon de l'Ordre du Roi , comme une
des recompenfes diftinguées que M. le
Marquis de Marigny a procurées à plufieurs
Artiftes célébres que nous avons
actuellement. Au deffous de Minerve ,
font les attributs des beaux Arts.
Toutes ces figures forment jufqu'ici
un tableau qui feul feroit honneur à
M. Vanloo , mais ce n'eft rien encore
au prix de ce qui en refulte enfuite de
fingulier on regarde ce Tableau au
travers d'une efpèce de lunette dont
l'objectif
MAR S. 1763 . 145
J'objectif est un verre à facettes formé
de plufieurs plans , inclinés à l'axe du
tableau ; ces différentes refractions réuniffent
en un très - petit efpace toutes les
figures difperfées fur la furface du tableau
, en les diminuant de manière à
n'en former qu'une feule figure , & cette
figure eft la tête du Roi , exprimée
avec une reffemblance très- remarquable.
La figure de la Juftice eft ce qui forme
l'oeil du Roi avec une des faces de
la frifure qui approche le plus de l'oeil :
le Peintre nous dit par là , que rien n'é
chappe aux regards de la justice du Monarque.
La magnanimité donne auffi
une partie de l'oeil ; la joue l'oreille &
le fourcil qui exprime la volonté fuprê
me ; la tête de Médufe compoſe une
partie de l'autre fourcil : elle femble
nous dire que les regards d'un Prince
jufte épouvantent le crime & produifent
dans les coupables cette confternation
& cet anéantiffement qui reffemble
à la métamorphofé que la vue
terrible des ferpens de Médufe produifoit
autrefois.
La valeur guerrière donne une partie
du nez & de la bouche , parce que
la bouche est l'organe du comman de-
GE
1
146 MERCURE DE FRANCE.
ment ; la vertu héroïque donne une
partie de l'autre joue avec le coin de la
bouche ; elle finit le nez & les narrines.
Minerve donne l'oeil du Roi du petit
côté l'oeil de ce grand Prince voit avec
bonté ceux qui cultivent les vertus
les fciences & les arts. La Générofité
concourt à finir l'oeil du petit côté , la
tempe & un côté des cheveux . La Sculpture
, exprimée par une tête d'Apollon ,
donne le front & les lauriers dont il eſt
couronné. Le lion de la Magnanimité
forme l'autre tempe , & achève le front.
Le mafque produit la blancheur du front
& finit le fourcil. La crinière des lions
forme le toupet , qui eft blanchi par la
figure qui repréfentoit l'Intrépidité .
Vous voyez , Monfieur , par ce détail
combien il y a eu d'intelligence
dans la combinaifon de deux chofes
auffi étrangères & auffi différentes entre
elles , que le font d'un coté ſept à
huit figures , chargées de fignifications
allégoriques auffi bien imaginées , de
l'autre la reffemblance d'une feule tête.
On a vu quelquefois des effets de perfpective
& de dioptrique qui confiftoient
à faire voir fur une forme régulière
ce qui paroiffoit d'abord n'en avoir
point ; cela femble n'être pas diffiMAR
S. 1763. 147
cile , que
il ne faut deffiner
en regardant
au travers du verre dans lequel
le deffein doit être vu. Il en résulte
enfuite un objet quelconque dont la
forme vue de tout autre point eft difficile
à prévoir ; mais fi l'on veut qu'il
en réfulte des objets qui ayent une
forme régulière , cela paroit fort difficile.
La difficulté augmente encore ,
quand la forme des objets eft déterminée
d'avance pour être apperçue d'uné
telle maniere foit du point de vue ,
foit de tout autre point. Si l'on propoſe
enfin de former un portrait avec d'autres
figures qui y afent un rapport donné
, le problême paroît comme impoffible
& le fuccès de M. Vanloo pouvoit
feul ce me femble juftifier l'entreprife.
Il feroit à fouhaiter. qu'il fit
part au Public & aux Sçavans des idées
qui ont pu lui faire entreprendre un ouvrage
auffi fingulier & des moyens qui
lui en ont procuré le fuccès.
J'ai l'honneur d'être , & c.
DELALANDE
Ce Tableau a été préfenté à Sa
Majefté , par M. le Marquis de Marigny
.
, LETTRE de M. DELALANDE de
l'Académie des Sciences à M. DE
LA PLACE , fur un Tableau allégorique
des vertus , formant le Portrait
du ROI , peint par M. Amédée VANLOO
, Peintre du Roi de PRUSSE,
Il n'ef
L n'eft point d'année , Monfieur , où
142 MERCURE DE FRANCE .
l'on ne voye fortir de la Famille des
Vanloo des Morceaux de Peinture dignes
de faire honneur à la France , &
d'immortalifer leurs Auteurs; mais nous
n'avions point encore vu allier les charmes
de la Peinture avec le génie de la
Phyfique , comme dans le Tableau que
M. Amédée Vanloo vient de faire.
Tout Paris a voulu voir ce chef- d'oeuvre
d'optique , de perfpective , de compofition
& d'allégorie ; mais le temps
n'a pas permis d'en faire obſerver à
tout le monde les particularités , & elles
font trop curieufes pour ne pas en
donner au Public quelques détails .
Ce Tableau préfente d'abord à la
vue fimple un affemblage de plufieurs
figures qui expriment les différentes
vertus qui peuvent former un grand
Prince ; la Magnanimité eft affife &
appuyée d'une main fur l'écu de la
France ; elle tient de l'autre un Sceptre
& un dard brifé pour marquer la clémence
; le diadême qu'elle porte annonce
le deffein de faire le bien , & fon
Sceptre la puiffance de l'exécuter ; elle
a à fes pieds un lion ; c'eft le fymbole
de cette vertu.
Plus bas eft la Juftice , qui d'une main
tient une balance , de l'autre une épée
MARS. 1763. 143
pour
nue. Elle eft appuyée fur un lion
nous montrer qu'il faut qu'elle foit fecondée
de la force . Le mafque fur la
tête du lion annonce que la Juſtice fait
démafquer le vice & le punir. Les faifceaux
placés fous les lions expriment
l'accroiffement de force qui réfulte de
l'accord de ces deux vertus ; on y voit
auffi une corne d'abondance , pour indiquer
que tout profpére dans un Etat
où régne la Juſtice.
,
Derrière la magnanimité fe voit la
valeur militaire repréfentée par un
Guerrier tenant un drapeau qui enveloppe
plufieurs picques , pour montrer que
les hommes réunis fous l'étendard de
la vertu font invincibles. Derrière elle
fe voit une pyramide qui repréſente la
gloire des Princes perpétuée par des manumens.
A côté de la valeur militaire
eft l'intrépidité repréfentée par un Soldat
qui s'appuye fur fes armes. La vertu
héroïque eft à la droite , c'eſt un Guerrier
fous les attributs d'Hercule ; il tient
d'une main une maffue fur l'épaule , &
de l'autre les pommes d'or des Hefpérides
emblême du plus célébre de fes
exploits.
>
Au devant de la vertu héroïque eft
la vertu pacifique, repréſentée par Miner
144 MERCURE DE FRANCE,
ve , Déeffe de la Sageffe & des Arts : elle
tient d'une main une branche d'olivier
fur les armes de France , & porte de l'autre
la lance qui fervoit dans les anciens
tournois & dans les jeux qu'on
célébre durant la paix ; cette lance eft
éntourrée de ferpens , fymbole de la
Prudence.
Près de Minerve , eft la Générosité ;
c'eſt une jeune fille qui porte fur la tête
une gaze d'or & des perles : fes bras nuds
annoncent que le propre de cette vertu
eft de fe dépouiller de tout intérêt , & de
faire le bien , même fans efpérance de
retour. Elle s'appuye fur le bouclier de
Minerve, pour montrer qu'elle favoriſe
particuliérement ceux qui cultivent les
Arts & les Sciences ; elle tient même le
cordon de l'Ordre du Roi , comme une
des recompenfes diftinguées que M. le
Marquis de Marigny a procurées à plufieurs
Artiftes célébres que nous avons
actuellement. Au deffous de Minerve ,
font les attributs des beaux Arts.
Toutes ces figures forment jufqu'ici
un tableau qui feul feroit honneur à
M. Vanloo , mais ce n'eft rien encore
au prix de ce qui en refulte enfuite de
fingulier on regarde ce Tableau au
travers d'une efpèce de lunette dont
l'objectif
MAR S. 1763 . 145
J'objectif est un verre à facettes formé
de plufieurs plans , inclinés à l'axe du
tableau ; ces différentes refractions réuniffent
en un très - petit efpace toutes les
figures difperfées fur la furface du tableau
, en les diminuant de manière à
n'en former qu'une feule figure , & cette
figure eft la tête du Roi , exprimée
avec une reffemblance très- remarquable.
La figure de la Juftice eft ce qui forme
l'oeil du Roi avec une des faces de
la frifure qui approche le plus de l'oeil :
le Peintre nous dit par là , que rien n'é
chappe aux regards de la justice du Monarque.
La magnanimité donne auffi
une partie de l'oeil ; la joue l'oreille &
le fourcil qui exprime la volonté fuprê
me ; la tête de Médufe compoſe une
partie de l'autre fourcil : elle femble
nous dire que les regards d'un Prince
jufte épouvantent le crime & produifent
dans les coupables cette confternation
& cet anéantiffement qui reffemble
à la métamorphofé que la vue
terrible des ferpens de Médufe produifoit
autrefois.
La valeur guerrière donne une partie
du nez & de la bouche , parce que
la bouche est l'organe du comman de-
GE
1
146 MERCURE DE FRANCE.
ment ; la vertu héroïque donne une
partie de l'autre joue avec le coin de la
bouche ; elle finit le nez & les narrines.
Minerve donne l'oeil du Roi du petit
côté l'oeil de ce grand Prince voit avec
bonté ceux qui cultivent les vertus
les fciences & les arts. La Générofité
concourt à finir l'oeil du petit côté , la
tempe & un côté des cheveux . La Sculpture
, exprimée par une tête d'Apollon ,
donne le front & les lauriers dont il eſt
couronné. Le lion de la Magnanimité
forme l'autre tempe , & achève le front.
Le mafque produit la blancheur du front
& finit le fourcil. La crinière des lions
forme le toupet , qui eft blanchi par la
figure qui repréfentoit l'Intrépidité .
Vous voyez , Monfieur , par ce détail
combien il y a eu d'intelligence
dans la combinaifon de deux chofes
auffi étrangères & auffi différentes entre
elles , que le font d'un coté ſept à
huit figures , chargées de fignifications
allégoriques auffi bien imaginées , de
l'autre la reffemblance d'une feule tête.
On a vu quelquefois des effets de perfpective
& de dioptrique qui confiftoient
à faire voir fur une forme régulière
ce qui paroiffoit d'abord n'en avoir
point ; cela femble n'être pas diffiMAR
S. 1763. 147
cile , que
il ne faut deffiner
en regardant
au travers du verre dans lequel
le deffein doit être vu. Il en résulte
enfuite un objet quelconque dont la
forme vue de tout autre point eft difficile
à prévoir ; mais fi l'on veut qu'il
en réfulte des objets qui ayent une
forme régulière , cela paroit fort difficile.
La difficulté augmente encore ,
quand la forme des objets eft déterminée
d'avance pour être apperçue d'uné
telle maniere foit du point de vue ,
foit de tout autre point. Si l'on propoſe
enfin de former un portrait avec d'autres
figures qui y afent un rapport donné
, le problême paroît comme impoffible
& le fuccès de M. Vanloo pouvoit
feul ce me femble juftifier l'entreprife.
Il feroit à fouhaiter. qu'il fit
part au Public & aux Sçavans des idées
qui ont pu lui faire entreprendre un ouvrage
auffi fingulier & des moyens qui
lui en ont procuré le fuccès.
J'ai l'honneur d'être , & c.
DELALANDE
Ce Tableau a été préfenté à Sa
Majefté , par M. le Marquis de Marigny
.
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Résumé : PEINTURE. LETTRE de M. DELALANDE de l'Académie des Sciences à M. DE LA PLACE, sur un Tableau allégorique des vertus, formant le Portrait du ROI, peint par M. Amédée VANLOO, Peintre du Roi de PRUSSE.
La lettre de M. Delalande à M. de La Place présente un tableau allégorique des vertus, réalisé par M. Amédée Vanloo, peintre du roi de Prusse. Intitulé 'Portrait du Roi', cette œuvre combine les charmes de la peinture avec le génie de la physique. Le tableau représente plusieurs figures symbolisant différentes vertus d'un grand prince, telles que la Magnanimité, la Justice, la Valeur militaire, l'Intrépidité, la Vertu héroïque, la Vertu pacifique, et la Générosité. Chaque figure est représentée avec des attributs spécifiques. Le tableau utilise une lunette optique pour rassembler les figures dispersées en une seule image : la tête du roi. Chaque partie du visage du roi est formée par une vertu spécifique. Par exemple, la Justice forme l'œil du roi, la Magnanimité contribue à l'œil et au sourcil, et Minerve représente l'œil du roi du côté opposé. La Générosité et la Sculpture, représentée par une tête d'Apollon, complètent d'autres parties du visage. La lettre met en avant l'intelligence et la complexité de la combinaison des figures allégoriques pour former un portrait réaliste. Elle exprime également le souhait que M. Vanloo partage les idées et les moyens ayant permis la réalisation de cet ouvrage singulier. Le tableau a été présenté à Sa Majesté par M. le Marquis de Marigny.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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55
p. 157-162
PEINTURE. LETTRE à MM. de la Société des Amateurs, Sur le Tableau allégorique des Vertus formant le Portrait du ROI, peint par M. AMÉDÉE VAN LOO.
Début :
MESSIEURS, j'ai vu avec le plus grand plaisir le Tableau des vertus [...]
Mots clefs :
Tableau, Roi, Portrait, Verre, Disposition, Objet, Figures, Rayons
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PEINTURE. LETTRE à MM. de la Société des Amateurs, Sur le Tableau allégorique des Vertus formant le Portrait du ROI, peint par M. AMÉDÉE VAN LOO.
PEINTURE.
LETTRE à MM. de la Société des
Amateurs , fur le Tableau allégorique
des Vertus formant le Portrait
du Roi , peint par M. AMÉDÉE
VAN LOO .
MESSIEURS ,
ESSIEURS , j'ai vu avec le plus
grand plaifir le Tableau des vertus
royales que M. Amédée Vanloo a expofé
aux regards des Curieux dans fon
attelier au Vieux Louvre. Cet Artiſte
a recu fur cette production les
plus grands éloges : fon art lui a fervi à
rendre fur la toile les qualités dont tout
François fçait qu'eft formé le caractère
d'un Maître chéri. Inftruit par vos
judicieuſes obfervations , auxquelles je
dois le goût que j'ai pris pour les Arts ,
je n'ai pas confidéré ce Tableau avec
la ftupide admiration qui diminue fi fort
58 MERCURE DE FRANCE.
le prix des louanges qu'elle donne , &
dont un Artifte eft bien moins flatté
que des fuffrages accordés avec connoiffance
de caufe.En vous prenant pour
guides , je n'ai garde de prononcer fur
le talent manuel du Peintre : il eft für
qu'il ne faut pas juger rigoureufement
le tableau en lui-même , en faisant abftraction
de l'effet fingulier qu'il produit
lorfqu'on le regarde à travers un
verre la difpofition des figures devoit
être relative à cet effet. Il ne s'agit pas
de difcuter en métaphyficien fi la valeur,
l'intrépidité , & la vertu héroïque confidérée
comme vertu militaire , font des
êtres moraux bien diftingués ; & fi la
magnanimité dans un Roi guerrier eſt
autre chofe que la vertu héroïque . Je
ne dirai rien non plus des attributs qui
caractériſent ces différentes vertus , pour
ne vous parler que du preftige ou de
la magie naturelle de ce tableau . On
le regarde avec une lunette fixée dans
un point ; & au lieu d'appercevoir toutes
les figures du tableau , dont on a décrit
les fymboles dans le Mercure du
mois de Mars , on voit uniquement le
Portrait du Roi. L'idée est belle , &
l'éxécution très-fatisfaifante mais cet
effet ne s'eſt pas préfenté à mon efprit
AVRIL. 1763. 149
comme une chofe fi miraculeuse , & je
ferois furpris qu'un Phyficien l'eût qualifié
de probleme qui paroît comme . impoffible
, & eût dit que le fuccès feul!
paroit juftifier l'entreprife. Il n'eft quef .
tion ici , fi je ne me trompe , que d'un
phénomène d'optique affez facile à réfoudre.
Je ne fuis pas étonné qu'on foit
embaraffé dans la recherche de fa folution
lorfqu'on voudra la trouver dans
les principes de la perfpective , à laquelle
il n'appartient point ; & en confondant.
dans les explications qu'on voudroit en
donner , la catoptrique qui eft la connoiffance
des rayons réfléchis , & conféquemment
celle des miroirs qui les
renvoyent , avec la dioptrique qui eft la
fcience des réfractions , & des verres
qui rompent les rayons aufquels ils don-
' nent paffage. M. Muffchenbroek , tom .
II . de fon Effai phyfique , à l'Article de
la catoptrique , parle des images régulières
tracées dans plufieurs efpéces de
miroirs auxquels on préfente des figures
qui font entiérement irrégulières . Il
dit , § 1313 , que celles - ci peuvent être
tracées fuivant les régles infaillibles des
mathématiques ; & plus bas , § 1317 ,
qu'on peut trouver les régles pour former
les différens plans de ces fortes
160 MERCURE DE FRANCE.
de miroirs dans un Auteur François
qui a traité de la perfpective avec beaucoup
d'éxactitude , mais qui a caché
fon nom. Il doit certainement y avoir
auffi des régles certaines pour former
l'effet qu'on obferve à l'infpection du
tableau allégorique ; & c'eft aux principes
de la dioptrique à les fournir. On
fçait en général que les rayons de lumière
paffant au travers d'un verre qui
contient plufieurs furfaces planes différemment
inclinées , font rompus dans
chaque furface , & vont avec leur inclinaifon
propre fe réunir dans un foyer
commun . L'oeil placé dans ce foyer reçoit
de toutes les furfaces , des impreffions
diftinguées , mais propres du même
objet ; & comme l'efprit porte naturellement
les objets à l'extrémité des
rayons droits , un même objet ſe voit
multiplié par toutes les furfaces du verre .
De-là , l'effet prétendu merveilleux ,
mais fort fimple , des verres à facettes.
Dans l'inverfe , un verre taillé d'une
manière déterminée ne laiffera voir d'un
tableau que certains points , lefquels
paroîffant réunis formeront un objet
tout différent de celui que préfente ce
même tableau à l'oeil nud ; cela eft aifé
à concevoir. Il faut dabord fe défaire de
AVRIL. 1763. 161
Tidée que toutes les parties qui compofent
le tableau allégorique , fervent
a former le Portrait du Roi : c'eft une
chofe impoffible ; des objets colorés dans
une difpofition déterminée & fort étendue
> ne peuvent fe concentrer & s'identifier
pour repréfenter un autre objet
avec lequel ils n'ont aucun rapport
phyfique dans leur enfemble. Mais le
phénomène s'explique aifément, en prenant
dans les différens points du tableau
des parties toutes faites , dont la réunion
formera le Portrait du Roi. Ceux
qui y ont donné quelque attention
doivent fe fouvenir qu'il n'y a aucune
des figures qui n'ait quelque chofe des
traits majestueux du Roi ; l'une les yeux ,
l'autre la bouche , l'autre le front , & c .
Le talent du Peintre doit être diftingué
de l'effet optique de fon tableau. A
cet égard , il eft fait fuivant des régles
certaines , & fa difpofition a été mefurée
à la régle & au compas. M. Vanloo
eft le maître de fon fecret ; mais je fuis
perfuadé qu'il pourroit avec le même
verre faire voir le Portrait du Roi fur
un tableau tout différent du premier ,
pourvu qu'il fût dans les mêmes proportions
& que les parties dont la
réunion fait l'image du Monarque , fuf
>
162 MERCURE DE FRANCE.
fent dans la même difpofition . La mế-
chanique de ce travail eft füre ; le mérite
du Peintre dans l'éxécution , eft un
objet à part , & le génie de la compofition
eft encore un fait différent ; c'eft
furtout l'idée ingénieufe qu'il faut louer
ici. M. Vanloo étoit bien für de plaire ,
en parlant aux François le langage de
leur coeur. Perfonne ne voit le Portrait
du Roi fans fe rappeller toutes les ver+
tus qui font le fujet du tableau allégo ÷
rique. Chaque fois que j'ai été contem→
pler la belle Statue que la Ville vient
de faire ériger dans la Place de LOUIS
XV , pour conferver à la postérité la
plus reculée les traits du Monarque
Bien-aimé, dans ceMonument de l'amour
de fon Peuple , je me rappelle le vers
de Martialfur la Statue d'un Empereur
Romain.
Hæcmundifacies , hæcfunt Jovis orafereni.
J'ai l'honneur d'être , & c..
LETTRE à MM. de la Société des
Amateurs , fur le Tableau allégorique
des Vertus formant le Portrait
du Roi , peint par M. AMÉDÉE
VAN LOO .
MESSIEURS ,
ESSIEURS , j'ai vu avec le plus
grand plaifir le Tableau des vertus
royales que M. Amédée Vanloo a expofé
aux regards des Curieux dans fon
attelier au Vieux Louvre. Cet Artiſte
a recu fur cette production les
plus grands éloges : fon art lui a fervi à
rendre fur la toile les qualités dont tout
François fçait qu'eft formé le caractère
d'un Maître chéri. Inftruit par vos
judicieuſes obfervations , auxquelles je
dois le goût que j'ai pris pour les Arts ,
je n'ai pas confidéré ce Tableau avec
la ftupide admiration qui diminue fi fort
58 MERCURE DE FRANCE.
le prix des louanges qu'elle donne , &
dont un Artifte eft bien moins flatté
que des fuffrages accordés avec connoiffance
de caufe.En vous prenant pour
guides , je n'ai garde de prononcer fur
le talent manuel du Peintre : il eft für
qu'il ne faut pas juger rigoureufement
le tableau en lui-même , en faisant abftraction
de l'effet fingulier qu'il produit
lorfqu'on le regarde à travers un
verre la difpofition des figures devoit
être relative à cet effet. Il ne s'agit pas
de difcuter en métaphyficien fi la valeur,
l'intrépidité , & la vertu héroïque confidérée
comme vertu militaire , font des
êtres moraux bien diftingués ; & fi la
magnanimité dans un Roi guerrier eſt
autre chofe que la vertu héroïque . Je
ne dirai rien non plus des attributs qui
caractériſent ces différentes vertus , pour
ne vous parler que du preftige ou de
la magie naturelle de ce tableau . On
le regarde avec une lunette fixée dans
un point ; & au lieu d'appercevoir toutes
les figures du tableau , dont on a décrit
les fymboles dans le Mercure du
mois de Mars , on voit uniquement le
Portrait du Roi. L'idée est belle , &
l'éxécution très-fatisfaifante mais cet
effet ne s'eſt pas préfenté à mon efprit
AVRIL. 1763. 149
comme une chofe fi miraculeuse , & je
ferois furpris qu'un Phyficien l'eût qualifié
de probleme qui paroît comme . impoffible
, & eût dit que le fuccès feul!
paroit juftifier l'entreprife. Il n'eft quef .
tion ici , fi je ne me trompe , que d'un
phénomène d'optique affez facile à réfoudre.
Je ne fuis pas étonné qu'on foit
embaraffé dans la recherche de fa folution
lorfqu'on voudra la trouver dans
les principes de la perfpective , à laquelle
il n'appartient point ; & en confondant.
dans les explications qu'on voudroit en
donner , la catoptrique qui eft la connoiffance
des rayons réfléchis , & conféquemment
celle des miroirs qui les
renvoyent , avec la dioptrique qui eft la
fcience des réfractions , & des verres
qui rompent les rayons aufquels ils don-
' nent paffage. M. Muffchenbroek , tom .
II . de fon Effai phyfique , à l'Article de
la catoptrique , parle des images régulières
tracées dans plufieurs efpéces de
miroirs auxquels on préfente des figures
qui font entiérement irrégulières . Il
dit , § 1313 , que celles - ci peuvent être
tracées fuivant les régles infaillibles des
mathématiques ; & plus bas , § 1317 ,
qu'on peut trouver les régles pour former
les différens plans de ces fortes
160 MERCURE DE FRANCE.
de miroirs dans un Auteur François
qui a traité de la perfpective avec beaucoup
d'éxactitude , mais qui a caché
fon nom. Il doit certainement y avoir
auffi des régles certaines pour former
l'effet qu'on obferve à l'infpection du
tableau allégorique ; & c'eft aux principes
de la dioptrique à les fournir. On
fçait en général que les rayons de lumière
paffant au travers d'un verre qui
contient plufieurs furfaces planes différemment
inclinées , font rompus dans
chaque furface , & vont avec leur inclinaifon
propre fe réunir dans un foyer
commun . L'oeil placé dans ce foyer reçoit
de toutes les furfaces , des impreffions
diftinguées , mais propres du même
objet ; & comme l'efprit porte naturellement
les objets à l'extrémité des
rayons droits , un même objet ſe voit
multiplié par toutes les furfaces du verre .
De-là , l'effet prétendu merveilleux ,
mais fort fimple , des verres à facettes.
Dans l'inverfe , un verre taillé d'une
manière déterminée ne laiffera voir d'un
tableau que certains points , lefquels
paroîffant réunis formeront un objet
tout différent de celui que préfente ce
même tableau à l'oeil nud ; cela eft aifé
à concevoir. Il faut dabord fe défaire de
AVRIL. 1763. 161
Tidée que toutes les parties qui compofent
le tableau allégorique , fervent
a former le Portrait du Roi : c'eft une
chofe impoffible ; des objets colorés dans
une difpofition déterminée & fort étendue
> ne peuvent fe concentrer & s'identifier
pour repréfenter un autre objet
avec lequel ils n'ont aucun rapport
phyfique dans leur enfemble. Mais le
phénomène s'explique aifément, en prenant
dans les différens points du tableau
des parties toutes faites , dont la réunion
formera le Portrait du Roi. Ceux
qui y ont donné quelque attention
doivent fe fouvenir qu'il n'y a aucune
des figures qui n'ait quelque chofe des
traits majestueux du Roi ; l'une les yeux ,
l'autre la bouche , l'autre le front , & c .
Le talent du Peintre doit être diftingué
de l'effet optique de fon tableau. A
cet égard , il eft fait fuivant des régles
certaines , & fa difpofition a été mefurée
à la régle & au compas. M. Vanloo
eft le maître de fon fecret ; mais je fuis
perfuadé qu'il pourroit avec le même
verre faire voir le Portrait du Roi fur
un tableau tout différent du premier ,
pourvu qu'il fût dans les mêmes proportions
& que les parties dont la
réunion fait l'image du Monarque , fuf
>
162 MERCURE DE FRANCE.
fent dans la même difpofition . La mế-
chanique de ce travail eft füre ; le mérite
du Peintre dans l'éxécution , eft un
objet à part , & le génie de la compofition
eft encore un fait différent ; c'eft
furtout l'idée ingénieufe qu'il faut louer
ici. M. Vanloo étoit bien für de plaire ,
en parlant aux François le langage de
leur coeur. Perfonne ne voit le Portrait
du Roi fans fe rappeller toutes les ver+
tus qui font le fujet du tableau allégo ÷
rique. Chaque fois que j'ai été contem→
pler la belle Statue que la Ville vient
de faire ériger dans la Place de LOUIS
XV , pour conferver à la postérité la
plus reculée les traits du Monarque
Bien-aimé, dans ceMonument de l'amour
de fon Peuple , je me rappelle le vers
de Martialfur la Statue d'un Empereur
Romain.
Hæcmundifacies , hæcfunt Jovis orafereni.
J'ai l'honneur d'être , & c..
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Résumé : PEINTURE. LETTRE à MM. de la Société des Amateurs, Sur le Tableau allégorique des Vertus formant le Portrait du ROI, peint par M. AMÉDÉE VAN LOO.
La lettre adressée à la Société des Amateurs traite d'un tableau allégorique des vertus royales, réalisé par Amédée Van Loo. L'auteur exprime son admiration pour cette œuvre, qui illustre les qualités du roi à travers des symboles décrits dans le Mercure de France. Le tableau présente un effet optique particulier : lorsqu'il est observé à travers une lunette placée à un point précis, seules les figures représentant le portrait du roi deviennent visibles. Cet effet est expliqué par des principes de dioptrique et de catoptrique, impliquant la réfraction et la réflexion des rayons lumineux à travers un verre à facettes. L'auteur précise que cet effet optique est simple et mathématiquement explicable, distinct du talent artistique du peintre. Il conclut en louant l'idée ingénieuse de Van Loo, qui permet d'évoquer les vertus royales à travers le portrait du roi, comparant cette œuvre à une statue érigée en l'honneur du monarque.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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56
p. 162-163
GRAVURE.
Début :
LA Toilette du Savoyard, d'après le Tableau original de Morillos, gravée [...]
Mots clefs :
Pouces, Tableau
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRAVURE.
GRAVURE.
A Toilette di Savoyard , d'après le
Tableau original de Morillos , gravée:
"
par Louis Halbou haute de quinze མར་
AVRIL. 1763. 163
pouces fur onze pouces de largeur .
Se vend à Paris chez la veuve Che
reau , aux deux piliers d'or , & chez
M. Halbou , au Soleil d'or , rue de la
Comédie Françoife. Prix , 20 fols .
A Toilette di Savoyard , d'après le
Tableau original de Morillos , gravée:
"
par Louis Halbou haute de quinze མར་
AVRIL. 1763. 163
pouces fur onze pouces de largeur .
Se vend à Paris chez la veuve Che
reau , aux deux piliers d'or , & chez
M. Halbou , au Soleil d'or , rue de la
Comédie Françoife. Prix , 20 fols .
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57
p. 163-167
MUSIQUE.
Début :
MÉTHODE ou Principes pour enseigner & apprendre facilement l'accompagnement du Clavecin [...]
Mots clefs :
Flûte, Auteur, Méthode, Adresse, Ouvrage, Clavecin
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MUSIQUE.
MUSIQUE...
METHODE THODE ou Principes pour enfeigner
& apprendre facilement l'accompagnement
du Clavecin ou l'harmonie
, le raifonnement , ou la théorie
de baffe fondamentale avec les
paffages de baffe- continue quelcon--
ques , & la façon de les accompagner
à coup-für , même fans chiffres & une.
Planche gravée à la fin du Livre pour
les exemples ; par M. Bertheau , Organifte
de la Métropole de Tours. Cette
méthode coûte 12 fols , & fe trouve à
Paris aux adreffes ordinaires de Mufique
; à Orléans , chez Chevillon , Li-.
braire , rue Royale ; à Angers chez
Boutemy ; à Tours , chez Lambert.
•
L'ART de la Flute Traverfière , par
M. de Luffe. Prix , 7 liv . 4 f. Se vend
aux adreffes ordinaires de Mufique , &
chez l'Auteur , rue S. Jacques , près S..
164 MERCURE DE FRANCE.
Yves , maifon de l'Univerfité à Paris.
L'Auteur a eu pour but dans cet ouvrage
de tirer des ténébres le principe
théorique & pratique de la flute , & de
l'expofer au grand jour avec toute la
précifion & la clarté dont il étoit fufceptible.
Par là ce principe devient à la
portée même de ceux qui n'ont aucune
connoiffance de la Mufique.
M. D. L, dans fon Difcours préliminaire
enfeigne à bien placer les mains
fur la flute donne la vraie façon de
l'emboucher , & démontre enfuite les
divers tacs ou coups de langue , leurs
différentes propriétés , la manière de les
articuler , les pofitions des doigts pour
former tous les tons des gammes naturelle,
diézée & bémolifée , & leurs tremblemens
appellés cadences.
Nous pouvons affurer que ces démonftrations
font faites plus nettement
qu'elles ne l'ont encore été.
L'Auteur entre fçavamment dans le
détail inftructif des agrémens , dans celui
de leur genre & du caractère d'expreffion
auquel ils font propres . Il parle
très-bien de la fixation des phraſes muficales
, du lieu & des momens confacrés
à la refpiration . Cet Article nous
paroît important pour la confervation
AVRIL 1763. 165
•
des poulmons. Si on eût pris ces mefures-
là plutôt , les Médecins n'auroient
pas affuré que la flute eft contraire aux
petites fantés ; la méthode victorieuſe
de M. D. L. doit faire évanouir ce préjugé.
Qu'on fçache ménager fa refpiration
, alors l'un des plus agréable inftrumens
de la Mufique reprendra vigueur
parmi nous. Un foufle doux & léger ne
ruinera jamais la poitrine. Nous confeillons
aux Amateurs de la flute de fe procurer
le Livre eſtimable de M. D. L. il
leur développera ce que nous ne faifons
qu'indiquer ici.
Après une tablature des fons harmoniques
, fuivent plufieurs leçons en forme
de petites Sonates avec la baffe , mais
proportionnées aux forces des Commencans.
L'ouvrage fe termine par douze
Caprices ou cadences finales remplis de
traits & de difficultés propres à faciliter
l'exercice de l'embouchure & des
doigts . On peut les inférer dans les Concertos
pour la flute .
Nous ne pouvons qu'applaudir à cette
nouvelle méthode ; elle jette de la
lumiére fur un art agréable , & foulage
les Maîtres en les difpenfant de la rebu-
´tante occupation d'écrire eux-mêmes des
principes ; mais fon plus grand mérite
166 MERCURE DE FRANCE .
eft de conduire leurs éléves à des fuc
cès auffi certains que rapides.
SEI SINFONIE , con violini , alto
viola , baffo , & corni da caccia a
piacimento , da Gio Battifta Cirri da
Forlir Opera feconda. Prix 9 liv . Chez
PAuteur , rue Croix des Petits - Champs ,
chez le fieur Mique , Perruquier , &
aux Adreffes ordinaires. Ces Symphonies
font d'un nouveau genre & fort
goûtées .
SONATES DE CLAVECIN , Premier
Livre. Par J. P. le Grand , Maître
de Clavecin & Organifte de l'Abbaye
S. Germain des Près. Chez l'Auteur
, rue S. Honoré , vis-à -vis la rue
neuve du Luxembourg ; & chez le fieur
le Menu , Marchand de Mufique , rue
du Roule , à la Clef d'Or, Prix 19 liv.
Cet Ouvrage fait honneur à fon
Auteur.
RÉFLEXIONS fur la Mufique ,
& la vraie manière de l'exécuter fur
le violon ; Par M. Brijon. Prix en blanc ,
avec les exemples & les airs gravés ,
3 liv . 12 f. à Paris chez l'Auteur , logé
chez M. Prudent , Profeffeur de Mu
fique & d'Inftrumens , rue du Petit
AVRIL. 1763 . 167
Pont , au bas de la rue S. Jacques , la
porte cochere à côté d'un Marchand
Papetier. On en trouve auffi des Exemplaires
chez M. Vaudemont , rue Beaurepaire
, près la rue Montorgueil , &
aux Adreffes ordinaires de Mufique.
Cet Ouvrage renferme des idées neuves
, auffi heureufement que clairement
exprimées. Nous en donnerons
ipceffamment l'Extrait.
METHODE THODE ou Principes pour enfeigner
& apprendre facilement l'accompagnement
du Clavecin ou l'harmonie
, le raifonnement , ou la théorie
de baffe fondamentale avec les
paffages de baffe- continue quelcon--
ques , & la façon de les accompagner
à coup-für , même fans chiffres & une.
Planche gravée à la fin du Livre pour
les exemples ; par M. Bertheau , Organifte
de la Métropole de Tours. Cette
méthode coûte 12 fols , & fe trouve à
Paris aux adreffes ordinaires de Mufique
; à Orléans , chez Chevillon , Li-.
braire , rue Royale ; à Angers chez
Boutemy ; à Tours , chez Lambert.
•
L'ART de la Flute Traverfière , par
M. de Luffe. Prix , 7 liv . 4 f. Se vend
aux adreffes ordinaires de Mufique , &
chez l'Auteur , rue S. Jacques , près S..
164 MERCURE DE FRANCE.
Yves , maifon de l'Univerfité à Paris.
L'Auteur a eu pour but dans cet ouvrage
de tirer des ténébres le principe
théorique & pratique de la flute , & de
l'expofer au grand jour avec toute la
précifion & la clarté dont il étoit fufceptible.
Par là ce principe devient à la
portée même de ceux qui n'ont aucune
connoiffance de la Mufique.
M. D. L, dans fon Difcours préliminaire
enfeigne à bien placer les mains
fur la flute donne la vraie façon de
l'emboucher , & démontre enfuite les
divers tacs ou coups de langue , leurs
différentes propriétés , la manière de les
articuler , les pofitions des doigts pour
former tous les tons des gammes naturelle,
diézée & bémolifée , & leurs tremblemens
appellés cadences.
Nous pouvons affurer que ces démonftrations
font faites plus nettement
qu'elles ne l'ont encore été.
L'Auteur entre fçavamment dans le
détail inftructif des agrémens , dans celui
de leur genre & du caractère d'expreffion
auquel ils font propres . Il parle
très-bien de la fixation des phraſes muficales
, du lieu & des momens confacrés
à la refpiration . Cet Article nous
paroît important pour la confervation
AVRIL 1763. 165
•
des poulmons. Si on eût pris ces mefures-
là plutôt , les Médecins n'auroient
pas affuré que la flute eft contraire aux
petites fantés ; la méthode victorieuſe
de M. D. L. doit faire évanouir ce préjugé.
Qu'on fçache ménager fa refpiration
, alors l'un des plus agréable inftrumens
de la Mufique reprendra vigueur
parmi nous. Un foufle doux & léger ne
ruinera jamais la poitrine. Nous confeillons
aux Amateurs de la flute de fe procurer
le Livre eſtimable de M. D. L. il
leur développera ce que nous ne faifons
qu'indiquer ici.
Après une tablature des fons harmoniques
, fuivent plufieurs leçons en forme
de petites Sonates avec la baffe , mais
proportionnées aux forces des Commencans.
L'ouvrage fe termine par douze
Caprices ou cadences finales remplis de
traits & de difficultés propres à faciliter
l'exercice de l'embouchure & des
doigts . On peut les inférer dans les Concertos
pour la flute .
Nous ne pouvons qu'applaudir à cette
nouvelle méthode ; elle jette de la
lumiére fur un art agréable , & foulage
les Maîtres en les difpenfant de la rebu-
´tante occupation d'écrire eux-mêmes des
principes ; mais fon plus grand mérite
166 MERCURE DE FRANCE .
eft de conduire leurs éléves à des fuc
cès auffi certains que rapides.
SEI SINFONIE , con violini , alto
viola , baffo , & corni da caccia a
piacimento , da Gio Battifta Cirri da
Forlir Opera feconda. Prix 9 liv . Chez
PAuteur , rue Croix des Petits - Champs ,
chez le fieur Mique , Perruquier , &
aux Adreffes ordinaires. Ces Symphonies
font d'un nouveau genre & fort
goûtées .
SONATES DE CLAVECIN , Premier
Livre. Par J. P. le Grand , Maître
de Clavecin & Organifte de l'Abbaye
S. Germain des Près. Chez l'Auteur
, rue S. Honoré , vis-à -vis la rue
neuve du Luxembourg ; & chez le fieur
le Menu , Marchand de Mufique , rue
du Roule , à la Clef d'Or, Prix 19 liv.
Cet Ouvrage fait honneur à fon
Auteur.
RÉFLEXIONS fur la Mufique ,
& la vraie manière de l'exécuter fur
le violon ; Par M. Brijon. Prix en blanc ,
avec les exemples & les airs gravés ,
3 liv . 12 f. à Paris chez l'Auteur , logé
chez M. Prudent , Profeffeur de Mu
fique & d'Inftrumens , rue du Petit
AVRIL. 1763 . 167
Pont , au bas de la rue S. Jacques , la
porte cochere à côté d'un Marchand
Papetier. On en trouve auffi des Exemplaires
chez M. Vaudemont , rue Beaurepaire
, près la rue Montorgueil , &
aux Adreffes ordinaires de Mufique.
Cet Ouvrage renferme des idées neuves
, auffi heureufement que clairement
exprimées. Nous en donnerons
ipceffamment l'Extrait.
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Résumé : MUSIQUE.
Le texte présente divers ouvrages et méthodes liés à la musique. La 'Méthode Thode' de M. Bertheau, organiste de Tours, se concentre sur l'accompagnement au clavecin et l'harmonie, avec des exemples illustrés. Ce livre est disponible à Paris, Orléans, Angers et Tours pour un coût de 12 francs. L'ouvrage 'L'Art de la Flûte Traversière' de M. de Luffe, vendu 7 livres 4 francs, expose les principes théoriques et pratiques de la flûte. Il couvre la position des mains, l'embouchure, les coups de langue, et les positions des doigts. Il aborde également les agréments, la respiration, et les soins des poumons, contredisant l'idée que la flûte est nuisible aux enfants. Le livre inclut des sonates et des caprices pour exercer l'embouchure et les doigts. Les 'Sei Sinfonie' de Gio Battista Cirri sont des symphonies d'un nouveau genre, vendues 9 livres. Les 'Sonates de Clavecin' de J. P. le Grand, maître de clavecin, sont également mentionnées. Enfin, les 'Réflexions sur la Musique' de M. Brijon, à 3 livres 12 francs, proposent des idées nouvelles sur l'exécution musicale au violon.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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58
p. 151-152
MUSIQUE.
Début :
CONCERTO a Flauto Traversiero con due Violino & Basso del Signor [...]
Mots clefs :
Sonates, Clavecin, Musique
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MUSIQUE.
MUSIQUE.
CONCERTO
ONCERTo a Flauto Traverfiero
con due Violino & Baffo del Signor
Antonio Forni. Prix
adreffes ordinaires.
2 liv. 8 f. aux
•
Giv
152 MERCURE DE FRANCE.
SIX SONATES pour le Clavecin,dédiées
à M. Gavigniés , compofées par
J. F. Eckard , OEuvre I. Prix 9 liv. chez
l'Auteur , rue S. Honoré , près celle
des Frondeurs , maifon de M. Lenoir ,
Notaire ; & aux adreffes ordinaires de
Mufique.
CONCERTO
ONCERTo a Flauto Traverfiero
con due Violino & Baffo del Signor
Antonio Forni. Prix
adreffes ordinaires.
2 liv. 8 f. aux
•
Giv
152 MERCURE DE FRANCE.
SIX SONATES pour le Clavecin,dédiées
à M. Gavigniés , compofées par
J. F. Eckard , OEuvre I. Prix 9 liv. chez
l'Auteur , rue S. Honoré , près celle
des Frondeurs , maifon de M. Lenoir ,
Notaire ; & aux adreffes ordinaires de
Mufique.
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59
p. 152
GRAVURE.
Début :
LE sieur Ficquet, dont nous avons deux beaux portraits de Mde de Maintenon [...]
Mots clefs :
Portraits, Poète, Marchands d'estampes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRAVURE.
GRAVURE.
E fieur Ficquet , dont nous avons
deux beaux portraits de Mde de Maintenon
, & de M. de Voltaire , vient de
mettre au jour celui de M. de la Fontaine
, qui eft fupérieur à tous ceux que
nous avions déja de ce Poëte célébre.
Il fe trouve chez les Marchands d'Eftampes
& chez Duchefne , rue S. Jacques.
Le prix eft de 3 liy. Les mêmes
vendent auffi le portrait de M. de Voltaire.
E fieur Ficquet , dont nous avons
deux beaux portraits de Mde de Maintenon
, & de M. de Voltaire , vient de
mettre au jour celui de M. de la Fontaine
, qui eft fupérieur à tous ceux que
nous avions déja de ce Poëte célébre.
Il fe trouve chez les Marchands d'Eftampes
& chez Duchefne , rue S. Jacques.
Le prix eft de 3 liy. Les mêmes
vendent auffi le portrait de M. de Voltaire.
Fermer
60
p. 172-174
PEINTURE. LETTRE de M. de G. .... sur les Descendans de CHARLES LE BRUN, premier Peintre du Roi LOUIS XIV.
Début :
JE vous choisis entre tous mes amis, mon cher Monsieur, & je crois n'avoir [...]
Mots clefs :
Généalogie, Descendants, Art, Peinture
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PEINTURE. LETTRE de M. de G. .... sur les Descendans de CHARLES LE BRUN, premier Peintre du Roi LOUIS XIV.
PEINTURE.
LETTRE de M. de G..... fur les Defcendans
de CHARLES LE BRUN ,
premier Peintre du Roi LOUIS XIV.
JE vous choiſis entre tous mes amis ,
mon cher Monfieur , & je crois n'avoir
pas tort , pour vous communiquer une
remarque que j'ai faite en lifant Moreri
à l'article Charles le Brun , premier Peintre
de Louis XIV; ille fait mourir fans
poſtérité. S'il y a eu un Arrêt du Conſeil
relativement au nom de Mansard, parce
qu'il n'y a plus de vrais ſucceſſeurs de
ce nom ; pourquoi n'en donneroit-on
pas un pour affurer que le célébre le
Brun a laiſſé une poſtérité affez nombreuſe
? Il doit être auſſi ſacré de conferver
un grand nom , que d'en empêcher
l'ufurpation. Nous avons ici une
généalogie de Charles le Brun , imprimée
en 1748 , en conféquence de la généalogie
enregiſtrée à la Chambre des
Comptes, procréée en loyal mariage, &
reconnue pour tel le ſuivant l'Arrêt du
JUIN. 1763. 173
12 Février 1745. Cette généalogie a été
revêtue de toutes les formalités qui en
affurent l'authenticité.
Il est vrai que Charles le Brun , dont
il s'agit , n'eut qu'un fils nommé André,
mais ce fils en eut un grand nombre ;
les diverſes Branches qu'ils formèrent
font toutes éteintes , excepté celle de
Damien le Brun , qui eſt ſoutenue par
quatre fils , tous mariés ,dont deux ſont
établis à Paris , & deux à Lyon .
S'il eſt ſingulier que le Dictionnaire
de Morery ait fait une faute fi groſſière ;
il l'eſt encore plus que les Defcendans
de ce grand homme ſe ſoient tous appliqués
au deſſein ou à la gravure. On diroit
qu'il leur a tranſmis une portion de
ſon talent , ou qu'ils n'ont pas voulu
eux-mêmes dégénérer en prenant une
autre profeffion que celle de leur ayeul.
Il devroit y avoir des récompenfes
pour ceux qui perpétuent une fi longue
filiation dans le même Art. Il faut apparemment
que M. le Marquis de Marigni
en ait été touché il l'eſt toujours de
tout ce qui est bon & beau : la penfion
qu'il a obtenue pour un des fils d'André
le Brun pour aider à fon éducation , en
eſt la preuve. Les belles actions en ce
genre ſe multiplient. La petite niéce du
Hiij
174 MERCURE DE FRANCE.
grand Corneille a trouvé un père adop
tifdans la perſonne de M. de Voltaire ;
<il la dotée & mariée dans le Pays de
Gex, comme fſa propre fille. S. M. fait
ériger un monument à feu M. de Crébillon
; & quel hommage ne vient- on pas
de rendre à Bouchardon ? J'aime les talens
, mon cher ami , furtout les hommes
vertueux , & MM. le Brun qui les
cultivent. Intéreſſez-vous à ces dignes
rejettons d'un fi grand Peintre. Aureſte ,
cés mêmes MM. le Brum , mes amis
font modeſtes , timides , ne demandent
rien ; & j'ai cru leur devoir cette réclamation
contre le peu d'éxactitude des
Editeurs de Morery .
J'ai l'honneur d'être , &c.
ALyon, ce is Mai 1763 .
LETTRE de M. de G..... fur les Defcendans
de CHARLES LE BRUN ,
premier Peintre du Roi LOUIS XIV.
JE vous choiſis entre tous mes amis ,
mon cher Monfieur , & je crois n'avoir
pas tort , pour vous communiquer une
remarque que j'ai faite en lifant Moreri
à l'article Charles le Brun , premier Peintre
de Louis XIV; ille fait mourir fans
poſtérité. S'il y a eu un Arrêt du Conſeil
relativement au nom de Mansard, parce
qu'il n'y a plus de vrais ſucceſſeurs de
ce nom ; pourquoi n'en donneroit-on
pas un pour affurer que le célébre le
Brun a laiſſé une poſtérité affez nombreuſe
? Il doit être auſſi ſacré de conferver
un grand nom , que d'en empêcher
l'ufurpation. Nous avons ici une
généalogie de Charles le Brun , imprimée
en 1748 , en conféquence de la généalogie
enregiſtrée à la Chambre des
Comptes, procréée en loyal mariage, &
reconnue pour tel le ſuivant l'Arrêt du
JUIN. 1763. 173
12 Février 1745. Cette généalogie a été
revêtue de toutes les formalités qui en
affurent l'authenticité.
Il est vrai que Charles le Brun , dont
il s'agit , n'eut qu'un fils nommé André,
mais ce fils en eut un grand nombre ;
les diverſes Branches qu'ils formèrent
font toutes éteintes , excepté celle de
Damien le Brun , qui eſt ſoutenue par
quatre fils , tous mariés ,dont deux ſont
établis à Paris , & deux à Lyon .
S'il eſt ſingulier que le Dictionnaire
de Morery ait fait une faute fi groſſière ;
il l'eſt encore plus que les Defcendans
de ce grand homme ſe ſoient tous appliqués
au deſſein ou à la gravure. On diroit
qu'il leur a tranſmis une portion de
ſon talent , ou qu'ils n'ont pas voulu
eux-mêmes dégénérer en prenant une
autre profeffion que celle de leur ayeul.
Il devroit y avoir des récompenfes
pour ceux qui perpétuent une fi longue
filiation dans le même Art. Il faut apparemment
que M. le Marquis de Marigni
en ait été touché il l'eſt toujours de
tout ce qui est bon & beau : la penfion
qu'il a obtenue pour un des fils d'André
le Brun pour aider à fon éducation , en
eſt la preuve. Les belles actions en ce
genre ſe multiplient. La petite niéce du
Hiij
174 MERCURE DE FRANCE.
grand Corneille a trouvé un père adop
tifdans la perſonne de M. de Voltaire ;
<il la dotée & mariée dans le Pays de
Gex, comme fſa propre fille. S. M. fait
ériger un monument à feu M. de Crébillon
; & quel hommage ne vient- on pas
de rendre à Bouchardon ? J'aime les talens
, mon cher ami , furtout les hommes
vertueux , & MM. le Brun qui les
cultivent. Intéreſſez-vous à ces dignes
rejettons d'un fi grand Peintre. Aureſte ,
cés mêmes MM. le Brum , mes amis
font modeſtes , timides , ne demandent
rien ; & j'ai cru leur devoir cette réclamation
contre le peu d'éxactitude des
Editeurs de Morery .
J'ai l'honneur d'être , &c.
ALyon, ce is Mai 1763 .
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Résumé : PEINTURE. LETTRE de M. de G. .... sur les Descendans de CHARLES LE BRUN, premier Peintre du Roi LOUIS XIV.
La lettre de M. de G..... rectifie une erreur du dictionnaire de Moreri concernant la descendance de Charles Le Brun, premier peintre du roi Louis XIV. Contrairement à ce qui y est mentionné, Charles Le Brun eut un fils nommé André, dont la lignée perdure à travers Damien Le Brun, soutenu par quatre fils mariés, deux à Paris et deux à Lyon. Les descendants de Charles Le Brun se sont distingués dans les arts du dessin et de la gravure, perpétuant ainsi le talent de leur ancêtre. L'auteur cite des exemples de soutien accordé à ces artistes, comme la pension obtenue pour un fils d'André Le Brun par le Marquis de Marigny, et les hommages rendus à d'autres artistes tels que Corneille, Crébillon et Bouchardon. L'auteur exprime son admiration pour les talents et la vertu des descendants de Le Brun et demande une réclamation contre l'inexactitude des éditeurs de Moreri, appelant à un soutien envers ces descendants modestes et discrets.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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61
p. 174-180
MUSIQUE.
Début :
MUSIQUE. LE sieur de la Chevardière, rue du Roule à la Croix d'or, vient de mettre [...]
Mots clefs :
Mesure, Musique, Sonates, Recueil, Auteur, Opéra, Ponctuation, Chapitre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MUSIQUE.
MUSIQUE.
E fieur de la Chevardière , rue du
Roule à la Croix d'or , vient de mettre
en vente les Ouvrages ſuivans.
" Troiſièine Recueil de Pièces Fran-
>>coiſes & Italiennes , Petits Airs , Ro-
>>>mances , Vaudevilles , choifies dans
,
:
JUIN. 1763 . 175
>> les Opéra- Comiques nouveaux , com-
>>> me le Bucheron , le Roi & le Fermier ,
» Sancho-Pança , le Guy de chêne , &
>>> autres , accommodés pour deux flûtes,
>> deux violons , ou deux pardeſſus -de-
» viole. Par M. Granier. Prix , 6 liv.
>> Ce Recueil forme la fuite de ceux qui
>> ont paru précédemment & qui contient
>>>les airs des Opéra un peu plus anciens.
>> 6 Symphonies à 4 parties obligées
>>> avec Hautbois & Cors-de-Chaffe ad
>>> libitum , compofées par M. Stamitz ,
>>>& mifes au jour par M. de la Chevar-
>> dière : ce font les dernières Sympho-
>>> nies qu'on a pu ramaffer de ce célé-
>>> bre Auteur : elles ont été éxécutées
>> au Concert ſpirituel la ſemaine ſainte ;
>>>on les vend 9 livres.
» 5 & 6 ° Livres de piéces de Clave-
>>cin compoſées par M. Ferdinando Pe-
» legrino , prix, 6 liv. chaque livre.
>> 7º Recueil de récréations chantantes
>>par M. Legat de Furcy , contenant des
>>airs détachés des Opéra - comiques
>> avec accompagnement de Violon ,
>>Flûtes ou pardeſſus-de-Viole , & ar-
>> rangés de façon qu'on peut les jouer
>> en Duo ſur tous les inftrumens ; prix ,
» 3 liv. Cet Ouvrage eſt périodique &
>>paroît tous les mois.
Hiv
1
T
176 MERCURE DE FRANCE.
4º Recueil des récréations de Polym
nie , ou choix d'ariettes & airs tendres
& légers , avecaccompagnement de
Violon , Flûte , Hautbois , Pardeſſusde-
Viole , &c . Ces airs feront auſſi trèsbien
à deux inſtrumens de deſſus au défaut
de la voix. Dédiés au beau ſexe ;
recueillis & mis en ordre par M. le
Loup , Maître de Flûte , Editeur de ces
Recueils . Il y adans celui-ci pluſieurs
ariettes & airs de la Sybille , Opéra-Comique
, Parodie des Fêtes d'Euterpe ,
par M. Gibert ; ainſi qu'un air de Soliman,
&c. Prix, 3 liv. chez l'Éditeur , rue
du Mouton , près la Grève , au Caffé
de la Paix , au coin de la rue de la Tixeranderie.
Ce nouveau recueil nous a paru d'un
bon choix , & s'il eſt poffible plus piquant
encore que les premiers. On y
trouve de plus une ariette nouvelle de
M. le Loup , miſe en Symphonie par
M. Ponteau , paroles de M. Pasquier ,
qui ſe vend ſi l'on veut ſéparément à la
même adreſſe.
Cleffacile & méthodique pour apprendre
en peu de temps à battre la meſure, à
diftinguer les modulations , à préluder
& à phrafer la muſique , par le moyen
JUIN. 1763. 177
de la Ponctuation grammaticale & typographique.
Ouvrage utile & intéreſſant
pourles commençans , ſuivi de 6 petites
Sonates méthodiques, fervant d'exemples
pour l'intelligence & la pratique de cette
méthode. Par M. Atys , Maître de Flûte.
OEuvre 5. A Paris , chez l'Auteur , dans
le paſſage de la rue Traverſière S. Honoréà
celle des Boucheries , & aux Adreſſes
ordinaires . Prix , 7 liv . 4 f.
On ne ſera peut-être pas fàché de voir
comment l'Auteur établit ſon ſyſtême ,
dans ſon Avant-propos .
La meſure dans la Muſique eſt l'effence
même de la mélodie & de l'harmonie
; les commençans doivent donc ,
fitôt les premières notions acquiſes , apprendre
à battre la meſure & à obſerver
exactement la valeur des notes , & ne
rien négliger poury parvenir. Sans cette
attention , il eſt impoſſible qu'ils faififfent
le caractère & le goût particulier
de la Piéce qu'ils chantent , ou qu'ils
éxécutent fur leur inſtrument & qu'ils
en ſentent toutes les beautés & les agrémens.
La Muſique a ſa proſodie ainſi
que le langage ; & fi l'on ne s'afſſujettit
àla meſure& à la valeur des notes , on
rend déſagréable le chant le plus flateur
Hv
178 MERCURE DE FRANCE.
& le plus mélodieux : il eſt donc trèsimportant
de battre la meſure avec toute
la juſteſſe requiſe .
On acquérera aisément cette juſteſſe
av ec un peu d'application , & à l'aide de
cepetit traité qui peut auffi fervir à ceux
qui ont déja avec les difpofitions naturelles
un commencement méthodique
, mais qui ne font pas à portée d'avoir
des Maîtres pour les continuer. Le
moyen d'en retirer l'utilité que j'en promets
, eſt de ſuivre ponctuellement les
exemples que j'ai poſés à côté de chaque
précepte & ceux que je donne d'une
manière plus étendue dans les fix
petites Sonates ci-après.
J'indique dans mon ſeptiéme Chapitre
un nouveau ſyſtême pour phrafer la
Muſique. Son utilité m'a frappé lorſque
l'obſervation la plus commune m'en fit
révenir l'idée. La ponctuation de l'Ecriture
meſure la marche & l'étendue du
difcours; ces fignes peuvent naturellement
produire le même effet dans la
Muſique , qui eſt faite pour parler à
l'oreille comme l'Ecriture parle aux
yeux. L'éffai que j'ai fait de ce projet
dans les petites Sonates qui terminent
cet ouvrage ſuffit pour faire concevoir
fans aucun travail toute l'étendue qu'on
JUIN. 1763 . 179
peut donner à cette idée ; car les inventions
les plus utiles & les plus fages
font prèſque toujours les plus intelligibles
& les plus fimples .
Outre cette ponctuation j'employe
encore dans les fix Sonates que je viens
d'annoncer , des marques ou des fignes
pour avertir d'augmenter ou de diminuer
le ſon lorſque le goût & la délicateſſe
l'exigent.
Enfin le huitiéme & dernier Chapitre
contient une expofition des vingt-quatre
Modes tels que la diviſion de la
Gamme ou Echelle diatonique ordinaire
les produit néceſſairement. La méthode
claire , préciſe & exacte avec laquelle
j'ai tâché de détailler cette expofition
apprendra à ceux qui me liront:
avec un peu d'attention, à diftinguer les
modulations , à connoître & à difcerner
en quel mode ou en quel ton ils
feront foit au commencement , foit dans.
le courant d'une Piece , ou même lorfqu'ils
s'éffſayeront à préluder , à décider
en un mot fi ce ton ou Mode eſt Majeur
ou Mineur.
Quant aux fix petites Sonates que je
viens d'annoncer & qui font à la fuite
de ce huitiéme Chapitre, j'avertis qu'on
doit les regarder comme une leçon gé
H vj
180 MERCURE DE FRANCE:
nérale où l'on appercevra aisément l'application
que je fais faire de ce que
j'enſeigne dans ce Traité.
SIX TRIO pour deux Violons & un
Violoncello,compoſés par le Signor Galeotti
de Gènes , dédiés à Madame la
Princeſſe de Monaco ; à Gènes , chez
l'Auteur ; & à Paris, aux adreſſes ordinaires
de Muſique. Prix , 9 liv. avec privilége.
Cet Ouvrage eſt digne de la ré
putation dont cet Auteur jouit en Italie
par ſes ouvrages & par ſon talent
connu pour le Violoncello .
E fieur de la Chevardière , rue du
Roule à la Croix d'or , vient de mettre
en vente les Ouvrages ſuivans.
" Troiſièine Recueil de Pièces Fran-
>>coiſes & Italiennes , Petits Airs , Ro-
>>>mances , Vaudevilles , choifies dans
,
:
JUIN. 1763 . 175
>> les Opéra- Comiques nouveaux , com-
>>> me le Bucheron , le Roi & le Fermier ,
» Sancho-Pança , le Guy de chêne , &
>>> autres , accommodés pour deux flûtes,
>> deux violons , ou deux pardeſſus -de-
» viole. Par M. Granier. Prix , 6 liv.
>> Ce Recueil forme la fuite de ceux qui
>> ont paru précédemment & qui contient
>>>les airs des Opéra un peu plus anciens.
>> 6 Symphonies à 4 parties obligées
>>> avec Hautbois & Cors-de-Chaffe ad
>>> libitum , compofées par M. Stamitz ,
>>>& mifes au jour par M. de la Chevar-
>> dière : ce font les dernières Sympho-
>>> nies qu'on a pu ramaffer de ce célé-
>>> bre Auteur : elles ont été éxécutées
>> au Concert ſpirituel la ſemaine ſainte ;
>>>on les vend 9 livres.
» 5 & 6 ° Livres de piéces de Clave-
>>cin compoſées par M. Ferdinando Pe-
» legrino , prix, 6 liv. chaque livre.
>> 7º Recueil de récréations chantantes
>>par M. Legat de Furcy , contenant des
>>airs détachés des Opéra - comiques
>> avec accompagnement de Violon ,
>>Flûtes ou pardeſſus-de-Viole , & ar-
>> rangés de façon qu'on peut les jouer
>> en Duo ſur tous les inftrumens ; prix ,
» 3 liv. Cet Ouvrage eſt périodique &
>>paroît tous les mois.
Hiv
1
T
176 MERCURE DE FRANCE.
4º Recueil des récréations de Polym
nie , ou choix d'ariettes & airs tendres
& légers , avecaccompagnement de
Violon , Flûte , Hautbois , Pardeſſusde-
Viole , &c . Ces airs feront auſſi trèsbien
à deux inſtrumens de deſſus au défaut
de la voix. Dédiés au beau ſexe ;
recueillis & mis en ordre par M. le
Loup , Maître de Flûte , Editeur de ces
Recueils . Il y adans celui-ci pluſieurs
ariettes & airs de la Sybille , Opéra-Comique
, Parodie des Fêtes d'Euterpe ,
par M. Gibert ; ainſi qu'un air de Soliman,
&c. Prix, 3 liv. chez l'Éditeur , rue
du Mouton , près la Grève , au Caffé
de la Paix , au coin de la rue de la Tixeranderie.
Ce nouveau recueil nous a paru d'un
bon choix , & s'il eſt poffible plus piquant
encore que les premiers. On y
trouve de plus une ariette nouvelle de
M. le Loup , miſe en Symphonie par
M. Ponteau , paroles de M. Pasquier ,
qui ſe vend ſi l'on veut ſéparément à la
même adreſſe.
Cleffacile & méthodique pour apprendre
en peu de temps à battre la meſure, à
diftinguer les modulations , à préluder
& à phrafer la muſique , par le moyen
JUIN. 1763. 177
de la Ponctuation grammaticale & typographique.
Ouvrage utile & intéreſſant
pourles commençans , ſuivi de 6 petites
Sonates méthodiques, fervant d'exemples
pour l'intelligence & la pratique de cette
méthode. Par M. Atys , Maître de Flûte.
OEuvre 5. A Paris , chez l'Auteur , dans
le paſſage de la rue Traverſière S. Honoréà
celle des Boucheries , & aux Adreſſes
ordinaires . Prix , 7 liv . 4 f.
On ne ſera peut-être pas fàché de voir
comment l'Auteur établit ſon ſyſtême ,
dans ſon Avant-propos .
La meſure dans la Muſique eſt l'effence
même de la mélodie & de l'harmonie
; les commençans doivent donc ,
fitôt les premières notions acquiſes , apprendre
à battre la meſure & à obſerver
exactement la valeur des notes , & ne
rien négliger poury parvenir. Sans cette
attention , il eſt impoſſible qu'ils faififfent
le caractère & le goût particulier
de la Piéce qu'ils chantent , ou qu'ils
éxécutent fur leur inſtrument & qu'ils
en ſentent toutes les beautés & les agrémens.
La Muſique a ſa proſodie ainſi
que le langage ; & fi l'on ne s'afſſujettit
àla meſure& à la valeur des notes , on
rend déſagréable le chant le plus flateur
Hv
178 MERCURE DE FRANCE.
& le plus mélodieux : il eſt donc trèsimportant
de battre la meſure avec toute
la juſteſſe requiſe .
On acquérera aisément cette juſteſſe
av ec un peu d'application , & à l'aide de
cepetit traité qui peut auffi fervir à ceux
qui ont déja avec les difpofitions naturelles
un commencement méthodique
, mais qui ne font pas à portée d'avoir
des Maîtres pour les continuer. Le
moyen d'en retirer l'utilité que j'en promets
, eſt de ſuivre ponctuellement les
exemples que j'ai poſés à côté de chaque
précepte & ceux que je donne d'une
manière plus étendue dans les fix
petites Sonates ci-après.
J'indique dans mon ſeptiéme Chapitre
un nouveau ſyſtême pour phrafer la
Muſique. Son utilité m'a frappé lorſque
l'obſervation la plus commune m'en fit
révenir l'idée. La ponctuation de l'Ecriture
meſure la marche & l'étendue du
difcours; ces fignes peuvent naturellement
produire le même effet dans la
Muſique , qui eſt faite pour parler à
l'oreille comme l'Ecriture parle aux
yeux. L'éffai que j'ai fait de ce projet
dans les petites Sonates qui terminent
cet ouvrage ſuffit pour faire concevoir
fans aucun travail toute l'étendue qu'on
JUIN. 1763 . 179
peut donner à cette idée ; car les inventions
les plus utiles & les plus fages
font prèſque toujours les plus intelligibles
& les plus fimples .
Outre cette ponctuation j'employe
encore dans les fix Sonates que je viens
d'annoncer , des marques ou des fignes
pour avertir d'augmenter ou de diminuer
le ſon lorſque le goût & la délicateſſe
l'exigent.
Enfin le huitiéme & dernier Chapitre
contient une expofition des vingt-quatre
Modes tels que la diviſion de la
Gamme ou Echelle diatonique ordinaire
les produit néceſſairement. La méthode
claire , préciſe & exacte avec laquelle
j'ai tâché de détailler cette expofition
apprendra à ceux qui me liront:
avec un peu d'attention, à diftinguer les
modulations , à connoître & à difcerner
en quel mode ou en quel ton ils
feront foit au commencement , foit dans.
le courant d'une Piece , ou même lorfqu'ils
s'éffſayeront à préluder , à décider
en un mot fi ce ton ou Mode eſt Majeur
ou Mineur.
Quant aux fix petites Sonates que je
viens d'annoncer & qui font à la fuite
de ce huitiéme Chapitre, j'avertis qu'on
doit les regarder comme une leçon gé
H vj
180 MERCURE DE FRANCE:
nérale où l'on appercevra aisément l'application
que je fais faire de ce que
j'enſeigne dans ce Traité.
SIX TRIO pour deux Violons & un
Violoncello,compoſés par le Signor Galeotti
de Gènes , dédiés à Madame la
Princeſſe de Monaco ; à Gènes , chez
l'Auteur ; & à Paris, aux adreſſes ordinaires
de Muſique. Prix , 9 liv. avec privilége.
Cet Ouvrage eſt digne de la ré
putation dont cet Auteur jouit en Italie
par ſes ouvrages & par ſon talent
connu pour le Violoncello .
Fermer
Résumé : MUSIQUE.
En juin 1763, divers ouvrages musicaux étaient disponibles à la vente. Parmi ceux-ci, on trouvait un troisième recueil de pièces françaises et italiennes, incluant des airs d'opéras-comiques récents tels que 'Le Bûcheron', 'Le Roi et le Fermier' et 'Sancho Pança', arrangés pour deux flûtes, deux violons ou deux altos par M. Granier. Six symphonies de M. Stamitz, exécutées au Concert spirituel pendant la semaine sainte, étaient également en vente. Deux livres de pièces pour clavecin par M. Ferdinando Pellegrino et un recueil mensuel de récréations chantantes par M. Legat de Furcy étaient proposés. Un autre recueil, 'Les Récréations de Polymnie', compilait des ariettes et airs tendres, dédié au beau sexe et édité par M. le Loup. Un ouvrage méthodique pour apprendre à battre la mesure et à moduler, accompagné de six sonates, était écrit par M. Atys. Ce traité incluait une méthode de ponctuation musicale inspirée de la ponctuation grammaticale et typographique. Le texte mentionnait aussi des sonates en mode majeur ou mineur, décrites comme une leçon générale illustrant les enseignements d'un traité. De plus, il annonçait la publication de six trios pour deux violons et un violoncelle, composés par le Signor Galeotti de Gênes. Ces trios étaient dédiés à Madame la Princesse de Monaco et étaient disponibles à Gênes chez l'auteur ainsi qu'à Paris, au prix de neuf livres avec un privilège. L'auteur était reconnu en Italie pour ses œuvres et son talent au violoncelle.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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62
p. 180-181
GRAVURE.
Début :
M. MOITTE, Graveur du ROI, à qui nous devons la belle Estampe de [...]
Mots clefs :
Estampe, Graveur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRAVURE.
GRAVURE.
M. MOITTE , Graveur du Roi , à
qui nous devons la belle Eſtampe de
Vénus fur les eaux , gravée d'après le
célébre M. Boucher , vient de donner
au Public un autre Ouvrage de fa façon
qui probablement ne ſera pas
moins bien accueilli des Connoiffeurs.
Cette nouvelle Eſtampe , intitulée le
Gefte Napolitain , eſt d'après l'un des
plu aimables &des plus dignes Peintres
de la Nature , c'est-à-dire M. Greu
fe, & faitpendant avec le Père de fa-
و
JUIN. 1763 . 181
mille que l'on revoit toujours avec tant
de plaifir. Elle est dédiée à M. le Marquis
de Marigny ; & ſe vend chez l'Auteur ,
rue S. Victor , la troifiéme Porte cochère
à gauche , en entrant par la Place
Maubert. Le Prix eſt de 6 liv.
M. MOITTE , Graveur du Roi , à
qui nous devons la belle Eſtampe de
Vénus fur les eaux , gravée d'après le
célébre M. Boucher , vient de donner
au Public un autre Ouvrage de fa façon
qui probablement ne ſera pas
moins bien accueilli des Connoiffeurs.
Cette nouvelle Eſtampe , intitulée le
Gefte Napolitain , eſt d'après l'un des
plu aimables &des plus dignes Peintres
de la Nature , c'est-à-dire M. Greu
fe, & faitpendant avec le Père de fa-
و
JUIN. 1763 . 181
mille que l'on revoit toujours avec tant
de plaifir. Elle est dédiée à M. le Marquis
de Marigny ; & ſe vend chez l'Auteur ,
rue S. Victor , la troifiéme Porte cochère
à gauche , en entrant par la Place
Maubert. Le Prix eſt de 6 liv.
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Résumé : GRAVURE.
Le graveur du Roi, M. Moitte, a créé une gravure intitulée 'Vénus sur les eaux' d'après François Boucher. Il a également publié 'Le Geste Napolitain', inspiré d'un tableau de Jean-Baptiste Greuze réalisé à Rome. Cette estampe est dédiée au Marquis de Marigny et se vend six livres chez l'auteur, rue Saint-Victor.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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63
p. 181
ÉCRITURE.
Début :
LE Sr ROCHON, Maître Écrivain à Versailles, donne avis au Public que [...]
Mots clefs :
Maître Écrivain, Planches, Principes d'écriture
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ÉCRITURE.
ÉCRITURE.
LE ST ROCHON , Maître Écrivain
Verſailles , donne avis au Public que
les deux Planches de Principes d'Ecriture
qu'il vient de lui donner , ſe trouvent
chez lui & à Paris chez le ſieur de la
Bare , rue du Perche au Marais , chez
un Serrurier. Prix , 2 liv. chaque 'Piéce.
Il donne auffi avis qu'il prend des
Penſionnaires d'âge raisonnable , &
que l'on aura chez lui tous les Maîtres
que l'on defirera.
LE ST ROCHON , Maître Écrivain
Verſailles , donne avis au Public que
les deux Planches de Principes d'Ecriture
qu'il vient de lui donner , ſe trouvent
chez lui & à Paris chez le ſieur de la
Bare , rue du Perche au Marais , chez
un Serrurier. Prix , 2 liv. chaque 'Piéce.
Il donne auffi avis qu'il prend des
Penſionnaires d'âge raisonnable , &
que l'on aura chez lui tous les Maîtres
que l'on defirera.
Fermer
64
p. 152-159
PEINTURE. LETTRE d'une nouvelle Société, à M. DE LA PLACE, Auteur du Mercure de France.
Début :
MONSIEUR, Nous sommes sept qui cultivons chacun par goût ou par état, une science [...]
Mots clefs :
Tableau, Figure, Verre, Optique, Facettes , Jugement
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PEINTURE. LETTRE d'une nouvelle Société, à M. DE LA PLACE, Auteur du Mercure de France.
PEINTURE.
LETTRE d'une nouvelle Société , à
M. DE LA PLACE , Auteur du
Mercure de France.
MONSIEUR ,
Nous fommes fept qui cultivons
chacun par goût ou par état , une fcience
particulière nous nous réuniffons une
fois la femaine , autant par amitié que
pour notre inftruction mutuelle . Si l'un
de nous a fait quelque obfervation qu'il
eftime digne d'être communiquée aux
autres , elle eft foumife à un examen
rigoureux : il eft dans nos conventions
que nos jugemens feront auffi févères
qu'il fe pourra , & le premier article de
nos Statuts volontaires , eft de ne nous
faire aucune grace ; la vérité qui dicte
nos décifions fur notre manière réciproque
de penfer , refferre les liens de
l'amitié qui nous lie . Pleins d'eftime
pour tout le monde , nous ne fommes
retenus que fur le compte d'autrui .
JUILLET. 1763. 153
Nous nous appliquons particulièrement,
Monfieur , à comparer les opinions contraires
qui s'élèvent fur certains objets.
Votre Journal eft le théâtre de plufieurs
controverfes dans les Sciences & dans
les Arts , & nous tâchons d'en profiter.
Nous pefons les raifons avancées
de part & d'autre ; autant que nos connoiffances
le permettent , nous apprécions
les chofes , & cherchons à les
réduire à leur jufte valeur nous ne
précipitons pas nos jugemens : on agite
long - temps les réflexions ; on change
d'avis autant qu'on le juge à propos.
Nous ne mettons aucune forte d'amourpropre
à perfifter dans une première
opinion , & jamais nous ne croyons
qu'aucune difficulté foit réfoute , que
l'Auteur qui l'avoit fait naître , n'avoue
pofitivement & nettement qu'il eft revenu
au fentiment de fon adverfaire.
S'il ne l'adopte qu'avec quelques modifications,
il faut que celles - ci fubiffent
un nouvel examen , & qu'il ne refte
aucun partage d'avis ; l'unanimité eſt le
but auquel nous afpirons. Nous croyons
avoir travaillé affez utilement en ce
genre fur diverfes matières , pour prétendre
à une qualification ; en conféquence
, nous nous fommes donné le
7
Gv
154 MERCURE DE FRANCE .
titre de Société des Conciliateurs. Nous
n'offrons notre médiation à perfonne ;
car nous n'avons aucune autorité dans
la république des Lettres , pour qu'on
défére à notre fentiment . Les écrits qui
fe produisent dans les démêlés qui furviennent
entre, gens qui penfent différemment
, nous ont toûjours paru un
peu femblables aux Mémoires refpectifs
des Parties adverfes dans une affaire de
procédure ; ils couvrent fouvent l'état de
la queftion , & fervent à perpétuer les
conteftations jufqu'au jugement du procès
, dont quelquefois aucun des Plaideurs
n'eft content. Loin d'approuver
les querelles littéraires , nous cherchons
quels font les moyens qui auroient pû
les prévenir, ou les abréger, notre principale
etude eft de prononcer fur les
voies d'accommodement. Jufqu'à préfent
nos travaux ont été concentrés dans
la Société particulière ; nous rifquons de
vous en préfenter un effai. Si vous
croyez , Monfieur , qu'il n'y ait aucun
inconvénient à le rendre public , nous
vous prions de lui donner une place dans
un de vos prochains Mercures , & nous
nous ferons une loi de ne rien publier
que par votre entremife & fous vos
aufpices.
JUILLET. 1763 . 155
REMARQUES de la Société des CONCILIATEURS
, fur les Tableaux en
jeu d'Optique.
Il a paru dans un des premiers Mercures
de cette année une explication du
Tableau allégorique des Vertus, formant
le portrait du Roi , peint par M. Amédée
Vanloo : on eft redevable de cette defcription
à M. de la Lande, Membre de
l'Académie Royale des Sciences dans la
Claffe d'Aftronomie. Son jugement fur
la difficulté de repréfenter différentes
figures , de manière qu'en les regardant
par le moyen d'un verre , on voie une
feule & unique figure , qui n'a aucun
rapport avec celles qu'on voit à l'oeil
nud fur le tableau ; fon jugement , dis-je,
fur cette magie naturelle , n'a pas été
adoptée par un Anonyme , dans une
Lettre adreffée à MM. de la Société
des Amateurs , & inférée dans le Mercure
d'Avril , premier volume, page 157 .
Nous avons pefé les raifons de ce dernier
écrit , & elles nous ont paru trèsfolides.
Sur cela , l'un de nous a affuré
que le phénomène d'optique qui a fait
l'admiration des perfonnes qui ne font
point verfées dans ces fortes de matières
, eft décrit dans la phyfique de
G vj
156 MERCURE DE FRANCE.
S'gravefande un autre a dit qu'il exiſtoit
à Paris plufieurs tableaux de ce genre ;
qu'on en voyoit un dans la Bibliothéque
de MM. de l'Oratoire , qui repréfentoit
les douze Apôtres ; & qu'en le regar
dant avec la lunette garnie du verre à
facettes , tous ces objets difparoiffoient
pour laiffer voir la feule figure de
Jefus - Chrift , qui n'eft pas dans le tableau
.
A l'affemblée fuivante , un de nos
Collégues a rapporté qu'il avoit été la
furveille à la Bibliotheque de Sainte
Géneviéve , & qu'on lui avoit fait voir
dans un des Cabinets adjacens , trois
tableaux affez anciens , & qui ont toujours
été connus dans ce riche Cabinet
fous le nom de Jeux d'optique. L'un
eft formé de plufieurs petits portraits
en médaillons , repréfentans diverfes
dignités par les attributs convenables ;
on y voit un Pape , un Empereur, un
Cardinal , un Evêque , un Moine , un
Prêtre , un Magiftrat , un Guerrier , des
femmes de différens ordres , avec cette
légende latine ... Statutum eft omnibus
hominibus femel mori. On fent affez ce
que cette infcription annonce : en regardant
par la lunette , on n'aperçoit qu'une
tête de mort. Dans l'examen de cette
JUILLET. 1763. 157
efpéce de preſtige , on voit que ce font
différentes parties de tête de mort difperfées
dans les intervalles des portraits,
qui font réunies par les différentes facettes
du verre en un feul point , &
que toutes les têtes vivantes n'entrent
pour rien dans la tête décharnée . Le
même verre fert à un fecond tableau
dont le centre eft comme un foleil lumineux
, & fur les nuages qui l'entourent
font portés des Anges vêtus comme
l'on a coutume de les peindre , & qui
font tous occupés à jouer de quelque
inftrument : l'un tient une lyre , l'autre
un violon , l'autre une guitarre , & c.
Tout cela difparoît en regardant par le
verre à facettes , & l'on voit au centre
un Enfant Jéfus affis , femblable à ces
Anges , mais qui n'eft point aîlé , & qui
ne tient aucun inftrument.
Un autre tableau du même Cabinet
eft chargé de différens portraits connus ;
celui du grand Roi Henri IV, celui de
Louis XIII , de plufieurs Reines &
Princeffes , & de différens Saints , forment
un affemblage confus & affez mal
difpofé. On regarde par le verre approprié
à ce tableau , on voit une Sainte-
Vierge qui tient entre fes bras l'Enfant
Jéfus. On anatomife , s'il eft permis de
158 MERCURE DE FRANCE.
s'exprimer ainfi , cette figure illufoire ;
car on voit que c'eft la tête d'une Reine
qui eft rapportée toute entiere par une
des facettes du verre , pour être apperçue
au haut de la repréfentation magique
; que fon bras eft pris d'une autre
figure , & l'Enfant Jéfus , d'une figure
d'enfant qui eft dans un point du tableau
fort éloigné de celles qui concourrent
à former la Sainte Vierge tout le
reſte du tableau ne fert point à l'effet ;
& il eft auffi indifférent que le portrait
d'Henri IV foit dans un des coins du
tableau que toute autre chofe. Les
points néceffaires étant donnés , tout
le refte n'eft que rempliffage. Il eft donc
évident , comme l'a dit l'Anonyme , que
le tableau allégorique des vertus formant
le portrait du Roi , a été fait fuivant
des régles certaines , & que fa difpofition
avoit été mefurée à la régle & au
compas. L'Auteur n'avoit fait que prèffentir
la maniere dont le tableau allégorique
avoit été compofé , & nous en
donnons des preuves de fait qui n'ôtent
rien à M. Vanloo du mérite de fon
heureufe idée , & de fon habileté dans
l'exécution de ce tableau. On ne s'eft mépris
que fur l'explication phyfique du
phénomène , opéré par un art qu'on a
JUILLET. 1763 . 159
cru nouveau , & qui ne l'eft pas. Nos
recherches concilient donc toutes les
idées avec les faits qui les confirment.
LETTRE d'une nouvelle Société , à
M. DE LA PLACE , Auteur du
Mercure de France.
MONSIEUR ,
Nous fommes fept qui cultivons
chacun par goût ou par état , une fcience
particulière nous nous réuniffons une
fois la femaine , autant par amitié que
pour notre inftruction mutuelle . Si l'un
de nous a fait quelque obfervation qu'il
eftime digne d'être communiquée aux
autres , elle eft foumife à un examen
rigoureux : il eft dans nos conventions
que nos jugemens feront auffi févères
qu'il fe pourra , & le premier article de
nos Statuts volontaires , eft de ne nous
faire aucune grace ; la vérité qui dicte
nos décifions fur notre manière réciproque
de penfer , refferre les liens de
l'amitié qui nous lie . Pleins d'eftime
pour tout le monde , nous ne fommes
retenus que fur le compte d'autrui .
JUILLET. 1763. 153
Nous nous appliquons particulièrement,
Monfieur , à comparer les opinions contraires
qui s'élèvent fur certains objets.
Votre Journal eft le théâtre de plufieurs
controverfes dans les Sciences & dans
les Arts , & nous tâchons d'en profiter.
Nous pefons les raifons avancées
de part & d'autre ; autant que nos connoiffances
le permettent , nous apprécions
les chofes , & cherchons à les
réduire à leur jufte valeur nous ne
précipitons pas nos jugemens : on agite
long - temps les réflexions ; on change
d'avis autant qu'on le juge à propos.
Nous ne mettons aucune forte d'amourpropre
à perfifter dans une première
opinion , & jamais nous ne croyons
qu'aucune difficulté foit réfoute , que
l'Auteur qui l'avoit fait naître , n'avoue
pofitivement & nettement qu'il eft revenu
au fentiment de fon adverfaire.
S'il ne l'adopte qu'avec quelques modifications,
il faut que celles - ci fubiffent
un nouvel examen , & qu'il ne refte
aucun partage d'avis ; l'unanimité eſt le
but auquel nous afpirons. Nous croyons
avoir travaillé affez utilement en ce
genre fur diverfes matières , pour prétendre
à une qualification ; en conféquence
, nous nous fommes donné le
7
Gv
154 MERCURE DE FRANCE .
titre de Société des Conciliateurs. Nous
n'offrons notre médiation à perfonne ;
car nous n'avons aucune autorité dans
la république des Lettres , pour qu'on
défére à notre fentiment . Les écrits qui
fe produisent dans les démêlés qui furviennent
entre, gens qui penfent différemment
, nous ont toûjours paru un
peu femblables aux Mémoires refpectifs
des Parties adverfes dans une affaire de
procédure ; ils couvrent fouvent l'état de
la queftion , & fervent à perpétuer les
conteftations jufqu'au jugement du procès
, dont quelquefois aucun des Plaideurs
n'eft content. Loin d'approuver
les querelles littéraires , nous cherchons
quels font les moyens qui auroient pû
les prévenir, ou les abréger, notre principale
etude eft de prononcer fur les
voies d'accommodement. Jufqu'à préfent
nos travaux ont été concentrés dans
la Société particulière ; nous rifquons de
vous en préfenter un effai. Si vous
croyez , Monfieur , qu'il n'y ait aucun
inconvénient à le rendre public , nous
vous prions de lui donner une place dans
un de vos prochains Mercures , & nous
nous ferons une loi de ne rien publier
que par votre entremife & fous vos
aufpices.
JUILLET. 1763 . 155
REMARQUES de la Société des CONCILIATEURS
, fur les Tableaux en
jeu d'Optique.
Il a paru dans un des premiers Mercures
de cette année une explication du
Tableau allégorique des Vertus, formant
le portrait du Roi , peint par M. Amédée
Vanloo : on eft redevable de cette defcription
à M. de la Lande, Membre de
l'Académie Royale des Sciences dans la
Claffe d'Aftronomie. Son jugement fur
la difficulté de repréfenter différentes
figures , de manière qu'en les regardant
par le moyen d'un verre , on voie une
feule & unique figure , qui n'a aucun
rapport avec celles qu'on voit à l'oeil
nud fur le tableau ; fon jugement , dis-je,
fur cette magie naturelle , n'a pas été
adoptée par un Anonyme , dans une
Lettre adreffée à MM. de la Société
des Amateurs , & inférée dans le Mercure
d'Avril , premier volume, page 157 .
Nous avons pefé les raifons de ce dernier
écrit , & elles nous ont paru trèsfolides.
Sur cela , l'un de nous a affuré
que le phénomène d'optique qui a fait
l'admiration des perfonnes qui ne font
point verfées dans ces fortes de matières
, eft décrit dans la phyfique de
G vj
156 MERCURE DE FRANCE.
S'gravefande un autre a dit qu'il exiſtoit
à Paris plufieurs tableaux de ce genre ;
qu'on en voyoit un dans la Bibliothéque
de MM. de l'Oratoire , qui repréfentoit
les douze Apôtres ; & qu'en le regar
dant avec la lunette garnie du verre à
facettes , tous ces objets difparoiffoient
pour laiffer voir la feule figure de
Jefus - Chrift , qui n'eft pas dans le tableau
.
A l'affemblée fuivante , un de nos
Collégues a rapporté qu'il avoit été la
furveille à la Bibliotheque de Sainte
Géneviéve , & qu'on lui avoit fait voir
dans un des Cabinets adjacens , trois
tableaux affez anciens , & qui ont toujours
été connus dans ce riche Cabinet
fous le nom de Jeux d'optique. L'un
eft formé de plufieurs petits portraits
en médaillons , repréfentans diverfes
dignités par les attributs convenables ;
on y voit un Pape , un Empereur, un
Cardinal , un Evêque , un Moine , un
Prêtre , un Magiftrat , un Guerrier , des
femmes de différens ordres , avec cette
légende latine ... Statutum eft omnibus
hominibus femel mori. On fent affez ce
que cette infcription annonce : en regardant
par la lunette , on n'aperçoit qu'une
tête de mort. Dans l'examen de cette
JUILLET. 1763. 157
efpéce de preſtige , on voit que ce font
différentes parties de tête de mort difperfées
dans les intervalles des portraits,
qui font réunies par les différentes facettes
du verre en un feul point , &
que toutes les têtes vivantes n'entrent
pour rien dans la tête décharnée . Le
même verre fert à un fecond tableau
dont le centre eft comme un foleil lumineux
, & fur les nuages qui l'entourent
font portés des Anges vêtus comme
l'on a coutume de les peindre , & qui
font tous occupés à jouer de quelque
inftrument : l'un tient une lyre , l'autre
un violon , l'autre une guitarre , & c.
Tout cela difparoît en regardant par le
verre à facettes , & l'on voit au centre
un Enfant Jéfus affis , femblable à ces
Anges , mais qui n'eft point aîlé , & qui
ne tient aucun inftrument.
Un autre tableau du même Cabinet
eft chargé de différens portraits connus ;
celui du grand Roi Henri IV, celui de
Louis XIII , de plufieurs Reines &
Princeffes , & de différens Saints , forment
un affemblage confus & affez mal
difpofé. On regarde par le verre approprié
à ce tableau , on voit une Sainte-
Vierge qui tient entre fes bras l'Enfant
Jéfus. On anatomife , s'il eft permis de
158 MERCURE DE FRANCE.
s'exprimer ainfi , cette figure illufoire ;
car on voit que c'eft la tête d'une Reine
qui eft rapportée toute entiere par une
des facettes du verre , pour être apperçue
au haut de la repréfentation magique
; que fon bras eft pris d'une autre
figure , & l'Enfant Jéfus , d'une figure
d'enfant qui eft dans un point du tableau
fort éloigné de celles qui concourrent
à former la Sainte Vierge tout le
reſte du tableau ne fert point à l'effet ;
& il eft auffi indifférent que le portrait
d'Henri IV foit dans un des coins du
tableau que toute autre chofe. Les
points néceffaires étant donnés , tout
le refte n'eft que rempliffage. Il eft donc
évident , comme l'a dit l'Anonyme , que
le tableau allégorique des vertus formant
le portrait du Roi , a été fait fuivant
des régles certaines , & que fa difpofition
avoit été mefurée à la régle & au
compas. L'Auteur n'avoit fait que prèffentir
la maniere dont le tableau allégorique
avoit été compofé , & nous en
donnons des preuves de fait qui n'ôtent
rien à M. Vanloo du mérite de fon
heureufe idée , & de fon habileté dans
l'exécution de ce tableau. On ne s'eft mépris
que fur l'explication phyfique du
phénomène , opéré par un art qu'on a
JUILLET. 1763 . 159
cru nouveau , & qui ne l'eft pas. Nos
recherches concilient donc toutes les
idées avec les faits qui les confirment.
Fermer
Résumé : PEINTURE. LETTRE d'une nouvelle Société, à M. DE LA PLACE, Auteur du Mercure de France.
En juillet 1763, la Société des Conciliateurs, composée de sept membres, écrit à M. de La Place, rédacteur du Mercure de France. Cette société se réunit chaque semaine pour analyser des observations scientifiques et artistiques afin de réduire les controverses par une évaluation rigoureuse des arguments. Elle propose sa médiation pour résoudre les querelles littéraires sans avoir d'autorité officielle. La lettre mentionne une controverse concernant un tableau allégorique des Vertus représentant le portrait du Roi, peint par M. Amédée Vanloo. Une explication de ce tableau avait été publiée par M. de la Lande, membre de l'Académie Royale des Sciences, puis contestée par un anonyme dans une lettre à la Société des Amateurs. Les Conciliateurs jugent les arguments de l'anonyme pertinents et ajoutent des informations sur des tableaux similaires à Paris, utilisant des jeux d'optique pour créer des illusions visuelles. Le texte décrit deux tableaux spécifiques. Le premier montre des anges jouant de divers instruments, révélant un Enfant Jésus au centre lorsqu'observé à travers un verre à facettes. Le second tableau présente divers portraits, dont ceux de rois, reines, princesses et saints, révélant une Sainte Vierge tenant l'Enfant Jésus à travers un verre approprié. La société propose de publier un essai de leurs travaux dans le Mercure de France, avec l'approbation de M. de La Place. Ils soulignent que le tableau allégorique des Vertus a été créé selon des règles précises et mesurées, et que l'erreur réside dans l'explication physique du phénomène, qui n'est pas nouveau.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
65
p. 159-165
GRAVURE. Avis sur le Recueil d'Estampes gravées d'après les plus beaux Tableaux & Desseins des principaux Peintres des Ecoles Romaine & Vénitienne qui sont en France, dans le Cabinet du ROI ; dans celui de Mgr le Duc d'Orléans, & dans d'autres Cabinets, par les soins de M. Crozat ; avec un abrégé de la Vie des Peintres, & une Description historique de chaque Tableau. En deux grands volumes in-fol. forme d'Atlas.
Début :
LES Connoisseurs de l'Art de la Gravure sçavent assez les dépenses immenses [...]
Mots clefs :
Estampes, Tableaux, Peintres, Planches, Cabinet
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRAVURE. Avis sur le Recueil d'Estampes gravées d'après les plus beaux Tableaux & Desseins des principaux Peintres des Ecoles Romaine & Vénitienne qui sont en France, dans le Cabinet du ROI ; dans celui de Mgr le Duc d'Orléans, & dans d'autres Cabinets, par les soins de M. Crozat ; avec un abrégé de la Vie des Peintres, & une Description historique de chaque Tableau. En deux grands volumes in-fol. forme d'Atlas.
GRAVURE.
Avis fur le Recueil d'Eftampes gravées
d'après les plus beaux Tableaux
& Deffeins des principaux Peintres
des Ecoles Romaine & Vénitienne
qui font en France , dans le Cabinet
du ROI; dans celui de Mgr le Duc
d'Orléans , & dans d'autres Cabinets ,
par les foins de M. Crozat ; avec un
abrégé de la Vie des Peintres , & une
Defcription hiftorique de chaque Tableau.
En deux grands volumes in-fol.
forme d'Atlas.
LESES Connoiffeurs de l'Art de la Gravure
fçavent affez les dépenfes immenfes
qu'a faites M. Crozat , pour former
& faire graver cet Ouvrage , que
tout autre que lui n'auroit ofé entreprendre
; c'eft pourquoi on fe difpenfera
d'en faire ici l'éloge , & d'entrer dans
aucun détail relatif à l'objet,
160 MERCURE DE FRANCE.
Le fieur Bafan , Graveur à Paris ;
aujourd'hui poffeffeur des Planches qui
compofent ledit Recueil , donne avis
que dans quelques mois il pourra livrer
au-Public des Exemplaires de ce Recueil
qui depuis plufieurs années étoit devenu
fort rare : il met tous fes foins , & ne
ménage rien , tant pour la beauté du
papier , que pour l'impreffion ; auffi
efpére-t-il que fon Edition fera recherchée
des Curieux .
Dans le nombre des grands Cabinets
qui font en Europe , on ne craint point
d'affurer que celui du Roi mérite à cet
égard une forte de préférence. François
I. en eft regardé comme le Fondateur.
Ce Prince magnifique enrichit la France
de quantité de Tableaux du premier
ordre ; ce fut lui qui fit faire à Raphaël
ces deux Tableaux inimitables , le Saint
Michel & la Sainte Famille , que l'on
voit à Versailles. Ce Cabinet étoit déja
devenu l'objet de l'admiration générale ,
lorfque M. Colbert qui ne refpiroit que
la gloire de fon Prince & l'utilité publique
, entreprit de le faire connoître par
le moyen des Eftampes. Il fit diftribuer
des Tableaux aux plus excellens Graveurs
; mais la mort de ce Miniftre interrompit
ce beau projet ; il ne parut
JUILLET. 1763 . 161
alors que trente-fix Eftampes , lefquelles
forment le volume des Tableaux gravés
dont les planches font dans le Cabinet
du Roi ; il y avoit lieu de craindre qu'on
n'en demeurât là fi M. Crozat animé
du même zéle , n'avoit repris la même.
idée .
,
Son premier volume commence par
deux Eftampes fingulières , ce font deux
Peintures antiques que M. Crozat fit
deffiner dans Rome , afin qu'on pût
avoir une idée de la façon dont les Anciens
ordonnoient leurs Tableaux ; on
trouve enfuite tous les Tableaux de Raphaël
qu'on conferve en France , & qui
font en affez grand nombre ; ceux- ci
font fuivis des productions de Jules Romain
, & des autres Elèves de Raphaël ;
& faifant ainfi paffer en revue tous les
Peintres qui ont illuftré l'Ecole Romaine
, le Recueil eft terminé par les Ouvrages
de Carle Maratte , & par ceux des
Artiftes qui dans ces derniers temps ont
occupé dans Rome les premières places.
Toutes ces Eftampes font précédées
par des Deſcriptions , & par un Abrégé
de la vie des Maîtres , éxact & fouvent
accompagné d'Anecdotes curieufes
qu'on ne rencontre point dans les autres
Livres qui traitent de la Peinture .
162 MERCURE DE FRANCE .
- Le fecond volume contient les Ef
tampes gravées d'après les Tableaux ou
les Deffeins des Peintres de l'Ecole Vénitienne
ou de Lombardie , comme le
Georgion , le Titien , P. Veronèse , &
autres Maîtres auffi illuftres , dont les
compofitions font riches & agréables ,
& qui jufqu'alors n'avoient point encore
été gravées.
Le premier volume , ( c'est-à- dire , la
partie des Estampes , qui commence
avec l'Ecole Romaine jufqu'au Mucian, )
eft compofé de quatre- vingt- dix Piéces ;
le refte de cette Ecole & de l'Ecole Vénitienne
confiſtant en quatre-vingt-douze
Piéces , forme le fecond volume.
Le fieur Bafan vient auffi d'acquérir
toures les Planches qui compofent le volume
connu fous le nom duCabinet d'Aguilles
, compofé de cent dix-huit Eftampes
gravées par Coelmans & autres , d'après
les Tableaux des plus célébres Peintres
Italiens , Flamands & François ,
qui compofoient le Cabinet de M. Boyer
d'Aguilles , Confeiller au Parlement de
Provence ; il fait auffi imprimer , avec
tout le foin poffible , ce Recueil , & il
efpére dans quelques mois pouvoir procurer
au Public des Exemplaires de ce
volume qui , depuis plufieurs années ,
étoit auffi devenu rare.
JUILLET. 1763. 163
Comme depuis plufieurs années ledit
fieur Bafan a gravé ou fait graver beaucoup
de Planches , il vient d'en former
deux volumes qu'il a fait imprimer
avec beaucoup de foin , fur le papier
de grand Aigle fin .
Le premier volume contient cent Eftampes
gravées d'après des Tableaux des
meilleurs Maîtres Flamands & François,
tirés des plus cèlebres Cabinets de Paris ,
& qui repréfentent tous des Sujets &
des Payfages fort agréables .
Le fecond volume compofé de cent
cinquante autres Eftampes , n'eft pas
moins intéreffant. On y voit , comme
dans le premier , divers morceaux agréa
bles , pris d'après les Ouvrages des plus
excellens Peintres des Ecoles Flamande
& Françoife, & quelques Sujets auffi qu'à
fourni l'Ecole Italienne , & qui par la
compofition font d'un goût exquis.
A la tête de chaque volume , il y a
une Deſcription de chacun des Sujets
qui le compofe ; les deux volumes fe
vendent féparément l'un de l'autre , au
gré des Amateurs.
PRIX des Volumes annoncés ci -deus .
Les deux volumes du Crozat , compofés
de cent quatre-vingt deux Eftam164
MERCURE DE FRANCE .
pes , imprimées fur le papier fin de Co.
lombier , fe vendent en feuilles , dans
deux Porte-feuilles fait exprès , la fomme
de cent quarante livres.
Les mêmes Eftampes imprimées fur
le papier de grand Aigle , dans deux
Porte-feuilles faits exprès , fe vendront
cent foixante - dix livres .
Les cent dix- huit Eftampes qui compofent
le Cabinet d'Aguilles , ſe vendront
en feuilles , dans un Porte -feuille
fait exprès , foixante- douze livres
& quatre-vingt-dix livres imprimées fur
le grand Aigle fin .
Les deux volumes qui compofent
l'Euvre du fieur Bafan , fe vendront ,
en feuilles , cent vingt livres chacun .
>
On trouvera chez le fieur Bafan
Graveur à Paris , demeurant dans le
quartier S. Jacques , des Exemplaires
defdits volumes reliés ou brochés ;
Ainfi que chez les principaux Libraires
& Marchands d'Eftampes de toutes
les grandes Villes de l'Europe.
On trouve auffi chez ledit fieurBafan
un affortiment général de toutes fortes
d'Estampes Etrangères & Françoifes ,
tant anciennes que modernes , & des
Deffeins de tous les Maîtres.
JUILLET. 1763. 165
7.ON TROUVE chez le fieur Ouvrier,
Graveur d'Estampes intitulées l'une l'EcolHollandoife,
l'autre l'Ecole Flamande,
d'après les Tableaux originaux de M.
T. Eiſen le Père. Ces deux morceaux
qui nous paroiffent auffi agréables que
bien exécutés , fe vendent chez l'Auteur
, Place Maubert , maifon du fieur
Bellot , Bonnetier , au Soleil d'or. Chaque
Eftampe fe vend 3 liv.
Avis fur le Recueil d'Eftampes gravées
d'après les plus beaux Tableaux
& Deffeins des principaux Peintres
des Ecoles Romaine & Vénitienne
qui font en France , dans le Cabinet
du ROI; dans celui de Mgr le Duc
d'Orléans , & dans d'autres Cabinets ,
par les foins de M. Crozat ; avec un
abrégé de la Vie des Peintres , & une
Defcription hiftorique de chaque Tableau.
En deux grands volumes in-fol.
forme d'Atlas.
LESES Connoiffeurs de l'Art de la Gravure
fçavent affez les dépenfes immenfes
qu'a faites M. Crozat , pour former
& faire graver cet Ouvrage , que
tout autre que lui n'auroit ofé entreprendre
; c'eft pourquoi on fe difpenfera
d'en faire ici l'éloge , & d'entrer dans
aucun détail relatif à l'objet,
160 MERCURE DE FRANCE.
Le fieur Bafan , Graveur à Paris ;
aujourd'hui poffeffeur des Planches qui
compofent ledit Recueil , donne avis
que dans quelques mois il pourra livrer
au-Public des Exemplaires de ce Recueil
qui depuis plufieurs années étoit devenu
fort rare : il met tous fes foins , & ne
ménage rien , tant pour la beauté du
papier , que pour l'impreffion ; auffi
efpére-t-il que fon Edition fera recherchée
des Curieux .
Dans le nombre des grands Cabinets
qui font en Europe , on ne craint point
d'affurer que celui du Roi mérite à cet
égard une forte de préférence. François
I. en eft regardé comme le Fondateur.
Ce Prince magnifique enrichit la France
de quantité de Tableaux du premier
ordre ; ce fut lui qui fit faire à Raphaël
ces deux Tableaux inimitables , le Saint
Michel & la Sainte Famille , que l'on
voit à Versailles. Ce Cabinet étoit déja
devenu l'objet de l'admiration générale ,
lorfque M. Colbert qui ne refpiroit que
la gloire de fon Prince & l'utilité publique
, entreprit de le faire connoître par
le moyen des Eftampes. Il fit diftribuer
des Tableaux aux plus excellens Graveurs
; mais la mort de ce Miniftre interrompit
ce beau projet ; il ne parut
JUILLET. 1763 . 161
alors que trente-fix Eftampes , lefquelles
forment le volume des Tableaux gravés
dont les planches font dans le Cabinet
du Roi ; il y avoit lieu de craindre qu'on
n'en demeurât là fi M. Crozat animé
du même zéle , n'avoit repris la même.
idée .
,
Son premier volume commence par
deux Eftampes fingulières , ce font deux
Peintures antiques que M. Crozat fit
deffiner dans Rome , afin qu'on pût
avoir une idée de la façon dont les Anciens
ordonnoient leurs Tableaux ; on
trouve enfuite tous les Tableaux de Raphaël
qu'on conferve en France , & qui
font en affez grand nombre ; ceux- ci
font fuivis des productions de Jules Romain
, & des autres Elèves de Raphaël ;
& faifant ainfi paffer en revue tous les
Peintres qui ont illuftré l'Ecole Romaine
, le Recueil eft terminé par les Ouvrages
de Carle Maratte , & par ceux des
Artiftes qui dans ces derniers temps ont
occupé dans Rome les premières places.
Toutes ces Eftampes font précédées
par des Deſcriptions , & par un Abrégé
de la vie des Maîtres , éxact & fouvent
accompagné d'Anecdotes curieufes
qu'on ne rencontre point dans les autres
Livres qui traitent de la Peinture .
162 MERCURE DE FRANCE .
- Le fecond volume contient les Ef
tampes gravées d'après les Tableaux ou
les Deffeins des Peintres de l'Ecole Vénitienne
ou de Lombardie , comme le
Georgion , le Titien , P. Veronèse , &
autres Maîtres auffi illuftres , dont les
compofitions font riches & agréables ,
& qui jufqu'alors n'avoient point encore
été gravées.
Le premier volume , ( c'est-à- dire , la
partie des Estampes , qui commence
avec l'Ecole Romaine jufqu'au Mucian, )
eft compofé de quatre- vingt- dix Piéces ;
le refte de cette Ecole & de l'Ecole Vénitienne
confiſtant en quatre-vingt-douze
Piéces , forme le fecond volume.
Le fieur Bafan vient auffi d'acquérir
toures les Planches qui compofent le volume
connu fous le nom duCabinet d'Aguilles
, compofé de cent dix-huit Eftampes
gravées par Coelmans & autres , d'après
les Tableaux des plus célébres Peintres
Italiens , Flamands & François ,
qui compofoient le Cabinet de M. Boyer
d'Aguilles , Confeiller au Parlement de
Provence ; il fait auffi imprimer , avec
tout le foin poffible , ce Recueil , & il
efpére dans quelques mois pouvoir procurer
au Public des Exemplaires de ce
volume qui , depuis plufieurs années ,
étoit auffi devenu rare.
JUILLET. 1763. 163
Comme depuis plufieurs années ledit
fieur Bafan a gravé ou fait graver beaucoup
de Planches , il vient d'en former
deux volumes qu'il a fait imprimer
avec beaucoup de foin , fur le papier
de grand Aigle fin .
Le premier volume contient cent Eftampes
gravées d'après des Tableaux des
meilleurs Maîtres Flamands & François,
tirés des plus cèlebres Cabinets de Paris ,
& qui repréfentent tous des Sujets &
des Payfages fort agréables .
Le fecond volume compofé de cent
cinquante autres Eftampes , n'eft pas
moins intéreffant. On y voit , comme
dans le premier , divers morceaux agréa
bles , pris d'après les Ouvrages des plus
excellens Peintres des Ecoles Flamande
& Françoife, & quelques Sujets auffi qu'à
fourni l'Ecole Italienne , & qui par la
compofition font d'un goût exquis.
A la tête de chaque volume , il y a
une Deſcription de chacun des Sujets
qui le compofe ; les deux volumes fe
vendent féparément l'un de l'autre , au
gré des Amateurs.
PRIX des Volumes annoncés ci -deus .
Les deux volumes du Crozat , compofés
de cent quatre-vingt deux Eftam164
MERCURE DE FRANCE .
pes , imprimées fur le papier fin de Co.
lombier , fe vendent en feuilles , dans
deux Porte-feuilles fait exprès , la fomme
de cent quarante livres.
Les mêmes Eftampes imprimées fur
le papier de grand Aigle , dans deux
Porte-feuilles faits exprès , fe vendront
cent foixante - dix livres .
Les cent dix- huit Eftampes qui compofent
le Cabinet d'Aguilles , ſe vendront
en feuilles , dans un Porte -feuille
fait exprès , foixante- douze livres
& quatre-vingt-dix livres imprimées fur
le grand Aigle fin .
Les deux volumes qui compofent
l'Euvre du fieur Bafan , fe vendront ,
en feuilles , cent vingt livres chacun .
>
On trouvera chez le fieur Bafan
Graveur à Paris , demeurant dans le
quartier S. Jacques , des Exemplaires
defdits volumes reliés ou brochés ;
Ainfi que chez les principaux Libraires
& Marchands d'Eftampes de toutes
les grandes Villes de l'Europe.
On trouve auffi chez ledit fieurBafan
un affortiment général de toutes fortes
d'Estampes Etrangères & Françoifes ,
tant anciennes que modernes , & des
Deffeins de tous les Maîtres.
JUILLET. 1763. 165
7.ON TROUVE chez le fieur Ouvrier,
Graveur d'Estampes intitulées l'une l'EcolHollandoife,
l'autre l'Ecole Flamande,
d'après les Tableaux originaux de M.
T. Eiſen le Père. Ces deux morceaux
qui nous paroiffent auffi agréables que
bien exécutés , fe vendent chez l'Auteur
, Place Maubert , maifon du fieur
Bellot , Bonnetier , au Soleil d'or. Chaque
Eftampe fe vend 3 liv.
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Résumé : GRAVURE. Avis sur le Recueil d'Estampes gravées d'après les plus beaux Tableaux & Desseins des principaux Peintres des Ecoles Romaine & Vénitienne qui sont en France, dans le Cabinet du ROI ; dans celui de Mgr le Duc d'Orléans, & dans d'autres Cabinets, par les soins de M. Crozat ; avec un abrégé de la Vie des Peintres, & une Description historique de chaque Tableau. En deux grands volumes in-fol. forme d'Atlas.
Le document présente un recueil d'estampes gravées reproduisant les œuvres des principaux peintres des écoles romaine et vénitienne, conservées dans divers cabinets français, notamment ceux du roi et du duc d'Orléans. Ce projet a été initié par Pierre Crozat et se compose de deux volumes in-folio, accompagnés de descriptions historiques et de biographies des artistes. Le premier volume est dédié à l'école romaine, incluant des peintures antiques et des œuvres de Raphaël, Jules Romain et leurs élèves, ainsi que des artistes contemporains. Le second volume se concentre sur les écoles vénitienne et lombarde, avec des œuvres de Giorgione, Titien, Paolo Veronèse et d'autres maîtres. Deux autres volumes, compilés par le sieur Basan, contiennent des estampes d'après des tableaux de peintres flamands et français. En juillet 1763, une vente d'œuvres gravées et imprimées a eu lieu à Paris. Les œuvres du sieur Basan étaient disponibles en feuilles à cent vingt livres par volume. Des exemplaires reliés ou brochés pouvaient être achetés chez lui, dans le quartier Saint-Jacques, ainsi que chez les principaux libraires et marchands d'estampes en Europe. Le sieur Basan offrait également une large gamme d'estampes étrangères et françaises, anciennes et modernes, ainsi que des dessins de divers maîtres. Par ailleurs, le sieur Ouvrier, graveur d'estampes, vendait deux estampes intitulées 'l'École Hollandaise' et 'l'École Flamande', d'après les tableaux originaux de M. T. Eisen le Père, évaluées à trois livres chacune et disponibles chez l'auteur, place Maubert, à la maison du sieur Bellot, bonnetier, au Soleil d'or.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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65
GRAVURE. Avis sur le Recueil d'Estampes gravées d'après les plus beaux Tableaux & Desseins des principaux Peintres des Ecoles Romaine & Vénitienne qui sont en France, dans le Cabinet du ROI ; dans celui de Mgr le Duc d'Orléans, & dans d'autres Cabinets, par les soins de M. Crozat ; avec un abrégé de la Vie des Peintres, & une Description historique de chaque Tableau. En deux grands volumes in-fol. forme d'Atlas.
66
p. 147-149
A Messieurs les Conciliateurs.
Début :
MESSIEURS, QUOIQUE Vous n'offriez point votre médiation à tout [...]
Mots clefs :
Monuments, Pays, Conciliateurs, Ouvriers, Médiation, Abus, Arts
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A Messieurs les Conciliateurs.
MESSIEURS ,
QUOIQUE Vous n'offriez point votre
médiation à tout le monde, j'eſpére
que vous ne ferez pas affez avares de vos
lumières , pour en refufer quelque lueur
à quelqu'un , qui defire ardemment de
s'inftruire. C'eft dans cette vue que j'ai
pris la liberté de vous écrire , par la
vaie du Mercure , pour vous prier de
concilier des chofes qui me paroiffent
finguliérement oppofées. Spectateur par
gout , je réfléchis quelquefois , & cela
fur le premier objet qui me frappe
amais principalement fur les Arts que j'aime
beaucoup .
Jeifaifois donc réfléxion , comment
il fe pouvoit , que dans une Nation où
il y a des prix inftitués , pour récompenfer
ceux qui défignent le mieux quel
étoit le Coftume des Egyptiens , des
Perfes & c., & de tant d'autres Nations
anciennes comment il fe peut , dis-je¹ ,
que dans les Monumens , que cette
Gij
148 MERCURE DE FRANCE.
même Nation érige de nos jours , elle
s'éloigne fi fort du fien , & femble
faire tous fes efforts , pour qu'il foit impoſſible
de fçavoir dans quel fiécle & à
l'honneur de qui ils ont été élevés .
Mais , difent les amateurs de jambes
nues & de draperies , nos habits ne font
pas dignes d'être confacrés , & leur forme
n'eft point affez agréable pour la
tranfmettre à la pofterité ; ils font un
mauvais effet en Sculpture. Mais le reméde
eft fimple furtout dans un pays où
l'on aime le changement . Ces changemens
d'ailleurs font très- avantageux
pour les Manufactures & pour les Ouvriers
en parures ; j'ai même oui-dire à
nn Anglois , qu'on ne changeoit fi fou
vent de modes dans ſon pays , que pour
encourager & faire profiter les Manufactures
, & il eft à remarquer que leurs
nouvelles modes font toujours l'oppofé
de celle qu'ils quittent.
La fureur des Infcriptions Latines
chofe qui doit néceffairement fuivre la
mode des habits à la Romaine , prive
quantité de gens ( & moi tout le premier
) de fatisfaire leur curiofité fur les
Monumens qu'ils rencontrent : fi elles
n'étoient employées que pour défigner
un Savant dans la Langue Latine , je ne
AOUST. 1763. 149
m'en plaindrois pas. Mais on voit du
Grec & du Latin , fur des Monumens
élevés à des perfonnes , qui n'ont jamais
fçu un mot de ces mêmes Langues .
Il me paroît donc ridicule , que pour
connoître les Illuftres de mon pays , il
me faille employer des Interprêtes étrangers.
Ce ne font peut-être ici que des redites
; mais on ne fauroit , je crois , trop
s'élever contre des abus auffi grands &
auffi ridicules.
QUOIQUE Vous n'offriez point votre
médiation à tout le monde, j'eſpére
que vous ne ferez pas affez avares de vos
lumières , pour en refufer quelque lueur
à quelqu'un , qui defire ardemment de
s'inftruire. C'eft dans cette vue que j'ai
pris la liberté de vous écrire , par la
vaie du Mercure , pour vous prier de
concilier des chofes qui me paroiffent
finguliérement oppofées. Spectateur par
gout , je réfléchis quelquefois , & cela
fur le premier objet qui me frappe
amais principalement fur les Arts que j'aime
beaucoup .
Jeifaifois donc réfléxion , comment
il fe pouvoit , que dans une Nation où
il y a des prix inftitués , pour récompenfer
ceux qui défignent le mieux quel
étoit le Coftume des Egyptiens , des
Perfes & c., & de tant d'autres Nations
anciennes comment il fe peut , dis-je¹ ,
que dans les Monumens , que cette
Gij
148 MERCURE DE FRANCE.
même Nation érige de nos jours , elle
s'éloigne fi fort du fien , & femble
faire tous fes efforts , pour qu'il foit impoſſible
de fçavoir dans quel fiécle & à
l'honneur de qui ils ont été élevés .
Mais , difent les amateurs de jambes
nues & de draperies , nos habits ne font
pas dignes d'être confacrés , & leur forme
n'eft point affez agréable pour la
tranfmettre à la pofterité ; ils font un
mauvais effet en Sculpture. Mais le reméde
eft fimple furtout dans un pays où
l'on aime le changement . Ces changemens
d'ailleurs font très- avantageux
pour les Manufactures & pour les Ouvriers
en parures ; j'ai même oui-dire à
nn Anglois , qu'on ne changeoit fi fou
vent de modes dans ſon pays , que pour
encourager & faire profiter les Manufactures
, & il eft à remarquer que leurs
nouvelles modes font toujours l'oppofé
de celle qu'ils quittent.
La fureur des Infcriptions Latines
chofe qui doit néceffairement fuivre la
mode des habits à la Romaine , prive
quantité de gens ( & moi tout le premier
) de fatisfaire leur curiofité fur les
Monumens qu'ils rencontrent : fi elles
n'étoient employées que pour défigner
un Savant dans la Langue Latine , je ne
AOUST. 1763. 149
m'en plaindrois pas. Mais on voit du
Grec & du Latin , fur des Monumens
élevés à des perfonnes , qui n'ont jamais
fçu un mot de ces mêmes Langues .
Il me paroît donc ridicule , que pour
connoître les Illuftres de mon pays , il
me faille employer des Interprêtes étrangers.
Ce ne font peut-être ici que des redites
; mais on ne fauroit , je crois , trop
s'élever contre des abus auffi grands &
auffi ridicules.
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Résumé : A Messieurs les Conciliateurs.
L'auteur d'une lettre adresse des experts pour discuter de deux problèmes liés aux arts et monuments en France. Il note une divergence entre les prix attribués aux artistes reproduisant des costumes anciens et la tendance moderne à s'en écarter, rendant difficile l'identification des époques et des personnages honorés. Les amateurs de sculptures expliquent que les habits contemporains ne conviennent pas à la sculpture et nuisent aux manufactures et aux ouvriers. L'auteur critique aussi l'usage excessif du latin sur les monuments, souvent incompréhensible pour le public, nécessitant des interprètes étrangers pour comprendre les hommages rendus à des personnalités françaises. Il conclut en appelant à une réforme de ces pratiques.
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67
p. 149-150
MUSIQUE.
Début :
RECUEIL de différens Airs à grande Symphonie, composés & ajoutés dans [...]
Mots clefs :
Opéra, Concert, Adresses, Recueil, Symphonie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MUSIQUE.
MUSIQ U E.
ECUEIL de différens Airs à grande
Symphonie , compofés & ajoutés dans
plufieurs Opéra & exécutés au Concert
François des Tuileries. Par M. le Berton
, Maître de Mufique de l'Académie
Royale . In folio. Paris , chez M. de la
Chevardiere , rue du Roule , à la Croix
d'Or , & aux adreffes ordinaires . Prix ,
6 liv. On donnera inceffamment le
fecond & le troifiéme Recueil.
?
On trouve chez les mêmes Marchands
une Ariette en duo ajoutée
dans l'Opéra d'Amadis des Gaules ,
par M. le Berton , & chantée par M. &
Gii
150 MERCURE DE FRANCE.
Mde Larrivée au Concert François.
Prix I liv. 4 Ι fols.
;
Les RÉCRÉATIONS Chantantes , our
Journal Lyrique , contenant des Airs
choifis dans les Opéra - Comiques , avec
accompagnement de Violon , Flute
ou par- deffus de Viole , notés fur la
Clé de G. re. fol. & ajuftés de façon
qu'on peut les jouer en duo fur les
inftrumens. Par M. Légat de Furcy ,
Maître de Chant & Organiſte de Saint-
Germain-le -vieux . Neuviéme Recueil
in 4º. aux mêmes adreffes. Prix , 3 liv .
ECUEIL de différens Airs à grande
Symphonie , compofés & ajoutés dans
plufieurs Opéra & exécutés au Concert
François des Tuileries. Par M. le Berton
, Maître de Mufique de l'Académie
Royale . In folio. Paris , chez M. de la
Chevardiere , rue du Roule , à la Croix
d'Or , & aux adreffes ordinaires . Prix ,
6 liv. On donnera inceffamment le
fecond & le troifiéme Recueil.
?
On trouve chez les mêmes Marchands
une Ariette en duo ajoutée
dans l'Opéra d'Amadis des Gaules ,
par M. le Berton , & chantée par M. &
Gii
150 MERCURE DE FRANCE.
Mde Larrivée au Concert François.
Prix I liv. 4 Ι fols.
;
Les RÉCRÉATIONS Chantantes , our
Journal Lyrique , contenant des Airs
choifis dans les Opéra - Comiques , avec
accompagnement de Violon , Flute
ou par- deffus de Viole , notés fur la
Clé de G. re. fol. & ajuftés de façon
qu'on peut les jouer en duo fur les
inftrumens. Par M. Légat de Furcy ,
Maître de Chant & Organiſte de Saint-
Germain-le -vieux . Neuviéme Recueil
in 4º. aux mêmes adreffes. Prix , 3 liv .
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Résumé : MUSIQUE.
Le document annonce plusieurs publications musicales. Le premier ouvrage est 'MUSIQ U E. ECUEIL de différens Airs à grande Symphonie', composé par M. le Berton, Maître de Musique de l'Académie Royale. Ce recueil, disponible en folio à Paris chez M. de la Chevardiere, est vendu 6 livres. Deux autres recueils seront prochainement publiés. Par ailleurs, une ariette en duo de l'opéra 'Amadis des Gaules' par M. le Berton, interprétée par M. et Mme Gi, est également disponible chez le même marchand. Le document présente aussi 'Les RÉCRÉATIONS Chantantes, ou Journal Lyrique', contenant des airs choisis dans les opéras comiques, accompagnés de violon, flûte ou viole, notés sur la clé de sol. Ce neuvième recueil, édité par M. Légat de Furcy, Maître de Chant et Organiste de Saint-Germain-le-vieux, est disponible en format in-4º au prix de 3 livres.
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68
p. 150
GRAVURE.
Début :
M. L'EMPEREUR, Graveur du Roi dont le burin mérite la célébrité qu'il [...]
Mots clefs :
Gravure, Graveur, Burin, Estampe, Tableau
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRAVURE.
GRAVU. RE.
M. L'EMPEREUR , Graveur du Roi
dont le burin mérite la célébrité qu'il
s'eft acquife , vient de mettre au jour une
Eftampe d'après le gracieux Tableau de
M. Vanloo , intituléeles Baigneuses. On
la trouvé chez d'Auteur , rue & Porte
S. Jacques , au- deffus du Petit-Marché.
M. L'EMPEREUR , Graveur du Roi
dont le burin mérite la célébrité qu'il
s'eft acquife , vient de mettre au jour une
Eftampe d'après le gracieux Tableau de
M. Vanloo , intituléeles Baigneuses. On
la trouvé chez d'Auteur , rue & Porte
S. Jacques , au- deffus du Petit-Marché.
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69
p. 171-178
GRAVURE. ESTAMPE NOUVELLE.
Début :
RIEN dans la Peinture de plus difficile à traiter que l'Allégorie ; rien en même [...]
Mots clefs :
Tableau, Graveur, Estampe, Cabinet
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRAVURE. ESTAMPE NOUVELLE.
GRAVURE.
ESTAMPE NOUVELLE.
RIE
IEN dans la Peinture de plus difficile
à traiter que l'Allégorie ; rien en même i
temps ne fait plus d'honneur à un Artifte,
que lorsqu'il l'exécute d'une façon fupérieure.
Mais pour atteindre à ce but , il
ne fuffit point de joindre à l'élégance du
Hij
172 MERCURE DE FRANCE.
deffein les charmes du Coloris : il faut
encore un efprit exercé de bonne heure
à l'étude des bons Auteurs & enrichi de
leurs dépouilles ; afin que la noble fimplicité
ou l'élévation de la penſée ainfi
que fa délicateffe répondent à l'excellence
de l'exécution.
Il eſt dans le monde fçavant des fignes
de convention qui forment comme
l'Alphabet de l'idiome qu'on y parle. Le
Néologifme en eft également profcrit
ainfi que des autres langues ; & avec
d'autant plus de raiſon qu'on doit craindre
en s'abandonnant à des nouveautés
dans ce genre , de tomber dans un jargon
barbare,dont l'obſcurité pour l'ordinaire
eft le fruit. En effet , fi l'on ne parle
que pour être entendu , la clarté doit
être la baze du Difcours & furtout de
l'Allégorie .
Telle est celle dont le célébre le Brun
s'eft fervi , pour exprimer d'une façon
auffi élégante qu'ingénieufe , une jeune
mariée quifixe l'Amour.
On voit d'abord par la réunion de la
lumière fur l'objet principal du Tableau
une jeune perfonne dont la beauté & la
décence forment l'enfemble . Elle eft
affife fur l'herbe tenant l'Amour incliné
fur fes genoux & lui coupe les aîles, tanSEPTEMBRE.
1763. 173
dis que pour l'aider , Minerve lui lie les
mains derrière le dos avec fa ceinture :
le Dieu volage ne paroît fe prêter qu'à
regret à cette opération qui limite fa
liberté.
Derrière le Grouppe on apperçoit
l'Hymenfous la figure d'un enfant qui, le
flambeau élevé d'un air triomphant, femble
infulter l'Amour par un fourire mocqueur.
A côté de lui eft une corne d'abondance
, remplie de fruits. Plus loin
& fur fa droite les armes de l'Amour lui
font offertes en holocaufte . Ainfi plus
de traits décochés à la dérobée.
Des Arbres foutiennent au-deffus de
la nouvelle Mariée une espéce de tente
de Drap d'or qui défigne la condition
des époux , comme le Mouton qu'on
voit à côté d'elle , marque la douceur de
fon caractère. A fes pieds on voit une
pomme d'or avec l'Infcription : à la plus
belle:
Sobre dans le choix des caractères fymboliques
, le Brun arendu fa penſée avec
une précifion & une netteté qui ne laiſſe
rien à defirer au Spectateur. Il n'eft pas
jufqu'à l'Ecureuil qu'on voit fur la corne
d'abondance , fe jouer parmi les fruits ,
qui ne défigne adroitement pour qui le
Brun a peint ce Tableau . On fçait qu'il
H iij
174 MERCURE DE FRANCE .
l'a exécuté pour la famille de M. Fouquet ,
Sur-Intendant des Finances , à qui appartenoit
la Maiſon , où il fait partie des
ornemens qui décorent la cheminée
d'un Cabinet.
On peut dire que c'eft un des plus
beaux ouvrages de cet Artiſtec élébre. Le
Coloris en eft frais , & peut - être même
n'a-t- il jamais auffi bien peint . Les caracères
y font rendus avec une fineffe
& une naïveté qui le font fortir de l'idée
générale qu'il s'étoit formée des paffions.
Ce Tableau dont on ne donne qu'une
foible idée , mérite certainement l'attention
des Amateurs.
M. DemarcenayDeghuy, vient de le gråver
après en avoir tiré une copie pour fa
propre fatisfaction . C'eft la dix-huitième
Planche de fon OEuvre. Il a mis pareille .
ment au jour deux autres Planches fous
les No.dix-neuf& vingt,dont la première
repréfente un jeune Seigneur d'une trèsbelle
figure , d'après un des plus beaux
Portraits qu'ait peints l'illuftre Vandeick.
Il eft dans le Cabinet de M. Aved , Peintre
du Roi. Quant à l'autre , c'eſt une
belle tête de vieillard du meilleur temps
du fameux Rembrandt, Ces deux morceaux
font pendans .
On trouve ces Eftampes chez l'Auteur,
SEPTEMBRE. 1763. 175
quai de Conti , la deuxième porte cochère
après la rue Guénégaud.
Et chez M. Wille , Graveur du Roi ,
quai des Auguftins ,à côté de l'Hôtel d'Auvergne.
Le furplus de l'Euvre de l'Auteur ,
confifte dans les morceaux fuivans : le
Teftament d'Eudamidas , d'après l'une
des plus belles compofitions du Pouffin.
Ce Tableau appartient , dit-on , actuellement
à Sa Majefté le Roi de Dannemarc ;
M. Demarcenay en a fait pareillement
une Copie ainfi que de la plupart des Tableaux
qu'il a gravés.
Une Bataille d'après Parocel le père ,
de même grandeur que la précédente
Planche .
Un Pavfage d'après Rembrandt , qui
eft un commencement d'orage.
Un clair de Lune d'après M. Vernet.
Un autre Payfage d'après Vanuden.tous
trois de même grandeur.
Le Portrait de l'ami des hommes , d'après
M. Aved
Tobie recouvrant la vue , d'après Rembrandt
, beau Tableau du Cabinet de
M. le Marquis de Voyer.
Deux Portraits qui repréfentent une
nouvelle Mariée , conduite parfon époux,
qu'on foupçonne de la maifon de Naf-
H iv
176 MERCURE DE FRANCE.
fau , d'après Rembrandt ; le Portrait de
Rembrandt , d'après lui & celui du Tintoret
, également d'après lui : ils font
endants .
La Bohémienne difant la bonne fortune
, d'après Tenieres.
Trois Têtes de même grandeur l'une
d'après Rembrandt , l'autre d'après M.
Greuze , & la troiſième d'après M. Peronneau
, & deux autres petites Planches.
Le fieur BEAUVARLET , Graveur du
Roi , demeurant rue S. Jacques , visà-
vis de celle des Mathurins , vient de
mettre au jour la quatriéme & dernière
Eftampe qu'il a gravée d'après les Tableaux
admirables de Luc Jordans.
Ces Tableaux appartiennent à M.
Colins , Peintre , demeurant quai de la
Mégifferie , à Paris , chez lequel on
pourra les voir & s'en procurer l'acquifition.
Deux ont de hauteur ſept
pieds fur onze pieds trois pouces de
large , & les deux autres font de fix
pieds quatre pouces de haut fur neuf
de large . La derniere Eftampe qui paroît
, repréſente le Triomphe de Galathée.
Nous ne craignons pas d'affurer
que ce Morceau eft digne des éloges &
de l'admiration des Connoiffeurs ;
il juftifie & comble les flatteuſes efpérances
que le fieur Beauvarlet avoit
SEPTEMBRE. 1763.
177
fait concevoir de lui , par les trois premieres
intitulées l'Enlèvement d'Europe
, celui des Sabines & le Jugement
de Paris ; elles lui ont mérité l'honneur
d'être reçu de l'Académie Royale ..
Il a mis dans la dernière Eftampe ,
que nous annonçons, la même vigueur, la
même force , la même pureté & la même
correction que l'on trouve avec tant de
plaifir dans les trois autres ; il a fçu rendre
les Clairs- obfcurs du Tableau avec:
une dégradation fi harmonieufe , qu'on
n'en peut être qu'agréablement étonné..
Rien enfin de plus heureux ni de plus
beau que cette Eftampe , tant pour l'ef
fet que pour l'entente ; on pourroit:
même dire pour la Couleur..
que
On la trouve , ainfi les trois premières
, chez l'Auteur , rue S. Jacques
vis-à -vis de celle des Mathurins ..
و د
LES BOULES DE SAVON , d'après
le Tableau original de Miéris , par N..
Ponce. Se trouvent à Paris , chez M..
Etienne Feffart , Graveur du Roi , de
fa Bibliothéque , & de l'Académie
Royale de Parme , rue de Richelieu.
CARTES GÉOGRAPHIQUES..
TERRA SANTA TABULA , èfcrip
1
H. v.
178 MERCURE DE FRANCE:
,
turæ facræ , Flavii Jofephi , Eufebit
& divi Hieronymi innumerisque aliorum
hiftoricorum commentatorum
Geographorum , viatorum , five veterum
, five recentium , Romanorum ,
Græcorum , Arabum , & c. teftimoniis
& relationibus delineata : Opus Pofhumum
Guillelmi de l'Ifle , Primarii
Regis Geographi , ex archivo Geogra
phico Rei navalis gallicæ ere &tum &
editum à Jofepho - Nicolao de l'Ifle ,
auctoris fratre , Rei navalis Aftronomo
Geographo . Anno 1763. Sub aufpiciis
Illuft . DD. ducis de Choifeul , fummi
rei Navalis & bellica adminiftri.
CARTE DE L'ISLE DE FRANCE
levée géométriquement par M. l'Abbé
de la Caille , de l'Académie Royale des
Sciences , en 1753. A Paris , chez Lattré
, Graveur , rue S. Jacques , près la
Fontaine S. Severin , à la Ville de Bordeaux
.
ESTAMPE NOUVELLE.
RIE
IEN dans la Peinture de plus difficile
à traiter que l'Allégorie ; rien en même i
temps ne fait plus d'honneur à un Artifte,
que lorsqu'il l'exécute d'une façon fupérieure.
Mais pour atteindre à ce but , il
ne fuffit point de joindre à l'élégance du
Hij
172 MERCURE DE FRANCE.
deffein les charmes du Coloris : il faut
encore un efprit exercé de bonne heure
à l'étude des bons Auteurs & enrichi de
leurs dépouilles ; afin que la noble fimplicité
ou l'élévation de la penſée ainfi
que fa délicateffe répondent à l'excellence
de l'exécution.
Il eſt dans le monde fçavant des fignes
de convention qui forment comme
l'Alphabet de l'idiome qu'on y parle. Le
Néologifme en eft également profcrit
ainfi que des autres langues ; & avec
d'autant plus de raiſon qu'on doit craindre
en s'abandonnant à des nouveautés
dans ce genre , de tomber dans un jargon
barbare,dont l'obſcurité pour l'ordinaire
eft le fruit. En effet , fi l'on ne parle
que pour être entendu , la clarté doit
être la baze du Difcours & furtout de
l'Allégorie .
Telle est celle dont le célébre le Brun
s'eft fervi , pour exprimer d'une façon
auffi élégante qu'ingénieufe , une jeune
mariée quifixe l'Amour.
On voit d'abord par la réunion de la
lumière fur l'objet principal du Tableau
une jeune perfonne dont la beauté & la
décence forment l'enfemble . Elle eft
affife fur l'herbe tenant l'Amour incliné
fur fes genoux & lui coupe les aîles, tanSEPTEMBRE.
1763. 173
dis que pour l'aider , Minerve lui lie les
mains derrière le dos avec fa ceinture :
le Dieu volage ne paroît fe prêter qu'à
regret à cette opération qui limite fa
liberté.
Derrière le Grouppe on apperçoit
l'Hymenfous la figure d'un enfant qui, le
flambeau élevé d'un air triomphant, femble
infulter l'Amour par un fourire mocqueur.
A côté de lui eft une corne d'abondance
, remplie de fruits. Plus loin
& fur fa droite les armes de l'Amour lui
font offertes en holocaufte . Ainfi plus
de traits décochés à la dérobée.
Des Arbres foutiennent au-deffus de
la nouvelle Mariée une espéce de tente
de Drap d'or qui défigne la condition
des époux , comme le Mouton qu'on
voit à côté d'elle , marque la douceur de
fon caractère. A fes pieds on voit une
pomme d'or avec l'Infcription : à la plus
belle:
Sobre dans le choix des caractères fymboliques
, le Brun arendu fa penſée avec
une précifion & une netteté qui ne laiſſe
rien à defirer au Spectateur. Il n'eft pas
jufqu'à l'Ecureuil qu'on voit fur la corne
d'abondance , fe jouer parmi les fruits ,
qui ne défigne adroitement pour qui le
Brun a peint ce Tableau . On fçait qu'il
H iij
174 MERCURE DE FRANCE .
l'a exécuté pour la famille de M. Fouquet ,
Sur-Intendant des Finances , à qui appartenoit
la Maiſon , où il fait partie des
ornemens qui décorent la cheminée
d'un Cabinet.
On peut dire que c'eft un des plus
beaux ouvrages de cet Artiſtec élébre. Le
Coloris en eft frais , & peut - être même
n'a-t- il jamais auffi bien peint . Les caracères
y font rendus avec une fineffe
& une naïveté qui le font fortir de l'idée
générale qu'il s'étoit formée des paffions.
Ce Tableau dont on ne donne qu'une
foible idée , mérite certainement l'attention
des Amateurs.
M. DemarcenayDeghuy, vient de le gråver
après en avoir tiré une copie pour fa
propre fatisfaction . C'eft la dix-huitième
Planche de fon OEuvre. Il a mis pareille .
ment au jour deux autres Planches fous
les No.dix-neuf& vingt,dont la première
repréfente un jeune Seigneur d'une trèsbelle
figure , d'après un des plus beaux
Portraits qu'ait peints l'illuftre Vandeick.
Il eft dans le Cabinet de M. Aved , Peintre
du Roi. Quant à l'autre , c'eſt une
belle tête de vieillard du meilleur temps
du fameux Rembrandt, Ces deux morceaux
font pendans .
On trouve ces Eftampes chez l'Auteur,
SEPTEMBRE. 1763. 175
quai de Conti , la deuxième porte cochère
après la rue Guénégaud.
Et chez M. Wille , Graveur du Roi ,
quai des Auguftins ,à côté de l'Hôtel d'Auvergne.
Le furplus de l'Euvre de l'Auteur ,
confifte dans les morceaux fuivans : le
Teftament d'Eudamidas , d'après l'une
des plus belles compofitions du Pouffin.
Ce Tableau appartient , dit-on , actuellement
à Sa Majefté le Roi de Dannemarc ;
M. Demarcenay en a fait pareillement
une Copie ainfi que de la plupart des Tableaux
qu'il a gravés.
Une Bataille d'après Parocel le père ,
de même grandeur que la précédente
Planche .
Un Pavfage d'après Rembrandt , qui
eft un commencement d'orage.
Un clair de Lune d'après M. Vernet.
Un autre Payfage d'après Vanuden.tous
trois de même grandeur.
Le Portrait de l'ami des hommes , d'après
M. Aved
Tobie recouvrant la vue , d'après Rembrandt
, beau Tableau du Cabinet de
M. le Marquis de Voyer.
Deux Portraits qui repréfentent une
nouvelle Mariée , conduite parfon époux,
qu'on foupçonne de la maifon de Naf-
H iv
176 MERCURE DE FRANCE.
fau , d'après Rembrandt ; le Portrait de
Rembrandt , d'après lui & celui du Tintoret
, également d'après lui : ils font
endants .
La Bohémienne difant la bonne fortune
, d'après Tenieres.
Trois Têtes de même grandeur l'une
d'après Rembrandt , l'autre d'après M.
Greuze , & la troiſième d'après M. Peronneau
, & deux autres petites Planches.
Le fieur BEAUVARLET , Graveur du
Roi , demeurant rue S. Jacques , visà-
vis de celle des Mathurins , vient de
mettre au jour la quatriéme & dernière
Eftampe qu'il a gravée d'après les Tableaux
admirables de Luc Jordans.
Ces Tableaux appartiennent à M.
Colins , Peintre , demeurant quai de la
Mégifferie , à Paris , chez lequel on
pourra les voir & s'en procurer l'acquifition.
Deux ont de hauteur ſept
pieds fur onze pieds trois pouces de
large , & les deux autres font de fix
pieds quatre pouces de haut fur neuf
de large . La derniere Eftampe qui paroît
, repréſente le Triomphe de Galathée.
Nous ne craignons pas d'affurer
que ce Morceau eft digne des éloges &
de l'admiration des Connoiffeurs ;
il juftifie & comble les flatteuſes efpérances
que le fieur Beauvarlet avoit
SEPTEMBRE. 1763.
177
fait concevoir de lui , par les trois premieres
intitulées l'Enlèvement d'Europe
, celui des Sabines & le Jugement
de Paris ; elles lui ont mérité l'honneur
d'être reçu de l'Académie Royale ..
Il a mis dans la dernière Eftampe ,
que nous annonçons, la même vigueur, la
même force , la même pureté & la même
correction que l'on trouve avec tant de
plaifir dans les trois autres ; il a fçu rendre
les Clairs- obfcurs du Tableau avec:
une dégradation fi harmonieufe , qu'on
n'en peut être qu'agréablement étonné..
Rien enfin de plus heureux ni de plus
beau que cette Eftampe , tant pour l'ef
fet que pour l'entente ; on pourroit:
même dire pour la Couleur..
que
On la trouve , ainfi les trois premières
, chez l'Auteur , rue S. Jacques
vis-à -vis de celle des Mathurins ..
و د
LES BOULES DE SAVON , d'après
le Tableau original de Miéris , par N..
Ponce. Se trouvent à Paris , chez M..
Etienne Feffart , Graveur du Roi , de
fa Bibliothéque , & de l'Académie
Royale de Parme , rue de Richelieu.
CARTES GÉOGRAPHIQUES..
TERRA SANTA TABULA , èfcrip
1
H. v.
178 MERCURE DE FRANCE:
,
turæ facræ , Flavii Jofephi , Eufebit
& divi Hieronymi innumerisque aliorum
hiftoricorum commentatorum
Geographorum , viatorum , five veterum
, five recentium , Romanorum ,
Græcorum , Arabum , & c. teftimoniis
& relationibus delineata : Opus Pofhumum
Guillelmi de l'Ifle , Primarii
Regis Geographi , ex archivo Geogra
phico Rei navalis gallicæ ere &tum &
editum à Jofepho - Nicolao de l'Ifle ,
auctoris fratre , Rei navalis Aftronomo
Geographo . Anno 1763. Sub aufpiciis
Illuft . DD. ducis de Choifeul , fummi
rei Navalis & bellica adminiftri.
CARTE DE L'ISLE DE FRANCE
levée géométriquement par M. l'Abbé
de la Caille , de l'Académie Royale des
Sciences , en 1753. A Paris , chez Lattré
, Graveur , rue S. Jacques , près la
Fontaine S. Severin , à la Ville de Bordeaux
.
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Résumé : GRAVURE. ESTAMPE NOUVELLE.
Le texte traite de la création d'œuvres allégoriques en peinture, soulignant la nécessité d'élégance, de couleur et de profondeur de pensée, enrichies par l'étude des grands auteurs. L'allégorie doit être claire et éviter les néologismes pour ne pas devenir obscure. Charles Le Brun illustre cette approche avec une allégorie représentant une jeune mariée maîtrisant l'Amour, assistée par Minerve et l'Hyménée. Cette œuvre, réalisée pour la famille de Nicolas Fouquet, Surintendant des Finances, est appréciée pour son coloris frais et la finesse des personnages. Elle a été gravée par Marcenay Deghuy. Le texte mentionne également diverses œuvres d'artistes tels que Vandeick, Rembrandt et Vernet, disponibles chez l'auteur et Cornelis Ploos van Amstel, Graveur du Roi. Le graveur Beauvaret a publié une estampe intitulée 'Le Triomphe de Galathée', reconnue pour sa qualité. Parmi les autres œuvres notables, on trouve 'Galathée', comparée favorablement aux précédentes œuvres de Beauvarlet, et 'Les Boules de Savon', gravée par N. Ponce. En matière cartographique, le texte présente une carte détaillée de la Terre Sainte, compilée par Joseph-Nicolas Delisle sous le patronage du duc de Choiseul, et une carte géométrique de l'île de France, levée par l'Abbé de la Caille en 1753.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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70
p. 180
GRAVURE.
Début :
LES BERGERS ROMAINS, Estampe gravée par M. le Veau, d'après le Tableau [...]
Mots clefs :
Bergers, Gravure, Tableau
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRAVURE.
L
ARTS AGRÉABLES.
GRAVURE.
ES BERGERS ROMAINS , Eftampe
gravée par M. le Veau , d'après le Tableau
de M. Mettay , fe débite avantageufement
chez le fieur Bafan , rue du
Foin.
ARTS AGRÉABLES.
GRAVURE.
ES BERGERS ROMAINS , Eftampe
gravée par M. le Veau , d'après le Tableau
de M. Mettay , fe débite avantageufement
chez le fieur Bafan , rue du
Foin.
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71
p. 180-182
MUSIQUE.
Début :
LE Docteur Sangrado, Opéra-Comique, par Mrs Duny & la Ruette, partition [...]
Mots clefs :
Prix, Sonate, Violon, Adresse, Opéra, Comédie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MUSIQUE.
MUSIQUE.
LEE Docteur Sangrado , Opéra- Comique
, par Mrs Duny & la Ruette , partition
& parties féparées ; prix 12 liv.
OCTOBRE . 1763 . 181
9i mis au jour par M, de la Chevardiere
fe trouve chez lui rue du Roule , à la
Croix d'or.
Six Sonates , à deux flûtes , par M.
Ricther , ou deux violons ; prix 6 liv .
mis au jour par le même & à la même
adreffe .
Six Duo de violon , ou de par - deffus,
de viole , par M. Avolio ; prix 6 liv .
à la même adreffe.
Six Sonates , à flûte feule & baffe ,
par le célèbre M. Vaganfail ; prix 6 liv.
idem .
Six Sonates , en trio , pour un claveffin
, un violon & une baffe , compofée
par Antonio Filtz ; prix 7 liv . 4 f.
mis au jour par le même.
Six Trio , compofés par M. Stephano '
Galioti ; pour deux violons & baffe
prix 7 liv. 4f. Ces Trio font très - harmonieux
; à la même adreffe.
Sonates pour le violon feul , ou pour
le violoncelle feul , & baffe continue ,
par Antonio Filtz ; prix 4f liv. 4. Idem.
Dixième recueil des récréations chantantes
, tirées des Opéra- Comiques, avec
accompagnement de violon , flûte ou
par-deffus de viole , par M. Legat de
Furcy ; prix 3 liv . idem.
Airs gracieux , à quatre parties com
182 MERCURE DE FRANCE.
pofés de petits airs , gavotes , & qui
ont été exécutés & danfés fouvent à la
Comédie Italienne , par M. Lolot de
Blois ; prix 3 liv. 12 f.
Menuet d'Exaudet , à grand Orcheftre
, & tel qu'on le joue à la Comédie
Italienne , par M. le Berton ; prix 2 liv.
8 fols.
LEE Docteur Sangrado , Opéra- Comique
, par Mrs Duny & la Ruette , partition
& parties féparées ; prix 12 liv.
OCTOBRE . 1763 . 181
9i mis au jour par M, de la Chevardiere
fe trouve chez lui rue du Roule , à la
Croix d'or.
Six Sonates , à deux flûtes , par M.
Ricther , ou deux violons ; prix 6 liv .
mis au jour par le même & à la même
adreffe .
Six Duo de violon , ou de par - deffus,
de viole , par M. Avolio ; prix 6 liv .
à la même adreffe.
Six Sonates , à flûte feule & baffe ,
par le célèbre M. Vaganfail ; prix 6 liv.
idem .
Six Sonates , en trio , pour un claveffin
, un violon & une baffe , compofée
par Antonio Filtz ; prix 7 liv . 4 f.
mis au jour par le même.
Six Trio , compofés par M. Stephano '
Galioti ; pour deux violons & baffe
prix 7 liv. 4f. Ces Trio font très - harmonieux
; à la même adreffe.
Sonates pour le violon feul , ou pour
le violoncelle feul , & baffe continue ,
par Antonio Filtz ; prix 4f liv. 4. Idem.
Dixième recueil des récréations chantantes
, tirées des Opéra- Comiques, avec
accompagnement de violon , flûte ou
par-deffus de viole , par M. Legat de
Furcy ; prix 3 liv . idem.
Airs gracieux , à quatre parties com
182 MERCURE DE FRANCE.
pofés de petits airs , gavotes , & qui
ont été exécutés & danfés fouvent à la
Comédie Italienne , par M. Lolot de
Blois ; prix 3 liv. 12 f.
Menuet d'Exaudet , à grand Orcheftre
, & tel qu'on le joue à la Comédie
Italienne , par M. le Berton ; prix 2 liv.
8 fols.
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Résumé : MUSIQUE.
En octobre 1763, plusieurs publications musicales étaient disponibles. Parmi elles, l'opéra-comique 'Docteur Sangrado' de Mme Duny et La Ruette était vendu 12 livres. On trouvait aussi six sonates pour deux flûtes ou deux violons de M. Ricther et six duos pour violon ou viole de M. Avolio, tous deux à 6 livres. M. Vaganfail proposait six sonates pour flûte seule et basse au même prix. Antonio Filz avait composé six sonates en trio pour clavecin, violon et basse, ainsi que des sonates pour violon ou violoncelle seul avec basse continue, ces dernières à 4 livres 4 sous. M. Stefano Galioti offrait six trios pour deux violons et basse, décrits comme très harmonieux, à 7 livres 4 sous. Le dixième recueil des 'Récréations chantantes' de M. Legat de Furcy, tiré des opéras-comiques avec accompagnement, était vendu 3 livres. M. Lolot de Blois proposait des airs gracieux à quatre parties, incluant des petits airs et gavottes, exécutés à la Comédie Italienne, à 3 livres 12 sous. Enfin, un menuet d'Exaudet pour grand orchestre, joué à la Comédie Italienne, était proposé par M. le Berton à 2 livres 8 sols. Toutes ces publications étaient disponibles chez M. de la Chevardière, rue du Roule, à la Croix d'or.
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72
p. 182-193
SUITE de la Description des Tableaux exposés au Sallon du Louvre.
Début :
QUELQUES éloges qu'on ait dûs aux précédens Ouvrages de M. Michel Vanloo [...]
Mots clefs :
Tableau, Peintre, Public, Salon, Ouvrage, Louvre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUITE de la Description des Tableaux exposés au Sallon du Louvre.
SUITE de la Defcription * des Tableaux
expofés au Sallon du Louvre.
M. MICHEL VANLOO.
QUELQUES UELQUES éloges qu'on ait dûs aux
précédens Ouvrages de M. Michel Vanloo
, ils ne fuffiroient pas pour le plus
beau de fes Tableaux dont nous avons
particuliérement à parler cette année.
Il s'y eft repréſenté lui - même affis devant
un chevalet , fur lequel eft pofé le
* N. B. Le fupplément de frais qu'exige cette
Defcription , difpenferoitt de l'inférer dans le Mercure
ordinaire. Mais la confidération que l'on a
pour les Abonnés nous a engagés à la faire réim
primer dans les volumes des mois . Ceux qui defireront
l'avoirraffemblée en une feule Brochure & en
entier, la trouveront au Bureau du Mercure &
chez les Libraires. Le prix eft de 12.f.
OCTOBRE. 1763. 183
portrait de fon père , qui fait l'objet de
fon travail. Sa foeur eft debout , derrière
fon fiége , examinant fon ouvrage. Les
pofitions de ces deux Figures font fi faciles
& dans une fi noble fimplicité ,
que l'on peut en regarder la repréfentation
comme une de ces heureuſes circonſtances
, où l'Art a fi bien mis tous
fes efforts fur le compte de la Nature ,
qu'on ne foupçonneroit pas qu'il lui en
eût couté aucuns . ( a )
Toutes les vérités poffibles , celles
même qu'à peine on oferoit exiger de
la Peinture , frappent également dans ce
Tableau . La vérité de reffemblance dans
les têtes eft d'une fidélité la plus exacte
& ne laiffe rien à defirer ni à chercher ;
celle du coloris dans les étoffes , dans
les carnations , dans les divers effets de
toutes les parties , ainfi que dans la jufteffe
des plans, opére un preftige illufoire
pour les yeux les plus accoutumés à la
magie de la Peinture . En un mot , on
s'accorde à dire que cet Ouvrage eft
moins un Tableau que la réalité même
de ce qu'il repréfente. Il y a du même
Peintre plufieurs autres Portraits en
bufte de différentes perfonnes. Ils por-
( a)Ce Tableau a 7 pieds de haut furs de
largeur.
184 MERCURE DE FRANCE.
tent tous le caractère de vérité & la même
beauté de ce qu'en langage d'Artiſte
on nomme le faire.
M. BOUCHER.
Nous avons encore à regretter M.
Boucher dans cette expofition , par le
peu d'Ouvrages qu'on y voit de lui. Un
très-petit Tableau repréfentant un ſommeil
de l'Enfant Jefus , dans lequel on
retrouve l'agrément qui caractériſe fon
pinceau ; un autre plus petit encore ,
mais charmant & précieux , contenant
une partie de Payfage ; un troifiéme de
moyenne grandeur , où l'on voit, dans un
bocage agréable, un Berger endormi fur
les genoux de fa Bergère, font les feules
productions dont cer aimable Génie ait
fait part au Public dans le Sallon ( b )
M. JEAURAT.
M.Jeaurat, en poffeffion d'attirer & de
fixer l'attention de la multitude , par la repréfentation
naïve de diverfes fcènes, ou
populaires ou domeftiques , n'a offert à
l'amufement du Public cette année
que deux Tableaux de ce genre. L'un
(b) Le premier de ces Tableaux a 2 pieds
fur un .
OCTOBRE. 1763 . 185
repréſente un Peintre dans fon cabinet ,
faifant le portrait d'une jeune Dame. Le
Sujet de l'autre est tiré d'un Conte
de feu M. Vadé , intitulé les Citrons de
Javotte.
M. PIERRE .
Entre autres Tableaux de M. Pierre
nous nous arrêterons fur celui qui eft
destiné à être exécuté en tapifferie à la
Manufacture Royale des Gobelins . Le
Sujet eft la métamorphofe d'Aglaure en
pierre , pour avoir voulu empêcher
Mercure d'entrer chez fa foeur Herfé
dont ce Dieu étoit amoureux. Ce Tableau
eft d'une fort belle entente &
d'une fçavante compofition .Tous les perfonnages
y ont une expreffion jufte , relative
au Sujet & conforme àla paffion
dont ils doivent être affectés . Les Plans
jouent ( fi l'on peut ufer de cette expreffion
) dans un fite convenable , &
font très - diftincts par leurs effets ,
chacun felon fon afpect naturel . Il
feroit peut - être à defirer que ce Tableau
eût été placé dans une autre pofition
que celle où il eft vu au Sallon ,
parce que la lumière gliffant de côté , altére
les effets du coloris relativement
au jour pour lequel il a été fait ; & par
186 MERCURE DE FRANCE.
2
là les effets ne doivent plus être les
mêmes qu'ils auront paru dans le Cabinet
de l'Auteur . D'ailleurs , il eſt à
obferver que deſtiné , comme on l'a
déjà dit , à l'exécution en tapiſſerie
cet ouvrage doit être confidéré fous ce
point de vue. On fçait combien ce Maître
a donné de preuves de fon intelligence
dans ce que la Peinture peut procu
rer d'officieux à la Fabrique de la Tapifferie
, & les fuccès en font garants.
Ainfi les motifs qui dirigent fa manière
dans ces fortes de Tableaux , doivent
entrer en confidération dans les jugemens
qu'on en porte & déterminer à
la juftice légitimement due aux grands
talens du Peintre .
Une Mère qui s'eft poignardée de
douleur après le meurtre de fon fils
dans le maffacre des Innocens offre
un fpectacle d'horreur & de pitié dans
un autre Tableau de M. Pierre . Ces
fortes d'objets , fur lefquels le Public
qui ne cherche que l'amufement , évite
d'arrêter long-temps fes regards ,
peuvent attendre des fuffrages que des.
Maîtres ou des Connoiffeurs de l'Art ;
il fort peu d'ouvrages des mains de ce
Peintre qui n'ayent des Titres fùrs pour
en mériter. On voit auffi de lui un
ouvrage d'un genre différent , c'eſt une
ne
OCTOBRE. 1763. 187
Bacchante endormie. On doit trouver
à applaudir dans toutes les productions
des Maîtres qui connoiffent auffi bien
les grands principes de l'Art.
M. NATTIER.
M. Nattier , célébre dans l'Art de
prêter des graces à la Nature fans la
faire méconnoître , n'a pas eu befoin de
ce talent pour nous conferver l'image
d'une femme que la mort lui a enlevée
il y a plufieurs années , & dans la perte
de laquelle tous ceux qui la connoif-
Dient ont eu à regretter encore plus
les charmes de l'efprit que ceux de la
gure. Le Tableau qui contient le Portrait
de feue Madame Nattier , dans le
plus bel âge , celui de l'Auteur & des
enfans très jeunes qu'il avoit alors ,
qui paroît par là avoir été fait , ou au
moins commencé il y a long-temps ,
eft le feul de ce Peintre que l'on ait expofé
au Sallon . Son âge & les infirmités
qui l'accompagnent ordinairement ,
ne le difpenfent que trop de concourir
avec de plus jeunes Emules. On doit lui
tenir compte aujourd'hui , de fes travaux
paffés & du fuccès qu'ils ont
eus. ( c)
-
( c ) Ce Tableau eft des pieds s pouces de
Largeur fur 4 pieds 10 pouces de hauteur.
188 MERCURE DE FRANCE .
M. HALLÉ.
Plufieurs Tableaux de M. Hallé , expofés
cette année, font honneur aux talens
de ce Peintre . Nous ne parlerons
que du plus apparent par fon étendue :
le Sujet eft Abraham ( d ) recevant les
Anges qui lui annoncent la féconditéde
Sara. On remarque avec de très-juftes
éloges dans ce Tableau , ainfi
que dans
tous les autres du même Peintre un
fort beau genre de compofition , dans
le noble & dans la manière qui mérite
le plus de confidération des Connoif
feurs ; de l'accord & de l'entente dans
les couleurs. Si nous n'entrons pas dans
plus de détails fur les productions de
cet Artifte , c'est bien moins faute de
chofes avantageufes à y faire remarquer,
que faute d'efpace & de temps , par
les bornes que nous avons dû nous impofer
pour cette Deſcription .
M. VIEN.
Les Ouvrages de M. Vien fe diftin
guent au Sallon par une rigoureuſe imitation
de l'Antique. Il en avoit précé-
( d ) 8 pieds de largeur fur 2 pieds, 8 pouces
de hauteur.
OCTOBRE. 1763. 189
demment montré quelques effais ; il
femble avoir totalement & exclufivement
adopté ce genre , au moins à
cette expofition . Une grande fimplicité
ans les pofitions des figures pièfque
roites & fans mouvement , très - peu
e draperies , communément affez mines
, fans jeu & pour ainfi dire collées
ur le nud ; une févère fobriété dans les
ornemens acceffoires , voilà , comme
' on fçait , ce qui caractériſe particuliérement
l'Antique. Si tant d'austérité
peut quelquefois , même en Sculpture ,
aroître à des yeux vulgaires une indirence
froide & infipide , fera-t- elle en
' einture un mérite réel & un moyen
éceffaire à la perfection de notre Ecoe
? C'eft une difcuffion dans laquelle il
e nous appartient pas d'entrer. Des
Connoiffeurs plus éclairés que nous, ont
enfé apparemment que cette méthode
ce genie de goût auroient des avanges.
Il eft certain au moins , & le
ablic le penfera comme nous , que
e n'eft ni par caprice , ni affurément
ir impuiffance de talent dans d'autres
enres , que M, Vien ne préfente auburd'hui
que celui- ci à notre curiofité,
Dans le cas où il feroit décidé que ce
genre porteroit l'Art à de nouveaux pro-
1
190 MERCURE DE FRANCE .
grès , il faudroit louer le courageux défintéreffement
de facrifier le nombre
des fuffrages au poids de leur valeur.
On inféreroit injuftement de là , qu'aucun
des Ouvrages expofés par M. Vien
n'occupe agréablement les regards du
Public. On ne peut au contraire fe refufer
au fentiment agréable qu'infpire
entr'autres la tendre & naïve expreffion
d'une jeune Fille qui va préfenter une
offrande au Temple de Vénus . Les grâces
touchantes des prémices du coeur y
font mariées avec la timidité de la Pudeur.
On eſt affecté d'un Tableau piquant
, où la Nature fans voiles , dans
une attitude fort fimple , mais fouple &
gracieuſe , attire , flatte & rappelle nos
regards. Ce Tableau offre l'image d'une
Femme fortant du bain & fervie par une
Efclave. Il régne fur la principale Figure
un bel effet de lumière qui donne de
l'éclat à la carnation , & le deffein nous
en a paru affez correct & affez élégant
pour plaire autant aux Amateurs des
moyens pratiques de l'Art , qu'à ceux
qui n'en jugent que par les effets .
Deux repréſentations différentes de
la belle Glycère , qui vendoit des couronnes
de fleurs aux portes des Temples
d'Athénes, peuvent être fort agréa
OCTOBRE . 1763. 191
bles pour les Curieux de l'Antiquité.
Un autre Tableau , de forme différente,
dans lequel le Peintre a très- bien rendu
la vérité gracieufe & naïve d'une
jolie Femme arrofant un pot de fleurs
eft encore très -digne de l'attention du
Public . Mais celui qui en eft le plus
remarqué, eft un Tableau dont le Peintre
a emprunté le Sujet d'une Peinture
confervée dans les ruines d'Herculanum.
Il eft intitulé dans le livre d'explication
, la Marchande à la toilette.
Cette Marchande eft une espéce d'Efclave
qui préfente à une jeune Grecque
, affife près d'une table antique
un petit Amour qu'elle tient par les
ailerons ; à-peu- près comme les Marchands
de volailles vivantes préfentent
leurs marchandifes. Un pannier dans
lequel font d'autres petits enfans ailés
de même nature , indique qu'elle en a
forti celui qu'elle offre pour montre.
Indépendament de la fingularité de cette
compofition , les Connoiffeurs trouvent
dans l'ouvrage beaucoup de chofes
à remarquer à l'avantage du Peintre
moderne.
Il y a des beautés à louer dans
deux autres Tableaux du même Auteur.
Proferpine , ornant de fleurs le Buſte
192 MERCURE DE FKANCE .
de Cérès , & une Prêtreffe qui brule
de l'encens fur un trépied .
Il eft certain que dans chaque production
des Anciens en Sculpture ou
en Peinture , on reconnoît toujours les
traces d'un modéle commun à tous ,
& ce modéle étoit le beau idéal : il en
réfulte pour nous , plus amateurs de la
variété , une conformité que nous devons
taxer de monotonie. Ĉe feroit donc
un mérite dont on fçauroit gré à leurs
imitateurs , que de fervir notre goût pour
la variété , fans néanmoins s'écarter
du fond de leurs principes ; c'est ce
que doit faire tout Artifte qui entreprend
de fuivre ces modéles. Quant à la
préférence que peut mériter cette imitation
, tout fe réduit à fçavoir fi le peu
qui nous refte des Peintures de l'Antiquité
, abftraction faite de l'exactitude
du Coftume , procure à l'Art des exemples
dont il puiffe s'enrichir & qui doivent
l'emporter fur ceux que nous ont
laiffés les plus grands Maîtres de nos
Ecoles modernes depuis Raphaël jufqu'à
ceux de nos jours ? C'eft une
queftion que nous croyons prudent à
nous de réduire en problême , plus prudent
encore de n'en pas hazarder la
folution , & que chacun eft en état de
réfoudre
OCTOBRE. 1763 : 1931
réfoudre. Il nous feroit difficile cependant
de diffimuler les regrets que nous
avons entendus faire de plufieurs côtés,
für ce que fait perdre aux Curieux,dansle
ftyle naturel de notre Ecole , pour
lequel M. Vien a des talens fi précieux , +
l'attachement & l'application qu'il paroît
vouer depuis quelque temps a ce
ftyle antique , que plufieurs d'entreles
Amateurs pourroient bien ne pas
eftimer autant les uns que les autres
, & dont il eft affez évidemment
prouvé que le général du Public difpenferoit
volontiers nos Artiftes,
•
La fuite au Mercure prochain.
expofés au Sallon du Louvre.
M. MICHEL VANLOO.
QUELQUES UELQUES éloges qu'on ait dûs aux
précédens Ouvrages de M. Michel Vanloo
, ils ne fuffiroient pas pour le plus
beau de fes Tableaux dont nous avons
particuliérement à parler cette année.
Il s'y eft repréſenté lui - même affis devant
un chevalet , fur lequel eft pofé le
* N. B. Le fupplément de frais qu'exige cette
Defcription , difpenferoitt de l'inférer dans le Mercure
ordinaire. Mais la confidération que l'on a
pour les Abonnés nous a engagés à la faire réim
primer dans les volumes des mois . Ceux qui defireront
l'avoirraffemblée en une feule Brochure & en
entier, la trouveront au Bureau du Mercure &
chez les Libraires. Le prix eft de 12.f.
OCTOBRE. 1763. 183
portrait de fon père , qui fait l'objet de
fon travail. Sa foeur eft debout , derrière
fon fiége , examinant fon ouvrage. Les
pofitions de ces deux Figures font fi faciles
& dans une fi noble fimplicité ,
que l'on peut en regarder la repréfentation
comme une de ces heureuſes circonſtances
, où l'Art a fi bien mis tous
fes efforts fur le compte de la Nature ,
qu'on ne foupçonneroit pas qu'il lui en
eût couté aucuns . ( a )
Toutes les vérités poffibles , celles
même qu'à peine on oferoit exiger de
la Peinture , frappent également dans ce
Tableau . La vérité de reffemblance dans
les têtes eft d'une fidélité la plus exacte
& ne laiffe rien à defirer ni à chercher ;
celle du coloris dans les étoffes , dans
les carnations , dans les divers effets de
toutes les parties , ainfi que dans la jufteffe
des plans, opére un preftige illufoire
pour les yeux les plus accoutumés à la
magie de la Peinture . En un mot , on
s'accorde à dire que cet Ouvrage eft
moins un Tableau que la réalité même
de ce qu'il repréfente. Il y a du même
Peintre plufieurs autres Portraits en
bufte de différentes perfonnes. Ils por-
( a)Ce Tableau a 7 pieds de haut furs de
largeur.
184 MERCURE DE FRANCE.
tent tous le caractère de vérité & la même
beauté de ce qu'en langage d'Artiſte
on nomme le faire.
M. BOUCHER.
Nous avons encore à regretter M.
Boucher dans cette expofition , par le
peu d'Ouvrages qu'on y voit de lui. Un
très-petit Tableau repréfentant un ſommeil
de l'Enfant Jefus , dans lequel on
retrouve l'agrément qui caractériſe fon
pinceau ; un autre plus petit encore ,
mais charmant & précieux , contenant
une partie de Payfage ; un troifiéme de
moyenne grandeur , où l'on voit, dans un
bocage agréable, un Berger endormi fur
les genoux de fa Bergère, font les feules
productions dont cer aimable Génie ait
fait part au Public dans le Sallon ( b )
M. JEAURAT.
M.Jeaurat, en poffeffion d'attirer & de
fixer l'attention de la multitude , par la repréfentation
naïve de diverfes fcènes, ou
populaires ou domeftiques , n'a offert à
l'amufement du Public cette année
que deux Tableaux de ce genre. L'un
(b) Le premier de ces Tableaux a 2 pieds
fur un .
OCTOBRE. 1763 . 185
repréſente un Peintre dans fon cabinet ,
faifant le portrait d'une jeune Dame. Le
Sujet de l'autre est tiré d'un Conte
de feu M. Vadé , intitulé les Citrons de
Javotte.
M. PIERRE .
Entre autres Tableaux de M. Pierre
nous nous arrêterons fur celui qui eft
destiné à être exécuté en tapifferie à la
Manufacture Royale des Gobelins . Le
Sujet eft la métamorphofe d'Aglaure en
pierre , pour avoir voulu empêcher
Mercure d'entrer chez fa foeur Herfé
dont ce Dieu étoit amoureux. Ce Tableau
eft d'une fort belle entente &
d'une fçavante compofition .Tous les perfonnages
y ont une expreffion jufte , relative
au Sujet & conforme àla paffion
dont ils doivent être affectés . Les Plans
jouent ( fi l'on peut ufer de cette expreffion
) dans un fite convenable , &
font très - diftincts par leurs effets ,
chacun felon fon afpect naturel . Il
feroit peut - être à defirer que ce Tableau
eût été placé dans une autre pofition
que celle où il eft vu au Sallon ,
parce que la lumière gliffant de côté , altére
les effets du coloris relativement
au jour pour lequel il a été fait ; & par
186 MERCURE DE FRANCE.
2
là les effets ne doivent plus être les
mêmes qu'ils auront paru dans le Cabinet
de l'Auteur . D'ailleurs , il eſt à
obferver que deſtiné , comme on l'a
déjà dit , à l'exécution en tapiſſerie
cet ouvrage doit être confidéré fous ce
point de vue. On fçait combien ce Maître
a donné de preuves de fon intelligence
dans ce que la Peinture peut procu
rer d'officieux à la Fabrique de la Tapifferie
, & les fuccès en font garants.
Ainfi les motifs qui dirigent fa manière
dans ces fortes de Tableaux , doivent
entrer en confidération dans les jugemens
qu'on en porte & déterminer à
la juftice légitimement due aux grands
talens du Peintre .
Une Mère qui s'eft poignardée de
douleur après le meurtre de fon fils
dans le maffacre des Innocens offre
un fpectacle d'horreur & de pitié dans
un autre Tableau de M. Pierre . Ces
fortes d'objets , fur lefquels le Public
qui ne cherche que l'amufement , évite
d'arrêter long-temps fes regards ,
peuvent attendre des fuffrages que des.
Maîtres ou des Connoiffeurs de l'Art ;
il fort peu d'ouvrages des mains de ce
Peintre qui n'ayent des Titres fùrs pour
en mériter. On voit auffi de lui un
ouvrage d'un genre différent , c'eſt une
ne
OCTOBRE. 1763. 187
Bacchante endormie. On doit trouver
à applaudir dans toutes les productions
des Maîtres qui connoiffent auffi bien
les grands principes de l'Art.
M. NATTIER.
M. Nattier , célébre dans l'Art de
prêter des graces à la Nature fans la
faire méconnoître , n'a pas eu befoin de
ce talent pour nous conferver l'image
d'une femme que la mort lui a enlevée
il y a plufieurs années , & dans la perte
de laquelle tous ceux qui la connoif-
Dient ont eu à regretter encore plus
les charmes de l'efprit que ceux de la
gure. Le Tableau qui contient le Portrait
de feue Madame Nattier , dans le
plus bel âge , celui de l'Auteur & des
enfans très jeunes qu'il avoit alors ,
qui paroît par là avoir été fait , ou au
moins commencé il y a long-temps ,
eft le feul de ce Peintre que l'on ait expofé
au Sallon . Son âge & les infirmités
qui l'accompagnent ordinairement ,
ne le difpenfent que trop de concourir
avec de plus jeunes Emules. On doit lui
tenir compte aujourd'hui , de fes travaux
paffés & du fuccès qu'ils ont
eus. ( c)
-
( c ) Ce Tableau eft des pieds s pouces de
Largeur fur 4 pieds 10 pouces de hauteur.
188 MERCURE DE FRANCE .
M. HALLÉ.
Plufieurs Tableaux de M. Hallé , expofés
cette année, font honneur aux talens
de ce Peintre . Nous ne parlerons
que du plus apparent par fon étendue :
le Sujet eft Abraham ( d ) recevant les
Anges qui lui annoncent la féconditéde
Sara. On remarque avec de très-juftes
éloges dans ce Tableau , ainfi
que dans
tous les autres du même Peintre un
fort beau genre de compofition , dans
le noble & dans la manière qui mérite
le plus de confidération des Connoif
feurs ; de l'accord & de l'entente dans
les couleurs. Si nous n'entrons pas dans
plus de détails fur les productions de
cet Artifte , c'est bien moins faute de
chofes avantageufes à y faire remarquer,
que faute d'efpace & de temps , par
les bornes que nous avons dû nous impofer
pour cette Deſcription .
M. VIEN.
Les Ouvrages de M. Vien fe diftin
guent au Sallon par une rigoureuſe imitation
de l'Antique. Il en avoit précé-
( d ) 8 pieds de largeur fur 2 pieds, 8 pouces
de hauteur.
OCTOBRE. 1763. 189
demment montré quelques effais ; il
femble avoir totalement & exclufivement
adopté ce genre , au moins à
cette expofition . Une grande fimplicité
ans les pofitions des figures pièfque
roites & fans mouvement , très - peu
e draperies , communément affez mines
, fans jeu & pour ainfi dire collées
ur le nud ; une févère fobriété dans les
ornemens acceffoires , voilà , comme
' on fçait , ce qui caractériſe particuliérement
l'Antique. Si tant d'austérité
peut quelquefois , même en Sculpture ,
aroître à des yeux vulgaires une indirence
froide & infipide , fera-t- elle en
' einture un mérite réel & un moyen
éceffaire à la perfection de notre Ecoe
? C'eft une difcuffion dans laquelle il
e nous appartient pas d'entrer. Des
Connoiffeurs plus éclairés que nous, ont
enfé apparemment que cette méthode
ce genie de goût auroient des avanges.
Il eft certain au moins , & le
ablic le penfera comme nous , que
e n'eft ni par caprice , ni affurément
ir impuiffance de talent dans d'autres
enres , que M, Vien ne préfente auburd'hui
que celui- ci à notre curiofité,
Dans le cas où il feroit décidé que ce
genre porteroit l'Art à de nouveaux pro-
1
190 MERCURE DE FRANCE .
grès , il faudroit louer le courageux défintéreffement
de facrifier le nombre
des fuffrages au poids de leur valeur.
On inféreroit injuftement de là , qu'aucun
des Ouvrages expofés par M. Vien
n'occupe agréablement les regards du
Public. On ne peut au contraire fe refufer
au fentiment agréable qu'infpire
entr'autres la tendre & naïve expreffion
d'une jeune Fille qui va préfenter une
offrande au Temple de Vénus . Les grâces
touchantes des prémices du coeur y
font mariées avec la timidité de la Pudeur.
On eſt affecté d'un Tableau piquant
, où la Nature fans voiles , dans
une attitude fort fimple , mais fouple &
gracieuſe , attire , flatte & rappelle nos
regards. Ce Tableau offre l'image d'une
Femme fortant du bain & fervie par une
Efclave. Il régne fur la principale Figure
un bel effet de lumière qui donne de
l'éclat à la carnation , & le deffein nous
en a paru affez correct & affez élégant
pour plaire autant aux Amateurs des
moyens pratiques de l'Art , qu'à ceux
qui n'en jugent que par les effets .
Deux repréſentations différentes de
la belle Glycère , qui vendoit des couronnes
de fleurs aux portes des Temples
d'Athénes, peuvent être fort agréa
OCTOBRE . 1763. 191
bles pour les Curieux de l'Antiquité.
Un autre Tableau , de forme différente,
dans lequel le Peintre a très- bien rendu
la vérité gracieufe & naïve d'une
jolie Femme arrofant un pot de fleurs
eft encore très -digne de l'attention du
Public . Mais celui qui en eft le plus
remarqué, eft un Tableau dont le Peintre
a emprunté le Sujet d'une Peinture
confervée dans les ruines d'Herculanum.
Il eft intitulé dans le livre d'explication
, la Marchande à la toilette.
Cette Marchande eft une espéce d'Efclave
qui préfente à une jeune Grecque
, affife près d'une table antique
un petit Amour qu'elle tient par les
ailerons ; à-peu- près comme les Marchands
de volailles vivantes préfentent
leurs marchandifes. Un pannier dans
lequel font d'autres petits enfans ailés
de même nature , indique qu'elle en a
forti celui qu'elle offre pour montre.
Indépendament de la fingularité de cette
compofition , les Connoiffeurs trouvent
dans l'ouvrage beaucoup de chofes
à remarquer à l'avantage du Peintre
moderne.
Il y a des beautés à louer dans
deux autres Tableaux du même Auteur.
Proferpine , ornant de fleurs le Buſte
192 MERCURE DE FKANCE .
de Cérès , & une Prêtreffe qui brule
de l'encens fur un trépied .
Il eft certain que dans chaque production
des Anciens en Sculpture ou
en Peinture , on reconnoît toujours les
traces d'un modéle commun à tous ,
& ce modéle étoit le beau idéal : il en
réfulte pour nous , plus amateurs de la
variété , une conformité que nous devons
taxer de monotonie. Ĉe feroit donc
un mérite dont on fçauroit gré à leurs
imitateurs , que de fervir notre goût pour
la variété , fans néanmoins s'écarter
du fond de leurs principes ; c'est ce
que doit faire tout Artifte qui entreprend
de fuivre ces modéles. Quant à la
préférence que peut mériter cette imitation
, tout fe réduit à fçavoir fi le peu
qui nous refte des Peintures de l'Antiquité
, abftraction faite de l'exactitude
du Coftume , procure à l'Art des exemples
dont il puiffe s'enrichir & qui doivent
l'emporter fur ceux que nous ont
laiffés les plus grands Maîtres de nos
Ecoles modernes depuis Raphaël jufqu'à
ceux de nos jours ? C'eft une
queftion que nous croyons prudent à
nous de réduire en problême , plus prudent
encore de n'en pas hazarder la
folution , & que chacun eft en état de
réfoudre
OCTOBRE. 1763 : 1931
réfoudre. Il nous feroit difficile cependant
de diffimuler les regrets que nous
avons entendus faire de plufieurs côtés,
für ce que fait perdre aux Curieux,dansle
ftyle naturel de notre Ecole , pour
lequel M. Vien a des talens fi précieux , +
l'attachement & l'application qu'il paroît
vouer depuis quelque temps a ce
ftyle antique , que plufieurs d'entreles
Amateurs pourroient bien ne pas
eftimer autant les uns que les autres
, & dont il eft affez évidemment
prouvé que le général du Public difpenferoit
volontiers nos Artiftes,
•
La fuite au Mercure prochain.
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Résumé : SUITE de la Description des Tableaux exposés au Sallon du Louvre.
En octobre 1763, le Salon du Louvre présente diverses œuvres d'artistes renommés. Michel Vanloo expose un autoportrait où il peint son père, accompagné de sa sœur, apprécié pour sa fidélité et sa simplicité. François Boucher montre plusieurs œuvres, dont 'Le Sommeil de l'Enfant Jésus' et un paysage. Jean-Baptiste-Siméon Chardin, célèbre pour ses scènes populaires, présente deux tableaux. Pierre expose plusieurs œuvres, incluant une métamorphose mythologique et une scène tragique d'une mère se poignardant. Jean-Marc Nattier expose un portrait de sa défunte épouse, Madame Nattier, salué pour son charme et son esprit. M. Hallé présente 'Abraham recevant les anges', loué pour sa composition et son style noble. Les œuvres de M. Vien se distinguent par une imitation rigoureuse de l'antique, avec des poses simples et peu de draperies. Parmi elles, une jeune fille offrant une offrande à Vénus et 'La Marchande à la toilette'. L'auteur exprime son regret face à l'intérêt croissant pour le style antique au détriment du style naturel de l'École française, notant que plusieurs amateurs préfèrent les styles modernes. Une suite de cette discussion est annoncée pour le prochain Mercure.
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73
p. 175-176
GRAVURE.
Début :
LE Sieur J. J. FLIPART, Graveur du Roi, vient de mettre au jour le Portrait [...]
Mots clefs :
Portrait, Gravure, Dessein, Estampe
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRAVURE.
GRAVURE.
E Sieur J. J. FLIPART , Graveur du
Roi , vient de mettre au jour le Portrait
de M. Greuze , d'après le deffein
original du même M. Greuze. Cette Eftampe
très- bien gravée , fe vend chez
le Sieur Flipart , & chez les Marchands
d'Eftampes. Le prix eft de 24 fols.
Hiv
176 MERCURE DE FRANCE .
Le Sr RIGAUD , Graveur des vues
des Maifons Royales , vient de joindre
à fon Recueil deux nouvelles vues du
Chateau de Berny , appartenant à S. A.
S. Monfeigneur le Comte de Clermont ,
Prince du Sang ; ce Recueil eft d'environ
cent trente vues toutes propres
pour l'Optique.
Il demeure toujours rue Saint Jacques
vis - à-vis le Collége du Pleffis , à Paris.
E Sieur J. J. FLIPART , Graveur du
Roi , vient de mettre au jour le Portrait
de M. Greuze , d'après le deffein
original du même M. Greuze. Cette Eftampe
très- bien gravée , fe vend chez
le Sieur Flipart , & chez les Marchands
d'Eftampes. Le prix eft de 24 fols.
Hiv
176 MERCURE DE FRANCE .
Le Sr RIGAUD , Graveur des vues
des Maifons Royales , vient de joindre
à fon Recueil deux nouvelles vues du
Chateau de Berny , appartenant à S. A.
S. Monfeigneur le Comte de Clermont ,
Prince du Sang ; ce Recueil eft d'environ
cent trente vues toutes propres
pour l'Optique.
Il demeure toujours rue Saint Jacques
vis - à-vis le Collége du Pleffis , à Paris.
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Résumé : GRAVURE.
Le texte annonce la publication de deux œuvres gravées. Le Sieur J. J. Flipart a gravé un portrait de M. Greuze, basé sur un dessin original de ce dernier, vendu 24 sols. Le Sr Rigaud a ajouté deux vues du Château de Berny, propriété du Comte de Clermont, à son recueil de cent trente vues adaptées pour l'optique.
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74
p. 135-137
GRAVURE. PORTRAIT DU DUC DE SULLY.
Début :
L'ÉLOGE historique de cet homme célébre, qui étoit le Sujet proposé cette [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRAVURE. PORTRAIT DU DUC DE SULLY.
GRAVURE.
PORTRAIT DU DUC DE SULLY.
L'ÉLOGE historique de cet homme
célébre, qui étoit le Sujet proposé cette
136 MERCURE DE FRANCE.
année par l'Académie Françoiſe , & qui
ajoute une nouvelle Couronne à celles
que M. Thomas avoit déja obtenues
dans cette carrière brillante , a fait naî--
tre l'idée à M. de Marcenay Deghuy
de graver le Portrait de ce grand Minif
tre , dont la mémoire fera toujours auffi
chère à la France , que fes grandes qua-
lités lui ont été avantageufes.
M. le Prince d'Henrichemont a bien
voulu communiquer à cet Artiſte le
Tableau original qu'en a peint Fran-
çois Porbus ; on peut le voir chez lui
où il restera encore quelque temps ,
pour montrer à quel point le Graveur a
porté l'attention & l'exactitude dans l'e-
xécution de cette nouvelle Planche qui
eft la 20 de fon œuvre.
Comme ce Portrait eft gravé pour
l'in-12 , on en a fait tirer néanmoins
fur papier in-4°. par égard pour ceux
qui auront les Mémoires dans ce for-
mat , afin qu'ils puiffent , s'ils le jugent
à propos, l'ajouter à la tête de l'ouvrage.
L'Auteur fe propofe de graver de la
même grandeur le Portrait d'Henri-le-
Grand.
On trouve le Portrait du Duc de Sul-
ly chez l'Auteur , quai de Conti , la fe-
conde porte cochère après la rue Gué-
JANVIER. 1764.
137
négaud & chez M. Wille , Graveur du
Roi , quai des Auguftins , à côté de
l'Hôtel d'Auvergne.
PORTRAIT DU DUC DE SULLY.
L'ÉLOGE historique de cet homme
célébre, qui étoit le Sujet proposé cette
136 MERCURE DE FRANCE.
année par l'Académie Françoiſe , & qui
ajoute une nouvelle Couronne à celles
que M. Thomas avoit déja obtenues
dans cette carrière brillante , a fait naî--
tre l'idée à M. de Marcenay Deghuy
de graver le Portrait de ce grand Minif
tre , dont la mémoire fera toujours auffi
chère à la France , que fes grandes qua-
lités lui ont été avantageufes.
M. le Prince d'Henrichemont a bien
voulu communiquer à cet Artiſte le
Tableau original qu'en a peint Fran-
çois Porbus ; on peut le voir chez lui
où il restera encore quelque temps ,
pour montrer à quel point le Graveur a
porté l'attention & l'exactitude dans l'e-
xécution de cette nouvelle Planche qui
eft la 20 de fon œuvre.
Comme ce Portrait eft gravé pour
l'in-12 , on en a fait tirer néanmoins
fur papier in-4°. par égard pour ceux
qui auront les Mémoires dans ce for-
mat , afin qu'ils puiffent , s'ils le jugent
à propos, l'ajouter à la tête de l'ouvrage.
L'Auteur fe propofe de graver de la
même grandeur le Portrait d'Henri-le-
Grand.
On trouve le Portrait du Duc de Sul-
ly chez l'Auteur , quai de Conti , la fe-
conde porte cochère après la rue Gué-
JANVIER. 1764.
137
négaud & chez M. Wille , Graveur du
Roi , quai des Auguftins , à côté de
l'Hôtel d'Auvergne.
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Résumé : GRAVURE. PORTRAIT DU DUC DE SULLY.
Le texte décrit une gravure du portrait du duc de Sully, réalisée par M. de Marcenay Deghuy, inspirée par l'éloge historique de Sully proposé par l'Académie Française. Le prince d'Henrichemont a autorisé l'utilisation du tableau original de François Porbus. La gravure est exposée chez le prince pour montrer la précision de l'artiste. Destinée initialement à un format in-12, des tirages en in-4° sont également disponibles pour les possesseurs des mémoires dans ce format. L'auteur prévoit de graver aussi le portrait d'Henri IV. La gravure du duc de Sully est accessible chez l'auteur au quai de Conti et chez M. Wille, graveur du Roi, quai des Augustins.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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75
p. 137-138
« ON trouve chez M. l'Empereur, Graveur du ROI, rue & porte S. Jacques, [...] »
Début :
ON trouve chez M. l'Empereur, Graveur du ROI, rue & porte S. Jacques, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « ON trouve chez M. l'Empereur, Graveur du ROI, rue & porte S. Jacques, [...] »
ON trouve chez M. l'Empereur, Graveur
du ROI, rue & porte S. Jacques,
deux Eftampes gravées d'après M. Ver-
net , par Mlle Coulet , l'une intitulée
l'heureux Paffage , l'autre le départ de
de la Chaloupe. Toutes deux font du
meilleur goût & font le plus grand hon-
neur au burin de la fçavante Artiste.
Il vient auffi de mettre en vente deux
autres Estampes , l'une repréfentant
Léda , l'autre Endymion , très-bien gra-
vés par M. Delaunay , d'après M. Pierre.
N. B. II s'eft giffé dans quelques
Journaux , qu'elles ont été gravées par
MM. Delaunay & l'Empereur. Mais ce
dernier nous prie d'annoncer qu'il n'a
eu aucune part à ces deux Ouvrages ,
& que tout le mérite en eſt dû à M..
Delaunay.
L'ALMANACH de Cabinet , qui a
pour titre Almanach de la Paix , fe
vend cher le fieur Lecamus , quai de
l'Horloge du Palais , vis à-vis le Méri-
dien de la Ville. Prix 1 liv,
1
138 MERCURE DE FRANCE.
LE fieur Chenu , Graveur , rue de la
Harpe , au Caffé de Condé , vient de
mettre en vente deux Eftampes d'après
M. Boucher , intitulées le Pêcheur amou-
reux , & l'agréable folitude. L'une &
l'autre font très-agréables , très - bien
gravées , & ne peuvent que faire hon-
neur au talent de leur Auteur..
On trouve chez le même une au-
tre Eftampe d'après M. Reftout , repré-
fentant les Pèlerins d'Emaiis , qui eft
digne de l'attention des Amateurs &
des éloges des Artiſtes.
du ROI, rue & porte S. Jacques,
deux Eftampes gravées d'après M. Ver-
net , par Mlle Coulet , l'une intitulée
l'heureux Paffage , l'autre le départ de
de la Chaloupe. Toutes deux font du
meilleur goût & font le plus grand hon-
neur au burin de la fçavante Artiste.
Il vient auffi de mettre en vente deux
autres Estampes , l'une repréfentant
Léda , l'autre Endymion , très-bien gra-
vés par M. Delaunay , d'après M. Pierre.
N. B. II s'eft giffé dans quelques
Journaux , qu'elles ont été gravées par
MM. Delaunay & l'Empereur. Mais ce
dernier nous prie d'annoncer qu'il n'a
eu aucune part à ces deux Ouvrages ,
& que tout le mérite en eſt dû à M..
Delaunay.
L'ALMANACH de Cabinet , qui a
pour titre Almanach de la Paix , fe
vend cher le fieur Lecamus , quai de
l'Horloge du Palais , vis à-vis le Méri-
dien de la Ville. Prix 1 liv,
1
138 MERCURE DE FRANCE.
LE fieur Chenu , Graveur , rue de la
Harpe , au Caffé de Condé , vient de
mettre en vente deux Eftampes d'après
M. Boucher , intitulées le Pêcheur amou-
reux , & l'agréable folitude. L'une &
l'autre font très-agréables , très - bien
gravées , & ne peuvent que faire hon-
neur au talent de leur Auteur..
On trouve chez le même une au-
tre Eftampe d'après M. Reftout , repré-
fentant les Pèlerins d'Emaiis , qui eft
digne de l'attention des Amateurs &
des éloges des Artiſtes.
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Résumé : « ON trouve chez M. l'Empereur, Graveur du ROI, rue & porte S. Jacques, [...] »
Le texte annonce diverses œuvres d'art et publications. Chez M. l'Empereur, graveur du Roi, sont disponibles deux estampes gravées par Mlle Coulet d'après M. Vernet : 'L'heureux Passage' et 'Le départ de la Chaloupe'. Deux autres estampes, 'Léda' et 'Endymion', gravées par M. Delaunay d'après M. Pierre, sont également en vente. Il est précisé que M. l'Empereur n'a pas gravé ces dernières, contrairement à certaines publications. L'Almanach de Cabinet, intitulé 'Almanach de la Paix', est en vente chez le sieur Lecamus, quai de l'Horloge du Palais, au prix de 1 livre. Le sieur Chenu, graveur, propose deux estampes d'après M. Boucher : 'Le Pêcheur amoureux' et 'L'agréable solitude', ainsi qu'une autre d'après M. Restout représentant 'Les Pèlerins d'Emmaüs'. Ces œuvres sont saluées pour leur qualité et leur gravure soignée.
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76
p. 138-139
MUSIQUE.
Début :
ON trouve chez M. de la Chevardiere, rue du Roule, à la Croix d'or : [...]
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texteReconnaissance textuelle : MUSIQUE.
MUSIQUE.
ON trouve chez M. de la Chevardiere,
rue du Roule, à la Croix d'or :
PREMIER , SECOND & TROISIÈME
CONCERTO de STAMITZ , pour le
Violon obligé , avec accompagnement
de Violons , Alto & Baffe , Hautbois &
Cors , prix 3 liv. 12 f. chacun. Mis au
jour par M. de la Chevardiere , & fe ven-
dent chez lui , rue du Roule , à la Croix
d'or.
SINFONIE PERIODIQUE , nº. 58 ,
DEL SIGNOR TOESCHI , avec Haut-
bois , prix 2 liv. 8 f. à la même adreffe.
JANVIER. 1764.
139
SINFONIE PERIODIQUE , nº. 59 x
DEL SIGNOR VANMALDER ,
Hautbois , prix idem.
avec
MENUET à grande Orcheſtre , par
M. GRANIER , & tel qu'on l'exécute
dans les Entr'actes de la Comédie Ita-
lienne , prix 2 liv. 8. f.
SIX SONATES de Clavecin , par M.
CHARPENTIER , Organiſte & ordinaire
de l'Académie des Beaux-Arts à Lyon ,
prix 9 liv. à la même adreſſè.
Douziéme & dernier Recueil des
RECREATIONS CHANTANTES , par
M. LEGAT DE FURCY , mêlé de petits
Airs , Parodies chantées à la Comédie
Italienne. Prix 3 liv. Les onze premiers
Recueils font du même prix , & dans le
même genre.
Six Duo à deux Violons ou Man-
dolines , par M. LEONE , de Naples.
Prix 6 liv. à la même adreffe , rue du
Roule , à la Croix d'or.
On trouve chez le même Marchand
toutes les Cantatilles , Motets , & Re-
cueils d'Airs tendres , Duo , & avec ac-
compagnement, de feu M. LEFEBVRE,
Organiſte de S. Louis en l'Ifle , dont le
Sieur de la Chevardiere a acquis le fonds ,
ainfi que de celles de M. MALVAUX..
ON trouve chez M. de la Chevardiere,
rue du Roule, à la Croix d'or :
PREMIER , SECOND & TROISIÈME
CONCERTO de STAMITZ , pour le
Violon obligé , avec accompagnement
de Violons , Alto & Baffe , Hautbois &
Cors , prix 3 liv. 12 f. chacun. Mis au
jour par M. de la Chevardiere , & fe ven-
dent chez lui , rue du Roule , à la Croix
d'or.
SINFONIE PERIODIQUE , nº. 58 ,
DEL SIGNOR TOESCHI , avec Haut-
bois , prix 2 liv. 8 f. à la même adreffe.
JANVIER. 1764.
139
SINFONIE PERIODIQUE , nº. 59 x
DEL SIGNOR VANMALDER ,
Hautbois , prix idem.
avec
MENUET à grande Orcheſtre , par
M. GRANIER , & tel qu'on l'exécute
dans les Entr'actes de la Comédie Ita-
lienne , prix 2 liv. 8. f.
SIX SONATES de Clavecin , par M.
CHARPENTIER , Organiſte & ordinaire
de l'Académie des Beaux-Arts à Lyon ,
prix 9 liv. à la même adreſſè.
Douziéme & dernier Recueil des
RECREATIONS CHANTANTES , par
M. LEGAT DE FURCY , mêlé de petits
Airs , Parodies chantées à la Comédie
Italienne. Prix 3 liv. Les onze premiers
Recueils font du même prix , & dans le
même genre.
Six Duo à deux Violons ou Man-
dolines , par M. LEONE , de Naples.
Prix 6 liv. à la même adreffe , rue du
Roule , à la Croix d'or.
On trouve chez le même Marchand
toutes les Cantatilles , Motets , & Re-
cueils d'Airs tendres , Duo , & avec ac-
compagnement, de feu M. LEFEBVRE,
Organiſte de S. Louis en l'Ifle , dont le
Sieur de la Chevardiere a acquis le fonds ,
ainfi que de celles de M. MALVAUX..
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Résumé : MUSIQUE.
En janvier 1764, M. de la Chevardière, situé rue du Roule à la Croix d'or, propose diverses œuvres musicales à la vente. Parmi celles-ci figurent des concertos pour violon de Stamitz avec accompagnement, vendus 3 livres 12 sous chacun. La Sinfonia Periodica n°58 de Toeschi et la n°59 de Vanmalder, toutes deux avec hautbois, sont disponibles à 2 livres 8 sous chacune. La Sinfonia Periodica n°59 inclut un menuet orchestral de Granier joué lors des entr'actes de la Comédie Italienne. Six sonates pour clavecin de Charpentier, organiste à Lyon, sont offertes pour 9 livres. Le douzième et dernier recueil des 'Récreations Chantantes' de Legat de Furcy, contenant des airs et parodies chantés à la Comédie Italienne, est vendu 3 livres, comme les onze précédents recueils. Six duos pour deux violons ou mandolines de Leone de Naples sont proposés à 6 livres. Enfin, toutes les cantatilles, motets et recueils d'airs de Lefebvre et Malvaux sont également en vente, M. de la Chevardière ayant acquis le fonds de Lefebvre.
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77
p. 140-141
SOIRÉES DE CHOISY-LE-ROY. DEUXIÉME Recueil, chez l'Auteur, Parvis Notre-Dame, près la porte du Cloître, & aux Adresses ordinaires. LETTRE de M. LEGAT DE FURCY à M. DE LA PLACE.
Début :
JE VOUS prie, Monsieur, d'annoncer le plutôt que vous pourrez , mon deuxiéme [...]
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texteReconnaissance textuelle : SOIRÉES DE CHOISY-LE-ROY. DEUXIÉME Recueil, chez l'Auteur, Parvis Notre-Dame, près la porte du Cloître, & aux Adresses ordinaires. LETTRE de M. LEGAT DE FURCY à M. DE LA PLACE.
SOIRÉES DE CHOISY-LE-ROY.
DEUXIÉME Recueil, chez l'Auteur,
Parvis Notre-Dame, près la porte
du Cloître, & aux Adresses ordinaires.
LETTRE de M. LEGAT DE FURCY
à M. DE LA PLACE.
JE VOUS prie, Monsieur, d'annoncer
le plutôt que vous pourrez , mon deuxiéme
Recueil des Soirées de Choify-le-
Roy , qui eft en vente de cette femaine ,
quoique j'euffe promis de le faire pa-
roître au commencement de Janvier der-
nier, Plufieurs raifons m'en ont empê-
ché ; la première , mon Journal Ly-,
rique , qui me prenoit beaucoup de
temps ; la feconde , c'eft que le premier
Recueil de mes Soirées , que vous avez
eu la complaifance d'annoncer , ayant
été accueilli , on ne peut pas mieux , du
Public , j'ai cru devoir redoubler de foins
pour me rendre digne de fes bontés. Il
a paru defirer des Accompagnemens de
Violons & de Baffe à tous les Airs. C'eft
ce que j'ai fait , même aux plus petits ,
}
JANVIER. 1764:
TX147
de ce fecond Recueil. J'ai chiffré les
Baffes , pour que les perfonnes qui jouent
de la Harpe puiffent accompagner. J'ai
encore voulu que ces mêmes Airs , qui
ont des Accompagnemens , puiffent fe
chanter feuls , au défaut de Violons &
de
Baffes. Je vous prie de vouloir
bien entrer dans ces petits détails , parce
que je les crois néceffaires. Vous ferez ,
je crois , fatisfait du choix des Paroles ,
qui font de plufieurs Auteurs connus
comme Meffieurs Vadé, Peffellier, Men-
telle , &c.
Je joins ici la Copie d'une Lettre que
M. de Voltaire m'a fait l'honneur de
m'écrire. Comme fon fuffrage eft d'un
grand poids pour qui aime les Arts , &
qu'il ne contribue pas peu à donner de
l'émulation à qui les cultive , je vous
prie de vouloir bien en faire mention.
J'ai l'honneur d'être , & c.
DEUXIÉME Recueil, chez l'Auteur,
Parvis Notre-Dame, près la porte
du Cloître, & aux Adresses ordinaires.
LETTRE de M. LEGAT DE FURCY
à M. DE LA PLACE.
JE VOUS prie, Monsieur, d'annoncer
le plutôt que vous pourrez , mon deuxiéme
Recueil des Soirées de Choify-le-
Roy , qui eft en vente de cette femaine ,
quoique j'euffe promis de le faire pa-
roître au commencement de Janvier der-
nier, Plufieurs raifons m'en ont empê-
ché ; la première , mon Journal Ly-,
rique , qui me prenoit beaucoup de
temps ; la feconde , c'eft que le premier
Recueil de mes Soirées , que vous avez
eu la complaifance d'annoncer , ayant
été accueilli , on ne peut pas mieux , du
Public , j'ai cru devoir redoubler de foins
pour me rendre digne de fes bontés. Il
a paru defirer des Accompagnemens de
Violons & de Baffe à tous les Airs. C'eft
ce que j'ai fait , même aux plus petits ,
}
JANVIER. 1764:
TX147
de ce fecond Recueil. J'ai chiffré les
Baffes , pour que les perfonnes qui jouent
de la Harpe puiffent accompagner. J'ai
encore voulu que ces mêmes Airs , qui
ont des Accompagnemens , puiffent fe
chanter feuls , au défaut de Violons &
de
Baffes. Je vous prie de vouloir
bien entrer dans ces petits détails , parce
que je les crois néceffaires. Vous ferez ,
je crois , fatisfait du choix des Paroles ,
qui font de plufieurs Auteurs connus
comme Meffieurs Vadé, Peffellier, Men-
telle , &c.
Je joins ici la Copie d'une Lettre que
M. de Voltaire m'a fait l'honneur de
m'écrire. Comme fon fuffrage eft d'un
grand poids pour qui aime les Arts , &
qu'il ne contribue pas peu à donner de
l'émulation à qui les cultive , je vous
prie de vouloir bien en faire mention.
J'ai l'honneur d'être , & c.
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Résumé : SOIRÉES DE CHOISY-LE-ROY. DEUXIÉME Recueil, chez l'Auteur, Parvis Notre-Dame, près la porte du Cloître, & aux Adresses ordinaires. LETTRE de M. LEGAT DE FURCY à M. DE LA PLACE.
M. Legat de Furcy informe M. de La Place de la publication de son deuxième recueil des 'Soirées de Choisy-le-Roy', initialement prévue pour janvier précédent mais retardée en raison de la rédaction de son journal lyrique et du succès du premier recueil. Ce nouveau recueil comprend des accompagnements de violons et de basse pour tous les airs, même les plus courts, avec des chiffres pour les harpistes. Les airs peuvent aussi être chantés sans accompagnement. Les paroles sont signées par des auteurs renommés tels que Vadé, Pessellier et Mentelle. Une lettre d'approbation de Voltaire est jointe, constituant un encouragement notable.
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78
p. 141-142
LETTRE de M. DE VOLTAIRE à M. LEGAT DE FURCY, qui lui avoit envoyé son Recueil des SOIRÉES.
Début :
LE suffrage de Madame Denis, Monsieur, doit vous être plus précieux [...]
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE de M. DE VOLTAIRE à M. LEGAT DE FURCY, qui lui avoit envoyé son Recueil des SOIRÉES.
LETTRE de M. DE VOLTAIRE à M.
LEGAT DE FURCY, qui lui avoit
envoyé son Recueil des SOIRÉES.
LE suffrage de Madame Denis,
Monsieur,
doit vous être plus précieux
que le mien. Souffrez pourtant
que je joigne mes remercimens à fon
142 MERCURE DE FRANCE.
approbation. Vous faites parvenir le
bon goût & le plaifir juſqu'au pied des
Alpes. Nous ne nous attendions pas
qu'un homme qui réuffit à la Cour, dai-
gnât fonger à nos déferts ; jugez com-
bien nous fommes flattés de l'honneur
que vous nous avez fait. Recevez , Mon-
fieur , les fenfibles remercimens de votre
très-humble , & très- obéiffant Serviteur,
VOLTAIRE, Gentilhomme
ordinaire du Roi.
Au Château de Ferney en Bourgogne, par Genève,
7 Décembre 1763.
LEGAT DE FURCY, qui lui avoit
envoyé son Recueil des SOIRÉES.
LE suffrage de Madame Denis,
Monsieur,
doit vous être plus précieux
que le mien. Souffrez pourtant
que je joigne mes remercimens à fon
142 MERCURE DE FRANCE.
approbation. Vous faites parvenir le
bon goût & le plaifir juſqu'au pied des
Alpes. Nous ne nous attendions pas
qu'un homme qui réuffit à la Cour, dai-
gnât fonger à nos déferts ; jugez com-
bien nous fommes flattés de l'honneur
que vous nous avez fait. Recevez , Mon-
fieur , les fenfibles remercimens de votre
très-humble , & très- obéiffant Serviteur,
VOLTAIRE, Gentilhomme
ordinaire du Roi.
Au Château de Ferney en Bourgogne, par Genève,
7 Décembre 1763.
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Résumé : LETTRE de M. DE VOLTAIRE à M. LEGAT DE FURCY, qui lui avoit envoyé son Recueil des SOIRÉES.
Voltaire remercie le légat de Furcy pour l'envoi des Soirées. Il apprécie l'approbation de Madame Denis et se réjouit que le bon goût littéraire parvienne jusqu'aux Alpes. Il est surpris et satisfait de l'intérêt porté par une personne distinguée. La lettre est signée depuis Ferney, en Bourgogne, le 7 décembre 1763.
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79
p. 142-145
« SIX SONATES en Duo d'un goût agréable & chantant pour les Flutes, [...] »
Début :
SIX SONATES en Duo d'un goût agréable & chantant pour les Flutes, [...]
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texteReconnaissance textuelle : « SIX SONATES en Duo d'un goût agréable & chantant pour les Flutes, [...] »
SIX SONATES en Duo d'un goût
agréable & chantant pour les Flutes,
Violons , Hautbois , Pardeffus de viole,
&c. par M. Paganelly ; tirées du porte-
feuille d'un Amateur , pour lequel elles
ont été compofées & mifes au jour.
Par M. Leloup , Maitre de Flute , Edi-
teur des Récréations de Polimnie , dont
le cinquiéme recueil paroîtra dans les
premiers jours du mois de Février. L'E-
diteur efpére que le cinquiéme recueil
plaira au moins autant que les précé-
dens ; il a profité des confeils des gens
de goût , pour le choix des airs, & l'ar-
rangement de l'accompagnement,
JANVIER. 1764.
143
Les Sonates fe trouvent chez l'Edi-
teur , rue du Mouton , près la Gréve
au coin de la rue de la Tixeranderie.
ESSAI D'INSTRUCTION à l'ufage
de ceux qui compofent pour la clari
nette & le cor , avec des remarques
fur l'harmonie à deux clarinettes , deux
cors & deux baffons , par M. Valentin
Roefer , Muficien de S. A. S. Mgr le
Prince de Monaco. Prix ,
6 liv.
SIX TRIO pour deux violons & une
baffe par le même Auteur. Prix , 9 liv.
SIX TRIO pour un violon &
deux Violoncelles obligés de M. Kénis,
Euvre fixiéme . Prix ,
t
1
7 liv. 4 f.
SIX DUO de violons par M. Pierre
Leclair , Euvre premier. Prix ,
1
6 liv.
SIX DUO de violons de Sébétosky ,
troifiéme Cuvre. Prix ,
mier. Prix ,
6 liv.
SEI DUETI à due violini fenza baf-
fo Di Antonio Lorenziti , Euvre pre-
Τ
6 liv.
PREMIER RECUEIL de Chanſons
144 MERCURE DE FRANCE.
avec accompagnement de guittarre , de
M. Favier. Prix ,
ARIETTES.
6 liv.
L'AMANTE TROMPÉE , Ariette de M.
Pergolezy. Prix ,
1 liv. 16 L
Paroles Françoifes & Italiennes.
L'AMANT MALHEUREUX , Ariette
avec accompagnement , par M ***
Prix ,
1 liv. 4 f.
AIRS CHOISIS de la Fortune au Vil-
lage , avec accompagnement. Prix , 71.
LE BOUTON DE ROSE , Ariette nou-
velle avec accompagnement , par M***
Prix ,
liv 4 f.
LES CONSEILS DE L'AMOUR ,
'Ariertes avec accompagnement , par
M***. Prix ,
L
1 liv . 4 f.
Le tout fe trouve à Paris chez M. le
Menu , Auteur , Profeffeur & Marchand
de Mufique , rue du Roule , à la Clef
d'or , la cinquiéme boutique à droite en
entrant par la rue S. Honoré.
APOLLON & l'Amour défarmés par
Iris,
JANVIER 1764.
145
Iris , quatriéme Cantatille Françoife
à voix feule & à grande fymphonie
mife en mufique par M. le Jai , les Pa-
roles de M. Rabelleau. Prix , 3 liv. 12 1.
Les parties font gravées féparément.
Chez l'Auteur , Cul-de- Sac Sourdis ,
rue des Foffés S. Germain , & aux
Adreffes ordinaires.
LE PORTRAIT des Maris , Ariette ,
avec grande fymphonie , chantée par
Eléonore , dans les deux Talens , Ĉo-
médie nouvelle ; mife en Mufique par
M. le Chevalier d' Herbain , & repréfen-
tée fur le Théâtre de la Comédie Ita-
lienne. Prix , 1 liv. 16 f. Aux Adreffes
ordinaires de Mufique.
PREMIERE Suite de Menuets
,
en
fymphonies , à fept Parties , y compris
un Baffon obligé ou Violoncelle ; qui
ont été éxécutés à la Comédie Italienne.
Compofés par M. Atis. Prix , 1 liv. 4 f,
Chez l'Auteur , au paffage de la rue Tra-
verfière , à celle des Boucheries S. Ho-
noré , & aux Adreſſes ordinaires , ainfi
que fes autres Œuvres.
agréable & chantant pour les Flutes,
Violons , Hautbois , Pardeffus de viole,
&c. par M. Paganelly ; tirées du porte-
feuille d'un Amateur , pour lequel elles
ont été compofées & mifes au jour.
Par M. Leloup , Maitre de Flute , Edi-
teur des Récréations de Polimnie , dont
le cinquiéme recueil paroîtra dans les
premiers jours du mois de Février. L'E-
diteur efpére que le cinquiéme recueil
plaira au moins autant que les précé-
dens ; il a profité des confeils des gens
de goût , pour le choix des airs, & l'ar-
rangement de l'accompagnement,
JANVIER. 1764.
143
Les Sonates fe trouvent chez l'Edi-
teur , rue du Mouton , près la Gréve
au coin de la rue de la Tixeranderie.
ESSAI D'INSTRUCTION à l'ufage
de ceux qui compofent pour la clari
nette & le cor , avec des remarques
fur l'harmonie à deux clarinettes , deux
cors & deux baffons , par M. Valentin
Roefer , Muficien de S. A. S. Mgr le
Prince de Monaco. Prix ,
6 liv.
SIX TRIO pour deux violons & une
baffe par le même Auteur. Prix , 9 liv.
SIX TRIO pour un violon &
deux Violoncelles obligés de M. Kénis,
Euvre fixiéme . Prix ,
t
1
7 liv. 4 f.
SIX DUO de violons par M. Pierre
Leclair , Euvre premier. Prix ,
1
6 liv.
SIX DUO de violons de Sébétosky ,
troifiéme Cuvre. Prix ,
mier. Prix ,
6 liv.
SEI DUETI à due violini fenza baf-
fo Di Antonio Lorenziti , Euvre pre-
Τ
6 liv.
PREMIER RECUEIL de Chanſons
144 MERCURE DE FRANCE.
avec accompagnement de guittarre , de
M. Favier. Prix ,
ARIETTES.
6 liv.
L'AMANTE TROMPÉE , Ariette de M.
Pergolezy. Prix ,
1 liv. 16 L
Paroles Françoifes & Italiennes.
L'AMANT MALHEUREUX , Ariette
avec accompagnement , par M ***
Prix ,
1 liv. 4 f.
AIRS CHOISIS de la Fortune au Vil-
lage , avec accompagnement. Prix , 71.
LE BOUTON DE ROSE , Ariette nou-
velle avec accompagnement , par M***
Prix ,
liv 4 f.
LES CONSEILS DE L'AMOUR ,
'Ariertes avec accompagnement , par
M***. Prix ,
L
1 liv . 4 f.
Le tout fe trouve à Paris chez M. le
Menu , Auteur , Profeffeur & Marchand
de Mufique , rue du Roule , à la Clef
d'or , la cinquiéme boutique à droite en
entrant par la rue S. Honoré.
APOLLON & l'Amour défarmés par
Iris,
JANVIER 1764.
145
Iris , quatriéme Cantatille Françoife
à voix feule & à grande fymphonie
mife en mufique par M. le Jai , les Pa-
roles de M. Rabelleau. Prix , 3 liv. 12 1.
Les parties font gravées féparément.
Chez l'Auteur , Cul-de- Sac Sourdis ,
rue des Foffés S. Germain , & aux
Adreffes ordinaires.
LE PORTRAIT des Maris , Ariette ,
avec grande fymphonie , chantée par
Eléonore , dans les deux Talens , Ĉo-
médie nouvelle ; mife en Mufique par
M. le Chevalier d' Herbain , & repréfen-
tée fur le Théâtre de la Comédie Ita-
lienne. Prix , 1 liv. 16 f. Aux Adreffes
ordinaires de Mufique.
PREMIERE Suite de Menuets
,
en
fymphonies , à fept Parties , y compris
un Baffon obligé ou Violoncelle ; qui
ont été éxécutés à la Comédie Italienne.
Compofés par M. Atis. Prix , 1 liv. 4 f,
Chez l'Auteur , au paffage de la rue Tra-
verfière , à celle des Boucheries S. Ho-
noré , & aux Adreſſes ordinaires , ainfi
que fes autres Œuvres.
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Résumé : « SIX SONATES en Duo d'un goût agréable & chantant pour les Flutes, [...] »
En janvier 1764, plusieurs œuvres musicales étaient disponibles. Parmi elles, 'Six Sonates en Duo' de M. Paganelly, éditées par M. Leloup, destinées à divers instruments comme les flûtes, violons, hautbois et pardeffus de viole. Le cinquième recueil des 'Récréations de Polimnie' de M. Leloup était annoncé pour février 1764. Les sonates étaient disponibles chez l'éditeur, rue du Mouton, près de la Grève. D'autres œuvres incluaient un 'Essai d'Instruction' pour clarinette et cor par M. Valentin Roefer, au prix de 6 livres. Six trios pour deux violons et une basse par M. Roefer étaient proposés à 7 livres 4 sols. Six trios pour un violon et deux violoncelles obligés par M. Kénis coûtaient également 7 livres 4 sols. Six duos de violons par M. Pierre Leclair et six autres par Sébétosky étaient disponibles à 6 livres chacun. Six duetti pour deux violins sans basse par Antonio Lorenziti étaient également à 6 livres. Un premier recueil de chansons avec accompagnement de guitare par M. Favier coûtait 6 livres. Plusieurs ariettes, telles que 'L'Amant Malheureux', 'Le Bouton de Rose' et 'Les Conseils de l'Amour', étaient disponibles à des prix variés.
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80
p. 167-169
GRAVURE.
Début :
TABLEAU généalogique & chronologique de la Maison Royale de FRANCE, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRAVURE.
GRAVURE.
TABLEAU généalogique & chronologique
de la Maison Royale de FRANCE,
dédié à Mgr LE COMTE D'AR-
TOIS , par M. Clabault. Gravé en 8
feuilles , grand Colombier , fe vend à
Paris , chez l'Auteur , rue du Petit-Pont ,
près le petit Châtelet , dans la porte
cochère , entre un Marchand Papetier
& un Marchand Chapelier.
Cet Ouvrage plein de recherches in-
téreffantes , eft très- bien exécuté de la
part du Graveur. On en trouve l'ana-
lyfe chez Aug. Mart. Lottin l'aîné
168 MERCURE DE FRANCE.
Imprimeur-Libraire de Mgr le DUC DE
BERRY , rue S. Jacques , près S. Yves ,
au Coq. Brochure in- 8°.
ON diftribue actuellement avec fuc-
cès chez le fieur BASAN , Graveur
rue du Foin S. Jacques à Paris les 2
vol. in-fol. forme d'Atlas , qui compo-
fent l'Ouvrage connu fous le nom du
Cabinet de Crozat qui depuis plufieurs
années étoit devenu rare faute d'être
imprimé.
Ces deux vol. contiennent
182 Eftampes gravées à grands frais &
par les foins de M. Crozat , d'après les
plus beaux Tableaux des plus grands
Maîtres Italiens , qui font en France
dans les cabinets du Roi , du Duc d'Or-
léans , & c. A la tête de chaque volume
il y a une defcription de chaque Ef-
tampe qui le compofe. Les Graveurs
qui ont été employés à cet Ouvrage
ont été & font encore les plus habiles
de ce fiécle , tels que les Chereau , Du-
change , l'Epicié , Desplaces , Larmeſ-
fin , Simoneau , Tardieu , Vallée , Ver-
meulen , Dupuis , le Bas , Ravenet
&c. &c.
Le fieur Bafan aujourd'hui poffef-
feur defi.tes Planches , n'a rien ménagé,
pour la perfection de l'Ouvrage tant
pour
JANVIER. 1764.
pour l'impreffion que le papier ;
fur celui de Colombier
169
il le
vend en feuilles imprimé fur le papier
de grand Aigle fin 192 liv. & 160 liv.
Il eft auffi poffeffeur des 118 Plan
ches qui compofent le volume , connu
fous le nom du Cabinet d'Aguilles , le-
quel étoit auffi devenu rare faute d'ê
tre imprimé ; il vient de l'être avec
foin & fe diftribue auffi chez ledit Sr
pour 90 liv. en feuilles , imprimé fur
le papier de grand aigle fin & 72 liv.
fur celui de Colombier. On trouve
chez le fieur Bafan un affortiment gé-
néral d'Eſtampes anciennes & moder
nes tant Etrangères que Françoifes . II.
vient de mettre en vente une Eftampe
nouvelle d'après Poters , d'après le Sr
Charpentier , dont le Sujet eft une Tem-
pêre . Elle eft d'un très-grand effet , &
foigneufement exécutée.
ro f.
TABLEAU généalogique & chronologique
de la Maison Royale de FRANCE,
dédié à Mgr LE COMTE D'AR-
TOIS , par M. Clabault. Gravé en 8
feuilles , grand Colombier , fe vend à
Paris , chez l'Auteur , rue du Petit-Pont ,
près le petit Châtelet , dans la porte
cochère , entre un Marchand Papetier
& un Marchand Chapelier.
Cet Ouvrage plein de recherches in-
téreffantes , eft très- bien exécuté de la
part du Graveur. On en trouve l'ana-
lyfe chez Aug. Mart. Lottin l'aîné
168 MERCURE DE FRANCE.
Imprimeur-Libraire de Mgr le DUC DE
BERRY , rue S. Jacques , près S. Yves ,
au Coq. Brochure in- 8°.
ON diftribue actuellement avec fuc-
cès chez le fieur BASAN , Graveur
rue du Foin S. Jacques à Paris les 2
vol. in-fol. forme d'Atlas , qui compo-
fent l'Ouvrage connu fous le nom du
Cabinet de Crozat qui depuis plufieurs
années étoit devenu rare faute d'être
imprimé.
Ces deux vol. contiennent
182 Eftampes gravées à grands frais &
par les foins de M. Crozat , d'après les
plus beaux Tableaux des plus grands
Maîtres Italiens , qui font en France
dans les cabinets du Roi , du Duc d'Or-
léans , & c. A la tête de chaque volume
il y a une defcription de chaque Ef-
tampe qui le compofe. Les Graveurs
qui ont été employés à cet Ouvrage
ont été & font encore les plus habiles
de ce fiécle , tels que les Chereau , Du-
change , l'Epicié , Desplaces , Larmeſ-
fin , Simoneau , Tardieu , Vallée , Ver-
meulen , Dupuis , le Bas , Ravenet
&c. &c.
Le fieur Bafan aujourd'hui poffef-
feur defi.tes Planches , n'a rien ménagé,
pour la perfection de l'Ouvrage tant
pour
JANVIER. 1764.
pour l'impreffion que le papier ;
fur celui de Colombier
169
il le
vend en feuilles imprimé fur le papier
de grand Aigle fin 192 liv. & 160 liv.
Il eft auffi poffeffeur des 118 Plan
ches qui compofent le volume , connu
fous le nom du Cabinet d'Aguilles , le-
quel étoit auffi devenu rare faute d'ê
tre imprimé ; il vient de l'être avec
foin & fe diftribue auffi chez ledit Sr
pour 90 liv. en feuilles , imprimé fur
le papier de grand aigle fin & 72 liv.
fur celui de Colombier. On trouve
chez le fieur Bafan un affortiment gé-
néral d'Eſtampes anciennes & moder
nes tant Etrangères que Françoifes . II.
vient de mettre en vente une Eftampe
nouvelle d'après Poters , d'après le Sr
Charpentier , dont le Sujet eft une Tem-
pêre . Elle eft d'un très-grand effet , &
foigneufement exécutée.
ro f.
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Résumé : GRAVURE.
Le document décrit divers ouvrages et gravures disponibles à Paris au XVIIIe siècle. Il mentionne un tableau généalogique et chronologique de la Maison Royale de France, dédié au Comte d'Artois, gravé en huit feuilles par M. Clabault et vendu par l'auteur rue du Petit-Pont. Cet ouvrage est loué pour ses recherches intéressantes et son exécution. Une analyse de cet ouvrage est accessible chez Aug. Mart. Lottin l'aîné. Le texte évoque également la distribution réussie des deux volumes in-folio du Cabinet de Crozat, contenant 182 estampes gravées d'après des tableaux de maîtres italiens des collections royales et du Duc d'Orléans. Ces volumes incluent des descriptions de chaque estampe et ont été réalisés par des graveurs renommés comme Chereau, Duchange et Larmessin. Ils sont vendus par le sieur Basan, graveur rue du Foin Saint-Jacques, qui a imprimé ces œuvres sur du papier de grand Aigle fin et de Colombier. Enfin, le sieur Basan propose également les 118 planches du Cabinet d'Aguilles, récemment imprimées, ainsi qu'un assortiment d'estampes anciennes et modernes, françaises et étrangères. Il offre aussi une nouvelle estampe d'après Poters et Charpentier représentant une tempête.
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81
p. 169-170
MUSIQUE.
Début :
LES CHARMES de l'HARMONIE, Ariette de Basse-Taille, Taille, ou Bas-dessus, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MUSIQUE.
MUSIQUE.
7.
LES CHARMES de l'HARMONIE,
Ariette de Basse-Taille, Taille, ou Bas-dessus,
avec grande Symphonie , chan-
II. Vol.
jouant le rôle de
H
170 MERCURE DE FRANCE.
Muficien dans les deur Talens , Comé
die nouvelle mife en Mufique par M.
le Chevalier d'Herbain , & repréſentée
fur le Théâtre Italien. Prix , 2 liv. 8 f.
aux adreffes ordinaires de Mufique.
Le Cœur enflammé , Ariette en ron-
deau , avec fymphonie , chantée par
Madame la Ruette , jouant le rôle d'E-
leonore dans les deux Talens. Par le
même Auteur & aux mêmes adreffes.
91-
La Famille chantante , ou le Journal
hebdomadaire , compofé de Chanfons
Vaudevilles , Rondeaux , Ariettes , Ro-
mances , Duo , Brunettes , & c, avec ac-
compagnement de Violon & Baffe chif-
frée pour le Clavecin ou la Harpe , dont
il paroîtra une feuille périodique tous
les Lundis , à commencer, du 2 Janvier
1764. Le prix de la Soufcription pour
Paris eft de 12 liv. par an ,
par an , & pour la
Province , port franc , 18 liv. On fouf-
crit à Paris chez M. de la Chevardiere
Editeur de ce Journal , rue du Roule
à la Croix d'Or.
7.
LES CHARMES de l'HARMONIE,
Ariette de Basse-Taille, Taille, ou Bas-dessus,
avec grande Symphonie , chan-
II. Vol.
jouant le rôle de
H
170 MERCURE DE FRANCE.
Muficien dans les deur Talens , Comé
die nouvelle mife en Mufique par M.
le Chevalier d'Herbain , & repréſentée
fur le Théâtre Italien. Prix , 2 liv. 8 f.
aux adreffes ordinaires de Mufique.
Le Cœur enflammé , Ariette en ron-
deau , avec fymphonie , chantée par
Madame la Ruette , jouant le rôle d'E-
leonore dans les deux Talens. Par le
même Auteur & aux mêmes adreffes.
91-
La Famille chantante , ou le Journal
hebdomadaire , compofé de Chanfons
Vaudevilles , Rondeaux , Ariettes , Ro-
mances , Duo , Brunettes , & c, avec ac-
compagnement de Violon & Baffe chif-
frée pour le Clavecin ou la Harpe , dont
il paroîtra une feuille périodique tous
les Lundis , à commencer, du 2 Janvier
1764. Le prix de la Soufcription pour
Paris eft de 12 liv. par an ,
par an , & pour la
Province , port franc , 18 liv. On fouf-
crit à Paris chez M. de la Chevardiere
Editeur de ce Journal , rue du Roule
à la Croix d'Or.
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Résumé : MUSIQUE.
Le texte présente trois annonces musicales. La première concerne 'Les Charmes de l'Harmonie', une ariette pour basse-taille, taille ou bas-dessus, accompagnée d'une grande symphonie, interprétée dans la pièce 'Les deux Talens' du Chevalier d'Herbain, représentée au Théâtre Italien. Cette œuvre coûte 2 livres 8 sous et est disponible aux adresses habituelles de musique. La deuxième annonce est 'Le Cœur enflammé', une ariette en rondeau avec symphonie, chantée par Madame la Ruette dans le rôle d'Éléonore dans 'Les deux Talens'. Cette œuvre est également du même auteur et aux mêmes adresses. Enfin, 'La Famille chantante, ou le Journal hebdomadaire' est composé de diverses pièces vocales avec accompagnement de violon et basse chiffrée pour clavecin ou harpe. Ce journal paraîtra chaque lundi à partir du 2 janvier 1764. L'abonnement coûte 12 livres par an à Paris et 18 livres pour la province, port franc. Les abonnements peuvent être souscrits à Paris chez M. de la Chevardiere, éditeur du journal, situé rue du Roule à la Croix d'Or.
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82
p. 162-164
MUSIQUE. ANNONCE d'un nouveau Clavecin organisé.
Début :
LA VILLE de Grenoble vient de voir sortir des mains d'un de ses Artistes [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MUSIQUE. ANNONCE d'un nouveau Clavecin organisé.
MUSIQUE.
ANNONCE d'un nouveau Clavecin
organisé.
LA VILLE de Grenoble vient de
voir sortir des mains d'un de ses Artistes
(M. Berger , Accompagnateur de fon
Concert ) un nouveau Clavecin organi-
fé , auquel il travailloit depuis onze ans ,
& qu'il a enfin conduità ſa perfection.
La deſcription & l'énumération de ſes
différens jeux vont mettre le Public à
portéede le comparer aux inſtrumens de
cetteeſpècequela ſagacitéde nos Artif-
tes a imaginés depuis quelques années ,
& de lui affigner le rang qu'il mérite
parmi eux.
Ce Clavecin eſt de la grandeur & de
la forme ordinaires. C'eſt dans les tra-
verſes des pieds, leſquelles ont ſeule-
FEVRIER. 1764.
163
ment deux pouces & demi de hauteur ,
que ſont contenus le Méchaniſme de
l'Instrument , & les différens Jeux qu'il
réunit. Voici le détail des effets qu'on
peut produire par fon moyen.
1º. Au premier clavier répond un Jeu
d'Orgue à l'uniffon de la Contre-baffe ,
& au fon de huit pieds qui imite le Baf-
fon & le Hautbois.
2°. Le ſeconddonne unJeu de Clave-
cin compoſé de deux uniffons & d'une
octave.
3°. On peut faire entendre enſemble
ou ſéparément l'Orgue & le Clavecin ,
non-feulement dans tout le cours d'une
pièce , mais dans les endroits qu'on ju-
gera à propos ; c'est-à-dire , qu'après les
avoir touchés enſemble , onpeut les ſe-
parer , ſans interrompre ſon jeu ,& vice
verfa; quel que ſoit le mouvement de la
piéce.
4°. On a fur cet Inſtrument la liberté
d'enfler les fons ou de les diminuer par
gradation;& cela s'exécute fans appuyer
davantage fur le Clavier, & fans déran-
ger les mains. Les fons les plus doux ,
& à peine perceptibles , peuvent aufli
fuccéder tout-à-coup auxplus forts &
aux plus pleins, &au contraire.
5.AceClavecin ſont encore adaptés
164 MERCURE DE FRANCE.
deux Jeux , l'un de Guittarre , l'autre de
Harpe , qui répondent au ſecond Cla-
vier ; mais de telle manière , que celui
qui les touche peut à ſon gré les fuppri-
mer , ou les faire entendre l'un ou l'au-
tre , ou tous les deux avec le Clavecin.
Il ſeroit ſuperflu de remarquer le nom-
brede combinaiſons différentes quipeu-
vent naître , au gré & fuivant le goût de
l'Artiſte qui touche l'instrument , de la
réunion , ou de la fuppreffion de quel-
ques-uns de ces Jeux. Nous laiſſons aux
gensdel'Art le ſoin d'apprécier cette in-
vention. Nous nous bornons à obſerver
que tous ceux qui ont entendu l'Inſtru-
ment de M. Berger , n'ont pu ſe refuſer
à une vive admiration , tant pour les ef
fets variés qu'il produit , que pour le
Mechaniſme , au moyen duquel il eſt
parvenu à réunir tant de Jeux différens.
ANNONCE d'un nouveau Clavecin
organisé.
LA VILLE de Grenoble vient de
voir sortir des mains d'un de ses Artistes
(M. Berger , Accompagnateur de fon
Concert ) un nouveau Clavecin organi-
fé , auquel il travailloit depuis onze ans ,
& qu'il a enfin conduità ſa perfection.
La deſcription & l'énumération de ſes
différens jeux vont mettre le Public à
portéede le comparer aux inſtrumens de
cetteeſpècequela ſagacitéde nos Artif-
tes a imaginés depuis quelques années ,
& de lui affigner le rang qu'il mérite
parmi eux.
Ce Clavecin eſt de la grandeur & de
la forme ordinaires. C'eſt dans les tra-
verſes des pieds, leſquelles ont ſeule-
FEVRIER. 1764.
163
ment deux pouces & demi de hauteur ,
que ſont contenus le Méchaniſme de
l'Instrument , & les différens Jeux qu'il
réunit. Voici le détail des effets qu'on
peut produire par fon moyen.
1º. Au premier clavier répond un Jeu
d'Orgue à l'uniffon de la Contre-baffe ,
& au fon de huit pieds qui imite le Baf-
fon & le Hautbois.
2°. Le ſeconddonne unJeu de Clave-
cin compoſé de deux uniffons & d'une
octave.
3°. On peut faire entendre enſemble
ou ſéparément l'Orgue & le Clavecin ,
non-feulement dans tout le cours d'une
pièce , mais dans les endroits qu'on ju-
gera à propos ; c'est-à-dire , qu'après les
avoir touchés enſemble , onpeut les ſe-
parer , ſans interrompre ſon jeu ,& vice
verfa; quel que ſoit le mouvement de la
piéce.
4°. On a fur cet Inſtrument la liberté
d'enfler les fons ou de les diminuer par
gradation;& cela s'exécute fans appuyer
davantage fur le Clavier, & fans déran-
ger les mains. Les fons les plus doux ,
& à peine perceptibles , peuvent aufli
fuccéder tout-à-coup auxplus forts &
aux plus pleins, &au contraire.
5.AceClavecin ſont encore adaptés
164 MERCURE DE FRANCE.
deux Jeux , l'un de Guittarre , l'autre de
Harpe , qui répondent au ſecond Cla-
vier ; mais de telle manière , que celui
qui les touche peut à ſon gré les fuppri-
mer , ou les faire entendre l'un ou l'au-
tre , ou tous les deux avec le Clavecin.
Il ſeroit ſuperflu de remarquer le nom-
brede combinaiſons différentes quipeu-
vent naître , au gré & fuivant le goût de
l'Artiſte qui touche l'instrument , de la
réunion , ou de la fuppreffion de quel-
ques-uns de ces Jeux. Nous laiſſons aux
gensdel'Art le ſoin d'apprécier cette in-
vention. Nous nous bornons à obſerver
que tous ceux qui ont entendu l'Inſtru-
ment de M. Berger , n'ont pu ſe refuſer
à une vive admiration , tant pour les ef
fets variés qu'il produit , que pour le
Mechaniſme , au moyen duquel il eſt
parvenu à réunir tant de Jeux différens.
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Résumé : MUSIQUE. ANNONCE d'un nouveau Clavecin organisé.
M. Berger, accompagnateur de concert à Grenoble, a créé un nouveau clavecin après onze années de travail. Cet instrument, de taille et de forme conventionnelles, intègre divers mécanismes et jeux dans les traverses des pieds, mesurant deux pouces et demi de hauteur. Il propose plusieurs fonctionnalités : un jeu d'orgue imitant la contre-basse, le basson et le hautbois ; un jeu de clavecin avec deux unissons et une octave ; la possibilité de jouer l'orgue et le clavecin ensemble ou séparément sans interruption ; et la modulation des sons de doux à forts sans effort supplémentaire. Le clavecin inclut également des jeux de guitare et de harpe, permettant diverses combinaisons selon le choix de l'artiste. L'instrument a été admiré pour ses effets variés et son mécanisme innovant.
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83
p. 164-165
« M. GAVINIÉS propose aux Amateurs de Musique une Souscription, pour [...] »
Début :
M. GAVINIÉS propose aux Amateurs de Musique une Souscription, pour [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « M. GAVINIÉS propose aux Amateurs de Musique une Souscription, pour [...] »
M. GAVINIÉS propose aux Amateurs
de Musique une Souscription, pour
faire graver SIX CONCERTO deſa com-
poſition , avec toutes ſes parties. On
pourra ſouſcrire depuis le premier du
mois de Février juſqu'au premier du
mois de Mai. Le prix des CONCERTO
fera d'un Louis pour ceux qui auront
foufcrit , & de 36 liv. pour les autres.
FEVRIER. 1764.
165
On ſouſcrira chez l'Auteur , rue S. Tho-
mas du Louvre , à Paris.
Le même Auteur vient de mettre en
vente Six SONATES à violon ſeul &
baſſe. Troiſième Œuvre. Prix 9 liv. qui
ſe trouve auſſi chez lui , & aux adreſſes
ordinaires de Muſique.
Prix
liv.
SIX SONATES , d'un goût agréable
&chantant , en Duo , pour les flûtes ,
violons , hautbois , par-deſſus de viole ,
&c. Par M. PAGANELLI , miſes au
jour par le Sieur LE LOUP , Maître de
Flûte. Prix 5 liv. Chez le Sieur LE LOUP,
Editeur des Récréations de Polymnie ,
rue duMouton , près laGréve , au Caffé
du coin de la rue de la Tixéranderie.
1
LE Sr L. VOYEZ , Organiſte à Abbe-
ville , dont la réputation eſt connue ,
avertit le Public qu'il continue de mon-
trer le Clavecin & la Muſique : les De-
moiſelles qui voudront acquérir ce ta-
lent , pourront revevoir ſes leçons dans
la belle Abbaye des Dames de Villan-
court à Abbeville , où les penſions font
très-modiques.
de Musique une Souscription, pour
faire graver SIX CONCERTO deſa com-
poſition , avec toutes ſes parties. On
pourra ſouſcrire depuis le premier du
mois de Février juſqu'au premier du
mois de Mai. Le prix des CONCERTO
fera d'un Louis pour ceux qui auront
foufcrit , & de 36 liv. pour les autres.
FEVRIER. 1764.
165
On ſouſcrira chez l'Auteur , rue S. Tho-
mas du Louvre , à Paris.
Le même Auteur vient de mettre en
vente Six SONATES à violon ſeul &
baſſe. Troiſième Œuvre. Prix 9 liv. qui
ſe trouve auſſi chez lui , & aux adreſſes
ordinaires de Muſique.
Prix
liv.
SIX SONATES , d'un goût agréable
&chantant , en Duo , pour les flûtes ,
violons , hautbois , par-deſſus de viole ,
&c. Par M. PAGANELLI , miſes au
jour par le Sieur LE LOUP , Maître de
Flûte. Prix 5 liv. Chez le Sieur LE LOUP,
Editeur des Récréations de Polymnie ,
rue duMouton , près laGréve , au Caffé
du coin de la rue de la Tixéranderie.
1
LE Sr L. VOYEZ , Organiſte à Abbe-
ville , dont la réputation eſt connue ,
avertit le Public qu'il continue de mon-
trer le Clavecin & la Muſique : les De-
moiſelles qui voudront acquérir ce ta-
lent , pourront revevoir ſes leçons dans
la belle Abbaye des Dames de Villan-
court à Abbeville , où les penſions font
très-modiques.
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Résumé : « M. GAVINIÉS propose aux Amateurs de Musique une Souscription, pour [...] »
En 1764, M. Gaviniés organise une souscription pour six concertos de sa composition, disponibles du 1er février au 1er mai. Le prix est de un Louis pour les souscripteurs et de 36 livres pour les autres. Les souscriptions se font chez l'auteur, rue Saint Thomas du Louvre à Paris. Gaviniés propose également six sonates pour violon seul et basse, au prix de neuf livres, disponibles chez lui et aux adresses habituelles de musique. Par ailleurs, six sonates en duo pour flûtes, violons, hautbois et viole d'amour, composées par M. Paganelli et éditées par le Sieur Le Loup, sont disponibles au prix de cinq livres. Elles sont vendues chez le Sieur Le Loup, éditeur des Récréations de Polymnie, rue du Mouton près de la Grève. Enfin, M. L. Voyez, organiste à Abbeville, offre des cours de clavecin et de musique à l'abbaye des Dames de Villancourt à Abbeville, avec des pensions modiques pour les demoiselles.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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84
p. 166-169
GRAVURE.
Début :
STATUE Equestre de LOUIS LE BIEN-AIMÉ, érigée le 14 Février, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRAVURE.
GRAVURE.
STATUE Equestre de LOUIS LE
BIEN-AIMÉ, érigée le 14 Février,
& dont l'Inauguration s'eſt faite le 20
Juin 1763 , deſſinée par le Sr de Seve ,
& gravée par le Sr Charpentier ; ſe vend
àParis , chez le Sr Defnos , Ingénieur-
Géographe , rue S. Jacques , au Globe.
CarteHélio- Séléno - Géographique ,
dans laquelle on voit la projection que
!'ombre de la Lune trouva ſur la ſurface
de cette partie de notre Globe , dans la
célébre Eclipſe centrale & annulaire du
Soleil , qui arrivera le premier Avril
1764. Se vend chez le même.
Cette Carte eft à petits points; & ,
pour y rendre l'expreſſion du local plus
ſenſible , on y ajoint une Table , qui a
pour objet d'y ſuppléer. La méthode
des Projections dont on s'eſt
ſervi
pour la conſtruire , eſt celle dont nous
ſommes redevables à M. Delisle : rédui-
duite en calcul trigonométrique ; elle
offre aux Aſtronomes des ſolutions élé-
gantes qui méritent la préférence fur les
autres opérations graphiques.
FEVRIER. 1764.
167
La première colonne de cette Table
exprime la longitude de l'Obfervatoire
Royal de Paris à l'égarddetrente-deux
Villes qui ſe trouveront pourainſi dire ,
enveloppées par l'ombre conique de
la Lune. La feconde indique leur latitu-
de. Dans les trois autres colonnes on
a déterminé le commencement , le mi-
lieu & la fin de l'Eclipſe pour chacun
de ces différens Lieux , abſtraction fai-
te de la différence horaire de leurs Mé-
ridiens.
Le Public trouvera les principes fon-
damentaux de cette Table dans l'Ou-
vrage que M. Rizzi Zannoni fera pa-
roître inceſſamment ſous ce titre :
Mappa Hemisphærii Borealis Eclipfio-
graphica ; five Typus obfcurandæ Tel-
luris in Eclipsi annullaris Solis diepri-
md menfis Aprilis 1764 , pro illuftran-
do calculo Eclipfium Solarium ex fun-
damentis. Mathematicis & Tabulis Af-
tronomicis D. D. Tob. Mayer & de la
Caille ,fupputatus & defcriptus , &c.
Le Sr OUVRIER vient de mettre au
jour une Eſtampe gravéed'après leTa-
bleau original peint par M. Cochin , le
fils , Ecuyer , Chevalier de l'Ordre du
Roi , Garde des deſſeins du Cabinet
de Sa Majesté , Secrétaire & Hiftorio-
•
168 MERCURE DE FRANCE.
graphedel'Académie RoyaledePeinture
&Sculpture. Cette Eſtampe , très-bien
gravée par le Sr Ouvrier, & qui a pour
Titre leGénie du deſſein , ſe vend chez
lui , à Paris , Place Maubert chez M.
Bellot ,Marchand Bonnetier , au Soleil
d'or.
f TABLEAU Généalogique& Chrono-
logique de laMaiſon Royale de France,
dédié à Mgr le Comte d'ARTOIS , par
M. Clabault , &c .
:
N. B. Nous ajouterons à l'annonce
que nous avons faite de cet Ouvrage
dans notre dernier Mercure , 1°. qu'on
nepeutrien ajouter à la précifion ,ainfi
qu'à la clarté du Plan.
2°. Que l'Analyſe qui accompagne
ceTableau renferme beaucoup d'obfer-
vations importantes; & que le Recueil
de la poſtérité de Charlemagne & de
Hugues Capet peut intéreſſer une grande
partie de la Nobleſſe de France par
l'illuſtration qu'il lui procure , avec d'au-
tantplusde raiſon que ce travail n'a été
fait qu'après un choix rigoureux des au-
torités.
3°. Que les remarques de l'Auteur ,
concernant l'illuſtration de laMaiſon de
France
FEVRIER. 1764.
169
Frances par ſes Alliances , paroît neuve,
& que le Public fenfible à la gloire de
fes Rois & de ſes Princes ne pourra
voir qu'avec fatisfaction la preuve d'un
fait, qui peut également piquer la cu-
rioſité des Princes Etrangers.
STATUE Equestre de LOUIS LE
BIEN-AIMÉ, érigée le 14 Février,
& dont l'Inauguration s'eſt faite le 20
Juin 1763 , deſſinée par le Sr de Seve ,
& gravée par le Sr Charpentier ; ſe vend
àParis , chez le Sr Defnos , Ingénieur-
Géographe , rue S. Jacques , au Globe.
CarteHélio- Séléno - Géographique ,
dans laquelle on voit la projection que
!'ombre de la Lune trouva ſur la ſurface
de cette partie de notre Globe , dans la
célébre Eclipſe centrale & annulaire du
Soleil , qui arrivera le premier Avril
1764. Se vend chez le même.
Cette Carte eft à petits points; & ,
pour y rendre l'expreſſion du local plus
ſenſible , on y ajoint une Table , qui a
pour objet d'y ſuppléer. La méthode
des Projections dont on s'eſt
ſervi
pour la conſtruire , eſt celle dont nous
ſommes redevables à M. Delisle : rédui-
duite en calcul trigonométrique ; elle
offre aux Aſtronomes des ſolutions élé-
gantes qui méritent la préférence fur les
autres opérations graphiques.
FEVRIER. 1764.
167
La première colonne de cette Table
exprime la longitude de l'Obfervatoire
Royal de Paris à l'égarddetrente-deux
Villes qui ſe trouveront pourainſi dire ,
enveloppées par l'ombre conique de
la Lune. La feconde indique leur latitu-
de. Dans les trois autres colonnes on
a déterminé le commencement , le mi-
lieu & la fin de l'Eclipſe pour chacun
de ces différens Lieux , abſtraction fai-
te de la différence horaire de leurs Mé-
ridiens.
Le Public trouvera les principes fon-
damentaux de cette Table dans l'Ou-
vrage que M. Rizzi Zannoni fera pa-
roître inceſſamment ſous ce titre :
Mappa Hemisphærii Borealis Eclipfio-
graphica ; five Typus obfcurandæ Tel-
luris in Eclipsi annullaris Solis diepri-
md menfis Aprilis 1764 , pro illuftran-
do calculo Eclipfium Solarium ex fun-
damentis. Mathematicis & Tabulis Af-
tronomicis D. D. Tob. Mayer & de la
Caille ,fupputatus & defcriptus , &c.
Le Sr OUVRIER vient de mettre au
jour une Eſtampe gravéed'après leTa-
bleau original peint par M. Cochin , le
fils , Ecuyer , Chevalier de l'Ordre du
Roi , Garde des deſſeins du Cabinet
de Sa Majesté , Secrétaire & Hiftorio-
•
168 MERCURE DE FRANCE.
graphedel'Académie RoyaledePeinture
&Sculpture. Cette Eſtampe , très-bien
gravée par le Sr Ouvrier, & qui a pour
Titre leGénie du deſſein , ſe vend chez
lui , à Paris , Place Maubert chez M.
Bellot ,Marchand Bonnetier , au Soleil
d'or.
f TABLEAU Généalogique& Chrono-
logique de laMaiſon Royale de France,
dédié à Mgr le Comte d'ARTOIS , par
M. Clabault , &c .
:
N. B. Nous ajouterons à l'annonce
que nous avons faite de cet Ouvrage
dans notre dernier Mercure , 1°. qu'on
nepeutrien ajouter à la précifion ,ainfi
qu'à la clarté du Plan.
2°. Que l'Analyſe qui accompagne
ceTableau renferme beaucoup d'obfer-
vations importantes; & que le Recueil
de la poſtérité de Charlemagne & de
Hugues Capet peut intéreſſer une grande
partie de la Nobleſſe de France par
l'illuſtration qu'il lui procure , avec d'au-
tantplusde raiſon que ce travail n'a été
fait qu'après un choix rigoureux des au-
torités.
3°. Que les remarques de l'Auteur ,
concernant l'illuſtration de laMaiſon de
France
FEVRIER. 1764.
169
Frances par ſes Alliances , paroît neuve,
& que le Public fenfible à la gloire de
fes Rois & de ſes Princes ne pourra
voir qu'avec fatisfaction la preuve d'un
fait, qui peut également piquer la cu-
rioſité des Princes Etrangers.
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Résumé : GRAVURE.
Le document annonce plusieurs publications et œuvres artistiques. Une statue équestre de Louis XV, dessinée par le Sr de Seve et gravée par le Sr Charpentier, a été érigée le 14 février et inaugurée le 20 juin 1763. Elle est disponible chez le Sr Defnos à Paris. Une carte héliosélénographique, projetant l'ombre de la Lune lors de l'éclipse solaire du 1er avril 1764, est également en vente chez le même vendeur. Cette carte utilise la méthode de projection de M. Delisle et inclut une table pour une meilleure compréhension des données, dont les principes seront détaillés dans un ouvrage de M. Rizzi Zannoni. Le Sr Ouvrier a publié une estampe gravée d'après un tableau de M. Cochin, intitulée 'Le Génie du dessin', disponible chez M. Bellot à Paris. Enfin, M. Clabault annonce un tableau généalogique et chronologique de la Maison Royale de France, dédié à Mgr le Comte d'Artois, loué pour sa précision et son analyse détaillée, incluant des observations importantes et un recueil de la postérité de Charlemagne et Hugues Capet, intéressant pour la noblesse française.
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85
p. 163
MUSIQUE.
Début :
RECUEIL D'AIRS, avec des Accompagnemens de Guittarre, faciles & à la [...]
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texteReconnaissance textuelle : MUSIQUE.
MUSIQUE.RECUEIL D'AIRS, avec des Accompagnemens
de Guittarre, faciles & à la
portée des Commençans. Par M. Merchi.
8. Livre de Guittarre. Œuvre XI . Prix
3 liv. 12 f. A Paris , chez l'Auteur , rue
S. Thomas du Louvre , du côté du Châ-
teau d'Eau , chez un Menuifier , le ſe
cond eſcalier après la Cour ; & aux
adreſſes ordinaires de Mufique.
Pluſieurs Amateurs de Guittarre ayant
foufcrit , pour SIX DUO de Guittarre &
Violon , avec Sourdine , par M. Merchi ,
& qui font fon Œuvre XII ; l'Auteur
les avertit qu'il va paroître , & qu'on en
trouvera des Exemplaires chez lui , rue
S.Thomas du Louvre,àlamême adreſſe.
de Guittarre, faciles & à la
portée des Commençans. Par M. Merchi.
8. Livre de Guittarre. Œuvre XI . Prix
3 liv. 12 f. A Paris , chez l'Auteur , rue
S. Thomas du Louvre , du côté du Châ-
teau d'Eau , chez un Menuifier , le ſe
cond eſcalier après la Cour ; & aux
adreſſes ordinaires de Mufique.
Pluſieurs Amateurs de Guittarre ayant
foufcrit , pour SIX DUO de Guittarre &
Violon , avec Sourdine , par M. Merchi ,
& qui font fon Œuvre XII ; l'Auteur
les avertit qu'il va paroître , & qu'on en
trouvera des Exemplaires chez lui , rue
S.Thomas du Louvre,àlamême adreſſe.
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Résumé : MUSIQUE.
Le document annonce deux publications de M. Merchi : un recueil d'airs pour guitare, Œuvre XI, vendu 3 livres et 12 francs à Paris, rue Saint Thomas du Louvre. Il mentionne aussi la prochaine publication des 'SIX DUO de Guitarre & Violon', Œuvre XII, disponibles à la même adresse.
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86
p. 164
GRAVURE.
Début :
CARTE du Passage de l'ombre de la Lune à travers de l'Europe, de la fameuse [...]
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texteReconnaissance textuelle : GRAVURE.
GRAVURE.
CARTE du Passage de l'ombre de la
Lune à travers de l'Europe, de la fameuse
Eclipse centrale & annulaire de
Soleil du premier Avril prochain , calcu-
lée par Madame Lepaute , de l'Académie
de Béziers , qui a eu l'honneur de la pré-
ſenter à Sa Majeſté ;avec une explication
intéreſſante de ce Phénomène. A Paris ,
chez Lattré , Graveur rue S. Jacques ,
près la Fontaine S. Severin , à la Ville de
Bordeaux ; avec Privilége du Roi.
CARTE du Passage de l'ombre de la
Lune à travers de l'Europe, de la fameuse
Eclipse centrale & annulaire de
Soleil du premier Avril prochain , calcu-
lée par Madame Lepaute , de l'Académie
de Béziers , qui a eu l'honneur de la pré-
ſenter à Sa Majeſté ;avec une explication
intéreſſante de ce Phénomène. A Paris ,
chez Lattré , Graveur rue S. Jacques ,
près la Fontaine S. Severin , à la Ville de
Bordeaux ; avec Privilége du Roi.
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87
p. 165-167
MUSIQUE.
Début :
SYMPHONIES périodiques, no. 13, del Signor Van Malder, no. 14, del Signor [...]
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texteReconnaissance textuelle : MUSIQUE.
MUSIQUE.
SYMPHONIES périodiques, no. 13, del
Signor Van Malder, no. 14, del Signor
Heyden , nº. 15 , del Signor Back , nº.
16 , del Signor Pteiffer , nº. 17 , delSi-
gnorHchetky , nº. 18 , delSign. Frantzl.
Prix i liv. 16 f. chacune.
Ces Symphonies compoſent l'Euvre
XIV di vari Autori, Elles ſont intitulées,
les Noms inconnus, & ſe peuvent exécu-
ter à quatre parties.
Les fix enſemble ſe vendent 9 liv. A
Paris , chez Venier, ſeul Editeur deſdits
Ouvrages , rue S. Thomas du Louvre,
vis -à -vis le Château - d'eau , & aux
adreſſes ordinaires.
SEI DUETTI per Violino e Violon-
:
cello del Signor Giov. Bapt. Cirri. Prix
3 liv. 12.f. Chez le même Editeur. Ces
166 MERCURE DE FRANCE.
Duo font très-aiſés , & peuvents'exécu
ter àdeux Violoncelles , ou un Alto &
un par-deffus de Viole.
Les Amateurs font priés de ne point
confondre les Œuvres annoncées ci-def-
fus avec celles qui ont déja paru ſous le
nom des mêmes Auteurs.
L'attention que l'Editeur apporte ,
tant au choix des morceaux , qu'à la cor-
rection , à la beauté & à la propreté de
la gravure , eſt digne de l'empreſſement
des Amateurs pour les morceaux que le
Sr Venier donne au Pubiic.
SIX SONATES pour le Clavecin ,
dédiées à S. A. Madame la Comtesse de
Brionne , compoſées par M. Leontzi
Honaiier. Livre II. Prix en blanc 9 liv.
A Paris , chez l'Auteur , à l'Hôtel de
Soubiſe , vieille rue du Temple , & aux
adreſſes ordinaires de Muſique.
Cinquiéme Recueil des RÉCRÉA-
TIONS DE POLYMNIE , ou choix d'A -
riettes , Muſettes, Parodies , &c. dédiées
au Beau-Séxe. Recueillis & mis en or-
dre par M. le Loup , Maître de Flûte.
Prix, 3 liv. 12 f. A Paris , chez l'Editeur ,
& aux adreſſes ordinaires de Muſique.
• Ce nouveau Recueil eſt auſſi varié &
auſſi agréable que les précédens.
AVRIL. 1764
167
LES CHARMES DE L'HARMONIE ,
Ariette deBaffe-taille ou de Taille , chan-
tée dans les deux Talens , Comédie
mife en Muſique par M. le Chevalier
d'Herbain , & repréſentée par les Comé
diens.Italiens ordinaires du Roi. Prix,21,
8fols.
LE CŒUR ENFLAMMÉ , Ariette de la
même Piéce pour un Deffus. Prix I liv,
16 f. avec tous les accompagnemens par
le même Auteur , à Paris , aux adreſſes
ordinaires de Muſique.
SYMPHONIES périodiques, no. 13, del
Signor Van Malder, no. 14, del Signor
Heyden , nº. 15 , del Signor Back , nº.
16 , del Signor Pteiffer , nº. 17 , delSi-
gnorHchetky , nº. 18 , delSign. Frantzl.
Prix i liv. 16 f. chacune.
Ces Symphonies compoſent l'Euvre
XIV di vari Autori, Elles ſont intitulées,
les Noms inconnus, & ſe peuvent exécu-
ter à quatre parties.
Les fix enſemble ſe vendent 9 liv. A
Paris , chez Venier, ſeul Editeur deſdits
Ouvrages , rue S. Thomas du Louvre,
vis -à -vis le Château - d'eau , & aux
adreſſes ordinaires.
SEI DUETTI per Violino e Violon-
:
cello del Signor Giov. Bapt. Cirri. Prix
3 liv. 12.f. Chez le même Editeur. Ces
166 MERCURE DE FRANCE.
Duo font très-aiſés , & peuvents'exécu
ter àdeux Violoncelles , ou un Alto &
un par-deffus de Viole.
Les Amateurs font priés de ne point
confondre les Œuvres annoncées ci-def-
fus avec celles qui ont déja paru ſous le
nom des mêmes Auteurs.
L'attention que l'Editeur apporte ,
tant au choix des morceaux , qu'à la cor-
rection , à la beauté & à la propreté de
la gravure , eſt digne de l'empreſſement
des Amateurs pour les morceaux que le
Sr Venier donne au Pubiic.
SIX SONATES pour le Clavecin ,
dédiées à S. A. Madame la Comtesse de
Brionne , compoſées par M. Leontzi
Honaiier. Livre II. Prix en blanc 9 liv.
A Paris , chez l'Auteur , à l'Hôtel de
Soubiſe , vieille rue du Temple , & aux
adreſſes ordinaires de Muſique.
Cinquiéme Recueil des RÉCRÉA-
TIONS DE POLYMNIE , ou choix d'A -
riettes , Muſettes, Parodies , &c. dédiées
au Beau-Séxe. Recueillis & mis en or-
dre par M. le Loup , Maître de Flûte.
Prix, 3 liv. 12 f. A Paris , chez l'Editeur ,
& aux adreſſes ordinaires de Muſique.
• Ce nouveau Recueil eſt auſſi varié &
auſſi agréable que les précédens.
AVRIL. 1764
167
LES CHARMES DE L'HARMONIE ,
Ariette deBaffe-taille ou de Taille , chan-
tée dans les deux Talens , Comédie
mife en Muſique par M. le Chevalier
d'Herbain , & repréſentée par les Comé
diens.Italiens ordinaires du Roi. Prix,21,
8fols.
LE CŒUR ENFLAMMÉ , Ariette de la
même Piéce pour un Deffus. Prix I liv,
16 f. avec tous les accompagnemens par
le même Auteur , à Paris , aux adreſſes
ordinaires de Muſique.
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Résumé : MUSIQUE.
Le document présente diverses publications musicales. Il inclut des symphonies périodiques numérotées de 13 à 18, composées par Van Malder, Heyden, Back, Pteiffer, Hchetky et Frantzl. Ces œuvres, intitulées 'Noms inconnus', font partie de l'œuvre XIV et peuvent être exécutées à quatre parties. Elles sont vendues individuellement à 16 francs ou ensemble à 9 livres. L'éditeur est Venier, situé rue Saint-Thomas du Louvre, face au Château-d'eau. Le texte mentionne également six duos pour violon et violoncelle de Giovanni Battista Cirri, vendus 3 livres et 12 francs. Ces duos peuvent être joués par deux violoncelles ou un alto et une viole. Six sonates pour clavecin, dédiées à Madame la Comtesse de Brionne, sont composées par M. Leontzi Honaiier et disponibles dans un deuxième livre au prix de 9 livres. Le cinquième recueil des 'Récréations de Polymnie', incluant des ariettes, musettes et parodies, est dédié au beau sexe et recueilli par M. le Loup, maître de flûte, vendu 3 livres et 12 francs. Enfin, le document présente deux ariettes de la comédie musicale 'Les Charmes de l'Harmonie' : 'Ariette de Baffe-taille ou de Taille' et 'Le Cœur Enflammé', composées par le Chevalier d'Herbain et représentées par les comédiens italiens du Roi. Les prix sont respectivement de 21 sols et 1 livre 16 francs, avec accompagnements.
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88
p. 164-165
GRAVURE.
Début :
LE Portrait de Henri-le-Grand vient de paroître dans le même format que [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRAVURE.
GRAVURE.
LE Portrait de Henri-le-Grand vient
de paroître dans le même format que
celui du célébre Sully, ainſi qu'on la
annoncé au mois de Décembre dernier.
M. Demarcenay-Deghuy, dans la vue
de répondre plus promptement à l'em
· A V R I L. 1764.
165
preſſement du Public pour tout ce qui
lui rappelle ce Héros ſi cher à la France ,
a ſuſpendu tous ſes autres Ouvrages afin
de s'occuper uniquement de celui-ci.
On le trouve chez l'Auteur Quai de
Conti, la deuxiéme Porte-Cochère après
la rue Guénégaud , & chez M. Wille,
Graveur du Roi , Quai des Auguſtins,
à côté de l'Hôtel d'Auvergne, chez qui
ſe trouvent pareillement † autres Ou
VTa CT6S,
-
-
Cette Planche eſt la 21° de l'œuvre
, de M. Demarcenay, qui ſe diſpoſe à
graver de temps-en-temps des Portraits
d'hommes & de femmes célébres, dont
la ſuite ſera de même format.
LE S* FIcQUET grave actuellement
le Portrait de Corneille dans le même
format que l'édition des QEuvres de ce
Grand Homme commentées par M. de
# Ce Portrait ne tardera pas
· d'être achevé ; il en prévient le Public,
afin que les perſonnes qui deſireront
de le mettre à la tête des QEuvres ,
ſuſpendent, ſi elles le jugent à propos,
de faire relier leur exemplaire.
L'Artiſte dont nous parlons, eſt con
nu par les beaux Portraits de Md° de
Maintenon, MM, de Voltaire, la Fon»
taine , J. B. Rouſſeau.
LE Portrait de Henri-le-Grand vient
de paroître dans le même format que
celui du célébre Sully, ainſi qu'on la
annoncé au mois de Décembre dernier.
M. Demarcenay-Deghuy, dans la vue
de répondre plus promptement à l'em
· A V R I L. 1764.
165
preſſement du Public pour tout ce qui
lui rappelle ce Héros ſi cher à la France ,
a ſuſpendu tous ſes autres Ouvrages afin
de s'occuper uniquement de celui-ci.
On le trouve chez l'Auteur Quai de
Conti, la deuxiéme Porte-Cochère après
la rue Guénégaud , & chez M. Wille,
Graveur du Roi , Quai des Auguſtins,
à côté de l'Hôtel d'Auvergne, chez qui
ſe trouvent pareillement † autres Ou
VTa CT6S,
-
-
Cette Planche eſt la 21° de l'œuvre
, de M. Demarcenay, qui ſe diſpoſe à
graver de temps-en-temps des Portraits
d'hommes & de femmes célébres, dont
la ſuite ſera de même format.
LE S* FIcQUET grave actuellement
le Portrait de Corneille dans le même
format que l'édition des QEuvres de ce
Grand Homme commentées par M. de
# Ce Portrait ne tardera pas
· d'être achevé ; il en prévient le Public,
afin que les perſonnes qui deſireront
de le mettre à la tête des QEuvres ,
ſuſpendent, ſi elles le jugent à propos,
de faire relier leur exemplaire.
L'Artiſte dont nous parlons, eſt con
nu par les beaux Portraits de Md° de
Maintenon, MM, de Voltaire, la Fon»
taine , J. B. Rouſſeau.
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Résumé : GRAVURE.
En avril 1764, une gravure représentant Henri IV a été publiée, suivant une annonce faite en décembre précédent. L'artiste M. Demarcenay-Deghuy a interrompu ses autres projets pour se consacrer à cette œuvre, répondant à la demande publique pour des souvenirs de ce héros national. La gravure est disponible chez l'auteur, au Quai de Conti, et chez M. Wille, graveur du roi, au Quai des Augustins. Cette planche est la vingt-et-unième d'une série de portraits de personnalités célèbres prévue par M. Demarcenay. Parallèlement, le graveur Le Sicquet travaille sur le portrait de Corneille, destiné à illustrer les œuvres de cet auteur commentées par M. de La Monnoye. Le Sicquet informe le public de l'imminence de l'achèvement de cette gravure, permettant aux amateurs de différer la reliure de leurs exemplaires des œuvres de Corneille. Le Sicquet est également reconnu pour ses portraits de Madame de Maintenon, Voltaire, La Fontaine et Jean-Baptiste Rousseau.
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89
p. 166-167
MUSIQUE.
Début :
MÉTHODE qui abrége les régles en usage, pour apprendre l'accompagnement [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MUSIQUE.
MUSIQUE.
MÉTHODE qui abrége les régles
en usage, pour apprendre l'accompagnement
du clavecin, & dont la pra
tique éxige tout au plus deux mois
d'exercice, pour parvenir à accompa
ner tout ſeul, toute ſorte de Muſique
à livre ouvert, & en beaucoup moins
de temps encore, avec le ſecours d'un
Maître ; par M. Giannotti.
L'Auteur propoſe cet Ouvrage par
ſouſcription , dont le nombre eſt fixé
à deux cent; le prix ſera de 24 liv. On
ſouſcrira chez M. le Clerc , Marchand
de Muſique, rue S. Honoré, près la
rue des Prouvaires , à Ste Cécile. On
payera 12 liv. en ſouſcrivant & 12 liv.
en recevant l'exemplaire au premier .
Août prochain 1764. On prend ce
terme , pour donner le temps aux
Provinces & dans les Pays Etrangers
de s'y intéreſſer.
-
Si on doutoit des progrès rapides
que l'on fait par cette admirable mé
thode, on prie les perſonnes qui veulent
· M A I. 1764.
167
s'y intéreſſer, de s'adreſſer a M de Caſa
major, rue des Bons-Enfans , au coin
de la rue Neuve des Petits - Champs,
qui en a la preuve ſous ſes yeux ; &
à Mlle Fel, rue S. Thomas du Louvre,
L'une & l'autre de ces perſonnes, en
rendront témoignage. Cet
Ouvrage
convient également pour la Harpe.
PREMIER RECUEIL des Menuets
nouveaux , pour le Violon , avec Ac
· compagnement de Baſſe & de Clavecin,
§ a M. le Baron de S. PoRT, com
poſé par M. Cramer. Prix, 1
liv. 4 f.
chez M. Theveneau , au grand Bureau
de la Poſte de Paris , rue des Quatre
Vents ; & aux Adreſſes ordinaires de
Muſique.
MÉTHODE qui abrége les régles
en usage, pour apprendre l'accompagnement
du clavecin, & dont la pra
tique éxige tout au plus deux mois
d'exercice, pour parvenir à accompa
ner tout ſeul, toute ſorte de Muſique
à livre ouvert, & en beaucoup moins
de temps encore, avec le ſecours d'un
Maître ; par M. Giannotti.
L'Auteur propoſe cet Ouvrage par
ſouſcription , dont le nombre eſt fixé
à deux cent; le prix ſera de 24 liv. On
ſouſcrira chez M. le Clerc , Marchand
de Muſique, rue S. Honoré, près la
rue des Prouvaires , à Ste Cécile. On
payera 12 liv. en ſouſcrivant & 12 liv.
en recevant l'exemplaire au premier .
Août prochain 1764. On prend ce
terme , pour donner le temps aux
Provinces & dans les Pays Etrangers
de s'y intéreſſer.
-
Si on doutoit des progrès rapides
que l'on fait par cette admirable mé
thode, on prie les perſonnes qui veulent
· M A I. 1764.
167
s'y intéreſſer, de s'adreſſer a M de Caſa
major, rue des Bons-Enfans , au coin
de la rue Neuve des Petits - Champs,
qui en a la preuve ſous ſes yeux ; &
à Mlle Fel, rue S. Thomas du Louvre,
L'une & l'autre de ces perſonnes, en
rendront témoignage. Cet
Ouvrage
convient également pour la Harpe.
PREMIER RECUEIL des Menuets
nouveaux , pour le Violon , avec Ac
· compagnement de Baſſe & de Clavecin,
§ a M. le Baron de S. PoRT, com
poſé par M. Cramer. Prix, 1
liv. 4 f.
chez M. Theveneau , au grand Bureau
de la Poſte de Paris , rue des Quatre
Vents ; & aux Adreſſes ordinaires de
Muſique.
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Résumé : MUSIQUE.
Le document présente deux ouvrages musicaux. Le premier est une méthode d'accompagnement au clavecin, proposée par M. Giannotti, permettant d'apprendre à accompagner toute sorte de musique en deux mois seul ou plus rapidement avec un maître. L'ouvrage est disponible par souscription limitée à deux cents exemplaires, au prix de 24 livres (12 livres à la souscription et 12 livres à la réception). Les souscriptions se font chez M. le Clerc, marchand de musique, rue Saint-Honoré, près la rue des Prouvaires, à Sainte-Cécile. La date limite pour les souscriptions est fixée à août 1764. Des témoignages sur l'efficacité de la méthode sont disponibles auprès de M. de Casa major ou de Mlle Fel. Cette méthode convient également pour la harpe. Le second ouvrage est un recueil de menuets nouveaux pour violon, avec accompagnement de basse et de clavecin, composé par M. Cramer et dédié à M. le Baron de Saint-Port. Ce recueil est vendu au prix de 1 livre et 4 francs chez M. Theveneau, au grand Bureau de la Poste de Paris, rue des Quatre-Vents, ainsi qu'aux adresses ordinaires de musique.
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90
p. 167-169
GRAVURE.
Début :
lL paroît une Estampe nouvelle, dédiée à M. Handmann, Peintre à Basle, [...]
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texteReconnaissance textuelle : GRAVURE.
GRAVURE.
lL paroît une Estampe nouvelle, dédiée
à M. Handmann, Peintre à Basle,
repréſentant la Lune cachée , gravée
d'après le tableau original de Vander
néer, par le ſieur Zingg. Cet ingénieux
Artiſte, qui par l'intelligence de ſon
art & un burin extrêmement flatteur ,
·
168 MERCURE DE FRANCE. .
a le ſecret de rendre intéreſſantes : ſes
moindres productions, a ſçu réunir dans
celle-ci le gracieux à un très-bel effet.
Cette Eſtampe, dont le prix eſt de 1 liv.
• ſe trouve chez le fieur Aliamet , Gra
veur du RoI , rue des Mathurins, vis
à-vis celle des Maçons.
-
On trouve auſſi chez le même deux
autres Eſtampes nouvelles, gravées d'a-
près les Table auxoriginaux de Berghem,
qui ſont au cabinet de M. le Chevalier
Damery. Le prix de chacune de ces Eſ
tampes eſt de 1 liv. 16 ſ
Le ſieur MIGER vient de graver une
Eſtampe, d'après le Tableau Original,
peint à Rome d'après nature , par M.
Vien , intitulée l'Hermite ſans ſouci. Ce
Morceau qui ne peut faire que beau
coup d'honneur au burin de cet Artiſte,
eſt dédié à M. Cochin , Chevalier de
l'Ordre du RoI, Secrétaire perpétuel &
Hiſtoriographe de l'Académie Royale
de Peinture & de Sculpture ; & ſe vend
au vieux Louvre , chez M. Vien, Peintre
du RoI.
PLAN d'une Maiſon , avec ſes dé
pendances, provenant de la ſucceſſion
-
de
M A I. 1764.
16g
de S. A. S. Mgr le COMTE DE CHA
RoLoIS , ſituée à la Nouvelle-France,
fait, & levé par M. Gillet, le jeune,
Architecte. Prix, 1 liv. 1o ſ. Chez l'Au
teur, grande rue du Fauxbourg Saint
Martin.
· Il ſe trouve attenant ce Château,
pluſieurs Maiſons propres pour des Ma
nufacture , pour des Marchands de
Vin & autres, que le ſieur Chefdeville ,
Officier du RoI , Maître de Muſette
des D A M E S D E F R A N C E , a
fait conſtruire , avec de beaux Jar
dins garnis d'eſpaliers & des meilleurs
fruits ; ainſi que de grands Emplace
mens propres a bâtir ſoit ſur trois rues,
ſoit du côté de la Campagne , à ven
dre en une ou en pluſieurs parties. On
peut s'adreſſer au ſieur Chefdeville ,
tous les Mardi & Vendredi de chaque
ſemaine après-midi, en ladite Maiſon ;
chez l'Auteur du Plan , à l'adreſſe ci
deſſus indiquée , & à MM. Maréchal
& Trutat, Notaires , rue de Condé à
Paris, qui donneront ſur ce Sujet,tous
les éclairciſſemens néceſſaires.
lL paroît une Estampe nouvelle, dédiée
à M. Handmann, Peintre à Basle,
repréſentant la Lune cachée , gravée
d'après le tableau original de Vander
néer, par le ſieur Zingg. Cet ingénieux
Artiſte, qui par l'intelligence de ſon
art & un burin extrêmement flatteur ,
·
168 MERCURE DE FRANCE. .
a le ſecret de rendre intéreſſantes : ſes
moindres productions, a ſçu réunir dans
celle-ci le gracieux à un très-bel effet.
Cette Eſtampe, dont le prix eſt de 1 liv.
• ſe trouve chez le fieur Aliamet , Gra
veur du RoI , rue des Mathurins, vis
à-vis celle des Maçons.
-
On trouve auſſi chez le même deux
autres Eſtampes nouvelles, gravées d'a-
près les Table auxoriginaux de Berghem,
qui ſont au cabinet de M. le Chevalier
Damery. Le prix de chacune de ces Eſ
tampes eſt de 1 liv. 16 ſ
Le ſieur MIGER vient de graver une
Eſtampe, d'après le Tableau Original,
peint à Rome d'après nature , par M.
Vien , intitulée l'Hermite ſans ſouci. Ce
Morceau qui ne peut faire que beau
coup d'honneur au burin de cet Artiſte,
eſt dédié à M. Cochin , Chevalier de
l'Ordre du RoI, Secrétaire perpétuel &
Hiſtoriographe de l'Académie Royale
de Peinture & de Sculpture ; & ſe vend
au vieux Louvre , chez M. Vien, Peintre
du RoI.
PLAN d'une Maiſon , avec ſes dé
pendances, provenant de la ſucceſſion
-
de
M A I. 1764.
16g
de S. A. S. Mgr le COMTE DE CHA
RoLoIS , ſituée à la Nouvelle-France,
fait, & levé par M. Gillet, le jeune,
Architecte. Prix, 1 liv. 1o ſ. Chez l'Au
teur, grande rue du Fauxbourg Saint
Martin.
· Il ſe trouve attenant ce Château,
pluſieurs Maiſons propres pour des Ma
nufacture , pour des Marchands de
Vin & autres, que le ſieur Chefdeville ,
Officier du RoI , Maître de Muſette
des D A M E S D E F R A N C E , a
fait conſtruire , avec de beaux Jar
dins garnis d'eſpaliers & des meilleurs
fruits ; ainſi que de grands Emplace
mens propres a bâtir ſoit ſur trois rues,
ſoit du côté de la Campagne , à ven
dre en une ou en pluſieurs parties. On
peut s'adreſſer au ſieur Chefdeville ,
tous les Mardi & Vendredi de chaque
ſemaine après-midi, en ladite Maiſon ;
chez l'Auteur du Plan , à l'adreſſe ci
deſſus indiquée , & à MM. Maréchal
& Trutat, Notaires , rue de Condé à
Paris, qui donneront ſur ce Sujet,tous
les éclairciſſemens néceſſaires.
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Résumé : GRAVURE.
Le texte annonce plusieurs œuvres artistiques et biens immobiliers. Une estampe représentant la Lune cachée, gravée par Zingg d'après un tableau de Vander néer, est dédiée à M. Handmann et vendue 1 livre chez Aliamet. Deux autres estampes, gravées d'après des tableaux de Berghem appartenant au Chevalier Damery, sont également disponibles chez Aliamet à 1 livre 16 sous chacune. Miger a gravé 'l'Hermite sans souci' d'après un tableau de M. Vien, dédié à M. Cochin, et vendue au vieux Louvre chez M. Vien. Un plan d'une maison avec ses dépendances en Nouvelle-France, réalisé par l'architecte Gillet, est à vendre pour 1 livre 10 sous. Plusieurs maisons adaptées pour des manufactures ou des marchands de vin, construites par Chefdeville, sont également en vente. Des informations supplémentaires peuvent être obtenues auprès de Chefdeville, Gillet, ou des notaires Maréchal et Trutat à Paris.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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91
p. 163-164
JOUAILLERIE. LETTRE à l'Auteur du MERCURE.
Début :
JE ne puis voir sans étonnement, Mr. qu'il y ait des gens assez peut [sic] susceptibles [...]
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texteReconnaissance textuelle : JOUAILLERIE. LETTRE à l'Auteur du MERCURE.
JOUAILLERIE.
LETTRE à l'Auteur du MERCURE.
JE ne puis voir sans étonnement, Mr.
qu'il y ait des gens assez peut [sic] susceptibles
§ pudeur pour oſer, à la face de la Capi
tale, s'arroger, même à titre excluſif,
des ſecrets qu'ils n'ont jamais connus.
Celui de peindre les diamans en toutes
couleurs & que la Demoiſelle Granier
a oſé reclamer dans les affiches du 19
Avril dernier , comme prétendant le
poſſeder ſeule, ne lui a jamais été que
fort mal enſeigné , & par † lln
ui n'en ſçavoit guère plus qu'elle à cet
gard. Ce ſecret renfermé dans tous les
temps dans le ſein de la famille du célé
bre M. Trochus , eſt encore aujourd'hui
entre les mains de Mlles Goujon, ſes pe
tites-niéces , demeurant rue de Harlai,
qui le pratiquent avec un ſuccès vrai
ment digne d'applaudiſſement. Il a été
un temps où leur jeuneſſe & le bien du
commerce m'avoit fait prendre le parti
de l'exercer; ces Dlles ſçavent par quelle
164 MERCURE DE FRANCE.
voie j'y étois parvenu ; mais dès que je
les ai vues s'y adonner elles-mêmes , je
les y ai encouragées, & je leur ai com
muniqué les obſervations que le temps
de mon exercice & mes lumières m'ont
permis de faire ſur cet Art. J'ai vu
avec une ſurpriſe agréable qu'elles ont
pouſſé la perfection au-de là de mes
recherches , & je m'en ſuis réjoui en
faveur de la jouaillerie qui y gagnera de
plus en plus ; mais auſſi, je ne puis ſup
porter que Public ſoit expoſé à être
tous les jours la dupe d'avis indiſcrets
donnés par une foule de mercenaires
que l'on doit regarder comme de vérita
bles ignorans. Leur ouvrage eſt tout
au plus bon pour être employé à des
éventails de bas prix ou autres ouvrages
de cette eſpéce , parce que leur peu
de durée ne laiſſera pas le temps de
reconnoître la mal-adreſſe d'ouvriers
qui ont plus beſoin de pain que de
belle gloire.
J'ai l'honneur d'être, &c. STRAS.
Ce 6 Mai 1764.
LETTRE à l'Auteur du MERCURE.
JE ne puis voir sans étonnement, Mr.
qu'il y ait des gens assez peut [sic] susceptibles
§ pudeur pour oſer, à la face de la Capi
tale, s'arroger, même à titre excluſif,
des ſecrets qu'ils n'ont jamais connus.
Celui de peindre les diamans en toutes
couleurs & que la Demoiſelle Granier
a oſé reclamer dans les affiches du 19
Avril dernier , comme prétendant le
poſſeder ſeule, ne lui a jamais été que
fort mal enſeigné , & par † lln
ui n'en ſçavoit guère plus qu'elle à cet
gard. Ce ſecret renfermé dans tous les
temps dans le ſein de la famille du célé
bre M. Trochus , eſt encore aujourd'hui
entre les mains de Mlles Goujon, ſes pe
tites-niéces , demeurant rue de Harlai,
qui le pratiquent avec un ſuccès vrai
ment digne d'applaudiſſement. Il a été
un temps où leur jeuneſſe & le bien du
commerce m'avoit fait prendre le parti
de l'exercer; ces Dlles ſçavent par quelle
164 MERCURE DE FRANCE.
voie j'y étois parvenu ; mais dès que je
les ai vues s'y adonner elles-mêmes , je
les y ai encouragées, & je leur ai com
muniqué les obſervations que le temps
de mon exercice & mes lumières m'ont
permis de faire ſur cet Art. J'ai vu
avec une ſurpriſe agréable qu'elles ont
pouſſé la perfection au-de là de mes
recherches , & je m'en ſuis réjoui en
faveur de la jouaillerie qui y gagnera de
plus en plus ; mais auſſi, je ne puis ſup
porter que Public ſoit expoſé à être
tous les jours la dupe d'avis indiſcrets
donnés par une foule de mercenaires
que l'on doit regarder comme de vérita
bles ignorans. Leur ouvrage eſt tout
au plus bon pour être employé à des
éventails de bas prix ou autres ouvrages
de cette eſpéce , parce que leur peu
de durée ne laiſſera pas le temps de
reconnoître la mal-adreſſe d'ouvriers
qui ont plus beſoin de pain que de
belle gloire.
J'ai l'honneur d'être, &c. STRAS.
Ce 6 Mai 1764.
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Résumé : JOUAILLERIE. LETTRE à l'Auteur du MERCURE.
La lettre dénonce l'usurpation du secret technique de teinture des diamants en différentes couleurs. L'auteur réfute la prétention exclusive de la demoiselle Granier sur ce savoir-faire, affirmant qu'il appartient à la famille de M. Trochus et est actuellement maîtrisé par ses petites-nièces, les demoiselles Goujon, habitant rue de Harlay. L'auteur reconnaît avoir pratiqué ce secret autrefois et avoir transmis ses connaissances aux demoiselles Goujon, qui ont depuis excédé ses compétences. Il soutient leur travail et déplore la tromperie du public par des artisans incompétents offrant des produits de mauvaise qualité, adaptés seulement à des usages mineurs comme les éventails bon marché. La lettre met en garde contre ces 'mercenaires' ignorants.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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92
p. 165-167
GRAVURE. AVIS pour la nouvelle édition des Fables de LA FONTAINE, gravées en Taille-douce.
Début :
CETTE nouvelle édition a été annoncée par un Prospectus qui indique [...]
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texteReconnaissance textuelle : GRAVURE. AVIS pour la nouvelle édition des Fables de LA FONTAINE, gravées en Taille-douce.
GRAVURE.
AVIS pour la nouvelle édition des Fables
de LA FONTAINE, gravées en Taille-douce.
CETTE nouvelle édition a été annoncée
par un Prospectus qui indique
tous les moyens qu'on a pris pour lui
donner toute la perfection poſſible. Il
ſuffit de ſçavoir que les figures ſeront
† par M. Feſſard , Graveur du
oI & de ſa Bibliothéque, & dont les
talens ſont connus , & que le Texte ,
au lieu d'être en caractères mobiles ,
ſera également gravé par M. Monthalay,
& d'après les beaux caractères de M.
Fournier.
4
M. Feſſard, principal auteur de cette
entrepriſe, plus occupé de ſa gloire que
de ſes intérêts, à cru devoir ſacrifier les
peines qu'il avoit priſes & travailler à
nouveaux frais , pour procurer à ſon
ouvrage toute la perfection dont il
étoit ſuſceptible. Quoique le Public
eût été content des eſſais qu'il avoit
préſentés dans le mois de Janvier, il a
166 MERCURE DE FRANCE.
| recommencé le tout pour donner à ſes
planches une forme moins quarrée &
plus élégante, pour le rapprocher du
format de la nouvelle édition des Contes
de la Fontaine, pour eſpacer ſes ſujets
& les faire ſortir davantage & mettre
ſes groupes , & ſes figures dans un
ſite plus agréable, & les faire quadrer
avec le texte gravé vis-à-vis, dont on
a également allongé la forme.
Quoique ce travail ait doublé ſa dé
penſe, il n'augmentera point le prix de
ſes ſouſcriptions. Mais comme les Ar
tiſtes & les Connoiſſeurs auroient pu
juger de l'édition par les eſſais qu'il en
a donnés, il nous a chargés d'inviter
ſes Souſcripteurs & les Amateurs de
ſſer à la Bibliothéque du Roi, ou à
† domicile rue Sainte Anne, chez
le Commiſſaire, pour y voir les progrès
de cette entrepriſe, qui acquiert tous
les jours de nouvelles beautés.
Le Sr Feſſard, qui a vu avec reconnoiſ
ſan ce combien on s'étoit empreſſé de
contribuer au ſuccès de ſon ouvrage,par
les ſouſtriptions qu'on a déjà priſes,
oſe eſpérer qu'a la ſeule inſpection de
ſes deſſeins & de ſes gravures, on con
tinuera à animer ſon zéle par la mê
me voie.
-
J U I N. 1764.
167
Nous concevons aiſément les frais
immenſes que doit coûter à un Artiſte
une édition auſſi belle ; où le texte &
les figures ſeront également gravés, &
nous ſommes bien perſuadés que ceux
qui n'ont point encore ſouſcrit s'em
preſſeront de le faire pour mettre M.
Feſſard en état de ne rien épargner
pour finir ſon ouvrage, & pour con
tribuer par là autant à la gloire de la
Nation, qu'à celle des Arts qu'on y
cultive..
Les changemens conſidérables dont
nous venons de parler ont mis cet Artiſ
te dansl'impoſſibilité de délivrer le pre
mier Volume au premier Juillet, ainſi
qu'il l'avoit annoncé dans le proſpectus,
Le premier Volume paroîtra ſans faute
au premier Octobre, & tous les autres
dans les termes qu'il avoit indiqués.
On ſçait que le prix de la ſouſcrip
tion totale eſt de 48 livres, pour les
quatres Volumes en beau papier d'Hol
lande, mais on ne donne que 12 liv,
en ſouſcrivant; ceux qui n'auront point
ſouſcrit payeront les quatre Volumes
6o livres , pour le Papier d'Hollande &
48livres , pour le beau papier de Fran
ce.
AVIS pour la nouvelle édition des Fables
de LA FONTAINE, gravées en Taille-douce.
CETTE nouvelle édition a été annoncée
par un Prospectus qui indique
tous les moyens qu'on a pris pour lui
donner toute la perfection poſſible. Il
ſuffit de ſçavoir que les figures ſeront
† par M. Feſſard , Graveur du
oI & de ſa Bibliothéque, & dont les
talens ſont connus , & que le Texte ,
au lieu d'être en caractères mobiles ,
ſera également gravé par M. Monthalay,
& d'après les beaux caractères de M.
Fournier.
4
M. Feſſard, principal auteur de cette
entrepriſe, plus occupé de ſa gloire que
de ſes intérêts, à cru devoir ſacrifier les
peines qu'il avoit priſes & travailler à
nouveaux frais , pour procurer à ſon
ouvrage toute la perfection dont il
étoit ſuſceptible. Quoique le Public
eût été content des eſſais qu'il avoit
préſentés dans le mois de Janvier, il a
166 MERCURE DE FRANCE.
| recommencé le tout pour donner à ſes
planches une forme moins quarrée &
plus élégante, pour le rapprocher du
format de la nouvelle édition des Contes
de la Fontaine, pour eſpacer ſes ſujets
& les faire ſortir davantage & mettre
ſes groupes , & ſes figures dans un
ſite plus agréable, & les faire quadrer
avec le texte gravé vis-à-vis, dont on
a également allongé la forme.
Quoique ce travail ait doublé ſa dé
penſe, il n'augmentera point le prix de
ſes ſouſcriptions. Mais comme les Ar
tiſtes & les Connoiſſeurs auroient pu
juger de l'édition par les eſſais qu'il en
a donnés, il nous a chargés d'inviter
ſes Souſcripteurs & les Amateurs de
ſſer à la Bibliothéque du Roi, ou à
† domicile rue Sainte Anne, chez
le Commiſſaire, pour y voir les progrès
de cette entrepriſe, qui acquiert tous
les jours de nouvelles beautés.
Le Sr Feſſard, qui a vu avec reconnoiſ
ſan ce combien on s'étoit empreſſé de
contribuer au ſuccès de ſon ouvrage,par
les ſouſtriptions qu'on a déjà priſes,
oſe eſpérer qu'a la ſeule inſpection de
ſes deſſeins & de ſes gravures, on con
tinuera à animer ſon zéle par la mê
me voie.
-
J U I N. 1764.
167
Nous concevons aiſément les frais
immenſes que doit coûter à un Artiſte
une édition auſſi belle ; où le texte &
les figures ſeront également gravés, &
nous ſommes bien perſuadés que ceux
qui n'ont point encore ſouſcrit s'em
preſſeront de le faire pour mettre M.
Feſſard en état de ne rien épargner
pour finir ſon ouvrage, & pour con
tribuer par là autant à la gloire de la
Nation, qu'à celle des Arts qu'on y
cultive..
Les changemens conſidérables dont
nous venons de parler ont mis cet Artiſ
te dansl'impoſſibilité de délivrer le pre
mier Volume au premier Juillet, ainſi
qu'il l'avoit annoncé dans le proſpectus,
Le premier Volume paroîtra ſans faute
au premier Octobre, & tous les autres
dans les termes qu'il avoit indiqués.
On ſçait que le prix de la ſouſcrip
tion totale eſt de 48 livres, pour les
quatres Volumes en beau papier d'Hol
lande, mais on ne donne que 12 liv,
en ſouſcrivant; ceux qui n'auront point
ſouſcrit payeront les quatre Volumes
6o livres , pour le Papier d'Hollande &
48livres , pour le beau papier de Fran
ce.
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Résumé : GRAVURE. AVIS pour la nouvelle édition des Fables de LA FONTAINE, gravées en Taille-douce.
L'annonce présente une nouvelle édition des Fables de La Fontaine, gravée en taille-douce par M. Fessard, graveur du Roi et de sa Bibliothèque, et M. Monthalay, qui grave le texte selon les caractères de M. Fournier. M. Fessard a repris le travail pour améliorer la qualité des planches, leur format et l'agencement des illustrations avec le texte, motivé par la perfection et la gloire plutôt que par des intérêts financiers. Malgré l'augmentation des coûts, le prix des souscriptions reste inchangé. Les artistes et connaisseurs peuvent voir les progrès de l'œuvre à la Bibliothèque du Roi ou chez le commissaire. Le premier volume, initialement prévu pour juillet, sera disponible en octobre. Le prix total de souscription pour les quatre volumes en papier d'Holland est de 48 livres. Pour ceux qui ne souscrivent pas, le prix sera de 60 livres pour le papier d'Holland et 48 livres pour le papier de France.
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93
p. 168-169
MUSIQUE.
Début :
PREMIER RECUEIL d'Airs choisis, avec Accompagnement de Guitarre, dédié [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MUSIQUE.
MUSIQUE.
PREMIER RECUEIL d'Airs choisis,
avec Accompagnement de Guitarre,
dédié à Madame la Comteſſe d'Egmont,
par M. Berard, Chevalier de l'Ordre
de Chriſt, Auteur de l'Art du Chant.
· Ces Accompagnemens peuvent s'exé
cuter ſur la Harpe, d'autant plus aiſé
ment que la marche de la Baſſe eſt fort
analogue à cet Inſtrument. A Paris ,
chez f§ , & aux Adreſſes ordinai
res de Muſique. Prix , 7 liv. 4 ſ.
· ON averrtit le Public, que paſſé le
3o Juin prochain, on ne délivrera plus
de Souſcriptions chez M. le Clerc , rue
S. Honoré, près la rue des Prouvaires,
à Ste Cécile, pour ſe procurer la mé
thode de M. Gianotti , par le moyen
de laquelle on parvient à accompagner
tout ſeul, en moins de deux mois.
Si le nombre des Souſcriptions, fi
xées & annoncées dans dans les Jour
naux, ne ſe trouvoit pas rempli audit
jour, le ſieur le Clerc eſt chargé de
rendre l'argent aux perſonnes qui ont
déja ſouſcrit pour cet ouvrage, qu'on
nC
J U I N. 1764.
169
ne pourra ſe procurer que par ce moyen;
parce que les Planches ſeront caſſées 2
après avoir tiré le nombre annoncé.
PREMIER RECUEIL d'Airs choisis,
avec Accompagnement de Guitarre,
dédié à Madame la Comteſſe d'Egmont,
par M. Berard, Chevalier de l'Ordre
de Chriſt, Auteur de l'Art du Chant.
· Ces Accompagnemens peuvent s'exé
cuter ſur la Harpe, d'autant plus aiſé
ment que la marche de la Baſſe eſt fort
analogue à cet Inſtrument. A Paris ,
chez f§ , & aux Adreſſes ordinai
res de Muſique. Prix , 7 liv. 4 ſ.
· ON averrtit le Public, que paſſé le
3o Juin prochain, on ne délivrera plus
de Souſcriptions chez M. le Clerc , rue
S. Honoré, près la rue des Prouvaires,
à Ste Cécile, pour ſe procurer la mé
thode de M. Gianotti , par le moyen
de laquelle on parvient à accompagner
tout ſeul, en moins de deux mois.
Si le nombre des Souſcriptions, fi
xées & annoncées dans dans les Jour
naux, ne ſe trouvoit pas rempli audit
jour, le ſieur le Clerc eſt chargé de
rendre l'argent aux perſonnes qui ont
déja ſouſcrit pour cet ouvrage, qu'on
nC
J U I N. 1764.
169
ne pourra ſe procurer que par ce moyen;
parce que les Planches ſeront caſſées 2
après avoir tiré le nombre annoncé.
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Résumé : MUSIQUE.
Le document annonce la publication du 'Premier Recueil d'Airs choisis' avec accompagnement de guitare, dédié à Madame la Comtesse d'Egmont. L'auteur est M. Berard, Chevalier de l'Ordre de Christ et créateur de 'L'Art du Chant'. Les accompagnements peuvent aussi être joués sur la harpe grâce à une basse adaptée. Le recueil est disponible à Paris chez un éditeur non spécifié et dans les magasins de musique habituels, au prix de 7 livres et 4 sous. Par ailleurs, le public est averti que la souscription à la méthode de M. Gianotti pour apprendre à accompagner seul en moins de deux mois prendra fin le 30 juin 1764. Les souscriptions sont acceptées chez M. le Clerc, rue Saint-Honoré, près de la rue des Prouvaires, à Sainte-Cécile. En cas de non-atteinte du nombre requis de souscriptions, M. le Clerc remboursera les souscripteurs. La méthode ne sera accessible que par souscription, car les planches seront détruites après impression.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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94
p. 170-171
GRAVURES.
Début :
M. de Mornas, Géographe du Roi & des Enfans de France, a eu l'honneur, le [...]
Mots clefs :
Gravure, Cartes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRAVURES.
GRAVURES.
M. de Mornas , Géographe du Roi &
des Enfans de France , a eu l'honneur , le
22 mai dernier , de préſenter à Sa Majeſté
& à la Famille Royale la huitième livraifon
de fon Atlas , confiftante en vingt
cartes qui forment une fuite du quatrième
volume. Ces cartes ont encore rapport à
la feconde époque du fixième âge du
monde , c'eſt - à- dire , depuis la mort d'Alexandre
le Grand jufqu'à la deftruction de
Carthage. On y traite de la fuite des évé
nemens de l'hiftoire de Pergame , de Bithi
nie , d'Héraciée , de Sparte , d'Athènes ,
d'Achaïe , d'Etolie , de Syracufe , & de
Rome.
L'Auteur fe plaint , avec raiſon , de la
négligence des foufcripteurs à venir retirer
les livraiſons à mesure qu'elles paroiffent ,
& ce n'eft que fur leur exactitude qu'il
compte de pouvoir remplir fes engagemens
pris avec le public. Il ne lui feroit
pas poffible , fans cela , de continuer une
ntreprise qui l'oblige à faire des avances
JUIN 1768. 171
confidérables qu'il ne peut retirer que fucceffivement
& à mesure que les foufcripteurs
viennent fe completter.Il prévient qu'à
compter du premier août prochain , & conformément
à fon dernier avis , il fera
payer ſes cartes un tiers au - deffus du prix
fixé par la première foufcription à tous
ceux qui , avant cette époque , n'auront
pas retiré les fix , fept & huitième livraifons
de fon Atlas , que l'on ne trouve que
chez lui , rue Saint - Jacques , à côté de
Saint Yves.
M. de Mornas , Géographe du Roi &
des Enfans de France , a eu l'honneur , le
22 mai dernier , de préſenter à Sa Majeſté
& à la Famille Royale la huitième livraifon
de fon Atlas , confiftante en vingt
cartes qui forment une fuite du quatrième
volume. Ces cartes ont encore rapport à
la feconde époque du fixième âge du
monde , c'eſt - à- dire , depuis la mort d'Alexandre
le Grand jufqu'à la deftruction de
Carthage. On y traite de la fuite des évé
nemens de l'hiftoire de Pergame , de Bithi
nie , d'Héraciée , de Sparte , d'Athènes ,
d'Achaïe , d'Etolie , de Syracufe , & de
Rome.
L'Auteur fe plaint , avec raiſon , de la
négligence des foufcripteurs à venir retirer
les livraiſons à mesure qu'elles paroiffent ,
& ce n'eft que fur leur exactitude qu'il
compte de pouvoir remplir fes engagemens
pris avec le public. Il ne lui feroit
pas poffible , fans cela , de continuer une
ntreprise qui l'oblige à faire des avances
JUIN 1768. 171
confidérables qu'il ne peut retirer que fucceffivement
& à mesure que les foufcripteurs
viennent fe completter.Il prévient qu'à
compter du premier août prochain , & conformément
à fon dernier avis , il fera
payer ſes cartes un tiers au - deffus du prix
fixé par la première foufcription à tous
ceux qui , avant cette époque , n'auront
pas retiré les fix , fept & huitième livraifons
de fon Atlas , que l'on ne trouve que
chez lui , rue Saint - Jacques , à côté de
Saint Yves.
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Résumé : GRAVURES.
Le 22 mai, M. de Mornas, géographe du Roi et des Enfants de France, a présenté à Sa Majesté et à la Famille Royale la huitième livraison de son Atlas, contenant vingt cartes. Ces cartes couvrent la période allant de la mort d'Alexandre le Grand à la destruction de Carthage, et détaillent les événements historiques de Pergame, Bithynie, Héraclée, Sparte, Athènes, Achaïe, Étolie, Syracuse et Rome. M. de Mornas exprime sa déception face à la négligence des souscripteurs qui ne retirent pas les livraisons à mesure qu'elles paraissent. Il insiste sur l'importance de la ponctualité des souscripteurs pour honorer ses engagements financiers. À partir du 1er août, le prix des cartes augmentera d'un tiers pour ceux n'ayant pas retiré les sixième, septième et huitième livraisons. Ces livraisons sont disponibles chez lui, rue Saint-Jacques, près de Saint-Yves.
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95
p. 171-173
MUSIQUE.
Début :
DEUX concerto de violon, avec des cors & hautbois obligés ; de la composition [...]
Mots clefs :
Musique, Violon
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texteReconnaissance textuelle : MUSIQUE.
MUSIQUE.
DEUX concerto de violon , avec des
cors & hautbois obligés ; de la compofition
de M. Frantzl, Ördinaire de la Mufique
de S. A. S. Mgr l'Electeur Palatin ;
fe vendent à Paris , aux adreffes ordinaires.
LES Larmes de l'Amour : quatre ariettes
avec la baffe ; par M. Bouvin : fe trouvent
chez l'Auteur , rue Montmartre , vis à- vis
Saint Eustache , chez le Teinturier , & aux
adreffes ordinaires de mufique : prix 12 f.
L'Oracle des Amans , cantatille nouvelle
, à voix feule , avec fymphonie ;
Hij
172 MERCURE DE FRANCE.
dédiée à Mgr le Comte de Noailles , Grand
d'Efpagne , & c. par M. Dellain , Ecrivain
de la Marine & des Claffes : prix 1 liv.
16 fols. Se vend à Paris , chez Mlle Caftagnery
, rue des Prouvaires , & aux adreffes
ordinaires à Nantes , chez M. Tanqueray,
grande rue ; & à Rouen , chez M. PAigle ,
rue des Carmes.
AIRS , ariettes & duo de la Vénitienne
comédie-ballet , repréfentée par l'Académie
Royale de Mufique , le vendredi 6
mai 1768 : la mufique par M. d'Auvergne ,
Surintendant de la Mufique du Roi. Prix
4'liv. 16 fols. Cet agréable recueil ſe vend
à Paris , chez l'Auteur , rue Saint - Honoré ,
au coin du Boulevard , à la falle de l'opéra
, & aux adreffes ordinaires.
Six fonates pour le violon feul , avec
accompagnement de baffe ; par M. de
Zimermann , Chevalier de l'Ordre Royal
& Militaire de Saint Louis , premier Lieutenant
au Régiment des Gardes Suiffes du
Roi ; dédiées à M. de Bachman , Major
dudit Régiment. Se vendent à Paris , chez
M. Huberty, rue des Deux - Ecus , au pigeon
blanc prix 7 livi 4 fols.
t
MÉTHODE raiſonnée pour paffer du violon
à la mandoline , & de l'archer à la
plume , ou le moyen für de jouer . fans
JUIN 1768. 173
maître , en peu de temps , par des fignes de
convention affortis à des exemples de
mufique facile ; contenant vingt - quatre
airs danfans à deux mandolines ; fix menuets
, avec accompagnement ;
deux duo ;
une fonate , avec la baffe , & plufieurs airs
connus variés. Par M. Léone , de Naples ,
Maître de mandoline de S. A. S. Mgr le
Duc de Chartres , Prince du Sang. Se vend
rue Saint- Honoré , vis-à- vis Saint- Honoré.
DEUX concerto de violon , avec des
cors & hautbois obligés ; de la compofition
de M. Frantzl, Ördinaire de la Mufique
de S. A. S. Mgr l'Electeur Palatin ;
fe vendent à Paris , aux adreffes ordinaires.
LES Larmes de l'Amour : quatre ariettes
avec la baffe ; par M. Bouvin : fe trouvent
chez l'Auteur , rue Montmartre , vis à- vis
Saint Eustache , chez le Teinturier , & aux
adreffes ordinaires de mufique : prix 12 f.
L'Oracle des Amans , cantatille nouvelle
, à voix feule , avec fymphonie ;
Hij
172 MERCURE DE FRANCE.
dédiée à Mgr le Comte de Noailles , Grand
d'Efpagne , & c. par M. Dellain , Ecrivain
de la Marine & des Claffes : prix 1 liv.
16 fols. Se vend à Paris , chez Mlle Caftagnery
, rue des Prouvaires , & aux adreffes
ordinaires à Nantes , chez M. Tanqueray,
grande rue ; & à Rouen , chez M. PAigle ,
rue des Carmes.
AIRS , ariettes & duo de la Vénitienne
comédie-ballet , repréfentée par l'Académie
Royale de Mufique , le vendredi 6
mai 1768 : la mufique par M. d'Auvergne ,
Surintendant de la Mufique du Roi. Prix
4'liv. 16 fols. Cet agréable recueil ſe vend
à Paris , chez l'Auteur , rue Saint - Honoré ,
au coin du Boulevard , à la falle de l'opéra
, & aux adreffes ordinaires.
Six fonates pour le violon feul , avec
accompagnement de baffe ; par M. de
Zimermann , Chevalier de l'Ordre Royal
& Militaire de Saint Louis , premier Lieutenant
au Régiment des Gardes Suiffes du
Roi ; dédiées à M. de Bachman , Major
dudit Régiment. Se vendent à Paris , chez
M. Huberty, rue des Deux - Ecus , au pigeon
blanc prix 7 livi 4 fols.
t
MÉTHODE raiſonnée pour paffer du violon
à la mandoline , & de l'archer à la
plume , ou le moyen für de jouer . fans
JUIN 1768. 173
maître , en peu de temps , par des fignes de
convention affortis à des exemples de
mufique facile ; contenant vingt - quatre
airs danfans à deux mandolines ; fix menuets
, avec accompagnement ;
deux duo ;
une fonate , avec la baffe , & plufieurs airs
connus variés. Par M. Léone , de Naples ,
Maître de mandoline de S. A. S. Mgr le
Duc de Chartres , Prince du Sang. Se vend
rue Saint- Honoré , vis-à- vis Saint- Honoré.
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Résumé : MUSIQUE.
En 1768, plusieurs publications musicales étaient disponibles à Paris et dans d'autres villes françaises. Parmi elles, deux concertos pour violon de M. Frantzl, musicien de l'Électeur Palatin, étaient en vente à Paris. Les 'Larmes de l'Amour', une série de quatre ariettes avec basse de M. Bouvin, étaient disponibles chez l'auteur et dans les magasins de musique parisiens. 'L'Oracle des Amants', une cantatille pour voix seule avec symphonie dédiée au Comte de Noailles, était composée par M. Dellain et se vendait à Paris, Nantes et Rouen. Les airs, ariettes et duos de la comédie-ballet vénitienne, représentée par l'Académie Royale de Musique le 6 mai 1768, avec musique de M. d'Auvergne, étaient également en vente. Six sonates pour violon avec accompagnement de basse de M. de Zimmermann, chevalier de l'Ordre de Saint-Louis, dédiées à M. de Bachman, étaient disponibles à Paris. Enfin, une méthode pour passer du violon à la mandoline, écrite par M. Léone, maître de mandoline du Duc de Chartres, était accessible rue Saint-Honoré.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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